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Full text of "Élevage du lapin de chair"

Élevage du lapin de chair 



i+ 



Agriculture 
Canada 

Publication 1782 F 





Canada 



Élevage du lapin de chair 



PUBLICATION 1782/F On peut en obtenir des exemplaires 
à la Direction générale des communications, Agriculture Canada, 
Ottawa K1A 0C7. 

®Ministre des Approvisionnements et Services Canada 1986 
N° de cat. A63-1782/1986F ISBN: 0-662-93943-3 

Impression 1986 3M-10:86 

Also available in English under the title 
Raising méat rabbits. 



Agriculture Canada tient à remercier M. Lee Coates, du 
Conseil canadien de la cuniculture, pour les critiques qu'il a 
apportées au manuscrit, et le ministère de l'Agriculture de 
l'Alberta pour lui avoir permis d'utiliser l'information se 
trouvant dans la publication intitulée Raising Méat Rabbits 
in Alberta (rédigée par Briarpatch Farms Ltd. , Ardrossan, 
Alberta). 



La présente publication remplace la publication n° 1200 intitulée Élevage du lapin. 
Also available in English under the title Raising méat rabbits. 



TABLE DES MATIERES 



POURQUOI ELEVER DES LAPINS? / 5 
DÉMARRAGE DE L'EXPLOITATION / 5 
TAILLE DE L'EXPLOITATION / 5 
COMMERCIALISATION / 5 

CHOIX DE LA RACE / 6 

Néo-Zélandais blanc / 6 
Californien / 6 
Argenté de Champagne / 6 
Géant des Flandres / 7 
Blanc de Floride / 7 

CHOIX DU TROUPEAU FONDATEUR / 7 

Appréciation visuelle / 8 
Évaluation des registres / 8 
Âge du troupeau fondateur / 8 
Achat de clapiers entiers / 8 
Achat du mâle / 8 
Tatouages et généalogies / 8 
Animaux enregistrés / 8 

BÂTIMENT D'ÉLEVAGE / 9 

Aménagement du bâtiment / 9 

Construction et conception / 10 

Température / 10 

Ventilation / 10 

Lumière / 11 

Coûts/ 11 

Conseil professionnels / 11 

MATÉRIEL D'ÉLEVAGE / 12 

Cages / 12 

Abreuvoirs / 13 

Mangeoires / 14 

Boîtes à nid / 15 

Autre matériel d'élevage / 15 

ALIMENTATION / 16 

Système digestif du lapin / 16 
Besoins nutritifs / 16 
Aliments / 17 

Méthodes d'alimentation / 18 
Aliments médicamenteux / 19 
Entreposage des aliments / 19 
Nutrition et maladies / 19 
Modification des rations / 20 

REPRODUCTION / 20 

Fertilité / 20 

Période de gestation / 20 

Âge au premier accouplement / 20 

Accouplement / 21 

Diagnostic de la gestation / 21 

PROBLÈMES DE REPRODUCTION / 22 

Pseudo-gestation / 22 

Stérilité / 22 

Mortalité néonatale et avortements / 24 



ELEVAGE DE LA PORTEE / 24 

Mise bas / 24 

Soins à donner à la portée / 24 

Adoption / 25 

Causes de mortalité chez les nouveau-nés / 25 

Allaitement et lactation / 25 

Causes de mortalité après l'âge de trois semaines / 26 

Sevrage / 26 

MALADIES ET DIFFORMITÉS / 27 

Stress / 27 
Maladies / 27 
Difformités / 29 

GESTION DU TROUPEAU / 30 

Manipulation / 30 

Tatouage / 31 

Sexage / 31 

Castration / 32 

Hygiène et lutte contre les maladies / 32 

Consultation d'un vétérinaire / 32 

Utilisation des médicaments / 33 

Diagnostic en laboratoire / 33 

Gestion quotidienne du clapier / 33 

Programmes de reproduction / 33 

Autres considérations / 33 

SÉLECTION DES ANIMAUX DE 
REMPLACEMENT / 35 

Méthodes d'amélioration / 35 
Sélection au moyen du test de descendance / 35 
Nombre des animaux de remplacement / 35 
Sélection des reproducteurs femelles / 36 
Sélection des reproducteurs mâles / 36 

GÉNÉTIQUE ET SYSTÈME DE 
CROISEMENTS / 36 

Génétique / 36 
Caractères / 37 
Système de croisements / 37 

TENUE DES REGISTRES / 38 

Carte de cage - femelle / 38 

Carte de cage - mâle / 39 

Fiche de travail quotidienne / 39 

Indice de transformation alimentaire / 40 

Résumés de la production du troupeau / 40 

Registres financiers / 40 

Livre généalogique / 41 

Utilisation d'un ordinateur domestique / 41 

PROBLÈMES D'EXPANSION / 41 
GLOSSAIRE / 43 
RÉFÉRENCES / 45 
SOURCES / 45 



Digitized by the Internet Archive 

in 2012 with funding from 

Agriculture and Agri-Food Canada - Agriculture et Agroalimentaire Canada 



http://www.archive.org/details/levagedulapindecOOcana 



POURQUOI ÉLEVER DES LAPINS? 



La viande de lapin, comme source alimentaire, présente des 
perspectives prometteuses. À l'avenir, il se peut que ce petit 
animal devienne une des espèces domestiques les plus 
importantes. Dans un monde où il faut nourrir un nombre 
sans cesse croissant de personnes, les animaux qui peuvent 
manger des fourrages représenteront un avantage par rap- 
port à ceux qui s'alimentent de grain. Le lapin peut se 
nourrir d'aliments ne convenant pas à l'homme à cause de 
leur teneur élevée en fourrages et de leur faible teneur en 
grain. De tous les animaux domestiques, le lapin est celui 
qui utilise les fourrages le plus efficacement. De plus, le 
lapin croît rapidement, se reproduit facilement et affiche 
une grande diversité génétique. 

La chair du lapin est très nutritive. Sa faible teneur en gras 
insaturé et en cholestérol en fait une excellente viande pour 
les personnes atteintes de maladies coronariennes. Elle 
contient également moins de sodium que la viande rouge, 
mais à peu près les mêmes quantités de fer et de vitamines. 



Valeur nutritionnelle des viandes 
les plus courantes 1 



Partie comestible, 


Protéines 


Gras 


Eau 




non cuite 


(%) 


(%) 


(%) 


Cal/kg 


Lapin 


20,8 


10,2 


67,9 


1765 


Poulet (à frire) 


20,0 


11,0 


67,9 


1798 


Veau (moyennement 










gras) 


19,1 


12,0 


68,0 


1865 


Dindon (moyenne- 










ment gras) 


20,1 


22,2 


58,3 


2642 


Agneau (gras) 


15,7 


27,7 


55,8 


3152 


Boeuf (gras — 




- 






bonne qualité) 


16,3 


28,0 


55,0 


3197 


Porc (moyennement 










gras) 


11,9 


45,0 


42,0 


4551 



1 . Robert Bennet, Raising Rabbits the Modem Way, Garden Way Publish- 
ing, Vermont (1975), p. 35. 



DEMARRAGE DE L'EXPLOITATION 

Élever des lapins n'est pas la façon de s'enrichir rapidement. 
Cependant, les efforts et l'investissement que vous y consa- 
crerez seront récompensés, car vous pourrez produire de la 
viande saine pour votre propre consommation, faire quel- 
ques profits et récolter le meilleur fumier organique qui soit. 
Il vous faudra toutefois quelques connaissances et une cer- 
taine expérience, même pour un petit élevage. La meilleure 
formation que puisse acquérir un éleveur de lapins, ou 
cuniculteur, est celle que lui donne la gestion de son propre 
élevage. S'il s'agit d'un débutant, le meilleur conseil que 
l'on puisse lui donner est de commencer sur une petite 



échelle et d'agrandir son élevage seulement lorsqu'il aura 
acquis assez d'expérience pour éviter toute erreur coûteuse. 

Il est important de ne pas commencer un élevage avec plus 
de vingt femelles et deux ou trois mâles. Un clapier de cette 
taille permettra au débutant d'acquérir une expérience va- 
riée. Si, après une année, vous décidez de continuer à élever 
des lapins, vous disposerez d'un bon troupeau de départ. Si, 
par ailleurs, vous décidez d'abandonner l'élevage du lapin, 
vous pourrez facilement vendre le troupeau. Qu'elle soit un 
succès ou un échec, une petite exploitation ne vous coûtera 
pas trop cher. 



TAILLE DE L'EXPLOITATION 

Le temps et l'argent que vous pouvez y consacrer ainsi que 
l'expérience que vous avez devraient déterminer la taille de 
votre clapier. Un petit élevage comprenant un mâle et trois 
ou quatre femelles fournira assez de viande pour varier le 
menu d'une famille moyenne. Un clapier comprenant entre 
20 et 200 femelles occupera une personne à temps partiel. 



Par exemple, une exploitation de 100 femelles exige envi- 
ron quatre heures de travail par jour. Travaillant à plein 
temps, une équipe de deux personnes pourrait s'occuper de 
600 femelles, mais, dans ce cas, il faut que le clapier soit 
bien construit, bien géré et automatisé. 

Cependant, quelle que soit la taille de l'exploitation, il faut 
d'abord que le futur cuniculteur s'assure d'un marché avant 
d'investir. 



COMMERCIALISATION 

La commercialisation du lapin est régie par les services 
provinciaux d'inspection de la viande. A moins de s'en tenir 
à la vente à la ferme de lapins vivants, l'éleveur doit faire 
affaire avec des transformateurs. S'il y en a dans votre 
région, communiquez avec eux (ainsi qu'avec d'autres éle- 



veurs) afin de vous renseigner sur l'importance de leur 
marché, la demande pour le lapin à frire, la stabilité du 
marché et des cours acheteurs ainsi que sur l'existence d'un 
service de ramassage. Il est plus avantageux pour l'éleveur 
d'être situé près du transformateur, car le transport de lapins 
vivants sur de longues distances n'est pas rentable à cause 
des coûts élevés de l'essence et de la main-d'oeuvre et de la 
perte de poids attribuable au stress du transport. 



Idéalement, le lapin à frire devrait être vendu à l'âge de 
8 à 10 semaines, lorsqu'il pèse entre 2,2 et 2,5 kg. Les 
sujets réformés des troupeaux de reproduction peuvent être 
engraissés comme lapins à rôtir, mais ce marché est limité et 
commande des prix bas. 

Élever des races à fourrure uniquement pour leurs peaux 
n'est pas rentable en raison de ce qu'il en coûte pour amener 
l'animal jusqu'à la maturité, moment où sa fourrure est de 
première qualité. 

Les laboratoires constituent des débouchés rentables, mais 
ils exigent de l'éleveur qu'il fournisse des lapins possédant 
des caractères très particuliers et provenant de souches 



exemptes de maladies et élevées dans des conditions op- 
timales. 

Le marché de l'animalerie est limité et saisonnier. 

De nombreux éleveurs expérimentés suppléent au revenu 
tiré du clapier en vendant des animaux de reproduction, car 
il y a toujours une demande pour des reproducteurs de 
qualité. Néanmoins, ils doivent tout de même avoir des 
débouchés pour les sujets réformés et les excédentaires. 

Les producteurs de viande de lapin doivent faire de la 
publicité pour accroître leurs ventes. Le grand public ne 
connaît pas la valeur nutritionnelle et la fine saveur du lapin 
domestique. 



CHOIX DE LA RACE 



Il existe plus de 30 races de lapin domestique en Amérique 
du Nord, mais seules les races les plus lourdes servent à la 
production commerciale de viande. Comme certaines des 
races plus lourdes parviennent à maturité très lentement et 
ont une chair foncée, on leur préfère le Néo-Zélandais blanc 
et le Californien qui croissent rapidement, ont une mor- 
phologie de type compact ainsi qu'une chair blanche et 
ferme et présentent un bon rapport viande/os. 

Les transformateurs préfèrent les lapins blancs, principale- 
ment parce qu'un poil foncé laissé par inadvertance sur la 
carcasse est plus visible. Dans certaines régions, les trans- 
formateurs paient moins cher pour les animaux de couleur. 

Il n'est pas nécessaire, pour l'éleveur, de se limiter à une 
seule race. Par exemple, de nombreux producteurs commer- 
ciaux croisent des mâles de race Californienne avec des 
femelles de race Néo-Zélandaise blanche afin d'obtenir des 
lapereaux vigoureux convenant au marché du lapin à frire. 

Vous pouvez essayer plusieurs races avant d'en choisir une 
de façon définitive. Pour obtenir plus d'information sur les 
races de lapin, consultez le guide officiel de l'American 
Rabbit Breeders' Association. 

Néo-Zélandais blanc 

Cette race a été développée aux États-Unis à des fins 
commerciales; elle est la plus recherchée pour la production 
de viande. Les sujets de cette race ont une fourrure blanche, 
des yeux rose clair et des oreilles très veinées. Le corps est 



^1 



d'une longueur moyenne, les hanches sont rondes, les reins 
sont bien remplis et les épaules sont proportionnées au reste 
du corps. À maturité, les mâles pèsent environ 4,5 kg et les 
femelles, environ 5,0 kg. Une portée moyenne compte de 
huit à dix lapereaux. 

Californien 

Cette race a également été développée aux Etats-Unis à des 
fins commerciales. La fourrure est blanche, à l'exception 
des oreilles, du nez, des pieds et de la queue qui sont noirs 




Figure 2 Californien 

ou bruns; les yeux sont roses. Les hanches sont bien rem- 
plies, la selle est charnue et les épaules sont larges, mais les 
os sont petits. Le poids adulte est d'environ 4 kg, pour le 
mâle, et de 4,3 kg, pour la femelle. Une portée moyenne 
compte de six à huit lapereaux. 

Argenté de Champagne 

Cette race est une des plus vieilles races connues. À la 
naissance, le lapereau a un pelage noir qui devient progres- 
sivement argenté, avec des poils de fond de couleur bleu 
ardoise et de longs poils noirs parsemés dans toute la 
fourrure. Les yeux sont bruns. Le corps est d'une longueur 



Figure 1 Néo-Zélandais blanc 




Figure 3 Argenté de Champagne 

moyenne, avec un arrière-train, des épaules et un dos bien 
développés. À l'âge adulte, le mâle pèse environ 4,5 kg et la 
femelle, 4,8 kg. 

Géant des Flandres 

Cette race, également très vieille, est très appréciée en 
Europe. Comme son nom l'indique, le Géant des Flandres 
est très gros et bien proportionné. Il a des yeux brun foncé et 
de longues oreilles. La fourrure peut être blanche, fauve, 
grise, sable, bleue ou noire. Les os sont gros, et l'arrière - 
train est lourd. La femelle a un fanon plus accentué. Le mâle 
adulte pèse en moyenne 6,5 kg et la femelle, 7 kg. 





Figure 4 Géant des Flandres 

Une étude récente menée par des chercheurs de l'Oregon 
State University 1 a montré que le Géant des Flandres ne se 
reproduit pas aussi bien que le Néo-Zélandais blanc. En 



effet, son taux de conception et le taux de survie de la portée 
sont plus faibles, l'intervalle entre deux portées est plus long 
et l'indice de transformation alimentaire, de la naissance à 
l'âge de vingt et un jours, est médiocre. 

Blanc de Floride 

On a développé cette race pour répondre à la demande de 
petits lapins à frire et de lapins blancs de laboratoire de plus 
petite taille. On commence à l'apprécier de plus en plus pour 
la production domestique de viande et les croisements. 




Figure 5 Blanc de Floride 

La fourrure, de couleur blanche, est fournie et a une belle 
texture. Les yeux sont roses, le corps est ramassé et charnu, 
le cou est court et la tête est petite. À maturité, le mâle, 
comme la femelle, pèse seulement 2,3 kg environ. 



fanon 




queue 



jarret 



poitrine 



Figure 6 Anatomie externe du lapin 



CHOIX DU TROUPEAU FONDATEUR 

Après avoir décidé de la race, vous devez vous procurer un 
troupeau de départ. Il faut plusieurs années pour constituer 
un bon troupeau; aussi il est important de démarrer avec les 
meilleurs sujets possibles. Les transformateurs locaux peu- 
vent vous aider à entrer en contact avec des éleveurs de 
bonne réputation. Les clubs et les associations de cuni- 
culteurs peuvent également vous fournir de l'information. 



Votre ministère provincial de l'Agriculture peut vous en 
donner des adresses. Visitez plusieurs éleveurs et, si c'est 
possible, achetez vos lapins d'un producteur commercial 
dont l'entreprise marche bien. Prenez-en livraison seule- 
ment lorsque votre clapier sera complètement aménagé. 
Même les meilleurs reproducteurs ne donneront pas les 
résultats attendus dans un bâtiment d'élevage ne leur con- 
venant pas. 

Pour trouver les meilleurs troupeaux, il faut tenir compte de 



deux points importants : l'apparence des lapins et les regis- 
tres du clapier. 

Appréciation visuelle 

Lorsque vous visitez un clapier, vérifiez si les locaux sont 
propres, si les animaux semblent calmes et s'il y a beaucoup 
de jeunes lapins bien en chair. Prenez note du nombre de 
petits dans chaque portée et du nombre de femelles avec une 
portée (les deux tiers des femelles en production devraient 
avoir des portées). Il ne devrait pas y avoir de fortes senteurs 
d'ammoniac dans le bâtiment ni de lapins qui éternuent. 

Examinez attentivement chaque animal que vous envisagez 
d'acheter. Recherchez les sujets qui sont typiques de leur 
race, en santé et alertes. Evitez les animaux nerveux. As- 
surez-vous que le pelage est en bon état. Méfiez-vous des 
animaux dont la fourrure est laineuse, clairsemée ou terne. 
Les yeux devraient être clairs et brillants, et non larmoyants. 
Les dents ne devraient pas être jaunes ni déformées. De 
façon générale, l'animal devrait être propre, sec et charnu. 
Vérifiez si l'animal a des gales et des plaies sur le corps. 
Habituellement, ce sont là des symptômes de maladies. Il 
vaudrait donc mieux éviter d'acheter des animaux qui en 
ont. 

Evaluation des registres 

L'apparence des animaux est importante, mais les registres 
du clapier le sont également. Evitez les éleveurs qui ne 
tiennent pas de registres (ou qui ne veulent pas vous les 
montrer). Les registres renseignent sur les performances 
de l'exploitation. Examinez d'abord les données sur la re- 
production. De bonnes femelles conçoivent facilement, 
produisent de six à huit portées par année et environ 
quinze portées durant toute leur vie. L'effectif moyen d'une 
portée devrait être de sept lapereaux ou plus, avec un taux 
de mortalité peu élevé. Méfiez-vous cependant d'un éleveur 
qui prétend n'avoir aucune perte; même avec les meilleures 
pratiques d'élevage, une certaine perte est inévitable. Les 
jeunes devraient croître rapidement et atteindre un poids de 
2,2 kg à l'âge de huit semaines. Vérifiez le coût et la quan- 
tité des aliments afin d'établir si l'indice de transformation 
alimentaire est bon. Enfin, examinez l'ascendance des sujets 
pour vérifier la qualité des générations précédentes. 

A 

Age du troupeau fondateur 

Si vous achetez des lapins adultes, vous pouvez commencer 
la production rapidement. Vous aurez aussi de bons indices 
sur leurs qualités bouchères. Des animaux adultes sont plus 
résistants aux maladies et ont tendance à bien s'adapter à un 
nouveau milieu, pour autant qu'on les laisse s'acclimater 
pendant quelques semaines avant de les faire se reproduire. 
Par ailleurs, ces animaux vous coûteront plus cher et vous 
risquez d'acheter des sujets ayant mauvais caractère et bien 
ancrés dans leurs habitudes. 

Si vous voulez vous occuper de l'alimentation et de l'élevage 
de votre nouveau troupeau, achetez de jeunes lapins. Ils 
coûtent moins cher, sont facilement disponibles et s'adap- 
tent rapidement à leur nouveau milieu. L'inconvénient est 
que les caractéristiques qu'ils auront à l'âge adulte sont 
moins évidentes et que, bien entendu, vous devrez attendre 
pour les accoupler. 

Pour éviter ces deux situations extrêmes, vous pouvez 
acheter des femelles d'âges variés (par exemple, 3 mois, 



4 mois et 5 mois) et les mettre en production quelques-unes 
à la fois. 

Achat de clapiers entiers 

Des clapiers entiers sont souvent offerts en vente. Avant de 
faire un tel achat, essayez de savoir pourquoi le propriétaire 
désire vendre. Si ce dernier n'a pas réussi à rentabiliser son 
exploitation, assurez-vous que vous n'achetez par les pro- 
blèmes qui ont mené à son échec. 

Achat du mâle 

Achetez un bon mâle. Sa valeur est souvent équivalente à la 
moitié du prix du troupeau total car son rôle est vital pour 
l'amélioration de l'élevage. Achetez un animal qui a de 
l'expérience; une femelle inexpérimentée acceptera plus 
facilement de s'accoupler avec un mâle éprouvé. Vous de- 
vriez également acheter un jeune mâle comme reproducteur 
de remplacement. 

Tatouages et généalogies 

Les éleveurs tatouent l'oreille gauche des lapins pour les 
identifier. Si un animal est enregistré auprès de l'American 
Rabbit Breeders' Association (ARBA), on lui tatoue 
l'oreille droite. Un tatouage n'est pas une garantie de 
qualité. Celaui de l'ARBA signifie que l'animal est de race 
pure, mais non pas qu'il est bon producteur. 

Un lapin de race pure est élevé de façon à satisfaire à des 
standards reconnus. Si une généalogie écrite de ses ancêtres 
a été établie, il s'agit d'un animal pédigré. La généalogie 
devrait contenir de l'information au sujet de l'animal lui- 
même et d'au moins trois générations d'ancêtres des côtés 
maternel et paternel. Pour chaque animal, on doit y trouver 
le nom et le numéro d'oreille, le numéro d'enregistrement 
(s'il y a lieu), la couleur et les marques, le sexe, le poids, la 
date de naissance, les prix gagnés et les numéros de grand 
champion. 

Une généalogie n'est valable que dans la mesure où l'éleveur 
qui l'a établie est honnête et intègre, mais, sans ce docu- 
ment, l'animal n'est pas considéré de race pure. 

Animaux enregistrés 

Être propriétaire d'animaux enregistrés est très important 
pour ceux qui participent aux expositions d'animaux. Les 
champions enregistrés sont conformes aux standards de 
race, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'ils possèdent 
les traits convenant à la production commerciale. Il y a très 
peu de troupeaux commerciaux enregistrés. 

Toutefois, si vous voulez enregistrer un lapin, vous devez 
être membre de l'ARBA. L'animal doit être un adulte de race 
pure et avoir une généalogie établie sur trois générations. 
Un officier agréé de l'ARBA examine l'animal afin de 
s'assurer qu'il n'a pas de défauts et qu'il satisfait aux stan- 
dards de la race. Même la progéniture de parents enregistrés 
doit être examinée individuellement. L'officier tatoue le 
numéro d'enregistrement dans l'oreille droite, puis remplit 
une demande donnant la généalogie de l'animal et de l'infor- 
mation sur sa conformation et ses antécédents. Si la de- 
mande est approuvée, l'ARBA établit un certificat d'enregis- 
trement. 

Il y a trois catégories d'enregistrement : un sceau ordinaire 
signifie que l'animal n'a pas d'ancêtres enregistrés; un sceau 



8 



rouge signifie que les parents et les grand-parents sont 
enregistrés; et un sceau rouge/blanc/bleu signifie que tous 
les ancêtres sont enregistrés. Toute interruption dans l'enre- 
gistrement des générations signifie qu'il faut recommencer 



à zéro. Si, par exemple, une femelle issue de parents enre- 
gistrés meurt avant d'avoir été enregistrée, sa progéniture se 
verra attribuer un sceau ordinaire. 



BATIMENT D'ELEVAGE 

Vous pouvez transformer des bâtiments existants, des por- 
cheries ou des remises à outils, en clapiers. Cependant, il 
est moins coûteux et plus efficace de bâtir des locaux neufs. 
Vérifiez les règlements de zonage et le code du bâtiment 
dans votre région avant de commencer à construire. 

Choisissez un emplacement protégé. Dans les régions nor- 
diques, les clapiers sont orientés dans l'axe est-ouest afin 
d'assurer une exposition maximale au soleil d'hiver. Les 
arbres ou les brise-vent dévient le vent, tandis que les arbres 
d'ombrage filtrent le soleil d'été. Assurez- vous que le sol se 
draine bien et que vous avez accès à un approvisionnement 
continu en eau potable. 

Les dimensions du bâtiment dépendent du nombre de lapins 
que vous voulez y loger, du genre de cages que vous utilisez, 
du programme de reproduction et de l'investissement que 
vous voulez y consacrer. Les clapiers commerciaux res- 
semblent, au point de vue de la construction, aux poulaillers 
commerciaux. Un plan rectangulaire s'avère le plus effi- 
cace. Il s'agrandit facilement si vous augmentez votre 
troupeau. 

Aménagement du bâtiment 

Il est plus facile mais plus coûteux de bâtir un local à portée 
libre qu'un local avec poutres et piliers. Dans ce dernier cas, 
la distance entre les piliers doit être calculée en fonction des 
cages. 

Les allées entre les cages devraient avoir au moins 90 cm de 
largeur. Cependant, le couloir de passage lui-même devrait 



être plus étroit afin que les fosses à lisier dépassent légère- 
ment le devant des cages. Cet arrangement évite que les 
déjections et l'urine ne s'accumulent dans le couloir de 
passage. Les salles de stockage devraient être situées à une 
extrémité du bâtiment. Il est plus facile de mécaniser l'ex- 
ploitation (par exemple, racleurs à fumier automatiques) 
lorsque les rangées de cages sont longues. 

Chaque lapin a besoin d'une cage d'une surface minimale de 
0,7 m 2 . Habituellement, une cage a 75 cm de profondeur et 
75 cm de largeur. Le meilleur agencement pour les cages 
consiste à les disposer en rangées doubles, dans le sens de la 
longueur du bâtiment, non appuyées au mur. L'air peut ainsi 
circuler autour des cages et l'élimination du fumier est plus 
facile. On devrait laisser un espace de 3 m environ au bout 
des rangées afin de faciliter le déplacement de l'équipement 
d'une rangée à l'autre. 

Les dimensions du bâtiment illustré aux Figures 7 et 8 sont 
les suivantes : 

Surface de plancher d'une cage 

(largeur sur profondeur) : 75 cm x 75 cm 

Nombre de cages : 6 cages de large 

Superficie totale des cages : 
0,7 m 2 x 6 = 4,2 m 2 

Largeur d'une allée : 90 cm 

Largeur du bâtiment : 8,54 m 

Surface du plancher du bâtiment : 7,8 m 2 (pour 6 cages 
plus les allées) 

Surface de plancher totale par cage : 

7,8 m 2 -T- 6 = 1,3 m 2 (y compris l'allée) 











Ç 






1 












< 






~) 






<; 






1 




L — rangée double 
de cages 




couloir 
de passaae 




\ 


- lisier 




1 






J 








1 


i 






1 



Figure 7 Vue en bout d'un bâtiment d'élevage montrant l'espace entre les cages 



I ■— 1 

I I 

! 





3 



Figure 8 Vue de dessus d'un bâtiment d'élevage montrant la disposition des cages 



Si l'on compte un espace de 3 m au bout de chaque rangée, 
il faut calculer une surface de plancher totale de 1 ,58 m 2 par 
cage. 

Une fois le plan d'aménagement établi, vous pouvez déter- 
miner la superficie totale du bâtiment. Si le bâtiment décrit 
ci-dessus avait 33,55 m de longueur, il pourrait loger 
180 cages disposées sur un seul étage. 

Construction et conception 

Construisez votre bâtiment d'élevage pour que la production 
s'étende sur toute l'année. L'aménagement doit faciliter l'or- 
ganisation du travail ainsi que le nettoyage et la désinfection 
du matériel. La cellule maternité et la cellule engraissement 
doivent être aménagées dans la salle principale. Vous pou- 
vez également y loger les animaux de remplacement et les 
reproducteurs mâles. 

Le clapier peut aussi comprendre deux cellules d'isole- 
ment : une pour les lapins malades et une autre pour les 
animaux nouvellement acquis (ces cellules peuvent être 
dans d'autres bâtiments). On doit également trouver, dans le 
clapier, une salle de stockage propre, sèche et exempte de 
microbes et de rongeurs, une table de travail où l'on procède 
à la palpation, au tatouage, etc. des lapins, une salle où l'on 
nettoie les cages, entrepose les boîtes à nid, etc., et un 
bureau où l'on conserve les registres. 

Les planchers en béton ne sont pas recommandés car ils ne 
sèchent pas bien, et la concentration d'urine produit des 
vapeurs d'ammoniac. Il vaut mieux installer des fosses à 
fumier en gravier (munies d'un plan incliné ou d'un système 
de drainage) sous les cages et recouvrir de béton les allées 
entre les cages. Une semelle en béton devrait être coulée 
autour du périmètre du bâtiment. 

Avant de commander les fermes de toit, déterminer le poids 
qui pourrait y être suspendu : les cages, les trémies d'ali- 
mentation et les aliments, les abreuvoirs et l'eau, les boîtes à 
nid et les lapins. L'isolation minimale des murs et du 
plafond doit être respectivement de valeur R20 et de valeur 
R30 de façon à éviter les écarts extrêmes de température. 
Les murs intérieurs doivent être à l'épreuve de l'ammoniac 
et de l'humidité pour en faciliter le nettoyage et la désinfec- 
tion. 



Température 

Quand la production s'étend sur toute l'année, les lapins 
doivent être protégés de la lumière solaire directe, de la 
chaleur radiante et des températures extrêmes. Un mâle 
adulte peut devenir stérile temporairement, ou même de 
façon permanente, s'il est exposé à des températures de 
29 °C pendant cinq jours de suite. Par ailleurs, si le clapier 
est trop froid, les nouveau-nés peuvent mourir car la mère 
hésitera à arracher sa propre fourrure pour garnir le nid si 
elle-même souffre du froid. 

Les cuniculteurs ne s'entendent pas sur la température 
idéale d'un clapier. Certains prétendent qu'une température 
minimale de 2 °C est suffisante, ce qui est juste assez chaud 
pour empêcher l'eau de geler dans les abreuvoirs. D'autres 
éleveurs maintiennent qu'ils obtiennent les meilleurs ré- 
sultats à des températures variant entre 15 °C et 18 °C. En 
tout cas, il faut éviter les températures extrêmes, surtout au 
cours d'une même journée. Une température constante aide 
à favoriser une reproduction régulière. 

Les deux systèmes de chauffage les plus courants sont l'air 
chaud et l'eau chaude. Le système à air chaud est moins 
coûteux et plus facile à installer, mais il coûte plus cher à 
faire fonctionner et suscite des problèmes de courants d'air 
fluctuants. Le système à eau chaude est d'un fonctionne- 
ment plus efficace. Il maintient une température plus uni- 
forme, réduisant ainsi le stress causé aux jeunes lapereaux. 

Ventilation 

La température est toutefois plus facile à régler que la 
ventilation. Lorsqu'il fait froid, les lapins consomment plus 
d'aliments, emmagasinent plus de graisse et ont une four- 
rure plus épaisse, mais lorsque la ventilation est déficiente, 
ils ne peuvent pas y faire grand-chose. Durant les grandes 
chaleurs de l'été, les animaux consomment moins de nour- 
riture et boivent plus d'eau, mais ils ne peuvent pas se 
débarrasser de leur fourrure. Une bonne ventilation peut 
réduire au minimum les pertes par épuisement général et les 
troubles fonctionnels au niveau de la reproduction attribua- 
bles à la chaleur. Le fait de renouveler l'air crée un re- 
froidissement qui peut être amplifié par l'ajout d'unités 
d'évaporation ou de systèmes de refroidissement par vapo- 
risation. 



10 



Même dans les plus petits clapiers, il vaut la peine d'ins- 
taller un système de ventilation mécanique par ventilateurs 
dont le réglage est assuré par des minuteries et des ther- 
mostats. Idéalement, l'ambiance d'élevage devrait être en- 
tièrement contrôlée, mais le coût d'un système automatisé 
peut être prohibitif pour les petites exploitations. 

Un bon système de ventilation doit assurer le renouvelle- 
ment de l'air sans causer de courants d'air ou d' inconfort 
pour les lapins. L'air doit être renouvelé au moins quatre fois 
l'heure en hiver. Le système doit laisser pénétrer autant d'air 
frais que possible sans laisser perdre trop de chaleur. 
Lorsqu'il fait très froid, on peut abaisser les renouvelle- 
ments d'air à un par heure. Lorsqu'il fait très chaud, il faut 
renouveler l'air jusqu'à seize fois par heure. Le système doit 
évacuer l'air chaud et régler la température. 

Le système de ventilation doit aussi évacuer l'excès d'humi- 
dité et régler le degré d'humidité. Un taux d'humidité rela- 
tive inférieur à 50 % cause l'assèchement des voies nasales, 
tandis qu'un taux dépassant 60 % entraîne des difficultés 
respiratoires chez les lapins et, éventuellement, une inci- 
dence accrue de troubles pulmonaires au sein du troupeau. 
La poussière, les bactéries et les virus doivent également 
être évacués. 

Enfin, un bon système de ventilation doit éliminer les 
vapeurs toxiques. Les déjections d'un grand nombre d'ani- 
maux élevés dans un espace restreint, particulièrement en 
hiver, produisent de l'ammoniac. Un taux d'ammoniac de 
20 ppm ou plus est considéré comme nocif pour les lapins. 
Si les vapeurs sont irritantes pour les yeux et le nez de 
l'éleveur, elles le sont également pour le troupeau. Une 
bonne ventilation ne peut pas régler entièrement ce pro- 
blème. Il faut également évacuer les déjections afin d'empê- 
cher l'accumulation des gaz. 

Il existe trois méthodes de ventilation courantes, chacune 
comportant ses avantages et ses désavantages. 

Ventilation en dépression Ce système est le plus utilisé 
de tous les bâtiment d'élevage. Des ventilateurs installés au 
niveau du plancher ou plus bas tirent l'air à l'extérieur du 
bâtiment tandis que des prises d'air règlent l'arrivée d'air. Ce 
système crée un vacuum partiel (zone de basse pression) à 
l'intérieur du bâtiment, entraînant un déplacement uniforme 
de l'air. Il n'a aucun effet négatif sur les animaux. Par contre, 
il faut nettoyer souvent les pales des ventilateurs, car les 
poils de lapin flottant dans l'air ont tendance à s'y accu- 
muler. 

Ventilation en surpression Dans ce système, les ven- 
tilateurs sont installés de façon à faire pénétrer de l'air frais 
dans le bâtiment, créant ainsi une zone de haute pression à 
l'intérieur. Ce système est efficace dans les vieux bâtiments 
car l'air sort par les fissures, empêchant les courants d'air 
froid de pénétrer. Toutefois, les ventilateurs qui poussent 
l'air à l'intérieur peuvent causer des courants d'air. Un 



système de distribution de l'air par gaine aide à éviter les 
courants d'air et distribue l'air uniformément. Les poils de 
lapin flottant dans l'air ne constituent pas un problème pour 
ce genre de système, mais les courants d'air et l'air recyclé 
peuvent entraîner des problèmes respiratoires et répandre 
des germes. 

Ventilation naturelle Ce système est habituellement uti- 
lisé dans les bâtiments dont le plafond est haut et ouvert. Il 
ne convient pas à l'élevage des lapins car il est fondé sur le 
principe de la montée de l'air chaud, ce qui entraînerait les 
vapeurs d'ammoniac et les bactéries du plancher vers les 
cages. 

Lumière 

Les spécialistes ne s'entendent pas sur les effets de la 
lumière sur la production cunicole. Certains éleveurs allu- 
ment les lumières seulement lorsqu'ils travaillent dans le 
clapier. Les mâles semblent atteindre leur maturité plus 
rapidement et affichent une concentration séminale plus 
élevée lorsque la période d'éclairement quotidienne est 
courte (8 heures de lumière). Par contre, les femelles sem- 
blent avoir besoin de photopériodes plus longues (un mini- 
mum quotidien de 16 heures d'éclairement continu et de 
basse intensité) pour maintenir une production sur toute 
l'année. 

Les femelles exposées seulement à un éclairage naturel 
enregistrent une baisse de fertilité à l'automne lorsque les 
jours commencent à raccourcir. Vous pouvez éviter ce 
problème en leur fournissant un éclairement comparable 
aux plus longs jours de l'été, en juin, à l'aide d'une minuterie 
qui règle le système d'éclairage. La longueur de la période 
d'éclairement dépend de la latitude à laquelle vous vivez. 

Bien que des expériences soient en cours, on connaît très 
peu de choses sur les effets de la qualité de la lumière 
(incandescente plutôt que fluorescente; lumière du jour 
bleue plutôt que violacée-rose, etc.) et de l'intensité de 
l'éclairage sur la production. 

Coûts 

Le coût minimal (1981) pour construire un clapier compor- 
tant les caractéristiques énumérées dans ce chapitre s'établit 
à 160 $ le mètre carré. Les variables pouvant modifier le 
coût de base sont le chauffage et la ventilation. Des dé- 
penses additionnelles, comme le coût de la terre et le coût 
de forage d'un puits ou d'installation de conduites de gaz, 
ne sont pas comprises dans le coût de base. 

Conseils professionnels 

Que vous construisiez un nouveau clapier ou rénoviez un 
bâtiment existant, vous avez avantage à faire appel aux 
services techniques fournis par le ministère de l'Agriculture 
de votre province. 



11 



MATERIEL D'ELEVAGE 

Cages 

Les cages sont suspendues, à partir du plafond, à une 
hauteur facilitant le travail de l'éleveur. Le plancher des 
cages est au moins à 75 cm de celui du bâtiment. Cette 
disposition facilite les travaux de nettoyage sous les cages. 
Habituellement, les cages sont construites et suspendues 
dos à dos, en rangées doubles. 

Une cage standard mesure généralement 75 cm de profon- 
deur par 75 cm de largeur par 38 cm de hauteur et est en 
treillis métallique. Si vous fabriquez vos propres cages, 
utilisez, pour le fond, du treillis métallique soudé et gal- 
vanisé de calibre 14 en mailles de 12,5 x 25 mm et, pour 
les côtés, du treillis de calibre 14 ou 15 en mailles de 
25 x 25 mm ou de 25 x 50 mm. Afin d'empêcher les 
nouveau-nés de tomber à l'extérieur de la boîte à nid, 
recouvrez les bouts et les côtés de la cage d'un treillis en 
mailles de 25 x 12,5 mm pour les dix premiers cen- 
timètres du bas et de 25 x 25 mm pour le reste. Un treillis 
de calibre 14 ou 16 en mailles de 25 x 25 mm peut être 
utilisé pour le dessus des cages qui peut être plat ou arqué 
(modèle Quonset). 




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Figure 9 Cages de modèle Quonset disposées sur un 
seul étage 

Les cages logeant les mâles, les animaux de remplacement 
et ceux destinés à la vente peuvent être de dimensions plus 
restreintes que les cages maternité, car il n'y a qu'un animal 
dans chacune. Voici quelques dimensions recommandées 
pour ces cages (profondeur x largeur x hauteur) : 45 x 
60 x 38 cm, 60 x 60 x 38 cm, ou 45 x 75 x 38 cm. 

Vous devez décider également si vous voulez disposer vos 
cages sur un seul étage ou sur plusieurs étages. La disposi- 
tion sur un seul étage est plus facile à construire, à installer 
et à nettoyer. Elle permet un accès facile aux animaux. Les 
cages ainsi disposées peuvent être munies d'une ouverture 
par le dessus ou le devant de la cage. Dans le premier cas, 
c'est tout le dessus de la cage qui se soulève à partir du 
devant. Dans le second cas, il faut prévoir une ouverture 
assez grande pour permettre le passage des lapins et des 
boîtes à nid. Certains éleveurs trouvent difficile de travailler 
avec des cages à ouverture sur le devant. Le seul inconvé- 
nient de la disposition sur un seul étage est qu'elle exige 
plus de superficie, ce qui augmente les coûts de construction 
et d'entretien par femelle en production. 




Figure 10 Cage à ouverture sur le devant 

Les cages à plusieurs étages (deux étages) sont plus dif- 
ficiles à construire et à nettoyer. En outre, vous devez 
disposer d'un système de ventilation très efficace et installer 
des pans inclinés à déjections sous chaque cage. L'avantage 
de ce système est qu'il permet de loger un plus grand 
nombre de lapins sur une même surface. 

Nombre de cages Vous aurez besoin de 40 % à 90 % de 
plus de cages que le nombre de reproductrices que vous 
possédez, selon le plan de reproduction que vous adoptez. 

Le fait d'avoir des cages supplémentaires vous donne plus 
de flexibilité. Dans un clapier comptant 100 femelles, le 
nombre de lapines effectivement en reproduction peut va- 
rier entre 85 et 90 durant l'hiver et entre 110 et 115 durant 
l'été. Au cours de l'hiver, vous pouvez utiliser les cages 
supplémentaires pour élever les animaux de remplacement 
pour l'été suivant et les reproducteurs excédentaires qui 
seront vendus au printemps, lorsque la demande est la plus 
forte. 

Pour établir le nombre de cages nécessaires pour des 
clapiers de tailles différentes ayant adopté des plans de 
reproduction différents, examinez le tableau suivant : 

Cages supplémentaires requises pour 
différents plans de reproduction 



Plan de 

repro- Du sevrage 

duction au marché 


Nouvelle saillie 
entre les 28 e et 
35 e jours 


Nouvelle saillie 
entre les 14 e et 
21 e jours 


Pourcentage 


de cages supplémentaires requises 


10 % mâles 

10 % engraisse- 
ment 

10 % remplace- 
ment 

10 % commerciali- 
sation 


10 % mâles 

25 % engraisse- 
ment 

15 % remplace- 
ment 

10 % commerciali- 
sation 


10 % mâles 

45 % engraisse- 
ment 

20 % remplace- 
ment 

10 % commerciali- 
sation 


Par exemple : 

Nombre de 

femelles Nombre de 


■ cages supplémentaires requises 


100 100 femelles 
10 mâles 
10 engraissement 
10 remplacement 
10 commerciali- 
sation 

Total 140 cages 


100 femelles 
10 mâles 
25 engraissement 
15 remplacement 
10 commerciali- 
sation 

160 cages 


100 femelles 
10 mâles 
45 engraissement 
20 remplacement 
10 commerciali- 
sation 

185 cages 



12 



Un clapier d'une certaine importance qui suit un plan de 
reproduction intensif a besoin de près de deux cages par 
femelle en reproduction. Les cages représentent une partie 
importante de l'investissement. 





Figure 11 Cage cloisonnée ou européenne 

La cage cloisonnée, ou cage européenne, représente un 
excellent moyen pour l'éleveur d'éviter l'achat de 
nombreuses cages supplémentaires. La cage cloisonnée est 
de dimension standard, mais elle est divisée en deux par un 
treillis métallique muni d'une porte qui permet à la femelle 
et à ses petits d'utiliser toute la cage. Une fois les lapereaux 
sevrés, la porte est fermée, avec la mère d'un côté et les 
petits de l'autre. Cet arrangement permet un plus grand 
contrôle sur l'alimentation et diminue le stress occasionné à 
la mère comme aux lapereaux à l'engraissement. Lorsque la 
portée suivante de la lapine est prête à quitter la boîte à nid, 
la première portée a déjà été commercialisée. La porte de la 
cloison est ouverte de nouveau, permettant à la mère et aux 
petits l'accès à toute la cage. Les cages cloisonnées dimi- 
nuent considérablement l'espace requis par la femelle. On 
peut également y loger deux lapins de remplacement. Cha- 
que moitié de la cage doit cependant être équipée d'une 
mangeoire et d'un abreuvoir. 



le tuyau de montée 
doit être plus haut que le 
niveau du réservoir 



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soupape d'arrêt 



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clapet 
cage 



clapet 
cage 



Abreuvoirs 

Les lapins ne doivent jamais manquer d'eau fraîche et 
propre. Un abreuvoir très simple peut être constitué d'une 
bouteille d'eau retournée sur une coupelle et munie d'un 
tube et d'un bouchon. Ce système d'abreuvement est peu 
coûteux, mais il suppose de nombreuses heures de travail 
pour l'éleveur qui doit remplir les bouteilles souvent et les 
nettoyer régulièrement afin d'éviter des problèmes d'hy- 
giène. Même l'exploitation de très petite envergure peut 
tirer profit d'un système automatique ou semi-automatique. 

Le système le plus simple est semi-automatique. Un réser- 
voir (il peut s'agir d'un gros seau) est installé au-dessus des 
cages, et l'eau s'écoule dans des tuyaux le long des cages. 
Un clapet termine le tuyau qui est amené à chaque cage. 
L'eau s'écoule lorsque le lapin mord le clapet. 

Il y a deux sortes de clapets. Le clapet « goutte à goutte » est 
muni d'une tige en métal qui est délogée lorsque le lapin 




Figure 12 Système d'abreuvement automatique 



réservoir 




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filtre 
à eau 



clapet 
cage 



Figure 13 Système d'abreuvement simple fonctionnant par gravité 



13 



mord ou suce le clapet. L'eau peut ainsi s écouler. Lorsque 
le lapin a fini de boire, la tige revient à sa place où elle est 
maintenue par la pression de l'eau. Dans le cas du clapet 
pivotant, la tige est munie d'un ressort. Lorsque l'animal 
boit, la tige s'écarte, puis, lorsqu'il a fini, la tige reprend sa 
position première grâce au ressort mettant fin à l'écoulement 
de l'eau. Les clapets pivotants et autres clapets à ressort sont 
moins sensibles à la pression de l'eau. Ils conviennent donc 
mieux aux petits systèmes à flotteur où la pression de l'eau 
n'est pas aussi bien contrôlée. 

Un système d'abreuvement entièrement automatique doit 
être équipé de réservoirs à flotteur ou de régulateurs de 
pression. Ces derniers sont nécessaires lorsque le système 
est relié aux conduites d'eau de la ville ou à un système à 
pression sur les lieux. La pression doit être réduite à environ 
20,7 kPa. Des tuyaux d'acier, de plastique rigide ou de 
plastique souple peuvent servir à transporter l'eau jusqu'aux 
cages. Les tuyaux en acier sont les plus durables mais aussi 
les plus coûteux à installer. Les tuyaux en plastique souple 
doivent être retenus par des crochets afin d'empêcher leur 
affaissement et la formation de bouchons d'air. 

Un système d'abreuvement complet comprend des filtres 
pour éliminer les dépôts de minéraux et les très petites 
accumulations granuleuses qui peuvent causer des fuites 
dans certains clapets. Une pression trop basse entraîne 
également des fuites, mais une pression trop élevée restreint 
l'ingestion en eau des lapins. 

Des systèmes d'abreuvement mal équipés, mal installés 
ou mal entretenus peuvent être la source de problèmes 
qui provoquent la mort des lapereaux entre l'âge de 
trois semaines et le moment de la commercialisation. 
Même lorsque le système est en circuit fermé, l'éleveur doit 
l'entretenir périodiquement pour empêcher la croissance de 
bactéries nocives. Une superchloration continue à une dose 
de 5 ppm de solution chlorée peut protéger les lapins. 

Mangeoires 

Les mangeoires doivent être installées de façon à permettre 
à l'éleveur de les remplir par l'extérieur de la cage. Elles 
doivent être assez grandes pour permettre à tous les lapins 
pouvant loger dans une cage de s'alimenter à volonté. Les 



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mangeoires en métal sont recommandées car elles se net- 
toient et se désinfectent facilement et ne peuvent pas être 
endommagées par le mâchonnement des animaux. Il existe 
plusieurs sortes de mangeoires ou trémies d'alimentation. 



mangeoire 
pour la mère 




Figure 15 Mangeoire sélective 

Certaines sont équipées, dans le fond, d'un crible à mailles 
fines qui laisse passer la poussière d'aliments. Un rebord 
tourné vers l' intérieur empêche les lapins de faire tomber les 
aliments ou de les contaminer. Les mangeoires installées 
complètement à l'extérieur de la cage sont celles qui per- 
mettent d'éviter le plus le gaspillage. 

Les mangeoires doivent être accrochées au moins à 
7,5-10 cm du fond de la cage afin d'empêcher la con- 
tamination des aliments par les déjections et l'urine. 

Les mangeoires sélectives peuvent servir à l'alimentation 
des jeunes, car seuls les lapereaux sont assez petits pour se 



chaîne ou 
fil métallique 








































































































































































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de la cage 










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Figure 14 Mangeoire en métal 



Figure 16 Râtelier 



14 



glisser par les ouvertures pratiquées sur le côté de la man- 
geoire et atteindre les aliments. Ce genre de mangeoire 
permet de donner des aliments différents aux lapereaux et à 
la mère. 

Vous pouvez fabriquer un râtelier à foin en attachant une 
feuille de métal ou un treillis à l'extérieur de la cage, à l'aide 
de crochets qui fixent le bas du râtelier à la cage et d'un fil de 
fer ou d'une chaîne qui maintient le haut du râtelier contre la 
cage. Le râtelier, en forme de « V », retient le foin contre la 
cage. Le lapin peut donc se servir à travers le treillis. 
Lorsque les cages sont à dessus plat et sur un seul étage, il 
n'est pas nécessaire d'installer des râteliers à foin car les 
lapins peuvent facilement atteindre le foin répandu sur le 
dessus des cages. 

Boîtes à nid 

Les boîtes à nid offrent une certaine intimité à la femelle au 
moment de la mise bas ainsi que confort et protection aux 
nouveau-nés. Elles doivent être faciles à nettoyer et à en- 
tretenir, bien drainées et bien ventilées. 

Il existe plusieurs sortes de boîtes à nid. Elles peuvent être 
faites de plastique, de carton-fibre, de treillis métallique, de 
tôle, ou d'une combinaison de ces matériaux. Vous pouvez 
acheter les boîtes à nid ou les faire vous-même. Certaines 
boîtes, vendues sur le marché, sont faites de tôle galvanisée, 
doublée de carton jetable. Ce genre de boîte est moins 
humide, mais il laisse pénétrer les courants d'air en hiver. 

Habituellement, la boîte à nid mesure 39 cm de profondeur 
x 25 cm de largeur x 22 cm de hauteur. Une ouverture est 
pratiquée sur le devant de la boîte, le bord inférieur de cette 
ouverture étant à 15 cm environ du fond de la boîte à nid. 
Les lapines semblent préférer les boîtes à nid couvertes, 
mais ce genre de boîte devient humide et rend le nettoyage et 
l'inspection difficiles. Un morceau de carton ou un sac à 
granulés vide, placé sur le dessus de la cage, peut apaiser 
une lapine nerveuse. 

Garnissez la boîte à nid d'une litière de paille, de copeaux, 
de papier journal déchiqueté ou de tout matériel absorbant. 
La litière doit être propre, confortable et non comestible. En 
hiver, vous pouvez ajouter un isolant supplémentaire et des 
lampes chauffantes au-dessus des boîtes à nid. 

Le dessus des boîtes à nid installées en décrochement est au 



























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même niveau que le fond de la cage principale. Ce dé- 
crochement évite les pertes de jeunes lapereaux sortis acci- 
dentellement de la boîte à nid ou transportés par la mère 
hors de la boîte à nid, car ils peuvent y retomber facilement. 
Il existe aussi des boîtes à nid en plastique qui s'installent 
sous la cage et fonctionnent comme un tiroir. Les boîtes à 
nid «tiroir» coûtent cher et demandent des soins supplé- 
mentaires, mais elles constituent un milieu plus naturel 
pour le lapin qui est un animal fouisseur de nature. 

Toutefois, peu importe la sorte de boîte à nid que vous 
adoptez, vous devez trouver une solution aux problèmes 
d'humidité causés par l'urine des jeunes lapereaux. L'humi- 
dité peut être à l'origine de refroidissements, de con- 
jonctivites et de coccidioses. Vous pouvez modifier la boîte 
à nid en y installant un faux plancher en grillage, à environ 
6,5 cm du fond de la boîte à nid, et en ajoutant entre les 
deux grillages une couche de copeaux de bois qui isolera le 
fond de la boîte à nid contre le froid et absorbera l'urine. 




Figure 17 Boîte à nid en décrochement 



Figure 18 Boîte à nid avec plancher en treillis 
métallique 

Si la mère urine ou défèque toujours dans le même coin de 
sa cage, installez la boîte à nid dans un autre coin. 

Autre matériel d'élevage 

Equipement de nettoyage et de désinfection 

Torche au propane pour brûler les poils accumulés sur les 
grillages des cages 

Cages pour transporter les lapins 

Balances 

Pelles et brouette 

Ensemble de tatouage 

Table de travail ou établi 

Divers outils manuels pour l'entretien et les réparations 

Mesures pour les aliments 

Extincteurs 

Fiches d'enregistrement 

Taille-ongles 



15 



ALIMENTATION 

Système digestif du lapin 

Comme tous les animaux monogastriques (à estomac 
unique), le lapin a un système digestif qui comprend une 
bouche, un oesophage, un estomac, un intestin grêle, un 
caecum, un côlon et un rectum. Chez le lapin, le caecum est 
de grande taille et joue un rôle très important dans la 
digestion. 

Comparable au premier estomac des ruminants, le caecum 
est le siège de fermentations microbiennes qui dégradent 
partiellement les fibres ingérées. Le caecum étant situé vers 
la fin du système digestif, le lapin doit, pour tirer profit de 
l'action microbienne de cet organe, réabsorber les crottes 
molles qu'il produit à leur sortie de l'anus pour leur faire 
subir une nouvelle digestion. Le réflexe de réingestion des 
crottes molles, chez le lapin, porte le nom particulier de 
caecotrophie ou, plus généralement, de coprophagie. La 
caecotrophie a lieu surtout la nuit. 

On estime que 25 % à 30 % des fécès sont des crottes 
molles produites par le caecum et que presque toutes sont 
réabsorbées par le lapin, lui permettant de tirer profit des 
vitamines (surtout des vitamines du complexe B) syn- 
thétisées dans cet organe. Les crottes molles sont également 
une source de protéines brutes et de certains minéraux. 



oesophage 



foie 



bouche 



langue 



estomac 



vésicule 
biliaire 



intestin 
grêle 



pancréas 



intestin 
grêle 



côlon 




caecum 



appendice 



anus 



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rectum contenant 
es matières fécales 



La caecotrophie débute vers l'âge de vingt jours. Ce réflexe 
coïncide avec l'époque où le jeune quitte la boîte à nid et 
commence à consommer des aliments secs. À cet âge, le 
caecum augmente de volume de façon considérable. La 
caecotrophie est essentielle au processus de digestion chez 
les lapins, car elle leur permet de tirer le plus grand profit 
nutritif des aliments qu'ils consomment. 

Besoins nutritifs 

Les besoins nutritifs du lapin sont mal connus, quoique des 
études sur le sujet soient en cours. 

Les éléments nutritifs essentiels au lapin sont regroupés en 
cinq catégories. Les spécialistes ne s'entendent pas sur les 
quantités de chaque élément qui sont nécessaires. 

Énergie Les besoins énergétiques du lapin n'ont pas été 
complètement recensés. On sait que la quantité d'aliments 
consommée par l'animal est étroitement liée au niveau 
d'énergie contenu dans la ration. Les principales sources 
d'énergie sont les glucides et les matières grasses. La dégra- 
dation des protéines, qui se produit lorsque l'ingestion de 
protéines est supérieure aux besoins, fournit également une 
certaine énergie. 

Dans la plupart des rations, ce sont les glucides solubles et 
fibreux qui constituent les principales sources d'énergie. 
L'amidon (un glucide soluble) est présent en grandes quan- 
tités dans les grains de céréales (avoine, orge, blé, maïs). 
Les glucides fibreux (que l'on trouve dans les fourrages) 
sont importants pour le lapin, car la longueur de son tube 
digestif le rend capable d'utiliser les aliments fibreux. Une 
certaine fermentation des fibres a lieu dans le caecum et 
cette utilisation des fibres, ajoutée à la caecotrophie, permet 
au lapin de tirer profit des éléments nutritifs présents dans 
les fibres. Bien que le lapin soit capable de digérer seule- 
ment une partie relativement faible des fibres ingérées, 
il semble essentiel de lui donner une ration contenant 
entre 12 % et 14 % de fibres afin de favoriser le travail de 
l'intestin. 

Les matières grasses sont une forme concentrée d'énergie 
qui contiennent plus que le double de l'énergie digestible 
des glucides et des protéines. Les exigences en matières 
grasses des lapins n'ont pas été établies de façon précise. La 
plupart des rations commerciales contiennent de 2 % à 3 % 
de matières grasses, mais il semble que les lapins pourraient 
bénéficier de teneurs plus élevées. 

Protéines Les protéines sont un des éléments nutritifs les 
plus importants et les plus coûteux dans la ration d'un lapin. 
Les protéines sont essentielles à la croissance et à la produc- 
tion des tissus. Elles sont composées de sous-unités appe- 
lées acides aminés dont 20 sont naturels. Lesquels sont 
indispensables au lapin et en quelles quantités, l'avis des 
spécialistes, là-dessus, est partagé. 

On trouve des protéines dans les foins de légumineuses 
(luzerne, trèfle), le tourteau de graines de lin, le tourteau de 
soja, le son de blé, les céréales et les graminées de pâturage. 
Le United States National Research Council recommande 
de donner aux lapins en croissance une ration contenant 
16 % de protéines brutes, aux lapins à l'entretien, 12 %, aux 
lapines gestantes, 15 % et aux lapines allaitantes, 17 %. 



Figure 19 Système digestif du lapin 



16 



Minéraux Le lapin requiert un certain apport minéral 
dans sa ration pour le déroulement normal de ses fonctions 
biologiques. Des quantités relativement importantes de cal- 
cium et de phosphore sont nécessaires pour la croissance, la 
reproduction et la lactation. On peut trouver ces minéraux 
dans la poudre d'os, les foins de légumineuses, les four- 
rages verts et les grains de céréales. (REMARQUE : Un 
excès en calcium est excrété sous forme de carbonate de 
calcium dans l'urine qui est alors épaisse, blanche et cré- 
meuse. Cet état n'est pas nocif pour l'animal.) 

Le chlore, le sodium et le potassium aident à maintenir le 
pH du corps (équilibre acido-basique) et à régler la teneur 
en eau des tissus. Le sel est la principale source de ces 
minéraux. 

Les oligo-éléments (c'est-à-dire, les éléments qui sont né- 
cessaires en très faibles quantités) comprennent le fer, le 
cuivre, le magnésium, l'iode, le manganèse, le zinc, le 
cobalt, le sélénium et le soufre. Chacun d'entre eux joue un 
rôle précis dans le métabolisme; on les absorbe générale- 
ment dans les aliments habituels. 

Vitamines Les vitamines favorisent la croissance et la 
digestion et aident à prévenir les maladies. 

La vitamine A est bénéfique pour la santé et la croissance. 
Les graminées vertes, les carottes, le lait, le foin de légumi- 
neuses bien séché, le maïs jaune et l'huile de foie de morue 
sont des sources de vitamine A. On l'ajoute généralement à 
la ration sous une forme synthétique pour plus d'efficacité. 

Les besoins en vitamines du complexe B sont partiellement 
couverts par l'action bactérienne se produisant dans le 
caecum. La caecotrophie permet au lapin de réingérer ces 
vitamines. 

Il ne semble pas qu'il soit nécessaire d'ajouter de la vita- 
mine C à la ration du lapin. 

On ne connaît pas les besoins du lapin en vitamine D, mais 
une carence totale peut engendrer du rachitisme chez l'ani- 
mal. De bonnes sources de vitamine D sont le lait, les 
graminées, la verdure et les foins bien séchés, de même que 
les formes synthétiques de la vitamine. 

La vitamine E est indispensable à la croissance, à la gesta- 
tion et à la lactation. 

Les recherches montrent que la vitamine K est essentielle 
pour la reproduction, mais non pour la croissance. 

Eau L'eau est probablement l'élément le plus important 
de la ration, car tous les processus vitaux du corps dépen- 
dent d'elle. Privé d'eau, le lapin meurt. Si l'approvisionne- 
ment en eau est restreint, la consommation d'aliments secs 
(et, donc, du taux de croissance) et la production lactée chez 
les lapines allaitantes diminuent. Des troubles digestifs 
peuvent aussi en découler. 

Un lapin adulte de race Néo-Zélandaise blanche boit envi- 
ron 280 mL d'eau par jour; vers la fin de la gestation, une 
femelle peut en consommer deux fois plus. Par temps 
chaud, une femelle allaitante et ses petits (une portée 
nombreuse à la veille d'être sevrée) peuvent boire 4,5 L 
d'eau par jour. Lorsque les températures sont très élevées, 
l'ingestion d'eau augmente de façon marquée pour tous les 
lapins. En outre, les lapins boivent également plus d'eau que 
d'habitude par temps froid car ils consomment probable- 
ment plus d'aliments. En tout temps, il est essentiel d'ap- 



provisionner les lapins en eau fraîche et propre. 

Aliments 

Le lapin peut consommer une grande variété d'aliments. 
Vous devez fonder votre choix d'aliments sur leur disponibi- 
lité, leur coût et leur qualité. 

Fourrages Lorsqu'on leur laisse le choix, les lapins pré- 
fèrent les foins de légumineuses, tels que la luzerne et le 
trèfle, aux autres foins. Les foins de graminées comme la 
fléole des prés sont moins appétents et peuvent contenir 
seulement la moitié des protéines contenues dans les foins 
des légumineuses. Les lapins semblent utiliser les protéines 
de la luzerne avec une grande efficacité. Les fibres qu'elle 
contient, quoique non digestibles, favorisent la croissance 
en maintenant la paroi intestinale en bonne santé. Il se peut 
aussi que les fibres protègent l'organisme contre l'invasion 
des agents responsables de l'entérite mucoïde. (Voir la 
section sur les maladies et les difformités.) 

La luzerne est une des sources les plus riches en vitamine A 
et en calcium. Une ration composée à 80 % de grain et à 
20 % de luzerne couvre les besoins en calcium et en phos- 
phore d'un lapin en croissance. On considère que les rations 
contenant 20 % de luzerne permettent d'obtenir les 
meilleurs taux de croissance et protègent les lapins contre 
l'entérite. 

Tous les éleveurs ne s'entendent pas sur l'utilisation du foin 
comme complément à la ration de granulés. Ceux qui 
donnent du foin à leurs lapins prétendent que cet aliment 
constitue une source additionnelle de fibres brutes, que l'on 
ne trouve pas en quantité suffisante dans les granulés 
commerciaux. Ils soutiennent également que le foin protège 
les jeunes lapins contre les troubles digestifs et ajoute du 
lest à leur régime. Par ailleurs, les éleveurs qui donnent 
seulement des granulés à leurs lapins affirment que le fait de 
donner du foin en plus exige de la main-d'oeuvre supplé- 
mentaire et accroît les travaux de nettoyage. Ils disent aussi 
que du foin de piètre qualité peut déséquilibrer la ration et 
créer des carences chez l'animal. Il peut aussi arriver que le 
foin soit contaminé par d'autres animaux. De toute façon, si 
vous donnez du foin à vos lapins, assurez-vous qu'il est de 
bonne qualité, sec et exempt de moisissures et de mauvaises 
herbes nocives. 

Grains Les lapins préfèrent le blé et l'orge au maïs. Mal- 
gré la valeur énergétique du maïs, les lapins n'utilisent pas 
cet aliment aussi efficacement que les autres céréales. 
Ainsi, on obtient de meilleurs résultats avec l'avoine en 
dépit de sa valeur énergétique moins élevée. Les lapins 
préfèrent peut-être les grains fibreux comme l'avoine en 
raison de leur appétibilité. Le sarrasin, le seigle, le lin et les 
graines de tournesol sont aussi utilisés comme sources 
d'énergie. 

Afin d'empêcher le gaspillage et de favoriser la digestion, il 
faut aplatir, concasser ou moudre les grains. On peut égale- 
ment servir aux lapins des produits moulus du blé et des 
sous-produits des autres céréales. Généralement, les lapins 
ne mastiquent pas assez les grains entiers pour en tirer toute 
la valeur nutritive. 

Aliments protéiques Le tourteau de soja est utilisé 
comme source de protéines depuis de nombreuses années. 
Le tourteau de canola peut également être servi aux lapins. 



17 



Verdure De façon générale, les producteurs commerciaux 
ne servent pas de verdure à leurs lapins en raison de la 
diminution du taux de croissance qu'elle occasionne et des 
exigences en main-d'oeuvre qu'elle suppose. Cependant, 
les éleveurs amateurs et les éleveurs fermiers (petite échelle) 
peuvent envisager de donner de la verdure à leurs lapins 
parce qu'ils veulent réduire leurs achats de granulés 
commerciaux et qu'ils ont le temps et la main-d'oeuvre 
nécessaires. 

La verdure doit être fraîche et distribuée chaque jour, par 
exemple, vers la fin de l'avant-midi. On doit laver avec soin 
la verdure achetée chez les marchands de légumes ou les 
maraîchers afin d'éliminer les pesticides chimiques. Toute 
verdure non consommée doit être enlevée des cages chaque 
jour. 

Les études montrent que les lapins deviennent plus sélectifs 
dans leur choix de verdure à mesure que leur ration de 
granulés commerciaux augmente 2 . Les feuilles et les fleurs 
de trèfle rouge semblent avoir leur préférence. Néanmoins, 
vous devez essayer de leur en présenter une variété. Cer- 
taines plantes comme le chou peuvent causer le goitre si on 
en sert en quantités importantes pendant de longues pé- 
riodes. Les plantes racines comme les carottes, les navets et 
les betteraves peuvent être servies en hiver lorsque la ver- 
dure fraîche n'est pas disponible. 

Méthodes d'alimentation 

Le lapin en cage ne peut pas choisir ses aliments comme ses 
congénères vivant en liberté. Il incombe donc à l'éleveur de 
lui fournir une ration équilibrée en quantités satisfaisantes. 

Rations mélangées à la ferme Si vous décidez de donner 
à vos lapins des graines fourragères et du foin, vous devez 
prendre en considération le coût et la disponibilité des 
aliments ainsi que l'équipement de malaxage et l'espace 
d'entreposage requis. Les rations doivent contenir du sel, 
des compléments protéiques et minéraux ainsi que des 
vitamines. Si vous mélangez vous-même les rations, vous 
constaterez que l'animal en fait une meilleure utilisation 
lorsqu'elles sont fraîches et bien mélangées. Les rations 
peuvent servir d'aliment unique ou être servies en com- 
binaison avec des fourrages. Toutefois, dans ce dernier cas, 
il faut éviter de servir les deux aliments dans la même 
mangeoire. 

Si vous donnez à vos lapins des rations mélangées à la 
ferme, vous devez faire des essais afin de déterminer les 
quantités à leur donner selon les diverses étapes de leur 
croissance et de leur développement. 



Ingrédients proposés 
pour différentes rations 







% de la 




Ingrédient 


ration 


Pour les lapins en pleine 


Foin de luzerne 


50 


croissance (de 0,5 à 4 kg) 


Avoine 


17 




Orge 


22 




Son de blé 


5 




Tourteau de soja 


5 




Sel iodé, minéraux 






et vitamines 


1 
100 


Pour les femelles et les mâles 


Foin de légumineuses 


70 


à l'entretien (poids moyen 


Avoine 


29 


de 4,5 kg) 


Sel et micro-mélange 


1 


Pour les femelles gestantes 


Foin de luzerne 


50 


(poids moyen de 4,5 kg) 


Avoine 


45 




Tourteau de soja 


4 




Sel et micro-mélange 


1 


Pour les femelles allaitantes 


Foin de luzerne 


40 


(poids moyen de 4,5 kg) 


Blé 


25 




Orge ou avoine 


22 




Tourteau de soja 


12 




Sel et micro-mélange 


1 



Ces rations sont semblables à celles qui ont été recomman- 
dées par le U.S. National Research Council en 1977. Le 
micro-mélange devrait contenir assez de minéraux et de 
vitamines pour compléter les teneurs en ces éléments que 
l'analyse du grain, des fourrages et du tourteau de protéines 
a permis d'établir. 



Afin d'assurer la croissance optimale des lapins à frire, on 
doit leur servir des aliments à volonté (c'est-à-dire que 
l'animal doit toujours avoir de la nourriture à sa disposition), 
sans toutefois favoriser le gaspillage. On peut nourrir les 
femelles gestantes de la même façon, mais il faut les sur- 
veiller de près afin d'éviter qu'elles ne prennent trop de 
poids. Une semaine avant la mise bas, réduisez la ration de 
la lapine en gestation (surtout une jeune femelle) à 60-110 g 
par jour. Dans le cas des mâles et des femelles à l'entretien 
que l'on doit alimenter de façon à leur éviter l'embonpoint, 
70 g d'une ration mélangée à la ferme plus du foin servi à 
volonté sont suffisants. Les femelles allaitantes ont besoin 
d'une ration de 85-140 g par jour, plus du foin servi à 
volonté. 

Aliments commerciaux La plupart des éleveurs achètent 
des granulés commerciaux parce que l'aliment est toujours 
disponible, facile à manipuler et avantageux au plan de 
l'espace d'entreposage requis. Les aliments commerciaux 
coûtent plus cher, mais ils permettent d'épargner sur les 
coûts de main-d'oeuvre. D'habitude, les formules d'ali- 
ments commerciaux sont conçues pour satisfaire les besoins 
généraux de l'animal. Cependant, comme il n'y a pas deux 
marques d'aliments commerciaux qui contiennent les 
mêmes ingrédients, vous devez évaluer chacune en fonction 
des besoins de votre troupeau avant de faire un choix. 
Certains granulés, vendus comme aliments « incomplets», 
doivent être complétés par du foin de luzerne. Générale- 
ment, les aliments incomplets sont des granulés tout-grain 
composés de céréales, de leurs sous-produits moulus, de 
compléments protéiques et de sel. Les aliments complets 
contiennent en plus du foin moulu de bonne qualité. 



18 



Les granulés doivent mesurer 0,5 cm de diamètre et envi- 
ron 12 mm de longueur; s'ils sont trop longs, il y aura 
beaucoup de gaspillage dans le cas des lapereaux. Ils doi- 
vent être assez durs pour éviter d'être comprimés dans des 
conditions normales d'entreposage et de manutention. Une 
proportion élevée de luzerne tend à produire des granulés 
mous contenant de grandes quantités de matières pul- 
vérulentes. 

La quantité de granulés à servir aux lapins dépend en partie 
de leur qualité. La teneur en protéines des granulés 
commerciaux varie selon l'usage auquel ils sont destinés : 
les granulés dosant 12 % à 15 % de protéines sont destinés 
aux femelles et aux mâles à l'entretien et ceux dosant 16 % à 
20 % sont réservés aux femelles gestantes et allaitantes et 
aux lapereaux à l'engraissement. 

La composition d'une ration de granulés varie, comme 
l'illustre l'analyse des ingrédients de deux aliments 
commerciaux. La première ration, aliment A, a une teneur 
élevée en énergie et une teneur faible en fibres; la seconde, 
aliment B , a une teneur basse en énergie et une teneur élevée 
en fibres. 



Plan d'alimentation 
(Rations quotidiennes recommandées) 







% de la 




Ingrédient 


ration 


Aliment A 


Orge 


25,00 




Avoine 


20,00 




Luzerne déshydratée 


25,00 




Pulpe de betteraves 


5,00 




Tourteau de soja 


17,50 




Suif 


0,50 




Lignosol (liant) 


0,70 




Phosphate bicalcique 
IMC 18-20 


2,00 




Carbonate de calcium 


1,00 




Sel 


0,30 




Pré-mélange 5 


0,50 




Mélasses 


2,50 


Aliment B 


Tourteau de luzerne 






séché au soleil 


52,90 




Tourteau de soja 


20,60 




Issues de blé 


19,60 




Oligo-éléments 


0,49 




Phosphate bicalcique 


0,25 




Mélasses 


2,96 




Suif 


1,20 




Bentonite (liant) 


2,00 



Vous pouvez servir à l'animal un aliment différent pour 
chaque étape de sa croissance, tout en maintenant la quan- 
tité offerte relativement constante. Par ailleurs, vous pouvez 
vous en tenir à une seule sorte d'aliment et faire varier les 
quantités servies à l'animal en fonction de son état physiolo- 
gique et de l'étape de son développement. 



Mâles 


85-112 g 


Femelles à l'entretien 

Femelles gestantes (augmentation 
progressive de la ration pendant 
la gestation) 

Femelles allaitantes 


85-112 g 

168-224 g 
jusqu'à 454 g 


Lapins à frire (à l'engraissement) 


à volonté 



Quelle que soit la sorte de ration (granulés commerciaux ou 
mélanges à la ferme) que vous serviez à vos lapins, la 
quantité offerte dépend de chaque animal. Une ration sura- 
bondante pour un lapin peut s'avérer insuffisante pour un 
autre. Lorsque vous établissez les quantités d'aliments né- 
cessaires à une croissance optimale, vous devez peser avec 
soin les aliments et tenir un registre des taux de consomma- 
tion et de croissance. Une alimentation surabondante ou 
insuffisante peut susciter des problèmes très onéreux pour 
l'éleveur. Les aliments constituant une des dépenses les plus 
importantes de tout élevage cunicole, un bon gestionnaire 
s'assure de bien maîtriser cet aspect de son exploitation. 

Aliments médicamenteux 

Certains éleveurs servent des aliments médicamenteux à 
leurs lapins sur une base continue afin de réduire l'incidence 
de maladies (comme la coccidiose). À moins d'avoir à 
traiter un animal pour une maladie précise pendant une 
période donnée, il n'est pas conseillé de faire un usage 
général et prolongé de médicaments dans les aliments, car 
les lapins peuvent acquérir une certaine résistance à ces 
additifs alimentaires. Dans le cas des animaux destinés à la 
consommation humaine, il faut éliminer tout médicament 
de la ration avant l'abattage, pendant au moins cinq jours ou 
suivant les recommandations du fabricant. Pour traiter une 
maladie précise, l'éleveur peut administrer le médicament 
dans l'aliment, l'eau de boisson ou par injection (voir la 
section sur la gestion du troupeau). 

Entreposage des aliments 

Les aliments doivent être entreposés dans une autre salle 
que celle où les lapins sont gardés. Cette salle doit être 
fraîche et exempte d'humidité et de vermine. Les aliments 
granulés entreposés dans des sacs en papier demeurent 
propres jusqu'au moment de l'utilisation. Les citernes à 
aliments peuvent favoriser la prolifération des bactéries si 
elles ne sont pas nettoyées régulièrement. Si la ration com- 
prend du foin, il vaut mieux l'entreposer dans un endroit 
protégé afin d'empêcher une détérioration de sa valeur nu- 
tritive. On doit donner aux lapins seulement des aliments 
frais et en bon état. L'entreposage du foin à l'intérieur 
diminue les problèmes d'infestation par les insectes et au- 
tres ravageurs et empêche les chats et les chiens d'infecter 
l'aliment avec des kystes de ténia. 

Nutrition et maladies 

Un régime bien équilibré est essentiel pour les lapins sou- 
mis à des conditions de production intensive. Les lapins que 
l'on pousse à atteindre le poids de lapin à frire trop rapide- 
ment peuvent souffrir d'entérite causée par une alimentation 



19 



trop riche en glucides. C'est le cas lorsque la ration a une 
teneur élevée en énergie provenant de sources de glucides 
solubles. Des quantités excessives d'amidon atteignent le 
caecum et le côlon, y favorisent une prolifération rapide de 
bactéries pathogènes causant une entérite. Les rations riches 
en grain et pauvres en fibres entraînent une incidence accrue 
d'entérite, tandis qu'une ration sans grain ne suscite aucun 
cas d'entérite, comme le montrent les études à ce jour 3 . 

La grosseur de la particule d'aliment peut être également 
importante. Les plus grosses particules passent rapidement 
dans le système digestif tandis que les plus petites y sont 
retenues. Il se peut que cette rétention favorise la croissance 
bactérienne, précurseur de l'entérite. 

Si le lapin n'est pas capable de bien transformer une ration 
riche en énergie, son taux de croissance est alors réduit. Des 
rations pauvres en énergie et riches en fibres réduisent le 
taux de croissance et font monter l'indice de transformation 
alimentaire, deux facteurs pouvant faire diminuer la 
rentabilité de l'exploitation. Par ailleurs, améliorer le taux 
de croissance en augmentant la teneur en glucides de la 
ration peut faire augmenter les risques de pertes attribuables 
à l'entérite. Un certain compromis est nécessaire. Par exem- 
ple, il peut être plus rentable à long terme de nourrir les 
lapins à frire pendant une période plus longue avec une 
ration moins riche en énergie que d'accélérer leur crois- 
sance avec une ration riche en énergie et de subir des pertes 
dues à l'entérite. 

Il se peut que 50 % de toutes les maladies connues du lapin 
soient liées à l'alimentation. Même lorsque des bactéries ou 
des virus sont en cause, l'alimentation peut contribuer, au 
premier chef, à prolonger et à aggraver la maladie. 

Il y a un certain nombre de maladies communes attribuables 
à une carence nutritionnelle. Par exemple, il a été démontré 
qu'une carence en vitamine E cause la dystrophie mus- 
culaire. La plus grande partie des vitamines ajoutées aux 



aliments commerciaux sont synthétiques plutôt que 
naturelles et, parfois, elles sont présentes en quantités insuf- 
fisantes. De plus, réchauffement de l'aliment aggloméré 
pendant sa fabrication peut détruire la vitamine E synthéti- 
que. La qualité de la luzerne incluse dans les granulés peut 
varier également. Malgré ces désavantages, il est encore 
plus efficace d'acheter des aliments commerciaux que d'es- 
sayer d'en fabriquer sur une petite échelle. Vous devez 
choisir les meilleures rations disponibles et fonder sur elles 
votre production. Avec de bonnes techniques de gestion, 
vous devriez réussir. 

Modification des rations 

Le lapin, quoique possédant un système digestif capable de 
s'accommoder d'une grande variété d'aliments, est sensible 
à la modification de sa ration. Cette sensibilité est plus 
apparente lorsque vous remplacez un aliment commercial 
par un autre. Vous pouvez également avoir quelques pro- 
blèmes lorsque vous offrez aux lapins des granulés prove- 
nant d'un nouveau lot, même s'il s'agit de votre marque de 
commerce habituelle. 

La teneur des aliments peut varier considérablement, même 
s'ils contiennent tous les éléments nutritifs nécessaires. Les 
conditions économiques dictent souvent le choix des ingré- 
dients utilisés dans les rations. Les variations d'une récolte à 
une autre et les conditions régnant à la fabrique au moment 
où l'aliment a été préparé influent sur la composition de la 
ration. En général, la qualité d'un lot d'aliments est com- 
parable à celle d'un autre lot, bien que les ingrédients 
puissent varier. Afin d'aider les lapins à passer d'un aliment 
à l'autre ou d'un lot à l'autre sans leur occasionner de stress 
ou provoquer chez eux des troubles digestifs ou des retards 
de croissance, vous devez mélanger les deux aliments ou les 
deux lots ensemble et diminuer progressivement la propor- 
tion de l'ancien aliment au profit du nouveau. 



REPRODUCTION 

Fertilité 

Habituellement, les lapins se reproduisent en tout temps de 
l'année, bien que l'automne et l'hiver la fertilité puisse être 
plus basse. La femelle demeure fertile pendant de longues 
périodes. Quand la lapine adulte n'est pas accouplée, les 
follicules contenant les ovules se développent dans ses 
ovaires et y demeurent de 12 à 16 jours, après quoi ils 
régressent et sont remplacés par des nouveaux. Il y a donc 
toujours des follicules prêts à relâcher les ovules presque en 
tout temps. Il peut arriver que la femelle soit temporaire- 
ment stérile pendant la période où les nouveaux follicules se 
développent et les vieux follicules régressent. Cependant, 
comme il est impossible de définir l'étape exacte du déve- 
loppement des follicules, il vaut mieux supposer que la 
femelle est fertile tout le temps. 

L'ovulation (libération de l'ovuie), chez la lapine, est un 
phénomène provoqué, c'est-à-dire qu'il est déclenché 
seulement par une stimulation sexuelle. À la suite de l'ac- 
couplement, les follicules se rupturent et libèrent les ovules 



environ dix heures plus tard. Pendant ce temps, les sper- 
matozoïdes remontent le long des trompes de Fallope jus- 
que dans la partie supérieure où la fertilisation a lieu. Les 
oeufs fertilisés deviennent des foetus qui se développent 
dans les cornes utérines jusqu'à la parturition. 

Période de gestation 

La période de gestation (de l'accouplement à la parturition) 
est de trente et un à trente-deux jours. Il se peut que des 
lapereaux naissent avant ou après la date prévue. Si la mise 
bas retarde de deux ou trois jours, il peut y avoir là un signe 
qu'un ou plusieurs foetus sont exceptionnellement gros. 

Age au premier accouplement 

L'âge au premier accouplement, tant chez le mâle que la 
femelle, dépend de la race et du développement individuel. 
Les races de petit format se développent plus vite et at- 
teignent la maturité sexuelle plus tôt que les races de moyen 
ou grand format. En général, les femelles deviennent 
pubères avant les mâles. 

Souvent, la femelle se montre réceptive à l'accouplement 



20 



dès l'âge de trois mois, mais, à cet âge, elle n'a pas encore 
atteint la taille ni le développement lui permettant de mener 
à bien une gestation. Souvent, les très jeunes mères ne 
s'occupent pas de leurs petits. 

Chez la plupart des races commerciales, le premier ac- 
couplement a lieu à l'âge de quatre ou cinq mois. Avec 
l'expérience, vous pourrez déterminer le meilleur âge pour 
accoupler vos lapins. L'âge auquel il faut commencer les 
accouplements est très important. La femelle doit 
commencer à se reproduire avant d'accumuler de la graisse 
interne, qui est très difficile à éliminer par la suite. Les 
lapins sont censés avoir très peu de graisse, et il est facile de 
les suralimenter. Dès que la graisse s'accumule autour des 
organes reproducteurs, les femelles ne cherchent plus à 
s'accoupler. C'est pourquoi vous devez accoupler les 
femelles dès qu'elles ont atteint leur maturité. 

Avant l'accouplement, assurez-vous que le mâle comme la 
femelle sont en santé et en bonne condition physique et 
qu'ils ont atteint leur maturité sexuelle. Un mâle adulte doit 
être bien conformé, avoir une bonne constitution sans être 
gras; en outre, il doit être vigoureux, avoir bon appétit et les 
yeux brillants. Les deux testicules doivent être complète- 
ment descendus dans le scrotum qui doit être plein et large. 
Si un des deux testicules n'est pas encore descendu, n'utili- 
sez pas l'animal pour la reproduction. Mettez-le sous obser- 
vation; cet état peut n'être que temporaire. Un mâle dont les 
testicules sont atrophiés ou ridés peut être stérile tempo- 
rairement ou de façon permanente. 

Une femelle adulte doit aussi être en bonne santé, et sa 
fourrure et ses yeux doivent être brillants. Une femelle prête 
à l'accouplement élève son arrière-train lorsqu'on lui passe 
la main sur le dos et les épaules. Souvent, sa vulve est 
congestionnée et de couleur rougeâtre à violacée. Une 
lapine en chaleur peut être nerveuse, rechercher la compa- 
gnie des autres lapins et se frotter le nez aux parois de la 
cage ou de la mangeoire. Tous ces indices ne permettent pas 
de juger à coup sûr de l'état de réceptivité de la lapine; le 
moyen le plus sûr est de la mettre en présence d'un mâle et 
d'observer sa réaction. 

Accouplement 

Le meilleur moment pour l'accouplement est tôt le matin ou 
tard le soir, surtout pendant les grandes chaleurs de l'été peu 
propices aux accouplements. Il est conseillé également de 
faire accoupler les lapins avant de les nourrir, car des 
animaux qui ont faim sont plus alertes que des animaux qui 
viennent de manger. Il est très important que les accouple- 
ments aient lieu dans un endroit calme et tranquille, sans 
hâte ni manipulations brusques. 

L'accouplement doit toujours avoir lieu dans la cage du 
mâle. Dans le cas contraire, la femelle qui a généralement 
un fort instinct territorial souvent attaquera et blessera le 
mâle que l'on met dans sa cage. En outre, le mâle cherchera 
d'abord à repérer à l'odeur le passage d'autres mâles dans la 
cage. S'il n'en trouve aucune trace, son instinct lui comman- 
dera de marquer son territoire avec le musc produit par deux 
glandes situées sous son menton. C'est seulement après cela 
qu'il sera disposé à procéder au rituel de l'accouplement. 

Accouplement libre Des quatre techniques d'accouple- 
ment, l'accouplement libre s'avère la meilleure méthode et 
donne lieu au taux de conception le plus élevé. On doit 



placer la femelle dos au mâle, dans la cage de ce dernier. Le 
mâle peut ainsi monter la femelle rapidement et efficace- 
ment, ce qui minimise ainsi le stress occasionné à cette 
dernière et la frustration du premier. Une femelle réceptive 
élève son arrière-train et redresse sa queue afin de permettre 
au mâle de la pénétrer. Le mâle éjacule presque immédiate- 
ment après la pénétration. Il se peut que l'un ou l'autre 
animal pousse un cri. Une fois la saillie achevée, le mâle se 
laisse tomber sur le côté ou sur le dos. Un éleveur expéri- 
menté peut vérifier la vulve de la femelle afin de s'assurer 
qu'il y a vraiment eu pénétration. 

Immédiatement après la saillie, il faut retirer la femelle de la 
cage du mâle et la ramener dans sa cage, l'arrière-train 
dirigé vers le haut afin d'empêcher le sperme de s'écouler. Si 
le premier accouplement n'a pas réussi parce que la femelle 
n'était pas réceptive, un nouvel essai peut réussir en la 
ramenant auprès du mâle dans les six heures qui suivent. 

Accouplement forcé Si la femelle n'accepte pas le mâle, 
l'éleveur peut la maintenir de manière à obtenir un accouple- 
ment forcé. Cette méthode s'avère utile dans le cas des 
lapins qui s'accouplent pour la première fois. Généralement, 
il est plus efficace de faire accoupler un mâle éprouvé avec 
une femelle sans expérience. 

Pour offrir la lapine au mâle, placez-la face à vous et 
maintenez-la d'une main par les oreilles et la peau des 
épaules. Mettez l'autre main sous son corps, entre ses pattes 
de derrière. Placez le pouce et l'index de chaque côté de la 
vulve et repoussez délicatement la peau vers l'arrière. Cette 
manipulation fait redresser la queue de la femelle. Sup- 
portez bien son poids avec votre bras et élevez son arrière- 
train. La femelle est maintenant en position de recevoir le 
mâle. Les lapins qui sont accoutumés aux manipulations de 
leur éleveur acceptent bien cette intervention de sa part. 

Accouplement en claustration Une autre façon de 
favoriser l'accouplement d'une femelle non réceptive est de 
la laisser avec le mâle quelques heures ou toute une nuit, 
afin qu'elle s'habitue à lui et se montre plus coopérative. Le 
principal désavantage de cette méthode est que, à moins 
d'assister à l'accouplement, vous ne pouvez pas être certain 
qu'il a eu lieu. Il se peut aussi que les lapins se battent et se 
blessent. 

Insémination artificielle L'insémination artificielle a 
déjà été utilisée pour les lapins, mais cette méthode est loin 
d'être généralisée. Il est peu probable que l'insémination 
artificielle en vienne à remplacer l'accouplement libre car 
c'est une technique trop onéreuse, en temps et en argent, 
pour le petit éleveur. Il vaut mieux choisir des reproducteurs 
dont l'ardeur sexuelle est intense et qui montrent une dis- 
position naturelle à s'accoupler. 

Diagnostic de la gestation 

Pour savoir si une lapine est gestante, on ne peut pas se 
fonder sur ses réactions lorsqu'on la présente au mâle : une 
lapine gestante peut très bien accepter l'accouplement et une 
autre, non gestante, refuser l'accouplement. Une palpation 
abdominale est nécessaire. Cependant, cette méthode ne 
doit pas être pratiquée par un éleveur inexpérimenté; il faut 
plusieurs années de pratique pour acquérir la dextérité né- 
cessaire. 
La palpation abdominale permet à l'éleveur de percevoir la 



21 



présence de foetus dans l'utérus. Elle doit avoir lieu de dix à 
quatorze jours après l'accouplement. À cette étape de leur 
développement, les foetus se présentent sous la forme d'une 
chaîne de petites boules de part et d'autre de l'axe du corps, 
au niveau de l'abdomen. À mesure que les foetus se déve- 
loppent, ils s'élèvent dans la cavité abdominale, et l'éleveur 
qui fait une palpation peut croire qu'il s'agit des organes 
internes; avant le dixième jour, l'éleveur peut penser qu'il 
s'agit des matières fécales de l'animal qui ont également la 
forme de petites boules. 

La palpation peut se faire dans la cage de la lapine ou sur 
une surface antidérapante à une hauteur facilitant les mani- 
pulations. Elle s'effectue plus facilement lorsque l'animal 
est calme et habitué aux manipulations de l'éleveur. 

Placez la lapine sur la table, face à vous. Maintenez-la en 
place en la retenant d'une main par les oreilles et les plis de 
la peau au-dessus des épaules. Mettez l'autre main sous son 
corps, entre les pattes de derrière et légèrement en avant du 
pelvis. Glissez le pouce et l'index contre la paroi ventrale, 
de part et d'autre de la corne utérine. Vous pourrez percevoir 
la présence de petites boules qui sont en fait constituées par 




Figure 20 Palpation 

les embryons répartis régulièrement le long des cornes 
utérines. Exercer trop de pression pourrait provoquer un 
avortement. La première fois, effectuez la palpation seule- 
ment le quatorzième jour sur une femelle éprouvée et en 
présence d'un guide expérimenté. Avec l'expérience, vous 
pourrez effectuer la palpation dès le dixième jour de la 
gestation. 



PROBLEMES DE REPRODUCTION 

L'aptitude exceptionnelle des lapins à se reproduire est 
tellement connue que l'on imagine facilement qu'un couple 
d'adultes donnera naissance à une nombreuse progéniture. 
Cependant, ce qui est vrai en théorie ne se réalise pas 
toujours en pratique, car de nombreux problèmes peuvent 
empêcher la conception. 

Pseudo-gestation 

Parfois, une femelle peut présenter tous les signes de la 
gestation, c'est-à-dire production de lait et construction 
d'un nid, sans être gravide. Une pseudo-gestation peut être 
provoquée par l'accouplement avec un mâle stérile ou le 
chevauchement de femelles entre elles. La stimulation res- 
sentie par la lapine déclenche l'ovulation qui, malgré l'ab- 
sence de fécondation, entraîne la formation du corps jaune 
dont les sécrétions hormonales simulent les conditions de 
grossesse dans l'utérus et favorisent le développement des 
glandes mammaires. La femelle pseudo-gestante devient 
infertile durant dix-sept jours, aucune ovulation ne pouvant 
se produire jusqu'à ce que les sécrétions hormonales se 
soient dissipées. 

La femelle peut indiquer à l'éleveur que la pseudo-gestation 
touche à sa fin par son comportement. Elle prépare son nid 
et le couvre de poils. Cependant, elle ne fait aucun effort 
pour le garder propre. La palpation permettra de confirmer 
que la lapine n'est pas gravide. La femelle devrait être très 
réceptive au mâle à ce moment-là, et un accouplement 
devrait donner lieu à une vraie gestation car sa fertilité est 
très élevée à la fin de la pseudo-gestation. 

Pour éviter les pseudo-gestations, séparez les jeunes 
femelles à la veille d'être accouplées au moins trois se- 
maines avant de les présenter au mâle. Lorsqu'une femelle a 
élevé sa première portée, elle est moins susceptible de faire 



une pseudo-gestation si l'éleveur la maintient en reproduc- 
tion à l'aide d'un plan de réaccouplement hâtif. 

Stérilité 

Il y a des périodes où les lapins ne montrent aucun intérêt à 
se reproduire ou manifestent des signes de stérilité. La 
stérilité est l'incapacité pour le mâle ou la femelle de se 
reproduire, de façon temporaire ou permanente. Un certain 
nombre de causes peuvent limiter la conception chez les 
lapins. 

Condition physique de l'animal L'obésité est probable- 
ment la principale cause de stérilité. Les lapins trop gras ont 
tendance à être paresseux et à ne montrer aucun intérêt à se 
reproduire. L'obésité n'est pas toujours visible, car, chez la 
femelle, une grande partie de la graisse s'accumule autour 
des organes reproducteurs. Une fois que la femelle est dans 
cet état, il est très difficile de la faire reproduire. De même, 
un mâle obèse est généralement un piètre reproducteur. 

On peut facilement suralimenter les lapins, surtout 
lorsqu'ils semblent avoir plus faim à l'approche de l'hiver. 
Afin d'éviter cette erreur, pesez vos lapins périodiquement 
et assurez- vous qu'ils maintiennent un poids constant. Ac- 
couplez les femelles dès qu'elles ont atteint leur maturité 
sexuelle et maintenez-les en production en les réaccouplant 
avant que leur portée ne soit sevrée; elles éviteront ainsi 
l'obésité et se maintiendront en bonne condition physique. 

Carences nutritionnelles Un lapin dont la ration est in- 
suffisante ou déficiente sur le plan nutritionnel peut être 
incapable de se reproduire. La plupart des aliments 
commerciaux contiennent des quantités suffisantes de vita- 
mines et de minéraux. 

Chaleurs estivales Les problèmes de reproduction aug- 
mentent toujours durant l'automne et l'hiver, généralement 
du mois de septembre jusqu'au milieu ou la fin de janvier. 



22 



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taux de conception 



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JAN 



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MARS 



AVR 



MAI 



JUIN 



JUIL 



AOÛT SEPT 



OCT 



NOV 



DEC 



Figure 21 Variations saisonnières de la capacité de reproduction 4 



Les chaleurs estivales peuvent en être une des causes. En 
effet, les mâles peuvent devenir stériles lorsqu'il fait très 
chaud. La période durant laquelle ils demeurent stériles est 
directement proportionnelle à la durée de l'exposition à la 
chaleur. Les mâles adultes sont généralement plus touchés 
que les jeunes dont le développement n'est pas achevé (entre 
cinq et sept mois). Lorsque les températures dépassent 
29 °C pendant plusieurs jours de suite, les mâles demeurent 
sexuellement actifs mais ils peuvent être stériles pendant 
soixante jours environ. 

Afin d'éviter les problèmes de stérilité attribuables à la 
chaleur, maintenez la température du clapier au-dessous de 
24 °C et remplacez les mâles plus âgés par des plus jeunes 
lorsque les premiers souffrent de la chaleur. Prenez note 
quotidiennement de la température du clapier et évitez les 
variations excessives de température. Au retour de la saison 
froide, remettez les mâles adultes en service après un repos 
de deux mois. 

Diminution de Véclairement naturel Les femelles sont 
particulièrement sensibles à la diminution des heures 
d'éclairement naturel. À mesure que les jours raccourcis- 
sent, on constate une baisse de réceptivité chez les femelles 
au cours de l'automne. La lapine ressent instinctivement le 
besoin de cesser la reproduction et de se préparer à l'hiver en 
permettant à sa fourrure d'épaissir et en accumulant une 
couche de graisse isolante autour de ses organes internes. 
Vers la fin de l'été, il se peut que les femelles refusent 
carrément les mâles et que ces derniers ne soient pas plus 
intéressés à les saillir. Vers la mi-janvier, les femelles se 
montrent réceptives de nouveau à mesure que les jours 
allongent. 

L'éleveur peut améliorer quelque peu la réceptivité des 
femelles à l'égard du mâle pendant l'automne en allongeant 
la durée d'éclairement à l'aide d'un éclairage artificiel. La 
latitude à laquelle le clapier est situé détermine la quantité 
d'éclairage nécessaire. La durée de l'éclairage artificiel ne 
doit pas dépasser la durée du plus long jour de l'année. En 
outre, il est préférable d'allonger la journée par les deux 



extrémités, soit le matin et le soir, afin d'harmoniser 
l'éclairage artificiel avec la diminution de l'éclairement 
naturel. On peut également surmonter les problèmes de 
reproduction survenant à l'automne en faisant en sorte que le 
troupeau ait un rythme de reproduction intensif à l'approche 
de cette période. Les taux d'hormone sont plus élevés chez 
les femelles en reproduction, et les taux de saillie et de 
conception sont par conséquent aussi plus élevés lorsque les 
lapins sont maintenus en reproduction. 

Facteurs héréditaires Certains lapins sont de meilleurs 
reproducteurs que d'autres, et il se peut que la tendance à 
manifester une baisse de la fertilité à l'automne soit un trait 
hérité. Essayez de choisir des animaux dont l'hérédité per- 
met de prévoir qu'ils s'accoupleront et concevront facile- 
ment toute l'année. Éliminez les reproducteurs médiocres. 

Mue Dans la nature, les lapins sauvages subissent une 
mue estivale (perte de poils) qui annonce le début de la 
période stérile. Les lapins domestiques subissent également 
une mue d'intensité variable qui peut influer sur leur capa- 
cité de reproduction. 

Stress Le stress est un état de nervosité attribuable à des 
facteurs comme la peur, la fatigue, les blessures, les écarts 
de température soudains, etc., qui peuvent en tout temps 
avoir des répercussions sur la reproduction. Certains lapins 
peuvent être plus facilement touchés par le stress que d'au- 
tres. La sélection des reproducteurs et de bonnes techniques 
de gestion peuvent réduire ce genre de problème. (Voir la 
section sur les maladies et les difformités.) 

Age Parfois, les jeunes femelles n'ont pas atteint leur 
maturité sexuelle au moment de l'accouplement, tandis que 
les vieilles femelles ont une capacité de reproduction en 
déclin. Si elles sont en bonne condition physique, les 
femelles doivent pouvoir se reproduire facilement et allaiter 
leurs petits sans aucun problème. Dans les troupeaux 
commerciaux, les femelles qui ont reçu les soins appropriés 
produisent environ quinze portées durant leur vie. Un ani- 
mal exceptionnel peut dépasser ce nombre. 



23 



Maladies et difformités Une mauvaise santé ou des diffor- 
mités affectant les organes reproducteurs (malformation, 
absence d'organes, testicules non descendus) peuvent in- 
fluer sur la reproduction (voir la section sur les maladies et 
les difformités). 

Mortalité néonatale et avortements 

La maladie et une mauvaise alimentation sont généralement 
responsables des naissances de lapereaux prématurés ou 
mort-nés. La lapine peut mettre bas à une date hâtive, se 



désintéresser totalement de ses petits et les laisser mourir. 
Elle-même peut souffrir de stress et mourir soudainement. 
Assurez un milieu calme aux femelles gravides. Ne faites 
pas de bruits excessifs ou de mouvements soudains qui 
pourraient leur occasionner du stress. 

Parfois, un lapereau à naître dont le poids est élevé reste 
bloqué dans le canal génital et meurt par asphyxie. S'il y 
demeure pendant un certain temps, les autres foetus encore 
dans l'utérus suffoqueront également et seront mort-nés. 



ELEVAGE DE LA PORTEE 

Mise bas 

La mise bas (fait de donner naissance) est une période 
difficile; il est donc important que la future mère soit le plus 
confortable possible et ait à sa disposition les matériaux 
nécessaires à la construction de son nid avant l'arrivée des 
petits. La plupart des femelles mettent bas pendant la nuit et 
réagissent mal à toute intervention. 

Une boîte à nid garnie de matériaux absorbants, non pul- 
vérulents, tels que des copeaux de bois ou de la paille, doit 
être placée dans la cage de la femelle 27 à 28 jours après 
l'accouplement. Un grand nombre de femelles gravides 
prennent des matériaux de litière dans leur bouche et tour- 
nent en rond dans leur cage avant de se mettre à construire 
un nid. Si une femelle urine dans la boîte à nid, il est 
possible qu'elle ne soit pas gravide en fin de compte. 

Le jour précédant la mise bas, la femelle peut refuser de 
manger, mais continuer de s'abreuver à volonté. Juste avant 
la naissance de ses petits, elle termine le nid avec les poils 
qu'elle s'arrache de la poitrine. Les lapereaux naissent 
aveugles, sourds et dépourvus de poils. Après la mise bas, 
la lapine est nerveuse, et il faut éviter de la déranger jusqu'à 
ce qu'elle se soit calmée. 

Soins à donner à la portée 

Aussitôt que possible après la mise bas, inspectez la cage 
discrètement et rapidement afin de vous assurer qu'aucun 
petit n'a été laissé à l'extérieur de la boîte à nid. Les jeunes 
mères peuvent donner naissance à leurs petits sur le fond 
grillagé de leur cage ou ne pas avoir le réflexe de recouvrir 
de leurs poils les petits au nid. Si c'est le cas, vous pouvez 
sauver la vie des jeunes en les réchauffant et en les plaçant 
dans le nid et en les recouvrant de poils que vous arrachez 
vous-même de la poitrine de la mère. Certains éleveurs 
mettent de côté de la fourrure provenant des nids ayant servi 
durant l'été afin de fournir une protection supplémentaire 
aux nouveau-nés durant les mois d'hiver. Toutefois, une 
bonne mère veille à fournir elle-même à ses petits une 
protection thermique suffisante. 

Lors de la première inspection du nid, prenez note du 
nombre de petits pour les registres. Le nombre de petits 
dans une portée peut varier grandement, d'un seul à une 
quinzaine. 

Une inspection quotidienne de la portée s'avère essentielle. 
Retirez les lapereaux blessés ou morts et comptez-les afin de 




Figure 22 Portée au nid 



vous assurer que tous sont au nid. Les lapereaux bien 
nourris ont le ventre gonflé et sont calmes. Si, pendant les 
deux premières semaines de vie, les lapereaux se tortillent, 
il est probable qu'ils ne reçoivent pas assez de lait maternel. 
On peut réduire une portée trop nombreuse et assurer ainsi 
une meilleure alimentation en faisant adopter un certain 
nombre de petits par d'autres femelles. 

Durant les températures froides, assurez- vous que les 
jeunes sont bien couverts. Parfois, la femelle sort de la boîte 
à nid avec un petit attaché à sa mamelle et oublie de le 
ramener au nid. Si vous découvrez, dans la cage, un 
lapereau qui semble mort, il se peut qu'il soit simplement 
gelé et qu'il puisse être ranimé. Une des meilleures façons 
de réchauffer un lapereau est de le mettre sous votre aisselle 
jusqu'à ce qu'il reprenne conscience. 

Les jeunes au nid sont également très sensibles à la chaleur 
extrême, et, dans ce cas, ils se montrent très agités. Vous 
pouvez enlever le matin la fourrure qui les recouvre et la 
replacer le soir. Durant l'été, vous pouvez retirer du nid les 
jeunes dont la fourrure commence à pousser et les mettre 
dans la cage jusqu'à ce qu'il fasse assez frais pour les 
remettre au nid. Un sac de toile imbibé d'eau que l'on étend 
sur la cage au-dessus de la boîte à nid peut aussi avoir un 
effet rafraîchissant. 

Les lapereaux ouvrent généralement les yeux 10 à 12 jours 
après la naissance. Dans certains cas, une infection causée 
par une litière poussiéreuse peut les empêcher d'ouvrir les 
yeux. Si les paupières sont irritées et encroûtées, baignez- 
les avec une solution à 4 % d'acide borique à l'aide d'un 



24 



cure-oreilles propre. Lorsque les tissus sont ramollis, une 
légère pression permet de séparer les paupières. Une fois 
que les paupières sont ouvertes, la guérison est rapide et 
tout traitement supplémentaire n'est généralement pas né- 
cessaire. 

Adoption 

De nombreux éleveurs font reproduire plusieurs femelles en 
même temps afin de s'assurer qu'elles mettront bas à la 
même époque. Si une de ces femelles a une portée très peu 
nombreuse (c'est-à-dire, deux ou trois petits), l'éleveur peut 
transférer ses petits dans le nid d'une autre mère qui a des 
jeunes du même âge et réaccoupler la première femelle 
immédiatement. Si une femelle meurt subitement après 
avoir donné naissance, ses petits peuvent être adoptés par 
d'autres mères, pourvu qu'il n'y ait pas plus de 48 heures de 
différence entre la portée de la mère adoptive et la portée à 
adopter. 

Certains éleveurs ont recours couramment à l'adoption entre 
les mères afin d'équilibrer les portées. Par exemple, une 
mère qui a une portée de six lapereaux vivants peut recevoir 
deux petits d'une mère qui en a produit dix. La décision de 
faire adopter des petits par une mère dépend des qualités 
maternelles de cette dernière et de sa production lactée. 

Il se peut qu'une lapine refuse d'adopter les jeunes d'une 
autre mère ou refuse de réintégrer le nid après l'arrivée des 
intrus. Pour surmonter ce problème, frottez-lui le nez avec 
une goutte d'essence de vanille ou tout autre produit 
odorant. Lorsque son odorat se sera complètement rétabli, 
la femelle ne fera pas la différence entre ses propres petits et 
les autres qui auront pris la senteur du nid. 

Si vous envisagez de conserver comme reproducteurs cer- 
tains des jeunes mis en adoption, veillez à bien les identifier 
en injectant, sous la peau de l'oreille, une goutte d'encre à 
tatouage à l'aide d'une seringue hypodermique. 

Causes de mortalité chez les nouveau-nés 

Environ 20 % des pertes se produisent au cours des huit 
premières semaines de vie. La moitié de ces pertes ont lieu 
durant la première semaine de vie, et les causes sont 
nombreuses. 

Refroidissement Si une femelle est dérangée pendant la 
mise bas par des bruits, des lumières trop vives, des étran- 
gers ou des prédateurs, elle peut donner naissance à ses 
petits sur le plancher de sa cage au lieu du nid, et les petits 
meurent de froid. Des températures trop basses dans le 
clapier, des courants d'air, des boîtes à nid mal conçues ou 
des matériaux inappropriés à la confection du nid peuvent 
causer la mort des lapereaux par refroidissement. 

Blessures Si l'on dérange la femelle après la naissance, 
elle peut entrer et sortir successivement de la boîte à nid et 
écraser ses petits avec ses pattes de derrière, les blessant ou 
les tuant. 

Cannibalisme Les femelles, surtout les primipares, man- 
gent parfois leurs petits. Le cannibalisme peut être le fait 
d'une femelle qui a manqué d'eau avant la mise bas, qui a 
peur ou qui a mordillé accidentellement les membres de ses 
petits au moment de la naissance. Des carences nutrition- 
nelles, particulièrement en calcium durant les périodes de 



production lactée intense, peuvent également être à l'origine 
du cannibalisme. Un tel comportement peut aussi être un 
trait hérité. 

Généralement, les femelles ne tuent pas et ne mangent pas 
leurs petits qui sont en santé, mais seulement ceux qui sont 
mort-nés ou qui ont été blessés et sont morts par la suite. 
Certains cuniculteurs prétendent qu'ils empêchent le can- 
nibalisme en donnant aux femelles ayant montré de telles 
tendances un morceau de bacon un jour ou deux avant la 
mise bas. Les femelles qui mangent régulièrement leurs 
petits doivent être éliminées du troupeau. 

Inanition Parfois, une jeune femelle nerveuse néglige 
d'allaiter ses petits. Les lapereaux qui manquent de nour- 
riture sont maigres et déshydratés, et, si on veut les sauver, 
l'adoption par une autre lapine doit se faire dans les heures 
qui suivent. 

Une femelle malade peut aussi négliger d'allaiter ses petits. 
La gestation est un état qui taxe les forces physiques et 
diminue la vitalité de la lapine, accroissant ainsi sa récep- 
tivité aux maladies comme la pneumonie. Une femelle 
malade doit manger pour continuer à produire du lait et il 
peut être nécessaire de l'y encourager avec de la verdure 
fraîche. Si elle manque de soins, vous risquez de perdre et la 
mère et les petits. 

Une femelle dont les glandes mammaires sont engorgées 
peut refuser d'allaiter ses petits. L'engorgement des glandes 
mammaires peut avoir été causé par des blessures aux 
mamelles qui bloquent l'écoulement du lait. Les glandes 
mammaires gonflent, durcissent et deviennent très sensi- 
bles. L'application de lanoline sur les mamelons peut aider à 
les ramollir suffisamment pour que les jeunes s'allaitent, 
pourvu que la mère soit maintenue en place par l'éleveur. 
L'inflammation s'atténue lorsque l'écoulement de lait est 
régulier. 

La mammite peut également empêcher la femelle d'allaiter 
ses petits. Cet état pathologique est attribuable à une infec- 
tion bactérienne qui peut être très contagieuse. La femelle 
perd l'appétit et devient inactive. Ses glandes mammaires 
s'engorgent, s'enflamment et deviennent rouge foncé à vio- 
lacées; les mamelons changent aussi de couleur. La péni- 
cilline est efficace dans ce cas; cependant, comme la mam- 
mite est une inflammation récidivante, il vaut peut-être 
mieux éliminer les femelles qui en souffrent. 

Allaitement et lactation 

Les lapereaux demeurent au nid pendant deux semaines et 
demie à trois semaines et se nourrissent exclusivement de 
lait maternel. La composition du lait maternel varie d'une 
lapine à l'autre, mais, dans tous les cas, c'est un lait très 
condensé qui s'avère essentiel à la croissance rapide du 
lapereau. Comparé au lait de vache, le lait de la lapine 
contient deux fois plus de matières sèches, quatre fois plus 
de protéines et de matières grasses et trois fois plus de 
cendres; par contre, il contient six fois moins de lactose 
(sucre de lait) 5 . 

La lapine allaitante doit recevoir une alimentation appro- 
priée pour être en mesure de produire suffisamment de lait 
et conserver sa vitalité. Il est important de donner un apport 
nutritionnel supplémentaire à la femelle dès que l'on cons- 
tate qu'elle est gravide, car les glandes mammaires 



25 



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jours suivant la mise bas 

Figure 23 Production laitière des femelles 6 



24 



28 



32 



commencent à se développer tôt au début de la gestation. Le 
développement des foetus étant le plus rapide durant le 
dernier tiers de la gestation, il est important d'accroître la 
ration de la mère pendant la seconde moitié de la gestation 
(voir la section sur l'alimentation). L'accroissement de la 
ration durant la gestation permet une amélioration de la 
production lactée après la mise bas. 

La quantité de lait produite varie pendant la lactation qui 
dure habituellement de quatre à six semaines. La production 
atteint un maximum au cours de la troisième semaine 
d'allaitement, puis régresse progressivement. 

La durée de la lactation varie avec le niveau d'alimentation, 
le nombre de lapereaux qui tètent et la durée de l'allaite- 
ment. La quantité de lait produite varie avec la race, la 
souche, les aptitudes génétiques, l'état général et le déve- 
loppement des glandes mammaires de la lapine ainsi 
qu'avec la ration et les besoins de la portée. 

Il est essentiel de déterminer la production laitière de cha- 
que mère. Le fait de peser les jeunes à l'âge de 21 jours 
lorsque la production de lait atteint un maximum renseigne 
l'éleveur sur la quantité et la qualité de la lactation. Avant 
cette date, l'éleveur peut vérifier que les lapereaux au nid 
sont bien nourris s'ils ont le ventre gonflé et sont calmes. 

La lapine allaite ses petits une fois par jour, la nuit ou tôt le 
matin. Une fois qu'ils ont quitté la boîte à nid et qu'ils 
consomment des aliments solides, les petits essaient encore 
de téter leur mère plusieurs fois durant la journée. D'habi- 
tude, la lapine les repousse et ne leur accorde qu'une tétée 
nocturne. 



Causes de mortalité après l'âge de trois 
semaines 

Des pertes peuvent survenir vers l'âge de trois semaines 
lorsque les jeunes commencent à quitter la boîte à nid et à 
consommer des aliments secs. Entre l'âge de trois et de dix 
semaines, la cause de mortalité la plus courante est la 
diarrhée ou dysenterie du lapin. La diarrhée est le symp- 
tôme d'une maladie et non pas une maladie en soi, et elle se 
manifeste souvent dans des périodes de stress comme le 
sevrage. Même avec un traitement aux antibiotiques, 
jusqu'à la moitié des lapins atteints peuvent mourir. Généra- 
lement, les pertes les plus élevées se produisent parmi ceux 
dont le poids corporel est le plus bas. La coccidiose peut être 
la cause sous-jacente de ce trouble digestif, mais il ne faut 
pas négliger non plus les infections bactériennes, les infec- 
tions virales et les rations pauvres en fibres. 

Parfois, les pertes prennent des proportions épidémiques, 
au grand désarroi de l'éleveur. La meilleure façon de préve- 
nir ce genre de catastrophe est de donner aux animaux des 
aliments d'une qualité constante, de maintenir les 
meilleures conditions d'hygiène possible et de réduire les 
situations favorisant le stress là où c'est possible. Dès le 21 e 
jour après la mise bas, enlevez de la cage la boîte à nid qui 
est un milieu propice au développement des bactéries. À 
cette date, tous les lapereaux ont normalement quitté le nid à 
la recherche d'aliments secs et d'un peu d'exercice. 

Sevrage 

La façon la plus facile de sevrer les jeunes est de les laisser 



26 



avec leur mère pendant huit à dix semaines, jusqu'au mo- 
ment de leur commercialisation comme lapins à frire. Cette 
méthode limite, cependant, le nombre de portées que l'on 
peut obtenir en une année. 

Le moment optimal du sevrage est déterminé par le plan de 
reproduction adopté par l'éleveur. Si vous suivez un plan 
intensif, il est conseillé de sevrer les jeunes assez tôt pour 
permettre à la mère de se reposer quelques jours avant la 



naissance de la portée suivante. 

La séparation d'avec leur mère occasionne du stress aux 
jeunes lapins, quel que soit leur âge. Aussi, afin de réduire 
ce stress au minimum, il est préférable de placer la mère 
dans une autre cage et de laisser les lapereaux dans la cage 
qui leur est familière jusqu'au moment de leur commer- 
cialisation. 



MALADIES ET DIFFORMITES 

Un élevage bien géré et un clapier propre et bien ventilé 
offrent, dans une certaine mesure, une protection contre les 
maladies. Néanmoins, il est utile de pouvoir reconnaître les 
symptômes des maladies les plus courantes chez le lapin. 

Stress 

Le stress n'est pas une maladie, mais il contribue à l'appari- 
tion et à l'entretien de nombreux problèmes de santé chez le 
lapin. On définit le stress comme étant la pression ou la 
tension exercée sur l'organisme par toute action adverse. Le 
stress peut être causé par les conditions à l'intérieur du 
clapier ou par des facteurs externes. Il est difficile de dé- 
tecter les premiers signes de stress chez un animal en 
particulier et, encore plus, d'en déterminer les causes pré- 
cises. 

Facteurs du milieu Transporter les lapins d'un endroit à 
un autre, les changer de cages, les élever dans des cages 
surpeuplées ou modifier tout autre élément de leur habitat 
peuvent occasionner du stress aux lapins. Modifier l'am- 
biance — température, humidité, courants d'air — est 
également une source de stress. 

Facteurs physiologiques Tout état qui modifie les fonc- 
tions physiologiques comme la gestation, la mise bas, la 
lactation, le changement de ration, ainsi que des causes 
cliniques comme une maladie, une blessure ou une infec- 
tion sont des sources de stress. 

Facteurs héréditaires La nervosité démontrée par l'ani- 
mal en présence de bruits inhabituels, de nouveaux em- 
ployés du clapier ou de visiteurs peut être un caractère 
héréditaire. 

Le stress rend les lapins réceptifs aux maladies. Les jeunes 
animaux semblent tolérer mieux le stress et s'en remettre 
plus facilement que les animaux plus âgés. 

Maladies 

Entérite mucoïde L'entérite ou diarrhée est la principale 
cause de mortalité dans les élevages cunicoles. En effet, elle 
est responsable de 50 % des pertes de lapereaux entre la 
naissance et le sevrage, dans les clapiers commerciaux. 
L'incidence d'entérite est très peu élevée jusqu'à l'âge de 
quatre semaines; elle atteint un maximum à l'âge de sept 
semaines, puis régresse de façon marquée après la huitième 
semaine 7 . La maladie s'attaque aussi aux lapines peu avant 
ou peu après la mise bas. 



Les causes de l'entérite mucoïde sont encore mal connues; 
certains soutiennent qu'elle est due à la fois à des virus et à 
des bactéries. Par ailleurs, on a enregistré des flambées 
importantes de la maladie dans les élevages où on a imposé 
des changements brusques de régime alimentaire ou de 
régie, ou dont la ration contenait trop de glucides. Les 
animaux atteints démontrent de la nonchalance, perdent 
l'appétit, grincent des dents, ont les yeux qui louchent, 
adoptent une position voûtée et souffrent de diarrhée. En 
outre, leur fourrure perd de son lustre et leur abdomen se 
gonfle. Leurs excréments peuvent contenir de grandes 
quantités de mucus blanchâtre et visqueux. L'animal ma- 
lade cherche à s'isoler dans un coin de la cage et, à mesure 
que la diarrhée et la déshydratation font leur oeuvre, il peut 
perdre entre 10 % et 25 % de son poids en 24 à 48 heures 8 . 
La mort survient rapidement, et les tentatives de traitement 
sont généralement vaines. 

Certains croient qu'on peut prévenir, dans une certaine 
mesure, l'entérite mucoïde en ajoutant à la ration de la fibre 
non digestible (foin, trèfle, feuilles de mûrier, paille) afin de 
maintenir la muqueuse intestinale en bon état. 

Il n'existe pas de traitement spécial pour cette maladie. 
Cependant, l'ajout de chlortétracyclines et d'oxy- 
tétracyclines aux aliments ou à l'eau s'est avéré efficace pour 
diminuer les pertes. 

Pasteurellose (coryza) La pasteurellose est une des mala- 
dies les plus communes dans les clapiers. Elle se manifeste 
tôt ou tard dans presque tous les troupeaux. Elle se caracté- 
rise par des éternuements et par un écoulement nasal de 
mucus. En outre, le nez de l'animal atteint est parfois 
couvert de croûtes et ses pattes de devant sont humides du 
fait qu'il se frotte le nez. Le lapin malade démontre de 
l'inappétence, perd du poids et paraît déprimé et apathique. 

La pasteurellose est une maladie bactérienne très con- 
tagieuse; l'agent pathogène responsable peut causer d'autres 
maladies comme la septicémie, la péritonite et des abcès 
sous-cutanés. Le traitement est difficile et les récidives sont 
fréquentes. Le stress peut également causer une flambée 
soudaine de pasteurellose. L'utilisation d'antibiotiques dans 
l'eau ou les aliments aide à contrôler l'infection mais, pour 
empêcher la recrudescence de la maladie, il faut veiller à ce 
que la ventilation et la condition sanitaire du clapier soient 
excellentes. L'accumulation d'ammoniac provenant des dé- 
jections peut aussi favoriser l'incubation des agents patho- 
gènes de la pasteurellose. L'ammoniac irrite les muqueuses 
nasales du lapin, créant ainsi un terrain idéal pour la pro- 
lifération des bactéries. 



27 



Si la pasteurellose n'est pas soignée, elle peut gagner les 
poumons et se compliquer de pneumonie. La pneumonie est 
la cause la plus importante de mortalité chez les lapins 
adultes. Lorsque les médicaments ne permettent pas de 
l'enrayer, il peut être nécessaire d'éliminer le troupeau et de 
nettoyer et de désinfecter le clapier avant d'y loger de 
nouveaux animaux. 

La meilleure façon de réduire l'incidence de pasteurellose 
consiste à élever des animaux exempts de Pasteurella en 
ambiance protégée (milieu stérile), car il semble que les 
lapins ayant été infectés une fois demeurent réceptifs à une 
réinfection. 

Coccidiose La coccidiose est la maladie parasitaire la 
plus courante chez le lapin domestique. Elle est causée par 
des parasites microscopiques qui envahissent le foie et 
l'intestin de l'animal. Une infection légère peut être tolérée 
par le lapin, mais une infection grave le rend malade. 

La coccidiose hépatique (foie) n'est généralement pas dé- 
tectable chez un animal vivant. L'animal atteint peut affi- 
cher un retard de croissance. L'examen du foie, à l'abattage, 
révèle la présence de taches blanches. 

La coccidiose intestinale, plus grave, entraîne une perte de 
poids malgré un bon appétit et se manifeste par une diarrhée 
occasionnelle, parfois sanguinolente, et le gonflement de 
l'abdomen. Dans les cas les plus graves, la maladie pro- 
gresse si rapidement que les lapins meurent avant même que 
l'éleveur ne se soit rendu compte de leur état. Certains 
laboratoires pratiquent l'examen des excréments permettant 
de détecter la coccidiose et de déterminer sa gravité. 

La contamination des aliments, de l'eau et du plancher de la 
cage par des excréments parasités est le mode de transmis- 
sion de la coccidiose. Par conséquent, la désinfection des 
cages est un élément essentiel du traitement. La source de 
contamination la plus fréquente est une femelle porteuse de 
coccidies, selon toute apparence en bonne santé, qui trans- 
met la maladie par ses déjections. L'ajout de sulfamides à 
l'eau s'avère relativement efficace contre la propagation de 
la coccidiose durant une flambée. 

Syphilis du lapin Les premiers symptômes de la maladie 
sont généralement de petites papules, gales ou pustules 
autour des organes génitaux externes. Plus tard, l'anus, les 
paupières, le museau, les lèvres et même les jarrets peuvent 
être atteints. 

La maladie se transmettant par contact direct, il convient 
d'examiner les sujets des deux sexes avant de les accoupler. 
Les animaux infectés doivent être isolés et traités à la 
pénicilline. Désinfectez au chalumeau (torche à souder) les 
cages des lapins malades. 

Maladie de tyzzer II s'agit d'une infection bactérienne 
rarement diagnostiquée jusqu'à maintenant, mais apparem- 
ment de plus en plus répandue. Les lapereaux récemment 
sevrés y sont sensibles. La maladie se caractérise par une 
diarrhée aqueuse, de l'apathie, un manque d'appétit et la 
déshydratation, entraînant la mort en 12 à 48 heures. Seule 
une autopsie peut confirmer le diagnostic; le foie est couvert 
de petites taches grises jaunâtres. 

La maladie est transmise par contact direct avec une litière 
ou des aliments souillés par des déjections. Le stress dû à 
des températures extrêmes ou au surpeuplement peut 



favoriser l'apparition de la maladie; par conséquent, une 
bonne gestion et des mesures strictes d'hygiène sont des 
éléments essentiels de lutte contre cette maladie. 

Syndrome de la jeune femelle Le syndrome de la jeune 
femelle (mort soudaine déjeunes lapines après la mise bas) 
est une maladie relativement nouvelle en Amérique du 
Nord. La mort de jeunes femelles qui en sont à leur première 
ou deuxième portée survient de façon soudaine deux à 
quatre semaines après la mise bas. Le seul symptôme est 
une ingestion diminuée d'aliments et d'eau qui se manifeste 
un ou deux jours avant la mort. Approximativement la 
moitié des femelles montrent une salivation excessive au- 
tour de la bouche, tandis que 80 % souffrent d'occlusion 
intestinale, en grande partie dans le caecum. Les matières 
contenues dans l'intestin ne sont pas toxiques 9 . 

Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer les 
causes du syndrome de la jeune femelle. La jeune femelle, 
quoique gravide, n'a peut-être pas atteint son poids et sa 
taille d'adulte et, par conséquent, est incapable de sur- 
monter le stress associé à la production d'une portée et d'une 
lactation maximale. 

Le syndrome pourrait aussi être attribuable à une infection 
systémique faisant suite à une mammite staphylococcique. 
Dans ce cas, on pourrait recourir à des injections de pé- 
nicilline potassique. Le syndrome pourrait également être le 
résultat d'une mauvaise gestion conduisant à une entéro- 
toxémie. 

Une ration riche ou énergie (grain) peut donner lieu à une 
surconsommation de glucides, ce qui favorise une proliféra- 
tion rapide des bactéries. Le foie ne peut pas se désintoxi- 
quer assez rapidement, entraînant la mort de la lapine. Pour 
remédier à cette affection, certains proposent d'accroître la 
ration de la lapine très lentement après la mise bas, et tout 
particulièrement la proportion de luzerne. Comme mesure 
préventive, on suggère de réduire la ration des jeunes 
femelles quelques jours avant la mise bas afin d'éviter la 
surconsommation d'aliments. 

Une bonne ventilation ainsi qu'un nettoyage périodique du 
plancher de la cage aident à réduire la population bac- 
térienne. 

Autres maladies et traitements 



Maladie et 
symptômes 



Cause 



Traitement et 
prophylaxie 



Gale des oreilles ou 
gale psoroptique; 
secouement de la 
tête, grattement des 
oreilles, croûtes 
écailleuses brunâtres 
à la base de l'oreille 
interne. 

Gale du corps : 
peau écailleuse rou- 
gie, prurit intense, 
grattement et dépila- 
tion. 



Parasites de 
l'oreille — très 
contagieux. 



Parasites de la 
fourrure. 



Nettoyer l'oreille avec 
une solution huileuse 
(par exemple, de l'huile 
minérale) deux fois par 
semaine jusqu'à ce que 
l'oreille soit complète- 
ment débarrassée des 
parasites. Isoler les ani- 
maux atteints. 

Utiliser une poudre 
contre les acariens pour 
tout le clapier ou faire 
traiter les animaux ma- 
lades par un vétéri- 
naire. De préférence, 
détruire les animaux 
malades et désinfecter 
les cages avec un cha- 
lumeau. 



28 



Maladie et 
symptômes 



Cause 



Traitement et 
prophylaxie 



Maladie et 
symptômes 



Cause 



Traitement et 
prophylaxie 



Teigne annulaire : 
dépilation circulaire 
sur la face, les pieds 
et autour de l'anus. 

Infection cryptogami- 
que : peau écailleuse 
sur les épaules ou le 
dos, fourrure clair- 
semée, pellicules. 

Kystes de ténias : 

impossible à détecter 
chez le lapin vivant. 
Les kystes de ténias 
s'installent dans le 
foie, l'intestin et l'es- 
tomac de leur hôte. 

Néphrite (infection 
des reins) : 
dépérissement, perte 
importante de poils et 
lésions aux reins. 

Brûlure par l'urine : 
inflammation des 
organes sexuels ex- 
ternes et de l'anus, 
pouvant produire des 
saignements et du 
pus, si l'infection est 
grave. 

Métrite : 

liquide épais et 
blanchâtre s'écoulant 
des organes sexuels 
de la lapine, élar- 
gissement de l'utérus 
détecté à la palpation. 

Orchite : infection 
ou inflammation des 
testicules. 



Mammite : 

glandes mammaires 
fiévreuses et roses, 
pouvant devenir 
noires et violacées; 
température élevée, 
perte d'appétit, refus 
d'allaiter. 

Engorgement des 
glandes mammaires : 
glandes mammaires 
tendues, congestion- 
nées et présentant des 
durcissements près 
des mamelons. 

Conjonctivite (yeux 
larmoyants) : 

inflammation des 
paupières avec écou- 
lement rendant la 
fourrure humide et 
emmêlée autour de 
l'oeil. 



Champignons — 
généralement 
transmis par d'au- 
tres rongeurs. 

Champignons. 



Larves de ténias 
contenues dans 
les déjections de 
chats ou de 
chiens parasités. 



Diverses causes. 
Transmission de 
parasites Nosema 
par l'urine ou au 
foetus dans 
l'utérus. 

Infection bac- 
térienne des 
membranes. 



Infection de 
l'utérus par une 
variété de bac- 
téries. 



Bactéries 

pyogènes. 



Infection bac- 
térienne (habituel- 
lement des sta- 
phylocoques) des 
glandes mam- 
maires. 



Écoulement du 
lait en quantités 
insuffisantes par 
rapport aux quan- 
tités produites par 
les glandes mam- 
maires. 

Infection des 
paupières par des 
bactéries et aussi 
par des irritants 
dans l'air. 



Utiliser un fongicide 
approprié et nettoyer 
le bâtiment. 

Appliquer un fongicide 
commercial ou une so- 
lution à 2 % de Lysol 
sur les régions affectées 
chaque deux jours pen- 
dant une semaine. 

Aucun traitement. 
Empêcher les chiens et 
les chats d'approcher 
des aliments et de l'eau 
de boisson des lapins 
ainsi que des matériaux 
utilisées pour les boîtes 
à nid. 

Aucun traitement. Dé- 
truire les animaux 
malades. 



Nettoyer les cages, en 
accordant une attention 
particulière aux en- 
droits où l'animal 
urine. Appliquer de la 
lanoline sur les organes 
infectés. 

Détruire les femelles 
atteintes et désinfecter 
les cages. Remplacer 
les reproducteurs qui 
sont porteurs. 



Détruire les mâles at- 
teints. L'accouplement 
avec un mâle atteint 
d'orchite peut provo- 
quer une métrite chez 
la femelle, et vice 
versa. 

Injections intra- 
musculaires de pé- 
nicilline. Ne pas 
transférer les lapereaux 
à une autre femelle. 
Détruire les femelles 
atteintes car la mam- 
mite est une infection 
récidivante. 

Ne par sevrer les 
jeunes de façon 
abrupte. 



Divers onguents appro- 
priés. 



Abcès et furoncles : 


Diverses 


Les abcès et furoncles 


collection purulente 


bactéries. 


peuvent percer et se 


faisant saillie sous la 




drainer naturellement. 


peau, localisée sur les 




Consulter un vétéri- 


côtes, le dos, le cou, 




naire. 


le fanon et les 






glandes mammaires. 






Pneumonie : 


Infection 


Traitement à la pé- 


dépérissement, respi- 


bactérienne des 


nicilline, d'autant plus 


ration laborieuse et 


poumons. 


efficace s'il est admi- 


rapide forçant l'ani- 




nistré tôt. 


mal à élever le nez; 






yeux et oreilles pre- 






nant une teinte 






bleuâtre, poumons 






congestionnés. 






Septicémie : 


Infection de la 


Antibiotiques. Cepen- 


mort soudaine, sou- 


circulation san- 


dant, l'absence de 


vent sans aucun 


guine par les bac- 


signes cliniques et 


symptôme; faiblesse 


téries Pasteurella. 


l'évolution rapide de la 


extrême, température 




maladie empêchent par- 


très élevée, respira- 




fois tout traitement. 


tion rapide. 






Péritonite : 


Infection de la 


Antibiotiques, si la ma- 


Tempéraure élevée, 


membrane tapis- 


ladie est diagnostiquée 


refus de bouger, ab- 


sant la cavité 


à temps. 


domen tendu et dou- 


abdominale par 




loureux, respiration 


les bactéries 




rapide et super- 


Pasteurella. 




ficielle. 






Difformités 







Il y a un certain nombre d états pathologiques qui ne sont 
pas véritablement des maladies, mais qui ne doivent pas être 
tolérés dans un clapier bien géré parce qu'ils influent direc- 
tement sur la productivité et la rentabilité de l'élevage. 

Graisse jaune La tendance à faire de la graisse jaune est 
un trait héréditaire. Le marché n'accepte pas les lapins qui 
ont de la graisse jaune, non pas parce que cette graisse est 
nocive mais pour des raisons d'esthétique. La graisse jaune 
est plus facilement décelable chez les adultes. Les lapins qui 
font de la graisse jaune n'ont pas les enzymes qui dégradent 
la xanthophylle, pigment jaune se trouvant dans les aliments 
verts. La graisse jaune se dépose dans les tissus adipeux, 
leur donnant une couleur jaune clair. 

Malocclusion dentaire Les dents du lapin poussent con- 
tinuellement, mais la mastication assure leur usure normale. 
Cependant, si les mâchoires sont mal juxtaposées, les dents 
ne s'usent pas normalement. Les incisives supérieures pous- 
sent alors vers l'intérieur et les incisives inférieures vers 
l'extérieur, empêchant toute mastication. 

Une perte progressive de l'appétit et une perte de poids sont 
des signes de malocclusion. Une salivation excessive appa- 
raît sur les deux côtés de la bouche. Comme la mastication 
est défectueuse, l'animal devient progressivement apathi- 
que, déshydraté et amaigri. Cette condition peut s'aggraver 
au point que l'animal meure d'inanition. 

On peut corriger temporairement le problème en coupant 
les dents afin que les lapins destinés à l'abattage puissent 
s'alimenter et atteindre le poids désiré. La malocclusion 
peut être causée par une blessure ou un abcès, mais, le plus 
souvent, ce défaut est héréditaire et on peut l'éliminer en 



29 



évitant d'utiliser comme reproducteurs des lapins qui en 
sont atteints. 

Pattes tournées en dehors Cette difformité est causée par 
un gène récessif et est caractérisée par une torsion des 
membres qui fait paraître l'animal désarticulé. Les animaux 
atteints de cette difformité ne sont ni paralysés ni malades, 
mais ils ne doivent pas être utilisés pour la reproduction. 

Maux de patte Chez les animaux atteints, on remarque 
des inflammations, des infections, des meurtrissures, des 
abcès ou même des plaies sanguinolentes sur les coussinets 
des pattes arrière. Cette condition est plus fréquente chez les 
races lourdes. Les coussinets plantaires et la fourrure des 
coussinets ne sont pas assez épais pour permettre à l'animal 
de vivre sur un plancher en treillis métallique. Dans tous les 
cas de maux de patte, on remarque que l'animal a des 
coussinets plantaires peu garnis, un défaut héréditaire. Les 
mâles nerveux qui tapent constamment des pattes sur le 
grillage peuvent également être atteints. La condition est 
aggravée par une accumulation d'eau ou d'urine, une humi- 
dité excessive, une augmentation du poids de l'animal ou un 
excès de poids ou des blessures. 

L'animal atteint a tendance à rester couché ou à se déplacer 
avec beaucoup de précaution, en mettant autant de poids que 
possible sur les pattes avant. Des plaies peuvent donc appa- 
raître sur les pattes avant. Les mâles et les femelles souffrant 
de maux de patte se montrent peu enclins à s'accoupler. 

Eliminez les animaux gravement atteints. Dans les cas 
moins graves, mettez les lapins dans une cage bien drainée à 
plancher plein et sec. Enlevez des coussinets la fourrure 
durcie. Chaque jour, nettoyez les plaies avec de l'eau chaude 
savonneuse, séchez complètement et appliquez un onguent 
à base de zinc ou d'iode. 

Nettoyez et désinfectez les cages des animaux atteints et 
examinez le plancher en treillis afin de vous assurer qu'il 
n'est pas rude au toucher en certains endroits. 

Déviation de l'encolure Chez les jeunes lapins, la dévia- 
tion de l'encolure peut être causée par une blessure mais, 
chez les adultes, cette condition est habituellement le ré- 
sultat d'une inflammation de l'oreille interne (souvent, la 
gale des oreilles). L'animal perd son sens de l'équilibre et 
porte la tête sur un côté, avec les yeux tournés vers le haut et 
l'arrière. Lorsqu'il essaie de bouger, il tombe sur le côté. Il 



ne peut pas manger et finit par mourir d'inanition. Il n'existe 
aucun traitement pour cette condition. 

Parfois, des lapins qui ont peur se mettent à tourner frénéti- 
quement en rond dans leur cage. Un ou deux jours plus tard, 
ils sont atteints d'une déviation de l'encolure, résultat des 
blessures subies pendant leur course frénétique. 

Paralysie de V arrière-train Une fracture du dos, le dé- 
placement d'un disque ou des blessures à la colonne ver- 
tébrale ou au système nerveux peuvent souvent entraîner 
une paralysie de l'arrière-train. Ainsi, des femelles gravides 
atteintes traînent leur arrière-train et sont incapables de se 
tenir debout ou de supporter le poids de leur bassin. La 
vessie se remplit mais ne se vide pas. La seule action 
possible est d'éliminer les animaux atteints. 

Glaucome Cette maladie de l'oeil se manifeste d'abord 
par la présence d'une tache bleuâtre au contour imprécis 
dans le coin de l'oeil. L'oeil devient progressivement opaque 
et le globe oculaire commence à saillir. Les animaux at- 
teints se montrent peu enclins à s'accoupler, ont un appétit 
diminué, affichent une détérioration de leur état de santé et 
éventuellement deviennent aveugles. Le glaucome est une 
affection héréditaire, transmise par un gène récessif. Les 
animaux atteints doivent être éliminés. 

Mordillement de la fourrure II est difficile de savoir 
pourquoi les jeunes lapins commencent à mordiller la four- 
rure, les cils ou les moustaches de leurs congénères. Le 
surpeuplement ou l'ennui en sont peut-être responsables, ou 
bien un manque de fibres, de protéines ou d'iode dans la 
ration. Il se peut aussi qu'il ne s'agisse que d'une mauvaise 
habitude. 

Lorsque les lapins se lèchent, ils avalent des poils de leur 
fourrure qui ne se digèrent pas. Il peut arriver que ces poils 
s'accumulent dans l'estomac et forment une occlusion em- 
pêchant la digestion. Si vous remarquez qu'un lapin ne 
mange plus et que ses déjections contiennent des poils, il se 
peut que l'animal ait une occlusion gastrique attribuable à 
une accumulation de poils. Donnez-lui une ration supplé- 
mentaire de foin ou, dans les cas plus graves, administrez- 
lui de l'huile minérale à l'aide d'une sonde gastrique afin 
d'empêcher l'animal de mourir d'inanition. Certaines prépa- 
rations enzymatiques tirées de l'ananas et de la papaye ont 
été utilisées avec succès dans le cas de race Angora. 



GESTION DU TROUPEAU 

Le succès d'un élevage cunicole est lié à une gestion efficace 
du troupeau. Vous devez adopter des méthodes éprouvées 
pour ce qui est de la reproduction, de la manipulation, de 
l'alimentation, de l'hygiène, de la lutte contre les maladies, 
de l'élimination et de la tenue de registres. Ces méthodes 
sont le fondement même des tâches quotidiennes que vous 
devez accomplir. Faites en sorte de décourager toute visite 
au clapier par des étrangers, évitez de prêter vos mâles 
reproducteurs et veillez à ce que les animaux soient dé- 
rangés le moins souvent possible. 



Manipulation 

Il est essentiel de faire une inspection quotidienne du 
clapier afin de surveiller l'état de santé et le comportement 
des lapins. Comme les lapins sont des animaux nerveux de 
nature, vous devez apprendre à travailler dans le calme. 
Lorsqu'ils sont apeurés par des bruits forts, inhabituels ou 
soudains, ils peuvent tourner en rond avec frénésie dans 
leurs cages et se blesser. Les femelles peuvent sauter dans la 
boîte à nid et blesser leurs petits. Certains éleveurs habituent 
les lapins à entendre divers bruits en faisant fonctionner un 
poste de radio dans le clapier, ce qui contribue également à 
masquer d'autres bruits. 



30 



Lorsque vous devez soulever et manipuler les lapins pour les 
examiner ou les transporter, ne les empoignez jamais par les 
oreilles ou par les pattes car cela peut les blesser. Saisissez 
les petits par les reins. Cette méthode permet d'éviter les 
meurtrissures pouvant déclasser la carcasse et les dom- 
mages à la fourrure. Soulevez les lapins adultes en empoi- 
gnant d'une main la peau à la base du cou et des épaules et 
en soutenant la croupe de l'autre main. Serrez doucement la 
tête de l'animal sous votre bras pour le calmer et l'empêcher 
de se débattre. 

Les lapins peuvent se débattre et vous griffer. Taillez les 
ongles trop longs. Les lapins qui font preuve de mauvais 
caractère de façon marquée devraient être éliminés du 
troupeau. Toutes les personnes appelées à travailler avec les 
lapins vivants devraient être vaccinées contre le tétanos, car 
la morsure ou le coup de griffe d'un lapin peut provoquer 
cette maladie. 

Les lapins habitués à être manipulés régulièrement sont 
plus dociles et moins sujets à souffrir de stress nerveux que 
ceux qui ne sont pas manipulés pendant de longues pé- 
riodes. Les lapins peuvent être dressés. Par exemple, il est 
particulièrement utile d'entraîner les femelles à subir la 
palpation et la saillie forcée. 

Tatouage 

Une bonne façon d'identifier avec précision tous les lapins 
utilisés pour la reproduction consiste à tatouer un numéro 
dans l'oreille de chaque animal de remplacement. Une 
identification claire et exacte est essentielle à la tenue des 
registres. 

Pour tatouer l'animal, il faut introduire une matière colo- 
rante, encre ou teinture, sous l'épiderme. Appliquez ferme- 
ment la pince à tatouer sur l'oreille, puis ajoutez l'encre que 
vous pouvez faire pénétrer à l'aide d'une brosse à dents 
molle ou d'un cure-oreilles. Recouvrez le tatouage de gelée 
de pétrole afin d'empêcher les infections. 

Afin d'éviter que le lapin ne se blesse ou ne vous blesse 
durant la séance de tatouage, placez-le dans une boîte à 
tatouage. Il s'agit d'une boîte rectangulaire qui s'ajuste à la 
longueur, à la largeur et à la hauteur du lapin et le maintient 
immobile. Les oreilles de l'animal sortent par le dessus de la 
boîte. Toutefois, si vous devez tatouer des lapins de tailles 
diverses, il ne sera pas suffisant d'utiliser des boîtes ajusta- 
bles, surtout si celles-ci permettent les moindres mouve- 
ments de tête. Si l'animal a assez de place pour bouger, 
même légèrement, pendant qu'on le tatoue, il peut se blesser 
gravement, voire se briser le cou. Une façon efficace et sûre 
d'éviter ce genre d'accident est d'enrouler l'animal dans une 
serviette ou un sac de canevas propre. 

Sexage 

Vous devez être capable de déterminer le sexe des jeunes 
lapins, surtout si vous vendez vos lapins comme reproduc- 
teurs ou spécimens de laboratoire ou si vous choisissez des 
animaux de remplacement. Vous pouvez déterminer le sexe 
d'un lapin dès le troisième jour après la naissance, mais vous 
risquez alors de blesser les organes génitaux du nouveau- 
né. Il vaut mieux attendre au moment de la pesée, au 56 e 
jour (voir la section sur les programmes de reproduction). 

Pour déterminer le sexe d'un lapin, tenez la tête du lapin 
entre vos cuisses tout en soutenant son arrière-train d'une 





Figure 24 Façon de transporter un lapin 



31 




Figure 25 Détermination du sexe de la femelle 



I 




Figure 26 Détermination du sexe du mâle 

main. Avec l'index de l'autre main, éloignez la queue de 
l'anus et des organes génitaux et, avec le pouce, exercez une 
pression sur la devant les organes génitaux afin de faire 
apparaître la muqueuse rougeâtre. Chez le mâle, le pénis fait 
saillie et présente un bout arrondi tandis que, chez la 
femelle, l'organe génital a la forme d'un sillon longitudinal 
qui s'abaisse près de l'anus. 

Castration 

Les éleveurs qui élèvent le lapin pour la chair n'ont aucun 
avantage à castrer les mâles destinés au marché en vue 
d'améliorer leur taux de croissance. Certains éleveurs cas- 
trent les lapins à frire mâles afin de les empêcher de se 
battre, mais les animaux devraient être commercialisés bien 
avant qu'ils n'atteignent l'âge auquel ils commencent à se 
battre. Dans un clapier commercial, la castration est une 
pratique inutile qui fait perdre du temps à l'éleveur. 

Hygiène et lutte contre les maladies 

De bonnes méthodes de gestion, des mesures d'hygiène 
strictes et l'élimination rigoureuse des animaux non con- 
formes sont des aspects importants de la lutte contre les 
maladies. Il est beaucoup plus avantageux de prévenir le 
stress et les maladies que de les soigner. Il peut être long et 
laborieux d'appliquer des mesures d'hygiène si vous ne 
possédez pas des pièces d'équipement comme un tapis 
roulant pour évacuer les déjections et un système de réglage 
de l'humidité, mais les efforts que vous y consacrez ne sont 



pas inutiles car ils vous assurent un élevage exempt de 
problèmes. 

Nettoyez périodiquement les accessoires servant à l'alimen- 
tation (au moins à chaque fois qu'il y a une nouvelle portée) 
avec un savon germicide et de l'eau, puis rincez à l'eau 
claire. Laissez-les sécher au soleil, si c'est possible. 

Ne mettez jamais un lapin dans une cage qui n'a pas été 
désinfectée à fond. Désinfectez les cages des femelles et les 
boîtes à nid après chaque sevrage. Utilisez une torche à 
souder pour brûler les poils accumulés, surtout au moment 
des mues, sur le treillis des cages. Puis, nettoyez les cages 
avec un désinfectant. 

Évacuez les fientes aussi souvent que nécessaire afin de 
réduire au minimum les vapeurs d'ammoniac et les popula- 
tions de mouches. Enlevez les aliments souillés et brûlez la 
litière utilisée. Assurez-vous qu'il n'y a pas de vermine dans 
le clapier et qu'aucun animal errant ne peut y pénétrer. 
Faites en sorte que le clapier soit bien ventilé, exempt de 
courants d'air et d'humidité excessive. Maintenez la tem- 
pérature constante. 

Évitez le surpeuplement et introduisez de nouveaux ani- 
maux en petit nombre. Isolez les lapins nouvellement ac- 
quis ou ceux qui reviennent d'expositions, pendant au 
moins deux semaines. Si ces animaux semblent malades, 
éliminez-les. Incinérez ou enterrez profondément les car- 
casses des animaux morts. 

De même, isolez les animaux malades ou ceux que vous 
soupçonnez d'être malades jusqu'à ce qu'ils ne représentent 
plus un danger pour le reste du troupeau. 

Visitez toujours les cages 'isolement en dernier lieu cha- 
que jour, ou demandez à un de vos employés de s'en occuper 
et d'utiliser des accessoires réservés à cet usage. 

N'oubliez pas que l'homme est le principal transporteur de 
germes de maladies pour les lapins. Aussi, veillez à vous 
laver les mains à fond après avoir manipulé des animaux 
malades. Ne prêtez pas vos mâles à d'autres éleveurs et 
défendez l'entrée du clapier aux visiteurs, surtout s'il s'agit 
d'autres éleveurs cunicoles. 

La désinfection est un processus permanent car, dès qu'un 
nombre important d'animaux vivent dans un espace con- 
finé, les germes circulent. Vous pouvez établir le degré de 
contamination de votre élevage en faisant analyser en labo- 
ratoire un échantillon de poussière. Les résultats vous per- 
mettront d'établir un programme de désinfection. 

Le revêtement des murs et des plafonds avec une peinture 
germicide aide à réduire les bactéries. Nettoyez murs et 
plancher avec un produit germicide (comme ceux qui sont 
utilisés dans les laiteries) qui pénétrera le béton et le bois. 
Nettoyez le matériel d'élevage avec un détersif iodé. Si vous 
disposez d'un système d'abreuvement automatique, net- 
toyez périodiquement l'intérieur des canalisations avec une 
solution chlorée, puis rincez à l'eau claire. Vaporisez des 
désinfectants en aérosol au-dessus des cages. Les aérosols 
peuvent également servir à la lutte contre les insectes. 

Consultation d'un vétérinaire 

Si vous envisagez de consulter un vétérinaire, votre décision 
sera probablement fondée sur le nombre de lapins atteints et 
sur les coûts de la consultation. S'il n'y a qu'un ou deux 
lapins malades et presque aucun danger de propagation, il 



32 



vaut peut-être mieux éviter une consultation car il pourrait 
être moins coûteux de remplacer les animaux malades. 

À mesure que vous acquérez plus de connaissances et 
d'expérience, vous devriez être en mesure de traiter vous- 
même vos animaux malades, et même de leur administrer 
par injection intramusculaire les médicaments prescrits par 
le vétérinaire. Que vous traitiez vous-même vos animaux 
malades ou demandiez à quelqu'un de le faire pour vous, il 
vous en coûtera du temps, du travail et de l'argent. Un 
éleveur commercial ne peut pas se permettre de perdre du 
temps à soigner des animaux qui devraient être éliminés du 
troupeau. 

Utilisation des médicaments 

L'utilisation généralisée de médicaments pour traiter tout le 
troupeau est souvent le signe d'une mauvaise gestion. Les 
médicaments et les traitements coûtent cher. En outre, l'ad- 
ministration généralisée d'antibiotiques peut favoriser le 
développement de souches de bactéries résistantes. 

Vous devez connaître la posologie et la concentration d'un 
médicament et la façon de l'administrer ainsi que la période 
de non-traitement avant la commercialisation du lapin des- 
tiné à la consommation humaine. 

Diagnostic en laboratoire 

La meilleure façon de diagnostiquer une maladie est d'en- 
voyer les lapins morts ou deux ou trois lapins malades au 
laboratoire. Informez-vous auprès des services vétérinaires 
de votre province pour connaître les services de laboratoire 
à votre disposition. 

Réfrigérez (mais ne congelez pas) les carcasses d'animaux 
morts jusqu'à ce que vous puissiez les remettre à un labora- 
toire. Prenez des soins particuliers en été car il est impossi- 
ble de faire un bon examen si la carcasse est putréfiée. 
Enveloppez la carcasse dans du papier journal, recouvrez-la 
de glace au besoin et apportez-la rapidement au laboratoire. 

Le pathologiste vous demandera probablement des rensei- 
gnements tels que la taille du troupeau, le nombre d'ani- 
maux malades ou morts, leur âge, leur sexe et une descrip- 
tion des symptômes. Il voudra également connaître les dates 
des premières pertes et des pertes subséquentes, l'incidence 
de la maladie (c'est-à-dire, une seule cage ou tout le clapier) 
et, s'il y a lieu, les traitements déjà administrés. Il se peut 
aussi qu'il vous demande le genre et la marque de 
commerce des aliments utilisés au cours des six derniers 
mois ainsi que le genre de logement et son état sanitaire. 

En attendant de recevoir le diagnostic du laboratoire, 
veuillez à appliquer des mesures d'hygiène strictes afin 
d'empêcher la propagation de la maladie. 

Gestion quotidienne du clapier 

Reproduction La reproduction suivie de la mise bas d'une 
portée en santé assurent des profits à l'éleveur. Il est donc 
normal que les tâches qui y sont associées aient la priorité 
dans la gestion quotidienne. Il est coûteux de retarder même 
d'un seul jour le programme de reproduction. 

Palpation II est essentiel pour l'éleveur de connaître les 
femelles qui sont gravides. Pratiquez la palpation au mo- 
ment voulu (10 à 14 jours après la saillie) et soumettez 
immédiatement à une nouvelle saillie les femelles non 
gravides. 



Boîtes à nid Les boîtes à nid doivent être mises en place 
dans les cages des femelles au 28 e jour de la gestation. Si 
vous attendez trop longtemps pour fournir une boîte à nid à 
la femelle et qu'elle soit forcée de mettre bas sur le plancher 
en treillis métallique, il se peut que toute la portée meure. 
Vous aurez ainsi perdu la production de tout un mois. 

Inspection de la portée et des boîtes à nid Inspectez les 
nouvelles portées et dénombrez les nouveau-nés. S'il y a 
lieu, veillez à faire adopter les lapereaux par d'autres 
femelles. 

Pesée Vous devez toujours peser les lapereaux à l'âge de 
21 jours afin de tenir un registre exact de la production 
laitière de la mère. Vous devez également peser les lapins à 
frire à l'âge de 56 jours afin de déterminer le rapport entre les 
quantités d'aliments consommés et le gain de poids. 

Choix des animaux de remplacement Au moment de la 
pesée à l'âge de huit semaines, vous pouvez décider quels 
animaux conserver pour la reproduction. C'est également le 
moment de déterminer le sexe, de tatouer les jeunes lapins 
et de séparer ceux qui serviront d'animaux de remplacement 
d'avec ceux qui seront commercialisés. 

Alimentation La distribution des aliments peut se faire en 
fin de journée. Les lapins s'en accommodent bien puisqu'ils 
sont plus actifs la nuit. Certains éleveurs leur donnent du 
foin tôt le matin afin de les tenir occupés. Si vous avez un 
petit clapier, vous pouvez profiter de la distribution des 
aliments, pour vérifier si les lapins ont des blessures, des 
difformités ou des maladies. 

Traitement des maladies Traitez les animaux souffrants, 
blessés ou malades après le repas. 

Nettoyage et désinfection Une fois les soins terminés, 
vous pouvez nettoyer le clapier, les cages et le matériel 
servant à l'alimentation. 

Tenue des registres Mettez à jour vos registres chaque 
jour, une fois toutes vos tâches accomplies. La méthode et la 
fréquence d'inscription des données dépendent de la taille 
du clapier et du système utilisé. Au lieu de vous fier à votre 
mémoire, prenez des notes tout le long de la journée, après 
chaque tâche. (Voir la section sur la tenue des registres.) 
Des registres exacts et à jour sont le signe d'une bonne 
gestion. 

Programmes de reproduction 

Votre objectif, en tant qu'éleveur commercial, est d'élever 
des lapins à frire en vue de les commercialiser. Vous pouvez 
accroître votre production en tirant pleinement profit de la 
capacité de reproduction des femelles. Vous devriez essayer 
d'avoir en tout temps plus de 75 % de femelles gestantes ou 
allaitantes et un taux de conception (voir ce terme au glos- 
saire) de plus de 80 %. Tentez d'obtenir des portées 
moyennes d'au moins huit lapereaux. Essayez de faire en 
sorte que vos lapins atteignent un poids précis à un âge 
déterminé. 

Les portées devraient être uniformes, chaque lapereau pe- 
sant au moins 350 g à l'âge de 21 jours et 2,2 kg à l'âge de 
56 jours. Les lapins à frire devraient être commercialisables 
vers l'âge de huit semaines. 



33 



Il y a différentes sortes de programmes de reproduction que 
vous pouvez adopter pour obtenir une production maximale 
de lapins à frire par femelle. De toute évidence, tous les 
programmes ne conviennent pas à tous les éleveurs. Vous 
devez décider lequel convient le mieux à votre élevage. 

Cinq portées par année (nouvelle saillie 
42 jours après la mise bas) 





Femelle 


Lapereaux 




Mise bas 


Naissance 


42 jours 


Nouvelle saillie 




56 jours 


Sevrage 


Sevrage en vue de la 
commercialisation 


73 jours 


Mise base 





Le programme ci-dessus convient aux éleveurs amateurs et 
non à ceux qui cherchent à rentabiliser une exploitation 
commerciale. Il exige un nombre moins grand de mâles 
reproducteurs et de cages. La femelle et sa portée subissent 
moins de stress car l'éleveur les séparent seulement lorsque 
vient le moment de sevrer les petits en vue de la commer- 
cialisation. Les lapereaux affichent un indice de transforma- 
tion alimentaire moins élevé. Les femelles semblent plus 
disposées à accepter le mâle lorsqu'elles ont encore leurs 
petits avec elles. Les tâches à accomplir ne nécessitent pas 
un horaire exigeant. C'est un programme idéal pour les 
débutants et les éleveurs amateurs. 

Le principal désavantage du programme de reproduction de 
42 jours réside dans une production annuelle peu élevée de 
lapins à frire par femelle. N'oubliez pas que vous devez 
quand même nourrir vos animaux toute l'année et qu'ils 
peuvent facilement devenir gras et paresseux si l'élevage est 
mal géré. 

Une bonne façon d'entreprendre un élevage cunicole est 
d'adopter un programme de reproduction de cinq portées 
par année et de s'en tenir à ce programme jusqu'à ce que 
vous vous sentiez prêt à le remplacer par un programme un 
peu plus intensif qui pourrait être plus rentable. 

Neuf portées par année (nouvelle saillie 
7 jours après la mise bas) 





Femelle 


Lapereaux 


7 jours 


Nouvelle saillie 




28 jours 


Sevrage 


Sevrage 


38 jours 


Mise base 




56 jours 




Commercialisation 



Avec un système de ce genre, votre troupeau est presque 
toujours en production et vous fournit un grand nombre de 
lapins à frire. Les bonnes femelles semblent s'adapter très 
bien aux exigences accrues d'un tel programme, et il est plus 
facile de déceler et d'éliminer les moins productives. 

Toutefois, le système de reproduction ci-dessus exige beau- 
coup plus de travail de la part de l'éleveur. Il faut aussi 
davantage de reproducteurs mâles et d'animaux de rem- 
placement. Certaines femelles ne peuvent pas s'adapter aux 
exigences d'une production constante, et celles qui réussis- 
sent ont une vie utile plus courte. Le taux de mortalité est 



plus élevé chez les jeunes qui doivent, en outre, subir le 
stress d'un sevrage hâtif. L'indice de transformation alimen- 
taire est plus élevé, et des rations supplémentaires peuvent 
être nécessaires. Vous aurez besoin de plus de cages, proba- 
blement deux cages par femelle, à moins que vous n'uti- 
lisiez les cages cloisonnées. Enfin, les tâches associées à la 
reproduction, à la palpation, au sevrage et à la tenue des 
registres occuperont une plus grande partie de votre temps. 

Malgré cela, ce programme de reproduction est adopté par 
un nombre croissant d'éleveurs. En effet, il est logique de 
sevrer les jeunes à l'âge de 28 jours car la production laitière 
de la mère fléchit de façon marquée au cours de la quatrième 
semaine et, comme les jeunes se nourrissent déjà en grande 
partie d'aliments secs, leurs besoins en lait sont minimes. 

Le réaccouplement de la femelle environ sept jours après la 
mise bas (selon son état physique) et le sevrage des jeunes à 
l'âge de 28 jours permettent à la femelle d'être seule pendant 
une semaine avant la mise bas de sa portée suivante. Il faut 
réduire les rations de la future mère (la lactation n'étant plus 
une nécessité) et la laisser consacrer ses énergies au déve- 
loppement des embryons. 

Autres considérations 

Par le passé, on mettait les lapereaux sevrés dans de grandes 
cases pour les engraisser. Cependant, on constatait qu'ils 
mangeaient plus mais engraissaient lentement. On a at- 
tribué cette situation au fait que la présence de deux ou 
plusieurs portées dans une même case engendre du stress et 
accroît la concurrence pour la nourriture. Il se peut aussi 
que, disposant de plus d'espace, les lapins font plus d'exer- 
cice, ce qui donne lieu à une augmentation de la consomma- 
tion d'aliments mais à un plus grand gaspillage de l'énergie 
procurée par les aliments. 

En outre, enlever la mère ou la portée de la cage où ils vivent 
depuis leur naissance provoque du stress. Dans un pro- 
gramme de reproduction accéléré, il vaut mieux utiliser des 
cages cloisonnées, ce qui permet de séparer la femelle 
gestante des petits déjà sevrés mais de la laisser tout de 
même près d'eux. 

Certains producteurs essaient une méthode de réaccouple- 
ment hâtif (c'est-à-dire de trois à six jours après la mise 
bas). De cette façon, la femelle est réaccouplée presque 
immédiatement après la mise bas, ce qui en théorie pourrait 
lui permettre de produire dix portées par année. Selon la 
souche de lapins utilisée, ce rythme intensif peut donner 
lieu à divers problèmes (y compris un taux élevé de mor- 
talité des petits et de la mère). Il est important d'amener 
progressivement un troupeau à adopter un rythme de ce 
genre. 

En fait, les programmes de reproduction dépendent de 
chaque femelle. Si une portée est peu nombreuse ou si une 
partie des nouveau-nés peuvent être adoptés par une autre 
femelle et si la femelle est en bonne santé, on peut réac- 
coupler cette dernière plus tôt que prévu. Afin de permettre 
une exploitation économique, une femelle en santé doit être 
maintenue en production. 

Malheureusement, une femelle peut d'elle-même arrêter sa 
production. Les périodes de stérilité, à l'automne, déçoivent 
les éleveurs qui essaient de suivre un programme de repro- 
duction donné. De plus, lorsque la condition physique 
d'une femelle décroît en raison des exigences accrues de la 



34 



gestation et de la lactation, elle peut cesser la production 
pendant deux à trois mois, jusqu'à ce qu'elle ait reconstitué 
ses forces. La capacité de production de chaque femelle 
peut aider l'éleveur à choisir les descendants qui serviront 
d'animaux de remplacement. Il est possible de développer 
une souche de lapins qui peuvent s'accommoder d'un pro- 



gramme de reproduction intensif. 

Vous devriez choisir votre programme d'alimentation et 
votre programme de reproduction en fonction du temps dont 
vous disposez et du rendement que vous envisagez obtenir 
de votre investissement et vos efforts. 



SELECTION DES ANIMAUX DE REMPLACEMENT 



Peu importe la qualité du troupeau fondateur que vous 
achetez, vous devez toujours chercher à l'améliorer au 
moyen de l'élimination et de la sélection. Il se peut que 
seulement 25 % de vos animaux soient de bons produc- 
teurs, malgré l'excellence des registres et de l'ascendance. 
Vous devez relever le défi permanent que pose l'améliora- 
tion du troupeau. 

Méthodes d'amélioration 

Il y a deux façons d'améliorer un troupeau existant. Vous 
pouvez acheter de nouveaux animaux de qualité d'autres 
éleveurs ou accoupler sélectivement vos lapins en vue de 
produire de meilleurs descendants. Habituellement, les éle- 
veurs ont recours aux deux méthodes en même temps. 

Si le troupeau est petit, les possibilités d'amélioration par la 
sélection sont limitées (selon le nombre de souches achetées 
à l'origine). Par conséquent, vous devez comparer le coût 
d'un programme de reproduction sélective et le coût d'achat 
de nouveaux animaux à intervalles réguliers. Si le troupeau 
est peu nombreux et que vous procédez à l'accouplement 
d'individus ayant un certain degré de parenté, vous risquez 
de constater l'effet d'inbreeding (c'est-à-dire, une perte de 
vigueur). De plus, vous ne devez pas commencer un pro- 
gramme de sélection trop tôt. Prenez note d'abord des 
caractéristiques du troupeau existant afin d'identifier celles 
que vous voulez améliorer. 

Tout nouvel animal de reproduction que vous choisissez 
devrait être supérieur à ceux que vous possédez déjà. Véri- 
fiez les qualités des nouveaux reproducteurs sur une petite 
échelle avant de les intégrer à un programme de reproduc- 
tion. 

Le fait d'acheter des lapins d'autres éleveurs comporte un 
danger. En fait, ces lapins peuvent transmettre des maladies 
à votre troupeau. Aussi, assurez- vous d'isoler tous les nou- 
veaux venus pendant au moins deux semaines. 

Si vous élevez vos propres animaux de remplacement, vous 
connaissez leurs antécédents et leur ascendance. Vous pou- 
vez observer chaque animal à partir du moment de sa 
naissance et compter sur le fait qu'il hérite d'une certaine 
résistance aux maladies qui ont cours dans votre clapier. 

Cependant, pour élever vos propres animaux de remplace- 
ment, il vous faut plus de cages, plus de temps et plus de 
connaissances. 

Commencez votre programme de sélection en vous fixant 
des normes réalistes et choisissez, comme animaux de 
remplacement, les lapins qui s'en approchent le plus. À 
mesure que le troupeau s'améliore, vous pouvez resserrer 



vos normes. Les animaux de remplacement doivent être 
choisis pour leur santé et leur vitalité. Vous ne devez pas les 
juger sur leurs seules qualités mais en fonction de celles de 
toute la portée. Tous les petits d'une portée doivent être 
supérieurs avant que vous ne choisissiez l'un deux comme 
animal de remplacement. 

Au départ, vous pouvez choisir des jeunes issus des 
femelles et des mâles qui produisent le plus de viande. À 
mesure que le troupeau s'améliore et que vos connaissances 
augmentent, vous pouvez commencer à utiliser une mé- 
thode d'amélioration plus précise qui consiste à choisir les 
animaux de remplacement en fonction du test de de- 
scendance. 

Sélection au moyen du test de descendance 

À l'aide du test de descendance, vous évaluez les lapins non 
seulement en fonction de leurs propres qualités mais égale- 
ment en fonction de celles de leur progéniture. Il se peut que 
les caractéristiques d'une femelle hautement productive ne 
soient pas transmises génétiquement à ses petits. Il faut 
donc comparer les descendants aux parents afin de déter- 
miner quelles qualités ont été transmises d'une génération à 
l'autre. Ce genre de sélection suppose la tenue de registre 
précis. 

Nombre des animaux de remplacement 

Dans une grande exploitation commerciale, il faut prévoir 
chaque année de 35 à 40 animaux de remplacement par 100 
femelles en production. Dans un nouvel élevage, il faut 
parfois remplacer jusqu'à 50 % des femelles chaque année. 
Le nombre d'animaux de remplacement dépend en grande 
partie de la qualité des reproducteurs et du genre de pro- 
gramme de reproduction adopté par l'éleveur. Les exigences 
du programme d'élimination influent également sur la de- 
mande d'animaux de remplacement. Vous devez garder un 
nombre d'animaux de remplacement supérieur à vos be- 
soins, car certains individus peuvent s'avérer inférieurs ou 
contracter une maladie et mourir. En outre, il est difficile 
d'évaluer avec précision le nombre d'animaux de remplace- 
ment dont vous aurez besoin dans l'avenir. Vous ne pouvez 
pas attendre d'avoir besoin d'animaux de remplacement 
pour les produire, car vous serez alors privé de cages desti- 
nées à des animaux en production pendant plusieurs mois. 

Le nombre de reproducteurs mâles de remplacement dé- 
pend, bien entendu, de la taille du troupeau et de la fré- 
quence avec laquelle vous les mettez en service. Au début, 
vous devriez utiliser le jeune mâle avec parcimonie, puis 
augmenter progressivement la fréquence de l'utilisation 
jusqu'à ce qu'il serve sept femelles par semaine. 



35 



Les reproducteurs, mâles et femelles, doivent être rem- 
placés dès que les registres indiquent une baisse de leur 
productivité. 

Sélection des reproducteurs femelles 

Ne choisissez pas d'animaux de remplacement de la pre- 
mière portée d'une femelle. Attendez qu'elle soit en produc- 
tion depuis quelque temps afin de sélectionner des animaux 
issus d'une mère éprouvée. 

La mère doit être facile à accoupler. La réceptivité à l'ac- 
couplement est une caractéristique qui peut être héritée. 
Elle doit aussi concevoir facilement. Une femelle qui ne 
conçoit pas à chaque accouplement est sans valeur écono- 
mique. La femelle doit donner naissance à une portée de 
huit à douze petits. Lorsque la portée est trop nombreuse, les 
lapereaux sont souvent plus petits à la naissance et au 
sevrage et ont un taux de mortalité plus grand. Les portées 
doivent être uniformes à la naissance; le contraire peut 
signifier que tant la mère que les petits ne sont pas en santé. 

La femelle doit être bonne nourricière; le poids des petits à 
l'âge de trois semaines renseigne l'éleveur sur la production 
laitière de la femelle. Elle doit produire au moins sept petits 
pesant 2,2 kg à l'âge de huit semaines. 

Elle doit être en santé et pouvoir conserver une excellente 
condition physique. 

Pendant sa vie productive, une femelle produit en moyenne 
de 12 à 15 portées. Le nombre d'années en production dé- 
pend du programme de reproduction adopté par l'éleveur. 
Les grosses femelles ne produisent pas toujours les 
meilleurs reproducteurs. Généralement, une femelle doit 
avoir le corps d'une bonne longueur, l'arrière-train bien 
découpé et les reins bien remplis. Une femelle au corps plus 
long accouplée avec un mâle au corps compact, plus court, 
(accouplement préféré par la plupart des éleveurs) produit 
des lapins à frire mieux pourvus en chair. Les meilleures 
femelles sont celles qui produisent régulièrement de gros 



lapins à frire en santé, ayant une carcasse bien viandée. 
Souvent, les performances d'une femelle sont plus impor- 
tantes que son apparence. 

Sélection des reproducteurs mâles 

Bien que, en général, les jeunes dépendent davantage des 
soins et de la santé de la femelle, ils reçoivent 50 % de leur 
hérédité du mâle. Vous pouvez choisir des femelles parmi 
les 10 % de femelles supérieures du troupeau, mais sélec- 
tionnez les mâles parmi les 2 % à 3 % de mâles supérieurs, 
car ce sont eux qui engendreront la progéniture de toutes vos 
femelles. 

Lorsque vous choisissez des mâles de remplacement, sélec- 
tionnez ceux qui s'accouplent facilement et en tout temps, 
qui fécondent la femelle presque à chaque fois et qui en- 
gendrent des portées uniformes composées de lapereaux de 
bonne taille. 

Les jeunes doivent être exempts de difformités et de mala- 
dies, croître rapidement et avoir des carcasses bien vian- 
dées. Les mâles choisis doivent toujours engendrer des 
portées dont le poids, à l'âge de 56 jours, est supérieur au 
poids moyen du troupeau. 

Les mâles eux-mêmes doivent transformer leurs aliments 
en muscle et en énergie de façon à être actifs et vigoureux 
toute l'année. Vous pouvez faire la sélection finale parmi 
plusieurs candidats en vous fondant sur l'indice de transfor- 
mation alimentaire. Tenez un registre pour chaque mâle, de 
l'âge de huit semaines à l'âge de seize semaines, sur les 
gains de poids et la consommation alimentaire. La com- 
paraison des données vous permettra de choisir ceux qui 
affichent le meilleur indice de transformation alimentaire. 
Bien que les performances de production soient un élément 
essentiel dans le choix des femelles et des mâles, le critère 
final demeure la production de descendants dotés de car- 
casses solides et viandées. 



GENETIQUE ET SYSTÈME DE CROISEMENTS 



L'objectif de tout éleveur commercial est de produire des 
portées qui sont toujours rentables sur le plan du rendement 
en viande, c'est-à-dire des portées dont le coût de produc- 
tion est inférieur aux recettes procurées par leur vente. Des 
animaux de qualité inférieure ou affichant une faible pro- 
ductivité font de la cuniculture une entreprise non rentable. 

La première étape en vue de l'amélioration du troupeau 
consiste à déterminer les caractères à améliorer. Une fois 
ceux-ci établis, vous pouvez décider d'un système de 
croisements. Pour réussir dans ce domaine, vous devez avoir 
quelques notions de génétique. 

Génétique 

Les gènes sont les unités auxquelles est lié le développe- 
ment des caractères héréditaires de l'individu. Ils sont lo- 
calisés sur les chromosomes de chaque cellule vivante. 
Chez le lapin, on trouve 22 paires de chromosomes, soit un 
total de 44 chromosomes dans le noyau de chaque cellule. 



La cellule reproductrice mâle (spermatozoïde) et la cellule 
reproductrice femelle (ovule) contiennent chacune un chro- 
mosome provenant de chaque paire de chromosomes. Au 
cours de la fertilisation, les 22 chromosomes de la cellule 
mâle et les 22 chromosomes de la cellule femelle s'assortis- 
sent par paire, résultant dans une nouvelle combinaison de 
44 chromosomes appariés dans les cellules embryonnaires. 

La séparation des chromosomes (et des gènes qu'ils con- 
tiennent) a lieu au cours de la formation des spermatozoïdes 
et des ovules. La recombinaison des cellules contenant les 
chromosomes lors de la fertilisation se fait de façon aléa- 
toire, ce qui explique la grande variabilité génétique entre 
les individus. En choisissant les animaux à accoupler, vous 
devez chercher à améliorer le troupeau en accroissant l'inci- 
dence des caractères souhaités. Le but est de favoriser la 
combinaison, au moment de la fertilisation, de gènes qui 
amélioreront la productivité et la qualité du troupeau. 



36 



Caractères 

Un caractère est un trait ou un signe propre à individu et qui 
permet de le distinguer d'un autre soit sur le plan du carac- 
tère, du comportement ou de l'apparence. Il y a deux 
groupes de caractères à considérer. 

Caractères qualitatifs Les caractères qualitatifs, souvent 
simplement qualifiés de caractères héréditaires, sont con- 
trôlés par une ou quelques paires de gènes et sont rarement 
influencés par le milieu. Ils sont dits, soit dominants, soit 
récessifs. Les caractères produits par des gènes dominants 
apparaissent toujours malgré la présence de gènes différents 
portés par l'autre chromosome de la paire. Les caractères 
produits par des gènes récessifs sont masqués par les carac- 
tères produits par des gènes dominants et peuvent ne pas 
apparaître pendant des générations ou jusqu'à ce que le 
même gène récessif existe sur les deux chromosomes de la 
paire. 

La couleur des yeux, la couleur de la fourrure et les dents 
saillantes sont tous des caractères déterminés par une seule 
paire de gènes. Le tableau ci-dessous illustre la fréquence de 
l'apparition du caractère produisant des dents saillantes. 



Mère 



Père 



T 
t 



TT 


Tt 


Tt 


tt 



Progéniture 
T = caractère dominant; t = caractère récessif 

Ici, le mâle et la femelle ont tous les deux une dentition 
normale, mais ils portent un gène récessif (t) pour les dents 
saillantes. Par conséquent, on peut voir que 25 % des de- 
scendants auront des dents saillantes (tt), tandis que 75 % 
auront une dentition normale. Cependant, chez trois indi- 
vidus qui ont une dentition normale, deux portent le gène 
des dents saillantes et le transmettront aux générations 
successives. 

Si un parent a un gène récessif pour les dents saillantes et 
l'autre ne l'a pas, tous les descendants auront une dentition 
normale, mais la moitié d'entre eux porteront tout de même 
le gène récessif pour les dents saillantes. Voyez le tableau ci- 
dessous : 

Mère 



Père 



T 
T 



TT 


Tt 


TT 


Tt 



Progéniture 
T = caractère dominant; t = caractère récessif 

Par conséquent, une paire de lapins dont les qualités se 
complémentent peuvent produire des lapins à frire de 
qualité mais des reproducteurs médiocres, car les caractères 
récessifs continuent de réapparaître dans les générations 
successives. 

Caractères quantitatifs Les caractères quantitatifs sont 
contrôlés par plusieurs paires de gènes, et leur expression 
peut être très influencée par le milieu. Par exemple, le 
potentiel génétique de croissance d'un lapin est fixé lors de 
sa conception, mais les conditions de son milieu (alimenta- 
tion, hygiène, etc.) détermineront dans quelle mesure il 



réalisera ce potentiel. L'héritabilité est une mesure de l'in- 
fluence relative de l'hérédité et du milieu sur un caractère. 
Les caractères quantitatifs suivants sont énumérés dans 
l'ordre descendant approximatif de leur degré d'héritabilité. 
(Les caractères ayant le degré d'héritabilité le plus élevé 
pourront être améliorés plus rapidement.) 

— Poids habillé de la carcasse 

— Poids de commercialisation 

— Aptitudes laitières 

— Indice de transformation alimentaire 

— Gain de poids moyen par jour 

— Résistance aux maladies 

— Longévité 

— Taille de la portée 

Les lapins choisis comme reproducteurs doivent posséder 
des caractères d'importance économique ayant un degré 
d'héritabilité élevé. 

Système de croisements 

Une fois que vous avez choisi les animaux reproducteurs, il 
faut établir un système de croisements. 

Croisement aléatoire Le croisement aléatoire est l'union 
d'individus choisis au hasard, sans considération du degré 
de parenté des individus. Les croisements aléatoires n'amé- 
liorent ni n'amoindrissent la performance de la progéniture. 

Croisement consanguin Le croisement consanguin est 
l'union d'individus ayant un certain degré de parenté, par 
exemple : frère et soeur, père et enfant. Les croisements 
consanguins peuvent permettre d'éliminer les défauts d'une 
lignée consanguine et améliorer la vigueur des hybrides 
lorsque deux lignées consanguines sont croisées. Assurez- 
vous qu'il n'y a pas de faiblesse dominante parmi les indi- 
vidus choisis, car le croisement consanguin intensifie cha- 
que caractère familial. Par exemple, si une famille montre 
une tendance à avoir une production laitière peut élevée, ce 
caractère sera intensifié chez les descendants. 

Les croisements consanguins diminuent la variabilité géné- 
tique des individus. Les gènes tant dominants que récessifs 
se fixent, ce qui fait des croisements consanguins une 
méthode très efficace pour déceler les porteurs de gènes 
récessifs défavorables. Avec ce système, l'éleveur doit élimi- 
ner systématiquement les sujets indésirables par certains de 
leurs caractères. Par ailleurs, les croisements consanguins 
pratiqués pendant un trop grand nombre de générations 
diminuent la vigueur de la lignée. 

Croisement entre lignées Le croisement entre lignées, 
qui est l'union d'individus ayant un degré de parenté moins 
grand que dans le cas du croisement consanguin, vise à 
préserver ou à accroître l'influence génétique d'un ancêtre 
commun. Par exemple, on peut accoupler un mâle à sa 
demi-soeur ou à sa grand-mère. Les croisements entre li- 
gnées intensifient les caractères d'une lignée, tout en offrant 
une possibilité moindre d'intensifier certains caractères 
cachés indésirables. 

Cette sorte de croisement s'avère le plus utile quand l'ancê- 
tre commun est mort, car ses gènes peuvent être concentrés 
dans l'accouplement de descendants apparentés. Il va de soi 
que l'ancêtre commun doit être reconnu comme un sujet 
supérieur. La plupart des éleveurs commerciaux préfèrent 



37 



les croisements entre lignées parce qu'ils donnent lieu à une 
perte de vigueur moins grande et à une diminution moins 
accentuée des performances de reproduction. 

Croisement non consanguin Le croisement non con- 
sanguin est l'union d'individus non apparentés de même 
race. Bien qu'on puisse s'attendre normalement dans ce cas 
à une amélioration de la performance, il est tout de même 
nécessaire de choisir avec soin les individus si on veut en 
réaliser tout le potentiel. Pour ce genre de croisement, il faut 
élever deux ou plusieurs populations d'animaux. Le main- 
tien de populations différentes peut se faire par des ac- 
couplements aléatoires. 

Croisement entre races L'union d'individus de races dif- 
férentes accroît les chances d'obtenir des hybrides ayant une 
grande vigueur, surtout en ce qui a trait à l'aptitude de 
reproduction, car la variabilité génétique des individus que 
l'on accouple est plus grande que dans les cas du croisement 



non consanguin. Les hybrides de la première génération 
sont très prisés car ils se développent à un rythme plus 
rapide et affichent un meilleur indice de transformation 
alimentaire que s'ils étaient des produits de race pure. 

Pour tirer le meilleur profit économique de la supériorité des 
hybrides, il faut se souvenir que ce sont les meilleurs 
animaux de race pure qui produisent les meilleurs hybrides. 
L'accouplement au hasard d'animaux de race non éprouvés 
peut produire des descendants de qualité médiocre. 

Grâce à des méthodes de reproduction sélective, aux tests de 
descendance et à des pratiques d'élimination rigoureuse, 
vous pouvez améliorer votre troupeau. Vous pouvez choisir 
d'élever plusieurs lignées d'animaux non apparentés afin 
d'être en mesure de les croiser pour obtenir une production 
accrue de viande. Quel soit le système que vous utilisez, la 
meilleure garantie de succès repose sur des registres bien 
tenus. 



TENUE DES REGISTRES 

Dans n'importe quelle entreprise, la tenue des registres a 
beaucoup d'importance; dans l'élevage des lapins, elle est 
absolument essentielle. Comme il faut du temps pour tenir 
des registres, il vaut mieux conserver seulement des don- 
nées utiles, simples mais complètes. L'envergure du sys- 
tème d'enregistrement dépend en grande partie du pro- 
gramme d'élevage que vous adoptez. Les renseignements 
figurant dans les registres vous aident à exécuter votre 
programme de reproduction et à juger de la rentabilité de 
votre élevage. 

Les données importantes sont celles qui portent sur la 
généalogie des reproducteurs, sur la performance des 
femelles (production de lait), sur la performance des mâles, 
sur la production de lapins à frire (y compris les indices de 



transformation alimentaire) et sur les profits ou les pertes. 
Des registres à jour vous aident également à planifier votre 
journée de travail. 

Lorsque vous concevez un système de registres, souvenez- 
vous des deux points suivants : faites les inscriptions de 
façon à pouvoir les résumer facilement et évitez le transfert 
fréquent des données d'un registre à l'autre afin d'épargner 
du temps et diminuer les erreurs. 

Carte de cage — femelle 

La carte de cage d'une femelle est un des registres les plus 
importants. On y trouve le numéro (ou le nom) de la femelle, 
de son père et de sa mère, la date des accouplements, le 
poids des portées à l'âge de 21 jours, la date des sevrages, le 
nombre de lapereaux sevrés et le poids au sevrage des 
portées. Conservez cette carte sur la cage et si vous mettez la 
femelle dans une nouvelle cage, n'oubliez pas de faire suivre 



NOM ET NUMERO 
D'OREILLE 



DATE DE 
NAISSANCE 



NUMÉRO DE CAGE. 



PF.RF. M 


ERE 
















ACCOUPLEE A 


DATE 


TESTEE 


MISE BAS 


NOMBRE DE LAPEREAUX 


Il -.1 NES LAPINS VIVANTS 


IDS À 
21 JOURS 


REMARQUES 




NES 


1 \ISSI s 


\H il Ils 


ELEVES 


MORTS 


M \LES 


FEMELLES 













































































































































































































































Figure 27 Exemple de carte de cage - femelle 



38 



NUMERO DE CAGE NOM OU NUMERO. 

RACE PÈRE 

DATE DE NAISSANCE MÈRE 











RÉSULTATS DE L'ACCOUPLEMENT 


56 JOURS 
NOMBRE POIDS 


ACCOUPLÉ À 


DATE Uh 
l'ACCOUPLEMENT 


MISE BAS 


DATE 


VIVANTS MORTS 



















Figure 28 Exemple de carte de cage — mâle 



la carte. Les données sur cette carte permettent de voir si la 
femelle conçoit régulièrement pendant l'année, combien de 
lapereaux elle élève et combien de lait elle produit. La 
production de lait de la femelle est fondée sur le poids de ses 
portées à l'âge de 21 jours. 

Carte de cage — mâle 

La carte de cage d'un mâle, également attachée à sa cage, 
résume ses performances. En plus des renseignements sur 
son identité, son âge et sa généalogie, on y trouve des 
détails sur chaque service et sur les résultats obtenus, à 
savoir : le nombre de lapereaux nés vivants et mort-nés, la 
date, le poids des portées à l'âge de 56 jours, et le nombre de 
lapereaux sevrés. 

Fiche de travail quotidienne 

Habituellement, les cartes de cage des mâles et des femelles 
sont attachées aux cages pour plus de commodité. Bien 



qu'elles contiennent des renseignements essentiels, vous 
devez quand même faire le tour du clapier pour déterminer 
les animaux qui doivent être accouplés, palpés ou pourvus 
d'une boîte à nid. Dans un grand clapier, la planification et 
l'exécution de toutes ces tâches au moment voulu est un 
aspect de très important de l'élevage. L'« agenda à 
pochettes, pour 31 jours» est un système qui permet à 
l'éleveur de voir d'un coup d'oeil les tâches à faire au cours 
d'une journée donnée. 

Le numéro de toutes les femelles saillies une même journée 
est inscrit sur une fiche de travail quotidienne (voir l'illustra- 
tion). Par exemple, si trois femelles sont accouplées le 
premier jour du cycle, le numéro de la femelle et son 
numéro de cage ainsi que le numéro de mâle sont inscrits 
sur la fiche, de même que la date de l'accouplement. La 
fiche est placée dans la 11 e pochette de l'agenda à 31 jours. 
La onzième pochette correspond au 11 e jour du cycle. 



FICHE DE TRAVAIL QUOTIDIENNE 

Date boîte à nid Date 



Date 



®ït.l 



.accouplement natp (/££'■ // paipatinn Date- 
. mise bas Date examen de la portée à 5 jours Date 



.nouvel accouplement (NOUVELLE FICHE) 



.poids de la portée à 21 jours 



Date. 



.nouvel accouplement (NOUVELLE FICHE) Date. 



. poids de la portée à 56 jours . 



i <1) 1 

Numéro de 
la femelle 


Numéro 
de cage 


Numéro 
du mâle 


(2) 

Gravide 


Boite 
à nid 


| (3) 

Mise bas 


(6) 

Transférés 


(7) 1 

Morts entre 

1 et 5 jours 


I (8) 1 

Poids 

à 21 jours 


(9) 1 

Date — nouvel 
accouplement 


I (10) 

Poids 
à 56 jours 


Remarques 


Oui 


Non 


Vivants 


Morts 


25- 


SV? 


s- 
























-£<£ 


8C 


4- 
























«27 


/o& 


1 













































































































































































































































































































































Figure 29 Exemple de fiche de travail quotidienne 



39 



Le 11 e jour du cycle, à la lecture de la fiche de travail, 
l'éleveur peut voir quelles femelles doivent être palpées. 
Une fois la palpation terminée, il écrit la date sur la fiche et 
remet la fiche dans la pochette n° 28, jour où il doit donner 
des boîtes à nid aux femelles gravides. (Réaccoupler toute 
femelle non gravide, remplir une nouvelle fiche pour elle et 
la placer dans la pochette à consulter dans 11 jours.) Le 
28 e jour, l'éleveur sort la première fiche de la pochette 
n° 28, met les boîtes à nid dans les cages appropriées et 
remet la fiche dans la pochette n° 3 1 . Le 3 I e jour, en consul- 
tant la fiche, l'éleveur sait quelles femelles sont à la veille de 
mettre bas. Après la mise bas, l'éleveur écrit la date du 
nouvel accouplement sur la fiche et remet cette dernière 
dans la pochette appropriée. Le processus continue jusqu'à 
ce que les jeunes soient sevrés. 

La fiche de travail quotidienne et le système de classement 
par rotation de 31 jours peuvent être utilisés dans les 
clapiers de toute taille et adaptés à n'importe quel pro- 
gramme de reproduction. Le système est simple et infailli- 
ble, à la condition de tenir les fiches à jour. 

Indice de transformation alimentaire 

Pour déterminer la rentabilité de votre clapier, vous devez 
toujours surveiller le rapport entre la quantité d'aliments 
consommés par les lapins et le nombre de kilogrammes de 
viande qu'ils produisent, c'est-à-dire l'indice de transfor- 
mation alimentaire. Une façon de calculer l'indice de trans- 
formation alimentaire consiste à noter la quantité d'aliments 
donnés chaque jour à une femelle, à partir du jour où elle est 
accouplée jusqu'au jour où les jeunes issus de cet accouple- 
ment sont sevrés. Après le sevrage, l'éleveur continue d'ins- 
crire sur la fiche les quantités d'aliments consommés par les 
lapereaux jusqu'au moment de leur abattage. Puis, il ajoute 
aux données la fraction appropriée (établie à partir du 
rapport mâles-femelles dans le clapier) de la ration du mâle 
pour la période envisagée. La quantité totale d'aliments 
consommés est calculée et divisée par le poids total de la 
portée au moment de l'abattage. Le chiffre ainsi obtenu (par 
exemple, 3,5) signifie que 3,5 kg d'aliments ont été requis 
pour produire un kilogramme de viande de lapin. L'indice 
de transformation alimentaire est 3,5:1. Vous devez cher- 
cher à obtenir le rapport le plus bas possible. 

Cependant, l'indice de transformation alimentaire ainsi ob- 
tenu n'est pas valable pour tout le clapier. Pour établir le 
véritable rapport, il faut diviser la quantité totale d'aliments 
consommés pendant une période donnée (par exemple, un 
mois) par le poids total des lapins commercialisés durant 
cette même période. Le chiffre ainsi obtenu tient compte 
des aliments consommés par les animaux de remplacement 
et par les animaux qui meurent ou qui sont éliminés ainsi 
que des pertes d'aliments attribuables au gaspillage ou à une 
mauvaise gestion. 

Résumés de la production du troupeau 

Il faut également établir des registres globaux afin d'évaluer 
le rendement de tout le troupeau et la production de lapins à 
frire. Généralement, il s'agit de résumés de la production du 
troupeau qui décrivent sur une base périodique (générale- 
ment mensuelle) l'état du troupeau, à peu près de la même 
façon qu'un bilan mensuel dans le cas d'une entreprise 
commerciale. Voici un exemple d'un tel résumé. L'éleveur 
qui le désire peut ajouter l'indice de transformation alimen- 



taire mensuel ou le nombre de kilos de viande commer- 
cialisés. 

Résumé de la production du troupeau 



Pour le mois de 



19. 



A. Résumé de la production 

1. Nombre d'accouplements 

2. Nombre de conceptions 

3. Nombre d'accouplements ratés 
(soustraire 2. de 1.) 

4. Pourcentage de conceptions 

(diviser 2. par 1. et multiplier par 100) 

B. Résumé de la gestation et de la mise bas 

5. Nombre de femelles ayant mis bas 

6. Nombre de femelles mortes avant la mise bas 

7. Nombre de femelles vendues avant la mise 
bas 

8. Nombre de portées mortes dans les trois 
jours suivant la mise bas 

9. Nombre de portées transférées au cours des 
trois premiers jours 

10. Nombre de femelles ayant conservé leur 
portée (soustraire la somme de 7. et 8. de 4.) 

C. Résumé de la période de croissance 

1 1 . Nombre de portées détruites 

12. Nombre de portées transférées au cours 
de la période de croissance 

13. Nombre de femelles ayant élevé une portée 
(soustraire la somme de 10. et 11. de 9.) 

D. Résumé de la production de lapereaux 

14. Nombre total de lapereaux élevés par la mère 

15. Nombre total de lapereaux sevrés 

16. Pourcentage de lapereaux sevrés 
(diviser 14. par 13. et multiplier par 100) 

17. Nombre moyen de lapereaux dans une portée 
élevée par la mère 

18. Poids total des lapereaux sevrés 

19. Poids moyen du lapereau au sevrage 
(diviser 17. par 16.) 

E. Résumé de la mortalité 

20. Nombre de lapereaux qui sont morts après : 





24 heui 
1 mois 


■p\ 


48 hpnres 1 (Ptna 


îne 








21. 


Morts : 


Femelles 


Mâles 




22. 


Morts : 


Animaux 


à l'engraissement et 






animaux rie remnlacement : 










Nombre total d'animaux 


morts 



Registres financiers 

Comme pour toutes les entreprises, vous devez tenir des 
registres financiers. Le succès d'un élevage se mesure à sa 
rentabilité. 



40 



Livre généalogique 

Si vous décidez d'élever des lapins pour les vendre comme 
reproducteurs ou si vous adoptez un programme de repro- 
duction afin d'obtenir des animaux de remplacement, vous 
devez établir des registres généalogiques où vous inscrivez 
le nom et le numéro des reproducteurs mâles et femelles et 
de leurs ascendants. Il peut être utile également d'ajouter 
une brève description des caractères et de la production de 
chaque animal. Bien que les fabricants d'aliments du bétail 
puissent vous fournir des fiches généalogiques simples (voir 
l'illustration), vous pouvez aussi vous servir d'un calepin 
pour y inscrire des commentaires fort utiles sur la taille de la 
portée, les qualités maternelles, etc. 



Utilisation d'un ordinateur domestique 

La cuniculture est une entreprise exigeante en main- 
d'oeuvre, et les ordinateurs domestiques conviennent par- 
faitement à la tenue de tous les registres dont vous avez 
besoin. Un programme informatique peut conserver toutes 
les données sur votre troupeau, fournir une fiche de travail 
quotidienne et les résumés de production mensuels, établir 
les renseignements sur les reproducteurs supérieurs et la 
performance des portées, indiquer les animaux à sélection- 
ner ou à éliminer, calculer l'indice de transformation ali- 
mentaire, tenir un registre des transactions monétaires et 
même évaluer les qualités maternelles des femelles. Les 
ordinateurs domestiques se vendent à des coûts très raison- 
nables, et vous pourrez d'autant plus réduire vos coûts de 
main-d'oeuvre que le clapier est de grande taille. 



RACE^ 



PERE 



SEXE 



NUMERO D'ENREGISTRI MENT 



POIDS 



NOM 



NUMERO D'ENREGISTREMENT 



MERE 



POIDS 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 



DATE DE NAISSANCE . 



DATE DE SEVRAGE . 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 





NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 


NUMÉRO D'ENREGISTREMENT 


POIDS 



NUMERO D'ENREGISTREMENT POIDS 



Figure 30 Exemple de fiche généalogique 



PROBLEMES D'EXPANSION 

Malgré l'accroissement constant du marché pour la viande 
de lapin, il vaut mieux débuter avec un petit élevage. L'in- 
dustrie de la viande de lapin en est encore à ses débuts, et il 
est conseillé aux futurs éleveurs de faire des essais d'élevage 
pendant un an ou deux avant de s'aventurer dans de plus 
grosses entreprises. Si l'on ne peut pas réussir à élever des 
lapins sur une petite échelle, il est inutile de tenter l'expé- 
rience sur une plus grande échelle. 

Si vous avez réussi à gérer un petit troupeau et que vous 
désirez l'agrandir, tentez d'établir d'abord si un troupeau 
plus gros est viable. 

Le marché doit pouvoir absorber une hausse de l'offre de 
viande de lapin. Vous pouvez accroître la capacité du mar- 
ché en faisant la promotion du lapin en tant que source de 
viande et en collaborant avec les transformateurs et les 



autres cuniculteurs commerciaux. Assurez-vous que votre 
transformateur a une capacité suffisante pour s'occuper 
d'une production accrue. 

Lorsque vous agrandissez votre élevage, vous multipliez les 
exigences concernant tous les aspects de la gestion, de la 
main-d'oeuvre à la tenue des registres. Les tâches de net- 
toyage, de désinfection et d'assainissement augmenteront à 
un point tel que vous devrez vous procurer des aides mécani- 
ques (comme un système pour éliminer les déjections). 
Vous devrez installer aussi un système automatique 
d'abreuvement et d'alimentation; sinon, vous devrez consa- 
crer tout votre temps à ces tâches. 

Agrandir le troupeau signifie agrandir le bâtiment d'élevage. 
Plus le troupeau est important, plus la conception et la 
construction du bâtiment doivent être faites avec soin. Votre 
investissement financier augmente en conséquence. Pour 
élever plusieurs centaines de reproductrices, vous pourriez 
envisager de disposer vos cages sur plusieurs étages afin de 



41 



réduire les coûts de logement par femelle. Ce genre de 
disposition, toutefois, est beaucoup plus exigeant sur le 
plan de la gestion. 

À mesure que les coûts augmentent, vous devez vendre 
davantage de lapins à frire afin de couvrir les coûts fixes. Un 
programme de reproduction intensif doit être mis en oeuvre. 
Cependant, ce genre de programme produit plus de stress au 
sein du troupeau, est plus exigeant du point de vue de la 
gestion et requiert davantage de cages pour les animaux en 
production et les animaux de remplacement. Les animaux 
de remplacement supplémentaires font augmenter l'indice 
de transformation alimentaire pour tout le troupeau. 

Les cellules d'isolement doivent également être agrandies. 
Dans la plupart des clapiers commerciaux, les cellules 
d'isolement sont dans des bâtiments distincts du bâtiment 
d'élevage principal. 

À mesure que l'exploitation prend de l'expansion, il faut 
constamment améliorer les animaux de remplacement. Des 
animaux médiocres ne sont pas un atout pour l'entreprise; 
seuls les reproducteurs exceptionnels doivent être utilisés. 
Afin d'accroître leurs élevages rapidement, la plupart des 
producteurs gardent trop de femelles inférieures. Seulement 
la moitié des animaux d'une portée sont des femelles et, de 
celles-ci, seulement une ou deux peuvent être assez ex- 
ceptionnelles pour être conservées. Il faut garder ces jeunes 
femelles six mois avant de pouvoir évaluer leur perfor- 
mance. 

Généralement, pendant les périodes d'expansion qui peu- 
vent durer deux ou trois ans, les éleveurs ont une marge 
d'autofinancement négative. Cette situation s'explique en 
partie du fait que les éleveurs conservent les lapins au lieu de 
les vendre. Il faut planifier avec soin une expansion afin de 
trouver un équilibre approprié entre l'augmentation des 
dépenses telles que les coûts de construction et les dépenses 
courantes et la diminution temporaire des recettes. 

La lutte contre les maladies est plus difficile lorsque les 



bâtiments abritent des centaines de lapins, mais un clapier 
bien conçu et une bonne gestion peuvent contrer cette 
difficulté. 

Dans un gros clapier, la tenue de registres peut devenir une 
tâche à temps plein. Une entreprise commerciale de grande 
taille (par exemple, cinq cent femelles ou plus) devrait 
probablement s'équiper d'un ordinateur domestique. 

À l'heure actuelle, l'industrie cunicole est composée de 
nombreux petits éleveurs plutôt que de grosses entreprises 
commerciales. La plupart des méthodes de production exis- 
tantes ne sont pas économiques et exigent une trop grande 
part de main-d'oeuvre pour convenir à l'éleveur moyen. 
L'équipement, les installations et les pratiques de gestion ne 
sont pas adaptés à une production intensive et donnent lieu à 
un produit de qualité inégale et à des mises en marché 
irrégulières. L'industrie cunicole ne pourra pas con- 
currencer les autres industries animales tant que les métho- 
des de production n'auront pas été améliorées. 

Selon une étude récente du Colorado State University 11 , les 
principaux facteurs responsables des marges bénéficiaires 
peu élevées sont les baisses saisonnières de fertilité, les 
maladies respiratoires, des méthodes inadéquates d'hy- 
giène et de prévention des maladies, une mortalité néo- 
natale (période au nid) élevée, des pratiques financières peu 
saines et un investissement insuffisant dans le bâtiment 
d'élevage. 

Cependant, il y a des personnes qui croient fermement en 
l'avenir du lapin domestique et qui cherchent à améliorer 
tous les aspects de l'industrie commerciale du lapin. Ces 
personnes sont prêtes à aider les débutants à mettre sur pied 
une entreprise financièrement viable. 

Plusieurs élèvent des lapins pour le simple plaisir que cela 
leur procure; d'autres le font pour mettre à l'épreuve leurs 
qualités de gestionnaire. Quelles qu'en soient les raisons, 
l'élevage du lapin est une entreprise qui procure des satis- 
factions. 



42 



GLOSSAIRE 

Abcès — amas de pus formant une poche au sein d'un tissu 
ou d'un organe. 

Accouplement en claustration — fait de mettre la femelle 
en présence du mâle pendant plusieurs heures afin qu'ils 
s'accouplent. 

Accouplement forcé — maintien de la femelle de façon à la 
présenter au mâle pour la saillie. 

Adoption — fait de donner les petits d'une femelle à une 
autre qui les élève. 

Adulte — lapin de plus de six mois. 

Alimentation à volonté — fait de mettre des aliments à la 
disposition des lapins en tout temps afin qu'ils se nourris- 
sent lorsqu'ils le désirent. 

Animal de pure race — animal qui possède les caractéris- 
tiques définies dans le standard de race établi par l'associa- 
tion des éleveurs. 

Anorexie — absence d'appétit. 

Bave — salivation excessive autour de la bouche et de la 
mâchoire inférieure. 

Caecotrophie — ingestion de crottes molles prélevées à la 
sortie de l'anus; habitude plutôt nocturne. 

Cannibalisme — pratique d'une femelle qui mange ses 
propres petits. 

Caractère — trait disctinctif dans le caractère, l'apparence 
et le comportement. 

Chromosomes — structures en forme de bâtonnet con- 
tenant les gènes et apparaissant par paires dans le noyau 
d'une cellule. 

Colostrum — premier lait produit par une femelle après la 
mise bas. 

Condition — état physique du lapin qui est révélé par sa 
santé, la fermeté de sa chair, la brillance de ses yeux, etc. 

Coprophagie — voir «caecotrophie». 

Coryza — infection contagieuse des voies nasales et des 
organes respiratoires, appelée aussi pasteurellose. 

Couple — un lapin mâle et un lapin femelle d'une même 
variété. 

Croisement aléatoire — union de deux individus faisant 
partie d'un groupe donné, qui n'a pas pour objet particulier 
l'amélioration du troupeau. 

Croisement consanguin — union de deux individus ayant 
un fort degré de parenté. 

Croisement entre lignées — union d'individus très peu 
apparentés appartenant à une même souche. 

Croisement entre races — accouplement de lapins de 
races ou de variétés entièrement différentes. 

Croisement non consanguin — union d'individus de la 
même race mais de souches différentes. 

Croupe — partie postérieure du dos et de la colonne 
vertébrale. 

Cunicole — qui se rapporte à la cuniculture. 

Cuniculteur — éleveur de lapin domestique. 

Cuniculture — élevage du lapin domestique. 



Déviation de l'encolure — affection du lapin qui porte la 
tête sur le côté à cause d'une perte d'équilibre due à une 
inflammation de l'oreille interne ou à une blessure. 

Dominant — qualifie des gènes ou des caractères qui 
masquent l'expression de caractères subordonnés ou ré- 
cessifs. 

Dos creux — dos dont l'arc montre un point plus bas 
marqué entre les épaules et l'arrière-train. 

Dos — partie du corps qui s'étend du cou jusqu'à la queue, 
de chaque côté de la colonne vertébrale. 

Élément nutritif — tout composé chimique, ou groupe de 
composés, ayant la même composition chimique, qui aide à 
maintenir la vie. 

Elimination — fait de se débarrasser des animaux malades 
ou indésirables. 

Enregistrement — inscription officielle d'un lapin, ap- 
prouvée par un représentant agréé. 

Estomac gonflé — estomac et intestin distendus par une 
alimentation inappropriée; se voit généralement chez les 
jeunes lapins. 

Fanon — repli de la peau qui pend sous le cou. 

Flanc — partie latérale du corps qui s'étend des côtes 
jusqu'aux hanches, au-dessus du ventre. 

Fiche généalogique — fiche où sont inscrits le nom des 
ancêtres du lapin, la date de naissance, la race, etc. 

Filandreux — qualifie une viande remplie de fibres lon- 
gues et coriaces; se remarque chez les races de lapins de 
grand format qui n'ont pas été engraissées de la bonne 
façon. 

Follicule — sac dans lequel les ovules sont produits. 

Fourrage grossier — fibres grossières telles que du foin, 
des graminées, etc. 

Gènes — unités responsables de la production de caractères 
héréditaires, localisées sur les chromosomes. 

Gestation — période entre l'accouplement et la mise bas. 

Glandes mammaires engorgées — glandes mammaires 
enflammées et fiévreuses chez une femelle qui a une sura- 
bondance de lait. 

Hérédité — transmission des caractères des parents à leurs 
descendants; constitution génétique d'un individu. 

Héritabilité — probabilité pour qu'une caractéristique soit 
transmise héréditairement. 

Hybride — descendant de deux lapins de races ou de 
variétés différentes. 

Jarret — partie ou section centrale des pattes arrière, entre 
le pied et la hanche. 

Lactation — production de lait par la femelle. 

Lapereau — lapin de moins de six mois. 

Lapin à frire — jeune lapin âgé de moins de douze se- 
maines et pesant entre 1,8 kg et 2,75 kg. 

Lapin à rôtir — lapin destiné à la commercialisation, plus 
gros et plus vieux qu'un lapin à frire, habituellement d'un 
poids vif de 2,75 kg ou plus. 

Malocclusion — anomalie de la position des mâchoires, 
implantation anormale de certaines dents. 

Maux de patte — ulcération des coussinets plantaires ou 
des plantes des pieds. 



43 



Mettre bas — donner naissance. 

Mortalité — perte de vie; nombre de décès dans une 

période donnée. 

Néonatal — qui concerne le nouveau-né. 

Oestrus — période de rut correspondant à l'ovulation, 
pendant laquelle une femelle est fécondable. 

Ovulation — libération des ovules en vue de la fertilisation. 

Ovulation provoquée — libération de l'ovule chez la 
femelle faisant suite à une stimulation sexuelle. 

Palpation — manipulation ayant pour but de détecter la 
présence de foetus dans l'utérus de la lapine. 

Parasite — organisme interne ou externe qui vit aux dépens 
d'un hôte. 

Poitrine — partie du corps qui s'étend du cou jusqu'aux 
pattes avant. 

Pool de gènes — nombre et variété de gènes au sein d'un 
troupeau d'élevage. 

Portée — petits élevés par une femelle. 

Post-partum — période suivant la mise bas. 

Primipare — qui met bas pour la première fois. 

Queue croche — queue anormalement recourbée ou tordue 
de façon permanente dans une seule direction. 

Race — groupe ou catégorie d'animaux qui ont des carac- 
tères distinctifs en commun comme des marques sur la 
fourrure, la taille, etc. 

Rapport génétique — nombre ou pourcentage de gènes 
qu'un individu a en commun avec des individus qui lui sont 
apparentés. 

Récessif — qualifie un caractère transmis par un parent à 
son descendant et qui est masqué par le caractère dominant 
de l'autre parent. 

Reins — partie du dos de chaque côté de la colonne ver- 
tébrale, entre les hanches et les côtes. 

Rendement en carcasse — pourcentage obtenu en divisant 
le poids de la carcasse parée par le poids du lapin vivant et 
en multipliant le résultat par 100. 

Sélection — fait de choisir les animaux convenant le mieux 
à la reproduction, etc. 



Selle — partie arrondie intermédiaire du dos entre l'épaule 
et la hanche. 

Sevrage — séparation des jeunes de la mère. 

Sexage — détermination du sexe d'un lapin. 

Souche — population de lapins descendant d'un ancêtre 
commun et ayant la qualité de reproduire des caractéristi- 
ques raciales marquées. 

Standard — caractéristiques d'une race de lapin qui sont 
définies et approuvées par une association d'éleveurs. 

Stress — pressions exercées sur un animal par des condi- 
tions défavorables, donnant lieu souvent à une détérioration 
de sa santé et de sa condition. 

Taux de conception — pourcentage obtenu en divisant le 
nombre de portées par le nombre d'accouplements et en 
multipliant le résultat par 100. 

Tatouer — faire une marque d'identification permanente 
dans l'oreille d'un lapin à l'aide d'un instrument perforant et 
d'encre. 

Test de descendance — évaluation des parents à partir 
de la performance de leurs descendants. 

Indice de transformation alimentaire — quantité d'ali- 
ments nécessaire pour obtenir un gain de poids d'un kilo- 
gramme. 

Typique — sert de représentation idéale d'une race ou 
variété donnée en ce qui concerne le type, la couleur ou la 
qualité de la fourrure. 

Variété — groupe de lapins au sein d'une race, identifié par 
la couleur. 

Viande — qui a une bonne proportion de chair par rapport à 
la dimension du corps, surtout au niveau de l'avant-train, du 
dos, de la selle, des reins et l'arrière-train. 

Vigueur hybride (hétérosis) — tendance qu'ont les 
hybrides à avoir des qualités supérieures à celles de leurs 
parents. 

Yeux vitreux — yeux dont la cornée est recouverte d'une 
pellicule blanchâtre. 



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REFERENCES 



1. Lukefahr. S.D. et coll. , «Evaluation oftheFlemishGiant as a Purebred 
and a Terminal-sire Commercial Rabbit Breed, dans Journal of Ap- 
plied Rabbit Research (OSU 1980), vol. 3. n« 3, p. 14. 

2. Pote, L.M., P.R. Cheeke et N.M. Patton, «Uses of Greens as a 
Supplément to a Pelleted Diet for Growing Rabbits», dans Journal of 
Applied Rabbit Research (OSU 1980). vol. 3, n° 4, p. 15. 

3. Cheeke. P.R. et N.M. Patton. «Carbohydrate Overload of the Hindgut 
— A Probable Cause of Enteritis», dans Journal of Applied Rabbit 
Research (OSU 1980), vol. 3, n° 3, p. 20. 

4. Enos, H.L., D.D. Caveny, B.L. West et G. Heidbrink. «Equipment 
and Management Options to Facilitate Year-round Rabbit Produc- 
tion», dans The domestic Rabbit : Potentials, Problems and Current 
Research (OSU 1979). p. 38. 

5. Netherway, Marjorie E.P , A Manual of Rabbit Farming. (Londres 
1977), p. 39. 



6. Gouvernement du Québec, Lapin de chair (1980), p. 14. 

7. Agriculture Handbook n" 490, Ministère de l'Agriculture des États- 
Unis. (1976), p. 30. 

8. Ibid. 



9. Patton, N.M., «Young Doe Syndrome», dans Rabbit Research Center 
Newsletter, Oregon State University, juillet 1979, vol. 12, n° 3, p. 11. 

10. Patton, N.M. et P.R. Cheeke, «Etiology and Treatment of Young Doe 
Syndrome», dans Journal of Applied Rabbit Research, (OSU 1980), 
vol. 3, n° 3, p. 23. 

11. Enos, H.L., D.D. Caveny et coll. . «Equipment Management Options 
to Facilitate Year-round Rabbit Production», Rabbit Research Center 
Newsletter, OSU, vol. 2, n° 4, p. 10. 



SOURCES 

La documentation ayant servi à la rédaction de cette publi- 
cation a été préparée à l'origine pour le ministère de l'Agri- 
culture de l'Alberta par Briarpatch Farm Ltd. qui a consulté 
de nombreuses sources, dont les suivantes : 

Commercial Rabbit Raising, Agriculture Handbook N° 
308, ministère de l'Agriculture des États-Unis, 1971. 

Domestic Rabbits : Diseases and Parasites, Agriculture 
Handbook N° 490, ministère de l'Agriculture des États- 
Unis, 1976. 

Journal of Applied Rabbit Research, Oregon State Univer- 
sity, Corvallis, Oregon. 

Manual of Rabbit Farming, par Marjorie E.P. Netherway, 
1977. 



Officiai Guidebook of the American Rabbitt Breeders Asso- 
ciation Inc.. Bloomington, 111., 1973. 

Rabbits, une revue publiée par Countryside Publications, 
Waterloo, Wisconsin. 

Raising Rabbits the Modem Way, par Robert Bennet, 1975. 

Oregon State University Rabbit Research Center, Cor- 
vallis, Oregon. 

Equipment Management Options to Facilitate Year-Round 
Rabbit Production, par H.L. Enos et D.D. Caveny et coll., 
Colorado State University, Fort Collins, Colorado. 



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