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Full text of "Élevage artificiel des agneaux"

1 j, B Agriculture 



Canada 



Publication 1507/F 



A 



9 



Elevage artificiel 
des agneaux 



630.4 

C212 

P 1507 

1990 

fr. 

OOAg 

c.3 




Canada 



Digitized by the Internet Archive 

in 2012 with funding from 

Agriculture and Agri-Food Canada - Agriculture et Agroalimentaire Canada 



http://www.archive.org/details/levageartificielOOgorr 



Elevage artificiel des 
agneaux 



Version originale rédigée par 

A.D.L. Gorrill, G.J. Brisson, D.B. Emmons, et G.J. St-Laurent 

Première révision par 
J.W.G. Nicholson 

Deuxième révision par 
D.P. Heaney et D.A. Léger 
Centre de recherches zootechniques 
Ottawa (Ont.) 



Agriculture Canada Publication 1507/F 

On peut en obtenir des exemplaires à la 
Direction générale des communications, 
Agriculture Canada, Ottawa Kl A 0C7 

^Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1990 

No de cat. A63-1507/1990F ISBN 0-662-95875-6 

Impression 1972 Révision 1978 Révision 1982 Réimpression 1985 

Réimpression 1989 Révision 1990 2,5M-6:90 



Also available in English under the title 
Artificial rearing ofyoung lambs 



PREFACE 



Depuis sa première parution en 1972, la présente publication a 
été révisée par les auteurs originaux en 1978 et a fait l'objet d'une 
révision en profondeur par J.W.G. Nicholson en 1982. Nous tenons à 
remercier les auteurs des éditions précédentes qui ont grandement 
contribué au progrès du secteur des ovins au Canada. 

La présente révision a été préparée dans le but de mettre à jour le 
guide d'élevage artificiel des agneaux, de façon à répondre à l'intérêt 
manifeste et soutenu que connaît ce domaine. Elle puise 
abondamment à même les résultats de recherches réalisées aux Etats- 
Unis et au Canada. Cette publication a également tiré profit des 
travaux de recherches et de la vaste expérience du Centre de 
recherches zootechniques d'Ottawa, où plus de 50 000 agneaux ont été 
élevés artificiellement entre 1970 et 1989. 



TABLE DES MATIERES 

Préface 4 
Points saillants 6 
Introduction 8 

Choix et préparation des agneaux 8 

Réduction au minimum de l'élevage artificiel 8 

Alimentation au colostrum 9 

Séparation d'avec la brebis 10 

Apprentissage de l'allaitement artificiel 1 1 

Formation de groupes d'agneaux selon la taille et l'âge 12 

Conduite de l'élevage artificiel 13 

Techniques d'allaitement 13 
Eau et alimentation complémentaire 1 3 
Température de l'aliment d'allaitement 15 
Sevrage précoce 16 

Choix de l'aliment d'allaitement 17 

Sortes 17 
Préparation 19 
Addition de formaline 19 

Systèmes de distribution 20 

Protection des tétines 20 
Alimentation au seau à tétines 20 
Nourrisseurs à plusieurs tétines 21 
Rampes nourricières 22 

Hygiène 28 

Maladies et troubles digestifs 28 

Performance des agneaux nourris aux aliments 
d'allaitement 29 

Lectures conseillées 30 



POINTS SAILLANTS 



On dispose aujourd'hui de préparations d'aliments d'allaitement, 
de systèmes d'alimentation et de conduite de l'élevage artificiel qui 
permettent d'élever avec succès de très jeunes agneaux. En effet, il 
existe une technologie qui permet d'élever artificiellement, et de façon 
économique, les agneaux surnuméraires de races prolifiques qui 
produisent plus d'agneaux que les brebis ne peuvent en nourrir, de 
même que les agneaux qui sont devenus orphelins à la suite d'une 
production insuffisante de lait maternel, de la mort de la brebis ou du 
rejet par celle-ci. L'élevage artificiel n'est cependant pas recommandé 
pour tous les agneaux de la saison. 

Le succès de l'élevage artificiel des agneaux nourris avec des 
aliments d'allaitement repose sur le respect des règles suivantes : 

• S'assurer que les agneaux reçoivent du colostrum dès leur 
naissance, soit par allaitement naturel durant au moins 6 h, ou 
par administration au biberon à raison de 50 mL par kilogramme 
de poids corporel. 

• Pour faciliter l'entraînement, séparer les agneaux de la brebis 
aussitôt que possible après qu'ils ont reçu le colostrum. 

• S'assurer que les agneaux ont appris à boire aux tétines 
artificielles, mais ne pas prolonger l'apprentissage inutilement. 

• Pour obtenir de meilleurs résultats, utiliser des aliments 
d'allaitement en poudre dosant environ 24 % de matières grasses 
et 24 % de protéines. 

• Préparer l'aliment d'allaitement de façon à ce qu'il contienne de 
16 à 20 % de matières solides. 

• Ajouter de 0,05 à 0,10% de formaline à l'aliment liquide afin 
d'empêcher la croissance des bactéries, d'éviter que le lait ne 
surisse et de réduire les risques de météorisme de la caillette (lire 
auparavant la section «Addition de formaline»). 

• La rampe nourricière constitue une méthode simple, peu coûteuse 
et efficace pour nourrir des groupes d'agneaux. Il faut toutefois 
placer des protecteurs autour des tétines pour empêcher les 
agneaux de les mâchonner. 

• Choisir les agneaux qui ont à peu près le même âge et le même 
poids pour former des groupes de 12 ou moins. La plupart des 
agneaux s'adaptent vite au système d'alimentation et apprennent 
à sucer les tétines au bout d'un ou deux jours. 

• Servir l'aliment d'allaitement à volonté. Les agneaux auront une 
croissance au moins égale à celle des agneaux allaités par la 
brebis. 

• Nettoyer régulièrement le système de distribution et les 
ustensiles, et toujours employer des méthodes hygiéniques. 

• Fournir en tout temps de l'eau fraîche, des aliments 
complémentaires appétents et nutritifs contenant de 17 à 20 % de 
protéines, et du foin de luzerne de haute qualité. 



• Administrer aux agneaux des injections de vitamines A, D et E, 
ainsi que de sélénium si la dystrophie musculaire sévit dans la 
région. 

• Vacciner les agneaux contre l'entérotoxémie (rein pulpeux) avec 
une préparation multiple de clostridium. 

Surtout ne pas oubliez que la conduite est le facteur déterminant 
du succès. 



INTRODUCTION 



L'allaitement artificiel consiste à séparer très tôt les agneaux de 
leur mère et à les nourrir aux aliments d'allaitement. Cette pratique 
est de plus en plus fréquente, probablement à cause de l'utilisation de 
races prolifiques, qui produisent plus d'agneaux que les brebis ne 
peuvent en nourrir. Les méthodes recommandées d'élevage artificiel 
sont des moyens à la fois utiles et profitables pour élever ces agneaux 
surnuméraires, de même que les agneaux qui sont devenus orphelins 
à cause d'insuffisance de lait maternel, de la mort de la brebis ou d'un 
rejet par celle-ci. 

Les agneaux orphelins sont depuis longtemps élevés 
artificiellement. On utilisait parfois du lait de vache entier, mais plus 
fréquemment du lait écrémé, souvent avec des résultats 
insatisfaisants compte tenu des frais et des efforts engagés. C'est en 
Europe où existaient de vastes secteurs d'élevage de brebis laitières 
destinées à la production du fromage qu'ont été effectuées une bonne 
partie des premières recherches pour mettre au point des aliments 
d'allaitement efficaces et des systèmes de conduite de l'élevage 
artificiel des agneaux. 

Dans les premiers débuts de l'élaboration d'aliments d'allaitement 
synthétiques, les chercheurs ont constaté que l'administration de lait 
de vache entier, séché par pulvérisation, entraînait des gains de poids 
comparables à ceux obtenus en élevage naturel ou en élevage artificiel 
au lait de brebis frais ou lait congelé reconstitué. Cependant, dans les 
conditions normales, le coût d'utilisation de lait de vache entier 
reconstitué, séché par pulvérisation, était prohibitif. C'est pourquoi 
on s'est orienté vers la mise au point d'aliments d'allaitement 
artificiels, à base de poudre de lait écrémé de pulvérisation et de 
mélanges de graisses animales et végétales. Ces aliments 
d'allaitement ont donné lieu à une croissance similaire à celle obtenue 
avec le lait de vache entier, reconstitué. 

Des études subséquentes, réalisées en Europe et en Amérique du 
Nord, ont permis de perfectionner tant les préparations d'aliments 
d'allaitement que les systèmes de conduite de l'allaitement artificiel 
des agneaux. La présente publication fait la synthèse de ces travaux 
sous forme de lignes directrices pratiques qui permettent de mener à 
bien l'élevage artificiel. 



CHOIX ET PREPARATION DES AGNEAUX 



RÉDUCTION AU MINIMUM DE L'ÉLEVAGE ARTIFICIEL 

Ne pas pratiquer l'allaitement artificiel s'il n'est absolument 
nécessaire. Dans les exploitations commerciales, l'élevage artificiel 
de tous les agneaux n'est pas recommandé. Il est plus économique de 



8 



laisser les brebis élever elles-mêmes autant d'agneaux qu'elles 
peuvent en nourrir de façon adéquate et de ne recourir à l'allaitement 
artificiel que pour l'excédent. On conseille également autant que 
possible de faire adopter des agneaux surnuméraires par d'autres 
brebis. L'élevage artificiel peut cependant être plus avantageux 
lorsque l'on pratique la remise à la reproduction très précoce des 
brebis, étant donné que l'allaitement peut inhiber le cycle oestral. 
Dans ce cas, il faudrait que le supplément d'agneaux produits à la 
suite de la remise à la reproduction précoce devrait être suffisant pour 
compenser les coûts additionnels de l'allaitement artificiel. On 
devrait pouvoir obtenir facilement trois agnelages en 2 ans en sevrant 
les agneaux allaités naturellement à l'âge de 6 à 8 semaines. 

Il est important de bien choisir, dans les grosses portées, les 
agneaux qu'on élèvera artificiellement. Auparavant, on conseillait de 
choisir les agneaux les plus gros, les plus vigoureux, croyant que les 
agneaux petits et faibles avaient de meilleures chances de survie s'ils 
étaient laissés avec la mère. Cette recommandation ne se justifie plus 
guère et cela pour deux raisons : premièrement, ce sont les agneaux les 
plus gros qui valorisent au mieux le lait de la brebis, parce qu'ils sont 
plus en mesure de tirer profit de ses capacités laitières; 
deuxièmement, de vastes recherches ont démontré que les agneaux les 
plus petits peuvent être élevés facilement de façon artificielle, souvent 
avec plus de succès que s'ils étaient élevés naturellement. Le meilleur 
compromis est de laisser les deux (ou trois si la brebis est une mère et 
une laitière exceptionnelle) agneaux les plus homogènes avec la brebis 
et d'élever artificiellement les autres. 



ALIMENTATION AU COLOSTRUM 

Les agneaux viennent au monde dépourvus d'anticorps dont le rôle 
est de protéger contre les maladies infectieuses courantes. Ces 
anticorps leur sont transmis dans le premier lait de la brebis, le 
colostrum, qu'ils boivent peu de temps après la naissance. En plus de 
fournir les anticorps essentiels, le colostrum est riche en substances 
nutritives comme les vitamines, les protéines et les matières grasses 
nécessaires au nouveau-né pour partir «sur un bon pied». En outre, le 
colostrum est un laxatif doux, qui contribue à excréter le méconium 
qui tapisse le système digestif à la naissance, et qui aide au bon 
fonctionnement de l'intestin. 

Dans les premières 24 h après leur naissance, les agneaux peuvent 
absorber les anticorps intacts à partir de leur intestin. Cependant, ce 
mécanisme d'absorption commence à se résorber peu après la première 
tétée de l'agneau, de sorte que les anticorps sont alors digérés avant 
d'être absorbés. Il est donc important que le premier aliment que 
l'agneau reçoive soit du colostrum et non un aliment d'allaitement ou 
une solution sucrée. 

Les agneaux destinés à l'élevage artificiel doivent pouvoir têter le 
colostrum de leur mère durant au moins 6 h avant d'être séparés de 



cette dernière. Si, pour quelque raison, les agneaux ne peuvent 
obtenir le colostrum de leur mère, on peut extraire à la main le 
colostrum en excès d'une autre brebis et le servir soit au biberon ou à 
l'aide d'un tube de gavage. Le colostrum congelé, réchauffé à la 
température du corps et servi au biberon, est également une bonne 
solution. Bien qu'il soit préférable d'utiliser du colostrum congelé de 
brebis, le colostrum de vache fournit également aux agneaux les 
anticorps nécessaires. On doit administrer au moins 50 mL de colos- 
trum par kilogramme de poids de l'agneau pour lui conférer une 
résistance suffisante aux maladies. Lors de la décongélation du colos- 
trum, on évitera de trop le chauffer, car une température supérieure à 
la température du corps (40 °C) détruit une partie des anticorps. 

La concentration en anticorps du colostrum décroît à chaque tétée 
après la mise bas. Il faut donc recueillir et congeler le plus tôt possible 
le colostrum en excès afin d'obtenir un taux élevé d'anticorps. 

SÉPARATION D'AVEC LA BREBIS 

Les agneaux destinés à l'élevage artificiel peuvent être enlevés à 
leur mère dès qu'on estime qu'ils ont reçu une quantité appropriée de 
colostrum, c'est-à-dire au bout d'environ 6 h. Cependant, comme on l'a 
déjà mentionné, si la brebis n'a pas assez de lait à ce moment-là pour 
nourrir tous ses agneaux, il faut leur donner une quantité sup- 
plémentaire de colostrum à l'aide d'un biberon ou d'un tube de gavage. 

Plus tôt les agneaux sont séparés de leur mère, plus il sera facile 
de les entraîner. Après 48 h, le lien qui se crée entre la mère et ses 
petits devient tellement fort que la séparation est traumatisante. En 
outre, après cette période, le réflexe de têtage est à ce point développé 
chez les agneaux qu'il est alors difficile de leur apprendre à boire à 
l'aide d'une tétine artificielle. Il est aussi plus difficile de tarir la 
brebis sans endommager le pis. 

Aussitôt que les agneaux sont séparés de leur mère, on les placera 
dans un enclos chaud et sec, à l'abri des courants d'air et assez loin de 
la brebis pour qu'ils ne puissent l'entendre ni la voir. Il faut prévoir 
un espace minimal de 0,2 m 2 par agneau. Les cases dotées d'un 
plancher de métal déployé ou grillagé sont souvent utilisées, mais on 
peut aussi employer des parquets au sol garnis d'une litière épaisse, à 
condition d'accorder plus d'espace à chaque agneau (0,5 m 2 ). Afin de 
permettre une meilleure absorption des substances nutritives et un 
croît plus rapide, la température de la pièce doit être maintenue à près 
de 20 °C. 

Une fois que les agneaux ont reçu le colostrum, on les fera jeûner 
quelques heures avant de les initier à la nourrice artificielle. Pour 
faciliter l'apprentissage, un jeûne d'environ 6 h est recommandé. 
Cependant, les petits agneaux ou les agneaux chétifs ne doivent pas 
jeûner plus de 2 à 4 h. Lorsque les agneaux ont faim, la première 
goutte de l'aliment d'allaitement suffit d'habitude à déclencher la 
tétée. 



10 



APPRENTISSAGE DE L'ALLAITEMENT ARTIFICIEL 

Pour apprendre à l'agneau à boire, placer la tétine dans sa bouche 
et, avec la main, remuer sa mâchoire pour l'inciter à téter (fig. 1). 
Beaucoup de brebis poussent doucement leurs nouveau-nés sur la 
croupe pour les guider jusqu'au pis pour leur première tétée. Certains 
éleveurs croient qu'en imitant ce geste, c'est-à-dire en plaçant une 
main sur la croupe de l'agneau et en le poussant doucement, ils 
peuvent l'inciter à téter. Chez la plupart des agneaux, le goût du lait 
tiède qui provient de la nourrice artificielle suffit à déclencher le 
réflexe de succion. Une ou deux séances d'entraînement suffisent 
habituellement, mais, durant les premiers jours, il faut surveiller de 
près les agneaux logés en groupe pour s'assurer qu'ils boivent tous 
comme il faut. Une lampe placée au-dessus de l'aire d'alimentation 
attire les agneaux et facilite leur adaptation au nouveau système de 
distribution. 

Durant la phase d'entraînement, l'aliment d'allaitement peut être 
servi chaud ou froid. Il est cependant avantageux de le servir toujours 
à la même température pendant toute la durée du programme. Les 
agneaux accepteront peut-être plus facilement l'aliment chaud durant 
la phase d'apprentissage, mais il peut survenir des problèmes de rejet 
si on le remplace plus tard par un aliment froid, ce qui nécessitera un 
autre entraînement. Pour les mêmes raisons, les tétines utilisées 




Fig. 1 Agneau apprenant à se nourrir à la rampe nourricière (d'après 
Ainsworth et al., 1987). 



11 



durant l'apprentissage doivent être les mêmes qui seront utilisées plus 
tard. 

Il faut éviter d'accorder trop d'attention aux agneaux nouveau- 
nés, car un lien social risque de se créer entre les agneaux et leur 
gardien. Il est alors possible que l'agneau ne veuille ingérer l'aliment 
d'allaitement que si le gardien est présent ou se trouve à proximité, et 
qu'il soit désemparé s'il est laissé seul. Certes il est important de 
s'assurer que les nouveau-nés sont à l'aise et se nourrissent bien, mais 
il ne faut pas les rendre dépendants de la présence de leur gardien. Il 
peut être mignon de voir un petit agneau vous suivre partout, mais 
quand il s'agit de tout un troupeau, c'est une autre histoire! 

La présence d'un ou de deux agneaux qui ont déjà appris à boire 
l'aliment d'allaitement sera utile pour apprendre aux autres agneaux. 
Il faut toutefois bien choisir ces agneaux bien dressés. S'ils sont 
beaucoup plus gros que les nouveaux agneaux, ces derniers peuvent 
les prendre pour une mère suppléante et essayer de leur téter le 
nombril ou le scrotum. Si cela se produit, le jeune agneau doit alors 
être séparé des autres et nourri à part jusqu'à ce qu'il apprenne à boire 
à la tétine artificielle. 

Les agneaux qui ne se sont pas adaptés au système d'allaitement 
au bout de 48 h n'apprendront probablement jamais. Il faut alors les 
nourrir au biberon sinon ils mourront de faim. 

L'expérience a démontré que certaines races apprennent plus 
facilement que d'autres à s'allaiter à la nourrice artificielle. C'est 
notamment le cas de la Dorset et de la Finnoise ainsi que des sujets 
croisés de ces deux races. Cependant, on a réussi à élever 
artificiellement des agneaux qui provenaient de plus de 30 races et 
croisements, ce qui démontre qu'avec les soins nécessaires, cette 
méthode peut convenir à la plupart, sinon à la totalité des races. 

FORMATION DE GROUPES D'AGNEAUX SELON LA TAILLE 
ET L'ÂGE 

La croissance des agneaux est supérieure quand ces derniers sont 
nourris par groupes de 12 ou moins, bien qu'un grand nombre 
d'exploitations aient eu de bons résultats avec des groupes de 25 à 50 
agneaux. Le principal désavantage des grands groupes est l'incidence 
plus élevée de cas de tétée du nombril ou d'autres formes de pica. On 
évitera de placer les agneaux nouveau-nés avec des agneaux qui sont 
âgés de plus d'une semaine parce que le jeune peut adopter le plus 
vieux comme mère suppléante et essayer de le téter plutôt que de 
s'allaiter à la nourrice artificielle. 

Il faut grouper les agneaux qui sont le plus homogènes possible, en 
ce qui concerne la taille et l'âge. Une fois qu'un groupe d'agneaux est 
formé, des liens sociaux s'établissent entre eux. Il vaut mieux, si 
possible, garder le groupe intact durant toute la période de croissance. 
La croissance des agneaux sera meilleure s'ils ne sont pas soumis au 
stress du départ d'anciens amis ou partenaires et de la création de 



12 



nouveaux liens. Au moment du passage à l'alimentation solide, après 
le sevrage des aliments d'allaitement, il est habituellement plus 
efficace de former de plus grands groupes d'agneaux. Il est préférable, 
pour la préservation des liens sociaux, de joindre deux groupes entiers 
ou plus d'agneaux, plutôt que de prendre quelques agneaux de 
plusieurs petits groupes pour former un groupe plus grand. 



CONDUITE DE L'ELEVAGE ARTIFICIEL 



TECHNIQUES D'ALLAITEMENT 

Le biberon peut être utilisé avec succès dans l'élevage artificiel. Si 
l'on choisit cette méthode, il faut nourrir les agneaux à satiété toutes 
les 6 h durant les 3 ou 4 premiers jours. On pourra ensuite les nourrir 
deux et préférablement trois fois par jour. L'allaitement au biberon 
permet de rationner la consommation à partir du moment où les 
agneaux ont 3 ou 4 jours. La méthode présente le double avantage de 
réduire les coûts des aliments d'allaitement et d'amoindrir le 
ralentissement de croissance au sevrage (voir la section «Sevrage 
précoce»). Cependant, si l'on a plusieurs agneaux à nourrir, les coûts 
en main-d'oeuvre deviennent vite prohibitifs. Il devient donc 
nécessaire, pour réduire les coûts, d'utiliser une technique 
d'allaitement à volonté, où l'aliment d'allaitement est disponible en 
tout temps, de façon à ce que les agneaux puissent satisfaire leur 
appétit en s'alimentant par eux-mêmes. Les théories et lignes 
directrices présentées dans cette brochure s'appliquent 
particulièrement à l'allaitement à volonté, bien que pour la plupart 
elles peuvent cependant s'adapter à l'allaitement au biberon. 

Un grand nombre de systèmes (voir la section «Systèmes de 
distribution»), allant du seau à tétines au lactoduc perfectionné, en 
passant par la rampe nourricière, sont disponibles pour l'allaitement 
à volonté. Le choix du système dépend du nombre d'agneaux à nourrir 
ainsi que des circonstances ou de préférences individuelles. Peu 
importe le système adopté, chaque tétine peut nourrir au moins 4 ou 
5 agneaux (fig. 2). En conditions expérimentales, on a pu élever 
jusqu'à 10 agneaux par tétine. 

EAU ET ALIMENTATION COMPLÉMENTAIRE 

Il est très important que les agneaux aient à leur disposition de 
l'eau et un aliment complémentaire de qualité et appétent durant 
toute la période où ils sont au régime liquide. Bien que faible, la 
consommation d'aliments complémentaires permettra aux agneaux de 
s'habituer aux aliments solides et de développer leur rumen, deux 
conditions essentielles pour le passage harmonieux de l'alimentation 
liquide à l'alimentation solide. 



13 




Fig. 2 Enclos pour agneaux nourris à l'aliment d'allaitement (d'après 
Ainsworth et al., 1987). 



L'aliment concentré complémentaire doit contenir de 17 à 20 % de 
protéines brutes. Il doit avoir une faible teneur en cellulose brute et 
une grande valeur énergétique. Le glucose et la mélasse sont de très 
bonnes sources d'énergie, en plus d'être fort appétentes. Le concentré 
peut être présenté en farine ou en agglomérés. La présentation sous 
forme d'agglomérés empêche la tendance à manger de façon sélective. 
Cependant, il est recommandé d'émietter les agglomérés, car les très 
jeunes agneaux refusent parfois de les manger lorsqu'ils sont durs. En 
plus du concentré, on offrira aux agneaux un bon foin de luzerne à 
tiges fines. 

Les aliments commerciaux de démarrage et de croissance pour 
veaux, les aliments de démarrage pour porcs (pourvu qu'ils ne 
contiennent pas de cuivre), ainsi que les aliments de démarrage pour 
agneaux à forte teneur en protéines brutes ont donné des résultats 
satisfaisants comme aliments complémentaires. 

Il faut s'assurer que l'aliment complémentaire demeure frais et 
éviter qu'il ne soit souillé par du fumier ou des moisissures. Enlever la 
nourriture non consommée et remettre de l'aliment frais tous les jours. 
Il vaut mieux disposer les mangeoires de façon à ce que les agneaux ne 
puissent pas monter dessus. On peut les suspendre à l'extérieur de 
l'enclos et ménager une ouverture pour la tête de l'agneau. 
L'ouverture doit mesurer de 12 à 15 cm de hauteur et être située de 30 
à 35 cm au-dessus du sol de l'enclos. 



14 



TEMPERATURE DE L'ALIMENT D'ALLAITEMENT 

La distribution à volonté de l'aliment d'allaitement chaud 
entraîne souvent des troubles digestifs, en particulier le météorisme 
de la caillette, maladie parfois mortelle habituellement chez les 
agneaux les plus gros et les plus vigoureux, et entraîner des pertes 
s'élevant jusqu'à 30 %. Ce trouble semble lié à une dilatation 
excessive de la caillette qui est causée par une trop grande 
consommation. Les agneaux nourris à volonté à l'aliment 
d'allaitement chaud tètent moins souvent, mais quand ils le font, ils 
absorbent une trop grande quantité de lait. 

La nécessité de réduire les coûts en main-d'oeuvre tout en 
utilisant une méthode sûre d'allaitement à volonté a conduit à 
l'utilisation de l'aliment d'allaitement froid. L'aliment froid servi à 
volonté se conserve plus longtemps sans surir, élimine le météorisme 
de la caillette et produit une croissance des agneaux comparables à la 
croissance obtenue avec l'aliment chaud. Les agneaux nourris à 
l'aliment froid en absorbent de plus petites quantités à la fois, mais ils 
se nourrissent plus souvent, de sorte que leur consommation totale en 
24 h est semblable à celle des agneaux nourris à l'aliment chaud. On 
recommande donc maintenant, de façon générale, que l'aliment 
d'allaitement soit servi froid, à environ 4 °C, en régime de distribution 
à volonté (voir la section «Systèmes de distribution»). 

L'addition de formaline à l'aliment d'allaitement pour retarder la 
croissance bactérienne et le surissement est aussi recommandée pour 
l'élevage artificiel à l'échelle commerciale. Des études réalisées à la 
Station de recherches de Fredericton ont montré que l'incorporation de 
formaline, à une concentration inférieure à 0,10 %, à l'aliment 
d'allaitement chaud réduisait également de façon notable le 
météorisme de la caillette et n'avait pas d'effets négatifs sur la 
croissance de l'agneau, sur la valorisation des nutriments ou sur la 
muqueuse du système digestif. 

Au Centre de recherches zootechniques, on a par la suite réalisé 
des expériences avec près de 2 000 agneaux sur l'utilisation d'aliment 
d'allaitement chaud. La moitié des agneaux recevaient l'aliment froid 
et l'autre moitié l'aliment chaud. De la formaline, à raison de 0,10 %, 
était ajoutée à chacun des deux types d'aliments. Les deux 
traitements ont donné des agneaux en santé et vigoureux. Aucun cas 
de météorisme de la caillette ou d'un autre trouble digestif n'a été 
observé et le taux de survie était le même avec les deux types 
d'aliments. Les agneaux qui recevaient l'aliment chaud 
consommaient entre 1,2 et 1,4 kg de plus que les autres et étaient 
légèrement plus lourds au sevrage que ceux nourris à l'aliment froid. 
La réduction des coûts de main-d'oeuvre que le système d'alimentation 
à volonté permet de réaliser est donc sans danger pour la performance 
des agneaux, que l'aliment soit chaud ou froid. 

Chaque producteur choisira la méthode d'alimentation qui lui 
convient en se fondant sur une évaluation du rapport coût-bénéfices. 
L'emploi de l'aliment d'allaitement chaud avec de la formaline permet 



15 



d'utiliser un équipement plus simple et moins cher puisqu'on 
supprime ainsi les coûts de réfrigération. On peut ainsi réaliser des 
économies sur les coûts de main-d'oeuvre tout en utilisant le système 
de distribution à volonté sans aucun danger pour les agneaux. En 
revanche, l'utilisation de l'aliment d'allaitement chaud exige entre 1,2 
et 1,4 kg de poudre de plus par agneau sevré. Le surcroît de gain 
obtenu par un taux d'ingestion plus fort peut compenser en partie le 
coût supplémentaire. Cependant, on ne peut compter sur cet 
avantage, car les méthodes ont démontré qu'une croissance 
compensatoire après le sevrage pouvait l'annuler. Si l'on utilise de la 
formaline, voir la section «Addition de formaline». 

SEVRAGE PRÉCOCE 

En raison du prix élevé de l'aliment d'allaitement, les agneaux 
doivent être sevrés aussitôt que possible, c'est-à-dire à l'âge de 3 
semaines. Toutefois, il faut s'attendre à un certain arrêt de croissance 
et même à une légère perte de poids durant environ une semaine 
avant le retour à une croissance normale. Par après, le taux de gain 
des agneaux sevrés tôt est pratiquement identique à celui des agneaux 
sevrés plus tard. 

L'arrêt de croissance est pratiquement éliminé si l'on retarde le 
sevrage d'une semaine, ce qui donne environ 1,5 kg de poids vif 
supplémentaire par agneau au moment de la mise au marché. 
Cependant, cette semaine de plus signifie 3 kg de poudre d'aliments 
d'allaitement de plus par agneau. Il est peu probable que les prix des 
aliments d'allaitement ou celui des agneaux varient suffisamment 
dans un avenir prévisible pour que le poids supplémentaire des 
agneaux puisse compenser le coût du supplément d'aliment 
d'allaitement additionnel. Il n'est donc pas justifiable 
économiquement de retarder le sevrage d'une semaine lorsque les 
agneaux ont de 3 à 4 semaines. 

Une exception pourrait être faite pour les agneaux qui sont encore 
très petits à l'âge de 21 jours. L'expérience a démontré que les 
agneaux qui pèsent moins de 6 kg à 21 jours (habituellement moins de 
4 % de la population, et ce sont des agneaux qui sont très petits à la 
naissance) tireront profit d'une ou deux semaines supplémentaires à 
l'aliment d'allaitement. 

Il est très important de s'assurer, au moment du sevrage, que tous 
les agneaux savent où se trouve l'eau. Il est possible que certains 
agneaux qui profitaient bien à l'alimentation liquide n'aient pas 
commencé à boire de l'eau. Si l'on n'y prend garde, ils pourraient 
mourir de déshydratation. 

Les agneaux sevrés doivent recevoir un aliment à haute teneur 
énergétique afin de maximiser le gain quotidien de poids et la 
valorisation des aliments, de réduire les frais généraux et de 
raccourcir la période requise pour que les agneaux atteignent le poids 
du marché. La ration de croissance-finition devrait contenir environ 



16 



17% de protéines brutes jusqu'à l'âge de 100 jours et ensuite 14%, 
jusqu'à ce qu'ils aient atteint le poids du marché et la qualité voulue. 

La première journée du sevrage, on ne laisse aux agneaux que 
l'aliment complémentaire. On mélange ensuite des proportions 
croissantes de la ration de croissance-finition avec l'aliment 
complémentaire, jusqu'à ce que la mangeoire ne contienne que de la 
ration de croissance-finition, c'est-à-dire environ une semaine après le 
sevrage. 

Le stress du sevrage sera réduit si les agneaux sont laissés dans 
l'enclos d'allaitement durant environ 2 semaines après le sevrage. On 
peut ensuite les placer dans des enclos plus grands ou des parquets 
d'engraissement. 



CHOIX DE L'ALIMENT D'ALLAITEMENT 



SORTES 

La production des aliments d'allaitement requiert un équipement 
industriel spécialisé. Heureusement, plusieurs grandes provenderies 
offrent maintenant de bons aliments d'allaitement pour les agneaux, 
de même que des aliments d'allaitement de très bonne qualité pour les 
veaux, qui peuvent aussi être utilisés avec succès pour les agneaux. 
L'éleveur ne trouvera donc aucun avantage, économique ou autre, à 
préparer ses propres aliments d'allaitement en poudre. On se limitera 
donc ici à relever les points à considérer lors de l'achat des aliments 
d'allaitement. 

Les meilleures performances s'obtiennent avec un aliment 
d'allaitement contenant au moins 24 % de matières grasses et 24 % de 
protéines, les protéines provenant exclusivement de poudre de lait de 
pulvérisation. 

Le lait écrémé en poudre constitue la principale source de 
protéines dans la plupart des aliments commerciaux pour agneaux. Il 
est essentiel d'utiliser du lait écrémé en poudre de bonne qualité, 
séché par pulvérisation à basse température. Le traitement à haute 
température avant ou pendant le séchage nuit à la coagulation des 
protéines du lait dans l'estomac de l'agneau, ce qui abaisse la 
digestibilité de l'aliment pour les agnelets. On ne possède encore 
aucune donnée expérimentale sur les températures maximales de 
séchage. Il est donc conseillé de s'en tenir à la température indiquée 
pour la poudre de lait écrémé de consommation humaine. 

Le babeurre en poudre constitue une excellente solution de 
rechange et il coûte souvent moins cher que le lait écrémé en poudre. 
Plusieurs compagnies remplacent des proportions variables de lait 
écrémé en poudre par du babeurre en poudre dans leurs préparations 
selon le rapport des prix des deux ingrédients. Dans des limites 
raisonnables, les poudres de lait écrémé et de babeurre semblent 
interchangeables, et aucun effet négatif ne semble résulter quand on 



17 



fait varier les proportions de ces ingrédients dans les préparations 
d'aliments d'allaitement. 

On préconisait autrefois une teneur en matières grasses de 30 % et 
c'était devenu la pratique courante en Amérique du Nord. Cependant, 
les recherches ont démontré clairement que les aliments d'allaitement 
à 24 % de matières grasses donnent lieu à une croissance aussi bonne, 
sinon meilleure, que les préparations à 30 % de matières grasses. 
Cette réduction de la teneur en matières grasses abaisse d'environ 
10 % le prix de revient de l'aliment, car il est plus facile 
d'homogénéiser un aliment à faible teneur en gras. Les éleveurs ne 
devraient donc pas hésiter à utiliser des aliments d'allaitement à 
moindre teneur en matières grasses, lorsque ces aliments sont 
disponibles. La matière grasse peut être un mélange de suif, de 
saindoux, de matières grasses du lait ou d'huile de coco de qualité. Les 
autres huiles végétales ne sont pas à conseiller. 

On a également de bons résultats avec les aliments d'allaitement 
dans lesquels une partie du lait écrémé en poudre est remplacée par de 
la caséine et du lactosérum ou du dextrose. Avec cette sorte d'aliment, 
la teneur en lactose (ou en sucres totaux) ne devrait pas dépasser 30 à 
35 %, car on a noté que des teneurs en sucres supérieures à ces valeurs 
causaient des diarrhées. Cependant, lorsqu'on utilise la poudre de lait 
écrémé ou de babeurre de pulvérisation comme source de protéines, la 
teneur en lactose (ou en sucres totaux) se situe normalement entre 40 
et 45 %. Aucun cas de diarrhée causé par un excès de sucre n'a été 
noté avec ces préparations. 

Les agneaux peuvent également être élevés avec succès avec du 
lait de vache entier, si on peut disposer d'une source 
d'approvisionnement bon marché, ou avec de bons aliments 
d'allaitement pour veaux. Avec cette dernière sorte d'aliment, seuls 
doivent être considérés ceux qui contiennent au moins 20 % de 
matières grasses et 20% de protéines provenant exclusivement de 
poudre de lait de pulvérisation. Les aliments d'allaitement pour 
veaux de qualité moindre, et donc moins coûteux, contiennent 
d'habitude moins de protéines ou de matières grasses, ou des deux, ou 
bien une partie des protéines peut provenir de produits végétaux. On 
évitera d'utiliser ces produits, car ils ne conviennent pas aux agneaux. 
Le gain de poids obtenu avec le lait de vache entier ou avec les 
aliments d'allaitement pour veaux sont d'environ 90 % de ceux 
obtenus avec des aliments d'allaitement préparés spécialement pour 
les agneaux. L'utilisation de ces produits peut cependant être 
économique, car leur moindre coût compense largement la réduction, 
somme toute assez marginale de la croissance des agneaux. 

Une autre possibilité est d'utiliser un mélange moitié de lait de 
vache et moitié d'aliment d'allaitement reconstitué pour agneaux. 
Avec ce mélange, la croissance des agneaux est identique à celle des 
agneaux qui sont nourris seulement avec l'aliment d'allaitement pour 
agneaux. 



18 



Aux États-Unis, des doses d'antibiotiques relativement élevées 
(par exemple, de la néomycine au taux de 275 mg/kg) ont été 
recommandées pour prévenir la diarrhée et les autres troubles 
digestifs. Des doses plus faibles (de la chlortétracycline au taux de 55 
mg/kg) ont également été employées couramment dans des 
préparations expérimentales. Cependant, le Centre de recherches 
zootechniques n'a jamais utilisé d'antibiotiques pour l'élevage 
artificiel des agneaux. Il n'est pas nécessaire d'utiliser des doses non 
thérapeutiques d'antibiotiques dans les aliments d'allaitement pour 
agneaux et il n'est pas recommandé de le faire du moment qu'on 
observe de bonnes pratiques d'hygiène et de conduite des agneaux. 

PRÉPARATION 

Les aliments d'allaitement commerciaux doivent être reconstitués 
selon le mode d'emploi prescrit par le fabricant. Une partie (en poids) 
de la poudre d'aliment d'allaitement dans quatre parties d'eau 
donnent un produit dosant de 16 à 20 % d'extrait sec, proportion 
habituellement recommandée. On ajoute d'abord environ la moitié de 
la quantité voulue d'eau chaude (environ 50 à 55 °C), pour que la 
poudre se dissolve complètement et que les globules de matières 
grasses demeurent homogénéisés. La température de l'eau ne doit pas 
dépasser 55 °C, car les protéines pourraient être endommagées. Une 
fois bien mélangée la poudre à l'eau chaude, ajouter la quantité d'eau 
(froide) qui reste et bien mélanger de nouveau. Réfrigérer le mélange 
avant de le servir aux agneaux si l'on utilise le système d'alimentation 
à froid, ou abaisser à la température du corps s'il doit être servi chaud. 

ADDITION DE FORMALINE 

L'addition de faibles concentrations de formaline à l'aliment 
d'allaitement comporte plusieurs avantages. La formaline retarde la 
croissance bactérienne et empêche l'aliment reconstitué de surir. De 
plus, elle prévient ou réduit de façon considérable le météorisme de la 
caillette chez les agneaux qui reçoivent l'aliment d'allaitement tiède. 
On recommande d'ajouter entre 0,05 et 0,10 % de formaline à l'aliment 
reconstitué. Ces doses n'ont aucun effet nuisible sur les agneaux. 

Si on emploie la formaline, on commence par mélanger la poudre 
avec l'eau tiède selon la méthode habituelle, puis on ajoute la 
formaline en mélangeant bien. Pour obtenir une concentration de 
0,10%, ajouter lmL (ou 1 mL/L) de formaline par kilogramme 
d'aliment liquide. Si l'on coupe de moitié la quantité de formaline 
utilisée, on obtiendra une concentration de 0,05 %. On utilise une 
seringue pour mesurer de façon précise la quantité de formaline. La 
concentration de formaline ne doit pas dépasser 0,10 % sous peine de 
rendre l'aliment d'allaitement inappétent pour les agneaux, qui 
consommeraient moins et auraient donc une croissance plus lente. 



19 



La formaline est une solution qui contient 35 % (en poids) de 
formaldéhyde. Comme c'est un produit chimique dangereux, on doit le 
manipuler avec soin pour éviter les blessures. Les vapeurs qui s'en 
dégagent peuvent irriter les yeux et le nez. Si la formaline vient en 
contact avec la peau, laver avec soin l'endroit atteint; si on en reçoit 
dans les yeux, les bassiner pendant 15 min à l'eau courante, puis 
appeler un médecin. Moyennant les précautions nécessaires, la 
formaline n'est pas plus dangereuse que tout autre produit chimique 
d'usage courant à la ferme. 



SYSTEMES DE DISTRIBUTION 



PROTECTION DES TÉTINES 

Les agneaux peuvent endommager considérablement les tétines 
en les mordillant, particulièrement quand ils sont plus âgés. La 
plupart du temps, ces dommages surviennent lorsque les agneaux 
saisissent les tétines par le côté avec leurs molaires. On peut perdre 
des quantités importantes de lait si l'on ne protège pas les tétines. 
Dans un système de distribution à volonté, il faut entourer les tétines 
de protecteurs en métal ou en plastique pour éviter que les agneaux ne 
les percent sur le côté (fig. 5 à 8). Les protecteurs en plastique 
fabriqués à partir de bouteilles vides, soigneusement nettoyées, sont 
également efficaces. Les protecteurs peuvent aussi contribuer à 
guider les agneaux vers les tétines lorsque ceux-ci apprennent à téter. 
On peut aussi protéger les tétines en les plaçant au fond de trous de 8 
à 10 cm de diamètre (ou encore mieux, 6 cm de largeur sur 10 cm de 
hauteur) pratiqués dans une planche de contre-plaqué, de telle sorte 
que l'agneau ne puisse avoir accès à la tétine qu'en introduisant son 
museau dans le trou (fig. 1). Il semble que l'on puisse également 
protéger les tétines en les montant sur une plaque en métal ou en bois 
munie d'une cloison de chaque côté des tétines, en laissant de 8 à 
10 cm entre la tétine et la cloison. 



ALIMENTATION AU SEAU À TÉTINES 

On peut facilement installer une ou plusieurs tétines sur un seau 
ou un autre contenant en plastique. On pratique un ou plusieurs 
trous, selon le cas, au bas du seau et on le suspend à la cloison de 
l'enclos, de façon à ce que les agneaux puissent se servir eux-mêmes 
(fig. 3). Les principaux avantages de ce système simple sont le coût 
modique et la facilité de nettoyage. Le contenu du récipient peut être 
gardé froid en y laissant flotter une bouteille en plastique remplie 
d'eau glacée ou un sachet réfrigérant commercial. Les principaux 
inconvénients du système tiennent à la difficulté d'empêcher les 
agneaux de mordiller les tétines. Une tétine abîmée peut entraîner la 
perte de tout le contenu du récipient. 



20 



cloison 
de l'enclos 




attache métallique 
récipient de plastique 

tétines à bout auto-scellant 
assujetties à un trou pratiqué 
dans le récipient 



Fig. 3 Seau peu coûteux utilisé pour Palimentation de petits groupes 
d'agneaux (d'après Spedding et al., 1976). 



NOURRISSEURS À PLUSIEURS TÉTINES 

On peut fixer les tétines à un raccord en métal ou en plastique fixé 
à un trou pratiqué dans la cloison de l'enclos, puis les relier par un 
tube en plastique au récipient qui contient l'aliment d'allaitement 
(fïg. 4). Un même récipient peut alors approvisionner plusieurs 
tétines. On peut éviter les pertes d'aliments causés par l'endom- 
magement des tétines en plaçant le contenant à un niveau inférieur à 
celui de la tétine. Le principal inconvénient de ce système est qu'il est 
plus difficile d'apprendre aux agneaux à boire, car ils doivent sucer 
plus longtemps et plus fort pour que l'aliment remonte dans le tube et 
atteigne la tétine. Beaucoup de petits agneaux peu vigoureux n'y 
arrivent pas. L'installation d'un clapet de pied pour éviter que 
l'aliment d'allaitement ne retombe dans le récipient facilite 
l'opération, mais il peut être difficile de maintenir le clapet en bon état 
de fonctionnement. On peut fabriquer un clapet de pied en plaçant un 
roulement à billes sur le dessus de la cartouche d'un stylo à bille, elle- 
même fixée à l'extrémité du tube d'alimentation. On peut aussi se 
procurer des clapets commerciaux dans les magasins de pièces 
d'automobile (clapets pour l'essuie-glaces) ainsi que dans les 
quincailleries et autres magasins d'appareils ménagers. 



21 



cloison de l'enclos 



tétine 



raccord en métal 
tube en plastique 



enclos des agneaux 




récipient 



clapet de pied 



Fig. 4 Appareil simple pour l'alimentation de groupes d'agneaux. Si la tétine 
est endommagée, l'aliment d'allaitement ne coule pas, comme ce serait le cas 
avec le système illustré à la figure 3 (d'après Spedding et al., 1976). 

Il existe sur le marché un système dont les tétines sont fixées à la 
partie inférieure du récipient, de façon à ce que l'aliment coule par 
gravité et que plusieurs agneaux se nourrissent en même temps. Pour 
garder le lait froid, on peut placer dans le seau des sacs en plastique ou 
des bouteilles contenant de la glace. 

RAMPES NOURRICIÈRES 

Les rampes nourricières comme celles illustrées aux figures 5 à 8 
sont relativement faciles à confectionner et peu coûteuses. Elles 
peuvent être montées à partir d'articles de plomberie faciles à trouver. 
Une rampe nourricière se compose de tétines reliées à des tuyaux ou à 
des canalisations, dans lesquels l'aliment d'allaitement s'écoule, par 
gravité ou à l'aide d'une pompe, à partir d'une source 
d'approvisionnement. L'aliment peut être réfrigéré, chauffé ou laissé 
à la température de la pièce. 

Les tétines utilisées pour la rampe doivent être conçues ou 
modifiées de manière à ce qu'elles ne coulent pas lorsqu'elles sont 
remplies de l'aliment d'allaitement. Les tétines Lamblux® (fig. 5) 
ainsi que les tétines pour biberons (fig. 7), sur lesquelles une petite 
fente verticale a été pratiquée à l'aide d'une lame tranchante ont été 
utilisées avec succès sur les rampes nourricières. 



22 




Fig. 5 (a) Rampe nourricière pour l'alimentation d'un petit groupe d'agneaux 
et tétines Lamblux®, non encore installées dans les orifices d'alimentation. Les 
tubes en plastique ont un diamètre de 1,25 cm; à droite, l'extrémité du tube 
(flèche) a été laissée ouverte pour éviter qu'il ne se crée une pression à l'intérieur 
du système, (b) Rampe nourricière sur laquelle les tétines ont été introduites 
dans les orifices de 2,5 cm de diamètre pratiquées dans une planche de contre- 
plaqué, (en médaillon) Tétines qui sortent de la planche inclinée vers le bas, avec 
et sans protecteur en plastique. Le protecteur a été fabriqué avec une bouteille 
de détergent de 1 L. 



23 




I 













Fig. 6 Agneaux qui tètent l'aliment d'allaitement chaud à l'aide de la rampe 
nourricière illustrées aux figures 5a et b. 



À la Station de recherches de Fredericton (fig. 5 et 6), une rampe 
nourricière peu coûteuse a été fabriquée à partir d'un tube en 
plastique souple de 1,25 cm. Des raccords en T de 1,25 cm en plastique 
rigide ont été introduits à tous les 20 cm. La partie du T à laquelle la 
tétine est reliée est coupée de façon à n'avoir plus qu'une ou deux 
stries, pour éviter que le plastique dur ne glisse trop loin dans la 
tétine. L'autre extrémité du tube est laissée ouverte, comme l'illustre 
la figure 5a, pour éviter qu'il ne se crée une pression à l'intérieur de la 
canalisation et qu'il ne se produise des fuites aux tétines non utilisées 
lorsqu'un agneau suce une autre tétine. Il faut un minimum de six 
tétines par rampe nourricière pour ne pas que les tétines libres coulent 
durant la têtée. La planche sur laquelle les tétines sont fixées (fig. 56) 
est placée à un angle d'environ 65° pour imiter la forme du pis de la 
brebis. Les tétines peuvent être espacées de plus de 20 cm, selon la 
forme de l'enclos et le nombre d'agneaux à nourrir, mais il faut laisser 
au moins 20 cm, sinon les agneaux seront entassés. 

Des canalisations rigides ont également été utilisées avec succès, 
mais elles sont plus difficiles à nettoyer. Les figures 7 et 8 illustrent 
des rampes nourricières fabriquées de cette façon. L'aliment 
d'allaitement peut être gardé dans un seau ouvert à la température de 
la pièce ou être réfrigéré (fig. 9). Un réfrigérateur usagé ou un petit 



24 



réfrigérateur à lait utilisé dans les restaurants peut contenir 
suffisamment d'aliment pour nourrir jusqu'à 50 agneaux. On peut 
pratiquer un trou sur le côté du réfrigérateur afin d'y introduire la 
canalisation qui relie la rampe nourrice au contenant de l'aliment, 
comme l'indique la figure 9. 









Fig. 7 (a) Autre type de rampe nourricière; les tétines doivent être espacées 
d'au moins 20 cm. (b) Éléments d'une unité d'alimentation de la rampe : 
protecteur en plastique, tube en plastique perforé et raccord de réduction, 
bonde en plastique et tétine de biberon. 



25 




Fig. 8 Agneaux qui tètent l'aliment d'allaitement froid circulant dans une 
rampe nourricière semblable à celle présentée aux figures 7a et b. 



26 



La circulation continue de l'aliment d'allaitement entre la rampe 
nourricière et le réfrigérateur maintient l'aliment à une température 
froide constante. Une petite pompe à pression positive en plastique 
(fig. 9), peu coûteuse, entraînée par un moteur à vitesse variable 
fonctionnant à environ 100 r/min a donné de bons résultats à la 
Station de recherches de Fredericton. On a également utilisé de 
petites pompes à engrenages qui fonctionnent à faible vitesse. Une 
petite pompe centrifuge s'est révélée inefficace, car elle produisait 
beaucoup de mousse et entraînait la séparation des matières grasses 
dans l'aliment d'allaitement. 

Il est recommandé de prévoir un système d'arrêt automatique de 
la pompe lorsque l'aliment vient à manquer. Le système de 
circulation de l'aliment doit être conçu de manière à n'exercer qu'une 
très faible pression sur les tétines, sinon celles-ci couleront. Dans le 
système illustré à la figure 9, l'aliment d'allaitement coule par 
gravité du contenant réfrigéré à la rampe nourricière puis est 
retourné dans le contenant par la pompe. 




Fig. 9 Pompe en plastique reliée à un moteur à vitesse variable. L'aliment 
d'allaitement coule par gravité du contenant placé à l'intérieur du réfrigérateur 
vers les tétines, puis retourne dans le contenant grâce à la pression exercée par 
la pompe. 



27 



HYGIENE 



Pour obtenir une croissance optimale des agneaux, il est essentiel 
de nettoyer régulièrement tout le matériel de distribution de l'aliment 
d'allaitement et d'appliquer de bonnes mesures d'hygiène. L'aliment 
d'allaitement liquide est un milieu très propre à la croissance de 
bactéries et il surit vite s'il est laissé à la température de la pièce. Il 
est souhaitable de nettoyer chaque jour les tétines, les canalisations 
ou les tuyaux. Pour nettoyer et désinfecter les ustensiles, les tétines 
ou autres appareils, les rincer tour à tour à l'eau froide, à l'eau chaude 
additionnée de détergent, à l'aide d'une solution d'hypochlorite ou de 
tout autre désinfectant. On peut devoir recourir à la brosse pour 
enlever les matières grasses lors du lavage à l'eau chaude. Terminer 
le nettoyage par un bon rinçage à l'eau froide. Il ne doit rester aucune 
trace de détergent. Les réservoirs d'aliment d'allaitement doivent être 
nettoyés deux ou trois fois par semaine, ou plus souvent si l'on 
constate que l'aliment surit plus vite. La fréquence de nettoyage est 
déterminée par le type de contenant utilisé, la température du lait et 
l'addition de formaline, qui empêche le lait de surir. Les systèmes de 
canalisation complexes peuvent être nettoyés par recirculation, à 
intervalles déterminés. 

Dans les systèmes d'alimentation à volonté, l'aliment doit être 
disponible en tout temps; le temps nécessaire au nettoyage et à la 
désinfection du matériel doit donc être très court. C'est pourquoi il est 
utile d'avoir en double tous les éléments du système d'alimentation 
utilisé (rampes nourricières, tétines et autres). On peut ainsi utiliser 
le matériel propre pendant que l'on procède au nettoyage de l'autre. 
De cette façon, les agneaux ne sont jamais privés d'aliments et le 
lavage peut se faire lorsque le temps le permet. 



MALADIES ET TROUBLES DIGESTIFS 



Une injection de vitamines A, D et E à la naissance aide à prévenir 
les maladies et les infections. Si la dystrophie musculaire, ou maladie 
du raide, sévit dans la région, on administrera aux agneaux une 
injection de vitamine E et de sélénium à la naissance, puis une 
seconde injection au moment du sevrage. Le sélénium peut aussi être 
ajouté par le fabricant à l'aliment en poudre. Le supplément de 
sélénium ne doit pas être administré sous plus d'une forme, c'est-à- 
dire que si l'aliment d'allaitement en contient déjà, éviter d'en injecter 
aux agneaux. Il est à conseiller aussi de fournir du sélénium aux 
brebis, soit dans leur ration de céréales soit dans un supplément 
minéral servi à volonté. 

Les agneaux recevant l'aliment d'allaitement à volonté puis des 
aliments solides à haute valeur énergétique sont sujets, à l'âge de 3 ou 
4 semaines, à la maladie de la suralimentation (rein pulpeux ou 



28 



entérotoxémie). Ces agneaux doivent donc être vaccinés, à l'âge de 7 à 
10 jours, avec une préparation multiple de clostridium ou une 
préparation du type D (utiliser la moitié de la dose recommandée pour 
les agneaux d'engraissement). On donne une vaccination de rappel 
deux semaines plus tard. Ou encore, on peut vacciner la brebis 
environ 2 à 4 semaines avant l'agnelage et les anticorps qu'elle 
produira seront alors transmis à l'agneau par le colostrum. Dans ce 
cas, il faudra donner aux agneaux une vaccination de rappel à l'âge de 
49 à 56 jours. 

Le météorisme de la caillette peut constituer un problème chez les 
agneaux élevés au lait de remplacement. Les gaz qui causent le 
météorisme de la caillette sont produits par un microorganisme, le 
Lactobacillus fermentum. Les faibles concentrations d'antibiotiques 
parfois utilisées dans les aliments d'allaitement pour agneaux n'ont 
aucun effet sur cet organisme; cependant, sa croissance peut être 
fortement ralentie par les faibles concentrations de formaldéhyde 
(0,05 à 0,10% de formaline) recommandées pour empêcher le 
sûrissement (voir la section «Addition de formaline»). 

En général, les agneaux recevant un aliment d'allaitement de 
bonne qualité ne souffrent pas de diarrhée. Cependant, ce problème 
peut survenir si l'on utilise un aliment à faible teneur en matières 
grasses et à forte teneur en lactose, ou encore à forte teneur en amidon 
ou en graisses polyinsaturées. 



PERFORMANCE DES AGNEAUX NOURRIS AUX 
ALIMENTS D'ALLAITEMENT 



Dans de bonnes conditions de gestion et d'alimentation, la 
croissance des agneaux nourris aux aliments d'allaitement s'est 
avérée égale ou supérieure à celle des agneaux allaités par la mère. 
Jusqu'à l'âge de 3 à 4 semaines, la croissance des agneaux nourris à 
l'aliment d'allaitement est comparable à celle d'agneaux uniques 
semblables allaités par la brebis, et en général meilleure que celle de 
jumeaux allaités par la mère. L'agneau devrait engraiser de 0,25 à 
0,30 kg par jour pendant toute la période où il est nourri avec l'aliment 
d'allaitement. La concurrence pour le lait étant éliminée avec 
l'élevage artificiel, la croissance des agneaux issus de portées de 
tailles différentes (uniques, jumeaux, triplés, etc.) sera à peu près la 
même. Lorsqu'une fois sevrés, les agneaux reçoivent des aliments à 
haute teneur énergétique (concentrés), le gain de poids devrait 
demeurer à peu près le même jusqu'à l'âge d'environ 100 jours. 

Les agneaux en croissance rapide consomment chaque jour 
jusqu'à 0,5 kg de poudre d'aliment d'allaitement de bonne qualité. 
C'est un aliment qu'ils valorisent très bien et il ne leur en faut 
qu'environ 1 kg en poudre pour chaque kilogramme de gain de poids. 

La quantité totale d'aliment d'allaitement nécessaire pour nourrir 
un agneau varie selon le système de distribution, la composition de 



29 



l'aliment, l'âge de l'animal au sevrage et le poids de l'agneau à la 
naissance. Les agneaux sevrés et nourris à volonté à l'aliment 
d'allaitement pendant 3 ou 4 semaines consomment en général de 7 à 
9 kg de poudre. 

Le taux de mortalité chez les agneaux nourris à l'aliment 
d'allaitement est en général inférieur à 5%. Les mortalités sont 
moins fréquentes chez les agneaux élevés artificiellement que chez les 
agneaux nourris par la mère, car l'élevage artificiel comporte moins de 
risques d'accidents ou d'insuffisance d'alimentation. 



LECTURES CONSEILLEES 



Ainsworth, L.; Heaney, D.P.; Fiser, P. S.; Langford, G.A.; Shrestha, 
J.N.B.; Léger, D.A. 1987. Accroissement de la capacité de 
rendement des systèmes de production d'agneaux - Recherche et 
technologie. Agric. Can. Bull. Tech. 1987-1 IF. 91 p. (Pour obtenir 
un exemplaire gratuit, s'adresser au directeur du Centre de 
recherches zootechniques, Direction générale de la recherche, 
Agriculture Canada, Ottawa (Ont.) K1A 0C6). 

Frederickson, K.R.; Jordan, R.M.; Terrill, CE. 1980. Rearing lambs 
on milk-replacer diets. U.S. Dept. Agric. Farmers' Bull. No 2270. 

Heaney, D.P.; Shrestha, J. N.B.; Peters, H. F. 1983-1984. Reducing 
the cost of milk replacer for the artificial rearing of lambs. Sheep 
Canada 8(4):7. 

Heaney, D.P.; Shrestha, J.N.B. 1984. Management tips for reducing 
artificial rearing costs for lambs. Sheep Canada 9(4):3-4. 

Hess,E.W. 1971. The milk-bar «foot-valve». The Shepherd 16(3):10. 

Sheep Industry Development Program, Inc. 1975. The Sheepman's 
Production Handbook, 2 e éd. Abegg Printing, Denver (Colorado). 

Spedding, C.R.W., et al. 1976. Artificial rearing of lambs. Technical 
Report, Sheep Improvement Service, Méat and Livestock 
Commission, U.K., 35 p. 



30 



LIBRAR Y/BIBLIOTHEQUE 




AGRICULTURE CANADA OTTAWA K1A 0C5 

3 TD73 00D7MÔS5 D 



TABLE DE CONVERSIONS 



Unités impériales 

Longueur 

pouce 
pied 
verge 
mille 

Surlace 

pouce carré (po 2 ) 
pied carré (pi 2 ) 
verge carrée (v 2 ) 
mille carré 
acre 

Volume 

pouce cube 
pied cube 
verge cube 
once liquide 
chopine 
pinte 

gallon (R.-U) 
gallon (É.-U-) 

Masse 

once 
livre 
tonne (courte) 



Température 

degrés Fahrenheit (°F-32)xO,56 

ou(°F-32) x 5/9 

Pression 

livres par pouce carré x 6,9 

Puissance 

cheval-vapeur x 746 



Facteur 


de conversion 


x 


25 


x 


30 


X 


0,9 


X 


1,6 


X 


6,5 


X 


0,09 


X 


0,836 


X 


259 


X 


0.40 


X 


16 


X 


28 


X 


0,8 


X 


28 


X 


0.57 


X 


1,1 


X 


4,5 


X 


3,8 


X 


28 


X 


0,45 


X 


0.9 



Unités métriques 



millimètre 


(mm) 




centimètre 


(cm) 




mètre 


(m) 




kilomètre 


(km) 




centimètre carré 


(cm 2 ) 




mètre carré 


(m 2 ) 




mètre carré 


(m 2 ) 




hectare 


(ha) 




hectare 


(ha) 




centimètre cube 


(cm 3 , mL, 


ce) 


décimètre cube 


(dm 3 ) 




mètre cube 


m 3 ) 




millilitre 


(mL) 




litre 


(L) 




litre 


(L) 




litre 


(L) 




litre 


(L) 




gramme 


(g) 




kilogramme 


(kg) 




tonne 


(t) 




degrés 






'9 Celsius 


CC) 





Vitesse 

pieds par seconde 
milles par heure (mph) 

Agriculture 

gallons par acre 
pintes par acre 
chopines par acre 
onces liquides par acre 
tonnes par acre 
livres par acre 

onces par acre 
plants par acre 



x 0,75 



x 0.30 
x 1,6 



kilopascal (kPa) 



watt (W) 
kilowatt (kW) 



mètres par seconde (m/s) 
kilomètres par heure (km/h) 



11,23 

2.8 

1.4 

70 

2.24 

1.12 

70 
2,47 



litres par hectare 

litres par hectare 

litres par hectare 

millilitres par hectare 

tonnes par hectare 

kilogrammes par 

hectare 

grammes par hectare 

plants par hectare 



(Lha) 
(Lha) 
(L/ha) 

(mLha) 
(t/ha) 

(kg/ha) 

(g/ha) 

(plants/ha)