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Full text of "Les évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'a 1801"

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LES EVEQUES 



ET 



LES ARCHEVÊQUES 

DE FRANCE 

DEPUIS 1682 JUSQU'A 1801 

PAR 

Le P. Armand JEAN 

De la Compagnie de Jésus 




PARIS 

Alphonse PICARD 

82, rue Bonaparte, 82 



MAMERS 

G. FLEURY ET A. DANGIN 

28, Place des Grouas, 28 



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AVANT -PROPOS 



L'histoire ecclésiastique de la France dans un grand 
nombre de ses pages, n'est pas distincte de l'histoire natio- 
nale elle-même ; et la France , fille aînée de l'Eglise catho- 
lique, est placée providentiellement si près de sa mère, que 
souvent la fortune, bonne ou mauvaise, de l'une et de 
l'autre offre des ressemblances frappantes et que leur histoire 
paraît se confondre. 

C'est ce qui explique l'intérêt qu'a toujours présenté chez 
nous l'histoire soit de l'Eglise de France , prise dans son 
ensemble, soit d'une église particulière. 

Enumérer les prélats qui ont occupé durant tel temps et 
de telle ou telle manière chaque siège épiscopal, nommer 
les doyens ou prévôts qui ont été successivement investis 
de la plus haute dignité après l'évêque, citer les abbés ou 
les abbesses, même commendataires, qui ont été mis à la 
tête des abbayes proprement dites: tel est, on le sait, le 
but que se sont proposé les auteurs d'un ouvrage célèbre, 
important et volumineux, connu sous le titre de Gallia 
Christiana. 

Ces auteurs étaient des moines Bénédictins, érudits et 
laborieux, que le Supérieur général de la congrégation de 
Saint-Maur désignait et réunissait dans l'abbaye de Saint- 



VI AVANT-PROPOS 



Germain-des-Prés à Paris. Dans l'intervalle de soixante-dix 
ans, entre 1716 et 1785, ils ont publié en latin treize 
volumes in-folio. Ils touchaient presque au terme de leur 
gigantesque travail quand survint la Révolution française: 
dépouillés de leurs biens et dispersés en France ou à l'étran- 
ger, s'ils avaient pu éviter l'échafaud , ils durent laisser leur 
œuvre incomplète et inachevée. 

Confiants dans l'avenir, les Bénédictins avaient résolu 
de prendre l'une après l'autre, en suivant rigoureusement 
l'ordre alphabétique, les provinces ecclésiastiques dont se 
composaient les Gaules: or, comme leur dernier volume 
qui date de 1785, traite des provinces de Toulouse et de 
Trêves, ils n'ont pu atteindre les provinces de Tours, 
Turones ; de Besançon, Vesuntio ; de Vienne, Vienna. 
D'un autre côté leur premier volume, qui traite à lui 
seul des cinq provinces d'Albi, d'Aix, d'Arles, d'Avignon, 
d'Auch, ayant paru en 1716, ils laissent nécessairement 
incomplètes derrière eux, les séries épiscopales, abba- 
tiales , etc. , de ces cinq provinces. Il y manque en 
effet une quinzaine d'archevêques et une cinquantaine 
d'évêques. 

On doit appliquer la même observation, toute proportion 
gardée, aux provinces de Bourges, de Bordeaux, de Cambrai, 
d'Embrun, de Lyon, traitées dans les volumes suivants dont 
le plus récent est daté de 1727. 

Nous n'ignorons pas qu'on trouve en tête des tomes II, 
III et IV, sous la rubrique Mutationes in clero gallicano 
fadœ, une certaine suite aux séries des volumes précé- 
dents. Mais cette suite interrompue , accidentelle pour ainsi 
dire et très succincte, demeure encore très incomplète. 
D'ailleurs, ces sortes d'additions ne peuvent jamais donner 
ce qu'on cherche et ce qu'on est habitué de trouver dans 
le corps de l'ouvrage, la notice biographique et caracté- 



AVANT-PROPOS VII 



ristique des personnages, des archevêques et des évêques 
principalement. 

De nos jours, il est vrai, on a réimprimé l'œuvre des 
anciens Bénédictins. Mais les souscripteurs ont été avertis, 
c'était de stricte justice, qu'ils n'allaient recevoir que la 
réimpression pure et simple de l'œuvre bénédictine. En 
réimprimant la d Gallia Christiana, on s'est contenté tout au 
plus d'indiquer à la marge l'appendice attendu, désiré, 
préparé peut-être , mais resté , pour quels motifs , nous 
l'ignorons, malheureusement inédit. 

Tout autre a été le sort des trois provinces de Tours, de 
Besançon et de Vienne, que les Bénédictins de Saint-Maur 
n'ont pas eu le bonheur d'atteindre : elles ont été entière- 
ment publiées de nos jours. Chargé par l'Académie des 
[nscriptions et Belles-Lettres de continuer la Gallia Chris- 
tiana, M. Barthélémy Hauréau a donné en 1856 la province 
de Tours, en 1860 la province de Besançon, en 1865 enfin 
la province de Vienne. 

Rien n'empêchait cet auteur, notre contemporain, de 
pousser sa course jusqu'au terme final, c'est-à-dire jusqu'à 
la grande ligne de démarcation qui sépare les anciennes 
églises de France des nouvelles, en un mot jusqu'à la pre- 
mière année de notre siècle, 1801. Il a préféré s'arrêter à 
l'année 1790. 

Que l'année 1801 soit réellement la dernière de l'ancienne 
église gallicane, comme elle est la première des nouvelles 
églises de France, c'est un fait facile à établir. 

Avec ses confiscations, ses suppressions, ses massacres, 
ses prisons , ses échafauds , la Révolution a bien pu multi- 
plier les vacances de sièges , déterminer l'émigration des 



1. Si nous employons le féminin, nous ne prétendons point imposer une règle et 
ne pensons pas en violer une. 



VIII AVANT-PROPOS 



pasteurs, favoriser le schisme, les scandales, les apostasies, 
créer une église nouvelle, qui n'était pas catholique, pour 
l'anéantir deux ans plus tard. Mais elle n'a pu enlever aux 
évêques légitimes, fussent-ils émigrés, leur juridiction ordi- 
naire ; elle n'a pu annuler le pouvoir des vicaires généraux , 
qu'ils avaient choisis , ni des vicaires capitulaires canoni- 
quement élus, le siège vacant, ni, dans les cas imprévus, 
des administrateurs ou délégués apostoliques. Au mois de 
juillet 1801, les quatre-vingts archevêques ou évêques de 
France, qui survivaient au cataclysme révolutionnaire, 
gardaient sur leurs diocèses respectifs les mêmes droits 
qu'ils y avaient exercés douze ans auparavant. Ils usèrent 
de ces droits par eux-mêmes ou par leurs mandataires : les 
églises se rouvrirent d'elles-mêmes, les diocèses se reconsti- 
tuèrent, le culte fut réintégré presque partout bien avant le 
Concordat. C'est une histoire intéressante, qui n'a pas 
encore été suffisamment mise en lumière. 

Ce fut seulement à partir du mois d'août 1801 que la 
plupart des évêques renoncèrent à leurs droits par une 
démission volontaire, que leur demandait le pape. Les 
autres ne perdirent leur juridiction que cinq mois plus tard 
par la soustraction de sujets et de territoire qu'opéra l'auto- 
rité suprême du Pontife Romain dans la bulle Qui Christi 
Dornini du 29 novembre. 

Le pape, dans la première partie de cette bulle, renverse, 
supprime, anéantit les 23 églises métropolitaines et les 
125 églises cathédrales jusque-là existantes sur le territoire 
des 102 départements qui formaient alors la République 
française. Dans la seconde partie de cette même bulle, 
Pie VII répartit tous les territoires de la République entre 
10 archevêchés et 50 évêchés qu'il érige à nouveau. Telle 
est donc bien certainement la grande ligne de démarca- 



AVANT-PROPOS IX 



tion entre l'ancien et le nouvel ordre hiérarchique de la 
France. 

Nous sommes persuadé que si jamais la Gallia Christiana 
est complétée par les héritiers naturels des anciens Béné- 
dictins, ce que nous appelons de tous nos vœux, l'œuvre 
n'aura pas d'autre terme que celui-là. Aucun historien reli- 
gieux ne voudra ravir à l'antique église des Gaules les onze 
années si fécondes, si instructives et si palpitantes qui 
s'étendent de 1790 à 1801 ; et nul ne fera remonter les 
églises actuelles dites concordataires plus haut que le 
Concordat. 

L'année 1801 est pour nous le point d'arrivée. Ce n'est 
nullement le dépasser que de retracer en quelques mots la 
carrière ultérieure d'une cinquantaine de prélats, qui ayant 
fait partie de la vieille église gallicane, ont occupé un siège 
ou rempli un rôle dans l'église concordataire, nouvellement 
constituée. 

Il nous fallait un point de départ commun à toutes les 
provinces ecclésiastiques de l'ancienne France, point notable, 
marquant , important. Lequel choisir ? 

L'année 1715 s'offrait à nous. Marquée par la mort de 
Louis XIV, par le commencement de la Régence, parla 
publication toute récente de la bulle Unigenitus et l'impres- 
sion du premier volume de la nouvelle Gallia Christiana , 
cette année semble réunir toutes les conditions. Mais les 
événements eux-mêmes, que nous venons de rappeler, nous 
reportent plus haut; et en lisant attentivement le volume 
des Bénédictins, paru en 1716, on s'aperçoit vite qu'ils 
restent en arrière de plusieurs années, peut-être parce que 
les cinq provinces dont ils s'occupent dans ce volume, 
étant toutes situées dans le midi, étaient trop éloignées de 
leur rayon visuel. 

L'année 1701, la première du XVIII e siècle, ne présen- 



AVANT-PROPOS 



tant pas un événement ecclésiastique assez notable pour 
faire époque, nous avons jugé bon, utile, nécessaire même 
de remonter un peu plus haut, jusqu'à l'Assemblée extra- 
ordinaire de 1682, c'est-à-dire jusqu'à cette manifestation 
gallicane de Tépiscopat français, qui désarmant l'Eglise au 
profit de l'Etat, enhardit les sectes, et amena notamment la 
recrudescence janséniste de Quesnel. Or, ce jansénisme, 
combattu par les plus purs catholiques et soutenu par 
la plupart des gallicans, fait à lui seul presque toute 
l'histoire ecclésiastique du XVIII e siècle. 

Entre ces deux grandes époques, choisies, fixées et déter- 
minées, mars 1682 et novembre 1801, il y a cent vingt 
ans. 

Un jour nous eûmes besoin d'étudier dans leurs sources 
et le plus à fond possible l'histoire de ces cent vingt ans : 
c'était en vue de leçons que nous avions à faire à des 
auditeurs religieux, studieux, intelligents. En outre des 
auteurs que nous avions à consulter, la Gallia Christiana 
nous était indispensable pour connaître les noms , le carac- 
tère et l'action des évêques français. 

Chacun a pu constater ce qui manque à cette œuvre 
fondamentale ; ce déficit nous a paru plus fâcheux et 
nous a été plus pénible, alors que l'expulsion, puisqu'il 
faut en rappeler le souvenir, nous privait de biblio- 
thèque et même nous chassait de France. Ceux qui nous 
expulsaient ne songeaient guère sans doute à nous faire 
pratiquer plus d'actes de vertus : ils se proposaient bien 
moins encore de favoriser nos études. Il nous fallait 
cependant fournir nos leçons en tirant parti du peu de 
livres que nous avions sous la main et en nous efforçant 
de compléter pour notre usage l'œuvre des anciens 
Bénédictins. 

Nous venons de révéler ingénument l'origine du présent 



AVANT-PROPOS XI 



travail ; ajoutons qu'il s'est continué depuis dans des cir- 
constances qui n'étaient pas toujours favorables. 

Puisque nous voulions connaître tous les évêques qui ont 
occupé un siège en France pendant la durée du XVIIIe 
siècle, il nous fallait d'abord établir sur des bases solides 
les diverses séries épiscopales ; ensuite porter un jugement 
court, équitable et caractéristique sur chaque prélat, si 
c'était possible, comme essaient de le faire les Bénédictins. 
Les hommes compétents prononceront que ni l'une ni 
l'autre de ces deux tâches n'était aisée. 

Parlons en premier lieu des séries épiscopales ; pour être 
complètes, elles ne doivent pas seulement présenter les noms 
de chaque évêque et ceux de ses parents, mais encore relater 
ses antécédents et porter les dates de sa naissance, de sa 
nomination, de son sacre et de sa mort. 

Gomme nous reprenons à l'an 1682, nous avons généra- 
lement trouvé notre commencement chez les Bénédictins, 
auxquels nous empruntons de confiance le nom de l'évêque 
et son numéro d'ordre dans la série. Toutefois nous avons 
pu environ une fois sur deux, contrôler leurs listes avec 
celles que donnent Hugues du Tems et Henri Fisquet , deux 
auteurs que nous citons souvent, mais qui embrassent à 
peine la moitié des matériaux nécessaires. 

Quand ces trois auteurs nous ont fait défaut, il a fallu 
nous contenter de la simple nomenclature, dressée par 
un de nos confrères, que nous nommerons tout à l'heure, 
ou recourir à YAlmanach Royal, qui, donnant année par 
année l'état du clergé de France, nous offre au moins 
une base solide. Sa nomenclature, d'abord sèche, devient 
suffisante, sinon copieuse quand elle contient outre les 
noms de l'évêque, la date de sa naissance, de son sacre, 
de sa translation ou de sa démission ; jamais pourtant 
elle ne relate la mort. Nous avons dû chercher le com- 



XII AVANT-PROPOS 



plément de nos séries dans les biographies générales ou 
particulières, dans les monographies des églises et jusque 
dans les tables généalogiques du grand Moréri, du Père 
Anselme et de son continuateur moderne, Pol Potier de 
Gourcy. 

Nos dates une fois trouvées, nous les résumons à la fin 
de chaque notice en ajoutant, après la mention de la mort, 
le nombre des années écoulées depuis la naissance et depuis 
le sacre , et nous servant pour cela d'une abréviation facile 
à comprendre, aet. (aetatis), es. (consecrationis). 

Ne recherchant que les évêques, pareequ'eux seuls ont 
joué un rôle dans l'Etat, dont ils formaient le premier 
ordre, eux seuls sont de l'Eglise enseignante, nous avons 
omis tout le reste, doyens ou prévôts, abbés ou abbesses. 
Loin de nous, en effet, la pensée de compléter la Gallia 
Christiana sous tous les rapports. Et puis , avouons-le sans 
détour, la seule nomenclature des évêques nous avait 
infligé assez de tortures, pour que nous ayons songé un 
instant à élargir notre champ de travail. . 

Les listes épiscopales une fois dressées, nous avions à 
porter un jugement sur chacun des évêques, du moins sur 
ceux qui ont le plus marqué dans un sens ou dans un autre. 

Devons-nous l'avouer? Ce jugement calme, impartial et 
vrai nous préoccupait moins que l'établissement des listes. 
Nous avions en effet pour nous guider l'histoire générale 
des églises de France, honnêtement continuée par l'abbé 
Jager ; nous connaissions les personnages principaux qui 
ont eu de l'influence sur ces églises au XVIII e siècle et les 
grands faits de ce siècle où les évêques apparaissent indivi- 
duellement ou collectivement. Gela suffisait pour nous 
orienter. 

Enumérons brièvement les faits importants de la période 



AVANT-PROPOS XIII 



que nous embrassons et qu'on trouvera sommairement 
rappelés ça et là dans nos notices. 

Nous commençons par l'Assemblée de 1682. Quel évêque 
en a fait partie, comme député du premier ordre, et quel 
théologien , comme député du second ordre ? Question de 
nomenclature, facile à résoudre. Quel rôle a joué l'évêque 
ou le théologien dans cette Assemblée ? C'est ce que nous 
avons soin d'indiquer sans parti pris, par exemple, sans 
condamner irrémissiblement tous ceux qui y assistaient et 
sans exalter outre mesure ceux qui n'y assistaient pas. 

Huit années se passent après la clôture de l'Assemblée et 
la promulgation des Quatre -Articles. Pendant ces huit 
années, Innocent XI et Alexandre VIII, indignés de la pro- 
mulgation, refusent indistinctement leurs bulles aux évêques 
nommés par le roi. Ces évêques nommés exercent-ils au 
spirituel un pouvoir quelconque, comme ils administrent 
le diocèse au temporel ? La question sera tranchée chaque 
fois, et assez diversement. 

Fénelon ayant encouru la disgrâce du roi, et soutenant 
quelques principes discutables, se voit poursuivi par tous 
les courtisans et par Bossuet ; il est enfin censuré à Rome. 
Il a eu beau donner l'exemple d'une soumission exemplaire ; 
sa condamnation devra être ratifiée dans chaque assem- 
blée provinciale de France. La majorité gallicane obéit 
servilement. Nous aurons pourtant à enregistrer d'hono- 
rables exceptions. 

Tels sont les trois faits importants que nous présente la 
fin du XVIIe siècle, pour asseoir le jugement à porter sur 
les évêques. 

Une quinzaine de faits saillants que nous allons énumérer 
se partagent inégalement le XVIIIe siècle, antérieurement 
au fait qui est saillant entre tous, la Révolution française. 
Pour l'exposition claire, l'enchaînement et la suite de ces 



XIV AVANT-PROPOS 



faits, comme pour l'appréciation des personnages qui y 
interviennent, nous nous appuyons sur l'ouvrage bien connu 
de Picot, auquel nous renvoyons, et qui est intitulé: Mémoires 
pour servir à V histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième 
siècle. La troisième édition en 7 volumes in-8, Paris, 1853, 
due à l'abbé Lequeux, est celle que nous avons suivie. 

Le jugement que nous prononçons sur les évoques est 
emprunté le plus souvent à ce grave auteur; il connaît 
merveilleusement sa matière ; il aime beaucoup, peut-être 
à l'excès, l'église gallicane; il n'en est que plus recevable 
quand il dévoile les plaies dont souffre cette église : asser- 
vissement au pouvoir séculier, propension de plusieurs 
prélats vers le jansénisme, favorisée par l'engouement incon- 
cevable des Parlements pour la secte, par l'inconséquence 
ou la faiblesse du pouvoir royal à Tendroit des champions 
de Forthodoxie, audace croissante de l'impiété, qui se cache 
sous le nom de philosophie, guerre déclarée aux ordres 
religieux, déchaînement final de toutes les passions, qui 
aboutit à la Révolution française. 

Où Picot insiste le plus, c'est sur le jansénisme de 
Quesnel, plus fin, plus insinuant, plus français et plus 
pernicieux que le jansénisme primitif. Quoique foudroyé 
par la bulle Unigenitus, il résista, se propagea jusqu'en 
Italie, s'allia finalement aux philosophes et aux membres 
des Sociétés secrètes, pour renverser les barrières les plus 
solides et pour établir sur les ruines de l'église gallicane ce 
simulacre de religion qu'on nomma l'église constitutionnelle. 

Le roi Louis XV, pour avoir mal saisi le monstre, impru- 
demment écarté les évêques, seuls gardiens de la foi, et 
continuellement cédé aux Parlements jusqu'au jour tardif 
où il les brisa, eut les premiers torts. Son successeur, 
Louis XVI acheva de tout perdre par sa faiblesse et ses 
autres défauts. C'est ce qu'il reconnut avant de mourir en 



AVANT-PROPOS XV 



contemplant les ruines des antiques églises de France 
entassées sur les débris de son trône. 

Un cas de conscience où le jansénisme se déguise à peine, 
approuvé par quarante docteurs et condamné bientôt par 
Clément XI, ouvre l'histoire ecclésiastique du XVIIIe siècle. 
Deux ans plus tard la bulle Vineam paraît avoir clos à 
jamais les débats. 

Mais la mine souterraine du jansénisme, préparée secrète- 
ment et depuis longtemps par l'oratorien Quesnel, fait alors 
explosion. L'incendie ne sera pas étouffé par la simple con- 
damnation du livre : Les Réflexions morales ; il faudra, pour 
trancher les cent une questions qu'il soulève, la célèbre 
bulle Unigenitus du 8 septembre 1713. 

La soumission due au Souverain Pontife eût été vite 
assurée, si le roi Louis XIV, redevenu fils aîné de l'Eglise 
catholique, avait pu vivre encore quelques années. Grâce à 
lui, la bulle avait été reçue par l'Assemblée du clergé, par 
la Faculté de théologie de Paris, par les différentes pro- 
vinces ecclésiastiques de France ; et des lettres-patentes en 
avaient ordonné l'enregistrement, toute opposition cessante. 

Le roi étant mort, le Régent remet les affaires ecclésias- 
tiques, le choix des évoques, l'acceptation de la bulle, etc., 
au cardinal de Noailles, le chef nominal des opposants. Une 
grande rigueur envers les défenseurs de l'orthodoxie, une 
tolérance coupable envers les récalcitrants font que plusieurs 
évêques, un grand nombre de particuliers et des corpora- 
tions entières appellent de la bulle au futur concile. Et pour 
combler la mesure, on prescrit le silence sur les matières 
contestées. 

Comme le pape ne se pressait pas d'expédier les bulles à 
certains évoques nouvellement nommés, une rupture était 
imminente entre la France et le Saint-Siège, quand tout à 
coup le ciel s'éclaircit, les yeux du Régent furent dessillés, 



XVI AVANT-PROPOS 



et le cardinal de Noailles se trouva réduit à chercher des 
accommodements. 

Louis XV ayant pris les rênes du gouvernement, le clergé 
se plaignit à lui du Parlement qui soutenait les Appelants. 
Ce ne fut pas en vain. L'évêque appelant de Senez, Soanen, 
pour avoir dépassé toute borne, fut cité devant le concile 
d'Embrun, y fut jugé et condamné. Le roi qui avait autorisé 
ce concile provincial, en sanctionna la sentence. 

Un si rude coup effraya quelques appelants, exaspéra les 
autres qui remuèrent plus qu'auparavant. Mais sur ces 
entrefaites, le cardinal de Noailles retira son appel, accepta 
purement et simplement la bulle et frappa ainsi sur le parti 
un coup sensible. La déclaration solennelle du roi contre le 
jansénisme, 24 mars 1730, eût amené la paix et la soumis- 
sion que voulait l'Assemblée du clergé, si le roi et son 
premier ministre, le cardinal de Fleury, n'avaient pas 
écouté les avocats des rebelles , et prescrit de nouveau le 
silence sur les questions religieuses. 

Gomment les fidèles et les évêques auraient-ils pu se 
taire, quand les Nouvelles ecclésiastiques, imprimées et dis- 
tribuées clandestinement, déversaient le fiel des sectaires 
sur FEglise, quand la secte prônait les miracles du diacre 
Paris , quand les convulsionnaires de Saint-Médard livraient 
la religion à la risée du public et des nouveaux incrédules ? 
Il est vrai que l'autorité royale intervint pour fermer le 
cimetière Saint-Médard, pour défendre la divulgation des 
miracles du sieur Paris, pour interdire les assemblées des 
convulsionnaires. Mais que des évêques appuient ces mesures 
du gouvernement, celui-ci les laisse attaquer par les gens 
du Parlement et supprime de lui-même leurs Mandements 
ou leurs Lettres pastorales. 

Des prêtres, dûment instruits de leur devoir, refusent-ils 
les sacrements aux obstinés , le Parlement qui s'est permis 



AVANT-PROPOS XVII 



de rendre un arrêt doctrinal sur la matière, applique 
impitoyablement son arrêt, qui est contraire à la théo- 
logie, lance des décrets de prise de corps et menace 
les réfractaires des peines les plus sévères. En vain les 
évêques réclament; le gouvernement, à la tête duquel 
est encore le cardinal de Fleury, ne les écoute pas, ou les 
fait taire. 

Christophe de Beaumont, installé archevêque de Paris, 
vient d'ordonner à ses curés d'exiger un billet de confession 
avant de porter le viatique aux mourants suspects d'hérésie. 
Il est dénoncé au Parlement comme fauteur du schisme ; 
plus de quatre-vingts évêques l'ayant approuvé, le roi le 
soutient, refuse d'écouter les remontrances du Parlement, 
qu'il finit par exiler. Mais peu à près il rappelle le Parlement, 
auquel il annonce que l'archevêque vient d'être relégué à 
Conflans, d'où il ira à Lagny et peu après à la Roque en 
Périgord. 

Profitant de ces lamentables faiblesses, l'impiété voltai- 
rienne s'affiche ostensiblement, secondée par les travaux 
souterrains des loges, et comme autorisée par les désordres 
du roi. Pour comble de malheur, l'incorruptible distributeur 
des bénéfices, J.-B. Boyer, ancien évêque de Mirepoix, 
étant venu à mourir, l'épiscopat se divise : les uns veulent 
la modération, comme La Rochefoucauld de Bourges, le 
nouveau dépositaire de la Feuille des bénéfices, et reçoivent 
à cause de cela le nom de Feuillants ; les autres se montrent 
avant tout évêques catholiques. 

Ni les humiliations infligées à la patrie par la guerre de 
Sept ans, ni les ravages causés dans les esprits par l'incrédu- 
lité, ne désarment les sectaires, constamment soutenus par 
les gens du Parlement. Les Jésuites, leurs ennemis-nés, ayant 
été chassés du Portugal en 1759, seront au premier prétexte 
chassés de France et même complètement anéantis. L'admi- 



XVIII AVANT-PROPOS 



rable concert de l'épiscopat en leur faveur ne fait qu'attiser 
la haine. Les Parlements frappent ; le roi après quelques 
hésitations sanctionnera l'iniquité ; il obtiendra même 
que le fait accompli soit sanctionné par l'autorité suprême du 
Pontife Romain. 

La destruction des Jésuites présageait et préparait celle 
des autres ordres religieux, que les Jansénistes voulaient 
partielle, mais que les Voltairiens et les francs-maçons 
voulaient totale. Voici comment on s'y prit. 

Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, fin, cupide 
et peu consciencieux , présidait le bureau de juridiction à 
l'Assemblée du clergé en 1765. Il y fit, conformément à 
l'avis de la majorité du bureau, un rapport habile, qui con- 
cluait à la formation d'une commission de cardinaux, 
d'archevêques et d'évêques français, « ayant pour but de 
réformer les ordres religieux, et de les préserver, moyennant 
cette réforme, de la destruction » ; on devait solliciter l'au- 
torisation du Saint-Siège, et s'assurer le concours de l'auto- 
rité royale. 

Mais le recours au pape, qui était Clément XIII, n'entrait 
pas dans les vues du gouvernement, c'est-à-dire de Choiseul 
et de ses collègues. Celui-ci jugea plus simple de s'attribuer, 
nonobstant tout privilège, exemption, etc., le droit de changer, 
de bouleverser et même de détruire. On le voit, nous 
sommes loin du temps où le pieux cardinal de la Roche- 
foucauld, « commissaire apostolique », aidé par Louis XIII 
et Richelieu, réformait les monastères de France aussi 
religieusement que canoniquement. 

En conséquence de ses vues égoïstes, le gouvernement de 
Louis XV constitua le 23 mai 1766 par arrêt du conseil une 
commission, dite des Réguliers, composée de hauts prélats 
et de magistrats. Cette commission commença à fonctionner 
le 31 juillet. 



AVANT-PROPOS XIX 



Le président était C.-A. de la Roche - Aymon, alors 
archevêque-duc de Reims, le secrétaire E.-G. de Loménie 
de Brienne, archevêque de Toulouse, les membres prin- 
cipaux : Boisgelin d'Aix, Phelypeaux de Bourges. Tous sont 
responsables. Mais c'est Loménie qui est le grand coupable. 

C'est lui, en effet qui, secondant les Jansénistes, les 
Parlementaires, les Philosophes, sous couleur d'améliorer la 
situation, détruisit graduellement l'état religieux. C'est lui qui 
allécha les évêques par l'appât des unions *, qui fomenta les 
divisions dans les monastères, la dénonciation contre les 
supérieurs. C'est à son instigation que fut rendu l'édit de mai 
1768, qui retardait l'émission des vœux pour les hommes à 
21 ans, pour les femmes à 18, qui conseillait la rédaction de 
Constitutions nouvelles, qui fixait la conventn alité à 15 ou du 
moins à 9 religieux et supprimait les maisons où il n'y 
aurait pas ce nombre, etc. 

Ce travail de démolition dura vingt ans ; la Commission 
des Réguliers, formée le 23 mai 1766 et dissoute le 19 mars 
1780, ayant été continuée jusqu'en 1787, par la Commission 
des Unions. 

Après ce laps de temps, l'état religieux était ruiné, les 
bénéficiers, les évêques surtout, enrichis. Mais la Révolution 
était prête pour consommer la ruine de l'Église. 

En 1769 , parlementaires, jansénistes, philosophes et mi- 
nistres d'État purent s'applaudir de leur commun triomphe, 
surtout quand la mort les eut débarrassés de l'intrépide 
Clément XIII. Ils s'en applaudirent en effet, comme le 
témoignent les Nouvelles Ecclésiastiques de la secte, la 
correspondance de Voltaire et la plupart des écrits du 
temps. Toutefois, les Parlements étant devenus de plus 
en plus exigeants, furent enfin cassés par le roi Louis XV et 

1. Cf. L. Guibert, Destruction de l'Ordre de Grandmont in-8, Paris, 1877. 

II 



XX AVANT-PROPOS 



remplacés par des conseils. Choiseul lui-même et ses prin- 
cipaux collègues furent disgraciés. Louis XV dès lors put 
vivre tranquille et mourir en paix. 

Le clergé dut le regretter, quand il vit le faible Louis XVI 
rappeler inconsidérément les Parlements qui revenaient avec 
toutes leurs rancunes, chosir des ministres incrédules, exiger 
des quartiers de noblesse pour les sièges épiscopaux, comme 
pour les grades de l'armée, hésiter entre ses attaches à 
Fancien régime et ses projets de réforme. 

Les États-Généraux furent convoqués ; ils se constituèrent 
bientôt en Assemblée nationale. On connaît les décrets qui 
exproprièrent le clergé de ses biens, qui bouleversèrent de 
fond en comble les antiques églises de France et lui substi- 
tuèrent une église schismatique, dite constitutionnelle. Tous 
ces décrets étaient sanctionnés par le roi. Personne n'ignore 
que sept évêques sacrés, dont quatre seulement étaient à 
la tête d'un diocèse, prêtèrent le serment exigé par la 
constitution schismatique, tandis que les cent cinquante 
autres préférèrent l'exil, la pauvreté, les souffrances de 
toute sorte, à ce que leur conscience taxait de forfaiture ou 
de sacrilège. 

Nous n'aurons ici qu'à noter les prévaricateurs : leur infime 
minorité, formant l'exception, nous laissera prononcer en 
général que le haut clergé de la France à cette époque s'est 
montré admirable. 

Quand l'orage fut passé, laissant après lui des ruines 
matérielles irréparables, le clergé ne s'occupa que des ruines 
spirituelles, qu'il eût sans doute réparées à la longue avec le 
secours de la grâce divine. Mais le souverain Pontife, ayant 
agréé le concours du gouvernement consulaire, qui venait 
de s'imposer à la France, se vit forcé d'accepter plusieurs 
conditions, dont la plus dure peut-être fut de ménager ou 
de procurer la vacance de tous les sièges épiscopaux de 



AVANT-PROPOS XXI 



l'ancienne France, condition que le pape remplit en solli- 
citant la démission de tous les évêques survivants. 

Le pape savait bien qu'il demandait là un acte héroïque. 
Aussi ceux qui l'ont fait, et ce fut la majorité, ont droit à 
une mention spécialement honorable. Les autres sont sim- 
plement notés comme récusants ; ils méritent une qualifica- 
tion plus sévère, s'ils ont ajouté à leur refus des motifs 
blâmables, surtout s'ils ont été cause d'un nouveau schisme, 
la Petite-Église. 

Tels sont les faits compris dans la période de cent vingt 
ans, que nous embrassons, d'après lesquels nous portons 
un jugement sur les évêques et les archevêques de France. 
Si notre jugement est dur envers quelques-uns, et ne l'est 
pas envers d'autres, c'est que l'équité commande cette diffé- 
rence. L'histoire n'est pas un panégyrique. 

Outre les événements généraux, où les évêques inter- 
viennent et s'offrent au grand jour, nous avons eu beaucoup 
de renseignements particuliers et quelques portraits tout 
faits. Nous les devons à un homme sûr, bien renseigné et 
parfaitement compétent. C'est le P. François Le Lasseur, 
à qui nous aimons à rendre ici un hommage posthume. 

Né à Nantes le 29 mars 1814, François Le Lasseur 
entra dans la compagnie de Jésus le 21 octobre 1837. 
Il est mort à Paris, dans le collège Sainte-Geneviève, le 
21 avril 1881. 

Bon religieux, prêtre dévoré de zèle, missionnaire infati- 
gable, véritable homme de fer, il avait travaillé au salut des 
âmes dans plusieurs régions de la France. Frappé de 
l'indifférence, de la froideur ou de l'hostilité que son minis- 
tère avait rencontrées, il était remonté aux causes, l'histoire 
en main. Ici c'était la prétendue philosophie de Voltaire et 
de Rousseau, là c'étaient les scandales de la Révolution, là 
c'était le jansénisme. Il attribuait au jansénisme des deux 



XXII AVANT-PROPOS 



siècles derniers une influence particulièrement délétère 
de la piété et même de la foi. 

Durant bien des années, dans l'intervalle de ses missions, 
il a recueilli des documents précieux sur un grand nombre 
de personnages ecclésiastiques, évêques ou non ; sur la fin 
de sa vie il songeait à mettre ses documents sous presse. 
Son titre devait être Répertoire biographique ; il suivait 
strictement l'ordre alphabétique, et rédigeait dans cet ordre 
la notice de tous ses personnages. Il venait d'arriver à la 
lettre G, quand l'expulsion ralentit son travail, que la mort 
devait interrompre quelques mois après. 

Dans les notices rédigées par cet infatigable chercheur, et 
qui sont probablement condamnées à rester inédites, nous 
avons trouvé un assez bon nombre d'archevêques et 
d'évêques ; nous avons regretté de n'y pas rencontrer tous 
ceux que l'initiale de leur nom semblait nous promettre : 
c'est que le Répertoire ne contenait pas absolument tous 
les évêques ; et puis il reste à jamais inachevé. 

Une observation trouve naturellement sa place ici pour 
ce qui regarde l'appréciation des personnages historiques. 
Si les Bénédictins de Saint-Maur ont jugé les évêques 
suivant leurs idées, qui étaient celles de leur temps, de leur 
pays, de leur corps peut-être, on ne pourra nous en vouloir 
de les avoir jugés avec nos idées qui sont fort différentes. 
Nos idées ne sont autres que les enseignements de l'Eglise 
appliqués à la lecture et à l'interprétation des documents 
historiques. 

Il nous reste à dire comment nous avons exécuté notre 
dessein. 

Nous devions avoir présente sous les yeux, comme 
existante encore, la circonscription aujourd'hui effacée, et 
déjà presque oubliée, des provinces ecclésiastiques, des 
diocèses et des paroisses de l'ancienne France. Pour cela 



AVANT-PROPOS XXIII 



nous avions les cartes, si imparfaites soient-elles, qu'on 
trouve dans chaque volume de la Gallia Christiana. Nous y 
renvoyons faute de pouvoir les reproduire et surtout les 
perfectionner. Les cartes de Jaillot et de Gourajod rendraient 
plus de service à ceux qui pourraient les consulter. 

Nous avons suivi l'ordre alphabétique des provinces entre 
elles, comme les Bénédictins et leur continuateur. Nous 
avons cru devoir suivre le même ordre dans le recensement 
des évêchés de la même province , nous écartant ainsi 
de nos devanciers, qui ont préféré un certain ordre de 
dignité pour les évêchés et l'ordre d'ancienneté pour les 
abbayes. 

Nos séries épiscopales, ayant pour point de départ l'année 
1682, commencent à l'évêque qui siégeait en cette année-là 
depuis plus ou moins de temps. Cet évêque porte le numéro 
d'ordre qui lui est assigné dans la Gallia Christiana. Son 
prédécesseur est toujours indiqué au moins par un mot. 
Pour les séries archiépiscopales, nous les avons reprises d'un 
peu plus haut, mais fort brièvement. 

Voulant alléger notablement le poids de notre volume, 
sans priver nos lecteurs de quoi que ce soit d'essentiel, nous 
n'avons pas craint de couper en deux, en trois et même en 
quatre la notice d'un prélat qui aura par hasard été autant 
de fois transféré. Pour embrasser toute sa vie, on n'aura qu'à 
rapprocher les uns des autres les divers fragments de sa 
notice, en se laissant guider ou par les indications qui sont 
dans le texte ou par les renvois que portent les tables. 

N'ayant à faire connaître que les cent vingt dernières 
années de l'église gallicane, nous avons consulté les ouvrages 
qui en parlent, histoire d'un diocèse, biographie d'un évêque, 
etc., ouvrages nécessairement récents que nous avons eu soin 
de citer. Nous indiquons même les travaux nouvellement 
publiés sur telle ou telle abbaye. 



XXIV AVANT-PROPOS 



Quoique nous omettions la série des abbés et des abbesses, 
comme la série des doyens ou des prévôts, nous énumérons 
cependant, en terminant le chapitre consacré à chaque 
diocèse, les abbayes qui s'y trouvaient, et nous n'hésitons 
pas, s'il y a lieu, de signaler en passant quelque abbé remar- 
quable. De plus nous donnons, immédiatement avant nos 
tables, la liste alphabétique des abbayes d'hommes qui 
étaient ou avaient été en commende, et nous ajoutons le 
nom des titulaires qui possédaient ces abbayes en 1788. 
Cette liste avec les indications qu'elle contient pourra servir 
de table. 

Notre voeu le plus ardent est que la Gallia Christiana 
des Bénédictins soit revue, corrigée et complétée de tout 
point, et que notamment l'histoire des abbayes, maintenant 
disparues, soit continuée jusqu'à la Révolution. Plusieurs 
même seraient d'avis qu'on poursuivît cette histoire un peu 
plus loin, en nommant hardiment le premier acquéreur 
de cette abbaye et en lui consacrant une notice, qui 
serait instructive. On commencerait ainsi un travail qui 
manque sur ceux qui ont acheté les biens de l'Église, et 
n'en ont pas été plus heureux. 

Les autres établissements religieux d'un diocèse, collé- 
giales, couvents, séminaires, collèges, hôpitaux, à peine men- 
tionnés par les auteurs de la Gallia Christiana, le sont 
encore moins par nous, peut-être à tort, la plupart de ces 
établissements, tous même, sauf les collégiales, s'étant 
relevés après la tourmente révolutionnaire, quelquefois dans 
un autre local, mais toujours pour le même but. Ne semble- 
t-il pas que l'église cathédrale rétablie ne pouvait se soutenir 
que par le moyen de ces puissants contreforts ? 

Remercions ici ceux qui ont pris une plus grande part à 
la publication de notre travail, M. l'abbé Odelin, chanoine 
et promoteur de Paris, qui nous a pour ainsi dire forcé de 



AVANT-PROPOS XXV 



le mettre sous presse, M. Victor Pierre, avocat distingué à 
la Cour d'Appel et historien consciencieux, qui a bien voulu 
relire toutes nos épreuves, et ceux que nous ne pouvons 
nommer, parcequ'ils nous touchent de trop près, mais qui 
nous ont puissamment encouragé. 

Nous avons dû signaler quelques défauts, des vices même 
dans plusieurs membres de l'épiscopat français ; mais nous 
avons pu y relever des vertus, souvent héroïques, dans le 
plus grand nombre. Oui, l'antique Église de France, avant 
de disparaître, a jeté sur la sainte Église catholique, un 
éclat incomparable : la France n'a pas cessé alors d'être la 
fille aînée de l'Église. 

Telle est la conclusion qui se dégage du travail que nous 
publions A. M. D. G. 



Mamers, 3 i juillet 1891, en la fête de saint Ignace. 



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LES ÉVÊQUES 



ET 



LES ARCHEVÊQUES 

DE FRANCE 

DEPUIS 1682 JUSQU'A 1801 

ALBIENSIS PROVINCIA 

PROVINCE D'ALBI 



Cette province comprend six sièges. D'abord le siège archiépiscopal, 
Albien. Albi. Ensuite cinq sièges épiscopaux : Gadurcen. Cahors, 
Castren. Castres, Mimaten. Mende, Ruthenen. Rodez, Vabren. Vàbres. 

La province ecclésiastique d'Albi, démembrée de Bourges, ne date 
que de l'an 1678, 3 octobre, bulle d'Innocent XL Nous remonterons 
cependant d'un siècle en arrière pour Albi et pour Paris, qui est aussi 
une métropole récente, comme nous remontons pour les autres sièges 
métropolitains. 

Cf. Gallia Christiana, Tomus I, editus armo 1716. — Hugues du Tems, Le Clergé 
de France; 4 in-8, Paris, Delalain, 1774-75; Tome I. — Almanach royal, années 
successives, au chapitre intitulé: Clergé de France. 



PROVINCE D ALBI 



ALBIA, ALBIGA, ALBI 

Cf. Hipp. Crozes, Le diocèse d'Albi, ses évêques et ses archevêques, in-12, Paris 
Didron, 1878. 



DERNIERS ÉVÊQUES D'ALBI, SUFFRAGANTS DE BOURGES 

84. — Alphonse d'ELBÈNE (del Bene), né à Lyon, 84 e évêque 
d'Albi, sacré 1589, f 1608. 

85. — Alphonse II d'ELBÈNE, neveu du précédent, sacré 1609, 
f 1634. 

86.— Gaspard- de DAILLON DU LUDE, transféré d'Agen, 28 jan- 
vier 1635 ; était né à Paris ; avait été sacré évêque d'Agen, 24 août 1631. 
f 25 juillet 1676, œt. 74, es. 45. 



ARCHEVÊQUES D'ALBI 

1. — Hyacinthe SERRONI, 0. P. 1 er archevêque, 87 e évêque. 
Transféré de Mende 1678-79, deux ans après la mort du dernier 

évêque d'Albi, Gaspard de Daillon du Lude. 

Né à Rome 30 août 1617, il entra dans l'Ordre des Dominicains, fut 
appelé en France par le cardinal Michel Mazarin. 

Nommé évêque d'Orange 1646, sacré 1647. 

Transféré à Mende 1661, il y fonda un Séminaire pour les Doctri- 
naires. Avait été employé dans des négociations politiques. 

Nommé 9 octobre 1678 premier archevêque d'Albi, il prit possession 
22 février 1679. 

Fit partie de l'Assemblée de 1682. 

Il a laissé plusieurs ouvrages ascétiques. 

f à Paris, 7 janvier 1687, set. 70/ es. 40. 

2. — Charles Le Goux DE LA BERGHÈRE. 
Transféré d'Aix ou mieux de Lavaur. Cf. Aix et Lavaur. 



ARCHEVÊCHÉ D'ALBI 



Nommé archevêque d'Albi, 18 janvier 1687, il arriva d'Aix et admi- 
nistra en qualité de vicaire capitulaire comme à Aix, ne fut préconisé 
que le 5 octobre 1693. Devenu archevêque d'Albi, il acheva la cathé- 
drale, le palais archiépiscopal, donna le Propre des SS. d'Albi, fonda 
l'hôpital. 

Fit une ordonnance de visite en 54 titres, qui est un véritable code 
de législation ecclésiastique, 1701. 

Transféré à Narbonne, 15 août - 12 novembre 1703. Cf. Narbonne. 

3. — Henri DE NESMOND. 

Transféré de Montauban, 15 août - 12 novembre 1703. Cf. Montauban. 
Grande douceur pour ramener les huguenots de l'Albigeois. 
Fut reçu à l'Académie française en remplacement de Fléchier, 1710. 
Transféré à Toulouse, 5 novembre 1719 - 14 janvier 1722. Cf. Toulouse. 

4. — Armand-Pierre de la Croix DE CASTRIES. 

Transféré de Tours, 5 novembre 1719, prit possession 14 janvier 
1722. Cf. Tours. 

Il fit beaucoup de bien à ses diocésains qui l'aimèrent. 

Se sentant vieillir, il prit pour auxiliaires : 

1° Charles-Joseph Quiqueran de Beaujeu, évêque de Leuse, 1735 ; 

Qui devint, 1736, évêque de Mirepoix. Cf. Mirepoix. 

2° Jean-Paul Brunet de Castries de Panât, évêque d'Evry, 1740, qui 
mourut à Albi, le 18 juillet 1766, sous le 3 e successeur d'Armand-Pierre 
de Castries ; celui-ci 

f à Albi, 15 mars (avril) 1747, aet. 83, es. 28. 

Il était Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit depuis 1733. 

5. — Dominique DE LA ROCHEFOUCAULD Saint-Elpis (Saint- 
Ilpize). 

Né 1713, à Saint-llpize, diocèse de Mende, d'une branche peu for- 
tunée de sa maison, vicaire général à Bourges de son cousin le cardi- 
nal de la Rochefoucauld, qui l'avait tiré de son pays et placé au 
séminaire Saint-Sulpice. 

Nommé archevêque d'Albi, 1747, il fut sacré le 20 juin par Gabriel- 
Florent de Choiseul, évêque de Mende, se montra dès lors un homme 
admirable. 

Abbé de Cluny, 1757, grâce à son parent. 



PROVINCE D'ALBI 



Transféré à Rouen, mai - juillet 1759. Cf. Rouen. 

6. — Léopold-Charles de CHOISEUL-Stainville. 

Transféré d'Evreux, 1759, par le crédit de son frère, le fameux 
Ministre. Cf. Evreux. Introduisit la Liturgie parisienne à Albi ; embellit 
la ville ; accepta de nouveaux bénéfices. 

Transféré à Cambrai, 15 mai 1764. Cf. Cambrai. 

7. — François- Joachim de Pierre, cardinal DE RERNIS. 
Né au château de Saint-Marcel, diocèse de Viviers, 22 mai 1715 ; 
Elève des Jésuites et de Saint-Sulpice ; petits vers à la Pompadour , 

qui l'ont fait surnommer la belle bouquetière ; autres légèretés 
ou galanteries. Chanoine-comte de Rrioude, 1739 ; Académie fran- 
çaise, 1744 ; Comte de Lyon, 1750 ; Ambassadeur à Venise, 1752 ; 
Prêtre , 1755 ; Abbé de Saint - Arnould ( Metz ) , de Saint - Médard 
( Soissons ) ; Ambassadeur à Vienne, 1756 ; Ministre d'Etat, 1757 ; 
créé cardinal, 2 octobre 1758 par Clément XIII, quoique disgracié. 

Nommé archevêque d'Albi, 1764, sacré le 5 août à Sens, par le 
cardinal de Luynes ; 

Fut ambassadeur de France à Rome depuis 1769 jusqu'en novembre 
1791, 22 ans, y vivant, recevant, agissant! Evêque d'Albano, 1773. 

-j- à Rome, 2 novembre 1794, set. 80, card. 36, es. 30, bien revenu, 
à ce qu'il paraît i . 

8. — François de Pierre DE RERNIS. 

Neveu, auxiliaire, coadjuteur et successeur légitime du cardinal. 

Né à Nîmes, 29 novembre 1752, fils de Philippe-Charles-François 
et de Renée d'Arnaud. 

Sacré à Rome par S. S. Pie VI, 30 décembre 1781, évêque d'Apollonie, 
il ne fut d'abord que l'auxiliaire de son oncle. Mais le 14 juillet 1784, 
il devint coadjuteur avec future succession, sous le titre d'archevêque 
de Damas et gouverna ainsi le diocèse pendant que son oncle était à 
Rome. 

Député aux Etats Généraux, en 1789, il émigra. 

Il prit légitimement le titre d'archevêque d'Albi, 1794, à la mort du 
cardinal, donna sa démission, 1801. 

1. Cf. Mémoires publiés par Frédéric Masson. — Blampignon, L'Épiscopat de 
Massillon. 



EVECHE DE CAHORS 






Nommé archevêque de Lyon, par Louis XVIII, 8 mai 1817, et pré- 
conisé seulement administrateur, 1 er octobre, il dut surseoir. Nommé 
archevêque de Rouen, juillet 1819, préconisé 27 septembre, il prit 
possession 27 novembre. 

Pair de France, 1821. 

f à Paris, 4 février 1823, set. 71, es. 42. , 

Enterré à Saint-Sulpice. Ses restes ont été rapportés à Rouen en 1875. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ALBI 

Candelium, Candeil, 0. Cist., en règle et commende alternativement. 
S. Michael de Galliaco, Gaillac, 0. S. B., sécularisée et unie au 
Collège des Jésuites de Toul, retomba en commende après 1762. 
L'abbaye de Saint-Salvi était devenue une collégiale. 



CADURCUM, CAHORS 

Siège épiscopal très ancien. 

70. Henri-Guillaume LE JAY, 70 e évêque de Gahors. 

Né à Paris, fils de Charles, maître des requêtes, il était docteur de 
Sorbonne. 

Nommé évêque de Cahors, 9 mars 1680, pour remplacer Louis- 
Antoine de Noailles, transféré à Châlons cette année-là, il fut sacré le 
1 er juin 1681, prorogea les pouvoirs de vicaire général du vertueux 
R. Fouilhac. 

Saint évêque, il encouragea et protégea Françoise de Boissy, ver- 
tueuse fondatrice d'une congrégation enseignante en Quercy ; il soutint 
le monastère de la Visitation, fondé par le duc de Bouillon (1684). 

f à Cahors, 22 avril 1693, set. ? es. 12. 

N. B. — Ce digne prélat avait eu deux saints prédécesseurs avant 
Noailles qui ne fit que passer : 

Le premier fut Alain DE SOLMINIHAC, né en Périgord, militaire, 
puis chanoine régulier 0. S. A., réformateur de Chancelade. 



PROVINCE D'ALBI 



Nommé évêque de Gahors en 4636, sacré le 27 septembre 1637 à 
Sainte-Geneviève, Paris, 
f saintement, 31 décembre 1659 *. 

Le second fut Nicolas SEVIN, né à Paris, transféré de Sarlat en 
1660, coadjuteur, successeur et fidèle imitateur d'Alain. 
f à Paris, 9 novembre 1678. 

71. — HENRI DE BRIQUEVILLE de la Luzerne. 

Né en 1638, fils de Gabriel, marquis de la Luzerne, sous -gouverneur 
de la Basse-Normandie, Henri était docteur de Navarre, abbé de Chan- 
temerle (Troyes), aumônier de la Dauphine, Anne-Christine- Victoire 
de Bavière. 

Nommé évêque de Gahors, 1693, sacré le 18 octobre à Saint-Louis S. J., 
Paris, il eut pour vicaire général l'orthodoxe et zélé Baudus ; approuva 
Françoise de Boissy, publia un Proprium SS. Cadurcensium. Avait 
résigné Ghantemerle en recevant l'abbaye de la Garde-Dieu (Gahors). 

f à Gahors, 16 juillet 1741, set. 83, es. 48. 

72. — Bertrand-Jean-Baptiste-René DU GUESCLIN. 

Né à Rennes en 1703 de l'illustre famille du Connétable, Bertrand 
était aumônier du roi, vicaire général de Rouen. 

Nommé évêque de Gahors, 20 août 1741, le même jour que Belle- 
fonds était nommé archevêque d'Arles, Beaumont, évêque de Bayonne, 
Lévis, évêque de Pamiers et Fargues, évêque de Saint-Claude, il reçut 
en même temps l'abbaye de Theulley (Dijon), fut sacré le 15 octobre 
suivant. 

Orthodoxe, très charitable envers les pauvres clercs, il fit un rapport 
très élogieux pour Beaumont à l'Assemblée de 1765. Il avait écrit deux 
lettres au Pape en faveur des Jésuites dès 1759. 

f à Cahors, 20 août 1766, 83t. 63, es. 25. 

73. — Joseph-Dominique DE CHEYLUS. 
Transféré de Tréguier, 1766. Cf. Tréguier. 

Ne démentit pas son passé fort louable sur son nouveau siège, et ne 
dévia pas de la ligne tracée par ses prédécesseurs. 

1. Cf. sa vie édifiante, écrite par différents auteurs. 



ÉVÊGHÉ DE CAHORS 



En 1772, il déféra à la Sorbonne une proposition anti-hiérarchique. 
Transféré à Bayeux, 1776. Cf. Bayeux. 

74. — Louis-Marie DE NIGOLAY. 

Né à Montpellier le 17 février 1729, était fils de Joseph-Louis, baron 
de Sabran, capitaine de dragons, et de Marie-Louise de Saint-André. 

Nommé évoque de Gahors, 1776, sacré le 9 mars 1777, fut un prélat 
aussi saint que noble : il couronne dignement la série des anciens 
évêques de Gahors. 

Député aux Etats Généraux en 1789, il résista aux innovations sans 
pouvoir les empêcher, et mourut avant que le schisme fut consommé. 

f 1791,a3t. 62, es. 14. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CAHORS 

0. S. B. vir. Figiacum, Figeac. 

Musciacum, Moissac. 

Marciliacum, Marcillac. 

Sordiliacum vel Sublacum, Souillac. 
fem. Desertum, Le Désert. 
0. Cist. vir. Gordonium, Gourdon (La nouvelle abbaye de). 

Sanctus Marcellus, Saint-Marcel. 

Custodia Dei, La Garde-Dieu. 
fem. Eremus, Lerme ou Leyme. 

Lazeriae, Lazières. 

Vicus, Vic-lès-Capdenac. 

Lissiacum, Lissac. 

N.B. — Beata Maria de Rupe Amatoris, N.-D. de Roquemadour 
ou Rocamadour, était une abbaye bénédictine unie à l'évêché de Tulle ; 

Bellus locus, Beaulieu, était un prieuré de l'ordre de Saint-Jean-de- 
Jérusalem, occupé par des religieuses. 



PROVINCE D'ALBI 



CASTRUM, CASTRES 

Siège épiscopal établi au XIV e siècle, une abbaye ayant été érigée en 
évêché par Jean XXII, l'an 1317. 

29. — Michel TUBCEUF, 29 e (alias 35 e ) évêque de Castres. 
Transféré de Saint-Pons , 1664, Charles - François d'Anglure de 

Bourlemont étant transféré de Castres à Toulouse cette année-là. 

Michel était fils de Simon, avocat au Parlement de Paris et de Marie 
Talon, frère de Jacques, intendant des finances. Il fut aumônier du roi, 
abbé de Saint-Urbain (Châlons). 

Nommé évêque de Saint-Pons, 20 juin 1653 et sacré à la Sorbonne, 
12 avril 1654, il éprouva dans son diocèse des oppositions méritées. 

Transféré à Castres, il fit bâtir un magnifique palais épiscopal. 
N'osa pas contrarier le roi qui attribuait le collège de Castres aux 
Jésuites, 1664 ; il n'aurait pas eu autant de déférence pour le pape. 

f à Paris, 16 avril 1682, ast. 80, es. 28. 

30. — Augustin DE MAUPEOU. 

Né à Paris, en 1648, était fils de René, Président aux Enquêtes, et 
de Marie Doujat, docteur de Sorbonne, doyen du chapitre de Saint- 
Quentin, député du deuxième ordre à l'assemblée de 1682 pour la 
province de Paris, était avocat-général au Grand-Conseil. 

Nommé évêque de Castres pendant l'Assemblée, le 3 juillet 1682, il 
gouverna comme vicaire capitulaire, ne fut préconisé que le 23 no- 
vembre 1693, sacré le 10 janvier 1694 à Narbonne, par Bonzi, choisit 
pour vicaire-général le pieux Flaman ville, depuis évêque de Perpignan. 

Transféré à Auch 1705-1706. Cf. Auch. 

31. — Honoré QUIQUERAN DE BEAUJEU, de funeste mémoire. 
Né 23 juin 1655 à Arles, frère de Charles-Joseph, auxiliaire d'Albi. 

Cf. Alri, p. 3. Oratorien à 17 ans, prédicateur, vicaire-général de 
Fléchier à Nîmes. 

Nommé évêque d'Oloron, mars 1705, de Castres, 11 avril, il reçut 
ses bulles pour Castres et fut sacré le 25 octobre. Il débuta fort bien : 
charité, zèle, orthodoxie pour la bulle Vineam et même Unigenitus. 
Mais en 1716, il s'unit à Noailles, fit une opposition scandaleuse à la 



EVECHE DE CASTRES 



bulle, à la légende de Saint Grégoire VII, etc., conduite qui lui aliéna 
ses diocésains. Durant ses fréquents séjours à Arles, il froissa l'ortho- 
doxe archevêque Jacques de Janson, qui lui fit refuser à cause de son 
obstination les sacrements à la mort, excommunia le dominicain assez 
hardi pour les lui avoir donnés quand même. 

f à Arles, 26 juin 1736, aet. 81. es. 21, associé vétéran de l'Académie 
des Inscriptions. Quid prodest? 

32. — F. DE LASTIC de Saint- Jal. 
Transféré d'Uzès 1736. Cf. UzÈs. 

Evêque simple, droit, zélé, très aimé, répara sans bruit les fautes de 
son prédécesseur. 
f à Castres, 24 mai 1752, set. 55, es. 23, très regretté. 

33. — Jean-Sébastien DE BARRAL, saint et bienfaisant prélat. 

Né près Grenoble, 15 octobre 1710, fils de Joseph, frère de Jean- 
Baptiste-François, président à mortier, de Claude Mathias, évêque de 
Troyes, élève des Jésuites et des Sulpiciens, vicaire général d'Ize de 
Saléon à Vienne. 

Nommé évêque de Castres 1752, sacré le 17 décembre, eut successi- 
vement pour vicaires-généraux Claude-Louis de Leyssin, depuis arche- 
vêque d'Embrun ; puis Al. de Barrai, son frère puîné, l'abbé Favier, si 
vénéré ; employa les Jésuites qu'il défendit éloquemment en 1762, se 
rendant ainsi odieux aux Jansénistes et à Voltaire. Charités immenses. 
Ordonna à ses curés de prêcher la culture des pommes de terre, 
perça des routes, commença la construction d'un séminaire, établit 
les Frères des Écoles Chrétiennes ; fonda pour les filles, de concert 
avec sa vertueuse sœur, l'orphelinat de la Présentation. 

f à Castres, juillet, 1783, set. 63, es. 21 *. 

34. — Jean-Marc de ROYÈRE, dernier évêque. 
Transféré de Tréguier, 1773. Cf. Tréguier. 

Fut un évêque pieux, ferme et fidèle jusqu'à la mort. 

Emigra en Espagne 1791, y consola diversement les prêtres exilés. 



1. La notice de ce pieux prélat, rédigée par le P. Le Lasseur, est empruntée au 
vol. in-8, qui a pour titre : Etude historique sur Jean-Sébastien de Barrai, éiêque 
de Castres. Castres, 1843, et dont l'auteur est Anacharsis Combes. 



10 PROVINCE D'ALBI 



Fit sa démission dès 1801 d'une façon particulièrement belle. 
f en Portugal, 24 mai 1802, set. 75, es. 35. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CASTRES 

0. Gist. vir. Sancta Maria de Ardorello, Ardorel ou Arborel [Notre- 
Dame d'J. 

Bella Aqua, Belle Eau. 

Bellus Visus, Beauvoir. 
0. S. B. fem. Vêtus murus, Villemur ou Vieil-mur. 



MIMAS, MENDE 

Le siège de Mende, assez ancien, avait changé de place 
au moins deux fois. 

Cf. L'abbé J.-B.-E. Pascal, Gabalum Christianum, ou Recherches sur l'église 
de Mende ; in-8° Paris, Dumoulin, 1853. 

66. — Dom François - Placide de Baudry DE PIANCOUBT, 
0. S. B., 66° évêque de Mende. 

Né au diocèse d'Evreux en 1630, fut moine, puis abbé de la Croix 
Saint-Leufroy (Evreux). 

Nommé évêque de Mende 1677, après la- nomination d'Hyacinthe 
Serroni à l'archevêché d'Albi, il fut sacré à Saint-Germain-des-Prés, 
à Paris, le dimanche 16 janvier 1678, fit partie de l'Assemblée de 1682, 
résida, prêcha, fut très charitable. 

f à Mende, 13 décembre 1707, set? es. 30. 

67. — Pierre de Baglion de la Salle DE SAILLANT. 

Né à Lyon en 1661, d'une famille originaire de Pérouse, était neveu 
et vicaire général de François-Ignace de Saillant, à Poitiers. 

Nommé évêque de Mende en 1707, sacré le 24 juin 1708 à Paris, par 
Noailles, il se dévoua pendant le grand hiver de 1709 et pendant la 



ÉVÊCHÉ DE MENDE \\ 



peste de 1720-23, au soulagement des malheureux. 
f à Mende, 27 septembre 1723, aet. 62, es. 16. 

168. — Gabriel-Florent DE CHOISEUL-Beaupré. 
Transféré de Saint-Papoul, 1723-24. Cf. Saint-Papoul. 

Etait pieux ; il eut un épiscopat long et paisible, mais peu glorieux ; 
car il toléra les Jansénistes et notamment le P. Geoffroy, doctrinaire. 
Il introduisit la liturgie parisienne à Mende, en même temps que son 
cousin, Charles-Léopold l'imposait à Albi. 

Eloge excessif dans Hugues du Tems : « La maison de Choiseul a 
perdu en lui un bienfaiteur, les pauvres un ami, le Clergé de France 
un de ses plus illustres prélats ». 

Pourvu des abbayes de Tyronneau (Le Mans), de Sainte-Colombe 
(Sens), il les résigna en 1758 ; mais ne se compromit pas en faveur des 
Jésuites les années suivantes. 

f à Mende le 7 (17) juillet 1767, set. 82, es. 49, doyen des évêques 
de France. 

69. — Jean-Arnauld DE CASTELLANE. 

Né au Pont-Saint-Esprit, 11 décembre 1733, vicaire général de 
Reims, aumônier du Roi. 

Nommé évêque de Mende le 1 er novembre 1767, sacré le 14 février 
1768, dans la chapelle du Roi à Versailles, fut 20 ans en paix, surveil- 
lant l'enseignement ecclésiastique, exterminant les Jansénistes. 

Mais ayant refusé le serment schismatique et restant, néanmoins à 
son poste, il fut calomnié, forcé de fuir. Arrêté, emprisonné à Orléans 
et traîné à Versailles, il y fut massacré le dimanche 9 septembre 1792, 
aet. 59, es. 25. 



ABBAYE DE L'ÉVÊCHÉ DE MENDE 

Il n'y avait plus dans le diocèse de Mende, une abbaye d'hommes, 
mais seulement une abbaye de femmes : Mercoria, Mercoire, 0. Cist. 

On y comptait en revanche cinq collégiales : Marvejols, Quésac, 
Bedonez, Malzieu, Saugues. 



12 PROVINCE D'ALBI 



RUTHENI , RODEZ 

Cf. Servières (l'abbé) Histoire de l'église du Rouergue, gr. in-8. Rodez, veuve 
Carrère, 1875. — Bosc. Mémoires pour servir à l'histoire du Rouergue, 2 e édition, 
in-8, ibid. 1879. (La 1" édition, an VI - 1797.) 

60. — Gabriel de Voyer de Paulmy d'ARGENSON, 60 e évêque 
de Rodez. 

Né en 1597, il était fils de Louis, vicomte de Paulmy, bailli de 
Tours. 

Nommé évêque de Rodez, 1666, après la démission de Louis Abelly, 
il fut sacré le 8 mai 1667, à Saint-Louis des Jésuites, à Paris. 

Ce fut un saint évêque. 

f à Rodez, 11 octobre 1682, set. 75, es. 26. 

N. B. — L'ancien évêque, Louis ABELLY, retiré à Saint-Lazare, 
Paris. 
f 4 octobre 1691, set. 88, es. 28. 

61. — Paul-Louis-Philippe de LÉZAY DE LUSIGNAN. 

Né en Poitou, docteur en théologie. 

Abbé de Saint-Barthélémy (Noyon), fut député du deuxième ordre à 
l'Assemblée de 1682 pour la province de Sens. 

Nommé évêque de Rodez, 1683, il administra comme vicaire capitu- 
laire, ne fut sacré que le 15 novembre 1693. Rentré à Rodez, 1694, il 
s'y distingua par ses visites et ses charités, fonda un séminaire qu'il 
confia aux Jésuites ; réforma Aubrac à la prière des deux Noailles, 
successivement doms d'Aubrac, mérita d'autres éloges que lui refusent 
les auteurs du Gallia Christiana. 

f saintement à Rodez, le 25 février 1716, set. ? es. 23. 

62. — Jean-Armand de la Vove DE TOUROUVRE, Janséniste. 
Né en Normandie, 1673. 

Élevé à Saint-Magloire, mauvaise époque. 
Formé à Rouen, sous Golbert, par Touet. 

Nommé évêque de Rodez 1716, par le Régent, en même temps que 
Lorraine à Bayeux, sous l'inspiration de Noailles, mais refusé par le 



ÉVÊCHÉ DE RODEZ 43 



Pape, il ne fut sacré par Noailles que le 10 juillet 1718, fit son entrée à 
Rodez, 17 juillet 1719. 

Son premier acte fut d'inviter deux Appelants à combattre l'influence 
des Jésuites qu'il discrédita, isola et finit par interdire, n'osant les 
chasser. Ceux-ci, défendant la doctrine catholique, sauvèrent le dio- 
cèse, jusque-là pur. Ces agitations intestines, le coup frappé au Concile 
d'Embrun malgré ses réclamations, les exhortations de Massillon 
ramenèrent Tourouvre qui publia solennellement la bulle Unigenitus, 
25 septembre 1729, rendit justice aux Jésuites, etc. Il avait toujours 
été généreux et charitable. 

f en paix à Salles-Curan, 18 septembre 1733, set. 60, es. 15. 

63. — Jean d'IZE DE SALÉON, le réparateur. 
Transféré d'Agen, 1734 - 31 octobre 1735. Cf. Agen. 

Il cicatrisa toutes les blessures, remit les choses en bon état *. 
Transféré à Vienne, 1746. Cf. Vienne. 

64. — C. DE GRIMALDI d'Antibes. 

Né à Vence, 1705, des marquis de la Cagne, branche des princes de 
Monaco, abbé de la Grâce-Dieu, vicaire-général de Rouen. 

Nommé évêque de Rodez 1746, sacré le 22 janvier 1747. 

Compatit aux Jésuites supprimés et les remplaça de son mieux. Fit 
donner une mission par Brydaine. 

f mars 1770, set. 65, es. 24. 

N. B. — Grimaldi du Mans était neveu de celui-ci ; Grimaldi de 
Besançon était son cousin éloigné ; mais ces Grimaldi ne se rattachent 
aucunement au cardinal de Grimaldi d'Aix. 

65. — Jérôme-Marie CHAMPION DE CICÉ. 

Né à Rennes, le 3 septembre 1735, était fils de Jérôme-Vincent et de 
Marie de Varennes. 

Vicaire-général de son frère aîné à Troyes et à Auxerre ; agent 
général du clergé. 

Nommé évêque de Rodez, 24 juin 1770, sacré le 26 août, installé 
8 août 1771, continua, pour l'esprit, ses deux prédécesseurs, mais non 

1. Cf. Les historiens cités plus haut. 



14 PROVINCE D'ALBI 



pour la forme, se montrant quelquefois Breton entêté, plus souvei 
homme faible, par exemple en face de la Commission des Réguliers. 

Transféré à Bordeaux, 4 février - 2 avril 1781, il y fut plus répréhen- 
sible encore. Cf. Bordeaux. 

66. — Seignelay Colbert DE CASTLE-HILL (de Gast le Hill, 
Almanach-Royal.). 

Sic dans Servières et Bosc sans nom de baptême. 

Né, 1736, au château de Castle-Hill, en Ecosse, d'une branche 
catholique des Cuthbert (Servières), des Colbert (Bosc), fut élevé en 
France, devint vicaire-général de Brienne à Toulouse, ce. qui est 
mauvais signe, fut bien poussé. 

Nommé évêque de Rodez, 1781, sacré le 22 avril, il débuta bien ; 
mais député aux Etats-Généraux avec Malrieu et Villaret, depuis 
évêque d'Amiens, il s'unit au Tiers, juin 1789; et peu s'en fallut 
en 1791 qu'il ne prêtât le serment schismatique. 

Emigré en Angleterre, il refusa avec éclat de se démettre en 1801. 

f à Londres, 1813, set. 77, es. 32. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE RODEZ 

0. S. B. vir. Conchse, Conques. 

fem. S. Saturninus Ruthenensis, Saint-Saturnin de Rodez. 
B. M. de Arpajone, Notre-Dame d'Arpajon. 
0. Cist. vir. Locus Dei, Loc-Dieu *. 
Bona Vallis, Bonneval. 
Bona Cumba, Bonnecombe. 
Bellus locus, Beaulieu, unie à l'évêché de Blois. 
fem. Oratio Dei, Oraison. 
0. S. A. Aubracum, Domerie oVAuhrae. 

0. S. Clarse. S. Clara, Sainte- Claire. 

1. Claude Fleury, l'historien de l'Eglise, fut nommé abbé de Loc-Dieu le 1 er sep- 
tembre 1684. Il se démit en 1706, f 14 juillet 1723, set. 82. 



ÉVÊCHÉ DE VABRES 15 



VABRA, VABRES 

Abbaye du IX e siècle érigée en évêché par Jean XXII, l'an 1317. 

Cf. Servières (l'abbé) Histoire de l'église du Rouergue, gr. in-8. Rodez, veuve 
Carrère, 1875. — Bosc. Mémoires pour servir à l'histoire du Rouergue, 2 e édition, 
in-8, ibid. 1879. (La l re édition, an VI-1797.) 

22. — Daniel-Louis DE BARADAT, 22« évêque de Vabres. 

Né en Champagne, il était fils de François, neveu de Henri, évêque, 
comte de Noyon, 1627-59 *. 

Nommé évêque de Vabres le 14 janvier 1673, deux ans après la 
translation de Tressan au Mans, il fut sacré le 31 décembre à Vitré, en 
Bretagne. Montra une certaine hauteur dans ses relations, se distingua 
cependant par la sagesse de son gouvernement (Servières) ; prononça 
l'oraison funèbre de Harlay, archevêque de Paris, devant l'Assemblée 
du Clergé, 25 septembre 1695. 

Etait abbé de Clermont (Le Mans). 

f 17 mars 1710, œt. ? es. 37. 

23. —'Charles-Alexandre Le Filleul DE LA CHAPELLE. 

Né à la Chapelle (Lisieux), 1676. Docteur de Sorbonne, neveu et 
vicaire général de Piancourt, à Mende. 

Nommé évêque de Vabres, sacré le 4 janvier 1711 à Paris, par 
Noailles, durant l'Assemblée du Clergé. 

Abbé de Saint-Pierre (Châlon). Long épiscopat d'abord tranquille, 
puis troublé ; le prélat vivait ordinairement dans un château de cam- 
pagne, allait souvent aux Assemblées du Clergé à Paris ou en Nor- 
mandie. 

N.B. — Il s'est probablement rangé avec la majorité des évêques 
français pour défendre les Jésuites en 1761. Mais la lettre qui lui est 
attribuée dans Clément XIII et Clément XIV du P. de Ravignan, est de 
Fontanges, évêque de Lavaur. Cette lettre, signée J.-B.-Jos. episc. 
Vauren., n'a pas éveillé le moindre doute chez le trop zélé servant 
du P. de Ravignan. 

1. Cf. Anselme, t. II, généalogie de Baradat. 



16 PROVINCE D'ALBI 



f à la Chapelle en Normandie, 8 février 1763, set. 83, es. 53, doyen 
des évêques de France. 

24. — Jean de la. Croix de CASTRIES - Mairargues , dernier 
évêque de Vabres. 

Né dans le diocèse d'Uzès le 5 février 1716, il était fils de Jean, baron 
de Gaujac et d'Isabelle Cabot. 

Prévôt d'Albi 1747, à la mort de son parent, l'archevêque Armand, 
agent général du Clergé 1754, et abbé de Foigny (Laon). 

Nommé évêque de Vabres en 1763, sacré le 9 septembre 1764, fut 
un prélat digne d'éloges *. 

N'émigra pas, son siège étant supprimé en 1790, et la loi n'exigeant 
de lui aucun serment. 

f à Paris, 6 mai 1796, œt. 79, es. 32. 

N. B. — Trois évêques seulement occupèrent le siège de Vabres 
durant 123 ans ; ce qui est assez remarquable. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE VABRES 



0. S. B. vir. S. Petrus de Nanto, Nantz. 

fem. Arpajonia, Arpajonie^. 
0. Cist. vir. Salvanesium, Salvane ou Silvanis. 

fem. Elnonnenca, Nonanque. 
0. S. A. Bellus mons, Beaumont, petite abbaye, de petit revenu. 

1. Servières, op. cit. 

2. Placée ici par quelques auteurs, cette abbaye était dans les limites du diocèse 
de Rodez. 



mmmm 



AQUENSIS PROVINCIA 

PROVINCE D'AIX 



Cette province comprend six sièges. D'abord le siège archiépiscopal, 
Aquen. Aix, puis cinq sièges épiscopaux , Apten. Apt , Forojulien. 
Fréjits, Rejen. Riez, Sistaricen. Sisteron, Vapincen. Gap. 

Cf. Gallia Christiana, Tomus I. — Hugues du Tems, Le Clergé de France, Tomel. 
— Almanach Royal. 



AQUiE SEXTLE, AIX EN PROVENCE 

Siège archiépiscopal très ancien, maintenu par le Concordat de 1804 . 

ARCHEVÊQUES D'AIX 

Cf. Fisquet, France pontificale, Aix, Arles et Embrun ; 1 vol. in-8. Paris, Repos, 
1860. 

G7. — Dom Gilbert GENEBRARD, 0. S. B., docteur en théologie, 
savant et fécond écrivain, nommé archevêque d'Aix par le duc de 
Mayenne, fut préconisé le 10 mai 1591 par Grégoire XIV, sacré à 
Sainte-Geneviève de Paris le 10 avril 1592, ne se fit installer que le 
19 septembre 1593. Mais banni, comme Ligueur, le 7 janvier 1594, il 
ne put résider plus longtemps. 

f à Semur en Auxois, le 16 février 1597, œt. 65, es. 5. 

68. — Paul HURAULT DE L'HOSPITAL, fils de Robert Hurault, 

2 



18 PROVINCE D'AIX 



seigneur de Belesbat, et de Madeleine de l'Hospital, sacré en 1598. 
f 8 septembre 1624. 

69. — Guy HURAULT DE L'HOSPITAL, neveu du précédent, 
sacré en 1619, archevêque d'Augustopolis, coadjuteur, succéda en 1624. 

f à Paris, 3 décembre 1625. 

70. — Dom Alphonse-Louis du Plessis DE RICHELIEU, chartreux, 
frère du grand Ministre, sacré le 21 juin 1626 ; créé cardinal le 
19 novembre 1629 ; était dès lors transféré à Lyon, dont il prit posses- 
sion aussitôt. Cf. Lyon. 

71. — Louis de BRETEL, né à Rouen, d'une famille de magistrats, 
sacré le 11 janvier 1632. 

f à Aix, le 27 mars 1644. 

72. — Frère Michel MAZARIN,,0. P., frère du premier Ministre, 
sacré à Rome, juillet 1645, créé cardinal le 7 octobre 1647. 

f à Rome, 1 er septembre 1648. 

73. — JÉRÔME CARDINAL GRIMALDI-CAVALLERONI 1 . 

Etait né à Gênes le 20 août 1597, ayant été sacré évêque d'Albano ? 
1628. 

Il fut nonce apostolique auprès de l'Empereur, 1632, du roi de 
France, 1641. 

Créé cardinal le 13 juillet 1643, il favorisa l'évasion des Barberins, 
1644, encourant ainsi la colère d'Innocent X. 

Nommé par le Roi, archevêque d'Aix, 1648, pour succéder au 
cardinal Michel Mazarin, qui était mort le 1 er septembre à Rome et 
qu'Innocent X entendait remplacer à son gré, suivant une clause du 
Concordat. 

Il ne reçut ses bulles que le 30 août 1655, d'Alexandre VII ; mais il 
avait pris l'économat ou l'administration du temporel depuis qu'il 
tenait le brevet royal. 

Ayant fait son entrée à Aix le 25 novembre 1655, il se montra aussi galli- 
can que les natifs, plus courtisan envers le Roi et fort indulgent envers 

1. Cf. Moréri, art. Grimaldi. 



ARCHEVÊCHÉ d'AIX 19 



les Jansénistes. Aussi est-il comblé d'éloges par la Gallia Christiana. 
f à Aix, 4 novembre 1585, set. 88, es. 57, card. 43. 

— Charles Le Goux DE LA BERGHÈRE, évêque de Lavaur 
1677 - 78, ayant été nommé archevêque d'Aix par brevet royal, 
13 novembre 1685, vint habiter le palais archiépiscopal, administra 
avec les pouvoirs de vicaire capitulaire, visita, redressa, ordonna, jus* 
qu'à sa nomination, 19 janvier 1687, à l'archevêché d'Albi. Cf. Albi. 

74. — Daniel DE GOSNAG. 

Transféré- de Valence et Die par brevet royal, 19 janvier 1687, par 
bulle d'institution canonique, seulement le 23 octobre 1693, à cause de 
ses irrégularités, par exemple de son rôle à l'Assemblée de 1682 et de 
son intrusion à Aix. Il avait pris le gouvernement du diocèse, malgré 
les oppositions, avec le titre de vicaire capitulaire et persisté durant 
6 ans dans cette conduite anticanonique. 

Devenu archevêque légitime, il accepta les riches abbayes de Saint- 
Riquier et de Saint-Taurin, puis écrivit ses peu édifiants Commen- 
taires qu'a récemment publiés la Société de l'Histoire de France. 

Il fut chansonné de son vivant et après sa mort. 

f à Aix le 18 janvier 1708, aet. 82, es. 53. Doyen des évêque s de 
France. 

75. — Charles-Gaspar-Guillaume DE VINTIMILLE du Luc. 
Transféré de Marseille, 1 er février -30 avril 1708. Cf. Marseille. 
Il prit possession en personne le 4 novembre. 

Démolit le somptueux château de Grimaldi, condamna le janséniste 
Antoine Léger, supérieur du Grand-Séminaire, dont il modifia la direc- 
tion par trop scandaleuse, se dévoua pendant la peste, à l'exemple de 
Belsunce, attira ainsi sur lui l'attention du Roi. 

Transféré à Paris, 12 mai -16 juillet 1729 ; il s'empressa d'accepter, 
malgré ses 74 ans et les regrets des Provençaux. Cf. Paris. 

76. — Jean-Baptiste-Antoine DE BRANGAS. 

Transféré de La Rochelle, 21 juin -16 juillet 1729. Cf. La Rochelle. 
Il fit donnera Aix en 1733, par les Jésuites, alors tracassés 4 , une 
mission fructueuse. 

1. Procès de la Cadière contre le P. Girard devant le Parlement de Provence. 



20 PROVINCE D'AIX 



Fidèle exécuteur des Constitutions apostoliques, exilé pour ce motif, 
1755, il défendit vigoureusement les Jésuites dès 1759, fonda le petit 
Séminaire, les Frères des Ecoles Chrétiennes, soutint les orphelines et 
d'autres œuvres, comme son frère de Lisieux, fut chéri des pauvres, 
estimé de tous, même de ses chanoines, qu'il dut contrarier. 

Abbé de Montmorel et de Saint-Pierre de Melun. 

f à Aix, 30 août 1770, eet. 77, es. 45, sess. Aquen. 41. 

77. — Jean de Dieu Raymond DE BOISGELIN de Cucé *. 

Transféré de Lavaur, 4 novembre 1770-4 mars 1771. Cf. Lavaur. 

Imprima son activité aux Etats de Provence, aux magistrats, sans 
blesser personne. Académie française, 1776. Mais voulant s'épargner 
les embarras parlementaires, il laissa libre son clergé, puis il se lia 
d'amitié avec des philosophes ou littérateurs légers. Entré dans la 
Commission des Réguliers, il ne résista pas assez à l'entraînement 
malsain de ses collègues ; fit unir par Louis XVI, novembre 1774, 
l'abbaye de Saint-Gilles à son archevêché. 

Député aux Etats Généraux, il eut d'abord des illusions ; sa gloire 
date de 1790 : pour sauver la propriété ecclésiastique, il proposa 
400 millions à l'Etat ; il composa l'admirable Exposition des principes 
sur la constitution civile du Clergé, refusa le serment, émigra en 
Angleterre. 

Donna sa démission en 1801, devint archevêque de Tours, 1802 
et cardinal. 

f 22 août 1804, set. 78, es. 40. 



ABBAYE DU DIOCÈSE D'AIX 

Il n'y avait plus aucune abbaye d'hommes. 

Les Bénédictines ftArtecelle, Arta cella, établies à Aix par Anne 
d'Autriche, 1660, venues du Val-de-Grâce de Paris, étaient en règle ; 
leur abbesse était triennale. 

1. Cf. Notice sur le cardinal de Boisgelin, en tête de ses œuvres par M. de Bausset. 
Article de M. de Carné dans le Correspondant de mai 1874. 



ÉVÊCHÉ D'APT 21 



APTA, APT 

Siège épiscopal très ancien. 

Cf. Histoire de l'Église d'Apt, par l'abbé Boze ; in-8, Apt, 1820. — Les Évêques 
d'Apt, leurs blasons et leurs familles, par Jules de Terris, 1877. 

82. — Jean de GAILLARD de Longjumeau, 82 e (84 e ) évêque. 

Né à Granville, suivant Lecanu, en Provence selon Moréri, son pro- 
tégé et son admirateur, il était fils de Pierre et frère de Magdeleine 
sous-gouvernante des enfants de France ; était chanoine et théologal 
de Goutances, quand il fut promu à l'évêché d'Apt, que laissait vacant, 
7 janvier 4670, Modeste de Villeneuve, Récollet, mort après 41 ans 
d'épiscopat. 

Sacré à Goutances, 28 juillet 1671, le nouvel évêque travailla à la 
réformation des religieuses de Sainte-Catherine, réforma son Chapitre ; 
il établit un Mont-de-piété, un hospice de la Charité, fut l'ennemi des 
nouveautés, du Jansénisme et du Gallicanisme. 

En 1674, Moréri, son aumônier, lui dédia la première édition de son 
Dictionnaire historique universel. 

f à Apt, le 28 janvier, 1695, set. ? es. 23, à la suite d'une longue 
maladie qui l'avait réduit à l'état d'enfance, 

83. — Joseph-Ignace DE FORESTA de Golongne. 

Né à Marseille, 14 mai 1654, d'une noble et pieuse famille, fit de 
bonnes études ; capacités, grande piété, zèle; chanoine de la cathédrale 
et prévôt de Marseille, il fut vicaire-général de Févêque Charles de 
Vintimille. 

Nommé évêque d'Apt, 1695, sacré le 14 février 1696 aux Carmélites 
de Paris, se fit chérir de ses diocésains et fit aimer la religion ; fonda 
un séminaire qu'il confia aux PP. Jésuites, 1699 ; fut le premier à 
condamner, 15 avril 1702, les Réflexions morales de Quesnel. Il écrivit 
en outre contre les Jansénistes et les Gallicans, sous la Régence, en 
appela du roi mineur au roi majeur, 1718, appel qui fut condamné par 
le Parlement et lui valut la saisie de son temporel. 

Démissionnaire 1722 , il administra encore deux ans le diocèse 
d'Apt. 



22 PROVINCE D'AIX 



Se retira à Marseille près de Belsunce ; protesta contre la loi du 
silence, 1731. 

f saintement à Marseille, 18 décembre 1736, set. 83, es. 44, assisté 
par Belsunce. Son corps déposé dans l'église des Jésuites, y fut trouvé 
intact en 1793. Mais les profanateurs impies vengèrent alors sur ces 
restes vénérés les haines de leurs devanciers : Jansénistes, philosophes, 
etc. ; ces hommes se soutiennent les uns les autres *. 

84. — Je an-Baptiste- Antoine DE VAGGON. 

Neveu, vicaire-général et successeur du précédent, était prêtre du 
diocèse d'Aix, ami du vertueux abbé de la Motte, dont il avait été le 
condisciple à Viviers. 

Nommé évêque d'Apt, 1723, sacré le 1 er octobre 1724. 

Assista au concile d'Embrun, 1727, soutint les immunités ecclésias- 
tiques, fit donner une mission à Apt par Bry daine 1741, y avait établi 
les Frères des Ecoles Chrétiennes, 1738 ; avait supprimé l'abbaye de 
Sainte-Catherine pour transporter l'Hôtel-Dieu dans les bâtiments de 
l'abbaye et partager les biens entre les Ursulines et les Visitandines. 
Désintéressement, charité pour les pauvres, dévouement pour ses 
prêtres. 

f à Apt, 7 décembre 1751, set. ? es. 24. 

85. — Félicien Bocon de la MERLIÈRE. 

Né à la Merlière, diocèse de Vienne, 1714 (1715), chanoine de 
Grenoble, zélé missionnaire. 

Nommé évêque d'Apt, 7 janvier 1752, fut sacré à Paris, 4 juin, par 
Christophe de Beaumont. 

Quoique valétudinaire, 1758, il gouverna cependant fort bien son 
diocèse, réclama énergiquement en faveur des Jésuites 1761 , les regretta 
beaucoup 1768 , exigea que leur détracteur Montclat se rétractât 
avant de recevoir les Sacrements. 

Démissionnaire en 1778. 

f à Paris aux Missions Etrangères, 26 octobre 1788, set. 74, es. 37. 

86. — Laurent-Michel EON DE CÉLY, dernier évêque d'Apt. 
Né au diocèse de Bayeux, en septembre 1735. 

1. Cf. Dom Bérengier, Belsunce, 11, 83. 



ÉVÊCHÉ DE FRÉJUS 23 



Abbé de La Valette, vicaire-général de Marbeuf à Autun. 

Nommé évêque d'Apt, fin 1778, sacré à Issy, 10 janvier 1779, suppri- 
ma le séminaire d'Apt, introduisit le Bréviaire parisien, fit de l'agri- 
culture ; reçut en 1788 l'abbaye de S. Memmie (Ghâlons). 

Émigré dès 1789 en Italie, il y étudia les antiquités. Démissionnaire 
en 1801, il fixa sa résidence à Marseille où il est f le 16 décembre 
1815, œt. 80, es. 27. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'APT 

0. S. B. vir. S. Eusebius, Saint-Eusèbe. 
0. Gist. Vallis Sancta, Valsainte. 

0. Cist. fem. Sancta Grux, Sainte-Croix. 

Communautés d'hommes : Cordeliers, Récollets, Capucins, Carmes, 
Frères des Écoles Chrétiennes. 

Communautés de femmes : Ursulines, Visitandines. 

N. B. — L'abbaye de Sainte-Catherine, femmes, 0. S. A., supprimée 
à la demande de Jean-Baptiste-Antoine de Vaccon, était tombée dans e 
relâchement. 



F0RUMJUL1UM , FRÉJUS 

Siège épiscopal très ancien. 
Cf. Fisquet, France pontificale, Fréjus et Toulon. 1 vol. in-8. Paris, Repos. 

69. — Luc D'AQUIN (Dàquin), 69 e (71°, 72 e ou même 84 e ) évêque 
de Fréjus. 

Transféré 1680-17 mars 1681 de Saint-Paul-Trois-Châteaux, dont il 
avait été sacré évêque le 12 août 1674, le siège de Fréjus étant vacant 
depuis le 15 juillet 1678, par la mort d'Antoine Benoît de Clermont- 
Tonnerre, par la translation de Louis d'Anglure de Bourlemont à 
Carcassonne et par la nomination de Novion à Evreux. Cf. Evreux 
et Carcassonne. 



24 PROVINCE D'AIX 



Né dans le diocèse d'Avignon, était fils du médecin Louis-Henri 
Thomas, et de Glaire Lopez, frère d'Antoine, 1 er médecin de la reine, 
oncle de Louis, qui suit, petit-fils de Philippe, juif de Carpentras, qui 
se convertit, fut baptisé à Aquin en Italie et professa l'hébreu à Paris. 

Avare, administrateur malhabile, Luc fit sa démission en 1697, mal- 
gré lui, au profit de son neveu, s'en repentit ensuite, disputa, menaça 
de censures. On finit par l'exiler en Bretagne. Ses défauts et sa parti- 
cipation à l'Assemblée de 1682, méritent que nous l'abandonnions aux 
coups de l'impitoyable Gh. Gérin. 

f à Paris, 2 mars 1718, set. 77, es. 44. 

70. — Louis d' AQUIN, neveu du précédent, était fils d'Antoine, 
1 er médecin de la reine, filleul de la reine et de Monsieur le Prince. Il 
naquit à Paris, fut baptisé le 11 novembre 1667 ; devint en 1678, abbé 
de Saint-Serge (Angers), procureur général du clergé. 

Nommé évêque de Fréjus, le 12 janvier 1697, il fut sacré à la Sor- 
bonne le 10 juin suivant ; puis il plaida contre son oncle qui faisait oppo- 
sition à sa prise de possession, qu'il effectua cependant par procureur 
le 12 avril 1698, sans venir alors ni plus tard à Fréjus, ayant été 
transféré à Séez, 1 er novembre 1698 - mars 1699. Gf. Séez. 

71. — Hercule-André DE FLEURY. 

Né à Lodève le 22 juin 1653, fils de Jean et de Diane de la Treille, 
chanoine de Montpellier 1668, député du 2 e ordre à l'Assemblée de 
1682 pour la province de Narbonne, avait de la souplesse, de l'aménité, 
des connaissances variées ; était docteur en théologie, devint aumônier 
du Roi. 

Nommé évêque de Fréjus le 1 er novembre 1698, il fut sacré le 22 no- 
vembre 1699, résida, consola ses diocésains, 1707 et années suivantes. 

Abbé de Tournus, de Saint-Etienne de Gaen. 

Devenu précepteur du jeune Dauphin, mars 1715, il se démit de son 
évêché, instruisit Louis XV, qui le fit ministre d'Etat, puis 1 er ministre. 

Benoît XIII le créa cardinal le 11 septembre 1726. A partir de cette 
époque, son histoire fait corps avec l'histoire de la France et de 
l'Eglise elle-même. 

f à Issy, 29 janvier 1743, aet. 90, es. 44, card. 17. 

72. — Joseph-Pierre DE GASTELLANE. 

Né en Provence, de l'illustre famille de Gastellane, était vicaire gêné- 



ÉVECHE DE FRÉJUS 25 



rai de Charles de Vintimille à Aix, quand il fut nommé évêque de 
Fréjus par Louis XIV, sans doute d'après la désignation de Fleury. 

Muni de ses bulles presque aussitôt que du brevet royal, il se fit 
sacrer le 30 juin 1715, dans la chapelle du noviciat de la Compagnie de 
Jésus à Paris. 

Il résida dans son diocèse, y fit observer les Constitutions des Sou- 
verains pontifes, comme ses deux métropolitains, Vintimille et Brancas, 
sans faire autrement parler de lui. 

f 1738, œt. ? es. 24. 

73. — Martin DU BELLAY. 

Né au château de Clereau, diocèse d'Orléans, 5 mai 1703. 

Etait fils de François-René et de Marthe-Suzanne de Rochechouart. 

Nommé évêque de Fréjus 1739, sacré le 13 décembre, il suivit son 
métropolitain Brancas en tout, et notamment dans les réclamations 
relatives aux Jésuites. 

Démissionnaire en 1766, il resta abbé de Saint-Melaine de Rennes. 
Il était depuis dix ans le dernier représentant de sa maison. 

f 19 décembre 1775, aet. 73, es. 36. 

74. — Emmanuel-François DE BAUSSET de Roquefort. 
Né à Marseille le 24 décembre 1731. Agent général du Clergé. 
Nommé évêque de Fréjus 1766, sacré le 31 août à Saint-Roch, Paris, 

par Beaumont, en même temps que Malide d'Avranches et Girac de 
Saint-Brieuc, il bâtit un séminaire à Fréjus, publia un catéchisme et 
donna, c'était la mode, un Bréviaire nouveau, quoiqu'il fût un saint 
évêque. Émigré, il donna sa démission en 1801. 
f 10 février 1802, à Fiume, œt. 71, es. 36. 



ABBAYE DU DIOCESE DE FREJUS 

Il n'y en avait qu'une, Beata Maria de Toroneto, Notre-Dame-du- 
Tfioronet, 0. Cist. Encore cette abbaye, à partir de 1785, fut-elle unie 
;i l'évêché de Digne 1 . 

1. Cf. Etude historique et archéologique sur l'abbaye du Thoronet (Var), par l'abbé 
I ■'. BÉRARD, in-8. Avignon, Seguin, 1884. 



26 PROVINCE D'AIX 



Mais il se trouvait cinq chapitres ou collégiales dans le diocèse 
Barjols, Aaps, Draguignan, Lorgues, Pignans. 



REJUS, RIEZ 

Siège épiscopal très ancien. 

Cf. Fisquet, France Pontificale, Digne. — Histoh e de la ville de Riez, par J.-J.-M 
Feraud, curé de Sièyes, in-8 de 241 p. Aix. Nicot, 1885. 

72. — Nicolas de VALAVOIR (Vallavoire), 72 e (67°) évêque de 
Riez. . 

Né à Voix, près Manosque, était fils de Pierre et de Gabrielle de 
Forbin de Solliers. 

Nommé évêque de Riez, 40 mai 1652 après la translation de Louis 
Dony d'Attichy à Autun, il fut sacré le 8 décembre suivant aux 
Feuillants de Paris par ce même prélat. 

Son instruction était médiocre, mais il s'entoura d'hommes doctes, 
fut très charitable, refondit le Proprium Rejense, fit partie de l'Assem- 
blée de 1682, sans y briller. 

f à Riez, 28 avril 1685, œt. ? es. 33. 

— Jean-Ralthasar de CARANES DE VIENS, neveu de Nicolas, 
nommé évêque de Riez, préféra Vence. Cf. Vence. 

73. — Jacques DESMARETZ. 

Né à Soissons, propre neveu de Golbert, frère aîné de Vincent- 
François, évêque de Saint-Malo, était docteur de Sorbonne, pourvu de 
bonnes abbayes, agent général du clergé ; il assista en cette dernière 
qualité à l'Assemblée de 1682. 

Nommé évêque de Riez, août 1685, il administra sans doute en qualité 
de vicaire-capitulaire, ne fut préconisé qu'en 1693, sacré le 24 janvier 
1694, aux Feuillants de Paris, par son cousin, Jacques-Nicolas Colbert, 
archevêque de Rouen. 

Aima beaucoup ses diocésains et en fut aimé. Sous le rapport de 
l'orthodoxie, il valait mieux que son frère de Saint-Malo. 



ÉVÊCHÉ DE RIEZ 27 



Transféré à Auch, 1713-1714. Cf. Auch. 

74. — Louis-Baltasar PHELYPEAUX d'Herbault. 

Né à Paris, était fils de François, conseiller au Parlement, cousin- 
germain de Michel, grand-oncle de Georges-Louis, tous deux arche- 
vêques de Bourges. Cf. Bourges. — Louis Baltasar, docteur en théo- 
logie, était abbé du Thoronet (Fréjus). 

Nommé évêque de Biez, 1713, sacré le 14 décembre à Paris, résida, 
fonda un séminaire, dota l'hospice, bâtit un collège, embellit le palais 
épiscopal , la cathédrale , etc. , fit beaucoup d'aumônes , fut très 
orthodoxe. 

■j- à Biez, le 31 août 1751, ast. ? es. 38, laissant une mémoire bénie. 

75. — Lucretius-Henri-François DE LA TOUB DU PIN de 

GOUVERNET DE LA CHAU-MONTAUBAN. 

Né à Alais, diocèse de Valence, 1705, abbé de Saint-Pierre de 
Vienne, 1738. 

Nommé et préconisé évêque de Biez, 1751, il fut sacré le 29 janvier 
1752, dans la chapelle de l'archevêché de Paris. 

Pieux, poli, bien entouré, continua les œuvres de son prédécesseur. 

f d'apoplexie à Biez, 28 mars 1772, set. 67, es. 21. 

76. — François de GLUGNY, dernier évêque de Biez. 

Né en 1728, diocèse d'Autun, il était comte de Lyon, abbé de 
Savigny (Lyon). 

Nommé et préconisé évêque de Biez, 1772, sacré le 21 juin à 
Versailles, fut pompeusement accueilli à Biez ; donna un catéchisme, 
voulut changer le Bréviaire et le Missel romain, mais ne le put. Allait 
souvent à Autun ou à Paris, revenait cependant à Biez pour visiter, 
corriger, plaider. 

Émigré à Lausanne, il refusa de donner sa démission en 1801, tout 
en cédant ses pouvoirs à l'évêque de Digne. 

f à Lausanne, après 1814, œt. 86, es. 42. 

Il n'y avait aucune abbaye dans le diocèse de Biez. 



28 PROVINCE D'AIX 



SISTARICUM, SISTERON 

Siège épiscopal très ancien. 
Cf. Fisquet, op. cit. Digne. 

76. — Louis DE THOMASSIN, 76 e évêque de Sisteron. 
Transféré de Vence, 2 février 1680-20 mars 1681, Jacques Potier 

de Novion dégoûté de Sisteron avant trois ans d'épiscopat, s'étant fait 
nommer à Fréjus, ensuite à Evreux. Cf. Fréjus et Evreux. 

Louis était fils de François, neveu ou cousin du célèbre P. Thomassin 
de l'Oratoire. 

Né à Aix, 16 août 1637, il fut nommé coadjuteur d'Antoine Godeau, 
évêque de Vence, 24 avril 1671, sacré le 21 février 1672, succéda le 
17 avril suivant, acheva le séminaire de Vence. 

Son premier soin à Sisteron fut d'adhérer aux actes et articles de 
1682. Il confia aux Lazaristes le séminaire de Manosque, fondé par le 
P. Thomassin ; approuva les Missionnaires de la Croix et de Sainte- 
Garde, dont le zélé Bertet, directeur de l'évêque, était le supérieur, 
fonda le séminaire de Lurs ; c'est là qu'il est f 16 juillet 1718, aet, 81, 
es. 47, écrasé par la chute d'un mur. 

77. — Pierre-François LAFITAU, 77 e évêque 1 . 

Né à Bordeaux en 1685, était entré dans la Compagnie de Jésus, où 
il devint « concionator disertus ». Employé à des négociations en cour de 
Rome 1716, il rendit des services importants au pape Clément XI et au 
Régent de France. 

Nommé évêque de Sisteron, 5 novembre 1719, il fut sacré à Rome, 
10 mars 1720. 

Il gérait encore l'ambassade de France à Rome pendant que la peste 
ravageait la Provence. Mais il se rendit enfin à Sisteron, prêcha, écrivit 
beaucoup, lutta contre les Jansénistes qui le déchirèrent, se dévoua 
pour ses diocésains qui le chérirent, et n'oublia jamais les Jésuites 
surtout en 1762. 



1. Cf. Dom Th. Bérengier, Notice sur Mgr P. F. Lafitau, évêque de Sisteron et 
prince de Lurs, in-8, de 87 p. 1887, Aix, Nicot. 



ÉVÊCHÉ DE SISTERON 29 



f à Lurs, 3 avril 1764, set. 80, es. 45, sous-doyen des évêques de 
France. 

Son Histoire de la Constitution Unigenitus, 1744, est une autobio- 
graphie intéressante à la fin, une histoire médiocre au début. 

78. — Louis-Jérôme de SUFP'REN de Saint-Tropez. 

Né en 1722, diocèse d'Arles, était frère aîné du célèbre bailli de 
Suffren. Il fut vicaire-général de Belloy à Marseille, docteur en théo- 
logie à Paris, 1746. 

Nommé évêque de Sisteron, le 9 juin 1764, sacré le 30 septembre, il 
résida, fit construire le canal si utile, appelé de son nom Saint-Tropez, 
1779. Donna un Bréviaire, 1774, un Missel, 1785, du rit Sisteronéen, que 
loue Fisquet. Abbé de Saint-Vincent de Metz, 1784, il fit beaucoup de cha- 
rités ; ne fut cependant pas aimé, faillit même être tué dans une émeute. 

Tranféré à Nevers, 3 août - 13 septembre 1789. Cf. Nevers. 

79. — François DE BOVET, 79 e et dernier évêque de Sisteron. 
Né à Grenoble, 21 mars 1747. 

Docteur en Sorbonne, abbé de Bonlieu (Bordeaux), prévôt du cha- 
pitre d'Arras, élu député du clergé d'Artois aux Etats-Généraux de 
1789, érudit et pieux. 

Nommé évêque de Sisteron, 1789, sacré le 13 septembre, prit 
possession de son siège ; mais bientôt troublé, il émigra en Italie, en 
Allemagne, en Angleterre. 

Après un refus motivé de se démettre en 1801 et années suivantes, 
il se démit cependant en 1812, rentra en France avec les Bourbons, 1814. 

Nommé archevêque de Toulouse, 1817, il prit possession en 1819, 
mais se démit en 1820 et devint alors chanoine de Saint-Denis. 

f à Paris, 6 avril 1838, set. 92, es. 47. 

Il a publié quelques ouvrages et laissé sa bibliothèque aux Jésuites. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SISTERON 

0. S. B. vir. Lura, Lurs. 

0. S. Cl. fem. S. Clara Sistaricensis, Sainte-Claire de Sisteron. 

L'abbaye de Cruys, S. Martini Crossiensis, 0. S. A., était en règle. 



30 PROVINCE D'AIX 



VAPINCUM, GAP 

Siège épiscopal assez ancien. 
Cf. Fisquet, France pontificale, Gap ; 1 vol. in-8. 

58. — Victor-Augustin DE MÉLIAND, 58 e (63 e ) évêque de Gap. 
Né à Paris. 

Fils de Biaise, conseiller au Parlement de Paris, ambassadeur en 
Suisse, et de Geneviève Hurault. 

Il était aumônier de la Reine, quand il fut nommé évêque de Gap le 
21 juillet 1679, pour succéder à Guillaume Meschatin de laFaye, décédé 
le 22 février précédent, après 3 ans seulement d'épiscopat, tandis qu'un 
de ses prédécesseurs, Artus de Lionne, le propre père du célèbre ministre 
d'Etat, Hugues de Lionne, ayant perdu sa femme, Isabelle Servien, et 
embrassé l'état ecclésiastique, avait occupé le siège de Gap bien plus 
longtemps. 

Victor-Augustin fut sacré en juillet 1680 ; mais il ne resta guère à 
Gap, s'étant laissé nommer en 1684, évêque d'Alet, dont il ne devait 
pas devenir de sitôt le pasteur légitime. Cf. Alet. 

59. — Charles Bénigne HERVÉ. 
Né en 1651. 

Fut nommé évêque de Grasse en 1681, suivant Hugues du Tems ; il 
fut sûrement nommé évêque de Gap en 1684, mais ne fut pas préconisé 
à cause des différends survenus entre Innocent XI et Louis XIV. 

Administra-t-il en qualité de vicaire capitulaire, comme les autres 
évêques nommés, ou avec les pouvoirs de vicaire général que lui aurait 
conférés l'évêque Victor-Augustin de Méliand ? Nous l'ignorons. 

Nous savons seulement qu'il fut sacré à l'Assomption de Paris le 
7 décembre 1592. — Nous savons aussi qu'il donna sa démission en 
1706. Pour quel motif? Ayant été accusé de mener une conduite peu 
édifiante, il se vit pour ainsi dire contraint de se démettre. Devenu 
simple prévôt d'Aubrac, 

f à Paris, 27 juin 1722, set. 71, es. 30. 

60. — François Berger DE MALISSOLES. 



ÉVÊCHÉ DE GAP 31 



Né à Vienne en 1676, il fut vicaire général de Die, dont le siège se 
reconstituait alors. Cf. Die. 

Nommé évêque de Gap le 3 avril 17,06, sacré le 2 janvier 1707, il fut 
l'un des trois premiers adversaires de Quesnel, un grand ami de Bel- 
sunce, son imitateur durant la peste et au Concile d'Embrun. C'est faire 
de cet évêque le plus bel éloge. 

f à Gap, 21 août 1738, aet. 62, es. 31. 

61. — Claude DE CHABANNES (Cabannes?). 

Il était vicaire général de Belsunce à Marseille, quand il fut nommé 
évêque de Gap. Sacré le 9 août 1739, il eut à peine le temps de montrer 
ses qualités que le grand évêque de Marseille avait remarquées en lui, 
et signalées au cardinal de Fleury. 

f à Gap le 10 septembre 1740 (1741 Hugues du Tems), set. ? es. 2. 

62. — Jacques-Marie de Caritat DE CONDORCET. 

Né au château de Condorcet, diocèse de Die, 11 novembre 1703, était 
fils d'Antoine et de Judith Arnica, neveu de Jean d'Yse de Saléon ; 
oncle du fameux marquis de Condorcet. 

D'abord militaire, puis ecclésiastique, vicaire général de son oncle à 
Agen et à Rodez, Jacques-Marie fut nommé évêque de Gap en 1741, 
sacré le 28 janvier 1741 ; il déploya aussitôt une grande énergie, un 
zèle à toute épreuve, et fut surtout un chaud défenseur de la bulle 
Unigenitus*. Ces éminentes qualités frappèrent Boyer, chargé alors de 
la Feuille, et le firent transférer en 1754, à Auxerre, dont le siège était 
en souffrance depuis 50 ans. Cf. Auxerre. 

63. — Pierre-Anne DE PÉRUSSE (Annet de Pérouse, Hugues 
du Tems). 

Né à Vienne en 1699, était conseiller-clerc au Parlement de Grenoble, 
vicaire général de Vienne, quand- il fut nommé évêque de Gap en 1754, 
sacré le 16 mars 1755 à Conflans, par Christophe de Beaumont, encore 
exilé. 

Le choix de son consécrateur, non moins que l'honneur d'avoir été 
désigné par l'orthodoxe Boyer, font assez son éloge. 

f 18 juillet 1763, œt. 64, es. 9. 

1. Voir Jacques-Marie de Condorcet, évêque de Gap, par l'abbé Range, professeur 
à la Faculté de Théologie d'Aix, in-8. Paris, 1885. 



32 PROVINCE D'AIX 



64. — François DE NARBONNE-Lara. 

Né au château d'Aubiac, diocèse de Condom, en 1720, était fils de 
François, seigneur de Birac et d'Aubiac, et de sa seconde femme, 
Angélique-Olympe Goth. 

Il était vicaire général de Chabannes, évêque d'Agen, quand il fut 
nommé évêque de Gap en 1763. Or, ni l'époque de la nomination, ni 
Jarente, alors distributeur des bénéfices, ne nous rassurent pleine- 
ment sur les antécédents. 

Sacré le 25 mars 1764, il devint en 1770 1 er aumônier de Mesdames 
de France. 

Transféré à Evreux, 1773-75. Cf. Evreux. 

65. — François-Gaspard de JOUFFROY DE GONSSANS. 

Né au château de Gonssans, diocèse de Besançon, 15 août 1723, 
reçu au chapitre noble de Saint-Claude, 1735, nommé chevalier de 
Saint-Georges, 1748, abbé de Lieu-Croissant, 1766, était âgé de 50 ans, 
par conséquent un homme mûr et suffisamment éprouvé, quand il fut 
nommé évêque de Gap par Louis XV en 1773. 

Sacré le 20 mars 1774, il ne manqua pas de déployer ses grandes 
qualités. Mais peu après il vit s'ouvrir devant lui un champ plus vaste, 
où il se distingua. 

Transféré au Mans 1777 - 78. Cf. Le Mans. 

66. — Jean-Baptiste-Marie DE MAILLÉ DE LA TOUR-LANDRY. 

Né au château d'Entrammes, près Laval, diocèse du Mans, le 6 
décembre 1743, après avoir été vicaire général de Grimaldi au Mans, 
était devenu vicaire général de Hercé à Dol, quand il fut nommé évêque 
de Gap, 7 décembre 1777, sacré le 3 mai 1778, montra dès lors une 
modération qui sans doute, ne fut jamais lâche, mais fut rarement 
intrépide. 

Transféré à Saint-Papoul, 21 février 1784. Cf. Saint-Papoul. 

67. — Henri-François de la Broue DE VAREILLES. 

' Né en 1734 dans le diocèse de Poitiers, d'une famille de bonne 
noblesse, avait 50 ans, lorsqu'il fut nommé évêque de Gap, 1784; sacré 
le 25 juillet, il se vit bientôt troublé par la Révolution. Son siège étant 
supprimé par la constitution civile du clergé, il émigra. 

Refusa sa démission en 1801, ne la donna qu'en 1815 ; devint en 1825 



ÉVÊCHÉ DE GAP 33 



chanoine de Saint-Denis, tout en demeurant à Poitiers, où il put exer- 
cer ses pouvoirs d'ordre pendant la vacance du siège épiscopal. 

Or, cette vacance, qui avait commencé en 1809 par la translation de 
l'évêque, Dominique de Pradt au siège de Malines, ne cessa qu'en 
1819, à l'arrivée de M? r Jean-Baptiste de Bouille. 

f à Poitiers le 25 novembre 1831, aet. 97, es. 47. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE GAP 

Clausone, 0. S. B. abbatia de Glosso, était une commende sans 
moines et sans habitation. 

Souribes, S. Petrus de Subripis, abbaye de femmes 0. S. B., était 
depuis deux siècles unie aux Glarisses de Sisteron. 



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ARELATENSIS PROVINCIA 

PROVINCE D'ARLES 



Cette province comprend cinq sièges. Un siège archiépiscopal, 
Arelaten. Arles; quatre sièges épiscopaux : Arausican. Orange; 
Massilien. Marseille; Tolonen. Toulon; Tricasten. Saint-Paul-Trois- 
Châteaux. 

Cf. Gallia Christiana, Tomus I; H. du Tems, ouvrage cité, Tome I er ; Ahnanach 
Royal. 



ARELATE, ARLES 

Siège archiépiscopal de la plus haute antiquité, supprimé en 1801, 
rétahli en 1817 de droit, non de fait. 

Cf. Trighaud (l'abbé J.-M.), Histoire de la Sainte Eglise d'Arles, 4 vol. in-8 ; 
Paris, Giraud, 1856-64. Trop de phrases, mais érudition et bon esprit. — Fisquet, 
France pontificale : Aix, Arles et Emrrun. 



ARCHEVÊQUES D'ARLES 

94. — Horace MONTANO, 94 e archevêque d'Arles, transféré de 
l'évêché d'Adria, 1599. 

f à Salon, 11 septembre 1603. 

95. — Dom Gaspard DU LAURENS, 0. S. B., nommé en décembre 
1603, par Henri IV. 



ARCHEVÊCHÉ D' ARLES 35 



Sacré le 40 août 1605. 

f 43 juillet 4630, en réputation de sainteté. 

96. — Jean JAUBERT DE BARRAUT, transféré de Bazas dont il 
avait été sacré évêque en juillet 4644, prit possession d'Arles 4634. 

f à Paris, 30 juillet 4643. 

97. — François Adhémar de Monteil DE GRIGNAN. 
Transféré de Saint-Paul-Trois-Châteaux, 4643-4645. 
Né à Grignan en 4603. 

Fils de Louis-François, comte de Grignan, et de Jeanne d'Ancesune. 
Abbé d'Aiguebelle, avait été sacré à Grignan, 44 septembre 4634, 
évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, par Jean Jaubert de Barraut, 
tout récemment promu au siège d'Arles. Il devint son coadjuteur en 
janvier 4643, et lui succéda 30 juillet suivant ; il prit possession par 
procuration en mai 4645, en personne 34 décembre. 

Occupations pastorales, missions dans le diocèse, fondations pieuses 
ou charitables. 

Affligé de cécité, il obtint successivement pour coadjuteurs ses deux 
neveux : Ange-Gabriel, 4664 f 4666, et Jean-Baptiste qui suit. 

François f à Aix, 9 mars 4689, aet. 86, es. 58, sess. Arelat 48, 
honoré d'un bel éloge par M me de Sévigné, etc. 

Ses frères, Jacques, évêque d'Uzès, et Louis-Joseph, évêque de 
Carcassonne, l'avaient précédé depuis longtemps dans la tombe. 

98. — Jean-Baptiste Adhémar de Monteil DE GRIGNAN, neveu, 
coadjuteur et successeur du précédent, était le troisième fils de Louis 
Gaucher et de Marguerite d'Ornano, né en 4638, reçu docteur en 
Sorbonne, il fut nommé coadjuteur de son oncle après la mort de son 
frère Ange-Gabriel, 4666, sacré archevêque de Claudiopolis, 44 dé- 
cembre 4667, il s'effaça devant son oncle, en brillant cependant surtout 
dans la prédication. 

Devenu titulaire d'Arles, 1689, il fut tout à fait régulier. 

Abbé d'Aiguebelle, de la Rivour et du Thoronet. 

f à Montpellier, 2 novembre 4697, set. 59, es. 30, sess. Arelat 8. 

99. — François DE MAILLY, beau, bon et saint prélat. 

Né à Nesle , en Picardie, 4 mars 1658, était le troisième fils de 



36 PROVINCE D'ARLES 



Louis-Charles, marquis de Nesle et de Jeanne de Monchi ; aumônier 
du roi, abbé de Flavigny, 1693, de Saint-Martin (Bourges), 1695, avait 
pour frère le saint évêque de Lavaur, Victor Augustin. 

Nommé archevêque d'Arles, -J697, sacré le 11 mai 1698, il fit son 
entrée solennelle le 3 octobre suivant, encouragea les missions, brava la 
petite vérole, consola durant l'hiver de 1709 beaucoup de malheureux. 

Transféré à Reims, 12 juillet - l or octobre 1710, il fut très regretté 
des Arlésiens auxquels il envoya des secours pendant la peste de 1720. 

Pour ce qui concerne la famille, on peut ouvrir Moréri, à l'article 
Mailly, remonter aux parents qui virent deux de leurs fils haut placés 
dans l'Eglise, et leur aîné haut placé dans l'Etat ; mais on voudrait 
effacer une génération dans la généalogie de celui-ci. 

100. — Jacques DE FORBIN JANSON. 

Né en 1673, fils de Laurent, marquis de Janson et de Geneviève de 
Briançon, était neveu et vicaire général du cardinal Toussaint de For- 
bin Janson à Beauvais, docteur de Sorbonne, abbé de Saint- Valéry. Il 
songeait à la Trappe, comme son frère aîné, qui y était devenu l'austère 
frère Arsène, quand il fut nommé archevêque d'Arles en 1711. Sacré à 
Beauvais par son oncle, 2 août 1711, il fit son entrée à Arles le 17 mars 
1712. 

Dans son premier mandement, il signala les hypocrisies jansé- 
nistes, y revint encore plus tard ; enleva son séminaire aux Oratoriens, 
fonda deux chaires de théologie pour les Jésuites, se dévoua pendant 
la peste 1720-1721, fut exilé neuf mois à Saint- Valéry, 1733, à cause de 
son orthodoxie ; ne se montra pourtant pas moins inflexible, en 1736, 
envers l'obstiné Quiqueran de Beaujeu, évêque de Castres. 

Sa dernière bonne œuvre fut l'établissement des Frères des Ecoles 
Chrétiennes à Arles, en 1740. • 

f à Arles le 14 janvier 1741, eet. 68, es. 30. 

101. — Jacques Bonne Gigault DE BELLEFONDS. 
Transféré de Bayonne 24 août -20 décembre 1741. Cf. Bayonne. 
Il prit possession par procuration le 21 février, fit son entrée le 27 

mai 1742, réforma les Honorâtes de Tarascon, affermit les Frères des 
Ecoles Chrétiennes en 1744, dirigea fort habilement le chapitre des 
Pères de la Doctrine Chrétienne à Beaucaire, fut en tout et toujours 
d'une orthodoxie irréprochable. 



ARCHEVÊCHÉ D'ARLES 37 



Transféré à Paris, 15 mars - 25 avril 1746. Cf. Paris. 

102. — Jean-Joseph Chapelle de Saint-Jean DE JUMILHAC. 

Transféré de Vannes, 1746. Cf. Vannes. 

Contrasta beaucoup avec ses prédécesseurs en ménageant les Jansé- 
nistes, en allant souvent à la Cour, en s'associant à la Commission des 
Réguliers, dont il ralentit les opérations sans les arrêter. Ce fut un 
prélat tolérant, ou Feuillant, comme on parla vers cette époque. 

S'il fit peu d'efforts pour sauver les Jésuites, il soutint cependant les 
Frères des Ecoles Chrétiennes. 

Fut malheureux durant deux émeutes populaires. 

f à Paris, 20 février 1775, set. 69, es. 33. 

103. — Jean-Marie DU LAU, 103 e et dernier archevêque d'Arles, 
le Martyr. 

Né au château de la Côte, diocèse de Périgueux, 30 octobre 1738, de 
la branche aînée de sa maison, était neveu de Jean-Louis, évêque de 
Digne (1742 f 1746) et de Jean, curé de Saint-Sulpice de Paris. 

Licencié en théologie au collège de Navarre, Paris, chanoine de 
Pamiers, vicaire général de Lussan à Bordeaux, agent général du 
Clergé , abbé d'Ivry ( Evreux ) 1774, il fut nommé par Louis XVI 
archevêque d'Arles, le 2 mars 1775, préconisé le 25 avril et sacré le 
1 er octobre suivant. 

Ayant pris possession de son siège, il se mit aussitôt à l'œuvre. 

Grande mission d'Arles, 1776 ; réorganisation du collège d'Arles, 
que la suppression des Jésuites avait ruiné. 

Il fut l'oracle de toutes les Assemblées du Clergé. Dans l'Assemblée 
de 1780, il déplora la suppression des Jésuites et gémit sur les pré- 
end ues réformes qu'opérait la Commission des Réguliers. Il signala 
également dans cette Assemblée et dans les Assemblées suivantes la 
propagation des mauvais livres et proposa des encouragements pour 
les apologistes, ce qui attira sur lui la haine des incrédules. 

Député aux Etats Généraux de 1789, il soutint énergiquement les 
principes, tout en cédant sur les détails, comme son collègue Boisgelin, 
archevêque d'Aix. 

Arrêté à Paris, 11 août 1792, enfermé aux Carmes, y fut massacré le 
2 septembre, œt. 54, es. 17. 



38 PROVINCE D'ARLES 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ARLES 

On en compte deux, l'une d'hommes, l'autre de femmes, l'une et 
l'autre de l'Ordre de Saint-Benoît. 

0. S. B. vir. Abbatia Montis Majoris, Saint-Pierre-de-Montmayour. 
fem. Sanctus Csesarius Arelaten., Saint-Césaire d'Arles. 

On y compte de plus trois collégiales : Sancta Maria Major, N.-D. de 
la Major à Arles, Saint-Laurent du Vallon, et N.-D. de Pamiers à 
Beaucaire. 

Ulmetum, YAumet, et Mologesium, N.-D. de Mologèze, abbayes cis- 
terciennes, la première d'hommes, la deuxième de femmes, étaient 
depuis longtemps réunies à d'autres abbayes. 

Sainte-Glaire d'Arles paraît s'être éteinte sur place. 



ARAUSI0, ORANGE 

Siège épiscopal très ancien, supprimé en 1801, rétabli en 1817 
de droit, non de fait. 

Ce diocèse était l'un des douze qui, sans faire partie du Clergé de 
France, contribuait néanmoins aux subventions extraordinaires que le 
Clergé accordait au roi de France. Il avait pour circonscription une 
principauté dont le territoire, enclavé dans la France, comme toute la 
province d'Avignon, ne relevait pas du royaume. 

72. — Jean-Jacques D'OBEILH (d'Aureil), 72 e évêque d'Orange. 

Né à Moulins en Bourbonnais, suivant Gagnare (Histoire de V église 
d'Autun), Tresvaux, etc., et non à Munich en Bavière, comme dit la 
Gallia Christiana, était docteur en Sorbonne, abbé de Montfort en 
Bretagne, quand il fut nommé évêque d'Orange en 1675, par Louis XIV, 
alors maître de la principauté ; le siège était vacant par la mort d'Albert 
Fabri, Italien, f 26 août 1674. 

Sacré aux Célestins de Paris, août 1677, Jean-Jacques fit beaucoup 
de bien à son diocèse, rebâtit le palais épiscopal. 



ÉVÊCHÉ d'orange 39 



f à Moulins (al. Malines), août 1720, set. ? es. 43. 

73. — Louis-Armand CHOMEL. 

Né à Paris en 1688, était neveu du précédent, fut nommé son 
coadjuteur en 4719, puis son successeur en 4720. 

Sacré le 25 juillet 4724, évêque d'Orange. 

Il se dévoua pendant l'épidémie qui suivit la peste. Devint infirme. 

Pourvu d'une abbaye, il se démit en 4734, mais survécut 50 ans. 
On voit son nom figurer tout ce temps-là dans YAlmanach royal. 

f à Paris, 25 mai 4780, set. 92, es. 60. 

74. — François-André Roussel DE TILLY. 

Né dans le diocèse d'Autun en 4686 (4695, Almanach royal et 
Hugues du Tems). 

Nommé évêque d'Orange en 4734. 

Sacré le 47 février 4732, il déploya beaucoup de talents, de vertus, 
de ressources dans ses entreprises apostoliques ; réforma les Béné- 
dictines de Caderousse. 

Démissionna en 4774. 

f 30 juillet 4775, œt. 80 (89), es. 44. 

75. — Guillaume-Louis DU TILLET 1 , dernier évêque d'Orange. 
Né au château de Montramé en Brie le 24 janvier (al. février) 4729, 

descendait de Jean du Tillet, greffier civil au Parlement de Paris en 
4570. 

Nommé évêque d'Orange par Louis XVI, mai 4774. 

Sacré le 47 juillet du vivant de ses deux prédécesseurs. 

Il prit possession en personne, résida, fut édifiant et très charitable. 
« Saint prélat » dit M? 1 ' Allou dans sa Chronique des évêques de Meaux. 

Mais député aux Etats Généraux, il fut des premiers de son ordre à 
s'unir au Tiers. Il eut le tort ensuite de résigner son mandat. Son 
siège étant supprimé par la- constitution civile du clergé, il n'eut à 
prêter aucun serment. Il se retira en Brie. 

f 22 décembre 4794, à Blunay près de Provins, set. 65, es. 26. 
(Me r Allou le fait mourir à Melz-sur-Seine). 

4. Notice biographique sur G. -L. du Tillet, par l'abbé S. Bonnel, prêtre de la 
Congrégation de N.-D. de Sainte-Garde, in-8. Meaux, Cochet, 1880. 



40 PROVINCE D'ARLES 



ABBAYES ATTRIBUEES AU DIOCESE D'ORANGE 

QUOIQUE SITUÉES DANS DES DIOCÈSES ÉTRANGERS 

0. S. B. vir. SS. Andréas, Martini et Caesarise monasterium, Saint- 
André-lès- Avignon. 
B. M. de Sinanca, N.-D. de Sinanque (diocèse de 
Gavaillon). 

ABBAYE DU DIOCÈSE D'ORANGE 

0. Gist. fem. S. Petrus de Podio, Saint-Pierre-du-Puy ou N.-D. des 
Plants. 



MASSIL1A, MARSEILLE 

Siège épiscopal fort ancien, qui fut cependant supprimé en 1801 , 
mais rétabli en 1817 de droit et de fait. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Marseille ; 1 vol. in-8. 

72. — Jean-Baptiste D'ESTAMPES, 72 e (75 e ) évêque de Marseille. 

Transféré de Perpignan 1679-1680, pour remplacer Toussaint de 
Forbin-Janson, qui passait à Beauvais. 

Il était né en 1629, fils de Joseph, marquis d'Autry, et de Louise Le 
Grand. Les seigneurs d'Autry étaient la branche cadette, les seigneurs 
de Valençay, la branche aînée d'Estampes. Docteur de Sorbonne, Jean- 
Baptiste d'Estampes avait été sacré évêque de Perpignan en 1673 ; il 
était transféré à Marseille depuis moins de deux ans, quand il dut faire 
partie de la grande Assemblée de 1682. Il ne s'y fit remarquer par rien 
d'extraordinaire. 

Il mourut subitement au bout de quelques mois, le 6 janvier 1684, 
aet. 55, es. 9. 



ÉVÊCHÉ DE MARSEILLE 41 

73. — Charles-Gaspard-Guillaume DE VINTIMILLE du Luc. 

Né le 15 novembre 1655, au château du Luc, diocèse de Fréjus, fils 
et frère de militaires, était neveu de Jean de Vintimille évêque de 
Toulon, 1675-1682, dont il fut vicaire général. 

Nommé évêque de Marseille le 27 juin 1684, il administra comme 
vicaire capitulaire pendant six ans, avec une sorte de bonne foi, que 
n'eurent pas tous ses collègues. 

Préconisé le 21 janvier 1692, il se fit sacrer le 25 mars suivant dans 
sa cathédrale. 

Régulier, pieux, modéré surtout, il mérita par là de monter plus 
haut et de vivre longtemps. 

Transféré à Aix le 1 er février- 30 avril 1708. Cf. Aix. 

Il y demeura plus de 30 ans, et ne refusa pas de monter ensuite sur 
le siège de Paris. Cf. Paris. 

74. — Bernard-François DE POUDENX de Castjllon. 

Neveu et vicaire général de François de Poudenx à Tarbes, 1692. 
Cf. Tardes. 

Agent général du Clergé, 1705. 

Nommé évêque de Marseille le 1 er février 1708, il fut sacré le 26 août 
au noviciat des Jésuites à Paris, par Noailles. 

Arrivé à Marseille, il eut à peine le temps de se montrer à son 
peuple qu'éprouvaient à la fois la guerre, l'invasion, l'hiver, la maladie. 

Saisi de douleurs aiguës, le choléra probablement, le pieux évêque 
mourut à Marseille le 19 janvier 1709, aet. ? es. 1. 

75. — Henri-François-Xavier DE BELSUNCE de Castelmoron 1 , 
d'héroïque mémoire. 

Né le 4 décembre 1670, au château de la Force, en Périgord, il était 
fils d'Armand, marquis de Belsunce et d'Anne de Caumont-Lauzun, 
protestants. 

Il fut baptisé au prêche, devint catholique avec ses parents, vers 
1685, fut ensuite élève des Jésuites à Paris, entra dans leur noviciat, 
1689, fit ses vœux de Scolastique en 1691 et devint régent au collège 
d'Amiens. 

1. Vie de Ma r Henri de Belsunce, évêque de Marseille, par Dom Théophile Béren- 
gier, bénédictin, 2 vol. in-8. Lyon et Paris, Delhomme, 1887. 



42 PROVINCE D'ARLES 



Mais sorti de la Compagnie en 1701 à cause de sa santé, il étudia la 
théologie sous les Lazaristes du séminaire d'Agen ; l'évêque Jules 
Mascaron lui conféra les premiers ordres. Ayant pris le bonnet de 
docteur à Cahors, il reçut la prêtrise à Saintes, 1703, évangélisa un an 
les vassaux de sa famille ; fut nommé vicaire général d'Agen en 1704, 
par l'évêque F. Hébert, qui l'emmena avec lui dans ses visites pasto- 
rales, lui fit donner en 1706 l'abbaye de Chambons (Poitiers), et le 
députa à Versailles pour faire adoucir, dit-on, le sort des Protestants ! 

Nommé évêque de Marseille, le 5 avril 1709, il fut sacré à Saint- 
Louis des Jésuites, à Paris, par Noailles, et partit aussitôt pour son 
diocèse qu'il administra suaviter ac fortiter pendant 46 ans consécutifs. 

On connaît son héroïque dévouement pendant la peste de 1720, et 
sa dévotion au Sacré Cœur de Jésus. 

Nommé évêque duc de Laon, 17 octobre 1723, il refusa. 

Après le Concile d'Embrun, auquel il avait assisté, on lui proposa 
l'archevêché de Bordeaux, 1728 ; il refusa encore. 

Il n'accepta l'abbaye de Saint-Arnould de Metz, qu'en résignant 
Montmorel (Avranches). 

Il fonda le collège des Jésuites de Marseille, Collegium Belsunceum, 
et d'autres maisons religieuses ; favorisa toutes les bonnes œuvres. 

D'une orthodoxie irréprochable et militante, il combattit les Jansé- 
nistes, les Gallicans, les prétendus philosophes par sa parole et ses 
écrits ; en retour, il eut beaucoup à en souffrir. 

Clément XII le décora du Pallium, 1735. 

f près de Marseille, dans la maison de campagne du Collège des 
Jésuites, le 4 juin 1755, set. 85, es. 46, doyen des évêques de France. 

La statue que les Marseillais ont érigée à Belsunce est glorieuse pour 
sa mémoire, moins cependant que la consécration de la ville au Sacré- 
Cœur, dont il eut l'initiative et que renouvelle annuellement l'élite de la 
population. 

— F. R. DE VILLENEUVE, nommé évêque de Marseille, 17 octobre 
1723, le même jour que Belsunce était nommé évêque duc de Laon, mais 
écarté par le refus de Belsunce, fut nommé évêque de Viviers. Cf. Viviers. 

Il n'y eut pas, que nous sachions, d'évêque nommé à Marseille en 
1728, quand l'archevêché de Bordeaux fut proposé à Belsunce. 



76. — Jean-Baptiste DE BELLOY. 



ÉVÊCHÉ DE MARSEILLE 43 



Transféré de Glandève, fin juin - 4 août 1755. Cf. Glandève. 

Il assistait à la fameuse assemblée du clergé, 4755, député pour la 
province d'Embrun, et s'y montrait bon Feuillant, quant on apprit la 
mort de Belsunce. Présenté aussitôt par le cardinal de La Rochefou- 
cauld au roi pour l'évêché de Marseille, Belloy fut nommé et reçut ses 
bulles cette même année. 

Arrivé à Marseille, « il apaisa les agitations causées par le zèle de son 
prédécesseur », satire amère d'un panégyriste maladroit. Ce qui est plus 
vrai, c'est que l'évêque continua sans effort les œuvres commencées. 
Il ne se compromit pas en 1762, dans l'affaire des Jésuites, qu'il 
justifia cependant. 11 fit chanter le Te Deum quatre-vingt-dix-neuf fois 
sous Louis XV, dont il confia l'oraison funèbre à un Oratorien. 

On peut signaler en lui d'autres actes de faiblesse, tout en louant ses 
incontestables vertus. 

Le siège de Marseille ayant été supprimé par la Constitution civile 
du Clergé en 1791, Belloy protesta, puis se retira dans son pays natal, 
vécut tranquille à Chambly (Oise) pendant la Terreur. 

Il fut le premier à donner sa démission au Pape, 21 septembre 1801 : 
bon exemple qui fut suivi par la majorité des prélats survivants. 

Nommé archevêque de Paris, 9 avril 1802, et institué aussitôt par le 
cardinal légat, il prit possession le 12, présida à Notre-Dame de Paris 
la magnifique cérémonie du 18 avril (28 germinal), organisa les 
paroisses, les pourvut de pasteurs en faisant une part large, trop large 
assurément, aux anciens constitutionnels. 

Il fut créé cardinal en 1803. 

f à Paris, dans l'archevêché, 10 juin 1808, set. 99, es. 57, card. 6. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE MARSEILLE 

O. S. B. vir. S. Victor Massil., Saint-Victor de Marseille 1 . 
fem. S. Salvator, Saint-Sauveur. 

0. Cist. fem. Mons Sionis, Mont de Sion. 

Il y avait à Marseille, outre ces abbayes, beaucoup de couvents, de 

1. La commende de Saint-Victor, copieuse et très recherchée, était en économats 
avant la fin du XVIII» siècle. 



PROVINCE D'ARLES 



communautés, d'hôpitaux, de collèges, dont on peut voir l'énuméra- 
tion dans le Gallia Christiana ou dans Hugues du Tems. 



TELO MARTIUS, TOLO, TOULON 

Siège épiscopal ancien, supprimé en 1801 et non rétabli. 
Cf. Fisquet, France pontificale, Fréjus et Toulon. 

61. — Jean DE VINT1MILLE du Luc, 61* évêque. 

Transféré de Digne, 1675-1676, pour remplacer Louis de Forbin 
d'Oppède, f 29 avril 1675. 

Né au château du Luc, diocèse de Fréjus, il était fils de Magdelon et 
de Marguerite de Vins, oncle de Charles-Gaspard-Guillaume, dont il fit 
son vicaire-général et qu'il ne vit pas évêque de Marseille, etc. Il avait 
été prévôt de Riez pendant 36 ans, puis doyen de Tarascon, grand 
archidiacre d'Avignon avant 1669; sacré évêque de Digne, 21 sep- 
tembre 1670. 

Transféré à Toulon, il résida fidèlement, ne sortit que pour assister 
à l'assemblée de 1682 ; venait de rentrer à Toulon. 

Y est f le 15 novembre 1682, set. ? es. 13, « laissant une mémoire 
digne d'une vénération éternelle » dit Moréri, ou son continuateur, 
Goujet, suspect. 

62. — Armand-Louis Bonnin DE CHALUGET. 

Né en Bretagne. 

Fils de François, comte de Morveau. 

Abbé des Vaux-de-Cernay, 1673. 

Nommé évêque de Toulon, 1684, il gouverna huit ans comme vicaire 
capitulaire, avec la plus entière bonne foi. 

Ne fut sacré que le 25 mars 1692. 

Donna un catéchisme, des statuts synodaux, des mandements pour 
défendre la saine doctrine. 

Saint et courageux évêque. Une inscription patriotique rappelle ce 



ÉVÊGHÉ DE TOULON 45 



qu'il fit en 1708, quand la Provence fut envahie par le duc de Savoie, 
Victor Amédée. 

Armand o Ludovico 
bonnin de chalucet, 

Quod 

Urbe terra marique 

A Germanis , Anglis , Batavis et Sabaudil obsessa, 

inter missiles hostium ignes 

Et disject^: domus ruinas 

Intrepidus, 

Optimates Gonsilio et exemplo firmavit 

Plebem frumento et pecunia juvit ; 

gonsules 

Et givitas Tolonensis 

post depulsos hostes 

Grati animi 

monumentum 

p p. 

M D GG VIII 

Ce digne prélat f à Toulon, août 1712, set. ? es. 21, regretté de tous, 
principalement des pauvres. 

63. — Louis-Pierre DE LA TOUR DU PIN Montauban. 

Issu de l'illustre famille dauphinoise qui avait donné et devait donner 
encore à la France, à l'Eglise et à la religion de Malte plusieurs 
hommes distingués, Louis-Pierre, était comte de Lyon, docteur en 
théologie, abbé de Saint-Guillem (Lodève), 1698. 

Ayant été nommé évêque de Toulon, 1712, il fut sacré le 6 novembre 
à Lisieux, encore sous Léonor de Gouyon de Matignon. Il se dévoua 
pendant la peste ; fut grand ami de Belsunce et des Jésuites, écrivit un 
mémoire en faveur du P. Girard. Aussi fut-il particulièrement haï des 
Jansénistes. 

f à Toulon, 12 septembre 1737, aet. ? es. 25. 

64. — Louis-Albert JOLY DE GHOIN. 

Né h Bourg-en-Bresse, le 22 janvier 1702, élève des Jésuites et des 



46 PROVINCE D'ARLES 



Sulpiciens, doyen de Nantes, vicaire -général de l'orthodoxe Sanzay, 
évêque de Nantes. 

Nommé évêque de Toulon, 1737, sacré le 1 er juin 1738, prévôt de 
Pignans, 1739. 

Réforma le Catéchisme de Chalucet, publia un Rituel qui est devenu 
célèbre et dans lequel est sagement mitigé le rigorisme qui était alors 
à la mode dans le clergé de France. 

f à Toulon le 16 avril 1759, set. 58, es. 11. 

65. — Alexandre DE LASCARIS de Vintimille. 

Né dans le diocèse de Marseille en 1721. 

Abbé de Figeac (Cahors) 1749. 

Fut nommé évêque de Toulon en 1759, après la mort du cardinal de 
La Rochefoucauld, mais quand dominait plus que jamais le parti 
Feuillant. Il se fit sacrer le 12 septembre de la même année. On se 
demande ce qu'il a fait en 1762 et plus tard. 

f en 1785, set. 64, es. 26. 

66. — Elléon DE CASTELLANE-Mazangues, dernier évêque de 
Toulon. 

Etait né en Provence le 11 juin 1746, d'une branche de la famille 
bien connue de Castellane. 

Nommé évêque de Toulon en 1786, sacré le 13 août. 

Emigré en Italie, il essaya de rentrer à Toulon sous la protection des 
Anglais et des Espagnols, 1793 ; mais il fut bientôt forcé de se retirer. 

Il refusa sa démission en 1801 . Mais on lui pardonne volontiers cette 
faute, quand on apprend qu'il est mort, en 1806, à Udine, en soignant 
les blessés, 33t. 60, es. 20. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE TOULON 

Il n'y avait qu'une abbaye de femmes, Almanarra, 0. Cist. Lama- 
nare ou Hyères. Il y avait de plus la collégiale d'Hyères. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-PAUL-TROIS-CHATEAUX 47 



TRICASTINI, S T -PAUL-TROIS-GHATEAUX 

Siège très ancien, supprimé en 1801, n'a pas été rétabli. 

Saint-Paul-Trois-Châteaux n'est plus aujourd'hui qu'un simple doyenné 

rural du diocèse de Valence. 

88. — Louis AUBE DE ROQUEMARTINE, 88* (85°) évêque de Saint- 
Paul-Trois-Châteaux. 

Transféré de Grasse, 2 novembre 1680-17 mars 1681, Luc d'Aquin 
étant aux mêmes dates transféré à Fréjus. 

Fils d'André, marquis de Roquemartine et de Marie de Tinelis de 
Gastelet, nobles Provençaux, 

Louis Aube était né à Arles, le 9 décembre 1630 ; fut prévôt d'Arles, 
1650. 

Nommé évêque de Grasse, septembre 1675, il fut sacré le 26 février 
1677 par le coadjuteur d'Arles. 

Devenu évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, il fit composer par le 
Père L. Bouquin, 0. P., savant et pieux controversiste, les Instruc- 
tions chrétiennes et orthodoxes en forme de Catéchisme, in-12, 1686 et 
1693. Il garda la Prévôté d'Arles jusqu'en 1704; cette dignité resta 
ainsi aux Aube près de deux siècles. Il répara son église cathédrale, 
y établit un théologal, fit fleurir la discipline dans son clergé. 

f mars 1714, set. 84, es. 37, fort regretté. 

89. — Joseph MAUREL DE CHAFFAUT. 

Né en 1658 en Provence, était conseiller-clerc au Parlement de Pro- 
vence et vicaire général de l'archevêque d'Aix, quand il fut nommé par 
le roi Louis XIV, le 1 er avril 1714, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, 
il se fit sacrer le 26 août à Aix, par l'archevêque Vintimille, qu'assis- 
taient Belsunce, de Marseille et La Tour du Pin, de Toulon. 

Cet évêque eut à peine le temps de se faire connaître. 

f 10 mars 1717, aet. 59, es. 3. 

90. — Claude-Joseph-Ignace DE SIMIANE de Gordes d'Esparron. 
Né dans le diocèse de Carpentras, 2 juillet 1679, doyen de Saint- 
Agricole d'Avignon, abbé de Saint-Pierre-sur-Dives (Séez). 



48 PROVINCE D'ARLES 



Nommé évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux par le Régent en 1717, 
il obtint ses bulles sans retard, n'ayant pas été présenté par Noailles. Il 
se fit sacrer par l'archevêque d'Arles, son métropolitain, Forbin-Janson, 
qu'il prit pour modèle. Il favorisa les dames du Saint-Sacrement. 

S'étant démis de son évêché en 1743, il se retira dans son abbaye de 
Saint-Pierre- sur-Dives . 

G'est-là qu'il mourut le 7 décembre 1767 (alias, février 1768), set. 8 
ou 89, es. 50. 

91. —Pierre-François-Xavier de Reroul DE LAMBERT, 91 e et 

dernier évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. 

Né à Aix en 1704, était vicaire général et officiai d'Aix, quand il fut 
nommé évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux en 1743, sacré le 17 
février 1744, il fit preuve de hautes vertus. 

Réclama énergiquement en faveur des Jésuites le 19 octobre 1761 et 
défendit ensuite les autres ordres religieux. 

Voyant son siège supprimé, sans l'assentiment du Souverain pontife, 
il protesta et demeura à son poste jusqu'à sa mort, qui ne tarda pas. 

f 13 mars 1791, aet. 87, es. 45. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE St-PAUL-TROTS-CHATEAUX 

0. Cist. vir. Aqua bella, seu Vallis honesta, Aiguebelle, abbaye réta- 
blie et florissante de nos jours. 



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AVENIONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE D'AVIGNON 



Cette province comprend quatre sièges. Le siège archiépiscopal, 
Avenionen. Avignon; trois sièges épiscopaux: Garpentoracten. Carpen- 
tras ; Gabellicen. seu Cavallionen. Cavaillon ; Vasionen. Vaison. 

C'est la province la moins étendue en territoire de toute la Gaule. 
Elle n'est du reste devenue une province distincte de Vienne et d'Arles 
que depuis le 21 novembre 1475, xi kalendas decembris, date de la 
bulle de Sixte IV. 

Le territoire de cette province étant du domaine pontifical, les arche- 
vêques et les évoques ne sont pas nommés par le roi de France, mais 
directement par le Souverain Pontife, qui délègue assez souvent l'auto- 
rité civile soit à l'archevêque, soit à l'un des évêques. 

Quoique ces prélats ne fissent point partie du Clergé de France, que 
leurs noms ne se trouvent inscrits qu'exceptionnellement dans YAlma- 
nach royal et que la plupart d'entre eux fussent Italiens, nous n'hésitons 
pourtant pas à dresser ici le catalogue des archevêques d'Avignon et des 
évêques suffragants, qui étaient en contact continuel avec la France. Les 
auteurs de la Gallia Christiana Font fait, bien imparfaitement il est vrai, 
jusqu'à l'an 1715. Hugues du Tems est moins incomplet et plus récent. 
Nous avons eu heureusement d'autres documents. Outre M. l'abbé 
Granget, dont nous allons citer l'ouvrage et avec qui nous avons 
été en relation, nous devons mentionner avec reconnaissance M. l'abbé 
Fer-Duclaux, de Carpentras, qui a mis à notre disposition avec une grâce 
charmante les précieuses notes qu'il avait recueillies sur son pays. 

Nous ne donnons pas la série des légats et des vice-légats, qu'on 
peut voir au besoin dans la Gallia Christiana jusqu'à 1708. 

Cf. Gallia Christiana, 1. 1. — Hugues du Tems, op. cit., t. IL — Granget (l'abbé), 
Histoire du diocèse d'Avignon et des anciens diocèses dont il est formé ; 2 vol. in-8 ; 
Avignon, 18C2. — Nouguier, Histoire des Evêques d'Avignon. 

4 



50 PROVINCE D'AVIGNON 



AVENIO. AVIGNON 

11. — François-Marie TARUGI, onzième archevêque, était général 
de l'Oratoire de Saint-Philippe-de-Néri, quand il fut nommé archevêque 
d'Avignon par Clément VIII en 1593 ; il fut créé cardinal en 1596 et 
transféré à Sienne le 15 septembre 1597. 

f à Rome, 11 juin 1608, âgé de 84 ans. Il fut déposé dans la même 
tombe que Baronius, son confrère. 

12. — Jean-François BORDINI, transféré de Cavaillon en 1597, 
accueillit dans Avignon la nouvelle reine de France, Marie de Médicis, 
1600, assista à la sainte mort du Vénérable César de Bus, 15 avril 1607, 
propre jour de Pâques. Etant oratorien, il avait composé l'excellent 
ouvrage intitulé : Vitse Romanorum Pontificum. 

f en 1609. 

13. — Frère François-Etienne DULCI, 0. P., natif d'Orvieto, 
prieur du couvent de la Minerve à Rome, examinateur des évêques 
nommés, fut désigné par Paul V pour le siège d'Avignon, dont il prit 
possession en 1610. Il y reçut magnifiquement Louis XIII en 1622 et 
mourut en 1624. 

14. — Mario FILONARDI, désigné archevêque en 1624, fut en 
même temps vice-légat d'Avignon et du Comtat Venaissin. Envoyé par 
Urbain VIII comme nonce en Pologne, 1643, il vint mourir à Rome, 
août 1644. 

15. — Bernard PINELLI, Théatin, nommé par Innocent X arche- 
vêque et vice-légat d'Avignon, ne remplit pas longtemps cette double 
charge ; il mourut en effet le 18 janvier 1646. 

16. — César ARGELLI, Bolonais, ancien auditeur de la ville et du 
comtat d'Avignon, sacré archevêque à Rome le 12 mai 1647, fit son 
entrée solennelle dans sa ville épiscopale. Mais il mourut le 30 juillet 
1648, des suites d'une chute, âgé de 74 ans. 

17. — Dominique MARINI, sacré archevêque d'Avignon à Rome le 



ARCHEVÊCHÉ D'AVIGNON 51 



14 avril 1649, fit son entrée solennelle le 11 juillet. Il fonda une chaire 
de théologie dans l'Université d'Avignon pour l'exposition de Saint- 
Thomas, et lui-même donna en quatre volumes un savant commentaire 
de la Somme, Lyon, 1668. 
f à Avignon, 20 juin 1669, eet. 76, es. 21. 

18. — Azon ARIOSTI, natif de Bologne, nommé par Clément IX, 
archevêque d'Avignon, fut sacré le 22 septembre 1669. Il exerça en 
même temps la charge de vice-légat. 

f 18 novembre 1672. 

19. — Frère Hyacinthe LIBELLI, 0. P., 19 e archevêque, 98 e évêque 
d'Avignon. 

Né à Gittà di Castello en Ombrie, 1616, entra chez les Frères 
Prêcheurs, devint orateur, écrivain et professeur distingué, enfin 
maître du sacré Palais. Nommé archevêque d'Avignon pour remplacer 
Azon Ariosti de Bologne, qui était mort le 18 novembre 1672, il fut 
sacré le 4 janvier 1673, prit possession par procuration le 21 féyrier, 
arriva 14 mai. Il était en même temps vice-légat. Fidèle à la résidence 
et aux devoirs de sa charge, il fit, 26 mars 1674, la translation des 
reliques de saint Benezet, obtint un Avent et un Carême du vénérable 
Père Antoine, 0. P. et réformateur du Thor. Assista, 28 février 1678, à 
la sainte mort de Magdeleine Maselli, fondatrice de la Miséricorde. 
Il avait été un bon religieux, et fut un digne prélat. 

f à Avignon, 23 octobre 1684, aet. 68, es. 12. 

20. — Alexandre de MONTECATINO. 

Issu des comtes de son nom, il était procureur général des Char- 
treux à Rome, quand Innocent XI le nomma archevêque d'Avignon, 
6 avril, 1686. Il fut sacré le 26 mai, prit possession par procureur le 
11 juin, arriva simplement le 15 octobre, fit son entrée solennelle 
monté sur une mule blanche le 17 novembre. Il reçut encore d'Inno- 
cent XI plusieurs dignités honorifiques, dont il ne jouit pas longtemps. 

f à Avignon, le 6 octobre 1689, aet. ? es. 4. 

21. — Laurent FIESCHI (de Flisco). 

Né à Gênes, 21 mai 1642, des comtes de Savagna, fut d'abord gou- 



52 PROVINCE D'AVIGNON 



verneur de différentes villes de l'Etat ecclésiastique, puis secrétaire de 
la Congrégation des Rites. 

Nommé archevêque et vice-légat, 4690, par Alexandre VIII, il prit 
possession par procureur le 8 septembre, n'arriva que le 30 mai 1691. 

Clément XI l'envoya en 1704 comme nonce extraordinaire près du 
roi Louis XIV. C'est grâce à cet archevêque qu'en 1705 le séminaire 
Saint-Charles de la Croix fut agrégé à la Compagnie de Saint-Sulpice. 
Cette même année Laurent Fieschi fut transféré à l'archevêché de 
Gênes, sa patrie ; il fut créé cardinal le 17 mai 1706. 

f à Gênes, le 1 er mai 1726, set. 84, es. 36, card. 20. 

22. — François-Maurice GONTERIO (de Gonteriis). 

Né 1658. à Turin, des marquis de Cavaillac, il eut d'abord à gouver- 
ner plusieurs villes ou provinces de l'Etat ecclésiastique. 

Sacré archevêque d'Avignon le 21 septembre 1705, il prit possession 
par procureur le 25 septembre, arriva sans cérémonie le 6 mai 1706, 
il fut deux fois vice-légat, répara le palais archiépiscopal, encouragea 
toutes les œuvres de zèle ; assembla un synode le 18 mai 1712 ; tint 
son concile provincial le 1 er septembre 1725 ; s'était montré admirable 
de dévouement pendant la peste, 1720-1721. 

f à Avignon en 1742, set. 84, es. 37. Enterré dans la cathédrale. 

23. — Joseph de Guyon de CROCHANS. 

Transféré de Cavaillon, 2 juin 1742. Cf. Cavaillon. 

Il fit son entrée solennelle à Avignon le 17 décembre. Dès le 23 juin 
1743, il publia un mandement contre une association secrète La Félicité 
où l'on recevait les hommes et les femmes avec des cérémonies indé- 
centes ou frivoles. Cette association était sans doute une ramification 
de la franc-maçonnerie. 

Joseph de Crochans était assistant au trône pontifical. 

f à Avignon, le 23 septembre 1756, set. 83, es. 46. Enterré à la 
cathédrale. 

24. — François-Marie de MANSI. 

Transféré de Cavaillon, en décembre 1756. Cf. Cavaillon. 
Il prit possession en 1757. 

Fut vice-légat 1760, 1766 et 1774, recueillit les Jésuites expulsés de 
France, 1764 ; mais ces religieux furent chassés par suite de l'occupa- 



ARCHEVÊCHÉ D'AVIGNON 53 



tion française. Comme l'archevêque s'était soumis aux Français, il fut 
disgracié et même exilé par le pape. Mais réintégré dans son siège et 
sa vice-légation, il n'eut plus de désagrément que du côté de Malière, 
son indigne vicaire-général. 
f à Avignon, le 5 novembre 1774, set. 80, es. 32. 

25. — Jean - Charles - Vincent - Gaspar - Constantin - Antoine 
GIOVIO. 

Né le 5 avril 4729, à Pérouse, « d'une famille noble de Césène », s'il 
faut en croire Nouguier, il fut nommé archevêque d'Avignon, 1775, 
par Pie VI ; il prit possession par procureur le 15 février 4776, arriva 
le 6 novembre. 

Il devint infirme peu après et habita dès lors Villeneuve-lès-Avignop. 

En 1791, il protesta contre l'intrusion de Malière dans la charge de 
vicaire-cap itulaire d'un siège qui n'était pas vacant ; puis il se retira. 

f à Rome, le 12 octobre 1793, œt. 65, es. 18. 

N.B. — Nouguier le fait mourir à Césène en 1797 : erreur. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AVIGNON 

0. S. B. vir. Nobile SS. Andrese, Martini et Cassarise monasterium 
in Monte-Andaone, Monastère noble de Villeneuve-lez- 
Avignon. 
fem. Abbatia S. Laurentii, Saint-Laurent d'Avignon, abbaye 
en règle ; abbesses triennales. 
Monasterium S. Honorati, Saint-Honorat de Tarascon. 
0. Cist. fem. S. Catharina Avenionensis, Sainte-Catherine d'Avignon, 
abbaye en règle ; abbesses triennales . 



COLLÉGIALES DU DIOCÈSE 

On en compte huit : Saint- Agricole, Saint-Didier, Saint-Geniès, Sainte- 
Madeleine, Notre-Dame la principale, Saint-Pierre, Saint-Symphorien, 
Villeneuve. 



54 PROVINCE D'AVIGNON 



CARPENTORACTE, CARPENTRAS 

Ville ancienne, Carpentras était le siège d'un évêché en même temps 
que le chef-lieu du Gomtat Venaissin. 

Cf. Les Évêques de Carpentras, étude historique, par Jules de Terris, 1 vol. 
gr. in-8, Avignon, Séguin, 1886. 

80. — Gaspard de LASGARIS, 80 e évêque de Carpentras. 

Né au Castelar, était fils de Claude, comte de Vintimille, et de 
Camille Lascaris, avait été vice-légat d'Avignon, 1659-1664. 

Nommé le 28 septembre 1665, par Alexandre VII, évêque de Carpen- 
tras, dont le siège vaquait depuis 1661, année où était mort Louis de 
Fortia de Monréal, il fut sacré à Rome le 4 octobre 1665, prit possession 
par procureur le 23. Mais il vint aussitôt et résida fidèlement jusqu'à 
sa mort. 

f à Carpentras, le 6 décembre 1684, set. ? es. 20. Enterré à la 
cathédrale. 

81. — Marcel, cardinal DURAZZO. 

Né à Gênes, le 6 mars 1630, fut gouverneur de villes ou de provinces 
ecclésiastiques ; archevêque de Chalcédoine, en 1670, il fut vice-légat 
d'Avignon, 1672, nonce en Portugal, 1573, en Espagne, 1684. 

Gréé cardinal par Innocent XI, 2 septembre 1686, il fut pourvu du 
siège de Carpentras, 1687, n'arriva que le 26 août 1690. 

Transféré au siège de Spolette 1691, il eut la légation de Bologne, 
devint finalement évêque de Faenza, où il est 

f 27 avril 1710, set. 80, es. 40, card. 24. 

82. — Laurent BUZZI (Butius). 

Patrice Romain, exerça les fonctions de gouverneur dans plusieurs 
provinces. 

Nommé et sacré évêque de Carpentras en 1691, il remplit fidèlement 
et pieusement ses devoirs de pasteur. C'est lui qui a donné le beau 
tableau de saint Laurent, qu'on voit encore à la cathédrale, et qui fit 
exécuter par Bernus la superbe gloire en bois doré qui orne l'abside. 

f à Carpentras, le 22 avril 1710, set., 76, es. 19. 



ÉVÊGHÉ DE CARPENTRAS 55 

83. — François-Marie ABBATI. 
Transféré de Rieti, 1710. 

Etait né à Pesaro, 13 janvier 1660, cousin du pape Clément XI, avait 
été auditeur du nonce en Portugal et à Vienne, fut recteur du Comtat, 
depuis le 17 février 1702 jusqu'en 1706, sacré évêque de Rieti en 1707, 
il accepta sa translation à Garpentras 1710, vint prendre possession, 
administra bien, mais il dut plaider, pour se faire rendre justice. Il fut 
large avec La Motte, le futur évêque d'Amiens, son diocésain et envers 
les pauvres : « Vivens aluit pauperes, moriens heredes fecit, » lit-on 
sur sa tombe. 

f à Garpentras, le 22 avril 1735, set. 75, es. 28. 

84. — Joseph-Dominique d'INGUIMBERT (dom Malachie, strict. 
Obs. Cist.) * 

Né à Garpentras, 26 août 1683, entra chez les Dominicains 1698, 
étudia à Paris, reçut le bonnet de docteur en théologie, enseigna la 
théologie à Pise. Mais frappé de la mort d'un ami, et voulant fuir les 
honneurs qui l'attendaient dans son ordre, il se rendit à Buon Solazzo, 
près Florence, y embrassa la stricte observance de Gîteaux, fut pour- 
tant forcé d'accepter la crosse abbatiale. 

Devenu bibliothécaire du cardinal Corsini, conseiller du Saint-Office, 
archevêque titulaire de Theodosiopolis, sous Clément XII, il se sentit 
en butte aux jalousies italiennes, qui lui firent accepter volontiers le 
siège de Garpentras, sa ville natale, le 11 mai 1735. 

Il y résida fidèlement, y mena une vie mortifiée et ne laissa pas que 
d'être zélé, charitable, magnifique même. Il bâtit un bel hôpital, où il 
établit les sœurs hospitalières, agrandit la villa Saint-Félix pour la 
retraite des prêtres, dressa près de son palais une vaste bibliothèque 
avec un médaillier et une galerie de tableaux. Tint un synode célèbre 
1756. 

f à Carpentras, le 6 septembre 1757, set. 74, es. 25. 

Son corps repose sous un mausolée dans la chapelle de son hôpital. 
Le P. Magy, S. J., prononça son oraison funèbre qui a été imprimée. 
Une statue en bronze lui a été érigée sur la place de l'hôpital, M. de 
Jocas étant maire de Carpentras en 1858. 

1. Cf. Vie de dom Malachie d'Inguimbert, archevêque-évêque de Carpentras, par 
dom Théophile Bérengier ; grand in-8. Avignon, 1888. 



56 PROVINCE D'AVIGNON 



Nous possédons d'Inguimbert entre autres ouvrages : 1° Spécimen 
catholicx veritaiis ; 2° La vie de Rancé en latin et en italien ; 3° La vie 
de Barihèlemi des Martyrs. 

85. — Joseph de VIGNOLI. 

Transféré de San-Severino, 42 décembre 1757. 

Arriva à Carpentras, le 44 avril 4758. 

Il était né à Gamerino en 4740, avait fait ses études sous les Jésuites, 
dont il gardait bon souvenir. Aussi écrivait-il, 2 octobre 4764, au chan- 
celier de France, en faveur de ses anciens maîtres. 

Fit sa démission 40 juillet 4776. 

f œt. ? es. ? 

86. — Joseph- Vincent de BENI, dernier évêque de Garpentras. 
Né à Gubbio, duché d'Urbin, en 4729. 
Nommé évêque de Garpentras, en 4776, il fut sacré à Rome par Pie VI, 

prit possession par procureur, le 46 septembre, arriva 44 juin 4777. 

Il fut nommé recteur du Gomtat en 4784 et 4786, après Zollio, son 
ami, qui s'était fait détester, il fut plus heureux. 

Mais survinrent les agitations révolutionnaires, qu'il brava, ne quitta 
Carpentras que le 3 mai 4792, pour se retirer dans les Etats romains ; 
y accueillit beaucoup de prêtres réfugiés à Pesaro, dont il avait accepté 
l'administration avant 4794 * et dont il devint titulaire. 

Il y est f le 42 janvier 4806, aet. 77, es. 30. S'étant démis de Gar- 
pentras en 1804, entre les mains de Pie VII. 



ABBAYE ET COLLEGIALE DE GARPENTRAS 

Il n'y a qu'une abbaye de femmes, B. Maria Magdalena, Sainte-Marie 
Madeleine de Carpentras, 0. Gist. Cette abbaye est en règle et les 
abbesses sont triennales. 

Il y a de plus une collégiale, Notre-Dame du Grez, qui est aussi 
en règle. 

1. Cf. Theiner, Affaires de France. 



ÉVÊCHÉ DE CAVAILLON 57 



GABELLIO, CAVAILLON 

Ville ancienne, bien située, mais déchue peu à peu, 
quoique possédant un siège épiscopal. 

76. — Jean-Baptiste de SADE 1 , 76 e évêque de Gavaillon. 

Né en 1632, fils de Jean-Baptiste, seigneur de Mazan, et de Diane de 
Simiane de la Coste. 

Nommé évêque de Gavaillon, le 5 septembre 1665, pour succéder à 
son oncle Richard de Sade, qui était mort à Rome, le 27 juin 1663, 
n'ayant siégé que trois ans, comme son prédécesseur François Hallier, 
Jean-Baptiste fut sacré à Rome, le 14 mars 1666 ; il prit possession, 
le 17 juillet suivant. 

Approuva les Carmélites de Gavaillon, les hospitalières de Saint- 
Joseph à l'Isle, appela les Frères des Ecoles Chrétiennes à Gavaillon. 

f pieusement à Gavaillon, 18 janvier 1708, set. 76, es. 42. 

77. — Joseph de Guyon de CROGHANS. 

Né 19 mars 1674, à Avignon, d'une famille noble. 
Fut nommé évêque de Cavaillon, en janvier 1709, sacré peu après, 
il prit possession, 23 juin 1710, gouverna son petit diocèse 32 ans. 
Transféré à Avignon, 2 juin 1742. Cf. Avignon. 

78. — François-Marie MANSI (de Mansi). 

Né le 6 novembre 1694, au château de Longiano, diocèse de Rimini, 
était patricien de Césène. 

Nommé évêque de Gavaillon, le 2 août 1742, il prit possession par 
procuration, le 5 septembre 1743, se fit sacrer à Avignon, le 30 sep- 
tembre, jour de saint Jérôme, entra solennellement à Cavaillon, le 
30 octobre. 

Transféré à Avignon, 1756. Cf. Avignon. 

79. — Pierre- Joseph ARTAUD. 

Etait chanoine de Saint-Louis du Louvre, à Paris, chargé par MM. les 

1. Ce nom, honorable jusque-là, a subi malheureusement une éclaboussure de nos 
jours par la faute de l'ignoble Donatien-Alphonse, m is de Sade, né le 2 juin 1740, f 2 
décembre 1814, à Charenton. — - Cf. Michaud j., Biographie universelle. 



58 PROVINCE D'AVIGNON 



chanoines de Notre-Dame de la cure-chefcerie de Saint-Merri, 1744. Il 
a laissé des souvenirs dans cette paroisse parisienne. 

Nommé évêque de Gavaillon, 1756, par Benoît XIV, et sacré en 
septembre 1757, ne siégea pas trois ans, étant f le 5 septembre 1760. 

80. — Joseph-Crispin des AGHARDS l de la Baume, dernier évêque 
de Gavaillon, né en 1721, à Avignon. 

Nommé évêque de Cavaillon, le 14 des calendes de mars 1761, sacré 
peu après, se montra pieux, bon, charitable, fut cependant forcé de 
quitter Cavaillon dès la fin de 1789. 

Il erra d'Apt à l'Isle, d'Avignon à Lyon, vieux, pauvre, lassé 2 . 

f à Lyon, 1793, set. 73, es. 23. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GAVAILLON 

0. S. B. vir. B. Maria Sinanqua, Notre-Dame de Senanque, abbaye 
située dans le diocèse de Gavaillon, mais attribuée au 
diocèse d'Orange, pour mieux signifier le droit de 
collation royale, 
fem. Parthenon S. Joannis, Saint- Jean de Cavaillon. 



vasio, vaison 

La ville et le siège épiscopal sont d'une ancienneté respectable. 

60. — Louis-Alphonse de SUABÈS, 60 e évêque de Vaison. 

Né à Avignon, le 6 juin 1642, élève des Sulpiciens à Paris, fut le 
dernier des trois frères qui se sont succédé sur le siège de Vaison, 
depuis 1633 jusqu'à 1685 : le premier Joseph-Marie, savant 3 ; le deu- 
xième, Charles -Joseph, charitable; le troisième, Louis-Alphonse, pieux. 

Ge dernier, âgé de 28 ans, fut nommé évêque de Vaison par 

1. Almanach Royal et Hugues du Tems écrivent des Arcades, sans réflexion. 

2. V. Theiner, Affaires de France, T. II, p. 70. Sa lettre au cardinal secrétaire 
d'Etat porte: « En France, 3 novembre 1792. » 

3. Niceron, Mémoires, T. XXII, p. 297-306. 



ÉVÊCHÉ DE VAISON 59 



Clément X, sacré à Rome, le 17 mai 1671, fit son entrée solennelle à 
Vaison, le 7 juillet, fonda une maison pour le P. Antoine Le Quien, 
réformateur des Frères Prêcheurs, soumit les religieuses dyscoles de 
Saint- André de Ramières, se retira à Sorgues, où il est 

f 13 mars 1685, aet., 43, es. 14. 

Son corps fut transféré à Avignon, dans la paroisse Saint-Didier, où 
se trouve son épitaphe : « Hic jacet cui satis est vixisse pro aliis ; nunc 
autem pro se mori sua res est. » 

61. — François GENET 1 . 

Né à Avignon, le 18 octobre 1640, fut élève de M. de Lantage au Puy, 
missionnaire à Grenoble, directeur au séminaire d'Aix, se montrant 
partout rigoriste. 

Promu par Innocent XI, sur la recommandation des cardinaux Le 
Camus et Grimaldi, au siège de Vaison, juillet 1685, sacré 25 mars 
1686, il prit aussitôt possession et gouverna bien son diocèse. Mais son 
aversion pour les Français, trop accusée et l'accueil qu'il fit aux dames 
de l'Enfance, chassées de Toulouse, par le roi, exaspéra celui-ci. 
L'évêque de Vaison fut arrêté par les dragons, 29 septembre 1688, 
enfermé d'abord au Pont-Saint-Esprit, puis à Nîmes, puis à l'Ile-de-Ré 
où il demeura quinze mois, n'ayant que son bréviaire et sa bible, qu'il 
apprit par cœur. 

Relaxé, 1690, il reprit avec zèle ses fonctions, se rendit à Rome pour 
le Jubilé de l'an 1700. Deux ans plus tard, en revenant d'une char- 
treuse, il se noya dans un torrent à Sarrians ; et malgré tous les 
efforts, on ne put le retirer vivant. 

C'est ainsi que mourut François Genêt, le 17 octobre 1702, aet. 62, 
es. 17. Son corps fut enseveli chez les Dominicains d'Avignon. 

Genêt est l'auteur d'une théologie morale en français, 8 vol. in-12, 
qu'approuvèrent les deux cardinaux Le Camus et Grimaldi, mais qui 
fut plus tard condamnée à Rome. 

62. — Joseph-François GUALTERI. 

Né 13 novembre 1659, à Carpentras, fils de Pierre Siffrein, président 
de la chambre apostolique et d'Angélique d'Inguimbert, fut archidiacre 
de Cavaillon, vicaire-général d'Albano, 

1. Nicéron, Mémoires, T. XV. 



60 PROVINCE D'AVIGNON 



Nommé évêque de Vaison en 1702, sacré le 4 mars 1703, à Rom< 
il prit possession par procureur le 21 juin, fit son entrée le 21 octobre 
inaugura un épiscopat édifiant et fécond. Il tint un synode chaque 
année, rebâtit le palais épiscopal, transféra l'hôpital de la ville haute 
dans la ville basse. La piété s'alliait chez lui au goût pour les beaux- 
arts et pour la poésie; il composait avec facilité les vers latins. Ce 
saint évêque dont on a écrit la vie édifiante 

f à Vaison le 20 novembre 1723, set. 64, es. 21. 

63. — Joseph-Louis de CAHORNE DE LA PALUN. 

Né à Garpentras en 1670, fut l'ami et le condisciple du pieux La 
Motte à Viviers, devint prévôt de Vaison et vicaire général de 
Me r Gualteri. 

Nommé évêque de Vaison en 1724, il refusa d'abord; mais le Pape lui 
ayant dit : « On m'a bien fait pape malgré moi », il accepta, fut sacré à 
Rome le 1 er janvier 1725 par le cardinal Gualterio. On voit son portrait 
dans une salle de l'hôpital dont il fut le bienfaiteur et le restaurateur. 
Il mourut en janvier 1748, 83t. 69, es. 24. 

64. — Paul-Loup de SALIÈRES DE FOSSERAN. 

Nommé évêque de Vaison par Benoît XIV, et sacré peu après, il fit 
peu de bruit et beaucoup de bien sans doute. 
Il mourut en 1758, aet. ? es. 10. 

65. — Charles-François de PÉLISSIER DE SAINT-FERRÉOL. 
Né en 1709 â Visan, diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux, était 

chanoine pénitencier de Carpentras et vicaire général d'Inguimbert, 
quand il fut nommé par Clément XIII, évêque de Vaison 18 décembre 
1758, sacré à Rome le 27 décembre. 

Se sentant vieillir, il demanda et obtint un coadjuteur, 1782, sur 
lequel il s'appuya, fit sa démission, 1786. 

f 1789, 33t. 80, es. 31. 

66. — Etienne - André François FALLOT DE BEAUMONT de 
Beaupré, dernier évêque de Vaison. 

Né le 1 er avril 1760 à Avignon, était vicaire général de Thémines, à 
Blois. Nommé coadjuteur avec future succession de Tévêque de Vaison, 
en 1782, il fut sacré à Frascati évêque de Sébastopol 23 décembre, 



ÉVÊCHÉ DE VAISON 61 



aida le vieil évêque, lui succéda, quand il eut fait sa démission, 1789. 

Accusé devant l'Assemblée Constituante 20 avril 1791, il se défendit, 
mais fut forcé d'émigrer à Chambéry, à Turin 1792, en Suisse, 1793-94, 
àFermo, 1795-97 *. 

Donna sa démission en 1801, fut institué évêque de Gand 1802, 
passa de là à Plaisance, puis à Bourges, sans gloire pour lui ni pour 
Napoléon, comme le montrent Pacca, d'Haussonville et même Thiers. 

Il est mort dans la retraite et l'oubli, à Paris, le 27 octobre 1835, set. 
75, es. 53. 

Il n'y avait plus aucune abbaye dans le diocèse de Vaison ; mais il y 
avait plusieurs couvents de religieux et de religieuses. 



1. Cf. Theiner, op. cit. 



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AUXITANA PROVINCIA 

PROVINCE D'AUCH 



Cette province comprend onze diocèses peu étendus, mais anciens. 
D'abord le siège archiépiscopal, Auscii, Auch ; puis dix sièges épisco- 
paux, qui sont dans l'ordre alphabétique : Aquas Tarbellicse, Acqs ou 
Dax; Atura vel Adura, Aire-sur-V 'Adour ; Bajona, Bayonne; Conserani, 
Conserans ou Couserans ; Convense, Cominges ; Lactora, Leitour ou 
Lectoure ; Lascurra, Lescar ; Oloro vel Olero, Oloron ; Tarbse, Tarbes ; 
Vasates, Bazas. 

Cf. Gallia Christiana, Tome I. — Hugues du Tems, ouvrage cité, Tome I er . — 
Almanach royal. 



AUSCII, AUCH 

La ville d'Auch, Augusta Ausciorum , eut de bonne heure ses 
évoques ; mais ils relevaient d'Elusa, Eauze, qui était métropole de la 
Novempopulanie. Cette ville étant déchue ou ayant été détruite, Auch 
devint métropole et ses évoques devinrent ainsi archevêques. 

Le chapitre de la cathédrale était un des plus nombreux et des plus 
nobles de France. Il y avait de plus dans le diocèse d'Auch huit autres 
chapitres de collégiales, dont chacun se composait de dix ou douze 
chanoines. Nous parlerons plus bas des abbayes et des couvents ou 
communautés du diocèse. 

Cf. Dom Louis-Charles de Brugères, Chroniques ecclésiastiques du diocèse d'Auch, 
in-4°, Auch, 1746. 



ARCHEVÊCHÉ D'AUCH 63 



ARCHEVÊQUES D'AUCH 

45. — Léonard de TRAPES, 45« archevêque, 87 e évêque d'Auch, 
était originaire de Nevers, conseiller-clerc au Parlement de Paris, 
administrateur du diocèse d'Auch, depuis plusieurs années, quand il 
en fut nommé archevêque, par Henri IV, en 1597. Le siège était vacant 
depuis plus de dix ans. 

Sacré à Paris par le cardinal Pierre de Gondi, il fit son entrée 
solennelle à Auch, le 5 novembre 1600, visita toutes les paroisses, 
reconstruisit les églises, fit faire partout le catéchisme et donner sou- 
vent des missions, orna la cathédrale, obtint un coadjuteur, qui put 
l'aider et lui succéder. 

f à Auch, 29 octobre 1629, set. ? es. 30. 

46. — Dominique de VIG, né à Paris, en 1588, fut élève des Jésuites 
à Ingolstadt et à La Flèche, puis docteur en Sorbonne, conseiller d'Etat, 
ami particulier du pieux Louis XIII. 

Demandé au roi comme coadjuteur et futur successeur par l'arche- 
vêque d'Auch, Dominique fut nommé, approuvé par Grégoire XV et 
préconisé par Urbain VIII. 

Sacré archevêque de Gorinthe à Ermenonville, le 25 mai 1625, il vint 
aider son archevêque dans les fonctions épiscopales, disciplinaires, 
administratives. Il embellit avec goût le château de Mazères , cam- 
pagne des archevêques d'Auch. 

Devenu archevêque le 29 octobre 1629, il visita tout son diocèse, 
convertit beaucoup de protestants, fît bien instruire les fidèles, embel- 
lit notablement sa cathédrale. 

f à Auch le 21 décembre 1660, aet. 72, es. 36. 

47. — Henri DE LA MOTHE-HOUDANGOURT. 

Transféré de Rennes, 1661-1662, pour remplacer Dominique de Vie, 
dont nous venons de faire l'éloge. 

Né en 1602, Henri était le cinquième fils de Philippe, seigneur 
d'Houdancourt en Picardie et de Louise du Plessis-Piquet, sa 3 e femme. 
Il eut pour frères aînés Philippe, qui devint maréchal de France, et 
Jérôme, qui devint évêque de Saint-Flour. Son autre frère, Daniel, fut 
évêque de Mende, 1625-1628. 



64 PROVINCE D'AUCH 



Henri, après avoir fait de bonnes études à Paris, et être devenu doc- 
teur et proviseur de Navarre, fut pourvu de quatre abbayes et devint 
premier aumônier de la reine Anne d'Autriche, 1651. Il reçut le collier 
de l'ordre du Saint-Esprit le 31 décembre 1661 . 

Il avait été sacré évoque de Rennes le 5 janvier 1642 ; il s'était égale- 
ment déclaré hostile aux novateurs et aux Gasuistes. 

Devenu archevêque d'Auch, 1662, et dégagé de son aumônerie par 
la mort de la reine, 1666, il ne fut pas moins ferme dans ses principes : 
aversion des moralistes relâchés, ce que louent fort en lui les auteurs 
de la Gallia Christiana, zèle contre les innovations dogmatiques des 
Jansénistes et les déclarations gallicanes, dont les mêmes auteurs ne 
soufflent mot. 

Entre autres fondations pieuses de ce prélat, nous trouvons six mille 
livres allouées aux missions. 

■j- à Mazères, château des archevêques d'Auch, le 24 février 1684, 
ast. 82, es. 42. 

48. — Armand-Anne-Tristan DE LA BAUME de Suze. 
Transféré de Saint-Omer, en réalité de Tarbes. Cf. Tarbes et Saint- 

Omer. 

Nommé archevêque d'Auch en mai 1684, quoique bien instruit et 
dûment averti par son vertueux oncle, Tévêque de Viviers, il ne crai- 
gnit pas de gouverner le diocèse pendant huit ans, avec le titre de 
vicaire capitulaire, sachant qu'il n'avait pas de pouvoirs. 

Préconisé enfin en 1693, il dispensa du maigre durant le carême de 
1694 ob famem ; établit les Jésuites à perpétuité dans le séminaire, fit 
approuver la condamnation de Fénelon par ses suffragants, 1699, et 
leur fit accepter un Rituel composé par son vicaire général, Paul de 
Chaulnes, depuis évêque de Sarlat. 

Atteint d'une maladie de langueur, il dut s'abstenir longtemps de 
tout divertissement et renoncer à remplir ses fonctions. 

f à Paris le 4 mars 1705, set. ?, es. 29. Enterré à l'église Saint-Paul 
de Paris. 

49. ■— Augustin de MAUPEOU. 

Transféré de Castres, 11 avril - 22 juin 1705. Cf. Castres. 
Il prit possession d'Auch l'année suivante, se montra très libéral 
envers les pauvres, surtout durant le rude hiver de 1709, ne négligea 






ARCHEVÊCHÉ D'AUCH 65 



pas son séminaire ni sa cathédrale ; il dota les sœurs grises (hôpital 
Saint- Augustin). 
f à Auch le 12 juin 1712, set. 65, es. 15. 

50. — Jacques DESMARETZ. 

Transféré de Riez le 21 juillet 1713-12 février 1714. Cf. Riez. 

On osa demander pour lui, propre neveu du grand Golbert, le gratis 
pour l'expédition des bulles ; Rome accorda. Le nouvel archevêque ne 
fit son entrée que le 14 mars 1715. 

Dès le 14 avril, on publia par ses ordres la bulle Unigenitus, ce que 
Noailles s'était bien gardé de faire à Paris. 

Il fut aussi charitable qu'orthodoxe, bien différent de son frère 
Vincent-François évêque de Saint-Malo, et de ses cousins, les Colbert. 

S'étant rendu à l'Assemblée du clergé, il mourut à Paris le 25 
novembre 1725, set. ? es. 32. 

51. — Melchior, cardinal de POLIGNAC. 

Il était né auPuy le 11 octobre 1661, d'une famille déjà célèbre, étant fils 
de Louis-Armand, vicomte de Polignac, gouverneur du Puy, chevalier de 
l'ordre du roi (c'est l'ordre du S. Esprit), et de Jacqueline de Reauvoir. 

Il posséda de bonne heure cinq abbayes, trois prieurés et d'autres 
bénéfices ; entra, en place de Rossuet, à l'Académie française en 1704, 
fut reçu à l'Académie des Sciences, 1715, des Inscriptions, 1717. 

Il avait été envoyé par le roi Louis XIV auprès du roi de Pologne 
Jean Sobieski, pour préparer l'élection du successeur. 

Auditeur de Rote pour la France en 1706, il devint plénipotentiaire 
à Gertruydenberg, puis à Utrecht, 1710-1712. Gréé cardinal par 
Clément XI le 18 mai 1712, à la demande du Prétendant d'Angleterre, 
il devint ambassadeur de France près du Saint-Siège, 1724-1736. 

Sur ces entrefaites, l'archevêché d'Auch étant venu à vaquer, le roi 
Louis XV y nomma le cardinal de Polignac, qui se fit sacrer à Rome 
le 19 mars 1726, et prit possession par procureur au mois de juin sui- 
vant ; mais ne prit possession personnellement qu'à son retour de 
Rome. Durant son épiscopat, il eut plusieurs différends ecclésiastiques, 
au dedans et au dehors de son diocèse ; mais il fut constamment 
orthodoxe. 

Il reçut le collier du Saint-Esprit, à Versailles, le 1 er janvier 1733, 
dans la chapelle du château. 



66 PROVINCE d'auch 



f à Paris, 20 novembre 1741, set. 80, card. 30, es. 17. 

Il laissait des œuvres littéraires et notamment son Anti-Lucrèce, 
poème latin aussi goûté des bons littérateurs que des profonds philo- 
sophes 4 , publié en 1747 par l'abbé de Rothelin. 

52. — Jean - François de Ghastellard DE MONTILLET de 
Grenaud. 

Transféré d'Oloron, 1742. Cf. Oloron. 

Aussitôt installé, il commença ses visites diocésaines,, il catéchisa, 
prêcha par lui-même, aussi fidèle à ses fonctions épiscopales qu'aux 
lois de la résidence. Il défendit Christophe de Beaumont en 1755, et 
de concert avec ses dix suffragants que nous allons nommer, il soutint 
noblement les Jésuites, en 1762, contre leurs ennemis. Il protégea 
également autant qu'il le put, les ordres religieux à partir de 1766, 
contre la Commission des Réguliers. 

Noble caractère, estimé même des ennemis de l'Eglise, quoiqu'il 
ne les ménageât pas. 

f à Auch, le 7 février 1776, set. 74, es. 41, en réputation de sainteté. 

53. — Claude-Marc-Antoine D'APGHON de Corgenon. 
Transféré de Dijon, 1776. Cf. Dijon. 

Continua parfaitement son admirable prédécesseur sans se départir 
en rien de la conduite qu'il avait tenue lui-même jusque-là. 

Durant une épizootie qui ravageait la Gascogne, il fit des prodiges de 
charité. Pour sauver deux enfants d'un incendie, il s'exposa au péril. 

Fidèle aux lois de la résidence. 

Etant cependant allé à Paris pour consulter les médecins, il y mou- 
rut en juin 1783, set. 62, es. 28, regretté autant que Montillet. 

54. — Louis-Apollinaire DE LA TOUR DU PIN Montauran. 
Transféré de Nancy, 22 juillet 1783. Cf. Nancy. 

Parfait archevêque pour continuer ses prédécesseurs, comme il avait 
été parfait évêque pour tout fonder à Nancy, dont il avait été le pre- 
mier évêque. 

Il se montra surtout admirable en 1791, réglant l'administration dio- 
césaine, opposée au schisme, avant d'émigreren Espagne. 

1. Cf. Moréri, article particulier et détaillé, au mot Polignac. 



ÉVÊCHÉ DE DAX 67 



Démissionnaire en 1801, il fut nommé par le Premier Consul, le 9 
vendémiaire an XI (1 er octobre 1802), archevêque-évêque de Troyes. 

Il réorganisa son immense diocèse, qui en comprenait trois anciens, 
savoir : Sens, Auxerre et Troyes. Son prédécesseur Marc-Antoine de 
Noé était mort le 21 septembre 1802 avant d'avoir pu visiter même les 
principales villes de l'Aube et de l'Yonne. 
I f à Troyes, 28 novembre 1807, set. 64, es. 30. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AUCH 

O. S. B. vir. Pecianum vel Pessanum, Saint-Michel de Pessan. 
Gella Medulphi, Notre-Dame de Saramon. 
Simorra, Notre-Dame de Simorre. 
0. Cist. vir. Berdona, Notre-Dame de Berdone. 
Flaranum, Notre-Dame de Flaran. 
Gimundus, Notre-Dame de Gimont. 
L'abbaye cistercienne de Bouillas, Boillanum, sive Portaglonium, 
était en règle depuis la fin du XVII e siècle. 
0. Prsemonstr. Casa Dei, Notre-Dame de la Case de Dieu. 
Parmi les collégiales, nommons : Castelnau de Magnoac, Jégun, Vic- 
Fézenzac, Sos, etc. Nous ne parlons pas du collège des Jésuites, ni des 
nombreux couvents d'hommes ou de femmes. 



AQU.E TARBELLICE, ACQS ou DAX 

Cf. sauf réserves, Joseph Légé. Les diocèses d'Aire et de Dax, ou le département 
des Landes sous la Révolution française 1789-1803 ; 2 in-8, Aire, 1875. 

57. — Paul-Philippe DE GHAUMONT, 57° évêque d'Acqs. 

Né à Ghaumont en Vexin, était fils de Jean, seigneur de Bois-Garnier, 
et de Marie de Bailleul ; il était de l'Académie française depuis 1654, 
bibliothécaire et lecteur du roi, abbé de Saint- Vincent de Bourg 
(Bordeaux). 

Il fut nommé évêque d'Acqs en 1671, pour remplacer Hugues de 
Bar qui était cette année-là transféré à Lectoure, il se fit sacrer le 



68 PROVINCE d'auch 



1 er mai 1672, prit part à la petite Assemblée de 1681 . Il se montra 
constamment opposé aux Jansénistes et autres novateurs. 

Ayant donné sa démission en 1684, il publia en 1693 un bon ouvrage 
apologétique de la religion chrétienne. 

f à Paris, 24 mars 1697, set. ? es. 25, sess. 12 tantum. 

Pendant que cet évêque réformait le diocèse d'Acqs, ses deux prédé- 
cesseurs occupaient, Hugues de Bar, le siège de Lectoure, et Guillaume 
Le Boux, le siège de Périgueux. Cf. Lectoure et Périgueux. 

— Léon DE LA LANE, nommé évêque d'Acqs en 1684, administra 
sans doute le diocèse comme vicaire capitulaire ou comme vicaire 
général de Févêque démissionnaire. 

Mais ayant été nommé évêque de Bayonne le 15 août 1688, il partit 
d'Acqs. Cf. Bayonne. 

— Jean-Marie DE PRUGNES, vicaire général d'Aire, ayant été 
nommé évêque d'Acqs le 15 août 1688, mourut à Paris au mois de juin 
1690, avant d'avoir été sacré ni même préconisé. 

Il s'était rendu à Paris pour assister à l'assemblée du Clergé, comme 
représentant du diocèse d'Acqs ; ce qui prouve qu'il administrait le 
diocèse, du moins au temporel. 

58. — Bernard d'Arradie D'ARBOGAVE, janséniste. 

Etait né dans l'Armagnac, d'une famille noble de Gascogne, et curé 
de Maseclac, au diocèse de Lectoure, quand il fut nommé ëvêque 
d'Acqs le 15 août 1690. 

Gomme il n'avait aucun antécédent contre lui, pas même d'avoir 
administré le diocèse d'Acqs, avec le titre de vicaire capitulaire, il 
reçut à temps ses bulles et se fit sacrer le 26 octobre 1692. 

Douze ans plus tard, le 14 août 1704, l'abbaye de Saint-Vincent-du- 
Luc (Oloron) étant venue à vaquer, le roi la lui fit donner. 

Il n'en fut pas moins janséniste, ennemi, sinon appelant de la bulle 
Unigenitus, comme son voisin Dreuilhet de Bayonne. Mais il se rétracta 
en 1728, après que le cardinal de Noailles eut enfin donné le Mande- 
ment dans lequel il exprimait en termes touchants son adhésion pure 
et simple à la Constitution Unigenitus. 

L'évêque d'Acqs se rétracta purement et simplement, en publiant la 
bulle. 

f 1732, set. ? es. 30. 



ÉVÊCHÉ DE DAX 69 



59. — François D'ANDIGNÉ. 

Issu de la noble famille d'Anjou qui s'était déjà distinguée et n'a pas 
dégénéré, François était vicaire général et doyen de Luçon, après avoir 
été peut-être Oratorien, quand il fut nommé évêque d'Acqs par le car- 
dinal de Fleury. 

Il fut sacré le 22 novembre 1733 ; mais il eut à peine le temps de se 
montrer. 

f juin 1736, œt. ? es. 3. 

60. — Louis-Marie DE SUARÈS d'Aulan. 

Né à Avignon, 8 novembre 1696, d'une famille qui avait donné plu- 
sieurs évoques à l'Eglise, par exemple à Vaison. Cf. Vaison. 

Nommé évêque d'Acqs en 1736, Louis-Marie fut sacré le 2 juin 1737 
et reçut l'année suivante l'abbaye de la Cagnote. Il célébra pompeuse- 
ment avec ses diocésains la canonisation de saint Vincent-de-Paul, 
1737. 

Toutefois, son long épiscopat nous est mieux connu par deux actes 
fort honorables. Il visita Beaumont exilé en 1758. Pour défendre les 
Jésuites, non-seulement il s'unit à son métropolitain Montillet et aux 
autres suffragants d'Auch, mais encore il écrivit au Chancelier de 
France, le 1 er décembre 1761, une lettre apologétique des Religieux 
persécutés. 

Démissionnaire en 1771, sous la réserve d'une pension de 15,000 
livres et tout en gardant son abbaye, il se retira. 

f 11 avril 1785, œt. 89, es. 48. 

61 . — Charles-Auguste Le Quien DE LA NEUFVILLE, dernier 
évêque d'Acqs. 

Né à Bordeaux, 25 juillet 1728 (al. 1726). 

Elève de Saint-Sulpice, vicaire général de Me r de Lussan à Bordeaux ; 
visiteur général des Carmélites de France. 

Nommé évêque d'Acqs en 1771, sacré le 1 er mars 1772 aux Carmé- 
lites de Saint-Denis près Paris, où se trouvait alors Madame Louise de 
France, et pourvu dune abbaye, il se rendit dans son diocèse, y renou- 
vela les statuts synodaux qu'il fit observer jusqu'à la Révolution. 

Il protesta vivement contre l'intrusion de Saurine sur le siège de 
Dax que la Constitution civile du Clergé avait désigné comme le seul 
siège épiscopal des Landes. 



70 PROVINCE D'AUCH 



II émigra aussitôt en Espagne. 

Donna sa démission en 1801. Nommé évêque de Poitiers le 9 avril 
1802, il prit possession, mais se démit avant la fin de l'année propter 
inflrmam valetudinem. 

f à Cenon (Gironde), le 28 octobre 1805, set. 77, es. 34. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ACQS 

0. S. B. vir. Beata Maria de Gagnota, La Cagnote. 

S. Joannes de Sordua, Sordes. 
0. Gist. fem. S. Bernardus de Lasteron, S. Bernard près Bayonne. 

S. Sigismundus prope Ortesiam, N.-D. d'Espérance. 
0. Prsem. Artona, Artoux. 

Dei villa, Duvielle ou Villedieu. 



ATURA, AIRE 

Cf. Pouillé du diocèse d'Aire, par l'abbé Cazauran, in-8 de 165 p . Paris, Maison- 
neuve, 1886. — Joseph Légé, Les diocèses d'Aire et de Dax, ouvrage déjà cité. 

58. — Jean-Louis DE FROMENTIËRES, 58° évêque d'Aire. 

Il était né le 30 octobre 1632 à Saint-Denis de Gastine, dans le bas 
Maine, d'une famille noble, Fromentières des Etangs, qui le destinait à 
la religion de Malte ; mais il inclina vers la prédication, dès le temps 
où il faisait ses études chez les Oratoriens, chez lesquels il entra. 

Ayant reçu le bonnet de docteur en théologie, il exerça les fonctions 
de théologal au Mans. Contrarié peut-être par le chapitre du Mans, ou 
attiré à Paris, il y prêcha avec grand succès, se fit goûter à la cour. 
On peut voir la notice que lui consacre la Biographie universelle de 
Michaud. 

Nommé évêque d'Aire le 14 janvier 1673, pour succéder à Bernard de 
Sariac, qui était mort le 12 octobre 1672, il fut sacré au Val-de- Grâce à 
Paris, le 1 er octobre 1673, et se rendit bientôt dans son diocèse. Il y 
travailla avec succès à la conversion des Huguenots, à la réforme des 
abus. Il fit notamment abolir les combats de taureaux à Mont-de-Marsan. 



ÉVÊCHÉ D'AIRE 71 



C'est ce prélat qui donna le sermon de vêture, quand Madame de la 
Vallière entra au Garmel de Paris, 
f à Aire, décembre 1684, set. 52, es. 11. 

59. — Jean-Baptiste-Armand Bazin DE BESONS. 

Né à Paris en 1655, avait pour père Claude, conseiller d'Etat, qui 
était en même temps de l'Académie française et intendant ; il eut pour 
frères Jacques, maréchal de France en 1709 f 1733, et Louis, intendant. 

Agent général du Clergé en 1682, Armand fit partie, à ce titre, de la 
fameuse Assemblée du Clergé. 

Nommé évêque d'Aire en août 1685, il administra comme vicaire 
capitulaire. Aussi l'expédition de ses bulles fut-elle ajournée. Il put 
enfin se faire sacrer le 12 octobre 1693, aux Bénédictines de la Ville- 
l'Evêque à Paris, par C. M. Le Tellier, archevêque de Reims. 

Durant les cinq années qu'il occupa le siège d'Aire, Bazin de Bezons 
fut irréprochable. 

Transféré à Bordeaux, 29 mars - 21 juillet 1698, où son frère Louis 
était intendant. Cf. Bordeaux. 

60. — Louis-Gaston FLEURIAU d'Armenonville. 

Né à Paris le 15 juin 1662, il était fils de Charles, seigneur d'Arme- 
nonville, secrétaire du roi. Son frère, Jean-Baptiste-Joseph, devint 
garde des sceaux de France. 

Elève du séminaire Saint-Sulpice, prêtre en 1687, docteur en théo- 
logie, 1689, Louis-Gaston était trésorier de la Sainte-Chapelle, abbé de 
Moreilles (La Rochelle), chanoine de la cathédrale de Chartres. 

Nommé évêque d'Aire le 29 mars 1698, il fut sacré le 18 janvier 1699, 
au séminaire Saint-Sulpice, par l'évêque de Chartres, Godet des Marais. 

Ayant pris possession en personne le 14 juin suivant, il fut, dès lors, 
ce qu'il fut toujours, pieux, prudent, ferme, quoique d'une santé délicate. 

Transféré à Orléans, 1706. Cf. Orléans. 

61. — François-Gaspard de la Mer DE MATH A. 

Issu d'une famille noble d'Auvergne, François-Gaspard était docteur 
de Sorbonne. 

Abbé de Saint-Cyran, 1700. 

Nommé évêque d'Aire le 15 août 1706, il fut sacré à Paris le 10 
octobre 1707, dans l'église de la Sorbonne. 



72 PROVINCE D'AUCH 



Installé le 3 avril 1708, ne fit que paraître. 
f à Aire, 30 juin 1710, œt. ? es. 3. 

62. — Joseph-Gaspard DE MONTMORIN de Saint-Hérem de la 
Chassaigne. 

Né en Auvergne en 1659, s'était marié en 1684 à Louise-Françoise 
de Bigny d'Ainay, était père de huit enfants, 5 fils et 3 filles, quand il 
perdit sa femme, 28 novembre 1700. 

Il entra alors au séminaire Saint-Magloire, y reçut les Saints ordres. 

Devint vicaire général de son parent Armand de Montmorin, arche- 
vêque de Vienne. 

Se trouvant à l'Assemblée générale du Clergé, comme député de la 
province de Vienne, il fut nommé évêque d'Aire en 1710, il se fit sacrer 
dans la cathédrale de Vienne, par l'archevêque Armand, le 4 janvier 
1711, et prit possession de son siège. 

Il gouverna paternellement par lui-même ou aidé de son fils, qui 
suit. 

f à Paris, le 2 novembre 1723, set. 64, es. 13. 

63. — Gilbert DE MONTMORIN de Saint-Hérem de la Chas- 
saigne, fils, coadjuteur et successeur du précédent. 

Né au château de Lansac, diocèse de Clermont, le 6 juillet 1691, 
était le 3 e fils du précédent ; il fit ses études au séminaire Saint-Sulpice 
et garda toujours les principes de son éducation sulpicienne. 

Nommé coadjuteur de son père, il fut sacré à Meaux, par le cardinal 
de Bissy, le 7 novembre 1723, sous le titre d'évêque de Sidon. Mais 
en apprenant le jour même où il avait été sacré que son père venait de 
mourir, il prit aussitôt le titre d'évêque d'Aire. 

Son épiscopat à Aire fut l'heureux prélude d'un épiscopat à la fois 
plus long et plus glorieux. 

Transféré à Langres, 1734. Cf. Langres. 

64. — François de Serret DE GAUJAC. 

Né à Béziers, en 1691, fut d'abord militaire, puis missionnaire de 
Garaison, fit beaucoup de bien en Gascogne, par ses missions. 

Nommé évêque d'Aire en 1735, par Fleury, à la sollicitation de 
Gilbert de Montmorin. 

Il fut sacré le 25 mars 1736, prit possession le 1 er mai, continua ses 



ÉVÈGHÉ D'AIRE 73 



missions ou donna des retraites dans son diocèse surtout. « Homme 
de Dieu ; père des prêtres » ; 

Réclama contre l'exil de Beaumont, 1755. 

f pieusement à Aire le 18 novembre 1757, set. 66, es. 22. Obsèques 
populaires. 

65. — Plaicart DE RAIGEGOURT. 

Né à Nancy en 1708, vicaire général de Liège, abbé de Saint-Pierre- 
aux-Monts (Ghâlons). 

Nommé évêque d'Anvers ? 1746, il refusa peut-être. 

Mais nommé évêque d'Aire, fin 1757, et préconisé le 13 mars 1758, 
il se fit sacrer le 16 avril à Meaux : il prit possession par procureur le 
6 mai suivant. 

Nous ignorons ce que fit en 1762 et les années suivantes le noble 
Lorrain, désigné par Jarente à un siège de Gascogne. 

f 26 octobre 1783, set. 76, es. 26. 

66. — Sébastien-Charles-Philibert de Roger DE GAHUZAG DE 
GAUX. 

Né au château de Gaux, diocèse de Garcassonne, 2 décembre 1745. 

Nommé coadjuteur de Plaicard, il fut sacré le 8 octobre 1780, évêque 
d'Assur, devint évêque d'Aire en 1783. 

Son siège étant supprimé en 1791, il émigra en Espagne, puis en 
Angleterre, en Allemagne. C'est de Paderborn qu'il refusa sa démission 
en 1801 ; il ne la donna qu'en 1816. 

f à Paris, 30 octobre 1817, 83t. 72, es. 37. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AIRE 

0. S. B. S. Severus in capite Vasconise, Saint-Sever. 

0. Cist. Pons altus, Pontault. 

0. Praem. Gratia Dei, La Castelle, en règle. 

Parthenon Montis Martiani, Les Clarisses de Mont-de- 
Marsan. 
Trois abbayes bénédictines, S. Geruntius, Saint-Gérons, S. Leborius, 
Saint-Loubouer, et Pembus, Pimbo, étaient sécularisées et devenues 
des collégiales. 



74 PROVINCE D'AUCH 



BAJONA, BAYONNE 

La juridiction des évêques de Bayonne n'était pas limitée par la Bidassoa; 
elle s'étendait jusqu'aux portes de Saint-Sébastien en Guipuscoa. 

46. — Jean D'OLGE (Dolce), 40 e évêque de Bayonne. 

Transféré de Boulogne 4643, pour remplacer François Fouquet, qui 
passait cette année-là au siège d'Agde. 

Né vers 4600, en Basse-Navarre, d'Olce était neveu de Bertrand 
d'Eschaux ; il avait été sacré évêque de Boulogne en 4632 par son 
oncle, alors archevêque de Tours. 

Devenu évêque de Bayonne en 4643, ayant déjà plus de 40 ans, il 
occupa son siège près de 40 ans encore. Il était en même temps abbé 
de Saint- Vincent-du-Luc (Oloron) et de la Boissière (Angers). 

f à Bayonne le 8 février 4684, set. 80, es. 49. 

47. — Gabriel DE LA ROQUE - Prielé , abbé de la Réaule 
(Lescar). 

Nommé évêque de Bayonne en 4684, obtint ses bulles dès le 22 sep- 
tembre et se fit sacrer peu après , entra en possession le 23 mai 
4682. Les difficultés, que suscita l'Assemblée de 4682, n'existaient pas 
encore. 

f à Peyrourade, Peyrehorade, Petra perforata, le 49 juillet 4688, 
aet. ? es. 6. — On enterra le pieux évêque, suivant une clause de son 
testament, sous le bénitier de l'église. 

48. — Léon DE LA LANE. 

Né à Bordeaux, était fils d'un président à mortier et frère d'un 
conseiller au Parlement de Bordeaux, quand il fut nommé évêque 
d'Acqs en 4684. Il administra sans doute ce diocèse, ou comme vicaire 
général de l'évêque démissionnaire, ou comme vicaire capitulaire. 
Cf. Acqs. 

Nommé évêque de Bayonne le 45 août 4688, il n'obtint ses bulles 
que quatre ans plus tard et ne fut sacré que le 24 août 4692. 

f à Tustat, 6 août 4700, 33t. ? es. 8. Fut inhumé dans son abbaye de 
Saint-Ferme (Sancti Fremeriï), diocèse de Bazas. 



ÉVÊCHÉ DE BAYONNE 75 



49. — René-François DE BEAUVAU du Rivau. 

Né en Anjou, d'une famille illustre, était fils de Jacques, marquis du 
Rivau, colonel des Suisses, neveu et vicaire général de Pierre-François, 
évêque de Sarlat, cousin de Gilles, évêque de Nantes. 

Nommé évêque de Bayonne le 1 er novembre 4700, il fut sacré le 17 
juillet 1701, orna magnifiquement sa cathédrale, fut chéri de ses dio- 
césains, comme l'indique la notice qui lui est consacrée dans Moréri 
et dans Michaud. Il dut pourtant se laisser transférer à Tournay, le 23 
avril 1707, par la volonté expresse de Louis XIV. Cf. Tournay. 

50. — André DREUILHET (ou Drouillet), janséniste. 

Né à Toulouse, était le fils de Jacques, président aux enquêtes, 
vicaire-général de Tressan, évêque du Mans, abbé de Saint-Jean- 
d'Angély. C'était un orateur distingué, qui se fit souvent entendre dans 
les chaires de la province du Maine, au dire de dom Piolin *. 

Nommé évêque de Bayonne, le 23 avril 1707, il se fit sacrer à Paris 
par Noailles. 

Les regrets que laissait Beauvau et les prétentions de la reine douai- 
rière d'Espagne, qui était confinée à Bayonne, rendirent difficile au 
nouvel évêque le séjour de sa ville épiscopale. 

Il compliqua lui-même les difficultés en favorisant les Doctrinaires 
appelants, en humiliant les prêtres fidèles. Il se radoucit à l'occasion 
du Concile d'Embrun. 

f à Bayonne, le 19 novembre 1727, eet. ? es. 20. 

51. — Pierre-Guillaume DE LA VIEUXVILLE. 
Né en 1672, était doyen du chapitre de Nantes. 

Nommé évêque de Bayonne, en mars 1728, et préconisé en juin, il se 
fit sacrer le 22 août à Meaux, par le cardinal de Bissy. 

Formé à bonne école, avec son tempérament breton et sa haute 
vertu, il frappa vigoureusement les Jansénistes, remplaça par Daguerre 
au séminaire les Doctrinaires appelants 2 . 

Mais il fut prématurément enlevé. 

f le 30 juin 1734, set. 52, es. 6. 

1. Histoire de l'Eglise du Mans, tome VI, p. 373. 

2. ,1. Daguerre, fondateur du Séminaire et des missionnaires de Laressore, si 
pieux, si orthodoxe, si humble, le bras droit des six derniers évêques de Bayonne, 
f en odeur de sainteté le 25 février 1785, set. 82. 



76 PROVINCE d'auch 



52. — Jacques-Bonne Gigault DE BELLEFONDS. 

Né en Touraine, en juin 1698, il était fils de Louis-Christophe et de 
Marie-Olympe Mazarin, petit-fils du pieux maréchal de Bellefonds 1 . 

Chanoine de Saint-Martin de Tours, prédicateur et aumônier du roi, 
abbé de la Cour-Dieu, appelé à de hautes dignités dans l'Eglise, l'abbé 
de Bellefonds fut présenté par le cardinal de Fleury au roi. 

Nommé évêque de Bayonne, le 8 octobre 1735, et préconisé aussitôt 
par Clément XII, il se fit sacrer à Paris, 25 mars 1736. Arrivé à 
Bayonne, il frappa sans miséricorde les Jansénistes, aida généreuse- 
ment le pieux Daguerre dans la fondation de Laressore 

Transféré à Arles, 1741. Cf. Arles. 

53. — Christophe DE BEAUMONT 2. 

Né au château de la Boque, diocèse de Sarlat, le 26 juillet 1703, était 
fils de François, seigneur du Repayre, et de Marie-Anne de Lostanges, 
sa deuxième femme 3 . 

Comte de Lyon ; vicaire-général de Crussol d'Uzès à Blois, abbé de 
Notre-Dame de Vertus (Châlons), était destiné par la divine Providence 
à monter plus haut. 

Nommé évêque de Bayonne, 1741, n'ayant encore que 38 ans, il fut 
sacré le 24 décembre de cette même année, à Paris, dans la chapelle 
des religieuses du Chasse-Midi par Rastignac, archevêque de Tours. 
Il prit possession de son siège par procureur le 12 janvier 1742, en 
personne 11 avril 1743, se montra dès lors, ce qu'il fut plus tard, 
pasteur fidèle, vigilant, dévoué. 

Transféré à Vienne, 1745. Cf. Vienne. 

54. — Guillaume D'ARCHE, « l'un des plus saints évêques du 
XVIII e siècle » P. Le Lasseur. 

Né à Bordeaux, en 1702, était vicaire-général de Maniban à Bor- 
deaux, abbé de la Roë. 
Nommé évêque de Bayonne en 1745. 

4. Fisquet ne cortnait pas cette généalogie, qui est celle de Moréri. Il fait des- 
cendre Jacques-Bonne de la branche aînée et nous le présente comme cousin du 
maréchal. 

2. Cf. Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, par le P. Emile Regnault, 
S. J. 2 vol. in-8°, Paris, Lecoffre, 4882. 

| 3. Cette sainte femme, veuve en 4740, f 47 mars 4747 à Sarlat, eut la joie de voir 
son fils évêque et deux fois archevêque. 






ÉVÊCHÉ DE BAYONNE 77 



Il fut sacré le 15 septembre, et montra dès lors simplicité, droiture, 
charité, modération ; déploya en même temps un zèle ardent d'abord, 
au jubilé de 1751, puis contre la loi du silence (sa lettre fut lacérée), 
enfin contre les Doctrinaires , s' appuyant toujours sur le vertueux 
Daguerre. Il n'épargna pas sa peine en faveur des Jésuites. 

Ce fut cependant lui qui imposa le bréviaire d'Auch, et supprima des 
fêtes : c'était le courant. 

f à Bayonne, le 13 octobre 1774, set. 72, es. 30. 

Obsèques touchantes. 

— L'abbé DE TAILLEFER de Babbièbe, vic.-gén. de Périgueux. 
Nommé évêque de Bayonne, refusa. Il consentit cependant à accepter 
l'abbaye de Sauve-Majeure. 

55. — Jules-Basile Ferron DE LA FERRONNAYS. 
Transféré de Saint-Brieuc, 1774-1775. Cf. Saint-Brieuc. 

Fut constamment orthodoxe, pieux, charitable ; durant une inonda- 
tion, « il alla à l'eau comme ses frères au feu », a-t-on dit de lui. 
Transféré à Lisieux, 1783. Cf. Lisieux. 

56. — Etienne-Joseph de PAVÉE de VILLEVIEILLE. 

Né au château de Villevieille, diocèse de Nîmes, le 31 décembre 1739. 

Nommé évêque de Bayonne en 1783. 

Sacré le 11 janvier 1784. 

Imita en tout ses quatre derniers prédécesseurs. Député aux Etats - 
Généraux en 1789, il vota contre les motions révolutionnaires. 

Son siège étant supprimé en 1791, il émigra en Espagne ; mais n'y 
vécut pas longtemps. 

f au couvent d'Oliva, mars 1793, aet. 56, es. 10. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BAYONNE 

Il y en a deux, l'une sur le territoire français, l'autre sur le terri- 
toire espagnol, l'une et l'autre appartiennent à l'ordre des Prémontrés. 
Leuntium, La Home, non loin de Bayonne. 
Urdacium, Ourdach, h l'entrée de la Navarre. 



78 PROVINCE D'AUCH 



CONSERANI, COUSERANS (saint-lizier de) 

Ce siège, ainsi que celui de Comminges, ne porte pas le nom d'une ville, 
mais celui d'une région. L'évêque réside à Saint-Lizier. 

Cf. Duclos (H.) Histoire des Ariégeois (comté de Foix, vicomte de Gouserans, 
etc.), 2 vol. in-8 ; Paris, Didier-Perrin, 1883. 

65. — Gabriel DE SAINT-ESTÈVE (de Saint-Estevain), 65 e évo- 
que de Gonserans ou Gouserans. 

Né en 1635, d'une famille noble de la Navarre, avait un frère officier 
dans les gardes du corps. 

Abbé de Plainpied (Bourges) et-., de Gombelongue (Gouserans), il fut 
nommé évêque de Gouserans, février 1680, pour remplacer Bernard 
Goignet de Marmiesse, mort le 22 janvier précédent. Innocent XI ne 
mit pas de retard à lui expédier ses bulles, puisqu'il put se faire sacrer 
en août 1680. 

Cette complaisance du Souverain Pontife n'empêcha pas l'évêque de 
Couserans d'assister à l'Assemblée de 1682, de souscrire les quatre 
articles et sans doute de les publier. 

Rentré dans son diocèse et perdu dans les montagnes, il ne fit plus 
parler de lui. 

f 24 décembre 1707, set. 72, es. 28. 

66. — Jean-Jacques DE VERTHAMON. 

Issu d'une famille de robe du Limousin, cousin de Jean -Baptiste, 
évêque de Pamiers, et son vicaire général, il était Oratorien depuis sa 
jeunesse ; il avait puisé à l'Oratoire un goût prononcé pour les lettres. 
« Optimus pastor, musarum cultor et patronus ». Gallia Christiana. 

Nommé évêque de Gouserans, 14 janvier 1708, il fut sacré le 24 juin 
par l'évêque de Pamiers. 

« Ne se montra pas ardent contre les Jansénistes (le pouvait-il ?), 
sans toutefois penser comme eux ». P. Le Lasseur. 

f fin octobre 1725, set. ? es. 18. 

67. — Jean-François de Macheco DE PRÉMEAUX. 

Né à Dijon en 1692, d'une famille originaire de Nuits, frère aîné de 



ÉVÊCHÉ DE COUSERANS 79 



Jean Chrétien, évêque de Périgueux, était agent général du clergé, 
avait déployé de vrais talents dans les Assemblées ordinaires. 

Nommé évêque de Gouserans, 1726, il fut sacré le 12 janvier 
1727. 

Son épiscopat n'offre aucun événement notable, ce qui n'est certai- 
nement pas un mauvais signe. 

f à Couserans, avril 1752, set. 60, es. 26. 

68. — Joseph de Saint-André de Marnays DE VERCEL. 
Né à Paris en 1713. 

Docteur en théologie à Paris en 1738 ; sulpicien à Angers ; vicaire 
général et grand ami du saint évêque J. de Vaugirault. 

Trésorier de la cathédrale d'Angers. 

Nommé évêque de Couserans en 1752, il fut sacré le 22 octobre. 

Il protesta en faveur de Beaumont exilé, 1755, et plus énergique- 
ment en faveur des Jésuites, 10 octobre 1761. 

f à Couserans, 28 septembre 1779, set. 66, es. 27. 

69. — Dominique DE LASTIC, dernier évêque de Couserans. 

Né dans le diocèse de Mende, 16 octobre 1742, d'une famille connue 
dans les fastes militaires et dans l'Eglise, était neveu d'Antoine, évêque 
de Comminges. 

Nommé évêque de Couserans en 1779, il fut sacré le 9 janvier 
1780. 

Fut louable dans ses fonctions sacrées. 

Député aux Etats-Généraux de 1789 ; il se comporta dignement. 

Emigra. 

f à Munster, 3 mars 1795, set. 53, es. 16. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE COUSERANS 

0. Preem. Comba longa, Notre-Dame de Combelongue. 



80 PROVINCE D'AUCH 



CONVENUE, COMINGES ou COMMINGES 

Nom régional, comme celui de Couserans, dont nous avons parlé. 
L'évêque réside à Saint-Bertrand. 

53. — Louis de Rechignevoisin DE GURON (sic rectius d'Hozier), 
53 e évêque de Gomminges. 

Transféré de Tulle, 1671, Gilbert de Ghoiseul étant transféré de 
Comminges à Tournay cette année-là. 

Né en Anjou, d'une bonne noblesse, Guron avait été sacré évêque de 
Tulle le 1 er novembre 1653, avait bien réussi à Tulle, comme l'atteste 
Baluze, Historia Tutelensi, III, 31. 

Il réussit également à Gomminges, quoique fort différent de son 
bruyant prédécesseur. Son zèle toujours pur, n'eut-il pas cependant 
une tendance à l'exagération ? *, 

f à Saint-Bertrand de Comminges, le 20 mai 1693, aet. 77, es. 40. 

54. — Jean-François de BREZAY mieux BRIZAY DE DENONVILLE. 

Né dans le Blésois, alors diocèse de Chartres, était officiai de Char- 
tres, archidiacre et vicaire général de l'évêque Ferdinand de Villeroy, 
abbé de Joncels (Béziers). 

Nommé évêque de Comminges le 31 mai 1693, sacré le 6 décembre 
suivant au Val-de-Grâce à Paris, il se rendit dans son diocèse, où il 
résida assidûment. Il fonda à Saint-Gaudens un séminaire dont il confia 
la direction aux PP. Jésuites. 

f 12 avril 1710, set. ? es. 17. 

55. — Olivier-Gabriel de LUBIËRES (NUBIÈRES, Gai. Christ.] 
DU BOUCHET. 

Né à Saint- Pourçain, en Auvergne 2 , était grand chantre de Rodez. 

1. Cf. Quelques pages inédites de L. de R. de Guron, évêque de Tulle et de Com- 
minges, publiées par Ph. Tamizey de Larroque, in-8 de 38 p. Tulle, 1885. 

Apud Revue des Questions historiques, juillet 1886, Rulletin, p. 333. 
Dans une lettre du 4 mai 1681, écrite à Baluze, Guron affirme que Richelieu eut 
la pensée de se faire « patriarche d'Occident ». Oh ! 

2. Aujourd'hui Allier. 



ÉVÊCHÉ DE COMMINGES 81 



Nommé évêque de Comminges en 1710, il se fit sacrer le 29 mars 
1711, à Paris, dans l'église du noviciat des Jésuites, 
f 1739, set. es. 28. 

56. — Antoine DE LASTIG. 

Né au château de Sieuzac, diocèse de Saint-Flour, 1709, fils de 
François, seigneur de Sieuzac et de Marie de la Roche-Aymon, était 
vicaire général de son oncle maternel, La Roche-Aymon, à Tarbes 
abbé de Saint-Guillem, 1738. 

Nommé évêque de Comminges, le 14 octobre 1739, il fut sacré à 
Paris le 9 octobre 1740. 

Il protesta en 1755 contre la loi du silence. 

Parla-t-il en 1762 ? 

Transféré à Ghâlons, 16 novembre 1763, préconisé le 19 décembre. 

f quatre jours après, sans avoir pris possession, aet, 54, es. 23. 
Cf. Chalons. 

57. — Charles-Antoine-Gabriel D'OSMOND de Médavy. 

Né en 1722 à Médavy, diocèse de Séez, était comte de Lyon, vicaire 
général et officiai d'Auxerre. N'est-ce pas plutôt de Nevers? 

Nommé évêque de Comminges en 1763, mauvaise époque, il fut 
sacré à Nevers par Tinseau, 1 er avril 1764. Sa réputation reste entachée 
de galanterie avec la duchesse d'Orléans, si on en croit Laurentie, Ducs 
d'Orléans, III. 

En 1785, il résigna son évêché en faveur de son neveu, qui suit. 

En 1791, il émigra à Constance, puis en Bavière. En mars 1800, il 
souscrivit une lettre de félicitation au nouveau pape Pie VII, qui répon- 
dit le 7 mai : « Carolo episcopo Convenarum, apud Bavaros exulanti ». 

Il rentra en France au moment du concordat. 

f à Saint-Germain-en-Laye, 28 avril 1806, set. 84, es. 43. 

58. — Antoine-Eustache D'OSMOND, dernier évêque de Comminges. 
Né à Saint-Domingue, 6 février 1754, originaire de Normandie, neveu 

du précédent 1 . 

1. Vie épiscopale de Af9 r Antoine-Eustache Osmond... par l'abbé Guillaume, in-8. 
Nancy, 1862. 

6 



82 PROVINCE d'auch 



Fit ses études à Paris, partie à Saint-Sulpice, partie à Saint-Magloire : 
licencié en Sorbonne, il devint, jeune encore, vicaire général de 
Brienne à Toulouse, 1777. 

Nommé évêque de Gomminges à la résignation de son oncle, il fut 
sacré le 1 er mai 1785, se distingua par la grâce, les bonnes manières. 

Réfugié d'abord dans le Val-d'Arran, qui était de son diocèse, il 
émigra de là en Angleterre. 

Donna sa démission pure et simple, datée de Londres, 26 septembre 
1801. 

Devenu évêque de Nancy en 1802, il réorganisa le culte catholique 
dans les trois départements de la Meurthe, de la Meuse et des Vosges 
qui formaient son diocèse. 

Nommé archevêque de Florence en 1.810 par l'empereur, mais non 
institué par le pape, il sut rester fidèle à celui-ci, sans irriter celui-là. 

Rentré dans le diocèse de Nancy en 1814, il ne s'opposa nullement 
au rétablissement des sièges de Verdun et de Saint-Dié en 1817 et 
en 1822. 

f à Nancy le 27 septembre 1823, set. 70, es. 39. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GOMMINGES 

0. Gist. vir. Beata Maria Boni Fontis, Notre-Dame de Bonnefont. 

Anissorium vel Benedictio Dei, Nisors ou Bénissondieu. 
fem. Lumen Dei, Lum-Dieu ou Fabas 1 . 
Il y avait de plus une collégiale à Saint-Gaudens, outre le chapitre 
de la cathédrale à Saint-Bertrand. 



LACTORA, LEITOUR ou LECTOURE 

54. — Hugues DE BAR, 54 e évêque de Lectoure. 
Transféré d'Acqs, 1671, pour remplacer Louis Gazet de Vautorte, qui 
passait cette année-là de Lecloure à Vannes. 

1. Cf. L'abbaye de Lum-Bieu à Fabas, par le comte Odet de la Hitte, in-8. Auch 

1882. 



ÉVÊCHÉ DE LECTOURE 83 



Né en Picardie, sans doute à Amiens, dont son père était gouver- 
neur, Hugues avait été sacré évêque d'Acqs, le 10 avril 1667. Il avait 
favorisé les Jansénistes dans le diocèse d'Acqs, pendant les quatre 
ans de son épiscopat. Il les favorisa également dans son nouveau diocèse. 
Aussi est-il comblé de louanges dans la Gallia Christiana et même par 
Hugues du Tems. Il était abbé de Saint- André de Vienne, de Pontault 
(Aire), de Vertus (Ghâlons) : ces abbayes grossissaient notablement les 
revenus de l'évêque. 

f à Lectoure, le 22 décembre 1691, set. ? es. 25. 

Son père, Guy, gouverneur d'Amiens, grand bailli de Picardie, lui 
survécut, étant mort à Paris nonagénaire. 

55. — François-Louis DE POLASTRON, Janséniste. 

Né dans l'Armagnac, d'une illustre maison, était vicaire général de 
Lombez, 

Abbé de Saint-Sauveur de Blaye. 

Nommé évêque de Lectoure, le 6 avril 1692, il se fit sacrer à Paris, 
le 9 novembre suivant. 

Aux éloges que lui donnent les auteurs de la Gallia Christiana, on 
devine qu'il mérite l'épithète de Janséniste, qui est du reste incon- 
testable, comme il est facile de s'en convaincre. 

f à Lectoure, le 13 octobre 1717, set. ? es. 25. 

N. B. — 11 fut peut-être proposé en 171.5, pour le siège de Clermont, 
mais repoussé à cause de son jansénisme. 

56. — Louis de BALZAC D'ILLIERS D'ENTRAGUES. 

Issu d'une famille bien connue, originaire' d'Auvergne. Abbé de 
Bellefontaine (La Rochelle), 1710, aumônier du roi. 

Louis fut nommé évêque de Clermont en 1715 ou en 1716, par le 
Régent, mais refusé par le pape. Nommé évêque de Lectoure en 1717, 
mauvaise époque encore, il reçut ses bulles et se fit sacrer le 24 juillet 
1718. 

Alla-t-il prendre possession ? Nous ne le savons pas. 

f à son abbaye de Bellefontaine, le 20 août 1720, 83t? es. 2. 

57. — Paul-Robert Hertault DE BEAUFORT. 

Était docteur en théologie, doyen d'Ipres, abbé de Foresmontier 
(Amiens). 



84 PROVINCE d'auch 



Nommé évêque de Lectoure 1721, sacré le 7 juin 1722, il prit posses- 
sion d'un diocèse infecté ; mais il ne se découragea pas. Il fit exiler 
quelques appelants, catéchiser les Carmélites de Lectoure avec plus de 
zèle que de succès. 

f le 26 août 1745, set. ? es. 24. 

58. — Claude-François DE NARBONNE-Pelet. 

Né dans le diocèse d'Arles, en 1689, était parent de François de 
Narbonne, qui fut évêque de Gap, puis d'Evreux. Claude avait été 
vicaire de l'intrépide Janson, archevêque d'Arles ; il était abbé de 
Belleville (Lyon), depuis 1736. 

Nommé évêque de Lectoure en 1745, il fut sacré le 19 mai 1746, et 
se démit aussitôt de son abbaye. 

« Vertueux prélat » dit Hugues du Tems, il visita Beaumont exilé à 
la Roque, 1758 ; avait protesté en 1755 contre son exil à Conflans et 
contre la loi du silence. 

Il écrivit à Clément XIII, 27 août 1759, une lettre fort belle en faveur 
des Jésuites persécutés en Portugal et menacés en France. 

f le 14 mai 1760, set. 71. es. 14. 

59. — Pierre Chapelle DE JUMILHAC de Curjac. 

Né en 1713, en Périgord, était parent de Jean- Joseph de Jumilhac, 
évêque de Vannes, qui devenu archevêque d'Arles, le fit nommer 
archidiacre. Il fut agent général du clergé en 1755. 

Nommé évêque de Lectoure en 1760, il se fit sacrer le 4 janvier 1761, 
par l'archevêque d'Arles, son parent. Nous ne savons rien de plus sur 
cet évêque. 

f à Paris, 26 juin 1772, set. 58, es. 12, pendant l'Assemblée du clergé. 

60. — Louis-Emmanuel DE CUGNAC 1 , dernier évêque de Lectoure. 
Né en 1729, dans le diocèse de Cahors. 

Chanoine de Paris, vicaire général de Bayeux, abbé de Longues 
(Bayeux). 

Nommé évêque de Lectoure en 1772, il fut sacré le 27 septembre de 
la même année. 



1. Cf. L'Episcopat de Louis-Emmanuel de Cugnac, dernier évêque de Lectoure, 
par Amable Plieux, juge au tribunal de Lectoure. In-8, Auch, 1879. 



ÉVÊGHÉ DE LESCAR 85 



Son siège étant supprimé en 4791, il n'émigra pas. Emprisonné 
pendant les deux Terreurs, il survécut sans bruit. 

f subitement au château de Fondelin, près de Condom, le 8 décembre 
1800, œt. 72, es. 28. 

Il n'y a pas une seule abbaye dans le diocèse de Lectoure. 



LASCURRA, LESCAR 

La ville de Lescar (Lascurra, autrefois Benehamum), trop voisine de 
Pau, était destinée à déchoir. Elle est réduite aujourd'hui, malgré sa 
belle cathédrale, à l'état d'un simple bourg et nous donnons ici la liste 
des cinq derniers évêques de Lescar. 

47. — Jean du Haut DE SALLIES, 47 e évêque de Lescar. 

Né en 1594, était frère d'un Procureur général au Parlement de Pau, 
et abbé de la Honce (Bayonne). 

Nommé évêque de Lescar pour remplacer Henri de Salettes qui était 
mort le 21 juin 1658, il se fit sacrer le 1 er décembre 1658 par Nicolas 
Sevin, évêque de Sarlat. 

La vertu dominante de ce prélat fut une profonde humilité. 

f à Lescar, le 18 avril 1681, set. 87, es. 23. 

48. — Dominique d'Esclaux DE MESPLEZ (et non MESSELEZ). 
Il était magistrat et père de famille à Pau. 

Il entra dans l'état ecclésiastique après la mort de sa femme. 

Nommé évêque de Lescar le 31 juillet 1681, il se fit sacrer en avril 
1682. Il prêta serment au roi le 11 avril. Il était donc à Paris pendant 
que se tenaient les deux Assemblées, auxquelles cependant il n'a point 
participé. 

Retourné dans son diocèse, il le gouverna trop longtemps en bon 
père. 

f après 1714 et avant 1717, set. ? es. 32 aut 35. 



PROVINCE D'AUCH 



49. — Martin DE LA CASSAIGNE. 

Né dans le diocèse de Lescar en 1641, plus probablement en 1652, 
fut d'abord curé dans les pays Basques, puis prieur de Morlaas, cha- 
noine de Lescar. 

Nommé évêque de Lescar en 1717, époque malheureuse pour les 
églises de France, il fut sacré le 26 avril 1719, devint abbé de la Réaule 
(Lescar). 

f à Lescar, 13 janvier 1729, aet. 88 aut 77, es. 10. 

50. — Hardouin de GHASLON DE MAISONNOBLE. 

Né dans le diocèse de Bazas en 1695, vicaire général de Chavigny, à 
Sens. 

Nommé évêque de Lescar en 1729, bonne époque, il fut sacré le 
5 février 1730, par Chavigny, au noviciat de la compagnie de Jésus à 
Paris. 

Ce fut le premier évêque de Lescar qui ne fût pas né dans le pays ; 
il protesta en faveur de Beaumont 1755, et suivit en toutes choses son 
zélé métropolitain, Montillet. 

f à Bazas, 28 octobre 1762, set. 67, es. 33, abbé de Sablonceaux 
(Saintes). 

51. — Marc-Antoine DE NOÉ, dernier évêque de Lescar. 

Né en 1724 (1728), au château delà Gremenaudière, près La Rochelle, 
était fils de Marc-Roger, baron de l'Isle-Noé en Armagnac, et de Char- 
lotte Colbert. Cultiva la poésie et la littérature légère 1 ; reçut l'abbaye 
de Simorre (Auch) en 1756, fut vicaire général d'Albi, puis de Rouen. 

Nommé évêque de Lescar en 1763, époque néfaste, il se fit sacrer le 
12 juin. A peine installé, il se sépara bruyamment de son métropolitain, 
Montillet, pour la question des Jésuites. Esprit bizarre dans les idées, 
il montra cette bizarrerie aux Etats-Généraux de 1789, dont il faisait 
partie comme député du clergé de Béarn. Toutefois, il ne se déshonora 
ni par le serment, ni par la conduite. 

Il émigra en Espagne, 1791. 

Donna sa démission en 1801. 



1. Le fameux caricaturiste Cham, fils de Noé (Amédée de Noé), né en 1819, mort 
en 1879, est le petit neveu de Marc- Antoine. 



EVEGHE D'OLORON 87 



Nommé évêque de Troyes, en avril 1802, il prit aussitôt possession, 
organisa le culte et commença ses visites. 

f à Troyes, 21 septembre 1802, aet. 74, es. 40 K 

Il eut pour successeur à Troyes, son ancien métropolitain d'Auch, 
La Tour-du-Pin, qui acheva heureusement l'œuvre de la reconstitution 
ecclésiastique dans les deux départements de l'Aube et de l'Yonne. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LESGAR 

0. S. B. vir. Sanctus Petrus de Régula, La Réaule. 
0. Gist. vir. Silva lata, Notre-Dame de Saubalade. 
De plus, il y avait à Pau un assez grand nombre de couvents, tant 
d'hommes que de femmes. 



OLORO vel OLERO, 0L0R0N 

49. — Arnauld-François DE MAYTIE, 49 e évêque d'Oloron. 

Né à Mauléon, était neveu d'Arnauld II et petit neveu d'Arnauld I er 
de Maytie, qui successivement avaient occupé le siège d'Oloron de 1599 
à 1646. 

Nommé évêque d'Oloron pour remplacer Jean de Miossens de San- 
sons, qui était mort le 8 février 1658, il ne fut sacré par son métropo- 
litain, Dominique de Vie, archevêque d'Auch, que le 27 avril 1661. Il 
fut en même temps pourvu de l'abbaye de Saubalade (Lescar). 

Il établit les Capucins à Oloron, apaisa une émeute soulevée par un 
prêtre, etc. 

f à Oloron, 2 juillet 1681, set. ? es. 22. 

50. — François-Charles DE SALETTES. 

Né en 1614, était neveu ou frère de deux Salettes, qui s'étaient suc- 
cédé à Lescar avant 1658. 



1. Les Œuvres de Marc-Antoine de Noé, publiées en 1 vol. in-8, Paris, 1818, par 
Auguis, ne sont ni complètes ni fort instructives. 



PROVINCE D'AUCH 



Il avait près de 70 ans, quand il fut nommé évêque d'Oloron en 
janvier 1682 ; préconisé et sacré la même année, sans doute avant la 
fameuse Assemblée, où il n'entra pas, il s'occupa soigneusement, pieu- 
sement et charitablement de son diocèse. 

f à Oloron le 22 juillet 1704, set. 90, es. 22. 

— Antoine-Simon DE MAGNY. 

Doyen de Saint-Martin de Tours, nommé et préconisé évêque 
d'Oloron en 1704. 
f le 22 février 1705, avant d'être sacré. Il n'avait que 52 ans. 

— Honoré Quiqueran de BEAUJEU, oratorien janséniste. 
Nommé évêque d'Oloron en mars 1705, préféra le siège de Castres, 

pour lequel il fut nommé le 11 avril suivant. On ne dut pas le regretter 
dans le diocèse d'Oloron. Cf. Castres. 

51. —Joseph DE RÉVOL. 

Né en 1663, dans le diocèse de Vienne, était fils de Pierre, vicomte 
de Révol, magistrat au Parlement du Dauphiné. Reçu docteur en théo- 
logie à Paris, il devint vicaire général de Poitiers. 

Nommé évêque d'Oloron le 11 avril 1705, il se fit sacrer à Poitiers, 
le 8 novembre suivant par l'évêque Jean-Claude de la Poype de 
Vertrieù. 

Il fonda le séminaire d'Oloron, qu'il confia aux Barnabites. 

Démissionnaire en 1735. f à Oloron le 21 mars 1739, set. 76, es. 34. 
L'oraison funèbre de cet évêque, prononcée par le P. Day, S. J., le 
jour anniversaire de sa mort, 21 mars 1740 , est en même temps un 
panégyrique bien mérité. 

52. — Jean-François de Chastellard DE MONTILLET de 
Grenaud. 

Né le 14 mars 1702 au château de Champdore en Bugey, était fils de 
Nicolas, seigneur de Champdore et du Chastellard, mais légataire du 
nom et des biens de Jean-Louis de Grenaud, grand bailli de Bugey. 

Nommé évêque d'Oloron en 1735, et sacré le 2 octobre de cette 
même année, il se montra dès lors régulier, zélé, orthodoxe, comme il 
devait se montrer plus tard sur un siège archiépiscopal. 

Transféré à Auch, 1742. Cf. Auch. 



ÉVÊCHÉ DE TARBES 



53. — François DE RÉVOL. 

Né en 1715, au château de Terrebasse, en Dauphiné, diocèse de 
Vienne, était neveu de Joseph de Révol, dont nous venons de parler ; 
il fut son vicaire général. 

Nommé évêque d'Oloron en 1742, il fut sacré le 5 août, protesta en 
faveur de Beaumont, 1755, en faveur des Jésuites, 1762, de concert 
avec son métropolitain, Montillet. 

C'est François de Révol qui ordonna Saurine et bientôt fut forcé 
d'interdire ce mauvais prêtre qui devait être évêque schismatique des 
Landes puis des Basses-Pyrénées, avant d'être l'évêque légitime, quoique 
très indigne, de Strasbourg. 

François de Révol f à Oloron le 25 avril 1783, ast. 68, es. 41. 

54. — Jean-Baptiste-Auguste DE VILLOUTREIX de Faye, dernier 
évêque d'Oloron. 

Né le 3 novembre 1739, au château de Faye, en Limousin, fut 
nommé évêque d'Oloron en 1783, sacré le 17 août. 

Député aux Etats-Généraux en 1789, il y tint une conduite plus sage 
que son collègue de Lescar. Son siège ayant été assigné à l'évêque 
constitutionnel des Basses-Pyrénées, le Bénédictin Sanadon, il protesta. 

f à Paris, 12 mars 1792, set. 53, es. 9. 



ABBAYE DU DIOCÈSE D'OLORON 

0. S. B. Sanctus Vincentius de Luco, Saint-Vincent~du-Luc, ou 
Saudebonne. 



TARB.E, TARBES 

Les évêques de Tarbes ou de Bigorre, ayant à gouverner spirituelle- 
ment la Bigorre, le Lavedan ou pays de Lourdes, et les plus hautes 
Pyrénées, avaient une juridiction très étendue dans la province. 

53. — Armand-Anne Tristan DE LA BAUME de Suze, 53 e évêque 
de Tarbes. 



90 PROVINCE D'AUCH 



Né en Dauphiné, fils d'Anne, comte de Roquefort, et de Catherine de 
la Croix de Chevrières, était neveu du saint évêque de Viviers, Louis- 
François de la Baume, en considération duquel, sans doute, il fut 
nommé évêque de Tarbes, pour remplacer Marc Mallier du Houssay, 
qui était mort le 3 mai 1675. 

Préconisé aussitôt, Armand-Anne se fit sacrer en 1676, mais il ne 
prit pas possession de son siège de Tarbes. 

Dès l'année suivante, 1677, il se laissa nommer par Louis XIV au 
siège de Saint-Omer pour lequel il n'était pas encore préconisé en 1681, 
époque de la petite Assemblée dont il fit partie. Reçut-il même jamais 
ses bulles pour Saint-Omer? Je n'ai pu le découvrir. Prit-il l'adminis- 
tration du spirituel comme du temporel ? Je l'ignore aussi. 

Nommé archevêque d'Auch en 1684, il gouverna d'abord sans pou- 
voirs, puis devint légitime, et fut louable. Cf. Auch. 

54. — François-Clément de POUDENX. 

Né en 1640, était fils d'Etienne, vicomte de Poudenx et de Gabrielle 
de Montluc, docteur de Sorbonne, chanoine de Lescar, député par la 
province d'Auch à l'Assemblée de 1682, mais du 2 e ordre, quoi- 
qu' évêque nommé. 

Nommé évêque de Tarbes, dès l'année 1677, il ne fut pas préconisé 
avant 1682, à cause du conflit qui existait au sujet de la nomination 
royale au siège de Saint-Omer ; il ne le fut pas immédiatement après, 
à cause du conflit plus grave que suscitèrent les quatre articles aux- 
quels il avait participé. 

Préconisé enfin en 1692, par Innocent XII, et sacré le 24 août, il 
gouverna bien son diocèse, et se distingua de plus comme amateur 
d'antiquités. 

f à Tarbes, 24 juin 1716, set. 76, es. 24. 

55. — Anne-François-Guillaume DU CAMBOUST-Reçay. 

Né en 1686, était docteur en théologie, agent général du Clergé. 

Aumônier du Roi, quand il fut nommé par le Régent, sur la présen- 
tation de Noailles sans doute, qui n'avait pas la main bonne, à l'évêché 
de Tarbes, 1717.; mauvaise note. 

Il ne fut sacré que le 19 novembre 1719. Devenu évêque, il ne fit 
pourtant pas d'éclat. 



ÉVÊCHÉ DE TARBES 91 



Abbé de Saint-Memmie (Châlons). 
f juillet 1729, jet. 43, es. 10. 

56. — Charles-Antoine DE LA ROGHE-AYMON. 
Transféré de Sarept (Limoges) 1729. 

Né en Limousin, 17 février 1697, fils de Renaud-Nicolas, comte de 
la Roche Aymon et de Geneviève Raudry, peu instruit, mais bien 
poussé, il fut sacré à Meaux par le cardinal de Bissy, le 5 août 1725, 
évoque de Sarept , auxiliaire d'Antoine de Gennetines , évêque de 
Limoges. Quand celui-ci se démit de son siège en 1729, l'auxiliaire fut 
nommé évêque de Tarbes. 

Il fut bon évêque. Mais il eut le malheur de monter de plus en plus 
haut, et d'arriver au faîte des honneurs dans le clergé de France. En 
sorte qu'on a pu dire de lui : « Saltibus magis quam doctrina et virtute 
memorandus ». 

Transféré à Toulouse, 1740. Cf. Toulouse. 

57. — Pierre de Beaupoil DE SAINT-AULAIRE. 

Né en 1700, fils de François- Antoine , seigneur du Pavillon , et 
d'Anne du Puy de la Forest, était vicaire général de Périgueux, quand 
il fut nommé par le roi, sur la présentation de Fleury ou de Boyer, 
évêque de Tarbes en 1740, il fut sacré le 5 mars 1741. 

Sa gloire, et c'en est une, c'est de n'avoir toléré aucune innovation 
dans un diocèse resté jusque-là pur et religieux. 

f 1 er janvier 1751, set. 51, es. 10. 

58. — Pierre DE LA ROMAGÈRE de RONSSEGY. 

Né au château de Filolie (Périgord), le 8 novembre 1712, il devint 
chanoine du Mans, puis grâce au vertueux évêque, Charles de Froullay, 
il devint grand archidiacre du diocèse, 30 juin 1742. 

Abbé de la Pelice (Le Mans), 1748. 

Nommé évêque de Tarbes 1751, par Boyer, et sacré le 29 août, il 
protesta en faveur de Beaumont, 1755, et d'accord avec Montillet, son 
métropolitain, en faveur des Jésuites, 1762. 

f à Tarbes, le 18 février 1769, aet. 57, es. 18. 

59. — Michel-François Couet du VIVIER DE LORRY. 
Transféré de Vence, 1769. CL Vence. 



92 PROVINCE d'auch 



Ne montra pas plus d'énergie à Tarbes qu'à Vence ; il devait en 
montrer encore moins plus tard. 
Transféré à Angers, 1782. Cf. Angers. 

60. — François de GAIN DE MONTAIGNAG. 

Né au château de Montaignac en Limousin, le 6 janvier 1744, il avait 
un frère lieutenant général des armées du roi. 

Nommé évêque de Tarbes en 1782, il se fit sacrer le 20 octobre de 
la même année, et gouverna tranquillement son diocèse jusqu'à la 
Révolution. 

Il ne manqua pas de protester contre l'intrusion de Molinier sur son 
siège ; et contre Torné, autre Doctrinaire, né à Tarbes, qui se fit sacrer 
le même jour que Molinier pour occuper le siège de Bourges. 

L'évêque de Tarbes retiré dans les Etats du pape, de 1794 à 1796, 
écrivit de bonnes lettres, que rapporte Theiner. 

Il passa en Portugal, et se trouvait à Lisbonne, quand il donna sa dé- 
mission, le 6 octobre 1801. S'il protesta vivement le 28 août 1802 contre 
les articles organiques, il était dans son droit. Mais en protestant le 26 
octobre, contre la rentrée des ecclésiastiques en France, au prix d'un 
serment de fidélité au gouvernement consulaire, il se rapprochait des 
Récusants et sortait évidemment de son rôle. 

f à Lisbonne, en 1806, aet. 62, es. 24. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TARBES 

O. S. B. vir. S. Severus de Rustano, Saint-Sever-de-Rustan. 

S. Savinus in Levitania, Saint-Savin en Lavedan. 

S. Petrus Generensis, Saint-Pé de Gêner est. 

S. Petrus de Tasqua, Tasque. 

S. Orentius de Régula, Saint-Orenz de Reulle. 
0. Gist. vir. ScalaDei, Notre-Dame de VEscal-Dieu. 



ÉVÊCHÉ DE BAZAS 93 



VASATES, BAZAS 

Situé au nord de la province d'Auch, le diocèse de Bazas était pour 
ainsi dire enclavé dans la province de Bordeaux. 

59. — Guillaume DE BOISSONNADE d'Orty, 59 e évêque de Bazas. 
Né en 4613, fils d'Antoine, seigneur d'Orty, capitaine des gardes, et 

de Madeleine de Beaumanoir, Guillaume était grand chantre d'Agen. 

Nommé évêque de Bazas pour succéder à Samuel Martineau de 
Turé, qui était mort le 24 mai 1667, il fut sacré par l'archevêque 
d'Auch, le 29 août 1668, à l'abbaye de Sainte-Marie d'Issy. 

Les auteurs de la Gallia Chrisliana le louent fort d'avoir renversé le 
temple protestant de Bazas, et d'avoir admis les Ursulines à Langon. 
N'avait-il pas d'autres mérites, pour faire partie de l'Assemblée extraor- 
dinaire de 1682 ? 

Il y assista, sans scrupule mais sans bruit. 

f à Paris, 22 septembre 1682, set. 62, es. 14, quand l'Assemblée 
n'était pas encore dissoute. Il fut enterré à Saint-Sulpice. 

60. — Jacques-Joseph DE GOURGUES. 

Né à Bordeaux, fils de Marc-Antoine, maître des requêtes au Parle- 
ment de Bordeaux, était docteur de Sorbonne et prieur de Saint-Caprais 
d'Agen, quand il fut élu par la province de Bordeaux pour assister à la 
grande Assemblée de 1682, en qualité de député du second ordre. 

Nommé évêque de Bazas en 1684, il administra le diocèse comme 
vicaire capitulaire, avec une parfaite bonne foi. 

Ne reçut pourtant ses bulles que 9 ans plus tard. 

Il se fit sacrer par l'évêque de Vabres, le 15 novembre 1693 à Saint- 
Louis des Jésuites à Paris, et retourna aussitôt à Bazas. Il y fit rebâtir 
le palais épiscopal, y érigea un séminaire qu'il confia aux Barnabites, 
y remit l'hôpital en bon ordre. Bref, ce fut un évêque très recomman- 
dable. 

f à Bazas le 9 septembre 1724, set. ? es. 31. 

61. — Edme MONGIN. 

Né à Baroville, diocèse de Langres, en 1668, fut reçu solennellement à 



94 PROVINCE d'auch 



l'Académie française en 1708 ; il était alors précepteur de M. le duc et 
son frère, le comte de Gharolais. 

Abbé de Saint-Martin (Autun) 1711. 

Nommé évêque de Bazas en 1724, par le crédit de son élève, alors 
premier ministre de Louis XV, il se fit sacrer le 11 mars 1725. 

Homme d'esprit et de goût, il fit respecter son caractère. 

f à Bazas le 5 mai 1746, aet. 78, es. 26. 

On peut lire ses Œuvres, in-4. Paris, 1745. 

62. — Jean-Baptiste-Amédée de Grégoire DE SAINT-SAUVEUR, 
dernier évêque de Bazas. 

Né le 24 juin 1709, dans le diocèse de Mende, était aumônier du roi, 
prévôt et vicaire général de Mende. 

Nommé évêque de Bazas en 1746 par Boyer, sacré le 16 octobre, 
abbé de l'Isle (Bordeaux). 

Fut un évêque digne d'estime et d'éloge, sans restriction. 

Il unit à son séminaire les menses monacales de Blasimont et de 
Saint-Ferme, dont nous allons parler. Il avait auparavant uni à sa 
mense épiscopale le prieuré de Mons. 

f à Bazas le 16 juin 1792, set. 83, es. 46, témoin désolé de toutes les 
ruines déjà consommées et qui en présageaient d'autres. 



ABBAYES DU DIOCESE DE BAZAS 

0. S. B. vir. S. Mauritius de Blasimonte, Blasimont ou Blâmont. 

S. Fremerius, Saint-Ferme. 
0. Cist. vir. Fons Guillelmi, Fontguilhem. 

B. Maria de Riveto, Notre-Dame du Rivet, abbaye 
régulière ou en règle. 



COLLÉGIALES DU DIOCÈSE 

Casteljaloux, Uzeste, La Réole. 









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BITURICENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE BOURGES 



Après l'érection d'Albi en métropole, 3 octobre 1678, et la division 
des six diocèses qui forment depuis lors la nouvelle province, il reste 
encore à l'antique métropole de la première Aquitaine une vaste éten- 
due de territoire ; mais au lieu de douze sièges, elle n'en retient plus 
que six. 

C'est d'abord le siège archiépiscopal : Bituricen. Bourges, auquel est 
annexé le titre de Primat d'Aquitaine. Ce sont ensuite cinq sièges 
épiscopaux : Anicien. Le Puy-en-Velay ; Glaromonten. Clermont-en- 
Auvergne; Lemovicen. Limoges; S. Flori, Saint-Flour ; Tutelen. Tulle. 

Cf. Gallia Christiana, tomus II, anno 1720 editus. Ce tome ne contient que les 
deux provinces de Bourges et de Bordeaux. — Almanach royal, années successives, 
au chapitre intitulé, Clergé de France. — Hugues du Tems, Le clergé de France, 
tome III, paru en 1776. 

(Ce troisième volume de Hugues du Tems ne comprend que la province ecclé- 
siastique de Bourges. Mais on y trouve, en sus de cette province, quatre supplé- 
ments, dont voici l'indication sommaire. 

Le premier supplément est la bulle de Clément XIV, par laquelle ce pape, confor- 
mément aux vœux de la Commission des Réguliers, dont l'archevêque de Bourges, 
G.-L. Phélypeaux d'Herbault, faisait partie, éteint et supprime à perpétuité l'ordre 
de Grandmont. Le second supplément contient des additions et des corrections 
aux trois volumes de l'ouvrage, déjà parus. Le troisième supplément donne sous la 
rubrique, Pièces justificatives, la bibliographie des provinces ecclésiastiques, des 
diocèses et des personnages illustres, dont il est question dans les trois volumes. 
Il y a dans les 112 pages de ce supplément, des renseignements précieux. Le 
quatrième supplément, enfin, donne le relevé des pièces, Instrumenta , qui sont 
insérées à la fin des deux premiers tomes de la Gallia Christiana.J 



96 PROVINCE DE BOURGES 



BITURICiE, BOURGES 

Métropole de l'Aquitaine sous les empereurs Romains, Avaricum 
BiUtrigum fut de très bonne heure un siège épiscopal, et fut un centre 
de rayonnement pour le christianisme, avant de devenir plus tard ce 
foyer ardent de vie religieuse que démontrent les nombreux monastères 
du diocèse. 

ARCHEVÊQUES DE BOURGES 

97. — Renaud de BEAUNE, né à Tours le 12 août 4527, 97* arche- 
vêque de Bourges. 

Il avait été sacré évêque de Mende en 1568. Devenu archevêque de 
Bourges, il reçut, sans les pouvoirs nécessaires, l'abjuration de 
Henri IV, à Saint-Denis, le 25 juillet 1593. 

Ce prince l'ayant nommé archevêque de Sens en 1594, le pape refusa 
les bulles, qui ne furent accordées qu'en 1602. Renaud devint alors 
archevêque de Sens. 

f à Paris, 27 septembre 1606, set. 80, es. 38. 

98. — André FRÉMYOT, né à Dijon le 26 août 1573, sacré arche- 
vêque de Bourges le 7 décembre 1603 par Renaud de Beaune, son 
prédécesseur, se démit en 1621. 

f à Paris, 13 mai 1641, set. 78, es. 38. 

Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantai, sœur aînée d'André, 
mourut à Moulins sept mois après son frère, le 13 décembre 1641. 

99. — Roland HÉBERT, né à Beaumont-sur-Oise (Beauvais), en 
1560 ; sacré le 16 mai 1622. 

f 21 juin 1638, set. 78, es. 16. 

100. — Pierre d'HARDIVILLIER, né en Picardie, docteur de Sor- 
bonne et curé de Saint-Benoît à Paris ; sacré le 8 février 1643. 

f 10 octobre 1649, set. 70, es. 7. 

101. — Anne de LÉVIS-VENTADOUR, sacré le 30 avril 1651. 
f 17 mars 1662, set. 56, es. 11. 



ARCHEVÊCHÉ DE BOURGES 97 

102. — Jean de MONTPEZAT DE CARBON. 

Transféré de Saint-Papoul, 1664-1665, fut à peine dix ans sur le 
siège de Bourges. 

Il se laissa en effet nommer archevêque de Toulouse en mai 1674, et 
se fit transférer à Sens au mois d'octobre suivant. Cf. Sens. 

103. — Michel PONCET, transféré de Sisteron, 27 juillet 1675. 
Devenu archevêque de Bourges, il consentit au démembrement de 

sa trop vaste province et à la formation de la province d'Albi. 
f 21 février 1677, set. 71, es. 10. 

104. — Michel PHÉLYPEAUX DE LA VRILLIÈRE, transféré d'Uzès, 
1678-79. 

Deuxième fils de Louis Phélypeaux d'Herbault, seigneur de la Vril- 
lière, secrétaire d'Etat, et de Marie Particelle, il était né en 1642. 

Fortement recommandé par son père, Michel avait été de bonne 
heure pourvu de trois riches abbayes, et fut nommé évêque d'Uzès en 
1675 ; il se fit sacrer le 7 juin 1676. 

Désigné sans doute dès le commencement de l'année suivante pour 
le siège de Bourges, que la mort de Poncet laissait vacant, il dut 
attendre que les difficultés, soulevées à Paris et à Rome par la division 
et l'érection d'Albi, fussent entièrement aplanies. Or, elles ne le furent 
qu'en octobre 1678. 

Muni enfin du brevet royal, et gratifié de ses bulles, Michel de la 
Vrillière prit possession du siège de Bourges, en même temps 
qu'Hyacinthe Serroni prenait possession du siège d'Albi. 

L'acte le plus saillant du nouvel archevêque, est d'avoir représenté 
sa province à l'Assemblée de 1682 avec le plus humble de ses suffra- 
gants, H. Ancelin, évêque de Tulle, et le plus fier des gallicans, 
l'auvergnat François Feu, docteur de Sorbonne. Il devait cependant 
porter alors encore le deuil de son père, qui était mort au mois de mai 
précédent. 

Michel de la Vrillière fit bâtir à Bourges un magnifique séminaire, 
auquel il fit unir le chapitre de Moutier-Moyen. 

f subitement à Paris, 28 avril 1694, œt. 52, es. 18. 

105. — Léon POTIER, cardinal de Gesvres. 

Né le 15 août 1656, deuxième fils de Léon, duc de Tresmes et de 

7 



PROVINCE DE BOURGES 



Gesvres, et de Marie-Françoise du Val, ayant été destiné dès son 
enfance à l'état ecclésiastique, reçut l'abbaye de Bernay (Lisieux) et fut 
l'un des douze protonotaires apostoliques participants. Quand il eut 
23 ans, il reçut l'abbaye de Saint-Géraud d'Aurillac. 

Il n'avait pas 28 ans, quand il fut nommé archevêque de Bourges. 
Il prit aussitôt le bonnet de docteur en théologie et se fit sacrer le 
23 janvier 1695 au noviciat des Jésuites de Paris. Il ne tarda pas à 
prendre possession de son siège. 

D'autres honneurs ou bénéfices lui étaient réservés. Le 29 novembre 
1719, il fut créé cardinal par Clément XI, à la sollicitation du roi de 
Pologne ; mais ce fut le jeune Louis XV qui lui imposa la barrette, en 
lui conférant d'abord l'abbaye de Saint-Amand (Tournay), puis celle 
d'Arrouaise (Arras). Nous aimons mieux louer en ce prince de l'Eglise, 
l'orthodoxie, les vertus et surtout la charité, que nous verrons briller 
du plus vif éclat dans son neveu et vicaire général, Etienne-René 
Potier, lui aussi cardinal. Cf. Beau vais. 

Se sentant vieillir, le cardinal de Gesvres résigna son siège en jan- 
vier 1729 ; accepta en même temps l'abbaye de Saint-Remi (Reims). 

f à Paris, le 12 novembre 1744, set. 89, es. 50, card. 25. 

106. — Frédéric-Jérôme, cardinal DE LA ROCHEFOUCAULD. 

Né à Versailles le 16 juillet 1701, deuxième fils de François II, comte 
de Roye et de Roucy, et de Catherine-Françoise d'Arpajon, il fit ses 
études à Saint-Magloire, étant déjà pourvu de deux riches abbayes, 
Saint-Romain de Blaye (Bordeaux) et Bonport (Evreux). 

Tressan, archevêque de Rouen, lui donna des lettres de vicaire 
général en 1725. 

Nommé archevêque de Bourges à la démission du cardinal de 
Gesvres, il fut sacré le 7 août 1729 et prit possession de son siège, 
mais n'observa guère les lois de la résidence. 

Abbé général de l'ordre de Cluny en 1738, ambassadeur extraordi- 
naire du roi à Rome, 1745, cardinal, 10 avril 1747, il dut souvent 
s'absenter. Ses absences devinrent plus fréquentes à partir de 1755 ; 
cette année-là il fut nommé grand aumônier de France et comme tel, 
chargé de la Feuille des bénéfices. 

Par nécessité de position ou par tempérament, il se montra modéré 
dans l'Assemblée de 1755, où l'on agita les plus graves questions. Dix- 
sept prélats s' étant déclarés pour le ministre de la Feuille, reçurent 



ARCHEVÊCHÉ DE BOURGES 99 

dès lors le nom de Feuillants. Mais hâtons-nous d'ajouter que si, dans 
cette assemblée, les Feuillants modérés l'emportèrent sur les seize 
Intolérants, dont le saint évêque d'Amiens, G. de la Motte, était le 
chef, ils n'eurent jamais la majorité dans le clergé de France. 

Le cardinal de la Rochefoucauld voulait la paix ; c'est incontestable, 
et il aimait l'Eglise catholique, non moins que la France. Hugues du 
Tems ne sait comment louer la bonté, l'affabilité, les charités de cet 
éminent prélat. Nous voudrions louer de plus en lui la fermeté. 

Il n'était plus abbé de Saint-Romain, ni de Ronport ; car il avait reçu 
en échange Ainay, Saint-Vandrille et Reaulieu ; et il restait toujours 
abbé général de Gluny. 

f à Paris, 22 avril 1757, set. 56, es. 28, card. 10. 

107. — Georges-Louis PHÉLYPEAUX D'HERRAULT. 

Né au château d'Herbault (diocèse d'Orléans) en 1720, fils aîné de 
Georges, conseiller au Parlement, gouverneur du Rlésois et d'Anne- 
Louise de Kérouart, paraît s'être tourné de lui-même vers la carrière 
ecclésiastique, plutôt en consultant son grand oncle, Louis- Ralthazar, 
saint évêque de Riez, que son cousin, le comte de Maurepas, ministre 
d'Etat. 

Le cardinal de la Rochefoucauld lui avait donné des lettres de vicaire 
général pour le diocèse de Rourges. 

Nommé archevêque de Rourges par Jarente, qui venait de recevoir 
la Feuille, Georges-Louis se fit sacrer le 20 novembre 1757. Il fut en 
même temps abbé de Saint-Ouen (Rouen) et de Saint-Renoît-sur-Loire 
(Orléans). 

On peut se demander s'il agit et parla en faveur des Jésuites, en 
1762 et les années suivantes. On sait trop bien qu'il fit partie de la 
commission des Ordres religieux dès 1766, et que par ce fait seul, il a 
encouru une terrible responsabilité devant l'histoire. Toutefois, le 
continuateur de Feller parle avec éloge du zèle, des fondations chari- 
tables et de la piété de ce prélat : ce que nous sommes trop heureux 
de pouvoir relever. 

Ajoutons qu'il présida dignement l'assemblée provinciale du Rerry 
en 1779. 

f à Paris, 23 septembre 1787, aet. 67, es. 30. 

Avec lui s'est éteinte la famille Phélypeaux qui avait donné pendant 
plus de deux siècles tant de magistrats, de ministres d'Etat et de 
pontifes. 



100 PROVINCE DE BOURGES 



108. — François de FONTANGES. 
Transféré de Nancy, octobre 1787. Cf. Nancy. 

Il prit possession par procureur le 3 février 1788. Mais déjà prévenu 
des intentions du gouvernement, il s'arrêta en route. Car si Bourges 
avait un grand besoin de lui, Toulouse en avait un plus grand besoin. 
Dès le 10 mars 1788, il y fut transféré. Cf. Toulouse. 

109. - Jean-Auguste de GHASTENET DE PUYSÉGUR. 

Transféré de Garcassonne, 10 mars - 6 avril 1788. Cf. Carcassonne. 

Aussitôt après avoir reçu ses bulles , il vint prendre possession 
de son siège, eut à peine le temps de montrer en sa personne l'arche- 
vêque pieux, orthodoxe et généreux. 

Elu député aux Etats généraux, il resta constamment uni aux prin- 
cipaux députés de son ordre, sans oublier les vœux de ses commet- 
tants. Il protesta contre l'intrusion des deux évêques constitutionnels 
du Cher et de l'Indre. 

Emigré, il résidait à Wolfenbûtel avec l'archevêque de Reims, 
Talleyrand-Périgord. Ce dernier refusa de se démettre en 1801, Puy- 
ségur se démit promptement, mais n'accepta pas de nouveau siège. 

f août 1815, set. 75, es. 41. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BOURGES 

Nous commençons par six abbayes, toutes de l'ordre de Saint-Benoît, 
qui ont subi un changement notable durant le XVIII e siècle ; elles 
réclament une place à part. 

Bourg-Dieu et Saint-Gildas, sécularisées en 1622 et incorporées au 
duché de Châteauroux, étaient remplacées par une collégiale au 
XVIII e siècle. 

Chézal-Benoît, Casale benedictum, qui était la tête d'une congréga- 
tion bénédictine réformée depuis 1516, en s'agrégeant à la congréga- 
tion de Saint-Maur en 1636, devint ainsi régulière et triennale. Mais en 
1763, Louis XV la remit en commende. 

Saint-Sulpice de Bourges, de la congrégation de Chézal-Benoît, puis 
de Saint-Maur, régulière et triennale, retomba en commende, 1763. 

Saint-Pierre et Saint-Paul de Meaubec, Mille Beccum, ayant été 



ARCHEVECHE DE BOURGES 101 

unie à Févêché de Québec en 1674, passa aux économats en 1765, 
quand la France eut perdu le Canada. 

Saint- Cyran en Brenne, S. Cigirannus, si célèbre par deux de ses 
abbés, Duvergier de Hauranne, 1620 f 1643, Martin de Barcos 1644 
f 1678, fut unie en 1712 à l'évêché de Nevers pour la mense abbatiale 
et au collège des Jésuites pour la mense conventuelle. Tout échut à 
Nevers, quand les Jésuites eurent été chassés. 

Voici maintenant les abbayes du diocèse de Bourges qui avaient 
subsisté sans changement. Elles sont nombreuses, quoique de trois 
ordres seulement ; car il n'y en a pas une de l'ordre de Prémontré. 
0. S. B. vir. Fons Gumbaldi, N.-D. de Fontgombaud. 

S. Genulfus Stradensis, Saint-Genou-de-VEstrée. 
Exoldunum, N.-D. d'Issoudun. 
Masciacum, Saint-Martin de Massay. 
Virzio, Saint-Pierre de Vierzon. 
Podium Ferrandi, N.-D. de Puy-Ferrand. 
fem. S. Laurentius, Saint-Laurent de Bourges. 
Carentonium, Charenton. 
S. Menulphus, Saint-Menou. 
0. Cist. vir. Albiniacum, N.-D. oV Aubignac. 
Barzellse, N.-D. de Barzelles. 
Gallovium, N.-D. de Chalivoy. 
Fons Moriniaci, N.-D. de Font-Morigny . 
Landasium, N.-D. de Landais. 
Locus regius, N.-D. de Loroy. 
Niger lacus, N.-D. de Noirlac. 
Petrae, N.-D. des Pierres. 
Pratea, N.-D. de La Prée. 
Olivetum, N.-D. d'Olivet. 
Varennse, N.-D. de Varennes. 

Cella, N.-D. de Celle-sur-Cher. Rattachée à la congré- 
gation des Feuillans, l'abbaye de Celles était régulière 
et triennale depuis 1613. 
fem. Bellus Visus, Beauvoir. 
Buxeriae, Bussières. 
S. Aug. S. Ambroisius Biturencis, Saint-Ambrois de Bourges. 
S. Saturus, Saint-Satur-sous-Sancerre. 
Miseraium, Saint-Nicolas de Miseray. 



102 PROVINCE DE BOURGES 



S. Aug. Vernutia, N.-D. de La Vernuce. Rattachée à la Réforme 
de Bourg-Achard, cette abbaye était régulière. 
S. Martinus Plenipedensis, Saint-Martin de Plein-Pied, 
en règle ou en commende, alternativement 1 . 



COLLÉGIALES 

La Sainte-Chapelle de Bourges était la plus noble ; mais le cardinal 
de la Rochefoucauld la fit réunir à la cathédrale pour que son empla- 
cement devînt une promenade publique. 

Il restait cependant trois autres collégiales dans la ville : Saint-Ursin, 
le Château et N.-D. de Sales. 

Dans le diocèse, on comptait : la Sainte-Chapelle de Bourbon- 
l'Archambaud, les Chapitres de Château-Meilland, de Châteauroux, de 
Châtillon-sur-Indre, de la Châtre, de Dun-le-Roy, Hérisson, Levé, 
Levroux, Linières, Mehun - sur - Yèvre, Montluçon, Neuvy - saint - 
Sépulcre, Palluau, Saint-Aignan, Vatan. 

Il y avait de plus environ 45 prieurés à nomination royale dans le 
vaste archidiocèse. 



ANICIUM vel PODIUM, LE PUY-EN-VELAY 

Siège épiscopal aussi ancien que Clermont, supprimé en 1801, 
il a été rétabli en 1817. 

87. — Armand de BÉTHUNE, 87 e évêque du Puy. 

Né dans le diocèse de Paris en 1635, fils d'Hippolyte, comte de 
Celles en Berry, et d'Anne-Marie de Beauvillier, frère aîné d'Hippolyte, 
évêque de Verdun, avait été élevé à Pontlevoy, était abbé de la Vernuce 
(Bourges). 

Nommé évêque du Puy, 1661, en concurrence avec Jacques de 



1. Le grand théologien, Honoré Tournely, fut abbé de Plein-Pied, de 1709 à 1722. 
Ayant résigné son abbaye, il eut pour successeur un abbé régulier. 



ÉVÊCHÉ DU PUY-EN-VELAY 103 

Montrouge, évêque de Saint-Flour, pour remplacer Henri de Maupas, 
qui devenait cette année-là évêque d'Evreux, il fut préféré définitive- 
ment à son concurrent, mais ne reçut qu'assez tardivement ses bulles 
et ne put se faire sacrer que le 12 juillet 1665. 

Cet évêque, zélé pour l'œuvre des retraites que saint Jean-François 
Régis avait établies au Puy, attaché aux saines doctrines et très chari- 
table, fonda lui-même des maisons d'instruction et de bienfaisance. 

Ayant été témoin d'exorcismes en 1674, il se livra depuis lors à des 
mortifications extraordinaires. 

f à Monistrol, 10 décembre 1703, set. 68, es. 36. 

88. — Claude de la ROGHE-AYMON. 

Né vers 1655, était le 2 e fils d'Antoine, comte de la Roche-Aymon en 
Limousin, et de Marie de Lezay de Lusignan. Son frère aîné ayant 
épousé la sœur de Piancourt, celui-ci fit de Claude, son vicaire général 
à Mende. 

Nommé évêque du Puy le 24 décembre 1703, sacré le 22 juin 1704 
au séminaire Saint-Sulpice à Paris, Claude administra son diocèse en 
homme mûr, en prélat orthodoxe, en bon père, sans ambitionner les 
dignités que l'avenir réservait à son neveu Charles-Antoine, dont il 
dirigea les premiers pas. Cf. Limoges, Tarbes, etc. 

f juin (alias, juillet) 1720, œt. 65, es. 16. 

89. — Godefroid-Maurice de CONFLANS. 

Fils de Jean-François, seigneur de Fouilleuse, capitaine, et de Claire 
Doulcet, né en 1676, fut d'abord prieur de Vesseaux en Vivarais, puis 
archidiacre et vicaire général de Soissons, enfin abbé d'Aiguebelle, 
1708. 

Nommé évêque du Puy le 8 janvier 1721, il se fit sacrer à Paris, dans 
l'église du noviciat des Jacobins, aujourd'hui Saint-Thomas-d'Aquin, 
le 20 juillet suivant. 

Son âge lui promettait un long épiscopat ; cet espoir fut trompé. 

f dans son diocèse, le 14 mars 1725, set. 49, es. 4. 

90. — François-Charles de BÉRINGHEN d'Armainvilliers. 

Né en 1691, fils de Jacques-Louis, comte de Châteauneuf,. l or écuyer 
du roi (Monsieur le Premier) et de Marie-Elisabeth d'Aumont. 
Etait docteur en théologie, prévôt de Pignans (Fréjus), abbé de 



404 PROVINCE DE BOURGES 



Sainte-Croix (Bordeaux), archidiacre de Melun, diocèse de Sens, et 
vicaire général de Ghavigny à Sens, fut député par la province de Sens 
à l'Assemblée générale du clergé en 1723. 

Nommé évêque du Puy dès le 31 mars 1725, il fut sacré le 24 mars 
1726, par Ghavigny. 

Etablit les Frères des Ecoles Chrétiennes au Puy, et soutint les 
autres œuvres du diocèse. Ayant reçu l'abbaye de Saint-Gilles (Nîmes), 
en 1738, il résigna la prévôté de Pignans. 

f au Puy, le 17 octobre 1742, set. 51, es. 17. 

91. — Jean-Georges LE FRANC de POMPIGNAN. 

Né à Montauban le 22 février 1715, était le frère puîné du poète que 
détestait Voltaire. 

Elève des Jésuites à Louis-le-Grand et de Saint-Sulpice à Paris , 
docteur et proviseur de Sorbonne, archidiacre de Montauban, Jean- 
Georges s'était révélé de bonne heure. 

Il n'avait pas encore 28 ans quand il fut désigné au roi par Fleury, 
pour l'évêché du Puy, fin 1742. Sacré le 11 août 1743, il prit possession 
dès le 19 novembre. 

Pieux, instruit et brave, Tévêque du Puy fut constamment sur la 
brèche pour défendre contre les prétendus philosophes les saines 
doctrines, la morale chrétienne et les ordres religieux, les Jésuites 
principalement. Aussi mérita-t-il de monter plus haut. 

Transféré à Vienne, 1774. Cf. Vienne. 

92. — Marie- Joseph de GALARD de Terraube. 

Né le 20 mai 1736, dans le diocèse de Leictour (Lectoure), était fils 
de Gilles, marquis de Terraube, capitaine, et de Marguerite-Victoire de 
Moret. 

Prieur de Sorbonne, aumônier du roi ; abbé de la Ghassaigne (Lyon) 
en 1769. 

Il fut nommé évêque du Puy en février 1774, put se faire sacrer à 
Paris dès le 24 juillet suivant, et prendre possession de son siège le 
28 octobre. 

Durant seize ans, il gouverna en paix son diocèse. Mais voyant son 
siège envahi par un évêque constitutionnel, Etienne Delcher, il fut 
forcé d'émigrer en Savoie 1791, à Saint-Maurice 1792-94, d'où il écrivit 
à Rome plusieurs lettres, qui ont été conservées. 



ÉVÊCHÉ DE CLERMONT-EN-AUVERGNE 105 

Il refusa de se démettre en 1801. Il fit cependant une sainte mort à 
Ratisbonnne le 8 octobre 1804, set. 65, es. 31, assisté par le vertueux 
abbé Joseph des Granges, son vicaire général. Il fut enterré dans le 
tombeau des princes-évêques. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DU PUY 

0. S. B. vir. Galmeliacensemonasterium, Saint-Chaffre-le-Monastier . 
0. Praem. S. Jacobus de Doa, Saint-Jacques de Doué ou Doë, en 
règle. 
0. Gist. fem. Bella Cumba, Bellecombe. 

Silva benedicta, Sauvebenite ou Sauvebenoite. 
0. S. Clarse. S. Clara Podiensis, Sainte-Claire du Puy. 
Nous ajoutons Saint-Saturnin de Vorey, prieuré titulaire 0. S. B. 

COLLÉGIALES 

On en compte cinq dans la ville épiscopale : Saint-Pierre-le-Monas- 
tier, Saint-Pierre-de-la-Tour, Saint -Vosy, Saint - Georges et Saint- 
Agrève, Saint-Jean-de- Jérusalem. 

Il y en a trois autres dans le diocèse : Saint-Paulien, Monistrol, 
Retournac. 

Communautés d'hommes : Dominicains, Cordeliers, Carmes, Capu- 
cins, Missionnaires de Saint-Sulpice au séminaire depuis 1645, Frères 
des Ecoles Chrétiennes, etc. 

Couvents de femmes : Religieuses de Sainte-Catherine (Domini- 
caines), de Notre-Dame, de la Visitation, du Refuge au Puy, Augustines 
à Vais, Ursulines à Monistrol, Bernardines réformées à Montfaucon, etc. 



CLARUS MONS arvernorum, CLERMONT en Auvergne 

Les premiers évoques ont porté le nom des habitants , Arverni ; on 
les compte néanmoins en tête des évoques de Clermont dont le siège 
a été maintenu en 1801. 

87. — Dom Gilbert de VÉNY d'ARBOUZE, 87° évêque de Clermont, 
Né en 1605 de la même famille que la vénérable Marguerite de 



406 PROVINCE DE BOURGES 



Sainte-Gertrude, première abbesse du Val-de-Grâce, était profès de 
l'ordre de Cluny ; il devint abbé régulier de Manlieu, diocèse de Cler- 
mont. 

Nommé évêque de Glermont en 1664 pour succéder à Louis d'Estaing 
qui était mort le 45 mars 4664, il fut sacré le 24 septembre au Val-de- 
Grâce, où l'on gardait encore tout vivant le souvenir de la Mère 
d'Arbouze. 

Pieux, orthodoxe et charitable évêque, Gilbert établit à Glermont les 
Filles du Refuge, encouragea les œuvres de charité et maintint les 
institutions pieuses de ses prédécesseurs, entre autres le collège des 
Jésuites. 

f à Beauregard, maison de campagne des évêques, le 49 avril 4682, 
set. 77, es. 48. 

— Michel Cassagnet de TILLADET, évêque de Mâcon, nommé en 
4682 par le roi, évêque de Glermont, fut formellement repoussé par le 
pape en 4684. Cf. Maçon. 

— Claude de SAINT-GEORGES, comte de Lyon, député du second 
ordre à l'Assemblée de 4682. 

Nommé évêque de Clermont en 4684, après avoir été nommé en 
4682 évêque de Mâcon, administra le diocèse de Glermont jusqu'à sa 
nomination en 4687, à l'archevêché de Tours, qu'il administra plus 
longtemps comme vicaire capitulaire. Cf. Tours. 

Il fut enfin nommé archevêque de Lyon, le 5 septembre 4693 ; et 
cette troisième nomination eut les plus heureux effets. Gf. Lyon. 

88. — François BOGHART DE SARON de Champigny. 

Né à Paris, était fils de François, intendant de justice en Dauphiné, 
et de Marie Lhuillier, cousin de Guillaume Bochart, évêque de Valence 1 . 

Il était chanoine de l'église Notre-Dame à Paris, quand, nommé par 
le roi évêque de Glermont, pour remplacer Claude de Saint-Georges, 
il administra le diocèse. 

Comme il n'avait pas fait partie de la fameuse Assemblée de 4682, il 
reçu ses bulles plus promptement que son cousin Guillaume et se fit 
sacrer le 34 août 4692. 

4. Voir Moreri. Généalogie de Bochart. 



ÉVÊCHÉ DE CLERMONT-EN-AUVERGNE 107 

Ayant pris possession, il bénit les Filles de la Charité que deux 
magistrats fondaient à Clermont ; accepta et publia, aussitôt parue, la 
Bulle Unigenitus ; fonda le petit séminaire en 1712 ; il en confia la 
direction aux Sulpiciens qui avaient le grand séminaire depuis 1651 . 

f à Clermont le 11 août 1715, set. ? es. 23. 

— Louis d'Illiers d'ENTRAIGUES, janséniste notoire, nommé 
évêque de Clermont par le Régent, 1715 ou 1716, mais refusé par le 
pape, nommé ensuite évêque de Lectoure, 1717, il fut retardé avec 
ceux de sa fournée : Castries de Tours, Lorraine de Bayeux, Tourouvre 
de Rodez, Bossuet de Troyes ; mais finit par obtenir ses bulles. 
Cf. Lectoure. 

— Camille LE TELLIER, fils de Louvois, docteur de Sorbonne, 
abbé de Bourgueil, académicien, janséniste ardent et militant. 

Nommé évêque de Clermont 1717, refusa prétextant sa santé ou, s'il 
faut en croire Saint-Simon, dédaignant l'Auvergne. Il mourut de la 
pierre le 5 novembre 1718, âgé de 43 ans. Le continuateur de Moreri 
lui consacre un long article. 

Tant de refus actifs ou passifs amenèrent enfin sur le siège de Cler- 
mont l'homme illustre dont nous allons parler. 

89. — Jean-Baptiste MASSILLON*. 

Né à Hières le 24 juin 1663, oratorien à Aix, 1681, puis régent 
successivement à Pézenas, à Marseille, à Montbrison, professeur de 
philosophie et de théologie à Vienne, où il commença à prêcher, 
Massillon se retira à Sept-Fonds, 1696, d'où il fut rappelé par ses 
Supérieurs, se rendit à Paris, où il prêcha pendant 20 ans. 

On connait son oraison funèbre de Louis XIV et son Petit-Carême. 

Nommé par le Régent, 11 novembre 1717, évêque de Clermont, il 
fut préconisé le 10 mai 1718 et sacré le 21 décembre aux Tuileries, en 
présence du jeune roi par Fleury, assisté de Tressan et de Caumartin. 

Après son sacre, il servit d'assistant aux consécrateurs de Varlet et 
de Dubois, sur lesquels on peut parler impunément sans lui faire tort. 
Il fut ensuite reçu à l'Académie française. 

1 . Cf. Blampignon (l'abbé), professeur à la Sorbonne, Massillon, d'après des do- 
cuments inédits, étude historique et littéraire ; in-12, Palmé, 1870. 
Id. L'épiscopat de Masêillon; in-12. Pion, 1884. 



108 PROVINCE DE BOURGES 



Ayant pris possession de son siège, 29 mai 1719, il résida fidèlement, 
visita son diocèse, instruisit et forma ses prêtres, édita un bréviaire et 
un missel de Glermont, suivant ainsi le torrent. 

Il fit donner des missions par les Jésuites, par Brydaine, 1740. 

Sa grande douleur fut de ne pouvoir convertir l'obstiné Soanen, qui 
mourut à la Chaise-Dieu en 1740. Cf. Senez. 

Outre son évêché de Glermont, J.-B. Massillon avait l'abbaye de 
Savigny (Avranches). 

•j- à Beauregard, campagne des évêques de Clermont, le 28 septembre 
1742, set. 79, es. 24. 

90. — François -Marie Le Maistre de la GARLAYE. 
Né en 1701 au château de la Garlaye, diocèse de Nantes. 
Comte de Lyon, aumônier du roi, abbé de Chery, 1734. 

Nommé par Fleury, le 30 octobre 1742, évêque de Clermont, il se fit 
sacrer le 24 février 1743. Cinq ans plus tard, il reçut l'abbaye de 
Moreilles (La Rochelle). 

Ce digne successeur de Massillon purgea son diocèse du Jansénisme 
« en se montrant impitoyable à l'égard des Appelants et notamment 
des Oratoriens de Riom » (Blampignon). 

Il regretta fort les Jésuites, dont il s'était porté garant en 1762, se 
faisant l'écho de sa ville épiscopale, et s'associant à l'immense majorité 
des évêques français. 

f à Clermont le 5 juin 1775, set. 74, es. 33. 

Cf. Eloge de M. de la Garlaye, lu le 25 août 1777 à la Société des 
Sciences, Arts et Belles-Lettres de Clermont. 

91. — François de BONAL. 

Né au château de Bonal, diocèse d'Agen, 9 mai 1734, élève des Sul- 
piciens, abbé de Saint-Ambroix (Bourges), vicaire général de Châlon. 

Nommé évêque de Clermont, fin 1775, sacré le 6 octobre 1776, se 
montra ferme dans tous ses devoirs. 

Il brilla surtout à la Constituante, dans les graves questions qui 
concernaient non-seulement les églises de France, mais l'Eglise 
catholique. 

Emigré, il souffrit horriblement dans les Pays-Bas ; se reposa à 
Altona, puis en Suisse, d'où il écrivit à Rome des lettres touchantes, 
à Clermont des lettres un peu sévères. 

f à Munich, 3 septembre 180O, set. 66, es. 24. 



ÉVÊCHÉ DE CLERMONT-EN-AUVERGNE 109 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GLERMONT 

0. S. B. vir. Casa Dei, Saint-Robert de La Chaise-Dieu. 

Issiodurum vel Iciodorum, Saint-Austremoine d'Issoire. 

Mauziacum vel Mauzacum, Saint-Pierre de Mauzac. 

Magnus locus, N.-D. de Manlieu, en règle, remise en 
commende, 4763. 

Thiernum, Saint-Symphorien de Thiers. 

Menatum, Saint-Martin de Menât. 

Ebrolium, Saint-Léger oVEbreuil. La mense conven- 
tuelle fut attribuée aux Frères de la Charité en 1767. 

S. Illidius, Saint-Allyre, abbaye de Bénédictins ayant 
été donnée à des clercs réguliers, était triennale. 
Mais Louis XV la remit en commende, 1763. 

S. Portianus, St-Pourçain.\ 

Celsinianum, Saucilange. ' Prieurés célèbres de Cluny. 

Silviniacum, Souvigny. \ 
fem. S. Petrus de Bello Monte, Saint-Pierre de Beaumont. 

Brajacum, N.-D. de Bragheac. 

Cussetum vel Cussiacum, Saint-Sauveur ou N.-D. de 
Cusset. 
0. Cist. vir. Boschetum, seu Vallis lucida, N.-D. de Bouchet ou 
Vauluisant. 

Fenerias seu Vallis honesta, N.-D. de Féniers ou 
Vallonnette i . 

Mons Petrosus, Montpeyroux. 

Bella Aqua, Belle- Aiguë. 

N. B. — Une abbaye cistercienne, Mégemont, pri- 
mitivement de femmes, était d'hommes depuis l'an 
1612. 
fem. Esclachia vel Eschalaria, Etclache. 

Vallis sana, Le Vassin. 

0. S. A. vir. S. Amabilis Ricomagensis, Saint-Amable de Riom. 

1. Voyez Histoire de l'abbaye de Feniers ou du Val-Honnête, par Adrien de Chal- 
vet de Roghemonteix, in-8, de vn-352 p. avec planches. Clermont-Ferrand, Thibaud, 
1882. 



110 PROVINCE DE BOURGES 

0. Prsem. S. Andréas Glaromontensis, Saint-André de Clermont. 

S. Gilbertus seu Novem Fontes, Saint-Gilbert de 

Neufons. 

0. S. Clarae. S. Joannes Baptista Glaromontensis, Saint-Jean-Baptiste 

de Clermont. 

S. Clara de Aquis Sparsis, Sainte-Claire d'Aigueperse. 

COLLÉGIALES 

On en compte 31 dans le diocèse de Clermont ; nous n'en donnons pas 
ici les noms, pas plus que nous n'énumérons les couvents d'hommes 
ou de femmes. 

Faut-il faire exception pour les deux collèges rivaux, celui des 
Jésuites à Clermont et celui des Oratoriens à Riom? C'est pour dire 
que le premier, si ancien et si fécond en heureux fruits, disparut dans 
l'ouragan de 1762, tandis que le second subsista jusqu'à la Révolution. 



S. FLORI FANUM, SAINT-FLOUR 

Sur le tombeau de saint Florus, évêque de Lodève, qui était venu 
prêcher en Auvergne et mourut vers 389 dans un lieu nommé Indi- 
ciacus, s'éleva plus tard une abbaye, que Jean XXII érigea en évêché, 
le x des Calendes de mars 1317. 

29. — Jérôme de la MOTHE-HOUDANCOURT, 29* évêque de Saint- 
Flour. 

Né en 1617, frère de Philippe, maréchal de France, et de Henri, 
archevêque d'Auch, qui était en même temps premier aumônier de la 
reine Anne d'Autriche. 

Nommé évêque de Saint-Flour, pour succéder à Jacques de Mont- 
rouge, qui était resté à Saint-Flour, malgré sa nomination au Puy, et 
qui était mort le 20 avril 1664, Jérôme reçut aussitôt ses bulles et fut 
sacré le 17 août 1664 à Compiègne. 

On loue avec raison sa fidélité à la résidence pendant les 29 ans qu'a 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-FLOUR 411 

duré son épiscopat. On peut louer aussi en lui d'autres vertus. Il ne 
fut pas étranger à la fondation des religieuses de Ghaudesaigues entrer- 
prise par Pierre Chomel, son vicaire général. 
f à Saint-Flour, le 29 mai 1693, set. 76, es. 29. 

30. — Joachim-Joseph D'ESTAING 4 de Satllans. 

Né en 1654, fils de Jean d'Estaing, baron de Saillans, et de Claude 
Combourcier, dame du Terrail et de Bayard, Joachim-Joseph fut comte 
de Lyon et prieur de Saint-Irénée à Lyon. 

Nommé évêque de Saint-Flour en 1693, il se fit sacrer à Paris, dans 
l'église du noviciat des Jésuites, le 3 janvier 1694. 

Parti aussitôt pour son diocèse, il ne fut pas moins fidèle que son 
prédécesseur aux lois de la résidence et aux autres devoirs de sa 
charge pastorale. 

Nous le voyons seulement assister à l'Assemblée du clergé en 1715, 
et y présider. 

f à Saint-Flour, le 13 avril 1742, aet. 88, es. 49. Doyen des évêques 
de France. 

31. — Paul de RIBEYRE. 

Né en 1692 dans le diocèse de Clermont, d'une famille de robe, 
élève de Saint-Sulpice, docteur en théologie, abbé de Saint-André-le- 
Bas (Vienne), vicaire général de Massillon à Clermont, après le ver- 
tueux Champfïour. 

Sur la recommandation de Massillon 2 , il fut nommé évêque de 
Digne, le 2 avril 1742. 

Mais l'évêché de Saint-Flour étant venu à vaquer sur ces entrefaites, 
le vicaire général de Clermont y fut appelé le 12 mai. Il put se faire 
sacrer dès le 12 août suivant. 

Ce digne et vertueux évêque avait 50 ans ; il réalisa tous les présages 
de Massillon par sa belle conduite dans les circonstances difficiles et 
critiques marquées par les années 1755, 1762, etc. 

f à Saint-Flour, le 10 juin 1776, set. 84, es. 34. 



1. Voir Moreri, Généalogie oVEstaing ou d'Esteing. 

2. Cf. sa lettre du 8 avril 1740, au cardinal de Fleury, dans Blampignon, V épis- 
copat de Massillon, p. 112. 



112 PROVINCE DE BOURGES 



32. — Marie-Anne-Hippolyte Hay de BONTEVILLE. 

Né au château de Montbuan, diocèse de Rennes, le 5 août 1741, 
n'avait que 35 ans et une médiocre expérience, quand il fut nommé 
évêque de Saint-Flour, juillet 1776, sur je ne sais quelle recomman- 
dation. 

S'étant fait sacrer le 6 octobre de cette année, il se déplut dans le 
pays, n'ayant pas manqué d'y déplaire. Il devait être malheureux 
partout. 

Transféré à Grenoble 1779. Cf. Grenoble. 

33. — Claude-Marie RUFFO DE LABIC. 

Né le 16 novembre 1746 à Grenoble de la famille des comtes de 
Laric. 

Nommé évêque de Saint-Flour en 1779, sacré le 23 janvier 1780, il 
n'eut pas de peine à faire oublier son prédécesseur immédiat. Aussi 
fut-il élu par son clergé député aux Etats généraux. S'il ne put empê- 
cher les mesures impies et schismatiques, il protesta du moins contre 
elles par son vote. 

Voyant son siège envahi par l'évêque constitutionnel Thibault, il 
émigra en Italie, vécut à Florence, à Caserte, etc. 

Donna sa démission en 1801. 

f à Paris, 1 er octobre 1816, aet. 70, es. 37. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT-FLOUR 

0. S. B. vir. S. Petrus de Maurtio, Maurs. 
fem. S. Petrus de Blasilia, Blesle. 

S. Joannes de Buxo, Buix-lès-Aurillac. 

S. Petrus de Gasis, Chazes ou les Chases. 
0. S. A. Piperacum, Pébrac*. 
0. S. Clarae. Boissetum, Le Boisset. 

1. Cette abbaye a été rendue célèbre par Jean-Jacques Olier, fondateur de la 
Compagnie de Saint-Sulpice, qui fut abbé de Pébrac en 1626. 



ÉVÊCHÉ DE LIMOGES 113 



COLLEGIALES 

Saint -Pierre d'Aurillac, abbaye bénédictine jusqu'en 1561, était 
depuis lors transformée en chapitre, ayant cependant à sa tête un abbé. 

Saint-Julien de Brioude, « ecclesia collegiata S. Juliani Brivatensis », 
est un chapitre noble, dont tous les chanoines sont appelés comtes de 
Brioude et dont les deux premiers dignitaires sont le prévôt et le 
doyen. 

Les autres collégiales du diocèse sont: Murât, Langeac, Ghau- 
desaigues, Montsalvy, etc. 



LIMOVIGE, LIMOGES 

Siège épiscopal, qui remonte à la plus haute antiquité possible, 
grâce à l'apostolat de saint Martial. 

89. — Louis de Lascaris D'URFÉ, 89 e évêque de Limoges. 

Né en 1634, fils aîné de Charles-Emmanuel, marquis d'Urfé, comte 
de Sommerive, il mena d'abord un train de grand seigneur. 

Mais s'étant décidé pour l'état ecclésiastique, il entra au séminaire 
de Saint-Sulpice et s'y fit remarquer par une vie très édifiante. 

Le vertueux évêque de Limoges, François de La Fayette, octogénaire 
et infirme, l'ayant obtenu pour coadjuteur, mars 1676, puis étant venu 
à mourir le 3 mai suivant, Louis de Lascaris fut sacré évêque de 
Limoges le 11 janvier 1677. 

Ayant pris possession, il publia des statuts synodaux, un rituel, et 
un catéchisme très estimés. 

Par sa piété, son orthodoxie et ses grandes charités, en soutenant 
les Sulpiciens avec le concours des frères Bourdon, en écartant les 
Jansénistes, il continua parfaitement son prédécesseur. 

f dans son séminaire le 30 juin 1695, aet. 61, es. 19. 

Le continuateur de Moreri, lui consacre un article élogieux, qui 
n'est pas inspiré cette fois parl'esprit de parti. 

8 



114 PROVINCE DE BOURGES 



90. — François de Garbonnel de CANISY. 

Né en 1653, d'une famille noble de la Basse-Normandie, était doyen 
d'Avranches et chantre de Lisieux. 

Nommé évêque de Limoges en 1695, sacré au séminaire Saint- 
Sulpice de Paris, le 25 mars 1696, fut très charitable pendant la famine 
de 1697 ; reçut les Barnabites à Guéret. 

Devenu infirme, il se démit en 1706, restant abbé de Montebourg 
(Goutances) et de Belvot (Reims). 

f à Paris le 28 octobre 1723, œt. 70, es. 30. 

91. — Antoine Gharpin de GENNET1NES. 

Né à Saint-Romain-en-Forez, était docteur en théologie, comte de 
Lyon, vicaire général de Joachim- Joseph d'Estaing à Saint-Flour. 

Nommé évêque de Limoges en 1706, sacré à Lyon le 23 janvier 1707, 
il gouverna sagement son vaste diocèse pendant vingt ans. 

Sur la fin de son épiscopat, il se fit aider par un auxiliaire ou suffra- 
gant, que nous allons nommer, et finit par donner sa démission en 
1729. 

Gomme il était abbé de Pébrac (Saint-Flour) et de la Creste (Langres) 
il garda ces abbayes, auxquelles vint s'ajouter l'abbaye de Relecq 
(Léon). 

f à Paris le 21 juin 1739, aet. ? es. 33. 

Son corps rapporté de Paris en Forez et non à Limoges, fut inhumé 
dans un tombeau de famille. 

91 bis. — Charles-Antoine de LA ROCHE-AYMON. 

Né le 17 février 1697 (alias 1692) dans le diocèse de Limoges, était 
aimable, bien élevé, mais peu instruit. Poussé de bonne heure, même 
par son oncle Claude, évêque du Puy, il fut désigné comme auxiliaire 
ou suffragant à l'évêque de Limoges et sacré le 25 août 1725 à Meaux, 
par le cardinal de Bissy, sous le titre d'évêque de Sarept. Ce fut son 
premier pas. 

Comme il n'était pas coadjuteur avec future succession, il perdit ses 
pouvoirs en 1729, année où Gennetines se retira." 

Mais il fut aussitôt nommé évêque de Tarbes. Cf. Tarbes. 

92. — Benjamin de L'ISLE DU GAST. 

Né en 1689 à l'Isle du Gast, diocèse du Mans, était chanoine de 
Chartres. 



ÉVÊCHÉ DE LIMOGES 115 



Nommé évêque de Limoges en janvier 1730, il fut sacré à Paris, dans 
la chapelle de l'archevêché par Charles de Vintimille, qui avait récem" 
ment succédé au cardinal de Noailles. 

C'est cet évêque qui a donné en 1736 un Breviarium Lemovicense, 
et deux ans plus tard un missel en rapport avec le Bréviaire. 

f à Limoges, le 5 septembre 1739, set. 50, es. 9. Enterré dans la 
chapelle du séminaire de Limoges, la même année que son prédéces- 
seur Gennetines était inhumé en Forez. 

93. — Jean-Gilles du COETLOSQUET*. 

Fils d'Alain-François, seigneur de Kérigou, et de Gillette des Isles. 
Jean-Gilles naquit le 17 septembre 1700, près Saint-Pol de Léon en 
Bretagne. 

Docteur et prieur de Sorbonne, chancelier de l'Université de Bourges, 
il avait été vicaire général du cardinal de Gesvres, archevêque de 
Bourges, puis de l'évêque de Tulle, Charles d'Argentré. 

Nommé évêque de Limoges en 1739, il fut sacré le 7 février 1740, et 
prit possession le 13 mars suivant. 

Il fit appliquer la mense monacale de Vigeois à la pension des 
pauvres clercs, et prépara la construction du splendide palais épiscopal 
que son successeur commença en 1766, acheva en 1787, nous allons 
voir aux dépens de qui. 

Nommé archevêque de Tours en 1750, Jean-Gilles préféra rester à 
Limoges. Il était abbé de Tournus (Châlon) depuis 1745, et reçut 
l'abbaye de Saint-Paul de Verdun en 1755. 

Mais devenu en 1758 précepteur du duc de Bourgogne et de ses 
trois frères, il se démit de son évêché. 

Il fut reçu de l'Académie française en 1761, année où mourut le duc 
de Bourgogne : il continua de faire l'éducation des trois frères survi- 
vants qui devaient monter un jour sur le trône. 

En 1771, il devint premier aumônier du comte de Provence. 

f à Paris, 21 mars 1784, set. 85, es. 44. Enterré dans l'abbaye de 
Saint-Victor. 

94. — Louis-Charles du PLESSIS D'ARGENTRÉ. 

Né en 1723 au château du Plessis en Argentré de Bretagne, était 

1. Cf. René Kerviler, Notice sur J.-G. du Coetlosquet ; in-8, 1885. Nantes, Forest, 
et Courcy, continuation du P. Anselme, t. IX, l re p. Généalogie de Coetlosquet. 



116 PROVINCE DE BOURGES 



parent éloigné du précédent évêque de Limoges, neveu propre de 
Charles, évêque de Tulle, fils de Pierre, frère cadet de Jean-Baptiste, 
que ses charges à la cour et ses riches bénéfices satisfaisaient pour le 
moment et qui accepta plus tard l'évêché de Séez. Cf. Séez. 

Louis-Charles, quoique cadet, précéda son frère dans la voie des 
honneurs ecclésiastiques, l'un et l'autre protégés par Jean-Gilles du 
Coetlosquet, leur parent, dont nous venons de parler. 

Docteur et prieur de Sorbonne, vicaire général de Poitiers, officiai 
de Bordeaux, Louis-Charles fut nommé évêque de Limoges le 3 sep- 
tembre 1758, et sacré à Versailles le 14 janvier 1759 dans la chapelle 
du roi, il prit possession le 19 mars suivant. 

Il défendit chaudement les Jésuites en 1762. Devint abbé des Vaux- 
de-Cernay, 1766, de Saint-Jean-d'Angély, 1774, quoique déjà nanti par 
Clément XIV et Louis XV, des menses de Grandmont 1772. 

Il avait sollicité dès 1767 auprès de la commission des Réguliers, et 
c'est en cela qu'il est inexcusable, la suppression totale de l'Ordre de 
Grandmont pour des motifs qu'il est difficile de justifier 1 . 

Les relations de l'évêque de Limoges avec Turgot, intendant du 
Limousin, n'ont rien de commun avec les affaires ecclésiastiques. 

Député aux Etats généraux, l'évêque de Limoges s'opposa énergi- 
quement aux innovations ; puis il émigra en Allemagne avec son frère 
l'évêque de Séez. 

Il refusa de se démettre en 1801, tout en accordant ses pouvoirs au. 
nouvel évêque de Limoges, qui n'en avait pas besoin. 

f à Munster, le 28 mars 1808, set. 86, es. 50. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LIMOGES 

Nous mettons à part Saint-Martial de Limoges, abbaye sécularisée 
en 1535. 
0. S. B. vir. S. Augustinus Lemov., Saint- Augustin de Limoges. 

S. Martinus Lemov., Saint-Martin de Limoges. 

Maimacum, Saint-Léger de Maymac, C. S. M. 

Solemniacum, Saint-Pierre de Solignac, C. S. M^ 

1. L. Guibert. Debtruction de V ordre et de l'abbaye de Grandmont, in-8, 1877; 
art. VI et XII. 



ÉVÊCHÉ DE LIMOGES 117 



0. S. B. vir. Usarchise, Saint-Pierre cTUzerches, G. S. M. 

Agedunum vel Acedunum, Saint - Etienne d'Almn, 

G. S. M. 
Bellus locus, Saint-Pierre et Saint-Paul de Beaulieu, 

G. S. M. 
Vosii, N.-D. de Vigeois, G. E. 
fem. Régula, La Règle, à Limoges. 
Bona Sania, Bonnesaigne. 
Allodii, Les Allois. 
SS. Trinitas de Dorato, Le Dorât. 
0. Gist. vir. Alba Petra, N.-D. d'Aubepierre. 
Bulium, N.-D. de Bueil. 
Bonus locus, N.-D. de Bonlieu. 
Bona aqua, N.-D. de Bonne-Aigue. 
Dalonum, N.-D. de Dalon. 
Obasina, N.-D. oVObazine. 
Pratum benedictum, N.-D. de Prébenoit. 
Palatium B. M., N.-D. du Palais. 
Columba, N.-D. de la Colombe, en règle depuis 4615. 
0. S. A. Beneventum, Saint-Barthélémy de Bénévent. 
Stirpum, Saint-Pierre de VEsterp. 
Outre ces abbayes, nous citons Grandmont, abbatia Grandimon- 
tensis, chef d'ordre, en règle sous des prieurs jusqu'en 1318, et sous 
des abbés réguliers ensuite, surtout à partir de 1603. Mais en 1772, 
l'abbaye et l'ordre entier furent supprimés par le pape Clément XIV, 
suivant le désir exprimé par la commission des Réguliers. 

Hugues du Tems donne la bulle. Si on veut connaître l'histoire de 
cette lamentable suppression, il faut lire L. Guibert, dont nous venons 
de citer l'ouvrage. 



COLLÉGIALES DU DIOCÈSE DE LIMOGES 

Saint - Junien, Saint - Léonard, Saint - Yrieix, Saint - Germain de 
Masseré, Eymoutiers, Guéret, Le Dorât, Aubusson, Brives, Uzerches, 
Noailles, Turenne. 



118 PROVINCE DE BOURGES 



TUTELA, TULLE 

Siège épiscopal érigé en 1317 par Jean XXII, sur un siège abbatial 
préexistant. Le diocèse de Tulle était fort peu étendu. 

Cf. Historiœ Tutelensis libri très, auctore Stephano Baluzio Tutelensi, in-4. Pari- 
siis, typogr. regia, 1717. 

33. — Humbert ANGELIN, 33 e évêque de Tulle. 

Né à Paris, était fils de la nourrice du roi, d'où vint à quelques plai- 
sants l'idée de le nommer V évêque Téton. Aumônier de la reine ; abbé 
de Marsillac. 

Nommé évêque de Tulle le 4 octobre 1680 pour succéder à Mascaron, 
qui venait d'être transféré à Agen 1 , il fut sacré le 18 mai 1681. 

Sa notoriété, si ce n'est pas sa gloire, est d'avoir siégé au rang des 
évêques dans l'Assemblée de 1682. 

Démissionna en 1702. Resta abbé de Ham (Noyon). 

f à Paris, 26 juin 1720, set. ? es. 40. 

34. — André-Daniel de BEAUPOIL de SAINT-AULAIRE (S. Eula- 

RIA, BALUZE). 

Né le 16 juin 1651 en Limousin, était fils de Daniel et de Guyonne 
de Blot, frère de François-Joseph, le poète académicien, qui mourut 
nonagénaire en 1742. 

André-Daniel était vicaire général de Périgueux. 

Nommé évêque de Tulle le 18 avril 1702, sacré le 3 octobre, prit 
possession le 14 janvier 1703. 

Etablit à Tulle en 1706, les Sœurs de la Charité de Nevers dont la 
supérieure, Marcelline Pauper, mourut à Tulle le 25 juin 1708, en 
odeur de sainteté, proclamée par l'évêque. 

C'est sur cet évêque que se clôt le troisième et dernier livre de 
Baluze. 

Démissionne en 1720. 

f 18 novembre 1734. 

1. Celui-ci et son prédécesseur Guron, transféré à Comminges, vivaient encore et 
sont loués par Baluze, dans son Histoire de Tulle, d'après leurs communications 
écrites ou verbales. 



EVECHE DE TULLE H9 



Hugues du Tems dit : f 4720, sans parler de la démission ; il se 
trompe. 

35. — Louis-Jacques Ghapt de RASTIGNAC. 

Né en 1684, en Périgord, troisième fils de François, seigneur de 
Rastignac, et de Jeanne- Gabrielle Touchebœuf, était docteur en théo- 
logie. 

Nommé évêque de Tulle le 29 décembre 4720, fut sacré le 4 er février 
4722, aux Jésuites de Luçon, par Lescure, en même temps que le 
coadjuteur de Poitiers, Foudras de Gourcenay. 

Ayant pris possession de son siège, il gouverna bien son petit dio- 
cèse ; mais n'y resta pas deux ans. 

Transféré à Tours, octobre 4723. Cf. Tours. 

36. — Charles du PLESSIS D'ARGENTRÉ. 

Né le 46 mai 4673, au château d'Argentré de Bretagne, était fils 
d'Alexis et de Marguerite de Tanoarn, élève de Saint-Sulpice, abbé de 
Guingamp, 4699, docteur de Sorbonne en 4700, aumônier du roi, 4709, 
vicaire général de Tréguier. 

Nommé évêque de Tulle le 26 octobre 4723, sacré le 40 juin 4725 au 
séminaire Saint-Sulpice, il résida, confessant, visitant les moribonds, 
prêchant souvent, s'occupant beaucoup de ses prêtres, et cependant 
travaillant sept heures par jour à ses ouvrages, v. g. Collectif) judicio- 
rum...; zèle, fermeté contre le Jansénisme, politesse, simplicité. 

f à Tulle, 27 octobre (septembre) 4740, set. 67, es. 47. 

N. B. — Il a laissé un grand nombre d'ouvrages solides, philoso- 
phiques, théologiques et ascétiques en latin et en français. Son éloge par 
M. de Mabaret est inséré dans les Mémoires de Trévoux, février 4743. 

Il était oncle du futur évêque de Limoges, Louis-Charles, dont nous 
venons de parler, et de l'évêque de Séez, Jean-Baptiste, dont nous 
parlerons en son lieu. 

37. — François de BEAUMONT* D'AUTIGHAMP. 

Né en 4690, fils de Charles-Just, était grand doyen de la cathédrale 

1. On peut voir dans Moreri, la Généalogie de Beaumont, soit à propos de cet 
évêque de Tulle, soit à propos de son illustre parent Christophe de Beaumont, 
archevêque de Paris. 



420 PROVINCE DE BOURGES 



d'Angers, ami du saint évêque Vaugirault; abbé d'Oigny (Autun) 1736, 
sans faveur aucune. 

Nommé évêque de Tulle en 1740, sacré le 11 juin 1741. 

Refusa l'évêché de Senlis en 1754, accepta en 1761 l'abbaye de la 
Victoire (Senlis). Cette année-là, il écrivit une lettre touchante en faveur 
des Jésuites au Chancelier, 9 novembre 1761 . 

f à Tulle, 11 novembre 1761, set. 71, es. 21. Son oraison funèbre, 
par Melon de Pradou, mérite d'être lue. 

— Nicolas-Bonaventure THIERRY, chancelier de l'Université de 
Paris. 
Nommé évêque de Tulle en 1761, refusa. 

38. — Henri-Joseph-Claude de BOURDEILLES. 
Né le 7 décembre 1720 dans le diocèse de Saintes. 

Servit quelque temps dans les mousquetaires ; fut ordonné prêtre en 
1746, abbé de la Trinité de Vendôme, 1753, vicaire général de Prémeaux 
à Périgueux. 

Nommé évêque de Tulle en mai 1762, sacré le 12 décembre ; il se 
montra doux dans les formes, zélé dans les principes, charitable. 

Transféré à Soissons, 1764, pour succéder à Fitz-James, il y fit beau- 
coup de bien. Cf. Soissons. 

39. — Charles-Joseph de RAFFÉLIS de SAINT-SAUVEUR. 

Né en 1725 dans le diocèse d'Orange, était archidiacre d'Amiens et 
vicaire général du saint évêque G. de La Motte, abbé d'Orbestier. 

Nommé évêque de Tulle en 1764, sacré le 27 janvier 1765. Abbé de 
Montiéramey (Troyes) 1770. 

Il remplit ses fonctions avec zèle et dignité. En janvier 1791, il 
repoussa les avances des constitutionnels qui voulaient le garder, 
comme évêque de la Corrèze. C'est à son refus qu'ils élurent Brival. 

Accablé de tristesse, l'évêque se retira. 

f à Paris, 28 avril 1791, set. 66, es. 27. 

ABBAYE DU DIOCÈSE DE TULLE 

0. Cist. Valeta (Vallis lseta), N.-D. de la Valette. 



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BURDIGALENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE BORDEAUX 



La province romaine qui se nommait sous les derniers empereurs 
seconde Aquitaine et dont la métropole était Bordeaux, forma de bonne 
heure une province ecclésiastique, comprenant les pays qui ont été 
nommés plus tard Guyenne, Périgord, Angoumois, Saintonge, Aunis 
et Poitou. 

Dans cette province on compte dix sièges ou diocèses. C'est d'abord 
le siège archiépiscopal, Burdigalen., Bordeaux. Il y a ensuite neuf sièges 
épiscopaux que nous énumérons non dans l'ordre géographique qui 
serait le plus naturel, mais dans l'ordre alphabétique, qui est le plus 
commode. Ce sont: Aginnen., Agen; Gondomien., Condom; Engolis- 
men., Angoulême; Lucionen., Luçon; Petrocoren.,Pm#wew#;Pictavien., 
Poitiers; Rupellen., LaRochelle; Santonen., Saintes; Sarlaten., Sarlat. 

Cf. Gallia Christiana, Tomus II, anno 1720 editus. — Aïmanach Royal, années 
successives. — Hugues du Tems, Le Clergé de France, Tome II, de la page 177 à la 
page 643. 

Nous faisons observer que Hugues du Tems, écrivant en français et suivant 
strictement l'ordre alphabétique des noms français, place Bordeaux avant Bourges*, 
il met Besançon avant l'une et l'autre. C'est l'inverse du latin de la Gallia, qui nous 
commande : Vesuntio, Burdigala, Bituricae ; mais c'est logique. 



BURDIGALA, BORDEAUX 

Cf. Fisquet, France Pontificale, Bordeaux, 1 vol. in-8. 

Avant d'être métropole dans l'ordre ecclésiastique, et même dans 
l'ordre civil, Bordeaux eut des évoques. De là vient en grande partie 



122 PROVINCE DE BORDEAUX 



l'écart considérable qui existe dans le nombre ordinal que nous allons 
signaler, une fois pour toutes, en tête de la série archiépiscopale 
suivante : 



ARCHEVÊQUES DE BORDEAUX 

77 (65). — François d'ESCOUBLEAU, cardinal de SOURDIS. 

Né en 1575, créé cardinal le 3 mars 1598, sacré archevêque de 
Bordeaux en 1599, est compté ou comme le 77 e évêque ou comme 
le 65 e archevêque. 

f 8 février 1628, œt. 53, es. 29. 

78. — Henri d'ESCOUBLEAU de SOURDIS, frère du cardinal, était 
évêque de Maillezais, fut transféré à Bordeaux en 1628 pour y rem- 
placer son frère. Tout archevêque qu'il était, il aida Louis XIII à faire 
la guerre sur mer et sur terre. 

f à Auteuil le 18 juin 1645, aet. 51, es. 23. 

79. — Henri de BÉTHUNE, neveu de Sully, fut d'abord évêque de 
Bayonne, puis de Maillezais, enfin archevêque de Bordeaux en 1646. 

f 11 mai 1680, set. 76, es. 51. 

80. — Louis d'ANGLURE de BOURLEMONT. 

Né en 1617 à Anglure, diocèse de Troyes, septième fils de Claude, 
seigneur de Bourlemont, Louis fut auditeur de Rote pour la France de 
1657 à 1679, résidant ainsi à Rome vingt-deux ans consécutifs. 

Il avait refusé en 1668 le siège de Tournai, en 1669 celui de Lavaur. 
Mais il accepta en mars 1679 le siège de Fréjus, pour lequel il fut sacré 
à Rome le 1 er octobre, et dont il ne prit pas possession. Car il se laissa 
transférer à Carcassonne dès le mois de janvier 1680. 

Prit-il possession de ce nouveau siège par procureur? c'est possible. 
Mais il n'alla pas à Carcassonne, ayant accepté le 6 septembre suivant 
sa nomination au siège de Bordeaux, vacant par la mort de Henri de 
Béthune. Il venait d'assister à la petite Assemblée, quand il reçut ses 
bulles. 

C'est lui qui alla représenter la province de Bordeaux, avec l'évêque 
de La Rochelle, à la grande Assemblée de 1682. Son long séjour à 



ARCHEVÊCHÉ DE BORDEAUX 423 

Rome, sa connaissance du droit canonique et plusieurs raisons de 
haute convenance ne l'avaient pas arrêté. 

Rentré dans son diocèse, il y résida, déploya un grand zèle contre 
les Protestants, avant et après la révocation de l'édit de Nantes. Il 
confia son séminaire aux Prêtres de la Mission. 

f à Rordeaux le 9 novembre 1697, aet. 70, es. 18. 

— Henri de RISSY, évêque de Toul, nommé archevêque de 
Rordeaux le 25 décembre 1697, refusa. Cf. Toul. 

— Henri de RARILLON, évêque de Luçon, passe pour avoir aussi 
refusé le siège de Rordeaux. 

81. — Jean-Raptiste-Armand RAZIN de RESONS. 
Transféré d'Aire, mars-juillet 1698. Cf. Aire. 

Le nouvel archevêque trouvait à Rordeaux son frère Louis, qui était 
intendant de la Guyenne. 

Il allait cependant souvent à Paris soit pour voir son frère le 
maréchal soit pour assister aux Assemblées du clergé. C'est lui qui fit 
adopter par une Assemblée la nouvelle édition de la Gallia Christiana. 

Sous la Régence, il dut rester plus longtemps dans la capitale, en sa 
qualité de membre du Conseil. 

Il fit publier en leur temps dans son diocèse les bulles Vineam et 
Unigenitus. Il établit à Rordeaux, en 1715, l'hospice des Enfants 
trouvés. 

Le crédit de son frère Jacques, maréchal de France, l'ayant fait 
nommer par le Régent archevêque de Rouen, avril 1719, il accepta. 
Cf. Rouen. 

82. — François-Élie de VOYER de PAULMY d'ARGENSON. 
Transféré d'Embrun, 1719. Cf. Embrun. 

Fidèle aux lois de la résidence et des visites pastorales, il ne montra 
pas moins de zèle que ses deux prédécesseurs immédiats pour convertir 
les Protestants, et il se défia plus qu'eux du Jansénisme. 

Il fit réimprimer les décrets des conciles tenus à Rordeaux en 1583 
et en 1624 pour mieux maintenir la discipline. 

f à Rordeaux 25 octobre 1728, set. 72, es. 27. 



424 PROVINCE DE BORDEAUX 

— Henri de BELSUNCE, évêque de Marseille, à qui le cardinal de 
Fleury proposa le siège de Bordeaux, refusa. 

83. — François-Honoré LANGELOT de MANIBAN de GASAUBON. 
Transféré de Mirepoix, 4729-1730. Cf. Mirepoix. 

Ayant pris possession, il se distingua, par une résidence stricte, par 
ses visites pastorales réglées et de fréquentes prédications. 

Il était en même temps très charitable et fort pieux. Aussi fut-on 
surpris qu'il eût supprimé ou renvoyé 46 fêtes chômées jusque-là. 

Très aimé de son vivant, le saint archevêque fut vivement regretté 
de tous à sa mort. 

f à Bordeaux 29 juin 4743, set. 59, es. 22. 

Les auteurs de la Gallia Christiana, mal informés sans doute sur ce 
prélat, se contredisent formellement pour ce qui concerne la mort. 

— Jean - Chrétien de Macheco de PRÉMEAUX, évêque de 
Périgueux, nommé archevêque de Bordeaux le 8 septembre 4743, 
ayant refusé de quitter son siège, amena la permutation dont nous 
allons parler. 

84. — Louis- Jacques d'Audibert de LUSSAN. 

Né au château de Bain-sur-Bain (Baix-sur-Bhône), diocèse de Viviers, 
en 4703, fut d'abord capitaine de cavalerie, puis ecclésiastique, 
Sulpicien, docteur en théologie et professeur au séminaire d'Angers, enfin 
vicaire-général de Joseph-Alphonse de Valbelle à Saint-Omer. 

Nommé évêque de Périgueux le 8 septembre 4743, en même temps 
que J.-G. de Prémeaux, était nommé archevêque de Bordeaux, il fut 
arrêté court par le refus que celui-ci opposa à sa translation. 

Lussan fut alors nommé archevêque de Bordeaux, au mois de 
novembre 1743 et sacré le 22 avril 4744 ; il ne fit son entrée que le 
28 novembre 4745. Il reçut en 4748 l'abbaye de Froidmont (Beauvais). 

Durant son épiscopat, il promulgua trois jubilés, s'associa aux joies 
et aux deuils de la nation, établit la fête du Sacré-Cœur de Jésus. S'il 
ne prit nullement part à la commission des Réguliers, il ne se montra 
pas non plus ardent pour sauver les Jésuites, qui pourtant faisaient 
beaucoup de bien à Bordeaux. C'est-là qu'aboutit la modération de ce 
prélat, d'ailleurs estimable. 

f d'apoplexie à Bordeaux, 45 novembre 4769, set. 66, es. 25. 



ARCHEVÊCHÉ DE BORDEAUX 125 

85. — Ferdinand-Maximilien-Mériadec de ROHAN-Guémené. 
Né à Paris le 7 novembre 1738, était le 4 e fils d'Hercule Mériadec, 

duc de Montbazon, et de Louise-Gabrielle-Julie de Rohan-Soubise, 
grand-prévôt de Strasbourg, tréfoncier de Trêves, abbé du Mont-Saint- 
Quentin, etc. 

Nommé archevêque de Bordeaux, le 26 décembre 1769, préconisé 
le 29 janvier 1770, il fut sacré le 8 avril suivant dans l'église de la 
Sorbonne par son frère, Louis-René-Édouard, coadjuteur de Strasbourg. 

Il fit son entrée solennelle à Bordeaux treize mois plus tard, le 5 mai 
1771, retourna aussitôt à Paris, gouvernant de loin et dotant généreuse- 
ment son diocèse. 

Transféré à Cambrai, 4 février - 2 avril 1781. Cf. Cambrai. 

86. — Jérôme-Marie Champion de CICÉ. 
Transféré de Rodez, 4 février - 2 avril 1781. Cf. Rodez. 

Il prit sans retard possession de son siège, mais n'y resta pas 
assidûment, ayant accepté d'entrer dans la commission des Réguliers. 

Le diocèse de Bordeaux ne paraît pas lui avoir gardé rancune ; on 
voyait tant de qualités en lui. ( 

Élu par son clergé député aux États-Généraux, l'archevêque de 
Bordeaux fut un des premiers de son Ordre qui s'unit au Tiers. 
Devenu garde des sceaux, du 4 août 1789 au 21 octobre 1790, il contre- 
signa la Constitution civile du clergé. 

Cette faute grave, il se la reprocha publiquement le reste de sa vie. 
Il refusa le serment schismatique, émigra finalement à Londres, où, 
quoique déchiré par les médisances et les calomnies des autres émigrés, 
dénué de secours, de consolations et de sympathies, il se comporta 
dignement. Il faut lire dans Theiner, Affaires de France, les lettres 
touchantes de l'évêque de Luçon, qui recommande à la pitié du 
Souverain-Pontife son métropolitain malheureux. 

Le pape l'avait chargé en 1792 d'administrer le siège vacant de 
Saintes ; il le chargea en 1793 du diocèse de Condom, qui venait de 
vaquer. 

Dès le 8 octobre 1801, l'archevêque de Bordeaux envoya au pape sa 
démission pleine et entière, se distinguant ainsi de la plupart des 
évêques français, qui étaient réfugiés à Londres et de son propre frère, 
Jean-Baptiste, évêque d'Auxerre, réfugié en Allemagne. 

En 1802, l'archevêque démissionnaire de Bordeaux, fut nommé et 
institué archevêque d'Aix. 



126 PROVINCE DE BORDEAUX 

Son nouveau diocèse comprenant les deux départements des 
Bouches-du-Rhône et du Var, qui correspondaient à six anciens 
diocèses, exigea de lui un travail immense, qu'il ne déclina pas, malgré 
son âge. 

f à Aix, le 22 août 1810, œt. 75, es. 40. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BORDEAUX 

0. S. B. vir. Sancta Grux Burdigalensis, Saint-Croix de Bordeaux. 
Silva Major, Sauve-Majeure ou La Grande-Sauve. 
S. Maria de Aquistriis, N.-D. de Guistres { . 
S. Salvator de Blavia, S. Sauveur de Blaye. 
0. Gist. vir. Bonus locus vel Risus Agni, N.-D. de Bonlieu ou du 
Carbonblanc. 
Faisia vel Faeria, Faise ou la Faire. 
0. S. A. Burgum, S. Vincent de Bourg 2 . 

Insula in Medulco, Vide en Médoc. 
S. Romanus de Blavia, S. Romain de Blaye. 
Vertolium aut Vertullum, S. Pierre de Verteuil. 
0. Preem. Plana Silva, Pleine Selve. 



COLLÉGIALES 

Outre Sainte-Croix de Bordeaux, qui était à la fois abbaye et chapitre, 
nous notons S. Seurin, S. Severinus, et S. Émilion, S. Emilianus, sans 
prétendre tout énumérer. 

1. Le célèbre Peyresc (Nie. Cl. Fabry de), fut abbé de Guistres depuis 1618 jusqu'à 
sa mort, le 24 juin 4637. 

2. Cl. F. Houtteville, abbé de Bourg depuis 1723 jusqu'à sa mort, le 8 novembre 
1742, était natif de Paris. Ayant fait partie de l'Oratoire 18 ans, il devint secrétaire 
du cardinal Dubois, membre de l'Académie française, apologiste de la religion. 

Il est en effet l'auteur d'un ouvrage capital intitulé : La vérité de la religion 
Chrétienne prouvée par les faits. In-4. 1722. 



ÉVÊCHÉ d'agen 127 



AGINNUM, AGEN 

Cf. Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen, par l'abbé Barrère : 
2 vol. in-4. Agen, 1855 et 1856. 
Cet auteur cite souvent Labrunie, historiographe local du XVIII e siècle. 

69. — Jules MASCARON, 69* évêque d'Agen. 

Né à Marseille en 1634, entré à l'Oratoire à l'âge de 16 ans, il devint 
de bonne heure un prédicateur distingué en province, à Paris, à la 
cour. 

Louis XIV l'ayant nommé évêque de Tulle, il fut sacré en 1671. Tout 
en gouvernant son petit diocèse de façon à mériter les éloges que lui 
prodigue Baluze dans son Histoire de Tulle, Mascaron continua de 
monter dans les plus hautes chaires et d'y briller. 

Le siège d'Agen étant venu à vaquer par la mort de Claude Joly, le 
21 octobre 1678, Louis XIV y nomma l'évêque de Tulle en février 1679; 
Innocent XI lui fit expédier ses bulles quelques mois plus tard. 

Mascaron partit aussitôt pour son nouveau diocèse ; il y fit son entrée 
solennelle le 1 er mai 1680. Par ses visites dans les cantons peuplés de 
Huguenots, par ses catéchismes et ses instructions, par les missions 
qu'il fit donner, il obtint 26,000 abjurations, avant la Révocation de 
Fédit de Nantes et sans le secours des dragons. Il glorifiait ainsi Dieu 
bien mieux que s'il avait assisté à l'Assemblée de 1682. 

En 1686, il construisit un hôpital général, sorte de manufacture, où 
les pauvres étaient recueillis et travaillaient, s'ils pouvaient. 

L'évêque d'Agen prêcha encore des stations, des sermons ou des 
oraisons funèbres en dehors de son diocèse ; mais il se faisait un devoir 
d'y résider le plus possible. 

f à Agen le 16 novembre 1703, aet. 70, es. 32. 

70. — François HÉBERT, lazariste 1 . 

Né à Tours en 1651, d'une famille parisienne, il entra chez les 
Lazaristes en 1670, devint professeur de théologie à Sens, puis curé de 
Versailles, chaud partisan de la morale sévère. 

Nommé évêque d'Agen par le crédit de Bossuet, son protecteur, il 

1. Cf. Dom Th. Bérengier, Belsunce, Tome I, le chapitre III en entier. 



128 PROVINCE DE BORDEAUX 

se fit sacrer par Noailles à Versailles dans son église paroissiale le 
dimanche du Bon Pasteur, 6 avril 1704. Le samedi suivant, il assista 
Bossuet mourant, et l'enterra pontificalement à Meaux quelques jours 
après. 

Ayant fait son entrée le 17 juin, il commença ses visites pastorales, 
inaugura les conférences ecclésiastiques, fonda les Minimes, établit les 
Visitandines, s'aida de son diocésain Belsunce, à qui il avait donné les 
pouvoirs de vicaire.-général. 

Malheureusement il garda des accointances jansénistes, qui lui firent 
tort, malgré ses qualités réelles et sa rétractation de 1728, peu de 
temps avant sa mort. 

f à Paris le 20 août 1728, œt. 78, es. 25. 

Il laissait des écrits historiques sur Versailles, sur Madame de 
Maintenon, etc., qui sont restés inédits ; ses sermons seulement ont 
été publiés. 

71. — Jean d'Yse de SALËON. 
Né en 1669 à Grenoble d'une famille honorable, jusque-là peu 

connue, était docteur en théologie, homme d'expérience et de grande 
vertu, quand il fut chargé d'administrer le diocèse de Senez après le 
concile d'Embrun. Cf. Senez. 

Il continua d'administrer ce malheureux diocèse l'année suivante 
malgré sa nomination à l'évêché de Digne, et ne cessa qu'en 1729. 

Nommé en effet cette année-là évêque d'Agen et préconisé, il se fit 
sacrer le 16 avril 1730 par l'évêque de Saintes, Léon de Beaumont. 

Par sa piété, sa science, son orthodoxie, il répara les fautes de son 
prédécesseur, en faisant revivre le souvenir de Mascaron. Pour avoir 
censuré le Quesnellisme, contrairement à la prétendue loi du silence, 
il fut exilé en Auvergne par le Parlement de Bordeaux ; mais il ne 
surveilla pas moins activement la doctrine de son clergé, jusqu'à sa 
translation au siège de Rodez en 1734-1735. Cf. Rodez. 

72. — Joseph-Gaspard-Gilbert de CHABANNES. 

Né à Riom en 1702 de la branche de Pionsac, descendait de 
Dammartin et de la Palisse. 

Docteur en théologie et Prieur de Sorbonne, agent-général du clergé, 
vicaire-général de Rastignac à Tours. 

Nommé évêque d'Agen en 1735, sacré le 29 janvier 1736, il prit 
possession, fonda une maison du Bon-Pasteur. 



ÉVÊCHÉ d'agen 129 



ce II avait, dit Labrunie, une grande facilité à parler et à écrire, de 
l'esprit, du cœur surtout ; mais ces qualités dégénérèrent souvent en 
une faiblesse de caractère qui lui valut des amertumes. Il refusa 
pourtant l'archevêché de Bayonne » (de Bordeaux, sans doute). 

Nous voudrions savoir au juste quelles amertumes éprouva cet 
évêque par suite de s*, faiblesse de caractère, et quel parti il prit en 
1762, sur la fin d'un épiscopat que Barrère qualifie de long et stérile 9 

f à Monbran, château des évêques d'Agen, le 26 juillet 1767, aet. 65, 
es. 32. 

73. — Jean-Louis d'Usson de BONAG. 

Né en 1734 à Paris (à Soleure en Suisse, s'il faut en croire Barrère 
et Hugues du Tems), était fils de Jean-Louis, marquis de Bonac, 
illustre diplomate, et de Françoise-Marie de Gontaut-Biron. 

Il embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique, devint vicaire- 
général de Bourges. 

Nommé évêque d'Agen le 1 er novembre 1767, il fut sacré le 14 février 
1768 et fit son entrée le 30 octobre suivant. 

Il reconstruisit le palais épiscopal, répara sa cathédrale, se fit estimer 
de son clergé. 

Député aux États-Généraux de 1789, il ne se sépara pas de la majorité 
de ses collègues. Mais il se distingua surtout par la noble fierté avec 
laquelle le premier de tous, en pleine Assemblée nationale, il refusa le 
serment schismatique, 4 janvier 1791. Peu de mois après, il émigra en 
Bavière. 

Malheureusement, en 1801, il refusa net sa démission, qu'il ne donna 
qu'en 1815. 

f à Paris le 11 mars 1821, aet. 87, es. 53, étant alors premier 
aumônier du roi Louis XVIII. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AGEN 

0. S. B. Sancti Gervasius et Protasius de Aziis ad Oldum, Essay ou 
Eyssès-sur-Lot. 

S. Maurinus, Saint- Maurin. 
0. Cist. B. Maria de Gondonio, Gondon-les-Montastruc. 

B. Maria de Periniaco, Pérignac. 

y 



130 PROVINCE DE BORDEAUX 



L'abbaye bénédictine de Clairac, Clara-Aqua, était sécularisée depuis 
1604 et unie à Saint-Jean-de-Latran. 



CONDOMIUM, CONDOM 

Le siège de Condom, érigé par Jean XXII en 1317, ne compte pas 
encore quatre siècles d'existence. Il est enclavé dans la province 
d'Auch à peu près autant que le diocèse de Bazas dans la province de 
Bordeaux. 

21. — Jacques de Goyon de MATIGNON, 21 e évêque de Condom. 

Né en 1643 à Thorigny-sur-Vire dans la Basse-Normandie, fils de 
François, comte de Thorigny et d'Anne Malon de Bercy, était frère de 
Léonor, évêque de Lisieux. L'un et l'autre eurent pour neveu François- 
Léonor-Jacques, qui par son mariage avec l'héritière de Monaco, en 
1715, est devenu la tige des princes actuels de Monaco. 

Le célèbre Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Condom, ayant fait 
sa démission le 31 octobre 1671 , Jacques de Matignon fut désigné pour 
lui succéder en 1672, et se fit sacrer en avril 1673. 

Fut-il plus fidèle aux lois de la résidence que son prédécesseur, qui 
ne vint point à Condom? Nous Fignorons. Mais nous savons qu'éloigné 
ou présent, il favorisa les Jansénistes et leur doctrine. 

On fut tout étonné qu'en 1693, n'ayant pas encore cinquante ans, 
ayant à peine vingt ans d'épiscopat, il donnât sa démission. L'étonne- 
ment dut redoubler, quand on le vit survivre 34 ans à sa démission. 

Il avait gardé la riche abbaye de Saint- Victor de Marseille, qui lui 
valait trente mille livres de rentes. 

f à Paris, 15 mars 1727, œt. 84, es. 54. 

— Mathieu Isoré d'HEBVAUT, nommé évêque de Condom le 
8 septembre 1693, ayant été nommé archevêque de Tours le 1 er novembre 
suivant, oublia Condom. Cf. Tours. 

22. — Louis MILON. 

Né à Tours en 1658 d'une famille de robe, était chanoine de Saint- 



ÉVÊCHÉ DE CONDOM 131 



Martin à Tours, aumônier du roi, quand il fut associé à Fénelon dans 
les missions de Saintonge en 1686. 

Nommé évêque de Condom le 1 er novembre 1693, il se fit sacrer le 
14 février 1694 à Paris dans l'église Saint-Louis des Jésuites. 

Dans son diocèse, il fonda un hôpital, qu'il confia aux Filles de la Foi ; 
rebâtit le palais épiscopal ; donna des gages aux Jansénistes, renchéris- 
sant encore sur son prédécesseur. 

f à Condom le 24 janvier 1734, set. 76, es. 40. 

23. — Emmanuel-Henri-Timoléon de COSSÉ-BRISSAC. 

Fils d'Artus-Timoléon-Louis, duc de Brissac, et de Marie-Louise 
Béchameil de Nointel, il naquit à Paris le 12 octobre 1698. 

Abbé de Fontfroide (Narbonne) et de Saint-Urbain (Ghâlons), il devint 
aumônier du roi en 1725, agent-général du clergé en 1730. 

Nommé évêque de Condom en 1735, sacré le 22 janvier 1736, il 
administra son diocèse de haut et de loin. 

f à Paris le 26 août 1757, set. 59, es. 22. 

24. - Louis-Joseph de MONTMORENCY-LAVAL. 
Transféré d'Orléans, 1757. Cf. Orléans. 

Dégoûté de son premier diocèse, parce qu'il y avait rencontré des 
difficultés, il se dégoûta promptement du second, qui avait été infecté 
de jansénisme sous Matignon et Milon, sans pouvoir s'assainir sous 
leur successeur. 

Transféré à Metz, 8 septembre 1760. Cf. Metz. 

25. — Etienne-Charles de Loménie de BRÏENNE. 

Cet homme justement qualifié « suae patriae non minus quam 
Ecclesiae odiosus », était le second fils de Nicolas-Louis, comte de 
Brienne et d'Anne-Gabrielle Chamillart. Il naquit à Paris en 1727, fut 
pourvu de riches bénéfices de très bonne heure. 

En 1751, il présenta une thèse erronée à la Sorbonne ; il fut néan- 
moins reçu docteur en théologie l'année suivante, quoiqu'il fût déjà 
profondément engagé dans le parti philosophique par ses confrères 
Turgot et Morellet, qui l'avaient mis en rapport avec d'Alembert. 

Dévoré d'ambition, il étudia beaucoup, écrivit sur la tolérance et 
d'autres sujets analogues. Conclaviste du cardinal de Luynes en 1758, 



432 PROVINCE DE BORDEAUX 

il revint de Rome en France pour briguer les bénéfices dont Jarente 
avait alors la feuille. 

Nommé évêque de Gondom le 8 septembre 1760, et sacré le 
44 janvier 1761, il se fit donner encore quelques bonnes abbayes. 
Étant député de sa province à l'Assemblée du clergé en 1762, il s'unit 
à la majorité des prélats, pour réclamer en faveur des Jésuites. Cette 
attitude ne lui nuisit pas. 

Il fut transféré h Toulouse en 1763. Cf. Toulouse. 

26. — Alexandre-César d'ANTERROCHES, dernier évêque de 
Condom. 

Né en 1721 dans le diocèse de Saint-Flour, était chanoine-comte de 
Brioude, vicaire-général de Cambrai. 

Nommé évêque de Condom et préconisé aussitôt, il se fit sacrer à 
Cambrai dès le 5 juin 1763 et s'occupa exclusivement de son diocèse, 
qui avait cruellement souffert. 

Que put-il faire aux approches de la Révolution, quand il se sentait 
vieillir ? Il eut le bonheur de prendre pour vicaire-général en 1788 
l'abbé Pierre-Paul de Faudoas, prêtre du diocèse d'Auch, qu'il deman- 
dait comme coadjuteur, et qui est devenu en 1805 évêque de Meaux. 

En 1789, il partit pour les États-Généraux. 

Le siège de Condom étant supprimé en 1791 et le diocèse enclavé 
dans le département du Gers, l'évêque émigra. 

f à Londres le 28 janvier 1793, set. 72, es. 30. 

L'administration du diocèse vacant fut confiée par Pie VI à l'archevêque 
de Bordeaux, Champion de Cicé, déjà chargé d'administrer le diocèse 
de Saintes, qui était vacant depuis les massacres de septembre 1792. 

Il n'y a aucune abbaye dans le diocèse de Condom. Mais on y compte 
deux collégiales : Larroumieu et Le Mas d'Agenois. 



ENGOLISMA, ANGOULÊME 

Cf. Mighon (l'abbé). Chronique des évoques d'Angoulême, 176 pages in-8, en 
ête de la vie de Jean- Joseph-Pierre Guigou, évêque d'Angoulême. Soulié, 1844. 
Ouvrage très superficiel. 

64. — François de PÉRICARD, 64 e ou 73 e évêque d'Angoulême. 
Né en Basse-Normandie, était neveu de trois évêques et cousin du 



ÉVÊCHÉ d'angoulême 433 



célèbre Tourville, ayant pour père Charles de Péricard et pour mère 
Esther de Costentin de Tourville. 

Nommé évêque d'Angoulême en 1646 pour remplacer Jacques 
Le Noël du Perron, qui passait au siège d'Évreux, il se fit sacrer aux 
Carmélites de Paris par le fameux coadjuteur, Paul de Gondi, le 
25 août 1647. 

Il fut l'un des fauteurs du jansénisme, du moins en 1668. 

La ville d'Angoulême lui fut redevable d'un hôpital-général pour les 
pauvres, d'un Hôtel-Dieu pour les malades et d'un séminaire. 

En 1673, il bénit solennellement la grotte de Saint-Cybard. 

f 29 septembre 1689, set. ?, es. 42, léguant sa bibliothèque au sémi- 
naire et ses ornements à la cathédrale. 

65. — Cyprien- Gabriel Bénard de RÉSAY. 

Fils de Cyprien, conseiller d'État, il naquit en 1651 (1657); était 
docteur de Sorbonne, abbé de la Grâce-Dieu (La Rochelle). 

Nommé évêque d'Angoulême le 1 er novembre 1689, il administra 
sans doute le diocèse en qualité de vicaire capitulaire. C'est après trois 
ans d'attente qu'il put se faire sacrer, le 24 août 1692. 

Il confia aux Lazaristes le séminaire fondé par son prédécesseur et 
qui venait d'être achevé. En 1720, il interdit les Jésuites du collège 
d'Angoulême, et favorisa ostensiblement les Jansénistes. Mais à la suite 
du concile d'Embrun, il se rétracta, ainsi que les autres fauteurs de la 
secte, le cardinal de Noailles en tête. 

Sa charité le fit aimer des pauvres. 

f à Angoulême le 5 janvier 1737, set. 86 (80), es. 45. 

66. — François du VERDIER. 

Né en 1678 dans le Limousin, avait été avocat du roi à Limoges avant 
d'être ecclésiastique. 

Ordonné prêtre, il devint doyen d'Angoulême, vicaire-général du 
précédent évêque, auquel il fut appelé à succéder, quoique sexagénaire. 

Sacré le 10 mars 1738, il reçut l'abbaye de Saint-Cybard en 1746, 
répara sa cathédrale, où il tint un synode le 8 mai 1753, peu de mois 
avant de mourir. 

f à Angoulême le 21 septembre 1753, aet. 75, es. 16. 

67. — Joseph-Amédée de BROGLIE. 

Né en 1710 à Arles, était fils de Jean-Joseph Broglio (de Broglie), 



134 PROVINCE DE BORDEAUX 

de la branche établie en Provence depuis 1637 mais rattachée à l'illustre 
famille qui donna successivement trois maréchaux de France durant le 
XVIII e siècle. 

Entré de bonne heure dans la carrière ecclésiastique, Joseph-Amédée 
fut redevable de son avancement à ses mérites personnels et non au 
crédit de ses parents. 

Boyer le fit nommer évêque d'Angoulême en 1753 ; préconisé sans 
retard, le nouvel évêque put se faire sacrer le 4 mars 1754, et se mit 
aussitôt à l'œuvre. Le diocèse était en souffrance depuis plus d'un 
siècle, comme on le conclut facilement de tout ce que nous venons 
de dire. Il était même bien tard pour appliquer les remèdes 
efficaces. 

L'évêque d'Angoulême ne se découragea point. Ayant choisi pour 
vicaire-général le savant, aimable et pieux Bareau de Girac, que nous 
verrons plus tard occuper le siège de Saint-Brieuc et le siège de 
Rennes, il combattit l'erreur, le relâchement et les autres vices. 

Il écrivit une fort bonne lettre au chancelier de France, le 29 novembre 
1761, en faveur des Jésuites, qu'il voyait faire beaucoup de bien au 
collège d'Angoulême. 

En 1777, il alla aider à mourir saintement son cousin Charles de 
Broglie, évêque de Noyon. 

f lui-même saintement en 1784, set. 74, es. 30, laissant un nom 
vénéré. 

68. — Philippe-François d'Albignac de GASTELNAU. 

Né en 1742 dans le diocèse de Mende, devint docteur de Sorbonne, 
aumônier du roi, vicaire-général de Bayeux. 

Nommé évêque d'Angoulême en 1784, il fut sacré le 18 juillet 
de cette même année et prit aussitôt le gouvernement de son 
diocèse. 

En 1789, il fit partie des États-Généraux, sans s'y distinguer dans un 
sens ni dans un autre. Son refus du serment schismatique amena 
l'élection, comme évêque de la Charente, de Pierre- Mathieu Joubert, 
qui ne tarda pas à donner du scandale. 

L'évêque légitime était émigré en Angleterre. En 1801, il refusa de 
se démettre. 

f en Angleterre 1806, œt. 64, es. 22. 



ÉVÊGHÉ DE LUÇON 135 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ANGOULÊME 

0. S. B. vir. S. Eparchius, Saint-Cybar ou Cybard. 

S. Amantius de Buxia, Saint-Amand-de-Boixe. 
fem. S. Ausonii Parthenon, Saint-Ausone. 
0. Gist. Bornetum, N.-D. de Bournet. 

Grossum Boscum vel Pons vivus, Grosbos, en règle. 
0. S. A. Cella Fruini, La Celle-Frouin. 

Corona, La Couronne. 



COLLÉGIALE 

Blanziacum, Blanzac. 



LUCI0, LUÇON 

En l'an 4317, le pape Jean XXII érigea un siège épiscopal dans 
l'abbaye de Luçon, assignant tout le Bas-Poitou comme circonscription 
au nouveau diocèse. 

Cf. Histoire des moines et des évêques de Luçon, par l'abbé du Tressay ; 3 vol. 
in-8, Paris, Lecoffre, 1869. 

Cet auteur s'appuie sur l'histoire des évêques de Luçon, encore inédite, 
composée par Jean de Beauregard, vicaire-général de Luçon avant et pendant la 
Révolution, depuis évêque d'Orléans. 

31. — Henri de BABILLON, 31 e évêque de Luçon, cinquième 
successeur de l'illustre Bichelieu dans ce titre- 
Né le 4 mars 1637 au château d'Amboise où Jacques, son père, était 
alors détenu, fut élevé d'abord avec ses trois frères à la maison pater- 
nelle dans un milieu gallican ou janséniste, puis à Saint-Magloire, où il 
fit de bonnes études, ne manquant ni d'intelligence ni d'autres qualités. 
Nommé évêque de Luçon en 1671 pour remplacer Nicolas Colbert, 



436 PROVINCE DE BORDEAUX 

qui venait d'être transféré à Auxerre, il se fit sacrer à Saint-Magloire 
le 5 juin 1672. 

Cet évêque mérite de justes éloges pour sa piété, sa régularité, ses 
austérités, sa bienfaisance et son zèle. Il refusa, paraît-il, deux 
archevêchés. Ainsi nous sommes d'accord avec le P. Ingold, de 
l'Oratoire *. 

Mais il approuva le Rituel oVAlet ; il donna son nom et son concours 
au Catéchisme des trois Henri (d'Angers, de Luçon et de La Rochelle). 

f à Paris le 6 mai 1699, set. 62, es. 27, mal opéré de la pierre. 

32. — Jean-François Salgues de Valderiès de LESGURE. 

Né le 5 janvier 1644 au château de Lescure près Albi, élève des 
Jésuites et des Sulpiciens, très éclairé, très droit et fort pieux, fit 
longtemps des missions dans les Gévennes pour ramener les Protestants. 

Il était vicaire général d'Albi, quand il assista comme député du 
second ordre à l'Assemblée de 1682. 

Nommé évêque de Luçon le 7 juin 1699, et pourvu aussitôt de ses 
bulles, il put se faire sacrer à Paris par Noailles dès le 8 novembre 
suivant. 

Ayant pris possession, il commença ses visites pastorales, donna 
lui-même des missions, en fit donner par les Jésuites, par le B. Louis 
Grignion de Montfort et par d'autres. Il surveilla l'enseignement de 
ses prêtres; confia son séminaire aux Jésuites, excluant ainsi les 
Oratoriens ; interdit le Catéchisme des trois Henri ; démasqua en 1710 
de concert avec son ami Ghampflour, évêque de La Rochelle, les 
Jansénistes nouveaux ou Quesnellistes. 

Sa charité ne brilla pas moins que son zèle : il agrandit l'hôpital, etc. 
Par tous ces actes, il mérita l'amour de tous les catholiques, de ses 
diocésains surtout, et s'attira la haine méprisante des Jansénistes. 

f dans la maison de campagne des évêques, à Ghâteauroux près 
Luçon, le dimanche de la Trinité, 23 mai 1723, set. 80, es. 24. 

Le vertueux évêque de La Rochelle était venu assister son ami 
durant ses derniers moments. Il présida à ses obsèques le lendemain 
dans la cathédrale de Luçon. 

1. Brochure de 111 p. in-8, publiée chez Poussielgue en 1885, sous ce titre : 
Archives de Vévêché de Luçon. 



EVECHE DE LUÇON 137 



33. — Mighel-Celse-Roger de RABUTIN de Bussy. 

Deuxième fils du fameux Rabutin, comte de Bussy, Michel était 
doyen de Tarascon, abbé de Bonnevaux (Nevers), très mondain et de 
plus ami de Voltaire. 

Nommé évêque de Luçon le 17 octobre 1723 et sacré le 20 février 
1724, il se hâta de prendre possession, pour ne plus faire ensuite que 
des apparitions dans son diocèse. Il fut reçu de l'Académie française 
pour remplacer Houdart de la Mothe. 

Quoique très différent de ses deux prédécesseurs, comme ecclé- 
siastique, Rabutin cependant imita Lescure sous le rapport de la 
doctrine ; il poursuivit à outrance les Jansénistes qui l'ont décrié et 
vilipendé à leur aise. 

f à Paris le 31 octobre 1736. set. 67, es. 13. 

34. — Guillaume-Samuel de VERTHAMON de Chavagnag. 

Né en 1693 à Limoges, était neveu de Jean-Jacques de Verthamon, 
évêque de Gouserans, 1708-1725, et petit-neveu du P. Pierre de 
Verthamon, S. J, Provincial de France en 1678. A la mort de son 
oncle, dont il était vicaire-général, il devint doyen de Limoges. 

Nommé évêque de Luçon en 1737, il se fit sacrer le 2 février 1738 et 
prit immédiatement possession. 

Esprit étroit et taquin, homme sans cœur, livré corps et âme aux 
Jansénistes, il favorisa les Appelants, lutta contre son chapitre, en 
majorité orthodoxe et tracassa les Jésuites entre autres le P. Bonnin, 
lança une instruction pastorale contre le P. Pichon. 

Ayant fait reparaître le Catéchisme des trois Henri, que les Jésuites 
de Luçon refusèrent d'accepter, il les interdit de la confession, de la 
prédication et de l'enseignement de la théologie. Malgré l'appel du 
P. Michelin, recteur du collège de Luçon, appuyé par le P. Nectoux, 
recteur du collège de Poitiers, les Jésuites durent quitter leur collège 
le 3 juin 1758. 

Cet exil en présageait un autre que l'évêque n'avait pas prévu, qu'il 
eût peut-être déploré. 

f à Luçon, 1 er novembre 1758, aet. 65, es. 21. 

35. — Glaude-Antoine-François-jacquemet Gaultier d'ANCYSE. 
Né en 1707 dans le diocèse de Bourges, était docteur et prieur de 

Sorbonne, vicaire-général de Bourges. 



138 PROVINCE DE BORDEAUX 

Nommé évêque de Luçon en 1758, il fut sacré le 29 avril 1759. 

Il eut beaucoup de peine à rétablir le calme dans son diocèse ; mais 
il y réussit par la patience, le tact et la fermeté. On lui doit des statuts 
synodaux. C'est lui qui introduisit à Luçon la liturgie parisienne. 

f 27 octobre 1775, set. 68, es. 17. 

36. — Marie-Charles-Isidore de MERGY. 

Né au château de Maubec, diocèse de Vienne, le 3 février 1736, grand 
archidiacre de Sens, conclaviste du cardinal de Luynes en 1775, il était 
rentré en France après l'élection de Pie VI. 

Nommé évêque de Luçon le 17 novembre 1775, il se fit sacrer le 
18 février 1776. 

Régulier, instruit, poli, mais trop'grand seigneur, il eut la chance de 
trouver et d'employer pour gouverner son diocèse les deux frères 
Brumauld de Beauregard. 

Député de son clergé aux États-Généraux, il se tint fort bien. Il resta 
à son poste, malgré l'évêque constitutionnel Rodrigue, jusqu'en 1792. 

Étant alors passé en Suisse et de là à Ravenne, au lieu de féliciter ses 
héroïques diocésains de la Vendée, il leur envoya de sévères mande- 
ments, retira même les pouvoirs à son courageux vicaire-général Jean 
de Beauregard, sauf à les lui rendre ensuite. Plus tard, il écrivit des 
lettres moins dures, qui sont rapportées par Theiner, Affaires de 
France. L'évêque de Luçon s'honora surtout par les charitables 
sympathies qu'il montra à l'archevêque de Bordeaux, Champion de 
Cicé, retiré en Angleterre. 

De Ravenne l'évêque de Luçon se rendit à Venise, enfin à Vienne. 

Ayant donné sa démission en 1801, il fut nommé archevêque de 
Bourges le 19 germinal an X (9 avril 1802) et institué aussitôt par le 
cardinal-légat. Il put en neuf ans réorganiser le culte catholique dans 
les deux départements du Cher et de l'Indre, la lutte entre Pie VII et 
Napoléon n'étant pas encore parvenue à son point extrême. 

f à Bourges le 22 février 1811, 33t. 75, es. 35. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LUÇON 

0. S. B. Orbisterium, Saint-Jean-Baptiste-d'Orbestier. 
Brolium Herbaldi, Breuil-Herbaud. 



ÉVÊCHÉ DE PÉRIGUEUX 139 



0. S. B. Granataria, N. -D. de la Grenetière. 

Insula Calveti, Gongr. Camald. N.-D. de VIsle-Chauvet. 
de la congrégation des Camaldules. 
0. Cist. Brolium Grolandi, Boisgroland. 

B. Maria de Alba, La Blanche en Noirmoutier. 
Trisagium, Trisay. 
0. S. A. B. Maria de Fontanellis, Fontenelles. 

B. Maria de Anglis, Angles. 
0. Praem. Locus Dei in Jardo, Lieu-Dieu en Jard. 
Les abbayes de Saint-Michel en VHerm, S. Michael in Eremo, et de 
Talmond, S. Grux de Talmundo, avaient été unies à quelque établisse- 
ment. Talmond pourtant était retombée en commende avant la fin du 
XVIIP siècle. 



COLLEGIALE 

Une surtout Montaigu, Mons Acutus, était connue. 



PETR0C0ILE, PÉRIGUEUX 

Siège très ancien, avec juridiction sur tout le Périgord jusqu'en 1317, 
année où fut érigé le siège de Sarlat. 

78. — Guillaume LE BOUX, 78 e évêque de Périgueux. 

Il était né à Souzay ou à Pernay près Saumur, le 13 juin 1621, d'une 
famille obscure et pauvre. N'ayant pu entrer chez les Capucins, il fut 
admis à l'Oratoire, devint bon prédicateur, même à la Cour où il fut 
goûté en 1657. 

Nommé évêque d'Acqs l'année suivante, il put se faire sacrer seule- 
ment le 4 avril 1660. S'il avait contracté à l'Oratoire quelque accoin- 
tance avec le jansénisme, il n'en fit plus rien voir après son sacre. 

Transféré d'abord à Mâcon, puis à Périgueux, le 15 décembre 1666, 
pour remplacer Gyrus de Villers-la-Faye, il fit preuve de la plus louable 
orthodoxie. 



140 PROVINCE DE BORDEAUX 

C'est lui qui fit unir le chapitre de la cathédrale à la collégiale de 
Saint-Front. 
f 4 août 1693, œt. 72, es. 34. 

79. — Daniel de FRANCHEVILLE. 

Né à Vannes, le 21 juin 1648, de parents aussi pieux que nobles, 
était neveu de la vénérable Catherine de Francheville, fondatrice des 
maisons de Retraite. Il fut d'abord avocat royal au Parlement de 
Bretagne, puis se décida pour l'état ecclésiastique. 

Nommé évêque de Périgueux le 8 septembre 1693, Daniel se fit sacrer 
à Paris, le 17 janvier 1694, dans l'église de la maison professe des 
Jésuites, et prit possession de son siège le 30 mai suivant. 

Pieux, mortifié, charitable, vrai père des pauvres, l'évêque de 
Périgueux eut au plus haut degré le zèle des âmes. Il fit donner partout 
des missions, favorisa l'œuvre des retraites, etc. 

•J- à Périgueux le 20 mai 1702, set. 54, es. 9, en odeur de sainteté. 

Il fut enterré à la Visitation dans la Cité. 

80. — Pierre CLÉMENT. 

Né à Besançon, fut vicaire-général de Jacques-Nicolas Colbert à 
Rouen. 

Nommé évêque de Périgueux, aussitôt après Ja mort de Daniel de 
Francheville, il se fit sacrer à Rouen dès le 29 octobre 1702, et vint 
remplacer, sans prétendre le faire oublier, son saint prédécesseur. 

f 6 janvier 1719, set. ?. es. 17. 

81. — Michel d'ARGOUGES. 

Né à Paris en 1685, était docteur en théologie, abbé de Jouy (Sens). 

Le siège de Périgueux était vacant depuis deux ans quand Michel y 
fut nommé, le 8 janvier 1721. Ayant reçu ses bulles le 16 juin, il se fit 
sacrer le 3 août suivant. 

Comme son prédécesseur immédiat, il suivit la route tracée sans 
dévier ni à droite ni à gauche. 

f 13 novembre 1731, 38t. 46, es. 11. 

82. — Jean-Chrétien de Macheco de PRÉMEAUX. 

Né à Dijon, le 15 mai 1697, d'une famille originaire de Nuits, étail 
frère puîné de Jean-François, évêque de Couserans, 1726-1752. Il étail 
vicaire-général de Sens. 



ÉVÊCHÉ DE PÉRIGUEUX 141 



Nommé évêque de Périgueux , fin 1731, il fut sacré le 25 mai 1732, prit 
possession sans retard et s'acquit une réputation de science, de pru- 
dence et de vertu qui attira les regards de Boyer, ministre de la Feuille. 

L'archevêché de Bordeaux vacant, par la mort de Maniban, 29 juin 
1743, fut offert à Jean-Chrétien. Mais celui-ci ne voulut pas s'éloigner 
de Périgueux, où il était aimé et faisait du bien. 

Il écrivit au chancelier de France, le 25 septembre 1761, une bonne 
lettre en faveur des Jésuites. 

f au Château-l'Évêque le 28 novembre 1771, set. 74, es. 41. 

— Louis- Jacques d'Audibert de LUSSAN. 

Nommé évêque de Périgueux, le 8 septembre 1743, mais arrêté par 
la résolution de l'évêque, fut nommé archevêque de Bordeaux à sa 
place. Cf. Bordeaux. 

83. — Gabriel-Louis de ROUGÉ. 
Vicaire-général de Séez. 

Nommé évêque de Périgueux en 1771, fut sacré en mai 1772 ; mais 
il mourut au mois de novembre suivant, sans avoir pu montrer ce qu'il 
était. 

84. — Emmanuel-Louis de GROSSOLES de Flamarens. 
Transféré de Quimper, où il était depuis peu. Cf. Quimper. 
Nommé évêque de Périgueux le 22 avril 1773, il prêta serment au 

roi le 3 juillet et muni de ses bulles, il partit pour son diocèse. 

Évêque pieux, généreux et régulier, il gardait cependant quelque 
chose de brusque et de fier, qui rappelait l'ancien officier d'artillerie *.. 

En 1789 ne se voyant pas élu député aux États - Généraux , il 
s'échappa de Périgueux, émigra peu après, abandonnant ainsi la 
place aux constitutionnels qui élurent pour évêque l'ignoble Pontard. 

L'évêque émigré de Périgueux refusa net sa démission en 1801, 
fomenta de la sorte au moins indirectement la Petite-Église. Il ne 
rentra même pas en France à la première Restauration. 

f à Londres, juin 1815, set. 80, es. 44. 

1. Dans un moment de vivacité, il donna un soufflet à son domestique. Mais se 
repentant aussitôt, il lui demanda pardon et le gratifia d'un louis. 



142 PROVINCE DE BORDEAUX 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE PÉRIGUEUX 

Nommons en premier lieu Chancelade, Cancellata, 0. S. A., abbaye 
en règle depuis le vénérable Alain de Solminihac, f 31 décembre 1659. 
Cette abbaye était la tête d'une congrégation réformée. 
0. S. B. vir. Brantosmum, Brantosme. 

Turturiacum, Tourtoirac. 
fem. B. M. de Ligurio, Ligueux. 

Albugia, Le Bugne. 
0. Cist. B. M. de Petrosa, La Peyrouse. 

B. M. de Bosco Cavo, Boschaud. 
0. S. A. B. M. de Castris, N.-D. de Chastres. 



COLLÉGIALES 

Saint-Front de Périguèux, collégiale ancienne, fut unie au chapitre 
de la cathédrale sous Tépiscopat de G. Le Boux. Saint-Astier et Saint- 
Sauveur d'Aubeterre, anciennes abbayes, étaient devenues collégiales. 



PICTAVI, POITIERS 

Siège épiscopal très ancien, qui a eu l'honneur d'être occupé par un 
Père de l'Église, saint Hilaire, et d'avoir appuyé les premiers pas de 
saint Martin. Le diocèse, malgré la division de Luçon au XIV e siècle, 
reste un des plus étendus de la France. 

102. — Hardouin Fortin de la HOGUETTE, 102 e évêque de 
Poitiers. 

Né dans le diocèse de Saintes en 1643, était fils de Pierre, gouver- 
neur de Blaye, et d'une sœur de Hardouin de Péréfixe. 

Grâce à son oncle, il obtint un canonicat à Paris. Il fut plus tard 
nommé évêque de Saint-Brieuc, et sacré le 3 mai 1676. 

Transféré à Poitiers le 19 janvier 1680, pour remplacer Gilbert de 



ÉVÊCHÉ DE POITIERS 143 



Clérembault 1 , qui venait de mourir, il fut préconisé le 27 mai suivant 
et prit aussitôt possession. 

Sa grande occupation fut de catéchiser les Huguenots, très nombreux 
dans son diocèse. Il dédia solennellement l'église abbatiale de Saint- 
Maixent, le 3 août 1682. Ne se trouvait-il pas mieux dans ces fonctions 
épiscopales que dans l'Assemblée, qui se tenait alors à Paris ? 

Il quitta cependant Poitiers, dès qu'il eut reçu le brevet royal du 
13 novembre 1685, qui le nommait archevêque de Sens, quoiqu'il n'eût 
pas ses bulles. Cf. Sens. 

— Armand de QUINGEY, abbé de Saint-Léonard de Ferrières 
(Poitiers), nommé évêque de Poitiers en 1685, refusa. Il mourut 
en 1688. 

103. — François-Ignace de Baglion de SAILLANT. 
Transféré de Tréguier, 1686-1692. Cf. Tréguier. 

Le pape Innocent XI refusant absolument leurs bulles aux évêque s 
nommés par Louis XIV après l'Assemblée de 1682, les refusa particu- 
lièrement à François-Ignace qui avait siégé dans cette Assemblée au 
rang des évêques. 

Celui-ci administra-t-il le diocèse de Poitiers dans l'intervalle avec un 
titre quelconque? C'est possible. Ce qui est certain, c'est que préconisé 
enfin par Innocent XII, il fut un évêque très édifiant. 

f à Poitiers le 26 janvier 1698, set. 64, es. 21. 

Son éloge funèbre fut prononcé par le P. Jacques Chesnon, S. J. 

\ 

104. — Antoine GIRARD de La Bornât (La Bournat). 

Né en 1656 dans l'Auvergne d'une famille de robe, était docteur en 
théologie, abbé de Pontlevoy (Blois), précepteur du comte de Toulouse. 

Son frère Louis, docteur de Sorbonne et abbé d'Arborel (Castres), 
membre de l'Académie française, f 13 avril 1747, est connu par plu- 
sieurs ouvrages. 

Nommé successivement évêque de Toul, de Boulogne et de Poitiers, 

1. Cet évêque avait succédé, après une vacance réelle de six années à Henri- 
Louis-Chasteigner de La Rocheposay, f 30 juillet 1651 , set. 74, es. 40, sous l'épisco- 
pat duquel avaient eu lieu à Loudun les événements extraordinaires, marqués 
diversement par les noms d'Urbain Grandier, de Laubardemont, de Kériolet, de 
Surin, etc. 



144 PROVINCE DE BORDEAUX 

Antoine accepta ce dernier siège, reçut ses bulles et se fit sacrer 
19 octobre 1698. 

Pieux et zélé prélat, il fut enlevé prématurément. 

f à Poitiers le 2 mars 1702, set. 46, es. 4. 

Son oraison funèbre fut prononcée par le P. Ducros, S. J. 

— Maurice Le PELETIER, Sulpicien, supérieur du séminaire 
d'Angers, fils de Claude, surintendant des finances, nommé évêque de 
Poitiers, 1702, refusa malgré les plus vives supplications. 

— Charles-Mathurin Lény de COATELEZ, vicaire -général de 
Vannes, député suppléant du second ordre à l'Assemblée de 1682, 
proposé pour l'évêché de Poitiers, fut repoussé par le roi lui-même. 

— Jean Trotti de la CHÉTARDIE, curé de Saint-Sulpice de Paris, 
nommé évêque de Poitiers, refusa court. 

105. — Jean-Claude de la Poype de VERTRIEU. 
Né en 1654, était comte de Lyon. 

Nommé évêque de Béziers le 14 avril 1702, de Poitiers le lendemain, 
il reçut ses bulles pour ce dernier siège, fut sacré le 12 novembre 1702, 
était en même temps abbé de Gaillac (Albi). 

Hugues du Tems a dit de lui : « C'est un des plus saints évêques 
qui aient gouverné l'église de Poitiers. On doit à ses soins la théologie 
dite de Poitiers ». Nous souscrivons à cet éloge, en le fondant sur des 
titres moins contestables, régularité, piété, orthodoxie. 

Dans la vingtième année de son épiscopat, il demanda et obtint pour 
coadjuteur celui qui suit. 

f à Poitiers le 3 février 1732, aet. 78, es. 30. 

Nous avons son oraison funèbre, dont nous ne connaissons pas 
l'auteur. 

106. — Jérôme-Louis de Foudras de COURCENAY. 
Neveu ou cousin, coadjuteur et successeur du précédent. 

Il était né en Bourgogne, d'une famille originaire du Lyonnais, vers 
l'année 1685. Il aidait l'évêque de Poitiers, quand celui-ci l'obtint du 
Régent pour coadjuteur, le 8 janvier 1721. 

Ayant reçu ses bulles, il fut sacré évêque de Tlos (Tloanus) par 



ÉVÊCHÉ DE POITIERS 145 



Lescure dans l'église des Jésuites de Luçon le 1 er février 1722. Pendant 
dix ans, il suppléa l'évêque vieux et infirme, avec les revenus de 
l'abbaye de Saint-Liguaire (Saintes). 

Devenu évêque de Poitiers, il gouverna sagement et pieusement. 

f 14 août 1748, set. 63, es. 27. 

Son oraison funèbre fut prononcée par M. Arnault. 

107. — - Jean-Louis de la Marthonie de GAUSSADE. 

Né à Périgueux en 1712, il fut élève de Saint- Sulpice, excellent 
catéchiste, devint docteur de Sorbonne en 1742, puis vicaire-général 
de Saint- Aulaire à Tarbes. 

Nommé évêque de Poitiers en 1748, il fut sacré le 18 mai 1749. 
« Pieux, instruit, mais froid », dit de lui Ms r Allou, « il déplut et se déplut 
à Poitiers. Aussi se laissa-t-il volontiers transférer à Meaux en 1759. 
Cf. Meaux. 

Il avait publié une nouvelle édition de la théologie de Poitiers. 

108. — Martial-Louis de Beaupoil de SAINT- AULAIRE. 

Né le 1 er janvier 1719 d'une branche cadette de la famille limousine 
qui avait donné un évêque à Tulle, un autre à Tarbes, puis un Acadé- 
micien célèbre mort en 1742 et un autre en même temps homme d'État 
de nos jours, le propre neveu de Martial-Louis. 

Celui-ci était fils de Louis, seigneur de Gorre, et de Françoise 
Guingaud. 

Il avait 40 ans accomplis, quand il fut nommé évêque de Poitiers, le 
15 février 1759 ; il put se faire sacrer dès le 13 mai suivant. Peut-être 
trompa-t-il les calculs des Feuillants qui l'avaient fait nommer. 

Car il défendit énergiquement les Jésuites, combattit vigoureuse- 
ment les Jansénistes, qui le détestèrent ainsi que son vicaire-général 
d'Aviau, que nous verrons archevêque de Vienne et de Bordeaux. 

Député aux États-Généraux, l'évêque de Poitiers refusa solennelle- 
ment le serment schismatique, protesta contre l'élection de René 
Lecesve, premier évêque constitutionnel, puis contre le sacre de 
Charles Montault, son successeur. 

Il émigra en Suisse. 

f à Fribourg en 1798, œt. 79, es. 39. 



10 



146 PROVINCE DE BORDEAUX 



ABBAYES DU DIOCESE DE POITIERS 

0. S. B. vir. S. Gyprianus Pictaviensis, Saint-Cyprien de Poitiers. 

S. Jovinus de Marais, Saint-Jouin-de-Marnes. 

S. Maxentius, Saint-Maixent. 

Nantolium in Valle, Nanteuil-en- Vallée. 

Carrofum, Charroux. 

Nobiliacum, Nouaillé. 

S. Maria de Allodiis, Les Alleuds. 

Ferrariae S. Leonardi, Février es. 

Campus bonus seu Cambonium, Chambon. 

B. Maria de Sede Brignoni, La Sye-en-Brignon. 

Quinciacum, Quinçay. 

S. Maria de Morellis, Moreaux. 
fem. Parthenon Sanctae Crucis, Sainte-Croix de Poitiers. 

SS. Trinitas Pictaviensis, Sainte-Trinité de Poitiers. 

Bona Vallis prope Thoarcium, Bonneval-les-Thouars. 
0. Gist. B. Maria de Castellariis, Les Châtelliers. 

Valentia, Valence. 

B. Maria de Bonis Vallibus, Bonnevaux. 

Misericordia Dei, La Merci-Dieu. 

B. Maria de Pinu, Le Pin. 
0. S. A. Gella S. Hilarii, La Celle Saint-Hilaire à Poitiers. 

Gella Sanctae Mariae, Notre-Dame de Celle près Niort. 

S. Launus Thoarcensis, Saint-Laon de Thouars. 

S. Severinus, Saint-Severin. 

S. Maria Regalis, N.-D. de la Réau. 

Sancta Crux de Anglo, Angle. 
Fons Gomitis, Fontaine-le-Comte. 
Nous signalons à part Fontevrault, Fons Ebraldi, chef d'Ordre, dont 
les constitutions diffèrent de toutes les autres. 

Nous signalons aussi Montiemeuf, monasterium novum, prieuré 
célèbre à Poitiers, de l'ordre de Gluny. 

Nous ne comptons plus Airvaux, Châtillon, VÉtoile, Saint-Savin 
anciennes abbayes sécularisées depuis plus ou moins longtemps. 



ÉVÊCHÉ DE LA ROCHELLE 147 



COLLEGIALES 

On en compte 48 dans le diocèse, dont quatre à Poitiers même, 
savoir : Saint-Hilaire-le-Grand, Sainte-Radegonde (Sancta Radegundis), 
Notre-Dame-la-Grande, Saint-Pierre-le-Puellier (S. Petrus Puellaris). 

Nous omettons les autres. 



RUPELLA, LA ROCHELLE 

En l'an 4317, le pape Jean XXII avait érigé un siège épiscopal à 
Maillezais, en lui assignant pour circonscription FAunis et une partie 
de la Saintonge. C'est ce même siège qui fut transporté à La Rochelle 
par le pape Innocent X, le 4 mai 4648. 

Cf. Documents pour servir à l'histoire des diocèses de Saintes et de La Rochelle, par 
L. Audiat ; in-8, Pons, 1882. — Briand, Histoire de Véglise Santone et Aunisienne, 
3 vol. in-8, La Rochelle 1833 : ouvrage gâté par la déclamaiion qui y règne. 

Le premier évêque qui vint siéger à La Rochelle fut Jacques RAOUL 
de la Guibourgère, précédemment évêque de Maillezais, « episcopus 
Malleacensis ». Il mourut à La Rochelle le 46 mai 4664. 

Nous allons énumérer les successeurs d'après d'autres sources et un 
peu d'après l'ouvrage mal fait de l'abbé Briand, dont nous venons de 
donner le titre complet. 

2. — Henri-Marie de LAVAL-Boisdauphin, second évêque de La 
Rochelle, 26 e évêque de Maillezais. 

Deuxième fils de Philippe-Emmanuel, marquis de Sablé, et de 
Madeleine de Souvré, petit-fils d'Urbain, maréchal de France, Henri- 
Marie naquit en 4620, fut baptisé le 2 mars, la reine Marie de Médicis 
étant sa marraine. 

Il avait été sacré évêque de Saint-Pol-de-Léon le 47 août 4652. A la 
mort de Jacques Raoul, premier évêque de La Rochelle en 4664, il fut 
désigné pour occuper le siège vacant. 

Gomme sa mère, la fameuse marquise de Sablé, il était tout dévoué 



148 PROVINCE DE BORDEAUX 

aux Jansénistes, donnait sa confiance à Michel Bourdaille, l'un des 
coryphées de la secte. Il fut un des 19 évoques qui en 1664 appuyèrent 
les 4 évêques rebelles. Il donna un nouveau gage à la secte en 
publiant de concert avec Henri Arnauld, évêque d'Angers, et Henri de 
Barillon, évêque de Luçon, le Catéchisme des trois Henri. 

Un pareil évêque était donc bien placé dans l'Assemblée de 1682, 
dont il fit partie. Mais il ne se compromit pas. 

Lié d'amitié avec le saint curé Moreau, il fonda une maison de la 
Mission à Fontenay en 1676, soutint Fénelon et ses missionnaires en 
1686, employa aussi les Jésuites. Il alla jusqu'à demander Fénelon 
pour coadjuteur. 

f 22 novembre 1693, set. 74, es. 42. 

En lui s'éteignait la branche cadette de Laval, qui avait duré plus de 
deux siècles et n'avait pas été sans gloire. Les autres branches de la 
maison de Laval ont subsisté jusqu'à nos jours, ainsi que la branche 
aînée de Montmorency. Mais aujourd'hui, 1890, toutes sont éteintes. 

3. — Charles-Madeleine Frezeau de la FREZELIÈRE. 

Né le 4 septembre 1654, était fils de François, lieutenant-général de 
l'artillerie et gouverneur de Salins. Il fut lui-même colonel de dragons, 
avant d'entrer dans l'état ecclésiastique. 

C'est au séminaire des Missions étrangères qu'il étudia la théologie. 
Abbé de Saint-Sauveur-le-Vicomte (Coutances), il se retira quelque 
temps dans son abbaye. 

Devenu vicaire-général de Strasbourg, il donna des missions 
fructueuses. En 1692, il déploya un dévouement héroïque au service 
des soldats. 

Nommé évêque de La Rochelle le 24 décembre 1693, il se fit sacrer 
le 27 juin 1694 à Paris, au noviciat des Jésuites, et résigna aussitôt son 
abbaye. 

Arrivé à La Rochelle, il confia son séminaire aux Jésuites ; travailla 
à convertir les Calvinistes de sa ville épiscopale et des alentours ; 
maintint la discipline ecclésiastique avec fermeté, mais sans amertume, 
ni rigueur. Il était aidé en tout par son vicaire-général, le savant abbé 
Hillerin, aussi pieux qu'orthodoxe, qui ne mourut qu'en octobre 1748, 
âgé de 89 ans. 

L'évêque de La Rochelle dont nous parlons ne vécut pas aussi 
longtemps. Fidèle aux lois de la résidence, des visites pastorales et 
des autres devoirs de sa charge, il s'épuisa vite. 






ÉVÊCHÉ DE LA ROCHELLE 149 

f à La Rochelle le 4 novembre 4702, aet. 48, es. 9. 
Très regretté de ses ouailles, il fut enterré par son saint ami Lescure, 
évêque de Luçon. 

4. — Etienne de GHAMPFLOUR. 

Né en 1644 dans le diocèse de Glermont, fut de bonne heure chanoine 
de la cathédrale, puis vicaire-général de son évêque, Bochart de Saron. 
Il avait étudié les lettres sous les Jésuites et la théologie sous les 
Sulpiciens, à Clermont même, avec le plus grand succès. 

« Néant, ignorant, grossier, ultramontain, abandonné aux Jésuites », 
dit Saint-Simon. « Noble de race et de caractère, champion de la vérité, 
père des pauvres, instituteur de l'enfance », ainsi parle son plus récent 
biographe 1 . 

Nommé évêque de La Rochelle le 31 décembre 1702, sacré le 10 juin 
1703, il entra immédiatement en fonctions : visites, encouragements, 
réformes. 

Ayant publiquement démasqué Quesnel, de concert avec Lescure, 
évêque de Luçon, il se trouva en conflit avec le cardinal de Noailles. 
Mais le pape Clément XI se prononça pour les deux évêques. 

Le zélé Champflour attira le P. de Montfort dans son diocèse, établit 
l'hôpital Saint-Étienne'et les Dames-Blanches à La Rochelle. Il promulgua 
de sages ordonnances ; mena constamment une vie édifiante et 
mortifiée. 

Étant allé préparer à la mort son saint ami Lescure, évêque de 
Luçon, il lui rendit les derniers devoirs, et revint se préparer lui-même 
au suprême passage, en travaillant néanmoins jusqu'au dernier jour. 

f à La Rochelle le 26 novembre 1724, aet. 80, es. 23. 

5. — Jean-Baptiste-Antoine de BRANGAS. 

Né à Pernes, diocèse de Carpentras, en 1693, était le 6 e fils de Henri, 
marquis de Céreste et de Dorothée de Cheylus. Son frère aîné, Louis, 
fut fait maréchal de France en 1741 ; un autre frère, Henri-Ignace était 
évêque de Lisieux. 

Jean-Baptiste-Antoine, reçu docteur en théologie, devint aumônier du 
roi, agent-général du clergé, etc. 

Nommé évêque de La Rochelle le 16 avril 1725, il obtint ses bulles 

1. Étude historique: Ma r Etienne de Champflour, 4 e évêque de La Rochelle, par 
l'abbé Stanislas Braud, in-8 de 78 p. avec portrait ; La Rochelle, Dubois, 1883. 



450 PROVINCE DE BORDEAUX 

le 23 juillet et se fit sacrer le 23 octobre suivant à Paris, dans l'église 
du noviciat des Jésuites. 

Arrivé à La Rochelle, il s'appliqua uniquement à continuer ses deux 
excellents prédécesseurs, Frezeau et Champflour, surtout le dernier. 
Sans faire de bruit, il étouffa les oppositions à la bulle Unigenitus. En 
moins de quatre ans il avait conquis l'estime et l'affection de tous. 

Transféré à Aix, 21 juin - 6 juillet 4729. Cf. Aix. 

6. — Augustin-Roch de MENOU de Charnizay. 

Né le 15 mai 1681 dans le diocèse d'Auxerre, était le 5 e fils d'Armand- 
François, marquis de Menou, seigneur de Gharnisay en Touraine, et 
de Françoise de Glere. 

Abbé d'Angle (Poitiers), Augustin Roch devint vicaire-général du 
vertueux Mérinville à Chartres. 

Nommé évêque de La Rochelle en 1729, il fut sacré le 10 septembre 
1730, étant déjà dans sa cinquantième année. Mais il devait atteindre 
sa quatre-vingt-septième. 

Quoique vieux et infirme, il gouverna son diocèse avec sagesse, 
piété, charité. La fermeté peut-être fit quelquefois défaut, quand elle 
eût été indispensable. On nous comprend. 

Cet évêque posa la première pierre de la cathédrale de Saint-Louis. 
Par son testament il institua l'hôpital Saint-Louis son légataire 
universel. 

f à La Rochelle le 26 novembre 1767, aet. 87, es. 38. 

Son corps fut enterré à l'hôpital où se trouve son épitaphe. 

7. — François-Joseph-Emmanuel de Crussol d'Uzès d'AMROISE. 
Né à Paris le 4 juin 1735, fils de Joseph-Emmanuel, comte d'Amboise, 

était neveu de François, évêque de Rlois, qui devint archevêque de 
Toulouse. Ayant perdu son père en naissant, François-Joseph dut à 
son oncle ce qu'il ne pouvait attendre du très noble chef de sa maison, 
le duc d'Uzès. 

Nommé évêque de La Rochelle, fin 1767, il fut sacré le 17 juillet 1768. 

Il continua sa cathédrale sans pouvoir l'achever ; bâtit au moins le 
palais épiscopal. Mais surtout il déploya une grande fermeté pour 
maintenir la discipline aux approches de la Révolution. 

f à La Rochelle le 7 juin 1789, aet. 54, es. 21. 



ÉVÊCHÉ DE LA ROCHELLE 451 

8. — Jean-Charles de COUGY. 

Né le 23 septembre 4746 au château d'Escordat près de Réthel, était 
fils de Charles-Nicolas de Gallebaut, de la branche de Coucy-Polecourt, 
et de Marie- Anne du Bois de Lauberelle. 

Protégé de la Roche-Aymon, qui le fit nommer aumônier de la reine 
et lui donna en 4777 la riche abbaye d'Igny (Reims), il attendait d'autres 
honneurs, dont la Révolution faillit lui interdire l'accès. Il eut cependant 
la chance pour lui. 

Nommé évêque de La Rochelle en 4789 et pourvu aussitôt de ses 
bulles, il fut sacré le 3 janvier 4790, dans la chapelle du séminaire 
Saint-Sulpice à Paris, par le nonce Dugnani, en même temps que 
d'Aviau, archevêque de Vienne, et Asseline évêque de Boulogne. 

Ayant pris possession, il fit beaucoup de charités, donna de bons 
conseils , qui se perdirent dans le bruit. Le siège épiscopal de La 
Rochelle étant supprimé par la Constitution civile du clergé, il adressa à 
ses diocésains, le 27 juillet 4794, une lettre d'adieu, et se retira. 

Il résida en Espagne de 4797 à 4804. C'est de là qu'il envoya au pape 
un refus motivé de sa démission. Il ne se démit qu'en 4846 pour être 
nommé l'année suivante archevêque de Reims. 

L'opposition que rencontra le concordat de 4847 retarda jusqu'en 
4824 l'intronisation du nouvel archevêque, qui mourut moins de trois 
ans après. 

f à Reims le 9 mars 4824, set. 78, es. 35. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LA ROCHELLE 

0. S. B. Absia, UAbsie-en-Gâtine. 

Bellus Fons, Belle fontaine. 
0. Cist. S. Leonardus de Calmis, Chaumes. 

Gratia Dei, La. Grâce-Dieu. 

Gratia S. M. de Caronte, Char on. 

Morolia, Moreil. 
0. S. A. Aurea Vallis, Airvaux. 

Maleolium, Mauléon. 

Niolium, Niœuil. 
Cette dernière abbaye, sécularisée en 4745, était restée en commende 
à la disposition du roi, ou redevint une commende ordinaire en 4763. 



152 PROVINCE DE BORDEAUX 

Faute de collégiales, nous signalons à La Rochelle, sans les énumé- 
rer, plusieurs communautés d'hommes et de femmes. 



SANTONES, SAINTES 

Siège ancien, illustre et d'une circonscription fort étendue, même 
après l'érection du siège de Maillezais et de La Rochelle. 

Cf. Histoire de V église Santone et Aunisienne, par l'abbé Briand ; 3 vol. in-8, La 
Rochelle, 1843 ; ouvrage historique gâté par le genre déclamatoire. — Documents 
pour servir à l'histoire des diocèses de Saintes et de La Rochelle, par L. Audiat ; in-8, 
Pons, 1882. 

71. — Guillaume de la BRUNETIÈRE du Plessis-Gesté, 71 e 
évêque de Saintes. 

Né au château du Plessis-en-Gesté, dans le diocèse d'Angers, 
en 1630, il fut élève des Jésuites à La Flèche, acheva ses études à 
Navarre, sous Nicolas Cornet. Reçu docteur de Navarre, il devint 
archidiacre de Brie dans le diocèse de Paris ; il fut l'un des vicaires 
capitulaires en 1662, se montra dès lors attaché aux saines doctrines. 

Le siège de Saintes étant venu à vaquer, le 1 er juillet 1676, par la 
mort de Louis de Bassompierre, Guillaume fut appelé à ce siège ; il se 
fit sacrer le 30 novembre 1677. 

Aussitôt installé, il fit donner des missions et il en donna lui-même 
pour instruire les Huguenots fort nombreux de la Saintonge. Plus de 
dix mille abjurations furent le fruit de son zèle, de son affabilité, de sa 
charité et de sa piété. 

Si Fénelon et ses auxiliaires purent à bon droit remercier Dieu de 
leurs heureuses courses apostoliques et de leurs succès en Saintonge, 
ils ne manquèrent pas de reporter sur le vertueux évêque de Saintes 
une partie de leurs mérites. 

Le digne évêque f à Saintes le 22 mai 1702, set. 72, es. 25. 

Son éloge funèbre fut prononcé par le P. Voisin, S. J. 

— B. de SÉNAUX, vicaire-général d'Autun, nommé évêque de 
Saintes le 3 juin 1702, d'Autun le 15 août suivant, opta pour ce dernier 
siège. Cf. Autun. 



ÉVÊCHÉ DE SAINTES 453 



72. — Alexandre de GHEVRIERS de Saint-Mauris * 

Né le 29 décembre 1653 dans le Maçonnais, était fils d'Honoré, comte 
de Saint-Mauris, et de Claudine de Damas-Thianges ; docteur de 
Sorbonne, il devint prévôt de Saint-Pierre de Mâcon le 24 décembre 4701 . 

Nommé évêque de Saintes le 15 août 1702, il se fit sacrer le 25 mars 
1703 à Paris dans l'église du noviciat des Jésuites. 

Durant son trop court épiscopat, il eut à cœur de continuer en tout son 
vertueux prédécesseur. 

f à Saintes le 3 juin 1710, set. 57, es. 7, « regretté de tous les gens 
de bien », Hugues du Tems. 

73. — - Henri-Augustin Le PILEUR. 

Né à Paris en 1650, était fils de Jean, seigneur de Grandbonne, 
auditeur aux Comptes. Pourvu des abbayes d'Épernay et de Bonnevaux, 
il était sexagénaire quand il fut nommé évêque de Saintes, le 4 avril 
1711. Il se fit sacrer à Paris le 21 décembre suivant. 

Son épiscopat, qui ne devait pas durer quatre ans, est marqué par 
un fait regrettable, l'interdit lancé en 1714 contre le P. de Montfort, 
aujourd'hui Bienheureux. Il est vrai que le prélat leva peu après sa 
censure ; mais il n'en avait pas moins frappé un coup qui retomba sur 
lui-même. 

Il donna sa démission l'année suivante, se retira à Paris, où il 
mourut le 23 février 1726, est. 76, es. 15. 



74. — Léon de BEAUMONT. 

Fils de Henri de Beaumont, seigneur de Gibaut, Usseau, etc. maré- 
chal-de-camp, et de Marie de Salignac, sœur aînée de fénelon 2 , naquit 
en 1660 au château de Gibaut en Saintonge. En 1693, il devint sous- 
précepteur du duc de Berry, Fénelon étant précepteur en titre de ce 
duc et de ses deux frères aînés. En 1638, il fut vicaire-général de son 
oncle à Cambrai. Après la mort de Fénelon, le chapitre de Cambrai, 
pour le retenir, l'élut doyen et l'installa, 23 décembre 1715. 

Nommé évêque de Saintes en 1716 par le Régent, qui n'eut pas 
toujours la main aussi bonne, il souffrit du retard de ses bulles. Il put 

1. Voir Moreri, Généalogie de Chevriers. 

2. Fénelon n'avait pas quatre ans, le 23 février 1655, quand Marie, sa sœur du 
premier lit, fut mariée à Henri de Beaumont ; et il n'avait que neuf ans à la nais- 
sance de son neveu Léon. 



154 PROVINCE DE BORDEAUX 

enfin se faire sacrer à Paris, au noviciat des Jésuites, par l'archevêque 
de Bordeaux, Bazin de Besons, métropolitain de Saintes, le 3 
juillet 1718. Il résigna aussitôt son riche doyenné de Cambrai, pour 
être tout entier à son diocèse. 

En 1720, il ne craignit pas de censurer les douze articles, Le corps 
de doctrine, que le cardinal de Noailles daignait accepter, en place de 
la bulle Unigenitus pure et simple ; il fut approuvé sur ce point par 
Clément XI. 

Vrai modèle du clergé par la science, la foi, la piété, la douceur, il 
fut estimé de tous, et très aimé de son peuple. C'est précisément ce 
qui lui a valu l'honneur d'être plus insulté que les autres dans les 
Nouvelles ecclésiastiques, surtout après sa mort. 

f à Saintes le 10 octobre 1744, set. 85, es. 27, léguant sa belle biblio- 
thèque et sa précieuse chapelle au séminaire de Saintes, où son corps 
fut enterré. On y a retrouvé son tombeau en 1836. 

L'oraison funèbre du vénérable évêque fut prononcée par le 
P. Danehil, S. J. 

75. — Simon-Pierre de LACORÉ (La Corée). 

Né au château de Saint-Ouen-lès-Paris le 2 juin 1691, était visiteur 
des Carmélites de France et vicaire-général de Léon de Beaumont à 
Saintes, abbé de Bénévent (Limoges). 

Nommé évêque de Saintes par Boyer en 1744, selon le vœu de 
Beaumont et le désir des fidèles, il fut sacré le 17 septembre 1745. 

Fidèle à la résidence, aux visites pastorales, il tint régulièrement les 
synodes diocésains. Orthodoxe, affable, très charitable, il rappela en 
tout son prédécesseur. 

Il réclama en faveur des Jésuites auprès du chancelier de France, le 
5 septembre 1761, du Parlement de Bordeaux, le 14 mars 1762. 

f d'apoplexie à son château de Douhé, le 12 septembre 1763, aet. 73, 
es. 18. Il fut enterré dans la cathédrale. 

76. — Germain CHASTEIGNIER de la Chasteigneraye. 

Né en 1716 dans le diocèse d'Agen, était comte de Lyon, aumônier 
du roi, abbé de Thiers (Clermont), de 1733 à 1750 ; devint alors abbé 
de Bourgueil (Angers). 

Nommé évêque de Saintes, novembre 1763, il fut sacré à Versailles, 
dans la chapelle du roi, le 25 mars 1764. 

Il fit de son mieux pour remplacer les Jésuites au collège de Saintes. 



ÉVÊCHÉ DE SAINTES 155 



Il eut des contestations avec son chapitre touchant les réparations de 
la cathédrale et les quatre dîners annuels ! 

Une maladie qu'il fit en 1767, suscita des prières et montra combien 
on l'aimait. 

f à Saintes le 29 septembre 1781, set. 65, es. 17. 

Il fut enterré à la cathédrale. 

77. — Pierre-Louis de la ROCHEFOUCAULD-BAYERS, dernier 
évêque de Saintes. 

Né le 13 octobre]1744 au château de Maumont, diocèse de Périgueux, 
était fils de Jean, seigneur de Maumont, et de Marie-Marguerite des 
Escaud. Il fut agent général du clergé en 1775, abbé de Vauluisant 
(Sens) en 1779. 

Nommé évêque de Saintes en 1781, et préconisé la même année, il 
fut sacré à Paris le 6 janvier 1782 et fit peu après son entrée solennelle 
à Saintes. 

Sa première visite fut pour le collège ; ses visites pastorales se firent 
régulièrement. Le pieux évêque édifia partout. 

Elu député aux Etats généraux, il lutta contre la Révolution, de 
concert avec la majorité des évoques et notamment avec son frère, 
l'évêque de Beauvais. En 1791, il protesta contre l'intrusion de Robinet 
sur le siège de Saintes, que la constitution civile du clergé avait assigné 
à l'évêque de la Charente-Inférieure. 

Après le 10 août, il fut saisi, emprisonné aux Carmes de Paris ; il y 
fut massacré le 2 septembre 1792, set. 48, es. 11. 

La mort de l'évêque, coïncidant avec la dispersion du chapitre et 
l'absence forcée du métropolitain, causèrent des embarras de juridiction, 
que touche Theiner, Affaires de France. Pie VI confia l'administration 
de Saintes à l'archevêque de Bordeaux, Champion de Cicé. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINTES 

0. S. B. vir. Angeriacum seu Angeliacum, Saint-Jean-d'Angély. 
Bassacum, Saint-Etienne de Bassac. 
Beania, Saint-Etienne de Baigne. 
Vallès S. Stephani, Saint -Etienne de Vaux. 
Fons Dulcis, N.-D. de Fontdouce. 



156 PROVINCE DE BORDEAUX 

0. S. B. vir S. Leodegarius, Saint-Léger ou Liguaire. 
Masdio seu Mansum Dionysii, Madiau. 
Tonniacum seu Tolniacum, Tonnay-Charente. 
fem. S. Maria Santonensis, N.-D. de Saintes. 
0. Gist. Frenada, La Frenade. 

0. S. A. S. Maria de Gastris, N.-D. de Chastres. 

Sabloncellse, Sablonceaux. 
L'abbaye bénédictine de Tenaille ou La Thenaille, unie au collège 
des Jésuites de Saintes depuis 1629, resta à ce collège même après le 
départ des Jésuites en 1762. 

COLLÉGIALES 

Nous en nommons seulement deux : Maigne et Taillebourg. 



SARLATUM, SARLAT 

Le siège épiscopal de Sarlat fut érigé en 1317 par le pape Jean XXII, 
sur un siège abbatial préexistant. 

Nous avons eu entre les mains, pour écrire ce qui va suivre, un Précis historique 
sur la ville de Sarlat et ses évêques, par M. l'abbé Audierne, natif de Sarlat et 
vicaire général de Périgueux. C'est un recueil factice, composé d'articles que 
Fauteur avait publiés entre 1840 et 1850, dans un annuaire local. L'exemplaire est 
unique et sera sans doute légué par l'auteur, à une bibliothèque. 

32. — François de Salignac de la MOTHE-FÉNELON *, 32 e évêque 
de Sarlat. 

Quatrième fils de François, baron de la Mothe-Fénelon, et de Marie 
de Bonneval, était l'oncle et le parrain du futur archevêque de Cambrai. 
Né en 1605, il fut de bonne heure doyen du prieuré de Garenac, en 
attendant patiemment de monter sur le siège de Sarlat qu'avaient 
occupé cinq membres de sa famille. 

Le siège devint vacant en 1658, Nicolas Sevin, évêque de Sarlat, 

1. Voir Gourcy, l re partie, p. 480 et suivantes, Généalogie de Salignac. 



ÉVÊCHÉ DE SARLAT 157 



ayant accepté d'être le coadjuteur d'Alain de Solminihac, évêque de 
Gahors. François de Salignac fut alors nommé évêque de Sarlat ; il se 
fit sacrer le 25 mai 1659. 

Il eut d'abord à réparer les ruines causées dans le Sarladais soit par 
les guerres de la Fronde, soit par des inondations et un tremblement 
de terre. Grâce aux missions qu'il donna et fit donner, il ramena beau- 
coup de Huguenots à l'Eglise. Il fonda des écoles, établit un séminaire 
à Temniac et le confia aux Lazaristes. 

Par sa douce piété, ses grandes charités, ses vertus exemplaires, il 
édifia son peuple et contribua beaucoup à former son neveu, le grand 
Fénelon. 

f à Sarlat le 1 er mai 1688, set. 83, es. 29, très regretté. 

33. — Pierre-François de BEAUVAU du Rivau 4 . 

Deuxième fils de Jacques, seigneur de la Bessière au Maine, et du 
Rivau en Poitou, et d'Isabeau de Clermont, fut abbé de Turpenay 
(Tours) en 1668. Elu par la province de Tours, député du second ordre 
à l'Assemblée de 1682, une maladie le dispensa fort à propos de s'y 
rendre. 

Nommé évêque de Sarlat en 1688, il administra en qualité de vicaire 
capitulaire, de façon à continuer Tévêque précédent ; notamment, il 
fonda l'hôpital. 

Ayant enfin reçu ses bulles, fin 1692, et s'étant fait sacrer en janvier 
1693, il bâtit le séminaire de Sarlat, embellit la cathédrale, employa les 
Jésuites et les autres religieux pour instruire son peuple. 

f à Sarlat le 23 octobre 1701, set. 76, es. 9, s'étant préalablement 
dépouillé de tout et ne laissant après lui ni biens ni dettes. 

34. — Paul de CHAULNES. 

Né à Grenoble, d'une famille de robe, était chanoine de Saint-André, 
à Grenoble, abbé de Pessan (Auch), vicaire général et officiai d'Auch. 

Nommé évêque de Sarlat en 1701, il fut sacré le 26 mars 1702 à 
Paris au noviciat des Jésuites. 

Pieux, orthodoxe et libéral, il soulagea les misères particulières et 

1. Voir Moreri, au mot Beauvau, ou Courcy, 2 e partie, p. G62 et seq. Généalogie 
de Beauvau. 



158 PROVINCE DE BORDEAUX 

publiques, surtout en 4709 ; appela les Jésuites dans son diocèse, 
publia promptement la bulle TJnigenitus. 
Il fut transféré à Grenoble en 1721. Gt. Grenoble. 

— Joseph-Alphonse de VALBELLE de Tourves. 

Nommé évêque de Sarlat le 8 janvier 1721, prit possession en per- 
sonne le 25 juillet suivant, ayant reçu ses bulles, mais n'étant pas 
encore sacré. 

Deux mois après, le 25 septembre, se voyant nommé coadjuteur de 
son oncle, évêque de Saint-Omer, il résigna Sarlat. Cf. Saint-Omer. 

35. — Denis-Alexandre LE BLANC. 

Né à Vitry en 1676, était fils de Louis, maître des Requêtes, frère 
de Nicolas, ministre de la Guerre, de François-César, évêque d'Avran- 
ches. Les trois frères avaient pour oncles le maréchal de Besons et 
l'archevêque de Rouen. 

Denis-Alexandre était curé de Dammartin en Brie, quand il fut 
nommé évêque de Sarlat, 25 septembre 1721. Quinze jours après, 
8 octobre, mourut son oncle, Armand Bazin de Bezons, archevêque de 
Rouen ; en sorte qu'il ne put être sacré par lui, le 15 mars 1722. 

Affable, bon, simple, cet évêque ne prit aucune part aux démêlés 
religieux de son temps, ce qui est peut-être un éloge. Il supprima 
quelques fêtes. 

f à Sarlat le 3 mai 1745, œt. 69, es. 25. 

36. — Henri-Jacques de MONTESQUIOU-Poylobon*. 

Né le 17 janvier 1710 au château de Balignac, près Mirande, était fils 
de Melchior, seigneur de Poylobon ou Poylebon, et de Marguerite de 
Mazères. Pourvu de deux abbayes, il fut vicaire général de Coetlosquet, 
à Limoges. 

1. La branche des seigneurs de Poylobon ou Poylebon, devenue la branche aînée 
de Montesquiou vers 1450, eut huit générations avant de s'éteindre, vers la fin du 
XVIII e siècle. C'est alors seulement que les deux branches cadettes de Marsan et 
d7 rtagnan ajoutèrent à leur nom de famille le titre de Fezensac, qui a été érigé en 
duché sous la Restauration. — Cf. Moreri au mot Montesquiou et Art de vérifier 
les dates, au chapitre Armagnac, etc. — Cf. Généalogie de la maison de Fezensac ; 
in-4. Paris, 1784. — Cf. Histoire de la maison de Fezensac, par M. le duc de Fezen- 
sac ; in-8. Paris, 1847. 



ÉVÊCHÉ DE SARLAT 159 



Nommé évêque de Sarlat, le 3 mai 1747, il se fit sacrer le 17 sep- 
tembre suivant, et prit immédiatement possession. 

Il restaura l'hôpital, le séminaire et le collège. Ce collège, il songeait 
à le confier aux Jésuites, déjà menacés et sur le point d'être bannis. 
Au lieu de se déconcerter, le courageux évêque défendit ces religieux 
dans un mandement que le Parlement de Bordeaux fit lacérer, mais 
que le pape Clément XIII combla d'éloges. 

C'est cependant Henri-Jacques de Montesquiou qui a doté son dio- 
cèse d'une liturgie particulière, Breviarium Sarlatense et d'autres 
nouveautés sarladaises. 

f saintement à Sarlat, le 19 janvier 1777, aet. 67, es. 30. 

37. — Joseph- Anne-Luc Falcombelle de Ponte D'ALBARET, 
dernier évêque de Sarlat. 

Né à Perpignan, le 18 octobre 1736, d'une famille originaire du 
Piémont, élevé au collège Louis-le-Grand, sous les Jésuites, et au 
séminaire Saint-Sulpice, était docteur en théologie, vicaire général de 
Juigné, à Châlons. 

Nommé évêque de Sarlat, le 15 avril 1777, il ne reçut ses bulles que 
neuf mois plus tard. Sacré le 4 janvier 1778, et peu après installé, il se 
fit aimer par son urbanité, sa douceur, son obligeance, son dévoue- 
ment durant une épidémie. 

Il ne fut pourtant pas élu député aux Etats généraux de 1789, pas 
plus que l'évêque de Périgueux. Le siège de Sarlat étant supprimé 
par l'Assemblée nationale, il n'eut à prêter aucun serment ; il resta 
dans la ville et se laissa élire maire. Les temps devenant trop mauvais, 
il se retira à Paris, fut un moment forcé de rechercher la protection de 
Pontard, évêque constitutionnel de la Dordogne et membre de l'Assem- 
blée législative. 

Rentré à Sarlat après thermidor, il ne put y tenir longtemps. Il finit 
par émigrer à Pignerol, puis à Turin, 1796. 

f à Turin, le 20 mai 1800, set. 64, es. 23. 

Son acte de décès, que nous avons lu, et l'épitaphe gravée sur sa 
tombe, font de lui le plus bel éloge. 



160 PROVINCE DE BORDEAUX 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SABLAT 

0. S. B. vir. Terracinum, Terrasson. 

fem. Fons Gaufferii, Fontgouffier. 

0. Gist. Caduinum, Cadouin. 

0. S. A. S. Amandus, Saint-Amand. 



COLLÉGIALES 

Nous en nommons deux : Biron et Montpazier. 



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CAMERACENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE CAMBRAI 



Presque tous les pays qui forment aujourd'hui les départements 
français du Pas-de-Calais et du Nord, les provinces belges de Flandre, 
de Hainaut , de Brabant et le royaume entier des Pays-Bas, ne 
comptaient, au milieu du XVI e siècle, que cinq sièges épiscopaux: 
Cambrai, Arras, Térouanne, Tournai et Utrecht. Une circonscription 
trop étendue rendait difficile pour ne pas dire impossible l'administra- 
tion des diocèses. Cet état de choses dura jusqu'en 1559. 

Mais cette année-là, le pape Paul IV, sollicité par Philippe II, roi 
d'Espagne et prince souverain des Pays-Bas, répartit en dix-huit 
diocèses les vastes territoires qui n'en avaient formé jusque-là que 
cinq ; et pour les soustraire à toute juridiction étrangère, il érigea trois 
sièges en métropoles : Cambrai, Malines, Utrecht. A l'archevêché de 
Cambrai, il rattacha les sièges anciens d'Arras et de Tournai, puis les 
deux sièges nouveaux de Namur et de Saint-Omer. L'archevêché de 
Malines eut sous sa dépendance les évêchés d'Anvers, de Gand, de 
Bruges, d'Ypres, de Bois-le-Duc et de Ruremonde. Les sept sièges de 
cette nouvelle province étaient tous de nouvelle création. Les arche- 
vêques d'Utrecht eurent pour suffragants les évêques de Harlem, de 
Deventer, de Leuwarden, de Middelbourg et de Groningue. 

Telles sont les dispositions de la bulle Super universas, donnée à 
Rome, près de Saint-Pierre, le 4 des ides de mai, c'est-à-dire le 12 mai 
1559. Paul IV étant mort le 18 août suivant, ce fut Pie IV, son succes- 
seur, qui confirma la bulle en la mettant à exécution, en préconisant 
les archevêques ou évêques, le 6 janvier 1560, en tenant pour non- 
avenues les réclamations intéressées que le cardinal de Lorraine, 
archevêque de Reims, lui adressa quatre ans plus tard, contre cette 
érection, qui enlevait à sa province trois évêchés : Arras, Cambrai, 
Tournai. 
Les trois nouvelles provinces, quoique formées en dehors de la 

11 



162 PROVINCE DE CAMBRAI 



France et à la sollicitation d'un souverain étranger, restent pourtant 
comprises dans l'ancienne Gaule et font partie de l'ouvrage intitulé 
Gallia Christiana, comme Cologne, Mayence, Trêves. Toutefois elles 
n'entrent dans notre plan, que le jour où elles deviennent françaises 
par droit de conquête ou en vertu d'un traité ; ce qui n'a jamais eu 
lieu pour la province d'Utrecht, et n'a eu lieu qu'un peu de temps 
pour une faible partie de la province de Malines. 

Il en a été tout autrement de la province de Cambrai. Car sauf 
l'évêché de Namur, qui n'est jamais tombé, même partiellement, sous 
la domination du roi de France, nous aurons à mentionner les évêques 
de Tournai, qui ont été nommés par Louis XIV depuis 1670 jusqu'à 
1713 ; et nous devrons énumérer, outre les archevêques de Cambrai, 
devenus français après la guerre de Dévolution, les évêques d'Arras et 
de Saint-Omer, qui appartenaient à la France depuis les traités de 
Westphalie ou du moins de Nimègue. 

Nous avons cependant une observation à faire au sujet de la nomi- 
nation royale. Le droit de nomination à un siège épiscopal ou à une 
abbaye, accordé au roi de France par le concordat de 1516, ne pouvait 
s'étendre sans un induit spécial aux évêchés et abbayes qui n'étaient 
pas de la France en 1516. Pour nous borner à la province de Cambrai, 
la bulle Super universas n'accordant pas à Philippe II le droit de nomi- 
nation, laissait aux chapitres des cathédrales et à chaque communauté 
de Réguliers l'obligation d'élire, suivant les saints canons , l'évêque, le 
prévôt, l'abbé ou le prieur, que le pape instituait ensuite. La conquête 
d'une province et son annexion à la France devaient être suivies d'un 
induit spécial ou d'une concession perpétuelle pour que le roi exerçât 
légitimement le droit de nomination , stipulé par le Concordat. 

L'observation que nous venons de faire trouve son application dans 
ce que nous allons dire de la province de Cambrai et dans ce que nous 
dirons à propos de Perpignan, de Strasbourg, des trois évêchés, Metz, 
Toul et Verdun, de Besançon, etc. 

La province de Cambrai possède cinq sièges : le siège métropolitain 
Cameracen., Cambrai; les sièges épiscopaux: Atrebaten., Arras ; 
S. Audomaren., Saint- Orner; Tornacen., Tournai; Namurcen. , Namur. 

Cf. Gallia Christiana, tomus III, anno 4725 editus. — Hugues DU Tems, Le Clergé 
de France, tome IV e et dernier, de la page l à la page 254, in-8°. Paris, Briinet, 1875. 
— Almanach royal, années successives. 



ARCHEVÊCHÉ DE CAMBRAI 163 



CAMERACUM, CAMBRAI 

Siège épiscopal, fondé à la fin du VI e siècle, uni longtemps au 
siège d'Arras, puis séparé , érigé enfin en siège archiépiscopal le 
12 mai 1559. 

Cf. Le Glay, Cameracum Christianum, 1 vol., gr. in-8, Lille, Lefort, 1849. — 
Fisquet, France Pontificale, Cambrai, 1 fort vol. in-8 de 714 pages; Paris 
Repos, 1862. 



ARCHEVÊQUES DE CAMBRAI 

1. — Maximilien de BERGHES, 74 e évêque, premier archevêque. 
Robert de Croy, 73 e évêque de Cambrai, étant mort le 31 août 1556, 

le chapitre élut pour lui succéder Maximilien de Berghes, 10 septembre 
1556. Des raisons particulières et les difficultés de l'érection de 
Cambrai en métropole retardèrent l'institution canonique et le sacre de 
Maximilien, qui finit par être installé sans bruit « archevêque duc de 
Cambrai, prince du Saint-Empire, comte du Cambrésis. » 

Il réunit ses suffragants en concile provincial dès 1563 pour promul- 
guer les décrets du Concile de Trente, et tint un synode en 1567 pour 
régler certains points particuliers. Il assista comme prince de l'Empire 
à la diète d'Augsbourg. 

f à Berg-op-Zoom, le 28 août 1570. 

2. — Louis de BERLAYMONT. 

Fils de Floris, comte de Berlaymont, Louis fut élu archevêque 
de Cambrai, le 15 septembre 1570; il prit possession cette même 
année. 

Son épiscopat coïncidant avec les agitations politiques et religieuses 
des Pays-Bas, avec l'occupation de Cambrai même par les troupes de 
François, duc d'Alençon et d'Anjou, il s'établit à Mons, gouverna de là 
son diocèse et celui de Tournai, ne gagna rien à la reprise de Cambrai 
par les Espagnols. 

f à Mons, en Hainaut, le 15 février 1596. 



464 PROVINCE DE CAMBRAI 



3. — Dom Jean SARRAZIN, 0. S. B., moine, puis abbé de Saint- 
Waast à Arras, fut élu archevêque de Cambrai le 6 mars 1596, et sacré 
à Bruxelles, le 15 décembre suivant. 

Durant son trop court épiscopat, il fit de louables efforts pour hâter 
la paix entre les Français et les Espagnols. Il contribua ainsi à préparer 
le traité de Vervins, qui ne fut signé qu'après sa mort. 

f à Bruxelles, le 3 mars 1598. 

4. — Guillaume de BERGHES, fils de Ferri, baron de Berghes et 
d'Anne de Bucquoy, était grand doyen de Liège quand il fut élu évêque 
d'Anvers, 1597. Deux ans plus tard, il fut élu archevêque de Cambrai, 
de préférence à François Buisseret, qui se désista humblement, selon 
le vœu de l'archiduc Albert. 

Guillaume prit possession le 30 décembre 1601, gouverna son diocèse 
avec douceur, modestie et vigilance. 
f à Cambrai le 25 avril 1609, set. 58, es. 12. 

5. — Jean RICHARDOT, évêque d'Arras depuis 1602, fut élu arche- 
vêque de Cambrai en 1609 et prit possession en 1610. 

f à Cambrai le 28 février 1614, aet. ? es. 12. 

6. — François BUISSERET, celui-là même qui s'était désisté en 
1598, de Cambrai et qui était devenu évêque de Namur en 1602. 

Elu archevêque de Cambrai en 1614, il prit possession le 24 mars 
1615. Mais après quelques semaines d'une administration qui promet- 
tait beaucoup 

-j- à Valenciennes le 2 mai 1615, set. 66, es. 14. 

7. — François Van der BURCH, né à Gand en 1567, fit de bonnes 
études à Douai, puis à Louvain. Ayant servi de conseiller à l'évêque 
d'Arras, Mathieu Moulart, il devint vicaire général de Mathias Hovius, 
archevêque de Malines. 

Il aspirait à la retraite ; mais le pieux archiduc Albert le fit élire 
évêque de Gand, en 1612, et le recommanda en 1615 au chapitre de 
Cambrai, qui l'élut canoniquement archevêque, sans tenir compte de 
ses refus. 

Aussitôt élu, il parcourut le diocèse pour extirper les vices, combattre 
l'erreur ou l'ignorance, encourager le zèle des pasteurs. Il tint son 



ARCHEVÊCHÉ DE CAMBRAI 465 

synode en 1617, son concile provincial en 1631 ; fonda des écoles pour 
les enfants, des hôpitaux pour les infirmes et les malades, une maison 
dite de Sainte-Agnès, pour cent orphelines pauvres , assignant des 
revenus suffisants à chacune de ces institutions. 

f à Mons le 23 mai 1644, set. 77, es. 32, emportant dans la tombe le 
glorieux surnom de père des pauvres. 

8. — Frère Joseph de BERGAIGNE, Récollet, était né à Anvers, 
avait rempli dans son ordre les plus hautes fonctions, et rendu au roi 
d'Espagne ou à l'empereur les plus grands services par des missions 
diplomatiques. 

Elu évoque de Bois-le-Duc en 1637, il brilla par des vertus et des 
talents, qui le firent élire archevêque de Cambrai, le 24 février 1645. 

Il n'avait pas encore pris possession en personne, quand il dut se 
rendre à Munster, en qualité de plénipotentiaire d'Espagne. 

f à Munster, le 22 novembre 1647, œt. 60, es. 10. 

9. — Gaspard NEMIUS (Dubois), docteur en théologie et professeur 
à l'Université de Douai, avait été pendant vingt ans président du sémi- 
naire royal à Douai. 

Elu évêque d'Anvers en 1634, il se fit sacrer dans sa cathédrale le 
22 juillet 1635. 

Postulé par le chapitre de Cambrai, le 24 août 1649, pour occuper le 
siège archiépiscopal, il n'obtint ses bulles que le 1 er décembre 1651, à 
cause des droits que revendiquait le pape Innocent X sur l'élection. 

C'est sous cet archevêque que les Carmes déchaussés s'établirent 
dans la ville. 

f à Cambrai, le 29 novembre 1667, 83t. 80, es. 23. 

10. — Ladislas JONNART, doyen de Cambrai depuis 1635, fut élu 
évêque d'Arras en 1651, par le crédit des Espagnols, mais il ne fut pas 
agréé par Louis XIV. 

Elu et sacré évêque de Saint-Omer en 1656, il se laissa postuler par 
le chapitre de Cambrai en 1668. Obtint-il aussitôt ses bulles ? Le fait 
est qu'il ne prit possession que le 4 avril 1671. Il fonda une rente en 
faveur des pauvres. 

f 22 septembre 1674, œt. ? es. 18. 



166 PROVINCE DE CAMBRAI 



11. — Jacques-Théodore de BRIAS. 

Né en Artois d'une famille noble, il fut élu et sacré évêque de Saint- 
Omer en 1671. 

Après la mort de Ladislas Jonnart, il fut élu ou postulé archevêque 
de Cambrai, et put sans difficulté prendre possession le 28 octobre 
1676. 

Par ses abondantes aumônes, ses autres bonnes œuvres et toutes 
ses vertus, il mérita l'estime universelle. 

Convoqué à l'Assemblée de 1682, il y fit moins de bruit que son 
suffragant, Gilbert de Choiseul, évêque de Tournai, sans pouvoir 
cependant, quand même il l'aurait voulu, empêcher l'adoption des 
quatre articles. 

Fut-il pour quelque chose en cette année 1682 dans la décision prise 
par le chapitre de Cambrai, de résigner au roi de France son droit 
d'élire l'archevêque ? Nous ne savons : ce qui est certain, c'est que 
la résolution du chapitre fut signifiée au roi, le jour de sa fête, 25 août 
1682, par Jacques de Franqueville, prévôt de Cambrai, en présence du 
comte de Montbron et de Michel Le Peletier. Ce dignitaire avait fait 
partie de l'Assemblée de 1682, en qualité de député du second ordre. 

Jacques-Théodore f à Cambrai le 16 novembre 1694, set. ? es. 23. 

12. — François de Salignac de la Mothe FÉNELON. 

Né le 6 août 1651, était fils de Pons, comte ou marquis de la Mothe 
Fénelon et de sa seconde femme, Louise de la Cropte ; il avait pour 
oncles paternels François, saint évêque de Sarlat, qui l'initia aux ver- 
tus ecclésiastiques, et Antoine, marquis de Magnac, lieutenant général, 
chrétien exemplaire, qui fut son guide dans le monde. 

Ayant fait ses premières études sous les yeux de son père, il fut 
d'abord envoyé à l'Université de Cahors, et de là au séminaire de Saint- 
Sulpice à Paris. Ordonné prêtre en 1675, il exerça les fonctions pénibles 
du ministère paroissial avec autant de dévouement que de capacité. 
Nommé supérieur de la maison des Nouvelles-Catholiques à l'âge de 
27 ans, il fit preuve de capacités extraordinaires. Il ne déploya pas 
moins de talents en 1686 dans les missions de la Saintonge et de 
l'Aunis, où il s'agissait de ramener les Protestants à la vraie foi, par la 
persuasion et la douceur. 

Nommé précepteur du duc de Bourgogne et de ses deux frères en 
1689, il entra en fonctions au mois de septembre, et continua jusqu'en 



ARCHEVÊCHÉ DE CAMBRAI 167 

1694. C'est pour les jeunes princes qu'il composa ses Dialogues des 
Morts, ses Fables, son Télémaque et plusieurs autres ouvrages. 

C'est alors seulement que l'abbaye de Saint- Valéry (Amiens), donnée 
à l'abbé Fénelon, qui n'avait jusque-là que son modeste prieuré de 
Carenac, lui permit de tenir un rang honorable. 

L'archevêché de Cambrai étant venu à vaquer sur la fin de l'année, 
Fénelon y fut appelé par le roi, 4 février 1695, et fut en même temps 
élu par le chapitre : le pape Innocent XII s'empressa de ratifier l'élec- 
tion, en expédiant les bulles. Aussitôt préconisé, le nouvel archevêque 
résigna son abbaye de Saint-Valéry. 

Il se fit sacrer dans l'église de la maison de Saint-Cyr, par Bossuet, 
le 10 juillet 1695, et prit possession de son siège le 10 août suivant. Il 
devait revenir à la cour pour compléter l'instruction des princes durant 
quelques mois chaque année ; mais en août 1697, il fut dispensé de 
cette obligation par le roi, qui, le confinant dans son diocèse, le rendit 
par là-même plus cher à ses diocésains. 

L'animosité royale, longtemps contenue et diversement envenimée, 
éclata surtout à l'occasion de madame Guyon dont Fénelon prit la 
défense de vive voix et par écrit contre Bossuet. Si l'archevêque de 
Cambrai eut des torts, il les racheta en se soumettant héroïquement, 
le 9 avril 1699, au décret du Souverain Pontife qui le condamnait. Le 
roi, non apaisé, voulut que le Bref de condamnation fût accepté et 
promulgué dans les différentes provinces ecclésiastiques de France. 

Fénelon ne se montra pas moins le fidèle champion des papes contre 
les gallicans ; et les jansénistes anciens ou nouveaux n'échappèrent 
pas à sa vigilante perspicacité. Il s'empressa de condamner le fameux 
Cas de conscience, de publier les bulles Vineam et Unigenitus. 

Sa grande douleur fut d'apprendre la mort du dauphin, duc de 
Bourgogne, son élève chéri, sans avoir pu l'assister à ses derniers 
moments. Le roi était inexorable ; Fénelon finit par se résigner. 

f à Cambrai, le 7 janvier 1715, set. 64, es. 20. 

Le cardinal de Bausset a écrit une Histoire de Fénelon qui a de la 
valeur, mais qui cependant ne dispense pas de lire avec profit la notice 
placée en tête des œuvres de Fénelon et rédigée par un savant 
sulpicien. 

Par la mort de Fénelon, le siège de Cambrai fut vacant de droit et de 
fait. Or, cette vacance dura longtemps, comme on va le voir. 



168 PROVINCE DE CAMBRAI 



— Jean d'ESTRÉES, docteur en théologie, frère de deux maréchaux 
de France et neveu du cardinal d'Estrées, nommé archevêque de 
Cambrai par le Régent, en février 1716, 

f à Paris le 4 mars 1718, avant d'avoir reçu ses bulles. 

13. — Joseph-Emmanuel, cardinal de la TRÉMOILLE. 

Né le 11 juillet 1660, fils de Louis, duc de Noirmoutier, et de Renée- 
Julie Aubery, fut de bonne heure pourvu de riches bénéfices, devint 
auditeur de Rote pour la France en 1693. 

Gréé cardinal par Clément XI, le 17 mai 1706, il fut chargé des 
affaires de France à Rome. 

Nommé et préconisé évêque de Bayeux en 1716, il se contenta de 
prendre possession par procureur. Cf. Bayeux. 

Nommé archevêque de Cambrai par le Régent, à la mort de Jean 
d'Estrées, il fut sacré à Rome le 30 mai 1719, par Clément XI lui- 
même. Il n'eut pas le temps de venir à Cambrai. 

f à Rome le 8 janvier 1720, œt. 60, es. 1, card. 14. Il fut enterré à 
Saint-Louis-des-Français. 

14. — Guillaume, cardinal DUBOIS. 

Né le 6 septembre 1654 à Brives, précepteur de Philippe d'Orléans 
en 1687, fut pourvu de deux, puis de quatre abbayes, devint conseiller 
d'Etat en janvier 1716, ministre secrétaire d'Etat au département des 
Affaires étrangères en 1718. 

La haine que Saint-Simon et les Jansénistes appelants ont vouée 
à Dubois, date du 15 avril 1718, jour où s'adjoignant pour le conseil de 
Régence, les cardinaux de Rohan et de Bissy, les évêques Fleury et 
Massillon, contrebalançant ainsi l'autorité du cardinal de Noailles, il 
rapprocha le Régent du pape et ménagea l'accommodement de 1720. 

Nommé archevêque de Cambrai le 14 avril 1720, par le Régent, et 
préconisé sans retard, il se rendit à Canteleu près de Triel, alors 
diocèse de Rouen. G'est-là que l'évêque de Nantes, Louis de Tressan, 
lui conféra les ordres mineurs et le sous- diaconat, le samedi des 
Quatre-Temps, 24 février, le diaconat le lendemain, deuxième dimanche 
de carême et la prêtrise, huit jours après, le dimanche 2 mars. Ce 
n'est pas sans dessein que nous relevons ces dates. 

L'archevêque de Cambrai se fit sacrer le dimanche 9 juin dans 
l'église du Val-de-Grâce à Paris, en présence du Régent et de son fils 



ARCHEVÊCHÉ DE CAMBRAI 169 

Louis d'Orléans, duc de Chartres, par le cardinal de Rohan, évêque de 
Strasbourg, grand aumônier de France, qu'assistaient Louis de Tressan, 
évêque de Nantes, et Jean-Baptiste Massillon, évêque de Glermont ; il 
prit possession de son siège par procureur. 

Retenu auprès du roi par ses fonctions politiques, il fut créé cardinal 
par Innocent XIII le 16 juillet 1721 et continua d'exercer ses charges, 
qui s'accrurent au lieu de diminuer. Il fut en effet nommé surintendant 
des postes, ministre principal et premier ministre d'Etat, 1722. 

L'Académie française, l'Académie des Sciences et l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres l'avaient reçu dans leur sein ; l'assemblée 
générale du clergé le choisit comme son premier président. 

f à Versailles le 10 août 1723, set. 69, es. 3, card. 2. 

Pour contrôler Saint-Simon, Duclos, les Nouvelles ecclésiastiques et 
tous leurs copistes, tant du XVIII e que du XIX e siècle, il faut lire : 
Lîabbé Dubois, premier ministre de Louis XV, parle comte de Seilhac ; 
2 vol. in-8. Paris, Amyot, 1862. 

lb. — Charles de SAINT-ALBIN. 

Transféré de Laon, le 17 octobre 1723 par son père, alors premier 
ministre de Louis XV, après avoir été Régent de France. Cf. Laon. 

Le nouvel archevêque fit son entrée solennelle à Cambrai le 19 
février 1726. Depuis la mort de Fénelon, la ville n'avait pas vu ses 
premiers pasteurs. 

Celui-ci visita une fois les paroisses de son diocèse, accrut les reve- 
nus de son séminaire et poursuivit à outrance les Jansénistes, sans 
aimer outre mesure les Jésuites, ses anciens maîtres. Comme il restait 
souvent à Paris, il se fit donner pour auxiliaire ou suffragant Albert- 
Simon d'Aigneville de Millancourt, qu'il sacra lui-même le 23 novembre 
1760 et dont nous parlerons bientôt. 

f à Paris le 9 mai 1764, set. 66, es. 43. 

16. — Léopold-Charles de CHOISEUL-Stainville. 

Transféré d'Albi, 15 mai 1664, par son frère le duc de Choiseul, 
premier ministre. Cf. Albi. 

Ayant pris possession, il revendiqua la seigneurie temporelle de 
Cambrai, transporta de Beuvrage à Cambrai son grand séminaire, qu'il 
enrichit moyennant les unions opérées par la Commission des Réguliers. 

f à Moulins le 4 septembre 1774, set. 54, es. 18, en revenant des 
eaux de Vichy. 



170 PROVINCE DE CAMBRAI 



17. — Henri - Marie - Bernardin de Rosset de Rocozel de 
FLEURY. 

Transféré de Tours, le 24 septembre 1774, malgré lui. Cf. Tours. 

Préconisé par le nouveau pape Pie VI, il fit prêcher le jubilé dans 
toutes ses paroisses. Doux, charitable et zélé, cet archevêque obtint les 
plus heureux résultats en moins de sept ans. 

f à Cambrai le 22 janvier 1781, aet. 63, es. 30. 

Il était abbé de Royaumont, de Rebais, de Jouy. Son frère, Pierre- 
Augustin, évêque de Chartres, l'avait précédé d'un an dans la tombe. 

18. — Ferdinand-Maximilien-Mériadec de ROHAN-Guémené. 
Transféré de Bordeaux le 4 février 1781. Cf. Bordeaux. 
Préconisé le 2 avril 1781, il ne fit son entrée solennelle à Cambrai 

que le 29 août 1782, s'en retourna demeurer à Paris, y fut témoin des 
prodigalités ruineuses ou des imprudences de ses frères et des excès 
de la Révolution naissante. 

Emigré en Autriche dès l'an 1790, il éprouva bien des infortunes. 

Ayant donné sa démission en 1801, il rentra en France, accepta 
d'être le premier aumônier de l'impératrice Joséphine, et chanoine de 
Saint-Denis. 

f à Paris le 31 octobre 1813, set. 75, es. 34. 

— Albert-Simon d'Aigneville de MILLANCOURT, auxiliaire ou 
suffragant de Cambrai. 

Né à Cambrai le 6 décembre 1706, chanoine de la métropole en 1733, 
archidiacre de Hainaut en 1752, postulé comme auxiliaire ou suffragant 
par le chapitre et par l'archevêque, fut préconisé le 23 septembre 1760, 
sous le titre d'évêque d'Amycles et fut sacré par l'archevêque à Cam- 
brai le 23 novembre suivant. Il fut élu doyen de Cambrai en 1774. 

Il remplit les fonctions épiscopales sous quatre archevêques; la 
Révolution elle-même ne le fit pas fuir. 

f à Cambrai le 26 octobre 1793, set. 87, es. 33. Il fut inhumé sans 
cérémonie. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CAMBBAI 

Détruites, déchues ou transformées, les abbayes de Saint-Géry 
(S. Gaugerici), de Soigniez (Sonegise), deLeuze (Lutosa), de Condè- 



ARCHEVÊCHÉ DE CAMBRAI 171 

sur-Escaut (Condatum ad Scaldim), et cinq ou six autres sont une fois 
pour toutes mentionnées ici ou reportées plus bas aux collégiales. 

Restent trente-six abbayes que nous allons classer, qu'elles soient 
ou non sur territoire français. 11 y aurait pourtant à noter une 
différence essentielle : c'est que la plupart des abbayes, soumises au 
roi de France, sont en commende, tandis que presque toutes les autres 
sont en règle. 
0. S. B. vir. Laubium seu Laubacum, Lobbes. 
S. Gislenus, Saint-Ghislain. 
Crispinium, Crespin. 
Brocareia seu Broqueroia, Broqueroy. 
Hunocurtum, Honnecourt. 
Altus Mons, Haumont. 
S. Sepulcrum, Saint-Sépulcre à Cambrai. 
Lsetiae, Liessies. 
Maricolse, Maroilles. 

S. Salvius, Saint-Sauve de Valenciennes. 
S. Andréas de Novo Castello, Saint-André de Câteau- 

Cambrésis. 
Fidemium, Fémy. 
fem. S. Valdetrudis Montensis, Sainte-Waudru de Mons. 
Malbodium, Maubeuge. 
Gillengemium, Ghislenghien. 
B. Maria de Pace, N.-D. de la Paix à Mons. 
Anglarum parthenon, Bénédictines anglaises à Cambrai. 
0. Cist. vir. Gamberona seu Gambero, Cambron. 
Vallis Cella, Vaucelle. 
fem. Fontinella, Fontenelle. 

Viridarium seu Virgultum, N.-D. du Verger. 
Sartum vel Salicetum, N.-D. du Sart ou de Sauchois. 
Oliva, V Olive ou VHermitage. 
Refugium B. Virginis, Le Refuge de Notre-Dame. 
Spinosus locus, Espinlieu. 
0. S. A. vir. S. Autbertus, Saint-Aubert de Cambrai. 

S. Joannes Baptista, Saint-Jean de Valenciennes. 
Cantipratum, Cantimpré. 

Vallis Scholarium seu Pratum Marianum, Val - des - 
Ecoliers à Mons. 



172 PROVINCE DE CAMBRAI 



0. S. A. fem. Premiacum, Prémy. 

Quercetum, Le Quesnoy. 

Bethléem, Bélian. 
0. Praem. Mons S. Martini, Mont-Saint-Martin. 

S. Foillanus, Saint-Foillan. 

Bona Spes, Bonne-Espérance. 
0. S. Clarse. Forum piscium Cameraci, Clarisses de Cambrai. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

On compte douze collégiales dans le diocèse : Saint-Géry et Sainte- 
Croix, à Cambrai, Wallincourt, Condé, Saint-Quentin de Maubeuge, 
Saint-Géry de Valenciennes, Saint-Nicolas d'Avesnes, sur le territoire 
français ; Antoing, Leuze, Soignies, Mons, Binch, sur le territoire 
étranger, Espagnol avant le traité d'Utrecht, Autrichien après. 

Les couvents d'hommes sont fort nombreux. On en compte neuf à 
Cambrai seulement, de Capucins, de Récollets, de Carmes déchaus- 
sés, etc. Il n'y a pas de ville importante qui n'en compte au moins un 
de Frères Prêcheurs, de Frères Mineurs, d'Augustins, de Carmes. 

Il y a plusieurs collèges de Jésuites qui se maintiennent jusqu'en 
1762 dans la partie française et jusqu'en 1773 dans la partie autri- 
chienne du diocèse. 

On compte à Cambrai six couvents de femmes et quatre hôpitaux. 
On en compte beaucoup d'autres dans le diocèse. 






ATREBATES, ARRAS 

Le siège d'Arras, occupé par S. Waast et S. Dominique depuis l'an 
500 jusqu'à l'an 545, fut dès lors abandonné pour Cambrai. Il ne 
recouvra ses évêques particuliers qu'à partir de l'an 1093, sous le 
pontificat d'Urbain IL 

Cf. Le clergé du diocèse d'Arras, Boulogne et Saint-Omer pendant la Révolution, 
par l'abbé Deramecourt, 4 vol. in-8, Paris, Bray et Retaux, 1884. 



ÉVÊCHÉ d'arras 473 



56. — Paul BOUDOT, 56 e évêque d'Arras. 
f le 11 novembre 1635, set. 64. es. 17. 

— Nicolas du FIEF, désigné par le roi d'Espagne, Philippe IV, ne 
put prendre possession, la ville d'Arras ayant été sur ces entrefaites 
conquise par le roi de France. 

f à Bruxelles, le 21 octobre 1551. 

— Quoique la ville d'Arras fût occupée par les Français, le roi 
d'Espagne désigna Ladislas JONNART pour le siège épiscopal ; le roi 
de France nomma au même siège Jean-Pierre CAMUS, ancien évêque 
de Belley. Le pape ne confirma ni l'un ni l'autre. 

Camus étant mort en 1652 et Jonnart étant devenu évêque de Saint- 
Omer, on pouvait considérer le siège comme vacant. 

57. — Etienne MOREAU, docteur en théologie, abbé de Saint-Josse- 
sur-Mer, nommé évêque d'Arras par le roi de France, le 28 avril 1656, 
prit possession par procureur deux ans après, mais n'obtint pas ses 
bulles, le roi n'ayant pas encore reçu l'induit, qui l'autorisât à nommer 
les évêques d'Arras. 

Clément IX octroya enfin l'induit, expédia les bulles à l'évêque 
nommé, qui put enfin se faire sacrer à Paris dans l'église de Saint- Victor, 
le 21 octobre 1668, et prendre possession de son siège. Il ne l'occupa 
que peu de mois. 

f à Arras le 8 janvier 1670, 33t. 75, es. 2. 

58. — Guy de SÈVE de Rochechouart. 

Alexandre de Sève, maître des requêtes, ayant épousé en 1637 Marie- 
Marguerite de Rochechouart, fit souche d'une famille nouvelle. Son fils 
Guy, né vers 1640, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Michel-en- 
Thiérache, etc. fut nommé évêque d'Arras en 1670 par Louis XIV, et 
reçut aussitôt ses bulles. 

Sacré le 30 novembre 1670, à Paris, dans l'église de l'Oratoire, par 
le coadjuteur d'Arles, Jean-Baptiste de Grignan , il ne tarda pas à 
prendre possession. 

Son épiscopat, qui a duré plus de cinquante ans, est présenté en 
beau dans la Gallia Christiana ; nous sommes forcé de présenter la 
contre-partie. 



174 PROVINCE DE CAMBRAI 



Si Guy de Sève fut louable en fondant un séminaire qu'il confia aux 
Lazaristes, en gardant fidèlement la résidence et en maintenant exacte- 
ment la discipline, il fut très blâmable en tenant sévérité aux Religieux, 
en commettant sciemment des actes arbitraires d'un gallicanisme franc 
et d'un jansénisme perfide. Nous ne pouvons entrer dans les détails, 
même pour signaler les incivilités du sufïragant envers son métropoli- 
tain, Fénelon. 

Vieilli et fatigué, Guy de Sève demanda pour coadjuteur en 1719 son 
neveu, qui suit; en 1721, il lui résigna son siège. Mais le pape ayant 
refusé les bulles au neveu pour cause grave, l'oncle dut rester évêque. 

f à Arras le 27 décembre 1724, set. 84, es. 54, doyen des évêques de 
France. 

— Guy de SÈVE de Rochechouart, neveu du précédent, docteur 
en théologie, prieur de Cornes (Laon), nommé par le Régent, le 
11 décembre 1719, coadjuteur de son oncle, et le 3 août 1721, évêque 
d'Arras, ne put obtenir ses bulles à aucun titre. 

f 23 avril 1750. 

59. — François de Baglion de la SALLE. 

Né en 1682, neveu et vicaire-général de Pierre de Baglion à Mende, 
docteur de Sorbonne en 1720. 

Nommé évêque d'Arras par Louis XV le 29 octobre 1725, il ne put se 
faire sacrer avant le 19 janvier 1727. 

Ayant pris possession, il exigea de tous ses prêtres l'acceptation 
pure et simple de la bulle Unigenitus, sans se laisser rebuter par les 
difficultés que lui suscita un chanoine appelant, Charles Blondin. 

f à Paris, le 14 mars 1752, 33t. 70, es. 26, abbé de Saint- Vincent 
(Laon) et de Bonnevaux (Poitiers). 

60. — Jean de BONNEGUISE. 

Né en 1706 dans le diocèse de Périgueux. 

Nommé évêque d'Arras par Boyer en avril 1752, il put se faire sacrer 
dès le 22 octobre suivant. 

Son mérite est d'avoir continué son prédécesseur immédiat, et de 
s'être tenu d'accord avec la majorité des évêques dans l'affaire des 
Jésuites. 

f à Arras le 28 février 1769, 33t. 63, es. 17. 



ÉVÊCHÉ d'arras 175 



61. — Louis-François-Marc-Hilaire de GONZIÉ. 

Transféré de Saint-Omer par Jarente en 1769. Cf. Saint-Omer. 

Il était de grande mine et de prestance imposante, allait souvent à la 
cour et passait pour ambitieux. Toutefois en 1774, il refusa l'archevêché 
de Tours, qui fut ensuite accepté par son frère cadet ; et plus tard, 
obéissant à sa conscience, il ne craignit pas d'abolir deux fêtes popu- 
laires à Arras et à Douai. 

Protecteur du jeune Robespierre, il vit en 1789 et plus tard ce que 
lui rapportait cette protection. Le siège d'Arras fut supprimé ; Porion, 
curé de Saint-Nicolas d'Arras, fut élu et sacré évêque constitutionnel 
du Pas-de-Calais. 

Émigré en Angleterre, Tévêque d'Arras joua un rôle politique auprès 
du comte d'Artois. Il est mal noté par Fornerou (Histoire des Émigrés, 
tome II, passim), par le duc de Lévis (Mémoires...) et n'est guère 
relevé par Deramecourt. 

On l'a accusé sans preuves suffisantes d'avoir fomenté le complot de 
nivôse, an VIII (machine infernale) et le projet de Georges Cadoudal. 

Ce qui est trop certain, c'est qu'il refusa de se démettre en 1801 et 
qu'ainsi, malgré lui sans doute, il compliqua les difficultés du nouvel 
évêque d'Arras, La Tour d'Auvergne. 

f à Londres le 17 décembre 1804, aet, 72, es. 29. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ARRAS 

0. S. B. vir. S. Vedatus in urbe Atrebati, Saint-Waast d'Arras, 
abbaye en règle, sauf réserve de pension ; en com- 
mende après 1765. 
Marchienae,Mar chiennes. 
Hasnonium, Hasnon. 
Aquicinctum, Anchin. 
fem. Strumum, Estrun. 

Avense, N.-D. d'Avesnes. 
Denonium, Denain. 
Pax urbis Duaci, La Paix de Douai. 
Ces deux dernières abbayes étaient à la fin du XVIII siècle des 
chapitres nobles de dames sans vœux. 



176 PROVINCE DE CAMBRAI 



0. S. A. vir. Mons S. Eligii, Mont-Saint-Éloi-les-Arras*. 

Arroasia, Arrouaise près Bapaume, abbaye en règle, et 
même chef-lieu d'une congrégation depuis le XII 
siècle. 

Henninum Lietardi, Hennin- Liétard, 

Mareolum, Marœuil-les-Arras. 

Aqua curta, Eaucourt, près Bapaume. 
fem. Bellus locus, N.-D. de Beaulieu. 
0. Gist. fem. Flinae seu Felinae, N-D. de Flines. 

B. M. de Pratis, Les Prés à Douai. 

Vivarium, Le Vivier. 

Braella, La Brayelle-les-Aunoy. 
0. Preem. Viconia, Vicogne, en règle. 

Castellum abbatiale, Chat eau-V Abbaye. 
0. S. Garas. S. Clara Atrebatensis, Sainte-Claire d'Arras. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Les collégiales du diocèse d'Arras sont: Saint-Barthelemy de 
Béthune, Saint-Amé et Saint-Pierre de Douai, Notre-Dame de Lens. 

Il y a plusieurs couvents d'hommes et de femmes à Arras, à Douai, 
et plusieurs chartreuses dans le diocèse. 

L'Université de Douai comprenait un assez bon nombre de collèges, 
notamment celui des Jésuites, supprimé en 1762, et le collège anglais, 
qui subsista jusqu'à la Révolution française. 

1. Pierre Le Roy, chanoine régulier de Saint- Victor, élu canoniquement abbé du 
Mont-Saint-Éloi le 28 avril 4654 et béni solennellement dans l'église Saint-Victor de 
Paris le 14 mai suivant, n'eut pas horreur du cumul. 

Nommé en effet par le roi de France en 1656 abbé et supérieur de Marœuil, en 
opposition à Nicolas de La Tour, qui avait été nommé par le roi d'Espagne, il plaida 
contre son concurrent. 

Il accepta peu après d'être supérieur et proviseur du collège de Boncourt à Paris, 
conjointement avec François de Lières, abbé de Saint-Bertin. 

On ne s'étonne donc plus d'apprendre que ce même Pierre Le Roy ait volontiers 
consenti à représenter la province de Cambrai, en qualité de député du second 
ordre, à la fameuse Assemblée de 1682. On s'étonnera moins encore qu'en mourant 
le 17 février 1685, il ait laissé son abbaye du Mont-Saint-Éloi grevée de dettes. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-OMER 177 



S. AUDOMARI, SAINT-OMER 

Constitué le 12 mai 1559 par la bulle Super universas de Paul IV, qui 
érigeait une collégiale en cathédrale, le diocèse de Saint-Omer {Audo- 
marensis) avait peu d'étendue, et ne comptait encore que douze évoques, 
quand le droit de conquête , sanctionné aussitôt par le traité de 
Nimègue, en fit une terre française. 

Le siège épiscopal de Saint-Omer se trouvait pour lors vacant, 
Jacques - Théodore de Brias ayant été canoniquement transféré à 
Cambrai en 1675 ; et Jean - Charles de Longueval, désigné pour 
lui succéder, étant mort le 10 novembre 1676. 

Pour faire cesser la vacance, Louis XIV devait ou laisser le chapitre 
élire canoniquement un évêque, ou demander au pape un induit qui 
lui permît de nommer lui-même l'évêque de Saint-Omer, comme il 
nommait les autres évêques français. Mais il ne prit ni l'un ni l'autre 
parti, et nomma en 1677 au siège de Saint-Omer, Armand-Anne 
Tristan de la Baume de Suze qui venait d'être sacré évêque de 
Tarbes, et n'avait pas encore pris possession. Cf. Tarbes. 

Cet évêque reçut-il ses bulles par une sorte de faveur ? Exerça-t-il à 
Saint-Omer en vertu de quelque titre un pouvoir spirituel? Nous 
l'ignorons ou nous en doutons. De fait, il se laissa nommer archevêque 
d'Auch en 1684. Cf. Auch. 

Ce fut seulement le 20 mai 1686 qu'Innocent XI signa l'induit, accor- 
dant à Louis XIV et à ses successeurs le droit de nommer les évêques 
de Saint-Omer et d'Ypres, dont les territoires venaient d'être cédés au 
roi de France par le traité de Nimègue. 

15. — Louis-Alphonse de VALBELLE 1 . 

Transféré d'Alet en 1684-1693. Cf. Alet. 

L'induit pontifical n'était pas encore signé, quand Louis XIV nomma, 
juin 1684, au siège de Saint-Omer l'évêque d'Alet, un de ceux qui 
avaient pris part à l'Assemblée de 1682. C'était compliquer les diffi- 
cultés. Aussi les bulles ne furent-elles expédiées ni par Innocent XI, ni 
par Alexandre VIII, mais par Innocent XII en 1693. 



1. Voir Moréri, au mot Valbelle, la généalogie de la famille. 

12 



478 PROVINCE DE CAMBRAI 



Ayant enfin pris possession de son siège, Louis-Alphonse de Valbelle 
établit un hôpital-général, où il installa les Sœurs grises, fonda des 
bourses au séminaire et un pensionnat de filles, dit le Jardin-Notre- 
Dame. Ces bonnes œuvres, une vie régulière et un zèle' apostolique 
recommandent assez la mémoire de cet évêque. 

f 29 octobre 1708, set. 65 (68), es. 39. 

16. — François de VALBELLE de Tourves. 

Cousin du précédent, fils de Jean-Baptiste, marquis de Tourves et de 
Marguerite de Vintimille, était docteur de Sorbonne, aumônier du roi, 
doyen de Saint-Omer, abbé de Pontron (Angers). 

Nommé évêque de Saint-Omer le 1 er novembre 1708, il se fit sacrer 
le 6 avril 1710. 

Moins de douze ans plus tard, il demanda et obtint pour coadjuteur 
son neveu, qui suit. 

f 17 novembre 1727, set. 64, es. 19. 

17. — Joseph-Alphonse de VALBELLE de Tourves. 
Neveu, coadjuteur et successeur du précédent. 

Il était docteur de Sorbonne, aumônier du roi, quand il fut nommé 
évêque de Sarlat en 1721. Cf. Sarlat. 

Nommé coadjuteur de son oncle avec future succession, le 25 sep- 
tembre 1721, il fut préconisé à Borne, le 2 avril 1722, évêque 
d'Hiérapolis, et sacré avec ce titre le 4 avril 1723 à Paris, au noviciat 
des Jésuites, par le cardinal de Bohan, grand aumônier de France. 

A la mort de son oncle, il devint évêque de Saint-Omer, et gouverna 
sagement son diocèse. 

f 13 juin 1754, set. 70, es. 32. 



18. — Pierre-Joseph de Brunes de MONTLOUET. 

Né à Dol en Bretagne, était officiai de Dol et vicaire-général de 
l'évêque, Jean-François Dondel. 

Nommé évêque de Saint-Omer en 1754 et muni peu après de ses 
bulles, il se fit sacrer le 12 janvier 1755 aux Bénédictines de Conflans 
par Beaumont exilé. 

Élu des États d'Artois en 1762, il allait souvent à la cour. 

f à Gompiègne le 23 août 1765, set. 53 (55), es. 11. Son épitaphe très 
louangeuse est dans l'église Saint-Jacques de Gompiègne. 






ÉVÊCHÉ DE SAINT-OMER 179 

19. — Louis-François-Marc-Hilaire de CONZIÉ. 

Né au château de Pommier en Bresse, diocèse de Lyon, le 13 
janvier 1732, avait pour frère cadet Joachim-François-Mamert, dont 
nous allons parler. Leur père, tué à la chasse par le Dauphin, fut cause 
accidentelle de la fortune des deux frères. 

L'aîné était vicaire -général de Roquelaure à Senlis quand il fut 
nommé évêque de Saint-Omer en 1765. Il se fit sacrer le 11 mai 1766. 

Trois ans plus tard, le siège d'Arras étant venu à vaquer, il y fut 
transféré. Cf. Arras. 

20. — Joachim-François-Mamert de CONZIÉ. 
Frère du précédent, était né le 18 mars 1736. 

Nommé évêque de Saint-Omer le 18 juin 1769, il fut sacré le 17 sep- 
tembre suivant et prit possession. 

En 1774, l'archevêché de Tours ayant été proposé à son frère, et 
celui-ci, l'ayant refusé, c'est à Joachim qu'on le proposa ; il ne refusa 
pas. Cf. Tours. 

21. — Jean- Auguste de Chastenet de PUYSÉGUR. 

Né le 11 novembre 1740 au château de Rabasteins, diocèse d'Albi, 
était le quatrième fils de Pierre-Hercule, seigneur de Barrast. Docteur 
de Navarre, prieur d'Élincourt, Jean-Auguste devint vicaire-général de 
La Rochefoucauld à Rouen. 

Nommé évêque de Saint-Omer en octobre 1774, il fut sacré le 29 
juin 1775, et montra dès lors ses grandes qualités. 

Tranféré à Carcassonne en 1778. Cf. Carcassonne. 

22. — Alexandre-Joseph-Alexis de Bruyère de CHALABRE, 
dernier évêque légitime de Saint-Omer. 

Né en 1736 à Castelnaudary, diocèse de Saint-Papoul, vicaire-général 
de Lyon, reçut d'abord l'abbaye de l'Absie (La Rochelle), que son frère, 
Louis-Henri, résigna en sa faveur, 1769, en devenant évêque de Saint- 
Pons. Plus tard, il fut premier aumônier du comte d'Artois. 

Nommé évêque de Saint-Omer en 1778 et sacré le 9 août, il imposa 
la théologie de Lyon, et fut encore en d'autres points la dupe du parti 
janséniste, qu'il finit par renier, sans se rendre plus aimable. 

Il allait passer les hivers dans le midi de la France, en Espagne ou 
même en Italie. 



180 PROVINCE DE CAMBRAI 



C'est de Milan qu'en février 1791 il protesta contre l'usurpation de 
son siège par l'intrus Porion ; car Saint-Omer eut le triste honneur, 
épargné à Arras et à Boulogne, de posséder l'évêque constitutionnel du 
Pas-de-Calais. 

Après avoir passé quelque temps en Italie, où il avait rencontré de 
puissantes recommandations, l'évêque de Saint-Omer se transporta en 
Espagne. 

f à Barcelone, le 22 novembre 1796, set. 60, es. 18. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT-OMER 

0. S. B. vir. S. Bertinus in urbe, Saint-Bertin à Saint-Omer. 

Hamum Lileriense, Ham-les-Lillers. 
Ces deux abbayes étaient en règle. 

fem. Burburgi Parthenon, Bourbourg près Gravelines. 
0. S. A. S. Joannes Choquensis, Chocques, près Béthune. 

0. Cist. vir. Clarus Mariscus, Clairmarais, en règle, 
fem. Blandeca, Blandecque, près Saint-Omer. 

Bellum pratum, Beaupré, sur la Lys. 

Vastina, Woestine ou YOustine. 

Ravensberga, Ravensberghe. 
0. Prsem. S. Augustinus Tarvanenis, /Saint - Augustin - lès - 
Térouanne. 

S. Martinus Hesdinensis, Saint-Martin-d'Hesdin. 

S. Audomarus Lileriensis, Saint-Omer de Lillers. 
0. S. ClaraB. S. Clara Audomarensis, Sainte-Claire de Saint-Omer. 

S. Clara Hesdinensis, Sainte-Claire d'Hesdin. 

COLLÉGIALES, COLLÈGES ET COUVENTS 

La collégiale de Saint-Omer, qui existait en 101 6, et qui fut érigée en 
cathédrale par la bulle Super universas comprenait 34 chanoines, 
8 vicaires, 23 chapelains et un grand nombre d'enfants de chœur, dirigés 
par un maître de musique. 

Il y avait en outre dans le diocèse quatre collégiales : Saint-Pierre 
d'Aire, Saint-Martin d'Hesdin et Saint-Omer de Lillers, ces deux 



ÉVÊCHÉ DE TOURNAI 181 



dernières, récemment encore abbayes de Prémontré. Waten, Vatinum 
seu Vatanum, abbaye de l'ordre de Saint-Augustin, jusqu'à la fondation 
du siège épiscopal, fut donnée alors aux Jésuites Anglais. 

Trois collèges florissaient à Saint-Omer : le collège de Saint-Bertin, 
le collège royal français et le collège royal anglais, ces deux derniers 
sous la direction des Pères Jésuites. Il y avait de plus les classes 
confiées aux Frères des Écoles chrétiennes. Les Jésuites avaient encore 
des collèges à Hesdin et à Aire. 

Il y avait quatre couvents d'hommes à Saint-Omer : Dominicains, 
Récollets, Capucins, Carmes déchaussés ; et il y avait une Chartreuse 
à Longuenesse. On comptait dix couvents de femmes : Ursulines, 
Pauvres-Claires, etc., et neuf hôpitaux. 



TORNACUM, TOURNAI 

La ville de Tournai, séjour des premiers rois des Francs et restée 
française durant bien des siècles, avait pourtant cessé au XVI e siècle 
d'appartenir au roi de France. Son siège épiscopal très ancien et d'une 
juridiction très étendue, ne releva même plus de Reims à partir de 
l'année 1559. 

Mais Louis XIV ayant occupé en 1667 Tournai, Lille et tout le terri- 
toire qui formait le diocèse, revendiqua le droit de nommer l'évêque, 
droit contestable pour bien des raisons, et pourtant plausible à un 
point de vue : Tournai faisait partie de la France en 1516, date du 
concordat. 

Au moment de la conquête française en 1667, le siège épiscopal de 
Tournai se trouvait vacant ; l'évêque, François Vilain était mort le 28 
décembre 1666 ; Alphonse de Berghes, élu ou désigné pour lui succé- 
der, n'avait pas reçu ses bulles. Louis XIV nomma donc au siège de 
Tournai en 1668 Louis d'Anglure de Bourlemont, auditeur de Rote ; et 
celui-ci ayant refusé d'accepter, le roi jeta les yeux sur l'évêque de 
Comminges, Gilbert de Choiseul, qui accepta. 

48. — Gilbert de CHOISEUL, 48 e évêque de Tournai. 

Né en 1613, deuxième fils de Ferri, comte du Plessis, et de Made- 



482 PROVINCE DE CAMBRAI 



leine Barthélémy de Beauverger, avait pour frère aîné César de Choi- 
seul, illustre maréchal de France. 

Il avait été sacré évêque de Gomminges le 8 avril 1646. 

Nommé évêque de Tournai en 1670, il fut agréé sans trop de diffi- 
cultés par Clément X, entra sans pompe dans la ville et prit possession 
de sa belle cathédrale. 

Sur ce nouveau siège il se montra constamment gallican, partisan de 
la morale sévère, ennemi des ordres mendiants, fauteur avoué des 
Jansénistes. Les auteurs de la Gallia Christiana le comblent d'éloges ; 
et pourtant ils omettent de mentionner le rôle prépondérant qu'il joua 
dans l'Assemblée de 1682. Ils parlent du zèle qu'il déploya contre les 
Huguenots et des trois volumes qu'il publia en 1680 contre eux et 
contre les athées, qui n'étaient assurément pas les seuls ennemis de 
l'Eglise. 

f à Paris le 31 décembre 1689, set. 77, es. 45. 

49. François CAILLEBOT de la Salle. 

Né en 1652, quatrième fils de Louis, seigneur de la Salle en Beauce, 
et d'Anne Martel, dame de Montpinchon en Normandie, fut reçu doc- 
teur en théologie, 1684, devint aumônier du roi, abbé de Pleinpied 
(Bourges) et de Bebais (Meaux). 

Nommé évêque de Tournai au mois de mai 1690, il n'obtint ses 
bulles que deux ans plus tard, et ne put se faire sacrer que le 31 août 
1692. 

Ce fut un ardent fauteur des Jansénistes pendant la durée de son 
épiscopat et tout le reste de sa vie. 

Ayant donné sa démission en mars 1705 ou par crainte des embarras 
ou par amour pour la retraite, il accepta une nouvelle abbaye, la Cou- 
ture du Mans, et se retira dans son abbaye de Bebais, où il remuait 
encore en faveur du jansénisme en 1722 et en 1727. 

f à Bebais le 21 décembre 1736, set. 84, es. 45. 

50. - Louis-Marcel de COETLOGON. 

Transféré de Saint-Brieuc, dont il était évêque depuis 25 ans. Cf. 
Saint-Brieuc 

Il prit possession de son nouveau siège en avril 1705, y déploya les 
qualités, mélangées de quelques défauts qui sont relevés dans l'article 
auquel nous venons de renvoyer. 



ÉVÊCHÉ DE TOURNAI 483 



f à Tournai le 18 avril 1707, set. 59, es. 26, après y avoir siégé seule- 
ment deux ans. 

51. — René-François de BEAUVAU. 

Transféré de Bayonne par l'expresse volonté de Louis XIV, d'accord 
avec Clément XI. Cf. Bayonne. . 

Il ne prit possession qu'en 1708, et dès l'année suivante, abandon- 
nant son poste, pour n'être pas témoin des défaites de l'armée française 
et du succès des Impériaux, il se retira à Paris. Le Tournaisis et les 
autres provinces espagnoles des Pays-Bas étant devenues autrichiennes 
à la paix d'Utrecht, l'évêque de Tournai donna sa démission, juillet 
1713, et fut aussitôt nommé archevêque de Toulouse par Louis XIV. 
Cf. Toulouse. 

52. — Jean-Ernest de LŒWENSTEIN, élu évêque de Tournai en 
1713, ne peut entrer, pas plus que ses successeurs dans le plan de ce 
travail. 

Nous énumérons cependant toutes les abbayes du diocèse, la plupart 
d'entre elles se trouvant situées dans le Hainaut français, dans les 
environs de Lille ou dans d'autres cantons, que les traités laissaient au 
roi de France. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TOURNAI 

0. S. B. vir. S. Martinus apud Tornacum, Saint-Martin à Tournai. 

S. Amandus in Pabula seu Elno, Saint-Amand-en- 
Pévèle*, ou Elnon. 
fem. B. Maria de Pace, La Paix à Saint-Amand. 

1. On ne lira pas sans intérêt Y Histoire de la ville et de Vabbaye de Saint-Amand, 
par V. de Courmaceul, ancien magistrat ; in-8, Valenciennes, 1866. 

Parmi les abbés se distingue Nicolas Dubois, 1621-1673, remarquable comme 
administrateur et comme fondateur de la basilique, dont la tour, encore debout, 
atteste la beauté. A partir de 1705, l'abbaye, jusque-là en règle, tomba en com- 
mende. Le dernier abbé fut le cardinal d'York, 1755-1790. 

L'abbaye, vendue en 1795, fut démolie, ainsi que la basilique. Il ne reste plus que 
la tour. 



184 PROVINCE DE CAMBRAI 



0. Gist. vir. B. Maria de Laude, IV. -D. deLooz, près de Lille, abbaye 
en règle, 
fem. Marquetta, Marquette, ou Bonrepos. 
Vevelgemium, Vevelghem. 
Groninga, Grœninghen. 
0. S. A. vir. Cisonium, Cisoing. 

Falempinum seu Fanopinum, Falempin. 
S. Nicolaus de Prata, Le Pré-Porcin. 
fem. B. Maria de Pratis, Les P.rés-aux-Nonnains. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

La collégiale de Saint-Pierre à Lille, est la plus nombreuse ; mais il 
y en a plusieurs autres dans le diocèse. 

Il y a de plus à Tournai, à Lille et dans les villes principales des 
collèges pour les lettres, et un grand nombre de couvents tant 



d'hommes que de femmes. 



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EBREDONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE D'EMBRUN 



Ville très forte par sa position dès le temps de la domination romaine, 
Embrun devint au IV e siècle la métropole civile des Alpes maritimes et 
peu après une métropole ecclésiastique. Les archevêques portèrent le 
titre de comtes, de princes ; ils jouissaient d'une juridiction temporelle 
et pouvaient battre monnaie. 

La province ecclésiastique d'Embrun se compose à la fin du 
XVII e siècle de sept diocèses, qui sont : Ebredunen. Embrun; Dinien. 
Digne ; Glandaten. Glandève ; Grassen. Grasse ; Sanicien. Senez ; Ven- 
cien. Vence ; Nicien. Nice. Ce dernier diocèse, qui comprend le comté 
de Nice, relève au civil non des rois de France, mais des ducs de 
Savoie. 

Ces divers diocèses ont cela de commun qu'ils sont anciens, d'une 
assez petite étendue de territoire et n'ont qu'un tout petit nombre de 
paroisses. Embrun en a 98, Digne 31, Glandève 49, Grasse 23, Senez 
33, Vence 21. Nous ne parlons pas de Nice. La province d'Embrun, 
cependant, marque singulièrement dans l'histoire ecclésiastique du 
XVIII e siècle par le concile qu'elle célébra en 1727 et dont nous allons 
parler bientôt. 



Cf. Gallia Christiana, tomus III, anno 1725 editus ; Hugues du Tems, Le clergé 
de France, tome IV, 1775 ; Almanach royal, années successives. 



186 PROVINCE d'embrun 



EBREDUNUM, EMBRUN 

Cf. Fisquet, France pontificale, Aix, Arles et Embrun ; 1 vol. in-8. Paris, Repos, 
1862. 



ARCHEVÊQUES D'EMBRUN 

74. — Guillaume d'AVANÇON, fils de Jean, seigneur de Saint- 
Marcel, était camérier du pape, quand il fut nommé archevêque d'Em- 
brun par Charles IX, en 1561, et sacré aussitôt. 

Il assista au colloque de Poissy, siégea au concile de Trente, fit 
partie des États-Généraux en 1577 et en 1588 ; ne put empêcher, malgré 
sa courageuse résistance , que Lesdiguières et les Huguenots ne 
prissent la ville et ne pillassent la cathédrale d'Embrun, 1579. Il tint 
néanmoins son concile provincial en 1583, pour promulguer les décrets 
du concile général de Trente. 

Retiré quelque temps à Rome, il se réconcilia avec Henri IV, qui le 
rappela en France et demanda même pour lui le chapeau de cardinal, 
que la mort l'empêcha de recevoir. . 

f à Grenoble, juillet 1600, set. 65, es. 40. 

75. — Honoré du LAURENS. 

Ancien avocat du roi au Parlement de Provence, était entré dans 
l'état ecclésiastique après la mort de sa femme. 

Nommé archevêque d'Embrun par Henri IV, en 1600, il fut le modèle 
des pasteurs, sans laisser d'être un prodige d'austérité. 

f à Paris le 23 janvier 1611, 33t. 58, es. 11. 

76. — Frère Guillaume d'HUGUES, cordelier. 

Entré jeune encore dans l'ordre des Frères Mineurs, il y remplit les 
fonctions de professeur, de gardien et de ministre général avec succès. 

Nommé archevêque d'Embrun par la reine régente, en 1611, et 
sacré à Saint-Pierre de Rome le 11 novembre 1612, il fut chargé 
d'accompagner Elisabeth de France en Espagne, Henriette de France 
en Angleterre, avec mission d'adoucir le sort des catholiques persécutés. 



ARCHEVÊCHÉ D'EMBRUN 187 

C'est lui qui reçut solennellement à Grenoble le 25 juillet 1622 le 
duc de Lesdiguières dans le sein de l'Eglise. 

La ville d'Embrun ne peut l'oublier. Il orna magnifiquement la cathé- 
drale, bâtit le superbe palais archiépiscopal, il établit les Capucins, 
fonda l'église des Jésuites, sous le vocable de saint François-Xavier. 

f à Embrun le 27 octobre 1648, set. ? es. 37. 

77. — Georges d'Aubusson de la FEUILLADE. 

Deuxième fils de François, comte de la Feuillade et d'Elisabeth 
Brachet de Pérusse, docteur en théologie, très estimé dans les assem- 
blées du Clergé, fut d'abord nommé évêque de Gap, pour remplacer 
Arthur de Lionne, qui était nommé archevêque d'Embrun. Mais celui- 
ci ayant refusé de quitter Gap, Georges fut nommé au siège d'Embrun 
en 1648, et sacré à Paris le 11 septembre 1649. 

Son entrée solennelle n'eut lieu qu'en juillet 1651, différentes fonc- 
tions épiscopales l'ayant retenu à Paris. Depuis, il eut à remplir en 
Espagne et à Venise des missions diplomatiques. Il reçut le collier du 
Saint-Esprit le 31 décembre 1661. 

Transféré à Metz en 1668, il y porta le titre d'archevêque-évêque. 
Cf. Metz. 

78. — Charles Brulart de GENLIS. 

Né en 1628, fils de Florimont, marquis de Genlis, et de Charlotte de 
Béthencourt, était aumônier du roi, abbé de Joyenval (Chartres). 

Nommé archevêque d'Embrun en 1668, il se fit sacrer dans l'église 
de Saint-Lazare à Paris, en 1669, ne fit cependant son entrée dans sa 
ville métropolitaine que le 7 novembre 1671. 

Il prit part au rang des évêques à l'Assemblée de 1682, sans s'y faire 
remarquer dans un sens ni dans un autre. 

Il passa pour janséniste, sans l'être. Car il confia son séminaire aux 
Jésuites, et s'empressa de publier, aussitôt parue, la bulle Unigenitus. 

f à Embrun le 3 novembre 1714, set. 86, es. 46. 

79. — François-Elie de Voyer de Paulmy d'ARGENSON. 
Transféré de Dol en 1715. Cf. Dol. 

Il avait des qualités et des vertus éminentes, qu'il eut à peine le 
temps de déployer à Embrun. 



188 PROVINCE D'EMBRUN 



Transféré à Bordeaux en 1709, il s'y montra plus nettement et plus 
avantageusement. Cf. Bordeaux. 

80. — Jean-François-Gabriel de HENNIN-LIÉTARD. 
Transféré d'Alais, novembre 1719, juin 1720. Cf. Alais. 
Une cruelle infirmité l'empêcha sans doute de prendre possession 

de son siège avant le 28 juin 1722. 

Il fit du reste peu de bruit dans son nouveau diocèse. La Gallia 
Christiana lui applique pourtant une de ses phrases favorites : « Adhuc 
prœest et prodest prsesul optimus ». Gela prouve que le tome III, daté 
de 1725, avait été rédigé antérieurement. Car le prélat dont il s'agit, 
torturé de la pierre, ne vivait plus en 1725. 

f à Paris le 26 avril 1724, set. 58, es. 12. 

81. — Pierre Guérin de TENGIN. 

Né à Grenoble le 22 août 1679, fils d'Antoine, conseiller au Parlement 
de Grenoble, et de Louise de Buffévant, avait une sœur bel-esprit, 
Claudine, qui contribua beaucoup à le pousser. Dès 1702 il fut abbé de 
Vézelay ; il fut grand archidiacre de Sens, 1703 ; prieur de Sorbonne, 
1705 ; député du clergé aux Assemblées de 1705 et 1710. 

C'est lui qui reçut à Melun en 1719 l'abjuration du fameux John Law. 
Parti pour Rome avec le cardinal de Bissy en 1721, il y resta après le 
conclave comme chargé des affaires de France, pour remplacer Lafitau, 
évêque de Sisteron. Dans ce poste, il rendit de grands services au 
Régent et à son ministre Dubois. 

Il était à Rome quand il reçut le brevet royal du 6 mai 1724, qui le 
nommait archevêque d'Embrun. Les bulles ayant été accordées aussi- 
tôt, il fut sacré à Rome même, le 2 juillet, par Sa Sainteté Benoît XIII. 
Il ne tarda pas à prendre possession de son siège; il tint avec la 
permission du roi et l'agrément du pape, dans son église métropoli- 
taine, Notre-Dame d'Embrun, son célèbre concile provincial, août et 
septembre 1727. L'histoire en est bien connue. 

Le vieil évêque de Senez, canoniquement condamné par le concile, 
fut relégué par le roi à la Chaise-Dieu et son diocèse confié à des 
administrateurs. Cf. Senez. 

Mais l'archevêque d'Embrun, quoique soutenu par le roi, le pape et 
les catholiques, avait encouru la haine irréconciliable du parti dont 



ARCHEVÊCHÉ D'EMBRUN 489 



Saint-Simon, les Nouvelles ecclésiastiques et autres pamphlétaires se 
sont fait l'écho. 

Créé cardinal par Clément XII, le 23 février 4739, sur la présen- 
tation du roi d'Angleterre (Jacques III), et pourvu en même temps de 
l'abbaye de Trois-Fontaines (Châlons), l'archevêque d'Embrun, assista 
au conclave qui élut Benoît XIV, le 47 août 4740. Quelques semaines 
après, il était transféré à Lyon, 24 septembre - 8 novembre 4740. 
Cf. Lyon. 

82. — Bernardin-Louis FOUCQUET. 

Né à Rennes, 8 janvier 4705, neveu du maréchal de Belle-Isle 
et arrière-petit-fils du surintendant, docteur en théologie. 

Nommé archevêque d'Embrun en 4740, il fut sacré le 8 janvier 4744, 
résida fidèlement dans son diocèse, fit exactement ses visites pasto- 
rales, encouragea les conférences et les retraites ecclésiastiques, fut 
très charitable. 

Ayant donné sa démission le 47 avril 4767, il se retira à Paris. C'est 
là qu'il f le 20 avril 4785, set. 80, es. 45 ; abbé de la Couture au Mans. 

83. — Pierre-Louis de LEYSSIN, dernier archevêque d'Embrun. 
Né à Aoste en Dauphiné en 4724, docteur en théologie, fut successi- 
vement vicaire général des deux Barrai à Castres et à Troyes. 

Nommé archevêque d'Embrun, le 49 avril 4767, préconisé le 4 er juin, 
sacré le 5 juillet suivant, fut dès lors tout entier à son diocèse ; abbé 
de Boscaudon 4779. S'il eut quelques défauts, il les racheta par sa 
charité et ses autres vertus. 

En 4794, il excommunia l'évêque intrus Cazeneuve, constitua vicaire 
général le vertueux Jacques Roux de la Mazelière, émigra d'abord à 
Lausanne, où il composa un mandement apologétique, 4794, qu'il 
soumit au pape ; passa de Suisse en Bavière où il fut tracassé. 

f à Nuremberg le 26 août 4804, set. 77, es. 35, le Concordat non 
signé n'imposant pas encore la démission et la lettre du pape, datée du 
46 août, n'ayant été délivrée aux évêques qu'en septembre. 

On peut consulter Farticle que consacre à cet archevêque l'abbé de 
Boulogne dans ses Annales catholiques, tome IV, p. 404, septembre 
4801. 

Le Bulletin de la société d'études des Hautes-Alpes, n° d'avril-juin 
4890, parle aussi de cet archevêque. 



190 PROVINCE D'EMBRUN 



ABBAYE DU DIOCÈSE D'EMBRUN 

0. S. B. vir. Boscodunum, Boscaudon. 

Il n'y a qu'une seule collégiale : Briançon. 

Il y a deux collèges : celui des Jésuites à Embrun, et celui des 
Doctrinaires à Barcelonnette. 

Couvents : Gordeliers, Capucins, Ursulines à Embrun ; Dominicains, 
Capucins, Ursulines à Briançon ; Cordeliers à Barcelonnette. 



DINIA, DIGNE 

Cf. Fisquet, France pontificale, Digne. Un vol. in-8, très développé, Digne étant, 
croyons-nous, la patrie de l'éditeur, Etienne Repos. 

Pierre Gassend (Gassendi), chanoine et prévôt de Digne, mort à Paris, en 1655, a 
fait connaître les évêques antérieurs à l'époque que nous embrassons. On trouve 
cette Notitia episcoporum Diniensium dans ses œuvres complètes, en 6 vol. in-folio, 
Lyon, 1658. 

60. — François LETELLIER, 60 e évêque de Digne. 

Né en 1633, fils de Simon, médecin du roi, était aumônier de la 
reine, curé de Saint-Séverin à Paris. 

Nommé évêque de Digne, 1677, pour remplacer Félix de Tassy, 
qui venait d'être transféré à Chalon-sur-Saône, il fut sacré le 15 mai 
1678. 

Ne résida guère. 

Accepta l'abbaye d'Aiguebelle, 1700. 

f à Paris, 11 février 1708, set. 75, es. 30. 

61. — Henri du PUGET (de Puget Almanach-Royal, Fisquet). 

Né en 1655, fils d'un président au Parlement de Toulouse, docteur 
en théologie, abbé de Simorre (Auch), vicaire général de Viviers. 

Nommé évêque de Digne, le 7 avril 1708 et sacré à Paris, le 9 mars 
1710, résida, fut très aimé, fit de grandes charités.... 

Son infirmité l'empêcha d'assister en personne au concile d'Embrun, 
il s'y fit représenter par son vicaire général qui était son neveu. 

f à Digne, le 22 janvier 1728, set. 73, es. 18. 



ÉVÊCHÉ DE DIGNE 491 



— Jean d'Yse de SALÉON. 

Administrateur de Senez en 4727, fut nommé évêque de Digne, le 
10 février 1728, d'Agen, le 1 er novembre. Cf. Agen. 

62. — Antoine-Joseph-Amable FEYDEAU. 

Né à Moulins 1658, était Carme, avait été général de son ordre ; très 
zélé contre les Jansénistes, il avait blanchi dans les travaux aposto- 
liques. 

Il était septuagénaire, quand il fut nommé évêque de Digne, le 
1 er novembre 1728 et sacré à Rome, le 24 septembre 1730, résida, 
protesta en 1731 contre la loi du silence, maintint la discipline ; zèle 
pur, qui porta ses fruits. 

f à Digne, le dimanche 3 décembre 1741, set. 83, es. 12. 

— Paul de RIBEYRE. 

Vicaire général de Massillon à Glermont, nommé évêque de Digne, 
puis de Saint-Flour. Cf. Saint-Flour. 

63. — Jean-Louis DU LAU d'ALLEMANS. 

Né en 1708, en Périgord, était frère aîné de Jean, célèbre curé de 
Saint -Sulpice, à Paris, avait été vicaire général du cardinal de Bissy à 
Meaux. 

Nommé évêque de Digne, le 29 mai 1742, il fut sacré à Meaux, le 21 
octobre suivant, ne fit que paraître, emporté avant l'âge. 

f à Paris, le 15 septembre 1746, set. 38, es. 4. 

64. — Louis-Sextius de JARENTE de la Bruyère. 

Né à Marseille en 1706, mais baptisé à Aix, fut vicaire général de 
Belsunce, ami de La Motte, lié ainsi avec deux saints qu'il n'imita pas. 

Nommé évêque de Digne en 1746, sacré le 21 octobre 1747 à Amiens 
par La Motte, fut dès lors affairé, courtisan, tolérant par ambition 
plutôt que par zèle, obtint la feuille des bénéfices. 

Transféré à Orléans, 1758. Cf. Orléans. 

65. — Pierre-Paul du QUAYLAR (du Gaylar, suivant d'Hozier). 
Né le 29 juin 1716 à Varages, diocèse de Riez, était le quatrième fils 

de Jean, écuyer et d'Anne de Gastillon. Il devint archidiacre de Digne, 



192 PROVINCE D'EMBRUN 



abbé de Saint-Urbain (Châlons) et vicaire général de Jarente, qu'il 
suppléa, puis remplaça. 

Nommé évêque de Digne, le 2 février 1758 et sacré le 16 avril, il 
flatta Louis XV quand il était le plus répréhensible ; se brouilla avec 
son chapitre en projetant la fusion de Digne et de Senez (un projet 
d'union canonique), fut forcé de se décharger sur Louis-François de 
Bausset, se retira à Varages en 1778, finit par se démettre en 1783. 

f à Varages, le 15 décembre 1784, set. 68, es. 27. 

S'il faut en croire l'abbé de Sambucy (Vie de M% r de Beauvais, évêque 
de Senez, p. 78), on projetait la suppression de plusieurs sièges épis- 
copaux du Midi par le moyen d'unions canoniques. Le projet d'unir 
Digne avec Senez a été certainement agité, l'évêque de Digne, P. -P. du 
Quaylar ayant pris l'initiative pour un motif ou pour un autre et le roi 
Louis XVI, par un brevet daté de Versailles, 28 avril 1776, ayant 
déclaré que son intention était, les formes canoniques d'usage obser- 
vées, de supprimer l'évêché et le chapitre de Senez, de transporter à 
Digne le siège épiscopal et les titres capitulaires de Senez. 

Le projet a échoué, on peut voir comment, dans Sambucy : on 
apprend par là que l'œuvre schismatique de la Constituante aurait pu 
s'effectuer canoniquement dix ans avant le Concordat, si le Jansénisme 
irréligieux avait pu admettre le concours de l'autorité civile et du 
pouvoir pontifical. 

66. — François Mouchet de VILLEDIEU. 

Né le 20 novembre 1731, dans le diocèse de Bourges ; docteur en 
théologie de Paris en 1759. 

Elu doyen de Nevers, 1756; prédicateur, abbé de Foresmontier 
(Amiens). 

Nommé évêque de Digne, le 2 février 1784, fut sacré le 18 juillet 
suivant. 

Ayant pris possession, il fit des règlements singuliers, introduisit la 
liturgie parisienne, etc. Son vicaire général était l'abbé d'Auribeau. 

Emigré à Munster, il refusa positivement sa démission en 1801, de 
concert avec les frères d'Argentré, l'un évêque de Séez et Fautre 
évêque de Limoges, ses compagnons d'exil, fit même des réclamations 
contre le concordat en 1803, ne rentra en France qu'en 1814, bien 
infirme. 



ÉVÊCHÉ DE GLANDÈVE ■ 193 



f à Paris, le 10 août 1823, set. 92, es. 40. Inhumé au cimetière de 
Vaugirard. 

Il n'y avait dans le diocèse de Digne ni abbaye ni collégiale, mais 
seulement trois couvents d'hommes : Gordeliers, Récollets, Trinitaires, 
et deux couvents de femmes : Visitandines, Ursulines. 

Il y avait un collège de la compagnie de Jésus à Digne. 



GLAND ATA, GLANDÈVE 

La ville de Glandève (Glandata, Glandateva), ayant été détruite par 
un débordement du Var ou par une autre catastrophe, le siège épisco- 
pal avec le chapitre furent établis à Entrevaux (Intervalles), ville située 
en face de Glandève, sur l'autre rive du Var. Le château ou palais 
épiscopal se nommait la Sedtz. 

Le diocèse était formé de 49 paroisses, dont plusieurs n'étaient pas 
de la France. 

Cf. Fisquet, op. cit. Digne. 

46. — Frère Léon BAGOUE (de Bacoué), 46° évêque de Glandève 
qu'on connaisse. 

Né à Casteljaloux, en Basse-Guyenne, entre 1600 et 1613, d'une 
famille protestante, abjura l'hérésie, entra chez les Mineurs-Observan- 
tins, fut chargé de réformer le couvent de Paris, publia la somme de 
Villalobos, 1635, un poème latin en l'honneur du pape Clément IX en 
1667, un autre sur l'éducation du Dauphin, Delphinus, en 1670. C'est 
ce dernier ouvrage qui le fit connaître. 

Nommé évêque de Glandève le 27 septembre 1672, pour succéder à 
Frère Jean-Dominique Ithier, cordelier, qui était évêque de Glandève 
depuis 1653, et qui venait de mourir à la Sedtz. Frère Léon Bacoue est 
le seul huguenot converti que Louis XIV ait promu à l'épiscopat. 

Sacré en 1673, il fut appelé à représenter sa province à l'Assemblée 
de 1682. Comme il était déjà vieux, il demanda et obtint pour coad- 
juteur le 2 avril 1682, François de Camps, dont nous allons bientôt 

13 



194 PROVINCE d'embrun 



parler, et se retira à Pamiers, dans un couvent de son ordre. Il donna 
même sa démission en 1684. 
f à Pamiers, 13 février 1694, set. 94 (87 ou 84), es. 21. 

— François de CAMPS, député du second ordre à l'Assemblée de 
1682, pour la province d'Albi, était natif d'Amiens, docteur en théologie, 
savant numismate, vicaire général de l'archevêque d'Albi, Hyacinthe 
Serroni. 

Nommé le 2 avril 1682, coadjuteur de Glandève, il administra deux 
ans avec les pouvoirs de l'évêque et un an sans pouvoir aucun. 

Nommé évêque de Pamiers, en novembre 1685, il administra de 
nouveau sans pouvoirs et ne fut jamais préconisé. Cf. Pamiers. 

— François VERJUS, oratorien, nommé évêque de Glandève en 
novembre 1685, fut nommé évêque de Grasse en avril 1686. Cf. Grasse. 

47. — Charles de VILLENEUVE de Vence. 

Fils de Claude, baron de Vence, et de Catherine de Grasse, était 
prévôt de l'église de Grasse et docteur en théologie, quand il assista 
comme député du second ordre à l'Assemblée de 1682, y représentant 
la province d'Embrun. 

Nommé évêque de Glandève le 18 avril 1686, il ne fut préconisé que 
le 5 octobre 1693 pour avoir assisté à la fameuse Assemblée et pour 
avoir administré le diocèse de Glandève sans bulles. 

Sacré enfin à Aix le 18 avril 1694, il fut un des évêques assistants au 
sacre de Soanen à Paris, le 1 er juillet 1696, et gouverna paisiblement 
ensuite son diocèse. 

f à Vence le 2 mai 1702, set. ? es. 10. 

48. — César de SABRAN. 

Etait fils de Charles, capiscol de Riez, des comtes de Forcalquier. 

Nommé évêque de Glandève le 3 juin 1702, préconisé le 25 septembre 
suivant, il se fit sacrer, prit possession de son siège, mais habita Aix 
ou Paris plus souvent que la Sedtz, où il vint passer ses derniers jours. 

f à la Sedtz, dans son palais épiscopal, le 19 juin 1720, ast. ? es. 18. 

49. — Dominique-Laurent de Balre de Berton de CRILLON. 

Il avait pour oncle François de Crillon, évêque de Vence, et pour 



ÉVÊCHÊ DE GLANDÈVE 195 



frère Jean-Louis, évêque de Saint-Pons. Il fut vicaire général de son 
oncle à Vence d'abord, ensuite à Vienne. 

Nommé évêque de Glandève le 8 janvier 1721, il fut sacré le 20 jan- 
vier 1722. Se montra pieux, régulier, orthodoxe. 

Il prit une part active au concile d'Embrun en 1727, parut à l'Assem- 
blée du clergé, 1740. 

f dans son palais de la Sedtz, 28 octobre 1747, set. provectae, es. 26. 

50. — André-Jean-Baptiste-Dominique de CASTELLANE. 

Né à Poitiers en 1703, était fils d'Horace ; fut élève de Saint-Sulpice 
et vicaire général du vertueux Montillet à Auch. 

Nommé évêque de Glandève le 23 décembre 1747, et sacré le 31 mai 
1748, il promettait beaucoup, mais mourut subitement le 8 septembre 
1751, a3t. 48, es. 4. 

51. — Jean-Baptiste de BELLOY. 

Né à Morangles, diocèse de Beauvais, le 9 octobre 1709, reçu docteur 
en théologie en 1737, fut vicaire général de Gesvres à Beauvais ; abbé 
de Saint- André (Avignon), 1747 ; il avait deux frères Prémontrés. 

Nommé évêque de Glandève en 1571, il se fit sacrer le 30 janvier 
1752 à Paris au séminaire Saint-Sulpice par l'évêque de Beauvais, prit 
possession. 

En 1755, à l'Assemblée du clergé dont il faisait partie, il se montra 
bon- feuillant, ce qui lui valut le siège de Marseille, devenu vacant 
sur ces entrefaites par la mort de Belsunce. Cf. Marseille. 

52. — Gaspard Brunet de TRESSEMANES. 

Né en 1721 dans le diocèse de Riez, était chanoine de la métropole 
d'Aix. 

Nommé évêque de Glandève le 5 juillet 1755, et sacré le 19 octobre 
suivant à Paris, n'est connu par aucun acte, même en 1762. 

Démissionnaire le 23 juin 1771, il reçut l'abbaye de Saint-Georges de 
Bocherville, vint habiter Franconville près Pontoise, servit d'auxiliaire 
à Christophe de Beaumont qui l'estimait et remplaça ou suppléa, 
auprès des Carmélites de Paris, le vertueux Hachette des Portes, qui 
suit. 

f à Franconville, 5 septembre 1784, œt. 63, es. 29. 



196 PROVINCE d'embrun 



53. — Henri HACHETTE DES PORTES, dernier évêque de Glan- 
dève. 

Né en 1712 dans le diocèse de Reims, fut choisi comme visiteur 
général des Carmélites en 1748 ; il avait été élève à Saint-Sulpice avec 
Bernis et Dominique de La Rochefoucauld ; était docteur en théologie 
depuis 1740. 

Sacré évêque de Cydon (Crète) 31 août 1755, auxiliaire ou suffragant 
de Rohan à Reims, il administra dix ans l'archidiocèse avec un zèle 
aussi pur qu'éclairé ; puis suppléa Beaumont à Paris. 

Nommé évêque de Glandève 1771, préconisé le 23 septembre, il prit 
aussitôt possession, fit ses visites pastorales, s'occupa de son sémi- 
naire, propagea la dévotion au Sacré-Cœur de Marie ; avait brillé dans 
l'Assemblée du clergé de 1775. Ce fut un pieux, ferme et savant 
évêque. 

Son siège étant supprimé par la Constitution schismatique de 1790, 
il émigra à Nice, puis en Piémont, enfin à Bologne, 1791-1795, adressa 
à Rome, de Bologne, 1796, dix lettres qui sont publiées par Theiner, 
Affaires de France, tome II, et qui sont touchantes. 

f à Bologne en 1798, set, 86, es. 43. 

Il- n'y a aucune abbaye ni collégiale dans le diocèse de Glandève, 
mais seulement le chapitre de la cathédrale. 

On ne mentionne même pas de couvent, le diocèse ne se composant 
guère que de villages, presque tous perdus dans les montagnes. 



GRASSA, GRASSE 

Le siège épiscopal, fondé dans le principe à Antibes (Antipolis), fut 
établi à Grasse par Innocent IV, le 19 juillet 1244. L'antique cité perdit 
ainsi ses évêques, sans perdre tous ses privilèges, comme l'expose la 
Gallia Christiana, tome III, p. 1145. Mais la série des évêques de 
Grasse est la continuation de la série des évêques d'Antibes. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Fréjus. 



ÉVÊCHÉ DE GRASSE 197 



66. — Antoine LE CONTE, 66° évêque d'Antibes, 39* de Grasse. 
Né le 29 décembre 1629, fils de François, trésorier des guerres, et 

de Marie Le Clerc, était prévôt de Glandève. 

Nommé évêque de Grasse, en décembre 1680, pour remplacer Louis 
Aube de Roquemartine, qui venait d'être transféré à Saint-Paul-Trois- 
Châteaux, il fut d'abord institué vicaire apostolique d'Antibes ; puis il 
se fit sacrer à Paris, le 16 août 1682. 

Mais il ne vit pas son diocèse, étant f le 6 septembre 1683, eet. 54, 
es. 1, à Mouchy, près de Creil, terre dont il était seigneur. Il possédait 
en sus deux autres terres patrimoniales, et jouissait de trois prieurés 
en commende. 

— Charles-Bénigne HERVÉ, nommé évêque de Grasse en 1683, fut 
nommé évêque de Gap, 1684. Cf. Gap. 

67. — François VERJUS, oratorien. 

Avait pour frères, Louis, comte de Crécy, diplomate, et le P. Antoine 
de la Compagnie de Jésus, écrivain de mérite. Lui-même était prédi- 
cateur, abbé de Barbeaux ou de Barbery. 

Trois fois en trois ans il fut honoré de la nomination royale à 
l'épiscopat. 

Nommé évêque de Grasse, le 31 mai 1684, en place de C.-B. Hervé, 
dont nous venons de parler, il fut nommé évêque de Glandève, novembre 
1685, en place de François de Camps. 

Mais celui-ci ayant été nommé évêque de Pamiers, et Jean-Baltasar 
de Cabanes de Viens ayant refusé Grasse, préférant Vence, François 
Verjus renonça volontiers à Glandève et se laissa nommer de nouveau 
évêque de Grasse, avril 1686. 

Il ne reçut ses bulles que six ans plus tard pour des raisons que 
l'on connaît et qui ne lui étaient pas personnelles. Il put enfin se 
faire sacrer le 7 décembre 1692 dans l'église des Dominicaines de 
Charonne. 

Il avait obtenu du pape Innocent XII, bulle du 30 juillet 1692, que 
les revenus de la prévôté de Grasse fussent réunis à la mense épisco- 
pale, disposition que le roi Louis XIV sanctionna le 21 mars 1693. 

François Verjus résida fidèlement dans son diocèse. 

f à Grasse, le 17 décembre 1710, œt. ? es. 18. 



198 PROVINCE d'embrun 



68. — Joseph-Ignace-Jean-Baptiste de MESGRIGNY (Atranase 
d'Aix, capucin). 

Etait né à Aix en 1653, quoique l'historien moderne du diocèse de 
Langres, l'abbé Roussel, le fasse naître au château de Ghamesson. Il 
avait pour père Jean, vicomte de Troyes, baron de Vendœuvre, alors 
premier président du Parlement de Provence 1 , et pour mère Huberte- 
Renée de Bussy d'Inteville. 

Joseph, à 23 ans, était à la fois docteur de Sorbonne et mestre de 
camp. C'est alors qu'il entra chez les Capucins de Paris, devint prédi- 
cateur ardent, sans laisser d'être religieux exemplaire. Dans son ordre 
il fut lecteur, gardien , définiteur, visiteur. Trois de ses sœurs étaient 
religieuses. 

Il approchait de la soixantaine, quand il fut nommé par Louis XIV, 
le 5 avril 1711, évêque de Grasse et vicaire apostolique d'Antibes. 
S'étant fait sacrer le 20 décembre suivant aux Capucins de Paris, il 
partit aussitôt pour son diocèse qu'il visita dans le plus grand détail. Il 
embellit sa cathédrale, consacra plusieurs églises, révisa les archives 
paroissiales et diocésaines, veilla sur l'enseignement de la chaire et du 
catéchisme. Austère et belle figure , dénaturée à plaisir par les 
Jansénistes. 

f à Grasse, le 2 mars 1726, set. 73, es. 15, « en réputation de haute 
vertu », dit Hugues duTems, « de sainteté », pouvons-nous dire avec 
dom Théophile Bérengier, bénédictin, Notice sur Ms r Joseph-Ignace de 
Mesgrigny, in-8, Marseille, Roy, 1888. 

69. — Claude-Léonce-Octavien D'ANTELMY. 
Né en 1668, était prévôt de Fréjus. 

Nommé évêque de Grasse en 1726, il fut sacré le 12 janvier 1727 à 
Paris, au séminaire Saint-Sulpice par l'archevêque d'Aix, Charles de 
Vintimille. 

Il venait de prendre possession de son siège, quand il fut canoni- 
quement convoqué au concile d'Embrun, où il se distingua. En 1729, 
il reçut l'abbaye de Saint-Chinian (Saint-Pons). En 1736, il fut abbé 
de Lérins (Grasse). 

Homme éminent, il poursuivit avec fermeté les Jansénistes qui le 
détestèrent. 

1. On peut voir dans Moréri la généalogie de Mesgrigny (Champagne). 



ÉVÊCHÉ DE SENEZ 499 



f à Grasse, le 21 octobre 1752, set. 84, es. 26, regretté de tous les 
orthodoxes et laissant plusieurs écrits historiques qui ont de la valeur. 

70. — François d'Etienne de Saint-Jean de PRUNIÈRES, dernier 
évêque de Grasse. « 

Né en 1718, dans le diocèse de Gap. 

Nommé évêque de Grasse en 1752, par Boyer et sacré le 20 mai 1753, 
il écrivit une bonne lettre au chancelier de France en faveur des 
Jésuites, 1761. 

Le diocèse de Grasse étant supprimé par la Constituante, l'évêque 
émigra 1791-1794 à Savillian en Piémont, 1794-1796, à Bologne. 

f à Bologne, après juin 1797, set. 80, es. 46. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE GRASSE 

Lerinus, Lérins (Saint-Honorat de). 

L'antique et célèbre abbaye de Lérins n'avait pas été préservée de 
la commende. Toutefois, au commencement du XVI e siècle, s'étant 
unie à la congrégation du Mont-Cassin, elle obtint le privilège d'avoir 
un abbé régulier triennal à côté de l'abbé commendataire. On peut 
voir les deux séries d'abbés dans la Gallia Christiana, tome III, 
p. 1208. 

Le Cartulaire de Lérins, annoté par M. de Flamare, archiviste de la 
Nièvre, paraît par fascicules depuis 1883. Fascicule I, in-8, 164 p. 
Nice, imp. et lib. Gauvin. 



SAN1TIUM vel SENECIUM, SENEZ 

Toute petite ville de Provence ou simple bourg, Senez fut néanmoins 
avant la fin du V e siècle un siège épiscopal, qui obtint transitoirement 
au XVIII siècle une trop grande notoriété ; nous allons bientôt dire 
pourquoi. 

En 1432, le diocèse de Senez fut uni par Eugène IV au diocèse de 
Vence ; l'union ne dura pas. En 1485, l'évêque fixa bien définitivement 



200 PROVINCE d'embrun 



sa résidence à Castellane, mais ne put y transporter son siège. En 
1650, Innocent X réussit à séculariser les chanoines de la cathédrale, 
qui étaient jusque-là de l'ordre de Saint- Augustin ; il fallut cependant 
laisser les chanoines sécularisés à la cathédrale de Senez. 

L'union projetée avec Digne en 1776, quoique désirée par le roi, 
échoua également, comme nous venons de le dire en parlant de Digne. 
Et pourtant ni ce diocèse de trente-trois paroisses ni les petits diocèses 
du voisinage ne pouvaient longtemps subsister ; le balai révolutionnaire 
allait les faire brutalement disparaître. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Digne. 

40. — Louis-Anne Aubert de VILLESERIN. 

Né à Paris, était chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. 

Nommé évêque de Senez le 17 avril 1671 pour succéder à Louis du 
Chaîne, mort le 1 er mars précédent, octogénaire et doyen des évoques 
de France, il reçut ses bulles le 15 juillet et se fit sacrer le 9 août 
suivant à Paris, dans l'église des Ursulines. 

Ne pouvant transporter son siège épiscopal à Castellane, il y fixa du 
moins sa résidence dans la maison que son prédécesseur avait habitée, 
meublée et léguée. 

Cet évêque avait de Fesprit, du cœur et de la vertu, comme l'attestent 
ses lettres et ordonnances pastorales. 

f 7 février 1695, set. ? es. 24. 

41. — Jean SOANEN, oratorien, prédicateur, Janséniste. 

Né à Riom, le 6 janvier 1647, fils d'un procureur au présidial 
d'Auvergne, et d'une nièce du P. Jacques Sirmond, S. J., fit ses pre- 
mières études dans sa ville natale, où les Oratoriens avaient un collège, 
et se rendit de là, en 1661, à l'institution de l'Oratoire, dont Quesnel 
était alors directeur. 

Après avoir étudié, il enseigna, prêcha même à la cour, avec une 
véritable éloquence. Dans ses discours et dans son enseignement il 
combattit le jansénisme avec une grande vigueur. Nommé évêque de 
Senez le 8 septembre 1695, il prêcha encore la station suivante de 
l'A vent à la Cour. 

Sacré le 1 er juillet 1696 dans l'église de l'Oratoire à Paris, il prit 
aussitôt possession de son siège, ce qui ne l'empêcha pas de prêcher 



ÉVÊCHÉ DE SENEZ 201 



avec succès à Aix le carême de 1698, à Toulouse le carême de 1700. 
C'est lui qui fit le panégyrique de Saint-Augustin en 1705 devant 
l'assemblée du clergé, réunie aux Augustins de Paris. 

Une rare simplicité dans sa manière de vivre lui permit de multi- 
plier ses aumônes. Il exposa généreusement sa vie pour retirer le 
Saint Sacrement du tabernacle, un jour de grande inondation. « Vivit 
etiamnunc prsesul senex in sua diœcesi assiduus ». Gallia Christiana, 
tome III, p. 1264. 

Soanen avait mérité ces éloges jusqu'en 1713 ; il ne les méritait 
plus en 1723 , quand s'imprimait le volume que nous venons de 
copier fidèlement. La bulle Unigenitus avait paru, était admise dans 
l'univers catholique et publiée dans un bon nombre de diocèses de 
France. Circonvenu par d'habiles sectaires, le vieil évêque non-seule- 
ment ne publia pas la bulle, mais il se rangea parmi les appelants, 
renouvela plusieurs fois son appel, et finit par lancer, le 28 août 1726, 
une instruction pastorale tout à fait janséniste. 

Cité au concile d'Embrun, il eut la hardiesse de s'y présenter en 
personne, d'employer pour se défendre tantôt les chicanes des plai 7 
deurs ou les expédients du sophisme, tantôt la médisance ou même la 
calomnie. Il fut solennellement condamné et déclaré suspens de toute 
fonction épiscopale, et même sacerdotale : sentence qui fut approuvée 
par le Souverain Pontife et que le roi sanctionna. 

Relégué à l'abbaye de la Chaise-Dieu, dans le diocèse de Clermont, 
Soanen, quoique déjà octogénaire, vécut encore treize ans, résista aux 
exhortations de l'évêque diocésain, J.-B. Massillon, son ancien confrère 
de l'Oratoire, ne cessa de recevoir la visite de pèlerins fanatiques ou 
de lire les écrits de ses partisans. 

f à la Chaise-Dieu, sans repentir, le 25 décembre 1740, set. 94, 
es. 45. 

— Les administrateurs apostoliques du diocèse de Senez, qui se 
succédèrent depuis le concile d'Embrun jusqu'à la mort de Soanen, 
furent : 

1. Jean d'Yze de SALÉON , désigné par le concile même, au 
grand dépit de Soanen, qui en disant de lui : « C'est le loup qui va 
dévaster ma bergerie », lui décernait le plus juste éloge. Il administra 
sagement et habilement le diocèse, non-seulement jusqu'à sa nomina- 



202 PROVINCE D'EMBRUN 



- 



tion au siège de Digne en 1728, mais jusqu'à sa promotion au siège 
d'Agen. Cf. Agen. 

2. Louis - François - Gabriel d'Orléans de LA MOTTE, investi 
canoniquement de la juridiction, l'exerça parfaitement, jusqu'à sa 
nomination à Févêché d'Amiens en 4733. Cf. Amiens. 

3. Louis-Jacques-François de VOGANGE , qui suit , fut admi- 
nistrateur jusqu'à la mort de Soanen, et devint alors évêque de 
Senez. 

42. — Louis- Jacques-François de VOGANCE. 

Né en 4681 dans le diocèse de Viviers, était conseiller-clerc au Parle- 
ment du Dauphiné, vicaire général de Grenoble, abbé de Simorre 
(Auch), quand il fut chargé d'administrer le diocèse de Senez. Il acheva 
de pacifier les esprits. 

Nommé évêque de Senez en janvier 4744, et préconisé le 47 avril, il 
se fit sacrer le 8 octobre suivant. Son gouvernement fut sage, conforme 
à toutes les règles et couronné d'un plein succès. 

-j* à Riez le 44 mai 4756, aat. 75, es. 45, admin. 22. 

43. — Antoine-Joseph d'Amat de VOLX. 

Né en 4744 à Voix en Provence, fut archidiacre d'Arles et vicaire 
général de l'archevêque Jumilhac. 

Nommé évêque de Senez en 4757, il fut sacré à Arles le 48 sep- 
tembre de cette même année, reçut l'abbaye de Boscaudon (Embrun) 
en 4760. 

Fit-il quelque chose pour les Jésuites en 4762? Nous l'ignorons. 
Mais on sait qu'il fut le bienfaiteur insigne de sa petite ville épiscopale 
et de la ville de Castellane. 

f à Senez le 48 mars 4774, set. 67, es. 24. 

44. — Etienne-François-Xavier des Michels de CHAMPORCIN. 
Né le 46 septembre 4724 dans le diocèse de Digne, fut vicaire géné- 
ral de Jumilhac, archevêque d'Arles, comme son prédécesseur. 

Nommé évêque de Senez en mai 1771, quoique sacré dès le 17 juin, 
ne put guère que se montrer à ses diocésains, ayant été transféré à 
Toul le 1 er novembre 1773. Cf. Toul. 



ÉVÊCHÉ DE SENEZ 203 



45. — Jean-Baptiste-Charles-Marie de BEAUVAIS *. 

Né à Cherbourg le 10 décembre 1731 de parents aisés, pieux, hon- 
nêtes, mais non nobles, il fut élevé soigneusement à Paris, devint 
prédicateur éminent dans la ville et à la cour. 

Il était vicaire général de Charles de Broglie, évêque-comte de 
Noyon, quand Louis XV, considérant le mérite plutôt que la naissance, 
le nomma évêque de Senez, le 31 décembre 1773. 

Sacré le 20 mars 1774, il fut accueilli triomphalement dans son 
diocèse, défendit éloquemment les Ordres religieux, y compris les 
Jésuites, récemment supprimés, dans la solennelle Assemblée du 
clergé de 1775, où il avait été député par sa province. 

Mais se voyant forcé de s'absenter souvent de son diocèse, il donna 
sa démission en 1783 et vint habiter Paris, où il seconda le vertueux 
archevêque, M? r de Juigné. 

Député par le clergé de Paris aux Etats-Généraux en 1789, il se 
découragea. 

f à l'archevêché de Paris le 4 avril 1790, set. 59, es. 16. Il fut enterré 
au Mont-Valérien. 

— Xyste-Louis-Constance Roux (Ruffo) de BONNEVAL, nommé 
évêque de Senez le 1 er novembre 1783, refusa. 

Député lui aussi par le clergé de Paris aux Etats-Généraux, et décou- 
ragé, il émigra ; f à Vienne en Autriche, le 1 er mars 1820, longtemps 
avant son frère, qui va suivre. 

46. — Joseph- Victor de CASTELLANE-Adhémar. 

Né à Marseille le 10 février 1748, fut d'abord vicaire général de 
Senez, puis d'Aix. 

Nommé évêque de Senez le 24 décembre 1783 et sacré le 18 juillet 
1784, il prit possession, résida, gouverna bien, mais pas longtemps. 

f à Rome le 7 novembre 1788, set. 41, es. 5. 

47. — Jean-Baptiste-Marie-Scipion Roux (Ruffo) de BONNEVAL, 
dernier évêque de Senez. 

Né à Aix le 22 janvier 1747, frère cadet de Xyste, dont nous venons 

1. Voir Vie de Ma r de Beauvais, ancien évêque de Senez, par l'abbé de Sambucy, 
1 vol. in-12, xiv-500 p. Paris, Vaton, 1842. 



204 PROVINCE d'embrun 



de parler, avait été élève des Jésuites à Aix avant leur expulsion ; 
vicaire général de J.-B. de Beauvais et de son successeur à Senez, 
chanoine de la métropole d'Aix. 

Nommé évêque de Senez le 15 décembre 1788, il fut sacré le 22 
février 1789 à Paris par Jean-Baptiste de Beauvais, résida jusqu'au 
bout, soutint ses droits contre l'intrus, émigra lentement à Nice, à 
Turin, à Bologne, à Borne. 

On peut lire dans Theiner, Affaires de France, les lettres qu'il a 
écrites, de 1792 à 1805. 

Donna sa démission en 1801, mais ne rentra pas en France quoiqu'on 
lui ait offert l'archevêché d'Avignon en 1817. 

Fixé à Viterbe, il y f 13 mars 1837, set. 90, es. 49. 

Il n'y a pas d'abbaye dans le diocèse de Senez, mais seulement le 
prieuré de Saint-Jacques à Barrême. 

Il y a de plus à Gastellane deux couvents d'hommes, les Ermites de 
Saint- Augustin et les Beligieux de la Merci. A Gastellane aussi se trouve 
un couvent de Visitandines, qui joue un grand rôle dans l'histoire de 
Soanen et des trois administrateurs. 



VENCIA, VENCE 

Le diocèse de Vence, n'ayant que 21 paroisses, était le plus petit de 
France, quoique l'un des plus anciens. Il avait subi récemment, sous 
Antoine Godeau 4 , une union temporaire avec Grasse, qui ne dura pas 
dix ans. C'était la troisième tentative de ce genre ; elle eut le même 
sort que les deux précédentes. 

Cf. Fisquet. France pontificale. Fréjus. 

60. — Frère Théodore-Germain ALLART, 60 e évêque de Vence. 
Né en 1617, était Récollet depuis longtemps, quand il fut nommé 

1. Le célèbre Antoine Godeau, né à Dreux, 24 septembre 1605, sacré évêque de 
Grasse, 14 décembre 1636, avait uni Vence à Grasse du 7 décembre 1644 au 25 
novembre 1653. Mais à cette dernière date, il ne retint plus que Vence et f 17 avril 
1672. 



ÉVÊCHÉ DE VENCE 205 



évêque de Vence en 1680 ; L. de Thomassin, coadjuteur et successeur 
d'Antoine Godeau, venait de passer à Sisteron. 

Préconisé avant la fameuse Assemblée du clergé, Frère Allart fut 
sacré le 12 juillet 1682, prit possession 25 septembre, resta fort étran- 
ger, paraît-il, aux agitations de son temps. 

f 13 décembre 1685, œt. 68, es. 4. 

61. — Jean-Baltazar de CABANES de Viens. 

Né en Provence, d'une famille de robe, avait pour père Baltazar, 
baron de Viens, président à la Chambre des Comptes à Aix, et pour 
mère Madeleine de Valavoir, sœur de Nicolas de Valavoir, évêque de 
Riez, était vicaire général de son oncle maternel à Riez, assista comme 
député du second ordre à la grande Assemblée de 1682. 

Nommé successivement évêque de Grasse, de Riez, de Vence, il 
s'arrêta à cette dernière nomination en 1686, administra sans doute en 
qualité de vicaire capitulaire, ce qui retarda d'autant l'expédition de 
ses bulles. 

Sacré enfin le 29 novembre 1693 au séminaire des Missions étrangères 
à Paris, il put gouverner en paix son petit troupeau, fort peu de temps. 

f à Tournay le 9 mai 1697, œt. ? es. 4. 

62. — François Balbe de Berton de GRILLON *. 

Né en Provence, était fils de Louis, marquis de Crillon, et de Marie 
d'Albertaz. 

Il était oncle paternel de deux futurs évêques, François-Louis de 
Saint-Pons et Dominique-Laurent de Glandève. 

Vicaire général de Saint-Paul-Trois-Châteaux et prévôt de Cavaillon, 
il pouvait légitimement s'attendre à l'épiscdpat. 

Nommé évêque de Vence le 26 mai 1697, fut sacré le 29 décembre 
suivant aux Jésuites d'Avignon par l'archevêque Laurent Fieschi, fut 
pourvu en 1701 de l'abbaye de Saint-Liguaire (Saintes). 

François montra dès lors les qualités qu'il déploya plus tard en grand, 
mais trop peu de temps. 

Transféré à Vienne, 1713-1714. Cf. Vienne. 



1. On peut consulter Notice historique sur les Balbes Berton de Crillon et leur 
généalogie, gr. in-16, 69 p. Paris, imp. Philipona, 1883. Selon Pol de Courcy, on 
devrait dire: Berton des Balbes de Crillon. 



206 PROVINCE D'EMBRUN 



63. — Ennemond-Flodoard Moret de BOURCHENU. 
Né en 4663, était vicaire général de Grenoble. 

Nommé évêque de Vence en 1744, il fut sacré le 6 janvier 4745 à 
Saint-Antoine de Paris, par le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg. 

II fit partie du concile d'Embrun en 4727, se démit la même année. 

I II janvier 4744, aet. 84, es. 30. 

64. — Jean-Baptiste SURIAN, Oratorien 1 . 

Né à Saint-Chamans en 4668, entré à l'Oratoire, il y devint bon 
prédicateur. 

Nommé évêque de Vence en 4727, il fut sacré le 43 juin 4728 ; fut en 
même temps abbé de Saint- Vincent-du-Luc (Oloron). 

Il fut reçu de l'Académie française en 4733 ; mais resta fidèle à la 
résidence, prescrite par les saints canons. 

Acquitta de sa bourse, au nom de sa ville épiscopale, une contribu- 
tion de 60,000 livres. 

f à Vence le 3 août 4754, aet. 86, es. 26. 

65. — Jacques de GRASSE. 

Né en 4720 dans le diocèse de Beauvais, était frère du comte de 
Grasse, marin célèbre, vicaire général de Beauvais. 

Nommé évêque de Vence en 4754, sacré le 23 mars 1755, se montra 
feuillant et janséniste. C'est pour cela sans doute qu'il fut transféré à 
Angers par Jarente, 4758. Cf. Angers. 

66. — Gabriel-François MOREAU. 

Né à Paris le 24 septembre 4724 (et non 4743), conseiller-clerc au 
Parlement, chanoine et théologal de Notre-Dame ; abbé d'Aniane, 4753. 

Nommé évêque de Vence en 4758, sacré le 29 avril 4759, réclama en 
faveur des Jésuites en 4762. 

Transféré à Mâcon en 4763, il s'y distingua. Cf. Maçon. 

67. — Michel-François Couet du Vivier de LORRY. 

Né à Metz, 4728 (4730), docteur en théologie, ancien prieur de Sor- 
bonne, vicaire général de Rouen. 

1. Cf. Surian, Pensées et discours précédés d'une étude historique et littéraire, par 
Vabbé Rosne, in-12 de 338 p. avec portrait. .Paris, Gaume, 1886. 



ÉVÊCHÉ DE VENCE 207 



Nommé évêque de Vence en 1763, sacré le 1 er mai 1764, fut un 
homme sans caractère à Vence, à Tarbes, à Angers et finalement à La 
Rochelle, au commencement de notre siècle. 

Transféré à Tarbes en 1769. Cf. Tarbes. 

68. — Jean de Gairol de MADAILLAN 4 . 

Né en 1712 dans le diocèse de Narbonne, avait été sacré évêque de 
Sarept, in parlibus, le 3 août 1761. 
Nommé évêque de Vence en 1769, il ne put guère s'y faire connaître. 
Transféré à Grenoble, 1771. Cf. Grenoble. 

69. — Antoine-René de BARDONNENGHE. 
Né à Grenoble le 17 juin 1721. 

Nommé évêque de Vence en 1771, sacré le 15 mars 1772. 
f à Varces, 6 octobre 1783, set. 63, es. 12. 

70. — Charles-François-Joseph Pisani de la GAUDE, dernier 
évêque de Vence. 

Né à Aix en 1743, fit ses premières études sous la direction des 
Jésuites avec Portalis, son compatriote. 

Nommé évêque de Vence en 1783, et sacré le 8 février 1784, il 
déploya, dans le gouvernement de son petit diocèse, des talents extra- 
ordinaires. 

Son diocèse étant supprimé par la constitution civile du clergé, et la 
Révolution présageant la persécution, il passa en Italie. Theiner, 
Affaires de France, donne 50 lettres pétillantes d'esprit qu'il écrivit 
presque toutes de Rome entre les années 1792 et 1802. 

Il fit sa démission au pape dès le 17 octobre 1801. Il avait 58 ans. Sa 
carrière épiscopale n'était pas finie. 

Nommé évêque de Namur le 13 pluviôse an XII (3 février 1804) par 
le crédit de Portalis, il n'eut d'abord à s'occuper que de son siège, qui 
comprenait le seul département de Sambre-et-Meuse. Mais les autres 
sièges de la Belgique étant venus à vaquer l'un après l'autre, surtout 
après la formation du royaume des Pays-Bas en 1814, il dut s'occuper 



1. Est-il issu des Madaillan de Lesparre et fils d'un Léon qui épousa sa propre 
tante? Il faut, pour résoudre la question, comparer Moréri, article Madaillan, 
avec d'autres auteurs. 



208 PROVINCE D'EMBRUN 



des autres diocèses, malgré son âge avancé et malgré les exigences 
déraisonnables du roi Guillaume, 
f à Namur, février 1826, aet. 89, es. 42. 

Dans le diocèse de Vence, il n'y avait aucune abbaye ni même de 
couvent d'hommes ou de femmes. On ne peut y signaler que la collé- 
giale de Saint-Paul. 



NICIA vel NICEA, NIZZA ou NICE 

Le diocèse de Nice, correspondant au comté de Nice, relevait bien 
sous le rapport de la juridiction ecclésiastique de la métropole d'Em- 
brun, mais non sous le rapport civil et politique. Les ducs de Savoie, 
devenus rois de Sicile ou de Sardaigne, portaient avec une certaine 
fierté le titre de comtes de Nice. 

Ils n'ont pas toujours été d'accord avec les papes, même pour ce qui 
concernait l'administration purement ecclésiastique, comme nous 
allons le constater. Nous ne nommerons pourtant que les cinq derniers 
évêques de Nice, antérieurs à 4801 , et seulement en tant qu'ils inter- 
viennent dans les affaires ecclésiastiques de la France. 

69. — Henri de PROVANA, carme déchaussé, nommé évêque de 
Nice, par le duc de Savoie, Charles-Emmanuel II, en 1672, et sacré 
aussitôt. 

f le 29 novembre 1706, set. ? es. 34. 

Les démêlés politiques et religieux qui existaient entre Rome et 
Turin, causèrent une vacance de 21 ans. 

70. — Raymond REGROSIO, clerc régulier de Saint-Paul (Barnabite), 
nommé ou du moins agréé par le duc de Savoie, roi de Sardaigne, 
Victor-Amédée II, reçut ses bulles le 30 juillet 1727 et fut envoyé au 
concile d'Embrun dans lequel il siégea en qualité de Père. 

Il fut sacré solennellement à Embrun par son métropolitain, en pré- 
sence des autres Pères du Concile, le 21 septembre 1727. 
f à Nice le 23 mai 1732, set. ? es. 5. 



ÉVÊCHÉ DE NICE 209 



74. — Charles-François COUTON. 

72. — Jacques-Thomas ASTESAN. 

73. — Charles-Eugène Valperga de MAGLIONE. 

Evêque de Nice au commencement de la Révolution française. Il 
offrit une généreuse hospitalité aux prêtres qui fuyaient la persécu- 
tion ou la tyrannie. 

Malheureusement, forcé lui-même de fuir, après l'invasion du comté 
de Nice par les troupes françaises en 1792, il ne put continuer ses 
charitables offices. 

L'occupation de Nice par les Français et la création du département 
des Alpes-Maritimes eut sans doute pour effet immédiat l'humiliation 
ou la persécution du clergé. Mais on ne songea pas à organiser le culte 
constitutionnel dans le nouveau département, comme on l'avait fait 
dans les départements de Vaucluse et du Mont-Blanc : ni le clergé ni 
la population de Nice ne réclamèrent cette institution schismatique. 

De cette façon, quand sonna l'heure du Concordat, le siège de Nice 
se trouva prêt pour recevoir Févêque que le gouvernement français 
allait nommer et que le pape allait instituer canoniquement. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE NICE 

0. S. B. vir. S. Pontius, Saint-Pons. 



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LUGDUNENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE LYON 



Antique et grande cité, Lyon, Lugdunum, fut pour les Romains 
comme la tête d'une région fort étendue, la Celtique, qui se divisa 
d'abord en deux, puis en quatre et même en cinq provinces, nommées 
Lyonnaises. La semence évangélique jetée de bonne heure dans la 
ville, y fut arrosée par le sang d'illustres martyrs. Aussi le siège épis- 
copal de Lyon eut-il dès les premiers siècles de notre ère une gloire 
particulière ; son église cathédrale fat non seulement métropolitaine, 
mais encore primatiale, les archevêques de Lyon ayant à s'occuper 
comme ordinaires de leur diocèse, comme métropolitains, de leur 
province, la Lyonnaise première, comme primats, des autres Lyon- 
naises, sinon de toutes les Gaules. 

Jusqu'au XVIII e siècle, la province ecclésiastique de Lyon ne comprit 
que cinq diocèses : Lugdunen. Lyon, ^Eduen. vel Augustodunen. Autun, 
Gabilonen. Chalon-sur-Saône, Lingonen. Langres, Matisconen. Mâcon. 
Un sixième diocèse, Divionen. Dijon, fut constitué en 1731, un septième 
S. Claudii, Saint-Claude en 1742 ; un huitième, Molinen. Moulins était 
sur le point d'être formé, quand survint la Révolution française. 

Nous donnerons d'abord dans leur ordre les cinq diocèses primitifs, 
leurs abbayes, collégiales etc.; viendront ensuite dans l'ordre alpha- 
bétique, qui coïncide par hasard avec l'ordre chronologique, les diocèses 
nouveaux de Dijon et de Saint- Claude. 



à la seule province de Lyon ; il ne peut parler, comme on le voit par les dates, 
des diocèses de Dijon et de Saint-Claude, encore moins du diocèse de Moulins. 

Hugues du Tems, Le clergé de France, t. IV (fin). « Il est fâcheux, dit le conti- 
nuateur de Feller, que l'auteur, mort seulement le 19 juillet 1811, n'ait pas donné 
la suite de son ouvrage. » 

Almanach rotjal, années successives. 



ARCHEVÊCHÉ DE LYON 211 



LUGDUNUM, LYON 

L'immense diocèse de Lyon comprenait, avant l'érection de Saint- 
Claude en évêché, 853 paroisses ou annexes, réparties en 20 archi- 
prêtrés et situées dans le Lyonnais, le Forez, le Beaujolais, la Bresse, 
le Bugey, les Dombes, la Bourgogne même et le Dauphiné. 

Pour ne parler ici que du chapitre de la Primatiale, il se composait 
de 32 chanoines, ayant fait chacun preuve de 32 degrés de noblesse, 
et d'une noblesse d'épée, 16 du côté paternel et 16 du côté maternel ; 
chacun de ces chanoines prenait le titre de comte de Lyon. 

Il y avait dans le diocèse des abbayes, des prieurés, des collégiales, 
des couvents et d'autres établissements pédagogiques ou charitables, 
comme nulle part ailleurs. Nous n'en pourrons donner tout-à-1'heure 
qu'une simple esquisse. 

Cf. Fisquet, France pontificale ; Lyon, 1 vol. in-8, Paris, 1859. 



ARCHEVÊQUES DE LYON 

110. — Pierre d'ESPINAG, né le 10 mai 1540, sacré archevêque de 
Lyon en 1574, embrassa avec ardeur et soutint le plus qu'il put le 
parti de la Ligue. 

f à Lyon le 9 janvier 1599, aet. 59, es. 35. 

111. — Alrert de BELLIÈVRE, fils du chancelier, nommé arche- 
vêque de Lyon par Henri IV en 1599 et sacré le 8 juillet, prit posses- 
sion, assista en 1600 à la fameuse dispute de Fontainebleau entre 
Jacques du Perron et Philippe du Plessis-Mornay, introduisit les Gla- 
risses à Lyon. Mais en 1604, tombé dans une maladie de langueur, il 
se démit en faveur de son frère ; f 1621. 

112. — Claude de BELLIÈVRE, frère puiné du précédent, agréé 
par Henri IV, préconisé par Clément VIII et sacré à Paris le 12 décem- 
bre 1604, fit son entrée solennelle en 1605, restaura son palais, orna 
sa cathédrale, visita plusieurs fois les paroisses de son diocèse. 

f à Lyon le 19 avril 1612, set. ? es. 8. 



212 PROVINCE DE LYON 



413. — Denis-Simon, cardinal de MARQUEMONT. 

Né à Paris, auditeur de Rote pour la France, nommé archevêque de 
Lyon par Louis XIII, prit possession le 9 mars 1613. 

Homme de devoir comme son ami saint François de Sales, il se 
livra tout entier à ses fonctions, sans abandonner un seul de ses droits. 

Aucun archevêque ne montra autant de bienveillance envers les 
ordres religieux : témoins les fondations qui se firent à Lyon, à Roanne, 
à Bourg-en-Bresse et ailleurs avec son agrément pendant son épiscopat. 

Créé cardinal par Urbain VIII le 9 janvier 1626, quoique déjà sous 
letreinte d'un mal cruel, il honora cependant sa nouvelle dignité par 
une héroïque patience et une grande piété. 

f à Rome le 16 septembre 1626, aet. 54, es. 14. 

114. — Charles MIRON, évêque d'Angers depuis 1588, fut nommé 
archevêque de Lyon par Urbain VIII, d'après une clause du concordat ; 
et malgré les réclamations de Talon, Louis XIII agréa ce choix. 

L'archevêque prit possession le 12 février 1627 ; mais f 6 août 1628, 
doyen des évêques de France. 

115. — Alphonse-Louis du Plessis de RICHELIEU, dit le cardi- 
nal de Lyon. 

Frère aîné du grand ministre, auquel il avait résigné le siège de 
Luçon en 1605, pour se faire chartreux, Alphonse-Louis fut tiré de la 
Chartreuse en 1626, sacré archevêque d'Aix le 21 juin et deux ans 
après transféré à Lyon. 

Créé cardinal par Urbain VIII le 21 août 1629 moyennant une 
dispense spéciale, doté par Louis XIII de riches bénéfices et comblé 
de dignités, soit avant soit après la mort de son frère, il n'usa de ses 
biens que pour soulager les pauvres, de ses dignités que pour obliger, 
de son autorité que pour favoriser les ordres religieux. 

f à Lyon le 23 mars 1653, aet. 71, es. 27, card. 24. 

116. — Camille de Neufville de VILLEROY. 

Né le 22 août 1606 à Rome, où son père était ambassadeur de France, 
il eut pour parrain le pape Paul V (Camille Borghese). Son frère aîné, 
Nicolas, duc de Villeroy, fut maréchal de France, et son autre frère 
Ferdinand fut évêque de Saint-Malo, puis de Chartres. 



ARCHEVÊCHÉ DE LYON 213 



Nommé archevêque de Lyon le 28 mai 1653, il se fit sacrer dans son 
église primatiale le 29 juin 1654. 

Puissant, riche et généreux prélat, et non moins pieux, il fit dans 
son diocèse et ailleurs pendant 40 ans un bien immense. 

f à Lyon le 3 juin 1693, set. 87, es. 39. 

Son oraison funèbre fut prononcée à Lyon par Massillon qui en était 
à ses premiers débuts. 

117. — Claude de SAINT-GEORGES. 

Né en 1630 à Montceau-l'Etoile (Gharolais), comte de Lyon, agent 
général du clergé, député du 2 e ordre à l'Assemblée de 1682, fut 
nommé successivement évêque de Mâcon en 1682, de Glermont en 
1684, archevêque de Tours en 1687. Il administra sans bulles, avec 
bonne foi, ces divers diocèses, surtout le dernier. On sait pourquoi les 
bulles étaient refusées ou retardées alors. 

Enfin, nommé archevêque de Lyon le 5 septembre 1693, et sacré le 
22 novembre au séminaire Saint-Sulpice de Paris, il se montra pieux, 
zélé, éclairé. Il soutint sa primatie contre Colbert de Rouen, avec une 
force et un calme qui contrastaient avec la passion de son adversaire. 
La fameuse horloge de Lyon fut réparée grâce à lui. 

Les Jésuites, grâce à lui encore, donnèrent à Lyon une mission qui 
produisit les fruits les plus consolants. 

f à Lyon le 9 juin 1714, 33t. 84, es. 21. 

118. — François-Paul de NEUFVILLE de Villeroy. 

Né en 1677, fils de François, duc de Villeroy, pair et maréchal de 
France, et de Marie de Gossé, petit-neveu de l'archevêque Camille, 
abbé de Fécamp, 1698. 

Nommé archevêque de Lyon le 15 août 1714, préconisé le 1 er octobre, 
il fut sacré le 30 novembre aux Jésuites de Paris, dans l'église de la 
maison professe, rue Saint-Antoine. 

« Une douceur extrême formait son caractère », dit Hugues du 
Temps, en parlant de ce prélat ; ce qu'on doit entendre dans le meilleur 
sens possible. 

f à Lyon le 6 février 1731, set. 54, es. 16. 

119. — Charles-François de Chateauneuf de ROCHEBONNE. 
Transféré de Noyon, 26 juillet 1731. Cf. Noyon. 

Abbé d'Elan (Reims), de Saint-Riquier (Amiens). Chaud ami des 



214 PROVINCE DE LYON 



Jésuites partout et toujours, comme son frère Louis-Joseph, évêque de 
Garcassonne. 

En 4734, la fête de Pâques tombant le 25 avril, et la Fête-Dieu dépla- 
çant la fête du patron de la Primatiale, saint Jean-Baptiste, l'archevê- 
que célébra le grand jubilé de Lyon, l'ayant fait précéder de missions 
confiées surtout aux Jésuites. 

f à Lyon le 26 février 1740, set. 70, es. 32. 

120. — Pierre, cardinal de TENGIN. 

Transféré d'Embrun, 24 septembre-8 novembre 1740. Cf. Emrrun. 
Ne prit possession personnelle que le 20 juillet 1742 ; ses fonctions 

comme ministre d'Etat, son entreprise sur l'Angleterre, où il lança le 
Prétendant, etc., l'empêchèrent de résider avant 1750. Il était cepen- 
dant très attaché à ses diocésains, dont il eut grand soin et qu'il secou- 
rut au spirituel et au temporel. Il fit unir l'Isle-Barbe au chapitre 
primatial en 1743. 

Il était proviseur de Sorbonne, protecteur de la Visitation, abbé 
d'Ainay, etc. Il avait reçu le collier du Saint-Esprit dans la chapelle 
royale de Versailles le 1 er janvier 1743. 

« L'accroissement de ses dignités parut ralentir son zèle pour la 
constitution Unigenitus », dit Hugues du Tems, sans prouver son dire. 

Son successeur allait pendant trente longues années le faire amère- 
ment regretter des pieux fidèles. 

f à Lyon le 2 mars 1758, aet. 79, es. 26, card. 21. 

121. — Antoine Malvin de MONTAZET. 

Transféré d'Autun par Jarente, 16 mars-21 août 1758. Cf. Autun. 

Se fondant sur un privilège contestable attaché au siège d'Autun, il 
s'était arrogé déjà, pendant la vacance de Lyon, sur l'archevêché de 
Paris une juridiction arbitraire, que Christophe de Beaumont déclina 
victorieusement. Devenu archevêque, il persista dans ses prétentions 
pour complaire aux Parlements, aux jansénistes et aux gallicans. 

Il ne manqua pas d'accabler Berruyer, de lâcher les Jésuites, sans 
ménager beaucoup les autres Réguliers. 

C'est lui qui, en imposant à son diocèse une liturgie nouvelle, enleva 
par là-même à l'antique liturgie lyonnaise le droit qu'elle avait de 
subsister indéfiniment. Il imposa aussi à ses clercs la théologie dite de 
Lyon, qui a été censurée depuis. 



ARCHEVÊCHÉ DE LYON 215 



Toutefois, il rencontra sur sa route des oppositions de plusieurs 
sortes. Il eut aussi à dévorer plus d'une humiliation. Aussi parut-il se 
radoucir de ses rigueurs sur la fin de son épiscopat, en voyant déjà 
poindre la Révolution. 

f à Saint-Victor de Paris, le 2 mai 1788, set. 76, es. 40. 

122. — Yves-Alexandre de MARBEUF. 

Transféré d'Autun, 1788. Cf. Autun. 

Ayant pris immédiatement possession de son siège et connaissant 
fort bien les besoins de son troupeau, il inaugura un gouvernement 
réparateur, qui, en dilatant les âmes, leur imprima une vigoureuse 
énergie. Mais l'œuvre du vertueux archevêque fut bientôt interrompue 
par la Révolution. 

Loin de se décourager, il voulut être tout entier à son diocèse. Il 
commença par remettre au roi la feuille des bénéfices que depuis 1772 
il administrait sagement. Sans attendre l'arrivée de l'évêque constitu- 
tionnel, Adrien Lamourette, il régla tous les détails de juridiction 
avec un calme que les temps ne comportaient guère et commit à ses 
vicaires généraux les pouvoirs dont ils devraient user. 

C'est alors seulement qu'il émigra, ne perdant néanmoins jamais de 
vue son diocèse en souffrance, ni surtout sa chère ville de Lyon, quand 
les troupes de la Convention y mirent tout à feu et à sang. 

Son auxiliaire ou suffragant, J.-D. de Vienne étant mort sur ces 
entrefaites, il en proposa un autre au pape Pie VI avant la reprise des 
persécutions qu'amena le coup d'Etat du 18 fructidor. 

f à Lubeck le 15 avril 1799, set. 65, es. 22. 



AUXILIAIRES OU SUFFRAGANTS DE LYON 

1. — Nicolas NAVARRE. 

Sacré le 10 juillet 1735 évêque de Cydon en Crète, aida l'archevêque 
Rochebonne et son successeur. 

2. — Jean-Raptiste-Marie RRON. 

Né dans le diocèse de Lyon en 1713, sacré en 1755 évêque d'Egée 
in partibus, fut l'auxiliaire du cardinal de Tencin et de Montazet. 



216 PROVINCE DE LYON 



3. — Jean-Denis de VIENNE. 
Né à Saint-Germain-en-Laye le 16 juin 1739, sacré le 14 janvier 1776 

évêque de Sarept, zélé et vertueux, rendit les meilleurs services à 
Montazet. 
f pendant la Révolution, très regretté de Marbeuf. 

4. — Jean-Pierre GIRARD, curé de Lucenay. 
Proposé à Pie VI, 12 juillet 1797, par l'archevêque émigré, qui fait 

de lui les plus grands éloges. 



ABBAYES DU DIOCESE DE LYON 

0. S. B. vir. Athanacum, Ainay, à Lyon, devenue chapitre séculier 
en 1685. 
Insula Barbara, L'Isle-Barbe, unie au chapitre de la 

primatiale en 1743. 
Jugum Dei, Jougdieu, sécularisée en 1713. 
S. Glaudius in monte Jura, Le Grand-Saint-Claude, 

abbaye érigée en évêché le 22 janvier 1742. 
Ambroniacum, Ambournay. 
S. Ragnebertus, Saint-Rambert-de-Joux. 
Savigniacum, Savigny. 
fem. S. Petrus Lugdunensis, Saint-Pierre de Lyon. 
Déserta, N.-D. de la Déserte. 
Brienna ad Ansam, Brienne-lès-Anse. 
Gasale, Chazeaux-en-Forez. 
0. S.A. vir. Bella villa, Belleville-en-Beaujolais. 
0. Gist. vir. Miratorium, Le Miroir, abbaye unie à Gîteaux en 1619. 
Gassania, La Chassaigne. 
Vallis benedicta, Valbenoite. 
fem. Benedictio Dei, La Bénisson-Dieu. 
Bonus locus, Bonlieu. 
Locus Nostrse Dominas, Lieu-Notre-Dame. 
0. S. Clarae. S. Clara Lugdunensis, Sainte-Claire de Lyon. 

— Montis Brisonis, — de Montbrison. 

— Burgi in Bressia, — de Bourg-en-Bresse. 



ARCHEVÊCHÉ DE LYON 217 



COLLÉGIALES, COUVENTS, etc. 

Il y a cinq collégiales dans la ville de Lyon après l'an 4685. Ce sont : 
Saint-Martin d'Ainay, Saint-Thomas de Gantorbéry à Fourvières, Saint- 
Just, Saint-Nizier et Saint-Paul. 

Dans le diocèse, on en compte quatorze autres, dont les principales 
sont : Bourg-en-Bresse, Montluel, Pont-de-Vaux, Trévoux, Montbrison 
et Villefranche en Beaujolais. 

Il y a de plus quatre chapitres nobles de chanoinesses : Alix, l'Ar- 
gentière, Leigneu, Neufville. 

Nous ne pouvons omettre les chanoines réguliers de Saint-Antoine, 
de Saint-Ruf et de Sainte-Geneviève, qui se trouvaient à Lyon. 

Les Jésuites avaient à Lyon un collège florissant, une maison de 
probation et une maison professe. Ils avaient d'autres collèges dans le 
diocèse. Mais tous ces établissements furent impitoyablement fermés 
en 1762 ; les religieux sans défense furent bannis. 

On comptait trois séminaires : Saint-Irénée, dirigé par les Sulpiciens 
depuis l'an 1649 ; Saint-Charles, fondé en 1670 pour les pauvres clercs : 
ces deux séminaires se trouvaient à Lyon. Le troisième, Saint-Pothin, 
se trouvait à FIsle-Barbe. 

La ville de Lyon avait des couvents de tous les ordres mendiants, et 
de plus les Oratoriens, les Lazaristes, les missionnaires de Saint- 
Joseph. Dans le reste du diocèse, les Capucins comptaient 9 couvents, 
les Cordeliers et les Chartreux, chacun 7, les Minimes 6, les Augustins, 
5, les Récollets 3, les Dominicains et Picpus, chacun 2, les Camaldules 
et les religieux de Sainte-Geneviève, chacun un. 

Quant aux communautés de femmes, les Hospitalières avaient 15 
maisons, les Ursulines 14, les Visitandines 5, les Pauvres-Claires 2. 
Les Carmélites, les Dominicaines, les Chartreusines, les Bénédictines, 
les Sœurs de Notre-Dame et les religieuses de Sainte-Elisabeth, 
comptaient au moins une maison. 



218 PROVINCE DE LYON 



^DUORUM AUGUSTODUNUM, AUTUN 

Le diocèse d'Autun, comprenant 800 paroisses, 17 chapitres, plus de 
100 monastères, etc., avait une grande étendue. L'évêque avait trois 
prérogatives : 1° porter le Pallium ; 2° présider les Etats de Bourgogne ; 
3° posséder la Régale de Lyon, quand le siège primatial était vacant. 
Ce siège remontait à la plus haute antiquité chrétienne. 

Cf. Histoire de l'église d'Autun, par un chanoine (Gagnare), 1 vol. in-8, Autun, 
1774. 

88. — Gabriel de ROQUETTE *, 88 e évêque d'Autun. 

Né en 1624 à Toulouse, d'une famille de robe, alliée à la famille de 
Sénaux, s'attacha en 1645 à la société peu édifiante d'Armand de 
Bourbon, prince de Gonti, en compagnie de Daniel de Gosnac. 

Il fut vicaire général du prince-abbé de Cluny, en reçut de riches 
prieurés, puis l'abbaye de Granselve. Il avait dégagé le prince de la 
Fronde, des intrigues et de la licence, l'aidant à se marier, non sans 
recevoir lui-même quelques éclaboussures. 

Il eut des accointances jansénistes ; mais ne s'asservit pas au parti, 
qui ne menait à rien ; resta bon gallican. Ordonné prêtre à 38 ans, il 
prêcha, obtint par-là quelque succès. 

Le siège d'Autun était vacant depuis la mort de Louis Doni d'Attichy, 
30 juin 1664 2 ; Gabriel de Roquette fut nommé évêque d'Autun le 
1 er mai 1666. Il se fit sacrer par Gondrin, archevêque de Sens le 17 
avril 1667 au couvent de la Croix à Paris, où sa tante, la mère Margue- 
rite de Sénaux avait été supérieure et où elle était morte saintement 
dix ans auparavant. Son entrée solennelle eut lieu le 21 août suivant. 

Si Roquette fut un évêque réformateur, ce fut en vue de son auto- 

1. Cf. Un évêque réformateur sous Louis XIV, Gabriel de Roquette, par J .-H. Pignot; 
2 vol. in-8 ; Paris, Durand, 1874. 

C'est un essai de réhabilitation qui relève un peu Roquette des accusations ou des 
charges dont l'accablent Cosnac, Saint-Simon et autres. Enfin de compte, Roquette 
ne paraît p as être le type du Tartufe de Molière. Il n'est cependant pas un Saint, 
comme son prédécesseur et son successeur même en ne s'en rapportant qu'à 
M. Pignot. 

2. L. Doni d'Attichy, minime, né à Paris le 10 janvier 1598, évêque de Riez 1628- 
1652, d'Autun 1652-1664, est un homme remarquable dont parlent avec éloge 
Fisquet, Riez, et la Galha Christiana, Autun. 



ÉVÊCHÉ d'autun 219 



rite, aux dépens de droits respectables et par des voies anti-canoniques. 
En gallican parfait, il recourait sans cesse aux Parlements. Son galli- 
canisme eut l'occasion de se produire avec éclat dans l'Assemblée de 
1682, où il siégea. 

Craignant plus de déplaire au roi qu'au pape, il fut désobligeant pour 
celui-ci, servile pour celui-là, surtout quand advint la révocation de 
l'édit de Nantes. Il avait pourtant obtenu du pape Innocent XI en 1678, 
de porter le Pallium, privilège tombé depuis longtemps en désuétude. 
Il espérait monter sur le siège primatial de Lyon en 1693 : déçu dans 
son attente, il en conçut un dépit très vif. 

Disons maintenant ce qui est incontestablement à la gloire de 
Roquette. Il fonda l'hôpital général, confia son séminaire aux Sulpi- 
ciens, fit prêcher le jubilé de 1701 à Autun par cinq Jésuites, et vit 
avec joie les fidèles profiter de cette grâce insigne. 

En revanche, nous ne pouvons le féliciter de s'être cru miraculé 
cette même année, guéri d'une fistule lacrymale par l'intercession de 
l'ex-roi d'Angleterre, Jacques II, qui venait de mourir. 

Le 22 juillet 1702, il donna sa démission au roi, ayant obtenu pour 
lui succéder B. de Sénaux, qu'il sacra lui-même et auquel il servit de 
coadjuteur, étant resté à Autun jusqu'à la fin. 

f à Autun le 22 février 1707, aet. 84, es. 40. Enterré au séminaire. 

89. — Bernard (Bertrand) de SÉNAUX. 

Né à Toulouse en 1646, fils d'un conseiller, neveu ou cousin de 
Roquette et son vicaire général pendant 30 ans, chanoine et chantre 
d' Autun, député du second ordre à l'Assemblée de 1682, avait été 
nommé évêque de Saintes, 3 juin 1702, mais à la supplication de 
Roquette, il fut nommé évêque d'Autun le 15 août 1702. 

Ayant reçu ses bulles en 1703, il prit possession le 8 février 1704 ; se 
fit sacrer à Autun le 6 avril suivant par Roquette lui-même. 

Il entreprit aussitôt ses visites pastorales, faisant beaucoup de cha- 
rités et des mortifications excessives dans une année de famine. 

f au séminaire d'Autun le 30 avril 1709, set. 63, es. 5. Enterré près 
de Roquette. 

N. B. — Le Pallium envoyé de Rome, arriva 11 jours après sa mort. 

— Charles Andrault de Maulevrier DE LANGERON. 
Comte de Lyon, agent général du clergé, abbé de Réomé (Langres) 
et de Saint-Pierre (Chalon). 



220 PROVINCE DE LYON 






Nommé évêque d'Autun le 18 mai 1709, résigna ses droits, mai 1710, 
en alléguant ses infirmités, 
f 8 janvier 1721. 

90. — Charles-François d'HALLENCOURT de Dromesnil. 

Né en 1675, d'une famille noble de Picardie, était neveu de Boufflers, 
aumônier du roi, député de la province de Reims à l'Assemblée de 
1710. 

Nommé évêque d'Autun le 19 juillet 1710, il reçut ses bulles et le 
Pallium le 23 février 1711, et se fit sacrer à Paris le 22 mars, à Saint- 
Louis des Jésuites, par le cardinal de Noailles. 

Il se fit aimer de ses diocésains par son affabilité, ses charités et ses 
autres vertus, qui rappelaient Sénaux ; promulgua la bulle TJnigenitus 
en 1715. 

Transféré à Verdun, 8 janvier 1721. Cf. Verdun. 

91. — Antoine-François de Bliterswyck de MONTCLEY. 

Né en Franche-Comté d'une famille originaire de Gueldres ; chanoine, 
grand trésorier, grand chantre, enfin haut-doyen de Besançon, abbé de 
Cherlieu, dès 1694, administra l'archidiocèse, comme vicaire général 
d'abord de l'archevêque François-Joseph de Grammont, puis du cha- 
pitre pendant la longue vacance , 1717-24, du siège archiépiscopal. 

Nommé évêque d'Autun en 1721, préconisé le 14 janvier 1722, il fut 
retenu encore deux ans à Besançon, dont le siège était vacant, « pour 
y surveiller les novateurs », dit Dunod. Cf. Besançon. 

Il se fit enfin sacrer à Paris au noviciat des Jésuites par le cardinal 
de Rohan le 5 mars 1724, et gouverna son diocèse selon toutes les 
règles canoniques. 

En 1727, il assista au concile d'Embrun ; fut élu cette même année 
haut-doyen de Besançon et reçut peu après l'abbaye de Fontenay, 1729; 
c'est cependant lui qui donna en 1728 un Bréviaire d'Autun.' 

Transféré à Besançon en 1732. Cf. Besançon. 

92. — Gaspard de Thomas de LA VALETTE. 

Né dans le diocèse de Toulouse, d'une famille provençale, fils de 
François, avait pour frère Louis, officier de marine, qui devint général 
de l'Oratoire et mourut en décembre 1772, âgé de 94 ans. 

Gaspard reçut en 1712 l'abbaye de Figeac (Cahors). 



ÉVÊGHÉ D'AUTUN 221 



Nommé évêque d'Autun en 1732, et sacré le 24 septembre, il eut des 
contestations avec le nouvel évêque de Dijon, Claude Bouhier, relati- 
vement à la présidence des Etats de Bourgogne . 

Il eut aussi à lutter dans son diocèse à l'occasion de ses propres 
statuts. 

Donna sa démission en février 1748. 

f à Paris, au séminaire des Missions Étrangères 10 juillet suivant, 
set. ? es. 16. 

93. — Antoine-Malvin de MONTAZET. 

Né en 1712, dans l'Agenais, fut de bonne heure attaché à Fitz-James 
de Soissons, comme écolâtre et vicaire général ; il prit cet évêque pour 
modèle ; devint abbé de Nogent-sous-Goucy en 1743. 

Nommé évêque d'Autun en 1748, et sacré à Soissons par Fitz-James 
le 25 août, il prit possession, fut bien accueilli et mérita les éloges qu'à 
lui vivant prodiguait l'historien de l'église d'Autun (Gagnare) que nous 
avons mentionné plus haut. 

De fait, Montazet installé à Autun fut irréprochable dix ans, jusqu'en 
1758. Mais cette année-là, quand il tint la régale de Lyon, dont le siège 
devint vacant le 2 mars par la mort du cardinal de Tencin, il entra par 
complaisance ou par ambition en conflit avec Christophe de Beaumont, 
archevêque de Paris. 

Ce fut sans doute pour le récompenser que Jarente le fit nommer 
archevêque de Lyon le 16 mars 1758. Cf. Lyon. 

94. — Nicolas de BOUILLE de Saint-Géran. 

Né en 1702, dans le diocèse de Saint-Flour, doyen des comtes de 
Lyon 1753, vicaire général du cardinal de Tencin, aumônier du roi, 
abbé d'Hautvilliers. 

Nommé évêque d'Autun en 1758 et sacré le 1 er octobre à Chartres, 
par Fleury, il prit possession de son siège, réclama en faveur des 
Jésuites en 1762, établit en 1765 dans son diocèse la fête du Sacré- 
Cœur de Jésus, dont la dévotion inaugurée à Autun par le vénérable 
Père Jean Eudes, avait reçu à Paray-le-Monial sa forme définitive par 
l'organe de la Bienheureuse Marguerite-Marie. 

f subitement à Paris le 22 février 1767, œt. 65, es. 9. 



222 PROVINCE DE LYON 



95. — Yyes-Alexandre DE MARREUF 1 . 

Né le 17 mai 1734 à Rennes, fils de Charles, président à mortier au 
Parlement de Bretagne, et de Marie-Anne de Kerouzy, eut pour frère 
Jacques Ange, marquis de Marbeuf, qui soumit la Corse à la France. 

Ecclésiastique par une vocation bien prononcée, Yves fut reçu comte 
de Lyon, 1752, choisi comme conclaviste par le cardinal de Luynes, 
1758, abbé de Saint-Jacut (Dol) en 1761, vicaire général de La Roche- 
foucauld à Rouen. 

Nommé évêque d'Autun, mars 1767, sacré le 12 juillet à Lyon par 
Montazet, prit possession en personne le 22 mai 1768. « Esprit, aménité, 
grandes manières, connaissances » ; Parisot, loc. cit. Ajoutons : 
« Vertus ecclésiastiques et pastorales », lui valurent une influence salu- 
taire. 

C'est à lui que fut confiée la feuille des bénéfices en 1772, il la tint 
aussi équitablement que possible jusqu'en 1789, sauf de courtes inter- 
mittences. 

L'abbaye du Bec qui lui fut donnée en 1782, le collier du Saint-Esprit 
qu'il reçut le 1 er janvier 1785 et plusieurs autres faveurs royales étaient 
les préludes d'une plus haute faveur. Il fut nommé archevêque de 
Lyon en 1788. Cf. Lyon. 

96. — Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD. 
Puisqu'il faut que nous inscrivions ce nom dans le catalogue des 

évêques d'Autun, nous serons aussi réservé que précis. 

Né à Paris le 2 février 1754, fils aîné de Charles-Daniel, comte de 
Talleyrand, mais disgracié de la nature, fut jeté à l'Eglise sans vocation. 
Il avait de grandes capacités, mais des mœurs suspectes, et put rece- 
voir à ces deux titres la bénédiction de Voltaire. 

Agent général du clergé en 1780, il fit des études financières avec 
Calonne et Necker, tout en se mêlant d'intrigues politiques 2 . 

Nommé évêque d'Autun par Louis XVI le 1 er octobre 1788, et sacré à 
Paris le 4 juillet 1789, il n'alla pas prendre possession en personne de 

1. Cf. Biographie universelle de Michaud. — 1° éd. suppl., art. sur les deux 
Marbeuf, par Val. Parisot et Courcy, op. cit., l re partie, p. 925 et seq. Généalogie 
de Marbeuf. 

2. Cf. Biographie universelle, l re édition, supplément, article de Michaud jeune 
au mot Talleyrand. 



ÉVÊCHÉ d'autun 223 



son siège ; car s'étant fait élire par son clergé député aux Etats-Géné- 
raux, il voulut y assister. 

On connaît son rôle aux Etats - Généraux et à la Constituante , 
comment de concert avec Mirabeau cet évêque, député du clergé, prit 
l'initiative d'une proposition qui spolia le clergé de France ; on sait 
qu'il prêta le serment suivant la constitution civile du clergé, et qu'il 
sacra les premiers évêques constitutionnels. Tous ces faits appar- 
tiennent encore malheureusement à notre histoire. 

Mais le ministre du Directoire et de Napoléon, l'ambassadeur du 
gouvernement de juillet, le prince de Bénévent marié, etc., etc., ne 
nous appartiennent plus, Dieu merci. Que d'autres le jugent, favorable- 
ment, s'ils le peuvent ! 

f à Paris, le 17 mai 1838, dans sa 85 e année. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AUTUN 

0. S. B. vir. S. Martinus apud Eduam, Saint-Martin-lès-Autun. 
Gorbiniacum, Saint-Léonard de Corbigny. 
Flaviniacum, Saint-Pierre de Flavigny . 
Vezeliacum, Vézelay*. 
fem. S. Andochius Eduensis, Saint- Andoche oVAutun. 
S. Joannes Eduensis, Saint- Jean-le-Gr and. 
Marciniacum, Marcigny-les-Nonnains, prieuré de Gluny. 
0. Cist. vir. Septem Fontes, Sept-Fonts®, en règle. 
Fontanetum, Fontenay. 
Buxeria, La Bussière. 
Marciliacum, Marcilly. 
fem. Locus Dei, Lieu-Dieu, transférée de Vergy à Beaune. 
B. M. de Consolatione, Notre-Dame de Réconfort, en 
Nivernais. 

0. S. A. vir. Sancta Margarita, Sainte-Margue. 

Ungiacum, Oigny. 

S. Ursinus de Ghoris, Chors. 

1. Célèbre abbaye bénédictine, Vézelay avait été sécularisée en collégiale sous 
François I er . Toutefois elle était toujours donnée en commende. 

2. L'abbaye de Sept-Fonts, réformée par dom Eustache de Beaufort, 1654-1709, 
était revenue et restait en règle. 



224 PROVINCE DE LYON 



COLLÉGIALES, PRIEURÉS, etc. 

On compte 18 collégiales dans le diocèse : Notre-Dame d'Autun, 
Aigueperse, A vallon, Notre-Dame de Beaune, Bourbon-Lancy, Gervon, 
Châtel-Censois, Couches, Montagnet, Montréal, Notre-Dame de Moulins, 
Nuits, Saulieu, Notre-Dame de Ternant, Thil, Semur-en-Auxois, Semur- 
en-Brionnais, Vézelay. 

Les prieurés plus célèbres sont : Perrecy, Saint- Vivant-sous-Vergy. 

Méparts ou Familiarités : on en compte huit dans le diocèse. 

Les séminaires, collèges, hôpitaux et couvents, tant d'hommes que 
de femmes, y sont en grand nombre. 



CABILONUM, CHALON-SUR-SAONE 

Bien moins étendu que celui de Lyon, d'Autun et de Langres, le 
diocèse de Châlon a cependant ses gloires particulières comme on va 
le voir. Le siège épiscopal de Châlon remonte à une haute antiquité. 

72. — Henri-Félix de TASSY, 72 e évêque de Châlon. 

Né en 1639, fils du célèbre Charles-François, premier chirurgien de 
Louis XIV, était archidiacre d'Auch, trésorier de la Sainte-Chapelle de 
Vincennes et docteur de Sorbonne, quand il fut nommé évêque de 
Digne en 1675, n'étant âgé que de 36 ans. 

Sacré le 6 décembre 1676, il eut à peine le temps de prendre posses- 
sion ; car Jean de, Maupeou, évêque de Châlon, étant mort le 26 mai 
1677, l'évêque de Digne fut appelé à lui succéder. 

Fisquet loue sa science, sa sagesse et sa douceur dans l'histoire des 
évêques de Digne. Nous ne croyons pas qu'il ait démérité sur son nou- 
veau siège. 

Une particularité s'ajoute à sa louange. C'est que l'abbaye de Mai- 
zières, qui était de son diocèse, lui ayant été donnée en commende, 
1688, il fit construire pour les moines un monastère dont toutes les 
pièces étaient admirablement adaptées aux usages de la communauté. 

f à Châlon le 10 novembre 1711, set. 72, es. 35. 



ÉVÊCHÉ DE CHALON-SUR-SAONE 225 

73. — François de MADOT. 

Transféré de Belley, 28 décembre 1711. Cf. Belley. 

Ayant pris possession le 3 juin 1722, il se montra ferme contre les 
appelants, zélé, pieux, charitable, il fit honneur à ses maîtres, les 
Jésuites de Limoges et les Sulpiciens de Paris. 

f à Châlon le 7 octobre 1753, set. 78, es. 48, abbé de l'Absie (La 
Rochelle) et de Loroy (Bourges). 

74. — Louis-Henri de ROCHEFORT d'Ally. 

Né en 1710, était fils de Pierre, seigneur de Prades et de Thérèse de 
Vogué. 

Nommé évêque de Châlon en 1753 et sacré le 18 avril 1754, il fut un 
bon évêque, dit simplement le P. Le Lasseur ; il eut une grande pureté 
de mœurs et une charité inépuisable, dit en précisant davantage 
Hugues du Tems. 

Il écrivit au chancelier de France, le 8 octobre 1761, une lettre en 
faveur des Jésuites. 

f à Dijon le 13 juin 1772, 33t. 62, es. 19, après la clôture des Etats 
de Bourgogne où il avait assisté. Son oraison funèbre fut prononcée à 
Châlon le 28 août suivant. 

75. — Jean-François d'ANDIGNÉ de la Chasse. 
Transféré de Saint-Pol de Léon, 1772. Cf. Léon. 
Reçut l'abbaye d'Eu en 1773. 

Orthodoxe, zélé, charitable, mais infirme avant l'âge, il se montra 
assez pour se faire regretter des Bourguignons, comme il avait été 
regretté des Bretons, devint chanoine de la cathédrale et vicaire géné- 
ral du diocèse de Metz, puis aumônier de la reine, abbé de Saint- 
Clément en 1766, de la Valasse en 1775. 

Il se démit de son siège 1781, non de son abbaye. 

N'émigra pas à la Révolution. 

f à Paris, 12 juillet 1806, aet. 83, es. 44. 

76. — Jean-Baptiste du CHILLEAU, dernier évêque de Châlon 1 . 
Né le 7 octobre 1735, au château de la Charrière, diocèse de Saintes. 

1. Cf. Recherches historiques sur la persécution révolutionnaire dans le départe' 
ment de Saône-et-Loire (il89-i803), par l'abbé Bauzon, tome I, l'arrondissement 
de Châlon ; gr. in-8, Châlonrsur-Saône, Marceau, 1889. 

15 



226 PROVINCE DE LYON 



Nommé évêque de Ghâlon en 1781, fut sacré le 30 décembre de la 
même année. Il confia la direction du collège aux Congréganistes de 
Saint-Joseph, fonda les petites écoles, recommanda à la charité publi- 
que les Religieux Trinitaires, qui rachetaient les captifs chrétiens à 
Alger, etc. 

Son siège étant supprimé par la constitution civile du clergé, les 
insultes et les menaces dont il fut l'objet, tant à la campagne que dans 
sa ville épiscopale, de poursuites même devant les tribunaux, le déci- 
dèrent à s'éloigner. Il émigra d'abord à Fribourg en Suisse, 1790-95, 
d'où il passa en Italie, de là à Munich. 

Refusa sa démission en 1801, ne la donna qu'en 1815 ou même en 
1816 ; fut nommé archevêque de Tours en 1817, mais ne put prendre 
possession qu'en octobre 1819, et moins de deux ans après, cassé de 
vieillesse, il fut forcé de se décharger sur un coadjuteur, Augustin- 
Louis de Montblanc. Louis XVIII le nomma Pair de France en 1822. 

f à Tours le 26 novembre 1824, set. 90, es. 45, le plus âgé, sinon le 
doyen des évêques de France. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GHALON 

Nommons en première ligne Cistercium, Cîteaux, abbaye chef- 
d'ordre, et Firmitas ad Gronam, La Fer té-sur- Grosne, fille aînée de 
Cîteaux, l'une et l'autre en règle. Les trois autres filles de Cîteaux, qui 
seront nommées ailleurs, sont Pontigny, Clairvaux et Morimond : les 
abbés de ces quatre filles sont les Pères de V Ordre, subordonnés 
cependant à l'abbé général de Cîteaux. 
0. S. R. vir. S. Petrus Cabilonensis, Saint-Pierre-de-Châlon. 
Tornutium vel Trenorchium, Tournus. 
fem. R. M. de Lancharre, Lancharre ou N.-D. de Châlon. 
0. Cist. vir. Macerise, Maizieres. 

fem. Molesia, Molèze. 
La collégiale de Saint-Marcel à Châlon, n'est autre que l'abbaye 
fondée par le roi Gontran en 577. 



ÉVÊCHÉ DE LANGRES 227 



LINGONES, LANGRES 

Vaste et beau diocèse, partie en Champagne, partie en Bourgogne 
avant l'érection du siège de Dijon, était riche en fondations pieuses. 

L'évêque de Langres était duc et pair de France depuis le XII e siècle 
au moins. C'est à ce titre qu'on trouve la série et la généalogie des 
évêques-ducs de Langres dans le tome II du P. Anselme. 

Cf. Le diocèse de Langres, histoire et statistique, par l'abbé Roussel ; 4 vol. in- 
4°, Langres, 1873. 

98. — Louis-Marie- Armand de Simiane de CORDES, 98 e évêque 
de Langres, 38 e pair de France. 

Né en 1625 d'une illustre famille de Provence, était fils de Guillaume 
marquis de Gordes, et de Gabrielle de Pontevès. 

Abbé de la Roë (Angers), de Saint- Vincent (Senlis), comte de Lyon, 
1 er aumônier de la reine. 

Nommé évêque de Langres pour succéder à Louis Barbier de la 
Rivière, qui était mort le 30 juin 1670, il se fit sacrer le 30 novembre 
1674, en présence de la reine Marie-Thérèse, dans l'oratoire des Récol- 
lets à Saint-Germain-en-Laye. 

Ayant pris possession de sa dignité de Pair à Paris, et de son siège, 
il célébra la canonisation de saint François de Borgia aux Jésuites de 
Langres avec une grande pompe. 

Saint Simon dit de lui : « Vrai gentilhomme, répandu dans le plus 
grand monde, n'avait rien de mauvais, même pour les mœurs ; mais il 
n'était pas fait pour être évêque ». Il aimait le jeu ; il publia un rituel 
composé à Port-Royal ; il prit part à l'Assemblée extraordinaire de 
1682 : ce n'est pas sur ces derniers faits sans doute que saint Simon a 
fondé sa critique. 

Nous ajoutons à la décharge du bon Langres, comme on l'appelait, 
qu'il établit dans son diocèse les conférences ecclésiastiques. 

f à Paris, 21 novembre 1695, aet. 70, es. 24, après l'Assemblée ordi- 
naire du clergé. Enterré à Saint-Sulpice. 

99. — François-Louis de CLERMONT-TONNERRE. 

Né vers 1660, 2° fils de Jacques, comte de Clermont-Tonnerre, et de 
Virginie Bonne de Fléard. 



228 PROVINCE DE LYON 



Neveu et vicaire général de François de Clermont-Tonnerre à Noyon, 
aumônier du roi, abbé de Thenailles, puis de Bonne-Combe, enfin de 
la Fontaine-Bèze. 

Nommé évêque-duc de Langres le 25 décembre 1695, il se fit sacrer 
le 14 octobre 1696 par son oncle, Pévêque-comte de Noyon, dans 
l'église du noviciat des Jésuites à Paris. 

Il commença par poursuivre avec une sorte d'acharnement le quié- 
tisme sans ménager Fénelon. Il fut mieux inspiré en encourageant 
l'instruction dans son séminaire, en publiant et soutenant la bulle 
Unigenitus dans les assemblées du clergé où il brilla. 

Il embellit le château de Mussy, maison de campagne des évêques 
de Langres. 

f à Langres le 12 mars 1724, set. 64, es. 28. 

100. — Pierre de Pardaillan de GONDRIN d'Antin. 

Né en 1692, fils de Louis-Antoine duc d'Antin, et de Julie de Crussol 
d'Uzès ; était chanoine de Strasbourg et de Paris ; abbé de Lire, depuis 
1713, fut reçu docteur de Sorbonne en 1718. 

Nommé évêque-duc de Langres, 1724 et sacré le 27 décembre de 
cette même année, il consentit à l'érection de Dijon en évêché. Or, le 
nouveau diocèse était un démembrement notable du diocèse de Langres. 

L'évêque de Langres fut reçu de l'Académie française en 1725. 

On vante en lui le talent, l'aménité, la douceur. 

C'est lui qui donna en 1731 un Breviarium Lingonense, l'année 
même où la division de Dijon fut consommée définitivement. 

ce Vivat ad plurimos annos praesul humanissimus », lisons-nous à la 
fin de sa notice, Gallia Christiana, IV, 643. Hélas ! ce vœu fut déçu. 

f à Bougey en Franche-Comté, le 2 novembre 1733, aet. 41, es. 9. 

101. — Gilbert de MONTMORIN de Saint-Hérem. 
Transféré d'Aire, 1734. Cf. Aire. 

Ayant pris possession de sa pairie et de son siège en 1735, il visita 
son diocèse, examina ses prêtres sur les sciences ecclésiastiques et la 
pureté de la foi ; renvoya de son séminaire en 1738 les Oratoriens 
suspects au point de vue de l'orthodoxie ; surveilla l'enseignement, la 
discipline, les cérémonies. 

Il fit tous les efforts possibles comme évêque et comme Pair de 
France pour conjurer la suppression des Jésuites dont il déplora 



ÉVÊCHÉ DE LANGRES 229 



ensuite amèrement la perte (1763) ; il signala bientôt les progrès de 
l'irréligion. 

Il répara sa cathédrale, fit dresser une belle carte du diocèse. 

Il était vénéré pour sa piété, son zèle, ses fondations charitables. 

f à Paris, 19 mai 1770, set. 80, es. 48, doyen des évêques de France. 

N. B. — Sa sœur, Catherine-Henriette, fut abbesse de Jouarre en 
1739. Elle était nonagénaire quand elle mourut en 1792, dépossédée 
de son abbaye depuis deux ans. Cela ne se prête guère, on le voit, 
aux fantaisies d'une imagination dévergondée, ni aux ignobles calculs 
d'un cœur dévoyé. 

102. — César-Guillaume de LA LUZERNE 1 . 

Né le 17 juillet 1738, à Paris, d'une noble famille normande, 2 e fils 
de César-Antoine, marquis de Beuzeville, et d'Elisabeth de Lamoignon 
de Malesherbes, docteur de Navarre, abbé de Mortemer, vicaire géné- 
ral de Narbonne, agent général du clergé, 1765. 

Nommé évêque-duc de Langres, le 24 juin 1770 et sacré le 30 sep- 
tembre suivant, il prit possession, résida fidèlement, établit la régula- 
rité dans son séminaire, prépara une nouvelle liturgie, et bâtit. 

Mais son principal titre de gloire, c'est qu'il défendit la religion par 
ses mandements, ses dissertations et ses autres écrits de controverse. 
On loue aussi ses écrits ascétiques. 

Député aux États-Généraux, il fut modéré en politique, mais ferme 
contre les innovations religieuses et le serment. Après avoir pris de 
sages mesures, rédigé une lettre pastorale, qui devait être publiée la 
veille du sacre de Wandelaincourt, évêque constitutionnel de la Haute- 
Marne, il émigra le 23 mars 1791, d'abord à Constance, puis à Vienne, 
d'où il écrivit, 5 janvier 1796, une lettre mémorable. 

Il se démit de son siège en 1801. 

Créé cardinal en 1817, et nommé de nouveau évêque de Langres, il 
ne put prendre possession, mais fut pair de France et commandeur du 
Saint-Esprit. 

f à Paris, 21 juin 1821, set. 83, es. 51, card. 4. 

1. Cf. Sa vie par l'abbé Godard, donnée par Migne en tête de ses œuvres. 



230 PROVINCE DE LYON 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LANGRES 

avant l'érection du siège de dijon 



0. S. B. vir. Reomaus, Moutier- Saint- Jean ou Réomé. 

S. Benignus Divionensis, Saint-Benigne de Dijon. 

S. Sequanus, Saint-Seine. 

Besua ad fontes, La Fontaine- Beze. 

S. Michael Tornodorensis, Saint-Michel de Tonnerre. 

Molismus, Molesme. 

Molosmus, Molosme. 

Pultarise, Pouthières. 

Vallis caulium, Val-des-Choux, simple prieuré, mais 
chef-d'ordre, 
fem. Polongeium, Poulengy. 

Pratum longum, Praslon. 

Puteus Orbis, Puits-d'Orbe. 

Rubeus mons, Rougemont. 
0. S. A. vir. Gastellio, Châtillon. 

Vallis Scholarium, N.-D. du Val-des-Ecoliers, abbaye 
en règle, autrefois chef-d'ordre. 
0. Cist. vir. Clara Vallis, Clairvaux, en règle. 

Morimundus, Morimond. 

Alba ripa, Auberive. 

Bellus locus, Beaulieu. 

Garitas, La Charité-Ves-Lézines. 

Crista, La Creste. 

Longum Vadum, Longue. 

Morae, Mores. 

Quinciacum, Quincey. 

Tulleium, Tulley. 

Vallis dulcis, Vaux-la-Douce. 
fem. Tartum, Le Tart, transférée à Dijon en 1626, en règle, 
élective et triennale. 

Bellus Mons, Bémont. 
0. Praem. Septem fontes, Sept-Fontaines, en règle. 



ÉVÊCHÉ DE MAÇON 231 



COLLÉGIALES DU DIOCÈSE DE LANGRES 

Il faut placer en tête d'abord la Sainte-Chapelle de Dijon, Sacra 
Capella Divionensis, et puis surtout Saint-Etienne de Dijon, S. Stepha- 
nus Divionensis, ancienne abbaye, sécularisée plus tard et finalement 
érigée en cathédrale en 1731. 

Les autres collégiales sont : Bar-sur- Aube, Bar- sur-Seine, Chablis, 
Champlitte, Châteauvillain, Chaumont, la Chapelle-aux-Biches, Notre- 
Dame et Saint- Jean-Baptiste de Dijon, Epoisses, Fouvent, Gevrey, 
Grancey, Jully-le-Château, Larrey, Mussy-l'Evêque, Saulx-le-Duc. 

Dans le diocèse de Langres, on comptait 6 couvents de Capucins, 
2 de Récollets, 1 de Cordeliers, de Carmes, de Dominicains, de 
Minimes et de Doctrinaires. Les Jésuites avaient un collège à Langres, 
et deux autres dans le diocèse. 

Les couvents de femmes étaient nombreux. Il y en avait 5 d'Ursu- 
lines, et 2 de Carmélites, de Dominicaines, de Visitandines, etc. 

Il faut voir ci- dessous au diocèse de Dijon les abbayes, collégiales et 
couvents qui ont cessé d'appartenir au diocèse de Langres en 1731. 



MAT1SC0, MAÇON 

Simple castrum des Eduens, Mâcon dut à sa situation topographique 
une grande importance sous la domination romaine. Le siège épiscopal, 
qui s'y établit de bonne heure, augmenta son importance. 

Circonscrits par notre plan, nous n'avons à relever que trois noms 
d'évêques entre 1682 et 1801. 

Cf. Histoire des évoques de Mâcon, par le comte de La Rochette ; 2 vol. gr. in-8. 
Mâcon, 1867. 

78. — Michel Cassagnet de TILLADET, 78 e évêque de Mâcon. 

Né en 1643, ou s'il faut en croire Hugues du Tems, en 1636, fils de 
Gabriel, marquis de Tilladet, et de Magdelène Le Tellier, sœur du 
chancelier, Michel ne manqua pas de protection. A défaut de son père, 



232 PROVINCE DE LYON 



tué à l'ennemi en 1655, il eut son oncle maternel et son propre frère, 
premier chambellan du roi. Il était docteur en théologie, abbé de la 
Honce, etc. 

Nommé évêque de Mâcon le 48 décembre 1676, pour succéder à 
Michel Golbert de Saint-Pouange, qui était mort le 28 novembre précé- 
dent, il se fit sacrer à Paris, dans l'église des Jésuites, rue Saint- 
Antoine, par son cousin-germain Charles-Maurice Le Tellier, archevê- 
que de Reims, le 4 juin 1678. 

Il fut repoussé de Glermont en 1682, comme nous l'avons dit en son 
lieu, et resta dès lors fidèle à son église, malgré son inconstance. S'il 
promulgua la constitution Unigenitus en 1714, quand Louis XIV était 
encore vivant, il interjeta appel en 1717, sauf à rétracter son appel au 
moment du concile d'Embrun. 

Il adhéra définitivement à la bulle le 9 mai 1729. 

f d'apoplexie au château de Romenay le 5 septembre 1731, set. 88 
(ayant 95 ans accomplis, selon Hugues du Tems), es. 54. 

Au moment de sa mort, il devait être le doyen des évêques de 
France. Mais nous ne trouvons nulle part qu'on lui ait donné ni qu'il 
ait pris ce titre. 

— Claude de SAINT-GEORGES, comte de Lyon. 
Nommé évêque de Mâcon en 1682, pour remplacer Tilladet, resta en 
suspens jusqu'en 1684. 
Il devint archevêque de Lyon en 1694. Cf. Lyon. 

79. — Henri-Constance de Lort de Sérignan de VALRAS. 

Né le 6 août 1690 à Béziers, agent général du clergé. 

Nommé évêque de Mâcon le 29 janvier 1732, sacré le 27 juillet de la 
même année, résida fidèlement, visita même Cluny et sa banlieue qui 
fut enfin adjugée à sa juridiction épiscopale. 

Cet évêque était très charitable ; il crut devoir supprimer des fêtes. 

Sur la fin de son épiscopat, il se fit aider par un suffragant nommé 
de Livry, évêque de Callinique. 

f à Paris, 8 novembre 1763, 33t. 74, es. 32. 

N. B. — En 1755, les Oratoriens furent remplacés au séminaire de 
Mâcon par des prêtres séculiers. En 1763, les Jésuites furent rempla- 
cés au collège par les Dominicains, qui cédèrent la place à des prêtres 
séculiers en 1769. 



ÉVÊCHÉ DE MAÇON 233 



80. — Gabriel-François MOREAU, dernier évêque de Mâcon. 

Transféré de Vence, 1763-1764. Cf. Vence. 

Prédicateur, érudit, modéré, sans céder toutefois sur les principes, 
il se fit estimer de tous. 

Résigna son abbaye d'Aniane, et fit unir à son séminaire, en 1767, 
les biens de l'abbaye de Saint-Rigauld, bâtit l'hôpital. 

Le 14 février 1790, il prêta le serment civique, mais en 1791 il 
refusa le serment à la constitution civile du clergé. 

Resta dans son diocèse pendant toute la Révolution ; emprisonné 
dans l'hôpital de Mâcon qu'il avait fait bâtir, il y resta jusqu'en juin 
1797. 

Démissionnaire de son siège en 1801, il accepta le nouveau siège 
d'Autun, 30 mai 1802, qui, comprenant tout le département de Saône- 
et-Loire, renfermait son ancien diocèse. 

Malgré son âge avancé, il travailla beaucoup pour réorganiser le 
culte ; mais succomba bientôt. 

f à Autun le 8 septembre 1802, set. 81, es. 44. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE MACON 

O. S. R. Cluniacum, Clugny ou Cluny, chef d'ordre * . 

S. Rigaldus, Saint-Rigauld, abbaye unie au séminaire de 
Mâcon en 1767. 



COLLÉGIALES 

Saint-Pierre de Mâcon, S. Petrus Matisconensis, anciennement 
abbaye de l'ordre de Saint-Augustin ; Notre-Dame de Beauj eu, R. Maria 
Rellijoci. 

On compte dans la ville cinq couvents d'hommes et cinq couvents de 
femmes. Il y avait de plus le collège important des Jésuites avant 1762. 

1. Cette illustre abbaye, dont l'histoire est mémorable, tout en restant la tête de 
prieurés fort nombreux, était néanmoins tombée en commende à la fin du XV e 
siècle. 



234 PROVINCE DE LYON 



DIVIO, DIJON 

Cf. Sautereau (l'abbé). Uévêché de Dijon et ses évêques, notice accompagnée 
de deux planches portant les blasons de tous les évêques de Dijon, in-8 de 48 p. 
imp. et lib. de Cîteaux, 1885. 

La ville de Dijon, simple castrum sous les Romains et jusqu'au 
X e siècle, prit de l'importance en devenant la capitale du duché de 
Bourgogne. On ne put cependant pas obtenir, malgré les plus vives 
requêtes, un siège épiscopal à Dijon avant 4725 : un évêque fut nommé 
par le roi dès cette année-là. 

Mais ce fut seulement le 9 août 1731, date de la bulle Super speculo 
de Clément XII, que le siège de Dijon fut canoniquement érigé. 

D'après les clauses de cette bulle, l'église collégiale de Saint-Etienne 
fut érigée en cathédrale; l'archidiaconné de Dijon, démembré deLangres, 
et comprenant 174 paroisses et quelques territoires détachés de Besan- 
çon formèrent le diocèse nouveau; l'évêque et ses chanoines eurent pour 
revenus les prébendes de l'ancienne collégiale de Saint-Etienne de Dijon. 

1. — Jean-Jacques BOUHIER de Lantenay, 1 er évêque de Dijon. 

Né à Dijon en 1665, d'une famille très honorable, était cousin- 
germain du célèbre président Bouhier. En 1706, il avait été élu doyen 
de la Sainte-Chapelle de Dijon ; au mois de septembre 1723, il fut nommé 
chancelier de la Faculté de Droit, qui se fondait dans sa ville natale. 

Nommé par Louis XV au futur siège épiscopal de Dijon dès le 25 
décembre 1725, préconisé dans la bulle même qui érigeait le siège, il 
se fit sacrer à Paris par l'archevêque Charles de Vintimille le 16 sep- 
tembre 1731, et se mit aussitôt à l'œuvre. 

Pendant douze ans, il travailla courageusement à organiser son 
diocèse, quoiqu'il ne fût plus jeune. 

S'il faut en croire Hugues du Tems, et nous avons peine à le croire 
sur ce point, le premier évêque de Dijon refusa en 1741 de devenir le 
premier évêque de Saint-Claude. 

Démissionnaire en 1743, f à Dijon le 15 octobre 1744, set. 79, es. 13. 

2. — Claude BOUHIER. 

Né en 1684 à Dijon, était le propre frère du président Bouhier, par 
conséquent le cousin du premier évêque de Dijon. 



ÉVÊCHÉ DE DIJON 235 



Après avoir été vicaire général de l'évêque de Langres pour l'archi- 
diaconné de Dijon, il devint vicaire général de son parent, le premier 
évêque, auquel il succéda. 

Nommé évêque de Dijon en 1743, il se fit sacrer le 26 mars 1744, il 
disputa aussitôt la présidence des Etats de Bourgogne à l'évêque 
d'Autun, Thomas de la Valette. On se figure difficilement qu'il n'eût 
rien de mieux à faire. 

Abbé de Fontaine-Daniel, prieur de Pontailler. 

f à Dijon le 21 juin 1755, aet. 71, es. 11. 

3. — Claude-Marc-Antoine d'APGHON. 

Né à Montbrison en 1721, fils d'Antoine-Marie, comte de Saint- 
Germain, avait été élève des Jésuites de Lyon, et même quelque temps 
novice de la Compagnie de Jésus. Il fut ensuite marin, enfin prêtre en 
1747. 

Il devint vicaire général de Claude Bouhier à Dijon, doyen delà 
Chapelle-aux-Riches ; était pieux, modeste, zélé, capable. 

Nommé évêque de Dijon par Boyer en 1755, en dépit des Oratoriens, 
à la satisfaction des autres, il se fit sacrer le 19 octobre suivant. 

Secourut les Jésuites autant qu'il put en 1762, apaisa une sédition 
causée par la disette, 1774. 

Transféré à Auch, 1776. Cf. Auch. 

4. — Jacques-Joseph-François de VOGUÉ. 

Né à Aubenas, diocèse de Viviers, le 13 avril 1740, fils de Charles- 
François-Elzéar, marquis de Vogué, lieutenant général des armées du 
roi. 

Nommé évêque de Dijon en 1776, fut sacré le 9 juin de la même 
année. 

Son âge lui promettait de longues années ; son épiscopat ne dura pas 
dix ans. 

f 1786, set. 46, es. 10. 

5. — René des Montiers de MËRINVILLE. 

Né à Aubis près Nouic (Limoges), en juillet 1742, 2° fils de François, 
officier de cavalerie. 

Fut aumônier de la reine, chanoine, grand archidiacre et vicaire 
général de Chartres, en considération de feu son grand-oncle paternel 
Charles-François. 



236 PROVINCE DE LYON 



Nommé évêque de Dijon en 1786, et sacré le 13 mai 1787, fut installé 
le 21 juillet. 

Député aux Etats-Généraux de 1789, il résigna son mandat dès 1790, 
en voyant comment les choses prenaient une mauvaise direction. 

Emprisonné à Paris, septembre 1792, il échappa aux massacres, se 
retira à Bruxelles, à La Haye, en Angleterre, en Autriche. 

Il donna sa démission en 1801. Au commencement de l'année sui- 
vante, il fut nommé et institué évêque de Ghambéry. Mais avant de se 
rendre à son poste, il fut chargé d'administrer l'archidiocèse de Lyon, 
et d'installer l'archevêque Joseph Fesch, 4 mai 1802. C'est après s'être 
dépensé sur un territoire étranger, qu'il alla prendre possession de 
son siège et réorganiser le culte dans la Savoie et jusqu'à Genève qui 
était de son diocèse. 

Il y rencontra mille oppositions et des difficultés qui lui firent donner 
sa démission en 1805. Nommé en 1806 chevalier de la Légion d'hon- 
neur et chanoine de Saint-Denis, il se reposa et survécut longtemps, 
quoiqu'il fut devenu aveugle les dernières années de sa vie. 

f au château de Versailles le 12 novembre 1829, set. 88, es. 45. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE DIJON 

L'abbaye sécularisée en collégiale, S. Stephanus Divionensis, Saint- 
Etienne de Dijon, et l'abbaye de Bèze, Besua ad Fontes, dont il est fait 
mention plus haut, dans ce qui concerne le diocèse de Langres, furent 
assignées à la mense épiscopale de Dijon dès 1731. 

Plus tard, vers 1772, la mense abbatiale de Saint-Benigne, fut aussi 
unie à l'évêché ; et dès 1755, l'abbaye de Praslon avait été unie au 
chapitre de la nouvelle cathédrale. 

Il ne restait en tout dans le diocèse de Dijon que les quatre abbayes 
suivantes : 

0. S. B. vir. S. Sequanus, Saint-Seine. 
fem. Rubeus mons, Rougemont. 

0. Cist. vir. Tulleium, Tulley ou Theuley près de Gray. 
fem. Tardum, Le Tart, régulière et triennale. 

Il y avait de plus la Chartreuse de Dijon, fondée par le duc de Bour- 
gogne, Philippe-le-Hardi, en 1383. 

Le prieuré du Val-des-Choux, chef d'une congrégation bénédictine 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-CLAUDE 237 

réformée, possédait cinq ou six autres prieurés dans le diocèse et 
autant dans le diocèse de Langres. 

COLLÉGIALES ET COUVENTS 

On comptait quatre collégiales à Dijon : la Sainte-Chapelle, la Cha- 
pelle-aux-Riches, Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste. 

On en comptait trois autres dans le diocèse : Champlitte, Gevrey, 
Saulx-le-Duc. 

Il y avait des couvents d'hommes et de femmes en nombre, et le 
collège des Jésuites qui fut fermé en 1762, au grand dépit du vertueux 
évoque Claude d'Apchon. 



S. CLAUDIUS, SAINT-CLAUDE 

La célèbre abbaye du Grand-Saint-Claude, qui a donné son nom à la 
ville de Saint-Claude, fut érigée en siège épiscopal par Benoît XIV ; sa 
bulle est du 22 janvier 1742 ; le roi Louis XV qui l'avait sollicitée 
s'empressa de la mettre à exécution. 

Aux termes de la bulle pontificale et des lettres-patentes du roi, les 
vingt chanoines composant le chapitre doivent être nobles. Le diocèse 
ne comprend que 90 paroisses, démembrées en grande partie de Lyon, 
en petite partie de Besançon. 

Deux évêques seulement ont occupé le siège de Saint-Claude avant 
la Révolution française ; mais ces deux évêques sont dignes d'être 
honorablement mentionnés. 

1. — Jean-Baptiste- Joseph de MÉALLET de Fargues, premier 
évêque de Saint-Claude. 

Né au château de Fargues, diocèse de Saint-Flour en 1708, élève des 
Sulpiciens à Lyon en 1728, docteur de Sorbonne en 1738, comte de 
Lyon, vicaire général de Rochebonne à Lyon, abbé de Saint-Ambrois 
(Bourges). 

Nommé premier évêque de Saint-Claude par le roi Louis XV dès 



238 PROVINCE DE LYON 



1741, préconisé dans la bulle même d'érection, 22 janvier 1742, il se 
fit sacrer le 5 août et prenant possession le 8 décembre, il inaugura 
son nouveau siège sous les auspices de la Très-Sainte Vierge. 

Pieux, actif, éclairé, il devint bientôt la terreur des Jansénistes en 
exigeant une pleine adhésion à la constitution Unigenitus, en poussant 
à la communion fréquente, en donnant un excellent catéchisme, 1765. 

Affligé de cécité dans sa vieillesse, le saint évêque se livrait à de 
longues oraisons et s'occupait encore de son cher diocèse. 

f saintement à Saint-Claude le jour de Saint-Joseph, 19 mars 1785, 
set. 77, es. 43. 

Son petit-neveu, François de Méallet de Fargues, prêtre estimable, 
fut massacré aux Carmes de Paris le 2 septembre 1792. 

2. — Jean-Baptiste de CHABOT. 

Né en Poitou le 21 février 1740, descendait, s'il faut l'en croire lui- 
même, de la même souche que les ducs de Rohan-Chabot. 

Nommé évêque de Saint-Claude en avril 1785 et préconisé sans 
retard, il se fit sacrer le 31 juillet suivant. Il trouva que tout était bien 
organisé dans son diocèse, grâce à son saint prédécesseur. Mais la 
Révolution vint bientôt bouleverser choses et personnes. 

L'évêque constitutionnel du Jura, Claude-François Moyse, étant 
venu s'installer à Saint-Claude, l'évêque légitime fut contraint de fuir. 

Il était retiré à Lugano en 1795 et en 1796. C'est de là qu'il écrivit au 
pape des lettres que nous a conservées Theiner (Affaires de France, 
t. II, p. 102), et dans lesquelles il est aussi modeste en parlant de lui- 
même, qu'élogieux pour son vicaire général, l'abbé de Barre. 

Ayant donné sa démission en 1801, il fut nommé le 19 germinal 
an X (9 avril 1802) à l'évêché de Mende qui comprenait les deux dépar- 
tements de la Lozère et de l'Ardèche. Pendant deux ans il réorganisa 
le culte dans ces régions montagneuses, rétablit le pèlerinage de La 
Louvesc, en reconnaissant authentiquement les reliques de saint Jean- 
François Régis, sauvées de la Révolution, et réveilla la piété des fidèles. 

Mais mal secondé ou même contrarié par les autorités civiles, il 
donna sa démission, fin 1804, et devint peu après chanoine de Saint- 
Denis. 

En 1817, il refusa l'archevêché d'Auch ; f à Picpus le 28 avril 1819, 
33t. 78, es. 34. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-CLAUDE 239 



ABBAYE, COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Il n'y a pas d'autre abbaye dans le nouveau diocèse que celle qui 
s'appela Condatescum, puis Sanctus Eugendus [Saint- Oyan-de-Joux), 
enfin Le Grand-Saint-Claude, Sanctus Glaudius, du nom d'un saint 
évoque de Besançon, qui vint finir là ses jours en 693. 

Après une longue suite d'abbés réguliers, ce monastère tomba en 
commende. En 1718, il échut à Louis de Bourbon-Condé, comte de 
Clermont, prince du sang il est vrai, mais incrédule, luxurieux et 
franc-maçon, qui résigna ce bénéfice en 1742 pour qu'on érigeât le 
siège épiscopal. 

On compte deux collégiales dans le diocèse : S. Petrus de Gigniaco, 
Gigny, et S. Thomas de Cusillo, Cuiseau. A Guiseau encore il y a un 
mépart ou une familiarité. 

Il y a trois couvents d'hommes à Saint-Claude : les Carmes déchaus- 
sés, les Capucins et les Pénitents blancs. Il y a deux couvents de 
femmes : les Annonciades et les dames de Saint-Maur. 



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MECHLINIENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE MALINES 



Tirée tout entière du néant le 12 mai 1559 par la bulle Super uni- 
versels de Paul IV, la province ecclésiastique de Malines jouit immé- 
diatement de sa vie propre, que menacèrent sans la détruire les 
révolutions des Pays-Bas et que respecta la conquête française. 

Cette province comprenait sept sièges : Mechlinien. seu Machlinien. 
Mecheln ou Malines , Antuerpien. Antwerpen ou Anvers , Brugen. 
Brugghe ou Bruges, Gandaven. Ghent ou Gand, Ruremunden. Roer- 
mund ou Ruremonde, Sylvseducen. S' Hertoghenboch ou Bois-le-Duc, 
Ypren. lperen. ou Ypres. 

Le seul de ces sièges qui ait dû ses évêques à la nomination du roi 
de France est le siège d'Ypres ; et cette sujétion n'a duré que 35 ans, 
depuis la glorieuse paix de Nimègue jusqu'au traité fatal d'Utrecht. Il 
est vrai qu'une partie notable du diocèse, Dunkerque, Cassel, Bergues, 
Bailleul, etc., appartenait antérieurement à la France, ou ne lui a pas 
été arrachée par les humiliantes stipulations d'Utrecht ; elle entre 
conséquemment dans notre étude. 

Nous ne parlerons donc point des archevêques de Malines, ni des 
évêques qui ont siégé à Anvers, à Bruges, à Gand, à Ruremonde et à 
Bois-le-Duc ; mais nous énumèrerons les évêques d'Ypres, nous arrê- 
tant sur un qui fut trop célèbre et sur ceux que le roi de France a 
nommés. Nous mentionnerons ensuite les abbayes, les collégiales et 
les couvents qui étaient établis dans la partie française du diocèse. 

Les sièges épiscopaux d'Ypres, de Saint-Omer et de Boulogne, fondés 
au XVI e siècle et relevant de trois métropoles différentes, remplacent 
le siège unique des Morins qui existait à Térouanne avant la destruc- 
tion de cette ville par Charles-Quint. 

Cf. Gallia Chrisliana, tomus V, anno 1731, editus. 



ÉVÊCHÉ d'ypres 241 



1. —Martin BAUDOUIN, premier évêque, sacré à Sainte-Gudule 
de Bruxelles par le cardinal de Granvelle, le 2 novembre 1562. 

f à Saint-Omer le 9 octobre 1583. 

2. — Pierre SIMONS, élu en 1584, sacré en 1585 à Tournai, 
f à Ypres le 5 octobre 1605. 

3. — Charles MAEZ, sacré à Sainte-Gudule de Bruxelles le 24 juin 
1607, fut transféré à Gand en 1610. 

4. — Jean WISCHEB, élu en 1610, sacré le 6 février 1611. 
f à Ypres le 26 mai 1613. 

5. — Antoine de HENNIN, né à Valenciennes, avait fondé le collège 
de Hennin à Douai ; élu évêque d'Ypres, il se fit sacrer dans sa cathé- 
drale par l'archevêque de Malines, le 13 avril 1614. 

f à Ypres le 1 er décembre 1626. 

6. — Georges CHAMBERLAIN, né à Gand d'un père anglais catho- 
lique, élu évêque d'Ypres en 1627, sacré le 5 novembre 1628, fut un 
saint et grand prélat. 

f à Ypres le 19 décembre 1634. 

7. — Cornélius Janssen, dit JANSENIUS, né en 1585 au village 
d'Acquoi en Hollande, étudia d'abord à Utrecht, puis à Louvain, ensuite à 
Paris et à Bayonne, devint recteur du collège Sainte-Pul chérie à Louvain. 

Elu évêque d'Ypres en 1635, il se fit sacrer à Bruxelles le 28 octobre 
1636 et prit aussitôt le gouvernement de son diocèse, mais pour peu 
de temps. 

f à Ypres le 6 mai 1638, aet. 52, es. 2. 

Quelques-uns de ses ouvrages avaient été imprimés de son vivant, 
entre autres Mars gallicus, 1635. Il en laissait d'autres manuscrits, 
surtout le fameux Augustinus qui devait causer dans l'Eglise tant 
d'agitations et de scandales. 

8. — Josse BOUCKAERT, né à Bruges, docteur en théologie et 
rompu aux travaux du ministère paroissial, fut élu évêque d'Ypres en 
1640, sacré en 1641. 

f à Ypres le l or novembre 1646. 16 



242 PROVINCE DE MALINES 



— Louis de CROY, élu évêque d'Ypres en 4647, mourut cette même 
année avant d'être sacré, 

9. — François de ROBLES, né près de Lille, était aumônier de l'archi- 
duc Léopold, gouverneur des Pays-Bas, quand il fut élu au siège d'Ypres, 
vacant depuis cinq ans. Il retarda sa consécration deux ans encore. 

f 18 mai 1659, set. 63, es. 4. 

10. — Martin PRATS, né à Bruxelles d'une famille aragonaise, 
licencié en l'un et l'autre droit, doyen de Sainte-Gudule, fut élu évêque 
d'Ypres et se fit sacrer le 1 er mars 1665. 

En visitant la partie française de son diocèse, il se fatigua. 
f à Dunkerque le 7 octobre 1671. 

11. — Henri Van HALMAELE, officiai et doyen d'Anvers, sacré 
évêque d'Ypres le 28 octobre 1672. 

f à Furnes, le 19 avril 1676. 

12. — Frère Guillaume HERINKX, Récollet, bon théologien. 
Sacré évêque d'Ypres à Bruxelles le 24 octobre 1677. 

f le 16 août 1678. 

Sur ces entrefaites, la ville d'Ypres conquise par les armées fran- 
çaises fut cédée au roi de France par une clause du traité de Nimègue. 
Celui-ci se crut donc en droit de nommer au siège vacant. Il se trom- 
pait ; car il n'avait pas encore reçu l'induit nécessaire. 

— Jacques de LIERE, doyen de Saint-Omer, nommé évêque d'Ypres 
par Louis XIV en 1679, n'obtint pas ses bulles avant l'assemblée de 
1682 parce que le roi n'avait pas encore l'induit ; et voyant qu'il ne les 
obtenait pas après cette assemblée, il renonça au siège d'Ypres. 

f 6 septembre 1703. 

13. — Martin de RATABON. 

Né à Paris en 1654, d'une famille distinguée, docteur de Navarre, 
aumônier du roi, vicaire général de Strasbourg, avait assisté à l'assem- 
blée de 1682 comme député de la province de Bourges. 

Nommé au siège d'Ypres par Louis XIV, qui était muni de l'induit, 
il se fit sacrer à Saint-Germain-des-Prés, par le cardinal de Fursten- 



ÉVÊCHÉ d'ypres 243 



berg le 6 décembre 1693, et prit possession de son siège huit jours après. 

Pendant vingt ans, il gouverna son diocèse avec sagesse et douceur, 
ne laissant rien à désirer sous le rapport de l'orthodoxie : ce qui déplut 
fort aux Jansénistes de la France et des Pays-Bas, auxquels le diocèse 
d'Ypres paraissait devoir appartenir. 

Mais les revers des armées françaises, qui avaient découragé Beau- 
vau, évêque de Tournai, découragèrent aussi Ratabon. Il se démit 
d'Ypres en 4713. Le roi nomma aussitôt un autre évêque d'Ypres ; 
quant à l'évêque démissionnaire il le nomma évêque de Viviers l'année 
même. Cf. Viviers. 

14. — Charles-François-Guy de LAVAL-MONTMORENCY. 

Le nouvel évêque d'Ypres était chanoine et archidiacre de Cambrai, 
ami de Léon de Beaumont et de son oncle Fénelon. 

Il avait pour père Jean-Louis, seigneur de Montigny, et pour mère 
Françoise de Chevestre de Cintré ; il était le neveu de François de 
Laval, premier évêque de Québec, mort cinq ans auparavant en odeur 
de sainteté. 

Nommé évêque d'Ypres par Louis XIV et préconisé presqu'en même 
temps par Clément XI, il ne se laissa pas effrayer. Sacré par Fénelon à 
Cambrai, le 6 mai 1713, il prit à cœur ses devoirs d'évêque. Malheu- 
reusement ce fut pour peu de temps. 

f le 26 août 1713, set. 45, es. 1. 

Cette mort prématurée ouvrit une vacance qui dura huit ans et ne 
prit fin que le 21 avril 1721, jour où fut sacré Jean-Baptiste de Smedt, 
élu par le chapitre ou nommé par l'empereur Charles VI, nouveau 
souverain des Pays-Bas. 

ABBAYES DU DIOCÈSE D'YPRES 

SITUÉES SUR LE TERRITOIRE FRANÇAIS 

0. S. B. vir. Bergae seu Mons S. Winoci, Bergues-saint-Winoc. 

fem. Virgines Anglse apud Dunkerkam, Bénédictines anglai- 
ses de Dunkerque. 

0. S. A. fem. Novum Claustrum prope Bergas, Nouveau-Cloître, près 
Bergues. 



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MOGUNTIM PROVINCIA 

PROVINCE DE MAYENCE 



Métropole de la Germanie première sous les Romains, Moguntiacum, 
Moguntia, Mainz ou Mayence, reçut dès le premier siècle de notre ère 
la semence évangélique. Cette grande ville eut ses pasteurs ou ses 
évêques de bonne heure. Ses évêques devinrent archevêques, dès le 
début, du moins au VIII e siècle, grâce à Saint-Boniface, princes-élec- 
teurs de l'empire vers le XII e siècle et plus solennellement au XIV e , 
grâce à leur situation. 

La province ecclésiastique de Mayence comprend cinq sièges : Mogun- 
tiacen. Mayence, Argentoraten. Strasbourg, Gonstantien. Constance, 
Spiren. Spire, Vormatien. Worms. Un seul de ces sièges, celui de 
Strasbourg doit entrer dans notre plan, la ville impériale de Strasbourg 
et toute la partie du diocèse située en deçà du Rhin ayant été réunies à 
la France en 1681 . 



ARGENTORATUM, STRASBOURG 

Une fois maître de Strasbourg, Louis XIV ne déposséda pas les 
Luthériens, qui avaient usurpé les titres et envahi les biens de l'Eglise 
au siècle précédent. Il se contenta de réintégrer dans leurs droits 
l'évêque, le chapitre et les bénéfices à charge d'âmes. Plusieurs églises 
paroissiales et la cathédrale elle-même, demeurèrent mixtes, les Luthé- 
riens pouvant y célébrer leur office à telle heure et les catholiques à 
des heures différentes. 

Cf. Gallia Christiana, tomus V, anno 1731, editus. 



ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG 245 

83. — François-Egon de FURSTENBERG, 83 e évêque de Strasbourg, 
Né le 20 mai 4626, fils d'Egon, landgrave de Furstenberg, et d'Anne- 
Marie de Hohenzollern, était grand-doyen de Cologne, prévôt de Saint- 
Géreon, chanoine de Spire et de Liège. 

Elu évêque de Strasbourg par les chanoines catholiques résidant à 
Saverne, le 19 janvier 1663, pour succéder à Léopold-Guillaume, archi- 
duc d'Autriche, il se fit sacrer ; racheta des Luthériens plusieurs béné- 
fices ecclésiastiques. 

La ville de Strasbourg ayant été réunie à la France, la cathédrale fut 
aussitôt rendue à l'évêque et à son chapitre. L'évêque accueillit 
Louis XIV aux portes de la ville le 24 octobre 1681. 

f à Cologne le 1 er avril 1682, set. 56, es. 20. 

84. — Guillaume-Egon, cardinal de FURSTENBERG. 

Frère du précédent, né en 1629, avait été emprisonné à Vienne de 
1674 à 1678. 

Elu évêque de Strasbourg le 8 juin 1682, à l'unanimité des chanoines 
réunis à Saverne, il se fit sacrer, hérita des bénéfices de son frère, en 
reçut plusieurs autres de Louis XIV. Guillaume alors fonda à Strasbourg 
un séminaire qu'il confia aux Pères Jésuites, pour lesquels de plus il 
fonda un collège en 1685. 

Il fut créé cardinal le 2 septembre 1686 par Innocent XI, mais né fut 
pas agréé par ce même pape, deux ans plus tard, quand les chanoines 
de Cologne le postulèrent pour coadjuteur d'abord, ensuite pour arche- 
vêque. Louis XIV le dédommagea en lui donnant l'abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés. Il avait déjà les abbayes de Gorze, de Stavelo, de 
Montmédy, de Saint-Evroult (Evreux), de Saint-Vincent (Laon), etc. 

f à Saint-Germain-des-Prés le 10 avril 1704, aet. 75, es. 22, card. 18. 

85. — Armand-Gaston, cardinal de ROHAN 4 . 
Coadjuteur et successeur du précédent. 

Né en 1674, fils de François de Rohan-Guémené, prince de Soubise, 
et d'Anne de Rohan-Chabot, fit de bonnes études en philosophie et en 
théologie, devint chanoine de Strasbourg. 

Ayant obtenu du pape Clément XI une dispense d'âge, il fut élu 
coadjuteur de Strasbourg, le 28 février 1701, et sacré évêque de Tibé- 

1. On peut lire dans la Biographie universelle de Michaud, un bon article signé 
Picot, sur ce cardinal. 






246 PROVINCE DE MAYENCE 

riade le 26 juin suivant à Saint-Germain-des-Prés par le cardinal de 
Furstenberg. 

Le 31 janvier 1704, il fut reçu de l'Académie française, en place de 
Perrault ; le 10 avril suivant, il succéda sur le siège de Strasbourg au 
cardinal de Furstenberg, dont il célébra pompeusement les obsèques. 

Il ne manqua pas de prendre possession de son siège, ni de consti- 
tuer canoniquement l'administration de son diocèse. Mais, on doit 
l'avouer, il ne garda guère les lois de la résidence. 

Proposé à Clément XI pour le cardinalat, par Louis XIV dès l'année 
1706, il fut ajourné de six ans, mais enfin créé cardinal le 8 mai 1712. 
L'année suivante, il fut nommé grand aumônier de France et reçut le 
collier du Saint-Esprit. 

Orné de ces dignités, qui rehaussaient les éminentes qualités de son 
esprit, sa politesse, la distinction de ses manières, il put tenir tête au 
cardinal de Noailles et à ses partisans en faveur de la bulle Unigenitus, 
surtout durant les mauvais jours de la Régence. Il rendit aussi des 
services signalés à la patrie. Les Jansénistes l'ont décrié à cause de 
son orthodoxie plutôt qu'à cause de ses défauts et de son train de 
grand seigneur. 

f à Paris le 19 juillet 1749, set. 75, es. 48, card. 37. 

86. — François-Armand-Auguste de Rohan, cardinal de SOU- 
BISE, petit-neveu, coadjuteur et successeur du précédent. 

Né à Paris le 1 er décembre 1717, était le deuxième fils de Louis- 
François-Jules, prince de Soubise-Ventadour, et d'Anne de Melun ; il 
avait pour frère aîné Charles, que devait tristement illustrer la défaite 
de Rosbach. 

Janséniste appelant, mais rétracté, Armand fut élu coadjuteur de 
son oncle et sacré évêque de Ptolemaïde le 30 juillet 1742, n'ayant pas 
encore 25 ans accomplis. Il avait à peine 30 ans, quand il fut créé 
cardinal par Benoît XIV, le 10 avril 1747, à la demande du Prétendant 
d'Angleterre. 

Le 19 juillet 1749, il succéda à son oncle sur le siège de Strasbourg, 
mais non dans la charge de grand-aumônier de France : ce qui lui 
permit de résider dans son diocèse, n'ayant pas pour l'aider, comme 
son prédécesseur et ses successeurs, un évêque suffragant. 

f à Saverne le 28 juillet 1756, œt. 39, es. 14, card. 12. 



ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG 247 

87. — LOUIS-CÉSAR-CONSTANTIN, CARDINAL DE ROHAN. 

Septième fils de Charles de Rohan-Guémené, duc de Montbazon, il 
avait pour frère Armand-Jules, archevêque-duc de Reims. D'abord 
chevalier de Malte, puis capitaine de vaisseau, enfin ecclésiastique, il 
devint premier aumônier du roi, abbé de Lire, de Saint-Epvre, etc. 

Il était dans sa soixantième année à la mort du second cardinal de 
Rohan, évêque de Strasbourg, son cousin. On l'élut pour lui succéder 
le 27 septembre 1756 ; il se fit sacrer le 6 mars 1757 au séminaire 
Saint-Sulpice par le cardinal de la Rochefoucauld, et le 23 novembre 
1761, il fut créé cardinal par Clément XIII. 

Fut-il fidèle aux lois de la résidence ? Que fit-il en 1762 pour sauver 
les Jésuites qu'on tenait en si haute estime à Strasbourg ? Nous voyons 
bien qu'il se ménagea un auxiliaire dès la première année de son épis- 
copat ; mais nous voyons aussi que trois ans après, il accepta pour 
coadjuteur son neveu, qui n'avait guère que 26 ans et ne promettait 
pas de devenir fort édifiant avec son goût pour le faste et ses tendances 
mondaines. 

Le vieux cardinal eut les yeux dessillés avant de mourir. 

f à Paris le 11 mars 1779, aet. 82, es. 22, card. 18. 

88. — Louis-René-Edouard, cardinal de ROHAN 1 . 

Neveu, coadjuteur et successeur du précédent, plus difficile à juger. 

Né à Paris le 25 septembre 1734, troisième fils d'Hercule Mériadec, 
duc de Montbazon, et de Louise-Gabrielle de Soubise, fut destiné à 
l'Eglise, comme son frère cadet, Ferdinand, qui devint successivement 
archevêque de Rordeaux et de Cambrai. 

Le prince Louis commença par être coadjuteur de son oncle ; il fut 
sacré à Paris par Reaumont, le 18 mai 1760, sous le titre d'évêque de 
Canople (Réchir). Ayant accepté d'être ambassadeur à Vienne en 1772, 
il y fit beaucoup de bruit, d'étalage et de dettes, mais peu de bonne 
politique, ayant mécontenté l'impératrice Marie-Thérèse et sa fille la 
reine de France, Marie- Antoinette. 

Toutefois à sa rentrée en France, il obtint les plus hautes dignités 
l'une après l'autre : il devint en effet grand-aumônier de France, 
commandeur de l'ordre du Saint-Esprit ; fut créé cardinal par Pie VI 
le 1 er juin 1778 ; entra en possession de Strasbourg en 1779, reçut en 
1780 la riche abbaye de Saint- Waast (Arras). 

1. Cf. Biographie universelle de Michaud, long article signé Durozoir. 



248 PROVINCE DE MAYENCE 



Comme pourtant il ne parvenait pas à se libérer de ses dettes ni à 
conquérir la bienveillance de la reine, il se laissa circonvenir par 
d'habiles filous dans l'affaire du collier. Ce fut le signal de sa disgrâce, 
de son exil même. 

Député aux Etats-Généraux par le clergé d'Alsace en 4789, il hésita 
quatre mois avant de venir siéger, arriva enfin au mois de septembre 
pour subir les motions portées contre lui, pour être sommé de payer 
ses anciennes dettes. 11 s'opposa énergiquement à la constitution civile 
du clergé, protesta contre l'intrusion de Brendel. Retiré au-delà du 
Rhin dans la partie allemande de son diocèse, il y résista le plus qu'il 
put aux idées et aux menées de la Révolution, bravant les haines 
déchaînées contre lui. 

En 4801, il donna au pape la démission de son siège ; mais ne put 
s'empêcher de gémir l'année suivante en voyant ce siège occupé par 
Saurine. Il était, semble-t-il, bien converti la dernière année de sa vie. 

f à Ettenheim le 47 février 4803, aet. 69, es. 43, card. 25. 



AUXILIAIRES OU SUFFRAGANTS DE STRASBOURG 

4. — Jean VIVANT, docteur de Sorbonne, sacré évêque de Paros le 
8 octobre 4730. 
f à Strasbourg le 46 février 4739. 

2. — Toussaint DUVERNIN, né en 4743 dans le diocèse de Cler- 
mont, sacré évêque d'Arrat en 4757, abbé de Glairefontaine (Chartres), 
f 4785. 

3. — Jean-Jacques de LANTZ, sacré évêque de Dore, mourut pen- 
dant la Révolution. 



ABBAYES DU DIOCESE DE STRASBOURG 

On en compte dix en-deçà du Rhin ou dans la partie française, et 
quatre au-delà, c'est-à-dire dans la partie allemande du diocèse. 
En-deçà du Rhin : 
0. S. B. vir. Novientum seu Apri monasterium, Ebersmunster. 



ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG 249 

0. S. B. vir. Mauri monasterium, Maursmunster. 
Altum monasterium, Altorf. 
fem. Andlavium, Andlaw. 

Bibelis seu S. Valpurgis domus, Biblisheim. 
0. S. B. fem. S. Joannes Baptista prope Tabernas Alsaticas, Saint- 
Jean-Baptiste, près Saverne. 
0. S. A. Marbacum, Marbach. 

0. Gist. vir. Novum Castrum, Nuwenburg. 

fem. Pons Régis, Kœnigsbruck. 
0. S. Cîarae. Alspacum, Altzpach. 
Au-delà du Rhin : 

0. S. B. vir. Hettenii domus, Ettenheim. 
Gengenbacum, Gengenbach. 
Arnolfi augia seu Schvarzacum, Schwarzach. 
0. Praem. Abbatia Omnium Sanctorum, L'abbaye de Tous-les- 
Saints. 



COLLÉGIALES, COLLÈGES ET COUVENTS 

Il y a dans la ville trois collégiales célèbres : Saint-Pierre-le-Jeune, 
Saint-Pierre-le-Vieux et Toussaint. Il y a de plus les chanoines réguliers 
de Saint- Antoine, de Nôtre-Sauveur. 

Les Pères de la Compagnie de Jésus avaient à Strasbourg, avant la 
destruction de leur ordre, un collège auquel était joint le séminaire 
épiscopal et une Académie. Ils avaient aussi un collège à Schelestadt et 
un autre à Haguenau. 

Non loin de Strasbourg se trouve la belle Chartreuse de Molsheim. 

Quant aux couvents d'hommes et de femmes ils sont nombreux, 
moins à Strasbourg, longtemps occupé par les Luthériens, que dans 
les autres villes du diocèse. 



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NARBONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE NARBONNE 



L'ancienne et vaste région de la Gaule que les Romains appelèrent 
Narbonnaise ayant été divisée en cinq provinces sous Honorius, la 
Narbonnaise première seule resta soumise à la métropole primitive, 
Narbo Martius. C'est alors que le siège épiscopal, fondé dès les premiers 
jours de la prédication chrétienne à Narbonne devint archiépiscopal et 
que fut constituée une province ecclésiastique s'étendant des Pyrénées 
au Rhône, sans s'écarter beaucoup du pied des montagnes au couchant 
ni du littoral méditerranéen au levant. 

Cette province fut démembrée au commencement du XIV e siècle par 
le pape Jean XXII au profit d'une province nouvelle, celle de Toulouse. 
Mais la circonscription de Narbonne en se resserrant s'enrichit aussitôt 
de plusieurs sièges nouveaux, auxquels s'ajouta un nouveau siège, 
celui d'Alais, à la fin du XVII e siècle. 

Au commencement du XVIII e siècle, la province de Narbonne compte 
douze sièges, que la Gallia Christiana nous donne dans un ordre 
historique ou géographique , et que nous préférons donner dans 
l'ordre alphabétique. C'est d'abord le siège archiépiscopal, Narbonen. 
Narbonne, puis les sièges épiscopaux : Agathen. Agde, Alesien. Alais. 
Biterren. Béziers, Carcassonen. Carcassonne, Electen. Alet, Luteven, 
Lodève, Montepessulan. Montpellier, Nemausen. Nimes, Perpinianen. 
seu Helenen. Perpignan ou Elne, S. Pontii. Saint-Pons, Uceticen. 
Uzès. 

Sur ces douze sièges, deux seulement, Carcassonne et Montpellier, 
furent rétablis en 1802, et deux autres, Nîmes et Perpignan, l'ont été 
plus tard. Mais huit sont depuis lors et restent supprimés, quoique le 
concordat de 1817 ait rétabli Narbonne comme archevêché et Béziers 
comme évêché. 

Cf. Gallia Christiana, tomus VI, editus anno 1739. 



ARCHEVÊCHÉ DE NARBONNE 251 



NARBO MARTIUS, NARBONNE 

ARCHEVÊQUES DE NARBONNE 

66. — François, cardinal-duc de JOYEUSE. 

Né à Carcassonne le 14 juin 1562, nommé archevêque de Narbonne en 
1582, créé cardinal en 1583, nommé archevêque de Toulouse en 1584, 
tout en restant malgré lui archevêque de Narbonne jusqu'en 1600, fut 
obligé d'être presque toujours à Rome pour y soutenir les intérêts des 
rois de France. 

En 1604, il devint archevêque de Rouen, f 23 août 1615. 

67. — Frère Louis de VERVINS, 0. Pr^d., né dans le diocèse de 
Carpentras, entré de bonne heure dans l'Ordre de Saint-Dominique, 
s'y distingua. 

Nommé archevêque de Narbonne par Henri IV, il fut sacré le 8 
décembre 1601, fit un bien immense dans son diocèse malgré son âge 
avancé et mille obstacles. 

f à Narbonne le 8 février 1628, aet. 81, es. 27. 

68. — Claude de REBÉ, nommé coadjuteur avec future succession, 
fut sacré à Rome le 22 septembre 1622 sous le titre d'archevêque 
d'Héraclée ; devint archevêque de Narbonne en 1628. 

f le 17 mars 1659, set. 72, es. 27. 

69. — François FOUGQUET, frère aîné du surintendant des finances, 
fut d'abord évêque de Bayonne, puis d'Agde, ensuite coadjuteur de 
Narbonne, le 18 décembre 1656 ; il devint enfin archevêque en 1659, 
et entreprit beaucoup de bonnes oeuvres. 

Mais enveloppé dans la disgrâce de son frère en 1661, et relégué à 
Alençon, il fit cependant malgré son exil continuer les œuvres qu'il 
avait commencées à Narbonne, la maison des Incurables, par exemple. 

f à Alençon, le 19 octobre 1673, set. 62, es. 35. 

70. — Pierre, cardinal de BONZI. 

Né à Florence en 1630 , avait été sacré évêque de Béziers le 
12 décembre 1660, et se trouvait sur ce siège le sixième de sa famille. 



252 PROVINCE DE NARBONNE 

Durant un siècle en effet, des Bonzi ont occupé le siège de Béziers. 

Pierre de Bonzi évêque de Béziers, fut en même temps ambassadeur 
de France en Pologne. Devenu archevêque de Toulouse en 4670, il 
accepta l'ambassade d'Espagne. Sur ces entrefaites il fut créé cardinal 
par Clément X, le 22 février 1672. 

Le siège de Narbonne étant devenu vacant par la mort de François 
Foucquet, fut offert au cardinal de Bonzi, qui ne le refusa pas, les 
revenus étant deux fois plus considérables. Partout et toujours, il se 
montra plus habile diplomate que prélat correct en ses devoirs et 
même dans ses mœurs. 

f à Narbonne, le 14 juillet 1703, œt. 73, es. 43, card. 31. 

74. — Charles Le Goux de la BERCHÈRE. 

Transféré d'Albi, 45 août-12 novembre 4703. Cf. Albi. 

Déjà connu avantageusement, le nouvel archevêque de Narbonne fit 
promptement oublier son prédécesseur. 

C'est grâce à lui que Y Histoire du Languedoc fut commencée par les 
Bénédictins. C'est aussi grâce à lui qu'en 4740 l'Assemblée du clergé 
résolut de subvenir aux frais que devait entraîner la nouvelle Gallia 
Christiana, dont il vit paraître le premier volume en 4746. 

Aussitôt la bulle Unigenitus parue, il la publia dans son diocèse, 
comme valant en autorité la lettre de saint Léon à Flavien. 

Il fit continuer la basilique de Saint-Just. Par son testament, il légua 
sa riche bibliothèque aux Jésuites. 

f à Narbonne le 2 juin 4749, set. 72, es. 42. 

72. — René-François de BEAUVAU du Rivau. 

Transféré de Toulouse, novembre 4749-28 mai 4724. Cf. Toulouse. 

Pour peu qu'on examine ces dates, on saisira la raison des retards, 
apportés par Rome, aux nominations du Régent. 

Dès qu'il eut reçu ses bulles, l'archevêque de Narbonne déploya les 
mêmes capacités d'administration, le même dévouement et la même 
orthodoxie qu'à Bayonne, à Tournai, à Toulouse. 

f à Narbonne, le 4 août 4739, set. 75, es. 38. 

73. — Jean-Louis Balbe de Berton de CRILLON * . 
Transféré de Toulouse, 4739. Cf. Toulouse. 

1. Il faudrait dire suivant Courcy, Berton des Balbes de Crillon. 



ARCHEVÊCHÉ DE NARBONNE 253 

Ayant pris possession, il se montra aussi décidé contre les Jansénistes 
qu'à Toulouse et à Saint-Pons de Tomières. C'était du reste ce que 
promettait à l'Église la postérité du brave Grillon, ce que venait de 
tenir à Glandève Dominique Laurent, frère de Jean-Louis, et ce qu'avait 
tenu peu de temps auparavant à Vienne leur oncle François. 

L'archevêque de Narbonne reçut le collier du Saint-Esprit en 1742 et 
l'abbaye de Cherlieu (Besançon) en 1745. 

f à Avignon, le 15 mars 1751, ast. 67, es. 38. 

74. — Charles- Antoine de la ROCHE- AYMON. 
Tranféré de Toulouse en 1751-1752. Cf. Toulouse. 

Bon, pieux, orthodoxe, mais feuillant jusqu'à scandaliser les faibles, 
il se prêta aux mesures de la politique, faute d'oser résister. 

Aussi fut-il nommé grand-aumônier de France en 1760. Depuis huit 
ans il était commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit. 

Narbonne était le second siège archiépiscopal où il montât après 
avoir occupé deux sièges épiscopaux : il n'était pas au terme de ses 
ascensions ni de ses faiblesses. 

Transféré à Reims, 1762-1763. Cf. Reims. 

75. — Arthur-Richard DILLON, dernier archevêque de Narbonne. 
Tranféré de Toulouse en 1762-1763. Cf. Toulouse. 

Feuillant comme son prédécesseur et prélat besoigneux, de mœurs 
peu régulières, il ne se mit pas en frais pour défendre les Jésuites. 

Il entra sans scrupule dans la commission des Réguliers, que prési- 
dait La Roche-Aymon et que dirigeait Loménie de Brienne ; accepta les 
riches abbayes de Saint-Jean-des-Vignes (Soissons) en 1766, de Saint- 
Etienne de Caen (Bayeux) en 1777, de Signy (Reims) en 1787. 

N'ayant pas été élu aux États-Généraux de 1789, quoiqu'il eût pris 
part en 1787 à l'Assemblée des Notables, il en conçut un vif dépit, qui 
s'accrut encore à la vente des biens ecclésiastiques, à la promulgation 
de la Constitution civile du clergé et lors de l'intrusion du vieux 
Guillaume Besaucèle sur le siège de Narbonne, devenu le siège 
épiscopal du département de l'Aude. 

Émigré en Angleterre, Dillon protesta en 1800 contre le sacre de 
Louis Belmas, que les constitutionnels donnaient comme coadjuteur à 
Besaucèle. En 1801 il opposa un refus motivé au pape qui lui demandait 
sa démission. 

f à Londres, le 5 juillet 1806, set. 85, es. 53. 



254 PROVINCE DE NARBONNE 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE NARBONNE 

0. S. B. vir. S. Petrus de Caunis, Cannes. 

S. Polycarpus, Saint-Polycarpe. 
0. Gist. vir. Fons frigidus, Fontfroide. 

fem. Olivae, Les Olives ou les Olieux. 
0. S. A. Beata Maria de Quadraginta, Quarante. 

0. S. Clarae. Clarisse Liciniani, Sainte-Claire de Lézignan. 

Clarissœ de Asyliis, Sainte-Claire d'Asilhac. 



COLLEGIALE 

Saint-Paul de Narbonne, ancienne abbaye sécularisée. 



AGATHA, AGDE 

Siège fort ancien, mais diocèse très-petit, n'ayant que 26 paroisses. 
Cf. Fisquet, France pontificale, Montpellier. 

72. — Louis FOUCQUET, 72 e évêque d'Agde. 

Né à Paris le 4 février 1633, était frère puîné de Nicolas, surintendant 
des finances, et de François, évêque d'Agde, qui devint coadjuteur de 
Narbonne en 1656 et qu'il remplaça sur le siège d'Agde. 

Nommé évêque d'Agde, il reçut les ordres mineurs et majeurs 
immédiatement avant son sacre, et se fit sacrer à Paris le 2 mai 1659 
dans l'église de la maison professe des Jésuites. Il possédait les abbayes 
de Vézelay, de Ham, de Sorèze et du Tard. 

Exilé trente ans, de 1661 à 1691, par suite de la disgrâce de son frère 
et à cause de son jansénisme, il rentra dans son diocèse en 1691 aussi 
janséniste qu'auparavant. 

f à Agde, le 4 février 1702, set. 69, es. 43. 



ÉVÊCHÉ d'agde 255 



73. — Philibert-Charles de Pas de FEUQUIÈRES. 

Né en 1657 dans l'Artois, docteur en théologie, vicaire-général de 
Sens, abbé de Cormeilles (Lisieux). 

Nommé évêque d'Agde le 15 avril 1702 et sacré le 10 septembre, 
résida fidèlement, suivant la lettre des canons. 

Sa rigidité pour les autres s'unit à une grande faiblesse envers les 
Jansénistes. 

f à Agde, fin juillet 1726, set. 69, es. 24. 

74. — Claude-Louis de LA CHATRE. 

Né à Paris le 28 septembre 1698, élève de Saint-Magloire, docteur 
en théologie. 

Nommé évêque d'Agde 1726, sacré, le 26 octobre 1727, fut bien 
accueilli, se montra libéral. Il sacra dans sa cathédrale en 1733 J.-G. 
de Souillac, évêque de Lodève. 

Quoiqu'il eût publié la bulle Unigenitus en 1729 par pure politique 
ou par peur, il laissa dominer les Jansénistes. 

f à Agde, le 22 mai 1740, set. 42, es. 13. 

75. — Joseph-François de Cadenet de CHARLEVAL * , 
Ce fut l'évêque réparateur du petit diocèse. 

Né à Aix en Provence le 6 mars 1710, abbé de Pessan (Auch), vicaire- 
général de Brancas, à Aix, il avait fait ses preuves d'orthodoxie et de 
vertus. 

Nommé évêque d'Agde en 1740, il fut sacré le 22 novembre à Aix par 
Brancas, fit prêcher des missions, établit les Frères des Écoles 
chrétiennes, extirpa le jansénisme en déployant constamment un zèle 
éclairé, une grande prudence et une louable fermeté. 

Sa piété est au-dessus de tout éloge. 

f à Agde, le 22 janvier 1759, set. 49, es. 19. 

76. — Charles-François-Siméon de Saint-Simon de Vermandois 
de Rouvroy de SANDRICOURT, dernier évêque d'Agde. 

Né à Paris le 5 avril 1727, fils de Louis-François, marquis de 
Sandricourt, et de Louise de Gourgues, fut abbé de Conches (Évreux) 
et vicaire-général de Metz. 

1. Cf. Notice sur J. F. de Cadenet de Charleval par Dom Tu. Bérengier, béné- 
dictin. In-8, Marseille, 1884. 



256 PROVINCE DE NARBONNE 

Nommé évêque d'Agde le 8 mars 1759, préconisé le 9 avril, il se fit 
sacrer à Paris le 6 mai par son cousin Claude, évêque de Metz. 

C'était un érudit, membre de l'Académie des Inscriptions, ayant une 
riche bibliothèque. Il crut devoir donner un Breviarium Agathense, 
qu'il fit suivre d'un Missel. 

Son siège ayant été supprimé en 1791, il s'était retiré à Paris, mais 
fut jeté en prison. Là il contribua à la conversion de La Harpe aussi 
efficacement que l'évêque de Saint-Brieuc. 

f guillotiné à Paris, le 8 thermidor an II (25 juillet 1794), la 
veille de la chute de Robespierre. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AGDE 

0. S. B. S. Thiberius in Cesserone, Saint-Thibéry . . . en règle. 
0. Cist. vir. Vallis magna, Valmagne. 

L'abbaye de femme, Beata Maria de Nitido loco, ordre de Cîteaux, 
avait disparu en 1490 ; et ses biens appartenaient à Valmagne. 



ALESIA , ALAIS 

A la demande du roi Louis XIV, avec le consentement de l'évêque 
de Nîmes, Esprit Fléchier, et de tous les intéressés, un siège épiscopal 
fut érigé dans la ville d'Alais par le pape Innocent XII, bulle Animarum 
zelus, du 17 mai 1694. Le motif allégué en première ligne est la conver- 
sion des hérétiques, nombreux dans cette partie du Languedoc. 

1. — François Chevalier de SAULX, premier évêque d'Alais. 

Né en Poitou, docteur en théologie, missionnaire. 

Désigné par le roi dès le mois d'août 1687 pour occuper le siège 
d'Alais, il fut préconisé par la bulle même d'érection, sacré le 29 août 
1694. 

Ses occupations de fondateur n'absorbèrent pas tous ses soins 
d'évêque ni ses capacités de missionnaire. 

f fin octobre 1712, set. ? es. 19. 



ÉVÊCHÉ d'alais 257 



2. — Louis-François-Gabriel de HENNIN-Liétard. 

Né en 1666 d'une noble famille artésienne, vicaire-général de 
l'orthodoxe Madot à Chalon-sur-Saône. 

Nommé évêque d'Alais le 23 janvier 1713, il fut sacré le 3 juillet 
suivant par trois évoques jansénistes, qui paraissent avoir déteint sur 
lui. 

Transféré à Embrun le 1 er novembre 1719. Cf. Embrun. 

3. — Charles de Bannes d'AVÉJAN. 

Né en 1688. 

Nommé évêque d'Alais le 8 janvier 1721, après quatorze mois de 
vacance du siège, il se fit sacrer le 27 juillet par son prédécesseur, qui 
était devenu archevêque d'Embrun. 

Il était abbé de Montebourg (Coutances). 

f à Paris le 23 mai 1744, 33t. 56, es. 23. 

4. — Louis-François de Vivet de MONTCLUS. 
Transféré de Saint-Brieuc en 1744. Cf. Saint-Brieuc. 

Ayant combattu énergiquement le Jansénisme en Bretagne, il ne le 
combattit pas moins dans le Languedoc, sans oublier la conversion des 
Huguenots. 

f à Alais, le 21 juillet 1755, aet. 75, es. 27. 

5. — Jean-Louis du Buisson de BEAUTEVILLE. 

Cet évêque de révoltante mémoire était né en 1708 dans le diocèse 
de Mirepoix. Élève des Bénédictins de Sorèze et des Doctrinaires de 
Toulouse, Jansénistes, il sut se contenir tant qu'il fut vicaire-général 
de l'orthodoxe Champflour à Mirepoix. 

Nommé évêque d'Alais en 1755 par le cardinal de la Rochefoucauld, 
chef du parti feuillant, il se fit sacrer en 1756, imposa le Bréviaire 
Parisien, signa YExtrait des Assertions si calomnieux et si hostile aux 
Jésuites, alors persécutés, insulta le vénérable Brancas d'Aix, que le 
pape Clément XIII appuyait, brava l'Assemblée du clergé de 1765, qui 
sollicitait sa déposition et fut insolent même à l'égard du pape. 

f à Alais, le 25 mars 1776, cet. 68, es. 20, laissant dans son testament 
un appel, qu'il n'avait pas osé publier de son vivant, contre la bulle 
Unigenitus. 

Les éloges prodigués à Beauteville par Tabaraud dans la Biographie 

17 



258 PROVINCE DE NARBONNE 

universelle, rapprochés des critiques dont Picot et son continuateur, 
malgré leur modération, accablent ce même prélat, confirment notre 
appréciation, qui est celle du P. Le Lasseur. 

6. — Pierre-Marie-Madeleine GORTOIS de Balore. 

Né à Dijon en 1734, fils d'Antoine, seigneur de Quincey. 

Nommé évêque d'Alais en 1776 et sacré le 30 juin, s'appliqua à 
remettre les choses dans le bon ordre, en consolant les bons prêtres et 
en ramenant les égarés. 

Transféré à Nîmes en 1784. Cf. Nîmes. 

— Louis-François de BAUSSET, dernier évêque d'Alais. 

Né le 14 décembre 1748 à Pondichéry, dont son père était gouver- 
neur, il fut d'abord élève des Jésuites à La Flèche, en 1760, puis des 
Sulpiciens à Paris. 

Neveu et petit-neveu de deux saints évêques (Béziers et Fréjus) qui 
le protégèrent, il fut vicaire-général de Boisgelin à Aix, ensuite admi- 
nistrateur de Digne, 1778-84. Cf. Digne. 

Nommé évêque d'Alais, il se fit sacrer à Issy le 18 juillet 1784 et prit 
possession de son siège. 

Il brilla aux États de Languedoc, aux deux Assemblées des Notables, 
protesta contre la suppression de son siège, resta à Paris pendant la 
Terreur, émigra en 1797. 

Ayant donné sa démission en 1801, il fut nommé chanoine de Saint- 
Denis en 1806, créé cardinal en 1817. 

Il est célèbre comme historien de Fénelon et de Bossuet. Il l'est 
aussi comme gallican. 

f à Paris, 21 juin 1824, aet. 76, es. 30, card. 7. Enterré dans la cha- 
pelle des Carmes, rue de Vaugirard. 



ABBAYES DU DIOCESE D'ALAIS 

0. S. B. vir. B. M. de Sendraco, Sendras. 

S. Petr. Salvensis, Salve ou Sauve. 
0. Cist. fem. B. M. de Fontibus, Font-aux-Nonnains. 



ÉVÊCHÉ DE BÉZIERS 259 



BITERrUE, BÉZIERS 

Siège épiscopal très ancien, célèbre et recherché. 
Cf. Fisquet, op. c. Montpellier. . , 

78. — Jean- Armand de Rotundis de BISCARAS. 

Fils d'un colonel et docteur en théologie, fut nommé évêque de Digne 
en 1668 et peu après évêque de Lodève, siège pour lequel il fut sacré en 
janvier 1669. 

Mais l'année suivante, Pierre de Bonzi, le sixième de sa famille qui 
occupât le siège de Béziers, ayant été tranféré à Toulouse, Biscaras lui 
succéda sur le siège de Béziers. 

Il y bâtit un séminaire, y fonda un hôpital. C'est lui qui bénit 
solennellement en 1681 le canal des deux mers que Riquet venait 
d'achever. En 1685, il adoucit de son mieux le sort des Protestants, 
que frappait la révocation de Fédit de Nantes. 

f à Béziers, le 15 février 1702, aet. ?. es. 34. 

79. — Louis-Charles des Alris du ROUSSET. 

Né dans le Dauphiné en 1662, reçu docteur en théologie en 1696, 
était doyen et vicaire-général de Carcassonne. 

Nommé évêque de Béziers le 21 avril 1702 et sacré le 3 décembre à 
Carcassonne, il publia le Proprium Sanctorum Biterrensium, protégea 
les Jésuites, assista les malades, fonda le Refuge. 

f à Béziers, le 6 septembre 1744, aet. 82, es. 42. 

— Louis-Ange de Ghistelle de SAINT-FLORIS, nommé évêque 
de Béziers le 10 décembre 1744, renonça en 1745 au bénéfice de sa 
nomination ; f 1747. 

— Jean-Baptiste-Antoine de MALHERBE, docteur de Sorbonne, 
né à Caen, nommé évêque de Béziers, refusa ; f 1771. 

80. — Joseph Bruno de BAUSSET-ROQUEFORT. 

Né en 1702 à Aubagne, diocèse de Marseille, officiai d'Aix et vicaire- 
général de l'archevêque Brancas. 



260 PROVINCE DE NARBONNE 



Nommé évêque de Béziers en 1745, fut sacré à Aix par Brancas le 
1er ma i 1746. 

Régulier, actif, charitable, il regretta beaucoup les Jésuites, qu'il 
avait éloquemment défendus en 1761. 

f à Béziers, le 26 juin 1771, set. 70, es. 26. 

81. — Aimard-Claude NIGOLAY, dernier évêque de Béziers. 

Né à Paris le 4 août 1738, fils d'Aimard-Jean, marquis de Goussain- 
ville, premier président de la Gour des Comptes *, neveu d'Aimard- 
Chrétien, évêque de Verdun, était chanoine de Paris, vicaire-général de 
Reims après avoir été vicaire-général de son oncle à Verdun, abbé de 
Saint- Sauveur-le- Vicomte (Goutan ces) . 

Nommé évêque de Béziers, par Louis XV, en juillet 1771, il fut 
préconisé le 26 septembre et sacré le 13 octobre. 

Généreux et riche, il répandit d'abondantes aumônes, mais ne 
recueillit que l'ingratitude au moment de la Révolution. Il resta néan- 
moins à Béziers, dont le siège était assigné à l'évêque constitutionnel 
de l'Hérault, et n'émigra qu'en 1792. 

Il passe pour avoir refusé sa démission en 1801, et ne l'avoir donnée 
qu'en 1805. C'est une erreur qu'il faut redresser d'après Theiner 
(Histoire des deux Concordats, tome I, pages 344 et 345). Cet auteur 
donne deux lettres du prélat, datées de Florence 1801, l'une du 29 août 
au roi Louis XVIII, pour lui remettre sa démission de l'évêché de 
Béziers, qu'il avait reçu de Louis XV, l'autre du 7 octobre à 
Ms r Caleppi , pour lui envoyer copie de la lettre précédente , lui 
rappeler son passé, etc. Il ajoute : « Je remets, avec le consentement 
de S. M. Louis XVIII, la démission de mon évêché de Béziers à 
N. T. S. P. Pie VII ». 

Rentré en France avec les Bourbons, l'ancien évêque de Béziers 
f à Paris le 24 janvier 1815, aet. 77, es. 44. 

On peut consulter Fabregat (A.). — Vie des hommes illustres de 
Béziers : M& r de Nicolay, dernier évêque de Béziers, 1738-1815. — In-8, 
99 p. Béziers, impr. Granié, 1880. 



1 . Aimard-Jean était le neuvième Nicolay qui fût investi de cette haute dignité ; 
et un de ses fils lui succéda en 1768. 



ÉVÊCHÉ DE CARCASSONNE 261 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BÉZIERS 

0. S. B. vir. S. Petrus de Juncellis, Joncels. 

Villa magna, Villemagne. 
0. S. A. vir. S. Jacobus, Saint- Jacques. 

Bessanum, Bessan, prieuré, 
fem. S. Spiritus, Le Saint-Esprit. 
0. S. Garas. Clarissse Biterrenses, Sainte-Claire de Béziers. 



COLLÉGIALE 

Saint-Afrodise, ancienne abbaye bénédictine, sécularisée. 



CARCASSONA, CARCASSONNE 

Siège ancien, transporté de la vieille cathédrale dans la ville neuve 
à une époque récente. 

76. — Louis- Joseph Adhémar de Monteil de GRIGNAN. 

Né en 4654, frère puîné de Jean-Baptiste, qui de coadjuteur devint 
archevêque d'Arles, était lui-même ecclésiastique et destiné à 
l'épiscopat. 

Il fut en effet nommé évêque d'Évreux en 1680 ; mais le siège de 
Carcassonne, qu'avait occupé récemment un de ses oncles, étant venu à 
vaquer par la translation de Louis d'Anglure de Bourlemont à Bordeaux, 
il y fut appelé. 

S'étant fait sacrer à Grignan le 21 décembre 1681, il prit possession 
de son siège et gouverna longtemps, trop mollement peut-être, son 
diocèse. Vers la fin, il obtint pour coadjuteur son neveu qui suit. 

f 1 er mars 1722, set. 78, es. 41 . 

77. — Louis-Joseph de Ghateauneuf de ROCHEBONNE. 
Neveu, coadjuteur et successeur du précédent. 

Né dans le Forez, frère puîné de Charles François, qui d'évêque- 



262 PROVINCE DE NARBONNE 

comte de Noyon devint archevêque de Lyon : ils étaient fils de Charles, 
gouverneur du Lyonnais et de Marie-Thérèse de Grignan. 

Louis-Joseph fut d'abord simple comte de Lyon, puis il fut doyen du 
noble chapitre en 1713. 

Nommé coadjuteur de son oncle maternel en 1718, il dut attendre ses 
bulles, retardées pour des motifs qui ne lui étaient pas personnels. 11 
fut enfin sacré à Toulouse, le 21 juillet 1720, avec le titre d'évêque 
de Hiérocésarée. 

Devenu évêque de Carcassonne en 1722, il exigea de ses prêtres 
l'acceptation pure et simple de la bulle Unigenitus, confia son séminaire 
aux Jésuites, etc. 

f à Carcassonne, le 31 décembre 1729, ast. ?. es. 10. 

78. — Armand Bazin de BEZONS, fauteur des Jansénistes. 

Né à Paris le 30 mars 1701, deuxième fils du maréchal de Besons, 
neveu et filleul de Jean-Baptiste-Armand, alors archevêque de Bordeaux, 
depuis archevêque de Rouen, fut élève de Saint-Magloire, posséda de 
bonne heure deux abbayes. 

Nommé évêque de Carcassonne, mars 1730, et sacré aux Théatins de 
Paris le 14 janvier 1731, il inaugura un gouvernement qui devait 
trancher avec le précédent et allait durer longtemps. 

Non-seulement il n'exigea pas l'acceptation de la bulle, mais il fit 
attaquer l'enseignement des Jésuites. Il refusa formellement de s'as- 
socier aux réclamations de l'épiscopat en leur faveur, 1761-1765, donna 
un bréviaire gallican et un missel en rapport avec le bréviaire. 

On vante ses charités, sa régularité, sa piété. Nous voulons croire 
que ce n'était pas de l'hypocrisie et qu'il s'était amendé ; mais ce prélat 
était habile à cacher ses sentiments. 

f le 11 mai 1778, set. 78, es. 49. 

79. — Jean-Auguste de Chastenet de PUYSÉGUR. 
Transféré de Saint-Omer en 1778. Cf. Saint-Omer. 
Le diocèse de Carcassonne avait besoin d'un évêque zélé, orthodoxe 

et sincèrement pieux ; il dut être satisfait d'avoir Puységur dix ans. 
Transféré à Bourges en 1788. Cf. Bourges. 

80. — François-Marie-Fortuné de VINTIMILLE. 
Né le 6 janvier 1751 dans le diocèse de Marseille. 






ÉVÊCHÉ DE CARCASSONNE 263 



Nommé évêque de Garcassonne le 10 mars 1788, il fut sacré le 
12 octobre suivant, et trouva son diocèse agité. 

En 1791, il n'eut pas la douleur de voir son siège occupé par un 
intrus, Narbonne étant assigné à l'évêque constitutionnel de l'Aude ; 
mais il fut affligé de voir monter sur ce siège le doyen du chapitre de 
Carcassonne, Guillaume Besaucèle, octogénaire, janséniste assermenté. 

Réfugié en Italie sous la protection de Bernis, l'évêque de Carcas- 
sonne perdit cette protection en 1794. 

Il refusa de se démettre en 1801. Par ce refus, il désobligea le pape 
et contraria celui qui venait de prendre légitimement possession du 
nouveau diocèse de Carcassonne. 

Vintimille était à Vienne en février 1810 conseillant à l'archevêque 
de ne pas prêter son ministère au second mariage de Napoléon. 

Rentré en France à la Restauration, l'ancien évêque f à Paris le 
6 août 1822, set. 72, es. 34. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CARCASSONNE 

0. S. B. vir. B. M. de Crassa, La Grasse. 

S. Hilarius, Saint- Hilaire. 

Mons Oliveti, Montolivet. 
0. Cist. vir. Villa longa, Villongue. 

fem. Rivus Nitidus, Rieunette. 



COLLÉGIALE 

Mons Regalis, Montréal. 

Il y avait à Carcassonne plusieurs couvents d'hommes : Frères 
Prêcheurs, Mineurs, Carmes, Ermites de Saint-Augustin, Minimes, 
Capucins, Jésuites, Religieux de la Merci. 

Parmi les couvents de femmes, on distinguait les Ursulines et les 
Hospitalières. 



264 PROVINCE DE NARBONNE 



ELECTA, ALET 

Abbaye du IX e siècle, érigée en évêché par le pape 
Jean XXII en 1317. 

Cf. Fédié (L.) — Le comté de Razès et le diocèse d'Alet, notices historiques. In-8, 
de vn-420 p. Carcassonne, impr. Polère, libr. Lajoux, 1880. 

30. — Louis-Alphonse de VALBELLE. 

Né en Provence, fils d'Antoine, seigneur de Monfuron, et de 
Françoise de Félix, docteur de Sorbonne, aumônier du roi, agent- 
général du clergé. 

Nommé évêque d'Alet, le 25 décembre 1677, aussitôt après la mort 
de Nicolas Pavillon *, il fut préconisé le 14 mars et sacré le 1 er sep- 
tembre 1680, à Paris, aux Minimes de la place Royale, par Bonzi, son 
métropolitain. 

Il siégea au rang des évêques dans l'assemblée de 1682, ce qui n'est 
pas certes à sa gloire et ce qu'Innocent XI lui fit bien expier sept 
années durant. 

En effet, nommé en 1684 évêque de Saint-Omer, il n'obtint ses bulles 
qu'en 1693. Mais sur son nouveau siège il ne garda pas rancune au siège 
apostolique. Cf. Saint-Omer. 

31. — Victor-Augustin de MÉLIAND (alias Melrand). 
Transféré de Gap, juin 1684-1" juillet 1692. Cf. Gap. 

Le retard de ses bulles, compliqué d'ennuis qu'il rencontra dans son 
administration, le portèrent à faire sa démission en 1698. 

Retiré à Paris, aux Bons-Enfants, f le 23 septembre 1713, aet. ?., 
es. 34. 



1. Nicolas Pavillon, évêque d'Alet 1639-1677, fut l'un des quatre évêques français 
qui tinrent en échec l'autorité du pape et celle du roi pour soutenir Jansénius. Et 
quand la paix de Clément IX semblait avoir terminé la guerre, Pavillon et son 
voisin Caulet, évêque de Pamiers, poussés par leur cabale, eurent l'adresse de 
soulever la question de la Régale qui devait, en irritant le roi et en excitant le pape, 
allumer une guerre nouvelle, non moins regrettable que la première. 

C'est ce même homme que la Gallia Christiana comble d'éloges en vers et en 
prose, qu'elle donne comme un Père de l'Église et semble canoniser. 



ÉVÊCHÉ d'alet 265 



32. — Charles-Nicolas TAFFOUREAU de Fontaine. 

Fils d'un conseiller au Présidial de Sens, docteur de Sorbonne, était 
doyen, officiai et vicaire-général de Sens. 

Nommé évêque d'Alet, le 1 er novembre 1698, il reçut ses bulles le 
22 décembre et fut sacré à Sens par l'archevêque, Fortin de la 
Hoguette. 

Son épiscopat qui fut court n'est marqué d'aucun fait saillant. Le 
lieu de sa mort au contraire et la place de son tombeau sont à noter 
d'après la Gallia Christiana, quoique dans un sens tout différent. 

f à Alet, le 8 octobre 1708, aet. ?., es. 10. Il fut enterré auprès de son 
immortel prédécesseur, Nicolas Pavillon ! 

33. — Jacques MABOUL. 

Fils et frère de conseillers du roi, vicaire-général de Poitiers, était 
un prédicateur en renom, surtout pour ses oraisons funèbres . 

Nommé évêque d'Alet le 1 er novembre 1708 et sacré le 13 juillet 1710 
à Agde par Feuquières, il continua de prêcher le plus souvent hors de 
son diocèse. 

f à Alet, le 21 mai 1723, aet. ?., es. 13. 

34. — Joseph-François BOGAUD (alias de Boucaud). 
Né en 1685 dans le diocèse de Montpellier. 

Nommé évêque d'Alet le 17 octobre 1723, il se fit sacrer le 11 juin 
1724 au séminaire Saint-Sulpice à Paris. 

Il reçut l'abbaye de Saint-Maurin (Agen) en 1752, et celle de Locdieu 
(Rodez). 

f le 6 décembre 1762, est. 77, es. 39. 

— Charles de la CROPTE de Chanterac, dernier évêque d'Alet. 

Né dans le diocèse de Périgueux en 1723 d'une famille bien honora- 
blement connue, dont était issue la mère de Fénelon. L'évêque-comte 
de Noyon, 1733-1766, Jean-François de la Cropte, était aussi de cette 
famille. 

Nommé évêque d'Alet en 1763, sacré le 19 juin, Charles fit le plus de 
bien qu'il put dans son diocèse jusqu'à la Révolution. Alors il émigra 
en Espagne. 

f en Espagne en 1793, set. 60, es. 30. 



266 PROVINCE DE NARBONNE 



Il n'y a pas d'abbaye dans le diocèse d'Alet mais une collégiale, celle 
de Fenouillèdes, S. Paulus de Fenolieto. 



LUTEVA, LODÈVE 

Siège très ancien, qui venait d'être occupé par plusieurs hommes 
remarquables, notamment par le savant hébraïsant, Plantavit de la 
Pause et par l'illustre François Bosquet. 

Cf. Fisquet, op. cit. Montpellier. 

83. — Charles-Antoine de la Garde de CHAMBONAS. 

Fils d'Antoine de la Garde, marquis de Chambonas, et de Charlotte 
de la Baume de Suze, était vicaire-général de son oncle maternel, le 
vénérable L.-F. de la Baume, évoque de Viviers. 

Nommé évêque de Lodève en 1671, et sacré à Paris par son oncle, 
le 15 novembre de cette même année, il gouverna son diocèse, non 
selon les canons ni suivant l'exemple qu'il avait eu sous les yeux à 
Viviers, mais selon ses caprices. 

Transféré à Viviers, 1690-1692. Cf. Viviers. 

84. — Jacques-Antoine PHÉLYPEAUX. 

Second fils d'Antoine, seigneur du Verger, conseiller d'État, et de 
Marie de Villebois, était docteur en théologie. 

Nommé évêque de Lodève le 1 er novembre 1690, il ne fut sacré que 
le 24 août 1692. Deux ans plus tard, il reçut l'abbaye de Nantz (Vabres). 

Cet évêque mena tout le Languedoc, quoiqu'il ne résidât pas assi- 
dûment. Si on ne peut l'accuser de jansénisme, comme quelques 
membres de sa famille, on doit reconnaître qu'il n'avait guère les mœurs 
épiscopales. 

f subitement à Lodève le mardi de Pâques, 15 avril 1732, set. ?., 
es. 30. 

85. — Jean-Georges de SOUILLAC. 

Fils de François, seigneur de Verneuil, et de Charlotte d'Aubusson, 
était vicaire-général de Périgueux. 



ÉVÊCHÉ DE LODÈVE 267 



Nommé évêque de Lodève le 14 juin 1732, il se fit sacrer le 18 jan- 
vier 1733 à Agde par l'évêque janséniste Cl.-L. de la Châtre. Lui-même 
tenait pour la doctrine dite augustinienne ou jansénisme modéré. 

C'est lui qui bâtit le superbe palais épiscopal de Lodève. 

f à Lodève, le 14 février 1750, aet. ?. es. 17. 

86. — Jean-Félix-Henri de FUMEL *, dernier évêque de Lodève. 

Né à Toulouse en 1715, élève des Jésuites, docteur en théologie, 
archidiacre de Vannes en 1749 et vicaire-général de l'orthodoxe évêque 
C.-J. Bertin. 

Nommé évêque de Lodève en mars 1750, il fut préconisé le 27 avril 
et sacré le 5 juillet de la même année. 

Il résida dans son diocèse, visita les paroisses, exhorta les fidèles, 
combattit les incrédules, se distingua en défendant les Jésuites, 1761 et 
années suivantes, établit la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, se 
montra en tout et toujours un évêque aussi saint que savant. 

f à Lodève, le 26 janvier 1790, aet. 75, es. 40. 

Il ne fut pas remplacé, Jean-Jacques-Gabriel de Lavezou, nommé par 
Louis XVI évêque de Lodève, n'ayant pas été préconisé avant la sup- 
pression du siège par la Constituante. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LODÈVE 

0. S. B. vir. S. Salvator, Saint-Sauveur. 

S. Guillelmus de Deserto, seu Gellonense monasterium, 
Saint-Guilhem-du-Désert, ou monastère de Gellone. 
fem. Gorjanum, Gorjan. 

1. Cf. Éloge de Mw J.-F.-H. de Fumel, par l'abbé Lazaire. In-8° de 80 p. Montpel- 
lier. 1890. 



268 PROVINCE DE NARBONNE 



MONS PESSULLANUS, MONTPELLIER 

Le siège épiscopal fondé primitivement à Maguelonne, Sedes Magalo- 
nensis, avait été transporté à Montpellier par une bulle de Paul III 
du vi des Calendes d'avril, 27 mars 1534. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Montpellier, 1. vol. in-8. Ce volume qui comprend 
les cinq anciens diocèses d'Agde, de Béziers, de Lodève, de Montpellier et de Saint- 
Pons, enclavés aujourd'hui dans le département de l'Hérault, est le seul que cet 
auteur ait consacré à la région dont nous nous occupons. 

8. — Charles de PRADEL, 60 e évêque de Maguelonne, 8 e évêque 
de Montpellier. 

Issu d'une famille noble du Dauphiné, chanoine de Montpellier, 
vicaire-général de son oncle, François Bosquet 1 , il fut nommé en 1675 
son coadjuteur avec future succession. 

Sacré aux Jésuites de Paris le 28 juin 1676, sous le titre d'évêque de 
Marcopolis, il prit le titre d'évêque de Montpellier le lendemain, en 
apprenant que son oncle était mort le 24. 

Ce fut un évêque zélé, charitable, ami des arts et des lettres. Quoiqu'il 
ait siégé au rang des évêques dans l'Assemblée de 1682, il échappe aux 
critiques des plus austères censeurs. 

En 1683, il attira Bourdaloue à Montpellier, où le grand et saint 
prédicateur obtint un plein succès. 

f à Montpellier, le 17 septembre 1696, aet. ?., es. 21. 

9. — Charles-Joachim COLBERT de Croissy. 

Ce prélat de triste mémoire, né à Paris le 11 juin 1667, était fils de 
Charles, marquis de Croissy, célèbre diplomate, et par conséquent 
neveu du grand ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste-Colbert. 

Reçu docteur en théologie, Charles-Joachim devint en 1692 vicaire- 
général de son cousin Jacques-Nicolas, archevêque de Rouen, pour 
l'archidiaconé de Pontoise. Il fut aussi abbé de Froidmont et prieur de 
Longue ville. 

1. Cf. Henry (l'abbé P.) François Bosquet, intendant de Guyenne et de Languedoc, 
évêque de Lodève et de Montpellier ; étude sur une administration civile et ecclé- 
siastique au XVII e siècle. Un vol. gr. in-8 de xiv-788 p. Paris, Thorin, 1889. 



ÉVÊCHÉ DE MONTPELLIER 269 

Nommé évêque de Montpellier, le 1 er mars 1696, il obtint ses bulles 
gratis et se fit sacrer aux Feuillants de Paris par son cousin, l'arche- 
vêque de Rouen. 

Son long épiscopat commença bien et fut même louable tant que 
vécut Louis XIV. Mais à partir de 1717, Golbert s'afficha Janséniste 
appelant, obstiné, scandaleux. On le vit pendant vingt ans accumuler 
des écrits tous plus vifs les uns que les autres, mandements, lettres au 
pape, au roi, aux évêques. Il était dominé par trois jansénistes fougueux: 
Gaultier, Croz et Dilhe. 

A l'Assemblée du clergé de 1725, il fut déféré comme aussi condam- 
nable que Soanen ; et la province de Narbonne, dont le métropolitain 
était alors Beauvau, l'aurait certainement déposé, si les Golbert ne 
s'étaient puissamment opposés à la tenue du concile provincial. 

L'évêque de Montpellier continua ses agissements jusqu'à la fin. 

f 2 avril, 1738, set. 71, es. 42. 

Ce que nous venons d'écrire est le résumé de la notice que consacre 
à cet évêque Fabbé Lequeux, annotateur des Mémoires de Picot, t. III, 
p. 393 et 394. 

10. — Georges -Lazare Berger de CHARANCY. 

Transféré de Saint-Papoul en 1738 par Fleury. Gf. Saint-Papoul. 

Aussitôt installé, il cassa les actes de son prédécesseur, refit son 
catéchisme, qui eut alors beaucoup de débit, sans cependant être parfait. 

Il fit donner par Bry daine une mission, qui réussit admirablement à 
Montpellier. 

f subitement, le 14 février 1748, set. 60, es. 13. 

11. — Louis Renaud de VILLENEUVE. 
Tansféré de Viviers en 1748. Cf. Viviers. 

Choisi pour continuer le travail réparateur de Gharancy, il ne trompa 
point les espérances de Boyer qui l'avait fait nommer, ni l'attente de 
ses nouveaux diocésains. 

Il réduisit les Jansénistes à l'obéissance et prit hautement la défense 
des Jésuites en 1761. 

t le 24 juin 1766, 33t. 83, es. 43. 

12. — Raymond de DURFORT. 

Tranféré d'Avranches en 1766. Gf. Avranches. 



270 PROVINCE DE NARBONNE 

Par sa fidélité à la résidence, ses visites pastorales et ses fondations 
pieuses, il mérita bien de son second diocèse. 
Transféré à Besançon en 1774. Cf. Besançon. 

43. — Joseph-François de MALIDE. 

Tranféré d'Avranches en 4774. Cf. Avranches. 

Régulier, actif, conciliant, il se fit aimer de son clergé. Aussi fut-il 
élu député aux États-Généraux de 1789. 

G'est-là qu'il se montra faible, en s'unissant au Tiers après le serment 
du Jeu-de-Paume. 

Il n'est pas moins répréhensible pour avoir refusé sa démission 
en 4804. 

f à Londres, le 48 janvier 4842, set. 83, es. 46. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE MONTPELLIER 

0. S. B. vir. Aniana, Aniane. 

fem. S. Genesius, Saint- Génies. 
Gigeanum, Gigean. 
0. Cist. fem. Vinegolium, Vignoles. 
0. S. Clarae. Clarissse Monspelienses, Sainte-Claire-de-Montpellier. 

COLLÉGIALE 

L'ancienne cathédrale de Maguelonne. 



NEMAUSUS, NIMES 

Ville dont l'ancienneté est démontrée par de superbes monuments 
et pourvue d'un siège épiscopal très ancien. 

Cf. Histoire de l'église de Nîmes, par A. Germain, professeur à la Faculté des 
lettres de Montpellier, 2 vol. in-8, Nîmes, 1842. 

72. — Jean-Jacques SÉGUIER de la Verrière. 

Issu d'une branche différente des Séguier Parisiens, chanoine et 



ÉVÊCHÉ DE NÎMES 271 



théologal de Paris, fort instruit et très pieux, Jean-Jacques avait été 
sacré évêque de Lombez le 6 août 1662. 

Il gouvernait saintement son diocèse depuis huit ans, quand il fut 
nommé pour remplacer l'orthodoxe et vertueux Denis Cohon, qui venait 
de mourir le 7 novembre 1670, set. 72, es. 36, après son second épiscopat 
de Nîmes. 

Séguier remplaça dignement ce saint homme, sans modifier en rien 
sa propre ligne de conduite. 

Mais comme il se permit de condamner dans un mandement les 
Quatre articles de 1682, on le pria de donner sa démission. C'est ce 
qu'il fit en 1687. 

Gomme compensation, les abbayes de Lire (Evreux) et de Livry 
(Paris) lui furent offertes ; mais il n'en jouit pas longtemps. 

f le 8 novembre 1689, set. 83, es. 26. 

73. — Esprit FLÉCHIER. 

Né à Pernes dans le diocèse de Carpentras le 10 juin 1632, entra en 
1647 dans la congrégation de la Doctrine Chrétienne, dont son oncle 
maternel, Hercule Audiffret, était supérieur-général. Mais douze ans 
après, étant sorti de la Congrégation, il se rendit à Paris. Il y remplit 
les fonctions de catéchiste dans une paroisse, se fit une réputation de 
poète bel-esprit, devint précepteur d'un Caumartin, prédicateur, ce qui 
lui valut d'être admis à l'Académie française en 1673. 

Son nom était célèbre en 1685. Nommé évêque de Lavaur, le 12 novem- 
bre de cette année, Fléchier administra le diocèse, comme vicaire- 
capitulaire. Nommé évêque de Nîmes deux ans plus tard, il administra 
au même titre, sans demander aux deux évêques survivants les pouvoirs 
qu'ils avaient encore. 

Ayant enfin reçu ses bulles pour l'évêché de Nîmes, le 9 janvier 1692, 
et s'étant fait sacrer le 24 août, il fut irréprochable. 

Il consentit à l'érection du siège d'Alais, condamna les Jansénistes, 
ramena beaucoup de Huguenots, mais ne put rien obtenir des 
Camisards. 

Durant l'hiver de 1709, il répandit d'abondantes aumônes. 

f à Nîmes, le 16 février 1710, set. 78, es. 18. 

74. — Jules-César Rousseau de la PARISIÈRE. 
Né à Poitiers le 3 mai 1667. 

Nommé évêque de Nîmes le 11 juillet 1710, préconisé le 1 er décembre 



272 PROVINCE DE NARBONNE 

suivant, sacré le 8 février 1711, fut très zélé pour la conversion des 
Protestants et très opposé à la secte janséniste. 
f le 15 novembre 1736, set. 74, es. 26. 

75. — Charles-Prudent de BEGDELIÈVRE. 

Né à Nantes en 1705. 

Nommé évêque de Nîmes en 1737, fut sacré le 12 janvier 1738. 

f en 1784, set. 79, es, 46, sous-doyen des évoques de France. 

76. — Pierre-Marie-Madeleine GORTOIS de Balore. 
Transféré d'Alais en 1784. Cf. Alais. 

Il fut sur son deuxième siège ce qu'il avait été sur le premier, un 
évêque aussi bon que digne. 

Député aux États- Généraux de 1789, il fit corps avec la majorité de 
son ordre. Ayant eu la douleur de voir son siège envahi par le misérable 
Dumouchel, il se retira à Constance, tout en dirigeant de loin son 
diocèse et en distribuant aux prêtres réfugiés à Constance les aumônes 
qu'il quêtait pour eux. 

Theiner rapporte (Affaires de France, t. II, 560) la lettre qu'il écrivit 
dans ce but, de Constance, le 16 janvier 1795, à l'archevêque d'Albi, 
neveu du feu cardinal de Bernis, résidant à Rome. 

Il obtint de rentrer en France dès les premiers jours de 1801, avec 
son frère de Saint-Malo ; donna sa démission avant la fin de l'année. 

f à Polisy, près Bar-sur-Aube, le 19 octobre 1812, set. 84, es. 34. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE NIMES 

0. S. B. vir. S. ^Egidius, Saint-Gilles, abbaye sécularisée. 

fem. Fir mitas, La Ferté. 
0. Cist. vir. Francse Vallès, Franquevaux. 

fem. Fontes Nemausi, La Font de Nîmes. 
0. S. Clarse. Clarissse Nemausensus, Sainte-Claire de Nîmes 

COLLÉGIALE CÉLÈBRE A NIMES 

Sanctus Baudilus, Saint-Baudile. 



ÉVÊCHÉ DE PERPIGNAN 273 



PERPINIANUM seu HELENA, PERPIGNAN 

ou ELNE 

Le siège épiscopal très ancien d'Elne (Helenensis, Elnensis) releva 
selon les temps de Tarragone ou de Narbonne. C'est seulement à 
partir de 4604 que, fixé définitivement, à Perpignan, ce même siège 
fut rattaché à Narbonne. 

14. — Louis Habert de MONTMORT, 14 e évêque de Perpignan, 
109 e évêque d'Elne. 

Né à Paris en 1644, était fils de Henri-Louis, seigneur de Montmort, 
conseiller au Parlement, et de Marie-Henriette de Buade-Frontenac. 

Nommé évêque de Perpignan le 2 novembre 1680, il se fit sacrer à 
Paris, au Val-de-Grâce, le 12 avril 1682. 

Il ne prit aucune part à la grande Assemblée qui se tenait alors à 
Paris et préféra partir pour son diocèse. 

f à Montpellier, le 23 janvier 1695, aet. 51, es. 13. 

15. — Jean-Hervé Bazan de FLAMANVILLE. 

Né vers 1659 à Flamanville-Hague, diocèse de Goutances, fils de 
Hervé, marquis de Flamanville, et d'Agnès Mole, entra au séminaire 
Saint-Sulpice en 1682. 

Ordonné prêtre, il exerça son ministère dans la paroisse. Pendant la 
mission qu'y donnait le P. Honoré de Cannes, il évangélisait les laquais, 
ce qu'il continua neuf ans de suite (1685-1694). Augustin de Maupeou, 
évêque de Castres, le prit alors pour vicaire-général. 

Nommé évêque de Perpignan le 8 septembre 1695, et sacré à Saint- 
Sulpice le 12 février 1696, il se rendit aussitôt dans son diocèse. 

Il n'eut pas à lutter contre le jansénisme qui n'avait pas infecté son 
clergé ; il gouverna en paix son bon peuple, tout en construisant le palais 
épiscopal et la maison de campagne, qui devait servir à ses successeurs. 

f à Perpignan, le 5 janvier 1721, set. 62, es. 25, « en réputation de 
sainteté », Lecanu, Histoire des évêques de Goutances. 

— Antoine-Jérôme Boyvin de VAUROUY, docteur en théologie, abbé 
de Saramon (Auch) et de la Réale (Perpignan), nommé et préconisé 

18 



274 PROVINCE DE NARBONNE 

évêque de Perpignan en 4721, ne voulut pas se faire sacrer, mais donna 
sa démission en 1722, f le 19 janvier 1763, set. 89. 

16. — Jean-Mathias de BARTHÉLÉMY de Gramont de Lanta. 
Né en 1688. 

Nommé évêque de Perpignan le 17 octobre 1723, se fit sacrer le 
26 mai 1726 dans l'église du noviciat des Jésuites à Paris. 
Il est connu par sa grande piété, 
f à Perpignan, juillet 1743, set. 55, es. 17. 

17. — Charles - François - Alexandre Gardevac de Gouy 
d'HAVRINCOURT. 

Né en 1698 au château de Bonchy, diocèse de Noyon. 

Nommé évêque de Perpignan en 1743, et sacré le 17 février 1744, il 
eut un long épiscopat, obtint à la fin un coadjuteur, 1779, et l'union 
de l'abbaye de la Réale à l'évêché, 1780. 

f en 1783, set. 85, es. 40. 

18. — Jean-Gabriel d'AGAY. 
Né à Besançon, le 26 mars 1731. 

Nommé coadjuteur du précédent avec future succession en 1779, il 
fut sacré le 3 janvier 1780 évêque de Ganope, devint trois ans après 
évêque de Perpignan. 

f à Perpignan, le 28 août 1788, set. 57, es. 9. 

19. — Antoine-Félix de Leyris d'ESPONCHEZ 4 . 

Né le 20 décembre 1750 à Alais, fut dirigé par le saint évêque de 
Lodève, Fumel, devint chanoine de Nîmes, abbé de Lesterp (Limoges) 
et vicaire-général de Senlis. 

Nommé évêque de Perpignan le 14 septembre 1788, il résigna 
aussitôt son abbaye. Sacré peu après, il fut installé le 13 mars 1789, au 
moment même où se faisaient les élections. 

1. Cf. Revue des Questions historiques, juillet 1874, article du vicomte Bastard 
d'Estang, intitulé : Une mémoire oubliée, A.-F. de L. d'Esponchez. 

Nous renvoyons à cet article, sans en garantir toutes les particularités. 

Histoire du clergé dans le département des Pyrénées Orientales pendant la Révo- 
lution française, par l'abbé Ph. Torreilles, professeur au Grand Séminaire de 
Perpignan. In-8, Perpignan, 1890. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-PONS DE TOMIÈRES 275 

Élu député aux États-Généraux, il s'opposa aux innovations schisma- 
tiques, malgré sa modération. L'intrusion sur son siège d'un évêque 
constitutionnel, Gabriel Deville, le contraignit de se retirer d'abord à 
Rome, puis à Ancone et à Venise, 1795, de là à Goritz, 1797. Il gou- 
vernait cependant son diocèse par ses vicaires-généraux réfugiés en 
Espagne : ils avaient à lutter contre un second intrus, Paul Villa, plus 
redoutable que son prédécesseur. 

f à Campo-Longo, près Udine le 13 juillet 1801, set. 52, es. 13, en 
odeur de sainteté, avant que Pie VII n'eût demandé les démissions. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE PERPIGNAN 

0. S. B. vir. Beata Maria de Arulis, Notre-Dame d'Arles. 

S. Michael de Goxano, Saint-Michel de Cuxa*. 

S. Genesius de Ganigone, Saint-Geniès de Canigou. 
0. S. A. vir. B. M. Regalis de Aspirano, La Réale. 
0. Gist. vir. B. M. de Jalo, Notre-Dame du Jau. 

Vallis bona, Valbonne. 



S. PONTIUS DE TOMERIIS, SAINT-PONS 
DE TOMIÈRES 

Dans le bourg appelé Tomières, Tomerise, s'était établie une abbaye 
sous le vocable de Saint-Pons. C'est cette abbaye qui fut érigée en 
évêché par Jean XXII le 18 février 1317 (1318, n. s.). 

Cf. Fisquet, op. cit. Montpellier. 

29. — Pierre-Jean-François Percin de MONTGAILLARD 2 . 

Né à Toulouse, le c 29 mars 1633, d'une ancienne famille de Gascogne, 

1. Cf. Histoire de l'abbaije royale de Saint-Michel de Cuxa, par l'abbé F. Font. 
in-8, de 497 p, Perpignan, impr. Cornet, 1882. 

2. Cf. Moreri, au mot Monlgaillard : généalogie de la famille et long article sur 
l'évêque dont nous parlons. 



276 PROVINCE DE NARBONNE 

était fils de l'infortuné Pierre-Pol, qui avait eu la tête tranchée pour 
avoir rendu une place, mais dont la mémoire avait été réhabilitée. 

Élevé avec beaucoup de soin en vue de l'église, Pierre-Jean-François 
fut nommé évêque de Saint-Pons, le 6 avril 1644, pour remplacer 
Michel Tubœuf que le roi venait de nommer évêque de Castres. 
Préconisé le 12 janvier 1665, il se fit sacrer à Chaillot le 12 juillet 
suivant. 

Pendant près d'un demi-siècle, il allait attirer sur lui tous les regards. 
Il commença par s'attaquer à l'évêque de Toulon, Jean de Vintimille, 
qui avait critiqué le Rituel janséniste d'Alet. Ses mandements furent 
condamnés par les tribunaux, par les évêques voisins et par les papes : 
ce fut en vain. 

Ayant interdit les Récollets et ceux-ci ayant appelé de la sentence 
épiscopale, ce fut le signal d'un nouveau déluge d'écrits, de procès et 
d'actes arbitraires. Montgaillard résista même à Rossuet. 

Fisquet est contraint de blâmer l'évêque de Saint-Pons, tandis que la 
Gallia Christiana, suivant ses inclinations jansénistes le comble d'éloges. 
Dans le catalogue de la Ribliothèque nationale, Histoire de France, 
tome VIII, § m, les « diocèses », Saint-Pons seul et Montgaillard sont 
représentés par 33 articles. 

L'évêque de Saint-Pons achevait sa 80 e année ; il paraissait en paix. 

f à Saint-Pons, le 13 mars 1713, aet. 80, es. 48. 

Le 8 septembre suivant Clément XI signait la bulle Unigenitus, que 
Montgaillard eût peut-être repoussée et que son successeur se hâta de 
promulguer. 

30. — Jean-Louis Ralbe de Rerton de CRILLON *, 

Né en 1684, fils de Philippe-Marie, marquis de Crillon, et de Françoise 
de Saporta, avait pour frère Dominique-Laurent, qui fut évêque de 
Glandève, 1721-1747, et pour oncle paternel François, évêque de Vence 
en 1697, qui était devenu archevêque de Vienne, 1714-1720. 

Nommé évêque de Saint-Pons dès le mois d'avril 1713, et pourvu 
aussitôt de ses bulles, il se fit sacrer le 15 octobre au noviciat des 
Jésuites à Paris. 

Son premier acte fut de faire accepter la bulle Unigenitus, qui venait 



1. Courcy, Chevaliers du Saint-Esprit, p. 726, mentionne ce prélat et donne la 
généalogie de sa famille sous les noms de « Berton des Balbes de Crillon ». 



ÉVÊCHÉ DE SAJNT-PONS DE TOMIÈRES 277 



d'être promulguée. Il s'opposa de toutes ses forces au jansénisme et 
calma les troubles causés par son prédécesseur. 
Transféré à Toulouse, juillet-septembre 1727. Cf. Toulouse. 

31. — Paul-Alexandre de GUÉNET. 

Né à Rouen en 1688, vicaire-général de Mérinville à Chartres. 

Nommé évêque de Saint-Pons en 1727, préconisé le 25 janvier 1728 
et sacré le 7 mars suivant, déploya un zèle ardent contre les Jansénistes 
et contre les laxistes, contre les Parlementaires et les prétendus Philo- 
sophes. Pour prix de son zèle, il fut exilé à Golmar en 1758. 

Rentré dans son diocèse en 1760, il déploya le même zèle ; défendit 
vigoureusement les Jésuites. 

f à Saint-Pons, le 26 août 1769, aet. 81, es. 32, fort regretté du clergé 
et des fidèles. 

32. — Louis-Henri de Rruyères de CHALABRE, dernier évêque 
de Saint-Pons. 

Né en 1731 à Castelnaudary, reçut en commende à l'âge de 22 ans 
l'abbaye de l'Absie (La Rochelle). 

Nommé évêque de Saint- Pons en 1769, il résigna son abbaye à son 
frère Alexandre, qui ne la résigna pas en devenant évêque de Saint- 
Omer neuf ans plus tard. 

Sacré évêque de Saint-Pons le 22 avril 1770, Louis-Henri gouverna 
paisiblement son diocèse jusqu'à la Révolution. 

Forcé de fuir en 1791, quoique son siège fut supprimé. 

f à Londres en 1795, set. 64, es. 15. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT-PONS 

0. S. B. vir. S. Anianus, Saint-Chignan. 
0. Prsem. Fons Galidus, Fontcaude. 

Il y avait à Saint-Pons entre autres couvents celui des Récollets dont 
l'existence est assez révélée par une des notices qui précède. 



278 PROVINCE DE NARBONNE 



UCETIA, UZÈS 

Siège épiscopal très ancien ; diocèse le plus considérable 
de la province, après celui de Narbonne. 

59. — Michel PONCET de la Rivière. 
Né en 1638, docteur de Sorbonne. 

Nommé évêque d'Uzès, le 18 juin 1677, pour remplacer Michel 
Phélypeaux de la Vrillière, qui venait d'être nommé archevêque de 
Bourges, il se fit sacrer à la Sorbonne le 8 mai 1678. 

En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes, il démolit le temple 
protestant, et, ce qui valait mieux, il releva les églises ruinées. 

Ayant établi les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève dans sa 
cathédrale, il refusa ensuite à leur supérieur-général la faculté de les 
visiter : c'était une inconséquence, et c'est à cette occasion que 
Marsollier se sécularisa. 

Michel Poncet, qui inaugurait son épiscopat au moment où son oncle, 
Michel Poncet, archevêque de Bourges, venait de mourir, le termina 
seulement deux ans avant que son neveu, Michel Poncet, évêque 
d'Angers, n'achevât le sien ; et il vit les débuts de son petit-neveu 
Mathias, déjà mûr pour Fépiscopat et qui allait monter bientôt sur le 
siège de Troyes. 

f à Paris, le 18 novembre 1728, set. 90, es. 51, doyen des évêques 
de France. 

60. — François de LASTIG de Saint-Jal. 

Né en 1697 dans le Limousin, fils de François-Antoine, seigneur de 
Saint-Jal et de Gabriac, et de Louise Blondeau, fut vicaire-général de 
Bordeaux, ensuite de Rouen. 

Nommé évêque d'Uzès le 26 novembre 1728 et sacré le 3 avril 1729 
au séminaire Saint-Sulpice de Paris, il prit aussitôt possession. Ce fut 
un homme droit et simple, un évêque orthodoxe et ferme. 

Transféré à Castres en 1736. Cf. Castres. 

61. — Bon aventure BAUYN 4 . 

Né à Dijon le 25 novembre 1699, fils d'un conseiller au Parlement de 

1. Bauyn ou Bauhin est le nom d'une famille ancienne qui se divisa en trois 



ÉVÊCHÉ d'uzês 279 



Bourgogne, docteur de Sorbonne, vicaire-général de Vintimille à Paris 
en 1730. 

Nommé évêque d'Uzès le 8 septembre 1736, préconisé le 11 février 
1737, il se fit sacrer à Paris le 24 mars suivant. 

Zélé, régulier, orthodoxe, il réclama en faveur des Jésuites, fit donner 
des missions par Brydaine dans son diocèse. 

f le 16 octobre 1779, set. 80, es. 43, doyen des évêques de France. 

62. — Henri-Benott-Jules de BËTHIZY, dernier évêque d'Uzès. 

Né le 28 juillet 1744 au château de Mézières en Picardie, était le 
quatrième fils d'Eugène, marquis de Mézières, lieutenant-général, et de 
Henriette Tarteron. 

Nommé évêque d'Uzès en 1779 et sacré le 16 janvier 1780, eut à 
peine dix ans de tranquillité. Élu député aux États-Généraux en 1789, 
il émigra en 1791. 

En 1801, il refusa sa démission, ne rentra même pas en France à la 
Restauration. 

f à Londres, le 8 juillet 1817, 83t. 73, es. 38. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'UZÈS 

0. Gist. fem. Vallis Salva, Valsauve-de-Bagnols*. 

0. Clun. vir. S. Saturninus de Portu, Le Pont-Saint-Esprit, prieuré 

célèbre de Cluny. 

branches : l'une habitait à Paris, l'autre à Dijon, la troisième devenue protestante 
s'établit à Bâle. 
Cf. Moréri et Courcy. 

1. Cf. Notice historique sur V abbaye royale de Valsauve, par l'abbé Laville ; in-8 
de 200 p. Nîmes, 1885. 



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PARISIENSIS PROYINCIA 

PROVINCE DE PARIS 



L'église de Paris, malgré son ancienneté vénérable et sa situation 
privilégiée, ne fut pourtant pas métropolitaine avant le XVII e siècle. 
Son siège épiscopal, comme les sièges de Meaux, d'Orléans et de 
Chartres relevaient de Sens, métropole de la Quatrième Lyonnaise. 
C'est en 1622 que cet état de choses fit place à un autre. 

Sur les instances du roi Louis XIII, toutes les parties intéressées 
ayant été entendues, le pape Grégoire XV signa la bulle Universi orbis 
qui érigeait en archiépiscopal le siège de Paris, enlevait à la province 
ecclésiastique de Sens les évêchés de Meaux, d'Orléans et de Chartres 
pour les soumettre à l'archevêché de Paris (xvm Kal. Decembris- 
14 novembre 1622). 

La nouvelle province ne comprit donc d'abord que quatre diocèses. 
Mais, soixante-quinze ans plus tard, un nouveau diocèse, celui de Blois, 
fut canoniquement formé dans cette même province, comme nous 
allons le dire en son lieu. 

Ainsi, à la fin du XVII e siècle, la province de Paris se compose de 
cinq sièges qui sont: Parisien. Paris; Aurelianen. Orléans ; Blesen. 
Blois; Carnoten. Chartres; Melden. Meaux. 

Cf. Gallia Christiana, tomus VII, qui in sola ecclesia Parisiensi versatur, et 
tomus VIII, qui tractât, de quatuor ecclesiis episcopalibus, Parisiensis metropoleos 
suffraganeis. Tomus uterque anno 1744 editus est. 






ÉVÊCHÉ DE PARIS 281 



LUTETIA PARISIORUM, PARIS 

Cf. Fisquet, France pontificale, Paris 2 vol. in-8, Paris, 1864. 

DERNIERS ÉVÊQUES DE PARIS, SUFFRAGANTS DE SENS 

104. — Etienne PONCHER, né à Tours; élu 1 évêque de Paris en 
1503, fut nommé archevêque de Sens en 1519. 

f à Lyon en 1524. 

105. — François PONGHER, neveu du précédent, nommé évêque 
de Paris en 1519 et sacré la même année, fut très justement empri- 
sonné à Vincennes en 1527. 

f en 1532. 

106. — Jean, cardinal du RELLAY, déjà évêque de Rayonne, fut 
nommé évêque de Paris en 1532; il accepta en sus les sièges de 
Limoges, do Rordeaux et du Mans. 

Créé cardinal le 21 mai 1535, il donna sa démission de Paris en 1551 
pour se retirer à Rome. 
f à Rome, le 16 février 1560, set. 68, es. 36, card. 25. 

• 

107. — Eustache du RELLAY, neveu du précédent. 

Nommé évêque de Paris en 1551, sacré le 15 novembre, se démit 
en 1564. 
f le 4 septembre 1565, au Rellay en Anjou. 

108. — Guillaume VIOLE. 

Nommé et préconisé évêque de Paris en 1564, sacré le 18 mars 1565. 
f le 4 mai 1568. 

109. — Pierre, cardinal de GONDI 2 . 

Né à Lyon en 1533, évêque-duc de Langres, en 1568, transféré à 

1. On remarque sans doute le mot élu. Avant le Concordat de 1516 entre Léon X 
et François I er , les évoques étaient élus, ordinairement par le chapitre. 

2. Cf. Moréri, Généalogie de Gondi. 



282 PROVINCE DE PARIS 



Paris en 1569, créé cardinal par Sixte V le 18 décembre 4587, résigna 
son évêché en faveur de son neveu qui suit en 1598. 
f à Paris, le 17 février 1616, aet. 84, es. 48, card. 29. 

110. — Henri de GONDI, cardinal de Retz, neveu du précédent. 

Né en 1572 ; nommé coadjuteur de son oncle par Henri IV en 1596, 
il fut sacré évêque de Paris le 1 er mars 1598, vit s'établir et fonda lui- 
même beaucoup de maisons religieuses. 

Gréé cardinal par Paul V, le 25 mars 1618. 

f à Béziers, le 3 août 1622, set. 50, es. 25, card. 5. 



ARCHEVÊQUES DE PARIS 

1. — Jean-François de GONDI, frère puiné du dernier évêque, porta 
d'abord l'habit de Capucin ; mais sécularisé, il se laissa accabler de 
bénéfices ecclésiastiques et désigner enfin coadjuteur de son frère 
Henri. 

Celui-ci étant mort, et le siège de Paris ayant été aussitôt érigé en 
métropole par Grégoire XV, Jean -François fut nommé par brevet royal 
et préconisé par la bulle même d'érection premier archevêque de Paris. 
S'étant fait sacrer le 19 février 1623, il eut à bénir beaucoup de pieuses 
institutions ou fondations, qui surgirent de son temps. C'est son mérite ; 
mais il a son coadjuteur à sa charge. 

f à Paris, au palais de l'archevêché, le 21 mars 1654, set. 71, es. 31. 

2. — Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de RETZ, le trop 
fameux coadjuteur, neveu et successeur du précédent. 

Né à Montmirail en octobre 1614, ne profita guère des exemples et 
des leçons de saint Vincent-de-Paul. 

Nommé cependant coadjuteur de son oncle en 1643, et sacré arche- 
vêque de Corinthe, le 22 janvier 1644, il joua dans la Fronde un rôle 
peu édifiant. Créé quand même cardinal par Innocent X en 1651, il ne 
se tint pas mieux. 

Devenu archevêque de Paris en 1654, quoique prisonnier d'État ou 
fugitif, il gouverna le diocèse par ses vicaires-généraux. Il fallut tran- 
siger avec lui pour qu'il donnât enfin sa démission en 1662. 



ARCHEVÊCHÉ DE PARIS 283 



f à Paris, à son abbaye de Saint- Germain-des-Prés, le 24 août 1679, 
set. 65, es. 36, card. 28. 

Avec lui s'éteignait le dernier des Gondi. Deux nièces lui survécurent, 
l'une duchesse de Lesdiguières, l'autre supérieure des Filles du 
Calvaire à Paris. Celle-ci mourut le 1 er juillet 1716 en réputation de 
sainteté. 

3. — Pierre de MARCA. 

Né à Gaut en Béarn, le 24 janvier 1594, fut d'abord conseiller au 
conseil souverain de Béarn et président au Parlement de Pau. Entré 
dans les ordres après la mort de sa femme, il fut nommé évêque de 
Couserans, sacré en octobre 1648, devint ensuite archevêque de 
Toulouse. 

Nommé archevêque de Paris aussitôt que le cardinal de Retz eut 
donné sa démission et préconisé sans retard, il prit possession le 
5 juin 1662. 

f le 29 juin suivant, set. 69, es. 14. 

4. — Hardouin de Beaumont de PÉRÉFIXE. 

Né en 1605 dans le diocèse de Poitiers, fut le précepteur du jeune 
roi Louis XIV en 1647 et proviseur de Sorbonne. 

Sacré évêque de Rodez le 18 avril 1649, il continua d'exercer ses 
fonctions de précepteur royal. 

Nommé archevêque de Paris en 1662, il n'obtint ses bulles que le 
24 mars 1664. Sa bonté, sa piété, son zèle auraient eu besoin d'une 
plus grande fermeté pour dominer la situation. 

f à Paris, le 31 décembre 1670, eet. 66, es. 22. 

5. — François de HARLAY * de Champvallon. 

Né à Paris le 14 août 1625. Son oncle paternel, François, archevêque 
de Rouen, ayant donné sa démission en sa faveur, il fut sacré le 
22 décembre 1651, n'ayant que 26 ans, et monta sur le siège archiépis- 
copal de Rouen. 

Le crédit de sa famille le fit nommer archevêque de Paris trois jours 



1. Moreri donne la Généalogie de Harlay, celle de Noailles, de Vintimille, de 
Bellefonds et de Beaumont. 
Courcy donne la suite de ces mêmes généalogies. Il ajoute celle de Le Clerc. 



284 PROVINCE DE PARIS 



après la mort de Péréfixe. Ayant reçu ses bulles le 12 mars 1671, il 
administra son diocèse avec plus de faste et d'habileté que d'édifica- 
tion. Il fut répréhensible surtout dans l'Assemblée de 1682, où il 
joua un rôle prépondérant ; il ne le fut pas moins dans sa conduite 
privée. Ce prélat est pourtant comblé de louanges dans la Gallia 
Christiana. 
f subitement à Conflans, le 6 août 1695, aet. 70, es. 44. 

6. — Louis-Antoine, cardinal de NOAILLES. 
Transféré de Châlons, août-novembre 1695. Cf. Chalons. 
C'est par faveur, tout le monde l'affirme, que Louis-Antoine, pei 

connu par lui-même, fut nommé archevêque de Paris, duc de Saint- 
Cloud, douze jours après la mort de Harlay. Si cette nomination est 
due à madame de Maintenon, elle n'en est que plus regrettable. 

En effet, pendant trente-quatre ans, l'archevêque de Paris, embarque 
dans toutes les affaires de quiétisme, de gallicanisme, de jansénisme, 
etc., paraissant tout mener, quand il était mené lui-même, entrava les 
oeuvres catholiques, embarrassa Louis XIV, compromit le Régent, 
faillit lancer dans le travers le jeune Louis XV, contraria successive- 
ment quatre Pontifes Romains, mit la division dans le clergé de 
France. 

Ce que nous résumons en ces quelques lignes est développé nette- 
ment dans notre Avant-propos, auquel nous renvoyons. 

Créé cardinal par Innocent XII le 21 juin 1700, il ne devint pas plus 
romain dans sa doctrine, et ne se montra ni plus ferme de caractère, 
ni moins étroit dans ses idées, quoi qu'en dise la Gallia Christiana. 

« Mais le jour du repentir arriva. Le 19 mai 1728, l'archevêque fit 
signifier au procureur-général qu'il se désistait de son opposition ai 
Concile d'Embrun. Le 19 juillet, il écrivit au pape pour lui annoncei 
qu'averti par l'âge, il se conformait aux décisions du Saint-Siège et 
acceptait sincèrement la bulle Unigenitus. Enfin le 11 octobre, ilpubli; 
un Mandement dans ce sens, rendit aux Jésuites les pouvoirs qu' 
leur avait. ôtés. » Picot, Mémoires, année 1728. 

f à Paris, le 3 mai 1729, aet. 78, es. 50, card. 29. 

7. — Charles-Gaspard-Guillaume de VINTIMILLE du Luc. 
Transféré d'Aix, 12 mai-16 juillet 1729. Cf. aix. 

Quoique modéré de caractère et chargé de ses 74 ans, il montra de 



ARCHEVÊCHÉ DE PARIS 285 



la vigueur en condamnant les Appelants, en stigmatisant les Convul- 
sionnaires, en poursuivant les Nouvelles ecclésiastiques, sans parvenir 
cependant à les atteindre. 

Mais il donna en 1736 le Breviarium Parisiense, en 1738 le Missale 
Parisiense, composés par Viger, Mésenguy et Coffin, jansénistes appe- 
lants, sous l'inspiration du vieux chanoine Louis-Abraham d'Harcourt, 
fauteur du Jansénisme. Cette liturgie, pour le moins anti- canonique, 
n'est pas une gloire pour Charles de Vintimille, d'ailleurs estimable. 

f à Paris, le dimanche 13 mars 1746, set. 91, es. 54, doyen des 
évoques de France. 

8. — Jacques-Bonne Gigault de BELLEFONDS. 
Transféré d'Arles, 15 mars-27 avril 1746. Cf. Arles. 

Les vertus et les capacités dont il avait fait preuve sur les sièges de 
Bayonne et d'Arles assuraient une haute influence au nouvel arche- 
vêque de Paris. Il eût pu faire beaucoup de bien. 

Ayant pris possession le 2 juin, il se prononça aussitôt contre les 
récalcitrants. Mais attaqué de la petite vérole, à la grande joie des 
Jansénistes, 

f à Paris, le 20 juillet 1746, set. 48, es. 11. 

9. — Christophe de BEAUMONT du Repayre. 
Transféré de Vienne malgré lui, août 1746. Cf. Vienne. 
L'expédition des bulles ayant suivi d'aussi près que possible le brevet 

royal, l'archevêque de Paris prit possession par procureur le 19 sep- 
tembre, et en personne le 3 novembre 1746. C'était le troisième 
archevêque qu'on vît assis sur le siège de Paris dans l'intervalle de 
huit mois; mais Beaumont devait garder ce siège trente-cinq ans,. en 
l'illustrant par d'incessants combats, par des vertus héroïques et des 
mérites incomparables. 

Il fut véritablement l'Athanase du XVIII siècle, titre que lui assurent 
son orthodoxie, sa fermeté tempérée de douceur, sa constance dans 
l'adversité, sa charité inépuisable. Nous ne répéterons pas ici ce que 
nous avons esquissé dans notre Avant-propos ; et, pour les détails, 
nous renvoyons à l'ouvrage que nous avons déjà indiqué 1 . 

f à Paris, le 12 décembre 1781, set. 79, es. 40. 

1. Christophe de Beaumont, par le P. Regnault, 2 in-8, Paris, 1882. 



286 PROVINCE DE PARIS 



10. — Antoine-Ëléonore-Léon Le Clerc de JUIGNÉ. 

Transféré de Châlons, décembre 1781-février 1782. Cf. Chalons. 

Ayant pris possession le 20 mars 1782, il garda les vicaires-généraux 
de son prédécesseur Asseline , Dampierre , Émery etc. ; soutint les 
mêmes œuvres. 

La douceur, l'affabilité, la charité appuyant son orthodoxie le firent 
aimer. En 1786, il publia un Pastorale Parisienne, fut élu supérieur de 
Navarre en 1787, distribua d'immenses aumônes en 1788 et 1789, fut 
élu député aux États-Généraux. 

Mais l'attitude qu'il tint en face du Tiers le rendit impopulaire aux 
Parisiens, surexcités par la Révolution ; il fut contraint de se retirer 
dès 1790 à Chambéry, en 1792 à Constance, en 1799 à Augsbourg, 
restant partout charitable, zélé, pieux. 

Il donna sa démission en 1801, rentra en France en 1802, mais refusa 
toute dignité ; il finit par se laisser nommer chanoine de Saint-Denis 
en 1806. 

f à Paris, le 19 mars 1811, set. 83, es. 47. 

Enterré à Vaugirard, son corps fut rapporté à Notre-Dame le 7 



mars 1815. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE PARIS 

O. S. B. vir. S. Dionysius in Francia, Saint-Denis-en-France. La 
mense abbatiale est unie à Saint-Cyr depuis l'an 1680. 

S. Germanus a Pratis, Saint-Germain-des-Prés. En 
économats à la fin du XVIII e siècle. 

Benedictina S. Mauri reformata congregatio ad Alba 
Mantella, les Blancs-Manteaux, abbaye en règle, 
tête de la congrégation bénédictine réformée de 
Saint-Maur. 

Latiniacum, Lagny. 

B. M. de Argentolio, Notre-Dame d 'Argenteuil, prieuré. 

S. Martinus de Campis, Saint- Martin-des-Champs, 
prieuré. 

Benedictina Cluniacensis reformata congregatio, Con- 
grégation bénédictine réformée de Cluny, prieuré. 



ARCHEVÊCHÉ DE PARIS 287 



0. S. B. vir. S. Dionysius de Garcere, Saint-Denis-de-la-Chartre, 

prieuré. 
B. M. de Longo Ponte, Notre-Dame de Longpont, 

prieuré, 
fem. Calae, Chelles. 

Vallis Gratise, Le Val-de-Grâce. 

Malanoa, Malnoue. 

Giffum, Gif. 

Hedera, Y erre. 

Mons Martyrum, Montmartre. 

Issiacum, lssy. 

Gersiacum, Gercy. 

Vallis Onae apud Garentonium , Valdosne - près - 

Charenton. 
Salceia, La Saussaye. 
B. Magdalena de Triagnello, Sainte - Madeleine de 

Trainel. 
S. Thomas de Valle, Laval. 
B. M. de Pratis, Notre-Dame-des-Prés. 
B. M. de Conceptione apud Confluentes, La Conception 

de Conflans. 
B. M. de Bono Auxilio, Bon-Secours. 
Praesentatio B. Marise, La Présentation. 
B. M. de Consolatione, Le Chassemidy. 
S. Ludovicus de Torciaco, Torcy. 
Gongregatio de Galvario, Le Calvaire. 
0. S. A. vir. S. Victor Parisiensis, Saint-Victor de Paris. 

S. Genovefa Parisiensis, Sainte-Geneviève de Paris, 

maison-mère des chanoines réguliers de France. 
Herivallis, Hérivaux. 
Livriacum, Livry. 

B. M. de Rocha, Notre-Dame de la Roche. 
Ibernale, Ivernaux. 

S. Gatharina Vallis Scholarium, Val-des-Écoliers. 
S. Eligius prope Longum Jumellum, Lonjumeau. 
fem. S. Petronilla de Villula, Sainte-Perrine de la Villette. 
S. Genovefa de Calloello, Chaillot. 
S. Anastasia a S. Gervasio, Les Filles Saint-Gervais. 



288 PROVINCE DE PARIS 



0. Cist. vir. Vallis S. Mariée, Le Val, prieuré de Feuillans. 
Vallès Sernaii, Les-Vaux-de-Cemay . 
fem. S. Antonius Parisiensis, Saint-Antoine. 
Malodumum, Maubuisson. 
Portus Regius de Gampis, Port- Roy al-des-Champs, 

abbaye détruite en 1707. 
Portus Regius Parisiensis, Port-Royal de Paris, 

abbaye fondée en 1625. 
Libéra abbatia de Bosco, VAbbaye-aux-Bois, transférée 

de Noyon à Paris en 1654. 
S. M. de Pantemonte, Pantemont, transférée de Beau- 
vais à Paris en 1671. 
0. Praem. Hermerise, Hermières. 
0. S. Clarse. Sorores minores Urbanistse, Les Urbanistes. 

S. Marcellus de Ursina, Les Cordelières de Lourcine, 

transférées de Champagne à Paris en 1650. 
S. Clara de Nativitate Jesu, les Petites-Cordelières, 

fondées en 1627. 
Ave Maria, L'Ave Maria, sœurs Récollettes. 



COLLÉGIALES ET CHAPITRES 

Sacra Capella Palatii, La Sainte-Chapelle du Palais ; 

Sacra Capella Vincennarum, La Sainte- Chapelle de Vincennes ; 

S. Germanus Autissiodorensis, Saint-Germain-V Auxerrois ; 

S. Maurus Fossatensis, Saint-Maur-des-Fossés ; 

S. Martinus de Campellis, Saint-Martin-de-Champeaux ; 

S. Marcellus, Saint-Marceau ; 

S. Exuperius Gorboliensis, Saint-Spire de Corbeil. 

Les cinq dernières collégiales étaient d'anciennes abbayes. Une autre 
ancienne abbaye, S. Maglorius, Saint-Magloire, était devenue en 1620 
le séminaire des Oratoriens. 



CONGRÉGATIONS DE PRÊTRES 

Ne pouvant mentionner les nombreux couvents, tant d'hommes que 
de femmes, pas plus que les divers collèges et les autres établisse- 



ARCHEVÊCHÉ DE PARIS 289 



ments religieux qui fïorissaient à Paris, et dont parlent les historiens 
spéciaux, nous allons nous contenter d'énumérer, d'après la Gallia 
Christiana, les maisons-mères de plusieurs congrégations, qui ont leur 
berceau ou leur centre dans cette grande ville. 

Disons seulement pour expliquer ce qui revient souvent dans mainte 
notice, que les Jésuites avaient à Paris : une maison professe, dite de 
Saint-Louis, rue Saint-Antoine ; un collège, dit de Glermont ou de 
Louis-le- Grand, rue Saint-Jacques ; une maison de Probation ou novi- 
ciat, rue du Pot-de-Fer, près de Saint-Sulpice. Mais en 1762, toutes 
ces maisons furent impitoyablement fermées. 

1 . Clerici seculares Doctrinae Christianae, Les Doctrinaires, fondés à 
la fin du XVI e siècle par César de Bus. 

2. Sacerdotes Oratorii Domini Jesu, Les Oratoriens, fondés en 1611 
par Pierre de Bérulle. 

3. Sacerdotes a Missione, Les Lazaristes, fondés en 1630 par saint 
Vincent-de-Paul. 

4. Sacerdotes de Galvaria, Prêtres du Mont- Valérien, fondés en 1638 
par Hubert Charpentier. 

5. Sacerdotes seminarii S. Nicolai de Gardineto, Saint-Nicolas-du- 
Chardonnet, séminaire fondé en 1640 par Adrien Bourdoise. 

6. Presbyteri S. Sulpitii, Les Sulpiciens, fondés par Jean-Jacques 
Olier en 1642. 

7. Seminarium Ghristi familiae, Les Trente-Trois, fondés par Claude 
Bernard en 1643. 

8. Sacerdotes a Missionibus exteris, Les Missions étrangères, fondés 
par les PP. de Rhodes et Bagot, S. J. 

9. Seminarium S. Pétri et S. Ludovici, Saint-Louis. 

10. Sodalitium et seminarium S. Spiritus, le Séminaire du Saint- 
Esprit. 

11. Benedictina Anglorum in Francia congregatio, Les Bénédictins 
Anglais, établis au faubourg Saint- Jacques. 

12. Hibernorum collegium, Les Irlandais, fondés à la fin du 
XVII* siècle. 



19 



290 PROVINCE DE PARIS 



AURELIAN1, ORLEANS 

Siège fort ancien et très célèbre. 
Cf. Fisquet, France Pontificale, Orléans-Blois ; un vol. in-8, Paris, Repos. 1860. 

104. — Pierre du CAMBOUST, cardinal de Coislin, 104 e évêque 
d'Orléans. 

Deuxième fils de César, marquis de Goislin, et de Marie Séguier, né 
en novembre 1636, posséda successivement les riches abbayes de 
Saint-Victor de Paris, de Saint-Jean-d'Amiens, de Saint-Pierre d'Abbe- 
ville, de Saint- Gildas-des-Bois, de N.-D. du Quay, les prieurés d'Argen- 
teuil, de Longpont, etc. 

Il était aumônier du roi, fort peu docte, mais bien recommandé, 
quand il fut nommé évêque d'Orléans, juin 1665, pour remplacer 
Alphonse d'Elbenne, qui avait succédé à Nicolas de Netz, celui-ci 
approbateur de la Fréquente Communion d'Arnauld, celui-là persécu- 
teur du vénérable P. Grasset. 

Sacré à Saint- Victor de Paris le 20 juin 1666, Pierre continua ses 
deux prédécesseurs pendant les 40 ans de son épiscopat, n'admirant 
que les théologiens de Port-Royal, sous l'inspiration desquels il donna 
en 1693 un Breviarium Aurelianense et fit des règlements singuliers. 

Désigné pour le chapeau en 1695, il fut créé cardinal le 22 juin 1697, 
devint grand-aumônier de France en 1700, à la disgrâce du cardinal de 
Bouillon. 

Adulé de toute façon comme le prouvent encore les notices du temps, 
en particulier celle de la Gallia Christiana, infatué de lui-même et 
manquant d'équilibre, il perdit le mérite de ses fondations pieuses et 
de ses qualités. 

f à Versailles, le 5 février 1706, ast. 70, es. 40, card. 9. 

— Michel LE PELETIER , évêque d'Angers, nommé évêque 
d'Orléans le 9 avril 1706. 

f à Paris, le 9 août suivant, sans avoir reçu ses bulles. Cf. 
Angers. 



ÉVÊCHÉ D'ORLÉANS 291 



105. — Louis-Gaston FLEURIAU d'Armenonville. 
Tranféré d'Aire, 14 août-15 novembre 1706. Cf. Aire. 

Ayant pris possession, il fit tout ce que peut inspirer une sage 
fermeté pour réparer les trois épiscopats précédents: signature du 
formulaire, 1707-1713 ; acceptation pure et simple de la bulle Unige- 
nitus, 1713-1721, etc. Il eut de la peine à réussir, par suite des influences 
du dehors et des oppositions qui se rencontraient dans le diocèse 
même. 

Toutefois la vigilance, les mœurs aimables, les charités du vertueux 
prélat et l'achèvement des fondations commencées, finirent par lui 
concilier les esprits et les cœurs. 

Il obtint un coadjuteur digne de l'aider et de lui succéder. 

f à Orléans, le 9 juin 1733, a3t. 71, es. 35. 

106. — Nicolas-Joseph de PARIS. 

Neveu, coadjuteur et successeur du précédent, était né à Paris le 
14 avril 1680. 

Nommé coadjuteur avec future succession, le 10 février 1723, il fut 
sacré à Orléans évêque d'Europée, le 27 février 1724, par son oncle, 
qu'il seconda et auquel il succéda. 

Il continua, sans pouvoir néanmoins l'achever, l'œuvre de réparation 
commencée. Donna sa démission en 1753. 

f à Orléans, le 4 juin 1757, set. 77, es. 34. 

107. — Louis-Joseph de MONTMORENCY-LAVAL. 

Né le 11 décembre 1724 à Bayers, diocèse d'Angoulême, avait pour 
parents Guy André, marquis de Lezay et Marie- Anne Turmenies de 
Nointel. Son frère aîné devint maréchal de France. 

Nommé évêque d'Orléans en 1753, et sacré le 10 février 1754 à 
Notre-Dame de Paris, il fut aussi orthodoxe que bien intentionné. Mais 
ayant rencontré des difficultés, qui le dégoûtèrent, il demanda sa 
translation. 

Tranféré à Condom en 1757. Cf. Condom. 

108. — Louis-Sextius de JARENTE de la Bruyère. 
Transféré de Digne, 29 janvier-13 mars 1758. Cf. Digne. 

S'étant déclaré pour les modérés, dits Feuillants, en 1755, contre son 
saint ami l'évêque d'Amiens, il hérita de la Feuille le 21 juin 1757, 



292 PROVINCE DE PARIS 



accepta de plus la direction des économats et n'oublia ni lui ni les siens. 

Il avait commencé par se faire transférer à Orléans et par se faire 
donner l'abbaye de Saint- Wandrille (Rouen), quoique déjà abbé de 
Lérins. Plus tard il obtint les abbayes de Brioude et de Saint-Vincent 
du Mans. 

Disgracié avec Ghoiseul en 1771, il fut contraint à la résidence, en 
profita pour publier un nouveau Breviarium Aurelianense, suivi d'un 
Missale d'autorité pareille. 

Pendant qu'il tint la feuille, il fit quelques choix déplorables. Il eut 
encore assez d'influence après sa disgrâce pour obtenir le coadjuteur 
et successeur dont nous allons parler. 

f à son château de Meung le 28 mai 1788, set, 82, es. 41. 

109. — Louis - François - Alexandre de JARENTE de Senas 
d'Orgeval. 

Né le 1 er juin 1746 au château de Soissons, diocèse de Vienne, n'avait 
d'autre titre à l'épiscopat que d'être cousin du précédent, son neveu à 
la mode de Bretagne. 

Nommé coadjuteur avec future succession en 1780, il fut sacré le 
18 février 1781 évêque d'Olba en Cilicie, devint évoque d'Orléans 
en 1788 malgré les désordres affichés de sa vie privée. 

Ayant prêté le serment exigé par la Constitution civile du clergé 
en 1791, il devint ainsi évêque du Loiret ; cessa d'en exercer les fonc- 
tions en 1793, fit parvenir sa démission à Pie VI et se maria. 

Déjà repentant le 29 octobre 1801, il envoya de Valence au cardinal 
Gaprara une nouvelle démission, qui est polie et qu'il signe encore : 
« L.-F. Jarente, évêque d'Orléans ». 

f Paris en 1805, bien réconcilié. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ORLÉANS 

0. S. B. vir. S. Benedictus Floriacensis, Saint-Benoît-sur-Loire ou 
Fleur y. 
S. Maximinus de Miciaco, Saint- Mesmin de Micy. 
fem. S. Lupus ad Ligerim, Saint-Loup-sur-Loire. 
0. Gist. vir. Curia Dei, La Cour dieu. 
fem. Vicinae, Voisines. 

Locus Nostrse-Dominse, Lieu-Notre-Dame. 






ÉVÊGHÉ DE BLOIS 293 



0. S. A. vir. S. Euvertus, Saint-Euverte. 

B. M. de Balgentiaco, Notre-Dame de Beaugency. 

COLLÉGIALES 

S. Anianus Aurelianensis, Saint- Aignan d'Orléans; B. M. Cleria- 
censis, Notre-Dame de Cléry. 



BLES.E, BLOIS 

Cf. Fisquet, op. cit. Orléans-Blois. 

Par la bulle In Sacra du 1 er juillet 1697, Innocent XII à la prière de 
Louis XIV et avec le consentement des parties intéressées, notamment 
de l'évêque de Chartres, érige un siège épiscopal à Blois, dans l'église 
Saint-Solemme, qui est appelée depuis lors Saint-Louis. 

1. — David-Nicolas de BERTIER, premier évêque de Blois. 
Prêtre du diocèse de Vabres, pieux, éloquent et instruit, l'abbé de 

Bertier avait été associé à Fénelon dans les missions de Saintonge. Il 
était issu d'une famille de Toulouse qui s'était distinguée dans le 
Parlement et qui avait donné plusieurs évêques *. 

Désigné pour le futur siège de Blois dès le 22 mars 1693, David- 
Nicolas fut institué par la bulle d'érection et sacré à Saint-Cyr le 15 
septembre 1697. Il fit son entrée solennelle à Blois le 26 juin 1698. 

Ses premiers soins furent pour l'organisation de son chapitre et des 
paroisses. Il était orthodoxe et régulier. 

f à Blois, le 20 août 1719, aet. 67, es. 22. 

2. — Jean-François-Paul Le Fèvre de CAUMARTIN. 
Transféré de Vannes en 1719. Cf. Vannes. 

Il sembla jouir trop humainement des avantages temporels de son 
nouveau siège. 

1. On peut voir dans Moréri la généalogie de Bertier. 



294 PROVINCE DE PARIS 



S'il ne fut pas Appelant lui-même, non-seulement il n'inquiéta pas, 
mais il parut favoriser les Appelants ; il déclama contre le Concile 
d'Embrun, sauf à changer de ton, quand son métropolitain le cardinal 
de Noailles adhéra sincèrement à la bulle. Il ne rompit jamais avec les 
Jansénistes et ne fut pas estimé du cardinal de Fleury. Toutefois il 
obtint l'union de Pontlevoy à sa mense épiscopale. 

f subitement à Blois le 30 août 1733, set. 65, es. 15. 

— Charles-Henri PHÉLYPEAUX de Pontchartrain. 

Abbé de Royaumont, docteur en théologie, vicaire-général de son 
oncle maternel, le cardinal de La Rochefoucauld, à Bourges, nommé 
évêque de Blois le 24 mai 1734. 

f le 24 juin suivant. 

3. — François de Crussol d'UZÈS d'Amboise. 

Né le 24 janvier 1702 à Montmaur en Lauraguais, fils d'Alexandre, 
comte d'Amboise, entra dans les ordres à 22 ans, plaida contre le duc 
d'Uzès pour un bénéfice de famille ; mais débouté, il reçut en compen- 
sation l'abbaye de Charroux (Poitiers). 

Nommé évêque de Blois le 29 juin 1734 et sacré à Paris le 9 janvier 
1735, il prit pour vicaire-général son ami Christophe de Beaumont, 
qu'il mit ainsi en évidence et vit avec bonheur devenir enfin son 
métropolitain. 

Lui-même se montra parfaitement orthodoxe à Blois. 

Transféré à Toulouse en 1753. Cf. Toulouse. 

4. — Charles- Gilbert de May de Termont. 

Né à Périgueux en 1712 (alias dans le diocèse de Limoges en 1707) 
fut abbé de la Grande-Sauve (Bordeaux). 

Nommé évêque de Blois le 18 août 1753 et sacré le 30 décembre 
suivant, il ne se sépara pas de son métropolitain, Christophe de 
Beaumont, regretta les Jésuites, forcés de quitter le collège de Blois. 

Il avait résigné son abbaye pour accepter le prieuré de Morteau. 

f à Blois, le 22 juillet 1776, set. 64 (alias 71), es. 23. 

5. — Alexandre - François - Amédée - Adonis - Louis - Joseph de 
Lauzières de THÉMINES. 

Né à Montpellier, le 13 janvier 1742, fut aumônier du roi. 



ÉVÊCHÉ DE BLOIS 295 



Nommé évêque de Blois en 1.776 et sacré le 6 octobre de la même 
année, il crut urgent de supprimer plusieurs fêtes, 1784. 

A la suite de l'intrusion du fameux Henri Grégoire, évêque de 
Loir-et-Cher, il émigra en 1791. 

En 1801, il refusa nettement sa démission, et par ce refus obstiné et 
schismatique, il devint le fauteur principal, sinon l'auteur de la Petite- 
Église. Durant ce même temps, Grégoire, se disant évêque de Blois, se 
portait comme l'apologiste des constitutionnels. 

Thémines resta à l'étranger pendant la Restauration. 

f à Bruxelles, le 2 novembre 1829, set. 88, es. 53 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BLOIS 

0. S. B. vir. S. Launomarus, Saint-Laumer, unie à l'évêché par la 

bulle d'érection. 
B. M. de Pontelevio, Pontlevoy, unie à l'évêché 

en 1729. 
SS. Trinitas de Vindocino, La Trinité de Vendôme. 
0. S. A. vir. B. M. Blesensis seu Burgus médius, Notre-Dame de 

Blois ou le Bourg-Moyen, unie à l'évêché parla bulle 

d'érection. 
0. Cist. vir. Eleemosyna seu Gistercium minus, V Aumône, ou le 

Petit-Citeaux. 
0. Praem. Stella, L'Étoile. 
0. S. Glarae. Gustodia B. M. seu Guichia, La Garde-Notre-Dame ou 

La Guiche. 



COLLEGIALE 

S. Georgius Vindocinensis, Saint-Georges-de-Vendôme, où se trouvait 
le tombeau des comtes de Vendôme, de cette branche de Bourbon, qui 
monta sur le trône de France avec Henri IV. 



296 PROVINCE DE PARIS 



CARNOT.E, CHARTRES 

Siège fort ancien, vénérable à cause de Notre-Dame de Sous-Terre 
et rehaussé par une cathédrale splendide. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Chartres; 1 vol. in-8, de 600 p. Paris, Repos, 1871. 

108. — Ferdinand de Neuf ville de VILLEROY. 

Troisième fils de Charles, marquis d'Alincourt, ambassadeur de 
Henri IV à Rome, et de Jacqueline de Harlay, né à Rome en 1608, 
reçut en 1622 l'abbaye de Saint-Wandrille (Rouen), en 1628 celle de 
Belle ville (Lyon). 

Demandé comme coadjuteur par son oncle maternel, Achille de 
Harlay, évêque de Saint-Malo, il fut sacré évêque de Sébaste le 28 août 
1644 ; succéda en 1646 à son oncle. 

Le siège de Chartres étant venu à vaquer, le 22 août 1656, par la mort 
de Jacques Lescot, l'évêque de Saint-Malo y fut appelé, fit son entrée à 
Chartres en 1657. Son principal titre de gloire est d'avoir fait rebâtir le 
séminaire ; mais n'eut pas tous les mérites de son frère Camille arche- 
vêque de Lyon, son aîné qu'il précéda au tombeau. 

f à Paris, le 8 janvier 1690, aet. 82, es. 46. 

Son corps rapporté à Chartres fut déposé dans l'église du séminaire. 

109. — Paul Godet des MARAIS. 

Né en juin 1647 à Talcy en Beauce, fut pourvu à 14 ans de l'abbaye 
d'Igny (Reims), étudia à Saint -Sulpice et reçut le bonnet de docteur en 
théologie à 30 ans, devint alors supérieur des Trente-Trois, confesseur 
à Saint-Cyr et peu après directeur de Madame de Maintenon. 

Nommé évêque de Chartres le 11 février 1690, il n'obtint ses bulles 
que deux ans plus tard, et se fit sacrer à Saint-Cyr par Harlay assisté 
de Coislin et de Bossuet. 

Il donna son plein consentement à l'érection du siège de Blois ; 
servit de médiateur entre Bossuet et Fénelon, qu'il aimait également ; 
détesta le jansénisme ; fonda quatre séminaires dans son diocèse et fut 
très charitable. 

f à Chartres, le 26 septembre 1709, set. 62, es. 17. 



ÉVÊCHÉ DE CHARTRES 297 

110. Charles-François des Montiers de MÉRIN VILLE. 

Né à Paris, le 2 février 1682, fils aîné de Charles, comte de Mérinville, 
et de Marguerite de Grave, neveu du précédent à la mode de Bretagne, 
avait été pourvu en 1701 de l'abbaye de Saint-Calais (Le Mans). Ayant 
achevé ses études à Saint-Sulpice et reçu le bonnet de docteur, il tut 
archidiacre et vicaire-général de Chartres. 

Demandé comme coadjuteur par son oncle, il fut nommé le 26 avril 
1709, fut préconisé évêque de Chartres après le 26 septembre et sacré 
le 18 mai 1710 à Paris. 

Homme de prière, de mortification et de bonnes œuvres, il était 
d'une charité inépuisable, mais se montra inflexible envers les Jansé- 
nistes. En 1736, il lança un Mandement contre leur Journal clandestin, 
les Nouvelles ecclésiastiques. 

f à Chartres, le 10 mai 1746, set. 65, es. 36. 

On a publié en un volume in-12, Chartres, 1765, L'Esprit et les vertus 
de M. de Mérinville. C'est une vie de saint. 

111. — Pierre- Augustin-Bernardin de Rosset de Rocozel de 
FLEURY. 

Né le 3 mai 1717 au château de Fleury en Pérignan, diocèse de 
Narbonne, avait pour père Jean-Hercule, marquis de Rocozel, qui 
devint duc de Fleury à la mort du cardinal-ministre, son oncle ; il eut 
pour frère Henri qui devint archevêque de Tours en 1751, de Cambrai 
en 1774. 

Ses études achevées au séminaire Saint-Sulpice et reçu docteur de 
Sorbonne en 1742, Pierre fut nommé premier aumônier de la reine ; il 
possédait depuis six ans les abbayes de Longpont (Soissons) et de 
Buzay (Nantes). 

Nommé évêque de Chartres le 25 juin 1746, il se fit sacrer à Gaillon 
le 16 octobre suivant par l'archevêque de Rouen et prit possession de 
son siège en novembre. 

Ayant à cœur d'imiter en tout son saint prédécesseur, il fut charitable, 
pieux, zélé. Il procura à la ville de Chartres une mission de Bry daine 
l'année du jubilé ; exigea une soumission entière aux constitutions 
apostoliques et ordonna de refuser les Sacrements aux obstinés ; il 
réclama, comme son métropolitain, Christophe de Beaumont, contre 
l'ingérence des Parlements dans les affaires ecclésiastiques, ce qui lui 
valut un exil temporaire. 



298 PROVINCE DE PARIS 



Il défendit les Jésuites, comme Beaumont et comme son propre 
frère, l'archevêque de Tours. Ses aumônes abondantes ne l'empêchèrent 
pas de construire le palais épiscopal de Chartres. 

Commandeur du Saint-Esprit,, premier aumônier de la reine Marie- 
Antoinette. 

f subitement aux Tuileries, le 13 janvier 1780, set. 63, es. 34. 

112. — Joseph-Baptiste-Joseph de LUBERSAC. 

Transféré de Tréguier en 1780, Cf. Tréguier. 

Orthodoxe et pieux, il imposa pourtant d'autorité le Bréviaire et le 
Missel de Paris, fit nommer chancelier de l'église de Chartres le trop 
fameux abbé Sieyès 4 , qu'il amenait de Tréguier et dont il fit son 
vicaire-général ; enfin aux États-Généraux, il s'unit des premiers au 
Tiers. 

Forcé de s'exiler, en 1791, en Angleterre, puis en Allemagne, il 
donna sa démission en 1801, rentra en France, fut nommé chanoine de 
Saint-Denis le 21 mars 1806. 

f à Paris, le 30 août 1822, set. 83, es. 47. 

Son corps fut rapporté à Chartres. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CHARTRES 

0. S. B. vir. S. Petrus in Valle, Saint-Père-en-Val, unie à l'évêché 

en 1778 ; 

Bona Vallis, Bonneval ; 

Nealfa Vêtus, Neaufle-le-Vieux ou YAivieux; 

Columbse, Coulombes; 

Tiro seu Tironium, Tiron, longtemps tête d'une congré- 
gation de huit ou neuf abbayes ; 

Josaphat ad Carnotas, Josaphat-lès-Chartres ; 

S. Nicasius Mellentensis, Saint-Nicaise de Meulan, 
prieuré, 
fem. S. Avitus Castrodunensis, Saint-Avit de Châteaudun; 

S. Cyricus, Saint-Cyr-au-Val de Galie ; 

1. Joseph- Emmanuel Sieyès, né à Fréjus, député aux États-Généraux, conven- 
tionnel régicide, etc. f à Paris, le 20 juin 1836, set. 88, sans religion. 






ÉVÊCHÉ DE MEAUX 299 



0. S. B. fem. S. Remigius de Landis, Saint-Remi des Landes; 

S. Corentinus, Saint-Corentin ; 

Arcissas, Arcisses. 
0. S. A. S. Ceraunus, Saint-Cheron ; 

S. Joannes in Valle, Saint-Jean-en-V allée ; 

Glarus fons, Clair efontaine ; 

S. Magdalena Gastrodunensis , La Madeleine de 
Châteaudun ; 

S. Vincentius in Nemore, Saint-Vincent-au-Bois ; 
0. Cist. fem. S. M. de Claretis, Les Clairets ; 

S. M. de Aquis, Notre- Dame-de-V Eau. 
0. Praem. Alba Curia, Abbecourt, abbaye en règle ; 

Grandis Campus, Grandchamp, près Houdan ; 

Gaudium Vallis, Joyenval, unie à Blois en 1697. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Saint-André de Chartres, S. Andréas Carnotensis, et la Sainte- 
Chapelle de Châteaudun, fondée par Dunois, sont les principales des 
treize collégiales du diocèse. 

Saint-Louis de Poissy, S. Ludovicus Pisciacensis, était un prieuré de 
religieuses Dominicaines, fondé par Philippe-le-Bel en 1304. Les 
prieures furent d'abord élues par les sœurs, mais plus tard elles furent 
nommées par les rois de France. 

La célèbre maison de Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon, 
était du diocèse de Chartres. 



MELDI, MEAUX 

Le diocèse de Meaux se composait de 236 paroisses réparties entre 
les deux archidiaconnés de France et de Brie. Le siège épiscopal 
remontait à la plus haute antiquité possible. 

Cf. Chronique des évoques de Meaux, par Auguste Allou, évêque de Meaux ; in-8, 
Meaux, 1875 ; ouvrage aussi exact que consciencieux. 



300 PROVINCE DE PARIS 



404. — Jacques-Bénigne BOSSUET *, 404 e évêque de Meaux. 

Né à Dijon le 27 septembre 4627, ayant fait ses premières études 
sous les Jésuites de sa ville natale, étudia sous Nicolas Cornet la philo- 
sophie et la théologie au collège de Navarre à Paris, fut reçu docteur 
en théologie en 4652. Comme il était chanoine de Metz et résidait dans 
cette ville, il y commença ses prédications ; mais appelé à Paris, il y 
prêcha. Ses succès lui valurent l'Avent de 4664 et le Carême de 4662 à 
la cour, d'autres stations, sermons, etc. 

L'oraison funèbre de la reine d'Angleterre fixa sur lui l'attention du 
roi, qui le nomma évêque de Condom le 43 septembre 4669. Il se fit 
sacrer à Pontoise durant l'Assemblée du clergé le 24 septembre 4670. 

Mais il ne put aller gouverner son diocèse ; car il venait d'être 
chargé, le 44 septembre, de l'éducation du Dauphin. Aussi l'année 
suivante il résigna son siège afin d'être tout entier au prince pour 
lequel il composa son Discours sur l'histoire universelle et plusieurs 
autres ouvrages, sans refuser d'entrer à l'Académie française ni 
d'instruire les Protestants. Sur ces entrefaites, il fut nommé abbé de 
Saint-Lucien de Beau vais. 

Le Dauphin ayant été marié, son ancien précepteur fut nommé 
premier aumônier de la Dauphine, 9 mars 4680. Le siège de Meaux, 
rendu vacant par la mort de Dominique de Ligny, le 27 avril 4684, fut 
offert à Bossuet le 2 mai. Innocent XI expédia gracieusement les bulles 
au mois de novembre, et l'évêque de Meaux fit son entrée le 7 février 
4682. Il était déjà député par la province de Paris pour siéger dans 
l'Assemblée qui allait se tenir cette année-là. 

« L'Assemblée de 4682 est l'époque la plus mémorable de l'histoire 
de l'Eglise gallicane », ose avancer l'éminent historien de Bossuet? 
t. VI, p. 4. C'est aussi la plus regrettable, ne craignons-nous pas de 
dire. Sans doute Bossuet ne joua pas le premier rôle dans cette Assem- 
blée ; il y fut plutôt modérateur qu'inspirateur ; mais il eut le tort 
impardonnable de défendre la Déclaration et les Quatre-Articles avec 
plus d'insistance que de conviction et de gloire. 

Nous ne partageons pas l'enthousiasme que lui inspira la révocation 
de l'Edit de Nantes ; nous ne pouvons louer la part qu'il prit à la 
condamnation de Fénelon, pas plus que ses rigueurs pour Richard 

1. Cf. Histoire de Bossuet, par L.-F. de Bausset, ancien évêque d'Alais ; in-8°, 






ÉVÊCHÉ DE MEAUX 301 



Simon et ses ménagements pour les Jansénistes. Nous applaudissons 
au contraire son Histoire des Variations et Sa Correspondance avec 
Leibnitz : si le projet d'union n'aboutit pas, ce fut la faute de Leibnitz 
et de ses patrons Hanovriens, qui se virent inopinément appelés au 
trône d'Angleterre, à la condition de rester Protestants. 

Bossuet f à Paris le 12 avril 1704, set. 77, es. 45. 

Il fut enterré dans la cathédrale de Meaux, où l'on a retrouvé son 
cercueil et reconnu son corps le 14 novembre 1854. 

105. — Henri Pons de Thyard, cardinal de BISSY. 
Transféré de Toul, 10 mai 1704. Cf. Toul. 

Ayant pris possession de son siège en février 1705, il se laissa guider 
par les conseils de Fénelon, condamna la théologie de Juénin, 1710, 
fit recevoir la bulle Unigenitus dans l'Assemblée de 1713, et poussa 
fortement Louis XIV à l'appuyer, malgré Noailles et ses adhérents. Il 
donna cependant cette année-là Bfeviarium Meldense, etc. 

Il fit mieux en établissant à Meaux les Frères de la Doctrine Chré- 
tienne. Le roi le gratifia de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et 
demanda pour lui le chapeau de cardinal, que le pape Clément XI 
accorda le 29 mai 1715. 

Cardinal, évêque de Meaux, abbé de Saint- Germain, il condamna les 
Appelants de son abbaye bénédictine, corrigea les professeurs Géno- 
vefains de son grand séminaire, extirpa le jansénisme de son diocèse. 
Son influence contrebalança celle de Noailles pendant la Bégence. 

Becommandable même à ses ennemis par ses mœurs, ses charités, 
ses fondations. 

f à Saint-Germain-des-Prés le 26 juillet 1737, set. 81, es. 45, card. 
23. Son corps rapporté à Meaux est enterré dans la cathédrale. 

106. — Antoine-Bené de la Boche de FONTENILLE. 

Né en 1699 à Paris, fils de François, marquis de Fontenille, comte 
de Courtenay, etc., et de Marie-Thérèse de Mesmes, fut chanoine de 
Paris, vicaire général du saint évêque d'Amiens, G. de la Motte. 

Nommé évêque de Meaux le 31 août 1737, et sacré le 12 janvier 
1738 au séminaire Saint- Sulpice, il se montra pieux, régulier, zélé 
contre le jansénisme. 

Il fit donner une mission à Meaux par le P. Duplessis et d'autres 
Jésuites. Il épousa chaudement la cause de son métropolitain Beau- 



302 PROVINCE DE PARIS 



mont contre les ingérences parlementaires et les connivences du pou- 
voir. 
f à Meaux le 7 janvier 1759, set. 60, es. 22. 

107. — Jean-Louis de la Martronie de GAUSSADE. 
Transféré de Poitiers, 15 février-7 juin 1759. Cf. Poitiers. 
Pieux, instruit, mais froid, il ne fut pas populaire. 

En 1767, il se prêta aux vues de la commission des Réguliers contre 
les Trinitaires, même réformés, de son diocèse. En 1773, il accepta 
l'abbaye de Lagny, sans résigner celle d'Auberive. 

f à Paris le 3 février 1779, eet. 67, es. 30. Fut enterré à Saint-Sulpice. 

— Marie-Joseph Green de SAINT-MARSAULT, neveu, vicaire 
général et auxiliaire du précédent, né en 1727 dans le Limousin, abbé 
de Longpont (Soissons), premier aumônier de Madame Adélaïde, fut 
préconisé et sacré évêque de Pergame en 1779, reçut en même temps 
l'abbaye de Lagny. 

Il émigra avec Mesdames de France en 1791. 

f à Saint-Louis des Français, Rome, le 2 septembre 1818, aet. 91, 
es. 39. 

108. — Camille-Louis-Apollinaire de POLIGNAG. 

Né à Paris le 31 août 1745, était petit-neveu du cardinal de Polignac 
et cousin du prince Jules, qui fut le dernier ministre de la Restauration. 

Nommé évêque de Meaux en 1779 et sacré le 8 août, il commença 
par supprimer des fêtes ; fit prêcher sa retraite ecclésiastique de 1782 
par le célèbre P. Beauregard. 

Premier aumônier de la reine et abbé de Saint-Epvre (Toul), 1784, il 
honora les pauvres ; résista au schisme constitutionnel en éclairant les 
consciences, en protestant contre l'intrusion de Pierre Thuin, en 
confiant l'administration de son diocèse à J. Bonnet de Ghâteaurenaud. 

Il se rendit alors en Suisse, puis en Hongrie. Le 10 novembre 1801, 
il envoya sa démission au pape et une lettre d'adieu à ses anciens 
diocésains ; ne rentra pourtant pas en France avant 1814. 

-J- à Paris le 27 octobre 1821, aet. 78, es. 43. — Obsèques célébrées à 
Saint-Sulpice. 



ÉVÊCHÉ DE MEAUX 303 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE MEAUX 

Nous commençons par un couvent, Gervus frigidus, Cerfroid, chef- 
d'ordre ou maison-mère des Religieux dits Mathurins, de la Sainte- 
Trinité pour la rédemption des captifs. 
0. S. B. vir. S. Petrus de Resbaco, Rebais. 

Sancta crux S. Faronis, Saint-Far on. 
fem. Eboriacum seu Farse monasterium, Faremoutiers. 
S. Maria de Jotro, Jouarre. 
0. Cist. fem. Pons dominarum, Pont-aux-Dames. 
0. S. A, vir. S. M. de Cagia, N.-D. de Chaâge. 
fem. S. M. Meldensis, N.-D. de Meaux. 
0. Praem. Camerae fons, Chambre-Fontaine. 
Prieurés célèbres : Sainte-Céline, Saint-Fiacre, Sainte-Foy, La Celle, 
Noëfort, de l'Ordre de Saint-Benoît ; Reuil, Radolium, Nanteuil-le- 
Haudouin, Grand-Champ, de l'Ordre de Cluny, Fontaine-les-Nonnes, 
de l'Ordre de Fontevrault. 

Commanderies de Malte : Choisy-le-Temple, Maison-Neuve, Hôpital 
de Coulommiers, La Ferté-Gaucher, Moisy. 



COUVENTS ET COLLÉGIALES 

Couvents d'hommes : Cordeliers, à Meaux, Capucins, à Meaux et à 
Coulommiers, Tiers-Ordre de Picpus, à Crouy, Minimes à Fublaines, 
puis à Grécy ; Frères de la Doctrine Chrétienne, à Meaux. 

Couvents de femmes : Augustines de l'Hôtel-Dieu, "Visitandines, 
Ursulines, Filles de la Charité, Augustines de la Congrégation Notre- 
Dame, Dominicaines, Filles Charitables, Miramionnes. 

Chapitres et collégiales. Outre le chapitre de la cathédrale qui possé- 
dait 6 dignités et 38 canonicats, on comptait dans le diocèse trois 
collégiales : Saint-Saintin de Meaux, Notre-Dame de Dammartin et 
Saint- Georges de Grécy. 



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REMENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE REIMS 



Ville principale des Rémois, Rémi, Durocortorum, acquit plus d'im- 
portance sous les Romains en devenant la métropole de la seconde 
Belgique. Son église, illustrée par le baptême de Clovis, par la sainte 
Ampoule et par le sacre des rois de France, fut auguste entre toutes ; 
ses archevêques, reconnus ducs et pairs de France dès la fin du XII e 
siècle, étaient à la tête d'une province immense et jouissaient dans 
l'État d'une grande autorité. 

Si la création des trois provinces ecclésiastiques de Cambrai, de 
Malines et d'Utrecht en 1559 diminua la circonscription de Reims, il 
resta cependant à L'antique province neuf sièges: Remen. Reims; 
Ambianen. Amiens; Bellovacen. Beauvais; Bolonien. Boulogne ; Cata- 
launen. Chatons ; Laudunen. Laon ; Noviodunen. Noyon ; Silvanecten. 
Senlis ; Suessionen. Soissons. 

Cinq de ces sièges sont en même temps pairies, savoir : Reims et 
Laon, duchés ; Beauvais, Ghâlons et Noyon, comtés. Aussi trouve-t-on 
dans le P. Anselme * et dans son continuateur moderne, Pol Potier de 
Gourcy 2 , les séries épiscopales, accompagnées de notices généalo- 
giques. Astreint à l'ordre alphabétique, nous faisons abstraction des 
dignités séculières ; et nous plaçons au dernier rang les évêques 
de Soissons qui étaient les premiers suffragants de Reims. 

Cf. Gallia Christiana, tomus IX et tomus X, uterque anno 1751 editus. — 
Almanach Royal, années successives, au chapitre intitulé: Clergé de France. 

1. Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs 
et des officiers de la couronne, tome II. 

2. Histoire généalogique, etc. continuée... tome IX. 



ARCHEVÊCHÉ DE REIMS 305 



REMI, REIMS 



ARCHEVÊQUES DE REIMS, DUCS ET PAIRS DE FRANCE 

85. — Philippe du BEC, noble normand, évêque de Vannes en 1559, 
de Nantes en 1566, nommé archevêque de Reims par Henri IV en 1594, 
reçut ses bulles en 1597. 

f le 10 janvier 1605, set. 85, es. 46. 

Il était le 85 e archevêque de Reims et le 34 e pair de France au même 
titre. 

86. — Louis de Lorraine, cardinal de GUISE, fils du Balafré, 
nommé coadjuteur de Reims en 1601, succéda en 1605 ; créé cardinal 
le 21 décembre 1615. 

f à Saintes, le 21 juin 1621, set. 36, card. 8, n'étant que sous-diacre. 

87. — Guillaume Gifford (Dom GABRIEL de Sainte-Marie). 
Bénédictin anglais, théologal de Milan sous saint Charles Borromée, 

puis professeur de théologie à Reims, sacré évêque d'Archidal le 23 
septembre 1618, servit d'auxiliaire au précédent, fut nommé archevêque 
de Reims en 1622. 
f saintement, le 11 avril 1629, set. 75, es. 11. 

88. — Henri de LORRAINE-GUISE, neveu de Louis qui précède. 
Nommé et préconisé archevêque de Reims, quoiqu'il n'eût que 

14 ans, prit possession le 17 septembre 1629. Mais en 1641, il se démit, 
et n'étant que simple clerc, il se sécularisa sous le nom de duc de 
Guise, 
f en 1664. 

89. — Léonor D'ESTAMPES de Valançay. 

Né en 1589, sacré évêque de Chartres en 1621, nommé archevêque 
de Reims en 1641, rétablit le culte catholique à Sedan, 
f à Paris, le 8 avril 1651, aet. 63, es. 30. 



20 



306 PROVINCE DE REIMS 



90. — Henri de SAVOIE-NEMOURS. 

. Nommé archevêque de Reims en 1651, se démit en 1657, étant 
simple clerc, prit le titre de duc de Nemours, épousa alors Marie de 
Longueville. 
f 14 janvier 1659. 

91. — Antoine, cardinal BARBERINI, neveu du pape Urbain VIII. 
Nommé archevêque de Reims le 27 juin 1657, n'obtint ses bulles 

qu'en 1667 et n'administra jamais par lui-même. 
f à Nemi près de Rome, le 3 août 1671, set. 63, es. 16, card. 44. 

92. — Charles-Maurice LE TELLIER. 

Né à Paris, le 18 juillet 1641 , second fils de Michel, secrétaire d'État, 
plus tard chancelier, avait pour frère aîné le célèbre Louvois. Destiné à 
l'Église, il fut élevé en conséquence ; il fut pourvu de riches bénéfices 
et devint docteur de Sorbonne. 

Nommé coadjuteur de Reims avec future succession et sacré arche- 
vêque de Nazianze le 11 novembre 1668, il administra dès lors le 
diocèse. 

Devenu archevêque de Reims après la mort du cardinal Barberini, 
et premier pair de France, il afficha son gallicanisme dans l'Assemblée 
de 1682, étala ses titres et ses prétentions en toute circonstance, ne 
comprima pas ses antipathies ni ses haines. Chez lui le pair de France 
et le fils du chancelier absorbèrent constamment l'archevêque de Reims. 

f subitement à Paris, le 22 février 1710, eet. 69, es. 42. 

93. — François, cardinal de MAILLY. 

Transféré d'Arles le 12 juillet-l er octobre 1710. Cf. Arles. 

Aussitôt installé, il montra en sa personne le pontife irréprochable 
et le vrai pair de France parfaitement assortis. Il eut beaucoup à faire 
dans son diocèse pour réparer les fautes de son prédécesseur et dans 
l'Église de France pour résister au cardinal de Noailles, aux Gallicans, 
aux Jansénistes. 

Gréé cardinal par Clément XI, le 29 novembre 1719, sans postulation 
royale, il fut cependant agréé par le Régent, qui s'était dépris de 
Noailles. Il avait accepté et promulgué la bulle Unigenitus ; il n'hésita 
pourtant pas à signer le Corps de doctrine en 1720. 

f à Saint-Thierry de Reims, le 13 septembre 1721, eet. 64, es. 24, 
card. 2. 



ARCHEVÊCHÉ DE REIMS 307 



94. — Armand-Jules de ROHAN-Guémené. 

Né à Paris, le 10 février 1695, était le 6 e fils de Charles, duc de 
Montbazon. Il entra jeune dans l'état ecclésiastique et reçut de nom- 
breux bénéfices. 

Nommé archevêque-duc de Reims, fin 1721, il se fit sacrer le 23 août 
1722, quoiqu'il n'eût que 27 ans, sacra et couronna Louis XV le 25 
octobre suivant. 

En 1727 il interdit le pèlerinage janséniste d'Avenay ; se fit aider 
successivement par deux suffragants, qui l'exemptèrent d'une résidence 
assidue. 

f le 28 août 1762, aet. 68, es. 40. 

SUFFRAGANTS : 1. François-Joseph ROBUSTE, d'une famille 
sacré de Normandie, docteur de Sorbonne, désigné suffragant en 1728, 
noble évêque de Nitrie le 21 août 1729. 

f après 1751. 

2. Henri Hachette des PORTES, visiteur-général des Carmélites de 
France, sacré évêque de Cydon le 31 août 1753, fut nommé évêque de 
Glandève en 1771. Cf. Glandève. 

95. — Charles-Antoine cardinal de la ROCHE-AYMON. 
Transféré de Narbonne, novembre 1762. Cf. Narronne. 

Déjà grand-aumônier de France depuis deux ans, il prit possession 
de son cinquième siège et de sa pairie, accepta de présider la commis- 
sion des Réguliers en 1766, reçut la feuille des bénéfices en 1771, fut 
créé cardinal par Clément XIV la même année. 

Il assista Louis XV à sa mort en 1774 et sacra Louis XVI en 1775. 

Quoique toujours orthodoxe, pieux et bon, il se montra le plus 
souvent trop faible de caractère. 

f à son abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le 27 octobre 1777, 
set. 81, es. 53, card. 6, doyen des évêques de France. 

96. — Alexandre-Angélique de TALLEYRAND-PÉRIGORD. 

Né à Paris le 18 octobre 1736, était fils de Daniel-Marie, qui fut tué 
au siège de Tournai en 1745, et de Marie-Elisabeth Chamillart. 

Nommé coadjuteur de Reims avec future succession en 1766, et 
sacré archevêque de Trajanople le 28 décembre, il remplit à Reims les 
fonctions épiscopales. 



308 PROVINCE DE REIMS 



Devenu archevêque-duc de Reims en 1777, il continua bonnement et 
simplement ce qu'il avait commencé, jusqu'à l'ouverture des États- 
Généraux dont il faisait partie, moins bruyamment que son scandaleux 
neveu, l'évêque d'Autun. 

Il émigra en protestant contre l'intrusion de Nicolas Diot, refusa 
positivement sa démission en 1801. Il ne l'avait pas donnée encore le 
24 septembre 1814, jour où il fut nommé par Louis XVIII grand- 
aumônier de France ; mais il la donna enfin en 1815. 

En 1817, il fat nommé archevêque de Paris et créé cardinal ; il ne 
put toutefois monter sur le siège de Paris avant 1819. 

f à Paris, dans l'archevêché, le 20 octobre 1821, set. 85, es. 55, 
card. 6. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE REIMS 

0. S. B. vir. S. Remigius Remensis, Saint-Remi de Reims. 

S. Basolus Virziaci, Saint-Basle de Verzi. 

Altum Villare, Hautvillers. 

Mosomagum, Mouzon. 

S. Nicasius Remensis, Saint-Nicaise, unie à la Sainte- 
Chapelle de Paris en 1641. 

S. Theodoricus Remensis, Saint-Thierri , unie à 
l'archevêché en 1696. 
fem. S. Petrus Superior, Saint-Pierre de Reims. 

Avenacum, Avenay. 
0. Gist. vir. Igniacum, Igny. 

Signiacum, Signy. 

Bonus fons, Bonnefontaine. 

Gaherium seu Gheriacum, Chéery. 

Ellantium, Élan. 

Vallis Régis, Valroy. 
0. S. A. vir. S. Dionysius Remensis, Saint-Denis de Reims. 

Spernacum, Épernay. 

Landeviae, Landèves. 
fem. S. Stephanus, S aint-É tienne. 



ÉVÊCHÉ D'AMIENS 309 



0. Praem. Bella vallis, Belval. 

Galvus mons, Chaiimont-la-Piscine. 

Longum vadum, Longvay ou Longvé. 

Septem fontes, Septfontaines . 

Vallis Dei, Valdieu. 
0. S. Clarœ. S. Clara Remensis, Sainte-Claire de Reims. 



AMBIANI, AMIENS 

77. — François FAURE, 77 e évêque d'Amiens. 

Né le 8 novembre 1612, au château de Sainte-Quiterie, près 
Angoulême, étudia sous les Jésuites, se fit en 1628, cordelier à 
Angoulême, devint prédicateur éloquent, même à Paris, 1644; y rendit 
des services à la reine-régente pendant la Fronde, était sous-précep- 
teur du jeune roi Louis XIV. 

Nommé évêque de Glandève, le 6 mars 1651, et sacré le 3 septembre 
suivant, il fut nommé évêque d'Amiens le 7 mars 1653, pour remplacer 
Le Fevre de Caumartin, et reçut ses bulles le 13 juin. 

Sur le siège d'Amiens, il lutta pour les Jésuites contre son métropo- 
litain Le Tellier. Il détestait YAugustinus ; mais ne se défia pas assez 
de Pavillon dont il avait approuvé le Rituel et garanti la sincérité 
en 1668. 

f d'apoplexie, à Paris, le 11 mai 1687, aet. 75, es. 36. 

Enterré à Amiens. 

78. — Henri FEYDEAU de Brou. 

Né à Paris le 13 juin 1653, fils de Henri, conseiller au Parlement, 
docteur en théologie, aumônier et prédicateur du roi. 

Nommé évêque d'Amiens le 18 mai 1687, il administra cinq ans 
comme vicaire capitulaire. 

Ayant enfin reçu ses bulles, il fut sacré aux Feuillants de Paris le 
31 août 1692. 

Il résida, visita son diocèse, mais se montra hostile à Sfondrate par 
gallicanisme. 

f à Amiens, le 14 juin 1706, set. 53, es. 14. 



310 PROVINCE DE REIMS 



79. — Pierre de SABATIER. 

Né à Valréas (Gomlat) le 14 novembre 1654, étudia chez les Jésuites 
d'Avignon, puis à Saint-Sulpice de Paris, docteur en théologie en 1685, 
abbé de Verteuil (Bordeaux) un an, fut d'abord sulpicien, supérieur du 
séminaire de Limoges, 1685-95, de Cambrai, puis d'Autun, 1695-1706, 
et vicaire-général en même temps, excepté à Cambrai, où Fénelon, 
tout en louant son orthodoxie, blâmait l'excès de son activité. 

Nommé évêque d'Amiens le 15 août 1706, il fut sacré à Saint-Sulpice 
le 15 mai 1707. Il est comblé d'éloges, mérités cette fois, par la Gallia 
Christiana : résidence, piété, zèle, nous ajoutons orthodoxie. 

f à Amiens, le 20 janvier 1733, set. 79, es. 26. 

80. — Louis-François-Gabriel d'Orléans de LA MOTTE. 

Né à Carpentras le 13 janvier 1683. Théologal de Carpentras, vicaire- 
général de Forbin-Janson à Arles, s'y forma ; s'était dévoué pendant la 
peste, 1720-1721 ; assista au concile d'Embrun, fut par suite chargé 
d'administrer le diocèse de Senez, 1728-1733, après J. d'Yze de Saléon. 
Cf. Senez. 

Nommé évêque d'Amiens, en septembre 1733, il fut préconisé le 20 
janvier 1734 et sacré le 4 juillet suivant. 

Il se montra dès lors ce saint, habile et ferme évêque que tous, 
même ses ennemis, ont respecté, dont la mémoire est encore en véné- 
ration. 

Il crut cependant pouvoir donner Breviarium Ambianense. 

f à Amiens, le 10 juillet 1774, set. 82, es. 40. 

Plusieurs auteurs ont écrit sa vie qui est aussi intéressante qu'édi- 
fiante. 

81. -— Louis-Charles de MACHAUT. 

Né à Paris le 29 décembre 1737, était fils de Jean-Baptiste le fameux 
ministre d'État ; élève des Jésuites, vicaire-général du précédent, son 
coadjuteur et son successeur. 

Nommé coadjuteur de La Motte 1771 et sacré évêque d'Europée le 
15 mars 1772, il succéda en 1774, continua les œuvres tant qu'il put. 

Député aux États-généraux en 1789, il signa Y Exposition des prin- 
cipes contre la Constitution civile du clergé. 

Émigra après l'intrusion de l'hypocrite Desbois. 



ÉVÊCHÉ D'AMIENS 311 



Donna sa démission motivée et très belle le 6 novembre 1801, datée 
de Paderborn en Westphalie. 
Rentré en France il devint chanoine de Saint-Denis en 1806. 
f à Arnouville le 12 juillet 1820, œt. 83, es. 49. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AMIENS 

0. S. B. vir. S. Fuscianus in Nemore, Saint-Fuscien-du-Bois. 

S. Richarius, Saint-Riquier. 

S. Valaricus, Saint-Valéry. 

S. Judocus ad Mare, Saint-Josse-sur-Mer. 

S. Salvius, Saint-Sauve. 

Forestimonasterium, Foresmoutier. 

Gorbeia, Corbie. 

S. Vedastus de Morolio, Moreuil. 

S. Petrus Abbavillseus , Saint -Pierre d'Abbeville, 
prieuré. 

B. M. de Monte Desiderii, Notre-Dame de Montdidier, 
prieuré, 
fem. Sancta Austreberta, Sainte-Austreberte. 

Bertolcurtis, Bertaucourt. 

S. Michael apud Dulincum, Saint-Michel de Doullens. 
0. S. A. S. Acheolus, Saint- Acheul. 

Glarum fagenum, Clairfay. 
0. Cist. vir. Carus Campus, Cercamp. 

Gardum, Le Gard. 

Locus Dei, Lieu-Dieu. 

Valloria, Valloire. 
fem. Hispania, Espagne. 

Willencurtis, Willencourt. 

Paracletus, Le Paraclet. 
0. Praem. S. Joannes, Saint- Jean-lès- Amiens. 

Domnus Martinus, Dompmartin. 

Selincurtis, Selincourt. 

Seriacum, Serry. 

S. Andréas in Nemore, Saint- André-du-Bois. 



312 PROVINCE DE REIMS 



BELLOVACI, BEAUVAIS 

Le siège épiscopal de Beauvais très ancien reçut à la fin du XII e 
siècle, comme nous l'avons dit, un privilège politique : ses titulaires 
furent comtes de Beauvais et pairs de France. 

86. — Toussaint (Panagius), cardinal de FORBIN-JANSON *, 
86 e évêque de Beauvais, 33 e pair de France. 

Fils de Gaspard, marquis de Janson, et de sa seconde femme, Claire 
de Libertat, il était né en Provence le 1 er octobre 1631 (alias 1626), 
avait été sacré évêque de Philadelphie, à Marseille, le 14 mai 1656, 
coadjuteur de Raphaël Capisucchi de Bologne, évêque de Digne, qu'il 
suppléa dès lors et auquel il succéda en 1664. Mais nommé évêque de 
Marseille, février 1668 et préconisé le 10 juin, il s'était laissé envoyer 
en Toscane 1673, comme ambassadeur de France, puis en Pologne, où 
il fit élire Jean Sobieski 1674. 

En 1679 le siège épiscopal de Beauvais étant venu à vaquer par la 
mort du trop fameux Nicolas Choart de Buzenval, l' évêque de Marseille 
fut appelé à ce siège, auquel était annexée la dignité de pair de France : 
il s'empressa d'accepter. 

Devenu évêque-comte de Beauvais, pair de France, il négligea ses 
fonctions ecclésiastiques pour les charges politiques dont il fut accablé, 
quoique le diocèse eût grand besoin d'un pasteur selon le cœur de 
Dieu. 

Créé cardinal le 13 février 1690, il fut nommé en 1706 grand-aumônier 
de France, charge qui exigeait sa présence à la cour. 

f à Paris, le 24 mars 1713, set. 82 (87), es. 57, card. 23, doyen des 
évêques de France. 

87. — François-Honoré de BEAUVILLIER de Saint-Aignan. 

Né à Paris 6 octobre 1682, fils de François, premier duc de Saint- 
Aignan et de sa 2 e femme, Françoise Géré de Rancé, abbé de Saint- 
Germer, 1701, docteur en théologie. 

Nommé évêque de Beauvais le 1 er avril 1713, eût été refusé à Rome, 

1. Cf. Moréri, Généalogie de Forbin. 



ÉVÊCHÉ DE BEAUVAIS 313 



si Fénelon n'était intervenu ; mais ayant reçu ses bulles, il se fit sacrer 
le 1 er octobre 1713, et prit possession de son siège et de sa pairie. 

Il se mit aussitôt à lutter énergiquement contre le jansénisme qui 
paraissait acclimaté dans le diocèse : ce fut-là son oeuvre principale. Il 
n'oublia pourtant pas ses titres politiques. Il assista au sacre de 
Louis XV en qualité de pair de France. 

Mais désespéré des résistances jansénistes, il se démit de son évêché 
en 1728, reçut en échange l'abbaye de Saint- Victor de Marseille, 
vacante par la mort de Matignon, ancien évêque de Gondom. 

f à Prémontré, le 19 août 1751, set. 71, es. 38. 

88. — Étienne-René Potier, cardinal de GESVRES. 

Né à Paris le 2 janvier 1697, 3 e fils de François-Bernard, duc de 
Tresme, et de Marie-Madeleine de Seiglière, vicaire-général de son 
oncle paternel à Bourges, avait été élève de Saint-Sulpice, très pieux. 

Nommé évêque de Beauvais en 1728, et sacré le 6 juin, il prit à cœur 
sa charge pastorale, se montra saint, zélé, dévoué jusqu'à l'héroïsme. 

Gréé cardinal le 5 avril 1756, il n'en fut que plus zélé, obtint les plus 
consolants résultats. 

Il défendit les Jésuites en 1762 avec le prestige de ses dignités, la 
vigueur de sa conviction et l'énergie de son caractère. 

Il se démit en 1772, après s'être assuré un digne successeur et reçut 
l'abbaye de Liessies (Cambrai). 

f à Paris, le 24 juillet 1774, set. 78, es. 46, card. 19, doyen des 
évêques de France, laissant après lui une mémoire vénérée. 

89. — François-Joseph de la ROCHEFOUCAULD-Bayers. 

Né à Angoulême en 1735 (alias le 7 août 1727), fils de Jean, seigneur 
de Maumont, et de Marie-Marguerite des Escaud. 

Nommé évêque-comte de Beauvais, à la demande du cardinal de 
Gesvres, il se fit sacrer le 22 juin 1772. 

Son éloge peut se résumer en quelques mots significatifs : il continua 
dignement son éminent prédécesseur. 

Député aux États-Généraux par le bailliage de Glermont, il s'opposa 
aux mesures révolutionnaires , refusa net le serment, se retira à Paris, 
fut décrété d'accusation, saisi et emprisonné aux Carmes, après le 
10 août, avec son frère cadet Pierre-Louis, évêque de Saintes. 

f massacré aux Carmes, le 2 septembre 1792, œt. 57, es. 20. 



314; PROVINCE DE REIMS 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BEAUVAIS 

0. S. B. vir. S. Lucianus Bellovacensis, Saint-Lucien de Beauvais. 

S. Symphorianus, Saint-Symphorien. 

Britolium, Breteuil. 

S. Geremarus, Saint-Germer. 
fem. S. Paulus, Saint-Paul. 
0. Gist. vir. Regalis mons, Royaumont. 

Frigidus mons, Froidmont. 

Alnetum seu Lanneium, Lannoy ou Briostél. 

Bellum pratum, Beaupré. 

Monciacum, Mouchy-le-Péreux. 

S. Quintinus, Saint-Quentin. 

S. Martinus de Ruricurto, Rurcourt. 

S. Justus, Saint- Just. 





fem 


0. 


S. A. 


0. 


Praem. 


0. 


S. Clarse. 



Moncellum, Monceau. 



COLLÉGIALE CÉLÈBRE 

Gerboredum, Gerberoy. 



B0L0NIA M0RIN0RUM, BOULOGNE-SUR-MER 

Siège épiscopal érigé par Pie V, bulle Divinœ majestatis du 3 mars 
1566, sur la partie restée ou redevenue française du diocèse de 
Térouanne ou de Morinie, la portion principale, artésienne, étant 
devenue le diocèse de Saint-Omer, et la moins étendue, flamande, étant 
devenue le diocèse d'Ypres, sept ans auparavant. 

Les évêques de Boulogne, sufïragants de Reims, étaient nommés par 
les rois de France. 

Cf. Histoire des évêques de Boulogne, par l'abbé E. Van Drival ; 1 vol, in-8, 
Boulogne-sur-Mer, Berger frères, 1852. 

Le clergé du diocèse dlArras, Boulogne et Saint-Omer "pendant la Révolution, par 
l'abbé Deramecourt, 4 vol. in-8, Paris, Bray et Retaux, 1884. 



ÉVÊCHÉ DE BOULOGNE-SUR-MER 315 

7. —Claude Le Tonnelier de BRETEUIL, 7 e évêque de Boulogne, 
66 e évêque de Morinie ou de Térouanne. 

Né le 17 novembre 1644, était le 4 e fils de Louis, contrôleur-général 
des finances et de Chrétienne Le Court. 

Le siège de Boulogne étant devenu vacant le 11 avril 1681 par la 
mort de Nicolas Ladvocat, il y fut nommé le 9 mai. Ayant reçu ses 
bulles le 1 er décembre, il fut sacré à Paris, aux Minimes de la place 
Royale, le 2 février 1682 par son métropolitain, C. M. Le Tellier. 

Il visita son diocèse, fit donner des missions, confia son séminaire 
aux Lazaristes. 

f à Paris, le 8 janvier 1698, set. 54, es. 16. 

— Antoine GIRARD, nommé évêque de Boulogne en février, de 
Poitiers en avril 1698, préféra ce dernier siège. Cf. Poitiers. 

8. — Pierre de LANGLE. 

Né le 6 mars 1644, à Évreux, d'une famille honorable, ayant fait ses 
premières études dans sa ville natale, entra dans la Maison et société 
de Navarre, où il connut Bossuet ; il fut reçu docteur en théologie 
en 1670. Retourné à Évreux, il y exerça durant vingt ans les fonctions 
de pénitencier, d' officiai et de grand-vicaire ; le pieux Henri Boudon 
était alors grand archidiacre d'Évreux. 

Grâce à Bossuet, P. de Langle fut nommé précepteur du comte de 
Toulouse, reçut l'abbaye de Saint-Lô, et devint agent-général du 
clergé. 

Nommé évêque de Boulogne le 26 avril 1698, préconisé le 22 juillet 
et sacré aux Feuillants de Paris le 14 décembre, il déploya une activité 
incroyable, une vigilance continuelle, une charité sans borne, surtout 
pendant l'hiver de 1709. C'est ce que la Gallia Christiana loue en 
disant de lui : « Propositi tenax, et antiquse disciplinas retentissimus ». 
Le continuateur de Moréri, l'abbé Goujet, dans un article spécial, 
renchérit encore sur cet éloge. 

Il nous faut malheureusement ajouter que l'évêque de Boulogne fut 
un des quatre premiers évêques Appelants de la bulle Unigenitus, 
qu'il fut l'ennemi acharné des Jésuites, qu'il écarta le plus possible les 
Frères des écoles chrétiennes, etc. ce dont ses panégyristes ne disent 
mot. 

f à Boulogne, le 12 avril 1724, set. 81, es. 26. 



316 PROVINCE DE REIMS 



9. — Jean-Marie HENRIAU. 

Né à Paris en 1661, fils d'un procureur au Parlement, docteur en 
théologie. 

Nommé évêque de Boulogne le 6 mai 1724 et préconisé le 11 sep- 
tembre, il put se faire sacrer le 28 octobre à Fontainebleau par Fleury. 

Son arrivée à Boulogne amena une détente, qui fut aussi heureuse 
qu'elle était désirable. 

f à Boulogne, le 25 janvier 1738, set. 77, es. 14. 

10. — Auguste-César d'HERVILLY de Devise. 

Né en 1702 d'une noble famille de Picardie, était chanoine et archi- 
diacre de Cambrai. 

Nommé évêque de Boulogne le 4 mars 1738, et sacré le 14 septembre, 
il fit sentir son autorité aux Appelants, entre autres à Blandin, chanoine 
d'Arras. Mais il fut emporté prématurément par la mort. 

f près de Béthune, le 11 octobre 1742, set. 40, es. 4. 

11. — François-Joseph-Gaston de Partz de PRESSY. 

Né en 1712 au château d'Esquire, diocèse de Boulogne, fit avec 
beaucoup de succès ses études à Paris, sous la direction des Sulpiciens 
qu'il aima toujours. Devenu vicaire - général d'Auguste - César, son 
évêque, il l'aida puissamment. 

Nommé évêque de Boulogne le 20 décembre 1742, il reçut ses bulles 
en avril 1743 et se fit sacrer par le vertueux évêque d'Amiens, L. F. G. 
de la Motte. 

Il s'est immortalisé par ses fondations de charité, d'instruction et de 
zèle, par les missions, les retraites, les conférences ecclésiastiques, 
par sa vie pauvre, sa tendre piété. « Il pouvait servir de modèle au 
clergé de tout le monde chrétien », a-t-on dit de lui. 

Ses dissertations sur l'accord de la foi et de la raison, insérées par 
Migne dans sa Démonstration évangélique, lui font honneur. 

f à Boulogne, le 8 octobre 1789, set. 77, es. 44. 

12. — Jean-René ASSELINE 1 , dernier évêque de Boulogne. 
Né à Paris en 1742 de parents pauvres, fit ses études au collège de 

Navarre, puis au séminaire des Trente-Trois avec une rare distinction. 

1. Cf. Biographie universelle de Michaud article signé Picot. 



ÉVÊGHÉ DE BOULOGNE-SUR-MER 317 

Reçu docteur en Sorbonne, il obtint jeune encore la chaire d'hébreu, 
accepta cependant la charge de vicaire-général que lui conféra M& r de 
Beaumont et que lui continua Ms r de Juigné. 

Nommé évêque de Boulogne par Le Franc de Pompignan et muni 
promptement de ses bulles, il fut sacré le 3 janvier 1790 dans la chapelle 
du séminaire Saint-Sulpice par le nonce Dugnani et se hâta de prendre 
possession. 

Les temps étaient orageux, les populations en effervescence, l'As- 
semblée constituante en délire. Asseline osa combattre à front décou- 
vert les innovations de l'Assemblée ; sa lettre pastorale du 24 octobre 
1790 fut adoptée par un grand nombre d'évêques. 

Mais le schisme étant devenu légal, l'évêque de Boulogne fut contraint 
de se retirer en Belgique, puis en Allemagne. Il resta à Hildesheim 
de 1794 jusqu'à 1807; c'est là qu'il contribua puissamment à la conver- 
sion du comte de Stolberg ; c'est de là aussi qu'il envoya à ses diocé- 
sains des Mandements et des décisions parfois sévères et au pape des 
réclamations irrévérencieuses. 

Il avait en effet refusé sa démission en 1801 et conseillé à ses 
collègues, émigrés comme lui, de la refuser. Non content de ce refus, 
il lança le 4 avril 1803 des Réclamations canoniques, qui furent signées 
par 38 évêques, et le 8 avril 1804 la Suite des Réclamations, côtoyant 
ainsi le schisme anti-concordataire après avoir évité le schisme consti- 
tutionnel. 

Appelé par Louis XVIII, il rejoignit ce prince en Angleterre, fut le 
confesseur du duc et de la duchesse d'Angoulême. Il habitait Ailesbury 
près Hartwel. 

Il y f le 10 avril 1813, set. 71, es. 24. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BOULOGNE 

O. S. B. vir. S. Vulmarus, Saint- Vulmer, vulgairement Samer. 

Alciacum, Auchy-les- Moines. 

Andra, Andernes. 

Blangiacum, Blangy. 
fem. S. Leonardus Guisnensis, Saint-Léonard de Guînes. 
0. Gist. vir. Longum Villare, Longvillers. 



318 PROVINCE DE REIMS 



0. S. A. vir. Bellus locus, Beaulieu. 

S. Joannes Dudellivillse, Doudeauville. 
0. Praem. Lisquia seu Liskae, Licques. 



COLLEGIALES ET COUVENTS 

Notre-Dame de Boulogne, ancienne abbaye, fut unie à l'évêché par la 
bulle d'érection, et devint chapitre. Il y avait à Saint-Pol la collégiale 
de Saint- Sauveur, et à Fouquemberg la collégiale de Notre-Dame. 

Il y avait, outre les couvents de Boulogne, des Capucins, des 
Minimes, des Bénédictines, des Dominicaines, des Hospitalières à 
Calais, des Carmes et des Bénédictines à Ardres, des sœurs grises et 
des sœurs noires à Saint-Pol, et la Charteuse de Neufville près de 
Montreuil. 



CATALAUNI , CHALONS-SUR-MARNE 

Siège épiscopal très ancien ; les évoques étaient comtes de Châlons 
et pairs de France depuis le XII e siècle. 

88. — Louis-Antoine de NOAILLES, 88 e évêque de Châlons, 34 e 
comte et pair de France. 

Né à Paris le 27 mai 1651, deuxième fils d'Anne de Noailles, 
duc d'Ayen, et de Louise Boyer, Dom d'Aubrac (Rodez), avait été 
sacré évêque de Cahors en juin 1679. Au mois d'août 1680, il fut nommé 
évêque de Châlons, pour remplacer Félix Vialart, le gallican entêté, et 
le janséniste perfide qui venait de mourir. 

Le successeur accepta l'héritage tout entier : il fit preuve de gallica- 
nisme à l'Assemblée de 1682 et donna des gages aux Jansénistes en 
approuvant les Réflexions morales de Quesnel, qui devaient faire tant 
de bruit dans l'Église. 

C'est avec ou malgré de pareils antécédents qu'il fut désigné au roi 
par Madame de Maintenon pour le siège de Paris en 1695. Cf. Paris. 



ÉVÊGHÉ DE CHALONS-SUR-MARNE 319 

89. — Gaston-Jean-Baptiste-Louis de NO AILLES. 

Frère du précédent, né le 7 juillet 1657, Dom d'Aubrac, moyennant la 
résignation de son frère. 

Nommé évêque-comte de Châlons en 1695 et sacré le 20 mai 1696, il 
fonda un asile pour les repenties en 1697, enleva de l'église Notre-Dame 
malgré le peuple une relique superstitieuse en 1707, fut admirable de 
charité en 1709. 

Mais en 1714, il refusa d'accepter la bulle Unigenitus, en appela et 
réappela jusqu'au scandale. 

f à son château de Sarry, le dimanche 15 septembre 1720, set. 64, 
es. 25, sans s'être rétracté. 

90. — Nicolas-Charles de SAULX-TAVANNES. 

Né à Paris le 19 septembre 1?90, fils de Charles-Marie, comte de 
Tavannes, et de Marie-Catherine d'Aguesseau, docteur en théologie, 
1716, comte de Lyon, abbé de Montbenoît, vicaire-général de Rouen à 
Pontoise. 

Nommé évêque de Châlons le 1 er janvier 1721, il fut sacré par Fleury 
aux Théatins de Paris le 9 novembre. Dès son arrivée à Châlons, il 
exigea suaviter et fortiter des chanoines, des curés, des religieux et 
des ordinands une soumission filiale à la bulle, ce qu'il finit par 
obtenir. 

Il assista au sacre de Louis XV en qualité de pair de France, maria 
le duc Louis d'Orléans, fut choisi comme premier aumônier par la reine 
Marie Leczinska. 

Transféré à Rouen en 1733. Cf. Rouen. 

91. — Claude-Antoine de CHOISEUL Beaupré. 

Né le 1 er novembre 1697 au château de Daillecourt, diocèse de 
Langres, fils aîné d'Antoine Clériadus, marquis de Beaupré, lieutenant- 
général, et d'Anne-Françoise Barillon de Morangis, avait pour oncle 
paternel Gabriel-Florent, évêque de Mende ; il eut pour frère cadet 
Antoine-Clériadus archevêque de Besançon. 

Claude-Antoine ayant fait essai de la vie militaire, entra au séminaire 
Saint-Magloire, devint aumônier du roi, archidiacre de Mende, abbé de 
Bolbonne. 

Nommé évêque-comte de Châlons en 1733 et sacré le 7 mars 1734 
par son oncle, il prit possession. Tantôt il exigea l'adhésion à la bulle, 



u 



320 PROVINCE DE REIMS 



tantôt il ne l'exigea plus. Il avait accueilli Voltaire dans son château 
épiscopal de Sarry en 1748. 

En 1762 il demanda, comme son frère de Besançon, son oncle de 
Mende et son cousin d'Albi, quelques modifications à l'Institut des 
Jésuites. 

f le 2 octobre 1763, set. 66, es. 30. 

92. — Antoine de LASTIC *. 

Transféré de Gomminges en 1763. Cf. Comminges. 

Le brevet royal de nomination est du 16 novembre 1763, les bulles 
de Clément XIII, qui instituaient l'évêque et lui conféraient l'abbaye de 
Montiérender, sont du 19 décembre. Nous voyons dans l'empressement 
du pape une marque d'estime, qui contrebalance un choix fait par 
Jarente en un temps critique. 

L'évêque-comte de Châlons n'eut pas le temps de prendre possession. 

f le 23 décembre 1763, set. 54, es. 23. 

93. — Antoine-Éléonore-Léon Le Clerc de JUIGNÉ. 

Né à Paris le 2 novembre 1728, fils de Samuel-Jacques, marquis de 
Juigné 2 , et de Marie-Gabrielle Le Cirier de Neuchelles, docteur de 
Navarre, bon vicaire-général du triste évêque de Carcassonne, Armand 
de Besons, fut député de la province de Narbonne à l'Assemblée de 1758, 
devint agent-général du Clergé en 1760. 

Nommé évêque de Comminges le 16 novembre 1763, il vit sans 
déplaisir sa nomination changée à la mort d'Antoine de Lastic. Il fut 
en effet nommé évêque-comte de Châlons cinq jours après, le 28 décem- 
bre, et put se faire sacrer, le 29 avril 1764, au collège de Navarre, à 
Paris. 

S'étant rendu aussitôt dans son diocèse, il le visita, le purgea du 
jansénisme et le pourvut de bons prêtres, édifia les fidèles par sa piété, 
les soulagea par ses aumônes, les affermit dans la foi par ses Mande- 
ments, 1769, 1772. 

Il fit donner des missions par d'anciens Jésuites, fonda un petit- 
séminaire, rebâtit le grand, secourut les incendiés de Saint-Dizier le 
20 août 1775. 

Transféré à Paris, 23 décembre 1781-25 février 1782. Cf. Paris. 

1. Cf. P. de Courcy, op. cit. p. 132-142, la Généalogie de Lastic, (Auvergne). 

% Cf. P. de Courcy, op. cit. p. 143 et suivantes, la Généalogie de Le Clerc. (Maine). 



ÉVÊCHÉ DE CHALONS -SUR-MARNE 321 

94. — Anne-Antoine-Jules de CLERMONT-TONNERRE 1 . 

Né à Paris le 1 er janvier 4749, second fils de Jules, marquis de 
Cruzy, et de Marie-Anne Le Tonnelier de Breteuil, était à Rome quand 
Pie VI y fut élu. 

Nommé évêque de Ghâlons et abbé de Montiérender, il reçut ses 
bulles promptement et se fit sacrer le 14 avril 1782. S'il fit valoir les 
prérogatives de sa pairie, comme avaient fait ses cousins de Noyon et 
de Langres, s'il se prévalut de son aïeul paternel le maréchal et de son 
aïeul maternel, intendant-général au département de la guerre, il n'en 
fut pas moins un évêque estimable. 

Député de son clergé aux États-Généraux, il vota contre les innova- 
tions schismatiques. Son siège étant supprimé, il se retira en Belgique, 
rentra dans son diocèse à la suite des Prussiens en 1792, mais fut 
contraint de revenir à Bruxelles, de passer à Gemert, puis à La Haye, 
Là il apprit que son père et sa mère venaient d'être décapités à Paris ; 
lui-même sentait les étreintes de la pauvreté. Theiner, Affaires de 
France, II, 72... donne les lettres qu'il écrivit alors à Rome. 

Pendant cette période agitée, il faisait administrer son diocèse par 
l'abbé Dubois de Crancé. En 1797, il répondit d'Altona que le serment 
de soumission était licite, mais signa l'année suivante l'Instruction 
pastorale collective sur les atteintes portées à la religion par le gouver- 
nement. 

En 1801, il donna sa démission au pape ; c'est à tort qu'on a voulu en 
douter, comme le prouve Theiner, op. cit. On ne peut cependant s'em- 
pêcher de sourire, quand on lit le passage où le nom de Glermont 
rapproché du nom de Ghiaramonti, par l'ancien évêque de Ghâlons, 
tend à montrer une parenté originelle entre le pape Pie VII (Barnabe 
Ghiaramonti) et lui. Rentré en France, il vécut retiré. A la Restauration, 
il fut nommé pair de France. 

En 1817, nommé et préconisé évêque du nouveau siège de Ghâlons, 
il ne put prendre possession. Mais en 1820, il devint archevêque de 
Toulouse, prit possession le 16 octobre et gouverna fort bien. Créé 
cardinal en 1822, il assista aux Conclaves de 1823 et de 1829. En France, 
il montra de la vigueur surtout en 1828 à la veille des fatales ordon- 
nances. 

f à Toulouse, le 21 février 1830, ast. 81, es. 48, card. 8. 

1. Cf. Biographie universelle, de Michaud, article signé Picot. 

21 



322 PROVINCE DE REIMS 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE CHALONS 

0. S. B. vir. Dervum, Montiérender. 

S. Urbanus, Saint-Urbain. 

S. Petrus ad montes, Saint-Pierre-du-Mont. 

S. Salvator Virtudensis. Saint- Sauveur-de- Vertus. 

B. M. de Orione, Notre-Dame de Huiron. 

Mauri nions, Moirmont. 
fem. AndeciaB seu Andecium, Notre-Dame d'Andecy. 
0. Gist. vir. Très fontes, Tr ois-Fontaines. 

Ghemino, Cheminon. 

Altus fons, Hautefontaine. 

Monasterium in Argona, Moustier-en-Argonne. 

Gharmeia, La Charmoie. 
fem. S. Jacobus de Vitriaco, Saint-Jacques de Vitry. 

B. M. de S. Desiderio, Notre-Dame de Saint-Dizier. 
0. S. A. vir. S. Memmius Catalaunensis, Saint-Memmie de Châlons, 

Omnes Sancti in Insula, Toussaint. 

B. M. Virtudensis, Notre-Dame de Vertus. 

Castriciae, Chatrices. 
0. Prsem. Moncelli, Moncels, en règle. 



LAUDUNUM, LAON 

Siège épiscopal très ancien, duché-pairie depuis la fin du XII siècle. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Soissons et Laon ; 1 vol. in-8. Paris, 1867. — 
Dom Nicolas Le Long, Histoire ecclésiastique et civile du diocèse de Laon ; 1 vol. 
in-4°, Châlons, 1783. L'auteur, religieux bénédictin, est trop peu ecclésiastique. 

Devismes et Melleville, historiens de Laon, ne sont nullement religieux. 

82. — César, cardinal d'ESTRÉES, 82 e évêque de Laon, 33* duc 
et pair de France. 

Né à Paris le 5 février 1628, fils de François, maréchal de France, et 
de Marie de Béthune, docteur en théologie, abbé de Longpont, etc. 



ÉVÊCHÉ DE LAON 323 



Nommé évêque-duc de Laon en février 1653, pour succéder à Phili- 
bert de Rrichanteau, sacré en septembre 1655, reçu de l'Académie 
française en 1657, fut créé cardinal le 24 août 1671 par Clément X pour 
avoir ménagé ce qu'on nomme la paix de Clément IX. 

Depuis lors, il fut employé en diverses négociations ou missions 
diplomatiques par Louis XIV, principalement à Rome, où il servit 
mieux le roi que le pape. On peut lire l'article qui lui est consacré 
dans le grand Moréri. 

En 1681, il se démit de son évêché en faveur de son neveu, qui suit, 
mais non de ses abbayes, qui s'accrurent de Saint-Germain-des-Prés 
en 1703. 

f à Saint-Germain-des-Prés le 19 décembre 1714, set. 87, es. 60, 
card. 44, doyen des évoques de France et du Sacré-Collège. 

83. — Jean d'ESTRÉES. 

Né à Paris en 1651, fils de François- Annibal et de Catherine de 
Lauzières-Thémines, docteur en théologie, neveu du précédent. 

Nommé évêque de Laon en 1681 et sacré peu après, il prit possession 
le 10 septembre, visita son diocèse, qu'il fit évangéliser et surveiller. 
Les temples des Huguenots furent fermés. Ce que nous louons davan- 
tage en cet évêque, ce sont ses charités. 

f à Paris le 1 er décembre 1694, 83t. 43, es. 13. 

84. — Louis- Annet de Clermont de Chaste de ROUSSILLON. 
Né en 1658, fils de François-Alphonse, sénéchal du Puy-en-Velay, 

et de Claire de Morges, docteur en théologie, vicaire général de Choi- 
seul à Tournai. 

Nommé évêque-duc de Laon en 1695 et sacré le 6 novembre, « il 
gouverna sagement, ne voulant point troubler son diocèse pour la bulle 
Unigenitus ». Melleville, t. II, p. 314. 

On comprend parfaitement. Nous ne voyons pourtant pas que la 
modération de cet évêque soit allée jusqu'au scandale de l'Appel. 

f le 5 octobre 1721, 83t. 63, es. 27. 

85. — Charles de SAINT-ALRIN. 

Né le 5 avril 1698, fils naturel de Philippe d'Orléans, depuis Régent, 
et d'une fille nommée Florence, fut élève des Jésuites, reçu docteur en 
théologie, 1720, abbé de Saint-Ouen. 



324 PROVINCE DE REIMS 



Nommé coadjuteur du précédent en 1721, et pourvu de ses bulles 
moyennant double dispense, il se fit sacrer évêque de Laon le 26 avril 
1722, n'ayant que 24 ans. Son administration est marquée par un 
Mandement dans lequel il presse les Jansénistes. 

Transféré à Cambrai le 17 octobre 1723, il y emporta les honneurs 
de la pairie. Cf. Camrrai. 

— Henri-François-Xavier de BELSUNCE, évêque de Marseille, 
nommé évêque-duc de Laon le 17 octobre 1723, refusa par modestie. 
Cf. Marseille. 

86. — Etienne-Joseph de la FARE. 

Né à Paris en 1691, fils de Charles- Auguste, le poète erotique, était 
docteur en théologie, abbé de Mortemer (Rouen), quand il fut nommé 
évêque de Viviers, en février 1723, moyennant la permutation de son 
abbaye avec l'évêque démissionnaire, Martin de Ratabon. Cf. Viviers. 

Il n'avait pas encore reçu ses bulles pour Viviers, fin 1723. C'est 
alors qu'il fut nommé évêque-duc de Laon. Muni de ses bulles, il se fit 
sacrer le 25 juillet 1724. 

Aussitôt installé, il ne laissa aucun repos aux Jansénistes, fit venir à 
Laon et soutint les Jésuites, visita soigneusement son diocèse : autant 
de titres à l'impopularité dont Melleville (Histoire de Laon, t. II, p. 60) 
s'est fait l'écho. 

On peut voir dans Lafitau [Histoire de la constitution Unigenitus, 
liv. VI), tout ce qu'eut à souffrir du gouvernement l'orthodoxe évêque 
de Laon ; et le gouvernement était cependant celui du cardinal de 
Fleury. La Fare ne se tint pas pour battu. Fort des encouragements 
du pape Clément XII, il sépara de sa communion trois évêques 
Appelants. 

f en visite pastorale, le 23 avril 1741, set. 50, es. 16, au village de 
Leschelles, non loin de Vervins, où son corps repose. 

87. — Jean-François-Joseph, cardinal de ROCHECHOUART. 

Né le 28 janvier 1698 (alias 1708) dans le diocèse de Toulouse, qua- 
trième fils de Charles, seigneur de Faudoas, lieutenant-général, et de 
Françoise de Montesquieu, élève de Saint-Sulpice, suivait les cours de 
Sorbonne, prieur de Saint-Etienne de Castillon (Carcassonne), abbé de 



ÉVÊCHÉ DE LAON 325 



la Madeleine de Châteaudun, etc., fut vicaire général de Saulx-Tavannes 
à Rouen. 

Nommé évêque-duc de Laon en 1741 et sacré le 15 octobre, se mon- 
tra modéré envers les Jansénistes, les Parlements et les Philosophes 
même. Aussi vit-il ses bénéfices s'accroître ; il devint premier aumô- 
nier de la reine. 

Ambassadeur de France à Rome en 1757, il fut créé cardinal le 23 
novembre 1761, joua un rôle dans l'affaire des Jésuites, fut fait 
commandeur du Saint-Esprit en 1762. Tant de titres accumulés sur 
une tête de prélat en ces mauvais jours, disent déjà quelque chose : 
les éloges prodigués par Melleville et Devismes à des vertus qui sont 
des défauts, excepté la bienfaisance, comblent la mesure. 

f à Paris le 20 mars 1777, set. 79 (69), es. 36, card. 16. 

AUXILIAIRE ou SUFFRAGANT : Charles-Bernard-Collin de 
CONTRISSON, né en 1722 dans le diocèse de Toul, sacré le 2 avril 
1775 évêque des Thermopyles, remplit les fonctions épiscopales dans 
le diocèse jusqu'à la Révolution. 

88. — Louis-Hector-Honoré-Maxime de SABRAN, dernier évêque 
de Laon. 

Né le 4 décembre 1739 au château de Baudinard en Provence, fils de 
Joseph-Jules, comte de Forcalquier, et de Marie-Thérèse d'Artalan. 
Ayant été nommé premier évêque de Nancy dès 1774, il réglait les 
difficultés pendantes avec Févêque de Toul avant de se faire sacrer. 

Nommé évêque-duc de Laon en 1777, il se fit sacrer à Paris le 26 
avril 1778, devint premier aumônier de la reine Marie-Antoinette 
en 1780. 

Député aux Etats-Généraux et n'ayant pu rien empêcher, il protesta 
du moins contre le sacre de Marolles, évêque intrus de l'Aisne, émigra 
en Allemagne. Il était à Vienne en 1801, refusa net sa démission, signa 
les remontrances des récusants, émigrés à Londres, déclama, écrivit 
contre le concordat, irritant ainsi Napoléon tout-puissant. 

f en Pologne chez les princes Lubomirski vers 1811 , aet. 72 , 
es. 33. 



326 PROVINCE DE REIMS 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LAON 

0. S. B. vir. S. Vincentius Laudunensis, Saint-Vincent de Laon. 

S. Joannes Laudunensis, Saint-Jean de Laon. 

S. Michael in Teoracia, Saint-Michel-en-Thiérache. 

Novigentum subtus Cociacum, Nogent-sous-Coucy. 

Ribodi nions, Ribemont. 

S. Nicolaus in Bosco, Saint-Nicolas-au-Bois. 
fem. Origniacum, Origny. 

Calvaria, Le Calvaire. 
0. Gist. vir. Fusniacum, Foigny. 

Vallis clara, Vauclair. 

Boherise, Bohéries. 
fem. Monasteriolum subtus Laudunum, Montreuil-sous-Laon. 

Salvatorium, Le Sauvoir. 
0. Prsem. Praemonstratum, Caput Ordinis, Prémontré, Chef- 
d' Ordre, en règle. 

S. Martinus de Lauduno, Saint- Martin de Laon. 

Guisiacum, Cuisy. 

Thenalise, Thenailles. 

Buciliacum, Bucilly. 
Pèlerinage célèbre : B. M. Lastitiensis, Notre-Dame de Liesse. 



N0VI0MUM seu N0VI0DUNUM, N0Y0N 

Le siège épiscopal fondé primitivement à Vermand, fut plus tard 
uni à Tournai ; séparé enfin en 1147, il devint peu après un comté- 
pairie. 

92. — François de GLERMONT-TONNERRE, 92* évêque de Noyon, 
34 e pair de France. 

Né en 1629, deuxième fils de François, comte de Clermont, duc de 
Tonnerre, lieutenant-général en Bourgogne, et de Marie Vignier, fit 
ses études chez les Jésuites à Paris, fut reçu docteur de Sorbonne et 
devint prédicateur. 



ÉVÊCHÉ DE NOYON 327 



Nommé évêque-comte de Noyon en 1660, pour remplacer Henri de 
Baradat, et sacré le 2 octobre 1661, s'est rendu célèbre par sa vanité 
fabuleuse dont la Biographie universelle de Michaud est l'écho. S'il fut 
excusable en faisant le panégyrique de Barbier d'Aucour, à qui il suc- 
cédait dans l'Académie française, 1694, il ne l'est pas d'avoir été le 
fauteur des Jansénistes. 

f à Paris le 15 février 1701, set. 72, es. 40. 

93. — Claude-Maur d'AUBIGNÉ. 

Né à Tigné près de Saumur le 7 juin 1658, fils d'Urbain et de Marie 
Gabriau, cousin de Madame de Maintenon, abbé de la Victoire (Senlis) 
1693, docteur en théologie, successivement vicaire général de Luçon, 
de Beauvais et de Chartres. 

Nommé évêque de Noyon en 1701 et sacré le 24 juillet à Saint-Cyr 
par l'évéque diocésain Godet des Marais, il visita deux fois en sept ans 
toutes les paroisses de son diocèse, fit bâtir le petit séminaire, agran- 
dir le palais épiscopal. Il censura la théologie janséniste de Juénin. 

Transféré à Rouen, 1707-1708, avec conservation des honneurs de la 
pairie. Cf. Rouen. 

94. — Charles-François de Chateauneuf de ROCHEBONNE. 

Né en Forez le 6 janvier 1671, fils de Charles, marquis de Roche- 
bonne, gouverneur du Lyonnais, et de Marie-Thérèse de Grignan, 
comte de Lyon en 1691, docteur de Navarre, vicaire général de Poitiers, 
fut député de la province de Bordeaux à l'Assemblée de 1707. 

Nommé évêque de Noyon le 25 décembre, il se fit sacrer à Poitiers 
le 29 juillet 1708 ; reçut l'abbaye d'Elan (Reims) en 1710, de Saint- 
Riquier (Amiens) en 1717 : ce qui lui permit de redoubler ses aumônes. 

Comme son prédécesseur, il poursuivit le jansénisme, accepta la 
bulle Unigenitus dès son apparition, donnant ainsi un exemple que 
devait imiter son frère sur le siège de Carcassonne. 

Ayant assisté en sa qualité de Pair de France au sacre de Louis XV, 
et aux cérémonies de cette nature, il revint de préférence à ses fonc- 
tions épiscopales. 

Transféré à Lyon en 1731. Cf. Lyon. 

95. — Claude de Rouvroy de SAINT-SIMON. 

Né le 20 septembre 1695, fils de Titus-Eustache, marquis de Saint- 



328 PROVINCE DE REIMS 



Simon, et de Glaire-Eugénie d'Hauterive, abbé de Moissac et de 
Jumièges, 4716. 

Nommé évêque-comte de Noyon en 1732 et sacré le 15 juin, il se 
laissa facilement transférer à Metz l'année suivante, sans oublier les 
honneurs de la pairie. N'était-il pas un Saint-Simon ? Cf. Metz. 

96. — Jean-François de LA GROPTE de Bourzac 

Né en 1696 à Paris, fils de François-Isaac, seigneur de Bourzac et 
de Vendoire, et de sa seconde femme Marie- Anne Van Gangelt, abbé 
de Saint-Martial de Limoges, 1729. 

Nommé évêque-comte de Noyon le 28 août 1733 et sacré le 7 
novembre 1734, il lutta contre son chapitre, qui prétendait à des 
exemptions, donna de sa propre autorité un Breviarium Noviomense, 
reçut en 1744 l'abbaye du Mont- Saint-Quentin. 

En juin 1762, il signa une lettre collective de douze évêques en 
faveur des Jésuites. Il était cousin de Fénelon. 

f à Noyon le 23 janvier 1766, aet. 70, es. 32. 

97. — Charles de BROGLIE. 

Né le 17 novembre 1734 au château de Broglie, fils de François- 
Marie, deuxième maréchal de Broglie, abbé de la Chalade (Verdun), de 
Sauve-Majeure (Bordeaux), agent général du clergé. 

Nommé évêque-comte de Noyon, le 1 er mars 1766, et sacré le 22 
juin, tomba aussitôt dans une maladie de langueur ; échangea Sauve- 
Majeure contre Ourcamp, 1774 ; allait être créé cardinal. 

f à Carlepont le 20 septembre 1777, assisté par son cousin, Joseph- 
Amédée de Broglie, évêque d'Angoulême, set. 43, es. 13. 

98. — Louis-André de GRIMALDI, dernier évêque de Noyon. 
Transféré du Mans en 1777-1778. Cf. Le Mans. 

Ayant reçu ses bulles du 20 mars 1778, et pris possession de son 
comté-pairie, il put étaler impunément pendant dix ans, ses goûts 
fastueux. Mais à partir de 1789, il paya cher ses fautes. 

Il ne fut pas élu député aux Etats-Généraux ; son siège fut supprimé 
par la Constituante ; il émigra dans les Pays-Bas, puis en Allemagne, 
enfin en Angleterre, refusa de se démettre en 1801 et signa toutes les 
remontrances ou réclamations anti-concordataires. 

f à Londres en 1808, set. 72, es. 41. 



ÉVÊCHÉ DE SENLIS 329 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE NOYON 

0. S. B. vir. S. Eligius Noviomensis, Saint-Eloi de Noyon. 

Humolarise, Homblières. 

S. Quintinus de Monte, Mont-Saint-Quentin. 

S. Quintinus in Insula, Saint-Quentin-en-VIsle. 

S. Prsejectus, Saint-Prix. 
0. Cist. vir. Ursi campus, Ourcamp. 

fem. Favarchias seu Fons Sommas, Fer vaques ou Fontsomme. 

Biachia, Biache. 
0. S. A. S. Bartholomaeus Noviomensis, Saint-Barthélemi de 
Noyon. 

Hamum, Ham. 

S. Eligii fons Calniaci, Saint-Eloi-Fontaine à Chauny. 
0. Praem. Vermandum, Vermand. 

Genliacum, Genlis. 
0. S. Clarse. S. Clara Galniacensis, Sainte-Claire de Chauny. 

S. Clara Peronensis, Sainte-Claire de Péronne. 



COLLÉGIALE CÉLÈBRE 

Saint-Furcy de Péronne. 



SILVANECTUM, SENLIS 

Siège épiscopal très ancien, diocèse peu étendu, comprenant seulement 
74 paroisses, le plus petit de la région. 

98. — Denis SANGUIN de Livry, 98° évêque de Senlis. 

Né en 1621, fils de Jacques, seigneur de Livry, conseiller du roi et 
maître de son hôtel, et de Jeanne de Thou. 

Nommé évêque de Senlis en 1651 pour remplacer son saint oncle, 
Nicolas Sanguin, qui venait de résigner en sa faveur, il fut sacré le 14 
janvier 1652, par son oncle, à Saint-Louis des Jésuites, Paris. 



330 PROVINCE DE REIMS 



Il eut un épiscopat long et pacifique. 

f à Paris le 13 mars 1702, set. 81, es. 51, doyen des évêques de 
France. 

99. — Jean-François de CHAMILLART. 
Transféré de Dol, 16 avril-3 juillet 1702. Cf. Dol. 

Dans son nouveau diocèse, comme dans le premier, il ne toléra pas 
le jansénisme, et confia son séminaire aux Eudistes, fidèles observa- 
teurs, comme les Jésuites, des constitutions apostoliques. 

f à Paris le 16 avril 1714, set. 57, es. 16. 

100. — François -Firmin TRUDAINE. 

Né le 13 janvier 1679, d'une famille honorable de Picardie, qui devait 
donner un prévôt des marchands à Paris en 1717, était chanoine et 
vicaire général d'Amiens. 

Nommé évêque de Senlis le 20 mai 1714 et sacré à Paris le 25 
novembre, il remplit souvent à Paris, grâce au voisinage, les fonctions 
épiscopales. 

Abbé de Fémy (Cambrai) en 1726, de la Victoire (Senlis) en 1736, 
par permutation du prieuré de Bourg-Achard (Rouen), il fut de la 
Commission mixte qui devait apaiser le Parlement en 1752. 

f à Paris le 4 janvier 1754, 88t. 75, es. 40. 

101. —Jean- Armand de Bessuéjouls de ROQUELAURE, dernier 
évêque de Senlis. 

Né en 1721 à Roquelaure, diocèse de Rodez, d'une autre famille que 
les Roquelaure d'Armagnac, docteur en théologie, 1747. 

Nommé évêque de Senlis par faveur, en 1754, et sacré le 16 juin à 
Notre-Dame de Paris, devint premier aumônier du roi en 1764, conseil- 
ler d'Etat en 1767, fut reçu de l'Académie française en 1770 à la place 
de Moncrif. On peut se demander d'où lui venaient tous ces titres. 

Son siège étant supprimé en 1791, il n'émigra pas, habita Crespy, 
qui était de son diocèse ; fut emprisonné pendant la Terreur, mais 
épargné. Il pontifia même à Senlis le 12 et le 15 août 1797. 

Ayant donné sa démission en 1801, il fut institué archevêque de 
Malines en 1802, réorganisa le culte catholique dans son archidiocèse, 
qui comprenait le département de la Dyle et le département des Deux- 
Nèthes. Il était pourtant octogénaire. 



ÉVÊGHÉ DE SOISSONS 331 



Mais en 1808, il donna sa démission, devint chanoine de Saint-Denis. 
f à Paris le 24 avril 1818, get. 97, es. 62. Obsèques célébrées à Saint- 
Sulpice, corps rapporté à Senlis. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE SENLIS 

0. Gist. vir. Caroli locus, Chaalis. 

fem. Parcus dominarum, Le Par c-aux- Dames. 
0. S. A. Victoria, La Victoire, fondée en 1214 par Philippe- 
Auguste, au retour de Bouvines. 
S. Vincentius Silvanectensis, Saint-Vincent de Senlis, 
berceau de la Congrégation de France et du réfor- 
mateur, le P. Charles Faure. 

PRIEURÉS ET COLLÉGIALES 

Saint-Nicolas-d'Acy, prieuré de Cluny. 

Saint-Maurice, prieuré de chanoines réguliers de Sainte-Geneviève. 

Saint-Michel de Crespy-en- Valois, prieuré de femmes de l'ordre de 
Saint- Augustin. 

Les collégiales sont : Saint-Rieul à Senlis, ecclesia collegiata 
S. Reguli, Saint - Frambauld, sacra capella S. Frambaldi, Saint- 
Thomas à Crespy, S. Thomas Cantuariensis. 



SUESSIONES, SOISSONS 

Siège très ancien, le premier de la province après le siège métro- 
politain, l'évêque de Soissons ayant l'honneur de sacrer le roi au défaut 
de l'archevêque de Reims. 

Cf. Fisquet, France pontificale, Soissons et Laon, 1 vol. in-8. Paris, 1865. 

84. — Charles de BOURLON, 84 e évêque de Soissons. 
Né à Paris en 1611 (al. 1613), fils de Mathieu, maître des requêtes, et 
de Christine Bailly, docteur de Sorbonne, abbé de Chartreuve (Soissons). 



332 PROVINCE DE REIMS 



Nommé en 1652 coadjuteur de Simon Le Gras, évêque de Soissons, 
et muni de ses bulles le 13 décembre, il fut sacré à Paris, dans l'église 
Saint-Etienne- du-Mont, le 2 février 1653, sous le titre d'évêque de 
Césarée. Le 7 juin 1654 il assista l'évêque de Soissons, qui sacrait 
Louis XIV à Reims ; il lui succéda le 28 octobre 1656. 

Aussitôt installé, il exigea de son chapitre la signature du formulaire, 
fit démolir cinq temples protestants, confia son séminaire aux 
Oratoriens. 

f à Ghâteau-Landon le 26 octobre 1685, œt. 74 (72), es. 33. Son 
corps fut rapporté à Soissons. 

— Pierre-Daniel HUET, nommé évêque de Soissons le 17 novembre 
1685, administra comme vicaire capitulaire. Mais en 1689 il permuta 
pour Avranches son brevet de nomination à Soissons avec le suivant. 
Cf. Avranches. 

85. — Fario BRULART de Sillery. 

Né le 22 octobre 1655 à Pressigny, diocèse de Tours, sixième fils de 
Louis, marquis de Sillery, de Puisieux etc., et de Marie-Elisabeth de 
la Rochefoucauld, fut très studieux, devint docteur en théologie à 
26 ans, doyen de Reims, et successivement abbé de Tonnerre, de 
l'Espau, de la Pelice, du Gard. 

Nommé évêque d'Avranches le 10 juin 1689, il consentit volontiers à 
la permutation de son brevet avec P. D. Huet ; mais il dut attendre ses 
bulles jusqu'au 15 janvier 1692. Son sacre eut lieu dans l'église Saint- 
Louis des Jésuites à Paris, le 23 mars suivant. 

S'il s'est fait remarquer par sa charité, par des fondations utiles, des 
ouvrages divers, même des poésies, s'il fut reçu à l'Académie des 
Inscriptions en 1701, à l'Académie française en 1705, il fut néanmoins 
un fauteur secret des Jansénistes. C'est ce qu'on ne trouve ni dans 
l'article élogieux de Moréri, ni dans Fisquet. 

f à Paris le 19 novembre 1714, set. 59, es. 23. 

86. — Jean-Joseph LANGUET de Gergy. 

Né le 25 août 1677 à Dijon, d'une famille distinguée, frère puîné de 
Jean-Baptiste, curé de Saint-Sulpice à Paris, docteur de Navarre, 
aumônier de la Dauphine, abbé de Coetmaloën (Quimper), vicaire 



ÉVÊCHÉ DE SOISSONS 333 



général du pieux Senaux à Autun, supérieur des Visitandines de 
Paray-le-Monial. 

Nommé évêque de Soissons par Louis XIV le 5 janvier 1715, il se fit 
sacrer à Saint-Sulpice le 23 juin par trois Pairs de France, Mailly de 
Reims, Beauvillier de Beauvais et Rochebonne de Noyon, qui étaient 
ses co-provinciaux. 

Ayant pris possession d'un diocèse en souffrance, il mérita bien de 
son église, du Saint-Siège et de sa patrie, malgré le déchaînement des 
haines jansénistes. Il est le premier biographe de la B. Marguerite- 
Marie. Il fut reçu de FAcadémie française le 18 août 1721 son mérite 
seul le fit appeler à un archevêché. 

Transféré à Sens en 1730. Cf. Sens. 

— René de SESMAISONS, né à Nantes, d'abord scolastique de la 
Compagnie de Jésus, puis chevalier de Malte, enfin prêtre et vicaire 
général de Poitiers. 

Nommé évêque de Soissons le 3 janvier 1731, renonça fin-mai, 
accepta l'abbaye de Ham (Noyon) en juin, puis Saint-Clément de Metz. 

f le 25 mai 1742. 

87. — Charles-François Le Fèvre de LAUBRIÈRES. 

Noble Angevin, conseiller au Parlement, marié en 1713 et père de 
deux enfants, veuf en 1718, entré dans les ordres en 1719, bon prêtre 
fort édifiant. 

Nommé évêque de Soissons le 26 juillet 1731, préconisé le 3 sep- 
tembre, sacré à Paris le 13 janvier 1732, fut tout dévoué à son diocèse, 
fonda des prix à l'Académie de Soissons. Mais attaqué de la rougeole, 
f dans son séminaire le 25 décembre 1738, set. 51, es. 7. 

88. - François de FITZ-JAMES. 

Né le 9 juin 1709 à Saint-Germain-en-Laye, second fils du maréchal 
de Berwick, renonça aux espérances mondaines pour embrasser l'état 
ecclésiastique à 18 ans, fut alors nommé abbé de Saint-Victor de Paris. 
Ayant reçu le bonnet de docteur en théologie, il devint vicaire général 
de Saulx-Tavannes à Rouen, 1735, abbé de Saint-Georges de Bocher- 
ville, trois ans après. 

Le 31 décembre 1738 il fut nommé évêque de Soissons ; préconisé le 
23 février et sacré à Rouen le 31 mai 1739, il prit possession de son 



334 PROVINCE DE REIMS 



siège, fit accepter la bulle et mérita l'estime de tous. Devenu premier 
aumônier du roi en 1742, il se trouvait à Metz au moment où le roi 
tomba malade ; il aida le P. Sylvain Pérussault, confesseur du roi, à 
remplir son difficile ministère. 

Jusque-là, Fitz-James n'avait eu que de l'aversion pour les Jansé- 
nistes. Mais ses censures contre le P. Pichon, son instruction pastorale 
contre le P. Berruyer, son catéchisme rigoriste, ses liaisons avec 
Gaylus d'Auxerre, lui ayant valu les compliments du parti, il détesta 
les Jésuites et passa toute borne. Seul des évoques en 176 c 2, il demanda 
la suppression de la Compagnie de Jésus, « comme inutile et dange- 
reuse, quoique ses membres fussent de mœurs pures » ! 

Son mandement, réprouvé par l'épiscopat français, fut condamné 
par le pape Clément XIII. L'article de la Biographie universelle, con- 
sacré à cet évêque de Soissons, omet tout ce qui n'est pas à sa louange. 
L'article consacré à son frère, le maréchal, est plus exact. 

L'évêque f à Paris le 19 juillet 1764, set. 55, es. 16. 

89. — Henri-Joseph-Claude de BOURDEILLES. 

Transféré de Tulle, août 1764-janvier 1765. Cf. Tulle. 

Dès qu'il eut pris possession, ce digne évêque s'appliqua à réparer 
les fautes de son prédécesseur. Il enleva son séminaire aux Oratoriens 
jansénistes, fit reprendre le catéchisme de Languet, exigea des béné- 
ficier s la signature du Formulaire, et purgea ainsi son diocèse du 
poison. 

Il n'édifia pas moins les fidèles, malgré son train de grand seigneur, 
par sa régularité, sa piété, ses charités. En 1791, il déploya une 
vigueur extraordinaire pour résister au schisme ; son siège allait être 
envahi par Marolles qui venait d'être sacré le 24 février. 

Forcé de s'enfuir à Bruxelles, à Munster, à Granhoff, il n'oublia pas 
ses diocésains. Ayant donné sa démission en 1801, il rentra en France. 

f à Paris le 12 décembre 1802, aet. 82, es. 40. Inhumé à Vaugirard. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SOISSONS 

0. S. B. vir. S. Medardus Suessionensis, Saint-Médard de Soissons. 
S. Crispinus Major, Saint-Crespin-le-Grand. 
Casiacum, Chézy. 



ÈVÊCHÉ DE SOISSONS 335 



0. S. B. vir. Orbacum, Orbais. 

S. Cornélius Compendiensis, Saint- Corneille de Com- 
piègne. 
fem. B. M. Suessionensis, Notre-Dame de Soissons. 

Mauriana Vallis, Morienval. 

S. Remigii parthenon, Saint-Remy-aux-Nonnains. 

Regalis locus, Royal-Lieu. 
0. Gist. vir. Longus pons, Longpont. 
fem. Amor Dei, Amour-Dieu. 

Argenceolas, Argensoles. 
0. S. A. vir. S. Joannes in Vineis, S aint-Jean-des- Vignes. 

Essomi, Essommes. 

S. Grispinus in Cavea, Saint- Crespin-en-Chaye. 

S. Leodegarius, Saint-Léger. 
fem. Barra, La Barre. 

S. Paulus, Saint-Paul. 
0. Praem. Cartovorum, Chartreuve. 

Brana, Saint-Yved-de-Braine. 

Giarus fons, Claire fontaine. 

Locus Restauratus, Lieu-Restauré. 

Vallis christiana, Valchrétien. 

Vallis sécréta, Valsecret. 

Vallis serena, Valsery. 
0. S. Clarae. Novigentum Artaldi, Nogent-V Artaud. 



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ROTOMAGENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE ROUEN 



Ville ancienne de la Gaule Celtique, Rotomagus, Rouen, devint métro- 
pole de la Lyonnaise seconde sous les empereurs romains. Ses évêques 
devinrent ainsi métropolitains ou archevêques. La province prit le nom 
de Neustrie sous les Mérovingiens, de Normandie à partir de Fan 911, 
on sait pourquoi. Les archevêques de Rouen s'intitulèrent primats. 

La province ecclésiastique est divisée en sept diocèses : Rotomagen. 
Rouen; Abrincen. Avranches; Bajocen. Bayeux; Gonstantien. Coutances; 
Ebroicen. Evreux; Lexovien. Lisieux; Sagien. Séez. Tel est l'ordre 
alphabétique des suffragants ; l'ordre de dignité placerait Bayeux en tête. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XI, anno 1759, editus. Ce volume tout entier est 
consacré à la province de Rouen. Almanach royal, années successives. 



ROTOMAGUS, ROUEN 

Diocèse contenant près de 1400 paroisses, s'étendant depuis le cours 
inférieur de l'Oise jusqu'à la mer et sur un littoral considérable. 

Cf. Léon Fallue, Histoire politique et religieuse de Véglise métropolitaine et du 
diocèse de Rouen ; 4 vol. in-8, Rouen, 1849-1851 ; — Fisquet, France pontificale, 
Rouen, 1 vol. in-8, Paris, 1866. 



ARCHEVÊQUES DE ROUEN 

83. — Charles de BOURBON- VENDOME, né en 1522, cardinal en 
1547, archevêque de Rouen après Georges d'Amboise en 1550, pro- 



ARCHEVÊCHÉ DE ROUEN 337 



clamé roi de France par la Sainte-Union en 1589, sous le nom de 
Charles X f le 9 mai 1590, à Fontenay-le-Gomte. 

84. — Charles de BOURBON-CONDÉ, neveu du précédent, né en 
1562, cardinal en 1582 et coadjuteur de son oncle, archevêque de 
Rouen en 1590. 

f à Paris le 30 juillet 1594, n'étant que sous-diacre. 

85. — Charles de BOURBON-NAVARRE, fils naturel d'Antoine de 
Bourbon, roi de Navarre, et de Louise de la Béraudière, né en 1557, 
devint docteur en l'un et l'autre droit, nommé archevêque de Rouen 
par son frère Henri IV, ne reçut ses bulles qu'en 1597, se fit sacrer à 
Paris, prit possession, gouverna bien, fut très généreux, mais peu 
régulier dans sa vie privée. 

Ayant donné sa démission en faveur du suivant le 1 er décembre 
1604, et s'étant retiré à Marmoutier, il s'y livra aux exercices de la 
pénitence et de la dévotion. 

f le 15 juin 1610, un mois après Henri IV. 

86. — François, cardinal de JOYEUSE, né en 1562, archevêque 
de Narbonne en 1582, cardinal en 1583, archevêque de Toulouse en 
1589, archevêque de Rouen en 1604, prit possession par procureur le 
14 mars, par lui-même le 2 novembre 16ÔÊT, fit refleurir la religion, la 
piété et les études, favorisa les fondations religieuses et charitables, 
tout en remplissant ses fonctions de cardinal à Rome ou des missions 
diplomatiques très importantes, à Venise, par exemple. 

f à Avignon, au retour d'un pèlerinage à Montserrat, le 23 août 1615, 
set. 53, es. 33, card. 32. 

87. — François de HARLAY de Champvallon, né en 1586, fils de 
Jacques, seigneur de Champvallon et de Bréval, et de Catherine de la 
Marck, accordé comme coadjuteur au cardinal de Joyeuse, qui put le 
sacrer le 14 mars 1614 archevêque d'Augustopolis et auquel il succéda 
l'année suivante. 

Son mérite est d'avoir suivi la ligne de conduite de son prédécesseur 
vis-à-vis des ordres religieux qui se réformaient et des établissements 
charitables qui se fondaient. Il a aussi publié beaucoup d'ouvrages 
dont Fisquet donne la liste. 



338 PROVINCE DE ROUEN 



En 1651 , il se démit de son archevêché en faveur du suivant, son 
neveu, jeune, peu édifiant, ambitieux, se retira au château de Gaillon, 
où il mourut le 22 mars 1653, set. 67, es. 39. 

88. — François de HARLAY de Ghampvallon, né à Paris le 14 
août 1625, fils d'Achille et d'Odette de Vaudetar, neveu et filleul du 
précédent, fut nommé archevêque de Rouen, malgré saint Vincent-de- 
Paul, et sacré le 18 décembre 1651. 

Sa conduite privée nuisit beaucoup à son administration, louable en 
plusieurs points. De puissantes protections lui valurent l'archevêché 
de Paris en 1671. Cf. Paris. 

89. — François Rouxel de MÉDAVY, né le 8 août 1604, fils de 
Pierre, baron de Médavy près de Séez, comte de Grancey-le-Château, 
près de Mâcon, et de Charlotte de Fervaques, abbé de Gormeilles 
(Lisieux), de Saint- André-en-Gouffern (Séez). 

Nommé évêque de Séez en 1651, l'année même où son frère aîné 
recevait le bâton de maréchal, il se fit sacrer aux Jésuites de Pontoise 
le 21 mai 1652. Elevé sur le siège de Rouen en 1671, à l'âge de 67 ans, 
« quoiqu'il eût haute taille, yeux vifs, goûts économes » (L. Fallue), il 
se laissa gouverner par une curia et bientôt par son coadjuteur et 
cependant il n'entrava pas le mouvement catholique dans son diocèse. 

Son rôle dans l'Assemblée de 1682, où il siégea, fut décoratif plutôt 
qu'actif. Par déférence pour son coadjuteur, autant que par infirmité, 
il se retira au château de Grancey les deux dernières années de sa vie. 

f à Grancey le 27 janvier 1691, set. 87, es. 39. 

90. — Jacques-Nicolas COLRERT, coadjuteur et successeur du 
précédent. 

Né à Paris le 14 février 1655, second fils de Jean-Raptiste, dit le 
Grand Colbert, et de Marie Charron, eut à dix ans l'abbaye du Rec et 
le riche prieuré de la Charité-sur-Loire, fut reçu quelques années après 
docteur en théologie et à 23 ans, membre de l'Académie française. 

Demandé comme coadjuteur par l'archevêque de Rouen, il obtint ses 
bulles gratis et fut sacré le 4 août 1680 archevêque de Carthage. C'est 
avec ce titre qu'il siégea dans l'Assemblée de 1682, dont son père était 
le promoteur ardent quoique secret. 

Il gouverna le diocèse de Rouen à sa guise, tant avant qu'après 1691, 



ARCHEVÊCHÉ DE ROUEN 339 



sans tenir compte des droits même de Rome. Il fit décorer à grands 
frais par Mansard le château de Gaillon. G'est-là que dans une réunion 
nommée indûment concile provincial, il condamna Fénelon, le 30 juin 
1699. Contestant la primatie de Lyon, il fit trancher la question dans 
son sens par l'autorité royale. 

Toutefois, il favorisa les études des jeunes clercs, les conférences 
ecclésiastiques et les œuvres charitables. 

f à Paris le 10 décembre 1707, set. 53, es. 28. 

91. — Claude-Maur d'AUBIGNÉ. 

Transféré de Noyon, 25 décembre 1707-27 février 1708. Cf. Noyon. 

Apportant avec lui son titre de Pair de France, il prit possession de 
son siège archiépiscopal le 10 juillet 1708, au milieu de l'allégresse 
universelle. Cette fois Madame de Maintenon avait eu la main bonne. 

« Très attaché aux décisions de l'Eglise, il résida, visita son diocèse 
qui était fort étendu, mena une vie exemplaire, pieuse, ennemie de la 
frivolité » (L. Fallue). 

L'éloge nous paraît complet, et il est mérité. Fisquet renchérit encore 
en parlant de la dévotion du prélat, de sa vigilance, de son aversion 
pour le jansénisme, de sa charité. 

Frappé d'apoplexie, il mourut à Rouen le samedi 22 avril 1719, 
33t. 61, es. 19. 

Le 7 avril précédent, jour du Vendredi-Saint, était mort à Saint- Yon 
près de Rouen celui qui est maintenant le Bienheureux Jean-Baptiste 
de la Salle. 

92. — Jean-Baptiste-Armand Bazin de BESONS. 

Transféré de Bordeaux, 27 mai-18 septembre 1719. Cf. Bordeaux. 

Ayant pris possession par procureur le 15 décembre 1719, en per- 
sonne le 12 janvier 1720, il institua comme vicaire général Hue de la 
Roque, qui était janséniste, et lui en adjoignit cinq autres, puis il 
retourna à Paris, étant du conseil de Régence, ainsi que son frère le 
maréchal. 

Il dirigea malheureusement les premiers pas de son neveu et filleul, 
Armand de Besons, évêque de Carcassonne, et poussa par des vues 
trop humaines, à l'épiscopat, les deux frères Le Blanc, ses neveux 
aussi, l'un évêque d'Avranches, l'autre de Sarlat. 

Ces actes de népotisme sont plus préjudiciables à sa mémoire que 



340 PROVINCE DE ROUEN 



l'ordination de Guillaume Dubois à Triel, qu'on lui reproche d'avoir 
autorisée. 
f à Gaillon le 8 octobre 1721, get. 66, es. 29. 

93. — Louis de la Vergne de TRESSAN. 

Transféré de Nantes, 17 octobre 1723-14 février 1724. Cf. Nantes. 

Le siège archiépiscopal de Rouen était vacant depuis plus de deux 
ans, quand Tressan, enfin préconisé, put en faire prendre possession 
par Hue de la Roque, dont il ne fut débarrassé qu'en 1728. Il fit son 
entrée en personne le 10 décembre 1724. 

A Rouen, comme à Nantes, il fut très opposé au jansénisme, érigea 
un autel au Sacré-Cœur de Jésus, et dans l'Assemblée du clergé en 
1725 il releva les erreurs de son premier suffragant, Lorraine de 
Rayeux, janséniste. Quatre ans plus tard, il eut la joie de sacrer évêque 
de Rayeux l'orthodoxe Paul d'Albert de Luynes. 

C'est grâce à l'archevêque de Rouen que Louis XV octroya des 
lettres-patentes en faveur des Frères de la Doctrine Chrétienne, que le 
pape avait approuvés par une bulle. 

Mais « il laissa réparer maladroitement la cathédrale » (L. Fallue), 
et plus maladroitement, ajoutons-nous, il imposa une liturgie nouvelle, 
Rréviaire, Missel, livres de chant, quoique rédigés par Urbain Robinet. 
Il fit paraître un catéchisme, 1730, dont nous n'avons rien à dire. 

f à Gaillon le 16 avril 1733, set. 63, es. 25. 



94. — Nicolas-Charles, cardinal de SAULX-TA VANNES. 

Transféré de Châlons, 28 août-17 décembre 1733. Cf. Chalons. 

Comme Claude-Maur d'Aubigné, il arrivait à Rouen avec les honneurs 
de la pairie ; il prit possession par procureur le 28 janvier, par lui- 
même le 24 mai 1734. Dès cette année-là, il donna les pouvoirs de vicaire 
général à F. de Fitz-James, qu'il sacra évêque de Soissons cinq ans 
plus tard. 

Sans favoriser les Jansénistes, il les toléra, ce qu'il n'avait pas fait à 
Châlons. Engagé dans les voies de la modération, il suivit les Feuil- 
lants. Aussi fut-il proposé pour le cardinalat par le roi ; et dans le 
consistoire du 5 avril 1756, Renoît XIV le créa cardinal. L'année sui- 
vante, il fut nommé grand-aumônier de France, honneur qui eût dû 
revenir à Christophe de Reaumont. En 1758, il fut élu proviseur de 
Sorbonne. 






ARCHEVÊCHÉ DE ROUEN 341 



Beaumont était alors en exil, persécuté pour la justice ; le cardinal 
de Tavannes s'honora en demandant son rappel, 
f à Paris le 10 avril 1759, set. 69, es. 38, card. 3. 

95. — Dominique, cardinal de la ROCHEFOUCAULD. 

Transféré d'Albi, 25 avril-2 juin 1759. Cf. Albi. 

Ayant fait prendre possession de son siège le 28 juillet 1759, il régla 
ses autres affaires et vint enfin à Rouen le 10 janvier 1760. On éprouva 
bientôt les effets de sa charité, de sa douceur et de sa grandeur d'âme. 

Pour sauver les Jésuites en 1762, il crut bon de solliciter avec Choi- 
seul de Besançon, Choiseul de Châlons, Tinseau de Nevers et Cicé 
d'Auxerre, des modifications à l'Institut de Saint-Ignace. Cette modé- 
ration n'ayant abouti à rien, il montra de la fermeté en 1771 après la 
disgrâce des Parlements. 

Sous Louis XVI, il grandit en considération : créé cardinal à la 
demande du roi le 1 er juin 1778 et reçu commandeur du Saint-Esprit 
le 14 mai 1780, il fut l'oracle des Assemblées du clergé. Son crédit à la 
cour était grand. 

Aux élections de 1789, il fut élu premier député de son clergé, garda 
son rang aux Etats-Généraux et ne perdit pas son prestige dans 
l'Assemblée constituante. N'ayant pu empêcher le vote des lois révo- 
lutionnaires, il éclaira du moins la conscience de ses ouailles sur le 
schisme constitutionnel et régla l'administration canonique de son 
diocèse. 

Il quitta la France après le 10 août, passa par Bruxelles et Maes- 
tricht, se fixa enfin à Munster. De-là, il gouvernait encore son diocèse 
et prenait la direction des quatre diocèses de sa province, qui étaient 
venus successivement à vaquer. Son âge et ses infirmités l'empêchè- 
rent de se rendre au conclave de Venise. 

f à Munster le 22 septembre 1800, set. 87, es. 54, card. 23, doyen 
des évêques de France. Les restes du vénérable cardinal ont été rap- 
portés à Rouen en 1875. 

A la nouvelle de son décès, le chapitre de Rouen, quoique décimé, 
put cependant se réunir en nombre suffisant : il nomma vicaires capi- 
tulâmes les vicaires généraux du feu cardinal. Cela n'empêcha pas que 
Belbœuf d'Avranches et d'Argentré de Séez, les seuls évêques survi- 
vants de la province, ne revendiquassent la juridiction sur Rouen et 
sur les quatre autres diocèses vacants. De son côté, l'abbé de Salamon, 



342 PROVINCE DE ROUEN 



ancien internonce de Pie VI en France, dut s'occuper de la Normandie. 
Ces conflits inopportuns durèrent jusqu'à la promulgation du Concordat. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE ROUEN 

0. S. B. vir. S. Audoenus Rotomagensis, Saint-Ouen de Rouen. 

Fontanella seu S. Vandregisilus, Fontenelle ou Saint- 

Wandrille. 
Gemeticum, Jumièges. 
Fiscannum, Fécamp. 
Beccum, Le Bec. 
Ulterior Portus, Le Tréport. 

S. Martinus Pontisarensis, Saint-Martin de Pontoise. 
S. Victor apud Gaietés, Saint-Victor-en-Caux. 
S. Georgius de Balcherivilla, Saint-Georges de Boscher- 

ville. 
Alciacum seu Alba Maria, Auchy ou Aumale. 
Validus seu Walonis mons, Valmont. 
Prioratus B. M. de Prato seu Boni Nuncii, N.-D. du 

Pré ou de Bonne-Nouvelle, prieuré de l'abbaye du 

Bec à Rouen, 
fem. Monasterium villare, Montivilliers . 

S. Amandus Rotomagensis, Saint-Amand de Rouen. 
Gratia Dei, La Grâce-Dieu, Bénédictines anglaises éta- 
blies à Rouen en 1658. 
Prioratus Novi Gastri in Braio, Prieuré de Neufchâtel- 

en-Bray. 
0. S. A. vir. Augum, Notre-Dame ou Saint-Laurent d'Eu. 

Gornevilla, Comeville. 
0. Cist. vir. Bellus Beccus, Beaubec. 

Fulcardi mons, Foucarmont. 

Mortuum mare, Mortemer. 

Valassia seu Vallis Azonis, La Volasse ou Notre-Dame 

du Vœu. 
fem. Bivallis, Bival, 

Bondevilla, Bondeville, érigée en 1657. 
Arcae, Arques. 



ÉVÊCHÉ d'avranches 343 



0. S. B. fem. Fontes Guerardi, Fontaine-Guérard. 
Gomeri Fons, G orner fontaine. 
S. Sidonius, Saint-Saens. 
Thésaurus B. M., Le Trésor. 
0. Prsem. Bellosanna, Bellozane. 
Insula Dei, Vile-Dieu. 
Marchasium Radulphi, Marcheroux. 
Ressonium, Ressons. 
0. S. Clarae. S. Clara Rotomagensis, Sainte-Claire de Rouen. 

Graveningae, Les Gravelines, Glarisses anglaises venues 
de Gravelines. 
Congr. FF. S. Ionius, caput Fratrum regularium, Saint-Yon, mai- 
son-mère de la Congrégation des Frères des Ecoles 
Chrétiennes. 



COLLÉGIALES, COUVENTS ET COMMUNAUTÉS 

On compte trois collégiales à Rouen et dix autres dans le diocèse. 
Les couvents et communautés diverses, tant d'hommes que de femmes 
qui se trouvent dans le diocèse, sont au nombre de 120, en sorte que 



nous renonçons à les énumérer. 



ABRIN&E, AVRANCHES 

Le siège épiscopal remonte au VI e siècle ; le diocèse composé de 
177 paroisses, est le moins considérable de la province. 

Cf. Lecanu (Le chanoine) : Histoire du diocèse de Coutances et d'Avranches, 2 vol. 
gr. in-8 ; Coutances, 1877 et 1878. — Pigeon (l'abbé) : Le diocèse dAvranches, ses 
origines, ses évêques, sa cathédrale, ses églises, ses comtes et ses châteaux ; 2 vol. 
in-8, Coutances, 1889. 

59. — Gabriel - Philippe Froulay de TESSÉ , 59° évêque 
d'Avranches. 

Né vers 1615, quatrième fils de René, comte de Tessé, et de Marie 
de Sourdis, eut successivement deux abbayes. 



344 PROVINCE DE ROUEN 



Après le refus de François d'Aligre *, l'austère réformateur, il fut 
nommé évêque d'Avranches, pour remplacer Gabriel de Boylesve, 
angevin, qui était mort le 3 décembre 4667. Ayant reçu ses bulles, il 
se fit sacrer à Paris le 20 janvier 1669 et prit aussitôt possession. 

C'est lui qui, avec les deux archevêques de Rouen, représenta la 
province à l'Assemblée de 1682 ; il était de caractère à s'y montrer 
complaisant. 

f à Avranches le 27 avril 1689, aet. 74, es. 21. 

— Fabio Brulart de SILLERY, nommé évêque d'Avranches en 
juin 1689, permuta en octobre avec P.-D. Huet, qui était nommé 
évêque de Soissons depuis le 13 novembre 1685 et restait sans bulles. 
Cf. Soissons. 

60. — Pierre-Daniel HUET. 

Né à Caen le 8 février 1630, fils d'un Huguenot converti, fut élève 
des Jésuites à Caen et malgré cela protégé de l'illustre ministre protes- 
tant, Samuel Bochart, qui l'emmena en Suède, 1652. Aussi érudit 
qu'original, Huet devint sous-précepteur du Dauphin en 1670, membre 
de l'Académie française en 1674, abbé d'Aunay en 1678. 

Nommé évêque de Soissons depuis quatre ans, il permuta avec 
Brulart en 1689, comme nous venons de le dire ; mais il attendit ses 
bulles encore trois ans. 

Sacré enfin évêque d'Avranches à Paris le 24 août 1692, il résida, 
visita son diocèse, confia son séminaire aux pieux Eudistes. Il fut 
moins bien inspiré en donnant un Breviarium Abrincense. 

Ayant donné sa démission le 20 avril 1699 et reçu l'abbaye de Fonte- 
nay, il se retira dans la maison professe des Jésuites à Paris, et y 
vécut encore vingt-deux ans. 

f à Paris le 25 janvier 1721, aet. 91, es. 29, doyen de l'Académie 
française, laissant des ouvrages nombreux et variés. 

61. — Roland-François de KERHOENT de Coetenfao. 

Né dans le diocèse de Vannes, d'une noble famille, docteur de 
Navarre. 

1. Fils du chancelier, ami de Rancé et de Gondrin, François réforma Saint- 
Jacques de Provins, en même temps que Rancé la Trappe, refusa le siège d'Avran- 
ches en 1668 et mourut en 1712 âgé de 91 ans. 



ÉVÊCHÉ d'avranches 345 



Nommé évêque d'Avranches en avril 1699, put se faire sacrer le 29 
novembre au noviciat des Jésuites à Paris. Evêque pieux, régulier, 
orthodoxe, assista néanmoins avec Gaylus d'Auxerre le cardinal de 
Noailles qui sacrait Bossuet le petit, le 31 juillet 1718, association 
fâcheuse pour sa mémoire. 

f à Paris le 2 octobre 1719, aet. ? es. 20. Enterré à Saint-Sulpice. 

62. — François-César LE BLANC. 

Né à Paris le 15 mars 1672, fils de Louis, maître des Requêtes, et de 
Suzanne Bazin de Besons, neveu du nouvel archevêque de Rouen, qui 
le poussa. 

Nommé évêque d'Avranches en novembre 1719 et sacré aux Invalides 
de Paris le 1 er mai 1720 par son oncle de Rouen, il gouverna en paix 
son diocèse, comme son frère Denis-Alexandre gouvernait le diocèse 
de Sarlat presque en même temps. 

f à Paris le 13 mai 1746, aet. 74, es. 26. 

63. — Pierre- Je an-Baptiste Durand de MISSY. 

Né à Bouen en 1692, fils d'Augustin et de N. Le Guerchois, doyen 
de Saint-Germain-FAuxerrois à Paris et vicaire général de Luynes à 
Bayeux. 

Nommé évêque d'Avranches le 21 août 1746, il put se faire sacrer 
dès le 9 octobre dans l'église Saint-Louis des Jésuites à Paris. 

f près de Caen le 2 avril 1764, set. 72, es. 18. 

64. — Raymond de DURFORT. 

Né le 10 août 1725 au château de la Roque-en-Quercy, fils de Gilles- 
François, seigneur de Léobard, et de Jeanne de Mérully, abbé de la 
Vieuxville (Dol) en 1750, de Lessay (Coutances) en 1757, aumônier du 
roi en 1761. 

Nommé évêque d'Avranches en 1764 et sacré à Versailles le 8 sep- 
tembre, vit à peine son église. 

Transféré à Montpellier le 25 mai-6 août 1766. Cf. Montpellier. 

65. — Joseph-François de MALIDE. 

Né à Paris le 12 juillet 1730, vicaire général du cardinal de Roche- 
chouart à Laon. 



346 PROVINCE DE ROUEN 



Nommé évêque d'Avranches, 25 mai 1766, il se fit sacrer à Saint- 
Roch de Paris par Christophe de Beaumont, le 31 août. 
Ce fut un évêque docte, vigilant et bon, quoique flatteur de Louis XV. 
Transféré à Montpellier, 20 janvier-9 mai 1774. Cf. Montpellier. 

66. — Pierre-Augustin Godard de BELBŒUF, dernier évêque 
d'Avranches. 

Né à Rouen le 8 mai 1730, fils de Pierre, marquis de Belbœuf, pro- 
cureur général au Parlement de Normandie, et d'Augustine Le Peletier, 
vicaire général de Rouen. 

Nommé évêque d'Avranches le 20 janvier 1774, il fut sacré le 15 mai 
à Issy. Reçut l'abbaye de Bonneval (Chartres) en 1781. 

Son siège étant supprimé en 1791, il passa en Angleterre. Après la 
mort du cardinal de la Rochefoucauld en 1800, il s'arrogea la juridiction 
comme étant le plus ancien évêque de la province. 

Il était à Londres en 1801, quand il signifia au pape le refus de sa 
démission. 

f à Hampton près de Londres le 26 septembre 1808, set. 79, es. 35. 

Enterré au cimetière Saint-Pancrace. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AVRANCHES 

0. S. B. vir. S. Michael in periculo maris, Le Mont-Saint- Michel. 

fem. B. M. de Mostonis, N.-D. de Moutons, prieuré. 
0. S. A. vir. Mons Morellus, Montmorel. 

0. Cist. vir. Saviniacum, Savigny, abbaye-mère de beaucoup d'autres 
abbayes et de plusieurs prieurés, en France, en 
Angleterre et ailleurs, 
fem. Albse Dominse, Les Blanches, à Mortain. 
0. Praem. Lucerna, La Luzerne, réformée au XVII e siècle, et en 
règle. 



COLLEGIALE 

S . Ebrulfus Moretoniensis, Saint-Evroult à Mortain. 



ÉVÊCHÉ DE BAYEUX 347 



BAJOCiE, BAYEUX 

Le siège épiscopal de Bayeux, très ancien, le premier des suffragants 
de la province, est important à cause des 600 paroisses, des abbayes, 
des collégiales qui sont dans le diocèse et par les nombreux établisse- 
ments de la ville de Gaen. 

Cf. Histoire du diocèse de Bayeux pendant le XVII e et le XVIII e siècle, par l'abbé 
Jacques Laffetay, docteur ès-lettres, chanoine titulaire de Bayeux; 1 er vol. in-8, 
Bayeux, 1855 ; 2 e vol. 1868. — Fisquet, France pontificale, Bayeux et Lisieux ; 1 vol. 
in-8, Paris, 1867. 

73. François de NESMOND, 73 e évêque de Bayeux. 

Né à Paris le 31 août 1629, fils de François-Théodore, président au 
Parlement, et d'Anne de Lamoignon, élève des Jésuites à Louis-le- 
Grand, puis de Nicolas Cornet au collège de Navarre, il fut reçu 
docteur en théologie et fit partie de l'Assemblée où fut acceptée la bulle 
d'Innocent X qui condamnait les cinq propositions de Jansénius. Il était 
depuis quelques années prieur de la Voûte, abbé de Mauléon (La 
Rochelle) et de Ghézy (Soissons). 

Nommé évêque de Bayeux pour remplacer François Servien, qui 
était mort le 2 février 1659, il attendit ses bulles près de trois ans, à 
cause de la dispute de deux cardinaux relative à une certaine pension. 
Sacré enfin à la Sorbonne le 19 mars 1662, il prit possession de son 
diocèse, qu'il édifia par sa douce piété, son zèle pur, son orthodoxie 
irréprochable et ses utiles fondations durant plus d'un demi-siècle. 

f à Bayeux, le 16 juin 1715, set. 86, es. 54, doyen des évêques de 
France et des docteurs de Sorbonne, laissant une mémoire vénérée. 

— Joseph-Emmanuel cardinal de la TRÉMOILLE, chargé des 
affaires de France à Rome, nommé évêque de Bayeux en février 1716, 
prit possession par procureur le 13 novembre, n'étant pas encore 
sacré. 

Nommé archevêque de Cambrai deux ans plus tard, il ne vint pas à 
Bayeux. Cf. Cambrai. 

74. — François-Armand de LORRAINE. 

Né à Paris le 13 février 1665, fils de Louis, comte d'Armagnac, etc., 



PROVINCE DE ROUEN 



grand écuyer de France, et de Catherine de Villeroy, pourvu de trois 
abbayes et d'une dignité à Nancy, docteur de Sorbonne en 1688, fut 
écarté de l'épiscopat, tant que vécut Louis XIV. 

Nommé évêque de Bayeux le 7 mai 1718 par le Régent, il fut tenu en 
échec par le pape. Préconisé enfin le 18 septembre 1719, et sacré le 
5 novembre par Noailles, il fit prendre possession par un Janséniste 
notoire, interdit les Jésuites et vint enfin lui-même pour s'en retourner 
presque aussitôt. 

Ses ordonnances maladroites lui aliénèrent son clergé ; son aversion 
pour les Jésuites sema la discorde parmi les religieux ; sa prévention en 
faveur des Jansénistes lui fit embrasser de monstrueuses erreurs contre 
lesquelles réclamèrent la Faculté de théologie de Gaen, l'archevêque 
de Rouen et même le Parlement de Normandie. Condamné à Rome, cet 
évêque allait être déposé par le concile provincial. 

f à Paris, le 9 juin 1728, aet. 64, es. 9. 

Enterré à Royaumont, ses restes mortels ont été transférés à Nancy 
en 1856. 

75. — Paul d'Alrert de LUYNES. 

Né le 5 janvier 1703 à Paris (à Versailles, Alm. R.), deuxième fils 
d'Honoré-Charles, comte de Montfort, qui fut tué à l'ennemi en 1704, 
dut son éducation à ses aïeux paternels, bien conseillés par Fénelon. 
D'abord militaire, puis ecclésiastique, Paul devint vicaire-général du 
cardinal de Bissy à Meaux, abbé de Cérisy (Bayeux) en 1727. 

Nommé évêque de Bayeux en 1728 et sacré le 25 septembre 1729 à 
Paris, au noviciat des Dominicains, il prit possession le 11 décembre. 

Son prédécesseur lui léguait une tâche pénible, mais facile à remplir. 
Il exigea de tous et obtint généralement l'adhésion à la bulle Unigenitus, 
fit donner et donna lui-même des missions, prêcha, instruisit, catéchisa, 
réparant ainsi les fautes du coupable Lorraine et rappelant les sages 
ordonnances de Nesmond. 

Il eut cependant le tort de publier un Breviarium Bajocense suivi 
d'un Missale. Reçu de l'Académie française le 16 mai 1743 en place du 
cardinal de Fleury, il devint en 1747 premier aumônier de laDauphine. 

Transféré à Sens, 18 août 1753. Cf. Sens. 

76. — Pierre-Jules-César de ROCHECHOUART. 
Transféré d'Évreux, 18 août-26 septembre 1753. Cf. Évreux. 



ÉVÊCHÉ DE BAYEUX 349 



Était bien intentionné, comme le prouve le discours qu'il prononça 
devant les évêques de la province à Rouen en faveur des Jésuites et 
contre les Assertions. 

Il compléta la liturgie Bayeusaine. 

Se démit de son évêché et de ses abbayes en 1776 pour se retirer à 
Montigny près d'Orléans. 

f à Montigny, le 24 janvier 1781, aet. 84, es. 48. 

On a célébré pour lui un service de centenaire, le 23 août 1882, à 
Montigny (Loiret). 

77. — Joseph-Dominique de GHEYLUS. 

Transféré de Cahors, 1776. Cf. Gahors. 

Orthodoxe, pieux, charitable, il ne se défia pas assez tôt des idées 
nouvelles en 1789, se laissa élire maire de Bayeux. Mais sortant enfin 
de sa fausse position, réclamant surtout contre les innovations schisma- 
tiques, il fut contraint de se retirer d'abord en Angleterre, puis à Jersey. 

Là il fut par ses aumônes, ses exemples et ses conseils, la providence 
des prêtres réfugiés comme lui 4 . 

f à Jersey, le 22 février 1797, aet. 80, es. 35. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE BAYEUX 

0. S. B. vir. Cerasium,Ce'Wsr/. 

Fontanetum, Fontenay. 

Troarnum, Troarn. 

S. Stephanus Gadomensis, Saint-Étienne-de-Caen. 

Longse, Longues. 
fem. SS. Trinitas Gadomensis, La Trinité de Caen. 

Gordelio, Saint-Laurent de Cordeillon. 
0. S. A. vir. Vallis, Le Val. 

Plessaeum Grimoldi, Le Plessis-Grimoult, prieuré. 

0. Gist. vir. Alnetum, Aulnay. 

Vallis Richerii, Val-Richer. 
Barbereium, Barbery. 

Thorigneium I, Thorigny (abbaye aux hommes), 
fem. Thorigneium II, Thorigny (abbaye aux dames). 

1. C'est ce que nous avons pu démontrer nous-même dans un article intitulé Un 
évêque émigré à Jersey, publié dans la Revue du Monde catholique, juin 1883. 



350 PROVINCE DE ROUEN 



0. Praem. Ardena, Ardenne, 

Bella Stella, Belle-Étoile. 

COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Outre le chapitre de la cathédrale, il y a dans le diocèse la collégiale 
du Saint- Sépulcre à Gaen et la collégiale de Croissanville. 

Les couvents tant d'hommes que de femmes sont nombreux dans la 
ville épiscopale et à Gaen. Dans cette dernière ville, les Jésuites avaient 
un collège célèbre, dit le collège du Mont ; mais ils furent chassés 
en 1762. Les Eudistes qui tenaient le séminaire de Caen subsistèrent 
jusqu'à la Révolution. 

La Délivrande, non loin de Gaen, est un lieu de pèlerinage célèbre 
en l'honneur de Notre-Dame. 



CONSTANTIA, COUTANGES 

Le diocèse de Goutances comprend toute la presqu'île dite du 
Gotentin et même les îles voisines de Jersey, Guernesey, Aurigny, 
quoique protestantes. Le siège épiscopal est ancien. Pour le distinguer, 
on dit Constantia Neustriœ ou provinciœ Rotomagensis. 

Cf. Lecanu (Le chanoine): Histoire du diocèse de Coûtâmes et d'Avranches; '2 vol. 
gr. in-8 ; Coutances, 1877-1878. 

75. — Charles-François de LOMÉNIE, 75 e évêque de Goutances. 

Né à Paris en 1637, fils de Henri-Auguste, comte de Brienne, secré- 
taire d'État, et de Louise de Béon, fut page du jeune roi Louis XIV, puis 
ecclésiastique, docteur de Sorbonne, abbé de Saint-Germain d'Auxerre, 
de Saint-Éloi de Noyon, de Saint-Cyprien de Poitiers. 

Au refus de Claude Auvry, ancien évêque de Goutances, auquel on 
proposa de nouveau le siège, Charles-François fut nommé en 1666, 
pour succéder à Eustache Le Clerc de Lesseville, qui était mort à Paris 
le 3 décembre 1665. S'étant fait sacrer le 19 février 1668 aux Carmélites 
de Saint-Denis, il prit possession. 

Modeste, pieux, charitable, il souscrivit néanmoins à la condamna- 
tion de Fénelon en 1699, donna une édition du Bréviaire de sa propre 
autorité, garda toujours ses idées gallicanes, tout en favorisant les 
Capucins, les Eudistes, etc. 



ÉVÊCHÉ DE COUTANCES 351 

f à Coutances, le 7 avril 1720, set. 83, es. 54, doyen ou sous-doyen 
des évoques de France. 

— Claude AU VRY, sacré évêque de Coutances en 1647, démission- 
naire en -1658, refusa de remonter sur son ancien siège en 1666. 
f à Paris, le 9 juillet 1687, set. 80, es. 41. 

76. — Léonor de Goyon de MATIGNON *. 

Né en 1683, deuxième fils de Charles-Auguste comte de Gacé, 
maréchal de France, et de Marie-Elisabeth Berthelot, docteur de 
Sorbonne, prieur du Plessis-Grimoult, abbé de Lessay. 

Nommé évêque de Coutances le 9 janvier 1721, se fit sacrer aux 
Carmes de Paris le 11 janvier 1722. Il se montra constamment l'adver- 
saire du jansénisme ; et cependant il donna sans scrupule un Brevia- 
rium Constantiense, et un Missale particulier. 

Quelques actes d'autorité l'avaient rendu moins populaire, malgré 
ses vertus incontestables. 

f le 29 mars 1757, set. 74, es. 36, peu regretté. 

77. — Jacques Le Fèvre du QUESNOY. 

Né en 1694 à Golleville (Lecanu), en 1707 à Valognes (Alm. #.), abbé 
de Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1743, vicaire-général du précédent. 

Nommé évêque de Coutances en 1757 et sacré le 21 août à Acquigny, 
près de Lou Aers, eut un épiscopat paisible, dit Lecanu ; ce qui signifie 
que le prélat était Feuillant et ne se soucia guère des Jésuites, étrangers 
du reste à son diocèse. 

f à son abbaye de Saint-Sauveur, le 9 septembre 1764, aet. 57 (ce 
qui donne raison à YAlmanach Royal), es. 5. 

78. — Ange-François de TALARU de Chalmazel 2 . 

Né le 14 mai 1725 au château de Chaussiu en Bourbonnais, troisième 
fils de Louis, marquis de Chalmazel en Forez, comte de Chamarande 
en Hurepoix, chevalier du Saint-Esprit, et de Marie de Bonneval, fut 
chanoine et vicaire-général de Sens en 1753. 

Nommé évêque de Coutances en 1764, il se fit sacrer le 10 mars 1765, 



1. V. Moréri, Généalogie de Goyon de Matignon, 

2. V. Gourcy, op. cit. I, p. GG5, Généalogie de Talaru (Forez). 



352 PROVINCE DE ROUEN 



reçut en 1767 l'abbaye de Blanchelande, en 1771 celle de Montebourg. 

Cet évêque à eu l'honneur d'être poursuivi avec acharnement dans 
sa personne et dans ses actes par les Nouvelles ecclésiastiques. La 
haine des sectaires fut compensée par l'estime du clergé, qui l'élut 
député aux États-Généraux. Il fut un des premiers évêques qui obtem- 
pérèrent aux exigences du Tiers pour la vérification des pouvoirs en 
commun ; mais il s'opposa énergiquement aux mesures révolution- 
naires et aux lois schismatiques. Voyant son siège envahi par l'intrus 
Bécherel, il passa en Angleterre, au lieu de se rendre à Jersey, qui 
relevait territorialement de sa juridiction. 

f à Londres, le 20 mars 1798, set. 73, es. 33. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE COUTANGES 

0. S. B. vir. S. Severus, Saint-Sever. 
Exaquium, Lessay. 

S. Salvator Vicecomes, Saint-Sauveur-le-Vicomte. 
Montisburgus, Montebourg. 
Hambeia, Hambie. 
fem. B. M. de Protectione, Notre-Dame de Protection, 
établie à Valognes en 1626. 
B. M. de Angelis, Notre-Dame des Anges, établie à 
Goutances en 1633. 
0. S. A. vir. S. Laudus, Saint-Lô. 

Gaesarisburgus, Notre-Dame du Vœu à Cherbourg. 
0. Prsem. Blanca landa, Blanchelande. 






EBROIO*, EVREUX 

Siège épiscopal illustré par S. Taurin ; diocèse de 550 paroisses, 
de 14 abbayes, de 4 collégiales et d'un grand nombre de couvents. 

Cf. Chassant et Sauvage, Histoire des évêques d'Évreux, 1 vol. in-16, Évreux, 
1846. — Fisquet, France pontificale, Évreux ; 1 vol. in-8, Paris, 1867. 

77. — Jacques Potier de NOVION, 77 e évêque d'Évreux. 

Né à Paris en 1647, fils de Nicolas, premier président au Parlement, 



ÉVÊCHÉ d'évreux 353 



et de Catherine Gallard, abbé du Petit- Gîteaux (Chartres), docteur en 
théologie, fut nommé successivement évêque de Sisteron et de Fréjus. 

Il venait d'être sacré pour ce dernier siège, quand il fut nommé évêque 
d'Évreux, mai 1681, en même temps que L.-J. de Grignan, qui avait été 
nommé évêque d'Évreux l'année précédente, était appelé au siège de 
Carcassonne. Il succédait en réalité au pieux évêque Henri de Maupas 
mort le 12 août 1680. 

Malgré ses efforts pour pacifier les esprits, il y eut scission entre lui 
et son clergé. Il ne fut peut-être pas assez ferme. S'il ne persécuta pas 
le vertueux H. Boudon, grand archidiacre d'Evreux, il ne déploya pas 
assez d'énergie pour le soutenir et le venger. 

f à Évreux, le 14 octobre 1709, set. 62, es. 32. 

— Gaston-Armand Sublet de HEUDICOURT, docteur de Sorbonne, 
abbé de la Roë (Angers), vicaire-général de Rouen à Pontoise, nommé 
évêque d'Évreux le 1 er novembre 1709. 

f à Rouen, le 10 février 1710, n'ayant pas encore reçu ses bulles. 

78. — Jean LE NORMANT. 

Né en 1662 à Orléans de parents humbles, fut agrégé à la maison de 
Sorbonne et reçu docteur avant l'âge de trente ans. Promoteur du 
diocèse de Paris en 1700, syndic du clergé en 1705, député à l'Assemblée 
de 1710. 

Nommé évêque d'Évreux le 12 juillet et sacré à la Sorbonne le 21 
décembre 1710, il mérita l'honneur d'être signalé par les Jansénistes 
comme l'un des destructeurs de Port-Royal, quoiqu'il eût fait partie de 
l'administration du cardinal de Noailles. 

La vérité est qu'il surveilla l'enseignement de la théologie dans son 
diocèse, qu'en 1728 il fit taire les cinquante avocats de Soanen. Il crut 
pourtant devoir supprimer des fêtes. 

f à Évreux, le 7 mai 1733, set. 71, es. 23. 

79. — Pierre-Jules-César de ROCHECHOUART*. 

Né le 8 mars 1698 au château de Montigny, diocèse d'Orléans, fils de 
Louis, seigneur de Montigny, et d'Elisabeth de Cugnac, prieur de 

1. Histoire de la maison de Rochechouart, parle général comte de Rocheghouart; 
2 vol. in-4, Paris, 1859. 

23 



354 PROVINCE DE ROUEN 



Saint-Lo (Rouen) en 1724, vicaire-général de l'orthodoxe Fleuriau, 
évêque d'Orléans. 

Nommé évêque d'Évreux le 1 er septembre 1733, préconisé le 2 décem- 
bre, il se fit sacrer le 21 mars 1734 au noviciat des Jésuites de Paris 
par son métropolitain, Nicolas de Tavannes. 

Strict observateur des canons, il soutint la bulle Unigenitus même 
devant le Parlement de Rouen, où des Appelants l'avaient poursuivi ; 
il embellit la maison de campagne des évêques, fit accorder à ses 
chanoines des ornements spéciaux, donna un Breviarium Ebroicense. 

Transféré à Bayeux en 1753. Cf. B a yeux. 

80. —Arthur-Richard DILLON. 

Né en 1721 à Saint-Germain-en-Laye, quatrième fils d'Arthur, Irlandais 
au service de la France, archidiacre de Rouen à Pontoise, abbé d'Élan 
(Reims). 

Nommé évêque d'Évreux le 18 août 1753, il se fit sacrer le 28 octobre 
par Saulx-Tavannes, prit possession. Député de sa province à l'Assem- 
blée de 1755, il se tourna vers les Feuillants, en grand seigneur pauvre, 
qui visait plus haut qu'Évreux, 

Transféré à Toulouse en 1758. Cf. Toulouse. 

81. — Léopold-Charles de CHOISEUL-Stain ville. 

Né le 6 décembre 1724 au château de Lunéville, était frère du fameux 
ministre de Louis XV et vicaire-général de son cousin Claude- Antoine 
de Choiseul à Châlons , 

Nommé évêque d'Évreux le 14 mai 1758 et sacré le 29 octobre, il ne 
se pressa pas d'aller occuper son modeste siège. 

Transféré à Albi, avril-juin 1759. Cf. Alri. 

82. — Louis-Alrert de LEZAY-MARNESIA. 

Né en 1707 dans le diocèse de Besançon, troisième fils de Claude- 
Hubert, gouverneur du château de Brest, et de Claude-Françoise de 
Poligny, fut reçu comte de Lyon en 1728, devint doyen en 1758. 

Nommé évêque d'Évreux le 5 avril 1759 et sacré le 6 novembre, il 
fit la translation solennelle des reliques de S. Taurin, fonda la chapelle 
sépulcrale des évêques dans la cathédrale d'Évreux. 

Mais devenu infirme, il se démit de son évêché en 1773, reçut en 



ÉVÊCHÉ d'évreux 355 



échange l'abbaye de Beaulieu (Verdun), tout en gardant Bellevaux 
(Besançon) qu'il tenait depuis 1731. 
f à Lons-le-Saulnier, le 4 juin 1790, aet. 83, es. 31. 

83. — François de NARBONNE-LARA. 

Transféré de Gap, 1773-1775. Cf. Gap. 

Un de ses premiers soins fut de supprimer plusieurs fêtes. Quelques 
autres réformes le rendirent impopulaire, quoiqu'il fût très généreux. 
Il était premier aumônier de Mesdames Victoire et Sophie (1771), abbé 
de Lire (1779), etc. 

Aux élections de 1789, il attacha une grande importance aux privilèges 
de son ordre, ce qui le fit rejeter et amena l'élection de Lindet. 

Quand son siège fut occupé par ce dernier, il détourna ses prêtres 
du serment. Émigré à Tournai, juin 1791, il lança un mandement qui 
fut cause de beaucoup de rétractations. 

f à Rome, le 12 novembre 1792, set. 72, es. 29. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'ÉVREUX 

0. S. B. vir. S. Taurinus, Saint-Taurin. 

Grux S. Leufredi, La Croix-Saint-Leufroy. 

Conchae, Conches. 

Lira, Lire. 

Ibreium, Ivry. 
fem. S. Salvator Ebroicensis, Saint-Sauveur-d'Évreux. 

S. Nicolaus de Vernolio, Saint-Nicolas de Vemeuil. 

Novus Burgus, Neubourg. 

Paceium, Pacy. 
0. S. A. fem. S. Ludovicus de Vernone, Saint-Louis de Vemon. 
0. Cist. vir. Brolium Benedicti, Breuil-Benoît. 

Noa, La Noë. 

Bonus portus, Bonport. 
fem. Strata, Notre-Dame de VEstrée. 



356 PROVINCE DE ROUEN 



COLLÉGIALES, COLLÈGES ET COUVENTS 

Il y a quatre collégiales dans le diocèse : N.-D. de Vernon, Saint- 
Louis de la Saussaie, Saint- Antoine et Saint-Georges de Gaillon. 

Il y a trois collèges pour l'instruction de la jeunesse : Évreux, 
Verneuil et Vernon. 

On distingue en tête des couvents la belle Chartreuse de Gaillon. Les 
Dominicains ont un couvent à Évreux, ainsi que les Gordeliers et les 
Capucins. Il y a des Picpuciens à Louviers, à Pont- de-F Arche et à 
Laigle ; des Ursulines à Évreux, des Franciscaines à Louviers, des 
Augustines de la Congrégation Notre-Dame à Vernon, etc. 



LEXOVII, LISIEUX 

Les évêques de Lisieux étaient en même temps comtes de la ville 
et conservateurs de l'Université de Caen. 

Cf. Fisquet, op. cit. Bayeux et Lisieux; 1 vol. in-8, Paris, 1867. — Dubois, Histoire 
de Lisieux et de son comté ; 2 vol. in-8, Lisieux, 1865. 

50. — Léonor II de Goyon de MATIGNON, 50 e évêque de Lisieux. 

Né à Thorigny le 5 septembre 1637, second fils de François, gouver- 
neur de la Basse-Normandie, et d'Anne Malon de Bercy, fut abbé de 
Lessay, doyen de Lisieux, aumônier du roi. 

Nommé évêque-comte de Lisieux en 1676 à la démission de son 
oncle Léonor I er , il se fit sacrer le 14 mars 1677 au noviciat des Jésuites 
à Paris. 

Il embellit sa cathédrale, rebâtit le palais épiscopal, fonda deux 
séminaires pour les étudiants, deux hospices pour les pauvres et fut 
plus orthodoxe que son frère de Condom. Il donna pourtant en 1704 un 
Breviarium Lexoviense. 

f à Paris, le 14 juillet 1714, set. 77, es. 34. 

Son corps fut rapporté à Lisieux. 



ÉVÊCHÉ DE LISIEUX 357 



51. — Henri-Ignace de BRANCAS. 

Né à Pernes, diocèse de Carpentras, en 1684 (alias 1687), quatrième 
fils de Henri, marquis de Céreste, et de Dorothée de Cheylus, fut abbé 
de Saint-Gildas-des-Bois en 1706, de Chambre-Fontaine en 1712, 
docteur en théologie, 1710. 

Nommé évêque-comte de Lisieux le 15 août 1714 et sacré le 13 
janvier 1715 au noviciat des Jésuites à Paris, il fit beaucoup pour sa 
ville et pour son diocèse. Orthodoxe, comme son héroïque frère, 
l'archevêque d'Aix, il fut aussi recommandable par sa charité, sa piété 
et ses autres vertus. 

Il fit approuver les Filles de la Providence en 1723 pour l'instruction 
de la jeunesse, termina les contestations de son chapitre et rédigea des 
statuts pour son clergé. 

f à Lisieux, le 31 mars 1760, set. 76 (73), es. 46, sous-doyen des 
évêques de France. 

Son éloge de 15 p. in-4° par ses vicaires-généraux, dont l'un était 
J.-D. de Cheylus, est signalé dans le Journal de Trévoux, juin 1760. 

52. — Jacques-Marie de Caritat de CONDORCET. 
Tranféré d'Auxerre, 1 er janvier-16 mars 1761. Cf. Auxerre. 
Arrivé à Lisieux, dans un diocèse préservé de l'hérésie, le courageux 

athlète put se reposer des luttes glorieuses qu'il avait soutenues à 
Auxerre, sans toutefois enfouir ses talents. 

Il déploya son zèle pour défendre les Jésuites ; il poursuivit les 
Jansénistes ; il s'attaqua vigoureusement à Voltaire, sans pouvoir, hélas ! 
lui arracher son propre neveu, Jean- Antoine-Nicolas, le trop fameux 
marquis de Condorcet. 

Les pieux fidèles s'étonnèrent de voir un si saint évêque supprimer 
plusieurs fêtes. 

f à Lisieux, le 21 septembre 1783, set. 80, es. 42. 

S'il faut en croire Fisquet, la Vie de J.-M. de Condorcet, a été publiée 
par un anonyme: où et quand? Nous avons mentionné, p. 31, celle 
que M. l'abbé Rance a donnée en 1885. 

53. — Jules- Basile Ferron de la FERRONNAYS, dernier évêque 
de Lisieux. 

Transféré de Bayonne, 1783-1784. Cf. Bayonne. 

Suivant son désir, on l'accueillit sans pompe ; de son côté, il ne 



358 PROVINCE DE ROUEN 



montra que bienveillance et douceur, ce qui n'empêcha pas les Nouvelles 
ecclésiastiques, 24 avril 1786, de l'accuser de dureté et d'apathie. 

Aux élections du bailliage d'Évreux, mars 1789, il ne vit pas assez 
clairement les tendances révolutionnaires qui mirent en avant Lindet, 
un de ses prêtres. Mais bientôt il protesta contre les lois schismatiques 
et les intrus. 

Forcé de fuir en Suisse, dans les Pays-Bas, en Allemagne, il écrivit 
de Brunswick à Rome, 1795-1796, deux lettres que rapporte Theiner. 

f à Munich, le 15 mai 1799, set. 74, es. 29. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LISIEUX 

0. S. B. vir. S. Ebrulfus Uticensis, Saint-Evroult oVOuche. 

Bernaicus, Bernay. . 

Pratellum, Préaux. 

Grestanum, Grestain. 

Cormelise, Cormeilles. 

Bellus mons in Algia, Beaumont-en-Auge, prieuré, 
fem. S. Leodegarius Pratelli, Saint-Léger de Préaux. 

S. Desiderius Lexoviensis, Saint-Désir de Lisieux. 
0. S. A. S. Barbara in Algia, Sainte-Barbe-en-Auge, prieuré 

cédé aux Jésuites de Gaen en 1607. 
0. Praem. Mons Dei, Mondaye, près de Bayeux. 



SAGII, SÉEZ 



Cf. Fisquet, France pontificale, Séez ; 1 vol. in-8, Paris, 1865. — Maurey 
d'Orville, Recherches historiques sur la ville, les évêques et le diocèse de Séez; 1 vol. 
in-8, Séez, 1829. — H. Marais et H. Beaudouin, Essai historique sur la cathédrale 
et le Chapitre de Séez; 1 vol. gr. in-8. Alençon, 1876. 

69. — Jean de FORGOAL, 69* évêque de Séez. 
Originaire des Gévennes, d'une famille protestante convertie, mais né 
catholique, fut aumônier du roi, prieur de Moustiers-au-Perche. 

1. C'est à dessein que nous gardons cette orthographe respectable. 



ÉVÊCHÉ DE SÉEZ 359 



Nommé évêque de Séez en 1671, pour remplacer François-Rouxel 
de Médavy, qui passait au siège de Rouen, il se fit sacrer à Paris le 24 
août 1672, et prit possession le 22 mars 1673. 

Il soutint à bon droit ses statuts, même contre son métropolitain, 
mais à tort ses prétentions au gouvernement temporel de sa ville 
épiscopale contre le marquis d'Angennes. 

f à Séez, le 22 février 1682, set. ?.. es. 10. 

70. — Mathurin SAVARY. 

Né à Paris, était fils * ou parent de Jacques Savary, auteur du livre 
intitulé le Parfait Négociant. Aumônier de la reine, il fut pourvu de 
deux abbayes. 

Nommé évêque de Séez le 22 mai 1682, il resta dix ans sans bulles, 
administrant néanmoins comme vicaire -capitulaire, malgré certaines 
oppositions locales. 

Ayant enfin reçu ses bulles le 6 mars 1692, il se fit sacrer le 24 août 
aux Feuillants de Paris, prit possession le 23 octobre, visita ses parois- 
ses, donna un excellent catéchisme. 

f à Séez, le 16 août 1698, aet. ?., es. 6. 

71. — Louis d'AQUIN. 

Transféré de Fréjus, 1698-1699. Cf. Fréjus. 

Il prit possession le jour de la Pentecôte 1699, se montra dur contre 
Fénelon, doux pour les Jansénistes, tout en employant les Jésuites 
d'Alençon. Il assista Rancé à la mort. 

Cet évêque eût de la dignité, de la piété, de l'activité. 

f à Séez, d'une maladie contagieuse le 17 mai 1710, set. 45, es. 13, 
léguant ses biens aux pauvres. 

72. — Dominique-Barnabe TURGOT de Saint-Clair. 

Né à Paris le 26 octobre 1667, d'une famille bretonne, établie en 
Normandie, était fils d'Antoine, maître des requêtes, et de Jeanne du 
Tillet, docteur en théologie, aumônier du roi, agent général du clergé. 

Nommé évêque de Séez le 12 juillet 1710 et sacré le 14 décembre aux 
Jésuites de Paris, il prit possession le 15 février 1711, confia aux 
Jésuites d'Alençon la direction de son grand séminaire, publia la bulle 

1. Fisquet nie la filiation tout en convenant de la parenté. 



360 PROVINCE DE ROUEN 



Unigenitus dès 1714, mérita l'estime générale par son exquise affabilité 
et la distinction de ses manières. 

Premier aumônier de la duchesse de Berry, il venait de recevoir 
l'abbaye de Silly et de donner un Proprium SS. Sagiensium. 

f à Séez, le 18 décembre 1727, set. 60, es. 17. 

73. — Jacques-Charles-Alexandre LALLEMANT. 

Né le 8 février 1691, fils de Charles-Louis, comte de Lévignen, 
seigneur de Betz, ancien receveur-général des finances à Soissons, et 
de Catherine Trois-Dames, fut reçu docteur de Sorbonne en 1716, 
devint vicaire-général de Montcley, évêque d'Autun, puis visiteur- 
général des Carmélites. 

Nommé évêque de Séez le 27 mars 1728 et sacré le 23 janvier 1729 à 
l'Assomption de Paris, il fit exiler en 1731 trois de ses curés Appelants, 
donna un Bréviaire de Séez, analogue au Bréviaire de Paris, fit réparer 
sa cathédrale. Instruit, zélé, mortifié, il était aimé de tous. 

Député de sa province à l'Assemblée du clergé. 

f à Paris, le 6 avril 1740, set. 49, es. 12. 

Enterré à Saint-Roch. 

74. — Louis-François Néel de CHRISTOT. 

Né à Rouen en 1698, conseiller-clerc au Parlement de Normandie 
en 1719, abbé de Silly en 1728, doyen du chapitre de Bayeux en 1735, 
plus fort en droit qu'en théologie, mais charitable et bon. 

Nommé évêque de Séez le 5 mai 1740 et sacré le 18 décembre à 
Gaillon par Saulx-Tavannes, il fit son entrée le 14 octobre 1741, visita 
son diocèse. 

En 1744, il laissa partir les Jésuites de son grand-séminaire, qui 
échut aux Eudistes. En 1762 il se contenta de signer une lettre collective 
en faveur des Jésuites, quoiqu'il regrettât leur collège d'Alençon. Il allait 
trop souvent à Rouen, n'étant plus que conseiller honoraire du Parle- 
ment. Toutefois, il ne perdait pas de vue son diocèse, où sa mémoire 
s'est gardée longtemps. 

f à Saint-Victor de Paris, le 8 septembre 1775, 33t. 77, es. 35. 

Enterré à Saint- Victor. 

75. — Jean-Baptiste du Plessis d'ARGENTRÉ. 

Né au château du Plessis, dans la paroisse d'Argentré-de-Bretagne, 



ÉVÊCHÉ DE SÉEZ 361 



le l or novembre 1720, l'un des fils de Pierre, ancien page de Louis XIV 
et de Marie-Louise Hindret de Ravenne, qui eurent six fils et sept filles, 
il fut protégé ainsi que son frère Louis-Charles, par Gilles du Goetlosquet, 
ancien évêque de Limoges, devenu précepteur des Enfants de France. 

Pourvu d'une commanderie de Malte, du prieuré de Saint- Junien, 
des abbayes d'Olivet (Orléans), d'Évron (Le Mans), de Saint-Germain 
(Auxerre), de Saint- Aubin (Angers), de Saint-Martin (Séez), vicaire- 
général de son frère Louis-Charles, évêque de Limoges. 

Devenu lecteur des Enfants de France, Jean-Baptiste fut sacré évêque 
de Tagaste le 20 mars 1774, pouvant rester ainsi à Paris ou à Versailles, 
tandis que son frère Louis-Charles était à Limoges. 

Nommé évêque de Séez, fin 1775, il prit possession, mais revint 
souvent à la cour, d'où il protégeait son frère de Limoges, sans oublier 
ses neveux, protection qui est onéreuse pour sa mémoire. Premier 
aumônier de Monsieur en 1784, il fit achever les réparations de sa 
cathédrale, bâtir le palais épiscopal. 

La Révolution l'ayant remplacé par un évêque constitutionnel, 
Lefessier, il émigra en Angleterre et finit par s'établir à Munster en 
Westphalie avec son frère de Limoges. 

C'est de Munster en 1801 qu'il data deux actes déplorables. Par le 
premier, il revendiquait la juridiction sur le diocèse de Rouen ; par le 
second, il refusait sa démission au pape, refus aggravé le 3 avril 1803 
par les Réclamations qu'il signa. 

f à Munster, le 24 février 1805, aet. 85, es. 31. 

Enterré à Munster, il a été rapporté à Séez en 1875 . 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SÉEZ 

0. S. B. vir. S. Martinus Sagiensis, Saint-Martin de Séez 1 . 
S. Petrus supra Divam, Saint-Pierre-sur-Dive. 
fem. Almaniscae, Almenèches. 
Vinacium, Vignats. 

0. S. A. fem. Esseium, Essai. 

1. Le monastère, rebâti depuis peu, fut vendu comme bien national en 1791, mais 
non démoli. On l'a racheté de nos jours, et il est aujourd'hui le grand séminaire. 



362 



PROVINCE DE ROUEN 



0. Gist. vir. S. Andréas de Gofferno, Saint-André en Gouffem. 

Trappa, La Trappe, en règle depuis 1662 4 . 

Villare Caniveti, Villers-Canivet. 

S. Joannes in Falesia, Saint- Jean de Falaise. 

Silleium, Silly 2 . 
0. S. Clarse. S. Clara Alenconiensis, Sainte-Claire iï Alençon. 



0. Gist. fem 
0. Prsem. 



COLLÉGIALES, COLLÈGES ET COUVENTS 

Il y avait une collégiale à Mortagne, une autre à Garrouges. Les 
Jésuites avaient un collège à Alençon qui fut fermé en 1762. Alençon, 
Séez, Argentan, Falaise avaient des couvents d'hommes ou de femmes. 

1. L'histoire de l'abbé de Rancé et de sa réforme est assez connue. 

2. Henri Dumont, maître de chapelle du roi, célèbre par la messe royale, fut abbé 
de Silly en 1667. f le 8 mai 1684. 



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SENONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE SENS 



Métropole de la quatrième Lyonnaise, Agedincum ou Agendicum, 
prit le nom du peuple qui l'environnait, Senones, comme Durocortorum 
le nom de Rémi, Lutetia de Parisii. Le siège épiscopal qui s'y établit 
de très bonne heure devint par le fait même un siège métropolitain. 

Les limites de la province ecclésiastique de Sens furent pendant 
seize siècles celles qu'avait eues autrefois la quatrième Lyonnaise. 
Mais en Tan 1622, comme nous l'avons déjà dit, l'érection de Paris en 
métropole détacha de Sens quatre sufïragants ; et la province diminuée 
n'eut plus dès lors que quatre diocèses : Senonen. Sens, Autissiodoren. 
Auxerre, Nivernen. Nevers, Trecen. Troyes. 

Il est vrai, un cinquième siège épiscopal existait dans la province, 
sur un point presque imperceptible. C'est celui de Bethléem, transporté 
de la Palestine dans l'Hôtel-Dieu de Pantenère près Glamecy. Mais les 
évêques de Bethléem, n'ayant aucune juridiction en dehors de leur 
Hôtel-Dieu, n'étaient pas, à proprement parler, des suffragants de 
l'archevêque de Sens. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XII, anno 1770 editus. — Almanach royal, années 
successives, au chapitre intitulé Clergé de France. 



SENONES, SENS 

Par Etampes, Provins et Melun, l'archidiocèse de Sens touchait 
presque à Paris ; mais il ne s'étendait guère à l'est. On y comptait près 
de 800 paroisses et un grand nombre de monastères ; nous ne men- 
tionnerons que les abbayes. 

Cf. Fisquet, France pontificale : Sens et Auxerre ; 1 vol. in-8. Paris, 1868. 



364 PROVINCE DE SENS 



ARCHEVÊQUES DE SENS 

95. — Nicolas, cardinal de PELLEVÉ. 

Né en 1515 ; évêque d'Amiens en 1553 ; archevêque de Sens, 
16 décembre 1562, créé cardinal par saint Pie V le 17 juin 1570, alla 
résider à Rome de 1572 à 1592. 

Nommé et préconisé archevêque de Reims par Clément VIII, juillet 
1592, il prit possession de Reims tout en gardant Sens ; fauteur ardent 
de la Ligue. 

f à Paris, hôtel de Sens, le 28 mars 1594, eet. 79, es. 41, card. 24. 

96. — Renaud de REAUNE. 

Né en 1527 ; évêque de Mende en 1568 ; archevêque de Rourges en 
1581 ; nommé archevêque de Sens par Henri IV le 26 mai 1594, 
n'obtint ses bulles qu'en 1602 ; put alors exercer les fonctions de grand 
aumônier de France ; disputa sans succès le droit de primatie à Claude 
de Rellièvre, archevêque de Lyon. 

f à Paris le 27 septembre 1606, aet. 80, es. 36. 

Nicolas de Pellevé et Renaud de Reaune ont joué dans notre patrie en 
des temps agités un rôle trop actif pour n'avoir pas encouru des critiques 
exagérées ou reçu des éloges menteurs, selon le parti embrassé par les 
historiens. Il faut n'être d'aucun parti. 

97. — Jacques Davy, cardinal du PERRON. 

Né à Saint-Lô le 25 novembre 1556, fils de Julien, médecin, et 
d'Ursine Lecointe, huguenots l'un et l'autre, fut élevé en Suisse, fit 
preuve d'une facilité prodigieuse pour l'érudition et les lettres. Etant 
venu à Paris en 1576, il abjura l'hérésie, entra dans l'état ecclésiasti- 
que, prononça l'oraison funèbre de Marie Stuart et composa un poème 
sur la mort de Joyeuse, 1587 ; s'attacha bientôt à Henri IV, qui le 
nomma évêque d'Evreux en 1595, le députa aussitôt à Rome où il 
arriva le 12 juillet, et de concert avec Arnaud d'Ossat, procura l'abso- 
lution au roi. Préconisé le 11 décembre, il fut sacré le 27 décembre à 
Saint-Louis- dès-Français, revint en France, salua le roi à Amiens et 
se rendit dans son diocèse. Il y convertit d'abord sa mère, puis Henri 
de Sponde, Sancy, etc., confondit du Plessis-Mornay à la conférence 
de Fontainebleau, 4 mai 1600, ce qui « rougit son chapeau ». 






ARCHEVÊCHÉ DE SENS 365 



Créé cardinal par Clément VIII, le 4 juin 1604, il partit pour Rome 
en qualité d'ambassadeur, y entra le 18 décembre quand se tenaient 
les Congrégations de Auxiliis ; assista aux deux conclaves de l'an 1605. 

Nommé archevêque de Sens et grand aumônier de France en 1606, 
il se hâta de rentrer, prit possession de son nouveau siège le 26 
octobre 1608, s'occupa beaucoup de son diocèse, sans négliger ses 
autres fonctions et ses écrits polémiques. Tint son concile provincial 
en 1612 où fut condamné le livre d'Edmond Richer, etc. Mais attaqué 
d'une rétention, il reçut pieusement les Sacrements. 

f à Paris, 5 septembre 1618, set. 62, es. 23, card. 15. 

98. — Jean Davy du PERRON, frère puîné, coadjuteur et suc- 
cesseur du précédent. Nommé et préconisé archevêque d'Héraclée en 
1617, et sacré en 1618, il succéda la même année, fut zélé. 

f sous Montauban, 24 octobre 1621, set. 56, es. 4. 

99. — Octave de BELLEGARDE, évêque de Conserans, 1614, 
nommé archevêque de Sens le 14 novembre 1621, ne reçut ses bulles 
qu'après le démembrement de sa province et l'érection de Paris en 
métropole. 

Ayant pris possession le 23 février 1623, il fonda un collège de 
Jésuites à Sens, réforma les monastères, censura les Libertés galli- 
canes de Pithou, 1639. S'il approuva la Fréquente Communion 
d'Arnauld, il finit par rompre avec les Jansénistes. 

f à Montreuil-sous-Bois, 26 juillet 1646, set. 58 (59), es. 32. 

100. — Louis-Henri de Pardaillon de GONDRIN. 

Cousin, coadjuteur et successeur du précédent, étant fils d'Antoine- 
Arnauld et de Paule de Bellegarde ; il fut sacré archevêque d'Héraclée 
au Lys, par Bellegarde, 14 mai 1645. Devenu archevêque de Sens 
l'année suivante, il enleva aux Jésuites le pouvoir d'entendre les 
confessions, lui qui avait été élevé à La Flèche ; il tracassa les Capu- 
cins. S'il accepta la bulle d'Innocent X contre Jansénius, ce fut en 
distinguant le fait et le droit. 

Cet archevêque est célèbre par la singularité de ses statuts synodaux, 
par sa mobilité d'esprit, par ses excès de zèle et de lâcheté. 

f à son abbaye de Chaume, 19 septembre 1674, set. 54, es. 30. 



366 PROVINCE DE SENS 



101. — Jean de MONTPEZAT de Carbon. 

Il était né en Languedoc, avait été nommé le 5 juin 1657 évêque de 
Saint-Papoul et sacré le 8 septembre aux Carmélites de Paris ; transféré 
à Bourges, 28 octobre 1664-19 juin 1665. 

Nommé archevêque de Toulouse, mai 1674, il n'avait pas encore 
reçu ses bulles pour ce nouveau siège, quand Gondrin vint à mourir. 

Nommé alors archevêque de Sens le 10 octobre 1674, préconisé le 
22 juillet 1675, il rendit tous les pouvoirs aux Jésuites, prit possession 
19 octobre, fit donner des missions, acheva le séminaire qu'il confia 
aux Lazaristes, assista à la Petite-Assemblée de 1681, non à la Grande, 
mais se trouva à l'Assemblée ordinaire de 1685, toujours gallican. 

f à Sens le 5 novembre 1685, set. 85 (80 aut 79), es. 29. 

102. — Hardouin Fortin de LA HOGUETTE. 

Transféré de Poitiers, 13 novembre 1685-11 janvier 1692. Cf. Poitiers. 

Comme on le voit, sept ans s'écoulèrent entre la date du brevet 
royal et celle des bulles. 

Ayant administré tout ce temps comme vicaire capitulaire, le nouvel 
archevêque prit possession le 20 avril 1692. 

Il modifia en synode, 24 septembre 1692, les statuts de Gondrin ; 
visita son diocèse, se montra zélé contre les Huguenots : il était 
modéré, condamna pourtant Fénelon ; donna en 1702 « Breviarium 
Senonense », en 1715 « Missale, Rituale », de sa propre autorité. 

f à Sens le 28 novembre 1715, set. 72, es. 30. 

103. — Denys-François Le Bouthillier de CHA VIGNY. 

Transféré de Troyes, 20 janvier 1716-24 juin 1718. Cf. Troyes. 

Les deux ans et demi qui s'écoulèrent entre la nomination et la 
préconisation laissent entendre que le pape Clément XI se défiait alors 
du Régent et contrôlait ses choix. 

Avait-il si grand tort dans le cas qui nous occupe ? 

Chavigny, devenu archevêque, se hâta de rendre obligatoire, comme 
s'il eût été dans son droit : « Novum Breviarium ex solis Scripturse 
sacras verbis compositum », 1 er décembre 1725; il tenait pour la 
morale sévère, qu'il alliait du reste facilement avec le gallicanisme. 

f à Marcilly, 9 novembre 1730, 83t. 65, es. 33. 

104. — Jean-Joseph LANGUET de Gergy. 

Transféré de Soissons, 25 décembre 1730-5 mars 1731. Cf. Soissons. 






ARCHEVÊCHÉ DE SENS 367 



Fut aussi pieux, savant et zélé à Sens, qu'il l'avait été à Soissons. 
Il lutta victorieusement contre ses collègues jansénistes et notamment 
contre ses trois suffragants que nous allons nommer. 

Il se vit forcé d'interdire l'enseignement aux Ursulines de Sens qui 
s'obstinaient dans l'erreur; fit donner en 1741 une mission par 
Brydaine, embellit sa cathédrale. 

f à Sens le 11 mai 1753, aet. 76, es. 38, laissant beaucoup d'ouvrages 
publiés ou manuscrits, tous dignes d'un prélat catholique et d'un 
académicien. 

105. — Paul d'Albert, cardinal de LUYNES. 
Transféré de Bayeux, 18 août-16 septembre 1753. Cf. Bayeux. 

Il fut reçu à l'Académie des Sciences 1755, comme il avait été reçu 
à l'Académie française douze ans auparavant pour ses mérites 
personnels. 

Créé cardinal par Benoît XIV le 5 avril 1756, il assista à trois 
Conclaves ; défendit de son mieux les Jésuites, en 1762 contre les 
Parlements et soutint les Ordres religieux contre la Commission des 
Réguliers dans laquelle il se garda bien d'entrer. 

f à Paris le 21 janvier 1788, aet. 83, es. 59, card. 32, doyen des 
évêques de France. 

106. — Etienne-Charles de Loménie, cardinal de BRIENNE. 
Transféré de Toulouse, 30 janvier-10 mars 1788. Cf. Toulouse. 

Au moment de sa translation, il était ministre principal de 
Louis XVI ; mais il tomba sans gloire du ministère ou fut congédié le 
16 août de la même année. 

Il garda soigneusement ses abbayes et autres bénéfices qui lui 
rapportaient plus de six cent mille livres de rente. 

Créé cardinal par Pie VI le 15 décembre 1788, il n'alla pas à Rome, 
et pourtant il ne fit son entrée à Sens que le 3 mai 1790. 

On sait qu'il prêta le serment schismatique et devint ainsi l'évêque 
constitutionnel de l'Yonne. 

Il renvoya à Rome les insignes de la dignité cardinalice, ce qui 
n'empêcha pas Pie VI de le dégrader dans le Consistoire du 26 sep- 
tembre 1791. Il avait refusé de se prêter au sacre des évêques consti- 
tutionnels. 



368 PROVINCE DE SENS 



Ayant acheté l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif, il en fit démolir l'église, 
s'établit dans l'abbatiale. G'est-là qu'il fut arrêté, gardé à vue, menacé. 

f d'apoplexie ou suicidé le 49 février 4794, à l'âge de 67 ans. 

On comprend que nous ne comptions pas les années de son sacre, 
ni de son cardinalat. 

406 bis . — Pierre-François-Marcel de LOMÉNIE. 

Neveu à la mode de Bretagne et coadjuteur du précédent, mais non 
successeur. 

Né à Marseille le 48 juillet 4763, abbé de Jumièges, 4788, agent 
général du clergé. Nommé coadjuteur de son oncle, avec future succes- 
sion, et sacré archevêque de Trajanople le 44 janvier 4789, prêta le 
serment qu'on ne lui demandait pas. 

Il fut cependant arrêté, jugé et guillotiné à Paris avec sa famille le 
24 floréal an II (40 mai 4794), set. 34, sans avoir pris le titre d'arche- 
vêque de Sens, que, du reste, il ne reconnaissait plus, bien différent 
en cela du coadjuteur d'Albi, neveu du cardinal de Bernis. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SENS 

0. S. B. vir. S. Petrus vivus, Saint-Pierre-le-Vif. 

S. Golumba, Sainte-Colombe. 

Ferrari as, Février es. 

S. Petrus Melodunensis, Saint-Pierre de Melun. 

Maurigniacum, Morigny. 

Calma, Chaume ou La Chaume. 
fem. S. Joannes Senonensis, Saint- Jean de Sens. 

S. Severinus Castri Landonis, Château- Landon. 

S. Jacobus Pruvinensis, Saint- Jacques de Provins. 

Jardum, Le Jard. 
0. Cist. vir. Pruliacum, Prully. 

Scaleise, Eschaalis. 

Joyacum, Jouy. 

Fons Johannis, Fontaine- Jean. 

Vallis lucens, Vauluisant. 

Barbellum, Barbeaux. 

Sacra cella, Cercanceaux. 



ÉVÊCHÉ d'auxerre 369 



0. Gist. fem. Villarium, Villiers. 

Gaudium, La Joie. 

Lilium, Le Lys. 
0. Praem. Dei locus, Dilot. 

S. Paulus, Saint-Paul. 
0. S. Claree. Mons S. Catharinse, Le Mont-Sainte- Catherine. 



AUTISSIODORUM, AUXERRE 

Siège épiscopal, un des plus anciens et des plus célèbres 
de la France. 

Cf. Fisquet, op. cit. Sens et Auxerre, in-8 de 472 p. Paris, 1868. 

102. — André COLBERT, 102 e évêque d' Auxerre. 

Né en 1647 à Reims, était fils de Charles, président au présidial de 
Reims, et de Marguerite de Mévilliers, n'était que cousin du Ministre 
et de son frère Nico'as ; fut chanoine à Reims, dès 1660, docteur de 
Sorbonne en 1669. 

Nommé évêque d'Auxerre pour succéder à son cousin Nicolas 
Golbert, qui était mort le 5 septembre 1676, il fut préconisé le 5 avril 
1677 et sacré le 24 juillet 1678 à la Sorbonne ; il confia son séminaire 
aux Lazaristes. 

Bien en cour et à la ville, mal en province, il assista volontiers à la 
petite Assemblée de 1681 ; ce qui ne l'empêcha pas de siéger dans 
l'Assemblée extraordinaire de 1682, comme représentant de sa province 
et comme partisan du grand Golbert. 

f à Régennes le 9 juillet 1704, œt. 55, es. 26. 

103. — Louis-Daniel-Garriel de Pestel de Lévis de Thubières 
de GAYLUS. 

Né à Paris le 20 avril 1669, était fils de Henri et de Claude Fabert, 

élève des Jésuites à Louis-le -Grand et des Sulpiciens, docteur en 

théologie, devint aumônier du roi, vicaire général de Noailles h Paris, 

grâce à Madame de Maintenon. 

24 



370 PROVINCE DE SENS 



Nommé évêque d'Auxerre le 15 août 1704, préconisé le 27 janvier 
1705 et sacré le 1 er mars aux Carmes-Déchaussés de Paris, commença 
bien son épiscopat. 

Il érigea l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement dans une cha- 
pelle en 1707, publia la bulle Unigenitus avec l'instruction des quarante 
évêques en 1714. 

Mais Louis XIV mort, il changea complètement, se laissa guider par 
les Jansénistes, appela de la bulle en 1718, répliqua aux papes avec 
insolence, interdit les Jésuites, supprima la Congrégation de la Sainte- 
Vierge, en arriva jusqu'au fanatisme, vénérant le diacre Paris, se 
vantant d'être en communion avec la Sainte-Eglise d'Utrecht. C'est 
dans ces sentiments et en renouvelant son appel qu'il f à Régennes, 
Mercredi-Saint, 3 avril 1754, set. 85, es. 50, doyen des évêques de 
France, ayant perverti son diocèse par ses fautes et même par ses 
qualités, pendant son épiscopat d'un demi-siècle. 

N. B. — Ses œuvres, mandements, instructions pastorales etc., ont 
été condamnées à Rome le 11 mai 1754. 

104. — Jacques-Marie de Caritat de CONDORCET. 

Transféré de Gap, grâce à Boyer, 24 juin-16 septembre 1754. Cf. Gap. 

Ayant pris possession le 2 février 1755, il interdit aussitôt tous les 
prêtres réguliers ou séculiers qui rejetteraient la Bulle ; et comme 
tout son chapitre persistait dans le jansénisme, il refusa de commu- 
niquer in divinis avec lui. 

Cette fermeté causa des procès, des arrêts, l'exil de l'évêque pendant 
un an (novembre 1756-novembre 1757), ce qui interrompit les visites 
épiscopales, mais non les missions des Jésuites, Cordeliers, Capucins, 
chargés de réveiller la foi dans le diocèse et d'y ranimer la piété. 

A son retour, l'indomptable évêque, toujours éloquent et charitable, 
reprit ses visites diocésaines avec le même zèle, refusa de se démettre, 
dut cependant consentir à une translation, que Louis XV estimait 
nécessaire ! 

Transféré à Lisieux, 1 er janvier-16 février 1761. Cf. Lisieux. 

105. — Jean-Baptiste-Marie Champion de CICÉ, dernier évêque 
d'Auxerre. 

Transféré de Troyes, 8 janvier-16 février 1761. Cf. Troyes. 



évêchè d'auxerre 371 



Il prit possession le 2 mars, procéda en bon Feuillant contre les 
Jansénistes, pacifia le diocèse, déplora sincèrement l'expulsion des 
Jésuites. 

Député par le bailliage d'Auxerre aux Etats-Généraux, il s'opposa le 
plus possible aux innovations, se distinguant ainsi de son frère, l'arche- 
vêque de Bordeaux, refusa énergiquement de jurer la constitution 
civile du clergé et d'imiter en cela son propre métropolitain ; il émigra 
en Allemagne. Son vicaire général, l'abbé Viart, mort seulement en 
1832, gouverna le diocèse pendant toute la Révolution. 

L'évêque d'Auxerre fut louable jusqu'en 1801. Alors, non-seulement 
il refusa de se démettre, mais encore il protesta contre le concor- 
dat, signant les réclamations d'Asseline et se distinguant cette fois 
encore de son frère, avec infiniment moins de mérite. L'archevêque 
reconnaissait ses fautes, et les pleurait, l'évêque, exempt jusque-là de 
fautes graves, se mettait en rébellion ouverte contre l'autorité souve- 
raine du pape, sans vouloir reconnaître cette faute et s'en repentir. 

f à Halberstadt 16 août (nov.) 1805, aet. 81, es. 47. 



ABBAYES DU DIOCÈSE D'AUXERRE 

0. S. B. vir. S. Germanus, Saint-Germain. 

Caritas, La Charité. 
fem. S. Julianus, Saint- Julien. 

Griseno, Crisenon. 
0. S. A. vir. S. Laurentius, Saint- Laurent. 

S. Petrus, Saint-Pierre. 
0. Cist. vir. Pontiniacum, Pon%ny, l'une des quatre filles de Cîteaux. 

Bonus radius, Bouras. 

Rigniacum, Rigny. 

Rupes, Les Roches. 
fem. InsulaB, Les Isles. 
0. Prsem. S. Marianus, Saint-Marien. 



372 PROVINCE DE SENS 



NIVERNUM, NEVERS 

Ce siège, très ancien, était soumis à la nomination royale ; mais pour 
cette nomination, le roi tenait compte de la proposition des ducs de 
Ne vers, qui se sont maintenus jusqu'à la Révolution française. 

Cf. Fisquet, op. cit. Nevers et Bethléem, 1 vol. in-8 ; Paris 1864. — Grosnier 
(l'abbé), Notice historique sur les évêques de Nevers, ajoutée à la Monographie de la 
cathédrale de Nevers ; gr. in-8, Nevers, 1854. 

95. — Edouard Valot, 95 e évêque de Nevers. 

Né en 1637, fils d'Antoine, premier médecin du roi et de Catherine 
Gayant, préféra par vocation la carrière ecclésiastique, reçut en 1653 
l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois (Saint-Brieuc), en 4658, celle de 
Saint-Maurin (Agen), en 4660, celle de Nogent-sous-Coucy (Laon), 
devint docteur de Sorbonne. 

Nommé évêque de Nevers à la démission d'Eustache de Chéry, le 6 
septembre 4666, et sacré à la Sorbonne par Gondrin, archevêque de 
Sens, le 28 août 4667, il confia son séminaire aux Oratoriens, donna 
l'habit, 44 juillet 4685, aux premières sœurs de la Charité de Nevers 4 , 
dont il approuva les règles en 4698. 

Malade, il se démit de son évêché, février 4705. 

f à Paris, le 3 septembre suivant, ast. 68, es. 39. 

96. — Edouard de BARGEDÉ. 

Né en 4654 à Corbigny, fils de Gaspard, bailli de Nevers. 

D'abord curé, puis chanoine de la cathédrale, vicaire-général, enfin 
coadjuteur désigné du précédent. 

Nommé évêque de Nevers le 4 er novembre 4705, et sacré le 2 mai 
4706 au noviciat des Jésuites à Paris par Fleuriau, encore évêque d'Aire, 
il confia son petit séminaire aux Jésuites en 4709, reçut l'abbaye de 
Saint-Cyran en 4740, fut détesté des Jansénistes, de son chapitre et de 
tous les Appelants. 

1. Ces religieuses, hospitalières et institutrices, avaient été fondées à Saint-Sauge 
quelques années auparavant par Dom J.-B. Delaveyne, 0. S. B. — Cf. Histoire de 
Jean-Baptiste Delaveyne, par l'abbé Marillier, vicaire-général de Nevers. 1 vol. 
in-8. Paris, Lecoffre, 1890. 



ÉVÊCHÉ DE NEVERS 373 



f d'une fluxion de poitrine à Nevers le 20 juill. 1719, set. 68, es. 14, 
vivement regretté par les pieux fidèles. 

97. — Charles Fontaine des MONTÉES. 

Né en 1662 à Orléans, fils d'Anne, conseiller du roi et de Françoise 
Boyetet, fut reçu docteur de Navarre en 1689, puis conseiller clerc au 
Parlement de Paris. 

Nommé évêque de Nevers le 27 août 1719 par le crédit de Noailles, 
et sacré le 12 novembre aux Carmes-Déchaussés de Paris ; étant très 
riche, fut libéral et charitable. 

Il légua sa belle bibliothèque aux chanoines de Saint-Martin ; mais 
favorisa les Jansénistes, entrava les Jésuites, ce que Fisquet ne dit pas. 

f à Paris, le 20 février 1740, 33t. 79, es. 21. 

98. — Guillaume d'HUGUES de la Motte. 

Né en 1690 au château de la Motte (Gap), fils de François, baron de 
Beaujeu, et de Françoise de Gastellane-Salernes ; chanoine et prévôt 
d'Embrun, il devint vicaire-général du cardinal de Tencin à Embrun. 

Nommé évêque de Nevers le 24 septembre 1740 et sacré le 5 mars 
1741 au Séminaire Saint-Sulpice par son métropolitain Languet, eut 
beaucoup de peine à réparer les ravages jansénistes causés par son 
prédécesseur dans les couvents de femmes ; quoique bon et doux, il se 
montra ferme. 

Transféré à Vienne, 4 avril 1751. Cf. Vienne. 

99. — Jean-Antoine de TINSEAU. 
Transféré de Belley, 4 avril 1751. Cf. Belley. 

Il arrivait zélé pour la discipline, lui-même austère, charitable, pieux. 

Pour sauver les Jésuites en 1762, il s'unit aux prélats qui demandè- 
rent que l'Institut de Saint-Ignace fut modifié, et lui-même simplifia 
les vœux des sœurs de Nevers. 

Il fit beaucoup de Mandements de circonstance, assista comme 
député de la province à six Assemblées du Clergé, fut prié d'écrire au 
Pape en 1780, au nom de l'Assemblée pour déplorer la suppression de 
certains ordres religieux. 

Se sentant vieillir, il demanda pour coadjuteur l'ancien Jésuite, qui 
suit. 

f à Nevers, le 24 septembre (novembre) 1782, œt. 86, es. 37. 



374 PROVINCE DE SENS 



100. — Pierre de SÉGUIRAN, ancien Jésuite. 

Né à Aix, 19 avril 1739, fils de Jean-Baptiste, avocat- général, et de 
Louise d'Oraison; élève des Jésuites d'Aix, entra dans la Compagnie de 
Jésus et y resta jusqu'à la suppression. 

C'est alors que Dillon, archevêque de Narbonne, le prit pour vicaire- 
général, le fit archidiacre de Corbières, lui fit avoir le prieuré de Saint- 
Marcel (Bourges), puis l'abbaye de Landais (Bourges). 

Agréé par le roi, 14 juillet 1782, comme coadjuteur de Tinseau, et 
celui-ci étant venu à mourir, il fut sacré évêque de Nevers le 5 janvier 
1783, dans l'église de Villejuif près Paris. 

Ayant pris possession, il fonda des écoles gratuites, confiées aux 
Frères de la Doctrine Chrétienne, un petit séminaire, un bureau 
d'aumônes, se priva de tout pendant le rude hiver de 1788-89, sans 
pourtant éviter la calomnie ; se dépensa pour les élections de 1789, en 
devint malade. 

f à Nevers, le 3 avril 1789, set. 50, es. 7. 

101. — Louis-Jérôme de SUFFREN de Saint-Tropez. 
Transféré de Sisteron, 3 août-13 septembre 1789. Cf. Sisteron. 
Il prit possession aussitôt, mais en quelles circonstances ! 

Quinze mois après, ayant refusé le serment, et voyant son siège 
envahi par G. Tollet, il partit pour Turin, d'où il écrivit à Rome en 1795. 
f à Turin, le 21 juin 1796, aet. 74, es. 32. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE NEVERS 

0. S. B. vir. S. Stephanus, Saint- Etienne, prieuré. 

fem. S. Maria, Notre-Dame. 
0. S. A. vir. S. Martinus, Saint-Martin. 
0. Prsem. Bella Vallis, Bellevaux. 



ÉVÊCHÉ DE TROYES 375 



TRECE, TROYES 

Siège ancien , le plus considérable de la province après le siège 
métropolitain, et le plus riche en abbayes, mais non en revenus. 

85. — Denis-François Le Bouthillier de GHA VIGNY, 85 e évêque 
de Troyes. 

Né en 1642 à Paris, fils de Léon 1 , secrétaire d'État, et d'Anne 
Phélypeaux, docteur de Sorbonne, aumônier du roi, fut nommé et 
préconisé évêque de Rennes, 1676 et 1677, mais se démit ou fut 
repoussé par les fidèles. 

La mort de François Malier du Houssay, évêque de Troyes, survenue 
le 11 octobre 1678, permit à Chavigny d'occuper un siège épiscopal 
plus voisin de Paris. 

Nommé évêque de Troyes dans le mois même où était, mort F. du 
Houssay, il put se faire sacrer à l'Oratoire de Paris le 9 avril 1679, 
prendre possession et se reposer. 

Il siégea au rang des évêques, comme représentant de sa province, 
dans l'Assemblée de 1 682, qui se tenait à Paris ; publia des Statuts 
synodaux à l'usage de son diocèse. 

Après dix-huit ans d'épiscopat, cet évêque ami du repos et de sa 
famille se démit de son siège en faveur de son neveu, qui suit, mais 
non de ses abbayes. Il devait vivre encore 34 ans et survivre un an à 
son neveu. 

f à Paris, le 15 septembre 1731, aet. 89, es. 54. 

86. — Denis-François Le Bouthillier de CHAVIGNY. 

Né à Paris en 1665, neveu du précédent par son père, Armand-Léon, 
et du grand Bossuet par sa mère, Elisabeth Bossuet, reçu docteur de 
Sorbonne, fut vicaire-général de Troyes, doté de riches abbayes. 

Nommé évêque de Troyes, le 22 avril 1697, grâce à la renonciation 
de son oncle, il se fit sacrer le 20 avril 1698 au séminaire Saint-Sulpice 
de Paris. 

Un de ses premiers actes fut de souscrire à la condamnation de 
Fénelon en 1699. Il refit le toît de sa cathédrale incendiée en 1700, 

1. On peut voir dans Moréri la Généalogie de la famille Le Bouthillier. 



376 PROVINCE DE SENS 



donna un Catéchisme, un Bréviaire et un chant particuliers. Son 
successeur allait le faire regretter. 

Transféré à Sens, 21 janvier 1716-24 juin 1718. Cf. Sens. 

Il gardait pour lui les abbayes de Vauluisant, de Mortemer, de Saint- 
Loup, etc. 

87. — Jacques-Bénigne BOSSUET. 

Né à Dijon le 7 mars 1664, était fils d'Antoine, maître des Requêtes, 
frère du grand Bossuet. Pour le distinguer de son oncle, on a pu le 
surnommer Bossuet le petit ; et ce surnom il l'a trop justement mérité 
à plus d'un titre. 

Quoiqu'il fût licencié en théologie, vicaire-général de Meaux et forte- 
ment recommandé par son oncle, Louis XIV l'écarta constamment de 
l'épiscopat, ne lui laissant que l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais. 

Mais le Régent, à la sollicitation de Noailles, le nomma évêque de 
Troyes en 1716. Il n'obtint ses bulles que deux ans plus tard. 

Sacré enfin le 18 juillet 1718, il soutint Colbert de Montpellier, Caylus 
d'Auxerre et tous les Appelants. 

Il lança un mandement contre l'office de saint Grégoire VII, lutta 
contre son métropolitain, Languet, à propos d'un Missel singulier, 
étrange même, qu'il venait de donner, 1736. 

Nous ne parlons pas des mauvais services qu'il avait rendus à son 
oncle vivant, pendant que se traitaient à Rome les affaires de Fénelon, 
ni du tort qu'il lui a fait après sa mort en publiant ou en supprimant 
ses écrits. 

Se démit le 30 mars 1742. 

f à Paris, le 12 juillet 1743, set. 80, es. 25. 

88. — Mathias PONCET de la Rivière. 

Né à Paris en 1707, fils de Pierre, comte d'Ablis et de Jeanne Severt, 
était neveu de Michel Poncet, évêque d'Angers, qui surveilla son éduca- 
tion ; il reçut l'abbaye de Noaillé (Poitiers), devint vicaire-général de 
Lallemant à Séez. 

Nommé évêque de Troyes le 2 avril 1742 et sacré le 2 septembre par 
son métropolitain, Languet, il lutta énergiquement contre les Jansénistes. 
Ceux-ci le déchirèrent dans leurs Nouvelles ecclésiastiques ; les magis- 
trats locaux et les Parlements, se mettant de la partie, exilèrent l'évêque 



ÉVÊCHÉ DE TROYES 377 



d'abord à Méry-sur-Seine, 1755, puis à Murbach, 1756, pour un an. Le 
roi Stanislas de Lorraine en fit alors son aumônier. 

Rentré dans son diocèse, 1757, au lieu d'accepter le siège d'Aire, 
l'évêque de Troyes continua de lutter. Mais les Feuillants ne le soute- 
nant pas, il se démit, janvier 1758, accepta l'abbaye de Saint-Bénigne, 
et se mit à prêcher des oraisons funèbres ou des panégyriques et 
d'autres sermons. 

f à Paris, le 5 août 1780, set. 73, es. 37. 

89. — Jean-Baptiste-Marie Champion de GIGÉ. 

Né à Rennes, 10 février 1725, l'un des douze enfants de Jérôme- 
Vincent, capitaine de dragons et de Marie de Varennes, fut abbé de 
Landevenec, 1746, docteur en théologie, vicaire-général du cardinal de 
La Rochefoucauld à Bourges. 

Nommé évêque de Troyes le 2 février 1758, préconisé le 13 mars, 
et sacré le 3 septembre au Quirinal par S. S. Clément XIII, assisté de 
deux patriarches, il vint à Troyes rétablir la concorde au gré des 
modérés et mérita d'être, pour le même but, 

Transféré à Auxerre, 1761. Cf. Auxerre. 

90. — Claude-Mathias-Joseph de BARRAL. 

Né à Grenoble le 6 septembre 1714 (1716), fils de Joseph, président 
à mortier, frère de Jean-Sébastien, saint évêque de Castres, dont nous 
avons parlé en son lieu, reçut l'abbaye de Saint-Géraud en 1752, fut 
aumônier du roi, vicaire-général de Foucquet à Embrun. 

Nommé évêque de Troyes le 8 janvier 1761, et sacré le 29 mars à 
Sens par le cardinal de Luynes, il répara, autant qu'il put, les fautes de 
ses prédécesseurs, tint à la Constitution Unigenitus, malgré les opposi- 
tions locales et les calomnies du dehors. 

Ayant obtenu son neveu, qui suit, pour coadjuteur en 1788, il se 
démit le 23 janvier 1790, n'émigra pas ; officia même à Paris le 
1 er novembre 1796. 

f le 1 er février 1803, aat. 87, es. 42, à Meaux, dont son neveu était 
devenu évêque, après le concordat. 

91. — Louis-Mathias de BARRAL. 

Neveu, coadjuteur et successeur du précédent. 

Né à Grenoble, 20 avril 1746, fils de Charles-Gabriel Justin, conseiller 



378 PROVINCE DE SENS 



au Parlement du Dauphiné, neveu des deux bons évêques que nous 
venons de louer, élève de Saint-Sulpice, docteur de Navarre en 1770, 
conclaviste du cardinal de Luynes en 1774, grand archidiacre de Sens 
en 1777, abbé du Mas-d'Azil (Rieux) en 1782, agent-général du clergé 
en 1785. 

Nommé coadjuteur de son oncle à Troyes en 1788, et sacré évêque 
d'Isaure le 5 octobre, il devint évêque de Troyes en 1790, refusa le 
serment qu'on lui demandait avec instance, émigra d'abord à Constance, 
puis en Angleterre, d'où il envoya en 1801, sa prompte et belle démis- 
sion au Pape. 

Nommé évêque de Meaux le 19 germinal an X (9 avril 1802) et insti- 
tué immédiatement, il organisa le culte catholique dans les deux 
départements qui formaient son diocèse avec un tact et une habileté 
louables. 

Mais devenu archevêque de Tours en 1805, il fut moins louable par 
suite de ses complaisances envers Napoléon, sa belle-sœur, Anne de 
Beauharnais, cousine de Joséphine, l'ayant rattaché au régime impérial, 
et son ambition personnelle l'ayant rendu incivil envers le Pape, ingrat 
envers le roi, odieux à ses diocésains. Son rôle pendant les Cent- Jours 
fut peu honorable. 

Forcé de donner sa démission le 26 septembre 1815. 

f d'apoplexie à Paris, 6 juin 1816, set. 70, es. 28. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TROYES 

O. S. B. vir. Nigella abscondita, Nielle ou Nesle-la- Reposte. 
Cella, Moustier-la-Celle. 
Monasterium Aremarense, Moustier-Ramey : ces trois 

abbayes sont de la congrégation de Saint- Vannes. 
S. Julianus de Sesania, Saint- Julien de Sésanne, 
prieuré, 
fem. S. Marias Parthenon, Notre-Dame-aux-Nonnains. 
Paracletus, Le Paraclet*. 
Bricolium, Bricœil ou N.-D. de Sésanne. 



1. Trop célèbre dans l'histoire à cause d'Héloïse. 



ÉVÊCHÉ DE BETHLÉEM 379 



0. S. A. vir. S. Martinus de Areis, Saint-Martin-des-Aires. 

S. Lupus Trecensis, Saint-Loup de Troyes. 

Cantumerula, Ghantemerle. 
0. Cist. vir. Ripatorium, La Rivour. 

Reclusum, Le Reclus 1 . 

Bullencuria, Roullencour. 

Sigillariae, Scellières®. 

Pietas Dei, La Pitié-Dieu -lès-Ramerupt. 
fem. B. M. de Pratis, Notre-Darne-des-Prés. 
0. Prgem. Bellus locus, Beaulieu. 

Bassus fons, Basse-Fontaine. 

Gapella ad Plancas, La Chapelle-aux-Planches. 
0. Grandim. Macheretum, Mâcher ay, d'abord prieuré, devint abbaye 
en 1621. 



BETHLEEM I. P. 1. BETHLÉEM 

Siège en France près de Clamecy, dans l'hôpital ou Hôtel-Dieu 
de Pantenère. 

Cf. Fisquet, op. cit. Nevers et Bethléem. 

Un siège épiscopal fut fondé à Bethléem en Palestine par Baudouin I, 
roi de Jérusalem, l'an 1110 ; ce siège fut doté en 1168 par Guillaume, 
comte de Nevers, de l'hôpital de Pantenère ou Pantenor près Clamecy, 
diocèse d'Auxerre. G'est-là que se réfugièrent à partir du XIII e siècle 
les évêques de Bethléem, nommés par le duc de Nevers, agréés par le 
roi de France. 

47. — François de BATAILLER, 47° évêque de Bethléem. 
Il avait été capucin, mais il était sécularisé, 1663, quand le vertueux 
Christophe d'Authier de Sisgau se démit. 

1. Le monastère devint de 1744 jusqu'en 1790 une maison de détention pour les 
ecclésiastiques ou religieux coupables ; l'abbaye restait néanmoins en commende. 

2. L'abbé commendataire, Mignot, y enterra Voltaire, son oncle, le 2 juin 1778. 



380 PROVINCE DE SENS 



Nommé alors évêque de Bethléem par le duc de Nevers et agréé par 
le roi, il fut sacré à Rome le 25 juin 1664, prêta serment au roi en 1665, 
fut employé à diverses fonctions épiscopales, assista à la petite Assem- 
blée de 1681 , fut pourvu successivement de trois abbayes en 
commende. 

f à Paris, le 22 juin 1701, est. 84, es. 36. 

Enterré à Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. 

— Louis de SANLECQUE. 

Génovéfain, poète agréable au duc, fut nommé évêque de Bethléem 
le 24 juin 1701, mais rejeté par le roi comme indigne. 
f à son prieuré de Garnay, près Dreux , 14 juillet 1714. 

48. — Louis LE BEL, frère Chérurin. 

Religieux Récollet, sous le nom de Frère ou de Père Chérubin, et 
défmiteur-général de son Ordre, Louis Le Bel, présenté par le duc, 
agréé par le roi et préconisé à Rome, fut sacré aux Récollets de Paris 
le 4 février 1714, obtint une pension et une commende, eut avec 
Gaylus d'Auxerre un procès de juridiction, qu'il n'aurait pas eu avec le 
successeur, Gondorcet. 

f à Paris, le 8 octobre 1738, set. 77, es. 15. 

49. — Louis-Bernard LA TASTE, o. s. b. 

Né à Bordeaux d'une famille obscure, il fut admis chez les Bénédictins 
et devint assistant du supérieur-général de la congrégation de Saint- 
Maur aux Blancs-Manteaux. C'est de là qu'il lança ses lettres mordantes 
contre les Convulsionnaires. 

Nommé évêque de Bethléem par le duc de Nevers, agréé par le roi, 
sacré le 5 avril 1739 à Paris dans la chapelle de l'archevêché et pourvu 
de l'abbaye de Moirmont (Châlons), il n'eut que plus d'autorité et 
d'ardeur à combattre les Jansénistes qui le craignaient. 

Devenu supérieur des Carmélites de Saint-Denis en 1740, il fut 
nommé visiteur-général des Carmélites de France en 1747, et s'acquitta 
dignement de cette fonction. 

f à Saint-Denis en France, le 22 avril 1754, set. 62, es. 15, laissant 
de bons ouvrages et une gloire incontestable, aujourd'hui incontestée. 



ÉVÊCHÉ DE BETHLÉEM 381 



50. — Charles-Marie de QUÉLEN. 

Né en 1703 dans le diocèse de Quimper, de la même famille que le 
futur archevêque de Paris, il était curé du Havre depuis 1733, brûlant 
ie zèle et très charitable, quand il fut pourvu de la Rivour (Troyes) et 
peu après nommé évêque de Bethléem par le duc et agréé par le 
roi, 1754. 

Sacré le 19 janvier 1755 au séminaire Saint-Sulpice par Bertrand du 
Guesclin, évêque de Gahors, assisté de G. -Al. de Plan des Augiers et 
de F. de Prunières, évêques de Die et de Grasse, il ne fit plus rien de 
uotable, même en 1762, lui qui avait été si remarquable comme curé. 

f au Faou, le 21 avril 1777, set. 74, es. 23. 

51. — François-Camille de Duranti de LIRONCOURT, dernier 
évêque de Bethléem. 

Né à Paris le 9 octobre 1733, chanoine honoraire de Laon et vicaire- 
général du cardinal de Rochechouart ; aumônier de Madame Sophie de 
France. 

Nommé évêque de Bethléem par le duc et agréé par le roi, août 1777, 
il fut sacré le 26 avril 1778 ; abbé de la Rivour (Troyes), 1779 ; dans 
l'histoire, avant la Révolution, il n'a pas laissé de traces. 

Émigré en Angleterre, 1792, il vécut sans bruit, jusqu'en 1801 qu'il 
refusa net la démission que le Pape lui demandait, prétextant que le 
Concordat n'avait pas eu le droit de supprimer son siège ! 

f en Angleterre, peu après cette manifestation ridicule de gallica- 
nisme, ast. 70, es. 24. 



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TOLOSANA PROVINCIA 

PROVINCE DE TOULOUSE 






Ville principale des Volques Tectosages, Tolosa, Toulouse, fut sous 
les Romains, non une métropole, mais une importante cité comprise 
dans la Narbonnaise. Elle eut dès les premiers jours du christianisme 
ses prédicateurs, ses martyrs, ses évoques. Ayant acquis une plus 
grande importance par la suite des temps, elle mérita d'être érigée en 
métropole ecclésiastique. 

L'érection fut faite en l'an 1317 par le pape Jean XXII. L'évêché de 
Pamiers, institué vingt-deux ans auparavant par Boniface VIII, fut 
rattaché à la nouvelle métropole, ainsi que les quatre nouveaux évêchés 
de Montauban, de Lombez, de Rieux et de Saint-Papoul, que la bulle 
d'érection constituait sur les limites du diocèse de Toulouse. L'année 
suivante, deux autres évêchés, ceux de Lavaur et de Mirepoix, fondés 
par le même pape, complétèrent la province, telle qu'elle a subsisté 
jusqu'au concordat de 1804 . 

On y distingue donc huit sièges : Tolosan. Toulouse ; Appamien. 
Pamiers; Lumbarien. Lombez ; Mirapicen. Mirepoix; Montalban. 
Montauban ; Riven. Rieux; S. Papuli, Saint-Papoul; Vauren. Lavaur. 
Le diocèse de Toulouse comprend 213 paroisses, celui de Rieux 104, 
celui de Pamiers 100 ; les autres en ont moins, celui de Mirepoix, par 
exemple qui n'en a que 28. 

Cf. G allia Christiana, tomus XIII et ultimus Benedictinorum, in quo de provincia 
Tolosana et de provincia Trevirensi agitur. Editus est anno 1785. — Almanach 
R oyal, années successives. 



ARCHEVÊCHÉ DE TOULOUSE 383 



TOLOSA, TOULOUSE 

Siège épiscopal très ancien, devenu archiépiscopal depuis le XIV e 
siècle ; diocèse primitivement fort étendu, mais notablement réduit par 
la création des diocèses énumérés ci-dessus. 



Cf. Histoire des évêques et archevêques de Toulouse, par l'abbé Cayre, 1 vol. in-8, 
Toulouse, imp. Douladoure, 1873. — Histoire générale de l'église de Toulouse, par 
l'abbé Salvan ; 4 vol. in-8, Toulouse, 1858-1861. 



ARCHEVÊQUES DE TOULOUSE 

22. — François, cardinal de JOYEUSE, 22 e archevêque, 69 e évêque 
de Toulouse en 1584 ; devient en même temps archevêque de Rouen en 
1605 ; résigne Toulouse en 1614. Cf. Rouen. 

23. — Louis de Nogaret, cardinal de LA VALETTE, archevêque 
de Toulouse en 1614, créé cardinal en 1621 ; résigne son archevêché 
en 1627. 

f le 28 septembre 1639. 

24. — Charles de MONTGHAL, sacré archevêque de Toulouse 
le 9 janvier 1628. 

fie 22 août 1651. 

25. — Pierre de MARC A, évêque de Couserans en 1642, archevêque 
de Toulouse en 1652, de Paris en 1662. Cf. Paris. 

26. — Charles-François d'Anglure de BOURLEMONT, évêque de 
Castres, devint archevêque de Toulouse en 1664. 

f le 25 novembre 1669. 

27. — Pierre, cardinal de BONZI, évêque de Béziers, devint 
archevêque de Toulouse en 1670 ; créé cardinal en 1672, il fut transféré 
à Narbonne en 1674. Cf. Narbonne. 



384 PROVINCE DE TOULOUSE 

28. — Joseph de MONTPEZAT de Carbon. 
Né en Languedoc, avait remplacé en 1664 sur le siège de Saint-Papoul 

son frère Jean, transféré à Bourges. 

Nommé archevêque de Toulouse le 22 novembre 4674 et pourvu de 
ses bulles le 2 mai 1675, il prit possession; s'est rendu fameux par les 
affaires qu'il suscita aux Urbanistes et aux sœurs de la Sainte-Enfance 
dans son diocèse, par son intervention anti-canonique dans l'adminis- 
tration de Pamiers. Blâmé par le pape Innocent XI, mais loué par 
l'Assemblée de 1682, l'archevêque gallican s'attribua la victoire. 

f le 17 juin 1687, set. 72, es. 22. 

29. — Jean-Baptiste-Michel GOLBERT de Saint-Pou ange. 
Transféré de Montauban, 15 août 1687-12 octobre 1693. Cf. 

MONTAUBAN. 

On remarque bien le long intervalle qui s'écoule entre le brevet de 
nomination et les bulles d'institution canonique. Outre les raisons 
générales de ce retard, l'évêque de Montauban avait siégé dans l'Assem- 
blée de 1682. En vrai Colbert, l'archevêque nommé de Toulouse ne 
manqua pas d'administrer comme vicaire capitulaire. 

Ayant enfin pris possession, il eut des disputes de préséance avec 
l'archevêque d'Albi, H. Serroni, avec le président du Parlement de 
Toulouse ; il fut aussi en altercation avec son chapitre, son clergé, 
quelques religieux. En 1699, il se montra particulièrement hostile à 
Fénelon. 

f à Paris, le 11 juillet 1710, 33t. 71, es. 35. 

30. — René-François de BEAUVAU du Rivau. 
Transféré de Tournai, 1713. Cf. Tournai. 

Il venait, pour parler exactement, de résigner le siège épiscopal de 
Tournai, quand il fut nommé par Louis XIV, le 29 juillet 1713, au siège 
archiépiscopal de Toulouse vacant depuis trois ans. 

L'accueil filial qu'il fit à la bulle Unigenitus ne fut malheureusement 
pas imité par plusieurs de ses sufïragants, dont nous allons parler. 

Nommé archevêque de Narbonne par le Régent, 5 novembre 1719, il 
attendit ses bulles plus de deux ans pour des raisons qui ne lui étaient 
pas personnelles. Cf. Narbonne. 



ARCHEVÊCHÉ DE TOULOUSE 385 

31. — Henri de NESMOND. 

Transféré d'Albi, 5 novembre 1719-14 janvier 1722. Cf. Albi. 

Les belles qualités dont il avait fait preuve sur les sièges de Montauban 
et d'Albi, il les montra sur son nouveau siège, mais trop peu de temps. 

f à Toulouse, le 27 mai 1727, set. ? es. 34, léguant ses biens aux 
hôpitaux. 

Il avait hérité des biens du vénérable François de Nesmond, évêque 
de Bayeux, son cousin-germain, mort douze ans avant lui. En 1754, 
J.-B. Lachaux, prêtre du Puy, publia en un volume in-12 à Paris les 
Sermons, discours et harangues d'Henry de Nesmond ; ils ont été 
réédités par Migne en 1848, tome XXX des Orateurs Sacrés. 

32. — Jean-Louis Berton des Balbes de GRILLON. 

Transféré de Saint-Pons, 30 juillet-27 septembre 1727. Cf. Saint- 
Pons de Tomières. 

Sur le siège de Toulouse, comme sur celui de Saint-Pons, il fut 
l'adversaire décidé du jansénisme, l'ami de ses prêtres et le père de 
ses diocésains. 

Transféré à Narbonne, août-novembre 1739, il laissa des regrets à 
Toulouse. Cf. Narbonne. 

33. — Charles-Antoine de la ROCHE-AYMON. 

Transféré de Tarbes, 8 janvier-8 novembre 1740. Cf. Tarbes. 

Choisi par la faveur, à cause de sa modération et en vue des conces- 
sions qu'on obtiendrait de sa faiblesse, il ne trompa point cette attente 
sur le siège de Toulouse. 

Transféré à Narbonne 1751-1752. Cf. Narbonne. 

34. — François de CRUSSOL D'UZÈS d'Amboise. 
Transféré de Blois, 18 août-26 septembre 1753. Cf. Blois. 

En le faisant nommer archevêque de Toulouse, l'orthodoxe Boyer 
avait ses vues ; il ne fut pas déçu. Ayant pris possession en personne 
le 12 janvier 1755, François agit à Toulouse, comme à Blois, en prélat 
catholique, en homme ferme, en digne ami de Christophe de 
Beaumont. 

f à Paris, dans l'archevêché, le 30 avril 1758, set. 55, es. 24, 
Beaumont étant alors exilé à La Roque. 

25 



386 PROVINCE DE TOULOUSE 

35. — Arthur-Richard DILLON. 

Transféré d'Évreux, le 14 mai-19 juillet 1758. Cf. Évreux. 
S'il a immortalisé son nom à Toulouse par la digue qui préserve le 

faubourg Saint-Cyprien et par d'autres utiles créations, on remarque 
avec peine qu'il n'a rien dit en faveur des Jésuites, même pour réfuter 
ex-officio le factum de Fitz- James. 

Transféré à Narbonne , 12 novembre 1762 - 24 janvier 1763. 
Cf. Narronne. 

36. — Etienne-Charles de LOMÉNIE de BRIENNE. 

Transféré de Condom, 2 février-9 avril 1763. Cf. Gondom. 

Il fit continuer les travaux d'embellissement et d'utilité commencés 
par son prédécesseur à Toulouse, en influant puissamment sur les 
États du Languedoc et en contribuant largement de sa bourse. Riche 
par lui-même, plus riche par les bénéfices ecclésiastiques qu'il accumuk 
et qui lui rapportèrent jusqu'à 678,000 livres de rentes, il put se mon- 
trer généreux. « S'il n'a pas fait la fortune de la France, dit de lui 
M. Thiers, il a du moins fait la sienne ». 

Étant l'âme de la Commission des Réguliers, de 1766 à 1780, avant 
d'être le directeur de la Commission des Unions, de 1780 à 1787, il 
réforma les ordres religieux en véritable franc-maçon ou, ce qui revient 
au même, en vrai disciple de Voltaire. 

Reçu de l'Académie française, 25 juin 1770, il résidait à Paris plus 
souvent qu'à Toulouse. Devenu enfin ministre principal de Louis XVI 
le 1 er mai 1787, il ne fut plus rien pour Toulouse. 

Transféré à Sens, 30 janvier-10 mars 1788. Cf. Sens. 

37. — François de FONTANGES. 

Transféré de Bourges, 30 janvier-10 mars 1788. Cf. Bourges. 

Ayant pris possession, il eut à peine une année pour réparer les 
quarante années précédentes, si fâcheuses au diocèse de Toulouse ; 
malgré ce peu de temps, il fit beaucoup de bien. 

L'intrusion de Sermet, provincial des Carmes-Déchaussés, qui avait 
été sacré le 26 avril 1791, évêque de la Haute-Garonne et qui se portait 
comme métropolitain du Sud, força l'archevêque légitime à fuir. 

Il était à Palma dans l'île de Majorque, quand il signa sa démission du 
siège de Toulouse le 5 novembre 1801, et put aussitôt rentrer en 
France. 



ARCHEVÊCHÉ DE TOULOUSE 387 

Le 9 vendémiaire an XI (1 er octobre 4802), il fut nommé par le 
Premier Consul à l'évêché d'Autun, qu'il administra sagement avec le 
titre d'archevêque-évêque, continuant l'œuvre de réorganisation com- 
mencée par son prédécesseur immédiat, Gabriel Moreau. 

f à Autun, le 26 janvier 1806, œt. 62, es. 23, en soignant les 
prisonniers autrichiens pestiférés. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TOULOUSE 

0. S. B. vir. S. Saturninus, Saint-Sernin, abbaye séculière. 

B. M. Deaurata, La Daurade, prieuré. 

Mansum Garnerii, Le Mas-Garnier. 
0. Gist. vir. Elnae, Eaunes. 

Grandis Silva, Grandselve. 
fem. Oratio Dei, Oraison-Dieu, à Muret. 

Salanquise, Salanques, à Toulouse. 
0. S. A. fem. S. Saturninus, Saint-Semin, en règle. 

S. Pantaleo, Saint-Pantaléon. 
0. Praem. Gapella, La Capelle. 
0. S. Clarse. S. Clara Tolosana, Sainte-Claire de Toulouse. 

S. Clara de Alta Ripa, Sainte-Claire de Hauterive. 

Leviniacum, Sainte-Claire de Lévignac. 

S. Cyprianus, Saint-Cyprien, Clarisses de la Stricte 
Observance. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

L'abbaye sécularisée de Saint-Sernin était une insigne collégiale. Les 
quatre grands ordres Mendiants avaient des couvents à Toulouse, les 
Frères Prêcheurs surtout, dont le fondateur, saint Dominique, quoique 
né en Espagne, s'était pour ainsi dire fixé à Toulouse. 

Cette ville était pour la Compagnie de Jésus un chef-lieu de province, 
comme Lyon, Bordeaux et Paris ; mais en 1762 tous les établissements 
des Jésuites furent sacrifiés à la haine de leurs ennemis dans la 
province de Toulouse, comme ailleurs. 

Il y avait à Toulouse un nombre considérable de couvents de femmes 



388 PROVINCE DE TOULOUSE 



pour la contemplation et la pénitence, l'instruction et les œuvres de 
miséricorde. 



APPAMI.E, PAMIERS 

L'abbaye de Saint- Antonin, fondée à Pamiers en 950 , fut érigée en 
cathédrale par Boniface VIII le 16 septembre 1295. 

Cf. J. de Lahondès, Annales de Pamiers, L 2 vol. in-8, Toulouse, 1824. 

29. — François-Etienne de CAULET, 29 e évêque de Pamiers. 

Né à Toulouse le 19 mai 1610, fit ses études à La Flèche, reçut 
l'abbaye de Saint-Volusien de Foix en 1627, déposa contre Saint-Cyran en 
1628, fut un des trois premiers compagnons d'Olier au séminaire de 
Vaugirard. Rien donc en lui ne présageait le Janséniste. 

Nommé et préconisé évêque de Pamiers, il se fit sacrer le 3 mars 
1645, succédant aux deux frères de Sponde, Henri le célèbre historien, 
démissionnaire en 1640, -j- 18 mai 1643, six semaines après Jean, 
son coadjuteur et successeur. 

Gaulet qui était pieux, régulier, austère, fut entraîné dans le Jansé- 
nisme par son voisin d'Alet, Pavillon, qu'il dépassa sous plus d'un 
rapport et auquel il survécut trois ans. 

f à Pamiers, le 7 août 1680, set. 71, es. 36. 

N. B. — Le siège resta vacant en réalité 14 ans, comme nous allons 
le voir. 

— Gosme ROGER, évêque de Lombez. 

Nommé évêque de Pamiers en 1680, refusa. Cf. Lombez. 

— François d'Anglure de BOURLEMONT , neveu de Louis 
archevêque de Bordeaux. 

Nommé évêque de Pamiers le 4 juillet 1681, n'ayant pu obtenir 
ses bulles, quoique docteur en théologie, renonça, en novembre 1681, 
au bénéfice de sa nomination. Il obtint en compensation l'abbaye de 
Saint-Florent de Saumur. 

f août 1711. 



ÉVÊCHÉ DE PAMIERS 389 



— François de CAMPS. 

Nommé évêque de Pamiers, le 12 novembre 1685, administra comme 
vicaire-capitulaire ; fit achever et dédier la cathédrale en 1689. 

Mais cette ingérence elle-même, compliquée d'antécédents fâcheux, 
empêcha qu'il obtînt ses bulles. Il fut pourvu alors de l'abbaye de 
Signy (Reims) et de plusieurs prieurés. 

f à Paris, 15 août 1732, aet. 80. 

30. — Jean-Baptiste de VERTHAMON, Janséniste. 

Né en 1646, fils de François, maître des Requêtes, « doctor et socius 
Sorbonicus » vicaire-général de Rouen à Pontoise, promoteur de la 
Sainte-Chapelle de Paris. 

Nommé évêque de Pamiers le 8 septembre 1693, se fit sacrer le 
3 janvier 1694 à Saint-Louis des Jésuites, Paris. Il est loué par la Gallia 
Christiana comme ayant tout rétabli à Pamiers, même les Jésuites, qui 
avaient là un collège ; mais il est signalé par Picot et par ses propres 
mandements pour avoir appelé de la bulle Unigenitus. On ne voit pas 
qu'il se soit rétracté, comme le cardinal de Noailles, quoiqu'il en ait eu 
le temps. 

f le 20 mars 1735, aet. 90, es. 42. 

31. — François-Barthélemi de Salignac de la Mothe FÉNELON. 
Né en 1691, troisième fils de François, marquis de Fénelon, et 

d'Elisabeth Beaupoil de Saint- Aulaire, petit-neveu de l'illustre Fénelon, 
était chanoine et archidiacre de Cambrai, abbé de Saint-Martin de 
Pontoise, 1730. 

Nommé évêque de Pamiers le 8 octobre 1735, préconisé le 19 décem- 
bre, sacré le 22 janvier 1736 au séminaire Saint-Sulpice, avait la volonté 
de réparer les maux causés par ses deux prédécesseurs ; mais le temps 
lui fit défaut. 

f à Paris, 17 juin 1741, aet. 50, es. 6, 

32. — Henri-Gaston de LÉVIS-Leran. 

Né en 1713 au château de Leran, diocèse de Mirepoix, de la branche 
cadette de Lévis-Mirepoix, était vicaire-général de Maniban, son ancien 
évêque, à Bordeaux. 

Nommé évêque de Pamiers le 24 août 1741, et sacré le 11 février 1742, 
il obtint de Benoît XIV en 1745 que les chanoines réguliers de sa 



390 



PROVINCE DE TOULOUSE 



cathédrale fussent sécularisés, sans plus de respect pour l'œuvre trop 
vantée de Gaulet, son prédécesseur. 

Il réclama instamment le maintien des Jésuites, 1761, se dévoua 
en 1782 durant l'épidémie de la suette. 

f à Pamiers en 1786, set. 74, es. 45. 

33. — Charles-Gésar-Louis d'Agoult de BONNEVAL. 

Né à Grenoble en 1749, vicaire-général du cardinal de La Roche- 
foucauld à Rouen. 

Nommé évêque de Pamiers fin 1786, il fut sacré le 13 mai 1787. 

Émigra dès 1789, laissant ainsi son église à la merci des constitu- 
tionnels qui élurent et intronisèrent impunément Bernard Font. 

Cet évêque est mal noté par Forneron dans son Histoire des Émigrés, 
tome II ; il donna pourtant sa démission en 1801 . 

f à Paris, le 21 juillet 1824, set. 75, es. 28. 



ABBAYE DU DIOCÈSE DE PAMIERS 

0. S. A. vir. S. Volusianus de Fuxo, Saint-Volusien de Foix. 

N.-D. de Montjoie, chapelle célèbre près de Foix. 

Les Jésuites avaient à Pamiers un collège, le plus ancien qu'ils 
eussent fondé en France, après celui de Paris. Le but des fondateurs 
avait été d'étouffer l'hérésie dans son foyer. Malgré toutes sortes de 
résistances, le but fut atteint, et le collège subsista jusqu'en 1762. 



LUMBARIUM, LOMBEZ 

Un monastère consacré à la Très-Sainte Vierge fut la première gloire 
de Lombez, qu'enrichit un siège épiscopal en 1317. Le diocèse, limi- 
trophe de la Gascogne, fut compris dans le Languedoc surtout à cause 
de sa dépendance de Toulouse. 



28. — Cosme ROGER, 28 e évêque de Lombez. 

Né en 1615, était entré chez les Feuillants sous le nom de dom Cosme 



ÉVÊCHÉ DE LOMBEZ 391 



Roger de Saint-Michel ; il fut 30 ans prédicateur goûté à Paris ; il était 
général de son ordre pour son second triennat depuis 1669. 

Nommé évêque de Lombez le 5 janvier 1671, après la translation du 
pieux Séguier de la Verrière à Nîmes, il se fit sacrer le 30 janvier 1672 
aux Feuillants de Paris ; résida fidèlement ; refusa l'évêché de Pamiers 
en 1680. 

Il n'ambitionna pas l'honneur de représenter sa province à la grande 
Assemblée de 1682. Il eut le privilège d'atteindre les extrêmes limites 
de la vieillesse. 

f à Lombez, le 20 décembre 1710, set. 95, es. 39. 

29. — Antoine FAGON, Janséniste. 

Né à Paris en 1665, fils de Guy Crescent, premier médecin du roi, 
était docteur en théologie, pourvu de trois riches abbayes. 

Nommé évêque de Lombez le 5 avril 1711 et sacré le 22 mai 1712, il 
contint son Jansénisme tant que vécut Louis XIV, publia même la bulle 
Unigenitus ; fut seulement déféré au Parlement de Toulouse pour sa 
brutalité envers le doyen de son chapitre. 

Transféré à Vannes, novembre 1719-août 1720, pour le malheur de 
son nouveau diocèse. Cf. Vannes. 

30. — Charles-Guillaume de MAUPEOU. 

Né à Paris en 1680, chanoine de Paris, agent-général du clergé, avait 
d'abord été nommé évêque de Vannes en 1719 ; mais il fut supplanté 
par Antoine Fagon, qui se déplaisait à Lombez et se fit donner le siège 
de Vannes. 

Nommé évêque de Lombez en 1721 et sacré le 13 juillet à Paris, 
Maupeou reçut l'abbaye de Lézat (Rieux) 1732, et gouverna paisible- 
ment son lointain diocèse. 

f à Lombez, le 17 février 1751, set. 71, es. 30. 

31. — Joseph- Antoine-Jacques Richier de CÉRISY. 

Né en 1709 à Cérisy-la-Salle, diocèse de Coutances, vicaire-général 
du cardinal de Tavannes à Rouen, abbé de N.-D. de Chaage (Meaux) 
en 1744. 

Nommé évêque de Lombez le 4 avril 1751 et sacré le 22 août, il prit 
la défense des Jésuites en écrivant au Pape dès 1759. 

f à Montpellier 14 juillet 1771, œt. 62, es. 20. 



392 province de toulouse 

32. — Léon-François-Ferdinand de Salignag de la Mothe 
FÉNELON. 

Né le 30 mai 4734 (1737) à La Haye, où son père, Gabriel-Jacques, 
petit-neveu du grand Fénelon, était ambassadeur de France. 

Nommé évêque de Lombez en 4771 et sacré le 29 décembre à 
Versailles dans la chapelle du roi, il prit l'abbé Maury pour vicaire- 
général, se démit en 1787. 

f en 1788, set. 54 (51), es. 17. 

33. — Alexandre-Henri de GHAUVIGNY de Blot, dernier évêque 
de Lombez. 

Né en 1751 dans le diocèse de Glermont. 
Nommé évêque de Lombez en 1787 et sacré le 30 mars 1788. 
Émigra à Pérouse, 1791-94, se rendit à Venise, 1795. Refusa de se 
démettre en 4801. 
f à Londres en 1805, 83t. 54, es. 17. 

— Son vicaire-général Jean-Antoine-Robert de RAZEBOURG, 
docteur en théologie, demeura au poste jusqu'à ce qu'on l'expulsât, 
fin 1793 ; désirant rentrer, avril 1795, il demanda au Pape tous les 
pouvoirs. — Theiner, Affaires de France, t. II. 

Aucune abbaye ni prieuré célèbre dans le diocèse de Lombez. 



MIRAPICUM, MIREPOIX 

C'est un prieuré de Saint-Maurice, établi au château de Mirepoix, qui 
fut érigé en siège épiscopal en Tan 1318. Le diocèse, n'ayant que 28 
paroisses, était tout petit. 

30. — Pierre de la BROUE, 30« évêque de Mirepoix. 

Né à Toulouse en 1643, entra dans l'état ecclésiastique à 25 ans ; fut 
très lié avec Bossuet ; prêcha à la cour en 1678, était gallican, partisan 
de la morale sévère. 

Nommé évêque de Mirepoix le 2 février 1679 pour succéder à Louis- 



ÉVÊCHÉ DE MIREPOIX 393 



Hercule de Lévis-Ventadour, ex-Jésuite, il fut sacré le 8 septem- 
bre 1680. 

« Cet évêque déploya un zèle ardent pour convertir les hérétiques, 
pour l'instruction du peuple, pour la discipline ecclésiastique, fonda 
trois séminaires » Gallia Christiana. 

Complétons : il fut un des quatre évêques qui appelèrent de la bulle 
Unigenitus au futur Concile, le 5 mars 1717, causant ainsi un grand 
scandale dans l'église de France. 

f à Bélestat, le 20 septembre 1720, set. 77, es. 40, sans repentir. 

31. — François-Honoré-Lancelot de MANIBAN de Casaubon. 
Né à Toulouse en 1684, fils de François, conseiller au Parlement, 

étant entré chez les Chartreux, fut forcé par arrêt d'en sortir. 

Admis au séminaire Saint-Sulpice, il travailla les sciences sacrées, 
dirigea fort bien les grands catéchismes de la paroisse. 

Abbé de Sandras (Alais) 1712, vicaire - général de Beauvau à 
Toulouse, 1714. 

Nommé évêque de Mirepoix, le 8 janvier 1721, sacré le 26 octobre, 
tâcha de réparer les fautes de son prédécesseur, non sans succès. 

Transféré à Bordeaux, octobre 1729-février 1730. Cf. Bordeaux. 

32. — Jean-François BOYEB, l'incorruptible Théatin. 

Né à Paris le 12 mars 1675, élève des Jésuites à Louis-le-Grand, 
entra chez les Théatins en 1690, y fit profession, devint prédicateur, 
professeur de philosophie et de théologie, maître des novices, enfin 
supérieur de 1716 à 1729. 

Nommé évêque de Mirepoix le 8 janvier 1730, il essaya de décliner 
cet honneur ; mais, Fleury insistant, il se fit sacrer le 6 janvier 1731, 
aux Minimes de la place Royale, et partit aussitôt pour son diocèse, où 
il fut simple, frugal, laborieux, homme de prière. Il refusa de prêcher 
à la cour en 1733. 

Mais choisi pour être le précepteur du Dauphin en 1736, il se démit 
de son évêché, accepta l'abbaye de Saint-Mansuy (Toul), s'occupa de 
son royal élève, on sait avec quel succès. Fut des trois Académies. 
Tint la feuille des bénéfices, de 1743 à 1755, au grand déplaisir des 
Jansénistes qui le détestèrent. 

t à Versailles, 20 août 1755, aet. 81, es. 26. 



394 PROVINCE DE TOULOUSE 

— Charles-Joseph Quiqueran de BEAUJEU, parent d'Honoré 
évêque de Castres, vicaire-général de Castries à Albi, 1730, fut son 
auxiliaire ou sufïragant, ayant été sacré le 25 août 1735, évêque de 
Leuse (Eleusinus). 

Nommé évêque de Mirepoix en septembre 1736. 

f 24 juillet 1737, avant d'avoir pris possession, set. 37, es. 2. 

33. — Jean-Baptiste de CHAMPFLOUR. 

Né en 1683 à Clermont, neveu d'Etienne, le vaillant et pieux évêque 
de la Rochelle, vicaire-général de Massillon à Clermont. 

Nommé évêque de Mirepoix en 1737, sacré le 23 février 1738, n'est 
honoré d'aucune notice dans la Gallia Christiana, parce qu'il fut très 
opposé aux Jansénistes et de plus un saint. On n'a qu'à lire Blampignon, 
Episcopat de Massillon ou Ravignan, Clément XIII et Clément XIV. 

f à Mirepoix, le 6 février 1768, 83t. 84, es. 30. 

34. — François-Tristan de CAMBON, dernier évêque de Mirepoix. 
Né à Toulouse en 1716, abbé de La Capelle (Toulouse), 1753, vicaire- 
général de Brienne à Toulouse. 

Nommé évêque de Mirepoix en 1768, fut aussitôt désigné par arrêté 
du roi pour assister Brienne dans l'exécution de l'ordre de Grandmont ; 
il se prêta à cette besogne avant et après son sacre que fit Brienne à 
Toulouse, 10 juillet 1768. Ce sont-là de mauvaises notes. 

Il se dégagea plus tard, à ce qu'il semble, de toute influence perni- 
cieuse ; voyant son siège supprimé, il réclama vainement et se retira 
dans sa famille. 

f à Toulouse, 20 novembre 1791, eet. 75, es. 24. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE MIREPOIX 

0. S. B. vir. Cambonum, Cambon, prieuré. 
0. Cist. vir. Bolbona, Bolbonne. 



ÉVÊCHÉ DE MONTAUBAN 395 



MONS ALBANUS, MONTALBANUM, 
MONTAUBAN 

In monte Albano sive Aureolo abbatia S. Theodardi ad sedem 
episcopalem erecta est anno 1317. 

Cf. Histoire de l'église de Montauban, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours, 
par l'abbé Daux ; 2 vol. in-8, Montauban, 1878-1885. — Documents historiques sur 
le Tam-et-Garonne, par Moulenq, tome III, in-8, Montauban, 1884. 

27. — Jean - Baptiste - Michel COLBERT de Saint - Pouange, 
27 e évêque de Montauban. 

Né en 1640, quatrième fils de J.-B. Golbert, seigneur de Saint- 
Pouange et de Villacerf, intendant de justice en Lorraine, et de Claude 
Le Tellier, fut d'abord conseiller clerc au Parlement et chanoine de 
Paris, puis licencié en théologie. 

Nommé évêque de Montauban le 22 novembre 1674 pour remplacer 
Pierre de Bertier, qui venait de mourir en juillet, octogénaire, après 
un épiscopat long et glorieux, sur lequel s'étend Moréri, il obtint ses 
bulles gratis, en qualité de Colbert, et se fît sacrer à Picpus le 28 
octobre 1675. 

Après son installation, il signala son zèle contre les Huguenots dans 
son diocèse avec peu de succès, et contre le pape dans l'Assemblée de 
1682 avec moins de gloire que de profit. 

Transféré à Toulouse, le 15 août 1687-12 octobre 1693. Cf. Toulouse. 

28. — Henri de NESMOND, avait pour frère André, célèbre marin, 
pour cousin-germain François de Nesmond, saint évêque de Bayeux 
(1659-1715) : ils étaient issus d'illustres magistrats parisiens. 

Henri, docteur en théologie, devint écrivain et prédicateur distingué, 
reçut l'abbaye de Ghézy (Soissons) en 1682, que F. de Nesmond venait 
de résigner en sa faveur. 

Nommé évêque de Montauban en 1687, il administra comme vicaire 
capitulaire ou comme vicaire général du précédent. 

Toujours est-il qu'il assista en qualité de député de la province de 
Toulouse à l'Assemblée du clergé de 1688, quoique n'ayant pas encore 






396 PROVINCE DE TOULOUSE 

ses bulles. Les ayant enfin obtenues, il se fit sacrer en 1693 et gou- 
verna aussi dignement que légitimement. 
Transféré à Albi, 14 août 1703. Cf. Albi. 

29. — François de Nettancourt d'Haussonville de VAUBE- 
COURT, janséniste. 

Né en 1656, fils de Nicolas de Vaubecourt, et de Glaire Guillaume, 
docteur en théologie, aumônier du roi, abbé de la Chassaigne et 
d'Ainay ; refusa deux évêchés, celui d'Agde, par exemple. 

Nommé évêque de Montauban le 15 août 1703, et sacré le 30 mars 
1704 à Saint-Victor de Paris, donna un Propre des Saints à sa dévotion, 
eut du zèle contre les Huguenots, tant que vécut Louis XIV, n'eut pas 
moins de zèle pour le jansénisme après la mort du grand roi. 

Il donna sa démission en 1729, sans s'être rétracté. 

f à Paris, 17 avril 1736, aet. 80, es. 32. 

— Jean de VAUGIRAULT, vicaire général d'Angers, fut proposé en 
1729 pour le siège de Montauban ; il eut mieux l'année suivante. 
Cf. Angers. 

30. — Michel de VERTHAMON de Chavagnac. 

Né en 1687, il était frère aîné de Guillaume-Samuel, évêque de 
Luçon, mais heureusement différent de ce frère, de l'oncle Jean- 
Jacques, évêque de Conserans, et du cousin Jean-Baptiste, évêque de 
Pamiers. Il imita plutôt son oncle, l'illustre Jésuite 4 . 

Nommé évêque de Montauban, juillet 1729, et sacré à Paris le 8 jan- 
vier 1730, combattit le Jansénisme de toutes ses forces. 

Ecrivit au chancelier de France le 4 octobre 1761, une chaude lettre 
en faveur des Jésuites. 

f à Montauban le 25 septembre 1762, aet. 75, es. 33. 

31. — Anne-François-Victor Le Tonnelier de BRETEUIL. 

Né à Paris le 18 janvier 1724, troisième fils de Claude-Charles, 
seigneur de Chanteclerc, et de Laure O'Brien, abbé de Belleperche. 



1. Le P. Pierre de Verthamon, S. J. secrétaire du P. Général, recteur du collège 
de Paris, préposé de la Maison professe, provincial de France en 1678, f à Paris le 
26 juillet 1686. 



ÉVÊCHÉ DE RIEUX 397 



Nommé évêque de Montauban, fin 1762, par Jarente, et sacré le 
24 février 1763, il gouverna son diocèse jusqu'à la Révolution. 

Député aux Etats-Généraux par la jugerie de la Rivière-Verdun, il 
resta uni à la majorité de son ordre. 

Emprisonné pendant la Terreur à Rouen, il y souffrit horriblement 
et finit par y mourir, 14 août 1794, set. 71, es. 32 4 . 

ABBAYE DU DIOCÈSE DE MONTAUBAN 

0. Gist. vir. Bella pertica, Belleperche. 



RIVI, RIEUX 

Rivi, antehac villa, in civitatem ac simul in sedem episcopalem erecta 
a Joanne XXII, anno 1317. 

29. — Antoine-François de BERTIER , 29 e évêque de Rieux , 
janséniste. 

Issu d'une famille toulousaine, illustrée dans la robe et féconde en 
bénéficiers ecclésiastiques, il était fils de Philippe, premier président 
au Parlement de Toulouse. 

Nommé évêque de Rieux en 1657, à la démission de son oncle, Jean- 
Louis, qui lui transmit aussi les abbayes du Mas-Garnier, de Saint-Vin- 
cent de Senlis, de Lieu-Restauré, etc., qu'il avait reçues lui-même d'un 
oncle, Jean, évêque de Rieux, 1602 -f- 1620. 

Ayant attendu ses bulles près de quatre ans, Antoine-François se fit 
sacrer dans sa cathédrale le 25 juin 1662, fit des ordonnances singu- 
lières que rapporte avec une sorte de honte la Gallia Chridiana, 
confia son séminaire aux Oratoriens, donna des gages à la secte. 

f subitement à Rieux le 29 octobre 1705, aet. 75, es. 44. 

30. — Pierre de Gharritz de RUTHIE. 

Né dans le diocèse d'Oloron, archidiacre, officiai et vicaire général de 
Gomminges. 

1. Cf. Journal de la Religion, t. I, p. 145, ou Theiner, Affaires de France, t. II, 
p. 227. 



398 PROVINCE DE TOULOUSE 

Nommé évêque de Rieux le 24 décembre 1705, et sacré le 31 octobre 
1706 à Saint-Bertrand de Comminges. 
f à Rieux, le 29 décembre 1719, ast. ? es. 14. 

31. — Alexandre de Jouanne de SAUMERY. 

Né en 1680, fils de Jean-François, seigneur de la Carre, prévôt de 
Rieux, abbé de la Celle-Notre-Dame (Poitiers). 
Nommé évêque de Rieux, février 1720, sacré le 17 mars 1721. 
f à Rieux en 1747, set. 67, es. 27. 

32. — Jean-Marie de GATELAN. 

Né en 1696, conseiller clerc au Parlement de Toulouse. 

Nommé évêque de Rieux le 29 octobre 1747 et sacré le 28 avril 1748 
dans l'église de la maison professe des Jésuites à Toulouse, résigna en 
devenant évêque, deux abbayes qu'il avait (Saint-Paul de Narbonne et 
Boulencour) ainsi que sa charge de conseiller clerc. 

Défendit énergiquement les Jésuites en 1761. 

f le 27 mars 1771, aet. 75, es. 23. 

33. — Pierre-Joseph de LASTIC-Lescure, dernier évêque de 
Rieux. 

Né en 1726 dans le diocèse de Saint-Flour, fils de Guillaume, sei- 
gneur de Lescure, et de Marguerite Bonafox ; abbé de Nisors (Com- 
minges), vicaire général de son parent, Antoine de Lastic, à Comminges. 

Nommé évêque de Rieux en 1771, et sacré le 8 septembre 1772, il 
fut tranquille jusqu'à la Révolution. 

Emigra en Espagne. 

Donna sa démission en 1801, et cependant signa une représentation 
collective avec quelques prélats non-démissionnaires. Cf. Auribeau, II, 
p. 667. 

f à Saint-Benoît-de-Bages en Catalogne, 5 septembre 1812, set. 86, 
es. 40. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE RIEUX 

0. S. B. vir. Mansum Azilis, Le Mas-cTAzil. 
Lezatum, Lézat. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-PAPOUL 399 



0. Cist. vir. Calercium, Caler s. 
Fulium, Feuillans. 

Cette dernière abbaye, réformée par Jean de la Barrière, abbé en 
1562, mort à Rome, en odeur de sainteté, le 25 avril 1600, resta en 
règle, avec des abbés triennaux, et devint tête d'une congrégation 
réformée cent ans avant la Trappe. 



S. PAPULUS, SAINT-PAPOUL 

Le vieux monastère de Saint-Papoul fut érigé en siège épiscopal 
par Jean XXII en 1317. 

29. — François de Barthélémy de GRAMMONT de Lanta, 
29 e évêque de Saint-Papoul. 

Issu d'une famille honorable de magistrats toulousains, était docteur 
de Sorbonne, conseiller clerc au Parlement de Toulouse, abbé de 
Calers (Rieux), d'Eaunes (Toulouse). 

Nommé évêque de Saint-Papoul en 1675 pour remplacer Joseph de 
Montpezat, qui venait d'être transféré à Toulouse, attendit deux ans 
ses bulles et fut enfin sacré le 5 décembre 1677 à Pézenas, en présence 
des Etats du Languedoc. 

Ayant pris possession de son siège, il répara les édifices ruinés, en 
fonda de nouveaux et fit des statuts diocésains. 

f janvier (février) 1716, set. ? es. 39. 

30. — Gabriel-Florent de GHOISEUL-Beaupré. 

Né à Daillecourt en Bassigny 1685, quatrième fils de Jacques-Fran- 
çois, marquis de Beaupré, et d'Anne de Fresnières, fut à dix-neuf ans 
abbé de Tyronneau (Le Mans) 1706 ; huit ans plus tard, il reçut 
l'abbaye de Sainte-Colombe (Sens) 1714, devint sur ces entrefaites, 
aumônier du roi ; était pieux. 

Nommé évêque de Saint-Papoul, mai 1716, il ne fut sacré que le 
17 juillet 1718 aux Minimes de la Place-Royale. C'est ainsi qu'il inau- 
gura sa longue carrière épiscopale, remarquable au moins par le 
nombre des années. « Annis quam fructibus memorabiliorem ». 

Transféré à Mende, 17 octobre 1723. Cf. Mende. 



400 PROVINCE DE TOULOUSE 



31. — Jean-Charles de SÉGUR, janséniste. 
Né à Paris le 26 décembre 1695, d'une famille du Périgord, fils de 

Henri- Joseph, marquis de Ségur, gouverneur de Foix, et d'Elisabeth 
Binet, servit dans les gardes, entra de là à l'Oratoire, accepta l'abbaye 
de Vermand (Noyon), devint vicaire général de Saint- Albin à Laon, 
sans théologie et même sans latin. 

Nommé évêque de Saint-Papoul le 17 octobre 1723 et sacré le 24 
août 1724 à Lavaur, marcha d'abord bien. Mais poussé, il imita Soanen, 
Colbert et G ie , et se montra fervent Janséniste. 

Il se démit de son siège 25 février 1735 avec un éclat scandaleux, 
mais ne résigna pas son abbaye. 

La Biographie universelle de Michaud lui consacre un article signé 
Picot, à qui on peut s'en rapporter. 

f à Paris, 29 septembre 1748, set. 53, es. 24, sans repentir et sans 
gloire, « ayant dépensé en des luttes stériles une énergie surhumaine », 
dit un de ses arrière-neveux, le marquis Anatole de Ségur. 

32. — Georges-Lazare Berger de GHARANGY. 

Né à Autun le 24 octobre 1689, élève de Saint-Sulpice, docteur en 
théologie, 1719, vicaire général du cardinal de Bissy à Meaux ; abbé de 
Bolbonne (Mirepoix). 

Nommé évêque de Saint-Papoul, mars 1735, préconisé le 27 juin, et 
sacré le 25 septembre à Meaux, par le cardinal de Bissy, fut le coura- 
geux adversaire du Jansénisme qu'il extirpa de Saint-Papoul et qu'il 
combattit efficacement sur un autre terrain. 

Transféré à Montpellier, 22 avril-15 novembre 1738. Cf. Montpellier. 

33. — Daniel-Bertrand de LANGLE. 

Né à Rennes en 1702, abbé de Blanche-Couronne (Nantes) 1729, 
doyen de Nantes, docteur en théologie, 1732. 

Nommé évêque de Saint-Papoul en 1738, sacré à Paris le 5 avril 
1739, figure honorablement dans la vie de l'héroïne, Marie de Brugelles. 

Il réclama en faveur des Jésuites auprès du pape et du roi. 

f juin (juillet) 1774, set. 72, es. 36. 

34. — Guillaume-Joseph d'ABZAC de Mayac. 

Né le 21 janvier 1731 au château de Mayac en Périgord, doyen de 
Tours. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-PAPOUL 401 

Nommé évêque de Saint-Papoul le 17 juillet 1774, et sacré le 7 mai 
1775, il n'eut qu'à continuer son prédécesseur. 
f le 23 janvier 1784, œt. 53, es. 9. 

35. — Jean-Baptiste de MAILLÉ de la Tour-Landry, dernier 
évêque de Saint-Papoul. 

Transféré de Gap, 21 février 1784. Cf. Gap. 

Il arriva pour assister aux préludes de la Révolution, sans pouvoir 
s'opposer à rien. 

Son siège étant supprimé par la Constitution civile du Clergé, il 
n'eut pas à refuser le serment schismatique en 1791 ; il resta dans 
Paris, conférant secrètement les saints ordres et se prêtant aux exi- 
gences civiques jusqu'en mai 1794. Dès lors il habita Passy. Après mai 
1797, il exerça publiquement les fonctions pontificales, qui lui étaient 
demandées, confirmations, ordinations, cérémonies extraordinaires. Il 
cessa en septembre (fructidor), n'étant ni intrépide, ni lâche 4 . Dénoncé 
par Reubell, 24 décembre 1798, condamné à la déportation, il arriva 
le 28 février 1799 à l'île de Ré, y exerça la juridiction déléguée par 
l'Ordinaire (M& r de Coucy), revint à Paris, février 1800. 

Démissionnaire de son siège en 1801 f il fut institué évêque de 
Rennes, le 19 germinal an X (9 avril 1802), prit immédiatement posses- 
sion, réorganisa le vrai culte catholique dans le département d'Ille-et- 
Vilaine, où Claude Lecoz avait prétendu consolider le schisme consti- 
tutionnel. 

L'évêque de Rennes rencontra des difficultés surtout du côté des 
Lanjuinais, jansénistes parlementaires, qui le tracassèrent dans son 
administration. 

f à Paris le 27 novembre 1804, set. 61, es. 27. 

Il n'y a pas d'abbaye dans le diocèse de Saint-Papoul ; mais il s'y 
trouve un prieuré célèbre de dominicaines, Prulianum, Prouille. 

1 . Cf. Victor Pierre, La Terreur sous le Directoire, 1 vol. in-8, Paris, 1888, p. 194- 
199. Nous ne saurions recommander trop cet ouvrage composé sur pièces et qui 
établit la vérité historique en même temps qu'il réfute les erreurs les plus 
accréditées. 



26 



402 PROVINCE DE TOULOUSE 



VAURUM, LAVAUR 

Petite ville du Lauraguais, Vaurum, Lavaur, fut élevée au rang de 
cité et de siège épiscopal en 1318. 

Le siège épiscopal de Lavaur illustré par Pierre Danès 1557 f 23 
avril 1577, par Charles-François d'Abra de Raconis, l'antagoniste de 
Jansénius, 1637 f 16 juillet 1646, et même par Jean-Vincent de Tulles, 
1646 f 1668, subit d'étranges vicissitudes durant les neuf années qui 
suivirent la mort de ce dernier *. Mais après cette courte période, le 
diocèse fut singulièrement favorisé durant plus de cent ans, comme 
nous allons le montrer. 

31. — Charles Le Goux de LA BERCHÈRE, 31 e évêque de Lavaur. 

Né en 1647, en Bourgogne, d'une famille de robe, originaire de 
Nuits, était docteur en théologie, aumônier du roi. 

Nommé évêque de Lavaur le 18 juin 1677 pour succéder au vertueux 
René Le Sauvage, qui était mort le 17 mai précédent, il se fit sacrer le 
12 avril 1678 à Saint-Louis des Jésuites à Paris, fit son entrée solen- 
nelle le 18 octobre, visita son diocèse, y fit donner des missions, établit 
de louables statuts, convertit beaucoup de Protestants. 

Il siégea comme représentant de sa province dans la fameuse Assem- 
blée de 1682, moins gallican que Colbert, son collègue, se laissa 
nommer archevêque d'Aix en 1685, d'Albi en 1687. Cf. Aix et Alri. 

— Esprit- Valentin FLÉCHIER, le célèbre orateur, nommé évêque 
de Lavaur le 12 novembre 1685, administra comme vicaire capitulaire 
jusqu'à sa nomination à l'évêché de Nîmes. Cf. Nîmes. 

1. L. d'Anglure de Bourlemont, nommé évêque de Lavaur le 16 avril 1669, refusa; 
— Michel Amelot de Gournay, nommé en 1671, sacré le 23 juin, fut transféré à 
Tours, 1673 ; — Bernard de Ruzé, chanoine de Paris, nommé en 1673, refusa ; — 
Jean-Baptiste-Michel Colbert, nommé en 1673, refusa ; — Sébastien du Guémadenc, 
nommé en 1673, accepta, puis refusa; — René Le Sauvage, né à Gran ville, docteur 
de Sorbonne, nommé le 28 avril 1673, sacré en 1674, fit son entrée solennelle le 21 
février 1675, f 17 mai 1677, léguant ses biens aux pauvres, sa chapelle à la cathé- 
drale, rien à ses parents, 



ÉVÊCHÉ DE LAVAUR 403 



32. — Victor-Augustin de MAILLY. 

Deuxième fils de Louis-Charles, marquis de Nesle et de Jeanne de 
Monchi, était chanoine régulier et prieur de Saint- Victor de Paris. 

Nommé évêque de Lavaur le 14 août 1687, il assista comme évêque 
nommé à l'Assemblée du clergé, 1688 ; préconisé le 13 octobre 1692 et 
sacré le 16 novembre à Saint-Victor, il prit possession, résida, tut un 
digne et saint prélat, comme son frère cadet, le cardinal de Reims. 

f à Montpellier, pendant la tenue des Etats du Languedoc, le 
23 décembre 1712, aet. 68, es. 20. 

33. — Nicolas de MALEZIEU. 

Né en 1672, docteur de Sorbonne, abbé de Moreille (La Rochelle). 
Nommé évêque de Lavaur le 22 avril 1713, il fut sacré à Chastenay 
le 22 octobre suivant. 
C'est lui qui sacra Ségur, évêque de Saint-Papoul, le 24 août 1724. 
f à Lavaur le 14 mars 1748, aet. 76, es. 35. 

34. — Jean-Baptiste-Joseph de FONTANGES. 

Né en 1718 à Saint-Flour, devint doyen d'Aurillac, chanoine-comte 
de Brioude, abbé de Chalivoy (Bourges). 

Nommé évêque de Lavaur en juin 1748 et sacré le 12 décembre 
résigna ses autres bénéfices, réorganisa Sorèze 1759. Dès cette même 
année, il prit la défense des Jésuites persécutés en Portugal et mena- 
cés en France, par exemple à Luçon. Il fut encore plus énergique- 
ment éloquent en 1762, comme le prouvent ses lettres au chancelier 
de France, au roi et au pape. 

f à Lavaur le 8 novembre 1764, set. 46, es. 16, voyant déjà poindre 
les vertus de son neveu, François de Fontanges, futur évêque de 
Nancy, archevêque de Toulouse, etc. 

35. — Jean-de-Dieu-Raymond de BOISGELIN de Cucé. 

Né à Rennes le 27 février 1732, fils de Renaud-Gabriel, marquis de 
Boisgelin, et de Jeanne-Françoise du Roscoët, docteur et prieur de 
Sorbonne, vicaire général de Rouen à Pontoise. 

Nommé évêque de Lavaur le 26 décembre 1764, et sacré le 28 avril 
1765, il prononça les oraisons funèbres du Dauphin, du roi Stanislas, 
de la Dauphine. Fit construire un pont à Lavaur. 

Transféré à Aix, 1770. Cf. Aix. 



404 PROVINCE DE TOULOUSE 



36. — Jean- Antoine de CASTELLANE Saint-Mauris , derniei 
évêque de Lavaur. 

Né le 18 mars 1732 dans le diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux. 
Abbé de Boullencour (Troyes), 1761, vicaire-général de l'orthodoxe 
Fleury à Chartres. 

Nommé évêque de Lavaur en 1770, et sacré le 7 juillet 1771, est loué 
sans restriction dans son épitaphe par son vicaire général Alexis 
Saussol, depuis évêque de Séez, auquel on peut s'en rapporter. 

Emigra d'abord à Montserrat en Espagne. Donna sa démission au 
pape en octobre 1801. 

f à Florence le 20 mai 1802, aet. 69, es. 31 ». 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LAVAUR 

O. S. B. vir. Soricinium, Sorèze 2 . 

0. Gist. Rota, La Rode 3 . 

1. Cf. Auribeau. Extraits, II, 659, et Theiner, Affaires de France, II, 498. 

2. L'histoire de Sorèze est racontée longuement dans la Gallia Christiana, par les 
Bénédictins. Anacharsis Combes, avocat castrais, rapporte aussi avec son style 
méridional la fondation du collège de Sorèze, dans son Etude sur Jean-Sébastit 
de Barrai, évêque de Castres ; in-8, Castres, 1843. 

Toujours est-il qu'en 1788, l'abbaye de Sorèze n'a plus d'abbé commendataire, ni 
de mense ; elle est « en économats ». 

3. L'abbaye de la Rode n'est autre qu'Ardorel ou Arborel, dont le nom est cite 
p. 10, à l'occasion des abbayes du diocèse de Castres. Les moines d'Ardorel déci- 
més par les Calvinistes, vinrent s'établir au prieuré de la Rode, qui devint ainsi 
abbaye. 



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TREVIRENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE TRÊVES 



Métropole de la Belgique première sous les Romains, chef-lieu de 
l'immense préfecture des Gaules et séjour ordinaire de quelques 
empereurs, Treviri, Trêves ou Trier, reçut la semence évangélique au 
premier siècle de l'ère chrétienne. Ses pasteurs eurent le titre d'arche- 
vêques et de primats, bien avant de devenir princes-électeurs de 
l'empire franco-germanique. 

L'insigne église de Trêves et les trois évêchés, Metz, Toul et Verdun, 
ses sufïragants, ont toujours été rangés dans la Gaule, quoiqu'ils aient 
cessé d'appartenir à la France dès le temps des Garlovingiens ; et si le 
droit de conquête a réuni les Trois-Évêchés à la France en 1552, la 
métropole est pourtant restée en dehors de nos limites. Nous n'avons 
donc pas à nous occuper nécessairement des archevêques de Trêves, 
ni à mentionner les nombreuses abbayes de l'archi-diocèse. Aussi n'en 
dirons-nous que quelques mots. 

Mais tous les sufïragants, anciens et nouveaux, compris dans la 
période que nous embrassons, étant Français, nous devons les men- 
tionner. Par sufïragants anciens, nous entendons Metz, Toul et Verdun, 
déjà cités. Par sufïragants nouveaux, nous entendons Nancy et Saint- 
Dié, érigés en sièges épiscopaux après la réunion définitive de la 
Lorraine à la France. Tel est l'ordre que nous allons suivre. 

A la fin du XVIII e siècle, la province se compose de six sièges : 
Treviren. Trêves; Meten. Metz; Tullen. Toul; Verdunen. Verdun; 
Nanceien. Nancy ; Sancti-Deodati. Saint-Dié. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XIII et ultimus Benedictinorum. — L'art de vérifier 
les dates, édition Saint-Allais, tome XV, in-8, Paris, 1819. — Almanach Royal, années 
successives, au chapitre intitulé Clergé de France, pour les sufïragants, au chapitre 
Souverains étrangers pour les Princes-Électeurs. 



406 



PROVINCE DE TREVES 



TREVIRI, TRIER ou TRÊVES 

Les archevêques de Trêves, électeurs de l'empereur, archi-chanceliers 
de l'empire, élus eux-mêmes suivant des règles qui n'étaient pas 
toujours conformes aux saints canons, demeurent en dehors de nos 
modestes études. Nous allons seulement nommer les deux derniers, 
ainsi qu'un auxiliaire qui a fait plus tard partie du clergé de France ; 
nous énumérerons ensuite quelques-unes des abbayes les plus connues 
de l'archi-diocèse. 



ARCHEVÊQUES-ÉLECTEURS DE TRÊVES 

91. — Jean-Philippe de WALDERDORFF. 

Né en 1701, élu coadjuteur de François-Georges de Schœnborn en 1754 
et sacré la même année, devint archevêque-électeur de Trêves le 18 
janvier 1756. 

Ayant écrit au pape Clément XIII une lettre en faveur des Jésuites, 
il reçut en réponse un Bref de remerciement le 29 juin 1759. Il écrivit 
encore les années suivantes au même pape dans le même but. 

En 1763, élu évêque de Worms, il accepta tout en restant archevêque 
de Trêves. 

f d'apoplexie à Coblentz, le 11 janvier 1768, set. 67, es. 14. 



92. — Clément- Wencesl as de SAXE. 

Né le 28 septembre 1739, cinquième fils d'Auguste III, roi de Pologne, 
et de Marie-Josèphe, archiduchesse d'Autriche, évêque de Frisingue et 
de Ratisbonne depuis 1763, résigna ces deux évêchés le 10 février 1768, 
jour où il fut élu archevêque de Trêves ; ce qui ne l'empêcha pas 
d'accepter l'année suivante l'évêché d'Augsbourg. 

En 1790, il protesta contre le décret de l'Assemblée nationale de 
France qui lui enlevait ses suffragants, pour rattacher leurs territoires 
à la métropole de l'Est, Besançon. 

Dépossédé lui-même par l'invasion française en 1794, il fut contraint 
de fuir, laissant cependant son auxiliaire sur place. En 1801, il ne 



ARCHEVÊCHÉ DE TRÊVES 407 

refusa pas sa démission au pape, qui voulait exécuter les clauses du 
Concordat ; et ce fut là son sacrifice méritoire. 
f en 4812. 

AUXILIAIRE ou SUFFRAGANT: Michel - Joseph de PIDOLL 
von Quitenbach, né à Trêves le 16 novembre 1734, docteur en droit 
canonique, doyen de Saint-Paulin à Trêves, sacré à Coblentz par le 
Prince-Électeur, évêque de Dioclétianopolis, le 19 mars 1794, admi- 
nistra le diocèse jusqu'à la promulgation du Concordat. 

Le 19 germinal an X (9 avril 1802), il fut nommé et aussitôt institué 
évêque du Mans. Toutefois il ne put quitter son pays d'origine qu'après 
la nomination du nouvel évêque de Trêves, Charles Mannay. 

Il fit son entrée au Mans le 7 juillet 1802 et fut installé solennellement 
le lendemain. Son diocèse se composant des deux départements de la 
Sarthe et de la Mayenne, il y réorganisa le culte catholique, forma le cha- 
pitre, les séminaires, les paroisses, bénit les communautés renaissantes. 

f au Mans, le 23 novembre 1819, aet. 85, es. 25. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE TREVES 

0. S. B. vir. S. Maximinus, Saint-Maximîn. 
S. Martinus, Saint-Martin. 
B. M. Luxemburgensis, N.-D. de Luxembourg. 
Prumia, Prum. 

B. M. ad Lacum, N.-D. du Lac. 
fem. Juviniacum, Juvigny. 

Inferior Prumia, etc., Nieder Prum, etc. 
0. S. A. vir. Cusa, etc., Cusa, etc. 

fem. Andernacum, etc., Andemach, etc. 
0. Cist. vir. Aurea Vallis, etc, OrvaH, etc. 

fem. Rosea Vallis, etc., Rosenthal, etc. 
0. Prsem. Romersdorfium, etc, Romersdorff, etc. 

0. S. Clarae. S. Clara Epternacensis, Sainte-Claire d'Eptemach. 

1. L'abbaye cistercienne d'Orval, diocèse de Trêves, a conquis de nos jours une 
célébrité posthume, par la publicité donnée à la prophétie, dite d'Orval, au sujet de 
laquelle on a beaucoup discuté. 



PROVINCE DE TREVES 



METLE, METZ 

Les trois évêchés, Metz, Toul et Verdun, réunis à la France par le 
roi Henri II en 1552, c'est-à-dire postérieurement au concordat, ne pou- 
vaient pas être pourvus par nomination royale sans un induit du 
Souverain Pontife. 

93. — Georges d'AUBUSSON de la Feuillade, 93° évêque de 
Metz. 

Né en 1609, fils de François, comte de la Feuillade, et d'Elisabeth 
Brachet de Pérusse, licencié en théologie, avait été sacré archevêque 
d'Embrun le 11 septembre 1649. Pendant près de vingt ans, il admi- 
nistra son diocèse et sa province à la satisfaction de tous. 

Après la démission de Gaston-Henri de Bourbon, duc de Verneuil, 
qui voulait se séculariser, l'archevêque d'Embrun fut nommé évêque 
de Metz le 23 mars 1668. Muni de ses bulles le 13 juin, il prit posses- 
sion portant le titre d'archevêque-évêque ; il posséda en même temps 
quatre riches abbayes. 

Mais ses fondations charitables, sa grande piété, son orthodoxie 
irréprochable, le recommandent quand même. 

f à Metz, le 12 mai 1697, set. 88, es. 48, doyen des évêques de 
France. 

94. — Henri-Charles du Gamboust de COISLIN. 
Né le 13 septembre 1664, fils d'Armand, duc de Coislin et de 

Magdelène du Halgouët, neveu de Pierre, cardinal-évêque d'Orléans, 
abbé de Saint-Georges de Bocherville, 1684. 

Nommé évêque de Metz le 26 mai 1697 et sacré le 22 décembre aux 
Feuillants de Paris par son oncle, qui venait d'être orné de la pourpre, 
il prit possession le 17 février 1698. 

Les auteurs de la Gallia Christiana, le trouvent admirable en tout, et 
terminent son éloge en disant qu'il légua sa belle bibliothèque aux 
moines de Saint-Germain-des-Prés. 

Nous sommes forcé d'ajouter, nous, qu'il fut le fauteur des Jansé- 
nistes appelants, l'émule de Caylus d'Auxerre, et qu'ayant suivi le 



ÉVÊCHÉ DE METZ 409 



cardinal de Noailles dans ses résistances, il ne l'imita pas dans sa 
rétractation. 
f le 28 novembre 1732, aet. 69, es. 36. 

95. — Claude de Rouvroy de SAINT-SIMON. 
Transféré de Noyon en 1733. Cf. Noyon. 

Devenu évêque de Metz et, comme tel, prince du Saint-Empire, tout 
en restant pair de France, au titre d'ancien évêque de Noyon, Claude 
fut plutôt un seigneur qu'un évêque. 

f le 28 février 1760, aet. 65, es. 28. 

96. — Louis-Joseph, cardinal de MONTMORENCY-LAVAL. 
Transféré de Condom, 8 septembre 1760-6 avril 1761. Cf. Condom. 
Abbé de Saint-Arnould 1775, grand-aumônier de France en 1786, 

après la disgrâce de son voisin, Rohan de Strasbourg, il fut créé 
cardinal le 30 mars 1789. 

Mais à partir de ce jour, il n'éprouva plus que des afflictions. Voyant 
son siège envahi par un intrus, il émigra en Allemagne ; ne parut pas 
au conclave de Venise. 

Refusa de se démettre en 1801, au grand dépit de Bonaparte. 

f à Altona, le 19 juin 1808, aet. 84, es. 55, card. 20. 

AUXILIAIRE ou SUFFRAGANT : Henri de CHAMBRE d'Urgons, 
né à Tartas le 15 décembre 1748, grand-archidiacre de Metz et vicaire- 
général de l'évêque, abbé de Saint-Martin-des-Aires (Troyes). 

Nommé auxiliaire ou suffragant de Metz en 1787 et sacré évêque 
d'Orope le 3 février 1788, figure dans différents actes. En 1802, par 
exemple, il signe la lettre collective des évêques qui ont refusé leur 
démission et qui adressent au pape des représentations peu filiales. Il 
disparaît ensuite. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE METZ 

0. S. B. vir. S. Nabor, Saint-Avold. 
Longa villa, Longeville. 
S. Symphorianus, Saint-Symphorien. 
S. Clemens, Saint- Clément. 



410 PROVINCE DE TREVES 



0. S. B. vir. Gorzia, Gorze. 

S. Arnulfus, Saint-Amou. 

S. Vincentius, Saint-Vincent. 

Bozonis villa, Bouzonville. 
fem. S. Glodessindis, Sainte-Glossinde. 

Vergavilla, Vergaville. 

S. Ludovicus, Saint-Louis y chapitre noble de cha- 
noinesses. 
0. S. A. vir. S. Pétri Mons, Saint-Pierre-Mont. 

Gollegium S. Ludovici, Collège de Saint-Louis. 
fem. Magdalena, La Madelaine. 
0. Gist. S. Benedictus in Vavria, Saint-Benoît-en-Voivre. 

Villare Betnacum, Villers Betnach. 

Freistrofium, Freistrof. 

Sturceburnum, Stulzbron. 
0. Praem. Justus Mons, Justemont. 

Salina Vallis, Salivai. 






TULLUM, TOUL 

L'évêché de Toul, moins riche que les deux évêchés de Metz et de 
Verdun, était beaucoup plus étendu, surtout avant l'érection des sièges 
de Nancy et de Saint-Dié. Même après cette érection, il garde encore 
764 paroisses, un grand nombre d'abbayes et autres bénéfices. 

Cf. Thiéry, Histoire de la ville de Toul et de ses évêques ; 2 in-8, Paris, 1841. — 
Pimodan (le M is de); La réunion de Toul à la France et les derniers évêques, comtes- 
souverains ; in-8, Paris, C. Lévy, 1885. 

86. — Jacques de Fieux, 86 e évêque de Toul. 

Né à Paris en 1619, fils de Louis, secrétaire d'État, originaire du 
Limousin, était docteur de Navarre, prédicateur, pourvu de deux 
abbayes. 

Nommé en 1674, coadjuteur de l'évêque de Toul, André de Saussoy, 
il n'avait pas encore reçu ses bulles le 27 mars 1675, jour où mourut 
l'évêque, auquel il devait succéder. 



ÉVÊCHÉ DE TOUL 411 



Sacré enfin évêque de Toul à Paris, le 17 janvier 1677, il prit posses- 
sion de son siège le 18 août. 

Les auteurs de la Gallia Christiana font de lui un éloge qu'ils réser- 
vent d'ordinaire aux purs Jansénistes. Est-ce mérité? Il était partisan 
d'une morale sévère (Thiéry). 

f à Paris, le 15 janvier 1685, set. 66, es. 8. 

87. — Henri-Pons Thyard de BISSY. 

Né le 25 mai 1657 dans le diocèse de Besançon, était fils de Claude, 
lieutenant - général, gouverneur des trois évêchés, fut élève des 
Jésuites de Dijon, docteur de Sorbonne, 1685, missionnaire et contro- 
versiste en Lorraine, très orthodoxe et très pieux. 

Nommé évêque de Toul le 31 janvier 1687, ne fut préconisé que le 
10 mars 1692 après qu'il eut administré 5 ans comme vicaire-capitulaire . 
Sacré enfin le 24 août à Paris, il prit possession en personne le 30 
octobre ; eut des démêlés avec le duc de Lorraine ; refusa Bordeaux, 
1697, Narbonne, 1703, était abbé de Noaillé (Poitiers) 1669, de Trois- 
Fontaines (Ghâlons). 

Transféré à Meaux 1704, pour remplacer Bossuet, fut très regretté à 
Toul. Cf. Meaux. 

— Antoine GIRARD, Auvergnat. 

Nommé évêque de Toul en 1697, de Boulogne en 1698, devint évêque 
de Poitiers. Cf. Poitiers. 

— Charles-Daniel-Gabriel de CAYLUS. 

Nommé évêque de Toul en 1704, refusa; d'Auxerre en 1705, accepta. 
Cf. Auxerre. 

88. — François Blouet de CAMILLY. 

Né à Rouen 22 mai 1664, d'une famille noble de robe et d'épée, 
docteur et prieur de Sorbonne, abbé du Val-Richer et de Saint-Pierre- 
sur-Dive, vicaire-général de Strasbourg. 

Nommé évêque de Toul le 11 mai 1704 et sacré à Strasbourg le 22 
novembre 1705, fit son entrée solennelle le 13 décembre ; fut certaine- 
ment l'homme du devoir avant tout. 

Transféré à Tours, 10 janvier 1721-l or mai 1723. Cf. Tours. 



412 PROVINCE DE TRÊVES 



89. — Scipion-Jérôme BÉGON. 
Né à Brest en 1681, fils d'un intendant-général de la marine, fut 

élève des Jésuites et des Sulpiciens, docteur de Sorbonne, abbé de 
Saint- Germer, doyen de La Rochelle et vicaire-général de Beauvais. 

Nommé évêque de Toul le 10 janvier 1721, ne fut préconisé que le 
15 mars 1723. 

Sacré le 25 avril aux Minimes de la Place Royale, eut des conflits 
avec les chanoines de Saint-Dié, les moines d'Étival, etc. 

f à Toul, le 28 décembre 1753, «t. 77, es. 31. 

90. — Claude Drouas de BOUSSEY. 

Né en 1712 près de Viteaux dans le diocèse d'Autun, fils d'un 
capitaine fort riche, était en 1749, abbé de Morigny (Sens) et vicaire- 
général de Languet à Sens. 

Nommé évêque de Toul, le 17 février 1754 et sacré le 12 mai, prit 
aussitôt possession. 

Il soutint les Jésuites en 1761, subit les tracasseries de la cour de 
Nancy, que du reste Stanislas réprima, et les rancunes de professeurs 
routiniers. Se vengea en établissant la dévotion au Sacré-Cœur, en 
réorganisant le collège de la ville et en fondant des maisons d'instruc- 
tion ou de charité. 

Homme admirable, il bénit le projet conçu par le roi d'ériger les 
nouveaux diocèses de Nancy et de Saint-Dié qui diminuaient le sien, 
mais allaient contribuer à la plus grande gloire de Dieu. 

f à Toul, le 21 octobre 1773, 83t. 61, es. 20. 

91 . — Étienne-François-Xavier des Michels de CHAMPORCIN, 
dernier évêque de Toul. 

Transféré de Senez, 1 er novembre 1773. Cf. Senez. 

Il consentit officiellement, lui et son chapitre, à la division de Nancy 
et de Saint-Dié, satisfait d'obtenir en compensation pour lui et ses 
chanoines l'abbaye de Saint-Mansuy. Cette conduite fut généralement 
désapprouvée. 

Mais ce qui mécontenta bien davantage les Toulois, ce fut le démem- 
brement du chapitre en 1776, et l'obligation des quartiers de noblesse 
pour les chanoines. En prenant cette décision, il se rendait agréable au 
roi Louis XVI, mais il froissait les susceptibilités populaires. 

Dépouillé de tout en 1790, il réclama vainement contre la suppression 



ÉVÊCHÊ DE VERDUN 413 



de son siège, émigra, refusa de se démettre en 1801, sans pourtant 
faire d'opposition à l'évêque de Nancy, Ms r d'Osmond. 
f à Gagny, le 19 juillet 1807, set. 86, es. 37. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TOUL 

0. S. B. vir. S. Aper, Saint-Epvre. 

S. Mansuetus, Saint-Mamuy . 

Castinetum, Châtenoy. 
fem. Pons Suavis, Poussay. 
0. S. A. S. Léo, Saint-Léon. 

Alteriacum, Autrey. 

Gongregatio canonicorum regularium Salvatoris Nostri, 
Congrégation des chanoines réguliers de Notre- 
Sauveur. 
0. Gist. vir. Vallès in Ornesio, Vaux-en-Ornois. 

Escuraium, Escuray. 

Insula Barrensis, UIsle-en-Barrois. 
fem. Stanchia, UÉtanche. 

Sancta Hoildis, Sainte-Hould. 
0. Prsem. Regia vallis, Riéval. 

Flabonis Mons, Flabimont. 

Janduriae, Jandures. 

Jovillare, Jovillers. 

Bonifagetum, Bonfay. 

Rengis vallis, Rengeval. 

Mira vallis, Mureau. 



VERDUNUM, VERDUN 

Siège aussi ancien que Metz et que Toul, conférant à ses évêques le 
titre de princes ou comtes de l'empire, même après la conquête de 
1552, moins riche que Metz et plus riche que Toul en revenus, comptait 
trois cents paroisses. 



414 PROVINCE DE TRÊVES 



94. — Hippolyte de BÉTHUNE, 94 e évêque de Verdun. 

Né en 1647 à Bolainville, comme son frère aîné, Armand, le saint, 
orthodoxe et vénérable évêque du Puy, fils d' Hippolyte, comte de 
Celles en Berry, et de Marie de Beauvillier, reçut jeune encore l'abbaye 
de Beaupré (Beauvais), devint doyen du Puy en 1670, aumônier de la 
reine. 

Nommé évêque de Verdun pour remplacer Armand de Mouchy 
d'Hocquincourt, qui était mort le 30 octobre 1679, il se fit sacrer aux 
Chartreux de Paris le 3 août 1681, accorda sa confiance aux docteurs 
Habert et Philbert, jansénistes, qui lui firent donner un catéchisme, 
un missel et un bréviaire que les auteurs de la Gallia Christiana seuls 
osent louer. Le pauvre évêque mit le comble à ses imprudences, en 
faisant publier par un Cordelier, du haut de la chaire de la cathédrale, 
le jour de Toussaint 1717, au milieu du tumulte populaire, son appel 
de la bulle Unigenitus. 

f à Verdun le 24 août 1720, aet. 73, es. 39. 

95. — Charles-François d'HALLENCOURT de Dromesnil. 
Transféré d'Autun, 8 janvier 1721. Cf. Autun. 

Les antécédents de ce prélat plaidaient en sa faveur. Il était utile 
qu'il vînt le plus tôt possible réparer les fautes de son prédécesseur. 
C'est dans ce but qu'il avait été choisi par le Régent, bien revenu alors 
de ses préventions favorables à Noailles. 

Toutefois les bulles de l'évêque de Verdun subirent un retard de 
deux ans ; il ne put prendre possession que le 7 janvier 1723. Il ne se 
vengea de Rome qu'en exigeant la soumission la plus prompte et la 
plus complète aux constitutions apostoliques ; et par ce moyen, il 
procura la paix à son cher diocèse, non-seulement pour la durée de 
son épiscopat, mais encore pour tous les temps qui devaient suivre. 

f à Verdun le 16 mars 1754, set. 79, es. 43. 

96. — Aymard- Chrétien-François-Michel de NICOLAY. 

Né à Paris le 23 juin 1721, était fils de Jean-Aymard, le 8 e Nicolay, 
qui fût Premier à la Cour des Comptes, et de Françoise-Elisabeth de 
Lamoignon, était prieur de Sainte-Catherine, chanoine de Notre-Dame, 
premier aumônier de la Dauphine, agent général du clergé. 

Nommé évêque de Verdun en avril 1754, sur la désignation de 
Boyer et suivant le désir de son ancien élève, le Dauphin, il fut sacré 



ÉVÊCHÉ DE VERDUN 415 



le 16 août à Notre-Dame de Paris. A Verdun, comme à Versailles, il 
fut constamment l'ami, le confident et le correspondant du Dauphin, 
fils de Louis XV. C'est son éloge. 

On comprend dès lors ses chaudes réclamations en faveur des 
Jésuites, son affliction en constatant les progrès de l'incrédulité et sa 
douleur en apprenant la mort du pieux Dauphin. En prenant son neveu 
Aimard-Claude, pour vicaire général, il l'initia aux vertus dont celui-ci 
fit preuve sur le siège de Béziers. 

f à Verdun le 9 décembre 1769, aet. 49, es. 16. 

97. — Henri-Louis-René des NOS. 

Transféré de Rennes, 25 décembre 1769-février 1770. Cf. Rennes. 

Il avait beaucoup souffert à Rennes ; mais il fut consolé à Verdun et 
s'y distingua par ses talents, sa charité, sa haute piété. 

Forcé d'émigrer, en voyant son siège occupé par l'intrus Jean-Baptiste 
Aubry, il passa la frontière sans sortir de sa province ecclésiastique. 

f à Goblentz, 2 septembre 1793, aet. 77, es. 32. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE VERDUN 

0. S. B. vir. Bellus locus, Beaulieu. 

S. Michael, Saint-Mihiel. 

S. Vitonus, Saint-Vannes 1 . 

S. Agericus, Saint-Airy. 
fem. S. Maurus, Saint-Maur. 
0. S. A. S. Nicolaus de Prato, Saint-Nicolas-du-Pré. 
0. Cist. Galadia, La Chalade. 

Castellio, Chastillon. 
0. Praem. S. Paulus, Saint-Paul. 

Stagnum seu Stanchia, L'Etang ou VEtanche. 

1. On sait que cette abbaye devint la tête d'une congrégation d'abbayes réfor- 
mées. La congrégation de Saint- Vannes en Lorraine précéda la congrégation de 
Saint Maur en France. 



416 



PROVINCE DE TRÊVES 



NANCEIUM, NANCY 

Ville assez récente, et néanmoins capitale de la Lorraine, Nancy fut 
dotée en 1602 d'une primatiale * à défaut d'une cathédrale. Toutefois la 
fondation d'un évêché à Nancy, longtemps retardée, fut décidée en 

1774 par Louis XV, en même temps que la fondation d'un évêché à 
Saint-Dié ; les titulaires furent même nommés dès lors. Cette double 
fondation ne fut pourtant effectuée que par Louis XVI, édit du 12 mars 

1775 et par Pie VI, bulle du 18 décembre 1777. 

Les deux nouveaux sièges, érigés dans la province de Trêves, aug- 
mentèrent le nombre des suffragants de l'archevêque, sans diminuer 
sa juridiction. 

— Louis-Hector de SABRAN. 

Nommé premier évêque de Nancy par Louis XV en 1774, arrangea 
les questions de partage avec l'évêque de Toul en 1776. Les questions 
étant tranchées à l'amiable, suivant l'édit royal, il n'attendait plus 
que la bulle du pape, qui allait l'instituer, quand il se laissa nommer 
évêque-duc de Laon en 1777. Cf. Laon. 

1. — Louis-Apollinaire de la TOUR-DU-PIN-Montauban, pre- 
mier évêque de Nancy. 

Né à Paris le 13 janvier 1744 de l'illustre famille dauphinoise, qu'on 
connaît, était vicaire général de Marbeuf à Autun, abbé d'Hauteseille 
(Toul), 1769. 

Nommé évêque de Nancy le 10 août 1777, et sacré à Paris le 25 
janvier 1778, fut un saint prélat sur ses trois sièges, Nancy, Auch, 
Troyes. 

Transféré à Auch le 22 juillet 1783. Cf. Auch. 

2. — François de FONTANGES. 

Né le 8 mars 1744 dans le diocèse de Clermont, était neveu de Jean- 
Baptiste-Joseph, digne évêque de Lavaur, que nous avons eu l'occasion 
de louer. 



1. La Gallia Christiana énumère les neuf primats qui se sont succédés à Nancy 
de 1607 à 1777. 



ÉVÊCHÉ DE NANCY 417 



Nommé évêque de Nancy le 22 juin 1783, et sacré le 17 août, il 
continua dignement son excellent prédécesseur. 

Transféré à Bourges 1787 - 3 février 1788 et de là presque immédia- 
tement à Toulouse. Cf. Bourges et Toulouse. 

3. — Anne-Louis-Henri de la FARE. 

Né le 8 septembre 1752 au château de Bessay près de Luçon, fils de 
Joseph-Louis-Dominique, marquis de la Fare, et de Paule-Henriette 
Gazeau de Champagne, dame de Bessay, fut abbé de Moreilles en 1776, 
vicaire général de Vogué à Dijon, 1778, élu du clergé de Bourgogne en 
1787. 

Nommé évêque de Nancy le 7 octobre 1787, préconisé le 17 décem- 
bre et sacré à Dijon le 13 janvier 1788, prononça le discours d'ouver- 
ture des Etats-Généraux à Versailles, 5 mai 1789, résista aux innova- 
tions dans l'Assemblée constituante, mais ne put rien empêcher. 

Ayant émigré en Allemagne, il fut le chargé d'affaires de Louis XVIII 
à Vienne. 

Refusa avec éclat sa démission en 1801, ce qui causa une sorte de 
schisme à Nancy entre ses partisans et ceux qui obéissaient à l'évêque 
concordataire, Me r d'Osmond. 

S'étant enfin démis en 1816, il fut nommé archevêque de Sens, 1817, 
prit possession en 1821, pair de France en. 1822, fut créé cardinal en 
1823. 

f au palais des Tuileries, le 10 décembre 1829, set. 77, es. 42, 
card. 6. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE NANCY 

0. S. B. vir. Layum, Lay. 

Flaviniacum, Flavigny. 

S. Leopoldus, Saint-Léopold. 

fem. Buxeriae, Bouxières-aux-Dames, hodie collegium nobi- 

lium virginum. 

0. S. A. Domnus Aper, Dom-Epvre. 

Bellus campus, Belchamp. 

S. Remigius, Saint-Remy. 

27 



418 



PROVINCE DE TREVES 



0. Cist. Bellum pratum, Beaupré. 

Alta silva, Hauteseille. 
Glarus locus, Clairlieu. 



S. DEODATUS, SAINT-DIÉ 

Le Val de Galilée, habité en 620 par Saint-Dié, (S. Deodatus), évêqu( 
de Nevers, prit le nom de ce saint, que conserva l'abbaye fondée en c( 
lieu. C'est cette abbaye qui fut érigée en évêché par la bulle de Pie V] 
du 21 juillet 1777. 

— Barthélemy-Louis-Martin de Chaumont de la GALAISIÈR] 
premier évêque de Saint-Dié. 

Né à Paris, le 24 août 1737, docteur en théologie. 

Nommé premier évêque de Saint-Dié par Louis XV en 1774, nomina- 
tion confirmée par Louis XVI en 1775, fut préconisé le 21 juillet 177' 
par la bulle même d'érection ; il se fit sacrer le 21 septembre 
Brienne. 

Il était remarquable par sa taille. 

Voyant son siège envahi par l'évêque constitutionnel, J.-A. Maudru, 
il émigra, écrivit de Munich à Rome, octobre 1794, pour réclamer un 
secours. 

Refusa de se démettre en 1801, causa par là même de graves embarras 
à Ms r d'Osmond. 

f au château de Mareil, le 30 juin 1808, aet. 71, es. 31. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT-DIÉ 

0. S. B. vir. Senoniae, Senones*. 

Medianum monasterium, Moyen-Moutier. 



1. Cette abbaye doit une célébrité particulière à l'illustre dom Augustin Cal met, 
mort en 1757. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-DIÉ 419 



0. S. B. fem. Romarici mons, Remiremont, nunc nobile virginum 
capitulum. 
Spinalium, Épinal, nunc etiam nobile virginum capi- 
tulum. 
0. S. A. Galmosiacum, Chaumonsey. 

Heri vallis, Hérival. 
0. Praem. Stivagium, Estival ou Etival. 



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TMONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE TOURS 



La quatrième Lyonnaise des Romains, dont la métropole était 
Turones, Tours, comprenait les pays qui se sont plus tard appelés Tou- 
raine, Anjou, Maine et Bretagne. Chacun de ces pays entendit la Bonne 
Nouvelle et l'écouta, Tours, Le Mans, Angers, Nantes d'abord, cités 
plus continentales, ensuite toute la presqu'île armoricaine. Des sièges 
épiscopaux furent établis sur différents points, même en dehors des 
cités et dans de simples forteresses. Ces sièges furent plus nombreux 
et d'une juridiction moins étendue, à mesure qu'ils s'éloignaient de la 
métropole. 

Cette métropole était Tours, convertie au christianisme par les 
disciples mêmes des Apôtres, illustrée au IV e siècle par le soldat thau- 
maturge, saint Martin, au VI e par l'historien des Francs, saint Grégoire, 
par des souvenirs particuliers et de vénérables monuments. 

La province ecclésiastique de Tours comprenait dès le VI e siècle et 
comprit jusqu'à la fin du XVIII e , douze sièges: Turonen. Tours; 
Andegaven. Angers; Cenomanen. Le Mans; Corisopiten. Quimper ; 
Dolen. Bol; Nanneten. Nantes ; Redonen. Rennes; San-Briocen. Saint- 
Brieuc ; San-Maclovien. Saint- Malo ; Sancti Pauli Leonen. Saint-Pol- 
de-Léon; Trecoren. Tréguier ; Veneten. Vannes. Le siège du Mans 
était le premier en dignité dans la province après le siège de Tours. 

S'il ne s'agissait pour nous que de dresser les listes épiscopales, avec 
noms, prénoms, dates, traits caractéristiques quelconques, nous n'au- 
rions qu'à copier le volume de la Gallia Christiana qui traite exclusive- 
ment de la province de Tours. Ce volume publié en 1856 conduit les séries 
épiscopales, abbatiales, etc., jusqu'à l'an 1790. Nous aurions tout au 
plus à prendre en cette année-là chacun des titulaires pour le suivre à 
travers les quelques années suivantes jusqu'à sa mort, ce que ne fait 
pas ordinairement l'auteur du volume. 



ARCHEVÊCHÉ DE TOURS 421 



Mais comme nous n'avons pas craint de reprendre en sous-œuvre le 
travail des Bénédictins eux-mêmes, ni de remonter pour toutes les 
provinces qu'ils ont traitées jusqu'à l'année 1682, il ne nous sera pas 
moins permis, croyons-nous, de réviser l'œuvre d'un laïc, chargé par 
une corporation laïque, d'un travail essentiellement ecclésiastique. 

Aussi bien devons-nous présenter à nos lecteurs au moins ce que 
nous leur annonçons dans le titre, et voulons-nous donner à notre 
étude le mérite de la symétrie, ne pouvant lui donner l'attrait de la 
nouveauté. 

Les livres à consulter ne nous ont pas manqué. Outre le tome XIV 
de la Gallia Christiana, dont nous venons de parler, nous avons un 
ouvrage spécial et consciencieux, qui traite des neuf diocèses de la 
Bretagne ; nous l'indiquerons en son lieu. Nous avons mieux pour le 
diocèse du Mans, aussi bien pour le diocèse d'Angers, suffisamment 
pour l'église métropolitaine de Tours. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XIV, qui est primus a Bartholomaeo Hauréau con- 
ditus; in-folio, Parisiis, Didot, 1856. — • Almanach Royal, au chapitre intitulé: 
Clergé de France. 



TURONES, TOURS 

Dans l'archidiocèse de Tours on comptait, au milieu du XVII e siècle, 
730 cures, 778 chapelles, 24 abbayes, 84 prieurés, 3 commanderies de 
Malte, 22 maladreries, 7 chapitres. Ce nombre fut réduit par des 
unions ou suppressions, sans laisser d'être encore considérable, 
comme on va le voir bientôt. 



ARCHEVÊQUES DE TOURS 

105. — François de la GUESLE, 105« archevêque de Tours, sacré 
en 1597. 
t le 30 octobre 1614. 



422 



PROVINCE DE TOURS 



106. — Sébastien Dori GALIGAI, nommé et préconisé archevêque 
de Tours en 1615, mais non sacré, fit sa démission le 27 avril 1617, 
après la ruine du maréchal d'Ancre. 

107. — Bertrand d'ESGHAUX, sacré évêque de Bayonne en 1598, 
devint archevêque de Tours en 1617. 

f le 21 mai 1641, rot. 85, es. 43. 

108. — Victor Le BOUTHILLIER, né en 1590, sacré évêque d( 
Boulogne le 9 avril 1628, nommé coadjuteur de Bertrand d'Eschaux ei 
1630, lui succéda en 1641. 

f le 12 novembre 1670, rot. 80, es. 43. 

Il avait vu sa mère, Claudine-Françoise de Machecop, devenue 
veuve, entrer à la Visitation, s'y faire religieuse et mourir saintement. 
Il vit son neveu, le célèbre Rancé, abandonner le monde, se retirer à 
la Trappe, établir une réforme très austère. 

109. — Charles de ROSMADEC, évêque de Vannes, nommé et 
préconisé archevêque de Tours en 1671. 

f le 12 juillet 1672. 

110. — Michel AMELOT de Gournay. 
Né le 15 août 1624, fils de Jean, seigneur de Gournay, président au] 

Enquêtes, fut abbé de Saint-Calais et d'Evron, chanoine et archidiacre 
de Chartres. Nommé et préconisé évêque de Lavaur, il se fit sacrer le 
23 juin 1671 à la Visitation de Paris. 

Dix-huit mois après son sacre, il fut nommé archevêque de Tours 
prit possession. On ne trouve rien de saillant dans les actes de soi 
épiscopat, sinon qu'il assista à la petite Assemblée de 1681. 

f à Tours le 17 février 1687, ast. 63, es. 16. 

— Claude de SAINT-GEORGES, nommé archevêque de Tours ei 
1687, administra cinq ans le diocèse en qualité de vicaire capitulaire 
il fut après ce temps nommé archevêque de Lyon. Cf. Lyon. 



111. — Mathieu Isoré d'HERVAUT. 

Né en 1647 dans la Touraine, fils de Georges, marquis d'Hervaut, 
de Marie de Roncherolles, était docteur de Navarre, fut auditeur de 



ARCHEVÊCHÉ DE TOURS 423 



Rote et supérieur de Saint-Louis-des-Français à Rome pendant des 
années, abbé de Saint-Jean-d'Angély, 1687. 

Nommé évêque de Condom, le 8 septembre 1693, archevêque de 
Tours le 1 er novembre suivant, il se fit sacrer pour ce dernier siège à 
Paris le 25 février 1694 et prit aussitôt possession. La même année, il 
reçut l'abbaye de Saint-Maixent. 

Grand ami de Noailles, il favorisa le jansénisme par complaisance, 
et se montra gallican par intérêt ou par conviction. 

f à Paris le 9 juillet 1716, set. 69, es. 23. 

112. — - Armand-Pierre de la Croix de CASTRIES. 

Né à Montpellier le 13 avril 1664, était le second fils de René 
Gaspard, marquis de Castries, et d'Isabelle Bonzi, sœur du cardinal- 
archevêque de Narbonne. 

Abbé de Valmagne (Agde), docteur de Sorbonne, grand archidiacre 
de Narbonne, aumônier de la Dauphine, premier aumônier de la 
duchesse de Berry, ami particulier du Régent. 

Nommé archevêque de Tours en 1717, il n'obtint ses bulles que 
deux ans plus tard, à cause de son jansénisme, et ne fut sacré que le 
29 octobre 1719. Mais avant de prendre possession de son siège, il se 
laissa nommer archevêque d'Albi le 5 novembre 1719, au risque de se 
voir encore ajourné deux ans. Cf. Alri. 

— Henri-Oswald de la TOUR d'AUVERGNE, nommé archevêque 
de Tours en 1719 et n'étant pas préconisé par la faute du précédent, 
fut nommé archevêque de Vienne, le 9 janvier 1721. Cf. Vienne. 

113. — François Blouet de CAMILLY. 
Transféré de Toul, 1721-1723. Cf. Toul. 

Nommé archevêque de Tours le 9 janvier 1721, il ne put à cause 
d'obstacles divers, indépendants de sa volonté, prendre possession de 
son siège que le 1 er mai 1723. Tours avait pourtant besoin de lui. 

Arrivé enfin, il agit vigoureusement contre les Jansénistes, maîtres 
de la position. Puissamment aidé par Louis Debras, lazariste, supérieur 
du grand-séminaire de Tours, l'archevêque fit beaucoup de bien en 
peu de temps. 

f à Ligueil le 17 octobre 1723, set. 58, es. 18, après six mois d'une 
administration réparatrice. 



424 



PROVINCE DE TOURS 



114. — Louis-Jacques Ghapt de RASTIGNAG. 
Transféré de Tulle, octobre-décembre 1723. Cf. Tulle. 

Il n'y avait que dix-huit mois qu'il avait été sacré évêque de Tulle et 
n'était pas encore dans la quarantième année de son âge. 

Devenu archevêque de Tours, il brilla dans les Assemblées du 
clergé par des qualités incontestables, appuya Louis Debras dans sa 
lutte contre les Jansénistes et fit refleurir la piété des fidèles. Mais par 
l'amertume de ses censures contre le P. Pichon, jésuite, en 1747 et 
1748, il sembla donner dans l'extrême opposé, la morale sévère. 

Abbé de la Couronne (Angoulême) avant 1725, de la Trinité de 
Vendôme en 1727, de Vauluisant (Sens) en 1748, reçu commandeur du 
Saint-Esprit le 2 février 1746, il grossit ses revenus. Ce fut pour secou- 
rir les inondés, fonder un hôpital, faire beaucoup d'aumônes. 

f subitement en sortant de table et en demandant pardon de ses 
fautes, dans son château de Véretz, le 2 août 1750, set. 66, es. 29. 

— Jean-Gilles du COETLOSQUET, évêque de Limoges, nommé 
archevêque de Tours en 1750, refusa. Cf. Limoges. 

115. — Henri- Marie-Bernardin de Rosset de FLEURY. 

Né au château de Fleury, près de Narbonne, le 26 août 1718, quinze 
mois après son frère Pierre- Augustin, que nous avons vu occuper 
dignement le siège de Chartres, 1746-1780, fut reçu docteur en théo- 
logie et pourvu de quelques bénéfices. 

Nommé archevêque de Tours, il fut sacré à Saint-Cyr dans le diocèse 
de Chartres le 26 août 1751 et vint aussitôt prendre possession de son 
siège. 

En 1762, il se porta comme un zélé défenseur des Jésuites, mérita 
ainsi les éloges du pape Clément XIII et en même temps son exclusion 
de la Commission des Réguliers en 1766. Il n'en fut que plus aimé de 
ses diocésains, qui le regrettèrent. 

Transféré à Cambrai, 1774, malgré lui. Cf. Cambrai. 

— Louis-François-Hilaire de CONZIÉ, évêque d'Arras, nommé 
archevêque de Tours en 1774, refusa au profit de son frère qui suit. 
Cf. Arras. 



116. — Joachim-François-Mamert de CONZIÉ. 
Transféré de Saint-Omer, 1774-1775. Cf. Saint-Omer. 



ARCHEVÊCHÉ DE TOURS 425 



A peine installé sur le siège de saint Martin, il se laissa employer 
par Brienne dans les dernières opérations de la Commission des Régu- 
liers, ne se défia pas assez des moines francs-maçons 4 . 

C'était pourtant un prélat estimable. En 4783, durant une épidémie, 
il transforma son palais en Hôtel-Dieu. 

La constitution civile du clergé, qu'il ne put empêcher et qu'il refusa 
d'accepter, l'ayant dépouillé, il émigra dans les Pays-Bas. 

f à Amsterdam en 1795, ast. 59, es. 26. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TOURS 

0. S. B. vir. Majus Monasterium, Marmoutier, chef d'ordre. 

S. Julianus Turonensis, Saint-Julien de Tours. 

Cormaricus, Cormery. 

Villa lupa, Villeloin. 

Bellus locus, Beaulieu. 

Nucerise, Noyers. 

Turpiniacum, Turpenay. 

Prulliacum, Preuilly. 

Boscus Alberici, Bois-Aubry. 

Sulleium, Seuillé. 
fem. Bellus mons, Beaumont-les-Tours. 
0. S. A. vir. Fontanae albae, Fontaines-les- Blanches. 

Gastineta, Gastine. 

Aqua viva, Aigue-Vive. 
0. Cist. vir. Claritas Dei, La Clarté-Dieu. 

Balgereium, Beaugerais. 
fem. Mons Caelestis seu Monceium, Moncé. 



COLLÉGIALES, COUVENTS, etc. 

L'auguste collégiale de Saint-Martin à Tours, ecclesia collegiata 
S. Martini, l'emporte sur toutes les autres. Il y avait encore une collé- 
giale de Saint-Martin à Candes, les chapitres de Tranchéléon ou Tran- 
quelléon, de Bueil, d'Amboise, de Montrésor, etc., dans le diocèse. 

1. Cf. Deschamps et Jannet, Les Sociétés secrètes, in-8. Paris, 1883, t. III, p. 48. 



426 



PROVINCE DE TOURS 



Les couvents étaient très nombreux. Contentons-nous de citer le 
couvent des Minimes, dont le fondateur, saint François de Paule, était 
mort à Tours en 4507. 



ANDEGAVI, ANGERS 

Cf. Tresvaux, Histoire de Vêglise et du diocèse d'Angers, 2 vol. in-8. Paris, 
Lecoffre, 1858. 

77. — Henri ARNAULD, 77 e évêque d'Angers. 

Né à Paris le 30 octobre 4597, d'une famille nombreuse et célèbre, 
fut connu dans le monde sous le nom de Monsieur de Trie. Il s'attacha 
d'abord au barreau. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut nommé 
abbé de Saint-Nicolas d'Angers, alla deux fois à Rome, sans y devenir 
plus romain. 

Nommé évêque d'Angers après la mort de Claude de Rueil, il se fit 
sacrer à Port-Royal le 29 juin 4650, implanta le Jansénisme dans son 
diocèse, excepté dans l'Université d'Angers. 

Il eut néanmoins comme évêque, quelques bonnes qualités ; nous ne 
les contestons pas. Ne faut-il pas même rejeter sur le docteur Antoine, 
dit le grand Amauld, la plupart des actes répréhensibles que son frère, 
l'évêque d'Angers, a commis d'après son conseil? C'est notre avis. 

f à Angers le 8 juin 4692, set. 95, es. 42. 



78. — Michel LE PELETIER. 

Né à Paris le 4 août 4660, fils de Claude, surintendant des finances, 
avait pour frères Claude, seigneur de Sousy, et Charles-Maurice, supé- 
rieur général de Saint-Sulpice. Il avait perdu un œil par accident. 
Abbé de Jouy, 4678, prêtre édifiant, docteur de Sorbonne. 

Nommé évêque d'Angers le 45 août 4692, et sacré le 46 novembre 
aux Rénédictines de la Ville-l'Evêque à Paris, il établit à Angers les 
retraites ecclésiastiques et les discussions réglées qui furent publiées 
sous le titre de Conférences d'Angers et sont si connues. 

Michel censura les livres jansénistes, favorisa toutes les œuvres de 
zèle et de charité. Ce fut un saint évêque. 

Nommé évêque d'Orléans le 3 avril 4706 pour un plus grand bien. 



ÉVÊCHÉ D'ANGERS 427 



f à Paris de sa cruelle maladie 9 août, set. 46, es. 14, non encore 
préconisé pour Orléans. 

79. — Michel Poncet de la RIVIÈRE. 

Né en 1672, bon prédicateur à Paris et devant la cour, missionnaire 
dans le pays des Camisards, vicaire général de son oncle, Michel 
Poncet, à Uzès. 

Nommé évêque d'Angers le 10 avril 1706, et sacré le 1 er août, fit 
rédiger par M. Babin les Conférences d'Angers ; promulgua la bulle 
Unigenitus, condamna les Hexaples, la thèse du P. de Gennes, orato- 
rien de Saumur, interdit les Bénédictins appelants des cinq abbayes 
angevines ; déféra deux évêques à l'Assemblée du clergé, 1725 ; pro- 
nonça l'Oraison funèbre du Régent ; fut reçu à l'Académie française, 
1729. 

f à Eventard le 2 août 1730, 33t. 58, es. 24. 

80. - Jean de VAUGIRAULT. 

Né à Angers en 1680, vicaire général de Poncet, avait prouvé ses 
capacités extraordinaires, fut proposé pour Montauban, 1729. Cf. 

MONTAUBAN. 

Nommé évêque d'Angers providentiellement en 1730, et sacré le 28 
janvier 1731, continua ses deux prédécesseurs immédiats, fut loué de 
tous, excepté des Jansénistes, établit à Angers les Frères des Ecoles 
Chrétiennes, assura le fonctionnement des institutions de charité, 
d'instruction et de zèle. 

f à Angers le 21 juin 1758, 33t. 78, es. 28, laissant le diocèse dans le 
plus parfait état possible. 

81. — Jacques de GRASSE, janséniste. 
Transféré de Vence, 1758-1759 ; Cf. Vence. 

A peine installé, il se plaça aux antipodes de son prédécesseur, 
donna dans le panneau des Assertions, lâcha les Jésuites en 1762, loua 
les Quatre-Articles, fut blâmé par l'Assemblée de 1765, par le pape 
Clément XIII et par ses bons prêtres. 

Il subit le contre-coup des revers de son frère, le marin, dont il 
avait trop goûté les succès ; résida peu ; jouit d'une mauvaise réputa- 
tion à Paris en 1780. 

f à Paris le 24 juillet 1782, 33t. 62, es. 27, enveloppé dans la 
disgrâce de son frère, le comte de Grasse. 



428 



PROVINCE DE TOURS 



82. — Michel-François Gouet du Vivier de LORRY. 

Transféré de Tarbes, 28 juillet 1782. Cf. Tarbes. 

Il réédita la Liturgie d'Angers ; se laissa grever de dettes ; parut 
favoriser la Révolution en n'écrivant rien contre elle ; il se borna à 
refuser le serment, puis il alla se cacher en Normandie, laissant une 
partie de ses diocésains se grouper autour du méprisable évêque 
jureur, Hugues Pelletier, et une autre partie s'insurger héroïquement 
contre les persécuteurs de la Religion. 

L'évêque d'Angers donna sa démission en 1801 . Ayant été nommé le 
9 avril 1802 au siège épiscopal de la Rochelle dont relevaient les deux 
départements de la Charente-Inférieure et de la Vendée, il se contenta 
d'envoyer un mandement à ses nouveaux diocésains et se démit. 

f à Paris le 14 mars 1803, œt. 73, es. 38. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DANGERS 



0. S. B. vir. S. Albinus Andegavensis, Saint-Aubin d'Angers. 

S. Florentius ad Ligerim, Saint-Florent-sur-Loire. 

S. Sergius Andegavensis, Saint-Serge d'Angers. 

S. Petrus Burguliensis, Bourgueil. 

S. Maurus ad Ligerim, Saint-Maur-sur- Loire. 

Asneriae, Asnières-Bellay. 
fem. Roncereium, Le Ronceray. 

Ni dus avis, Nioiseau. 
0. S. A. vir. Omnes Sancti, Toussaint. 

S. Georgius ad Ligerim, Saint-Georges-sur-Loire. 

B. M. de Rota, La Roë. 

Perreium novum, Le Perray-Neuf. 
0. Cist. vir. Chalochium, Chaloché. 

Buxeria, La Boissière. 

Oratorium, Le Louroux. 

Pons Otranni, Pontrond. 
fem. Perreium, Le Perray-aux-Nonnains. 



ÉVÊCHÉ DU MANS 429 



CENOMANI, LE MANS 

Grâce à l'apostolat de saint Julien, le siège du Mans remonte à la 
plus haute antiquité. Le diocèse, qui comprenait 636 paroisses, était le 
plus étendu de la province. 

Cf. Dom Paul Piolin, 0. S. B. Histoire de l'Église du Mans; 6 vol. in-8. Le Mans, 
1851. — Id. L'Église du Mans pendant la Révolution, complément de l'Histoire, etc.; 
4 vol. in-8. — Ibid. 1868. 

77. — Louis de la Vergne-Montenard de TRESSAN, 77 e évêque 
du Mans. 

Né en 1638 dans le diocèse de Béziers, avait été sacré évêque de 
Vabres le 10 octobre 1670. L'année suivante, il fut nommé évêque du 
Mans pour remplacer Philibert-Emmanuel dé Lavardin, de triste 
mémoire 4 , qui venait de mourir. 

Premier aumônier de Monsieur et bien vu des nobles, cet évêque fut 
rude pour son clergé ; il ne se défia pas assez des Jansénistes et donna 
en 1698 un Breviarium Cenomanense romain pour le fond, mais déjà 
trop particulier. 

f au Mans le 26 janvier 1712, aet. 74, es. 42. 

78. — Pierre Rogier du GRÉVY. 

Fils d'un conseiller au Parlement de Bretagne et né à Rennes, il fut 
archidiacre de Rennes, doyen de la collégiale N.-D. de Nantes. 

Nommé évêque du Mans en 1712, et sacré le 21 août, fut détesté des 
Jansénistes, de son chapitre appelant, désespéra peut-être de la situa- 
tion, quoiqu'il ait lutté jusqu'à la fin. 

f à Yvré-1'Evêque le 2 août 1723, set. ? es. 11. 

79. — Charles-Louis de FROULLAY de Tessé 2 . 

Né le 17 septembre 1687 à Saint-Denis de Gastines, devint en 1711 
comte de Lyon, en 1721 abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, titre qu'il 
permuta pour La Couture en 1729, étant alors sur le siège du Mans. 

1. Il déclara, en mourant, n'avoir jamais eu l'intention de faire aucune ordina- 
tion ! Dom Piolin discute le dire et les conséquences. 

2. Cf. Moréri. Généalogie de Froullay de Tessé. 



430 PROVINCE DE TOURS 



Nommé évêque du Mans le 17 octobre 1723, et sacré le 25 février 
1724, il prit à cœur l'œuvre commencée par son prédécesseur 
immédiat. 

Il fit accepter la bulle Unigenitus par son chapitre janséniste, se 
dégagea de Vaugeois, vicaire général appelant. Il dut procéder contre 
plusieurs membres de son chapitre, gémit des audaces parlementaires, 
défendit les Jésuites en réfutant les Assertions, honora le Sacré-Cœur. 

Si pour céder au torrent, il crut bon dé donner un Breviarium Ceno- 
manense, il eut soin de le faire composer par l'orthodoxe Robinet. 

Cet évêque se montra constamment ferme, intègre, charitable. 

f au Mans le 31 janvier 1767, set. 80, es. 43. 

80. — Louis-André de GRIMALDI. 

Né le 17 décembre 1736 au château de la Cagne, diocèse de Vence, 
était neveu de Charles, évêque de Rodez ; il devint vicaire général de 
La Rochefoucauld à Rouen, puis à Pontoise. 

Nommé évêque du Mans en 1767, et sacré le 5 juillet, il prit posses- 
sion. Mais fier, mondain peut-être, quoique très orthodoxe, il ne 
déploya pas les qualités de ses deux prédécesseurs. Aussi le vit-on 
partir du Mans sans le regretter. 

Transféré à Noyon en 1777-30 mars 1778. Cf. Noyon. 

81. — François-Gaspard de Jouffroy de GONSSANS. 
Transféré de Gap, 1777-1778. Cf. Gap. 

Fut un digne évêque, tout différent de son prédécesseur. 

« Il prit à tâche de réformer les abus, de rétablir la discipline, de 
consolider la foi des populations, déjà ébranlée par les doctrines philo- 
sophiques. 

« Visites pastorales dans toutes les parties de son vaste diocèse, 
établissement de retraites ecclésiastiques, institution d'un concours 
pour la nomination aux bénéfices, réunion d'un synode, création d'un 
bureau de charité dans sa ville épiscopale, séances littéraires données 
sous sa présidence aux collèges du Mans et de Domfront, il ne négligea 
rien. 

« Quelques chanoines cependant l'accusèrent de n'avoir confiance 
qu'en lui-même, d'autres de ne pas assez régaler la compagnie. 
Aujourd'hui tous les historiens du Mans sont unanimes pour saluer 



ËVÊCHÉ DU MANS 431 



en Me r de Gonssans une des gloires les plus pures de l'épiscopat fran- 
çais à la fin du siècle dernier » *. 

Elu député de son clergé aux Etats-Généraux, et fidèle à son mandat 
ainsi qu'aux principes de l'honneur, il supporta courageusement toutes 
les épreuves qui l'accablèrent. Une des plus rudes fut de voir son siège 
envahi par un de ses prêtres, Jacques Prudhomme, docteur de Sor- 
bonne et sexagénaire. 

Après avoir confié l'administration de son diocèse à Charles-François 
Duperrier-Dumourier, il partit pour la Hollande avec son vicaire géné- 
ral, Claude-Joseph de Sagey, se rendit ensuite à Munster. 

f à Paderborn le 23 janvier 1799, set. 76, es. 25. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DU MANS 

0. S. B. vir. S. Carilefus, Saint-Calais*. 

S. Vincentius, Saint-Vincent, au Mans 3 . 

SS. Petrus et Paulus de Cultura Dei, La Couture, au 

Mans 4 . 
S. Petrus Solesmensis, Solesmes, prieuré devenu une 

illustre abbaye dans notre siècle. 
Ebronium seu Aurionum, Evron. 
Longiledus, Lonlai. 
Vadum Alneti, Le Gué-de-Launay . 
Pelicia, La Pelice. 
fem. S. Julianus de Prato, Le Pré. 

Estivallum in Charnia, Etival-en-Charnie. 
Mons sorus, Montsor, 

1. Robert Triger, L'année 1789 au Mans et dans le Haut-Maine ; 1 vol. in-8, de 
vm-310 p. Mamers, Fleury et Dangin, 1889. 

2. Abbé L. Froger, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Calais, 1 vol. in-8° xxv-97 p. 
Mamers, Fleury et Dangin. Le Mans, Pellechat, 1888. 

3. Abbé R. Charles et Menjot d'Elbenne, Cartulaire de l'abbaye de Saint- 
Vincent du Mans, 1 vol. in-4°, 478 col. Mamers, Fleury et Dangin. Le Mans, Pelle- 
chat, 1886. 

4. Cartulaire des abbayes de Saint-Pierre de la Couture et de Saint-Pierre de 
Solesmes, in-4°, 530 p. Le Mans, Monnoyer, 1881. 



432 PROVINCE DE TOURS 



0. S. A. vir. S. Georgius de Nemore, Saint-Georges-du-Bois. 

Vadatium, Vaas. 

Bellus locus, Beaulieu. 
fem. Petrina, La Perrigne. 
0. Gist. vir. Persenia, Perseigne i . 

Tyronellus, Tyronneau. 

Glarus mons, Clermont. 

Gampania, Champagne. 

Fons Danielis, Fontaine-Daniel. 

Pietas Dei, seu Spallum, La Pitié-Dieu ou UEpau. 
fem. Bonus locus, Bonlieu. 

Virginitas, La Virginité. 

COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Il y avait au Mans, outre le chapitre de Saint-Julien, ceux de Saint- 
Pierre-la- Cour et Saint-Michel ; à Laval, ceux de Saint-Thugal et de 
Saint-Michel ; à Mamers, celui de Saint-Nicolas. 

Ne pouvant énumérer tous les couvents, nous nommons seulement 
les Jacobins ou Frères Prêcheurs, les Minimes, les Oratoriens, les 
Lazaristes ou Messieurs de la Mission, du Mans, la Visitation du Mans 
et de Mamers, puis les Sœurs de la Charité fondées à la Ghapelle-au- 
Riboul, qui sont connues aujourd'hui sous le nom de Sœurs d'Evron. 



CORISOPITUM, QUIMPER 






Les neuf diocèses de la Bretagne, qui nous restent à parcourir, ont 
trouvé un historien auquel nous renvoyons de confiance une fois pour 
toutes. L'Église de Bretagne, histoire des sièges épiscopaux, séminaires, 
collégiales, abbayes, etc., publiée d'après les matériaux de dom 
Hyacinthe Morice, 0. S. B., par l'abbé Tresvaux; 1 vol. in-8, de vi- 
640 p. Paris, Méquignon, 1839. 

1. Gabriel Fleury, Cartulaire de V abbaye cistercienne de Perseigne, 'précédé d'une 
Notice historique, 1 vol. in-4, de cxx-271 p. Mamers, Fleury et Dangin. Le Mans, 
Pellechat, 1880. 



ÉVÊCHÉ DE QUIMPER 433 



Disons dès maintenant que très peu d'évêques Bretons trempèrent 
dans le jansénisme, qu'aucun ne fut élu député aux Etats-Généraux, la 
Bretagne en 1789 ayant fait bande à part. 

Le diocèse de Quimper, situé à l'extrémité sud-ouest de la presqu'île 
armoricaine, compte 173 paroisses. 

51. — François de GOETLOGON-Méjusseaume, 51 e évêque de 
Quimper. 

Né le 3 juin 1631, dans le diocèse de Saint-Brieuc, était le deuxième 
coadjuteur du vertueux René du Louet, auquel il succéda le 18 février 
1668 ; il avait été sacré évêque de Madaure le 18 avril 1666. 

Ce fut un évêque excellent sans restriction et sous tous les rapports : 
il fit un bien immense dans son diocèse pendant plus de quarante ans. 

f à Quimper le 6 novembre 1706, aet. 76, es. 41. 

— René du LOUET de Coetjunval, mort à Quimper le 18 février 
1668, aet. 84, es. 26, en odeur de sainteté, avait eu pour premier 
coadjuteur en 1661 François de Visdelou, qui fut appelé au siège de 
Saint-Pol-de-Léon en 1665, et mourut en 1670. 

52. — François-Hyacinthe de PLŒUC du Timeur. 

Né le 16 avril 1662 en Basse-Bretagne, d'une noble famille, était 
resté sans office ni bénéfice, malgré ses mérites personnels. 

Nommé évêque de Quimper en 1707, à 45 ans, et sacré le 26 décem- 
bre, il prit possession, visita son diocèse, encourageant par le bon 
exemple tous les dévouements et réprimant les abus. 

f le 6 janvier 1739, aet. 77, es. 32. 

53. — Augustin-François-Annibal de FARGY de Guillé. 

Né le 13 juin 1706 au château de Guillé en Anjou, élève de Saint- 
Sulpice, chanoine et trésorier de Tréguier. 

Nommé évêque de Quimper en 1739, et sacré le 8 novembre, il fut 
zélé pour la visite des paroisses, l'examen des clercs, et la discipline 
ecclésiastique. 

Il favoriba les retraites avant et après la suppression des Jésuites, 
dont il regretta vivement le départ. 

f à Lorient le 28 juin 1771, set. 65, es. 32. 

28 



434 PROVINCE DE TOURS 



54. — Emmanuel-Louis de GROSSOLES de Flamarens. 

Né en 1735 dans le diocèse d'Angers, fut d'abord officier d'artillerie 
aux allures brusques. Entré ensuite dans l'état ecclésiastique, il fut 
régulier, pieux, généreux, tout en gardant dans son extérieur quelque 
chose du militaire. Il devint vicaire général de Fleury, évêque de 
Chartres. 

Nommé évêque de Quimper en 1771 et sacré le 18 janvier 1772 à 
Morlaix, devant les Etats de Bretagne, il n'eut pas le temps de montrer 
ses qualités ni ses défauts à Quimper. 

Transféré à Périgueux, 1773. Cf. Périgueux. 

55. — Toussaint-François-Joseph Conen de SAINT-LUC. 

Né à Rennes le 17 juillet 1734, élève des Jésuites, puis des Sulpi- 
ciens, était très pieux. Chanoine de Rennes, abbé de Langonet. 

Nommé évêque de Quimper le 1 er mai 1773, et sacré à Conflans par 
Beaumont le 1 er août, fut un homme d'oraison, de devoir et de charité. 

Voyant la tournure fâcheuse que prenaient les affaires publiques, il 
confia ses inquiétudes au pape qui lui répondit le 1 er septembre 1790. 

f de chagrin à Quimper le 30 septembre 1790, set. 66, es. 17. 

Il ne fut pas remplacé par un évêque légitime avant le concordat. 
Deux évêques constitutionnels furent sacrés successivement pour 
le Finistère durant cet intervalle : Expilly, qui fut guillotiné à Brest le 
22 mai 1794, et Audrein, qui fut assassiné entre Morlaix et Quimper le 
19 novembre 1800. 



ABBAYES DU DIOCESE DE QUIMPER 

0. S. B. vir. S. Guingalaeus de Landeveneco, Saint-Guignolé de 
Landévénec. 
Sancta Crux in Kimperlaio, Sainte-Croix de Quimperlé. 
0. Cist. vir. Langonetum, Langonet. 

B. M. de Silva Mallonis, Coètmaloèn. 
S. Mauritius Carnoetensis, Carnoët. 
Bona Requies, Bonrepos. 
fem. B. M. de Kerloto, Kerlot. 



ÈVÊGHÉ DE DOL 435 



DOLUM, DOL 

Le diocèse de Dol, resserré entre Saint-Malo, Rennes et Avranches, et 
ne comptant que 90 paroisses, était peu étendu. Les évoques pourtant 
avaient pris le titre d'archevêques, durant le XI e siècle : il fallut pour 
les réduire l'intervention des souverains pontifes, sanctionnée par 
l'autorité séculière. 

Cf. Tresvaux, op. cit. et de plus Guillotin de Corson, Pouillé de l'archevêché 
de Rennes, qui comprend aussi le Pouillé de Dol et de Saint-Malo, in-8. Rennes, 
1880. 

70. — Mathieu THOREAU, 70* évêque de Dol, 

Né à Poitiers, le 44 avril 1642, était fils de René, seigneur de la 
Grimaudière, docteur en théologie, doyen de Poitiers, agent général du 
clergé de 4655 à 4660. 

Nommé évêque de Dol en 4660, pour succéder à Robert Gupif, qui 
était mort à Rennes, le 26 septembre 4659, il fut sacré le 2 octobre 4664. 

Devenu évêque, il montra le même zèle qu'il avait montré aupara- 
vant contre le jansénisme. 

f au manoir des Ormes, 34 janvier 4692, set. 80, es. 31. 

74. — Jean-François de CHAMILLART. 

Né à Paris en 4657, était frère de Michel, contrôleur général des 
finances ; ils étaient fils de Guy, maître des requêtes, intendant à Caen, 
et de Catherine Gompaing. 

Abbé de Fontgombault (Rourges) en 4687, Jean-François fut reçu 
docteur en théologie. 

Nommé évêque de Dol en 4692, et sacré le 30 novembre, il prit 
aussitôt possession, confia son séminaire aux Eudistes, qu'il savait 
hostiles au jansénisme et gouverna paisiblement son diocèse. 

Transféré à Senlis, 4702. Cf. Senlis. 

72. — François-Elie de Voyer de Paulmy d'ARGENSON. 

Né à Paris, 22 septembre 4665, fils de René, marquis d'Argenson, 
était prieur de Saint-Nicolas (Poitiers), doyen de Saint-Germain- 
PAuxerrois (Paris). 



436 



PROVINCE DE TOURS 



Nommé évêque de Dol le 15 avril 4702, et sacré le 18 mars 1703, 
combattit le jansénisme à Dol, comme plus tard à Embrun et à Bordeaux. 
Député vers le roi par les Etats de Bretagne en 1705, il s'acquitta de sa 
mission à la satisfaction de ses commettants et du roi ; reçut en 
récompense l'abbaye de Preuilly (Tours), 1706. 

Transféré à Embrun en 1714. Cf. Embrun. 

73. — Jean-Louis du Bouschet de SOURGHES. 

Né en 1669, était fils de Louis-François, marquis de Sourches ; abbé 
de Troarn (Bayeux), en 1690, docteur en théologie. 

Nommé évêque de Dol en 1715, et sacré le 12 juillet 1716, prit 
possession le 12 octobre suivant. Il interdit les appels de la bulle dès 
1718, ne se démentit pas dans la suite, et fit éclater en lui d'autres 
vertus. 

f à Dol le 23 juin 1748, aet. 79. es. 32. 

— 74. Jean-François DONDEL. 

Né en 1694, dans le diocèse de Vannes, fils de Pierre, seigneur de 
Kerauguen, avait été vicaire général d'Antoine Fagon, évêque de 
Vannes, mais aussi orthodoxe que son évêque l'était peu. 

Nommé évêque de Dol en 1748, et sacré le 16 février 1749, il bâtit le 
palais épiscopal. Quand les Jésuites qu'il avait connus à Vannes et vus 
à l'œuvre à Rennes, furent en butte aux diatribes de la Ghalotais, il les 
défendit énergiquement. 

f à Dol le 11 février 1767, set. 73, es. 18. 

75. — Urbain-René de HERGÉ, dernier évêque de Dol. 

Né à Mayenne, le 6 février 1726, fils de Jean-Baptiste, était vicaire 
général delà Musanchère à Nantes. 

Nommé évêque de Dol, en 1767, et sacré à Paris le 5 juillet, il prit 
possession le 6 septembre et gouverna sagement son diocèse avec le 
concours de son frère et de Michel Thoumin de Vieuxponts, qui 
étaient ses vicaires généraux. 

Quand son siège fut supprimé et la constitution civile du clergé 
promulguée, il ne vit pas encore jusqu'à quels excès se porterait la 
Révolution. N'approuva-t-il pas en effet en l'appuyant et en y applau- 
dissant l'élection que les constitutionnels venaient de faire à Laval 1 de 



1. Cf. Dom Piolin, L'Église du Mans durant la Révolution, tome I, p. 95. 



ÉVÊCHÉ DE NANTES 437 



son vicaire général l'abbé Thoumin, comme évêque du département de 
la Mayenne ? Celui-ci en refusant un titre déshonorant fut plus perspi- 
cace que l'évêque. 

Désabusé enfin et contraint de s'expatrier, l'évêque de Dol passa 
d'abord à Jersey, puis en Angleterre. C'est de là qu'il partit en qualité 
d'aumônier avec son frère pour la fatale expédition, qui devait aboutir 
au désastre de Quiberon. Pris ainsi que son frère, il fut conduit à 
Vannes et fusillé le 30 juillet 1795, sur la place de la Garenne, set. 70, 
es. 28. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE DOL 



0. S. B. vir. S. Jacutus, Saint-Jacut. 

Tronchetum, Le Tronchet. 
0. Cist. vir. Vêtus villa, La Vieuxville. 



NANNET.E, NANTES 

Si Ton tient compte du numéro d'ordre juxtaposé au nom de chaque 
évêque, on pourra conclure que la série des évêques de Nantes 
remonte plus haut que toutes les autres séries de la province, celle de 
Tours seule exceptée. La conclusion est-elle rigoureuse ? Nous aban- 
donnons à d'autres les questions d'origine pour nous borner au siècle 
dernier. 

Le diocèse de Nantes, comptant 240 paroisses, était le plus considé- 
rable de toute la Bretagne, quoique beaucoup au-dessous d'Angers, du 
Mans et de Tours. 

400. — Gilles- Jean-François de BEAUVAU, 400° évêque de Nantes. 

Né en 4652, fils de François et de Louise de la Baume Le Blanc, 
cousin de Pierre-François, évêque de Sarlat et de Bené-François, 
évêque de Bayonne. 

Nommé évêque de Nantes, le 5 juillet 4677, à 25 ans, pour remplacer 



438 PROVINCE DE TOURS 



son oncle maternel Gilles de la Baume ! , démissionnaire, fut sacré le 
24 août 1679. 

Zélé, bien pensant, il se montra peut-être un peu faible vis-à-vis des 
jansénistes et des gallicans jusqu'en 1714. Depuis lors, il déploya une 
louable énergie. 

f à Nantes le 7 septembre, 1717, aet. 65, es. 38. 

N. B. — Son oncle maternel et prédécesseur, Gilles de la Baume le 
Blanc de la Vallière, né à Tours le 22 novembre 1616, chanoine de 
Saint-Martin, nommé évêque de Nantes en 1667 et sacré le 27 mai 
1668, établit les Jésuites à Nantes 1671, se démit en 1677, en faveur 
de son neveu, continua d'administrer le diocèse jusqu'au sacre de son 
successeur, se livra ensuite aux missions avec les PP. Jésuites pen- 
dant plus de 30 ans, fut admis dans la Compagnie en 1707, 

f 9 juin 1709, aet. 93, es. 42, en réputation de sainteté 2 . 

Il avait un frère, Jacques, missionnaire aux Antilles, qui fut marty- 
risé par les Caraïbes. L'un et l'autre étaient oncles de Louise de la 
Vallière. 

101. — Louis de la Vergne Montenard de TRESSAN. 
Né en 1670 dans le diocèse de Béziers, comte de Lyon, neveu de 

Louis, évêque du Mans, était premier aumônier du Régent. 

Nommé évêque de Vannes en 1716, n'avait pas encore reçu ses 
bulles l'année suivante, quand le siège de Nantes devint vacant. 

Nommé alors évêque de Nantes et pourvu de ses bulles, il se fit 
sacrer le 10 juillet 1718 à Dinan en présence des Etats de Bretagne. 

C'est lui qui conféra les saints ordres à Guillaume Dubois ; il assista 
ensuite à son sacre au Val-de-Grâce : actes que le parti lui a vivement 
reprochés sans motif recevable. 

L'évêque de Nantes fut très opposé aux Jansénistes ; il ne le fut pas 
moins quand il devint archevêque de Rouen, 17 octobre 1723 - mai 
1724. Cf. Rouen. 

102. — Christophe-Louis Turpin de CRISSÉ DE SANZAY. 
Transféré de Rennes, 1723. Cf. Rennes. 

Fut admirable de fermeté contre les Jansénistes, de zèle pour la 

1. Celui-ci avait succédé en 1667 à Gabriel de Beauvau, évêque de Nantes en 1636 
f 1667, grand oncle paternel de Gilles J.-F. de Beauvau. 
% Cf. Ménologe de la Compagnie de Jésus, Assistance de France. 



ÉVÊCHÉ DE NANTES 439 



discipline ecclésiastique, de régularité dans sa conduite privée, de 
charité envers les pauvres. 
f à Nantes le 29 mars 1746, set. 76, es. 34. 

103. — Pierre Mauclerc de la MUSANGHÈRE. 

Né en 1700, au château de la Musanchère, diocèse de Luçon, était 
doyen de Luçon. 

Nommé évêque de Nantes en 1746, sacré le 9 octobre, il frappa les 
appelants, soutint les Jésuites malgré les Parlements et mérita l'estime 
universelle. 

f à Nantes le 1 er avril 1775, set. 75, es. 29. 

104. — Jean- Auguste FRÉTÂT de Sarra. 

Transféré de Tréguier, « invitus invitis ereptus ». Cf. Tréguier. 
Prélat édifiant par sa régularité, sa mortification, sa charité, l'un des 
modèles du clergé décrits par l'abbé Carron, tome I. Et pourtant il 
supprima quelques fêtes, suivant le torrent. 

Il avait cédé son abbaye de Ferrières à son cousin, François de 
Boissieu, 1775. 

f à Nantes, le 20 septembre 1783, 83t. 57, es. 10, très regretté. 

105. — Charles-Eutrope de la LAURANGIE. 

Né au château de Villeneuve-la-Comtesse, diocèse de Saintes, le 
30 avril 1740, était vicaire général de M.-L. de Saint-Aulaire à Poitiers. 

Nommé évêque de Nantes en 1783, et sacré le 11 janvier 1784, il 
prit possession, donna en 1790, « Novum Breviarium Nannetense ». 
Il était bien temps * ! La vente des biens du clergé était imminente, la 
ville de Nantes allait être coup sur coup scandalisée par l'évêque 
intrus, ruinée ou décimée par les noyades de Carrier, sans pouvoir se 
réjouir des succès passagers obtenus par les héros Vendéens. 

L'évêque de Nantes, émigré d'abord en Belgique et de là en 
Hollande, d'où il écrivit au pape, 1794, pour solliciter des secours, 
passa enfin en Angleterre. Il profita du calme dont il jouit alors pour 
tracer à ses diocésains une ligne de conduite peu en rapport avec leur 
situation et non fondée sur les plus solides principes. 

1. Cf. Etat du diocèse de Nantes en 1790, par l'abbé P. Grégoire, in-8 de xiv-368 p. 
et carte. Nantes, 1882. 



440 PROVINCE DE TOURS 



Une faute plus grave, c'est le refus positif de sa démission en 1801 
Il lui fut cependant permis de rentrer en France. 
f le 13 mai 1816, set. 76, es. 23. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE NANTES 

0. S. B. vir. S. Gildasius de Nemore, Saint-Gildas-des-Bois. 

Calma, La Chaume. 

Alba Gorona, Blanche-Couronne. 
0. S. A. vir. Genestonium, Geneston. 

Pornicium, Pornic. 
0. Gist. vir. Busaium, Buzai. 

Villa nova, Villeneuve. 

Mellereium, Melleray. 



COLLEGIALES 

Les principales étaient : Notre-Dame de Nantes, Guérande et Clisson. 
S. Martinus Vertoviensis, Saint-Martin de Vertou, était une prévôté 
sécularisée. 



REDONES, RENNES 

Le diocèse contenant 221 paroisses devait à la ville même de Rennes, 
siège ordinaire du Parlement de Bretagne, une grande importance. 

Cf. Guillotin de Corson, op. cit. supra, 

69. — Jean-Baptiste de Beaumanoir de LAVARDIN, 69 e évêque 
de Rennes. 

Né au château de Lavardin, diocèse du Mans, fils de Claude, vicomte 
de Saint-Jean, maréchal de camp, et de Renée de la Chapelle, était 
doyen du Mans. 



ÉVÊCHÉ DE RENNES 441 



Le siège de Rennes, vacant par la mort de C.-F. de la Vieuville, le 
29 janvier 1676, fut d'abord offert à D.-F. Le Bouthillier de Ghavigny, 
qui reçut ses bulles, mais se démit ensuite ou fut repoussé et devint 
enfin évêque de Troyes, 1678. Cf. Troyes. 

Beaumanoir nommé alors évêque de Rennes, s'étant fait sacrer le 
20 février 1678, conquit une haute estime par ses vertus, aussi solides 
qu'incontestables, auxquelles la marquise de Sévigné rend souvent 
hommage. 

f à Rennes le 23 mai 1711, set.? es. 34, laissant une mémoire 
vénérée. 

Avec lui s'est éteinte une famille * qui avait jeté un grand éclal, 
moins dans son cousin, le fameux ambassadeur de 1687, que dans son 
propre grand-père, maréchal de France, mort en 1614. 

70. — Christophe-Louis Turpin de CRISSÉ de Sanzay. 

Né le 19 septembre 1670, d'une ancienne famille du Poitou, fils de 
Louis, comte de Crissé, était docteur en théologie, chanoine de Tour- 
nai, doyen de Saint-Martin de Tours. 

Nommé évêque de Rennes le 15 août 1711, et sacré le 7 août 1712, 
fit beaucoup de bien à Rennes, notamment après le terrible incendie 
de 1720. 

Transféré à Nantes en 1723. Cf. Nantes. 

71. — Charles-Louis-Auguste Le Tonnelier de BRETEUIL. 

Né en 1687, fils de François, marquis de Breteuil, frère de François- 
Victor, ministre de la guerre, était abbé de Chaume (Sens), prieur de 
Reuil (Meaux), grand-maître de la chapelle du roi. 

Nommé évêque de Rennes le 17 octobre 1723, ne fut sacré que le 15 
juillet 1725. Il se montra fort opposé aux Jansénistes, en condamnant 
deux thèses jansénistes d'un Dominicain et en interdisant ses 
confrères, qui le soutenaient. 

f d'apoplexie le 24 avril 1732, 33t. 45, es. 7. 

72. — Louis-Guy de Guérapin de VAURÉAL. 

Né en 1688 (alias 1690) fils de Michel-Antoine, marquis de Belleval ; 
reçu docteur en théologie, 1714, était vicaire général du cardinal do 
Bissy à Meaux, abbé de Molesmes, 1723, de Jouy. 



Cf. Moréri, généalogie Beaumanoir de Lavardin. 



442 PROVINCE DE TOURS 



Nommé évêque de Rennes en 4732, et sacré le 24 août à Meaux, 
prit possession en septembre. 

Ambassadeur de France en Espagne, 1740, il n'oublia pourtant pas 
son diocèse. Il y fit ses visites, y interdit les Carmes jansénistes. Il fut 
reçu en 1749 à l'Académie française. Il se démit de son évêché en 1758, 
gardant cependant trois abbayes. 

f à Magny près de Nevers le 17 juin 1760, set. 70 (72), es. 28. 

73. — Je an- Antoine de Touchebœuf de Beaumont des JUNIES. 
Né en 1705 aux Junies, diocèse de Cahors, fils de François, baron des 

Junies, licencié en Sorbonne, fut vicaire général de Rastignac à Tours. 

Nommé évêque de Rennes en 1758, et sacré le 13 mai 1759, se 

démit en 1761, on ne dit pour quelle cause. Il vivait encore en 1762. 

74. — Henri-Louis-René DES NOS. 

Né à Ernée, diocèse du Mans, le 7 janvier 1717, fils de Charles, sei- 
gneur des Nos, était chanoine du Mans, abbé de Redon, de Saint- 
Evroult, vicaire général de Saint-Brieuc. 

Nommé évêque de Rennes en 1761, et sacré à Paris le 16 août, était 
trop bon pour gouverner en paix, quand le Parlement de Bretagne 
commettait mille attentats criants contre la Religion, les Jésuites et 
l'Etat, à l'instigation de La Chalotais et autres. Le pieux évêque eut 
beaucoup à souffrir en faisant son devoir: il le fit quand même. Il 
méritait bien de se reposer dans un diocèse moins troublé. 

Transféré à Verdun le 25 décembre 1769-1770. Cf. Verdun. 

75. — François Bareau de GIRAC. 

Transféré de Saint-Brieuc, 1769-70. Cf. Saint-Brieuc. 

Pourvu de 3 abbayes, il fit d'abondantes aumônes, fonda deux sémi- 
naires, des retraites annuelles d'hommes et de femmes, fut bien vu de 
son clergé. Mais comme il désapprouvait les résistances du Parlement, 
alors surrexcité, il déplut aux Etats de Bretagne. 

Après son refus motivé du serment schismatique et l'élection de 
Claude Le Coz, comme évêque d'Ille- et- Vilaine, il émigra en Autriche 
chez Metternich, puis à Saint-Pétersbourg, où il aida Stanislas-Auguste, 
dernier roi de Pologne, à mourir chrétiennement. 

Envoya promptement sa démission en 1801. 

Rentré aussitôt en France, il devint chanoine de Saint-Denis en 1806. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-BRIEUG 443 



f à Paris le 29 novembre 1820, aet. 89, es. 55, doyen des évêques de 
France. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE RENNES 



0. S. B. vir. S. Melanius, Saint-Melaine. 
fem. S. Georgius, Saint-Georges. 
S. Sulpicius, Saint-Sulpice 
0. S. A. vir. S. Petrus de Relleio, Rillé. 



COLLEGES ET COUVENTS 

Il y avait à Rennes un collège de Jésuites qui comptait un grand 
nombre d'élèves, mais qui fut fermé en 1762. 

Les Dominicains, les Carmes, les Capucins avaient des couvents qui 
subsistèrent jusqu'à la Révolution. 

De plus, il y avait beaucoup de couvents de femmes, institutrices, 
ho spitalières , contemplatives . 



S. BRIOCUS, SAINT-BRIEUG 

52. — Louis-Marcel de COETLOGON-Méjusseaume, 52° évêque 
de Saint-Brieuc. 

Né en 1648, reçut l'abbaye de Bégard (Léon) ; devenu docteur, il fut 
vicaire général de son oncle, François de Coetlogon, saint évêque de 
Quimper. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc en 1680 pour remplacer Hardouin 
de la Hoguette, qui venait d'être transféré à Poitiers, il fut sacré le 14 
décembre 1681 à Saint-Louis des Jésuites de Paris. 

Il déploya du zèle pour les missions, les retraites, la conversion des 
Protestants ; il eut de la courtoisie envers le roi Jacques II détrôné, de 
la prudence, etc. Mais il condamna Fénelon, ce que ne fit pas son 
oncle de Quimper. 

Transféré à Tournai, 1705. Cf. Tournai. 



444 



PROVINCE DE TOURS 



53. — Louis FRÉTÂT de Boissieu. 
Né en 1668 d'une noble famille d'Auvergne, fut capitaine de vaisseau 

avant d'être ecclésiastique ; entré dans les ordres, il fut missionnaire 
zélé. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc le 11 juillet 1705, et sacré le 11 
octobre, il fit admirer en lui un prélat aussi saint que vigilant. Il publia 
sans retard la bulle Unigenitus ; supprima cependant quelques fêtes. 

f à Ancenis, durant la tenue des Etats de Bretagne, 30 octobre 1720, 
aet. 58, es. 16. 

54. _ Pierre-Guillaume de la VIEUXVILLE-Pourpris. 

Né dans le diocèse de Saint-Malo, était doyen et vicaire général de 
Nantes, abbé de Garnoet (Quimper). 

Nommé évêque de Saint-Brieuc le 8 janvier 1721, et sacré le 6 juillet, 
il visita son diocèse, édita les Statuts diocésains, se fit estimer. 

f d'apoplexie le 13 septembre 1727, aet? es. 6. 

55. — Louis-François de Vivet de MONTGLUS. 
Né en 1679. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc, fin 1727, se fit sacrer à Senlis le 
9 mars 1728 par l'évêque F.-F. Trudaine. 

Ayant pris possession de son siège, il déploya autant de zèle contre 
le jansénisme que pour le culte divin. 

Il édita un « Proprium Sanctorum Briocensium » ; approuva les 
Sœurs du Saint-Esprit, congrégation enseignante qui a rendu et rend 
encore les plus grands services dans le pays. 

Transféré à Alais, 1744. Cf. Alais. 



56. — Hervé-Nicolas Thépault de BRIGNOU. 

Né à Morlaix en 1703, était chanoine et vicaire général de Quimper. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc en 1744, et sacré le 13 mars 1745, 
« n'eut pas à lutter contre le jansénisme dans son diocèse ; mais il y 
réforma des abus ». Tresvaux. 

Gomme il n'y avait pas de Jésuites à Saint-Brieuc, l'évêque se 
contenta de gémir sur leur sort. 

f à Saint-Brieuc le 26 janvier 1766, set. 63, es. 21. 



ÉVÊGHÉ DE SAINT-BRIEUC 445 

57. — François Bareau de GIRAG. 

Né le 1 er février 1730 à Angoulême, élève de Saint-Sulpice, doyen et 
vicaire général d'Angoulême sous Broglie, fit preuve de capacité, 
d'aménité, d'orthodoxie. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc en 1766, et sacré le 31 août à Saint- 
Roch de Paris, par Beaumont, il présida les Etats de Bretagne à Saint- 
Brieuc avec une grande dextérité, qui fixa sur lui les regards. 

Transféré à Rennes, 1769-70. Cf. Rennes. 

58. — Jules-Basile Ferron de LA FERRONNAYS. 

• Né le 2 janvier 1735 près d'Ancenis, était précenteur de Couserans, 
et vicaire général de l'évêque Joseph de Vercel ; il fut conclaviste de 
Bernis à Rome en 1769. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc en 1769, et sacré le 8 avril 1770, il 
montra du courage lors d'une inondation. 

Transféré à Bayonne en 1774. Cf. Bayonne. 

59. — Hugues-François de Regnault-BELLESGIZE *. 

Né en 1732 au château de Bellescize ou Belcize, diocèse de Lyon, 
fils d'un prévôt des marchands de Lyon, était chanoine chamarier de 
Vienne. 

Nommé évêque de Saint-Brieuc en 1774, et sacré le 25 juin 1775, il 
donna un nouveau « Proprium Sanctorum », supprima beaucoup de 
fêtes et prit goût aux bâtisses jusqu'à passer pour original. 

Réveillé par les attentats de la Constituante, il réclama contre l'intru- 
sion de Jean-Marie Jacob, contre le schisme constitutionnel et les 
autres mesures révolutionnaires. 

N'ayant pas voulu émigrer, il fut emprisonné pendant la Terreur. 
Dans sa prison il acheva de convertir La Harpe, qui était déjà ébranlé 
par ses réflexions personnelles et par les exhortations de C.-F. de San- 
dricourt, évêque d'Agde, lui aussi prisonnier et bientôt victime des 
Terroristes. 

Elargi après le 9 thermidor, l'évêque de Saint-Brieuc ne quitta pas la 
France ; il profita de la réaction thermidorienne pour le bien de son 
âme et. pour l'avantage de ses diocésains. 

f à Paris le 20 septembre 1796, œt. 64, es. 22. 

1. Cf. Annales catholiques, 1196 ; t. II, p. 311. 



446 PROVINCE DE TOURS 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT-BRIEUC 

0. S. B. vir. B. M. de Lantenaco, N.-D. de Lantenac. 

0. Cist. vir. S. Albinus de Nemore, Saint- Aubin-du-Bois. 

B. M. de Boquiano, Boquien. 
0. Prsem. Bellus portus, Beauport. 



COUVENTS 

Il y avait à Saint-Brieuc des couvents d'hommes ou de femmes, mais 
nous aimons à signaler les Sœurs du Saint-Esprit dont nous avons 
parlé et les dames hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, fon- 
dées à Lamballe, un siècle auparavant. 



S. MACLOVIUS, SAINT-MALO 

Le diocèse de Saint-Malo, comprenant 161 paroisses, remontait le 
cours de la Rance et pénétrait au- delà jusqu'au centre de la Bretagne 
sur une longueur beaucoup plus considérable que sa largeur. Avant 
d'être fixé sur le rocher d'Aron, le siège épiscopal était sur le rocher 
d'Aleth, dont les évoques ont porté le titre jusqu'en 1144. 

Cf. Guillotin, op. cit. 

57. — Sébastien du GUÉMADEUG, 57° évêque de Saint-Malo. 

Né en 1626, fils de Thomas, gouverneur de Ploërmel, était docteur 
de Navarre, archidiacre de Rennes, ancien aumônier de la reine-mère, 
agent général du clergé. 

Le siège de Lavaur lui ayant été proposé en 1670, il ne s'empressa 
pas d'y monter, attendant sans doute un siège moins éloigné de la 
Bretagne. L'évêque de Saint-Malo, François de Villemontêe étant venu 
à mourir sur ces entrefaites, le 19 octobre 1670, l'abbé du Guémadeuc 
obtint d'être nommé au siège vacant ; ses bulles lui ayant été expé- 
diées, il se fit sacrer le 5 juillet 1671. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-MALO 447 



Il assista, comme député de sa province, à l'Assemblée ordinaire du 
clergé en 1680, et à l'Assemblée extraordinaire de 1682. Quoiqu'il ait 
joué dans cette dernière Assemblée un rôle très secondaire, il a cepen- 
dant encouru pour sa simple coopération aux Quatre-Articles les criti- 
ques les plus acerbes. 

Un reproche trop mérité, c'est que l'évêque de Saint-Malo n'oublia 
pas assez sa famille. 

f à Saint-Malo de Beignon le 2 mars 1702, set. 76, es. 31. 

58. — Vincent-François DESMARETZ. 

Né en 1659, fils de Jean Desmaretz ou des Maretz, intendant de 
Soissons, et de Marie Colbert, sœur du ministre, avait été capitaine 
aux Gardes françaises avant d'embrasser l'état ecclésiastique. Son 
défaut d'études n'empêcha pas que J.-N. Golbert, archevêque de 
Rouen, ne lui fît avoir un canonicat dans sa cathédrale. 

Nommé malgré tout évêque de Saint-Malo, 15 avril 1702, et pourvu 
de ses bulles gratis, il put se faire sacrer le 17 septembre à Saint- 
Magloire et prendre possession de son siège le 23 octobre. 

Tant que vécut Louis XIV, il n'afficha que son gallicanisme. Mais 
s'étant laissé plus tard circonvenir par les Jansénistes, il entra dans 
leurs rangs pour écarter la bulle Unigenitus, au grand déplaisir de son 
frère Jacques Desmaretz, archevêque d'Auch. 

Il finit néanmoins par se dégager du parti en 1727 ; il écrivit même 
au pape, soutint la bulle et l'imposa à son clergé. 

f le 25 septembre 1739, aet. 80, es. 38. 

59. — Jean-Joseph de Fogasses d'Entrechaux de la BASTIE. 
Né le 23 janvier 1704 à Avignon, fils de Pierre, marquis de la Bastie, 

était élève de Saint-Sulpice, fut reçu docteur de Sorbonne en 1737, et 
devint vicaire général du pieux Mérinville à Chartres. 

Désigné au roi par Fleury, il fut nommé évêque de Saint-Malo le 
14 novembre 1739, mais ne put se faire sacrer que le 27 novembre 
1740, ses bulles ayant été retardées par la vacance du Saint-Siège, du 
6 février, mort de Clément XII, au 17 août 1740, élection de Benoît XIV. 

Ayant pris possession de son siège, il déploya une vigueur tempérée 
de suavité, fit d'immenses charités, fut très mortifié. 

En moins de vingt ans, il extirpa de son diocèse le jansénisme que 



448 PROVINCE DE TOURS 



son prédécesseur repentant avait combattu trop tard. Orthodoxe, pieux 
et studieux, il regretta vivement les Jésuites, 
f le 29 janvier 1767, set. 63, es. 28, en réputation de sainteté. 

60. — Antoine-Joseph des LAURENTS. 

Né le 24 février 1713 à Avignon, fils d'Antoine, seigneur des Laurents 
dans le Gomtat-Venaissin, était vicaire général de la Bastie, son compa- 
triote, à Saint- Malo. 

Nommé évêque de Saint-Malo le 18 avril 1767, et sacré le 2 août, il 
prit possession le 17 octobre. 

Digne héritier d'un saint évêque, imitateur de ses vertus et déposi- 
taire de ses intentions, il acheva d'exterminer le jansénisme, et de faire 
fleurir la vraie piété. 

f le 15 octobre 1785, set. 72, es. 19, très regretté de tous. 

61. — Gabriel CORTOIS de Pressigny, dernier évêque de Saint- 
Malo. 

Né à Dijon le 11 décembre 1745, fils d'Antoine, seigneur de Quincey, 
avait pour frère aîné Pierre, saint évêque de Nîmes, et tous les deux 
avaient pour oncle Gabriel, non moins saint évêque de Belley. Elève 
de Saint-Sulpice, chanoine de Belley, le futur évêque de Saint-Mal( 
était vicaire général de la Luzerne à Langres. 

Nommé évêque de Saint-Malo le 1 er novembre 1785, et sacré le li 
janvier 1786, il prit possession le 13 février, déploya aussitôt les plus 
grands talents dans l'administration, malheureusement pour peu d( 
temps. 

Son siège ayant été supprimé par la constitution civile du clergé, 
se réfugia en Savoie, de là en Bavière, donna sa démission en 1801. 
rentra en France, resta sous le boisseau jusqu'à la Restauration. 

Mais le 7 juillet 1814, il fut envoyé à Rome par Louis XVIII en qualité 
d'ambassadeur, fut nommé pair de France en 1816, archevêque de 
Besançon en 1847, prit possession de son nouveau siège le 15 septem- 
bre 1819. Il eut à réparer les fautes de son prédécesseur, Claude 
Lecoz, tout en assistant aux débats de la Chambre des Pairs. 

L'œuvre de réparation fut accomplie dans le vaste archidiocèse ou 
par l'archevêque lui-même ou par le coadjuteur qu'il s'était fait donner, 
Paul-Ambroise Frère de Villefrancon. 



ÉVÊCHÉ DE SAINT-POL DE LÉON 449 



L'archevêque de Besançon f à Paris le 5 mai 1823, set. 78, es. 38. 
Enterré à Saint-Roch. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE SAINT -MALO 

0. S. B. vir. S. Mevennius, Saint-Meen. 

0. S. A. vir. S. Joannes de Pratis, Saint-Jean-des-Pré$. 

Bellus locus, Beaulieu. 

S. M. de Pane Pontis, Painpont. 



S. PAULUS LEONENSIS, SAINT-POL-DE-LÉON 

Occupant l'extrémité nord-ouest de la Bretagne et n'ayant que 87 
paroisses, le diocèse de Léon était à la fois le plus éloigné du centre et 
le moins peuplé de la province. 

58. — Pierre Le Neboux de la BROUSSE, 58 e évêque de Léon. 
Né dans le diocèse de Périgueux, était chanoine de Saint-Brieuc, 

ami du vénérable Kerlivio, admirateur de la charitable Madame Le Houx. 

Le siège de Léon, vacant par la mort de François de Montigny, 
nommé et préconisé, mais non encore sacré, fut donné à Pierre qui se 
fit sacrer à Saint-Brieuc par Denis de la Barde en 1672. 

Devenu évêque, il ne renia aucune de ses affections, favorisa les 
retraites et les missions des Jésuites ; fonda un séminaire qu'il confia 
aux Lazaristes. 

f le 18 septembre 1701, aet. ? es. 30. 

59. — Jean-Louis Cotyon de la BOURDONNAYE. 

Né dans le diocèse de Vannes, docteur en théologie, vicaire-général 
de Nantes. 

Nommé évêque de Léon le 31 octobre 1701 et sacré le 23 avril 1702, 

il promulgua des Statuts synodaux, donna un nouveau Propre des 

Saints. 

f à Brest le 22 février 1745, set. ? es. 43. 

29 



450 



PROVINCE DE TOURS 



60. — Jean-Louis de Gouyon de VAUDURAND. 
Né en 1702 à Vannes, vicaire général de Matignon à Goutances. 
Nommé évêque de Léon le 24 avril 1745 et sacré le 12 octobre, eut 

trop de tolérance pour les Jansénistes et trop peu de zèle pour leurs 
adversaires-nés, les Jésuites. 

Démissionnaire de son siège en 1763, il garda l'abbaye de Saint- 
Mahé. 

f le 18 juin 1780, œt. 78, es. 36. 

61. — Joseph-François d'ANDIGNÉ de la Chasse. 
Né à Rennes le 29 janvier 1724, vicaire général de Rouen. 
Nommé évêque de Léon en 1763 et sacré le 24 août, il fut sage, 

modéré et néanmoins orthodoxe. 
Transféré à Chalon-sur-Saône en 1772. Cf. Chalon. 

62. — Jean-François de la MARCHE, dernier évêque de Saint- 
Pol- de-Léon. 

Né en 1729 au château de Kerlors, dans la paroisse d'Ergué près d( 
Quimper, fut d'abord capitaine d'infanterie, prit part à la bataille d( 
Plaisance ; entré ensuite dans l'état ecclésiastique, licencié de Navarre, 
il fut ordonné prêtre en 1756, reçut l'abbaye de Saint-Aubin-du-Bois 
(Saint-Brieuc), devint chanoine et vicaire général de Tréguier, auss 
distingué que zélé. 

Nommé évêque de Léon en 1772 et sacré le 7 septembre, il gouverm 
son diocèse en paix jusqu'à la Révolution. La dignité de son attitude 
en 1790 lui valut une lettre dans laquelle Pie VI l'encourageait, 4 août 

Forcé de s'expatrier, il débarqua en Angleterre le 28 février 1791, et 
fut dès lors la providence des évêques et des prêtres français. Grâce 
Madame Silburne, à Burke, à Pitt, au roi Georges III lui-même, il eut 
à sa disposition des secours abondants, qu'il distribua avec intégrité, 
clairvoyance et dévouement. 

Tous les auteurs qui ont écrit l'histoire générale * ou particulière de 
l'émigration en Angleterre sont unanimes pour louer l'évêque de Saint- 
Pol-de-Léon, émigré lui-même. 



1. Cf. Le clergé français réfugié en Angleterre, par l'abbé Plasse ; 2 vol. in-8, 
Paris, Palmé, 1885. 



ÉVÊCHÉ DE TRÉGUIER 451 



Mais en 1804, il eut le malheur de refuser sa démission au pape, de 
motiver son refus par des raisons irrespectueuses, et de signer les 
réclamations d'Asseline. 

f à Londres le 25 novembre 1806, aet. 77, es. 34. — Ses restes ont 
été rapportés à Saint-Pol en 1866. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE LÉON 

0. S. B. vir. S. Mathaeus de fine Terrse, Saint-Mahé 1 . 
0. Gist. vir. B. M. de Reliquiis, N.-D. de Relec. 



TRECORUM, TRÉGUER, TRÉGUIER 

Situé entre les diocèses de Saint-Brieuc et de Saint-Pol, le diocèse de 
Tréguier comprenait une grande partie de la côte septentrionale, péné- 
trait dans les terres et comptait 104 paroisses bas-bretonnes. 

64 . — François-Ignace de Baglion de SAILLANT, 61 e évêque de 
Tréguier. 

Né en 1634 à Agen, fils de Léonor, baron de Jons, et de Françoise- 
Henry, petite-fille de Bellièvre, avait été colonel, entra déjà mûr à 
l'Oratoire. 

Balthasar Grangier de Liverdis, saint évêque de Tréguier 2 , étant 
mort le 2 février 1679, le P. de Saillant fut nommé pour le remplacer, 
et put se faire sacrer dès le 23 juillet à Saint-Honoré de Paris. 

Pour avoir pris part à l'Assemblée de 1682, il est répréhensible sans 
doute, mais ne l'est pas plus que la majorité de ses collègues. 

Transféré à Poitiers, 1686-1692. Cf. Poitiers. 

62. — Eustache Le Séneschal de GARGADO. 
Né en 1624 d'une noble famille bretonne, fut aumônier de la reine 
en 1648, abbé de Geneston (Nantes) en 1674. 

1. Cf. V abbaye de Saint-Mathieu de fine Terrée, par P. Levot ; in-8. Brest, 1884. 

2. Son bonheur était de faire des missions avec le P. Julien Maunoir. 



452 PROVINCE DE TOURS 



Déjà septuagénaire, nommé évêque de Tréguier le 1 er juin 1686, il 
ne fut sacré qu'en 1692 et n'eut pas le temps de se faire connaître. 
f subitement à Paris le 5 mai 1694, set. 76, es. 2. 

63. — Olivier Jégou de KERVILIO, janséniste. 

Né en 1643 d'une famille bretonne, était docteur en théologie, grand 
archidiacre de Quimper. 

Nommé évêque de Tréguier en 1694 et sacré le 3 octobre à Port- 
Royal par trois évêques jansénistes, il soutint le parti en Bretagne, 
refusa de publier la bulle Unigenitus dans son diocèse, fut, à cause de 
son obstination, privé de la grâce du jubilé en 1725, par Benoît XIII. 

Ami du cardinal de Noailles, il ne l'imita pas dans sa rétractation en 
1728. Les règles qu'il donna aux Filles de Saint-Pol ont eu besoin 
d'être retouchées. 

f à Tréguier le 2 août 1731, aat. 88, es. 37. 

64. — François -Hyacinthe de la Fruglaye de KERVERS. 

Né en 1685, était vicaire général de Quimper et curé de Crozon. 

Nommé évêque de Tréguier en 1731 et sacré le 4 mai 1732, s'appli- 
qua fermement à extirper le jansénisme, que son prédécesseur avait 
implanté. Dans ce but il obtint un jubilé en 1734 ; puis il fit accepter la 
bulle dans un synode diocésain, et ne rencontra pas de résistance. 

f à Tréguier le 3 novembre 1745, 83t. 60, es. 14. 

65. — Charles-Guy Le Borgne de KERMORVAN. 
Né en 1694 dans le diocèse de Léon, était vicaire général de ce dio- 
cèse pour les Bas-Bretons. 

Nommé évêque de Tréguier en 1746 et sacré le 11 juillet à Paris, par 
l'archevêque Gigault de Bellefonds, était orthodoxe, mais avait un frère 
janséniste fanatique, qui a fait tort à son nom. 

Attaqué de paralysie, il ne donna pas sa démission. 

f à Tréguier le 1 er octobre 1761, set. 67, es. 16. 

C'est le dernier évêque de Tréguier, qui soit mort dans cette ville 
épiscopale. 

66. — Joseph-Dominique de CHEYLUS. 

Né en 1717 à Avignon, d'une famille très noble, était vicaire général 
de son cousin H. de Brancas à Lisieux, abbé de Cormeilles, docteur de 
Sorbonne. 



ÉVÊCHÉ DE TRÉGUIER 453 



L'évêque de Lisieux étant mort, son vicaire général fut nommé 
évêque de Tréguier l'année suivante, et sacré à Paris le 25 avril 1762. 
Il unit aussitôt sa voix à celle de l'épiscopat, en faveur des Jésuites. 

Transféré à Cahors en 1766. Cf. Gahors. 

67. — Jean-Marc de ROYÈRE. 

Né le 1 er octobre 1727 en Périgord, d'une famille noble, mais peu 
aisée, fut élevé à Cambrai par Jean de Bonneguise, qui, devenu évêque 
d'Arras, fit de lui son vicaire général ; il demeura fidèle aux bons 
principes. 

Nommé évêque de Tréguier en 1766 et sacré le 20 avril 1767 au 
Calvaire de Paris par Beaumont, il établit à Tréguier la confrérie du 
Sacré-Cœur de Jésus. 

Transféré à Castres en 1773. Cf. Castres. 

68. — Jean-Augustin FRÉTÂT de Sarra. 

Né le 9 février 1726 au château de Sarra en Auvergne, petit-neveu 
du zélé L. Frétât de Boissieu, évêque de Saint-Brieuc, était vicaire 
général de Pompignan au Puy, abbé de Ferrières (Poitiers). 

Nommé évêque de Tréguier en 1773 et sacré le 22 janvier 1774, fut 
aimé et vénéré de ses diocésains, qui le regrettèrent. 

Transféré à Nantes en 1775. Cf. Nantes. 

69. — Jean-Baptiste- Joseph de LUBERSAC. 

Né le 15 janvier 1740 au château de Lubersac 1 , diocèse de Limoges, 
était aumônier du roi, vicaire général de Jumilhac à Arles. 

Nommé évêque de Tréguier en 1775 et sacré le 8 août à Versailles 
dans la chapelle du roi, il fut peu goûté à Tréguier, où il se déplaisait. 

Il y fit donner un canonicat à E.-J. Sieyès, qu'il allait bientôt faire 
chancelier et vicaire général de Chartres, ne prévoyant assurément pas 
l'avenir, mais se trompant certainement sur la valeur de l'homme. 

Transféré à Chartres en 1780. Cf. Chartres. 

70. — Augustin-René -Louis LE MINTIER, dernier évêque de 
Tréguier. 

Né le 28 décembre 1729 à Sévignac, diocèse de Saint-Malo, des sei- 
gneurs de Saint- André, fut reçu docteur en théologie à 28 ans et devint 

1. Aujourd'hui dans la Corrèze. 



454 PROVINCE DE TOURS 



peu après vicaire général du vertueux Bareau de Girac à Saint-Brieuc, 
puis à Rennes. 

Nommé évêque de Tréguier en 1780 et sacré aux Feuillants de Paris 
le 30 avril, fut fidèle à la résidence ; il n'était pas moins instruit que 
pieux, comme il le démontra aux débuts de la Révolution. 

Poursuivi jusque dans l'Assemblée nationale à la suite d'un mande- 
ment énergique, il se vit forcé de fuir à Jersey, de là en Angleterre, 
sans perdre néanmoins ses diocésains de vue. 

f à Londres le 21 avril 1801, aet. 72, es. 21. 

Son corps enterré dans le cimetière Saint-Pancrace, a été exhumé en 
1867 et déposé solennellement dans la cathédrale de Tréguier. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE TRÉGUIER 

0. S. A. vir. Sancta Grux Guingampensis, Sainte-Croix à Guingamp. 

0. Gist. vir. B. M. de Begardo, Bégard. 

Le tombeau de saint Yves près de Tréguier et les restes mortels du 
pieux Charles de Blois, près de Guingamp, étaient des buts de pèleri- 
nage, ainsi que Notre-Dame de Guingamp. 



VENETiE, GUENED, VANNES 

Les 160 paroisses de langue bas-bretonne ou française, qui compo- 
sent le diocèse de Vannes, occupent la partie méridionale de la 
Bretagne, y compris les îles avoisinantes. 

73. — Louis Gazet de VAUTORTE, 73 e évêque de Vannes. 

Né à Laval, fils d'un président au Parlement de Bretagne, avait été 
sacré évêque de Lectoure le 21 septembre 1655. Nommé évêque de 
Vannes, en novembre 1671, pour remplacer Charles de Rosmadec, qui 
passait à l'archevêché de Tours, il prit possession en 1672. 

Il débuta mal à Vannes, en persécutant le vénérable Kerlivio, ou 
désapprouvant l'œuvre des Retraites, etc. Mais ayant mieux compris 



ÉVÊCHÉ DE VANNES 455 



cette pieuse institution et les autres, il changea de conduite et finit 
bien. 
f le 27 décembre 1687, set. ? es. 33. 

74. — François d'ARGOUGES. 

Issu d'une noble famille normande, avait pour père le premier prési- 
dent du Parlement de Bretagne, et pour mère une dame très pieuse. 

Nommé évêque de Vannes en 1688 et nanti du temporel, il adminis- 
tra même au spirituel comme vicaire capitulaire, ne fut sacré que le 
30 mars 1692. 

Il supprima seize fêtes, souscrivit à la condamnation de Fénelon, fut 
du reste pieux et protecteur du bien. 

f à Vannes le 15 mars 1716, 83t. ? es. 24. 

— Louis de TRESSAN, nommé évêque de Vannes en 1716, de 
Nantes en 1717, opta pour ce dernier siège. Cf. Nantes. 

75. — Jean-François-Paul Le Fèvre de GAUMARTIN K 

Né le 16 décembre 1668 à Ghâlons, son père Louis, étant alors inten- 
dant de justice en Champagne, fut d'abord destiné à l'ordre de Malte, 
puis dirigé vers l'état ecclésiastique. A sept ans, il fut pourvu de 
l'abbaye de Buzai (Nantes), dont le cardinal de Retz, son parrain, se 
dessaisit en sa faveur. A vingt- six ans, il fut admis à l'Académie fran- 
çaise, à vingt-neuf ans il était docteur en théologie. 

Doyen de Tours, il fut vicaire général de l'archevêque, et devint pen- 
dant la vacance du siège, vicaire capitulaire. Ses tendances jansénistes 
autant que ses allures mondaines le firent écarter de l'épiscopat tant 
que vécut Louis XIV. 

Nommé évêque de Vannes par le Régent en 1717, il se fit sacrer à 
Dinan par l'évêque de Saint-Malo le 17 juillet 1718. Il put alors prendre 
possession ; mais ne siégea pas longtemps à Vannes. 

Transféré à Blois le 27 août 1719. Cf. Blois. 

— Charles-Guillaume de MAUPEOU. 

Nommé évêque de Vannes en 1719, fut supplanté par le suivant et 
nommé évêque de Lombez en 1721. Cf. Lombez. 

1. Voir Moeéri, article spécial au mot Fèvre (J.-F.-P. Le). 



456 PROVINCE DE TOURS 



76. — Antoine FAGON, janséniste. 

Transféré de Lombez, novembre 1719-août 1720. Cf. Lombez. 

Aussitôt installé, il protégea ouvertement les Jansénistes, laissa ensei- 
gner dans son séminaire les cinq Propositions condamnées par la bulle 
d'Innocent X, supprima la bulle Unigenitus, humilia les Jésuites, etc. 

Toutefois il ne put infecter son diocèse jusque-là pur, ni venir à bout 
de la résistance bretonne, 
f à Kerango le 16 février 1742, set. 77, es. 30. 

77. — Jean- Joseph Chapelle de Saint-Jean de JUMILHAG. 

Né à Brives le 30 septembre 1706, fils de Jean-Baptiste, comte de 
Jumilhac. et de Guillemette de Neufvillars, fut reçu docteur de Navarre 
en 1732, et pris pour vicaire général par Mérinville, évêque de Char- 
tres. En 1733, il devint abbé de Bonneval (Chartres). 

Nommé évêque de Vannes le 2 avril 1742, il put se faire sacrer le 12 
août suivant aux Missions étrangères de Paris, et prendre possession 
de son siège. 

Il ménagea les Jansénistes, au grand déplaisir du peuple et du clergé 
fidèle, ne fut pas pour cela plus respecté des Parlements. Aussi le 
vit-on partir sans regret. 

Transféré à Arles en 1746. Cf. Arles. 

78. — Charles- Je an BERTIN *, le réparateur. 

Né à Périgueux en 1712, deuxième fils de Jean, comte de Saint-Géran 
et de Bourdeille, maître des Requêtes, et de Lucrèce de Saint-Chamans, 
fit de solides études, fut choisi comme vicaire général par son évêque 
le vertueux Prémeaux. 

Nommé évêque de Vannes en 1746 et sacré le 27 septembre, il cen- 
sura sans pitié les erreurs, fit tous ses efforts pour corriger les errants, 
même son métropolitain, Rastignac, tint ferme contre les Parlements, 
avec l'appui de son frère Henri, contrôleur-général des finances et 
ministre d'Etat. 

L'intrépide évêque ne ménagea rien pour sauver les Jésuites ; il ne 
put que déplorer amèrement leur départ de Vannes. 

f à Kerango le 23 septembre 1774, aet. 62, es. 28. 

1. Cf. Courcy, Ordre du Saint-Esprit, p. 975, Généalogie de Bertin, Périgord. 



ÉVÈCHÉ DE VANNES 457 



79. — Sébastien-Michel AMELOT 4 . 

Né le 5 septembre 1741 à Angers, fils de Michel-Denis, seigneur de 
Guépéan et de Châteauneuf, et d'Elisabeth Gohon, fut vicaire général 
de Boisgelin à Lavaur, ensuite à Aix. 

Nommé évêque de Vannes par Louis XVI en 1774, et sacré à Passy 
le 23 avril 1775, il conquit aussitôt, quoique jeune, un grand empire 
sur ses prêtres. En 1780, il reçut l'abbaye de Saint-Vincent (Besançon), 
dont les revenus lui servirent pour multiplier ses aumônes. 

Quand le serment schismatique fut demandé, non seulement il le 
refusa, mais encore il y fit une opposition formelle, jusqu'à la barre de 
l'Assemblée constituante. L'évêque intrus, Charles Lemasle, qui n'avait 
ni piété ni foi, ayant occupé le siège, l'évêque légitime se retira en 
Suisse, puis à Augsbourg, enfin à Londres. 

Là malheureusement en 1801 il refusa de donner sa démission, et 
fonda son refus sur des motifs peu avouables. 

Il ne rentra en France qu'à la Restauration. Devenu aveugle, il traîna 
péniblement ses dernières années. 

f à Paris le 2 avril 1829, aet. 88, es. 54, doyen des évêques de 
France. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE VANNES 

0. S. B. vir. S. Salvator de Rotono, Saint-Sauveur de Redon 2 . 

S. Gildasius Ruiensis, Saint-Gildas de Rhuys. 
0. Cist. vir. B. M. Landaevallensis, Lanvaux. 
B. M. de Precibus, Prières. 
fem. Gaudium, La Joie. 



COLLÈGES, COUVENTS etc. 
Les Jésuites avaient à Vannes un collège, qui fut fermé en 1762. Les 

1. Cf. Courcy, op. cit. p. 959, Généalogie de Amelot, Touraine. 

2. Cf. Cartulaire de l'abbaye de Redon, en Bretagne, par Aurélien DE Courson ; 
in-4, Paris 1863. 



458 



PROVINCE DE TOURS 



maisons de la Retraite, les Capucins, les Ursulines, etc., subsistèrent 
jusqu'à la Révolution. 

Sainte-Anne-d'Auray y pèlerinage célèbre, était desservi par un cou- 
vent de Carmes-Déchaussés. 

Le Bondon, Bonum Donum, était un couvent de Carmélites, près 
de Vannes. 

La Chartreuse d'Auray, Alreensis Carthusia, était célèbre. Elle ne 
l'est pas moins aujourd'hui à cause de sa destination nouvelle et à 
cause du souvenir funèbre qu'elle garde des victimes de Quiberon. 



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VESUNTIONENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE BESANÇON 



Ville principale de la Séquanaise avant les expéditions de Jules 
César, Vesuntio, Besançon, devint métropole de la cinquième Lyonnaise 
sous les empereurs romains ; et comme la prédication évangélique, 
fécondée par les sueurs et le sang, y avait fait établir de bonne heure 
un siège épiscopal, il est tout naturel que ce siège soit devenu 
métropolitain. 

Les vicissitudes opérées dans le pays par l'invasion des Barbares, 
par le démembrement de l'empire carlovingien, par les subdivisions 
féodales, par l'affranchissement des Suisses, par la fortune même des 
derniers ducs de Bourgogne, transportèrent ou détruisirent les sièges 
épiscopaux, mais n'enlevèrent rien à la dignité ni à la juridiction des 
archevêques. 

Quatre sièges épiscopaux, fondés primitivement dans la Séquanaise, 
Adventicum Helveticorum, Avanche; Augusta Rauracorum, Augst; 
Nividunum Equestre, Mon ; Vindonissa, Windisch; firent place aux 
trois sièges de Baie, de Belley et de Lausanne ; en sorte que la pro- 
vince se composa seulement de l'archevêché et de trois évêchés: 
Vesuntionen. Besançon; Bellicen. Belley; Basileen. Baie; Lausanen. 
Lausanne. 

Ces deux derniers diocèses, envahis par la prétendue Réforme et 
restés ou totalement, comme Lausanne, ou en grande partie, comme 
Baie, en dehors de la France, n'entrent pas dans le plan de notre 
étude. Les deux autres au contraire nous appartiennent. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XV, ubi de provincia Vesuntionensi agitur. Ce tome 
in-folio, Paris, Didot, 1860, est le second qu'ait publié B. Hauréau. — Hugues du 
Tems, Le Clergé de France, tome II, Paris, Delalain, 1774. 



460 PROVINCE DE BESANÇON 



VESUNTIO, BESANÇON 

Au commencement du XVII e siècle, les archevêques de Besançon, 
relevant au temporel des rois d'Espagne, qui avaient hérité des ducs de 
Bourgogne, restaient néanmoins princes de l'empire, seigneurs riches, 
puissants, presque indépendants. S'ils rencontraient une difficulté, 
c'était à leur avènement, le chapitre voulant toujours élire son arche- 
vêque, le pape prétendant en certains cas avoir le droit de pourvoir 
un sujet nommé par lui de la dignité archiépiscopale. Les rois 
d'Espagne se contentaient de recommander telle personne aux élec- 
teurs et de ratifier leur choix. 

Quand Louis XIV eut réuni définitivement la Franche-Comté à ses 
Etats, la difficulté se compliqua, le chapitre ne renonçant pas à son 
droit d'élire, le pape h sa prétention de pourvoir et le roi de France 
revendiquant le privilège de nommer, privilège toutefois qu'il ne pou- 
vait avoir sans un induit, étendant aux provinces nouvellement réunies 
à la couronne de France les clauses du concordat de 1516. 

Tout finit par s'arranger à l'amiable pour l'archevêché de Besançon, 
comme c'était arrangé depuis plus d'un siècle pour l'évêché de Belley. 
Les sièges de Baie et de Lausanne demeurèrent dans le statu quo, en- 
vahis par les protestants, privés de leurs pasteurs légitimes, Ceux-ci 
cependant se perpétuent, les évêques de Baie à Delemont, les évêques 
de Lausanne à Fribourg, où se trouvent leurs chapitres, et sont en rela- 
tion constante avec l'archevêque de Besançon. 

L'archidiocèse de Besançon comptait en 1790 : 840 paroisses, 
28 abbayes, 14 collégiales, 99 prieurés et un grand nombre de couvents 
tant d'hommes que de femmes. Après avoir énuméré les abbayes, nous 
dirons quelques mots des collégiales et des couvents. 

Cf. Dunod, Histoire de V église , ville et diocèse de Besançon; 2 vol. in-4°, 
Besançon, 1750. 

ARCHEVÊQUES DE BESANÇON 

88. — Febdinand de RYE, 88 e archevêque, pourvu directement par 
Sixte V en 1586, après la mort du cardinal de Grandvelle. 
Le pape l'ayant fait accepter par le chapitre et agréer du roi 



ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON 461 

Philippe II, toutes les difficultés s'aplanirent, et Ferdinand gouverna 
l'église de Besançon durant 50 ans avec un talent et des vertus extra- 
ordinaires. 

Sous son épiscopat, les Jésuites établirent à Besançon un collège 
complet, 4597 ; les Minimes, Capucins, Ursulines, etc., s'étendirent ; 
les Carmélites se fondèrent en 1616, les Oratoriens en 1618, etc. 

C'est le 24 mai 1608 qu'eut lieu à Faverney le miracle de la sainte 
hostie préservée du feu. 

L'archevêque de Besançon, créé par le roi d'Espagne maître des 
requêtes au Parlement de Dole, fut de plus chargé en 1630 de gouver- 
ner la Franche-Comté. Il ne recula pas même devant les fonctions 
militaires qu'il avait remplies pendant sa jeunesse. 

f à Courfontaine, le 18 août 1636, set. 86, es. 50. 

89. — François de RYE, neveu, coadjuteur et successeur du 
précédent. 

Fils de Philibert, comte de Varax, frère de l'archevêque Ferdinand 
et de Claudine de Tournon, sœur de l'illustre cardinal de Tournon, 
François avait été élu par le chapitre en 1618 comme coadjuteur avec 
future succession. 

Sacré en 1626 archevêque de Césarée, il avait 70 ans quand il devint 
archevêque de Besançon à la mort de son oncle. Il était alors à 
Bruxelles et se disposait à partir. 

f à Bruxelles, le 17 avril 1637, set. 71, es. 11. 

90. — Claude d'ACHEY, 

Né à Gray, fils de Jérôme, baron de Thoraise, et de Rose de Beauffre- 
mont, était haut-doyen de Besançon, abbé de Baume et de Montbenoît, 
quand il fut élu archevêque par le chapitre le 23 mai 1637. Peu après, 
il fut pourvu par le pape et se fit sacrer. 

Fidèle aux lois de la résidence, il ne regretta pas d'être exclu des 
diètes de l'empire. Il visita soigneusement ses paroisses, réformant les 
abus et maintenant la discipline. Il régla particulièrement la célébration 
des fêtes, la liturgie et les détails du culte. 

f à Gy, campagne des archevêques, le 17 octobre 1654, 83t. ? es. 17. 

— Charles-Emmanuel de GORREVOD. 

Haut-doyen de Besançon, ayant pour père le duc de Pont-de-Vaux 



46£ 



PROVINCE DE BESANÇON 



et pour mère Isabelle de Bourgogne-Fallais, Charles-Emmanuel fut éli 
à l'unanimité du chapitre archevêque de Besançon le 29 octobre 1654. 
Il refusa énergiquement d'être pourvu , demandant seulement de 
concert avec les empereurs Ferdinand III et Léopold, appuyés par le 
roi d'Espagne, Philippe IV, d'être confirmé canoniquement : ce fut 
en vain, 
f à Madrid, le 20 juillet 1659, non sacré. 

91. — Jean- Jacques FAUCHE de Domprel. 

Fils d'Etienne et de Marguerite Richardot, était haut-doyen de 
Besançon, quand il fut élu archevêque. Il accepta d'être pourvu, au 
grand dépit de la majorité des chanoines, de l'empereur et du roi 
d'Espagne, qui s'en vengèrent. 

Sacré cependant le 1 er mai 1661, l'archevêque s'occupa exclusive- 
ment des intérêts spirituels de ses diocésains, mais trop peu de temps. 

f à Besançon, le 11 mars 1662, set. ? es. 1. 



92. — Antoine-Pierre de GRAMMONT, o. s. b. 

Né en 1615, fils d'Antide, baron de Melize et de Reine Felletet, reçut 
jeune encore l'habit monastique à Luxeuil, devint ensuite chapelain à 
Bruxelles, prieur de Champlitte, abbé de Bithaine, coadjuteur de l'abbé 
de Luxeuil, haut-doyen de Besançon. 

Elu archevêque par le chapitre le 28 mars 1662, il se laissa pourvoir 
par le souverain pontife, perdant ainsi sans regret beaucoup de ses 
droits temporels, mais se proposant mille avantages spirituels. 

Sacré en effet par son suffragant dans une chapelle souterraine, il 
brilla par ses vertus, son administration épiscopale, ses fondations 
charitables ou pieuses. 

Le roi de France s'étant emparé de Besançon et de toute la Comté, 
le pieux archevêque n'eut rien à changer dans sa conduite extérieure. 
Quoique convoqué à l'Assemblée de 1682, il n'y assista pas. Forcé de 
présider à la démolition de la cathédrale Saint-Etienne, que les nou- 
velles fortifications commandaient, il transporta solennellement les 
reliques à Saint-Jean, qui est devenue depuis lors l'église métro- 
politaine. 

f à Besançon, le 1 er mai 1698, set. 83, es. 36. 



ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON 463 



93. — François-Joseph de GRAMMONT. 

Neveu et suftragant du précédent, fils de Laurent-Théodule et de 
Jeanne-Françoise de Poitiers, abbé de Bithaine et de Montbenoît, 
prieur de Morteau, haut-doyen de Besançon, avait été sacré en 1686, 
évêque de Philadelphie. 

Douze ans plus tard, quand le siège fut vacant, comme le chapitre 
avait cédé son droit d'élection au roi de France, et que celui-ci s'était 
muni de l'induit, l'évêque de Philadelphie fut nommé archevêque de 
Besançon, 17 août 1698. 

Ayant reçu ses bulles le 7 septembre et prêté serment au roi à 
Marly, il fit son entrée solennelle à Besançon, bien décidé à continuer 
en tout son vénérable prédécesseur. 

Son aversion pour les jansénistes et sa prédilection pour les Jésuites 
lui causèrent moins d'embarras que la routine de son clergé, les pré- 
tentions des chanoines et l'entêtement de quelques dignitaires. En l'an 
1700 par exemple, le doyen de la collégiale de Dole lui interdit l'entrée 
de la maison qu'il voulait visiter. 

On s'étonne qu'un si digne archevêque ait donné en 1712 « Brevia- 
rium e solis Sacris Scripturis compositum. » 

f au château de Vieilley, le 20 août 1717, set. ? es. 31. 

— René de MORNAY de Montchevreuil. 

Fils de Henri, marquis de Montchevreuil, était abbé de Moutier-la- 
Gelle (Troyes), d'Ourcamp (Noyon), ambassadeur de France en Portugal. 

Nommé archevêque de Besançon en 1717 au nom du roi par le 
Régent, qui était alors tenu en grande défiance à Rome, il ne reçut pas 
à temps ses bulles. 

f à Bourges, le 17 mai 1721. 

94. — Honoré-François GRIMALDI de Monaco. 

Né le 31 décembre 1669, fils d'Hercule et frère de Louis, princes de 
Monaco, était chevalier de Malte, abbé de Saint-Maixent, etc. 

Nommé archevêque de Besançon, le 17 octobre 1723 par le roi 
Louis XV, qui avait reçu l'induit apostolique d'Innocent XIII l'année 
précédente, il n'obtint pourtant ses bulles qu'en décembre 1724, prit 
possession le 15 janvier 1725 et fut sacré le 4 février suivant. 

Il y avait près de huit ans que le siège de Besançon vaquait, bien 
que la vacance fut adoucie par Antoine - François - Gaspard de 



464 PROVINCE DE BESANÇON 



- 



Grammont, évêque d'Aréthuse, haut-doyen et vicaire capitulaire, qui 
ne mourut que le 17 novembre 1727. 

Grimaldi fut reçu avec honneur, gouverna son diocèse en paix « à la 
satisfaction de tous, » Dunod. Toutefois il préparait un nouveau missel, 
en rapport avec les missels gallicans de l'époque. 

Il fit sa démission en 1731, gardant néanmoins l'abbaye de Saint- 
Maixent et recevant celle de Vauluisant. 

f à Paris, le 16 février 1748, etc. 78, es. 13. 

Avec lui disparaissait la famille des Grimaldi, dont l'héritage et les 
titres venaient de passer avec le nom lui-même à un Goyon de 
Matignon 4 . 

95. — Antoine-François de Bliterwich de MONTGLEY. 
Transféré d'Autun, 30 mars 1732. Cf. Autun. 

Il revenait dans un diocèse qu'il avait sagement administré comme 
vicaire général et comme vicaire capitulaire de 1712 à 1724. En deve- 
nant évêque d'Autun, il avait pu devenir en même temps haut-doyen 
de Besançon. 

Les novateurs seuls purent gémir de son retour, tandis que les 
fidèles s'en réjouirent, malheureusement fort peu de temps. 

f d'apoplexie à Besançon, le 12 novembre 1734, set. ? es. 10, laissant 
ses biens aux Religieuses du Refuge. 

96. — Antoine-Pierre de GRAMMONT. 

Né le 18 octobre 1685, fils de Ferdinand et de Susanne du Bêla] 
neveu de François-Joseph, petit-neveu d'Antoine-Pierre, 92 e archevêque 
de Besançon, dont nous venons de parler, fut d'abord militaire, capi- 
taine et colonel. Entré dans l'état ecclésiastique en 1717, il devint 
chanoine, archidiacre et haut-doyen de Besançon. 

Nommé archevêque le 30 janvier 1735, et sacré le 11 septembre, il fut 
urt modèle de régularité ecclésiastique, tout en gardant ses airs mili- 
taires. C'est à lui que s'arrête le loyal historien Dunod. 

f à Gy, 7 septembre 1754, set. 69, es. 19. 

— Il avait pour auxiliaire Pierre-François HUGON, évêque de 
Philadelphie. 

1. Cf. Morêri, au mot Grimaldi. 






ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON 465 



97. — Antoine-Cleriadus, cardinal de CHOISEUL-Beaupré. 

Né au château de Daillecourt le 28 septembre 1707, était frère puîné 
de Claude-Antoine, évêque de Châlons, neveu de Gabriel-Florent, 
évêque de Mende, fut grand-archidiacre de Mende, abbé de Saint- 
Memmie (Ghâlons), aumônier du roi de Pologne, Stanislas, et primat I 
de Lorraine, à Nancy. 

Nommé archevêque de Besançon en 1754, élu en même temps haut- 
doyen, il se fit sacrer le 25 mai 1755, ne refusa pas l'abbaye de Saint- 
Bertin. Ayant pris possession de son siège au moment où dominaient 
les Feuillants, il se montra feuillant à l'excès. 

Créé cardinal le 23 novembre 1761, il proposa avec l'archevêque de 
Rouen, les évêques de Châlons, d'Auxerre et de Nevers, quelques 
modifications à l'Institut des Jésuites, voulant sans doute sauver ces 
religieux d'une ruine totale. 

Le cardinal de Choiseul assista au conclave qui élut Clément XIV en 
1769. Quatre ans après, en lisant le Bref Dominas ac Redemptor, il vit 
non sans douleur que la ruine des Jésuites était consommée. 

Le mérite réel de cet archevêque, c'est d'avoir encouragé les travaux 
apologétiques du solide théologien Bergier. 

f à Gy le 7 janvier 1774, aet. 67, es. 29, card. 13, « aère alieno 
oppressus », dit Hauréau. 

98. — Raymond de DURFORT. 

Transféré de Montpellier, 15 janvier-9 mai 1774. Cf. Montpellier. 

La même année, il reçut l'abbaye de Lessay (Coutances). 

Intronisé archevêque dans la cathédrale de Saint- Jean, il résida dans 
son diocèse, fut simple et pieux ; supprima cependant quelques fêtes ; 
régla certains échanges territoriaux avec l'évêque de Baie, Geroldseck, 
qu'il avait sacré le 29 juin 1776, en même temps que l'évêque de Baby- 
lone, Jean-Baptiste Dubourg-Miroudot, futur jureur. 

Dépouillé par la Révolution de tous ses biens, et même de son siège, 
que venait d'envahir l'intrus Séguin, chanoine de Besançon, il émigra 
en Suisse, 1791. 

f à Soleure, 19 mars 1792, aet. 67, es. 28. 

Son corps rapporté solennellement à Besançon le 13 mai 1868, fut 
reçu par le cardinal Mathieu et neuf évêques, qui célébrèrent de splen- 
dides obsèques. 

30 



466 PROVINCE DE BESANÇON 

— Les deux derniers archevêques de Besançon ont eu pour auxi- 
liaire Claude-François-Ignace FRANCHET de Ran, né à Besançon 
en 1722, sacré le 23 mai 1756 évêque de Rhosy en Syrie, suftragant de 
Besançon. 

Il reçut l'abbaye de Balerne en 1767, et fut élu haut-doyen en 1774 ; 
émigra en 1791. 

Il était encore à Soleure en février 1795 ; rentra en France ; devint 
chanoine titulaire de la métropole en 1802. 

f à Besançon le 21 février 1810, set. 88, es. 54. 

Les nombreuses abbayes et collégiales que nous allons énumérer 
ayant été anéanties, ainsi que les couvents, par la Révolution, les 
églises paroissiales elles-mêmes ayant été réparties entre les quatre 
évêchés constitutionnels du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura et de 
l'Ain en 1791, et trois sièges étant venus à vaquer dans la province, 
Belley le 14 janvier 1791, Besançon le 19 mars 1792, Bâlele 9 mai 1794, 
ce fut l'évêque de Lausanne, Bernard-Emmanuel de Lensbourg, le der- 
nier survivant, qui fut chargé par Pie VI d'administrer toute la province 
de Besançon. C'est ce qu'il fit jusqu'à sa mort, le 14 septembre 1795. 

Comme à ce moment, on jouissait par hasard d'une paix relative qui 
permit aux chapitres d'élire canoniquement des vicaires capitulaires, 
ou bien au pape de nommer des administrateurs apostoliques, on put 
ainsi traverser les mauvais jours qui suivirent fructidor, braver les 
persécutions nouvelles et atteindre l'époque du Concordat. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BESANÇON 

0. S. B. vir. Luxovium, Luxeu ou Luxeuil. 

Luthra, Lure, sécularisée en 1764. 

Balma, Baume-les-Messieurs. 

S. Vincentius, Saint-Vincent, à Besançon. 

Faverniacum, Favemey, en règle, 
fem. Balma seu Palma, Baume-les-Dames. 

Carnonis Castrum, Château- Châlon. 
0. S. A. vir. S. Paulus, Saint-Paul de Besançon. 

Mons Benedicti, Montbenoît. 

Golia, Goaille. 



ARCHEVÊCHÉ DE BESANÇON 467 



0. Gist. vir. Bella vallis, Bellevaux. 

Balerna, Balerne. 

Garus locus, Cherlieu. 

Locus Grescens, Lieu-Croissant. 

Caritas, La Charité. 

Accinctus, Acey. 

Roserise, Rosières. 

Bethania, Bithaine. 

Glarus fons, Claire- Fontaine. 

Gratia Dei, La Grâce- Dieu. 

Bulio, Bulion. 

Mons Sanctae Marias, Mont-Sainte-Marie. 
fem. Ulnans, Ounans. 

Battentum, Battant. 
0. Praem. Corneolus, Comeux, en règle. 
0. S. Clarse. Ledo Salinarius, Lons-le-Saunier. 

Montiniacum, Montigny. 

Migetta, Migette. 



COLLÉGIALES, COUVENTS etc. 

Outre le chapitre de l'église métropolitaine, qui se composait de 
43 chanoines titulaires, on comptait dans le vaste archidiocèse de 
Besançon quinze collégiales, savoir : La Madeleine de Besançon, Saint- 
Anatole, Saint-Michel et Saint-Maurice de Salins, Saint-Hippolyte, Ray, 
Arlay, Dole, Saint-Jean d'Arhois, Poligny, Saint-Georges de Vesoul, 
Notre-Dame de Gray, Saint-Mainbœuf de Montbéliard, Saint-Denis de 
Béfort en Alsace et Darnay en Lorraine. 

Presque toutes les villes de la Franche-Comté possédaient au moins 
un couvent, le plus souvent deux, tant d'hommes que de femmes, 
Dominicains, Franciscains, Carmes, Minimes, Ursulines, Augustines de 
la congrégation Notre-Dame, Carmélites, etc. 

Les Jésuites, avant leur suppression, avaient plusieurs collèges dans 
le diocèse. Le plus célèbre était celui de Besançon, qui était complet, 
c'est-à-dire qui embrassait toutes les Facultés, depuis les éléments de 
la grammaire jusqu'à la théologie. 



468 PROVINCE DE BESANÇON 



BELLICIUM, BELLEY 

Le siège épiscopal fondé à Nion, fut transporté à Belley et rattaché à 
la métropole de Besançon. C'est Henri IV qui réunit le pays à la 
France, en l'enlevant aux ducs de Savoie. Le diocèse de Belley, n'ayant 
pas cent paroisses, était petit. 

85. — Dom Pierre du LAURENS, 0. Clun., 85 e évêque de Belley. 
Neveu des deux saints archevêques, Honoré d'Embrun, 1600 f 4611, 

et Gaspard d'Arles, 1603 f 1630, que nous avons mentionnés page 186 
et page 34, Pierre étudia la théologie à Paris, fut reçu docteur et entra 
dans l'ordre de Gluny, où il fit profession. 

Il remplit d'abord les fonctions de vicaire général de l'abbé commen- 
dataire, fut ensuite grand-prieur régulier sous trois abbés, Conti, 
Mazarin, Este. 

Nommé évêque de Belley, quoique déjà presque septuagénaire, pour 
remplacer Jean-Albert Belin, lui aussi Cluniste, qui était mort le 29 
avril 1677, il se fit sacrer et prit possession le 8 juin 1680. 

Strict observateur des lois ecclésiastiques, fondateur d'un séminaire 
épiscopal, confié aux Pères Augustins, il se crut néanmoins obligé 
d'assister à l'Assemblée de 1682, avec François Parra, doyen de son 
chapitre. 

f à Belley le 13 janvier 1705, œt. 89 (alias 92), es. 26. 

86. — François de MADOT. 

Né à Guéret en 1675, fils du premier président au Présidial, élève 
des Jésuites à Limoges, et des Sulpiciens à Paris, exerça plusieurs 
années le saint ministère dans la paroisse Saint-Sulpice, prépara à la 
mort le comte d'Aubigné, Charles, frère de la marquise de Maintenon. 

Nommé évêque de Belley le 11 avril 1705 et sacré à Paris le 18 
octobre, il prit possession le 8 février 1706, reçut les abbayes de l'Absie 
(La Rochelle) et de Loroy (Bourges). 

Il assista à l'ouverture de la châsse de saint François de Sales, fit 
poursuivre le Père Fabre, Oratorien janséniste. 

Transféré à Chalon, 28 décembre 1711-juin 1712. Cf. Chalon-sur- 
Saône. 



ÉVÊCHÉ DE BELLEY 



469 



87. — Jean du DOUSSET (Doucet, H. du Tems). 

Né en 1662, docteur en théologie, abbé de Grenetière (Luçon), très 
charitable. 

Nommé évêque de Belley en 1712 et sacré le 11 décembre, fut tou- 
jours charitable et non moins zélé que pieux. Invité au concile d'Em- 
brun, il s'y rendit volontiers, 1727. 

Sentant le poids de la vieillesse, il légua tous ses biens à l'Hôtel-Dieu 
de Belley, sauf une somme destinée au collège pour l'instruction des 
jeunes clercs. 

f à Belley le 4 février 1745, set. 83, es. 33. 

88. — Jean-Antoine de TINSEAU. 

Né le 20 avril 1697 à Besançon, fils d'Antoine, conseiller au Parle- 
ment de Franche-Comté, était docteur en théologie, vicaire général de 
Grimaldi à Besançon, abbé de Bithaine. 

Nommé évêque de Belley le 18 juillet 1745 et sacré le 12 septembre, 
il fit son entrée solennelle le 1 er février 1746. 

Partisan de la morale sévère, il tint chaque année un synode pour 
faire refleurir l'antique discipline, confia aux moines de Saint-Antoine 
la direction du collège. 

Transféré à Nevers, 4 avril 1751. Cf. Nevers. 

89. — Gabriel COBTOIS de Quincey. 

Né à Dijon en 1714, fut archidiacre et vicaire général du premier 
évêque de Dijon, J.-J. Bouhier et de son successeur Claude Bouhier. 

Nommé évêque de Belley le 4 avril 1751, il obtint ses bulles le 
19 juillet et se fit sacrer le 22 août. 

En 1759, il procéda à la translation des reliques de saint Anthelme ; 
en 1772, il présida comme délégué du Souverain Pontife, le chapitre 
général des Frères Mineurs à Grenoble. Il avait réclamé en faveur des 
Jésuites dix ans auparavant. 

Ce vénérable pasteur fut très aimé de ses diocésains et à bon droit ; 
c'était un saint. Ayant reçu l'abbaye de Conches (Evreux) en 1764, 
celle d'Ambournay (Lyon) en 1783, il multiplia ses charités, ses fonda- 
tions pieuses et bâtit le palais épiscopal. 

Quoiqu'il eût refusé avec horreur le serment schismatique, il 
demeura dans son palais. 

f à Belley le 14 janvier 1791, set. 77, es. 40, juste à temps pour qu'il 



470 



PROVINCE DE BESANÇON 



ne vît pas la ruine plus complète de l'Eglise de France, et l'intrusion 
de Royer sur son siège. 

Un monument sépulcral lui fut érigé par ses deux neveux, Pierre de 
Nîmes et Gabriel de Saint-Malo. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE BELLEY 

0. Cist. vir. S. Sulpitius, Saint-Sulpice *, en règle, 
fem. Bunzium, Bons. 



COUVENTS 

Il y avait à Belley des Mineurs Observantins, des Capucins, des 
Yisitandines et des Ursulines. 

Dans le diocèse, on comptait huit prieurés de divers ordres et la 
Chartreuse de Pierre-Châtel. 



BASILEA, BASEL, BALE 

Ancienne ville impériale, Bâle venait d'entrer dans la confédération 
des Suisses, quand les Protestants s'y établirent,, en chassèrent 
l'évéque et s'emparèrent des biens meubles ou immeubles de l'église. 
Il ne resta plus au prince-évêque, à son chapitre, au clergé séculier et 
régulier, que certains cantons qui étaient demeurés fidèles ou qui le 
redevinrent sous la domination française. C'est au XVII e siècle que 
l'occupation française de la Haute-Alsace, qui relevait de Bâle pour le 
spirituel, rendit aux catholiques leur liberté, une partie de leurs biens, 
une salutaire influence. 

Nous allons seulement nommer les quatre derniers évêques de Bâle, 
qui ont précédé notre Révolution, le suffragant français qu'ils se sont 
donné et les abbayes situées dans la partie française du diocèse. 



1. Petit cartulaire de Vabbaye de Saint-Sulpice en Bugey, par C. Guigne ; in-8 de 
ix-198 pages. Lyon, Mongin, 1883. 



ÉVÊCHÉ DE BALE 471 



70. — Joseph-Guillaume Rinck de BALDENSTEIN, 70 e évêque de 
Baie. 

Elu évêque de Bâle par le chapitre le 22 janvier 1744, sacré le 
21 novembre à Besançon par son métropolitain, A. -P. de Grammont, 
il écrivit de Porentruy, Bruntutum, lieu de sa résidence, le 13 octobre 
1761, au chancelier de France, une lettre qui vengeait la doctrine, les 
vertus et la fidélité des Jésuites. 

f le 13 septembre 1762. 

71. — Simon - Eusèbe - Nicolas de Montjoie d'Hirsingue de 
FROHBERG. 

Elu le 26 octobre 1762, quoique déjà septuagénaire, et sacré à Gy 
par son métropolitain, le cardinal de Choiseul, il aima les arts, fut très 
charitable, écrivit en faveur des Jésuites le 11 juillet 1765. 

Mais il ne fut pas aussi bien inspiré en 1771, quand il demanda pour 
suffragant J.-B.-J. Gobel, dont nous allons bientôt parler. 

f le 5 avril 1775. 

72. — Frédéric de Wangen de GEROLDSECK. 

Elu en 1775 et sacré le 29 mai 1776 par son métropolitain, R. de 
Durfort, il passa avec lui et le roi de France en 1779 une convention 
territoriale qui fixait la juridiction civile et religieuse. 

f le 11 octobre 1782. 

73. — Joseph-Sigismond de ROGGENBAGH. 

Elu évêque de Bâle en 1783, il se fit sacrer dans sa chapelle de 
Porentruy par son métropolitain, R. de Durfort. 

Dépouillé de presque tous ses biens par les décrets de l'Assemblée 
nationale en 1790, privé de sa juridiction même par Févêque intrus du 
Haut-Rhin, Arbogast Martin, en 1791, ballotté par la sédition de ses 
propres concitoyens qu'appuyèrent bientôt les troupes françaises, il 
chercha un refuge à Bielle en 1793. f à Constance le 9 mars 1794. 

Les princes-évêques de Bâle n'ont songé qu'à la fin du XVIII e siècle 
à se donner un auxiliaire ou suffragant français, pour la partie française 
de leur diocèse. On est humilié du choix qu'ils ont fait de Gobel. 

— Jean-Baptiste-Joseph GOBEL. 

Né à Thann (Haute-Alsace) le 1 er septembre 1727, ayant été envoyé 



472 



PROVINCE DE BESANÇON 



par son père à Rome, au collège germanique ou à la Sapience, pour y 
étudier, s'y distingua par son application et sa conduite. A son retour, 
il fut pourvu d'une prébende à Delemont, devint officiai, pro-vicaire, 
grand écolâtre du chapitre, gagna la confiance du prince-évêque Froh- 
berg, qui le demanda et l'obtint pour suffragant, le sacra évêque de 
Lydda en 1771. 

Gobel, quoique bien rente par le prince-évêque et par le roi 
Louis XVI, s'endetta énormément au jeu, intrigua pour faire ériger 
Golmar en évêché. 

Elu député du clergé aux Etats-Généraux par le bailliage de Belfort 
et d'Huningue, il s'opposa énergiquement aux lois anti-canoniques 
jusqu'au l or juin 1790 ; mais à cette époque il changea diamétralement 
de conduite. 

Ayant prêté le serment schismatique, il se laissa élire évêque consti- 
tutionnel dans le Haut-Rhin, la Haute-Marne et à Paris, pour lequel il 
opta. Il assista conjointement avec Dubourg-Miroudot, évêque de 
Babylone, Charles-Maurice Talleyrand qui sacrait les deux premiers 
évêques de la nouvelle église le 24 février 1791, conniva lâchement au 
mariage des prêtres, etc. 

Affilié plus tard au club des Jacobins, il se présenta le 7 novembre 
1793 à la barre de la Convention, y déposa honteusement les insignes 
de sa dignité, apostasia et laissa inaugurer la déesse Raison à Notre- 
Dame de Paris. 

Emprisonné par l'ordre de Robespierre, comme hébertiste, anarchiste, 
athée, il fut exécuté le 13 avril 1794. Avant de monter à l'échafaud, il 
se ménagea moyennant une confession écrite, signée J.-B.-J. évêque 
de Lydda, une absolution sacramentelle. 

ABBAYES FRANÇAISES DU DIOCÈSE DE BALE 

0. S. B. vir. Morbacum, Morbach. 

S. Gregorius, Gregorienthal munster. 
0. S. A.fem. Vallis Masonis, Massevaux, chapitre de nobles Alsa- 
ciennes. 

Ottomaris domus, Ottmarsheim. 
0. Cist. vir. Lucella, Lûtzel. 

Parisium, Pairis. 



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VIENNENSIS PROVINCIA 

PROVINCE DE VIENNE 



Ville antique, dont le nom servit à désigner une province romaine, 
la Viennoise et plus tard à distinguer les seigneurs du pays, les Dau- 
phins du Viennois, Vienna, Vienne, était de très bonne heure devenue 
une métropole ecclésiastique. Mais la circonscription de cette métro- 
pole, la juridiction et les titres de l'archevêque subirent dans le cours 
des siècles plus d'un changement, que relate l'histoire. 

Il y avait longtemps que les limites de la province ecclésiastique 
étaient fixées, quand se tint à Vienne un concile œcuménique, 1311, 
à plus forte raison quand, quelques années après, le Dauphiné fut cédé 
à la France. Comme le Dauphiné faisait partie de la France en 1516, les 
sièges qui s'y trouvaient purent dès lors être pourvus, suivant les 
termes du Concordat, par nomination royale. 

Deux sièges, relevant du métropolitain, mais non du roi de France, 
Genève et Maurienne, devaient être pourvus d'une autre manière : 
nous les rangeons à part. 

La province de Vienne comprenait sept sièges, cinq en France : 
Viennen. Vienne; Dien. Die; Gratianopolitan. Grenoble; Valentinen. 
Valence ; Vivarien. Viviers ; deux hors de France : Gebennen. Genève; 
Maurianen. Saint- Jean-de-Maurienne. Un huitième siège établi en 1779 
dans les limites de la province, mais hors des limites de la France, 
Camberiacum, Chambéry, ne releva pas de Vienne, mais immédiate- 
ment de Rome. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XVI ; in-folio, Parisiis, 1865. Ce tome est le troi- 
sième et dernier publié par B. Hauréau. 



474 



PROVINCE DE VIENNE 



VIENNA, VIENNE 



Cf. Histoire de la sainte église de Vienne, par F.-Z. Collombet ; 3 vol. in-8. Lyon, 
1847. 



ARCHEVÊQUES DE VIENNE 

101. — Pierre de VILLARS *, 101 e archevêque de Vienne. 

Né à Lyon le 3 mars 1543, fils de François, fut élève des Jésuites 
Tournon, à Toulouse, à Paris, docteur en théologie, sacré évêque d< 
Mirepoix en 1576, archevêque de Vienne en 1588, succédait sur l'un et 
l'autre siège à son oncle Pierre de Villars. 

C'était un prédicateur distingué, un écrivain de mérite. Il se démit 
de son siège en 1599. 

f à Saint-Genis-Laval le 18 juillet 1613. 

102. — Jérôme de VILLARS, frère puîné du précédent, nommé 
sacré archevêque de Vienne en 1599. 

f à Vienne le 18 janvier 1626. 

103. — Pierre de VILLARS, cousin, coadjuteur et successeur di 
précédent. 

Fils de Claude, seigneur de Condrieu, était archidiacre d'Agen, quant 
il fut accordé comme coadjuteur à l'archevêque de Vienne ; sacre 
archevêque d'Ephèse en 1612, il devint en 1626 archevêque de Vienne: 
obtint pour coadjuteur son neveu, qui suit. 

f près de Condrieu le 27 mai 1663, doyen des évêques de France. 

104. — Henri de VILLARS, neveu, coadjuteur et successeur di 
précédent. 

Né en 1621, fils de Claude, seigneur de la Chapelle, et de Charlott 
Louvet de Nogaret, était capiscol de Vienne, agent général du clergé. 
Demandé comme auxiliaire ou coadjuteur par son oncle en 1652, 



1. Cf. Moréri, Généalogie de Villars (Lyonnais). 



ARCHEVÊCHÉ DE VIENNE 475 

fut sacré en 1655 archevêque de Philippe-polis, administra dès lors le 
diocèse. 

Ayant pris possession du siège archiépiscopal en 1663, il intenta des 
procès de juridiction, donna un Breviarium Viennense, qui fut la 
première publication de ce genre en France, 1678, confia son petit 
séminaire aux Oratoriens, 1681, se fit représenter à l'Assemblée de 
1682 par le doyen de son chapitre, Antoine Argoud, l'auteur hypercri- 
tique du bréviaire Viennois, dont nous venons de signaler l'apparition. 

L'archevêque de Vienne mena un train de grand seigneur, que ne 
comportait pas sa situation, quoiqu'il fût le frère d'un lieutenant-géné- 
ral et l'oncle de l'illustre maréchal de Villars. 

f à Vienne le 27 décembre 1693,' œt. 72, es. 38. — Cinq Villars 
avaient occupé le siège de Vienne pendant cent dix-sept ans. 

105. — Armand de MONTMORIN. 

Transféré de Die, 10 avril-30 novembre 1694. Cf. Die. 

Il réédita et imposa le bréviaire de Vienne, fit accepter par ses sufïra- 
gants, un seul excepté, la condamnation de Fénelon, et prit d'autres 
mesures gallicanes. 

Toutefois, chargé avec les évêques du Puy et de Valence, par le pape 
Clément XI, du procès de béatification de Jean-François Régis, S. J., 
il s'acquitta de cette charge selon toutes les règles canoniques. 

f à Vienne le 6 octobre 1713, aet. 70, es. 21. 

106. — François Rerton des Ralres de CRILLON. 
Transféré de Vence en 1714. Cf. Vence. 

Bon, généreux, magnifique même, et très orthodoxe, il réagit contre 
le gallicanisme de ses prédécesseurs, publia la bulle Unigenitus et 
pensait à retirer la liturgie viennoise. 

f à Vienne le 30 octobre 1720, œt. 75, es. 23. 

107. — Henri-Oswald, cardinal de la TOUR D'AUVERGNE. 

Né à Berg-op-Zoom en 1671, second fils de Frédéric-Maurice, comte 
de la Tour d'Auvergne, et de Henriette de Hohenzollern, avait pour 
oncle le cardinal de Bouillon, et pour grand oncle Turenne. 

Entré dans les ordres sacrés en vertu d'une vocation très prononcée, 
il devint juge primatial à Vienne, et vicaire général de l'archevêque 
Montmorin. Il fut de plus coadjuteur de Cluny, dont son oncle avait la 



476 PROVINCE DE VIENNE 



- 



commende; il possédait déjà les abbayes de Redon (Vannes) et de 
Gonches (Evreux). 

Nommé archevêque de Tours par le Régent en 1719, et n'étant pas 
encore préconisé en 1720, il accepta le siège de Vienne, auquel il fut 
appelé par un brevet royal du 9 janvier 1721. 

Ayant été sacré le 10 mai 1722, il prit possession le 20 août, résolu à 
suivre la même ligne que son prédécesseur, Grillon. En avril 1730, il 
fit signer le Formulaire à tous ses prêtres. Sept ans plus tard, saint 
Jean-François Régis ayant été canonisé, le village de La Louvesc, dio- 
cèse de Vienne, où se trouvaient les reliques du saint, fut le théâtre de 
fêtes extraordinaires, organisées par l'archevêque. 

Créé cardinal par Clément XII le 10 décembre 1737, il se montra 
aussi ferme dans ses principes de conduite, aussi bon, aimable et cha- 
ritable dans les procédés. 

Vieilli, infirme et fatigué, il fit agréer sa démission en 1745 ; reçut en 
échange l'abbaye d'Anchin. 

f à Paris, dans de grands sentiments de piété, le 22 avril 1747, 
set. 76, es. 25, card. 10. 

108. — Christophe de BEAUMONT. 
Transféré de Bayonne en 1745. Cf. Bayonne. 

Le brevet royal du 25 avril 1745, confirmé par les bulles pontificales 
peu après, permit au nouvel archevêque de prendre possession le 
1 er décembre par procureur, le 23 décembre par lui-même. 

Parfaitement accueilli du clergé, des grands et du peuple, il n'en fut 
que plus regretté, huit mois après, quand il fut transféré à Paris. 
Cf. Paris. 

109. — Jean d'Yze de SALÉON. 
Transféré de Rodez en 1746. Cf. Rodez. 

Ayant pris possession le 7 février 1747, il censura toujours les Jan- 
sénistes et ne fraya jamais avec les Gallicans ; mais il condamna comme 
usuraire le prêt à intérêt et les confesseurs faciles, sans laisser d'être [j 
à Vienne ce qu'il avait été à Rodez, à Agen et à Senez, un saint et 
savant prélat. 

f à Vienne, le 10 février 1751, 9et. 82, es. 21. 



ARCHEVÊCHÉ DE VIENNE 477 



110. — Guillaume d'HUGUES de la Motte. 
Transféré de Nevers, 4 avril-30 décembre 1751. Cf. Nevers. 

Il continua sagement et fermement ses quatre prédécesseurs immé- 
diats, défendit les Jésuites menacés dès 1759, écrivit, signa et réclama 
en leur faveur durant les années 1761 et 1762 ; ses réclamations furent 
plus énergiques dans l'assemblée de 1765. 

Aussi ne songea-t-on pas à le faire entrer l'année suivante dans la 
commission des ordres religieux. 

f à Grenoble, le 7 janvier 1774, aet. 84, es. 33. 

111. — Jean-Georges Le Franc de POMPIGNAN. 
Transféré du Puy en 1774. Cf. Le Puy. 

Il brilla dans l'assemblée de 1775 autant par la science et la sagesse 
que par l'énergie, ne put néanmoins conjurer la ruine des Antonins, 
voulue par Loménie et concédée par Louis XVI. 

Bon catéchiste, apologiste éminent de la religion et non moins 
vertueux, l'archevêque de Vienne fut chargé de la Feuille en 1789, eut 
par là-même une grande et salutaire influence sur les églises de 
France. 

Mais sa politique avait été imprévoyante à l'assemblée de Romans en 
1788 et aux Etats-Généraux de Versailles le 22 juin 1789. 

Devenu ministre d'Etat le 4 août 1789, il résigna le siège de Vienne 
en faveur du suivant, se concentra ensuite dans les affaires publiques 
qui l'absorbèrent, le consumèrent en le décourageant et finirent par le 
tuer. 

f à Paris, le 29 décembre 1790, œt. 76, es. 48. 

112. — Charles-François D'AVIAU du Bois-de-Sanzay *, dernier 
archevêque de Vienne. 

Né le 7 août 1 736 au château du Bois-de-Sanzay en Poitou, fut élève 
des Jésuites à La Flèche, 1745, à Poitiers, 1751 ; c'est alors qu'il 
connut le vénérable P. Nectoux. 

Reçu docteur en théologie à l'Université d'Angers en 1761, il devint 
en 1769 chanoine de Saint-Hilaire à Poitiers et trois ans plus tard 
vicaire-général de l'évêque, M. L. de Saint-Aulaire. 

Nommé archevêque de Vienne, août 1789, il fut sacré le 3 janvier 

1. Cf. Histoire de Mv d'Aviau.... par l'abbé Lyonnet, 2 vol. in-8, Paris, 18i7. 



478 PROVINCE DE VIENNE 



1790 dans la chapelle du séminaire Saint-Sulpice par le nonce Dugnai 
avec Asseline de Boulogne et Goucy de La Rochelle. Ce sacre, à la fois 
solennel et clandestin, est le dernier de l'ancien régime. 

S'étant immédiatement rendu dans son diocèse, il y combattit avec 
une grande vigueur les innovations révolutionnaires, la vente des 
propriétés ecclésiastiques, la prestation du serment, la constitutioi 
civile du clergé, qui répartissait le diocèse de Vienne entre trois 
évêques constitutionnels, dont l'un, l'évêque de l'Ardèche, La Font d( 
Savines, était son suffragant. 

Forcé de s'enfuir en 1791, il passa dans le Valais, de là se rendit à 
Rome. Mais il rentra courageusement dans son diocèse en 1797 avec 
des pouvoirs très étendus et quoique caché fit beaucoup de bien. 

En 1801, il fut des premiers à donner sa démission. Nommé arche- 
vêque de Bordeaux le 9 avril 1802, 19 germinal an X, il prit aussitôt 
possession et répara, autant qu'il le put, les maux causés par la Révo- 
lution, se faisant également respecter de tous les partis sous l'Empire 
et la Restauration. 

f à Bordeaux le 11 juillet 1826, set. 90, es. 37. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE VIENNE 

0. S. B. vir. S. Andréas inferior, Saint- André-le- Bas. 
fem. S. Andréas superior, Saint- André-le-Haut. 
B. M. de Columnis, Notre-Dame-des-Colonnes. 
0. S. A. vir. S. Antonius, Saint- Antoine de Viennois, primitivement 
chef-d'ordre, et depuis tête d'une congrégation ei 
règle. 
0. Gist. vir. Bonse Vallès, Bonnevaux. 

fem. Vallis Bressiaci, Val-de-Br essieux. 
S. Justus, Saint- Just. 

S. Paulus de Bello Ripario, Saint-Paul-de-Beaurepaire. 
0. S. Clarae. S. Clara Annoniacensis, Sainte-Claire d'Annonay. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

Outre l'église métropolitaine, dédiée à saint Maurice, qui comptait 
vingt chanoines et cent clercs inférieurs, il y avait trois collégiales 



ÉVÊCHÉ DE DIE 479 



dans la ville, Saint-Pierre, Saint-André et Saint-Sévère, deux autres 
dans le diocèse , Saint - Bernard de Romans et Saint-Theudier de 
Bourgoin. 

La ville et le diocèse avaient des Franciscains, des Dominicains, des 
Carmes, des Minimes, des Récollets, des Augustins, des Capucins, des 
Ursulines, des Visitandines, des Bernardines, des sœurs de l'Annon- 
ciade et de Saint-Joseph. 



DIA, DIE 

Le siège épiscopal de Die avait été occupé par 41 évêques, quand 
Grégoire X l'unit au siège de Valence en 1275. Après 412 ans d'union, 
les deux sièges furent séparés en 1687 par un édit royal de Louis XIV, 
en 1692 par une bulle d'Innocent XII. 

42. — Armand de MONTMORIN *, 42 e évêque de Die et premier 
évêque au rétablissement du siège. 

Né en 1643, second fils de Gilbert, seigneur de Montaret, et d'Anne 
d'Oisilier, avait embrassé la stricte observance de Cîteaux. 

Le roi Louis XIV s'étant décidé à rétablir le siège de Die, Armand 
fut appelé à ce siège par brevet royal le 7 janvier 1687. Il ne paraît pas 
avoir même tenté d'administrer sans bulles un diocèse non encore 
reconstitué canoniquement. 

Institué par la bulle qui relevait le siège en 1692, il se fit sacrer en 
1693 ; mais il eut à peine le temps de prendre possession. 

Transféré à Vienne, 10 avril 1694. Cf. Vienne. 

43. — Séraphin Pajot de PLOUY. 

Issu d'une famille noble de Champagne, il est le véritable restaura- 
teur du siège. 

Nommé en effet évêque de Die en 1694 et sacré le 14 novembre, il se 
mit à l'œuvre, organisa, régla, créa même. 

Un acte surtout l'honore. En 1699, quand la plupart des évêques de 

1. Cf. Moréri, Généalogie de Montmorin. 



480 PROVINCE DE VIENNE 



France, y compris l'archevêque de Vienne, Montmorin, adhéraient à fc 

condamnation de Fénelon, l'évêque de Die écartant la question d( 

doctrine, approuva et loua la conduite de l'archevêque de Cambrai. 

f à Die, le 44 novembre 1701, set. ? es. 7. 

44. — Gabriel de COSNAC*. 
Né en 1652, second fils d'Armand, seigneur de Gosnac et de Marie 

Veilhan de Penacors, docteur en théologie, était neveu de Daniel, 
archevêque d'Aix, qui lui céda en 1701 son abbaye d'Orbestier (Luçon). 

Nommé évêque de Die en 1702, il se fit sacrer le 23 juillet. Son 
épiscopat, qui fut long, ne nous offre aucun événement notable. 

Héritier de la terre de Gosnac, Gabriel la légua par testament à son 
cousin Jean, seigneur d'Espeyruc. Dès 1719, il avait résigné son abbaye 
au fils de ce seigneur, et le 15 avril 1734, il lui résigna aussi son siège. 

f la même année, set. 82, es. 32. 

45. — Daniel-Joseph de GOSNAG. 

Né le 30 octobre 1700, fils de Jean, seigneur d'Espeyruc, légataire 
de Gosnac, et de Marie Faulcon de la Jugie, reçut en 1719 l'abbaye 
d'Orbestier (Luçon), était prévôt d'Aix, suivit à Paris l'archevêque 
Vintimille en qualité de vicaire général. 

Nommé évêque de Die, le 23 avril 1734, il se fit sacrer le 24 octobn 
au séminaire Saint-Sulpice de Paris. 

f à Vienne, le 10 septembre 1741, set. 41, es. 7. 

— Jean-Baptiste Gautier d'AURIBEAU, natif d'Apt, docteur en 
théologie, ancien vicaire général du saint évêque Foresta, nommé 
évêque de Die, refusa, se contentant de la prévôté d'Apt, où il mourut 
le 28 mars 1747 en odeur de sainteté. 

46. — Georges-Gaspard-Alexis de Plan des AUGIERS, dernier 
évêque de Die. 

Né à Digne le 10 juillet 1709, eut pour guide et pour modèle son 
oncle Guillaume d'Hugues, alors vicaire général d'Embrun, qui monta 
en 1740 sur le siège de Nevers, en 1751 sur le siège de Vienne. 

Nommé évêque de Die en 1741 et sacré le 24 février 1742, G.-G. Alexis 

1. Cf. Courcy, Chevaliers du Saint-Esprit , Généalogie de Gosnac (Limousin). 



ÉVÊCHÉ DE GRENOBLE 481 



prit à cœur tous ses devoirs. En 1761, il fut un ardent défenseur des 
Jésuites. 

Son siège étant supprimé par la constitution civile du clergé, il pro- 
testa, fut contraint de s'enfuir 1 . 

f à Rome, fin avril 1794, aet. 85, es. 53, doyen des évoques de 
France. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE DIE 



0. Cist. vir. Lioncellum, Léoncel. 

Vallis Crescens, Valcroissant. 



GRATIANOPOLIS, GRENOBLE 

61. — Etienne, cardinal LE CAMUS 2 , 61 e évêque de Grenoble. 

Né le 24 novembre 1632 à Paris d'une famille de robe, docteur de 
Sorbonne en 1650, aumônier du roi, mena une vie mondaine jusqu'en 
1666. Alors il changea de vie en fréquentant la Trappe, l'Oratoire et 
Port-Royal, gagna la faveur du roi, qui lui offrit d'abord l'évêché de 
Bazas et finit par lui donner, le 8 janvier 1671, l'évêché de Grenoble, 
vacant depuis la mort du vieux Pierre Scarron. 

Sacré le 24 août 1671, l'évêque de Grenoble se porta comme réfor- 
mateur austère des séculiers et des réguliers, plut au pape Innocent XI, 
sans déplaire au roi Louis XIV, eut le bonheur de n'être pas convoqué 
ni député à l'Assemblée de 1682. 

Innocent XI, qui refusait alors impitoyablement de confirmer toutes 
les nominations royales, ayant créé cardinal motu proprio, le 2 septem- 
bre 1686, Etienne Le Camus, et le roi exprimant son étonnement, il y eut 
quelque temps de la froideur entre Versailles et Grenoble. Mais peu à 



1. Cf. Pierre Fédon et le diocèse de Die pendant la Révolution, par l'abbé V. Mazet, 
aumônier de la Nativité de Valence, in-8 de 32 p. Montbéliard, imp. Hoffmann, 1881. 

2. Cf. Histoire du cardinal Le Camus, évêque et prince de Grenoble, par l'abbé 
Ch. Bellet ; gr. in-8. Paris, Picard, 1886. 

31 



482 PROVINCE DE VIENNE 



peu le cardinal, par ses manières insinuantes, ses concessions et so] 
savoir-faire, rentra en faveur à la cour. 

Ce prélat dont la figure est si difficile à saisir, a été et sera long- 
temps l'écueil des peintres, qui cherchent avant tout la ressemblance. 

f le 12 septembre 1707, aet. 75, es. 36, card. 21. 

62. — Ennemond Alleman de MONTMARTIN. 

Issu d'une famille noble du Dauphiné et des barons de Faucigny, 
docteur de Sorbonne, préchantre de Vienne. 

Nommé évêque de Grenoble en 1707, il se fit sacrer à Paris le 6 mai 
1708, ne prit possession que le 7 mars 1709, assista en 1711 l'arche- 
vêque de Vienne, qui sacrait son parent, Joseph-Gaspard de Montmo- 
rin, évêque d'Aire. 

f à Fontainebleau le 28 octobre 1719, ast. ? es. 12. 

63. — Paul de GHAULNES. 

Transféré de Sarlat, 1720-1721. Cf. Sarlat. 

Après vingt ans d'une absence obligatoire et méritante, il revenait 
dans son pays natal pour y faire beaucoup de bien en quatre ans, mais 
sans bruit. 

C'est peut-être ce que veut exprimer B. Hauréau par trois mots 
assez obscurs : Parvum nomen assecutus. 

f à Grenoble le 20 octobre 1725, set. ? es. 24. 



64. — Jean de GAULET. 

Né à Toulouse le 6 avril 1693, petit-neveu du fameux F.-E. Gaulet 
évêque de Pamiers, était chanoine de Saint- Sernin, aumônier du roi, 
docteur de Sorbonne, vicaire général de Tressan à Nantes et à Rouen. 

Nommé évêque de Grenoble en 1725 et. sacré à Paris, le 14 avril 
1726, au noviciat des Jésuites, il n'hésita pas à se rendre au concile 
d'Embrun ; il surveilla les Dominicains jansénistes de Grenoble, fit 
donner une mission par Brydaine dans sa ville épiscopale en 1739, 
recourut souvent aux Jésuites pour les missions et autres saints 
ministères. 

Quand les Jésuites furent en péril, 1761 et années suivantes, il les 
défendit courageusement. 

f à Grenoble, le 27 septembre 1771, set. 79, es. 46, léguant à la ville 
sa bibliothèque de 40,000 volumes. 






EVECHE DE GRENOBLE 



65. — Jean de Cairol de MADAILLAN. 
Transféré de Vence en 1774. Cf. Vence. 

Ayant pris possession le 23 janvier 1772, il consentit au démembre- 
ment de son diocèse ; c'est alors que le Décanat de Savoie forma le 
nouveau diocèse de Chambéry, dont nous parlerons bientôt. 

L'évêque de Grenoble se démit de son siège en 1779, mais garda son 
abbaye de Sordes (Acqs) ; il la possédait encore en 1788. C'est à partir 
de là que nous le perdons de vue lui-même. 

66. — Marie-Anne-Hippolyte Hay de BONTEVILLE. 

Transféré de Saint-Flour en 1779. Cf. Saint-Flour. 

Ayant pris possession le 9 février, il aurait dû réformer son caractère 
et corriger ses mœurs qui laissaient à désirer, dit Hauréau. Malheu- 
reusement il n'en fit rien. 

Il résista sans prudence aux innovations de Vizille, finit par y perdre 
la tête et se suicida le 6 octobre 1788, set. 47, es. 12. 

67. — Henri-Charles du LAU d'Allemans. 

Né dans le diocèse de Périgueux, de la même famille que le dernier 
archevêque d'Arles, était vicaire général de La Rochefoucauld à Rouen. 

Nommé évêque de Grenoble en 1788, il fut sacré le 19 avril 1789 au 
moment où se faisaient les élections pour les Etats-Généraux ; il prit 
possession au milieu des agitations politiques, communes à toute la 
France et particulières au Dauphiné, compliquées pour lui de la triste 
fin de son prédécesseur. 

En 1791, voyant son siège envahi par l'intrus Pouchot, il passa dans 
le Piémont, de là à Martigny en Valais. 

Il refusa de se démettre en 1801 ; f le 4 avril 1802, œt. ? es. 13. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GRENOBLE 

0. Cist. fem. Haia, Les Ayes. 

Carthusia Major, La Grande Chartreuse, chef-d'ordre, maison-mère, 
en règle. 

Nommons seulement dans la période qui nous occupe un prieur 
général des Chartreux, dom Innocent Le Masson, qui fut élu en 1675 et 



484 PROVINCE DE VIENNE 



- 



mourut en 1703. Ce fut à la fois un saint réformateur, un écrivain 
distingué, un homme hors ligne. 



COLLÉGIALES ET COUVENTS 

On comptait à Grenoble deux collégiales : Saint-André et La 
Madeleine. 

Il y avait dans la ville des Dominicains, des Franciscains, des 
Minimes, des Récollets, des Capucins, des Augustins, des Visitandines, 
des Ursulines, et un collège de la Compagnie de Jésus. 



VALENTIA, VALENCE 

65. — Daniel de COSNAC, évêque de Valence et Die. 

Né en juin 1626 au château de Cosnac, près de Brives, fils de Fran- 
çois, et d'Eléonore de Talleyrand-Chalais, étant cadet et laid, fut donné 
à l'église. S'il garda ses mœurs pures, il ne fut pas moins mondain, 
intrigant, courtisan éhonté du prince de Conti, de Mazarin, de Monsieur, 
frère unique du roi : ce qui lui valut plus d'une disgrâce, comme il le 
raconte lui-même dans des Mémoires que l'on croyait perdus, mais 
qu'a retrouvés et publiés en 1852 un de ses arrière-neveux, aux applau- 
dissements des érudits, sans profit pour les âmes pieuses. 

Le siège de Valence et Die, occupé durant 70 ans par trois Gelas de 
Léberon, était vacant le 22 juillet 1654, jour où Mazarin y fit appeler 
Cosnac, qui n'avait pas encore reçu les saints ordres. Les ayant reçus à 
Paris, et les bulles étant arrivées, il se fit sacrer à Senlis le 24 octobre 
1655. 

Il ne résida que par occasion dans son diocèse. En bon gallican, il y 
déploya son zèle contre les Huguenots, que poursuivait la cour, siégea 
dans l'Assemblée de 1682, reparut dans celle de 1685, toujours hostile 
au pape, obséquieux pour le roi. 

C'est ainsi qu'il parvint à se faire nommer archevêque d'Aix en 1687, 
méritant toutefois que ses bulles fussent retardées de six ans. Cf. Aix. 



ÉVECHÉ DE VALENCE 485 



66. — Guillaume BOCHART de Champigny. 

Né en 1650, le troisième des douze enfants de Jean, seigneur de 
Champigny, maître des Requêtes au Parlement de Normandie, et de 
Marie Boivin, était docteur en théologie, archidiacre de Pontoise, quand 
il assista comme député du second ordre au nom de la province de 
Rouen à l'Assemblée de 1682. 

Le 4 novembre 1687, il fut nommé évêque de Valence, mais non de 
Die, qui eut dès lors son évêque particulier. N'ayant obtenu ses bulles 
qu'en octobre 1693, il se fit sacrer le 30 novembre par Golbert de 
Rouen au noviciat des Jésuites de Paris et prit enfin possession de son 
siège. 

Dans l'Assemblée, nous ne disons pas le Concile, de sa province, 
mai 1699, il approuva la sentence qui condamnait Fénelon, tout en 
louant le vertueux archevêque. 

f à Paris le 4 juillet 1705, set. 55, es. 12. 

67. — Jean de CATELAN. 

Né à Toulouse, d'une illustre famille de robe. 

Nommé évêque de Valence le 15 août 1705, fut sacré le 21 février 
1706. Outre ses mandements, tous recommandables, il a fait imprimer 
un ouvrage historique important 4 , dont il est l'auteur. 

f à Valence, janvier 1725, aet. ? es. 19. 

68. — Alexandre MILON. 

Né à Paris le 4 juin 1688, d'une noble famille de l'Anjou. 

Nommé évêque de Valence en 1725 et sacré le 31 mars 1726, reçut 
en 1735 l'abbaye de Valsecret (Soissons), qu'il résigna peu après. Mais 
ayant reçu en 1742 l'abbaye de Fleury ou de Saint-Benoît- sur-Loire, il 
la garda jusqu'à sa mort. 

Cet évêque n'est remarquable aux yeux de B. Hauréau que par la 
longue durée de son épiscopat. La vérité est qu'il était l'ami de Beau- 
mont, le défenseur convaincu des Jésuites et l'adversaire décidé des 
Jansénistes, ce qu'ignorait l'historien. 

f à Saint-Benoît-sur-Loire le 18 novembre 1771, 33t. 84, es. 46. 



1. Les antiquités de V église de Valence, in-4, Valence, 1724. 



486 PROVINCE DE VIENNE 



69. — François-Fiacre de GRAVE. 

Né le 6 janvier 1724, dans le diocèse de Bordeaux. 

Nommé évêque de Valence en 1771, fut sacré le 26 avril 1772. 

f à Paris le 1 er juillet 1787, set. 64, es. 14. 

70. — Garriel-Melchior de MESSEY. 

Né en 1748 au château de Bielle, dans le diocèse de Langres, comte 
de Lyon en 1786, vicaire général de Boisgelin à Aix, abbé de Saint- 
Romain de Blaye depuis 1779. 

Nommé évêque de Valence en 1787 et sacré à Paris le 5 octobre 1788, 
ne fit qu'une courte apparition dans son diocèse, que remuaient les 
passions révolutionnaires et protestantes. 

Forcé de s'éloigner, il était à Paris en janvier 1791, quand devaient 
se prêter les serments. Ayant appris l'intrusion sur son siège de Fran- 
çois Marbos, il se retira à l'abbaye de Saint-Maurice-en- Valais. 

En 1801, il refusa de donner sa démission ; mais il la donna peu de 
jours avant de mourir. 

f à Vienne, en Autriche, le 17 mars 1806, aet. 58, es. 18. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE VALENCE 

0. S. B. fem. Subdio vel Sadio, Soyons. 
0. Gist. fem. Verneso, Vernaison. 
0. S. A. vir. S. Rufus, Saint-Ruf, abbaye célèbre, tête d'une Goi 
grégation, supprimée au milieu du XVIII e siècle. 



vivarium, viviers 

77. — Louis-François de la BAUME 1 de Suze, 77 e évêque d( 
Viviers. 
Né vers 1£95, second fils de Rostaing de la Baume, comte de Su: 

1. Cf. Courcy, Chevaliers du Saint-Esprit, p. 72. — Généalogie de la Baut 
(Dauphiné). 



ÉVÊCHÉ DE VIVIERS 487 



en Dauphiné et de Catherine Grolée de Mevouillon, dame de Bressieu, 
embrassa jeune encore la vie ecclésiastique. 

Il était à peine sorti de l'adolescence quand il fut appelé par Jean de 
l'Hostel, évêque de Viviers, à participer au gouvernement du diocèse. 
Cet évêque, l'obligé de la famille de la Baume, était nonagénaire. 

Louis-François, nommé coadjuteur, fut sacré 1 le 14 mai 1618, évêque 
de Pompéiopolis ; l'évêque de Viviers étant mort le 6 avril 1621, il lui 
succéda et se montra dès le début ce qu'il fut toute sa vie, un saint 
prélat, à mœurs antiques. 

Durant sa longue carrière épiscopale, il assista à des sacres d'évê- 
ques, à des assemblées du clergé, mais non à l'assemblée de 1682, 
quoiqu'il y eût été convoqué. Son bonheur et son devoir le retenaient 
dans son diocèse. 

Abbé de Mazan et d'Orbestier, il profita de ses revenus pour fonder 
près de son palais un séminaire qu'il confia aux prêtres de Saint- 
Sulpice. 

f au Bourg-Saint- Andéol, le 5 septembre 1690, set. 95, es. 72, doyen 
des évêques de France et peut-être de la chrétienté. 

78. — Charles-Antoine de la Garde de CHAMBONAS. 
Transféré de Lodève, 1690-1692. Cf. Lodève. 

Neveu et successeur du précédent, mais nullement son imitateur, il 
plaida contre les chanoines, réduits à la portion congrue. Ayant obtenu 
gain de cause en cette affaire, il fut doublement frustré ensuite quand 
il accusa de vol son propre économe, que le tribunal acquitta. 

Dans l'assemblée provinciale de Vienne, mai 1699, il condamna 
Fénelon sans réserve aucune. Il résida le moins possible. 

f à Paris, le 21 février 1713, a3t. ? es. 42. 

79. — Martin de BATABON. 
Transféré d'Ypres, 1713. Cf. Ypres. 

Il ne prit possession que le 22 décembre 1714, quoiqu'il eût reçu ses 
bulles l'année précédente ; et quoique nommé en 1716 abbé de Saint- 
Barthélémy de Noyon, il vendit le riche domaine de l'Argentière, 
appauvrissant ainsi ses successeurs, les évêques de Viviers. 

l.Nous ne voyons pas pourquoi Hauréau recule jusqu'au 15 décembre 1628, le 
sacre de l'évêque de Pompéiopolis, à qui pourtant il accorde 69 ans d'épiscopat. 



PROVINCE DE VIENNE 






En 1723, résolu de donner sa démission, il permuta son évêché pour 
l'abbaye de Mortemer. 
f le 8 juin 1728, aet. 74, es. 35. 

— Etienne-Joseph de la FARE, abbé de Mortemer (Rouen), depuis 
1721, permuta son abbaye pour l'évêché de Viviers, février 1723. Mais 
nommé évêque de Laon le 24 août suivant, il accepta. Cf. Laon. 

80. — François-Renaud de VILLENEUVE. 

Né le 2 avril 1683 dans le diocèse d'Aix, était directeur du séminaire 
et vicaire général de l'archevêque, Charles de Vintimille. 

Ayant été nommé évêque de Marseille le 7 octobre 1723 pour rem- 
placer Belsunce, nommé évêque-duc de Laon, et celui-ci ayant refusé 
de quitter son siège, Villeneuve fut nommé évêque de Viviers peu 
après, et sacré le 13 août 1724. 

Cet évêque est loué par les uns, dit Hauréau, et c'est à bon droit, 
ajoutons-nous, pour sa piété, sa conduite et son zèle, il est blâmé par 
d'autres, et c'est encore sa gloire, pour avoir censuré quelques-uns 
de ses prêtres entachés de jansénisme. Il fut en effet un pasteur exem- 
plaire, ferme, orthodoxe ; s'empressa de féliciter le P. Girard de son 
acquittement, 1732. 

Ayant reçu en 1743 l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais qu'avaient 
possédée successivement les deux Bossuet, il bâtit le superbe palais 
épiscopal de Viviers. 

Transféré à Montpellier en 1748. Cf. Montpellier. 

81. — Joseph Rolin de MOREL DE MONS. 
Né en 1715 a Aix, était neveu et vicaire général du précédent, qui le 

demanda pour son successeur. 

Nommé évêque de Viviers en 1748, il fut sacré le 6 octobre par son 
oncle dans la chapelle du séminaire Saint-Sulpice et alla prendre 
aussitôt possession de son siège. 

Il réclama plusieurs fois en faveur des Jésuites de 1761 à 1765. 

Fit sa démission en 1778. 

f le 19 septembre 1783, set. 68, es. 35. 

82. — Charles de la Font de S AVINES. 

Né le 17 février 1742 à Embrun, fils de Charles, comte de Savines, 



ÉVÊCHÉ DE GENÈVE 



et de Polixène de Castellane, était vicaire général de J.- A. de Castellane 
à Mende. 

Nommé évêque de Viviers à l'âge de 36 ans, il fut sacré le 26 
juillet 1778. 

On sait qu'il prêta le serment schismatique en 1791 4 et qu'il devint 
ainsi l'évêque constitutionnel de l'Ardèche jusqu'en 1793. Alors il 
apostasia, sans se marier pourtant (Annales catholiques, t. III, p. 433); 
il essaya de justifier son serment. 

Pour dire la vérité, il devint fou. Ayant eu l'audace de refuser sa 
démission au gouvernement en 1801, il fut enfermé à Gharenton, d'où 
il sortit guéri ou corrigé. Plus tard il se repentit. 

f à Embrun le 5 janvier 1815, âgé de 73 ans. 

ABBAYES DU DIOCÈSE DE VIVIERS 

0. S. B. vir. Grudatium, Cruas. 

fem. Villa Dei, Villedieu. 
0. Gist. vir. Mansiada, Mazan. 

Gampi boni, Chambons. 
0. S. Clarae. S. Clara de Albinatio, Sainte-Claire d'Aubenas. 



GEBENNA, etc., GENÈVE, etc. 

Les évêques de Genève, chassés de leur ville épiscopale par les 
Protestants, mais établis avec leur chapitre dans la ville voisine 
d'Annecy, quoique canoniquement sufîragants de l'archevêque de 
Vienne, ainsi que les évêques de Maurienne, ne relevaient pas pour 
cela du roi de France. Deux abbayes de leur diocèse, qui étaient sou- 
mises à la collation du roi, ne formaient pas un lien de sujétion. Il y 
avait relation de voisinage, de langue commune, d'intérêts religieux, 
et c'était tout. 

1. Cf. Le Schisme constitutionnel dans VArdèche, par M. S. Brugal (Firmiii 
Boissieu), dans la Revue de la Révolution, avril et mai 1889. 



PROVINCE DE VIENNE 



Un nouveau siège épiscopal établi à Chambéry en 1779, pour gouver- 
ner spirituellement un territoire jusque-là dépendant de Grenoble, fut 
affranchi non-seulement de Grenoble, mais encore de Vienne. 

C'est seulement à l'époque de notre Révolution, quand Annecy, 
Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne et Moutiers en Tarentaise eurent 
été occupés par nos armées, que les prélats résidant dans ces villes 
furent assujettis au gouvernement français. Pour cette raison ils vont 
être mentionnés ici, après les évêques de Genève dont nous donnons 
la série plus complète. 



EVÊQUES DE GENÈVE 

97. — Jean d'ARENTHON d'Alex, 97 e évêque de Genève. 

Sacré le 9 octobre 1661, succédait à Charles- Auguste de Sales, neveu 
de saint François de Sales. 

f le 4 juillet 1695, set. 75, es. 24. Nous avons sa vie édifiante, écrite 
par dom Innocent Le Masson, général des Chartreux. 

98. — Michel-Gabriel de ROSSILLION de Bernex, chanoine régu- 
lier de Saint-Antoine. 

Sacré le 6 octobre 1697. 
f à Annecy le 23 avril 1734, aet. 77, es. 37. Sa vie, qui est celle d'un 
saint, fut publiée à Paris, in-12, 1751, par le P. Boudet. 

99. — Joseph - Nicolas Deschamps de CHAUMONT, abbé de 
Chesery ; sacré évêque de Genève le 23 mai 1741. 

f le 2 novembre 1763. 

100. — Jean-Pierre BIORD, docteur de Sorbonne, vicaire général 
du précédent ; sacré évêque de Genève le 12 août 1764, s'opposa le 
plus qu'il put à l'érection d'un siège épiscopal à Chambéry. C'était un 
prélat pieux, charitable et zélé pour l'instruction de la jeunesse. 

f le 7 mars 1785. 

101. — Joseph-Marie PAGET, dernier évêque de Genève. 
Sacré à Turin le 27 mai 1787, gouverna saintement son diocèse, 

même après qu'il se fut réfugié à Turin. Il donna sa démission le 4 



ÉVÊCHÉ DE CHAMBÉRY 491 



février 1802. Mais quoique démissionnaire, il eut la joie en 1804 de 
pontifier à Genève même, dans l'église de Saint-Germain, sur l'invita- 
tion de l'évêque concordataire Mérinville, et sous la protection des 
autorités françaises. 
f à Saint-Julien, son pays natal, le 23 avril 1810, aet. 83, es. 23. 



ABBAYES DU DIOCÈSE DE GENÈVE 

0. S. B. vir. Talveriae, Talloires. 
0. Cist. vir. Alpes, Aulps. 

Chesiriacum, Chesery. 

Abundantia, Abondance, unie à la collégiale de Thonon. 
fem. Bonus locus, Bonlieu. 

Sancta Catharina, Sainte- Catherine. 
0. S. A. vir. Sisium, Sixt. 

Intermontes, Entremont. 
0. S. Claras. Aquianum, Evian. 

Sancta Grux, Sainte-Croix. 
Deux de ces abbayes, Abondance et Entremont, sont portées dans 
YAlman ach royal de France, nous ne savons pas bien à quel titre. 



CAMBERIACUM, CHAMBÉRY 

Une bulle de Pie VI, datée du 8 juillet 1775, avait démembré de 
Grenoble le Décanat de Savoie. Une autre bulle du même pape, datée 
du 18 août 1779, érige un siège épiscopal à Ghambéry et lui donne 
pour circonscription ce même décanat, enlevé à Grenoble, soumettant 
le nouveau siège immédiatement au pape, sans aucune dépendance de 
Vienne. 



Cf. Besson, Mémoire pour l'histoire ecclésiastique de la Savoie ; 1 vol. in-4. Nancy, 
1759. — Le cardinal Billiet, Mémoire pour servir à V histoire ecclésiastique du dio- 
cèse de Chambéry ; 1 vol. in-8. Ghambéry, 1865. 



492 PROVINCE DE VIENNE 



— Michel CONSEIL, premier évêque de Chambéry. 

Né à Mégève le 19 mars 1716, était chanoine, officiai et vicaire géné- 
ral de Genève. Nommé en 1779 évêque de Chambéry par le roi de 
Sardaigne Victor-Amédée III, et sacré le 30 avril 1780, il organisa son 
chapitre, visita les paroisses, donna bon exemple à ses prêtres. 

La Savoie ayant été envahie par les Français en septembre 1792, 
l'évêque de Chambéry, malgré sa condescendance, fut déclaré déchu 
de son siège pour refus de serment. On le laissa néanmoins dans le 
palais épiscopal. C'est-là qu'il mourut le 27 septembre 1793, set. 78, 
es. 14. 

Avant de mourir, il avait vu F.-Th. Panisset, un de ses prêtres, 
revenant de Lyon où il était allé se faire sacrer par Adrien Lamourette 
et se donnant comme évêque constitutionnel du Mont-Blanc. 



S. JOANNES MAURIANENSIS, SAINT-JEAN 
DE MAURIENNE 

— Charles -Joseph Compans de BRICHANTEAU, 56° évêque de 
Maurienne, avait été sacré le 23 avril 1780. Déclaré déchu de son siège, 
après l'invasion française, il passa les Alpes, septembre 1792. Nous le 
perdons alors de vue. 



TARENTASIA, TARENTAISE 

La province des Alpes-Grées, assise au sommet des Alpes, ayant 
pour métropole Tarentasia, Tarentaise ou Moutiers, avait pour suffra- 
gants Augusta Praetoria, Aoste, et Sedunum, Sion. 

Cf. Gallia Christiana, tomus XII , ubi de provincia Senonensi et de provincia 
Tarentasiensi agitur. Ce tome étant de 1780, ne va pas jusqu'au dernier archevêque. 



ARCHEVÊCHÉ DE TARENTAISE 493 

— Joseph de MONTFALGON du Gengle. 
Né à Saint-Offenge-Dessous le 12 février 1732. 
Sacré à Turin archevêque de Tarentaise le 14 août 1785. 
Chassé de son siège par les troupes françaises en 1792, il revint à la 
suite de l'armée piémontaise ; mais il tomba aussitôt malade. 
f à Moutiers le 20 septembre 1793, 33t. 62, es. 8. 



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APPENDICE 



ÉVÊCHÉ DE QUÉBEC 

Dans la NOUVELLE FRANGE ou CANADA, jusqu'à la fin de la 
domination française. 

Cf. Almanach royal, années successives jusqu'en 1760. — Gallia Christiana, 
tomus VII, au chapitre des missions étrangères. — Aug. Gosselin, Vie de Mv T de 
Laval, citée en note. 

4. — François de LAVAL-MONTMORENCY, premier évêque de 
Québec. 

Né au château de Montigny-sur-Avre en mars 1622, fils de Hugues 
de Laval, seigneur de Montigny, et de Michelle Péricard, fut élève des 
Jésuites à La Flèche, puis à Paris, devint grand archidiacre d'Evreux. 

Désigné pour être vicaire apostolique de la Nouvelle-France, il fut 
sacré à Paris, dans l'église de Saint-Germain-des-Prés, par le nonce, 
le 8 décembre 1658, sous le titre d'évêque de Pétrée, et partit aussitôt 
pour sa mission. 

Québec ayant été érigé en siège épiscopal par Clément X en 1673, il 
prit le titre d'évêque de Québec, bénit les œuvres existantes, en fonda 
de nouvelles. 

Donna sa démission en 1688, resta néanmoins au Canada. 

f à Québec le 6 mai 1708, set. 87, es. 50. en odeur de sainteté *. 

2. -— Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de SAINT- 
VALLIER. 

Sacré évêque de Québec en 1688. 
f en 1728. 



1. Cf. Vie deMw de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, par 
l'abbé Aug. Gosselin ; 2 vol. in-8. Québec, 1890. 



APPENDICE 495 



3. — Louis-François du Plessis de MORNAY. 

Sacré évêque d'Euménie le 22 avril 1714, coadjuteur du précédent, 
lui succéda de droit en 1728, mais ne prit jamais possession en per- 
sonne ; il se démit en 1733. 

4. — Pierre-Herman DOSQUET. 

Sacré évêque de Samos à Rome le 25 décembre 1727, devint en 1733 
évêque de Québec ; donna sa démission en 1738. Son nom se trouve 
encore dans YAlmanach royal de 1759. 

5. — François-Louis Pourroy de LAUBERIVIÈRE. 
Sacré évêque de Québec en 1739. 

f en 1741. 

6. — Henri-Marie du Breil de PONTBRIAND. 

Noble breton, chanoine de Rennes, avait pour frères Henri-Guillaume, 
auteur célèbre, et René-François, le père des Petits Savoyards à Paris. 

Sacré évêque de Québec le 9 avril 1741, il mourut à Montréal, le 
29 juin 1760, suivant la Biographie-Didot. 

VAlmanach royal cesse de donner les évêques de Québec à partir 
de 1761. Le Canada n'appartenait plus à la France. 



II 

ÉVÊGHÉS DE LA CORSE 

r 

Depuis le commencement de la domination française. 

SUFFRAGÂNTS DE GÊNES 

Cf. Almanach Royal, années successives, à partir de 1772. 

MARIANA et AGGIA réunis. — Résidence : BASTIA 

1. — Nicolas STEFANINI, sacré évêque de Sagone, devint en 
1772 évêque de Mariana et Accia. 
f en 1775. 



496 



APPENDICE 



2. — François CITADELLA, transféré de Nebbio en 1776 à Mariant 
et Accia. 

f en 1781. 

3. — Pierre Peineau du VERDIER, né en 1721 à Tonneins, était 
prêtre de l'Oratoire. Nommé évêque de Mariana et Accia, il fut sacré le 
7 avril 1782. 

f en 1787. 

4. — Ignace-François de JOANNIS de Verclos. dernier évêque 
légitime. 

Né le 19 février 1733 à Avignon, était prêtre de Saint-Sulpice. 

Nommé et sacré évêque de Mariana et Accia en 1788, se vit presqw 
aussitôt en butte aux passions révolutionnaires. Sa résidence ayant ét( 
choisie comme siège de l'évêque constitutionnel en 1791, il protesta, 
se retira en Italie. Il était à Rome le 23 décembre 1794, quand lui par- 
vint la rétractation solennelle de l'intrus, Ignace-François Guasco. Il 
rentra dans son diocèse pendant l'occupation anglaise. 

f à Pérouse, mai 1801, set. 69, es. 11. 

NEBBIO. — Résidence : SAINT-FLORENT 

1. — François CITADELLA, né dans le diocèse de Sagone le 4 avril 
1740, fut sacré évêque de Nebbio en 1772 et transféré à Mariana en 
1776. Cf. Mariana. 

2. — Dominique de SANTINI dernier évêque. 
Né à Rastia le 29 août 1729, fut sacré évêque de Nebbio le 15 juillet 

1776. Forcé à l'exil en 1791, il gagna Rome, obtint un secours du pape 
en 1795. 

Dernier survivant des évêques de la Corse à la fin de 1801, il donm 
sa démission et mourut quelques années après, octogénaire. 



SUFFRAGANTS DE PISE 

ADJACIUM, AJACCIO. — Résidence : AJACCIO 

— Renoit-Antoine DORIA, 48 e évêque d'Ajaccio. 

Né le 20 novembre 1722 à Rogliano, dans le diocèse de Mariana, était 



APPENDICE 497 



patrice de Gênes, devint après la conquête de la Corse, conseiller du 
roi de France. 

Il avait été élu évêque d'Ajaccio en 1769 pour succéder à Bernardin 
Genturione, et sacré le 28 mai. En 1771, il tint un synode célèbre. 

Forcé de fuir en 1791, il se rendit en Italie. 

f à la Spezzia le 17 septembre 1794, set. 72, es. 35. 

SAGONE. — Résidence : VIGO 

— François-Matthieu GUASGO, dernier évêque de Sagone. 

Né le 21 novembre 1720 à Bastia, d'une bonne maison, avait été 
sacré évêque de Nebbio le 6 août 1770. Transféré à Sagone deux ans 
après, il brigua les suffrages en 1789; mais l'abbé Peretti fut élu 
député aux Etats-Généraux, 

Son diocèse étant supprimé par la constitution civile du clergé, il se 
retira d'abord à Bastia, où il fut témoin de l'intrusion d'Ignace-François 
Guasco ; de là il se rendit à Capraja, puis à Livoume ; rentra en Corse 
et mourut avant 1801. 

ALERIA. — Résidence : GERVIONE 

— Jean-Joseph-Marie de GUERNES, dernier évêque d'Aleria. 

Né le 23 mars 1725 à Chambon, dans le diocèse de Limoges, était 
vicaire général de Cicé à Auxerre. 

Nommé évêque d'Aleria, il fut sacré le 6 août 1770. Vivait encore en 
1789, mais était mort avant 1801. 



III 

ABBÉS COMMEND AT AIRES EN 1788 

Laissant de côté les abbayes de femmes et tous les couvents, nous 
relevons les seules abbayes d'hommes soumises à nomination du roi 
et nous donnons leur situation telle qu'elle était en 1788 d'après 
YAlmanach royal. ~ 



498 



APPENDICE 



795 



Quatre ordres seulement ont fourni des abbayes à la nomination du 
roi ou à la commende, savoir : 
0. S. B., ordre de Saint-Benoît, 376 abbayes 

0. Gist. ordre de Citeaux, 187 — 

0. S. A., ordre de Saint- Augustin, 126 — 

0. Prsem., ordre de Prémontré, 62 — 

L'ordre de Cluny, la congrégation des Célestins, la réforme des 
Feuillans, ont laissé tout au plus chacun une abbaye à la commende. Les 
ordres de Grandmont, de Fonte vrault, des Chartreux, n'ont jamais eu 
d'abbaye proprement dite, pas plus que les ordres mendiants ou que les 
clercs réguliers ; et même quelques abbayes chefs-d'ordre sont restées 
ou sont revenues en règle : les Blancs-Manteaux et Sainte-Geneviève 
de Paris, Chancelade, Citeaux, Clairvaux , La Trappe , Sept-Fonts , 
Prémontré, etc. ; on ne les trouvera pas ici. En revanche, on y trou- 
vera d'autres abbayes, remises depuis peu en commende. En faisant 
abstraction des variantes de l'orthographe, on se servira de cette liste 
comme d'une table alphabétique pour les abbayes. 



Acey, Cit., Besançon, 1779, de Marnesia, comte de Lyon. 

Ahun, S. B., Limoges, 1768, de Nesmond. 

Aiguebelle, Cit., Saint-Paul-Trois-Châteaux, 1762, de Peynier. 

Aiguevive, S. A., Tours, 1760, Noguier. 

Airvaux, S. A., La Rochelle, 1786, du Houx de Dombasle, vicaire 

général de Laon. 
Aisnay, Lyon, 1758, de Jarente. 
Ambournay, S. B., Lyon, 1783, unie à Belley. 

Andernes, S. B., Boulogne, 1788, de Montrichard, vie. gén. de Cambrai. 
Angle, S. A., Poitiers, 1782, Gabon. 
Angles, S. A., Luçon, 1770, de Sinety. 
Aniane, S. B., Montpellier, 1782, de Joussineau. 
Ardenne, Prém., Bayeux, 1765, Booth, vicaire général de Narbonne. 
Ardorel, Cit., Castres, 1761, de Lescoet, comte de Lyon. 
Arles, S. B., Perpignan, 1776, l'évêque d'Aire. 
Artoux, Prém., Acqs, 1784, d'Haraneder, chanoine de Bayonne. 
Asnières-Bellay, S. B., Angers, 1731, unie à La Flèche. 
Aubepierre, Cit., Limoges, 1772, de Verdun. 
Auberive, Cit., Langres, 1779, de Fumai, prév. de Cambrai. 
Aubeterre, Cit., Périgueux, 1778, Desport. 



APPENDICE 499 



Aubignac, Cit., Bourges, 1777, Dupont de Gompiègne. 
Aulnay, Cit., Bayeux, 1781, de Saint-Albin, doyen de Vienne. 
Aumale, S. B., Rouen, 1781, de Poix, comte de Lyon. 
Aurillac, S. B., Saint-Flour, 1752, l'évêque de Troyes. 
Autrey, S. A., Saint-Dié, 1775, unie à l'évêché. 

Baigne, S. B., Saintes, 1750, de Grillon. 

Balerne, Cit., Besançon, 1767, l'évêque de Rhozy. 

Barbeaux, Cit., Sens, 1746, de Rastignac. 

Barzelles, Cit., Bourges, 1769, l'évêque d'Uzès. 

Bassac, S. B., Saintes, 1762, l'évêque de Pergame. 

Bassefontaine, Prém., Troyes, 1759, l'archevêque de Sens. 

Beaugerais, Cit., Tours, 1773, de Fontenille, chanoine de Reims. 

Baume-les-Messieurs, S. B., Besançon, 1766, de la Fare. 

Beaugency, S. A., Orléans, 1786, d'Osmond, vie. gén. de Gomminges. 

Beaulieu, S. A., Boulogne, 1755, de Mons, vie. gén. de Saint-Flour. 

Beaulieu, S. B., Tours, 1769, Micolon, vicaire général de Clermont. 

Beaulieu, S. B., Verdun, 1773, l'ancien évêché d'Evreux. 

Beaulieu, Cit., Langres, 1782, de Montesquiou. 

Beaulieu, S. B., Limoges, 1787, de Bouille, vie. gén. de Vienne. 

Beaulieu, S. A., Saint- Malo, 1755, de Pontual. 

Beaulieu, S. A., Le Mans, 1786, de Montesquiou. 

Beaulieu, Cit., Rodez, 1739, de Grossoles-s-André. 

Beauport, Prém., Saint-Brieuc, 1785, de Pontevès. 

Beaupré, Cit., Beauvais, 1783, l'ancien évêque de Senez. 

Bégard, Cit., Tréguier, en économats. 

Belchamp, S. A., Nancy, le chevalier de Bouffïers. 

Belle-Aigue, Cit., Clermont, 1788, Godart, vie. gén. de Toulouse. 

Belle-Branche, Cit., Le Mans, 1607, unie au prieuré de La Flèche. 

Belle-Etoile, Prém., Bayeux, 1784, de Lestrade, vie. gén. de Châlons. 

Belle-Fontaine, S. B., La Rochelle, 1754 de Laage, vie. gén. de Saintes. 

Belle-Perche, Cit., Montauban, 1781, l'évêque de Montauban. 

Bellevaux, Prém., Nevers, 1756, de Chaûois, chanoine de Besançon. 

Bellevaux, Cit., Besançon, 1731, l'ancien évêque d'Evreux. 

Belleville, S. A., Lyon, 1787, de Clément du Mez. 

Bellozane, Prém., Rouen, 1758, Le Rat, chanoine de Rouen. 

Belval, Prém., Reims, 1778, l'évêque de Montpellier. 

Bénévent, S. A., Limoges, 1767, de Chabannes, comte de Lyon. 

Berdone, Cit., Auch, 1762, de Lordat. 



500 APPENDICE 



Bernay, S. B., Lisieux, 1754, de Poudenx. 

Beuil, Cit., Limoges, 4787, Le Bas de la Londe, vie. gén. d'Autun. 

Bèze, S. B., Langres, 1785, unie à l'évêché de Dijon. 

Billon, Cit., Besançon, 1782, de Castillon. 

Bithaine, Cit., Besançon, 1780, de Tinseau, vie. gén. de Toulouse. 

Blanche-Couronne, S. B., Nantes, 1774, de la Tour. 

Blanchelande, Prém., Goutances, 1766, l'évêque de Goutances. 

Blasimont, S. B., Bazas, 1777, de Chapelain, vie. gén. de Bazas. 

Bocherville, S. B., Bouen, 1779, du Gheylar. 

Bohéries, Cit., Laon, 1775, de Bayanne, 

Bois-Aubry, S. B., Tours, 1776, de Bonnissent, conseiller au Parlement 

de Bouen. 
Boisgroland, Cit., Luçon, 1784, J.-A. Emery. 
Bolbonne, Cit., Mirepoix, en économats. 
Bonfay, Prém., Saint-Dié, 1767, de Tournel. 
Bonlieu, Cit., Bordeaux, 1781, de Bovet, vicaire général d'Arras. 
Bonlieu, Cit., Limoges, 1788, de Verclos. 
Bonnecombe, Cit., Bodez, 1779, de Castellas, doyen de Lyon. 
Bonnefond, Cit., Comminges, 1777, de Villefond. 
Bonnefontaine, Cit., Beims, 1778, de Hercé, vie. gén. de Nantes. 
Bonneval, S. B., Chartres, 1781, l'évêque d'Avranches. 
Bonneval, Cit., Rodez, 1786, l'évêque de Toulon. 
Bonnevaux, Cit., Poitiers, 1752, Frottier de la Goste. 
Bonnevaux, Cit., Vienne, 1775, Sigorgne, vicaire général de Mâcon. 
Bonport, Cit., Evreux, 1780, l'évêque de Clermont. 
Bonrepos, Cit., Quimper, 1776, de la Biochaye. 
Boquien, Cit., Saint-Brieuc, 1757, Le Mintier. 
Boscaudon, S. B., Embrun, 1779, de Leyssin, vie. gén. d'Embrun. 
Boschaud, Cit., Périgueux, 1788, de la Combe, vie. gén. de Tulle. 
Boulencour, Cit., Troyes, 1761, l'évêque de Lavaur. 
Bourg-Dieu, S. B., Bourges, 1622, unie au duché de Châteauroux. 
Bourmoyen, S. A., Blois, 1697, unie à l'évêché de Blois. 
Bourgueil, S. B., Angers, 1782, l'évêque de Langres. 
Bournet, S. B., Angoulême, 1788, Gaston dePollier. 
Bourras, Cit., Auxerre, 1782, de Ganderats. 
Bouzonville, S. B., Metz, 1782, de Meun de Sarlabous, vie. gén. 

de Comminges. , 
Braisne, Prém., Soissons, 1778, d'Aigreville. 



: 



APPENDICE 



501 



Brantôme, S. B., Périgueux, 1758, Bertin, conseiller d'Etat. 
Breteuil, S.-B., Beauvais, 1753, de Sainte-Aldegonde. 
Breuil-Benoît, Cit., Evreux, 1762, de Larboust, conseiller d'Etat. 
Breuil-Herbaud, S. B., Luçon, 1780, de la Rochefoucauld, vie. gén. 

de Beauvais. 
Buzay ou Busai, Cit., Nantes, en économats. 

Cadouin, Cit., Sarlat, 1779, de Solminihac, vie. gén. de Gahors. 

Galers, Cit., Rieux, 1751, de Monbalen, vie. gén. de Bordeaux. 

Candeil, Cit., Alby, 1771, des Lacs, vicaire général d'Arras. 

Carnoët, Cit., Quimper, 1780, de Keroulas. 

Caunes, S. B., Narbonne, 1779, de Vernon. 

Cellefrouin, S. A., Angoulême, 1760, de Montgazin, vicaire général 

de Boulogne. 
Celles, S. A., Bourges, 1622, unie aux Feuillans. 
Celles, S. A., Poitiers, 1788, l'évêque d'Autun. 
Cendras ou Sendras, S. B., Alais, 1762, de Linars, comte de Lyon. 
Cercamp, Cit., Amiens, 1772, l'archevêque de Reims. 
Cercanceaux, Cit., Sens, 1767, l'évêque de Digne. 
Cérisy, S. B., Bayeux, en économats. 

Chaage, S. A., Meaux, 1779, le comte Honesti, camérier secret. 
Chaalis, Cit., Senlis, 1779, l'archevêque d'Aix. 
Chalivoy, Cit., Bourges, 1764, Mallet. 
Chambon, S. B., Poitiers, 1782, Brugière de Farsat. 
Chambrefontaine, Prém., Meaux, 1780, d'Albignac, vie. gén. de Meaux. 
Champagne, Cit., Le Mans, 1767, Ravel. 

Chantemerle, S. A., Troyes, 1787, de Castries, vie. gén. de Bordeaux. 
Chantoyen, S. A., Clermont, 1642, unie aux Carmes-Déchaussés du lieu. 
Charon, Cit., La Rochelle, 1769, Le Blanc, anc. vie. gén. de Reims. 
Charroux, S. B., Poitiers, 1759, de Montmorillon, comte de Lyon. 
Chartreuve, Prém., Soissons, 1754, H.-C. Le Fèvre. 
Chastres, S. A., Saintes, 1772, de Saint-Pierre, vie. gén. de Valence. 
Chastres, S. A., Périgueux, 1767, de Raymond. 
Chateaudun, S. A., Chartres, 1778, de Vezins, vie. gén. de Senlis. 
Château-Landon, S. A., Sens, 1771, de Trécourt, anc. vie. gén. de Tarbes. 
Châtillon, S. A., Langres, 1757, d'Argenteuil. 
Chatrice, S. A., Châlons, en économats. 
Chaume, S. B., Sens, 1774, Rigaud. 
Chaumont, Prém., Reims, 1782, de Saint- Albin. 



502 APPENDICE 



Chaumousey, S. A., Saint-Dié, 1767, de Bassompierre. 

Cheminon, Cit., Châlons, en économats. 

Cherbourg, S. A., Coutances, 1772, de Bayanne. 

Gherlieu, Cit., Besançon, 1780, de Vermond. 

Chéry, Cit., Reims, 1776, d'Equevilly, vicaire général de Reims. 

Chésy, S. B., Soissons, 1783, de Montazet. 

Chezal-Benoît, S. B., Bourges, 1775, de Hercé, vie. gén. de Dol. 

Chors (Cores), S. B., Autun, 1753, de Gourmont, vie. gén. de Dijon. 

Clairac, S. B., Agen, 1604, unie au chapitre de Latran. 

Clairefontaine, S. A., Chartres, 1785, d'Hozier, vie. gén. de Chartres. 

Clairfay, S. A., Amiens, 1771, de Lestocq, vie. gén. d'Amiens. 

Clairmont ou Clermont, Cit., Le Mans, 1775, de Florence. 

Clausonne, S. B., Gap, 1765, de la Villotte, vicaire général de Gap. 

Goetmalouen, Cit., Quimper, 1786. de Goyon. 

Combelongue, Prém., Couserans, 1741, d'Arbaud de Jougues. 

Conches, S. B., Evreux, 1764, Févêque de Belley. 

Conques, S. B., Rodez, 1754, de Panât, vie. gén. de Rodez. 

Corbie, S. B., Amiens, 1788, l'archevêque de Sens. 

Corbigny, S. B., Autun, 1774, de Bonneval, chan. de Notre-Dame. 

Cormeilles, S. B., Lisieux, 1766, l'évêque de Marseille. 

Cormery, S. B., Tours, 1776, unie au séminaire. 

Corneville, S. A., Rouen, 1765, de Gamanson, vie. gén. d'Orléans. 

Coulombs, S. B., Chartres, 1787, de Saint-Aulaire, vie. gén. de Poitiers. 

Cruas, S. B., Viviers, 1786, des Laurents de Beaujeu, vie. gén. d'Arles. 

Dalon, Cit., Limoges, 1784, de Royère. 

Daoulas, S. A., Quimper, 1692, unie au séminaire de la marine. 

Dilot, Prém., Sens, 1781, Busnel de Beaumais. 

Doudeauville, S. A., Boulogne, 1775, de Lansac. 

Doué, Prém., Le Puy, 1787, des Granges, vicaire général du Puy. 

Eaunes, Cit., Toulouse, 1785, de Cambon, vie. gén. de Toulouse. 
Ebreuil, S. B., Clermont, 1780, Hémey. 
Elan, Cit., Reims, 1785, de Damas, vicaire général de Nevers. 
Eschalis, Cit., Sens, 1778, de Maurous, vicaire général de Reims. 
Espernay (Epernay), S. A., Reims, 1776, de Lescures, v. g. de Reims. 
Essey, S. B., Agen, 1777, de Cadignan, vicaire général de Reims. 
Essomes, S. A., Soissons, 1786, en économats. 



APPENDICE 5Q3 



Estival (Etival), Prém., Saint-Dié, S 1747 ' Unie à TouL 

( 1775, unie à Saint-Dié. 
Evron, S. B., Le Mans, 1782, de Chardebœuf de Pradel. 

Faise, Cit., Bordeaux, 1765, de Monbalen, vie. gén. de Bordeaux. 

Falaise, Prém., Séez, 1780, de Noguez, vie. gén. de Verdun. 

Fécamp, S. B., Bouen, 1778, le cardinal de la Rochefoucauld. 

Féniers, Cit., Clermont, 1776, Le Comte. 

Ferrières, S. B., Poitiers, 1775, de Boissieu, doyen de Nantes. 

Ferrières, S. B., Sens, 1782, l'évêque de Pamiers. 

Fesmy, S. B., Cambrai, 1778, de Montagu, vicaire général de Metz. 

Figeac, S. B., Cahors, en économats. 

Flabémont, Prém. Toul, 1767, Le Besgue. 

Flaran, Cit., Auch, 1757, l'évêque de Fréjus. 

Flavigny, S. B., Autun, 1782, Verdollin, vicaire général d'Autun. 

Foigny, Cit., Laon, 1754, l'évêque de Vabres. 

Fontaineblanche, Cit., Tours, 1772, du Châtel. 

Fontaine-Daniel, Cit., Le Mans, de Galliffet. 

Fontaine-Jean, Cit., Sens, 1784, de Virieu, vie. gén. de Bordeaux. 

Fontaine-le-Comte, S. A., Poitiers, 1787, Brissart, v. g. de Carcassonne. 

Fontcaude, Prém., Saint-Pons, 1784, de Lisle, vie. gén. de Nevers. 

Fontdouce, S. B., Saintes, 1777, de Sinety. 

Fontenay, Cit., Autun, 1787, en économats. 

Fontenay, S. B., Bayeux, 1775, de Montazet, vicaire général de Lyon. 

Fontenelle, S. A., Luçon, 1787, de Fresne, doyen de Luçon. 

Fontfroide, Cit., Narbonne, 1768, unie à Perpignan. 

Fontgombauld, S. B., Bourges, 1783, de Rech de S e -Amans, v. g. de Vabres. 

Fontguilhem, Cit., Bazas, 1757, de Culture, vie. gén. de Bazas. 

Fontmorigny, Bourges, 1776, de Cordon, comte de Lyon. 

Foresmontier, S. B., Amiens, 1776, l'évêque de Digne. 

Franquevaux, Cit., Nîmes, 1784, de Rey, cons. au Pari, de Toulouse. 

Froidmont, Cit., Beauvais, 1775, l'évêque de Rennes. 

Gaillac, S. B., Alby, 1788, de Faudoas, vicaire général d'Evreux. 

Gastines, S. A., Tours, 1773, de Pourteiron, cons. au grand Conseil. 

Geneston, S. A., Nantes, 1754, Le Franc de Fontaine. 

Genlis, Prém., Noyon, 1785, d'Humières, vicaire général de Reims. 

Gimont, Cit., Auch, 1761, de Scey-Montbéliard. 

Goaille, S. A., Besançon, 1776, de l'Aubespin. 



504 APPENDICE 



Gondon, Cit., Agen, 4784, de Villeneuve-Esclapon. 

Gorze, S. B., Metz, 4784, le cardinal Doria. 

Gourdon, Cit., Gahors, 4783, Colas, vicaire général de Dijon. 

Grandchamp, Prém., Chartres, 4785, Tourteau, chan. de la S te -Chapelle. 

Grandselve, Cit., Toulouse, 4779, de Crillon, ancien agent du Clergé. 

Grestain, S. B., Lisieux, 4787, de Tilly-Blaru, vie. gén. de Langres. 

Guingamp, S. A., Tréguier, 4762, de la Freslonnière. 

Guistres, S. B., Bordeaux, 4765, de la Roche- Aymon, vie. gén. d'Arras. 

Ham, S. A., Noyon, 4745, de Pressy, évêque de Boulogne. 

Hambye, S. A., Coutances, 4772, de la Prune-Montbrun. 

Hautefontaine, Cit., Châlons, 4776, Berthelot. 

Hauteseille, Cit., Nancy, 4783, de Cambis, chanoine de Chartres. 

Hautvilliers, S. B., Reims, 4780, de Bayanne. 

Hérivaux, S. A., Paris, 4784. de Damas d'Antigny. 

Hermières, Prém., Paris, 4784, d'Oillamson, vie. gén. de Rouen. 

Honnecourt, S. B., Cambrai, en économats. 

Huiron, S. B., Châlons, 4769, Le Cren. 

Humblières, S. B., Noyon, 4757, le prince Camille de Rohan. 

Igny, Cit., Reims, 4777, de Coucy. 

Issoire, S. B., Clermont, 4784, de Siran, vicaire général de Mende. 

Issoudun, S. B., Bourges, 4769, de Sade, prév. de St- Victor-de-Marseille. 

Ivernaux, S. A., Paris, 4775, Boutouillic. 

Ivry, S. B., Evreux, 4774, l'archevêque d'Arles. 

Janssels, S. B., Béziers, 4777, l'évêque d'Alais. 

Jendures, Prém., Toul, Alliot. 

Josaphat, S. B., Chartres, 4788, de Fénelon. 

Joug-Dieu, S. B., Lyon, 4738, unie à l'église de Villefranche. 

Jouy, Cit., Sens, 4776, de la Prunarède, vicaire général de Tours. 

Jovillier, Prém., Toul, 4767, Goi. 

Joyenval, Prém., Chartres, 4698, unie à Chartres. 

Juilly, S. A., Meaux, unie à l'Oratoire. 

Jumièges, S. B., Rouen, 4788, le coadjuteur de Sens. 

Justemont, Prém., Metz. 4779, de Majainville, pr. de Metz. 

La Blanche, Cit., Luçon, 4772, de Lanti. 

La Boissière, Cit., Angers, 4770, de Saluées, vie. gén. de Meaux. 



APPENDICE 505 



L'Absie, S. B., La Rochelle, 1769, l'évêque de Saint-Omer. 

La Bussière, Cit., Autun, en économats. 

La Gaignotte, S. B., Acqs, 1785, Parent, vicaire général d'Orléans. 

La Gapelle, Prém., Toulouse, 1753, l'évêque de Mirepoix. 

La Case-Dieu, Prém., Auch, 1758, de Vienne, chan. de Notre-Dame. 

La Gelle-Saint-Hilaire, S. A., Poitiers, 1781, Pourtain. 

La Chaise-Dieu, S. B., Clermont, 1756, le cardinal de Rohan. 

La Chalade, Cit., Verdun, 1780, de Lupcourt, doyen de Nancy. 

La Chapelle, Prém., Troyes, 1781, de Rouault. 

La Charité, Cit., Besançon, 1781, l'archevêque de Besançon. 

La Chassaigne, Cit., Lyon, 1784, de Rully, comte de Lyon. 

La Chaume, S. B., Nantes, 1782, Meslé. 

La Clarté-Dieu, Cit., Tours, 1785, Sève, vicaire général de Verdun. 

La Cour-Dieu, Cit., Orléans, 1780, de Lageard, vie. gén, de Reims. 

La Couronne, S. B., Angoulême, 1774, Gaston de Pollier. 

La Couture, S. B., Le Mans, 1784, de la Chastre. 

La Greste, Cit., Langres, 1757, de Chabanne, comte de Lyon. 

La Croix-Saint-Leufroy, S. B., Evreux, 1770, de Foy, a. ch. de Meaux. 

La Frenade, Cit., Saintes, 1772, Maury, vicaire général de Lombez. 

La Garde-Dieu, Cit., Cahors, 1770, de Malartic, prév. de Montauban. 

Lagny, S. B., Paris, 1779, l'évêque de Pergame. 

La Grâce-Dieu, Cit., La Bochelle, 1770, l'évêque de Gap. 

La Grasse, S. B., Garcassonne, 1785, en économats. 

La Grenetière, S. B., Luçon, 1773, l'évêque de Chartres. 

La Honce, Prém., Bayonne, 1774, de Spens. 

La Merci-Dieu, Cit., Poitiers, 1760, de Jons, vie. gén. de Narbonne. 

Landais, Cit., Bourges, 1775, l'évêque de Nevers. 

Landève, S. A., Reims, 1778, de Cacqueray, vie. gén. de Verdun. 

Landevenec, S. B., Quimper, 1781, unie à Quimper. 

Langonet, Cit., Quimper, 1786, Chevreuil. 

Lannoy, Cit , Beauvais, 1781, de Moléon. 

La Noë, Cit., Evreux, 1781, Royer, vicaire général d'Auxerre. 

Lantenac, S. B., Saint-Brieuc, 1786, de Barrai, vie. gén. de Troyes. 

Lanvaux, Cit., Vannes, 1786, le Corcin. 

La Pelice, S. B., Le Mans, 1769, des Fontaines. 

La Peyrouse, Cit., Périgueux, 1784, Bragouse de Saint-Sauveur. 

La Prée, Cit., Bourges, 1781, Radix. 

La Real, S. A., Perpignan, 1780, unie à Perpignan. 

La Reau, S. A., Poitiers, 1752, de Mazancourt. chanoine de Noyon. 



506 APPENDICE 



La Réaule, S. B., Lescar, 1769, de Noguez. 

La Réole, S. B., Tarbes, 1761, de Charité. 

La Rivour, Cit., Troyes, 1778, l'évêque de Bethléem. 

La Roche, S. A., Paris, 1742, de Saint-Cyr. 

La Roë, S. A., Angers, 1747, de Lancry de Pronleroy. 

Lassée ou la Sye-en-Brignon, S. B., Poitiers, 1755, d'Ethy de Milly. 

La Valasse, Cit., Rouen, 1775, l'évêque de Ghâlons. 

L'Aumône, Cit., Blois, 1748, d'Entrague, vie. gén. de Bordeaux. 

La Valette, Cit., Tulle, 1784, de Conceyt. 

La Vernuce, S. A., Bourges, 1782, Grellet de Prades. 

La Victoire, Cit., Senlis, 1761, l'évêque de Senlis. 

La Vieuville, Cit., Dol, 1784, de la Bintinaye. 

Le Bec, S. B., Rouen, 1782, l'évêque d'Autun. 

Le Bouchet, Cit. , Clermont, 1742, de la Bâtisse, doyen de Clermont. 

Le Gard, Cit., Amiens, 1773, l'évêque d'Arras. 

Le Gué-de-Launay, S. B., Le Mans, 1761, L.-J. de Ghabannes. 

Le Jard, S. A., Sens, 1780, de Brassac, vicaire général de Chartres. 

Le Mas-d'Azil, S. B., Rieux, 1782, le coadjuteur de Troyes. 

Le Mas-Garnier, S. B., Toulouse, 1772, l'évêque d'Acqs. 

Léoncel, Cit., Valence, 1772, de Moncroc, vicaire général d'Alby. 

L'Epau, Cit., Le Mans, 1784, de Langan. 

Le Perray-Neuf, Prém., Angers, 1787, de Mallian. 

Lérins, S. B., Grasse, 1786, unie à Grasse et à Vence. 

Les Aires, S. A., Troyes, 1787, de Chambre. 

Les Alleux, S. B., Poitiers, 1788, de Villedon, vie. gén. de Noyon. 

Les Aubats, S. A., Auxerre, 1786, de Villeneuve-Tourrettes. 

L'Escal-Dieu, Cit., Tarbes, 1752, Malromé, cons. au Pari, de Bordeaux. 

Les Chambons, Cit., Viviers, 1786, de Narbonne, vie. gén. d'Evreux. 

Les Châteliers, Cit., Poitiers, 1780, l'évêque de Bayeux. 

Les Châteliers, Saintes, 1625, unie à l'Oratoire. 

Les Roches, Cit., Auxerre, 1779, de Chambertrand, vie. gén. de Sens. 

Lessay, S. B., Coutances, 1774, l'archevêque de Besançon. 

L'Esterp, S. A., Limoges, 1788, de Layrolle. 

L'Etoile, Cit., Poitiers, 1780, de Vergés. 

Le Toronet, Cit., Fréjus, 1785, unie à Digne. 

Le Tronchet, S. B., Dol, 1786, de Saint-Sauveur. 

Lézat, S. B., Rieux, 1779, de Jouffroy, chanoine de Saint-Claude. 

Licques, Prém., Boulogne, 1783, l'évêque de Nancy. 

Lieu-Croissant, S. B., Besançon, 1778, de Beaumont. 






APPENDICE 507 



Lieu-Dieu, Cit., Amiens, 4788, de Grouseilles, vie. gén. d'Aix. 
Lieu-Dieu-en-Jard, Prém., Luçon, 1788, l'évêque de Luçon. 
Lieu-Restauré, Prém., Soissons, 1788, d'Escayrac, v. g. de Besançon. 
Lire, S. B., Evreux, 1779, l'évêque d'Evreux. 
L'Isle-Barbe, Lyon, 1741, unie au chapitre Lyon. 
L'Isle-Chauvet, S. B., Luçon, 1774, de Gacqueray, archid. d'Angers. 
L'Isle-Dieu, Prém. Rouen, 1788, de Maillé, vicaire général du Puy. 
L'Isle-en-Médoc, S. A., Bordeaux, 1759, l'évêque de Bazas. 
L'Isle-en-Barrois, Cit., Toul, 1777, unie à Nancy. 
Livry, S. A., Paris, 1781, de Saint-Fare, vie. gén. de Toulouse. 
Loc-Dieu, Cit., Rodez, 1784, de Melfort, vicaire général de Rodez. 
Longueville, S. B., Metz, 1762, le chevalier de Boufflers. 
Longuay, Cit., Langres, 1764, de Beaumelle, vie. gén, d'Embrun. 
Longvay, Prém., Reims, 1784, Gigot de Boisbernier. 
Longues, S. B., Bayeux, 1759, l'évêque de Lectoure. 
Longvilliers, Cit., Boulogne, 1765, d'Arvillars. 
Lonlay, S. B., Le Mans, 1758, L.-F. de Gléry de Serans. 
Loroy, Cit., Bourges, 1785, Guenée. 
Lorroux, Cit., Angers, 1778, de Cusacque. 
Lunéville, S. A., Nancy, 1767, Mathy. 
Lure, S. B., Besançon, unie à Murbach. 
Lure, S. B., Sisteron, 1781, Rousseau, vicaire général d'Alby. 
Luxeuil, S. B., Besançon, 1743, de Glermont-Tonnerre, vicaire général 
de Besançon. 

Madiau, S. B., Saintes, 1787, de Luchet, vicaire général de Saintes. 

Maisières, Cit., Châlon, 1755, F.-A. de Romilley. 

Manlieu, S. B., Clermont, 1788, de Grézolles, vie. gén. de Vienne. 

Marcheroux, Prém., Rouen, 1784, de Méage. 

Marmoutier, S. B., Tours, 1737, unie à l'archevêché. 

Marsillac, S. B., Gahors, 1773, le cardinal Zelada. 

Massay, S. B., Bourges, vacant. 

Maubec, S. B., Bourges, 1765, en économats. 

Mauléon, S. A., La Rochelle, 1785, de Ségur, vie. gén. de Bordeaux. 

Maurs (Saint-Maurice), S. B., Saint-Flour, 1779, de Balauze, vie. gén. 

de Noyon. 
Mauzac, S. B., Clermont, 1764, de Raze. 

Maymac, S. B., Limoges, 1757, de Saint- Val, anc. v. g. de Poitiers. 
Mazan, Cit., Viviers, 1784, de Pierrevort, vicaire général d'Aix. 



508 APPENDICE 



Mégemont, Cit., Glermont, 1776, de Glédat. 

Mélinais, S. A., Angers, 16 , unie à La Flèche. 

Melleray, Cit., Nantes, 1776, l'évêque de Tréguier. 

Menât, S. B., Clermont, 1785, de Sartige, comte de Lyon. 

Miseray, S. A., Bourges, 1765, de Fraignes, vicaire général d'Alby. 

Moiremont, S. B., Châlons, 1766, de Villeneuve, anc. vicaire général 

de Montpellier. 
Moissac, S. B., Gahors, 1775, l'archevêque de Sens. 
Molesme, S. B., Langres, 1779, l'évêque d'Auxerre. 
Molosme, S. B., Langres, 1778, du Gaylar, anc. vie. gén. de Digne. 
Monstier-en-Argonne, Cit., Châlons, en économats. 
Monstier-en-Der, S. B., Châlons, 1782, l'évêque de Châlons. 
Mont-Benoît, S. A., Besançon, 1775, de Saint-Pern, v. g. de Chartres. 
Mont-Dée (Mondaye), Prém., Lisieux, 1782, B. de Champigny. 
Montebourg, S. B., Coutances, 1770, l'évêque de Coutances. 
Montfort, S. A., Saint-Malo, 1787, Fauchet. 

Montierneuf, S. B., Poitiers, 1772, de Cressac, vie. gén. de Poitiers. 
Montierramé, S. B., Troyes, 1770, l'évêque de Tulle. 
Montmayour, S. B., Arles, 1759, unie à l'archevêché. 
Montmorel, S. A., Avranches, 1770, de Pontevès. 
Montolieu, S. B., Carcassonne, 1782, de Montalet-Alais. 
Montpeyroux, Cit., Clermont, 1768, Perthuis, chantre de la S te -Chapelle. 
Mont-sainte-Marie, Cit., Besançon, 1785, de Bourgevin-Vialar, cons. 

au Parlement. 
Mont-saint- Martin, Prém., Cambrai, 1668, unie à l'archevêché. 
Mont-saint-Michel, S. B., Avranches, 1788, l'évêque de Metz. 
Mont-saint-Quentin, S. B., Noyon, 1775, l'archevêque de Cambrai. 
Moreaux, S. B., Poitiers, 1772, de Bruneau, vie. gén. d'Angoulême. 
Moreilles, Cit., La Bochelle, 1776, l'archevêque de Toulouse. 
Mores, Cit., Langres, 1786, de Juge de Brassac. 
Moreuil, S. B., Amiens, 1759, d'Inguimbert, vie. gén. d'Amiens. 
Morigny, S. B., Sens, 1782, de Tressan, vicaire général de Rouen. 
Mortemer, Cit., Rouen, 1782, de Boisgelin, vicaire général d'Aix. 
Moutier-la-Celle, S. B., Troyes, 1769, unie à l'évêché. 
Moutier-saint-Jean, S. B., Langres, 1735, unie à l'évêché. 
Mouzon, S. B., Reims, 1782, l'évêque de Mâcon. 
Murbach, S. A., Bâle, 1786, d'Andlau d'Hombourg. 
Mureaux, Prém., Toul, 1781, de Tromelin, vicaire général de Tréguier. 



APPENDICE 509 



Nanteuil, S. B., Poitiers, 1770, unie au séminaire. 

Nantz, S. B., Vabres, 1773, de Boisse, vicaire général de Vienne. 

Neauphle-le-Vieux, S. B., Chartres 1777, de Langlade, v. g. de Rouen. 

Nesle-le-Reposte, S. B., Troyes, 1778, de Fontenille. 

Niœuil, S. A., La Rochelle, 1763, de la Rocheponcier. 

Nisors, Cit., Comminges, 1784, de Lastic, vicaire général de Rieux. 

Noaillé, S. B., Poitiers, 1757, de la Ville-Miremone, doy. de S l -Quentin. 

Nogent, S. B , Laon, 1788, en économats. 

Noirlac, Cit., Bourges, 1759, l'évêque de Castres. 

N.-D. des Vertus, S. A., Châlons, 1774, du Bouzet, vie. gén. de Reims. 

N.-D. d'Eu, S. A., Rouen, 1773, l'ancien évêque de Chalon. 

N.-D. du Palais, Cit., Limoges, 1783, de Gain, comte de Lyon. 

N.-D. du Val, Cit., Paris, unie aux Feuillans. 

N.-D. du Val, S. A., Bayeux, 1780, Bridel. 

Noyers, S. B., Tours, 1785, d'Andigné, vicaire général de Châlon. 

Obasine, Cit., Limoges, 1781, de Béon. 

Oigny, S. A., Autun, 1785, de Dillon, vicaire général de Dijon. 

Olivet, Cit., Bourges, 1748, l'évêque de Séez. 

Orbais, S. B., Soissons, 1788, de Floirac. 

Orbestier, S. B., Luçon, 1753, l'évêque de Tulle. 

Ourcamp, Cit., Noyon, 1785, l'archevêque de Bordeaux. 

Painpont, S. A., Saint-Malo, 1781, du Marais. 

Pébrac, S. A., Saint-Flour, 1778, Bourboulon. 

Pérignac, Cit., Agen, 1753, Passelaigne, vicaire général d'Agen. 

Perseigne, Cit., Le Mans, 1782, Léonard Péricaud, limousin. 

Pessan, S. B., Auch, 1783, de Gillain de Cernay, doyen d'Evreux. 

Plainpied, S. A., Bourges, 1777, de Maufoult. 

Pleine-Selve, Prém., Bordeaux, 1782, Caulet, vicaire général d'Agen. 

Ponteau, Cit., Aire, 1783, de Viella, vicaire général de Viviers. 

Pontifroy, Cit., Metz, unie au Petit-Clairvaux. 

Pontlevoy, S. B., Blois, 1693, unie à l'évêché. 

Pontoise, S. B., Rouen, 1762, de Mastin. 

Pontron, Cit., Angers, 1752, Blondel, anc. vicaire général de Gap. 

Pornic, S. A., Nantes, 1777, du Pargo. 

Poultières, S. B. Langres, 1758, de Saint-Non. 

Préaux, S. B. Lisieux, 1785, l'ancien évêque de Comminges. 

Prébenoît, Cit., Limoges, 1784, Domingon, vie. gén. de Montauban. 



510 APPENDICE 



Preuilly, Cit., Sens, 1783, de la Rochefoucauld du Breuil, vie. général 

d'Aix. 
Preuilly, S. B., Tours, 1785, de la Myre-Mory. 
Psalmody, S. A., Nîmes, 1692, unie à l'évêché d'Alais. 
Puyferrand, S. A., Bourges, 1778, Gayant d'Ormesson. 

Quarante, S. A., Narbonne, 1768, l'évêque d'Angers. 
Quimperlé, S. B., Quimper, 1785, Davaux. 

Quinçay, S. B., Poitiers, 1775, de Buissy, vicaire général d'Autun. 
Quincy, Cit., Langres, 1768, Séguin, chanoine de Chartres. 

Rangeval, Prém., Toul, 1767, Moreau. 

Rebais, S. B., Meaux, en économats. 

Reclus, Cit., Troyes, 1763, de Ventoux, doyen de Toul. 

Redon, S. B., Vannes, 1747, l'évêque de Verdun. 

Relecq, Cit., Saint-Pol-de-Léon, 1785, en économats. 

Ressons, Prém., Rouen, 1773, de Lescure, vie. gén. de Reims. 

Ribemont, S. B., Laon, 1778, de Montégut. 

Rigny, Cit., Auxerre, 1755, du Châtel. * 

Rillé, S. A., Rennes, 1763, de Tronjoly. 

Riom, S. A., Clermont, 1771, de Riolz. 

Rocamadour, S. B., Cahors, unie à l'évêché de Tulle. 

Rosières, Cit., Besançon, 1787, de Grimaldi. 

Royaumont, Cit., Beauvais, 1781, de Balivière. 

Sablonceaux, S. A., Saintes, 1784, de Bourgongne, cons. au Parlement. 

Saint- Acheul, S. A., Amiens, 1760, Le Gros. 

Saint-Allyre, S. B., Clermont, 1788, Tandeau, conseiller au Parlement. 

Saint- Aman d-de-Coli, S. A., Sarlat, 1751, de Vassal. 

Saint-Amans-de-Boisse, S. B., Angoulême, 1783, Marie. 

Saint-Ambroix, S. A., Bourges, 1780, Bourlet de Vaux-Celles. 

Saint- André, Prém., Clermont, 1740, de Scey-Montbéliard. 

Saint- André-de-Villeneuve, S. B., Avignon, 1773, unie à Grenoble. 

Saint-André-en-Goufern, Cit., Séez, en économats. 

Saint-André-le-Bas, S. B., Vienne, 1742, unie auchap. nob. de Vienne. 

Saint- Aphrodise, S. B., Béziers, 1784, de Lort-Serignan. 

Saint-Arnoult, S. B., Metz, 1775, l'évêque de Metz. 

Saint-Astier, S. B., Périgueux, 1787, de Roche, vie. gén. de Lombez. 

Saint- Aubin, S. B., Angers, 1782, l'évêque de Séez. 



APPENDICE 511 



Saint-Aubin-des-Bois, Cit., Saint-Brieuc, 1787, de la Villebouquais. 

Saint- Augustin, S. B., Limoges, 1778, de Montfrabœuf. 

Saint- Avold, S. B., Metz, en économats. 

Saint-Barthelemy, S. A., Noyon, 1772, d'Allerey. 

Saint-Basle, S. B., Reims, 1778, d'Autichamp, chan. de Notre-Dame. 

Saint-Bénigne, S. B., Dijon, 1774, unie à l'évêché. 

Saint-Benoît, S. B., Orléans, 1772, unie à Bourges. 

Saint-Calais, S. B., Le Mans