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Full text of "Lexique roman : ou, Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l'Europe latine; précédé de nouvelles recherches historiques et philologiques, d'un résumé de la grammaire romane, d'un nouveau choix des poésies originales des troubadours, et d'extraits de poëmes divers"

LEXIQUE ROMAN 

ou 

DICTIONNAIRE 
DE LA LANGUE DES TROUBADOURS, 



C O W P A K K E 



AVEC LES AUTRES LANGUES DE L'EUROPE LATINE.» 

TOME IV. 
L.— P. 



DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET 

RUE DE VA UG IRA RI), N° 9. 



LEXIQUE ROMAN 



OU 



DICTIONNAIRE • • .; 

4 

DE LA LANGUE DES TROUBADOURS, 



c M p A n K i: 



AVEC LES AUTRES LANGUES DE L'EUROPE LATINE , 



OE NOUVELLES RECHERCHES HISTORIQUES ET PHI LOLOC IQUES , 

d'un RÉSUMÉ DE LA GRAMMAIRE ROMANE, 

d'un nouveau CHOIX DES POÉSIES ORIGINALES DES TROUBADOURS, 

ET d'extraits de POEMES DIVERS; 

PAR M. RAYNOUARD, 

MEMBRE DE l'iNSTITUT ROYAI. DE FRANCE (aCADÉMIE FRANÇAISE 

ET ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES ), 

SECRÉTAIRE PERrÉTUEI. HONORAIRE DE l'aCADÉMIE IRANCAISE, ETC. 

TOME QUATRIÈME. 

L. — P. 




A PARIS, 

CHEZ SILVESTRE, LIBRAIRE 

TiOK DES BOWS-HNFANTS , N" 30. 

1842. 







J 



LEXIQUE ROMAN, 



ou 



DICTIONNAIRE 

DE LA LANGUE DES TROUBADOURS, 



r o M r A R K F. 



AVEC LES AUTRES LANGUES DE L'EUROPE LATINE. 



I. 



L, s. m. , douzième lettre et neuvième 
consonne de l'alphabet , I. 
L'na dictios fiaish en i., e l'antra coinmensa 
per !.. 

Leys d'atnors, foL 4- 
Un mot finit en /, et l'autre commence par l. 
Efans no pronnncio r mas i, , qnar dîzo... 
paite. 

Elue, de las propr., fol. 4''(.- 
Les enfants ne prononcent pas R mais /, car ils di- 
sent... pè/e. 

Dans les Mss. , l, représentant les ar- 
ticles et les pronoms masculins el et lo , 
les articles et les pronoms féminins ii. 
et LA, se trouve toujours joint aux 
mots commençant ou finissant par une 
voyelle; mais dans les imprimés, pour 
plus de clarté, il est bon de faire précé- 
«Icr ou suivre cette lettre d'une apostro- 
phe , qui annonce l'élision. 

LA, art.f. sing., lat. //la, la. 

Voyez la Grammaire romane^ j). l^7. 
et iio. 
m. 



Siij. Qaan la doss' aura venta. 

B. DE Ventadouh : Quan la tloss'aura. 
Quand la douce aure souffle. 

JRég. dir. De totas avetz i,a flor. 

GiRAvD LE Roux : A ley de. 
De toutes vous avez la fleur. 
Qa'el trametia los brens ultra la niar. 
Poème stirBoèce. 
Qu'il transmettait les lettres outre la mer. 

La , devant un nom de saint, sup- 
pose l'ellipse des mots festa de , et 
forme une locution. 

Pas LA San Miqaels es passada. 
Le moine de Montai'DON : Be m'enucia. 
Depuis que la (/i'te de) .Sai^t-Micliel est passo'e. 
A chasque an , a la Sant Andreu. 

Charte de Bcssc en Auvergne, de 1270. 
A chaque an , à la Saiiil-.\ndré. 
ANC. roRT. leu su! la dona valida, 
lea suî la dona loada... 
A la corte inorar. 
Cane, do coll. dos Jiobres de Lisbouj fol. 102. 
CAT. ESP. La. PORT. MOD. A. IT. La. 

2. Las, art.f.plur., les. 
Sujet. Las fortezas. 



Les forteresses. 



Titre de qO'o. 



LA 

Ica no m vau ges camjau , 
Si cura LAS domnas fan. - 

B. DE Ventadour : Lo gens temps. 
Je ne me vais point cbangeanl , ainsi comme les 
dames font. 

Las autras qui après van. 

P. MiLON : En amor. 
Les autres <{ui après vont. 
Rég. Que fas.satz las beatatz durai-. 

Le moine de MonTAUDon : Aulra vttz. 
Que vous fassiez les bcaule's durer. 
Castiar 
Las domnas de falhir. 

I*. DE BussiGNAc : Quan lo dous. 
Empêcher les dames de faillir. 
ANC. PORT. Todas las coitas que sofrer poden. 
Cane, do coll. dos nobres deLisboa, fol. 92. 
ANC. CAT. ESP. Las. POKT. MOD. As. 

3. La , pron. pers. f. 3^ pers. sùig., lat. 
iYla , la , elle. 
Voy. la Grammaire romane, p. i63. 
Rég. dir. Que farai doncx? Amarai ma enemla.-' 
Aniar i,a del. 

P.AMBAUD d'Orange : Si de trobar. 
Que ferai-je donc? Aimerai-je mon ennemie? Ai- 
mer je la dois. 

Denbi' escotar ma verala chanso..., 
Qnar si la denhatz escotar. 

FoLQUET DE Marseille : Eu cbantan. 
Daigne écouter ma vraie cbanson... , car si vous la 
daignez écouler. 

ANC. CAT. La tristor la destrnn e menyscaLa. 
AusiAS Warch : Malamcn viu. 
ESP. La. 

— Pron. démonstr.y celle. 

Sa calor nataral ab la del solelh. 

Elue, de las propr.j fol. 198. 
Sa chaleur naturelle avec celle du soleil. 
ANC. CAT. 

Com, sens tornar, la qiie am es anada. 
AlsiAS Marcu : Aciuelles mans. 

— Pron. relat. 

Ja non aura proeza 
Qui no fug avoleza , 
E non LA pot fugîr 
Qui non la sap cbauzir. 

Arnaud de Mauueil : Razos es. 
Jamais n'aura prouesse qui ne fuit lâcheté, et ne 
lu peut fuir qui ne sait la discerner. 



LAB 

ANC. CAT. 

Menys que la ley clirisliana se présenta 
Als Africans, ne la volen oyr. 

AusiAS March : Yo crit lo be. 

/( . Las, pron. pers. f. 3® pers. plur. , les , 

elles. 
Rcg. Las li devedara..., no las descobrira. 
Titre de 960. 
Les lui défendra... , ne les découvrira. 

De las domnas mi dezesper...; 
Totas LAS dopt e las inescrc. 

B. de Ventadolu : Quan vey la. 
Des dames je désespère... ; toutes je les redoute et 
les mécrois. 
E.sp. Las, 

— Pron. dcnionstr., celles. 

Fora 'Is bucx geto las que no mellifico. 

Elue, de las propr., fol. 1^2. 
Hors des ruches chassent celles i[u\ ne fout pas de 
miel. 
ESP. Las. 

— Pron. relat. 

Las tuas lagremas niostraras; 
Al tien sirven las layssaras. 

Passio de Maria. 
Les tiennes larmes tu montreras ; au tien serviteur 
les laisseras. 

LABANSA, s.f., du lat. labans, déca- 
dence, ruine. 

Fig. Plalz me d' avol baron , 
Can met e guasta tan 
Tro sia... en labansa. 
Un TROi'BADOi'R ANONYME : Tos temps. 
Il me plaît de lâche baron, quand il dépense cl 
dissipe tant jusqu'à ce qu'il soit... en ruine. 

i. Relaps, adj., lat. relapsk.?, relaps, 
qui retombe dans un vice , dans une 
erreur. 

Ero eslatz relaps en lor error. 

Cat. dcls apost. de lioma, fol. 171. 
Avaient élé relaps dans leur erreur. 
CAT. ESP. PORT. Relapso. 

LABIAS , 1.AVIAS, LAVRAS, s.f. pi., lat. 
1.ABIAS, lèvres. 
So ditz LABIAS, quar ab els hom leca. 

Elue, de las propr., fol. 42- 
Sont appelés lèvres, car avec elles on lèche. 



LAB 

LwiAS grossas e luornilas. 

Roman de Jaufra, fui. 56. 
Livres grosses et lippues. 
hoc. Per lo pecbat de las i.avras. 

Orar devem de cor, non pas de lavras. 
Trad. de B'ede, fol. 34 et 2». 
Par le pécUé des livres. 
PJous devons prier de cœur, non pas de livres. 

— Par ext., bord d'une plaie , d'une 
blessure. 

Ajusta las doas labias de la plagua am su- 

tuia. 

Trad. d'Albucasis, fol. 20. 
Ajuste les deux, livres de la plaie avec suture. 
AMC. iT. Dlinostra che avesse le iabbia enOate. 
BUTI , Coin, sopra '/ poema di Dante ^ Int. y. 
Le mie prime Iabbia. 

Petrahca , cap. 4- 
Gocciar su ptr le labbra. 

Dante, Inf. 32. 

LABORAR, LAORAR, laurar , V., lat. 
LABORAR6', travailler, labourer, culti- 
ver. 

Dreitz ditz : Qu' om lador , 
Et aura ricor e be. 

P. Cardinal : Caritatz es. 
Justice dit : Que l'homme travaille, et il aura 
puissance et Lien- 

Vilas no selon aver sea 
Mas de laorar solamen. 

P. Cardinal : Un décret. 
Les vilains ne soûlent avoir sens excepte' seule- 
ment de labourer. 

Piegz tralz amans qu'om que laura. 
A. Daniel : AL guay. 
Pire traîue amant (ju'liomme qui laboure. 
Fig. No m laissarai per paor 

Qq' un sirventes non labor 
En servizi dels fais clergatz. 

G. FiGUElRAS : INo m laissarai. 
Je ne m'abstiendrai par peur que je ne travaille 
un sirvenlc au service des faux, ecclésiastiques. 

AKC. FR. Se laborer volt en sa vigne. 

Nouv. rec. defahl. et coiit. anc, 1. 11, p. 112. 
En petit d'eure IJiex labeure. 

Fabl. et c.onl. anc, t. III , p. 897. 
Tontes famcs sers et honore, 
D'eles servir peine et labore. 

Roman de la Rose, v. 2126. 
ARC. CAT. Laborar. cat. mod. Llaurar. est. 
Labrar. port. Lavrar. it, Lavorarc. 



LAB 3 

2. LaBORAIRE, LAHORAIUE, LABORADOR , 

LACRADOR, S. m., travailleur, labou- 
reur, ouvrier. 

Era LAiiORAiRE d' anr e d'argen. 

y^. d'Elias Cairel. 
Etait ouvrier d'or et d'argent. 

Co fay... lo Los lahoraires, lo temps de 

sas meissos. 

F. etFerl., fol. 33. 
Comme fait... le Lon laboureur, le temps de ses 
moissons. 

Laborador demorant a, etc. 
Terrier de la Confr. du S. -Esprit de Bordeaux, 

fol. 186. 
Laboureur demeurant à , etc. 

Laurador terras sensals tenen. 
Raimond de Castelnau : Mon sirventes. Fur. 
Laboureurs terres censales tenant. 
CAT. Lîaiirador. esp. Labrador, port. Lavrn- 
dor. IT. Lavoratore. 

3. Laboratge, s. m,, labourage. 

Las mes 
Qu'ieu de mon LABORATG'aten. 

G. Adhemar : CUantan dissera. 
Les moissons que de mon labourage j'attends. 

/j. Labor, laor, 5. ///., lat. l.^bor, la- 
beur, labour. 

Terra qne ses labor grana. 

Pierre de Cordiac : Domna dels. 
Terre qui sans labour grene. 
Fig. Roma, folh iabor 

Fa qui ab vos tensona. 
Germonde de Montpellier : Grou m' es. 
Rome, fou labeur fait qui avec vous dispute. 

— Cliamp labourable. 

Vinhas e pratz e terras e laors. 

P. Cardinal : Ges icu. 
Vignes et près et terres et champs labourables . 
ANC. FR. Moalt feisoit petit de labor. 

^ouv. rec. de fabl. et conl. anc, t. I , p. 192. 
ANC. IT. M-'andava si cbe senza alcun labore 
Segniva in su gli spiriti veloci. 
Dante, Purgai. 22. 
ANC. CAT. ESP. Labor. it. mod. Lavoro. 

5. Lauraksa, s./., terre labourable, 
champs. 

De las proprias lauransas de la abaî.1. 

TH. de 1261. DoAT, t. LXXIX, fol. 35. 
Des propres champs de l'abbaye. 
ANC. CAT. Llauransa. esp. Labranza. 



4 LAC 

6. Laborios, adj., lat. laboriosm.v, labo- 
rieux, fatigant, pénible. 
Aze... a portar carges hobediens et laborios. 
Far obras may vils et laboriozas. 
Nostra batalha... laborioza. 

Elue, de las propr., fol. 235 , 70 et i i. 
Ane... pour porter charges obéissant et laborieiiv. 
Faire œuvres plus viles st fatigantes. 
Notre bataille... pénible. 
CAT. Lahorios. esp. tort. it. Laborioso. 

LABRUSCA, s.f., lat. i.abrusca, lam- 
bruche, lambrusque. 
"Vit agresta es dita labrusca. 

Elue, de las propr., fol. 22t). 
Vigne sauvage est dite lambrusque. 
ANC. FR. Un grand bonc qui brontoit la lam- 
brunche saavage. 

Ronsard , t. II , p. 1 135. 
CAT. Llambrusca. esp, port. Labritsca. it. 
Lambrusca. 

2. Lambrusquieira , s.f., lambruche , 
lambrusque. 

Qaar Noe de t,AMBRDSQUiEiRA 
Plantât la vinba primeira. 

Bref, d'arnofj fol. /|8. 
Car ]Noé avec lambrusque planta la première vigne. 

L/VC, s. m., lat. i.aci(s, lac, fosse. 

Si us mena pescar al lac. 

Le dauphin d'Auvergne : Puois sui. 
S'il vous mène pêcher au lac. 

Senher, qn'estorses Sidrac... 
E Daniel d'ins del lac 
On era ab lo leo. 

Pierre d'Auvergne : Dieus vcr.i. 
Seigneur, qui arrachâtes Sidrac... et Daniel du 
dedans de lajbsse où il était avec le lion. 
ANC. FR. Et qui Daniel délivras 

Et gardas el lac périllens 
Des craex lyons. 
Nouf. rec. defabl. et cnnt. anc, t. H, p. 66. 
ANC. CAT. LlaC. ESP. PORT. IT. LogO. 

2. Lacual, adj., de lac. 
Aygas LACUALS. 
Eu pysbos maris et lacuals. 

Elue, de las propr.j fol. l5i cl 178. 
Eaux de lacs. 
En poissons de mer cl de Incs. 



LAC 

LAC, 1.AÏ, LATZ, S. m., lat. Lxqueus, 
lacs , lacet , lien , filet. 

En lo coU li meton lo latz. 

y. de S. Honorai. 

En le cou lui mettent le lacs. 
Feyron latz de corda qu'es ab l'engens tendutz. 
Guillaume de Tudela. 
Firent lacet de corde qui avec l'engin est tendu. 
Fig. Negns non es sais del lac de mort. 
Trad. de Bede, fol. 70. 
Nui n'est sauf du lacs de mort. 
Prov. Qui geta laz si penra en lui. 

Trad.deBède. fol. 64. 
Qui ^eilejllet se prendra en lui. 
ANC. FR. I ot tendu un laz de corde. 

Par le col est bien au laz pris. 
Qui onc portast guimple ne manche. 
Ne laz de soie ne çainture. 
Roman du Renart, t. Ill , p. 1^3, 125 et 3t5. 
ANC. OAT. Lac. CAT. uoD. Llos. ESP. Lazo. 
PORT. Laco. IT. Laccio. 

2. Lassol, s. m., lacs, lacet, lien.. 

Qui LAssoL rump ni destrni. 

Giraud de Borneil : Qui chantar. 
Qui lien rompt et détruit. 

Pel fort LASSOL, 
Amigua, en que m prezist. 
Giraud de Borneil : No m platz. 
Par le fort lacet, amie, en quoi vous me prîtes. 
it. Lacciolo, lacciuolo. 

3. Lassamen, s. /«., obligation, enga- 
gement. 

Non... consentirai que autres sagramens ni 
LAssAMENs ni covinens... se fassa. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 128. 

Je ne... consentirai qu'autre serment ni obliga- 
tion ni convention... se fasse. 

4. Lassar, lachar , V., lacer, lier, en- 
lacer, entrelacer. 

Fig. Sap la razo e '1 vers lassar e faire. 
Marcabrus : Auiatz del. 
Sait le sujet et le vers entrelacer el faire. 
Ben e gen sap trobar, 
E mots c coblas lachar. 
Guillaume de Behguedan : Bernait. 
Bien et agréablement sait trouver, et mots et cou- 
plets enirelacer. 



LAC 

D' un' amor qui m lass' e m te. 

15. DE VkntadouR : En cossirier. 
D'un amour qui m'enlace et me tient. 
Prov. Tais cnia oatrai enganar. 

Que si inczeis i.\ss\ e repreii. 

PlSTOLF.T.\ : Manta gent. 
Tel pense autrui tromper , qui soi-même enlace 
cl repreuil. 
Parc. pas. leu m snî d'un lalz 

Pel col I.ASSATZ. 

GiRAi'D DE BoRNEiL : Aqucst terminis. 
Je me suis d'un lacet par le cou lié. 
Son de fer e d'acer tait lassât environ. 
Guillaume de Tidela. 
Sont de fer et d'acier tous lacés à l'cntour. 
Fig. Tan son lassatz ab Frances feriuamens 
Qu' OUI no 'Is anza lur fais digz contrastai'. 

G. Anelier de Toulouse : El nom de. 
Tant sont liés avec Français fortement qu'on 
n'ose à eux contredire leurs faux propos. 
ANC. FR. Qni l'a entor le col lacté. 

Roman du Renart , t. Il , p. 328. 

5. Enlassamen , ESLASSAMEN, S. m. y en- 
lacement , réunion. 
Diplonges es eslassamens de dous vocals. 

Leys d'amors, fol. 3. 
La diphthongue est la réunion de deux voyelles. 
Fig. Luxnria domda las ferrienchas pessas per 
bonas viandas e per esi.assamens de deleiz. 
Trad. de Bide, fol. ^.I. 
Luxure dompte les charnelles pensc'cs par bons 
aliments et par enlacements de délices. 
ARC. CAT. Enllassament. est. Enlazamiento. 

G. Enlassak, enlaissar, V. , enlacer, 

lier. 
Fig, Per penre et enlassar, e per aucire del 
tôt las armas. 

r. et Vert., fol. i8. 
Pour prendre et enlacer, et pour occire entière- 
ment les âmes. 

Part. pas. Gascons vai totz eni.aissat 
Vas la mort. 

FoLQUET de Ro.mans : Cau Le ra. 
Cliacun va tout lié vers la mort. 

AHC. CAT. Eitllassar. esp. Enlazar. voRV.Enla- 
car. iT. Inlacciare. 

7. Deslassak , DESLASAR , V., (Ic-laccr, 
dtlier, (Ittacher. 



LAC 5 

Dkslaset son elme, e comenset a dir. 

Guillaume de Tudela. 
Délaça son licaume , et commença à dire. 
Fig. Aissi m ten pre» en la bueia 
Fin' amors, e no m deslassa. 

E. Cairel : Era non vey. 
Ainsi me tient pris dans la cliaînc pur amoui , 
et ne me délie pas. 

Part. pas. Manta gorgiera ueslasada. 
y. de. S. Honorât. 
Mainte gorgière délacée. 
iT. Dislacciare. 

LAÇA, s.f., lat. LACCA, laque. 
Laça e indi e grana. 

Tit. de 1248. DoAT, t. CXVI, fol. 16. 
Lacjueei indigo et garance. 

Si la LACA no se vent en Narbona. 

Tit. du xiii* siècle. Doat, t. LI , loi. i5i, 
Si la laque ne se vend à WarLonne. 
ESP. Laça. it. Lacca. 

LACERT, s. m., lat. lacektm.?, muscle, 
Dels nervis e dels lacerts. 

Trad. d'Albucasis, fol. l. 
Des nerfs et des muscles. 
ANC. ESP. IT. Lacerto. 

LACHj LAG, LAIT, L.VYT, S. m. Ct /., 

lat. LACTe/«, lait. 

Que verges aia enfant e lach , 
Aiso no fon banc vist. 

Trad. d'un Efang. apocr. 
i){xa vierge ait enfant et lait, cela ne fut oncqucs 
vu. 

En LAIT de cabra freit. 

Deudes de PiiADEs , Auz. cass. 
En lait de chèvre Iroid. 
La LAVT de cabra. , 

Elue, de las propr., fol. 242. 
Le lait de chèvre. 

Par cxt. Ab lait d'una salvatja lîca. 

Deudes de Prades , Auz. cass- 
Avec lait d'une figue sauvage. 
Fig. De LAG de galina. 

P. Cardinal : Sel que les. 
De lait de poule. 
CAT. Llet. ESP. Lèche, port. Laite, it. Latte. 

•1. Lacticini , s. in., lat. lacticinu/w , 
laita{je. 



6 



LAC 



De carns, lacticinis, peysbos e frngzviu. 
Elue, de las propr.j fol. l8o. 
Vit de cliairs, laitages, poissons el fruits. 
CAT. Lact'icini. esp. Lacticinio. tort. Lactici- 
nios. IT. Lacticinio. 

3. Laytenc, adj. , du lat. LiCTENxe/w, 
laiteux, «le lait, à lait, lacté. 

Ret suc LAYTENC. 

Bestias laytencas. 

Color... LAYTF.NCA. 

Es apelat cercle laytenc. 

Elue, de las propr.. fol. i88, 232, 58 et io8. 
Rend suc laiteux. 
Bêles à lait. 
Couleur... de lait. 
Est appelé cercle lacté. 

4 . Lachis , odj. , allaité , qui est à la 
mamelle. 

Per boca de lachis effans... 

lea sui paucz e DUtz, 

Et effans lachis en verlutz. 

Brev. d'amor, fol. 2. 
Par Louche d'enfants allaités... 
Je suis petit et nu , et , eu vertu , enfant à la 
mamelle. 

5. Laytar, V., lat. LACTARe, allaiter. 

Part. prés. Layt de femna laytant mascle. 
Elue, de las propr., fol. 89. 
Lait de femme allaitant mâle. 
Part, pas, Sino que sîo joves essems laytatz. 
Elue, de las propr., fol. 236. 
Sinon qu'ils soient jeunes ensemble allaités. 
IT. Lattare. 

6. Alachar, alaytar, v.^ allaiter. 

Llurs fils ALACHON 11 dalphi. 

Brei'. d'amor, loi. 52. 
Les daupliins allaitent leurs petits. 
Alachet la tota via 
Anna îro ac complet très ans. 

Trad. d'un Evang. apocr- 
Li'allaita sans cesse Anne jusqu'à ce qu'elle eut 
accompli trois ans. 
Part. pas. Efans qui so alaytatz. 

Elue, de las propr. , fol. l^'5. 
Enfants qui sont allaités. 
ANC. cat. Alletar. it. Àllattare. 

7. LaCHUGA , LAYTUGA , S . f. , lat. LAC- 

TucA, laitue. 



LAC 

Ab sac de lachuga et de papaver. 
Laytuga... ha suc laytenc. 

Elue, de las propr., fol. 80 et 212- 
Avec suc de laitue et de pavot. 
Laitue... a suc laiteux. 
cat. Llatuga, lletuga. esp. Lechuga. it. Lat- 
tiiga. 

8. Laxcgeta, s.J". dim., petite laitue. 
De la salvatga laxugeta. 

Decdes de Pbades , Auz. cass. 
De la petite laitue sauvage. 
ESP. Lechtiguita. 

LACRIMA , LACREMA , LAGREMA , S. f. , 

lat. LACRYMA, larme. 
Lacrimas dels hnels. 

Trad. d'Albucasis, fol. 4- 
Larmes des yeux. 
Pero soven de lagremas en muelh 
Mon vis. 

AiMERi DE Peguilain : Longameu. 
C'est pourquoi souvent de larmes j'en mouille 
mon visage. 

Fig. Ab LAGREMAS de contricîo. 

F. et Vert., fol. 68. 
Avec larmes de contrition. 
Loc. Es apellatz tôt aquest mon vall de la- 
gremas. 

V. et Vert., fol. 62. 

Est appelé tout ce monde vallée de larmes. 
Par ext. Vit... sa lacrema soven begada 
rump peyra, clarifica la vista. 

Elue, de las propr., fol. 226. 
Vigne... sa larme souvent bue brise la pierre, 
éclaircit la vue. 

CAT. Llagrima. esp. port. Lagrima. it. La- 
crima, lagrima. 

2. Lacrimacio, ^. y], lat. lacrymatio, 
larmoiement, action de pleurer. 
Fa ccssar lacrimacio. 
De dolor et lacrimacio. 

Elue, de las propr., fol. 83 el 106. 
Fait cesser larmoiement. 
De douleur et larmoiement. 
Par ext. Lacrimacio de vinbas. 

Elue, de las propr., fol. 129. 
Larmoiement de vignes. 
it. Lacrimazione , lagrimazione . 

^. Lacrimal, s. m., sac lacrymal. 



LAC 

Lacrimal del hoelh. 

Trad. d'Albucasis, fol. ^9. 
Sac lacrymal de l'œil. 

CAT. Llagrimal. esp. port. Lagrimal. it. La- 
crimale, lagrirnale. 

4. Lacrimable, s. m., sac laci'vnial. 
Si... LACRiMADi.E, qni es al angle del nelh, 

es trop cnnint. 

Elue, de las propr., fol. 38. 
Si... le sac lacrymal, qui est à l'angle de l'œil , 
esl trop cliamu. 

5. Lacrimos, lacremos, odj'., lat. la- 
cRiMosttJ, larmoyant , baigné de lar- 
mes , pleureux. 

Uelh ha inflacio et es lacremos. 

Elue, de las propr.j loi. 82. 
L'œil a enllure et est larmoyant. 

Am la cara lacrimosa. 

r. de S. Flors. DoAT, t. CXXIII , fol, 256. 
Avec la face baignée de larmes. 
CAT. iJagrimos. esp. port. Lagrimoso. it. 
Lacrimoso, lagrimoso. 

6. LvGRiMONSE, adj., larmoyant, pleu- 
reux. 

E 'Is nels tan panes coma deniers, 
Lagrihoivses et grepoillatz. 

Roman de Jaufre, 1^ Ms., p. 5g. 
Et les yeux aussi petits comme deniers, pleureux 
et c'raillcs. 

7. Lagrimar, lagremejar, V., lat. la- 
cRYMARfc', larmoyer, verser des larmes . 

De plorar e de lagremejar. 

Perilhos, Foy. auPurg. de S. Patrice, 
lie pleurer et de larmoyer. 
Dreitz es lagrim. 

A. Daniel : Chanson d' un. 
11 est juste que je 'vcrse des larmes. 
Li nelh que soen lagremejo. 

Zif. de SydraCj fol. 62. 
Les yeux, qui souvent larmoient. 
Pig. Latz lo cor m' es lagrima 
Que sas del cor lagrim. 

IL\i.Mo.ND DE MiRAVAL : Aissi m te. 
A côté du cœur m'est une larme que du haut du 
cœur je larmoie. 

CAT. Llagrimejar. esp. Lagrimar. port. Lagri- 
mejar. it. Lacrimare, iagrimare. 



LAG 7 

8. Lermar , V. , larmoyer , lamenter, 
gémir. 

Fols es qni trop se lerma. 

Le dauphin d'Auvergne : Joglaretz. 
Est fou qui beaucoup se lamente. 
ANC. FR. Tendrement plorent et lerrnoienc. 
Nou^. rec. defubl. et cont. anc.j t. Il, p. 35. 

LADRE, s. TH., ladre. 

Un LADRE solet absa familia. 

Fors de Brarn, p. logi. 
Un ladre seulct avec sa famille. 

?.. I.ADRAKIA, ,v.y:, ladrerie. 
En cascnna ladraria. 

Fors de Dcarn, p. loo^. 
Dans cbacune ladrerie. 

LAGANHA, s.f., chassie, humeur des 
yeux. 

Laganha es vîscoza snperfluitat de nelbs. 
Laganha et autres \icis de palpelas. 

Elue, de laspropr., fol. 83 et 221. 
Chassie m visqueuse superfluite' d'yeux. 
Chassie et autres vices de paupières. 
CAT. Llaganya. esp. Lagana. 

2. Laganhos, lacainos, adj., chassieux 
plein d'humeur. 

Ayssi coma hnellhs malantes ni cassldos e 
LAGANHos non pot gardar lo lam, ans eys- 
sorba. 

V. et Vert., fol. 83. 
Ainsi comme œil malade et cbassieux et plein 
d'humeur ne peut conserver la lumière, mais de- 
vient aveugle. 

E 'Js nels tan panes con ns diners, 
Lagainos et esgrapelaiz. 

Roman de Jaufre, fol. 56". 
Et les yeux aussi petiu comme un denier, chas- 
sieux et craillés. 

CAT. Llaganyos. bsp. Laganoso. 

LAGOT, s. m., cajolerie, flatterie, 
dissimulation. 

Mot decebo voluntier 
Les compradors lagotz dizen. 

Brev. d'amor, fol. I25. 
Moult ils déçoivent volontiers les aciieteurs en di- 
sant des cajoleries. 

Ni per lagotz ni per grans dos. 

Contricto e penas ifcrnals 
Ni \i3r /lattcries ni par grands dons. 



8 LAI 

2. Lagotier, lagoteir, adj., flatteur, 

cajoleur. 

Lagotier son e roaldizen. 

Brei'. d'amor, fol. 128. 
Sont Jl atteins eX. médisants. 
Gobla lauzengeha 
Fes e messongeira... 
E si la fes lagoteir a , 
Ane non gneris de panpreira. 
Bernard de Rovenac : Una sirventesca. 
Couplet louangeur elle fit et mensonger... et si 
elle le fit flatteur, oncques elle ne gue'rit de pau- 
vreté. 
ANC. CAT. Injast mais y i.agoters son totz. 

La Vida de Jes tn , fol. 42- 
ESP. Lagotero. 

LA.I, LAY, LA, adv. détnonstr.y du lat. 
//la ibî, là. 

Elha s' en to'rnet com son filh vays la 
Grassa , e qnan fo i.a , elha presentet sas le- 

tras alh abbat. 

Philomena , fol. 4i- 

Elle s'en retourna avec son fils vers la Grasse , el 
quand elle fut là, elle présenta ses lettres à l'ahbc. 
Gratar me fai lai on no m prn. 

B. DE Ventadour : Ab cor leial. 
Gratter me fait là où ne me démange. 

— Il est corrélatif de sai. 

Quar qni tAi mor, mais a qae si vivia , 
E qui sai via , pietz a qne si moria. 

Pons de Capdueii. : Er nos sia. 
Car qui meurt là, plus a que s'il vivait, et qui 
vit ici , pis a que s'il mourait. 

Volon mais de sai bastir 
Que LAI conquerre los fclos. 

P. Cardinal : Quan vey lo. 
Veulent plus bâtir de çà que conquérir là les 
félons. 

ANC. FR. Lai veisiez maint fort esca croisi. 
Roman de Gérard de Vienne, v. 168 t. 
Que toit allions ensemble lai sus en ta 
maison. 

Rec. decont. déi: La Vallière , t. II, p. 179. 

Qui nous doint parvenir lai sus en paradis. 
Rom. comment JS. S. fut -vengié. La Vallière , 

t. Il, p. 179- 
ANC. CAT. Lay. port. La. it. Là. 

Adv. comp. 

Que farai ien, domna, que sai ni lai 



LAI 

No pnesc trobar, ses vos, ren que bo m sia ? 
Hugues de S. Cvr : Très enemicx. 
Que ferai-jc, ô dame, vu que çà ni là je ne puis 
trouver, sans vous, rien qui me soit bon ? 
Obre luos liuelhs isnelamen; 
Gart SAI E LAI tôt belamen. 

Arnaud de Marceil : Doua genser. 
J'ouvre mes yeux promptement ; je regarde çà et 
là tout bellement. 
Ni de sai ni de lai 

Liv. de Sydrac, fol. 44- 
Ni de çà ni delà. 
Lo sanh bers ou Dieas fon sebelhitz 
Volon liurar aissilb qni de lay so. 

Guillaume de Mur : D'unsirventes. 
Le saint tombeau où Dieu fut enseveli veulent dé- 
livrer ceux qui de là sont. 

De lai on près mort e dolor. 

G. Faidit : Tant sui ferms. 
De là où il prit mort et douleur. 
ANC. FR. En la ville de Rouen ou autre ville de 
lay. 

Ord. des R. de Fr., l35o, t. II, p. SgS. 
Des lo temps Rotlan , 

Ni DE LAI DENAN. 

Bertrand de Born : Mon cban fenisc. 
Depuis le temps de Roland, ni de là en avant. 
De Bolbona en ça e del Banchets en la. 

Hist. de Languedoc, pr. , t. II , col. 190. 
DeBolbone en çà et du Banchet en là. 

Prép. comp. 

Qaar s' ieu era de lai mar veramen. 

Peyrols : Pus flum Jordan. 
Que si j'étais delà la mer véritablement. 

1. Aylai, adv., là, par là. 
Quau l' uns trahis aissai , 
E r autre trays aylai. 

P. Cardinal : Atressi cum per. 
Quand l'un trahit par ici, et l'autre trabit/j«r là. 
ANC. CAT. Àjii. CAT. MOD. Alli. ANC, ESP. Ala. 

ESP. MOD. Alla, alli. 

laïc, layc , S. m., lai, laïque. 

Per nianh forfag e per inantha laidura 
Qu'an fag e fan clerc e laïc inalameu. 
Guillaume de Montagnagout : Perlo mon. 
Pour maint forfait et pour maint outrage qu'ont 
fait et font méchamment les clercs et les lais. 

Il se dit aussi au féminin : 
A penas hi trucp laïc ni clerc 
Qu' el dreg cami non entreforc 



LAI 

On sens falb et entreforca ; 
Giea ni vei i,aica ni clergua 
Tant o cant que mal no iner{;ua. 

Gavaudan le Vieux : Lo mes. 
A peine j'y trouve Inn/iie ni clerc qui no lourdie 
,111 droit chemin où sens faut cl fourclie ; et difficile- 
menl je vois ( femme) laïque ni clergesse tunl nu 
quand qui mal ne mérite. 
Adj. Per anior de laigha gen. 

Biw. d'amor, fol. 6. 
Par amour de laïque gent. 
xNC. FR. Ce doit savoir nés un lais hoiii. 
Nouv. itc.defabl. et cont. anc, I. Il, p. 69. 
En l'office de maisire ordinaire lay. 

Ord. des R. de Fr., 1461, t. XV, p. 1 1 . 
Contre la jastice laye. 

Arre'ts d'amour, p. 690. 
ANC. c\T. Llaych. c.kt. Mon. Lajc. \-sc. esp. 
Laico. roRT. Leigo. it. Laico. 

LAID, LAIG, LAIT, LAG, I.AI, odj., (lll lat. 

■Ls.Dcre, laid, vilain. 
Voyez Denina, t. III, p. 4^» et 
I,EiBNiTZ, Coll. étym., p. 6"?,. 

L'us a luoiller qu' es bella e pros... 
E l'autr'es laioa c marrida. 
T. DE G. Faidit ET DE Perdigon : Perdigons. 
L'un a femme qui est belle et me'ritante.. . et 
l'autre est laide et revéclie. 

Tant com seras laitz a te, seras gens aDiea. 

Trad. de Bède, fol. 25. 
Autant comme tu seras laid pour toi , tu seras 
.'•ntil pour Dieu. 

Lagz es l'afars e greu.s e malestans. 

GiBAtn CE BoBNEiL : Per solatz. 
f'ilaine est l'afi'aire et pénible et fâcheuse. 
Doncs LAIG sentier 
Sec cel qa' ah lels oaniina. 

B. ZoRGi : Ben es adrpigz. 
Donc inlam sentier suit celui qui avec elle che- 
mine. 

Laia caosa es tengiid' al doctor, 
.So dis Catos, can nescis lo rejjren. 

B. CaRBONEL : Per espassar. 
C'est chose tenue vilaine pour le docteur, ce dit 
Caton , quand ignorant le reprend. 

Compar. No en farian cara laidor... 

Ane non vit/, cl mon i.ager rossa. 
P.Cakdinai, : D'tstevr. 
"N'en feraient pas mine plus laide... 
Dncqucj TOUS ne vito< au monde plus liiidr ro.sse. 
III. 



LAI 9 

Substantiv. Mas la laida ab dit?, enclos. 

T. DE G. Faidit et de Perdigon : Perdigons. 
Mais la laide avec mots ennuyeux. 
Adverbial. Ben es fols qui viu mal ni lag. 

P. Vidal : Baros Jhesus. 
Bien est fou qui vit mal et vilainement. 
IT. Laido. 

2. Laioir , V,, lat. L«DERe, outrager, ac- 
cuser, dénigrer. 

Artns, ja no t'azirar 
Qui t LAïuis ni t descucba. 
Le dauphin d'Aiivergne : Joglarctz. 
Art us, jamais ne te fâche, quiconque te déniffre et 
te dédaigne. 

Amicx , a gran tort me voletz laidir. 

AiMERl DE Pegl'ILAIN : Dona per vos. 
Ami , à grand tort vous me voulez accuser. 
ANC. KR. Ne s deit de paroles leidir. 

Marie de France , t. I , p. 870. 
Ne ne vous fêtes plus ledir, 
Quar ontes est de vous ferir. 

Fabl. et cont. anc, t. HT, p. i3. 
.\insi la damolsele bat 
Le chevalier, et se débat , 
Et de parole la laidist. 

Fabl, et cont. une, t. IV, p. 899. 
."Vluit s'esleient déjà laidiz, 
Chasciez e morz e desconfiz. 
B. DE Sainte-Maure , Chron. de Norm., fol. 192. 
Pour coa que ele l'escnndit , 
La laidi mut et aviila. 

Marie de France , t. I, p. 226. 
Vostre marrastre vous a et ferne et laidite. 
Pioman de Berle, p. 77. 
iT. Laidi re. 

3. Laidf.zir , V., enlaidir, altérer. 

Non puesc pus la dolor suffrir 
Qui m fai la color t.aidezir. 
Un troubadour anonyme : Seinor vos que. 
Je ne puis plus souHVir la douleur qui me fait 
altérer la couleur. 

.\. Laizar, V., souiller, léser, enlaidir. 
Ronlia ni lehrosia 
D'oine, qu'autramen bossia. 
Sa bon' arma non pot i.ayzar. 

Jirev. d'amor, fol. 12. 
Rogneni lèpre d'homme, cjui soit bon autrement, 
sa bonne âme ne peut souiller. 
Subst. La lemors del i.aizar 

Non den nul home far duplar. 

Brcv. d'amor, fol. l'j^. 



ïo 



LAI 



La crainle du souiller ne doit nul homme fiùre 
douter, 

iT, Laidare. 

5. Laiamen, adi>., laidement, vilaine- 
ment , outrageusement. 

Pels Turcs savais mot laiamen aunitz, 
Olivier LE Templier : Esiat aurai. 
Par les Turcs perfides laidement honnis. 
Laiamen tracta las chansas del monestier. 

Régla de S. Benezeg , fol. 44- 
Traite 'vilainement les choses du monastère. 
iT. Laidamente. 

6. Laidura, s.f., outrage, honte, in- 
jure. 

Quar s' elha m fai gran laidura , 
Quant autre s planh, ieu 01' apais. 

P. RoGiERS : Al pareissen. 
Car si elle me fait grand outrage, quand un autre 
se plaint , moi je m'appaise. 
ANC. FR. Bien savons qne vous ne traciés 
Fors nous faire honte et laidure. 

Rotnan delà Rose, v. iSaig. 
Cest vilain qui me fist lediire. 
Roman du Renart, t. III , p. 326. 
iT. Laidura. 

7. Laidf.sa , S.f., laideur. 

En gardar no '1 forsa beutatz 
Ni res, mas laidesa e cors falz. 
T. DE G. Faidit et de Perdigon ; Perdigons. 
A garder ne le force heautc' ni rien , excepté lai- 
deur et cDrps fou. 
ïT. Laidezza. 

8. Lageza, S.f., souillure, bassesse. 

Aiga lava corporals 
Lagezas et esperitals. 

Brei'. d'amor, fol. 38. 
Eau lave souillures corporelles et spirituelles. 
Hoin que, per pane fie profiech , 
Consentis en far lageza. 
G. Olivier d'Arles , Coblas triadas. 
Homme qui , pour peu de profit , consent à faire 
bassesse. 

g. L.AizANA , .y./;, souillure. 

La corporal laizana. 

Brei». d'amnr, fol. l47- 
La souillure corporelle. 



LAÎ 

10. hv-z , aflj . , lat. i.av.sus, lèse. 
Lac. Crim de leza majcstat. 

Ord. des R. de Fr., i463 , t. XVI, p. 134. 
Crime de /è.se-raajesté. 
Crim de yretgia o de leza magestat. 

Til. du xiv" siècle. DoAT, t. XGIII, fol. 259- 
Crime d'hére'sie ou de /t'^e-majeslé. 
ANC. CAT. Les. Esr. PORT. iT. Lcso. 

11. Lezio , s. f, lat. LGESio, lésion, 
dommage, outrage. 

Per so qne no fa.ssa lesio a la lengua. 
Trad. d'Albucasis , fol. 22 
Pour ce qu'il ue fasse lésion à la langue. 
De raptura o autra lezio defènsiva. 

Elue, de las propr., fol. 37. 
Défensive de rupture ou autre lésion. 
Acusatz de ciim de lezio de enperîal ma- 
gestat. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 114. 
Accusé de crime à'outrage à la majesté impériale. 
CAT. Lesiô. ESP. Lésion, port. Lesào. it. Le- 
sione. 

12. Blessedura, 5./^ , blessure, 

Sy clau ses neguna blessedura. 

Liv. de Sydrac , fol. 2(>. 
Se ferme sans nulle blessure. 

i3. Blessament , s. m., blessure. 

Contra tôt blessament qui pot venirdefora. 

Elue, de las propr., foî. 61 . 
Contre toute blessure qui peut venir de dehors. 

LAIRAR , V., lat. lAmARe, aboyer. 

Negus cas non pot layrar ni japar ni jangolar. 
F. et Vert., fol. 7t. 
Nul chien ne peut aboyer ni japper ni grogner. 
Stibstantiv ■ Lor parlais sembla lairar de cas. 
P. Vidal : Ara m'alberc. 
Leur parler semble Vabojer de chien. 
ANC, FR. Le suppliant oy leur chien lattrer et 

abahier très fort. 
Lett. derém.de i38o.Carpentier, t. Il, col. 1009. 
CAT. Lladrar. esp. port. Ladrar. it. Latrare. 

1. Lairament, s. m., aboiement. 

Espaventar per lairament dels chas. 

Trad. deB'ede, fol. 55. 
Epouvanter par aboiement des chiens. 
CAT. Lladramenc. it. Lntramento. 



LAI 

LAIRE , LAYRE, LAIRO, LAIRON , .V. /«., 

lat. LAtRoyem, larron, voleur, fripon. 
■ Es LAYREs aiscl que vay emblan. 

B. Cardonel : Joaii Fabrc. 
Est voleur celui qui va dérobant. 
Paobre lairon pent boiu per una veta... 
Qu'el ries laikes peuda 'l lairon niesqui. 
P. Cardinal : Prop a gucria. 
Pauvre larron on pend pour une vélille... Que le 
riche larron [lenilc le larron mesquin. 
Adj.Jig. Pros doinpua, ab un douz esgar 
Que m fairon vostr' iiels lairo, 
Mi vengnest luou cor eiiiblar. 

Pjerre de Maessac : Estât aurai. 
Ge'ne'reuse dame , avec un doux regard que me 
tirent vos yeux larrons, vous me vîntes voler mon 
cœur. 

Il a été employé, comme fur en la- 
tin, dans le sens de valet, esclave. 

Qold doinini faciant, aiident qanm talia fures ? 
VlRG. Eclog., 111, V. i6. 
En totz luecx me tenb per ton près, 
Per ton i.aik()?( en totas res. 

Marcabri's : Pus mos coi-atge. 
En tous lieux je me tiens pour ton prisonnier, 
pour ton esclave en toutes choses. 

— Sorte d'imprécation. 

S' ieu pogaes viare de mon captai , 
Laire sia ien , s' ien fos de lor fogal ! 
P. Cardinal : D'un sirventes faire. Var. 
Si je pusse vivre de mon capital, que je sois lar- 
tvn, si je fusse de leur fover .' 
^dv. comp. Amarai la donc a lairo. 

FoLQLET DE Marseille : Tan raov. 
Je l'aimerai donc à la dérobée. 
AHC. FK. Bien est lerres qu'à larron ernble. 

Fabl. et cont. anc, t. IV, p. 23(j. 
C4T. Lladre. esp. Ladron. i'Ort. Ladrào, it. 
Latro, ladro. 

1. Layronessa , s. f. , larronnesse , vo- 
leuse. 
Que apparesoon esser layres o latroi?es8as. 

Cartulairede Montpellierj fol. iSd. 
Qui apparaissent être larrons ou larronnesses. 

j. Layronia, s./., larronnerie, volerie, 
'I iponnerie. 

Quar Diens defendet a la gen. . 



LAI 



1 1 



E inurties e i.ayroni\s. 

Brii'. d'amor, fol. i/j. 
Car Dieu défendit à la genl... et meurtres et a>u- 
leries. 

ESP. Ladronia. 

4. LàYRONICI, LAIRONISSI, I.AYRONISSI , 

S. m. , lat. LA^RociNiM/w , larcin, vol, 

friponnerie. 

Layronici, penre l'autruy a tort et a dece- 
ben)en d' aquell de cuy es, senes sa voluntat. 
F. et Fert., fol. 14. 

Larcin, prendre ( le bien ) d'autrui à tort et avec 
déception de celui de qui il est , sans sa volonté. 

Laironissi faig de noig. 
Coût, de Montlci'ard. Arcli. du tioy., J, i\. 

Fol fait de nuit. 

Layronissi gros e manifest. 

Ord. des R. deFr., \\(ii, t. XVI , p. 134. 
Fol gros et manifeste. 
CAT. Lladronici. esp. Latronicio , ladronicio. 
PORT. Lacrocinio. it. Latrocinio, ladroneccio . 

5. Lay'ronat, s. m., larcin, friponnerie. 
Flac layrokat. 

Lejs d'amors, fol. m. 
Lâche larcin. 

G. Latronissa , S. Jl, larcin, volerie, 
friponnerie. 

Si negun o ncguna fasia latronissa de 
naecli o de dia. 

Charte de Gréalou, p. 94. 
Si nul ou nulle faisait larcir. de nuit ou de jour. 

7. Laironil , adj., dérobé. 

Las aigas laironils sunt plus dolsas , e pas 
escouduz plus snaus. 

Trad. de Bède , fol. 47. 

Les eaux dérobées sont plus douces , et pain cache' 
plus agréable. 

8. Laironar , î)., voler, dérober. 

"Venguetz coma sirven, 
Aisi com sel que lairona. 
Raimond de MiRAVAL : Baiona per. 
Vous vîntes comme sergent, ainsi comme celui qui 
dérobe. 

AUc. FR. Tant feirent et tracassareut pillant et 
larronnant. 

Rabelais , iiv. I , ch. 27. 

LAIS, i- rn., lamentation, plainte, gé- 
missement 



13 



LAI 



Premiers penres Labadol , 
E, si anas ab dreitura , 
Tro a Maroc faran lais. 

Pierre d'Auvergne ; Belm'esquan. 
D'abord vous prendrez Labadol , et , si vous allez 
en droiture , jusqu'à Maroc ils feront lamentations., 

LAIS, LAYs , S. m., lat. i^es^m^, lai, 
sorte de poésie. 
An laissât lays e vers e chansos, 
Kt an près plaitz e novas e tensos. 

P. Cardinal^ Rix bom que. 
Ont abandonné lais et vers et chansons, et ont 
pris plaids et nouvelles et contestations. 
Fasia a un juglar 
Lo LAIS de dos amans cantar. 

Roman de Jaufre, fol. 5i. 
Il faisait cbanter à un jongleur le lai de deux 
amants. 

Cella m platz mais qae chansos, 
Voha ni lais de Bretanha. 

FoLQUET DE MARSEILLE : Ja non volgra. 
Celle-là me plaît plus que clianson, refrain ni lai 
de Bretagne. 

Il s'est dit, par extension, du chant 
des oiseaux. 

El temps qu'el rossinhol s'esjao , 
E fai SOS lais sotz lo vert fuelh. 

Decdes de Prades : El temps. 
Au temps que le rossignol se re'jouit, et fait ses 
lais sOus le vert feuillage- 

— Son, résonnement, cri. 

Bel m'es cant aug lo resso 
Qne fai 1' ausbercs ab 1' arso. . . , 
Et aug los retins e 'Is lais 
Dels sonails, adoncs m' estais. 

Pierre de Bergerac : Bel m' es cant. 
Beau m'est quand j'entends le retentissement que 
fait le haubert avec l'arçon... , et j'entends les tin- 
tements et les sons des grelots, alors je m'élance. 
Âdv. comp. Tuit s'oscridon a un lais. 
Roman de Jaufre, fol. t\î). 
Tous s'écrient d'un seul cri. 
ANC. FR. Les cuntes ke jo sai verais, 

Dunt li Bretuu mit faitlor lais , 
"Vus conterai assez briefmenl. 
Marie de France , 1. 1 , p- 5o. 
Grant joie font par le palais, 
Et chautoicnt et sons et lais. 

Roman du Renaît, t. II, p. \f\f)- 



LAI 

Pour en cbanter quelquefois lays de plainte. 
J. Marot, t. V, p. 376. 

LAISSA, LAYSSA, lissa, s./. , lice, pa- 
lissade , barrière. 

De murs e de laissas ben clausa... 
E las LAYSSAS son reforsadas , 
Seguras e ben acairadas. 

G. RiQUiER : Qui a sen. 
De murs et de barrières bien close... Et les licei 
sont renforcées, assujéties et bien ajuste'es. 
En las LISSAS farai portai. 
Raimond l'Écrivain : Senbors l'autr' ler. 
Dans les lices je ferai portail. 
Ab LISSAS de fortz pals serratz. 

Bertrand de Born : Be m play lo. 
Avec palissades de forts pieux serrés. 
ANC. PR. Se reclosent par defors de lices et de 
barres... pour garder lur ost, lor liches et 
lor barres. 

Villehardolin , p. 24- 
Fsp. Liza. iT. Lizza. 

%. Palissada , S. f,, palissade , clôture 
de palis. 

Se fassa nna palissada. 

Tit. de 1398. DoAT, t. LIV, fol. 168. 
Se fasse une palissade. 

c,\T. Palissada. esp. Palizada. tort. Palissada, 
palicada. it. Palizzata. 

LAISSAR, LAiSAR , V., lat. laxar^, lais- 
ser, délaisser, quitter. 

Voyez Mueatori, Z)i.v.?. 33 , cILeib- 
NiTZ, Coll.étym., p. 62. 

Ma domna m lais per autre cavalier. 

Bertrand de Born : leu m'escondisc. 
Que ma dame me laisse pour autre chevalier. 
Aissi LAIS tôt quant amar suelh. 

Le comte de Poitiers : Pus de cbantar. 
Ainsi je quitte tout ce que j'ai coutume d'aimer. 
L' estrada 
Laissiei e mon dreg cami. 

J. Esteve : Ogan. 
Je quittai l'estrade et mon droit chemin. 
Tan bo essemple en laiset entre nos. 
Poiime sur Bo'ece. 
Tant bon exemple en laissa parmi nous. 
Proverb. Hom , on plus aut es puiatz , 

Plus bas cbai , si s laissa cbazer. 

P, BogIEKS : Scïihcr Raymbauli. 



LAI 

Homme , où plus liaut il est clevc , plus bas choit, 
s'il se laisse choir. 

— • Léguer, transmettre. 

Terras pot hom laissas , 
E son un» lieretar, 
Mas pretz non aura ja , 
Si de son cor non l'a. 

Arnaud de Maruf.il : Razos es. 
On peut laisser terres , et faire lie'ritier son fils , 
mais il n'aura jamais mérite , s'il ne l'a «le son cœur. 
Cinq libras U layssava. en son testamen... 
Cant li avia layssat en son testamen. 
F. et Vert., fol. 75. 
Cinq livres lui laissait A'iai son testament... 
Combien il lui avait laissé dans son testament. 

— Permettre , consentir. 

L' cm no '1 laiset a salvament annar. 
Poème sur Bo'ccc. 
L'on ne le laissa à saiivement aller. 

Quant a vos plac qne ns mi laissetz vezer. 
Guillaume de Cabestaing : Lo jorn. 
Quand il vous plut que vous me laissâtes vous voir . 
E s laissa, vins deserelar. 
Bertrand de Bor.n le fils : Quant vei lo. 
Et se laisse vivant dc'siiériler. 

— Cesser, s'abstenir. 

Fes se mercadier, e venc n'es , e t.ai.ssei 
d'anar per coilz. 

/''. de Pisloletu. 
Se fit marchand , et devint riche , et cessa d'aller 
dans les cours. 

Mesura m fai soven laissar 
De manh rir' e de trop jogar. 

Garis le Brun : INueg e jorn. 
Raison me fait souvent abstenir de maint rire et 
de beaucoup jouer. 

Doiunas, oimais vos lais de dradaria. 
Pierre de Gavaret : Pcironct. 
Dames, de'sormais ( envers ) vous je m'abstiens 
de galanterie. 

îVo m laissarai per paor 
Qu'un sirventes non labor. 

G. FlGUElRAS : ]So m laissarai. 
.Te ne m'abstiendrai pas par peur que je ne tra- 
vaille un siri'ente. 

ANC. PR. "Veoient qu'il avoient laissiet lur 
église trop folement. 

Chronique de Cambraj . 
Séé don scel ke inesirc d'Artois nous a lais- 
• ict pour lesbesoignes de sa terre. 

Charte d'Ouchi, 



LAI 



iiî 



A la fin le jeune garsou se voyant si foi r 
importuné et pressé , laissait de fréquenter les 
liens publiques. 

Amïot, Trad. de Plutarque, V. dcDémctrius. 

En Iny remoustrant qu'il ne laissast point , 
pour l'yver, h. faire guerre à ses ennemis les 
Angloi.s, 

-Vl.vin Chartier , p. 192. 

ANf:. ESP. 

Quanto aqui ganamos, aqni lo lexaremos. 
V. de S. Domingo de Silos, cop. 474- 
ANC. CAT. Leixar, lexar. cat. mod. Dexar. 
ESP. mod. Dej'ar. port. Deixar. anc. it. 
Lassare. it. mod.. Lasciare. 
Loc. Re ns lanzera que m laissassetz estar. 
Bertrand de Born : leu ra'escondisc. 
Je vous approuverais bien que vous me laissassiez 
élre (tranquille). 

Lassem estar elh playn , et anem lo vengar. 

Philomena. 
Laissons être (cessons) la plainte , et allons le 
venger. 

ANC. FR. Mais laissiés ester vo.stre plor. 

Roman de la Rose, v. i65i3. 
K'il lait ester ma terre. 

Roman de Rou, v. 3444- 

Le catalan a tlit leixar estar, et dit 
encore df.x.vr esta?: 
it. Lascinmo ora star qnesto. 

BoccAccio, Dec, VIII , 9. 

Quoique l'espagnol ni le portugais 
n'offrent aucun exemple de cette lo- 
cution, on en trouve la trace dans ce 
passage d'un titre de iigS, cité dans 
\ Elucidario, t. II, p. 3o. 

Quod leixarent ipsum stare in pace. 

2. Laissa , s. f., legs, testament. 

Cant issiras d'aquesta vida, pessa de Den , 
e , en ta laissa, laissa als paubres. 

Trad.deDède, fol. 64. 
Quand tu sortiras de celte vie , pense à Dieu , et , 
dans ton testament, laisse aux pauvres. 
Paguadas las laissas qnefara. 

Tii. de 1254. Doat, t. CXV, fol. 93. 
Payc's les legs qu'il fera. 
ARC. FR. Tl fist sa devise e son lais, et il dé- 
partit son avoir. 

ViLLEHABDOUIN , p. I("). 

ANC. CAT. Leixa. cat. mod. Dexa. pout. 
Deixa. 



i4 LAM 

3. Delaissar , ^^, délaisser. 
Part. pas. Fam vos saber que totz affais 
E totz negocis delaissatz. 

La Criisca profenzale , p. 96. 
INous vous faisons savoir que toutes afl'aires et tous 
négoces délaissés. 

ANC. ESP. Del (lia d'oy delessa... E delesso lo. 
l'it. de 1206. yirte del Rom. Casl., p. 4^ et l\k- 

If. Relays , RELAIS, S. m., relâche, re- 
lâchement, discontinuation, relai. 
Ses fin e ses relays... 
Andronix lo joies s' es noiritz el palays 
De solatz, de baudor, aitan con vol e mais, 
Mas anc non si donet a nuyl malvays relays. 
V . de S. Honorât. 
Sans fin et sans relâche... 

Andronic le joyeux s'est nourri au palais de soû- 
las, d'alle'aresse, autant comme il veut et plus , mais 
oncques il ne se donna à aucun mauvais reldcliement. 

Âdv. comp. 
Car mil ad dk relays cridavan de totz latz. 

V. de S. Honorât. 
Car mille h la fois criaient de tous côte's. 

• — Sorte de poésie. 

Jaci' aysso que alcn fassan gilosescas al 
oompas de dansa, e relays al compas de vers 

o de chanso. 

Leys d'amors, fol. /[t. 
Bien qu'aucuns fassent gilosesques sur la mesure 
de danse , et relais sur la mesure de vers ou de 
chanson. 
iT. Rilascio. 

5. Entrelaissar , v., interrompre, dis- 
continuer. 

Per la eal causa entrelaissant la paianla 
del comensament de Christ. 

Trad. de l'Epit. de S. Paul aux Hébreux. 

Par laquelle cause interrompant la parole du 
commencement de Cbrlst. 

6. Entrelaissament, s. m., interrup- 
tion , discontinuation. 

Car iea fane tota ora renenbransa de vos 
senes entrelaissament. 

Trad. de l'Epit. de S. Paul aux Romains. 

Car je fais toujours comme'moration de vous sans 
discontinuation. 

LAMENT , s. m., lat. lamentmw, la- 
mentation. 



LAM 

Sai de Jeremias per que fes los lamemtz. 
Pierre de Cobbiac : El nom del. 
Je sais toucliant Jére'mie pourquoi il Cl les la- 
mentations. 

ANC. CAT. Llamento. cat. mod. esp. port. it. 
Lamenta. 

1. Lamentation , s. f., lat. lament.\- 
TiON^w , lamentation. 

La LAMENTATION de Jercmlas. 

Doctrine des Vaudois. 
La lamentation de Jérémie. 
CAT. Llamentaciô, lamentaciô. esp. Lamenta- 
cion. PORT. Lamentacào. it. Lamentazione . 

3. Lamentos, adj., lamentable. 

Caosa... fort lamentosa e pietosa a veyre. 

Chronique des Albigeois, p. 20. 
Chose... fort lamentable et pitoyable à voir. 
ESP. IT. Lamentoso. 

LAMIA y s. f., lat. lamia, lamie. 

Bestias chimericascum so lamias, que han... 
cap virginal. 

Elue, de las propr., fol. SSy. 

Bêles chimériques comme sont Zamie^^ qui ont... 
tête de vierge. 
CAT. ESP. Lamia. it. Lammia. 

LAMINA, s. f., lat. lamina, lame, 
plaque. 
Lamina de plom. 

Trad. d'Albucasis, fol. 69. 
Latneàe plomb- 

Lamina d'aur. 

Elue, de las propr., loi. ib4- 
Lame d'or. 
CAT. ESP. PORT. IT. Lamina. 

2. Lama, laima , s. f. , lat. lam/«a , 
lame, plaque. 

Fetz far doas lamas de fer, 
E vai dir qu'om fort las calfes. 

Brev. d'amor, fol. 189. 
Fit faire deu.v lames de fer, et va dire que fort 
on les cbaufl'ât. 

Coirassa ni laimas de ferre. 

Roman de Flamenca , fol. 121. 
Cuirasse et lames de fer. 

ANC. FR. Fat ledit Anglois un petit navré des- 
soubs ses lames. 

MoNSTRELET, t. 1, fol- 84. 

IT. Lama. 



LAM 

3. Lamiera , s. f. , lamière , sorte d'ar- 
mure en lames «Je métal, cuirasse. 

■ Ni I.AMIERA ni gambayssons 
Ni degnn' autia garnisons. 

f^. de S. Honorât. 
Ni lamière :ii gambcssoa ui nulle autre armure. 
IT. Lamiera. 

LAMP, i.AM, S. m., du lat. lajvip<7.î, 
éclair, éclat de lumière. 
La resplandor dels lamps. 

Hist. nbr. de la Bible, toi. 3l . 
Le resplendissement des éclairs. 
Traniet Diens soveu en terra... 
Lams e fozer e tempesta. 

Brev. d'ainor, fol. 127. 
Dieu transmet souvent sur terre... éclairs et 
foudre et tempête. 

Fig. Quon a fis drntz sia joys t.xms. 

Ra.mdaud de VaqueiRAS : Ar vey escur. 
Comment pour les fidèles amants le Lonlieur soit 
éclair. 

— Par ext., foudre. 

Cazet .1. i,AM a forma de draguo arden, qne 
aucis très homes. 

Cat. dels apost. de Ro;na, fol. i ig. 
Il tomba unybwrfre en forme de dragon ardent , 
qui tua trois liommes. 

CAT. Llanip. ESP. it. Lampo. 

Ce mot signifie aussi glissade. 

En en prec r,AM e fie. 

ToRCAFOLS : Comunal veill. 
J'en ^t\% glissade et contusion. 

2. Lampa, s.f., lat. L.AMPA.y, lampe. 

L'oli delasLAMPAS. 

D' aquela pel si fan niacbas per i.ampas. 

Elue, de las propr., fol. 11^9 et 257. 
L'Iiuile des lampes. 

De cette peau se font mèches pour lampes. 
Faran ardre cascun dia nna lampa. 

TU. de 1460. DoAT, t. LXXX, fol. 392. 
Feront brûler cbaque jour une lampe. 
IT. Lampa. 

3. Lampeza , LAMPEA, s.J'., lampc. 

Per oli que noiris lo faoc en lampeza. 
A', et f^ert., fol. 7^. 
l'ar huile qui nourrit le feu dans la lampe. 

Abcandelas ni ab lampezas. 

Cartulaire de Montpelliir, fol. xt^'j. 
\ vie chandelle» ni avec lampres. 



LAN i5 

Una r.AMPEA qnc, per ven ni per aigua, no s 
pot e.scantir. 

Cat. dels apost.de Roma, fol. 1^2. 

Une lampe qui , par vent ni par eau , ne se peut 
éteindre. 

Fig. L'oli de niisericordia defalh en la lam- 
peza de son cor. 

F. et Vert., fol. 74. 
L'huile de miséricorde man<(ue dans la lampe de 
son cœur. 

ESP. Lampara. port. it. Lurnpacla. 

',. Lampec, s. m., éclair, éclat de lu- 
mière. 
En la quai partida si engendron vens, lasi- 

PEcs et toneyres. 

Elue, de la.<! propr., fol. i32. 
En laquelle partie s'engendrent vent, éclair ci 

tonnerre. 

CAT. Lampe g. 

LAMPREZA, LAMPREA , s. f., lat. lam- 
PE^RA , lamproie. 

La murena o lampreza. 

Elue, de las propr., fol. 262. 
La murène ou lamproie. 

De doDtze entro a vingt laïupradas , nna 

LAMPREA. 

Tit. du \i\<= siècle. DoAT, t. CXXXI, fol. 243. 
De douze jusqu'à vingt lamproies, une lamproie. 
CAT. Lamprea, Uamprea. esp. port. Lamprea, 
IT. Lampreda. 

2. Lamprada, s.f., lamproie. 

De douize entro a vingt lampradas, una 
lamprea. 

TU. du xiv'= siècle. DoAT , t. CXXXI, fol. 243. 
De douze jusqu'à vingt lamproies, une lamproie. 

LANA, s. /., lat. lana ,• laine. 

La toizos de la lana. 

P. DE GoRBiAC : Domna dels angels. 
La toison de la laine. 

A vostras berbifz 
Tondclz trop la lana. 

G. FiGUElRAS : Sirventes vuelli. 
A vos brebis vous tondez trop la laine. 
<:at. Llana. esp. Lana. port. Là. it. Lana. 

2. Lanieici, .y. /«., lat. lanificim/w, pré- 
paration des laines, apprêt des laines. 

F.n art de lanifici es engenhoza. 



i6 LAN 

Prumier fo en ela trobat lanifici. 

Elue. Je las propr. , fol. 170 et 167. 
Dans l'art de la préparation des laines est indus- 
trieuse. 

Premièrement fut en elle trouvé Vapprét des 
laines. 
ESP. PORT. iT. Lanificio. 

3. Lanis, adj. , de laine. 

Negus draps blancs, lanis , non sia tens en 

roia. 

Statuts de Montpellier, de 1204. 
Oue nul drap blanc, de laine, ne soil teint en garance. 
Dels draps i.anis que en la dicha vila se 

fasion. 

Tit.de i35i.DoAT, t.CXLVI.fol. 217. 
Des draps de laine qui dans ladite ville se faisaient. 

/|. Lanos, odj., lat. LANosM.y, laineux, 

couvert de laine. 

Semblant frag... alcunament lanos. 

Bestia lanoza et mansneta. 

Elue, de las propr., fol. 212 et 23l^. 

Ressemblant fruit .. aucunement laineux. 

Béte laineuse et douce. 
CAT. Llanos. esp. it. Lanoso. 

5. Lanuginos, odj., lat. lanuginosî<5 , 
laineux. 

Cardo... lanoginos es. 
Natura landgino/.a. 

Elue, de lus propr., fol. 2o3 et l85. 
Le chardon... est laineux. 
Nature laineuse. 

6. Lanier, adj., lanier, terme de fau- 
connerie. 

Si vols bon falcon i.anier , 
Ab gros cap et ab gros bec lo qtiier. 

DeUDES de PrADES, y^M3. cass. 
Si lu veux bon faucon lanier, avec grosse tête et 
avec gros bec clierche-le. 
IT. Lanière. 

— Par cxt. Avide , rustre. 

En Perdigons pren coin jotglars laniers, 
Qii' en penr'aver a tota s'esperansa. 
T. DE Rambaud , DE Perdigon et d'Adhémar : 

En Azemar. 
Le seigneur Perdigon prend comme jongleur 
avide, qui à prendre richesse a toute son espe'rance. 
Substantif. Tolz temps mè laisson derrier, 
Qnan m' an mes en la mesclada , 
Li gentil e 11 lanier. 

Bertrand de Born : Rassa mes. 



LAN' 

Toujours me laissent derrière, quand ils m'ont 
mis dans la mêle'e , les gentils et les rustres. 

ANC. FR. Nnns n'ifif de parleir laniers. 

Fabl. et eont. anc, t. III , p. 89. 
Il afflert bien que l'en présent 
De fruit novel un bel présent , 
En toailles ou en paniers: 
De ce ne soies jà laniers. 

Roman de la Rose, v. 825o. 
Mais ele vos tient por laniers. 

Romcfn del conte de Poitiers, v. 33o. 

LANDA, s./., du gothique lant, lande, 
plaine, désert. 
Voy. Ihre , Dis.i. att., p. 23 i. 

leu tenc lo paeg, e lays la plana landa. 

Perdigon : Aissicum selh. 
Je tiens la hauteur, et laisse la plane lande. 
S'ill vos ditz d'alt poicb que sia landa , 
"Vos la'n crezatz... 
C'aissi seretz aniatz. 

Giraud de Borneil : S' ie us quier. 
Si elle vous dit de haute montagne que ce soil 
plaine, vous croyez-l'en... vu qu'ainsi vous serez 
aime'. 

Car aquist aygna que demandas 
No sai yeu per aquestas landas. 
y. de S. Enimie , fol. 1 1. 
Car cette eau que tu demandes je ne connais pas 
par ces landes. 

Fig. Qui no fai so que Dieus manda , 
L'enemicx 1' a en sa landa. 

P. Cardinal : Jhesum Crisl. 
Qui ne fait ce que Dieu commande , le diable l'a 
en sa lande. 
iT. Landa. 

LANDACISME, s. m., îat. lamÔdacis- 
miis, lambdacisme, répétition vicieuse 
du 1. 

Lambdacismus... ut : Sol et Inna lace luce- 
bant alba, levî, lactea. 

Makcian. Capella , De nuptiis Mercur. et 
philolog. 5. 
Landacisme es cant nna dictios finish en /, 
e la seguens comensa per /. 

Leys d'amors, fol. 109. 
Lambdacisme , c'est quand un mot finit en L, et le 
suivant commence par L. 

LANGUOR, LANGOR, s. f. , lat. lan- 
GuoR , langueur, peine. 



LAN 

Fiiy venir home en i.akgor o en caitivier. 

F. et P'ert.. fol. i3. 
)'"ait venir l'iiominc en langueur ou en nsiscre. 
Lo tarniea 
Qae m'a mes en fan gran i.ANonon. 
Pierre d'Alvergse : Bellia m' es la. 
Le tourment qui m'a mis en si grande lanf^neut 
Plnss'amou, magiers es lor langors. 
T. DE Lantelm et de Raimond : Bamon. 
Plus ils s'aiment , plus grande est leur peine. 
ANC. FR. Longnement sera en langor. 

youf. rec. dej'abl. et vont. anc. , t. 1, p. 385. 
Pois cai en nne langor. 

Roman de Brut, t. I , p. 173. 
AHC. ESP. Languor. port. Langor. it. Lan - 
guore. 

•X. LANGtJi, L.^Giii, S. m., peine, chagrin, 
retard. 

Lo cor e'I sen e mon i,ANGur perdrai. 

G. RiQUiER : Aissi com selli. 
Le cœur et le sens et ma peine je perdrai. 
leu agui 
El cami gran trebalh e lagdi. 

Leys (l'amorSj fol. 120. 
J'eus au chemin grand tourment et retard. 
arc. cat. Lagiii. 

3.^Languimen , .î. m., abattement, lan- 
gueur, peine. 

Per LANGUIMES e per tristor 
De laiizengiers lualdizens. 

Pailet de Mar.seilie : Sitôt no m fas. 
Par abattement et par tristesse de flatteurs me'- 
disants. 

Lo'greas trebalbseMstANGuiMEKs... d'ifern. 

Contricio e penas ijernals. 
Le pénible tourment et les peines... d'enfer, 
.c. CAT. Langtiiment. 

Lacuios, aclj., lat. LA«Gui<ius, lan- 
:,'ui.ssant, nonchalant, insouciant, né- 

-.'iigent. 

Qui trop LAGDIOS 

Es de far .so c'a far a. 

G. RiQtiER : .Aitan grans. 
Qui est trop insouciant de faire ce qu'il a à faire. 
I ig. Mas r esper es doplos , 

E'I jorn es laguios. 

G. RtQL'lEB : Per rc non. 
Mais l'espoirest douteux, et le jour est languissant. 

I Languir, v., lat. i.angukré?, languir, 
-;imir, souffrir, 
m. 



LAN 



17 



Mais volria janzens durmlr. 
Que velhan deziran languir. 

Arnaud de MaRUEIL : Dona genser. 
Plus je voudrais dormir me réjouissant , qu'en 
veillant /«/;;!,'■(//;• désirant. 

Los nns teri ries, e 'Is autres fai i.angcir. 
GlRAUD DE Calanson : A leys cui ani. 
Les uns tient puissants , et les autres fait languir. 

Part. pas. Adoncs la dclor i.anguida es trop 
grans. 

Lw. de Sydrac, fol. ^i. 
Alors la douleur soufferte est trop grande. 

— Alangui, abattu. 
Don soy fort langdit. 

I^eys d'amurs, h\. ?,-. 
Dont je sui!< fort alangui. 

Fo ta fort afrevolida x 

Per la dolor e tan languida 
Que no s pcdia em pes tener. 

Passio de Maria. 
Fut si fort affaiblie par la douleur et si abattue 
qu'elle ne pouvait se tenir en pieds. 

— Infect , puant. 

"Vendre ni far vendre peis corrorapnt ni 

1.ANGUIT. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 1^5. 
Vendre ni faire vendre poisson corrompu et 
infect. 
IT. Languire. 

L'espagnol et le portugais ont con- 
servé le participe passé langiiidu. 

6. Languiar , laguiar , v. , languir , 
souffrir, affliger, chagriner, alangiiir. 
Qui tant se vol t.aguiar , et son temps 

despendre. 

Leys d'amors, loi. 23. 
Qui tant se veut chagriner, et son temps dépenser. 

Aver poder ni voler, nueg ni dia. 
De mi loingnar del maltrag que m langcia. 

B. Cai.vo : S' ieu ai perdut. 
.'Vvoir pouvoir et vouloir, nuit et jour, de m'éloi- 
gner de la peine qui m'alanguit. 
Part. prés. Lagcian cum gens marrida. 
Brev. d'amor, fol. l5. 
Ijanguissant comme gent attristée. 

LANHAR, LAGNAR, LAiGNAR, V., gémir, 
se plaindre, s'affliger, s'inquiéter. 
Voyez MuRATORi , Dis.<;. '^'^, 

Mas qui qne s t.anh 



,8 



LAN 



Qu'el jass'el bauli, 
E gense sa colors. 

GiRAUD BE BoRNEiL : Jois e clians. 
Mais qui que ce soit qui se phiif;ne qu'il gisse au 
1)3 in , et eraLeliisse sa couleur. 

Car si s iaigna ni s rancura. 

P. BoGlERS : Al pareissen. Var. 
Car s'il se plaint et se de'sole. 
ANC. FR. Sa chamberrière, laqnelle laignoit ou 

respontloit despiteusement. 
Lett. de rém. de l385. Carpentier, t. II, col. 989. 

iT. Lagnare. 

1. Lanha, lagna, laigna, l.\yna, s. f., 
gémissement , affliction , plainte, in- 
quiétude. 

Als us mOV LANHA , 

Los autres meurtris. 

P. Cardinal : Quais aventura. 
Aux uns suscite affliction, les autres meurtrit. 
La donzell'a suferc lonc temps dolor e layna. 
V. de S. Honorât. 
La damoisellc a souffert longtemps douleur et 
affliction- 

En aissi m ten io désirs en greu laigna. 
Peyrols : Si Le m sui. 
Par ainsi le désir me tient en pénible inquiétude. 
ANC. iT. Lagna. 

LANSA, s.f., lat. lancca , lance. 

Le mot LANCE a été employé par les 
anciens Gaulois, Allemands et Espa- 
gnols. 
Voyez Aulu-Gelle, lib. XV, cap. 20. 

— DiODORE, lib. V. — Watcher, 
Gloss. germ., v°. lanze. 

Voyez aussi Aldrete, p. 169. — 
Denina, t. I, p. aSg, et t. II, p. 335. 

— Leibnitz, Coll.ëtjin., p. 119. 

Ane en escnt lansa non frais. 

Bertrand DE Born : Al dous non. 
Oncqucs sur écu lance il ne brisa. 
Fi<y. Atressi m uafr' araors fort , 
Com vos , de sa lansa. 

Rambaud de Vaqceiras : Engics. 
Également me blesse amour fortement , comme 
vous , de sa lance. 

CAT. Llatisa. esp. l.anza. port, Lança, it. 
Lancia. 



LAN 

2. Lansada, s./., estafilade, coup de 

lance. 

Fereiro s tant fort amdos que ain las lan- 
sadas... trauquero li uns l'autre l'escut el'au- 

bert. 

Philomena. 

Ils se frappèrent si fort tous deux qu'avec les i 
coups de lance... ils trouèrent l'un l'autre l'écu et « 
le haubert. 

CAT. Llansada. isr. Lanzada. port. Lançada. 
iT. L^anciata. 

3. Lanceta, lanseta, A'.y], lancette. 
Quatre lansetas totas novas. 

Talhar la pointa de cadaiina lanceta. 

Ord. des R. de Fr. , 14^7 , t. XIV, p. 436. 
Quatre lancettes toutes neuves. 
Tailler la pointe de chacune lancette. 
CAT. Llanceta. est. pokt. Lanceta. it. Lancetta. 

4. Lancier, lansifr, s. m., porte-lance, 
crochet auquel on suspendait la lance. 

"Vi sa lansa e son escnt ! 

C om r ac en un LANsiER pendut. 

Roman de Jaufre, fol. [\'j. 
Vit sa lance ot son écu qu'on lui eut suspendu en 
un porte-lance. 

— Lat. LANCErtR»/.?, soldat qui porte In 
lance, lancier. 
.Ce. lancier sian aparelbat. 

Trad. des Jetés des J pâtres, cli. £'>. 
Que deux cents lanciers soient préparés. 
ANC. CAT. Llancer. esp. Lancera, port. Lan- 
ceiro. it. L.anciero. 

5. Lans, lanz, s. m., élan, jet, élance- 
ment, trait. 

Al primier lans pert ien mon esparvier. 

Bertrand de Born : Ien m'escondisc. 
Qu'au premier ;'e/ je perde mon éperviev. 
Adi-. comp. Tan fui lais.satz, 

Quan la vi al prim lanz. 

SoRDELS : Tan m' abellis. 
Tant ie lus étreiiit , quand je la vis de prim,' 
abord. 
El mielbs del mon s' es perdntz en un lans. 

AiMERi DE Pegcilain : S' ieu anc cliantiei. 
Le meilleur du monde s'est perdu en un trait. 
ANC CAT. Llans. esp. Lance, port. Lance 
IT. Lancio. 



LAN 

6. Lansar , 2K , lancer, jeter, darder, 
pousser. 

!Vo ill ten pro ausberc foij ni espes, 
Si LANSA cheit. 
Paeis LANs.v uu dart de ploiu gent aillât. 

GiRALD DE CalANSon : A lieyscui am. 
Ne lui lient profit liaubert fort et épais , tant il 
litnce droit. 

Puis lance un dard de plomb gentiment affilé. 
l'ig. Ab lin dous atiioros esgnar 

Que m laxsero siey bnelh lairo. 

Sor.DEL : Bel m' es ah. 
Avec un doux amoureux regard que me lancèrent 
ses yeux fripons. 

CAT. Llansar. esp. Lanzar. port. Lancar. it. 
Lanciare. 

7. EsLAis, S. m., clan, course, vitesse, 
trait, effort. 

Tro a la nau del port volon far Inr eslays. 

V. de S. Honorât. 
Jusqu'au navire du port ils veulent faire leur 
course. 

Fig. D' alegransa e de joi fai un Esr.Ais. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. 96. 
D'allégresse et de joie fait un élan. 

Loc.Jtff. Ves ifern fay son eslais. 

P. Cardinal : Pus ma boca. 
Vers enfer fait son élan. 

Adv. comp. 

D'aqaesta gent mairlda que vengron a eslays. 
f^. de S. Honorât. 
De cette gent hideuse qui vinrent avec impé- 
tuosité. 

. Foia'ls mais A GRANT ESLAIS. 

T. u'AlMERI DE PeGUILAIN ET d'AlBERTET : 

N Albertet. 
(^)u'il fuie les méchants « grand effort. 

Aissi m venon tug d' eslais. 

AlMERi DE Bellinoi : Era m'agr'ops. 
Ainsi me viennent tous d'élan. 

lea m n' irai lay de gran eslays. 
Rambald d'Orangk : Kntre gel e vent. 
Te m'en irai là de grande impétuosité. 
AM . fr. A tant s'en tourne à grant eslais, 
Et Enrians lemaint dolente, 
Qui de plourer pas ne s'alenle. 

Roman de la f^tolelte, p. 58. 
^1 saillit de plein eslays ^ania destrier. 
Hist. de Gérard de devers, p. 85. 

lansab, V., élancer, pousser, jeter. 



LAN • 19 

En als non ai cor que rn'ESLANs. 

Rambaud d'Oranci: : Aras no siscla. 
En autre cliose je n'ai cœur r|ue je m'élance. 
Mos cors en leis aniar .s'eslansa. 

Albert de Sisteron : En amor. 
Mon cœur s'élance à aimer elle. 
IT. Lanciare. 



9. Eslaissar, V., élancer, précipiter, 
aventurer. 

Braus cavals, qnan s'eslaissa. 

G. Adhemar : LaM([uan vci. 
Fougueux cheval , quand il s'élance. 
Fig. M' es vengut en cor que m' eslais 
De far nn novel sirventes. 

Bertrand de Born : Pus lo gens. 
M'est venu en volonté que je m'aventure à faire 
un nouveau sirvente. 

Si m dey tener qu'en trop dir no ih'eslais. 
Gui d'Uisel : Ane no cugey. 
Ainsi je dois me tenir qu'à trop dire je ne m'a- 
venture. 

ANC. FR. 

Devant les Sarrasins se prent à eslaisser. 
Roman de Fierabras en 'vers français . 
Li dus s'eslaisse en .1. prael. 

Roman del conte de Poitiers, v. 860. 
Puis ont les chevaus eslaisiés. 

Roman de la Violette, p. 260. 

10. Relais, s. m., relais, élan. 
Ab tan Bertrans s'en vai sus per relais. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. 96. 
En même temps Bertrand s'en va sus par relais. 
Adv. comp. Y corre de relais. 

Tal paor, que de relais 
S'en torneron drecb al palavs. 
V. de S. Honorât. 
Y courir d'élan. 

Telle peur, que d'élan ils s'en retournèrent droit 
au palais. 

LANSOLADA, s.f., lansolade, sorte de 
plante. 

Solvi pro .VIII. lanssolatis palearum... De 
qnalibet lanssolata .11. albos. 
Tit. de 1372. Hist. de Nîmes, t. II , pr., p. ^19. 
Per sanar la carn nnfrada , 
Es bona la lansolada 
Qu'om apela carlepepi. 

Hrev. d'amor, fol. 5o. 
Pour guérir la chair blessée, est bonne la lansolade 
qu'on appelle carlopepin. 



c^0 LAP 

LANTERNA, .v. /, lat. l^terna, lan- 
terne. 
Plas son ardens uon es lums en i,anterna. 

Alb. Caille : Arasquaii. 
Plus sont ardentes que n'est lumière en lanterne. 
Ftg. No y trueb vid' eterua , 
Si vostre prees 
No m n'es lums e lanterna. 

B. ZoRGl : Ben esadreigx. 
Je n'y trouve vie éternelle , si votre prière ne 
m'en est lumière et lanterne. 

Proverb. Coire per anr, e veissigas per lan- 
ternas. 

V. et Vert., fol. 29. 
Cuivre pour or, et vessies pour lanternes. 
CA.T. Llanterna. Esr. port. it. Lanterna. 

1. Lanternier, s. m., lanternier, fabri- 
cant de lanternes. 

A LANTERNIERS, lo pOrtal. 

Cartulaire de Blonipellier, fol. /J/j. 
Aux. lanterniers , le portail. 
CAT. Llanterner. esp. Lanternera, port. Lan- 
terneiro. it. Lanternaio. 

LAPACI, S. m., lat. lapathiuw, pa- 
tience, oseille. 
Las fuelhas de lapaci so mollas. 

Elue- de las propr., fol. 212. 
Les feuilles à'oseille sont molles. 

it. Lapazio. 

LAPIDAR, V., lat. lapidars, lapider. 
Deforas els lo van menar, 
Comensson a lo lapidar. 
Lo lapideron li fellon. 

Planch de S. Esleve. 
Dehors ils le vont mener, commencent à le la- 
pider. 

Le lapidèrent les fc'lons. 
Part. pas. Saut Esteve fo lapidât. 

Planch de S. Esteve. 
Saint Etienne fut lapidé. 

La femna qne era preza eu adulteri , e dévia 
esser lapidada. 

K. et Fert., fol. 79. 

La femme qui était surprise en adultère, et devait 
être lapidée. 

ANC. ESP. 

Deuiando a iïilotas pora seer lapidado. 
Poema de y4lexandro, cop, \']l\5- 
IT. Lapidare. 



LAP 

1. Lapificar, ri. , pétrifier, devenir 
pierre. 

Part. pas. fig. Considéra si es lapificat, dur, 
de fusca color. 
Apostema i.apikicada. 

Trad. d^Albucasis, fol. 20 et 35. 
Considère s'il est devenu pierre, dur, de couleur 
brune. 

Apostèrac devenu pierre. 

CAT. ESP. PORT. Petrificar. 

3. Lapidos, adj., lat. lapidosm^, pier- 
reux. 

Sas vias so arenozas, lapidozas. 

Elue, de las propr., fol. 162. 
Ses voies sont sablonneuses, pierreuses . 
ESP. PORT. IT. Ljapidoso. 

4. Lapide, adj., lat. lapidem.v, pierreux, 
dur comme la pierre. 

Scrophnlas son niotas..., de aquelas so alcu- 
nas de lapideas. 

Trad. d'Âlbucasis, fol. 25. 

Les scrofules sont nombreuses..., de celles-là sont 
aucunes de pierreuses. 
ESP. IT. Lapideo. 

5. Lapidatio, s.f., lat. lapidatio, la- 
pidation. 

Apres la lapidatio de sanh Estephe, pre- 
mier martre. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 97. 

Après la lapidation de saint Etienne , premier 
martyr. 
IT. Lapidazione. 

6. Lapidari, s. m., lat. lapidarim^, la- 
pidaire. 

D' elas uzo lapidaris a talhar. 

Elue, de tas propr., fol. l8^. 
D'elles usent les lapidaires pour tailler. 
Libraris, lapidaris. 

Lej's d'amorSj fol. l5o. 
Libraire , lapidaire. 

CAT. Lapidayre. esp. pokt. it. Lapidario. 

7. Clap, .s. ni., tas, amas, monceau, 
masse. 

Adv. coinp. 

Tant an suffert l' aut baron lar mescap 
Qu'el meill del mon tenon Frances a clac. 
P. Dlkano : Er tilcnt. 



LAP 

Tant ont soufterl les hauts baroDS leur méchef, 
<iue le mieux du monde ils traitent les Français en 
tuasse. 

8. Clapie, s. m., tas, amas, grand 
nombre. 

Adf. comp- Morian a clames de fam. 

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 14. 
Mouraient de faim (î tus. 

(j. CiAPiF.R, S. m., clapier, trou à lapins. 

Aquel que destrnra clapier , o prendra 

conlls. 

Charte de Gréalou, p. 110. 

Celui qui de'truira clapier, ou prendra lapins. 

10. Clapiera, s./., tas de pierres. 

En nna gran ci.apiera... 
De solz una gran clapiera. 

^. de S. honorât. 
En un grand tas de pierres. 
Dessous un grand tas de pierres. 
ANC. FR. Misdrent le corps d'icelui brigant 

soubz an clappier et monceau de pierres. 
Lett. de rém. de i^5t). Carpintier, t. I , col. 976. 

1 1. AcLAPAR, V., amasser, entasser. 

Las peyras an aclapat. 

r. de S. Honorât. 
Les pierres ont entassé. 

12. AcLAP, S. m., entassement, confu- 
sion. 

Ab SOS sirventes, don fa tan gran aclap 
Qne par qu'embroc los vers, e qu'els mescl' 
en euap. 
P. Bbemond Ricas ÎNovas : En la mar. . 
Avec ses sirventes, dont il fait si grande confu- 
sion qu'il paraît qu'il met les vers en Lroc, et qu'il 
les mêle en coupe. 

l'i. AixAPiDAR, V., lapider. 

Leveron peyras per el allapidar. 

Trad. du N.-Test., S. JkAN, ch. 10. 
Levèrent pierres pour le lapider. 
Tôt lo pobol nos ai.lapidara. 

Trad. du N.-Test., S. Luc, ch. 19. 
Tout le peuple nous lapidera. 
rr. AUapidare. 

LAPPA, s.f., lat. LAPPA, bardane, sorte 
de plante. 

Lappa es herba ab fuelhas... que si rapo a 
M rauba d'boine. 

Elue, de las propr.j toi- 212. 



LAR 21 

La bardane est herbu avec feuilles... qui s'atta- 
chent à la robe de l'homme. 
CAT. ESP. PORT. Lapa. iT. Lappola. 

LARG, LARc, adj., lat. LARGM.y, large, 
généreux, libéral. 
Voyez MuRATORi , Diss. 33. 
Dician de far la larga e tan haata e tant 
grant qu' ilb perveugues entro al ceL 

La nolilu Leiczon. 
Disaient de la faire tarife et si haute et si grande 
qu'elle parvînt jusqu'au ciel. 

Fig. Petit mi met en razou larga. 

Guillaume DE Durfort : (,)uarsay. 
Peu me met en raison large. 

Etz, e foratz en tolz faitz cabalos, 
Si fossetz LARCX. 

Granet : Comte Karle. 
Vous êtes , et seriez en toutes actions supérieur, si 
vous fussiez généreux. 

Escas de fag e larcs de ven. 

Alegbet : Ara pareisson. 
Avare de fait et prodigue de vent. 
Siibstantiv. Aitan a de lonc coma de larc. 
Lii>. deSydrac, fol. 45- 
Autant a de long comme de large. 
ANC. FR. N'est pas larges da sien donner. 
Fabl. et cont. anc. , t. II , p. i8b. 
Il fa large et courtois en dons. 

Froissart, t. III, p. 29. 
CAT. Llarg. ESP. PORT. iT. Largo. 

2. Large, adj., large. 
Substantiv. Quant deu aver de large. 

Trad. du Tr. de l'Arpentage, 1^ part., ch. 24- 
Combien doit avoir de large. 

3. Largitiu , adj., libéral, favorable. 

De do LARGITIVA. 

Ad borne sa influencia esperialment es lar- 

GITIVA. 

Elue, de Ids prupr., fol. 117. 
Libérale de don. 
Son influence est sp(•'cialementy^^^'o;■«6/e à l'homme. 

4. Largamen, adv., largement, géné- 
reusement, libéralement. 

Gen proraetre, largamen dar. 

PiERKE DU Vilar : Sendatz vemiellis. 
Gentiment promettre, largement àoaaer. 
Lo Senhor dona largamen. 

L'Arbre de Bataillas, (lÀ. r26. 
Le Seigneur donne largement, 

CAT. Hargatncnt. esp. port. it. Largamciue. 



■Kl LAR 

5. Largar, V., larguer, lâcher, relâcher. 

Han tan pregat qu' els van largar. 
y. de S. Honorât. 
Ont tant prié qu'ils les vont relâcher. 

Van tramettie.., lier largar Paul. 

Trad. des Actes des Apôtres, ch. 16. 
Vont transmettre... pour re/«V/zer Paul. 

ESP. roRT. Largar. it. Largare. 

(j. Larguejar, V., faire des largesses, 
des libéralités. 

Qui gran cor a de larguejar 
Saber den d' ont o pot traire. 

P. Fabre d'Uzès : Luecx es. 
Qui a grand cœur Refaire des largesses doit sa- 
voir d'où il le peut tirer. 
iT. Largheggiare . 

7. Largor , s. f. , largeur, étendue, 
dimension. 

Quo s devesis una grans tors 
En un paue miraill de largor. 

FoLQUETDE Marseille : Molti fes. 
Comme se discerne une grande tour dans un petit 
miroir de dimension. 

Fig. Non ai d'aver gran largob. 

G. Faidit : Manens fora. 
Je n'ai pas grande étendue de richesse. 
Bsr. Largor. 

8. LaRGUEZA , LARGUESA , LARGESSA, S.f., 

largeur. 

La LARGUEZA dcl pont no vos say devisar. 

Roman de Fierabras, v. ■iil\l. 
La largeur du pont je ne sais vous expliquer. 

— Largesse, libéralité, abondance. 

El fon ben adreichamen sos fils en lotas 
valors et en totas boutatz et en totas largue- 
sas. 

f^. de Blacasset. 
Il fut parfaitement bien son fils en tous me'rites et 
en toutes bontés et en toutes largesses. 
Escalfat par largessa de viandas. 

Trad. de BMe, fol. 54. 
Échaufle ]>iT abondance d'aliments. 
AHC. CAT. Largesa. cat. mod. Llarguesa. tsp. 
PORT. Largueza. it. Larghezza. 

9. Larguetat, s. f., lat. largitat^w, 
largesse, libéralité, abondance. 

Ab trebalh et ab larguetat, 



LAR 

Conquier reys prelz, e '1 gazauba. 

Bertrand de Bobn : Jeu clian. 
Avec tracas et avec libéralité , roi conquiert mé- 
rite , et le gagne. 

Snfrem... grans efernietaz de coleras per 
LARGUETAT dc vïandas. 

Trad. de Bède, fol. 54- 
!Nous souffrons... de grandes infirmités d'humeurs 
par rtio/ïc/nnce d'aliments. 

ANC. FR. De ce fet-il monlt grant aumosne. 
Et de ce fet grant largeté. 
Nou^. rec. defabl. et cont. anc, t. II, p. 112. 
Ad chevaliers de mnlt grant largetet. 
Od ço si aveit grant valeur de largeted... 
Cuui Horn est vaillant e de grant largeted. 
Roman de Horn, fol. 16 et 3. 
IT. Larghità , larghitate , larghitade. 

10. Alargak , ALARGUAR, V., agrandir, 
relâcher, élargir, ouvrir, lancer, aban- 
donner, délivrer. 

Per ALARGAR lurs possessions. 
Trad. du Tr. de l'Arpentage, 2« part. , cli 2^. 
Pour agrandir leurs possessions. 

Avetz perdut per trop singlar, 

D' un punch vos degratz alarguar. 

Un troubadour anonxme : En aquest. 
Vous avez perdu pour trop serrer, d'un point vous 
devriez vous relâcher. 
Suefron los layros, e los alargon per deniers. 

V.et yert., fol. i/j- 
Souffrent les voleurs , et les élargissent pour de- 
niers. 

Ja sui tornatz en 1' afan 

De qae hi'alarguetz antan. 

Cadenet ; Amors e com. 
Désormais je suis retourné en la peine de quoi vous 
me délivrâtes antan. 

De gran prezon mon cor alarc. 
Gavaudan le Vieux : Lo mes e'I temps. 
De grande prison je délivre mon cœur. 
Part. pas. Com U retenc son cavall 

Qn'er' alarguatz en la gran vall. 
V. de S. Honorât. 
Comment il lui retint son cheval qui était lancé 
dans la grande vallée. 

Fig. Lo cors nostre es alargatz a vos. 
Trâd. de la 2« Epît. de S. Paul aux Corinthiens. 
Notre cœur est ouvert à vous. 
ANC. CAT. Alarguar. cat. mod. AUargar. esp- 
port. Alargar. it. Allargare. 



LAR 

11. Alargamkn, s. m., ôlargissement, 
agraniHsscment , aiignicnfation. 

Del Ai,.\R«AMKN de las viandas de la terra 
del rei d'Aragon. 

Carliilaire ih Montpellier, loi. 20^. 
De V augmentation tics subsistances de la terre du 
roi d'Aragon. 

— Délai , retard. 

IVIas las falsas van lur terme donan , 
F. fin' araors no vol alargamen. 

Bernaiu) ToRTi.s : Per ensculiar. 
Mais les lausses vont leur terme douaant , et pur 
amour ue veut délai. 

Ksp. Alargamiento. port. Alargamento. it. 
Allargamento. 

12. Rei..\rgar , V., relâcher, lâcher. 

Totas antras Icys cargon et estrenbon, mas 
aijaesta rei.a.rc;.\ e descarga et alleuja. 

r. et Fert., fol. 5i. 

Toutes autres lois cliargent et clreigneut , mais 
celle-ci relâche et de'cliarge et allège. 

i"^. EsLARG.vR, ?'., élargir, répandre. 
No s' F.SLARGE foras. 

Trad. de Bide, fol. 12. 
Ne se répande dehors. 
IT. Slargare. 

i/i. Elargir, -u., élargir. 
Parc. pas. En après ei.argitz de preson. 
Fors de Béarn, j>. 1080. 
Par après élargis de prison. 

LARI, s. m., lat. larh.î, poule d'eau. 
La.ri es aazel alcnnas vetz habitant en 
terra et aiganas vetz en ayga. 

Elue, de las propr. , fol. i^y. 
La poule d'eau est oiseau habitant aucunes fois 
sur terre et aucunes fois en eau. 

I.VRT, LAR, S. m., lat. lardww, lard. 
Cozetz en vi ab i.art qu'es près 
De cap de porc. 

Deudes de Pkades, âuz. cass. 
Cuisez dans le vin avec lard qui est pris de tête 
de porc. 

Per i,AR a lardar los pijons. 

Jlist. de Nîmes, t. 111 , pr., p. 227. 
Pour lard il larder les pigeons, 
' kT. iJard. ESP. ir. Lurdo. 

■ f-ARDAR , V., larder. 



LAS 0.3 

l'er lar a lardar los pijons. 

Hist. de Nîmes, t. 111 , pr., p. 227. 
Pour lard à larder\es pigeons. 
Loc. frg. Cant l' apatîscas ni t lardas. 

P. Cardinal : JUesum Crist. 
Quand tu l'empâtes et te lardes. 
Fan. pas. Fig. 

Menudanien de mot gros blavairos 
Fon LARDAT7. lo capos. 

Maifre Ermenc.al'O, Kpit. à sa sœur. 
Minutieusement de très-fortes meurtrissures fut 
lardé le chapon. 
ESP. Lardar. port. Lardear. it. Lardare. 

3. Enlardar, V., larder, barder de lard. 
Part. pas. Un paon rostit, enlardat, 
E ricamenz apareillat. 

Piiiirian de Jaufre, fol. 78. 
Un paon rôti, bardé de lard, et richement prépare. 
cat. Enllardar. esp. Enlardar. 

LAS, cidj., lat. LAS,ç«.y, la.s, fatigué. 
Anero s panzar, que mot eron i,as. 
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. r.^. 
Ils allèrent se reposer, vu qu'ils e'taient moult las 
Fig. Que ja no sia las 
De donar. 

Bertrand de Born : Genl fai. 
Qu'il ne soit jamais las de donner. 

— Malheureux. 

Que fosson delinrat 
Li LAS prizonier dolen. 

B. ZoRGi : On liom plus. 
Que fussent délivres les mallieuieu.v prisonniers 
souffrants. 

Exclain. Las! que faraiPcum sni trabitz! 
B. DE VeNTADOur : Quan lo boscatges. 
MaUieureu.vl que ferai-je? comme je suis trahi ! 
M'aviatz gran gaug donat. 
Ai! LASSA , can pauc m' a durât ! 

Ptoman de Jaufre, fol. 86. 
Vous m'aviez grande joie donne.' ah; malheu- 
reuse, combien peu elle m'a duré ! 
ANC. fr. Lasl tant en ai puis souspirè. 
Et doit estre lasse clamée 
Quant cle aime sans eslre amée. 
Roman de la Rose, v. 1616 et \l^o3^J. 

.T'ai eu occasion de prouver que 
l'e.xclamation française /iéla.<! a été 
formée de l'adjectif roman las et de 
l'exclamation romane ai venant du 
grec a) , que le français a traduit par 



9.4 l'AT 

hé. Aussi trouve-t-on dans l'ancien 
français : 

Hélasse ! moi dolente, dit Isabel. 

Hist. de J. ds Saint ré, t. I , p. 123. 
>Nr. K.SV. 

Sobrevino el infant lasso é sudoriento.' 
Poema de Alexandre, co^. i56. 

l.e Dictionnaire de la Crusca avait 
dit d'abord que lasso est une syncope 
de lassato , mais il est plus vraisem- 
blable qu'il vient de -lx^sus latin , et 
surtout de las roman, dont il a con- 
servé les acceptions; aussi l'erreur a 
été corrigée dans une des dernières 
éditions. 
ANC. iT. Mas io lasso! che senza 

Lei, ne vita mortal ne me stess' amo 
Petrarca, Canz. : CUe debb' io far. 
Ahi lasso me!... Abi lassa me ! 

BoccACCio , Decam., II , 6 , el II , 5. 
ANC. CAT. Las. ESP- MOD. Laso. PORT. Lasso. 

1. Lassf.t , LACKT , <7f^". dini., sorte d'ex- 
clamation, infortuné, malheureux, 
pauvret, 
len, lasset! non anrai maïs gnirenza. 

i Pt'JOLS : .Si '1 mal d'amor. 

Moi, malheureux] je n'aurai davantage assurance. 
Ay ! t,ACETA , yen que farai ? 

Trad. de VEvang. de Nicodème. 
Ah I pauvrette, que feral-je? 

3. Lassar, V., lat. i.ASSARi?, lasser, fati- 
guer. 

Malvalz es qai de gnerra s lassa. 

Bertrand de Born : Eassa tan creys. 
Est mauvais qui de guerre se lasse. 
Ja no s i.assarian miey hnelh 
D' esgardar. 

Bebenger de Palasol : Mais ai de. 
Jamais ne se lasseraient mes yeux de regarder. 
CAT. Llassar. anc. esp. Lasar. it. Lassar. 

LA.T, adj., lat. latm.v, large, étendu. 
Es tan LATz e tan amples. 

Lejs d'amors, fol. 44- 
Est si lars^e et si ample. 
Lada es... via que vai a perdicîo. 

Trad. deB'ede, fol. 73. 
Large est... la voie qui va à perdition . 



LAT 

Camba i.ada e ben forteta. 

Deudes de Prades , Auz. cass. 
Jambe large et bien assez forte. 
Substantif. Foren .m. de loue e .c. de i.at. 

Roman de Gerardde Rossillonj fol. 108. 
Furent mille de long et cent de large. 
Loc. adi>. En lat et en lonc. 

Elue, de las propr., fol. 49- 
En large et en long. 
ANC FR. Si est antant Ions com lés. 

Si snnt moult lez et moult parfont. 
Roman de la Rose, v. 3827 et 38i5. 
Si grant et si ample et si lée. 

Roman du Renart , t. II , p. 180. 
ESP iT. Lato. 

ï. Latitudinalment , adi>., en large. 
No LATiTUDiNALMKNT ni scgon la longitut. 

Trad. d'Albucasis, fol. 53. 
Non en large ni selon la longueur. 

3. Latificar, î'., élargir. 

Reclanza dins la mayritz qne la fa trop la- 
tificar. 

Elue, de las propr. , fol. Sg. 
Renfermée dans la matrice qui la fait trop élargir. 

4. Ladeza, .y.y., largeur. 
Longueza, ladeza et grosseza. 

Ha petita ladeza en comparacio de sa lon- 
gueza. 

Elue, de las propr., fol. 19 et l33. 
Longueur, largeur ei grosseur. 
A petite largeur en comparaison de sa longueur. 

IT. Latezza. 

5. L.\TITOT, s. f., lat. LATITUDO, largcuT. 
En la LATITUT de las femplas. 

Trad. d'Albucasis, fol. l\. 
En la largeur àes tempes. 
CAT. Latitut. ESP. Latitud. port. Latitude, it. 
Latltudine. 

6. Dilatable, adj., dilatable. 
Abunda en hnmor unctnoza, dilatabla. 

Elue, de las propr., fol. 197- 
Abonde en humeur onctueuse , dilatable. 
ESP. Dilatable. 

7. DiLATATiu, adj., dilatatif, propre à 
dilater. 

Aqnesta virtnt es del cor dilatativa. 

Elue, de las propr. , fol. 19 
Cette force est dilalative du cœur. 
ESP. n.'Dilatativo. 



LAT 

8. DiLATAR, V., lat. DiLATARe, dilater, 
agrandir, augmenter, étendre. 

Hnmor naturalment si dilata, et pren ex- 
tensio. 

Rluc. de las propr. , fol. ^i- 

Humeur nalnrcUcment se dilate, et prend exten- 
sion. 
Fig. Comencet... a dilatar son poder. 

Cat. dels apost. de Roma , fol. 2o5. 
Commença... à étendre .son pouvoir. 
Part. pas. Per natnral calor... dilatât. 
Elue, de las propr. , fol. •>fi. 
Par chaleur naturelle... dilaté. 
CAT. Esr. PORT. Dilatar. it. Dilatare. 

c). DiLATACio, s.f., lat. DiLATATio, di- 
latation. 

Per sa inflammacîo et dii.atacio roinp la 
nivol. 

Elue, de las propr., fol. l38. 

Par son inflammation et dilatation rompt la nuée. 
CAT. Dilataciô. est. Dilatacion. port. Dilata- 
cào. IT. Dilatazione . 

lo. DiLATAMENT , S. m., dilatation, dé- 
veloppement. 
Prea planta... del aire et del foc dilata- 

MEHT. 

Elue, de lus propr., fol. 196. 
La plante prend... de l'air cl du feu dilatation. 
IT. Dilatamento . 

LATA, S. f., latte, perche, règle. 

Il serven tenon la corda e la lata. 
T. DE BoNNEfOY ET DE Blacas : Seingn'En Blacatz. 
Les servants tiennent la corde et la perche. 
Pic, barreiras, peiras, latas e cairo. 
Guillaume de Tudela. 
fies, barrières, pierres , lattes et rjuarliers. 

— Limite. 

Ane uns non passet la lata. 

Bertrand de Born : Fuillietas ges. 
Oncques un seul ne de'passa la limite. 
CAT. Llata. ESP. Lata. 

LATA, S.f., late, sorte d'amende, de 
droit fiscal. 
An acconstaiiiat exigir lata . 

Statuts de Provence. .Tl'LIEN, 1. Il , p. 17?,. 
' lui accoutumé d'exigpr la laie. 
I II. 



LAT 



a5 



Per exigir las dicbas i.atas. 

Statuts de Provence. BoMY, p. 23.5. 
Pour exiger lesdites lûtes. 

LATIN, adj., lat. latinmv, latin. 
Romans o lenga latina. 

Pierre de Corriac : Domna dels angels. 
Le roman ou la langue latine. 
leu prec ne Jhesa del tro 
Et en romans et en lati. 
Le comte de Poitiers : Pus de chantar. 
J'en prie Je'sus du ciel et en roman et en latin. 

— Substantif, et fig. Langage. 

Dirai vos, en mon i.ati , 
De so que vey e qne vi. 

MarcABRUS : Dirai vos. 
Je vous dirai, dans mon langage, de ce que je vois 
et ({ue je vis. 

L' ausel canton en lor latis. 

Cercamons : Quan l'aura. 
Les oiseaux chantent dans leurs langages. 

— Nom de peuple. 

Sai entr' els Latis e Ms Grezeis. 
Rambaud de Vaql'EiRas : No m'agrad' iverns 
Ici entre les Latins et les Grecs. 
ANC. FR. Voir, cil voir, molt très matin, 
Le dirai-ge en mon latin , 
Se ge puis , mon messaige bien. 
Fabl. et cont. anc, t. IV, p. 206. 
Ki de plusurs latins sunt escolé e sage. 
Roman de Horn, fol. lO. 
Et cil oisel , chascun matin 
.S'estudient , en lor latin, 
A l'aube du jor saluer. 

Roman de la Rose, v. S^So. 
ANC. iT. Gli angelli 

Ciascnno en sno latino. 

Dante : Fresca rosa. 
CAT, TJati. ESP. Latino, latin, vqkt. Latino , 
latitn. rr. mod. Latino. 

2. Latinamen , s. m., littérature, éru- 
dition, bonne expression. 

Aondos de paraulas e de latinamens. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
Abondant de paroles et de bonnes expressions. 

3. Latinament, adv., en latin, à la 
manière des Latins. 

Per gramniatica sai parlar iatikament, 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Je sais parler en latin selon la grammaire. 
ESP. IT. Latinamente. 



'iG LAÏ 

4. Latinier, ,ç, »/., savant , interprète. 

No Sai liTINIER 

Qu' eoteada messongier. 

Wat de Mons : Sitôt non es. 
Je ne sais savant qui comprenne menteur. 
Mas chansos li'n siau i.atiniers. 
K. JoRB\N VICOMTE DE S. Antonin : Ves VOS sopley. 

Que mes cliausons lui en soient interprètes . 
ANC. FR. Por ço k'il ne saveit comprendre 
Sun langaage, ne rien entendre , 
Il fist un latinier venir. 

Marie de France , t. Il , ?• ^20. 
Un tozKf'e/- qui savoir leur langage elle nostre. 
JoiNvrLLE, p. i85. 

5. Enlatinat, ncfj., savant, trnclieman. 
Substantif. 

Saladis demanda als siens enlatinatz. 
Guillaume de Tx)Dela. 
Saladin demande à ses truchemans. 

LATO, s. m., laiton. 

Aur ni argen , 
Lato, coire, plora issamen. 

Brev. d'amor, fol. Sg. 
Or et argent , laiton , cuivre , plomb e'galement. 
Qui en anel d'aur fai veir' encastonar, 
O en LATO maracde. 

G. Olivier d'Arles, Coblas triaJas. 
Qui en anneau d'or fait verre enchâsser , ou en 
laiton émeraude. 

Doncxs auziratz bozinas e nian corn de lato. 
Roman de Fierabras, v. 33o8. 
Alors vous entendriez trompettes et maint cor de 
laiton. 
<;at. Llauto. tsv.Laton pour. Latào. 

LATRIA, s. /., lat. latria, latrie. 

Per adoration de latria exteiior e inteiior. 

Doctrine des Validais. 
Par adoration de latrie exte'rieure et inte'rieure. 
CAï. ESI". roRT. IT. Latria, 

LATRINA, .V. /., lat. latrina, latrinc, 

La porta que es dessus las latrinas. 
Entro a las l\trimas dels frayres meaors. 
Tit. de i358. Doat, t. XCIII, fol. 221 et 222. 
La porte qui est dessus les latrines. 
.lusqu'aux. latrines des frères mineurs. 
PORT. Latrinas. it. Latrina. 

LATZ , LAZ , S. m., lat. laths , côté, 
flanc, boni. 



LAT 

Il raulian deves lotz latz. 

G. Figdeiras : No m laissarai. 
Ils dérobent devers tous côtés. 
Vostr' espaz' al latz. 

Arnavd de Marsan : Qui comte. 
Votre épée au coté. 

L'ancienne traduction des Psaumes. 
dans le Psautier manusciit de Corbie , 
rend 
Cadent a /atere tuo... 
In lateribus donius tuœ, 

Psaumes 90 et l.'io. 

de la manière suivante : 

Cliarrunt de tun lez... 
Es lez delà tue maison. 

L' espée el lez, l'haubert vestu. 

Roman de RoUj v. (i\\. 
Au droit lez estoit ledit archevesqne. 
Mossteelet , t. II , fol. 178. 
Prép. 

.Sol que ru pogues latz son bels cors estendre 
T. DE Blacas et de Peïbols : Peirols. 
Seulement que je pusse ra'e'tendre à côté de soi! 
beau corps. 
AKC. FR. Lors s'est lez un buisson assise. 

Fabl. et cent, anc.j t. IV, p. 157. 
Prép. coinp. Ades er de latz 

Saint Jorgi, e Dieus er ab lor. 
AiMERi DE Bellinoy : Cossiros. 
Incessamment sera auprès de saint George, el 
Dieu sera avec eux. 
ANC. FR. A senesire vi de lez lui. 

Pioman de la Rose, v. i53. 
En Aquitaine , de lez Poitiers. 

Rec. des llist. de Fr., t. V, p. 226". 
Adv. comp. Col niolinz qu'a roda de latz. 
T. d'.'^imeki et d'Albert : Amicx N Albert. 
Comme le moulin qui a roue de côté. 
Pois cavalgon latz e latz. 

Roman de Jaufre, fol. 82. 
Puis chevauchent côté à côté. 
Qui m mezes tôt lo mon ad un latz , 
lea penra '1 joy per cni soi enguanalz. 
B. DE Ventadour : Ja mos chantars. 
Oui me mettrait tout le monde d'un côté , y. 
prendrais le bonheur par lequel je suis trompé. 
ANC. FR. Seans en deux cbaieres lez à lez. 

VlLLEHARDOUlN , p. 85. 



LAT 

Par les mains s'eiitieprislreiu , si sistient tcz à 
lez. 

Roman de Rou, v. 2G86. 

AMC. CAT. Lat. Esr. tort. Lado. ir. JjUto. 

2. Ladrier, lairier , s. m., côté, flanc, 
quartier. 

Qui m fai j<i doler ains los ladriers. 
GlRAVD DE BOKNEIL : S'aucjoru. 
Qui me lail déjà Jouloir tous deux les côtés. 
Estai- al LAIRIER de Dieu. 

Bref, d'amor, loi. 23. 
Etre au côté de Dieu. 
Non devoa aver contel al ladriiir. 

Reglii de S. Benezeg , fol. 38. 
Me doiveul avoir couteau au côté. 
Proverb. Tais cuia esser cortes entiers , 

Qu'es vilans dels quatre ladriers. 
Rambauu d'Orange : Als durs crus. 
Tel pense être courtois accunipli, qui est vilain 
des quatre t/uartiers. 

3. Latéral, acij., lat. latéral/^, latéral. 

Lana... adhoras es al solelh laterai.. 

Elue, de lan propr. , fol. 1 1 6. 
La lune... parfois est laténtle au soleil. 
CAT. ESP. PORT. Lacera/, tr. Latérale. 

t\. Lateralment, odv., latéralement. 
La regio del col lateralment revirona. 

Elue, de las propr., fol. 52. 
Environne latéralement la région "du cou. 
ESP. roRT. iT. Lateralinente . 

>■ (Collatéral, adj., lat. coLLATERALii» 
'oliatéral, qui est ou qui vient de côté. 
La dicha natural vigor... 
Prendon li ven collatéral, 
Cascun del sieu ven principal. 
Trobam .im. vens principais, 
K quecs n' a dos collaterals. 

Brev. d'amor, fol. .^t. 
Ladite naturelle vigueur... prennent les vents 
^ ul latéraux , cLacun de son vent principal. 

-Nous trouvons quatre vents principaux, et cliaciin 
■ Il ;i deux collatéraux. 

< \r. Collatéral, esp. Colateral. pcikt. Collaté- 
ral. iT. Collatérale. 

•. Deslatar, V. , déposer, déblatérer, 
iccuser. 

Caytin e dolen , 



LAU 



9.' 



Que contra vos deslata , 

Ni régna greument. 
(itiiMONDt DE Montpellier : Greu m' es. 
Clielif et dolent , qui contre vous dépose, et agit 
durement. 

LA.UDANUM, s. m., lat. ladanum, la- 
danum , sorte de substance résineuse. 

Laudanum , storax et lors semlans. 

Elue, de las propr., fol. 8. 
Ladanum , storax et leurs semblables. 
CAT. ESP. PORT. Ladano. it. Ladano, laudano. 

LAUR, S. m., lat. laurh.?, laurier. 
Sia LAURs o genibres. 

A. Daniel : Ansqu'els. 
Soit laurier ou genièvre. 
CAT. ANC. ESP. Lauro. PORT. Lotira, it. Laiiro. 

%. Laurel, s. m., lauiier. 

Prendetz las bagas del laurel. 

DeL'DES DE Prades , Auz. cass. 
Prenez les Laies du laurier. 

ESP. Laurel. 

3. Laurier, s. ni., laurier. 

Las fuelhas de laurier. 

Uel'des de Pbades , Aiiz. eass. 
Les feuilles de laurier. 

Tyberi, eiuperador, quan tronava , de lau- 
rier si coronava. 

Elue, de las propr., M. 2o(J. 
TiLère , empereur, quand il tonnait, de laurier 
se courounait. 

PORT. Loureiro. 

4. Lauréat, adj. , lat. laureatka, lau- 
réat. 

Aqnels coronatz ero àhr. laoreatz. 

Elue, de las propr., fol. 211. 
Ces couronne's étaient dits lauréats. 
ESP. PORT. Laiireado. it. Laureato. 

5. Lauri, adj., lat. LAURirt«i', de laurier. 

.S'il pendon fort, onlietz las li 
Dcsotz ab del oli lauri. 

Deudes de Prades, yïuz. cass. 
Si elles pendent fort , uignez-les-lui dessous avec 
de l'huile de laurier. 

Cura es oli lauri. 

Elue, de las propr., fol. 84. 
Comme est liuile de laurier. 

E5P. iT, Lniirino. 



aa LAU 

LA.US, LAU, s. ni., lat. laus, louange, 
avis, approbation. 

Ancmais noa vim lanzor que pro lengues, 
Si '1 LA.US passet del lauzat sa valensa. 

SoR»EL : Lai a ']N Peire. 
Jamais nous ne vîmes qu'éloge tînt profit , si la 
louante du loue' dépassa son mérite. 

Pel LAU de rei de Fransa, detras tôt passnran. 

Guillaume de Tudela. 
Par l'avis du roi de France , derrière entièrement 
ils passeront. 

Prép. comp. Val mais a lac dels prezatz. 
Granet : Fin pretz. 
Vaut mieux à l'avis des prisés. 
Tant cant val uiay, al lads dels drechuriers, 
Honors que anta. 

T. DE SoRDEL ET DE BERTRAND : Doas donas. 
Autant^ que vaut plus, à l'avis des justes, 
honneur que honte. 

ANC. FR. Ce nous est loz que vos blasmes. 
J. Marot, i. V, p. 3o2. 
Rois, prens conseil an los que je te dis. 
Roman de Garin le Loherain, t. I , p. 77. 
Au loz de son conseil. 

Monstrelet , t. II , fol. 40. 
ANC. CAT. Laus. ANC. ESP. Laiidc. iT. Laiide , 
Iode. 

1. Lauzor, s.f., louange, éloge. 
Blasmes es de fol al pro lauzors. 

Cadenet : De nulla. 
Blâme du fou est au preux louange. 
Diversas son lauzors 
Donadas a chascun. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
Divers sont les éloges donnés à chacun. 
ANC. CAT. Laudor. cat. mod. Llahor. anc. esp. 
Loor. port. Loiivor. it. Laudore. 

— Médisance, calomnie. 

Ja no voil aquesta lausor 
C'om diga qa' ieu l'am per riquesa. 
Roman de Jaufre, fol. 4^. 
.Taniais je ne veux cette médisance qu'on dise qui' 
je l'aime pour richesse. 

3. LaUPAMENT , LAUZAMEN , LAUSAMENT, 

LAUXAMEN, S. 1)1., louangc , éloge, 
approbation. 

Sos LAUXAMENs 68 blasmai's , 
E SOS blasmes es lanxars. 

Un troubadour anonyme : Home loi. 
3a louangc est hlâmer, et son hlâme est louer. 



LAU 

A LAUSAMENT dcl Payte Omnipotent. 

F. de S. Trophime. 
A la louange du Père Tout-Puissant. 
Per autoricj et per laddamknt del abbad. 
Tit. de 1 135. Bosc , Mém. du Rouergue, t. III , 

p. 233. 
Par autorisation et par approbation de l'ahhé. 
Per LAUDAMENT dels ornes de la villa. 
Tit. du ^n^ siècle. Doat , t. CXLVI , fol. i35. 
Par approbation des hommes de la ville. 
ANC. FR. Segnor baron, dist-il, oés le loement 
Que Guenes m'a donné. 
Roman de Fierabras en vers français. 
ESP. Loamiento. port, houvamento . it. Loda~ 
mento. 

\. Lauzisme, s. m,, louange, appro- 
bation, 

El cbans dels salmes per demostrar lo lau- 
zisme e la gloria de Dea. 

Trad. de Bide, fol. 28. 

Le chant des psaumes pour démontrer la louan^'i: 
et la gloire de Dieu. 

Que, per escambi o per donation, lauzisme 
non sia donatz ni demandatz. 

Coût. d'Alais. Arch. du Roy., K. 704. 

Que, pour échange ou pour donation, approbation 
ne soit donnée ni demandée. 

5. Laudeme, lauzemne, s. m., louange, 
éloge, invocation. 

A Dieu e a ma dona santa Maria a fayt 
aquest laudeme. 

Philomena. 

A Dieu et à ma dame sainte Marie a fait celte 
invocation. 

Qui vol los umas lauzemnes. 

Non es pas bels lauzemnes en la bocLa del 
pechador. 

Trad. de B'ede, fol. 3o et 37. 

Qui veut les humaines louanges. 

West pas heiMV éloge dans la bouche du pécheur. 

6. Lauzemnie, s. f. , louange, appro- 
bation , reraercîment. 

Qui essenia son fil aura de lui lauzemnie. 

Trad. deBède, fol. 70. 
Qui enseigne son fils aura de lui remercîment. 

7. Laudas , s. f. plur., lat. laudes, 
laudes. 

Entre las matinas e las laudas. 

Trad. de la rig. de S. Benoit, fol. 12. 



LAU 

Entre les matines et les laudes- 
CAT. ESP. PORT. Laudes, it. Laiidi. 

8. Lauzimi , s. ni., consentement, ap- 
probation, ratification; lods, terme 
de jurisprudence féodale. 

Lauzimi no s dona eati-o que la canza sia 
venduda. 

Statuts de Montpellier, de 1204. 

Lods ne se Jonoe jusqu'à ce que la chose soit 
vendue. 

D'aqnel departiinca non tanh al senhor 

LAUZIMI. 

Petit Thalamus de Montpellier, fol. 65. 
De ce partage lods ne convient pas au seigneur. 

Ksr. roRT. Laudemio. 

9. LaLIZAIRF. , LAUZADOR, 5^. m., lat. 

LAUDATOR, louungeur, prôneur. 
Qui qu'en sia lauzaire. 
De be qu'en digaa, no i men. 

P. Vidal : Ab l'alen. 
Qui ( que ce soit) qui en soit louangeur, quelque 
bien qu'il en dise, il n'y ment point. 

No la'n podon pro lauzar lauzador. 
Granet : Fin pretz. 
Ne l'en peuvent assez louer les louangeurs. 

— Adject. Louable, digne d'éloge. 

Non es melns laczadors forz hom en plor 
que en batailla. 

Trad. de Bède, fol. 26. 

N'est pas moins louable homme courageux en 
pleur qu'en bataille. 

PORT. Louvador. it. iMudatore, lodatore, 
10. LaUDABLE , LAUZABLE, LAUSABLE, 

adj. , lat. LAUDABiLEw, louable. 

Bon es non esser lanzat, mas es.ser lausable. 

Trad. de Bède, fol. i. 
Il est bon non d'être loue', mais d'être louable. 

Es mot LACZABLES. 

Brei>. d'arnor, fol. 6. 
Kst très louable. 

Non es pas laudabla cbausa esser bon ab 
los bos, mas bon esser ab los mais. 

Trad. de Bide, fol. 78. 
Ce n'est pas louable chose d'être bon avec les 
Lods , mais d'être bon avec les mauvais. 
Devota e laudabla viscomtessa. 

Cat. dels apost. de Romn, fol. i53. 
/'c\otc et louable vicomtesse. 



LAU 



^'9 



tAT. tsr. Laudable. port. Louvavel. xt. Lau- 
dabile. 

I I. Lauzar, lauxar , v., lat. LAUDARt', 
louer, célébrer. 

Totz bom que so blasma que deu lauzar, 
Lacz' atressi aco que deu blasmar. 

AlMERI DE PeGUILAIN : TotzhoOl. 

Tout homme qui blâme ce qu'il doit louer, loue 
aussi ce qu'il doit blâmer. 

Subst. Sos lauxamens es blasiuars, 
E SOS blasmes es lauxars. 

Un troubadour anonyme : Home fol. 
Sa louange est blâmer, et son blâme est louer. 

— Approuver, conseiller. 

Drutz que pros don' abandona, 
Ben LAus que s gart de janguelh. 

P. Raimond de Toulou.se : Pos lo prim. 
Amant qui noble dame abandonne, ^'approuve 
bien qu'il se garde de me'disance. 

Al rei Felip et a 'N Oto , 
Et al rei Joan eisamen 
Laus que fasson acordameu 
Entr' els. 

Pierre d'Auverone ; Lo senher que. 
Au roi Philippe et au seigneur Othon, et au roi 
Jean également je conseille qu'ils fassent accord en- 
tre eux. 

Part. pas. 

Quar qui ben fai, lanb que sia lauzatz. 
LaNFRANC CigALA ; (Juan vei. 
Car qui fait bien , il convient qu'il soit loué. 
Siibstantiv. 
Ancmais non vim lauzor que pro tangues, 
Si 'l laus passet del lauzat sa valeusa. 

SoRDEL : Lai a 'N Peire. 
Jamais nous ne vîmes qu'éloge tînt profit, si la 
louange du /oué dépassa sou mérite. 

Proverb. Gui lauza pobles, so LAuza Dominus. 
Pons j)e Capdueil : De totz caitius. 
A qui le peuple loue, le Seigneur loue cela. 
ANC. FR. Et leur demanda que il looient à faire, 
et li loèrent tous que il descendist... Et il li 
dirent que je li avois loé bon conseil. 
Joinville , p. 2i3et 214. 
Nos vos loons que vos le pregniez, et si le 
vos prion. 

Villehardouin , p. 3i. 
Si ami l'amonestèreut cl li lotrcnt qu'il i,e 
raai'iast. 

liée, des JJtsl. de t'r., t. VJ, p. i/)/). 



3o 



LAU 



I.esdictes ordonnances... avons louées, ra- 
liffiées et aproiivées, louons, ratiffions , etc. 

Ord. des R. de Fr., lijSy, t. XIV, p. 366. 
cAT. Lloar. anc. esp. Laudar. esp. mod. Loar. 

PORT. Louvar. anc. it. Laudar e. it. mod. 

Lodare. 

12. Lauzenja, lauzenga, s.f., louange, 
flatterie. 
Voyez Muratori, Diss. 33. 

Maïs voil offendir am vertat qae plazer am 

T.AUZENJA. 

Trad. de Bede, fol. 7. 
Davantage j'aime ofl'enser avec ve'rité que plaire 
■A\icJlaHerie. 

Mas no '1 sai dir lauzengas ni prezics. 
Pierre d'Auvergne ; De josta 'Is breus. 
Mais je ne sais lui aire Jlatteries ni prières. 
ANC. PU. Lî faus ami ki de losenges servent en 
lin de ounseil , n'entendent qn'à déçoivre 
en blandissaut. 
Moralités, anc. nis. de l'église de Paris, u' 5. 
Du Gange , t. IV, col. 274- 
ANC. CAï. Lausenga. cat. mod. Llisonja. esp. 
PORT. Lisonja. it. Lusinga. 

— Médisance, calomnie, perfidie. 

Ans vaelh qn'om me talL la lengua , 
S' ieu ja de leis crezi lausenga. 

Rambatjd d'Orange : Pos tais sabers. 
Mais je veux qu'on. me coupe la langue, si.jamais 
sur elle je crois calomnie. 

ANC. FR, Mes lor losenges les gens peignent. 
Roman de la Rose, v. (0^6. 

i3. Lausengamen, s. m., calomnie, 
médisance. 

Per qnal i.ausengamens 
De leis e del rei March parti '1 inaridamens. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
Par quelle médisance d'elle et du roi Marc il em- 
pèclia le mariage. 

it. Lusingamento. 
14. LaUZENGIER, LAUSENGIER, LAUZEN- 

jADOR , S. m., louangeur, flatteur. 

Aisso son los i.ArzF,NGiERS que, per Inr bel! 
parlar, fan adormir los grans homes en lur 
peccat. 

F. et Vert., fol. x!^. 



LAU 

Ce sont les louangeurs qui, par leur beau parler, 
font endormir les grands hommes en leur pe'clie'. 
Àdj . Qaan lo bos drutz plazentiers 
Es per proeza lauzengiers 
"Ves tozeta. 
T. de Hugues et de Baussan : Baussan. 
Quand le bon amant agréable est par galanterie 
flatteur envers fillette. 
ANC. FR. Loent les gens li losengier. 

Roman de la Rose, v. lo^i. 

ANC. ESP. 

Non âmes nin ascuches a ombre losenjero. 
Poema de ^lexandro, cop. 5l. 
ANC. CAÏ. Laiisengier, laiisengador . cat. mod. 
Llisonger esp. mod. Lisonjero, Usonjeador . 
roRT. Lisonjeiro, it. Lusinghiero , lusin- 
ghiere. 

— Médisant, calomniateur. 

Ges lausengiers no m'esglaya; 
Ans Den prec qu' els dechaya. 
P. Bremon Ricas Noyas : Ben deu estar. 
Point médisant ne ni'eflfraie ; mais je prie Dieu 
qu'il les abaisse. 

Ab pane ieu d'amar no m recre 
Per enaeg dels i.auzenjadors. 

FoLQUET DE Marseille : Ab pauc. 
Peu s'en faut que je ne me lasse d'aimer par ennui 
des médisants. 

Adject. Cobla lauzengiera 
Fes e messongiera. 
Bernard de Kovenac : Una sirvenlesea. 
Fit couplet médisant et menteur. 
ANC. FR. Or ont tant fet li losengier 

Qui de moi se volent vengier 
Que vos m'avez jugié à mort. 
Roman du Renart , t. II, p. /j8. 
En sa cort ot maint losengier. 
Maint traitor, maint envieus, 
Ce sunt cil qui sunt curiens 
De desprisier e de blasmer 
Tous cens qui font miex à amer. 

Pioman de la Rose, v. lo38. 
Amis, trop vos font eslongier 
De moi félon et losengier. 

Anonyme, Oriolans, Ms. 1989, cb. 61 bis. 
Or sont tout lié li fol losengeour. 
Que il pesoit des biens que en avoie. 

Le CHATELAIN deCoucy, cbans. 21. 

i5. Lauzenjar , V., louanger, louer, 
flalter. 
Voyez Denina, t. III, p. l^6 et 47. 



LAU 

l'er blandir ni per i.au7.eiijar, 
Deudes de Prades , Pof/ne siii- les vertus. 
Pour llalter el pour louanger. 
CAT. Llisongear. esp. port. Lisotijear. it. Lu- 
singare. 

— Accuser, calomnier. 

Part. pas. A fol avetz parlât ; 

Per vos no seran iu;i\s niiey Frances i-au- 

ZENJAT. 

Roman de Fierai/ras , v. 2l5o. 
En fou vous avez parlé; par vous ne serout plus 
mes Français calomniés. 

16. Lauzencuej.vr, V., médire, calom- 
nier. 

Lanzengiers y a desliais 

Qae, can volou lauzenguejar , 

Se gardon que non parlan clar. 

Naï de Mons : Al bon rey. 
Me'disants il y a perfides qui, quand ils vcuteut 
médire, se gardent qu'ils ne parlent clair. 

17. Alauzar, V., lat. a/laudarCj, louer, 
vanter. 

Aquest estamen fay mot ai.auzar per sa 
gran digaelat e per sa gran beatat. 

r.etrerl., fol. 93. 
Cet e'tat fait beaucoup /ouer par sa grande dignité' 
et par sa grande beauté. 
arc. fr. 

Tant par fu pieas, vaillans et alossês. 
Estoirede Guiot de Ans lo ne. La Vallière, t. H, 

p. 2l5. 

Caron de Bos de Gas li pieax et Yalosés. 
Combat des Trente. 

18. Deslaus, deslau , s. m., blâme, 
désapprobation. 

Sel qu' es recto rs 
Pauzatz en regimen 
De nostra fe, n'a d'aiian gran deslau. 
G. Fadre de Narbonne : Pus dels. 
'.clui qui est recteur établi pour la direction de 
:ru foi , en a d'autant grand hlame. 
• ■ • . FR. Gaignez le blasine et le desloz. 
Alain CuABïiEn , p. 520. 

\\). Deslauzar , DELAL'ZAR, V., désap- 
1 prouver, déprécier. 

AqucloESLAuzA e vitupéra, et a en raesprelz 
1 tisa. 

Leys d'amors, fol. i. 



LAU 3i 

Celui-là désnpproin'e cl blâme , el a en mépris la 
science. 

Apres qne acsaubnda ma volantat, me des- 
T.AUZET fort mon vialge. 

Peiulhos, f'oy. au purg. de S. Patrice. 

Après qu'il eut su ma volonté, il me désapproiii'u 
fort mou voyage. 

Can l'ns fais se perjura vos uet.adzan. 

Leys d'amors, fol. 3^. 
Quanil un faux se parjure en vous dépréciant. 
ANC. CAT. ESP. Deslodr. 

20. Sobrelaus, s. f., sur - louan;,'e, 
louange excessive. 

Sobrelaus, es cant hoin lanza trop antr.^ 
persona. 

Leys d'amors , fol. il g. 
Siir-loiiange, c'est quand on loue trop ime autre 
personne. 

Sobrelaus follesc' es. 

B. Martin ; D' entier vers. 
Sur-louange est extravagante. 

21. S0BRELAUZOR , S. f., sur-louange, 
louange excessive. 

En aquest derrier cas, sobrelauzor suffertani_ 

Leys d'amors, fol. 119. 
Dans ce dernier cas, nous souflVons la louange ex- 
cessive. 

■11. SoBRELAUZAR , V., sur-louer, trop 
louer, exagérer la louange. 
Hom loi lanzan , non pot sobrelauzar. 
GiRAliD DE BoRNEiL : Ancmais. 
Homme la louant, ne peut trop louer. 
Ane Dieus non fetz sa par ni antretan; 
Eu non die trop ni no la sobrelad. 
AiMEBi DE Peguilain : Lanquan cbanton. 
Oncques Dieu ne fil sa pareille ni tout autant , je 
ne dis pas trop ni ne la sur-loue. 

23. CONLAUDAR , V., lat. C0/r.AUl)AR6' , 

louer, célébrer. 
Conlaudar, benezire predicar. 

Cat. dels apost. de Rama, io\. 1^6. • 
Célébrer, bénir et préclier. 

ANC. ESP. Colaudar. 

LAUSA , LAuzA , s. f. , roche , roc , 
rocher. 
Entro la plana t-auza an cavat a poder. 
Caverou la i.auza. 
y. de S. Honorât- 



32 LAV 

Jusqu'à la place roche ils ont creuse à force. 
Ils creusèreul la roche. 

■ — Pierre sépulcrale. 

Jamais non anraa pansa , 
Si no'i meton tôt viu de sot la lausa. 
Bertrand d'Allamanon : Del arcivesijue'. 
Jamais ils n'auront pause , s'ils ne le mettent tout 
vif dessous la pierre- 

CAT. Llosa. ANC. ESP. Lauda. esp. mod. Laudc, 
losa. PORT. Lousa. 

LAUT, LAHUT , .ï. m., luth. 

Voyez Mayans , On°;, de la Leng. 
esp., t. II, p. 2/»9. 

Amers te sos enamoralz 
Tôt jora alegres e paguatz. 
Miels que lautz ni gnitara. 

Bret'. d'amor, fol. 193. 
Amour tient ses amoureux toujours joyeux, et 
satisfaits , mieux que luth et guitare. 

Starmens... coma son salterios, orgenas , 
arpas... lahcts , guitarras. 

Libre de Tindal. 
Instruments... comme sont psalte'rions , orgues, 
harpes... luths, guitares. 
ANC. FR. Harpes et gigues et rubebes; 
Si r'a guilernes et léus. 

Roman de la Rose, v. 21287. 
ANC. CAT. Llahitt. ESP. Laud. port. Lande, it. 
Leuto , liuto. 

LAVAR, V., lat. lavar<?, laver. 

Nos dirnem ab gaug, ses pro manjar, 
D' un pan tôt sol, ses beur' e ses i,av\r. 
Rambaud de Vaqueiras : Senher marques. 
Nous dînâmes avec joie , sans assez manger d'un 
pain tout seul, sans Loire et sans laver. 
Lavarai soven ma cara. 

Foi-QUET DE Marseille : Senher Dieus. 
Je laverai souvent ma face. 
Fig. Las mans sian netas de peccat 
Que i-AVAN r autrui malvestat. 

y. de S. Honorât. 
Que les mains soient nettes de péché qui lavent la 
méchanceté d'autrui. 
Proverbial. Ab la una ma, i.avon l'autra. 

Amanieu des EscAS : Dona per cui. 
Avec une main , ils lavent l'autre. 
Fig. etprov. Cent vetz li ay lavât la testa. 
P^.de S. Honorât. 
Cent fois je lui ai lavé la tête. 



LAV 

Part. pas. Er del tôt mons e lavât. 

Pons deCapdueil : En honor. 
Sera du tout pur et lavé. 
ANC. Fft. Tous vont laver, puis mangier. 

Fabl. et cont. anc, t. IV, p. lW\. 
ANC. CAT. Lavar. cat. mod. Llavar. f.sp. port, 
Lavar. it. Lavare. 

2. Lavatiu, adj.y lavatif, propre à 
laver. 

De budels lavativa. 

Elue, de la.i propr., fol. 273. 
Lavative de Loyaux. 
esp. it. Lavativa. 

3. Lavament, s. m., lat. lavamentmw, 
lavement, ablution. 

Si pel sanh lavamen 
Non espères venir a salvamen. 

P. Cardinal : De selhs qu'avetz. 
Si par la sainte ablution il n'espérât venir à salut. 
En lo lavament de la fovl del baptisme. 

Hisl. abr. de la Bible, fol. 81. 
Dans le lavement de la fontaine du Laptéme. 
ANC. FR. Par le lavement du baptesme. 
G.^MUs de Belley, Diversités, t. II , fol. 52 

— Clystère. 

En emplautz o en i.avamens. 

Brev. d'amor, fol. 5l. 
En emplâtres ou en lavements. 

ANC. CAT. Lavament. esp. Lavamiento. it. La- 
vamen to. 

4. Lavador , S. m., lavoir. 

Fig. Teraia confessio, que es lavador on 
hora se den soven lavar. 

F.etFert.,lo\.^. 
Vraie confession , qui est lavoir on on se doit 
souvent laver. 
ESP. Lavadero. port. Lavadeiro. it. Lavatoio. 

5. Lavaci, s. 1)1., ravine, torrent, inon- 
dation. 

Ploia soptament fazen lavaci. 
Trameto lavacis a terras planas. 

Elue, de las propr., fol. i35 et 161 . 
Pluie faisant soudainement ravines. 
Transmettent inondations aux terres planes, 

6. Lavadura , s.f., lavure. 
Lavadura de carn grassa. 

Elue, de lus propr., fol. g'j,. 
Lavure de viande grasse. 



LAX 

7. Lavandiera , s. f., lavandière, la- 
veuse. 

Aras anch qu' ca una lavawdif.ra 
A mes son cor e tola sa esperansa. 

Ht'GVES DE Saint-C\r : Anlan. 
Maintenant j'apprends que dans une lai'tindthe 
il a mis son cœur et toute son espérance. 
AHC. CAT. L^avandera. esp. I.avandera port. 
Lavandeira. it. Lavandara, tavandaia. 

8. Lavanca, X. f., lavange, ravine. 

Non tein foizer ni i.avanca. 

P. Vidât,: Cara amiga. 
Je ne crains foudre ni rnvine. 
IT. f'alanga. 

LAX, i..\.sc,adj., lat. ï.^xus, lAehe, large, 
mou . 
.Si son trop laxas. 

Elue, de las propr. , fol. 99. 
Si elles sont trop lâches. 

Las trenas son i-ascas, e lo membres s' esten 
e esdeve grans. 

Lif. de Sydrac , fol. lo3. 
Les tissus sont InchfS, et le membre s'élenH et de- 
vient grand. 

Fig, De boca de morgue non ileu issir i.ascha 
ni raala paraaia. 

Trad. de Bide, fol. 6[. 
De bouche de moine ne doit sortir lâche ni mau- 
vaise parole. 

K5P. PORT. Laxo. IT. Lasco. 

■}.. Laxatiu, adj., lat. laxativw*, laxa- 
tif, propre à relâcher. 
Adhoras i.axatius , adhoras coslipatins. 
Herbas laxativas. 

Elue, de las propr., fol. ^5 et 27^. 
Tantôt laxatif, tantôt constipalil. 
Herbes laxatives. 
Medecioas i.axativas. 

Trad. d'Alburasis, fol. 6. 
Me'dccines laxatives. 

i%p. Laxativo. it. Lassativo. 

3. Laxar, laschar, v.^ lat. laxarc, lâ- 
cher, relâcher. 
Hcrba per laxar lo ventre. 
I ^xo ventre pie. 

Elue, de las propr., fol. 261 et 271. 
III. 



LAX 



33 



Herbe pour retâcher le ventre. 

lielâchent ventre plein. ' 

Fig. Lascha la man al .sers, e querra livreza. 
Trad. de Bkde, fol. j/j. 
Lâche la main au serf, et il cherchera délivrante. 
OAT. Esr. PORT. Laxar. it. ÏMSciarc. 

/^. Laxacio, s.f., lat. i.axatio, élargis- 
sement, relâchement. 
Per i.AXAcio del col de la vezica. 

Elue, de las propr., fol. 95. 
Par élarf,'issement du col de la vessie, 
tsp. Laxacio n. 

5. Laxament, s. m., lat. i.axament«w, 
relâchement. 

Laxamet«t de ventre. 
Prend*) laxament excessiu. 

Elue, de las propr., fol. 56 et 99. 
Relâchement de ventre. 
Prennent relâchement excessif, 
CAT. Laxament. f.sp. Laxamiento. 

b. Laxetat, .?./., lat. LAxiTATew, lâchcté. 

Qae jamais... i.axetat no li séria repro- 
cbada. 

Chronique des Albigeois, col. i5. 
(^)ue jamais... lâcheté ne lui serait reprochée, 
f.sp. Laxidad. it. Lasclatà, laschità. 

7. Relaxatiij, adj., relaxatif, propre à 
relâcher. 
Causas mollificativas et relaxativas. 

Elue, de las propr., fol. 82. 
Choses e'mollientes et laxatives. 

S. Relaxar, relachar, v., lat. RÈ- 
EAXAR<7, relâcher, desserrer, détendre, 
élargir, ébranler. 
Rcsolvo la dura humor, et,REr,AXO. 

Elue, de las propr., fol. 270. 
Résolvent l'humeur dure , et relâchent. 
Fig. Désira noslra cofessio , e relâcha nostre 
deleiz. 

Trad. de Bède, fol. ^9. 
Désire notre confession , et relâche noire plaisir. 

— Mettre en liberté. 

Contra lo dih rey qu' cl près en balalha , 

mas RELAXKT lo. 

Cat. dels apost. de Roma , fol. \!ji. 
Contre ledit roi qu'il prit en bataille , mais le ;f- 
lâcha . 



34 



LAX 



— Remettre, pardonner, faire grâce, 
acquitter. 

Aquels a qui vos antres relaxares los pec- 
catz, seran relaxatz. 

Abr. de l\4. et du N.-T., fol. 3o. 
Ceux à qui vous autres remettrez les pe'clie's , jls 
seront remis. 

Part. prés. Hiiraiditat relaxant lors ligamens. 
Elue, de las propr., fol. ^3. 
riuniiditc' relâchant leurs ligaments. 

Part, pas. Referma las dens relaxadas. 
Elue, de las propr., fol. i88. 
Rafl'ermit les dents ébranlées. 
Que la sentensia de la mort que era contra 
Ihui dada, Ihi fos relaxada. 

Cal. dels apost. de Ronia , fol. 78. 
Que la sentence de la mort qui était contre lui 
donnée , lui fut remise. 

Relaxats et absouts dels crims a lor eui- 
pausats. 

Tit. de 1390. DoAT, t. CXLVII , fol. 174. 
ylcqtiittés et absous des crimes à eux imputés. 

CAT. ESI». PORT. Relaxar. it. Relassare, rilas- 
sare. 

g. Relaxacio, s. /., lat. relaxatio, 
relâche, relâchement. 
Per contraccio , per relaxacio. 
Par RELAXACIO dels nervis. 

Elue, de las propr., fol. (53 et 60. 
Par contraction , par relâchement. 
Par relâchement des nerfs. 
CAT. Relaxacio. esp. Relaxacion. port, ^e- 
laxacào. it. Relassazione. 

10. Relaxamen, s. m., relâchement. 
Tota la dîssiplina de la régla Ter a gardar 

ses tôt RELAXAMEN. 

Trad. de la règ. de S. Benoît, fol. 3l. 
Toute la discipline de la règle lui sera à observer 
sans aucun relâchement, 

— Rémission. 

.Ti. cartas de relaxamen. 

Carlulaire de Montpellier, fol. 201- 
Deux chaiTtes de rémission. 
ESP. Relaxamiento. port. Relaxamento . it. 
Relassamento . 

1 1 . Relaxi , s. m., relâche, répit. 

El cas que no vulbia donar un pane de 
temps de relaxe. 

. Tit. Je i38i. Fille de Bergerac. 



LEB 

\u fiis qu'il lie veuille ilouncr un peu de lemp; 
de répit. 

12. Alaschar , V., relâcher, amollir. 
Pare. pas. fig. Lo cors es alaschaz a nualia. 
Trad. de Bède , fol. 42- 
Le corps est relâché vers paresse. 

i3. Alaschamen, .î. w., relâchement. 
Arc frain tendeinens, et alaschamevs coralgc. 
Trad. de Bédé, fol. 3. 
La tension brise l'arc, et le relâchement le courage . 

— Rémission. 

Perdos es alaschamens de deguda pena. 

Trad. de Bède, fol. 8. 
Le pardon est rémission de peine due. 

LAZERT, LAUZERT, s. m., lat. i,acert(7, 
lézard. 
Un LAZERT querretz vert e gran. 

Deudes de Prades , yiuz. cass. 
Vous cbercliere/, un lézard vert et grand. 
Grapautz e lauzertz mot grans. 
Perilhos, Foy. aupurg. de S.Patrice. 
Crapauds et lézards moult grands. 
ANC, CAT. Lltiert. cat. mou. Llagart. esp. port. 
Lagarto. it. Lucerta. 

LEBRE, s.f., lat. lepore/«, lièvre. 

Lebre bestia es paurnga, frevol, et apta- 
ment corrent. 

Elue, de las propr., fol. 253. 
Le lièvre est béte peureuse , faible, et habilement 
courant. 

Aissi cum cel qu'a la lebre cassada , 
E pois la pert , et autre la rete. 

Giii.vcD DE Salignac : Aissi cum. 
Ainsi comme celui qui a chassé le lièvre , et puis 
le perd , et un autre le retient. 
7.0c. Eu Proensa soi lornalz 

Morir, cura lebres eu jatz. 

P. ViDVL : Tant me. 
En Provence je suis retourné mourir , comme 
lièi're en gîte. 

CAT. Llebra. esp. Liebre. port. Lebre. it. Le- 
pre , lèvre. 

2. Lebrier , *■. m., lévrier. 

Elh se fes cassar als pastors ab cas et ab 
mastis et ab lebkiers. 

V. de P. Fidal. [ 

Il se fit chasser par les pâtres avec chiens et avec 
mâtins et avec lévriers. 1 



LEC 

Fig. Car ieu vi que los lebics au coutrast als 
i.ebriers. 

Guillaume de Tudela. 
Car je vis que les jièvres ont coulrasle avec les lé- 
vriers. 
CAT. Llebrer. esp. Lebrel. port. Lebrco. it. 

3. Lebreira , s. f. , levrette. 
Quom fai lebreir' ab guosso. 

MaRCABRUS : L' iveros vai. 
Comme t'jil levrette avec roquet. 
ESP. Lebrela. it- Levriera. 

LECAR, LECHAR,7>.,de l'allem. lechen, 
lécher, faire lippée. 
Voyez MuRATORi, Diss. 33; De- 
MNA, t. III , p. 45. 
Bevo «t LECO lo sanc. 

Elue, de las propr., fol. 253. 
Boivent et lèchent le sang. 

Lai, on no mort, ilh i.f.cha 
Fusasprament no fa'i chaiz. 

MARa\BRUS : Dirai vos. 
Là , où elle ne mord pas, elle lèche plus âprement 
que ne fait chat. 
Fig. Non tem truau maligne, 

Ni fais digz don lualvatz lécha. 

B. Vidal de Bezaudun : Entr' el taur. 
Je ne ci-ains vaurien malin , ni faux propos dont 
le méchaDt /ait lippée. 
IT. Leccare. 

1. Lec, adj., lécheur, friand, goinlre, 
gourmand. 
Ca es I.EC e golos. 

Elue, de las propr., fol. ï!\i. 
Le chien est lécheur et jjoulu. 

Fig. Car en pensan sal de lieis legs e glot/. 
A. Daniel : Sols sui que. 
Car en peusaut je ixxu friand et glouton d'elle. 
IT. Leccone. 

3. LiCAYTZ , LICAYS, LICAIS, LECAYS , 

LECAis , fidj-, friand, avide. 

Aqaist son propriamens licaytz e glotz. 

F. et t^ert., (ol. 22. 
Ceux-ci sont proprementyriunt/5 et gloutons. 
Fig. Qaant uns motz li eys del cays , 
Et ieo Tau, si 'n sui mcays 
Qa' ien crey morir talentos. 

I'. ViCAL : Perses. Var. 



LRC 



35 



Quand un mol lui sort de la bouche, et je l'en- 
tends, j'en suis si avide que je crois mourir désireux. 
Tant sny de lieys glotz e lecays. 

Jordan de Confolen : Non cstarai. 
Tant je suis glouton ci friand d'elle. 

4. Lechadier, lechadeir, adj,, friand , 
goinfre , gourmand. 

ElZ glotz e LECHADIERS. 

GiRAuD DE BoRNEiL : Cardalliac. 
Vous êtes glouton etfriand. 

Una LECHADEIRA 

Aniors nais. 
Don mon cors es tan lecais. 

Bertrand de Born : Domna puois. 
Une amour friande naît , dont mon cœur est si 
friand. 

5. Lecaria , LicHARiA, S./., léclieric , 
friandise, avidité, libertinage. 

Qaar .soven, per i.ecaria 
De viandas delicadas, 
Se fenhou dessaboradas. 

Brev. d'amor, fol. l3o. 
Car souvent, par friandise d'aliments de'Iicats, 
elles se feignent de'goùte'es. 

Fig. Chauso ni sirventes 
Ni stribot ni arloles, 
Non es, mas qnan licharia. 

B. Martin : D' entier vers. 
N'est chanson ni sirvente ni estribot ni arlote, 
mais seulement libertinage. 

6. LiCAJARiA, LicAZARiA, .V. /l, friandisc, 
goinfrerie, gourmandise. 

Non o faii tau solameut per licajaria de 
gola , niays per bobans. 

Per gran licazaria de glotonia, o periuala 
coslama. 

y. et f^ert.j fol. 2i et 20. 

Ne le font pas seulement par goinfrerie de 
gueule, mais par ostentation. 

Par grande friandise de gloutonnerie , ou par 
mauvaise coutume. 

7. Lechardetz, s. ni., goinfrerie, gour- 
mandise. 

Sa fera escarsetat, sa fera desouransa. .. 
Ni son fer lechardetz ni sa fera semblansa. 
Guillaume de la Tour : Un sirventes farai. 
Sa sauvage avarice , sa sauvage effronterie... et s,i 
sauvage f^umfrcrie et sa sauvage contenance. 



36 LEG 

8. Leconia , s. f. , goinfrerie , gour- 
mandise, débauche. 

Raubadors que raubo 'Is camis 
Per lur leconia. 

Le moine de Montaudon : Manens. 
Voleurs qui volent les cliemins pour leur débauClie ■ 
iT. Lecconia. 

LEG, LEY, LEi , s. f., lat. LEG^/w, loi , 
ordonnance. 
Dels .X. mandamens de la ley de Diea. 

V. et Vert., fol. 6. 
Des dix commandements de la loi de Dieu. 
Non amani lo rei , si non amam sa lei. 
Trad. de Bede, fol. 34. 
INous n'aimons pas le roi, si nous n'aimons sa loi. 
Els feyron leys per terras guazanhar. 
P. Cardinal : Un sirventes fas. 
Ils firent lois pour acquérir des terres. 

— Foi, croyance religieuse. 

leii non tenh nî crey 
Negun' aatra i-ey. 

Bertrand de Born : Ges de far. 
Je ne tiens ni crois nulle autre loi. 
Loc. Em d' an cor e d' nna ley. 

J. EsTEVE : Si m vai. 
Nous sommes d'un même cœur et d'une même 
croyance. 

— Habitude, manière. 
Li anzellet en lor lei.s, 
Cascus de cantar no s trie. 

Rambaud d'Orange : Pos tais. 
Les oiselets à leur manière, chacun de chanter ne 
s'atarde. 

— Procès, litige. 

Lai o solien las altras leis jatjar. 

Poème sur Bohce. 
Là où ils avaient coutume de juger les autres 
procès. 

■ — Titre, qualité, aloi. 

Els no son ni de ley ni de pes. 

P. Cardinal : Tos temps. 
Jls ne sont ni de toi ni de poids. 
Dona de mal aire... 
Sitôt s' es de nialvada ley. 
Pierre de Bussignac : Sirventes ecliansos. 
Dame de mauvaise façon... bien qu'elle soit do 
mauvaise tpialité. 

Prèp. comp. Anar a pe, a ley de croy joglar. 
T. d'Al. Marquis et de B. de Vaqueiras : Ara m. 
Aller à pied (i mntiicre de vil jongleur. 



LEG 

Troheron Peire 'Vidal en aissi trist , dolen et 
en aissi apareillat a lei de fol. 

F. de P. Vidal. 
Trouvèrent Pierre Vidal par ainsi triste , dolent 
et par ainsi agence' h. manière de fou. 

Viarai ses guerr' ab ley de mainadier. 
Rambaud de Vaqceiras : Sitôt. 
Je vivrai sans guerre à /manière de pillards. 
Amors mi met e mes fols cors en via 
Que ns clam merce a lei de fin aman. 
Ralmenz Bistors : Aissi col fortz. 
Amour me met ainsi que mon fou cœur eu voie 
que je vous crie merci à manière de tendre amant. 
ANC. FR. A loi de povre besongneas 

Cui honte a si la bouche close 
Qae sa niesese dire n'ose. 

Homan de la Rose, v. 8i3o. 

ANC. ESP. 

Comprando è vendiendo «/«' demercaderos. 
Manos atras atadas à lej de ladron. 

IMilagros de Nuestra Senora, cop. 683 et 89g. 
Loc. Ane non ateys 

Domna de las doas leys 
En tant aut pretz. 
Folqdet de Lunel : Si quon la. 
O.-icques dame des deux lois n'atteignit en aussi 
haut mérite. 

Car non es ni er ni fo 
Genser de neguna leg 
Ni tan pros. 

Rambaud de Vaqueiras : Guerra ni platz. 
Car il n'est ni sera ni fut plus gentille sous au- 
cune loi ni si méritante. 

ANC. CAT. Ley. cat. won. Lley. zsv.Ley. tort. 
Lei. iT. Legge. 

2. Legista, s. m., légiste. 

Aus, tu que te fas legista , 
E tols l'autrny dreg a vista. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Entends , loi qui te fais légiste, et enlèves puhli- 
quement le droit d'autriii. 

Lo milher legista de la crestiandat. 

Guillaume de Tudela. 
Le meilleur légiste de la clirétienlé. 
Esr. PORT. iT. Legista. 

^. Légitima, s. f., légitime. 
Fer snpliment de légitima. 

Fors de Bearii, p. 1088. 
Pour supplément de légitime. 

CAT. Légitima, Uegitima, nsr port. Légitima, 
rr. Legittima, 



LEG 

4. Legitim, adj., lat. legitim«^, légi- 
time. 

Saccessors lie legitim ninlrimoui. 
Til. Je 1468. Ilist. deLang., l. V, pr., col. 3;. 
Successeurs de légitime mariage. 
Filhas LEGITIMAS be natnrals. 
lu. de la maison d'Auvergne, de 1^82. Justel , 

p. 227. 
Filles légitimes cl naturelles. 
r\T. Legitim , Uegitim. esp. port. Légitima. 
iT. Legittimo. 

ô. Lf-gitimamen, ach., légitimement. 
En deniandan... o iraltra maniera légiti- 
mâmes. 

Charte de Gréalon, p. 62. 
Kn demandant. .. ou d'autre manière légitimement. 
CAT. Llegitimament. esp. port. Legitimamente. 
IT. Legittimamente, 

G. Lkoisme , adj., légitime. 

Cantem tnh, aie! cum filh legisme, 
Ab los »ugels : Gloiia sns el Altisme. 
Epil. de Matfre Ermengaud à sa sœur. 
Ciiautons tous , ainsi comme fils légitimes, avec 
les anges : Gloire sus au Très-Haut. 

7. Legismament, adv., légitimement. 
El non lïgismamest intrel el papat. 

Cat. dels apost. de Roma , fol. 206. 
11 n'entra pas légitimement à la papauté. 

8. LeYALTAT, LEI.VLTAT, LEIAUTAT, LIAL- 
TAT, LIADT.AT, S. f., lovaulé. 

Si 'Is abastes en ai.ssi leyaltatz 
Qaon se depert. 

P. Cahoinal : Tôt lo mons. 
Si à eux abondait loyauté tout ainsi comme elle se 
de'périt. 
Carallier près e savi, e de grand lialtat. 

/^. de s. Honorât. 
Chevalier preux et sage, et de grande loyauté. 
Non deu esser ainatz ni fort volgntz, 
Mas soi ailan cnm i.eiautatz adatz. 
Cadenet : S' ieu pogues. 
Ne doit être aime' ni fort de'siré, mais seulement 
autant comme loyauté apporte. 
Fig. Tenc la balansa 

De liautat. 

B. Carbonel : Per espassar. 
Tint la balance de loyauté. 
Awr. FR. Tes (!z ne tiennent pas les veics ne 
l.n lealted. 

Ant . Irnil. des Lif. des Hois, M. q. 



LEG 37 

i:at. Llealtat. esp. Lealtad. port. Lealdadc. 
iT. Lealtà, lealtate, leahade. 

y. LeIALEZA , LEALEZA, LIALEZA , S. j\, 

loyauté, fidélité. 
Renba ab leiai.eza. 

P. Oakdinal : Jhcsum Crist. 
Agit avec loyauté. 

JuiO far LHALEZA. 

lirev. d'amor, fol. 126. 
Jurent de tenir loyauté. 

Fig. Deslialtatz si jura 

Contra Lialeza. 

P. Cardinal : Falsedat. 
Déloyauté' se ligue contre Loyauté. 

10. LeYAL, LEIAL, LEYAU , LIAL, LIAU , 

adj., lat. LEGALW, loyal. 

Vostre amicx fis e leials. 

Arnaud de Marleil : Dona genser. 
Votre ami fidèle et loyal. 

Sirventes non es leyals , 
S' oni no i ausa dir los mais 
Dels menors e dels coniunals , 
E majorment dels majorais. 

Pons Barba : Sirventes non. 
Sirvente n'est pas loyal, si on n'y ose dire les 
défauts des petits et des moyens, et principalement 
des principaux. 

Franqa' e donssa, fin' e leyaus. 

B. DE Ventadolr : Chantars no put. 
Francbe el douce , sincère et loyale. 
La paraula fon doussa et bumana, 
E 'I dir fortes e liau. 
Bertrand de Bohn : Ces dedisnar. 
La parole fut douce el humaine , et le dire cour- 
tois et loyal. 

Ieu non 1' ans dir, per temensa, 
Cum li soi francs, fis e lials. 

Elias de Iîarjols : A mors bc. 
Je n'ose lui dire , par crainte , comme je lui suis 
franc , sincère el loyal. 
Subst. Aissî m pes qu' o fasso '1 leial. 

FoLQUEï de Marseille : Ab pauc ieu. 
Ainsi il me pèse que cela fassent les loyaux. 
ANC. FR. L'amor de sa loial moillier. 
Miex vaudroit du pais foir 
Que dire à famé cbose à taire. 
Tant soit loial ne débonnaire. 
lioinan de lu Rose, v. 20248 et i().').')8. 
lAT. Lirai. ESI'. roRT. Leal. ir. Lenlc. 



38 LEG 

11. LeYALMEN , LEIALMEN , XEIAUMENT , 

LiALMENT, LiAOMENT , ach'., loyale- 
ment. 

Cui serv de bon cor leyalmbn. 

Richard de Babbezieux : Be voiria. 
A qui il sert de bon cœur loyalement. 
Pus aissi soi vostre serf leialmen. 

AiiNAUD DE Mabueil : Aissi cum selli. 
Puisque ainsi je suis loyalement votre serf. 
An jurât de tenir lialmen 
Dreg a quascun. 

P. Cardinal :Totatressi. 

Ont jure' de tenir loyalement droit à chacun. 

Paguar peagges lialment et fizelmeat. 

Tu. de i26"(. DoAT, t. LXXIX, fol. 2. 

Payer pe'ages loyalement et fidèlement. 

ANC. FR. Car VOUS m'avez servi moult lealment. 

Roman de Garin le Loherain, l. I, p. 122. 
CAT. Lleahncnt. esp. port. it. Lealmente . 

12. Beslei, s. m., injustice. 

De Fransa fui gitatz a gran beslei. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. 1^1. 
Je fus rejeté' de France avec grande injustice. 
ANC. FR. 

Tu destruiz sainte Iglise à tort et à beslei. 
Roman de Rou, v. 5o5'j ■ 
E de genz de mauvese loi 
Qui nous metroient à besloi. 

Fabl. et cont. anc.j t. I , p. 76. 

i3. DësIei, s. m., tort, injustice. 

Del DE.SLEI 

Que m fei. 

Marcabrus : Estornelh. 
De l'injustice qu'il me fit. 

ï 4 . Desleyar , V., décrier, ôter la ré- 
putation. 

Falh i tan que s desleya. 

Guillaume DE Montagnagowt : Gesper. 
Y faut tant qu'elle se décrie. 

i5. Desleialtat, deslialtat, s. f., 
déloyauté. 

len non vuelh jamais esser selaire 
De lurs crois faitz , on es desleialtatz. 
P. Cardinal : Un sirventes vuelh. 
Je ne veux jamais être ce'leur de leurs vils faits, 
OÙ est déloyauté. 

Qui son vilau non acruia , . 



LEG 

En deslialtat lo ferma. 
Bertrand de Born : Moût mi plai. 
Qui ne ruine pas son vilain , l'affermit en dé- 
loyauté. 

ANC. FR. 

Ne denst , por nule aveir, fera desUahè. 
Roman de Rou, v. 325^. 
CAT. DesUeahat. esp. Desleahad. port. Des- 
Icàldade. it. Disleahà, dislealtate, disleal- 
tade. 

16. Deslialeza , s.f. , déloyauté. 
Falsedat e deslialeza. 

V. et Fert., fol. 7. 
Fausseté et déloyauté- 

17. Desleial, DESLiAL , <7<^'., déloval. 

En aquest segle vénal , 
Desleiai,. 
Lanfranc CiGALA : Oi ! Maiie. 
Dans ce siècle vénal , déloyal. 
Sulst. Al liai hom donarai un bezan. 

Si '1 deslials mi dona un clavel. 
P. Cardinal : Tos temps. 
A l'homme loyal je donnerai un Lésant , si le dé- 
loyal me dorHie un clou. 
CAT. Deslleal. esp. port. Desleal. it. Disleale. 

18. Delialment, adv, , déloyalement. 
Que mal se sia governat, ni delialment y 

aia obrat. 

Libre de Tindal. 
Qui se soit mal gouverné, et y ait travaillé déloya- 
lement. 

CAT. DesUealmertt. esp. pi>rt. Deslealtnente.n ■ 
Dislealmente. 

19. Desleial.ar , ^>. , infamer, rendre 
infâme, diffamer, déshonoi-er. 

Part. pas. Pot l' en oin accnsar aissi com s' era 
desleialat. 
Si non es tais causa qu'el paire en sia ues- 

LEIALATZ 

Trad. du Code de Justinien, fol. 2 et 3. 

Ou peut l'en accuser ainsi comme s'il était dés- 
honoré. 

S'il n'est telle cause pour que le père en soit dés~ 
honoré. 

Es DESLEIALAÛA 

E pnta privada. 

B. Martin : Bel m' es. 
Elle est rendue infâme et débauchée privée. 
ANC. FR.. Vers li ne \ons desloiatités. 

Roman de la Rose, v. 7325. 



LEG 

l'uisqne ledac de Boargongne s'estoit ainsi 
desloyauté devers luy. 

MONSTRELET, ». 1[ , p. 121. 

20. Aleyalar, 7',, jusfitier, préconiser. 
De cascnna vos darem ys'sbemple, non pas 
([ue per so las enlendam aleyai.ar. 

Leys d'nmors, loi. 20. 
De chacune nous vous donnerons exemple , non 
]>as que pour cela nous entendions la justifier. 

2 1. Privilegi, previlegi, s. m., lat. 
pRiviLEGTMW, pi'iviléi^e. 
De las sautas Gleisas e de lor privit.eois. 

IVad. du Code de Jtistinien , fol. i. 
Des saintes Eglises et de leurs privilèges. 
Ha yssaïuen son previlegi e sas franqnezas. 

V.elFert.j fol. iti. 
A également son privilège cl ses franchises. 

CAT. Priviletge , privilegi. esp. port. it. Pri- 
vileggio. 

11. PrIVILEGIAR, PRIVILIGIAR, V., \\v\- 

vilégier, accorder des privilèges. 
Cofermet et privit.egiet l'abadia. 

Cat. dels iipost. de Romtt, fol. 53. 
Confirma et privilégia l'abLayc. 
Las gracias especials de qae Dienslos privi- 

I.IOIET. 

r. et Ferl., fol. ti. 
Les gi-àces spéciales de quoi Dieu les privilégia. 

Part. pas. Si '1 dende era fiscal o privilégiât 
Ord. des R. de Fr. , i463, t. XVI, p. i34. 
Si la dette était fiscale ou privilégiée. 

Sian PRIVILEGIAT per lo senber apostoli. 

Tu. de 1283. DoAT, t. LXXIX, fol. i53. 
H.nt privilégiés par le seigneur pape. 
1 Al. ESP. PORT. Privilegiar. it. Privileggiare. 

lai. Anelei, aneleh , s. m., injustice, 
iniquité. 

Qae m vol dcseretar per awelei. 
Karles mi fai graa tort et akeleh. 
Ronian de Gérard de Rossillon, fol. 23 et ^8. 
Vu qu'il me veut déshériter par injustice. 
Charles me fait grand tort et injustice. 

'./|. Sacrilegi, .t. m., lat. sKcvLii.t.GJum, 
sacrilège. 
Qai raaba las gleixas... fai sacrilegi. 

Trad. de Bhde, fol. !\2.. 
' > Il vole loi églises... fait sacrilège. 



LEG 



39 



— /i(/j. Celui qui commet un sacriléye. 

Qui lo tlCUC.l es... SACRILEGIS, 

F. et Ferl.,M.Ç)H. 
Qui le rompt est... sacrilège. 
CAT. Sacrilegi. tsp. port. it. Sacrilegio. 

LEGAT, .S-. ///., lat. i.egatm.v, envovt- , 
légat. 

Per cardenals e per legatz. 

Po.NS PE CapdveiI. : F,n honor. 
Par cardinaux et par légats. 
Nostres LEGATS, don ieu vos die per ver 
Qu' els vpndon Diea e '1 perdon per aver, 
Lk CHEVALIER Dl! Tlmplk : Iraedolor. 
Nos légats, dont je vous dis eu vérité' qu'ils ven- 
dent Dieu et le pardon pour argent. 

CAT. Llegat. ESP. port. Legado. it. Legato. 
1. LeGACIO, LEGATION, LEGTTATION , ,9./., 

lat. LEGATioNew, légation , ambassade, 
députation. 

Lor LEGATION 6 mcssatgc an fait. 

Chronique des Albigeois, p. b'. 
Ont fait leur ambassade et leur message. 

Me.ssagaria e legacio. 

Elue, de las propr., fol. lO. 
Mission et députation. 
Vo descargoat del facb de la leguation. 

Cat. dels apost. de Rama, fol. 184. 
Fut déchargé du fait de la légation. 
ANC. CAT. Llegacia. esp. Legacion. port. Le- 
gacào. iT. Legazione. 

3. Legat, s. m., lat. LEGATMw, legs. 

O per LEGAT o per iidcicomis o per do que 
boin fai a sa mort. 

Trad. du Codede Jitsiinien, fol. i5. 
Ou par legs ou par Gdéicommis ou par don qu'on 
fait à sa mort. 

CAT. fJegat. esp. port. Legado. it. Legato. . 

!\. Allégation , .y. /. , lat. allegatio- 
sem, allégation. 

Non vol admetre las exceptions, alléga- 
tions. 

Statuts de Provence. JcLlEN, t. Il, p. ^30 
Ne veut admettre les exceptions , allégations. 
Ni per ALLEGATIONS de dreg. 

Tit. de i2(J8. Doat, t. CLXXII , fol. 41. 
Ni par allégations de droit. 
CAT. Allcgacio. EST. Alegacion. port. Allcga- 
cno. ir. .-lllegazione. 



4o LEG 

5. AlXEGAR , ALI.EGUAR, V., lat. ALLE- 

GARC, alléguer, rapporter. 
Ni pot hoiii ges caluuipniiir 
Denan luy ni fais ali-egar. 

Contricio e penas ifernah. 
Wi ou ne peut point accuser (injustemenl) devant 
lui rn alléguer iaw^. 

Car so dis la Escriptura , e S. Gregori o al- 
lé ga. 

V. et f^ert., fol. 97. 
Car cela dit l'Ecriture , et saint Gre'goire le rap- 
porte. 
Part. pas. Aponctamens dessusdits et alle- 

GDATS. 

Chronique des Albigeois , col. 29. 
Accords dessus dits et allègues. 
CAï. Allegar. esp. Ahgar. port. AUegar. it. 
' Aile gare. 

6. Delegar, deleguar, v. , lat. dele- 
GARe, déléguer. 

Tart. pas. Substantif. Tiaïues lo papa alqus 

DELEGCATZ. 

Cat. ciels apost. de Roma, fol. 310. 
I^e pape envoya quelques délégués. 
Uelegat de la meissa sea. 

Tit. de i2()2. ï)oAT,t. LXXIX,fol. ii5. 
Délégué du même sic'ge. 
CAT. ESP. PORT. Delegar. it. Delegare. 

7. Relegar, releguar, V., lat. rele- 
GARe, reléguer, éloignei-. 

Part. pas. Lo layre sera helegat del loc et de 

la honor 

Ord. des R. de Fr., i^63, t. XVI, p. 128. 
Le voleur sera relégué (hors) à\i lieu et du domaine. 
ESP. Relegar. it. Relegare. 

L'ancien catalan avait relegaciô. 

LEGA, LEGUA, s.f., lat. leuca, lieue. 

"Voutor seut de très legas c.ironhadas. 

Naluras d'alcuns auzels. 
Le vautour sent de trois lieues les charognes. 
Una LEGUA te la osl par tolz les latz. 
Roman de Fierabras, v. 46- 
L'arme'e tient une lieue de tous les côle's. 
ANC. cat. Llega. cat. mod. Llegua e.-jp. Legtia. 
port. Legoa. it. Lega. 

LEGIR , LIRE, XI. , lat. i.f.gerp^ élire, 

choisir. 

Apren del pom 



LEG 

Per que ni coni 
Na Discordia lo fes legir. 

GiBAL'D deC\lanson : Fadet jogiar. 
Apprends de la pomme pourquoi et comment dame 
Discorde la fit choisir. 

Totz los bes qii'om pot lire. 

G. Faidit : Quoras que m des 
Tous les Liens qu'on peut choisir. 

Part. pas. L' eligidor qae ugit so. 

FOLQUET DE LuNEL : Al bon re y . 
Les électeurs qui sont choisis 

leii suy de tal enquistaire 
Qu'ai d'entre cent bellas lesta. 

■ G. Adhemar : Be m'agr'ops. 
Je suis solliciteur de telle que j'ai choisie eutre 
cent belles. 

Dans l'ancien catalan on trouve lesta 
pour choix, triage; lestar pour choi- 
sir, trier. 

1. Lectio, .y. y., lat. clectio , choix, 
élection. 

E'I Roman, ses tôt contrastai-, 

"Volon a lui la lectio 
Del emperi , e Milan e Pavia. 

FoLQi'ET DE Lunel : Al Lon rey. 
Et les Romains , sans aucunement contredire, veu- 
lent pour lui l'élection à l'empire et Milan et Pavie. 

3. LeGIO, LEGION, S.Jl , lat. LEGIONC/W^ 

légion. 

De sas gens una grand légion. 

Chronique des Albigeois, col. g.'). 
De ses gens une grande légion. 
.Xii. LEGios de companbas d'angels. 

Abr. de l'A. et du N.-T., fol. 26. 
Douze légions de compagnies d'anges. 
Si den aver en una legio .vit. .m. peos. 
L'Arbre de Balalhas, fol. 91. 
Il doit V avoir en uue légion sept mille fantassins. 
c\T. Legiô. ESP. Légion, port. Legiào. it. Lé- 
gion e. 

/,. ElEGIR, ELIGIR, ELEGER , ESLIRE , ES- 

LiR, V. , lat. ELiGERe, élire, choisir 
distinguer. 
Gascons volgra eleger evesque d' un dels sieus. j. 
V. de S. Honorât. ' » 
Chacun voudrait e7i;e e'véque d'un des siens. 
"Vol triar et eslire. 

H. Brvnet : Corteiamen 
Veut trier et choisir. 



LEG 

Gardas cal dea la domnn mais ksi.ir ? 

T. d'Henri et d'Arueh : Amie Amer. 
Hegardcz quel la dame doit plus choisir ^ 
Belh' e plazens , si que no n' es a dire 
Negus Los avps qu' om piiesc'en doinn' esi.ire. 
Pons df. Capoueil : Tant m'a douai. 
Belle et agréable , lellemenl que n'en est à dire 
( il n'y manque"» nul bon avanta!;e qu'on puisse dis- 
lingiier en dame. 

Elegrox poestatz, 

Per que entr'els fos patz. 

Arnaud ds .Marieii, : Razos es. 

Elurent magistrats , pour qu'il fût paix entre eux . 
Part. pas. 

Car Dieos m'a ei.egit maestre e doctor. 
Guillaume de Tudkla. 
Car Dieu m'a choisi maître et docteur. 
Tôt lo mons vos avîa elegut 
Pel raelhor rey que anc portes escnt. 
Bertrand de Iîorn : Mon clian. 
Tout le monde vous avait élu pour le meilleur 
roi qui oncques portât c'cu. 

M'a sobr'els amans elec. 
Ma doaa. 
RambaudDE Vaqueiras : Guerra m plat/.. 
Ma dame m'a choisi sur les amants. 
Lo jorn que ns ac Amors abdos eletz. 
Rambaid de Vaqueiras : Non puesc saber. 
f.e jour qu'Amour nous eut choisis tous deux, 
les tu sola verges electa. 

Los Fil Gaugz de. Marin. 
Tu es seule vierge élue. 
Subst. Tan lor deu del elieg de Valensa doler. 
Hl'GVES DE S. Cyr : Un sirventes vuelli. 
Tant leur doit douloir de Velu de Valence. 
Al EtEcu son vengut. 

f^. de S. Hnnov'tl. 
.Sont venus à Velu. 

Del pascor vei la elesta. 

Bertrand de Born : Al dous nou. 
Du printemps je vois Velue (la beaule'). 
Prega ton fîlh e ton paire 
Qae ns fassa sos elegitz. 

G. KlQUlER : Sancta Verges. 
Prie ton Gis et ton père qu'il nous fasse ses élus. 
Awc. FR. Cil de Jada m'nnt eslit. 

Âne. trad. des Lii'. des Rois , fol. l^f.. 
Si eshalcei YesUt del peopie. 

Anc. trad. du Psaut., M.s. n" i, ps. 88. 
F.t les granz joies des esliz. 

Marie de France, t. H , p. [^z!\. 
Kyc. CAT. Eleger. cat. mod. Elegir. anc. isp. 
F.sleer, esleir. esp. mod. Elegir. i'ort. E/e- 
ger. iT. Elesgere. 



LEG 4i 

5. ElEC.TII> , ELECTION, .y. y., lat. ELEC- 

■vioseni, élection, choix. 
Per elegir prélat ; 

Aytals ELECTIONS 

No s den far ain tenzons. 

f''. de S. Honorât. 
Pour élire prélat ; telle élection ne se doit faire 
avec disputes. 

Far... ELECTION de papa. 

L'Arbre de Bataillas, fol. 27. 
Faire... élection de j-ape. 

En aquesta élection den csser lo senbor 
rei... , o lui messatge... per lo dit senhor rei. 
C artulaire de Montpellier, fol. /^(). 
Kn cette élection doit être le seigneur roi... , ou 
un message... pour ledit seigneur roi. 
CAT. Elecciô. ANC. ESP. Eslecion. est. mod. 
Eleccion. port. Eleicùo. it. Elczioue. 

6, Electiu , adj., électif. 
Liberalment electiva. 

Elue, de las propr. , fol. 23. 
Libéralement élective. 
Que coinparatiu o electiu. 
Electivas , coma : ans, majs. 

Leys d' amors, fol. 77 et lOO. 
Que comparatif ou électif. 
Electives, comme : AVANT, davantage. 
CAT. Electiu. ESP. roRT. Elective, it. Elettivn. 

7, Elegimen, .V. ///., élection. 

No fezes de Sanl rey per elegimens. 
P. DE CoRBlAC : El nom de. 
Ae fit de Saùl un roi par élections. 
IT. Eleggimento. 

8. Er.EGinoR , eligidor , s. m., électeur. 
Lbi princep d'AIanianha , elegidors del 

emperador. 

Cat. dels apost. de Pioma, loi. igi. 
Les princes d'Allemagne , électeurs de l'empereiii- . 
D' aisso m fan nieravilbar 
L'eugidor que ligit so, 
Qui pnescon emperador far. 

Folquet de Lunel : Al bon rey. 
De cela me font émerveiller les électeurs qui sont 
clioisis , qu'ils puissent faire un empereur. 
ANC. VR..Qai feit l'office du marquis de Bran- 
debourg, eslisetir àa roy d'Allemaigne. 

MoNSTRELET, t. I, fol. 2i2. 

ANC. ESP. F.legidor, esleidor. tsp. mod. Elector. 
PORT. F.h'itor. it. Elettore. 

G 



42 LEG 

g. COLLF.GIR , COLLIGIR , V. , lat. COLLI- 

GERc, colliger , assembler , amasser, 
cueillir. 

Dels apostemas que coi.legeysso saDJa. 
Trad. d'Albucasis, loi. 36. 
Des apostêraes qui amassent sanie. 
Part. pas. A colligit mola sania. 

Trad. d'/llbiicasis, fol. z!\. 
A amassé beaucoup de sanie. 
CAT. CoUegir. esp. Colegir. tort. Colligir. 

10. CoLLECTiii, adj., lat. collectivwa, 
collectif. 

Noms coi^LECTius, es aqnel que, en siugn- 
lar, sigoifica motas canzas coma : pobles. 
Leys d'amors , fol. 48. 
Le nom collectif, c'est celui qui, au singulier, 
signifie plusieurs choses , comme : PEUPLE. 
Unitat COLLECTIVA. 

Elue, de las propr., fol. 279. 
Unité collectii'e- 
CAT. Collectiu. Esr. Colectivo. port. CoUectivo. 
IT. CoUettivo. 

11. Collégial, adj., lat. collégial/.^ , 
collégial. 

Los autres capelas , confraîres non cathe- 
drals, COLI.EGIAI.S ni babitaatz. 

Tit. de i535. Do.vt, t. XC , fol. 2H . 
Les autres prêtres , confrères non catlie'draux , 
collégiaux ni habitués. 

CAT. Collégial, esp. Colegial. port. Collégial. 
IT. Collégiale. 

12. COLLEGIAT, «<jj;'., collégial. 

Fetz una glyeîa coi-i-egiada. 

Cat. dels apost. de Romu, loi. 217. 
Fit une église collégiale. 
Fundada en la gleysa collegiada. 

Tit. de 1468, de Bordeaux. Bibl. Monteil. 
Fondée en l'église collégiale. 
IT. CoUegiato. 

LecAT.,rESP. et le port, n'emploient 
ce mot (|u'au féminin et substantive- 
ment. 

CAT. Collegiada, collegiata. esp. Colegiata. 
PORT. Collegiata. 

13. COLLECTIO, S. f. , lat. COLLECTIO , 

collection , assemblage , amas. 

Mar es d'aygas granda collectio. 

F.luc. de las propr., fol. l52. 
La mer est grand amas d'eaux. 



LEG 

CotLECTio de sania. 

Trad. d'Albucasis, loi. 46. 
Amas de sanie. 

CoLLEOTios o ajusfainens d'nnitatz. 

Leys d'amors, lui. 5!i. 
Réunion ou ajustement d'unités. 
CAT. Collecciô. ESP. Coleccion. port. Colleccào 
IT. Ccllezione. 

14. COLLECTOR , .>•. />/., lat. COLLECTOR , 

collectenr. 

Non a estât ordenat dengun collector. 

Tit. de 1392. Bailliage de Sisleron. 
lS"a été ordonné nul collecteur. 
Cor.LECTOR apostolicaL 

Tit. de 1398. DoAT, t. LIV, fbl. 166. 
Collecteur apostolique. 
CAT. CoUector. esp. Colector. port. Collecter . 
IT. CoUettore. 

i5. Collecta, .<i.f., lat. collecta, col- 
lecte , prière. 
Fes e conipos las collectas. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. go. 
Fit et composa les collectes. 
CAT. Collecta, esp. Colecta. port. Collecta. 
IT. Colletta. 

16. COLLEGI , S. 1)1., lat. COLLEGI?///; . 

collège, assemblée, association. 
Non auzan far... colt.egi al prejndici del 

senhor. 

Charte de Grénlou, p. 108. 
N'osent faire... «.s.çofirtïionaupréjudicedu seigneur. 

— Collège des cardinaux. 

Dementre qn' el coi.legi altendia l'assenli- 
meii del imperador. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 75. 
Pendant que le collège attendait l'assentiment de 
l'empereur. 

CAT, Collegi. ESP. Colegio port. it. Collegio. 

17. Collège, s. m., collège des cardi- 
naux. 

Als caidenals 

Al COLLEGE. 

Poème sur la mort du roi de Naphs. 
Auji. cardinaux au collège. 

18. Recollegir , ?'., lat. recolliger^, 
colliger, recueillir, rassemblei-, ramas- . 
ser, réunir. 



LEG 

Totas aqaestas difliiiicios recoli.igen en 

sotuma. 

Eltti. delas propr., fol. l3. 
C'oUigeant toutes ces définitions en somme. 
Los qnals Seneca pies e recollegit de Sa- 

loiuo e de Calo. 

Leys d'amors, fol. i38. 
Lesquels Senèque prit et recueillit de Salomon et 
de Caton. 
ESP. Recolegir. 

ly. Rkc:oi.lectio , f. y. , réunion, ras- 
semblement, ramas, assemblage. 
Dins ela... cervel ha sa recoli.ectio. 

Elue, de las propr., fol. 3.'). 
Dans elle... cerveau a sou assemblage. 
CAT. RecoUecciô. esp. Recoleccion. 

LEGIR, i.iGiu , V. , lat. legerp, lire. 
Si coiu iu isto pargamen es esciit, et oui 
LEGIR i o pot. 

Titre de io53. 
Ainsi comme en ce parchemin il est e'crit , et on 
y peut liiv. 

Mais voiia per .c. dobles combatre e fayr 
batalba qne legir sauteri ni caiitar. 

PnILOME^.\. 

Plu^ il aimait au centuple combattre et iaire ba- 
taille que lire psautier et clianter. 

Cant nos oram, nos parlam ab Deii , e cant 
LEGEM , parla ab nos. 

Trad. de Bède. fol. 82. 
Quand nous prions , nous parlons avec Dieu , et 
quand nous lisons, il parle avec nous. 
Laparts que liegon Edtiardus. 

Tarif des monnaies en provençal. 
Les le'opards où ils lisent EsuAKDl'S. 
Pari, prés, Legens , Icgeyres , legedors. 
Lejrs d'amors, fol. /J9. 
Lisant, lecteur, lecteur. 

l'art, pas. leu ai ja vist liome qne conoys fort, 
Et a legit uigromansi' e sort, 
G. Aduemab : El temps d'estiu. 
J'ai de'jà vu un homme qui connaît beaucoup, et 
a lu ne'cromancie et sort. 

Moysen .-ly i.escut. 

f^. de S. Honorât. 
J'ai lu Moïse. 

A»c. CAT. Léger, cat. mod. Llegir. i;si'. Lccr. 
PORT. Ler. iT. Ltggere. 

2. Legikle , rt^., lat. LEGiiiiLEw, lisible. 
Per sa transparencia fa letias legibi.as. 
Elue, de las propr., fol. 186. 
l'ai .a tiantpaicncc fait les lettres lisible;.. 



LEG 



43 



CAT. Llegib/c. esp. Legiblc. port, l.egivel. it. 
Leggibile. 

3. LeISSO, LESSO , LEYCZON, S./'., lat. 

i.KCTio\É'w, leçon, lecture. 

Lefssos de las divinas Escripturas. 

Trad.deBède, fol. 82. 
Lecture des divines Ecritures. 
Vole li sa LEissON mostrar. 

Evang. de l'Enfance. 
Voulut lui montrer sa leçon. 
Una nobla leyczon. 

La nobla Leyczon. 
Une noble leçon. 

— Terme de liturgie. 

Chanton e dizon Inrs lessos. 

PcJOLs : Si '1 mal. 
Chantent et disent leurs leçons. 
CAT. Llisso ESP. Leccion. port. Liçâo. it. Le- 
zione. 

4. LeCENDA , LEGENS.^, LIGENDA , S./., 

lat. LEGEND.i , légende. 

Segon que la legenda ditz. 

Bref, d'amor, fol. 188. 
Selon que la légende dit. 
.Si troba per la mgenda de sant Paul. 

Til. de Narbonne. Doat, t. L, fol. 3. 
Se trouve par la légende de saint Paul. 
Car SOS sagels es 
De tan breu legensa, 
B. Arnaud de Montcuc .- Er can li. 
(lar son sceau est de si petite légende. 

— Inscription autour des monnaies. 

AI c'Otiiensatnent de la ligenda a una cros. 

Tarif des Monnaies en provençal. 
Au commeuceaienl de la légende il y a une croix. 
CAT. Llegenda. anc. esp. Legenda. port. 
Lenda. it. Leggenda. 

5. LeCTRE , LECTOR , S. J/l . , lat. LECTO- 

RE/rt, lecteur, lettré , littérateur. 

Bos lectres es qui quer 1' ententio dels ditz. 

Pros e sabis lectbe. 

Trad. de Bede , fol. 83. 
Bon lecteur est qui cherche l'intention des mois. 
J'reux et sage tetti'é. 

— L'un des quatre ordres mineurs de 
l'Église. 

Allais clercs non dea aver niolier, si cl a 
orde sobre canlor o sobre i.ector. 

Tiiid. du Code de Justinten, fol. 2. 



44 LEI 

Tel clerc ne doit pas avoir remme , s'il a ordre 
au-dessus de chantre ou au-dessus de lecteur. 
CAT. ESP. Lector. port. Leitor. it. Lettore. 

6. Legeyre, legedor, legidor, s. m. , 
lecteur. ' ' 

Legens, legeyres, i.egedors. 

Leys d'amors, fol. 49- 
Lisant , lecteur, lecteur. 

— Celui qui, dans les couvents, fait la 
lecture au réfectoire. 

La taula dcls fraires... no deu esser ses legi- 
UOR... , ni votz de negu home no sia anzida , 
mas del legidor. 

Trad. de la règle de S. Benoit, fol. 19. 

La table des frères... ne doit être sans lecteur..., 
et que la vois de nul homme ne soit entendue , ex- 
cepté du lecteur. 

Aquil qa'el diguiergue , intian legidors. 
Régla de S. Benezeg, fol. 49. 

Ceux qui , le dimanche, entrent lecteurs. 
OAT. Llegidor. 

LEGUM, LiUME, s. m., lat. LEOUMe/?, 
légume. 
Fava, antiquament aqaest i.egum era uzai 

en vianda. 

Elue, de las propr-, fol. 208. 

La fève, anciennement ce légume était employé 
en nourriture. 

Pero d' erbas saladas e de licme prenia 
Cant venian las grantz festas. 

f^. de S. Honorât. 
Pourtant il prenait des herbes sale'es et du légume 
quand venaient les grandes fêtes. 
ANC. FR. Cil alad pur herbes querree léuin. 
Ane. trad. des Liv. des Rois, fol. 137. 

Bestes et gens, blez et léun. 

G. GuiART, 1. 1 , p. 258. 

CAT. Llegum. esp. Legiimbre. port. it. Légume. 

LEISSA, s./., lat. i,YmcA, lice, chienne. 
E ns met... 

Mangua per lebre , i.kissa sol non glata. 
T. deBonnefoy et de Blaca.s : Seingn'En Blacas. 
Et vous met... manchon pour lièvre , seulement 
que la lice ne glapisse pas. 
ANC. FR. D'une hisse vus veil conter 
Qui preste esteit à chaeler. 

Marie de France, t. II, p- 86. 



LEN 

LEIT, LEICH, LIECH, LIEG , LIET , S. 1)1., 
lat. LECTM/W, lit. 
Venc s'en al i.eit de ma doua N'Azalais. 

V. de P. Fidal. 
S'en vint au lit de madame dame Azalais. 

Ben sai, la nueg qnan mi despuelb , 
En LEICH que non dormirai ges. 

B. DE VentiVDOUR : Quan par la. Var. 
.le sais bien, la nuit quand je me de'shabille , que 
dans le lit je ne dormirai point. 
Fig. Deu soven lavar, ab sas caudas lagremas, 
lo LiEG de sa conciencia , ont s' es voludat 
lo serpen verinos de yfern. 

V. et Vert., fol. 68. 
Doit souvent laver, avec ses chaudes larmes , le lit 
de sa conscience , où s'est vautré le serpent veni- 
meux d'enfer. 

Loc. Ai estât en grant error 

En LEIT e qnan soi vestida. 

La COMTESSE DE DiE ; Estât ai. 
J'ai été en grande erreur au lit et quand je suis 
habillée. 

cjT. LUt. ESP. Lecho. port. Leito. n. Letto. 

2. Leitiera, littiera , s.f., du lat. 
LECTicA , litière. 

Se fazia portât en leitiera. 

Cat. dels apost. de Roina, fol. 3o. 
Se faisait- porter cd litière. 

Sa LiTTiERA cuberta. 

Tit. de i535. Doat , t. CIV, fol. .322. 
Sa litière couverte. 
CAT. Llitera. esp. Litera. port. Leiteira. 11. 
Lettica, lettiga. 

LEN, iidj., lat. LENw, lisse, doux, glis- 
sant, délicat. 
Poia i hom per catre gras niout les. 

GiRAUD DE Calanson : A lieys cui am. 
On y monte par quatre degrés moult glissants. 
Oient e fresca , blanca e lena. 

Lamberti de Bonanel : Pois vei. 
frentille et fraîche, blanche et lisse. 
Estrenba vas me 
Son cors blanc, gras e le. 

B. DE VentadocR : Pus rai preialz 
Que j'élreigne vers moi smi corps blanc , grav '•• 
délicat. 
ANC. ESP. it. I.ene. 

?.. Lene, adj., lat. lene/w, lisse, doux 
délicat. '^' 



LEN 

! iDtisc... es lENE , mol et pliiable. 

Elue, de las pivpr., fui. 21 i . 
I.i' Icnlisquc... est lisse, mou et pliable. 

3. Lenitiu , flf^/'., Icnitif, adoucissant. 
Per accident es lekitiva. 

Elite, de las yropr., fol. 2:'). 
Accidenlellonieal clic est lénilife. 
c.vT. Lfriitiu. tir. i-ort. ir. Lenitivo, 

\. LfMTAT , s. f., lat. LENITATt'//i, doil- 

ceiir, délicatesse. 
IM.i/o... per i.ENiTAT al tocanient. 

Elue, de las propr., fol. 209. 
Plaisent... par douceur k raltoucliemcDt. 
ESP. Lenidad. port. Lenidade. it. l.enhà, le- 
nitate, hnitade. 

'). Lesfza, s.f., douceur, délicatesse. 

Mol es... ab algnna lene/.a. 

Elue, de las propr., fol. 21 , 
f. l mou... avec quelque douceur. 

6. Lemr, 7\, lat. LEMRe, adoucir, 
calmer, affaiblir. 

Que mollifique e leniesca. 

Trad. d'Àlbucasis, fol. 67. 
i)u\ amollisse et adoucisse. 
Part. pas. Cum l'cslotnacb sia trop i.enec. 
Elue, de las propr. , fol. 269. 
ComDie l'estomac soit beaucoup rt//àt6/i. 
AXC. ESP. Lenir. it. Lenire. 

7. Lexegar, V., glisser. 
Lea le:(ega o escapa. 

G)lan de leu escapa et i.esf(;a. 

Elue, de las propr., fol. 2^8 et 236. 
I icilcment glisse ou échappe. 

jlaut facilement écbappe et glisse. 

>. Lemficatiu, adj., lénitif, adoucis- 
sant. 
De las partidai tacadas penetrativa et r.tM- 

FICATIVA. 

Elue, de las propr., fol. 26. 
Péoclrative et /eni7/Ve des parties lacbees. 
tsp. IT. Lenificativo. 

>). Lehificar, 7'., Iéui6er, adoucir. 

Part. pas. Las p;irlidn<; de jos... .so i.enikk.adaS. 
' icasis, fol. Mi. 

\a.; |>artirf »li 1 Icniftées. 

f.sr. l.rnifiini r. 



LEN 



45 



10. KiM.ENiii, V. , adoucir, oindre. 
Part. pas. Fo enlenitz et enrozatz... 
Del oli dcl cel glorio.s. 

Lej's d'amors, loi. i3j. 
Fut oint et arrose... de l'huile du ciel glorieux. 

LENDE, .V, m., lat. ienoew, lente, œul 
de j)OU. 
Anci lendes , pezolbs, etc. 

Elue, de las propr. , fol. 18'^. 
Tue lentes, poux, etc. 

E.sp. Liendre. port. Lendea. 

LENGUA, LENGA , i-, /". , lat. lingua, 
langue. 
Ans vnelb cjn' om me talh la i.euga , 
S' l'en ja de Icis crezi lanzenga. 

Rambaud d'Orange : Pos lais. 
Mais je veux qu'on me coupe la langue si jamais 
je crois me'Jisance d'elle. 

La LENGDA vir on la dent mi fa mal. 
Hugues de i.'Escuhe : Demotz. 
Je tourne la langue où la dent me fait mal. 
Qui non sap ab la lengua .7 

Dir so que il coven. 

Rambaud d'Orange : Pos tais. 
Qui ne sait avec la langue à\iK eu qui lui convient. 
Fig. et allus. Agra l'obs lenga d'argen 

Al vilan qu'er nns pelliciers. 
Le moine de Mo.nïAudon : Pus Peyre. 
Il lui serait nécessaire d'une langue d'argent au 
vilain qui était un pelletier. 

— Fig. Parole , propos. 
Ab las I.ENGAS verino.sa.s. 

F. et Fert., fol. 25. 
.'Vvec les langues venimeuses. 
Lenga suaus apaia ira. 

2'/V((/. de JJède, fol. 20. 
Parole douce apaise colère. 
Fo mont cridat et auzit pel mont, e doptatz 
per sa t^enga. 

/'. de Marcabrus. 
Fut moult renommé cl écoule par le monde , et 
redouté pour sa langue. 

— Langage, idiome. 

Ricbat't tornet sa lengua, e pa4-Iet arago. 
Roman de Fierabras , v. l\iiio. 
Richard changea son langage, et p.irla aragonaii. 
Scues breu Je parganiina , 
Traiiict lo vers en cbanlan , 



II 



16 



LEN 



En plana lengua romana. 

G. RuDEL : Quan lo rius. 
Sans bref de parclicmin , je transmetP le vers en 
cliantant, en simple liingne romane. 
Par ext. Li auzellet en lor leis... 

U.sqiiecs s'alegr' en sa lenga. 

Rambaijd d'Orange : Pos lais. - 
Les oiselets à leur manière... cbacun se réjouit en 
>on langage. 

J.oc. Quascns s' en gaba e s' eu ri , 
Gieta lenga e fai bossi. 

AiMAR DE Rocaficha : Ko m lau. 
Chacun s'en raille et s'en rit , lire la langue et 
iait la moue. 

Imc. fig. Lanzengiers fais, lengas de colobra. 
A. Daniel : Doutz braillz. 
Médisants faux , langues de couleuvre. 
No sai quais son plus aveuzitz 
De lauzengiers lengca forbifz , 
O selhs que crezon ditz savays. 

Arnaud DE Cotignac : Moût dezir. 
Je ne sais quels sont plus méprisables de médisants 
aiguisés par la langue, ou (de) ceux, qui croient mé- 
chants propos. 

Lanzengier, 
Lengua logat , creba mostier. 

Marcabrus : Pus mos coratges. 
Médisants, mis à louage pour la langue, renverseurs 

de monastère. 

I 
Lengua forçat, engres, 

Lo trastornon ades. 

B. Martin ; A senlior. 
Fourches de langue, fâcheux , le bouleversent in- 
cessamment. 

— Bout, extrémité d'une flamme, d'une 
banderole, d'un guidon. 
Defors pendon las lenguas d'un gonfaino, 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 74- 
Dehors pendent les langues d'un gonfanon. 
<:at. Llengua. esp. Lengua. port. Lingiia , 
lingoa. iT. Lingua. 

2. Lenguatge, lengatgk, lengaje, s. 
m., langage, langue. 
"Vos, entendetz e veiatz, 
Que sabetz mon lengatge. 

GiRAUD DE BoRNEiL : No pucs sofrir. 
Vous, qui savez mon langage, entendez et voyez. 
Seran de diver.s i.engatges. 

Liv. (le Sj'drac, fol. 21. 
Seront de divers langages. 



LEN 

Fig. Quecx auzel en son lenguatge. 

Arnaud de Marueil : Bel m'es quan. 
Chaque oiseau en son langage. 
Loc. En autra terra irei penre lengaje. 
Guillaume de Cabestaing : Moût m'alegra. 
En autre terre j'irai prendre langue. 
f.AT. Llenguatge. Esr. Lenguaje, roiiT. Lin- 
goagem. it. Linguaggio. 

3. Lenguos, lengos, adj. , verbeux, 
bavard. 

Hoin LENGUOS es fols. 
Morgues lenguos torba sos fraires. 

Trad. de Bede, fol. 78 et 62. 
Homme bavard est fou. 
Moine bavard trouble ses frères. 
IT. Linguoso. 

4- Lengut , adj., parleur, bavard. 

Digz durs 
D' oraes iros ni lauzengiers lengutz. 

Pierre d'Auvergne : Lo fuelhs. 
Propos durs d'hommes colères et médisants bavards. 
cat. Lengud. it. Lingituto. 

5. Lenguejar, V., parler, bavarder, 
criailler. 

De LENGUEJAR 

Contra joglar, 
Etz pus afllalz que milas 
Del vostre bec. 

Marcabrus : Senher. 
Pour bavarder contre jongleur, vous êtes plus 
allilé que milan de votre bec. 

ANC. fr. Et finableinent ils langagèrent tant 
ensemble qu'enfin... ils conclurent. 

MONSTRELET, t. II, p. l35. 

ANC. ESP. Lengiiear. it. Linguettare. 

LENT, ad]., lat. LENTM.s-^lent, paresseux. 

Si n' ai estât alques lens , 
No m' en den hom ochaizonar. 
Bebenger DE Palasol : S' ieu sabi' aver. 
Si j'ai été quelquefois lent , on ne doit pas m'en 
faire repioche. 

Del donar m' es lenta. 

P. RoGUiRS ; Tan no plou. 
Du donner m'est lente. 
Fig. No s cove qu' al sieu mandamen 
Sia nios sabers flacx ni lens. 

Folquet de Marseille : Tant movde. 
Il ne convient pas qu'au sien commandement mon 
savoir soit flasque et lenl. 



LEN 

Àdverb. M'esgarda, mas so fai tan lf.n 
C uns sols (lias uie dura cen. 

13. IiE Ventadour : Cliantarâ no pot. 
Me regarde , mais cela elle fait si lentement qu'un 
-seul jour me dure cent. 

Mas trop ven ien sa nierces. 
FAiMBAVD DE VaqlEibas : Ben for' oimais. 
Mais sa merci vient trop lentement. 

— Tranquille, paisible, dans le sens du 
passage de Virgile : 

Ta , Tilyre, lentus in timbra. 

Eyloi;. I , V. 4. 

Tolas velz asseslatz 
Lent dedius lor oslal. 

ÎVat de Mons : Sitôt non es. 
Continuellement assis paisibles dans leur demeure. 

CAT. ESP. PORT. lï. Lento. 

2. Lentamf.nt, adv., lentement. 

nizo qae iestament... o liqaidament, segon 
lati , souan las ditas letras. 

Lejs d'amors , fol. (il. 

Disent que lentement... ou liquidemenl, selon le 
latin , sonnent lesdites lettres. 
CAT. Lentament. esp. port. it. Lentamente. 

3. Alent,4R, V., ralentir, retarder. 

Ges per aisso no m' alen ; 
Ansdobl'ades mos pessamens. 

FoLQt'ET DK Marseille : Tant mov de. 
Point pour cela je ne me ralentis ; au contraire , 
je redouble incessamment mes pense'es. 
len sa! ben qu' en lui no resta 
La gaerra, ni no s'alenta. 

Bertrand de Bor.n : Al dous nou. 
Je sais bien qu'en lui la guerre ne s'arrête, ni ne 
.se ralentit. 

tT. Allentare. 

l\. AlentiRjT»., ralentir, retarder. 
Per nnill anzel no s' alentis ; 
L' aigia no ill fai nuilla paor. 

Deldes de I'rades , Àttz. cass. 
Il ne se ralentit par nul oiseau ; l'aigle ne lui fait 
nulle peur. 

ANC. PR. N'onqnes por ce ne s'alenti. 

Roman du lienart, t. 1, p. 3t i. 

Molière s'est encore servi de cette 
expression : 

Je veux de son rival alentir les transports. 
L'Elnuvdi , acte III, se. IV. 



LEO 47 

Î.ENTII;LA , LENTILHA , S. /., Kit. LF\- 

Titvn.A , lentille. 
Que setnblon grans lentillas rossas. 

Deudes de Prades , jluz. cass. 
(^ui ressemblent à grandes lentilles rouges. 
Del gros d' una lentilha. 

Lii'. de Sydrae , (ol. 29. 
Du gros d'une lentille. . 

De LENTiLLAs la farina. 

Deddes DE Pu\DEs, /fuz. cass. 
L.1 farine de lentilles. 

— Lentille de marais. 

D' un' erba qne a nom lentilt.a , 
Qu' en aiga n.'ds per meravilla. 

IJel'des de Prades , yJuz. cass. 
D'une herbe qui a nom lentille, qui naît dans l'eau 
par merveille. 

ANC. CAT. Llentilla. esp. Lenteja. port. Len- 
titha. IT. Lenticchia. 

ï. Lentilios, adj. , lat. lenticmlos«.v , 
lentilleux , couvert de rousàeurs. 
Tota la cara li torna lentilloza. 

Elue, de las propr., fol. 258. 
Toute la figure lui devient couverte de rousseurs. 
IT. Lentigginoso , Untigginoso. 

3. Lenticular , adj. , lat. lenticular/j", 
lenticulaire. 
La partida lentictjlar. 

Trad. d'Albucasis, fol. 5(>. 
La partie lenticulaire. 
ESP. PORT. Lenticular. 

LENTISC , s. m., lat. lentiscm.v, len- 
tisque. 
Lentisc es aybre breu et médicinal. 

Elue, de las propr., loi. 211. 
Le lentisqtie est arbre courl et médicinal. 
CAT. IJentisc. esp. port. it. Lentisco. 

LEO, s. m., lat. i.eo, lion. 
Aissi cnm lo leos 
Huelhs uberiz es dorniens. 

GiRAtD DE Calanson : El mon non. 
Ainsi comme le lion est dormant les yeux ouverts. 
Fig. Anliels sni, illi m'es leos. 

ITlGUES DE .S. Cyr : IS'ullia res. 
Je suis agneau , elle m'est /ion. 

— Enseigne, étendard. 



48 



LEO 



Ciit lua enseigna, e desplec mon lron. 
Gui de Cavaillon : Doas coLlas. 
Je crie mon signal , et je de'ploie mon lion. 
CAT. Lleô. t.sv.Leon. port. Leào. n. Leone. 

2. Leona, s. f., lat. LEoeNESSA, lionne. 
Mi dons es a semblan de i,eona. 

Raimond de MiRAVAL : Cliansoneta. 
Ma dame est à ressemblance de lionne. 
«:at. Lleona. esp. Leona. port. Leva. 

'^. Leonessa, s. f., lionne. 

Can la leonessa a leonat. ^ 

Saturas d'alcunas ùestins. 
(luaud la lionne a mis bas. 
ir. Leonessa, iionessa. 

4. Leonel , s. m. clim., lionceau. 

Com lo leos 
Qu'es tan fers quan s' irais 
De son ieonel. 

Richard de Bardezieux : Alressi com. 
Comme le lion qui est si fe'roce quand il s'irrile au 
sujet de son lionceau. 

ESP. Leoncillo. port. Leoncnlo, lèàozinho. it. 
Leoncello. 

5. Leonet , s. 7)1. (Uni., lionceau. 
.Irii. LEONETz d'anr hi avia figuratz. 

Roman de Fierabras , v. lo^ô- 
Quatre lionceaux d'or il y avait figurés. 

CAT. Lleonet. 

6. Leonat, s. m. clim., lionceau. 

rilhs miens, puiatz yest a la presa 
Cum 1.EONATZ , per ta proeza. 

Leys d'amors , fol. l35. 
Mon fils , tu es monté à la prise comme lionceau, 
par ta prouesse. 

7. Leomn, adj., lat. leoninw.v, léonin, 
de lion. 

Pel LEONINA . 

Elur. de las propr., fol. 2i3. 
Peau de lion. 

ESP. IT. Léonine. 

8. Leonar , V., mettre bas des petits 
lionceaux. 

Part. pas. Can la leonessa a leonat. 

Naliira d'alcunas beslias. 
Quand la lionne a mis bas. 

LEONISME, adj., du lat. lf.oni«m,v, léo- 



LEP 

nin , terme qui sert à désigner uju 
sorte de vers. 

Ah rims sonans, consonans, leonismes. 
La Crusca provenzale, p. 101 . 
Avec rimes sonnantes , consonnantes , léonines. 
Alqunas consonans, alqanas simplas i.eo- 
NiSMAs, aiqunas perfiechas leonismas. 

Lejsd'amors, fol. 26. 
Aucunes consonnantes, aucunes simples léonines , 
aucunes parfaites léonines. 

2. Leonismet.at , s. f., léonisme, rime 

léonine. 

Sonansa e consonansa se fan per iina vo- 
cal, e LEONISMETATZ se fay tos temps per Joas 
vocals. 

Tractem de leonismetat perfieclia. 

Lej'S d'amorSj fol. 21. 

Sonnance et consonnance se font par une voyelle, 
et léonisme se fait toujours par deux voyelles. 

Traitons de léonisme parfait. 

LEOPART, LEUPART, LAUPART , LHAli- 
PART , EUPART, S. 171., lat. LEOPARDHV;, 

léopard . 

Leopart est mot crnzel bestia. 

Elue, de las propr. . fol. 253. 
Le léopard est moult cruelle bête. 
Mot sou ardit li leupart. 

Bref, d'amor, fol. 52. 
Moult sont hardis les léopards. 
Fig. Si degus m' es laupart, ieu li serai leos 
Guillaume de Tudela. 
Si aucun m'est léopard, je lui serai lion. 

— Allasiv. aux armes d'Angleterre. 

Sendatz vermelhs, endis e ros... 
Veirem en breu qu' el lhaupart fenli 
Que say per Flor culhir s'espenh. 

Pierre du Vilar : Sendatz vermelhs. 
Etendards vermeils , violets et rouges... nous ver- 
rons bientôt, vu que le léopard feint qu'il s'élance 
ici pour cueillir la Flear. 

— Nom de monnaie. 

LuPARTS que liegon Eduardus . 

Tarif des monnaies en provençal . 
Les léopards où ils lisent EduARDUS. 
CAT. Lleopardo. esp. port. it. Leopardo. 

LEPAR, V., du lat. LAWRERe, laper, 
lécher, flatter, cajoler. 

L' escorpion... lepa e blandis tôt preraiera- 

ment ab la lenga. 

F. et Fert., fcî. 3a. 



LEP 

Le scorpion... lèche vl caicssf tout jiromièiemont 
•n ce la langue. 

La inayre lo lepa ain la lengua. 

Elue, de las propr., fol. r>. i. 
La mère le li-che avec la langue. 

Bevo i.EPAN, quais so «at et ca. 

Elue, de las propr. , fol . 23 1 . 
Hoivenl en lapant, tels sont cbats et cliioiis. 
. AT. Llepar. 

2. Lr.p.vrniKR , s. in., lédiciir, flatlci'r, 
cnjoleui". 

Ks a femna lepaudiers , 

Perso qrie l'am {«lus volontiers. 

JJrei'. d'amor, fol. l?.o. 
Il est cajoleur de femme , pour cela <iu'elle l'aime 
plus volontiers. 

LEPOS, S. 1)1., lat. LKPos, lépos , figure 
de grammaire. 

Lepos, es can , per rauza d' orior o de cm- 
fezia, hom parla ad una persona en plural. 
Leys d'amors, fol. \!^'i. 
LcpoSj c'est quand , pour cause d'iioiuieur ou de 
courtoisie, on parle à une personne au pluriel. 

LEPRA , s. f., lat. lepra , lèpre. 
Aice.st onguens val contra lepra. 

Deudesde Prades , ytuz. rass. 
Cet onguent vaut contre lèpre. 
Cauterizacio de Lr.PRA. 

Trad. d'yilhticaxis. 
Caute'risation de lèpre. 

ANC. CAT. Llepra. c\t. mod. esp poiît. ;t. I.c- 
pra. 

. Lebrosia , s. f., lèpre. 

"Vai penre mal de i-ebrosia. 

F. de S. Honorai. 
\a prendre mal de lèpre. 

IMalantia de pecratz qui es plus vil que nc- 
gana lep.rosia. 

V. el Ferl., fol. 79. 
Maladie de pe'clies qui est plus vile que nulle 
lèpre- 
ANC. CAT. I.lebrosia. vr. I.ebhrosia. 

?). Lekros, adj., lat. i.f.pros/^v, lépreux. 
Tôt lo cors a i-erros, que no .s pot so?,fentT 
de pt'.s. 

Roman de la Prise de .Tét~jsalem . fol . i . 
A tout le corps lépreux, de- sorle qu'il ne se 
peut soutenir en pieds. 



Siibstanl. Car .senibiava que fos lebRos, 
K no senibiava que homs fos. 
Passio de Maria . 
Car il seniLI.iil qu'il fut un lépreux, et il ne sem- 
blait pas qu'un homme il fut. 

ANC. CM'. Lebros. cat. won. f.oprosrrsv. port. 
1 r. l.eproio, 

LERJ, nrlj., jovial, alerte. 
Joglar tERi, 
Del salteri 
Fiiras .X. cordas estrangir. 

GlRATJI) DE CalanSON ; t'adet joglar 
Jongleur alerte, du psallerion lu feras L d.^ 
cordes re'sonncr. 

Ftg. En est sonet cnend' e r.ERi. 

A. Daniel: A), guai. 
Kn ce sonnet gracieux Qi jovial. 

LESCA, s.f., lèche, mince franche, 
morceau. 

Prendetz carn de porc grassa e fresca , 
O veilla , si 'n faitz uua lesca. 

Deudes de Prades, /htz. cass. 
Prenez cl.air de porc grasse et fraîche ,. ou vieille 
ainsi lailes-en une lèche. ' 

l'ranh leu, e fai inaynta lesca. 

K. Cairels : Era no vei. 
Se Lrise facilement , el fait maint morceau. 
CAT. iJesca. 

LET, adj., lat. îmt.tus, joyeux, content, 
satisfait. 
Voyez Aldrete, p. i8f). 
Del vezer soi ieu bantz e lf.tz. 

P. «OGIERS : Perfaresl.audir. 
.Te suis fier el/(;re//x du voir. 
Quar pueis no fui t-etz ni guays. 

(Jihaud de Borneil : Ges aissi de!. 
Car depuis je ne \\k joyeux ni gai. 
ANC. I R, De sa veiie ert moult liez. 

Fahl. et cont. anc, t. H^ p. /J- 

U me .seiiibloit merveilleusement //Jet ai.se 
de cuer. 

.Toinville, p. 245. 
Et ont esté mont liez et joyeux. 

M0ÎJ.STRELET , t. 1, p. 181. 
Oha.scnns en ert joianz et liez. 

Roman du Renarl, t. II , p. a,,). 
A.Nc. r.xT. Let. ESP. PORT, r.edo. it. f.ielo. 



5o LET 

2. Legor , LEGUOR, S./., jolc , aisc , 
loisir. 

Las vanas legors 
Del se^le fais. 

B. ZoRGI : Ben es .idreigz. 
Les vaines yti/fi Ju siècle faux. 
Loc. IVr qu' es folhs qui non cor 

Als cortes failz, nientre que n'a i.egor. 
P. Cardinal : Non es cortes. 
C'est pourquoi est fou qui ne court, pas aux faits 
courtois, tandis qu'il en a loisir. 

Amans fis no viu ses gieu niartirt , 
Pus de vezer si dons non a i.egor. 

SORDEL : Gran esfortz. 
Araaut fidèle ne vit pas sans pénible martyre, de- 
puis que de voir sa dame il n'a pas loisir. 
Àdv. comp. Cill d' AiU'eslavau a legor, 
Ses tieballi e ses nansa. 
Bertrand d'Allamanon : Al arcivesquc. 
Ceux d'Arles se tenaient à L'aisCj sans tracas et 
sans noise. 

3. Leticia, .9./., lat. L«ETiTiA, joie, fé- 

licilé. 

"Vera i.eticia. 

Trad. de Bide, fol. ii. 

Vraie joie. ' - ,, - 

iT. Letizia. 

/,. Letificatiu, aclj., du lat. L(7etifi- 
CVS, létlficatif, propre à réjouir. 
Dels anzels letificatiu. 
Lutz es i.etificativa. 

Elue, de las propr., fol. «?.6 et l ig. 
- Des oiseaux létijicatif. 
La lumière est létijicatii>e. 

5. Letificar, V., LrtETiFicARe, réjouir, 
rendre joyeux. 

Ab instrumens muzicals letificar. 

Elue, de las propr., fol. 8i. 
Ri'jouir avec instruments de musique. 
ESP. Letificar. it. I.etifware. 

6. Delicios, of//., lat. DELicios».y, déli- 
cieux, joyeu.x, agréable. 

Es plazent et deucios. 

Pei- habitar plus delicioza. 

Elue, de las propr., fol. I23 et i,')7. 
Est plaisant et agréable. 
Plus agréable pour liahiler. 



LET 

— V(»liiptiienx. 

Honi iiELicius e luxurios a adesevci.i île son 

fraire. 

Trad. de Hhde . fol. 79. 

L'iiomnu' voluptiieii.v et luxurieux a incessam- 
ment envie de son Irére. 

— Délicat, mou. 

.Substantiv. Als delicios sia coinmandada lais 
fazenda que... no sio lezeros. 

l'rad. de la r'eg. de S. Benoît, fol. 5a. 
Aux mous soit commandée telle occupation que. .. 
ils ne soient pas oisifs. 

CAi. Delicios. esp. port. Delicioso. it. Deli- 
zioso. 

7. Deleitos, delechos, adj., délicieux, 
joyeux , agréable. 

Eias sny baulz e delechos. 

G. AdhemAR : .S'ieu conogucs. 
iMamtenanl je suis fier eijojeux. 
El ser donatz li a luanjar 
De carn suau e deleitos a. 

Deddes de Prades , jéuz. eass. 
Au soir donnez-lui à manger de la cliair suave et 
ai^reable. 

ANC. FR. Celé cace ert moult delitose. 
Chrestien deTroyes, Ilisl. htt. de la Fr., t. XV, 

p. 200. 
Sor autres ovres delitoses, 
B. de Sainte-Maure. Chtnn. delSorm,, fol.r>8. 

ANC CAT. Delitos, cat. mod. Dcleytos. esp. 
l'uRT. Deleitoso. it. Dilettoso- 

8. Deliciosament, nch'., délicieusement, 
voluptueusement, agréablemeiit. 
\ivo deliciozament. 

Elue, de las propr., fol. 3o. 
Vi vcn t délieieuseiiwnl. 

Qui nuiris sos sers deliciosament. 

Trad. de Bhda, foi. jïj. 
Qui nourrit ses serfs delieieusemeut. 
CAT. Deiiciosainent. v.sv. port. Deliciosainente . 
iT. Deliziosamente. 

9. Delechozamen , adv. , délicieuse- 
ment, joyeusement, agréablement. 

A Tois , li morgue vivio trop dklechoza- 

MEN. 

Caf. dels nposf. de lioma, fol. lop 
A Tours , les moines vivaient trop délicieusement. 
ESP. port. Deleieosainenie. it. Dilettosamente . 



1 O. DeLIF-G , DÏLIECH , UELIET , DtLElC , 

.V, m., délice, plaisir, voluplc. 
Pel DBLiEG c' al cors cossentes, 
Seras punit?, inulaiiien. 

P. Cardinal : Jliesum Ciisl. 
Pour la iiolii/'lt- que tu uccordes au corps, tu seras 
|>UDi maluMitiit. 

Li DELiECB de la carn. 

V. lie S. Honorai. 
Les délices lie l:i cliair. 

Qiiar antre baisat7. 
No m'es delietz ni sabors. 
Alphonse II , roi d'Aragon : Per manias. 
Car autre baiser ne m'est délice ni saveur. 
Los valus DET.EIGZ 

E las vanas legors 
Del segle fais. 

B. ZoRGI : Ben es. 
Les vaines délices et les vaines joies du siècle faux. 
ANC. FR. Moult est couciés à graiit délit. 

Roman de Parlonopeits de Blois, t. J , j>. ig. 
Ta te coucheras en ton lit , 
Où tu auras poi de délit. 

Roman de la Rose, v. a^BS. 
CAT. Delejrte. esp. port. Deleite. ir. Diletto. 

11. Delicias, s.f.pL, lai. uelicias, dé- 
lices. 

Las DELICIAS de la carn. 

Cal. dels aposl. de Rama, fol. I2(). 
Les délices de la chair. 
CAT. ESP. PORT. Delicia. it. Deliziu 

12. Deliciozitat , J-. /., agrément, vo- 
lupté, joie. 

Amenital vol dire deliciozitat. 

Ks temps de odor et de deliciozitatz. 

Elite, de las propr., fol. i5lct 129. 
Aménité veut dire agrément. 
C'est temps de parfum et de 'voluptés. 

i3. Delectatio, s. f., lat. delectatio, 
délectation, délice, agrément. 
Délecta Tios d'aqaest sef;le. 

Trad. de Bède , loi. 3o. 
Délectation de ce monde. 

En laec de delectatio. 

Delectatio de la carn. 
y. de S. Ftors. DoAT , t. CXXIII , fol. 253 et 25j. 
Kn lieudci/t7c«-<n/(on. 
Dctice Av la cliair. 



LET r>i 

CAT. Delectaciù. esp. Delectacion , delcttaciun. 
roKT. Deleitacao. ir. Dilettazionc. 

i/|. Delechamen , i. m., délectation, 
agrément , jouissance. 
D' ou avia alcuu delechamen. 

La Confessio. 
D'où j'avais aucune délectation. 

ASC. ESP. Delectamiento. esp. moo. Delcita- 
mictito. IT. Dilettainento. 

i5. Délectable, deleit.vble, dele- 
ciiakle, ocIj., lat. delectabz'lew, dé- 
lectable , délicieux, agréable. 
Aquel loc plasent ^ délectable. 
Perilhos, ^oy. au pitrg. de S. Patrice. 
Ce lieu plaisant et délectable. 
Aquela clufat tant bêla e tant delectaula. 

L' Arbre de Butalhas , fol. 53. 
Celle cité si belle et =.i délectable. 

Quais luox es lo plus delecharles del mon. 

Lit>. de Sydrac, foi. 58. 
Quel lieu est le plus délicieux du monde. 
Lo rin de la font, lo qnal fa! deleitable benre. 
Trad. de Bède, fol. 22. 
Le ruisseau de la fontaine, lequel fait' un boire </t'- 
l ce table. 

ANC. F.".. Déleitaules sont les oyvres Nostrc 
Signor. 

Sermons de S. Bernard, fol. ()o. 
Et sacbiés que je cuidai estre, 
Porvoir, en paradis terrestre, 
J'ant estoit 11 lens délitai/les. 

Roman de la Rose, v. (jf^i. 
ANC. (.M. Delitables. CAT. MOV) Délectable, u^v. 
Dclejtable. port. Deleilavel. it. Dilettabile. 

ifj. Delictablamen , adv., délecfable- 
mcnt , délicieusement. 

Per trop benre delictarlamen. 

Les .X. Commandements de Dieu. 
Pour trop boire déleclablement. 
CAT. Delcctableinent. esp. Delectablemente ■ iï. 
Dilettabilm en te . 

17. Delectatiu, ad]., délectable, pro- 
pre à délecter. 

Es al odorament delectatiu. 

Elue, de las propr. , fol. l32. 
Est délectable à l'odorat. 

18. DeLECTAR , DELLECTAT. , UELIEITAf, , 



52 LET 

DKLECHAR, V., lat. nELKCTARC'^ délcC- 

fer, charmer. 

No se DET.LECTAVA iiiflis en gueira de si e 
(Y antrni. 

f. de Bertrand de Born. 

INe se délectait excepté en guerre de soi etd'autrui. 

Tu non manjas per ton cors delechak, mais 
per Dieu servir. 

r. et Vert., loi. 21. 

Tu ne manges pas pour délecter ton corps, mais 
pour servir Dieu. 

Mos pessamens aleuja inos afans, 
E DEtiEYT me, e m sojorn, e m respans 
BÉKENGER DE Palasol : Tau m' alicHs jois. 
Ma pense'e allège mes peines, et me cliarnie, et 
me récrée, et me repose. 

ANC. FR. Que le fromache a tôt men£;ié 
Dont forment s'aloit delechaiit 
Roman du Renart, t. I , p. 273. 
Pure conscience... délite les regarz de Dieu. 

.TOINVII.LE , p. 36l_). 

En lor biau chanter se délitent. 

Roman de lu Rose, v.fiÉI/}- 
.INC. CAT. Delitar. cat. mod. Delectar, delejtar. 
ESP. Delectar, deleitar, pour. Deleitar. it. 
Dilettare. 

j<). A.DELIECHAR , 7\, àt-lectcr, rt;joiiir. 

Lhi paure s' adeliecho eu la paurieia , aissi 
coiua li rie eu lor riquezas. 

Liv. de Sydrac, loi. 3(). 
Les pauvres se délectent en la pauvreté, ainsi 
comme les riclies en leurs richesses. 

ANC. i;\r. Adelitar. 

10. Délicat, ndj., !aL DEMCAT«.y, dé- 
licat, faiblf. 
Als fraircs enferms o delicatz. 

Reg. monast. Ms. regiiis , -i e 1 < . 
Aux (réies infirmes ou délicats. 

— Délicieux, recherché, fin. 

Perso que aquels demcatz noyriiuens no '!> 
aduga a las peuas d' ifern. 

Régla de S. Benezeg, fol. 10. 
.\fm que cet aliment délicat ne les conduise pas 
aux peines d'enfer. 

Eu loc d' autres BEi.icATs coudimens. 

Elue, de las propr., fol. 176. 
Kii lieu d'autres assaisonnements délicats. 
«'Vf. Délicat, est. pom . Dclicado. n. Delicato. 



LET 

i\. Delicauamens , ««^/(^.^ délicatement. 
Per heure o per luanjar trop dei,icadameîjs. 

r. et rert.,(o\. 3. 
Pour l)oire ou pour manger trop délicatement. 
Ni eis uon den trop delicadamens noyrir. 

Régla de S. Benezeg, fol. 10. 
Et ne les doit trop délicatement nourrir. 
CAT. Delicadainent. esp. poi.t. Delicadamente . 
tT. Delicatatnente . 

>.x. Delicamen , v. ///., friandise. 
Manja grans dreicamens. 

Brci'. d'anior, fol. 120. 
M a nge grandesy/7'ant/j.se.ï . 

ANC. CAT. Delicament. anc. esp. Delicamieiito . 
n. Delicainenlo . 

>S. Delguat, dalgat, nd]., délié, 
svolte , mince, fin, délicat. 
Cors ben faitz , delgatz e plans. 

B. DE Ventadour : Lo temps vai. 
Corps })ien fait , svelte el uni. 
E 'Is cilbs voutz e delgatz. 

GiBAUD DE Calanson : Tan dossamen. 
Et les cils arqués et déliés. 

El fnecs que m' art es tais, que Nils 
No '1 tudaria plus q' us lils 
Delguatz sostendria una tor. 

Guillaume de Cabestaing : .4r vey. 
Le feu qui me hriile est tel, que le ISil ne l'étein- 
draitpas plus qu'un fil délié soutiendrait une tour. 
El cors DALGAT, grallc e fresc e lis. 

Bertrand de Born : Gesdedisnar. 
Le corps mince, grêle et frais et lisse. 
ANC. CAT. Delgat. esp. pout. Delgado. 

2.4. Atr.GKE, adj., lat. alacrem, allè- 
gre, riant, joyeux, gai. 

No sui ALEGREs ni iralz. 

Le comte de Poitiers : Parai un vers. 
Je ne suis /oj-eMX ni triste. 

Li bon oiue an inolt alegre vizalge, car ilh 
an bona cos.siencia. 

id'. de Sydrac, fol. 2ij. 
Les hommes hons ont moult riant visage, car ils 
ont bonne conscience. 

Totas sazos 
Alegres e baulz c joios. 
.Vrnacd de Marueil : Dona sel que. 
Toujours allègre et fier et joyeux. 

CAT, ESP. TOUT. Ahgrc. IT. Allegro. 



LET 

25. Alegramkn, (:(h>, , allègrement, 
joyeusement, yaimtnt. 

S' ien anc nnlh li-mps chantiei ai.ecramen , 
Ar chant inarritz, et ay en beu ra/.o. 

B. CaRBONEL : S' ieu anc. 
Si oucqucs en mil temps je cliaalai joyeusement j 
inaintenant je citante triste , et j'en ai bien raison. 
De sa propria voluntat, e alegramen-. 
TraJ. de la règ. de S. Benoit, fol. iS. 
Do sa propre volonté, et ^aiment. 
<'AT. Alegrament. esp. port. Alegremente, it. 
AUegramente. 

26. AlEGRETAT, s. f., jat. ALACniTATfW, 

allégresse , gaîté. 

Kh gang et ali alegretat. 

/'. de S. Enimiej fol. '.io. 
Avec joie et avec allégresse. 

Mos cbans qu'es ses ai.egketat. 

G. RlQUlER : Be m (i-jgra. 
Mon cliaul qui est sans gaité. 

Es temps de gaudi et de alegretat. 

Elue, de las propr., fol. 129. 
C'est temps (le joie et (Vallégiesse. 
11-. Alacrità. 

"?.■;. ÂLEOKAMErf , A-. t/i. , alU''grt\sse, joie, 
contentement. 

En gran aeegramen 
Torneio vostre niarriinen. 

Leys d'umors, fol. 33. 
En grand contentement tournèrent voscliaiçrins. 

28. Allegresa, alegreza , S. /., allc- 
gres?e, joie, hilarité. 
El coniensa a far at.t.egresa et a s'e.'gandir. 

f^. de Piainiond Jonlan. 
11 commence à montrer de l'allégresse et à se 
rejouir. 

Aleiupra 1' alegreza de son froul. 

Trad. de Bédé, fol. 69. 
Tempère V/itlarité de son front. 
\>(:. ESP. Alegreza. it. Allcgrezzu. 

j\). Alegransa, s./., allégresse, joie. 
Non ai al cor gran ai.kgransa. 

Pons de la GAnni-; : Sitôt non. 
.le n'ai au cœur grancl<-yo/>. 

Quan cossir fpi'en alegransa 
Me [>odo 'I inailrag tornar. 

G. FaIDIT : Al .^embLin. 



LET .53 

(^iuaml je eonsulère qu'en allégresse les peines 
me peuvent tourner. 
ANC. ESP. 

IMedii» oàno et arpa cou el ralte luoriseo 
l'.iitrellos alegransa el galipe liancisco. 
Aiicii>ni:sTE DIS lIiïA , cop. iao4- 
ANC. c\r. Alegransa it. Allegranza. 

')0. Alecroii , s. f., allégresse, joie, 
gaîté. 
.\. cnnt cantero d'Ai,EGROR. 

Trad. de l'Ei>ang. de ]\icodèine. 
(^liantèrenl un chant li'atlégresse. 

■j I . Alegratgk , .V. m. , allégresse, joie , 
contentement. 

A aiitrny don ALEORATGE, 
Et a lui pen' e turmen. 
P. Raimond de TouLorsE : Atressi cum. 
A autrui je donney'oie, et à moi peine cl tourment . 
ANC. CAT. Alegratge. it. AUegraggio. 

32. Alegrier, ,v. m., allégresse, joie, 
plaisir. 

Non agio la meitat de joy 
Ni d'ALEGKlER ah luis amis, 
Coin ieti ab vos. 

AHNAt'D DE Maui'KIL : Doua genser. 
N'i'urent la moitié' de joie et de plaisir, avec leurs 
.itnis , roMime moi avec vous. 

Ab mariinen no .s'acorda ai.egriers. 
Perdigon : Be m dizon. 
Avec tristesse ne s'accorde yoic. 

Les avilies langues néolatines n'ont 
pas conservé ce mot; mais on trouve 
pour le CAT. , I'esp. et le i'Out. yj/egria; 
et pour TiT. Allegria. 

33. Alegrar , V., réjouir, se réjouir, 
égayer. 

Alegrak me volgr'en cantan, 
O canfar per que m' ai.egres. 

GiRAUD DE BoiiîJEiL : Alegrar. 
Je voudrais me réjouir en chantant, ou chauler 
pour que je me r<//oi(iJie. 

"Vei ai.egrar cbantadors. 
Alphonse II , koi d'Aragon : Per manias. 
Je vois sa réjouir les chanteurs. 
Sapcbal/. ben que mais jols no ni sosie 
Mas lo vostie, que m'ALtcKA c m revc. 
r,A D \ Mi: <; \s 1 ELLO/.F. : Amics s' ic us. 



>" r 



LET 



Sachez bien que joie ne me soulicnl plus que la 
\ôlre , ([ui me réjouit et me ranime. 

Neis r aiizelel s' ai-egron per s' aiuor, 
Quan la vezon , tal joi n'an entre tor. 
Pistolet A. : Aitan sospir. 
I,es oiselets même se réjouissent par amour d'elle, 
quaud ils la voient, telle joie ils en ont entre eux. - 
ANC. FR. 

.Si vescjuist vostre inere. orfust mult halegrèe. 
Roman de Horn, loi. 20. 
ANC. iT. Lo spirito s' alegra e gaade. 
L'anima inia s' alegra. 

GuiTTONE d'Arezzo, Lett. 8 et 22. 
<:at. ESP. PORT. Alegrar. it. mod. AUegrare. 

Mi. Alegouar , V., égayer, réjouir. 
Que'I conoyssen. 
De qu'ieu suy ainicx , 
Dizon qu' es abricx 
De vera valor 
En que m' alegor. 
P. Bremon RiCAS ISovAS : Si m ten. 
Vu que les connaissants, de qui je suis ami, disent 
que c'est protection de vraie valeur, en <iuoi je nie 
réjouis- 
Part. pas. Ni *ls feignenz ai-egoratz. 

B. Calvo : En luec de. 
JVi les Teignants réjouis. 

Tôt l'an .son alegorat, 
E luantenou gautz e solatz. 

Tioman de J au fre , fol. 35. 
Toute l'annc'e ils sont réjouis, et maintiennent 
joies et plaisirs. 

.Substaut. Ai.ssi coin ne vei viiire assatz 
De ries e J'alegoratz. 

Cadenet : Amors e cum er. 
Ainsi comme j'en vois vivre heaucoup de riches et 
Ae jojeux. 

35. Alegrezir , -v., réjouir, égayer. 

Aquesl' amors m'ALEGREZis. 

R. VlD.\L DE BezaTJDUN : Belb m'es. 
Cet amour me réjouit, 
l'art, pas. Mon cor sent alegrezit. 

P. Vidai. : Baron de mon. 
Je sens mon co'ur ivjoui. 

36. EssALEGRAR, V., réjouir, tenir con- 
tent. 

Paors de Dieu essalegra lo cor, e donara 
alegrcza e joi îos temps a celui que tein Deu. 
Trad. de Uède, fol. 3 ( . 

Crainte de Dieu réjouit le creur, et donnera allé- 
gresse et joie toujours à celui qui craint Dieu. 



LET 
LETANIAS, s. f. plur., lat. lztanias , 
litanies. 

Son alcu nom plural en votz, e singnlar en 
significat, coma letanias. 

Lejs d' amors, fol. 53. 

Quelques noms sont pluriels en voix, et singuliers 
en signification , comme litanies. 

Léo anava a Sanh Peyre, dizen las leta- 
NiAs, las quais avia establidas. 

Cat. dels apost. de lîoma, fol. loi. 

Le'oQ allaita Sainl-Pierre, disant les litanies, les- 
quelles il avait e'Iablies. 

Il s'est dit aussi au singulier. 

Ab la LETANiA de la lesso. 

Trad. de la Règle de S. Benoit, loi. 22. 
Avec la litanie de la leçon. 

CAT. Lletania. esp. Letania. port. Ladainha. 
iT. Letanie, letane. 

LETHES, s. m., grec A;?'ô;j, Léthé. 
Lethes... vol dire oblidamen. 

Elue, de las propr., fol. 81. 
Léthé... veut dire oubli. 
ESP. Lete , Leteo. 

'2. LlTARGIA, LITARGUIA, S. f., Lit. LE- 

t//.\rgia , léthargie. 

Lttargia... es talmeut noiuada quar lethes, 
d'on ve aqael nom, -vol dire oblidamen. 
Litargia fa boni oblidos. 

Elue, de las propr., fol. 81. 
Létliargie... est ainsi nommée parce que létbc, 
d'où vient ce nom , veut dire oubli. 
Léthargie rend homme oublieux. 
Sqc d'api, contra frenezi 
E i.etarguia issamens, 
lis mot médicinal engnens. 

Bi'ci'. d'a/nor, fol. 5o. 
Le suc de céleri , contre la frénésie et la léthargie 
également , est moult médicinal onguent. 
ANC. CAT. ANC. ESP Letorgia. port. Lethargia. 
iT. Letargia. 

3. LlTARGlX, (idj., lat. LETUARGICMS, 

léthargique. 
Siibstant. Als malautcs , luajormeut litaroi.x. 

Els frenelix o els i^itargix. 

Elue, de las propr., loi. 77 et 44- 

Aux malades, principalement faux) léthargi</ues. 

Aux frénétiques oa aaiL léthargiques- 
Esr. Lecargico.TC'KT. Lethargico. \T.Lctargico. 



LET 

LEïTRA , LETRA , s. f., lat. littcra, 
lettre, caractère do l'alphabet. 
Voyez DuARTE Nunes de LÂio, Or- 
thogr. da Lin^a pnrtitg., p. i56. 
Très LETTR.vs ciel abc 
Ajireudelz, plus no us deinan. 

Cadenet : Amors. 
Apprenez trois lettres de I'a b c, plus je ne vous 
ileniantle. 

Letra es volz no cliviz;ibla. 

Leys d'amors, fol. 2. 
Lettre Cil voix non divisible. 
Libres scritz am letras (i'aur. 

Libre de Tindal. 
Livres écrits avec lettres d'or. 

— Lecture. 

Qai met un efan a letra, al comensamen 
boni li essenha lo Pacer noster. 

r.et Tert.. fol. 3-]. 

Qui met un ctifant à lettre, au coramenceraeut 
on lui enseigne le Pater NOSTER. 

— Écriture. 

Aissi coin fan los escrivas qne mostron 
bona LETRA al comenssamen , e pois fan la 
iiialvaTsa. 

f^. et Fert., fol. 17. 

.Ainsi comme font les écrivains qui montrent 
bonne lettre au commencement , et puis la font mau- 
vaise. 

— Texte , la lin. 

Mal enlenden e. conompen 
La I ETRA ciel "Vielb Testamen. 

Bref, d'itmor, fol. 88. 
Lnlendeiil mal et corrompent la lettre du Vieux 
Testament. 

Aqnest peccat es apelat en letra presornp- 
tio, mas en romans se deu apellar foUa espe- 
ransa. 

r. et Fert., fol. i3. 
Ce ppclié est appelé' en latin pbe.<;OMPtio , mais 
en roman il se doit appeler folle c-spcrance. 
Prov. La letra ancis, e l'esperit vivifia. 
Ley s d' amors , loi. 128. 
La lettre tue , et l'esprit vivifie. 

— Les lettres, litt(}ratiire. 

Fo hom de bas afar, mas savis hom de le- 
tras e de sen natnral. 

A", de Giraud de Borneil. 

Fut homme de Lasse condition , mais savant 
Loinme de telttvs et de sens naturel. 



LET 51 

Car non podia viure per las .suas letr\s , il 
.-.'en anet per lo mon. 

F. d'Arnaud de Mariieil. 
Parce qu'il ne pouvait vivre de ses lettres, il 
s'en alla par le monde. 

Emparet ben letras, e deleilet se en trnb;ir. 

F- d'ylrnaiid Daniel. 
.\pprit Lien les lettres, et se délecta à composer. 

— Oiivratîe littéraire. 

(.'ar manies causas nos an diciias 
Li aucior en letras escricbas. 

Un troubadour anonyme : Mol aurai. 
Car maintes clioscs nous ont dites les auteurs en 
lettres écrites. 

— Epitre , missive. 

Ela 11 mander messatje ab letras ainorcsas. 

F. de Guilldiiine de Hdlaitn. 
Elle lui envoya message avec lettres an\oureuses. 
Ja no m man letra ni sagelh. 

Deudes de Prades : En un sonet. 
Jamais ne m'envoie lettre ni cachet. 

— Ordre , dépêche. 

Loc. Fctz LETRAS de part lo rei a '^' Cnilern 
de! Baus q' el vendues al rei. 

F. de Guillaume de Baux. 
Fit lettres de par le roi au seigneur Guillaume du 
Bau.K qu'il vînt au roi. 

Letras de segurtat. 

F. de S. Honorai. 
Lettres de sûreté. 

So son LETRA.S de perdou e de la indnl • 
gencia. 

F. et Fert.. fol. 7J. 

Ce sont lettres de pardon et de l'induliiencc 

Per portar letti-.as dansas de part mossen- 
lior lo juge niaje. 

Tit. de 1428. Ilist. de Nîmes, t. III, pr., p. 227. 

Pour porter lettres closes de par monseigneur le 
jiige-mage. 
f AT. Llelra. esp. port. Letra. it. Letiera. 

7.. Letrier, s. m., lutrin, pupitre, 

Avian davant letriers en los qnnis staran 
libres scritz ain letras d'aur, e en ac|uels libres 
cantavan. 

Libre de Tindal. 
Avaient devant lutrins sur lesquels étaient de* 
livres écrits avec lettres d'or, et ils chantaient dans 
CCS livres. 

3. Littéral, ndj. , lat. litterai./.ç, lit- 
téral. 



Sf) 



LET 



Sillalia es votz littéral. 

Lejs d'amorSj fol. 6. 
La syllaho est voix littérale. 
CAT. ESP. îORT. Literal. ix. Littérale. 

/). Letrat, adj., lat. i..n:teKkTus, écrit, 

copié. 

Si co avetz anzit eu la i;esta i.etrada. 
Guillaume de Ti delà. 

.\insi comme vous .ivez appris tlniis l'iiisloiic 
. écrite. 

• — Lettré, homme (!<■ lellres. ; ^ 
Savis hoins fo e ben lîtratz. 

/". de Pierre d'Auvergne. 
Fut homme savant et bien lettre. 
Den dir sa condicio, 
,Si es laicx o clers o passes... , 
O es homs simples .o letratz. 

Hivf. d'amor, fol. 121. 
Doit (lire sa condition, s'il est laïque ou clerc ou 
paysan... , ou (si) il est liomme simple ou lettré. 
Siibstantiv. De letratz n'i a ganre 

Qn'el lati non entende be. 
Un TROl'E.\.DOUR ANONYME : Mot aurai. 
De lettrés il y en a beaucoup qui n'entendent pas 
bien le latin. 

Es grans raeravilha de vos autres letratz 
Coin,senes penedensa , solvetzni perdouatz 

Guillaume de Tudela . 
C'est sraude merveille de vous autres lettrés com- 
tnent, sans pe'nitencc , vous absolvez et pardonnez. 

ANC. FR. 
Ne purreil reineiiibrer mil sape clerc lettret. 
Fiomunde Horn , fol. 20. 
CAT. Llelrat. esp. port. Leirado. it. Letterato. 

LETZ, V., lat. wcET, il est licite, per- 
mis, loisible. 

En autr' afar pessar no m letz. 

Arnaud de Marceil : Doua genser. 
11 ne xaest pas permis de penser à autre affaire. 
.Si negns es del vers coniradizens , 
Fassa s'enan, qn' ieu dirai per que m lec 
Metr' en est vers très motz de divers sens. 
Alegret : .4.ra pareisson. 
Si nul est contredisant du vers , qu'il se mette en 
avant , vu que je dirai pourquoi il me fut permis de 
mettre dans ce vers trois mots de divers sens. 
Tos temps, si m lègues, blasmera 

Lieys. 

P. Vidal : Amors près. 
Toujours , s'i7 m'était permis, je blâmerais elle. 



LET 

l'ant cant poiras fai ben de ssa, 
Que ja pueis no t lésera. 

Libre de Senet/ua. 
Tant que lu pourras fais bien de çà (dans ce 
monde ), vu que jamais après il ne te sera loisible. 

Leza ad aqaels qu' el dan o '1 tort au.'-an su- 
fcrt, penhorar e vengar. 

Statuts de Montpellier, de \lo!\. 
Qu'il soit permis à ceux qui auront souffert I- 
dommage ou le tort, de mettre en cause et venger. 
ARC. FR. Non ne ieist à seigurage de partir les 
cnltivurs de leur terre. 

Lois de Cuill.-le-Con(juérant , 3.^. 
En ces dens cas les loist deffendie. 

Roman de la Rose, v. 477^- 
Si qit'à chacun loisoit de le aller veoir, qui 
veoir le vonloif. 

MONSTRELET, t. III, fol. t3o. 

Celuy auquel ce qu'il veult lait, 
\'enlt tousjours plus q'.ie ce qu'il doit. 
Amyot, Trad. de Plularfjne, Morales , t. I , p. :^. 
II nous îoi'se et appartiengne... créer en 
cbascnne bonne ville, jurés. 

Ord. des R. de Fr., il\6i, t. XV, p. 8. 
CAT. Licit. Esr. pop.t. Licito. ir. Leclto , licito. 

1. Legut, adj., licite, permis, loisible. 

Que sia legut a cascuu de la prendre. 
'Fit. de \!\'i!\. Hist. deLang., t. IV, pr., col. [i,i\ . 
Qu'il soit licite à cliacun de la jircndre. 
Aytals iiiudainens es legutz. 

J^ejs d'amors, fol. 68. 
Pareil changement est permis. 

Non es LEGUDA causa jurar. 

J>es .X. Commandements de Dieu. 
Jurer n'est pas chose licite. 
No'l laissa desviaren chansas non legudas. 

Régla de S. Benezeg, fol. 6. 
Ke le laisse de'vier en choses non permises. 
ANC. CAT. Legut. 

^. Legudamen, <7cA'., licitement, 
llom parla non legudamhn. 

Régla de S. Benezeg , fol. 22. 
On parle non licitement. 

Las causas dessus di(;Las far no podo legu- 
damen. 

Fit. du xm<= siècle. DoAT, t. CXVIII, fol. 88. 
Los choses dessusdiles ne peuvent faire licitement . 
ANC. CAT. Lesiidament . 



LET 

4. Licencia, licensia, lissensia, ^./\, 
lat. LiCENTiA , licence, permission. 

Ses Den r.trENCiA ja non faran torment. 
Pneme sur Bo'ece. 
Sans la licence Ac Dieu jamais ils ne feront tom- 
nienf . 

LiceNcrx empetrada. 

Bref, d'amor, loi. l32. 
Permission irapélrée. 
Donada que lor ac lissensi*. 

Philomen \. 
Donné fjii'il leur eut la permission. 

— Dc-règleinent, désordre. 
Perla r,iCE>-srA d'nn sol. 

Trad. de Bide. fol. 48. 
Par le désordre d'un seul. 
CAT. Llicencia. esp. Licencia, port. Licenca. 
IT. Licenzia. 

5. LicENCiAR , V., licencier, congédier, 
donner le degré de licence, émanciper. 
Sanl Nazari reqaer un jorn est ïpocrita 
Que lo LiCEKciES, que vol se far ermita. 

f. de S. Honorât. 
Cet hypocrite requiert un jour saint ^azaire qu'il 
le licenciât, vu qu'il veut se faire ermite. 
Part pas. No pot esser maridada 

Si no es denant licenciÀda. 
Elue, de las propr., loi. 70. 
Ne peut être mariée si elle n'est auparavant éman- 
cipée. 

En piesensa de mossen Gnilleni Aramon, r.r- 
cfcNciAT en leys. 

Titre de Périgiieiix , de i386. 
En présence de monseigneur Guillaume Aramon , 
licencié en lois. 

Domergne Dayron, i.rcKNTfAT en It'ys. 
Ttt. de 1428-9. Hist. deNimes, t. III, pr., p. 228. 
Domerjîue Dayron , licencié en lois. 
Substant. So ditlo licenciât. 

L' Arbre de Bataillas , fol. igS. 
Cela dit le licencié. 

v.%v . PORT. Liceitciar. it. Licenziare. 

Le CAT. a le participe passé llicenclnt. 

6. Lezer , s. m., loisir, permission, 
moyen. 

Voyez Denika, t. m, p. 117 ef 1 i 8. 
Aïs vostreslans dir mi sofranh t.ezers. 
ARNVtn DE Maruf.ii, : L'ensenliamcnli. 
.\ dire vos louanges me manque loisir. 

m. 



LET 



5? 



Aitals maltrnitz m'es lezer;. 

FoLQUET DE Marseille : Us vok-rs. 
Pareil tourment m'est loisir. 
Dos n' i a gnerrevadors , 
Qiiar an de mal far lezer. 

lÎFR-iRANn DE lîoriN : S'abrils e fucllias. 
Il y en a .lou\ ennemis, car ils ont moyen de 
mal faire. 

luit sels que m pregan qa' ieu chan ," 
Volgra 'n saubesson lo ver, 
S" ien n'ai aize ni LtzER. 

B. DE Ventadour : Tuitscls. 
Tous ceux qui me prient que je cliante, je vou- 
drais qu'ils en sussent le vrai, si j'en ai aise et loisir. 
Adv. comp. Pueis non pot dormir a lezer. 
Del'Des de Prades , Auz. cass. 
Puis il ne peut dormir à loisir. 

Lo pot laissar domneiar 
Kt estar ab levs a lezer. 

Garin d'Apchier : Mos Cominals. 
Le peut laisser galantiser et demeurer avec elle à 
loisir 

A selat o per lezer. 

Arnaud de Marueil : Dona penser. 
I-.n cachette ou tifec permission. 

7. Lezor, s. /., loisir, repos, désoccii- 
pation, 

Dos jorns e una nney t aqni fero lezor . 
Roman de Fierabras, v. 4227. 
Deux jours et une nuit là ils firent repos. 
Àdv. comp. Qu'ades a lezor 

M'adutz e m' acuelha 
Jays encantador. 
G. Pierre de Gasals : Ab lo pascor. 
Qu'incessamment à loisir nie conduise et m'ac- 
cueille joie enchanteresse. 

8. Lezeros, adj., qui est de loisir, dés- 
œuvré, désoccupé. 

Qne negns non estia naàlhos ni lezbros. 
Trad. de la r<\q. de S. Benoît, fol. 2'j. 
Que nul ne soit paresseux ni désœiicré. 
Aîalz membransa 
De garda r vosir'arney, 
Si tro.ssa ni conrey 
Y falh ni ardalhos, 
Mentre qu' es lezeros 
Al osial , Costa '1 foc. 

Amanieu des Escas : El temps de. 
Ayez souvenance de regarder votre harnais , si 
trousse ni courroie y manque ni ardillon, tandis 
que vous êtes désoccupé à la maison, contre le feu. 

S 



58 



LEIJ 



ij. Alkzeraiv , ALHEZERAK, ?)., charmer 
les loisirs, désoccuper, distraire. 
El consirs don ieii lu' alezer , 
Me p.iis mais qa'aulia vitalba. 

Peyrols : Manta gens me. 
La pensée dont je charme mes loisirs, me repaîl 
jilusqu'aulre victuaille. 
Part pas. En nnls antres pensât/. 

No fui ALEZER ATZ. 

Arnaud de Maruem, : Ses joy. 
Par nulles autres pcnse'es je ne lu» distrait . 
Oni si deu gardar, 
Menti' es alhe/.eratz, 
E de far grans peccatz 
E de tôt nialestar. 

GiRAUD DE BoRNElL : Solalz. 
Ou doit se garder, tandis qu'on est désocciipé, et 
de faire grands pe'clie's et de tout nial-élre. 
Substant. De ricx e d'Ai.EZER\TZ 

Qu'an la vergonha perdoda. 

CadENET : Amors e com er. 
De riclies et de dcsocciipés qui ont perdu la ver- 
gogne. 

I^EIT, s. ni. , poumon. 

Lo LEUS i es per alenar 
E l'aire freg al cor tirar. 

Brei>. d'nmor, fol. 53. 
Le poumon y est pour respirer et l'air frais au 
cœur attirer. 

Le front e 'Is tens ab suc de lachnga e de 
papaver nnguen, e 'l cap eu leu de porc o 
d'anti'a bestia evolven. 

Elue, de las propr., fol. 8o. 
Le front et les tempes avec suc de laitue et de 
pavot oignant, et la tête avec poumon de porc ou 
d'autre Iséle enveloppant. 
ANC. CAT. Leu, 

9.. Levada , S. f., mou, poumon. 

Las LEVADAS dels molons ni de las fedas 
non botarai. 

Ciirtiilnire de Montpellier, fol. 129. 
Les mous des moutons ni des breliis je ne mettrai. 

I.EU, LIEU, adj. , lat. lev/.t, légt-r, 
prompt , If^ste. 

d>m selh qn' es correns e i.ieus. 

A1ME111 DE Peguilain : ISullis liom. 
Comme celui qui est courant et leste- 
Fig. Non os canijans ni HEO.'i. 

R/kiMOND DE Castei.nav : Era lien. 
K'esl cliangeanl ni léger. 



LEU 

Aiicmais no fui i.eus a enaïuorar. 

G. Faiiiit ; Mon cor c me. 
Oncciues plus je ne fus prompt a amouraclicr. 

— Aist' , facilo. 

Farai liueymais mon rban 
Leu a «bantar e d'anzir agradan. 
Elacvs : Bel m' es ab. 
Je ferai désormais mim citant facile h chanter et 
plaisant à ouir. 

Lo troubadour Elias Cairels a ap- 
pelé chansoneta de LEU RIMA une pièce 
où le dernier mot de chaque couplet 
est répété au commencement du sui- 
vant, et où les rimes des vers du pre- 
mier sont exactement et méthodique- 
ment répétées à chaque vers des autres 
couplets. 

ANC. CAT. Leu, /l'eu. cat. mod. esp. port. 

Levé XT. Levé , lieve. 
Adverb. Ni canije i.eu sos sens ni sos acortz , 
Car qui i.eu vol , led f.ilb e i.eu s' esloriz. 
Kat DE MoNS : La valors. 
Ni qu'il ne change pas légèrement ses sentiments 
ni ses sympathies , car qui légèrement veut ,Jacile- 
nient i^ul e\. facilement se sauve. 
Leu reven e leu r fui , 
Leu s' apai e leu s'irais. 

RaIMOND te MlRAVAL : Ar ah 1.1. 
Aisément revient et aisément s'enfuit , aisément 
s'apaise et aisément s'irrite. 

I.oc. Car teue a leu 

Lo dig de Dieu. 

Lanfranc Cigala : En chantar. 
Car elle tint à léger la parole de Dieu. 

Adv. cowyj. D'aqnesla natnral aiiior 

An mot canial li trobador, 
Disen de lieis en nianbs logals, 
A LEU grans bes. a leu grans mais. 
Brev. d'ajnor, fol. igS. 
De ce naturel amour ont moult chante les trouba- 
dours , disant de lui en maints lieux, tantôt de 
grands biens , tantôt de grands maux. 
Tu lo devcs far.^aber al plus leu que poiras. 

Lii'. de Sydrac, fol. 65. 
Tu dois le faire savoir ttu plus tôt que tu pourras. 
Amicx, BEN LEU denian raorras. 

Gabins le BiiUN : îSueg e jorn. 
Ami , peut-être demain tu mourras. 
I5e leu pezara us de ma mort, 



LEU 

E voli'ialz in'aver esloit. 

Amanieu des Kscas : Doua per cui. 
Peut-être il vous pèsera de ma moit,ct vous vou- 
Jriei m'avoir sauve. 

Coin ecl qni er 
Visqaet inor hui de leu. 

B. ZoBGl : Ben es adreigx. 
Comme celui qui vécut liier meurt aujourd'hui 
in>ec facilité. 

Qaar leu despen qui dk leu a guazan. 
G. Faidit : Mantas sazos. 
Car facilement dépense qui avec facilité a profit. 
AoreiD secoi's del rcy Marselli t.eu e tost. 

Phii,omen.\. 
Nous aurons secours du roi VlaTsWe facileinent cl 
tôt. 

AUr. KR. Car chose de legier venue legiere 
nient tlecLief. 

OEitvres cl'.ïlain C/tartier, p. 298. 
Qoi de légier .se puet muer. 
C'est uns boms qui ment de légier. 
Roman de la Rose, v. 9932 et 3.')8o. 

Comparât. O pena levior o penitencia. 

Carlulaire de ilontpellier, fol. ^!^. 
Ou peine^/ui lég;ére ou pénitence. 

2. Levet, adj.diin., léger, facile. 

Fai SOS SOS i-evetz e plas. 

Le moine de Mostaudon : Pus Peyre. 
Fait ses airs légers et simples. 
Àdverh. A leis complairia ? 
. Levet, s'Amors volia. 

P. RoGlERS : Ben volgra. 
A elle plairais-je? Facilement, si Amour voulait. 

3. SoBRELEu, adj., très léger, très facile. 
Adverb. Vos avetz bon talanl de fondât, 

Qu'anc no vi'm joi soereieu coiiqnislat. 
T. de g. de la TotB ET d'Imblrt: Seingncr. 
Vous avez Lien goût de folie, vu que oncqucs nous 
ne vîmes le bonheur conquis très facilement. 

4. Leumen, lelmexs, culv., légèrement, 
aisément, facilement, incontinent, 
ordinairement. 

A! for' aanidn , 
Si crezes i.eumen. 

G. RlQUlER : L'autre jorn. 
Ah .' je serais honnie si je crusse légirement. 
Pero r.EUMENs 



LEU 



59 



Dona gran joy, qui be mente 
Los ai'zimeiis. 
Le COMTE DE Poitiers : Pus vezem. 

^ouiliul facilement donne grande joie , qui Lieu 
maintient les aises. 

Adverbis es una part d'oratio qne leumen 
vol, ses tôt meia, esser pauzat aprop lo verh; 
dizem leumen, quar .ilqun adverbi son que 
requiero esser pauzat denan lo verb. 

Lejs d'amors, fol. 99. 

L'adverbe est une partie du discours qui ordinai- 
rement veut, sans nul intermédiaire, être placé 
après le verbe; nous disons ordinairement , car au- 
cuns adverbes sont qui demandent à être placés de- 
vant le verl)e. 

ANC. CAT. l.eument. cat. mou. l.evement. esp. 
poKT. iT. Levemente. 

5. Leveza, s.f., légèreté, inconstance. 

F.s senbals de seqneza grau 
E senbals de gran i.eveza. 
D'nmors e de subtileza. 

Brev. d^amor, fol. 56. 
C'est signe de grande maigreur et signe de grande 
inconstance d'Iiumeurs et de subtilité. 
roRT. Leveza. it. Levezza. 

6. Levitat, 5./., lat. LEVITAT6V//, légè- 
reté, souplesse, agilité. 

Ni ha antras armas qne 1 évitât de mem- 
bres. 

Dam..., cura sia bestia mot paurnga... na- 
tîiia li a donat... a fagir levitat. 

Elue, de las propr., fol. 253 et 2^8. 

Ni n'a autres armes qu'agilité de membres. 

Le daim... , comme il soit bête moult peureuse... 
la nature lui a donné... légèreté à fuir. 
ESP. Levedad. it. Levità , levitate , Itvitade. 

7. Leviazo, s./., allégement, soula- 
gement, saignée. 

Qni '1 sanc caut d'nna leviazo 
D'home li dona, fort es bo. 

Del'des de Prades , Auz. cass. 
(^ui lui donne le sang chaud d'une ifli^néc d'hom- 
me , c'est fort bon. 

8. Leugier, (idj., léger, (jni ne pèse 
guère. 

Leugiebs m' es lo fays. 

B. de VENTAroLR : Quan la lucll.j. 
Léger m'tbt le faix. 



6o 



LEU 



— Prompt, volage, frivole. 

Ja nios oors vas lieys non er leugieks. 
Arnaud de Marueil ; Ane vas amor. 
Jamais mon cœur ne sera volage envers elle. 
Lo joy d'aquest segle leugier. 

Pierre d'Aijvebgne : De Dieu nu. 
].a joie do ce mondeyriVo/f. 

Car LEOGIER 

Son a mal far e fais e messongier. 
B. Carbonel : Per espassar. 
Car ils sont prompts à mal l'aire et faux et men- 
songers. 

— Facile, commode, aisé. 

Non es I-EUGIERA 

La dreita via per segnir. 

P. Vidal : Abril issic. 
îS'est pasyrti(7e la droite voie à suivre. 
ANC. FR. Ne sont luie 11 mnv legier à éfoudrer. 
Roman de Roiij v. 4 > '8. 
De cesie luatière les exemples sont partout 
droëinent semez es escriplures , et légiers à 
trouver. 

OEufres d'Alain Chaittcr, p. 382. 

■ — ■ Gracieux, coulant. 

Bel m' es, ab motz leugiers, de far 
Chanson. 

Sordel : Bel m'es. 
Il m'est beau , avec mots lei^ers, de faire cLansoii. 
A'iolalz e chantatz cointainen 
De ma chanson les motz e '1 so i,eugier. 
Albert de Sisteron : Bon cliautar. 
Violez et chantez gracieusement de ma chanson les 
paroles et l'air léger. 

CAT. Lleitger. e.sp. Ligero. tort. Ligeiro. ir. 
Leggiere. 

(j. Leuzeret , adj . diin., gracieuset , 
guilleret. 

Chansonela 'eu e plana 
Lecgereta , ses nfana. 
Guillaume de Berguedan : Chansonela. 
Chansonnette le'gère et simple, gracieusette, sans 
apparat. 

lO. LeUGIEIIAMEN, I.EIIGEIRAMEN , LEII- 

GiEYRAMEN , cuh>., légèrement, facile- 
ment, aisément. 

Tôt aisso pot Iioui leugieramen sabcr. 
Z-ic. de Sydrac, fol. '\Ç). 
Tout cela on peut aisément savoir. 



LEU 

On plus haut son, cazon leugeirame^. 

FOLQUET DE MARSEILLE : Huciniais. 

Oii plus élevés ils sont , (plus) ils tombent yrtti/e- 
ment. 

Drutz qn' aissi leugieyramen 
Se part de si dons breumen. 
T. DE G. Faidit et de h. de la Bachelerie : jV Uc. 
Amant qui ainsi légèrement se se'pare de sa dame 
brusquement. 
ANC. FR. Toz les prist, nul n'eu escapa, 

Legierement les pout l'en prendre^ 
Ne se poient mie desfendre. 

Roman de R.011, v. l()29^. 
CAT. Leiigerament. esp. Ligeramente. port. 
Ligei rameute, it. Leggierainente, leggera- 
mente. 

I I. Leviar , LEUJAR , V. , alléger, sou- 
lager. 
Que m dones joi e m leuofs ma dolor. 
Aimeri de Sarlat : Quan si cargo. 
Qu'elle me donnât joie et m'allégeât ma douleur. 
Part. pas. Pois m' a i.eviat de gréa pena 
Us motz gais. 

B. ZoRGi : Sitôt m' estauc. 
Depuis qu'un mot gai m'a soulagé de cruelle peine. 

12. Leujaria, LEUJAiRiA, i'./., légèreté, 
frivolité, inconstance, folie. 

Pus aiiiors tornet en leujaria. 

G. Faidit ; Chante déport. 
Depuis qu'amour tourna en inconstance. 
Mesura m ditz suau e geu 
Que fassa mon afar ab sen , 
E Leujaria la 'n desmen. 

Garins le Brun : Nueg e jorn. 
Raison me dit doucement et gentiment que je tasse 
mon affaire avec discernement, et Folie l'en dément. 
Pero vers es que per ma lecjairia 
Vuelh mais puiar que drechura no manda. 

Perdigon : Aissi cum. 
Pourtant il est vrai que par ma légèreté je veux, 
plus m'élevcr que droiture ne commande. 

ANC. FR, 

Quant il gaba de moi par si grant légerie. 
Traf. oj" Charlem-, p. 26. 
ANC. CAT. Leiigeria. 

13. AlEVIAK , AI.l.EVlAR , AI.EIIJAR , AL- 

LEu.)AR, V. , lat. Ai,i,EMAKt', allégcr , 
soulager. 



LEU 

Per AT^EviAR ma pena 
A'nelh far alb'ab son novel. 
-Hugues de la. Bachelerie : Pergrazirla. 
Pour «//<'<,>fr ma jH-itio je veux faire aubat'e avec 
ur nouveau. 

Per Dieu , aleujatz m' aquest fays! 

G. Adhemar : Lanquan vei. 
l'imr Uieu , tillt'ffez-moi ce fardeau ! 
Parc. pas. Allëtiadas son tas dolors. 

y. de S. Honorât. 
Tei douleurs sont alli't;ces. 
CAT. AUeujar, alleugerar . esp. AUviar, alige- 
rar. port. JUiviar, aligeirar. ir. Allegiare, 
allegerire. 

14. Alleviatiu, adj., allévatif , propre 
à alléger, à soulager. 
De greiis corses alleviativa. 

Elue, de las propr., fol. 2q. 
De corps lourds allévative. 

i5. Allevacio, alleviacio, i. /. , lat. 
ALLEVATio , allégement, soulagement. 
De la lualautia allevacio. 

Trad. d'Albucasis, fol. 70. 
Soulagement de la maladie. 

Si es en qaalilat teiuprat, al lualaute dona 

ALLEVACIO. 

Elue, de las propr., fol. ^G. 
S'il est tempe're en qualité' , au malade il donne 
soulagement. 

Entroqne... malaufe atrobe alleviacio. 
Trad. d'Albucasis, fol. 3i. 
Jusqu'à ce que... le malade \.ro\i\e soulagement. 
rr. AUeviazione, alleviagioiie . 

l(). Al.EVIAJlENT, s. m., lat. AI.LEVA- 

MENTMw, allégement, soulagement. 
A iDalautias aleviamekt. 
Cap pren aleviament. 

Elue, de las propr., fol. 126 et 33. 
Soulagement à maladies. 
I.a tête prend soulagement. 
CAT. AUeiijament , alleugerainent. esp. AUge - 
ramiento. it. AUeviamento, nlleggiainento. 

17. Aleucansa, .<!./., légèreté. 

La pe.santura e l'AfELGANSA... non es mas 
ilel i)onb de la planeta. 

Liv. de Sjdrac, fol. t)ij. 

t.,1 pe.,anlrur cl la Irgcrelc... n'est que du point 
di- la [>l.inèlc. 



LEV 



61 



LEUDA , LV.DDA , LEIUA , EKSIlA, S. /., 

leude , droit de péage, sorte de 
tribut. 
Pus no pren en la ledda torneza 
Qu'a Monpeslier H tollon siey borges. 
BerNaud ue RovenAC : D'un sirventes. 
Puisqu'il n'eu prend pas la leude tournoisc qu'à 
Montpellier lui enlèvent ses bourgeois. 
Ledda aura... Ledba non prendra. 
Tu. de lio3. Hist. deLang., t. II, pr., col. 363. 
Aura leude... Leude ne prendra. 
Non dara ja leida d'aver que vend.i que 
sens sia. 

Charte de Besse en Auvergne, de 1270. 
Iv'e donnera pas la /et/c/e de bien qu'il vende qui 
soit sien. 

En egua e ea mul e eu inula .im. d. de 
LESDA , qui lo veut. 

Charte de Montferrand , de I2/|8. 
En jument et en mulet it en mule quatre deniers 
de leude, qui le vend. 

2. Leudier , LESDER, S. III., Icudicr, re- 
ceveur de la leude. 

El fetz... , - 

D' un LEUDIER. , evangelista. 
Rrev. d'amor, fol. 181. 
Il fit... d'un leudier, un évangéliste. 

Lo LESDERS , que porta la caria , no dcu 
loier peure per la carta bailar, mas la le.sda. 

Charte de Montferrand, de 1248. 
Le leudier, qui porte la charte , ne doit pas pren- 
dre lionoraire pour livrer la cbarte, excepte' la 
leude. 

LEUNE, s. m., lierre. 

Las fueillas de i.eune terrest. 

Dkudes de Pbades, Auz. cass. 
Les feuilles de lierre terrestre. 

LEVAR, V., lat. levar6?, lever, relever, 
faire lever, .se lever. 
Airessi cnm 1' olifans 
Que , quan cbai , no s pot levar 
Tro que l'antre, ab lo cridar 
De Jor volz , lo levon sus. 

RlCUARD Di; Babbezielx : Atressi cifri). 
Ainsi comme l'éle'pliant qui , quand il clioit, ne 
se peut lever, jusqu'à ce que les autres, avec le 
crier de leur voix. , {k font lever sus. 

S' ieu mais chai , no m levetz del fanli. 
GtiLl.Ai'ME de Palmn ; Mon ver*. 



6?. LEV 

Si davantage je chois, ne me relevez pas de la 
fange. 

Aquel LEVET, quant ac dormit. 

P. Cardinal : IJna cieulat. 
Celui-là se leva, quand il eut dormi. 

Quan sanz Peyres venc e dis li : 
« Honorât, frayre, leva ti. » 

F. de S. Honorai. 
(^)uanJ saint Pierre vint et lui dit : « Honorât , 
frère , lève-loi. » 

Estatz sas, e levatz. 

FoLQi'ET DE Marseille : Vers Dieus. 
Soyez sus , et levez-voas. 
l.oc. Enconlra lieys volon levar senhieyra. 
Rambaxjd de Vaqueiras : Truan mala. 
Contre elle ils veulent lever enseigne. 

Levey la crotz, e pris confessio. 

Rambaud de Vaql'eiras : Valen marques. 
Je levai la croix , et je pris confession. 

Qaar anc fetz vers ni canso 
Degra i'om tost levar al ven. 

Le moine de Montaldon : Pus Peyre. 
Parce qu'il fit oncques vers et chanson on devrait 
tôt le lever an venl. 

• — Paraître, apparaître, en parlant des 
astres. 
\ .T. dia , mati, can îo solelh si levet. 

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 7. 
Un jour, au malin , quand le soleil se leva. 

— Élever, hausser, hisser. 

Dieus se laisset per nos en crotz levar. 
Rambaud de Vaqueiras : Aras pot. 
Dieu se laissa pour nous en crt.i!C élever. 
No s' eu vol anar cofes.sar, ni neys aco- 
t'elhar contra sas temptalions.ni vol 1 evar los 
huelhs a Diea per contritio. 

A^. et f^ert., fol. 12. 
Ne s'en veut aller confesser, ni même aviser con- 
tre ses tentations , ni ne veut lever les yeux à Dieu 
par contrition. 

Meutre Thomas lbvava elh cors de Jhesii 
Chri.st a la messa. 

Philomena. 
Tandis que Thomas élevait le corps de Josus- 
Christ à la messe. 

Meton s' en mar, levon la vela. 

f^. de S. Honorât. 
Se mettent en mer, hissent la voile. 
i-V^'. Quais laus se pot al leu levar. 

Del'des de Prades : Qui finamon. 
Quelle louange se peut à la tienne élever. 



LEV 

— Soulever, emporter, entraîner par 
le poids. 

Mes des liuras sus la balanza , 
E la fueylla tan fort s' enanz.i 
C'ayssi las leva de randon, 
Com fera un petit boton. 

y. de S. Honorât. 
Mit dix livres sur la balance, et la feuille s'élanci; 
si fort qu'ainsi elle les lève d'emblée , comme elle 
ferait un petit bouton. 

— Percevoir, exiger. 

Levaran novelamen 
Talhas e quistas et uzatges 
E gabelas e pezatges. 

Brev. d'amor, io\. 122. 
Lèveront àe nouveau tailles et i[uestes et usages 
et gabelles et péages. 

— Produire, porter, rapporter. 
Terra es que no leva blat. 

Aybres es ramos, qui, en ioc de frng, leva 
bacas. 

Elue, de las propr., fol. i83 et 202. 

Est terre qui ne produit blc. 

Est arbre rameux , qui , au lieu de fruit , porte 
des baies. 

Terra... plus apta a uoyrir bestia que a 
mcyshos levar. 

Elue, de las propr., fol. 182. 

Terre... plus apte à nourrir bêle qu'à produire 
moissons. 

— Enlever, emporter, retirer. 

Ab pauc d' espleg nù pot levar mon m;il. 
G. Faidit : Pel messalgier. Far. 
Avec peu de peine me ]^e\i^. enlever mon mal. 
D'aqui la ieteron li diable. 

t^. de S. Honorât. 
De là l'emportèrent les diables. 

La LEVE! del port al embarquar. 
Rambaod de Vaqueiras : Honrat marques. 
Je Venlevai du porta l'embarquer. 

— Exalter, faire l'exaltation. 

Quan levaran en cadeira... 
Lo pros comte de Rodes. 

FoiQLlET DE LtJNEL : Per amor. 
Quand ils élèveront au tiône.. . le preux comte de 
lîhodez. 

A una volonlat elegz, vos an levât. 
f^. de S. Honorât. 
Par une même volonté élu , ils vous ont exalté- 



LEV 

— Soulever, révolter. 
Cant enconlra Dien si i.evf.t. 

Trad. d'un Ei'nng. apocr. 
(Jiiaiiil contre Dieu it se rci'ollu. 
Part. prés. 
De la niar lY Anglatcira tro al soleil levant. 

r. de S. Honorât. 
Do l.T mor ir.ViliilcIeiTe jusqu'au soleil letnint. 
I.oc. Mi mt'iipt LEVANT, cazen. 

I'eRDIGOM : Enir' .mior. 
Mo mena levant, tomlianl. 
Snhstantiv. Cnm vezeni de las Hors que al le- 
vant del solelh si expando. 

Elue, de las propr., fol. I i6. 
Comme nous voyons dos ilcurs qui au let^unl i\i\ 
soleil s'étaient. 

— L'un (les oiiatre vents cardinanx. 

Los priiicipals aissi nomnam 
En noslra lenqua roniana : 
Levan, grec e trasmonlana. 

Brei'. d'amor, fol. ^t. 
Les principaux nous nommons ainsi dans notre 
langue romane : Levant, grec et tramontane. 
Part. pas. 

leii venc vas vos, senher, faiula levad^. 
T. DE Montant et d'une dame ; leu venc. 
Je viens vers vous , seigneur, le devant levé. 
Fui bishes levatz. 

IzARN : Diguas me. 
Je fus exalte e'véque. 

Prép. Tiig dessenero, levât ns. 

P. Cardinal : Una cieutat. Far. 
Tous devinrent fous, excepte un. 
Ab ell s'en son eyssil lag 11 clergne tan tosi, 
Levât io sagrestan e lo malvays piebost. 
V. de S. Honorât. 
Avec lui s'en sont sortis tous le; clercs aussitôt , 
excepté le sacristain et le mauvais prévôt. 
AN<:. TR. 
Demain, par matin, quant li baron levèrent. 
Roman de lion, v. 'igi5. 
En ce temps les gens des communes 
Dn pays de Canlx se levèrent. 

Vigiles de Charles Fil , I . I , p. \'.^. 

ANC. CAT. ANC. ESP. I.evUr. CAT. MOP. ESP. MOn. 

Llevar, port. Levar. it, Levare. 

0.. Levadit, adj., levis. 
Den aver ponis levadits. 

Tit. du w siècle. Doat, I. CXLVII , fol. 282. 
Doit 3\oir pont>.-/("i>ij. 



LEV 



()3 



CAT. l.levadis. t.sp . Levadizo. port. I.rvaduo. 
iT. l.evatoio. 

i. I.EA'AMENT, S. II}., élévation, soulève- 
ment. 
Lo levamf.nt de las niieuas mans. 

llist. ahr. de la liible, fol. 6J. 
\' élcviilion dos miennes mains. 
Levament de l'ayfîa. 

F.luc. de la.'^ propr., fol. 2^8. 
Soulèvement de l'oau. 

ANC. ESP. Levainiento it. Levninento. 

/(. Levada, s./., élévation, monlieiilf. 
Ho antras posse.ssio!is que au le\ ada. 
Trad. du Traité de U Arpentage , I"" pai I. , i li. i-r. 
Ou autres possessions qui ont élévation. 

— Levée , ehaussée. 

Aquel'ayga del Rose i venia; 
Car adonc levadas non i avia. 

/'(> de S. Trophime. 
Cette eau y venait du Rhône ; car alors chaussées 
il n'y avait. 

ANC. ESP. roRT. Levada. it. Levata. 

5. Levador , .V. m., percepteur, rece- 
veur, qui lève les impôts. 

l.EVADOR del dich emprumpt. 
Tit. de 1^33. llist. de Nimes, t. lil , pr., p. ^.Vj. 
Percepteur t\uA'i\ emprunt. 
ANC ESP. Levador. it. Levatore. 

— Jdjcct. A lever, à percevoir. 

.Irt. gros per quintal. . levadors coma 
dessus es dich. 

Reg. des Etats de Provence, de 1^0 1. 
Trois gros par quiutal... à percevoir comme des- 
sus est dit. 

6. Levairitz, LKVAYRiTz , s.f., accou- 
elieuse. 

Levayritz, es aqnela que ba .sciencia de 
ininislrar et ajudar femna en son enfantanient. 
Elue, de las propr. , fol. 70. 
\,^ accoucheuse, c'est celle qui a science de secou- 
rir et aider la lemmc en son enfantement. 
Matrona levairitz d'enfant. 

Trad. d'un Evang. apocr. 
Matrone accoucheuse d'enfant. 
iT. AUevatrice. 

7. Levam , s. ni., levain. 



('4 LEV 

Voy. Leibnitz, Coll. Etym., p. i ly. 

Tariiia , o pasta ses levam , es dita a/.ima. 
Elue, de las propr., fol. 209. 
Farine, ou pâle sans lei'ain, est dite azyme. 
Fig. Notre Segnier dis en 1' Avangile : « No 
voliatz jutgar 1' ns 1' autre, e escliivatz lo 
i.EVAM dels Farizens ». 

Trnd.JeBede, fol. 33. 
IVotve Seigneur liit dans l'Evangile : « ]Ve veuillez 
juger l'un l'autre, et évitez le levain des Phari- 
siens ». 

8. Lev.\t, s. m., levain. ' 

Farina ab levatz mesclada. 

Elue, de las jiropr., fol. 208. 
Farine mêlée avec let'ains. 
Si com lo LEVAT corromp la pasta ,et la torua 
a ssa sabor. 

r. et rert., fol. S'j. 

Ainsi comme le levain corrompt la pâte , f t la 
tourne à sa saveur. 
c:at. Llevat. it. Lievito. 

f). Levadura, s.f., levure, levain. 

No sia trobada levadura en totas voslras 
mayzos. 

Hisl. abr. de la Bible , fol. 28. 

Que ne soit trouvée levure ea toutes vos maisons. 
EîP. roRT. Levadura. - ■ . • - 

10. EsLEVAR, V., élever, exalter. 
El se KsLEVA sobre tôt. 

Doctrine des f'audois. 
Il ?,' élevé au-dessus de tout. 

— Lever. 

La niieg nos eslevem. 

Régla de S. Beneze^ , fol. 33. 
La nuit nous nous levons. 
Part. pas. Mais lur cor an aissi eslevat en 
Dieu , que non prezon tôt lo mon nn boto. 
F. et Vert., fol. 33. 
Mais leur cœur ils ont ainsi élevé en Dieu , qu'ils 
ne prisent le monde entier un houtou. 
ANC. FR. Ne snnt eslevet II mien oil. 

Trad. du Psaiit. de Corbie, ps. i3o. 
OAT. ESP. PORT. Eslevar. it. Elevare . 

1 1 . Elev.\tiu , adj. , élévatif , propre à 
élever, à soulever. 

De las undas elevatiu. 



LEV 

Tiilut alracliva et elevativa. 

Elue, de las propr., fol. i33 et i3i. 
Elévatif Aes ondes. 
Force attractive et élévative. 

12. ESLEVATION, ELEVATIO ,^. y. , lat. 

ELATiOiVrw, élévation. •, 

Hslevation de inans. 

Doctrine des Vaudois. 
Elévation de mains. 
Fig. Elevacio de votz. 

Aytals maniera de pronunciar ah elkvatio 

o a m depressio. 

Lejs d'amors, fol. g et r. 
Elévation de voix. 

Telle manière de prononcer avec élévation ou avec 
dépression. 

Sos... segon elevacio et depressio. 

Elue, de las propr. , fol. 281. 
Le son... selon élévation et de'pressiou. 
cat. Elevacio. esp. Elevacion. port. Elevacào. 
IT. Elevazione . 

r3. ESLEVAMENT , ELEVAMENT, S. Itl., 

haussement, élévation. 

Eu r eslevament de sos oils e de sos pelios. 

Trad. de Bède, fol. 40. 
Dans le liaussement de ses yeux et de ses pau- 
pières. 

Fig, ELEvAMfNf O abaysshamen del aocen. 
Leys d'amors , fol. 10. 
Elévation ou aliaisseraeut de l'accent. 
ESP. Elevamienlo. it. Elevamento , 

i4- Allevar, alev.\r, V., lat. allevar/?, 

soulever, supposer, imposer. 

Allevar Io mal e lo blaspbeme que non es 
vers. 

Per se -vssau.sar , et allevar blasme ad 
aquells. 

Allevûn mal que non s'era vist ni anzit. 
r. et Vert., fol. 3 , 8 et 5?.. 

Supposerle mal et le blasphème qui n'est pas vrai. 

Pour s'exhausser, et imposer blâme à ceux-là. 

Soulèvent mal qui ne s'était vu ni entendu. 

— Faire l'éducation, élever. 

Si com r eiifas qu' es alevatz petitz 
En cort valeu. 

P. R AiMOND DE Toulouse : Si com l' enfas. 
Ainsi comme l'enfant qui est élevé petit eu cour 
distinguée. 

Part. pas. Messorgas trobadas et all évadas 
per far rire la gen. 

/'. et Vert., fol. 2^. 



LEV 

Mensonges trouvés et supposes pour faire rire la 
gcnt. 
iT. Allevare. 

i5. Enlkvar, V., enlever, emporter. 
Mort el sol jazia, 
E"non era qui 1' enlevés. 

Brev. cl'ainor, fol. 69. 
Mort il gisait à terre, et (nul) n'e'tait qui Venlevtll. 
Loc. 

rs'on si trobi't sa par d'Aragon ni <!' Espanha; 
On plustle quatre centz n'avia dins lo vergler, 
Lu bella Herenboroz entevet l'esparvier. 
I-'. de S. Honorât. 
Ke se trouva sa pareille d'Aragou ni d'Espagne ; 
où plus de quatre cents j' en avait dans le verger, la 
belle Heremborc enleva l'e'pervier. 

i6. Releu, s. m., lat. RELEVi«ni, relief, 
reste. 

.Xii. pies cofres de releu. 

Lii>. de SydrtiCj loi. 123. 
Douze pleine coffres de relief. 
CAT. Relleu. esp. Relieve. it. Rilevo, rilievo. 

17. Relevar, V., lat. RELEVAR/?, relcvcr, 
rétablir. 

Nos non podem relevar aquells que son 
razutz, si nos 110 nos enclinam vas ells. 
F. el Fert., fol. 61. 
Nous ne pouvons relever ceux qui sont tombés , 
si nous ne nous inclinons vers eux. 
Fig. Si la cortz del Paei e 'l rie bobans... 
No m RELEvoN, jamais non serai sors. 
Richard de Babbeziel'.\ : Âtressi cum. 
Si la cour du Puy et la noble générosité... ne me 
relèvent, jamais je ne serai debout. 
CAT. ESP. PORT. Beîevar. it. Rilevare. 

18. Relevatiox , s. f,, lat. relev.\tio- 
ycm, soulagement. 

l'er RELEVATION... c utïlitat. 

Statuts de Provence. Julien, t. I, p. 90. 
Pour soulagement... el utilité. 
ESP. Relevaciort. 

19. Relevament, .<!. m., lat. relevamen- 
Tum, soulagement, secours. 

A RELE VAMETTT c consolacio de tôt lo real me. 
Ms. ''V . fonds de GaignihrcSj Maison royale. 
A soulagement et consolation de tout le royaume. 
IT. Rilevamento. 
III. 



LI 65 

20. SoLEVAR, V., lat. su/'LEVARd?, soule- 
ver, exciter. 

Per la forsa de las colrelz jaunas que soj.evo 
las autras oolietz del cors. 

Liv. de Sydrac, fol. ^9. 

Par la force des flegmes jaunes qui soulèvent les 
autres flegmes du corps. 

ESP. Solcvar. it. SoUevarc. 

LHIA, s.f., lie, marc. 
I.oc.fig. Senbors, ar esgardalz 
Si sui be a la lhia. 
Bertrand d'Allamanon : Lo segic. 
Seigneurs , regardez maintenant si je suis bien à 
la lie. 
ESP. l'ORT. Lia. 

LI , art. niasc. phir., lat. ili^i , les. 

Voyez la Grammaire romane, p. 1 1 3 
et suiv., el la Grammaire comparée 
dex langues de l'Europe latine, p. 3 et 
suiv. 

Stij. Li cavalier an pretz... 

Lr un son bon guerrier. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
Les chevaliers ont mérite... I^es uns sont bons 
guerriers. 

Tan son li mal e sai e lai. 

P. RoGlERS : Tant ai mon. 
Tant les maux sont et çà et là. 

ANC FR. Là péri de France !a flor 

E des baronz tuit U ii:eillor. 

Roman 'le Rou, v. 317. 
Li oisel qui se sunt teu. 
Li bois recovrent lor verdure. 

. Roman de la Rose, v. 67 et 53. 
ANC. IT. Pacificbi li uomini viveriano , se via 
fusse tolto mio e tno. ■ 

GuiTTOKK d'Arezzo, Leil, 3. 
/>(' angel'fan fesia en qnella eterna vita. 
Jacopone da Todi , OJa 21 , lib ■ IIL 

Quelques manuscrits des poésies des 
troubadours, offrent parfois li em- 
ployé comme sujet féminin , mais on 
le trouve plus souvent dans Its ou- 
vrages en prose. I^n voici deux exem- 
ples tirés des poésies des troubadours. 

S'outra mar non fan serrors breiimen , 



6G 



LI 



Li terra s pcrt , ses tôt revenemen. 

Bertrand d'Allamanon : D'un sirventes mi. 
Si oulre-mer ils ne foat secours bientôt , la 
terre se perd sans aucun retour. 
Qae '1 ganser e li plus gaia 
M'a promes. 

B. DE VentadouR : Ane no vi. /^«/-r 
Vu que la plus gentille et la plus gaie m'a promis- 

Dans quelques passages des manuscrits 
(les poésies des troubadours, on trouve 
l'article pluriel li employé comme ré- 
gime, tandis qu'il n'indiquait réellement 
que le sujet, et qu'il était constamment 
employé comme tel. Je regarde cet acci- 
dent grammatical plutôt comme une 
faute de copiste que comme une ex- 
ception ; d'ailleurs, il est si rare et il 
se trouve si généralement rectifié par 
les autres manuscrits que je crois de- 
voir ici me borner à le constater. 

2. Li , pion. pers. inasc. sing., lui, à 

lui. 
Rég. ind. No '1 i.i tolra, ni no '1 li (ievedara. 
Titre de 960. 
Ne le lui ôtera , ni ne le lui prohibera. 
S' anc i.r fi tort , que lo m perilo. 
Le COMTE DE Poitiers : Pus de chanlar. 
Si ODcques à lui je fis tort, qu'il le me pardonne. 
Gren veirelz chantador 
Ben chan , quau mal n val. 

B. DE VentadoOR : l^us mi preiatz. 
Difficilement vous verrez que clianleur chante 
bien , quand mal lui va. 

ANC. FR. Il me dist que l'évesqne Guillaume de 
Paris U avoit conté que un grant mestre de 
divinité estoit venu à H, et /«avoit dit que 
il vonloit parler à //, et il // dist. 

JOINVILLE, p. i^- 
ANC. IT. Ad fainigiio... impose che come in 
parle fosse con la dona cbe migliore li pa- 
resse... la doveva uccîdere. 

B0CCACC10, Decnm., II, 9. 

3. Li , prnii. pcrs. fcm. sing., lui, à 

elle. 
Rég. ind. El:t m fai un regard araoros, 

Et ieu r-: bais la boc' e 'is huels amdos 
B. DE Ventadoi'r : Bels Monruels. 



LIA 

Elle me fait un regard amoureux, et je lui baise 
la bouche et les yeux tous deux. 

Totz joys LI deu humiliar. 

Le comte de Poitiers : Moût jauiens. 
Toute joie à elle doit être soumise. 
ANC. FR. Rég. ind. 

Et vons ne poez miez honir 
Eame tençant que par tesir; 
Le cuer el ventre // crevez 
Quant respondre ne U volez. 

Fabl. et conl. anc, t. II, p. 193. 
ANC. IT. Lo iucominciô a servir si bene... cbe 
egli li venne oltre modo a grado. 

BoccACcio, Dccani., II , 9. 

4. Lni , Luv , pron. m. et f. sing., lui , 

elle; à lui , à elle. 
Rég. dir. Tug cels qui auzian lui se mera- 
vjlbavan. 

Trad. du N.-Tesi., S. Luc , ch. 2. 
Tous ceux qui entendaient lui s'eraerveillaienl. 
Ab lot mi plaîz la belba d'aut paratge, 
E plagra m pane cbans , si per lui no fos. 
Peyrols : Be m cuiava. 
Avec tout me plaît la belle de haut parage , et nie 
plairait peu chant, si pour elle il ne fut. 
Rég. ind. Vos e '1 pros Peitavis 
Sa! Dieus e benezia. 
Car LUI sni aclis. 

G. Faidit : Era nos sia. 
Vous et les preux Poitevins sauve Dieu et bénisse, 
car je suis soumis à lui. 

LIAMER , LiAMiER , s. m., limier. 

Braquet e liamier. 

Bertrand de Born : Rassa mes. 
Brachel et limier. 

LiAMERS frezadors. 
GiRAi'D de Salignac : Esparvicrs. 
Limiers agiles. 

LIAR , LEAR, ocij. , pommelé, gris, 
gris-pommelé. 

Us escudiers qo'enmena 

Lo rOS LIAR. 

Rambaud de Vaqueiras : El so que. 
Un e'cuyer qui emnièae le roussiu gris-pommelé. 
Cavalcant un roncin lear. 

Roman de Jaufre, fol. 5. 
Chevauchant un roussin gris-pommelé. 
Fig. Entre mos nessis pessars 



LIB 

Son endeveuf;otz liars. 

GiRAl'D DE BORNElL : Be veg e conosc. 
Entre mes sottes jionsees je suis devenu gris. 
ANC. FR. Contre grise, contre liarde. 
"Voire a fanvel ou a liart. 
Roman de tu Rose, v. i/j265 et 14271- 
Et li venorres vet devant 
Sor un grant cLjcéor liart. 

Ronuin (lu Renaît, t. 111 , p. 83. 
iT. Leardo. 

LIRRA, LIURA, LIVRA, S.f., lat. LIBRA, 

balance. 

LiBRA es estrument de pes. 

Elue, de las propr., fol. 1 1 1 . 
Balance est liislrunuiit de poids 

— Signe (lu zodiaque. 

Ajusta si ab le cercle zodiac el signe dii 
aiies et el senhai de i,ibra. 

Elue, de las propr. , fol. 108. 

S'ajuste avec le cercle du zodiaque au signe dit 
bélier et au signe de la balance. 

— Livre, espèce de poids. 
Mes des livras eu la balanza. 

V, de S. Honorât. 
Mit dix litres dans la balance. 
LiURA peza .XII. unsas. 

Elue, de las propr. , fol. 281. 
La lii're pèse douze onces. 

— Sorte de monnaie de compte. 
Cinq lieras li laissava en son testament. 

f^. et yert., fol. 75. 
Cinq livres lui laissait dans son testament. 
L'una fremna, qui vert la terra pent. 
No coniprari' oox ab mil liuras d' argent. 
Poëme sur Boece. 
L'une frange , qui vers la terre pend , on n'achète- 
rait avec mille livres d'argent. 

Qnascnn jorn cen libras per despendre. 

PiSTOLETA : Ar agues. 
Chaque jour cent livres à de'penser. 
ANC. FR. Trois cent libres de blancs chacun an 
Lett. d'Hon. de Blois. Martexne, Thés. r.ov. 
anecd., l. I, fol. 1008. 
CAT. Lliura. esp. port. Liera, it. Libbra, lira. 

2. Lhteural , .9. m., balance. 

De LHTEURAL fais e de linra falsa. 

Tit. de il\iM. Àrcli. du Roy., K. 772. 
De balance fausse el de livre fausse. 

3, LiuRADA, LivRADA, S.f., livrc, livrcc. 



LIB 



67 



A la valor de mil nuRADAsde la nioneda. 
Tii. de i3o8. DoAT, t. CLXXVIII, fol. 291. 
A la valeur de mille livres de la monnaie. 

.'j. LlURAZON, LIVRAZON, S.f, y lat. HBC- 

RATioNt'w, fourniture, livraison, ra- 
tion. 

F,l paire li dava certa liurazon de deniers 
per vianda. 

y. de Bertrand de Born. 
Le pèro lui donnait certaine fourniture de de- 
niers |iour aliment. 

Que douon quada jorn , -ses oblit , 
Doas bestias al cruel draguou , 
D'aver nienut, per liurason. 

Fragment de la V. de S. Georges. 
Qu'ils donnent chaque jour, sans oubli, deux bê- 
tes de menu bétail au cruel dragon, pour ration. 
Loc. Malvatz fai , quar aissi viu a rauda, 
A LIVRAZON , a comte et a garanda. 
Bertrand de Born : D'un sirvenies no. 
Il fait le me'cbanl, car ainsi il vit entièrement à 
ration, à crédit et à promesse. 
ANC FR. Au soir fu rois em prison à petite 
livraison; car on ne lui donnoit chascun 
jour que pain et yaue tant seulement. 
Ree. des Hist. de Fr. , t. JIl , p. 201. 
Li potiers aura .ii. s. pour ses pos par jour, 
et mangera touz sens à court , et n'aura point 
de livroson. 

Arch. du Roy., tr. des cit. Reg., LVII, fol. i3. 

5. LiuRANDA , LiouRANDA , S.f., livrai- 
son, largesse, ration, fourniture, 
gratification. 

Atressi com lo camel 

l'en hom ab pauca i.iuranda. 

B. ZoRGi : Atressi com. 
Pareillement comme le chameau on soutient avec 
petite ration. 

Gent fai nostre rcis mouranda, 
Per so .son luit gras 
Sei Engles. 

Bertrand de Born : Gent fai. 
IVolre roi fait ocny'imcnl Jburniture , pour cela 
sont tous gras ses Anglais. 

Pretz sojorn' ab los cortes, 
E no y quier liuranda. 

FoLQtET DE Romans : Far vuelh. 
Mérite séjourne avec les courtois, et n'y cherche 
point âe gratijleation. 

6. LiuRAMENT, LiVRAMEN, S. lu., livrai- 
son. 



68 



LIB 



Per tradicion e livrament de las presens. 
Tit. de 1468. Hist. cleLanffuedoCjt.Y, pr., col. 37. 
Par tradition et livraison des présentes. 
LiuRAMENT et tradition de possession. 
Fors de Béarn, p. logS. 
Livraison et tradition de possession. 
Ab LIVRAMES de la causa. 

Petit Thalamus de Montpellier, \t. 77. 
Avec livraison de la chose. 

7. LiEURA, s.f., allivremcnt , fixation 
cadastrale. 

Recason aquelas uietre eu liedra. 

Statuts de Provence. Bomy , p. 224. 
Refusent de mettre celles-là en allivrement. 

' — Part, portion, livraison. 

Car aisso es la lieura e la ratio que Dieus 
dona, per cascun jorn , a sos canorgoes que 
canton sas horas, e fan so servizi. 

r.et f^ert., fol. 43. 
Car ceci est la portion et la ration que Dieu donne , 
pour chaque jour, à ses chanoines qui chantent ses 
heures, et Ibut son service. 

8. LlURAR, LIEURAR, LIVRAR , V. , lat. 

LiBRARe, peser à la livre. 

A gran pes recebon , et a petit pes lutron e 

vendon. 

y. et Vert., fol. 17. 

A grand poids reçoivent, et à petit poids pèsent 
et vendent. 
Part. pas. Vendran vos avols sivadas 

Mal LiEtJRADAS, e fes poiritz. 

FOLQUET DE LlINEL : E nom del. 
Vous vendront mauvaises avoines mal pesées, et 
foins pourris. 

' — Livrer, accorder. 

Part, pas, Ja non er per Ini livratz cartiers. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 2i . 
Jamais par lui ne sera accordé quartier. 

— Délivrer. 

Orara per te, e ti liurara de tôt mal. 

Trad. deB'ede, fol. 66. 
Priera pour toi, et te délivrera de tout mal. 
TAT. Lliurar, Uibrar. Esr. Librar. it. Librare, 
liberare. 

<j. Allieurar , V. , allivrer, régler la 
fjuotité d'impôt. 



LIB 

Quant es cas d'aquellas allieurar, non en 
mauifestan la mitât. 

Statuts de Provence. BoMY, p. 224. 

Quand c'est le cas A'allivrer celles-là, ils n'en ma- 
nifestent pas la moitié', 
ir, AlUbrare. 

10. BiLiBRi, S. m., lat. BiLiBRW;, poids 
de deux livres. 

BiLiBRis , es pes de doas Haras. 

Elue, de las propr., fol. 281. 
liilibriSt'c'eat poids de deux livres. 

LIBRE, s. m., lat. librmw^ livre, tome. 

Lo calli LIBRE era tôt enlumenat de letras 
d' aur. 

PHtLOMENA. 

Lequel Uvre était tout enluminé de lettres d'or. 

— Partie , division d'un ouvrage. 

Quatre libres y a , trastotz en una liera. 
y. de S. Honorât. 
Quatre livres y a , tous eu une suite. 

— Nom donné à un ouvrage. 

So trobam el Libre dels Reys. 

y. de S. Honorât. 
Nous trouvons cela au Livre des Rois. 

CAT. Llibre, esp. Libro. tort. Livro. it. Libro. 

1. LiBRi, S. m., livre, tome. 
Fig. Legir el libri de sa conciencia. 

y. et Vert., fol. 17. 
Lire dans le livre de sa conscience. 

'). LiBELH, LIBEL, S. /«., lat. L1BELL«5, 

mémoire , placet, requête, libelle. 

De platz 
Pensar e d'avocalz, 
Per far lieelhs tôt dia. 
Bertrand d'Allamanon : Lo segle m' es. 
Penser de procès et d'avocats, pour faire mémoires 
toujours. 

Condainnet lo libf.l que Joachim , abbas, 
avia fach contra maestre Peyre Lombart. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 167. 
Condamna le libelle que Joachim , abbé, avait fait 
contre maître Pierre Lomliart . 

— Titre , acte. 

Vol cobrar, ses libel dat ni près, 
.So qu' a conquis Charles. 

AicARTS DEL FossAT : Entre dos rcis. 
Veut recouvrer, sans titre donne ni pris, ce que 
j Charles a con((ais. 



LIE 

A plag , a van sagrainea, 
Queroii libelh. 

P. Cardinal : Un décret. 
Au plaid , avant le serment, ils requièrent acte. 
CAT. Libello. esp. Lilelo. port. it. J.ibcUo. 

4. LiBRARiA, s.f., lat. i.iBRARiA , librai- 
rie , bibliothèque. 

Avia tant de libres... en sa libraria ajustât/,. 

Cat. (le/s apost. de Roma, fol. 33. 
Avait tant de livres... dans sa bihlinthèque as- 
semblés. 

CAT. Uihreria. e.sp. Libreria. pout. Livraria. 
IT. Libreria. 

5. LiBRi.iRi, S. m. , Hbrairie, biblio- 
thèque. 

Conte en se inolteza, coma : libriari. 
Leys d'amors, fol. 49. 
Contient en soi multiplicité', comme : bibliolkèçiie. 

6. LiBRARi , S. m., libraire, bibliothé- 
caire. 

De L., I.IBRARIS. 

Lejs d'amorSj fol. l5o. 
De L., libraire. 

ANC. CAT. Lhbrer. esp. Librerio. pokt. Li- 
vreiro. it. Libraio. 

LIEIS , LIEYS, LIEI, LIEY , LIES, LEIS , 

LEYS, LEi, pron.pers. sing., elle, la. 
Hèg. dir. Ben sui folbs, quar no m recre 

D'amar lieys, qne be m par folhors. 
FoLQCET DE Marseille : Ab pauc ieu. 
Bien je suis fou , parce que je ne cesse d'aimer 
elle, vu que (cela ) me paraît bien folie. 
Tant ai volgnt sos bes e sos cnans, 
E dezirat i.ieys e sa companhia. 

Berengeu de Palasol : Tan m'abulis. 
Tant j'ai voulu ses Liens et ses avantages, et de'siré 
elle et sa compagnie. 

Gant el era per lies joios. 

R. Vidal : I,ai on cobra. 
Quand il e'Iait par e//e joyeux. 

— ' Ri'g- ind. A elle, lui. 

Ainor blasmon per non saber 
Fola gens, mas leys non es dans.- 

B. de VentadocR : Cliantars no. 
Amour blâment par non-savoir folle gcnt, mais 
( cela ) ne lui est pas dommage. 
Mas li£¥s non cal si ni pert, per qu'ieii no lu 
duelh. 

Pons DF. CaPDIEU, .- I..i:.ls amir-x. 



LIG 



69 



Mais à elle ne soucie si elle me perd , par quoi je 
ne m'en afflige. 

— Pron. dcnion.str. Celle. 

Siij. Aisso m veda de qne nj det aondansa 
Leis qu'esgaia, cortesa e gen parlan. 

Rambaud te Vaql'eibas : Era m requier. 
Ceci me défend de quoi elle nie donna abondance 
celle qui est gaie, courtoise et gentiment parlant. 
En mi non a mais poder 
LiEYs qu' amar solia. 

Peykols : Quoras que. 
En moi n'a plus de pouvoir celle qu'aimer je sou- 
lais. 

liîg. dir. Quar lieys cul dezir 
Non vey ni remir. 

G. Faidit : Lo rossinbolol. 
Car celle que je désire je ne vois ni contemple. 
Amors m'a faig eslire 
Leis ou es gaug e plazers. 

B. Calvo : Temps e luec. 
Amour m'a fait cboisir celle où est joie et plaisir. 

— Rcg. indir. A celle. 

"Vas Narbona portatz lai 
Ma chanson, ab la finida, 
Lei cui jois e joven guida. 

AzALAIS de POBC.AiRAGUE : Ar Cm al. 
Vers IXarbonne portez là ma cbanson , avec la 
conclusion , à celle que joie et jeunesse guide. 
Mielhs m' estai 
Pus LEIS plai 
Qne m ten jai. 

Rambaud d'Orange : Ben sai qu'a. 
Mieux me sied puisqu'il plaît à cellequi me tient 
joyeux. 

ANC. IT. De r empiezza di lei, cbe mutô forma 
Nel uccel cb' a cantar più si diietta. 
Dante, Pnrg., c. 17. 
CAT. Ley.i. IT. Mon. Lei. 

LIENTERIA, s. f. , ht. lienterla , 

lienteric. 

L1ENTERIA es cors de ventre ab expnisio de 
viandas. 

Dissenteria, lienteria, dyarria. 

Elue, de las propr., fol. g^. 

Lienteric est cours de ventre avec expulsion d'a- 
liments. 

Dyssenlerie, lienterie , diarrbée. 
ESP. Lienteria, lientera. port. Lienteria. 

LIGUAR , LL\R, V., lat. mgarc, lier, 
attacher, 



70 LIG 

La franhadiira liaretz 
Al) un fil. 

Del'Des de Prades , Aiiz. cass. 
Vous lierez la (raclure avec un fil. 

Fig. E m destreing lo cor e m lia. 

AuGlER : Per vos. 
Et m'e'treiul et me lie le cœui'. 

Amors mi met e mos fols cors en via 

Qne us clain merce a lei de fia aman , 

E eau vos eug preiai', la lenga m lia. 

R. BiSTORS : Aissi col. 

Amour me met ainsi que mon fou cœur en voie 

que je vous crie merci à manière de tendre amant, 

et quand je crois vous prier, la langue se lie en moi. 

— Allusiv, et fig. Refuser de remettre 
les péchés. 

So qae liaretz en terra er liatz en cel. 
Trad. deBede, fol. 79. 
Ce que vous lierez sur terre sera lié au ciel. 
Proverb. Qui ben lia ben desli. 

Marcabrus : Dirai vos. 
Qui Ijieu attache bien de'tacbe. 

Part. pas. Mas junbas , col liguât. 

G. Faidit : Trop malaraen. 
Mains jointes , cou lié. 

Lai on tenian Sebelia 
"Vencuda e hada. 

V. de S. Honorât. 
Là où ils tenaient Selje'lie vaincue et liée. 
Fig. Non son liatz de matrenioni, ni an fag 
vot. 

y.etFerl.,M.\^. 
Ne sont liés par mariage, ni n'ont fait vœu. 
CAT. Lligar.^sv. port. Ligar, liar. ix. Legare. 

1. LiTGE, LIGE, adj'., lige, terme de 
féodalité. 

Car atre.ssi cum bou senlior acuelb 
Son HTGE ser, mi devetz aculhir. 

Arnaud de Marueil : Us jois. 
Car ainsi comme hon seigneur accueille son serf 
lige, vous me devez accueillir. 

Subst. El mon non es creslias de lunb aire 
Que sieus liges o dels parens no fos. 
GiRAUD DE Calanson : Belh senher. 
Au monde il n'est chrétien de nulle qualité qui 
son homme-lig-e ou de ses parents ne fût. 

Les troubadours employèrent ce mot 
allusivement pour exprimer leur sou- 
îiiission envers leurs dames. 



LIG 

Sela <iue vol que sos litges remaingna. 
Pons de Capdueil : Ges per la. 
Celle qui veut que je demeure son homme-lige. 
ANC. FR. E sis boems liges devendreit. 

Tu es siz liges homs, lu nel voil nvoer. 
Roman de Roii , v. 1 1687 ell^!^']2. 
Vostre borne lige devendrai. 

Roman du Renart, t. I , p. ig'j. 
ANC. CAT. Lige, litge. it. Ligio. 

3. Lis, «c//., lige. 

Siibstant. Cbamarlenx fo al duc e to(z sos li.s. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. iio. 
Il fut chambellan du duc et tout son homme-lige. 

4. LiAM , S. m., lat. •Lïgii.men, lien, at- 
tache. 

LiAM ni cadena 
No '1 te ni '1 lenria. 

Perdigon : Verges en. 
Lien ni chaîne ne le tient ni le tiendrait. 
Fig. Sentura propriamen 
LiAM d' atnor signifia. 

Brev. d'amor, fol. 8. 
Ceinture proprement lien d'amour signifie. 
Retz e LiAMS... del diable. 

V. et Vert., fol. 29. 
Rets et liens... du diable. 
CAT. Lligarn. port. Ligaine. it. Legame. 

5. LiAMET, .1. m. dim., petit lien. 

El deissendra vitamen 
Per LIAMET que cl pe sen. 

Deiides de Prades , Ajiz. cass. 
Il descendra vilement à cause du petit lien qu'il 
sent au pied. 

6. Ligament, liamen , s. /«., lat. liga- 
MENT«/H , lien , ligament , attache. 

Ancmais nulli temps no trobei liador 
Que tan ferm lies ab tan pauc liamen. 
AiMERi DE Peguilain : Alressi m pren. 
Oncques plus en aucun temps je ne trouvai lieur 
qui si ferme liât avec si petit lien. 

Ab nervis et autres ligamens adaptatz. 

Elue, lie las propr. , fol. 33. 
Avec nerfs et autres ligaments adaptés. 

ANC. CAT. Lligament. esp. Ligarniento. port. 
Ligamento. it. Legamenio. 

7. LiGANSA , LiANSA, S./., alliance. 
Feron los Tarantes liansa am la ciutat de 

("artaglia. 

L'yirbre de Batalhas, fol. 5^. 



LIG 

Les Tarcnlins firent alliance avec la cite' <lc Car- 
tilage. 

— Hommagc-lige , terme de féodalité, 

Hobediensas e i.iansas et subjeolios. 

Tu. (lu xiv« siiclc. Do\T,t. VIII, fol. 222. 
Obédiences et hommiiges-liges et soumissions. 

Âllusiv. Pos de rai vos fas ligansa , 
Proineles ini bon' esperansa. 
Arnaud de Marueiï. : Uona geuser. 
Puisque de moi je vous fais hommai;c-lige, pro- 
mettez-moi bonne espérance. 

ris de mi liansa 
A lei de fin aniador. 

G. Faidit : Jauzens. 
Je fis de moi hommage-lige à manière de tendre 
amant. 

ANC. FR. S'il vaint , il anra le ligance 
De toi le roiaine de France. 
Roman de Partonopeiis de Biais, t. 1 , p. 9(j. 
Que serrement nul ne ligance. 
B. DE Sainte-Maire, Chron. de jSorm., fol. 199. 
ANC. CAT. Lijanza. it. Leganza. 

8. LiGADURA , LiADUUA, S./., ligatuie, 
lien. 

Conveniens ligaduras. 

Elue, de las propr., fol. 69. 
Ligatures convenables. 
Es aparelbada la liaddra. 

Trad. d^Albucasis, fol. 60. 
La /i^«/Hre estapprête'e. 

Car plus fortz es tais i.iadura. 

Deudes de Prades , Auz. cass. 
Car plus forte est telle ligature. 
ANC. FR. Liées ensemble à grosses bandes et 
Heures de fer. 
Amyot , Trad. de Plutarque. Vie d'Antoine. 
CAT. Lligadura. esp. pout. Ligadura. it. Le- 
gatiira. 

9. LiASSA , s.f., liasse. 

.Lxxxv. letras papals en .xi. liassas. 

Carlulaire de Montpellier, fol. 202. 
Quatre-vingt-cinq lettres papales en onze liasses. 

10. LiAnoR , .9. ///., lieiir, qui attache. 
Ancniais nulh temps no trobei mador 
Qae tan fcrin lies ab tan pane liamcn. 

AlMEBl DE PtGUiLAlN : Atressi m preii. 
Oncque» plus en aucun temps je ne trouvai lieiir 
ijiii si ferme liât avec si petit lien. 



LIG 71 

A i.iADORs, lo portai non. 

Carlulaire de Montpellier, loi. tj4- 
Aux Heurs, le portail neuf. 
IT. Legatore. 

11. AlIAR, ALHIAR, T., lat. ALLI^AKt', 

allier. 

Part. pas. siibstatit. Manda sos amies et ai.iat» 
et subjets. 

Chronique des ylUngcois, col. 8. 
Mande ses amis et alliés et sujets. 

Per negu dels sen.s ni de sos alhiats. 
Tit. du xive siècle. Doat, t. CXLVl, fol. 2H'|. 
Par nul des siens ni de ses alliés. 
CAT. F.sr. Jhar. port. Aliar, alUar. ir. Alle- 
garc. 

12. Aliament, s. m., lien, alliance, 
union. 

Fig. Per aliament de molteransa. 

Trad. de Bcde, fol. 72. 
Par lien de mariage. 

i3. Aliansa , ALHIANSA , S . f. , alliaucc , 
union. 

Que son de la aliansa... mossen lo comte. 
Aliansas sian fermas. 

Tit. de i388. Doat, t. CLXXVIII, f,d. 2.'".(). 
(^)uisontdel'«///anC(;... de monseigneur le comte. 
<^ue les alliances soient fermes. 
Amb aquest ac tan gran amor e tan gran 

ALHIANSA. 

Cat. dels apost. de lioma, fol. 1 12. 
Avec celui-ci il eut si grand amour et si grande 
alliance. 

CAT. Aliansa. esp. Alianza. pout. Allianca. 
IT. Alleanza. 

ll^. CoLLiGAR, V. , lat. COLL1GAR6', lier 
ensemble, conjoindre, compiimer. 
Per las venas et arterias.'.. colligar. 

Elue, de las propr., fol. 35. 
Pour les veines et artùres... lier ensemble. 

Part. prés. La (juarta es humor los membres 
colligant. 

Elue, de las propr., fol. 88. 
La quatrième est \\\.imi:\xT comprimant les mem- 
bres. 

Part. pas. Las parlidas coi.ligadas. 

Elue, de las propr., fol. 82. 
Les parties conjointes. 
cat. ColUgar. esp. Coligar. port. CoUigur. 
IT. CoUigare, collegare. 



-ji LIG 

i5. CoLLiGATiTi, adj., coUigatif, propre 
à conjoindre, à lier ensemble. 
Es qnaysh dels uelhs coi^ugativa. 

Elue, de las propr., fol. 37. 
Est quasi colligative des yeux. 

16. COLLIGACIO , S.f., laf. COLLIGATIO, 

liaison, réunion, enlacement. 

Per donar a lors partidas coLi.iGACto. 
Lor dona colt.igacio et ajustament. 

Elue, de las propr., fol. igS et 63- 
Pour donner liaison à leurs parties . 
Leur donne liaison et ajustement. 
OAT. CoUigaciô. esp. Coligacion. port. Col/t- 
gaçào. iT. Collegazione. 

17. CoLLiGAMENT, .<! . /«., Haison, union, 
enlacement. 

Razitz qne ban entre si collîgament. 
Elue, de las propr., fol. 2t0. 
Racines qui ont entre soi enlacement. 
ESP. Coligamiento. it. CoUegamento. 

18. CoLLiGANCiA, S. f., liaisou , union , 
enlacement. 

Pcr lor grauda cOLLiGANcrA. 
Per COLLIGANCIA dels membres. 

Elue, de las propr., fol. 5l et Z'A. 
Par leur grande union. 
Par liaison des membres. 
ANC. CAT. ColUganza. it. Colleganza. 

19. 0f.ligar,2'., lat. oiîLiGARe, obligei", 
engager, lier. 

Deu OEMGAR las soas causas en penhora. 
Trad. dit Code de .fustinien, fol. 68. 
Doit en,!^ager\es siennes choses en nantissement. 
Nos OBLIGAM 

A perdonar de bon talen. 

Jirev. d'amor, fol. 106. 
Nous nous obligeons à pardonner de bonne vo- 
lonté'. 
Fig. S' OBLIGUET , 

Per sa desobediencia , 
A carnal concupisceneia. 

Brev. d'amor, fol. 59. 
Il se /irt, par sa de'sobe'issance, à eliarnelle con- 
cupiscence. 

Part. pas. Qae hom se tenga per plas obmgat 
a Dieu servir. 

/'. el rerl., fol. (i(. 
Qu'on se tienne pour plus oliligé à servir Dieu. 



LIG 

— Reconnaissant. 

Aytant cant ell val pins que ieu, aytant H 
soy ieu plus obligatz. 

V. et Vert., fol. 66. 
Autant qu'il vaut plus que moi, autant je lui 
suis plus obligé. 
ANC. FR. Qae li créditeurs soit obUgiet. 

Charte de Valenciennes , iu4, p. 4^'- 
CAT. ESP. Ohligar. port. Obrigar. it. Obbli- 
gare , obliare. 

20. Obligatio, S.f., lat. obligatio , 
obligation, engagement. 

Per aqno que non fo donada obligatios. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 27. 
Par cela que ne fut doune'e obligation. 
Paguar la dita obligatio o promessio. 

Tit. de 1294. DoAT, t. XCVII, fol. 267. 
Payer ladite obligation ou promesse. 
CAT, Obligacià. esp. Obligacion. port. Obii- 
gacao. IT. Obbligazione , obbligagione , 
obliazione. 

il. Obligamknt, .y. m., lat. obligamen- 
Tiiin, obligation, engagement. 

Obligament de lotz sos bes. 

Tit. de 1269. Arch. du Roj., K. 17. 
Engagement de tous ses Liens. 
Per exprès obligament de maridatge. 

Tit. de i3i3. Do AT, t. XXX Vm , fol. iSf). 
Par exprès engagement de mariage. 
ANC. ESP. Obligainiento. it. Obbligamento , 
obliamento. 

■i-i.. Obligansa, oblicanssa, ■'!■/., obli- 
gation , engagement. 

Quar prendre no vol la obliganssa. 

Ord. desR. de Fr. , i463, t. XVI, p. 184. 
Car il ne veut pas prendre l'obligation. 

Per OBLiGANSAs gênerais sensa spécification. 

Statuts de Provence. BoMY, p. 227. 
Par obligations générales sans spécification. 
Per raso de la dicba obligansa. 

Tit. de 1395. DoAT, t. CXXXVII, fol. 365. 
Par raison de ladite obligation. 
IT. Obbhganza. 

'2). ReLIGUAR, UELIAR, V., lat. RELIOARf, 

lier, attacher, rallier. 
Ieu serai Testendart, ab me vos reliatz. 
Jioman de Fierabrns , v. 3i 19 
.le serai l'ctcndard , avec moi raUiez-\o\x%. 



LIG 

Part. pas. Ritynii..., sa langaa se te de pari 
denant ab la boca, inas desdiiis... no-es re- 

HGUADA. 

Elue, (te la.'! propr., fol. aSy. 
Raine..., sa langue se lient de par devant av( c la 
liouclie, mais dedans... ellcn'esl f3S altavfice. 
c.vT. ReUigar. esp. Religar. iT. R'degare. 

24- RfXIGIO, religion. .V. /., lat. RELI- 

GiON£"/«, religion. 

Li bon home de remcuon foron ab l:is croiz 
(Il bratz. 

y. de Bertrand de Born. 
Les bons Iiommes de religion allèrent avec les 
ctoix en bras. 

Monestiers o maio de REti&io. 

f^. et yert., fol. i6. 
Monastère ou maison de religion. 

Seluî... 
Ciii U'ii estrej» vera religios. 
Le moine de FoissaN : Ben volria qiiar. 
Celui... que lient élreint la vraie religion. 

— ' Monastère, couvent. 
JMantas religions 
Mes a foc et a caibons. 

HlGlJES DE S. Cyr : Gansons. 
Maints couvents mit à feu et à cliarhons. 
Mercat fazen entren en reugion'. 

r. el^ert., fol. i6. 
Marché faisant ils entrent en couvent. 

— Ordre religieux. 

Anacborita, qne es maniera de rei.igio en 
Egypte per sanhta vida. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 5o. 
Anacliorète, qui est sorte d'ordre en Egypte par 
sainte vie. 

CAT. Religiô. Bsi". Religion, tour. Religiào. 
iT. Re/igione. 

2.5. Rf.liosit.\t, s. /., piété, dévotion. 
Rehositaz, es aîramens de péchai. 

Trad.de Bide, fui. 36'. 
Piété j c'est liaine de pe'clié. 

7.6. Religios, relegios, nt/j., lat. r.i:- 
LiGiosM.y, religieux, pieux 

D'orne religios ab fcrana religiosa. 

r.et rert., fol. 19. 
D'iiomrae religieux avec femme religieuse. 
Siibstant. Silenci qoe toz relegios den tener. 
Trad. de la Règ. de S. Benoît, loi. 8. 
.Silence qm- loul religieux doit tenir. 

m. 



JJG 



73 



Siibst. etprov. L'abit no fa pas bon religios. 
r. et rert., fol. 65. 
L'Iiabit ne fait pas le bon religieux. 
c;at. Religios. esp, port. ir. Religioso, riligioso. 

27. Rf.LIGIOZAMEN, UELIGIOZAMENS, Uclv . , 

religieusement. 

Devon lo uoyrir et esenhar religiozamens. 

K et f^ert., fol. 19. 
Doivent le nourrir et enseigner religieusement. 
Aquels que vivio religioz.vmen. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 96. 
Ceux qui vivaient religieusement. 
(:\r. Religiosaincnt. ksp. pout. it. Religiosa- 
inente. 

28. Rkconcim.\i\, V., lat. rf.concili.vrc, 
réconcilier. 

Nos vuelba reconciliar, e nos mètre eu la 
sna gratia. 

Tit. du. xiv siècle. Doat, t. CXLVI , fol. 2^2. 

Nous veuille réconcilier, et nous mettre en la 
sienne grâce. 

Qiian los reconciliaria , o'is ahsolvria. 
Cat. dels apost. de Roma, fol. 27. 

Quand il les réconcilierait, ou les absoudrait. 
CAT. ESP. PORT. Reconciliar. ir. Reconciliare, 
riconciUare. 

->.(). Reconciliatio, i-. y;, lat. reconci- 
LiATio , réconciliation. 
Apres sa reconciliatio e sa retiacfatio. 
Aportet la reconciliatio de Tholoza. 

Cat. dels apost. deRoma, fol. 1^3 et 181. 
Après sa réconciliation et sa re'lractalion. 
Apporta la réconciliation de Toulouse. 
CAT. Reconciliaciô. esp. Reconciliacion. port. 
Reconciliacào . it. R:conciliiizione, riconci- 
liagione. 

3o. Recoxciliatvient, ,s. m., réconcilia- 
tion, raccomniodenient. 
Per 1<> cal recebem ara nucoNciLr.\MEST. 
Trad. de l'Epit. de S. Paul aux Romains. 
Par lequel nous recevons mainlonant réconcilia- 
tion. 
iT. Riconcdinmento. 

)i. EsLiAR, 1)., délier, détacher. 
Tôt so qne liom enemic lia, 
L'avenimen de Diea I'esha. 

Deudes de Prades, Auz. cn.^s. 
Tout ce qn'liomme ennemi lie, l'intorvenlioii do 
Dieu le dclir 



74 



LIG 



^2. Drsliar, V. , délier, délacer, déta- 
cher, déballer. 

Deslian la donna qn'era encadenada. 
f^. de S, Honorât. 
Délient la tiame qui était enchaînée. 
Si merchadiers ven a Bcssa ses merchat o 
feira, e deslia, e no i vent, uo i dara jaleida. 
Charte de Besse en Auvergne, de i2jo. 
Si marcliand vient à Besse sans marché ou foire, 
et déballe, et n'y vend pas, il n'y donnera jamais 
leude. 
Fig. Qaar lo dreit lo deslia. 

Bertrand d'Allamanon : Ja de chantar. 
Car le droit le délie. 

— Jllusiv. et fig. Remettre les péchés. 
Dell qnerre tal cofessor que sapcha liai- e 

riESLlAR. 

F. et Vert., fol. 68. 
Doit chercher tel confesseur qui sache lier et dé- 
lier. 
Proverbial. Qui ben lia , ben desli. 

Marcabrus : Dirai vos senes. 
Qui bien lie, bien délie. 
Part. pas. Ella sentir s'a df.sliada. 

DeL'DES DE PrâDES , ^«Z. frt5,î. 

Elle se sentira déliée. 
ANC. CAT. Desli^uar. cat. Mon. DeslUgar. esp. 
Desliar, desUgar. port. Desliar. it. Slegar. 

33. Deslegar, V., délayer, dissoudre, 
fondre. 

Part. pas. Cant la nens fon deslegada. 
F. de S. Honorai. 
Quand la neige (u\./nndiie. 

34. Entreliak, V., entrelacer, nouer, 
embai-rasser. 

Per qae '1 Icngna ui'entrelia, 
Quau ien denaut ley me prezeu. 

B. DE Ventadoijr : En cossirier. 
C'est ]iourqaoi la langue s'embarrasse en moi , 
quand devant elle je me présente. 

La hoca m' auava secan , 
E la lengoa ui' entrelian. 

Passio de Maria. 
La bouche m'allait se séchant, et la langue se 
nouant en moi. 

35. SoBRELiAR, i)., sur-lier , s'attacher, 
s'enraciner. 

Tal se pipa e s' aplanlia, 



LIL 

Gui nialvestal?. sobrelia. 
Hugues Brunet : Lanquau sou li. Far. 
Tel se pomponne et se mignote , en qui mauvaiseté 
^'enracine. 

36'. LiAMAR, V., lier, attacher, resserrer. 

Fig. Fin'amors mi liama, 

Qn' en ini non a pont d' enjan. 

Baimond de Miravat, : Sitôt s' es. Far. 
Pur amour m'attache, de sorte qu'en moi il n'y a 
point de tromperie. 

37. Aliamar , V. , lier, attacher, en- 
chaîner. 

Fig. La su'amors iii'afama 

Que m ten près e m'AHAMA. 

G. Faidit : Una dolors. 
Le sien amour, qui me lient prisonnier et m'en- 
chaîne, m'aflàme. 

38. Enliamar , V., attacher, lier, enla- 
cer. 

Fig. Ges per so no m pnesc partir nn dorn , 
Si mi ten près s' amors e m' enliama. 
B. DE Ventadour : Be m' an perdu! . 
Pour cela je ne puis point m'en séparer d'une 
darne , tant me tient pris son amour et m'enlace. 
Ab son vol m' enliama. 

A. Daniel : Ane ieu non. 
Avec sa volonté elle m'enlace. 
Part. pas. Enliamatz soi tan que, si m volia 
Desliamar, ges far non o poiria. 
AlirtERl DE PeguilAIN : Atressi m pren. 
Lié je suis tellement que , si je voulais me délier, 
je ne le pourrais point faire. 

39. Desliamar, v., délier, détacher. 
Enliamatz soi tan qne, si m volia 
Desliamar, ges far non o poiri.i. 

AiMERl DE Pegutlain : Atressi m pren. 
Lié je suis tellement que, si je voulais me délier, 
je ne le pourrais point faire. 

LILI, s. m., lat. lilihw, lis. 

Ayssi coma garda i.ili sa flor e sa blancor 
entre las espinas. 

Virginitat, entre las autras virtutz, es com- 
parada a Lii.rs. 

F. et Fert., fol. 95. 

Ainsi comme le lis gard<' sa (leur et sa blancheur 
parmi les épines. 

Virginité, entre les autres vertus, est comparée 
aux lis. 



LIM 

Coma de rosas e de lilis. 

A', de S. Flors. Uoat, t. CXMII , loi. 285. 
Comme de roses cl de lis. 
IT. Gigîio. 

1. LlRI , .1. fil. , lis. 

LiRi a llor bl;inca defora et danrada dedins. 

Elue, de las propr., loi. 212. 
Le lis à Heur blanclie Jeliurs et dorée dcdani. 
CAT. Lliri. ESP. roiiT. Lirio. 

3. Lis, s. m., lis. 

Roza de pascor 
Sembla de la color, 
E ils de la blancor. 

P. Vidal : Moût viu. 
Rose de printemps elle ressemble par la couleur. 
et lis par la blauclieur. 

Lay s'espaii la blanca flor.s de lis. 

B. DE VentADOL'R : Bels Monruellis. 
Là s'épanouit la blaucbe fleur de lis. 
ESP. Lis. 

LIMA, s./., lat. 1.IMA, lime. 

Aissi coma la lima esmera e pnrga lo fer. 

F. et Verl., fol. 77. 
Ainsi comme la liini- polit et purge le fer. 
Fig. En raon cor port la lima 
Ab que «nos cars motz lim. 

Raimond de Miraval : Aissi m te. 
Eu mon cceur je porte la lime avec quoi mes diil'i- 
ciles mots je lime. 
CAT. Llinia. esp. port. it. Lima. 

1. LlMADURA , S. f., lat. LIMATURA , li- 

lîiaille. 

LlMADURA de fer. 

Deudes de Prades , .-luz. inss. 
Limaille de fer. 
ANC. FR. Il y semoit de la limeiire d'or. 

Amyot, Trad. de Plularquc, Vie deDémétrius. 
CAT. Llimadura. esp. port. Limadura. it. Li 
inatiira. 

3. LiMAR, V., lat. i.iMARc, Hiiier, affiner, 
polir. 

.Si es dent eminent, lima aquel' ain lima de 
ferr. 

Trad. d'Atbucasis , fol. 21. 
Si c'est dent émineale, //me celle-là avec lime île fer. 

Fig. Obii e i.iM 

Motz de valor. 

A. Daniel : Cansun. 
Je travaille et lime mois de valeur. 



LIM 



75 



Part. pas. Sofre e fer limât. 

Ueldes de Phades , Auz. cass. 
Soufre et 1er lime. 
CAT. LUmar. esp. port. Litnar. it. Limare. 

LHIMATZ, LiiiAC , s. f. , lat. limax, 
limas, limaçon. 

Las luimatz ieisso de la suor de la calor de 
l'herba e de la hnmor de la terra. 

Liv, de Sjdrac , fol. 77. 
L(fs limaçons proviennent de la sueur de la cba- 
leur de rberbe et de l'humeur de la terre. 

LiMAC... porta sa mayzo on se clau , et ba 
alcus cornetz. 

Elue, de las propr., fol. 25i^. 
Le limas... porte sa maison où il se clôt , et a au- 
cunes petites cornes. 
CAT. Lliinac. 

1. LiMASSA , s.J], limace. 

Coma lo Lombart que non ausava inlrar el 
cendier per la limassa que trazia sos corns. 
r. et Fert., fol. 12. 

Comme le Lombard qui n'osait entrer au sentier 
à cause de la limace qui tirait .ses cornes. 
ESP. Liinaza, it. Liunaca, himaccia. 

LIMBE, s. m., lat. ■nm'Rus, bord, abord, 

limbe. 
— Fig., en terme de théologie, limbes. 
Luoch que boni apelbava limbe. 

Trad. de l'Evang. de Nicodème. 
Lieu qu'on appelait limbes. 
El moi'iria ses baptisme , e s' en iria eu 
a(jiiela part de infern que nos apelam limbe. 
L'Jrbre de Bataillas, fol. 180. 
Il mourrait sans baptême, et s'en irait dans celte 
partie d'enfer que nous appelons limbes. 
CAT. Lims. ESP. PORT. IT. Limbo. 

LIMIT , S. m., lat. limitcw , limite' 
borne. 

Los LiMiTS et decxs. 

Fors de Béarn, p. 1082. 
Les limites et barrières. 
CAT. Liinit. Uimit. esp. port. it. Limite. 

■>.. LiMiTAcio, S.J., lat. LiMiTATio, limi- 
tation, fixation, abornement. 
Dona als membres limitacio el dislinccio. 

Elue, de las propr., fol. 1 i3. 
Donne aux membres limitation et distinction. 
CAT. Limitacio. esp. lÀmitacion. port. Liinita- 
clïo. IT. Limitazione. 



76 



LIM 



3. LiMiTAR , 1). , lat. LiMiTARe, limiter, 
déterminer, fixer. 

Aysshi cura aquest limita le temps del 
mascle, heinlantment limita, en aquel uift- 
teyssh libre, le temps de la formacio. 

Elue, de las propr.^ fol. t)8. 
Ainsi comme celui-ci /i>Mi7e le temps du mâle, 
semhlablement il limite, dans ce même livi-e , le 
temps de la fbrmatiou. 

Part. pas. Foro llii terme d' aqnestz evesqiiatz 
tantost après iimitatz. 

Cat. dels apost. de Pioma, loi. p.r^. 
Fuient les liornes de ces cvêclies sitôt après li- 
mitees. 

Plus LIMITADA pOtCStat. 

Elue, de las propr. , fol. lo. 
Puissance plus limitée. 

CAT. ESP. FORT. Limitai: n. Limita?^. 

LIMO, LIMON, .V. /II., lat. LiMus , limon. 
Fetz de limo de terra tôt derairanamens 
Adam, que fetzsenbor de totas res vivens. 
P. DE GoBBiAC : El nom de. 
Fit du liinon de la terre tout en dernier Adam , 
qu'il fit seigneur de toutes clioses vivantes. 
]3el limon de la terra. 

llist. alii: de la Bible, fol. i. 
Du limon de la terre. 

CAT. Liin. ESP. PORT. iT. Lïmo. 

1. LiMANHA, s.f.y limon. 

Dieus nos fes d'aital limanha. 

T. DE G. RlQUlER ET DE Henri ; Senlicr. 
Dieu nous fit de tel limon. 

3. LiMOSITAT, S. f., lat. I.IMOSITATé'W j 

limon, vase. 

Aquest fluvl per razo de sa i.imositat. 

Aygas. .. ses limozitat. 

Elue, de las propr., fol. l5t et if)^. 
Ce fleuve en raison de son limon. 
Eaux... sans limon. 

ESP. Limosidad. it. Limosità, Umositate, limo- 
sitade. 

'\. LiMOs, adj., lat. mmosw.v, limoneux, 
bourbeux. 

El es tôt... LIMOS et trebol. 
llumor LiMosA et viscoza. 

Elue, de las propr., fol. i5l 012,17. 
11 est tout... limoneux et trouble. 
Humeur limoneuse cl visqueuse. 



LIN 

— Baveux. 
,"•'1 

^ul beu o vaqua limos o hmosa. 

Ord. des R. de Fr., i^jet , 1. XV, p. 414. 
INul litenl'ou vaclie l>ai>eu.T ou baveuse. 
tM'. l'ouT. ir. Limoso. 



lat. viMoniani , limon , 



I.IIVIO, .S-. III. 
citron. 

Voyez vVldrete, p. '^66, et Mayans, 
Orig. de la llng. r.y?., t. II, p. 2 33 et 
25o. 

l'ns tost que quant us limos 
De perra venc eu mudaasa. 
Guillaume de Saint-Didier : Aissi cum. 
l'ius tôt que quand un limon vint en metamor- 
pliose de poire. 

CAT. Lliinù. ES!'. Limon. popvT. Limiio. it. Iâ- 
moiie. 

LIN, .s. ni., lat. linmw, lin. 
Fny peuclienayre de li. 

Raimond d'Avignon : Sirvens suy. 
Je fus peigneurde lin. 
Ja non vesta drap de carbe ni de lin. 
Gl'illal'me de Tluela. 
Jamais ne revête étoile de chanvre ni de lin. 
O canebe, o lin, o lana. 

Trad. d'un Et'ung. apocr. 
Ou chanvre, ou lin, ou laine. 
CAT. iJi. tsp. Lino. PORT. I.inho. it. Lino. 

2. LiKos, S. m., graine de lin. 

Pie ponh de nNOs.solameu 
Faretz fort cozer e builir. 

Deiîdes de Prades , Auz. cass. 
Pleine poigne'e de graine de lin seulement vous 
ferez cuire et bouillir fort. 

3. LiNsoi. , LEXSOL, lakssol , .V. rti., lin- 
ceul, drap de lit. 

Lo LiNsoL torzeretz îeuden)a. 

T. d'une dame ET DE MoNTANT : leu VCnc. 

Vous tordrez le linceul le lendemain. 
Era '1 suari e 'I lensol. 

Brei'. d'nmor, fol. T^.'i. 
C'était le suaire et le linceul. 

Lanssols bugadatz. 

IzARN : Diguas me tn. 
Linceuls lessives. 
f AT. Llensol. pokt, Lancoi. it. Lenzuola. 



LIN 

11. LiNHORKT, .V. m., liiineul, cuicluiiin-t. 
Al) DU 1!1 
O ;il) nu i.ixHORET sotil. 

Deidks dk Prxdes, ylttz. casi- 
Avec un fil ou avec un cordonnet di'Iic. 

'. LiNGK , j. m., lat. LiKTtrtw, linge. 
Moblps, cnin es linge o usteiicilbas. 

Fors de liénrn, p. 1087. 
flleulilos, comme est linge ou usICDsiles. 
ESP. Lit'nzo. 

6. Lixi, Lixnr, tif/j-, lat. hiyv.ux, de lin. 
De lot drap i.!ifr. 

Cnrtiilaire de Montpellier, fui. Il3. 
De toute e'toflo de lin. 

Una Oargtia de fêlas t.inhias. 

Tu. de 1285. Do\T, t. XVJI , fol. 191. 
Une charge tle toiles de lin. 

LING, LENH, LINH, S. III., lat. lAGliU/ll, 

bois. 

Aquost failz fo meravilho.s 

Qn' el 1.INH , on niorfz près naissemen, 

Nos nasquel vida e perdos. 

P. Cardinal : Dels quatre. 
Ce fait fut merveilleux qu'au liais, où la mort 
prit naissance, il nous naquit \ ie et pardou. 

— Barqiui, chaloupe. 

.Si ctini val mais grans naus en luar 
Que I.INGS ni s.igecia. 

P. Cardinal : leu volgra. 
Ainsi ccmime vaut plus "iraml navire en mer que 
hnrffiie ou saïque. 

A greu pot hom conoisser en la in;ir 
Garai, sitôt s'en passa hnhs e naiis. 

Servebi deGirone : A greu pot. 
Diflicilemcnt on peut connaître en la mer chemin, 
.(uoique y passe barque cl navire. 

— Vaisseau , navire. 

Car ses la decïnia , non es 
Ustantcaut qn'en armes un lenh. 

Pierre nu Vilar: Sendaiz vermellis. 
Car sans la de'cime, il n'en est pas un si chaud qui 
en armât un navire. 

ASC. FR. Messire de Chepoy retint 2 galies et 
I lin. 
Cil de Salonique annoient 5 lins poui' nous 
destonrner les vivres. 

Compte de Thcobald de Chepoy, liiio. 
\N<;. CAi. I.eny, llcny, anc. Ksr. f.eno. vnwi. 
I inho. iT. f.ei/nn. 



LIiV 



/y 



.'. LkGNA , LEIGNA, LKNIIA , LENIA . 

i.iNUA, S./. , bois. 

Si non es de peira o de legna. 

Rai.menz BiSTORS : Aragues. 
S'il n'est de pierre ou de bois. 
Loc. Quan trob loruei ni ceinbel , 
Volontiers desplei m'enseigna, 
E joing , e fat/, d'astas leigna. 

P. V'iDAL : Pois uLert. 

Quand je trouve tournoi et joute , je de'ploie vo- 
lontiers mon enseigne , et joins , et fais de lances 
du bois. 

Proverb. Fas fuec ses i.enha. 

G. RlQilER : l'^n re. 
Tu fais feu sans bois. 

Oraus i.ENiA fai erant fuoc. 
Flaina fail, caut fait... lenia. 

Trad. deBcde, fol. 54. 
Beaucoup de bois fait grand feu. 
Le feu manque , quand manque... le bois. 
A>f:. FR. Cela alnme le fu de laingnc. 

Fabl. el conl. anc, I. IV, p. 2^7. 
I.i vilains a demandé laingne... 
En la sale fu fez li feus. 

Fabl.etcont.anc.,X..U.l,Y). it. 
Eu laquelle maison je ai mis ma laigne e fagos, 
I.elt. de rém. de l'Hii. CaRPEktier, t. II, col. 98g. 
CAT. Llenya. esp. Lena. port. Lenha. it. 
I.egna. 

— Lieu j)lanlé d'arbres. 
Tost cbai 
Illauc eu bai , 
Coma Hors eu i.enha. 

Pierre d'Alvergke : Piossinhols. 
Le blanc tombe aussitôt en hai , comme la lleur en 
bois. 

LINHA, LiG\A, i. /jjat. LiNCA, ligne, 
cordeau, direction. 
Tôt o mena a plom et a livell et a dreeha 

LINHA. 

V.et rert., fol. Sp. 
Il le mène tout à plomb et de niveau et en droite 
ligne . 

Bastit ses regl' e ses ligna. 
' Kambaud p'Orange : En aital rimela. 
lîâti sans règle et sans cordeau. 

Pren sa i.înha, e vol anardreita via. 
y. et Ferl., fol. jy. 
l'icnil ia direction, et veut aliei ilioit rhciiilM. 



7fi 



LIN 



t'i^. Tôt o ;icloiileua ;i régla et a linha de 
razo. 

V. et l^ert., fol. 47. 
Il l'ordonne tout à la règle et au cordeau de la raison. 

— Terme d'écriture. 

"Vingt et sieis linuas en cascuua plaua , et 
en cascuna linha siuc mots. 

Fors de Béarn, p. 1077. 

\ ingt-six lignes eu cliaque page , et en chaque 
ligne cinq mots. 

— Instrument de pèche. 

La i.tNHA ab que lo pescayre de îfern pren 
los peyssos. 

V. et Vert., fol. 20. 
La ligne avec quoi le pécheur d'enfer prend les 
poissons. 

CAT. Bsp. Linea. port. Linha. it. Linea. 

2. LiNH, LiNG, S. m,, lignée, race, 
descendance. 

Del gran linh N Adam. 
Le comte de Poitikrs : Farai chansoncla. 
De la grande lignée du seigneur Adam. 
Pois lo fils de Dieu vos somo 
Qu' el vengetz del ling Farao. 

Marcabrds : Emperaire. 
Puisque le fils de Dieu vous somme que vous le 
vengiez de la lignée àe Pharaon. 

ANC. FR. Kejà n'i entrera, uehome deson//«. 
Prist une farae de haut lin. 

Roman de Rou, v. 'il\!\'2. et 9637. 
La dame quident de bas lin. 

Roman del conte de Poitiers , v. 912. 
Il n'est pas nés de povre lin. 
Roman de Partonopeus de Blois, t. H , p. 1 10. 

3. LiNHADA , s.f., lignée, race, descen- 
dance. 

Tula la LINBADA 

Que près d'EN Adam naissensa. 

Gavaudan le Vieux : Un vers. 
Toute la lignée <|ui prit du seigneur .\dani nais- 
sance. 

LiNHADAS desiermeaadas. 
Tr. de la i'^ Ep. de S. Paul aux- Tliessaloniciens. 
Lignées infinies. 

En aquest... faibi la lhinhada o la proge- 
nies del rey Clodovien. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 97. 
lin celui-ci... faillit Va lignée o\x la race du roi 
Clovis. 



LIN 

4. LiNHATGE, LIGNATGE, ,V. tU., HgnC, 

direction , alignement. 
~ Àdv. camp. Dons auzels, en son estatge 
Iras, qnan venra '1 matis, 
E diguas li en dre& i.inhatge 
De qnal guiza l'obedis. 
PiERE d'Auvergne : Rossinhol on. 
Doux, oiseau , dans sa demeure tu iras , quand 
viendra le matin, et dis-lui en droite ligne de quelle 
manière je lui suis obéissant. 

— Lignage, lignée, race, descendance. 

Mil cavalier de gran I-inhatge 
E mil doinpnas de gran valor. 
Guillaume , moine de Beziers : Quascus plor. 
Mille chevaliers de grand lignage el mille dames 
de grand mérite. 

Desliurar d'enferu 
Trastot 1' buman linbatge. 

F. de S. Honorât. 
Délivrer d'enfer tout l'humaiu lignage. 
Una falsa descbauzida 
E raditz de mal linhatge 
M'a trahit, êtes trahida. 

B. DE Ventadour : La doussa votz . 
Une fausse déconsidérée et racine de mauvais li- 
gnage m'a trabi , el est trahie. 

Fi^. Proeza eis del coratge , 

Vens son meilbor linhatge. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
Prouesse provient du cœur , voilà sa meilleure 
lignée. 

ANC. FR. Conjoinct.s ensemble par sang de li- 
gnaige ainsi que cousins, 

Monstrelet, t. 1 , fol. 1 19. 
CAT. iJiuatge. li.sr. Linage. tort. Linhagetn. 
it. Legnaggio. 

h. Alignamen, ALLiNAMKN , ,v. VI., ali- 
gnement. 
Si la terra es el mei per dreicb alignamenz. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Si la terre est au milieu par droit alignement. 
Enfra lurs propres ai.linamens. 

Tit.de 1892. Jiailliagede Sisteron. 
Au-dessous de leurs propres alignements. 
ANC. ESP. AlirMiniento. port. Aliiihamento. 

6. Alinhar, V., aligner, ajuster. 
Part. pas. El vei adreit et alinhat. 

Bertrand de Born : Fueillietas. 
.!<! le vois juste et aligné. 



LIN 

l'ig-. Eqaitatz non es nutra cauza mays engal- 
tal tota ALiMiAnx. 

f. et Kerl., fol. 60. 
Equile n'est autre chose excepté e'galité louli? 
alignée. 
CAT. Alinjar. esi*. Alihar. port. Alinhar. 

7. Delinhar , V. , dévier, disjoindre, 
écarter. 

Aquel qui de sa natnra dei.inha. 

Elue, (le las prnpr., fol. l.^n. 
Celui qui de sa nature dévie. 

— Part. prés. Discordant. 

rN"aT>ho DELINHANS papts. 

Elue, de las propr., fol. 253. 
baissent parties discordantes. 

8. FoRLi>HAR, ?;., forligner, dégénérer. 

E s rleu gardar de fori.inhar. 

Brer. d'amorj fol. lo/j. 
Et se doit garder de Jorligner. 

Part- pas. No séria Los filbs, mays séria rnn 
1.ISHATZ. 

F. et Ferl., fol. 74. 
?>e serait pas bon fils , mais il serait dégénère. 
Snbst. Del.s FORMNHATz d' avol aire. 

Pierre d'Auvergne : Belh m'es. 
Des dégénérés de mauvaise mine. 
ANC. FR. Forhgnez de la constance de voz pères. 
OEufres d'Alain Chartier, p. 4o9- 
Si riiomnie ne se faitjorligné du devoir. 
Dlbartas , p. 9. 

9. Relinhar , V., ressembler. 

Li deu quecx voler reknhar. .. 

P>e viven , li relisha. 

Bref, d'amor, fol. io.'|. 
Chacun doit vouloir lui ressembler... 
En vivant bien , il lui ressemble. 

10. Interlinear , V., interligner, inter- 
caler. 

Part. pas. Rasât, cancellat o interlineat. 
Fors de B^arn, p. 1082. 
Raye' , cancelié ou interligné. 

ESP. PORT. Interlinear. it. Interlineare. 

LINIR, V., lat. LiNiRc, enduire, oindre, 
frotter. 
Part. pas. Sa goina... val tant a conservar li- 
bres que, qaan so LiNiTz d'ela, per ardas 
no prendo mal. 

Eliir. de las prnpr., fol. 201. 



LIQ ;c) 

.Sa gomme... vaut tant pour conserver les livres 
que, quand ils sont enduits d'elle, ils ncpreuncutni.il 
par teignes. 

2. LiMMENT, S. m., lat. I,INIMENT/<W, 

liniment. 

Aprop pansa liniment. 

Trad. d'Albucasis, fol. A. 
Après pose liniment. 

ESP. Linimiento . port. it. Liniinento. 

?>. LizAR , V., enduire, oindre. 

LizAR tôt eniorn d'alguna maleria plntirioza. 

Eluc.de las propr. , fol. 142. 
Endu ire XeiuX. autour d'aucune matière "lui ineiise. 
ANC. E.sp. Lizar. it. Lisciare. 

LINX, s. m., lat. lynx, lynx. 
LiNx no fo par a leis en pardadura. 

Palnylz de Savieza. 
Lynx ne fut pareil à elle en regard. 
Engendra fygres , linces, serpens. 

Elue, de las propr., fol. l'^l). 
P^ngendre tigres, lynx , serpents. 
CAT. ESP. Lince. port. Lince, lynce. it. Lince. 

LIPPO.S, adj., lat. lippus, chassienx. 

Uellis... i.ippos. 

Elue, de las propr. j fol. 227. 
Yeux... chassieux. 
IT. Lippo. 

■1. LippoziTAT , ,v.y., lippitude. 
Laganha o lippozitat. 

Elue, de las propr., fol. 83. 
Chassie ou lippitude. 

3. Lipeza ,.?./;, li{)pitiide. 

Ret les uellis clars et delisli lor taca , val 
contra i.ipeza. 

Elue, de las propr., fol. 221 . 
Rend les yeux clairs et de'lruil leur tache, vaut 
contre lippitude. 

LIPTOTE , .V. /., litote, figure de rhé- 
torique. 

LipTOTE... toi alqnna proprielat accidentai 
ad alcuua caiiza. 

Leys d'amors , fol. 143. 
La litote... ôte quelque proprie'te' accidentelle ù 
quelque chose. 

LIQUOR , LicoR, s. m., lat. liquor, li- 
queur, liquide. 

Quar dis, que es veramen.'i 



8o 



LIQ 



.1. (lels principals hongeniens , 
Tai totas velz, so es vers plas , 
Eu totas LicoRs sobiras. 

Bret/. d'amor, fol. 1(^5. 
Car huile, qui est vraiment un des principaux li- 
niments, va toujours, cela est vrai pleinement , <ii 
tous liquides supérieure. 

De iiQUOP-^s, alcQDas so compostas , alclll!.l^ 
so simplas. 

Elue, de las propr.j Col. 271. 
Des liqueurs , aucunes sont composées , aiiciiucs 
sont simples. 
Fig:, De tu fara hom la liouor 

Don seran onchg l'anlri tracbof. 
P. Cabdin.vl : D'Estevc. 
De toi on fera la liqueur Aor.l seront oinis lis au- 
tres traîtres. 
c.\T. ESP. PORT. Licor iT. Liquore. 

2. LlQUIDlTAT, .y.y., lat. LIQUIDIT.\T6'«/, 

liquidité, fliiidiu';, limpidité. 
Per razo de sa liquiditat. 
Conlra tropa hqciditat. 

Elue, de las propr., fol. 32 et j5. 
Par raison de sa liquidité. 
Contre considérahle liquidité. 
iT. Liqiiidità , liquiditaie , liquiditade, 

3. LiQUEFACTIO, S. f., lat. LIQUEFACTIO, 

liquéfaction. 

Ja sla que prenga hquefactio. 

Elue, de lai propr. , io\. i83. 
Bien qu'il prenne liquéjaetion. 
F.sr. hiquefaccion. port. Liquefaccào . ir. /.;- 
quefazione. 

If. LiQUiD , ad/., lat. Liovinus, liquide 
limpide. 

Si la inateria es trop liquida et clara. 
Don naysh adhoras goiiia tiQuruA. 

Elue, de las propr., fol. lo/| et 198. 
Si la matière est très liquide et claire. 
Dont naît parfois gomme liquide. 
Fig. Que las ilitas letras piiescan esser dicli.is 

LIQUIDAS. 

Leys d'amovs , fol. 1 1 1 . 
Que Icsdites lettres puissent être diles liquidi:-!. 
CAT. Liquid, lliqiiid. esp. port. it. Liquido 

5. LiQUiDAMEN.s , adc, liquidement. 
Lentamens o lotamens o iiquidamens, se 
gon lali , sonan las dilas letras. 

Leys d'initors , fol. iii. 



LIS 

Lentement ou lourdement ou liquidement , spjon 
le latin , sonnent lesdites lettres. 
ESP. PORT. IT. Liqiiidamente . 

LIS, I.IZ, (idj., grec ^^la-a-as , lisse, uni, 
])o!i. 

Blanc e lis pus qii' us almatilz. 
GUILLVLME DE Cabestaing : Er vey qu'cMl. 
Blanc et lisse plus qu'une amétbyste. 
Sa pel esf)iana, 1.T7.A et .ses pels. 

Elue, de las propr., loi. 3i . 
Sa peau est plané , lisse et sans poils. 
CAT. Lis. ESP. Liso. pout. Lizo. it. Liscio. 

LIS, S. m., lat. lis, procès, débat, dis- 
cussion. 
Lis et controversia. 

Tit. de 1281 DoAT, t. XCI , fol. 217. 
Débat et controverse. 

ESP. PORT. IT. Lite. 

■7.. LiTiGi , ^. /«., LiTiGi«Art, litige. 

LiTiGi entre partidas. 

Statuts de Prot-ence. BoMY, p. 10. 
Litige entre parties. 
Plays, LiTiGis e questions. 

Statuts de Provenee. JljHEN , t. 1 , p. 35o. 
Plaids, litiges et questions. 

ESP. PORT. IT. Litigio. 

3. LiTiGios, ndj., lat. litigiosk^, liti- 
gieux, querelleur. 

Femna fada , lengossa, 
Mala e litigiosa. 

Brev. d'amor, fol. 233. 
Femme folle, bavarde, méchante et querelleuse. 

Ny dengana causa autra i.itigiosa. 

Statuts de Proi'ence. Bomy, p. 5. 
Ni nulle autre cause litigieuse. 
ESP. pop.T. IT. TJtigioso. 

4. LiTiGAR , V., lat. LiTiGARg, conlester, 
être litigant. 

Part. prés. Fan obligar las personnas liti- 

GANS. 

Statuts de Provenee. BoMY , p. lo. 
Font ohliger les personnes litigantes. 
ESP. FORT. Litigar. it. Lidgare. 

LISERA, s.f., lisière. 
No per la usera. 

Fors de Bcarn, p. loSS. 
îSnn par la lisi!?re. 



LIS 

LISSIU, LEissiu , s. ru., lat. i.ixiv/k/7j , 
lessive. 

Ses neguna autra uicscla de lissiu de sabon. 

Cartulaire de Montpellier, fol. igS. 
Sans aucun autre mélange de lessive de savon. 
Aiatz de fort i.eissiu de vilz 
Qne sia colafz et esclarzitz. 

Devdes de Prades, .luz. rass. 
Ayez de forte lessive de vigne qui soit coulée et 
clarifiée. 

Qne negun.s tenchurieis, que l)l.:nqnis seda, 
no» ause blanquir ab ne£;iiii i.ismi;. 

Carluldire de Montpellier, fol K)^. 
Que nul teinturier, qui blanchit snic , n'ose lilaii- 
cliir avec nulle lessive. 

CAT. Llexiii. 

LISTA, s.f. , hnnde, bordure, liteau, 
bord. 
Voyez Denina, t. III, ji. 45 et /,6. 
L'ancien tenloniqno avait liste, 
dont l'allemand a fait i.eiste. 

Le poëme sur l'expédition de Char- 
leraagne en Espagne offre ce mot dans 
l'inscription gravée autour du bouclier 
de Roland : 

Mit Galdineni bohsfaven 
Was an there listen ergiaveii. 

V. i852et i853. 
SCHILTEB , Thes. antiij. teut., t. 111 , v» Liste. 

Un mantelh 
D'un drap de seda bon e belh 
Qne hom apela sisclato, 
Vermelh ab i.r.sTA d'argen fo. 

R. Vidai, DE Bezaudun : Unas novas. 
Un manteau d'un drap de soie bon et beau qu'on 
appelle brocard, il fut vermeil 3\ec /jonliire d'argent. 
ASC. FR. 

Li rois fn en la sale bien paintorée à iisie. 
Roman de Berte, p. I2). 
CAT. Llista. ESP. PORT. iT. Lista. 

0.. LisTAR, V. , jasper, border, tracer 

des bandes , veiner. 
Pan. pas. 

Vengat es a la cambra del (i uiarbie i.istaï. 
Roinan de Fierabras, v. ?.')8(). 
Ksi venu i la cliamlire ilu pur marbre /rj,5//e. 

m. 



LIV 



8t 



I AN'-. lU. 

(3cbirem le iraytrc oi» bault palais listé- 
Poemcde Hugues Capel, fol. ig. 
Le bati de Macidoine qui fa /l'^fe d'orfroi.'. 
Poêle anonyme. Du Cange, t. IV, col. 233. 
j Li quatre fil Aymon sont el palais liste. 
Jiomun de Renaud de Montauhan . 
1 ANC. CAT. Llistar. anc. esp. Ijstar. it. Listarc. 

i 3. LisTRK , .9. /;/., lisière, bordure. 

Bons es per i.istrf. e per drap. 
; T. t)eG. Rainoi.s d'Apt et deG. Magiîet : Maioret. 
Il est bon par lisière et par drap. 

Le PORT, et l'iT. ont Ustrti. 

4- LiSTRAR , V., jasper, bordei-, tracer 

des bandes. 
Part. pas. 
A son ool a pendut .son bon escut listratz. 
Roman de Fiernhras, v. lO^S 
1 A suspendu à son cou son bon éou horde. 

I roRT. Listrar. 

i 

; LIVELL, s. in., lat. libeli,», niveau. 
' Tôt o mena a plom et a r.ivEi.r, et a dreclia 
] linba. 

Fay tôt a régla coma peyralier lo mur toi 
' engal a i.tvELr.. 

K et rert.j fol. Sg. 
Mène tout d'aplomb et de niveau et en droite ligne. 
Fait tout à la renie comme le maçon le mur tout 
égal de niveau. 
ANC. CAT. Livell. poKT. Livel. it. IJvello. 

2. Nivel, s. ni. , niveau. 

Mesura teneut la corda a nivki. de l'avga. 
Trad. du Tr. de l'Arpentage, part, i'», c. 35. 
JWesure tenant la corde au niveau de l'eau. 
CAT. MOn. Nivell. esp. port. Nivel. 

LIVOR, S.f., lat. i.ivoR, couleur livide, 
lividité. 

A blancor perleuo... i.ivor o /lavor. 
Las autras causas de livor. 

Elue, de las propr., fol. 265 et 266. 
.\ blancheur appartiennent... lividité ou jaune- 
vert. 

Les autres causes de lividité. 
esp. port. Livor. it. Livore. 

•).. LiviDiTAT, s. f., lividité. 
LiviniTAT o blavcza. 

Elue, de las propr. , fol. 8S. 
Lividité lUi pâleur. 

I 1 



Ri LIV 

3. LivENC , «f^., livide. 

Qqan, per operacio de natura, vert o ncgre 
torna liveno. 

Elue, de lits propr., loi. 266. 
Quand , par opération de nature , vert ou noir de- 
vient lii>ide. 

LIVRE, LiuRE , adj., lat. lib^^r , libre, 
affranchi , détaché. 

Sia sers , sia livres. 

Tmd. de Bide, loi. 74. 
Soit serf, soit libre. 
Fig. Es LIVRES de péril. 
C om sia livres de mal. 

Trad. de hcde , fol. 49 et i3. 
Est affranchi de pe'rii. 
Qu'on soit affranchi de mal. 
CAT. Llibre. esp. Libre, port. Livre, it. Li- 
béra. 

■>.. LiVRAR, LIURAR, V., lat. LIBCRARe, 

délivrer, sauver, débarrasser. 

Lo sanh bers on Dieus fon sebelhitz 
Yolou MURA.R aissilh que de lay so. 

Guillaume de Mur : D'un sirventes. 
Le saint tombeau oîi Dieu fut enseveli veulent dé- 
livrer ceux, qui de là sont. 

Qui LIVRA lo colpable de tonnent. 

Trad.deBède, fol. 78. 
Qui délivre le coupable de tourment. 

— Livrer, accorder, remettre entre les 
mains, adonner. 

De SOS près près esmenda 
Del rey, qu'els i degra hurar, 

Bertrand de Born : Quan vey pels. 
Peur ses prisonniers il prit rançon du roi , c'est 
pourquoi il devrait les lui livrer. 

LivRi vos lo rial gant per seynhalh e per 
ferinetat de possessîo de la calh vos ineti. 
Philomena. 
Je vous livre le gant royal pour marque et pour 
assurance de la possession en laquelle je vous mets. 
Mi rent a lieys e m liure. 

Le comte de Poitiers : Farai cbansoncta. 
Je me rends et me livre à elle. 
Loc. Aquest hom liubar a mort. 

Trad. de l'Evang. de ^icodème. 
Livrer cet homme à mort. 
Los quais nos venen livrar batalha. 

Chronique des Albigeois, col. 97. 
Lesquels nous viennent /icre/' bataille. 



LIV 

Pai't. pas. Qu'om sia livratz de m.il. 

Trad. de Bide , fol. i3. 
Qu'on soit délivré de mal. 

Ja non erper loi livratz cattiers. 

Roman de Gerardde Rossillon, fol. 21. 
Jamais ne sera par lui accordé quartier. 
Stibstantiv . Li liurat a raaltraire. 

G. Faidit : Fort cliausa 
Les adonnes à maî agir. 
CAT. Llihrar, Uiurar. esp. Librar. port. Li- 
vrar. AN<;. XV, lÀvrare, liverare. it. Mon. 
Liberare. 

3. LivRAMEN, LIURAMEN, S. j7i . , déli- 
vrance. 

Paors de Dion es fons de vida e livramens 
de mort. 

Trad. de Bède, fol. 3l. 
La crainte de Dieu est fontaine de vie et déli- 
vrance de mort. 
ANC. esp. Libramienlo. it. Liberamento. 

4. LiVREZA, LiuREZA, S . f. , liberté, in- 
dépendance. 

Aqui uni es 1' esperiz de Deu , aqui es liu- 

REZA. 

Mellier es sosgeita cervituz que liureza er- 
golioza. 

El persegra la grandeza dels peccatz per la 
LIVREZA de virtut. 

Trad. de Bède, fol. 74 et 5o. 

Là où est l'esprit de Dieu , là est liberté. 

Meilleure est servitude soumise que liberté or- 
gueilleuse. 

11 poursuivra l'e'normilé des pc'clie's par Vindépen- 
dance de la vertu. 

5. LiBERT , .V. m., lat. liberté*, af- 
franchi , libéré. 

Lo libertz non pot clamar son patron en 
plait ses niandamen de la poestat. 

Trad. du Code de Jusiinien, fol. 3. 

L'n^W/nr/it ne peut appeler son patron en justice 
sans pijrmission de l'autorité. 
CAT. Llibert. esp. port. it. Liberto. 

6. Libertin, s. ni., lat. libertin//.?, af- 
franchi. 

Lo patros non es tengutz per so libertin , 
ni lo LIBERTINS non es tengutz per son patron. 

Trad. du Code de Jiistinien, foi. 27. 
Le patron n'est pas tenu pour son affranchi, ni 
V affranchi n'est pas tenu pour son patron. 



LIV 

ANC. FR. C'est eu vain qu'un libertin, qui a 
autrefois esté esclave , soubailteroit d'estre 
ingénu ; sa contîition originelle et acciden- 
telle y répugne. 
Caml's de Bellay, Diversités, t. I, loi. 271. 

lisp. PORT. iT. Libertino. 

7. LiBERTiNA, s.f. , lat. LiBERTiNA, af- 
franchie. 

Adjectiv. Sera franca, e sera libertina del 
vendetior. 

Trad, du Code de Justinien, fol. i^l- 
Sera ULic , cl sera ii(/'ninc/iieàu vendeur. 

8. LiBERTAT, S./., lat. L.lBV.TXTAtem , 

liberté, indépendance, franchise, im- 
munité. 

Segon las i.mERTAxz sobre dichas. 

Charte de Gréalou. p. ll^- 
Selon les libertés susdites. 
Recognoe 1' amor que son poble li portava, 
et donet plnsors dons e hbertats. 

Genolugia dels contes de Thulosa. 
Reconnut l'amour que son peuple lui portait , et 
donna plusieurs dons et libertés. 
CAT. Llibertat. esp. Libertad. port. Liberdade . 
IT. lÀbertà, libertate, libertade. 

g. LiBERACio, S. f., lat. liberatio , li- 
bération , délivrance. 

Dels ruais passât/, querera perde; 
Dels presens, liberacio. 

Brev. d'amor, fol. 10^. 
Des maux passes nous reque'rons pardon ; des pré- 
sents , délivrance. 

Per razo de sa liberacio. 

Elue, de las propr., fol. 128. 
Par raison de sa délivrance. 
ANC. FR. Lonant la clémence dudit empereur 
en la (ibération de plusieurs prisonniers 
qu'il avoit prius. 

Mo.NSTHELET, t. Il, fol. 76. 

ESP. Liberacion. ir. Liberazione. 

10. Libéral, ndj., lat. libérai.^, libre. 
An perdut libéral voinntat. 

L'Arbre de lialalhas, (ol. 26. 
Ont perdu libre volonté. 
En leial et libérai... . possessio. 

ri/. t/eizgS. DoAT, t. CXXXlX,fol. i25. 
En loyale et libre... possession. 
Las causas sosuczas a libéral arbitre. 

Elue, de las prupr. , fol . II. 
Les cLujes soumises ii libre arbitre. 



LIV 83 

— Libéral. 

Era larx a douar e liberals. 
Exercitatï en las sciensas liberals. 

Cat. dtls apost. de Roma, fol. 21 et l53. 
Etait large et libéral à donner. 
Exercé dans les sciences libérales. 
ANC. FR. Les voluptés du boire et du manger 
ont un souvenir qui n'est point libéral ne 
digne de gens d'bonneur. 
Amïot , Trad. de Plutiirt/ue. Morales, t. I, p. 265. 
CAT. Lliberal. esp. tout. Libéral, it. Libérale. 

I I . LiBERALMEN , LIBERALMENS , Ucli'. , 

librement, libéralement, généieuse- 
tnent. 

Fos LIBERALMEN laisada als crcstias. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 16. 
Fût librement laissée aux cliréticns- 
Sa gracia liberalmen 
Tramet aondosamen 
Tôt jorn a cels que s vol e '1 plat/.. 
iirev. d'amor, fol. 2. 
Sa grâce libéralement il transmet avec abondance 
toujours à ceux qu'il veut et (qu'il) lui plaît. 

Si tu as petit d'aqno, dona liberalmbns 
segon ton poder. 

V. et Vert., fol. 81. 
Si lu as peu de cela, donne libéralement selon ton 
pouvoir. 
cat. Lliberalment. esp. purt. it. Liberalinente. 

12. DeSEIVRE, DESLIURE , DESLIEURE , 

DELIVRE, uELiuRE, aclj., libre, indé- 
pendant. 

Negns lioms non es franc ni deslivres de 
mala servîtut, sinon en gracia de Dieu. 

F. et Vert., fol. 33. 
Nul homniti n'est afi'ranclii ni /iTre de maie ser- 
vitude , sinon en grâce de Diçu. 

Auar s'en pot délivres ab adreilz comjalz. 

Guillaume de Tudela. 
Peut s'en aller libre avec de justes conge's. 
Ab DELIVRA enlrada e ab délivra eissida. 

Coût, de Condom. 
Avec libre entrée et avec libre sortie. 
El règne del cel , 
On son DESi.iBUREs li (izci. 

lirev. d'amor, (ol. loS. 
Au ruyumne du ciel , où sont libres les fidèles. 

— Délivré , débarrassé. 



8.1 



LIV 



Procuiet si vomit, et ayshl tu délivre. 

Elite, de tas propr., fol. 2^3. 
Se procura vomissement , et fut ainsi délivré. 
Serein hesmvre del diable. 

F. et Vert., fol. 45. 
Nous serons délivrés du diable. 

Fon lîESLIVRA 

De Iota nialanan.s.-i. 

V. de S. Honorât. 
Fut délivrée de toute maladie. 

ANC. FR. Se li pas.sages fust délivres. 

liojnan de la Rose, v. 49" ■ 
Non , non , ton trépas m'a rendu 
D'espoir et de crainte délivre... 
Je ne crains plus rien que de vivre. 
Bebtaut, p. 227. 
Sans les eiumailloter ni lier de bandes ni de 
langes, de sorte qu'elles les rendoient plus 
délivres de leurs membres. 

Amyot , Trad. de Plutarquc. Vie de l.ycurguc. 

— En termes de jurisprudence, quitte, 
libéré, affranchi. 

El es DESiiEURES d' aqncl dan qne sos sers 
avia fait. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 22. 
11 est quitte de ce dommage que son serf avait fait. 

— Prompt, expéditif, diligent, alerte. 

El mon no sai hom tan desliure 
Pogues totz mos peccatz escrienre. 

FoLQUET DE Marseille : SenherDieus. 
Je ne sais au monde liomrac si expéditif (\a.'\.\ pût 
c'crirc tous mes pe'che's. 

ANC. FR. Afin qu'ils allassent plus légers et 

plus délivres à ce voyage. 
Amyot, Trad. de Plutarque. Vie de Paul-Emile. 
Fig, Ben gieu tiob hom joi deslivre. 

A. D.VNIEL ; Lancan. 
Bien difficilement nu trouve joie protnpie. 
Adv. comp. Quan foro totz garnitz, vengro 
s'en lot A DELiuRE vais Marseli. 

Philomena. 
Quand ils furent tous équipés, ils s'en vinrent 
tout proinptcinent vers Marsile. 

Vos est cela que a desliure 
Me podetz far morir o viure. 

Roman de Jaxifre, fol. 78. 
Vous êtes celle qui promptement nie pouvez faire 
mourir ou vivre. 
ANC, FR. Miez voil e.strc Icnz à d'Uvrc 



LIV 

Qu'en chaiene ricemcut vivre. 
Marie de France , t. Il , p. 177. 
CAT. DesUiurc , deliure, 

13. DeSUVRAMEN , DÊSLIURAMEN , DES- 
MEURAMEN , DELIVRAMEN , HELIURA- 

MEN, S. m., délivrance, absolution, 
liberté. 

Desliedramen de peccatz. 

AiMERi DE Bellinov : Cossiros. 
Absolution de pe'clie's. 
Tro Dieus esosbos astres li det deliurament. 

Guillaume de Tudela. 
Jusqu'à ce que Dieu et son bon astre lui donna dé- 
livrance- 

ANC. CAT. DesUiurament, delivrament. anc. 
E'ïp. Delibrurnienfo. 

14. Dei.ivrazo, deliurazo, .y.y. , déli- 
vrance. 

Auzi s' aiicmais dir de nnlh preisonier 
Que non aines fort sa delivrazo.^ 
Gaiisseran DE Saint-Leidieh : Puois fin'amors. 
S'entondit-il oncques plus dire de nul prisonnier 
qu'il n'aimât pas fort sa délivrance? 

ANC. FR. Ke il prenge conroi deïordelivraison. 
Roman de Roa, v. l63l. 

i5. Delivratio, deliuratio, s./., déli- 
vrance , livraison , remise. 
En la DELIVRATIO d'amont dita. 

Tit. de 1419 DoAT, t. LIV, fol. 292. 
En la livraison dessus dite. 

16. DeSLIVRAR , DESLIUR.\R, DESLIEURAR, 

nEi.iVRAR, DELiuRAR, V., délivrer, af- 
franchir, débarrasser, acquitter. 
Rezeinei' e deslivrar los prezoniers. 

F. et rert.,(o\.So. 
Racbeter et délivrer les prisonnier.s. 
iVliels saup Lozoics desliurar 
Guillelme. 

Bertrand de Born le fils : Quant vei lo. 
Mieux sut Louis délivrer Guillaume. 
De que si puescan deslivrar 
Tanz dentés com as a pagar. 

F. de S. Honorât. 
De quoi se puissent acquitter tant de dettes 
ronime tu as à payer. 

De pagaus e d'avol gcii 
Delivrar lo inonimtn. 

GlllAlD Dt BORNEIL : Jois sia. Far 
De païens et de méchante gent délivrer le tombeau . 



LIV 

l'fiuna fai , al efantar. 

Plus lengieiraïuen deslieurar. 

Brei'. d'amor, fol. 4o- 
Femme, au moment d'enfanter, fait plus aisément 
délivrer. 

ANC. FK. E lias délivrée fumes. 
Seieiit délivre t li tuen aini. 
Ane. tnid.dii Psaut. de Corbie. ps. 123 et SiJ. 
La loine Fiéilégomle se délivra à\\n fil; 
liaiiptiziez. fu à Paris. 

Rec. des hist. r/e Fr., t. III , p. 235. 

— Hâter, presser. j 
Dis al iibbat que uo fes tau gian mcssa , c j 

(jue s' en deliores. 

Que s DEi.iiJREsso (le far la batalla. i 

PUILOMENA. I 
Dit a l'abLe qu'il ne fit pas si longue messe , et 1 
qu'il s'en hdiât. 

Qu'ils se hâtnssenl de livrer la batailli'. 

— Écarter, retirer. 

C'om DELIVRE la hrasa a forza et a poiler. 
F. de S. Honorât. 
Qu'on écarte la braise à force et à puissance. 
Sabse. Qui al rE^Liua.\R non cor 
Greu sera per lui desliarat/,. 

AiMERi deBellinoy : Cossiros. 
Qui ne court au délivrer sera difficilement délivré 
par lui. 

Pari. pas. Auc honi mais près no fo 
No volgues psser desmvrat. 
Granet : Fin pretz. 
Oncques plus homme ne fut prisonnier ([ui ne 
voulût être délivré. 

Aura deslieurat Israël. 

Liv. de. Sydrae, fol. il g. 
Aura délivre Israël. 
CAT. DcsUita-ar. anc. esp. Delibrar. it. Deli- 
vrare. 

17. DeSLIVRAMEN, nESI,IUR\MEN, I1ELHI- 

vRAMENT , <7r/('. , librement, indépen- 
damment. 

Obra plus apcrtartien 

Ades, c pins uEsi.ivaAMEN. 

Deudes de I'rades , Poème sur les Fcrlus. 
\ t it plus ouvertement toujours, et plus librement- 

Anscl fai miidar bel c gen 

En paiif lie tciups desliurame^. 

I>nnrs PF J'uAPK.s, /li:r. tit^.u 



LIV 



85 



Fait muer bien et gentiment un oiseau en peu de 
temps librement. 

l'uesca poiar et deceudre delhivrament. 
Tit. de 1219. DcAT , t. CXVlII , fol. ifi. 
Puisse mouler et descendre librement. 

18. DeLIVRIEU, DELIURIER, DESLIEURIER, 

.<!. 1)1., délivrance, absolution, débar- 
ras' 

Se ieii niueir, er mi graii ueuukiers. 

Bertrand de TioRN : Miez sirventes. 
Si je meurs , (ce) me sera grand debiirras. 
Pueys ses argen no y trob om deslieurier. 

15. CarBONEL : l'er espassar. 
Puis sans argent ou n'y trouve absolution. 
Conqujcr 
Als encarceralz deslieurier. 

hrev. d'amor, fol. 92. 
Conijuiert délivranee ans. incarcères. 

19. Allivrar , ALLiURAR , V., délivrci , 
débarrasser. 

Part. pas. Ai.uvrada jacia d'un precios enfan. 
/^. de S. Honorai. 
Gisait délivrée d'un pre'cieux enfant. 

20. Deliberacio, s./., lat. délibera- 
Tio, délibération, réflexion. 

Saviament et ab deliberatio. 

r.et Ferl., fol. 68. 
Sagement et avec délibération. 
Senes deliberacio. 

Brev. d'amor, fo!.2i2. 
Sans réflexion. 
Ain gran dei.iberaïio. 

Tit. de i35i. DoAT, t. CXLVI , fol. 218. 
Avec grande délibération- 
CAT. Deliberacio. esp. Veliberacion. port. Dc- 
liberacào- it. Deliberazione. 

21. DeLIBERAR , î>. , làt, KELinERARt', 

délibérer, résoudre. 

Van DELIBERAR... de laissar et abandonii.ii 
la dita piassa. 

C'fironit/ite des Albigeois, col. 18. 

Vont délibérer... de laisser et abandonner ladite 
place. 
Part. pas. Entendet que lo dit léguai venia 

DELIBERAT. 

Clironiçite des yllbi/^eoi.s, 1 (d 8. 
Apprit qiK- ledit légat venait résolu. 
r..\T- FM', roni', DcUberar. rr. Dcliberarc. 



86 



LO 



l'i. Deliberadamen, adv., délibérément, 
résolument. 

Deliberadamen et am bon conselh. 

Tit. de 1389. DoAT, t. XXXIX, fol. 206. 
Délibérément et avec hou conseil. 
CAT. Deliberadament. esp. port. Deliberada- 
mente, it. Deliberatamente . 

23. DeSLIVRANSA, DESLIURANSA , DELI- 

vRANSA, DELiuRANSA , s.f., délivrauce, 

action de livrer, livraison. 

Tant que ad aqaela deslitiransa. 

Tit. de 1270. DoAT, t. IX, loi. 67. 

Tant qu'à cette livraison. 

S'endevenia qu' en la deliuransa fos tro- 
bats nieiuhs nu gras. 

Tit. de 1282. Doat , t. CXVIII , fol. 192. 

S'il advenait qu'eu la délivrance fût trouve' un 
grain de moins. 

LO , LE, art. masc. sing., le. 

Voyez la Grammaire romane, p . 1 1 1 , 
et la Grammaire comparée des langues 
de l'Europe latine, p. 3 et suiv. 

Suj. De meg aripin..., lo cart. 

Tit. de i^^']. 
De derai-arpent... , le quart. 
Felz li fiangnei' Mausac, quan 1.0 rei.s lo ténia. 
Le bauphis d'Auvergne : Vergoigna. 
Lui fil de'truire Mausac, quand le roi le tenait. 
Le solelb si revol sobre noslre einysperi. 
Elue de las propr. , fol. 126. 
ie soleil lait sa re'volution sur notre hémisphère. 
Rég. Non vos lolraî lo castel d'Albaron, lo 
bastiment. 

Titre de to^o. 
Je ne vous ôterai le château d'Albaron , le bâtiment. 
Bel m'es caut aug lo resso 
Que fai l'aushercs ab L'ar.so. 

Pierre de Bergerac : Bel m'escant. 
Il m'est beau quand j'entends le retentissement 
que fait le haubert avec /'arçon. 
ANC. FR. Suj. Se Dex m'ait, 
Lo tût puissant. 
Nouv. rec. dej'abl. et cont. anc, t. 1, p. l\l\. 
Out occis Daire, lo roi de Perse, e combali 
soi od Tbolome, lo ve'i de Egypte. 

jinc. trad. du /''" liv. des Machabées, fol. i55. 

Rég. Il esleit lo bleu c si lefasast lo mal. 

II' sermon de S. Bernard sur l'Avent. 



LO 

Par lo sanc de sa passion desarmeit lo ciel. 
Coin. d'Haimon sur l'Ep. de S. Paul. 
ANC. roRT. On llo men amour prougessa. 
Mays lo poder ja non er men. 
Cane, docoll.dos nobres deLisboa, fol. 107 et 108. 
CAT. ESP. Lo. PORT. MOD. O. IT. Lo . 

2. Los, LES, art, masc. plur., les. 
Suj. Dira : «Los raieus amans, 

Venelz a mi, que tôt m'avetz conques.» 
R. Gaucelm : Qui vol aver. 
Dira : « Les miens amants, venez à moi, vu 
que vous m'avez conquis entièrement. » 
Los bes d' amor venon a lart. 

P. Cardinal : Ben ten per fols. 
Les biens d'amour viennent tardivement. 
En elas les racbtz del solelb fan diversas 
inpressions. 

Elue, de las propr., fol. I2(i. 
En elles les rayons du soleil font diverses impres- 
sions. 

Rég. Toit LOS sugets. 

Titre de I025. 
Ote les sujets. 

Ab LOS pros de Proensa. 

B. de Ventadour : En aquest. 
Avec les preux, de Provence. 

Els riu son clar de sobre los sablos. 

B. de Ventadour : Belh Monruel. 
Les ruisseaux sont clairs dessus les sables. 

ANC. PORT. 

Suj. Mas los meus ollos per algueu veer. 
Los dias en que eu viver. 
Cane . do coll. dos nobres de Lisboa , fol. 88 et 92. 
Rég. Sobre Los santos livros. 

Carta del Rei D. Diniz, t28/'i , Elucid. , t. II, 

p. 95. 

CAT. ESP. Los. PORT. MOD. Os. 

3. Lo, pron. pers. m, 3* pers. sing., le, 
lui. 

Rég. Ta , T,o juva. 

Litanies de l'an 780. 
Toi , aide-/e. 

Si io returnar no l' int pois. 

Serments de S!^2. 
Si je ne puis l'en détourner. 
Conosc que malvat labor 
Fan Lombart del emperador, 
Quar no lo tenon per senbor. 

G. FiGUEiRAs : Ja de far. 
Je connais que méchante œuvre font les Lom- 
bards au sujet de l'empereur , parce qu'ils ne le 
tiennent pas pour seigneur. 



LO 

ANC. FR. Si !o iiiist sur son cheval. 

VlLLEKARDOl'lN, p. 27. 

ANC. CAT. Si col inalalt qu'il inetje lo fa ceit 
Que no spot fer que de la mort e.scap. 
.VusiAS March ; Si col inalalt. 
ANC. Bsr. 
El padie Je .vu. annos metio lo a leer, 
Dio lo a maestros ornados de seso è de saber... 
Que lo sopicssen en las .vu. artes emponer. 
Pocrud lie Alexandro, cop. 16. 
\>c, roRT. Bon desejo de .se niostrar El Rey 
inteiro e Caze-lo amado do povo. 

I). Hier. O-sobio, Ccirt. 3. 
ANC. ir. Teueami lo più alïlitto. 

Jacopone d.^ Todi , lib. 1 , sat. .3. 

CAT. MOD. ESP. Mon. Lo. rOI'.T. MOD. O. IT. 
MOD. Lo. 

4 . Los, pron. pers. m, 3® pers. plur,, les , 
eux. 

Rég. III nostre son franc e de bel solafz; 
Gent acuillens e de gaia semblansa 
Los trobaretz e dejus e disnatz. 
T. d'Albert de Sisteron et du .moine : Monges. 
Les nôtres sont francs et de belle gaîté; vous les 
trouverez accueillant agréablement et de joyeuse 
manière et à jeun et repus. 

ANC. roRT. Aos nossos filbos o filbas berdei- 
ros, se no los Deos der. 

Docum. de \'iii6. Eliicid.j t. I , p. l()2. 
E as justicas nom som ousadas a Ihos defender. 
Docum. de \!^'io. Elucid. 

CAT. tsr. Los. PORT. MOD. Os. 

5. Lo , pron. tlémonstr. masc. .ling., \e , 
celui. 

Ayssi que pnsquiam regnar en quest pre- 
•sent segle, en ays.»-!... pusquiani regnar en t,o 
que es a venir. 

PnV. conc. par les R. d'Angleterre, fol. \. 

Ainsi que nous puissions vivre dans ce pre'sent 
siècle, par ainsi... que nous puissions vivre dans 
celui qui est à venir. 

ANC. CAT. Aco no 'nten lo que viu grossainent. 
AisiAs March : Lo tôt es pocli. 

6. IjO, pron. rel. m. sing., le, lui. 

Règ. Sacrament... non i.o stanit. 

Serments de 8'j2. 
Le serment... ne le lient. 

Lo dormir pert, quar iea lo ni taelb. 
B. DE Ventadoi'R : ()uan p.ir la. 
Je pcrd^ le dormir, car je me l'ôlc. 



LOC 



87 



— Empl. nentral. 

Si res prometetz, atendelz i.o. 

Puilomena. 
Si vous promettez quelque cbose, lenez-/e. 

Devedon renon e raubarîa , 
Et elbs fan lo. 

Pons del.\ Garde : D'un sirventes. 
Défendent usure et vilenie , et ils le font. 
ANC. i''n. Deus/oseit, pardonneiz lo moi. 
Tr. de S. Bernard. Mom. de l'Acad. des Inscr., 
t. XVII, p. 721. 
ANC. CAT. Altres e pocbs entenen lo, que fan 
E faran be ab niala enteneio. 
AisiAS March : Lo tôt es pocL. 
ANC. ENP. Es mi ranger? — Si lo es. 
LoP. DE VegA , Aut. sac. Los agread. del hombre. 
ANC. PORT. Meu ben séria direr Ito a si , 

Maysnon/Zodigo ca non ey poder, 
Sol non lia digo ca non ey sazon. 
Cane, do coll. dos nobres de Lisboa, fol. 107. 
Em testimonio de lo de! esta carta. 

Docum. de \'i!\ii. Elucid., t. I, p. l^l^l. 
ANC. IT. Ed acciocchè quello, cbe a me par di 
fare, conosciate , con poche parole ve lo 
intendo di dimostrare. 

BoccACCio, Decam., l. 

7. Los, pron, rel. m. plur., les, eii.\. 
Rég. Adoncx cugei que fos mortz pretz e dos... 
Mas ar los vei restanratz an)bedos. 

AiMERi DE Pegcilain : En aquelb. 
Alors je crus que fut mort mérite et don... mais 
maintenant je les vois rétablis tous les deux. 
Premieraraent mosditz, 
S! cum LOS ai escritz. 

Arnaud de Marietl : Razos es. 
Premièrement mes dits , ainsi comme je les ai 
écrits. 

LOC, Luoc, LUEC, S. m., lat. locz/.t, 
lieu , place, endroit. 
E mans bos locs n'er chantad' et apreza. 
Peyrols : Bc m cujava. 
En maints bons lieujr elle en sera cbantée et apprise . 

Jerusaiems es luf.cs desamparatz. 

Lanfbanc Cigala : Si mos clians. 
Jérusalem est lieu délaissé. 

Tug silh qn'el vostre loc seran. 

G. Faidiï : Fortz cliausa. 
Tous ceux qui seront à votre place. 
Fig. Qai en loc feminil 



88 



LOC 



Cuia feutat trobar. 
Werre de Bussignac : Quau lo dous. 
(^ui eu lieu féminin croit trouver fide'lité. 
Loc. Misericordia fara loc a cascnu segnnt lo 
deserviment de sas obras. 

Trad. de Bcde, fol. 64- 
IVliséricovde fera place à chacun selon l'accomplis- 
st-ment de ses œu\rcs. 

Lo menre si levé e fassa Ihi loc. 

Trud. de la Règ. de S. Benoît, fol. 33. 
(>ue le moindre ( plus jeune) se lève et lui fasse 
place. 
ïT. Gridando si : Fa hiogo, fa Itiogo. 

BoccAccio, Dec, If , i. 

— Occasion, moment opportun, cir- 
constance, situation. 

En mans i.uocs s' ave 
Qu'el mal taingqu'el bes vensa. 

GuiLLAi'ME DE Cabestaing ; Aucmais no. 
En maintes occasions il avicnl qu'il faut que le 
l)ion surmonte le mal. 

En raans locx val mais tarda que cocha. 
Sos Locx n'er melhnros. 

G. Olivier d'Arles, Coblas triadas. 
En maintes circonstances vaut mieux retard que 
presse. 

Sa situation en sera améliorée. 
Loc. Dieus do m rezer loc e temps 

Que portetz vostra part del fais. 
Amanieu des t'scAs : Donapercui, 
Dieu me donne de voir lieu et temps que vous 
)H)rtiez votre part du faix. 

Quan noa ai loc de vos vezer, 
Joi ni déport non pnesc aver. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Quand je n'ai lieu de vous voir, joie ni plaisir je 
ne puis avoir. 

Aqae.st arlicle a loc en causas peccuniarias 
e civils. 

Coût, de Condoni. 
Gel article a lieu en causes pe'cuniaires et civiles. 
Aqiieslas leys an loc. 

L'/lrbre de Bataillas, (o\. i32. 
Ces lois ont /(e«. 
Frov. Car li sens et li joc 

An lur temps e lur loc. 

Arnaiîd de Marukil : Razos es. 
Car les sens et les jeux ont leur temps et leur lieu. 
ANC. FR. Elk^ n'avoit lieu ne aisément , par 
quoi elle s'em penst fuir. 

Rcc. des Tlist. de Fr., t. III, p. ai^- 
Tellement que justice n'y avoit point de //cm. 

MONSTRELET, t. I, fol. TQS. 



LOC 

Le velours n'avoit lieu, la soye, ni le lin 

Ni le drap enyvré des eaux de Gobelin. 

P. Ronsard , t. Il , p. 904. 

ANC. iT Si di.spregiarvi voglio non ha già lace. 

Glittone d'Arezzo , Letl. t8. 

Be m degratz dar de vos loc et aizina. 

Guillaume de Berguedan : Quan vey lo. 
Vous devriez bien me donner, à l'e'gard de vous , 
lieu et facilité. 

IJonatz vos luecs a tornar lo fres 
En las hochas de cels que , per conten 
Qu'avetz mest vos, s'en van desconoissen. 
B. Calvo : Ces no m'es. 
Uonncz-vous lieu de tourner le frein dans les 
houches de ceux qui , à cause de la dispute que vou^ 
avez parmi vous, s'en vont irrespectueux. 

Lo cofessor es aqui solamen tenen loc de 
r aarelha de Dieu. 

F. et Ferl., fol. 70. 

Le confesseur est là seulement tenant lieu de l'o- 
reille de Dieu. 

Cel que ten i.uoc de pastor. 

Trad. de Bède, fol. 56. 
Celui qui tient lieu de pasteur. 
Mest lor gabon : « Franc, faîz nos loc. » 

Gavaudan le Vieux : SenUors per. 
Au milieu d'eux ils haLlent : « Franchement , 
fais-nous place. » 

Eras quan vei que n' es locs e sazos. 
G. Faidit : Ja non. 
Maintenant quand je vois qu'il en est lieu et saison . 
LuECX es qii'om si den alegrar. 

P. Fabre d'Uzès : Luecx es. 
C'est le moment qu'on se doit amuser. 
Non pot esser fort senatz... 
Qui non conquier, qnan luecs es. 
Amies. 

Rawb.ald de Vaqueiras : Ja hom. 
Ne peut être fort sensé... qui ne conquiert, quand 
c'est le moment , des amis. 
Adv. D' on poiran luec cobrar 

Armas. 

B. Calvo : Moût a que. 
D'où ils pourront aussitôt recouvrer armes. 
ANC. PR, Ainz s'en fuit lues qu'il voit le leu. .. 

Ce qu'il aporte monstre lues. 
Fabl. et cont. anc, t. I , p. 298 et t. IV, p. 233. 
ANC ESI'. 

El infant quando les vio, luego los fae ferir, 
Eiiipczo los luego todos a desordir. 

Pôema de Alexandre, cop. iSg 



LOC 

ANC. IT. Que loco sia iinnta 

La terra e tenninala. 
BbuNETTO Latini, Tesorel. dtal. n<ip., J>. 72. 

Adv. comp. Onrada folhia 

Val EN LUEc mais que sen. 
Arnaud de Mardeil : Sahurs. 
Folie honorée vaut parfois plus que sens. 
Vuelh ieu esser chantaire, 
Et EN LDEC mon saber mostrar. 

P. FaBRE d'U/.ÈS : Luecx es qii'oni. 
.le veux être chanteur, et montrer à propoi mon 
3.ivoir. 

Ges erguelh-i totas velz non es Los, 
Et estai gen a lukcx et a suz.os. 

G. LE Roux : Ara sabrai. 
Orgueil toutes fois point n'est Lon , et il sied bien 
en lieux et en temps. 

Padeladas de luec en idec. 

Devdes de Prades , Àiiz. cass. 
Poêlées de temps en temps. 

Prép. comp. Compron veyi'es en i.aor de sa- 
phirs, e ploin per argen. 

F. et Vert., fol. 29. 
Achètent verres en place de saphirs , et plomh 
pour argent. 

L' éléphant uza , en loc île ma, del nas. 

Ebic. de las propr., fol. ^8. 
L'e'lëphant se sert , en place de main , du nez. 
Lai on amors s'enten, 
Val fondât?, en tUEC de sen. 

P. RaimoND de TouLotsE : Airessi. 
Là où amour s'aft'ectionne , vaut folie au lieu de 
sens. 

ANC. FR. 

En lieu de vous el lit la ferai-je raucier. 
lioman de Berte, p. 20. 

ANC. CAT. Loch. C\T. MOD. fJoC, IT. LoCO, luOgO. 

2. LoGAL, .y. m., local, demeure, sé- 
jour, emplacement, lieu. 

Pns PS faiditz de son propre t.ogat,. 
P. Vidal : .Si col paubres. Var. 
Puisqu'il est banni de sa propre demeure. 
Termes raoven 
De lor i.OGAi., o trasmadan. 

Brev. d'amor, fol. 127. 
Remuant ou changeant les limites de leur local. 
Qn'a l'arma m retenga sal 

Bon LOGAL , 

Lai el reing celestial. 

B. ZoRGi : .lesu Crisl. 
Oue pour l'âme il me retienne sauf bon local , la 
au règne ce'lesle. 

in. -. 



LOC 89 

— Passage tl'im ouvrage. 
D'aqnesla natural amor 
.\n mot cantat li Irobadoi', 
Disen de lieys, en manhs l0(>als , 
A Ieu grans bes, a Ieu grans mais. 

Brec. d'amor, fol. \çji. 
De ce naturel amour ont moult chanté les trou- 
liadours , disant de lui , en maints passages, tantôt 
grands biens, tantôt grands maux. 
ANC. E.sp. PORT. Local. 

'\. Local, i.ogal, adj., lat. i.ocai.w, 
local , de lieu. 
Quant a niutiicio local. 

Elue, de las propr., fol. lO". 
Quant à changement (.'fi /(>«. 
.Son quatre enterrogatios locai.s. 

Leys d'amors, (bl. 77. 
.Sont quatre interrogations locales. 
CAT, ESP. port. Local, it. Locale. 

4. LuEGA, s.f., lieu, place. 

Alcun temps luega de prélat 
Tinc ieu en aquesta ciptat. 

F. de S. Honorai. 
Quelque temps la place de pre'lat je tins dans 
cette cite'. 

5. Logis, s. m., logis. 

En son logis s' es retirât. 

Chronique des Albigeois, col. 56. 
En .son logis s'est retiré. 

6. LoTJA, .i.f., loge, baraque. 

De LOTJAS e detraps vie totz los camps vestis. 
Donx derenjon Frances de lotjas e de traps. 
lioman de Fierabras, v. 63l et iSop. 

De loges et de tentes vit tous les champs cou verts. 

Donc se dérangent les Français de loges et de 
tentes. 

CAT. Llotj'a. tsp Lonja. por r. Loja. it. Loggia. 

7. MiEG I.UOC , MIF.H LtlOO , MKI LOC, 

V. m., milieu. 

Procza acabada, 
Qn' el MIEG Luoc non sia oscada 
O fracba en i'nn cartier. 

Bertrand de Born : Rassa m'es. 
Prouesie achevée, qui au milieu ne soit point eTiré- 
chée ou rompue en l'un quartier. 

El MiEH Lnoc de la tanla métras nna petita 
broca de fust per sostener nna candela. 

il.'. dcSyJrac, fol. i38. 



<)0 



LOC 



Au milieu Je la lablc tu meltras une \i(;lite liio- 
tliu de liois pour soiileuir uue cliaudello. 
Eu MEi LOC d'un samit plelatz. 

Un troubadour anonyme : Seinoi- vos que. 
Plié au milieu d'un manleau. 

Fer lo MiEG i.uoc. 

K. et yert., fol, loi,. 
Par le milieu. 

8. Mfxh logan, ndj., mitoyen, inter- 
médiaire. 
Fig. La qnavta état e.s juveutut, et es mech i-o- 
CANA entre totas. 

Elue, de las propr., fol. 66. 
Le quatrième âge c'est jeunesse, et il est mi- 
toyen entre tous. 

C). LOCTENENT , S. m., lat, LOCMW TE- 

NENT(?/«, lieutenant. 

Al LOCTENENT del senhor... Et jnrara als 
homs lo LOCTENENT del senlior que lor gardara 

lor libevtalz. 

Charte de Gvéalou, \>. I30. 
Au lieutenant du seigneur... Et jurera aux hom- 
mes le lieutenant du seigneur qu'il leur gardera leur 
lihertc'. 

ANC CAT. Loctinent cat. mod. Lloctinent. esp. 
Lugartiniente. port. Logoteiieute . it. Lo~ 
cotenente, liiogotenente. 

lo. LocATio, s./., place, lieu, siège. 
La LOCATIO de la sua malantia. 

Trad. d'Albucasis, Col. 2. 
Le siège de la sienne maladie. 

1 I. Alloc , ALUOC , ALUEC, ficU'., aussi- 
tôt, incontinent, sur-le-champ. 
Al prince lo derou alloc. 

y. de S. Honorât. 
Au prince le donnèrent aussitôt. 
Près r aiga , e bec alloc 

Set vez. 

Trad. d'un Evang. apocr. 

Prit l'eau , et but incontinent sept fois. 

— Parfois, à propos. 
Sitôt ALUEC m' esmaya 
Ni m doua afati. 

G. Pierre de Cas als : AL lo pascor. 
Quoique parfois elle me chagrine et me donne de 
la peine. 

Pero ALUEC en melluira. 

B. ZoRGi : Tol7. lumi. 
Pourtant parfois en ame'liure. 



LOC 

12. Alogar, V., loger, établir, placer. 

Ouan lay aura son trap tendut, 

Nos alogerem d'enviro. 

Bertrand de Born : Lo coms. 
Quand il aura tendu là sa tente , nous nous loge- 
rons à l'entour. 
Part. pas. En quai ordre dels augels 

Es ALOGATz cascus dels elegitz. 
Breti. d'amor, fol. 20. 
Bans quel ordic des anges est pincé chacun des 
élus. 
ANC. CAT. AUocar. 

13. COLOGAR , COLOGUAR, V., lat. COL- 

LOCARe, colloqner, placer, établir. 
"Van se cologuar gran re de coropanha. 
Els COLOGUERO lors tendas. 

Philomena. 

Vont se foZ/oi/ficr beaucoup de compagnie. 
Ils établirent leurs tentes. 
Part. pas. Sabem per sert que lars armas son 
coLOtiADAS al règne celestialh. 

Philomena. 
Nous savons pour certain que leurs âmes sont col- 
loquées au règne céleste. 

CAT. Collocar. esp. Colocar. port. CoUocar. 
ir. Collocare. 

14. Descologar, V., déplacer. 
Tan tost qu'es feritz d'un toc, 
.Se DEscoLOGA de son Joc. 

Leys d'amors, fol. 20. 
Aussitôt qu'il est frappé d'un coup, il se déplace 
de sou lieu. , 

i5. DiSLOCAcio , s. f., dislocation. 
Restaaracio de fractura e de dislocacio. 
Trad. d'Albucasis, fol. 56. 
Restauration de fracture et de dislocation. 

CAT. Dislocacio . esp. Dislocacion. port. Dislo' 
cacao, deslocacào. 

16. Delogament, ,v. m., dislocation. 
Def.ogament ve per cazula , batenient, res- 

trenheineut et per semblans violencias que 
geto la jnnctura de son loc. 

Elue, de las propr., fol. ^jg. 
Dislocation vient par chute , coup, resserrement 
et par semblables violences qui mettent la jointure 
hors de sa place. 
IT. Dislocamento. 

17. Dei.ogadura, s./., dislocation. 



LOG 

Osses... prendo greuch pcr... lapluia... el 

DELOGADURA. 

Elue- de las propi:, loi. 62. 
Les os... preiineiil domiiiago par... fracture... cl 
dislocation. 
ESP. Dislocadura. tout. Deslocadura. 

18. Deslocar, deslogu.^r, dislocar, 
V., déplacer, agiter. 

Fis^. len no m nieravill si m desloc 

Per amor, que maint s'en desi,ogua. 

Un TBOIBADOI'B ANONYME : Si '1 (lous jois. 

,îc ne m'émerveille pas si je m'aiiile par amour, 
N » que niaiut s'en agile. 

— Disloquer. 
Part. pas. Perun petit raoveinent es dislocat. 
Si la junctiira es disi.ocada. 

Trad. d'Âlbucasis, fol. 6. 
Par un petit mouvement est disloque- 
rai la jointure est dislor/itée. 
CAT. ESP. Dislocar. port. Deslocar, dislocar. 
n. Dislocare, dislogare, disluogare . 

19. COLGAR , COLCAR , V., dll lat. COI.- 

/ocARE, coucher, reposer. 

leu m lev qoan me degra colgar. 

GlKAUD DE BoENElL ; Un souct f'alz. 
Je me lève quand je devrais me coucher. 
Am may servir Heys en perde 
Qa'autra qu' ab si m degaes colgar. 
Blacas : Bel m' es. 
J'aime mieux servir elle en pure perte qu'une au- 
tre qui avec soi me dût coucher. 
Non er dans , 
.SI 'Is aatruis enfans 
CoLGA el mien bressol. 

Bertrand de Bobn : Ane no s. 
Il ne sera pas dommage, si les enfants d'autrui 
elle couche dans mon berceau. 

CoiGui me sobr'el bras destre , 
E pneis me vire el senestre. 

Arnaud de Marleil : Dona genser. 
Je me couche sur le hras droit , el puis me tourne 
sur le gauclie. 

Substantiv. Al matin com a] colgar. 

B. Zorgi : S' ieu Irohes. 
Au malin comme au coucher. 
Part. prés. 

Qu'ab ta molhcr et ab ta va s cot-can , 
M manj' e ben la femna d' on gibos. 

B. CaRBONEL : Joan FuLre. 
\ u qu'avec ta femme el avec loi va se couchant , 
mange et hoit la femme d'un bossu. 



LO(r 



9V 



Part, pas. 

IN'o podetz vos vezer, qu" el solelb es coUCAt/. 
Roman de Fierabras , v. 1980. 
Vous ne pouvez voir, vu que le soleil esl couche- 
CAÏ. Colgar. iT. Colcare. 

'?.o. CoLG.v , S,/., couche. 

Ieu arrosarai de lagremas tota via ma colga. 

r. et f^ert., iol.b';. 
J'arroserai de larmes toujours ma couche. 
Fig. Intra in ta colga, so es cl refians de ton 

cor. 

F. et Fert-, fol. 88. 
Entre en la couche, c'esl-à-ilire dans le repos de 
ton nrur. 
PORT. Colchào. -. ^. . '■*' 

11. CoLCADA , s.f,, couchée. 
En Gni, de clansida coi.gada 
Ai vist ries manz. 

T. deGl'I et de Maenabd : En Macnard. 
Seigneur Gui , j'ai vu maints riches de secrète 
couchée. 

LOCIO, s. J., lat. LOTio , lotion, action 
(le laver. 
Dona bona color a la cara fayta locios. 

Elue, de las propr., fol. 1 12. 
Lotion faite donne honne couleur à la face. 

■.\\T. Lociô, ESP. Locion. -^ • r ■ 

2. Abbuicio, s./., lat. ablutio, ablu- 
tion, lotion. 
Abblucio... am aygtia de mel. 

Trad. d'Albucasis , fol. 43- 
Lotion-., avec eau de miel. 
CAT. Âhhiciù. ESP. Abhicioii. pour. Ablticiio. 
iT. Abhizione. 

?>. LovADRTJGA, S. f. , lavoir, lavure , 
lessive. 
Que fos gitada eu iina lovadruga. 

Hist. abr. de la Bible, fol. I. 
(^)u'elle fut jetée en un lavoir. 

LOGAR , LOGUAR , LOJAR, V. , lat. LO- 

CAR6' , louer, donner ou prendre en 

location, mettre à louage. 

Albergar los viandans paubres que no po- 
don i.ogar ostal. 

F. el Fert., fol. 79. 

llclicrgcr les voyageurs pauvres qui ne pcuvenl 
louer gîte. 



9'^ 



LOG 



Ditz boni que, per dos poges , 
Sai si i.OGUA, e lai si ven. 

PiEHRE d'Auvergne : Cbanlarai. 
On dit que, pour deux pougeois , ici il se loue, et 
la se vend. 

Se vol de veilla logar. 
T. DE Bertrand et de Jausbert : Jausheii. 
Se veut donner en location à vieille. 
Part. pas. leu soi de parla r logatz... 
Lengna i,ogada nou lassa. 

P. Cardinal : De paraulas. 
Je suis mis à louage pour parler... Langue mise 
à louage ne se lasse. 
Loc. Homicidi e lanzenj^ier, 

Lengua logdat, creba inostier. 

Marcabrl'S : Pus mos coralges. 
Homicides et me'disants, mis à louage pour la 
langue, renverseurs de monastères. 
CAT. Llogar. anc. esp. Logar. anc. n.Locaie. 

2. LOGAIRK, LOGADOR, .V. Hl. , lat. LOCA- 

TOR , locataire, loueur, qui prend ou 

donne à loyer. 

Lo senher o 'I logaire de la tnaio. 

Tit. du xiii<= siècle. Doat, t. CXVIIl, fol. 1^7.. 

Le seigneur ou le locataire de la maison. 

Apres dels très ans esta hom al sagrament 
del LOGAnoR. 

Statuts de Montpellier, de 1212. 

Ensuite des trois ans on est au serment du loueur. 
c;at. Llogador. 

3. LOGADIER , LOGATIER , LOCADIER , 

S. m.f mercenaire , salarié, journalier. 

Els atendon la mort, co fay lo logadier la 
Lora de sa paga. 

F. et rert., fol. 53. 

Ils attendent la mort , comme fait le mercenaire 
riieure de sa paye. : 

— Locataire. 

Dengun horae que sera estranh no nianjara 
del anhel, ni degua logatif.r ni oste. 

Ilist. abr. de la Bible, loi. 28. 
Nul homme qui sera e'tranger ne mangera de 
l'agneau , ni nul locataire ni hôte. 
Negun hosfe ni negun locadier. 

Âbr. de l'A. et du IS.-T., loi. 10. 
ÎVul hôte ni nul locataire. 
ANC. vn. Y a-t-il différence de deniourer en 
une maison, où il y ait plusieurs louagiers, 
ou en celle où jamais personne n'ait habité.^ 
Macault, 'IVad. des Apopht., loi. i3.'|. 
CAT, Llogater. anc, esp. Logndcro. 



LOG 

4. LoGuiER, LOGUER , S. m., loycr, prix, 
salaire, récompense. 

lîos er lo gazardo e meilber lo logoiers. 
IzARN : Diguas me tu. 
Bon sera le guerdon et meilleur le salaire. 
Cels que retenon a tort los r.OGniERs de 
Inrs messatge e dels obriers que fan lur obras. 
r. et Vert., fol. l5. 
Ceu.t qui retiennent à tort les salaires de leur,s 
messages et des ouvriers qui font leurs ouvrages. 
De vesoa ni d' orfe enfant, 
Non pris logdier petit ni grant. 
Trad. d'un Efang. apocr. 
De veuve ni d'enfant orphelin , je ne pris salaire 
petit ni grand. 

No perdra so logcer. 

Trad. duN.-Test., S. M\t., ch. 10. 
Pe perdra pas sa récompense. 

ANC. ESP. 

Tu en loguer pronieles rue asaz mala sollada. 

V. de S. Domingo de Silos, cop. li^^- 
CAT. Logiier. esp. mod. Loguero. 

5. LOGATION, S./., lat. LOCATIONeWj 

location , louage. 
Instrnmens de locations de maizons. 

Statuts de Montpellier, du xui^ siècle. 
Actes de locations de maisons. 

Esr. Locacion. port. Locacao. ir. Locazione . 

6. LoGAZO, S. f., louage. 

Si cnm es de vendezo e de logazo e de totas 
causas que son de bona fe. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 34- 
A\insi comme il est de vente et de louage et di- 
toutes choses qui sont de bonne foi. 

7. CONLOGATION, S.f., SOUS-locatiOH. 
Instrumens de légations..., de conloga- 

TIONS. 

Statuts de Montpellier, du xni' siècle. 
Actes de locations... , de sous-locations. 

8. LoGUADARiA , s.J'., louage, location. 

En LOGUADARIA de mayos. 

Tit. du xni' siècle, Doat, t. CXVIII , fol. 4i. 
En location de maisons. 

9. LOGADIT, LOGUADIT, LOJADIT, adj. , 

salarié, stipendié, mercenaire. 

Sabia coni era vengutz al rei Uenric essor 
sdtidadicrs logaditz. 

F. de Itertmnd de Born. 



LOG 

Savait comment il était venu au roi Henri (pour) 
l'ire soudart stipendié. 

Per inessatge loguaditz. 

Un TKOIBADOLR ANONÏME : Seinor VOS que. 
Par message salarié. 

LojADiz, es cel que ten luoc de pastor, e non 
quer... salut de las armas. 

IVail. de Bide, fol. 56. 
Mercenaire, c'est celui qui tient lieu de pasteur, 
et ne cherche pas... le salut des âmes. 

10. Alooar, V., louLT, prendre à g;ii;cs, 
allouer, assigner. 

Aqnels liais ohriers 
Que Diens mes en la vinha , c' aitan det als 

derriers, 
Can los ac ai.ogatz , coma fetz als premiers. 

IzARN : Diguas me tu. 
Ces loyaux ouvriers que Dieu mit dans la vigne, 
vu qu'autant il donna aux derniers, quand il les 
eut loués , comme il fit aux premiers. 

Parc. pas. fg. Qoar aqui es alogada 

L' araor desobre nompnada. 

Brev. d'amor, fol. ^. 
Car là est assii^nc l'amour dessus nomme'. 
ANC. FR. Le .seigneur peut saisir pour sa rente 
les bestes pasturantes sur son fonds, en- 
core qu'elles n'appartiennent à sou vassal , 
ains à ceux... qui ont alloué lesdites 
besles. 

Coutumes de Normandie, art. 67. 
ANC. EbP. Alogar. it. AUogare. 

LOGRE , s, m., lat. i.ucrww, lucre, 
5j;ain, profit. 

Sans déception et sans logre d' aver. 

Titre de loSg. 
Sans déception et sans lucre d'argent. 

ANC. CAT. Llogre. tsr. Lucro, logro. port it. 
Lucro. 

•} . LoGR.\R, V., lat. hcrar/, gagner, 
obtepir, acquérir. 

I.OGRA 

Tais rnorcels que pueis 1' amarga. 

Gavaudan le Vieux : Lo mes. 
Acf/uiert morceaux tels que puis (cela) lui cause 
.inierlume. 

CAT. ESP. Lngrar. ronr. Lucrar. it. Lucraic. 

S. LucRiER, oflj., riclic, tipulcnt, ptii.s- 
sant. 



LOM 



:i 



Mas lai on sap baro que es lucriers. 
Que a .iiir. castels ni .v. entiers. 

Romande Gérard de Rossillon, fol. 21. 
Mais là où il sait haron qui est riche, qui a qua- 
tre et cinq châteaux entiers. 
ANC. CAT. Logrer. esp. Logrero. 

LOIRE, s. m., leinic, appât. 
Can lo veira apiropcbar, 
Lo LOIRE deu bom lai gitar; 
Pero tota bora li sovenba 
Qu' el LOIRE per la corda tcnba. 

Decdes DE Prades, Auz. cass. 
Quand on le verra approcher, le leurre ou doit 
là jeter; pourtant qu'à toute heure 0:1 se souvienne 
qu'on ticuce le leurre par la corde. 
ANC. FR. Et fist tornoiement es nnes 

D'ostoirs , de fiiucons et de grues , 
Et les fist au loirre venir. 

Roman de la Rose, v. 2o3ji . 

On trouve , en anc. cat., Loyra. 

1. LoiRAR, V., leurrer, attirer au leurre. 
Fig. Ma domn' es tan bell' e cortes' e pros 
Que ni fai t.oirar plus que falcos lanier. 
G. Rainols u'Apt : Qiuint aug. 
Ma dame est si Lelle et courtoise el me'rilante 
<[u'clle me fait leurrer plus que faucon lanier. 
ANC. Cat. Loyrar. 

3. Aloirar, v., leurrer, allécher, attirer. 
Ai.oiRAR coma falco 
Et adobar. 

Del'Des de Prades , jIuz. cass. 
Leurrer et arranger comme faucon. 
Fig. Per lo peccador aloyrar. 

Brev. d'amor, fol. i3o. 
Pour leurrer le pe'cheur. 

Part. pas. Can lo fàlx es fort be ajloiratz, 
E ben maniers e beu privalz. 

Deudes de Prades, Auz. cais. 
Quand le faucon est fort Lien leuiTéj tt Lieu ma- 
niaLle et Lien privé. 

ANC. CAT. Aloyrar. 

LOM, LO.Mi',.?. ///., ht. i.vMhiii, lonihe, 
rein, longe, filet. 

Als l'onhos et als lo.ms. 

Elue, de las propr. , fol. y5. 
Aux rognons et aux reins. 
Vostrc LouuE scinl, 

'Frad.deBede,lu\i\«. 
Vos reins ceints. 



94 



LON 



Diens coraaadet ad aqaells que sacrifîarian 
r anhell pascal que senchesson be lars loms. 
V. et Fert., fol. 97. 
Dieu commaDda à ceux qui sacrifieraieiil l'agneau 
pascal qu'ils ceignissent bien leurs reins. 

Son porc... vendre fara ; dea vendre los 
LOMPs als senhors. 

Coût, de Tarraiibe, de 1284. 
Son porc... il fera vendre ; il doit vendre les 
filets aux. seigneurs. 
CAT. Llora. esp. Lomo. port. it. Lombo. 

LOMBRIC, LUMBRic, s. m., lat. lum- 
MKiciis, lombric, sorte de ver. 
Qnan 1' arua siec lai los camis estretz , 
E '1 cors es saî vianda dels lombricx. 
P. Cardinal : D'un sirventes far. 
Quand l'âme suit là les cLemins e'troils, et le 
corps est ici la pâture des vers. 

LoMBRix de terra qnî so esca a pescar ab 
hams. 

Elue, de las propr., fol. 262. 
Fers de terre qui sont amorce à pêcLer avec ha- 
meçons. 

— Ver d'intestin. 

Vérins... alcns so en bestias cnm lumbrix. 
Auci LUMBRics et verras d'aiirelhas. 

Elue, de las propr. j fol. 262 et 200. 
\ ers... aucuns sont dans les animaux comme les 
lombrics . 

De'truit lombrics et vers d'oreilles. 
ESP. Lombriz. port. Lomhriga. it. Lombrico. 

2. LoMBEC, S. m., lombex, sorte de vej 
à soie. 

Lombex es verm nayshent els ramsdecipres, 
de fraishe... , e ininistra seda per sa egestio. 
Elue, de las propr., fol. 241. 

Lombex est ver naissant aux branches de cyprès , 
de frêne... , et il fournit soie par son évacuation. 

LONA, s.f., lagune, mare, flaque. 

Una granda lona 'stanh d' ayga dousa c 
salada. 

En la terra essucha que sera entre los senbal.s 
e la LONA l'estanh o 1' aiga. 

Trad. du Tr. de l'Arpentage, \^^ part., ch. 3i). 

Une grande lagune ou étang d'eau douce ou salée. 

En la terre sèclie qui sera entre les signaux et la 
mare ou l'étang ou l'eau. 

LONG, LONC, i.oiNG, adj., lat. i^osciis, 
long, désignant l'étendue. 



LON 

La pecairis s' estent aitant longa cant fon. 

F. de S. Madeleine. 
La pécheresse s'étend autant longue qu'elle fut. 
.Substantiv. Aitan a de lonc coma de lare. 
Liv. de Sydrac , fol. /jS. 
Autant a de long comme de large. 
Adv. coinp. "Vi per nn gran paviment 

De lorc en lonc la grau serpent. 
Roman de Blandin de Cornouailles- 
Vit sur un grand pavé de long en long le grand 
serpent. 

— Désignant la durée. 

Lanquan li jorn son lonc en mai. 
G. KcDEL ; Lanquan. 
Lorsque les jours sont longs en mai. 
Aissi finira ma chanso , 
E no vnelb pus longa sia. 
Berenger de Palasol : S' ieu sabi' aver. 
Ici finira ma chanson , et je ne veux pas qu'elle 
soit plus longue. 
Adv. comp. Longa sazo ai estât vas amor 

Humils e francs, et ai fait son coman. 
C.^DENET : Longa sazo. 
Longtemps j'ai été envers amour humble et 
franc , et j'ai fait son commandement. 

— Différé. 

LoNGUA paraula d' amar 

Es grans enueitz , e par enjans. 

B. DE Ventadour : Quant erba. 
Longue parole d'aimer est grand ennui , et paraît 
tromperie. 

lea no 'n trob ges doas en mil 
Ses falsa paraula loigna. 

A. Daniel : Lancan son passât. 
Je n'en trouve pas deux en mille sans fausse pa 
rôle différée. 
Prép, L'autr'ier LONC un bosn falhos. 

Cadenet ou Thibaid de Blizon : L' autr' ier. 
L'autre jour le long d'an bois feuillu. 
Si uns si présenta 
Qn' ill denh lonc se assîre. 

P. RoGlERS : Tan no fJlou. 
Si un se présente qu'elle daigne à coté de soi faire 
asseoir. 

Prép. comp. De lonc celui qui plus li plai. 
T. DE Peyrols et de Gaucelm : Gaucelni. 
A côté de celui qui plus lui plaît. 
Janfre, com ben ensegnhatz, 
Vai DE LONC Brunezen sezer. 

Roman île Jaufre, fol. 88. 



LON 

Jaufre , comme bien appris , va auprès de Bruiie- 
M'ut s'asseoir. 

ANC, CAT. Lioiich. ANC. ESP. LlietlgO. PORT. 

Loiigo. iT. Lungo. 
Coin par. 
D' un sirvenles no lu quai far l'jngor ganda. 

liERTR.\ND DE BoRN : D' Un sirvontes. 
D'un sirvente il ne me faut pas faire plus long 
.lolai. 

Aissi vai lo vits delincn , 

Et ieu no'l puesc far lonjor. 

Pierre d'Auvergne : Bellia m' es la. 
Ici va le vers finissant, et je ne le puis faire plus 
'""A' ■ 

2. SOBRELONC, odj., tl'ès lottg. 
JornS SOBRELONCS. 

Elue, de las propr., fol. 109. 
Jours très longs. 

3. Long, loing, i.onh, lung , i.uenh, 
LUNH, fidt'., loin. 

No m sai qiiora mais la veyrai , 
Qaar tan son nostras terras lonh. 

G. RuDEL : Lanquan li jorn. 
Je ne sais quand plus je la verrai , car tant sont 
nos terres loin. 

Cog esser loing en Kspanha , 
Preon entre Sarazis. 
FoLQlET DE M VRSEILLE : Ja non volgra. 
Je crois être /oi'n en Espagne, bien avant parmi 
les Sarrasins. 

LcENH es lo castelbs e la lors 
Ont elha jay e son inaritz. 

G. RuDEL : Pro ai. 
Zoin est le cliâteau et la tour où elle gît et son 
mari. 

D' aqiiest' amor son lung forsdutz, 

A. Daniel : Lanquan vei. 
Je suis c'conduit loin de cet amour. 

/■oc. Ane tan non amey lcenh ni prop. 
Arnaud de Marueil : Dona sel. 
Gncqucs tant je n'aimai loin ni près. 
Mielhor ni gensor non sai 
Ves nulha part , ni près ni i,onh. 

G. RuDEL : Lanquan li jorn. 
Meilleure ni plus belle je ne sais vers nulle part , 
ni près ai loin. 
Adv, comp. 

M' es bellis dons chans d' anzelbs de i.onh. 
G. Rl'DEL : Lanquan li jorn. 
Le doux cliant d'oiseaux m'est beau de loin. 



LON 



95 



Près e valor vezem pauc en i.uenh enantir. 
G. I-'abre de ÎVariiokne : On mais vcy. 
Mente et valeur nous voyons peu s'avancer au 
loin. 

Pràp. comp. Meuet lo ab si foras lonh del cas- 
tel. 

y. de G. de Cabestaing. 
Le mena avec soi debors loin du cbàleau. 

Las serisias vi loing de se. 
T. DE B. DE Ventadour ET DE Peyrols : Pcirols. 
Les cerises vit loin de soi. 
Fig. Lo cor de lor es long de mi. 

Doctrine des Vaudois. 
Le cœur d'eux est loin de moi. 

CAT. Lhinj. ANC. ESP. Luene. port. I.on'^e. it. 
Lnngi. 

4. Long/v, .s. f., longue, délai. 
Adv. comp. 

Be sabon qu'A t,a longa. no i poiran pas dinar. 
Guillaume de Tudela. 
Ils savent bien qu'rf la longue ils n'y pourront pas 
durer. • . 

ESP. Lueiiga. 

5. L0NGUEZ.\ , LONGUESSA , I.ONGESA , 

.<•. f. , longueur. 

La largneza, la longuezv, l'auleza e la 
pregundeza. 

Trad. de l'Ep. de S. Paul au.r Ephcsiens. 

Li! laryeur, la longueur, la lututeur et la prol'on- 
deur. 

Mesurée la longuessa de .1. peyra eniro 
r autra. 

Philomena , fol. 2a. 
Mesura la longueur à'unc pierre jusiju'à l'autre. 
Li LONGESA de la terra non part pas aqiicls 
que charilaz ajostet. 

Trad. de Bide j loi. 20. 
La longueur de la terre n« sépare pas ceux que 
cliarite' re'unit. 

ANC. FK. Les bons usages... se refroidissent par 

longticsse de temps. 
Nul. des Mss. de lu bilil. JHe de Bourgogne, p. 10. 
ANC. CAT. ANC. ESP. Lotigueza. it. Lunghezza. 

6. LoNGEiTz, LONGEis, adv. dc coinjxir., 
plus longuement, plus longtemps. 
Tôt atressi cum Durausa 

Pert en mar major 
Sou nom , que i.ongeis non cor. 
Richard de Barbezieux : Lo nous mes. 



96 LON 

Tout ainsi coiniiic la Durance perd on haute mer 
son nom , vu «[u'elle ne court pas plus lonq-temps. 
Si'l iii.'ils T.osTGEiTz li dura , 
l'auc viura. 

P. ROGIERS : Al pareissen. f-^iir. 
Si le mal plus longuement lui dure , il vivra ptai. 

7. LoNGAS, LONGUAS, LONJAS , aclv., long- 
temps. 

Las! ges longas noa pose sofrir 1' afan. 
Kaimond de Salas : Si m fos. 
Hélas ! longtemps je ne peux point souttrir la 
peine- 
Adv. comp. A lonjas n' ay sufert lo fays. 

Jordan de Cofolen : Non eslarai. 
Des longtemps j'en ai supporte' le fjix. 

8. LONGAMEN , LONGUAMKN, LONJAMEN , 

adv., longuement, longtemps. 

Aissi coin honi longuamen 
Noa pot vinre ses vianda. 

B. ZoRGi : Atressi. 
Ainsi comme on ne peut vivre longtemps sans 
nourriture. 

S' jeu n' ai lonjamen 

Gran ben dig, no m desplat/,. 

Arnaud de Mardeii, : Ja uon er. 
Si j'en ai longtemps dit grand Lien, il ne me 
de'plaît pas. 

Adv. comp. La rarla '1 porto .vu. Jiizieii, 
De LONGAMEN lion amie sien. 
Trad. de l'L'i'nng, de Nicodème. 
La cbarte lui portent sept .Tuifs, de longtemps ses 
lions amis. 

ANC. CAT. Llongament. anc. esp. Luengmnente. 
roRT. Longamente. it. Lungamente. 

9. SoBRELONGAMENT, lïch'., très longue- 
ment. 

A'iu SOBRELONGAMENT. 

Elue, de las pro/u., fol. 3J2. 
Vit très longuement. 

10. LONGITUT , .V. /; , lat. LONGlTUno , 

longueur. -^ 

Fig. Per i.ONGiTUT... d'estudi. 

Trad. d'Albucasis, fol. 2. 
Par longueur... d'étude. 
cm:. Longitut.vsv, Longltud. port. Longitude. 
IT. Longitudine . 

11. LoNGiNc , adj., lat. longinqmh.ç , 
éloigné, distant, lointain. 



LON 

F.l loc de la seecio, sobre peyra , en las 
feninas , es longinc del loc de la peyia. 
Fig. Aquesta operacio es pns salva e pas lon- 
GiNQUA de flnx de sanc. 

Trad. d'Albucasis , fol. 32 et 33. 

Le lieu de la section, sur la pierre, dans les 
femmes , est distant du lieu de la pierre. 

Cette ope'ration est plus sûre et plus distante de 
Wwx. de sang. 
Ksp. Longinciio. port. it. Longinqtto. 

12. LoNGANSA , .ï. y., retard , prolonga- 
tion , ajournement. 

AI) bran respos et ab longansa. 

AiMERi DE Peruilain : S' ieu fui. 
Avec dure réponse et avec ajournement. 

13. LONHDAN, LUNHDAN, LOINDAN , adj., 

lointain , éloigné. 
Voyez MuRATORi, Diss, 33. 
Ja negus non er tan plazentlers , 
... Ni LUNHDVS uî vezis, 
Qae ja sia de inos afars devis. 

Arnaud DE Marueil : Ane vas amors. 
Jamais nul ne .sera si agréable... ni éloigné aï voi- 
sin , que jamais il soit médisant de mes affaires. 
Una non sai loindana ni vezina , 
Si vol amar, vas vos no si' aclina. 

La comtes.se de. Die : A chantar m' er. 
Je n'en sais pas une éloignée ni voisine, si elle 
veut aimer, qui envers vous ne soit soumise. 
Fin' auDors jouh e lia 
Dos cors de lonhdan pais. 

Peyrols : Quoras que. 
Amour pur rapproche et unit deu.^: cœurs de 
lointain pays. 

— Adverbial. Longuement. 
Si '1 mais i.oindans li dura , 
Pauc viura. 

P. BoGiERS : AI pareissen. 
Si le mal longuement lui dure , peu il vivra. 
IT. Loniano. 

14. LONGAR, LOINGNAR, LONHAR , LUEN- 

HAR , LUNHAR, V., éloigner, renvoyer, 
écarter, reculer, s'éloigner. 
Assatz par 

Que LOINGNAR 

Me vole de sa reio. 

V. de Pierre Vidal. 
Il paraît assez qu'elle voulut yW éloigner àe son pays- 



LON 

Partie lo de si e '1 lowhet , e no M vesfi ni 

r armet. 

r.dePi'jiols. 
Le sépara de soi et le renvoya, et ue le vêtit ni 
l'arma. 

Que joi mi renda , 
E m LUENu sospirs e plors. 

GiiLLAi'ME DE Cabestaing : Lo Hous. 
Qu'elle me rende joie, et écarte de moi soupirs et 
pleurs. 

S'era reys d'Euglaten' o de rran.sit, 
LoNHEBA m'en per far totz sos coinans. 

B.VMBAiD DF Vaqueiras : Kra m requier. 
Si j'étais roi d'Angleterre ou de France , je m'en 
éloignerais pour faire tous ses commandements. 
A doas legas i.onhet d' aqui. 

R. Vidal de Bezaudcn : Unas novas. 
A deux lieues il s'éloigna de là. 

— Séparer. 

Tro lauzengiers crois e savais 
Nos I.ONGERAN ab lors fais Lrai-s. 

Rambaud d'Orange : Entre gel. 
Jusqu'à ce que médisants mécliants et làclies 
nous séparèrent avec leurs faux cris. 
Part. prés. V esperilz 

Es de lieis privatz et aizilz, 
Sitôt lo cors s' en es lonhans. 
B. de Ventadour : Peldols. 
L'esprit est d'elle familier et accueilli , quoique le 
corps s'en est éloignant. 
Fig. Que s' an' ades i-oinhan 
Per inielhs salhir enan. 

B. DE VentADOUR : Pus mi preialz. 
Qu'il s'en aille incontinent reculant pour mieux 
sauter en avant. 

Part. pas. fig. Ane no foy tan i.unhat d'aïuor. 
G. lU'DEl. : liell. m'es. 
Oncques je ne fus si éloigné d'amour. 
Anoet en pellerinatge en i.cnhada terra. 
Trad.dulS.-Test., S. Lie, ch. i5. 
.\lla en pèlerinage en terre éloignée. 
ANC. iT. Si forte esso longiando. 

GuiTTONE d'.ARE7.7.0 , I.ett. ici. 

ANC. CAT. Liinjar. 

i5. Alongament, alonha.mknt , .s. ni., 
éloignement. 
Per gran alonhament de! solelh. 

Elue, de las propr., loi. i'i'{. 
l'ar grand éloignement du soleil. 

— Retard , prolongation, déliii. 
III. 



LON 



97 



En breu d'ora y ven alongamehs. 

II. Bri'NET : Cuendas razos. 
Ku peu de temps y vient relard. 
Ses plus d' AI.ONGAMEN. 

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 2 Lis. 
Sans plus de retard. 
Queron indiicias, so es respech e alon(;a- 

MEN. 

Trad. du Code de Justinien, fol. lij. 
Ueniandeiit renvois, c'est-à-dire répit el prolnn- 
gatiiin. 

ANC. Esr. .llongainiento. pour, .-ilongainento. 
iT. Âlhingainento. 

i6. Aloingui,.î. /«., délai, |)rolongation. 

Patibrcs deo atrobar perdo 
Et ALOHGUi, cant falb proiiiessio. 
B. Carbonée de Marseille, Cohlas tnadas. 
Le pauvre doit trouver excuse et délai, quand 
promesse manque. 

Alonguis de .nii. mes non sia aiitreiatz. 

Coût. d'Alais. Arch. du Roj., K, 7i4- 

Qu'un délai de quatre mois ne soit pas octroyé. 

17. Alonguier , s. TH., retard, retar- 
dement, délai, prolonj^ation. 
Dama, ditz En Lucatz, nofassaiu alongdier. 

Guillaume deTudela. 
Dame , dit le seigneur Lucas , 11e faisons point re- 
tardement. 

No quieyras alonguier nidefînida de jorn. 
No Inr permet alonguier eniro a dema. 
F. et Fert., fol. 68 et 71. 
Ne requiers prolongation ni assignation de jour. 
INe leur permet délai jusqu'à demain. 

18. AlLONGANSA , ALOINGNANSA , .V. f., 

prolongation, délai, allongement. 
"Val mais us rortes nos , 
Qaanl ocs non trob' abondansa. 
Que s'ora ditz per allongansa; 
Si fa rai. 

Azemar lk Noir ; Eia m don. 
Mien», vaut un non courtois, quand oui n'y trouv(r 
suflisanee , que si on dit pour délai : Si ferai. 

Un manuscrit porte ai.oingnansa. 
ANC. ESP. Alonganza. 

19. AlONGAK , ALONGUAU , ALONJAIl 

ALiiNHAR , V. , allonger, prolonger . 
— Désignant l'étendue. 

Uegnas lireusqu' om non jincsc' alonguar. 
Bertrand de Born : leu in'escondise. 
Rênes courtes qu'on ne puisse allonger. 

i3 



98 LON 

Las régnas alonguet al seu liaiis;in destrier. 
Roman de Fiera/iras , v. i^o. 
Les rênes allongea à son destrier Lauçant. 
S'.MiONjAN e s'abreviati cum li masculin. 
Grarnrn. provenr. 
S'allongent et s'abrègent comme les masculins. 

— Désignant la durée. 

Ab deniers dels mortz alonga al rei sa guerra. 

Le dauphin d'Auvebgne : Vergoigna. 
Avec ileniers îles morts il prolonge au roi sa guerre. 
At.ongon las causas, e fan far grans daiup- 

nat"es. 

F.etrert.,M.i5. 
. Prolongent les causes , et font faire grands dom- 
mages. 

— Retarder, différer. 

Mas si m'ALONGDEs de morir. 
Ma vida for' el sien servir. 

P. Raimond de Toulouse : Enquera. 
Mais si elle me retardait de mourir, ma vie serait 
au sien servir. 

Part. pas. Mandet que la sagrassio fos alon- 
GADA entre lendenia mati. 

Philomena. 
Ordonna que la conse'cralion fût (/(^'ree jusqu'au 
lendemain matin. 

L' ALONGA sol meig an , 
E fa carta novela. 

G. RiQUiF.R : Si m fos. 
he diffère seulement d'un demi-an , el fait titre 
nouveau. 

— Éloigner. 

Si nos de las tendas no 'Is podem alunear. 

Guillaume de Tudela. 
Si nous ne les pouvons éloigner des tentes. 

ANC. CAT. ANC. ESP. l'ORT. AlotlgUr. IT. Allull- 

gare. 
20. Deslongar, deslonhab, deslonjai\, 

DESLUENHAR, DESLUNH.iR, V., éloigner, 

écarter. 
Pins que serps de sicoaioV 

M' en DESLONG. 

Guillaume de Cabestaing : Ar vei qu' em. 
Je m'en éloigne plus que serpent de sycomore. 
Per dcscassar e per deslonhar lo diable. 
V.et Fert., fol. 70. 
Pour chasser et pour éloigner le diable. 
En la sua desmesura , 



LON 

Mi part de si , e m desluf.nha. 

Guillaume de Saint-Didier : Bel m'es. 
Dans son m.iuvais procédé, elle me sépare do soi, 
et m'éloigne. 

No s pot sebrar ni deslunhar de vos. 
P. Baimond de Toulouse : Tos temps aug. 
IN'e se peut séparer ni éloigner de vous. 
Fig. De tota joia m deslonja 
Ma dona. 

PeyROLS : Mania gens. 
De tout plaisir ma dame m'écarte. 

■il. EsLOIGNAR, ESI.UEINCNAR, ESI.ONHAR, 

7J., éloigner, éviter. 
Fig. Eslceingna de tnrinen 
Los las. 

B. ZORGI : On hom plus. 
Eloigne ie tourment les malheureux. 
Doncx per que s' en vai negns tarzan 
Ni ESLONHAN d' aquelh senhor servir.'" 
Elias de Barjols : Qui saubes. 
Donc pourquoi nul s'en va tardant et évitant de 
servir ce seigneur? 

Que d' afan 
Lo puosca anar esloignan. 

B. ZoRGi : Sitôt. 
Que de peine je puisse aller l'éloignant. 
ANC. CAT. Elongar. 

11. Perlongamen, prolongamext , s. 
m., prolongation, délai. 

Dilacio... vol dire perlongamen. 

r. et Vert., fol. 12. 
DiLilation... veut dire prolongation. 
Senes prolongament , de von enquérir c 
eercar lo tort. 

Coût, de Tarraiibe, de 1284- 
Sans délai, ils doivent enquérir et chercher le tort. 
ANC. CAT. Prolongament. esp. Prolongamieuto. 
pour. Prolongamento. it. Prohiugamenlo. 

•jiS. Prolongacio, .V. y., prolongation, 
allongement. 

Abreviament et prolongacio. 

Elue, de las propr. , fol. 126. 
Abrègement et prolongation. 
CAT. Prolongacio. esp. Prolongacion. port. 
Prolongacào. ix, Prolongazione , prohin- 
sazione. 



LOQ 

24- Perloinjansa, s. f. , relard, pro- 
longation. 
Qae om la reda ses tota peri.oinjansa.. 

Traité de la Pénitence, enprof., fol. 59. 
Qu'on la rende sans aucun relard. 

25. Perlongar, PERLONJAR, PROLON- 

guar, V., lat. pROLONGARe, prolon- 

u,er, différer, retarder. 

Perlonga de jorn en jorn d'enansar sa via. 

Liii. de Sj-drac, fol. 128. 
Diffère de jour en jour d'avancer son chemin. 
Non PERi.OîfGUBS ton do als fracbnros. 
r. et rert., fol. 81. 
(lue tu ne diffères pas ton don aux indigents. 
Part. pas. Per so car lo cosselh ara proi.on- 

GCAÏ. 

l^it. de 1^28. Hist. de Nîmes, 1. 111, pr., p. 226. 
Parce que le conseil e'iail prolongé. 
Esperansa perlonjada. 

Trad. deBède, fol. 58. 
Espe'rance prolongée. 
A Nc. DAT. Perlongar. cat. mod. Prolongar. esp. 
PORT. Perlongar, prolongar. it. Proinngare. 

LOQUSTA , s./., lat. locusta, lan- 
gouste , sorte de sauterelle. 

Ero tans Sarrazis que semblavo loqustas 
sobre terra. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 1 15. 
Etaient si nombreux les Sarrasins qu'ils ressem- 
blaient à sauterelles sur terre. 
AKC. TR. .Teo mesiieroi demain locustes en tes 
entrées. 

Trad. delà Bible, Exode, c. 10. 
PORT. IT. Locusta. 

2. LaNGOSTA, LENGOSTA , LINGOSTA , S. 

f., langouste, sorte d'écrevisse. 
Semlant a la lengo.sta de la mar. 

Let.de Preste Jean à Frédéric, fol. lO. 
Pessemhlant à la langouste de la mer. 

— Sorte de sauterelle. 

Si os mena pescar al lac , 

Greu metretz lanoosta en clavel. 

Le dauphin d'Auvergne : Puois s:ii. 
S'il vous mène péclier au lac, diflicilement vous 
incllrex langouste en liamcçon. 

Laiigo«tas que manjaran las heibas e 'Is 
arbres. 

Hist. nUr. de lu Ihblc, fol. 2(j. 



LOQ 



99 



Langoustes qui niangeronl les licrb'os et iesaiLres. 
Casegro tanlas i.angostas. 

Abr. de VA. et du N.-T., fol. 9. 
Tonihèrenl si nombreuses langoustes. 
L1NG0.STAS e rosilh 
Que tornavan los biais. 

f^. de S. Honorât. 
Langoustes el rouille qui détruisaient les blés. 
ANC. KR. Et laousces et raiel sauvage. 

Roman du Renart, t. IV, p. l^[^2. 
ANC. cat. Lagosta, llangosta. cat. moi». Lla- 
gosta. ESP. Langosta. pout. Lagosta. 

LOQUCIO, LocuTio, s. f., lat. locutio, 
langage, parole, élocution. 

Els parlo per i.oqucio mental. 

Elue, de las propr., fol. 1 1 . 
Ils parlent par langage mental. 

— Locution, expression. 

En autra maniera appar fada la i.ocutios. 

Lejs d'amors, loi. i'i. 
En autre manière paraît folle la locution. 
CAT. Locucio. ESP. Locucion. pout. Locucào. 
IT. Lociizione. 

2. LoyuAcio, s.f., langage, parole, 

élocution. 

Boca... es necessaiia a parlar et t.oquacio. 
Elue, de las propr., fol. ^2. 

La bouclie... est nécessaire pour parler et ( pour) 
V élocution. 

^. ClRCUMLOCUTIO , S.f., lat. CIRCUM- 

i.ocuTio, circonlocution. 

\ol dire circumlocutios circunstancia de 
parauias quay,sb semblans ad aquelas qu om 
enten. 

Leys d'amors, fol. i32. 

Circonlocution veut dire circonstance de paroles 
quasi semblables à celles qu'on entend. 

cat. Circii/nlociicio. esp. Circumlocttcion. port. 
Circiimlocucào. it. Circonlociizione. 

'i. Loquela, s.f., lat. i.oQUELA, loquéle, 
parole, langage. 
Liament... ve en la lengua e probibeys 1.0- 

QUELA. 

Trad. d'Albucasis, fol. 32. 
Ligament... vient en la langue et paralyse la parole. 
PORT. 11'. LoijHcla. 



loo LOQ 

5. ElOQUENTIA , ELOQUENCIA, 5. y;. Lit. 

ELOQUENTiA, éloquencc. 
Per nobla eloquencia. 
De savieza et de eloquentia. 

Elue, de tas propr., fol. 2!^ ut i5. 
Par noble éloe/nence. 
De sagesse et A' éloquence. 
CAT. ESP. PORT. Eloqiiencia. it. Ëloqnenzia- 

6. Eloqxjensa, s./., éloquence. 
Era he parlans e de bona eloquensa. 

Cat. dels apost. deRoina, fol. 27. 
Etait bien parlant et de bonne éloquence. 
IT. Eloqitenza. 

7. ElOQUEN, adj., lat. ELOQUEN^tW , 

éloquent. 

Aqnest papa era ben eloquens. 

Gran clerc e ben eloqoen. 

Cat. dels apost. de Romaj fol. 175. 
Ce pape e'Iait bien éloquent. 
Grand clerc et bien éloquent. 
cat. Eloquent, Esr. port. it. Eloquente. 

8. LoGiCA, LoicA, S. /., lat. logica, 
logique, raisonnement. 

Voyez Denina, t. III, p. 36. 

Graraatica , i.ogica , rethorica. 

Lejrs d'amors, fol. i3. 
Grammaire , logique, rhe'torique. 
Un conseill hi a que es bos , 
E be i a hora sa loica salva. 

Deudes de Prades , .-iuz. C/ISS. 
Il y a un conseil qui est bon , et on y a bien sa 
logique sauve. 

<;at. est. tort. it. Logica. 

9. LoGiciAN,.?. m., logicien. 

E M lenfjaa de i.ogicia. 

P. Cardinal : Tan son valen. 
Et la langue de logicien. 

Li I.OGICIA preado gendre coma plus gêne- 
rai qae especia. 

Leys d'amors , loi. iSg. 
Les lof^icicns prennent genre comme plus gêne- 
rai tju'espèce. 

10. L0GICAL , adj., logique, conforme 
;i la logique. 

De intencios i.ogicals cnm so noms et verbi. 

Elue, (le las propr., fol. i8. 
D'intentions logiques comme sont noms et verbe;. 

EST. Loffical, IT, Los'icale. 



LOQ 

I 1 . Prolec , s. m., lat. vROhi£.Gomena, 
prolégomène, prologue. 
Ayssi coraensa lo proi,ec delatersa partida. 

Trad. d'Àlbucasis, fol. 56. 
Ici commence \e prologue de la troisième partie. 
CAT. Proleg. 

\'x. Prologue, prologre , s. m., lat. 
pROLOGu.y, prologue, exorde. 
Aiso es lo PROI.OGUES de la régla... E sona 
aytan prologues com comensaraen de parau- 
las. 

Trad. de la règle de S. Benoit, fol. i . 
Ceci est le prologue .de la règle.. . Et prologue si- 
gnifie autant comme commencement de paroles. 
Non ausavan far prologde ni sermou. 
f^. de S. Honorât. 
N'osaient faire exorde ni sermon. 
Lo PROtoGRE es finilz, 
Comensa lo romans. 
Deudes de Prades , Âuz. cass. 
Lie prologue est fini , le roman commence. 

ESP. PORT. IT. Prologo. 

i3. Cathalogue , s. m., lat. catalogu.^, 
catalogue , liste. 

Cathalogue dels apostolis de Roma. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 2. 
Catalogue des évéques de Rome. 
cat. Catalog. esp. port. it. Catalogo. 

l[^. Epilogus, .v. m., lat. epilogus, 

épilogue. 

Epilogus es nna figura que, en bretis motz, 
coiiipren generalmen, recita e replica lot aquo 
de que lia parlât e tractât en especial. 

Leys d'amors, fol. 1^2. 

L'épilogue est une figure qui , en peu de mots , 
comprend ge'néralemeut , rapporte et rappelle tout 
cela de quoi il a parle et traite' spécialement. 

CAT. ESP. port. IT. EpHogO. 
l5. InTERLOCUTORI , INTERLOQUTORI , 

ndj. , interlocutoire. 

Sentensa interi.ocutoria... que non diffî- 
uesca la materia. 

Fors de Bcc.rn, p. 10^3. 

Sentence interlocutoire... qui ne de'fîuisse pas l.i 
matière. 

Siil/st. Dona tal interi.oqutoria. 

Tit. de 1294. DoAT, t. XCVII, fol, 25i. 
Donne tel inCerloculoirc. 



LOR 

Donar intkrloqutoria ni definitiva. 

Ord. des R. de Fr., \[^<oi, t. XVI, i>. 125. 
Donner inlerlocutoire el décision. 
CAT. Interiocutori. tsr. port it. Interlocit- 
torio. 

i6. Emologuar, ajiologuar , T'., du 
lut, /toyiOLOOus, homologuer, 
('onferma et emologua. 

Tit. de i3i8. DoAT , t. XLII, fol. 217. 
Confirme et homologue. 
Aproo et confirmo et emologo. 

Tit. de liig. DoAT , t. CXXXII, fol. 344- 
Approuvent et confirment et homologuent. 
Parc. pas. Approbat, ratifiât, conferniat el 

AMOLOGUAT. 

Tu. de i3i8. DoAT, t. XLII, fol. 218. 
Approuvé , ratifié, confirmé et homologué. 
roRT. Homologuar. 

17. SlLLOGISME, S. m. y lat. SYLLOGISMM^, 

syllogisme. 
En siLLOGisMES e paralogistnes. 

Leys d'amors, ibl. ii3. 
En syllogismes el paralogismes. 
1 AT. Sillogisme. esp. Silogismo. port. Sillo- 
gismOjSyllogismo. it. Sillogismo, silogismo. 

18. Paralogisme, s. m., lat. paralo- 
GiSMM.y , paralogisme. 

En sillogibines e parai.ogismes. 

Leys d'amors , fol. I l3. 
En syllogismes et paralogismes. 
chre. Paralogisme, esp. pout. it. Paralogisino. 

T,OR, LHOR, LUR, pron. pers. m. e\. f. 
pi., lat. ilLOfium, eux, elles. 

Jiég. dir. Moût mi tenon a gran honor 

Totz .selhs cny ien n' ey obeditz , 
Quar a mon joy suy revertitz ; 
Et lans en lieys e Dieu e t.hor. 
G. RvDEL : Bellis m'es l'estius. 
Moult me tiennent en grand honneur tous ceux à 
qui j'en ai obéi , car à ma joie je suis retourné ; cl 
j'en loue elle el Dieu et eux. 

Elas nos feiran tan d'onor 
Qu'ans nos preguarau que nos lor. 
'1 . de p. d'Al'VERCNe et be B. de Vkntadour : 

Amicx. 
Elles nous feront tant d'Iionnrur i|u'flKs niiu> 
prieront avant que nous elles. 



LOR 101 . 

ANC. FR. Li roîs Ricbart qui près leur ière. 
G. Gliaht, t. I , p. 95. 

lirg. indir. ,\. eux, à elles, leur. 
Destriers ferrans e bays 
Trameton als Mors per paor, 
Que lor orguelh lor an doblat. 
P. Vidal : A per pauc. 
Destriers gris et bais ils transmeltenl aux Mau- 
res par peur, vu que leur orgueil ils ont iloul)lé à 
eux. 

S' elbas se genson, no vos lir; 
Abans i-ur o devetz grazir. 

Le moine de Montaiido.n : Autra velz. 
Si elles s'embellissent, qu'il ne vous peine; avant 
vous le devez agréer à elles. 

ANC. FR. Andonz ses brais lor ail à col pendus. 
Roman de Gérard de Vienne, Bekkeh, p. i3. 
Li frères /or jurèrent e lor fei /or plevirent. 
Roman de Roii, v. 8i3. 

— Pron. po.i.1. m. et/., leur, d'eux, 

d'elles, à eux, à elles. 
Su/. Ab totas mas vey clergnes a.ssaiar. 
Que totz lo mons es lurs. 

P. Cardinal : Un sirventes. 
De toutes mains je vois les clercs éprouver, vu 
que tout le monde est leur. 1 

Trazon prim 
L'arquier mclhor 
Nostri e i.or. 

GviLLAt'ME DE MoNTAGNAGOLT : Belll m'cs. 
Tirent menu les archers meilleurs nôtres cl leurs. 
Par ben que sens li falba 
Qui donas joves engalba 
Ab las vielbas, que au prelz sesbaralha, 

Quar 

Ldr coiupanba es gazauba. 

Alb. Caille ou B. Zorgi : Aras quan plou. 
11 paraît bien que sens manque à celui qui les 
jeunes dames égale aux vieilles , qui ont prix sans 
contestation , car... leur compagnie est profit. ■ 
ANC. FR. Li primier colp deit estre lor. 

Roman de Rou, v. 12960. 
Criants que tout esloit leur, et qu'ils vins- 
sent au gain. 

CoMiNES, llv. I, p. 327. 

AKc. CAT. La I.UR gola es vas nbert. 

Trad. des Ps. en long. cat. , ps. 5. 
ANC. IT. Li padri e le madri i ilgliuoli , qnasi 
loro non fossero , dl visilaie c di servirc 
scliifavano. 

Bolcaclio, Dciam., I , procni. 



loa LOR 

Rêi^. dir. Car i.oRArtus detnandon frevolmen. 
Bertrand de Born : GenI fai nostre. 
Car ils demandent frivolement /e/zr Artus. 
Car 1! sen e li joc 
An ruR temps e i,ur loc. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
C;ir les sens et les jeux ont leur temps et to/r lieu. 
De las dorunas, que natura 
Es que lur cara tenguon gen. 

Le moine de Montaudon : Aulra vetz. 
Des dames, de qui la nature est que leur (ace elles 
tiennent gentiment. 

Pois lo reys e '1 coms Richartz 
M' an perdonat ldrs mais talans. 

Bertrand de Born : Ges de far. 
Puisque le roi et le comte Kicliard m'ont pardonné 
leurs mauvaises volontés. 
CAT. Lut. it. Loro. 

Siibstantiv. Conquistan, defenden lo lor. 
Paulet de Marseille : L' autr' ier. 
Conquièrent î en défendant le leur. 
Silh que aucio la gen per aver lo i.or. 

Liii. de Sydrac, fol. 68. 
Ceux qui tuent la gent pour avoir le leur. 

Ai! Seigner Diens, cui non platz 
Mortz de negan peccador, 
Ans per aucire ia lor , 
Sofritz, vos, la vostra en patz. 

FoLçTJET DE Marseille : Si cum sel. 
Ali ! Seigneur Dieu , à qui ne plaît mort de nul 
pécheur, mais (qui) pour détruire la leur, souf- 
frîtes, vous, la vôtre en paix. 

Ab las nutruis van aprenden 
Engienhs, ab que gardon las lor. 

Pierre d'Auvergne : Belba m' es la. 
Avec celles d'autrui vont apprenant engins , avec 
quoi ils gardent les leurs. 
ANC. FR. Quant issi perdent la lor, 

Curuent qnerrez altrui euor? 

Roman de Rou , v. \?J^'i5. 
ANC. IT. 

Failiiiono i tnaggiori raercatanti d'ilalia, 
E ia cagione fu ch' elliuo avien nicsso 
Il loro re Adoardo. 

ViLLANi , XII , 54. 
Loc. Tan no m'a sabor 

Manjars ni benre ni dormir, 
Cum a quant aug cridar : A lor! 

Bertrand de Born : Be m play lo. 
Tant ne m'a saveur manger ni boire ni dormir 
comme a quand j'entends trier : A eux'. 



LOT 
LOSC, adj., lat. Lusc«.y, borgne, louche. 

Enans fos oiba o losca , 
Qu'ieu perdes ma virginitat! 

Trad. d'un Evang. apocr. 
Que je fusse aveugle ou borgne , avant que je 
perdisse ma virginité .' 
Fig. Cuiatz vos qii' ieu non conosca , 
D'aïuor, si 's orba o losca? 

Marcabrus : Dirai vos. 
Croyez-vous que je ne connaisse pas , touchant 
amour, s'il est aveugle ou borgne? 

CAT. LhtSCO. ANC. ES1>. LuSCO. ESP. MOD. B'iZCO. 

roRT. Fesgo. 

LOT, adj., lent, indolent, lourd. 
Nou es LOTz ni coariz. 

Raimond de la TotK : Ar es dretz. 
IN 'est indolent ni lâche. 
N'osta , vos non es ges lota , 
Ben o conosc al montar. 

Guillaume de l.a Tour ■ Unas doas. 
Dame hôtesse, vous n'êtes point lourde, bien je le 
connais au monter. 

Per so l'apelam lenta o lota. 

Leys d'amors, fol. 1 1 1. 
Pour cela nous l'appelons lente ou lourde. 

2. LoTAMENS, adi>., lourdement. 

Dizo que lentainens o lotamens... sono las 
dicbas letras. 

Lejrs d'amors , fol. 111. 
Disent que lentement ou lourdement... sonnent 
lesdiles lettres. 

LOT, s. VI., lat. LUT«w, limon, boue, 
vase , fange. 

Cel qne eercba l'aur, tant lava 
Lo LOT, e trastorna la grava 
Tro que Irneba lo iuzent aur. 
Un troubadour anonyme : Seinor vosque. 
Celui qui cherche l'or, tant lave la -vase et re- 
tourne le sable jusqu'à ce qu'il trouve l'or luisant. 
Si no o fai , es porc que se fueilla 
Volonlier en fane e en lot. 
Deudes de Prades , Poème sur les Fertus. 
S'il ne le fait, il est porc qui fouille volontiers 
dans la fange et dans la boue. 
CAT. Liât. Esr. tort. Lodo. ir. l.oto, 

2. LuTos, ad]., iat. lutosm.v, boueux, 
fangeux. 

Ploia... las vias fa lctozas. 

Elue, de las propr., fol. iSy. 
La pluie. . rend les chemins boueux. 
(Al. J./otos. tsr. roRT. Lodoso. ir. Lotos<). 



LUC 

J, VBRÏC , adj. , lat. i.UBRicH.f, glissant, 
lubrique , lascif. 

Per causa de hnmidit.ils lubricas. 

Trad. d'Àlhiicasia, fol. 6. 
Par cause iriiumidilesg-/ijr4rtn<«. 
Esr. roRT. iT. f.nhrico. 

1. LuBRiciTAT, s.f., lubricité. 

Per LUBRiciTAT... pert la tutela. 

^ors de Bcarn, p. 1087. 
l'ar lubricité... il perd la tutelle. 
ESI'. Lnbricidad. it. Lubricka, hibricitate, hi- 
bricitade. 

TA'CHA, LOCHA, LOITA, S . f., lut. LUCTA, 

lutte, résistance, effort. 
Tal m' avetz tornat , qn' a lucua 
No m defendria d' nn inanc. 

GlRAUD DE BoRNKlL : Quan la Iiruna. 
Vous m'avez rendu tel , qu'à la hilte je ne me ih-- 
fentlrais pas d'un mancliot. 
Fit;. Li nais en son cor ana novella lucha. 
V. et Vert., fol. 7t. 
Lui naît en son cœur une nouvelle lutte. 
En mans locx val mais tarda que cocha, 
Sol contra Dieu no s fassa la t.ocha. 

G. Olivier d'Arles , Cohlas triadas. 
En maintes circonstances mieux, vaut retard que 
presse , seulement que contre Dieu ne se fasse la ré- 
sistance. 

Loc. prov. Mas res no m'ajuda. 
Ans es i.ucnA perduda. 

Pierre p'Aivergne : Pois de mon. 
Mais rien ne m'aide, au contraire c'est lutte 
perdue. 

ANC. FR. L' escrime des poings représente le 
charger de l'ennemi et se convrir de lui; la 
luicte, leharper et le terrasser. 

Amyot, Trad. de Plutarque, Morales, t. 1, p. 102. 

ANC. CAT. Lujta,lliiyta. esp. Lucha. port. Liita. 
iT. Lutta, lotta. 

1. LoiTAMEN, S. m., lutte, combat. 

Fig. Cant nausa de vices e loitamens de pas- 
sio es els abitadors. 

Trad. de Bbde, fol. 35. 
Quand noise de vices et lutte de passion est chez 
les liabilanls. 

3. LUCHADOR, LOITADOR, S. 1)1., lat. I.l T 

TATOR , lutteur, adversaire. 



LUM 



io3 



Confondeni nostre i.oitador e '1 solire- 
monlem. 

Trad. de bide , fol. G5. 

Nous confondons notre adversaire et le surmon- 
tons. 

Delfrug... uzavo luchadors, prumier que 
hichesso. 

Elue, de las propr., fol. 207. 

Ou iruil... faisaient usage lis lutteurs, avant 
qu'ils luttassent. 

ESP. Liichador. port. lAitador ir. Lottatore. 
4. LUCHAR , I.OCHAR , LOITAR , V. , lat. 

LucTARi, lutter, résister, coiubattre. 
Escomes lo de luchar, e i.ucheron amdo.s. 

ylbr. de VA. et du N. T., fol. 5. 
Le défia de lutter, et ils luttèrent tous deux. 
Si'l sieus cors ab lo mien locoa. 

IIameus de la Broquerie : Quan. 
Si le sien corps avec le mien lutte. 
Si r auzel loita e ponha. 

Deudes de Prades , Juz. cass. 
Si l'oiseau résiste et s'efforce. 
ANC. CAT. Lhijtar. esp. Luchcir. port. Lutar. 
IT. Lottare. 

LUM, s. m., lat. i^vmen, lumière, lumi- 
naire. 

Entre lum et lutz no a autia diferensia , 
sino que Intz es plus gênerai que lum, quar 
tôt LUM es Intz , mas tota lutz no es i,um. 

Elue, de las propr., fol. 120. 
Entre lumière et clarté' il n'y a autre difl'e'rence 
sinon que clarté est plus générale que lumière, car 
toute lumière est clarté, mais toute clarté n'est pas 
lumière. 

Plus son ardens non es lums en lanterna. 
Alb. Caille : Aras quan. 
Plus sont ardentes que n'est lumière en lanterne. 
N' art T.uMs de cer' e d' oll. 

A. Daniel : Ab guai. 
J'en hnllc lumières de cire et d'huile. 

De toutas e de rezendas 
Fai sos dos e sas estnendas, 
Sos LUMS e sas oferendas. 

P. Cardinal : Qui ve gran. 
De toUcs et d'exactions il fait ses dons et ses ré- 
parations , ses luminaires et ses offrandes. 
Fig. Lo cars miralbs, qa' es ldms de salvameii. 
Guillaume de S. Didier : El temps quau. 
Le cher miroir, qui est lumière de salut 



o4 



LUM 



Rei glorios, verais lcms e clarilatz. 

GiRAUD DE BoRNEiL : Rci glorios. 
Roi glorieux , vraie lumière et clarté'. 

— On a dit dt-s chrétiens : 
Siatz filh de tusi. 

Fragm. de trad. de la Passion. 
Soyez fils de lumière. 
CAT. Llnm. ANC. Esr. Lnmhre. port. it. Lutne. 

2. LUMEIRA, LUMERA, LUMNEIRA , LUM- 
NEYRA, LHUMNIEYRA, S. f., lumièrC, 

flambeau. 

A la LUMEIRA , 

Es plus temsDtz que laire. 
T. DE BoNNEFOï ET DE Blacas : Seign' En. 
A la lumière j vous êtes plus craint que larron. 
La nueg donet lumneyb as, las estelas Inzens ; 
Et al jorn , lo solelh. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
A la nuit il donna {^oav) /lambeaux, les e'toiles 
luisantes; et au jour, le soleil. 
Fig. Darz d' acer voill que ill pertus la pansa , 
E brocas voill que il tragaa la lumera, 
LanzA : Emperador avem. 
Je veux que dard d'acier lui perce la panse , et je 
veux que broches lui arrachent la lumière. 
La veraya lhcmnieyra que Dieus es. 
Iiii're de Sydrac, fol. 98. 
La véritable lumière qui est Dieu. 
ANC. ESP. 

Lnego que el sol yex a la ora primera , 
Luego las estrellas pierden toda lumnera. 
Poemn de ^lexandro, cop. ii()6. 
ANC. CAT. Lumera, himiera. esp. mod. Luin- 
brera. port. Lumicira. ix. Lumiera. 

3. LUMINARIA , LUMENARIA, S.f., \nra.\- 

naire. 

Foron fâchas ltjminarias, so es lo solelh e 

la luna. 

Hist. al/r. de la Bild., fol. i. 
Furent faits les luminaires , c'est-à-dire le soleil 
et la lune. 

— Terme collectif, spécialement usité 
dans les églises. 

A la obra e a la lumenaria. 

Cartulaire de Montpellier, fol. ij5. 
A l'œuvre ut au luminaire. 
Un quai-tayron de cera per la lcmenaria 
inantenir. 

Statuts de la Confr. du S. Esprit. 
Un quarteron de cire pour le luminaire en\vt'\cnw. 



LUM 

La mitât al rey nostre senhor, e T aatra a 
la i.uMiMARiA per servir Dieu. 
'Fit. de \'ig'^. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. I2ti. 
La moitié' au roi notre seigneur, et l'autre au lu- 
minaire pour servir Dieu. 

CAT. Lluininaria. esp. Lnminaria, port. Lumi- 
narias. anc. it. Luminaria , liirninara . 

'^. LuMiNOS, adj., lat. luminos/w, lumi- 
neux. 
Dels cors lusens e luminos. 

L'Arbre de Bataillas, fol. 25o. 
Des corps luisants et lumineux . 
En loc be luminos. 

Elue, de las propr. , fol. Si . 
En lieu bien lumineux. 
CAT. Lliiminos. esp. port. it. Luminoso. 

5. Luminozitat, s.f., lumino.sité, qua- 
lité de ce qui est lumineux. 

Rach a en si luminozitat. 

Elue, delas propr., fol. 120. 
Le rayon a en soi luminosité. 
it. Liiminosità, himinositate, luminositade. 

6. Alumnamen , s. m. , éclairage , illu- 
mination. 

Si quo '1 solelhs sobr' autr' alumnamen 
Nos ren clardat. 

Cadenet ; Ab leyal. 
Ainsi comme le soleil par-dessus autre éclairage 
nous rend clarté. 

Fig. Compunctios es alumnamen d' arma, 
Trad. de Bède, fol. 23. 
Componction est illumination d'àrae. 

7. Alumenatge , s. m., éclat, lumière. 

Ilh es clardatz , e rent alumenatge. 
Cadenet : Ab leial. 
Elle est clarté , et rend lumière. 

8. Alumenar, alumnar, alhumnar, -y., 
allumer, enflammer, éclairer. 

Aissi CD lums es melhs emplegatz cant alu- 
mena una sala plena de gens , que si servia ad 
.1. sol. 

f^. et Fert., fol.Sg. 

Ainsi comme lumière est mieux employée quand 
elle éclaire une salle pleine de gens , que si elle ser- 
vait à un seul. 

Aissi coma lo faocx que ai.humna et art. 
Lii>. de Sydrac, fol. •Jl^. 

Ainsi comme le feu qui allume ot brûle. 



LUM 

Flg. Lor ALUMNA tût lo cors e lor iiR'nl)if.s. 
Lii're de Sydrac, fol. 97. 
Leur enflamme tout le corps et leurs membres. 

— Donner, rendre la vue, la clartt'-. 

Segner, c' at.tjmîîar voignist 
Lo panre que non avia vist. 

/'. de S. Honorât. 
Seigneur, qui voulus donner In clnrlé au pauvre 
•]ui n'avait pas vu. 

Part. pas. .T;i no es obs fox i .ssia alumîtaz. 
Poëme siirBoèce. 
Jamais n'est besoin que feu 3' soit allume. 
Lo dac Roil.in cavalga totz d'ira at-omnat/.. 

Roman de Fierabra.<; , v. t\(i5. 
Le duc Roland cbevauclie tout enflammé de co- 
lère. 

ANC. ESP. 

Losciegos alumnaron, los tîesnudos vistieron. 
Martirio de S. Lorenzo, cop. /jg. 
Ovieron grant fenza de seer allumnados. 
y. de S. Mil la n, cop. 323. 
ANC. CAT. Altimar. esp. mod. Ahimbrar. port. 
Ahunear, alluiniar. n. AUuminare. 

9. Enlumin.vtio , v. /., illumination, 
lumière. 

Per EJVLUMINATIO 

Nos a dada cognitio. 

Bref, d'amor, fol. ?.. 
Par illumination il nous a donné connaissance. 
Aîîc. CAT. Enlluminacio . esp. Iltuninacion. 
ponT. Ilhiminacào. it. Illuminazione. 

10. Enlumenament, s. /??., illumination, 
éclairage, splendeur, éclat. 

Donc, pos Inna l'apcllalz, ven d' aiiiors 
En lieis bentatz et enluminamf.ns. 

Blacasseï : Amies Guillem. 
Donc, puisque lune vous l'appelez, vient d'ail- 
leurs en elle beauté' et splendeur. 

rig. Par so qn' enlumenament del Avangeli... 

non resplendisca en els. 
Trad. delà 2« Epît. de S. Paul aujc Corinthiens. 
Pour cela que l'illumination de VKxan^Hf... ne 
resplendisse pas en eux. 
A»r. CAT. Enlluminament . it. lUuininarncntn. 

1 I . ElLUMINAYRE, ir.LUMINVnOR , .V. m., 

lat. ILI.UMINATOR , illuminatt'ur , f|ui 
donne la lumière, 
m . 



LUM 'io5 

l'S Dieiis e ns senhei- nostre creayre e nostre 

EI.f.UMINAYRK. 

La Conjes.iin. 
Un Dieu l'i un seigneur noire crcîateur et notre 
illuminalvur. 

Ad aquil quo era Salvador e if.i.uminador. 

///.s/, abr. de la Bible, fol. 78. 
.A celui qui était sauveur et illuminateur. 
ANC. CAT. EtiUutninador. esp. Iluminador . 
PORT. lUuminador. rr. lUinninatore . 

12. Illuminatiu, arij., illnminatif, qui 
e.st propre à illuminer, à éclairer. 
De naech illuminativas. 

Elue de las jtropr. , fui. 118. 
Ilhtminatives de la nuit. 

c:at. Uluminatm. esp. port. it. lUuminadvo. 

l'^. Enlumenar, enlhumenar, v-j illu- 
minei', éclairer, enluminer. 

r.Iardat del solelb que 1' enlhitmena. 

Liv. de Sydrac, fol. 35. 
Clarté du soleil qui Véclaire. 
Fig. No 'Is vol ENLUaiENAR , 

Ni donar gracia de far be. 

Brei>. d'amor, fol. 35. 
Ne les veut éclairer, ni (leur) donner grâce de 
liien faire. 

Part. pas. Ay ! lin' arnors, fons de bontatz, 
Qu'avelzlo raon enlcmenatz , 
Meice vos clam ! 

Marcabrus : Pus mos coratge. 
Ali ! pur amour, fontaine de bonté, qui avez illu- 
miné le monde , merci je vous crie ! 

Lo calh libre era tôt enlumenat de ietras 
d' aur. 

Philoimena. 
Lequel livre était tout enluminé àe lettres d'or. 
ANC. fr. Ainsi comme l'escrivain qui a fait 
son livre, qui Venlurnine d'or et d'azur, 
enlumina ledit roy son royaume de belles 
abbaies que il y fist. 

.loi.NVILT.E , p. 2^3. 

ANC. CAT. Enlluminar. 

i!\. Illumixar, illumenar, ellumenar, 
7K, lai. iLLUMiNARe, illuminer, éclai- 
rer l'esprit, instruire en matière de 
religion. 
Los iebros ii.i.umbkar. 

/'. il l'frl., fol. ?•. 
Erliiiret \es lépreux. 

>1 



io6 



LUN 



Aisso es la veraya savieza que illumena lo 

sens d' ome. 

V.et rert., fol. 3[. 
Ceci est la vraie sagesse qui illumine l'esprit de 
riiomme. 

Part. pas. Tut li moneslier de trastot occideuf 
Foron illuminât de la sia sanctetat._ 
V. de S. Honorât. 
Tous les monastères de l'occident entier furent il- 
luminés de sa sainteté'. 

D' on issira tan grans clardatz, 
Qn' el mon er tôt elluminatz. 

Contricio e Penas ifernals. 
D'où sortira si grande clarté' , que le monde sera 
tout illuminé. 

Lo solelh 

Que tant es ben ellumenatz. 

Les Xf^ Signes de laji del mon . 
Le soleil... qui est si Lien illuminé. 
CAT. Illuminar. esp. Iluminar. port. lUumi- 
nar. it. Illuminar e . 

i5. SoBRELUMiNOS, rtfi)., ti'ès luinineux. 

Fig. La SOHRELUMINOZA savieza. 

Elue, de las propr., fol. Io5. 
La très lumineuse sagesse. 

LUMÏAR , LUMDAR , LHUMDAR , LUNTAR , 

LtjNDAR, S. m., seuil , demeure. 

Sus en lo lcritar son cazntz. 

f^. de S. Honorai. 
Sus en le seuil sont toniLés. 
Coma el desires vizitar los sanhs lhumdars 
dels apostols. 

Cal. dels apost. de Roma, fol. io6. 
Comme il désirât visiter les saintes demeures des 
apôtres. 

Onbes en los luntars de las portas. 

Hist. abr. de In Bible, fol. 28. 
Oigncz-en les seuils des portes. 
Clans e porta e lundar. 
Deudes de Prades , Poème sur les Vertus. 
Clef et porte et seuil. 
Aî)c. ESP. Lumbral. port. Litmiar. 

LUNA, LHUNA , s.f., lat. luna , lune. 

En cela ora ve lo clipses de la i.huna ; quar 
la LHUNA non ren clardat mas del solelb, que 
ferla lhuna, e Ibi fai redre clardat. 

Liv. de Sydrac, fol. 5l et 52. 

En cette heure vient l'éclipsé de la lune; car la 
lune ne rend clarté excepté du soleil , qui frappe la 
lune, et lui fait rendre clarté. 



LUN 

Atressi ereys cum la luna es creyssens, 

Richard de Barbezieux : Lo nous mes. 
Ainsi il croît comme la lune est croissante. 
Un cantel 
De la LUNA. 

Guillaume de Mur : Al avincn. 
Un quartier delà lune. 
CAT. Lh/na. isr. Luna. port. Lua. it. Luiui 

2. LuNAMEN , S. m., lunaisou. 

De .CGC. e de .xxx. e de .v. lunamens. 
Pierre de Cobbiac : El nom de. 
De trois cents et de trente et de cinq lunaisons 
ANC. CAT. Luiiament. it. Lunamento. 

3. LuNACio , LUNASO , S.f., lunaisoii, 

Apelam una lunacio mes Innar. 

Elue, de las propr., fol. la^- 
Nous appelons une lunaison mois lunaire. 
Es LUNASos complida. 

Bref, d'amor, fol. 33. 
La lunaison est accomplie. 
CAT. Llunacio. esp. Lnnacion. port. Lunaçào. 
iT. Lufiazione. 

/(. LuNAR, fidj., lat. LUNARîV, lunairc. 
Us mes... LUNARs. 

Brev. d'amor, fol. ^6. 
Un mois... lunaire. 

Alcunas vetz apelam an lunar aqael espazi 
qui ba .xii. lunacios. 

Elue, de las propr., fol. 122. 
Aucunes fois nous appelons an lunaire cet espace 
qui a douze lunaisons. 
De figura lunar. 

Trad. d'Alhucasis, fol. 14. 
De forme lunaire. 

CAT. ESP. PORT. Lunar. it. Lunare. 

5. LuNATic, adj., lat. LUNATicM.y, luna- 
tique. 

A Ibi un sieu filh présentât 
LuNATic et endemoniat. 

Bref, d'amor, fol. l58. 
Lui a présenté un sien fils lunatique et démo- 
niaque. 

Substantif Com vezem dels lunaticx et dels 
epilenticx. 

Elue, de las propr., fol. 117. 
Gomme nous voyons des lunatiques et des épi- 
leptiques. 
CAT. Lunatic. rsp. ponr. it. Lunatico. 



LUP 

6. Lus, LUNS, i, ni., Imuli. 

Pueis fe lo lds e '1 mars e '1 mercres eissamens. 

Pierre de Cokbiac : El nom de. 
Puis il fit le lundi et le mardi et le mercredi cya- 
Icraent. 

Los e dimartz, inali e ser. 

R. X'iDAL DE Bezaudun : Enai(iiel. 
Lundi et mardi , matin et soir. 

7. DiLus, DiLUNS, x.m., lundi. 

No y gnart dilds, ni dimartz, 
Ni setmana, ni mes, ni ans. 

Bertrand de Born : Ges de far. 
Je n'y regarde lundis, ni mardis , ni semaine, ni 
mois, ni ans. 

Voyez DiA. 

LUP, Lop, s. ru., lat. V.VVIIS, loup. 
Domna, en vos trobei tal guierdos, 
Coni fai al i.rp lo cabrol e l'agnel. 

P. MiLON : Pois que. 
Dame, en vous je trouvai tel profit , comme fait 
au loup le chevreuil et l'agneau. 
Fig. "Vers es que nostre pastor 

.Son tornat lop raul)ador. 

G. FiGLEiRAS ; No m laissarai. 
Il est vrai que nos pasteurs sout devenus loups 
ravisseurs. 
Loc. Entre ca e lop, a la lin del jorn. 

Cal. dels apost. de Roma , fol. i5q. 
Entre chien et loup, à la fin du jour. 

CAT. Llop. ESP. PORT. Lobo . IT. LupO. 

2. Loba, s.f., lat. lupa, louve. 

Las LOBAS noyrisson los cfans gitatz. 

F. et f^ert., fol. -/i. 
Les louves nourrissent les enfants expose's. 
Foron noyritz en aquel loc per una loba. 

L'Àrhrc de Bataillas, fol. Hj. 
Furent nourris en ce lieu par une louve. 
CAT. ESP. PORT. Loba. IT. Lupa. 

3. LoBAT, S. m., louveteau. 

Lop ha merce del LOBAT, et dévora l'anbel. 
Lop qnan noyrish lobatz. 

Elue, de las propr., fol. 18 et 25^. 
Loup a merci du louveteau, et dévore l'agneau. 
Loup quand il nourrit louveteau. 

4. LoBEiRA , S.f., louvitVe, lanière tl M 
loup. 



LUT 



107 



Ks plus teinsutz que laite ni lobkira. 
T. DE BoNNEFOY ET DE Blaca.s : Seini^n' En. 
Est plus craint que larron et louvicre. 
Va fort laenb de sa lobeira. 

Naturas d' alcunas beslias. 
\ a fort loin de sa louvière. 
ESP. Lobera. 

b. LoBERNA , S.f., peau de loup. 

La dotzena de lobkrnas, .11. d. 

Cartulaire de Montpellier, fol. I l3. 
La douzaine de peaux de loup, deux deniers. 

LURIA, LUIRIA, LOIRIA, S.f, lat. LU/RA, 

loutre. 

Omar las ranbas d' ermeni o de i.uria. 

Tit. du XIU" siècle. Doat, t. LI , loi. l'iS. 
Orner les robes d'hermine ou de loutre. 
La pessa de luiria, .i. mezalla. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 1 i3. 
La pièce de loutre, une maille. 
Una folradura de las meillors de loirias. 
Tit. de 1 193. DoAT , t. Cy, fol. 1 18. 
Une fourrure des meilleures de loutres. 
ESP. Lutria. port. it. Lontra. 

LUSTRA , s. f., du lat. ostrca, huître. 
La LUSTRA , la nuecb , si obre al ros , et en 
si lo recuelb, et d'el pren graysha et noyri- 
ment. 

Elue, de las propr. , fol. i36. 
l'huître, la nuit , s'ouvre à la rosoe, et en soi la 
recueille, et d'elle prend graisse et nourriture. 

LUTZ, I.LUTZ, s.f., lat. lux, lumière, 
clarté , lueur, luminaire. 
Voyez Lkibnitz, Coll. étym., p. 62. 
LuTz es pins gênerai qae lnui,quar tôt lum 
es LUTz , mas iota lutz no es lum. 

Elue, de las propr., fol. 120. 
Clarté est plus ge'ne'rale qw; lumière, car toute lu- 
mière est clarté, mais toute clarté n'est pas lumière. 
A pena vei la clara i.utz. 

FoL(^UET DE MARSEiia.E : Senlicr Dicus. 
A peine je vois la claire lumière. 

Kemanra l'antars seues draps e senz luz. 

Palais : Molm'enoia. 
L'autel restera sans nappes et sans luminaire. 
Fig. Selb qu'es lutz 

Del mon e vera vida. 

G. FiCLEIRAS : Sirvenles vucljj. 
Celui qui est lunrère du monde et vc'rilahlc vie. 
tbP. roui. Luz. it. l.ucc. 



io8 LUT 

Adv. comp. 

Per qu'ieu comens, quant auzel falh , 
Un vers, si 'I puesc gitar a i,utz. 
^^^ Bern.vrd de Venzenac : Iverns. 

C'est pourquoi, quand l'oiseau fait défaut, je 
commence un vers , si je le puis conduire àfm. 
S' intratz en plaich 
t)ou no sabetz a lutz issir. 

Maucabrus : D'aisso laus Dieu. 
Si vous entrez en plaid dont vous ne savez à fin 
sortir. 

Quan s' ave que non o tratz a lutz , 

Al menhs n' a pretz qui be s' es cabtengutz. 

CàDENET : S' ieu pogues. 
Quand il advient qu'il ne le tire ajin , au moins 
en a mérite qui bien s'est conduit. 

Ieu fora pro ricx e de bon azaut , 
Sol de s' aiuor pogues issir a llutz. 
Rambaud de Vaqueiras : D' araor no m. 
Je serais assez puissant et de lioa contentement , 
pourvu que je pusse sortir àjin de son amour. 

2. LuGOR, s.f., lueur, clarté , lumière, 
éclat. 

Cavalgau ab gran joia ab la clara lugor. 
Guillaume de Tudela. 
Chevauchent avec grande joie avec la claire /«- 
rniire. 
Fig. Done a sas obras lcgor 

Don sian miiudat li peccador. 

G. RiQUlER : Be m degra. 
Qu'il donne à ses œuvres éclat dont soient purifiés 
les pécheurs. 

— Vue, faculté de voir. 

Li rie inalvat 

Els an buelhs e non an lugor. 

Folquet de Romans : Tornatz es. 
Les riches mauvais... ils ont yeux et n'ont pas ajui'. 

AKC. FR. Si pert la cambre sa luor. 

Roman de Partonopeus de Blois, t. I , p. Sg. 

3. LUCIDITAT, S. f., lat. LUCIDlTAT<?m ^ 

lucidité , éclat. 

Am major difficultat pren suptilital, clar- 
tat , LncioiTAT, perspicuitat. 

Elue, de las propr., fol. 263. 

Avec plus grande diiliculte' il prend suLtililé , 
clarté , lucidité, transparence. 
iT. Lucidità, luciditate, hiciditade. 

4. LuGART, S. m., Lngart, nom de 
l'étoile du matin. 



LUT 

Es dig aquest plauetas 
Lugaut, quant es en orien , 
Vesper, quant es en occiden. 

Brev. d'atnor, fol. 32. 
Est dite cette planète Lugart, quand elle est eu 
orient, Vesper, quand elle est en occident. 

5. LUZER , LUSER , tUZlR , V., lût. LUCERC, 

luire, briller. 

Ara non vei luzir soleill. 

B. DE Ventadoiir : Ara non. 
Maintenant je ne vois pas luire le soleil. 

Un manuscrit porte luser au lieti 
de LuziR. 

Lo palais luzi tôt de la gran resplandor. 
f^. de S. Honora!. 
Le palais brille tout de la grande splendeur. 
Los nelbs li luzo cum candelas. 

Elue, de las propr., fol. 257. 
Les yeux lui brillent comme chandelles 

An fatz lo tench carzir, 
Ab que s fan la cara luzir. 
Le moine dé Montaudon : Autra vetz fuy. 
Ont fait renchérir la teinture, avec quoi elles se 
font luire la face. 

Fiff. Son pretz lutz e resplan . 

Gaubert , moine de Puictboï : Un joys. 
Son mérite luit et resplendit. 
Substantiv. Non pretz honor escondnda , 
Ni carboucles ses luzir. 
T. DE Blacas et de Ramuaiid : En Raymbaulz. 
Je ne prise gloire cachée ni escarboucle sans le 
luire (éclat). 

Proverbial. Non es aurs tôt cant que lutz. 

Amanieu des Escas : Dona per. 
JN'est pas or tout ce qui luit. 

Parc. prés. Dels cors lusens e luuiinos. 

L'Arbi-e de Bataillas, fol. 25o. 
Des corps brillants et lumineux. 

Estel.'i marina , 
De las aulras pus luzens. 

PlEliRE DE CoRBiAC : Doiia dois. 
Etoile marine, plus brillante que les autres. 
CAT. Lliiir. Esr. Lucir. port. Luzir. it. l.ucere. 

G. LuGANA, S.f., lumière, clarté, clair 
de lune. 

Per uueit escura , 
Al) leis ses luguana. 

B. Martin : Amor. 
l'ar nuit obscure , avec clic sans lumière. 



LUT 

Soveu soletz anar a la lugana. 

T. DE lîONNEFOY Eï DE BlACAS : St'ign' Kll. 

.S(,>uvent vous souloz aller au clair de lune. 
Fig. Es logana 

De salvatio, e clartatz 
De tota gen cbristiaua. 

FOLQLET DE LuNEL : El nom lie. 
Est litmicre de salut , et clarté de toute geiil 
cliiétienne. 

7. LUCKRNA , LUZERNA , S . f. , lat. LL- 

CERNA, lanterne, lampe, flambeau. 
Voyez Ihre , Diss. altéra, p. 23 1. 
Dejuns ses almorna... es ldcerna ses oli. 

2'rad. de Bede, fol. 52. 
Jeûne sans aumône... c'est lampe sans liuile. 
Fo trobada nna i,vzerna... que per ven tii 
per aigiia no s podia escautir. 

Cat. dels nposl. de Roma, loi. i!^2.. 
Fut (rouve'e une lampe... qui par vent ni par eau 
ne se pouvait e'ieindre. 
ESP. tT. Liicerna. 

8. Lucifer, s. m., lat. Lucifer, Lu- 
cifer, planète de Vénus. 
Lucifer es bénigne. 

Elue, de las propr., fol. i î5. 
L II c i/e r esl Lenin. 

Si cum es Lucifer en ce!. 

Trad. de Bède , fol. j8. 
Ainsi comme est Lucifor axx ciel. 

— Le prince des ténèbres , le chef des 
démons. 

Ben ressemblas a Lucifer, 
Las caras negras e '1 vis fer. 

f^. de S. Honorât. 
Tu ressembles bien à Lucifer, les joues noires et 
le visage faroucLe. 
ESP. Lucifero. n. Lucifero. 

i). Aluc, s. m., Iimiière, éclat, jour. 
Ilb qu' es genser, josta si m col , 
F. non tem bruida ni aluc... 
lea maintas vetz, a grand aluc, 
Ai vist qii' a penas te ni col. 

G. Pierre de Cazals : Kras pus vey. 
Elle qui est plus belle, près de soi m'accueille , et 
je ue crains bruit ni éclat. 

Maintes fois, au grand yow/'j j'iii vu qu'il pi'ine elle 

.,..,! ..I ..,,,. ,11,,.. 



LUT 



109 



10. Al.UCAR , ALHHCAR, AILLUCAR , V., 

allumer. 

Pueis fan alhucar fuoe tôt en torn. 

Auras denan te la roda d'austronomia ; tu 
ALuucARAs la candcla de la roda, et estengeras 
las autras Ibnmneiras. 

Li\.>re de Sydrac, fol. 3i et l38. 

Puis ils font allumer àw feu tout autour. 

Tu auras devant loi la roue d'astronomie ; tu allu- 
meras la cliandelle de la roue, et éteindras les autres 
luuiièn'S. 

Fig. Un non sirventes ailluc. 

Garin d'Apchier : Aissicum hom. 
y allume un nouveau sirvente. 
"Vers es que m' aflam e m' aluc. 

G. Pierre de Cazals : Eras pus. 
11 est vrai que je m'enflamme et m' allume . 
Part. pas. 

De vas Conlastinoble s' es lo rey regardatz, 
E vie SOS castels ars e près et alucatz. 
Roman de Fierabras , v. lii. 
Devers Conslantiuople s'est le roi' regardé , et il 
vit ses cliateaux brûlés et pris et allumés. 
Ij'na caadela alhccada. 

Lif. de Sjdrac, fol. i35. 
Une cliandelle allumée. 

ANC. FR. 

Nus ne doit alitchier mal arbre ne luale herbe. 
Luxure est ans pechiés que gloutonnie alnche. 
Et si le fait flamber plus cler que seiche bnehe. 
Test, de J. de Meung , v. 1392 et 1749. 

11. CoLLUCATiu , aclj . , du lat. collu- 
v.ere, collucatif, qui luit, qui brille 
do toutes parts. 

Solelh... ha virtul... conservaliva... , fecon- 
dativa , confbrtativa, augmeutaliva... , collu- 

CATIVA. 

Elue, de tas propr., fol. Il5. 
Le soleil... a vertu... conservatrice..., fécondante, 
confortative , augmenlalive. .. , collucatii'e. 

12. Deslugar, v. , éclipser, évanouir. 

Fig. L' antre segles se desluga. 

Bernard de Venzenac : Hueymais pus. 
L'autre siècle ^'évanouit. 
(\T. DesUidr. i.sp. Deshicir. 

i3. Em ciuARi , V. 1)1., éclaii cissiiniiil , 
e.\plicalinn. 



1 10 



LUT 



EmciDARi de las proprietatz de totas res 
naturals. 

Elue, de las propr., fol. i. 

Explication des propiiétés de toutes clioses natu- 
relles. 

i/|. EsLHUciADA, s.f., éclair. 

Dels grans tonedres e de las eslhuciadas qoe 
fasia. 

La resplandors pareis avans en terra qne lo 
tonedres sia ^ luas lo tonedres es abans que 

Ih' ESLHUCIADA. 

Lii>. de Sjdrac, fol. y et /jô. 
Des grands tonnerres et des éclairs qu'il faisait. 
La splendeur paraît, en terre avant que le tonnerre 
soit ; mais le tonnerre est avant que l'éclair. 

1.5. Eylhaus, s. m., éclair. 
Eylhauses e Irons. 

f. de s. Honorât. 
Eclairs et tonnerres. 

ï6. EsiiUGAR, ESLUCHAR, V., éclaircïr, 
Pel temps qu' es belhs e s' esi.uga. 

Bernard de Venzenac : Hueymais. 
Par le temps qui est beau et s'éclaircit. 
Quan la bruna aura s' eslocha. 

GlRAL'D DE BorNeil : Ouan la bruna. 
Quand le sombre temps s'éclaircit. 

17. Alugorar , V. , rendre brillant, 
brillanter, illuminer. 

Fig. Qnar sa benfatz ai.cgora 

Bel jorn, e clarzis nueg negra. 

B. DE VemtadouR : Amors enquera. 
Car sa beauté illumine beau jour , et rend claire 
nuit noire. 
Part. pas. Vestimens dauratz 

E clars e ben alcgoratz. 

Brev. d'ainor, fol. 3i. 
Vêtements dorés et éclatants et bien brillantes. 

18. Illustri, s. m., lat. illustri^^, il- 
lustre, titre de di|j;nité dti bas-empire. 

Per so que es de gran dîgnitat, si cum es 
iLLUsTRis, so es perfeltz o pretor. 

Tiad. du Code de Justinien , fol. 6. 

Parce qu'il est de grande dignité, comme est un 
illustre, c'est-à-dire un préfet ou un préteur. 
CAT. Illustre, ESP. Ihistre. tort. it. lUitstre. 

19. ReLUZER, RELUZIR , RELUIZIR , 2K , 

lat. RELUcERt', reluire, luire, brillei. 



LUT 

Qaan vel los cabeillz geutz e sors 
Que reluizo plus que fin ors. 

FoLQUET DE RoMANS : Donna ieu prcn. 
Quand je vois les cheveux jolis et blonds qui le- 
hiisent plus que pur or. 

Fig, E '1 rossinhols qu' el rain relutz. 

Pierre d'Auvergne : Lo fuellis. 
Kt le rossignol qui brille sur le rameau. 
Part. prés. Las aigas d' aquesta fon son tan 
claras et rei.dzens. 

F. et Fert., fol. 102. 
Les eaux de celte fontaine sont si claires et relui- 
santes. 

ANC. FR. E virent armes rehiisir. 
Escuz é belmes rehiisir. 

Roman de Rou , v. ml^i et 9091. 
CAT. Relhiir. iisp. Rehicir. pdrt. Rehizir. it. 
Riliicere. 

20. SOBRELUZER, SOBRELUZIR , ÎJ., SUr- 

luire, briller beaucoup. 
Part. prés. Peyra preciosa sobreeuskn. 

F. de S. Flors. Doat, t. CXXIll , fol. 261 . 
Pierre précieuse sur-luisante. 

21. Translutz , s. m., transparence, 
clarté , sérénité. 

En temps de transldtz semenar et culbir. 

Elue, de las propr., fol. 208. 
Au temps de sérénité semer et cueillir. 

22. Transluchura, S./., crcvassc , ou- 
verture. 

Vezian. per una transluchura, 
Graii dardai que tro al cel dura. 

F. de S. Honorât. 
Voyaient , par une crevasse, grande clarté qui 
jusqu'au ciel s'étend. 

23. Trasluzer, trasluzir, V., lat. trans- 
LUCERe, être transparent , diaphane. 

Al) color. .. que trasi.utz. 

Trad. du lajiidaire de Marbode. 
Avec couleur... ((ui est transparente. 
Part. prés. L' aires pren naluralraens 

Lumneira, qar es trasluzens. 
Bref, d'amer, fol. 38. 
L'air reçoit naturellement la lumière, car il est 
transparent. 

ANC. FR. Ou treliiisoit d'une couleur diverse 
Eu rayon d'or qui les feuilles traverse. 



M 

Et tire hors ton glaise treliiisant. 
Uu lÎELl-AY , Toi. 278 cl 280. 
r.xr.Trasllitir. Kur. Trasliicir. i-ort. Trashizir. 
II'. Tralucere. 

LUXURIA, s.f., lat. i.uxuria, luxure. 
Abra/.ar lo faec de i.uxcria. dedins el cor. 
r. et J'en.. M. 18. 

Embraser le Icmi de hixure dedans au cœur. 

LuxDRiA ve de glotonia e de pessar folaraen. 

Liv. de Sj'drac, fol. l3o. 
Lux-lire vient de gloutonnerie et de penser foUe- 
nienl. 

c:at. I.uxuria, Uuxuria. esp. Lujuria. i-ukt. 
Luxuria. it. Lussiiria. 

1. Llxvrios, adj. , lat, LuxuRios«.y, 
luxurieux, débauché. 
Hom i.uxtiRios qui soen jatz ab femna. 
Liv. de Sydrac , fol. 76. 
Homme luxurieux qui souvent gît avec femme. 
Fig. Oils 1.UXURÏOS , nies d' azulteri. 
LiTxuRiosA res es vis. 

Trad. de Bede, fol. 4 et /jf). 
Yeux luxurieux , pleins d'adultère. 
Luxurieuse chose est le vin. 
Substantiv. Siiuoniaix, encantador, 
LcxcRios et renovier 
Que vivou d'enoios mestier. 

MarcABRXTS : Pus nios coratgc. 
Simoniaques, enchanteurs, débauchés et usu- 
riers qui vivent de de'goùtant me'tier. 

CAT. Luxurios, Uuxurios. esp. Lujurioso. port. 
Luxurioso. ir. Lussurioso. 

3. LUXUEIAR, V., lat. LIJXURIARe, luXU- 

rier, se livr'er à la débauche. 



MAC 1 1 1 

Part. prés. Luxuriant ab vos en lors inanjars. 
Trad.' de la 2' Ep. de S. Pierre. 
Luxuriant avec vous dans leurs mangers. 
Part. pas. Can .seran luxuriaoas. 

Trad. de la i^' Epit. de S. Paul à Timolhée. 
Quand elles seront livrées à la débauche. 
ESP. Ltijuriar. it. Lussuriare. 

4. LuxuRiosAMENT, odi'., luxurieiisc- 
ment. 

LuxcRiosAMENT en lor jnventut. 

l\ad. de Bide, fol. 32. 
Luxurieuse/nent en leur jeunesse. 

CAT. Luxurio.mment. esp. Liijuriosamentc. 
ruRT. Luxiiriosainente . i r. Lussiiriosamcnte . 

LUZ, s. m., lat. lucîws , brochet. 
Il pescador si us preiron coin un i,U7,, 
Rajibaud de Vaqleira.s : Tuich me. 
Les pécheurs ainsi vous prirent comme un brochet ■ 
Budel de i.nz voill partan a lnr gaîsa. 
U.v TROOBADOi'U A.NONYJIE , Coblas esparsas. 
Boyau de brochet je veux, qu'ils partagent à leur 
gui.se. 

ANC. FR. Lus et saumons et venisons. 

Roman du Renart, t. IV, p. ^2. 
Ne qneroient i^aumons ne luz. 

Roman de la Rose, v. 8^25. 
CAT. Llus. esp. porï. it. Lucio. 

LYRA, LIRA , s.f., lat. lyra, lyre. 

LvRA... fo per Mercnri trobada. 

Elue, de las prnpr. , fol. 282. 
La lyre... fut trouve'e par Mercure. 
Las LiRA.s fay retentir. 
GlRAUD DE CalaNSON : Fadet joglar. 
Fais re'sonner les lyres. 

CAT. ESP. Lira. port. Lyra. it. lÀra. 



M 



M , .y. , treizième lettre et dixième cou- 
sonné de l'alphabet, m. 

La prima letira S amor, 

Apellon a , e nota plor, 

E las autras qui après van 

M , o, r, et en contan 

Ajustas las, e diran inor; 

Donc qui beu ama , plangen , mor. 

P. MiLO.N : En amor. 
La première kllre d'AMofR ils ap|ii'llenl A,<t elle 



de'nole pleur, et les autres qui vont après, m, o, R, 
et en comptant ajustez -les, et elles diront Mon; 
donc qui bien aime, en se plaignant , meurt. 

ASC. FR. La première est m qui senefie... 
Iceste tn est sa mère et s' amie. 
Le roi de Navarre, chanson lxii. 

M s'employait comme afixe, pournir.. 

MACAR, MACHAu, x\, meuitrii-, baltic 
frapper, blesser, alli-rer 



112 MAC 

Voyez MuRATORi , Diss. 33. 

Veirem escnlz et elins macar e fendre. 

AiCARTS DEL FossAT : Entre dos. ^ 
IVous verrons frapper et fendre e'cus et heaumes. 
Si m carga lo col, e m maca. 

Rambatjdd'Obange : Arvey. 
Ainsi me charge le cou , et me meurtrit. 
Engendra thos, et maca lasdens. 

Elue, de las propr., fol. i5o. 
Engendre toux, et altère les dents. 
Fig. Quar fols hom a greu sen ab se, 
Tro sa fondatz \o maca e'I castia. 

Elias de Barjols : Amors que vos. 
Car fol homme a pénible sens avec soi , jusqu'à ce 
que sa folie \e frappe et le ciiâtie. 
Tant fon feritz e macatz. 
E 'Is uels tan panes can us deniers, 
Lagainos et esgrapelatz , 
E tôt entorn blans e macuatz. 

Roman de Jaufre, fol. 32 et 59. 
Tant il fut frappé elrneurtri. 

Et les yeux aussi petits qu'un denier, cliassicux 
et éraillés , et tout à l'entour livides et battus. 
Don senti mas costas macadas. 

Lejs d'amers, fol. Bq. 
Dont je sens mes côtes meurtries. 
CAT. Macar. Esr. Mackar, tnachaear. tort. 
Macar. it. Macchiare . 

2. Macament, machame^t, s. m., meur- 
trissure, altération. 

Val contra machament per cazuta. 

Dens prendo macamest per humor negra. 

Elue, de las propr. , fol. 207 et '^'i. 
Vaut contre Tneurtrissure par chute. 
Les dents prennent altération par humeur noire. 

On trouve dans l'ancien français le 
substantif machéiirc. 

Il n'y eut point de sang répandu, mais seu- 
lement machéiire . 
Lett. de rém.de l472- Carpentier, t. II, col. moi. 

MACHINAR, 1;., lat. machinar/, ma- 
chiner, tramer. 

Part. pas. Si en autra maniera fag sera , o en 
frau , alcuna causa e machinât. 

Statuts de Montpellier, du xni^ siècle. 
Si en autre manière , ou en fraude, il sera fait et 
jnachiné aucune chose. 



MAC 

El avia machinada la mort del papa. 

Cat. dels apost. de Ptoma, fol. 217. 
Il avait machiné la mort du pape. 
CAT. ESP. poKT. Maquinar. it. Macchinare. 

?. Machinatio, machinacion, s.f., la t. 
machination^/w, machination, trame. 
Aleunas machinatios. 

Cat. dels apost. de Roma, M. i85. 
Aucunes machinations. 
Frau , o machinacion. 

Statuts de Montpellier, de I23i. 
Fraude , ou machination 
CAT. Maqtiinacio. E.<ip Maquinacion. poriT. 
Maqidnacao. it. Macchinazione . 

MACIS,,v. m., lat. macis, macis, écorci 
intérieure de la noix muscade. 
Ab polvera d'eces, de macis et ab mel... Al, 
eces et macis. 

Elue, de las propr., fol. 85. 
.\vec poudre d'encens , de macis et avec miel... 
Avec encens et macis. 
IT. Macis. 

MACROLOGIA, s./., redondance. 

Macrologia longiloquium, res non necessa- 
rias comprebendens ut : Legati, non impetrata 
pace, rétro nnde vénérant doraum reversi sunt. 
IsiDOR., Orig., I, 33. 

Macrologia pauza paranlas que no son ne- 
cessarias, enpero del tôt no son vueias ni de 
sobrefluifat. 

Leys d'amors, fol. 132. 

La redondance emploie des paroles qui ne sont 
pas nécessaires , cependant elles ne sont pas enlière- 
raenl vides et de superQuité. 

MACULA, x.y., lat. macula, macule, 
tache. 
Parfeit e senza macula. 

Doctrine des fraudais. 
Parfait et sans tache. 

ANC. FR. L'une de jaspe rouge tainct plaisam- 
ment de diverses macules. 

Rabelais , Uv. V, cl>. 38. 
Reste de la macule originelle. 

Camus nu Bellay, Diversités, t. II , fol. 16'. 
CAT. ESP. PORT. Macula. IT. Macula, macola. 

?.. MACULAR,-y., lat. macui.ar^, macu- 
ler, souiller, polluer. 






MAG 

Gardar vostras nians que non sian tacadas 

ni MACULADAS. 

Hist. abr. de la Bible. 
Garder vos mains qu'elles ne soieiil taclié.s ni 
souillées. 

Ostia no maculada. 

Ci(t. dels apost. de Romii, fol. 5"]. 
Hostie non maculée. 
cAT. ESP. PORT. Maculai'. iT. Maculare^^inaco- 
lare. 

MADAISA., ^.yr, écheveau, tresse. 
Una vieîlia saisa 

Qne non a 

Ma '1 ciier e '1 sos, c daval la madatsa. 
Ogiers ; Era qiian. 
Une vieille grise 'qui n'a... excepté la peau et la 
voix, et tourne l'ec/ieceni/. 

c.\T.Madexa. esp. Madcja. tort. MadeLxn. 

'X. Maydechos, s. ni., écheveau. 

Non ause tenher ni far lenhei- troquas ni 

MAYDECHOS. 

Tu. de i3fio. DoAT, t. LXVII, fol. 372. 
Qu'il n'ose teindre ni faire teindre trocliets ni 
échei'eaux. 

MADRE, s. m. , mors. 

Lo rey de Fransa se ténia al madre del fie 
de la cavalcadura del papa. 

Cai-ja Mafral., p. 7. 
Le roi de France se tenait au moi-i de la liride de 
la mouture du pape. 

MAGji'. /, lat. Tsi.Kctra, maie, pétrin. 
Saumada de magz , que son pastieiras, dona 

.1. MAG. 

Carlnlaire de Montpellierj fol. lo". 
Charge de maies j qui sont des pe'trins, donne une 
maie. 

MAGANHAU , MAGAGNAK , MAGAYNAT, , 

V., blesser, condamner, infecter. 
Voyez MuRATORi , Diss. 33. 
Part. pas. El donzelz es razag envers ; 
Magaynatz es tan malainent 
Que malavejet longament. 
Cassa la feda maganhada, 
Qne non enferme ta inavnada. 

V. de S. Honorât. 
Le damoiscl est tomhe' à la renverse ; il est si 
cruellement blessé qu'il en fut malade pendant long- 
temps. 

CLassc la brehis infectée, de peur qu'elle ne rende 
malade Ion troupeau. 
III. 



MAG 



i3 



ANC. FR. Cil en ocit inull e méliaigne. 

Roman de Rnu , v. i382i. 
F.t je le cnidai mehaingnter; 
Si l'ai ocis , ce poise mi. 

Fabl. et cont. anc, t. IV, p. ;'j6'2. 
Tellement qu'ils tuèrent et mehaignerent la 
pUispai t desdits archiers. 

MONSTRELIT, t. III, fol. Il5. 

J'ajouterai l'exemple suivant avec la 
note de l'auteur : 

La navire poussée, 
Ayant la proue e la poupe froissée , 
AUohmehaigne, ainsi que le serpent 
Qui sur le ventre à peine va rampant. 
Mehaigne... nos critiques se moqueront de 
ce vieil mot François, mais il les faut laisser 
caqueter; an contraire, je suis d'opinion que 
nous devons retenir les vieux mots, vocaLles 
significatifs, jusques à tant qne l'usage en 
aura forgé d'autres nouveaux en leur place. 
Ronsard , la Franciade, 1. 1, p. 633. 
iT. Magagnare . 

MAGIC, adj., lat. magicm.s-, magique, de 
magie. 

Nigromancia e tota magica scieucia. 
En artz magicas ociipada. 

Elue, de las propr., fol. 12 et 182. 
Nécromancie et toute science tnagique. 
Occupée aux arts magiques. 
CAT. Magic. ESP. PORT. iT. Magico. 

MAGN, MANH, adj., lat. mxgviis, grand. 
Voyez Denina, t. III, p. 196. 
Talor magna , 
En que s bagna. 
AuGlER DE S. DoNAT : Ses alegratgc. 
La valeur grande, en quoi elle se délecte. 
Menor joy ni pus maîîh 
No vuelb c'ab lieys m'en lemanh. 

R. Vidai, nr Bkzai'di'n : En aquel. 
Moindre joie ni plus grande je ne veu.x pas qu'avec 
elle il m'en reste. 

ANC. i-R. .Si ji a dist : Rois magnes, (|ne fais-tu ? 
MoNiN, Dissert sur le Roman de Roncevaux , 

p. 5o. 
ESP. \T. Magno. 

?.. Ma.TER , MAGER , MAIER , MAJOR , MAIOR , 

MAIRE, adj. compar., lat. major, plus 

grand. 

Vovez la Cm di m (tire rninanr, p. \l\[). 



ll/i 



AIAG 



Car MAIER9 es sa merces 
Qu' el mieus grans peccatz non es. 
Cadenet : Ben volgra. 
Car sa merci est plus grande ([ue n'est grand Ii; 
mien péclie'. 

Qae SOS poclers mangers sia. 

Brei^. d'amor, fol. 16. 
(lue son pouvoir soit plus grand. 
Aquist es majers el regn del cel. 

Tnid. du N.-Test., S. Matth., ch. 18. 
Celui-ci est plus grand au royaume du ciel. 
Quai vos par que sion maior , 
O li ben o 11 mal d' amor. 
T. d'Alb. Marquis et de Gaijcelm : En Gaucelms. 
Quels vous paraît que soient plus grands , ou les 
Liens ou les maux d'amour. 

Sol que '1 plagues qu' ieu la servis, 
No volgra guazardos maiors. 

Arnaud de Marueil : BelU m'es lo. 
Seulement qu'il lui plût que je la servisse, je ne 
voudrais rc'compenses plus grandes. 

— Majeur, plus considérable, principal. 

Que corn' ades lo corn major. 

Roman de JaufrCj fol. 97. 
Qu'il sonne actuellement le cor principal. 
A joc MAIOR jogatz. 

Arnaud de Marsan : Qui comte. 
A jeu plus considérable jouez. 
Loroosin, que d' els es maire. 

lioman de Gérard de Rossillon, fol. Sg. 
Leur cousin , qui est plus considérable qu'eux. 

Avec l'article ou un pronom posses- 
sif, il devient superlatif : 

Car de las grans foudatz que son , 
Es ben la majors, qui s'eulen 
Segre son dan ad escien. 

G. Faidit : S'om pogues. 
Car des grandes folies qui existent , c'est bien lu 
plus grandej qui s'attache à suivre son dommage 
sciemment. 

Mos MAJERS pessamens.. . 
Es tôt per far vostre plazer. 

Arnaud de Marleii- : Uoua sel quo. 
Ma plus grande pense'e... est toute pour faire vm- 
tre plaisir. 

A toi bon veiaire , 

Es dels bons pre(z lo maire. 

G. Faidit : L'onrat jauzens. 
A tout lion avis, c'est des bons mérites le plus grand. 

— Sithsi. Maire, chef. 



MAG 

Fet sagrament al major et als co.isols. 

Titre de Périgueuxj de i386. 
Fit serment au maire et aux consuls. 
Lo fez MAJOR de son palays. 

P''. de S. Honorât. 
Lo fît maire de son palais. 

Totz los mais qne las gens fau, raconto aîe- 
granien a lor major en efern. 

Lii>. de Sydrac, fol. 97. 

Tous les maux que les gens font, ils les racontent 
joyeusement à leur chef en enfer. 

Aquel que si part de la batalha contra lo 
raandamen de son senhor o de so major. 
L'Arbre de Bataillas, loi. 95. 

Celui qui se se'pare de la bataille contre le com- 
mandement de son seigneur ou de son chej'. 

— Siibst. pi. Aïeux , ancêtres, grands. 
Ora non ausa dels maiors 
Aissi dir verais desonors , 
Com fai mensongieras lauzors. 

Pons Barba : Sirventes. 
On n'ose des grands ainsi dire véritables déshon- 
neurs , comme on fait mensongères louanges. 

So que pot csser proat 

Per escritz de nostres majors, 

De felosophes o doctors. 

Un troubadour anonyme : Won aurai. 
Ce qui peut être prouvé par les écrits de nos an- 
cétres, des philosophes ou docteurs. 
ANC. FR. Se nos fuson major ou per. 

Pioman du Kenart, t. I , p. 121. 
Mena Panurge an temple major. 

Rabelais , liv. V,ch. xliv. 
Plus grant chose vos puis ue maire 
Offrir, promettre ne douer. 
B. DE Sainte-Maure, Chr. deNorm.j fol. 65. 
Le prevost doit dire an majeur : Maires, je 
vous dy par la loi , etc. 

Charte de l^'alenciennes, llli^, p. (\o^. 
F-n cela peuvent-ils bien encore aujourd'hui 
ensuivre leurs majeurs, et se rendre semblables 
à eulx. 

Amvot, Trad. de Plutan/iie , Morales, t. III, 

p. i65. 
C'est un ancien dire nos majeurs. 

ÎViCOLAS Hapin. 
Mez poiz ke li pères fu niorz, 
Lohier, li maire, li plus forz, 
Veut à sis frères tôt tollr. 

Roman de Rou, v. 3oi. 
CAT. Major, esp. Maror. pop.t. Maior. jt. 
Maggiore. 



MAG 

'^. Majordome, maiordome, s, ni., ma- 
jordome. 
Ne fes son majordome. 

^br.de r.J. cl du y. -T., fol. 7- 
Kn fil son majordoine. 
Ea aj'ssi que te fay ma.iordome. 

Leys d'amors, fol. ^H. 
Par ainsi qu'il le fait majordome. 
CAT. Majordom. Esr. Mayordomo. port, 
Maiordomo. it. Mai^giordoino. 

!t. SoTZ-MAYER, .î. oi . , .sous-uiaiie. 
Nos, soTz-MAYER et juiatz. 

Ord. des R. de Fr., 1462, t. XV, p. 475. 
IN'ous , sous-maire et jures. 

5. MaJORMENT , MAGERMENT , 5IA10R- 

MENT, adv. compar., principalement, 
pliKS grandement. 
De valer den esser luais vùluntos , 
E de tôt so que fassa 'Is pros grazir, 
E MAioRMENT de dar. 

B. CaLVO : AL gran dreg. 
11 doit être plus désireux de valoir, et de tout ce 
qui fasse honorer les preux , ni princi]Hilcmenl au 
donner. 

Quant boni , per si honrar, 
Da '1 sien , e u' es desoniatz, 
No s pot M.\IORMENT desfaf. 

B. Calvo : (^ui lia talen. 
()uand un Lomme , pour s'honorer, donne le sien, 
et en est déshonoré, il ne peut plus grandement se 
perdre. 

r.KT.Majorincnt. e.sp. Majormente . voRT.Maior- 
mente. it. Maggiormente. 

G. ÎMajoral , MAioRAL, S. 111., supéiicui', 
principal. 

Fort onrava sos majorais , 
Accordans fo ab sos égals. 

Brev. d'amorj fol. 92. 
Honorait fort ses supérieurs , fut facile avec ses 
égaux. 

.Sirveates non es leiiils , 
S'oin no i ausa ciirlos mais 
Uels menors e del.s eomiinals, 
E majornieiit dels majora i.s. 

Pons Barba : Sirvtntts non. 
Un sirvcnle n'est pa* loyal , si on u'ose y din- les 
dclauls des petits et des moyens , cl principalement 
dos supérieurs. 

Los ..XII. pars et lotz los maiorals. 

Philumena. 



MAG 



ii5 



Les douze pairs et tous les principaux. 

A Carcassona ne fes pendre .xi. dels ma- 
lORALs de la vila. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 74. 

A Carcassonnc il en fit pendre onze de.s principaux 
de la ville. 
CAT. ^Jajoral. est. Majorai, port. Maioral. 

7. MajoreTjMaioret, orlj. compar. dim., 
plus grandelet. 

L'autre son un petit majoret. 

DtuDtsDE Prades, yiiiz. cass. 
Les autres sont un peu plus grandelets. 

8. Majoritat, MAioRiTAT, S./., majo- 
l'ilé , supériorité. 

Eiigaltat, o majoritat. 

Leys d'amors, fol. 119. 
Egalité' , ou majorité. 
ESP. Majoridad. port. 3/aiondade. 

(j. Majoria , MAioRiA, s.Jl, supériorilé. 
Sobr' els majors a nna majoria. 

Ai.MERi DE PeguilaiN : Selh qui. 
Au-dessus des plus grands il y a une supériorité. 
Li majors an majoria, 

Brev. d'rimor, fol. ig. 
Les plus grands ont supériorité- 

— Mairie. 

Aver .virr. cossols, e ne ostar la majoria. 

Docum. de 14/5. faille de Bergerac. 
Avoir huit consuls, et en ôter la mairie. 

ESP. Mayorin. port, Maioria. it. Maggioria. 

10. Majoransa , MAiORANSA, i.y,, majo- 
rité, plus grande partie. 
Anrctz de] danipnatge ia majoransa. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 48. 
Vous aurez du dommage la plus grande partie. 
AKC. it. Che per losenno o maioranza,o possa. 

BaRUEUINI, Dbcum. d'amore,f. 54- 
IT. MOU. Maggioranza. 

I I. MaJESTAT, MAIESTAT, S . f. , lat. MAJES- 

T.KTem, majesté. 

Qnan be se dreca , lo cel a pertusat, 
E vc lain/ tota la majestat. 

l'venie sur Bucce. 
()nand hion se dresse, le ciel a percé, et voit 
léiiis toute la majesté. 

Dignes de vczer Dieu en sa majestat. 

V. et rert., fol. 84. 
Di'jine de >oir Dieu dans sa majesté. 



ii6 



MAO 



Mas Dieus de majestat los puni manteiient. 
V. de S. Honorât. 
Mais le Dieu de majesté les punit aussilôl. 
Lac. Accnsatz de falsa moneda o de cn'iii de 

MAJESTAT. 

Trad. du Code de Juslinien, fol. 28. 
Accuse' de fausse monnaie ou de crime de lèse- 
mn j'este. 

CAT. Magestat. esp. Magestad. port. Mages- 
tade. iT. Magesta, magestate, magestade. 

12. MaJESTRAL , MAESTRAL, MAISTRAL, 

adj., lat. MAGISTRAL^-, excellent, su- 
périeur, suprême. 
Las doinuas qu' ealeudian los sieus maes- 

TRALs ditz de las soas cansos. 

l^. de Giraud de Borneil. 
Les dames qui entendaient les siens excellents 

mots des siennes chansons. 

Fig. Maistrals veiluz qui nosfai istar ab Ueu. 
Trad. de Bede, fol. 80. 
Suprême vertu qui nous fait être avec Dieu. 

ESP, Maestral, ir. Maestrevole. 

1 3. Maistralmen , aclc, habilement, 
ingénieusement, 

Li sien dechat, ben fjitz maistralmen, 
Mostron que iea non puesc dir lauzor pro. 

B. CiREONEL : S' ieu anc. 
Les siens ditiés, Lien faits habilement, monlreul 
que je ne puis dire assez de louange. 
ESP. Maestramente. it. Maestrevolineiite. 

14. Maestril , «^//'. , supérieur, excel- 
lent. ♦ 

Qui bon' art e Lelh' e maestrii, La 
Per far obra be fort e maestril. 

FoLQLET DE LiJNEL : Tant Ba'amors. 
Qui bon et bel et supérieur art a pour faire œuvre 
bien forte et supérieure. 

Si be s so '1 mot maestril , 
Leu seran d' entendr' a uuquec. 
I'. Raimond de Toulouse : Pos vezem. 
Si les mots sont moult excellents, ils seront liicilcs 
à entendre pour un cliacuu. 

I 5. MaJESTRILMEN , MAESTRILMEN , adl'., 

savamment, habilement. 

Aliessi m prcti com fai al joguador 
Qu' al couieusar jo^ua maestru.men. 

Ai.MERi DE l'tGl'jLAiN ; Alressi m pren. 



MAG 

Tout ainsi il me prend comme fait au joueurqui, 
au commencer, joue habilement. 

Des manuscrits portent majestril- 

MEN. 

10. Majestre, maiestre , mayestre , 

MAESTRE, MAISTRE, MESTRE , S. /«., lat. 

MAGiSTR«/« , maître, savant, expert 

dans un art. 

Fo apellalz maestre dels trob.ndors. 

f^. de Giraud de Borneil. 
Fui appelé maître des troubadours. 
K. apelec Filoména lo maestre de la estoria 
SCS mesorga. 

Philomena. 
Charles appela Philomena le maître de l'histoire 
sans mensonge. 

Si non a 1' amajestramen 
D'Amor, qu'es majestre liais. 

AiMERi de PEGUiLAiiN : D'aissodon. 
S'il n'a la leçon d'xVmour, qui est maître loyal. 
Fig. Es uioMz Gnillenis Malespiua , marques, 
Que fo miralbs e mayestre dels bes. 
AiMERi DE Peguilain : Era par])en. 
Est mort Guillaume Malespiue , marquis , qui fut 
miroir et maître des biens. 

— Celui qui enseigne quelque science, 
(juelque art. 

Neguna arz non es apresa ses maistre. 
Trad. deBede, fol. 80. 
Nul art n'est appris sans /naître. 

— L'artiste lui-même. 

Si quo '1 maiestre vai prendre 
Lo jaspi lai on l'a vist. 

Guillaume de Briars : Si quo'l. 
Ainsi comme le maître va prendre le jaspe là où il 
l'a vu. 

— Titre attaché à certaines dignités, à 
certains emplois. 

Aquel que es mestre de la milicia. 

Trad. du Code de Juslinien, fol. 97. 
Celui qui est maître de la milice. 

— Titre donné aux membres de cer- 
1 aines corporations. 

Al bon metge, majestre Frédéric. 

AiMERi de Peguilain : Eu aquelh temps. 
Au bon me'decin , maître Frédéric. 
— Jdj . Esser mayestre tutor. 

A1MER1 DE Peguilain : Li folh c '1 put 
Ktrc maître tuteur. 



M A G 

Aquest so MAYESTREs usDriers. 

r.et rert.. iol. 14. 
Ceux-ci sont maîtres usuriers. 
ANC. ¥R. Ce contt mestreW ace ki esciit a trové. 

Rornan de Rou, v. Iiy3. 
ASC. CAT. Maestre, maistre. cat. mod. Meslre. 
ANC. ESP. ifJesfre, meslro. e.sp. mod. Maestre, 
maestro, tort. Mcstre. iï. Maestro, 

— Mistral, vent qui souffle sur la Mé- 
tiilerranée. 

Los priuci})als aissi uoiunani 
En nostra lengua romana, 
l^evan, grec, c trasmontana , 
Maestke, ponent el'abeg, 
Mieg jorn , issalot. 

Biev. d'amorj fol. ^l- 
Les ]irincip,-inx ainsi nous nommons dans notre 
langue romane, levant, grec et tramontane, mistral, 
couchant et sud-ouest , midi , eyssiroc. 

ANC. FR. Le maistral... sifflera travers nos an- 
tennes. 

Rabelais , liv. lV,chap. xviu. 

CAT. Mestral. esp. Maestral. it. Maestrale. 

Ce veut, appelé 7«/.jfra/ par les Provençaux, 
est le inèiiie que le cercids, dont parlent les 
auteurs anciens. Auguste, lors de son séjour 
dans les Gaules, érigea un temple à cette 
étrange divinité; les Iiabitans de Narbonne et 
ceux de plusieurs endroits de la Provence le 
nomment encore le cers ; Aulngelle a dit que 
ce vent renversait les hommes et les chars; il 
produit encore aujourd'hui les mêmes effets. 
Voyage fait dans le Levant, Notes, p. 10 et 1 1. 

17. IMaJESTKA, MAYESTRA , M.VISTRA , 

xMAYSTRA, i. y^ , maîtresse, savante, 
experte dans un art. 
leu sny maystra d'aqueU'arl. 

Trad. d'un Evang. apucr. 
Je suis maîtresse de cet art. 

Fig. Ociozelat es mayestra de motz de mais. 
r.et f^erl., fol. 8(i. 
L'oisivelé est maîtresse àe beaucoup de maux. 

yidj. Corlesa fo et enseignada, aviucns e fort 
MA.ibTRA , e sanp Irobar. 

f^. de la dame Tiberge. 
Llle fut courtoise et enseignée , avenante et fort 
savante, et sut trouver. 

■ AT. Mestra. esp. Mucstra. vnwr. Mcstra. it. 
Macstra. 



MAG 



17 



18. MaJESTRIA , MAESTRIA , MAYESTRIA , 

S./., maîtrise, habileté, science, in- 
dustrie , capacittl'. 

Grans afans es lo conqnerers, 
Mas lo gardars es maestria. 

P. 1''alrk d'Uzès : Luecx es. 
(irande peine est le conquc'rir, mais le garder est 

science. 

r'aita per tal maestria , 

Ses totz mais, mas ab totz bes. 

P. Cardinal : Vera Vergena. 
Faite p.ir telle industrie, sans tous maux , mais 
avec tous Liens. 

Fig. Vos que avelz de preiar maestria, 

Voill que preietz. 
T. de h. de la Bachelerie eï de B. de S. Félix : 

Digatz. 
Vous qui avez la science de prier, je veux, que 
vous priiez. 

— Dignité, gravité, sévérité. 
Qnan vei vostra fresca color, 
Avinen ses majestuia. 

Cadeket : Ai son. 
()uand je vois votre fraîche couleur, avenante 
sans sévérité. 

ANC. FR. Renart qui tant sot de incstrie. 

Que uus ne puet , ce poise mi , 

Aujourd'hui venir à maistrie. 

Se il ne set de renardie. 
Roman du Renart , t. J, p. 5, et t. IV, p. 123. 
cat. ANC. est. Mestria. esp. mod. it. Maestria. 

If). !MaJESTRATGE , IIAESTRATGE , .y. TH., 

supériorité, hauteur. 

Piella ses majestratge. 

Blacasset : Be m play. 
Belle sans hauteur. 

Un manuscrit porte maestratc-e. 
ANC. ESP. Maestrage. 

20. Magistral, aclj., lat. magistral/v, 
magistral. 
Diflinicio magistral. 

Elue, de las propr., fol. i3. 
DeHnition magistrale. 

CAT. E^^. PORT, Magistral, it. Magistrale. 

?. I. MaGI-STRAT, A. /II., hit. VIAGISTRAT«.f, 

magistrat. 



ii8 



MAG 



Li preveyre e li magistrat. 

Trad. des Actes des apôtres, oli. /j. 
Les prêtres et les magistrats. 
cAT. Magistrat, esp. port. Magistrado. ix. 3It:- 
gistrato. 

1-}.. Magisteri, s. m., lat. MAGisTERiMm, 
maîtrise, magistrature. 
De fe, de savieza, de magisteri, de honor, 

de sciencia. 

Elue, de las propr., fol. t (2. 
De foi , de sagesse , de maîtrise, d'honneur, dc 
science. 

CAT. Magisteri. esp. port. Magisterio. it. Ma- 
gisterio, inagistero. 

23. MaJESTRAR , MAESTRAR , MAISTRAR , 
MAYSTRAK , MAESTREIAR , MAISTREIAR , 

MAYSTREiAR, MAESTRiAR, V., faire, ar- 
ranger avec art, façonner, travailler 
en maître, élaborer, maîtriser, domi- 
ner, exceller. 

Vas pretz non an cor clar, 
E maysireion las proezas. 

P. Vidal : ALril issic. 
Vers mérite ils n'ont pas le cœur pur, et dominent 
les prouesses. 

Part. pas. Ja non aiiran pro bolos... 
Ni seran ja pro lavadas... 
Ni lur cabeîh pro maestrat. 

Brei>. d'amor, fol. 129. 
Jamais elles n'auront assez de boutons... , ni ne 
seront jamais assez lavées... , ni leurs cheveux assez 
arrangés avec art. 

Un estribot farai que er mot maistratz 
De niotz uovels e d'art e de divinitat. 

P. Cardinal : Un estribot. 
Je ferai un estribot qui sera mo\i\x. façonné ûe 
mots nouveaux et d'art et de divinité. 
Fes cansos maestradas. 

V. de Giraud de Calanson. 
Fit chansons excellentes . 

Cobbs e baladas 

D' azailt MAISTREIADAS. 

G. fiiQUiER : El nom de. 
Stances et ballades parfaitement yliiies avec art. 
Adzaut e non trop maystrat 
Vostre vestir sian talbaf. 

J'. Vidal : Abril issic. 
Que convenablement et non Uo'p façonnés vos vê- 
Icnicnls soient taillss. 



MAG 

De pauca odor, si non es maestriaT . 

Elue, de las propr., fol. 199. 
De faible odeur, s'il n'est élaboré. 
ANC. FR. Si avoit haucié le pié destre; 
Desus la gorge li volt inelre, 
Qar miex l'en cuidoit rnestroier. 
Roman du Henart, t. 1 , p. igo. 
Nos ne vos sanrolt si gouverner et si maistrer 
coin ge que vo.stre sire sui. 

ViLLEHABDOUIN , p. 25. 

Comme le suppliant ne povoit maiVi/'/er le- 
dit cheval. 

Letl.derém. de iSgo. Carpentier, t. II, col. Iii6. 
ANC. ESP. Maestrar. esp. mod. Maestrear. it. 
Maestrare. 

i.l\. AmAJESTRAR , AMAYESTRAR , AMAES- 

TRAR , -v., disposer, dresser, élaborer, 

préparer. 

Cant hom amayestra la cansa , que non 
dea pezar, de gaisa que sia plus pezans. 

V. et Fert., fol. 17. 

Quand on dispose la chose , qui ne doit pas avoir 
le poids, de manière qu'elle soit plus pesante. 

Aqui esdeve sulpres , e pueis las gens lo 
trazo e I'amaestro per lo sen, e 'n fan gan re 
de medecinas. 

Liv. de SydraCj fol. 47- 

Là survient soufre , et puis les gens le retirent et 
V élaborent comme de raison, et en font beaucoup de 
médecines. 

Part. pas. Can soi armât n' el destrier... 
E quan es ben amajestrat. 
AiMERi dePegtjilain : Can qu'eu fezes. 

Quand je suis armé et sur le destrier... et quand 
il est bien dressé- 
ANC. CAT. ESP. Amaestrar. it. Ainmaestrare . 

■>.~i. Amajestr.amen, amaiestramen, s. m., 
enseignement, leçon, éducation. 
Si non a 1' amajestramen 
D' Anior, qn' es majestre liais. 

AiniERi DE PEGriLAiN : D' aisso don. 
S'il n'a la leçon d'Amour, qui est maître loyal. 
ANC. CAT. Amaestrament. esp. Ainaeslramiento. 
iT. Ainmaestramento. 

■xi). Enmaystrit, rtf//., habile. 

Sesl son enbiaystiut 
Que, d' un pane de valor, 
Cnian far cobcrlor 
A totz les falhimens. 

Nat de Mons : Al bon rey. 



MAG 

Ceiix.-ci sont hahiles qui, d'un peu de im-iili' 
pensent faire couverlure à toutes les fautes. 

27. Magnificknci.v, s./., la t. macnifi- 
cENTiA, magnificence. 

MAGNtFICENCIA , SO CS fiiV DoblcS fagZ HO- 

blas obras. 

F. et Fer t.. fol. 64- 
Mil gni licence j c'est faire de nobles faits et de no- 
bles œuvres. 

CAT. EST. roRT. 'Magnlflcencia. it. Magni/î- 
cenzUi. 

98. Magxific, adj., lat. mvgnificw.v , 
magnifique, 
Lo MAGNiFic et poyssant senhor. 

Rcg. des Etats deProv., l^Ol. 
Le magnifique et puissant seigneur. 
CAT. jSlagniJic. Esr. tort. it. Magnijico. 

29. Magnificar, V., lat. magnificarc^ . 
célébrer, glorifier, honorer, exalter. 
El sieu sau nom maonificar. 

Brev. d'amor, fol. 7g. 
Le sien saint nom glorifier. 
Quant lo Senbor magnifiqcet sa niiseri- 

cordia. 

Trad. du N.-Test., S. Luc, cli. i. 
Quand le Seigneur exulta sa raise'ricorde. 

— Développer, agrandir, gonfler. 

La major vena de las sieaas si dilata, laquai 
dilatada, tutas las aalras d' el procedenii si 

MAGNtFICO. 

Elue, de las propr., fol. 55 
La principale veine des siennes se dilate, laque'.ii' 
dilatée, toutes les autres procédant de lui se 
gonjlent. 

Part. pas. Aqufst fo magnificatz per JlieMi- 
Crist. 

Cat. dels apost. deRorna, fol. i53. 
Celui-ci [lit glorijîé par Jésus-Clirist. 

Si es tardada la sua inscizio enlro que sia 

MAGNIFICAT. 

2'rad. d'Alhiicasis, fol. 20. 
Si son incision est retarde'e jusqu'à ce rju'il -oit 
gonjlé. 

ANC. FR. Pour magnifier sa victoire , Hannil:al 
envoya en Cartage trois muis des anneaulx 
d'or qui avoient esté prias. 

Alain Chartieb , p. 429. 
I.oiiaut et magnifiant ^3i vertn. 

Amvot, Triid. de VUitnrque, Vie de Brut m. 



MAG 



1^9 



Sire Deus, tu es magnified. 

Ànc. trtid. des Lii'. des Rois, loi. 49. 
Esf. PORT. Magnifîcar . it. Magnificare. 

MAGNETA , s.f., lat. MAGNExem, ma- 
gnète, pierre magnétique. 
La peyra dita magneta. 
Magneta es pevra en color ferrcnca... de 
ferr es atracliva. 

Elue, de las propr., fol. 184 et 189. 
La pierre dite magnète. 

La magnète est une pierre de couleur de fer. .. de 
fer elle est attractive. 

ANC. FR. Magnète trovent Troglodite 
En Inde, e preciens est ditle; 
Fer ressemble, e si le trait 
Altressi cnra l'aimant fait. 
Mabb. , de Getn., art. 19, col. l656 (Roquelort , 
t. II , p. 109, col. 2). 

PORT. IT. Magnète. 

MAGRE, MAYGRE, (idj., lat. macrhw , 
maigre. 

Pot leu son auzel gras baissar, 
O, s' es trop magres, engraissar. 

Deudes de Prades , Âuz. cass. 
Peut facilement diminuer son oiseau gras , ou , 
s'il est trop maigre, l'engraisser. 
Maygres si ténia. 

F. de S. Honorât. 
Maigre se tenait. 

Siibst. No sent la nafra, si no atenh al magre. 
Elue, de las propr., fol. iSS. 
ISe sent pas la blessure, si elle n'atteint au maigre. 
ASC. FR. Li roncis est magres e\as, 

Magre sont andui de inesaise. 

Roman de Partonopeus, 1.1, p. 27. 

— Jcij., aride , sec. , 

Frnclifica plus en magra terra qa'en grasse. 

F. et Fert., fol. 76. 
Fructifie davantage en maigre terre qu'en grasse. 
l'ig. Ab son magre rbantar dolen. 

Pierre d'Alvergne : Cliantarai. 
Avec son maigre clianter dolent. 
CAT. Magre. k^p. port. it. Magro. 

'.. Magret, ndj. dim., maigrelet. 
Prendetz nna jove galina 
Non ges magreta. 

Deiiues de Pbades, j4uz. rass. 
V'ou'i prener. une jfune poule non point tnaigreU'Ile. 



1 20 MAG 

ANC. FR. Autant me plaist la grasselte , 
Comme me plaist la maigretie. 

RONSA-RD, t. II, p. i3o7. 
ESP. Magr'ito. it. 'Magretto. 

3. Magreza, maigrez.\, s. f., maigreur. 
De magreza inductiva. 

Elue, de las propr., foL 25. 
Productive de maigreur. 

Maigreza en chara es honors a raorf;ue. 

Trad. de Bide , fol. 62. 
Maigreur en visage est lionneur à moine. 
.«.NC. FR. iSe de pâleur ne de megrece. 

Roman de la Rose, v. 297. 
Et, qui plus est , par faulte d'avoir bledz , 
De toute p.irt sont pauvres assemblez, 
Crians , plorans par carrefours et rues : 
Mesgresse fait ainsi ses esconrues. 

Faitfeu , p. !\. 
L'envie aux bigles yeux , grasse de la maigresse 
De ses plus grans amis. 

Dd Bartas , p. 125. 
«AT. ANC. ESP PORT. Mogreza. tT. Magrezza 

l\. jMagrir , V., maigrir. 

Per ma doua maoris e sec. 

P. Raimond de TouLOi'.sE : Pos vezem. 
Pour ma dame je maigris et sèche. 

5. Magrezir , V., lat. ivi.^cRESciRe, mai- 
grir, amaigrir. 

Ben vei e sai e creî qu' es vers 

Qu' amors engraiss'e magrezis 

L' un ab trichar, 1' antr' ab dir vers. 

PiEEnE d'Auvergne : De josta 'Is. 
Je vois lien et sais et crois (|u'il est vrai qu'amour 
«•ngraisse et amaigrit l'un avec le tricher, l'autre 
avec le dire vrai. 

E m vey lot dia magkezîr. 

P. Raimond de Toulouse : Enquera. 
Et je me vois cliaque jour maigrir. 
Per qu' en magrezisc e sec. 

GlRAUD de Borneil : Er auzirrlz. 
C'est pourquoi j'en maigris et sèche. 
A.\c. CAT. Magrezir. anc. esp. 31agrescer. 

C). Amagrezir, })., amaigrir, maigrir. 
Qnar tan nos fan amagrezir 
Plangz , pessamens , badalhs, sospir. 
Brei>. d'amor, fol. 20. 
Car tant nous font maigrir plaintes , soucis , 
bâillements, soupirs. 



MAG 

N' AMAGRtzisc a sobrier. 

Amanieu des Escas : Dona pci . 
J'en maigris à l'excès. 

CAT. .'imngrir es p. Amagrecer. 

7. Emagrezir, V., amaigrir, maigrir. 
Besti.T, si no pren sou noyriment de sanc , 

si EMAGREZrsSH. 

Continuament emagrezish. 

Elue, de las propr., fol. 29 et 92. 
Une bête, si elle ne prcud sa nourriture de sang, 
s'amaigrit. 

Continuemenl maigrit. 

CAT. Enmagrir. esp. ror.T. Enmaqrecer. it. 
Tinmagrire . 

8. K.SMAGREZTR, V , amaigrir, maigrir. 
Deu mot doinpdar et esmagrezir sa carn. 

V. et Fert., fol. 95. 
Doit moult dompter et amaigrir sa chair. 
ANC. FR, Eininaigrissant son corps par fâulte 
de prendre suffisante nourriture. 
Amïot, li-ad. de Plutarque, Vie d'Antoine. 
IT. Smagr'trc. 

9. Macerar, mazerar, v., lat. macerar^, 
macérer, mater, tourmenter. 
Macerar e tener en caytivitat. 

Tit. de i352. DoAT, !. XLIV, fol. to. 
Tourmenter el tenir en captivité'. 
Part. pas. Charns sia macerada per absti- 
uentia. 

Trad. de Bede, fol. 53. 
Que la chair soit matée par abstinence. 

"Violas ab sucre mazeradas. 

Elue, de las propr., fol. 228. 
Violettes macérées asec sucre. 
CAT. E.sp. PORT. Macerar it. Macerare. 

10. Marcit, adj., lat. MARciDM.y, fltîtri , 
fané, é|)uisé. 

De berbas marcidas. 

De cauzas per freior morlas o marcidas vi- 
vilicativa. 

Elue, de las propr., fol. 126 et 24- 
D'Uerhes Jlé tries . 

Vivificalive de choses mortes ou flétries par 
frayeur. 

ANC. CAT. Marcit. it. Marcido. 

11. Marcesir, MARCEZIR, 7>., lat. mar- 
cEsrrRr, flétrir, faner, languir. 



MAI 

Ta yest luins que uo s' escanlis , 
Ta yest flors que no s marcezis. 

G. FoLQUET : Esclip trop. 
Tu es lumière qui ne s'e'leiiit pas , tu es fleur qui 
ne sej'ane pas. 

Tan tost marceziss coma la flor «lel camp. 

r.etTert., fol.3i. 
Se flétrit aussitôt comme la fleur du cliamp. 
Fig. Fai MARCEsiR r enjen de la pessa. 
Sofraita de vianda fai lo ventre marcezir. 

Trad. f/« Bède, loi. 53 et 54- 
Faitjletrir la faculté' de la pense'c. 
Privation de nourriture lait lanf^iiir \e ventre. 

12. Marckzible, adj., flétrissahle, alté- 
rable. 
Eretat non coronpabla e non orezada e non 

MARCEZIBLA. 

Trad. de la i '« Epître de S. Pierre. 
lîe'ritage non corruptible et non contamine et non 
flétrissahle. 

MAI, MAY, S. m.,\at. mmus, mai. 
Dona , la genser creatura 
Que anc formes el mon nalura .., 
Pus bêla que bels jorns de may. .. , 
Roza de may, pliiia li'abrien. 

Arnaud de Makleil : Dona genser. 
Dame, la plus belle créature qu'oncques formât 
au monde nature..., plus belle que beaux jours de 
mai..., rose de mai, pluie d'avril. 
Si cum abrils e mays 
Es d' autres temps plus guays. 

Arnal'd de Marueil : Rlout eran dous. 
Ainsi comme avril et mai est plus gai qu'autres 
temps. 

ANC. CAT. Mai. ESP. Majo. port. Hlaio, inayo. 
iT. Maggio. 

2. Mai, adj., de mai, qui appartient an 
mois de mai. 

Tro a kalenda maia. 
T. d'Ebles et de Gli d'Uisei, : En Gui. 
Jusqu'aux calendes de mat. 

3. Maia, 5. y., mai, arbre planté de- 
vant l'habitation , ou rameau attaché 
à la porte de quelqu'un, en signe d'hon- 
neur ou d'affection, le premier jour 
de mai. 

Ni planton albre, ni fasson ramadas per oc- 
casion de MAïAs. 



MAI loi 

Qne d' aissi enan negiis hom ni deguna 
femna no lassa maias en Monpeslier. 

Carlulaire de Montpellier, fol. i^.*). 

Ni ne plantent arbre, ni fassent ramées à l'occasion 
des mais. 

Que d'ici en avant nul lionime ni nulle femme 
ne fasse mais dans Montpellier. 

iMAILLA, .V. /., lat. MArai.A , maille, 
tache. 

Apel' om MAILLA sella tara 
Que a el peilz e '1 venire. 
.Auzel jove fai anzel ros 
Ab grossa mailla , ab biieills seuros. 
Deudes de Prades , ./iitz. cass. 
On appelle maille cette tache qu'il a à la poitrine 
et au ventre. 

Oiseau jeune fait oiseau roux avec giosse maille, 
avec 3'eux couleur de cendre. 

— Maladie de l'œil. 

L' anzel cant a mal en 1' ueil , 
Mailla o colp o escurdat. 

Del'des de Prades , ^uz. cass. 
L'oiseau quand il a mal à l'œil , maille ou coup 
ou obscurité. 

Passio de nelhs dita taca o malha. 

Elue, de las prupr., fol. 83. 
Maladie d'yeux dite tache ou maille. 
Polvera faitz , puis gitaJz ne 
Ins en 1' neill, ou la mailla s te. 

Deudes de Pkades , Ans. cass. 
Faites de la poudre, puis jetez-en au-dedansde 
l'œil , où la maille se tient. 
CAT. ESP. Malla. port. Malha. it. Maglia. 

i. Maillât, adj., maillé, tacheté. 
Bragoier maillât e ben trîaî. 

Deudes de Prades , j4iiz. cass. 
Brayer maillé et bien distinct. 

MAILLOL , MALUOLJ .V. rn. , lat. mal- 
Leohus, marcotte de vigne, crossette. 
En la cartayrada plantada, Ly eniron 

.MDCCCXVI. MALHOLS. 

Trad. du Traité de l'/trpentai^e, 2* part., Prél . 
Dans la quarlonnce plantée , y entrent dix-huit 
cent seize crossetles. 

— Jeune vigne. 

Am issermenf, e tôt aqno que del mai.iiol 
issira. 

Tit. du xiii" îit>f/<>. Doat , t. CXVI , fol. p",. 

Avec sarment, et tout ce qui dr la jeune ■vigne 
sortira. 

l(i 



12?, 



MAI 



S' afionfa aquesl cazals e aquest maim.ols... 

al) las carreiras comunals. 

Tit. de 1234. jdrch. du Roj.^ Toulouse, J. 322 
Se confronte ce casai et celle jeune aligne... avec 

les cliemins communaux. 

ANC. FR. En ung mailhol ou vigne nouvelle- 
ment plantée. 

Lett. de rem.de ll\5g. CaRPENTIER, t. III, col. 1 132. 

MAIRE, MAYRE,.y./., lat. ma?rew, mère. 
Maires de Dieu, verges emperairitz. 
R. Gaucelm : Ab grans tix'jals. 
Mère de Dieu , vierge impc'ialrice. 
Ai tal dol al départir 
Cuni a l'enfans, qui'l vol ostar 
De sa mair', et aillors portar. 

Guillaume de la Tour : Plus que las. 
J'ai telle affliction au de'parlir comme a l'enfant , 
qui veut le séparer de sa mère, et porter ailleurs. 
Fis. Fin' atnors es sa maires. 

RaimûNd de Tors de Marseille : Ar es dretz. 
Pure amour est sa mère. 
Gola es maire de non continensia. 

Trad. deBède, fol. 41 • 
Boucbe est mère de non continence. 
Loc. No r en fara servizi lo filh ma maire. 
Pio/nnn de Gérard de Rossillon, fol. 5. 
Ne lui en fera pas service le fils de ma jnère. 
E'I melhor rey que anc nasquet de maire. 

Bertrand de Born : Mon clian fenisc. 
Et le meilleur roi qui oncques naquit de mère. 

Cette dernière façon de parler se 
trouve dans l'Évangile ; Jésus-Christ 
dit à ses disciples : 

Amen dico vobis, non suvrexit inter natos 
MUMERUM major Joanne Baptisla. 

Trad. du N. Test. S. Matth. , cb. ii. 
ANC. FR. L'en ne trove raès vérité 
En nul home de mère né. 

B-oman du Renart, t. I , p. 8l. 
Nus homs qui soit de mère nés. 

Roman de la Rose, v. iG55l. 
N'onqnes nul/ homs de mère nés. 

Roman du châtelain de Coucy, v. 3324- 
Adjectlv. A la festa de lor mayre gleysa , so 
es assaher a la Sanct Jacmes. 

TU. de i2«3. DoAT , t. XCI, fol. 2i3. 
A la fête de leur mère e'glise , c'est à savoir à la 
Saint-Jacques. 

— Matrice. 

En la MAIRE delà femna a .vri. cambras. 



MAI 

A son remndar, si eversa la maire, c 1' efas 

vai fors. 

LU', de Sjdrac, fol. 26 et 65. 
En la matrice de la femrae il y a sept comparti- 
ments. 

A son remuer, la matrice se renverse , et l'enfint 
va liors. 

ANC. CAT. Maire, cat. mod. Mare. Esr. port. 
iT. Madré. 

— Lit d'un fleuve. 

Ichi contra '1 soda de Babilonia segnen la 
MAYRE del fluvi de Nil. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 189. 
Sortit contre le soudan de Babylone en suivant le 
lit du fleuve de Kil. • 

2. Mairastra, mayrastra, .y. y., marâ- 
tre , belle-mère. 

Accusem la pros Clariana , 
Nostra mayrastra. 

K' es intratz 
On es sa mayrastra marrida. 

f^. de S. Honorât. 
Accusons la vertueuse Clariane, notre marâtre. 
Il en est entre où est sa marâtre mécbanle. 
ANC. ESP. Madrastra. port. Madrasta. it. Ma- 
trigna. 

3. Mayrina , s.f., lat. marina, mar- 
raine. 

O ab pairis o ab mayrinas. 

F. et rert.j fol. 19. 
Ou avec parrains ou avec marraines. 
ANC CAT. Mairina. esp. Madrina. port. Ma- 
drinha. 

4. Matrona, i'. y. , lat. MATRONA, ma- 
trone, sage-femme. 

Matrona, levayriz d'enfant. 

Trad. d'un Ei'ang'. apocr. 
Matrone, accouclieusc d'enfant. 
CAT. ESP. port. it. Matrono. 

— Matrice. 

La femna, cant vol efantar, las junhturas 
Ihi alargo la una de l'autra, exceptât la ma- 
trona. 

Liv. de Sjdrac, fol. 26. 

La femme , quand elle veut enfanter, les jointures 
lui élargissent l'une de l'autre , excepté la matrice. 

5. COMAIRE, COMAYRE, CGMAIRA, S. f., 

commère. 



MAI 

Orne aiu sa comayre. 

r. et Fert., loi. 19 
riomme avec sa commère. 

Ben fai com comeira. 
Le tbolbadolr de Villarnal'd : Mal mou. 
Il fait Lien comme commère. 

Que 'l filha c' an de comatrk , 
l'"au lur uepta al luaridar. 

B.Cabbonkl : Tans ricx. 
Vu que la fille qu'ils ont de commère, ils font 
leur nièce au marier. 

CAT. Coinare, Esr. port. Comadre. it. Comare. 

6. Maternal, maïrenal, adj., mater- 
nel . 

Los bons paternals e mateknals. 

Carltitiiire de Montpellier, fol. 219- 
Les biens paternels et maternels. 

A totz autres beus payrenals e mayrenals. 
Tu. de iSgg. Ilist. de la mais, de ÏHrenne, Jistel, 

p. l35. 

A tous autres bieus paternels et maternels. 
CAT. ESP. poTiT. Maternai, it. Maternait'. 

7. Mayritz, s. f., lat. .AtAïRix, matrice. 
]\r\YRiTz, es membre de fenina especiai. 
Rat apta la mayritz a conceptio. 

Elue, de las propr., loi. Sg et 3o. 
Matrice, c'est membre spe'cial de femme. 
Rend la matrice apte à conception. 

• — Mère, en parlant des végétaux. 

Mezolh del aybre per alciis ditz mayritz. 

Elue, de las propr., fol. l85. 
La moelle de l'aibredile mère par aucuns. 
CAT. Natris. esp. port. Matriz. it. Matrice. 

8. Mairal, adj., principal, mère. 

Qae se caron totas las cavas mairals dels 
ditz ternienals. 

Tit. de 1398. DoAT, t. LIV, fol. 169. 

Que se nettoient toutes les caves mères desdils 
termaus.. 

Stibstantiv. Que las imairai.s antiques delsdig/ 
termenals se cnroîi. 

Tit. de 1398. Doat, t. LIV, fol. 169. 
Que les mères antiques desdits termaux se nettoient. 

MAIS, MAI, MAS, MA, adi'., lat. ma^hs, 
plus , davantaije. 
Voyez MuRATORi, Diss. 33, et Iiire, 
Ind. voc. mcsogoth., p 177. 



MAI 10.3 

£la dai'ia lui' en aitant com altre, e mais. 
Titre de 1 168. 
Elle leur er. donnerait autant comme autre, et plus. 
Plus l'esgait, MAIS la vey abelhir. 

B. de Ventadour : Quau la fuclba. 
Plus je la regarde , plus je la vois briller. 
Aquil que au mais d' aver 
Son pus cobe e pus savais. 

J. EsTEVE : Planlien ploran. 
Ceux qui ont davantage d'avoir sont plus con- 
voiteux et plus vilains. 

ANC. FR. Saiil euquist de riostre Seigneur s'il 
déust pursieure mais les Pbilistins. 
jdnc. trad. des Lit', des Rois, fol. ij. 
Je ne puis mais cest mal soufiir. 

Fahl. et cont. anc, t. IV, p. l54- 
Si que nulhs ne le poroit inciter à ce qu'il 
fût mais évesques. 

Chronique de Cambray , fol. ^46. 

= — Employé comme adverbe de com- 
paraison et suivi de que- 
Ame dezire 
Mais qu' ieu no fasparven. 

GVILLAL'.ME DE CaBESTAING : Lo dous. 

J'aime et désire plus que je ne fais semblant. 
Cnion que valha mais 
Hom messongiers que verais. 

P. Cardinal : Pus ma boca. 
Pensent que vaille plus liomme menteur que ve'- 
riilique. 
Adv. comp. Totz guerilz sera 

AdeS PER MA E MA. 

p. Cardinal : Sel que fes. 
Tout guéri sera désormais de plus en plus. 
len , mai que mai , 
Ma domna , ieu sai 
Que vos mi donatz joy e pretz. 

P. RoGiElis : Per far esbaudir. 
Moi , de plus en plus, ma dame , je sais que vous 
me donne! joie et mérite. 

Eu VOS am mais e plus. 

FoLQUET DE RoMANS : Domua ieu pren. 
Je vous aime davantage et plus. 
Sol que DE MAIS adenant no s'emprenda. 

B. ToRTis : Per cnsenbar. 
Seulement que déplus en avant il ne s'embarrasse 
pas. 

Lo solcilhs MATS de sotz la ve 
On mays r encontra lanh de se. 

Brev. d'amor, fol. 33. 
Le soleil plus dessous la voit oii plus il la ren- 
contre loin de soi. 



124 



MAI 



— Mais, désormais. 

La genser dona que s mir 
En tôt lo mou , ni anc fos , ni er mais. 
T. DE Thomas et de Bernado : Bernado. 
La plus belle dame qui se voie en tout le monde , 
et qui fut oncques et sera désormais. 
Loc. Dousa amiga, no 'n pnesc mays. 

P. ROGIERS ; Dousa amiga. 
Douce amie , je n'en puis mais. 
Qn' en puesc mai.s, s' Amors mi vol aiicire? 
FoLQuET DE MARSErLLE : Tant m'alicliis. 
Qu'en puis-je mais, si Amour me veut occire? 
AN<:. FR. Ains se laissent aller en des travaux 
et misères extrêmes, en chastiant leur corp^ 
qui n'en peaU mais. 
AmïOT, rra(/. (/ci'/K/ar9(/e,Morales,t.IV,p.2^3. 
Bian doz sire, qu'en puis je iné.';? 

Roman dit Renart, t. III , p. i54- 
Que si d'un frère mort la sanglante vengeance 
T'a mis le glaive an poiug , hé! qu'en peut 

mais la France ? 
Hé! qa'en peut mais le roy."* 

Dd Bartas, p. 423. 
Tos los temps que mays sia , 
E tos sels que vendran. 

Z-^. de S. Honorât. 
Tous les temps que plus soit (quelle qu'en soil la 
dure'e), et tous ceux qui viendront. 

Que mais ni meins no i tanhia. 

CadeNET : llueimai m'aurelz. 
Que plus ni moins n'y convienne. 
Aconpanhadas , cascnna am .m. cavalcans, 
qui mays, qui mens. 

Lett. de Preste Jean à Frédéric, fol. 19. 
Accompagnées , chacune avec mille cavaliers, qui 
plus, qui moins. 

Siibstant. El mais de quau vey mi desplatz. 
FoLQUET DE Romans : Tornatz es. 
Le plus de coml)ien je vois (quoi que ce .soil que 
je voie) me de'plaît. 
Loc. De tôt !o mon a '1 niielz e *1 mai. 

P. Vidal : Pois ubertz. 
De tout le monde il a le mieux et le plus. 

— ■ Pivp. Excepté, hormi.s. 
Per que tug amador 
Sou guay e caulador, 
Mas ien que plan e plor. 

B. DE Ventadour : Lo gens temps. 
C'est pourquoi tous les amoureux sont gais ol 
chanteurs, excepte moi qui ge'mis et pleure. 



MAI 

— Conj. Mais. 

Tôt joni suefri aital batalha , 
Mas la nneg trag peior trebalha. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Toutle jour je souffre tel combat, mais la nuit 
je traîne pire tourment. 

Una domna m det s'amor... 
Mas aras sai, per vertat , 
Que 'Ih a aair' amie privât. 

B. DE Ventado€r : Acossellatz mi. 
Une dame me donna son amour... jnais mainte- 
nant je sais , par vérité', qu'elle a autre ami prive'. 

— Que , si ce n'est. 

No faitz MAIS gabar e rire, 
Dona, quan ren vos deman. 

\ B. de Ventadour : Amors e que. 
Vous n5 faites que railler et rire , dame , quand je 
vous demande quelque chose. 

Al mea chan, neus ni glatz 
No m' ajnda , ni estatz , 
Ni res, mas Dieus et amors. 
Alphonse II , roi d'Aragon : Per mantas. 
Dans mon cbant , neige ni glace ne m'aide , ni 
été , ni rien , si ce n'est Dieu et amour. 
Aquesta vida non es mays mortz. 

V. et Vert., fol. 27. 
Celte vie n'est que morl. 

Que val viure ses amor, 
Mas per far enueg a la gen ? 

B. DE Ventadour : Non es meravelba. 
Que vaut vivre sans amour, si ce n'est pour faire 
ennui à la genl ? 

Dans ce sens , suivi de que ou de 
DE, il sert à former une conjonction 
composée. 

Bona domna, plus no us deman 
Mas que m prendatz per servidor. 
B. DE Ventadour : Won es. 
Bonne dame, je ne vous demande pas plus, ex- 
cepté que vous me preniez pour serviteur. 

Al res no y a mais del mûrir, 
.S'alqnn joy non ai en breamen. 

G. RuDEL : Pro ai del. 
Il n'y a pas autre chose si ce n'est du mourir, 
si quelque joie je n'ai dans peu. 

Res de be no y falh , mas quan merces. 

P. Raimond de Toulouse : Si cum seluy. 
Rien de bien n'y manque , si ce n'est q<ie merci. 



MAT 

Ni es belhs aculhimens 

Mas quan D'aqnels fju'elha fai. 

GiRAUD LE Roux : A la niia fe. 
Wi il n'esl bel accueil si ce n'est <jue de ceux (ju'cllc 
fait. 

ANC. FK. Il disoit que foy et créance estoit une 
chose où nous devions bien croire ferme- 
ment, encore n'en feussiens-nous certeins 
rnez que par oir dire. 

JoiNviLLE , p. 14. 
Ne vot autrement piignir wa/5 rjite il les esta 
de l'onor où il les avoii mis. 

Gestes de Louis le Déb. Rec. des Uist. de Fr. , 

t. VJ , p. l5o. 
Ainsi en reveuimes sanz riens perdre mes 
que ce que le mestre de saint La<lre v avoit 
perdu. 

JoiNVILLE , p. ly^. 

iT. Non avea pianio ma che di sospiri. 
Dante, /«/., IV. 

On a dit .mar pour mais , mas : 
Un sirventes, si pognes , volgra far 
Qne agrades e plagues a la gen , 
Mar no'l saî far. 

R. Gaucel.m ; Un sirventes. 
Un sirvente, si je pouvais , je voudrais faire ([ui 
convînt et plût à la genl, mais je n.e sais pas le faire. 
Car no develz .sofrir 
Eiitendedor mar un. 

Am\nied desEscas: Euaiiuel mes. 
Car vous ne devez souftrir lyii'un soupirant. 

— Combiné avec .ta. 

Ja no 'n parlarai mais. 

PlEKRE DE lÎLSSlGNAC : Sirventes. 
Je n'en |)arlerai jnindis. 
ANC. FR. Jà en ma vie 

Ne verrai mais si bêle chose. 

Fabl. etcont. anc. , t. II , p. 434- 
Jà n'aurés mais na si loial ami 
Ne jamès jour ne pourrez recouvrer. 
Le roi de Navarre , cljanson 3o. 
Voyez JA. 

— Combiné avec anc. 

Akc nulh temps mais aital ardor 
Non ac mos cors ni no senti. 

AmaNIEU des EsCAS : Dona per cui. 
Oncffues plus en nul temps tellcarduur n'eut mon 
rœur ni ne sentit. 

Non anzis arc mais parlar 
Qn'oin chant , quan plorar deuria. 

n. PT. Vr.MADiM n : En .iliril. 



MAI 12-; 

Je n'ouis oncques plus dire qu'on «liante , «juand 
1111 devrait pleurer. 

ANC. FR. Oncqiies mais rois, ne quens, ne dus 
N'oïrent de millor estoire. 

Fabl. cl cont. anc, t. IV, p. 80. 
Mais elle lui dit qne le galand estoit entré 
d'advanture léans et qn'owcy mais y avoit esté 
que celle fois. 

Les Quinze Jojes de Mariage, \<. 18.'). 
Quant li sires l'ad entendu, 
Unques mais si dolans ne fii. 

Marie de France, i. I , p. 90. 
Car atns mais ne pot nus garir. 

Roman del conte de Poitiers , v. ^^-'l- 

Voyez ANC. 

CAT. May. ANC. esp. Mais. tsr. mod. tort. 
Mas. iT. Ma. 

2. HuEiMAis, oiMAis, adi>., dcsormais. 
Voyez Hoi. 

MAISSELLA , maissela , m.wselha , 

MAICHEI.A , s./., lai. MAX1LLA, Ulà- 

choire , joue. 
Mais de dens, quan dol en la maissela. 
P. Vidai, : S' ieu fos en. 
Mal de dents , quand il fait mal eu la mâchoire. 
Dolor de dens e de maichelas. 

Cat. dels apost. deRoma, fol. 189. 
Douleur de dents et de mâchoires. 
Si '1 vnelh baizar la mayselua. 

IJeudes DE Pradi;s : Amors m'evida. 
Si je lui veux baiser \3j0ue. 
Qui te ferira a la maissela, dona li l'altia. 

Trad. du N.-Test. S. Luc, cb.6. 
Qui te frappera sur la Joue, donne-lui l'autre. 
Loc, Kassa m bon' escndeia , 
S' ieu dejns sui , 
E s' ien, sotz la maissella, 
Ren non l'estni. 

Richard de Tarascon : Cabesl. 
Qu'il me fasse bonne ecuelle , si je suis à jeiin , et 
.'ii , sous la mâchoire, je ne la cacbe bien. 
ANC KR. Quant canté ol la danioi.siclc , 
Sa main a mise à sa maisiele. 

Roman de la Violette, p. 21). 
Qui là veist les .xx. puccics 
Rompre lor crins et lor maiseles. 

Roman del conte de Poitiers, v. 4(i'. 
1 r. Mascella. 



126 MAL 

2. Mayssha, s. f. , mâchoire, joue. 

Matsshas o maadibulas so tlitas , quar mi- 
nistro a manjar. 

Elue, de las propr.j fol. 4'- 

Sont dites mnchoires ou mandibules , car elles 
servent à manger. 

3. Maxillar, adj. , lat. maxillarw, 
maxillaire. 

Ciim defeuda les nervis maxillabs del aire 
Iropfieg. 

Elue, de las propr.j fol. 4'- 

Comme elle défende les nerfs maxillaires de l'air 
trop froid. 

iT. Mascellare. 

MAJOFA , s. f., fraise. 

Ac talant de majofas , e Jhesu Crist las Ihi 
luinistret. 

Cat. Jels aposl. de Roma, fol. ll^i. 

Eut envie de fraises, et Je'sus-Clirist les lui 
fournit. 

MAJORANA, s.f., lat. majorana, mar- 
jolaine. 
Majorana es cauda et seca. 

Elue, de las propr., fol. 2i5. 
La marjolaine est chaude et sèche. 

Pien semensa de majorana. 

Collée, de recett. de médec. 
Prends semence de marjolaine. 

AKC. Esr. Majarona. esp. mod. Dlejorana. it. 
Maiorana, maggiorana. 

MAL, MAu , n((/,, lat. ma-lus , mal, mé- 
chant, pernicieux, mauvais. 
Cel que giirpis los mals vices d' aquest segle. 

Trad. de Bède, fol. 67. 
Celui <|ui ahandonnc les vices pernicieux de ce 
monde. 

Vos m' es mai.' e cozens. 
Gaubi.rt , MOINE dePuicibot : Uua grau. 
Vous m'êtes mauvaise et cuisante. 

• — • Intrépide. 

Ko seiia pros ni maus , 
E paren be al badalbar. 

Bertrand de Bop.n : Quan vey pels. 
Ne serait preux ni intrépide, et il parut hicn au 
bâiller. 

Substant. Qu'oin sia buinils als bos, 
Et als MALS, ergolhos. 

.\iiXAVD DE Mardicil : Razos es. 



MAL 

Qu'on soit indulgent envers les bons et envers les 
méchants , altier. 
Loc. Sai que mal lor es. 

R. Gaucelm de Beziees : A penas. 
Je sais que mauvais il leur est. 
ANC FR. Remède jnsques à présent n'ba esté 
trouvé coatre la inale famé. 

Rabelais, liv. IV, ch. 65. 
Et si estoient forgées de fer fort mal, de 
sorte qu'elles se courboient et plioient incon- 
tinent. 

Amyot , Trad. de Plutarque, Vie de Camille. 

Se nous descendions par où nous estions 

montés, nous ne le pourrions faire sanz grant 

péril , pour ce que la coste estoit trop maie , 

et les Sarrazins nous descendroient sur le cors. 

JoiNviLLE, p. 190. 

— En parlant du diable, de l'esprit ma- 
lin. 

Mal esperit que totz jorns guerreia las bo- 
nas creatnras. 

Liv. de Sydrac , fol. 72. 
Le malin esprit qui guerroie toujours les bonnes 
crc'atures. 

cÀT. ESP. BJal. PORT. ]\Iào. IT. Malo. 
Adverb. Mal er baillitz, 
So vos autrei. 

GlRAUD DE BORNEIL : A l' lionor Uieu . 
11 sera tnal mené , cela je vous promets. 
Gren veiretz chantador 
Ben cban , qnan mal li vai. 

B. DE VentadOUR : Pus mi preialz. 
Vous verrez difficilement que chanteur chante 
bien , quand /««/lui va. 

Qui MAL fai e mal dilz, e mal met e MALdona. 
Palais : Un sirventes. 
Qui mal fait et mal dit , et dépense mal et donne 
mal. 
cat. ESP. PORT. Mal. IT. 3tale. 

Aclv. comp. Qu'a mal a hoba 

Qui diable siec non la port. 
GavAldan LE Vieux : Patz passion. 
Vu qu'à la maie heure qui iliable suit ne la porte 
pas. 

a:n<:. fr. Einsi fu la paiz graantée 
Ki à maie hore l'a donee. 

Roman de Rou, y. 673. 

iT. Quiindo tu riella tua mal' ora venisti. 

BoccAccio, Decam., V, 10. 



MAL 

Souvent on sous-entendait le mot 
HORA , et alors mala était de même em- 
ployé comme adverbe. 

AI ! doass' amia, 
Mai.a us viron iney huelh. 

G. Adhemar : El temps d'cstiu. 
Ah .' douce amie , à maie {heure) vous virent mes 
yeux. 

Mala veyra sos efans. 

G. KiQiiEn : Qui m disses. 
j4 maie (heure) il verra ses eafaiits. 

2. SoBRKMAL , o(I/., tccs mal, très mau- 
vais, très méchant. 

Lo priinier rams es mais, lo segoa es peiors, 

lo teiS es SOBREMALS. 

F. et P'ert., fol. 7. 
Le premier rameau est mauvais , le second est 
pire, le troisième est très mauvais. 
Adv. SoBREMAL t' ami' enforuas 

En frebaill et en turmen. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Tu enfournes très mal Ion âme en peine et en 
tourment. 

3. Mal, mau, s. m., lat. mai.m/h, mal, 
douleur, souffrance. 

Prcgavan li mot fort 
Qu'en patz portes son mal. 

y, de S. Honorât. 
Le priaient moult fort qu'en paix il supportât 
sou mal. 

Graissans ni serps , qne s'amola. 
No m fai espaven ni MAr. 

Marcabrus : Pus la fuellla. 
Crapaud ni serpent, qui s'amoncelle, ne me fait 
peur ni mal. 

"Val a MAL d'aelh atressi. 

Brev. d'amor, fol. ^o. 
Vaut pour mal d'oeil aussi. 

Cura MAL de rey et ydropizia. 

Elue, de las propr. , fol. 21Q. 
Guérit mal de'roi et liydropisic. 

— Le contraire du bien. 

Non pnesc mal dir de lieys, quar no i es ges. 
B. DE Ventadolr : Be m'an perdut. 
Je ne puis dire mal d'elle, car il n'y est pas. 

— Défaut. 

Sirventes non es leials, 
S'om no i ausa dir los mai. s 



MAL 1 -x-j 

Dels menors e dels comunals, 
E niajorment dels majorais. 

Pons Bvrba : Sirventas non. 
Un sirveote n'est pas loyal , si on n'ose y dire les 
défauts des petits et des moyens , et principalement 
des principaux. 

CAT. ESP. roRT. Mal. iT. Mon. Maie, 
f.oc. Ira de mal en pelor. 

B. ZoRGi : Totz liom. 
Ira de mal en pis. 

iT. Andava dî giorno in giorno di maie in. 
peggio. 

E0CCACC10, Decam.j I, i. 

Per qu'iea vnel MAtalshuelhs ab que as remire. 

FCLQVET DE MARSEILLE : Tan m'aliellis. 
C'est pourquoi je veux mal aux yeux avec quoi je 
vous contemple. 

lea lor vnelh mal de mort, et ilh a me. 

G. Adhemar : Non pot esser. 
Je leur veux mal de mort, et eux à moi. 

Mal aia '1 jorns qu'amors mi fetz empfendre, 
Pons de la Garde : Sitôt non. 
ATal ail le jour qu'amour me fit éprendre. 

ANC. FR. 

Mal ait traistre roiz qui saînz bnsning ment. 
Roman Je Piou , v. .'j52(). 
Ane vos autres non demandetz venjansa 
De la niia mort, per so siaîz a mat. mes. 
R. Gaucelm : (^ui vol aver. 
Oncques vous autres ne demandâtes vengeance de 
la mienne mort, pour cela soyez, livrés à mal. 

Pot esser qu' ilb so tengua a mal. 

Arnaud deMarueil : AL pauc. 
Il peut être qu'elle tienne cela à mal. 
Prov. Qui MAL fai , mal pren. 

Pons de Capddeil : Ja non cr. 
Qui mal fait , mal prend. 

4. Malamkn, ach'. , méchamment, du- 
rement, pcrniciensement. 
Per delleg c'al cors cossentcs. 
Seras punitz bialamen. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Pour le plaisir que tu accordes au corps , tu seras 
puni durement. 

Malamen renhatz, 
Roma. 

G. FiGtJEiRAS : Sirvcntcs vuclli. 
Vous re'gnez méchamment, Rome. 

ANf. FR. E cil qui tel .sentence sivent 

("onirc Diex malnmenc estrivenl. 
Hnmnn Jf ht Rose, v. 17/194. 



1^8 



MAL 



Qu'il a ouvré moult malement. 
Parlhonopex de Blois, Not. «les Mss., t. IX, p. 44- 
Pour aller en pays estrange 
Souz l'espoir de quelque louange 
Malement travailler mes jours. 

Olivier deMagnv, p. 112. 
CAT. Malament. esp. it. Malamente. 

5. Maligne, adj., lat. malignw^, malin, 
malicieux, pervers, perfide, mal- 
faisant. 

No tem trnan maligne. 

R. Vidal de Bezaddun : Entr'el taur. 
Je ne crains pas fripon malin. 
Hun MALIGNE home que era de son conselh. 

Jbr. de l'A. et du N.-T., fol. 34. 
Un malicieux homme qui était de son conseil. 
Âqaelas so malignas, las qaals no obeseysso 
a oaracio. 

Trad. d'Albitcasis, fol. 25. 
Celles-là sont malignes, lesquelles n'oLe'issent pas 
à cure. 

Non i a tan malignes que no sia doptos. 

Guillaume de Tudela. 
Il n'y a si malicieux qui ne soit craintif. 
Signe 
"Verenos, freg e maligne. 

Bi-ec. d'amor, fol. 3o. 
Signe vénéneux , froid et malfaisant. 

— En parlant dn diable, des démons, 
on a dit : 

El fnoe del malign' esperit. 

Marcabrus : Assatz m'es. 
Au feu du malin esprit. 
An poderde comandar als malignes esperilz. 

Lii>. de Sj-drac, fol. 9. 
Ont pouvoir de commander aux malins esprits. 

— S uhstantù' . et ahsolum. Le malin es- 
prit, le diable. 

Lo MALIGNES no lo toca. 

Trad. de la l''"^ E pitre de S, Jean. 
Le malin esprit ne le touche pas. 
CAT. ESP. POP.T. IT. Mallgno. 

G, Malignamen, adv., malignement. 

Malignamen, 
Ab semblansa d'ajudamen. 
Ueides de Phades , Poème sur les Vertus. 
Malignement, avec apparence d'assistance. j 



MAL 

7. Malignitat, s./"., lat. malignitat^"//?, 
malignité, malice. 

Que non teina far malignitat. 

V. et Fert., fol. 16. 
(^^u'il ne craigne pas de faire malignité. 
Segon lor qualilat , ha lor vere malignitat. 

Elue, de las propr., fol. 23b'. 
Selon leur qualité, leur venin a malignité. 
CAT. Malignitat. esp. Malignidad. port. Ma- 
lignidade. it. Maîignità, malignitate, ma- 
lignitade. 

8. Malicia, s. f., lat. malitia, malice, 
malignité. 

En lurs peccatz et en Inrs malicias. 

V. et Vert., fol. 63. 
En leurs péeliés et en leurs malices. 

CAT. ESP. PORT. Malicia. it. Maltzia. 

9. Malissa , s.f., malice, malignité. 

Per obviar a la malissa d'aucuns marchans. 

Statuts de Provence. Julien , t. I , p. 588. 
Pour obvier à la malice d'aucuns marchands. 

10. Maleza, .y./., méchanceté, rudesse, 
rigueur. 

Platz me a rie boni franqneza 
E, vas sou cnemic, maleza. 
Le moine de Montaudon : Moût me platz. 
Me plaît franchise en homme puissant et , envers 
son ennemi , rigueur. 

De MALEZA non a par. 

Bertrand de Born : Montrai plai. 
En méchanceté n'a pareil. 

— Maladie, souffrance. 

Conoc MALEZA , qu' cntuyscgada fon. 
V. de S. Honorai. 
Connut la maladie, vu qu'elle fut empoisonnée. 
CAT. Malesa. esp, Blaleza. port. Malesa. 

11. Maucios, adj., lat. malitiosm.?, ma- 
licieux, malin, fourbe. 

Encaras son li traidor 
Diable , inalvatz , peccador, 
Malicios e desleal. 

Brei>. d'amor, fol. a^. 
Encore sont les traîtres diahles , méchants , pé- 
cheurs , malicieux et déloyaux. 
Fig. Neys de paraula ociosa 
E qne no fos maliciosa. 

Coniricio e penas Ifernals- 
Même Je parole oiseuse et qui ne fut pas malicieuse. 



MAL 

Substantiv, Si es ajustatz .i. Los 

Amb an antre mamcios. 

Bref. d'nmoVj fol. 32. 
Si un l)on est ajusté .ivec un autre malicieux. 
CA.T. Malicios. esp. port. Malicioso. it. jVafi- 
zioso. 

12. Malicios.^men, adi\ , malicioiiSL'- 
iiient, malignement. 
Non jura maliciosamen ni am blasphéma 

r. et rcrt.. fol. 2 
ÎNe jure malicieusement ni avec blaspliéine. 
CAT. Maliciosament. esp. port. Ma/ici osainenre. 
IT. Maliziosainenie. 

i3. Mal.ugna , MALAiNHA , S. f. , ma- 
lignité, malice, humeur maligne. 
Fig^. Ben volgra M rei.s fû.s devis... 
E conognes la malaigna 
De que clocha Lemozi.s. 

Bertrand de Corn : Bc m platz quar. 
Je voudrais l)ien que le roi fût devin... et connût 
Vhumeur maligne de quoi cloche le Limousin. 

14. Enmaligîî.4R , V., irriter, envenimer. 
Part. pas. Era corossat ni enmalionat contra 
la dira villa. 

Chronique des Albigeois, col. 9. 
Etait courroucé et irrité contre ladite ville. 

i5. Enmalezib , V., irriter, devenir 
mauvais, envenimer. 

Part. pas. Aissi us es enmai.ezida 

"Vas cels que us an obezida. 
Elias de Barjols : Amor Le m. 
Ainsi vous vous êtes irritée contre ceux qui vous 
ont obéie. 

16. Malvatz, malvais, adj. , mauvais. 

Cono.sc que malvat labor 
Fan Lorabart del emperador. 

G. FigleiRAS : Ja de far. 
Je connais que les Lombards font mauvais la- 
beur de l'empereur. 

Dieas li do mal' escarida 
Qai porta malvais niessatge. 

B. DE VeSTADOUR : La doussa votz. 
Dieu lui donne mauvaise aventure à qui porte 
mauvais message. 

— Méchant, dangereux , enclin k faii<' 
le mal. 



MAL 119 

, Mafoinet de Meeha , malvaisa creatara. 
/''. de S. Honorât. 
Malioniot de la Mecque, mauvaise, créature. 
Ai! mai.vasa gen savaia. 

B. DE VeiNtadouh : Kra non. 
Ab ; mauvai.'ic f;cnt infânic. 

Snbstant. Adoncs paregron li malvatz 
K las malvaisas ad un latz. 
Detjdes de Prades : Trop ben m' estera. 
Alors paraîtraient les mauvais et les mauvaises 
d'un côté. 

CAT. Malvad. esp. pokt. Vnlvndn. it. Mal- 
vagio. 

Voyez Vazkr. 

17, MaLVADAMENT , MALVA1ZAMEN, MAL- 

VAYZAMEN, adv., méchamment. 

Per tn , Joan , que vey anar obran 
Mai.vayzamen, soi per sert cossiros. 
B. Carbonel : Joan Fabre. 
Pour toi , Jean , que je vois aller travaillant mé- 
chamment, je suis certainement inquiet. 
Las gens vey renhar malvaizamen. 

P. Cardinal : Totz lo mons. 
.le vois les gens se comporter méchamment. 
Ela avia tractât sa mort malvadament... 
per poyssos. 

L'Arbre de liatalhas, fol. 229. 
Elle avait traité sa mort méchamment... par 
poisons. 

CAT. Malvadament. esp. port. Malvadamente . 
XT. Malvagiainente. 

18. Malvestat, s.f., mauvaiseté, mé- 
chanceté. 
No m'en sapchan mal grai, 
S' ieu die Inrs malvestatz. 

Arnaud de Marueil : Bazos es. 
Qu'ils ne m'en sacbent pas mauvais gré , si je dis 
leurs mécliancelés . 

Conosc et sai entendre 
Las lars malvestatz. 

P. de Bussignac : Sirvcntes e chansos. 
.le connais et sais entendre les leurs méchancetés. 
Fig. De malvestat vuolll qne port la corona. 
Palais : Un sirventes. 
De tnauvaiSL'té je veux qu'il porte la couronne. 

ANC. fr. Et pour ce lor malvetiez fut cou- 
verte et aombrce d'aucune oouloiir do 
droit. 

Annales du règne de S Louis, p. 2()o. 

17 



i3o 



MAL 



ANC. ESP. Omes Je raiz mala asmaron maJvestad. 

Poeiria de Alexandre , cop. 1742. 
ANC. iT. Ricchezza crescere a misero 

Malvagio uoino e misera malvestà. 
GuiTTONE d'Arezzo, Leit.2,5. 
ANC. CAT. Malvestat. it. mod. Malcagità. 

MA-LA , s.f'., lat. mala, mâchoire, joiu>. 
Maisshelas , per diiuiniitio , so es a ilire ]ie- 

titaS MA.I.AS> 

Elue, de las propr.j fol. 4'- 
Mâclioires , par diminution, o'rsl-à-dire petites 
joues. 

MALA, s./., malle, caisse. 

Ja no portareni mat.a ni re ailal. 
Roman de Gérard de Rossillon, foi. l5. 
Jamais nous ne porterons malle ni chose pareille. 
ESP. PORT. Mala. 

2. Maleta, s.f. d'un., mallette, cas- 
sette. 
Qnar Diens sap tôt que porta en sa ma.leta. 
Guillaume de Mur : D' un sirvenles. 
Car Dieu sait tout ce qu'il porte dans sa mallette. 
CAT. ESP. Maleta. 

MALH, MA.ILL, MAL, .S. Vl., lat. MALLeM.V, 

mail, maillet. 

A Peiraguers , près del mnralh , 
Si que y poirai lansar ab malh , 
Vearai armât sobre Bayart. 
Bertrand de Born : Un sirventes on raolz. 
A Périgueus , près de la muraille , de sorte que j'y 
pourrai lancer avec le mail , je viendrai armé sur 
Bayard. 

No 'i qnier ges ni ab malh ni ab bonba. 

Guillaume de Durfort : Quar say petit. 
Je ne le cherche point ni avec maillet ni avec 
masse. 

ANC. FR. Cil combatoit d'un mail d'achier qui 
fu pesant. 

Combat des Trente. 
Desquelles ils combatront d'estoc, de mail 
ou de taille, ainsi que mieulx leur plaira , sans 
reprinse. 

Hist. de Jehan de Saintré, t. II , p. 3 10. 
CAT. Mail. ESP. Mazo. port. Malho. it. Maglio. 

2. Malha , MAiLHA , .9. f., massuc , masse 
d'armes. 

Fa mal quan porta maii.ha 



MAL 

Ni armas , mas los esperos , 
Que mais 1' an valgut a sazos 
Que lansa ni branz que tailba. 
Lantelmet d'Aiguillon : Erai ieu. 
Fait mal (]uand il porte massue et armes , ex- 
peplé les éperons, qui plus lui ont valu dans l'occasion 
que lance ni glaive qui taille. 
ANC. FR. Et prindrent leurs espées , haclies; 
mailles, becs de faucons et autres basions , 
frappant, abatant et occisant icenx. 

M0N.ÇTRELET , t. I , fol. 229. 
it. Maglia. 

3. Magall, s. ni., mail, masse. 

"Va prendre lo magall, 
Très colps feri la peira. 

/^. de S. Honorât. 
Va prendre la masse, trois coups frappa la pierre. 
CAT. Magall. 

4. Malhet , s. m. dim., maillet. 

Percnteys... am an petit malhet entro (jiie 
iuscidas tôt. 

Trad. d'yilbueasis , fol. 5p. 

Frappe... avec un petit maillet jusqu'à ce (luo 
tu incises tout. 

5. Malléable, adj., malléable. 
Art de far veyre malléable. 

No es degu metalli niielli malléable. 

Elue, de las propr. , fol. 194 et l83. 
Art lie faire verre malléable- 
Il n'est nul métal mieu.'C malléable. 

5. Mallear, malhar , mallar, V., iat. 
MALLEAue, marteler, battre. 

No s deu MALHAR rozent. 

Colp d' uquel que malha. 

Al pacieut apar que bom... malle le cap, 
e '1 fiera. 

Elue, de las propr., fol. 187, i83et 79. 

Ne se doit pas marteler rouge. 

Coup de celui qui martelle. 

11 paraît au patient qu'on... maT-telle la tête , et 
le frappe. 

Part. pas. De eram fondât o malleat. 

Trad. d'Àlbucasis , fol. 40. 
D'airain fondu ou battu. 

ANC. FR. Des puins des espées se inaillent. 

Roman de la Violette, p. 98. 
Hardiement, vaille que vaille, 
Renaat i fiert , Renant i maille. 

G. Gdiabt , t. I , p. 3o5 et 3o6. 



MAL 

MALHA, MALLA, s. /., lat. jiac«la, 
maille, (issu. 
Voyez Leibnitz, CoU.étjin.,\). 120. 
Ilh m'a mes ea tal cailena 
Don MALHA no s desciidena. 

Bertrand de Born : Cazutz sui. 
Elle m'a mis en telle chaîne dont maille ne se de- 
chaine. 

Tranc' ausberc de bona malba , 
Trabuc c gans e capmalh. 

Gavavdan le Vieux : Lo vers deg. 
Troue liauLert de bonne maille, treTiucliet et gants 
et caniail. 

Enaeia m, si Dieus me vailba, 
Longua taula ab brea toalha , 
Et bom qn'ab inans ronbosas talha, 
Et ausberc pezan d'avol malha. 
Le moine de Montal'don : Mot m'enueia. 
M'ennuie, si Dieu me vaille , longue table avec 
courte nappe, et homme qui avec mains rogneuses 
découpe , et haubert pesant de mauvaise maille. 
Els se armo de quota de malha. 
Pebilhos, I^oj. au purg. de S. Patrice. 
Ils s'arment de cotte de maille. 
Flg. Aiaman flac, volpilh, de frevol malha, 
Ja lo vers Diens no iis ajut ni vos valha. 
Paclet de Marseille : Ab niarrimen. 
Allemands flasques , lâches , de fragile tissu, que 
jamais le vrai Dieu ne vous aide ni vous vaille. 
CAT. ESP. Malla. tort. Malha. it. Maglia. 

1. C.U>MAL , CAPMALH , CAPMAIL , CAMAL , 

S. m., caroail, sorte d'armure de tète. 

Tant CAMAL derompre. 

GtlLLALME de Tl'DELA. 
Briser tant de camails. 

Ni ansberr ab capmail 
Non fon per els portatz 

Rambaud de Vaqueibas : Ges sitôt. 
Ni haubert avec camail ne fut par eux porté. 
Tranc' ausberc île bona malbu , 
Trabuc e gans e capmalh. 

Gavaldan le Vieux : Lo vers deg. 
Troue haubert de bonne maille, trcTiuclict et gants 
et camail. 

AKC. FR. 

Et voit SCS chevaliers bien armez de camail. 
Chronique de Bertrand Duguesclin, Ms. 
IT. Camaglio, 

H. ;\Ikalhar, V., mailler, ouvrer. 
l'art, pat. Ab anr û frenatz, 



MAL 



i3i 



E d' argeu mealbatz. 
Pierre Basc ; Ab greu cossire. 
Avec or lin brode' , et d'argent ouvré. 

4- Desmalhar, desmaillar, V., démail- 
l«'r, rompre les mailles. 
l'art, pas. 

l'eiic Olivier sub son ausberc safiat. 
Que de pus de .xx. malbas s'es l'ansberc 

DESMALtIATZ. 

Roman de Fierahras , v. /J20. 
Frappa Olivier sur sou haubert safré , tellement 
que de plus de vingt mailles s'est le haubert démaillé. 
Mant albert desmaillat. 

Paulet de Marseille : L' autr' ier. 
Maint haubert démaillé. 

Enantz sera fraitz mou escutz , 
E mon ausbercs totz desmaillatz. 
Pioman de Jaiifre, fol. 12. 
Avant sera brise' mon ëcu, et mon haubert tout dé 
maillé. 

ANC. FR. 

Ne pot banbert desrompre et desmailler. 
MoMN , Diss. sur le roman de Roncevaux . 
Si lancent et fièrent d'estoc 
De tel force et de tel vierlu 
Ke desmaUUé et desronpo 
Sont lor escn et lor clavaiu. 

Pioman du Pienart, t. IV, p. i5l. 
Vray que d'avoir tant chamaillé 
Son haubert en fut desmaillé. 

Forcadel , p. 189. 
Esr. Desinallato. it. SinagUato. 

.'). EnMALHOTAR, EMMAYLLOTAR, ENMAIL- 
LORAR, ENMAILLOLAR, AMAILLOTAR , V., 

emmailloter, envelopper. 
Calque forsa que hom fassa 
A son ausel enmaillolar. 
Aproj) eu un bel drap 

L' AMAILLOTATZ tl'O SUS el Cap. 

DeUDES de PïlADES, Auz. cass. 
Ouelque force qu'on fasse pour emmailloter sou 
oiseau. 

Ensuite dans un beau linge vous rt'/it'e/o/>/;e; jus- 
qu'au-dessus de la tôle. 
Part. pas. L'enfaniet enmalhotat 
Met sus l'autar. 

F. de S. Honorât. 
L'enlançon emmailloté il met sur l'autel. 
l'.NMAiLi.oRAT lo icnretz. 

Deudes de Prades, àuz. cass. 
Vous le tiendrez emmailloté- 



i32 MAL 

MA.LVA, s. /., lat. malva, mauve. 
La MALVA postema madnra. 

Bref, d'ttmor, fol. .'io. 
La maut'C mûrit apostème. 

Malvas esfoilladas , 
Sol las costetas ben mundadas , 
Cozetz. 

Deudes de Prades , j4uz. cass. 
Mauves effeuillées , seulement les petites côtes 
liien uetloyées , cuisez. 

CAT. ESP. PORT. IT. MaîvO. 

MALEVAR, MANLEVAR, V., emprunter. 
Malevar 
Denîers, blat o drap de Fransa. 

Bref, d'amor, fol. 122. 
Emprunter deniers , blé ou drap de France. 
Lo qnal sapia be dcvspendre e donar e ma- 

I,EVAR. 

Philomena. 
Lequel savait bien dépenser et donner et emprunter. 

Om cove manlevar 
Ades sobre penLoras. 

G. RiQUiER : Sel que sap. 
On convient d'emprunter actuellement sur gages. 

— Servir de caution , se rendre garant 
de, répondre pour. 

De perdonar lo dente ad aqnelh qne rio lo 
pot pagar, es luandamen en la ley de Deu : «Si 
.1. de tos frayres cas en pauretat , ta uon en- 
durziias ton cor, ni retrairas ta ma ; manleva- 
RAS al paure, e prestaras H de so que ha mes- 
tiers. » 

F. et Fert., fol. 78. 
IJc pardonner la dette à celui qui ne la peut pas 
payer, c'est un commandement en la loi de Dieu : « Si 
un de tes frères tombe en pauvreté, tu n'enduiciras 
ton coeur, ni retireras ta main ; tu serviras de cau- 
tion au pauvre, et lui prêteras de ce dont il a besoin. « 
Part. pas. Quan son maievat en defauta del 
propri nom. 

Leys d'amors, fol. 25. 
Quand ils .sont empruntés à défaut du propre nom. 
Fig. Nostres deu tes son nostres peccatz que 
nos avcin manlevatz sobre nostras armas. 
F. et Fert., fol. 43. 
Nos dettes, fce) sont nos péchés que nous avons etn- 
piuntés sur nos àmo.s. 

AMC. CAT. Manlevar. <:at. mou. ManUevar. 

2. Maleu, MANi.Et;, .V. ///. , emprunt, 
iiH'ours. 



MAN 

I No voill aillors querre manleu. 

B. Calvo: Tant auta. 
Je ne veux ailleurs quérir secours. 
Est passatges del autr' ensegra '1 tren , 
Si no us en fai la deingna crotz manleu. 
B. ZoRGi : On hom plus. 
Cette croisade de l'autre suivra le train, si la digne 
crois ne vous en fait secours. 

Adverb. comp. Deu 1' om donar a maleu. 

Coût, de Moissac, du xm^ siècle. Do.vT, 
t. CXXVII,fol.5. 
On doit le donner n emprunt, 

CAT. Manlleu. 

MAMILLA, MAMELLA , S. f., lat. MA- 

MiLLA, mamelle. 

Las MAMiLLAs de alcns homes..., las ma- 
MiLLAsde las femnas. 

Trad. d' Albucasis, fol. 27. 
Les mamelles de quelques liommes..., les ma- 
melles des femmes. 

Blanc peich ab dura mamella. 

P. Vidal ; Be m pac. 
Blanche poitrine avec dure mamelle. 

Il toc son pietz e sa mamella dura. 

T. DE Simon et d'Albert : N Albert. 
Je lui touche sa poitrine et sa mamelle dure. 

CAT, Mamella. esp. Mamila. port. Mamma, 
marna, it. Mammilla, mammeUa. 

MAN, ma, s. m., du lat. manc, matin. 
Voyez Muratori , Diss. 33. 
L'om l'a al ma, raiga non l'a alser. 

Poème sur Boèce. 
L'homme l'a au matin, mie ne l'a au soir. 
Es n'altre que parla des lo man. 

Trad. de hède. fol. 34. 
Il eu est autre qui parle dès le matin. 

I.oc. Si cum la nibles cobr' el jorn lo be ma. 
Poème sur Boèce. 
Ainsi comme le brouillard couvre le jour le bien 
matin. 

Adverbial. Van per temps jazer per man levar. 
Roman de Gérard de liossillon, fol. 6i . 
Vont reposer à temps pour se lever matin. 
ANC. FR. 
El main por reposer tornerent en un prez. 
Je suis muU curios et el seir et el main 
Ke j'aie vostre aiuur tiesk' al jor derraiii. 
liomnii de liouj v. 1776 et 2692. 
Tens rit au main ki au soir pleure. 

Jinirran du Reiiart, l. IV, p. 255. 



MAN 

ANC. ESr. 

Acordados tiieron quaudo vino la inan 
Matines. 

Poema del Cid, v. joyo. 
Esr MOD, Mannrta. port. Manha, it. Marie. 

Man joint ù SEPT, sejjt matins, a pro- 

ihiit sv.TMAyx, semaine. Voyez Sfpt, 

'j.. Deman, dema, adv., demain. 
Non es amors, ans es engans proatz, 
S'aol enqneretz, e deman o laissatz. 
T. DE Blacas eï de p. Vidal : l'eire. 
Ce n'est pas amour, mais c'est tromperie prouvée , 
si aujourd'liui vous reclierchcz , et demain vous le 
laissez. 

Dema aurem cossel. 

PlHI,OMEN \. 

Demain nous aurons conseil. 
CAT. Demà. it. Bimane, domane. 

3. Lendeman , i.ENDEjiA, V. m., lende- 
main. 

Segunt lo coiuandament del F.vangeli, no 
pesse de lendema. 

Trad. de B'cde, fol. 62. 
Selon le commandemeut de l'Evangile , fju'il ne 
s'occupe pas de lendemain. 
Ja no sera lo jorn de i.endeman pas.satz. 
Que Kailes, l'emperaire, n'er dolcnzet iratz. 
Pioman de Fiernbras , v. 8;J. 
Désormais ne sera le jour de lendemain passe, que 
Charles , l'empereur, en sera dolent et tris(e. 

Proverb. Tais se La en lendema 

Qne ges no sap si '1 se veira. 

PiSTOLETA : Manta gent. 
Tel se fio en lendemain qui ne sait point s'il le 

vi ri.i. 

Jdverbial. El Capitoli lendema, al dia clar. 
Poème sur Bo'ece. 
Au Capitule le lendemain, au jour clair. 
Ja m'ainign'a nneg no m'aara, 
Qae no m vuelb' aver lendema. 

Le co-mte de Poitiers : Ben vuelli que. 
Jamais mon amie de nuit ne m'aura, qu'elle ne me 
veuille avoir le lendemain. 
ARC. FR. Lendemain Cst revestir le elergié. 
Gesl. de Louis te D,';b., liée, des Ilist. de Fr., 

t. VI, p. i33. 
Que l'en paye Iv juste pris lendemain au piuj. 
lait. 

Ord. des 11. de F,:, r3;J5, t. 111, p. 28. 
F.t quant ce vint lendemain. 
Ch, de S..lhni<., Her. <l.s llisl. ./. F,. , l, VJl , 

p. 1-7. 



MAN i33 

'|. SoiUlEUEMAN, SOBREUEMA, UcU'., Uprès- 

demain, au premier jour, bientôt. 
t. oc, L' a tolgut oguan 

Engolesuie, don .s' es l'agz poderos , 
E Toloza qu'el te, sobredeman. 

Bertrand de Bohn : S'ieu fos. 
Lui a enlevé' dernièrement Angoulèmc , dont il 
s'est fait possesseur, et Toulouse qu'il tient, après- 
demain. 

5. M ATI , 5. m., lat. ma^kti/zh^», malin. 
Per la frescor del mati. 

Ahnaud de Marleii, : Beili m' es quan. 
Par la fraîelieur du matin. 

Jdverb. Ara sai eu de pretz quaKs l'a plus grau 
De totz uquels que s leveirou mati. 
Bertrand DE Born : Ara sai eu. 
Je sais maintenant du me'rite lequel l'a plus grand 
de tous ceux qui se levèrent matin. 

Le poëte fait allusion aux princes 
les plus empressés à se croiser. 
Adv. comp. Deuriatz blanchir 

Voslras dens totz matis. 

Amanieu des Escas. : En aquel. 
Vous devriez hlaucliir vos dents tous les matins. 
leu non-dorm mati ni ser. 

B. de VentaDOUR : Tuit sels que. 
Je ne dors matin ni soir. 

La douna la vol vendre de matin e de ser 
A nialvays. 

f^. de S. Honorât. 
La dame veut la vendre de malin et de soir à 
inècliants. 

Ai, rel mati , 
Ans qu'el caut ni '1 solelh s'espanda. 
R. Vidai, de Bezaudl'N : En aquel. 
.lu beau matin, avant que le cliaud et le soleil se 
répande. 

Un don mati, 
Enans de l'àlbeta. 
Un tkoudadol'r anonyme : Per amor. 
Un bon matin, avant la petite aube. 
ANC. FR. l'ant qu'en la terre d'Avrenciu 
S'aparurent nn bien matin. 
B. de Sainte-Maure. Chron. de Pi'unn., fol. 187. 
CAT. Mati. IT. Mattino. 

ij. Matiket, s. m. diéu., matinct , j)Clit 

matin , point du jour. 
.Adverbial. 

Lo MATiNET sus l'albo , can sera adial 
Ruman de Ficrabras, v. 348/'(- 
t r malinrt surl'aulie, quand il sera fait jnur. 



4 



MAN 



Lo MATiNEi' , ab la fiescor. 

Deudes de Prades , ^iiz. cass. 
Ali point du Jour, avec la fraîcheur. 

ANC. FPi. An matinet, sanz nul séjour. 

Noiti'. rec. defabl. et cent, anc, t. I, p. 32i. 
El matinée, ainz l'ajornant. 

Roman de liou, v. 10019. 
CAT. Matinet. 

7. Matina , i'. y. , matinée. 
Loc. Jap son grat ser ni matina. 

Guillaume de Berguedan : Un tricliair*;. 
Alioie à SOQ gié soir et matinée. 
iT. Mattina. 

8. Matinada , .y. f., matinée. 

Demaa ab la matinada. 

MarcABRUS : Eslornelh. 
Demain avec la matinée. 

Mays val perdre .iiii. massas que nna mati- 

MADA de bon dormir. 

y. et Vert., fol. 12. 
Plus vaut perdre quatre messes qu'une matinée de 
hon dormir. 

ANC. ESP. 

Que fusse recaldando de bona matinada. 
Poema de Alexandro, cop. 2288. 
CAT. IMatinada. esp mod. port. ISladrugada. 
iT. Mattinala. 

ç). Matinal, adj., lat. aii^riNAuV, ma- 
tinal , fîu matin. 
De ros ijiatenal. 

Elue, de las propr., fol. 189. 
De rosëe du malin. 

Lux MATINALS. 

Sermons en provençal, loi. 33. 
Lumière matinale. 

— Siibst. Livre des matines. 

Dny psalme del matinau. 

Beg'la de S. Benezeg , fol. 3i . 
Deux psaumes du livre des matines. 

ANC. ESP. 

Udieron los iiialines , las uiissas matinales. 
V. de S. Millan, cop. 3()i. 
CAT. Matinal. 

10. Matinier, MATiNER, adj., iiialiiiier, 
matinal, matineux. 
Diens ! e fom es tan matinerP 
So li près Melian a dir, 
Que ja solialz tant dormir.'' 

Roman de, laiifre, fol. U(>. 



MAN 

Dieu ! et comment étes-vous si matinal? cela se 
prit Me'lian à lui dire , vu que désormais vous soûliez 
tant dormir? 

Cosselh vos premier 
Que siatz matinieira 
. Cascun jorn. 

Amanieu des Escas : En aquel. 
Je vous conseille premièrement que vous soyez 
matineuse chaque jour. 
CAT. Mutiner. 

ti. Maïinas, s.f.plur., matines, terme 
(Je liturgie. 

Cant avian dich matinas. 

F. de S. Honorât. 
Quand ils avaient dit matines. 
Enans que digna sas oracios o sas matinas. 

F. et Fert., fol. 20. 
Avant qu'il dise ses oraisons ou ses mutines. 
Fig. Turpins Inr cantara matina.s, 

V. de S. Honorât. 
Turpin leur chantera matines. 
CAT, ANC. ESP. Matines, esp. mod. Maytines, 
PORT. Matinas. 

12. Matutin , adj., iat. matutinm.? , 
matinier, matineux, du matin. 

Eslela MATUTiNA , lux matinals. 

Sermons en provençal, fol. 33. 
Etoile du matin, lumière matinale. 
ESP loRT. Matiitino. it. Mattutino. 

i3. Matutinal , adj., lat. matutinalw, 
matutinal , qui appartient au matin. 

Estela MATDTINAI.S. 

Ser?nons en provençal, fol. 2!^. 
Eloile matutinale. 

Apres la nuecb tenebroza ve la bora ma- 
tutinal. 

Elue, de las propr., fol. 10. 
Après la nuit ténébreuse vient l'heure matutinale- 
ESP. Matutinal. it. Mattiitinale. 

MAN, s. m., lat. Mxixdatum , ordre, 
commandement , message. 

l'er SO no us cal, boua dona, te:ner... 

Qu' els vostres m ans no m tenha per senbors. 

Arnaud de Marueil : Tôt quant ieu. 
Pour cela , bonne dame , il ne vous faut pas crain- 
dre... que je ne tienne vos ordres pour suprêmes. 
Anc de re non passe! son man. 

P. Raimond DE Toulouse : Enquera. 
Oiicques de rien je ne passai son commandement. 



MAN 

Ka Pi'oensa tramet mans e salnlz. 

B. DE VentadouR : Bc m'ao perdut. far. 
En Provence je transmets messages el saints. 
ANC. FR.QuantTyber.s ot le tnant, moult fu en 
grant désir. 

Romnn île Bi'rle, p. 22. ^ 
CAT. ESP. PORT. Mando. 

2. Mand.\mfn, s. m., mandement, or- 
dre, commandcmeiU. 

Fpsii salaa son en so mandamen. 

Poème sur Boice. 
Même les satans sont à son mandement. 
Diens, donalzmesabere.sen, ab qa'ien apreiula 
Vostres sanhs mandamens , e 'Is coinplis e 'Is 
atenda. 

FoLQUETDE MARSEILLE : VersDieus. 
Dieu , donnez-moi le savoir et l'intelligence, avec 
quoi j'apprenne vos saints commandements , et les 
accomplisse et les me'dite. 

— Condition , rèi;;le. 

Qae '1 MA:«D\Mr,N de trobar son aqnest. 

Lej'S d'amors , fol. I. 
Que les conditions de trouver sont celles-ci. 

— District, ressort, territoire, domaine. 

De Gnmel ai lo casiel e '1 mandamen. 

Le comte de Poitiers : Corapaulio. 
De Gumel j'ai le cliâteau et le domaine. 
CAT. Manament. esp. Mandamiento. port. it. 
Mandatnenco. 

3. Mandat, s. m., lat. maxd.atw/// , 
manda r, commandement, ordre, vœu. 

Agat en al mandat. 

F", de S. Honorât. 
J'en ai eu mandat. 

Aras, dis 1' nlmiran, sla fayfz sos mandatz. 

Ilomun de Fierabras, v. 439^. 
Maintenant, dit l'emir, soit fait son commande- 
ment. 

CAT. F.sp. Mandata, port. Mandado. it. Man- 
data. 

[\. Mandatgf. , .MANuAGUF, , S. ni . , maii- 
dage, droit d'avertissement dû aii\ 
fourniers des fours banaux. 

La meiiat de lotz mandatoes de tolz forris. 

Tit de l23o. /trcli. du Roy., i. 323. 
I.a moitié dctou* mandatées de tous fourî. 



MAN 1 35 

Den donar mandagcesc fornagnes. 

Tu. de i2o.'f. Arch. du Roy., J. 'i^^i. 
Doit donner mandages et fouroages. 

5. Mandador , .ç. m., lat. mandator , 
maiulataire. 

Avein vos donats per makoadors e per giii- 
rens. 

Tu. de i2o3. DoAT, t. CXV , fol. 14. 

Nous vous avons donne pour mandataires cl pour 
paraiils. 
ANC. ESP. roRT. Mandador. it. Mandatore. 

6. Mandar , -?;., lat. MANDARe, mander, 
commander, ordonner, recommander. 

Aitautost elh va mandar que tôt boin s' en 
ânes a sa tenda. 

Philomena. 
Aussitôt il va orrfo«ner que tout homme s'en allât 
à sa lente. 

Predicator 
Tenc per meillor, 
Cant fai 1' obra que manda far. 

P. Cardinal : Predicator. 
Pre'dicateur je tiens pour meilleur, quand il fait 
l'œuvre qu'il recommande de faire. 

— Faire savoir, instruire par messai]je. 
Ren per autrui non l'aus manuar. 

1>F. COMTE DE PoiTiKRS : Mout jauzens. 
Rien par autrui je n'ose lui mander. 
Part. pas. Mandat e covengut a 'N Gnillem. 
Tit. de i2o3. DoAT, t. CXV, fol. 14. 
Mandé el convenu avec le seigneurGuillaume. 
Mandatz , 
E pregatz 
Sui de cbant , per qn'el falz. 

G. Pierre de Casai.s : .M avinen. 
Je suis commandé, et prie' de chant, c'est pour- 
quoi je le fais. 

"Venc s' en lai al dia mandat. 

r. de G. Faidit. 
S'en vint là au jour mandé. 

ANC. FR. Manasses li avoit inandet par lettres 
qu'il destrnisit ('ambray. 

Chronique de Cambray , fol. 26. 
CAT. Manar. esp. pup.t. Mandar. ir. Mandare. 

7. CoMAN, .V. m., commandement, ordre. 
Dieus coinanda c'oiu enleuda 
Sos coMANS, e qii' els aprenda. 

P. Cardinal : Jhcsum Cnsi. 
Dieu commande qu'on entende ses commande- 
ments, ot qu'on \n apprenne. 



[36 



ÎSJAN 



leu fui noyiilz enfans 
Per far vostres comans. 
Guillaume de Cabestaing : Lo dous. 
Je fus nourri enfant pour faire vos commandements . 
Loc. Al sieu coman 

Sui e serai , on. qu' ieu m' an. > 

P. Eaimond de Toulouse : No m puesc. 
A son commandement je suis et serai , où que j<,' 
m'aille. 

Ieu , en baisan , 
Tôt al mien coman, 
Remir son cors henestan. 
P. Raimond de Toulouse : Non puesc. 
En embrassant, tout à ma volonté, j'aJmirc son 
corps parfait. 

Sian qaiti et assoutz , des aqnell' hora euant, 
De totas penedentias que avian en comant. 
V. de S. Honorât. 
Qu'ils soient quittes et ahsous , dès celte heure en 
avant , de toutes les pénitences qu'ils avaient en 
comniandetncnt . 

Plus trai mos cors ves auior, 
E miellis sui fait/, a son coman. 

B. de Ventadour : Non es. 
Plus mon cœur penche vers amour, et mieux je 
suis fait à son commandement . 

Mot ai gran talan 
Qu' ie us tengnes a mon coman. 
Albert, marquis de Malespine : Dona a vos. 
Moult j'ai grand désir que je vous tinsse à ma dis- 
position. 
ANC. FR. 

Par le coinmand àe maistre Jean de Vailly. 
Au coinmaiid du comte de Charrolois. 

MONSTBELET , t. I , fol. 219, et t. III, fol. lOÇ) 

ESP. iT. Coinando. 

— Sujet, serviteur, homme recommandé. 

D'aquesta serai comans. 

GiRAUD de BoRNEtL : De chantar. 
De celle-ci je serai le serciteiir. 
Si vos, cui sui homs liges e comans. 
No m socoretz. 

G. Faidit : Pel messatgief. 
Si vous , à qui je suis homme-lige et sujet, ne me 
secourez. 

8. CoMANDA, coMMAND.\, S./., Comman- 
dement, puissance, domination, ordre, 
recommandation. 
On' ieu sia, per sa comanda, 
Près del lieg. 

B. DE Ventadour : Lanquan vcv per. 
<>ue je sois . par son ordre, près du lit. 



MAN 

"Volgra fos premiers natz, , 
Car es cortes, e fos en sa comanda 
Regismes e dngnatz. 
Bertrand de Bùrn : D' un slrventes uo m. 
Je voudrais qu'il fût premier-né , car il est cour- 
tois, et que fût sous sa domination royaume et duché 

— Commandite. 

Far entre se comandas, 
Camjhes e compras e vendas. 
En la rîqueza granda 
Non a res mas la comanda. 

Bref, d'amor, fol. 64 et lO.!. 
Faire entre soi commandites, changes et achats 
et ventes. 

Dans la grande richesse il n'.y a rien que la com- 
mandite. 

Loc. Teno bcstials... a cabal o eu commanda. 
Tit. de 1389. DoAT, t. CXLVII, fol. i5/^. 
Tiennent bestiaux... à cheptel ou en commanditr . 
CAT. Comanda. roux, Cotnenda , comtnendu. 

g. COMENDATIO, .^ . f. , Lit. COMMEND.^TIO, 

recommandation , considération. 

Peraytal comendatio. 

A comendatio et a lauzorde sa dignitat. 

Leys d'amors, fol. i/j8. 
Par telle recommandation. 
En considération et à la louange de sa dignité. 
iT. Commendazione . 

lo. Comandamen , s. m., commande- 
ment , ordre. 

Amar Dieu e temer, 

E gardar sos comandamens. 

P. Cardinal : Una cieulat. 
Aimer et craindre Dieu, et garder ses commande- 
ments. 

Loc. Ieu sui faitz al vostre servir 
Et al vosire comandamen. 

G. Faidit : Ah chantar. 
Je suis fait au votre servir et au votre commande- 
ment. 

— Recommandation. 

E 'I drutz deu far precx e comandamen. 
T. DE Marie de Ventadour et de Gui d'Uisel : 

Gui d'Uisel. 
Et l'amant doit faire prière et recom.mandation . 
ANC. cAï. Comandamen t. anc. esp. Comanda- 
iniento. poRt. Commandainento. it. Co- 
mnndamento. 



MAN 

11. COMANDAIRE, COMANDADOR , S, ni., 

lat. coMMENDATOR , conuiianclant , qui 
commande, commandeur. 

Coma reys e senbers e fjovernaires e coman- 

DAIRES. 

r. et Feit., fol. 4'- 
Comme roi et seigneur et gouverneur et comman- 
dant. 
A vos, G. Rolbert, comf.ndador del Hospilal. 

TU. de 1275. Cab.de Corcelles. no.'iCyS 
A vous, G. Kobert, commandeur (\f l'Hôpital. 
S' el s'en fai comandador, 
Al mein.s pot dire : «leu ai {lomneiador 
« Qne m' ania. » 
T. DU COUSIN d'Elias et d'Elias : N Elias a son. 
S'il s'en fait commandant, au moins elle peut 
dire : « J'ai courtiseur qui m'aime. » 
CAT. Cornanador. esp. port. Coinendador. it. 
Commendatorc . 

12. COMEXDABLE, (l(lj., lat. COMMENDA- 

BZLETO, recommandable. 
De sancta et come:î»ai)la vida. 

Cal. dels apost. de Roma, fol. 80. 
De sainte et recommandable vie. 
ANC. ESP. Comendable. ir. Commendabilc. 

13. COMMENDATIU, adj., lat. COMMENDA- 

Tiwus, commandatif, qui sert au com- 
mandement. 

r,oMME>"DATius , de comanda. 

Leys d'amors , fol- 57. 

Commandatif, de commandement. 

ï4. CO.MANDATARI, COMMANDITARI , S. ni., 

commanditaire. 
Deposilaris o commanditaris. 

Fors de Béarn, p. 1081. 
Dépositaire ou commanditaire. 

Lo sobre dig comandatari. 

Statuts de Montpellier, du xili« siècle. 
Le susdit commanditaire. 

l5. COMANDAR, V., lat. COMMENDARf?, 

commander, ordonner. 

Tôt so qa'ela li comandaria. 

r. de G. Faidtt. 
Tout ce fjuVllc lui commanderait. 

No pne5c far esdig ni garda 

III. 



MAN 



i3' 



Eu so que Amors me comanda. 

Arnaud de Marueil : Donagenser. 
Je ne puis faire dédit ni garde en ce fju'Amour me 
commande. 

— Confier, recommander, donner en 
dépôt. 

A son oozi el 1' anet comandar. 

Passio de Maria. 
A son cousin il l'alla recommander. 

Dieus lî fes richa comanda 

Lo jorn que '1 comandet las ciaus 

De lai on es pretz, cbahaus. 

G. Adhemar : Quan la. 
Dieu lui fit riclie commandite le jour qu'il lui 
confia les clefs de là où est mérite supérieur. 

Us ome comandet, o prestet aver ad un an- 
tre, et amdui en feirunt cartas; aquel qne co- 
mandet 1' aver a perdndas las soas cartas. 
Trad. du Code de Justinien, fol. 3. 
Un borame donna en dépôt, ou prêta de l'argent à 
un autre, et tous les deux en firent actes; celui qui 
déposa l'argent a perdu les siens actes. 
Dona , a vos me coman, 
Cane res mai non araei tant.' 

Albert , marquis de Malespine : Dona. 
Dame, à vous je me recommande , vuqu'oncques 
rien plus je n'aimai tant. 

Us COMANDET a Jobau, 
Qnan sus en la crolz pendia. 

Geneys : Dieus verais. 
Vous /erc/nwifînc/a à Jean, (juand sus en la croix il 
pendait. 

A Dieu, nostre Senhor.., 
CoMAN mon esperit. 

G. Figueiras : Del preveire. 
A Dieu , noire Seigneur... , je recommande nioti 
esprit. 

En tas mas mi comandi, aias ne pietat. 
Roman de Fierabras , v. 8710. 
Je me recommande en les mains , aie-s-en pitié. 

— Se déclarer vassal. 

Tota sa terra li comanda. 

f^. de S. Honorai. 
Lui recommande toute sa terre. 

— P<irt. prés, cnipl. suhstant. Comman- 
ditaire. 

A la premiera rcqnez.ition del comandan , 
vist l'estrumm de la dii.ba commanda, o coni- 
panbia. 

Statut!, de Montpellier , du xm',u<'i7i- 

18 



38 



MAN 



A. la première réquisition du commanditaire , vu 
l'iiislrumeut de ladite commandite, ou compagnie. 
Part. pas. Amors m'a comandat escrinre 
So qne'l boca non ansa dire. 
AiïNAXjD DE Mauueil : Dona genser. 
Amour m'a commandé d'e'crire ce que la houc<!ie 
n'ose dire. 

ANC. FR. Quant il orent veu le roy il le com- 
mandèrent à Dieu. 

JoiNVILLE , p. l85. 

«lAT. Comanar. esp. port. Comandar. it. Co- 
mandare. 

i6. Deman, s. m., demande, réclama- 
tion . 
Ane jorn no m vole precx ni demans sofrir. 
Berenger de Palasol : Ue la gensor. 
Jamais elle ne me voulut soiifl'rir prières ni de- 
mandes. 

Oes no crei Frances, ses deman, 
Tengan lo deseret qne fan 
A tort a mant baron presan. 

Bertrand de Born : Guerra e treballi. 
Point je ne crois que les Français , sans rêclarna- 
lion, maintiennent le dépouillement qu'à tort ils 
font à maint baron distingué. 

17. Demanda, s.f., demande, réclama- 
tion. 

Tro '1 DEMANDA qoe fai aia conqueza. 

Bertrand de Born : Pus li baron . 
Jusqu'à ce qu'il ait conquis la réclamation qu'il 
fait. 
CAT. ESP. roRT. Demanda, ix. Dimanda. 

i)S. Demandamen , s. m., demande, 
réclamation. 

Fer aqnest demandamen pot demandai' ca- 
«laus om la parlida d'aqiiela causa cominal. 
Aquest demandamens dura entro a .xxx. ans. 
Trad. du Code de Jiistinien, fol. 21. 

Par cette réclamation cbaque bomme peut récla- 
mer la partie de cette cbose commune. 

Celte réclamation dure jusques à trente ans. 
ANC. FR. Mais à toz lur dematidemenz. 
B. DE Sainte-Mal'RE , Cliron. de Norm. , fol. 57. 
IT. Dimandamento. 

19. Demandansa, s.f., demande. 

Con el sagramenlal ancian es tengut, e'I 
demandansa e'I respoiision issaïuen. 

Coul. d'Alais. Anh. du Roj., K y\f\. 



MAN 

Comme leserment ancien est tenu, et la demande 
el la réponse également. 

>o. Demandaire, demandador , s. m., 

demandeur. 

Si lo DEMANDAIRE Don poiria proar aqnpst 
aver. 

Aqiiels oiiies que volunt esser actors, so es 
DEMANDADORS pcr antre. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 33 et 5. 

Si le demandeur ne pourrait prouver cette posses- 
sion. 

Ces bomnies qui veulent être acteurs , c'est-à-din- 
demandeurs pour un autre. 

CAT. Demanador. Esr. port. Demandador, it, 
Dimandatore. 

il. Demandairitz, s. f., demanderesse. 
Demandairitz en vostra causa. 

Tit. de 1275. DoAT, t. CXXIV, fol. 27. 
Demanderesse dans votre cause. 

22. Demanuar, V., lat. demandar^, de- 
mander, réclamer. 

S'esbaic d'esgnardar 
Tan, que no saup demandas 

De que servia 
La lansa ni 'I Grasaus. 
KlCHARD DE Barbezieux : Atressi cum Persavaus. 
S'ébabit à regarder tellement , qu'il ne sut de- 
mander de quoi servait la lance et le Saint-Gréal. 
De mi dons ai lo guap e '1 ris, 
E sui fols, s'ieu plus li deman. 

P. RoGiERs : Per far esLaudir. 
De ma dame j'ai la plaisanterie et le ris , et je suis 
fou , si plus je lui demande. 

S'aguenu paor, no us o cal demandar. 
Rahibaud de Vaqi'EIRAS : Honratz marques. 
Sinous eiîmes peur, il ne vous le faut pas demander. 

Tôt ai quan vnelh , qu'iea non deman len al. 
B. DE Ventadour : Quan par la flors. 
J'ai tout ce que je veux , c'est pourquoi je ne ré- 
clame rien autre. 

Loc. Ane vos autres non demandetz venjansa 
De la mia mort. 

R. GaUCELM : Qui vol aver. 
Oncques vous autres vous ne demandâtes vengeance 
de la mienne mort. 

Proc Qui DEMANDA, rcccp, e qui qaier, atroba. 
F. et Fert., fol. 87. 
Qui demande, reçoit , et qui cberche , trouve. 
Part. prés. Sia be de sa mort demandans 



MAN 

E lie l'anta qii' el per nos autres près. 
R. Gal'CELM : (lui vol aver. 
Qu'il soil bien recl<ir?uinl de sa mort et de la Loiite 
qu'il prit pour nous autres. 

CAT. Demanar. esp. port. Demandar. it. Di- 
tnandare. 

23. Desman, s. m., contre-ordre, refus. 
Mas ea teinjj bea per desman, si no m manda. 
AiMERi DE Pegi'ILain : En araor trob. 
Mais je tiens bien pour contre-ordre, si elle ne 
Mie mande. 
Esr. Desman. 

'2/|. Des.mandar, î\, contremander, don- 
ner contre-ordre, refuser. 
Pero d'un be la prec qne no ra desman. 
AiMERi DE Peglii.ain : En amor trob. 
Pourtant je la prie qu'elle ne me refuse pas d'un 
bien. 

Blasmes es grans e desonors 
A rei que len man e desman. 

Nat pe Mons : La valors. 
C'est grand blûme et deslionneur à roi qui légère- 
ment ordonne et contremande. 
CAT. ESP. Desmandar. 

a5. Redemandar, v., redemander. 

En qnalqne raaneira nos vos demandesseai 
ni us pogues.iem reoemanoar. 

Tit. de 1248. DoAT, l. XXXI , fol. 146. 
En quelque manière que nous vous demandassions 
ni vous pussions redemander. 

26. Recomandatio , s.f., recommanda- 
tion. 

lec agui letras de recomandatio al rei 
d' Eiiglaterra. 

Perilhos, Voy. au Purg. de S. Patrice. 
J'eus des lettres de recommandation au roi d'An- 
gleterre. 

CAT. Recominendaclo. esp. Recomendaclon, 
roRT. Recoininendacào. ir. Race imanda- 
zione. 

27. ReCOMMANDAR , RECOMANUAK, V., TQ- 

commarider. 

Lo dit conte de Montforl se recommandava 
a el. 

Chronifjue des /llbigeois, col. 76. 
Ledit comte de Montlorl se recommandait à lui. 
Nos nos ReroMiNDAM huntilment à la vos- 
ir.i inagnificencia. 

Ttt. de lig2. Trois états de Sisteron. 



MAN 



i3c) 



iSous nous recommandons liumblement à la votre 
magnificence. 

CAT. Recomanar. esp. Recomendar. port. Re- 
commendar . it. Raccomnndcire . 

MAN, MA, s. m. et/., lat. Mxjirts, main. 

Qiian la blauca mas ses gnan 
Estrenh sou amie doussaroen. 

T. DE S. DE MauLEON , DE G. FaIDÎT ET DE H. Dt 

LA Bachelerie : Gaucelm. 
Quand la blanche main sans gant presse doucement 
son ami. 

Aissi cum hoiu tra lo deto la ma fors de 1' aiga. 
Lif. de Sydrac, fol. 26. 
Ainsi comme on tire le doigt ou la main hors de 
l'eau. 

Cavaliers si' aunitz que s met a domueiar 
Pus que toca dels mas motos belans. 

GlRAliD de Borneil : Per solatz. 
Que chevalier soit honni qui se met à galanliser 
après qu'il touche des mains moutons bêlants. 
A 'N Guio de Bergonha an be los mas liatz. 

Pioman de Fierabras, v. So^S. 
Au seigneur Gu} on de Bourgogne ils ont bien lie' 
les mains. 

Fig. L'apostol comanda que hom levé puras 

MAS en oratio ; las pnras mas son las puras 

e netas obras facbas ab pura concieucia. 

Aqnell ven ain mas vueias davan Dieu que 

lo ve pregar ni querre, ses far prezen de bo- 

uas obras. 

F. et Vert., fol. 90 et 91. 
L'apôtre commande qu'on lève des mains pures en 
oraison ; les mains pures sont les pures et nettes 
œuvres faites avec pure conscience. 

Celui-là vient les mains vides devant Dieu qui 
vient le prier et requérir, sans faire présent de bon- 
nes œuvres. 

En MAN morta ni en man forsiva. 
Terrier de laconjrcrie du S.-Fsprit, de Bordeaux , 

fol. 187. 
En main morte ni en main terme. 

Loc. Dizem de bo pinbeyre o escriva que a 
bona MA , so es a dire, es bos maestre en 
aquela art. 

Elue, de las propr. , fol. 48. 
Nous disons de bon peintre ou e'crivain qu'il a 
bonne main, c'est-à-dire, il est bon maître dans cet 
art. 

i\Iais volria un cordo 
Qne ien l' agues de sa man. 

Hugues de S. Cyr : Aissi cum es. 
Plus je vuudruis un conlon que je l'eusse de \..\ 
main. 



i4o 



MAN 



Mei'ce mi dons, a cni baiziey las mas. 

Pons de la. Gardi; : Farai chanson. 
Merci ma dame , à qui je baisai les mains. 

El letra portiira 
Al sant qu' ell meteys Kaiiles, de sa m an , 

escriara. i 

V. de S. Honorai. 
Il portera au saint une leUre(iue lui-même Charles, 
de sa main, écrira. 

Be t fier ab la m an diecha. 

R. Vidal de Bezaudl'N : Enlr' el laur. 
Bien je te frappe avec la main droite. 
Tut lanzan Dieu jonthas las mans. 

V. de S. Honorât. 
Tous louent Dieu les mains jointes. 
Que s rend' a vos mas joiïihs, de ginolhos. 

G. PlEBRE DE Casals : Be m plagr' ueymais. 
Qu'il se rende à vous mains jointes , à genoux. 
Mes MAN a son cotel perla gola tayllar. 
f^. de S. Honorât. 
Mit main à sou couteau pour la gorge couper. 

Qui met sa ma al arayre. 

y. et Vert., fol. 99. 
Qui met sa main à l'araire. 
Melon MAN a 1' obra. 

V. de S. Honorât. 
Mettent main à l'œuvre. 

Quar si 'I raetiatz en la ma, 
Per ver dir, un marabeti , 
E par mentir, un barbari, 
Lo barbari guazanhara. 

P. Cardinal : Tan son valen. 
Car si vous lui mettiez dans la main, pour dire 
vrai, un marave'dis, et pour mentir, un barbarin , le 
harbarin gagnera- 

Loc. fis. Tant am fermamen 

Lieis que a e mas me e mon sen. 
P. Rauiond DE Toulouse : Pois lo novel. 
Tant j'aime fermement celle qui a en main moi et 
mon sens. 

Lo vers chant qui '1 sabra ses brays , 
On mot mi platz de qui mas bays. 

Pierre d'Auvergne : L'airs clars. 
Oui le saura chante le vers sans cris, où moult me 
plait (celle) de qui je baise les mains. 
En tas MAS comau mon esperit. 

Z(V. de Sydrac, fol. 11 3. 
Dans tes mains je recommande mon esprit. 
lll er ops que '1 man estenda , 
E pens de soven armar. 

Bertrand d'Allamanon ; Pucis. 



MAN 

11 lui sera besoin qu'il étende la main, et pense de 
souvent armer. 

Tant sia ardit 
Qu'ai fach man estenda. 

P. Cardinal : Manz baronz. 
Tant il soit hardi qu'il étende la main au fait. 

Laicba la man al sers, e qnerra livreza. 
Trad. de Bede, fol. 7^. 
Lâche la main au serf, et il cherchera liberté. 
Ni cavayer ni donzelo 
C om agiles noirit en sa man. 

P. Vidal : Abril issic. 
Ni chevalier ni jeune damoisel qu'on eût nourri 
dans sa main. 
Los bes de son senbor que passou per sas mas. 

r. et Vert., fol. 52. 
Les biens de son seigneur qui passent par ses mains. 
Prenez man e fes, fez R., qu'eu vos jur e 
us plevis, qe usenvalrai tôt mon poder. 

V . de Guillaume de Cabestaing. 
Recevez main et foi, fit Raimond , que je vous 
jure et vous promets que je vous en servirai de tout 
mon pouvoir. 
ANC. Esr. 
Rachel è Vidas amos me dat las inanos 
Que non me descubrades à Moros ni à Chri- 
stianos. 

Poema del Cid, v. 106. 
Prometre pena entre lor o en la ma del ar- 
bitre. 

Qnar aissi es usansa que las partz solon pro- 
metre en MAS del arbitre. 

Trad. du Code de Justinien, fol. lo. 
S'engager à satisfaction entre eux ou dans la main 
de l'arbitre. 

Car ainsi il est d'usage que les parties ont coutume 
de faire promesse entre les mains de l'arbitre. 

.L non recep cosseil de ma de prestre. 
Roman de Gérard de Ptossillon, fol. tJ8. 
Un seul ne reçut conseil de main de prêtre. 
Lo mon tenra tôt sotz sa ma. 

Trad. de l'Efang. de Nicodème. 
Tiendra tout le monde sous sa main. 
Proverb. Juoc de mas engenra bregas. 

Lii>. de Sydrac , fol. 106. 
Jeu de mains engendre querelles. 

Un reprochier que fort m' a/auta , 
C ab una man lav'oni 1' autra , 
Et, ambas, los huelhs e la cara. 

AmanieU des Escas : Dona per oui. 
Un proverbe qui me plaît fort, (c'est) qu'avec une 
main on lave l'autre , el , (avec) les deux , les yeui. 
cl la face. 



MAN 

Àdv, comp. L' aigiia s' estai d'à totas mans, 
Com si fos postât , o inurs plaus. 
y. de S. Honorât. 
L'eau s'arrête de tous côtés, comme si (ce) fùl 
cloison , ou mur plan. 

Qu' l'eu aia perdo pkr tas mans. 

Los .y^II. gniigz de la Miiyre. 
i)\xc j'aie pardon par tes mains. 
Anero s' en man e man essems. 

Cal. dels apost. de Iloma, loi. l^Q- 
S'en allèrent main à main (côle à côte) eusemble. 

Ab totas mas vey clergnes assajar 
Qne tolz lo mons ei Inrs, cuy que mal sia. 
P. Cardinal : Uu sirventes fas. 
De toutes mains je vois clercs essayer que tout li 
monde sera leur, à qui que mal soit. 

ARC, FR. Oi- s'an vont andui main à main. 

Nouv. rec. defahl. et cont. anc, t. I , p. lOO. 
cAT. Ma. ESP. J)lano. port. Mào. n. Mano. 

1. M.vNADA , s.f., poignée. 

Una MANADA d' isop. 

Ahr. de l'A. et du N.-T., fol. u>. 
Une poignée d'iiysope. 
CAT. ESP. Manada. it. ManaCa. 

3. M.iMER , MAINIER , M.\NER , OfiJ., 

qu'on porte à la main, familier, ap- 
privoisé. 

S'ien ai mon austor anedicr 
Bon e volan e prenden e mainier. 

Bertrand de Born : leu m' escondisc. 
Si j'ai mon autour à canards bou el volant et pre- 
nant et apprivoisé. 

len sai d' aqnels malvaiz, 
E ses tota valensa , 
En aut luec poyalz 
E MAiNiERS e privât/,. 

G. Faidit ; Lo i^ens cor. 
Je connais de ces méchants , et sans aucun mérite. 
en haut lieu parvenus e\ familiers et intimes. 
Ane non vi tan salvatge, 
Mais pueys fon manieeis e privatz. 

GiRAUD DE BuHNElL : No puesc solrir. 
Oncqucs j<" ne vis si sauvage, mais après il fut 
Jamilier el prive. 

A,\c. FR. Curies, targes picnent, é lor ars ma- 
niers tendent. 
Chevaliers i a bons e maniers de josicr. 
Roman de Rou, v. iJo88 cl ^ i "Q- 
F'. Mcnero. u, Vaniero. 



MAN i4i 

4. Maneiador , s, m., manieur, receveur. 

Cambiador e maneiador d' argent. 

Elue, de las propr., fol. Ii5. 
Changeur et manieur d'argent. 

.'5. Manual, manal, adj., \i\X. manualw, 
manuel , (jui travaille avec les mains, 
qui est à la portée de la main, fami- 
lier. 

L'obrier manuai. 
Son tug menestairal. 

G. RiQUiER : Pus Dieu. 
Les ouvriers r/ui trai>aillent ai'cc les mains sont 
tous artisans. 

En son paire ac bon sirven 
Per traii-'ab arc manai. d'alborn. 

Pierre d'Auvergne : Cbantarai. 
En son père eut bon sergent pour tirer avec arc 
manuel d'aubour. 

Fig. Mot no MANUAL, so es qu' om no l'a 
acostumat per dire. 

Leys d'amors, fol. ()8. 
Mot non Jamilier, c'est-à-dire qu'on ne l'a pas 
accoutume' à dire. 

ANC FR. Que vous ares son gent anel 

Qn'ele porte en son doit manel. 
Roman del conte de Poitiers, v. 269. 
CAT. ESP. roRT. Nanttal. it. Maniiale. 

3. Manualment, adi>., manuellement. 

Mas junthas et manualment eu so vosire 
hoiu. 

Metera manualment en tenezo et en cor- 
poral possessio. 
Tit- de i363e/rfei255.DoAT, t.CVLf'ol.aopet 129. 

Mains jointes et manuellement je suis votre 
homni(\ 

Mettons maniiellciiient en jouissance et en posses- 
sion corporelle. 
ESP. IT. Maniialniente. 

7. Manuuieramf.nt , (idv. , mantit'lle- 
ment, de la main à la inain. 
Si pagan MANUDtERAMENT, et sensa ncguna 
apodissa. 

Que tais meiceuaris si pagan makudieka- 

MENT. 

Statuts de Provence. BoMY, p. 2uî. 
Se payent île la main ù ta main, et sans nulle 
quittance. 

Que tels mcreenaiics se payent de la main à lu 
main. 



i42 MAN 

<S. Manumissio , s. f. , lat. maxumissio , i 
maniimission. 

Manumissios, so es quant alcus hom afran- 
cbis son sers. 

Trad. du Code de Justinien, foi. l5. 

Manuinission, c'est quand quelque homme af- 
fraucbit son esclave. 

OAT. Manumissio. esp. Manumision. port. Ma- . 
numissâo. it. HJaiiumissione. 

9. Mancip, MASSIF, ac/j'., lat. mxycipadis, 
pubère, adolescent. 

Mentre qu'es mancips e tos, 
L'eschai solatz e pretz e dos. 

GiRAUD DE BorneiIj : Ops m'agr.i. 
Tandis qu'il est pubère et jeune garçon , il lui 
échoit plaisirs et distinctions et dons. 

Aqni ac nn donzel mansip e tos. 

lioman de Gérard de Rossillon, fol. 2. 
Il y eut là un damoisel pubère et jeune garçon. 

— Suibst. Jeune homme, garçon. 

Metam lo massip en carcer, pneis direm que 
no vim la letra de K., et aissi serem excusatz. 

Philomena. 
Mettons \e jeune hoimne en prison, puis nous di- 
rons que nous ne vîmes pas la lettre de Charles , et 
ainsi nous serons excuse's. 

Qne MASIP... apprentîz aia be... acabat son 
terme. 

Ord. des R. de Fr., 1457, t. XIV, p. 436. 

Qup garçon... apprenti ait bien... achevé son 
terme. 

ANC. FR. Chétif comme nn pauvre wa«c/^. 
Blason desj^aulces amours. 
Se donna mancipe et serf volnntaire soy et 
.sa postérité. 

Rabelais, liv. I , ch. 5o. 
IT. Mancipio. 

• — ■ Subst. Jeune fille. 

Auzi la vos d' un pastoriu 
Ab nna mancipa chantar. 

Marcabrus : L'autr'ier. 
J'entends la voi.v d'un pastoureau chanter avec 
une jeune fille. 

Aqui avian massipas negras que vestion ves- 
timens nègres, que pudiou a pega e a solpre, 
e teniaa en lors cols serpens et dragos e foc. 
lievelalio de las penns d'IJern. 

Avaient là àa jeunes filles noires qui portaient 
vêtements noirs , qui puaient à poix et à soufre , cl 
tenaient en leurs cous serpents et dragons et feu. 



MAN 

10. MaNCIPANCION, s. f., lat. CMANCIPA- 

TiONé-zn,' émancipation. 

Si cum es en mancipancion, so es quant lo 
paire sol son Clb de son poder. 

Trad. du Codede Justinien, fol. i5. 

Ainsi comme il est dans l'émancipation, c'est-à- 
dire quand le père de'lie son fils de son pouvoir. 
ESP. Mancipacion. 

I I . EmANCIPATIO , EMANCIPATION , S . f. , 

lat. EMANCiPATiONe/zi, émancipation. 

Emancipation... pins pleneirement conten- 
guda en carta. 

TU. de 1289. DoAT, t. CCXLII, fol. 1 13. 

Emancipation., plus pleinement contenue dans 
charte. 

Que los cossols puesco... far emancipatios. 

Tit. de 1287. DoAT, t. CXVI, fol. 80. 
Que les consuls puissent... faire émancipations. 
CAT. Emancipaciô. t.<^v .^ Emancipacion. port. 
Emanclpacào. it. Emancipazioiie . 

12. Emancipar , V. , lat. EMANCIPAUC, 
émanciper. 

Part. pas. A vos... fill émancipât. 

Tit. du xin« siècle. Doat , t. CXVI , fol. 264. 
A vous... fils émancipé. 

Ela es EMANCIPADA , SO cs issida del poder 
de) paire. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 5o. 
Elle est émancipée, c'est-à-dire sortie du pouvoir 
du père. 

CAT. ESP. PORT. Emancipar. it. Emancipare. 

13. MaNEIAR, MANEYAR, mania r , MA- 

NEAR , V., manier, palper, caresser. 
AI) deniers que tenha e maney. 

Pierre de Bussignac : Sirventes. 
Avec deniers qu'il tienne et manie. 
Qnar no pot esser iratz 
Nuls bom lo jorn que'l mania. 

Pons de i,a Garde : Mandat m'es. 
Car ne peut être triste nul homme le jour qu'il la 
caresse. 

Embrass' e baiza e maneya. 

A11NAUD de Mari'eil : Dona geuser. 
Embrasse et baise et caresse. 
t:\T. ESP. PORT. Manejar. it. Maneggiare. 

i/), Maniblar, maneblar, î)., mouvoir, 
agiter, diriger. 



MAIN 

No vuelli s' aseuible 
Mos cors ab autr' ainor, 
Si qif ea manibi.e 
ÎN'i 'a volva '1 cap alhor. 

A. Daniel .- Quan cliai. 
Je ne veux pas que mon cœur s'unisse avec autre 
amour. Je nianièie qu'il en dirige et en de'lourue la 
tête ailleurs. 

i5. Mantuzar , V. , manier, ])rendio 
avec la main. 

Nuills lioni, qu'es trop Inxurios, 
A tener aiizel non es bos^ 
Trop gran mal li fai, si 'I mantuza. 
Devdes de Prades , Àuz. cass. 
Nul liorame, qui est très luxurieux, à tenir oiseau 
n'est bon ; très grand mal lui fait , s'il le manie. 

MANAYA, s.f., merci, discrétion. 

Ai mes mon cor sobrier 
En la sua manaya. 

Albert de Si.steron : Al) sou guay. 
J'ai mis mon cœur inde'pendant en la sienne dis- 
crétion. 
ANC. FR. Et que soiez en ma manaje. 

Roman d'yilhis. Dv Cange , t. IV, col. 338. 
Or vous metez du fout en la mole manaie. 
Roman de Berle, p. 8l. 

jMAXBOR, s. ni., mainbour, tutelle, 
curatelle, administration. 
Totz liom que aurîa guarda o manbob., s! 
boni Ih' en demandava re, deu en essercreut, 
del nioble, per son sagrament. 

Charte de Monferrand, de 12^0. 
Tout homme qui aurait garde ou administration, 
si on lui en demandait quelque cliose , doit en être 
cru, quant au mobilier, par son serment. 
ANC. FR. Nos effans estans avec nous en nostre 
mainbournie . 

Ord. des R. de Fr., i3o8, t. I , p. 459. 

MANC, odj., lat. vik-scus , imparfait, 
qui manque, manchot. 

"Vielha rica ten per makca, 
Quant a poder, e non dona. 

P. Vidal : Car' amigua. 
Une vieille riche je tiens pour imparfaite, quand 
elle a pouvoir, et ne dounc pas. 
Stibstantiv. Tal m' avelz tornatz, qu'a hicba 
No III defendria d'un manc. 

Gin AID de BoRNEIL : Quan la. 
\'mi'. m'avez reiulu tel, qu'à la lullc je ne mcdè- 
liiiilrais pas d'un mnnrlinl. 



MAN 



143 



A>(:. I II. Micx vodroic estre d'un j)ié /wartt- 
Que vos mesface tant ne qant. 

Roman du Renart, t. I , p. 60. 
Cesîe ardeur et allégresse d'esprit qui natu- 
rellement excite les poètes, et sans laquelle 
toute doctrine leur seroit manque et inutile. 
OEtivres de Du Ueltnj , fol. 2^. 
11 sera trouvé manque et imparfait. 

Du Bartas , |). 344. 
CAT. E.sp. PORT. iT. Manco. 

■x. Mancamen , s. ni., manquement, 
faute. 
Piirament se confesso sencza alciin manca- 

MBNT. 

JLa nobla Leiczon- 
Simplement se confessent sans aucuu manquement. 
CAT. Mancament. esp. Mancamiento. it. Man- 
camento. 

>. Mancar, manquar, V., manquer, 
faire défaut. 

Ja no cng traspas ni manc. 

Gavaudan le Vieux : Palz passion. 
Je ne pense pas que jamais il trépasse ni manque. 
Non li MAMCARA Tcn per null temps. 

Poème de S. Trophime. 
ISe lui manquera rien par nul temps. 
Part, pas. L'aiga lor es manquada. 

Chronique des Albigeois, col. 2O. 
L'eau leur est manquée. 
CAT. ANC ESP. Mancar. it. Mancare. 

■-lANDIBULA, a.f., lat. mandibui.a , 
mandibule, mâchoire. 
ISestia ah dens en cascuiia mandibola. 
Elue, de las propr. , fol. 254. 
Bête avec dents en chaque mandibule. 
La continnalio de la mandibula. 

Las MAND1BUI.AS. 

Trad. d'Albucasis, fol. 3 et 14. 
La continuation de la mandibule. 
Les mandibules. 
ESP. PORT. Mandibiila. 

'lANDRAGORA , s./., lat. mandua- 

coRA, mandragore. 

M\M)RAr.oRA fay dormir. 

Brev. d'antor, fol. .O. 
La nianilriif>nre fait dormir. 



i44 



MAN 



Trobo, en loc reseot, mandragora. 

Elue, de las propr., fol. 25o. 
Trouvent, en lieu caché, mandragore. 
CAT. ESP. PORT. Mandragora. it. Mandragola. 

2. Mandragori, adj., de mandragore. 

Oli MANDRAGORI. 

Elue, de las propr., fol. 216. 
Huile de mandragore. 

MANDURCAR , mardukg.^r , v. , jouer 
de la mandore. 
Sislolar 

E MAKDURCAR. 

GiBAL'DDE Calanson : Fadet jogkr. 
Jouer du sistre et Jouer de la mandore. 

Un autre Ms. porte mardurgar. 

La mandore s'appelle en cat. et en 
F.sp. bandurria, en port, bandurra, en 
IT. mandola. 

MANES, adi>., promptement, sur-le- 
champ, soudain. 
Aqni r an mânes mort en un saLlo. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 82. 
L'ont tue' )à soudain sur une grève. 

ANC. FR. Quant Honoreit estoit escherniz de 
ces paroles, manès el convive défalit aiguë 
et service. 
Trad. des Dialogues de S. Grégoire, Ilist. lilt. , 

t. XIII, p. 10. 
Le poing li fait voler inaneis. 
Geoffroi Gaimar. Jrclt. hrit., t. XYII, p. 97. 

SI. Demanes, rt^c, incontinent, à l'in- 
stant, soudainement. 

Mant colp ferir demanes. 

Bertrand de Born : Gucrra e trcbalh. 
Frapper maint coup incontinent. 
Lo portel obri demanes. 
R. Vidal de Bezaudln : Unas novas. 
Ouvrit soudainement le guichet. 
ANC. FR. Ki près forent, vindrent demaneis. 
Pionian de Rou, v. Sy/^O. 
Lors s'en îssi tout demanois. 

Fal/l. et cont. une., I. III, p. i'.\. 

3. Amanoir , 7)., être prompt, s'em- 
presser. 

Part. pas. A'oill c' cm s' egaill 

Do j)roessa , que non iresaill , 



MAN 

E que n'estia amanoiz 
Aissi cum s' era'l temps erbutz. 
Mabcabrus : Al prim Comens. 
Je veux qu'on s'égalise de prouesse, qu'elle ne 
passe pas outre, et qu'on en soit empressé ainsi 
comme si c'était le temps herbu. 
CAT. Amanir. 

/|. Amanavir, v., être prompt, s'em- 
presser. 
Part. pas. leu Ihi respondic amanavxtz. 

Roman de Gérard de Piossillon, fol. 69. 
Je lui répondis empressé. 
A?fc. F.i. Maintenant l'ait saisi. 

Et de joster fut bien atnanevis. 
Roman de Gérard de Vienne, v. .820. 
Qui d'armes sont amenevi. 
Roman du châtelain de Coucjr, v. 684- 

MANESCAL, manescalc, .y. m., maré- 
chal. 
Voyez Denina, t. III, p. 49 ^t 17/1; 
Leibnitz, Coll. étym. , p. 62; et J. 
LipsE, Epist. ad Belg., 44- 
Fuy MANESCAI.C de cavalhs. 

Raimond d'Avignon : Sirvens suy. 
.Te fus maréchal de chevaux. 

Serablet manescai, en forja. 

Roman de Blandin de Cornouailles. 
ResseinW.n ,t maréchal en forge. 
CAT. Esr. Mariscal. it. Maniscallo. 

MANEIRA , majVieira , maniera , ma- 

nera, s.f., goth. MANER , manière, 

sorte, forme, façon. 

Voyez Muratori , Dis.s. 33 ; Mayans , 

Orig. de la Lettg. esp., t. II, p. 224 ; 

el Aldrete, p. 362. 

L' esser e la maneira 
Dels avols e dels pros. 

Abnaud de Marueil : Rar.oses. 
L'être et la manière des lâches et des preux. 
D'aqoest dreg naisson doas manieiras d'amor. 
Bref, d'amor, fol. 4- 
De ce droit naissent deux sortes d'amour. 
Lo::. No us serai, per mon grat, 
Pro femna de maneira. 

G. RiQDiER : A Sant Pos. 
Je ne vous serai pas, de mon gré, prude-icmmc 
de (bonne) manière. 
Àd:'. camp. F.nueia m dp. fort maneira 



\ 



MAN 

Uom volpillis qoe porta haneyni. 
Le MOINE DE MoxTABDON : Mot m' t-nuoia. 
M'ennuie deforte muniire homme lùche <jui portfi 
bannière. 

En tal manera que cascun pague. 

Petit Thalamus de ]\fon1pellier, p. \^'\. 1 

De telle manière rjue cliacuu l'nye- 

No faire re oi,TnA maneira folaraent. 

Trad. de B'cde , fol. 78. 

!Vp faire wen outre façon follement . 

cat. ESP. Glanera, rnttr. Moiieira. iv. Maniera. ', 

I 
IMANGA , M.\NGDA , .MV^'CHA , JMARGA , j 

••!./., lat. MANj'cA , manche, bracolet , 
poignet. 

IMangas, cordos et orfrcs. 
Un TBOCBADOl'R ANONYME : Seinor vos fjiie. 
Manches, cordons et orfrois. 
Que portes 
Anels e marchas per s'amor. 

R. Vidal de Bezaldun : En arfue). 
Qu'il portât anneaux et bracelets pour son amour. 
Us met nn estront ben per milgrana, 
E MANGTA per lebre, lels.sa sol non glata. 
T. DE BoNNEFOY ET DE Blacas : Seiogn' En. 
Vous met bien un e'tron pour grenade , et manche \ 
•iT lièvre , seulement que la lice ne glapisse. | 

.1. MABOA del vesfîr de sant Marli. 

PlIILO.MENA. 

Une manche du vêtement de saint Martin. 

Las MARG.As de fin anr ero. ' 

f''ie de sainte Fidesd'Affen. \ 

Les poignets étaient de pur or. I 
^vc. FR. Las de soie, mance on anel. 

Roman du châtelain de Coiici, v. 6^'. ' 
N'y ot aohert , faude ne marine 

Où demonrast anel ne maille. 1 
Trad. de la Consol. de Jioece, liv. IV. CaRPEN- I 

TIEK , t. ni , col. I l/jÇ). 

c\T. Manega. esp. port. Mnnga. it. ]\lanica.\ 

2. Manoo, .V. m., manchon, foiirniro. 

Non per aver ni per mancos 
Ni per cavalbs ni per bezans. I 

O. .Adhemar : S' itu conoçrucs. 
Non pour riclicsse ni ^loar fourrures ni pnurrlie- , 
^^UI ni pour lissants. 

ANC. FR. D'ane vicr. cbape senz majoz. 1 

n. DE .SaiNte-Macre, Chron. de Norm. . M. 17^. 

i. Marcuk, v. m., manclir. 
III. 



MAIV 



145 



Aqnest MARQUES es d'evori. 

Lej-s d'amnrs, fol. 58. 
Ce manche est d'ivoire. 
Saiimoda de margues d'aissadas, .t. margce. 
Carlulaire de Montpellier, fol. 1 15. 
La cliariîo do manches de llaolics , un manche. 

MANGANEL, manguanel, mangonelh, 
.y. ///., grec f^ay/avov, mangorieau. 

Mangana, qnae proprio vulgi lj])iln vocitantnr, 
Saxa qnibns jaciunt injjentia. 

Abbon , Poème sur le Siège de Paris, liv. I , 
V. 364. 

Voyez Aldri TE , p. 9,71. 
Lo regisme de Saionic , 
.Ses peirier e ses manguanei. , 
Pogralz aver, e maa caste). 

E. Caibel : Pus cliai la. 
Vous pourriez avoir, sans pierrier et sans rnangn- 
neau , le royaumedeTliessalonique et maint château. 
Faitz li tolre elb cap, e de membre e mem- 
bre, ab los mangoneehs, gitaran lo laius a la 
ciutaf. 

Philo.mena. 
Faites-lui enlever la tête, et de membre en mem- 
bre , avec les ma«^o«('(T;/x, ils le jetteront léans eu 
la cité. 
ANC. FR. Drecier a fet meint tnangonel, 

Meint trébnchct et meint cbaable. 
Pinman du Jienart, t. III , p. 269. 
Qoî fu feniz d'une pierre de tnangonel al front. 

ViLI.EIIARDOUIN , p. l63. 

IT. Mangana, manganello. 

MANIA, .V. /., lat. maxia, manie , .sorte 
de maladie. 
Engendra mania. 
De MANIA o de frenezia. 

Elue- de las pTopr. , fol. 5l et .78. 
Engendre manie. 
De manie ou de frénésie. 

f.AT. ESP. PORT. IT. Mania, 

?.. MaNIAYC , MANIAf. , ftdj., lat. TiIAXIA- 

tmus, maniaque. 
Uezigna maniaca passio. 

Elue, de las propr. , fol. 3?-. 
Déiipno passion maniaque. 

Snbstant. Cnin vezem els maniaycs, frenetis. 
Elue, de las propr. , fol. ?.(>. 
Comme nous voyonsaux maniofjues , frén<'ti'(iir,. 
ESP. roRT. ir. Manlaco. 



î46 MÂN 

MA^NIFESTATION,^. /., lat. manifes 
TATioN^OT, manifestation. 
La MANIFESTATION dc l'execiniou r!e lej*. 

Doctrine des Vaudois. 
La manifestation de l'éxecution de loi. 
Manifestations d'esperit es donada. 

Trad. de l' Epît. de S . Paul aux Corinthiens. 
Manifestation d'esprit est donnée. 
CAT. TSlariifestacià. esp. Manifestacioti . i>ort. 
Manifestacào. it. Matiifestazione. 

1. Manifest , adj. , lat. manifestm.ï, 
manifeste, évident. 
"Voyez Denina, t. II, p. 263. 
Per tal que pus manifest fos aqnest mira- 
cle a lolz. 

Philomena. 
Pour tel que plus manifeste fui ce miracle à tous. 
Errer manifesta. 

T'. de S. Honorât. 
Erreur manifeste. 
Aquesl se apellon usnrier manifest. 

r. et Vert., fol. l3. 
Ceux-ci s'appellent usuriers manifestes . 
OAT. Manifest. esp. Manijiesto. tort. it. Ma- 
nifes to. 

.3. Manifestatiu , acJj. , manifestalif , 
propre à manifester, ])rodnctif. 
D'herbas rescostas manifestatiu. 
Forma es de inateria manifestativa. 
Lulz es de color manifestativa. 

Elue, de las propr., fol. I23, i3oet 268. 
P;o(/î<r///'d'herbes cachées. 
La forme est inanifestatife àe I.t matière. 
I,a lumière est manifes tatii>e àc la couleur. 

/,. Manifestar, V., lat, manifestar^, 
manifester, découvrir, montrer, pu- 
blier. 
Den manifestar tota la causa que lo moc a 

far lo peccat. 

V. et Vert., fol. 69. 
Doit manifester tout le motif qui le porta à faire 
le péclié. 

Car tan lien a manifestât 
De Maria la sanctetat, 

Trad. d'un Etning. apocr. 
Car il a si bien découvert la sainteté de Mario. 
Lo velli qa'avîa emblat Inr vay manifestât.. 
V. de S. Ilonnrat. 



MAN 

Le voile qu'elle avait dérobé leur va montre? 
Be manifestaras los peccatz. 

Declaratio de motas demandas. 
Tu découvriras bien tes pécliés. 

Part. pus. No pot es.ser per re celada, 
Aus fo per tôt manifestada. 
V, de S. Enlmie, fol. 26. 
Ne put être celée par rien , mais fut partoul 
publiée. 
CAT. ESP. PORT. Manifestar. tt. Manifestare. 

f). Manifestament, manifestamen, adi'., 
manifestement, évidemment. 
Cant viro manifestament aqnest miracle. 

Puir.OJIENA. 

Quand ils virf-ni manifestement ce miracle. 
Si cnin o podelz veire manifestamen. 

Li\'. de Sydrac, fol. 48. 
Ainsi comme vous pouvez le voir manifestement • 
CAT. Manifestament. esp. Mattifiestamente, 
port. it. Manifestamente. 

MANJAR, V., lat. manc/mcarc, manger, 
dévorer, ronger. 

Fes lo MANJAR a sa molher eu semlilan qii'el 
ne MANJES. 

V. de Guillaume de Cabestaing. 
Le (it manger à sa femme en simulant qu'il en 
mangeât, 

Los us fai raiislir, e 'Is autres fai bulLir, sr- 
gon aisso que illi so bo a manjar. 

Lii'. de Sydrac, fol. [y. 
îycs uns fait rôlir, et les autres fut bouillir, selon 
ce qu'ils sont bons à manger. 

Fii^-. Senbors de terra qni fan qiiistas e tontas e 
mî'.las accios, et cscorgon e ranhon e man- 

,iON luis bornes. 

V. et Vert., fol. l5. 
Seigneurs de la terre qui font quesles et toiles 
et méchaules aclions , et écorcbent et dérobent et dé- 
vorent leurs lionimes. 

Car autranien liom sa mort manjaria , 
Qni '1 sagramen fei'mamen non creiria. 

Matfre EnMESGAUD, Epît. à sa sœur. 
Carautrcmcul l'homme mangerait sa mort, qui le 
sacrement fermement ne croirait. 
Subst. Que jamais autre manjars... no '1 tolria . 
la sabor de la boca. 

V. de Guillaume deCabestaing. 
Que jamais autre mrtnge;'... ne lui ôterait la sa- 
veur de la bouche. 

ASC. FR. Puisque ele ont mangied e bend. 
^■/nc. trad. des I.if. îles tiois, fol. 2. 



MA.N 

Keles ile.si)utisscs, biiins celliers, 
E buus boivri-s è liiins meingitrs. 

Marie de I'kanck , i. II , p. 91. 
CAT. Metijur. ESP. PiiUT. Manjar. it. Mangiare. 

i. Maxjairf., manjador , S. 7Ji., lat. man- 
ducKTOK , mangeur. 

Es rudes e gruns manjaires. 

Lir. de SjJrnc, lui. 127. 
lisl iiuli" cl grand mangeur. 

Li HAKJAOUR erao .v. iiiilia liouies. 

ï'/w</. (/(/ N.-Test., S. l\lAnc , cil. 6. 
les ntiingeiirs éijieutçinq mille hommes. 

Ac i MA^fJADOR.S 

Entoru .v. iiiilLiers d'ornes graiis, 
Estiers feninas e paucs efans. 

Brev. d'atnor, fol. iS"]. 
11 y eut de mangeurs environ cinq mille hommes 
..laiids (faits), outre les femmes elles petits enfants. 
tiAT. Menjador. xt. Mangiatore. 

3. Man-ta.aif.x , s. m., mandiication , ac- 
tion (lemant^er, consommation. 

Fenberan del manjamew. 

Brei>. d'amor, fol. i3o. 
Feindront de la manditcalion. 
Una quartairada de terra qu'en podon re- 
teiier per ort e per manjamen. 

CiirliiUiire du Bugue , fui. 2;^. 
Une quartonnce de terre qu'ils en peuvent retenir 
pour jardin et pour consommation . 
r\T. Menjament. iï. ^langiainento. 

4. Manjadoira, s. f., mangeoire, ange. 
Aqni ant non es boas , es voida la manja- 

KOIRA. 

Trad. deBède, fol. 54. 
r,à 011 n'est pas Lœuf , !a mnngeoire est vide. 

( Kl. Menjadora, roRT. Manjadoura. it. Man- 
giatoia. 

5. jMANJAD0R,MANGADOR,flcÇ^'., mangeable. 

JMelh crevsho frug/ manjauor. 
Ile MANJADoR no era aparelhat. 

Elue, de las propr. , fol. C97 et 127. 
Mieux croissent les fruits mnngcables. 
Kicn de mangeable n'était apprêté. 
Si alcos revciideyre compra, dins la vila, 
rausa manoauoyra. 

Forde.Monlcuc. Ord. des 7Î. de Fr., 1463, 
t. XVI, p. |35. 
.'^i .-lucun revendeur acliclc , dans la ville, chose 
. angcable. 



(i. Manuachura, A. /., droit de nourri- 
Itirc, de subsistance, mangerie. 
Esters las mandachuras qne so del abat. 

Tu. du xilli^ siècle. j4rch. du Roy., J. 3o4. 
Excepte' les mangeries qui sont del'abLé. 

7. Remanjar, v., remanger, manger de 
nouveau, ruminer. 

Lor viaiida devoro ses inaschar, e la voiuego 
ajnes luanjar, et la reman.to. 

Elue, de las propr., fol. 203. 

De'vorent leur nourriture sans mâcher, et la vo- 
missent après le manger, et la ruminent. 

8. Manjuiar , V. , manger, mâcher, 
ronger. 

El te dira : Manjuia e ben. 
Fig, Eveia man.iuia lo cors d'ome atressi coma 
pestilentia. 

Trad. de Bède, fol. 3;^. 
11 te dira : Mange et bois. 

Envie ronge le corps d'homme pareillement com- 
me épidémie. 

MANNxY, MANA, S. f., lat. manna, manne. 

Detz als lllhs d' Israël 
Lach e bresca, manha e mel. 

Pierre d'Auvergne : Dieus vera. 
Vous donnâtes aux fils d'Israël lait et gaufre , 
manne et miel. 

La MANKA qu'es dossa , en qne cascus , que 
ne uianjava, trobava aquella sabor et aquella 
dossor que desirava. 

F. et Vert., fol. 73. 
La manne qui est douce, en ijuoi chacun, qui 
en mangeait, trouvait celte saveur et cette douceur 
qu'il désirait. 
Fig. Mal m'es dolz e saborius, 

E '1 pauc ben , mana dou inî pais. 

GiiLLAiME DE Cabestaing : Ar vev. 
Mal m'est doux et savoureu.\ , elle peude'Lien, 
wc;nne dont je me repais. s 

Es ben paisiitz de manna , 
Qui de s'amor ren guazanlia. 

G. Rldel : Quan lo rius. 
Est bien repu de manne, qui gajjne quelque cliosc 
de son amour. 
«AT. Manna. est. Mana. iort. it. Manna. 

MANSION, MANCIO, 5./, lut. IMANSIO- 

aem, séjour, station, pause, demeure. 

A cls venreiu, et ab els farein imansion. 

Frag. de trad. de la Passion. 
.\ eux nous viendrons, et avec eux nous ferons ^(yc;*/-. 



i48 



MAN 



La tientena mancio on estero , qnari foro 
paititz de Egypte. 

Elue, de las propr., loi. l6o. 
La trentième station où ils se reposèrent , quand 
ils furent partis d'Egypte. 

ANC. FR. Lur tluna terres e inansiuns. , 

Pioman de Hou, v. 6122. 
Et de faire les hériter 
Eu ta joieiise mancioii. 

Jeu AN DE Meung , Très., v. 768. 
Mais s'en alla droict en sa mansion. 

Faiti-eu , p. io3. 
CAT. Mansiô. esp. Mansion. tort. Mansào. it. 
]\Iansione. 

2. M.^s, S. m., mas, maison, habitation. 

Vinhas e pratz e terras e iaors , 
Ficus e alo.s, mas e casteis e lurs. 

P. Cardinal : Ges no m suy. 
Vignes et prés et terres et cbamps labourables , 
fiefs et alleus , mas et châleauK et tours. 
Nul temps no gazanhei castel , 
Borda ni mas. 

R. Gaucelm de Beziers; A penas vauc. 
En nul temps je ne gagnai cliâleau, métairie ni 
mas. 
ANC. FR. Jamais n'enterrai en son inez. 

Fabl. et cont. anc.j t. I, p. SjS. 
CAT. Mas. 

3. CaMPMAS , CAPMAS, CAMMAS , i\ ttl . , 

bass. lat. CAMPMAsùiw, campmas, ha- 
bitation principale, maison de maître. 

Sion mas o camtmas o bordarlas. 
TU. de 1275. Bibl. du R.,/. de D. Villevieille. 
Soient mas ou campmas ou borderies. 
Ab totz los CAMMAS e 'Is cammazils. 

2'U. de 1266. DoAT, t. VIII, fol. 196. 
Avec tous les campmas et les campméails. 

/|. Mazatgf. , s. ni. , hameau. 
Bore ni .sieutat ni mazatge. 

FoLQUET DE LiiNEL : E nom de. 
Bourg ni cité ni hameau. 

ANC. FR. Un maissaige ou tous les edilîmens 
dessus édifiez, lequel tnassaige est assis. 
Uu masage oveques les édifices. 
Caitul. de S. Fandreg, 1279 et 1293, 1. 1, p. 45. 
Du Gange, t. IV,co1, 58i. 

5. Mazetua , s.f., masure. 

Paret de la mazeria. 

Trad. de l'Epil. de S. Paul aux Ephcsicns. 
Muraille de lu vinsitie. 



MAN 

6. Maionii., s. m., ménil, habitation 
entotirée de champs. 

E '1 caslar' e '1 castelar e'is maioncls. 

Tit. de 1248. Arch. du Roy., J.323. 
Et le château et la forteresse et les /nénils. 

7. Cammazil, .y. m., campménil, le 
principal ménil. 

Ab totz los caiumase'ls cammazils. 

Tu. de i2()6. DoAT, t. VIII, fol. 196. 
Avec tous les campmas et les campmènils. 

8. Maiso, MAYSON, MAIZO, U\10 , s. f., 

I maison , demeure. 

Ara mais boscx e boisso 
No fauc paiaitz ni maizo. 

P. Vidal : De chautar m' era. 
J'aime mieux bois et buisson que je ne fais palais 
ni maison. 

S'enfug a sa maizo de santz. 

P. Cardinal : Uua cieutat. 
S'eniuit à sa maison à la course. 

Liinat... porta sa mayzo , on se clau. 

Elue, de las propr., fol. 254- 
Le limaçon... porte sa maison, où il s'enferme. 

■ — Couvent, communauté religieuse. 
A la MAiso de Moissac. 

l'itre de 1 160. 
A la maison de Moissac. 

La disceution 
Dels frayres e de la mayson. 

/^. de S. Honorât. 
La dissension des frères et de la maison. 
Morges de la dicha maio. 

Tit. de 1256. DoAT, t. CXXXIX, fol. 83. 
Moines de ladite maison. 
Fig. Ab quatr' aunas de lilat, 
Los tramet en tal maizo. 
Ont atrobon de malpro. 

P. Cardinal : Tariarassa. 
Avec quatre aunes de toile, les envoie en telle 
maison, où ils trouveut assez de mal. 

ANC. ESP. 

Mando tener à todos los de ssa majsoit 
Jeiunio triduano cou graut aflition. 

f^. de S. 3IUlan, cop. 189. 

9. Maizoneta, mayoneta, s. J] (Uni., 
maisonnette. 

Ue maizo , maizoneta. 

Lejs d'air.ors, fol. jy 
De nuiiïon , maisonnette. 



MAN 

Habitant eu ias niAYOKtTAS aiub Isaac et 
ainb Jacob. 

Trad. de l'Epit. de S. l'uni aux Heureux. 

UaLilant dans les maisonnettes avec Isaac et avec 
Jacob. 

10. Maisonament , s. ni., logement, 
bâtisse, édifice. 

Ni en palays ni eu grant maisonamekt. 
Z,o desprezi del mont. 
"Hi en l'uljis ni en grand édijice. 

1 1. ]Mai/.omer , S. m., habitant, séjour- 
nant, locataire. 

O '1 logaire de la niaizon o sos mesatges , 
per el, lo maizomer pot gilar de la niaizou 
per la propt ia e.statga del senher o del logador. 
Statuts de Montpellier, de 1204. 
Ou le loueur de la maison ou son envoyé, pour lui, 
peut mellre hors de la maison le locataire pour la 
propre re'sidence du maître ou du loueur. 
ANC. FR. Des forfaits que li borgois ou liines- 
/iiers des borgois feront envers les mesniers 
des caaoines. 

Tit. de (287. Jlisl. de Liège, p. 4o'- 

12. Ma.ner, s. r/i., manoir, demeure. 

Membre 'Ih cuui m' aiizet un ser, 

Al sieu MANER. 

GlIiAUD DE BoRNEiL : ]Sulha res. 
Qu'il lui souvienne comme elle m'assura un soir, 
au sien manoir. 

AKC. i-R. Tilles essillent et inaners, 

Mesons ardent , preneut avers. 
ITace cite par Uu Cance , t. IV, col. /joj. 

i3. I\1ai>ada, m.ayjtada , s. f., troupe j 
compagnie, société, famille, gens de 
la maison , domestique. 
Voyez MtaATORi , JDiss. 33. 

Com si pot far 
Que la bestia, que no sap parlar. 
Mi faza trobar ma maisada.' 

f^. de S. Honorât. 
CumnicDl se ptut-il faire que la bêle , (jui ne sait 
pas parler, me lasse trouver ma compagnie ? 

l'on gran brcga entre la mayîîada dels car- j 
(lenals. I 

Carlulaire de Montpellier, fol. 7G. j 

1- ut grande dispute parmi la société Ae^ cardinaux. 
A tuta sa maiî<aua les tohe los cabels e a se 
ineleis. 

A'. <lc Pierre ^idal. Var. 



MAN 



149 



A fout son doineslii/ue il fit couper les cheveu.x cL 
a lui-même. 

Lo.s pâmes son maynada petila de Dieu. 

Coiua lur.s mainadas e lurs oflicials se por- 
toii en lurs oflicis. 

y. et rert., fol. 74 et 70. 

Les pauvres sont la petiteya/»j7/e de Dieu. 

Comment leurs gens et leurs officiers se compor- 
tent dans leurs olTices. 

l'roverb. Tal senhor, ta! maynada. 

A^. et Ferl., loi. 97. 
Tel seigneur, tel domestique. 

ANC. FR. Voyant trop grièvement chargée 
Sa maison de trop de inaignéc, 
Mist sa fille en religion. 

Rémi Belleau , t. II, p. iSa. 
F,t point n'auras 
ToDsjours d'enfans grande maignie 
Autour de îoy, pour compagnie. 
A.MVOT, Trad. de Plutarr/ue, Morales, t. IV, p. 255. 
Pour l'honneur du roy et des seigneurs de 
la mesgiiie du roy de France, il consentit a 
donner sa lllle à monseigneur de Orléans. 

MOKSTRELET , t. I , fol. 66'. 

Je cognois toute la mesgnie 
De léans; quelle compagnie! 

Cl. Marot , t. IV, p. i83. 
S'en alla, à privée mesgnie , ou chastel de 
Marcoussy. 

MONSTRELET , t. I , loi. 144- 

ANC. CAT. Masnada. cat. mod. Mainada. Esr. 
roRT. Manada. it. Masnada. 

14. MaINADER, MAINADIER, S. m., clicf 

de famille. 
Voyez MuRATORi , Diss. 35. 
Tug li MAINADER e totas las liiaiuiadcras 
que venran en la vila de iMoutalba. 

Tit. de 1194. DoAT, l. LXXXVII, fol. 6. 
Tous les chefs de famille et toutes les familles 
qui viendront dans la ville de Montauban. 

— Chef de troupe, de mercenaires. 

Aissi quo'l MAINADIER 

Que s gieta a bando 
Per faire sa preso. 

Albeuï de Sisteron : Ab son yuay. 
Ainsi comme le chef de mercenaires qui se jetlt- 
sans réserve pour faire sa prise. 

Ksr. Manadero. 
i5. MAiNiADEKA, i.y;, famille. 



5o 



MAN 



Totas las mainiaueras que venran ea la 
vila de Moatalba. 

Tu. de 1 19^. DoAT, t. LXXXVIl, fol. 6. 

Toutes \es,J'amiltes qui viendront dans la ville de 
MonlauLan. 

î6. Maisnamen, i. m., accueil, bonne 
réception. 

Fassam Le e maisnamen aïs privaz de nos- 
Ira fe. 

Tvad. de Bède, fol. 79. 
Faisons bien et accueil aux. amis de notiC loi. 

17. Masso, .V. m., maçon. 

Totz aqueis del mestier de massos. 

Tit. de 1267. Arch. du Roy., 3. 3o3. 
Tous ceux du métier de maçons. 

18. M.4^NEcs, adj. , séjournant, arrêté, 
fixe , attaché. 

C Aruaut de.satu lieis on es form manecs. 
A. Daniel : Amoisejoi. 
Qu'Arnaud cesse d'aimer celle où il est l'erme- 
nient attaché. 

if). Manent, manen, adj., riche, puis- 
sant. 

Selh qu' avia d' aver tan 

Fon oaitius , e '1 panbres, manens. 

Pons de Capdueil : En honor. 
Celui qui avait tant de richesse l'ut cbe'lif , et le 
]iauvre , riche. 

Fig. Et l'eu , luayre lassa , dulenta , 
Era adoncs de dol manenta. 

Passio de Maria. 
Et moi , mère mallieureuse , souflVante , j'étais 
alors de douleur riche. 

Sitbstant'w. Gain pogues mi dons défendre 
Dels MANENS lualvalz 
Pierre de Bussjgnac : Siwentes. 
Conimenl je pusse défendre ma dame des mauvais 
riclies. 
ESP. Manente. 

'J.O. Manentia, s./., richesse, fortune, 
possession. 

l'retz mais tota via 
Honor e pretz qu' aunida manentia. 

B. Arnatjd de Montcuc : Ancmais. 
Je prise davantage eu tout temps honneur et mé- 
rite que richesse honnie. 

Donci li loi e uiolln e autra manentia. 
Un TROunADOuiî anojnyme : Sordel dis mal. 
.I'.- lui donnai foulon cl moulin cl autre possession. 



MAN 

Mas si aquisl enfant de royal manentia 
Moron. 

f^. de S. Honorât. 
Mais si ces enfants de royale/brtune meurent. 
ANC. KK. Or et argent et riche manantie. 

Roman d'Agolant. Berker, p. 169. 

21. Esmanentir , V. , s'enrichir, faire 
fortune. 

Par ueguna. maneira vos esmanentiretz. 

Guillaume de Tudela. 
En nulle manière vous (jiii) ferez fortune . 

7.2. Permanencia, .y. /I , permanence, 
continuité. 

En son esser et permanencia. 
Ha perpétuai I'ermakencia. 

Elue, de las propr., fol. 2 cl 1 15. 
En son être et permanence. 
A perpétuelle continuité. 
CAï. ESP. PORT. Permanencia, 

23. Pekmanensa, s.f., permanence. 
No sias leugers en amistat, e relen ades lo 
liam de permanensa. 

Trad. de Bède, fol. ^5. 
Ne sois léger en amitié , et conserve incessamment 
le lien de permanence ■ 
iT. Perinanenza. 

2/4. Permanen, adj., lat. permanen*^, 
permanent. 

Aquels Les nobles e plus purs , permanens 
eternaliiiens. 

F. et Verl., fol. 35. 
Ces Liens nobles et plus purs , permanents éter- 
nellement. 

Permanens en la le. 

Tit. de i333. DoAT, t. XLIII, fol. 33. 
Permanent dans la foi. 
€AT. Permanent, esï. port. it. Permanente. 

•1^. Peumansiu , adj., durable, im- 
muable , propre à la durée. 
Es eternalmen permansiva. 

Elue, de las propr., fol. a3. 
Est éleruellemenl immuable. 

26. Remanensa, s.f., séjour, demeure. 

S' el vlalz vos agensa , 

O si us platz la rejianensa. 

Blacas : En cbanlaD. 
Si le voyage vous convient , ou si vous plaît le se- 



MAN 

ANC. ru. S'aiicnn veau».., ilenioicr iqiii fian- 
^'beoii'ni, il paiera... deux sols toniois por 
.sa remanence. 
PÉRARi) , Pilces pour l'ilist. de Bourg., p. 56 |. 

ANC. iT. Riinaiienza. 

i-j. Rem.azilha, s. f., reste, relief, dé- 
bris. 

Qnar \in d" autrui rem.vzci.ha. 

Bernari) de Vf-NZENAC : Lanquan. 
Car il vit du reste d'autrui. 
Las REMAziLi.As seran farbas salvas. 

Trnd. de l'Epitre de S. Paul aux V^omainf. 
Les débris seront faits saufs. 

28. ReMANER,REMAI:«ER, REMANDRK, RO- 

M.\NRE, -y.jlat. REMANERE, demeurer, 
rester. 

Pot REMANER en la villa coma autre francs 
houi. 

Charte de Moniferrand, de 1248. 

Peut f/emfi/rer dans la ville comme autre bomme 
franc. 

I." U.S lu' cncaassa , l'antre m f.ii remaner. 

Arnavd de Marueii. : Si m dcslreiilietz. 
L'un me cbasse, l'autre me fait rester. 
V& d'els 110 i pot REMANDRE Di DO i cs rciiia- 
zatz. 

Guillaume de Ti'dela. 
L'un d'eux n'j- peut rester ni u'y est reste'.. 
No vole ROMANRE entre la ost de K. ni la 
ciutat. 

l'HILO.MEN.i. 

Ne voulut demeurer entre l'arme'e du Gljarlcs et 
la cite'. 

Fig. Remanetz en mi, et bien remandrai en 
vos. 

Fra-^m. de triid. delà Passion. 
Demeurez en moi , et je demeurerai en vous. 
/.oc. Aissi uo sai cosselli ab que m remamha. 
Po.NS de Capdi eil : Lcials amicx. 
Ainsi je ne sais conseil avec quoi je reste. 
Deu esser creut per son sagrament, e re- 
MAKER en patz. 

Charte de Moniferrand, de 12/18. 
Doit être cru par son serment , et rester ca paix. 
Substantlv. Mas empero de tais n'i ac 

A oui lo REMAKERs non plac. 
F", de S. Enimie , fol. 3^. 
Mais pourtant il y en cul de (eh à qui le dcmeu- 
I -r lie plut pas. 



MAN 1 5 1 

— Cesser, finir, arrêter. 

Ma.s non er faitz qne fer e fust non fraingna 
E caps e bras, enans qo'el plaitz remaiona. 

AiCARTS DEL FossAT : Entre do.s. 
Mais il ne sera pas fiit qu'il ne brise fer et fût et 
têtes et bras , avant que le plaid cesse. 

Vczon que l' ivern ve e que l'esiius rem an. 

GriLLAlME DE Tl.Dl.LA 
Voient que l'Iiiver vient et que VéU- finit. 

Kespondetz nii per cal razon 
Remaiï que non avel?. clianlal ? 
T. DE V>. de Ventadour et de Peyrol.s : Pevrol> 
Rc'pondez-moi par quelle raison il leste (se trouve) 
que vous n'avez cbantc. 

Part. prés. Plu.sors remanens et de.sscndens. 
Tit. de 1278. Doat, t. IX , fol. 347. 
Plusieurs restants et descendants. 
Part. pas. 

Mon cban feni.sc ab dol et ab mallraire, 
Per tos temps mais, e '1 tenc per remazi.t. 
Bertrand de Born : .Mon cban t. 
Je finis mon cbant avec douleur et avec souf- 
france , pour tout temps désormais , et je le tiens 
poui' cessé. 

ANC. FR. La confesse reinest pîorant. 

Piomnn del conte de Poitiers, v. 6i(). 
Rois seroit de Hongrie, ne porroit remanoir. 
Eu France envolerons savoir s'il peut valoir 
Roman de Berte, p. qi. 
Subst. Cre qa' era la re:mazuda 

Del pnoig que brnjiic set ans, 
Puois no n' issic mais la sorilz. 

Gausseran de s. Leidier : Malvaza. 
Je crois que c'e'tait le terme àa \i montagne qui 
gronda sept ans, puis il n'en sortit que la souris. 
AiNc. FR. Plus n'osai ilcc remanoir. 

Roman de la Piose, v. 2q55. 
Or remarions andui cà fors , 
Encor .soit 11 orages fors. 

Fabl. et cont. nnc, t. IV, p. 260. 
ANC. CAT. Remandrer. anc. esp. Remancr. 
EST. MoD. PORT. Remanecer. vt. Rimanere. 

29. Remanen, s. m., reste, relief, sur- 
plus. 

Dregz es c' al tnrmen te Heure, 
E que t tola'l remanen. 

P. Caiidinal : Jbcsum CrisI . 
Il est juste qu'au tourment il (e livre, et qu'il 
t'ôle le reste. 

Quar Dirus a establit que bom manges so 



102 M AN 

que meslier Ibi fai , c '1 remanen laisse ad aii- 
tra vetz. 

Lif. de Sjdrac , fol. 33. 
Car Dieu a élalili qne l'iiommc mangeât ce qui lui 
fait besoin, et qu'il laisse le rw^epour une autre fois. 
ANC. FR. Et li remananz qui fu eschapés de la 
desconfituie. 

Vir.LEHARDOuiN , p. 170. 
Et le remanant se sauva par bien fnyr là où 
ils peurent le mieux. 

MoNSTRELET , t. II , fol. lOJ. 

CAT. Rémanent, esp. Rémanente . port. Rema- 
necente. it. Rimanente. 

3o. Arromaner , V., rester, demeurer. 
Pan. prés. Arromanent en fernietat. 

TU. de 1289. DoAT, t. CCXLII , fol. 67. 
Demeurant en assurance. 

MANT, adj'., maint, plusieurs. 

Mant bratz , manta lesta fraclia , 
Mant mur, manta tor desfacha, 
Mant castel forsat e conques. 

Bertrand de Born : Guerra e IrcLalli. 
3Taint hras , mainte tête brisée, Tnaint mur, 
mainte tour renversée , maint château forcé et con- 
quis. 

yldi^. comp. Oui cnoili mantas vetz los balais 
Ab qu' el mezeis se balaia. 
La comtesse de Die : Ab joi. 
On cueille maintes fois les verges avec quoi on se 
frappe soi-même. 

ANC. FR. Et neporqnant j'ai mains nnms 
Soffers et maintes raales nuis. 

Roman de la Rosej v. 35fii . 
Et maint d'antres bones gens. 

VlLLEHARDOUIN , p. 3. 

Maiz par préière del clergic 
Ki l'en eut meinte fez préié, 
E par le cunseil des baruns, 
Ki meinte fez l'en unt setnunz. 
Roman de Rou, v. 6772. 
ANC. IT. Mante fiate di senno s'infinge... 
Che mante volte perô morti vidi. 
Babberino , Duciim. d'Amore, p. i3. 

MAjNTEL, mantelh , mantell, man- 
TEU , s. m., lat. MANTELT.KW , man- 
teau. 

Mantiim Uispan! vocant quod manus tegat 
tantnni. 

Isidore, lib. XIX, c. ?4. 



MAN 

Voyez Aldrete , p. 271 et SGf) , 
May ANS, Orig. de la Lcng. esp. , t. lî, 
p. 234 et aSo. 

La una m près sotz so mantelh. 

Le COMTE DE Poitiers : En Alvernlie. 
L'une me prit sous son manteau. 

Quan viest capa sobre mantei-h. 
Bertrand de Born : Bel m' es quan. 
Quand il revêt cape sur manteau. 
E m fes escut de son rie mantelh endi. 
A. Daniel ; Los braills. 
Et me fit écu de son riche manteau violet. 
Ac IMANTEU acolat. 

Roman de Jaufre, fol. .GS. 
Eut manteau accolé. 
Fig. Nostra Dona fes son mantet.l de matre- 
moni per celar sa virginitat. 

F. et Vert., fol. 91. 
Notre Dame fit son manteau du mariage pour ce- 
ler sa virginité. 
ANC. FR. Puis a affublé un mantcl 

Vair d'escarlale taint eu graine. 
Fabl. el cont. anc, t. III, p. 3t i. 
Et seurcot et mantel de sa mit. 

J01NV11.LE, p. 33. 
Prent ung mentel d'ypocrisie. 

Roman de la Rose, v. 16142. 
ANC. CAT. Mantell. ksp. Manteo. tort. Manto. 
IT. Mantello. 

2. Manta, s.f,, mante , manteau , cou- 
verture , housse. 

Us vay dolari ab tal ayssa 

Qne no ns te pro cot ni rianta. 

B. Alahan de Nabbonne : No puesc. 
Vous va dolant avec telle hache que ne vous tient 
profit cotte ni manie. 

Manta portey mantas ves. 

Eaihiond d'Avignon : Slrvens sui. 
Manteau je portai maintes fois. 
Caval que t sia bos 
Ab cabestre, ab manta. 

EAIiMOND DE MlRAVAI- : A Dieu m. 
Cheval qui te soit bon avec chevétre , avec cou- 
verture. 
CAT. ESP. PORT. IT. Manta. 

3. Mentill , s. m., manteau, mantelet, 
mantille. 

■LO MENTILL 

C ai trayt de mon arraari. 
GuiLLAtlME DE S. Gregori : Piazo e dri'it. 
Le mantelet que j'ai tiré de mnu .irmoire. 



^JAR 

CAT. MaïueUina. esp. Mantilla , monteUina. 
POUT. HJantiîha. it. MaiiteUina. 

MAR, S. m. elf., lat. aivRe, mer. 

Voyez Leibnitz , Coll. êtjm,, p. i 20. 

El fianietin los biens ultra lu mar. 
Poerne sur Boèce. 
Il tiansniellait Ips lettres outre la mer. 
Hron passât per lo mar llog , a pe sec. 

r. et ^ert.j fol. 26. 
Etaient passés par la mer Rouge , à pied sec. 

Fig. Aqaesta m\r amara d'aqiiest mun. 

Qoe lo piiescan afangar en i'abis et en lo 

ȔAR de ifern. 

/-". el /'ert., fol. 102 et ig. 
Cette mer smère de ce monde. 
(^)u'il3 le puissent embourber dans l'abîme et dans 
la mer d'enfer. 

La gran mar 
Dels blatz en espic ondeiar. 

Lej'S d'amors, fol. !iG. 
La grande mer des blés en épi ondoyer. 

La MAR de las ystorias. 

Mcm. sur ^arbonne. Doat, t. L, fol. 3. 
\ji merdes histoires. 
I.oc. Tant es gro.ssa la mar. 

/". de S. Ilunoriit. 
Tant la /ne;' est grosse. 
El nauchier, can ve lo bel temps clar, 
Que s coch' e cor tro qu'es en anta mar. 
P. EsPAG.NOL : Entre. 
Le nocbcr, quand il voit le beau temps clair, qui 
•■ bâte et court jusqu'à ce qu'il est en liaule mer. 

En lo gran pelecli 
De la mar. 

V, de S. Honorât. 
Dans la grande plaine de la mer. 
Coma son homes de mar. 

y. et Vert., fol. 54. 
Comme sont bommes de mer. 
Passai on bralz de mar ab nio navei. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. f\?.. 
Je passai un bras de mer avec mon navire. 
La crebadara de la terra par la qoal la mars 
Itetada pas^a per mieh la terra. 

Liv. de Sj-drac, fol. ^Ç). 
L'ouverture de la terre par laquelle la mer liclée 
l'iîse par le milieu de la terre. 

■sr. pp.. Et ta le déusses savoir 

Qu'il n'a jusqu'à la mer Jlelée 
Garçon qui ne l'ait garçonée. 
Roman du Renart, t. III, v. Jog. 
■ \T. fisn. TOUT. Mar.'n. Marc. 
1(1. 



MAR 



ir^?> 



0. M.VRAGE, MARAJK, S. Itl . , plajj'C , CÔtf, 

livago. 

Lai on lo iuone.slier.s es aras el marage. 

Sus en un ptiech près del marage. 

V. de S. Honorât. 
Là où lo monastère est maintenant sur la pla^e. 
Sus en une élévation près du rivage. 
a NT. I-li. 

Des Onic vcis la mer, tôt li païz marage. 
Roman de Roii, v. l885. 
La forent as.sembié icele gent marage. 
Poème d'Ale.vandre, Carpkntikr, t. Il, col. i iGn. 

'*.. Marina , .y. /, plago, côte, rivage, 
mer. 

Tramefon espias soven a la marina. 
Vêlas an e bon vent, van s' en per la marIj, a. 
Lur pregan que las barcas tnetan a la marina . 
y. de S. Honorât. 
Envoient souvent des espions à la côte. 
Ont voiles et bon vent, s'en vont par la côte. 
Leur prient qu'ils mettent les barques à la mer. 
ANC. rr,. Des nés sunt ki ainz ainz issuz. 
Par la marine sunt cornz. 

Roman de Rou, v. ()243. 
CAT. ESP. Marina, port. Marinha. it. Marina. 

4. Mares, ad/., marin, do mer. 
Siibst. Peissos d' estanh e iluvials 

Fay mot plu.s lo.st que lo mares. 
Rreu. d'amor, fol. Sa. 
Poisson d'étang et de fleuve produit nioull plus 
tôt que le marin (celui de mer). 

5. Marcx, s. m., mare, marais, 

Quan hom las rainas aus braire 
Per lo marcx e per lo riu. 

15. Martin : Quan 1' erba. 
Quand on entend les raines coasser par le inarais 
et par le ruisseau. 

ANC. FR. Les suppliants fciissent alez pcscbier 
en un marchaiz commun. 
Le suppliant abuvroit les bœufs de .son hos- 
tel en nn tnarcliais ou lac. 

Lelt. derém. de 1410 et de ll\ii'j. Caupentier 
I. II , col. U74. 
G. Marin, maui , acij., lat. marinkj , 
marin , de mer. 
Via d' au/els maris. 

FJuc. de las propr., fol. 141. 
Vil d'oisi.aui marins. 

L' aires, segoii n:itura , 

?.0 



i54 



MAR 



Espeissat d' aiga marina, 
Plnia fai e nevolina. 

Bref, d'timor, fui. 38. 
L'air, selon nature, condense' d'eau de mer, pro- 
duit pluie el Lrouillard. 
Son bestias marinas. 

Doctrine des Vaudois. 
Sont l)éles marines. 
CAT. Mari. est. Marino. port. Marinho. n. 
]\!(irino. 

7. OuTRAMARiN , ciclj . , outre-marin , 
d'outre-mer. 

A cii.s nègres outramaris. 

Gavaudan le ViEi'X : Senlxors. 
A chiens noirs d'où Ire-mer. 

Eu li ai vist caval outramarin. 

G. Rainols d'Apt : Auzir ougei. 
Je lui ai vu cheval d'outre-mer. 
ANC. FR. 

I.à vient la grant richesce du règne tthre-marin. 

Rovian de Rnu, v. 3433. 
CAT. Ultramar, esp. port. Ultramar, ultra- 
marino. it. Oltramarino. 

8. Marinier, s. m., marinier, matelot. 

AtressI en m la ballena , 
Quant li marinier son .sus. 

Lamberti de Bonanel : Pois vei. 
Pareillement comme la baleine, quand les mari- 
niers sont dessus. 

Tant es grossa la mar 

Qne negnns mariniers non fera lo viatge 
l^. de S . Honorât. 
Tant est grosse la mer... que nul marinier ne fe- 
rait le voyage. 

Fis;. Razos e discretios son canatiers de totas 
las virtutz, e mariniers en la nau île 

1' arma. 

F. et Vert., fol. ()3. 
Raison et discre'tion sont conducteurs de toute- 
les vertus , et matelots dans le navire de l'âme. 
<:Ar. Mariner, esp. Marinera, port. Marinhero. 
ir. Mariniero, marinière. 

9. Maritim, adj., lat. maritimk,?, mn- 
ritime. 

Es terra maritima. 

Elue, de las propr., fol. 17g. 
Est terre maritime. 
TNarbona es vila maritima. 

Mém. sur Narhonnc. DoAT, t. L, fol. 3. 
!S'arl)onne est ville maritime. 



MAR 

CAi. Maritiin. usp. purt. Marilimn. it. Marit- 
timo. 

10. Maritimal, <7r(^'., maritime. 
Sus lo pays maritimal. 

Régi, des états de Prof., de i/joi . 
Sur le pays maritime. 

ri. Demergar, V., lat. DEMEKCERe, en- 
gloutir, enfoncer, abîmer. 
Part, pas.fig. Pero demergat soi. 

Lanfranc Gigala : Gloriosa. 
Pourtant je suis englouti. 

t 2. SOMERGIR , SUBMERGIR , SUBMERGER , 

V,, .soRMERGERf^ submerger, plonger, 
noyer. 

Que Jhesos lo somerga. 
Guillaume de Berguedan : Trop ai estai. 
Que Jésus le submerge. 
Part. pas. Sian submergidas am vi agre. 
Trad. d'^Jlbucasis, fol. 23. 
Soient noyées avec vinaigre. 

Fig, Nocuinent es submergit en juvainent. 
Trad. d'Albucasis, fol. 2. 
Le dommage est noyé dans le secours. 
Totas aqnestas erbas o alcnnas de lor ,siau 
SCBMERSAS en aygua en la ola. 

Trad. d'Jlbucasis, fol. 38. 
Que toutes ces herbes ou quelques-unes d'elles 
soient plongées dans l'eau dans la marmite. 
ÇAT. ESP. Suinergir. port. Stihmergir. it. Som- 
mergere. 

i3. Emerger, v., lat. émergera, émer- 
ger, .sortir, apparaître. 

Part. prés. Soven, al tuieg del an émergent, 
comensa l'an lega!. 

Es an EMERGENT quau hom compta... , co • 
meusan ad alcnn notable cas o accident. 

Elue, de las propr., fol. 122. 

Souvent , au milieu de l'an émergent, commenre 
l'an le'gal. 

C'est l'an émergent quand on compte..., commen- 
ç.int à quelque notable cas ou accident. 
ANC. CAT. Emergir. 

\[^. Enmerger , V. , lat. immergera, 
plonger, enfoncer. 
Enmergeys aquel en boder bnlbit. 

Trad. d'Albucasis, fol. 17. 
P/on^e celui-là en beurre bouilli. 



JNIAR 
MARABETI, makaboti, x. m., niara- 
védis, niarabotin. 

Si M metiat/. eu la ma, 
Per ver dir, ua maraueti, 
E per mentir, un barbari , 
Lo burbari guazuuhura. 

P. Cardinal : Tan sou valiMi. 
Si vous lui mettiez dans la main , pour dire vrai , 
un maravédis , et pour mentir, un barbarin , le bar- 
barin gagnera. 

Cum del enfan qu' ab un marabeti 
Kai boin del jjlor laîssar e départir. 

Al.MKRiDE PeglilAiN : Si cum l'arbrcs. 
Comme de l'enfant qu'avec un maravédis on fait 
cesser et départir du pleur. 

Que ill darian .ce. marabotis^ e'I reis... 
près los .ce. marabotis. 

y. de Bertrand de Boni. 
(^)u'ils lui donneraient deux cents marabotins ; 
et le roi... prit les deux cents marabotins. 

— Sorte de redevance. 

Deu en donar, per senhoria , marabeti 
d' aur per tôt temps, cad an , a Nadal. 

Tii. de 17)65. DoAT, t. CXXX, fol. 21. 
Doit en donner, pour seigneurie , un marabotin 
d'or pour toujours , cbaque an , à îNoèl. 

Ab nn marabotin d' anr que lo dit Uc... ne 
den donar et pagar cad an. 

Tit. de i2()6. DoAT, t. LXXXIX, fol. ^i. 
Avec un marabotin d'orque ledit Hugues... en 
doit donner et paver chaque anuée. 
CAT. Maravédis. Esr. Maravedi. 

3IARAGDE, maracde , maraude, me— 
raude, s. ni., lat. MARAGDK.Vj émc- 
raude. 

ris MARACDEs, qne resplan, 
Val mais que veires vertz ni grecs. 
(i. Adhemar : I3en fora. 
Fine émeraude, qui resplendit , vaut plus que 
verre vert ni jaune. 

Lo maragde naluralmens 
Restrenh los carnals movemens. 

Bre\-. d'amor, loi. [\0. 
h'émeraude naturellement restreint les mouve- 
ments cliarnels. 

En maraud' es pus gratis valors. 

Serveri de Gii'.o.nne : Manlis ricx. 
Kn cmeraadc est plus grande \aleur. 



M AH i55 

MtRAUDE, robi , salir, j^spi. 

Liv. de .•<fdrac, fol. iJy. 
Enu'r<tude, rubis, sapliir, jaspe. 
Prov. leu non die ges c' om en eslanb 
Non puesca maracde pauzar. 

P. Vidal: Abril issic. 
Je ne dis point qu'en etain on ne puisse émeraude 
enchâsser. 
iT. Smeialdo. 

■i. Maracda, s./., éiîieraiule. 

O per MARACUAS o per rnbis d'Orient. 

r. et Fert., fol. 29. 

Ou pour émeratides ou pour rubis d'Oricul. 

3. ESMERAtDA, S.f., lat. SMARAi,'0«i, 

émeraude, 

Treuta et seys esmeraudas. 

Tit. de i384- yirch. du Roj-, K. 52. 
Trente et six émeraudes. 
ANC. CAT. Esmeragda. cat. mod. esi>. tort. 
Esmeralda. 

.\IARC, s. ni., marc, sorte de poids. 
Falsa aiina ni fais marc. 

Tit. de 1265. Doat, t. Mil , loi. 142. 
Fausse aune et faux marc. 
Ar agues iea mil marcx de (îu argen. 
PiSTOLETA : Aragues. 
Maintenant eussé-je mille marcs d'argent lin. 
Aissi vos pogralz un deuler 
Adesmar contra un marc d' argen. 
J'iERKE, ROI b'Aragon : lie m plairia. 
Vous pourriez ainsi évaluer un denier en compa- 
raison d'un marc d'argent. 
Fig. De ton aver ni de tes marcs 
No sias avars ni trop lares. 

Libre de Senequa. 
De ton avoir ui de tes marcs ne sois avare ni trop 
large. 
CAT. Marc. esp. pnnx. it. Marco. 

Des troubadours ont joué sur le mot 
en faisant allusion à saint Marc. 
Qiiar, en lur corlz, fa sayns Marcx acabar 
Mais que Jhesus. 

G. .Anelieb DE Toulouse : El nom de. 
Car, dans leur tour, saint ifarc fait achever plus 
([ue Jésus. 

Molas vcs leu truep que sans Marcx 
Ajutia mais e( sans Donatz 



56 



MAR 



Que Dieus ni dreils ni amislatz. 

B. Carbonel de Marseille, Coblas triadas. 
Maintes fois je trouve que saint Marc aide plus 
et saint Donat que Dieu ni droit ni amitié. 

IVIA.RCA , MARQUA , s.f., marque, iiuli=^ 
cation. 
Voyez Dknina, t. I, p. lyo ; Leib- 
NiTz, Coll. étjin., p. 62; Ihre, Diss. 
ait., p. 229, 

Fâcha lur marca e lnr seabal en l'estanh, 
qne los consolz an avut lo patron d' arjucla 
marca e mes en l'oslal del coinun. 
Tu. de 1438. Hist. de Nîmes, t. III, pr., p. 258. 
Lear maiijue faite et leur signe sur l'étain , que 
les consuls ont eu et mis le patron de cette mair/iie 
dans l'hôtel de la commune. 

ANC. FR. Et le biaume li a trenrié 

Tros qu'en la coife del lianbeic. 
Li l)ians dévale et fait son inerc. 
Rnman de Parlonopeus , t.I[, p. iti^. 
Si qu'es coslez parent li inerc. 
B. DE Sainte-Maure , Chron. de Nor/n., iol. 67. 
CAT. ESP.roRT. Marca. 

— Droit (Je représailles. 

Eu aqael cas en lo quai sera donada mar- 
qua contra un reaime o encontra una pro- 
vensa. 

Lo rey non deii autreyar marqua contra los 
clercs ni contra las personas de la gleysa ni 
ecclesiasticas. 

L'Arbre de Batalhas, fol. 207 et 20g. 

En ce cas dans lequel sera donnc'e marque contre 
un royaume ou contre une province. 

Le roi ne doit octroyer marque contre los clercs ni 
contre les personnes de l'église ni eccle'siastiiiues. 

2. Marcha, marca, marqua, s.f., lai. 

march/a, marche, frontière d'une 

province, d'un état. 

Un bourat baron qu' era de la marca do 
Proensa. 

y^. de Pons de Capdueil. 
Vîn baron distingué qui était de la marche de Pro- 
vence. 

Castellans de Sainlonge, de la marqua de 
Peilieu. 

•'. de Renaud de Pans. 

Cliàtelani de Sainlonge , de la marche de Poitou. 
£bi>, iT, Marca, 



MAR 

— Marquisat. 

Las MARCHAS son , mas no 'Is marques, 
Bertrand deBorn : Volontiers. 
Les marquisats existent , mais non les marquis. 

ANC, Fil. 

Mult l'ont cil de ses /««rcAejcreimaetredotc. 

A sis bons des marches fist Ricbart guerréier. 

Roman deRou, v. 2033 et/j3i8. 

L'on traitast de bonner les marches entre 
les Bulgres et les Aleuians et les François aus- 
trasiens. 

Gesl. de Louis le Déb., Rec. des Hist. de Fr., 
1. VI,p. 148. 

Quand au fait du chasteau de Fronsac, c'est 
le plus fort c'nastean des marches de Guyenne. 

MONSTRELET, t. III, fol. 36. 

3. Marcar, MARQUAR, MARQUESAR , V., 

confiner, marquer, désigner. 
Voyez Muratori , Diss. 33. 
Las terras del rei de Fransa que marcavon 
ab las terras d' En Ricbart. 

f^. de Bertrand de Born- 
Les terres du roi de France qui confinaient avec 
les terres du seigneur Richard. 

Podo MARQUAR tant... Penborar ni marcar 
ni penre. 
Coût, de Moyssac, Tiu^ siècle. DoAT, t. CXXVIJ , 

fol. II et 12. 
Peuvent «(«;Y/«fr tant... Engager ni marquerai 
prendre. 

Fig. Engans los caussic e'is marca. 

Gavaudan le Vieux : Lo mes. 
Tromperie les choisit et les marque. 
Part. prés, subst. 

Dieus gart Loinbardia, 
Boloigna e Milans... 
Cuns dels sers non sia, 

E 'Is bons MARQUESANS. 

Pierre de la Caravane : D' un sirventcs. 
Dieu garde Lomhardie, Bologne et Milan... et le* 
bons confinants, qu'un d'eux ne soit esclave. 
Part. pas. No sia penhorads ni marcads ni 
destrigats. 

Tit. de i23g. DoAT, t. CXXVII, fol. 35. 
Qu'il ne soit engagé, ni tnarqué ni détourné. 

ANC. FR. La marche du roiaume de Bonrgoigne 
qui marchist ans Lombartz... Et es terres 
voisines qui aus l''rancois marchissoient . 

Chron. de Fr. , Rec. des Ilist. de Fr., t. III , p. r. 

tl 291. 



MAR 

Les Liegois murchissans à icelle seigneurie ilr 
Naiiiui'. 

MONSÏHKLET , l. II, lui. 4'- 

TA I . Esr. roRT. Marcnr. iT. Marcare. 

4. Marcaxco , oi/j., cominaiidant de 
marche. 

En lin [uih es Folchiers, lo maucanco. 
Roman de Gérard de Rossillon, loi. 2^. 
Ea uue élévation est I-'olqiiet, le commandant dr 
)n,irche. 

5. Marquks, marquis, s. m., marquis. 

Las marchas son , nias no 'Is makoues. 
Bertrand de Born : Volontiers. 
Les marquisats existent , mais non les nuin/uis. 
A la mort no s sap escn'mir 
Reis ni ooms ni ducx ni marquis. 

Pierre d'Aïvergne : Cui Lou vers. 
S. la mort ne se sait soustraire roi ui comte ui 
<luc ni man/uis. 

Reis et emperadors, 
Ducs, MARQUES c comtofs. 

GiRAlD DE Saligsac : Esparviers. 
Rois et empereurs, ducs, niitrr/iiis et comiors. 
c.AT. ESP. Marques. i'ORT. Marquez, ir. Mai'- 
chcse. 

G.Marquesa, MAKQLE7.A, s.f., marqiiisc. 
Entendia se en la marouesa, qu'era lilla 
del comte d'Urgel, 

t^. de Bertrand de Uurn. 
Mettait son aftecliou en la marquise, qui e'iait 
fille du comte d'Urgel. 

Tôt mi ])latz de mi dons, la marqueza. 
PeYROLS : Be m cujava. 
Tout me plaît de ma dame , la marquise, 
l'ig. Sobre totas a de beutat l'empier; 
Reina es de joi ses contenso... 
E marquesa de ben dir sa ra/.o. 
Gausseran de s. Lcidier : Puois fm'amors. 
Sur toutes elle a l'empire de beauté ; elle est reine 
lie joie sans contestation... et marquise pour Lien 
(lire sa raison. 

t \T. Esr. Marquesa. port. Marqueza, vr. 
Marchesa. 

'. De.marcuar, demarquar, V., démar- 
f|iier, séparer, distinguer. 
Lo dit léguât fec partir e uemarchar la dita 



MAR 



VJ-] 



da. 



Chronique des Albigeois, col. 8- 



Ledit légal fit pailageret (/ii7(>ii;iier ladite armée. 
<:at. est". ruRT. Dcinarcar. 

8. Marescar, V., marquer, faire la 
marque pour laquelle on percevait 
im droit. 
Rîarescar e tersar. 

Tit. de 1490. Itordeaiij-, l'iibl. Monteil. 
Marquer et tiurcer. 

MARGUAlllïA, MARGAKIDA, S./., Ult. 

3IARGARITA, perlo , marguerite. 
Si engendre marguaritas, o ])erlas. 

Ëluc. de las propr., loi. liJG. 
S'engendrent marguerites, ou perles. 
De peiras preciosas e de margaridas. 

Trad. de L'yJpocaljpse de S. Jean, ch. 17. 
De pierres pre'cieuses et de perles. 
ANC. <;at. ESP. PORT. iT. Marguriia. 

MARGE, s. m., lai. uAKGÙirjn, marge, 
bord. 

Declarar lo test els marges dels libres. 
Cat. dels apost. de huma, loi. l5ti. 
Expliquer le texte aux marges des livres. 
Frop del marge de la palpcbra. 

Trad. d'Allnuasis, fol. 16. 
Pièiihi bordàe la paupière. 
CAT Marge. i:sp. Margen. port. Margcin.iv. 
Margine. 

X. Margua , s. m., marge, bord. 
Sia de subtils marguas. 

Trad.d'Jlbucasis, fol. 11. 
Soit de bords délitais. 

MARGERIT , *. /«., renégat, apostat, 
parjure. 

Non sni margeritz, 
Ans es tan ferma ma Icis 
Que, s' anc jorn fui rccrczeus, 
Ara m' en sui rcprcndens. 

Bertrand de Born : S'abrils. 
Je ne suis point apostat, au contraire , tant e^l 
ferme ma loi ([ue, si jamais je fus fatigué, mainte- 
nant je suis m'en reprenant. 

MARIDAR , V., lat. mariïar^, marier. 
accoiq)lor. 
Mais ccn piuzcllas vos ai vist marihar 
A coms , marques, a baros d'aut a(ar. 
RA.MUAt'D DE VA'iVEinAS : Honralz marque». 



i58 



MAR 



Plus Je ceiil [lucelles je vous al vu marier à com- 
tes, marquis, à barons de liaute condition. 
Subst. Que 'l filha c' an de coiuayre 
Fan liir nepta al maridar. 

B. CarboneL: Tans ricx. 
Vu que la fille qu'ils ont de commère ils (en) lont 
leur nièce au marier. 

l'art, pas. Adnlteris, es caat liornz es niolhe- 
latz o feinna maridada, o ambidoy o so, 
e f'aiso lor niarialge. 

Liv. de Sydrac, fol. i3o. 
Adultère, c'est quand l'iiomrae est épousé ou la 
femme est mariée, ou tous deux, le sont, et qu'ils 
faussent leur mariage. 

ANC. FR.Etainsy seroit-il d'ua homme mariet. 

Charte de F'alenciennes , lli4, P- 4'-^- 
ANC. CAT. Esr. Maridar. it. JSlaridare. 

•X. Maridamen , s. m. , mariage. 
En son maridamen. 

Ta. de i32i. DoAT , t. XXXIX, fol. i. 
A son mariage. 

Al vostre maridamen... 
Reynas e donas gentils... 
Desirava yeu ajoslar. 

Fragment de la V. de S. Georges. 
A votre mariage... reines et dames gentilles... 
je désirais réunir. 
ANC. FR. 

Je vons querons aussi ung bi;iu mariemeiit. 
Poème de Hugues Capel, fol. lo. 
IT. Maritainento. 

3. Maridatge, mariatgf. , v. m., ma- 
riage. 
Chapten te d'estrain maridatge. 

Trad. de B'ede, fol. i . 
Abstiens-toi d'étrange mariage. 
Falso lor mariatge. 

Gant houi jalz ab f'euma , cant a honestedat 
de MARIATGE, houi fai gran peccat, car ab sa 
luolher pot hom peccar, 

Liv. de Sj-drac, fol. 3o et l3o. 
Faussent leur mariage. 

Quand on gît avec femme , quand il y a lionnélelé 
de mariage , on fait grand péclié , car avec sa femme 
on peut pécher. 

CAT. Maridatge. np. Maridage. ir. Marhag- 
gio. 

/(. MaRIT, MAUIUT, ,V. 1)1., lat. MARlTKi- , 

mari, homme marié. 



MAR 

Sapchatz gran talen n'aiiria 

Que us teugues en loc del marrit. 

La comtesse de Die : Estai ai en. 
Sachez que j'en aurais grand désir que je vous 
tinsse en place du mari. 

Luenh es lo casteihs e la tors 
Ont elha jay e son maritz. 

G. RuDEL : Pro ai del. 
Loin est le château et la tour où elle gît et son mari, 

ANC. l'R. 

Que pour tele aventure me donnassent marit. 

Pioman de Berle, p. 77. 
CAT. Mark. esp. port. Marido. it. Marito. 

5. MaTRIMONI , MATRF.MONI, i. JH. , lai. 

MATRiMONiM/«j mariage. 
Non son liatz de matkemoni ni an fag volz, 
El sagranienl de matremoni. 

A', et Fert., fol. 18 et 5. 
Ne sont liés par le mariage ni n'ont fait vœux. 
Le sacrement de mariage. 
D' afar de matrimoni , per cal cansa 'l démens, 
Qn'omz no s puesca salvar fils e filhas avens. 
IzARN : Diguas me tu. 
D'affaire de mariage, pour quelle cause il ment, 
de sorte qu'on ne se puisse sauver fils et filles ayant. 

CAT. Matrimoni. esp. port. it. Matrimonio. 

6. Matrimonial, adj., lat. matrimo- 
NiAL/.y, matrimonial. 

Per matrimonial remembrance. 

Elue, de tas propr., fol. 17. 
Pour commémoration matrimoniale. 
De hetad matrimonial. 

Tit. de 1266. DoAT, t. Vni, fol. i3. 
D'âge matrimonial. 

CATEM'. ror.T. Matrimonial, it. Matrimoniale. 

7. Matrimonialmen,. «r/c. , matrimo- 
nialement, dans le mariage. 

En la terra sia , 
La cal poscezis justameu, 
Estan matrimonialmen. 

Brei>. d'amor, fol. 225. 
Dans la terre sienne, laquelle il possède juslenlenl, 
étant dans le mariage. 
ESP. IT. Matrimoiiiahnente. 



8. Amaridar, V., marier, 
Panras tozas amaridar. 

Marier pauvres filles. 



X'T Conjessio. 



MAI! 

€). Rf.maridar , V., remarier. 

Si se REMARIDA. 

Fors de fleur», p. lo8(). 
S"il se remarie. 

MARME, MARRUF, S. m., lat. marmo/e///, 
marbre. 
ÎNIarme blnnc, can polverat es. 

Deiides de Pradks, Âiiz. cass. 
Marbre blanc , cjuauil il est pulvérisé. 
Colompnas de marme pezans. 

V. de S. Honorai. 
Colonnes de marbie pesantes. 
A net a las fenestras de fi marbre obrat. 
Roman de Fierabnis , v. 2140. 
Alla aux fenêtres de pur marbre ouvragé. 

cvT. Marbre. Esp. Mtirmol. port. Marmore. 
ir. Marmo. 

1. Mariîrix, adj,, de marbre. 
Devalet o poiet als gra.s inARnais. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. ^^!^. 
Descendit ou monta aux. degrés de marbre. 
ANC. vR. Hanlles tours marbrines, desquelles 
tout le circait étoit orné. 

Rabelais, liv. IV, ch. 2. 
A la fenestre inarbrine. 
Là s'apoia la mescine. 

Fabl. et cent, anc, t. F, p. 38j. 
On leur a establl deux statues marbrines. 
Cl. Marot, t. III, p. i5. 

MARRIR , MARiR, V., lat. moercrc, at- 
trister, affliger, chagriner. 
On lit dans les Cnpitulaires de 
Charles-le-Chauve , an 85G, lit. XVI, 
ch. i3 : 

Suis fidelibas ali(jnod damnuiu aut aliquairi 
MAaRiT(o«e/« non faoiat. 

BaLLZ., Cap. reg. franc, t. II, col. '6'.\. 
Qq' el se pogues ja tener 
Que dois e plors no '1 marris. 

T. DE G.'DE LA TOLR ET DE SoRDEL : Usattlicx. 

Qu'il se pût jamais tenir que douleur et pleur ne 
Vaffligeât. 

Ornes entre las gens 
Que s sabon be, qnan ren perdon, marrir, 
E del gadaing no s sabon esbaudir. 

Cadenet : Meraveill me. 
I lommcs entre les gens qui savent Lien , quand ik 
i.lcnl quelque chose , %' attrister, i.t du profit ne se 
• ni réjouir. 



MAR 



"•% 



Icu sui siens, sitôt luî guerrey, 
O si '1 play, o si s'en marris. 

Arnai'd de Marueil : Gui que. 
.le suis sien, quoiqu'elle me persécute, ou s'il lui 
plaît , ou si elle s'en ajjlige. 

S' a vos platz los miens cais precs auzir, 
.Tauiais de joi entier no m cal marrir. 

P. GuiLLEM : Ai; Vergena. 
S'il vous plaît ouïr les miennes prières elières ,. 
jamais de joie coniplole il ne mo faut chagriner. 

— S'égarer, s'abuser, se tnéprendrc. 
Hoiu non pot anar ses charitat , mas marrir 

Trad. de Bide, fol. 21 ). 
L'iiomme ne peut aller sans charité, mais s'égarer . 
Part. pas. iVo sai qtioras mais vos veirai 
Pus m'en vau iratz e marritz. 
B. DE Ventadour : Pel dois chant. 
.Te ne sais quand désormais je vous verrai , puis- 
que je m'en vais fâché et ajfligé. ■ 
Qui la gen marripa 
Tlest e pays , e los ajuda. 

P. Cardiinal : .Thcsum Crist. 
Qui revêt et noarrit la gent affligée, elles aide. 
Si/bst. 111 marritz e li consiros 
Kn tornon alegr' e joios. 

G. Adhemar : L'aiga inieia. 
Les attristés et les mélancoliques en deviennent 
gais et joyeux. 

— fléchant , hideux , maudit. 

Complet com follet marrit 
Emportavan son esperit. 
DcsIIn ret lo pros om del diable marrit. 
f^. de S. Honorai. 
liaconta comment follets hideux emportaient son 
âme. 

Délivra le brave homme du diable Iiideu.v. 
Stibst. Li sant son esbait 

Gant vifon lo marrit. 

F. de S. Honorât. 
Les saints sont ébahis quand ils virent le maudit. 
ANC. FR. Qui tantes foiz m'a decéu 

Par son engin et fait marrir. 
Moult corociez et moult mariz. 
Roman.du Rennrt, t. H , p. 3^oct t. III , p. 20S. 
Bêle très douce chièie amie. 
Pour Dieu , ne vous mûrissiez mie. 

Fabl. et conl. anc, t. III , p. lyB. 
ANC. i;sr. 

Masdexanlns m\eidas en briales è en camisai 
Pnema del Cid, v. 2760 



i6o MAR 

ANC. iT. Ceito maniti sieiiio e nescienti siein 

fatli. 

GuiTTONE d'Arezzo , Lctt. l. 

f;AT. Marrie. Esr. Mon. Amarrido. 

2. Maridamen, adv., tristement. 

S' Jeu die deschauziinen , 

E cil an MARIDAMEN. 

GAtlBEBT , MOINE DE PuiClBOT : Huej'lliais. 

Si je dis irajiolilesse , et chante tristement. 

3. M.4RRI , A', ni., tristesse, affliction. 

Qnar ira, dol e markt 
N'ai soffertat longamen, 

J. E.STEVE : Si m vay. 
Car cbagrin , douleur et a/flirlion j'en ai supporte' 
longtemps. 

ANC. FR. C'est trop souffert de peine et marisson 
Pour le plaisir d'une jeune fillette. 
Cl. Marot , t. II , p. 337. 

/,. Marriment, m.\rrïmen, s. m., tris- 
tesse, affliction, douleur. 
Dis o Boecis e sso gran marriment. 
Poème sur Bo'ece. 
Dit cela Bocce en sa grande njjliction. 

Ab MARRiMEN no s'acorda alegriers. 
Perdigon : Be m dizoo. 
Avec tristesse ne s'accorde pas alle'grcsse. 
ANC. FR. Od .sospir et od maritnent. 

Roman de Parlonopeiis , t. II, p. 67. 
Pour allegier son rnarrement. 
Demanda 11 privéeinent 
Dont li venoit cel rnarrement. 
Nom', rec. defahl. et cont. anc, t. Il, p. 3o2 

et 9^. 

ANC. lï. Marrùnento. 

5. EsMARiR, V., attrister, affliger, gé- 
mir. 

Que m defeii 
Lo peiisar d' esmasrir. 
RiCH-'^RD de Barbezieux : Atressi com Persavaus. 
Vu qu'elle me défend le penser de gémir. 
Part. pas. P. Vidal, per la mort del bon comte 
R. de Toloza, se esmario mot, e det se gran 

tristessa. 

y. de Pierre Vidal. Var. 
Pici-re Vidal , par la mort du bon comte Kaimond 
de Toulouse , ?,'' affligea moull , et se donna grande 
tristesse. 
ANC. FR. Si sesmarirent 

Si ke lor trois feraes bâtirent. 

Roman du Renart , f. IV, p. 32^. 



MAR 

Quant la pucelle en sot le voir 
S'en fut dolente et esmarie, 
Sovent jura sainte Marie. 

Fabl. et cont. anc, t. I, p. l83 
iT. Sinarrire. 

G. EsMARRiMEN, .v. m., afflictioti , in- 
quiétude. 

Grazis a Dieu lo remanen, 
E non aias d'ESMARBi.MEN. 

Bref, d'amor, fol. 56. 
Rends grâces à Dieu ( pour) le reste , et n'aye pas 
A'inquiétude. 
iT. Smarritnento. 

:>TlRROQUENA , .v. /. , maroquin, 
sorte de monnaie. 

Marroqcenas, marabetis 
Pauzon amons per niieg lo.* pratz. 

Gavatjdan le Vieux : Senliors per. 
Maroquins, marabolins ils de'posenl amont dans 
le milieu des pre's. 

MARRUBIUM, .y. m., lat. marrubium, 
marrube , sorte de plante. 

Coma la berba donpren son nom, dita porr 
o marrubium. 

Elue, de las propr. , fol. 3t. 

Comme l'berbe dont il prend son nom, dite por- 
reau ou marrube. 
ESP. Marruhio. it. Marrobio. 

MARS, Martz, s. m. et/, lat. Mars, 
Mars, planète. 

El dig planela nomnat Mabs. 

lirev. d'amor, fol. 97. 
Ladite planète nommée Mars. 

La .III. planeta sy a nom Mars. 

Lii>. de Sjdrac, fol. 53. 
La troisième planète ainsi a nom Mars. 

— Le troisième mois de l'année. 

Mars es lo ters mes. 

Brei>. d'amor, fol. /(6. 
Mars est le troisième mois. J 

Loc. Ni m lais , per abril ni per martz , * 

Qu'ieu non cerque cum venba dans 
A sels que m fan tort. 
Bertrand de Born : Ces de far. I 

Ni je ne me laisse , par avril ni par mars, que je 
ne cherche comment vienne dommage à ceux .tjui me 
font tort. 
CAT. Mars.v.iv. Marzo .rc>R~i . Marco, ir. Marzo. 



MAR 

— Mardi. 

Pueys fe lo las e '1 mars e '1 niercres. 
PiERBE DE CoRBiAC : El nom de. 
Puis il fit le lumli et le mardi et le mercredi. 
Esr. Martes. 

'2. DlMARS, DIMARTZ, S. PI., mai (11. 

Per un iiimars mati. 

Ama.nieu des Escas : En aquel. 
Par un mardi matin. 

Voyez DiA. 

3. Marcis, n(/j., de Mars, allusivement 

au dieu de la guerre. 

Champs Marcis, so es aquel champs un 
juijaran li chavalier. 

Trad. du Code de Justinien , fol. j3. 

Cliamp de itfarj, c'est ce cliamp où les chevaliers 
jugeaient. 

INLVRSEYLLES , s. m., marseillais, 
sorte de monuaie. 

Si vols dels pelilz marseyi.les. 

f^.de S. Honorât. 
Si tu veut des petits marseillais. 

MARTEL, MARTELL, .V. m., martel, 
marteau. 

Ane non aasi pins nienut batre 
Pairolliers ab qnatre martels. 

Pioman de Jaiifrc, fol. l^!\. 
Oncques je n'entendis plus menu battre chaudron- 
niers avec quatre marteaux. 

Soven la batra del martel enans que sia 
bell vayssel. 

r. et Vert., fol. 66. 
I.a battra souvent du marteau avant qu'elle soit 
beau vase. 

Fig. Tribulatio es la farga e lo martell de 
patiencia. 

r. et Vert., fol. 66. 
Tribulalion est la forge et le marteau de patience. 
Prov. Bâti ferr fieg ab martet,. 

Deudes de Prades : En un sonct. 
Je bals fer froid avec marteau. 

Un troubadour a employé ce mot 
'lins un sens obscène, quand il a dit : 
Prirta major martet. 
D" un mol d' Espagna. 

Gi;tLLAUMEDE Bkrguedan : Un sirventes. 
I'i>rle phn gro? marteau qu'un mulcl d'Esp.igiie. 
III. 



MAR 



i6i 



ANC. iR. Ne il grevoient cop d'espée 
Nés que englume fait martes. 
Roman du châtelain de Couci, v. 33o7. 
«■AT. .Martell. esp. Martillo. port. it. Martello. 

■x. Martf.lada , s. f., coup de marteau. 
Fieruna martelada. 

Leys (l'amors, fol. 128. 
l'rappe un coup de marteau. 

cat. Martellada. esp. Martilladu. port. Mar- 
tellada. it. Martellala. 

3. Martinet, .t. ni., martinet, gros 
marteau nui ordinaiiement par la 
force de l'eau; le local où est le mar- 
tinet. 

Parador o molin o martinet. 
Trad. du Tr. de F Arpentage, pari, h', in fine. 
Foulon ou moulin ou martinet. 
CAT. martinet, esp. Martinete. 

!i. Martellar, 7'., marteler, frapper. 
Martklla ab so niarlell sobre nostre dos. 

V. et Vert., fol. 44. 
Marlelleavec son inarîcau sur notre dos. 

ylUiisiv. Serpens, 

Totassoneutorn luy que martellanIbs dentz. 
V. de S. Honorât. 

Serpents, tous sont autour de lui qui inartellent 
les dents. 

Tofz lo cors mi trembla , e m martelan las 
dens. 

Guillaume de Tudela. 
Tout lecorps me tremble, et les dents memartellent. 
Fig. Amors qu'en aissi martella. 

P. RaI^IOND de ToiLOUSE : Puois lo. 
Amour qui de la sorte mortelle. 

ANC. FR. 

.S'arrachanl les cheveux, se martelant àe coups. 
T^OBERT Garnii.ii , Porcie, acte V, se. I. 
Qu'on oit les dents se marteller ensemble. 
.Salet, Trad. de l'Iliade, fol. i83. 
CAT. Martellejar. esp. Martillar. port. Mar- 
tellar. it. Martellare . 

MA.KTYR, MARTiR , .<!. m. , lat. martyr, 
martyr. 

Qui njurra ses duptansa 
Er el col martyr coronalz. 

AiMERi DE lÎELLiNOY : Cossiros. 
Qui mourra sans cr.iinle sera au ciel «(«;■/)-;• cou- 
ronne. 



iGi 



MAR 



Aissi , co ancianamens, perseguianlos mar- 
TiRS calolix. 

r.et Fert., fol. 72. 

Ainsi, comme anclennemenl , ils pouisuivaiciil 
Jes martyis catholiques. 

Fig. Gavaudas no pot fenir 

Lo planch ni '1 (loi qu' el fa martir. 
Gavaudan le Vieux : Ciezens fis. 
Gavaiulaii ne peut finir la plainte et le <lcuil qui le 
lait rncivljr. 

De MARTIR pogra far cofes ^ 

Mi dons al) un bays solaiiien. 

G. PiKRRE DE Casals : Ja tant. 
Ue martyr pourrait faire ronfès ma clame avec un 
baiser seulement. 
CAT. ESP. Martir. port. Martyr, it. Martire. 

a. Martra, i^.yi, martyre. 
Sanhta Babiana , martra. 

Cal. dels (ipost. de Roina, fol. 61. 
Sainte Babiane, martyre. 

3. Martyri, martyre, martyr, martir, 
s. m., lat. MARTYRi«/«, martyre. 
Quant aquest sermo fo fenit , 
E '1 MARTYRI foc adymplit. 

Planch de S. Esteve. 
Ouanil ce discours fut fini, et que le martyre fût 
accompli. 
Fig. A son cors fay tôt jorn martiri. 

f'^. de S. Honorât. 
A son corps fait cbaque jour martyre. 
El ser, dobla in mon martir. 

G. RiQUiER : Ab plazen. 
Au soir, me double mon martyre. 
Dona , no us puesc lo ceutc dir 
De las penas ni del martir. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Dame , je ne puis vous dire le centième des peines 
et du martyre. 
Loc. Los fay corre a martyri. 

K.et f'ert.. fol. 4.1 
Les fait courir à martyre. 
Non an voluntat de penre lo martyr. 

1^ . de S. Honorât. 
Tv'ont pas volonté de prendre le martyre. 
Non pot recebre la corona de martiri. 
Trad. de U'ede, fol. 22. 
Ne peut recevoir la coui'onne de martyre. 
Kl cavalgar e '1 nianjare'l dormir 
K '1 jucc d'amor tenon a gran martire. 
P. Caudinai, : Tôt airessi. 



MAR 

Le cbevauclKT et le manger el le dormir et le jeu 
d'amour tiennent à grand martyre. 
A mort et a martike nos an mes li traclior. 
F. de S. Honorât. 
A mort et à martyre nous ont mis les. traîtres. 
-<;at. Martiri. fsp. Martirio. pokt. Martyrio. 
it. Martirio. 

4. Martiriar , MARTURIAR, V., martv- 
riscr. 

Sancta Lncia digz al tyran que la marty- 
riava. 

V. et f^ert., fol.gf». 
Sainte Luce dit au l\raD qui la martyrisait. 

Fig. Marturiar sa carn ab abstineucias. 
f^'. de S. Honorât. 
Martyriser sa chair par abslincnces. 

Part. pas. Tro el nasqnet e fon martiriatz. 
A.Brancaleon : l'essius pessans. 
Jusqu'à ce qu'il naquit el fut martyrisé. 
Marturiatz de correjas ab notz. 
Rambaudde Vaqueiras : Aras pot hom. Far. 
Martyrisé At: courroies avec nœuds. 
ANC. FR. Il fist les sains homes inartirier. 
Chron. de Fr.j Piec. des Hist. de Fr., l. III, p. 179. 
Car dame ne doit, par nul signe, 
Martyrer le serviteur sien. 

Alain Chartier, p. 702. 

ANC. ESP. 

Martitriaba sus carnes coino leal obrero. 
V. de S. Millan , cop. 32. 
CAT. Mattirisnr. esp. mod. Martirizar. port. 
Martyriznr. it. Martirizzare. 

5. Martror, s. m., fête des martvrs , 
Toussaint. 

Liiec del marit volgr' ien un ser, 
E '1 ser que dures de pascor 
Entro la festa de Martror. 
Guillaume de Berguedan : Mais volgra. 
Je voudrais la place du mari unsoir, et que le soir 
durât du printemps jusqu'à la lête de la Toussaint. 
Del na Martror al autre. 

Guillaume de Tubela. 
De l'une Toussaint à l'autre. 

6'. Martologi , s. ni., lat. MARTjroi.o- 
Gitini, martyroloj^c. 
El martologi d'Uzart, se fa aquesla festa 
al ternjorn. 

Cat. dels aposl. de Pioma, fol. 60. 
Au martyrologe d'Uzarl , celte fête se fait au 
troisième jour. 



MAR 

<:,VT. Martuologi. esp. Martirologio. port. 
MartjTologio. it. Martirologio. 

7. PROTOMAFxTr.r. , s. m., lat. portomar- 
T/R/tt///, protoniartyr. 
L'an .VII. del enperi d' Onori foro reve- 
latz... motz cor sanb,so es a ssaber sanh Esteve, 
PROTOMARTRE , c Nicodt'me e Gamalia e Abiba. 
Cat. de/s apost. de Roina , fol. 54- 
L'ail sept tic l'empire d'IIoiiorius furent rc'véle's... 
moult de corps saints , c'est à savoir saint Etienne, 
protomartyr, et Nicodème et Ganialiel et Abiba. 

MARTZ, s. f. , lat. mart6'S , marte, 
martre. 
Selbas que seniblon martz 
Mudan soven lin- color.s. 

Serveri dk Girone : Pus semblct. 
Celles qui ressemblent à marte cliangent souvent 
leurs couleurs. 
CAT. ESP. PORT. Marta. it. Martora. 

MARVIER , MARVF.R , adj. , alerte , 
\ prompt. 

/ Trameton Jos niessaiges beti coitos e m arvikrs. 

'. Van trabuquetz dobles c firens e marvers. 

Guillaume deTudela. 
Ils transmcllent les messages bien presse's et 
alertes. 

Font trebucbels doubles et frappants cl prompts. 

2. Marves , adi'. , immédiatement , 
promptement. 

Diguas li m qn' a tal domna sopley, 
Que jurar pot marves sobre la ley 
Qae'l genser es del mou e'I plus corteza. 
Bertrand de Born : Pus li baron. 
Dites lui moi qu'à telle dame je suis soumis , qu'il 
peut jurer immédiatement sur la loi qu'elle est la 
plus belle du monde et la plus courtoise. 

Adv. comp. 

Ar es perdnt qui de marves no pren. 

n. BuuNKT : Pois l'adrccbs. 
Maintenant est perdu qui sur-le-champ ne prend 
pas. 

'^. Marvir, V., presser. 
Marvir, amarvir. 

Lejs d'ninors , M. 102. 
Presser, donner sur-le-cliamp. 

l^. Amarvir, v., donner sur-le champ , 
rrmcllre immédiatement. 



MAS 



i63 



Una mot bcla raubu e un palafre bai 
Li a fait amarvir. 

Guillaume deTudela. 
Une moult belle robe et un palefroi bai lui a fait 
donner sur-le-cltamp. 

Voyez Amarvir. 

MASCHAR , MACHAR , V. , du lat. mas^- 

cAtu.';, mâcher, broyer. 

Peyshos rassans los autres han plus forlas 
dens. .., aigus autres las ban mendres, einpero 
plus espessas et unidas, et inay talhaos per 
MAsciiAR sople lor pastura. 

Elue, de las propr., fol. l55. 

Poissons cbassanls les autres ont plus fortes 
dents..., quelques autres les ont moindres, mais 
plus épaisses et unies , et plus trancbantes pour mâ- 
cher piompteraent leur pâture. 

Am beure aiga, o en machar pa. 

MACHARAssel inorcel. 

Lii>. de Sydrac, fol. 81 . 

A boire eau , ou à mâcher pain. 

Tu mâcheras ce morceau. 
Part. pas. Maschat entre dens , es mol. 

Que la vianda sia maschada. 

Elue, de las propr. , fol. 199 et \2. 

Mâché entre dents , il est mou. 

Que la nourriture soit mâchée. 
Siibstantii>. Sangloliras ses pus lo machat. 
Lii'. de Sydrac, fol. 81 . 

Tu avaleras sans plus le mâché. 
ESP. Mascar. port. Masligar. it. Masticarc, 

2. Mastegar, V., mâcher, broyer. 

No li fassas per forsa mastegar alcnna 

causa. 

Elue, de las propr., fol. 67. 
Nu lui faites par force mâcher aucune chose. 
Part. pas. Un pane de sal autres! 

Hn vostra bocca masteoat. 
Deudes de Pbades , Âuz. cass. 
Un peu de sel pareillement' A/oje dans votre boucbe. 
CAT. Mastegar. esp. Masticar. port. Mastigar. 
IT. Masticare. 

'). M.4STICACI0, MASTIGAC10, S.f., lat. 

MASTicATio , mastication. 

Masticacio , cum re no haia entre den.s. 
Deves la mastigacio. 

Elue, de las propr., fol. 93 et ij- 
Mastication, quoiqu'il n'ait ritn entre dciils. 
Devers la mastication. 
tsp. Mastigaeioii. port. Mastigaeào. it. Mas- 
(icazionc. 



i64 



MAS 



/». Mastiguatori , s. m., masticatoire. 

Aministra guarguarisuies e mastiguatoris. 

Trad. d'Albucasis , fol. 84. 
Admiaistre gargarismes et masticatoires. 
ESP. PORT. IMastigatorio. 

5. Mascarar , î'., mâchurer, barbouil- 
ler. 
Fig. Hom qne sa lanzor déclara , l'envelezisli e 

la MASCARA. 

Lejs d'amors, fol. 119. 
L'homme qui espose son éloge, l'avilit et 1(: rnâ- 
chure, 
ANC. ESP. PORT. Mascarar. 

MASCLAR , s. m., hameçon. 

Aqaest peccat, es lo masclar e la linha ab 
que lo pescaire de yfern prend los peyssos. 
F. et Vert., fol. 20. 
Ce pe'clié, c'est le hameçon et la ligne avec quoi 
le pe'cheur d'enfer prend les poissons. 

MASCLE, .y. /«., lat. ^ik^cuuis, màle. 

Sapchatz qae antîqnanien 
Hora contava lo nais.semen 
De MASCLES, e de femnas, no. 

Brev. d'amor, fol. 82. 
Sacbez qu'anciennement on comptait la naissance 
de tnâles, et de femelles , non. 
ANC. FR. E oscist toz les rnascles en la boche de 
l'espée. 

Âne. trad. des Liv. des Rois, fol. i63. 
Tout inascle dont la char... ne sera pas re- 
taillée. 

./4nc. Vers, de la Bible. Gloss. sur Joinville. 
-~ Àdjectiv. Masculis es aquel que aperte a las 
MASCLAS causas solamen. 

Gramm. proi'enr. 
Le masculin est celui qui appartient aux choses 
mâles seulement. 

— Par cxtens. Masculin. 

No i aura mais motz masclez. 

P. Cardinal : Al nom del. 
Il n'y aura que des mots masculins . 
leu ai motz mascles anzitz... , 
E motz femenis pauzatz. 

AiMERt DE Peguil.viN : Mantas vetz. 
,)';ii entendu des mol% masculins..., et j'ai pose 
des mots féminins. 
AUC. FR. 

Et quand un pa{)illou voile autour delà belle, 



MAS 

Il crie, et veut sçavoir s'il est masle ou femelle. 

Premières OEiH'res de Desportes, M. 188. 
OAT. Muscle. ESP. PORT. Macho. it. Masckio. 

?.. Masculin, adj'., lat. MAScuLiN«.y, mas- 
culin. 

Parlar vos ai de las paraulas masculinas e 
feminlnas. 

Gramm. provenç. 
Je vous parlerai des paroles masculines et fémi- 
nines. 

Subst. Masculis es aquel que aperte a las mas- 
clas causas solamen. 

Gramm. proveni;. 
Le mascitlin est celui qui appartient aux choses 
miles seulement. 
CAT. MasciiU. ESP. PORT. IT. MascilUno. 

MASSA , s. f., lat. massa, masse, quan- 
tité, volume. 
Trobet en sa via nna gran mass.v d'anr. 

V. et Vert., fol. 75. 
Trouva sur son chemin une grande masse d'or. 
Mas tan gran massa n'y resta. 

P. Cardinal : Qui ve gran. 
Mais si grande quantité il y eu reste. 
Presentero li gran massa de cavalers. 
Tit. de 1 178. JusTEL , pr. de la mais, de 2'urenne, 

p. 35. 
Lui présentèrent grande masse de cavaliers. 
ANC. FR. Li reis Alred ki ert dedenz 

Od grant masse de ses parenz 
Kuida desfendre la cité. 

Pioman de Rou, v. 65o3. 

CAT. Massa esp. Masa. port. it. Massa. 

— AcL'crb. Trop, beaucoup. 

Ricx hom que massa vol traire. 

Le moine de Montaddon : Be m' enueia. 
Homme puissant qui veut trop amasser. 
So respon l'amiran : "Vassal, massa parlatz. 

Roman de Fierabras , v. 25 19. 
Ceci répond l'émir : Vassal , vous parlez trop. 
Ab massa d' autres encombrîers. 

G. RiQUiER : Be m degra. 
Avec beaucoup d'autres emharras. 
CAT. Massa. 

1. Massis, masis, fidj., massif , plein. 

De Joyosa lo fier Karles, rey de Paris, 
No 'I poc erilameuar 1' elme, tan fb masis. 
Roman de Fierabras, v. 4780. 



iMAS 

De Joyeuse le frappt- Charles, roi de Paris, il ne 
j lui put entamer le licaumc , tant il lut massif. 

I Ja que, per sa natnra, .sia massissa. 

I Elue, de las piopr., loi. 107. 

Bien que , par sa nature , elle soit massii'C. 
' Fig. l'robei pastora mestissa , 

De joi e de sen massissa. 

MaRC.vbrls : L' aiitr' ier. 
Je trouvai pastourelle moyenne , de gaîle et «le 
sens pleine. 

ANC. FR. Toars séares et massices. 

Roman du Renart , t. IV, p. i57. 
CAT. Massis. ESP. Macizo. port, fllnssiro, ma- 
cico. iT. Massiccio. 

3. Amassa R , v., amasser, ramasser, ras- 
sembler, réunir. 

PcT aver amassar, 
Vole Jadas Deu renegar. 

Gjrald de BoRNEIL : Ilonraz es liom. 
Pour amasser Ae l'avoir. Judas voulut renier Dieu. 
Sa maire calfava '1 forn , 
Et AMASSAVA l'issermen. 

Pierre d'Auvergne : Cbantarai. 
Sa mèrecliauffait le four, et ramassait le sarment. 
Ab sa gian ost que atrai et amassa. 

Bertraxd ce Born ; Pus Ventedorn. 
Avec sa grande arme'e cfu'il attire et rassemble. 
La TÏanda que hom manja s' amassa tota el 
estomac. 

LiiT. de SjdraCj loi. 8o. 
La nourriture qu'on mange s'amasse toute dans 
l'estomac. 

Fig. Qui tôt bon pretz vol aver et amassa. 
B. de Ve.vtadolR : En amar. 
Qui toute bonne qualité' veut avoir et réunit. 
CAT. Amassar. esp. Amasar. it. Ammassare. 

/». Amas, s. m., amas, tas, collection. 
SiDgalars e d' nn amas. 
Vos, flors buiuils, a cui f'au mou a.mas 
De mos dictatz. 

Leys d'amors, fol. 4 ' et i!^. 
Singulier et d'un tas. 

Vous , fleur modeste , ])our qui je lais ma collec- 
tion de mes compositions. 

5. A.massament, amassamen, s. /II., amas, 
colleclion. 

Qui 'n fai amassamen. 

P. CaROINAL . De s.jhi. 
Qui en fait amas. 



MAS 



iG: 



Seinhors, so es nios tesanrs einos amassament. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Seigneur, c'est mon trésor et mon amas. 
a.vc. CAT. Amassament. esp. Ainasamiento. 
IT. Ammassaineuto. 

6. Ama.ssaire , AM.\ssAnoR, s. m., thésau- 
riseur. 

Vos die qu' es plus lîus aiuairc , 
Qu' A vostre qu' es amassaire. 

T. d'Aeberïeï et de Pierre : Peire. 
Je vous dis qu'il est plus pur amant , que le vôtre 
qui est un thésauriseur. 

Son larc donador 
E just amassador. 

P. Cardinal : F.ilsedatz. 
Sontdonneurs généreux ei'^wiiei thésauriseurs . 
ANC FR. On est bien aise d'ouïr ceulx qui se 

uoiiinient amusseurs de sagesse. 
AiMYOT, trad. de Plutan/ue, Morales, t. II, p. 4' ' • 
Ne prisent rien que l'avare amasseiir. 
Cl. Marot, t. Il, p. 411 • 
esp, Amasador. it. Ammassatore . 

MASSA, MAÇA , .v. f., lat. maSsa, masse 
«l'armes, massue. 
Voyez Muratori, Diss. 33; et Al- 

DRKTE , p. 27 I . 

Lo jayant una massa portava. 

Roman de Blandin de Cornouailles. 
Le géant portait une massue. 
Li dard e las massa.s e cotels e dcsiral. 

Guillaume de Tudela. 
Les dards et les masses et couteaux et haches. 
Proverh. Fier petit colp de grieu massa. 

B. Vidal de Bl/aedun ; Loas novas. 
Frappe petit coup de durq masse. 
(:.\T. Massa, esp. Maza. port. Maca. it. 
Mazza. 

1. Massoi.a , s. f., massue, niasse. 
Porta pic c MASSOI.A 
Itou sou gros abdui li iiialh. 

Marcabrus : Quan l.i. 
l'orle pic el massue dont les deu.x. maillets sont 
gros. 

3. Massador , .V. ni., assommeiir, mcur 
trier. 

f.eiigua forçat, massador, 



i6(i 



WAS 



A(|iiils f;ils escoutador. 

B. Martin : Companho. 
Fourclio's de langue , assuinmeurs , ces faux écou- 
teurs. 

4. Massar , V., frapper, taper. 

Cniu les bnous mais excite a labor, aquel 
que ara cantan que... massan. 

Elue, de las propr., fol. Ifi. 
Puisque plus excite les bœufs au travail , celui 
qui laboure en chantant que... en frappant. 
Part. pas. Aze... es forment massât. 

Elue, de las propr. , fol. 236. 
L'une... est fortenientyrrt/)/)e. 

MASTI, M.-vusTi , .y. m., mâtin, gros chien. 
Se fes cassar als pastors al) cas et ab mastis 
et ab lebriers, si com bom fac lop. 

f^. de P. Fidal. 
Se fit cliasser par les bergers avec chiens et avec 
matins et avec le'vriers , ainsi comme on fait loup. 

Semblon mastis que layron a totz , e mor- 
dou aquclh que podon. 

r. et l^ert., fol. 25. 
Ressemblent à matins qui aboient à tous , et 
mordent ceux qu'ils peuvent. 
Fig. Mueyran totz cestz maustis. 

Roman de Fierabras , v- 366. 
Meurent tous ces matins. 

Foron porc en Guavauda , 
E en "Vianes foron ca, 
Et en Velaic foron masti. 

P. Cardinal : Tan son valen. 
Furent porcs en Ge'vaudan, et en Viennois furent 
chiens , et en Velay furent mâtins. 
ANC. FR Car un mastins de loing l'abaie, 
Qui en avoit senti la trace. 
Romandu Renart, t. I, p. 92. 
CAT. Masti. ESP. Mastin. tort. Masliin. ir. 
M asti no. 

2, Maustina, s. f., mâtine, la femelle 
du mâtin. 

Plus es puta que maustina. 

MarcABRUS : Dirai vos scnes. 
Est ])lus libei'line que nidtine. 
Adjectiv. Ans a voluntat maustina. 

MarCABRVS : L' iverns vai. 
Mais a volonlc de mâtine. 
ESP. Mastina. 

MASTIC, MASTKCj.ï. III,, lai. .M.vsnc.t'. 
mastic, gomme, résine. 



MAT 

Fel de talpa, mastic, cnses, 

Marine blanc, can polverat es, ■ 

Ab clara d' un huen destrempatz. I 

Mastec polveratz gitas sus. 

Deudes de Prades, àuz. cass. 
Détrempez fiel de taupe , mastic, encens , marbre 
blanc , quand il est pulvérisé, avec glaire d'un œuf- 
Jetez dessus mastic pulvérisé. 

Del frug geysb oli, e de la scorsa, rozina , | 
dira mastix. 

Elue, de las propr. , fol. 211. 
Du fruit il sort huile, et de l'écorce, résine, dite 

mas lie. 

CAT. Mastcq. anc. est. Maslicis. port. Mas- 
tique. iT. Mastico. 1 

MAT, MAST, s. m., du lat. ma/«5', mât. 

Home que es en peccat inortal, es aissi 
coma cel que se adortn sorbr' e! mat en la nau. 

F. et Fert., fol. !\<^. ' 

L'homme qui est en péché mortel , est ainsi comme 
celui qui s'endort sur le mât dans la nef. 
D' el si fan mastz de uaas. 

Elue, de las propr., fol. 218. 
De lui se font mâts de navire. 
CAT. Mnstil. ESP. Masto. port. Masto, rnastro. 
iT. Mastil. 

MATAR , V., lat. m.actar^, mater, frap- 
per, tuer, assommer. 

Et non matabunt hominem... et matabunt 
culpatara...quod Christian us MATETMaurum... 
MATENT cnm... 

Ord. d'Alboaceni, roi maure de Coimbre, an. 772. 
A trayla s'espaza ; RoUan cuyda matar. 

Roman de Fierabras , v. 'il\\!\. 
A tiré son épée ; il croit tuer Roland. 
Sel s'ausi e s mata. 

AuGiER : Era <juan. 
Celui-là s'oceit et se frappe. 

Lo van MATAR. 

Pioman de Blandin de Cornouailles. 
Le vonl frapper. 
leii ai ja vist albre fuilbat. 
Que s cocha, puis gel lo mata. 

Bertrand de Born : Kuilhetas ges. 
J'ai déjà vu arbre feuille, qui se hâte, puis gelée 
\e frappe. 

Part. pas. 

Jaiiiays no s partran tro l'nssia matatz. 
Roman de Fierabras, v. i38o. 

Jamais ils ne se sépareront jusqu'à cequti'uu soil 
mate- 



MAT 

ANC. TR. 

J;'i ne serez par els ne veinciiz ne matez. 
IXomnn de Rou , v. 3229. 
Se RcQart le voloit mater. 
Je mit qu'il se vodroit dcffendre... 
Renaît , fet-il, vos me cuidiez 
De vin mater, mes non ferez; 
Or verrai conmeut vos bevrez. 

Roman du Renaît, t. I , p. 7^ et I20. 
Et, pour garder que plus je n'v retombe , 
Je veux macter aux dieux une hécatombe 
Ronsard ,1. 1 , p. 1 13. 
CAT. Esr. roRT. Matar. rr. Mattare. 

— Faire mat, au jeu des échecs. 
Flg. ïost l'agra '1 reys joves matât. 

Si '1 coms no 1' agnes essenbat. 

Bertrand de Bokn : Icu cliani. 
Le roi jeune l'aurait bientôt maie, si le tomtc m 
l'pât enseigne. 

ANC. FR. 

Ue tables é d'eschez sont compaignon mater. 
Roman de Roti^ v. 25i^. 
Se de On cner i regardés, 
Satan as eschiés materés. 
Roman du Renart, t. IV, p. SGy. 
IT. Maltare. 

2. Mat, adj. , triste. 

Pos de cban vos es laissât , 
Recreznt vos lais e mat. 

CoMiNAL : Comtor <1' Apchier. 
Puisque de chant vous vous êtes de'siste , je vous 
laisse fatigue' et triste. 

ANC. FR. Jà ponr ce ne fust plus alex ez en soi) 
cner ponr ses grans victoires, ne plus maz 
ne plus confus ponr nule adversité. 
Chron. de Fr., Rec. des /list. de Fr., l. V, p. 228 
Mes mult esteit maz et pensis. 

Marie de FRAhXE , t. I , p. gl). 
L'apostoles et li sénat 
Moult sont dolenz e monlt sont mat. 
ISoui'. rec. defabl. et cent, anc, t. Jl, p. io3. 
Car u'i osoie la raain tendre 
Tant icre maz e vergongneus. 

Roman de lu Rose, v. 8129. 
Klle devint mont mate, vaine et morne. 
Jlist.de Gérard de yefers, p. 129. 

— Loc. Jii^. en terme du jeu des écliccs 

Albert, al corn del taulier, 



MAT 



i(i 



Vos dirai mat. 

T. d'Alrertet et de Pierre : Pcire. 
.'Vlhert, au coin de l'ecliiquicr, je vous dirai mal. 
El corn del taulier u' er matz. 

AiMERi DE Beli.inoy : Cossiros. 
Kn sera mat au coin de l'e'cliiquicr. 
Qu'ieii remazes del jaec vencalz e matz. 
Bernard d'Alriac : S'ieu agues. 
Que je restasse du jeu vaincu et mat. 
Àlhisiv. Al flac jelos cug dir mat ses tôt roc. 

Blacasseï : Gerra mi J'iay. 
Au flasque jaloux je pense dire mat sans nulletour. 
Dilz MAT a la gent croya. 

RaIMOND de C\STELNAl' : Ges sitôt . 
Je dis mat à la gent mccliante. 

ANC. FR. Et dedeu l'anglez les mata 
Oit mat\e quiderent tenir. 
2* Irad. du Cliastoiemenl, cont. l*^. 
Conment tu paisses rendre mat 
Li félons plains de trieberie. 

Roman du Renart, t. II , p. 253. 

Voyez EscAc. 

3. Matagilos, .s. m., mate-jaloux. 
Al bran d' asier en clam merces , 
Et al feran matagitos. 

Gdillaiîme de Berguedan : Ara mens. 
.'\u glaive d'acier j'en cric merci, et au féroce 
mate-jaloux. 

'\. ]\IaTKRIA, M.\DEIRA , MADEYRA, S . f. , 

lat. MATERiA , matière. 
Voyez 3IuRATORi, Diss. 33. 
Tolz em fag d'una materia , e format ad 
una forma. 

Vet l'en.. M. 73. 
Nous sommes tous faits de même matière, cl 
formés à même moule. 

Fig. Toluntiers volon anzir d'aytal materia 
parlar. 

F. et l'en., fol. 70. 
Veulent volontiers entendre parler de telle ma- 
tière. 

— Blatériaux pour bâtir. 
Una charrada de madeyra. 

Tit. de l/joo. ylreli. du Roy-, K. 772. 
Une cliarrelée de matériaux. 
Si aquel que bastit de la mia madeira, so 
es de la roia fusta o de las mias peiras, en sa 
terra , o felz pcr mala fe, cl n'es leugatz per 
laironici. 

Trad. du Code de Juslmien, y-?!", 



i68 



MAT 



Si celui qui Làlit de la mienne matière, c'est-à- 
dire du mien bois de construction ou des miennes 
j)ierres en sa terre , le fit par mauvaise foi , il en 
c'st tenu pour vol. 
CAT. ESP. roRT. iT. Matcria. 

5. Material, adj., lat. materialw, ma- 
tériel, de matière. 

Coma lo luin materiai, esclarziss las tene- 

bras. 

F. et Vert., fol. 83. 
Comme la lumière matérielle e'claircit les ténèbres. 
Li cel MATERiAi,... , Il cel spiritual. 

Doctrine des Faiidois. 
Les cieux matériels-. -, les cieux spirituels. 
c:at. ESP. PORT. Material. it. Materiale. 

Ci. Materiar, V., lat. materiarî, cliar- 
penter, préparer. 

Part, pas, La raateria es pauzada per la causa 

MATERIADA. 

Lejs d'nmors, fol. i3o. 
La matière est posée pour Ja cliose préparée. 

7. Materialmen , adv., matériellement. 
Sillabas se fan materialmen d'una o de 

niotas letras. 

Leys d'amors, fol. 7. 
Les syllabes se composent tnatériellemenl d'une 
ou de plusieurs lettres. 

CAT. Maieriahnent. esp. port. it. Material- 
jnenCe. 

8. Mairam, s. m., merrain. 

Vendre lo l)osc a carpentiers... per far 

MAIRAM. 

Tit. de 1274. jirch. du Pioj.j Toulouse, J. 32i. 
Vendre le bois à cliarpcntiers... pour faire mer- 
rain. 

9. Immaterial , adj., immatériel. 
Las operacios divinas, immateriai.s. 

Elue, de las propr., fol. 8- 
Les opérations divines , immatérielles. 
CAT. Immaterial. esp. Inmaterial. port. Tin- 
material. it. Immateriale. 

MATRAT, S. m., grand javelot, bâton 
de guerre. 
Ce mot est d'origine gauloise. On 
lit dans Strabon, liv. IV: 

Ktti fxa.'Vifii, Tra.X'TtiV ti sicToc. 

Et dans César, de Bcllo gnllicn, lib. I, 
0. 26 : 



MAT 

Intercarros rotasqne, mataras ac tragulas 
snbjiciebant, nostrosqne vnlnerabant. 
Mas un paya lay venc, que porta un matrat. 

Roman de Fierabras , v. 268. 
Mais uu païen vint là, cjui porte Mn javelot. 
Tyl matras. 
Que m fier detras , 
Casciis me lansa. 

Lejs d'amors, fol. fl\. 
Tel jafelot, qui me frappe derrière, cbacun me 
lance. 

— Verge, membre viril. 

Ab lasbolasredondas qnependonals matratz. 
P. Cardinal : Un estribot. 
Avec les boules rondes qui pendent aux l'erg^cs. 

1. Matrasseyar, V., matrasser, assom- 
mer. 

Fig. Sitôt mi MATRASSEYATZ, 

len vos respon. 
T. d'Albert et d'Aimeri : Amicx. 
Quoique TOUS m'assommiez, je vous réponds. 
ANC. FR. Le bruit que vous aviez... e'té porté 
par terre, sabonlé et pétillé aux pieds des 
cbevaux... matrassé et cbarpealé de tant 
de coups. 

Mémoires de Sully, t. I , p. l2/j. 

MATHEMATICA , s./., lat. mathema- 
tica , mathématiques. 

Apres, senes inaestre , totas las sciensas de 

MATBEMATICAS. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 53. 
Apprit , sans maître , toutes les sciences de ma- 
thématiques. 

CAT. ESP. Matematica. port. Mathematica. it. 
Matematica. 

2. Mathematic, adj., lat. mathemati- 
CMS, mathématique. 

Ses nombre no podem saber negana mathe- 
matica sciencia. 

Elue, de las propr., fol. 278. 

Sans nombre nous ne pouvons savoir nulle science 
mathéinatique. 

CAT. Mateinatic, esp. Matcinatico. port. Ma- 
thematico. it. Matematica. 

MATURITAT, s.f., lat. biaturitvt^w, 
maturité. 



MAT 

Si alcns depopnîaria camps , vinhas o Liai 
(lavant maturitat. 

For (le Montcuv. Ord. des R. de Fr., l^(i3 , 
t. XVI, p. i33. 
Si aucun dr'pcuplcrail clianijis , vignes ou Lléavaiil 
malurilr. 
ANC. FR. On voit à meureté venir tons frnits. 

Jhilaille de Crecy. 
ANC. CAT. Mattiritat. it. Macuritèt, matiiiitate, 
maturitade. 

1. Maturacio , s. f., lat. m,vtur.\tio, 
maturation. 
Frngz veno a maturacio. 
Quan l'apostema es en maturacio. 

Elue, de las propr., fol. 84. 
Les fruits viennent à maliiratinn. 
Quand l'aposlème est en maturation. 
ESP. Madtiracion. pop.t. Maduracno. it. Ma- 
turazione. 

3. Madurf.s.v , MADUREZA , 5. /.', matu- 
rité. 

Pueis qn'esvengutz a madureza, et es sas. 

F. et Ferl., fol. 20. 
Puisqu'il est venu à maturité, o'I qu'il est sain- 
Fig. Sia fâcha ab sobeyrana maduresa c 
atrempansa. 

Re^l.a de S. Benezeg. fol. 53. 
Soit faite avec extrême muturitécl modération. 

CAT. Madiiresa. asc. est. roaT. Madureza. 
IT. Maturezza. 

4. jM.vDur.AMENT, S. m., maturité. 

Color et MADURAMEST. 

Pren... madurament. 

Elue, de las propr. , fol. 225 et igy. 
Couleur et maturité. 
Prend... maturité. 

cKT.Madurament. esp. Maduramiento.iT. Ma- 
turamento. 

5. Madur, adj. , lat. maturk^', miir. 

La fuelb' e '1 (lors e 'I frugz madurs. 
Pierre d'Ai;vergne : La fuclli' c 'I (lors. 
La feuille et la fleur et le fruit mur. 
.Sa fruila, cant e.s ma dura. 

Deudes de Prades , /iuz. cass. 
Son fruit, quand il est mur. 

Fiff. Mas yen par yhres , 

Qnan li die so don sui madijrs. 

Rambai'D de VaQUEIBAS : Ar vey escur. 
III. 



MAU 



1G9 



Mais je parais ivre, quand je lui dis ce dont je suis 
;/( lir. 

Lo cellaiier... sia clegutz... savis et MAniins 
de costuiiiMs. 

Jli'f^la de S. licneze:; , fol. ^3. 
I.e cillrritr... soit élu... sage c( 7/;;/;de coutumes. 
Agnt MAUUR cosselli. 

Tit. de 1395. DoAT, t. CXXXVII, fol. Bfi;. 
F.u mur conseil. 

Si'bst. loc. Quan n'ac près lo vert e 'i madur. 
litliTRAND de Born : Pus lo gens. 
Quand il en eut pris le vert et le mur. 
CAT. JMadur. esp. port. Maduro. it. Maturo. 

6. M.\TURATiu, aclj., maturalif, hâtif, 
actif. 

IWesclat ab sal, d'apostemas maturatiu. 
De frngz maturativa. 

Elue, de las propr., fol. 208 et 12.'). 
Mêlé avec sel , /«n/((ra<iyd'apostèmes. 
3faluratii'e de fruits. 
Rlinistra maturatius emplastres. 

Colleet. de recettes de médec. 
Administre emplâtres maturatifs. 
ESP. Madurativo. it. 3Iatiirativo . 

r. Madurar, V., lat. MATURARi?, miirir, 
Frngz fa madurar. 
Apostemas maddra. 

Elnc.de las propr. , fol. 123 et 208. 
Fait mûrir les fruits. 
Mûrit les apostèmes. 
CAT. ESP. Madurar. port. Maturar, madurar. 
it. Maturare. 

MAUCA, S. f., panse, bedaine, gros 
ventre. 

El bras d'ontra en ontra trauca , 
Mas l'ansberc li guéri la mauca. 

lloman de Jaufre, fol. 90. 
Perce le bras d'outre on outre , mais le liauliert lui 
garantit la panse. 

2. Mauclt, adj., ventru, 
leu t'agra dat caval mahcot 
Ab sela de Carcassona 
Et entrcssenh et escut 
De la cort de Narbona. 

Kai.moni) de Miravai. ; A Dieu rae. 
Je t'aurais donné cheval 'ventru avec selle de Car- 
cas.sonnc et enseigne et écu de la cour de Narhonne. 

MAljRKLA, f. /, morelle, .sorte de 
plante. 



T70 



MAZ 



Serpeus que manja macrela. 
Tôt maulenen renovela. 

lireif. d'iimor, fol. 5(). 
Serpent qui mange morelle tout aussitôt se renou- 
velle. 
<:at. it. Morella. 

MAZAN, MASAN, i. m., tapage, tin- 
tamarre, bruit, murmure. 
Il crit e il masan 
Que il corn e las trombas fan. 

Pierre de Bergerac : Bel m' es cint . 
Les cris et les tintamarres que les cors et les 
trompettes font. 

En breu veirem qnal mais poiran 
Sofrir lo maltrach e '1 mazan. 

Bertrand deBorn ; Guerra e trebalh. 
Dans peu nous verrons lesquels pourront davan- 
tage supporter la fatigue et le tapage. 
Manjar ab mazan 
De viul' e de chan. 

Bertrand de Born : Mon chan fenisc. 
Manger au bruit de viole et de chant. 
Al avinea mazan 
Que fan entr' els 1' anzelh. 

G. Pierre deCasals : Al avinen. 
A l'avenant tapage que font entre eux. les oiseaux. 
M' agrada l'aura e 'l temps e'I mes 
E '1 gaps e 'l ris e '1 jois e '1 chans 

E '1 doiiz mazan.s 
Qae creis qaan s'aizina '1 matis. 

GiRAUD DE BORNEIL : Quan creis la 
M'agrée Taure et le temps et le mois et la plaisan- 
terie cl le ris et la joie et le cliaat et le doux mur 
mure qui s'accroît quand le matin se déploie. 

MAZELH, MAZEL , MAZELL, S. ni., lat. 

MACELL?//?î, boucherie. 
Vovez Denina, t. II, p. 286. 

Lo despezon plus menudaïuent que boni 

110 fay carn a mazell. 

1,0 bnon que hom enten tuenar al mazet. 

t-ngiaissa botu. 

F. et Vert. , fol. 2:> et 76. 

Le dépècent plus menu qu'on ne fait cLair à hou- 
i licrie. 

On engraisse le Ixeuf qu'on entend conduire a la 
liDUcfwrie. 
ANC. I K. Laquelle femme le supliaut trouva en 

la boticberie, ou inacel. 
Leit. (le rem. de 1 .'|(io. Carpentur, t . Il , col, i u);>.. 



MAZ 

Caboche , e.scorcheur de vaschrs au maisicl 
.S. Jacques. 



ir. Macello. 



MONSTREI.ET, t.I, fui. ifif). 



— Carnage. 

A Bezcrs fezets faire 
Moût estranh mazelh. 

G. FlGUElRAs : Sirventes vuelli. 
S. Béziers vous fîtes faire moult étrange io/zc^enV 
ANC. FR. N'oï l'om mai si fort mazel. 
B. DE Sainte-Maure , Chron. de Nur/n.j fol. 127 , 

— Boucher. 

Liatz a la coza d' nn taur, 
Degr' esser frnstratz pel mazei,. 

P. Vidal : Pois ubevl. 
Lié à la queue d'un taureau , il devrait être dé- 
pecé par le boucher. 

■),. Mazeliek, mazeller , s. m , h»t. ma- 
cKiJaKius, boucher. 
Desembre penh hom aissi 
A manieira de mazelier. 

Bref, d'amor, fol.j^S. 
Décembre on peint ainsi à manière de boucher. 
ANC. FR. La haie des machecUers , lequele li 
macheclier meismes tiennent. 
Et li machecUers qu'il ne jiuist wagnier au 
pourchiel tuer ke six deniers. 

Til. de 1274. Carpentiir ,1.11, ool. 1 101 . 
IT. Macellaio. 

— BoiH'reau. 

Quant hom la meuava al martire, mot de 
malvada gen la seguia... dels quais la deffen- 
dia Bazilides , lo mazei.ier. 

Cal. dels apost. de Ro?nii, fui. 22. 

Quand on la menait au martyre, niuult de mau- 
vaise gcnt la suivait... desquels la défendait Basilid es, 
le bourreau. 

'3. Mazëllar , -ï'., tuer, égorger, assom- 
mer. 
Om mielhs non mazei.t.a 
Autrui porc. 

P. CaRDINAI. : Un sirventes. 
On n\'gorge pas mieux le porc d'autrui. 
Cocha e mazelh' e trenca. 

Kambwd d'Ouance : Ar s'cspan. 
Poursuit et tue et tranclie. 
ANC. FR. Les autres les reeevoient sur lears pic- 
ques et sur leurs bastons, et là , les niache- 



ME 

dotent sur leurs picques très inliumaine- 
.ment. 

MoNSTRtLKT , t. I , fol. 265. 

ANC. roRT. Vazellarido se en seus coraçoens. 
Cliron. de D. P. de Menezes. Elucid., t. II, p. laâ. 
iT. Macellare ■ 

ME, pr. pers. m. et/., i"' pers. sing., 
lat. ME, je, moi , me, à moi. 

Siij. Mon escndier e me 
Aveni cor e laleu. 

B. DE Ventadoub : Pus mi preialz. 
Mon c'cuyei- cl moi avons courage et désir. 
S'auzes dire qnar me fos 
Un ser lai on se desvestis. 

ARSAtD deMarleil : Belli m'es. I^ar. 
Si j'osasse dire afin que/e fusse un soir là où cllf 
se de'sbabille. 
Rég. dir. Saluderon me francamen. 

Le comte de Poitiers : En Alvernhc. 
Saluèrent moi franchement. 
IWoh am selieys que m'a conquis, 
Et elLa, me. 

P. R0GIERS : Eutr' ira e joy. 
Moult j'aime celle qui m'a conquis, et elle , tnoi. 

Rég. ind. A nianjar me deron rapos. 

Le co.mte de Poitiers : En Alvernlie. 
A mander à moi donnèrent chapons. 
Autre ris me sembla plorar. 

Rambald d'Orange : Ab nou cor. 
Autre rire à moi semble pleurer. 
CAT. ESr. PORT. IT. Me. 

2. Ml, pr. pers. m. eif., i""* pers. sing., 
lat. niihi, je, moi, me, à moi. 

Siij. No sai on vanc ni d' on mi venc. 

Arnaud de Marleil : Dona genser. 
Je ne sais où je vais ni d'oùye viens. 
S'iea auzes dir qnar mi fbs 
Un ser lai on se devestis. 

Arnaud de Makueil : Belli m' e.s lu. 
Si j'osasse dire aGn que /e fusse un soir là où 
elle se de'sbabille. 
Rég. dir. Si mi ten près s'amors e m'enliama. 

B. DE Ventadoub : Ben m' an pcrdul. 
Tellement son amour lient moi prisonnier et me lie. 
(Jrs ni leos non etz vos ges, 
Que Di'ancizalz, s'a vos mi ren. 

B. DE Ventadoir : Non es meravcliiu. 
Ours niliun vou» n'êtes point , que vous me tuiez, 
1 à \oui je me rends. 



ME 



71 



Rég. ind. 

Platz Mt fort que ieu iV amor vos veiisa. 
La comtesse de Die : A cliantar m' er. 
Il plaît à moi fort que je vous vainque en amour. 
El mon non ai amie que tan mi vailla. 
B. DE Ventadour : Per mielbs. 
Au monde je n'ai ami qui tant à moi vaille. 
ANC. FR. ToQt mi soi donné. 
Alboinsde Sézane. F.ss.surlamus., t. II, p. i.O'i. 
Mes bras li tendi , 
Si la très vers mi. 
Jean Errabs. Ess. surin mus., t. II, p. 188. 
Bien ini devroit mon servise mérir. 
Simon w'Athies. Ess. sur In mus., t. II , y. \C>H. 

CAT. ESP. PORT. IT. HJi. 

3. Mei, mey, pr. pers. m. Gif., i'" pers. 
sing. rég., moi. 
Cnm s' agues fait son drut de mey. 

P. RoGlERS : Per far csbaudir. 
Comme si elle eût fait son galant de moi. 
Trobar vos cng, domna , latz mei. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Je crois vous trouver, dame, à côlc de moi. 
ANC. FR. Mei atendirent li peohéor que il per- 
dissent mei. 
E entendit à mei. 
Ànc. trnd. du Psaut. de Corbie, ps. 118 et 76. 

/( . M, pr. pers., contraction de au? on 

de Mz; .se plaçait toujours, comme at- 

(ixe, après les mots terminés par luie 

voyelle. 

Voyez la Grammaire romane, p. 187. 

Suj. Si be M ri ni m cban. 

P. Raimond de Toulouse : Enquera. 
Si bien je ris et je. chante.' 
Rég. dir. Si trop grans afars no m rete. 
P. RoGiEBS : Tant ai mon cor. 
Si trop grande afl'aire ne retient moi. 
Rég. ind. Que m fos datz , a rescos , 
Eu baizan, guizardos. 

B. DE Ventadour : Lo gens lemps. 
Que à moi fut donnée, en cacbelle, en embrassant , 
une récompense. 
ANC. FR. Va , ca /rt viendra pcut-estrc. 

Th. Corneille , le Festin de Pierre. 
ANC. ESI'. V. da 7/1 grand soldada. 

AllCimESTE DE lIlTA , CO|l. 100 r 



172 MEC 

MEA.T, .V. m., lat. meatm.v, canal, ou- 
verture, passage. 
Entro al méat de la vergua. 
Eu Jo MEAT del prepuci. 

Trad. d'yllbiicasis, fol. 09 et 3o. 
Jusqu'au canal de la verge. 
Dans l'oHcertaredu pre'puce. 
Esi>. POKT. iT. Meato. 

MEC, adj., triste. 

Anzels que son mec ^ 

l'er lo frcg temps. 

Alegret : Aia pareisson. 
Oiseaux qui sont tristes par le froid temps. 

MECA, MECHA, S./., du lat. myxus, 
mèche. 

Papiri es jonc apte a far otecas per ardre. 
Elue, de las propr., fol. 218. 
Le papyrus est jonc apte .î laire miches pour brûler. 
Si col cera e mecha e'I fuocx d' entre issentz, 
Cestas très res essemble son ns ciris ardens. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Ainsi comme la cire et la mèche, et le feu d'entre 
(.elles) sortant, ces trois choses ensemble sont un 
cierge allume'. 

— Tente, terme de chirurgie. 

Una MECA de drap de H. 

Cove que tu panses meca en qaasciin traue. 

Trad. d'ÂlbucasiSj fol. IJ et 2^. 
Une tente de drap de lin. 

Jl convient ([ue tu poses /e/ziedans cliaque trou. 
CAT. ]\lexta. ESP. PORT. Mecha. n. Miccia. 

MECHANIC, acij., lat. MECHANicMi, 
mécanique. 
A semhlansa de soiencia o art mechanica. 

Elue, de las propr., fol. io5. 
A ressemblance de science ou art mécanique. 

— Terme d'anatomie. 
Algunas venas ditas mechanicas. 

Elue, de las propr., fol. 5^. 
(^)uelques \eiues dites mécaniijues. 

— StcbstciiuU'. Mécanicien. 

En la pensa del niaestre mechanic. 

Elue, de las propr., fol. io5. 
En la pensée du maître mécanicien. 

CAT. Mecanic. esp. port. Mecanico, ix. Mec- 
canico. 



MED 

MEDECINA, MEDiciNA, s.f., lat. me- 
mciNA, médecine, remède. 
En fau gaure de medecinas. 

XiV. de Sydrac , fol.ijn. 
En font beaucoup de médecines. 
Non pot suffrir que metges y toque, e tota 
MEDICINA li torna en veri. 

F. et rert.,(o\.8. 
Ne peut souffrir que me'decin y toucbe , et tout 
remède lui tourne en venin. 
Fig: D'angels es don' e regina, 
E de peccadors medecina. 

Passio de Maria. 
Des anges elle est dame et reine , et de pécheurs 
remède. 

Peccat es mot grcu nialautia, e laconfessio 

es sa MEDECINA. 

r. et Vert., fol. 68. 
Le pe'ché est moult griève maladie, et la confession 
est son remède. 

— Art de la médecine. 
Dis li sisaupra medecina. 

V. de S. Honorai. 
Lui demande s'il saura la médecine. 
CAT. ESP. PORT. iT. Medtcina. 

'i. Medecinal , MEDICINAL, aclj . , lat. 
MEDiciNALiV, médicinal. 

Snc d' api 

Es mot MEDiciNAT.s cnguens. 

Bref, d'amor, fol. 5o. 
iSuc d'ache... est moult médicinal ongxieaX. 
Herbas medicinals et aromaticas. 

Elue, de las propr., fol. 2^8. 
Herbes médicinales et aromatiques. 
Subst. Deurla anar al lavador. 

Que ns es verays medecinai-s. 

Marcabrus : Pax. in nomine. 
Devrait aller au lavoir, qui nous est vrai remède, 
CAT. ESP. PORT. Médicinal, it. Médicinale. 

3. Medecinak , MEDICINAR, V., médeci- 
ner, médicamenter, panser, traiter. 
Si r ns membres es nafratz, totz los autres 
li ajudon a medecinar et a garir. 

F. et Fert., fol. 57. 
Si l'un membre est blessé, tous les autres lui ai- 
dent a se traiter et à guérir. 
Part. pas. subst. Util... als medicinatz. 

Elue, de las propr., fol. 77. 
Utile... aux. vicdicamentcs. 
ANC. *R. Dont il se iîst médeciner. 

]Souv. rec. dcfiibl. et cont. anc, t. II, p. i3i). 



MED 

Tour gaérir et médeciner les navrés. 

.MONSÏRELKT , t. II , l'ol. 52. 

CAT. ESP, PORT. Mediciitar. ir. Medicinare. 

4. Médicament, s, m., lat. meuic.\- 
MENTww , médicament , remède. 

Fort MEDrCAlMKÎiT. 

So utils per far médicament. 

Elue. Je las propr., fol. 2M. 
Fort médicament. 
Sont utiles pour faire médicament. 
CAT. AledicameNC.t.sr. port. it. Medicamento- 

5. IMedicacio, s. f. , lat. medicatio, 
médication , traitement. 

No aprolieyla la tua medicacio. 
En la bora de la tua medicacio. 

Trad. d'yllbucasis, loi. l\ et /(8. 
Ne profite pas la tienne médication. 
A l'iieure du tien traitement. 
IT. Medicazione . 

(). Mediquar, medegar, V., lat. medi- 
cARi, médeciner, médicamenter, trai 
tt-r. 

No MEDiçrETZ niiilantia ni;ila, per so (]ue 
mais niclges no sialz uoniiiatz. 

Tind. d'yilbticasis , fol. i. 

Ne traitez pas mauvaise maladie, alinque vous ne 
soyez pas nomme's mauvais médecins. 
CAT. ANC. ESP. PORT. Mcdicar. XT. Medicare. 

7. Metzina , mezina , s. f. , remède , 
médecine, philtre. 

Aus, tu que douas mezin as , 
£ que juijas las oriaas. 

P. Cardinal : Jhcsum Crist. 
Entends , toi qui donnes remèdes, et <jui juges les 
urines. 

Laurador terras sensals tenen , 
Festas obran, e mezinas crezen. 

Raimond de Castelnau : Mon sirveutes. 
Laboureurs tenant terres à cens, aux fêtes travail- 
lant, et aux philtres croyant. 
Fig. Per vos tôt lo cor mi do! , 

E non puesc trobar metzina. 

G. Kudel : Quan lo rius. 
Par vous tout le cœur me fait mal , et je ne peux 
trouver remède. 

So qu'a aoior es veraya mezina. 

GtlLLAUME DE BercuedaN : Quan vey lo. 
Ce qui à l'amour est véritable médecine. 
PORT. Mezinha. 



MED 



170 



8. Mezinar, V., médeciner, médica- 
menter, traiter. 

E '1 mal don sui guaritz 
No m quai ja mezinar. 

Giradd DE 13oRNElL : Per solalz. 
Et le mal dont je suis gue'ri ne me faut désormais 
rni'diciimintcr. 

Ane honi no vi nietge de son joven... , 
Per qne sap luielhs mezinar e plus geu. 
Aimeri de Peguilain : En aquelh temps. 
Oncques on ne vit médecin de sou mérite... , c'est 
pourquoi il sait mieux médeciner et plus yeuti- 
ment. 

Part. pas. Seran ben mezinat siey amie. 
AlMERi DE PegdilaiN : En aquelli temps. 
Seront bien médecines ses amis. 
ANC. CAT. Meizinar. port. Mezinhar . 

j). Metge, mege , s. m., lat. u^oicus, 
médecin. 

Ipocras , so ai auzit dir, 
Ditz que metges non dcu falbir 
De nulb cosselh qu'oui li deinan. 
P. Raimond de Toulouse : Enqoera m vai. 
llippocrale, cela j'ai ouï dire, dit que mé- 
decin ne doit faillir à nul conseil qu'on lui de- 
mande. 

Bos metges es qui m pot guérir. 

Le comte de Poitiers : Farai uu vers, 
lîon médecin est qui peut me guérir. 
Fig. Metge dels coratges dels bornes. 

l'rad. de Bède, fol. 7g. 
Médecin des cœurs des hommes. 
Prov. Metges si den garir primeirament. 
Trad. de Bide, fol. 79. 
Médecin doit se guérir premièrement. 
Adject. Que tu prengas una fcmna metga. 
Trad. d'Albucasis, fol. '32. 
Que tu prennes une Icnime médecin, 

ANC. ESP. 

Aristobulus, uu mege, era bien conocido. 
Poeinu de Alexundro, cop. 2086. 
CAT. Metge. ESP. mod. port. it. Medico. 

10. Metgia, s. f., art de la médecine. 

Aqiiest inelges sap de metgia tan. 

Aimeri de Peouilain : En aquelli temps. 
Ce médecin sait tant de médecine. 

— Médicament , potion. 



174 



MED 



M;ts per metgias ni per arlz 
Que l'ezcssou. 

V. dit S. Énimie, fol. 8. 
Mais pour potions ni pour artifices qu'ils fissent- 
ANC. CAT. Metgia. 

!i. Metgar, metgiar, V., médecine!', 
médicamenter, traiter. 
l'"es lo METGAR entro que fon guerilz. 
y. de Pierre f^idtil. 
Le fit /r(n7w jusqu'à ce qu'il fut guéri. 
Al bon metge, raaiestre Frédéric, 
Ui, Metgia , que de metgiar no s trie. 
AlMEiii DE I'kguilmn : En aquelh temps. 
Au bon médecin , maître Fre'de'ric , dis, Médecine, 
que de médecinerïX ne se larde. 

ANC. CAT. Metjar. 
12. ReMEDI , REMEZI, S. m., lat. REME- 

T)ium, remède, médicament. 

Qae .sapia gaerir la malautia, e que sapia 

pauzar bon remedi. 

F. et Vert., M. m. 
Qu'il sache guérir la maladie , et qu'il sacbe ap- 
pliquer ton remède. 
Fig. Aisso es remezi contra totas temptaclos 

de totz peccatz. 

F. et Vert. Jo].%f3. 

Ceci est remède contre toutes tentations de tous 
péchés. 

— F/g. En terme de monnayage. 

Se battra d'aur fîu al nieas a .xxiii. cayratz 
e iniech, inclus lo remedi. 

Tit. de 1424. Bisl. deLang-, t. IV, pr., col. 424. 

Se battra d'or fin au moins à vingt-trois carats et 
demi , joint le remède. 
ANC. CAT. Remedi. esp. port. it. Remedio. 

i3. Remediar, V., lat. REMEDiARe, re- 
médier, porter remède. 

Per art de siirgia bom deu remediar. 

Elue, de las propr., M. 81. 
Par ait de chirurgie on doit remédier- 
Sas aiso far remediar. 

Tit.de 1391. Bailliage de Sisleron. 
Sur ceci faire remédier. 
CAT. ESP. PORT. Remediar. it. Riinediare. 

MEDITAÏIO, s. /., lat. meditatio , 
méditation. 



MED 

Per bonas meditatios. 

Régla de S. Benezegj fol. 2<). 
Par bonnes méditations. 
(AT. Meditaciô. esp. Meditacion. port. Medi- 
tcuào. IT. Meditazione. 

1. MedITATIU, rtc//'. ^ lat. MEDITAT1VW.V, 

méditatif. 
Substantiv. La meditativa , coma : Yea per- 

j)esse a legif. 

Lejs d'amors, loi. 73. 
La méditative, comme : Je pense à lire. 
CAT. Mcditaliti. esp. port. it. Meditativo. 

MEDULLA, *./., lat. medulla, moelle. 
La corrupcio ja ba conseguda la medulla 
del os. 

Trad. d'AllmcasiSj fol. 44- 
La corruption a déjà pénéiré la moelle de l'os. 

— Ce qu'il y a de plus pur, ileur, en 
parlant de la farine. 
Polvera de moll..., es medulla de la farina. 
Trad. d'Albucusis, fol. Sy. 
La poussière de moulin..., c'est la/Zeî(rde la farine. 
ESP. PORT. jSJedula. it. MidoUa. 

2. MeOLA , MEALHA , MELHA , MUELHA , 
MEZOLA , MEZOLLA, MEZOI.HA , S./., 

moelle, centre, moitié, milieu. 
Car si m' art dinz la meola 
Lo fuecx, non vuelb que s' escanta. 

A. Daniel : Autel e bas. 
Car si le feu me brûle dans la moelle, je ne veux 
pas qu'il s'éteigne- 

Un manuscrit porte muelha. 

La MEZOLHA de la spina del dors. 

Elue, de las propr., fol. 20. 
La moelle de l'épine du dos. 
Merma mezolas e cervelas. 

Brev. (Vamor, fol. 34- 
Diminue moelles et cervelles. 
Fig. Comensero a tornar atras ans que losso a 

la MELBA. 

Philo.mena. 

Commencèrent à rclourncr en arrière avant qu'ils 
fussent à la moitié. 

La sancta arma de Jbesu Crist que fon ben 
plena e noyrida de la preciosa mezolla , so es 

de la savieza de Dieu. 

F. et Fert.,M. 36. 
La sainte âme de Jésus-Chrisl qui fut bien pleine 
et nourrie de la précieuse moelle, c'est-à-dire de la 
sagesse de D'eu. 



MEI 

Pro{'. leu 'Ih part l'uov e la MKiVÏ.BA. 

Bertrand de Born : Un sirvciUes on niolz. 
Je lui partage Tteuf et la moelle. 

3. MeZOL , MEZOLL , MEZOLH , S. /«. , 

f moelle , centre , milieu , noyau. 

Lo cor e '1 mezol d' aqnest albre. 
'• /-'. et Fert., loi. 36. 

Le ccEur et la moelle de cet arbre. 
Loncs rams redons, pies d'alcn mezoi.h. 

Elue, de las propr. , fol. 222. 
Longs wmeau.x. ronds, pleins d'aucune moelle. 
Fig. Escalfon tolz los mezolls del cor e lo 
fan escumar en luxaria. 

y. et Vert., fol. 85. 
EcliaulFcnt tous k"! noyaux du cœur et le foiil 
ecumer en luxure. 

ESP. Meollo. iT. Midollo. 
/|. MeDULLAR , ndj. , lat. MKDlLLARii', 

médullaire. 

Consurapcio d'bumor meddi,l.\r. 

Elue, de las propr., fol. 62. 
i Consomption d'iiumcur médullaire. 

.'i. Mezolhos, acij., lat. siv-diilLOsus , 
moelleux. 

Es he MEZOLHOS et ab panca 'scorsa. 
'f Hamlda et MEzoLHO.sa. 

i Elue, de las propr., fol. 224 et 225. 

Kst bien moelleux et avec mince e'corce. 

Humide et moelleuse. 

MEI, MEG, MEIG , MEITZ, MEICH, MIFl , 
MIEO, MIECH, MIETZ , MIEY , MIEIG , 

ï_ MiEiz , adj., lat. Ti.iv.dius, mi , demi , qui 
est au milieu, mitoyen. 
Voyez Denin.\, t. III, p. 120; c^ 
Ihre, Diss. (dt., p. 255. 

De MEG aripin de vinea, lo cait. 

Titre de ^-J. 
De demi arpent de vigne , le quart. 

IVIiEGA. cbanso senienarai e îurKd vers. 
S.vv.\Rl DE M.MLEON : Qui bon fru'^;. 
Je sèmerai demie chanson et demi vers. 
Van outra mar, e son en mieia via. 
T. nu COMTE DE Provence etd'Abnaid : Arnaud. 
Vont ou4rc mer, et sont à /ni cliemin. 
Per MEiAS las palntz. 

Gvii.lav:me de TvnKt. V. 
l'ai les marais mitnj-ens. 



MEI 175 

Cet adjectif, joint à 1,0c , jorn, dia, 
NiKCH, a formt!' des sidjstantifs com- 
post''s. Voyez ces mots. 

Substantii'. Lo oomenzanien e la fi 

Vol .saber, e'I mei airessi. 
Deldics de Prades , Poème sur les Vertus. 
r.c commencement et la fin veut savoir, et le mi- 
lieu aussi. 

/.oc. Que itipses.so las messios mieig emieic. 
Tit.de i2o3. /Irch. du Koy., J 3o'|. 
Qu'ils missent les dépenses moitié par moitié. 
Adverbial. A crebar ni a miech partir. 

MarcaBRCS : Pois s' enrulloysson. 
."V crever ni à mi partir. 

MiETz inortz vati per nn .sendier. 

RviMOND DE Castf.LNAU : Entr' ira. 
Demi mort je vais par un sentier. 
Malanien ténia Aiitafort, qri'era mieiz seus. 
V. de Bertrand de Born. 
Tenait injustement Hautelort, qui était moitié 
sien . 

Adi>. coinp. 

N'Astorga oasec el sahinn de miev inorta. 
/'. de S. Honorât. 
Dame Astorgue tomba sur le sable à demi morte. 

De miehtz fo arabitz de mietz niorais. 
linman de Gérard de Rossillon, fol. 96. 
Fui ('( moitié arabe et à moitié maure. 
Prcp. coinp. 
Ane no m gardiei , tro fui en miei la flania. 

B. DE VentadotR : Bc m' an perdul. 
Oncques je ne pris garde, jusqu'à ce que je fus 
au milieu de la llamme. 

Prop a gaerra qni I' a en mieg del sol , 
F, plus prop l'a qui l'a sotz sou coycbi. 
P. Cardin VT, : Prop a gucrra. 
Proche a guerre qui l'a au milieu du sol , et plus 
proche l'a qui l'a sous son coussin. 

ANC. FR. En 7/j/-voie de ion uianoir. 

Fabl. eteont. anr., t. IV, p. 2. 
11 attendoit tout seul illec en mi la rae. 
.'Irréts d'amour, p. 82. 
L' aigna m cor denan per miei lo vis. 

B. DE VENTADorn : BelsMonrnelhs. 
L'eau me court devant au milieu du visage. 
ANC. FR. Sovcnt v.iit par ini cele rne. 

Trespercc soi par mi le flanc. 

Falil. et cont. anc., t. II, p. g^ , et t. IV, p. 3^(). 

Mes il m'a par mi \a main pris. 

Roman de la Piose, v. 1937. 
r:AT. iVedi. fsp. Medio. port. Meio. it. Mezzo. 



Î76 MEI 

•X. Mest, nv.i, prép., parmi, entre. 
Paeys er mest nos tôt 1' anrs partit. 

GavAUDAN le Vied.X : Senhors per. 
Puis sera entre nous tout l'or partagé. 

Sai MEST nos mcstran gran cobeeza. 
Le chevalier du Temple : Ira e dolor. 
Ici parmi nous ils montrent grande convoitise. 
Prép. comp. Es la meiller e la pins pros 
Dompna que .sia de mest nos. 
Guillaume de Berguedan ; Ar el mes. 
Est la meilleure et la plus vertueuse dame qui 
soit ail milieu de nous. 

Ben volgra fos sav 
Aqael bos costnm per mest nos. 
T. DE G. EuDEL et de Giraid : Guiraut. 
Bien je voudrais qu'existât ici celle Lonne cou- 
tume au milieu de nous. 

3. Meias,meian, mejan, ad]'., moyen, 
mitoyen, du milieu, médiateur. 
Alcus son , r ns antz, los autres pins bas, 
alcus autres meias. 

r. et Vert., fol. 46. 

Aucuns sont , les uns liauls , les autres plus bas , 
quelques autres mitoyens. 
.Selarier, sacrista 
Major, raenor, mei*. 

G. KiQuiEB : Pus Dieu. 
Cellérier, sacristain majeur, mineur, moyen. 
. Rie bom, quan va per carreira, 
El mena per corapanbeira 
Malvestat, qne vai primeira 
E MEJANA e deneira. 

P. Cardinal : Qui ve gran. 
Homme puissant, quand il va par voie, il mène 
pour compagne me'cliancetc , qui va première et 
moyenne et dernière. 

Sttbstandv. Alsgrans, als meians, aïs menois. 
G. Olivier d'Arles , Coblas trindas. 
Aux grands, aux moyens, aux moindres. 
Lo MEIANS a ros.sas Tas alas. 

Deudes de Prades , j^UZ. cass. 
Le moyen a les ailes rousses. 
Adv. comp. Car Diens non perdona a meias. 
F. et Vert., fol. (Jo. 
(]ar Dieu ne pardonne pas à demi. 
ANC. FR. Lesquels il pria monlt d'estre ses 
moyens envers le roy et son conseil. 

MoNSTRELET , t. I, fol. Io6. 

Et l'avoit dit au roi, auquel il plut sembla- 



MEI 

blement que je fasse moyen de le faire son ami 
et son serviteur. 

COMINES , liv. I , p. 353. 

OAT. Media, esp. port. Mediano. it. Mezzano. 

4. Mejanament, adv., moyennement. 

Participo mejanament. 

Elue, de las propr., fol. 168. 
Participent moyennement. 
cat. Medianatnent. esp. port. Medianamente . 
iT. Mezzatiamente. 

5. Mejanier, adj., médiateur, entre- 
metteur. 

Ac entre lor motz tractamens per alqunas 
personnas mejaneyras. 

Cal. dels apost. de Rnma, fol. 1 1^. 
Il y eut entre eux beaucoup de traile's par aucunes 
personnes médiatrices. 

cat. Medianer. esp. ISIedianero. port. Media- 
neiro. 

G. Mejanenc, adj., mitoyen, moyen. 

Pel întralge mejanenc. 

Cartulaire du Bague, fol. i3. 
Par l'entre'e mitoyenne. 

7. Mejansenc, adj., moyen, mitoyen. 

Col drecb et mejansenc. 

Elue, de las propr. , fol. I^S- 
Cou droit et mojen. 

S. Mejancier , atij., mitoyen, moyen, 
du milieu , médiateur. 

Quar ades son plenier et ades mejanciers. 

Leys d'amors, fol. 54. 
Car tantôt ils sont pleins et tantôt moyens. 
Manieras 
Ronas e mejancieras 
K vils e malestans. 

G. RiQUiER : Pus Dieus. 
Manières bonnes et moyennes et viles et mal- 
séantes. 

Mejancier entre estiu et yvern. 

Elue, de las propr., fol. 12a. 
Moyen entre ete et hiver. 
Substantif. Per so que el fo majakciers... , 
Receup la pagua sobre se, 
Car el avia pro de que. 

Bref, d'amor, fol. 171. 
Parce qu'il fut médiateur..., il reçut le paiement 
sur lui . car il avait assez de quoi. 



MEÏ 

AffC. FR. Par euls H reqiiéroit que il fust 

moienierres de la paix entre lui et le roi 

Challeiuaine. 

Chron. de Fr. , Rec. des Itisl. de Fr., t. V, p. 2^1. 

Les parleuiens de France qui se disent inoyeu- 

neiirs entre le prince et les sujets. 

Contes d'Eulrupel, fol. i3. 

9. MKJA>-ciERAME?f , adi>. , moyenne- 
ment. 

N sona noolamen, so es mkjancieramen. 

Lej's d'ttmors, fol. ^3. 
^t sonne mollement, c'est-à-dire moyennement. 

10. Mejanszanier, adj'., mitoyen. 

La paretz es mejanszanbira per totz temps. 

Tit. de 1205 , jdrch. du Roy., ,1, 323. 
La muraille est mitoyenne pour toujours. 

1 1. Mejansar, MEGANSAR, .MEYAXSSAR, ?'., 

moyenner, partager, diviser. 

Part. près. S' acordero , enîre lor tractans e 

MEGAWSANS. 
Tit. du Xllie siècle. DovT, t. CXXXVIIl, fol. 224. 
S'accordèrent , traitant et moyennant eulre eu.'c. 

Adverbial. S'aordeno leuinen... am uoniiuatiii 
j-MEJASSAN aquest adverbi. 
Mejaxsan aquest vocatiu expressat o en- 
fendut. 

Leys d'amors, fol. ^getSj. 
S'accordont aisément... avec le nominatif 7noj>'t;j- 
nanl cet adverbe. 

Moyennant ce vocatif exprime' ou sous-enlendu. 
Meyanssan seyrament. 

Tit. de 14^8. DoAT. t. XCVl , fol. 186. 
Moyennant serment. 

I 2. Mediator , S. nt., la t. mediator, mé- 
diateur. 
Per lo mediator Jésus Cbrist. 

Doctrine des f^audois. 
Par le médiateur Je'sus-Cbrisl. 
CAT. Mediador. est. port. Mediator. ix. Me- 
diatore. 

l'î. MeDIETAD, ''./., lat. .MEDIKTAIY?//? j 

moitié. 

La MEDIETAD de las dominicaturas. 
Tit. de loG-j.JIist. de Languedoc, l. II, pr., col. 261. 

La moitié des domaines. 
ANC. FR. Selon la première proportion et rne- 

dieté, que nous appelions arithmétique. 
AmïOT, Trnd. de Plutarçue, Morales, t. I, p. 4'j2- 
ir. Medietà, inedietate, medietade. 
Ili. 



MEI 177 

I.',. Meitat, MITAT, s.f., moitié , par- 
tage. 

Tant es vera vosfra laDzors 
Qne la MEITAT no'n sa! comlar. 
13ERTRAN0 de Bobn LE FILS : Quan vei lo. Far. 
Tant est vraie votre louange que je n'en sais ra- 
conter la moitié. 

Pero s' ieu pognes 
Far la mitât de so qn' ieu pes. 

B. DK Ventadol'R : Ksiat ai. 
Pourtant si je pouvais faire la moitié de ce que je 
pense 

D' ainor no m par qn' cm pucsca far meitat. 

Arnaud de Marueil : Tôt quant ieu. 
D'amour il ne me paraît pas qu'on puisse faire 
pnrtaf;e. 

Ren no val cors de doas meitatz. 

G. Faidit : Chant p déport. 
Rien ne vaut cœur de deux moitiés. 
ANC. FR. La mcited de l'aver à laron. 

Lois de Gudlaume-le-Conquérant , XXXI. 
En dons meitez le cuer li fent. 
Geoffroi Gai.mar, Poème d'Un^eloc, v. 212. 
CAT. Meytat. esp. Mttad. port. Metade. it. 
Meta, metate, metade. 

i5. Meitadak , V., mi-partir, partager 
par moitié , mitiger, pourfendre. 
Per qu'eu dei mon cliant meitadar. 
Bertrand d'Allamanon ou P. Brejion ricas 
NOVAS : Pos tan volon. 
Par quoi je dois mi-partir mon cliant. 

Lo coins de Montfort a los siens meitadatz. 

GuiLLAl ME DK ÏUDELA. 
Le cofiite de Moiilfurt a mi-parti les siens. 
Meitadatz 
Sens ab foadatz , 
C'om trop sen^tz 
Entr' els presatz 
Non val gaire. 

Rai.mond de Miraval : Fornier per. 
3//7(^t'S sagesse avec folie, vu qu'un homme trop 
sensé entre les gens de mérite ne vaut guère. 
Part. pas. 
Manta carn perida e inant cap meitadat. 

GlILLAU.ME DE TtDELA. 

Mainte chair périe cl mainte tète pourfendue. 
Fig. Sui aissi meitadatz, 

Que no m desesper 
Ni ans csperans' aver. 
Foi.i^iET Di: Marseille : Uns volcrs. 
7.3 



1^8 MEI 

Je suis ainsi partagé j que je ne me (It'sosiièrc ni 
DSC avoir espérance. 

ANC. FR. Totes les Lestes escorchées 
Unt fendues e meitécs. 
Plus ert de la uuit inétèiée. 
L. DE Sainte-Mal'he , Cliron. de Novm., fol. /|7 

cl 5;. 

16. MiTiGAU , V., lat. MiTiGARÉ", mitiger, 
adoucir. 

MiTiGA la una sillaba que no sona tan fort 

cnm r autra. 

Lejs d'amors, fol. 11 1. 
Adoucit l'une syllabe (de sorte) qu'elle ne sonne 
jias si fort comme l'autre. 

Brevian, atreinpan o mitiguan. 

TU. du xiii'^ siècle. Doat, t. CXVIII, fol. /jS. 
Abrégeant , tempérant ou mitigeant- 
t;AT. lisp. POitT. Micigar. it. Mitigare. 

17. MlTIGATIU, adj., lat. MITIGATlV«.y;, 

propre à mitiger, à adoucir, adoucis- 
sant, lénilif. 

MiTiGATivA es dîclia, quar mitiga la una sil- 
laba. 

Leys d'amors, fol. m. 
Elle est dite adoucissante, car elle adoucit l'une 
syllabe. 
ESP. PORT. IT. Mitigativo 

18. Mediocritat, s. f. , lat. mediocrî- 
nkTern, médiocrité, moyeniieté. 
En si non a mediocritat. 
Am temprament o mediocritat. 

Elue, de lus propr., fol. 265. 
En soi il n'a pas médiocrité . 
Avec tempérament ou moyenneté. 
ANC. cat. Mediocritat. esp. Mediocridad. port. 
Mediocridade. it. Mediocrità, mediocri- 
tate, mediocritade. 

ig. Demi, adj., lat. nnndius, demi. 

De lonc dura la ost una légua demi a. 

B.oman de Fierahras , v. ^^. 

De long s'étend l'armée une lieue (et) demie. 

20. Demiey, dimeis, ndj., demi. 

Un DEMIEY join creniet ses tôt defayllimeu. 

f^. de S. Honorât. 
Un demi jour elle brûla sans nulle interruption. 
Dejuns ses almorna es dimeis bes. 

Trad. deBède, fol. 52. 
Jeûne sans aumône est demi bien. 



MEL 

21 . Entremech, adj., moyen, mitoyen , 
du milieu. 

La luar, per foisa , rumpec l'espazi entre- 
mech. 

Elue, de las propr., fol. 180. 

La mer, par force , rompit l'espace mitnyen. 

22. Semi , adj., lat. semi, semi, demi. 

Per tons e'n semi ions. 
P. DE ConsiAC : El nom de. 
Par tons et en semi-Ions. 
cat. esp. it. Semi. 

MEISSERjr., bas. lat. miscer^, verser 

à boire avec e.xcès, prodiguer la boi.s- 

son. 

Sitbstantiv. Hoin religios non den llairar de vi 

ni auzir aquo del philosophij aisso non 

es pas donarbeure, mas meissers. 

Trad. de Bede, fol. [\^y. 
L'iionime relioienx ne doit pas flairer de vin ni 
écouter cela (les propos) du pbilosopbe ; ceci n'est 
pas donner à Loire , mais du verser à boire avec 
excès . 

MEL , .y. m., lat. mel, miel. 
Abelha que fay lo mel. 

r. et Fert., fol. 52. 
Abeille qui fait le miel. 

Defz aïs filhs d'Israël 
Lach e bresca , nianna e met.. 

Pierre d'Auvergne ; Uieus vera. 
Vous donnâtes aux fds d'Israël lait et gaufre , 
manne et miel. 

Sîel dig au sabor de mel. 

P. Vidal : Bc m pac. 
Ses dits ont saveur de }niel. 
Fig. Li vere evironat del mel de paranlas. 
IVad. deBède, fol. 61. 
Les poisons enveloppés du miel de paroles. 
ANC. FR. Sur mel a la meie bncbe. 

y/nc. trud. du Psaut. de Corbie, ps. 118. 
CAT. Mel. ESP. Miel. port. Mel. it. Mêle. 

■1. Mellificar , V., lat. imellificar^ , 
faire , produire du miei. 
Las abelhas..., en yvern, anio loc caut, et 
en eslien, freg, per be mellificar. 

Elue, de las propr., fol. l/j3. 
Les abeilles..., on biver, aiment lieu cnaud , cl 
en été , froid , pour bien proiliiire le miel. 



MEL 

Part. prés. Mantas ^belhas meluficant. 
E/iic. de lus propr., fol. i5g. 
Maintes abfillos produisant du miel. 
IT. Mellificarc. 

i. Melicrat , .V. w., inclicrat, boisson 
composée de vin et de miel. 

Qu'es de vi e de iwel..., 
E tju' om apela melicrat. 

Dkldes de Pkades , yluz. cuss. 
Qui est Je viii et de miel..., cl tju'oii appelle iné- 
hcraC. 

/|. ExMEL.\R , EJiFLAR, V., emmieller, 
enduire de miel. 
Lo inali las emelaretz , 
Et a vostr'auzel lasdaretz. 

Deudes de Prades , ./tu:, cuss. 
Le matin vous les uinmiellerez, et à votre oiseau 
les donnerez. 

Part. pas. Carn ekaielada li daretz. 
Carn de cabra emelada 
Li donalz. 

Deides de Prades , Attz. cass. 
Chair emmiellée vous lui donnerez. 
Gbair de chèvre emmiellée vous lui donnei. 
CAT. ESP. Enmelar. it. Immelare. 

5. Oxi.MEL, S. ni., oxymel. 
D'oxiMELs, d'i.ssirops , de flois e de semen.s, 
De razitz e de fuelhas, e d'autres collmens. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
H'oxymelSj de sirops, de ileurs et de semences, de 
racines et de Jeuilles, et d'autres assaisonnements. 
CAT. ESP. PORT. Oximel. ir. Ossimcle. 

6. RonoMEL, .y. ///., lat. UHonoMEi.i, 
miel rosat. 

RoDOMEL es dit quar es niel... absuc de rozas. 

Elue, de las propr. , fol. 272. 
Miel rosat est dit jiarce que c'est miel... avee 
suc de roses. 

ESP. Rodomel. 

7. Ydromel, .V. m., lat. iiyuromei./, 
hydromel. 

YuROMEi., que es compost de inel et de suc. 

Elue, de las propr. j fol. 272. 
Hydromel, ((ui est composé de miel et de suc. 

CAT. Hidromcl port. Hydromel. 11. Idromelc. 
S. îVIeijo, a. ///., hvdromel. 



MEL 



■9 



M EDO, es beuragge de inel et ayga compost , 
sobre bcn ouecb. 

Elue, de las propr., fol. 272. 

Hydromel, c'est breuvage composé de miel et 
d'eau , très Lieu cuit. 

MELANCOLIA. , malencolia, malen- 

CONIA, S.f., lat. MELANCHOLIA , mé- 

lancolie , bile noire , terme de méde- 
eine. 

Melancot.ia, es bumor espessa et grossa..., 
et vol aytau dire melancolia cuni negra hu- 
mer, quar inelan vol dire negra et colon vol 
dire bumor. 

Elue, de las propr., fol. 3l. 
Mc'laneolie, c'est humeur épaisse et grosse..., et 
veut autant dire mélaneolie comme noire humeur, 
car IMKI.AN veut dire noire et COLON veut dire hu- 
meur. 

La râtela tota via 
Hestren la malencolia. 

Brei'. d'amor, fol. 53- 
La rate toujours restreint la mélaneolie. 

— Disposition morale attribuée à un 
e.\cès de bile noire. 

Aquel que acusa nn antre per malenconia 
o per calor, cl l'en pot beu lay.ssar. 

L'Arbre de JJatalhas, fol. 2.'( ( . 

Celui ijui accuse un autre par irtélancolie ou par 
chaleur, il peut Lien l'en quitter. 

— Tristesse, ehagrin. 

Aissi pot esquivar aquella felonia e'I corrotz 

e sa MALENCOLIA. 

Livre de Sydruc, fol. 34. 
Ainsi peut éviter eetU/ félonie et le courroux et 
sa mélaneolie. 

Yenou pion de malenconias et damages als 
siibjets. 

Statuts de Provence. Julien , t. I , p. 600. 
Viennent assez de chagrins et de dommages aux 
sujets. 
ANC. ESP. Cogio con esta paz una malanconia. 

Poema de Âlexandro, cop. 3lt). 
CAT. ESP. Mon. PORT. MelaTicoHa. it. Melan- 
colia , inclanconia , malinconia. 

2. Malenco.m, s. ni., méchanceté, 
haine. 

Fui tots temps de malenconi , 
E inanlinc obra de deiuoni. 

EoLQiET DE Marseille : Senlier Dicus. 



i8o MEL 

Je lus toujours de méchanceté , et mainlins œuvre 
de démon. 

Adjecdv. Pueis li Jnslea mai.enconi 
Ffaziaa fais testiuioni. 

Brei'. d'amor, fol. i63. 
Puis les Juifs méchants faisaient faux témoignage. 

3. MeLANCOLIC , MALANCOLIC, M.\LENCO- 
LIC, adj., lat. MKLANc/iOLICHi^ , ITlé- 

lancolique. 

Cant es pur de bumor malancolic. 

Trad. d'AlbucasiSj fol. l. 

Quand il est pur d'humeur mélancoli(/ite. 

Contra tota autra pa.ssio melancolica. 

Elue, de las propr., fol. 192. 

Contre toute autre souffrance niélancolique. 

— Triste. 

Aze... es MELANCOLIC. 

Elue, de las propr. , fol. 235. 
L'âne... est mélancolir/ue. 
Sitbstant. Malencolicx per natnra 
Es (le inot laia figura. 
' Brci>. d'amor, fui. 55. 

Le mélnncolif/ue naturellement est de moult laide 
-figure. 

CAT. Mélancolie, ksp. tort. MelancoUco. it. 
MelancoUco, inallnconico. 

4. MaLENCOLIOS , MELANCONIOS, Oclj . , 

mélancolique. 

Lo lîiables..., hom malencolios teiupta île 
euueg e de tristor. 

r.el Vert., fol. (il. 
Le diable..., homme mélancolique tente par en- 
nui et par tristesse. 

Cove que sioa felh o melanconios. 

Lif. de Sjdrac, fol. 32. 
11 convient qu'ils soient Hirouches ou mélancoli- 
ijues. 

ANC. FR. On disoit qu'il estoit songcard et me 
lanchoUeux . 

Ârrests d'amour, p. 746. 
Où ue sont point gens melancoUeiix . 
Cl. Marot, t. I, p. 369. 
Lui deffend ladite court tontes corapagnies 

inelanchoUeuses . 

jdrrests d'amour, p. 7^9. 

5. Maeencays, s. m., haine. 

Tes r enfant a malencays , 
Ancîria lo volentiers. 

Trad. d'un Evang. npoer. 
A hainv contre l'enlanl, il le tuerait volontiers. 



MEL 

6. Malengoniar , V., chagriner, at- 
trister. 
Mentre que Josep se MALENGONtAVA. 

Jbr. de l'A. et du N.-T., fol. 22. 

Tandis que Joseph se chagrinait. 

ANC. FR. A ces paroles se melaitcoUa le roy. 

FiioissAitT, t. JI, ch. 3o. 

Sans se soucier ni tnelanchoUer de rien. 

3Tém. de Sullj, t. II , p. 369. 

MELANITES, s.f., malthe, sorte de pé- 
trole plus noir que le pétrole ordi- 
naire, poix minérale. 

Melanites es peyra..., rel dos suc cum mel. 

Elue, de las propr., loi. 189. 
La nialtlie est une pierre... , elle rend suc doux 
comme miel. 

MELINA , s./., lat. mehn«w, melinuni , 
sorte d'ocre. 

Colors... alcuuas nays.sho eu venas de terra 
naturaloien, cum so melina. 

Elue, de las propr., fol. 267. 

Les couleurs... aucunes naissent naturellement 
dans les veines de la terre , comme sont le /nélinum. 

2.MELIN, <7<7^"., lat. MELiN«i', demeltnum, 
de coing, de couleur de coing, jaune. 
Ha gran rog, tlors melinas. 

Elue, de las propr., fol. 2.H. 
A grain rouge, ilears jaunes. 

Melina color es blanca. 

Elue, de las propr., fol. 267. 
La couleur de melinum est LIanche. 

MELLILOT, .y. />i., lat. melilotm/// , 
mélilot. 
Ayssl ciini so fuelas de altea... e de mellilot. 

Trad. d'yllbucasis, fol. G6. 
Ainsi comme sout feuilles de guimauve... et du 
mélilot. 

MELO , .î. m., lat. Mv.i.opepo, melon. 
Las causas ses sabor, dizem que so coias, 
MELOS et semlans. 

Elue, de las propr., fol. 271. 
Les choses sans saveur, nous disons que (ce) sont 
courges , melons et semblables. 
Un non hi a dcls garzos 
Que , denan vos, non assailha ; 
,Si s defendiau ab melos, 



M 



MEL 

Cascus inireri' anz que vos, ' 
S'avias elms e ventailha. 

Bertrand de Born : Maitoliii. 
11 n'y a pas un des yuujats qui, avant vous, n'aille ù 
l'assaut ; s'ils se dclenilaiuiil avec des melons , cha- 
cun entrerait plus tôt que vous, si vous aviez heaume 
et visière. 

CAT. .l/e/ô. ESP. Melon, port. Melào. it. Mel- 
lone. 

MELOCHITES, s. /., lat. .mal.vohites , 
malachite, sorte de pierre précieuse. 

IMei.ocuîtes es peyra vert, semlant nie- 

rauda. 

Elue, de las propr., fol. 189. 
Malachite est pierre verte, semblable à émcraude. 
Mei.ochites per sa vertat deffent e garda. 

Trad. du lapidaire de Marbode. 
I^ inalacliile par sa vertu défend et préserve. 

MELODIA , s.f., lat. melodia , mélodie. 
Caut aquestas .11. partz del corse ucorJon, 
elas fan uiol dous cant e doassa melodia. 
V.et rer^, I0I.59. 
<,)uaiid ces deux parties du cœur s'accordent , elles 
t'ont njoull doux chant et douce mélodie. 

La gran melodia 
Que an los Lenhauratz en l'auta ierarchia. 
y. de S. Honorât. 
La grande mélodie qu'ont les bienheureux dans 
la haute hiérarchie. 

Redo dossa et plazent melodia. 

Eluc.de las propr. , fol. 281. 
Rendent douce et agréable mélodie. 
Siei compaynon canlavan mirabla melodia. 

f^. de S. Honorai. 
Ses compagnons chantaient admirable mélodie. 
CAT. EST. PORT. IT. Melodiu. 

■i.. ]Mklodios, adj., lat. .melodls, mt';- 
lodieux. 

Ab SOS MELOuios e prims. 

L,a Criisca provenzale , p. 100. 
Avec airs mélodieux et délicats. 
So es cant melodios. 

Leys d'amors, fol. 7. 
C'est chant mélodieiijc. 
Caasos... melodiosas. 

Elue, de las propr. , fol. G9. 
Chansons... mélodieuses. 

TOUT, litelodiozo. it. Melodioso. 

MELOTA , V. >/!., du lat. mkl»;, blaireau. 



MEL 



181 



Melota... es uoin de tay.sbo. 

A(iiiesla liquor aiiio trop alcunas bcstias , 
(jual es mei.ota. 

Elue, de las propr., fol. 269 et 272. 

Blaireau... c'est le nom de taisson. 

Celte li([ueur aiment beaucoup quelques bétcs , 
til est !(■ blaireau. 

■i.. Mki.ota, s./., lat. MF.i.OTA, peau jjar- 
nic (le son poil, fourrure. 
Al) pel mot peluda, dita melota. 

Elue, de las propr., fol. 269. 
Avec peau moult velue , aile fourrure. 

MELS, MEILS, MIELHS, MIELS, culv. 

compar., lat. MELi'ws, mieux. 
Sap ben dir e mielhs faire. 

AlMERI DE PeguilviN : Pus doscobrir. 
Sait bien dire et mieux faire. 

On plus vau, mielhs am e mais vnelb. 
Beranger de Pai.a.'^ol : Mais ai. 
Où ]ius je vais , mieux j'aime et plus je veux. 
ANC, FR. Se bien l'ont fet, mielx le feront. 

lioman de Hou, v. Ii25l. 
Loc. Dona, si m don vostr' amor Dieus , 

Cea tantz soi miels vostres que miens. 
Arnaud de Markiil : Dona gcnser. 
Dame, si Dieu me donne votre amour, cent (lois) 
autant je suis mieux vôtre que mien. 

Kl vos volia meils que ad borne del mou. 

V. de Bertrand de Born. 
Il vous voulait mieux (plus de bien ) qu'à homme 
du monde. 

Pero maltrailz ni afans 
IVo m dezenausa ni m te 
De vos servir mielhs de be. 

AiMElilDE Pegiiil.\in : Flissamen cum. 
Pourtant persécution ni peine ne me décourage ni 
nie retient do vous servir mieux ijue bien. 
Mielhs de donipna , quan vei vostre cors gen. 
Richard DE Barbezieux : Atressi coni Persavaus. 
Mieux de dame , (juand je vois votre corps gentil. 
Adv. coinp. Las trips s'ajosteron aqni, 

Tut li liome qui mielz e mielz. 
Trad. d'un Evanff. apoer. 
Les tribus s'assemblèrent là, tous les hommes à 
qui mieux mieu.T. 

ANC. FR. I acourureni que miens miens. 
Roman du lienarl, t. IV^, p. 275. 
Danceset cliiéres à merveilles 
l)'iiiij,'z cl d'autres à qui micidx mieal.r. 
rigiUi de Charles ni, t. 1 , p. 35. 



1»2 



M EL 



Dîeus don 11 liona via tener 

De BEN EX MiELus 6 «le prctz en poiler. 

Hugues Brunet : Per lo dons- 
Dieu lui donue Lonne voie à tenir de bien en 
Mieux et de me'rite eu puissance. 

ANC. FR. De bien en mienlx reuouvelloienl les 
biens. 

Hist. de J. Je Saintré, p. 2o3. 

iT. Quaudo montai' credea di bene in meglio. 
Bedi, Dittiram., v. 22. 
Pero m'a fait Amor tan d'onramen 
Que MAIS E MEiLS, ab ferni cornatural, 
Am que nuls hom. 

P. Raimond de TouLoi'SE : De fin' amor. 
Pourtant Amour m'a fait tant d'honneur que i)liis 
et dacanlage, avec cceur lerme et naturel , j'aime 
(jue nul homme. 

Substant. Die vos que m par vilania , 

Qni partis , e qui '1 mielhs se tria. 
Bernard DE Rovenac .- D'un sirvenles. 
Je vous dis (jue (cela) me paraît vilenie, qui par- 
tage , et qui se choisit le mieux. 

Mas elba m dea mon mielhs triar. 
Le comte de Poitiers : Moût jauzens. 
Mais elle me doit trier mon mieux. 
Loc. Era nos a raostrat Mortz que pot faire, 
Qu'a un sol colp a lo miet,h del mon près. 
G. Faidit : Fortz chausa. 
Maintenant la Mort nous a montre' ce qu'elle peut 
faire, vu qu'à un seul coup elle a le mieux à\i monde 
pris. 

Ab dels MEi.s de la vila e dels emparentatz. 

GuiLLAtME DE TuDELA. 

Avec des mieux de la ville et des apparentés. 
ANC. FR. Là fu li mielx, là fu li pins. 
Li plus de la chevalerie, 
E li mielx de la baronie. 
llonian deRoUj v. 18070 et 16267. 
Snbst. comp. 

Pero 'I MIELS DEL MIELS que boni ve , 
Mi dons, que val mais que valors , 
En pot Icu far acordamen. 

FoLijDET DE Marseille : Moût i feiz. 
Pourtant le mieux du mieux qu'on voit, ma 
dame , qui vaut plus que valeur, en peut facilement 
faire accord. 

ANC. CAT. Mills. 
•X. MeLHOB, MEILLOR, MELHF.R , MEILHEB, 

MiELHER , MEiLLER , ndj . compctr., lat. 
MELt'oR , meilleur. 
Adcs m' ;igi' obs , sitôt s' es bos , 



MEL 

Mos cbans fos mielhers qae non es. 

B. DE Ventadour : Ja raos chantais. 
Maintenant j'aurais besoin, quoiqu'il soit boa, 
que mou chant fût /«ei7/eur qu'il n'est. 

Pero bon m' es, mas miei.her volgra fos. 
GiRAUD LE Roux : Auiatz la. 
Pourtant bon m'est , mais meilleur je voudrais 
([u'il liit. 

Précédé de l'article ou suivi de de , 
qui se traduit ordinairement parijwc, 
ce mot exprimait le superlatif. 

Pas , domna , etz la meilher. 

G. Pierre de Casals : Be m plaira. 
Puisque , dame , vous êtes la meilleure. 
Si MELHER es dels pros. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
S'il est meilleur (inii les preux. 
P.ona domn;: , meiller de las meillors. 

PiSTOLETA : Sens e sahers. 
Bonne dame , meilleure que les meilleures ■ 
Loc. Dona meiller de boua, 

E la genser c'om anc pogues vezer. 
G. Magret : Cel cui senhor. 
Dame meilleure que bonne, et la plus gentille 
qu'on pût oncques voir. 

Substant. E.sperans' an tuit II meillor 

Els vostres cars precs merceians. 
FoLyuET DE Marseille : Si cum sel. 
Espérance ont tous les meilleurs aux vôtres chères 
prières produisant merci. 

Vai s' en lo temps, e perdem lo melhor. 

B. DE Ventadour : Quant erha. 
Le temps s'en va , et nous perdons le meilleur. 

ANC. FR. Oncqnes mais rois, ne quens, ne dus 
rs'oïrent de rnillor estoire. 

Fabl. et cont. anc, t. IV, p. 80. 
La ville qui ère une des meillors. 

ViLLEHARDOUIN, p. I l6. 

Dona sa terre e son réaime 

A son meillor parent Willealme. 

Li dus ont chevaliers des /«ei7/o/'5 de Bretaîngne. 

De Brelaigue manda li meillors enseuient. 
Roman de Ron, v. (Î918, 3g43 et 2368. 

L'ancien français avait chaui^é or 
en eur, mais cette dernière dé.sinence 
se conserva longtemps invariable pour 
les deux genres. 

A la meilleur da royaume de France. 
I/E COMTE DE BÉthi'NE. Ess. Sur Ut mus.j t. il , 



MEL 

Puis comme nn camp épars qui cherche mcil- 
leur place. 

Phiuppe IIegemon , j). 28. 
CAT. Mil/or. ESI'. Mej'or. port. Meîhor. ir. 
' MigUore. 

3. MeLHORAMEN , MELHDRAMEN , MEILLU- 
RAMENT, MILHORAMEN, MILIIURAMEN, 

S. ni., amélioration, soulagenicnr. 
Res que fassa ni que dia , 
No conosc que pros me sia , 
Ni no y vei mei.huramen. 

B. BE VeNTADOLR : Lo temps. 
Bieu que je fasse ni que je dise , je ne connais pas 
que profit me soit, ni je n'y vois pas amcliornlion. 

IMas tle la nostra part er lo milhdramen. 

GUILL.VUME DE Tl'DELA. 

Mais de la notre part sera l'amélioration. 
La (lomna conoc manlenent 
Que l'enfa-s ac meiilcrament. 

/•^. Je S. Honorât. 
La dame reconnut aussitôt que reniant eut sou- 
lagement. 

ANC. CAT. MiUorament. esp. Mejorarnenlo. 
PORT. Melhoramento. it. MigUoramento. 

4. MeLHURAZO, MELHUIRAZO, MEIIURAZO, 
MELIURAZO , S.f., Ist. MELIORATIO , 

amélioration , abonissement, soula- 
gement. 

Pus, domiia , etz la meilber, ses duptansa , 
Ren deu venir a mi melhurazos. 

G. Pierre de Casals : Be m plagra. 
Puisque, dame, vous êtes la meilleure, sans 
doute, il m'en doit bien venir amélioration. 
Ai iea dicha tan gran meilukaz.o 
Al vostre pretz. 
'' Rambaud de Vaoveiras : Senlier marques. 

J'ai moi proclamé si grande améliora tion pour 
votre mérite. 

ANC. kr. S'impriment certaines dispositions 

d'empiremens ou de méliorations. 
Amyot, Trad.de Plutare/ue, Morales, t. IV, p. JS/j. 
ANC. CAT. Melloraco. 

5. MeILHURANZA , .MtlLLURANZA, MEGLO- 

RANZA , S.f., amélioration , avantage. 
Toiz hom qu'en vai, taing que sia uienbratz, 
Qq' cl conibatre y La tan de meit.i.uhan/.a . 
U ZoKGi : ^'()Il lasî^irai. 



MEL 



i8'3 



Tout homme qui s'en va , il convient qu'il soit 
l>icn avisé, vu qu'au combattre il y a autant A'nmé- 
lioration. 

V.n r orb trop aitan de imeui.oransa 
Que j.Miiais sols non ira volontiers. 

I'. PeussîER : Seingncr Blac:ilz. 
Dans l'aveugle je trouve tant à'/ivantaf-e (jue ja- 
mais seul il n'ira volontiers, 
ir. MigUoi-aiiza. 

ii. Melhurier, meillurieu , v. //.'., amé- 
lioration, avantage, mieux. 
No i conoisseretz mei-hurier. 

Krec. d'amor, M. ii^. 
Vous n'y connaîtrez pas amélioration. 
Trop a graus meili.uriers 
Sel que te gen los sieus e 'Is estranhers. 

T. DE RAMBADn, DE PeKDIGON ET D'AdHEMAR : 

Scnlier. 
A très grands avantages celui qui tient agréable- 
ment les siens et les étrangers. 

Posco mermaro creisser delà tailla d'aqucl!.! 
persona segon lo meili.drier o 'I pejurier que 
aura près. * 

Tit. de 1263. Doat, t. CXLVJ, fol. 3t. 
Puissent diminuer ou croître de la taille de cette 
personne selon le mieux ou le pire qu'elle aura pris. 

7. Melhuros, fidj'., avantageux, fier. 

Sos locx n'er melhoros. 

G. Olivier d'Arles , Coblas triadas. 
Sa situation en sera avantageuse. 
Com joyos ni melhuros 
En sia. 

Cadf.net : Camjada s' es. 
Comme joyeux, vt fii-r j'en sois. 

8. MeLHORAR, MEILLORAR , MEILLUKAR , 
MEI.HURAR , MELUYRAR , 7>. , lat. ME- 

LiORARe, améliorer, élever, perfec- 
tionner, rendre meilleur. 
Amors fa ill nieillors jieillorar. 

Hamdald de Vaqueiras : Leu pot. 
Amour fait améliorer les meilleurs. 

Qualquc re 
De que meluures ma razos. 

G. Faidit : AL clianlar. 
Quelque clioie par quoi ma raison se perfectioniiiil . 
lîen a malvatz cor c mendie 
Sel qui ama e no s meluura. 

B. de Ventadour : Lanquan fucliion. 
Bien a mauvais cteur et perfide celui i|ui aime cl 
ne ^'améliore pas. 



i84 



MEL 



Bos seigner creis los siens e 'Iz meilldra. 
Bernard delaBartue : Foilla ni Hors. 
Bon seigneur accroît les siens et les élèt'e. 
V earequi e '1 meilloret. 

f^. du moine de Montaiidon. 
L'enrichit et Vélei'a. 
Part. pas. Ab aisso m' a joy e déport rendat, 
E mou saber tencen drcp meluyrat. 
G. Adhemar : JNon pot esser. 
Avec cela m'a rendu joie et transport , et mon sa- 
voir tient justement améliore. 

ANC. FR. 

L'aultre ridie iiuportun le long de la joiirriro 
Avec flammes et fer meliore ses champs. 
Ane. Irnd. des Epit. d'Horace, liv. II, p. 336. 
Partant désiroit de pouvoir traitter quelque 
chose de certain avec le roy, pendant qu'il e.s- 
toithugnenot, afin de inéliorerXenr condition. 

Mem. de Sully, t. I, p. 182. 
ASC. iT. Uno ven meno , altro meiUiora. 
GuiTTONE d'Arezzo , Letl. 27. 
CAT. Miliorar. est. Mejorar. port. Melliorar. 
iT. MOD. Migliorare. 

9. Ameilhuramf.nt, .s. m., amélioration. 
De las réparations et dels amkilhuraments. 

Tit. de i358. UoAT, t. CXIV, fol. i'o3. 
Des réparations et des améliorations. 

10. AoMiLiORACio , S. f., amélioration. 
Aprop alcus dias retornet admilioracio de 

las suas disposicios. 

Trad. d'Âtlnicasis, fol. 26. 
Après quelques jours revint amélioration des 
siennes dispositions. 

1 1. Amilorar , v.y améliorer. 
Que pessetz d' amilorar aquest loc. 

Philomena. 
Que vous pensiez A' améliorer ce lieu. 

— Se prévaloir, faire le fier, s'avantager. 
Amilorar de tan noble baro ni de tan pros 

qao el es. 

Philomena. 
Se préi'aloir do si nohle haron et de si preux 
comme il est. 

MELSA, s.f., rate. 

Melsa dona a la partida sinestra suppliment 
et perfeccio. 

Contra inOacio de melsa. 

Elue, (le las propr., fol. 56' et ?.I2. 



MEM 

La raie donne à la partie gauche souplesse et pcr- 
lecliou. 
Contre gonQement de rate. 

CAT. Melsa. 

MEMlîRAR, MENBRAR, NEMBRAR , 7'., 

lat. MEMoBAR<?, remémorer, se rappe- 
ler, se souvenir, revenir en mémoire. 
En chantan m' aven a membrar 
So qii' ieu cng, chantan, oblidar. 

FoLQTjET de Marseille : En chanlau. 
En chantant il m'arrive de remémorer ce que je 
pense, en chantant, oublier. 

Qui bes membra de! j>egle qu'es passaiz. 
Sordel : Qui be s membra. 
Qui bien se soutient du siècle qui est passe. 

Li MEMBRE del fin cor qa' ieu 1' ai. 

Arnaud de Marueil : A guisa de. 
Qu'il lui souvienne de la pure affection que j'ai 

pour elle. 

Si d' aqnetz dos membrava 
Ad home. 

P. Cardin.\L : Jhcsum CrisI . 
Si de ces deux il souvenait à l'homme. 
Part. prés. Gloriosa , siatz de mi membrans. 
Guillaume d'Autpoul : Esperansa. 
Glorieuse , soyez de moi vous souvenant. 
Hom que a raerce d' ome chaitiu es mem- 
brans de se. 

Trad. de B'ede, fol. 5. 
L'homme qui a merci d'homme che'lif est se sou- 
venant de soi. 

Part. pas. Mantas vetz m' es pneis membrat 
L' amor que me fetz al comjat. 
B. de VeNTADOUR : Accossellatz. 
Maintes fois m'est depuis revenu en mémoire 
l'amour qu'elle me fit au congé. 

Per so que nembrada en sia. 

Trad. d'un Evang. apocr. 
Pour qu'elle en soit remémorée. 
Mortz fuy per vos, don vos es mal membrat . 

Folquet de Romans : Quan lo dous. 
Je fus mis à mort pour vous , dont il vous est mal 
souvenu. 
Loc. lîaro, estem membrat e cert. 

Guillaume de Tudei. v. 
Barons , soyons sûrs et certains. 

— Prudent, bien avisé, renommé. 

A drnlz de boua domna tanh 
Que sia savis e membratz. 

P. Vidal : IVeu ni sel. 



MEM 

Il cooTÏeat à amant tle lioiiiiu <lumc qu'il suil 
sage et prudent. 

Qu;ir un effant pane teiiia 
En sa fauila , que duiiuia , 
F. filava oiim uembrada. 

G. RlQUlEH : L'aulr* icr. 
Car elle tenait dans son giron un petit enfant , >\ui 
dormait , et elle filait comme bien ai'isee. 
Apres si t deniauda sos cavayt'rs membratz 
Roman de Fierabras , v. [^^'ifi. 
Après s'il te demande ses chevaliers renommes ■ 

Substantiv. Nescis als faiz, 

E tlregz e savis als ivitMnRATz. 

GlRAlD DE BOHNEIL : S' aiic jorii. 
Simple avec les ignorants, et juîite et sage avec 
les bien avisés. 
ANC. FR. Faites 11 de moi membrer. 

Le eoi de jS'avarre , chanson XII. 
Rien l'en menbre et bien l'en sovient. 
Nouv. rec.defabl. et cent, anc, t. I, p. 22S. 
Va li bons rois Pépins à la chaire metnbrée. 
Pioman de Berte, p. l55. 
Gart qtie toz jors seit bien menbrez 
Quels choses covienent à rei. 

1'^ trad. du Chasloiement , cont. 22. 
ANC. CAT. ESP. Membrar. pokt. Lcmhrar. :t. 
Membrure . 

2. JIembuamex, s. m., souvenir, souve- 
nance. 
Mas non es dreitz c' om valons ni prezaiz 
Se recreza per aital memuramen. 

SoKDEL : (^)ui Le s memljra. • 
Mais il n'est pas juste qu'homme vaillant et prise' 
se décourage pour pareil souvenir. 

^>. Membraxsa, s. f., soiivcnaiice, sou- 
venir. 

Sol qu'el cor aia de mi memiira>-sa. 
Hlgl'es Brl'Net : Corlezamen. 
Seulement qu'au cieur elle ait de moi souvenance. 
Greu n' aura Dieus memiîransa 
D' aquels per cuy es oblidatz. 

AlMEBl DE BeLLINOY : Cossiros. 
Uiflîcilcment Dieu en aura souvenance de ciii \ 
par qui il est oublié. 

ANC. FR. El dit Renai-t : Par la meinbrance, 
Par les jilaies, par la mort beu. 
Roman du Renarl, t. lil, p. .')(). 
\->c. r..\T. Meinbrança. e.sp. ]\]einbraiisa. por.T. 
Lembranca. it. Meinbranza. 
III. 



MEM i85 

4. Membkadament, adc.y sciemment, en 
connaissance de cause. 
Alcns MEMBRADAMENT o pcf Sa folof anava 
encontra. 

Tii. de 1248. DoAT, I. CXKXVIl, fol. 221. 
Aucun sciemment ou par sa l'ulic allait contre. 

^. Memoria, .V. /■., lat. MEMORiA, méinoiic. 
Kona MEMoRtA per lien retener. 

r. et rerl., fol. 9. 
Bonne mémoire ])0ur Ijien retenir. 
Kla a MEMOKiA. per qu'ilh reiiieubre las 
canzas que so aoras trespassadas. 

Liv. de Sydntc, fol. to. 
l'.Uc a mémoire pour qu'elle remémore les choses 
qui sont maintenant passées. 

J.OC. Son filz, DE BONA MEMORIA. 

Statuts de Provence. JiLlEN, t. I, p. 82. 
Son fils , de bonne mémoire. 

— Compte, état sommaire de ce qui 
est dû. 

.1. copia de las petitas memorias. 
Tit. de 1428. Ilist. de Ni'mes, t. 111, pr., p. 227. 
Une copie des petits mémoires. 
<;at. Esr. PORT. it. Memoria. 

(j. Memorathj , adj. , niL-moraiif. 

Apela Aristotil... la quiuta virtut, mesio- 

RATIVA. 

Elue de las jiropr., ïol. i^. 
Aristole appelle... la cinquième qualité, mémora- 
live. 
rORT. IT. Memorativo. 

7. RIemoriaf. , adj., lat. mémorial^, mé- 
morial , avertissement. 

Lo vestJr que hora doua a! panre li esconia 
MEMORIAL que inc^ae Dieu per aquell que fay 
aquella almoriia. 

F.etFert.. fol. 78. 

Le vêtement qu'on donne au |)auvre lui eslcomme 
avertissement (]u'il prie Dieu pour celui qui fait 
celle aumône. 

— Suhst. Mémoire, état sommaire d'un 
compte. 

Per la copia dels memorials facba. 
Tit. de 1428. Ilist. de Nîmes, t. III, pr., p. 227. 
Pour la copie laite dirs mémoires. 
CAT. ESP. PORT. Mémorial, it. Meinorialc. 

8. COMEMOUACIO, C0MEM0RAT10, .V. /. , 

lat. coMMKMOKATio , commémoral II 'Il . 



i86 



MEM 



Or.Ttios ab comemoracio de la sauta passio 

ilel fllh de Dieu. 

Brev. d'ainor, fol. lOO. 
Oraison avec comniéinoralion de la sainte passion 
du fils de Dieu. 

Per coMEMORATio e pei' gloi'ia d' elb. 

Philomena. 
Poui- commémoration et pour gloire de lui. 
CAT. Commemoraclo . esp. Commeinoracion. 
roRT. Coinmemoracào. it. Commernoi-a- 
zioue. ■ ' ; 

f). Desmembrar , DEMEMBRAR, V., Oublier. 
Qae vuelha desmembrar raos peccatz , mas 

dolors. 

V. de S, Honorât. 
Qu'il veuille oublier mes pe'clie's , mes douleurs. 
Que non an dememuran 
Mi ni negus de totz selhs que estan 
En est segle malvat, galiador. 

R. Gaucelm : A Dieu. 
Qu'il n'aille pas oubliant moi ni uul de tous ceux 
qui sont en ce siècle me'cliant , trompeur. 
Part. pas. Quan si vol recordar de causa des- 

MEMBRADA. 

Elite, de las propr.j fol. 18. 
Quand il veut se souvenir de chose oubliée. 
ANC. OAT. Desmembrar. it. Dismemorare. 

10. Desmkmoriament, 5. m., jierte de 
la mémoire, folie. 

Alienacio, o desmemoriament. 

Elue, de las propr., loi. 5o. 
AUe'nation , ou perte de la mémoire. 

1 1 . Dememoriar , V. , priver de mé- 
moire, être fou, insensé, extrava- 
guer. 

Part. pas. Aquels qui so fora n/.agge de razo, 

o DEMEM0RIAT7,. 

Elue, de las propr., fol. 19^. 
Ceux qui soûl liors d'usage de raison, ou insensés. 
K>r. Desmemoriar. 

12. Remkmbransa, renembransa, s. f. , 
souvenance , commémoration , res- 
souvenir. 

Ades m'auci sa donssa rememcransa. 
Hugues de Satnt-Cyr : Ses dczir. 
Sans cesse me tue sa douce souvenance. 
Entorn lieysque m tcn eu remembransa. 
AlMF.Ri DE IÎEi,l,iNOY : Mera\ il me. 
Autour d'elle qui nie lient en soin'eniince. 



MEM 

Remembransa de la passio de Jhesu Crist. 

y. et Fert.. fol. &4. 
dommé/iinration de la passion de Je'sus-ChrisI . 
Tuit li mal e'I ben del mont sou mes en r.i - 
membransa per trobadors. 

Gramm. prouenç. 
Tous les maux et les biens du monde sont mis en 
ressouvenir par les troubadours. 

Car ieu fane tota ora renembransa de vos 
senes entrelaissameiit. 

Trad. de l'Epit. de S. Paul aux Piomains. 
Car je fais toujours commémoration de vous saiii 
discontinuation. 

ANC. FR. Lors te vendra en remembraiice. 
Et la façon et la .semblance. 

Homan de la Rose, v; a^^S. 
Se ne fust tant de remembrance. 

Roman de Piou, v. 16. 
ANC. f;\T. Remembranca. esp. Rcmembranza . 
IV. Rimembranza. 

i3. Remembrament , remembramen, s. 
m., ressouvenir. 

Per talli que tos temps aguesso remembra- 
ment d' aquelha aigua beneseyta. 

Philomena. 
Pour tel que toujours ils eussenl ressouvenir de 
cette eau bénite. ,«» 

Loc. Per so que d' el fos fag tos temps remem- 
bramens. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Pour ce que de lui fui fait eu tout temps ressou- 
venir. 

ANC. iR. Quant de sa doulce uière li \ient rc - 
membrainent. 
Roman des (juatre fils ylymon. Bekrkr , p. 4- 

i/i. Remembre, rtT^., remémoratif, sou 
venant, ressouvenant. 
Ne siatz remembres e testiruonis. 

l^it. de lia. Do-AT, I. XLIII, loi. 3ç). 
En soyez remémoralijs el témoins. 

i5. Remembrius, ct((/-, mémoratif. 
De iiiort no sny remembrius 
Ni teraens. 

G. TiiQuiER : .\ mon dan. 
De mort je ne suis mémoratif ni craintif, 

16. ReMEMBRADOR, RENEMBRADOR , cdj., 

mémoratif. ., .>, . 



ME.M 

Es REMEMBRA DUR (le Illi. 

Trad. de V Epît. de S. Pniil nitx Cunnlliicns. 
\ ous êtes incmorntifs i!c moi. 
Qae siatz henemurador d'ayccUas paraiilas. 

Trad. de la 2« Epitre de S. Pierre. 
Que vous soyez tnémoratijs de ces paroles. 

ANC. EST. 

Madré, del tn Oolzalvo sey reinembrador. 
MUngros de y II es Ira Sehora, cop. 8()(). 

17. REMKniorvAcio , s.f., lat. uememo- 
RATio, rcssouvoiiir. 
Rememoracio (le la opperacio. 

Segon que ve rkmemoracio de lor. 

Trad. d'Àlbucusis, fol. i eta.j. 
Ressouvenir de l'opération. 
Selon qu'il vient ressouvenir A'cus.. 

18. Re.AIEMORAR , RE3IEMBRAR, RKNEM- 
BRAR, REMBRAR, V, , lot. REMEMORARC, 

remémorer, se rappeler, se souvenir, 
se ressouvenir. 

No deu hiiui los oblilz 

Ni 'l.s viels faitz remembrar. 

GiRAiJD DE BoRNEiL : Per solatz. 
Ou ne doit les ouLIi.s ni les vieux faits rappeler. 

Vai lur rememdrar del pantay.s qu' avian vist. 
y, de S. Honorât. 
Va leur ressoui'enir de l'agitation qu'ils avaient vue. 

Trobey lay douas , per ver. 
Que m ffio REMBRAR ruon paire. 

P. Vidal : Ahril issic. 
Je trouvai là dames , pour vrai, qui me (irent 
rappeler mon père. 

Pot, si S vol, REaiEMBRAR. 

M.\BC\BRts : Pus mos coratge. 
Peut , s'il veut , se rappeler. 

Del bec adobar vos remembre. 

Del'des DE Prades, j-luz. eass. 
D'arranger le Lee qu'il vous souvienne. 

Part, prés. Teu .so remémorant la operacio. 
Trad. d'yilùucasis, fol. 33. 
Je suis me rappelant l'opération. 

Qa' el noslre luectenen , remembrams de sa- 
lât, uomne persona bona et Dtil. 

Cartulaire de Monlpellierj fol. 49- 

Que notre lieutenant, se souvenant de salut, 
iiomnie personne bonne et utile. 

ASC. FR. Amis, fet-ele, jeo pensoue , 

K vos cumpainuns remvmhroiic. 
Mxnir. i>E FriANtF. , 1. 1 , p. 382. 



MEM 



18' 



Considère la manière <le la raorl de liiy, la- 
(juelle est luuiilt lamenlable et piteuse à re- 
membrer. 

MoNSTRtl-ET . t. I , fol. 57. 

A?,c. caï. ANC. v^v. Remembrar. it. Rimembrarc. 

19. Reminiscencia , s. f., lat. reminis- 
cENTiA, réminiscence. 

Entre memoria e reminiscencia ha dife- 
rencia.. . liestias, ja sia que haio memoria, 
eiupero no han reminiscencia. 

Elue, de las pmpr., fol. 18. 
Entre ni(!moii'e et réminiscence il y a dift'crence... 
Les bêtes, bien qu'elles aient mémoire, n'ont pas 
réminiscence. 

CAT. ESI'. roRT. Reminiscencia. n. Rcmini- 
scenzia. 

MEMBRE, me:vbre, nembre , s, m., lat. 
MEMBR?//«, membre. 

Non ai MEMBRE no m fremisca ni ongla. 
A. Daniel : Lo ferm voler. 
Je n'ai membre qui ne me frémisse ni ongle. 
Los NEMBREs c la tcsîa pesseron al enfau. 
f^. de S. Honorât. 
Les membres et la tc'te ils brisèrent à l'enfant. 
Fii^. Totz ein membres d' un cors dont Jhesu 
Crist es caps. 

f. et f'eri.j fol. 67. 
Tous nous sommes membres d'un corps dont Jé- 
sus-Clirist est tête. 

Non podem esser menbre de uostre Re- 
deiuptor, si no nos tenem ab nostre proesme. 
Trad. de B'ede, fol. 64. 
Nous ne pouvons être membres de notre Bédenip- 
leur, si nous ne nous tenons avec notre procbain. 

— Verge, membre viril. 

Las trenas son iascas , et lo membres s'csieu 
e esdeve grans. 

Liv. de'Srdrnc , fol. io3^ 

Les ligaments sont lâches , et le membre s'étend et 
devient grand- 

— Permc «Je grammaire. 

Parliiuens es questios que ha dos membres 
<;ontraris. 

Leys d'amors, fol. ^O. 
Le jeu-parti est une question <|ui a deu.x membres 
contraires. 

— Sorte de ponctuation. 

Membres non es antra causa sino uua ma- 
niera de ponch apelat coIuiD. 

J.rjs d'nniors , iv\ l,\ 



i88 



MEN 



Le niemhïe ii'estautrecliose sinon une manière Ac 
jioint, appelé colum. i 

c.\T. Membre, isr. pokt Miembro. n. Mem- 
bro. 

2. Membrut, adj., membru. j 
Oncas luns hoiu no vie cavayer si membrwt. 

Roman de Fierabras, v. 981. 
Ontques nul homme ne vit clievalier si membru. 
ANC FR. Au surplus un asne bienfait, 

Bien membru, bien gras, bien refait. 
Satyre Ménippce, p. 216. 
CAT. Membrud. esp, port. Membrudo. n. 
Membruto. 

3. DiSMEMBRAMEN , .S. m., démembre- 
ment, séparation, di.stincliou. 

Dis r angel : « Aquels que son mes en aquest 
potz, non aura dismembramen d' elhs. » 
Revelatio de las penas d'yfern- 

L'ange dit : « Ceux qui sont mis dans ce puits, il 
n'y aura pas de distinction d'eux. » 

CAT. Desmembrainent. esp. Desmembramiento. 
XT. Smembrainento . 

Lt. Desmembrar, V., démembrer, écar- 
teler, mettre en pièces. 

Elh lo fe DESMEMBRAR, et, ab los raanganels, 
eih lo fe gilar dins la ciutat. 

Philoihena. 
Il le Ht écarleler, et , avec les mangoneaus , il le 
fit jeter dans la cite'. 

Part. pas. Silh que jntgo los malvatz homes de 
lor faitz leyaimen, jaci' aisso qu' ilh sion 
desfah o desmembrah , ilh non pecco. 
Liv. de Sjdrac, fol. i33. 
Ceux ([ui jugent loyalement les méchants hommes 
louchant leurs actions, ])ien qu'ils soient détruits ou 
vcartelés, ils ne pèchent pas. 
Car mays ainaria esser .ides tofz desmemiîratz. 
Roman de Fierabras , v. 66^. | 

Car j'aimerais davantage être incontinent tout mis 
en pieves. 

Aiîc. l'R. Trente escuyers qni... desmembrent\ 
des oyes, oysons, chapons, etc. | 

I/ist. mncnr., t. I, p. aij. I 
CAT. ESP. POUX. Desmembrar. ir. Disme:;ibrare. 

MENAE , V. , lat. minar^, mener, con- | 
dnire , emmener. 
En paradis vos deurian menar , 
Si, per merce, nuls honi hi den inlrar 
Bambatti T)F. Vapii FlF^s : Honrat marquas 



MEN 

En paradis vous devraient mener, si, par merci, 
nul homme y doit entrer. 

.Si ja podetz d'esta terra 
En Bascol traire ni rtenar, 
Veus mos cors per justiziar. 

R. Vidal de Bezaldun : Unas novas. 
Si jamais vous pouvez de celte terre le seigneur 
lîascol tirer et emmener , voici ma personne pour 
justicier. 

Fig. Vauc lai o '1 cors nii mena. 

Bertrand de Bobn : CazuiE sui. 
.le vais là où le cœur me mine. 
Loc. fig. Proeza , cossi us vei rota 

E MENAR de tort en travers. 

Pierre d'Auvergn». : Bel m'es. 
Prouesse , comme je vous vois brisée et mener de 
tort en travers. 

Mot ben enseynat 
De MENAR sancta vida. 

V. de S. Honorât. 
Moult biçn enseignés à /nene/- sainte vie. 

Ce verbe était en outre employé dans 
lin grand nombre d'autres locutions , 
dans lesquelles il recevait des acceptions 
différentes ; voici les principales : 

Li MENA gran fcsta. 

f^. de S. Honorât, 
hwijait grande fête. 
Lai venc lo rei sa feluia menar. 

Poème sur Boèce. 
Là vint le roi sa félonie montrer. 
Menarai sf las mans e 'Is bratz 
Tro pans tôt mon afar en patz. 

Ledal'Phin d'Auvergne : Del niieg. 
Je ferai tant des mains et des bras jusqu'à ce i(ue 
je pose mon affaire en paix. 

Qnan non poirai menar la lengua. 

Foi.QUET DE Marseille : Senher Dieus. 
Quand je ne pourrai lernuerla langue. 
Menan a fuec e a barrey. 

f^. de S. Honorât. 
Mettent à feu et à dévastation. 
Mena fos secretz ab sabis homes. 

Trad. deJiède, fol. 75. 
Von/îe les secrets à sages hommes. 
Tôt o MENA a plom et a livt-ll et a drecba 

linha. 

y. et Fert., fol. Sg. 

Tout cela il mène à plomb el à niveau et à droite 
ligne. 

Las antras gens meno gran solalz enloiii 
lo taulier ' ^' - 



MEN 

Las nutrasgeus que menon ia j;iau fcsta au 
ganre d' estnnutns. 

Li^'. lit SjUrac, loi. 3l . 
Les aulics gens nicnent grande joie autour du ta- 
blier. 

Les autres gens qui ntcncnt la granile iéte avec 
beaucoup d'instruments. 

Menan gran baudor per tola la ciui.it. 
r. de S. Ilonnrnt. 
Mènent grande alle'grcsse par toute ia cile. 
Dol MENAN, 

Tenc Oalvans am sos coinpauos. 

Roman de Jaiifre, loi. l^. 
V.n menant affliction, Gauvain vint avec ses coni- 
p;i:;nons. 

P-.TUzadors e l)anzatz 
Valor MtNOs deneira. 

B. SiCART DE M.vnjKVoi.s : Ail grcu. 
Trompeurs et trompes mènent me'i il e derrière. 
Loc.Jîiç. Menet tan lo barntel. 

Que .senti si p;r<).ssa d'enfant. 

y. de S. Honorât. 
Elle mena tant le Llutoir qu'elle se sentit grosse 
d'enfant. 

Tôt ginhozanieus 
Menar mon adxers.iri a dc.seoUzeinen.s. 
Pierre de Corbiac : Kl nom de. 
Tout ingénieusement mener mon adversaire à dc- 
ronfilurc. 
Part. pas. Aissilli de Lombardia 

Mai volon esser be me.vat 
Per rey, que per comte forsat. 
Bertrand DE Bobn : leu chan qu' el reys. 
Ceux de LoraLardie plus veulent être Lieu menés 
p.ir roi , que par comte contraints. 
Loc. 

Can r enteu l'almiran, gran joya n'a menada.. 
Piomnn de Fierabras, v. 2755. 
Ouand l'émir l'entend , grande joie il en a montrée. 

Es ben mesatz estra ley 
Qui lea «-ar so que l'avilis. 

Arnaud de Marleii. : Cui que. 
Est bien mené hors Li loi celui qui lient clier ce 
qui l'avilit. 

ANC. FR. Cenlx où le inayre I aura menct pour 
enlx adjonrner. 
Charte de Valenciennes, de 1 1 1 '( , p. 398. 
Les conipainnnn de lai seront mettet à tei ; 
il scrnnt incnct en ieesce. 

/înr. ti'nd. du Psaiit , M-. n° 1. p-. '|^|- 
Fors de mener jojivctcs. 

liiiman de la Pii'.<e , \ . K'jKi. 



IMEN 



i8<, 



\.Nf;. i-.sp. 

Oiro.s que menahan siniio.s è xafarrones. 
Puema de Alexandro , cop. 1798- 
(AT. Menar. i sr. mi'D. port. Meneur, it. Mc- 
nare. 

■->. . Mkna , s.f., niaiiiùrc, f;içon. 
\}n vers farai de tal siena , 
On vuelh que mos sens parcsca. 

KambAud d'Oiiange : Un vers. 
Je lerai un vers de telle manière, où je veux que 
mon sens paraisse. 

Tan vos sai lauzengier 
K fait d'amorosa mena, 
Qn' ien cug que de cavalier 
Siatz dcvengntz camjaire. 

T. UE LA COMTESSE DE DiE ET DE RAMBALP 

d'Orange : .4micx. 
Tant je vous .sais ilalteur et fait d'amoureuse /}/- 
çon, que je cioisque de chevalier vous soyez devenu 
changeur. • • 

CAT. iT. Mena. 

'*> ?tÎEXAlRF. , MEN.A.YRE, MENADOR , .V. III., 

meneur, conducteur. 
Tertullien a employé le mot latin 
MiNATOR en ce sens. 

len , boiu monnier, ho menaire, o farinier. 

Cartulaire de Montpellier, fol. i^o. 
Moi , homme meunier, ou meneur, ou farinier. 
Lai intrct la reina ab sa seror, 
E remairo defors siei menador. 

Pioman de Gérard de liossillon, fol. 90. 
Là entra la reine avec sa sœur, et restèrent dehors 
ses conducteurs. 

Fig. Car el era menayres de la paraula. 
2'rad. des Actes des apôtres, ch. i^. 
Car il était conducteur de la parole. 
AMI. FR. Tant ont aie, que lot meneres 
Les a rais eu la court au roi. 

Roman du Renarl, t. IV, p. l^d. 
ESP. Menador. it, Mcnatore. 

4. A.MENAR , V., amener, i,'iii(ler, con- 
duire. 

Vengro siei cassador de cassar, et ami.kekd 
iCc. beslias .^alva^as. 

l'HII.OMENA. 
Vinient --es chasseurs de chasser, el amcnèreni 
lioi-. rcnis Im'Ics sauvages. 



IQO 



MEN 



Kailes a sos Ijaros en la osl amenât/.. 
Roman de Fierabras , v. \!^. 
Charles a amené ses barons à l'armée. 
h'ig. Diables s' esforsa cornent tire als efernals 
forraens toz aqael.s que pot escbalfar ni 
AMENA R als vices. 

Trad. deBede, fol. 82. 
Le diable s'ellorce comment il tire aux infernaux 
lijurments tous ceux qu'il peut ccliauffer et amener 
.\wi. vices. 

Per joi de la verdura , ^ 

Qa'el bel temps clars nos amena. 

Lambiîrti de Bonanel : Pois vei. 
Par joie de la verdure, que le beau temps clair 
nous amène. 

Foodatz vos amena, 
Quar aissi vos partefz d'amor. 
T. DE P. d'Auvergne et de B. de Ventadoub : 

Araicx. 
Folie \o\\s guide, puisque ainsi vous vous séparez 
«l'amour. 

Prov. Cosslrers amena vellieza davan tenis. 
Trad. de Bède, fol. 60. 
Souci amené vieillesse avant le temps. 
Part, pas, Amenatz et condnigs ad aiso. 

Tit. de 1263. DoAT, t. CVI, fol. 209. 
Amenés et conduits à ceci. 
ANC. CAT. Amenar. anc. ir. Amenare. 

5. Amenament, s, m., maison de louage, 
logement. 

Estet, per lot 1' espazi de dos ans , en son 

AMENAMENT. 

Trad. des Actes des apôtres, cli. 28. 
Il demeura , par tout l'espace de deux ans , dans 
son logement. 

6. Demenar, V., mener, conduire, gui- 
der, diriger, amener. 

Qni vol corteza vida 
Demenar ni f^razida. 

AiiNAUD DE Marueil : Razos es. 
(^)ui veut mener courtoise vie et agréal)le. 
Qui per compas 
No sap lo segle demenar. 

Pierre d'Auvergne : Bel m'is. 
(^)ui par compas ne sait le siècle diriger. 

• — Exprimer, faire éclater. 

Lo rossinnolet , 

Auialz li> joi que dtmf.na ; 



MEN 

ïota nuoit chanta solz la flor. 
T. DE P. d'Avvebgne et de b. de Ventadour ; 

Amicx. 
Le rossignolel... , oyez la joie qu'il y^jt éclater j 
toute la nuit il chante sous la Heur. 

— Agiter, secouer, tourmenter. 

Sos drapels 
Démena. 

Guillaume de Tudela . 
Agite ses drapeaux. 

Fig. .Si deves morir del mal que ti bemena. 
V. de S. Honorât. 
Si tu dois mourir du mal qui te tourmente. 

— • Manifester, produire. 

Aquesta misericordia demenam principala- 
raent en très raaneiras. 

Trad. de Bède, fol. 17. 
Cette miséricorde nous manijestons principale- 
ment en trois manières. 

AK<;. FR. Quant pot parler, gr-Anà ào\ demeine . 
Marie de France , t. I , p. 268. 
Entre temps que le noble duc de Bonrgongne 
demeiioit sa guerre. 

MONSTRELET, t. III, fol. 54- 

Li mien rein canj];iet snnt, e jo à nient dé- 
mené t stii. 

Anc. trad. du Psaut. de Corbie, ps. 72. 
Quand je detisse bonne cLière 
Démener en compaignie , 
Je n'en fais que la manière. 

Charles d'Orléans , p. 187. 
Et pensez qtie tous les propos ne furent 
point démenés sans aprèter à rire à ceux qui 
cstoient présents. 

Contes de Bonair. Desperr'eis, nouvelle xc. 
iT. Dimenar. 

7. Demenament, s. m., direction , ten- 
dance. 

Vist e regardât lo demenament de la causa, 
de leiras et de carias. 

Tit. de latii. DoAT, t. LXXIX, fol. 26. 

Vu et examine la direction de la cause, par lettres 
et par chartes. 

8. Malmenar, 7^., malmener, maltrai- 
ter, tourmenter, conduire mal. 
Agrevion cmalmenon, e fan rezemer la 

paura gen. 

y. et Fert., fol. 17. 
Accablent et malmènent, et font rcdimer la pau- 
vre i;ent. , ■ j > 



MEN 

Fig. Amlcx, s' acsetz nu carlier 
De la ilolor que lu m\lme.sa. 

T. DE LA COMTESSE DE DlE ET DE R. d'OraNGE : 

Amies. 
Ami, si vous eussiez un quai lier di; la douleur (jui 
uie tourmente. 

Sap be mi tlous et Auiors 

Qu' ieu de re 
Vas leis no lu malme. 

FoLQLET DE Marseille : Ali pauc. 
Sait bien ma dame cl Amour (jue moi en rieu en- 
vers elle ne me conduis mal. 

— Injurier, insulter. 

Vus qu'a Dieu son vot non lenes , 
Lt qu'en tos falz lo malmenés. 

P. Cardinal : Jhesum Crisl. 
Puisque à Dieu son vœu lu ne tiens pas , et qu'en 
les actions lu le malmènes. 
Parc, pas. Batulz, feritz e malmenatz. 
f^. de S. Honorât. 
Battu, frappe' et /««//ra/7e. 

ANC. EîP. 

Que li Jiesse conseio ca era malrnenado. 
F. de S. Millan. cop. lëy. 
ANC. CAT. Malincnar. it. Mahnenare . 

9. Remenar , V., ramener, introduire, 

repasser, remonter, rebrousser. 

Hamors que no s podo remenar dins les 
ternies. 

Ab aquesta fan cessai- tempestas et remenar 
fliivis. 

Elue, de las projir. , fol. 80 et l85. . 

Humeurs qui ne peuvent se ramener dans les 
hornes. 

Avec celle-ci font cesser les tempêtes et rebrous- 
ser les fleuves. 

Parc. pas. Aialz un Cl dias remenat 
De trama, e d'aital niezara 
Qu'en pnesca far al col sentura. 
Deudesde Prades , jduz. cass. 
Ayez un fil de trame introduit dedans , et de telle 
mesure qu'il en puisse faire au cou ceinture. 

Es REMENADA e pufgada enans que si.i 
inessa ei granier. 

y.elFert., fol. 6G. 
Est repassée et netloye'e avant qu'elle soit mise 
au tjrenicr. 

CAT. Remenar. n. Rimenare. 

10. Arremenar, aremenar , V. , iliri- 
ger, conduire. 



MEN 



'9' 



Arremenet ab si .lxx. m. cavayers. 

Philomena. 
Conduisit àsec soi soixante-dix. mille cavalieri. 

— Retenir, ne pas oublier. 

Volhas me doncs be escolar. 

Entendre et aremenar 

So qne us diiaj- d' aquest santor. 

/^. de S. .'Ilexis. 
^ euillez donc Lien m'e'couler, comprendre et ;■<•- 
tenir eu que je vousdirai dece s.iint. 

— Arrêter. 
Parc. pas. 

Entro sus a Martiple no s son ahemenatz. 

Pioman de Fteraùras, v. 22^0. 
Jusque sus à Martiple ils ne se sont pa» arre'tes. 

II. SoTZAMENAR, V., introduite en 
fraude , amener en dessous. 

Part. pas. Los sotzasîenatz fraires. 

T>ad. de l'Epît. de S. Paul aujc Galates. 
Les frères introduits en fraude ( intrus >. 

l'.lENASSA, MENAZA, S. /., lat. minac/a , 
n)enace. 
Flacs es qui de guena s lassa 
Ni qne s'en recre per menassa. 

Bertrand de Born : Rassa tan creys. 
Lâclie est qui de guerre se lasse et qui s'en désislf? 
par menace. 

Vostras menassas. . . ara, \)ei ma fc, soix 
tornadas a nient. 

l'ilII.OMENA. 

Vos menaces... maintenant, parma fui, sont tour- 
nées à rien. 

AN< . < AT. Menassa. ,\yc. esp. Menaza. \i\ 
Minaccia. 

•>.. Menassaire, /7r^., menaçant, inso- 
ient. 

Pero snfertaire 
'l'ioh' enans repaire 

Que glotZ MENASSAIRE. 

GiRAiiD DE BoKNEiL : ,\ras si. 
Pourtant souffreteux, trouve auparavant retraite 
que glouton menaiant. 

!^. Me>'assar , V., du lat. jiinar/, mena- 
cer, gonrmander. 
.S' om vos blandis , vos menassatz ; 
Qui us menassa , vos soplcvatz. 

Deudes de Prades : Trophen m'estara. 
Si on vous caresse, vous menacez; qui vous «;,- 
nace, vous suppliez. 



lOO, 



'9 



MEN 



Menasseron fort lospelegris. 

Trud. de l'Evang. de Nicodème. 
Menacèi-ent fort les pèlerins. 

Menasso lor daramenque sian savi en la ft-. 

Trad. de l'Epît. à Tit., T. 
Les gourmande duiement (pour) qu'ils soii-ii! 
savants en la foi. 
Proverb. Tal menassa c'a paor. 

Roman de Jaiifrej fol. 12. 
Tel menace qui a peur. 

S'azira..., ^ 

Cridan , 

Menassan. 

GiRAUD DE BORNEIL : Eras si. 
S'irrite..., criant, menaçant. 

— Présager. 

NI perilbs ni ren que tôt lo mon 11 puesca 

MENASSAR. 

F. et Vert., fol. 65. 
Ni périls ni rien que loUt le monde lui puisse 
yrésnger. 

Part. pas. Senher, caat aiiretz pro parlât 
E vil tengut e MiiNAs.sAX. 
R. Vidai, de Bezatjdun : Unas uovas. 
.Seigneur, quand vous aurez assez parlé et injurié 
et menacé. 
Substant. Al anzen de mon Menassat. 

Bertrand de Born : leu clian qu' ei. 
.\ l'oyaut de mon Menacé. 
ANC. CAT. Menassar. it. 31inacciare. 

^i. Amf.nass.\, 5./., menace. 

Mescla helas paraulas a la.s amena.ssas. 
Piegla de S. Benezeg, fol. i3. 
Mêle belles ]iaroles aux menaces. 
v.\\.Ainenassa. est. Amenaza. tort. Amenaca. 

5. Amenassar, V., menacer. 
Repren, prega, amenassa. 

Régla de S. Benezeg ^ loi. i3. 
Pieprond , prie, menace, 
l'art, pas. Tant me an amenassada. 

Libre de Tindal. 
Tant m'ont menacée. 

CAT. Amenas.<:ar. e.sp. Ainenazar. port. Amc- 
nacar. 

G. COMINACIO, .V. /. ,lat. COMMlN.ATl!), 

menace. 

Drechura et cominacio. 

Elue, de las propr., fol. 161. 
T^roiluro et menace. 



MEN 

c-.T. Comminaciô . esp. Comminacion- p^irt. 
Comminncào. 

MENAZO, s./., dysscHiterie. 

Jazia malaute.s de febre e de me:sazo. 

Trad. des Actes des apôtres, cli. 28 
Gisait malade de fièvre et de dj'ssenlerie. 

ANC. FR. Certes j'en mengeai l'autre fois 
Tant que j'en euch la menison. 
Li gieus de Robin et de Marion. 

MENDA, .v./, lat. menda, faute , taelic, 
défaut , imperfection. 
Fresca , vermelha , ses menda. 
Es la cara solz la banda. 

Hugl'Es de Saint-Cyr : Servit aurai. 
Fraîclie , vermeille, sans iinperjection, est Ij 
face sous le bandeau. 
IT. Menda. 

•>.. EsMENDA , EMENDA, S. f., réparation, 
satisfaction, correction. 

Corda , borrel ni benda , 

On calha far esmenda. 

Ahvnieu desEscas : En aquel mes. 
Corde , bourrelet ni bandeau où il faille faire ré- 
paration. 
F'tg. Dels siens toriz farai esmenda. 

Peyrols : Dels sieus. 
Des siens torts je ferai réparation. 

— Amende. 

IVÎetou bans et nialas costumas, per occayzou 
d' aver eme.sdas. 

y. et Fert., fol. i5. 
Mettent bans et mauvaises coutumes, pour occa- 
sion d'avoir amendes. 

CAT. Einena. anc. esp. Etnenda. esp. mod. En- 
inienda ih.«.ï. it. Einenda. 

3. EmENDACIO, EMENDACION, S. J'., lat. 

EMENDATiONew, amendement. 
A major satisfacion e emendacio. 
Eutro que n'aura fâcha emendacion cove- 

nalila. 

Régla de S. Benezeg, fol. 56" et 64. 
A plus grande satisfaction et amendement. 
Jusqu'à ce qu'il en aura fait amendement conve- 
nable. 

ASC. CAT. Ernendacio. esp. Emendacion. it. 
Emendazione. 

/j. EsMRNUAMEN , EMENUAMEN, S. III., 

amendement. .r- - . 



MEN 

"Venia ad esmendamen. 

Brei'. d'amor, lui. i 17. 
Venait à amendement. 

Aquel que aiuinistra als antres emexdamek 
per sas amonicios. 

Régla de S. Beneze^, fol. i5. 
Celui qui fouinil aux autre.? amendement par ses 
admonitious. 

ANC. ESP. Emendamiento, enmendamiento. it. 
Ein en da m ento. 

5. EsiiEis'DAnoR, s. m., laf. emf.ndator, 
conecteur. 
Masja no 'Ih calijra esmkndador. 

Gvi d'Uisel : Ges de cliantar. 
Mais jamais ne lui faudra correcteur. 
ESP. Eninendador. port. Emendador. it. 
Emendatorc. 

S. EsaiKND.4R, EMENDAR, V., lat. EMEN- 

PARe, amender, corriger, réparer. 

Que ESMENDEM nostra vida. 

Brev. d'amor, fol. ,')6. 
Que nous amendions notre vie. 
Li prec qu' el esmend me , 
S' iea y mespreu en re. 

Arnaud de Marletl : Razos es. 
Je le prie qu'il me corrige, si j'y méprends en rien. 
M'esmenda les niais que m fet/, sofrir. 

G. Faidit : Jamais nulli. 
Me répare les maux qu'il me fit soufi'rir. 
Lo jutges deu far emendak lo dan, so es lo 
pejuranient de la causa. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 18. 
Le juge doit faire ;f/)rtre/' le dommage , c'esl-à- 
dire la déle'rioration de la chose. 
Ki s'en pot emexdak. 

y. et Vert., fol. 11. 
Ki ne s'en peut amender. 
CAT. Esinenar. esv. Emendar, enmendar. rop.r. 
Emendar. it. Emendare. 

7. Remexdar, V., rétablir, ranimer. 

Car solaz si remenda. 

GiRAUD DE SalIONAC : Ksparviers. 
Car re'jouissance se ranime. 
r.AT. PORT. Remendar. it. Rimendare. 

8. Remendador, adj., qui ranime, qui 
excite, boute-en -train. 

Als contra fazens 

DitZ h(im REMENDADORS. 

G. 1Î1QI)1I,I\ : Sitôt s'os. 
Aux contrefaisants on dit houle-en-tnitn. 
it. Riinendatore . 



MEN 193 

MENDIC, menuig, adj., lat. hiendick^-, 
mendiant, pativre, gueux, misérable, 
vil. 

Ab dar, fo Alixandies ries, 

F, 'N Darius per tener mendics. 

AijGiER : Laig faill cor. 
Avec donner, .Mexandrc fut puissant, et le sei- 
gneur Darius paiifre pour garder. 
Eig. Lurs plazers 

Ni lur mendiga paria. 

15. (^AI.VO : l'or tôt so. 
Leur plaisir ni leur misérable compagnie. 

— Perfide, fourbe, trompeur. 

La rime faisait dite mendia pour 

MENDIGA. 

Mas nna dona mendia , 
Falsa , que Dieus la nialdia , 
Mes entre nos aqaest destorbaaien. 

Rai.mond de MiRAVAL : D'anior son. 
Mais une dame perfide, fausse , que Dieu la mau- 
disse , mit entre nous ce trouble. 

Fifç. Ben a malvatz cor e mendic 
Sel qui ama e no s melhnia. 

B. de VENTADOt'R : Lanquan fùelhon. 
Bien a mauvais cœur et /)t'fy/(ie celui qui aime et 
ne s'ame'liore pas. 

Eu sai que sa lenga mendiga 
M'en venjara mot ricamenl. 

Roman de Jaufre, fol. 6. 
Je sais que sa langue perfide m'en vengera moult 
puissamment. 

Siihstanùv. Malvays mendic, 
Quar sol layssetz el camp lo pros N Enric. 
Paulet de Marseille : Ab marriraen. 
'^Xaxwm^ fourbes , car seul vous laissâtes au camp 
le preux seigneur Henri. 

Icu sny guays, cuiu que sia , 
Malgrat dels malvatz j^endicx. 

Bernard de tôt lo .mo.v : Mais frcgz. 
Je suis gai , comment que soit , maigre' les mauvais 
perfides. 

— • Sorcier, magicien. 

Siibst. Ilb fay obra que las antijas 

Non sabron far ni las mendigas. 
Trad. d'un Evang. apocr. 
Elle fait œuvre que les vieilles ni les sorcières ne 
surent faire. 

ANC. FR. 

Qui là gaaigne, jamais n'en iert mendis. 

Romans de (rurin le Lolierain, t. I , p. (k>. 
p.sp. roi;i. Mfndif;o. it. Mendico. 

■>. 5 



194 



MEN 



2. MeNDIGAK , V., lat. MENDICAUf, IHCIV 

dier. 

Qnerir ni mendigar. 

Guillaume de Tudela . 
(hurler et mendier. 
Anet nntz j)es, mendigan. 

Cnt. dets apn.ll. de Romu, fol. i5o. 
Alla nus pieds, mendiant. 
v,\T. Mendicar. esp. port. Mendigar. it. Meti- 
dicare. 

MENS, MENHS , MENZ, MEINS , MEYNHS , 

MEYNS, adv. de quantité , lat. minms, 
moins. 
YoyrzDENiNA, t. I, p. 169. 
Si coiiieasa alcuna bona obra ab alcuna 
fervor, lendema n'a mens, lo ters jorn men.s, 

e lo quart cays non re. 

F. et Vert., fol. i3. 
S'il commence aucune bonne reuvre avec quelque 
ardeur, le lendemain il en a moins, le troisième 
jour moins , et le quatrième quasi rien. 
Adv. de coinpar. 

Plus m'esfors, e meyns me val. 

Dei!1)ES de Prades: Ab cor leial. 
Plus je m'efforce , et moins me vaut. 
Aquel que meins amara, meins sofertatn. 
Trnd. de Bide , M. 22. 
Celui c[ue moins nous aimons, moins nous supportons. 
Car pot esser .c. milia ans, o plus o menhs. 

Lif. de Sjdrnc, fol. 3o. 
Car il peut être cent mille ans , ou plus ou moins. 
Pauc m' es del dol , e menz del dan. 

Bertrand de BorN ; Guerra e treballi. 
Peu m'importe du deuil , et moins du dommage. 

Quoique seul , s'il était suivi d'un 

adjectif, il indiquait relation : 

El faria lot son voler, 
Per MEYNHS bella, quar !'abellis. 
Guillaume deBerguedvn : Mais volgra. 
Il ferait toute sa volonté, pour moins belle, parce 
qu'elle lui plaîl. 

Ordinairement la relation était indi- 
quée par QUE ou DE : 
S' ieii dereuan sui siens, 
A MENS me teub que Juzieus. 

P. Vidal : De cliantar. 
Si dorc'uavant je suis sien, je me tiens à moins que 
Juif. 

SIrns n'orp rs selli que per estranb p.'iys 



MEN 

Se fiii meniu' ad orp qu'el vnelh aucir. 
Serveri de Gibone : Dcinion volgra. 
Moins «yH'aveugle est celui qui par e'tranger pays 
se fait mener à aveugle qui veut l'occire. 
Lac. Qui trop s'yssaussa , mens es 
Kay.s.sau. 

B. Martin : D'entier. 
Qui trop s'exhausse , est moins en baissant. 
Kes no y es menus, nias quar nierce no'l preti 
De me. 

Le moine de Montaudon : Aissi cum sel h. 
Rien n'y est inoins (n'y manque), excepté que 
merci ne lui prend de moi. 

Ab Dieu servir va gratz et onraraens , 
E, sens servir, cavayer a 'I niielbs mens. 
StRVERi de Girone ; Cavayers. 
Avec servir Dieu vient agrément et honneur, et , 
sans ( le) servir, cavalier a le mieux: en tnoins. 
Siihstantiv. 
En ma dompna non tanh ni meyns ni mais. 

P. Bremond Ric.as Kovas : Ben deu estar. 
En ma dame ne convient ni moins ni plus. 
Ops es qu' amix que ben ama 
Prenga '1 menhs, e ponb' el may.s. 

Giraud de BorNeil : Quan brancha. 
Est nécessaire qu'ami qui aime bien prenne le 
moins , et tente le plus. 
Adv. coinp. Muer ades mens cada mens. 

FoLQUET de Marseille ; Tant raov de. 
Je meurs maintenant petit à petit. 
lies mais ni meins no i cove. 

B. DE Ventadour : Conorti cra. 
Rien plus ni moins n'y convient. 
Mas TOT LO MENS aitant eu retendrai, 
Qu' ins en mon cor l'amarai a rescos. 
FoLQiET DE Marseille : S' al cor plagues. 
Mais tout le moins autant j'en retiendrai , (jn'au 
dedans de mon coeur je l'aimerai en secret. 
A TOT LO mens m'er l'atendres bonors. 
AiMERi DE Sarlat : Fis e leials. 
.4 tout le moins me sera l'attendre honneur. 

ANC. FR. 

Regarde à tout le moins\a douleur que j'endure. 
Premières OEui'res de Desportes , fol. 291. 
Que mas cansos aprenda, 
O AL l'ER MENS quc, si 'I plai , las entend.!. 

Albert de Sistekon : En amor ai. 
Qu'elle apprenne mes chansons , ou pour le moins 
que , s'il lui plail , elle les entende. 
Selh que plus volia mantener .. 
Humilitat, orguclb ses viiania, 
E 'Is bons mestiers totz ses menhs e ses mai. 
A1MERI DE Peguilain ; Era par ben. 



MEN 

Celui qui plus voulait maintenir... humilito , 
fierté' sans vilenie, et les bons oIRces tous sans moins 
eC sans plus. 

Un sac II vai moslrardeclfiiicrs paucmens pleii. 
f-'. de S. Honorât. 
Un sac lui va montrer de deniers à peu près [ileiii. 
Prép. comp. Sai que plus gen miirrai , 
Et AB MEINHS D'afaii. 

PeyRols ; Atressi col signes. 
Je sais que je mouri'ai plus gentiment, et tnwf 
moins de peine. 

Pauc val sella ab meinhs D'ary.ons. 
Gl'illaume de Bergiedan : Mal o l'es. 
l'eu vaut selle avec moins que (sans) arçons. 
Conj. comp. En mens qde non clageras Tneyll. 
y. de S. Honorât. 
En moins (jne tu ne cligneras l'œil. 

Précédant divers mots, auxquels il 
se joignait , il les modifiait: 

Un verbe. 

Sai n'antra que anc les uo m meyns près. 
Le MOl.\E DE MoXTAtDON : i\issicuni selh qu'es. 

J'en sais une autre qui oucqucs ne nie moins prit 
(me'prisa). 

Un substantif. Par so n'ay femor, 
Quar conosc la mens valensa. 
T. DE Bernard et de Gaucelji : Gausselm no. 

Pour cela j'en ai crainte , car je connais la moins 
valeur. 

Il était aussi modifié lui-même, mais 
alors il se joignait au mot qui le modi- 
fiait. 

Contra la gent que nostra lei mescre. 

P. Vidal : Si col paubres. 
Contre la gent qui notre loi mécroit. 

Mos MESFAITZ m' cs tan greus e pesans. 
Richard de Barbezieux : Atressi cum. 
Mon méfait m'est si pénible et pesant. 
A s'arma menescabada. 

Contricio e peniis ijerna/s. 
A son âme perdue. 
ANC. CAT. Menys. cat. mod. esp. port. Menas. 
iT. Mena. 

1. MeNRE , MF.NDRE , MENOR , (l<{j . 

coinpar., lat. minor, moiniire, |)lus 
petit , inférieur. 

Si nnlLs çs de rai menre 

De sen ni de sciensa. 

AnsALD DE Marl'Eil : Razoses. 
Si nul est moindre que moi en sens et en science. 



MEN 



195 



Ela sera mbnre de las antras. 

Zii'/v de SjdntCj fol. g'J. 
Klle sera moindre que les autres. 
Mas n' er ma dolor mendre. 

HiiGVES DE Saint-Cyr : Cansonque leu. 
Mais en sera ma douleur moindre. 
Seran menre que nos. 

Lif. de Sydrac, fol. Çf'i. 
Seront moindres que nous. 
La ongla del det menor. 

f^. de Guillaume de Balaun. 
L'ongle du doigt plus petit. 
Substaneiv. Ben serai fols, s'ieu no pren, 
D' aqnestz dos mais, lo menor. 
B. de Ventai)ûi;r : Accosselhati. 
Je serai bien fou , si je ne prends , de ces deux 
maux , le moindre. 
Mas quan lo ricx ses menors acuelb gen, 
Dobla son prelz. 

P. Rai.mond de Toulouse : Si cum seluy. 
Mais quand le puissant accueille gentiment ses in- 
Jerieurs, il double son mérite. 

Don te per despendre 
Un dels seos dons, c seras ries del mendre. 
T. de Blacas et de Peyrols ; Peyrols pois. 
Qu'elle te donne à dépenser un des siens dons , et 
lu seras riche du moindre. 
ANC. ER. De Rretaiue la menor mû. 

Marie de France , t. I , p. 72. 
Tuit li greignor e li menor 
Portoient à richece honor. 

Roman de la JRose, v. io3l . 
Les cccistrent tons du pins graut jusques 
an menor. 

Citron, de Fr., liée, des fiist. de Fr., t. V, p. 293. 
Aimé sera tant dn grand tjue dn mendre. 
Cl. Marot, t. I , p. i53. 
CAT. ESP. PORT. Menor. iï. .Mi/iore. 

3. Menoret, adj. dim,. , moindre, plus 
petit, inférieur. 

Al sien menoret messatge 
Faria yeu mil tant d'onors 
C'al i)lus rie de loi/, mos senhors. 
Raimond de Miraval : Loncx temps. 
Au sien moindre message je ferais mille fois au- 
tant d'honneurs qu'au plus puissant de tous mes sei- 
gneurs. 

Substantif. Non cre ieu 

Qii'eis MENORETZ no renhon folamen. 
Raimond de Castelnau : Mon sirventes. f^ar. 
Je ne crois pas que les plus petits ne se gouvernent 
pas follement. 



i^6 



MEN 



— Sœur-mineure. 

Per on hom va de la raaio de las menoiie- 
TAS a la glieia. 

Tu. de i2o3. DoAT, i. CXVlll, fol. a/jG. 

Par où on va de la niaisou des sœurs-mineures à 
l'église. 

ij. Menoria, s. /., infériorité. 

Menoria 
An ses eveia Ihi meuor. 

Brei>. d'ainor, fol. ip- 
Infériorité ont sans envie les inférieurs. 
ESP. Menoria. 

5. Mknoretat, s./., lat. minof.itatcw^ 
minorité. 

A tôt benefici de menoretat. 

Tu. (/ei258.DoAT, t.CVI,foI. 17 r. 
A tout bénéfice de minorité. 
CAT. Minoritat. anc. est. Mena rùlad. est. ihod. 
Alinoridad. port. Minoridade. it. Minoruà. 

6. Menuensa, ,y./., diminution. 

Ta creyssensa o ta menuensa pren de niieb 
de las .11. parts, con que si parla o de lonc o 
de travers. 

Trad. du Traité de V Arpentage, i'« part., c. 27. 
Prends ton accroissement ou ta diminution du 
milieu des deux parties , comment qu'elle se partage 
ou de long ou de travers . 

7. MiNUAR, V., lat. MiNUERe, diminuer. 
No puescan minuar. 

No pucsca creisser ni minuar. 

Charte de Gréalou, p. bt) et 88. 
]Ne puissent diminuer. 
^e puisse croître ni diminuer. 
<:at. Minorar. anc. esp. Menorar. esp. mod. 
Minorar. ir. Minuire. 

8. DiMiNUACio, A'./. , diminution. 
NocHinent ni DoiiNUACro. 

Trad. d'Albucasis, fol. 18. 
Dommage ni diminution. 

(). DiMiNUAR , V., diminuer. 

Part. pas. Qne lo pays de Lengadoch sia for! 
depopnlat , diminuât, dainneiat et depau- 
perat, er plus que jamais non foc. 
Tit. de 1/(24. ^'-s'- de Lanifuedoc , t. iV, pr. , 
col. 422. 
Que le pays de Languedoc soil fort dépeuplé , di- 
minué, endommagé et appauvri , et plus que jamais 
il ne fût. 
ANC. CAT. ANC. EST. Diminuar. 



MEN 

10. DiMiNtJTio, s.f., lat, DiMiNUTio, di- 
minution. 

Que las nionedas... sian tengudas... sens al- 

CUUa DIMINDTIO. 

Tit. de 1424- f^'^t. de Languedoc, t. IV, pr. , 
col. 4^- 
Que les monnaies... soient tenues... sans aucune 
diminution. 

— Figure de grammaire. 

DiMiNUTios es hurailitatz de .sentencia. 

Leys d'amors, fol. 147. 
La diminution est abaissement de sentence. 
CAT. Diininucié . esp. Diminucion. port. Diini- 
niiicâo. IT. Diminuzione . 

11. DlMINUTlU, aclj.,\A\.. niMINUTIVKi-, 

diminutif. 

Noms DiMiNOTius, es eant diminuish o amer- 
ina lo significat d' aquel don se dériva. 
Per so los apelam quaysh diminutiu. 

Lejs d'amors, fol. 49 et 69. 
IVom diminutif, c'est quand il diminue ou amoin- 
ihit la signification de celui dont il se dérive. 

Pour cela nous les appelons quasi diminutifs. 
Siibstanttv. S. Jacme apella totz los autres bes 
que Dieus nos dona, donalios, ayssi com 
DiMiNUTitr de menulz dos 

V. et Fert., fol. 46. 
Saint Jacques appelle tous les autres Liens que 
Dieu nous donne , donations , ainsi comme dimi- 
nutif àe menus dons. 
CAT. Diinmiuiu. esp. port. it. DiininutU'o. 

la. DlMlNUIR, DEMEKIR, V., lat. DIMI- 

NUER^?, diminuer. 

Nomsdiminntins, es cant diminuish oamer- 
ma lo significat d' aquel don se dériva. 

Leys d'amors , fol. 49- 
ÎNom diminutif, c'est quand il </;>«;>!«« ou amoin- 
drit la signification de celui dont il se dérive. 
Part. pas. Cant que sion demenidas, 
Los budels ne den on gitar. 
Dkudes de Pbades , Àiiz. cass. 
Combien qu'elles soient diminuées, les boyaux 
en doit-on jeter. 

CAT. Disininuir. esp. Diininuir , disminuir. 
PORT. Diininuir. it. Diinimdre. 

i'3. A.menrauamkn , adv,, jjetitemcnt. 
Que vivan Amenradamen e bonamen. 

Cat. dels aposl. de Homa, fol. 2:3. 
Oui vivent petitement it bonnement. 



MEN 

i/j- Menut, ndj., lat. MiNtiTM-v, menu, 
petit, mince. 

Hic escas non pot aver honransa 
Ab MENUTZ clos. 

T. DE RAMBiL'D, D'AdHE.MAR ET DE PERDIGOÎI : 

Soulier. 
Riche avare ne peut avoir lioimcur avec de menus 
«Ions. 

Prendelz gian re de serps menudas. 

Deudhs DE Prades, ^IIZ. CtlSS. 
Vous prenez beaucoup de petits serpents. 
Fi)f. Tant es avols e de menut coratge. 

I.ANFRANC CiGALA : Esticrs iiion. 
Tant il est vil et de mince courage. 
Plan se sos dois e sos mencz peccaz. 

Pocine sur Bocce. 
II se plaint ses fautes et ses menus pe'clies. 
Loc. fig. Honi mnrtrier ui raubaire 

No plalz tant a Dieu lo paire , 
Ni tan non atna son frut , 
Com fai del pobol menut- 

P. Cardinal : Razos es. 
Homme meurtrier et voleur ne plaît pas tant à 
Dieu le père, ni (Dieu) n'aime pas tant son fruit, 
comme il fait ^celui) du menu peuple. 

Per conselh de menudas gens. 

Raijiond de Miraval : Grans. 
Par conseil de petites gens. 
Siibsc. Keiuauran li menut e '1 vénal. 

AlMERr de Peguilain : Ara para. 
Resteront les menus et les inte'rcsses. 
Li grant e li menct niandon ad Honorar. 

P^. de S. J/onorat. 
Les grands et les petits mandent à Honorât. ' 

adverbial. E 'Is trefanetz menut vestilz. 

GiRAUD DE BoRNEiL : En lionor Uieu. 
Elles petits trompeurs menu vêtus. 
Ane pus MENUT ayga non ploe. 

Gavaudan I.E Vieux : Senhors per los. 
Oncques plus menu eau ne tomba. 

Adv.coinp. Que'l lavcrnier venda a menut lo 
vin. 
Cartulaire de Montpellier, du \in' siècle- 
Que le tavernier vende en détail le vin. 

Se camjan soven e menut. 

1'. Vidal : Abril issic. 
Se changent souvent et fréquemment. 
Contau soven et menut. 

V. de S. Honorât. 
• lomptfnit souvent et minutieusement. 
<Ar. Mcnitd. est. Vertndo. iMf.i, Miudo. it. 
Miniito. 



MEN 197 

1 5. Mrni. DAMEN, ai/v., petitement, menu, 
peu à peu, en petits morceaux. 

Sou anzel pais menudamf.n. 

Deides de 1>rades , j-Iuz. cass. 
Son oiseau il pait peu à peu. 

Lis albres e las vinlias menudamens fulbar. 

Guillaume deTudela. 
Les arbres et les vignes peu à peu fouiller. 
Lo despezon plus mekudamens que lioin no 
fay carn a niazcll. 

l'.et (ert., M. z5. 
Ils lo depicent plus /nfn« <|u'o!i no fait chair à 
boucherie. 

CAT. Meniidament. esp. Meiiudamcntc. port. 
Tdhidainente. it. Minutamcnte. 

16. Mknudet, adj. dim., tout menu, 
tout j)e(it. 

Paisetz lo d' ausels menudetz. 

Deudes de Prades , .4uz. cass. 
Paissez-le d'oiseaus tout petits. 

Las dents pancas e menudetas. 
Un troubadour anonyme : Seinor vos que. 
Les dents petites et toutes menues. 
Adverbial. De flors de lizs es coronada , 

Que nais menudet en la prad.i. 
Un troubadour anonyme : Seinor vos <[ue. 
Elle est couronnée de fleurs de lis, qui naît tout 
menu en la prairie. 

CAT. Menudet. E.sr. Menudito. 

17. IMenldeza, s.f., ténuité, faiblesse, 
maigreui-, délicatesse. 

Priiueza et mknudeza de j)op;is. 

Elue, de las propr. . fol. 5l. 
Petitesse et délicatesse de mamelles. 

18. IMf.MUIER, MENIDER, MENU/.IER , 

adJ., menu, petit, moindit;, inférieur. 
E '1 rie menczier 
An cassa per sana. 
B. Arnaud de Montcuc : Er can. 
El les puissants inférieurs ont chasse par marais. 
Proverbial. 
U dich sou gros, e il faich son menudier. 

SoRiiel : (^uan qu' ion. 
Les dits sont gros, et les faits sont menus. 
Substantiv. De très lairos, 

Lo quai près piez per eniblar mencuers. 
liLACAs : En Pelissier. 
De trois larrons, lequel prit pire pour voler me- 
nues choses. 



198 



MEN 



19. Menuzar , v., amoindrir, diminuer, 
subdiviser. 

Fer que no la pot menuzar. 

Eluc.delns propr., fol. 137. 
J'ar <]iioi il ne la peut amoindrir. 

Aissi v;ia lors pretz mendzan. 

M.\RCABmjS : Pus s' enfulleyssoD. 
Ainsi ils vont amoindrissant leurs mérites. 

Car joîs e bon osatje 
Aissi MEND7-A. e faill. 

GiRAUD DE BoRNEiL : Los apleitz. 
Car gaite' et bonne habitude ainsi diminue el 
manque. 

Par so de leu si mendza eu mantas partldas. 

Elue, de las propr.^ fol. l32. 
Par cela promptement se subdii'ise en maintes 
parties. 
ANC. FR. Cil ki les encachent et meniiient. 

Roman de Pœii, v. 9298. 
Ni rien aussi qui si fort les menuisent. 
Cl. Marot, t. I , p. 287. 
ANC. ESP. Menuzar. it. Ninuzzare. 

20. Amenudar , AMENUZAR, V. , amoin- 
drir, morceler, réduire. 

Tôt r aur e 1' argent fassaiu pizar e mortier 
de coire, e amenudar fort a menndas pessas. 
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 18. 

Tout l'or et l'argent faisons piler en mortier de 
cuivre , et réduire fort à petites pièces. 

Que las raitz amenuziscon, 
E que totas evauiscon. 

Deudes de Prades , ^uz. rass. 
(^>ue les racines s'amoindrissent , et que toutes 
disparaissent. 

ANC. FR. 

Ke du don k'il m'a fait m'alont amenuisant. 
Roman de Rou , v. 3276. 
Que ja n'en seroit estreciez ne amenuisiez 
ne de sanlé ne d' onor. 

Rec.des Ilist. de Fr., t. VI, p. 159. 
Son mal maintes fois amenuise. 

OEuvres d'Alain Chartier, p. 607. 
De jour en jour suivant s'amenuissoit ma vie. 
Ronsard , 1. 1 , p. 767. 
iT. Amminufure . 

21. Ametniar , -y., diminuer. 

Elh vole que fos fos temps elh pes delb pa 
per tal que no '1 pogiiesson ametniar. 

Philomena. 



MEN 

Il voulut que le poids du pain fût toujours de 
telle (sorte) qu'ils ne le pussent diminuer. 

11. MiNiM, adj., lat. minimh^, moindre. 
Elément, es una minima e slinpla partida. 

Elue, de las propr., fol. i3i . 
Ele'ment , c'est une minime et simple partie. 
(:\T. Minim. esp. port. it. Minimo. 

73, Minima, s. /., minime, terme de 
musique. 

Han mudat lo so de dansa en so de redondel, 
ah lors minimas et am los semibreus de lors 
motet/.. 

Lej^s d'amorSj fol. /Jo. 
Ont change' l'air de dan.se en air de rondeau , avec 
leurs minimes et avec les semi-brèves de leurs 
motels. 

CAT. ESP. poiiT. IT. Minima. 

2/4. M1NIMAR, V. , minimer, faire em- 
ploi des minimes , abréger par mi- 
nimes, terme de musique. 
Part. pas. Bals ha so mays minimat e viacier, 
e niays apte per canlar amb esturmens. 
Lejs d'amors, fol./^i. 
Bal a air plus minime et rapide , et plus apte pour 
clianler avec instruments. 

25. Mendizar , V., déprécier, affaiblir. 
Qnar dos mal datz desabriza 
"Valor e pretz , e'is mendiza. 
T. DE G. deCabanasetd'Eschileta : N Esquileta. 
Car don mal donne brise valeur et mérite , et les 
déprécie. 

i.6. Mermar , V., diminuer, amoindrir, 
décroître. 
Le rei demanda : « Lo mars pot mermar.' o 

iù". de Sydrac, fol. 80. 
Le roi demande : « La mer peut-elle (/iwin^zer.'' 
S' al rey frances merma sas tenezos. 
Bernard de Rovenac : Ja no vuelh. 
Si au roi français il diminue ses tenures. 

Ni ja non mermara, ans er tos temps creissens. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
INi jamais ne diminuera, mais sera toujours crois- 
saut. 

Coma aur que, cant pins es el fuoc , e plus 
se MERMA, c plus es purs. 

1^. et Fert., fol. 66. 
Comme or qui , quand plus il est au feu , plus il 
^'amoindrit, et plus il est pur. 



■! t>.' 



MEN 

Ftg. Se laissa tolie ni mermau 
Lo dreyt. 

G. FiG'jElRA : Ja (le far. 
Se laicise enlever et climiituerle droit. 

Ni saiip far semblans fans 
Ni parvensa, don mekmïs sas bcinta!/,. 
Arnaud de Makueii- : La corlezia. 
Ki sut faire semblants faux ni apparence , dont 
elle amoindrit ses Lontes. 

— Il servait à exprimer la dinéo. 

En esiien creisso Ibi joru, e mermo las nnelis. 
Lii>. Je Sj-'irac, fol. ^i . 
En été les jours croissent , et les nuits décroissent. 

— Donner moins d'intensité , de vio- 
lence. 

Qui vol MERMAR o del tôt amortir In fuoc , 
dea sostrayre la leiiba. 

/'. et yert., fol. 99. 

(^)ui veut (/im/n(;er ou du tout amortir le feu, 
doit soustraire le Lois. 

— Abaisser, rabaisser. 

Es fols qui be no 'I merma 
Quan lo velz sobrepuiar. 

Bertrand de Born : Meut mi piji. 
Est fou celui qui bien ne l'/i/^rtiiie quand il le voit 
sure'lever. 

<'.AT. ESP. Merinar. 

27. BIermaxsa, s.f., diminution , déca- 
dence. 

Aisso es per la biermansa de so sanc, e per 
la febleza de sos rnnbos. 

Zic. de Sydrac, fol. j8. 

Ceci est par la diminution de son sang, et par la 
faiblesse de ses reins. 

En .sa cort , on sni vengnt, 
Es fams e vera mermansa. 

Pierre d'Alvergne: Bel m' es qui. 
En sa cour, où je suis venu , est faim et vraie 
décadence. 

28. Mermamen, s. III., diminution, 
abaissement. 

E '1 sobrevers non pren nulh mermamen. 

P. Cardinal : Toiz lo muns. 

El le bouleversement ne prend nulle diminution. 

Elis fan trops grans despessas, et en grenge 

de motas gens, et en mermame.v de las altuor- 

nas que pogran et degran far. 

f^.et Fert,, loi. 21. 
Ils font trop grandes dépenses , et au préjudice 



MEN 



^)\) 



de beaucoup de gens , et en diminution des aumônes 
i[u'ils pourraient et devraient faire. 

29. Mermaria , j'./. , diminution , dé- 
périssement. 

No s vc mermaria de re. 

JJrei'. d'iimor, fol. A. 
!\e se voit diminution de rien. 

30. Amermansa , .V. f., diniimilion , dé- 
périssement. 

Sens. . afolament ni... amermansa. 

Tit. de i38.'j. .4rch. du Roy., K. .')•.•.. 
Sans... délérioralion ni... dépérissement. 

3i. Amkrmament, .y. m., diminution, 
amoindrissement. 

Lo patibres laborara en 1' amermament de! 
viiire, qne no sia sofraitos en la fi. 

Trad. de Bide, fol. 7 [ . 
Le pauvre travaillera à la diminution du vivre , 
afin qu'il ne soit pas souffreteux à la (in. 

Amermament de ben. 

Nobla Leyczon. 
Diminution de bien. 

^2, Amermar, V., diminuer, décroître ,^ 
affaiblir. 

Amerman los bes d'antres. 
Adoncs SE AMERMA lur vida. 

f^. et Fert., fol. 52 et 20. 
Diminuent les biens des autres. 
Alors leur vie s'affaiblit. 
Per que io bes amerma , e lo mais es doblatz. 

Guillaume de Tudela. 
C'est pourquoi le bien diminue, cl le mal est doublé. 
Pari. pas. Amermatz dese m' er onor. 

P. Vidal : Abril issie. 
Diminue incontinent me sera le domaine. 

33, CONMINUIR , V., fat. comminu.^rc, 

briser, fracasser. 
Pare, pas. La partida conminuta. e airita. 
Trad. d'Àlbucasis, fol. 58. 
La \^iirùi: fracassée et triturée. 

3/i. CoMMiNucio, y./., fracture, brisure. 
Dels quais la comminucio 110 es toimida , ni 
lor dissolucio. 

Trad. d'yllbucasiSj fol. 61. 
Desquels \à fracture u'csl pas crainte , ni leur dis- 
solution. 

MENSA , .^.f., lat. mensa, mense , table. 



200 MK,N 

Mensa |)ei' taula. 

Leys d'atnors, loi. (iy. 
Mense pour l.ihle- 
Ksr. Mesa. it. Mensa. 

MENSURA , MESURA, mf.zura, s. J., 
iat. MENSURA , mesure. 
TJaa MESURA de sivada, 
ïal que j)ot un rossis maDJar. 

Deudes de Prades , ^llZ. CllSS. 
Une mesure tlavoine , telle que peut manger un 
roussin. 

Barat que hom fay en pes et en mzzuras. 

V. et Vert., fol. 17. 
Tiomperie qu'on tait en poids et en mesures. 
Fig. "Volon mezurar Inr entendeinen e liir r»7.n 
a la MEZURA de la fe. 

y. et Fert-, Toi. 102. 
Veulent mesurer leur enlemlemeot el leur raison 
à la mesure de la foi. 

— Sagesse, raison, modération , règle. 
Aissi m' au partita egualmen 
Mesura e Leujaria. 

Garins le Lrln : jS'ueg e jorn. 
Ainsi m'ont partagé e'galement Raison et Folie. 
En totz SOS fatz met mesura. 

P. Cardinal: Jliesum Crist. 
En toutes ses actions met mesure. 

La MEZURA que lur es juncha en Inr pene- 
densa per lur (;ofessor. 

V. et Ferl., fol. 21. 
La règle qui leur est enjoiiilc> l'n leur pénitence 
par leur confesseur. 
Loc. Els faran totz estar d' una mensura. 

Guillaume de Montagnagout : Per lo mon. 
Les feront tous être de même mesure. 

Prov. En aqnela mesura unt mesnrarez, voser 
iiiesnrat. 

IVnd. de Bide, fol. 78. 
En celte mesure où vous mesurerez, il vous sera 
mesuré. 

Àdv. cnmp. 

El fon savi.s, conoy.ssens, e.^saup far 

A MEZURA. 

.'Vi-MEET BE Peguilain : Anc non cugcy. 
Il fut sage, iiilelligent , et sut ag,ir avec tnesure. 
Comanda s>naumentz, parlaras a mesura. 

V. de S. Honorât. 
Commande doucement , tu parleras avec mesure. 

Per qu' eu, quan venc va.s vos, en van de cors , 
Tost e viatz, e non falz be mesura. 

PiSTOiETA : Secs e saLers. 



MEN 

C'est pourquoi , quand je viens rers vous , j'en 
vais à la course, tôt et promptement, et ne fais pas 
de mesure ( mode'rément ). 

Dcvenc gros otra mesura. 

F. de Gaucelm Faidit. 
JDevint gros outre mesure. 
L' amors de lor dos... fo ses tota mesura. 
F. de Pi. Jordan, n)icomte de S . Antonin. 
L'amour d'eux deux... fut sans nulle mesure. 
CAT. ESP. Mesura, it. Misura. 

2. SoBREMESURA, s.f., sur-mesiue, sur- 
plus , surabondance. 
Per garnir lors Lanc.s 
De la sobuemesura. 

Leys d' amors, fol. 2g. 
' Pour garnir leurs hancs du surplus- 

'^. Mezuramen, .y. ///., ntesure, art de 
mesurer. 

De gcoinetria sa! tan dels mesuramens, 

C'un basto en mon ponh, si m'estau en jazens, 

Mezuri las tors autas. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
De géométrie je sais tant des mesures j qu'un bâ- 
ton en mon poing, si je suis en gisant, je mesure 
les hautes tours. 

ANC. CAT. Mestirainent. anc. esp. ISIesura- 
iniento. it. Misuramento. 

!\. Mensuracio, mensuratio, s.f., Iat. 

mensur.atio , mesurage , commensu- 

rabilité. 

Innaensitat ses mensuracfo. 

Ni geometiia sapia en sas figuras mensu- 
ratio. 

Elue, de las propr., fol. 4 et 280. 

Immensité sans mesurage. 

Ni géométrie ne sache commensurabilité en ses 
figures. 
IT. Misurazione. 

5. Mesuratge, s. m., mesurage. 
Lo MESURATGE sobrediclis. 

Tu. du xivf siècle. DoAT, t. LXXXVIII, fol. 148. 
Le mesurage susdit. 

6. Mezurable, ar^. J Iat. MEnsvnxhiLis. 
mesurable. 

No so MEzuRABLEs siuo pcT imitât. 

Elue, de las propr., fol. 280. 
Ne sont mesurables sinon par unilc. 
IT. IMisurabile. ^ 



MEN 

7. MeSURAR, iMEZUr.AR, 7K , ht. MKWSU- 

RARe, mesurer, régler, comparer. 
Voyez Denina, t. II, p. 2^3. 

Tin basto en mon ponli... 
Mezuri 1;is tors ;int;i.s. 

Pierre de Corgiac : El nom de. 
Un Lâton rn mon poing... je mesure les li.mto- 
tours. 

AÎESi^REC .XXX. brassas. 

I'hilomena. 
Mesura trente brasses. 

ri!f. Cnni fan ios eretges e los iiionescrezeris 
qne volon mez.urar liir entendemen e lui 
razo a la mezara de la fc. 

f^. et Fert., fol. 102. 
Comme font les lierétiques et les nie'crc'anls qiii 
veulent mesurer leur entendement et leur raison :i 
la mesure de la foi. 

.Si qi)'amdrii cominnl 
]Me7,ure.s.sem eiig;il. 

B. DE Vestadoib : Lo gens temps. 
De sorte qne tous deux conjointement nous mesu- 
rassions également. 

Part. pas. Fes lo.s siens vers pins mizuratz de 
hom qne anc mais trobps. 

f^. (le Gauhert Àmiels. 
Fit les siens vers plus mesurés qu'homme qui 
oncques plus trouvât. 
CAT. ESP. JSlesui'ar. it. Misiirnre. 

8. Mesuradamex, adv., avec mesure , 
modérément. 

Mesuradameîî e verltiosnmen. 

Arbre de BataUtas , fol. 97. 
'Modérément et vertueusement. 
fAT. Mesuradament. esp. Mesuradamcnte. it. 
Misuratam ente . 



xMEN 



^iOI 



9. Amesujiar , amezurar, 7»., mesu 
régler, comparer, moilércr, élrc 
bre , èlre prudent. 

A mesura p. 
Sos dos c sa inession. 

GlRArD de BoRVEII, : IToniMi e-;. 
Régler %c% dons et sa dépense. 

Om , pos qne s .sap amf.zurar , 
Non es pneys adregz amoros. 

PiAIMOND DE MlRAVAI, : .Selll qu 
Homme, di-s qu'il sait se modérer, n'e-t 
vp'rilal)le amourcuï. 

Senher, cellei fez mais d' amor 
JII. 



Yi'V. 

so- 



Qoe no .s'en saup amksurak. 
T. DE G. Faidit ET d'Albert : N Albert. 
Seigneur, celle-là fit plus d'amour qui ne s'en sut 
pas modérer. 

l'art, pas. Plus amezuratz 

Vos faitz d' aiuador qu' anc fos natz. 
T. DE P. GuiLLEM ET DE .SoRDEL : En Sordel. 
Vous vous faites plus modéré qu'amant qui onc- 
ques fut né. 

.SJalz AMEzrRAT, e velb.is. 

'Irnd. lie ht i '<■ E/ntre de S. Pierre. 
Soyez modérés, et veiller. 
ANC. FR. Lors ne pot plus Dangier durer, 
Ains le convient amesiircr. 

Pintnan de la liose , v. 333o. 
De ceo fut inolt Piotlan amesuré. 

Roman de Gérard de f^ienne, v. laC'j. 
A>-o. Esr. Amesurar. it. Aininisitrare. 

10. AmEZURAMEK , AMESURADAMENT, AME- 

ztjRADAMEN , acù>., raisonnablement, 
ronvenablement , modérément. 
Pero a luec en meillura 

Qui pas AMEZLBAMEN. 

V>. ZoRGl : Tolz liom qu' enten. 
J^ourlant parfois en devient meilleur celui qui 
souflre modérément. 

Despendr' el eove 
Amezuradamen. 

>'at DE MoNS : Silol non. 
Il convient de le dépenser raisonnablement. 
Vis begnz AMESiiRAnAMENT es sandaz del 
cors e de 1' arma. 

Trad. de Bide, fol. 45. 
Vin bu modérément est santé du corps et de l'âme. 
A>-c. FR. Qui a grâce et fjiii prie ainesiiréement. 

.Ieiian de Mklng , Test. , v. i3f)9. 
A>"r. <:at. Ainesiiradament. it. Aininisiirata- 
111 ente. 

11. SoBRFAMEStJRAR , ?'. , siir-mesiirer , 
siir-régler, snr-mfidérer. 

Part. pa"). .Aqnesl fo sobreamesiiratz en amas- 
sar. 

Cnt. dels apnst. de Roma, fol. .'». 
Celui-ri fut sur-modéré a amasser. 

12. DKSMEStiRA, DESMEZURA , ■•!./., CXCès, 

désordre, dérèglement, injustice. 
Li poble s planhon de desmhzura 
De lors .senhors. ' 

GvtM.AUMEDE M0NTAGNAGOi:T : Per lo mon. 



■J.O'Î 



M EN 



Les peuples si; plaignent île Vinjusticc île leurs 
seigneurs. 

Que no M plassa desmesur' en Iniisor. 
SoRDEL : Lai a 'N Peire. 
One ne lui plaise pas excès ea louange. 
jitlv. coinp. Artns, si t'es bons lo bros, 
Beii ne a desmezdra. 
Le dauphin d'Auvergne : Joi;laretz. 
.^itus , M l'est bon le brouet , bois-en à l'excès. 
ANC. FR. Kitr bèle estait à desmesure . 

Marie de France , t. 1, p. loo. 
CAT. E>r. Desmesitra. xt. Dismistira. 

l3. DeSMRSURANSA , DESMKZURANSA , S.f., 

injustice, excès. 

Er i^rans desmezuransa , 
Si m fait/, mal, pus no m defen. 
Elias de Barjols : En alretal. 
Sera grande injustice, si vous me faites mal , 
puisque je ne me défends pas. 

D' aatra ren no fai desmesuransa. 

P. Vidai. : Quant liom honoratz. 
D'.iutrc cliose il ne fait excès. 
iT. Dismisuranza. 

I /|. Desmesurar, desmezurar, V., déme- 
siirer, désordonner, dérégler, empor- 
ter, débaucher. 

Tau s' a laissât sobrendre, 
Ealsar e desmezurar. 

B. ZoRGi : S' ieu trobes. 
Tant il s'est laissé surmonter, fausser et dérégler. 
Quar, qu'ab plus fort de si se desmesura, 
Fai gran foldat. 

FoLQUETDE Marseille : Sitôt me soi. 
Car, qui avec plus fort que soi s'emporte, fait 
grande lolie. 

Part. pas. Ay desmesuratz alcus homes o 
alcunas feniuas. 

La Conjessio. 
J'ai deliauilié aiicuDS lionimesou aucunes femmes. 

Amans dretz non es desmezuratz, 
Enans ania ainezuradaïuen. 

GttLi.AUME DE Montagnagout : Nuls bom. 
Amant sincère n'est pas démesuré , il aime au 
contraire avec mesure. 

ANC. FR. C'est contre soy conjurer, 
C'est raison desmesurer. 
OEui'res d'Alain Charlier, p. 277. 
CAT. ESP. Desmesurar. it. Dismisurare. 



MEN 

i5. Sobreuesmezurar , r»., sur-dérégler, 
sur-désordontier. 

Paor ai que fais lauzcnjador, 
Felh et esquiu , sobredesmezurat, 
iVr eiitcndesson. 

GiRAim DE Borneil : Ar ai £;raii. 
J'ai peur (|ue de (aux médisants , cruels et durs , 
sur-désordonnés , m'entendissent. 

16. CoMENsuRACio , S./., coiiimciisn- 
I rabitité. 

Per COMENSURACIO. 

Dieus no es en loc per comensuracio. 

Elue, de las pro/ir. , fol. 5. 
Par commensurabilité. 
Dieu n'est en place par cotnmensurabilité ■ 
CAT. Commensuraciô. esp. Conmensuracion . 

17. D1MENC10, S. f., la t. DiMENSio, di- 
mension. 

Ses DiMENCio corporal. 
En lors dimekcios. 

Elue, de las propr., fol. 8 et 107. 
Sans dimension corporelle. 
En leurs dimensions. 

CAT. Dimensio. esp. Dimension, port. Dimen- 
sàu. IT. Dimensione. 

18. ImMENSITAT, INMENSITAT, .f . f., hit. 

iMMKNSiTAT(=w, immonsilé, étendue. 

Per IMMENSITAT o dimiiiutlon. 

Fors de Béarn, p. 1088. 
Par étendue ou diminution. 
Iuliuilat et inmensitat. 

Elue, de lus propr., fol. /j. 
Infinité et immensité. 
CAT. linmensitat. esp. Inmensidnd. port. Im- 
mensidade. it. Immcnsita , immen.^itate , 
immensitade . 

MENT, s.f., lat. mentc/;/, espiit, pen- 
sée, manière. 

En la MENT d'un chascnn viador. 

Doctrine des J'nudnis . 
Pjn l'esprit d'un chacun voyageur. 
Si ini dons qii' es d'aviiien 

M ENS. 
T. DE CODOLET, DE G. RlQUIER ET DE MlCHEL DE 

Castillon : A 'N Miquel. 
Si ma dame qui est d'agréable esprit. 
No lo confessa d'au Ira mentz. 

/^. de S. Honorai. 



MEN 

lie le confesse pas d'autre innmlre. 
»:aï. Esr. PORT. IT. Merice. 

Les adverbes en mk>t se soi!t for- 
més en ajoutant le n)ot ment à l'adjec- 
tif des deux genres : humil ad/., hit- 
jiiLMENT, ndi'. ; BRFU adj., hretiment, 
adi'. 

Pregon s;nit Honorai humilment. 

/'. </<," iS". Honorai. 
Prient saint Honorai liiDiilitcnicnl. 
Dignas li m que breumen lo vcirai. 

B. DE VentadouR : Bels \\\ os ((u' ieu. 
Dites-lui moi que ùientot je le verrai. 

Lorsque les adjeetifs ont eu les deux 
genres, le mot ment a été ajouté au 
féminin : bon, bon.\, adj., bonament , 
adc. 

A senLor tanh qu'ain los sieus bonamen. 
Guillaume de Montagnaciolit : Per lo mon. 
A seigneur il convient qu'il aime les siens bonne- 
ment. 

Si plusieurs adverbes sont à la suite 
l'un de l'autre, la terminaison ment ne 
s'attache ordinairement qu'à imi seul. 

Playn e crida forment e dura. 

f^. de S. Honorât. 
Ge'mit et crie fortement et péniblement. 
Lo prega doussamen.s e devota. 

r. et Fert., fol. 52. 
Le prie doucement et défotemenl. 
BoKAMEST e sv.w V an del fag conortada. 
A', de S. Honorât. 
Bonnement et paisiblement l'ont du fait rassurée. 
ANC. FR. Bel et courtoisement a le roy salaé. 

Roman de Berle, p. 9?.. 
CAT. De yo e d' Ainor me trop apa.ssioiiat 
Tant egualment e_/b/-f qu' cstich torbaf. 
ArsiA.s Maiich : Yo se molt. 
ESP. Franjas texidas bella y sutilinente. 

Luis DE LkoN ,Proi>. de Satumon, v. "jj. 
POET. Onde sotU é artificiosamente estava la- 
vrada e escnlpida toda a uianeira de sua 
■vida. 
Palmeirin de Inglaterra , t. I , p. i3i . 
IT. Non vederefe antica o nuovamcntc esser di- 
venato. 
GuiTTONE d'Arezzo, Lett. XIV, p. '\2.. 

1. Mentat. , adj., lat. mentai./.s mental. 



MEN 



203 



Lo(]ucio mental. 

Elue, de las propr., loi. 1 1. 
Locution mentale. 
De dolsors mentals. 

A^. de santa Flors. DoAT, t. CXXIII , fol. l'j~ . 
Do douceurs mentales. 
<:at. ESP. pour. Mental, it. Mentale. 

'S. Mkntalmknt, adv., m<MitaIenient. 
Parlar mentalment. 

Elue, de lus propr., toi. [|. 
Parler mentitlement. 

CAT. Mentalment. esp. ponr. ir. Mcntalmente. 
/). MeNCIO , MENSIO, s.f., lat. mentio , 

mention, 

Desiis n'aveiu fâcha mensio. 
Roman de la Prise de Jérusalem , loi. 21. 
DessuS'nous en avons fait mention. 
Trobain en natnral esciig 
D' anlras estelas mencio. 

Brev. d'amor, fol. 3(5. 
Nous trouvons en écrit sur la nature mention 
d'autres étoiles. 

CAT. Mencio. esp. Mcncion. port. Mencào. 
IT. Menzione. 

.^. Mensonar, V., mentionner. 
La una lo senhal mensona, 
L'altra lo nom de la persoua. 

Eeys d'amors, fol. !^t. 
IJune mentionne \e titre, l'autre le nom de la 
personne. 

6, Mentaure, V., mentionner, rappeler, 
ci 1er. 

Gan se anzi apelar per so nom , ni auzi men- 
taure Jbesn Christ. 

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 5. 
Quand il s'entendit appeler par son nOm , et en- 
tendit OTfn^ionner Jésus-Clirist. 

La gensor c' ont mentau. 

Bertrand de Eorn : Ges de disnar. 
La plus lielle f(u'on cite. 
Substant. l'an m'es lur mentaure non .sens. 
Bambmd d'Orange : Era m'es. 
Tant est pour moi leur mentionner non sens. 
Part. pas. L' autre son mentadgut 
Savi ses saber grans. 

G. RiQUiEK : Tant petit. 
Les autres sont cités savants sans grand savoir. 
Kl mon non ha mentauuua 



204 



MEN 



Domna que vos non aialz 
De lan e de pretz vencufla. 

Kalmenz Bistors: A vos. 
Au monde il n'y a pas dame citée que vous n'ayez 
en louange et en mérite vaincue. 
iT. îilentovare. 

7. Mentagudament, ndv., spécialement, 
particulièrement. 

De toia la sobredicha donatio, e mentagu- 
dament de la tersa part. 

Tu. de 1285. Jfch. du Pioy.,3. 3o2. 
De toute la susdite donation , et spécialement ili 
la troisième paitie. 

8. AMENTA.VKr.,1)., rapp<ler, mentionner. 

L' estorn qu' avelz auzit amentaver. 
Roman de Gérard de Piossillon, fol. 3o. 
Le combat que vous avez oui rappeler. 
ANC. FR. Ne saaroiz riens amentevoir. 
Ne eonmander que je ne face. 

Roman du Renart, t. III , p. 20^. 
Une chose li ai requise 
Qui bien fait à arnentei-oir. 

Roman de la Rose, v. 33g3. 
iT. Amentar. 

j). Amencia, s.f., lat. AMENTiA, folic , 
égarement, e.xtravagance, manie. 
Amencia es una malaulia. 
Près soven , engendra amencia. 

Elue, de las propr.j fol. 80 et 20.^. 
1,3 Jolie est une maladie. 
Pris souvent , il pngendre_/(j/i>. 
ANC. ESP. Amenda, ir. Arnenza. 

10. CoMENS, .1. m., commentaire. 

Far COMENS .sobre las sanblas escripturas. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 23. 
Faire commentaire sur les saintes e'critures. 
ANC. FR. Avec ample comment, ç,\ose iuterli- 
neare. 

Rabelais, liv. V, cli. 27. 
CAT. Cornent. Esr. roKx. it. Comento. 

MENTA, s. f., lat. menta, menthe. 
Fe.s un cai)e]li 
De lier ab m enta. 
Guillaume u'AtiTPOL'L : L'autr'ier. 
Fit un chapeau de Heurs avec menthe. 
Ab MENTA negra. 

DEunES i)i; Pr.ADE.s, àuz. cass. 
Avec menthe noire. 
CAT. F.sp. IT. Menta. 



MEN * 

■2. Mentastre , s. m., lat. mentastrm///, 
menthe sanvage. 

Destiempaiz ab .suc de mentastre. 

Detjdes DE VvkK'D's.s, Auz.cass. 
Détrempes avec sue de menthe sauvage. 

Esj'. Mentastro. port. Mentrasto. it. Men- 
tastro 

MENTIR, "v., lat. mentir/, mentir, nier, 
fan.sser. 
Qui 'n diiz mal no pot plus lag mentir. 

B. de Ventadour : AL joi. 
Qui en dit du mal ne peut plus laidement mentir. 
Dir n'ai doncx mal, ieu? no, qu' iea mentiria. 
Aimeri de Sarlat : Fis e leials. 
En dirai-je donc du mal, moi? non, vu que je 
mentirais. 

Ni Jehsu Crist descreire, ni sagrament mentir. 
SoRDEL : Sel que. 
Ni Jésus-Clirist mécroire , ni sacrement nier. 
Fig. Tant capmal derorapre , e tant ausberc 
mentir. 

Guillaume de Tudela. 
Tant lie caraails rompre, et tant de liaubertsyàîW^er. 

Loc. Fatz MENTIR lo brug dels nialdizens. 
PoNs de Gapdueil : llumils e fis. 
Vous faites mentir le bruit des médisants. 
Si nionge nier vol Dieus que sian sai 
Per pro manjar ni per femnas tenir, 
Ni inonge blanc per boulas a mentir. 
Kaimond de Castelnau : Mon sirvenles. 
Si Dieu veut que les moines noirs soient sauvés 
pour beaucoup manger et pour tenir des femmes , et 
les moines blancs pour fraudes à mentir. 
Siibstantiv. Non ai peccat del mentir , 
Quar ieu cuiava ver dir. 

GaUBERT , MOINE DE PuiCIBOT : Be s cuget. 
Je n'ai pas péché par le mentir, car je croyais dire 
vrai. 

AN(- l'K. La fiance a en fin mentie 
Ke à Willame aveit plevie. 

Roman de Roii, v. iiijt'j. 
CAT. ESP. PORT. Mentir, ir. Mentire. 

1. Mentire, mentidor,.v. w., mentenr. 

Li son MENTIR K, 

Car plus soven 
No la remire. 
Pons de C\pdukil ; Du gai de.sccil. 
Je lui suis menteur, parce que plu.'» souvent je ne 
la contemple. 



MEN 

Ai paor 
Qae m teugua per mentidor. 

G. F.viDlï : D'un ilolz bel. 
J'ai peur qu'elle nu; licane pour menteur. 

ANC. KR. 

Ki ço me dist de vos, ccries ne fud mentire. 

Roman Je Horn, fol. 9, col. i. 
cAT. ^Icntider. esp port. ]\Jentiroso. it. -Ver/- 
cicore. 

3. IMkNSO>'GIER, MESSO'GIER, messor- 

GiiER , a(//.y menteur, mensonger. 
IMeîisongiers en fos iea e faus ! 

B. DE VeNTADOLB : Cliautais no. 
Mensong'er en fusse'-je et faux ! 
Tal ver y a qu' es fais e messougiers. 

Arnaud de Marueil : Auc vas aniors. 
Telle verile' il y a ijui est fausse et mensongère. 
Quar messorguier son compran e vendeii. 

Pons de la Garde : D'un sirvcnlcs a far. 
Car ilssoDt menteurs en aclietaul et eu vendant. 
Siibst. Al vertadier darai d'aurun grau mon, 
Simdon'unhuou quecxMEssoNoiERqueyson. 
P. Cardinal : Tos temps. 
Au véri(lii|ue je donnerai un grand mont d'or, si 
me donne un œuf chaque menteur qui V sont. 

IT. Nenzognero. 

4. Messongeiramext, adv., mensongc- 
rement, faussement. 

Chastia aiESSosGEiKAMENT qui allriii fai eii- 
juria. 

Trad. (Jeliède. fol. 5:>. 
Châtie tnensongerement qui fait injure à autrui. 

5. Mentizo , S. f. , lat. MEXTiTio, men- 
songe, menterie. 

Tôt es vers ses mot de menti/.o. 
Rambald de Vaqleiras : Senlier marques. 
Tout est vrai sans mot de menterie. 

6. MeNSONGA , MENZONCA , MENSONJA , 
MESSONGA, MESSONGUA, MESSON.IA, MES- 

sorga, s. f., mensonge, menterie. 
Voyez MuRATORi , Di.^s. 33. 
Contra menzonga sun fait de veritat. 
Poème sur Jio'ece. 
Contre mensonge sont faits de vérité. 
Sa beulat es tan granda, 
Que sciiihlaria us messonga. 

A. D\NiEL : .\ns qu' cl.. 



]\IEN 



205 

vous semblerait 



Sa beauté est si grande, 
mensonge. 

.V!zo es grans messorga c' oni no deu escotar. 
JzAHN : Diguas me tu. 

Ceci est graïul mensonge i\a'oa ne doit pas écouter. 

Proi'. Messonja uo s pot cnbrir 

Que no s mo.stre qiialque sa/.o. 

FoLcjUET DE Marseille : Tan mov. 
Le mensonge ne se peut cacher qu'il ne se montre 
en quelque saison. 

ANC. <:at. Neiisongia, mencongia, tncrtsongiie. 
lï. Menzogna. 

7. Desmentir,?»., démentir. 

Ja uo creirai desmenta sas faissos. 

Pons de Capdueil : .iVstrucx es. 
Je ne croirai jamais qu'elle démente ses façons. 
l'ig- On plus en parlatz , 

Plus DESMENTETZ VOStlaS cliaUSOS. 

T. DE G. Faidit et de Perdioon : Perdigons. 
Où plus vous eu parlez, plus vous démentez vos 
chansons. 

Coutensos , es cant se desmenton 1' us a 
l'autre , o se dizou gro.ssas paraulas. 

r. et Fert., fol. 25. 
La conlenlion , c'est ([Uaud ils se démentent i'uu à 
r.iutro , ou se disent de grosses paroles. 
Trop parlai' fai desmentîr 
.Si lueteys manta sazos. 

G. Olivier d'Aiu.es, Cobtus triudas. 
Trop parler liiit démentir soi-même mainte fois. 

— Contredire, empêcher. 

Pero Boecis irastir/. los en desment. 

Poème sur lioèce. 
Pourlant Boèce trestous les en dément. 
Mezura me ditz suau e gen 
Que fd.ssa mou afar ab .sen , 
E Leujaria la 'n desmen. 

Gakins le Brun : INucg e jorn. 

Raison me dit doucement et gentiment que je 
fasse mon alfaire avec discernenient, et Folie l'en dé- 
ment. 
D'ayso que dizelz, cuni brico vos besmbn. 
Ilomun de l''ierabras, v. 383o. 
De ceci que vous clites, je '•um démens comme un 
Iripon . 

Part. pas. S'ieu en sui desmentitz 
Qu'aisso no sia vertatz. 
AiMERi de Peciulain : Manias veti. 
Si j'en suis (/«-//icn/i que ceci ne soit verile. 
CAT. ESP. port. Uesmcntir. it. Sinentirc. 

S. Fementit , aHj., infidèle, parjure. 



ao6 



MEN 



Fais enveios , fementit lauzeiigier... 
Be us lauzera que m laissassetz estar. 
Bertrand de Born : leu m' escondisc. 
Faux envieux, parjures médisants..., hien je 
vous approuverais que vous me laissassiez être (tran- 
([iiille). 

ANC. KK. l'our cou a-ll tant fauseté 

Où monde et tant de renardie , 
Cascuns est, mais Dm , foi-mentie . . . 
Diex parjure, \)ies. Jbi-mentie. 
Roman du Renart, t. IV, p. 369, et t. II , p. f\6. 

ESP. PORT. Fcmentido. 

y Menton, mento,^. m., lat. mentmw, 
menton. 
Mento e gola, e peitrina 
Blanca com neus e flors d'espina. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Menton et gorge, et poitrine blancLe comme neige 
et fleur d'épine. 

Regardas li la cara e Jos hdelhs e 'I menton. 
l^. de S. Honorât. 
Begardez-lui la face et les yeux et le menton. 
IT. Mento. 

\o. Mentonet, .V. m. dini., petit menton. 
Lo MENTONET bel e redont. 
Un troubadour anonyme : Seinor vos que. 
Jje petit menton beau et rond. 

II. Mentiron , i'. m., menton. 

Del MENTIRON 

Entro sobre U aissella. 

AuGlER : Er quan. 
Du menton jusque sur l'aisselle. 

MENTRE, conj., du lai. miemm, tan- 
dis que, pendant c[ue. 
Voyez MuRATORT, Dus. 33. 

Mentre secx pot qnerer 
Lui, qu' es vers reis e salvaire. 

Pierre d'Auvekgne : Gentes. 
2'andis (^li "aveugle peut requérir lui , qui est vrai 
roi et sauveur. 

Prov. El rie s' irai.s mentre 1' amoros dansa. 
P- Cardinal : Eu trazi. 
Le riclie s'attriste tundis que l'amoureux danse. 
■ Conj. comp. 

Moh m' entremis de chantar volentiers..., 
Mentre que fui d'amor en boa esper. 
Pierre d'Auvergne : Molt. 
Moult je me mêlai de tlianler volonllers. .., tan- 
dis i/ue]c fus en bon espoir d'amour. 



MER 

ANC. tSP. 

Mientra que vivades, non seredes meuguados... 
MierUra qus visqnîeredes, bien se fara lo tô. 

Poema del Cid, v. i58 et /^t2. 
ANC. IT. Mentreche vegnon lieli gli occhi belti ^ 
Che lagrimando a te venir mi fenno. 
Dante , Purgat., xxvn. 
(AT. Mentre. esp. mod. Mientras. n. mod. 
lUcntre. 

1. Dementre, DOMENTRES , conj . , tan- 
dis que. 

A IN'arbona , dementre la tenrem asseijada. 
Philomena. 
A Narbonne, tandis que nous la tiendrons assiégée. 
Conj. comp. MasDOMENTRESQu'ieu tenc losdaz, 
Lor en enich rendre guizerdon. 
Gui de Cavaillon : Seigneiras. 
Mais tandis que je tiens les dés, je pense leur eu 
rendre profit. 

ANC. Fft. Dementiers que ii plais dura, 
Graeleut pas ne s' ublia. 

Marie de France , t. I , p. 534- 
ANC. CAT. Dementre, 

MER , MiER, adj., lat. merw^-, pur, vrai, 

fin. 
Anel e Loto de mier aur £î. 

Yergat d'aur mier. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 3^ et 80. 
Anneau et bouton de pur or liu. 
Broclié d'or pur. 
Fig. Joyos qui, per bon enders, 
No s' alegra , fols es mers. 

GiRAUD de Borneil : Erauzirctz. 
.Joyeux qui, pour bonne élévation , ne se réjouit 
pas , est vrai fou. 
AMC. PP.. 
Point li dus le cheval des espérons d'or mier. 
Iluon de f^illeneuve ; Du Verdieb , t. II, p. 25i. 
CAT. Mer. ESP. PORT. iT. Mero. 

1. Merel.\r , V., briller, éclater. 
Fer ['"ok'hier en la targua qn' ab aur merei.a. 

Roman de Gérard de Rossillon, foi. 29. 
Frappe Folcbier sur le bouclier qui avec or brille, 

3. EsMER-s, (tdj., pur, vrai. 
Ténia 'Idreich per envers, 
Tan sni vas amor esmers. 

GiRAUD DE Borneil : Er auziretz. 
Je tenais l'endroit pour envers, tant je suis pur 
envers l'amour. 

/|. EsMERADURA, s.f., gcntiUcsse, jolivelé. 



MER 

• Yen sols fas abstenensa 
De far esmf.radura. 

Rambavd de Va^ueiras : Kl mon. 
Moi seul ji- lais aLstineiice de faire gentillesse. 

5. ESMKRAU, KMKRAR, 7)., «'piiror, affilKM . 

Aissi coma la lima esmera c pnrga lo fer. 

/". et f'ert. , loi . 77 . 
Ainsi comme la lime ajjine et purge le ier. 
S'esmkron raielhs que l'aurs el fiiec ardcn. 

lIicii'ES DE i.'Kscure : De molz- 
S'epiirenl mieux que l'or au leu ardent. 
Fig. Reu dey 'ot mon chan esmerar. 

Marcabrl'S ; Pus mos coralyes. 
Je dois liien épurer lo\il mon chant. 
Esmera 
Lo .sen la fouiiatz. 

GiRAt'D DE BoRSEIL : ,Ta III v;n. 
I.a folie épure, le sens. 

Toi jorii uielbur et esmeri. 

A. Daniel : Ab guai so. 
Chaque jour j'améliore et m'épure. 

— Briller. 

Si aDC nulhs jovs poc florir, 
Aquest (leii sobre totz granaV, 
K ]iart los autres esmerar. 

Le comte de Poitiers : Moût jauzens. 
Si oncques nulle joie pûl fleurir, celle-ci doit au- 
dessus de toutes giaiuer, et par-delà les autres briller. 
Part. pas. Bellas dens , 

Plus blancas qu'ESMERATZ argens. 
Arn'Ald de Mableii. : Doua genser. 
lielles dents , plus blanches qu'aigeiil épure. 
î'estias e flors 
Totas de fin aur emerat. 

P. Vidal : Lai on cobra, 
bétcs et fleurs toutes de fin or épuré. 
ANC FR. Qni pins luisent c'ors esmerez. 
Si nete et si très esmerèe 
K'il n'i remesi goûte ne take. 
Fabl. elcont. «ne, l. JV, p. 1^6 et t. 1 , p. SjQ. 
Li clou furent d'or esineré. 

lionian de la Rose, v. 1089. 
Tes paroles sunt came esmerées par fn. 
Ànc. trad. des Lii>. des Rois, i\>\. 72. 
CAT. ESP. roRT. Esmerar. it. Smerare. 

MERCE, MEBCKv, s. f., lat. merce.v, 
merci, grâce, indulgence, pitié. 
Voyez Alurete , p. 180. 
Ja non er nî anc no fo 
liona dona scnes merce. 

Oip MO i,F. Roix : Auiali. 



MER 



9.0 ■ 



.lamais ne sera ni oncques ne fut bonne dame sans 
merci. 
Fig. Per que merces mi dea faire socors. 

Richard de Barde/.ieux : Airessi cuni. 
C'est pourquoi merci me doit faire secours. 
Vers Dieus, versliom, vera vida, merces, 
Perdona li ! 

G. Faidit : Fortz chausa. 
Vrai Dieu, vrai homme, vraie vie, merci, |'ar- 
ilonne-lui .' 

CAT. Merce. esp. Merced, port. Mercé. it. 

Mercè. 
Ia>c. Senlier, per Dieu , grans merces. 

Chronique d'Arles. 
Seigneur, pour Dieu , grands mercis. 
leu fas tôt so que vol ni cove, 
E lieys non denba ni vol aver merce. 
T. de p. Torat et de G. Riquier : Guiraul. 
Je fais tout ce qu'elle veut et (lui) convient, et elle 
ne daigne ni ne veut avoir merci. 

Que deigneson per mi clamar merce. 
Eichard de Bareezieux : Atressi cum. 
Qu'ils daignassent pour moi crier merci. 
Merceian vas vos sui, domn', e serai jasse 
Vostr' om claman, merce , merce , merce ! 
AlMERl DE Peguilain : Per solatz d' autrui. 
Demandant merci vers vous je suis, dame, el je 
serai toujours votre homme criant merci, m,'rci, 
merci '. 
ANC. vR. Merci vus crie, ne me véez. 

Roman île Rou , v. 7272. 
Merci li cria moult piteuscmenl. 
Chr. de Fr. Rec. des Hist. de Fr., t. III, p. 188. 
Et jou , dame , crie merci , merci. 

Le roi de Navarre , chanson 8. 
Si m vol perdonar, 
Gratz e merces li 'n ren. 

Pons de CaPdceil : (lui pernesei. 
Si elle veut me pardonner, gii;s il mercis je lui eu 
rends. 

ANC. FR. Kn lui rendant grâces et mercis. 
IL Estienne, yfpol. pour Hérodote, t. II, p. 211. 
De Niort pert la rend' e 1' esplej', 
E Caeicins reinan sai a mercey, 

Bertrand de Born : Pus li baron. 
De Niort perd la renie el le profit, et Qucrcy resie 
çà (ici) à merci. 

S' eu a sas merces m' estais. 

A', de Raimond de Mirtiiuil. 
Si je suis dans ses bonnes gritces. 
L'emperador los volgaes penre a merce. 

Rouinn de lu Prise de .Tériisulem, fol. 7. 
(^)ue rem]iereur voulût les prendre à merci. 



208 



MER 



ANC. Fn. 

Les aima mieux tuer que les prendre à merci. 
Robert Garnier, Comélie, acle\, se. i. 
Amies, s'ie us trobes avinen, 
Humils e franc e de bona merce, 
Be us amera. 

La jiAME Casteloze : Amies. 
Ami, si je vous trouvais avenant, modeste el 
fninc et de honrie merci, je vous aimerais hien. 
Car molt es de gran merce. 

Rambaud de Vaqueiras : D' una dona. 
Car elle est nitmlt de grande merci. 

Desarmatz fou de peior mercey 
Que quant el cap ac la ventalha meza. 
Bertrand de Born : Pus li baron. 
De'sarme' il fut de pire merci que quand à la ti'le 
il eut le vantail mis. 

Del plus uo us pree, ni uo s cove, 
Mas tôt si' en vostra merce. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
A l'égard du surplus je ne vous prie pas, ni il ne 
convient pas , mais que tout soit à votre merci. 
Caznlz soi en raala merce. 

B. DE Ventadol'R : Quan vey la. 
,Te suis tomlié en maie merci. 
Me dis : '< Belhs amies , tornatz , 
Per MERCE, vas me de cors.» 
Alphonse II , roi d'Aragon : Per mantas. 
Elle me dit : « Bel ami, retournez, par pitié, vers 
moi sur-le-cliatnp. » 

Par l'ellipse de ia préposition, ce 
mot fut employé en locution absolue, 
et, en quelque sorte, tint lieu de la 
préposition. 

Merce Dieu e s.int Honorât. 

V. Je S. Honorai. 
Merci de Dieu et de saint Honorât. 
Aras, la merce Dieu, avem la a nostra volon'at. 
linmnn de la Prise de Jc;ru.<ialcm, fol. 19. 
Maintenant, parla merci de Dieu, nous Pavons 
à notre volonté. 

ANC. PR. Et dist : " Sire, la Den merci , 

'Ya\i sont venca vosire enemi, >> 
Jioman du Renart, t. III, p. 3:^8. 
I""t encore. Dieu merci, ne se départent-elles 
mie. 
Chr. de Fr. Mec. des Ilisl. de Fr., l. III, p. i54. 
Seignor, nos soraes acordë, la Dieu merci, 
de faire empereor. 

Aillehardovin , p. 10^. 
ESP. Nunea os falten senorias 



MER 

Ni a mi la merced de Dios. 
D. Francisco de Quevedo, Mus. G, Rom. 38. 
roRT. Merce de Ceo. 

Palmerin , part. III , c. 87, p. 78. 
iT. Mercè dî Dio e di questa gentil drtna scam- 
■ pato sono, 
lo son vivo, la Dio mercè. 

BoccACCio, Dec, "VII , 6 et X , 7. 
Qnar ieu vos sny, vostra merce, privât/.. 
Le moine de MoNtai'don : Aissi cum selh qu'a. 
Car je vous suis , par votre merci, familier. 
Fag o ab totas oras, la tiena gran merce. 

/'". de Sie. Mafidelaine. 
Je lo fais à toutes les heures , par la votre grande 
merci. 

ANC. FR. Seignor, dist-il, vostre merci 
Conquis m'avez à vostre ami. 

Roman du R.enart , t. I , p. 262. 
Il lor respont : « Les vos merciz, 
Por Dex , ne séiez esbabiz. » 

Roman de Rou , v. I2r)93. 
iT. Dalla qnal voi vostra buona mercè loslo li- 
béra' mi vedrele. 

BoccACCio , Decam., X , 7. 

5. MERCEYAMiiN , ft. m., pitié, mïséri- 
corde , indulgence , suj)plication, 
("lam merceian njerce, merceyamens. 
A. Brancaleon : Pessius pessan. 
Je crie en suppliant merci, miséricorde. 
En dreg d'amor pretz pauc meuceyamen. 

AlMERl DE PeguilaiN : Destreitz cocliatz. 
En droit d'amour je prise peu supplicntion. 

3. Merceyaire, aclj., suppliant, deman- 
dant merci. 

Mais vuelh esser merceyaire 
De lieys, qn' aulr' aver conquesta. 

G. Adhem.^R : Be m'agr'ops. 
Mieux je veux être suppliant d'elle , qu'une autre 
avoir conquise. 

Francs e snfrens, humils e merceyaire. 
Pevrols : Ben dei. 
Franc et souflVanl , humide et suppliant. 

/,. Merce^er, odj., miséricordieux. 
Car es merceners, 
Perdona voluntiers 
Qui penet .sos peccatz. 

î>Iat de Mons : Al bon rei. 
Parce qu'il est /niséricordieux, il pardonne volon- 
tiers à qui se rcpent de ses péchés. 
ANC cAT. Mercener. anc. esp. AÎTcendero. 



MER 

5. Mercekari , s. m., lat. mercexari«.v, 
mercenaire. 

Merceîîaris et logatiers. 

Trad. d'un Evans;, npocr. 
Mercenaires et journaliers. 
CAT. Mercenari. rsp. it. port. Merccnarin. 

6. Merceiar, mercf.yar , ?'., crier merci, 
implorer, supplier. 

Ben dei Jht'su Crist temer e merceiar. 

GlilladjME de Tl'DEI.A. 
Je dois hien craindre et iH^^Z/cr Je'sus-Clirist. 
Far homenes 
Coin sers a senhor deu far, 
El en ploran sierceyar. 

P. Kaimond de Toulouse : Arai ben. 
Faire bommage coinine serf à seigneur doit faire, 
et en pleurant crier merci. 

— Remercier, rendre grâces. 

Dels mais e tlc's tes, del tôt lo merceiatz. 

Guillaume de Tudela. 
Des maux et des biens, du tout lui rendez g'râce. 
Part. prés. Per qn' iea suy merceyans 

Qne m razonetz, plazensdorapna, si os platz. 

Guillaume d'Autpoul: Esperaosa. 
C'est pourquoi je suis suppliant que vous me de'- 
fendiez , bonne dame , s'il vous plaît . 

Esperans' an tait li nieillor 

Els voslres cars pretz merceiaits. 

FOLQUETDE MARSEILLE : Si cum sel. 
Espérance ont tous les meilleurs aux vôtres chères 
prières suppliantes. 

— Recevoir à merci, faire grâce, être 
miséricordieu.x. 

Part. prés. PoderosDieus, veraTS e merceyans. 
Guillaume d'Autpoul : Esperansa. 
Dieu puissant , vrai et miséricordieux. 
ANC. FR. Doivent venir mercier audit prieur. 
Ord. desJî. de Fr., 1461, t. XV, p. 75. 

Moalt les mercia tonz, et lenr rendi gràce.s de 
leur bone anior. 

Rec. des Hist. deFr., I. VI, p. 160. 
E*en a merciet corne sages. 

Philippe Mouskes. 
I.eqnel les mercia de tel bien et honnenr. 

J. MaROT, t. V, p. lf)2. 

A^c. f.xT. Mercenegar. 

7. Re.merciar , V. , remercier. 

m. 



MER 

Eu lo REMKRCIAN. 

Oironitjiie des Albigeois, col. 77. 
Vax le remerciant. 



209 



S. De.s.merceyar , 71., refuser merci, re- 
pousser. 

Vos vanc aucse merceyan en perdos , 
l'.t on plus vos nieicey, lui desmerceya 
liO vosir' e.rgnelhs. 

AiMERi DE Peguilain : Dpstrctz cochatz. 
Je vais toujours vous criant merci en vain, et où 
plus je vous crie merci , (plus) me refuse merci le 
votre orgueil. 

MERCURI, s. w., lat. J-\IrRCLRius, 
Mercure, une des sept planètes. 
Del Mercdri , so sapchaîz , 
Es le iiiercres aissi nomnatz. 

Brei>. d'amor, fol. l^!^. 
Du Mercure^ sachez cela, est le mercredi ainsi 
nomme. 

Las. vu. pl.tnetas... salvat... Mercuri. 

Lii'. de Sjdrac , fol. 55. 
Lfs sept planètes... sauf... Mercure. 

CAT. Mercuri. esp. tort it. Merciirio. 

1. Mercre, s. m., mercredi. 
Pueis fe lo 1ns e'I mars e'I mercres eissament. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Puis il fil le lundi el le mardi et le mercredi e'ga- 
lemeut. 
ESP. Miercoles. 

Voyez DiA. 

MERCZ, MERs,.v./, lat. merx, mar- 
chandise, mercerie. 

Non podon lo paire ni lo senhor refener 
d'aquelas mercz, mas aiiant quant il donon 
per pagamen. 

Trad. du Code dejustinien, fol. 3i. 
Ne peuvent le père ni le seigneur retenir de «es 
marchandises , excepté qu'autant qu'ils donnent 
pour paiement. 

Veii la MERS pus que no val. 

/'. et Fert.. fol. 14. 
Vend la marchandise plus qu'elle ne vaut. 
Nengnns non comprara pluslas MERCEsdeInr. 
Trad. de l'Apocalypse, ch. 18. 
Nul n'achètera plus les marchandises d'eux. 
IT. Mcrce. 

%. MeRCER, mercier, MERSSIER, S. tV . , 

mercier. 



2 10 MER 

Atreslal razos es si lo paire felz ilel filli ta- 
verner o mercer. 

Trad. du Code de Jiistinien, foi. 3l. 
Pareille raisoD est si le père fit du fih lavcrnier ou 
mercier. 

A MERSSIERS del peiron. 

Curlulaire de Montpellier, io\.t\ty. 
A merciers du perron. 
De MERCIER o de .«iabbatier. 
Tit. de 12'^Q.Arch. du Roy. Comte.'; de Toulouse. 

De me/ri'er ou de savetier. 
<:at. Mercer. tsi". Mercero. port. Mercieiro. 
ir. Merciaio. 

3. Mersaria, s./., mercerie, marchan- 
dise. 

Pecunia o mersaria o aniras causas... j)enra 
en comanda. 

Statuts de Montpellier, du \\n<' siècle. 
Pécune ou mercerie ou autres clioses... prendra en 
commande. 

CAT. Fsp. Merceria. tort. Merciaria , mercea- 
ria. lï. Merceria. 

/,. Mercat, s. m., lat. mercatk^', mar- 
ché , lieu public oià se font les ventes. 

No vol qne hom fassa de sa inayo mercat 

ni plassa. 

F. et Vert., fol. 89. 

Ts'e veut pas fju'on fasse de sa maison tnarclié et 
place. 

Tant es Irassîos a vil for. 
Que si l'hom que plus n'a el cor 
La trazia en plan mercat vénal , 
No 'n trobera mezailla del quintal. 

P. Cardinal : D' un sirventes faire. 
Taul est trahison à vil prix , que si l'homme qui 
en a le plus au cœur l'exposait en plein marché vé- 
nal , il n'en trouverait maille du quintal. 
Fig. Petit troba boni que Inr diga veritat, 
mais afflatarias; e de messorgas ba grau 
MERCAT en lurs parladors. 

F. et Fert., fol. io4- 
Peu trouvc-t-ou qui leur dise ve'rile' , davantage 
flatteries ; et il y a grand marché de mensonges entre 
leurs interlocuteurs. 

— Arrangement, convention du prix 
d'une chose. 

Fan MERCAT ab nostre Senbor. 

F. et Fert., fol. 29. 
Font marché avec noire Seigneur. 



MER 

lien s:ii guazaubar mon pa 

\!,n tOtZ MBRCATZ. 

Le comte de Poitiers : Ben vuelli. 

Je sais bien gagner mon pain en tous marchés. 

AiNc. FR. Et qui donne son marchiet devant 

-escbevins... que tel marchiet £nh avoit. 

Charte de Falenciennes , ill^, p. l{o!i. 

C.A.T. Mercat. esp. tort. Mercado. it. Mercato. 

j. Mercacio, s.f., lat. mercatio, com- 
merce, trafic. 

Es temps de gazanh el de mkrcacio, qua! 
la Miar es be navigabla. 

Elue, de las prnpr. , fol. 12g. 
Il est temps de gain et de commerce, car la mer 
est Lieu navigable. 

O. Mercadal , s. m., marché, place pu- 
blicfue. 
Intran a Murel per raei lo mercadai,. 
Guillaume de Tudela. 
Knirent à Murel par le milieu du marché. 
ANC. ESP. Olro dia mannana fuera al mercadal. 

Poema de Alexandro, cop. 23'4- 
Aâjecliv. A mesura mercadal del Pueg. 
Tit. de vf-jCf. Arch du Roy., Toulouse,}. 32 1. 
A mesure marchande àa Puy. 
CAT. Mercadal. 

7. Merc.airol, s. m., boutique, son con- 
tenu. 

S' us paubres boni emblava un lansol , 
Laires seri', el iria cap dis, 
E .>i us ricx emblava mercairol, 
Iria dreilz pueis denan Constant!. 

P. Cardinal : Prop a guerra. 
Si un pauvre homme volait un linceul, il serait 
larron, et irait tête baissée, et si un riche volait une 
boutique, il irait droit ensuite devant Constantin. 

8. Mercadaria, mercadairia , s. f., 
marchandise. 

En totz niesliers vey far galiamen, 
Sol que y corra nnlba mercadaria. 

Pons de la Garde : D'un sirventes a far. 
En tous métiers je vois faire tromperie, pourvu 
seulement qu'y ail cours nulle marchandise. 
Mercadier pecco i.ssaïuen, 
l.urs mercadarias venden. 

Drev. d'arror, fol. I2.'>. 
Les marchands pèchent également en vendant leurs 
marchandises. 

— Commerce, trafic. 



MER 

Usnra es en f'alsa mercadaria , quau veu \i\ 
mers pus qne do val. 

"Vida d' oiue el regiinen del mon es avsMi' 

coma MERCADARIA. 

/'. .7 AV/7., fol. 14 et 6'i. 
Usure osl on faux commerce, quand il vend la 
inarcliandise plus qu'elle ne vaut. 

La vie de l'homme dans la LOiiduite du monde est 
ainsi comme commerce. 

CAT, ESP. Mercaderia. pokt. Mercadoria. it. 
Nercanzia . 

9. Mkrcadier , s. m., marchand , com- 
merçant, trafiquant. 

Era 5IEUCAUIERS que teiiia draps a vendre. 
/''. d'Aimeri de Pégiiilain. 
Dtait marchand ([M\ tenait draps à vendre. 
Mercauiers qui enga dever Fransa. 
Bertrand DE BoRX : Miez sirventes. 
Marchand c[\xi aille devers la France. 
ANC. ESP. 

Fablemos su vegada del pleit del mercadero. 
Milagr. de JSuestra Seriora, cop. 681 . 
Non es mercador nin clerîgo de scola 
Que podies poner precio à la una espnera. 
Poema de Alexandra, cop. 84- 
CAT. ESP. MOD. Mercader. port. Mercador. it. 
Mercadante, mercatante. 

10. MeRCAD1ER.\ , MERCADIEIRA, MERCAI- 

DERA, S. f., marchande, commer- 
çante, trafiquante. 

Fig. Aquellas qu'atnon per aver, 
E son BiERCADiEiRAs venaus. 

B. DE Ventadour : Cliantars no. 
Celles qui aiment pour argent et sont marchandes 

vénales. 

ESP. Mercadera. 

Adject. Rica genz mercaiukrv 

"Vos fetz aquo . 

Ben car comprest so qu' enihlelz en la f'eira. 

T. DE BoNNEFOT ET DE Bl.ACAS : Seii;n' En. 
Riche gent coff!/ner(;'an/e vous lit cela... Bien cher 
vous achetâtes ce que vous volâtes à la loire. 

11. Mercadairet , s. ni. dim. , jietit 
marchand. 

Lo dotzes, es En Folqiutz 
De Marcelha, us mercadairetz. 
Le moine de MontaldoN ; Pus Peyre. 
Le douzième , c'est le seigneur Foiquet de Mar- 
seille , un petit marchand. 



MER 211 

11. Mercadanier , s. III., marchand, 
traiitjiiant. 

Fuy boviers, 
E mais d'un mes mercadaniers. 

Raimond d'Avignon : Sirvens suy. 
Je lus bouvier, et plus d'un mois trafit/tiant. 

l'i. Mercadana , s. /., ustensile de 
commerce. 

Li pes, las aunas, las canas et altras mer- 

CADANAS. 

Charte de Gtéalou, p. 84- 
Les poids, les aunes, les cannes et autres tisteri 
sites de commerce. 

l/j. MeRCADAR, MERCADEIAR , MERCAN- 

DEiAR, MERCABIAR, -y., marchander, 
acheter, commercer, faire marché. 

Crompar..., mercadar en la dicha vila. 
Charte de Gréalou, p. 84. 
Acheter..., commercer dans ladite ville. 
Sai ven e lai mercada. 

Marcabkus : Al son. 
Ici vend et là acheté. 

Be ni par qii'ieu mal mercadiei. 

Bref, d'amor, loi. li4- 
11 me parait Lien que j'achetai mal. 
Lo borzeis enten a gazanhar et a merca- 
dsiar et a luultiplicar son aver. 

F. et Fert., fol. 63. 
Le bourgeois entend à gagner et à commercer et à 
multiplier son avoir. 

Ben sai mercandeiar, 
Mas del vendre sni plus coitos. 

Gui de Glotos : Diode ben. 
Je sais bien acheter, mais je suis du vendre plus 
empresse. 

Part. prés, siibstatitiv . Guillems del Baus, priu- 
ceps d' Aurenga, si raubet nn mercadan 
de Fransa... El mercadans s'en anet a rc- 
clam al rei de Fransa. 

y. de Giiillaiiinede Baux. 
(luillaunic de Baux , prince d'Orange, vola un 
marchand de France... Le marchand s'en alla en 
re'clamation au roi de France. 
Part. pas. Els avian mercadat Jhesu Crist per 
.XXX. deniers. 

Jlist. de la Bible en proi'enç., fol. 77. 
Ils avaient acheté Je'sus-Christ pour trente de- 



il 2 MER 

ANC. FR. Ce j)auvre noble, autant affamé 
d' argent , comme le mercadant estoit. 
Contes d'Eutrapel, fol. 173. 
Ce qae vantent si bault nos marcadants d'hon- 
neur. 

OEiivres de Du Bellay, fol. Zjat). 
CAT. liJercadej'ar. bsv. Mercadear. port. Mer- 
cadejar. it. Merccmteggiare . 

MERETRICI , jr. m., lat. meretricim///, 
prostitution. 

Pretz gazanhat per meretr<ci. 

Elue, de las propr., fol. 2.'|;î. 
Prix gagné par prostitution. 
ANC. Esr. iT. Meretricio. 

MERGA , s.f., lat. merda, merde , ex- 
crément. 

A vos m' autre!, valenz dona de Rerga; 
"Vos es fis aurs e vostre marritz, merga. 
Guillaume deBerguedan : Trop ai estât. 
A TOUS je m'octroie, vaillante dame de Berge; 
vous êtes pur or et votre mari , merde. 
CAT. Merda. esp. niierda. port. it. Merda. 

2. Merdos, adj'., merdeux, sale. 
Fig. Aqriels aussels qa'eron merdos. 

Efang: de l'Enfance. 
Ces oiseaux qui e'taient sales. 
CAT. Merdos. esp. port. it. Merdoso. 

3. EsMERDAR , EMERDAR, V., emmerder, 
salir. 

Fig. Los fais Jnsius tôt esmerderon. 

Efang. de l'Enfance. 
Les faux Juifs salirent tout. 
Part, pas Los aussels qn' el avia gefatz 
lus el fane, e totz emerdatz. 
Ei>ang. de l'Enfance. 
Les oiseaux qu'il avait jete's dans la Jiange , et toul 
salis. 
IT. Smerdare. 

MERGULI , s. m. , lat. mergu.?, plon- 
geon, oiseau aquatique. 
jVIerguli es dit «jnar mergere vol dire ca- 
bnssar. 

Elue, de las propr., fol. \t\'j. 
Est dit plongeon parce que MERGERE veut dirt 
plonger. 
PORT. Mergulhào. ir. Mergo. 

MERIR, V., lat. iviER^Rf, mériter, étri' 
digne de 



MER 

Si m MEiR grat de] rei celestial. 

LanfrANC Cigala : No sai si m chant. 
Si je mérite gré du roi céleste. 
Falbir apel so don blasme se mier. 

Wat de Mons : La valors. 
.rappelle faillir ce dont blâme se mérite. 
Segou que merira la grandesa del membre. 

Trad. d'Albucasis , fol. II. 
Selon que méritera la grandeur du membre. 

— Récompenser, valoir. 

Lo ben qu' ieu falz ma dona deu mertr. 

T. DE Rambaud et de Coyne : Senli' En Covne. 
Le bien que je fais ma daine doit recompenser. 

— Pris en mauvaise part. 

En vai merir los mescrezens malvatz. 
B. ZoRGi : Kon lassarai. 
En va recompenser les mécréants méchants. 
Ni falh , so us die , negus 
Que Dieus non li o meira. 

Kat de Mons : Sitôt non. 
Ni faux , je vous le dis, nul que Dieu ne le lui 
■vaille. 

Loc. Meron mal olercx e prezicador, 

Quar devedon so qu'a els no s cove. 
Guillaume de Montacnagout : Del lot rey. 
Méritent mal (déméritent) clercs et prédicateurs, 
car ils défendent ce qu'à eux il ne convient pas. 
Part. prés. Aura conogut Len merens, et aura 
atrobat plus favorables. 
Priv. ace. par les R. d'Angleterre, p. l\0. 
Aura connu bien méritants , et aura trouvé plus 
favorables. 
Part, pas. Es razos que tug li mal 

Seran punit e 'I be merit. 

JVat de Mons : Al noble rey. 
C'est raison que tous les maux seront punis cl les 
biens récompensés. 

Si cnm a mergut 
Segon vizi e vertut. 

P. Cardinal : Bazos es. 
Ainsi comme il a mérité selon vice et vertu. 
Ilb per se no l'an merguda. 

Brev. d'amor, fol. ^5. 
Eux par soi ne l'ont pas méritée. 
,\vc. ER. Diex le lor saura bien merir. 

Roman delà Rose, v. Sl^Z. 

Autre chose ne m'a amors meri. 

Le roi de Navarre , chanson 60. 

Sire , ce a dit Berte, de Dieu vous soit ment. 
Roman de Beric, p. 76. 



MER 

CAT. Merexer. esp. port. Merccer. it. Meri- 
- tare. 

2. Merit, meritk, s. m., lat. meritmw, 
mérite, récompense, salaire. 

Sivals, ilona , s' ie lis iiiembies del inanen 

Qne laisset Lazer niorir deuan si , 

Quais fo 'I MERiTZ que après lo 'n sej^ui , 

Pueis de ben Icn preiratz esgardanien 

Co m traissessetz d'esta greu inalanansa. 
P. Vidai. : Una clianso. 

Au moins, dame, si je vous rappelais du riche, 
qui laissa mourir Lazare devant lui , quel lut le sa- 
laire qui après l'en suivit , ensuite peut-être vous 
prendriez attention comment vous me tirassiez de ce 
péniWe malaise. 

Tôt aisso non aura negn merit, enans, si 
inor ses karitat, per cert sera dampnatz. 

Per mavs aver de mérite. 

F. Ferl., fol. 34 et 70. 

Tout cela n'aura nul mérite, au contraire, s'il 
meurt sans charité, certainement il sera damne. 

Pour plus avuir de mrrilr. 

Qaan se regarda Le, bo mérite 1' en rent. 
Poème sur Boèce. 

(^uand il se regarde Lien , bonne recompense lui 
en rend. 
ANC. Fiî. Par son sens et par sa mérite. 

lioman de la liose, v. 1786;^. 
Et la mérite en est si dnre. 

JS'ouv. rec. de/itbl. et cent, anc, t. II, p. 194. 
CAT. Merit. esp. port it. 3Icrito. 

3. Meritori , (1(0., méritoire. 

Non es en tan meritori 
Lanzar Dieu en prosperitat, 
Qao es qui 'IL lauza trebalhat. 

Brev. d'ainor, fol. 69. 
N'est pas aussi ynéritoire de louer Dieu en prospé- 
rité', comme est qui le loue tourmenté. 

Almorna... profecbabla ad aqucil que la fay, 
et ad aquel que la pren meritori a. 

r. et Fert., fol. 80. 
L'aumône... profitable à celui qui la fait , et à ce- 
lui qui la reçoit, méritoire. 
CAT. Meritori. esp. pokt. ir. Meriturto. 

4. Demerit, DEMERITE,.?. ///., démé- 
rite, méfait, faute. 

Aigus punisb en j)rczent per lors ije.meritz. 

Elue, de las propr., fol. 6. 
Quelqucs-UDS punit sur-le-champ pour leurs dc- 
mériles. 



MER 



2i:î 



Lo baylet a la cort setglar jier sos UEMERirts. 

Cartuldire de Montpellier, fol. 79. 
Le livra à la cour séculière pour ses démérites. 
CAT. Demerit. esp port. it. Demerito. 

5. Mai.mkrir, V., démériter, se mal 
conduire. 

Part. prés. 

S' ieii mi dons e vos non vei brenmens , 
Lo valens coms Caries u'er mai.mkrens. 
GiRAUB d'Espagne : S'ieu en. 
Si je ne vois bientôt ma dame et vous , le vaillant 
comte Charles en sera déméritant 

6. Malmeire , s. m., déméritant, qui 
mérite l'improbation , blâmable. 

Non sni malmeire n! laire. 

Marcabrus : Al son. 
Je ne suis bla/riable ni larron. 

7. Ameritar, 2)., lat. MERiTAR^, méri- 
ter, encourir. 

Penedensa li a donada 
Segon c'avia ameritada. 
Car non aveiu ameritat 
Fossem amb els martirisat. 

f^. de S. Honorât. 
Lui a donné pénitence selon ([u'il ( 1' ) avait mé- 
ritée. 

Car nous n'avons pas mérité que nous fussions 
martyrisés avec eux. 
auc. CAT. Meritar. it. Meritare. 

MERITES, s. m., lat. meroctes, mala- 
chite, sorte de pierre précieuse. 
Mérites es peyra... senilant a mirra en color. 
Elue, de las propr., fol. i8g. 
Malachite est une pierre... semblable à la myrrhe 
eu couleur. 

MERLAR, V., créfleler. 

Part. pas. Quant enpugiei sus el bari merlat. 
G. Kai.noi.sd'.\pt ; .\uzircugei. 
Quand je montai sur le rempart crénelé. 
IT. Merlare. 

MERLE, .y. m., lat. MER«La, merle. 

Merles noiris boni volontiers..., e a '1 pus 
plazen eau que auzel que sia. 

Naturas d' aie us auzels. 
On élève volontiers des merles..., et il a le plus 
ayréable chant qu'oiseau qui soit. 

Qnaut aug cbantar lo gai sns e 1' crbos, 
E '1 pic c '1 jai c "1 iMehle. 

G. R\lNOI,.s D'y\PT ; (.>uant au;. 



•^i4 



MES 



Quand j'entends chanter le coq sus eu la pelouse , 
et le pic et le geai et le merle. 
CAT. 3/er/«. AHC. ESP. Mierla. esp. mod. Mierla, 

Mirlo. PORT. jMerlo, melro. it. 31erlo , 

merla. 

MERLUS , s. m., merluche. 
Merlus cofit. 

Catya Magalon. 
Merluche confite. 

Cinq cens merlus. 

TU. de 1249. DoAT, t. LXXVIII , fol. 38!). 
Cinq cents merluches . 
CAT. Merlussa, esp. Merhiza, n. Merhtzzo. 

MES, s. m., lat. mews/.?, mois. 
No y guart dilns, ni dimartz, 
Ni septmana, ni mes, ni ans. 

Bertrand de Born : Ges de (ar. 
Je n'y regarde lundi , ni mardi, ni semaine, ni 
mois, ni anne'es. 

Bels m'es qu' ien chant' eu aiselh mes, 
Quan flor e fuelha vei parer. 

B. DE Ventadour : Bels m' es. 
Il m'est beau que je chante dans ce mois, quand 
je vois fleur et feuille paraître. 

CAT. ESP. 3Ies. roRT. lUes, mes. it. Mese. 

•i. Mestruas. s.f.pL, ME/zsTRUA, men- 
strues. 

Malantias de la mayre, e aretencio de mes- 
truas. 

Son corronipndas las mestruas. 

Trad. d'Albucasis, fol. 5^ et 8. 
Maladies de la matrice, et re'tention de menstrues. 
Les menstrues sont corrompues. 
<;at. ESP. port. it. ISJenstruo. 

3. MeSTRUAL, adj., lat. ME«STRUALi>, 

menstruel. 

Excès de sanc mestrual en las femnas. 

Engendra si snperflnitat mestrual. 

Elue, de las propr., fol. 3o. 
Excès de sang jnenslniel dans les femmes. 
S'engendre supertluile' menstruelle. 
ESP. PORT. Menstnud. it. Menstritale. 

MES, s. f., lat. MT.ssis, moisson. 

L' antre culhiran las mes 5 
Qu'ieu de mon laborag'aten 
Un frug. 

G. Adhemar : Chanliin disscra. 



MES 

Les autres récolteront les moissons ; vu que ils 
mou labourage j'attends un fruit. 

ANC. CAT. Ne.':ses. esp. Mies. port. it. Messe. 
a. MeISSO, MEYSSO , ME1SH0 , S. f. , lill. 

MESSib , moisson , récolte. 
Malas MEisso.s e vonz espics. 

P. Vidal : Pois ubert. 
Mauvaises moissons et e'pis vides. 
Co fai lo logadier la hora de sa paga , o lo 
bos lahoraire lo temps de sas metssos. 

F. et Fert.. fol. 33. 
Comme fait le mercenaire l'heure de sa pave , 
ou le bon laboureur le temps de ses moissons. 

3. Messonier , MEissoNiER, S. m., du lat. 
messor, moissonneur. 

Ténia sa vlanda aparelhada qne volia por- 
tar als messoniers al camp. 

Uist. abr. de la Bible en pruv., fol. ZjS. 
Tenait sa nourriture apprête'e i|u'il voulait portei 
au}t moissonneurs au champ. 

Mas petit i a mfissoniers. 

Brei'. d'amorj fol. l56. 
Mais peu il y a de moissonneurs. 
IT. Miedtore. 

4. MedRE, MEIRE, V.y lat. METTRE, mois- 

sonner. 

Qae li fraire anesso medre. 

Trad. de lu règ. de S. Benoit, loi. 2^ 
Que les frères allassent moissonner. 
Proverb. Qai petit seniena , petit met. 

Trad. de Bede, fol. 66. 
Qui peu sème , peu moissonne. 
IT. Mietere. 

5. MeYSSONAR , MEISONAR , MEIXONAR, V., 

moissonner, récolter. 

Es temps de meyssonar. 

Elue, de las propr., fol. 129. 
Il est temps de moissonner. 
Proverb. Tal semena ben e gen 

Son blat , qnî no '1 meixona. 

GiRAUD DE BORNEIL : Tals gen. 
Tel sème bien et gentiment son blé, qui ne lu 
moissonne pas. 

Siibstantw. Lo temp del meisonar. 

L'Ei'ang, de li (/tiatre semencz. 
Le temps du moissonner. 

MESCLAR, V. , du lat. msccv^c, mè\ei\ 
mélanger, brouiller. 



MES 

. Selb que piemieis trobel 
Qu' om MEscLEs fin aiir ab acier. 

Deudes de Prades : Ane mais liom. 
tielui qui le premier trouva qu'on mêlât pur or 
avec acier. 

Mksclatz bi pro d' aiga freia. 

Deudes de Prades , Auz. mss. 
Mélez-\ assez d'eau froide. 
Flg. Si que vinr' e mûrir 

IVIe fai esseiiis mesci.ar. 
AiMERi DE Pegl'ilain : (lui suRVir. 
Tellement que le vivre et le mourir elle me l'ail 
ensemble mêler. 

Qnar ja no lu cal tloptar, si ic us avia , 
Que MESCLESSETZ f'alsia ni enjans. 

Berenger de Palasoi. : Tan m'abelis. 
Car de'sormais il ne me faut douter, si je vous pos- 
sédais , que vous mêlassiez laussclé et tromperie. 

-— S'engager, se jeter dans la mêlée. 
Teu a pe anei in'ab els mesclar, 
E fui nalValz ab lansa pel colar. 

Rambaud de N'aqieiras : Senher marques. 
Moi à pied j'allai avec eux me mêler, et je lus 
Messe' avec lance à travers le collier. 
ASC. FK. Este vus cbascuns se fut! mêliez à siin 
coinpaignun, e formeat graul fu l'ocisiori. 
v/nc. Irad. des Liv. des Rois, fol. i6. 

— S'attaquer, s'en prendre. • 

!\Ias qui a flor se vol mesci.ar, 
Ren (jeu gardar lo sieu baston. 
Car l'rances sa bon grans colps dar. 
f,E COMTE DE Foix : Mas qui. 
Mais qui à fleur (de lis) veut s'attaquer, doit bien 
carder sa lance, caries Français savent grands coups 
donner. 

— Brouiller, quereller, tracasser. 

Per merce us prec que non pucscon mesclar 
Tostre gent cors adreg e piazentier... 
Knconlra'l raleu per niessonguas coratar. 

Bertrand de Bors : leu m'escondisc. 
Par merci je vous prie qu'ils ne puissent brouiller 
votre gentille personne bien faite et agréable... avec 
la mienne par conter (en contant) des mensonjjes. 
Fay los mesclar e pelciar. 

F. et rt-rt., fol. 25. 
Les fait brouiller et cliamailler. 

Lo maril se mesclet ab lui. 

(^. d'Aimeri de Pé^uttaiii. 
Le mari se (jnerclla avec lui. 
ASC. ER. Sovenl les nnf inedlé ai rei. 



MES o.iS 

Héraut e Guert tant estrivèrent 
Re par parole se inedlèrcnt. 

Hoinan de Rou, v. 99o3 et I2l8u. 
Loc. Liir MEscLA discordias et autras trebu- 

latious. 

/'. <'/ l'ert., fol. 92. 
Leur suscite discordes et autres tribulations. 
Mescla tôt l'an gerra. 
Bertrand d'.\lla!\iason : Del arcivesqne. 
Suscite toute l'année guerre. 

Mesclar A '1 torneys pel eamho. 
Bertrand de Bohn : Lo conis m'a. 
l.it'rerti le combat par le cbamp. 

E '1 colombet , per gaug d' cslien , 
.Mesclan lur amoros torney. 

A. Daniel : AL plazers. 
Et les pigeonneaux , par joie d'élc , livrent leur 
amoureux combat. 

Par qn'el marritz et eu mesclem de gnerra. 

GtlLLALME DE BeROUEDAN : Trop ai estât. 
Par quoi le mari et moi nous nous mêlâmes d,- 
guerre (nous nous fîmes la guerre). 

Que si de cantar vos mesclatz... , 
Tolz diran : "Vos elz fols proatz. 

FoLQtET DE Romans : Tornatz es. 
()uesi vous vous mêlez decbanter..., tous diront : 
Vous êtes fou prouvé. 

Part. pas. Sedas de porc capoladas 

Li donatz ab carn mesoladas. 
Deides de Prades . Auz. cass. 
Soies de porc liacliées. vous lui donnez aveccbair 
mêlées. 

Fig. Ab sospirs mesclatz de plors. 

Alphonse II , roi d'Aragon: Per manias. 
Avec soupirs mêlés de pleurs. 

CAT. Meschir. r.sp. Mezclar. port. Mesclar. ir. 
Mischiare. 

•i.. Chant mesclat,.?. ///., chant-mèlé , 
sorte de poésie. 

Ves N Arias , mon senbor, 
"Vai e cors, chans mesclatz! 

Perdigon : Entr'amor. 
Vers le seigneur Arias, mon seigneur, va et cour^, 
chant-mêlé .' 

3. MeSCLAPAMEN , MESCLAMEN , adv. , 

péle-méle, confusément, ensemble, 
tout à la fois. 

El beu e'I mal mesclauament. 

Lamberti de Bonanel : D'un salut 
Le bien et le mal pêle-mêle. 



2l6 



MES 



Yitire m faitz e morir mesclabîf.n. 

FoLQUET DE MARSEILLE : Aniois nioce. 
Vous me ùites vivre et mourir tout à la fois. 
ANC. CAT. Mescladament. esp. Mezcladamente. 
iT. Nischiatamente. 

/, . Mf.scla, s.f., mélange, mêlée, con- 
fusion , rixe. 

Enyura fort, per qne reqaier mescla d'ayga. 

Elue, de las pi-opr.j fol. 22^. 
Enivre fort , c'est pourquoi requiert mélange 
■j'.'eau^ 

D' aital mescla comuiialmen 
Metalz an pauc en un hudel. 

Deddes de Prades, ./^us. cass. 
De tel mélange mettez simplement un peu dans 
un boyau. 
Fig. Mesclas e bregas, retrah e conteusos et 

omicitlis. 

F. et Vert., fol. 22. 
Mêlées et querelles , reproches et conleslalions et 
liomicides. 

ANC. CAT. Mescla. esp. Mezcla. tort. Mescla. 
ir. Mise/lia. 

f). Mesclamen, s. m., mélange. 
Si no i lia de qnascu mesclamen. 
Non es bona sola 1' una niitafz. 

Aimeri de Peguilain : Si cum 1' arbres. 
S'il n'y a de chacun mélange, n'est pas bonne 
seule l'une moitié'. 

Continuai- e segnir ses mesclamen d' autras 

<liversas priraulas. 

Leys d'amors, fol. i33. 
Continuer et suivre sans mélange d'autres diverses 
paroles. 

ANC. CAT. Mesclainent. esp. Mezclamiento. 
IT. Mischiamento. 

G. Mf.sclada, s.f., combat, mêlée. 

Totz temps mi laisson derrier, 
Quan m' an mes en la mescla da. 

Bertrand de Born : Rassu mes se. 
Toujours ils me laissent dernier, quand ils m'ont 
mis en la mêlée. 

ANC. FR. Dures paroles meuvent les mellres, 
dont mille hommes sont mors. 

JOINVILLE , p. 5. 
La quKrle ai-jeo si devisée , 
Que nus ne 1' auia sanz mellée. 

Marie de France , t. Il , p. loo-ioi. 

-y. Mesci.anha , MESCEAiGNA , S.f., mêlée, 
dispute, trouble. 



MES 

Jamais non seretz prezat , 
Si non etz en la mesclanha. 

Bertrand de Born : leu chan. 
Jamais vous ne serez prisé, si vous n'êtes dans la 
mêlée. 
Un novel plait c' adntz guerr' e mesclaigna. 

AiCARTS DEL FossAT : Entre dos reis. 
lin nouveau diflërend qui amène guerre et trouble. 

Las eveias, las mesclanhas e ihi mal dih. 

Tradi de la r'eg. de S. Benoît, fol. 3^. 

Les envies , les disputes et les mauvais propos. 

8. Mesclansa, .V. f, dispute, alterca- 
tion. 

Fii^. Cortezameu mov en mon cor mesclansa 
Que m fai tornar en l'amoros dezire. 
H. Brunet : Cortezamen. 
Courtoisement je meus dans mon cœur alterca- 
tion qui me fait retourner en l'amoureux, de'sir. 

IT. Mischianza. 

9. Mesclius, ctdj., brouillon, tracas- 
sier, querelleur. 

Ben conosc que drutz mesclids... 
Es mais amatz e grazitz. 

KaImond DE MiRAVAL : Pueis cgan. 
Je connais liien qu'amant tracassier... est plus 
aime' et agréé. 

Quar una doueta m trays, 
Tornar m' en ai vilas mesclids? 
Non. 

Raimond de Miraval : Entre dos volers. 
Parce qu'une petite dame me trahit, en devien- 
drai-J€ grossier querelleur? Non. 

10. Mesclos, adj., mêlé, engagé, agité. 

Ilh anavo 
Mesclos de lenso. 

Le moine de Montaubon : Manens. 
Ils allaient engagés de querelle. 

11. Mescladura, s.f, mélange. 

l'Iena de vinagre e de fel... 

Bec Dieu d' aquela mescladura. 

Trad. de l'Evang. de Nicodéme. 
Pleine de vinaigre et de fiel. .. Dieu but de ce mé- 
lange. 
esp. Mezcladtira. it. Misclàatura. 

1 2. Mestura , s. f., mélange, assemblage, 

Lunbs hoins no met la mestura del dra nou 
p la veslimenta viel. 

TniH. du N.-Test., S. Matth., rh= Ç). 



INIES 

Nul Lomme ne fail usayu île Vassenthlu^e du ilrap 
neul et du vêtement vieux. 

— Métfil, inéture. 

Una cartu de fiuincnt e una caria de mes- 

TURA. 

Tit. (le 1275. Aivh. du Roy.j Toulouse, J. .iaH. 
Une quarte de froment et une quarte de jncteil. 

.1. caiteiia de me-stura. 

Carlu!<iire du JJugue, loi. 27. 
Une quarlicre de méture. 

là. Mestis, adj., métis. 

L' autr' ier, josi' una sebi.'iiia , 
Trubei jiasiora mestissa. 

MAncABRUS : L'aulr' ier. 
L'autre jour, contre une liaie, je trouvai une pas- 
tourelle mélisse. 

ANC. FR. Les eufans mesdfs, c'est-à-dire ceux 
qui n'estoient pas nés de père et de mère 
naturels citoyens d'Athènes. 
Amyot, Trad. dePlulan/ue. \ ie de Tlnimistoclc. 
Qu'ils ne fussent nobles d'ancienne race , 
laquelle s'interprète tant du coslé paternel 
que maternel, car autrement, clôcban.s d'un 
costé, ils sont appeliez mestifs et briquets. 
Contes d'Euliiijtflj io\. ii\. 
ESP. Mestizo. PORT. Nestico. 

1 /|. Amescladamen , udv., d'une niaiiiètc 
raêicc. 
Ni bos ni mais per se, mas amesci.aua.ven.n. 

Pierre de Corbiac : Kl nom de. 
îîihon ni mauvais par soi , mais d'une manière 
mêlée. 

)3. Malmesclar, V. , conij)roinettio , 
reprocher, calomnier. 

Can volon parla r 
D' orne que volon malmesclar. 

jSat de Mons : Al bon ley. 
(^)uand ils veulent parler d'iiomme qu'ils veulent 
commettre. 

Car vos antre lo voliatz malmesclar 
Ou' el era fais a son senhor (Je.sar. 

Passio de Aliiriii. 
Car vous autres vous vouliez lui re/>rot/ier qu'il 
clait faux, à son seigneur César. 

16. Malmesclius, malmescmeus , ftc/j. , 
calomilialeur, brouillon, agilatt-iir. 

Dieii.s vos sal, domna, car es liell' c jwos, 

m. 



MES 



•il 7 



Mas ja no sal sels que us son malmescliu. 
1'. ViD,\L : lie m' ayiada. 
Dieu vou>. sauve , dame , car vous êtes belle et mé- 
ritante , mais qu'il ne sauve jamais ceux qui vous 
.sont <liniifritnl.s. 

l'a' dira liom que ieu su! ]vialmes<,lhjs 
De las molhers e dels avols espos. 

P. CaRUiNAL : ]Non es cortes. 
Maintenant on dira que je suis ngituleur i\c% lein- 
iiies et des vils époux. 

Substaniii'. Ja net;us malmesclieus 

No 'n dira ja lan que m n' azir. 
HaiMOND de Mir.AVAL : Ri.'S eonir'amor. 
Jamais nul brouillon n'en dira j.iniais tant que je 
m'en eliatjrine. 

17. Entp.emesci.ar , ?'., ciilrcitit'lcr, con- 
fondre. 
Canl din.i en la vila nos entremesclarem. 

Guillaume de Tudela. 
Lorsque en dedans la ville nous nous entremêlerons . 

Els se ENTREMESCLERO e foriro se. 
lioman de la Prise de Jêiiisalemj fol. 12. 
Jls ii'entremêlèrent ei se liappèrent. 

Yey caul e freyt entremesclar. 

Haulaud ok VaqueiRAs : Losfrevols. 
Je vois cbaud el froid se confondre. 
Part- pas. Ouar mais mi pl.itz lionratz morirs 
Que vilhs entkemesclatz jauzirs. 
AiMERi de I1ELLIN0Y : ISo m laissa 
Car plus me plaît l'Iionorabli' mourir que le vil 
jouir entremêlé. 

CAT. Entremesciar. esi-. Enircwczclar. iï. In- 
tramisclnare. 

t8. Entremesclament, ,v. m., mélange, 
confusion , mixtion. 
Per ENTREMESCLAMENT de tcrrcslras vapois. 
D' on vc ENTREMESCLAMENT c cv olopameot. 

Elue, de las propr., loi. i33 el(j'3. 
Par confusion de terrestres vapeurs. 
D'oii vient mélange et enveloppement. 
ESP. Entremesclainiciito. 

19. EntremescladamI'^n, rjf<^/('., confust-- 
irient, comnainénicnt. 

Ab los ansias entremescladamen. 

Trad. de la r'eg. de S. Benoit, fol. l3. 
Avec les anciens confusément. 

20. I\Ii\TE, (k/j., lat. Misrw,Vj niixlo. 

•.>8 



i8 



MES 



Autra condicios es , qu'es appelada mixta. 

Triid. (lu Code de Jiislinien, fol. 62. 
Autre coiulilion est, fjui est appele'e jnixte. 
t:.\ T. ESP. Mixto. PORT. Misto, inixto, it. Misto. 

'M. MiXTIO, MIXTION, A. f., lut. MIS- 

TioNt'w, mixtion , mélange. 

Certan.T mixtion de snlpre en podra. 

Chronic/ue des j-llhigeois , col. ^i . 
GiTtaiiie mixtion de soufre en poudre. 
Las virtulz de las causas uaturals e las iwix- 

Tins dels eleiuens. 

Elue, de las propr., fol. 12. 
Les vertus des choses naturelles et les me'langes 
des éléments. 

CAT. Mixtiô. ESP. Mixtion, port. Mixtuo. it. 
Mistioue. 

■il. MixTURA, s.f., lat. MisTURA, mé- 
lange, mixtion. 
De diversas colors ha mixtdra. 
La MIXTDRA de sas colors. 

Elue, de las propr. , fol. l35 et i36. 
De diverses couleurs a mélange. 
Le mélange de ses couleurs. 
CAT. Mixtura. esp. port. Mistura , mixtura. 
IT. Mistura. 

■l'i. Admixtio , s.f., lat. admixtio , 
mixtion, mélange. 

Par ADMIXTIO de sanc. 

Elue, de las propr., iol. 3[ . 
Par mélange de sang. 

•j.li. Permixtio , s.f., lat. permistio , 
mixtion , mélange. 

Se.s la quai permixtio no si faria aytal ge- 
neracio. 

Ayga..., cum sia clara, appar que no ha 
PERMIXTIO de inpuritat. 

Elue, de las propr., fol. 67 et 7^. 
Sans laquelle mixtion ne se ferait pareille geiu'- 
ralion. 

Eau..., comme elle soit claire , il parait qu'eilc 
n'a pas mélange d'impureté. 

ESP. Perinistion. port. Perinistào. it. Permis- 
tione. 

MESQUIN, MESQIN, MESCHIN, ddj., nips- 

quin , chétif, misérable , pauvre. 
En arabe mizquin , pauper, tennis. 
Voy. J. Lips., Ep. /|/} ad Belgas ; 
Denina, t. III, p. T)! ; Aldrete, p. 366 ; 



MES 

MoNTi , Proposta, etc., t. II, part, i, 
p. 807 ; Muratori, Diss. 33; Mayans, 
Orig. de la Leng. esp., t. II, p. 233 
et aSi. 

.Que ni fessetz rie de mesoui. 

AlMERl DE Peguilain : Eissampu. 
Que vous ine fissiez de pauvre riche. 
Tu es caitius e mesqis. 

Trad. de l'Àpoc. , ch . 3. 
Tu es malheureux et chétif. 

Bueus e bosx e cabra antressi 
Engraisson lot anzel mesqui. 

Deudes de Prades , yluz. eass. 
Bœuf et Loue et chèvre pareillement eiigraissenî 
tout oiseau chelij'. 

Qui vos ve la cara mesquina. 

V. de S. Honorât. 
Qui vous voit la figure chétive. 
Fig. Tan es d' avol cor e mesqui. 

AiMAR de RocAFicHA : No m l»u. 
Tant il est d'un coeur lâche et mesquin. 

— Faible, délicat. 

Mal li faran tng li plusor 
Qu'el veyiau jovenet , mescbi. 

Le comte de Poitiers : Pus de chantar. 
Mat lui feront tous les plusieurs qui le verront 
jeunet , faible. 

Doinna joves e mesquina, 

Kost a Dieu obediens 

En totz SOS comandamens. 

Pierre de Corbiac : Domna dels. 
Dame jeune et delieate, vous lûtes à Dieu obéis- 
sante en tous ses commandements. 
Siibstant. Sembla ria us pelegris 

Malautes, qnan chanta, '1 mesquis, 
Qu' a pauc pietatz no m' en preu. 
Pierre d'Auvergne : Chantarai. 
Scmhlcrait un pèlerin malade quand il chante , le 
mesquin, (si hien) que peu s'en faut que pitié ne 
m'en prenne. 

cat. Mesqui. ESP. Mezquiuo. port. Mesqui- 
nho. IT. Meschitw. 

1. Mesquinet, adj. dim., pauvret, ché- 
tif, frêle. 
Ou plus MESQUiNETZ los vesia. 

^. de S te. Eniinie, fol. 4- 
Où plus elle les voyait pauvrets. 

3. Mesquinera , s. f., mesquinerie, dé- 
tresse. ^., 



MES 

Moût viu a gran mbsquiwera 
Et a (lolor angoisso/.a , 
Selll que tôt/, jorus asseiiliora 
Mala ilomna. 

B. DE VentadovR : Aniors enquira. 
Moult vit à grande diUresse et à douleur angois- 
sfuse , celui que toujours domine mécliante dame. 
CAT. Mesqiiinaria. port. Mesquin/iuria. 
4. Mesquinitat , S. [., mesquinerie, 
petitesse, soidiciilt!-. 

Lnr donct tanta mesquinitat (jik- .. en totz 
luocs los apela lion caiis. 

Hist. de la Bible en proi>., fol. 75. 

Leur donna telle ionii(/i7<; que... en tous lieux on 
les appelle chieu!!. 
BSP. Mezquindad. 

MESSA, s.f., lat. m/ssa, messe. 
El bo uiatî, après la wessa. 

R. Vidai, de Bezai'dun : En aquel. 
Au Lon matin , après la messe. 
Parec a san Caprasi, que la messa disia. 
F Je S. Honorât. 
.\pparut à saint Capraise , qui disait la messe. 
La MF.s.SA li cantet l'arsivesque Turpi. 
Roman de Fierabras, v. 5o3o. 
L'archevêque Turpin lui chanta la messe. 
Loc. Au la MESSA senhor que 1' abas di. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. 87. 
Entend la messe principale que l'abliédit. 
CAT. Missa. ESP. Misa. port. Missa. it. Messa. 

'jt. Messal , MissAL, S. rn., lat. missal^, 

missel. 

Non es vénal , 
Ans es vers si cnm d' nu messai.. 

AlMERl DE PEGUlt.AiJJ : Pus ma bella. 
West pas vénal , au contraire est vrai ainsi comme 
d'un missel. 

En un mostier antic..., 
Mi jnreron mant rie 
Sobr' un missal. 

Bertrand de Bobn : Ges no nu . 
Dans un moutier antique..., maints puissants me 
jurèrent sur un missel. 

ANC. FR. Le cardinal de Bar apporta un )nessel 
ouvert sur lequel jurèrent les deux parties. 

MoNSÏBELET , t. I , fol. 82. 

«.AT. Missal. ESP. Misai, port. Missal. it. .Mes- 
sale. 

\ . Messias , .V. ///., lat. Messias, Messie. 



MET 



?. if) 



.lesluim Crist lu ftalvaiic..., 
<)iK' llh appellan Messi \s. 

Bref, d'amor, fol. 87. 
Jesus-Clirist le sauveur..., qu'ils appellent Tl/ew/t'. 
(AT. Messias. esp. Mesias. port. Messias. it. 
Messia, 

MEST, fidj., lat. moest«.ç, triste, af'fli{;é. 

Ani scmblan mest, 
Qu' ira m ténia sobriera. 
GiRAUD DE BoRNElL : L'autr' ier lo primier. 
Avec air afllif^é, vu que tristesse profonde me 
tenait. 
PORT. it. Mesto. 

MESTIERjj. r/i., lat. mjstkrw///, mys- 
tère. 

Cant al mostier 
Seretzperlo mestier 
E per la mess'auzir. 

Ajianieu des Escas : En aquelh. 
Quand vous serez au moutier pour le mystère et 
pour la messe ouïr. 

Cant lo MESTIERS fou consuniatz 

E finitz e sanctificatz. 

Cant lo MESTIERS fon complitz. 

F. de S. Honorât. 
Quand le mj-^tère fut consommé et fini etsanctiKé. 
Quand le mystère fut accompli. 
ANC. vR. Puis sont aie à nn mostier, 
Si ont oi Je Den mestier. 

Roman de lu Fiolette, p. 86. 
CAT. Misteri. esp. Misterio. por r. Mysterio. it. 
Misterio. 

METHACISME, s. m., métacisme, terme 
de grammaire. 

Metacismi quoque sunt , cnm in line partis 
orationis inveiiitur m littera et sequens a vo- 
cali iucipit, qua; non sit loco consuuantis pu- 
sita. 

Dio.'MED., De Part, orat., col ^48- 
MtTHAcisMES , es cant nna dictius feuisb en 
rn, c la seguens comensa per vocals- 

Leys d'amors, fol. log. 
Métacisme, c'est quand un mot finit en M, et que 
le suivant commence par voyelle. 
IT. Metacismo. 

METHALENSIS , s./., lat. metale/;sis , 
inétalepsc , figtire de rht-torlqiie. 

MiTa>n^K est diclio gradatim jxTgeiis ;icl 
id quod obicndilnr, ut : Sed Palrr ( >innipiileu.s 



'220 MET 

spelnncis abiliilit atris; post îiliquot niea renna 
vîdens'mirabor aristas. 

DoNAT., De Tiopis, col. 177;'», éd. Putscli. 

Methat.ensis , es cant hotn procezisb , per 
motz grazes e per motz iiioias, de la cnnza 
preceden a la siibsegnen, so es de la canza qne 
es primierainen ad aquo que s' en sec. 

Leys d'amors, fol. 129. 

Métniepse, c'est rjuand on procède, par mots j^ra- 
(lue's et par mots moyens, de la chose pre'cédenle à 
la subséquente, c'est-à-dire de la cliose qui est pre- 
mièrement à ce qui s'en suit. 
CAT. ESP. Metalepsis. port. Metalepse. 

METALH , <•. m., lat. metallkw, métal. 
Aissi sni fis cnm fis anrs a fineza 
Sobr' els antres metat^hs. 

,1. EsTEVE DE Beziers : Aissi cum. 
Ainsi je suis pur comme pur or a pureté' sur les 
autres métaux. 
Coma fer qtie doiiipda totz los autres metai.s. 

T^. et Fer t., fol.6f>. 
Comme le fer qui dompte tous les autres méttntx. 
CAT. Metall. ESP. PORT. ISletnl. it. Métallo. 

1. Metallin, adj., du lat. metallitm.v, 
métallique, minéral. 

De las aygas... algnna es... aliiininoza, an- 

tra METALLINA. 

Ayga METALEINA. 

Elue, de la.1 prnpr. , fol. 7.1. 
Des eaux... aucune est... alumineuse , autre mi- 
nérale. 

Eau minérale. 
AKc. ESP. Metalino. 

METHAPLASMUS, v./., lat. metaplas- 
Mus, aphérèse, figure de grammaire. 
Metaplasmus grœca lingua, latine dicitur 
transformatio : qui fit in uno verbo propter 
luetri necessitatem et licenciain poetarnni. 
IsiDOR., Oriffin., 1. 3^. 
Fig. .Sa niolher, Na Methaplasmcs , sor de 
Na Dictio. 

Leysd'nmnrs, fol. I?,i>. 
Sa femme, dame Aphérèse, sanir de dame Dlrtion. 

METIIAPHORA, .î./., lat. metaphora, 
métaphore, figure de rhétorique. 
MêTa^opa, est dictio translata a propria 
significalione ad non propriam. 

50SIPAT. Chahi.s., Inalil. grnmm., col. 2:'(3 , cd. 

Putsch. 



MET 

Methaphora... es en ay.sso , que las dictios 
son trasportadas de significat propri ad îni- 
propri. 

Ley.': d'amors, fol. 128. 

T^a métaphore... est en ceci, que les mots sont 
transportés de signification propre à impropre. 
<.\t. ksp. Metafora. port, Metaphora, meta- 

fora. IT. Metafora. 

9.. Mktaforar, methaforar, V., méta- 

phoriscr, rendre métaphorique. 
Part. pas. Una cobla sera... metaforada. 

() son... METHAFORAnAS. 

Ley s d'amors, fol. 26. 
Un couplet sera... métaphorisé. 
Ou elles sont... métapltorisées. 
ESP. Metaforizar. 

3. Methaforicalmen , adi'. , métapho- 
riquement. 
Cant nna dictios pot estar en locntio me- 

thaforicalmen. 

Lejs d'amors, fol. 1^2. 
Quand un mot peut être en locution métaphori- 
qaemenl. 
CAT. Metaforicament. esp. it. Metafùricainente. 

METHATEZIS , .v. /, lat. metathesis , 

métathèse, figure de grammaire. 

M«Tst9£!7iç est translatio litferaruin in alîe- 

nnui locum , nulla tamen ex dictione snblata, 

ut Evandre pro Evander, Thyrabre pro 'rbym- 

her. 

Donat., De Schemat., col. 1773, 1. i, éd. Putsch. 
Methatezis, es transpoilamens de sillaba o 
de letra d'un loc en autre. 

Lej-s d'amors, fol. 121. 
Métathèse, c'est transposition de syllabe ou do 
lettre d'un lieu en un autre. 
CAT. ESP. Metatésis. port. Métathèse. 

a. Methatezir, î'., métathéser, subir 

ou faire subir la métathèse. 
Part. pas. Que nna letra o una sillaba sia 
translatada d'un loc en antre, adonx aytal 
mot son apelat methatezit. 

Ley s d'amors, loi. 68. 
Qu'une lettre ou une syllabe .soit transportée d'un 
lieu en autre, alors de tels mots sont appelés mé- 
talhésés. 

METIIONOMIA , s. r., lat. t.ietoxvmia , 
métonvmir , figure de rliétDrique. 



MET 

lyjetonyinia est transnominalio ab alia signi- 
ficatione ad aliani jiroxiiiiiiateni translala. Fit 
autem inulris rnoiiis, etc. 

IsiDOR., Oiig., I , Mi. 

Alconas dictios grecas n qiiays greras... 

coma... METHONOMIA. 

METno:\o!Mr,\ es transnominalios o trans- 
formatios d'nna signiliciicio ad aiifra. 

Li'YS d'amnrs, fol. l/i et l3o. 

Aucuns mots grecs ou quasi grecs..., comme... 
tnélonjmie. 

Métonymie, c'est la transnomin.Ttioii mi 1;> Iraiis- 
tormation d'une sigaification à autre. 

CAT. ESP. Metonimia. tort, yietonymia. 

METOA, S.J., grimace, moue. 

L'antre pailet e nou sanp que. 
L'antre fes metoa.s de.se. 

P. Cardinal : Una cieutal. 
L'autre parla et ne sut Je quoi , l'autre fit des gri- 
maces sans cesse. 
Ksp. Mueca. 

METRE, V., lat. mit/^rf. , mettre, po- 
ser, placer. 
Meta i hom jonc e fneilla fresca. 

Del'des de Phadk.s, Aiiz. rtl.ts. 
Qu'on y me//(' jonc et feuille fraîclu;. 
Lo pe MET en 1' estrinp. 

Guillaume de Tutielx. 
Le pied il met en l'e'trier. 

Sanz Nazaris si mes premier; 
Van s'en a la sancta abadia. 

/'. de S. Honora t. 
Saint Nazaire se mit le premier; ils s'en vont à la 
sainte abbaye. 

Ftg. "Vostra beutatz on ai mes mon esper. 
Le moine de MoNTAI'DON : .Vissi rom. 
Votre beaule' où j'ai mis mon espoir. 

Per la hoca m metetz al cor 
L'n dons baizar de fin' amor coral , 
Qne i meta joy, e 'n giet ira inortal. 
B. DE VentadocR : Quan par la. 
Par la bouclie vous me mettez au cœur un doux 
baiser de pur amour cordial, pour qu'il y mt7/t'joic, 
et en cbassc tristesse morlelle. 

— Installer, déposer. 

l'ortan T al evescat , en cadeira l'an mes. 

1^'. Je S. Jlonoral. 
I.i; portent à l'évêclir, en chaire ils l'ont mis. 
Vc7, SOS mes .segrc ; si 'Iz fez mètre e preso. 
Pncmc sur lio'cic. 



MET 0.21 

Fit suivre ses messagers ; si les fil »iiltrf eu prison. 
/'',.?■. El cor e '1 cors m'a sazit, 
F. MES en estreit corlil. 

AzEMVR LE NOIR : .la d'oïan. 
Le cœur et le corps m'a saisi, lI mis eu étroit 
j.irdin. 

— Ettiployer, dépenser. 

Kn liiy servir metras ta cnra. 

Passto de Maria. 
En la servir lu mettras loasoiii. 

Tôt quant a dona e met. 

Bertrand dv Pujet : De sirvenles. 
Tout ce qu'il a il donne et emploie. 
Creys, meten, de pretz e de poder. 

Ht'GUES Brunet : Pus lo dous. 
En dépensant, il croît de prix et de v;ileur. 

— y4('ec un pron. pars. Se faire. 

O M METREY, si iii'o aloHgatz, 
Herinitas. 

GavAUDAN le Vieux : Dezamparatz. 
Ou je me mettrai ermile , si vous nie le différez. 
Par qne us vulbatz metre monja. 
Le COMTE DE Poitiers : Farai cbansonela. 
Il païaît que vous vouliez ■voiisj'aire religieuse. 

— Traduire, translater. 
Ay MES de lati en romans. 

Passio de Maria. 
.l'ai mis de latin en roman. 

— Donner origine , établir. 

Entr' ainairilz et amans 
S' es mes nn pales enjans. 

AiMEBl DE Peguilain : Mantas velz. 
Entre amantes et amants s'est établie une mnni- 
(esle tromperie. 

Ce verbe se combina a\ec plusieurs 
mots et forma un grand nombre de 
locutions; en voici quelques-imes : 
Qnascun dia 
Son vostre fag pus cabal, 
Qnar gent bi sabclz metre sal 
Ab solatz et ab paria. 

A1JIERIDE Peguilain : Pus ma belba. 
Cliaque jour sont vos faits plus supe'rieurs, car 
gentiment vous y savez mettre sel avec soûlas et 
gracieuseté. 

Pcirol. aiso meteiz jos. 

T. iir: PrvnoLs et du dauphin n' Arvi rc.m: : 

n.dfin. 
Pr\rols , mette: cela on bas. 



200. MET 

Vol pioeza e bon prêt/, mètre jos. 
T. DE Rambaud , d'Azemar et de Perdigon : 
SeilUer. 
Veut prouesse et mérite mettre à bas. 
Pueîs li fais Jnziea 
Mezero r a carnatge. 
Un troubadour anonyme: Flors de paradis. 
Puis les faux Juils le mirent à carnage (le tuèrent). 
Qne los vensa e los meta al desolz. 

Liv. de Sydrac, fol. 109. 
<^)u'il les vainque et les /«e<^e au-dessous. 

Sol qu'ab vos puesca trobar merce , 
A mon dan met quasciiu que per amie no m te. 
Sordel : Plaulier vuelli. 
Pourvu qu'avec vous je puisse trouver merci , je 
mets à mon dam (je Lrave) quiconque pour ami ue 
me tient. 

M' an bnnzat ni mes a lur dan. 

Rambaud de Vaqueiras : Ges sitôt. 
M'ont trompe et mis à leur dam (se sont moque's 
de moi ). 

Met a mal aquo de son ostal , vaysella e 
draps, coma endiablat. 

F. et Vert., fol. 11. 
Met à mal cela de son Lôtel , vaisselle et vête- 
ments , comme endiablé. 

Ar es mortz, ai Dieus ! qnals dans es! 
Caitin , com em tug a mal mes! 
Guillaume, moine de Beziers : (^)uascus plor. 
Maintenant il est mort, ah Dieu! quel dommage 
c'est ! Mallieureux. , comme nous sommes tous mis à 
mal.' 

Mantas religions 
Met a fnec et a carbons. 

Hugues de Saint-Cyp. : Canson que. 
Maints couvents met à feu et à charbons, 
A fuoc e a flamnia avian messa Inr terra. 
V. de S. Honorât. 
A feu et à flamme avaient mis leur terre. 
Fo tôt MES en escrit. 

PUILOMENA. 
Fut tout mis en e'erit. 
Mes lo en arnes de totas res. 

V. d'Aimeri de Pegiiilain. 
Le mit en harnois (l'équipa ) de toutes choses. 
Aquelh home qne so mes eu clam de ciim. 
Trad. du Code de Jiislinien, fol. l5. 
Ces hommes qui sont mis en accusation de crime. 
Zo qu' en faz no dei mètre en desdeing. 
Pierre d'Auvergne ; Pois entremis. 
r,c que je fais elle ne doit pas mettre en de'dain. 



MET 

M' an MES en tan gran esfrei. 

AiMERi DE Sarlat : Quan si cargo. 
Rl'ont mis en si grand efl'roi. 
Ja laire no s'en meta en grans espiamens. 

Pierre de Corbiac : El nom de. 
Jamais larron ne s'en mette en grandes explorations. 
Pren los ns, e'Ls antres destrenh, 
E, qui II play, met en son fuelh. 
A. Daniel : Ab plazers. 
Prend les uns , et écarte les autres, et, qui lui 
plaît, met sur sa iéuille. 

Metria tôt lo plag volnntier 

En dos amie, per far bon acordier. 

Le moine de Montaudon : Ayssi cum. 
.le mettrais volontiers toute la contestation entre 
lieux amis , pour faire bon accord. 

El trop marirs lo vai meten en via 
D' abreviamen de jorns e de sos ans. 
B. Cabbonel de Marseille, Câblas triadns. 
Le beaucoup souffrir le va mettant en voie d'abrè- 
gement de jours et de ses ans. 

Als Jnzieus lo mes en venda. 

Bertrand de Bokn ; Quau vey pels. 
Aux Juifs le mit en vente. 

Tan los destrein nofes e cobeitatz 
C onor e pretz en meten en .soan. 
A1MERI de Peguilain : Qui bes membra. 
Tant les presse non-foi et convoitise qu'honneur et 
n\érite ils mettent en mépris. 

Per que m sni mes en assai , 
Si ja '1 bon jorn tiobarai. 

Sail de Scola : De Ben. 
C'est pourquoi je me suis mis en essai , si jamais 
le bon jour je trouverai. 

leii m sny mes en vostra bailia. 

Pons de la Garde : D' un sirventes. 
Je me suis mis en votre puissance. 
Si m metetz en azir, 
Tem que totz lo mons m' azire. 

Elias de Babjols : Car comprei. 
Si vous me /nettez en haine , je crains que loul le 
monde me haïsse. 

Toza , vau far ma jornada. 

— Senher, mete us en carreira. 

G. RiQUiER : L' autr' ier trobei. 
Jeune fille , je vais faire ma journée. — Seigneur, 
mettez-vous en route. 

Mesero s totz en oracio, e pregero. 

Philomena. 
Se mirent tous en oraison , et prièrent. 



MET 

— Suhstantiv. Ce mot servait à iiiduiiwi 
la ponctuation. 

Coma lia nom piiiiiier mktrf....; oolum , 
segon METRE; pcryodiis, tcrs mètre. 

Leys d'amors, loi. \l\!\. 
Coma .T nom premier mettre...; colum , second 
mettre j |iérioile , troisième mettre. 
ANC. CAT. Métrer, esp. Ulcter. i-ort. Mctter. 
iT. Mettere. 

2. Mes, .V. ///., niessnger, envoyé. 

Kez SOS MES spgie; si Ms fez inetre e preso. 

Poème .fur Boèce. 
Fil suivre ses messng^er.i; si les lit mettre iii 
]u isun. 

AN<:. Fit. Li mes retonrnèrent ; il raportèreiii 

le jngement le roy Tierri, qne mit li Fi;m 

cois loèrent. 

Un mes s'en vint aosWandes, qni leur dist 

que loi- famés et lear enfans estoient tnii 

ocis. 

Chrori. deFr., Rec. des Ilist. de Fr., t. III , 
p. 173 et 182. 
Qoe Reiiart fist tpiant vit en voie 
Le mes le pape et eians de Roniue. 

lii>mnn du Rennrt, t. I\\ p. Iid. 

3. Messatce, message, .y. ///., messa{^e. 

Messatge trametrai fizol , 
Bieu sagelat de mon anel. 

.A.RNAID DE Mari.'ejl : Dona genser. 
J'enverrai message fidèle, href scellé de mon 
anneau. 

Diens 11 do mal' e-scarida 
Qui porta malvais messatge. 

B. de Ventadol'r : La doussa votz. 
Dieu lui donne mauvaise aventure à qui porte 
mauvais message. 

J.oc. Li (lis: Amicx, ses tôt messatge, 
Tuelh que ns anem ades disnar. 

P.Vidal: Ahril issic. 
Elle lui dit : Ami, sans autre cérémonie, je veux 
que nous allions sur-le-cliamp dîner. 

ASC. ESP. 

IvecaLda fl messaje ciiemo bon messajero. 
Poema de Àlexandro , cop. 60. 
(AT. Mitsatgc. ESP. MOD. Mensage. pour. Meii- 
sagem. it. Messaggio. 

— Messager, commissionnaire. 

A yssi coma messatge que non porta letras.. 
nou inira jias laugieiamens davan lo rey. 

f'.et A',;;/., foi. 88. 



MEl 



*>. 9. S 



Ainsi comme messager qui ne porte lettres... 
n'entre pas l'a<ilemenl devant le roi. 
Tramet al reî messatge scmlilan romieu. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. 77.. 
Transmet au roi un mussa!;er semhlable a un 
p('lirin. 

A(piells ([ue non preston pas de iur mas , 
mavs que fan preslar Inrs deniers a lurs mes- 
satges, acpieslz so mayesires uzuriers. 

r.etrert.,ù,\. l3 et 14. 
Ceu.x qui ne prêtent jias de leur main , mais ([ui 
fout prêter leurs deniers à leurs commissionnaires , 
ceux-ci sont maîtres usuriers. 
Fig. F^i uol son tôt temps ilel cor mesatgk, 
E fan amac cel que non ainaria. 

T. DE GlRAUD ET DE Pkyronet : Perouet. 
Les yeux sont toujours les messagers du cœur, et 
fout aimer celui qui n'aimerait pas. 

ANC. FR. 

Sire, font li messaige, un petit nos oez. 
Pxumnn de Roii, v. 2981. 
Li message le conte ïhiebaiU furent Joffroy 
de Ville-Hardoin, li marescbausde Campaigne, 
et Miles li Braibanz. 

Vn.LEUARDOLlN , p- 6. 

ANC. CAT. Missatge. esv. Mensage. it. H/es- 
saggio. 

4. Mkssatgier, s. m., messager. 
Mont mi venon soven li messatgier 
Ab anel d' aur, ab cordon blanc o nier. 
P. Vidal : Urogoman. 
Moult me viennent souvent les messagers avec 
anneau d'or, avec cordon blanc ou noir. 
Un messatgier , que me veuc i' autre dia. 

Guillaume de Beziers : Erransa. 
Un messager, qui me vint l'autre jour. 
Fig. Mon cor, qu'es lai vostr' osialiers, 
M' en veu de vos sai messatgiers. 

Arnaud dkMari eh, : Dona genser. 
Mon C(eur, qui est là voire liôte , m'en vient de 
vous ici messager. 

Las aurelhas so messatgier del cor. 

Xii'. de Sjydrac, fol. 34- 
Les oreilles sont messagers du creur. 
ANC. KR. Ricbesjaiaus et moult graut souinc 
D'avoir donna 11 mesagier. 

Roman du Renarl, t. IV, p. l lo. 

ANC. Eip. Veiiioron de Cccilia al rey messagères. 

Poema de A lexandro, co\>. l']^\- 
ANC. CAT. Missatger. esp. Mon. Mensagero. 

port. Mensageiro. it. Messaggiero, missa- 

ijierc. 



2a4 MET 

5. Messaggiera, s.f., messagère. 

Ciconia... île priinaveia et de novel teaiii^ 

es MESSAGGIERA. 

Elue, de las propr., fol. l44- 
La cigogne... de primevère et de nouveau teni|is 
est messagère. 

G. Messatgaria, MESSATJARiA, A.y., mes- 
sage, mission, commission. 
L' arcangel sou premier 
lî sobira Iota via y- 

Eu faire messatgaria. 

Bre\.'. d'ainor, fol. 20. 
Les archanges soûl les piemiers et toujours les 
supérieurs à faire message, 

La MESSATGARIA Ihi plai , e '1 s' esjauzis e 

s' alegra. 

Livre de Sjdrac, fol. 34- 
Le message lui plaît , et il se re'jouit et s'allègre. 
Tais fo la messatgaria. 

Brcv. d'amor, fol. 82. 
Telle fut la mission. 

Sirvens et officiais e niessatgiers que faa lolz 
les oflicis Je la cort e las messatjarias ^ ayssi 
CD liom liir dis. 

F. et Vert. , fol. 46. 
Sergents et officiers et messagers qui font tous les 
offices de la cour et les commissions , ainsi comme 
im leur dit. 

ANC. FR. Quant le roy ou le soudanc meurt, 
cil qui sont en messagerie , soit en paeu- 
nime ou en crestienté , soûl prison et es- 
clave. 

JOINYILLE , p. 77. 

ANC. Esi>. Vieno à Alexandre uua messager/a. 

Puema de /llexundro, cop. ijài. 
ANC. CAT. Missatgeria. 

7. Messio, s. f., mise, émission, dé- 
])ense. 

Yeu farav messio q«' icii sautaria .x. pas. 

Lejs d'amurs, fol. 85. 
Je (erai mise que je sauterais dix. pas. 
Us autres joglars escoines lo... e ferou mes- 
sios cascuu de son palafre. 

V. d'J. Daniel. 
Uu autre jongleur le de'Ca... et ils firent /«(.•;(■ cli.i- 
l'un de son palelroi. 

Las MEssios qu' el a ("achas en arar, o en sc- 
lueuar, o en segar, o en estivar lo blat. 

Tra<l. du Code de Justinien, fol. 17. 
Les dépenses qu'il a faites à laLouror, ou à semer, 
ou à scier, ou à récolter le Lié. 



MET 

Lo santz, per sas messios, 
N' a près alcuna cantitat, 
E'J sobreplus lur a layssal. 

F. de S. Honorât. 
Le saint , pour ses dépenses, en a pris aucune 
ijiiaulité , et le surplus leur a laissé. 

ANC. KR. niessions et dépens pour la défeusion. 
Ord. des R. de Fr., l326, t. 1, p. 799. 
A grans frais et missions. 

Méin. d'Oliv. de la Marche, p. 3 18. 
AMC. CAT. Messio. 

8. Mettement, s. m., mise. 
Lo METTEMENT de posscssioti. 

Fors de Béarn, p. 1094. 
La mise en possession. 

Al METTEMENT de aquellas. 

Tit. de 1241. DoAT, t. VT, fol. i52. 
A la inise de celles-là. 

g. Missiu, adj., missif. 
Per lettras missivas. 

Fors de Bearn, p. 1079. 
Par lettres missii'es. 

<:at. 3Iissiti. ESP. port. Missive. 

10. Metedor,^. /II., dépensier, géné- 
reux. 

}3un' aiuor fug als iiialvatz 
E don' als Lons metedors. 

E. Vidal de Bezaudln : En aquel. 
Bon amour fuit les mécbanls el donne aux bons dé- 
pensiers. 

1 I. Amettre, V., mettre, placer. 
Mon cor non pois aillors amettre, 
Ni non pois ges de leis partir. 

Lameerti de Bonanel : D' uu salut. 
Mon cœur je ne puis ailleurs mettre, ni ne puis 
point me séparer d'elle. 

12. Admettre, v., lai. admitt^re , ad- 
mettre. 

Non vol ADMETTRE las l'xceptions, alléga- 
tions e defensas. 

Statuts de Provence. MossE, p. 193. 
]Ne veut admettre les exceptions, allégatious et 
défenses. 

CAT. Admetrer. esp. Àdmitir. port. Jdmitlir. 
iT. .'Immicterc. 

iH. CoMETRE , V., commcllre. 



ÎNIET 

Qu' aias lan gian ppccat comks. 

/'. de S. Ilonoinl. 
Que vous ayer. commis si grand jieclip. 

— Défier, provoquei-, attaquer. 
Quant hom d'amor la comet. 

GUILI.AV'JIE DE MONTAGNAGOrT : INoil ail. 

Quand on la ilefie d'amour. 
M'a COMES ab glazis etab sanc li)!?. premiers. 

GUILI.AIMF. DE TuDEI.V. 

I\I'a pnit'ot/itt- tout le premier avec glaives et 
avec san^. 

CoiHETRE us \oiIl, Rcciilairi'. 

T. DE Hl.'Gf ES ET DE lÎECL'LAiRE : Comotrc U>. 

Je veux vous défier, Reculaire. 

Ben, Rigant, sai que comes 
Ah orgueilh gran. 
Kai.mond de la Tour : Bel orgueillios. 
Rigaut, bien je sais qu'il défie avec grand or- 
gueil. 

Avinhos e Belcaire los a comes primers. 
Guillaume de Tudela. 
.Avignon et Bcaucaire les a attaqués les pre- 
miers. 

— Confier. 

Comes Ibi lo regimen d' Ytalia. 

Cat. dels apost. de Romn, fol. i Ilj. 
Lui commit le gouvernement d'Italie. 

— . Entreprendre, risquer. 

Qoan la prec , mi ditz qn' alhors cometa. 

G. Pierre de Casals : D' nna leu. 
Quand je la prie , elle me dit que '■^'entreprenne 
ailleurs. 

CAT. Cometrer. esp Cotneter. port. Cominet- 
ter. iT. Commettere. 

1/4. EscoMETRF. , V., défier, attaquer, 
provoquer, questionner. 

Mancns escumes lo fravri priraier.s. 
Le moine de Montaudon : Manens e frayris. 
Le riclie le'premier défia le misérable. 

Pois m' EscoMETETz dc guerra. 

Marcoat : Una ron. 
Puisque vous me provoquez de guerre. 
l's autres joglars escomes lo coni <-l Irobava 
en pas caras rimas que el. 

F. d'A. Daniel. 
lin autre jongleur le défia comment il trouvait 
<Mi plus riclic* rim's que lui. 

III. 



MRT 9,^5 

Vers es qu' ieu ai aniada 
I,' eiiganavrilz , dou m'avetz escomes. 
'1". D'Ai.iîinx JiA lions et de Rambaud de Vaquei- 
BAS : Era m. 
Il est vrai que j'ai aime' la trompeuse , dont vous 
m'avez pro^'oi/iié. 

Si m' escomet de nulia ren , 
Ades H respondrai en ben. 

lioman de Jaiifre, fol. ^3. 
S'il me i/iicslinniie de nulle cliose, alors je lui re'- 
pondrai en bien. 
CAT. Escometrcr. it. Scommcttere. 

I T). COMISSION , .S. f. , lat. COMMISSION^/;/ , 

commission, mandat, 
l'er far la copia de la comission del aide 
de .CL. .M. liuras tornes. 

Tit. de 1428. Slist. de Nimes, t. III, pr., p. 227. 
Pour faire la copie dc la commission de l'aide de 
cent cinquante mille livres tournois. 
Negiina comission. 

Slaliils de Provence. BoMY, p. 3l8. 
Nulle commission. 
CAT. Coinissiô. K.sr. Coinision. port. Comtnis- 
sào. IT. Coinmissione. 

l(). COMISSARI, COMESSARI , .V, ni., COm- 

missaire. 

CoMLssARis de la cambra. 

Statuts de Provence. Julien ,1.1, p. 8^- 
Commissaires de la cbambre. 

CoMRssARi el pays de Leuguedoc , per lo rey. 

Tit. de 1412. Ilist. de Nîmes, l. III, pr., p. 209. 

Commissaire au pays de Languedoc, pour le roi. 

CAT. Cornissari. em?. Comisario. port. it. Coin- 

missnrio. 

17. Demetre , ?>., lat. DiMiT/é?RF, nicttrc, 
rejeter sur, imputer. 

No m poiria lui donz ni- mètre 
Nul méfait. 

Lasirerti de Bonanel : D' un salu/. 
Ma dame ne me juiurrait imputer nul moTait. 

— Dé.sister, démettre. 

Ben ini ineravilb qu'en aissi s'en iiEmeta. 
G. Pierre de Casals : D' una l<u. 
Je m'i'lonne bien qu'elle s'en désiste ainsi. 
CAT. Demctrer. a.\c. esp. Demidr. esp. imod. 
Diinitir. port. Deinitcir. it. Dimettere. 

18. EsMETRE,^'., émettre, manifeslcr, 
livrer, eutremellrc. 

'■"i) 



126 



îviE'r 



Pus alliors nou ans mon lin cor estlemcM-e, 
Ben denria mos sens siiluils en lai esmetre. 

Guillaume de Saint-Didier : Piu tan mi. 
Pnisqu'ailleurs je n'ose abandonner mon fidèle 
cœur, je devrais Lien manifesifr \à-has mes connais- 
sances délicates. 

Tant es a lieis mon cor esmes. 

A. Daniel : A mors e. 
Tant est à elle mon co'ur livie. 
De nulha ren no s' esmet ni ;•.' enibarga 

Ses ben yssir. 

Guillaume de Durvobt : Quar say intit. 
De nulle cliose ne s'entremet ni s'cniharrasse sans 
l)ien sortir. 

— Ruiner, «'•ptii.ser d'argent. 
() dira : Est ostal 
Que ai fag m'a esmes. 

G. RiQUiER : SelU <fue sap. 
Ou dira : Cet liôlcl ijue j'ai fait m'a ruiné. 
Parc. pus. Anatz a la corl, si es esmis, 
E preiatz là reina que vos vestis. 
lioman de Gérard de Rossillon, fol. 88. 
Allez à la cour, si vous êtes ruiné, et priez la 
reine qu'elle vous vêtisse. 

19. EnTREMF.TRE, 7)., lat. intermit^re, 
entremettre, tenter, mêler , essayer, 
j)Iacer. 
Mal ensenhat , vilas e mal après 
.M'an ab mentir aitan aut entremes. 
Que fan cuiar que la genser del mon 
IVli lenba gai, jauzen e deziion. 

Bertrand de Born : Quan la novella. 
Mal élevés, vilains et mal appris m'ont avec le 
mentir si haut placé, qu'ils font croire que la plus 
belle du monde me tienne gai , joyeux et désirant. 

Pus tan ini fors' amors que mi fai kntremetre 
Qu'a la gensor del mon ausma clianso Iranietre. 
Guillaume de Saint-Didier : Pus tan mi. 
Puisque l'amour me force tant qu'il me lait ten- 
ter qu'à la (dus belle du monde j'ose transmettre 
ma chanson. 

Entremetre n'ang cent paslois. 

Pierre d'Auvergne : Chantarai. 
J'entends s'en entremettre ctnl pasteurs. 

Qui 110 s' entremet d' amar, 
INOn pot esser valens ni pros. 
Haimond de MlUAVAL : Selh que no vol. 
Qui ne se me'tc .l'aimer, ne peut être vaillant ni 
|iri'Uï . 



Per febre lo sol borne sanoiiar, 
Mas qui be o no sap far. 
No ."n' en den per re entremetre. 
Deudes de Prades , Auz. cnss. 
Pour fièvre on a coutume de le saigner, mais qui 
ne sait pas bieu le faire, ne doit pour rien s'en es- 
sayer. 

M'esbonebelhhueymaisqu'ieu m' entremet a 
D' nu sirventes per elbs acouortar. 

Bertrand de Born : Pus Veuiedorn. 
Il m'est bon et beau désormais que je m'essaie 
d'un slrvenle pour les encourager. 
Part. pas. Pois entremes me soi de far cbanso, 
Pierre d'Auvergne : Pois entremes. 
Puisque je me suis me'lé An faire chanson. 

Si uegnna s' es de ra'amor entreme.ssa. 
Gi;illau.me de Saint-Didier : Pus tau mi. 
Si nulle s'est de mon amour entremise. 
cxT. Entremetrer. esp. Entremêler, port. En- 
trameter. it. Intraviettere. 

20. EsDEMETRE, V., abandonner, con- 
fier, déployer. 

Pus albors non ans mon fin cor esormetre , 
Ben ileuria mos sens subtils en lai esmetre. 
Guillaume de Saint-Didier : Pus tan mi. 
Puisqu'aitleurs je n'ose abandonner mou fidèle 
cœur, je devrais bien manifester là-bas mes connais- 
sances délicates. 

Part. pas. Las golas grans et esdemessas. 
r. de S. Honorât. 
Les gueules grandes et déployées. 

'21. EsuKMESSA , s.f., effort, élan, dé- 
ploiement. 

De chantar faral 

Uua esdemessa. 

Tomiers et Palazis : De clianlai . 
De chanter je ferai un clan. 
Per lieys amar no feira un' eshemf.ssa. 

Albert de Sisteron ; En amor Iruep. 
Pour l'aimer je ne ferais pas un effort. 

2 2 EnTROMETRE, V., lat. INTROMIT/^'RE, 

introduire. 

Comanda a la matrona que estrometa lo 

sien de t. 

Tratl. d'Âlbucasis , fol. 32. 
Commande à la matrone qu'elle iniruduiseie sien 
doigt. 
Fiij;. Entromkt gang e leticia. 

J'rad. d'.4/hiitasis, fol. (iG. 
Introduit joie ol gaîle. 



MET 

TAT. Entrometrer. anc. Ksr, Tntroincter. e<p. 
MOD. F.iitrometer. tort. Intromettcr. ir. 
Introinettere. 

rî'î. Entroiiks, ixïuomi.s, s. m., sonde. 
Ara ENTROMEs cayrat 
La forma de introihks petit. 

Trad. d'./a>uc„.us, loi- 32 ol ?.t). 
^vec sonde carrée. 
La lornie de petite sonde. 
iT. Intromesso. 

■>\. Intro.missio, s. f., lat. intromissio, 
infromi.ssion , introduction, 
l'er que es farta intromissco de liir. 

Trnd. d'Albucasis. loi. /|3. 
Par fjiioi est laite V intromission d'eux. 
PORT. Intromissào. it. Intromessioiic, 

/ 'j!j. Malmetre, m\umetre, 7)., imposer, 
déplacer, déran^^er, maltiaiter. 
En las penas d'ifern, las cals non pot pcssar 
Cor,ni boca retraire, ni'lshnelhs ades-jardar.... 
Aqnelas dea marmetre, e.stahllr e dunur... 
A. vos antres hereijes. 

IzARN : Diluas me (ii. 
Dans les peines d'en Icr, lesquelles le c(cur ne peut 
penser, ni la bouche raconter, ni les yeux voir..., 
celles-là il doit /m/ioAt'r, élaLlir et donner. .. à vous 
autres lierëlitjucs. 

M'a MARMis , que m fo dolsana. 

15. Martin : lîel m'es. 
Elle m'a tnaltinitc , vu qu'elle nie lut douce. 
Part. pas. 

Fig. Prelz es estortz, qu' era giiastz e malmes 
AlMERi DE Pe(;i'1I.ain : Enaquelh. 
Me'rite est délivre , qui était cndomnia;;é cl inal- 
Irailé. 

ANC. PR. QdÎ sa famé li a mauinisc. 

Roman du Jicnart, t. 11 , p. 162. 

— A.ssigner. 

F.ls qnals dichs deniers avia donats e marmes. 

Tit. de \2\(i. DoAT, t. CXL, fol. 13;. 
Auxquels dits il avait donné et assigne deniers. 
CAT. Malinetrer. anc. esp, Malmetcr. ir. Mal- 
rneuere. 

26. Promette, V,, lat. l'Ro.Mrr/tRE, pro 
mettre. 

.Si rcs PROMETETz, alendclz lo. 

Pllll.().MEN\. 

Si vous promettez quclifuc chose ■ Icncz-lr. 



MET -x-x-j 

.So qtie m promi;s, cr m'eslrai. 

P. Rai.moni. (lE Toi;lol'se : Us novel. 
('e qu'elle me /iromil, niaiutenanl elle nie l'ar- 
rache. 

A lei de mal deutor 
QiT ades promet, mas re non pa{:;aria. 
FoLQiiET DE Marseille .- .Sitôt me. 
A la manière de mauvais dcHiiteur qui toujours 
promet, mais ne payerait rien. 

— A, SSII fer. 

le us pROMETi, so dix K., (]ii' ellia l'aura 
per marit. 

PuiLOMENA. 
.le vous promets, ce dit Charles , qu'elle l'aura 
pour mari. 

Substaiitiv. No m sap bo prometre ses aver, 
G. Faidit : Tuj> cilh. 
ISe m'est agréable le piomettre sans avoir. 
K! PROMETRE m' es gen. 
GuiLLAL'ME DE SAINT-Dinitu : Pus tan mi. 
Le promettre m'est agréable. 
Part. pas. Del rey en la ley promes. 

P. Cardinal : Vera vergena. 
Du roi promis dans la loi. 

Siibst. Lo Seiihor non tarza lo sieurROMEs. 
Trad. de la 2= Ep. de S. Pierre. 
Le Seigneur ne tarde pas la sienne promesse. 
CAT. Proineirer. esp. Proineter, port. Proinet- 
ter. IT. Proineicere. 

■i'j . Promessa, s. /'., jjromesse. 

E! prometre m'es gen, e fos falsa 'I promessa. 
CiliLLAUME DE Saint-Didier : Pus tan mi. 
Le promettre m'est agréable, cl fut fausse la pro- 
messe. 

Aus, tu que canfas tas messas, 
I'^ fas a Dieu tas promes.sas. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Kcoute, loi qui chaules tes messes, et fais à Dieu 
tes promesses. 
CAT. ESP. Proittesa. port. tt. Promessa. 

/(S. Promessio, PKOMissio, .y./.', lat. pko- 

Missio, promesse, assurance, j)ro- 

mission. 

La PROMEssio qn' el reis fes al comte et a lui 
de rendre so qn' avion perdat. 

/'. de Raimund de Miraval. 

La promesse que le roi (il au comte et à lui d<; 
rendre ce qu'ils avaient perdu. 

Loc. Los iiieira en terra de fromfssio. 

Lit', de Sydrae, fol. 1 10. 
Le.<. mettra cm leric de promission. 



228 



MET 



ANC. CAT. Promessiô , promissiô . esp. Pro- 
mision. port. Promissào. it. Promessione . 

29. Prometrire, prometedor , s. m., 
prometteur, qui promet, garant. 

Non es tengutz lo pnoMETEtRF.. 

Ti-iid. du Code de Jiislinien, fol. 92. 
Le prometteur n'est pas tenu. 
Jbesus es fatz prometeire del inelhor testa- 
ment. 

Trad. de l'Epît. de S. Paul aux Hébreux. 
Jésus est lait garant du meilleur testament. 
Prov. Prometres taing a bon entendedor, 
Et atendre.s a bon PROMETErjOR. 

B. ZoRGi : Mal aia cel. 
Le promettre convient à bon soupirant , et le tenir 
à bon prometteur. 

ANC. CAT. ESP. Prometedor. port. Promettedor. 
iT. Proinettitore. 

30. COMPROMETRE, V. , lat. COMPROMIT- 

teRE, compromettre, engager. 
Se COMPROME.SERO aruigablamen . 

'Fit. de 1270, de la famille Gasc. 
Se compromirent amiablenient. 
Part. pas. 
E'I sagrestan si son mantenent compromes. 
Que lur dones evesque cal que mais li plagues. 

f^. de S . Honorât. 
Et les sacristains se sont maintenant compromis , 
qu'il leur ilonnit un e'véque , celui qui plus lui plai- 
rait. 

CAT. Comprometrer. esp. Comprometer. port. 
Comproinetter. xt. Coinpromettere. 

3i. Compromes, s. m. , lat. co.mpromis- 
sum, compromis. 
Sotz la pena contenguda el compromes. 

Tif. de 1269. jdrch. du Pioy., M. 872. 
Sous la peine contenue au compromis. 
Lo dich compromes, e lo poderque las diclias 
parlidas nos an donat. 

Titre de Péngueux de 1276. 
Ledit compromis, et le pouvoir que lesdites parties 
nous ont donne'. 

AKC. CAT. Cotnproines. esp Compromiso. pour. 
Comproinisso. it. Coinproinesso. 

3a. Emprometre, enpromf.tre, ?>., pro- 
mettre. 
Km promet a loi- lo guiardon. 

"• Doctrine des Vaudots. 
Promet îi eux la récompense. 



MET 

Lor ENPROMES lo pegne celestial. 

La nobla Lejczon. 
Leur promit le royaume céleste. 

IT. Iinproînettere. 

')'}. Empromession, :?./;, promesse, pro- 
mission. 

Han las f.mpromessions... en desprezia- 
uieiit. 

La nobla Lejczon. 
Ont les promesses-., en mépris. 
Loc. Hereteron la terra de I'empromession. 
La nubla Leyczon. 
Héritèrent de la terre de la promission. 

'3/|. Prometens.\ , s. f., émission, pi'o- 
nonciation. 

Per la prometensa de la oralîon en la qnal 
dizon : Senber, perdona a nos 

Régla de S. Benezeg, loi. 32. 
Par l'émission de l'oraison dans laquelle ils disent ; 
Seigneur, pardonne à nous. 

35. Repromissio, s.f., lat. repromissio, 
engagement mutuel, promesse réci- 
proque. 

Car aquesta repromissio es a vos e a vos- 
tres fîlbs. 

Trad. des Actes des apôtres , cli. 2. 

Car cet engagement mutuel est pour vous et pour 
vos fils. 

Temps de repromissio. 

Elue, de las propr., loi. 128. 
Temps de promesse réciprot/ue. 

ESP. Repromision. it. Reproinissione . 

36. Remissio , S.f., lat. remissio , ré- 
mission. 

Per remissio de reos ppccalz. 

Liv. de Sydrac, fol. i3i. 
Par rémission de mes pécliés. 

Remissio e perdo de peccatz. 

/^. et Fert., loi. 5. 
Rémission et pardon de pécliés. 

CAT. Remissio. esp. Remision. port. Remissào. 
IT. Remissiorie. 

37. Rehissiu, aclj., lat. REMissiv«.y, ré- 
missif, qui relâche, qui décroît. 
Remissivas coma : pauc e pane. 

Lejs d'amorSj fol. 100. 
[{cmissii'cs comme : peu à peu. 



M El' 

38. SOBKF.METKE, V., lilt. SUPERMIlVt'UE , 

élever, surmonter, dominer. 

Piieys fa/.iat/. als uiviiulz ilona<'.ors 
Creisspr luis dons, quant auziau parlai- 
Del vostre fait cuni eia sohremks. 

Ai.MEKl DE Pegl'ILAIN : Anc non. 
Puis vous faisiez aux menus donneurs croître leurs 
lions, quand ils entendaient parler de voire fait 
comme il elail élevé. S 

Z(J. SOBMETRE, SOTZMETRE , SOSMETRE , 

V., lat. suBMiT^eRE, soumettre, subor- 
donner. 
S' era vengnt sobmetre a la gleysa. 

Cliionitjue (les jdtbigeois , col. 6. 
S'e'tait venu soumettre à l'e'glise. 
Part. pas. On plas H sny sers e sommes, 
Adoncx mi fat piegz. 
G. Hugues d'.\lbi : Quan lo Lraus. 
Où plus je lui suis esclave et soumis , alors ell( 
use fait pire. 

Tota cieatuia es vana de se, e sosmes' a s;: 

vanelat. 

F. et Fert., fol. 4». 
Toute créature est vaine de soi , et soumise à s.i 
vanité'. 
Snbstantiv. 
Eu govcrnar clerzia e trastoiz sos sosmes. 

A^. Je S. Honorul. 
A gouverner le cierge' et tous ses subordunncs. 
Uels soTZMEs e dels vezis 
Malanans, panlires e inesquis, 
A dolor e conipascio. 

lirei'. d'amor, loi. 21. 
Des subordonnés et des voisins .souffrants, pau- 
vres et mesquins , il a douleur et compassion. 
CAT. Sometrer. esp. Soinetcr. tort. Soinettcr. 
iT. Sottomettere. 

l\0. Submission , .v.y;, lat. submissioncw, 
sotimission. 
Obligations, submi-ssions. 

Tit. de l384. ^rch. du Roy.. K. 52. 
Obligations , soumissions. 
CAT. Suùinissiô. esp. Sumision. pdkt. Subinis- 
sào. iT. Soininissione, sommessionc . 

/i I . Emissio, s.f., lat. EMissio , émission, 
éjection, évacuation. 

Kmissio del brac de la plag.T. 

Trad. dÀlhui„s,s,M.l^i. 
l'.inissiun du pus de la plaie. 

ESP. Emisinn. pour. Einissào. n . Eiuis-imic. 



MET î>2() 

/,?.. K.Missius, fj(/j., émissif, produetil. 
Algns so de votz EMi.ssins. 

Elue: de lus propr. , fol. ^5. 
.Vucuns sont cmissifs de voi\. 

\'^. Immission , i^. /., lat. i.mmissi0N6'///, 
envoi, mise. 
Imimission de possession. 

Statuts de Provence. Bo.my , p. y. 
Envoi en possession. 

'(/}. Intermissio, s. f., lat. inter.missio , 
discontinuation , interruption. 
Diea vexent ses intermissio. 

Elue, de las propr., fol. 9. 
Vovant Dieu sans interruption. 
CAT. Intermissio. Esr. Tnterinision. port. Inier- 
inissào. iT. Intennissione. 

'|5. Endemes, «c//., fixé, établi. 
S' ien fos tan savis en amar 
Com soi en autres faitz coites. 
No m fora tant aut endeïwes. 

J/.ARN MARQUIS : S' ieu fos. 
.Si j'étais si sage eu aimer comme je suis eu autns 
faits courtois , je ne serais si haut établi. 

'|6. Endemes, endemis, adv. , snr-lc- 
cliamp. 

Tiatz et endesies son vengut a Murel. 
Guillaume de Tudela. 
Aussitôt et sur-le-champ ils sont venus à Murel. 
A travta Y e.<îpaza, vas Iny venc endemis. 

lioman de Fierabras, v. 355. 
A tiré l'épéc , vers lui vint sur-le-champ. 

17. Endemessa , s. /., limite, division , 
borne. 

La quai estrada devesis entro en la ende- 
siessa de l'iessac. 

Tit. de 1248 DoAT, t. CXXXVII, fol. zàii. 
Laquelle route séi)are jusqu'à la limite de Bessac. 
Si neguna s' es de ni'amor eutreinessa, 
Entenda s' eu autrui, qu' ieu sec dieita ende- 

MESSA. 

Guillaume de Saint-Didier : Pus tan nii. 
Si nulle s'est de mon amour entremise , qu'elle 
s'entende en autrui , vu que je suis la droite limite. 

(8. Remetre, V. , lat. REMn7tRE , re- 
mettre, rendre, pardonner. 

Kemf-t so que nos le devein 
fhi'i nos ai.saulii-s HtMKTP.iH. 



..3o 



MET 



Remet lo y de bon coratge. 

Brev. d'ainor, fol. lOi^etyi. 
Jiemets ce que nous te devons comme nous remet- 
tons aux autres. 

Le lui remet de bon cœur. 
<;at. Remetrer. est. Remitir. port. Remittir, 
iT. Remhiere. 

/(fj. TrAMETRF. , 7;, , lat. TRA«.yMITfeRE , 

transmettre, envoyer. 
A la gensor del mon ans ma chanso trametre. 
Guillaume de Saint-Didier : Pus ian mi. 
A la plus belle du monde j'ose ma cbanson trans- 
mettre. 

Messatge trametrai flzel. 

Arkaud Dr. Marueil : Dona genscr. 
J'enverrai message fidèle. 

El TRAMETIA los Lieus uitt'a la mar. 
Poème stir Bo'eie. 
Il trims/nellait les lettres outre la mer. 

— Ménager, moyenner. 

Prec Dien que m sia guit , 
E qne trameta breanien 
Entr'els leys acordamen. 

Peyrols : Quant amers. 
.Te prie Dieu qu'il me soit guide, et qu'il ménage 
bientôt accord entre les rois. 

ANC. CAT. Trametrer. cat. mod. Transniitir. 
E.sr. Transtnitir, trasmitir. port. Transmit- 
tir. iT. Tramettere, trasmettere. 

ho. Trames, s. m., cours, flux d'eau. 
Trames es la partida del flavi de la font 
plus drecli entro rnar corrent. 

Elue, de las propr. , fol. i.')2. 
Le cours est la partie du lleuve de la fontaine plus 
ilirectement jusqu'à la mer courant. 

5i. Retrametre , V., renvoyer, retrans- 
mettre. 
La lutz... RETRAMET pef accio reflpxiva. 

Elue, de las propr. , fol. i5(). 
La lumière... renvoie par action réflective. 

52. Reiretrametre , v.j renvoyer. 
Lo cals îeu t'ai reiretrames. 

Trad. de l'Epit. de S. Paul à PlUlémon. 
Lequel je t'ai renvoyé. 

METROPOLITAN, aclj., lat. mltropo- 
LiTh^us, métropolitain. 
Que la glyeia metropoi.itana agues la tersa 
pnrtida. 

Cri/, dels apost. de liotna, fol. i r.'. 
Que réçlisc milropolllainc cu\ la tierce parlic. 



MEZ 

Suhst. .Xx. metropolitas qne avia sotz se. 
Negu METROpoLiTA o ai'civesqne. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 112 et 18. 
\ ingt mélropolilains qu'il avait sous soi. 
Nul métropolitain ou arcbevèque. 

'>:. Metrovolital, adj., métropolitain. 
Aix... ni Anx... no so eschrichas en las au- 
tras clotafz metropolitals. 
. Cat. dels apost. de Pioma, M. 112. 

Aix... ni Aucli... ne sont écrites parmi les autres 
cite's métropolitaines. 

3. Metropolial, adj., métropolitain, 
provincial. 

Del CODcilî METROPOLIAL. 

Cat. dels apost. de Roma , fol. 3i3. 
Du concile provincial. 

MEZEL, s. ni., lat. MisnUiis, ladre, lé- 
preux. 

Avia inalaulia de mezel. 

f. de S. Honorât. 
Avait maladie de lepreii.x\ 
Dezernparei'on totas lurs houors , e doneron 
se a servir los mezells. 

r. et Ter/., fol. 78. 
Abandonnèrent tous leurs domaines, et se don- 
nèrent à servir les lépreux. 

Tain se ben la niaisana al mezel. 

T. deTaubel et de Falconet : Falconet. 
Se convient bien la malsaine au lépreux. 
AKC. FR. Que tes oreilles esfonpas 
An tnesel pauvre pèlerin 
Lazaion, sans qui tu soupas. 
Le Reclus de Molliens, GI. sur Joinville. 
Li sainz rois demanda audit chevalier lequel, 
il voudroit raiex ou avoir fait un pécbié mor- 
tel ou e.stre mesel , et li cbevaliers respondi 
que il vodroit miex avoir fet trente péchiez 
mortex qne ce que il fust mesel. 

F. de S. Louis, à la suite de Joinville, p. 335. 
Adj'ect. A cui a '1 bisbatz mesels sa filla morfa. 
Guillaume de Berguedan : Un sirvenles. 
A qui l'èvéque lépreux a tue' sa fille. 
ANC. FR. Yiex est lor vie orde et inesele. 

Fubl. etcont. anc, t. I, p. 309. 

2. Mezella, s.f., lépreuse. 

Meynhs val qa* una mezella. 

Marcabru.s : Dirai vos scnes. 
Moins vaut qu'une lépreuse. 
ANC. FR. Osiez, fet-il, cesie inesele. 

jSouv. rcc. dcfahl. cl conl. nnc. , t. JI, p. jo. 



.MIC 

3. Mezema , s.f., lèpre. 

• De qne ve mezei.ia ni linlia. 
Acjnest enguens es ilt; l;il veiliit qtie cl guéris 

de MEZEI.IJV. 

Liv. de Sydrnc, fol. 28 cl !\i. 

De quoi vi<;nt l^jire el lii^iie. 

Cet onguent est de telle vertu , qu'il t;ue'ril de 
lèpre. 

4. Mezeli.ari\, MEZELARIA, S.f., lé- 
jiroscrie. 

A la ME/.ELLARIA lU'l eastol. 

Tit. de 122'». DovT, t. C\1V , fol. .""k^. 
A la léproserie du cliâleau. 

— Lèpre. 

Era estatz... gneiitz corporalnieo de me7e- 
1.ARIA , e esperitaimen île j)eccat. 

dit. dels apost. de lloma , fol. 38. 

Avait été... guéri corporellement de Icpre, et spi- 
rituellemeut de peclié. 

MIAU, S. ni. , miaii, le miaulenient, le 
cri du chat. 
De MIAU atressi, miiilar. 

Lejs d'amors, loi. liÎ2. 
De iniaii également, miauler. 
c.\T. Miol. ESP. Maullo. 

i. MiuLAR, V., miauler. 

De iniaa atressi, miui.ar. . 

Leys d'amors , fol. |32. 
De miau e'galement , miauler. 
Fig. Berta del sieu niantel s'afiula. 
Ta freols es qu'a penas micla. 

Lejs d'amors, fol. 128. 
Berte de son manteau s'aft'uble, si faible elle est 
qu'à peine elle miaule. 
Snbstant. Miui.ars .se perte c'al.s catz. 

Leys d'amors, fol. 128. 
Le miauler ne s'appartient qu'aux chats. 
CAT. iViôlar. esp. MaitUar. port. Mear. it. 
Miagolare, miagulare. 

MICA., MIA,M1GA, MINGA, MI^îGUA , MINJA, 

S. /., lat. MICA, mie. 

Dicta (enna, cum so tiidas de micas de pa 
soven lavadas en avga. 

Elue, de las prop., fol. 80. 

Dite tenue, comme sont débris de mie de pain sou- 
vent lavés en eau. 
Awc. CAT. Mica. ESP. Misa. 

— .-/ilir/i/. l'oitil , pas. 

(Jiiaiil o l.iil, MICA no s'en repenl... 



MIL o^i 

I.'oai r.i al ma , miga non l'a al ser. 
Pocme sur Boèce. 
(^)uand il le fait, mie ne s'en repent... 
r.'liomme l'a au matin , mie ne l'a au soir. 
Pero no m'en desconort mia. 

B. DE Ventadour : Rn abril. 
Pourtant je ne m'en de'courage point. 
Layssarui'eu ai, ieu.^ Non minoda. 

G. AdhemAIî : Lanquan vev. 
M'en dépari irai-je? Non pas. 
ANC. KR. Ses cuers toz tans estoit lassus, 
Ne mie es choses transitoires. 
Fa/il. etcont. anc. , t. 1 , p. '.îQ?.. 
ANC. PORT. No faria miga. 

Tit. de l3<)9, Elucidario, i. II. 
Pero que nom faria mingiia ha levada. 
Docum. de Pendorado, i3og, Elucid. , t. H , n. 20. 
ANC. CAT. Mica. IT. Mica, miga. 

MICHA, MICA, .y. /., miche. 
M' aduria , ab nna MICH^ , 
San e let al cap del an. 

GiRAi'D DE BoRNEiL : Et auziretz. 
Me conduirait , avec une miche, sain et joyeux au 
bout de l'an. 

Pas barntelalz 
Val be MiCHAS de claustra. 

]z\R.N : Diguas me lu. 
Pain bluté vaut bien mic/ies de cloître. 
ANC. KR. Il ne pèsent oie nne miche. 

G. GuiART, t. I, p. l(>(. 

— Moelle. 

Sapias que la micha del os es salva. 

Trad. d'yJlhucasis, loi. 2.. 
Sachez que la moelle de l'os est sauve. 
PORT. Micha. 

MICHMAH, .<;. m., micmac. 

Aura lo reis eu Transa aquest micbmah. 

Roman de Gerard-de Rossillon, fol. ^8. 
Aura !e roi en France ce /nicmac. 

MIL , MEiLH , .y. m., lat. Mii.iuiti , mil , 
millet. 

Mieg pa de mil dur. 

Philomena. 
Demi-pain dur de millet. 

Qui eu désert 
.Semena fromen, ses arar, 
Ni en caliueilh 
Espaa son meilh , 
No sap gaire de laborar. 

P. Cardinai. ; Prcdicator. 
(^)ui en déucrt sème froment , sans labourer, et eu 



o.3o. 



MIL 



chaume répand son millet , ne sait guère du tra- 
vailler. 

y^ég. e.vpl. No prezon blasme ni lau 
Un grau de mil. 

Marcadrus : Lo vers. 
Ne prisent Llànie ni louange un grain de mil. 
CAT. Mil/. ESP. l\JîjO. PORT. JMUho. IT. MigHo 

■X. MiLLARGOs, S. m., inillct. 
Porc, quom regarda millargo.s, 
Fal meillor escoutar que vos. 

Bertrand de Bobn ; Maito'in. 
Porc, lorsqu'il regarde le millel, il lait meilleur 
écouter <fue vous. 

!i. MiLHOOA , s.f., niillococo, sorglio , 
millet de Barbarie. 
Mesnra...de Mir.HOCi. 

De panis et de mii.hoca , et de gairossa et 
de geichas. 
Coiit. de Mojssnc, xii' sircle. DoAT, t. CXXVII, 

fol. 8. 
Mesure... de sorgho. 

De panis et de millocoro , et de jarosse et de 
gesses. 

MIL, adj. num. , lat. Mii.Ie, mille. 
No comprari' oin ab mii. linras d'argent. 

Poème sur Boire. 
Od n'achèterait avec mille livres d'argent. 
Qu'en sian francat mil escnt. 

Bertrand de Rorn : Lo coms m' a. 
Qu'en soient troue's mille boucliers. 
<:at. ESP. PORT. Mil. IT. Mille. 

Voyez Gracia. 

•>. MiLiA , MELiA , ad/, num., mille. 
.Lx. MELIA Turcxs s'en soa ab luy anat. 

Roman de Fierahrns , v. 238. 
Soixante mille Turcs s'en sont alle's avec lui. 

Us locs on n'agnes .r. milia. 

Krev. d'amor, fol. 19. 
Un lieu où il v en eut cent mille. 
ANC. CAT. Milia. 

3. MlLESME , S. m., (lu lat. Ml/LESmM.V, 

millésime. 

Lo milesmes er,i... m. ce. e lx. 
Monum. du xiu" siècle. Allou , Peser, de Li 
Haule-f^ienne, p. 258. 
Le millésime l'iait... mil deux cent et .soixante. 
PORT. IT. Millesiino. 

,'i. MiLMER , MiT.iER , .S". 1)1. , millicr. 



MIL 

Lo millier de clavels de cavals. 

Carinlaire de Montpellier, fol. 1 1''|. 
Le millicr de clous de cheval. 

.Xx. lo jorns e cinc cens lo mes , 
Ayssi que l'an son .vi. mclier. 

P. Cardinal : Ane no vi. 
Vingt le jour et cinq cents le mois , de sorte que 
( au Ijout de) l'année ils sont six milliers. 
Loc. Fanlas d'aclorsai ieu a MiLHiERse a cens. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Fahles d'auteurs je sais à milliers et à cents. 
CAT. Miller. r.sp. Millar. port. Milhar. it. Mi- 
gliaio- 

5. MiLEN, MILLE, fidj . Tuun., millième. 

Dir la milena parso 
De las grantz boatatz qu'en Dien so. 

Brev. d'amor, fol. 77. 
Dire la millième part des gi'andes hontes qui sont 
eu Dieu. 

Siihst. Sol qu'ilb agues lo mille 
De la dolor. 

FoLQUET DE Marseille : Ab pauc. 
Seulement qu'elle eût le millième àe la douleur. 

6. MiRi, .V. m., grec, /avptaç, myriade. 

l'er aqui monten cent miri aazello. 
Poème sur Jioice.. 
Par là montent cent myriades d'oisillons. 

7. MiLio , S. m., million. 

Pagara al rey d'Angleterra très milios. 
Entro que los dichs très milios siaa pagat.s. 
Til. du xiv« siècle. Doat , t. VIII , fol. 223. 
Payera au roi d'Angleterre trois millions. 
Jusqu'à ce que lesdits trois millions .soient payés. 
CAT. Millô. ESP. Millon. port. Milhao. it. 
Milione . 

8. MiLiARi, S. m., lat. milliarim.v, mil- 
lième année. 

El teriz an de son enperi fo complitz lo mi- 
LiARi de la costructio de la ciolat. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 25. 
Au troisième an de son règne fut accomplie la 
millième année de la construction de la cité. 

g. MlLUA , MILLA, S.f., lat. MILLIA , 

mille , mesure itinéraire. 
Voyez Mayans, i)rig. de In Leng. 
cap., t. IT, p. af»! . 



MIL 

Qaiuze mii.has c plus agron anra sol)riera. 

1'^. (le S. Ilonoiiit. 
Quinze milles et plus ils euront le vent superioiif 
Loc. prov. 
S'una MiLLA va theelj , quatorze vai a l'orsa. 

/'. de S. Honorât. 
Si un mille il va droit , (juatoize il va » l'ourse. 
CAT. ESP. liJilla. PORT. Milita, it. MigUo. 

10. Mii.LAR, S. m. , lat. milt/ar^, mille, 
mesure itinéraire. 

Dos MiiXARs se vau per entiers. 

A', de S. Honora I. 
Vont deux mille.i en entier. 
CAT. Miller, tsp. Millar. port. Milhar. 

MILAN, s. ni., du lat. uiimus , milan. 

Qai vol comandar 

Al Mii.AN d! balllar 

Sos polets per noyrir, 
Ja ns d' els grans no m don pois per ranstir. 

Pierre de Bussignac : Quan lo dous. 
Qui veut recommander et bailler au milan ses pou- 
lets à nourrir, jamais un d'eux grand ne me donne 
puis pour rôtir. 
CAT. Mild. ESP. Milaiio. port. Milhano. 

2. Mii.o , S. m., milan, busard. 

MiLo o buzac... aazel es fort, 
Mii.o o bazac fa paacs aous... pichatatz... . 
dessaboratz. 

Elue, de la.'s propr., fol. i/j^ et 278. 
hc milan ou busard... est un oiseau fort. 
Le njiVan ou busard fait de petits œufs... picotés..., 
de'pourvus de goût. 

MILITAR, V., lat. militarc, niililur, 
combattre. 

Lo quai comen.sset a mihtar et a cavalpar 
aspramen contra los autres. 

El miljtet e renbet glorio.samen. 

Cal. dels apost. de Borna, fol. 3o et 5o. 
Lequel commença à combattre et à clievauclier 
rudement contre les antres. 
Il combattit cl re'gna glorieusement. 
Part. prés. Tota la gleysa militanta. 

Chroni(juc des Albif;eoif, col. Cii). 
Toute l'c'^lise militanle. 
CAT. ESP. PORT. Militar. it. Militarc. 

MILSOLDOR , MiLsouDoiv, adj., mil- 
sniidor. 
Cette e.xpression s'appliqua au.\ 



MIN 



233 



chevaux qui servaient dans les batailles 
et qui, en raison de leur beauté ou de 
leur vigueur, étaient estimés à mille 
sous d'or. 

len ai vist caval iwri.sor.noR 

A pretz de trenta sols tornar. 

T. D'KsPERnUT ET DE PoNS DE MoNTLAlR : 

Seigner Pons. 
J'ai vu cheval tnilsoudor passer au prix de trente 
sous. 

r.arniscan lor cors e 'i caval mii.soi.dor. 
Guillaume de Ti;df.la. 
Qu'ils oi]uipenl leur corps et le clieval milsoudor , 
■'^i'l>st. En los mortals estors 

On Karle de sas mans trenqnet tants îaitsou- 

DOR.S. 

V. de S. Honorât. 
Dans les combats mortels où Cliarles de ses mains 
abattit tant de milsoiidors. 
ANC. KR. Armés desus le miisoiidor. 
B. de Sainte-Malre, Chron. deNorm., fol. lo'i. 
Et le liert tel cop del fabor 
Qu'il l'abat jus del inissoudor. 

Roman du Renart, t. 111, p. 225. 

MINA , s. f., lat. MINA, mine, sorte de 
mesure de ca)>acité. 

Una MINA de froiueu. 

Cartulaire du BuLtiic, loi. îf». 
Une mine <\c Iniineiil. 

2. MiNAHA, .v./., éinine, mesure de su- 
perficie. 

Det una minada de terra. 

Carlulaire du Jiui,-ue, fol. 2ti. 
Donna une cmine de lernv 

3. Menal, s. III., mine! , mesure de ca- 
j)acité. 

Cel que vin vendon a taver na, aion sëstairal 
e MENAI,, cariai e niietz cariai. 
Coût. d'j4lais. Âreh. du Roy., sexi. liist., K. 867. 
Ceux qui vendent du vin en taverne, qu'ils aient 
susterot et minel, qiiartaulet di.ini-quartaut. 

.'i. Emina , S. f., émiiic , mesure de ca- 
|)acité et de superficie. 

Quais en ac nn seslier, quais una i;mina. 
Romande Gérard de Rossillon, fol. 7. 
Quel en eût un selier, quel une émine. 
.1. emina de civada. 

Tit. du xii' siècle, Arch. du Roy., .). 322. 
Une cmine d'avoine. 

3o 



.34 



MIIV 



.III. EMiNAs de terra a Paeg Marti. 

Tit. de I23o. Arch. du Tioj., J. 317. 
Trois émiiies de terro à Puy-Martin. 

ANC. ESP. Emina. 

5. Eminada, s./., éminée, mesure de 
superficie. 

Très EMiNADAS de terra. 

Tit. de 1238. yhxh. du Roy., J.388. 
Trois éminées de terre. 
Doas sestairadas et eminada. 
Tit, de 127'). Arch. du B.oj., Toulouse, 5 ■ 328. 
Deux selere'es et éminée. 

6. Eminat. , s.f., émine, mesure de ca- 
pacité. 

leu adrecburarai... las eminat.s, lascartak. 

Cartiilaire de Montpellier, i'ol. i^ti. 
Je réglerai... les émines, les quartauts. 

MINA, MENA, .V. f., mine, minière. 
Lalo, coire, ploiii issamen, 
So es a saber lor minas. 

Bref, d'amor, fol. 39. 
Laiton, cuivre, ploml) e'galetnent , c'est à savoir 
leurs mines. 

Las menas de la terra solphroza. 

f^. et y'ert., Gloss. occil., p. 199. 
Les minières de la terre sulfureuse. 
CAT. Esr. roRT. iT. Mina. 

2. MiNAR, V., miner, creuser. 
Fetz MINAR iina tor. 
Coma si volguesso minar sos terra. 

Cal. dels npost. de Pioma , fol. l65 et i85. 
Fil miner une tour. 

Confiiue s'ils voulussent /«/«ersous terre. 
Fig. Pren son pic e sa pala , e acoinensa ;i 
foyre et a minar et a cavar son cor. 
V. et Tert., fol. 41. 
Prend son pic et sa pelle, et commence à fouir 
et à miner et à caver son cœur. 
Part. pas. Cant ha son cor minât e perflecba- 

nieii be examinai. 

V. et Vert., fol. t\l. 
Quand il a miné sou cœur et parfaitement Lien 
examine'. 
CAT. ESP. PORT. Minar. it. Minare. 

'^. Mkneu, menier, .V. m., mine, minière. 
Els MENERs del argent son... nostres. 
Tit. de 1 166. Hist. deLang-., t. II, pr.. col. i if>. 
Les 7iiines de l'argent sont,., noires. 



MIN 

Menii'.r novell o vieil desamparat. 
Re^l. sur les mines d'IIierle, Hist. de Nîmes, 
t. 1, pr., p. 72. 
Minière nouvelle ou vieiHe délaisse'e. 
ANC. CAT. Miner. ' . 

.\. Mènera, menieua, s. f., lat. minera, 
minière, mine. 
Mèneras d' aur. 
Menieras de coyre. 

Elue, de las propr. , (ol. 176 et 267. 
Minières d'or. 
Minières de cuivre. 

Coven donx qn' el baia menieras 
D' aur o d' argen. 

Leys d'amars, fol. 39. 
Il convient donc qu'il ail mines d'or ou d'argent. 
ANC. ESP. Minera, port. Mincira. 

5. Minéral, meneral , adj., minéral. 
Causas MINERAI.S, cum so raetalbs. 
Aquel qui es mènerai, es plus resplendent. 

Elue, de tas propr. , fol. i56 et 187. 
Choses minérales, comme sont métaux. 
Celui qui est jninéral est plus resplendissant. 

CAT. ESP. PORT. Minerctl. it. Minérale. 

6. MiNERANT, rtr//. , minéral. 
Las autras peyras minerantz. 

Trad. d'.4ll/ucusis , fol. t\\ . 
Les autres pierres minérales. 

fllINI , S. m., lat. MINI?////, minium, ver- 
millon. 

Mini es color roia. 

Elue, de las propr., fol. 267. 
Le minium est couleur riiiige. 

2. MiNio , MiNO , .V. ///. , minium, ver- 
millon. 

MiNio o MiNO , color es citrina o vermeilla , 
déclinant a rog , resplendent cum foc. 

Elue, de las propr., fol. 266. 
Le minium ou 'vermillon, est couleur cilrine ou 
vermeille , inclinant à rouge , resplendissant comme 
feu. 
i;sp. PORT. it. Minio. 

'^, Mine, ad/., de minium. 
De color mine a. 

r:iuc. de las propr., fol. 261). 
De couleur de minium. 



INIIN 

MINISTRAR , ÎMF.XFSTRAR , V. , lut. MI- 

NiSTRARC, administrer, régir. 
Mal avia ministraï sos bens e sa rictat. 
f^. de S. Honorât. 
Avait mal ttjministrc ses biens et sa richesse. 

— Servir. 

Motas douas issarnen 

Que r avian sejjuilz longameo 

Ue Galilea ministran. 

Pnssio de Maria. 
Beaucoup de dames e'galement qui l'avaient suivi 
longlenips do Galile'e en servant. 

— Secourir, porter secours. 

Car non a de que mesestrar 
Si com a costuma de far. 

y. de S. Honorât. 
Car il n'a pas de quoi secourir ainsi comme il a 
coutume de faire. 

Poirian ministrar... plus facilament a la lor 

familla. 

Doctrine des Vaitdois. 
Vo\irT3'iKn\. porter secours... plus facilement à la 
leur famille. 

— Exhaler, produire, fournir. 
Sa lengua menestra fnoc ades. 

Trad. deB'cde, fol. 77. 
Sa langue produit du feu sans cesse. 

— Donner. 

No s dea ministrar aL la decoctio. 
Clisleri .ministrar. 

Elue, de las propr., fol. 19^ etSl. 
Ne doit pas s'administrer avec la décoction. 
^administrer clyslère. 
Part. prés. Nervis mimistrans a las dilas .v. 
virtatz sensiiivas. 

Elue, de las propr., fol. 18. 
Nerfs servant 3\x\àiles cinq vertus sensitivcs. 
Parc. pas. Degudament ministrada, val a di- 
versas malaatlas. 

Elue, de las propr., fol. 207. 
Convenablement rt(/mini\s/rt'e, elle vaut pour di- 
verses maladies. 
AKC. FR. Auquel saint Jean minislra le hap- 
tesme. 

FovcQUÉ, F. de J.-C, p. 288. 
Depuis le temps qu'icy je ministre à sou très 
sacré oracle. 

Rabki.ais , liv. V, ch. 44- 
Il meismes menisira iluec par longtemps as 
malades moult dévotement. 

C/ironiffue de Cambrai. 
A.M. lAi. h»r. l'Oi-.T. Ministrar. ir. .Ministrarc. 



MIN 



'^35 



9.. Ministre, menistre, .y. m., lat. mini- 
STRiint, ministre, serviteur. 
Far honor e reverencia a Dieu et a ssos me- 

NISTRBS. 

r. cl Fert., fol. 89. 
Faire lionncur et révérence à Dieu et à ses 7/11- 
nistres. 

— En parlant des soins qu'on donnait à 
un oiseau de proie. 

Rei o comte vol per ministre. 

Dkudes de Pradks, Auz. cass. 
Roi ou comte il veut ^lour ser^ilcur. 

— Exécuteur des hautes-œuvres, bour- 
reau, sergent. 

Manda sos ministres tortors. 

Guillaume de Tudela. 
Mande ses ministres tortureiirs. 
Quan 11 ministre viron la donna colorada 
Que cresian morta. 

f^. de iV. Honorai. 
Quand les bourreaux- virent colorée la dame qu'ils 
croyaient morte. 
CAT. Ministre, csp. port. it. Ministro. 

3. MiNisTRA, S./., lat. MiNiSTRA, ser- 
vante, exécutrice, entremetteuse. 
Virtut generativa es ministra de gênerai 

conservacio. 

Generacio de la quai es ministra. 

Elue, de las propr., fol. i^ et ig. 
Vertu générative est exécutrice de conservation 

générale. 

La génération de laquelle elle est entremetteuse. 

ESP. PORT. Ministra. 

/). MiMSTERI, S. m., lat. ministeri«w^ 
ministère. 
Ministkri especial es^de... istrnir nos. 

Elue, de las propr., fol. 10. 
Le ministère spécial est de... nous instruire. 
CAT. Ministeri. esp. port. Ministerio. it. Mi- 
nistcrio, ininistero. 

5. MiNISTRATIO , SIENISTRATION, S.f., 

lat. flr/.MiNisTRATioxc/// , administra- 
tion. 
Coma Inrs officiais se porton en lurs ofiicis 

et en tota lur ministratio. 

y. et Fert., fol. 76. 
<]onin)e Icuri ofliciers se comportent dans leurs 

oflicea et dans toute leur adnuntstralion. 



236 MIN 

— Terme d'église. 

Menistration de... sacrauiens. 

Doctrine des Faiidois. 
Administration de... sacrements. 
iT. Ministrazione . 

6. MiNisTRADOR , S. m., administrateur, 
serviteur. 

Que fosson gardas e ministradors. 

Roman de la Prise de Jérusalem, fol. ! i . 
(Qu'ils fussent gardiens et administrateurs. 
ANC. FR. 

Car qui voudra estre giand par sus tous, 
Le plus petit de tous vous se fera , 
E plus subject ministrateur sera. 

FoucQUÉ, V. de J.-C, p. 357. 
ESP. Ministrador. in. Ministratore . 

7. MiNiSTRATiu, adj. , servant, fournis- 
seur, productif. 

Nas... al esperit animal ministratic. 
Es MiNisTRATivA de talent. 

Elue, delas propr., fol. ^o et i4- 
Le nez... servant à l'esprit animal. 
Est productive de désir. 

8. Menestral, s. m., artisan. 

Revendedor, obrier e menestrai-, 

Raimond de Castelnau : Mon sirventes. 
Revendeur, ouvrier et artisan. ' 

Borzes e mercadiers 

E MENESTRAL aprop. 

G. RiQUiEK : Pus Dieus. 
Bourgeois et marcliands et artisans après. 
CAT. ESP. Menestral, 

9. Men EST AIR AL, 5. in., ouvrier, artisan. 
Eli fay obras corporals, coma fan los labo- 

radors e los brassiers e los menestayrals. 
r. et Vert., fol. 34. 
H fait œuvres corporelles , comme font les labou- 
reurs et les raanouvriers et les artisans. 
Son tucb tota via 
Per ver menestairal. 

G. RiQuiEB : Pus Dious. 
Sont tous toujours vraiment ouvriers. 

10. Menestier, s. m., ministère, em- 
ploi , métier. 

Es cascus apelatz 
E cadaus nomnatz 
Dels MKNESTifcRs pcr sî. 



MIN 

De cels dels menkstikrs, 
Vos die qu' e gênerai 
Son ing menestairal 
A pela t. 

G. RiQUlER : Pus Dieus. 
Des métiers chacun est appelé et chacun nommé 
par soi. 

De ceux des métiers, je vous dis qu'eu général ils 
sont tous appelés ouvriers. 
ESP. Nenester. 

\ I. MeSTIER, MESTER, MEISTEIR, S. m., 

métier, état, office, emploi, ministère, 
besoin. 
Son panlire gazanb que ac drecharier 
De cozer, de filar de son mestier. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. ïll. 
Son pauvre profit qu'elle eut légitime à coudre , à 
filer de son métier. 

Comtarai totz mos mestiers. 

Rai.mond d'Avignon : Sirvens suy. 
Je compterai tous mes métiers. 
Mos mestiers es qn' ieu dey lauzar los pros. 

Granet : comte Karle. 
Mon métier c'est que je dois louer les preux. 
Chantars et esser joios 
Es dreilz mestiers dels amoros. 

B. Calvo : Enquer. 
Chanter et être joyeux est droit métier des amou- 
reux. 

Selh que plus volia mantener 
Solatz , domney, largueza ab corveraï.,., 
E 'Is bons MESTIERS totz ses menbs e ses mai. 

AlMERi DE Peglilain : Era par Len. 
Celui qui plus voulait mainlenir soûlas, courtoi- 
sie , largesse avec cœur franc... , et tous les bons q/^ 
yîces sans moins et sans plus. 

— Corporation d'ouvriers. 

Los MESTIERS poTtavon ain se los .vr. penos 
de las escalas. 

Carya Magal., p. 8. 

r^es métiers portaient avec eux les six pennons 
des compagnies. 

— Qualité, mérite. 

Fig. Car a totz los mestiïrs 
Que lunh pros cavay<;,rs 
Aia mestier ab si. 

Amanieu DES E.scAs : El temps. 
Car il a tous les mérites dont un preu.t chevalier 
ait besoin en lui. 

Amers a tant de bas mestiers, 
Qu' a totz fai benestaus sooor. 

Raiimonp dk Mibaval : D'amorson. 



MIN 

L'amour a tant de bonues ipiiilités, qu'à tous il 
fait secours convenable. 

— Besoin. 

Quascus si den de son mestier formir. 
lî. DE Ve.ntapouu : Ab joi mov. 
Chacun se doit satislaiie de son besoin, 
l.oc. Ben ai so qne m' es mestier. 

HcGCES de Saint-Cïr : Seiyner conis. 
J'ai bien ce qui m'est nécessaire. 

Mestiers es iizar del glazi de dreehura. 

r. et Fert., fol. Sy. 
11 est nécessaire d'user du glaive de droiture. 
Bella domna, vostre socors 
M'agra mestier, s'a vos plagnes. 

B. DE Vent.vdour : Ja mos cliantar. 
Belle dame , votre secours me serait nécessaire, 
s'il vous plaisait. 

Lnr fassaoi lo be que Inr poyrem far, .si an 
mestier de nos. 

F. et Fert., fol. 44- 
Que nous leur fassions le bien que nous leur pour- 
rons faire, s'ils ont besoin de nous. 
ANC. fr. Et il dient ke tuit snnt prest 
D'aler od li, se mestier est. 

Roman de Roti, v. iii6t. 
Qne s'en venist pur loi aider, 
Kar mut en aveit grant mester. 

Marie de France , t. I , p. !\!^o. 
A«c. CA T. ANC. ESP. PORT Mestcr. IT. Mcstlere. 

la. An.MIMSTRAR , AMINISTRAR, .\MF,NIS- 

TR.\R , V., lat. ADMiNisTRARc, adminis- 
trer, gouverner. 

Enqnara las deia el gardar e aministrar ca- 
riosainent. 

l'rad. du Code de Justinien, fol. ^3. 
Encore qu'il doive les garder cl administrer soi- 
gneusement. 

— Aider, secourir, fournir, servir. 

Diens amenistrara tell qne a adordenat. 
F. de S. Honorât. 
Dieu aidera celui qu'il a ordonne. 

San Esperlt... ns aministrara e ns inspi- 
rara lotas aqnestas cansas. 

Fragm, de trad. de la Passion. 
Le Saint-Esprit... vous administrera et vous in- 
spirera toutes CCS cboscs. 

Fig. Charitatz amiwistra !o Le que non po- 
ders toi. 

Trad. de B'ede, fol. ?.o. 
C\i3v\\.i' fournit le bien que non pouvoir ôlc 



MIN 



'37 



Quai (jue sia que a me aura aministkat, mon 
paire lo honorilicara. 

Fragm. de trad. de la Passion. 

Quel qui soit qui m'aura sen>i, mon père lui ren- 
dra honneur. 

— Terme d'éylise. 

Los capellas lo tracton , e lo AsirNisTROif a 
nos autres. 

F. et Fert., fol. 96. 
Les chapelains le touchent , et ['administrent à 
nous autres. 

— ■ Rendre. 

Administrar justicia a un cascuu. 

Statuts de Proi'ence. Julien, t. I , p. 90. 
^f/mini.ç/rer justice à un chacun. 
Part. pas. Un sai que m par 
Trop be aministratz 
De far rix fagz prezalz. 

GlRAUD DE BORNEIL : Solatz , juys. 
J'en sais un qui me paraît très-bien y(»/r«j jiour 
faire de riches laits prise's. 
CAT. ESP. port. Administrar. it. Amministrare . 

i3. Administracio, aministracio, ami- 

NISTRACION, S. f., iat. ADMINISTRA- 

TioNew , administration, gestion. 
Aqnel a cui es vedada aministracios, so es 
bailla de las soas cansas. 

Trad. du Code de Justinien, foi. i3. 
Celui à qui est défendue administration, c'est- 
à-dire gouvernement des siennes choses. 

An per cl tenguda s' aministraoion. 
F. de S. Honorât. 
Ont tenu pour lui son administration. 
Bo cunte e leial de lor administracio. 
Coût, de Fumel, de 1265. DoAT, t. Vlll, fol. 1^6. 
Bon et loyal compte de leur administration. 
CAT. Administracio. esp. Adinmistracion. port. 
Administracào, iT.Ammiiiistrazione. 

l4' AdMINISTRAIRF. , AMINISTRAIRE, AMl- 
KISTRADOR, S. m., lat. ADMI?fISTRATOR , 

administrateur, régisseur. 
Aministraires del aver del comun. 

Trad. du Code de Justinien, fol. t5. 
Administrateur de l'avoir de la communauté. 
"Volian elegir lnr aministrador. 

F. de S. Honorât. 
Voulaient élire leur administrateur. 
Priors et AnMiNisTRAiRE. 

Tit. de 1234. Doat, t. CXXXIV, loi. :>.!. 
l'p 11 iir rt ndminiilraleur. 



.38 



MIR 



CAT. Esr. roRT. Administrador . it. Amminis- 
tralore. 

i5. Aministrairiz, i-.y.^ exécutrice, en- 
tremetteuse- 
Ira , AMINISTRAIRIZ de craeltat. 

Trnd.de Bède,io\. i. 
Colère , entremetteuse de cruaulé. 

l6. SOTZMINISTRAMENT , S. Jïl., SOUS-aS- 

sistance, sous-aide. 

Per la vostra orazo e per lo sotzministra- 
MENT del esperit de Jhesus, 

Trad. de l'Èpit. de S. Paul aux Philippiens. 

Par la voire prière et par la sous-assistance de 
l'esprit de Je'sus. 

MIRABOLAN, mirabola , s. m., lat. 
MYROBALAN/iw, myrobolandicr. 

MiRABOi.ANS, aytals aybres lian frug trop 

carps. 

Elue, de las propr., fol. 198. 

Le myi-obolandier, de tels arLres ont fruit trop 
peu denses. 

— Myrobolan , fruit du myrobolandier. 

Semlans a niiRABor.AS. 

Elue, de las propr., fol. 71. 
Ressemblants à mjrobolans. 
Escorca de mirabolans. 

Tiec. de remèdes en provençal. 
Ecorce de mjrobolans. 
CAT. Mirabolant. Esr. Mirabolano. port. Mi- 
rahalano. it. Mirabolano. 

2. MiRABOLANOM, S. TH., uiyrobolanum , 
remède fait avec le myrobolan. 

Pren nna ansa de miraiîolanom. 

Collect. de recettes de médec. 
Prends une once de mjrobolanum. 

MIRABOLAT, s. m., mirabelle, sorte 
de prune. 

MiRABOLATZ condilz. 

Carlulaire de Montpellier, fol. 129. 
Mirabelles confites. 

MIRAR, V. , lat. mirar/, mirer, con- 
templer, admirer, voir. 

MiRATZ voslra beutat gran 
Ha un iiiirailj. 

Halmenz Bistors : A vos ineilU 
Mirez votre «rande beauté dans un miroir. 



MIR 

MiraUis! pois me mirei en le, 
M' an mort li sospir de preon , 
Qu' ais.si m perdei, cum perdet se 
Lo Lel.'S Narcezis en la fon. 

B. PE VentADOUR : Quan vey la. 
"Miroir! depuis que je me mirai en toi, les sou- 
pirs m'ont tué de profond , vu qu'ainsi je rae perdis, 
comme se perdit le beau Narcisse en la fontaine. 
Qui trop soven se mira, 
No s cug c' cm per pros lo mir. 

Hl'cue.s de Murel : Jes sitôt. 
Qui trop souvent s'admire, qu'il ne se pense pas 
qu'on l'admire comme preux.. 

Donzel qu' e sa camba s mira. 
Le moine de Montal'Don : Mot m' enueia. 
Damoisel qui dans sa jambe s'admire. 
Fig. Elsfalbimensd'aulrni tanhqu'om se mir, 
Per so qu' om garl se mezeis de falhir. 
FoLQUET de Marseille : Ja no i s cug. 
Aux fautes d'aulrui il convient qu'on se mire, 
pour cela qu'on garde soi-même de faillir. 

Loc. 

Tant gent cors non cre qu' el mon se mire. 
B. DE VentadouR : Be m' an perdut. 

Si gentil corps je ne crois pas qu'au monde se mire. 
r.AT. E.sp. roRT. Mirar. ir. Mirare. 

2. MiRALH, MiRAiLL, S. 111., uiiroir, ré- 
flecteur. 

Elâ ra fetz a inos buels vezer 
En un MIRALH que molt mi plai. 

B. DE VentadouR : Quan vey la. 
Elle me fit voir à mes yeux en un miroir qui 
moult me plaît. 
Fig, Flors de beutat, miralhs d'amor. 

Arnaud de Mari;eil : Dona genser. 
Fleur de beauté , miroir d'amour. 

Hueymais non er chastiatz ni repres 
Negus, si falb, pus lo miralhs no y es. 
AiMERi DE Peguilain : Era par ben. 
Désormais nul ne sera cbâtié ni repris , s'il fait 
une faute, puisque le réflecteur n'y est plus. 
Fora bo que no fos oblldatz 
Tan ricx mirals, qu'er brenmen esfassatz. 
Guillaume de Saint-Didier : El temps quan. 
11 serait bon que ne fût pas oublié si puissant mi- 
roir, vu qu'il sera bientôt cfFacé. 
CAT. MiiaU. IT. MiragUo. 

3. MiRAiiOR, S. m., miroir. 

Ja no m' agr' ops fos faitz lo miradors 
On vos miratz vostre cors. 

Pons de Capdi'EIL : .\issi cum. 



MIR 

Il ne me serait jamais besoin que lut fait le mi- 
roir où vous mirez votre corps. 

Fig. Denaiit nos estai lo MinADORs 

Que fo :i tolz coniuualnien donat/. , 
Jérusalem. 

Gl'lLLAlME Dr. S\1M-I)|DIER : Kl llMlipS. 

Devant nous est le miroir qui tut à tous coniniu- 
ne'meut donne , Jérusalem. 
ANC. FR. .Son vis u'a soig de mireor 
R. de Partonopex de Blois, not. des MSS. , I . I X , 

l'-^M- 

/) . IMiR.^iRE, S. ni., contemplalt'ur, ad 
ni ira te tir. 

Vers Dieus , .se m laissa vezer 
En qae puesc esser miraire 
De nio iniellis, e sordcvaire 
De mou dan. 

Pierre d'Auvergne : Cent es. 
Vrai Dieu , cela me laisse voir en quoi je puis ilvr 
contemplateur de mon mieux , et contempteur àr 
mon dommage. 
c.vT. ESP. Mirador, it. Miratorc, iniradore. 

5. MiRABLE, adj., lat. MiRAnà./.s-, admi- 
rable, merveilleux, ét(.'nnant. 

Ar ausires .t. fag mirari.f. 
Sîei compaynon cantavan mirabi.a nielodra. 

V. de S. Honorât. 
Maintenant vous ouïrez un fait admirable. 
Ses compagnons cliantaient une men'eilleiise nn-- 
lodie. 

ANC. FR. 

D'une bouté mirable et plus {jrandes fav^-urs. 
Philippe Hkgemon , p. 2. 
L'un près de l'antre eu mirable ordonuance. 
J. boiCUET, Triomp/i. de François I<^'', fol. ^■j. 
ANC. E.sp. Mirable. it. Mirabile. 

6. MiRABL.vMKNZ, rtr/c, adiii iia hiemont , 

merveil leiisemen l . 

Diens s' en venget Le de lui mirareamenz. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Dieu s'en vengea bien de lui ineiveilleitseiiieiif. 
IT. Mirabilmeiite . 

7. MiRANDA, s.f., donjon, bcivéder. 

De Peitius non aura la miranda. 
Bertrand de Born : D' un sirventes no m. 
De l'uilou il n'aura pas le donjon. 
Te far nna ter alh Puey de Vi!arl)crsas atii 

.11. MIRA.>D\S. 

Priii.o^ii.N.\ . 



MIR 



'39 



Fit faire une tour au Puy-de-Vilarberses avec- 
deux don/on.i. 
c.\T. Miranda. 

<S. Miracle, i-, m., lat. miracklmw, mi 
racle, merveille. 

Dieus, tu que fis tan bel miracle. 

FoLguET de Marseille : .Senlier Dieus. 
Dieu , loi qui fis si beau miracle. 

Quant lo princes a vist los miracles tant 
graniz. 

r. de S. Honorât. 
Quand le prince a vu les miracles si grands. 
CAT. Miracle, esp. Milagro. port. Milagre. it. 
AHracolo. 

— Donjon , belvéder. 

Pero ilh de la vila lor an lais gens tcndulz, 
Qu' elh capdolb e '1 miracle son aissi t;om- 

batutz , 
Que lo fust e la peira elo ploins n'es fondutz. 

Glillaume; de Tvdela. 
Mais ceux de la ville leur ont tendu de tels engins, 
i[Ue le cliâteau et le donjon sont combattus de telle 
sorte , que le bois et la pierre et le plomb en est 
foi.du. 

(j. MiRAcr,.v, s.f., lat. .miracmla, mira- 
cle , merveille. 
Per vezer la miracla bela. 

F. de S. Enimie, fol. 29. 
Pour voir la belle men-eille. 
Loc. Fatz e.sfortz, miraci.as e \ertutz. 

Car leu li man aiso don non ai gaire. 
li. DE VeNtadol'R : Be m'an perdul. 
Je fais efforts , tnerfeilles et vertus , car je lui en- 
voie ce dont je n'ai guères. 

a:>ic. FR. Maintes miracles i deiiionstra puis 
nostres .Sires par les mérites des cors sainz. 
Gestes de Loiiis-le-Deù., liée, des liist. de Fr., 
I. VI, p'. i5o. 

10. AIiRACuLos, (i(lj., miracnleu.\. 
Obras nieiavelbo7.as et MiRACutozAs. 

Elue, de lus propr.j fol. 10. 
Olùivres merveilleuses et miraculeuses. 
CAT. Miraciilos, esp. port. Miraculoso. it. .1//- 
racoloso . 

11. MeRAVELUAU, MERAVKII.LAR , MEUA- 

viM..\R , ?>., (Miierveiller, étonner. 
Heu s' (MI dec Dieus mf.ravii.lak. 
(Juan mi jioc de mi dons partir. 

H. de N'en iadour : F.n abri! (|u.iii 



5l40 



MIR 



Bien s'en dut Dieu emerfeiller i]Uinà je nie pus 
séparer de ma dame. 

Mas ges d' aisso no m MERAVEtH. 

H. Brunet : Lanquan son li. 
Mais point de ceci je ne m'étonne. 
Be m MERAvEiLL de vos. En Rairtibaut, 
Coin vos es tan contra uie irascutz. 
G. DE Baux , prince d'Orange : Be m meraveill. 
Bien je m'étonne de vous, seigneur Rarabaud , 
comment vous êtes tant irrile' contre moi. 
Fart. pas. Nuls liom non deu esser imeravelaz 
S' ieu non sui gai. 
Bertrand d'Allamanon : Nuls boni. 
Nul liorame ne doit être étonne si je ne suis pas 
gai. 

ANC. FR. 

Ernouf liai le duc, jo ne m'en merveil uiie. 
Pioman de Rou, v. 2.ti!\2. 
Qai tôt velt fera sanz conseil. 
Se mal 1' en vient , ne m' en merveil. 
Fahl. etcont. anc, t. IV, p. i43. 
Moult s'esbaïssent et merveiUent. 

Roman de la Rose, v. i8520. 
Je me merveille moult comme toy, qui es 
prudent et sage, deviens si forcené. 

OEiivres d'Alain Cliartier, p. 392. 
<;at. Maravellar. esp. Hlaravillar. poPiT. Ma- 
ravilhar. it. Maravigliare. 

12. Meravelha, meravilla, meravylla, 
s. f., merveille. 

Non es MERAVELHA s' ieu chan 
Mielbs de nulli autre cbantador. 

B. DE Ventadour : Non es. 
N'est point merveille si je clianle mieux que nu! 
autre clianteur. 

Meravillas vei assatz, 
Mas d' nna m sui esbaitz, 

Lanfranc ClGALA : Pensius de cor. 
Merveilles je vois assez , mais d'une je me suis 
rbahi. 
I.oc. 

Manias gentz lo venian vezer per imeravyi.las. 
/'. de S. Honorât. 
Maintes gens venaient le voir pour (ses) merveilles- 
CAT. Maravella. esp. Maravilla. port. Marn 
vilha. IT. Maraviglid. 

i3. Meravelhansa, .9./., merveille. 
Non es meravei.hansa 
S' ieu ne fis lauzor. 

.T. EsTEVE : Si m val. 
Ce n'est pas merveille si j'en lais éloge. 



MIR 

I !\. Meravelhaire , meravillaire, s. m., 
admirateur , admirant , s'étonnant , 
s'émerveillant. 
Adj. Ja no sia negas meravelhaire , 
S' ieu aiso die. 
R. Jordan , vicomte de S.-Antonin : No puesc. 
Que jamais ne soit nul s'émerveillant, si je parle 
ainsi. 

r5. Meravilhos, meravillos, meravil- 
Lios, adj'., merveilleux, étonnant, 
émerveillé. 

Un sonje qu'ien sognava 
Meraviixios. 
T. DE Jean d'Aubl'sson et de Nicolet : En Nicolei. 
Un songe merveilleux que je songeais. 
Cantaire fo meravilhos. 

P. Vidal : Ahril issic. 
Fut chanteur merveilleux. 

De rai sui plus mariilz , 
Meravitxos etiraz. 

Lanfranc Cigala : Pensius de cor. 
Sur moi je suis plus marri , eOT«vei//e et aflligê. 

AND FR. 

Sa famé è sa gent merveillos duil menant. 
Donc ont par tote France merveiUose cbierté, 
E par Norinendie out merveiUose plenté. 

Roman de Roit, v. 4^4/ '^' ^tâ^"'^- 
cat. jMaravellos. esp. Maravilloso, port. Ma- 
ravilhoso. it. Maraviglioso. 

(6. Meravh.hozamen, adv., merveilleu- 
sement. 
Fo MERAViLHOZAMEN plcs de gfan sauhfelat. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 126. 
Fut merveilleusement rempli de grande sainteté. 

17. Admiracio, s.f., lat. aumiratio , 
admiration. 

Color per sa... varietat mov admiracio. 
Elue, de las propr., fol. 264. 
Couleur par sa... variétéexcile admiration. 
CAT. Admiracio . esp. Adiniracion. port. Ad- 
miracào. it. Admirazione. 

18. Remirar, ^'•, admirer, contempler, 
regarder. 

Quan de prop la puesc reihirar. 

B. DE Ventadour .- <^uan lo. 
Ouand de près je puis la contempler. 



MÏR 

Quan se pot estlevenii- 
Qq' ieii vos vey, doua , ni us ut.Mifi. 
Arnaud de Marl'eil : Dona goiiser. 
Quand il se peut advenir que je vous vois, dame , 
et vous regarde. 

Part. pas. Fos pels sieas belhs Imcls rkmiratz. 
G. RuDEi, : Lanqu.ui H. 
Fut par les siens beaux yeux regardé. 
ANC. i-R. Que nnit e jor en plorant la rernir. 

Le CHATELAIN DE CoUC V, cliailSoll Kl. 

Toujours rernir sa .sembhinoe. 

Le roi de jVAVARnE, chanson 9. 
Et toy, mère joyeuse , et toi , père joyeux. 
Qui dedans cest enfant vons r<?/«//-ec tous deux. 

ScÉvoLE DE Sainte-Marthe , p. 36. 
CAT. ESP. Remirar. ix. Rimirare. 

19. Adrf.mirar , T., regarder, contem- 
pler. 

Merce vos ai qneza 
Que no m volcsetz del tôt adremirar. 
Ra.mbaud d'Orange : Si '1 cor es près. 
Je vous ai demandé merci que vous ne me voulus- 
siez regarder du tout. 

20. Mirât, s. m., sommet, hnut. 
A la partida de! mirât del ventre. 
El MIRAT del ventre. 

Trad. d'Albucasis, fol. 32 et 33. 
K la partie du sommet du ventre. 
-Au sommet du ventre. 

MIRRA, s.f., lat. myrr//a , myrrhe. 
Aur et ences e mirra. 

LU', de Sjdrac, fol. i 19. 
Or et encens et mjrrh.e. 

MiRRA li presentet Gaspars. 

Brev. d'nmor, fol. i5(). 
Gaspard lui présenta de la myrrhe. 

CAT. Esr. Mirra. port. Myrrha. it. Mirra. 

■).. MiRRAR, -v., mêler de mvrihe. 
Part. pas. Davan li a benre vin mirrat. 
Trad. du N.-Tesl., cl., i.""). 
Lui donnaient à boire vin mclé de myrrhe. 

3IIRT, .<!. m., lat. luYUTW.y, mvrie. 

MiRT..., SOS frngz, flors et lams so niedi- 
cinals. 

Elue, de las propr. , fol. 214. 
Le mj-rle..., ses fruits, fleurs cl ranirau'C sont 
médicinaux. 

EIP. l'ORT. IT. Mirlo. 
Il I. 



a/ji 



MIS 

•f. MiRTA, .V./., myrte. 

Ayssi cum faelba de miuta. 

Trad. d'/llbucasis, fol. 5. 
Ainsi comme feuille de mjrte. 

■'>. MiRTiN, ndj., lat. hiyrtinw.v, de myrte. 

De .sas fuelbas et baga.s .si fa oli MtRTi. 

Elue, de las propr., fol. 214. 
De SCS (ciiilles et baies se fait luiilc de tiiyrte. 
KM', ir. Mirtmo. 

4. Murta, s.f., myrte. 

MuRTA restrenb e fay sempre 
Ventre laïc tornar en trempre. 

Brei'. d'amnr, fol. 5o. 
Le myrte resserre et fait aussitôt changer le ven- 
tre relâché en tempéré. 
CAï. Murtra. esp. port. Murta. 

MIRTO, ,v. m., mirto, sorte de raine. 

Mirto es una rayneta verda , qne crida fort 
en estiu per las treihas e per los jardis. 

^'. et Vert., fol. 71. 

Le mirto est une rainette verte , qui cric fort l'été 
par les treilles et par les jardins. 

MISER, adj. , lat. misf.r, misérable , 
malheuren.x. 

Lo mont miser e doloiros. 

Lo Desprezi del mon. 
r.c monde ;niit;rn6/e et douloureux . 
esp. port. it. Misera. 

■X. MiSKRiA, .^.f., misère. 
La MisERiA d' .Tqnest mont. 

Doetrim' des Validais. 
La misère de ce monde. 
Pauretat e miseria del jiay.s. 

Régi, des Etats de Provence, de 1401. 
Pauvreté et misère du pay;. 
CAT. esp. port. it. Miseria. 

''>. MiSKRios, arlj., malticiireux, misé- 
rable. 

MisERios peccador duy a diiv al enfern. 
La sola arma miseriosa. 

Doctrine de Vaudois. 
Malheureux pécheurs deux à deux en l'enfer. 
L'âme seule misérable. 

4. MisERiN, MKZERi, adj'., malhctiretix , 
misérable. 

l'iua contracta molt miserina. 

Roman de lierard de Rossillon, fol. \(u). 
Une Pslro(iicc moult misérable. 



'^4^ 



MIS 



Sttbstnntw. Adoncs per ver II mezeri 
Seran tan rie col palayzi. 
Car non dones al mezeri. 

Les Xy Signes de la Jî del mon ■ 
Alors pour vrai les malheureux seront aussi ri- 
ches que les palatins. 

Car tu ne donnas pas aux tnalheureux. 

5. MiSERICORDIOS, (idj-, lat. MISERICORS, 

mi.stnicorclieiix , charitable. 

Yerais, misericordios. 

Brey. d'amor, fol. 2. 
Vrai , miséricordieux . 
Cel non pot Deu deservir que non es mise- 

RICORDrOS. 

Trad.deBede,^o\.&j\^. 
Celui-là ne peut point mériter Dieu rjui n'est ]ias 
miséricordieux . 

Substantiv . Bouanrat... 11 misericordios. 
Trad. de Bide, fol. 64. 
BienLeure's... les miséricordieux. 
CAT. Misericordios. esp. tort. it. Mtsericor- 
dioso. 

6. MiSERICORDIA, S. f., lat. MISERICOR- 

mA, miséricorde, pitié, compassion. 
Majer es la misericordia de Dieu qu' el 
peccat non pot esser. 

Lii'. de Sydrac, fol. 129. 
Plus grande est la miséricorde de Dieu que le pé- 
ché ne peut être. 

Loc. Cridan misertcordia . 

Aiatz misericordia, sant payre, dels marrilz. 
l^. de S. Honorât. 
Criant miséricorde. 
Saint père, ayez pilié des aflligés. 
Es ses MISERICORDIA 3 ccluï quc no fai mi- 
sericordia. 

Trad. de Bide, fol. 83. 
Est sans miséricorde pour celui qui ne fait pas 
tyiiséricorde. 

Inclinai' a misericordia. 

Sebellir los morts es obra de misericordia. 

F. et Fert.. fol. 80. 
Incliner à miséricorde. 

Ensevelir les morts c'est œuvre de miséricorde. 
CAT. ESI'. PORT. IT. Misericordia. 

7. Misérable, adj,, lat. miserab/l/,v, 
misérable, malheureux. 
Theodori, misérables prestre. 

Ciit. dels apost. de Ruma, fol. /j6. 
Tliéodore , misérable prêtre. 
CAT. ESP. Misérable, port. Miseravel. it. Mise- 
rabile. 



MO 

MISIRAPA, s. f., cruche, pot. 

Hun home que porta huna misirapa d' aiga. 

Abr. de l'A. et du N.-T., fol. 2^. 
Un homme qui porte une cruche d'eau. 

MITRA, .<!./., lat. MITRA, mitre. 

Tolz los signes pontiflcals, l'anel e la MiTrtA 
e la capa. 

."V.c. evesques am mitras. 

Cal. dels apost. de Roma, fol. 217 et l()(). 

Tous les signes pontificaux , l'anneau et la mitre 
el la chappe. 

Cinq cents évêques avec mitres. 
CAT. ESP. PORT. IT. Mitva. 

MIULA , s.f., mâchoire. 

En la razit de miula o en paladar. 

Trad. d'Albucnsis , fol. 5. 
En la racine de la mâchoire ou dans le palais. 

MO, s. m., lat. ^odiis, mode, terme de 
grammaire. 

.V. MO son... indicatins , imperatius, opta- 
tius, conjunctius, inflnitius. 
L' optatius es ters mos 

Lejs d'amors, fol. 75. 
Cinq modes sont... l'indiiatif , l'impératif, l'op- 
tatif, le conjonctif , l'infinitif. 
L'optatif est le troisième mode. 

2. MoDi, S. m., lat. MODUi^, mode , ma- 
nière d'être. 

Cinq Sun li modi dels verbes. 

Gramm. proi'eno. 
Cinq sont les modes des verlies. 
CAT. EsP. PORT. IT. Modo. 

3. MoDERAR, V. , lat. MODERAR^', mo- 
dérer. 

Podo lo bayle e los consolz moderar sc- 
gon... la qualitat del fag e de la persona. 
For de Montcuc, Ord. des R. de Fr., 146.5 , 
t.XV[,p. 128. 
Le bailli et les consuls peuvent modérer selon.. . 
la qualité du fait et de la personne. 
Part. pas. Lo salari modérât d' un jorn tant 
solanicn. 
2^it. de 1424. IJist. de Languedoc, t. IV, pr. , 
col. 423. 
Le salaire modéréd'un jour tant seulement. 
CAT. ESP. PORT. Moderar. iv. Moderare, 

4. ModifxcAr, V., lat. modifigar/., mo- 
difier. 



ISIO 

Plassa a la dicha real mnjestat de modificak 
e clariflcar. 

Statuts de Pi-ovence. Julien ,1. I, p. 434. 
Plaise à ladite royale majesle' de modifier el 
éclaircir. 

Part. pas. Es en si peiliecbament modificada , 
so es a dire fonuada. 

Elue, de las propr., fol. 281. 
Est eu soi jarraitcmenl rnodijîee, c'est-à-Jiru 
forme'e. 
CAT. Esï». PORT. Modijicar. it. Modiftcare. 

5. MoutFiCATioN, .y. /l , lat. modifica- 
rioyerti, modification. 

La reformation et modification de justicia. 

Statuts de Provence. Jt'LlEN , t. I , p. 82. 
La reformation el modification de justice. 
CAT. Modijîcaciù. esp. Modijîcacion. port. J\1o 
difîcacào. it. Modijicazionc. 

6. MonERATIO, MODERACIO, S . f. , lat. 

MODERATio, modération, réserve. 
A la MODERATIO féal. 

Tit. de 1379. UoAT , t. CXXV, fui. 119. 
A la modération royale. 

Sinon qn'els agessan mes aiitra condicio o 
BiODERAcio o convenansa. 

Arbre de Jintalhas, fol. 237. 
Sinon qu'ils eussent mis autre condition ou ré- 
serve ou convention. 

CAT. Moderaciù. esp. Moderacion, port. 3/o- 
deracào. it. Moderazione. 

7. MoDERAMEN , S. itt., arrangement, 
tempérament , réserve. 

Sais als MODERAMENS de nos fafz. 

Sais dels moderamens, et reienguda la juris- 
diction nostra. 

Statuts de Montpellier, de 1258. 

Saufs aux arrangements par nous laits. 

Saufs des arrangements, et retenue la juridiction 
nôtre. 
ARC. ESP. Moderamiento. it. Moderatnento. 

8. jModular , V., lat. modular/, moduler. 

MoDCLAR o cantar dels salnies. 

Cal. dels npost. de Roina, fol. 90. 
Moduler ou clianler des psaumes. 
ESP. PORT. Modular. it. Mndulare. 

9. MoDULAcio, s. f., lat. MOi)i;r.ATio, 
modulalion. 

MoDULACio O mu7.iial proporcio. 

Elue, de las propr., loi. 280. 



MOF 

Modulation ou proportion musicale. 



243 



<:at. Modulacio. esp. Modiilacion. roRT. Mo- 
dulacào. IT. Modu/azione. 

MOBLE, (idj. , lat. mob/lew, mobilier, 
nieid)le. 

Tolas las causas de la heretat e moelas et 
imiuoblas. 

Trad. du Code de Justinien, ibl. 21. 

Toutes les choses de l'Iie'ritage et mobilières et 
immobilières. 

Substantiv. Mobi.e u nou nioble on nue sia , ni 
qiial que sia. 
l'it. de 1209. Ilist. de Languedoc, t. IJI, col. 219. 
Meuble et immeuble où qu'il soit , et ([uel <(u'il 
soil. 

Fig. MoBLE d' un'egaleza 

Auran li paubr'e'l manen. 

P. Cardinal : Jbesuni Crist. 
Meuble d'une égale sorte auront les pauvres et les 
riches. 

ANC. CAT. Noble. ESP. Moble, inueble. port. 
Movel. IT. Mobile. 

■i. MoBii.iA, S. f. , mobilier. 

Si la gleisa a tan gran dente que non posca 
esser pagat/, de la mobilia. 

Trad. du Code de Justinien, fol. I . 

Si l'église a si grande dette qu'il ne puisse être 
payé du mobilier. 

3. Immoele, adj., iat. immoh/lew , im- 
mobilier. 
O sia qu' ela sia mobla... o sia qn' ela sia 

IMMOBLA. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 19. 
Ou soit qu'elle soit mobilière... ou soit qu'elle soit 
immobilière. 

CAT. Itnrnoble. esp. Intnoble. port. Itnmovel. 
IT. Immobile. 

MOCHAR, V. , du grec fiux.îtv^ moquer, 
railler, taquiner. 
Voyez Leibnitz, Coll. ctjm., p. 63 
et I2 0. 

Sy ta lo MOCHAS denan la gen , tu Ibi faras 
mal, et el t'aura en azir. 

Zic. de Sjrdrac , fol. lob". 
Si tu le radies devant la gent , tu lui feras mal , 
et il t'aura eu haine. 

MOFLET, adj., mollet, tendre, Irais. 



M4 



MOL 



Del pan moflet de faria^. 

Cartiilaire de Monlpellierj fol. 59. 
Du pain mollet du farioe. 

MOIOL, MUIOL, MUGOL , S. 11)., hit. MO- 

diOLus, moyeu , jaune d'œuf. 
Lo Moiol d' un bueu fort batretz. 

Deudes de Prades , yluz. cass. 
Le moyeu d'un œuf vous battrez fort. 
Qiian uou ha dos muiols, ret dos polets. 
Elue, de las propr. , fol. 276. 
Quand un œuf a deux moyeux, il rend deux 
(loulets. 

A m MUGOLs de huous. 

Trad. d'Albucasis, fol. 62. 
Avec moyeux d'œufs. 

— Moyeu de charrette. 

Ses MuiOL e ses retomba. 

Arnaud Daniel : Lan can son. 
Sans moyeux et sans cycloide. 
iT. Mozzo. 

MOISETA, MOYSHETA, s.f., mouette. 
MoYsHETA es un petit auzel de rapina, lue- 
uutz anzels prendent. 

Elue, de las propr., fol. l4l. 
La mouette est un petit oiseau de rapine , pieuanl 
les petits oiseaux. 

Falc, esmerlllos e moiseta. 
Si no potz atrobar moizeta 
O d' autra pena petiteta , 
Si coin es de tort e de tria. 

Deudes de Prades , yluz. cass. 
Faucon , émérillon et mouette. 
Si tu ne peux trouver mouette ou d'autre petite 
penne , comme serait de tourd ou de grive. 

MOLA, .V. y"., lat. MOLA , meule. 

Las pins dignas peiras que sion, so las mo- 
i.AS del inoll ab que hom mol lo blat. 

Liv. de Sydrac , fol. 78. 
I..0S plus dignes pierres qui soient, ce sont les 
meules du moulin avec quoi on moud le blé. 
Alhtsiv. 'Mandibulas so... cnm quaysshi doa;. 
Moi.As pcr nioldre la vianda ordenadas. 
Elue, de las propr., fol. 42. 
Les nii'iclioires sont... comme quasi deux r/ieu/es 
cl.iltlies pour liruyer la nourriture. 

— Roue de grè.s dont on se sert pour 
aiguiser. 



MOL 

MoLA de fabre. 

Tit. de 1248. DoAT, t. CXVI, fol. 17. 
Meule de forgeron. 

— Môle , terme de médecine. 

- A fenina prens adhoras endeve la passio dita 

MOLA. 

Una horribla passa de carn pels pbizicias 
dita MOLA. 

Elue, de las propr., fol. 64. 

A la femme enceinte survient parfois la maladie 
dite /nôle. _ 

Une horrible pièce de cliair dite môle par les chi- 
rurgiens. 

CAT. Mola. ESP. Mola, intiela. port. Mo, mola, 
IT. Mola. 

— Pierre tumulaire. 

Qii' el sien vas estes ses escrich , 
Et en aquel de sa lilbola 
Mesessoa lo nom sus la mola. 

V. de S. Enimie, fol. 47- 
Que son tombeau demeurât sans inscription , et en 
celui de sa filleule qu'ils missent le nom sur la pierre 
tumulaire. 

2. MoLADENc, adv., en las, en écheveau. 
Que negun drap bru no sia ordit ni testiit 

ani negtin fiai tenbs moladenc. 

Tit. de i35t. DoAT, t. CXLVI , fol. 219. 
Que nul drap brun ne soit ourdi ni tisse' avec nul 
(il teint en écheveau. 

3. MoLAR, adj., lat. MOLAR/.y, meulière, 
propre à moudre. 

Si avia una peira molar liada al col. 

Trad. du N.-l^est., S. Luc, cli. 17. 
S'il avait une pierre meulière lie'e au cou. 
Peiras molars hi ero soen trachas. 

Cat. dels apost, de Ro?na, fol. 175. 
Pierres meulières y étaient souvent jetées. 

— - Dent molaire. 

Dents dilas molars, quar so aptas a moire 
la vianda. 

Elue, de las propr., fol. /^i. 

Dents dites molaires, car elles sont aptes à broyer 
la nourriture. 

Siil/st. Ku las MOLARS adhoras si fan verms. 
Elue. ,lc las propr.. fol. 85. 

Dans les molaires parfois se fbn( des vers. 
F.sp. roRT. Molar. \v. Molarc. 



MOL 

4. MoLiN, MOLi , S. m., lat. i^ioi.ctnya, 
moulin. 

(]ol MOi.iNz qu' a roda de latz. 
Que s niov tôt jorn, e no val re. 

T. d'Aimeri kt u'Ai.DF.iiï : Amicx. 
Comme moK/in qui a roue de côte, qui se meut 
toujours , et u'avance point. 

Fig. Met a sa lenga resclauza de discrétion , 
que pot retener lo ven de foll pailar, que 
non passe trop per lo moli de sa boca. 
f^. et Fert-, fol. io3. 
Met à sa langue e'cluse de discrétion , qui peut 
retenir le vent de fou parler, de sorte ([u'il ne passe 
pas trop par le moulin de sa Louclie. 
ANC. FB. Seignor, j'ai encor trois irtolms 
Molanz farine. 

Fabl. et cont. anc, t. I, p- ajj^- 
MoUns faire en eve torner. 
Noiiv. rec. defitbl. et cont. anc, I. I, p. 369. 
CAT. Moli. EST. Moîirw. i'ort. Moi11ho.11. Mo- 
hno. 

5. MoLiMER, MOLiNER, S. m., mcunief. 

Curn MOLiKiERs vira'l moii. 

MarcADRVS : Dirai vos. 
Comme mcM/iier tourne le moulin. 
Ta tengas moi.iîter en aquest moli. 

Tit. de I23i^. Àrch. du R., i. '60^. 
Que lu tiennes meunier istas, ce moulin. 
CAT. Moliner. est. Molinero. mur. Moleiro. 
IT. Moliriaro. 

6. TvloMEu, MOUNiv.R , .t. w. , niciinier. 

Aqiiist sagrament fau li monier. 

Al niolin en (jue ieu estanc per mounier. 

De r escala del di.ssapie son... mouniers. 

Carlulaire de Montpellier, fol. t^f) et /^5. 
Ce serment font les meuniers. 
Au moulin dans lequel je suis pour meunier. 
De la compagnie du samedi sont... les meuniers. 

7. MOLTL'RA, JIOLUURA, MOUTIIRA, MOU- 

DURA, s.f., lat. mol/tura, moiittirc. 

Aia Pons de Mondragon la moi.tura e M 
fermage. 

Tit. de 1225. Areli. de l'urch. d'yJrtes, n" 86'. 

<}ue f'ons de Mondragon ait la mouture et le fer- 
ma(;c. 

Alhirero aquo que agro gasanliat de moi.dura. 
'/■(/. de 1277. IJoAï, t. LXXIX , fol. 3o3. 
K\.iluèrent ce qu'ils .ivaienl (jagnr' il-- maiiliiir. 



MOL 



245 



Oiu non a gang pas del uioli , 
Mas per la moctura qu'en tra. 
15. Caubonel de Marseille , Coblas triudas. 
Ou n'a pas de plaisir du moulin , si ce n'est par la 
/«««/(/re qu'on en tire. 

Las très partz de la mouijura. del fromental. 

Cartulaire du JJugue, fol. 25. 
Les liois parties Je la mouture i^a froment. 
CAT. Moltiira. esp. Molienda. tort. Moeditrd . 
iT. Moliiiatnra. 

8. MoLRE, V. , lat. ]MOLt"iu;, nioiidre , 
tourner la roue du moulin. 
Las inolas del moli ab que hom mol lo blat. 

Liv. de Sydriic , fol. 78. 
Les meules du moulin avec quoi on moud le hle. 
Lo yssorberon , e pueys lo feron viure a 
grau vergonba, e fazian lo molre a gran ser- 

vitut. 

/''. et Vert., fol. 72. 
L'aveuglèrent, et puis le firent vivre eu grande 
vergogne , et ils lui faisaient tourner la meule eu 
grande servitude. 

— Broyer, mâcher. 

Las dens molo la vianda de que lo cors vîeu, 
e la lenga mena la vianda a las dens c lor 
ajuda a molre. 

Liv. de Sydrac , fol. 60. 

Les dents broient la nourriture dont le corps vit , 
et la langue mène la nourriture sous les dents et 
leur aide à broj'er. 
Part. prés. En .v. molis molens. 

Tit. du .xili' siècle. Arch. du Roy., Toulouse, 

J. 322. 

En cinq moulins moulants. 

ANC. Fit. Fist de sanc saillir plein boisel. 
Par le cbamp en cort le ruisel 
Si c'un luolin en jx-ust inoldre. 
Roman du Renaît, t. III , p. 371. 
Seignor, j'ai encor trois molins 
Molanz farine, muelent tuit. 

Fabl. et cont. anc, t. I, p. 2^j. 
-Mais les folz arrester n'y vuelent 
Ne que uiolins qu'à tous vens ineident. 
OFui'res d'Alain Chartier, p. (>28. 

— Emoudre, aiguiser. 
Part. pas. 

Vav fcrir 1' autre ain lu an d acier molut. 
Roman de Fierabras, v. v{)t)i. 
Va fr.Tpper l'autre avec glaive d'acier émoulu 
TA r. Mo/drrr. est. Voler, four. Vocr. 



246 



MOL 



j). MouTURAR, v. , moiiturer, prendre 
le droit de mouture. 
Que ieu non moutdre negnn blat dins vila 
ni ileforas ab neguna autra mesura. 

Curtulaiie de Montpellier, fol. li^o. 
(lue je ne mouture nul ble' dans la ville ni dehors 
avec nulle autre mesure. 

10. MoLiNAR , 2»., mouliner, tournoyer, 
tourbillonner, précipiter avec tour- 
noiement. 

Li montayna s'apella Dîna, 
C aiu royrias soven molina ; 
Deves l'adreg e '1 vinayres 
Peyras y logan mot espes. 

V. de S. Honorât. 
La montagne s'appelle Dina , qui avec ouragans 
souvent mouline^ devers le levant et le vent des vi- 
gnes les pierres y roulent moult e'pais. 

— Part. pas. employé stihstantiv. 

Que lo MOLiNATS del terrador..., ab tots sos 
aperteneuients , .sia del dich P. de Panât, ex- 
ceptât que no i fasa moli. 

Tu. du xaie siècle. DoA.T, t. CXXXVIIl, fol. 224. 
Que la chute d'eau du territoire... , avec toutes 
ses dépendances , soit dudit P. de Panât, pourvu 
(ju'il n'y fasse pas de moulin. 

11. MoLiNA,^./. , moulin, moulinet, 
petit moulin. 

Per razo de la molina. 

Tit.de 1274. Arch. du Roj., J. 323. 
A cause du moulinet. 

En las MOLiNAs de nostre dit comtat. 

Tit. de 1448. DoAT, t. XGVI, fol. i85. 
Dans les moulinets de notredit comte'. 

la. MoLiNARiA, S. f., mouture. 

Tota la MOLINARIA d' aquest moli. 

Tit. de 1234. Arch. du Roj., J. 3o4. 
Toute la mouture de ce moulin. 

i3. MoLiNAR,.y. m., vanne, chute d'eau. 
De r aiga del molinar. 

Tit. de 1274. Arch. du Roy., J. 323. 
De l'eau de la -vanne. 

En .V. mdli.s molens, et en las aiguas e 'Is 
MOMNARS que i so. 

2'it. du XIIK siècle. Arch. du Roj., Toulouse, 

J. 322. 
Kn cinq moulins moulant, et en les eaux et les 
vcinnes qui y sont. 
ANC. ESP. l\/oliiiar. 



MOL 

i.'j. Amola, s./., ampoule, fiole. 

Près Samuel liuna amola tota plenad'olï, 
e gitet la sobre lo cap de Saul. 

Aùr. de l'A. et du N.-T., fol. 14. 

Prit Samuel nne ampoule Xoiiie pleine d'Iiuile , 
rt la jeta sur le chef de Saiil. 

I 5. Amoleta , s.f. dini., petite ampoule, 
petite fiole. 

Pren hun' amoieta , e vay en l'ostal de 
Yzayas. 

Abr. de VA. et du ]S.-T., fol. t5, 
Prends une petite ampoule, et va en l'hôlelli'lsaïe. 

iG. Amolar, V., émoudre, aiguiser. 
Qui de fort fozil 
Non volb coltelh tochar, 
Ja no '1 cuid' amolar 
En un mol cembeli. 
GiRAUD DE BoRNEiL : Leu cliansoneta. /^«r. 
Qui de tort fusil ne veut frotter couteau , jamais 
ne pense Vaiguiser sur une molle fourrure. 

ANC. l'R. Forte et longue l'espée et ainoiilée. 

Gage de la Bigne , Ms. fol, 107. 
ESP PORT. Amolar. 

17. EsMOLEDOR , i'. //2. , émouleur , ré- 
moideur. 

Els aguza e 'Is esruol...; 
Merces al esmolkdor , 
Ben venran a vita eterna. 

Bertrand de Born : Greu m' es. 
Les aiguise et les e'moud...; grâce à Vémouleur, 
ils viendront bien à la vie e'ternelle. 
ANC. FR. Enst baillié un fessouer pour amol- 
lier à Vesrnoiiieur. 
Lett. de rém. de i334. Carpentier, 1. 1, col. 193. 
CAT. Esmolador. esp. port. Amolador. 

i8. EsMOLAR , V., émoudre, affder, ai- 
guiser. 
Part. pas. Jîg. An las leng.ns pus esmoladas 
que rasors ni alena. 

A', et f^ert., fol. 25. 
Ont les langues plus affilées que rasoir et alêne. 
CAT. Esmolar. 

19. EsMOLRE, V., émoudre, aiguiser, 
affiler, perfectionner. 
Els aguza e 'Is esmol 
E'is toca coma coutelh. 

Bertrand de Born ; Greu m'es. 



MOL 

Les aiguise el les cmotid et les touclin comme 
couteau. 

Fig. D' on totz raos afars s' esmoi. , 
E conoyssensa m rêve 
"Vas leys cny bon prelz mante. 

AzF.MAR LE Noir : Era m vay. 
D'où toute mon affaire se perfectionne, el la con- 
naissance me revient vers celle qui inaintieut bon 
mérite. 

Part. pas. 

Detrenchan e detalhan al) les brans ESMOi.nxz. 
O npcha esmoluda , fancilla o pilo. 

Guir.LAL'ME DE TllDELA- 

Tranclicnt et de'taiilenl avec les glaives émonlits. 
Ou baclie émoulue, faucille ou javelot. 
Fig. An Ia.s lenj;as plus esmoludas que razoïs 
ni que nlena. 

y. et Fert., fol. 25. l'ar. 
Ont les langues plus affilées que rasoir el que 
alêne. 

Los descbanzitz 
Ah las lengnas esmoutas. 

A. Daniel : Dois hrays. 
Les grossiers avec les langues affilées. 

Aftc. FR. Amors ne crient darl esmolu. 

Fabl. el conl. anc, t. 11 , p. \gi. 
l'our Vesmoridre trop, lai fait perdre le fil. 
OEuvres de Dubellay , p. ^oi. 
(AT. Esmolar. port. Âmolar. 

■2.O. Emolumf.x, .?. rfi. , lat. emolumen- 
tu/n, émolument, subside. 
Los dits EMOLDMENs quc soti grands e de 
gran valor. 

Tit.de il\7~\. Hist. de Languedoc, pr. , t. IV, 

col. ^22. 
Lesdits subsides qui sont grands et de grande valeur. 
La meylat dels emolumens. 

Coût, de Saussignac, de i'ixi). 
La moitié des émoluments. 
c:at. Emolument. E?iP. port. it. Emoliunento. 

MOLADA, s. /., suie, noir de fumée. 
Ab clara d' haeu et ab molada 
Ken negra. 

Deldes DE I'r\des, j4uz. cass. 
Avec glaire d'œuf el avec suie Lieu noire. 

Icu vey lay nn diable pus nègre que moi.ada. 

Roman de Fierabras, v. /^2o". 
.le vis là un diahie plus noir que suie. 
Awr:. FR. Aucun ne mettra... noir de cbandière 
que on appelle à Paris molée. 

Fit de I.Hgc. C.ARPENTIFP, I. H , col. l.'^lir. 



MOL 24 7 

I\IOT,ESTE, adj., lat. molestm.? , fâ- 
cheux, incommode, chagrinant. 
Murnuirios e moleste e tuibolent. 

Trad. de Bide, fol. 20. 
Grondeur q\ fâcheux et turbulent. 
ANC. FR. Si ne fut-il pas à son arrivée impor- 
tun du conjniencenient ne moleste au.\. 
Grecs. 
Amyot, trad. de Plutan/ue. Vie d'Antoine. 
L'envie, umnstre borrible , abominable peste, 
Plus que tout autre mal furieuse et moleste. 

ScÉVOLE DE SaINTE-MaRTHF. , p. l6. 
f.AT. Molcst FSP. PORT. IT. MnleStO. 

■i. IMolî:sti.a, s.f., lat. MOLESTi.v, ennui, 
enihanas, contrariété. 
Garda ti de fol, que non aias molestia. 
Trad. deB'cde, fol. 73. 
Garde-loi de fou, afin que tu n'aiu pas de con- 
trariété. 

ANC. FR. Que il ne li féist moleste. 

Tôt jors nos avez fet moleste. 
Roman du Renart, t. ill, p. i38. etl. II, p. 168. 
Plusieurs autres honneurs ont jadis esté tor- 
nez en molestie. 

G. Tory, Tr. des Polit, de Plutan/ue^ fol. 55. 
CAi'. tsp. PORT. IT. Molestia. 

3. MOLESTAR , 1'., lat. MOLESTARC, mO- 

leslcr. 

MoLESTEN lo dit abbat , sosservidors et lo dit 
monestiiT. 

Tit. de i4:jo. DoAT,t. CXLII, fol. 220. 

Molestent ledit ahhé , ses serviteurs et ledit mo- 
nastère. 

Part. pas. Non puesca esser molestât. 

Statuts de Provence. lîo.MY, p. 200. 
Qu'il ne puisse être molesté. 
CAT. F.sp. port. Molestar. it. Molestare. 

4. MoEESTATioN , S.f., molestalion, 
vexation. 

Préserva r... de... molestations. 

Tit. de \\\o. DoAT, t. CXLII, fol. 221. 
Préserver... de... molestations. 

MOLH, adj., lat. Moi.//.f, mou, tendre, 
doux , souple. 

Lo jian del folh 
('audet e moi.h 



9.48 



MOL 



Manthic, e lays lo raieu frezir. 

MaRCABRUS : U'aisso laus. 
Le pain du fou cliaudet et tendre je mange, cl 
laisse le mien froidir. 

Trop son espes denan , 
E MOLs deves lo trenclmn. 

Bertrand de Born : Gi-eu m es. 
Sont très e'pais devant , et ino'is devers le traii- 
«liant. 

De cuer qae s!a mols e plas. 

Deudes de Prades , Aiiz. cass. 
De cuir qui soit souple et uni. 
Fis;. Ans n'a cor plii.s bumil e mol. 

Arn.add Daniel : D' autra guisa. 
Mais en a le cœur plus humble et mou. 
cat. MoU. ESP. Blole, muelle. port. it. Molle. 

1. MoLAMEN, adi'., mollement. 
\'igorosanien , 
Non de paraula molamen. 

Brei>. d'amer, fol. 68. 
Vigoureusement , non de paroles mollement. 
ANC. CAT. MoUament . esp. Mtiellemente port. 
IT. MoUemente. 

3. MoLET , adj. dim., mollet. 
Es pauc atupla e be moleta. 

Deudes de Pr\des, Auz- cass. 
Est peu ample et bien mollette. 
ANC. FR. 

Pnis nous endormirons dessns l'herbe molette. 

Ronsard , t. 1 , p. t64- 
CAT. Mollet. 

/|. MOLLEZA , MOLEZA , S./., Ult. MOLLUiA , 

mollesse , douceur, souplesse. 
En home den resplandir vertut et forssa, non 
pas MOLE/.A de corriiptio ni de frevoleza. 
MoLLEzA e tenreza de cor et de cors. 

y. et f^ert., fol. 70 et l?,. 
En l'homme doit resplendir vertu et force , non 
pas mollesse de corruption et de frivolité. 
Douceur et tendresse de cœur et de corps . 
Fluzibilitat et moleza. 

Elue, de las propr., fol. a;.*). 
Flcxil)ilité et souplesse. 
ANC. CAT. MoUesa. anc. esp. MoUez. poht. 
MoUeza. it. MoUczza. 

5. Amollezir, amolezir , V., amollir. 
Per AMOLi.EziR vigor et fermetat. 

Elue, de las propr., fol. 12. 
Pour amollir vigueur cl fermeté'. 



MOL 

La quais la fay amolezir. 

Brev. d'amor, loi. 87. 
La<]iiclle la fait amollir. 
Part. pas. Dels oorns al foc redressalz et amo- 
i.ezitz. 

Elue, de las propr., fol. sBg. 
Des cornes redressées et amollies au feu. 
CAT. Amollir, anc. esp. port. AmoUecer. it. 
Ammollire. 

6. Emolezir , V., amollir, adoucir. 
SI banha per emolezir la pel. 

Trop si EMOLEZISH. 

Elue, de las propr. , fol. 23^ et 99. 
Se haigne pour amollir la peau. 
Beaucoup s'amollit. 

7. Amoi.egar, V., amollir, ameublir. 
Eig. El se laisset cazer als pes de Joseph per 

vezer si lo [)OYria amolegar en sa gran ira. 
Hist. ahr. de la Bible en proi'. , fol. 20. 
Il se laissa tomber aux pieds de Joseph pour voir 
s'il le pourrait amollir dans sa grande colère. 

Que non poijuesson ni vezer ni auzir ni 
sentir cauzas delechablas al cors , per que la 
forssa del cor se pogues amolegar. 

r. et Vert., fol. 85. 
Qu'ils ne pussent ni voir ni ouïr ni sentir choses 
délectables au corps , par quoi la force du cœur se 
pût amollir. 

Part. pas. Coraa cera amolegada per far sa- 
gel , e coma bona terra ben amoiegada et 
aparelhada per recebre bona semensa e 
bonas plantas. 

F. et Fert., fol. 36. 
Comme cire amollie pour faire sceau , et comme 
bonne terre bien ameublie et préparée pour recevoir 
bonne semence et bonnes plantes. 
ANC. FR Li pria que il refrainsist et amoliast 
la maie volenté de son père. 
Mais il les sonsplia et ainolia leur orgueil!. 
Chron. de Fr., Bec. des hist. de Fr., t. III, p. 283 

et 189. 
Moult a dir cœur qni n^amo/ie, 
Quant il frove qui l'en snplie. 

Roman de la Rose, v. SagS. 
Vous le dites pour moi amolier. 

Le roi de Kavahre , chanson l^2. 

'•■>. MoLLiFicATii; , adj., mollificatif, 
adoucissant, émoUient, assouplissant, 
Am emplastre mollificatiu ayssi cum dyal- 
laqailon ben fayt. 

Trad. d'Alliucasis , loi, HCi. 



MOL 

Avec emplâtre adoucissant comme diacliylon Lien 
fait. 

Es del estomach moi.i.ikicativa. 

Elue, delas propr., fol. 7^. 
Est de l'estomac adoucissante. 
ESP. iT. MolliJîcaCtvo. 

g. Moi.LiFicAcio, s./., lat. molmficatio, 
assouplissement, élasticité, souplesse. 
Dono a la cnrn moli.ificacio. 

Elue, de las propr., M. i 17. 
Donnent souplesse à la cliair. 

— Faiblesse , affaiblissement. 

Si es necessari en la nialaiitia de moli.ifi- 
TACTO del corps. 

Trad. d'Albucasis, iol. i^. 
S'il est nécessaire dans la maladie à'aJJ'aiblisse- 
ment du corps. 

ESP. MoUificacion. pokt. Mollificacào. it. ISlol- 
lificazione . 

10. MoLLiFiCAR , V., amollir, assouplir, 
adoucir. 

jMollificar et recnrvar ab foc. 
.\b unguens... membres mollificar. 

Elue, de las propr., fol. 62 et 82. 
y/mollir et rccourher avec feu. 
Avec onguent... assouplir les meml)res. 
Part. prés. Ani aygua tebeza en la quai so 
coytas erbas mollificants. 

Trad. d'Albucasis, loi. 66. 
Avec eau tiède dans laquelle sont cuites herbes 
émollientes. 
Pari. pas. Si per saliva uo ero preparadas et 

MOLLIFICADAS. 

Elue, de las propr., fol. !\5. 
-Si par la salive elles n'e'taient prc'parées el amol- 
lies . 

La palpebra es mom.ificaha. 

Trad. d'Albucasis, fol. 16. 
La paupière est assouplie. 

CAT. MoUificar. esp. Molificar. port. MolUfi.- 
car. IT. Mollificare . 

MOLHER, MOLLER, MOILLF.R, MOIM.IF.R, 

.v,/., lat. MULiER, femme, épouse. 
Porlarcamiz'aL ànrqne'l moi-HercoIz tôt l'an. 
SoRDEL : Sel que m. 

Porter chemise avec or que la femme coud toute 
r.innée. 

Al) las autrui MOii.r.p.Rs 

III. 



MOL 



'-49 



Faillir non doptei gairc. 

Lanfranc Cigala : Oi ! maire. 
Avec \sti femmes d'aulrui de faillir je ne craignis 
guère. 

No let7, a ta avcr la mollf.r de fo fraire. 
Trad. du N.-Test. S. M.\RC, cli.6. 
11 n'est pas permis à foi d'avoir la femme de ton 
frère. 

Fii(. El rey d' Arago donet per molher las 
cansos d'En Guiraut de l'ornclh als siens 
sirventes. 

/^. de Bertrand de Born. 
Le roi d'Aragon donna pour femme les chansons 
de Giraud de Borneil aux siens sirvenics. 

— Femelle. 

Passer... per sa molher guerreia. 
Gai... tant ama sas molhers que, trobada 
pastnra, el las sona, e per que manjo. 

Elue, de las propr. , fol. i;^8 et 1^6. 
Le passereau... guerroie pour sa, femelle. 
Le coq... aime tant ses fefnelles que, la pâture 
trouvée, il les appelle, et pour qu'elles mangent. 
ANC. FR. Muh ont grant dnil de sa mitillier. 
Boman de la Bose, v. 5388. 
Et vont devenir mouUer, 
En filer entre pncelietes. 

Villon, p. 36. 
Et prendre en paclence 
A sa noble mouUier. 

MoLiNET , p. 149. 
ANC ESP. Peor enferma moUer. 

Ortiz de Zink; , Ann. de Sevilla. 
CAT. NuUer. esp.mod. Muger. port. Miilker. 
IT. MogUere, inoglie. 

1. MoLiERANSA, >¥. /. , mariage, épou- 
saille. 

Ara digara de matremonis , so es de las mol- 
lieransas. 

Trad. du Code de .Tuslinien, fol. ^5. 
Maintenant parlons de mariages , c'est-à-dire des 
épousailles. 

Liât del no de molieransa. 

Trad. de B'ede , fol. 32. 
Lie' du noîud de mariage. 

3. MoLHERAMEN, S. m., mnriagc. 

A nossas ni a MOt.neRAMENs. 

I/.AIIN : Diguas me tu. 
A noces ni à mariages. 

\. Moi.HERAR , Moii.i.ERAK , ?'., iTiaricr, 
prendre femme. 

3-.i 



•2 5o MOL 

Ce mot no se disait que pour l'Iioin- 
ine, comme maridar no se disait quo 
pour la femme, l'un venant de mulie- 
■Rcm et l'autre de mar^/w. 

Car mais val che ns mollerem. 

Roman de Blandin de Cornouailles. 
Car mieux vaut que nous nous mariions. 
Part. pas. Que gilo/.ia defendatz 

A totz los homes mot.heratz 
Que en vostra terra estan. 
R. Vidal DE Bezaudun : Unas novas. 
Que vous dcfendiez la jalousie à tous les hommes 
mariés qui sont dans votre terre. 
El coms venc en Bigorre, on a'I filh molberat. 
Guillaume ije Tudela. 
Le comte vint en Bigorre , où il a le fils marié. 
Adulteris , es cant homs es molheratz, o 
ferana maridada , o ambidoy o so, e falso lor 

mariatge. 

Liv. de Sjdrac , fol. i3o. 
Adultère, c'est quand un homme est marié, ou 
une femme marie'e , ou que tous deux, le sont , et 
faussent leur mariage. 

Siibst. Si m vol ml dons tener vestit o nnt, 
Baisan lonc se, en Inoc de moillerat. 
G. .«^DHEMAR : Non pot esser. 
Si ma dame veut me teuir vêtu ou nu , me hai- 
sant à côte' d'elle , en place de mari. 
CAT. MilUej-ar. 

5. Amoillerar , V. , marier , prendre 
femme. 

Venc SE amoillerar a l't.sla, e Venaissi, en 

Proensa. 

f^. de Hugues de Pena. 

Il vint se marier à l'Ile, en Venaissin , en Pro- 
vence. 
ANC. c.^T. Amoillerar. iv. AmmogUare . 

MOLLE , s. m., moule. 
De cera en molle. 
Vodet... son molle de cera. 
y^. de S. Flors, DoAT, t. CXXllI , fol. 285 et 290. 
lie cire en moule. 
Voua... sou moule de cire (son cierge). 

MOLLETA, s. f. , mollette, sorte de 
coiffure. 

En son cap porta barreta 

D' ermini , 1' apellan molleta 

y. de S. Honorât. 
Sur sa lète porte harrette d'hermine , ils l'appel- 
lent mollette. 



MOL 

MOLT, MOIIT, MÛT, MOTZ, ûcli' . (Ic qtldU- 

titt', lat. MULTimi , moult, beaucoup, 
très. 
Moi.T val lo lies que T om fai e joven. 
Poème sur Boèce. 
!\loult vaut le Lien que l'on fait en jeunesse. 
A donina , so sapcbalz. 
Esta MOLT gent beutatz, 

Arkaud de Marueil : Razos os. 
A dame , cela sachez , sied ?«oi//< gentiment hcaiile. 
Mot m'entremis de chantar volontiers. 
Peyrols : Mol m' entremis. 
Moult je m'entremis de chanter volontiers. 
Vos amarai, vos plassa o us pes, 
Mas MOUT valgra mais que us plagues. 
Guillaume de Berguedan ; Aisi com. 
Je vous aimerai , qu'il vous plaise (Ui vous pèse , 
mais il vaudrait beaucoup plus qu'il vous plût. 
Loc, Los encllnaran a motz de bes. 

F. et Fert., fol. 82. 
Les inclineront à moult de tiens. 
awc. fk. jMuU deit fère pur sa preière. 

Marie de France , t. Il , p. 6i 
Mez miilt part fn cruel e mith fu envions. 
Roman de Rou, v. 44''- 
Certes ge sui marrie malt, 
fi. de Parlhonopex de Blois, not. des MSS., t. IX, 

p. 31. 

Quant Hannibal, roi de Cartage, 
Eut .subjugué moult de Romains. 

Alain Chartier, p. 720. 
IMoiih manque à qui moult désire. 
Luc De la Porte, Trad. des Od. d'IJoruce, p. 8'). 
c.vr. Molt. ESI'. Miicho. por.r. Miti, iniiito. ir. 

Molto. 
— Âdjectiv. Sanet en motos que eran treballat 
de diversas laugors. 

Trad. du N.-Test., S. Marc , cli. i. 
En guinil de nombreux qui étaient tourmentés de 
diverses langueurs. 

Moutas .sazos es boni plus volentos 
De so don mais e dans li deu venir, 
Que de son beu. 

G. Faidit : Moulas. 
Nombreuses saisons ;très souvent) l'homme est plus 
désireux de ce dont mal et dam lui doit venir, que 
de son hien. 

Loc, Motas de vetz pensani boni de far be 
Una causa de qui venra grans mais. 
B. Carbonel : Motas de. 
Nombre de fois on pensera de hien faire une chose 
de qui viendra grand mal. 
fiAT. Molt. est. TS'hicko. roRT Mtiito. it. T\lolto. 



MOL 

2. MoLTiSME, aiL>. superL, extrêmement, 
excessivement. 

En Ini ac cliavalier moj.ïisme bo. 

Romande Gerarcl de Rossillon, loi. i^- 
En lui eiil chevalier exire'iitement bon. 

3. MOLTEZA, MOUTEZA, MOTEZA , V, /. , 

miiltitiule, quantité. 

^loI.TKZA (1' OIIICS. 

Leys d'amors, loi. 53. 
Multitude d'iiomnu-s. 

Ordes d' angeis , es moutf.za 
De celeslials esperitz. 

JJrei'. d'amer, fol. 19. 
Ordre d'anges , c'est multitude d'esprits ce'lestes. 
Fig. Tan grans es la moteïa de la donssor que 
tn as rescota a tos temetis. 

r. et /^crt., fol. 55. 
Tant est grande la (/utmlilc de la douceur que tu 
as cacliée à ceux qui te craii;nont. 

4. MouTALEZA, S. /., al)ondance , quan- 
tité. 

Ha de poble gran moutai,e7.a. 
Lebre... ba de pels moutai.eza. 

Elue, de las prnpr., fol. 174 et 25:). 
A grande abondance àa peuple. 
Le lièvre... a quantité de poils. 

5. MULTITUT , S.f., lat. MULTITUDE, 

multitude. 

Lo Filh de la verge Maria deyscendet delb 
celh am gran multitut d'arcangilbs e d' an- 

gilbs. 

Philomena. 
Le Fils de la vierge Marie descendit du ciel avec 
grande multitude d'archanges et d'anges. 

<:at. Miiltitut. ESP. Multitud. tort. Multidào. 
iT. Niihitudine, mohitudine. 

6. MULTIPLICAMEN , S. 171., multipH- 

cation. 

De 90S doze fils los Mnr.TrPLicivMEN.s. 

Pierre de Cokriac : Kl nom de. 
De ses douze fils les multiplications. 
AKC. PR. Pur li midtipliement del peupb; Deu. 

/Inc. trad. des Liv. des Rois, fol. 1. 
ASC. CAT. MidtipUcamcnt. it. MultipUcamcnto, 
moleipiicamcnto. 

7. MOLTI PLI AELE, adj., lat. MLLTIPLICA- 

u/lew, miilli|jlial)lc. 



MOL 25 1 

Vm mui.tipi.iable re]ilicamen. 

Lcys d'amors, fol. no. 
Avec redoulilement mullipliable. 

CAT. ESP. MuhipUcable. port. Mtdtiplicavel. 

S. MuLTiPLic.ATiu , (idj., multiplicatif, 
augmentatif, 
l'ims niur.TiPi.icATtu. 

Cobla MDLTIPI.tCATIVA. 

Leys d'amors, fol . 22 et 21 . 
Rime multiplicative. 
Couplet multiplicatif. 
Vianda... es... de sanc multipucativa. 

Elue, de las propr. , fol. ^3. 
Mourrilure.. . est... augmentalwe de sang. 

9. Multiplicitat, s.f., multiplicité. 
Per la multiplicitat que ha. 

Leys d'amors, fol. i^^. 
Par la multiplicité qu'il a. 
La MCLTiPUCiTAT de nostres uegocis. 

PnV . accordés par les R. d'Angl., p. 36. 
La multiplicité de nos affaires. 
CAï. Multiplicitat. esp. Mtdtiplicidad. port. 
MultipUcidade. w. MidiipKcità, moJtipli- 
cità, inuhipUcitate, inuhiphciCade , 

10. MULTIPLÏCATIO, S. f. , lat. MULTI- 

PLicATio, multiplication , augmenta- 
lion. 
Multiplications de candelas. 

Doctrine des fraudais. 
Hfulliplication de chandelles. 
CAr. Multiplicaciô- esp. MtdtipUcacion. port. 
Multiplicacào. it. Multiplicazione, rnolti- 
pUcazione . 

11. MULTIPLICAR, MULTII'LIAR, V. , lat. 

MULTiPLicARe, multiplici', augmenter, 

propager. 

Jbesu Crist cant... acfalz inotzde miracles, 
de MULTIPLICAR los .V. pas e los dos peyssos. 

Lo boizes eulen... a multiplicar son aver. 
t^.et r<;W.,fol.55el63. 

Jcsus-Christ quand... il eut fait moult de mira- 
cles, de multiplierles cinq jjains et les deux poissons. 

Le bourgeois entend... à augmenter son avoir. 
Fig, Viron mci.tiplicar. aicela gran folia. 
Guillaume de Tudela . 

Virent propager celle grande folie. 

Multiplicar iiierssorgas e vanas paraiilas. 
r.el Vert., fol. 17. 

Mulliplur mensonges et vaines paroles. 



aSa 



MOL 



Malvestatz 

Mais MULTIPLIA 

Deves totz latz. 

Jean Esteve : Cossi moria. 
Méchanceté plus se multiplie devers tous celés. 
Apres, Dieus, quan los ac formatz, 
Ditz ; Creissetz e multiplicatz. 

Brev. d'amor, iol. 56. 
Après , quand il les eut formés , Dieu dit : Crois- 
sez et niullipliez. 

— Terme de mathématiques. 

Creisser, multiplicar e niermar dtvidens 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Additionner, multiplier et amoindrir en divisant. 

Pare. pas. Entruey que fosso mdltipliadas 
pel mon. 

Lii>. de Sydrac, fol. 1 16. 
Jusqu'à ce qu'elles lussent multipliées par le 
monde. 

ANC. FR. Sire, pnrquei snnt/««fcjo//ef mienemi? 
Ane. trad. du Psaul.j Ms. n" i, ps. 3. 
Sur gravele seieut multipliet. 

Ane. trad. du Psaut. de Corbie, ps. i38. 
CAT. ESP. PORT. Multiplicar. it. MultipUcare , 
inohiplicare. 

MOLTO, MOUTO, MOTO, s. w^., mouton, 
bélier. 
Voyez MuRATORi, Diss. 33. 

Ar es prefz de raubar 
Buous, MOTO.s e berbitz. 

GiRAUD DE boRNEiL : Per solatz. 
Maintenant c'est mérite de dérober bœufs , mou- 
tons et brebis. 

El près .1. Mor.TO, e tolc Ihi la testa. 

Lit're de Sydrac, fol. l\. 
Il prit un mouton, et lui enleva la tête. 

Proverbial. Es plas necis que Monxos. 

Bertrand de Born : Maitolin. 
Tu es plus niais que mouton. 
Lac. fig. Trop ai estât sotz, coza de mouton 
Qu'eu non chantiei de ma dompna, ma sogra. 

Guillaume de Berguedan : Trop ai eslat. 
J'ai trop été sous la queue de mouton (resté coi) 
c|ue je ne cliantai de ma dame , ma belle-mère. 
ANC. i-R. Ot la gresse des agnel.s e debs miihuns. 
Ane. trad. du Psaut. de Corbie, ps. 75. 
Corne mutuns serez tuez. 

Ptoman de Rou, v. 63o3. 
ANC ESP. Que .xxuii, loboscomerianun tiioton. 

Poi'ina de Alcxandrn, cop. 100. 
<:at. Mohà. n. Mohone. 



MOM 

— • Bélier, l'un des signe.s du zodiaque. 

Lo solhel..., 
Quan passa per la regio 
Del dih signe nomnat moto. 

Brev. d'amor, fol. 2f>. 
Le soleil... , quand il passe par la région dudit si- 
lène nommé bélier. 

2. MouTONET, .y. m. dim., petit mou- 
ton , agneau. 

Raubetz dels moutonetz velutz. 

Torcafols : Comunal en. 
Que vous dérobassiez des petits moutons velus. 

3. MuTONiN, adj., de mouton, mouton- 
nier. 

No trobo oarn mutonina, 

Bestias caudas et hmaidas com so muto- 

NINAS. 

Elue, de las propr., fol. 237 et 233. 
]\e trouvent chair f/e woHton. 
Bêtes chaudes et humides comme sont les mou- 
tonnières. 

/|. MoTONiER , S. m., vendeur, marchand 
de moutons. 

Mazelliers aion .v. rutîos, so esassaber... 
dos , motoniers. 

Cartulnire de Montpellier, fol. /J5. 
Que les bouchers aient cinq suffrages, c'est à sa- 
voir... deux , les "vendeurs de moutons. 

5. MOLTOMNA, MOTONINA, S. f. , peaU 

de mouton. 

La dotzena de moltoninas. 
Dolzena de motoninas afaitadas, .1. d. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 1 1^ et 1 13. 
La douzaine de peaux de moutons. 
La douzaine de peaux de moutons apprêtées , un 
denier. 

MOMENT, s. m., lat. momentm///, mo- 
ment, l'une des divisions du temps. 
Us pons es d' ora quarta partz ; 
De qnascus dels ponhs i.ssamens, 
La dezena part es mowkns. 
Mowens en .xii. partz pariitz, 
Quascuna partz onsa se ditz. 

Brev. d'amor, fol. t\^. 
Dn point est la quatrième partie d'une heure; de 
(liacun des points également, la dixième partie c'est 
un moment. 

Le moment en douze parties partagé , tiiaquc par- 
tie once se dit. 



MON 

Las on.sas e'is MOMEXs. 

PlERHE DE COKBIAC : lil IlOIll <Ic. 

Les ODccs et les moments. 
CAT. Moment, est. i-ort. it. iloinento. 

MONESTAR, v., du lat. monft-^?, aver- 
tir. 
Ce verbe se trouve dans la liste que 
la Grammaire provençale donne des 
verbes de la première conjugaison 
en AR. 

Montar, monestar. 

Gramin. provenr. 
Monlor, tii'ertir. 
Enduire deii e monestar.... 
MoNEsTAR, es moslran blar.den 
Zo don pot pueis f.ir luandanicii. 
Deddes de Prades , Poème sur les Vérins. 
Doit induire et avertir..,, Avertir, c'est iimpii- 
traut eD caressant ce dont il peut après l'aire cum- 
mandcinent. 

1. Mo>"lTIO>", MOXICION, S. f., lat. MO- 

snioycm, nionilion, avertissement, 

avis, remonfrance. 

Fer MONiTioNs et censuras ecclesiasiicas. 

Fors de Béarn, p. lo^j. 
l'ar remontrances et censures ecclésiastiques. 
En alcunas sieuas monicios. 

Trad. d'Albiuasis, fol. 1. 
lin aucunes siennes rnonilions. 

CAT. Moniciô. est. Monicion. it. Monizio>ic. 

3. MoNiTORi, «c^., lat. .MOxnoRi«.y^ mo- 
nitoire. 

Letras monitoria.s. 

Fors de Béarn, p. Ii)8(). 
Lettres monitoires. 
CAT. Monitori. esp. it. Monicorio. 

If. Amonestar, V. , avertir, admonéter, 
réprimander. 

L' archivesque prec , de oui e.s Tolela , 
Qa' AMONESTF. io IjoH rev d' Arago. 

Guillaume de Mur : D' un sirventes. 
Je prie l'arclievéque , à qui est Tolède , qu'il aver- 
tisse le bon roi d'Araçon. 

Ipu vry als fais ios lis amoneii ar. 

1'. CARDINAL ; Un siivcntcs las. 
.le T015 aux taux les fidèles ndmoiictcr. 



MON 



;3 



Part. pas. Ver razo e |)er es.semple es amones- 

r\i)A. 

IVud.deBède, loi. 58. 
l'ar raison et par exemple elle est avertie. 
ANC. l'R. ?'.lle vou.s prie et amoneste ; 
Ne refuses pas sa reqiieste. 

Roman de la Rose, v. 33i5. 
l'ar telles paroles me anionestoit. 

Alain Ciiartier , p. 278. 
(Al', tsi'. Amonestar port. Adinoestar. 

5. Amonestable, adj., capable de per- 
suader, prévenant. 

En amonestaiu.as paranlas. 

Trad. de l'Epître de S. Paul anjc Corinthiens. 
En paroles ^reVena«/f.ç. 

6. Amonestanza, s. f., avertissement, 
réprimande. 

Li fai AMONESTANZA, c H proiuet perdon. 

La nobla Leyczon. 
Lui lait réprimande, et lui promet pardon. 

7. Amonestassio, .y.y., adtnonition, avis, 
instigation. 

Lo ferinamen de son coralge orrezet per 
amonestassio del serp. 

Declaramens de rnnt/is demandas. 
La fermeté' de son ciBur il souilla \nv l'instiga- 
tion du serpent. 

CAi'. Ainonestaciô. esp. Ainonestacion. port. 
Adnioestacào. 

8. Amonestamen , .y. m., admonition, 
avertissement, suggestion. 

l'er Los e sans amonestamens. 

F. et A'e/r, fol. 7G. 
Par l)ons et saints avertissements. 
Kl fo dessenbulz per I'amonestamen del 
diable. 

l.iv. de Sydrac, loi. i3. 
Il fut déçu par la suggestion du diable. 
ANC. esp. Ainoncstamento, amonestamiento . 

(). Amomcio , .1./., lat. ac/momtio , ad- 
monition , avertissement. 
Hy deii boni uietre Ios engnens e Ios eni- 
plautz de dossas amonicios. 

r.et Vert., fol. ^7. 
On y doit mettre les onguents et les emplâtres île 
douces admonitions. 

ANC. in. Adam fut j)iis en pécbié par ton anio- 
nicion en un jardin. 

Modiii; et Ralio, 1\L. , fol. 31?.. 



254 ^1C)N 

Estouppez V07. oreilles à tontes bonnes amo- 
/licioris. 



Alain Chartier , p. 4i3. 



iT. Âinmonizione. 



10. Desamonestar , V., détourner. 

Los enclinaran a motz de bes, e les des\- 
MONE5TARAI* luolz de mais. 

l'- et yert., fol. 82. 

Les inclineront à moult de Liens , et moult les dii- 
tourneront de maux. 
ANC. CAT. Desamonestar. 

11. COMONIR, CUMUNIR, ^\ , lat. cow- 
MONERt?, avertir. 

Tu cuMUNiRAs..., CDMUNiR lue faras. 
Per quantas vcz nos en comonirez. 

Titre de 960. 
Tu avertiras..., avertir me feras. 
Par combien de fois vous nous en avertirez- 

Entro lo comonesca. 

Titre de [o53. 
Jusqu'à ce «ju'il l'avertisse. 

11. CoMONRAR, coMMONRAR, V., avertir. 
M'en coMMONRAS..., et... qui per le me co- 

MONRA ailt COMONRAR lu' CU VOlia. 

Titre de 1066. 
Tu m'en avertiras..., et... qui pour loi m'aver- 
tira OU avertir m'en voudra. 

Si tu, Heimengards... , me comons. 

Titre de lo68. 
Si toi , Hermengards... , m'avertis. 

l3. COMONIMENT, COMMONIMENT, S, lU. , 

avertissement. 

Del COMONIMENT no m' en vedarei. 

Titre de gGo. 
De l'avertissement je ne m'en de'fendrai. 
Si per dreit commoniment non fa. 

Titre de lo53. 
Si par. droit il ne fait avertissement. 

i/, . Semondre, SOMONDRE, SEMONRE, V., 
lat. s«6MONeRE, semondre, avertir, 
inviter, convier, semoncer. 

Icu pane sap servir e semondre. 

P. Vidal : jSo m fay. 
Je sais peu servir et semondre. 

Nosire Senher somonis el mezeis 
Totz los ardilz e 'I valens. 

BEiiTRANi) DE BoRN : Nostrc Senlicr. 
Wolre Seit^neur invile lui-même tous les Ijardis cl 
les vaillants. 



MON 

llom non somona 

Mas selhs qu'an aondansa 

De vin e d' anona. 

P. CvRDiNAL : Faiscdatz. 
Qu'on ne convie que ceux qui ont abondance de 
.vin et de Lie. 

No nos defina de somonre e de repenre. 
F. et rert., fol. 33. 
Ne finit de nous semoncer ei de nous reprendre. 

Part. pas. 

Fer que totz hom deuri' aver gran cura 
De gen parlar, cant se sen somogut. 
B. Carbonel de Marseille, Coblas triadas. 
C'est ] ourquoi tout Lomnie devrait avoir grand 
soin de bien parler, quand il se seul averti. 
Doncs, pus quascns n' es pregnatz e somos. 

AlMEBi DE Peguilain : Ara parra. 
Donc , puisque cbacun en est prié et invité. 

— Siibstanl. Avertissement, invitation. 
Tôt chant cuiava laissa r, 
Mas aoras non aus mudar 
Qu' ien no chant al vostre somos. 
T. de g. d'Uisel et de M. de Ventadour : Gui 

d' Uiselli. 
Tout clianl je pensais laisser, mais maintenant je 
n'ose ni'empêcber que je ne cbante à la votre invita- 
tion. 

Que hom fassa la gaita per lo cors, al somos 
que lo cominals Ih'en faria. 

Charte de Besse en /Auvergne, de 1270. 
Qu'bomrae fasse le guet par le cours, à l'invitation 
que la commune lui en ferait. 
Al soMOs que 1' en faria. 

Charte de Montferrand,Ae 1240. 
A l'invitation qu'il lui en ferait. 
ANC. FR. Li roiz Loeis fîst semondre non ost. 
Roman de Rou, v. 3646. 

De bien faire les ad stimuns. 

Marie de France , t. l , p. l\i!\. 
Sans l'avoir deflié ni semons de rien. 

COMINES , liv. I , p. 140. 

J'y fus aussi semond entre les autres. 
Amyot, trad. de Phitarf/iie, Morales, t. l,p. Sgo. 

i5. SoMONSA, .1./., semonce, avertisse- 
ment. 
A la SOMONSA et a la reqnesta. 

Tit. de 1291. DoAT, t. XI , fol. 218. 
A l'avertissement et à la requête. 

16. Semosta, somosta , .y. /., invita- 
tion, offre, démonstration. 



MON 

Domnas , ses semosta , 
Y venon de totz latz. 

Rambaudde Vaqi'Eiras : Truaii niala. 
I.cs <lanies, sans invitation, y viennenl de tous côlc's. 
De deniers e d' aver H fazia gran somosta. 
Kai denant lo sancls somostas e sembels. 
V. de S. Honorât. 
De deniers et d'avoir lui faisait grande o//;(;. 
Fait devant le saint démonstrations et parades. 

1 7 . SoMossA, S. f., exhortation, semonce, 

invitation , offie. 

A be far als paures, et a bonas gens far pre- 
zens e somossas. 

Liv, de Sydrac , fol. 7 3. 

A Lien faire aux pauvres , cl à bonnes gens faire 
pre'sents et invitations. 

18. SosTMOMR , V. , requérir, avertir, 

mander. 
Part. pas. A Rossilbo vai K. al) geii privada 
Que non ac sostmonida ni louh niandada. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. lo. 
Cliarles va à Roussillonavec gent privée qu'il n'eut 
rci/tiise ni mandée de loin. 

ic). SoMO\F,MFN, soMONOMENT, .9. /«., re- 
quête , réquisition. 

Ab los prozoms de la vill;i el a lin- somone- 
M EN. 

Coiil.d'Jlais, Jrch. duRoy., K^SS;. 
Avec les prud'liommes de la ville el à leur requête. 
A so SOMONOMERT li Tendrai sos deniers. 
Cartulaire de Montpellier, fol. t3i. 
A sa réquisition je lui rendrai ses deniers. 

MONASTERI, .y. oi., lat. monastfri/^///, 
mona.stère, couvent. 
Aisso fo fach al mona-steri. 

Tit. de l9.!^o. DoAT, t. GXL, fol. 14 1. 
Ceci fut fait au monastère. 
Del MONA-iTERi de Moishac. 

Tit. de 1274. DoAT, t. CXXX , fol. 5.'"). 
Du monastère de Moissac. 
CAT. Monastir. esi>. Monasterio. it. Monastc- 
rio, monastero. 

J.. MONF.STIER, MOSTIER , S. m., mOU- 

licr, monastère, couvent. 

l'er volunlal de femna isic del monestiek. 

r. de Guiihcrt, moine de Puicihol. 
Par (Icsir île leninie il sortit du monastère. 



MON 



25f 



V.Q un MOsTiKK antic 
De san Marsal. 

Bertrand de Bor.n' : Ges no mi. 
IXins un antique moittier Ac saint Martial. 

— Église. 

l'erpettialment dos capellas cl dit monestieh . 

Tit. de 1394. I^o-^T, t. CXLH , foi. 67. 
l'erpéluellement deux chapelains dans ladite 

ANC. lu. An inotistier Sainci-Denis on France. 
riffiles de Charles Fil, t. J , p. 146. 
Tous deux alians au trioiistier i\ti ,Sainct-Vic- 
lor pour oiiyr la messe. 

MONSTRELET , t. 1 , fol. Q! . 

PORT. Mosteiro. 
3. MONGE , MONGUE, MORGUE, MONEGUE , 

MOVNE, S. ni., gr. f/,ovtoç , moine, 
religicu.x. 

Si MONGE nier vol Dieas quesian sal 
Per pro manjar e per feinnas tenir. 
Raimond de Castelnau : Mon sirveules. 
Si Dieu veut que les moines noirs soient sauv(?s 
pour beaucoup manger et pour tenir femmes. 
Li MOYNE lansan Dieu. 
MoNEGUEs cogolas veslens. 

F. de S. Honorai. 
Les moines louent Dieu. 
Moines revêtant capuchons. 

Atressi corn bom pot faire 
De covers morgue tondut , 
Fai boiu de tracbor pendut. 

P. Cardinal : liasos es qu'ieu. 
Pareillement comme on peut faire de conver* 
moine tondu , on fait de traître pendu. 

A^f;. VR, Tant est CCS jnoiffnes ileslo'fjtus. 

lioman d'Eiistac/ie le moine, p. 54. 
CAT. Monjo. EST. PORT. Mottgc. IT. Monoco. 

4. MONJA, MONGA, MORGA, MOYNA , .V. f., 

religieuse, moinesse. 

Par que iis vulbatz inetre mon.ia? 
Le comte de Poitiers : F.irai eliansoncla. 
Il paraît que vous vouliez vous faire religieuse ^ 
Que sias movna sagrada. 

A', de S. Honorai. 
Que vous soyez religieuse consacrée. 

Que creiue las morgas de laieiis. 

PuJOLS : Si'l mal. 
Que je brûle les religieuses de léaus. 
CAT. ESI'. PORT. Monja IT. Monacti. 



'^56 MON 

5. MoNGiA , MORGiA, s.f., couvent, mo- 
nastère , nionachisme. 
Menet la en nna mongia , et aqai la fcs 

rendre. 

V. de Gauberl, moine de Puicibnt. 
La mena dans iiii coui>ent , et là la fit se vouer. 
Fasia coblas e.stan en la morgia. 

V. du moine de Montai/don. 
Faisait des couplets étant dans le couvent. 
Li det abiti de mongia. 

F. de S. Honrrat. 
Lui donna habit de momichisme- 
ANC. ESP. Avia dentro en ella una rica mongia 
De mui bonos ornes miii suncta compannia. 
Milagros de Niiestra Senora, cop. 281. 
Clerigos è calonges certas è la mongia. 
Poemn de Alexandro, cop. 1660. 
CAT. Monjia. 

G. MoNGiL , ndj., monastique. 
S' anc raubes loc mongil. 

CoMINAL : Comtor d'Apcbier. 
Si oncques vous dérobâtes lieu monastique. 
Portan tota via los draps mongii.s. 

l^. du moine de Montaiidon. 
Portant toujours les vêlements monastique.':. 
ESP. Mongil. IT. Monachile. 

7. MoNASTiCAL, adj., monastique. 
Reparador de la monasticai. diciplina. 

Cat. dels iipost. de Roma, fol. 129. 
Réparateur de la discipline monastique. 

8. Amongar, V., faire moine, faire en- 
trer an couvent. 

Part. pas. Na Honasias... , qnan fo amongada. 
Cartitiaire lie Bugiie, fol. 11. 
Dame Honasias. .. , quand elle (uljaite moinesse. 

MONEDULA, s. f., lat. monedula , 
choucas, corneille. 

Per r aozel dit monedula ; e "1 caus nianja 
de nuech les nous de la monedula. 

Elue, de las propr., fol. 2^7. 
Par l'oiseau dit choucas^ et la chouette mange de 
nuit les œufs de la corneille. 

MONEDA, .V. /!, lat. monf.ta, monnaie. 
Hom pot f.ilsar la moneda , o lo sagell de! 
rey, o la buUa del papa. 

V. et Fert., fol. 24. 
On peut fausser la monnaie, ou le sceau du roi , 
ou la bulle du pape. 



MON 

Si '1 rev engles a fait don ni largnesa 
Al rev Felip, dreg es qn' el l'en mercey, 
Que'l fetz liurar la moneda engleza. 
Bebtkand de Born : Pus li baron. 
Si le roi anglais a fait don et largesse au roi Phi- 
Jippe, il est juste qu'il l'en remercie, vu qu'il lui 
fit livrer la monnaie anglaise. 
Aciisatz de falsa moneda. 

Trnd. du Code de Justinien , fol. 28. 
Accusé de fausse monnaie. 
Fig. Vana gloria... es la moneda del diable e '1 
denier de ifeni , dont lo diable acapta toia 
la bella mers que es en la liera del mon. 
V. et Vert., fol. 9. 
La vaine gloire... est la monnaie du diable et le 
denier d'enfer, dont le diable achète toute la belle 
marchandise qui est en la foire du monde. 

Voyez CoRRER. 
CAT. ESP. Moneda. port. Moeda. vr. Monetà. 

2. MONEDIER, s. m., lat. M0NETARZ«,V, 

monnayeur. 

"Vos, COra H fais MONEDIER, 

Monedatz. 

P. Cardinal : Ane no vi. 
Vous, comme les {dLU\-monnayeurs , vous monnayez. 
Per aysso sera jatjatz coma fais monedier c 
coma falsari. 

V. et Fert., fol. 24. 
Pour ceci il sera jugé comme faux.-monnayeur et 
comme faussaire. 

— Changeur. 

Los MONEDiERS sezcnt el temple. 

Trad. du N.-Test., S. Jean , ch. 2 
Les changeur.'! séant au temple. 
Adject. Sian ofliciers monedxers, saliniers. 
Tit.de it^'i.'j^.Ilist. de LanguedoCjt. IV,pr.,col. A22. 

Soient officiers monnajeurs, saliniers. 
cat. Moneder. ^^v . Monedero. port. Moedeiro. 
IT. Monetiere. 

3. MoNEDAR, 7K , monuayer, fabriquer, 
frapper monnaie. 

Fig. Monedatz ab lo fais voler 
Talz ditz. 

P. Cardinal : Anc no vi. 
Vous fabriquez de tels propos avec le faux vouloir. 
Part. pas. Ditz que mays no 'Is preza dos de- 
niers monedatz. 
Roman de Fierabras, v. 556. 
Dit qu'il ne les prise désormais deux deniers mon- 
nayés. 
ESP. Monedar. tr. Monetare. 



MON 

4. Amonedar , V., monnayer, fabriquer, 
frapper monnaie. 

Part. pas. .In. .c. deners :ic d' aur amonedat 
/-'. de S. Trop/iiine. 
Eut trois cents deniers d'or monnciyé. 

MONJOI, MGNTJOi , MOjfjOYA , iutcrj . , 
monjoie, cri de guerre des Français. 
Eu breu de temps veirem mo.s Brogoif^non 
Cridar moxjoi , e '1 cridea Arap;on. 

Le comte de Foix : Mas qui ai. 
En \ieu de temps nous verrons mes Bourguignuiis 
crier Monjoie, et ils crient Aragon. 

Vnelh qne n'auion cridar : Arrat! 
E MoNJOY ! e Diens aia ! 

Bertrand de Bobn : leu cUan. 
Je veux qu'ils eu entendent crier : Au rang '. et 
Monjoie'. et Dieu aide ! 

Adonc cridet : Moî^joya ! Moîîjoya , saut 
Denis ! 

Roman de Fierabras , v. 3()j. 
Alors il cria : Monjoie .' Monjoie, saint Denis ! 
ANC. FR. Franceiz crient : Monj'oe! e Nor- 
inauz : Dex aïe ! 

Roman de. Rou, v. ;^66f). 

Voyez la Grammaire comparée des 
langues de l'Europe latine , p. xiii 
et XIV. — Du Cange, Deuxième Dis- 
sertation sur Joinville. — Bullet, Dis- 
sertations sur l'Histoire de France , 
diss. 6". 

MONOCERON, s. m., lat. monocero- 
vem, licorne. 

Rinoceron... autrament es dit monoceron. 
Elue, de las propr., loi. 257. 
T.e rliinoccios... autrement est dit licorne. 

MONODIER, adj., de même ton. 
Adoncx sonan ensetnps .v.c. corns monodier. 
Roman de Fierabras , v. iJ688. 
Alors sonnent à la fois cinq cents cors de même Ion. 

MONOPOLI, S. m., lat. monopolisa», 
monopole. 

No fazens trassa ni rassa ni monopoi.i. 
Statuts de Montpellier, fol. i8(>. 
>'e faisant quesle ni extorsion ni m.onopole. 
t K-\ . Monopoli. Esiv PORT. iT. Monopolio. 
111 . 



MON 0.57 

!MONT, MON, MUN, s. m., lat. montcw, 
mont , montagne. 
Voyez Denina , t. III , p. 101. 
En MONT Olivet s' eu issi , 
E li disciple airessi. 

Brev. d'amor, fol. 161. 
S'en alla au mont des Oliviers, et les disciples 
aussi. 

feu pugei tant contra '1 mon, 
Q;ie penre cugei l'Aurion. 

G. Faidit : S'oni pogues. 
Je m'el(>vai tant sur la montagne, que je crus 
prendre l'Orion. 

Fig. De perdou daran un mon. 

G. Anelier de Toulouse : .Vra tarai. 
D'indulgences donneront une monta<;ne. 
Loc. Pretz es vengutz de mont eu vau. 

MaRCABRis : Lo vers coracns. 
Le me'rite est venu de tnont en val. 
Aqnelhs que se gabou que faran aqno et 
aysso , e los muns e las vais. 

F. et Fert., fol. 23. 
Ceux qui se vantent qu'ils feront cela et ceci , et 
les monts et les vaux. 
ANC. f:AT, Mont, munt. esp. port. it. Monte. 

■i.. MoNTuos, adj., lat. ho^tuosus, mon- 

tneux. 

Neus... els locs montcozes niays dura. 

Teria deves la fi montuoza, e '1 luiech are- 
noza. 

Elue, de las propr., fol. 137 et t58. 

La neige... dure davantage dans les lieux mon- 
tuei/x. 

Terre devers la fin mantuciise, et au milieu sa- 
Llonneuse. 

ESP. PORT. IT. MontUOSO. 
3. MONTANHA, MOM'AGNA, MONTAYNA , 

S. f. y montagne. 
Quan vei la neu sus en l'auia mowtagwa. 

P. Vidai, : Ges pel temps. 
(,)uand je vois la neige sus en la liaute monlac;ne. 
El temps d'Adam en juscas al temps del 
duluvi, non ac montanha uuiba, car tolz lo 
nions fo aissi pias coma una poma. 

Lii>. de Sjdrac, fol. 48. 
Au temps d'Adam en jusqu'au temps du de'lu^e, 
il n'y eut nulle montagne, car tout le monde fut 
aussi uni comme une pomme. 

Una montayna uiot gran. 

F. de S. Honorai. 
IJnr ninniaqne inmilt grande. 

3J 



.58 



MON 



Fig. En la montanha auta de perfectio. j 

F. et Vert., loi. 63. 
Sur la liante montagne de perfection. 
Loc. 
Tan vos trob ferni en plan et en montagha. 

Le comte de Provence : Carn et. 
Tant je vous trouve ferme en plaine et en mon- 
tagne (en tout ). 

En Jaiseron lo plan e la montagna. 

Le comte d'Empitrias : Al onrat rei. 
En abandonnèrent la plaine et la montagne. 
CAT. Montanja. esp. Motitana. port. Non- 
tanha. it. Montagna. 

/j. MoNTANHENc, adj., montagnard, de 
la montagne. 

Aiizels saivagges, montanbencs. 
Menta es herba... salvagga e montanhenca. 

Elue, de las propr., fol. iBg et 2i4- 
Oiseaux sauvages, montagnards. 
Menthe est lierhe... sauvage et de la montagne. 

5. MONTANIER , MONTANHER , fldj . , du 

lat. uo^i.tLmis , montagnard , de la 
montagne. 

Per .1. MONTANHER morgue. 

Cat. dels apost. de Roma, foL 57. 
Par un moine de la montagne. 

Substaiitiv. 
L' un fon dels moktaniers lo plus corren. 
Le comte de Poitiers : Companlio. 
L'un fut des montagnards le plus courant. 
ANC. FR. Les sangliers, les lions, les ourses 
montagnères. 
R. Garnier , Hippoljle, acte V, se. 2. 
Mon Dieu ! que de plaisir de voir nos monta- 
gnères 
Blanches conimelelaict.dispostement légères. 
Premières OEufres de Desportes, fol. 286. 
CAT. Motanyes. esp. Montanes. port. Mon- 
tanhez. it. Montanaro. 

6. MoNTARis, adj., montagnard. 

Lo ters es lo faix montaris. 

Deudes de Prades , j4uz. cass. 
Le troisième est le faucon montagnard. 

7. MoNTAMEN, S. tu., ascenslon , éléva- 
tion. 

En aital montamen que par a nos d' una 

palma. 

Liv. de Sjdrac, fol. 72. 
En telle élévation qu'elle paraît à nous d'une palme. 



MON 

Lo MONTA MENT de Christ al ciel. 

Doctrine des Vaitdois . 
L'ascension de Christ au ciel. 

IT. Montainento. 

8-. Mon TANS A , montanssa , s.f., éléva- 
tion, hauteur. 

Del decllDamen del firmamen ela sy remuda 
la MONTANSA <!' una pnlma. 

Lii'. de Sydrac, fol- 72. 
De la de'clinaison du firmament elle s'écarte la 
hauteur à'ane palme. 

— Montant, taux. 

A la valor et a la montanssa de dos cents 
liuras de moneda corsabla. 

Tu. de i3i3. Doat, I. XXXVIII, fol. 177. 
A la valeur et au taa.T de deux cents livres de 
monnaie ayant cours. 

ANC. FR. Dont sa dame en vie demore 
La montance d'une sole bore. 

Roman de la Rose, v. 9020. 
IT. Montanza, 

g. MoNTADOR , adj., monteur, qui s'élève 
en l'air. 

Falcos voladors , 
E 'smirles montadors. 
GlRAUD DE S.VLiGNAC : Esparviers. Var. 
Faucons agiles , et énie'rillons monteurs. 
ANC. FR. OÙ il a moult bon montéor. 

Roman du Renart, t. III, p. Il5. 
esp. Montador. 

10. MoNTADURA, S. f. , mouture. 

Sus en la montadura , sia mul o sia caval. 

Arbre de Batalhas,{o\. i35. 
Sus en la monture, soit mulet ou soit cheval, 
tsp. Montadura. 

11. Monta, s. f. , montant, taux , in- 
térêt. 

Alcus que preston los aulies deniers, que o 
prendon a pauc de monta , et ells preston a 
grau monta. 

Sobre lo captai prenou las montas o eu 
deniers o en bestias. 

F. et Fert., fol. 14 et l3. 

Aucuns (jui prêtent les deniers des autres, vu 
fju'ils prennent cela à peu de taux, et les prêtent à 
grand taux. 

Sur le cheptel ils prennent les intérêts ou en de- 
niers ou en bêtes. 



MON 

ANC. FR. 

Ne donroient de moi la monte d'iiu feslu. 
Rornan Je Berle, p. 74- 
ESP. Monta. 

12. MoNTADA, S. f., iiiDiUte, ascoii- 
dance. 

Lonc so e pan/.at e noel ara bêlas melodio- 
sas MONTADAS e dcsheniludas. 

Lejr's tVamors , loi. l^o. 
Long air et posé et nouveau avec belles uscen- 
dances et descendances mélodieuses. 

i3, MoNTAR, V., monter, s'élever. 
Can lo filhs de Dieu montara el cal. 

Liv. de Sjdrac, fol. 23. 
Quand le fils de Dieu montera au ciel. 

Per ont monta hom de bas en aut. 

r. et Fert., fol. 5o. 
Par où on monte de has en haut. 

MoNTET a caval, e venc s'en a Balaon. 
V. de Guillaume de Balaiin, 
Monta à cheval , et s'en vint à Balaun. 
Fig. Qnar joves ries cnî non platz messies, 
Cortz ni gnerra , non pot en pietz montar. 
Bertrand de Born : Un sirventes falz. 
Car jeune puissant à qui ne plail dépense , cour 
ni guerre, ne peut s'élever en mérite. 
Roma , iea say enicx, 
Quar vostre poders monta. 

G. FiGVEiRAS : Sirventes vuelh. 
Rome, je suis affligé, parce que votre pouvoir 
monte. 

E '1 diables qu'a motz homes levatz, 
Qd' els montava aitan coni far podia. 
P. Cardinal : Ges ieu no m sui. 
Et le diable qui a élevé de nombreux hommes, 
qui les montait autant comme il pouvait. 

■ — ■ Se porter, s'avancer. 

MoNTAW en mar, van s'en am velu. 
Moktan en mar, tenon lur via. 

f^. de S . Honorât. 
Montent en mer, s'en vont avec la voile. 
S'avancent en mer, tiennent leur chemin. 
ASC. FR. 11 monta sur la mer, et cingla vers 
l'Asie. 
.-V.MYOT, Tr ad. de Plu targue. Vie de Démétrius. 

— Augmenter en évalnation. 

Per mais montar e creisser las nsuras. 
r. etFert.,io\. l3. 
l'oui plus augmenter kX. accroître les intérêts. 



MON ^59 

— En parlant d'un total. 

Plus que no monta la rata. 

Tu. de 1291, Bailliage de Sisteron. 
Plus que ne monte le prorala. 
Lo rey demanda : Que monta plus, 1' aiena 
de la terra o las gotas de la mar ? 

Liv. de Sjdrac, fol. 56. 
Le roi demande : (^uoi monte plus, le sable de la 
terre ou les gouttes de la mer? 

— Saillir, sauter. 

Tu fas fart de la mia causa... , si tu fas mon- 
tar a ton caval ma egua,encontra ma voluntat. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 55. 
Tu fais larcin de la mienne chose..., si tu fais saillir 
par ton ctieval ma cavale, contre ma volonté. 
Part. prés. Humor fumoza al cervel montant. 
Elue, de las propr., fol. ^tî. 
Humeur fumeuse montant au cerveau. 
Pus SOS prelz es ricx e montans. 

Raimond de Miraval : Bel m'es. 
Puisque son mérite est puissant els'élevant. 
Substantiv. El montant de la Inna. 

Elue, de las propr., fol. i53. 
Au montant de la lune. 
Part. pas. Can vi que 1' avia tan monta da eu 
pretz et en onor, vole gazardo. 

y. de Raimond de Miraval. 
Quand il vit qu'il l'avait tant montée en mérite 
el eu honneur, il voulut récompense. 
CAT. Muntar. tsp. pokt. it. Montar. 

14. MoxcEL, S. m,, monceau, tas. 
Voyez Denixa, t. III, p. 119. 
Coma cel qui uiet la peira en moncei.. 

Trad. de IVcde . fol. 43. 
Comme celui qui met la pierre en monceau. 
ANC. FR. 11 ot, en len de cbevecel. 

Sous son cbief d'erjie nng grant moncei. 
Roman de la Rose, v. 3688. 

i5. Amon, tult'. , amont, en haut, au 
haut, là haut. 

Tôt aco que es desolz , so es aval) en yfern , 
et aco que es desus, so es amon el cel. 

r.el rert., fol. 4i. 
Tout ce qui est dessous , c'est-à-dire en bas en en- 
fer, et ce qui est dessus , c'est-à-dire en haut au ciel. 
Loc. Gard' aval e gard' amon, 
Si ncgua savi n' i veira. 

P. Cardinal : Una cicutat. 
Regarde aval cl regarde amontj si nul sage il n'y 



260 



MON 



Tonion so qa' es d' amon desotz. 

Pierre d'Auvergne : Gui bon vers. 
Tournent ce qui est en haut dessous. 
Lo caps lor sera tornatz n' amon d'aval. 
Livre de Sydrac, fol. 98. 
La tcle leur sera fournée de haut en bas. 

Fig. Pretz es vengntz d' amon d' avau. 

Marcabrus : Lo vers. Var. 
Me'rite est tourné de haut en bas. 
ANC FR. Gardout aval , gardout <77R07z?. 

Roman de Rou, v. 8875. 
Moull regarde amont et aval. 

Roman du Renart, t. I , p. i83 
kyc.cAT. Amont- cat. mod. Amunt. 

16. CoNTRAMON, (tdv., eii amoiit, contie- 
mont, en haut. 

Qaar cngei puiar contramon. 

B. DE Ventadour : Quan vei la. AV/r. 
Car je crus monter contre-mont. 
Leva l'en l'aire contramon. 

y. de S. Honorât. 
Le lève en l'air en amont. 
ANC. FR. Le fist haut cuntremont voler. 

Roman de Rou, v. 5'j5'j. 

17. Desmontar , V., démonter, descen- 
dre de cheval, mettre pied à terre. 
"Venc s'en al castel d'En Miraval, e desmon- 

TET a la porta. 

f^. de Raimond de Mirat-al. 
S'en vint au cliâteau du seigneur Miraval , cl 
descendu à la porte. 

Et l'en, manlenen 
Desmontiei per onramen. 

G. FlGUElRAS : L'autr' ier. 
Et moi , sur-le-cbamp je mis pied à terre par 
respect. 
AKC. FR. Lui qai la voit à pie, brave et haut 

de courage, 
Desmonte, et ne vent pas d'un cheval l'avantage. 
P. DE Brach, trad. de la Jérusalem délifrce, cli. 12. 
CAT. Desrnuntar. esp. port. Desmontar. it. 
Dismontar. 

18. Enmontar, V., monter. 

S' ENMONTET al Ccl. 

Abr. de l'A. et du N.-T., fol. 3o. 
Il m,onta au ciel. 

1«). pROMUNCTORI , A". ///., Ult. PROMON- 

TORi«/», promontoire. 

Promunctoris, o caps de rocas. 



MON 

Promunctori es en la ylha d' AnglaterM. 

Elue, de las propr., fol. i53et 180. 
Promontoires, ou sommets de roclies. 
Un promontoire est en l'île d'Angleterre. 
cat. Promontori. esp. port. it. Promontorio. 

?,0. SORREMONTA., .V./], eXcès. 
Per la sobremonta del temps. 

Cartulaire de Montpellier , fol. 187. 
Par Vexcès du temps. 

2F. S0BREMONT.A.MENT , S. m., abus, 

excès. 

Vis non sia refudaz en us, mas damnaz sia 
en sorremontament. 

Trad. de Bi-de, fol. 46. 
Que le vin ne soit pas refusé pour l'usage, mais 
qu'il soit condamné dans Vabus. 

2 2. SoBREMONT.\RLE, aclj., surmontablc. 

Es forz e no sobremontable. 

IVad. de B'ede, fol. 17. 
Est fort et non surmontable. 

23. SoBREMONTAR, soBREMUNTAR, V., Sur- 
monter, surpasser, dominer, vaincre. 
Tôt atressi cum lo falcx qui dissen 
Vas son auzelh, quan Ta sobremontat. 
P.ICHARD de Babbezieux : Tug demandon. 
Tout ainsi comme le faucon qui descend vers son 
oiseau , quand il l'a surmonté . 

Fig. Hoins malignes non es pas senhers de 
son cor, car ira e fellonia lo sobremonta. 
V. et Vert., fol. 58. 
L'homme malicieux n'est pas maître de son cœur, 
car colère et félonie le domine. 

De beutat el sobremontava totas las autras 
creaturas celestial.s 

Arbre de Batalhas, fol. 3. 

En beauté il surpassait loxxle^ les autres créatures 
célestes. 

Chantarai per mal e per fennia 

De malvestat que vey sobremontar. 

P. Cardinal : Un sirvenles. 
.fc chanterai par mal et par félonie de la méchan- 
ceté que je vois dominer. 
IT. Sormontare. 

— Sur- élever, faire triompher. 

Tofa ta terra destruirem , e to.s enemicx 
sobremontarem . 

Lii'. de Sjdrac, loi. 7. 
Toute ta terre nous délruiroii?, et tes cnnoniis 
nous sur-élè ferons. 



MON 

24. ÏRASMONTAXA , TRAMONTANA , TRE- 

MONTAiNA , A. /!, tramontane, étoile 
polaire. 

Lo rei demanda : Totas las estclas torneio 
elas? — Totas torneio... esliers .1., qu' es ape- 

lada TRASMONTANA. 

Lif. (le Sydrac , fol. 72. 
Le roi demande : Toutes les e'ioiles tournent-elles.'' 
— Toutes tournent... excepté une , qui est appele'e 
trdmontane. 

En aissi coin la tramontana 
Guida la nau sobre inar 
A port. 
Un trolbadovr anonyme : Coblas esparsas. 
Ainsi comme la tramontane guide la nef sur la 
nier vers le port. 
Las qaals si movo eviron de la tremontana. 

Elue, de las prnpr. , fol. 1 19. 
Lesquelles se meuvent autour de la tramontane. 
Adjectiv. Cela estela transmontana. 

Lii'. de Sydrac, fol. I;^. 
Cette e'ioile tramontane ( polaire). 

— Vent du nord. 

Los principals aissi nomnam 
En nostra lengtia romana : 
Levan , grec e trasmontana. 

Bref, d'amor, fol. l^l. 
Les principaux ainsi nous nommons dans notre 
langue romane : levantes grec et tramontane. 
CAT. ESP. port. it. TramoTitana. 

25. Tr.asmon, tr.\^mont, adj., lat. traws- 
MOWTrt/îK.ç, tramontain, couchant. 
La rocha es dans sol trasmow. 

V. de S ■ Enimie , fol. 25. 
I..a roclie est devers le soleil cniicliant. 
Tenc las mans levadas tro al solelli tramont 

Ilist. de la Bible en prni'., fol. 3l. 
Tint les mains leve'cs jusqu'au soleil couchant. 

MOIVUMEN , MOxiMEN, S. 1)1., lat. mo- 
NUMKN/w/7?, monument, tombeau. 
Qaant apelet lo Lazer del moniment, cant 
lo resnscitet de mort. 

Frapm. de trad. de la Passion. 
Quand il appela le Lazare du tombeau, quand il 
le ressuscita de mort. 

Quant hom el moncment 
M' aora panzat. 

Decdes de Phades : Ai : s' icu pogucs. 
Quand on m'aura mis au tombeau. 

— I,c saint sépulcre. 



INIOR 



•>.6i 



.S' ai- no socort la crotz e '1 monumem. 

Pons de Capdleil : Er nos sia. 
.Si maintenant il ue secourt la croix et le sépulcre. 
Lai per cobrar, ab la vostra valensa, 
La sancta crotz e '1 verai monimen. 

G. FigueirAS : Totz boni qui. 
Pour recouvrer là, avec la voire vaillance, la 
sainte croix et le vrai monument. 
CAT. Monument, esp. pop.t. it. MonutncnCo. 

MOR , s. m., More, nom de peuple. 
Sarrazi e Mor an fengut. 

Folquet be Ro.mass : .\uzels no. 
Sarrasins et Mores ont tenu. 
CAT. ESP. Moro. 

2. MoREN, adJ., more, de couleur more, 
noir. 

Quan r aura fag, de blan, moren. 

Mabcabrl'S : Soudadier. 
Quand il l'aura fait , de Ijlanc , more. 

3. MoRAis, adJ., more, moresque. 

Ransans fon son chavals ferrans e bais, 
De micbiz fo arabis, de mieiz morais. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 96. 
Bausant fut son cheval gris et bai , par moitié 
lut arabe, par moitié moresque. 

4. Amoravit, adJ. , more. 

Sis el alferan amoravitz. 
Roman de Gérard de Rossillon, fol. 27. 
Se plaça sur l'auférant more. 

MOR, S. f-, lat MOTMs, natiirel, mœurs, 

humeur. 

Ta mal mor 
C anc als sens ni a se 
Non tenc fe ni amor. 

T. i)E Gui et de Falco : Falco. 
Si mauvais naturel qu'on'cques aux siens ni à soi 
ne tint foi ni afleclion. 

Sabis hom aterapra l'alegreza de son front 
per la greagetat de sas mors. 

Trad. de Bède j fol. 69. 
Homme sage tempère l'allégresse de son front par 
la gravité de ses mœurs. 

ANC. FR. Que li enfcs n'acoustumast mauvaises 
mors. 
Enfrodniz et enseigniez en bonnes mors. 
Gestes de Louis-lc-Déb. , rec. des liisl. de Fr., 
t. VI, p. 129 et lHo. 
Kt d'unes meurs et d'un corage. 

Unninn du Rcnarl , I. 1 , p. Tu 



a62 



MOR 



Tiex mojs avoir doivent et seuleut 
Qui parfetement amer veulent. 

Roman de la Rose, v. 47'7- 

2. MoRALMEN, Gcli'. moralement. 

MoRALMEN per esta maniera. 

Lejs d'amors, fol. l35. 
Moralement de celte manière. 
<:at. Moralment. esp. port. it. Moralmente . 

'S. Moral, adj., lat. MORALiV, moral. 
La gran vertut moral, que era eu loy- 

Arbre de Batalhas, fol. t)0, 
La grande verlu morale qui e'tait en lui. 
Per esshamples morals. 

Elue, de las propr., fol. lo. 
Par exemples moraux. 
CAT. E.sp. PORT. Moral, it. Morale. 

4. MORALITAT, 5. /T, lat. MORALlTAT(?/« , 

moralité. 
Sant Gregori el libre de moralitatz. 

Arbre de Batalhas , fol. 3. 
Saint Grégoire au livre de moralités. 
CAT. Moralitat. esp. Moralidad. port. Morali- 
dade. it. Moralità, moralitate, inoralitade. 

b. MoRiGKNAR, V., morigéncr , former 
aux bonnes mœurs, être de bonnes 
mœurs. 
Part. pas. Era liom be morigenatz. 
Femna bonesfa e be morigenada. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. 47 et 167. 
Etait homme de bien bonnes mœurs. 
Femme honnête et de bien bonnes mœurs. 

MOR, MORR , MORRE, .y. m., museau, 
trogne , grouin. 

Las dens grans e'I morr trons. 

Roman de Jaufre , fol. 3. 
Les dents longues et le museau camus. 
Istrumen... semblant a morr de porc. 
Elue, de las propr. , fol. 21 . 
Instrument... semblable à g-rouin de porc. 
Loc. Qui m' apela traitor, 

El nîen per raieg lo mor. 

ToRCAFOLS : Comunal. 
Qui m'appelle traître , il meut par le milieu de 
la trogne. 

ANC. FR. Fais luy en signe nne gresle de coups 
de poing sus le moiirre. 

Eabelais, liv. III , ch. 20. 
r.AT. ESP. Morro. 

1. MoRRADA , s.f., coup clc muscau. 



MOR 

15e '1 det bona morrada. 

Lejs d'amors, fol. 96. 
Lui donna bien un bon coup de museau. 

3. MoRUT, ndj., épais, lippu, rechigné. 
Que torneron diable fer, nègre et morrct. 

IzARN : Diguas me tu. 
Qui devinrent diables cruels, noirs et rechignes- 
Lavras grossas e morcdas. 

Roman de Jaufre, fol. 69. 
Lèvres grosses et lippues. 
CAT. Morriid. esp. Morrudo, 

4. MoRAiLLA, S.f., visière. 

Quant es nberta la morailla. 

P. Vidal : Lai on cobra. 
Quand la fisière est ouverte. 

MORA, s./., lat; MORM/w, mûre. 

Plus negra non es mora , can es a sa sazon. 

f^. de S. Honorât. 
Plus noire n'est pas mûre, quand elle est à sa saison. 
Suc de MORAS verfz. 

Elue, de las propr., fol. 86. 
Suc de mitres vertes. 
Nég. expl. No m valrian nna mora , 
Sonet, ni vontas ni lais. 
GiRAUD DE BoRNEiL : Quaii branca. 
Ne me vaudraient une mûre, sonnets , ni voiles 
ni lais. 
ANC. FR. Si puissé-je boire demie 

Ne de more ne de vin cuit. 

Roman du Renart, t. III, p. SlJ. 

CAT. ESP. Mora. port. Amora. it. Mora. 
1. MoRiER, S. m., lat. -xiomis, mûrier. 

Las moras del morier. 

Serveri de Gironne : Del mon volgra. 
Les mûres du mûrier. 
Aquest nom es appropriât a morier salvagge. 

Elue, de las propr., fol. 221. 
Ce nom est approprie' à mûrier sauvage. 
CAT. Morèra. esp. Morera. port. Amoreira. 
iT. Moro. 

3. Dyamoron, s. m., lat. diamoron, dia- 
morum, sirop de mûres. 
Morier... , del frug si fa electnari di diamo- 
ron. 

Elue, de las propr., fol. 21^. 
Le mûrier... , du fruit se fait un e'iectuaire dit 
diamorum. 

MORELLA, s. J. , morelle, sorte de 
plante. 



INIOll 

Pren sac de plantage , de mokei.la , de evr)l, 
farina de froment et mel. 

Coll. de remèdes en prov., fol. i. 

Prends suc Je plantain , Je morelle, d'hièble , fa- 
rine de froment et miel. 
CAT. iT. More Ha. 

MORA, s.f., lat. MORA, retard, retar- 
dement, délai. 

Eu H en dei donar gazain, enqnera non sia 
eu en mora. 

Trad. du Code de Jiistinien , fol. 7. 
Je dois lui eu donner profit , encore que je ne sois 
pas en retard. 

No i a mestier de mora, 
Qae trop ai estât ransaire. 
AzEMAR LE KoiR OU Raimond Jordan : Era m don 

Dicus. 
11 n'y a pas besoin de délai, vu que trop j'ai ëtc 
niusard. 
ESP. Mora. 

•X. COMORACIO, S. /. , lat. COTOMORATIO , 

délai, commoration , figure de rhéto- 
rique. 

Commoratio est, cuni in loco firmlssimo , 
fjuo tota causa nititnr, nianetar dtutlns et 
todem saepios reditur. 

yluclor libb, ad. Ilerenniuirij \ , l\5. 
CoMORACios , es cant hom retorna soen nna 
auctoritat , o las paraulas que son de gran 
vertat. 

Leys d'amors, fol. li^j. 
Ij commoration, c'est quand on retourne sou- 
vent une autorité , ou les paroles qui sont de grande 
valeur. 

3. Demor , S. m., demeure, séjour. 
On mais les aog, mens los cre; 
Et on plus entr' en lor demor , 
Mens ai de plazer en mon cor. 

P. Cardisai, : D' un sirvenles faire. 
Où plus je les entends , moins je les crois ; et où 
jlus j'entre dans leur t/emeMrej moins j'ai de plaisir 
en mon cœur. 

— Fif^. Plaisir, bonheur. 

Ifu r am e l' amei de bon cor, 
E r ainarai , sitôt m' eiicora , 
K no m fassa Le ni demor. 

Ln Tr.otBADOuR ANO.WME : Si la Lella que. 

Je l'aime et l'aimai de bon cœur, et l'aimerai , 

:iic)iqu'ollc m'aHlit^e , i-t ne nie fasse bien ni /i/rii5ir. 



MOR 



o,6J 



Car en Dieu avia son cor. 
Et en lui servir son demor. 

P^. de sainte Enimie. 
Car en Dieu avait son creur, et à le servir sou 
honhuur. 

IVon ai demor 

D' autra bel!' amia. 

Pai LF.T DE Marseille : Rellia dompna 
J(! n'ai plaisir d'autre belle amie. 

ANC. fr. Fuiant s'en vet sanz j)1iis demor. 
Roman du Renarl, t. III, p. 182. 

\. Dkmora, ■<!./., deiTietire, séjour, délai. 
Pois (jue en II en serai en demora, so es en 
tarzanient. 

Trad. du Code de .Tustinien, fol. y. 
.\près que je lui serai eu demeure, t'esl-à-dire 
en retard. 

Eleva boni la votz mays e plus forment fa - 
zen major demora de temps que no fai en de- 
gniia de las antras sillabas. 

Leys d'amors, fol. 8. 
On élève la voix davantage et plus fortement en 
faisant plus grand délai de temps qu'on ne fait sur 
aucune des autres syllabes. 

Mantenen ill eyxl fora 
En la plaza , sensa demora. 

Trad. d'un Ei'ani^. apocr. 
Maintenant elle sortit deliors eu la place, sans 
retard. 

— En parlant du coït. 

Pot csser tan longa la demora e tan escalfalz 
lo delleg que pot esser peccat mortal. 

F.et Fert., fol. 18. 
Le séjour peut être si long et le plaisir si écliaufté 
que (ce) peut être péclie' mortel. 
Fig. Lo sanbz hoin no vole far demora., 
E demanda II per que s plora. 

F. de sainte Enimie, fol. '33. 
Le saint liomme ne vuu\iitj'aire séjour, et lui de- 
mande pourquoi elle pleure. 
Adv. Adonc lo sanbz bom ses demora 
Senha sou cors. 

F. de sainte Enimie, fol. 33. 
Alors le saint bomme sans re/nr^/ signe son corps. 

ANC. FR. 

Hé! doHS amis, fait-elle, coai longue demoiirce. 
liotnancero français , p. i5. 
El .ses non;.ins sans demorte 
Cestc cbose ont apercéue. 

Conte de l'iibesse qui fut grosse. 
CAT. r.si'. roRT Demora. vt. Dimora. 



264 ^^OR 

5. Demoransa., i. /;, demeure , séjour, 
retard , retardement. 

Sy coma l'intrada e la issyda de la demo- 
R4NSA de la planeta e del signe. 

Lii'. Je Sydrac, fol. 87. 

Ainsi comme l'entiee et la sortie du scjoitr de la 
planète et du signe. 

Tais vegada es que hoin ea suffre antre dan 

per DEMORANSA. 

Trad. du Code de Juslinien , fol. 34- 
Telle fois est qu'on en souffre autre dommage par 
retardement. 

S' il pasan ses longa demoransv , 
Ci'istiandat garderan d' annimea. 
Bertrand d'Allamanon : D'un sirventes mi. 
S'ils passent sans long retardement , ils sauveraient 
de honte la chrétienté. 
ANC. FR. Sanz demorance 

Penduz seras à une branche. 
J'irai à lui sanz demorance. 
Roman du Renart, t. II , p. 56 et 3 19. 
ANC ESP. Detnoranza. it. Dirnoranza. 

6. Demoraggk, s. m., séjour. 

FOS lonC DEMORAGGE. 

Palajtz de Sufieza. 
Fut long séjour. 

7. Demorada , s. f., retard, délai. 
Donex s'armera Frances ses lunha demorada. 
Vos, oa etz, baros ? Trop faytz gran demorada. 

Roman de Fierabras, v. 3979 et 2775. 
Alors s'armèrent les Français sans aucun retard. 
Vous, où êles-vous, barons ? Vous faites trop grand 
relard. 
ANC. FR. Ne cuidiez pas que lor anuit 

La demorée de la nuit. 
J^. de Parthonopcx de Blois, not. des I\ISS., t. IS, 

p. 29. 

8. Demoralh, DEMORAiLL, S. 111. , délas- 
sement, passe-temps, récréation. 

Per o n' au graa mal près 
Joyas e demorai.h. 

GiRAiJD DE BoRNEiL : Joys e chans. 
Par cela ea ont grand mal pris joies et récréation. 

Un manuscrit porte demoraill. 

9. Demorar, V., lat. DEMORARi, demeu- 
rer, séjourner, rester, retarder. 

Passa per .xn. signes , e en cascun signe 
DF.MORA .tr. ans e demicli. 

J.iw de liydrac, fol. 53. 



MOR 

Passe par douze signes , et en chaque signe sé- 
joiirne deux ans et demi. 

A convengat d'estare demorar en l'eretage. 
Preui^es de l'Hist. de la maisonde Turenne, l4<'4' 
A convenu de rester et séjourner àsma l'he'ritage. 
No cuid aprob altre dois It demor. 

Poème sur Boèce. 
Je ne pense pas qu'auprès autre deuil lui reste. 
Pero ben sai qu' el partir me demora. 
Perdigon : D' araor no m puesc. 
Pourtant je sais bien que le partir me reste. 
S! el demora que el uo me pague aco que 
me deu. 

Trad- du Code Justinien, fol. 7. 
S'il retarde qu'il ne me paye ce qu'il me doit. 

— Se plaire, s'égayer. 

Domna, per qu'ieu chant e m demor. 
B. DE Ventadour : Quant par la flors. 
Dame , pour qui je chante et me réjouis. 
Ab joi que m demora 
Vuelh un .sonet faire. 

PeYROLS : Ab joi. 
Avec la joie qui xa' égaie je veux faire un sonnet. 

Part. près. Laborador demorant a una pey- 

meutada. 
Terrier de ht Confrérie du S. -Esprit de Bordeaux , 

fol. 186. 
Laboureur demeurant à une pineraie. 

Part. pas. No séria uemoratz en la plassa , ans 
s' enfugiria. 

Lit>. de Sydrac , fol. 58. 
jNe serait demeuré en la place, mais s'enfuirait- 
La corriiptio de la carn es tan grans, que 
lo esperit non pot, en aquesta vida mortal, 
longamens demorar en tan haut estanien de 
coatemplatio. 

F. et Vert., fol. loi. 
La corruption de la chair est tellement grande , 
que l'esprit ne peut , eu cette vie mortelle , longue- 
ment rester en si haut e'tal de contemplation. 
ESP. roRT. Demorar. it. Dimorare. 

MORlà , S. m., lat. morb«.v,, maladie. 

Mores, es aco que non laissa ad home o a 
bestia faire aco que el deuria faire per natara. 
Trad. du Code de Justinien, fol. ^l- 

Maladie, c'est ce qui ne laisse pas faire à un 
homme ou à une bête ce qu'il devrait faire par na- 
ture. 
ANC. c\T. Morb. ESP. POKT. IT. Morùo. 

■).. MoRBos, adj., lat. M0RB0SH5, malode , 
maladif. 



MOR 

MoRBOs ny infect. 
Tit. du X\' siècle, entre le seig^. et les hnb. de lu 

Roche. 
Malade ei infecté. 

Si !a c'iusa que ven us hoiu nd un autre e.s 
MORBO.SA o viciosa. 

Trad. du Code de Jiistinien, fol. ^ i . 
Si la chose qu'un lionime vend à un autre est mn- 
ladii'e ou vicieuse. 
AKC. CAT. Morbos. ESP. roRT. Morboso. 

MORDHK, r\, lat. MORneiiE, mordre. 

Seniblon iiia.stis que layroii a totz, e moruon 
aqnelh que pocion. 

F. et rert., fol. a."). 
Ressemblent à mâtins qui aboient à tous , cl 
mordent celui qu'ils peuvent. 

Qui (le parlar trassanta , 
Dreilz es qiï'eii la lengua ,s morda. 
A. Danikl : Autet e I)as. 
Qui outrepasse de parler, il est juste qu'à la lan- 
gue il se morde. 

Lai on no mort, ilh letha 
Pus asprauiens no fai chafz. 

MarcaBRUs : Dirai vos. 
Là où elle ne mord , elle lèche plus âproment qu<; 
ne fait chat. 
Prov. Qui MORT sas lavras, pessa mal. 

Trad. de Bide, fol. 34. 
Qui mord ses lèvres , pense mal. 
ANC. FR. Jusqu'en la vive char l'a mors. 
Roman du Renart, t. Il, p. aft^- 
Des moutons qui ont e.sté mors du loup. 
Amïot, Trnd. de Plutarque. Morales , t. 1, p. 109, 
Délivre la , que du chien ne soit morse. 

Cl. Marot, t. IV, p. 262. i 
AWC. CAT. Mordre, mordrer. esp. poi;t. Mor- 
der. iT. .Mordere. 

1. Mors, .y. m., lat. morsk?, morsure. ' 
A MORS fort e rege. 

Naluras d'alcunas hestias. ' 

A morsure forte et rude. 

Mordon... co fay serpen, et envennou .m. ; 
personas en .1. mors. 

F. et Ferl., fol. 2.'(. 
Mordent... comme fait serpent, et envonimenl ' 
trois personnes en une morsure. ■ 

Aîîc. FR. Adaus nous a, par un seul mors. 

Si inalement honnis et mors. : 

Roman de Mahomet, v. 707. I, 

Ce în par le mors de la pomme. 

Fabl. et cent, anc., t. IV, p. ig'i. 
Toi le nianga à un sol mors. 

Roman du Renarl , I. M, p. .^02. j 
III. 



MOR 



i65 



ANC. ESP. Que non trag()peor muerso n'in Judio 
nin Pagauo. 
Poema de Alexandro, cop. 1210. 
IT. Morso. 

'3. MoRsiTRA, s.f., morsure. 

MoRSURA de serpen. 
Bref, d'amor, fol. 5o. 
Morsure de serpent. 

El poyria danipnatgar, per sa morscra , 
manhlas gens o hestias. 

Lii>. de Sydrac, fol. 29. 

Il pourrait endommager, par sa morsure, maintes 
gens ou bêles. 
IT. niorsura. 

'.\. MoRDKMENT, S. m., morsurc. 

MoRDEMENT de bestla venenoza. 

Elue, de las propr., foi. 98. 
Morsure de bête venimeuse. 

ESP. Mordimiento. it. Mordimento. 

5. MoRDEDURA, S . f. , movsure. 
Contra MORm;DURA de ca ravio.s. 
MoRDEDURA de vipra. 

Elue, de las propr., fol.' 191 et i/J.'). 
Contre morsure de chien enraoj. 
Morsure àe vipère. 

ESP. PORT. Mordedtira. 

6. MoRDic.\MENT, .S. 1)1., picotemcnt, ti- 
raillement. 

"Val contra MiiRDtc\ME>-T et arsura d' esto- 
mach. 

Elue, de las propr., fol. 212. 

Vaut contre tiraillement et irritation d'estomac. 
TT. Mordicamenio. 

7. MORDICACIO, S./., lat. MORDICATIO , 

e.tcitation , picotcmeiU. 
Senta la mordicacto de la niedecina. 
Las medecinas que fan cessar flux, de sang 

ses MORDICACIO. 

Trad. d'Albucasis, fol. 5 et 'iC>. 
Sente l'excitation de la médecine. 
Les médecines qui font cesser le llux de sang sans 
excitation. 

ESP. Mordicacion. port. .Vordicacào. it. .Vor- 
diccizioiie. 

8. MoRDFnon , .f. m., mordant, saii- 
ritjiie. 

31 



^66 



MOR 



Fig- Son ja ii mordedor 

Per un de nos, duy de lor. 

AlMERI DE PeGUILAIN : Li l'olll. 

Déjà les mortlanls sont pour un de nous , deux 
dos leurs. 
Ksp. PORT. Mordedor. it, Morditore. 

9. MORDICATIU, (idj., lat. MOF.DICATIVM.V, 

e.\citatif, mordicatif, qui cause des 
picotements. 
Aquela ay{;a es dels siens biidels morditati^'a. 
De bndels lavaiiva et mordicativa. 

Elue, de las propr., fol. i^^ «'l 2-3. 
CeUe eau est excitatife des siens hovaux. 
De Loyaux Invatlve et mordicatii>e. 
Esr. iT. Mordicativo. 

10. MoRDiFicAR, V., picoter, être moi- 
dicant. 

Part. prés. Sal... mordifican les Imdels. 

Elue, de lus propr., fol. 193. 
Sel... niordicitnt les boyaux. 

11. MoRDiFiCATiu , adj., piquant, mor 
dicatif, excitatif. 

Ayga s^lada... cum sia mordificativa. 
Elite, de las propr. j fol. jS. 
Eau salée... comme elle soit mordicalii>e. 

l'I. MORCKL, MORSEL , MORSEUS , .V. tH . , 

morceau. 

Fan thesaiir de hos morcei.s e de lor lecarias. 

LU', de Sydrac, fol. 129. 
Font tre'sor de bons morceaux et de leurs frian- 
dises. 

De carn de vacha faitz morsels. 

Dei;des de Prades , Àuz. eass. 
De cbair de vache faites des moreeaux. 
Amon dinz lur maizos 
Mais bos vis e bos morsetjs, 
C ab afan penre castens. 

B. Calvo : En luec. 
Aiment davantage dans leurs maisons bons vins el 
bons morceaux, qu'avec peine prendre cliâteaux. 
Prov. Ah semblan de bon morsei. 
Se prenon li glot aozel. 

G. Olivier d'Arles , Coblas trindas. 
Avec apparence de bon morceau se prennent le^ 
gloutons oiseaux. 
ANC. FR. Ki del morse/ fa estranglez. 

Roman de Piou, V. IO728. 
N'avez cure de tel morsel. 

Roman du Renart, t. II , p. 256. 
IT. Morsello, 



MOR 

i3. Remordre , V. , lat. RKMORneRE, 

martyriser, déchirer, liourreler. 
Fii^. No s tanb las jens remordas. 
Car peccas y mortainien. 

P. Cardinal : .Thesuin Crist. 
Il ne convient pas que tu dee/iires les gens , car lu 
y pèches mortellement. 

La predicalio li remort la cociencia de son 
pec<'at. 

P'. el f'erl., foi. /J9- 
La prédication lui mnrljt-ise la conscience à 
cause de son péché. 

Sa consciencia l'en remordia. 

TH. de 1286. DoAT, t. XLI, fol. 76. 
Sa conscience l'en bourrelait. 

ANC. FR. 

Ne ce dont conscience le leprent et rernorf 

Jehan de Meung, Test., v. 3i(i. 
Dout conscience vous reinorde. 

Farce de Palhelin, p. l38. 
CAT. Remordir. esp. port. Remorder. it. Re- 
mordere. 

MORENAS, s.f.pl, hémorrhoïdes. 

Estopacis verais per cert 

Val mot ad home que sanc pert... , 

E val encontra morenas. 

lîrei>. d'amor, fol. [^o. 
La lopase vraie certainement vaut moult à homme 
qui perd son sang..., et vaut contre hémorrhoïdes. 
CAT. Morenas. esp. Almorranas. port. Alinor- 
reimas. it. Morice, morici. 

MORGOIL,.?. 772., du lat. my.v^ous, plon- 
geon. 

MORGOII. 

Que hom apella corpraari. 

Deides DE Prades, Auz. cass. 
Plongeon... qu'on appelle cormoran. 
esp. Somorgujo. port. IMergulhào. it. Mergo. 

MORINOS, r/r//., léger, vite, prompt , 
alerte , rapide. 
Engendrât el .xxx. , es morinos. 

Elue, de las propr., fol. 235. 
Engendré au trentième , il est alerte. 

MORIR, MCRiR, V. , lat. morir2, faire 
mourir, tuer, détruire, ravager. 
Milhs en vnlh morir , pendre o arder. 

Roman de Gérard de Rossillon, fol. io5. 
Mille j'en ycut. faire mourir, pendre ou brûler. 



MOR 

Part. pas. Per un autre qii' îeu volgra a ver mort. 

G. FlUL'ElRAS : L'autr' itr. 
Pour un autre que je voudrais avoir tué. 

t'ig. Contra Franses qu'an vosira terra mouta. 
Montant Sartbe : Conis deTolsan. 
Contre les Français qui ont ravagé votre terre. 
An MORT pretz e cavalairia, 
£ morta. tota cortezia. 

Austorc d'Orlac : Ay ! Dieus. 
Ont détruit honneur et clievalerie, et détruit 
toute courtoisie. 

ANC. FR. Jesque il ont mort tuz les madie.s del 
pals. 

V-//IC. trad. des Lii'. des Rois, fui. qy. 
E il meistue eussent mort, 
Quant vint li sire de Montfort. 

Roman de Hou, v. 13478. 
Je t'ai occis ton ennemi qui t'enst mort , se 
il enst vescu. 

JoiNVtLLE, p. 75. 

De durs assaulx cjui tant de gens ont mors 
Jean Marot, t. V, p. io3. 
roRT. Por aver morte très grandes c.ipitaes. 

Jean de I'.ahros. 
iT. Ch' a torto m' ha mono lo raio ligliulo. 
Cento NofeUe anlicfie, n" 67. 
Que gii occhi che lu' ;in morta. 

B0CCACC10 , Decam., VII, 10. 
Sanar le piaghe e' banno Italia morta. 
Dante, Purg., c. 7. 

— iVlourir, cesser de vivre. 

Al jorn c' om nai, coraensa a morir. 
G. Faid[t : Cascus hom. 
Du jour que riiomme naît, il commence à moi^rir. 

Qui nos pais que no murem de fara. 
Poème sur Bocce . 
Qui nous paît afin que nous ne mourions de faim. 
Enans qne m lais morir. 
MoRAi me, si no m voletz jauzir 
De qaaique joi 

La dame Castelose : Amies s' ie us. 
Avant que je me laisse mourir. 
Je me mourrai, si vous ne voulez me gratifier de 
quelque joie. 

f'S- Qoan vos vei, muor de désire, 

E pnois MLOR , quan uo ns puosc vezer. 
G. Faidit : Tant sui. 
Quand je vous vois , je meurs de de'sir, et puis 
je meurs, quand je ne puis vous voir. 

En sa mort ve bom tolz Les morih. 

AiMEBi DE Pecuilain : Tolas Ijonors. 
Kn sa mort on voit tous biens mourir. 



MOR 



•67 



l.oc. Morir ad aqaesi nam, e vinre en Dieu. 
f^. et Fert.. fol. 55. 
Mourir à ce monde , et vivre en Dieu. 
Stibstantiv. Piegers es sofriis que morirs. 

Amanieu des Escas : Dona per cui. 
Pire est le souffrir que le mourir. 
ANC. KR. Mes aincois qn'ele se morist. 

Roman de la Rose, v. 1^65. 
iT. Dopo non inolto tempo si morî. 

BoccAccio , Decam., II, 10. 
Part. prés, substantif. Hyeys de la terra dels 
MORENs, evai t'en el cel, en la terra dels 
vivens. 

r.er rert., fol. 28. 
Sors de la terre des jnouranis, cl va-l'en au ciel , 
en la terre des vivants. 

Part. pas. Car paranla qne fruch non porta 
A si ui ad autre, es paraula morta. 
G. Olivier d'Ables , Coblas triadas. 
Car parole qui ne porte fruit à soi ni à autre, 
est parole morte. 

Fes, ses obra , es morta. 

Trad. deB'ede, fol. 67. 
Foi , sans reuvre , est morte. 

Subst. Qui re non a , an' ab les mortz dormir. 

Un troubadour ANONYiWE: Tôt aissi soi. 
Qui n'a rien , aille avec les morts dormir. 
cat. esp. Morir. port. Morrer. it. Morire. 

Voyez M AN. 

■> . Mort, s, m., lat. mortcw, mort, tré- 
pas. 

Dieus près per nos mort carnan. 
Piebbe d'Auvergne : Belha m' es la Hors. 
Dieu prit pour nous mort cliarnelle. 
Volrion morir, e la mortz lor falbira. 

Liif. de Sydrac, fol. 98. 
Voudraient mourir, et la mort leur lera défaut. 
Ai ! Mortz crudels , com lo volgist ancîr.' 
AlMKRi DE PeguilAIN : Totas lionors. 
Ali .' Mort cruelle , comment voulus-tu l'occire ? 
Loc. lea no voill que, a mort ni a vida , 
La nosira amors sia parlida. 
Un troubadour anonybie : Seinor vosque. 
.le ne veux pas qu'à mort ni à vie, le notr*! amour 
soit séparé. 

l.oc.jig. An lues a mort donmei, joi e solaiz. 
SoRDEL : Qui Le s memhra. 
Ont mis à mofY courtoisie, joie et divertissements. 
Ieu lor vuelb mal de mort, et ilh a me. 
G. Admehiab : Non pot csser. 
Je leur vtu.i nul dr mort, el eux à moi. 



268 



MOR 



ANC. rn- Les Thcbains qui leur vouloient un 
mal de mort. 
Amyot, trud. de Plutarifue. Vie de Pélopitlas. 
Prov. Soven , après mort, penedeiisa. 

Amanieu des Escas : Dona per cui. 
Souvent , après la mort, pénitence. 
CAT. Mort. Esp. Miierce. î'Ort. it. Morte. 

3. MORTALDAT, MORTAUDAT , S. f., lîlt. 

MORTALiTATd?///;, mortalité, massacre. 
Fams ni Mor;TALD.\Tz ni guerra 
No fai tan de mal en terra 

Com Amors. 

MaKCABRUS : Dirai vos. 
Famine ni mortalité ni guerre ne fait pas autant 
de mal sur terre comme Amour. 

Las grans MORTAUDAT/. c'avia f'ach Karlle 
maynes. 

y. de S. Honorât. 
Les grands massacres qu'avait faits Cliailemagne. 

ANC. ESP. 

Faremos ennos griegos ala) moitaldat. 
Poema de Alexandro , cop. 93/ . 
ANC. CAT. Mortalitat. c\t. mod. Mortaldat. 
ESP. jioD. Mortandad. poiit. Moj-talidade. 
IT Mortalità, mortalitate, inortalitade. 

If. MoRTAL, adj., lat. MORXAT.i'.v, mortel, 
qui cause la mort. 

le us darai un colp mortal. 
Raimond l'Ecrivain : SenLers l'autr' ier. 
Je vous donnerai un coup mortel. 
leu trac per lieys mal mortai, , 
Tal qu'a penas puesc viure. 

P. RoGiERS : Tan no plou. 
Je traîne pour elle mal mortel, tel qu'à peine jo 
puis vivre. 
Fig. Tenra vos per son mortal guerrier. 

Le moine dk Montaudon : Ayssicum selli. 
Vous tiendra pour son mortel ennemi. 
len lur dirai novellas tan mortals. 

f^. de S. Honorât. 
Je leur dirai nouvelles si mortelles. 
Per la boca m metelz al cor 
Un dous baizar de fin' amor coral, i 

Que i meta joy e'n giel' ira mortal. 

B. DE Ventadour : Quan parla. 
Par la bouche vous me mettez au creur un doux 
baiser de pur amour de cœur, qui y mette joie et en 
cbassc tristesse mortelle. 

ANC FR. 

Par vos Toussent ociz .m mortal ancm'i. 



MOR 

Graut guerre a en sa terre de mortals anemis. 
Jioman de Hou, v. 4389 et iSgt). 

— Mvstiqtiement. 

Kl ha los set peccalz mortals. 
Bertrand d'Allamanon : Del arcivesque. 
\\ a les sept pe'clie's mortels. 

— Sdjet à la mort. 

Non la pot vezer hom mortal. 

Tiad. d'un Euang. apocr. 
Ne peut la voir bomme mortel. 
Nos em mortals, semblant a vos. 

Trad. des Actes des apôtres , ch. \l\. 
Nous sommes mortels, semlilables à vous. 
CAT. ESP, PORT. Mortal. IT. Mortale. 

5. SoBREMORTAL, aclj . , suf-mortel, très 
mortel . 

Merabrar fan lor sobremortal plaia. 
B. ZoRGi : Moût fort. 
Font rappeler leur très morlelle^Wie. 

(>. MoRTALMEN, adc, mortellemeii t. 
Car peccas y mortalken. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Car tu y pèches mortellement. 

ANC. FR. Kar che.scun àes.'^OTxaànzinortalment 
le llaicit. 

Roman de Rou, v. 3^33. 
CAT. Mortalment. esp. pokt. it. Morcalmente. 

7. MuRTRE , S. m., meurtre. 

Dieus defendet a la gen... 
H murtres e layronicis. 

Bref, d'amor, fol. I^. 
Dieu défendit à la gent... et meurtres et larcins. 
ANC. FR. l\leurdre ne fis onc qu'en poulaille. 
Les Repues Franches, p. 4^. 

8. MuRTRiER, S. m., meurtrier. 

Quan que sia peccaires, 
Trachers e murtriers e laires. 

Brei'. d'amor, fol. 59. 
Coni])ien (ju'il soit pe'clieur, traître et meurtrier 
et larron. 

Adj. Hom MURTRIER ni raubaire. 

P. Cardinal : Razos es. 
Homme meurtrier et voleur. 

9. MuRTRiDOR, S, in., meurtrier. 



MOR 

Fig. Esser muhtridor de ta misericordia. 
Trad. de licde, fol. 3. 
Etre meurtrier île ta miséricorde. 

ANC. FR. 

Car le roy enerbastez à loi de mtirdreour . 
Pofine sur Hulottes Cupet, fol. i5. 

10. MuRTRiR, V., meurtrir, assnssiner. 

Las gens raubar o murtrir. 
Aisbi MORTRisso la gen. 

Brev. d'amor, fol. ()2 et \l!\. 
Les gens voler ou meurtrir. 
Aiusi ils meurtrissent \a gent. 
ANC. 1-a. Ki st'7, Uaneiz 11 unt murdriz. 

Roman deRon, v. 6jJo5. 

11. MORTIFICAR , MORTIFIAR , i; . , lat. 

.MORTiFit;.\Rf', tnurLiiicr. 

Sa carn mortificava. 

F. de S. Ilunonit. 
Mortifiait sa cbair. 

— Fairo iiiotuir. 

Las herbas uialas mortifica. 

Elue, de las propr., fol. li"". 
Les mauvaises hcrhea J'ail mourir. 
Part. prés. "Ha doas qiialitatz mortificans , 
que .so f'reior et .siccitat. 

Elue. Je lus propr. , fol. Cf.. 
A deux ({ualites mortijiantes, qui sont froideur 
et se'clicresae. 
Part. pas. Per peiiitencia mortificatz. 

Elue, de las propr., fol. 122. 
Par la [«eniteoce mortijîé. 

Ta cbarns iioaTiFiADA no pot t'arma damp- 
nar. 

Trad. deBtde, fol. 32. 
Ta chair mortifiée ne peut damner toa âme. 
ANC. Fn. Kar pur tel sûmes mortifiet. 

Ane. trad. du Psiiut , Ms. n° i, ])s. !\^. 
CAT. F,.->r. PORT. Mortificar. ir. Mortijîcare. 

12. MOUTIFICATK) , jMORTIFIC.VCIO, i'.y], 

lat. MORTiFicATio, inortiHcatioii. 

Ades portam e nostres cors la îwoRTiFirAXro 
de JhesD. 

Trad. de Bède, fol. 67. 

Nous portons toujours sur no.s corps la mortifi- 
cation de Jésus. 

— Mort. 

Le cor e 'Is esperitz defalbo, d' on ve vila , et 
siée si mortipk.acio. 

Elue, de las propr., fol. 23. 
Le cœur cl les esprits, d'où vieul la vie, man([Uoul, 
et il j'en suit mort. 



MOR 



269 



CAT. Mortificaciô. esi*. Morti/tcacion. port. 
Mortiftcacào. it. Mortijicnziotte. 

1'^. MoRTiFicAMEN , S. ni., mortificatioii . 
L.) niesprezamen 
IJel mou e'I mortificamen 
Dels deziriers cainals. 

Brt't'. d'iimor, fol. 15. 
Le mc'pris (iu monde et la mortification des de- 
sirs charnels. 

IT. Mortificamento. 
I/|. MORTIFICATIU, Cldj., J 11 K'it. MORTI- 

Fic«,v, niûitifiant, mortel , (jiii donne 

la mort. 

Calor... es mortificativa qiiau es trop fort, 

Frejor..., quau es trop inlensa, es morti- 
fica ri \ a. 

Elue, de las propr., loi. 24. 

Chaleur... est mortelle quand elle est liop ibrte. 

Froidure..., quand elle est trop intense , est mor- 
telle. 

1 5. Amortir, v. , amortir, éteindre, 
étouffer. 

La flam' esconduda 
Ls greu per amortir. 

PiERiiE d'Auvergne : Pois de mon. 
La llamme cachc'e est difficile à amortir. 

Qui vol luerniar o del tôt amoktik lo fuoc, 
deu sostiaire la leuha. 

y. et t'ert., fol. qq. 

Qui veut diminuer ou du tout amortir le feu , 
doit soustraire le Lois. 

l'ig. S' amortisso e esdeveno suaii e pazible. 
Livre de Sydrar, fol. /|2. 
S\imortissent et deviennent doux et paisibles. 
A.VC. CAT. Amortir, it. Aminortire. 

\(S. Amortar, i'._, amortir, éteindre.' 
leu faray ados toi lo foc amortar. 

Roman de Fierahras, v. 3347- 
Je ferai incontinent tout le feu éteindre. 
Vey caot e freyt entreraesclar, 
Ab r un pot r autre amortar. 
Hambaid de Vaqveiras : Los frevols vcnson. 
Je vois le chaud et le froid s'entremêler, avec l'un 
peut l'autre s'amortir. 

Fig. Per so li fols rcprendedor 

Qu'amortan be, lauzan faillir. 
G. Fabre iie Narbonne : Hom mays vcv. 
Pour cela les faux critiques qui cteit^nenl le Lien , 
en louant le faillir. 



270 MOR 

Sitôt bon pretz s' amorta 
Pels fais cui destrenh Aniors. 

Hugues de Murel : Jes sitôt. 
Quoique bon mérite s'éteigne par les faux que 
presse Amour. 
Part. pas. Qaan lo lums es amortatz. 

Brev. d'amor, fol. \[\i. 
Quand la lumière est éteinte. 

ANC. FR. L'eaipereriz a confortée 

Qui tant est triste et amortèe. 
Nouv. rec. Jefabl. et cont. anc.j t. II, p. 70. 
Li pais ert si amortez, 
N'i pooit croistre n'uu ne el. 

Fabl. et cont. anc, t. I, p. 328. 
ANC. CAT. ANC. ESP. Amortar. it. Ainmortare. 

17. Adzamortar, ?;., amortir, éteindre. 
Part. pas. E 'I foc fo fotz a dz amortatz; 

Ab vinagre 'I fan escantir. 
Arnaud de Carcasses ; Dins un verdier. 
Et le feu fut tout amorti ^ avec vinaigre ils le 
font étouffer. 

18. Amortf.zir , V. , amortir, éteindre. 
Flg. Gant lo faoc de niîsericordia falh , la amor 

de Diea s'amokteziss el cor. 

F. et Fert., fol. 73-74- 
Quand le feu de miséricorde manque, l'amour de 
Dieu s'amortit au cœur. 
ANC. ESP. roRT. Amortecer. 

19. Amorsar, V., amortir, assoupir, 
calmer. 

Voyez MuRATORi , Z)m. 33. 

Sanh Bernart amorset la disimulansa que 
era entr' el rey de Fransa... e entr'el comte 
Theobal. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. l5!|. 
Saint Bernard amortit la dissidence qui était 
entre le roi de France... et entre le comte Thibaut. 

20. Amortador , s. m., de.slructeiir. 
leu serai amortador tien. 

Abr. de l'A. et du N.-T., fol. 32. 
Je serai ton destructeur. 

21 . Amortissament, amortesimen, s. m., 
amortissement. 

Fetz li sas lettras d' amortissament. 
Sus lo fach de nostres amortesimens. 

Tit. de i3()3. Doat, t. CXXXII, fol. 201 . 
Lui fit ses lettres à' amortissement. 
Sur le fait de nos amortissements. 
Esr. Amorteciiniento. 



MOR 

ï2. Immortjvl, adj. , lat. immortauV, 
immortel. 
Angel..., per gracia, es immortal. 

Elue, de las propr., fol. 9. 
Ange... , par la grâce, est immortel. 

CAT. ESP. port. Immortal. ir. Iinmortale. 

MORN, adj., morne, triste, pensif. 
E '1 peccat qu'els esglaya, 
E 'Is ten MORNs e tritz. 

G. Faidit : Era nos. 
Et le péché qui les effraie , et les lient mornes eî 
tristes. 

m non es de re trista ni morna. 

A. Daniel : Lanquan vei. 
Elle n'est de rien triste ni morne. 
Fig, La plueia e'I vent e 'I temps morn. 

Un troubadour anonyme : Seinor vos. 
La pluie et le vent et le temps morne. 
ANC. FB. L'hiver morne de froid, blanc de nège 
et de glace. 

Rf.mi Belleau, t. I , p. 99. 
poi\T. Morno. 

2. Mors, adj., triste, morne. 
"Volelz tan laitz deseretar 
Una pulcella trist' e morsa, 
Car vezetz que no os pot far forsa. 

Roman de Jaufre, fol. 102. 
Vous voulez si laidement déshériter une pucelle 
triste et morne, parce que vous voyez qu'elle ne 
peut vous faire résistance. 

IVÏORPHEA, .s, /, morphée, sorte de 
maladie. 
Voyez Du Gange, à ce mot. 

Morphea, es taca et infectio de pel. 
Ciiui en aquels qui han morphea. 

Elue, de las propr., fol. 100 et 65. 
Morphée, c'est tache et infection de peau. 
Comme en ceux qui ont morphée. 
PORT. Morphea. it. Morfea. 

MORTAIROL, s. m., coulis. 

Per far meillor mortairoi. 
Ajusta i bom del barbaiol. 

Deudes de Pbades , Auz. cass. 
Pour faire meilleur coulis on y ajoute de I» 
joubarbe. 

Si non cam els mangem la bona fresza 
E 'is mortairols gra.sses e ben espes. 
P. Cardinal : Ab votz d'angcL 



iNlOS 

Si comme eux nous ne mangeonii pas la l)onnc fres- 
sure et les coulis gras et Iiieu e'pais. 
CAT. Ksp. Morterada. 

MORTIER , .V. nu, l;it. mout^r/mw, mor- 
tier, sorte (le vase. 

Pizur el mortier 
Pelire. 
Le moine de MoNTAVDON : Fort m'enucia. 
Piler dans le /nor/ier poivre. 
Tôt l'aur e l'argent fassam pizar e moktiers 
de coyre. 
Roman de la Prise de Jériisale?n, fol. \b. 
Que tout l'or el l'argent nous fassions piler dan> 
des mortiers de cuivre. 

CAT. Morter. esp. Mortero. port. Morceiro. i r. 
Mortaio. 

MORTIER, s. rn., mortier, terme tic 
maçonnerie. 

Dedins fan barreiras ab caulz et ab mortier. 
Pessio los aulz murs e la sala peirina, 
Que so fait/, de mortier, d'arena e de cancina. 

Guillaume de Tudei.a. 
IJcdans font des barrières avec chaux el avec mor- 
tier. 

Mettent en pièces les liauls murs et la salle di' 
pierre, qui sont faits àc mortier, dosaljle et de chaux . 

Fis- 
Si .sap donar inetzina que n' iesca'l poiridiers 
IS'i la inalaveutuia , tan es dnrs lo mortiers 
IzARN : Diguas me tu. 
S'il sait donner me'decine de manière iju'en sorte 
la pourriture et la maladie , tant est dur le mortier. 

CAT. Morter. esp, Mortero. port. Morteiro. 

MOS, pron. poss. m. V^ pars., lat. mcus, 

mon, mes. 

Voyez la Grammaire romane, p. 1 92 

Sing. siij. Ja mos cors va.s lieys non er leiigiers. 
Arnaud de Marueil : Ane vas Amor. 
Jamais mon cœur envers elle ne sera le'ger. 
Mos chantat's li plai. 

B. DE Ventadour : Quan la doss' aura. 
Mon chanter lui plail. 

ANC. FR. Je sui vostrc bonis et vos mes sire. 
Homan du Renart, t. II , p. 30^. 
P/iir. règ. Mon cor eu I' antrei e m' amor, 
Mon sen , mos oiUz e ma vida. 
La comtesse de Die : Kstat ai. 
•le lui octroie mon coeur et mon amour, mon sens, 
tiii-i yi-ux f\ ma vie. 



MOS 



271 



M0.1 digz esconta e rete. 

B. DE Ventadour : Quan par la (lors. 
Elle écoute et retient mes dits. 
CAT. Senyor... combatte ab mo.f combatadors. 
Trad. des Ps. en liing. cat., ps. iî^. 

a. Moti , pron. poss. i'^ pcrs. sing., lat. 

Meitm, mon. 
Rég. Per so no ns eus mon cor mostrar ni dire. 
FoLQUET DE Marseili.e : Tau m' aLellis. 
Pour cela je ne vous ose montrer ni exprimer 
mon coeur. 

Mon cLan finisc ab dol et ab inaltraire. 
Bertrand de Born : Mon dian. 
Que mon chaut je finisse avec deuil et avec sonllrir. 
CAT. Mon. 

3. Mir.vs,M^vs, pron. poss. m. \^' pers., 
lat. MF.us, mien. 

Sing. siij. Cen taniz soi mielz vostres qnewiEUS. 
Arnaud de Marueil : Doua genser. 
Cent fois autant je suis mieux vôtre que mien. 
Lo MEUS Biens que crezet cel e terra e'I 
solelb e la lunha. 

Liit. de Sydrac, fol. 4- 
Le mien Dieu qui créa ciel et terre et le soleil et 
la lune. 

Règ. Lo MIEU fin cor gardatz. 

Peyrols : Ben dey cliantar. 
Le mien pur cœur considérez. 

Pero qnascas sap son afar. 
Et iea sa! lo mieu eissamen. 

PistoletA : Mania gent. 
Pourtant chacun sait son ailaire, et je sais la 
mienne également. 

Siibst. Perdonat m'er, ab que done del mieu. 
P. Cardinal : De selhs. 
Il me sera pardonné, pourvu que je donne du 
mien. 

Ja , per ma fe , non aur.etz ren del meu. 
Le DAUPHIN d'Auveki;ne : Vilan corles. 
Jamais , par ma foi , vous n'aurez rien du mien. 
CAT. PORT. Mett. 

Pliir. siij. Si '1 inîens règnes fos d'aqaest mont , 
certas li mieu ministre combalessan. 

Trad. duN.-Test. S. Jean,c. i8. 
Si le mien règne fût de ce monde , certes les miens 
ministres combattissent. 
Rég. Senher, mostra m la drecba via , 
E no y esgart los meus neletz. 

FoLQUET DE Mahseille : Senhcr Dieu». 
Seigneur, montre-moi la droite voie , et u'v re- 
garde les miens péchés. 
CAT. Meus. 



27?. MOS 

4. Mei, miei , MEY, iMiEY, pron. poss. m. 
plur., lat. MEI, mes. 

Siij. Mal me faderon mei pniii. 

G. Rt'DEL : No sap chantar. 
Mal me féèrent mes parrains. 

Quan no us podon miei hnelh vezer. 
Arnaud de Marueii. : Dor.a genser. 
Quand mes yeux ne vous peuvent voir. 
IT. Miei. 

5. Ma , pron. poss. f. i^^ pers., lat. me.v, 
ma. 

Sing. sttj. Ma dorana m lais per autre cavalier. 
Bertrand de Born : leu m' escondisc. 
Ma dame me laisse pour autre clievalier. 
Rég. Mos senher met ma terra en tnrmen. 
Richard , roi d'Angleterre : Ja nuls liom. 
Mon seigneur met ma terre en tourment. 
CAT. Ma. 

Phir. SU]'. Mas cansos me semblon sirventes. 
Rambaud de Vaqdeiras : D'anior no m lau. 
Mes chansons me semblent sirventes. 
Plur. rég. 

Lo dous cossir 

Agrevia mont mas dolors e mos mais, 
Cadenet : AL leyal cor. 
La douce pensée... aggrave moult mes douleurs cl 
mes maux. 

6. Ml, pron.. poss. f. 1'^ pers. sing., ma. 
Suj. Aisso m veda de que m don aondansa , 

Mi dons , qn' es pros , cortez' e benestans. 

Rambaud de Vaql'eiras : Era m requii i-. 

Cela me défend de quoi elle me donne abondance , 

ma dame, qui est généreuse, courtoise et accomplie. 

Rég. Quant ieu mi dons sobrepren 

De la ruia forfaitura. 

B. de Ventadoi'R : Conortz era. 
Quand je surprends ina damede la mienne lorfailuri', 
ESP. Mi. 

7. MiA , MiEUA , pron. poss. f. i "" pers. , 
mienne. 

Sing. suj. Conosc que ja non er mia. 

Bertrand de Born : Cazuiz sui. 
Je connais que jamais elle ne sera mienne. 
En te se coHza la mieua arma. 

F. et Ferl., loi. 86. 
En toi se confie la mienne âme. 
Rég. Nuls hom no pot meils gardar la mia 
chausa de me. 

Trad. de Bède, fol. 40. 
Nul homme ne peut mieux garder la m,ienne chose 
que moi. 



MOS 

ASC FR Eust tel famé com la inoie. 

Fabl. etcont. anc, t. IV, p. l33. 
La gregnur pars deit estre meie. 

Marie DE France, t. H, p. 100. 
Certes vengiez serott enc ui 
Se la puissance en estoit inieue. 

Fabl. etcont. anc, t. I, p. 281. 
CAT. fcsp. IT. Mia. 
Plur. suj. Eu soi lor, et ellas son mias. 

Un troubadour anonyme : Scinor vos que. 
.Te suis leur, et elles sont miennes. 
Las MiEUAs fedas auzen la mieua votz. 

Trad. du N.-Test. S. Jean, c. i<>. 
Les miennes brebis oyent la mienne voix. 
Rég. En cal maniera creires las mieuas pa- 

ranlas. 

Trad. du N.-Test. S. Jean, c. 5. 
En quelle manière vous croirez les miennes paroles. 
ANC. FR. Aprenés-moi donc tontevoies 

Quex choses puéent estre inoies. 
Iio7nan de la Rose, v. 5338. 

MOS, nflj., mousse, émoussé, épointé. 
Trop son espes denan , 
E MOS deves lo trenchan. 

Bertrand de Born : Grcu m' es. F'ar. 
Sont trop épais devant , et émoussés devers le 
tranchant. 

Mort m'agratz, s'il lansa no fos mossa. 
Guillaume de Berguedan : Amies. 
Vous m'auiiez tue , si la lance ne lût émoussée. 

ANC. FR. 

D'une ilèche trop mousse Amour vous a blessé. 
Premières OEum-es de Desportes , p. 191. 
Depuis qu'il s'affoiblit et se lasche, le senti- 
ment en devient aussi mousse, pesant et ter- 
restre. 
Ahyot, Trad.de Plutarque. Morales, t.I,p. 48. 

MOSCA. , s. f., lat. MuscA, mouche. 
Plus suau ponh qu' ana mosca. 

Marcabrus : Dirai vos. 
Pitpif plus doucement qu'une mouche. 
Moscas, foriuitz e gan re d'autras bestias. 

Liv. de Sydrac , fol. II. 
Moutlies, fourmis et beaucoup d'autres bêles. 
ANi;. FR. E tel plenté de masques crut... 

Ft des mosques fu gratit mervelle. 
Roman de Brut, t. I , p. ici . 

CAT. EM>. port. IT. MoSCfl. 

a. MoscALHos, s. m., moucheion. 
Socn volon entre nos 
Aici espes cum moscat.hos. 

Brei'. d'amor, fol. 2\. 



MOS 

Souvent ils volent entre nous aussi épais comme 
moucherons . 

CAT. Mosquit. ESP. POUT. Mosqtiito. it. Mos- 
cherino. 

3. MoscAiL, s. m., éinoiichoir, éventail. 
Tenc eo la uian, per lo caat, 
Un MoscAiL ab qne s'adus vent. 

Fioman de Jnttfie, fol. 6o. 
Tint à la main , à cause du chaud , un émouchoir 
avec quoi elle s'amène vent. 

ANC. FR. Continnellcmcnt éruonche de son 
mouschet. 

RVBELAIS . liv. H , ch. if). 

4- MosQDKiAR , V. , (iinouchef, chasser, 
attraper les mouches. 

Ades en 1' aer mosqueia. 
Deldes de PnADE.s , Poème sur les f'^ertus. 
Incessamment attrape les mouches dans l'air. 
Esr. jMosquear. 

MOSCLA.R, .s. m., nasse. 

En ayssî pot hotii pendre a ssa volontat 
d' aqael peys sens mosclar ni sens filat. 
Lett. du preste Jean à Frédéric, fol. 29. 
De la sorte ou penit prendre à sa volonté de ce pois- 
son sans nasse et sans filet. 

MOSQUET, s. m., la t. j^irsc-ETus, émou- 
chet, sorte d'oiseau de proie. 
Esparvier novel e mo.sqcet 
Deu hoiu ab petit auzelet 
Afdilar al comensamen. 
Esparvier e mosquet ruudat 
A hom pins leameu adobat. 

Deiî^es de Prades, Auz. cass. 
Jeune r'pervier et émouchel on doit avec petits oi- 
seaux alTaiter au commencement. 

Epervier et émouchet mue' on a plus facilement 
dispose'. 
IT. Moscardo. 

2. MosQUETA, s.f., émoiichctte, femelle 
de rémouchet. 

Mosqceta es tant rabineira , 
C ab so qne pfen vai sa carreira. 
DEf DES DE Prades , /iuz. cass. 
\J émouchetle Qil si pc'tulante, qu'avec ce qu'elle 
prend , elle poursuit sa carrière. 

MOSSA, S.f., lat. MViciis, mousse. 
Te.slit?, de mossa d' avbres. 

Elue, de las propr. , fol. 17 i. 
V>'tiis do mousse d'arhres. 

ill. 



MOS 273 

Prov. Car qui .soveiit sa raaba tressa. 
Jamais non cuyjlera mossa. 

Trad. d'un Evang. apocr. 
Car qui trousse souvent sa robe, jamais ne cueillera 
moussK. 

ESP. Musco, innsgo. port. Mttsgo. it. Musco , 
muschio. 

MO.ST, S. tu., lat. .-ursTrtw, moiit. 
Vi novel es dit most. 

EluC' de las propr., fol. 22". 
Vin nouveau est dit moût. 

Fom plos sorna la piscina 
Non es MOST en trueyll o en tina. 
Trad. d'un Ei>ang. apocr. 
Fut plus trouble la piscine que n'est moût en 
treuil ou en tino. 

CAT. 3fost. ESP. pour. IT. Mosto. 

2. MosTARDA, S./., moulardc. 

Lo gras de la mostarda es motz petitz. 
r. et Fert., loi. 55. 
Le grain de la moutarde est moult petit. 
ANC. ER. Car aquerre, .s' il n' i a garde. 

Ne vant pas nng grain de mostarde. 
lioman de la Rose, v. 1^658. 
< AT. Mostassa, tnostalla. esp. Mostaza. port. 
IT. Mostarda. 

IMOSÏELA, .y./, lat. .musteli.a, belette. 
Can la mostei-a a son mostelon qu'es natz, 
ela M muda perpaor c' om no lo y emble. 
Raturas d' alcunas bestias. 
Quand la belettes son beletton qui est né, elle le 
de'place par crainte qu'on ne le lui enlève. 
CAT. Mostela, tnustela. anc. e.sp. Muste/a. it. 
MusteNa. 

— Machine de guerre. 

Ung engin apellat mostei.i.a. 

Chronique des Albigeois, col. ^J. 
Une machine appelée belette. 

■i.. Mostelon, v. w., l)eIetton, petit de 
la belette. 
Can la mostela a son .mostei.on qu'es natz. 

Naturus d' alcunas bestias. 
Quand la bi'lette a son beletton qui est né. 

MOSTRAR , V. , lat. .mo/?stuar£?, mon- 
trer, iiulirpicr, faire voir. 



274 



MOS 



MosTRAR la veritat. 

Wat pe Mons : Al l)iin rey. 
Montrer la vc'iilé. 

Vnelh ieu esseï" chantaire, 
El en liiec mon saber mostrar. 

Pons Fabre d'Uzes : Luecx es. 
Je veux êlrc ctianteur, el montrer à propos nwn 
savoir. 

Si m'ajnt selh que s mo.stret en colomba. 

A. 1>ANIEL : Si m fos Amor. 
Si m'aide celui (jui se montra en colombe. 

— Enseigner, apprendre. 
Del segle mostrarai , 
Com se den capteuer 
Qui vol bon laiis aver. 

Arnaud de M\rleil: Bazns es. 
Toucliaiil le siècle, j'enseignemi comiiient se doil 
conduire (celui) qui veut avoir bonne louange. 
Tôt r|iiant ien fane ni tlic que m sia bonrat 
Me mostr' Amors. 

Arnaud de Mareuil : Tôt quant. 
Amour m'ensei;jne tout ce que je fais et dis qui 
nie soit lionorable. 

fjoc. A lotas gens mostrar ad uelh 
La dioba naisseusa d' Amors. 

Bref. (Vamor, fol. 3. 
A toutes gens montrer à l'œil ladite naissance 
d'Amour. 
CAT. ESP. l'ORT. Mostrar it. Mostrare. 

1. MosTRA, S. f., montre, apparence, 
exposition. 

Los autres compron blat en herba e lo vl 
en tlor, cant las vlnbas fan bella mostra. 
F. et Ferl., fol. i/j. 
Les autres achètent le Lie' en herbe et le vin en 
Heur, quand les vignes font belle apparence. 

— Revue de tronpes. 

Se obligua aver en son poder .c. bornes 
d' armas ; après, quan se va a la mostra, el les 

présenta. 

jdrbre de Bataillas , fol. 12g. 
S'oblige à avoir en son-pouvoir cent hommes d'ar- 
nus ; iiprcs , quand se vient à la montre, il les prc- 
iirnle. 

l'roverb. Ses bo mot pane val la mcstra. 
Leys d'amors, fol. 2!\. 
Sans bon mol peu vaut la montre. 
ANC. FR. La monstre de tonz le triumpbe fut 

départie eu trois jours. 
Amïot, Trad. de Platnrqne. Vie de Paul Emile. 
c:at. Mostra. esp. Mtiestra. potit. it. îtlostra. 



MOS 

3. MoNSTRANSSA, S. /., démonstration , 
preuve. 
Aquesta monstranssa fo facba. 

Dociim. de yl\oçt , ville de Bergerac. 
Cette démnnstration fut faite. 
ANC. ESP. IT. Mostranza. 

/|. MosTRAMF.N, .?. Ht . , prpuvc, démons- 
tration. 
Sors de Jhesum Crist lo premiers mostramens 
P. DE Conr.iAC : El nom de. 
La première /j/THi'K surgit de Jésus-Clirist. 
ANC. FR. Le mostrement, l'appareissance. 
B. DE SAiUTE-i\lAur.E , Cliron. de Norm., fol. 23. 
ANC. CAT. Mosirament. it. Mostrarnerito. 

5. MOSTRMRV, MOSTRAnOR, S. IH . , dé- 

monst râleur, indicateur. 

L'ainor, don ieu sui mostraire, 
Nasquet en un gentil aire. 

Marcacrus : Al sondesviat. 
L'amour, dont je suis indicateur, uaquit en une 
gentille demeure. 

Portador e mostrador d' aqnest public es- 

tiument. 

Tit. de I28f. j4rcli. du Roy., J. 33o. 
Porteur cl indicateur de cet instrument public. 
ESP. PORT. Mostrador. it. Mostraeore. 

6. Amostrar, V., montrer, enseigner, 
apprendre. 

Que tu m denbes amostrar, en aquesta art 
de planetas, la causa qu' ieu quier a saber de 

ela. 

iiV. de Sjdrac, fol. i38. 
Que lu me daignes apprendre, dans cet art des 
planètes , la cause que je cherche à savoir de lui. 

ANC. ESP. 

Ainostran los tedores escontra nos entrada. 
Poema de Alexandro , cop. l5l5. 
CAT. PORT. Amostrar. 

7. Demostrar , V. , lat. demo«sïrar<? , 
montrer, démontrer, désigner, repré- 
senter. 

Volguist DEMOSTRAR iniraclc tan apert. 
f^. de S. Honorât. 
Tu voulus montrer miracle si manilesle. 
Demostron snbstaniia visibil. 

Gramtn. provenç. 
Désignent substance visible. 

Per DEMOSTRAR que est' amors 
Tramct als (i/.els aymadors 



MOS 

Totz los bos noirimens. 

Bref, d'ainor, loi. 118. 
Pour démontrer que cet amour transmet aux 
amants fidèles toutes les lionnes nourritures. 
Segoii (jiie la sortz demostrava. 

A', de S. Honorai. 
Selon que le sort désignait. 
Part, pas. 
Tio qu' es en faits o eu digz demostratz. 

Lehnako d'Alriac : S' ieu agues tan. 
Jusqu'à ce qu'il est démontré en faits ou en pa- 
roles. 

La semblausa de la cara de JhesQ Crist que 
era uemostrada en aquelha toalha. 

Aùr. de rj. et du N.-T.. loi. 35. 
La ressemblance de la figure de Jésus-Clirist qui 
«•tait refiréùenlée sur celte touaille. 
CAT. Demostrar. anc. esp. Demoiistrar. Esr. 
MOD. Demostrar. port. Demonstrar. it. 
Dunosti-are. 

8. Demostransa, dkmonstransa, 5. y;, 
démoustiation , preuve. 
Fils es d'avols creatara 
Qui fai avol demostransa. 

l'itKRE n'ALVEncNE: Be! m' es quan. 
Est fils de mauvaise créature qui lait mauvaise 
démonstration. 

Leials demohstransa d'aquela causa dont es 
doptes. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 27. 
Loyale preui'e de cette chose dont il est doute. 
Axc. FR. Ses fais en font la dèmonstrance. 
Chaules d'Ohléans , p. 89. 
ANC. CAT. Demostranca. anc. esp. Deinons- 
tranza. it. Dimostranza. 

g. Demonstrament, s. m., présentation, 
manifestation. 

Eatro als jorns de son df.mostrament ad 
Israël. 

Trad. du N.-Test., S. Ltc, cli. i. 
Jusqucs aux jours de sa manifestation à Israël. 

— Preuve, démonstration. 

La taala Dionisi que es demostramek. 
Pierre de Coudiac : El nom de. 
La table de Denis qui est démonstrntion. 
A.NC. c:at. Demonstrament. anc. esp. Demons- 
tramUnto. esp. mod. Demostramiento. 11. 
Dimostramento. 

\0. Demostratio, .s./., lat. dkmo/7.stka- 
rio, démonslration, dcscri|)tioi). 



MOS 



275 



IIkmcstratio, es cant hom recomta e récita 
alqn negoci qu'esfaytz. 

Leys d'amorSj fol. 1^8. 
Description, c'est quand on raconte et ia|ip()rle 
aucune allaire qui est faite. 

CAT. Demostraciô. anc. esp. Demostracion. 
esp. mod. Demonstracion. port. Demons- 
tracào, demostracào. it. Dimostrazione , 
dimostragione. 

II. Demostratiu, adj., lat. demonstra- 
Tiv«.v, démonstratif. 
Sun apelat pronom demostratiu, quar de- 
inostron certa peisona. 

G ra mm. p ro i> e n c . 
Sont appelés pronoms démonstratifs j car ils dé- 
signent certaine personne. 

Demostrativas , coma : Veus. 

Lejs d'amors, fol. 100. 
Démonstratives , comme . Voilà. 
CAT. Demostratia, esp. Dcmostra'.ifo. pout. 
Démonstrative, it. Dimostrativo. 

MOSTRE , s. f/i. , lat. mo«str///// , 
monstre. 

Serena es .1. mostre en mar, et ha cors de 
femna e coa de peysso. 

A^. et f^ert., fol. 23. 

La sirène est un monstre en mer, et elle a corps 
de femme et queue de poisson. 
CAT. esp Monstriio. port. Monstre, it. Mostro. 

2. M0STRU0ZITAT, .y.y! , monstruosité. 
Aqnesta mostruozitat o defayssonament 

s'endeve per superfluitat de malaria. 

Elue, de las propr. , fol. 33. 
Cette monstruosité ou difformité se produit par 
superfluité de niatièie. 

CAT. Monstruositat. esp. IMonstruosidad. port. 
Monstruosidadc. it. Mostrosità, moslmosi- 
tà, mostrtiositate, inostrvositade. 

3. MOSTRUOS , JlOUNsTRUOS , rtr^'. ,lat, 

MONSTRuos«.y, monstrueux. 
A vcgadas mostbdos et desfay.«sonat. 

Elue, de Ins propr., fol. i3<). 
Parfois monstrueux et déformé. 
Bestias que son dichas mocnstruosas. 

Lett. de Preste Jean à Frédéric, fol. 29. 
Bêles qui sont dites monstrueuses. 
Fig. Es cauza de diversas passios eslianhas cl 
MosTmrozAs. 

Elue, de las propr., fol. b!{. 



a^e MOT 

Est cause de diverses passions étranges et mons- 
trueuses. 

CAT. Monscruos. esp. port. Monstruoso. it. 
Mostroso, mostruoso. 

MOT, S. m., gr. (/.uBas, mot, parole. 
Voyez Denina, t. III, p. 52. 

A penas podiaii sospirar, 
Ni MOTz non podian formar. 

Piissio de Maria. 
A peine ils pouvaient soupirer, ni mots ne pou- 
vaient articuler. 

lea ai motz mascles auzitz... 
F, MOTZ femenis pauzatz. 
Qq' elh aprenda de tu los motz e '1 so. 
AlMEBi DE Peguilain : Mantas vetz. 
J'ai ?nots masculins ouïs... et mots féminins posés. 
Qu'il apprenne de toi les paroles et l'air- 
Loc. Bon MOT per rire. 

P. DE BussiGNAC : Sirventes. f^ar. 
Bon mot pour rire. 

ANC. FR. 

Il faut avoir toujours le petit mot pour rire. 
OEuvres de Du Bellay , fol. I2i. 
E '1 plan e la montanha 
Nos tolo 'Is Turc , e Dieus non vol dir motz. 

Kambaud de Vaqceiras : Aras pot bom. 
Les Turcs nous enlèvent et la plaine et la monta- 
gne, et Dieu ne veut dire mot. 

ANC. FR. Bien l'aparchén , mot n'en dist. 
Roman de Rou , v. ^0^5. 
Son crozat, e d'anar mot no fan. 

Bertrand de Born : Ara sai eu. 
Sont croisés, et d'aller ne font mot. 
IT. Ale.s.sandro non li fece motto niente. 
Cento Noi'elle antiche, n" 3. 
Dels antres no son mot. 

Arnaud de Marueil ; Kazos es. 
Des autres je ne sonne mot. 
ANC. FR. Bien sont donc co li vint, mez nul 
mot n'en sona. 

Roman de Rou, v. 3/|5c). 
Tant redoutoientla fourssenerie Frédégonde 
que nos n'osoit mot sonner. 
Chron. de Fr., Rec. des hist. de Fr.j t. III, p. 220. 
Adv. comp. Lo tran.slatet Jeromia de ebrair 
en Sati de mot a mot. 

Cat. dels apost. de Roma, fol. ^8. 
Jérôme le translata de l'hébreu en latin de mot n 
mol. 

ANC. FR. r.oiitoiu li r ovre mot à mot. 
]'). 0E SaiKte-Mm!!!k , Chron. dcNorm., fol. i.')8. 



MOV 

El ver salm que comensa; 
Credo, cre tôt de mot en mot. 
LaNFRANC Cigala : En cbanlan d'aquest. 
Au véritable psaume qui commence par credo,, 
je crois entièrement de mot en mot. 

— - Chant, chanson, genre de poésie. 

El- ai cor que m' assai 

De far nous motz ab son gnai. 

Pierre de Maensac : Trop ai estât. 
Maintenant j'ai désir que je m'essaie de faire 
nouveaux chants avec son agréable. 
A lieys o dearia grazir 
Si ja fas bos motz ni gnai so. 

Elias de Barjols : Mas comjat. 
A elle cela devrait plaire si je fais jamais bons 
chants et son agréable. 
Cat. il/or esp. port. JVofe. it. Moto. 

2. MoTiR, V., déclarer, indiquer. 
Part. pas. Lo solelh es gravatz de satnrnns en 
jorns motitz. 

ijc. de Sjdrac, fol. 125 bis 

Le soleil est grevé de saturne à jours indiqués. 

ANC FR. Se la charretée dn harenc en banne 

.se deffant de plus de trois cens et deniy que 

il ne r aura moti au vendre, le harenc de 

la charretée est acquis au roy. 

Ord. des Rois de Fr., T258, t. II, p. 5'](i. 

MOUCOS , adj. , lat. MucosM.y , mu- 
queux. 

Quan hniniditats moccosas so efundudas. 

Trad. d'Âlbucasis, fol. 8. 
Quand humidités muqueuses sont répandues. 

CAT. MoCOS. BSP. MOCOSO. PORT. IT. MuCOSO. 

MOVER, MOVRE, V., lat, movere, mou- 
voir, agiter, remuer, ébranler. 

Quan vey l'alaudeta mover 
De joi sas alas contra '1 rai. 

B. DE Yentadour : Quan vey. 
Quand je vois l'alouette mout'oirde joie ses ailes 
contre le rayon. 

La cintatz se vueia, 
E MOvoN lor carres. 
Rambaud de Vaql'EIRAS : Truan mala. 
La cité se vide , et ils meurent leur char. 
Termes moven 
De lor logal o transmudau , 
E l'antrny terra occupan. 

Brev. d'amor, fol. 127. 
Ronuant ou transposant les termes de leur em- 
placement , et occupant la terre d'aulrui. 



MOV 

— Bouger, défachei-. 

.Ta no m vnelh mais de sos pes mover. 

B. DE Ventadour : Oiiiiii vei la (lor. 
ndsormais je ne me veux, plus bouger de ses pieds. 
F^^.Beaa très ans qu'anc d'un voler no ysMOC. 
AuGlER : Por vos. 
Il y a Lien trois ans qu'oncques d'un même vou- 
loir il ne s'y mut. 
Prov. No s MovA qai ben estai. 

Peyrols : Quoras que m. 
Ne se meui'e qui est hieu. 

— Retirer, ôtcr, écarter. 

E 'Is buelhs non piiesc de lieis mover. 

G. Faidit : Ben a Aniors. 
Kt je ne puis cca;7er d'elle les yeux. 

— Fig. Commencer. 

Aissi com mov mon chant, lo fenirai. 

Foi.QtET DE Marseille : S' al cor plagues. 
Ainsi comme je commence mon clianl , je le finirai. 

— Exprimer, manifester. 

Per so m plane e'n mov lanha. 

Pons de Capdueil : Ben es fol. 
Pour cela je me plains et j'en manifeste aflliction. 

— Causer, exciter, susciter. 

El ducx vol MOVRE guerra. 

y. de S. Honorât. 
Le duc veut exciter la guerre. 
Non MOVAS trebayll ni nanza. 

Trad. d'un Evang. apocr. 
Ne causes tracasserie ni noise. 
Ben es fols qui ab Tnrcx mov conteza. 

Le CHEVALIER DU Temple : Ira e dolor. 
Est bien fou qui suscite querelle avec les Turcs. 

— Venir, provenir. 

D' on MOGurs ni en qne tornas. 

P. Cardinal : Jliesum Crist. 
D'où tu 'Vins et en quoi tu retournes. 
De Dieu laov tôt saber, Salamos n' es guirens. 

Pierre de Cordiac : El nom de. 
De Dieu 'vient tout savoir, Salomon en est garant. 

— ■ Être mouvant, relever. 

Non ai dreg al fien qn'ien ai, 
S' al senhor don mov mais en ve. 

P. PiOGlERS : Tant ai. 
Je n'ai droit au fief que j'ai , si au seigneur dont 
il est mouvant mal en vient. 

Maisos ni terra que mova d'En Kernar de 
la Tor. 

Charte de liesse en yduv.-rgne , de 1270. 



MOV 



277 



Maison ni terre qui meuve du seigneur Bernard 
de la Tour. 

Part. prés. Los bes inovables e se movbns et 
no mova blés. 

Til. de 1270 , de In famille de Gasc. 
Les biens mouvables et se mouvant et non mou- 
vables. 
Part. pas. Ja no fora reniazuda per nos 

Esta guerra , pus qa' els faiiz son mogcti, 
Bertrand d'Allamanon : Ja de cliantar. 
Jamais ne serait aliandonne'e par nous cette guerre , 
puisque les faits sont suscités. 

Gens contra Iny moouda 
Lo fai levar en vil hruda. 

G. RiQL'iER : Ane mais. 
Gent contre lui excitée le fait e'iever en vile re- 
nomme'e. 

Cor de tôt joi mogut. 

Hugues de Saint-Cïr : Longamen. 
Cœur écarté de toute joie. 
ANC. FR. Douloureux souspirs qui de cœur 
adoulé luy mouvoietit. 

OEuvres d'Âlnin Chartier, p. !\0Q. 
Ils apaisent les flots, ils moiivent\es orages. 
OEuvres île P. Ronsard , l. Il , y. 102g. 
CAT. Hlourer. esp. tout. Mover. it. Movere. 

'i. MoGUDA, .y./., changement, départ. 
Malvaza m'es la moguda 
D'estiu, don val meius nios chans 

Guillaume de Saint-Didier : Malvaza. 
Il m'est mauvais le départ de l'ele, dont mon 
cliaut vaut moins. 

— Soulèvement. 

Fon grand mogbda que l'om appelava 

pastorels. 

Carlulaire de Montpellier, fol. 7g. 
Fut grand soulèvement.... que l'on appelait les 
pastoureaux. 

3. MovKMEN , .V. f//., nioiiv(;uiont. 

Los auzels que volon am \o movemen de 
lor alas. 

Lo {Irmamen e'I movemln e'I cors de las 
planetas. 

Liv. de Sjdrac, fol. l^6 et 97. 
Les oiseaux qui volent avec le mouvement de 
leurs ailes. 

Le firmament et le mouvement el le cours des 
planètes. 

Fig. Neguu MovtME.N d'ira ni de rancor. 
f^. et rert., fol. 57. 
Nul mouvement de colère ni de rancune. 

— Iiiipul.sioii. 



278 MOV 

Trobars e chantars son movemens de totas 
galliardias. 

Graniin. provenc. 
Le trouver et le clianter sont impulsions de toutes 
géiiérosite's. 

CAT. Moviinenc. est». Moviiniento, port. it. 
Movùnento. 

/|. MOBILITAT, S.f., lat. MOBILITATCW , 

mobilité. 

Per douar terapraïuent a sa mobilitat. 

En sas parlidas a mobilitat. 

Eltic. de las piopr., fol. 36 et i56. 
Pour donner proportion a sa mobilité. 
Dans ses parties a inobiliié. 
CAT. Molilitat. ESP. MobiUdad. port. Mob'dl- 
dade. it. Mobilità , inobilitate , mobilitade. 

5. MovABLETAT, S.f., nuiliibilité. 
La non movabletat del sien con.selh. 

Trad. de l'Epît. de S. Paul aux Hébreux. 
La non iniilabilité du sieu conseil. 

6. MovEDOR, aclj., mouvable, remuable. 
De cau.sas non movedoiras. 

Coul. d'Alais. Àrch. du Roj. , K. 70^. 
De choses non moufables. 

7. MovABLE, adj. ûyi lat. Momi^is, mo- 
bile , mouvable. 

Uelhs de mantas colors et mot movables. 

Elue, de las ptopr., fol. 252. 
Yeux de maintes couleurs et inouU mobiles. 
Illi SOU bestias e creaturas movabi.a.s. 

Liv. de SjdiuCj, loi. 3o. 
Ils sont bêtes et cre'aturcs moufables. 
La mai" movabla e bruzens. 

Pierre de Cor.BiAC : El nom de 
La mer mobile et bruyante. 
ANC. FR. Comme gens qui par nature sont le- 
gier et mouvable. 
Gest. de Louis le Dcb., Rec. des Hisf. de Fr., 
t. VI, p. i3o. 
Selonc ce qne movables farent. 

Roman de la Rose j v. 16961. 

— Qui est mouvant, qui relève. 

Los bes MOVABr.ES e se moyens e no mov abi.es. 

Tit. de 1270, de la famille de Gasc. 
Les biens mouvubles et se mouvant et non mou- 
vables. 

8. Mocio, S.f., lat. MOTio, émotion, 
aj^italion. 

Per que aia grauda mocio. 

Elue, de las propr., fol. 17. 
Pour iju'il ail 'grande agitation. 



MOV 

CAT. Mocio. ESP. Mocion. port. Mocào. it. 
Mozione. 

9. MoTiu , adj., mouvable, agitable. 

Als nervis sensitins et motius. 

Elue, de las propr., fol. ^8. 
Aux nerfs sensitifs et agilables. 

— Moteur, qui fait mouvoir. 
La virtHt motiva. 

Elue, de las propr., fol. 18. 
La force motrice. 

CAT. Motiu. ESP. PORT. IT. MotlVO- 

10. AmOVER , AMOVRE, V., lat. AMOVERE, 

faire mouvoir, diriger, conduire. 

Ja no euh en balalha nulhs om l' espar, 

Ni que auze en sa terra est amover. 

Pioman de Gérard de Rossillon, fol. ^7. 

Jamais je ne pense qu'eu balaille nul liomnie l'at- 
tende, ni qu'il ose sur sa terrey«i/e mouvoir arcaée. 
ESP. Amover. 

11. COMMOCIO, COMOCIO , S. f., lat. COM- 

MOTio, commotion. 
Per forsa de comocio de vens contraris. 
Toneyre... el cervel f.i comoc:io. 

Elue, de las propr., fol. i38. 
Par force de commotion de veiils contraires. 
Tonnerre... au cerveau lait commotion. 
CoMMOTio de dentz. 

Trad. d'Albucasis, fol. 60. 
Commotion de dents. 

CAT. Coimnociù. esi- Coninocion. port. Corn- 
mocào. iT. Commozione. 

12. CoMOT , S. m., commotion, agita- 
tion, bruit. 

Doncx , si be l'angel son per tôt, 
En nulh logal no fan comot. 

Erev. d'amor, fol. 19. 
Donc, bien que les anges soient partout, en nui 
lieu ils ne fonl bruit. 

13. ESMOVER, ESMOVRE, V., lat. AMOVERE, 

agiter, avancer, élancer. 

Silh que se assalhilz sou plus ardih que 
cilh que los assalho, e no si volo esmovre 
contra els. 

hiv. de Sjdrac, fol. 58. 

Ceux qui sont assaillis sont plus bardis que ceux 
qui les assaillent , et ne se veulent pas élancer 
contre eux. -- 



MOV 

Saill en enans, f.smov las mans e'is bratz. 
G. Raynol n'APT : A lornar ni'er. 
Je saute en avant , j'agile les mains et les bras. 
Part. pas. La servela lor es tota esmoguda 
per lo vi. 

LU', de Sjtirac, fol. 58. 
La cervelle leur est toute agitée par le vin. 

14. EsMOVEMEN, S. m., agitation, re- 
muement, mouvement. 
Eulendra I'esmovemen de l'aygiia. 

JAv. de Sydrac, loi. 123. 
Knlendra le n'tmiemenl <le IVau. 
A>-c. FR. En ce temps là fa crolles et esmouve- 

ment de terre si grans. 
Chr. de Fr. Rec. des Hist. de Fr., f . IM, p. 176. 
Car ce tant seuileraent il feil pour esinoiive- 
merit d'envie et de convoitise. 

MONSTRELET, t. 1 , fol. 63. 

i5. EscoMovEK, EScoMOVRE, V. , émou- 
voir, exciîer. 
F.scoMOC les .Sarraxis contra Karle. 

Cfit, dcls nposl. de lloma, fol. pS. 
Excita les Sarrasins contre Cliarles. 
Proc. Aspra paraala EsroMov forceneria. 
f\ et Vert., fol. 3t. 
Apre parole excite violence. 
Part. pas. La regina. qiian vie son frayie mort, 
fo EscoMAUGUDA degrao dol. 
EscoMACGCTZ de pielat, ellis ploreron. 

PlULOMF.lVA. 

La reine , quand elle vit son frère mort , lut ('mue 
(le grande douleur. 

/vmui de pitié, ils pleurèrent. 
vc. FR. 11 ne vit oaqoes le benoiet roi lors 
irié ne escommétt poar ce. 
.' i- Saint-Louis, à la fiu de .Toinville, p. 36?.. 

l 'i. EscoMOCio, s.f., commotion, agi- 
tation. 
l'rof. Vis trop begns fa! ira e f.scomocio. 
Tiad. de Tiède, fol. l\5. 
Vin trop Lu fait colère et commotion. 

-. EscoMOVEMEN , S. 171., ciiiotion, agi- 
tation , soulèvement. 
Gran f.scomoveme.v se levet conlra Loys, 
• i-mperador. 

Cal. dels apost. de Roma, fol. ti5. 
O rande émotion se leva contre Louis , l'empereur. 
I scoMoviMENsde lasredupiansas de la terra. 

Calendrier procenral. 
I^ilnlions ^••^ puissances de la torrf. 



MOV 



279 



i8. Inmobilitat, .y. /;?. , lat. immobili- 
TKTem , immobilité. 
Ha escortât et iNMoniMTAT. 

Elue, de las propr., fol. lof). 
A obscurité et immobilité. 
cAT. Immobilitat. esi». Inmovilidad. port, 
linmobiUdade. \y. Iirunobilith, iinmoMli- 
tate, immobUhade. 

ig. Pr.OMOVV.n, pv.omovre , n., lat. pro- 
MovEivE , j>i omoiivoif. 
Vol PROMOVRE en plus ant loc. 

Picgla de S. Benezeg , fol. 7 l . 
Veut promntii'oir en plus liaut. lieu. 
Pari. pas. Era rey promogutz. 
Fo PROMOGUTZ en l'emperi. 

Cat. dels nposl. de Roma, fol. 166 et 176. 
Etait mi promu. 
Fut promu à l'empire. 
CAT. Proinoiirer. Esr. port. Promover, it. 
Prniniiovere. 

20. Promotio , s. f,, lat. promotio , 
pron.olioi). 
A la PROMOTIO dels cossols. 

Tii. de i368. DoAT, t. CXXXl, fol. 23. 
A la promotion des consuls. 
CAT. Proniociô. esp. Promocioit. port. Promo- 
cao IV. Proinozione. 

ai. PiKMOVKtV , REMÛVRE, î»., lat. REMO- 

vi:i\r, , renouveler, recommencer. 
Que Cassa esta guerra mai remover. 

Piomnn de Gérard de Ptossillon, fol. Io5. 
Qu'il la-se plus renouveler cMXe guerre. 

— Picmuer, déplacer, retirer. 
Remova et este tôt aqiiel liastiment. 

Til. de 1269. Àrcli. du Roj-., K. 17. 
Qu'il déplace et ôte tout ce' bâtiment. 

Pan. pas. D'aquest loc ma carn non fon anc 

REMOGDDA. 

V. de S te. Magdelaine. 
De ce lieu ma chair ne fut oncipies remuée. 
(AT. Remourer. esp. port. Remover. it. Ri- 
inovre. 

9.2. Rrmotio, s. f., lat. REMOTio, re- 
muement, déplacement. 
La qninla per kemotio. 

Leys d'amors, fol. ')4- 
La cinquième par déplacement. 

— Secousse. 



So 



MOV 



SonremaugudasdelnrslocsperpaucaREMOCio. 
Trad. d'Albucasis, fol. 66. 
Sont remuées de leur place par petite secousse. 

— Exiraction , arrachement. 

A las dentz.... concassio o remocio. 

Trad. d'iilhncasis, fol. 22. 

Aux dents... clioc ou arrachement. 
CAT. Be/nociô. esp. Rernocion. it. Rimozione. 



S. m. , remuement , 



23. Removemkn 
déplacement. 
Removemens de letra o de sillaba. 

Leys d'amors, fol . i 3 1 ■ 
Déplacement de lettre ou de syllabe. 
Esr. Bemovemienco. it. Rirnovimento. 

24. Remota , s. f. , tronble , remue- 
ment, agita lion. 

Lo fues e'I ven.s e'I oritz fan tal remota 
Que anc non .Tuzi.s major. 

Roman de Gérard de RossiUon, fol. 73. 
Le feu et le vent el les cris font tel remuement 
qu'oncques vous n'en entendîtes plus grand. 

25. Ramut, s. m., agilation, murmure. 

Gardetz no i sia fahs crilz ni ramutz. 

Roman de Gérard de Uossillon, fol. 97. , 
Que vous preniez garde que n'y soit fait cri ni 
agitation, 

0.6. Remotiu , adj., expansif , qui se 
propage. 
Solelh.... ha virtut.... remotiva. 

E/uc. de las propr. , foî. ii5. 
Le soleil.... a vertu.... expansive. 

27. SozjiovER, sozMOVRE, v., soulevcr. 
Fig. El sozMOV lo pobol i)er Iota la Jndea. 

Hist. de la Bible en prov., fol. 62. 
Il soulevé le peuple par toute la Judée. 
ANC. E.sp. Todo el fervor que era somovido. 
Poema de Alcxandro . cop. 178. 

28. COMORDER , COMORDRE , V., émOU- 

voir, exciter à. 

Sui brus 
Et estrns 
A lit.s autras, e '1 cor feing prenis, 
Mas pel siea joy trep e sauta; 
No vuelh c'autra in'o comorda. 

A. Daniel : Autct e Las. 
Je suis sombre et fier aux autres , et le cœur je 
liens comprimé , mais pour la sienne joie je trépigne 
et .saule; je ne veux pas qu'autre m^ excite à cela. 



MOY 

29. CoMORSA, i.f. , agitation, dispute, 
contestation. 

Al comte que ton 
Los Frances, e'is escorsa, 

E'is pen, e'n faî pon , 
Quant ab luy fan comorsa. 

G. FlGUElRAS : Sirventes vuelli. 
Au comte qui tond les Français , et les écorche , et 
les pend et en fait pont, quand avec lui ils fout con- 
testation. 

30. ACOMORDER, ACOMORDRE , V., émOU- 

voir, agiter. 

Amors m' afrena la guauta , 
Que fols gaps non I'acomorda. 

A. Daniel : Aulet e bas. 
Amour m'enfrène la boucbe , de sorte que folle 
raillerie ne Vémeui^e pas. 

MOYS , MOIS , MOix , adj. , lâche , vil , 

sournois. 

Falz prezicx 
D'omes moys ni tricx. 
r. Bbemond Ricas INovAS : Si m ten. 
Fausses prédications d'iiommes lâches et trompeurs. 
Tug cominalmeu 
Em irafeguier e moys. 

Nat de Mons : Sitôt non. 
Tous généralement nous sommes trompeurs elvils. 
Aissi quo'l mois, laire 
Son quetz e celaire. 

RaiiioNd de MibAVAL : Enquer. 
Ainsi comme les voleurs sournois sont cois et dis- 
simulés. 
Fig. Ab liai cor, fi e puuc moys. 

R.Vidal de Bezaudin : En aquel temps. 
Avec cœur loyal , pur et peu sournois. 

2. MOYSSART, MOICHART, ad/., lâchc , 

vil, méprisable. 

Adreg e franc ses cor moyssart. 

R. Vidal de Bkzaudun : En aquel temps. 
Loyal et franc sans cœur ojH. 
Ab MOICHARDA machination. 

Cartulaire de Montpellier, fol. 1^2. 
Avec lâche macbination. 
Stibst. Li folh e'i fellon e'I moyssakt. 

P. Cardinal : Ben (enb. 
Les fous et les félons et les lâches. 

MOYSO , .9. /. , mesure. 

A forma ni a moyso dessus dita. 

TU. de i36o. DoAT, t. LSVIl, fol. 85. 
A forme et à mesure dessusdite. 



MUD 

Ayc.TH. La bonclie petite et {^rocelc. . 
Le col fil (le bonne moisort. 
Gros assez et Ions par raison. 
Boulons i ot petis et clos... 
Si en i oi d'antre maison. 

Roman de la Rose, v. SSg et id^iQ- 

MOZIR, V., moisir. 
Part. pas. Aina locs Mozn-z et pndens. 

Elue, de las propr., fol. 240. 
Aimo lieux moisis et puants. 
ANC. Cat. Mosir. esp. Mohecer. 

BIUCAL, s. m., h.'is lat. MucALi.v, datte. 
Palnia..., sos fings... so ditz mucai.s. 

Elue- de las propr., fol. 217. 
Le p,ilmicr... , ses fruits... sont dits dattes. 

MUCELLAGE, ,y. m., lat. aiucillag;- 
nem, mticilai^e. 

Que la fenina sia cristerizada de MncEr.i.A(;E 
de ptilli. 

MUCELLAGE de fenngrcc aiu cizami. 

Trad. d'jdlbucasis, fol. 36. 
(^ue la ieinmc soit clyste'risc'c avec mucilage de 
tilleul. 

Mucilage de fe'nugrec avec scsame. 
Axc. CAT. Mussilage. f.sp. Mucilagn. port. 
Mucilagein. n. MucUagine, iiutciUaghie , 
mucellagine . 

MUDAR , T. , lat. mutare , changer, 
transporter, détourner, différer, dé- 
placer. 
Ja no volgr'alhors MunAR mon garninicn. 

I.E COMTE DE PoiTlERS : ConifiailllO. 

Je ne voudrais jamais transporter ailleurs mon 
étjuipage. 

An MUBAT Inr estaje. 

f^. de S. Honorât. 
Ont change leur demeure. 
Quasouna creatnra 
Pot MUDAK , segon natnra , 
Son bon esser de ben en mal. 

Brev. d'amor, fol. 10. 
Chaque créature peut changer, selon nature , son 
bon être de Lien en mal. 

El fols si MUDA. coma li luna. 

Trad. debède,\ol.3-;. 
Le fou se change comme la lune. 

Los quais quatre niestres, ca.scun an, se mu- 

riAR Aîf . 

Ord. des R. de Fr., 1462, t. XV, p. 47a. 
lit . 



MUD 281 

Lesquels quatre maîtres , chaque année , se chan- 
geront. 

Tro'l nom d'amans 
En drnt se muda. 

Kambaid de Vaqieibas : Kalenda maia. 
Jusqu'à ce (|ue le nom d'amant se change en lavori • 
f.oc. Aoras non ans mudar 

Qn'ieu no cbant al vostre somos. 
T. vr. G. d'Uisel et de M. de Ventadour : Gui 

d'Uiselh. 
Maintenant je n'ose dij/'er-er que je ne chante à la 
votre invitation. 

Non MUDARAi deserenaii 

Qu'ieu non desplev 
Un son novelb qa'els esbaiuley. 

P. ROGIERS : Per far esbaudir. 
.Te ne différerai pas de'sormais que je ne déploie un 
nouvel air qui les réjouisse. 

— Muer. 

Deu boni son auzel agnizar 
Aissi que meills deia mudar. 
Dirai co si deu mudar 
Anzel. 

Dei'des de Prades, yiuz. cass. 
On doit allaiter son oiseau ainsi qu'il doive mieux 
muer. 

,Ie dirai comment se doit muer oiseau. 

Part. prés. A senbor modan, so es assaber a 
abbat moren. 

Tit. de 1287. Doat, t. CXXX, fol. i58. 
A seigneur changeant, c'est à savoir à abhé mourant. 
Pare. pas. 

"Voirai lo donc mal mudat, gnallinier, 
Gras, debaten, que non pue.sca volar. 
Bertrand de Born ; leu m'escondisc. 
.Te le voudrai donc mal mué, gclinier, gras, se dé- 
battant , qu'il ne puisse voler. 
ANC. FR, Sans vostre auior ne m'a vie meslier . 
Ne je ne vuil tôt lo siegle en muer. 
Le CHATELAIN "deColci , chanson 8. 
Bien me revint son ^'racieux langaige, 
Et tosl muej mon propos et coraige. 

Charles d'Orléans , p. 4. 
On sont-ce bonneurs qui font muer les meurs. 
Crétin , p. 2.H2. 
Ceux-là .sont incontinent muez d'an'our en 
haine et de baine en amour. 

Comines, liv. I , p. 7.3. 
D'un visage constant et sans muer de couleur. 
.\mvoT, Tr. de Flutarque, Vie de SylLi. 
c\T. ESP. port. Mudar. it. Mutare. 



Mt'i»A , .V. /; , mite. 



M\ 



283 MUD 

si vosti'ansels , avan la muoa , 
A tota la coa perdiida. 

Deudes de Prabes : Aiiz. eus s. 
Si votre oiseau , avant la mue, a toute la queue 
perdue. 
CAT. ESP. PORT. îT. Muda. 

3. MuDAMEN, .V. m., changement. 

Seues lunh mudamen ea se. 

Brei'. d'amor, fol. 35. 
Sans nul changement en soi. 
L'orde de MunAMEN del enperi. 

Cal. ciels apost. de Roina , fol. io2. 
L'ordre de changement de l'empire. 

Tota la solfa sai e los set mudamens. 
Pierre de Corbiac : El nom de. 
Je sais tout le solfège et les sept changements. 
A.\r. FR. Par muement de lieu en aulie. 

JOINVILLE , p. Il^g. 

CAT. Mudatnent, f.sp. D/udarniento. port. ^Jii- 
damento. it. .yutamento. 

4. MUTATIO , MUTACIO , MUDAZO , S.f. , 

lat. MUTATIO, mutation, changement. 

Diens no pren mutatio. 
Segon diverses iiiovemeas 

E MUTACIOS. 

Brei-. d'amor, fol. g et 32. 
Dieu ue prend point de changement. 
Selon divers mouvements et mutations. 
Grens es sopdosa mddazo.s. 

Trad. de Bhde, fol. 3o. 
Changement subit est pe'nible. 
c.xr. Mutaciô. esp. Miuaciou. port. Mutacào. 
IT. Miitazione. 

5. MUTABILITAT, S . f. , !at. MITTABILITA- 

lein , mutabilité , mobilité, incon- 
stance. 

Mutabilitat, sensiblelat. 
Gr;inda mutabihtat. 

Elue, de las propr., (ol. i et uj. 
Hlol/ili/t', sensibilité. 
Graiid<! mobilité. 
CAT. HJutabilitat. e.sp. Muiabilidad. port. Mu- 
tabilidade. it. Mtitabilità , miitahilitate , 
miuabUitude. 

G. MuDAYKjTz, S.f., muable, changeusc. 

I.nna... es muiiayritz del ayre. 

Elue, de las propr., fol. iitJ. 
La lune... rsl rluingense de l'air. 



MUD 

7. Mutable j mudable , .y./"., lat. Mi - 
TAïu'uV, mobile, changeant, mitahlc 

l'^a lioin MUTABLE de loc en autre. 

Elue, de las propr. , fol. 117. 
Fait l'iioniine (7(«77^ert/!< de lieu en autre. 
A'qu mot so mudabi.e. 

Lejs d'amors , fol. 68. 
Quelques mots sont muables. 
Tota creatura es mudabla per sa natura. 

r. et Vert., fol. /|o. 
Toute créai uie est changeante par sa nature. 
CAT. ESP. Mudable. port. Ttludavel. it. 3Jii 
tabilc. 

8. Commutatîo , S.f: , lat. commutatio , 
commutation, changement, figure tic 
rhétorique. 

CoMMUTATios... apelada antliimetabola, se 
fay can son doas senteutias que la nna es ad- 
versaria a i'aulra, et hom fay del mot derrier 
premier e del primier derrier. 

Leys d'amors, fol. iZ|(). 

La commutation appelée antiraétabole , se fait 

quand deux phrases sont dont l'une est contraii'e à 
l'autre , et qu'on fait du mol dernier le premier et 
du premier le dernier. 

CAT. Coinmutatiù. esp. Conmutacion. port. 
Cointnutacào. i r . Cointnutaziotte. 

(). Comutatilt, odj., commutalif, chan- 
geahle, variable. 

O son... COMCTATIVAS. 

Leys d'amors , fol. 26. 
Oi: elles sont — commutatii-es. 
CAT. Comrniitatiu. esp. Comnatativo . port. it, 
Coiniiiutiith'o. 

I o. Inmutar, V., lat. immutarc, changer. 
Part. prés. Requier liUz inmutant. 

Segon la qualital de la vapor inmutant la 
cella phaniastica. 

Elue, de las propr. j fol. i5 et 78. 

Me([uiert lumière changeante. 

Selon la qualité de la vapeur changeant le siège 
fantastique. 
Part. pas. Els inmutatz , 1' esperit animal 

corr. 

Elue, de las propr. j fol. iG. 
Eux changés, l'esprit animal court. 
CAT. Iminiitar. esp. Inimttar. it. Tmmutare. 

II. InnilITAClO, IINMUTACIO, S.f., lat. 

immctatio, changement. 



iMUD 

Desordenada inwutacio. 
De iMMLTACio receplivas. 

Elite, de Ins propr., fol. .M^cV \ll\. 
Changement désortioniic. 
Susceptibles de clianf;ement. 
CAT. Iinmiitaciô, r.sv. Inmutacion. it. Iinmu 
tazione. 

12. InMUTABILITAT, 5. /. , lat. IMAIUTA- 

BiLiTATc'w, immutabilité. 

HaU INNlUTABItlTAT. 

IwMUTABiLiTAT se.s t ransniutacio. 

Elue, de lus propr.. Col. i et !^. 
Ont immuttihitite. 
Immutabilité sans transformation. 
t:àT. Immutabilitat. e.sp. Inmutabilidad. port. 
Iininiitabilidade. ir. IininiitabiUtà , iminit- 
tabilitate , iinmutabilitade. 

î3. Inmut.\tiu, aclj., immiitatif, chan- 
geant. 

VirtUt INMUTATIVA. 

So dels elemens ismutativa.s. 

Elue, de las propr., fol. i() et ii^. 
Vertu changeante. 
Sont immutatii'es des éléments. 
ESP. Inmututivo. 

i4- Permutar, V., lat. pkkmutar^?, per- 
muter. 

Desempari e doui e fermuti de mi en vo.s. 
Tit. de lajD. Àrch. du Roy. Toulouse, J. 321. 
Je désempare et donne et permute de raoi à vous. 

CAT. ESP. Permutar. port. Permudar. it. Per. 
mutare. 

I 5. Permutatiu, .y./., lat. permutatio, 
permutation, changement. 

Cofermi aquesta permdtatio. 

2'i7. de 1275. Areh. du Roy. Toulouse, J. 32i . 
Je conGrme.... celle permutation. 
Permctatios de Ictia o de sillaba. 

Leys d'amnrs, fol. I2(. 
Permutation de lettre ou de syllabe. 
i:AT. Permutaciù. ESP. Pennncacion. pokt. Per- 
mulacào. it. Permutazioiie. 

16. Permuta, s.f., échange, troc. 
Non ha loc en permctas .simpias. 

Fors de Bearn , p. io8'). 
>''a pas lieu en échanges simples. 
«AT. ESP. it. Permuta. 

17. 1'krmi;taijoji, s. m., irtxpieur. 



MUD 283 

Los antres.... rERMtjr/. dors. 

Coût, de Condoin. 
Les autres.... troqueurs. 

it. Permutatore. 

i8. Per.mutabi.k, adj. , lat. permutaiu- 
i.is , permutable, changeable. 
Permutabi.a per .sa condicio. 
Prepausan... las que ban iniuutabiiiîal a las 

PERMUTABI.AS. 

Elue, de las propr., loi. 8 cl [. 
Perniulahle par sa condition. 

Préfèrent... celles qui ont immobilité aux chan- 
geables. 
IT. Perinutabile. 

19. Permutatiu , adj. , permutatif , 
propre à permuter, 
O son.... permctativas. 

Leys d'amnrs, loi. 2ti. 
Ou elles sont — permufatifes. 
DeLs cors d'aqnels qui la auzo permltativa. 

Elue, de las propr., fol. 46. 
Permutative des corps de ceux qui l'entendent, 
ir. Permutativo. 

lo. Remudar, remuiar, V. , lat. remu- 
TARe , remuer, changer, bouger, sé- 
j)arer. 
Parlar ni remudar no i s pot. 

Liv. de Sydrae, fol. 16. 
Parler ni remuer ne s'y peut. 
Pero si s remuda 
Malautes, qiian mielhs coda 
En antra jiart guérir. 

Peybols : Pus de mon. 
Pourtant aussi se remue le malade, quand il pense- 
en autre part mieux guérir. 

Mas que j)er aisso no m remct. 

Ra.mbal'd b'Orange : Erquan. 
Pourvu que pour cela je n<; me remue. 
Sol non polsa ni remuia. 

Roman deJaufre, fol. ba- 
sculement ne souille ni remue. 
Uig . IJo7. cavaliers piezans 

Don largueza no s remuda. 
T. pE Glion et de Maenabd : En Maenard. 
Deux clievaliers prisés dont générosité ne se 
sépare pas. 

Subst. A son remudar si eversa la tuaiic. 
Liv. de Sydrae, fol. tiH. 
A sou ;-t//i»tr se reiivcr«cla matrice, 
f AT. isr Rcmiidnr. it. Riinutare. 



284 



MUD 



21. Remudamen , s, m., remuement, 
mouvement, agitation, changement. 
Per la vanetat del dib sauc e de son remu- 

DAMEN. 

Zii'. de Sjdrac, fol. 10^. 
l'ar la légèreté dudit sang et de son agitation. 
Al REMCDAMENT no fassa barat. 

Arbre de Bataillas, fol. r3o. 
Au changement <|u'il ne fasse pas trompeiie. 
ESP. Remitdamiento. it. Ritnutainento. 

"2.1. TrANSMUDAR , TRASMUDAR, V. , lat. 

TRANSMUTARe, transmucF, transportei-, 

rhangor. 

"Virar e transmudar los molz, 

Leys d'amors, fol. i^- 
Changer et transporter los mots. 
Laarador termes inoven 
De lor logal o trasmddan. 
Quart r onor a Dieu degnda 
En creatara transmuda. 

Bref- d'amor, fol. 127 et 74» 
LaLoureurs l'emuaut ou transportant les limites 
de leur local. 

Quand il transporte à la créature l'bonneur dû 
à Dieu. 

Part. pas. Lasdlchas diclios son transmud auas. 
Lejs d'amors, lui. 108. 
Les dits mots sont transportés. 
ANC. FR. Destruisit le royaume de Assiir et en 
transmua la seigneurie aux Persans et aux 
Mèdes. 

Alain Chartier, p. agS. 
Vous qui m'avez en rocher transmué. 
Premières OEuvres de Desportes , p. 353. 
<:,\T.Esi>. Transinutar, trasmitdar, port. Trans- 
iniitar, transmudar. it. Trasmiitare , tra- 
tnutare. 

■iZ. Tr.^NSMUTACIO , TRASMUTACIO, H.f., 

lat. TRAN.SMUTATio, transformation. 
Entro que es digerida et La presa trans- 

MUTACIO. 

En TRASMUTACios de metalhs. 

Elue, de las propr. , fol. i^ et ;>,.'((). 
Jus([u'à ce qu'elle est digere'e et a pris transfor- 
mation. 

En transjormations de métaux. 
tAT. Transinntaciô , trasmiitaciô . esp. Transmu- 
taciotï , trasmiitacion, trastniidacion. port. 
Transmutacào, trasimidaçào. it. Trasinii- 
tazione , irasmutagione , tramiuazione , 
tramiilaL'Ioiic. 



MUE 

24. Transmud AMEN , trasmudamen , 
s. ni. , transformation , permutation . 
bouleversement, changement. 

Lo qnal TRANSMCnAMEN o transpositio, 
Lejs d'amors, fol. 108. 
Lequel changement ou transposition. 
î'"aj d'nuiors gran transmudamen 
La luna mernian e creissen. 

Brei>. d'amor, fol. 34. 
Fait grand bouleversement d'iiumeui's la lune di' 
minuant et croissant. 

ANC. t.<p.Trasmiidamiento- iv .Trasmiuamento, 
tramittamento. 

2,^. TrANSMUDABLE, TRASMUDABLE, adj., 

transmi'.table. 

Ses coniensamen e ses fî , 
Non TRANSMUDABLES atrcssi. 

Bref, d'amor, fol. 2. 
Sans commencement et sans fin , non transmu- 
table pareillement. 

E.SP. Trasmutoble. port, Traiismutavel. it 
Trasmutabile. 

ftlUEIS, mueg, mug, muog, mog , s. /«.. 
lat. M0f7i«s, niuid. 

Ricliartz inctra a mueis et a sestiers 
Anr et argent. 

1>ERTRAKD DE BoRN : Miez sirventcs. 
Ricliard de'pensera à miiids et à setiers or et argent. 
Tu li donaras .x. sols, o .xx. mugz de 
blatz chascun an. 

Trad. du Code de Justinien, fol. 39. 
Tu lui donneras dis sous, ou vingt muids de hle 
chaque anne'e. 
PORT. Modio. it. Moggio. 

MUELHAR , MOILLAR, molhar, mular, 
V., mouiller, humecter, tremper. 
Pel miecb de la mar Roia , ses pe molhar. 
Elue, de las propr., fol. 129. 
Par le milieu de la mer Kouge , sans pied mouiller. 
De tal suc moilla soven 
Penas tinhosas. 

Deddes de Prades, .duz. cass. 
De pareil suc mouille souvent les pennes teigneuses. 
Pero soven de lagremas en muelh 
Mon vis. 

AiMEiîi DE Peguilain : Lonjamcns. 
Pourtant souvent de larmes j'en mouille mon visage. 
La toizos de la lana 
Que s MOiLi.ET en la sec' aire. 

Pierre de Corbiac . Domna dcls. 
La toison de la laine qui se mouilla à l'air sec. 



MUG 

• Lo sol al matin solelha, 

• E'I ni vol el vcsprc muelha. 

Bernard de Venzenac : Hueyraais. 
Le soleil au niatiu luil , et la nue au soir mouille. 
Cant plou, soven muelha. 

V. de S. Honorât. 
Quand il pleut , souvent il mouille. 
Substant. D' aital cner los cove far 

Que no duriscon per moillar. 
Deudes de Prades , Auz. cuss. 
De tel cuir il convient de les faire qu'ils ne dur- 
cissent pas par le mouiller. 
Part. pas. 

Pietatz l'eu a prcza, car H sant son mutât. 

y. de S. Honorai. 
Pie'te' l'en a prise , car les saints sont mouilles. 
Daretz carn tie petit anhel 
En lait de cabra freit moilt.ada. 

Deudes de Prades , yiuz. cass. 
\ous donnerez cLair de petit agueau trempée en 
lait de cbèvre froid. 
CAT. ^InUar. ESP. Mojar. port. Molhar. 

•?.. MoYLLADURA , S. f., mouilliirc, hu- 
midité. 

Ni nnlla moyixadora , 
Que non troberon aigna. 

/'. de S. Honorât. 
ISi aucune humidité, vu cfu'ils ne trouvèrent eau. 
CAT. MilUadiira. esp. IMojadura. port. Mol- 
hadura. 

3. Rf.muei.har, 7K, mouiller, humcctiT, 
détrein|)er. 

Quar pins mois torna qu'abelba 
Coy tôt jorn aiga remuelha. 

Bernard de Venzenac : Hueymais pus. 
Car il devient plus mou qu'abeille que tout le jour 
l'eau mouille. 

CAT. Remtdlar. esp. Remojar. port, licinolliar. 
iT. RimoUare. 

4. Rkmuf.yll, remoil, s. m., hiiiuitlitc-, 
détrempe. 

Non troberon aygna ni vena de remueym.. 

y. de S. Honorât. 
JN'e trouvèrent eau ni veine A'humidilé. 
Fig. Las lez roetez en remoill. 

T. DE Lantelm et de Lanfranc : Lanfranc. 
Les lois vous mettez en détrempe. 
CAT. Rcmull. ESP. Reinojo. port. Reinol/in. 

MUGIR, V., I;U. MtGiRc, mugir. 



MUL 285 

On trntnc dans les Lefs d'amors , 
fol. 92, pour la 3'' pers. du prés, do 
l'indic. : mugisc, mijGisshi, il mugit; et 
fol. 94 , pour la 5'' pers. du prêt. : mugi, 
MUGic , il mugit. 
ESP. PORT. Mugir. iT. Muggire. 

2. MuGiMEN, S. m., mugissement. 
Lo MUMMEN del buou. 

Leys d'umovs, fol. 2. 
Le mugissement du bœuf. 

— Cri , hurlement. 

Gitavo tan grans mugimens. 

dit. dels upost. de Roma, fol, iji. 
Jetaient de si grands cris. 

ML JOL , s. m., lat. mug/l, mulet, sorte 
de poisson. 
McjOL , qnau ve lors agaytz... torna arreyra. 

Elue, de las propr., fol. |55. 
Le mulet , quand il voit leurs pièges... retourne 
.-.'.rière. 
<:at. esp. Mtijol. iT. Muggine. 

MUL , s. m., lat. mvuis, mulet. 

Bnrdonem prodncit eqnas conjnnclns asellse, 
Procréât et yivt.um junctus asellas equae. 
Ebrard. Betln. , in grœcismo. 
Perdet très cavals et un mul. 

Guillaume de Berguedan : l\Ial o fe. 
Perdit trois chevaux et un mulet. 
ANC. FR. Et si donna an roi Noblon 

Cargiés trente muls arragons 
De pieres et d'or et d'argent. 

Roman du Renarf, t. IV, p. 425. 
ANC. CAT. ]\lltl. ESP. PORT. IT. Mu/o. 

■}.. MuLA, s.f., lat. MULA, mide. 
Sembla mula quan reguauba. 
Guillaume de Berguedan : Un tricbaire. 
Ressemble à mule quand elle rechigne. 

CAT. ESP. PORT. IT. Mula. 

■'). Mulet, s. m., mulet. 

Lo duc Teri d'Ardena sus un mulet lo lia. 

Roman de Fierabras , v. /(832. 
Le duc Thierry d'.Ardenne sur un mulet le lie. 
ESP. Mideto. IT. Midetto. 

4. Mui.eiar , V. , aller à mulet. 

Li Espanbol muleio. 

Leys d'amors, M. 5i. 
i.c-, E^p;i(;nols ronl à mulet. 



:*86 MUiN" 

5. MuLiN, (idj., de mule, de mulet. 
Carns mdlinas so peiors que d'aze per digerir. 
Kliic. de lits propr., ibi. 7.!i!^. 
heschdirsde mutt'l .sont pires quetl'âne pour digérer. 
IT. Midino. 

I\IUN, MON, MONT, S. m., lat. mxmmis , 
monde, univers. 
Mielz sabelz gardîa* hoiue de dan , 
Que venb'a vos, qa'autre reys qu'ai mun sia. 

FoLguET DE LuNEL : Al l)On rey. 
Mieux vous savez garantir de dommage homme 
(|ui vienne à vous , qu'autre roi qui soit au monde. 
Mielher etz del mon e la belaïre. 

Perdigon : Aissi cum selli. 
Vous êtes la meilleui-e du monde et la plus Ijelle. 

— Mystiq. Le siècle. 

Trop aiueron lo mont, e pauc lo paradis. 

La nobla Leyczon. 
Aimèrent heaucoup le monde, et peu le paradis. 

— La vie future, le ciel. 

Totz l'autre mons no m poiria 
Teuer nulh pro, s'ieu no us vezia. 

l'oNS DE Capdueil : S'anc fis ni. 
Tout l'autre monde ne me pourrait tenir nul pro- 
fil , si je ne vous voyais pas. 

— La nature, la terre. 

Belh m'es lo dous temps amoros, 
Lanqnaa lo mons reverdezis. 

Arnaud de Marbeil : Belli m' es lo. 
M'est beau le doux temps amoureux , quand la 
nature reverdit. 
ANC. FR. Koriune se jeue del mont: 

Li un vienent, li autre vont. 

Roman du Renart, t. III, p. 291. 
E li dus jura Dex, ki li mund pot salver. 
Roman de Rou, v. 3849- 
CAT. Mo7i. ESP. l'oiiT. Munclo. IT. Mondo. 

2. MONDAN, MONU.V, Oclj. , lat. MUNDA- 

■sus , mondain, du monde. 
Jois mondans es dolors. 

B. ZoRGi ; Ben es. 
l'iaisir mondain est douleur. 
Aquestas doas maneras d'amors son comu- 
iials a lotas mondanas crealuras. 

Brev. d'atnor. Col. 4- 
Ces deux manières d'amour sont communes à 
toutes créatures du monde. 

c:at. IMondti , muiuli'i , est. tokt. Mundano. 
vr . Mondano. 



MUN 

3. MUNIJANAL, MONDANAL , ndj . , UlOn- 

dain. 
Pessaaiens carnals e mondahai.s. 

V. et Vert., fol. 88. 
IVnsées ciiarnelles et mondaines. 

Ni'ls MONDANALS LeS. 

ILeys d'amors, fol. 28. 
IV'i les biens mondains. 
Cort ecclesiastica o mdndanai.. 

TU. dû 1373. DoAT, t. CXXV, fol. 65. 
Cour ecclésiastique ou mondaine. 
ANC. CAT. ANC. ESP. Miindaiial. 

4. MUNPIAL , MONDIAL, ndj., lat. MUN- 

DiALiV, mondain, du monde. 

De !a natura e de disposicio mundiai.. 

Dieus qui, en la civilitat mondial, es un 
princep réglant , ordenant. 

Elue, de laspropr., fol. io5et2. 

De la nature et de disposllion du monde. 

Dieu qui , dans la civililé mondaine, est un prin- 
cipe réglant , ordonnant. 
ANC. ESP. Miindial. it. Mondiale. 

MUNDAR, MONDAR, V. , lat. mundare, 
monder, nettoyer, purifier. 
De la sotil pel los mcndatz. 

Detjdes de Prades , Auz. cass. 
De la fine peau vous les mondez. 
Fig. MoNDAN los de lors malvestatz. 

Bref, d'amor, fol. 2. 
En les purifiant de leurs méchancetés. 
E '1 mons es estranhaiz de mondar, 
Qaar bom uo crt- autre ni es crezutz. 
G. BiQUiER : Fortz guerra. 
Et le monde est éloigné de se purifier, car liommo 
ne croit un autre ni n'est cru. 

Ses MONDAR, non pot montar anion. 

Serveri de GiRONE : Del mon volgra. 
Sans se purifier, il ue peut monter là haut. 
Part. pus. Aprop aurelz un budel quist 
De galina, e be mondât. 

Deddes de Prades, Auz. cuss- 
Après vous aurez cherché un boyau de poule, et 
bien nettoyé. 

Vo sanada e mondada. 
Roman de la Prise de Jérusalem, fol- 2. 
Fut guérie et purijiée. 

\t(C.. FR. -Monder ne se pnet bom mondains. 
S'il n'est desmondés dou monde ains. 

Roman du Pienart, t. IV, p. 1^5. 
Ainsi Jbésns-Crist te munda. 

Jehan de Meung , Test., v. 898. 



MUN 

J-es vieux péchés des âmes lave et miincle. 
Força DEL , p. 2(i5. 
(.AT. Miindar. esp. pout. Mondar. it. Mondarc. 

2. MUND, MON, MOMÎK , HinNDE , fldj . , 

lat. MUNDM^y, pur, nef. 
Er Hel tôt mons e lavalz. 

Pons de Capdleil : En lionor. 
Sera du tout net et lave. 
Us grens peccaiz que m cofon , 
E vos podelz m'en f;ir mon. 

G. RiQt'iEH : Aissi coni es. 
Un grief pe'clie' ijui me confond, et vous pouvez 
m en faire pur. 

Tan vos vi boua e lielia , 
E de totz mais munda e pucclla. 
Un troubadour anonyme : .Si trol)ess tau. 
Tant je vous vis lionne et belle , et de lous maux 
pure et pucelle. 

Ses cor vauc e ses cor veng.... 
Que de cor soi mondes e blos. 

FoLQUET DE RoMANS : Domna ieu prcn. 
Sans coeur je vais et sans co'ur je viens... , vu que 
de cœur je suis net et vide. 

ANC. FR. Nus n'est si justes ne si mondes 
Qui ne périsse à cel passaige. 

Fabl. et conl. anc. , t. I , p. aSy . 
Or preiom Den ke pur sa grâce 
De nos péchiez rniindes nus face. 

Marie de France , t. II , p. 499. 
Haute dame , pucele monde. 

Fabl. et cont. anc, I. II , p. :^37. 
ESP. Mondo. PORT. Nitndo. it. Mondo. 

3. MiixbiTiA , MONniciA , s.f., lat. mux- 
niTiA, piifeté, proprt'tt'. 
Lors vesiirs era hlanx en signe de mondicia. 

Cat. dels apost. de Roma , fol. i5i. 
Leur vêtement e'tait Liane en signe de pureté. 

Las non munditias.... de! antechrist. 

Doctrine des l'^audois. 
Les non puretés.... de l'anlcclirist. 
ANi;. FR. Chasteté et iniindicité doivent mettre 

la blanche nape licitemant. 
Henri F,sTiENNE,y://jo/./jof(r//('>of/o<('j t. H, p. 309. 
PORT. 31undicin. it. Mondizia. 

1 . MuNDAiiENT, S. m., épuiL'inent , pu- 
rification. 
ÎVIuNDAJiENT de l'esposa de Christ. 

Doctrine des fraudais. 
Purification de i'epouse de Christ. 
IT. Mondainento. 



MUN 287 

;"). MoNnANSA, .s. f. , purification. 
Perdonansa 

^' er MONDANSA. 

J. FsTEVE : Lo sentiers. 
Pardon en sera purijiciition. 

G. MoNDADOu, S. ///., vaniRMir, ncttovciii'. 
Monda HORS et baruteladors Cizen un cors 
de MONDADORs, ho liarnteladors. 

Curtulaire de Montpellier, in fine. 
l''anncius et hluleurs faisant un torps de van- 
ntiirs, ou Ijluleurs. 
ESP. PO UT. Mondador. it. Hlondatore. 

7. MUNDIFICAR , Mt^NDIFICAR , V., ptlti- 

ficr, nettoyer. 

Per nafra mondifioar. 

Brei'. d'amor, loi. .^o. 
Pour nettoyer blessure. 
MuNDiFiCAR les malaules. 

Elue, de las prnpr., fol. 21 1 . 
Purifier les malades. 
Fig. Home luocz non mondifica, 

Mas hoiu sanhs lo loc sanctifica. 

Brei>. d'amor, fol. 98. 
Le lieu ne purifie pas l'bomme, mais l'iiomim: 
saint sanctifie le lieu. 

ANC. v\\. Ouaut cilz qui tout fist et créa 
Nos péchiez y motidifia. 

,lr;iiAN DE Meung. Test., v. 247- 
Craitite de Dieu est la vive fontaine 
Mondifiant toute macule humaine. 
.1. IjOIIcuet, Triomph. de Franiois Iir , fol. IS7. 
ESP. pour. Mondijîcar. it. Mondificare. 

8. IMuNoiFicAcio , .S-, f., nettoiement, 
ptirilicatioi). 

Mdndii-icacio dels enfaniz. 

Cove qu'el malaiite ose de MUNniFiCAcio tic! 

sieu cors. 

Trad. d'.4lbi,rasi.i, M. 3o et 48. 

Nettoiement des enfants. 

Il convient ([uc le malade use de la purijicalion 
de son corps. 
IT. Mondificazioiie. 

(). Desmumjar, V., salir, contaminer, 
souiller. 

E'I mous degra moudar, mas jier un poai... 
Desmundet si. 

Serveri de Girone : Dcl mon volgra. 
Kl le monde devrait se purifier , mais pour une 
pomme... il se souilla. 
xNc. ru. K.i se desmonde et ki se mont;... 



288 MUN 

El s'il il vient k' il se desmondent. 

Errant faisons k'il se remondeut. 

Roman du Renart, l. IV, p. l'j^. 

lO, ESMUNDAR, 7K, lat. EMUNDAR6', pUl- 

ger, purifier. 

Fig. Non ESMUNDAM nostra pessa. 

Flaire, esmundem nos de toia orduma de 
cbara. 

Trad. de Bcde, fol. 5^ et 60. 

Wons lie purifions pas notre pensée. 

Frères , pitrifions-Dotis de toute ordure de chair. 

Part. pas. Per orazos sein esmundat. 

Trad. de Bède , fol. 66. 
Par oraisons nous sommes purifiés. 
ANC. FK. De mes péchiez treslnzm'esinonderoie. 
Bekker, p. 173. 

îi. Emundamen , s. m,, purification, 
épurement. 

Amors 
De Dieu er guitz 

Dels EMUNDAMENS 

De lurs falliraens. 

J. EsTEVE : Quossi nioiia. 
Amour de Dieu sera guide des purifications de 
leurs fautes. 

12. Emundacio, s.f., lat. emundatio , 
purification. 
Donec salut et emundacio. 

Elue, de las propr., fol. i5[. 
Donna salut et purification. 
EST. Emundacion. 

i3. Inmundicia, s.f., lat. immunditia, 
immondicité, impureté, saleté. 
Tota INMUNDICIA no sia nomnada. 

Trad. de Uede , fol. \(\. 
(Jue toute impureté ne soit nommée. 
Puiga INMUNDICIA de uelhs. 

Elue, de las propr., fol. 210. 
I'ui[;e intuiondicité d'yeux. 
CAT. Immundicia. esp. Inmundicia. tort. 
Immundicia. it. Immondizia. 

MUNICIPAL, adj., lat. mumcipauV, 
municipal. 

Statuts MUNICIPALS. 

Statuts de Provence. Julien , t. I , p. 98. 
Statuts rnuniripau.r. 



MUN 

Las dichas costumas e leis municipals. 

Cartulaire de Montpellier, fol. ^2. 
Les dites coutumes et lois municipales. 
CAT. ESP. PORT. Municipal, it-. Municipale. 

1. COMUN, COMO, (iclj., lat. comwdn/.v, 
commun. 
Puis lo départ lo coms a gen comuna. 

Roman de Gérard de Piossillon, fol. ioj. 
Puis le comte le distribue à gent commune. 
CoMUN son aquel que perteno al mascle et 
al feiiie enseni. 

Grayn. pro\'. 
Communs sont ceux qui appartiennent au mas- 
culin et au féminin ensemlile. 

Totas res... han una fi comdna. 

Elue, de las propr., fol. 2. 
Toutes choses., ont une fin commune. 
Segond la disposition del drech coiviuN. 

Statuts de Provence. BoMY, p. 5. 
Selon la disposition du droit commun. 

Siihstantiv. Communauté, la commune. 

Sona '1 canipana , 
E lo vielhs coMUNS venc... 
Tantas n'a prez e derocad' e morta , 
Qh' el vielhs coMUNSs'esraay'e s desconorta. 

Rambaud de Vaqueiras : Truan niala. 
Sonne la cloche, et la vieille communauté vint. 
Tant en a pris et renversé et détruit, que ; 
vieille communauté s'effraye et se déconcerte. 
L' onratz comus de Florensa valens. 
G. RiQUiER : Tan m'es. 
L'honorée commune de Florence vaillante. 
Alcus hoiD qui fo amministraire del avei 
del COMUN d'alcuna terra. 

Trad. du Code deJustinien, fol. l5. 
Aucun homme qui fut administrateur de l'avoii 
de la communauté d'aucune terre. 

Autra despensa et servizis facbs en 1' ostal 
del coMUN als oossols, familiars et autres. 
Tit. de i.''i28. Hist. de Nîmes, t. III , pr., p. 227 
Autre dépense et service faits en l'hôtel de la coin 
mune aux consuls , domestiques et autres. 

— Trésor public. 

Deu tornar al lisco, so es lo comos de Iloiii.i. 
Trad. du Code de Justinien, fol. ^7. 
Doit retourner au fisc, c'est-à-dire le trésor àe Ronit 
Adv. comp. Quant tn métras ta oratio en coml , 
tu as part el comunal de saucta Glieya. 
F. et Kert., fol. Sç). 
(^)uaut tu mettras Ion oraison en commun , tu .1 
part à la coMimunaulé de sainte Eglise. 



MUN 

AKC. Fa. S'assemblèrent ceux dnilit commun 
en très grand nombre. 

MONSTIIEI.F.T, t. 1, fol. 244- 

CAT. Coinù. Hsr. Comun. port. Commun, n. 
Comune. 

3. CoMUNA, coMUNiA , s.f., communc. 
Lo reis, sas comunas a fort <ti)nio 
Per anar mètre setge. 

Ilnman de Gerat-d de nnssillon, fol. p^. 
I.e roi , SCS communes a fortement sommé jioiii' 
nller mnltre sie'fie. 

Aqui vengro gran re de comunias. 
Philomeka. 
Là vinrent beaucoup de communes. 
ANC. CAT. iT. Coinunn. 

/|. COMINAlJ, COMUNAL, COMMUNAL, CU- 

MUNAL, adj'., commun, jDiiI)Iic, movon. 
Metrem Ta San Gili , coiu en loc cominal. 

P. Dkejiond Ricas novas : Pus partit. 
Nous le meltrous à Sainl-tîiUos comme en lion 
commun. 

Antafort, lo lor comunai. castel. 

/^. de Bertrand de Born 
•Vulefort , le leur cliâteau commun. 
La vida cumunai. de noslre refreytor. 
y^. de S. Honorât. 
La vie commune de notre re'fectoire. 
A totz es coMUNAi.s niorlz. 

;VlMERI DE BELr.lNOY : Ouanl mi. 
.\ tous est commune la mort. 
Si fempnas communals nsa. 

Deldes de Prades , Auz. cass. 
S'il fréquente femmes publiques. 
ANC. FR. Après ce, retoiirua à la y'w communal. 
Chronique, Ms. de Berne, t. II, fol. ^8. 

• — Égal , pareil. 

Ainix, son home comisai.. 

IL Vidal de BEZAfDLN : Enaquel. 
Ami , les lioraraes sont égaux. 

— Vulgaire, bas. 

Naysser vole 

El pus cominai. luoc: que sia. 

Les sept Jujes de la Fieri;e. 
Voulut naître... au lieu le plus commun qui soi!. 
.'itibst. .Mon .sirventes tramet al ominal 
De tota gen. 

RaIMOND de CaSTELNAV : Mon sirvenle^. 
.le transmets mon sirvcnte au commun ^^^^. loiiU- 
i;i.nl. 

.Sirventes non es lci;ils , 

111. 



MUN 



.89 



I s' OUI nu i ausa dir los mais 

Dels menors e dels comunai,s , 
E majornient dels majorais. 

Pons Barra : Sirventes non. 
lu sirvente n'est pas loyal , si on n'ose y dire \c% 
défauts des petits et des moyens, et principalement 
des supérieurs. 

— Suhstant. (.oinmiinaut»', commune. 
En Rernar de la Tor a donat e altreiat a] 

CUMINAT. de Bessa... Lo cominat.s de la vila. 
Charte de Besse en y/ui>erf^ne, de 1270. 

Leseinneur Bernard de la Tour a donné et octroyé 
au commun de Besse... Le commun de la ville. 

El coMUNAî. d'Agen, de la cintad e del bore. 
Tit.de 1226. Bis t. de La ng^uedoc, t. II, pr., col. 3o8 

Au commun d'Agen , de la cité et du bour". 

— yédverhiol. A la fois, en commun. 
Feron sobr' els rotiers tuit essem, cominai.. 

GuiLI.AU.ME DE TtJDELA . 

Frappent sur les routiers tous ensemble, à la fois, 
.'idv. comp. A foc crido per cominal. 

Arnaud de Carcasses : Dins un verdier. 

-\u feu ils crient en commun. 
ANC. CAT. ESP. Comunai, it. Comiinale. 

5. COMUNALHA, COMirNAII.LA ; S. f,, COITl- 

munauté, société. 

E'I met en la coimunah.la. 

Marcabrvs : Quant l'aura. 
Et le met en la communauté. 
Adv. comp. lea'lh part l'nou e la inealha, 
K, .s'el puey.s vol la niia part, 
lea la'lh giet de comukalha. 
Bertrand de Born : Un sirventes on molz. 
Je lui ]iartage l'œuf et la moelle, et, si ensuite il 
veut la mienne part , je la lui jette de communauté. 
Si'l talc una vetz lo castel d'AïUafort qu' era 
d'amdos en comunailla. 

y. de Bertrand de Born. 
.\insi lui enleva une fois le cliâteau d'Autefort qui 
e'iait de tous deux en communaulc. 

Ct. COMINALTAT, OUMIJfALTAT, COMMUNAU- 
TAT, COMUNITAT, ,y. /., lat. COMMUNI- 

tK'xcm , communauté, municipalité. 
Que la dicLa communadtat et nniversitat 
aia... archa cominnna. 

Charte de Gréalou, p. ôYi. 
Que la dite communauté ct universalité ail... 
caisse commune. 

E'is borzes de Tolosa , e la cominaltatz. 

Guillaume de Tiidela. 
lu Ici lH>urj;«'ois de Toulouse, cl la communauté. 



^^7 



2t)0 



MUN 



En la COMUNITAT de las plauetas. 

Elue, de las propr., fol. 2. 
En la communauté des planètes. 
ANC. FK. (lonlregarder la cité et la communité 

Macallt, Trad. des Àpophl., fol. i^- 
OAT. Comunitat- e.sp. Comiinidad. port. Com- 
munidade. ir. ComiinaUà, comiimtà, co- 
miinitate, comunitade. 

7. COMITNALKZA , CUMUNALEZA, CUMENA- 

LESA, coMiNALEZA, s.f., coniniunaii tû. 
La coMUNAi-EZA dcl meslier. 

Trad. de la 2" Ep. de S. Paul aux Corinthiens. 
La communauté du ministère. 
Elegnlz ad aconselhar la comunaleza di- 
Monpeslier. 

Ad ops de la cominai.eza de Monpe.slier. 

Statuts de Montpellier, àc 1204. 
Élus pour conseiller la communauté de Mont- 
pellier. 

Pour le besoin de la communauté de Montpellier. 
Ben es foll e plen de fadeza 
Que so qu' es sieu met en cdmenalesa. 
Dialogue de l'âme et du corps. 
Bien est fou et plein de sottise qui met en com- 
munauté ce qui est sien. 
ANC. ESP. Comunaleza. 

8. COMUNAEMEN , CUMINALMENT , COMI- 

NALMEN, «(fc, oommnncment, t'-galt-- 
nieiit, en commun, en,sembl<\ 
Prendetz sal et agrimen , 
E crematz o comunai.men. 

Deudes de Piîades , .i4uz. cass. 
Prenez se) et aigremoine , et brûlez cela ensemble. 
Un jorn ve que so qu' a.jostas 

lia tôt COMINAI.MEN. 

P. Cardinal : Jhesum Crist. 
Un jour vient que ce que tu assembles ira tout <■/;- 
seml/le, 

Qne pogues dar a totz cominai.men. 

Un troubadour anonymk : Toi aissi. 
Que je pusse donner à tous également. 
ANC. FR. Dojic colorent as armes tiestnit co 
initnahnent. 

Roman de Rou, v. 22iy. 
ANC. CAT. Coinuiialtnoit. esv. it. Cotnunal- 
menie. 

y. Descominal , descomunal , adj. , 
excessif, démesnré, extraordinaiio, 
dûsagréablo, étrange, rigoureux. 



MtJN 

Mes grens mais 
Qu' ieii ai siifertz grans e descominai.s. 
Cadenet : Ab levai cur. 
Mes pénibles maux que j'ai soulTi.Tts grands et 
excessifs. 

Vas mi a cor DESconirNAL. 

G. Faidit : Ben a A mors. 
Vers moi elle a cceur rigoureu.r. 
Aquest baro descominai,. 
Le moine de Montaudon : Be m'enueia. 
Ce baron étrange. 
Non pot aver plag pins descomunai,, 
Lanfranc Cigala : Non sai si m. 
Ne peut avoir plaid plus desagréable. 1 

(AT. ESP. Descomunal. \ 

m. CoMUNiCABiMTAT, .V. y., comiTiiinica- > 
bilité, tiiinsmission. ] 

Lulz... es de summa alegretal, de snnima j 

COMUNICABII.ITAT. ! 

Elue, de las propr. , ii<\. 120. 
La lumière... est de grande allc'gressc , de grande 
com?nunicabilité. 
CAT. Cotniinicabilitat. esp. Coinutiicnbilidad . 

FI. (loMUNicATiu , adj., communicaùf , 
expansif. 

Lutz es de si cohiunicativa. 

Elue, de las propr. , fol. [ 19. 

La lumière est par soi — communicative. 

Fig. Tota bontat es de si naturalment difuziv.! 
e liberalment comunicativa. 

Elue, de las propr., fol. 2. 
Toute bonté est de soi naturellement dill'usive cl 
libéralement communicatit'e. 
CAT. Corniinicatiii. est. Coinimicativo. port. 
Communicntivo. it, Comiinicntivo. 

12. COMMUNIQllAR , C0MUN1CAR, V., lat 

coMMUNiCAR<? , communicjiicr . 

Deves «iommuniquar a la sancta r.|('i-.a. 

Doctrine des Faudois. 
Tu dois communiquer à la .sainte Eglise. 

No pOSCa si CO.MUNICAR. 

Elue, de las propr., fol. 2. 
]Ne puisse se communiquer. 

Part. prés. Doas autras suturas comunican •' 
las autras plagas. 

Trad. d'yllbucasis, fol. /J2. 
Deux autres sutures communiquant aux autres 
plaies. 

CAT. ESP. Comutticnr. port. Coinmtiniquar. n 
Coinituicarc. 



MUN 

i3. Communion, comunion , j. /. , lat. 
COMMUNION^//; , communion. 
En la sancta Glieya cathoHca, en la co 

MUNiON dels sancts. 

V. et Vert., fol. 6. 
En la sainte Eglise catholique , en la communion 
des saints. 

La spiritual refectio a communion. 

Doclrine des yaudois. 
La re'fectioii spirituelle en communion. 
CAT. Comuniô. esp. Comtinion. port. Commun- 
hào. iT. Comunione. 

l4- COMJIUNIAR , CUMENIAR , CUMENGAR, 
CUMENEGAR , V. , lat. COMMUNlCAKt' , 

communier. 

Es si facb cumeniar. 

A', de S . Honorât. 
Il s'est fait communier. 
.So son doas cosas en las quais communion 

li saint. 

Doctrine des Vtiudois. 
Ce sont tleux choses en lesquelles communient les 
saints. 

Ar si CtiMENIAN tilt. 

V. de S . Honorât. 
Maintenant ils communient tous. 
ANC. FR. Je ne fui communiez 

Bien a passé tiens ans entiers. 
Fabl. et Cont. anc, I. IV, p. 108. 
ESP. Comulgar. port. Commungar . it. Comu- 
nicare. 

i5. CuMERGUAR , V. , communicr. 
No ns devem tan asegnrar 
Que cuMEROUEM ses cofessar. 

Jirei>. d'amor, fol. iifi. 
Nous ne devons pas tant nous assurer <iue nous 
communiions sans nous confesser. 

Pos lo ducs es absoutz, es ccmergatz. 
Roman de Gérard de r>ossillon , fol . 27. 
Après que le duc est absous , il est communié. 

16. ESCOMINIO, EXCOMUNIO, ESCDMENIO , 

s.f,, lat. Exco/z/MUNif^m) , (wconj- 
munication. 

Trop estailz en I'escominxo. 

Bernard d'Alriac : Nostre reys. 
Vous restez trop en \' excommunication. 
Sentencia d'ExcoaiuNio. 

Brev. d'amor, fol. 116. 
Sentence A' excommunication. 
Mespresan rEscoMENio del papa. 

Cat. dels apost de Koma , fol. ig^. 



WUN 



291 



Me'prisent V excommunication du pape. 
(AT. Escomunio. esp. Excomunion. port. Ex- 
communhào. 

17. ESCUMENIAZON , S.f., lat. EXCOM//JU- 

"sicxtioiiein, excommunication. 
Eu ESCUMRNIAZON 

Vos uieti'iaiii ades ee iiialediclion. 

Guillaume be Tudela. 
En excommunication nous vous mettrions inces- 
samment et eu malédiction. 

CAT. Escomunicaciô , excomunicaciù . esp. ^x- 
comunicacion. it. Scomunicazione. 

18. ESCUMERGAMEN , ESCOMERGAMENT , 

S. m., excommunication. 
O per ESCUMERGAMEN , o pep yssilh. 
r.elFert., fol. 58. 
Ou par excommunication, ou par exil. 
L'arssevesque Turpi lor a mandat em j^eiia 

d'ESCOMERGAMENT. 

Philomena. 
L'archevêque Turpin leur a mande' sous peine 
A'e.i-communication. 

ANC. vn. En prise si pon les escornmenicrnens. 
JoiNviLLE , p. 14. 
De c-ele escumengement 
Grondillierent Engleiz forment; 
De l'escumenge ont grant poor. 

Roman de Rou , v. 1235g. 
Car tonsjonrs estoit en sentence d'excom- 

muniment. 

CoMiNES , liv. I , p. 1 14. 
Sur les peines tTcxcommuniemens. 

MoNSTRELET, t. II, fol. l l8. 

ESP. Excomulgamicnto. it. Scomimicainento . 
If). E.SCUMENF.GABLE, <7f//. , CXticrablc , 

réprouvé. 
EscuMENEGABi.E jujamen. 

Trad. de la ï^'Epilre de S. Pierre. 
Exécrable jugement. 

10. ESCOMENIAR, ESCOiMENGAR, ESCUMEN- 
JAR, ESCUMENGAR, ESCUMENEGAR, V. , 

lat. ExcoMWL'MCARi?, cxconimunicr , 

réprouver. 

Son avesque lo deu escomengar. 

.■Jrbre de Bataillas, fol. 209. 
Son evéque le doit excommunier. 

Al apostoli uiandem 

Un raessalgiers, 

Oue ESCUMUNiE 



^9^- 



MUN 



Cosselhs e cosselhiers. 

P. Basc : Ab greu. 
Au pape mandons un messager, afin qu'il excom- 
munie conseils et conseillers. 

Lo comte de Tolosa , anet excomeniant. 

Guillaume deTudela. 
Le comte de Toulouse, il alla excommuniant. 
Car, 81 a tort esccmenjas. 
De tu meteis ère que t venja.s. 

P. Cardinal : J hesum Crist. 
Car, si à tort tu excommunies , de toi-même crois 
que tu te venges. 
Part. pas. Seretz ii'escomeniatz. 

G. FiGijElBAS : No m laissarai. 
Vous en serez excommunié. 

Causa ESCUMENEGADA. 

Trad. des Actes des /J pâtres, ch. lo. 
Chose réprouvée. 

21. ESCUMERGAR, EXCUMERGAR , V., ex- 

communier. 

Part. pas. Esccmergatz era delà iinctoritat de 
Den. 

r et Vert., fol. 78. 
11 était excommunié par l'autorité de Dieu. 
Ta yest escumergatz. 
Roman de la Prise de Jérusalem, fol. 10. 
Tu es excommunié. 

Aquel a tort excumergatz 
No séria. 

Bref, d'amorj fol. !i6. 
Celui-là à tort excommunié ne serait. 
ANC. FR. Avant se lessent les gens luourir e.x- 
comineniés que il se facent absodre. 

JOINVILI.E , p. ll^. 

E tuz iceux esciiinengout. 

Marie ce France , t . I, p. 66. 
J'ai bien esté neaf ans entiers 
Parjures et escomeniez. 

Roman du Renart , t. IJI , p. So^- 
CAT. Escomunicar, excomimicar. esp. Excomul- 
gar. PORT. Escommttngar. vr. Scoinunicare . 

rf.1. Immunitat, s. f. , lat. immunit.\- 
tem , immunité, 

Jurar... servar e pardar... immunitats. 

Statuts de Profenc.e. Bomy, p. (J. 
Jurer... observer et garder... immunités. 
Gracia», conventions, immunitat». 

Stutul.'i de Provence. Julien , t. I , p. (B. 
Grâces , conventions , immunités. 
OAT. Itniniinitat. esp. Inmunidad. port, lin- 
muiiidadv. it. Jinmunttà, innnunitaie, im- 
munitade. 



MUR 

ï3. Rémunération, s. f. , lat. remune- 
RATioNew , rémunération , récom- 
pense. 

En gasardo et en rémunération d' aquel 
"anniveisari. 

Tit. de 1295. DoAT, t. CXXXIX, fol. 126. 
En récompense et en rémunération de cet anni- 
versaire. 

CAT. Reiniineraciô. esp. Remiineracion. port. 
Reinuneracào. it. Reinunerazione . 

MUR, .V. in., lat. murm.v, mur, muraille. 
La ciutat s'ajosta 
Per far murs e fossatz. 
Ramdacd de VaqueiRAS : Truan ma!a. 
La cité s'assemble pour faire murs et fossés. 

Las tors eron aalas e los murs dentelhatz. 
Lo mur batalhier. 

Guillaume de Tudela. 
Les tours étaient bautes et les murs crénelés. 
Le mur défenseur. 
ANC. CAT. Mur. esp. port. it. Miiro. 

•X. Mura, s.f., mur, muraille. 
Li un an els fiiudamens lur cura 
F, l'iiltre en bastir la mura. 

V. de S te. Enimie, fol. 38 
Les uns ont leur sollicitude aux fondements, et 
les autres à bâtir la muraille. 

'^. MuRALH, S. m., muraille, mur. 
A Peiraguers, près del mdralh... 
Venrai armât sobre Rayart. 

Bertrand de Born : Un sirventetoa moti. 
A Périgueux. , près de la muraille.... je viendr,ii 
armé sur Bayard. 
ANC. FR. Dont li tniirail erent versé. 

B. de Sainte-Maure , Chr. de Norm., fol. 3i . 

4. MuRALHA, S.f., muraille. 
Torneiada de vallatz e.... moralhas. 
Dessus la muralha son inontats per se dé- 
fendre. 

Chronifjue des Albigeois , col. l\^e\. 11. 
Entourée de fossés et.... murailles. 
Dessus la muraille ils .sont montés pour se dé- 
fendre. 

CAT. ESP. Miiralla, port. Muralha, it. Mu- 
ragUn. 

5. MuRAMEN, ,v. m., mûrement, actiois 
de murer. 



MUR 

Las despensas dcl mur amen del cretquc. 

Cartulatre Je Montpellier, loi. 54- 
Les dépenses du mûrement lio l'Iiérétiquc. 
iT. Muramento. 

(). MuRAuor, , adj. , condamné à ctre 
mur»';, mis entre quatre mnraillcs, 
claqucmviré. 
Euipero sera murauohs. 

Carlulaire de Montpellier, Col. 54- 
Pour cela il sera claquemuré. 

7. MuRAR, V. , du !at. AivnxTiis, murer, 
clore, bâtir un mur. 

Ben er mal' aventura , 
S' el legatz ve, si no'l crema o no'l muka. 

Bertrand d'Allamanon : Del arcLvesque. 
Bien sera funeste aventure , si le légat vient , s'il 
ne le brûle ou ne le mure pas. 

Say bea de peira murar. 

R.\IM0ND d'Avignox : Sirvens suy. 
Je sais bien avec pierre murer. 
w- Fig. Proeza franh et avoleza s muka , 

I E no vol joi teiier dius sa clauzura. 

P_ Marcabrl'S : Auial/. de clian. f^ar. 

F^ Prouesse se brise et lâciiete' se rnure, et ne veut 

pas tenir joie dans sa clôture. 
Part. pas. Que no sia crematz 

E MURATz, ni destrug. 

IzABN : Diguas me tu. 

It^ue je ne sois pas brûlé et muré, ni détruit. 
Que la vila de Monpeslier sia murada. 
Statuts de Montpellier, loi. i3. 
Que la ville de Montpellier soit murée. 
AHC. CAT. ESP. PORT. Muror. iT. Mitrarc . 
8. Enmur.\r, KMiKAR, V., emmuier, 

fortifier. 
Fig. Be transparent cristalh entorn I'enmcra. 
Pnlaj-tz de Sauieztt. 
Bien transparent cristal autour Vemmttre. 
Foc tôt eviro I'ensidra. 

Elue, de la.i propr., fol. 176. 
Feu tout à l'entour l'emmure. 
Parc. pas. Son fermatz et enmuratz los foriz 
castells. 

f^. et f^ert., fol. 102. 
Sont fermés et emmurés les forts cliâleaux. 
Aquels que so jatgats per heretyias , i: 

EMURATS. 

Tit. du xnif siècle. Doat, t. XXXII, fol. zCtU. 
Ceux qui sont juges pour hérésies, et emmurés. 
ANC. PR. Gens qui si vons ont emmurées. 

Rnmnn de la ItoM-, v. f.irfi. 



MUR 



ig.^ 



C'est nne longue vallée emmurée de costé et 
d'autre de «raudes et hautes montagnes. 

-Vmyot, Trad. de Plutarque. Vie de Flaminius. 
Car ce fol dangier chmurer 
Devoit un amoureux loyal. 

OEuvres d'/llain Chartier, p. 701. 

MURENA, s./., rate, souris. 
La MURENA ve ves ela. 

Elue, de las propr., fol. 262. 
La souris vient vers elle. 

MURMURAR, v. , lat. murmurarc , 
murmurer. 

Es molt graus peccalz caut hom mdrmdra 
encontra Dieu o contra home.... Tu no deves 

pas MURMURAR. 

Zi'c. de Sydrac, fol. 128. 
C'est moult grand péclié quand on murmure contre 
Dieu ou contre l'homme.... Tu ne dois pas mur- 
murer. 
Part. prés, substant. Lo règnes del cel non re- 

CCp pas los MURMURANS. 

Trad. de B'ede , fol. 63. 
Le royaume «lu ciel ne re^'oit pas les murmurants. 
lAT. Murmitrar. esp. Murmiirar, tnonnurar. 
PORT. Murmitrar. it. Mormorare, 

■2. MuRMUR, s. ni., lat. murmur, mur- 
mure. 

Ni per vana gloria , ni per tristicia de cor, 
ni per murmur. 

V. et Vert., fol. 5^. 
Ni par vaine gloire , ni par trislesso de cœur, ni 
par murmure. 

Ses MURMUR et ses duptansas. 

Trad. de B'ede, fol. 63. 
Sans murmure et sans doutes. 
ANC. vu. Ceux de l'ost qui ouvrent le tnurmur. 

MONSTRELKT, l. 1, fol. 3l6. 

Dons et graeieus murmur retentissant par 
la voulte du temple. 

Rabelais , liv. V, ch. 37. 
ESP. PORT, Miirmtirio. it. Morinorio. 

3. MuRaiuRi, 5^. m., murmure. 

MuRMURis lor es aiuparat davau totas res. 
'Trad. de la Piègle de S. Deno it , fol . 21. 
Le murmure leur est défendu avant toutes choses. 

/|. MURMURATIO , MURMURACIO, S.f,, lat. 

MCRMURATio , murmure, plainte. 
MoRMURATio es la seleaa branca d'orguelh. 

Ltv. de Sydrac, fol. 128. 
Le mm nuire est la seplii^rae branche d'orsiieil. 



^q4 



MUS 



La canso d'yfern , so es murmuracio que 
dnrara, en yfein, entre los dampnas, aytant 
cant Dleus estaia glorios el cel. 

F. et Fert., fol. 26. 
La chanson d'enfer, c'est mitrmiire c[u\ durera, eu 
enfer, entre les damne's , autant que Dieu sera glo- 
rieux au ciel. 

ANC. FR. Considéré la murmuradon du clergié, 
des nobles et du peuple. 

MONSTRELET, t. I , fol. 22. 

Commencèrent à sourdre les premières iniir- 
miirations et accusations secrètes à l'eucontre 
de lui. 

Amyot , Trad. de Pluttiir/ite. Vie de Coriolan. 
CAT. Murmuraciô . esp. Mia-muracion. tort. 
Murinuracào. ir. Mormorazione . 

5. MuRMURAMENT , S. m., murinuie , 

plainte. 

Nostre Senbor auzi lo murmurament. 

A auzit lo voslre murmurament. 

Ilist. de la Bible en provençal, fol. 3o. 

Notre Seigneur ouït le miirinure. 

A entendu le votre murmure. 
ANC. FR. Ici sorstrent murmuramenz. 
B. DE Sainte-Maube , Citron, de Norm., fol. lor). 
ANC. CAT. Munnuramem. it. Mormoramento, 

G. MuRMURios , rtr//. , grondeur. 
MuRMURios e moleste e turbolent. 

Trad. de Tiède , fol. 20. 
Grondeurs et fâcheux et turbulents. 
ANC. FR. Ou miirmureux de donlx sonspirs 

Entre les flots et les zéphirs. 
Luc DE LA Porte, Trad. de.i Odes d'Horace j p. 68. 
IT. Mormoroso. 

7. MuRMURATiu, adj., murmuratif, qui 
cause, qui excite le murmure. 
Es MURMDRATiu quau aten en prezent que 
liom fa mal, e contraditz. 

Elue, de las propr., fol. 2.3. 
Est cause de murmure quand il attend le mo- 
ment où l'on lait mal , et contredit. 

MUS, S. //!., museau, face. 

Voyez Denina, t. III, p. 52. 
Segon la natura e 1' us 
Que fan l'autre bon drut pel mon, 
Val may so d'aval no fa '1 mus. 
T. DE SiFRE ET DE BerNAKD : Mir Bcrnart. 
Selon la nature cl l'usage que pratiquent les autres 
l)ons amants par le monde, vaut mietix ce d'en lias 
que ne fait la /iicc. 



MUS 

L' arc me le sul mus, 

Lejrs d'amorSj fol. 27. 
Me tient l'arc sur le museau. 
IT. Mtiso. 

"i. MuRSEL , MURSOL , S. 1)1. , nuiscau , 
face, figure. 

E '1 MURsEt e '1 front e'i menton 
Nègre e ruât e fronsit. 

Roman de Jaufre, fol. 56. 
Et \^ face et le front et le menton noir et ridé et 
froncé. 

Un manuscrit porte mursol. 

ANC. FR. Le sans li coule del musel. 

Roman du Renarl, t. Il, p. 27. 
Moult s'en faut poi, par saint Marcel , 
Que je ne vous oing le musel. 

Fabl. etcont. anc. , t. III, p. 290. 

MUSA, S. f., la t. MUSA, mu.se. 

Las luias musas qui ant perdal lor cant. 
Poëme sur Boèce. 
Les miennes Tnusés qui ont perdu leur chant. 
CAT. Esr. PORT. IT. Miisa. 

2. MusAR , V., jouer de la cornemuse. 

L' us MUSA , l'autre caramela. 

Fioman de Flamenca , fol. 11. 
L'un yoKc de la cornemuse, l'autre joue du cha- 
lumeau. 

ANC. FR. 

Qui a plus gros tabour et plus grosse musèle , 
Et qui miex set muser et plus haut la fet brère. 
Jongleurs et Troui'ères, p. 166. 

3. MuziCA, s. f., lat. MusicA, musique. 

De MUZICA sai yeu tôt aondozamens 
Quatre tons principals. 

Pierre de Cobbiac : El nom de. 
De musique je sais tout suffisamment quatre tons 
principaux. 

CAT. ESP. rORT. IT. MllStCtl. 

[,. MuziciAN, .V. /«, , musicien. 
MuziciAS, phisicias. 

Leys d'amors, loi. (). 
Musicien , physicien. 

5. MusiCADOR , s. m., musicien. 

"Vous de citarizadors e de musicadors. 

Trad. de l'Apocalypse de S. Jean, cli. 18 
^'oix do joueurs de Ivre cl do musiciens. 



MUS 

6. MoziCAL, adj., niiisical, df musique 

Per ma art muzicai.. 

Cvtholaset antres muzicai.s istninieiis. 

Elue, (le tas propr. , foi. /(6 cl 12. 
l'ar mon art musical. 
Ciloles et autres iuslrumcnts île mtisù/m>. 

ESP. roRT. Musical, it. Musicale. 

MUSAR , MDZAR, V., iiiustT, attendn 
t-n vain. 

Qui lîu'amor vol blasmar, 
Elha'l fai .si ea fol muz.vr , 
Que per art ciiida esser periiz. 

Marcvbris : Pus nios coratges. 
Qui pure amour veut blâmer, elle le fait telle- 
ment /miser en fou, qu'il pense par artifice éti^- 
ilctruil. 

Si r us MUSA , l'antre bada. 

Marcabri'S ; El son. 
Si l'un muse , l'autre bâille. 
Esperar 

k E MUZAR 

Mi fai coma Breto. 

1'. ViDM. : Ajoslar. 
Espérer et attendre en vain me fait comnu 
lïreton. 
i ANC. Fu. Si ne musez ne çà ne là, 

Tout droit devant vous refçardez. 
Fabl. etcont. anc. , t. Il , p. 186. 
ASC. ESP. Musar. it. Musare. 
Vovt'Z BwEC. 

2. Mdsart , MUZAED, (1(1 j . , nii.isarcl, 
nigaud. 

Per fol e per mi:zart 
A'os tenon. 
Bertrand de Born : Un sirventcs on motz. 
Pour fou et pour m.usard vous tiennent. 
Mot parliera fon e musarda. 

y. de S. Honorât. 
Moult bavarde fut et musarde. 
Substantif. Tracher, \ieyll hujsart, 

Per qn' as fach tan gran inalvestat.'' 
f^. de S. Honorât. 
Traître, vieux musard , pourquoi as-tu fait si 
grande méclianceté? 

ANC. FK. De cjnel gin musarts s'entremet 
Qni por autrui en champ se met. 
lioman de la rinlette, p. 261. 



MUS 



29. 



'). MusAiRK , o((/., nuisard , k'nt, tar- 
dif, sot. 

No i a meslier de mora, 
Que Iroji al estât musaire. 
R. Jordan ou Azemar le jSoir : Era don Dieus. 
II n'y a pas besoin de retard , vu que j'ai été' trop 
musard. 

Fols pareis e musaire 
Qui vol far, e non pot faire 
So qn'ad amie laing e cove. 
T. d'Albertet et de Pierre : En Peire. 
Fou paraît el sot qui veut faire, tt ne peut faire co 
qui à ami appartient et convient. 
ANC. Flv. 

Le foiz fu mult dolent, niult se tint por iniisart 
De Ricliart ki li fu escapez par cesl art. 

Roman de Ilou , v. 3o8o. 
S'il est cbaieus, moult est inusars , 
Quant il ne vient là où je sui. 

lioman du Renart, t. IV, p. 52. 

4. Musa, .<!./., vaine attente, retaid. 
Loc. prov. Facb ai Tobra de 1' aranha 
E la MUSA de) Breto. 

P. Vidai. ; Moul es. 
J'ai lait i'n'uvre de l'araignée et \» vaine attente 
du Breton. 
ANC. FR. Li roTS de France fait la rntise. 

G. GuiART, t. I , p. 129. 

.'). jVIusatge, muzatge, .V. ///., vaine at- 
tente, lenteur, têtard. 

S'en fan pagar lo muzatge. 

P. Cardinal ; l'^l mon non. 
S'en font payer la vaine attente. 
ANC. FR. Là li fîst Renart le tnusage. 

Roman du Renart, t. 11 , p. l63. 
El fains et sois tgnt le damage 
Qu'il en olblie le miisage. 

Roman de Partonopeus, t. l , p. 3l. 

MUSC, .V. m., lat. Mosc/iit.s-, umi.sc. 

.Sia donat en heure... médicament de musc. 

Trad. d'Àlbucasis, fol. 55. 
Soit donne à Loire... medieament de musc. 
ANC. ESP. Musco vï. Musco , muschio. 

•X. Mlsoukt, .V. /;/., musc. 

Odoramens , ayssi co son musquet o (lors 
et auiras cauzas hen flayrans. 

f^. et Fert., fol. 70. 



'^9^ 



MUS 



Purlums , ainsi quo sont musc ou ûeurs cl autres 
choses bien odorantes. 

3. Muscat, adj., muscat. 

Pas (layret doussaraent que oanela mdscaua. 

Roman de Fierabras., v. (^981. 
Sentit plus suavement que cannelle muscade. 
\T. 3Iuscato, miischiato. 

/(. MuscADEL, S. ni., mi)scat. 
Adjectiv. Yyns de p.iys, veniielb e muscadei.. 
Carja Magalon , p. 10. 
Vins du Jiays , \eimeil et muscat. 

MUSCLE, MoscLE, s. m., lat. mtisc«lw.v, 
muscle. 

Car la corrîja si abrassa 

Los MUSCLES e '1 cors d'eviron. 

Deudes de Prades , Auz. cass. 
Car la courroie embrasse ainsi les musc/es et le 
corps tout autour. 

Fazent els nervi.s et els mcscles alteracio. 

Elue, de /as propr., fol. gi. 
Faisant altération aux nerfs et aux muscles. 
CAT. Muscles. Esr. tort. Musculo. it. Muscolo. 

— Tète. 

Plus aut del moscee en amont que tots. 

Jbr. de VA. et du N.-l\, loi. i^. 
Pus haut de la te'te en amont que tous. 

— Omoplate. 

Elli MUSCLE e la 'spaila li'n va devalhar. 

Phieomena. 
Xj'omoplate et l'épaule lui en va abattre. 

• — Épaule. 

La dislocatio del muscle. 

Als coides et als muscles. 

Trad. d'Albucasis , fol. 67 cl lo. 

La dislocation de Vépaule, 

Aux. coudes et aux épaules. 

L'aze vie so senhor intrar, e venc 11 eii- 
conlra, cridaa e bramaa, e vole li mètre lus 
pes sobre los muscles. 

Liv. de Sydrac, fol. 61. 

L'âne vit son maître entrer, et lui vint au devant , 
criant et brayaul , et voulut lui mettre les pieds sur 
les épaules. 

MUSEC, s. m., lat. nvsùniin , mosaïque. 
Tôt fo penbs a musec. 
Figuratz a musec. 
Koman de Gérard de Rossilloii, fol. ificl 22. 



MUT 

Tout fui peint en mosaït/ue. 
Figuré en mosaïi/ue. 
ESP. PORT. Mosaico. it. Musaico. 

1. MozAïc , adj., lat. musaick/w, de mo- 
saïque, en mosaïque. 
Las paretz d'aqnel oratorl son depencbas a 
la MozAicA maniera. 

C<it. deh apost. de Roma, fol. 91-92. 
Les murs de cet oratoire sont peints à la manière 
de innsaù/ue. 
ANC. FK. Et sont d'or innsike aorné. 

Roman de Parlonopeus, t. I , p. 3o. 
CAT. Slosaic. EhP. ptiRT, Mosaico. 

MUT , adj., lat. mut«,v, muet. 

Hom que nais sorlz e mutz, que parlar ni 
auzir non pot. 

Liv. de Sydrac, fol. 61. 
Homme qui naît sourd et muet, qui parler ni en- 
teudre ne peut. 

IJen es motz, 
F. ja, per el, nostre secret 
Non er sanbntz. 
Le comte de Poitiers : En Alvemhe. 
H est bien muet, el jamais, par lui , notre secret 
ni' sera su. 

Ni oill oec, ni lengua muba. 
T. DE Blacas et de PiAMBAL'D : PiaymbaufT:. 
]Mi œil aveugle , ni langue muette. 
Teraensa m fai mut. 

Eaimond de Mihaval : Belli m' es. 
La crainte me fait muet. 

— Fig. Paresseux, inactif. 
Tan mi ten de joi mut. 

G. Aduemar : Al prim près. 
Tant elle me tient muet de joie. 
L' emperairc de Fransa non esta pas cum mutz, 
Cap l'espaza que porta n'a .ce. abatutz. 
Roman de Fierabras, v. 534- 
L'empereur de France ne reste pas comme inac- 
tif , vu qu'avec l'e'pe'e qu'il porte il en a abattu 
deux cents. 

Lo reis engles cug qii'a'l sanglât, 
Car tan lo ve boni estar mut 
De demandar sas beretatz. 

ÏONiFACE de Castelane : Era pueis. 
Le roi anglais je crois qu'il a le hoquet , car on le 
voit tant demeurer muet de demander ses he'rilages. 

— Terme de grammaire. 

De semivocals ni de mudas ni de liquidas. 

Leys d'amors, loi. 3. 
Ue semi-vocales et do muettes et de liquides. 



NAD ^ 

Substantw. Rendre... als muïz lo parlai. 

r. et l^ert., fol. 22. 
Rendre... aui munis le parler. 

ANC. FR. E si dit li Evangiles qae cil deaiibles 
estoit muz. 
Trad. ms. de la Consolation de Botce, liv. I. 
Tous sont devenus pins rnuts que poi.ssons. 
Ung jniic -sourd de nature. 

RABb;L.\is, liv. m, cliap. 2^ cl 19. 
Et devinrlrent mtitz el faisans. 

Roman de Giron le Courtois, fol. S.î. 
CAT. Mud. ESP. PORT. Mudo. IT. Mttto. 

2. MoTiR, MUDiR, V. , lut. MUTiRe, de- 
venir muet, se taire. 
Sa umbra fa mutir totz les cas. 

Elue, de las propr. , fol. 252. 
Son ombre fait se taire tous les chiens. 



NAF 



^97 



Denan H fremisce'lh sospire, 
Quar sa bentatz fai ma boca mudik. 

AiMEKi DE Pegiulain : De fin' amer. 
Dovaiil je lui frémis et lui soupire , car sa beauté 
lait ma boiitbc dei'enir muette. 

MUTIL/VCIO, MUTILATION, X. f. , lat. 

MiiTiiATioNcw, mutilation. 

Effusion de sanc , mutilation de membre. 

Statuts de Provence. Boiwy , p. mg. 
Kfliision <le sang , mutilation de membre. 
Per MUTir.Acto o rnmpeinent. 

Elue, de las propr. , fol. 268. 
Par mutilation ou fracture. 
CAT. Miitilaciô. esp. Mutilacion. port. Mutila, 
cào. IT. Mutilazione. 



N 



N, s. ru. y quatorzième lettre do l'alpha- 
bet et onzième dos consonnes. 

Semivocales sunt, ut plerisqne latinorum 
plaçait, septem : f, I, m, N, r, s, .\.. 

PRISCIANI, lib. I , §. 3, col. S/jl , éd. PfTSCH. 

M, N so consonan. 
L'autra comensa per n. 

Lejs d'amors^ fol. 4- 
M , n sont consonnes. 
L'autre commence par n . 

IVADAR, V., lat. N.\T.\Re, nager, navi- 
guer. 
Qui sap NADAR, NAUA, c qui no saj), mors es. 

Gi;iLI,At;ME DE TuDELA. 

Qui sait nager, nage^ et qui ne sait , esl mort. 
Nadi contra suberna. 

A. Daniel : Ab guay so. 
Je nn^'C contre le déhordemeiil . 
Quan cng a riba venir, 
Adoncs me cove a sadar. 

Le moine de Monta udon : Aulra vetz. 
Quand je pense à rive venir, alors il me convient 
de nager. 
Part. prés. Per que si va y pensar un dia 

Si , 'n NADANT, yssir s' en povria. 
f^. de S. Honorât. 
C'est pourquoi il se va penser un jour si , en na- 
geant, il s'en pourrait sortir. 

m. 



Part, pas. Gant ac nauat un gran randou. 
A', de S. Honorât. 
Quand il eut nagé un grand espace. ' 
CAT. ESP. PORT. Nadar. it. Natare. 

NAFRAR, NAFFRAR , V., blesser, meur- 
trir. 

Ab las balestas los farem tofz nafrar. 

Guillaume de Tl'dela. 
Avec les ))alistos nous les ferons fous l/lesser. 
l'el cosfat lo NAFRET us fiellos. 

PUJOLS : Dieus es. 
Par le côté le blessa un félon. 

Y NAFREY très o quatre, so m par. 
Raimhald de Vaqueiras : Ilonratz marques, 
.l'y blessai trois ou quatre, ce mo paraît. 

Pig. AI) lo cscut de pucienria, ncgus colps non 

pot KAFFRAR lo COr. 

A', et ^ert., fol. 65. 
Avec l'ecu de patience, nul coup ne peut blesser 
le cœur. 

Nafret mou cor d'un esgart anioros. 
P. Raijiond de Toulouse : Tos temps aug. 
Blessa mon coeur d'un regard amoureux. 
Part. pas. Pel costat nafrat tan nialamen. 
FoLQUET de Romans : Quan lodous. 
Par le côté blessé si cruellement. 
Mantz cavais mortz,mantz cavaliers nafratz. 
Blvcasset : Gcrra mi play- 
Maints chevaux morts , maints cavaliers blessés. 

38 



»9fi 



NAN 



Siibst. K. comandet elhs NAFRATz alhs iiieges. 

PuiLOMEN\. 

Charles recommanda les blesses aui médecins. 
Que tragan a vida los nafrat?.. 

Guillaume de Tudela. 
<^)u'il< l'appellent à la vie les blessés. 
ANC. i-R. l'arnii le cors un en naffra. 

G. Ga'.mar. 
Le comte de Peembroc... y fnt navré à moi I 

MONSTRELF.T, l. 1 , iol. 20. 

Du teiuiille,des plainz, des luoriz e dps«(3_/rer. 

Roman de Rou, v. 1^65. 
CAT. Nafrar. 

1. NAFPtA, S. f., blessure, coup, meur- 
trissure. 
Receab tant gran nafra, c'a penas ne garig. 

GUII,I-\UME DE TUDELA.. 

Reçut si grande blessure, qu'à peine il en giieril. 
Seîner, faifz mi metge venir 
Que m poira lua nafra garir. 

Roman de Jaufre, fol. t>^. 
Seigneur, failci-nini venir médecin ({ui me pourra 
ma blessure guérir. 

ANC. FR. Aucuns de leur gens estoient morts de 
la navreure du traict. 

MoPfSTRELET, t. I, fol. 20. 

CAT. Nafra. 

NAGGAS , .?./. i>L, tlu lat. na^^s, fesses. 

Naggas son ditas. 

Elue, de las propr., fol. 60. 
Fesses sont dites. 
ANC. Fu. Ge vous eschanfferai les naches. 
Roman delà Rose, v. 209^3. 
I.e suppliant... feri le dit Gnillot I.onguet 
de sa main deux cops sur les naches. 

Lett. de rem. de i36.). Carpentier, t. III, col. 9. 
CAT. Enagiias. esi". Nagtias, enaguas. ix. Na- 
tiche. 

'NAN, NANT, .V. m., lat. nanm.?, nain. 
Jaufre a '1 nan regardât. 
Us NANTZ, que fon inolt petilz, 
Torneiet al foc un senglar. 

Roman de .Taufre, fol. 17 et 12. 
Jaufre a regardé lo nain. 

Un nain, qui fut moult petit, tourna au feu un 
sanglier. 

CAT. ANC. F.sp. Kano. ESP. MOD. Etiaito. roRT. 
Alla, anào. it. Naiw. 

0.. Nanet, s. m. (Uni., pctii: nain. 



NAR 

Demandet * 

A un NANET, qu' era portiers. 

Roman de Jaufre, fol. 22. 
Demanda... à un petit nain, qui était portier. 
CAT. Nanet. esp. Enanito. 

3. NiN , adj., enfantin. 

Nnlha mielhs no s' aizina 
Tan jove, ni tan nina, 
D' aver.seu e manieira 
Azaut' e plazcnlieira. 

Amanieu des Escas : En aquel. 
Wnlle, si jeune, ui si enfantine , mieux ne s'arrange 
pour avoir sens et manière agréaUe et prévenante. 

ANC. CAT. Nin. ESP. Nina. 

NAR, s. f. , iat. NAR/.y, narine. 
Aleuar 
Non pot mas un pane per la nar . 
Del'DES de Prades , y^uz cass. 
Respirer ne peut qu'uu peu par la narine. 
Si VOS fan respos j)eiors, 
Ualz lor del ponh per inieg las nars. 
Rambaud d'Orange : Assatz sai. 
Si elles vous font pires réponses , donnez-leur du 
poing par le milieu des narines. 

La calors del solels infra c las nars. 

Lif. de Sjdrav, loi. lo^- 
La chaleur du soleil entre dans les narines. 

ESP. PORT. Nariz, it. Nare, nari. 

2. Narra, .s. f., narine. 

Que mette pogratz, per las narras 
Amdos los piiiutz. 

Roman de Jaufre, fol. itj. 
Que vous pourriez mettre dans les narines les 
deux poings. 

3."Narretz, .v. f. pi., lat. narks, narines. 
Aquel aires que dissendra per las narret/, , 
cissira pel pertus de la boca. 

Liv. de Sydrac , fol. i().'|. 
Cet air qui descendra par les narines, sortira 
par le pertuis de la Louche. 

ANC. CAT. Narils, narisses. esp. Nui es, naiices. 
IT. Narice, narici. 

4. Naricola, s.f., narine. 

Gel que a las narigolas laigas, es yros. 
Del plus près sospiralli que cl troba , et aisso 
so las N A rigolas. 

Lif. de Sydrac, fol. I2fiet lo/j. 
Celui qui a les naiines largi's , est colère. 



INAS 

Du plus près soupirail qu'il trouve , cl ce soiil les 
narines- 
ESP. Nariguilla. 

NARRAR, ^K, lat. NvuRARt', narrer, ra- 
conter, inti'rprcter, expliquer. 
Lo somnhc ilis a mon seubor, 
Qu' u son amie lo deu boui ilir, 
Et el NARRET lo m'en amor. 

GlRil'D DE BoRNEiL : No pucs sofrir. 
Je dis le songe à mon seigneur, vu qu'à son ami 
on doit le dire, et il me V interpréta eu amour. 
Part. pas. Crey que'l sorajes sera vertalz 
Aissi dreg cuiu mi fo narratz. 
GlRAUD DE BoRNElL : IN'o pues sofrir. 
Je crois que le songe sera vérité ainsi juste comme 
il me fut exptii/ité- 
CAT. ESP. PORT. Narrar. it. A'arrnre. 

1. NaRRATIO, NARRACIO, S./., lat. NAR- 

RATio , narration. 

Narracios del fol, es charja en via. 

Trad. (le B'eJe, fol. 43. 
Narration du fou , c'e.st charge eu route. 
Per maniera de narratio. 

Lej s d'itmors, fol. i5o. 
Par manière de narration. 
DAT. Narraciô. esp. Narracion. port. Narra- 
çào, IT. Narrazione. 

NAS, NAZ, S. m., lat. KAS«i', nez. 
E '1 NAZ qu'es dreilz e be sezens. 

Abnald de Marceil : Dona genser. 
El le nez qui est droit et bien séant. 
Loc. Leojaria m' estai de las , 

E ditz me , e tira m pel nas. 

GariNS le Bni'N : ^ueg e jorn. 
Folie m'est de côté, et me dit, et me lire par le 
nez (m'entraîne,\ 

Lo destriers m' afama , 

E s vai cascun jorn doblan 

Tan que m'es poialz sobr' el kas. 

Raimond de MiRAVAi. : Sitôt s' es. 
Le désir m'afl'ame , el se va cliaque jour doulilanl 
tant qu'il m'est monté sur le nez. 

Est bisbatz, nas de oorba. 

GtlLLALME DE BeRguedan : Cliauson ai. 
Cet évêque , nex. de courbe. 
Porcier, cara de guiner, 
Nas de gat, color de fer. 

T. de FOLQI'ET ET DE PoRCIEU : Porcipr. 

Porcier, visage de renard , nez de clial , couleur de 
fer. 

CAT. 'Nas. IT. Naso. 



NAS 



299 



a. Nasal, s. m., nasal, partie du casque 
qui garantissait le nez. 

Lo NASAL 

Li treuquet tro en la ventailla. 

Roman deJaufre, loi. l3. 
Le nasal lui trancba jusqu'au venlail. 
ESP. PORT. Nasal, vv. Nasale. 

3. EsNASAR, t)., énaser, couper le nez. 
Part. pas. Lo nas li taylla mantenent...; 
Trohet sa fiUa esnasaha. 

y. de S . Honorât. 
Le nez lui laillo maintenant...; il trouva sa fille 
énasée. 

NASCER, NAissER, x'., lat. NAst7, naître. 
Fora m , so m par, 
Mielbs que fo.ssetz a naisser. 

AiMERi DE Peguilain : Ses mes apleitz. 
Il me serait, ce me paraît, mieux que vous fus- 
siez à naître. 

El jorn qu'om mor per Dieu , n.vys jnstamen. 
G. FiGUEiBAs : Totz boni. 
Le jour que l'Iiomme meurt pour Dieu , il na'il 
justement. 

Ane non nasqdet sai, entre nos, 
Neguua c'aia cors tan gen. 

G. RiDEl, : (^)uant lo rossignols. 
Oncques ne nai/uit ici , parmi nous, nulle qui ait 
corps si gentil. 

— Fig. Il s'appliqua aux choses phy- 
siques et morales. 
Aissi com kays aigua de fon , 
Nwsd'el cavalaria. 

P. Cardinal : leu volgra. 
Ainsi comme naît eau de Ibntaine, naît de lui 
chevalerie. 

Conosc qu'el be 
Qii' ieu die de lieys no nais de me, 
Ans nais de s' amor natural. 

FoLQiET DE Marseille : Ab pauc. 
Je connais que le bien que je dis d'elle ne naît . 
pas de moi, mais naît de sou amour naturel. 
Cuiava lur traire 
Lo pel don lur nais 
Malvestatz, e vey 
Que per un lur en naisson trey. 

Pierre DE Eussignac : Sirventes echansos. 
Je pensais leur arracher le poil dont leur naît 
niauvaiseté , et je vois que pour un leur en naissent 
trois. 



3oo 



NAS 



Part, pas. loc. 

Non envei el mon nolh hom nat. 

G. Adhemar : Non pot esser. 
Je n'envie au monde nul homme né. 

Aquela mal naua gent. 

Philomena. 
Cette gent mal née. 

Tu fust NADA de Snria. 

P. Cabdinal : Vera Vergena. 
Tu fus née de Syrie. 
Mais valgra que degus no fos vius ni Nascutz. 

Guillaume de Tudela. 
Mieux vaudrait que nul ne fût vif ni né. 
AWC. FR . Que je ai fait , puis que je fuis n ascos 
Roman Je Ronceraiix . 

leu plus fin joy esper 
Que nulhs hatz de maire. 
P. Raimond de Toulouse : Pessamen. 
Plus pure joie j'espère que nul ne de mère 
( qu'homme quelconque ). 
Que us duptavon mais que hom nat de maire. 
G. Faidit : Fortz chausa. 
Qui vous redoutaient plus qu'homme né de mère. 
ANC. FR. Qu'einz ne passa nus bons de mèrewé. 

Roman d'Âgolant , v. 354- 
cAï. Naixer, naxer. esp. Nacer. port. Nascer, 
nacer. it. Nascere. 

').. NaSSEMEN, NAISSEMENT , NAYSSEMEN , 

NAYSEMEN , .V. m., iiaissancc. 
Des qu'ien venc a nassemeiï. 

Arnaud Catalan : Dieus verais. 
Dès que je vins à naissance. 
De NAISSEMENT c de mort. 

Lii'. de Sydrac, fol. 66. 
De naissance el de mort. 
Lay ea Jhernsalem , ou Dieus près nay.semen. 

P. Bremon Kicas Novas : Pus partit. 
Là en Jérusalem , où Dieu prit naissance. 
Re no sai on fo mos nayssemens. 

AusTOR Segret : No sai qui m so. 
Point ne sais où fut ma naissance. 
ANC. FR. Tenons donc pour vray fondement 
De Jbésu-Crist le naiscement. 

Roman de la Rose, v. 6(. 
G AT. Naixeinent , naxement. esp. Nacimiento. 
roRT. IT. Nascimettto. 

3. NAIS.SE^SA , NAYSENSA , NAISQUENZA, 

S./., lat. NASCENTiA, naissance. 
Quar si flaym a el scglc semcn.sa, 



NAS 

Esteves cug que fon d'eyssa nayssensa. 
P. Cardinal : Un sirventes ai en cor. 
Car si Cam a au siècle semence, je pense qu'Estève 
fut de même naissance. 

Ges no nais ni comensa 
Segon antra naissensa. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
Point ne naît ni commence selon autre nais~ 
sance. 

Adoncas pren vernis amors naisquenza, 
Aiimeri de Peguilain : Ane mais de joi. 
Alors prend vrai amour naissance. 
Fig. D'on er sa mortz justa, vera naysensa , 
Qu'el jorn qu'om raorperDieu, naysjustamen. 
G. FiGUEiRAS : Totz hom qui heu. 
D'où sera sa mort juste, vérilahle naissance, vu 
que le jour que l'homme meurt pour Dieu , il naît 
justement. 

cAT. Naixensa, naxensa. anc. esp. Nascen- 
cia , nacencia. it. Nascenza. 

4, NaTIVITAT, S.f., lat. N.\TIVlTAT^/n ^ 

nativité. 

III Juzieu los feiron ardre lo jorn de la wa- 
TiviTAT de Crist. 

V. de Bertrand de Born. 
Les Juifs les firent hrûler le jour de la nativité 
de Christ. 

Tractem de la nativitat. 

Brev. d'amor, fol. 1^8. 
Traitons de la nativité. 
CAT, Nativitat, esp. Natividad. port. Nativi- 
dade. it. Natività, nativitate , nativitade. 

5. Naissedura, .y.yi, panaris , mal d'a- 
venture. 

Fan greviar la malaudia, 
Sia plaga o naisseocra. 

Brev. d'amor, fol. 124. 
Font aggraver la maladie , soit plaie ou panaris. 

CAT. Naxediira. 
V 

6. Natio, nacio, nassio, naision, s.f., 
lat. NATiONe/«, nativité, naissance. 

El jorn de la Naision, 
Fetz dos crestias brusar, 
Artus ab autre, son par. 

V. de tterirand de Born. 
Le jour de la Nativité, il fit deu-^c chrétiens hrû- 
ler, Artus avec un autre , son compagnon. 
Aa-NC. FR. Dès le temps de 'a nascion , le sup- 



NAS 

pliant a este entacbié d'une maladie con- 
tagieuse. 
Lett. de rem. 141Ô Carplntier , t. III , col. lo. 
ESP. iT. ]\'atio. 

— Nature , origine. 

Qaan pens cuni e(z de gentil wassio. 

B. DE Ventadouh : En pessamcn. 
(^)iiarid je pense comme vous êtes de gentille 
nature. 

— Nation, peuple. 

Mas cascnna de las watios cniara esser 
mielber que Ih'autra. 

Aissi serau totas las kassios que weiran el 
fllh de Dieu. 

Liv. de Sydrac, fol. 21. 
Mais chacune des nations pensera être meilleure 
que l'autre. 

Ainsi seront toutes les nations qui croiront au fils 
de Dieu. 

Clemens, premier papa de la natio de Roma. 
Poucia, de la nacio de Roma. 

dit. dels aposl. de Roma, fol. i^ et 23. 
Cle'ment , premier pape de la nation de Rome. 
Ponce , de la nation de Borne. 

tAT. Nacio. ESP. Nacion. port. Nacao. it. 
Nazione. 

7. IVatxu, NiDiu, adj.^ lat. nativ«5-, 
natif, nattnel , réel. 

Cel fez fuudat nadiva, 
Que sa domna auset forfar. 
T. d'une dame et de Rofin : Rofin , digatz. 
Celui-là fil folio réelle , qui sa dame osa forfaire. 
CAT. Natiu. ESP. POKT. IT. Nativo. 

8. Nadal, NAUAti , S. m., lat. natal^V^ 
Noël. 

L' espirital 
Senlior, don an tort li Juzieu, 
Que nasquet la nueg de Nadai.. 

G. Magret : Atrcstan. 
Le spirituel Seigneur, dont ont tort les Juifs, qui 
naquit la nuit de Noël. 

P)lanc' e fresc' atretal 
Cum par neos a Nadal. 

B. DE Ventadour : Lo yens temps. 
Blanche et fraîche pareillement comme parait 
neige à JNoel. 

Aissel jorn mi sembla Nadaiis 
Qu'ab SOS bels buels cspiritaus 
M' esgarda. 

li. IT Vf.ntaho) b : (^liantirs nu pol 



NAS 



3oi 



Ce jour me semble iVoe/ qu'avec ses Leaux ycu''- 
spirituels elle me regarde. 

cat. ANC,-. ESP. Nadal. esp. mod. port. Natal. 
iT. Natale. 

9. Nadalor , s. m., Noël. 

Kl temps de Nadalor, 
Canl vent ab phieia cor, 
K par la ncu e'I glatz. 

Amvnieu di-.s Kscas : El temps. 
Au temps de Noël , quand vent avec pluie court , 
et parait la neige el la glace. 

10. Annatz, s. m. du latin wte nat«j, 
aîné. 

Natura ac dos effaus gens : 
Ureg de natura, dreg de gens; 
Dreg de natura csTannatz. 

Brev. d'amor, fol. 62. 
Nature eut deux enfants gentils: droit de nature, 
droit des gens ; droit de nature est 1' aine. 

>i. Ancnation , s.f., lat. agnationcw, 
agnation. 

Ses siencia et autreiamen dels plus savis 

de r ANCNATioN, o cognatiou d'aquel menor. 
Statuts de Montpellier, du XII1"= siècle. 
Sans connaissance et concession.... des plus sages 
de Vagnation, ou cognation de ce mineur. 
CAT. Agnacio. ksp. Agnacioii. port, Jgnacào, 
XT. yignazione, 

12. Cognation, s./., lat. cognation<?w, 
ct)gnation, parenté, proximité du sang. 
Ses siencia et autreiamen.... dels plus savis 
de l'aucnation, o cognation d'aquel menor. 
Statuts de IHontpellier, du xni« siècle. 
Sans connaissance et concession.... des plus sages 
de l'agnulion, ou cognation de ce mineur. 
KSP. Cognacion. port. Cognacào n.'Cogna- 
zione. 

i3. Cognât, conhat, coingnat, ad/., 
lat. coGNATM.y, cognât, allié du côté 
des femmes, beau-frère, cousin. 

Duna que sap far de cognât drut, 

E de marit sap far cognât, 

Arma c cor a tut perdat. 
B. Caiido.nei. de Marseille, Coblas esparsas. 
Dame qui sait faire de cognât galant , et de mari 
Siiit faire cognai, àme et corps a tout perdu. 

F.'! ri-vs lorn lai ab aisclbs de Guarlandn, 



3o: 



NAT 



E l'autre sos conuatz. 

Beutband de Bobn : D'un sitventes no. 
Et le roi revient là avec ceux de Garlande , et les 
autres ses allies. 

SubsCantiv. Ademars, sos coingnatz. 

Rambal'D de Vaqueiras : Leu sonetz. 
Adlie'inar, son iillié. 

Rsv. PORT. Cognado. it. Cognato, 

— Sahstantiv. au Jém. Alliée , belle- 
sœur, eousine. 

Anselme sa cognada. 

l''. de S. Honorât. 
Anselme , sa belle-sœur. 

ESP. PORT. Cognada. it. Cognata. 

14. Renascer, V., lat. RENASCi, renaî- 
tre, naître de nouveau. 
Part. pas. Eu lo baptism'es renada. 

Brev. d'iimur, loi. 87. 
Dans le baptême elle est renée. 
CAT. Renaixer, renaxer. esp. Renacer. port. 
Renascer. ix. Rinascere. 

NATURA , s. f. , lat. natura , nature , 
principe des choses créées. 
Doua, la ganser creatura 
Que anc formes el mon natura. 

Arnaud de Marueil : Dona genser. 
Dame, la plus belle créature que oncques formât 
au monde nature. 

Aissi parti natura , 
Gracia et aventura 
Los dons entre las gens. 

Arnaud de Marueil : Razos es. 
Ainsi partagea nature, grâce et hasard les dons 
entre les gens. 

Cazon soven vilmens el vil peccat de luxu- 

ria , e neys contra natura, que es gran vileza. 

F. et Vert., fol. 91. 

Tonihent souvent honteusement dans le vil pèche' 

de lu.\ure, et môme contre nature , qui est grande 

vilenie. 

— Penchant, habitude, caractère. 
Tota creatura 
Revert is a sa natura. 

Mabcabrus : L'autr'ier. 
Toute cre'ature retourne à sa nature. 
Manias aatras natura.s 
TroLam en las creaturas. 

}irev. d'nmor, fol. 53. 



NAT 

Maintes autres habitudes nous trouvons dans les 
créatures. 

Fetz de diveisas naturas 
Homes et autras creaturas. 

V. de S. Honorât. 
V\l do diverses natures hommes et autres créa- 
tures. 

leu sui hom d'aital natura. 
No vuelh l'onor qu'el pro lays. 

P. RoiilERS : Al pareissen., 
Je suis homme de telle nature , je ne veux pas 
l'honneur qui délaisse le profit. 

Chauziraen 
Devetz aver e mesura 
De las domnas, que natura 
Es que lur eara tenguon gen. 
Le moine de Montaudon : Autra vetz. 
Vous devez avoir égard et modération envers les 
dames , vu que c'est nature qu'elles tiennent leur 
visage gentiment. 

— Espèce, sorte. 

Negus aucels non manja autre de sa na- 
tura. 

V. et Vert., fol. fi. 
Nul oiseau ne mange autre de son espèce. 

— Partie sexuelle. 

Que si gardes de inolliar sa natura dedins 
d'ayga ni caiida ni freja. 

Lii'. de Sjdrac, fol. 77. 
Qu'il se gardât de mouiller sa nature dans de l'eau 
ni chaude ni froide. 

Loc. Dreytz de natura fo'l premiers, 
E dreytz de gens fo lo derriers. 

Brev. d'amor, fol. 3. 
Droit de nature fut le premier, et droit des gens 
fut le dernier. 
Adv. c.omp. S' es per natura alapeus. 

Deudes de Prades : Auz. cass. 
S'il est par nature aux ailes pendantes. 
S' ieu ren vali ni trobi per natura 
Plazen dona , a vos o deg grazir. 

B. Carbonel : Molasde vetz. 
Si je vaux quelque chose et trouve naturellement 
dame agréable , je dois vous en savoir gré. 
cat. esp. port. it. Natura. 

■i. Natural, naturau , (idj., lat. natd- 
RALiV, naturel, conforme à l'ordre, 
qui est dans la nature. 
Selh que per nos det son sanc natural. 
Bernard de Venzenac : Lo pair'e'l filh. 
Celui qui pour n«us donna son sang natureL 



NAT 

Per sol enlendeiuen et engienNATUKAL. 

/'. et Fert., fol. lOO. 
Par le seul eiitcndemenl cl gciiio naturel. 
Negnna parladura nou es NATURAr.s ni dic- 
cha del iiostre len£;age. 

Gnim. proi'enç. 
Wuilo locution (lu notre langage n'est nalitreUe ni 
directe. 

— Propre, eu ligne directe. 

Sera sos fillis per adoptio, e non es lilhs 

NATURALS. 

/'. et Vert., Toi. 39. 
Sei-a son fils par adoption , et n'est pas lils naturel. 

— Qui n'est pas né en légitime mariage. 

.1. filh légal 
Hac Abrams et .1. natcrat,. 

J^e.js d'amors, fol. i3.'|. 
' Un fils légitime eut Ahraliani et un naturel. 

— Qui est eonforme à la nature parti- 
culière de chaque esj)èce. 

Semenan van mos castiers 

De sobr'els naturals rochiers , 

Que no vey granar ni florir. 

MaRCABRL'S : Pus s' enfuellieyssnn. 
Je vais semant mes remontrances sur les naturels 
rochers , de sorte que je ne les vois grainer ni fleurir. 

— Vrai, véritable, sincère. 

Li port amor tan fin' e naturai. 
Qne tug son fais vas ini li plus levai. 
B. DE VentadouR : Quan par la. 
Je lui porte amour si pur et naturel que tous 
'lit faux envers moi les jilus loyaux. 

Amors mecapdelh e m te 
Mon cor en fin joi natoral. 

P. RoGiEiiS : Tan no plou. 
Amour me guide et me tient mon cœur en pure 
joie naturelle. 

— Habitant, originaire d'tiu pays. 

Per totz aquels qui son natural de ïholoza 

Lej.i d'amors, fol. 96. 
Par tous ceux qui sont naturels de Toulouse. 

— Direct , dont on relève directement. 

Comte matcral, nianen e rie. 
Romande Gérard de liossillon , fol. 16. 
Comte naturel , fortune' et puissant. 
Den avcr 
Tôt Narbones ira e dol, joru e ser, 



NAT 



3o3 



Quar j)crdnt an Inr senhor nat'Jivai,. 

J. ESTEVE : Aissi ((UO. 
Doit avoir tout le iNarbonnais tristesse et douleur, 
jour et soir, car ils ont perdu leur seigneur naturel, 
l'ig. Bella donina, vostr'ome naturai, 

Podetz, .si us platz, lengeiramen aucir. 
P. \ IDAL : Ane no mori. 
Belle dame, voire homme ««^//rc/ vous pouvez, 
s'il vous plail , facilement occire. 
foc. De foldat veura sens natural. 

B. Carbonée : Moias de \eiz. 
De folle viendra sens naturel. 

Bien que us fetz fol natural. 
T. nu dauphin d'Auvergne et de P. Pei.issiek : 

Vilan cortes. 
Dieu qui vous fil fou 'vrai. 

Li folh e 'Il garso naturau. 

Mabcabrus : B('llia m'es. 
Les fous et les goujats uéritables. 

— Stth.stantiv. Naturaliste. 
So dison li naturai, 
Qne, qnar de vapor terrenal 
Cauda son li ven engenrat. 
An de se canda qualitat. •♦, 

Jirev. d'amnr, fol. Ul. 
Cela disent les naturalistes que, parce que de 
vapeur terrestre chaude sont les vents engendrc's, 
ils ont par soi chaude qualité. 
A:Mf;. FR. 
Ke Ri<-hart ne perdissent lor natural seingnor. 

Roman de Ilou , v. ^625. 
CAT. ESP. PORT. Natural. n. Naturale. 

'). N.\ti;kalment , NATun.vi.MENS, adc. , 

naturellement. 

Naturai. .MENT si mnda de inascle en fenie. 
Elue, de las propr., fol. 252. 

Naturellement se change de mâle en femelle. 

Leys de natnra qne natdrai.mkns es esericha 
el cor de cascuu. 

r.'et Fert., fol. 57. 

Loi de nature qui est naturellement écrite au 
cci'ur de chacun. 

Homs es... naturai.mens amigables. 

Leys d'amors , foi. i/J5. 

L'homme est... naturellement capable d'attaelie- 
menl. 
ANC. l'R. N aturehnent a vie dolercuse. 

KUSTACHE DES CnAMP.S , p. 20. 

CAT. Nattirahnent. esp. port. it. Nattiral- 
inente. 

/|. Desnatuuar, 7>., dénaturer, déran- 
ger, changer de nature. 



3o4 



NAU 



Qnant ai mon cor plen de joia 

Tofz me desnatora ; 

Flors blanca, vermellh'e bloia 

Me sembla freidara. 

B. DE Ventadour : Quant ai mon. 
Quand j'ai mon cœur plein de joie tout me déna- 
ture; Heur blanche , vermeille et bleue me semble 
froidure. 

Gren er ja fols desnatur. 

MaRCABKI'S : Bel m' es. 
11 sera difficile que jamais fou change de nature. 

— Déconcerter. 

Com lo glrfalcx , qnant a son crit levât, 
Fai la giua , que tan la desnatura ; 
Ab sol son crit, ses antre batemcn, 
La fai cazer, e, ses tornas, la pren. 

Pierre de Cols d'Aorlac : Si que. 
Comme le gerfaut, quand il a poussé son cri, fait 
à la grue , que tant il la déconcerte ; seulement avec 
son cri, sans autre coup , il la fait choir, et, sans rési- 
stance, la prend. 

Part. pas. Nos essenha natura que hom deu be 
far a sson payre et a ssa niayre, e qui non 

O fa es DESNATURATZ. 

Dieus séria desliais e desnatoratz si tolia 
SOS bes a sos amicx. 

F. et Fert., fol. 8i et 29. 

Nature nous apprend qu'on doit faire bien à son 
père et à sa mère , et qui ne le fait est dénaturé. 

Dieu serait déloyal et dénaturé s'il ôlait ses biens 
à se^ amis. 

— Insensé. 

Desnatorat son li Frances 

Si, al fag de Diea , dizon de no. 

MarcabRtjs : Auialz. 
Insensés sont les Français si , au fait de Dieu , ils 
disent que non. 

ANC. CAT. ANC. ESP. PORT. Desiiatitrar. it. Dis- 
naturare. 

NAU, S. f. , lat. swis , nef, navire, 
vaisseau. 
Naus en raar, qnant a perdut sa barja, 
Et a mal temps , e vai urtar al raiic. 

Bertrand de Born : Non estarai. 
Navire en mer, quand il a perdu sa chaloupe, et 
a mauvais temps, et va heurter contre le rocher. 
"Val mais grans naus en mar 
Que liugs ni sagecia. 

P. Cardinal : leu volgra. 
Vaut davantage grande nef en mer que barque ni 
saïque. 



NAU 

Fig- El fes de se nati per nos reculhir 

Als grans périls don no podem gandir, 
Ses cofessar, e so qu'aurem fag dire. 
P. Cardinal : Tôt alressi. 
11 fit de soi «py pour nous arracher aux grands 
périls dont nous ne pouvons nous préserver, sans 
confesser, et dire ce que nous aurons fait. 

Razos e Discrelios son... mariniers en la 
NAU de l'arma. 

F. et Fert., fol. 62. 
Raison et Discrétion sont... mariniers en la nef 
de l'âme. 

ANC. FR. Aux naux il sert d'ancre tortue. 
Ronsard, t. Il, p. i326. 
A Bavonne , à Saint- Jean de Lns, à Fonta- 
rabie saisirez toutes les natifs, 

Rabelais , liv. IV, cb. 3H. 
Je snis tout prest pour faire sur la mer 
Vogner tes naufs à rames et à voiles. 

La Boderie, Meslanges poét., p. 77. 
Quand s'apperceut en soi le père Énêe 
Que sans pilote estoit la naît menée. 
Des Masdres , Trad. de l'Enéide, p. 261. 
CAT. Nati. ESP. Nat>e , nao. port. Nâo. it. 
Nave. 

— Auge, baquet. 

Sai far guabias e naus. 

Raimond d'Avignon : Sirvens suy- 
Je sais faire cages et auges. 

2. Navei, s. m., navire, vaisseau. 

Ar son vengut al port , et eysson del navey. 
Am barcas, am navets. 

F. de S. Honorât. 
Maintenant sont venus au port, et sortent it' 
navire. 

Avec barques , avec navires. 
Fig. et prov. Eras ai ien a bon port de salut , 
Fe qu'ieu vos dei , mon navei aribat. 
G. AdueMAR : Non pot esser. 
J'ai maintenant , foi que je vous dois , à bon port 
de salut abordé mon navire. 
ESP. PORT. Navio. 

3. N.4VILI, NAVELi,.v. 111., flot tc , uavin 
vaisseau. 

El mes tôt can pot guazanbar a far navili . 
qu'el crezia anar conqnistar l'eniperi. 

F. de Pierre Fidal. 
Il mil tout ce qu'il put gagner à (aire flotte, vu 
: qiv'il croyait aller conquérir l'empire. 



NAU 

Son els sAviLis montât. 

V. de S. Ifonorat. 
Sont monlcs sur les navires. 
L'emperador ac sos wavelis ap.irelhatz, entre 
nans e lins e gnales, dos nielia. 

Hornan de la Prise de Jénisalem. 
L'empereur eut ses vaisseaux appareilles , entre 
navires et barques et galères , deux mille. 

a:«c. fr. Malt fa bien li naviles atome/,. 

ViLLKHARDOUIN , p. 96. 

ANC. CAT. Navili. it. Navile, navilio, navigUo. 

4- Navigi, s. m., lat. •skwciuni, navire, 
vaisseau. 

Tolz WAViGTs qn'en mar son. 

Brev. d^amor, fol. 92. 
Tous -vaisseaux qui sont en mer. 
IT. Navigio. 

5. Navet.!,, s. f. dim. , petite nef, 
barque. 

Poiet en la naveta. 

Ensenhava las companhias de lia naveta. 

"Vengron, e van nmplir anuloas las na- 

VETAS. 

Trad. du N.-Test., S. Luc , ch. 8 et 5. 
Monta dans la barque. 
11 enseignait les compagnies de la barque. 
Ils vinrent, et vont remplir les deux barques. 
ANC. CAT. ANC. ESP. PORT. Kaveta. IT. Na- 
vetta. 

6. Naviera , s.f., barque. 

Per qne no m veyrelz d'ogan 
Passar per vostra naviera. 

Leys d'atnors , fol. 32. 
Par quoi vous ne me verrer. de'sormais passer par 
votre barque. 

7. Navejamen, s. m., navigation, tra- 
versée. 

Sant Jacmes passet mar ses totz navejamews. 

Pierre de ConBiAC : El nom de. 
Saint Jacques passa la mer sans aucune napigation. 
IT. Navigamento , navicainento . 

8. Navejar, navetar, V., lat. navigarc, 

naviguer. 

Los discipols de Jhesa Crist que navkjavan 
el mar. 

y. et yen., loi. 88. 

III. 



NAU 



3of 



Lui disciples de Jcsus-Christ qui naviguaient sur 
la mer. 

Vengron navejan per la mar. 

Koinan de In Prise de Jérusalem . 
Vinrent naviguant sur la mer. 
CAT. ESP. PORT. Navegar. it. Navigare , navi- 
care. 

9. Nautor , .<!. m., du lat. xaitta , nau- 
tonnier. 

Tag H nautor qne devo passar lo comte e 
totas sas gents. 

Tit. de 1221. Arih. du Roy., J. 3oQ. 

Tous les nautonniers qui doivent passer le comte 
et toutes ses gens. 

Naos, linhs e gales e nautors. 

Lejs d'amors, fol. i5. 
Navires , barques et galères et nautonniers. 

10. Natjchier , s. m., nocher, nauton- 
nier, pilote. 

Col NAUCHiKiî, can vol partir 
De port, e no 'n pot issir. 

B. Carbonel : Amors per. 
Comme lo nocher, quand il veut partir du port, 
et n'en peut pas sortir. 

Nais liom no pot d' amor penre mezara 
Pus qu'el NAUCHiERsfai, can ve bel temps clar, 
Qne s cocha e cor tro qu'es en auta mar. 
P. Espagnol : Entre que m. 
JS'ul homme ne peut d'amour prendre modération 
plus que le nocher fait , quand il voit le temps clair, 
qui se presse et court jusqu'à ce qu'il est en haute 
mer. 

CAT. Nauxer. anc. esp. \aucher, nauchel. it. 
Nocchiero , nocchiere. 

11. Naccler , .t. ni., lat. nauclerw.^, 

nocher, pilote, naiitounier. 

Per conduch de nalclers. 

Trad. du Code de Justinien , fol. 88. 
Par conduite de nochers. 

ESP. Nauclero. 

12. Naulage, .V. ni., (lu lat. nauluw , 
naulage, fret. 

Francs de naulages et de pontages. 

Fors de Bearn , p. 1090. 
Francs de naulages et de pontages. 

NAU,v. /, du lat. vovKcvla , cognée, 
instrument de charpentier. 



3o6 NE 

Auzit una nau de charpentiers. 

Roiiuin de Gérard de Rnssillon, fol. 87. 
Entendit une cognée de charpentier. 

'KE.^part. disjonct., lat. nec, ni. 

Non al que preng.i , ne no posg re donar. 

Poëme sur Boèce. 
Je u'.ii <[ue je prenne , ni ne puis j-ien donner. 
No li o lolrei ne V en tolrei ne li o vedarei. 

Titre de 1066. 
.Te ne le lui ôlerai ni l'en ôlcrai ni le lui défendrai. 
Par.itges no i des ren ne i tolgues 

Eambmjd .d'Orange : Aissi coin selli. 
Que parage n'y donnât rien ni y ôtâl . 
ANC. CAT. ANC. ESP. N'e PORT. Nem. iT. Ne. 

1. '^1 y part, disjonct., ni. 

Pus ab mi dons no m pot valer 
Precs NI inerces ni'1 dregz qn' ieu ai. 

B. DE Ventadour : Quan vey la. 
Puisque avec ma dame ne me peut valoir prière 
}ii merci ni le droit que j'ai. 

Quan non ai loc de vos vezer, 
Joi NI déport non puesc aver. 

Arnaud de Marueil : Dona genscr. 
Quand je n'ai pas lieu de vous voir, joie ni allé- 
gresse je ne puis avoir. 

^ • Je crois devoir faire observer que 
les troubadours firent toujours usage 
de NI de préférence à ne, quoique 
NE appartienne au premier temps de 
la formation de la langue. Pourtant, 
dans quelques-uns des manuscrits 
oit sont conservés les ouvrages de ces 
poètes, on trouve ne pour ni, mais 
si rarement qu'il est permis de croire 
que ce sont des fautes de copistes , 
d'autant plus que, presque toujours, les 
manuscrits se rectifient les uns par les 
autres. 

L'ancien italien a employé ni comme 
les troubadours dans le sens disjonctif 
de ne : 

D'ogni parte sienio assagliti... e dove fng- 
gîre ni ascondere non ha mestiere. 

G1.UTT0NE d'Abezzo, Icii, 2.'). 
<:at. Mon. Fsr. Mon. .'\7. 



NEB 

'^. Ni était aussi conjonction et se tra- 
duisait par et, mais alors il n'y avait 
pas de négation qui agît sur ce mot. 
Trop fatz gran folor, 
Quar am ni dezire 
Del mon la bellazor. 

B. DE VentadouR : Lanqiian vey. 
■fc fais très grande folie, car j'aime et désire la 
plus belle du monde. 

On plus elha m'esglaia 
Ni m fiii planher ni doler. 

IIuGHES DE S.-CïR : NuUia res. 
Où plus elle m'aflligc et me fait plaindre et douloir. 

L'ancien fiançais employa dans le 
même sens ni et ne. 

Je vous pardoins tout le meffait 
C à mî ni as miens avés fait. 

ij Gieus de Robin et de Marion. 
Si puisse je boire demie 
Ne de more ne de vin cuit. 

Roman du Renartj t. III, p. Sl^. 

En tôles les manières que... vos lor saurez loei 
ne conseiller que il faire tie soffrir puissent. 

VlLLEHABDOtlN, p. 8. 

Se arrestèrent pour prendre conseil qael 
parly ils prcndroient ne quelle chose ils fe- 
roiont. 

Ilist. de Jean de Sainlréj t. II , p. l^g6■ 
ANC. CAT. Pero ah tots pot hom far joch 
Si guarda he fayso ne loch. 

Trad. calai, dels aiiz. cass. 
ANC. iT. Se gli occhi snoi ti fur dolci ne cari. 
Petkakca , Canz. : Clie debb' io. 

Au bas de ce vers , T