Girardin, Joseph
Le vocalisme du
Fribourgeois au XVe siècle
PC
FiGs
LE
VOCALISME DU FRIBOURGEOIS
AU XV e SIÈCLE.
THÈSE PRÉSENTÉE
À LA FACULTÉ DES LETTRES DE L'UNIVERSITÉ
DE FRIBOURG EN SUISSE
POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR
PAR
JOSEPH GIRAIiDIN.
HALLE A. S.
DRUCK VON EHRHARDT KARRAS
1900
M
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F7G5"
Extrait de la „Zeitschriit fur romanische Philologie" t. XXIV.
INTRODUCTION.
Dans un article de la Romania (t. XXI, pp. 39 — 49) M. Paul
Meyer signale, pour l'étude de l'ancien fribourgeois, les documents
suivants: Comptes de dépenses de la construction du clocher de St.-Nicolas
à Fribourg en Suisse de MCCCCLXX à MCCCCXC, publiés et
annotés par J. D. Blavignac, architecte. 1
«Ces comptes», écrit le savant romaniste, «pleins de termes
techniques, rares par conséquent, et de formes locales, n'ont point
été jusqu'à présent utilisés comme ils méritent de l'être. Il existe
d'autres documents fribourgeois en roman, d'une date plus ancienne,
mais ils sont plus imprégnés de français que les comptes de Saint-
Nicolas de Fribourg, lesquels pourtant ne sont pas d'un langage
très pur.»
D'après cette indication, je me propose de rechercher, en uti-
lisant les documents publiés par Blavignac, l'état du vocalisme dans
le dialecte fribourgeois tel qu'il était parlé au XV e siècle. L'étude
complète du patois de Fribourg à cette époque nécessiterait des
matériaux plus nombreux et plus variés que ceux dont je dispose.
Ce n'est pas dans des comptes de fabrique que l'on peut retrouver,
par exemple, les diverses formes de la flexion.
Le manuscrit des comptes est déposé aux archives cantonales
de Fribourg. J'ai pu le voir et l'examiner attentivement, tout en
ayant sous les yeux le texte imprimé. Cette comparaison m'a
permis de faire quelques remarques et de relever un certain nombre
d'erreurs commises par Blavignac.
D'abord, l'éditeur n'a pas publié le manuscrit dans son entier.
Il indique le nombre total des articles, mais il ne transcrit que les
plus intéressants, ceux qui lui présentent des faits ou des mots
dignes d'attention. Je m'en suis tenu aux articles publiés, parce
qu'ils offrent, à mon avis, suffisamment de matériaux pour une
étude du vocalisme. En outre, dans la Zeitschrift fur romanische
Philologie, à laquelle je destinais mon travail, je n'aurais pu insérer,
1 Paris, Techner 1858. — In-8°, XLVIII- 187 pages (Extrait des Mé-
moires de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, t. XII). — Il y a
dix comptes; dans chacun d'eux, les articles sont numérotés. — Dans la pré-
sente étude, le chiffre romain renverra au compte et le chiffre arabe dé-
signera l'article.
à cause du manque de place, les très longues parties inédites du
manuscrit.
Sous prétexte «que ce ne serait pas la peine de publier des
manuscrits, s'il fallait donner aux lecteurs tous les embarras que
nécessite leur déchiffrement» 1 (réflexion assez plausible au fond),
Blavignac distribue arbitrairement un grand nombre d'accents, sou-
vent en se laissant guider par d'illusoires analogies. Comme ces
accents n'existent pas dans le manuscrit, j'ai cru plus simple et
plus sûr de les supprimer partout dans les exemples que je cite.
Blavignac commet encore d'autres erreurs. Il écrit, par exemple,
«mt'dj'», «Schôngen», «A/ariva», «cha/or». Or, sur «midy» et sur
«Schôngen», les manuscrits portent bien ( "), mais sur «A/ariva» et
sur «cka/or» ils portent visiblement (") et il faut lire «A u /ariva»,
«cha/o u r» {Autariva, cha/our).
En général, il est facile de distinguer les trémas de Vu super-
posé: le tréma est représenté ou bien par deux points (" ), ou bien
par deux traits horizontaux ( ~) ou bien par deux traits courbés,
dont la courbe est en haut ( /f/l ); Vu est représenté ou bien par un
(") très lisible, ou bien par un u pointu en forme de ( v ) ou bien
par deux jambages séparés, mais obliques et dont la courbe est
tournée en bas et à gauche ( /t '). Quant on examine attentivement
le manuscrit, il n'y a généralement pas moyen de s'y tromper;
la phonétique fournit d'ailleurs un contrôle très sûr. Dans tous
les cas où l'erreur de Blavignac est évidente, je la corrigerai.
Dans les autres cas, je conserverai le tréma. 2
L'éditeur des comptes n'a pas su lire correctement un certain
nombre de mots. La forme «orgine» du manuscrit doit remplacer
«orguie» (VIII, 104) du texte de Blavignac; de même il faut lire
«emb/aes» au lieu de «eb/aes» (II, $5 bls ), «Cormenbou» au lieu de
«Cormenbon» (IV, 13), «fossous» au lieu de «fossons» (I, 121), «cha/lie»
au lieu de «cha/lien» (I, 46). Pour «Mark/» (IX, 22) je lis «Niar/et»'.
le contexte indique que c'est un nom de localité et dans le dic-
tionnaire des localités fribourgeoises on trouve deux «Nierle/»; le
mot du manuscrit désignerait-il un de ces deux endroits? Pour
«chando/e» (VIII, 84) il me semble qu'on peut très bien lire «chan-
de/e». Au lieu de «enbosson» I, 99 je lirais «enbossou».
Comme le dit M. Paul Meyer dans l'article de la Romania
déjà cité, la langue des comptes est un mélange de français et
d'idiome fribourgeois. Le scribe visait à écrire en français, mais
il restait toujours plus ou moins en deçà du but et n'y réussissait
pas complètement. Etant donné le caractère de cette étude, les
comptes les plus intéressants sont ceux qui s'éloignent le plus du
français, ceux qui contiennent le plus de formes et de mots patois.
A cet égard le neuvième compte est le plus remarquable de tous:
1 Op. cit. p. VI. u
2 âtre IX, 45, doit aussi être corrigé en atre (= autre). C'est le seu
cas où Blavignac ait transcrit Vu (superposé) par un accent circonflexe.
l'orthographe bizarre qu'il présente dénote une plume peu habituée
à écrire le français; de même, les termes dialectaux dont il four-
mille font pressentir une grande ignorance du parler littéraire.
Les exemples tirés de ce document sont donc les plus probants,
aussi je m'y attacherai de préférence.
Ensuite viennent les comptes I et VIII; puis II et X dont la
valeur déjà moindre que celle des précédents est assez grande
encore. Les autres documents suivent à peu près sur le même
rang; ils sont peu remarquables, si on les compare aux premiers.
Une question se pose. Qui a écrit ces comptes? Ce n'est
certes pas une seule et même personne: les différences d'ortho-
graphe, de langue et de style suffisent à le prouver. D'ailleurs on
retrouve le nom de quelques scribes dans les articles où est inscrit
le montant de leur salaire: le compte V (ib., 36) est de Vuillaume
Meige, le compte VIII (ib., 106) est de Jacob Mursing, Bartholome
le clerc a rédigé le compte X (ib., 97).
Le dialecte dont on rencontre à chaque pas des traces dans
les documents, est-ce le dialecte de la ville ou de la campagne?
Les recherches et les comparaisons que j'ai faites m'ont porté à
croire que le patois actuel de Fribourg est celui qui se rapproche
le plus des formes dialectales si nombreuses dans les comptes.
Les scribes devaient du reste habiter la ville.
Cependant, d'après certains indices, il est permis de supposer
que des scribes étaient originaires de la campagne ou du moins
qu'ils y avaient séjourné. Perre (VIII, 102), pera (IX, 144a) cor-
respondent à përa, forme usitée de nos jours seulement dans la
Gruyère, tandis qu'à Fribourg on dit maintenant p'/era. Peirro
(X, 58, 59, 105), Pierre, paraît être aussi une forme gruérienne, à
peu près tombée aujourd'hui en désuétude.
A Praz et à Donatyre, le type aqua est devenu iga x . Or,
dans les comptes, je ne trouve que les graphies aiguë (I, 102;
II, 67, 89; IV, 43, 87) et egit (IX, 72) évidemment plus voisines
de igd que du fribourgeois moderne ivwi.
D'après Haefelin 2 les substantifs masculins qui finissent par -u
atone en patois broyard et en patois quouètso se terminent par
-0 atone en patois gruérien. Faut-il rapprocher cette observation
de celle que dans les comptes les formes en -u sont propres au
IX e document, tandis que dans tous les autres on ne rencontre
que des finales en -0? Le fribourgeois moderne ne connaît que
les finales en -u' A .
Quoi qu'il en soit de ces divergences, difficiles à expliquer,
il semble acquis, en somme, que le patois des comptes est celui
de Fribourg.
1 cf. Zimmerli, Die deutsch-franzôsische Sprachgrenze, II. Theil; Laut-
tabelle I.
2 Les patois romans du canton de Fribourg, p. 74.
3 cf. le § 105 de cette étude.
J'ai donc dû choisir pour guide le dialecte fribourgeois mo-
derne. Il me sert à distinguer les formes françaises des formes
patoises. C'est à lui que j'ai recours pour trancher les cas douteux.
Quand il m'est possible de citer le représentant moderne d'une
forme intéressante, trouvée dans les comptes, je ne manque pas
de le faire. Si parfois je m'en suis abstenu, c'est que le mot du
quinzième siècle n'existe plus, du moins à ma connaissance.
M. Gauchat a écrit, sur le patois de Dompierre, une étude
très remarquable et très appréciée, qui a paru dans la Zeitschrift
fur romanische Philologie, t. XIV, pp. 397 — 466. J'ai disposé la
matière de mon travail d'après le plan qu'a suivi cet éminent
dialectologue. Le patois de Dompierre diffère assez peu du patois
moderne de Fribourg, de sorte que la connaissance du fribourgeois
ancien explique, dans la plupart des cas, à la fois les phénomènes
du fribourgeois moderne et ceux du dompierrois.
J'ose donc espérer que mon étude ne sera pas inutile après
celle de M. Gauchat et que, sur plus d'un point, elle la complétera.
Afin que la comparaison soit possible, j'adopte le même nombre
de divisions que M. Gauchat; les paragraphes se correspondent
toujours. Pour quelques-uns, je manque d'exemples: voilà pour-
quoi je les ai laissés de côté.
Le patois, vivace encore à la campagne, disparaîtra bientôt
de la ville, où les personnes qui le parlent sont peu nombreuses
et généralement âgées de plus de quarante ans. Parmi les jeunes,
on ne l'entend plus que dans la bouche de quelques amateurs.
Je tiens mes renseignements de plusieurs personnes, mais la
plus grande partie m'ont été fournis par un pêcheur, nommé
Maurice Robert, habitant le quartier de la Neuveville, où le „bolze",
comme on appelle le patois de Fribourg, s'est le mieux conservé.
Maurice Robert frise la cinquantaine; il est originaire de Fribourg,
où il a presque toujours vécu, comme ses parents. Dans le même
quartier, j'ai interrogé Félix Aeby, couvreur, né à Fribourg, dont
il passe pour bien connaître le patois. Je dois d'utiles renseigne-
ments à Rodolphe Stempfel, maçon, âgé de cinquante-deux ans,
également né à Fribourg. Enfin j'ai consulté plusieurs autres per-
sonnes âgées, de façon à contrôler mes renseignements les uns
par les autres.
Dans son ouvrage Les patois romans du canton de Fribourg,
Haefelin s'est fort peu occupé du patois de la capitale. 11 donne,
au recueil de poésies qui forme la quatrième partie du volume,
trois pièces en patois de Fribourg. Je ne suis pas d'accord avec
Haefelin sur la prononciation de quelques mots. A Fribourg, par
exemple, j'ai toujours entendu dire pyjsd et non plyç&d, dâse et
non dâd-e, sèkâta et non {rekâta. Quant à la diphtongue que Hae-
felin note par au, je crois la représenter plus exactement par çu
avec un ç très ouvert qui se rapproche de a; j'écris donc korçula
plutôt que korâula, kolç u et non kolâ u , etc.
En terminant, on me permettra de remercier M. le D r Marchot,
qui m'a dirigé dans mon travail et m'a soutenu de ses conseils.
Si je suis parvenu à quelque résultat, c'est à lui que je le dois.
Je me plais aussi à remercier M. Michaut, à qui je suis redevable
de remarques paléographiques importantes.
OUVRAGES SPÉCIAUX CITÉS DANS CE TRAVAIL.
Blavignac, voy. p. i.
Gauchat = Le patois de Dompierre par L. Gauchat (paru dans
la Zcitschrift filr romanische Philologie, t. XIV, pp. 397 466).
Haefelin = Les patois romans du canton de Fribourg, par Fr.
Haefelin. Leipzig, Teubner 1879.
Odin = Phonologie des patois du canton de Vaud, par A. Odin.
Halle, Niemeyer 1886.
Zimmerli = Die deutsch-franzdsische Sprachgrenze in der Schweiz.
II. Theil, par J. Zimmerli. Bâle et Genève 1895.
Urtel = Beitràge zur Kenntniss der Neuchateller Patois. L Vi-
gnoble und Béroche, par H. Urtel. Darmstadt 1897.
OBSERVATIONS.
1) J'emploie le même système de transcription phonétique que
M. Gauchat. L'espace me manque pour exposer ici ce système.
On le trouvera expliqué dans l'Introduction qui précède l'étude
sur le patois de Dompierre, par M. Gauchat (Cf. Zeitschrift f. r. Ph.
XIV, p. 399—400).
2)^ Pour chaque mot, j'indique l'étymologie. Les étymologies
précédées d'un astérisque sont reconstituées par induction. }e m'en
rapporte généralement aux dictionnaires suivants: Georges,' Latei-
nisch-deutsches Worterbuch, 7 e éd., 1879; Kôrting, Lateinisch-roma-
nisches Worterbuch, 1891; Kluge, Eiymologtsches Worterbuch der
dcutschen Sprache, 5 e éd., 1894.
3) Quand un mot dérivé ne remonte pas ou ne paraît pas
remonter au latin vulgaire, je me contente souvent de juxtaposer
ses éléments étymologiques, p. ex.: carru + ottu -f one — char-
roton (= charretier).
4) Quoique pour les mots „savants" j'indique une étymologie
latine, il est bien évident qu'ils ont presque toujours passé par le
français avant d'arriver au patois.
Vocalisme du fribourgeois au XVe siècle.
A. VOYELLES TONIQUES.
1. a.
au XV e siècle: a.
actuellement: a (comme à Dompierre).
§ 1. a) devant une dentale,
pratu — pra VII, 43; près IV, 36.
ferratu —ferra I, 116; II, jyferrar I, 162.
1*
a< =
pi uni a tu — pluma I, 160.
qnadratu — quarra X, 108.
fi la tu — filaz III, 1 1.
*adminatu — anmia IV, 102; X, 87; amenât VII, 157; admena
II, 165; admenar I, 160.
mensuratu — misura IX, 128, 131.
pensatu — pesa II, 138; IV, 57.
computatu — conta IX, 76, 86; compta I, 61; VII, 169.
*allatu — a/a IX, 6; allé.
donatu — dona IX, 4, 124.
ordinatu influencé par donatu (cf. Kôrting, Lat.-rom. Wôrterb.,
s. v. ordino) — or dona IX, 24, 78.
armatu — au pluriel armas II, 116.
molator — mollarre VII, 170; mod. molare, „aiguiseur", et non
„meunier", sens de molator en latin.
tegulator — tiollarre VII, ni; iiolare VIII, 50; fabricant de tuiles.
tornator — torrnarre I, 73; tomarre II, 26, 162; tourneur.
*cornator — cornarre X, 48; homme qui joue du cor ou du cornet.
*arcionator — arsonnarre II, 21; arsonnares (pluriel) II, 16; sellier.
m. h. ail. ungëlt -{-ator — umbgueîtarre IV, 49; tingeltare VIII, 59;
ongeltare VIII, 58; (pngellaire VII, 54, forme „francisée") ; per-
cepteur de l'ohmgeld. Ce terme, qui ne dérive pas d'un
verbe, est de formation analogique.
a. h. ail. chahhala + ator (avec dissimilation) — quetalare IX, 82;
en fribourgeois moderne htalâre, potier fabricant de poêles
en pièces de terre cuite appelées kdtalle, Urtel donne kaklar
potier, kak?li pot (Gloss.); l'allemand suisse dit kacheli pour
foiâlle. M. Gauchat fait donc erreur en partant de scutella.
coprire...-f-ator — couvresare VII, 108; cruvessare I, 12; III, 17;
couvresarre VII, 147; crues sarre X, 15; crivescere VIII, 18';
couvreur; mod. manque. Ce mot dérive d'une forme inchoa-
tive de coprire.
matre — mare X, 12; mod. mare. A Fribourg, comme à Dom-
pierre, les mots pare et mare ne s'appliquent plus aujourd'hui
qu'aux animaux.
quadru? — carro, pi, II, 77; le sens précis de ce mot m'échappe;
je ne le trouve pas en frib. mod.
*antius natu — ena IX, 109; aîné,
juvene-j-natu? — jona IX, 126; jeune ou cadet, voy. le texte.
Ce mot, ainsi que le précédent, n'existent pas en frib. mod.
§ 2. Terminaison -ata.
Avec M. Gauchat, j'établis ici trois classes de mots:
1 Le manuscrit porte rivescere; évidemment, l'omission du c initial est
due à une distraction du scribe. Cette forme est d'ailleurs „francisée".
i° les participes féminins en -a ta;
2° les substantifs féminins en -ata, de sens collectif;
3° les substantifs féminins en -ata, qui n'ont pas' le sens
collectif.
i e classe : participes féminins,
-ata devient -ay? à l'époque de nos textes et à l'époque actuelle,
taxa ta — taxaye VII, 28; mod. taksâyp, mot savant.
♦colpatas — coppayes VII, 112; mod. kopâye.
operatas — ovraes IV, 79; mod. manque,
involatas — emblaes^ II, 33 bis; mod. manque.
Je crois que les deux dernières formes, malgré leur graphie
différente, étaient prononcées comme les premières: au sg. -ays,
pi. -aye. Il y a toutefois:
encrennata — ancranna V, 30; mod. manque.
2 e classe: mots collectifs.
Je ne trouve dans les comptes que cet exemple:
*carrata — charra III, 14; X, 74; charraz I, 66.
En frib. mod. -ata donne généralement -ay?. Exemples:
*carrata — tseraya;
*vannata — vanaya;
*palata — palây?\
*pippata — piipayr,
comme à Dompierre.
3 e classe: non collectifs.
Le fribourgeois du XV e siècle semble avoir -a comme repré-
sentant de -ata. Le frib. mod. hésite, suivant les mots, entre -a
et -ayd.
diurnata — jorna VIII, 67, 72.
diurnatas —jorna VIII, pass.; IX, pass.; journal X, 58, 66; jour-
nal* X, 50; journa VU, 145; VIII, 62, 63. Mais il y a jornae
VIII, 61, un plur. archaïque?
intrata? — vitra IX, no; sens obscur.
recuperata (cf. §59) — recouvra VIII, 105; recouvrement. Le
mod. manque.
Voici quelques exemples pour le fribourgeois moderne:
diurnata — dzorna.
caminata — tsdmdna.
*matutinata — matdnâ. M. Gauchat range ce nom parmi les
collectifs.
Par contre:
*rosata — roëayd.
*contrata — kdtray?.
intrata — ètray».
1 voy. introduction, p. 2.
8
Sur le traitement de -ata dans les trois classes, il y a dans
la Romania XXVII, 27g un nouvel article de M. Gauchat. Je ne
partage pas l'avis de ce savant, qui voit dans -ay? une adaptation
française, -a doit être la forme phonétique au singulier: -âtà
-âa ~â. Mais -ay? reste inexpliqué. Comme il existe dans les
villages les plus reculés et partout, ce ne saurait être une adapta-
tion du français -ée. M. Marchot croit que -âa, dans les participes,
est devenu -as pour éviter la contraction en -5, et maintenir ainsi
une distinction entre les genres: -p était l'autre finale féminine,
qu'on trouvait après les palatales ; il était senti naturellement par
le sujet parlant comme une flexion féminine. Il est à remarquer
que nous ne trouvons pas au XV e siècle -ays dans des mots non
participes. Il s'y serait introduit depuis. On pourrait dire aussi
que -ayp est une forme secondaire (à côté de a), refaite sur le
modèle du pluriel -aye = -aes < -a tas.
§ 3. Finale -aticu.
viaticu — pluriel: viagcs V, 35; mod. yadzu.
*intr aticu — mirage VII, 181; entrée,
de ponte — ponthonage X, 72; échafaudage.
*operaticu — ovraige I, 18, H4d, 162; II, 85; ouvraige I, 48;
IV, 57; V, 29. Au pluriel: ovraiges, pass.; ovrages V, 8.
*staticu — itaige II, 120.
Dans ces mots, la finale est „francisée"; on prononçait au
XV e siècle, comme aujourd'hui: -adzu.
§ 4. |3) devant une labiale,
trabes — tra VII, 163; VIII, 117; traz I, 30; iras II, pass.;
poutres,
fabru — favre, pass.
*demorabat — desmorave X, 8 l .
§ 5. y) devant v.
claves — clar V, 15; VII, 102; VIII, 100b; IX, 89; clars I, 150;
V,34-
' nave — na I, pass.; V, 19; IX, pass.; uaz VII, 147. Au pluriel:
naffs X, 3.
Exceptions :
clavos — do VII, 150, 165; IX, 76; X, 110; cloz, pass.; mod.
yïï; cf. § 76.
*caclavos — chillioz I, 113; cailloux; cf. § 76. Le mod. manque;
on a recours au mot français.
§ 7. é) devant r.
Claru rivu — Clar Ruz VIII, 49, 55; Clar Ru IX, 41; X, 35;
nom propre de lieu.
1 au lieu de desmoratie, faute du scribe; le contexte indique un impar-
fait. Voy. Haefelin, p. 10 1.
clara via — clarevoye VII, 102. Au pluriel: clarevoye VII, 106;
clares voes III, 17; claires-voies,
collare — cular II, 36; collier. Cf. le provençal colar (dans
Raynouard), cotilar, etc. (dans le Trésor de Mistral).
mensurare — mesura VIII, 138.
ferrare — ferrar I, 164; II, 96; III, 46; X, 113; ferra VIII,
125, 126; X, 109.
*allare — alla IX, 3.
cribrare — cribla IX, 48; criblar I, 29; III, 39.
min are — menar VII, 103, 106. Dérivé: amina IX, 118; amena
VIII, 130; amenar I, 15, 141; VII, 163, 188; admenar I, 79;
II, 80.
meliorare — melliora VIII, 77, 125; milliorar III, 52; ?nellorar
III, 1 1; melliorar, pass.; melliorardIV, 70; meliora VIII, 83 a,
96 a; IX, 90, 104. Ce verbe est probablement dérivé du
représentant patois de meliore; de même, l'a. fr. meillorer
dérive de meillor (Dict. gcuér).
jactare — getar I, 137, 138; gettar I, ig.
levare — levar II, 97; III, 28; V, 27, 28.
*cappulare — chapplar I, 49; a. fr. chapler.
*exquadrare — escarrar I, 101, 112; II, 116, 144.
portare — portar I, 56; II, 101, 136.
obstare — ostar II, 88, 124; III, 16; V, 20.
pausare — posar I, 148; II, 68, 136, 137, 157; V, 9, 16.
gerrn. fodr-f-are — forrar I, 47, 49; munir, garnir.
planare — plana VII, 89. Dérivé: aplana X, 80.
re-f-rnutare — remuai- I, 104; V, 7, 13.
mantellu-}-are — niant ellar VI, 10. Dérivé: enmantellar VI, 7;
couvrir, terme technique.
. ...-f-are — patiar II, 178; tracer des portées de musique
(avec une patte),
deaurare — dora VIII, 97.
mixtione -f- are — mistiuna IX, 48; mot savant,
dispensare — despensar I, 43; mot savant,
visitare — visitar I, 43; mot savant.
ponte -f-one -f-are — ponthenar 11,79; dresser des échafaudages,
germ. lokk-f-ittu -f- are — loctar IV, 58; locher.
*capu-{-one-|-are — chavonar I, 148; II, 144; IV, 94; achever,
ad-j-substare — assola r II, 151; III, 16; mettre à l'abri. Cf.
Romania XXV, pp. 438 — 439 et Literaturblatt fur ger-
manùche und romanische Philologie XVIII, c. 170.
. ( XV e s.: a.
\ actuell.: a (comme à Dompierre).
§ 8. a) devant une dentale ou une labiale,
germ. latta — pluriel: laie VIII, 119; lacles I, 6, 15.
*plattas — plaies VII, 38; pierres plates?
germ. happa — hapes II, 90, 103.
IO
/?) devant s.
passu — pa (pi.) VIII, 37.
*casnu — chano VIII, 82; chêne; au pluriel: chanoz VII, 151;
clnignoz I, 150; II, pass. Il est à remarquer qu'en frib.
mod. on dit tsïinu; chagnoz sera peut-être d'un autre patois.
Pasquas — Paquet IX, 62; Paque IX, 141, 143; Pasque VII,
126 (2 fois), 203; Pasques, pass.
§ g. 7) devant r.
.... — bare pi. IX, 89; barres VIII, 125; fr. barres,
a. h. ail. sparro — esparrcs I, 129; III, 43; V, 12, 29; espèces
de barres.
Bernardu — Berna VII, 126; IX, 46, 56; Bernar X, 46; Ber-
nait X, 52; Bernhard VIII, 67.
die martis — dimar VII, 82.
lardu — lar VIII, 74a.
arbore — arberos (pi.) X, 71.
arca — arche II, 122; VII, 62, 63; VIII, 83; grand coffre,
arcu — ars (pi.) V, 21, 34.
quartu — quart VIII, 101.
quarta — quarta I, 161; II, 74.
germ. *warda — garda II, 59; IV, 48.
Anomalies :
car ru — cher, pass.
carne — chers III, 22; cher VII, 196.
Le fribourgeois moderne dit encore tse pour les deux mots.
M. Gauchat explique Ve par l'influence combinée de la palatale qui
précède cette voyelle et de r qui la suit.
1 au XV e s.: te probablement en train de
a < sous l'influence d'un J se réduire à 1 par une étape i e ou déjà
son palatal précédent = | réduit à z.
I actuellement: ï, comme à Dompierre.
§ 10. a) devant une dentale,
medietate — mette II, 114, 135.
mercatu — marchie I, 133; IV, 103; IX, 90.
praedicator — pregiere IX, 85.
*religator — relierre I, 28, 102; II, 67, 89, 102; fabricant de
vases à douves en bois,
consiliator — conseillierre X, 9.
serraculu-f-ator — sarraliere VIII, 73, 90, 96; saraliere IX, 89;
sarrallierre II, 87, 145; sarralliere IV, 109; serrurier 1 .
*carricatu — chargie X, 54, 76.
religatu — rallie VII, 117.
1 Ces quatre mots en pal.-|-ator se sont perdus en patois de Fribourg.
Je reviendrai sur le frib. mod. pridzT\ u = praedicatore.
1 1
cuneatu — connie X, 76; cogné, arrangé.
implicatu — empleye III, 46; V, 26; VIII, 3$, 34.
castigatu — chasleye IV, 27; chateye IX, 29 et au pluriel chas-
teye II, 39; IV, 26.1
adjutatu — aydier VII, 161.
-ata se présente sous différentes formes ou graphies:
relaxa ta — relexie II, 6; relaixie IV, 17; relaxée VII, 203; r*-
/o.w VII, 1 ; veuve,
implicata — employa II, 4,5, 104; IV, 68, 70, 99.
auctoricata — oul/roya IV, 46.
lineata — lignia IV, 46; lignie IV, 43.
*trinicata — irinchi VIII, 79; trinchie VII, 98; (la) tranchée.
En frib. mod. *trinicata est trëtsâ; *relaxata, auctori-
cata, *lineata n'existent pas ou n'existent plus; implicata est
représenté par èpyeyâ. Pour les mots en pal. + -ata, le traitement
est d'ailleurs le même qu'à Dompierre. 2
Relexie est savant et ne prouve rien. Au XV e siècle, le traite-
ment est -ta, mais l'accent est-il déjà passé sur a? Employa et
oultroya semblent le dire, et lignia s'y opposer, car on aurait ligna.
Peut-être y a-t-il hésitation, comme à Onex actuellement. 3 Ce qui
semble confirmer que dans certains mots on avait encore -ta, c'est
Irinchi, irinchie, lignie, que je regarde comme de simples adapta-
tions françaises de trintsia, lignia.
/3) devant une labiale,
in-f-cum + initiabant — eticommencievant IV, 5s. 4
§ 12. y) devant 1.
s cal a — eschiele I, 130.
scalas — eschieles I, 155; II, 126.
§ 13. ô) devant r.
medicare — megir IV, 107 (2 fois); a. fr. megier.
in-f-germ. tas-f-iare — entechier II, 106; entasser,
fabricare — favargie VIII, 122, 123, 129, 131; favargier X, 1 13.
*carricare — chargie IX, 52, 83; chargier II, 129; III, 4.
taliare — faillie VIII, 132; X, 57; talie VIII, 122.
ad-j-tusu -j-iare — atnsier I, 113; II, 119; faire des recoupes
(cf. espagnol atusar).
1 empleye, chasteye sont des graphies peu claires; rien n'empêche de
leur attribuer la prononciation le ou 7 à la finale.
2 Voyez, à ce sujet, le récent article de M. Gauchat dans la Roiimiiia
XXVII, 270 ss.
8 cf. Gauchat, 1. c, 283.
* Le manuscrit semble plutôt porter encommencienant, comme a lu Bla-
vignac; mais le contexte indique clairement un imparfait et dès lors il faut
corriger d'après le frib. mod. kamêsivà. Voy. Haefelin, p. 103.
12
ex -f- tiisu -f- iare — estusier I, ni, 114a, de même sens que le
précédent. Je n'ai trouvé ni l'un ni l'autre en frib. mod.
got. brikan — breyer I, 52, 6g, 76, 153.
adjutare — aydie VII, 124; aidier II, 129, 136; qydier VII, 194.
allongare — allongier VII, 183.
re-j-*f or tiare — reforcier III, il.
*aciariu-|-are — acirier X, 113; assirie VIII, 124; aciérer.
carru-f-izare — charreyr X, 114; charreye VII, 125; VIII, 127;
chareye IX, 30.
punctu-f-izare - pointeye VIII, 123.
junctu -j-izare — joenteyer 111,34.
La simple graphie par i dans megir et charreyr est à re-
marquer, car elle est un indice que la diphtongue I e tendait,
comme je l'ai dit, à se réduire à ï.
Ailleurs, la palatale n'a pas agi:
a. franc bukon — baya X, 73; VIII, 81; buyaz IX, 87; buyar
X, 93; mod. bûyâ.
e) devant s.
in casis — enchie pass. ; inchie IX, 124; enchiefîX, 76; mod. §lsi.
§ 15. Noms propres de lieux en -iacu.
Montaniacu — Montante VIII, 30; Moniagnie IX, 30. !
Agiacu? — Agie VIII, 51, 100a.
Marliacu — Marlie II, 41, 91, 165; III, 34; IX, 73; X, 108.
Favriniacu — Farvarnier II, 165.
? — Foucignie IV, 17, 107; Foucignye VII, 77, 82.
Eburiacu? — Avrie I, 146; IV, 17, 107, 108; VII, 193, 196;
VIII, 19 bis.
Altiniacu — Auiignie II, 165; IV, 42.
On a ici le même développement que pour ç -f- y, c'est-à-dire
iei — ie et enfin i. L'accord des exemples, dent pas un ne pré-
sente i simple, prouve qu'on était au XV e siècle à l'étape ie avec
l'accent sur i (Cf. le § ^2).
§ 16. Je trouve quelques verbes en -i non précédé de palatale:
* tir are — tirie IX, 51; mod. tort.
*corrosare — croisiez I, 132; croisier I, 137; mod. kroêî.
En outre, en frib. mod., comme en dompierrois:
*virare — vdri.
\ au XV e s.: e.
( actuellement: e (comme à Dompierre)
a) en syllabe ouverte.
§ 17. a) *tragere — traire I, 122.
facere — faire, pass.
1 Cf. pour ces noms eu -iacu: Hôlscher, Die mit dem Suffix -acum,
■ iacum gebildeten Ortsnamen. Diss. Strasbourg 1890.
13
refacere — referre VIII, 96.
in-f-ecce-f-hac — enczay II, 51, 161; III, 1; IV, 38, gg, 102,
10g; V, 1; VI, 1.
§ 18. $) *acqua — egit IX, y 2; aiguë I, 102; II, 67, 8g; IV,
43, 87; mod. ivws.
Actuellement, on ne trouve fgp que dans la Broyé et encore
sporadiquement. 1 Dans ce mot, Ve est donc allé irrégulièrement
jusqu'à V, c'est une transformation qu'on retrouve aux §§ 30, 33,
dans deux mots du § 2g (demikru, kovr/u) et dans un mot du § 31
(yf). La graphie egit contredit l'hypothèse de M. Gauchat, qui
pose lé développement: la aivwJ — la a tvxvd — la ivwd — Vivw?
où n'apparaît aucune forme avec e.
§19. 7) m agi s — mex X, 4, 22; mais, pass.; maix VIII, 8, 52;
IX, 140, 141; X, 37, 42.
bracas? — brayes VII, ig8; pièces de cuir servant à attacher
le battant d'une cloche,
facit — fa IX, 123, 146; fat IX, 131, 133, 145 est, comme le
fait observer M. Gauchat, une forme due à l'analogie ou
à la phonétique syntaxique.
§ 20. b) en syllabe fermée.
a) fasce — faix I, 31; fait IX, n (plur.); mod. fë.
braciu — braix I, 12g; I, 118, 120 (plur.); mod. brë.
*adjacia 2 — aysez VII, 137 (pi.), environs, dépendances. Le
frib. mod. dit dans ce sens: lez edzu d'ona mezê. Comme
on voit, le terme est actuellement masculin.
/?) s accu — sagk (pi.) X, 110; mod. sa.
*pactica — pasche 1,131, 133; II, 178; mod. pats?, marché.
M. Gauchat donne à tort: pacta.
*rasica? — racket II, 153; radie III, 52; IV, 6g, 70, 71, croûte,
banc supérieur de la carrière.
Dans ces exemples, c n'a pas dégagé de yod agissant sur la
voyelle précédente.
a sous l'influence ( au XV e s. : e.
d'un yod suivant = j actuellement: ë (comme à Dompierre).
§ 21. a) maju — mqy IV, 46; mais VIII, 10 1.
/3) radios — raix II, gg; rais de roue.
*crassia — gressil IX, g5; gresse II, 1 14, 164; VIII, 74a; X, g2 a ;
mod. gre§P.
? 4 — iesche II, 144; mod. tels?, tas de bois.
1 Cf. Zimmerli, Laidtabelle I.
2 Cf. Romania XXI, 506 ss. et Z. f. r. Ph. XVII p. 319.
3 II y a encore grasse IV, 60; grasse IV, 97, 99, qui est peut-être
d'un autre patois.
4 Le français tas dérive de l'ancien franc tas (cf. Korting 8063).
2*
14
§ 22. Le suffixe -ariu — -aria,
a) en développement normal,
-ariu est représenté par les graphies -<?, -ey, -eir.
-aria, par les graphies -ère, -erit, -tyre, -eire.
Quelle était la prononciation cachée sous ces orthographes
divergentes? De nos jours -ariu, -aria sont devenus ë, ëra.
Quelquefois cependant, surtout au féminin, on perçoit après ë un
yod à peine sensible. Il en allait sans doute à peu près de même
au XV e siècle; de là les différentes graphies.
macellariu — masalley VII, 1 5 ; massalle IX, 9 5 ; masalleir IV, 99 ;
massalley VII, 20, boucher,
carbonariu — charbime IX, 116.
*cappellarios — chappalleys VII, 14, chapeliers.
*candelariu — chandelky VII, 81, 101.
?i-f ariu — estoffeir II, 32; estoffe VIII, 26.
mortariu — mortey IX, 31; X, 24, 25; morte VIII, 32, 33, 34.
co(n)s(u)ere-f-andu-|-ariu — Cosandeir 1,17; cosandeir I, 64 ;
cosandey X, 12; cosandeir s (pi.) X, 17; cossande (pi.) IX, 12;
marchand ou fabricant de vêtements sacerdotaux,
a. h. ail. scoph + ariu — eccoffe (pi.) IX, 13, cordonnier,
mol in ariu — mo u ne IX, 14 (sg.), ib. (pi.).
*pottariu — pottey X, 77.
*lectorariu — leilrey VII, 127, pupitre, lutrin.
*deaurariu — dore VIII, 21, 97, 103; doreir IV, 21; {dora
IX, 93, d'un autre patois?),
furnariu — forne VIII, 25, 35; IX, 24.
vitrariu — verre VIII, 77; IX, 90.
*bursariu — borse VIII, 82.
tabulariu — trahie VIII, 83.
*cordariu — corde IX, 78, 127; cordeir III, 32; I, 161; VII, 197;
X, 79; cordeir s (pi.) IV, 64.
*cordellarios — Cor date VIII, 51; mod. Kordalë, Cordeliers.
petrariu — perre (pi.) VIII, 137, 138; perreir X, 47; perreirs
(pl.) X, 59-
germ. tunna + ariu — tunel VII, 183; tonnelier.
*deretrariu — dere IX, 24 (= *der(e)reir) ; derrier IV, 1; frib.
mod. deri; dernier, derrier et le frib. mod. sont sans doute
refaits sur premie et pru?)ii (= primariu). V. § 26.
? + arias — proleires I, 31, espèces de claies pour les chariots.
*guttarias — gotteyres VII, 151.
vitraria — verreyre VII, 129.
petraria —perrerelV, 81; VIII, 76, 125, 137, 138; pererit VIII,
132; IX, 47, 80; perreyre VII, 98, 154; perreire X, 57- 2
l'étymologie du fr. étoffe est incertaine.
perrey VII, 172 doit provenir d'une distraction du scribe.
15
b) en développement après yod.
-ariu est représenté par -ie, -ye.
-aria „ „ „ -ire, -iere.
En fribourgeois moderne, on a la prononciation -ï, -ïr?. Je crois
que la prononciation du XV e siècle était ï e et peut-être quelque-
fois déjà ï.
*aciariu — acie IX, 114.
*vervecariu — Bergie VIII, 22, 108, 120; X, 71, 72, 74, 100.
*merciariu — mercye VII, 12, 132 (sg.), 11,13 (pl-)> VIII, 34 (sg.).
*plancariu — planchie I, 118; II, 155.
*cloccariu — clochie III, 18; VIII, 100b, ni, 120; IX, 82;
X, 48, 67, 81, 9Q ; clochief, pass.; clochieff VII, 146, 148;
VIII, 110, 112, 117; clochiest IX, 101.
a. franc bokk-j-ariu — bochie VII, 73; boucher.
*acquaria — aigire VIII, 93; aiguière VIII, 88.
cochleare — cullies (f. pi.) I, 149, espèces de fiches.
Anomalies:
priraariu — premie I, 69; mod. prumi. M. Marchot explique
cet étrange prumi, général dans toute la Suisse franco-
provençale, en supposant un primitif prim qui, à cause
de sa forme monosyllabique, aurait été supplanté par son
dérivé prim-ier, formé d'après les noms en -ariu à pal.
Ce n'est pas une influence de IV protonique, car fil aria
est traité normalement.
arcuballistarias? — arbelesires I, 154; arbalétriers, poutres. Ce
mot serait le seul exemple où si donnerait s) ce doit être
une faute (pour arbelestres ou arbeletiresT).
a. h. ail. zubar-faria — siviere I, 117; civières (pi.) VII, 138;
mod. swird.
a combiné avec 1 finale j au XV e s.: au.
ou 1 compliquée = \ actuellement: ç (comme à Dompierre).
$2$. a) avec 1 finale,
caballu — chevaulW, 25, 107; VII, 193; chevauîx (pi.) VII, 123;
mod. tsevç.
ad valle — avaul I, 144, 129.
palu — pau VIII, 125, dans l'expression pau fert, mod. pu J'r,
levier en fer.
porta-f-ale — porta u x IX, 98; portaullV, 19; pourleaul VU, 181.
Cf. le français portail, en ancien fr. portai jusqu'au XVI e s.
Voy. le Dict. de Hatzfeld et Darmesteter.
hospitale — ospitaul I, 65; III, 27; VII, 187; IV, 82; X, 75;
ospilaulx X, 22; espita u lx IX, 131; mot savant,
missale — rnessau VII, 116, 117.
grad(u)ale — greauld IV, 109; greaux (pi.) VII, 128,
i6
*quintale — quintaul X, 107, 108, 1 1 1 (2 fois); qucnlaul VIII,
130 (pi.).
*amirale — amirau VII, 48.
valent — vaillent X, 81, 96.
Comme on le voit par quelques-uns de ces exemples, même
les mots savants, empruntés directement au français, suivent le
traitement phonétique régulier.
(9) avec 1 compliquée,
calidu — chau, dans chautemps II, 104; mod. tsçlè.
germ. marahskalk — mareschau VII, 156, 194.
altros — a u tre IX, 45, 55, 87.
alta ripa — A w tariva IX, pass.; Aultariva, pass.; Aitltarivaz VIII,
137; Aultarive X, 57, 75.
cal ce — cha u x IX, 48; chau VII, 23, 152; VIII, 36; chauz VIII,
100; chaux I, 23, 110; II, 159; chaulz V, 32; chaulx I, 26,
27, 44, 153; II, 143; IV, 89.
cal(i)ce? — chaux II, 37; espèce de vase,
al bas — aube VIII, 81; aubes VII, 115.
alta — haulta I, 122, 150, 161; II, 97, 133; III, 32.
Rami palmae — Rampaul II, 139; IV, 8; Rampau VIII, 96a;
Rampa u x IX, 61; dimanche des Rameaux.
7) a devant 1 ( au XV e s.: a.
simple médiale = j actuell.: a (comme à Dompierre).
pal as — pallez I, 132; pales IV, 101; pale VIII, 82.
alas — alez V, 33.
ô) a devant ( au XV e s.: a.
1 mouillée = j actuell.: a (c. à D.).
*scalias — challies I, 76; fragments de pierres,
battalia — battalie X, 65, 69.
e) suffixe ( au XV e s.: -au, -ah.
-aculu, -acula = j actuell.: ?, -ay>3.
*battaculu — bataul VII, 195 (sg.), 205 (pi.); baleaul VII, 198;
battant d'une cloche. Le mod. manque,
serracula — saraille VII, 115; sarallic VII, 102; sarralie VIII,
73, 96; pluriel: saralie IX, 89; sarrallies II, 122. Mod.
sarajyp.
a combiné \ au XV e s.: an,
avec une nasale = | actuellement: 3 (comme à Dompierre).
§ 24. a) la nasale est absorbée.
*antianu — ancian IX, 75.
Sebastianu — Sébastian IX, 130.
*cappellanos — chappalan IX, 86; chapellans VIII, 83b; cha-
pelains.
17
*vineolanu — wignyolan X, n; vinolan VIII, 19 bis.
castellanu — chataUan IX, 25.
pane — pan III, 12, 25; VII, 188; VIII, 95.
manu — man VIII, 30.
alamannu — a/aman IX, 77.
sanctu — sant VIII, 73.
plane a — Planchy VII, 163; Planche III, 27.
*manicos — manges I, 132.
eampu — ofow VIII, 51.
m. h. ail. laden — /an, pass.; /ans, pass.; planehe.
quadragesima intrante — Carmentrand I, 140; Caresmcnlrant
II, 131; Karesmentran X, 63; Carême 1 ,
grande (f.) — grania III, 41; V, 33 (3 fois); granle I, 139; g r an tes
(pi.) VIII, 125; forme analogique,
caméra — chambra II, 112.
jam — ja I, 47; III, 46; VII, 139.
b) la nasale persiste.
cannabu — chenevo ^/,2>yi chenevez III, 1 1; mod. tsznevu. Cf. § 94.
grana — grantie VII, 33.
a. h. ail. rama — rama VII, 83; ranima VII, 84; rame VII, 80;
métier à fabriquer le drap. Cf. ramo, dans le Trésor de
Mistral,
lana — Zanne II, 37; /annes (pi.) II, 14.
planu ad silva? — P/annasewa III, 13.
planu ad fêtas — P/annafayc VIII, 49, 50; Planafaye IX, 41;
X, 35.
duodecim-J-ana — dozane I, 6; II, 93, 98, 100, 147; II, 18;
dozanne (pi.) VIII, ni, 119; dozanes (pi.) I, 88.
septimana — sepmanne VIII, pass.; simane IX, 142; simena
IX, 49; simene IX, passim. Ces deux dernières formes sont
des adaptations du français.
Prononçait-on grana ou grâna} On disait probablement gràna,
comme aujourd'hui.
Anomalies,
scalprum a donné, par changement de 1 en », m: eschanpro VIII,
124; eschampro IV, 84; eschanppres X, 113 (pi.); échampre.
Il n'est pas certain que ces formes soient patoises car on
dit aujourd'hui en fribourgeois etsopru.
anima — arma VIII, 27; arme VII, 19; VIII, 25, 26; armes (pi.)
IV, 5; mod. arma. 2
1 Je trouve Cannentratida II, 7, 34 comme nom de personne ou sobriquet.
2 Voir Haelelin, p. 51.
i8
2. ç.
s , __ i au XV e s.: ?
** 5- Ç <- | actuellement: F ou ë.
Je n'indique pas le traitement général au XV e siècle, les
exemples étant trop peu nombreux et trop peu concluants.
a) ç final et ç devant une voyelle,
judaeu — juef II, 41, 42; mod. dzë*, fém. dzçir?, d'après les
noms en -ariu.
deu — Diux IX, 44; mod. dyù.
§ 26. /3) devant une dentale,
de + rétro — derrier VIII, 51; patois? mod. derf, derrière =
*deretrariu, dernier?, cf. § 22.
*sedicu — sieche IV, 93 n'est probablement qu'une orthographe
barbare de „siège"; mod. manque.
Petru — Pierro VII, 173; VIII, pass. ; Pierut IX, pass.; Piarut
IX, 147; Peirro X, 58, 59, 105.
petra — pierra, pass.; piera IX, 30, 34, 83, 133; VIII, 127; pera
IX, 144a; perre VIII, 102; piere (pi.) IX, 50. Les graphies
pera, perre sont curieuses, en ce qu'elles semblent indiquer
une prononciation ë. Le frib. mod. dit P/ëru, pyj^ra; dans
la Gruyère on a Pcro et pera K Pierro, pierra ne se sont
pas réduits à Pîro, p'ira, comme pie à pi. Us ne sont pas
traités non plus comme féru et similaires, diphtongues
partout, même en Gruyère. Cf. Haefelin p. 30 et voir § 31.
pede — pie (sg. et pi.) passim; piez (pi.) IV, 43, 45, 57; pies (pi.)
Il, 88; IV, 42, 44; mod. pi. Ces formes confirment l'hypo-
thèse de M. Gauchat qui suppose une ancienne diphtongue
ie, laquelle aurait été réduite à ï dans une syllabe ouverte.
§ 28. 7) devant r.
A cette position ç suit le même développement à Fribourg
qu'à Dompierre. Dans les comptes je trouve:
quaerit — quiert III, 20; quert X, 90. Ce mot a disparu du
frib. mod. qui dit: ts frise. A Cheyres et dans les environs,
on trouve encore l'infinitif fort. La graphie que ri repré-
sente probablement une forme refaite sur quérir, etc.
Cf. quérir X, 75-
_ ( au XV e s.: e.
b 2 9- Ç .> - | actuellement: §.
|3) devant r.
fer ru — fer pass.; ferl II, 138; VIII, 82, 126 et dans pan fert
(= levier en fer) VIII, 125; mod./?.
1 Voir l'introduction p. 3.
19
terra — terra III, 2i; VII, 109, 131; VIII, 7; tera IX, 57; mod.
t§ra.
versus — ver VII, 38; X, 8; mod. #/^.
de versus — devirs pass., en proclise? 1 ; mod. manque.
die mercuri — dimecre VII, 45; mecre X, 29; mecredy IX, 110;
mod. demikru.
co(o)perculu — coverclo VIII, 83, 93; mod. koviyu.
Comme on voit, dans ces deux derniers mots ç >• n'a pas
persisté jusqu'à nos jours, mais est devenu z. Ce n'est nullement
par le fait d'une diphtongaison ie comme voudrait le faire croire
M. Gauchat. Dimecre avait perdu son r au XV e siècle et n'aurait
plus eu de raison de se diphtonguer comme les autres mots en
er. Je ne crois pas d'ailleurs que, pour aucun de ces mots en er,
il y ait jamais eu de diphtongaison. Dimecre et coverclo qui perdit
aussi son r et devint *coveclo, changèrent leur e en i comme les
mots nombreux dont il est parlé au § 30. Cet e devait être long
et très fermé par le fait de la chute de r dans ces deux mots,
de la chute de s aux mots du § 30, de la chute de / aux mots
du § ^^, de la chute de i dans *lye (§ 31).
. (au XV e s.: e.
§ 30. 7) ç > devant s = } actue ll.: j (comme à Dompierre).
fenestra — feneslra I, 148; V, pass.; fenestre VII, 129; VIII, 77.
fenestras — fenestre Vil, 114, 129; fenestry X, 80; fines tre IX,
89, 90; fenestres X, 103; III, 42; IV, 88, 91, 95; V, 7;
vin, 125.
vesperu — vespre (masc.) I, 44; soir.
festa — /este pass.
testa — testa VII, 24.
ad p cssu — appres VIII, 3; aprest IX, 58, 59, 128, 131, 133;
mod. apri.
Silvestre — Sarvetrut IX, 85; mod. savfsu.
verbal de restare — resta II, 36; IV, 108; VIII, 133; IX, 29;
X, 36; reste pass.; m/ VII, 57, 59 (2 fois); VIII, 76; IX, 110.
( au XV e s.: ie, i.
b 3 1 - Ç + c > g j actuell.: z (comme à Dompierre).
a) en syllabe ouverte.
*vecla — vieîie VIII, 29; villit IX, 88.
La graphie villit donne à croire que déjà au XV e siècle la
prononciation était i ou à tout le moins ï e . J'explique ainsi la
forme actuelle: vecla — *vieïe — vite — viys.
integru donne en frib. mod. èlje.
légère — mod. yen.
Dans integru, il faut admettre la chute de g: *interu sera
devenu ^entier, it'/i, comme caru est devenu *lsier, tsê, et féru fye,
' Voir le traitement de f initial § 85.
20
à cause de la persistance de r pendant assez longtemps à la fin
du mot 1 ; *lieire n'est pas devenu */yîre mais */yëre, yers, pro-
bablement sous l'influence de fyers = ferere, comme le dit
M. Gauchat.
/3) en syllabe fermée.
*catalectu — challie I, 46 2 ; bois de lit.
lectu — yl frib. mod., aura aussi passé par la triphtongue ieï.
*lyei — */ye — *lyï — y t. On était à l'étape */j^ 3 .
décimas — dicsmes VIII, 49; IX, 41; X, 35; diesme VIII, 50, 51,
55, 100a. Si ce mot avait survécu il serait probablement
dyims, comme dyï (de *dieis — *dies — dyï).
§ 32. ç sous l'influence ( au XV e s.: ie (dipht, décroissante).
de yod suivant = j actuell.: z ou z (comme à Dompierre).
*dimediu, *dimedia — dimie pass.; diemie 111,47; demie VIII,
135 4 ; mod. ddmt.
média — mye VIII, 74a.
permedia — perittye VIII, 39.
Le patois moderne ne fait aucune différence entre mediu et
média; les graphies de nos textes prouvent qu'il en était de
même au XV e siècle.
*cimeteriu — cy méfie ro VIII, 71; simitierut IX, 92; mod. simd-
tiru\ est un mot demi-savant.
mi(ni)steriu — mistir IX, 12, 13, 14, 15; mistiers (pi.) VII, 10;
mistier VII, 14; mod. mi/i».
*mo(ni)steriu 6 — motie IX, 102; mostier VII, 62, 113, 134, 147;
mod. tnoii*.
Comme on le voit, mistir est la seule graphie avec i; partout
ailleurs les graphies portent ie ou ye. Je crois donc que l'on pro-
nonçait ie" diphtongue décroissante qui vient d'un plus ancien iei.
Cf. les mots en -iacu § 15.
(au XV e s.: e.
§33- Ç > devant 1 j actue ll. : j ( com me à Dompierre).
capitellu — chevetel III, 28; V, 24, 27, 31; VI, 7, 10; chevetcz
IX, 92; cheveiels (pi.) V, 2y, chevetes (pi.) V, 25; avant-toit.
1 Voir Gauchat §§ 15, 31. La 2^ forme de Dompierre êtyi représenle
un entieir, où la palatale a exercé son influence; cf. le traitement de de ce m.
2 sur cette graphie, voir l'introd. p. 2.
3 Cf. §§ 20, 29.
* On trouve encore diemi pass. qui est français.
5 J'ai entendu motî, mitî de la bouche de Robert (cf. l'introd.) et de
plusieurs personnes âgées. Il est vrai que l'on prononce souvent aussi mosî,
misi; c'est ainsi que disent Aeby, Stempfel, etc. Peut-être Fribourg est-il
sur la limite qui sépare les deux prononciations.
6 Le représentant de ecclesia est français; il est fréquent dans le
comptes: egiesse IX, 100; egliesse IX, 74, 99; esgliese VII, 32, 49, 60, 115,
122, 128; esglise IV, 4, 19, 100; esglises II, 163. Ces deux dernières graphies,
comparées aux autres, prouvent que dans les comptes ie peut représenter la
prononciation i, voy. § 36.
7 mistir, à la rigueur, peut représenter la prononciation ï».
21
*fagustellos x — foteh I, 160.
*rotundellos — riondels I, 3; riondeh III, 14.
*furnellu — fornel IX, 82.
*cordellos — cordelz I, 92.
novellos — novels IV, 86.
*manabellos 2 — manevels I, 150.
a. h. ail. brunno + ellu — borne IX, 47, 131; cf. l'a. fr. bournel.
*dominicellos — donzeïs IV, 17.
martel lu — martel I, 115; IV (pi.), 80; X (pi.), 112; ;«ar/Wj (pi.)
X, 113; martelz (pi.) I, 115; war/y VII, 192; VIII, 124;
martye VIII, 123.
Ces deux dernières graphies sont remarquables. Sans doute,
la prononciation actuelle commençait à s'introduire; tunel VII, 183
= *tunnariu prouve aussi que / était déjà amuïe.
pelles — pels II, 33 bis.
spelta — espeta VIII, 54; X, 38, 40; épeautre 3 .
navicellas — nansalles I, 149.
*particellas (pour particulas) — persalles X, 34.
bella ripa — Baîariva IX, 118, 119 4 .
En frib. mod. -çlla est encore représenté par -alla.
j au XV e s.: ë\
§ 34- ç < devant nasale = j actudl . g (œmme , Dorapierre) .
^ , , (au XV e s.: â, souvent è^.
e > devant nasale = { „. ,, . _ ~, , ^ x
Y ^ ( actuell.: â, souv. e (comme a Domp.).
or) syllabe ouverte.
tenet — lin IX, 113, 123; mod. te.
tenuos — tenevo I, 47 est une forme où l'accent paraît être
sur l'antépénultième, ce qui est rare en patois fribourgeois.
Quoi qu'il en soit, le mot s'est perdu.
/3) syllabe fermée.
A. calendas — challandes pass.; challandez X, 89; chalande
VIII, 85; IX, 53; mod. tsaldde.
ferramenta — ferrementa 1,152; 11,87; VII, 175; fer remente
11,138; ferrementes (pi.) I, 116; mod. fertmala, ensemble
des ferrures dans un engin quelconque,
paca + mentu — paè'men IX, 24; mod. payema.
1 cf. Odin, page 39.
2 cf. Remania XXVI, 435. En frib. mod. tnanvî désigne une espèce
de treuil, employé à serrer le foin sur un chariot.
3 Je laisse de côté tremavlx IX, 94 (= *tremellos) qui est le français
«trumeaux».
4 tornellez X, 70 (= turre4- turnu + ellas) est «francisé». On trouve
encore actuellement le diminutif tornaleia.
5 Autant que possible, dans les cas douteux, j'établis la prononciation
du XVe s. d'après la prononciation actuelle,
22
revesti + mentu — pluriels: revitemen IX, 8 7 ; rêves temans X , 7 3 ;
mod. manque,
meliora + mentu — melliorement VII, 137; meUioremantVÏÏ, 140.
argentu — ar^w IX pass.; argent pass. ; mod. çrdzâ.
serv(i)ente — serventa VIII, 23; servanta VIII, 24; mod. &?r-
B. calidu tempu — chaulemps IV, 68; mod. tsotè 1 .
merenda — marenda I, 36; marinda IX, 134; mod. morÉda.
veneris die — venredi III, 6; IV, 9; VII, 53; VIII, 7; X, 42,
est probablement du mauvais français. Le frib. mod. a
devedru.
3. e.
( au XV e s.: e ou ei.
b 35« Ç <^ | actuellement: ë ou ë*.
/3) devant une dentale.
*beffredu — beffrey II, pass.; VII, 166, 168; befrey VII, 158,
165; beffreir I, 18; <$d$V<? VIII, 20.
*cleta — <r/rya I, 138; je n'ai pas trouvé le correspondant
moderne,
creta — mod. krjya.
seta — mod. s?ya l .
Ces trois dernières formes, phonétiques à Fribourg, sont ano-
males à Dompierre. En revanche, je constate l'irrégularité:
planu ad fêtas — Planafaye IX, 41; X, 35; Plannafaye VIII,
49, 50. En frib. mod. «brebis» se dit encore faya. On
expliquerait peut-être cette irrégularité en disant que faya
a son point de départ dans un pluriel dissimilé faye (au
lieu de */eye), le mot étant surtout usité au pluriel.
§ 36. 7) devant une labiale,
sebu — schour I, 62, 72, 147; II, 114, 134; VIII, 74a; mod.
sç u , suif.
LV finale est purement graphique. J'expliquerais le mot en
partant d'un ablatif: sebo, *seo, *syo, *so, puis sç", d'après les
nombreux mots ayant o u (= ç et o latins, v. § 39).
libros — lièvre VIII, 91.
La graphie prouve une fois de plus que le scribe écrit parfois
te pour i. Du reste, nous avons ici une forme française. Le frib.
mod. dit IJivru.
§ 37. g) devant s.
très — très I, 48; mod. trï\
te(n)sa — teisa II, 47; teises (pi.) II, 47.
pe(n)su? — pex IX, 120; poids?
*france(n)se — frances II, 80; mod. fràsê.
1 sa*x IX, 117 = soie? est une graphie énigmatique.
23
*Burge(n)se — Borge IX, 12g; nom propre.
pe(n)sat — peise I, 61; III, 32; V, 33.
pe(n)sant — peisent I, 114c, 142, 161; II, 133; IV, 95; V, 33.
quadrages(i)ma — kareme IX, 59; caresme II, 172a; VIII, 74a,
81, 94a; mod» karwnaK
§ 39. Comme à Dompierre â e tend à se réduire à â, de même
à Fribourg ë' se rapproche beaucoup de g; cette transformation est
même si avancée que souvent le second élément de la diphtongue
disparaît complètement, cf. § 22. Les nombreuses graphies avec
ei, ey semblent témoigner qu'à l'époque des comptes les deux sons
e-i étaient souvent sensibles.
Il y a lieu de faire une remarque analogue au sujet de 0"
(== o et o libres) qui, en frib. mod., surtout à la fin des mots,
tend à devenir ç: nevô", nevo.
§ 40. e sous l'influence ( au XV e s.: i.
de yod précédent = j actuell.: i (comme à Dompierre).
cera — cire 1,56; II, 163; VII, 100, 120; çyreX,g^; mod. sirs.
*page(n)se — paist IX, 129; pay VIII, 58, 59; pays pass.; mod.
payï.
cereu — cirjo VII, 105 ; cierjo VII, 120; cierge 1,56; X, 86, 90;
cierges II, 163; sierges II, 117; chierche VIII, 121; mod.
syçrdzîi, qui est français, ainsi que les formes anciennes
avec ie.
_ | au XV e s. : e.
8 4 • Ç ^ - j actuellement: e (comme à Dompierre).
«) devant une dentale.
*galittas — jalete IX, 32; VIII, 33, 34; jaletes II, 102 ; IV, 87;
jaleites I, 159; jaleyles X, 25; seau en bois.
*cameritta — chambreta VIII, 77, 88, 93; chambrete VIII, 90;
sacristie.
*Nicolitta — Nicoleta X, 93.
Villa -f-itta — Villeta IX, 23; nom de lieu,
germ. lim-f-ittas — lemctes 11,99; limons d'un chariot.
— ?-+-itta — evete Vil, 174; sens?
— ?-(-ittas — bechettes II, 162; espèces de machines.
*caldaritta (de caldariu) — cho w dereie IX, 72; bénitier en métal.
a. h. ail. binda-j-ittas — bendetes I, 129; petites bandes,
littera — letra I, 131.
jocu + ale + ittu — joialet VIII, 21; petit joyau.
*crocca-f-ittu — korchet (pi.) IX, 72.
— ? + ittu — bosset IX, 113, 121, 123 (cf. §§ 65, 66).
1 Le suffixe français -ième pas plus que le patois -unu ne remontent à
-esimu. Voir l'article de M. Marchot dans la Zeitschrift f. r. Ph„ XXI
pp. 102 — m.
24
geriu. bank-f-ittu — banchet (pi.) II, 99.
celt. brocc + ittu — brochet II, 67; broc, vase de bois.
cuneu + ittu — cornet VIII, 125; coin en fer.
trans-|- gerra. buk-f-ittu — trabichel I, 149.
du kymr. gwas — vaulet pass.; vaules (pi.) I, 49, 106, 114e
III, 23: VI, 3; valet.
verbal de *virare-f- ittu — vt'ret II, 103; III, 43; V, 12;
VII, 102; X, 51; vyret X, 75 (sens obscur; voir le texte).
*carrittu — charret II, 146; charreïs (pi.) VII, 90.
a. franc bukk-f-ittu — Bochet I, 43, 79, 141; nom de lieu.
/9) devant une labiale,
débita — deda VIII, 89,
rnetipsimu — mestne VIII, 134; mod. mimu. Ce mot est traité
comme /esta, etc. (cf. § 30).
7) devant s.
spissu — espe (pi.) VIII, 72c.
Franciscu — France pass.; Franse VIII, 27; Franscty VII, 153;
X, 23; Francey VII, 17, 43, 135, 192.
ô) devant r.
circulu — cercloz VIII, 129, 130, 131; mod. seyu.
virgas — verges I, 31; mod. vç'rdzs.
viride — vert I, 134; verd II, 105; mod. ver.
*virida — verda I, 42; II, 48, 71, 104, 121; IV, 68; mod. v~çrta.
au XV e s. : et, (e).
_ ( au XV e s.: et,
à 42. e + c, g = j actuell> . ^ (f)
Le frib. mod. a presque partout ë. La réduction de la diph-
tongue semble exister aussi à l'époque des textes, à en juger par
quelques graphies: benetit, charre, etc.
Benedictu — Beney II, 75; III, 9, 50; IV, 61; V, 10; VI, 8.
tectu -- tey I, loi; III, 34; IV, 57, 90; V, 19; X, (pi.) 15; teif
I, 104; II, 99, 158; têts (pi.) V, 24.
directos — dreït IV, 57.
secale — seila X, 3~j.
pi ce — pex VIII, 94.
benedicta — benetit IX, 72.
applicitos — appîes I, 84; outils, engins,
(fr. charroi) — charreiz X, 97; charrey X, 114; charreir V, 32;
VII, 107; charreirs I, 35, 41, 50; II, 129; chare IX, 22\
charre VIII, 128.
s. verbal de vigilare — vellie I, 93; VIII, 74, 80; vellit IX, 69,
116, 121, 132, 141; veillie I, 1; II, 71; VII, 126.
sïtulas — sillies I, 102, seilles, est traité comme s'il venait de
sïtulas. Il est possible qu'il y ait eu action du suffixe
-ïcla; voir Gauchat § 42. Je ne trouve pas ce mot en
frib. mod.
25
e l au XV e s.: «; (*).
§ 44. e devant 1 = { tu.-.- -
« ^ • ( actuell.: e 1 ou ç.
tel as — teillez X, 8; mod. /£/Z?.
candela — chandeh VIII, 84, 102a; chandelles (pi.) VII, 100;
mod. isàdfila ou tsâdçla l .
{ au XV e s.: <T 2 .
§ 45. e <T devant nasale = „„. ,, ."-"/•* > t-n . ..
^ • ^ ( actuell.: e (comme a Dompierre).
\ au XV e s. : ?
e > devant nasale = j 9CtadL . e ~
a) en syllabe ouverte.
Je commence par poser une restriction importante à la règle
ci-dessus. En frib. mod. et probablement en frib. du XV e siècle,
la nasale n'agit pas si elle est appuyée par une voyelle. A Dom-
pierre (cf. Gauchat § 45) la nasale agit môme dans ce dernier cas.
*minat — meyne IV, 106; mod. 7nç~ine.
avena — avena VIII, 53; avene IV, 107; X, 36; mod. avjina.
arena — arena I, pass.; 11,142, 165; IV, 102; VIII, 128; IX, 77;
aresne VII, 157.
pena — peina III, 11; pena VIII, 100 a; painne VIII, 104.
catena — chetie VIII, 73.
catenas — cheynes VII, 128; mod. ts fine.
Mais si e < se trouve dans la dernière syllabe du mot, la
nasalisation a lieu.
minus — min IX, 115 — myn X, 83.
in — in IX pass.; VIII, 132; mod. e.
/9) en syllabe fermée.
Je n'ai que peu d'exemples pour le XV e siècle. En fribour-
geois moderne les exceptions à la règle sont assez nombreuses.
A. die dominica — dismenchi VII, 3; dimenchi VII, 3; dimenge
VIII, 3, 5; dimench VII, 178; dimenche X, 42; IV, 3, 5, 6,
7, etc.; mod. demè s dz3.
*cincturu — sendres 1,144; sindres pass.; sindrez V, 9; sindes
IV, 91; cintre; mod. sétru.
*pinctor — penire X, 82; mod. pitre.
B. despensa — despinsa IX, 128; daspinsa IX, 60; despensa
IX, 141; X, 76; VIII. 85, 100a; mod. depasa; mot savant,
cens a — censa II, 169, revenu, bénéfice? mod. manque. C'est
un mot savant. On trouve aussi censé (sg.) VIII, 39; censé
(pi.) VII, 201; IX, 35, 37; censés (pi.) VIII, 40, 58; X, 27.
a. h. ail. binda — bendes (pi.) III, 30; IV, 57; mod. bade.
vendere — vendre III, 36; mod. vadn.
1 cf. l'introduction, page 2.
2 Ici encore, dans les cas douteux, je restitue la prononciation ancienne
d'après la moderne.
2b
femina — fena IX, 124; fema IX, 122; feme IX, 87; mod. ferla ;
feme et fema sont des adaptations du français.
4. i.
6 . _ j au XV e s.: i.
8 4- . <- | actuellement: 1 («).
/3) devant une labiale et v.
a. h. ail. scîba 1 — schiba II, 96; schibes I, 73, 114c; II, 162;
VII, 81; si'bes I, 87, 143; mod. sfba.
libra — livra I, 147; IX, 88; livre (pi.) VIII, 94; mod. /«zra.
al ta ripa — Aultariva I, 26 etc. (voy. § 23); mod. çtaruva.
bella ripa — Balariva IX, 118, 119.
claru rivu — Clar Ruz VIII, 49, 55; Clar Ru IX, 41; X, 35.
ri vu a donné d'abord *riu devenu déjà au XV e siècle rû.
En général, devant un v roman, i est devenu depuis le
XV e siècle û: lûvra et rùva.
y) devant r.
cooperire — cruvir pass.; cuvrir VIII, 1 10, ni; cuvry IX, 73,
98, 100; cruvry IX, 102; couvri VII, 106, 110; couvry VII,
145, 146, 147, 148, 151.
*re -f- cooperire — recruvir II, 158.
discooperire — descruvir I, 124; III, 19, 28; decravi VIII, 120.
in-j-cooperire — encruvir II pass.
partire — party II, 42.
verbal de *virare — vire (f.) I, 139; sens?
verbal de girare — gire (m.) VIII, 90; tourniquet,
de-f-grossu -f- ire — dégrossie X, 55.
§ 47. i > =
au XV e s.: ;'.
actuellement: qs.
villa — ville 1,65; II, 45, 54; IV, 32; etc.; mille VIII, 39; Nouvà-
villa II, 45, 57; Moniagnie la Villa IX, 30; mod. vœlla.
* pi ce as — piches I, 124, 132; pioches; mod. p$tse.
i est en outre devenu entravé et a pris le son œ dans les
mots en -in a qui ont redoublé n. Il semble qu'ici la transfor-
mation ait commencé à l'époque des comptes, si l'on en juge par
la graphie Sarena du mot suivant :
Sarina — Sarena VII, 38; Satina I, 82, 84, 86 -; rivière qui
passe par Fribourg.
germ. titta-l-ma — tetina IV, 24; redevance due par les
bouchers 3 .
1 ail. suisse actuel: sîbz.
2 En frib. mod. on dit sdrna, sans doute abrégé de sârana; farina
donne également fdrna.
3 ne se dit plus.
2 7
tin a — tina I, 102; II, 89; IV, 87; tine, cuve; mod. t$na.
cor tin as — curiine VIII, 81; rideaux. 1
Actuellement, dans les mots de cette espèce trisyllabes, l'accent
se trouve rejeté sur l'antépénultième (comme à Dompierre). D'après
M. Gauchat, ce changement d'accent fut postérieur à l'altération de
la voyelle ?', qui d'ailleurs n'aurait jamais été nasalisée.
§48. i + c, g =
au XV e s. : i.
actuell.: i (comme à Dompierre).
illic - ly III, 22; IV, 40, 105, 108; VII, 93; IX, 71, 80, 83;
X, 29, 31.
per aeque sic — parensi X, H4d; par ansi X, 114b; par ainsi
VIII, 139 c.
aeque sic — ensi I, 43, 45; IV, 49, 107; mod. dfs avec dépla-
cement d'accent et apocope.
„ _ . , t . (au XV e s.: /.
§ 49. 1 devant 1 = <.,,. , , _ . .
• ( actuell.: 1 (comme a Dompierre).
*axile — assis II, 99; VII, 156, 174; mod. est, essieu.
filia — fillit IX, 90; fille X, 10; mod. ftys.
*buscu-j-ilias — buchielies VIII, 20; buchilies VIII, 22; mod.
bùtsiyeï
a ,^ ' ^ 1 . 1 ( au XV e s.: in.
S 5°- 1 < devant nasale = <.„„, , ~ . .
• ( actuell.: e (comme a Dompierre).
• ^ , , ( au XV e s.: ?
1 > devant nasale = \ . n „-w , ^ . x
( actuell.: ai (comme a Dompierre).
a) syllabe ouverte.
vinu — vin pass. ; mod. vè.
vicinos — vissin IX, 22; mod. v»ëi.
*clavinos — clavin VII, 149, 151, 165; VIII, 82, 114; IX, 76;
X, 90, 110; clavins I, 1 1 ; II, 154, 161; III, 44; IV, 101;
clous pour fixer les bardeaux,
sappinu — sapin VIII, 117; sappin X, 74.
*baccinu — benczin I, 51, 56; X, 90; benzin X, 2, 3, 4a; bencin
II, 163; IX, 2, 3, 5, 6, 7; bensin III, 20; VIII, 3, 6, 7; bansin
VIII, 5.
*caminu — chimin IX, 83; chemyns (pi.) X, 53; mod. tamt
primu — prin I, 110; II, 108; III, 48; V, 8; pHns (pi.) IV, 109;
menu, mince; mod. prê\ au féminin:
primas — primes I, 92; preymes II, 146; mod. priime.
Pour la finale -in a, voy. § 47.
/?) syllabe fermée,
hinc-f que — en que I, 81; mod. ik = ici.
1 Le frib. mod. a kûrtana, mais seulement au sens de «tas de fumier»;
il vient alors de cohorte + ina.
2 sur -icula ou -ilia, cf. Aleyer - Liibke, Gram. romane II, §422.
28
5. o.
j au XV e s.: ou.
% 5 1 - 9 < = ( actuellement: ç>", ç (cf. § 39).
a) devant une dentale,
rota — rua II, 69; raod. riiva.
rotas — ruez IX, 51; rue VII, 156; rues pass.
Cette forme confirme l'hypothèse de M. Gauchat, qui admet
le développement roâ — ruâ — rua — rua. On en était pro-
bablement à cette dernière étape au XV e siècle. Plus tard le v
fut introduit pour empêcher l'hiatus.
/9) devant une labiale,
opéra — ouvra 1,44, 141; II, 63; III, 2; IV, 51; V, 2; VII, 122,
134; mod. ouvra.
y) devant v.
no vu — no u st IX, 10 1; nouff X, 81; nou VIII, 100 b.
nova — nouve I, 143; nouva II, 69, 96, 146; IV, 87; V, ^y, nova
novas — nouves I, 145; II pass.; IV, 95; V, 29, ^^.
annu novu — annou IV, 7; a v no u x IX, 54.
nova villa — Nouvavilla II, 45, 57.
§ 52. ô) devant r.
choru — cour VII, 81, 101, 114; chour 11,175; co u r IX, 89;
mod. kç u .
foris — furs I, 84; furt IX, 139; fur VIII, 79; mod./?zZ; û au
lieu de p° à cause de la proclise.
( au XV e s.: 0.
§ 53. > devant r = j actuell>: wSm
mortuos — mor IX, 92; mod. mwa.
porta — porta I, 15, 129; VII, 102; pourie VII, 102; mod. pwartà.
chorda — corda pass.; mod. kwarda.
• *tortica — torche VII, 99; torches (pi.) III, 20; VII, 120; X, 86;
mod. torts? (français).
*gurgu* de *tortica — Gor de la Torche I, 136; VIII, 76, 78,
138; mod. gwâ de la twarts?. 2
? — Orba VIII, 28, 31; VII, 31; la ville d'Orbe,
forfices — forces VIII, 125; tenailles; mod. efivase, ciseaux,
forte — forta III, 41; féminin analogique; mod. manque.
ad+ verbal de portare — apor IX, 50; à portée.
Comment s'est opéré, depuis le XV e siècle, la transformation
de en wâ devant r? Probablement par o°, o e , o a , oâ, uâ. Pourie
1 cf. Meyer-Liibke, Grain. ro?n. II, § 35.
2 la forme ancienne twartsa ne s'est conservée que dans cette expression
qui désigne un endroit voisin de Fribourg.
29
doit être attribué à une fausse «francisation» sur le modèle de
toi-, français tour; tôt, français tout (§§ 61 et 62).
§ 54. > devant s
au XV e s.: 0.
actuell.: U (comme à Dompierre).
fossa -- fossa^ IX, 34; X, 33; /osa VIII, 46; /oses (pi.) VIII, 35;
mod. /usa.
ossu — os t IX, g 2 (pi.); mod. û.
Les mots suivants sont restés tels quels jusqu'à nos jours,
gros su — groz III, 42; mod. grd.
grossa — grossa 1,90, 142; 11,8g; III, 32; IV, 11; V, 33;
VII, 139; mod. grosa.
Pentecosta — Penstecotta IX, 70; Penstecolta IX, 3; Pensiecotte
IX, 131; Penthecoste I, 33; IV, 10; VII, 45, 199; X, 3, 29;
Penthecostes VII, 72; mod. Pàtekota.
8 kk ft . r ff _)auXV e s.: «' (prononcé w?).
h 5> o+c, g — | actueIL . W £
a) coquere — kwërd en frib. mod.
apud hoc — avoit IX, 22, 90 prononcé ffzwj, comme en frib.
mod. Le frib. mod. dit aussi avç.
7) locu — lu IX, 83; mod. yû.
§ 56. sous l'influence de j au XV e s.: wë (wë 4 ).
yod suivant = j actuellement: wë.
a) coriu — queir II, 176, 177; queirs II, 175, 177; quer VII, 116;
mod. favë. 1 Je crois qu'au XV e s. la prononciation hési-
tait entre kwë* et kwë.
oleu — oyh VII, 115; ailud IX, 125; aille IX, 93; <?/^X, 82;
mod. ëlu. La graphie oyh répond à peu près à w§lu; les
graphies ailud et aille à éf/a. Vivélu a été perçu comme
étant lu élu d'où la forme Velu; je n'admets donc pas
tout à fait la série de M. Gauchat.' 2
modiu — mey II, 159; IV, 89; VII, 2 y, meix I, 26, 110; me
VII, 152. must IX, 138 représente le fr. «muid».
modios — mey V, 32; mets IV, 89; me VII, 152; VIII, 100;
meix I, 26; II, 142, 159; mod. manque. On prononçait
me ou mê l ; la forme antérieure fut *mivê (*?muë'); de même
que *nivë fut antérieur à ne (= nocte).
p) " : inodiat — ènûye, etc. et autres formes modernes comme à
Dompierre.
7) horologiu — reloges (pi.) VII, 204; mod. orluizu. Mot sa-
vant. 11 est possible que la forme de nos textes soit d'un
autre patois, à moins que le mot actuel ne soit une adap-
tation du français.
1 queir, etc. == feuille ou cahier de parchemin; mod. kwç =: cuir.
2 ôlye n'est pas du patois; ce doit être l'ancien français oit.
3*
3o
f au XV e s.: ou.
§ 57 . o < devant 1 = J actuell . ^
| au XV e s. : o.
o > devant 1 = J actuell.: ?7 (comme à Dompierre).
a) syllabe ouverte.
? — brissoules II, 99; partie d'un char.
*Petreolas? — Piro u lle IX, 77; mod. Peroule; lieu voisin de
Fribourg.
*ola (pour olla) — o u lla IX, 88; mod. du/a; marmite,
sola — sou/a 1,135, 155; saules (pi.) I,6o; 1 sole, pièce qui
forme la base d'un engin.
Anomalies :
vir(i)olas — verroles Y, 2g, viroles,
schola — escola III, 51; IV, 70.
Je crois que verroles ne paraît irrégulier que par sa graphie
défectueuse; il devait être prononcé virgule comme aujourd'hui.
Quand à escola, mod. ekûla, il est encore actuellement irrégulier.
C'est un mot savant.
/3) syllabe fermée,
colla — cola X, 102; colla IX, 79; mod. kïïla.
*volta — voila V, 11; voiles (pi.) VII, 178; on le trouve aujour-
d'hui dans l'expression su le Ville = sur les Voûtes.
1 au XV e s.: on.
§ 58. devant nasale = j actue ll.: ô (comme à Dompierre).
a) syllabe ouverte,
bonu — bon VIII, 136, 137, 139; IX, 141.
bona — bona IX, 133; bonna VIII, 134.
Pronon^ait-on bona? C'est très vraisemblable, comme le pense
M. Gaucbat; aujourd'hui la nasalisation a disparu et l'on dit bûna.
(9) syllabe fermée,
ad monte — ainon VII, 163.
domina — donna II, 36; IV, 17; mod. dotla. 2
modulos — monnoz I, 73; VII, 89; monne X, 80. On aura eu
*modnu, *monnu, etc. Le mod. manque.
6. 0.
( au XV e s.: ou.
§ 59- 9 < = j actuell.: ç u ou ç.
a) devant une voyelle.
duos — do IX pass.; mod. du.
' saules est une faute du scribe, pour soûles. Le mot manque en frib.
mod. Il y a bien soula, chaise, dont l'origine est sans doute différente:
* s e d (e) o 1 a ?
2 ne se dit plus qu'à la campagne.
3»
du as — dues pass.; duez I, 135 ; IX, 89; mod. dûve. Comme
pour rota (§ 51), les graphies confirment l'hypothèse de
M. Gauchat en justifiant le développement qu'il propose:
*due — dite — dùve.
suu — so X, 114c; mod. so.
/?) devant une dentale,
fiam. schrodde — escroz I, 149; écrou.
Cette graphie n'a rien qui surprenne si l'on admet que dès
le XV e siècle le second élément de la diphtongue ç" se percevait
à peine à la fin des mots, comme c'est le cas aujourd'hui. Voy.
le § 39-
y) devant une labiale.
cupru — couvro IV, 18; VIII, 88; mod. kguvru.
verb. de recuperare? 1 — recouvra VIII, 105.
ô) devant f.
tofu — toufy ton I, 83; To u IX, 16; Glaude don Ton I, 134;
III, 19; IV, 69; Jaque t dou Tou III, 52; IV, 100; VII, 58;
mod. tç u .
§ 60. s) devant r.
illoru — lo u r IX pass.; mod. lç u , Iç.
de illoru — delo w r IX pass.; delour VIII, 74, 80, 92.
calore — chalo u r IX, 57; chalour VIII, 7.
benefactore — bienfacto"r (pi.) IX, 84; mot savant,
rectore — rectour VIII, I. Mot savant.
germ. waidanjan -f- ator e — ganio u r IX, 25; ganior IX, 23.
seniores — seignïo u r IX pass.; seignior (sg.) IX, 33; X, 6, 18;
seignyor (sg.) X, 9.
*eandeloru — chandelouse VIII, 6; mod. tsâdelôuêa (la chande-
lou\r\ puis la chandelouse d'après les féminins en -osa),
cohorte -f- a. h. ail. muntboro — Cor?nenbou IV, 3; 2 Cormen-
bouf I, 22; mod. Kormèbç", petite localité dans les environs
de Fribourg.
£) devant s.
c(o)rrosu — crou VII, 172; Crou IV, 46; mod. krÇ".
j au XV e s.: 0.
à 01. > = ^ actuell.: (comme à Dompierre).
a) devant une dentale.
*tottu — M pass.; to w t IX, 1233-, mod. to{t).
*tottas — Mes IV, 5; VI, I.
ad *tottu — atoz IV, 21; (a/ous IV, II, est français).
1 ou récupéra ta? cf. §2. Le mod. manque.
2 Cf. l'introduction, p. 2.
3 to u t doit représenter le français «tout».
32
a. nord, pott — pot IX pass.; mod. po.
germ. *kotta — colla IX, 117; cotte.
germ. mott — modes IV, 31; mod. mole, mottes.
fi) devant une labiale,
desubtus — desobs I, 127; mod. dezo.
cuppa — coppa VIII, 52, 54, 146, 149; IX, 146, 149; X, 36, 38.
cuppas — coppe VIII, 52,53; IX, 137, 146, 148, 149; X, 37, 39;
coppes X, 36, 37, 38; mesure pour les grains,
ru p tas — roi te IX, 70.
verb. de substare — solla I, 114; II, 115; mod. sota, abri; a. fr.
„soute". Cf. Romania XXV, p. 438 — 439; Literaturblatt f.
g. u. r. Ph. XVIII, c. 170 et § 7 de cette étude.
y) devant f.
? — moffl.es I, 145; mod. mofyu, moufles, machines.
f au XV e s.: 0.
§ 62. 9 > devant r = j tellement: zvâ .
turre — tor V, 21; VII, 190; mod. hvà .
formas — formes IV, 108; VII, 127; stalles; le provençal mo-
derne formo a le même sens,
d i u r n u — jor pass. ; mod. dzivà .
burgu — Bor VIII, 42; Borg II, 55; #///-£• VII, 62; le Bourg,
un des quartiers de Fribourg. 1
? — (le dimanche des) Bordes V, 22; VIII, 70; le dimanche
des Brandons, le premier du Carême; mod. manque.
Friburgu — Fribor IX, 60; Friborg II, 29; Fribo w rg IX, 80;
Fribourg pass.; mod. Fribivà .
* tor nu — tor pass.; espèce d'engin.
Exception :
*bursa — burse VII, 24, doit représenter la prononciation fran-
çaise; mod. bosa.
Dans le mot troc VIII, 29, tronçon, a. fr. Iros, (= tursus) il
y a en métathèse de r.
( au XV e s.: 0.
§63. 0> devant s = | actuell# . Um
augustu — osl II, 83; IV, 3; VII, 134; oust VIII, 108; mod. /A
oust est sans doute français.
*buscu — bo IX, 92; boz VIII, 127, 128; mod. biï.
( au XV e s.: oe, oi (= we).
§64. o + c, g ={ actuelL: W £
*buxida — boete VIII, 5, 44, 103; boëte II, 52, 53; £«y# IX, 5;
boittit IX, 7, 93; boyty VII, 3; mod. £ro/z'/<?.
1 le moderne bur est «francisé».
2 II est difficile de décider si u est long ou bref.
33
Les graphies des représentants de *buxida attestent qu'il y
eut une étape we, qui a précédé l'étape actuelle ivj? à Fribourg
(et zvâ e à Dompierre). Cf. Gauchat, § 64.
Dans les mots qui suivent c (g) n'a pas agi sur la voyelle
précédente.
ju(g)u — geou VII, 194; joux I, 112; mod. dzç u ; s'explique par
la chute du g.
*parochia — perroche I, 41; perroches (pi.) II, 165; X, 97; mod.
pçrotsd; mot savant.
*clocca — cloche H, 122; IV, 11; VII, 5, 197, 189 (pi.); VIII, 9;
IX, 9; closches VII, 126 (pi.); cloches (pi.) pass. ; mod. yoisd.
§ 65. sous l'influence \ au XV e s.: ?
de yod suivant = \ actuell.: wé l .
Je manque d'exemples pour le XV e siècle.
*puteat — pwçize en frib. mod., etc.
Exceptions:
rubeu — ruge VII, $y, mod. rodzu; ruge est sans doute une
graphie fautive du fr. «rouge».
*butt-fia? — bossu IX, 118, 119; tonneau. 1
r au XV e s. : du.
§66. -onu =( actuell . : p»
fossorios — fossoux I, 124, 132; fossous I, 1 2 1 - ; mod. manque.
costatu-f-oriu — cottiour I, 161, appui; mod. manque.
Je trouve encore enbossou 2 I, 99, qui semble remonter à une
forme en -oriu, comme cottiour et fossoux. Ce mot a la même
origine que bosset ou bossu que nous avons déjà rencontrés au sens
de «tonneau» (cf. §§41 et 65); il signifie «entonnoir»; à propre-
ment parler c'est un instrument qui sert à verser un liquide dans
une «bosse». 3 L'étymologie de ces mots reste à trouver.
§ 67. *tottos — tôt IX, 71; lo u l IX, 86; tous pass. Ces deux
dernières graphies sont françaises.
*tottos sanctos — Totsaint IV, 67; Totsains II, 107; IV, 5;
V, 20.
tl, forme du frib. mod., remonte à toti, comme l'admet
M. Gauchat.
( au XV e s.: ?
§68. o< devant l = j actuelL: ?
Les exemples manquent pour les deux époques,
te gui as — thiolle VII, 106; tiolle VII, 107, 109; liolles VII, 112;
mod. tyjîle. Cf. § 83.
1 Ou dit: ona bo'sa de vê = un tonneau de vin. Mais on entend plus
souvent bosç (= bosa -\-\itu). Cf. le français bosse = tonneau.
2 Voir l'introduction, p. 2.
3 Voir dans le Dict. de IlaUfeld et Darmesteter les sens particuliers du
irançais «bosse».
34
. • /au XV e s.: 0».
fc 00. (i devant les nasales = •(.,. , _. . .
y • | actuell.: d (comme à Dompierre).
«) syllabe ouverte.
titione — tison I, 90; X, 103; tisson X, 72; bille de bois; mod.
tdSo.
*pisciones — pessons III, 22; mod. /<?£<£
germ. bacco — bacon VII, 196; lard; mod. bako.
messiones — messons I, 85; II, 81, 82; III, 7, 8; IV, 55, 56;
VI, 9; VII, 140; mod. meèo.
benedictione — benission IX, 74; benision VIII, 80; mod. baiiëff.
sabulone — sablon pass. ; mod. tsabj'o, petit sable,
du kymr. gwas — valloton I, 8, 78; vallaton IV, 13; petit garçon.
de car ru — charroton I, 65; VII, 177; charrolons (pi.) II, 160;
charretier. Nom propre: Charroton II, 41.
*macione — maczon pass.; masson pass.; massçon IX, 15, 16,
20, 26 etc.; mod. maso.
factione — faczon II, 138; III, 46; VII, 168; fassçon IX, 92;
fasson VIII, 98.
de pressu — pressons I, 143; leviers en fer.
a. franc botan — botlon X, 51, 75, 76; mod. fo/é?, bouton.
? — pochon X, 77.1
de cancer? — gangillion I, 126; gond. Cf. le prov. ganguil.
/?) syllabe fermée,
plumbu — pion X, 77.
*ponte — pont X, 10; pon VIII, 20, dans l'expression Pou Mur in,
qui répond probablement au Pont- Muré actuel (rue de
Fribourg).
sublungu — scelun II, 10; selon,
truncu — trong IV, 38; VII, 44; IX, 38; trongt II, 50, 51; IV, 37;
ironck I, 103; VIII, 41; tronc X, 28, 29.
punctas — poentes I, 115; IV, 77, 80, 84; V, 18; pointe VIII, 123;
X, 112; mod. pivètt.
junctas — joentes I, 149; II, 103. Le mod. ëwè est français,
ungere — endre IV, 97; êdn ou àdrz? Le moderne manque,
pugnas? — pugnes I, 59; poignée d'un engin? Le moderne
piïnyâ dérive d'une forme en -ata: *pugnata.
70. u < =
7. U.
au XV e s.: ù.
actuell.: il.
$) devant une dentale,
ungere-f-utu — en du IV, 60.
*villutu — velîur VII, 64, 76; mod. velu.
Paludem? — pelud IX, 83; nom de lieu.
1 A Fribourg, on dit: la potsz, cuiller à potage. Voir le Glossaire de
Grangier, à l'article poche, pochon.
35
*abbattuta — abatia IX, 144; abattez IX, 141; mod. abah/a.
Nous avons ici un développement analogue à celui des mois
en -ita: partita — pariyâ. On aura eu: -uta, *-ûa, *-ud, -yâ.
§71. 6) devant r.
muru — mur pass.; mod. mil .
re-f factura — raffetura IX, 144; refaittura IX, 59, 71; nourri-
ture, réfection. Le mod. manque,
cincturas — sentires VII, 195; mod. yetire.
*mod(u)luras — molires I, 47; mod. manque.
*rarnura — ramire II, 99; ramure V, 19; carcasse de la toiture.
Le mod. manque.
*levura — levire II, 150; mod. levsr?, action d'élever une char-
pente.
Il est probable, d'après ces exemples, que dans un certain
nombre de mots en -ura, l'accent rejeté d'une syllabe en arrière
avait occasionné, dès le XV e siècle, l'assourdissement de la voyelle
pénultième qui est figurée par i (quelquefois u) dans les graphies,
devenue 9 en fribourgeois moderne.
s) devant s.
su su — su IX pass.; VIII, 20; sus VIII pass.; VII, 147; mod. sic .
g __ | au XV e s.: k?
§ ' ' • ^ I actuell.: «? (comme à Dompierre)
fuste — fuz I, 123; a pu être prononcé fu; mod. manque.
§ 73. il sous l'influence l au XV e s.: ?
de yod suivant = j actuell.: ?
*pertusiu — pertit (pi.) VII, 164, Le frib. mod. dit perte ou
p§rte.
( au XV e s.: on.
§ 75. il devant une nasale = j actudL . g (œmme à Dompierre) .
alique-(- unos — aulcons 11,74; IV, 20.
lunae die — londi\, 32; II, 125; IV, 100; londy IX, 128; mod.
deld.
quisque-f-unu — chascon IX pass.; chasscon IX, 142; chescun
pass.; mod. tsakâ. On trouve encore un chescung VIII, 128.
Cf. le suivant.
unu — ung pass.; mod. d. La graphie ung prononcée à l'alle-
mande, peut bien quelquefois représenter une forme pa-
toise d (?7).
Finales féminines.
una — una pass.; mod. ona et yûna. ona est refait sur le mas-
culin d. Quant à la graphie una, je crois qu'elle équivaut
à una; plus tard un yod s'introduisit à l'initiale, comme
l'explique M. Gauchat.
alique -}- unas — aulconnes IV, 31; a u cune IX, 80; mod. manque.
8. au.
__ j au XV e s.: o.
§ 70. au <. j actuell.: u (comme à Dompierre).
a) en finale.
fa(g)u — foz I, 157.
bel lu fa(g)u — Belfod I, 160; Belfoz II, 165; mod. /?*/>£
clavu, puis *clau — clo (pi.) VII, 150, 165; IX, 76; X, 110;
doz pass.; mod. j£«; cf. § 5.
*caclavos — chillioz I, 113; cf. § 5.
/3) devant une dentale,
laudes — os 11,170; l'oz 111,22; IV, 105; VII, 93, 121; Vo
IX, 86; X, 89; récompense; mod. manque. Comme il ré-
sulte de ces différentes formes, *lo a été pris pour /'o.
y) devant une labiale,
germ. *laubja — logit IX, 81; loge pass.; lougel, 114; loget (pi.)
IX, 73; loges (pi.) pass.; espèce d'abri,
germ. *raubha — roba pass.; robe VII, 7; roube VII, 97; au
pluriel: robes pass.; roube VII, 104; roubes VII, 9 ; mod. ro^a.
Les formes en <w ne sont sans doute que de fausses franci-
sations", comme potirte du § 53.
ô) devant r.
aura — ore VIII, 117; vent. En frib. mod. livra, avec un
v épenthétique, que j'explique comme M. Gauchat, par l'in-
fluence des nombreux mots en -vra.
auru — or VII, 64, 76; IX, 4, 8; or/ VIII, 8; mod. wâ, qui a
évolué avec les autres mots en -or du § 53. En effet, les
formes de „or" concordent partout avec le traitement des
mots en -or, (à St.-Aubin, Montagny, Léchelles, etc.).
( au XV e s.: ?
§77- au> = j actuelK . ?
fabrica — frib. mod. favârdza et fôrdz?. Je considère fordz?
comme une adaptation du français; favârdz? serait le re-
présentant normal de fabrica. Cf. les dérivés: favargerie
pass., favargeri TU, 153, favargiene (faute pour favargiere?),
ouvrage du „favre" ou forgeron; cf. favargie (§ 13).
§ 78. au sous l'influence ( au XV e s.: 0.
de yod suivant = j actuell.: U.
a. germ. *aujô- (bas-latin Augia) — Oge II, 11, 56; mod. ûdzd;
nom d'un quartier de Fribourg, en français Y Auge, en
allemand Auquartier.
37
B. VOYELLES ATONES.
I. Devant la syllabe tonique,
a) Dans la syllabe initiale.
§ 8 1. La voyelle de la syllable initiale persiste. Les exemples
de syncope ou d'aphérèse sont très rares:
directos — dreii IV, 57.
illu — ludIX pass. ; lo IX, 96; X, 51, 81; loz VIII, 82, 129, 130;
mod. lu.
Dans nos textes, nous trouvons parfois la voyelle de la syllabe
initiale réduite à i; cet i se rapprochait probablement de <? que
nous trouvons en fribourgeois moderne à la même position. Ce
qui tend à le prouver, c'est que cet i est quelquefois remplacé
par e; mesura VIII, 138; misura IX, 131; mod. m?zurâ.
*caminu — chimin IX, 83; mod. tssme.
c(l)avicula — chivillie I, 139, 143; II, 96; au pluriel: chivillies
I, 135, 149, 150; chivilliez X, 113; mod. tscfVdys.
Gène va — Gineve VIII, 57; mod. Dzstieva.
*minare — mine VIII, 104; ??ietwr II, 174; VII, 103, 106; mod.
mzna.
§ 82. La présence fréquente de l'article devant un substantif
amène parfois des perturbations à l'initiale de celui-ci, tantôt soUs
forme d'aphérèse (A), tantôt sous forme d'épithèse (B).
A. */'ore/oge = lo reloge; cf. les reloges VII, 204; § 56. 1
l'uelu = *lu élu — l'élu; cf. § 56.
Dans le mot suivant 1 initiale a été prise pour 1 de l'article:
los = l'os (laudes); cf. § 76.
B. il las forfices — les forces VIII, 125; mod. lez efwase.
Dans ce mot, l'épithèse s'est produite depuis le XV e siècle:
les forces (pi.) a été pris pour *fêforce (sg.), sur lequel on a refait
un nouveau pluriel.
Pour l'explication de *acqua — egit IX, 72, etc., voir § 18.
§ 83. tegulas — thiolle VII, 106, etc. (cf. § 68).
Dans ce mot, la chute de g médial a produit la fusion de e
(devenu yod) avec la tonique.
1. a.
. . j au XV e s.: a.
S y 4- a lmtial — j actuell.: a (comme à Dompierre).
macellariu — masalleir IV, 99, etc. (cf. § 22).
de dam nu — damager IV, 58; endommager,
de trabe — traveson II, 120, 124, 165; III, 31; ensemble des
poutres et des solives d'un plancher.
1 Le frib. mod. (dn) orlodzu est sans doute une forme plus rapprochée
de «horloge».
38
sappinu — sapin VIII, 117, etc. (cf. § 50).
*macione — maczon pass., etc. (cf. § 69).
tra(n)s-f-*passatos — frappasses 11,4-
factione — faczon II, 138, etc. (cf. § 69).
*angones — angons 111,42; gonds.
*baccinu — bansin VIII, 5, etc. (cf. § 50).
Exceptions et cas particuliers:
x , , , \, *• I au XV e s.: ?
a) a < -f- nasale devient souvent j . 1, .
*caminu — chimin IX, 83; mod. to;/; cf. § 81.
/9) germ. latta — loton IV, 109; mod. loto, laiton, est difficile
à expliquer: cf. l'italien /' ottone.
y) *particellas (pour particulas) — persalles X, 34.
armariu — ermero VIII, 83.
_ ( au XV e s.: ou (au?).
1 ( actuell.: ou (comme à Dompierre).
*caldaritta (de caldariu) — cho u derete IX, 72; mod. tsoudereta.
altare — o u tar IX, 85; outar IV, 45, 46; auller II, 169; auiar
VIII, 121; auter X, 78.
*va(ssa)llittos (du kymr. gwas) — vaulet I, 27, 68; VII, 135;
vaules I, 49, 106; III, 23; VI, 3.
saltuariu — soutier pass.; huissier, n'est patois qu'à l'initiale.
alique-J-unos, alique-f-unas, voir § 75.
Dans les graphies, on trouve donc ou, mais aussi au pour al
>• initial. Peut-être au se transformait -il à cette époque en ou;
ou bien au n'est qu'une graphie soit étymologique, soit prise au
français.
au XV e s. : che = /se.
actuell.: /se (comme à Dompierre).
caballu — chevaul IV, 25, 107; VII, 193; mod. tsevo.
capitellu — chevetel III, 28, etc.; cf. § 33.
Cet e devient i dans les textes, d en fribourgeois moderne de-
vant les nasales et parfois devant v.
*caminu — chimin IX, 83; mod. /samé.
c(l)lavicula — chivillie I, 139, etc.; cf. § 81.
Exceptions :
de cadere — chisue (= échue) II, 169; VII, 42; en frib. mod.
on rétrouve la même irrégularité: tsizç (= tombé), /sizçita.
(== tombée). Cependant je trouve chesue (= tombées) VII, 38.
calendas — Challa?ides X, 60, etc.; cf. § 34.
de *capu — chavonas/ (= acheva) VII, 166; X, 51,
j au XV e s. : cha = /sa.
ca -^ \ actuell.: /sa (comme à Dompierre).
*cappellanos — chappalan IX, 86, etc.; cf. § 24; mod. isapalâ.
*cappellarios — chappaleys VII, 14; mod. /sapalg.
f) ca < =
39
l au XV e s.: char = tsar.
car > = j actuelL: is§rm
carbonariu — charbune IX, 116; mod. Isçrbnnë.
*carrata — chàrra X, 74, etc.; cf. § 2; mod. Isçrâya.
de carru — charroton VII, 125, 177; I, 65; au pi. charrotons
II, 160; mod. tsçrofo, charretier. Nom propre: Charroton
II, 4L
*carricare — chargle IX, 51, 83, etc.; cf. § 13; mod. Isçrdzi.
*carrizare — chareye IX, 30, etc.; cf. § 13.
2. e.
(au XV e s.: e, i = <??
§ 85. a) e = y actuell.: e, parfois p.
Exemples de e:
levare — levar II, 97; III, 28; mod. leva.
de pressu — pressons I, 143; mod. presd; leviers en fer.
ferratu — ferrar I, 162; ferra I, 116; II, 73; mod. f§rà.
Exemples de l:
*pelliciarios — pllllclers; mod. manque.
se(pti)mana — simane EX, 142, etc.; cf. § 24; mod. snâna.
fenestras — fi?iesire IX, 8g, etc.; cf. § 30; mod. fsnitre.^
Dans ces deux derniers mots la nasale a sans doute agi.
Cf. le § suivant /3.
f au XV e s.: re = r?.
~~ \ actuell.: n (comme à Dompierre).
re-|-*fortiare — reforcier III, 11; reforcer III, 25; IV, 63.
de re-j-tenere — retinirent I, 82 (= retinrent),
re -f- vestimentu — au pi.: revitemeii IX, 87; revesiemans X, J3.
_ f au XV e s.: à?
P) Ç > + nasale — j actue u #: à ( comme à Dompierre).
Pentecosta — Penstecotta IX, 70, etc.; cf. § 54; mod. Pâtekota.
y) re-f-vestimentu — au pluriel: revitemen IX, 87; revesiemans
X,73-
de tenere — lenirent VII, 78; tinrent.
de re-|- tenere — rellnirenl I, 82; retinrent.
Je place ici les deux mots suivants qui ont subi le traitement
de la proclise.
de-f-ex? ou de ipso? — dix pass.; de, ou depuis,
deversus — devirs pass.; cf. § 29.
ô) medietate — nielle II, 114; mod. m§itî.
messiones — messons I, 85, etc.; cf. § 69.
(au XV e s.: ar.
s) er = parfois ^ actue n : ar ( com me à Dompierre).
merenda — ?nare?ida I, 36; marlnda IX, 134; mod. marèda.
1 J'ai entendu dire fsnisre à quelques personnes. Cf. la note du § 32.
4°
merenda -|-one — mareudon 1,6$, 146, 156; 111,6, 29; IV, 98;
marendons (pi.) I, 95. Merendomion VII, 166 est dû évi-
demment à une distraction du scribe.
*ermosina (pour eleemosyna) — armo u na IX, 28; mod. ar-
mouna. Pour ce mot, il y a encore une foule de graphies,
qui sont françaises au moins à l'initiale: aumône VII, 2, 60;
aumosne 1,56; 11,54,163; IV, 47; ausmonne II, 55; aumonne
VII, 35, 60; aumousnes (pi.) IV, 16; aumônes (pi.) VII, 64;
aumosnes (pi.) VIII, 47; auhnones (pi.) X, 19, 23a; IX, 19;
VIII, 19, etc.
personas — parsonnes VII, 20.
serracula — saraille VII, 115, etc.; cf. § 23.
(au XV e s.: *.
§ 86. a) e — { actuell . ^
*villutu — z^//#r VII, 64, 76.
*pisciones — pessons III, 22; mod. />eétô
dispensare — despensar I, 43.
dispensa — despensa IX, 141, etc.; cf. § 45; mod. depasa; ces
deux mots sont savants.
Exceptions.
me(n)surare — mesura VIII, 138; mod. mièura.
me(n)suravit — misura IX, 134.
me(n)suratu — misura IX, 131; misure IX, 78, 132, 133; mod.
rrwëura.
? — pitita IX, 81; mod. p?iita\ petite,
vicinos — vissin IX, 22 ; mod. z^i*.
, f au XV
0) e < devant nasale j actudL
au XV e s.: i = *?
p.
minare — mine VIII, 104; menar II, 174; VII, 103, 106; mod.
mdna.
denarios — diniers V, 35.
Gène va — Gineve VIII, 57; mod. Dzm"eva.
y) *feriavit — feira X, 20, chôma.
„. f au XV e s.: è.
S) en > = | actuell . g
*trinicata — trinchi VIII, 79, etc.; cf. § 10.
*trinica -f- filatu? — trinchifille IV, 59, réparé par tranches ou
parties; mod. manque.
intrata? — intra IX, HO; cf. § 2.
intrante — inlrant VII, 134.
de in-J-clausu — incloz VIII, 130; etic/oz VIII, 100 a.
*incrennata (de *crennu) — ancranna V, 30, semble «francisé»
à l'initiale. Le mod. est èkrma, muni de crans.
4i
inde-f-*allavit — (il se) endalla. VII, 122; (il s') en alla. En
frib. moderne, inf. s'êna/â.
in + curatu — encure VIII, 73, 84, 102a; IX, 78, 128; curé.
4. i.
. . . f au XV e s. : i.
§ 87. a) 1 = | actuelL . L
*vineolanu — vinolan VIII, ig bis; tvignyolan X, il.
*minare — mina IX, 77; mod. mina; creuser.
cribrare — criblar I, 2g, etc.; cf. § 7.
lineata — lignia IV, 46, etc.; cf. § 10.
titione — tison I, go; cf. § 6g.
tina-f-ariu — tiniers III, 48. Il est vrai que pour ce mot je
trouve les autres graphies tenier (sg.) V, 8; teniers (pi.)
II, 8g.
m . , , f au XV e s.: i.
0) 1 devant 1, r = { ^^ ^
Les exemples du XV e siècle ont ?', mais cette lettre peut bien
représenter un son proche de ,?, comme je l'ai déjà supposé ailleurs,
filatu — filaz III, il; mod. _/>/«; cf. § 1.
verbal de *virare 4- ittu — viret II, 103, etc.; cf. § 41; sens?
*virare — zwz en frib. mod.
y) primariu — premie I, 6g; mod. prwni.
ô) *pinctare — penter X, 82; mod. pèta.
*quintale — attentant VIII, 130, etc.; cf. §23.
5. 0.
<; qq ï _ f au XV e s.: 0.
§ 00. a) | actuell. : (comme à Dompierre).
co(o)perculu — - coverclo VIII, 83, etc.; cf. § 2g.
*monisteriu — motie IX, 102, etc.; cf. § 32.
molator — mollarre VII, 170; mod. molare.
apertu -{- co(o)pertu — overt IV, 38; X, 2g; ouvert. Au fémi-
nin: overte X, 31.
mortariu — morte VIII, 32, etc.; cf. § 22.
Anomalies :
*rotundellos — riondels I, 3; riondelz III, 14.
operatu — o u vra IX, 71, est refait sur les formes fortes, de
même que ouvri I, 47, fausse «francisation». Voici encore
quelques graphies du même verbe ou de ses dérivés:
operatas — ovraes IV, 7g.
operare — ovrer X, 21.
operarios — ovriers I, 44; IV, 105; V, 11, 15; ovries I, 146.
*operaticu — ovraige I, 18, etc.; cf. § 3.
42
\ au XV e s.: ou}
" - = \ actuell: ou.
molinariu — mo u ne IX, 14; muniers (pi.) I, 141; mod. mon p.
Je suppose le développement: *mourié — *moné — rriông.
Muniers est français, au moins par sa terminaison,
molere habeo — moudrî frib. mod.
Exceptions :
*voltare — voila IV, 95; V, 6; voltar IV, 98; mod. vulâ, a été
influencé par les formes fortes, cf. §57.
collare — cular II, 36; cf. § 7.
6) devient û toutes les fois que la syllabe tonique a t.
Cette loi se vérifie déjà au XV e siècle,
recolligere — recullir I, 76; III, 21. i
c(o)operire — cuvry IX, 73, etc.; cf. g 46.
disc(o)operire — descruvlr I, 124; III, 19, 28; decruvi VIII, 1 20.
collocarunt — cucharent VII, 196, forme tirée de &fc'/j2 =
coucher.
6. 0.
f au XV e s.: 0.
§ 89. a) = { actuelL . tf<
d(u)odecim-}- ana — dozane I, 6, etc.; cf. § 24.
verbal de sufflare-f- ittu — soffltt VIII, 94a; IX, 70; VII, 96;
IV, 106; soflet VIII, 104.
*guttarias — gothyres VII, 151.
furnariu — forne VIII, 25, 35; IX, 24; former I, 55; IV, 44;
forniers (pi.) II, 23.
*f urnellu — fomel IX, 82.
*diurnata — jorna VIII pass., etc.; cf. § 2.
frumentu — fromen IX, 137, 138, 146. 148.
recuperatu — recovre VIII, 105.
à) cuneu + ittu — coinet VIII, 125.
*corrosiare? — crouler I, 137; croisiez I, 132; mod. krosî.
e) *cortile — curlll VII, 29; mod. kùrtî.
*coxinu-f- ittu — cusslnet VIII, 127.
Nous retrouvons ici la même loi qu'au § 88 ô.
7. il.
f au XV e s.: il.
§ 90. il = | actuelL . {L
murare — murar II, 140; mod. mura.
de l'a. franc bukon — buyaz IX, 87; buya VIII, 81; X,J^; buyar
X, 90; mod. bliyâ.
1 Cf. encore le participe recullisues I, 65.
43
8. au.
R n , (au XV e s.: o.
§9K aU = | actuell.: o.
pausare — posar I, 148, etc.; cf. § 7; mod. posa.
a. h. ail. roubôn — roube VII, 92; mod. robâ; dérobé.
Exception :
autumnu — o u ion IX, 132; mod. ouio.
La règle est donc au = 0: posar; o w ton est un mot demi-
savant, sans cela le / serait tombé. Roube est une mauvaise fran-
cisation" (cf. § 76/3), puisque le moderne est robâ. Les autres
formes du frib. moderne oroyy (= *aurucula), ozi (= *aucellu),
etc. prouvent également que le traitement véritable est au = 0.
c) dans la contrefinale.
§ 93. La voyelle tombe régulièrement, à moins que l'euphonie
ne s'y oppose.
molinariu — mo u ne IX, 14.
*trinicata — irinchi VIII, 79, etc.; cf. § 10.
*cappulare pour capulare — chapplar I, 49; a. fr. chapler.
operatas — ovraes IV, 79.
*carricare — chargie IX, 52, etc., cf. § 13.
medicare — megir IV, 107.
collocarunt — aichareyit VII, 196.
Plusieurs infinitifs ou participes ne perdent pas la voyelle
contrefinale, par influence des formes fortes ou pour éviter une
accumulation de consonnes:
*adminare — amina IX, 118, etc.; cf. § 7.
ad-f-substare — assotar III, 16; II, 151; mettre à l'abri.
Le sentiment de la composition agit aussi en faisant con-
server toutes les syllabes du mot primitif:
*candeloru — chandelouse VIII, 6, cf. § 60.
serraculu-|-ator — sarraliere VIII, 73, etc.; cf. § 10.
Régulièrement, à cette position, a persiste en devenant e
(quelquefois i dans les textes):
sacramentu — au pi.: seremens II pass.; IV, 39; seremenlTK, 39.
*trabatione — traveson II, 120, 124, 165; III, 31.
*manabellos l — manevels I, 150.
*adcapatos — achiviz I, 98.
*adcaptatu — achiiaz I, 90; (pi.) I, 30; achile VII, 132; VIII, 8 \
114, 130. Cf. encore le fém. achitee VII, 50, 180; fini'.
achile VII, 64.
*caldaritta — cho u derele IX, 72.2
Il y a aussi les mots savants qui peuvent garder la contre-
finale :
1 Voy. Romania, XXVI, 435.
2 Cf. toutefois alamannu — alaman IX, 77.
11
*cimeteriu — cymeliero VIII, 71, etc.; cf. §32.
pentecosta - Penstecolta IX, 70, etc.; cf. § 53.
2. Après la syllabe initiale.
a) dans la pénultième.
§ 94. La voyelle tombe généralement:
débita — deda VIII, 89.
circulu — cercloz VIII, 129, 130, 131.
domina — donna II, 36; IV, 17.
c(l)avicula — chivillie II, 96, etc.; cf. § 81.
die mercuri — dimecre VII, 45; mecre X, 29.
*pactica — pasche I, 131, 133; II, 178.
Exceptions :
*temporas — tenpere IX, 70, 75; tempères II, 168, 170a, 172a,
173a; IV, 104; VII, 45; VIII, 94 a; X, 78; iempores VUI, 86;
quart d'un appointement (payé tous les trois mois) ; le frib.
mod. manque,
organu — orgine VIII, 104 ; l IX, 70; orguynes VII, 89; orguin
VIII, 94a. Ces graphies peuvent représenter une forme
ôrgdm. Le frib. mod. orge est pris au français.
Jacobu — Jaquemo I, 74; III, 10; IV, 45; VIII, 121; Jaquimo
VIII, 3; ce mot, perdu aujourd'hui, ne s'emploie dans les
comptes que pour désigner „saint Jacques". Le mot en-
core usité aujourd'hui: Dzâtyj, est aussi représenté dans
les documents: JaquetX, 53; VIII, 76, 86; VII, 58; Jaque
IX, 3; X, 107.
La conservation de la voyelle pénultième dans /emperes, etc.,
orgine, etc. et Jaquemo [Jaquimo], doit être attribuée à une influence
savante. Il n'en est pas de même pour les mots dont je vais
parler.
cannabu — chenevo V, 33; chenevez III, 11; mod. tsenevu; il est
difficile de savoir si ce mot était encore proparoxyton à
la fin du XV e siècle. S'il ne l'est pas resté, cela tient
sans doute à une influence analogique.
*tenuos? (pour tenues) — tenevo I, 47; minces, tenus; le frib.
mod. manque. Faut -il supposer: *tenuos — */envos —
*tenevos — tenevo?
*arboros (pour arbores) — arberos X, 71; cf. § 101.
Parmi les substantifs proparoxytons à la période moderne, on
trouve des mots en -ina et en -ura (cf. §§ 47 et 71). Les formes
Sarena, senh'res, ramire, ?no!ires où la voyelle pénultième s'est
assourdie, prouvent que le traitement moderne commençait à s'in-
troduire.
1 Cf. l'introduction, p. 2.
45
b) dans la syllabe finale.
1. a.
( au XV e s.: a.
$95- a — | actuelL . a<
? — birda IX, 105; bride?
terra — terra VIII, 7, etc.; cf. § 29.
nova — tiouva II, 69, etc.; cf. § 51.
opéra — ouvra I, 44, etc.; cf. § 51.
causa — causa X, 6g, 111a; mot savant.
Nostra Domina — Nosire Dama IX, gg, d'après le français.
Nostre Da IX, 116 est sans doute une abréviation.
Dans les types infectés de yod, a s'est changé en un son
que nos textes représentent par i, y, it, e. Ce son ne devait pas
beaucoup différer du moderne 9 que nous trouvons à la même
position.
A. yod existe en latin.
filia — fillù IX, go.
*parochia — perroche I, 41, etc.; cf. § 64.
*acquaria — aigire VIII, g3,'etc; cf. § 22.
petraria — pererii IX, 47, etc.; cf. § 22.
*crassia — gressit IX, g5, etc.; cf. § 21.
butt--f-ia? — bossu IX, 118, 11g.
germ. *laubja — logit IX, 81, etc.; cf. § 76.
a. germ. *aujô- — Oge II, 11, etc.; cf. § 78.
B. yod s'est développé en roman.
*acqua — egit IX, 72, etc.; cf. § 18.
benedicta — bette/// IX, 72.
vetula — villil IX, 88, etc.; cf. § 31.
* r 9 c c a = rochit IX, 60, 1 40, 1 4 1 , 1 44 ; Roche V,t,2; Rochii IX, 2 g.
die dominica — dismenchi VII, 3, etc.; cf. § 45.
c(l)avicula — chivillie II, g6, etc.; cf. § 84.
serracula — sarralie VIII, 73, etc.; cf. § 2^.
*pactica — pasche I, 131, etc.; cf. § 20.
planca — Planchy VIII, 163, etc.; cf. § 24; la Planche, quartier
de la ville de Fribourg.
-ata a suivi un double développement:
a(t)a = a
a(t)as = *aes puis ùye, cf. § 2.
cera — cire 1,56; II, 163; VII, 100, 120; cyre X, g5; mod. sir?.
M. Gauchat explique sfn par une influence des mots en -aria
= -ïrp, ou par un *ceria.
(au XV e s. : e.
§ 98. -as = { actueU . e
a las — alez V, ^^; mod. aie.
germ. *laubja — /oge/ (pi.) IX, 73, etc.; cf. § 76.
p
germ. *ratibha — robéz (pi.) VII, 6, etc.; cf. § 76.
Pasquas — Paquit IX, 62, etc.; cf. § 8.
bonas — borniez I, 95.
palas — palkz I, 132.
grossas — g rossez I, 140.
petras — pierrez III, 16, etc.; cf. § 25.
parabolas — parolez IV, 27.
? — ramassez I, 46; mod. rumase ou r?mase, balais.
fenestras — fi?iesire IX, 89, 90; cf. § 30.
Je manque d'exemples pour les verbes.
§ 99. -at = e (n'a pas changé).
*demorabat — desmorave X, 8; cf. § 4.
§ 100. -ant = -à.
in -|- eu m -|- initiabant — encommencievant IV, 58; cf. § 12.
-S. s'est maintenu jusqu'à nos jours à l'imparfait. Mais au
présent indicatif de la conjugaison en -are la forme en -ô semble
avoir prévalu dès le XV e siècle:
restant — reston VIII, 71.
*carrizant — charreont VII, 90; cf. g 105.
2. e.
§ 101. -e disparaît généralement, aux deux époques.
a) fasc[e — faix I, 31, etc.; cf. § 20.
*axile — assis VII, 156, etc.; cf. § 49.
nave — na IX, 102, etc.; cf. § 5.
calore — chalo u r IX, 57, etc; cf. § 60.
*macione — maezon pass., etc.; cf. § 69.
(1) ferrare — ferra VIII, 125, etc.; cf. § 7.
partire — parly II, 42.
Lorsque e persiste comme voyelle d'appui, il prend un triple
développement:
I A. -e.
-e = { B. -11, a.
I C. -9.
A. Parmi les mots où -e s'est maintenu, je signale:
matre — mare X, 12; mod. mare; ne se dit plus aujourd'hui
que des animaux, cf. § 1.
Les mots en -ator on refait leur finale d'après les noms en
-ater (pater, mater, frater):
m. h. ail. ungëlt-J- ator — ungeliare VIII, 59, etc.; cf. § I.
tegula-f-ator — tiollarre VII, m, etc.
*molator — mollarre VII, 170, etc.
47
Il y en a d'autres encore, cités au § i. 1 Ces mots sont de-
venus rares en patois. 2
B. J'ai quelques exemples pour le XV e siècle:
Silvestre — Sarveiru IX, 85; mod. savtsu.
arbores — arberos X, 71; mod. âbru.
tenues — tenevo I, 47; cf. § 94.
*secale — seila X, 37.
C. Je n'ai qu'un exemple probant:
*abbattere — abattit IX, 60, 140; mod. abâtn.
3. i.
§ 104. i est tombé ou a fait place à une autre voyelle
d'appui.
LY final que nous trouvons dans un certain nombre de graphies
ne remonte pas à i latin; il répond à d final du patois moderne,
dont il ne devait pas s'écarter beaucoup dans la prononciation,
turri — tor V, 21; VII, 190; mod. tive.
die Martis — dimar VII, 82; mod. dema.
Mais :
die Mercuri — dimecre VII, 45; mecre X, 29 écrit avec un e
d'appui; actuellement la voyelle d'appui est u: demikru.
4. -o (-u).
§ 105. -o tombe, sauf quand il sert de voyelle d'appui,
pratu — pra VII, 43; pras IV, 36.
quadratu — quarra X, 108.
capitellu — chevetel III, 28, etc.; cf. § n.
Mais:
Petru — Pierro VIII pass.; VII, 173, etc.; cf. § 26.
co(o)perculu — coverclo VIII, 83, 93; cf. § 29.
cupru — couvro VIII, 88, etc.; cf. § 59.
scalp ru — eschanpro, etc.; cf. § 24.
*cimeteriu — cy mette ro, etc.; cf. § ^2.
armariu — ermero VIII, 83.
extraneu — ettranjut IX, 8; étranger,
baptistcriu? — bachitiero VII, 115.
calice + u? gallicho VIII, 97; calice? Cf. aussi gallice VIII, 98.
Theodulu? — Thodollud IX, 5.
Cl au du — Gla ll duc IX, 21, 27, 66; Glaudo VII, 122, 207.
1 II y a aussi :
m agis ter — mastre X, i; maistre pass.; mettre pass.; mod. mètre. Quand
aux autres graphies de ce mot, elles se rapprochent plus ou 7noins
de l'allemand «Meister».
2 Pour Dompierre, M. Gauchat n'en cite pas. — A Fribourg, on dit en
rançais populaire le «cibare» (== a. h. ail. scîb a + ator; cf. § 46).
? — gotno I, 28; gomoz I, 159; espèce de petite pelle à rebords
pour remuer le mortier. Cf. Grangier, Glossaire fribour-
geois, à l'article goume.
Je crois reconnaître la même voyelle d'appui dans les noms
suivants, dont j'ignore d'ailleurs l'origine et le sens: bulo 1,114;
II, 98; III, 18 (peut-être „Bulle", ville de Gruyère); hoezo II, 28;
fno VII, 174; peilo I, 118.
Pour l'article (il) lu, cf. § 81.
Comme on voit par tous ces exemples, « final ne se trouve
que dans le IX e compte; dans les autres comptes, on a final
(qui ne se trouve représenté que par un seul exemple dans le
compte IX: lo, 96). En frib. moderne la finale d'appui est tou-
jours u. 1
-os se comporte comme -o.
passu — pa (pi.) VIII, 37.
modulos — monnoz I, 73, etc.; cf. § 58.
? — encelh I, 5, 14, 78; II, 78, 91, 130; III, 13, 34; IV, 66;
V, 14; encerloz VII, 148; X, 81, 85; encerlo VII, 151; VIII,
112, 116; X, 83, 84; encerlud IX, 33, 73; aisseaux; frib.
mod. àsçle.
quadru — carro (pi.) II, 77; cf. § 1.
r au XV e s. : on.
\ actuell.: ô (comme à Dompierre).
de ardere — ai- son VII, 123; brûlent,
de restare — restar on IX, 12; restèrent,
de partire — partir on IX, 3, 6; partirent.
de *f al lire — falliron IX, 30; manquèrent.
-unt a déjà supplanté, au XV e siècle, -ant au présent de
l'indicatif:
restant — restoti VIII, 71.
*carrizant — charreont VII, go.
CONCLUSION.
Les modifications bien caractérisées du vocalisme fribourgeois
depuis le XV e siècle sont, à ce qu'il me semble, les suivantes:
1. — Une diphtongue décroissante ie se raccourcit en i dans
les noms en -iacu (§15) et dans les mots contenant ?-{-j> (§ 52).
2. — Un e, sans doute très fermé et long, passe à 1 dans le
représentant d'*acqua (§ 18), dans quelques mots en ^r-|-cons.
(§ 29), dans les mots en /?j-fcons. (§ 30), dans mesme (§ 41), dans
le représentant de lectu (§ 31), dans tous les mots en -ellu (§ 33).
3. — La diphtongue romane au (provenant de al latin en-
travé tonique) se réduit à ç (§ 23).
4. — i passe à ù devant v roman (§ 46); il devient qe dans
les mots où en latin il était entravé (§ 47).
1 Cf. l'introduction p. 3.
49
5- — Dans or (= or et or latins -f- cons.) s'introduisent les
diphtongues wâ, wâ (§§ 53 et 62). On a wâ de même dans or =
au ru (§ 76), parce que wâ < or est antérieur à û < (= au lat.).
6. — Un 0, sans doute très fermé et long, passe à u dans
le représentant de clavu (§5, exceptions), dans les mots ayant
OJ + cons. (§ 54), dans ceux ayant o/+cons. (§ 57/3), dans do =
duos (§ 59), dans certains ayant çj + cons. (§ 63), dans les mots
ayant la diphtongue latine au (§§76 et 78).
7. — Un v intercalaire s'introduit dans les descendants de
rota (§ 51) et duas (§ 59).
8. — A l'initiale, tsar = car lat. + cons. devient tsçr (§ 84 fin).
En outre une diphtongue we = o lat. -\-c, g paraît s'élargir
en we* (§ 64).
APPENDICE.
Liste de quelques mots qui n'ont pas trouvé place
dans cette étude.
amblaix I, 145; sens?
bêche, passim; espèce de machine.
boctin VII, 26, 27, 76; boucherie?
cherier X, 87; charretier; mot refait sur cher; cf. § 9.
corent II, 90, partie de la bêche (cf. sup.).
cuyt I, 63, 66, 109a, 132, 160, 163; cnytz I, 157; morceau de
bois qui sert de coin ou de cale (?).
dagnie I, 58, 94, 104; daignie I, 135, 139 (2 fois); daignies I, 123;
daigne I, 94 ; espèce de machine. Cf. le prov. mod. dagno
(Mistral, op. cit.).
dagnion III, 26; tronc d'arbre propre à faire une „dagnie" (?).
decupillie IX, 47; même sens que le suivant (?).
deslupiller I, 71, 121; II, 70; III, 21; desfupillier X, 48; dégager,
désencombrer, déboucher. Cf. l'a. prov. destapar, déboucher
(Raynouard, Lex. rom), prov. mod. destoupa, etc. (Mistral,
Très, du Félibr.).
deylaire VII, 64; sens?
empasthiene (ou empasihieve'ï) VII, 125; sens?
eticim VII, 132; sens?
escot VIII, 100 a; recueilli? réparti? (en parlant de dîmes). Cf. le
fr. „écot".
etraborQ) IX, 120; est une graphie indéchiffrable.
faiancie IX, 2 y, sens?
filliestre IV, 14; beau-fils, gendre. Cf. l'a. fr. fdliaslre, l'a. prov.
filhaslre, etc. On pourrait placer ce mot au § 13.'.
frepes I, 155; III, 35; frettes.
funjallons II, 134; sens?
gletare (infin.) I, 120; sens?
(pa de) gre VIII, 37; peut-être: marches d'escalier; gre serait
gra (= grados) „francisé". En frib. mod. ,,1'escalier" se
50
dit k-z-egra, pluriel de */'egrâ, qui représentait déjà un
pluriel latin: illos grados (cf. Gauchat § i).
inires II, 99 ; jantes. Cf. le prov. mod. intro, jante.
ju (?) IV, 20; sens?
lalerel I, 10; II, 154, 161; VII, 150, 165; IX, 76; lacterel I, 39;
lalteret X, 90, 95; latteretz X, 110; (clous) de lattes. C'est
un adjectif.
lires I, 151; II, 146; lirres VII, 189; espèces de cordes.
maislase VII, 179; sens?
messe IX, 149; méteil (?); de mixtu-f- ellu (?). Ce serait le seul
exemple (cf. toutefois arbelesires §22), où st aurait donné
j au XV e siècle.
million II, 105; millions III, 21; (prin) million II, 10S; III, 48; V, S.
Cf. million = moellon, en Dauphiné (Mistral, op. cit.).
mit VIII, 52; mil, maïs? Cf. le prov. mil (Raynouard, op. cit.),
mi, etc. (Mistral, op. cit.). Est peut-être aussi mixtu, méteil.
nyvolla \ r , $y, nyvolle III, 41; nyvolles (pi.) I, 151, 161; II, 146;
nyvyoles (pi.) I, 144; espèce de corde.
orbet VII, 130; aveugles? Cf. a. fr. orbe et a. prov. orb.
orsat I, 109, 149, 164; V, 30; sorte de machine, ourson. Cf. le
prov. orsat = ourson (Raynouard).
palissu Vil, 71; sens?
penot I, 155; partie de la „beche" (cf. supr.).
rebaissiere IX, 18; sens?
riede I, 34; II, 123; rede IV, 102; riedes II, 80, 123, 165 (3 fois);
VII, 157; redes IV, 102; redez IV, 102; ce mot désigne
tantôt un char (à ridelles?), tantôt le transport effectué
avec ce char.
rot VII, 30, brisé?
schit I, 21; sens?
seen VII, 170; sens? Ce mot est employé en parlant des cloches
d'une église.
lorihs VII, 170. Ce mot, dont j'ignore le sens précis, est employé,
comme secu (cf. sup.), en parlant des cloches d'une église.
Ira/files II, 99; partie d'un char. Cf. le prov. traficho sorte de
gros clou, etc. (Mistral).
Erratum: Au § 31^, note 3, lisez: «cf. §§ 18, 29».
Vit a.
Je suis né à Undervelier (Jura-Bernois), en 1874. Après avoir
terminé mes études secondaires, je suis entré, en octobre 1895, à
l'Université de Fribourg, où j'ai suivi, pendant trois ans, les cours
de M. le Dr. Marchot, professeur de philologie romane. J'ai assisté
aussi, pendant cette période, aux leçons de M. Giraud sur la litté-
rature française moderne, de MM. Michaut, Dr. Sturm et Dr. Streit-
berg sur les langues et littératures latines et grecques. En décembre
1898, j'ai subi avec succès à Fribourg l'examen oral du doctorat;
puis, pendant un demi -semestre, j'ai fréquenté, à l'Académie de
Milan et à l'Université de Pavie, les cours de MM. les professeurs
Dr. Novati, Dr. Gorra, Dr. Salvioni et Dr. Rossi. J'ai passé le
semestre d'été de 1899 à l'Université de Strasbourg, où j'ai tra-
vaillé sous la direction de M. le professeur Dr. Grôber.
Je me fais un devoir de présenter ici, à tous mes anciens
maîtres, l'expression de ma reconnaissance.
3
PC
3147
F7G5
Girardin, Joseph
Le vocalisme du Fribourgeois
au XVe siècle
PLEASE DO NOT REMOVE
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