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Full text of "L'exposition d'Alger, 1876"

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RETURNED TO J. P. 
MARCH, 1967 




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^ 



L i:\iMKSn H>\ 




l> ALC.PJt 



1876 




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L'EXPOSITION 



D'ALGER 



1876 




ALGER 

AÇCIENÎŒ MAISON J.-A. TISSIKR 

LIBRAIRIE CHÉNIAUX-FRANVILLE, SUCCESSEUR 
0, Rue Bab'el-Oued, 9. 



1&7&, 



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L'EXPOSITION 

D'ALGER 
1876 

DESCRIPTION COMPLÈTE 

DES GALERIES ET DE LEUES ANNEXES 



historique de l'Exposition^ — Inauguration. — Compost^ 
iion des Commissions et des Jurys. -^ Revue critique 
des objets exposés. — Distribution des récompenses^ — 
Liste des lauréate. 

PAR 

M. V. LOIZILLON 

Directeur de la. Correspondaticb générale algérienne 
avec la coUaboration de 

MM. Dejoux, architecte, élève de VÉcole nationale des 
Beaux-Arts; Bonzom, vétérinaire; Durando, professeur 
d'histoire naturelle ; Portier, élève de VEcole des Arts* 
et'Métiers ; etc., etc. 



Ouvrage hoaoré des souscriptions de M. le Gouverneur général civil de 

l'Algérie, de PEtat-Major génôrai du Gouvernement général, 

de M. le Préfet d'Alger, 

du Conseil général du département, du Conseil municipal d'Alger 

4e l'Académie et du Lycée, de MM. les membres de la Société d'Agriculture 

et de la Cbambre d3 commerce, des principaux Exposants, ete^ ete 



^^ ®&s^^ 



^ 



ALGER 

Imprimerie typographique A. DeymE;. 
Rue Constaritine, f). 



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A Monsieur k Générai Cfaunzy 

Gouverneur gênerai civil de r Algérie, Comman- 
dant en chef des forces de terre et de mer. 



MONSIKITR LE GOUVKRNEUK, 



En organisant pour la première fois h Alger, ârec 
\ë sympathiqueconcoursd^ T Administrât ion supérienrè 
et des Assefnblées éleètives, une Expôsitian à tequelle 
ont pu prendre |)àrt tous les prôdnètéurs agricoles et' 
industriels du pays, ainsi que les fabricants de Iriadhi- 
nes fligricoks de la France et de l'Etranger,, et en ou- 
vrant ses gâteries aux travaux de nos Ecoles, la Société 
d'ag-ricultute a rendu à l'Algérie entière un service d:<Mkt 
Fimportance no saurait être contestée par personne. 



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— 6 — 

La solennelle exhibition de nos richesses naturelles, 
manufacturières et intellectuelles, dont le Champ-de- 
raanœuvre de Mustapha a été le théâtre pendant quinze 
jours, outre qu'elle aura permis de constater les progrès 
déjà accomplis, sera, en effet, le point de départ de 
nouveaux pas en avant. 

A ces deux points de vue, il importait de consacrer 
le souvenir de cette Exposition par un monument 
plus durable que les constructions provisoires édifiées 
pour abriter nos produits, et dont la trace est elle-même 
à la veille de disparaître. 

Ce livre atteindra-t-il le but que nous nous sommes 
proposé en récrivant : raconter fidèlement ce que nous 
avons vu, tout en signalant les lacunes inévitables 
qui se sont produites et en indiquant les moyens qui, 
suivant nous, permettront de les combler dans 
Tavenir? 

Nous n'osons l'espérer. 

Bien que ni les encouragements, ni les concours 
dévoués ne nous aient fait défaut, nous nous sommes 
trouvés, nous aussi, en présence de nombreuses diflSi- 
cultés que notre bonne volonté n'a peut-être pas tou- 
jours pu surmonter. 

Quoi qu'il en soit, et quelque imparfaite que puisse 
être notre œuvre, souffrez, Monsieur le Gouverneur gé- 
néral, que nous la placions sous votre haut patro- 
nage. 

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c'est, à nos yeux, le moyen le plus sur d'obtenir 
l'indulgence du lecteur ; c'est aussi nous permettre de 
vous témoigner les sentiments de vive gratitude et de 
profonde reconnaissance que nous éprouvons, et que 
partage toute l'Algérie, pour le liant administrateur 
qui dirige d'une main si sûre et si ferme dans la voie 
du progrès le pays dont les destinées lui ont été con- 
fiées. 

J'ai l'honneur d'être. 

Monsieur le Gouverneur général, en mon nom et 
au nom de mes collaborateurs, 

Votre tout dévoué et très humble serviteur, 

Victor LOIZILLON. 
Alger, le 15 juin 1876. 



^<^^!B^^ 



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CBlflTRE r' 



ORGAWSATtON. - INADCURATH»!. 



S'inspirant d'une idée généreuse mais pefut-être 
prématurée, un, groupe de personnes appartecaiat aux . 
classes les plus élevées de la société d'Alger, s'était 
constitué à la fin de 1874, en vue de poréparer pour r 
Fautomne 1875 une .Exposition générale à laquelle 
l'Algérie auuait convié'toutes les nations. Noia» n'avons 
pas à rechereher ici les causes qui ont anveué Tajour- 
nement de cette «conception grandiose à une épt)que 
ultérieure ; i-idée mère semée dans une terre fertile 
porte en elle-même un germe qui assure son éclosiein 
dans un avenir que le succès de l'Exposition de 1816, 
dent nous entreprenons de retracer un tableau lidèle 
et complet, nous fait entrevoir comme prochain. . 

Sans contester la part considérable prise par la^ 
Société d'agriculture à cette solennité qui fera époque- 
dans les fastes'algériennes, il est donc juste de recon- 
naître que l'idée d'une Exposition restreinte a été 



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— 10 — 

Inspirée en grande partie par le désir d'effacer daM la 
mesure du possible la mauvaise impression produite 
par Tavortement de la première combinaison* 

Nous croyons devoir reproduire à titre de documents, 
les trois lettres suivantes qui, échangées entre M. le 
Préfet d'Alger, la Société d'Agriculture et M. le Gou- 
verneur général, indiquent d'une façon très précise 
^origine du projet et la piirt d'initiative revenant h 
chacun. 

Alger, 15 mai 1875. 

A Mansieur le Président de la Société d'agriculture. 

Un fabricant d'instruments Agricoles à Nîmes, m'a écrit 
4e 10 de ce mois, pour me demander à quelle époque il y 
aurait une Exposition à Alger. 

Je sais qu'en ces derniers temps des hommes d'initiative 
ont fait de louables efforts en vue de l'organisation d'une 
vaste Exposition pour laquelle ils comptaient faire .appel 
aux exposants de tous pa^^s.Le silence gardé siïries résul- 
tats de cette tentative me donne à craindre qu'elle ne soit 
pas couronnée de succès. 

Dans cette ^tuation, il me semble qu'il appartient à la 
Société d'agrjculture d'examiner si, en restreignant les 
limites du prpjet, il ne serait pas possible d'obtenir un 
résultat importabt. 

Depuis longtemps., il n'y a eu dans ce département 
aucune Exposition d'agriculture. Il est cependant una- 
nimement reconnu- qi*e ces exhibitions présentent des 
avantages considérables pour la propagation des bonnes 
méthodes et l'amélioratioH des produits de toute nature. 

Je vous prie, Monsieur le Président, de me faire savoir 
si, partageait cette manière de voir, la Société d'agricul- 
ture serait disposée à préparer le programme d'une 
Exposition qui pourrait. avoir lieu au mois d'avril et dans 
laquelle on admettrait, oatre les animaux reproducteur* 
de toutes races, les produits agricoles et horticoles et les 
instruments d'agriculture .et d'horticulture. 

Le Préfet, 

Signé : Brunel. 



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— 11 — 

Alger, le 19 mai 1875, 
A Monsieur le Préfet du département d'Alger, 

Votre dépêche du 15 courant, N* 3616, timbrée 4* Bureau, 
est relative à l'utilité d'une Exposition agricole dans le 
département d'Alger, 

La Société d'agriculture, dont les délégués ont pris une 
part active aux travaux du Comité d'organisation d'une . 
Exposition générale algérienne, s'associe volontiers au 
projet dont vous avez bien voulu l'entretenir. Dans la séance 
du 15 de ce mois, elle a chargé une Commission d'étudier 
la question au point de vue du programme et de la mettre 
à même de se prononcer dans la première réunion de juin. 

J'aurai l'honneur, Monsieur le Préfet, de vous adresser, 
en temps utile, copie du rapport de la Commission^ comme 
aussi de la délibération qui en sera la suite^ 

Le Secrétaire principul, 
Bigné : i&UY. 



Alger, le 7 août 1875, 
A Monsieur le Gouverneur général civil de l'Algérie, 

11 y a quelques mois, des hommes d'initiative ont fait de 
louables efforts en vue de Torganisation d*une vaste Ex- 
lx)sition a Alî^er, pour laquelle ils comptaient faire appel 
aux exposants de tous les pays. Une certaine publicité 
avait été donnée à cette tentative, mais le silence qui a 
succédé ne pouvait plus permettre de croire qu'elle serait 
couronnée de succès.. 

C'est alors qu'il a •sem'blé à M. le Préfet Brunel qu'il 
appartenait à la Société d'agriculture d'examiner si, en 
restreignant les limites du projet, il ne serait pas possible 
d'obtenir néanmoins un résultat important. 

Depuis longtemps, en effet, il n'y a eu dans ce dé- 
])artement aucune Exposition d'agriculture, quoiqu''il soit 
unanimement reconnu que ces exhibitions, présentent des 
avantages considérables pour la propagation des bonnes 
méthodes et l'amélioration des produits de toute nature. 

La Société d'Agriculture a entendu cet appel, et elle a 
préparé le programme d'une Exposition générale des 
produits de l'agriculture et des industries agricoles algé- 
rkennes avec admission des machines agricoles ôjq tous les 



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- 12 - 

pays. J*ai rhonneur; Monsietit le Gouverneur général, de 
vous communiquer ce programme dont l'examen m'a 
amené- a reconnaître qu'il répond parfaitement au but 
proposé. 

Il s^agit d*uiie exhibition analogue aux Coneonrs région- 
naux de France , c'est-à-dire dont certaines parties du 
-progrùimè embrassent i'induâtrie agricole en général, et 
d'autres seulement I-agrieultare propre de la localité. 

L'Exposition sefait organiser sur le Ghamp-de-Manœu- 
vres de M\istapha, dont la vaste étendue et les facilités 
exceptionnelles d'accès pei'mettrmetit toutes installations, 
aussi bien pt)ur les produits agricoles que peur les ma* 
chines et les animaux; elle s'ouvrirait dans la première 
quinzaine d'avili' 1876, pouï être 'kftmée à la fin du mois 
de mai'smYant. 

D'après le programme ci-joittt, qni a été étudié dans des 
conditions économiques, les dépenses à faire pour prix a 
distribuer en ar;gent et acliat de médailles, s'élèveraient 
à 22.000 francs. Il n'est point fourni d'estimation pcwir la 
dépense de tenue et d'installation de l'Exposition. C'est un 
point qui sera ultérieurement réglé. 

Pour le moment, ressentiel est >que la Société d^agricul- 
ture,qui prend l'initiative de l'entreprise, dont elle assurera 
d'ailleurs l'exécution, soit fixée sur le concours pécuniaire 
qu'elle peut attendre de l'Etat, des Conseils généraux, et, 
au besoin, des Municipalités. 

Chaque fois qu'il y a eu des Expositions algériennes,, le 
budget de l'Etat a pris à sa charge une partie des dépenses. 
Je pense qu'il doit en être de même k l'occasion de l'exhi- 
bition générale projetée pour le mois d'avril prochain, 
laquelle affecte un véritable caractère d'intérêt public. 

J'ai l'honneur. Monsieur le Gouverneur général, de vous 
prier de vouloir bien accorder votpe bienveillant appui à 
l'œuvre qui se prépare, en allouant, sur les fonds du budget 
de l'Algérie de l'exercice 1876, une subvention dont votre 
haute sollicitude déterminera l'importance. 

La Société d'agriculture, forte des encouragements de 
'Administration supérieure, s'adressera aux Conseils 
généraux des trois provia«eSy qui ouvriront leur 2*. session 
au mois d'octobre prochain, dans le bfut de les intéresser a 
l'entrepriçe projetée. Tout porte à croire que cet appd sera 
entendu, et que des subventions seiront allouées, dans une 



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— 13 — 

mesuré sufiléante, pour couvrir les frais de FBicposition. 
Au besoin, eomme je Y ni indiqué plus haut, les Conseils 
muoieipaux dres, principales eommuBjes pourraient être 
soliiejtés d*aooorder leureoneours pécuniaire. 

Bn attendant, Im Société' d'ai^rieultuFe, sans l'attache 
officielle de 1^ Administration, ferail publier le programme 
de l'BxpositioB et préparerait toutes les me%u]re& générales 
et de. détail inhérenites a une enÉreprise de rimportaaee 
deceiieà laquelle ellei désire eo&saerer sesrefSortfL 

Permettea-^moi donc^ Monsieur le Gouyerneui général» 
d'insister auprès de veos poui" obtenir une réponse aussi 
pjrompte que possible, « rob|at de la présente eomxau- 
nieatioB. 

Peur le Préfet en congé : 

Lé SecHtaire (général. 
Signé ; GjOUvet. 

Par décision du 12 août, M. le Gouverneur général 
accueillait la demande de M. Iç Pi:éfet d'Alger, et ac- 
cordait un crédit de 10,000 francs. 

Au début de la sesdoa d'octobre^ M^.Brunel initiait 
ofilciellement le Conseil général et le public au projet 
de la Société d'agriculture par la commuoication 
suivante ; 

Dans votre derrière ses,siQn (séan^ee du H avril 1875)^ 
vQus avez émis le vc^a de voir rétablir les primes qui 
^taieut antérieurement accordées a l'élève du cbeval. Je 
m'étais fait Tinterprète de ce vœu auprès de TA-dministra- 
tion supérieure; mais, depuis lors, il a été élaboré un pro- 
jet pourVorganisacioQ d'v^ne Exposition générale des pro« 
dults de. rAlgérie, avec admission des machines agricoles 
de touâ les pays. Cette combinaison est destinée à rem- 
placer le projet d'Exposition universelle qu'un moment 
nous avons pu espérer voir réaliser, et que nous aurions 
été heureux de seconder de tous nos effortis. Si, eomme 
tout porte à le croire, la Société d'agriculture arrive à la 
réalisation, de son pro<^amme, les aoeioura^meiits à l'élè- 
ve du ekeval ne feront pas défaut: le iraMidu Consail gé^ 
fierai sera, ainsi satisfait» 

L'Exposition générale est pro(}etéd pouT le mois d'avril 
piMKhain. Les conditions de eeite oKhibitien deu forces 



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— 14 — 

agricoles et mécaniques sont indiquées dans le projet ci- 
joint, lequel n'est, h vrai dire, qu'un avant-projet, en ce 
sens qu'il est susceptible de toutes les jnodifications ou 
additions que peuvent proposer les hommes compétents, 
comme, par exemple, d'appeler au concours les produits 
horticoles; mats, en tous cas, il est le point de départ de 
ToBuvre è laquelle la Société d'agriculture est toute dispo- 
sée à consacrer ses efforts. Il ne s'agit, d'ailleurs, que 
d'une entreprise particulière, mais qui sera secondée mo- 
ralement et matériellement par l'Administration. 

Déjà, et je suis heureux deTaunoneer au Conseil général, 
l'Administration centrale a bien voulu promettre une sub- 
vention de 10,000 fr. sur les fonds du budget de l'Algérie. 

Cet exemple sera certainement imité par les trois dépar* 
tements algériens, qui ont un intérêt direct et réel h faire 
apprécier la valeur de la production locale, non-seulement 
par les habitants du pays, mais encore et surtout par les 
nombreux étrangers qui viennent, ohaque année, visiter 
l'Algérie, principalement Alger. 

J'ai compris, dans mes propositions budgétaires pour 
l'exercice 1876, une somme de 10,000 fr. pour la part contri- 
butive du département d'Alger à la dépense d'organisation 
de l'Exposition. 

J'ai rhonneur de proposer au Conseil général de main- 
tenir cette allocation, qui viendra s'accroître du montant 
de la subvention que les départements de Constantine et 
d'Oran n'hésiteront sans doute pas à voter. J'ai adressé, 
à cet effet, à mes deux collègues d'Oran et de Constantine, 
une demande dont vous trouverez la copie au dossier de 
cette affaire. 

Approuvant sans réserves la proposition qui lui était 
faite, le Conseil général du département adoptait, dans 
sa séance du 12 du môme mois, les cooclùsions du 
rapport de M. Paul Blanc, un de ses membres, que 
nous reproduisons également. 

Vous savez que l'Exposition générale projetée pour 1875, 
n'a pu avoir lieu. Mais, aujourd'hui, la Société d'agricultu- 
re d'Alger reprend, dans des proportions plus modestes, un 
projet d'Expoaition pour 1876. 

Ce concours comprendrait tous les produits de TAi^ 



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— K -^ 

gériev et admettrait les machines agricoles de tous; les 
pays. Il aurait lieu au mois d'avril prochain, sur le Champ- 
de-ManoBuvres de Mustapha. . 

L* Administration supérieure a promis une somme de 
10,000 fr. k prendre sur les fonds du Gouvernement géné- 
ral de l'Algérie ;. ,M. le Préfet vous propose d'inscrire 
pareille somme au budget du départeniihit. 

Le prograrmme provisoire' comporte dQ^prô^mes et mé- 
daillés pour les exploitations; agricolesylesf plantations^ les , 
animaux reproducteurs, les machines, instruinents et pro- 
dnits agricoles, les produits de Tindustri^, et enfin les 
produits de l'horticulture. 

Votre 3' Commission, Messieurs, ne peut que vous 
proposer d'approuver rinsc,ription au budget de 1876 de 
la somme^ indiquée par M. Préfet. 

Cette décision, et la subveutîon primitivement ac- 
cordée par le Gouveeaemeiit g'éBéral, constituaient à la 
Société d'agriculture un premier fonda de 20.000 
francs qifôsottt venues grossir depuis les subventions 
votées p«r les deux autres départements et par le*s 
communes. 

C'est donc avec une somme relativement minime, si 
on tient compte de tous les frais qui lui incombaient : 
publicité, organisation, médailles et prix, paiement 
du personnel, etc., etc., que la Société d'agriculture 
s'est misfe à l'œuvre sans hésitation, mais peut-être 
avec un sentiment de modestie trop exagéré, qui lui a 
fait négliger par trop le puissant concours que la 
presse métropalitaine et algérienne eusseat été heu- 
reuses de lui prêter dans une plus large mesure. 

Le programme primitivement arrêté, et qui, à la 
dernière heure, a reçu dfts extensions considérables, 
méritait en effet d'être porté à la connaissance de tous. 

Il comprenait sept divisions embrassant à peu près 
tous les objets que l'Algérie est susceptible de produire 
et tous ceux qu'il est intéressant et utile d'y importer, 
en vue de favoriser le progrès et le développement de 
ia France transméditerranéenne. 

Nous reproduisons ce document in-extenso^ saaf la 
nomenclature des prix et médailles affectés à chaque 



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— 16 — 

division, dont la Société d'agrieuhare n'a pas hésité 
à augmentet, dans une proportion sensible, le nombre 
et valeur aussitôt qu*elle a vu les demandes d'admis- 
sion dépasser ses prévisions. 

PREMIÈRE MVlSlaîT 

PftiMB tfHONWEtm, — 500 fr., médaille' d'or et objet 
d'a^, à Fèsploitatidn dô pltis de 50 hectares la mieux 
ténue, 

PÈîHïfs AUX EXPLOITATION» AGRICOLES. — Médailles 
d'or et d'argent aux exploitations agricoles au- 
dessous de 50 hectares les mieux tenues. 

Médailles d'argent et de bronze aux serviteurs euro- 
péens et indigènes qui auront utilement servi dans la 
même ferme pendant plus de dix ans. 

DEUXIÈME DIVISION 

Plantations, — Reboisements. -:-Plante3 fourra- 
gères. — Mémoires. — Prix et médailles à la plan- 
tation d'arbres forestiers propres au charronnage, à 
la construction ou à rébénisterie, de 4.^000, de 2.00O 
et de 1.000 arbres au moins. 

Au reboisement sur terrains dénudés et d'une 
étendue de 4, 3 et 2 hectares au moin». 
. Kxxx plantes fourragères et prairies perfhanentes 
venues avec ou sand irrigation, et pouvant être cou- 
pées en août, septembre, octobre et novembre. 

Prix et médailles' aux mémoires^ manuscrits ou 
imprimés traitant de Tagriculture algériecwe, des^ 
vendanges^ de la viniScation et de la conservation des 
vins en Algérie. 

Bécompensea aux instituteurs qui auraient fait des 
cours de culture ou dliorticulture, ou qui auraient 
créé où entretenu des jardins à leurs écoles. 

TROISIÈME DTVISIOÎ^ 

Animaux reproductbcb» et- Knxms». *— Première 
classe; espèce chevaline. -^ 'Prix et médailles. — 
Catégcurie unique; Eace indigën&pare. -^1*^ sectioa: 



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— 17 — 

Juments poulinières saitées, %ées de moins de 12 ftnd. 
— a* section : Pottlainâ de 18 mois à 3 ans, nés chez 
l'exposant 

Deuxième classe ; espèce mulassière. — Prix et 
médailles* *-r- \^ section : Bandets reproducteurs de 
3 à 6 ans au plus, pouvant servir à produire de» mulets 
de trait. .— 2® section : Anesses de 3 à 8 ans, propres 
à faire des baudels pour la reproduction des mulets de 
trait. — 3p section : Mules et mulets de 18 mois à 3 
ans, nés chez l'exposant. -*- 4* section : Anes indigènes 
de montagne de 18 mois à 3 ans, mâleis bu femelles. 

Troisième classe ; espèce bovine. -^ Prix et mé- 
dailles. — 1" catégorie : Race indigène. — .1'° section : 
Taureaux de 18 mois à 4 ans, nés chez Texposant. — 
2^ section : Géuisses de 18^ oskola à 3 ans, nées chez 
l'exposant. — 3^ section : Vaches. 

2° catégorie : Baces de tputea. prcvenances, pures 
ou croisées. — Indiq^uer le sang. — 1'® section ; Tau- 
reaux de 18 mois à 4 ans, nés diez l'exposant. -—2" 
section : Vaches^. 

3® catégorie, — Section unique : Attelage de 4 
bœufs, nés chez l'exposant. . 

4® catégorie. — Section unique : Bœufs de bouche- 
rie, par Iota de 6. 

Quatrième classe; espèce ovine. — Prix et mé- 
dailles. — 1'® catégorie : Race mérinos pure. -^ 
1'® section : Béliers âgés de 2 ans au moins, nés chez 
l'exposant. — 8® section : Brebis par lots de 20, nées 
chez l'exposant, 

2^ catégorie : Race indigène. — 1"* section : Béliers 
indigènes de 2 ans, au moins* — 2^ aeetion : Brebis 
pàrWdeaO. 

3® eatégorie : Métis, croisés. , — Section unique : 
Brebis- par lots de 20, nées che^ iWposant, 

Cinquième classe, '^ espèce porcine. --^ Prix et 
médailles. — Catégorie unique. — -l» section : Verwrts 
de 1 à 8 ans, nés chez l'ex^sant.:*^ 2^ section : Truies 
saitôei^, nées cliez Texf^o»^. - 

Sitûième clause; ^àni^nomw de baÈse-cour. — Une 
SQAÎme d*argent;et dés ihédaîM^ de bronze sont mises 

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— 18 — 

à la disposition du Jury pour être distribuées aux 
meilleurs lots de volaille et autres aaiïnaux de basse- 
cour. Chacun des lots comprendra au moins un mâle 
et deux femelles. 

Septième classe; ruches. — Catégorie unique. •*-*- 
Section unique : Euches vides. 

Prix en argent et médailles de bronze aux gens à 
gages signalés par les éleveurs, pour les soins inteUi- 
g'ents qu'ils auront donnés aux animaux primés. A 
mérite égal, le Jury devra prendre en ^considération la 
durée des services. 

QUATRIÈME DIVISION . 

Machines ET ïNstRUMEïiîts aoricoles. — Prix consis*- 
tant en médailles d*or, d'argent et de bronze, avec 
prîmes aux miachines et instruments agricoles reconnus 
les plus utiles par le Jury. -^ Les machines et les ins- 
truments sont répartiâ en deux sections : la première 
comprend tous ceux qui appartiennent à des exposants 
de l'Algérie (constructeurs ou importateurs), et dans la 
seconde se placent et concourent entre eux les ma- 
chines et instruments appartenant à des exposants 
étrangers. — P^ section : Travaux d'extérieur. — 
1^ machine à élever l'eau; 2® charrues; 3^ charrues 
double versoir et'brabants; 4« charrues pour labours 
profonds ; 5** charrues sous-sol ; 6® herses ; 7** outils 
divers (semoirs, batteuses, rouleaux, houes à cheval, 
scarificateurs, machines à faner, etc.) ; 8** instruments 
pour culture de la vigne, séparés ou eu collection ; 9** 
machines à faucher-, lO'* machines à moissonner ; IP 
rateanx à cheval ; 12** harnais propres aux usages agri- 
coles ; 13° collection d'instruments à main pour travaux 
extérieurs. — * 2^ section: Travaux a intérieur. 
— l** locompbile à vapeur, pouvant servir aux diffé- 
rents usages agricoles ; .2° maeJiine à battre à manège ; 
3<> tarares ventilateurs ; 4^ /outils (cribles, trieurs, 
cylindres trieurs, concassai!», broyeoJM^ hacher^aille^ 
coupe*racineai, égrenoirs à mats, outils à préparer les 
récoJtes^ tels que tailleurs et autres) ; 5^ pressoirs h 



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— 19 — 

vin ; 6^ écrasoiTâ d'olives et pressoiïâ à. huile, en- 
semble ou séparés ; 1^ éçriisoirs à raisin ; 8*^ collection 
d'instruments à main et d'ustensiles de ferme. 

Médailles d*or, d*argent et de bronze pour les ma- 
chines et les instruments, à quelque section qu'ils se 
rattachent, non prévus dans le prosent programma, ou 
d'un usag^ local et qui seront reconnus utiles à Tagri- 
culture. 

CINQUIÈME DIVISION 

Produits agricoles et matières utiles a l'agri- 
culture ET A l'industrie. — Médailles d'or, d'argent 
et de bronze. — Céréales de toutes sortes ; pois ; fèves ; 
haricots ; lentilles ; sorgho ; bechqa (ou sorgho blanc) ; 
pommes de terre ; paiates ; lin ; soie^ laine ; g^raines de 
lin ; tabacs en feuilles ; miel et cire ; fruits frais ; 
raisins secs ; figues sèchQs ; olives ea saumure ; huiles 
d'olives comestibles ; vin blanc ; vin rouge; alcools; 
coton; colza; garance; vinaigres; liqueurs diverses.; 
essences ; tabac à priser du pays ; tabac à fumer sans 
mélange et rendu combustible ; cigares préparés sans 
mélange et rendus combustibles; pommades aux es- 
sences du pays; farines; semoules ; pâtes alimentaires ; 
emploi des marbres et argiles ; bois du pays, etc., etc. 

Des médailles d'or, d'argent et de bronze seront mises 
à la disposition du Jury pour être attribuées aux pro- 
duits agricoles et matières utiles à Pagriculture et à 
rindustrie, admises au Concours et doiit le mérite aura 
été signalé. 

SÎXIÈME DIVISION 

H0BTICULTUBE4 — Médailles d'or, d'argent et de 
bronze.— 1** Fleurs : fleurs coapée*; bouquets en 
bottes ; bouquets monté» ; corbeilles pour salon et 
surtout de. table eu fleurs aatiirelles. 2^ Plantes en 
pots : plantes fleuries ; plantes d'ornement ; plantes à 
feuilles panachées ; plantes de serre tempérée ; plantes 
de serre-dhaude ; palmiers ; cycadées ; dracœnas ; jar- 
dinières d'appartement. 3^ Culture maraîchère : 
légumes fixais. 4? Graines : plantes d'agrément; 



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— 20 — 

plantes économiques ; essences forestières ; 5® Instru- 
ments d*hortîculture*; èmbêllissemient et cotninodité 
des jardins ; corbeilles et jardinières de fabrication 
indigène. 

Des médailles d'or, d'argent et débronèe seront mises 
à la disposition du Jury pour être attribuées aux pro- 
duits et instruments qui auront plus particulièrement 
fixé son attention. 

SEPTIÈME DIVISION 

pRciuiTS DE l'industrie. — Prix etf médailles. ^ — 
1® A., là collection la plus complète des produits de 
ÏWa; 2^ à la collection la plus complète des produits 
du palmier nain ; 3** à la collée ion la plus complète des 
produits du liège ; 4^ à la collection la plus complète 
des plantes officinales; 5** à la collection d'ouvrages 
d'ébénisterie, style indigène; en bois exclusivement 
du pays.,, tels q^ue. meubles, plafonds, parquets, portes, 
etc. : 6^ engrais chimiques (en indiquer la coiùposîtion, 
le dosage et le prix). 

L^étûde des objets exposés compris dans chacune 
des sept divisions ci-dessus indiquées nous fournira 
Toccasion d'en faire ressortir Timportance ; mais, dès à 
présent, nous devons insister sur le double intérêt qui 
s'attachait à la. réussite des appels adressés aux 
fabricants français, et étrangers de machines agricoles. 
Comme Tindiquait, dès le début, ta Correspondance 
générale algérienne^ l'admission des exposants 
étrangers à 1 Algérie, dans cette catégorie, réu- 
nissait l'avantage d.e permettre aux colons d'ap- 
précier mt place la valeur des dernières innovations 
dues à lai science, à ceM 4'ouvrir à Tiàdustrie des 
machines tin débouché d'autant- plus considérable que, 
chaque année, la statistique emr^iatre de nouveaux et 
nombreux progrès réaKsés par Tagricultare dans la 
France transméâtterranéernne, et cela tout eo «timulanli 
les efforts et les tentatives déjà remarquables de la 
produt5tion locale, - 

Hâtons^ûofus, du reste, d'ajouter que les - grands 



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— 21 — 

industriels ont largement répondu à Tappel qui leur 
était adressé^ et rAlgérie adresse un témoignage 
public de reconnaissance, que nous sommes heureux 
de leur offrir, aux Meugnot, aux Pilter, Louet, Burdick , 
Osbonne, Decker et Mot et autres qui, honorés des plus 
îautes récompenses dans toutes les Expositions univer- 
selles, n'ont pîas dédaigné de se déplacer, moins pour se 
disputer les modestes recompenses offertes par la Société 
d'agriculture, que pour initier la masse des cultiva- 
teurs algériens à leurs procédés perfectionnés. 

D'autre part, une occasion naturelle s'offrait d'inau- 
gurer en Algérie et d'y acclimater une institution qui 
s'était depuis quelque temps rapidement propagée en 
France, celle des Expositions scolaires. M. Boissière, 
Inspecteur d'Académie pour le département d'Alger, 
s'empressait de la saisir. Après avoir pris l'agrément 
de M. le Recteur de l'Académie d'Alger, M. De Salve, 
il se mettait en rapport avec le Président de la Société 
d'agriculture et pouvait, dans le2\numéro à\x Bulle- 
tin de l Instruction publique (ï®' décembre 1875), 
porter les instructions de l'Académie d'Alger à la con- 
naissance des instituteurs et institutrices du départe-- 
ment, pendant que ses collègues de Oonstantine et 
d'Oran agissaient de même vis-à-vis des maîtres et 
maîtresses de ces départements placés sous leur sur- 
veillance. 

A son tour, Tidée de l'Exposition scolaire était 
lancée, et, pendant que dans les trois départements, 
maîtres et élèves rivalisaient deizèle, une Commission 
instituée par le Conseil départemental de Tinstruction 
publique, et composée de MM. Boissieee, Inspecteur 
d'Académie; Beunet, Inspecteur primaire; Demoly, 
Conseiller général; Desprez, professeur au Lycée, 
homme de lettres ; Docteur Feuillet, Conseiller 
municipal ; Fournieh, Conseiller de Préfecture ; 
Heubbrt, professeur au Lycée,. Docteur Mares, Vice- 
président de la> Société d'agriculture ; Mongellas, 
Conseiller municipal,, Préaident de la Société des 
Beaux-Arts ; Binn, capitaine attaché aux Affaires 
indigènes ; Samaby, architecte en chef des trt^vaux 



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— 22 — 

communaux de k ville d'Alger, préparait avec la plus 
louable sollicitude rorganièation matérielle de l'Ex- 
position scolaire à laquelle la Municipalité d'Alger 
concourait paruoè allocation de 800 francs. 

Les nombreux visiteurs qui ont parcouru les galerie^ 
de l'Exposition, ont pu se rendre un compte exact des 
résultats obtenus, d*une part par le zèle et le bon goût 
de la Commission, de 1 autre par les intelligents et 
courageux efforts des instituteurs et des institutrices 
de» trois départements algériens, auxquels, grâce à 
Tobligeance de M. le Consul général de France et de 
M. l'Inspecteur d* Académie Rocca, s'est adjoint la ' 
Régence de Tunis, par l'envoi des plana et documents 
relatifs au collège Sadiki, dont la fondation est due à 
l'illustre et sympathique premier ministre actuel du 
Bey, le général Kereddine. 

Toutes les bases de TExposition étant ainsi posées, 
la Commission d'organisation, composée de MM. De 
BoNAND, Président de la Société d'agriculture ; Ville 
et Mares, Vices-présidents ; Guy, Secrétaire principal ; 
n'HouDETOT, Trésorier ; Bourgeot, Vice-président de la 
Commission; De Montillot, Secrétaire-trésorier de la 
Commission ; Certeux, Darru (Albert), Des Vallons, 
Ghezzi, Maillard, membres, devait se préoccuper de 
l'exécution de sa décision portant que TExposition 
aurait lieu du 15 avril au 1®' mai sur le Champ-de- 
Manœuvres de Mustapha, gracieusement mis à sa 
disposition par l'autorité militaire. 

En conséquence, ie Commissariat était composé de 
MM. Des Vallons, Commissaire général; de Montillot, 
Secrétaire ; De Bellerochb, Bertrand, Certeux, 
Darru (Albert), d'Houdetot, Commissaires, et après 
un traité passé pour la construction en planches de la 
clôture et des galeries, avec M. Rivière, entrepreneur, 
les travaux d'installation commençaient * dans les 
premiers jours de mars. 

Nous croyons être les interprètes de lopinion publi- 
que en adressant ici à M Des Vallons nos félicitations 
les plus -complètes pour l'activité et le dévouement dont 
il n'a cessé de faire preuve pendant tout le temps que 

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— sau- 
ces travaux ont duré. Grâce à sa sorveiUance înees- 
santé, Forganisation matérielle conçno et exécutée 
avec un esprit d'économie, n'excluant cependant nii 
la recherche, ni Télégance dans rornementation géné- 
rale, était prête et terminée au jour lixé poiù* Tadmis- 
tiion des produits. 

Jetant, la veille du jour indiqué pour ï'ouvertul'e, un 
coup-d'œil d'ensemble sur les préparatifs de cette 
grande fête de r Algérie, la Corre^ondance algé-^ 
7'ienne s'exprimait comme suit : 

« L'entrée principale réservée an public fait face au 
débouché de la route d'Alger ; de la limite du Champ- 
de-Manœuvres à la porte donnant accé3 dans l'enceinte, 
une vaiste allée a été tracée; elle est figurée, par 
un double rang de mâts que surmontent des oriflam- 
mes et qu^ornent des faisceaux de drapeaux encadrant 
dés écussons portant chacun le nom d'une des nations 
avec lesquelles l'Algérie est enr relations commerciales. 

» Derrière cette ligne de mâts pavoises, une rangée 
de baraques foraines, coupée à droite et à gauche par 
une autre grande voie transversale, que terminent d'un 
côté le cirque, de l'autre un manège de chevaux de, 
bois ; l'activité la plus grande règne dans cette petite 
ville de bois et de toile. 

» Le^ quatre galeries couvertes fortnent une croix de 
St- André dont le centre est dans l'axe de la porte. 
L'espace réservé entre ces galeries a été recouvert 
d'une construction légère constituant un élégant 
pavillon au milieu duquel s'élancent les gerbes multi- 
])les d'un jet d'eau retombant en pluie impaflpable sur 
les richesses horticoles qui l'entourent. Pour y arriver, 
on* suit «ne vaste allée plantée de palmiers et ornée 
de massifs de verveines en fleurs et de colonnes en 
marbre ; des deux côtés ont été disposés les produits 
décoratifs de la poterie algérienne; à droite, on 
remarque la façade d'une construction exécutée avec 
les matériaux en ciment comprimé de Tusine d'Hussein- 
Dey. De la porte d'entrée, la perspective se termine, 
pour le spectateur, par une cascade, dont l'eau est mise 
en mouvement par un moulin à vent, nouveau système. 



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-^ ÎH — 

Pour arriver direotemeBt au rond -point d^TËxposi-- 
tion horticole, en passant autour de la cascade, ou 
néglige, adroite en entrant, le pavillon delà photogra- 
phie édifié par M. Berthomier ; à gauche, le café-buffet 
et la buvettb tenus par M, Psaila, et la construction 
genre mauresque dans laquelle M. Hamoud a tout 
disposé pour fabricjuer sous les yeux môme du visiteur 
les liqueurs et liquides gazeux, qiii lui ont acquis la 
réputation dont il jouît. sur la place d'Alger. Cette 
exhibition, à laquelle concourent Tart du décorateur 
et une mise en scène des mieux entendues, semble 
destinée à obtenir le plus vif succès. 

Si maintenant on se place au centre du rond-point 
en faisant fece à la porte d'entrée, on a, à gauche, la ga- 
lerie spécialement destinée aux produits agricoles et in- 
dustriels ;à droite, celle réservée àrexposition scolaire, 
dont rentrée principale, décorée d'un élégant portique, 
s'ouvre sur la grande allée, et, à dos, les galeries 
qu'occupent avec les machines délicates, qui ne sau- 
raient trouver place en plein air, les expositions par- 
ticulières qui exigent un certain emplacement et des 
dispositions spéciales. 

Ouvertes à chacune de leurs extrémités, les quatre 
galeries donnent accès sur les espaces affectés aux 
grandes machines agricoles dans les trois angles 
restant vides de la croix de St-André formée par les 
galeries couvertes. A droite, le pavillon spécial de MM. 
Limozin et Cie ; à gauche, celui de MM. Billiard et 
Chabre. 

Les stalles pour les animaux ont été établies le long 
de la clôture deTenceinte, pour les bêtes à cornes. Une 
écurie formant retour est destinée aux chevaux ; un 
abreuvoir, construit à portée, assure l'alimentation en 
eau qui, prise sur la conduite de la ville, est distribuée 
dans tous les locaux par de nombreux conduits établis 
suivant l'économique système Mestayer. 

Sous le rapport de la décoration générale, la Société 
d'agriculture a fait tout ce qu'on pouvait attendre 
d'elle, étant donné le budget limité avec lequel 
elle doit faire face aux frais exigés par les travaux 

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— 25 — 

d'édifiôatidti, la publicité, la gardé et la conservation 
des objets exposés et l'octroi des récompenses promises. 
La verdure et les fleurs y jouent un grand tôle ; outre 
Tallée principale, et de quel<iue côté qu'on se tourne, 
on n'aperçoit que massifs reposant agréablement la vu« 
et se mariant de la façon la plus gracieuse aux 
oriflammes, aux faisceaux de drapeaux, aux écussons 
sur lesquels sont inscrits les noms des villes et des 
principales communes de l'Algérie. Le cadre qui 
entoure ce tableau vivant de l'industrie et des progrès 
réalisés par la France transméditerranéenne, et que 
tous les Algériens connaissent pour lavoir cent fois 
admiré, est d'ailleurs si riche, qtfil suffirait à lui seul 
pour lui donner un cachet grandiose que nous envie- 
raient toutes les capitales de l'Europe. D'un côté le ciel 
bleu sur lequel se découpent les montagnes azurées du 
Djurjura, de Tautre les collines verdoyantes semées de 
châteaux et de villas qui, de gradins en gradins, s'abais- 
sant jusqu'à Mustapha-Inférieur, forment autour des bâ- 
timents de l'Exposition, qui paraissent en être le centre, 
un amphithéâtre sans rival et que Ton dirait avoir été 
disposé tout exprès par le plus merveilleux des archi- 
tectes. 

L'inauguration aurait donc eu lieu à la date et au 
jour fixés, si des pluies torrentielles, survenues le 14, 
n'avaient forcé de reporter cette date au 20 avril. 

A midi précis, M. le Gouverneur général Chanzj-, 
accompagné de M"® et de M^^® Çhanzy, descendait h 
îa porte de l'Exposition, où les attendaient les membres 
de la Société d'agriculture, l'épi d'or et d'argent, 
symbole de leurs- fonctions, à la boutonnière, les 
autorités civiles et militaires, les membres du Conseil 
général et du Conseil municipal d'Alger, et les repré- 
sentants de la presse. Le cortège se forme, et M. le 
Gouverneur, parcoure lentement toutes les galeries, 
causant familièreiofint avec les exposants, demandant 
à chacun d'eux des4étails sur leurs industries, expri- 
mant à M. de Boaand toute la satisfaction que lai fait 
éprouver une œuvre aussi bien réussie. 



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— 26 — 

C'est âeiiileiuéntquâ;uââ(^ûne]xt (bus heuires, moment 
fixé poHf Touyerture des courses, que M. le géiabéral 
Chftûzy quitte avec rqgrret les galeries s'engsageant,- 
promesse qu'il a t^iie <tepuifl largemeot, à leur consa- 
crer de nouvelles visites. 

Nous terminons là cdt exposé historique des pliase^ 
traversées par Porganisatiôn de TExpositiou, depuis le 
jour où l'idée ea a été jetée jusqu'à celui où les portes 
ont été ouvertes au public. C'est à sa suite que nous 
allons péûéitrer dans les galeries après avoir toutefois 
emprunté aux rapporta des Commissions lee détails 
relatifs aux deux premières divisions qui, par leur 
^ï^ature, échappent i nos appréciations persounelleg. 



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CMiPITRE II 



PREMIERE DIVISION 



EXPLOITATIONS AGRICOLES. — RÉCOMPENSES AUX SERVITEURS 
EUROPÉENS ET INPieÈNES. 



€)OMillllMlMi 

de la prime d'honneur au concours de 1876 

MM. De Bonand, président de la Société d'Agriculture; 
P. Mares, vice-président ; De Montillot, Cordier, 
Reverchon, Hbrran, Arlès-Dcfour, membres; Fagard, 
propriétaire à Boufarik. 



RAPPORT DE M. MARES 

En 1862^ à Toccasion d'une Exposition générale 
des produits de l'agricultuare, le Gouvernement général 
de FÂlgérie organisa pour la première foi^ iiin concours 
à la prime d'honneur. 

Mais le Jury ne crut pas décerner cette haute 
récompense, tout en accordant des prix juatem^ntr mé- 
ritée à plusieurs concurrents. ) 

Depuis lorS) diverses circongtaiicea empëphèrent le 
renouvellemexit de ces fêtes qui excitent dans les esprits 
une noble émulation et entraînent vers le progrès. 

Espérons que désorm^ leur retour périodique et 
régulier ne sera plus interrompu. 

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— 28 — 

Cette année, quatre candidats se sont mis sur les^ 
rangs : 

MM. Dk Malglaive, propriétaire à Marengo ; 
Gras, fermier à Beni-Méred ; 
Gros, propriétaire à Rhilen; 
De Bichemont, propriétaire à Baba- Ali. 

Trois autres coloijs, dont les propriétés sont moindres 
de 50 hectares, norib oi^t ^ija^ndé cte visiter et d'appré- 
cier leurs travaux. 

Chez tous, nous avons trouvé, sous des formes 
différentes et nullement comparables entre elles, leâ 
résultats intéressants de .grii^ds effort^ produits par 
des ressources et- dès besoins * les jÀué- divers, mais 
indiquant un fond commun d'énergie et de persévé- 
rance remarquables, . > ;. 

* L'intérêt que nous a inspiré Tétude de tant de diffi- 
cultés vaincues nous a fait vivement regretter que 
d'autres colons méritants ne se soient pas présentés 
aussi, car on ne saunittvôp.iaalti^ en lumière l'acti- 
vité et le courage déployés dans ce pays, qui date 
d'hier, et qui nous présente déjà des spécimens des 
meilleures cultures. 

Est^ée à dire que nous n'avons que . des éloges à 
donner et pas de défauts à signaler? < . 

Non, certes, il ne pourrait en être ainsi ; dans un 
pays qui se crée au milieu des difficultés de tous 
genres de riristallatioii première, oh doit s'attendre 
à trouver de nombreuses imperfections. .Nous les 
signalerons aa' cours de ce rapport. 

Comme au grand concours de 1862 et au Comice 
de Blida en 1865, on peut dire que sur bien des 
points « il y a trop de céréales- 'relativement à l'é- 
(f tendue dès terres, et pas a8«»z de ptentes -fourra-* 
v( gères; que le nombre des bestiausr est ini^uffisant 
« pour maintenir le ôol en hem état de fertili^té, ^jue 
« les rotations suiviod sô^t t^op épuisantos » ; toute*^ 
fois^ l'en^mble B^e^ bien* amélioré, 'et iqoailt rà >la 
côiÊiptabiiîté nous Tavons ':8onBt«itée bien temie dans 
les grandes fermes qu^ nous, avons .examinées. 

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— 2Ô — 

La Comiuisfeîbn â cx)mtoeûcé sa tournée lô 7 mars, 
en partant dé botme heui^e de Blida poan Maretigo, 
ôii Fattendâit M, De Mà;Iglaite; i ^' ' / • 

Le beau temps a constamtnetA; TOVOrisé toutes nos 
courses : il nous a permis de voir Tensemble de la 
contrée que nous paroourionis et de recueillir de nom- 
breux et intéressants détails relatifs au développement 
de là colonisation sur les* divers poktfts' «qui passaient 
tour à tour sous nos yeux. ;,: • r ; ; 

Après avoir dépa,ssé les abor.ds si verdoyants de? 
Blida et franchi le b^u; pont de la;ChiÇ^, nous 
avons été frappés de , Içtjvie e)t de . Intimé ,qui se 
développent, au-delà, sur toute la liguer des villages 
fondés au pied de TÂtlas^ et longés. ai\jourd'J:iui par 
le chemin de fer d'Alger jÈ^Oran, .:,-[[., 

La Chiffa, Mouzaïa, Bau*Roumi,:ElnAfl&roun, tous 
ces villages si cruellement éjwrcMiyés p{ir:le tremble-r 
m«nt déterre de 1867, n^ portent plu* tr»ice de cette 
catastrophe. . - ' . • . • ; ; ,, i^. * • 

Les maisons sont recQnstfuite9;djaRS die 0ieilleur<es 
conditions et présentefit un aspect > de bi^n^être qui 
cbntijaste heureusement avec ce qu'elles étaient il y a 
neuf ans. - i : ♦. ! ,.• 

La campagne est bien cultivée, quelques parties 
encore incultes disparaissent r^piclement,j et sur cer- 
tains points de belles plazitatîdns de vignes, de gran- 
des constructions qui àccompagrieiit . ikéçessairement 
l'industrie . viuicole, nou5;,montrent'(juç.dè puissants 
capitaux ^e craignent plus de se^xerr^ùirun sol dont 
Tàdmirable fertilité est protégée .a|flourd^hd par une 
entière sécurité. 

A El-Affroun, la vdîe ferrée tourne vers lit montagne, 
abandonnant brusquement la plitirie' où. l^^bsence de 
cette paissante artère se "fait' sieutîr. A mesute/qu'è 
nous èivançons vers Bourkika et Marêngo', sfe déploie 
devant' nous cette irhtnense étéidue de champs et 
de prairies qui termînênt^la Mititljà Vers .l'Ouest. 

Les Romains en avaient fait un lieu dé prédilection : 
partout le soc heurte d^titique» 'débris' qui rappellent 
cette graââe dviliséifâoti passée. Mais, depuis, cek 

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l 



— se — 

riches teftes OBt été livrées^ 4. la plus eoai]^ète barba- 
rie,:0t l0d wlmieirfl' Buins ont.entiërQmdnt couvert tout 
ce que niva^^t pas « en vaJsi^' de nouveau .,leâ eaux 
fîévreuBes^du la^.l^a^oulfi. 

Nous avons repris les ttraviaux des Romains : comme 
eux^ ndbs avons anssi desséché le lac Hallôulaet 
dépôts seize ans, cette grande superficie livrée de non- 
reau à F^iic^tare produit iès plus riches récoltes^ 

Aujourd'hui des fennes, dont le nombre aug-menté 
de lotir en jour, s'élèvent de tous côtés; les n6ms 
de ïeu^s propriétaires indiquent^ ui double courant 
favoriçiWe t, notr^.avçnîr : d\ïn'côté ce sont des per- 
sonnes étrangères à r^^lgêrie, qui apportent Targent 
et le peuplement du dehors ; d'un autre côté, ce sont 
des noms qui nous sont familiers, appartenant à des 
Eui'opééns connus depuis longtemps dans le pays et 
uî viennent fixer défltiStivement, 6ur le sol algérien, 
es capitaux gagnés ici mpme, soit dans le commerce, 
Tindustrie ou dans Texercice de professions libérales, 
fiott enfin dans mille transactions amenées par les 
incidents de la conquête et qui n'ont de durée que 
celle des événements qui les ont engendrés oh le 
génie individuel de ceux qui les avaient créés. 

Là confiance qu'inspire la situation actuelle de 
TAlg-érie, non-seulement aux étrangers, mais aux 
premiers côlons • le bien-être qu'ils y trouvent, est 
lin fait considéraole, un signe de prospérité que nous 
deviops signaler, car la ]É>ropriété foncière, ne l'ou- 
blions paô, à été de tout temps là base de la richesse 
et dé la possession réelle d^un pays. 

3ur ces .grandes étendues, les bestiaux paraissent 
encore peu nonibreux : celâ.s'ejxpliaue. sur. un.aol 
neuf, Q|i le besoin des engrais ne &o lait pas . encare 
sentir i . ojx toutesi les . ressouirces . soQt d!i^bocd consa- 
crées aux défrichements et k la création des bâtimeiîts 
d'exploitation, base- indispensable de tput éta|4isser 
menjiagricoje civilisé., ,, ... . , . 

De bons abris, assurent ; la stabilité de^t forces pro^ 
ductricesi^ elles Ksarac^iaent. une des. grandes sapé- 

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— 31 — 

riorités de la conquête européenne suf Tocoupation 
barbare. 

Nous arrivons à Marengo^ beau centre, l^ien ^tué, 
formé en 1848 avec des ouvriers français imsai^anta. 
M. de Malglaiye le père, officier du génie^ fut j^argé 
de créer ce village : homme instruit, actif et pmti^e, 
il se mit à Toeuvre avec ardeur. Il construisît les 
habitations, initia les nouveaux colons et créa dans 
les montagnes voisines un magnifique barrage^ser- 
voir qui dmine pendant tout l'été, au village, les eaûi 
nécessaires à ses irrigations. 

Il projetait le dessèchement du lac Halloula quand 
les exigences de son service, le rappelèrent à d'autres 
devoirs. Il reçut du gouvernement une concession de 
99 hectares et resta ainsi propriétaire dans le village 
même qu*il avait créé. Il agrandit peu à peu ses 
propriétés par voie d'achat, pour la plus graiidé par- 
tie aux indigènes; leur superficie est aujourd'hui de 
1 . 100 hectares environ* ' 

Depuis 1858, M* De Malglaive fils en a pris la 
haute direction et en laisse la gérance à un ancien 
sous-officier du génie. . 

Votre Commission a d'abord visité la concession 
de 99 hectares qui s'étend sur les terrains ondulés au 
sud du village. A l'époque où elle fttt concédée, cette 
propriété était couverte de brouâsaflles. fiaiis le prin* 
cipe, les défrichements ne pouvaient êtns poussés 
rapidement sur ce pcÂnt reculé de^ la plaine où la 
population, et avec elle les forces colonisatrices^ n'ont 
commencé à progresser avec activité que depuis Fou** 
verture du chemia de fejr d'Oran, malgré son éloi- 
gnemwit reUtiif» i» - s 

M. De Malglaive père fit bâtir/ i;(mt d'abord, 
un moulin qui marche à l'aide des elmx du bainrà^e. 
Cette c(mstrtitGtion, surtout à l'époque où elle fot 
édifiée, présenta une utilité -téelle ^ l'agriéultt^e en 
facilitant l'écoulement de ses produits et en fabricàiït 
sur ptl^e^^ h. boa, marché^ un aliment de. première 
nécessité. -.< v :-»/c- - . '■ ' ".' ..; 

Sur rènscoEoble de 8eé^p]K)priété87 M. De- Malglaive 

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~ ^ — 

n fait défricher. près de 3D0 hectaiss de broussailles 
et de palmiers nains. A côté du moulin, dans des 
fourrés oxi dominent les thuyas, ^f k» chèaea-verts, il 
^ essayé uu ejooucaéQagement forestier qui paraît devoir 
dpnner de bons résultats. . 

850 hectares restent actuellement sous sa direction ; 
son gérant y surveille d^ cultures variée*; 250 heo- 
tares ^ont soumis au métayage^ mais les métayers ont 
un bail leur assurant la durée de leur fermage avec 
dès. conditions qui indiquant combien le propriétaire 
attache de prix à une culture rationnelle. Une excel- 
lente pensée, dçnaine é^videmment ses préoccupations : 
il étv^dip les assolements, recherche de^ cultures bien 
appropriées au ^ol et judicL.euseiaent réparties. Il 
voudrait arriver à établir sur ses terres la meilleure 
rotation, Ijut finaj d-e tout bon établisseigent ^agricole. 
Cette théprie, bien, indiquée, œ nous a point paru 
suffisamment appliquée encore dans la pratique, car 
Tassolement actuel ne rend pas ce qu'il prend, il 
ne pourrait donc se soutenir s-'il était définitivement , 
adopté. 

Les animaux, qui sont le pivot de Texcellent ordre 
d'idées suivi par M. De Malglaive, n!ont pas des 
emménagements suffisants; ils sont trop nombreu» 
eu égard aux réserves de fourrage et. de pâture qui 
leur sont faites. Mais il y a dans cette ligne de con- 
duite i^n progrès réel, et la continuatioù des travaux 
et des amélioratioiis aécomplis jusqu'à ce* jour amè- 
neront certainement ce propriétaire au but final qu'il 
se propose d'atteindre. 

'■ La comptabilité est concentrée sur un registre qui 
. résume,, au moyen d*un simple pointage, le joarnal 
e$ les comptes paHiouli^s d'U9 grândrhvre. : . . 

C^tte tenue, des compte^ a paru peutr4tre un. peu 
Qompliquée. Néani^fioins, et c'est là^ie point importmit.^ 
Qlle. est appliquée «t suivie avec beaucoup, de soin 
p€^ le gérant. . . . ; • 

Notre ^ itinéraire ^ noas> ramène = vera Coléapar la 
route du pied du Sahel. Cette belle voie de com-* 
çmnication^ ouverte eu, X86Û aa nulieur d'épiûssea 

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— 39^ 

bmussailles, traverse aujotfrS'lnii les villages de ^dï 
Kached, de Berbessa, d'Attatba. SI le premier de ces 
ceoitre^, à peine créé depui*six &ns,làHg'ait encore sous 
l'influence de causes diverses. qui disparaissent peu: 
à peu, les deux autres,! plus ancien», prospèrent à 
présent, et de grands défrichements «n pleine activité 
attestent de ce côté, surtewasie» points iotermédiaires, 
la vitalité de la eoloniaation. Noua remarquons sur- 
tout la grstide propriété de Kandoury, fondée par 
notre regretté représeiitànfc ie docteïir. Wamier. Elle 
appartient aujourd'hui à uxir riche colon qui en pousse 
rapidement la njise ^n ^^rôdueticm.Pius de dOO hec-^ 
tares de fourrés* iiopénélrablés ont été .convertis: en 
superbes terres productives, efr ce grand travail, aoti* 
veinebt eotttinué, r^and là lumaëre et la fécondité sur 
ce boii^ ou plulôt sur ce mâquiâ de Karëzaâsi coami 
comme refuge des pillards badjotifeâ^i pendant- les 
premièce^ililtteô déTbeéupitioti^ 

Lé 8 mars, après'àvoir visité dé petite^ exploîtations 
dont nous parlerons plus loin, Votre. Commission quit- 
tait Coléa dont lés ' vigïiobles s'accirôîssent tbû's les 
jouis; et ëe dirigesÉit ver» Bîida et Beni-Méred, 
traversant ainsi la^Mltidjâ danà toute -sa larg-eut*. 

Àpi'ès avoir •franchTlef beau pont 'd(!î Ma^Fràn, 
quelque^ minutés après nôtre départ, nous entrions 
sous lès^ onibrages du ï)bis de Fergueu, dont les beaux 
frênes et îés hautes bifoussàilles couvrent des tèrra,mâ 
marécageux et'insal'Jtbrçs ëùcdre insuffisatamënt écou- 
lés. Mais, an-^ëlà, ncm^ arrivions sur le terirïtàiré de 
rOued-elrAlle.ug .et nous pouvions saluer^ en passant, 
lav'béîle propriété Lescanne dont lés thàgmi'fiqùes 
prairies, si'vettlss eH été,, rappelleùt les plus beaux 
pâturageâ tfef Priancè. Kïles ont'^été créées au milieu d^ 
difilcultés.âansnonibre, surdes'fèrraiqs raVînéâ, cou- 
verts dô* ïfàntes toussàîites et "dé fandrîërés ihai^éca- 
getfses. Lôàçàniie peut Ôti^'Consîdérécomniie le pion- 
nier le plus énergique 'et le pîltis jJéM^fiaiît diùs la 
eréâtloin de- celfle eommutie^ aujô^rcrhui si belle et si 
produotKve. Son. 'noni' restera patbii nbui^ comme c'éiili 
d'un colon ardent et courageux^ prcrfbudémeut att&ôhé 

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-- 34 -- 

h ce p^ys «t- mort à h ï^me au iiïamèat où il achèvent 
son œuvre. • 

A côté, la propriété des Sources nous présente Ime 
phase agrico^le pïus avancée et des plus intéressantes 
poar Tavenir de PAlgôrie. Depuis (pielques années, 
iiious rimpulsioii active et intellig'ente dl^ son nouveau 
propriétaire, nous: voyons introdmre (ïft«8 cette inïpor*^ 
tante exploitation tonas le» moyens les plus perfection^ 
nés de la grande culture, de Téievage et du boisemetit. 
Nous.ne pod^^ions omettre de sigtialer eu passant cette 
vaste et bdfie rfenoe, où nos colons et les étrknj^ërs^ 
peuvent di^à commencer à étudier les résdiybs^pra^ 
tiques'^des meilleaces tbéoriesr agricoles ^rppfic|fi:^& à 
l'Algérie. ^ -. i . 

La seconde propriété visitée par votrër CbmtnlssiofiL 
est celle de Bea Atli-^Bey ^ située près de Beni-Méred, 
aa centre de la Mitidja^ 

Elle a été louée k lai an de Ï86i9^k ]Ë; Gras pour 
neuf ans. La location s'étetHt sur 348 hectares qui, nous 
dit le fermier, étaient couvertay loi^qti'il y entra, de 
broussailles et 4e jujubier^. I^esb^timeAts de la ^rme 
étaient spacieux, maie las^eavii^ stagnantes en fen- 
daient lés a^rds infects et lùs^lâains^ 

Le terrain fut draîné ;- pliTsiqurs centaines d'arbres., 
surtout des eucalyptus, furent plantés ; %>0O oliviers 
sauvages, greffés ; les terres progressivement appro- 
priées devinrent partout accéssioles à la charrue. 

ïout cela a été accompli en six ans, avec de faibles 
ressources, car en arrivant à Ben AlirBeyjj M. Gras m 
possédait ni troupeau ni inatériel., .. / / ... 

Son inventaire du mois d'octobre, 1875 indique déjà 
un état relçttivempnt prospère luçquis da^sles six pre- 
mières -anirées les plus, dîmcUes de.8on fermage.. , 

Un ordre . femi^rquable règne dans cette propriété i; 
les instruments,' ea nom1:^*e suffisaat, «ont ea trèa bcm 
état. d!v(sag'jÇ;; la.basse'^colu^est .J:>elle .etiK>pbrev^^ 
les animaux de tr^it;et le,troupeau bien çoign^s. , 

La c<i»nptabiUtè est bien tenue et au coiirant ; les 
défrichements^., lospiantations^ ont doaàé 'ume iplxm* 
value jréellelk.feette ferme; : 

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-^ 35 — 

Mais, sur les 320 hecteçes labourables, oquô en avons 
trouvé 250 eu céréales. Cette culture est beaucoup 
trop épuisante. £^lle ne r^nd pas à \^ terre ce qu'elle 
lui prend malgré l'emploi de 1.000 mètres cubes en- 
viron de fumier soigneusement recueilli tous les. an». 

En çwsidéiîaajk Vexeellejûte tenue de cette, propriété^ 
on ie^t obligé. 4e. reconmiîtfle <jue les graves aéfeuts 
pressentes 4an3 sia cuHure prQvienaent ddn.ineouvé-* 
nients iQbiéreats k son mode d# faijre valoir. 

Il n'appartient pas à votm'OsiûimiBsion -de s'iimiïistr 
cer dans ks n^ilte considérations q[ui réffissent les 
propriétaires et lie^ ferqtienrs.dan» I^ur» rapports réei^ 
proques, mai^ ;^lle a qoQstatô'avéc une vive ^atialactian 
que le faire valoir direct est en voie de progrès; 

En quittant M, Gras, nous passons dans le voisinage 
de propriétés ^[>nH^ée^ parie C^niïce de Blida en 1,865. 
Elîles n'ont çes^à, dewi^ lors, de reiçeyoir des ani0Uora- 
lionsw Un des mfâfleurs fermiers, lauréat de cette 
époque, devenu plus tard propriétaire^ nous montre 
son superbe AaQwcAt sur lequel il a fait «m quelques 
années à peine des travaux considàrab^s. ih belles 
plantations d'eucalyptus changent déjà Faspçct du 
paysage; des viviers, de» bassins étendu», un puits 
artésien, deuK. grands corps 4ô ferme, des hangars 
spacieux et soignés, transforment aujourd'hui cette 
grande tepre encoare habitée par les Arabes il y a six 
ans àpeiï^e. 

Ces placements de capitaux^ qui oosent les bases de 
notre ricliessq agricole , offrent des. exemple» d'autant 
plus précieux et^ utiles qu'ils nous sont donné» par des 
hommes intelligents et vieillis dms là pratique. ■ 

Noûs•al!rivon^ jk,Boufarik, que signale au loin son 
vaste dôme de verdure. Les environs de cette p^tit? 
ville sont aujourd'hui coimplétement en rapport ; ,408 
améliorations de toutes sortes^.des cultures spignée^^ 
des habitaiion^.bi^û/tei^ues,; indiquent ).'aisance et la 
prospérité^. : ., • ', ., i. ' ; * " 

Nous sommçsrloinde' Vannée 1838^ où^ par suite des 
travaux 4 'écQul^ment eosameneés> à: cette: époqiue au 
milieu des marais et des ronces qui eoi^ombraieat le 

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-^36-- 

«ol, on tit lés qiieîqiiôâ maisons du village naissant, 
abandonnées pour la plupart, et 1360 militaires en* 
voyés à l'hôpital sur lès 1400 qui formaient la gar- 
nison ! 

Le bien-être que noîis constatons aujourd'hui danà 
cette contrée s'étend sur beaucoup d'autres points plus 
rapprochés d'Alger, ou 'plus anciennement peuplés. 

Nous passons chez M. Ôroà, à Rhilen. Sa pré^iriété 
de Sainte-Marguerite est située dans la plaine, à 4 
kilcMètres^S^E. de Boûfarik; * f i 

Il y a dix ans à peine, le» 900 hectares qu'elle 
occupe aujourd'hui' appartenaient aux Arabes qui en 
-cultivaieint quelqut^s tatttbéàur mal défrichés et lais- 
saient le foste en parcours k leiirs anîmànx. 
' Dès 1864, M. Gros, distillateur à Chéragas, était 
tenu s'établir à Bôufarik^où il introduisit en grand 
la culture du géranium ; p^endant le temps nécessaire 
au développement de cette plante, il'àe créait des res- 
sources en distillant sur une latge échelle la menthe 
jyouillot, petite platite très at^^matique qui croît spon-^ 
tanément et en abondance dans lé pays. Il put écouler 
avec fruit, maiô non sans quelques difficultés pre- 
mières, cette essence etiteore peu usitée' daïrs le com- 
merce, et deux ans après il tichetàit 50 hectares dans 
le quartier de Rhilen. * ' 

Lé placement de ses produits avait mis M. Gros en 
rapport avec une riche maison de Grasse qui l'associa 
en l866 à se^ affaires. Dès lors, il put sbnp'er à dëvelop- 
pei" une industrie dont l'avenir lui paraissait certain ; . 
mais craignant que sa distillerie fût alimentée d'une 
manière imparfaite par les coloris voisins, il dut penser 
à devenir son propre fournisseur» et à réunfr sur un 
mêma point ses cultures et son industrie. < 

Aujourd'hui, la propriété de M. Gros est un établis- 
sement industriel et agricole d'une grande importance. 
Vingt-dènx appareils distillatoïres peuvent contenir 
à la fois plus de 2.000 kil. de plantes aromatiques; 
ils sont eïïtretenus dé vapeur par quatre générateurs 
dont le surface de chauffe peut développe* une force 
totale de àolxaûte chevaux ; ces chaudières font mar- 

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— 37 — 

cher eamôme tepips une machine de dix chevaux qui. 
puise à douze mètres de profondeur les fortes quantités 
deau ..coirtinuellemeftt nécçssaires à la distillation. 
Deux presses à vis et deuîjt presses, hydraulique^ don- 
n,ent, les unes 50.00Q, et. les autres 30Ô,000 kil. de 
pression,. y, 

Autour de rétablissement, dei? Ii|:p€6i composées de 
plus de 20 000 cyprès ou eucalyptus, protégeât contre 
les vents de la .plaine les cuhurea de, géranium^ de 
violettes de .Parme, d'orangers, de cassis, de v^eine, 
qui couvrent une surface de 140 hectares. 

L'exploitation agricole se compose de '630 hectares 
achetés il y^ a d«!ux ans ; en moins de éix-huit mois, 
300 hectares ont été défrichés, 45' hectares de Vigne» 
sôîlt' plantés, 3 hectares' sont défoncés et seihés er^ 
luzerne Enfin deux grandes fermes ont été construites 
avec murs de clôture, maison d'habitatioti et hangars- 
surmontés de greniers. .^: ;..;,; '• 

Le matériel répoijid largement aux besoins ' de.cette 
vaste propriété, qui ocj::iupe sur les deux, divisions, in- 
dustrielles, et agricoles, un personnel de â^O ouvriers en 
moyenne,, parmi lesquels, 60 çoi;(lamnés militaires et 
100 Kabyles abais.&ent sensiblement le prix, d^./la 
main-d'œuvre particulière;* 17 , erqployés artisans 
complètent cette population, pviis^amni^nt secondée 
par les forças de 9 chevaux, 13 mulets, S pouïiches, 
134 bœufe de trai,vail, ujxe locômobile et une pjâ4liine 
fixe de 10 chevaux-vapeur chacune. Ce grand ensem- 
ble, dont nous ne'^pouyons vou^ indiquer rapidement 
que les parties saillantes, sç trouve, èousle rapport du 
rendement^ dans des conditions particulières. Tou^ ses 
produits les plus importants, lep essences, sçnt^ en- 
tièrement placjés chez les associés dia M, Gros ;^;il s'en 
suit que le rendement réel ne pourrait êtreî exactement 
apprécié sans entrer dans des détails ç.ôipïnercîaupc que 
M. Gros n'est pas libre de pous fournir'.; ,m^is il nous 
donije/la valeur de prQc(uçtion de^ .chaq.ujei pîantç 
industrielle par hectare et nous permet ^însi^de^nou^ 
rendre, compte de la. prospérité ;d^.spn,établissénxent' 



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— 88 — 

dont la comptabilité est nécessairement à jour et tenue 
avec soin, 

Enfin^ la, dernière grande propriété soumise à notre 
examen était celle de M. de nicnemont. Elle est située 
dans la plaine, près deChebli, et couvre 1500 hectares. 

L'histoire de Bab-Ali est. une des plus émouvantes : 
celui ^ui était frappé pat les fièvres .de Bab-Âli était 
eondamné.'it mort. 

Aujourd'hui^ la ferme St-Michel^ une des plus belles 
de la propriété, est située au centre même du point 
qu'occupait le marais dont les émanations peatilentiel- . 
les empêchaient toujb établissement sérieux. 

Le chef de la famille de Bichemont, esprit élevé et' 
humanitaire, mit à la tête de cette immense propriété 
un homme qui alliait à une grande vigueur physi(]^ue 
une indomptable énergie : c'était M. Chrétien, ancien 
élève de Grignon. 

Pendant plusieurs années, M. de Richemont vint en 
Algérie pour étudier les travaux à faire, tracer l'ensem- 
ble, indiquer les détails, et il confia l'exécution pratique 
k M. Chrétien, qui en poursuivit l'accomplissement 
avec un courage et une persévérance qne rien ne put 
rebuter. Il employa surtout à ce travail difficile 
cette population ouvrière nomade que les colons 
connaissent tous sous le nom Alarmée roulante, 
singulier ramassis d'êtres déclassés de tous les rangs de 
la société et dont les pertes passent inaperçues. Ils 
fuient les centres civilisés pour se porter sans cesse 
vers la périphérie. 

Dès que les premiers travaux d'assainissement 
permirent de vivre à demeure sur Bab-AIi, son défri- 
chement commença et fut poussé avec activité. 

En 1866, M. de Eichemont fils vint s'établir en 
Algérie et prit la haute direction de Baba-Ali ; il 
imçrima une nouvelle impulsion au défrichement^ 
mais il songeait à diminuer les difficultés d'une direc- 
tion aussi considérable et à régulariser les revenus 
de cette grande exploitation en établissant des locations 
à prix d^argent. 

Aujourd hui, 1280 hectares sont défrichés sur les 

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^ 39 -* 

1500 qiâ forment rensemblo de fin propriété. — ► Nou» 
y trouvai!» quatre belles fermes européenues avec bâtî-* 
;ments d'erploitaftio]>, trois fermés arabes, un boulin h 
eau, une briquetterie ; enfin 350 hectares i^eMent âous 
la direction imiàédiate du peopriétââre qui imà à y 
créer une nouvelle ferme et à negfarder que 25 
bectarés de vignes qu'il acbèvera bientôt de planter. 

Un village^ destiné à loger les ouvriers dé là pror 

priété esteûvoie deoréàtioû. La fontaine et Téglïse 

. jsont édifiées ; une maison-type est aussi construite 

^ans d e^pcellentes conditions d'espace et de salubrité. 

M^ de Stictxemont appelle notre ftttentîon sur la 
comptabilité qui est tenue avec tin soin remarquable 
surto^at depuis douze ans : Cette terre pestilentielle et 
inhabitée îl y a vingt-troi^ ans, abrite aujourd'hui plus 
de 30 familles européennes, et donne un revenu sérieux 
et apsuré. 

Il nous reste à parler deis exploitations au-dessous de 
50 hectares. La première que votre Commission a 
vi^itiée est celle de IjJ. Bourdin ] elle est située au bord 
dé la mer à Test dç ^oukarmarine : sa contenance e^t 
de 27 nectares. 

Il y a dix ans, cette propriété était complètement 
déserte et embroussaillée; aujourd'hui,, nous y trouvons 
une maison de quinze mètres de loçig avec cave ; une 
pe^te distillerie et un établi de j^^enujsier j 12 hectares 
sont complètemept défichés et ^en qiilturê ; une partie 
estpàantée de vignes, ^e figuiers, do caroubiers et 
d'arpres fruitiers ; le reste produit du maïs, quelques 
légumes et des céréales. : — Dans le haut de la pro- 
priété, trois tunnels d'un développement total de 70 
mètres donnent une rigole qui remplit en moyenne 
un bassin de 40 mètres cvibes da^s 48 heures. 

Les terres de cette propriété sont légères et man- 
quent promptemerit d*ei;igraîs ; on |)ourrait peut-être 
s'en procurer par les algues (zostera) que la mer rejette 
en quantités inépuisables à quelques pas de là. 

Auprès de ce brave colon, nous devons vous signa- 
ler sa courageuse compagne: fille d'un propriétaire 
voisin, elle travaillé à côté de son mari, solgoie un vrai 

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— 40 — 

troupeau de beaux lapins, surveille sa couveuse artifi- 
cielle, 41ève une belle basae-cqur et ^ rappelle ces 
parales de Jacques Bujault: <( La femme est le bon 
Dieu de la maison. » 

Les habitations des beaux-frër^ de M. Bourdin sont 
voisines de sa ferme. Trop éloignés du village pour- 
pouvoir envoyer facilement leurs enfants à récole, 
ils s^ ^qTA associés, . et, par un saorifice ^ooll$ctif , ils 
ont pu réunir la somme, nécessaire ai Tentretien d'une 
institutrice qui, pousleujps yeux, donne ^ leurs temilles. 
des leçons élémentaires, jCe fait prouve asse^ combien, 
lescplons algériens, au milieu des difficultés de leur 
vie laborieuse y apprennent à reconnaître les bienfaits 
de Tinstruction. . 

Après cette intéressante visite, nous nons sommes 
rendus ctezM. Niiameyer à Qpjéa. Il a créé à côté 
de la ville, sur un terrain inculte et sablonneux, quatre j 
hectares de vignes plantées à la. barre à mine sur un 
défoncement de 40 centimètre^, — Dans une espace 
de 35 ares environ, sont jf)lantés 350 arbres fruitiers ; 
grenadiers, figuiejs, poïriers.qui prospèrent ; ils sont 
arrosés par une source provenant d'un tunnel de 30 
mètres. La cave est taillée en plein tuff, sous la vigne. 
Le vin à de la couleur et du fond ; le. itourastel y 
domine. ' .' 

En somme, il y a là un travail persévérant qui nous 
a paru Revoir être mentionné . 

. Il nous reste.à voxis parler du vignoble de M. Dor- 
gueilh, è|. Bouiba. .. . 

Tout indique, chez ce, propriétaire, un i^aticien éco- 
nome et entendu. Sur un sol uipi, peu graveleux, sous 
lequel Targile est à,i30 centimètres environ, il a planté 
simplement àlabarre-à-miue 6 hectares de vignes il y a 
di?^-huitâns, sans labour préjalable ; 'aujourd'hui il en a 
12 ainsi préparés. Ce mçdede plantation ne revient, à 
la fip (Je la deuxième annaQ, qu'à 272 fr. Thectare. 

Les ceps sont, vigoureux, taillé^ en éveniail. dans le 
■sena ,4es ],ignes de manière^ à ;ne pas gèn^r ie passage 
de là charrue., j. r, • 

M. Dorgufeilh se sert, pofur ses labours, d'une aaraire- 



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— 41 — 

-gtisconne à laquslle il attèle deux mulets à l'aide de 
jougs légers et d'un emploi fecile. 

En 1863, notre Société avait chargé une Commission 
de faire un rapport sur la viticulture dans le départe- 
ment d'Alger. Après avoir cité le vignoble de M. 
Dorgueilh et la manière dont le propriétaire dit l'avoir 
planté^ le rapport ajoute : 

(( Cette plantation nous a paru fort bien réussie ; 
reste à savoir si, malgré les conditions très favorables 
du sol, elle se maintiendra longtemps en bon état. » 

Les vignes ont dix-huit ans aujourd'hui; leur 
rendement moyen est, nous assure-t-on, de trente 
bordelaises à l'hectare. Le vin rouge est bon et le vin 
blanc meilleur encore. L'épreuve est décisive pour ce 
mode de plantation, du moins en ce qui concerne la 
propriété de M. Dorgueilh. 

Nous touchons à la fin de notre tâche ; il nous reste 
à vous en présenter la partie la plus délicate. 

Nous venons.de vous tracer une esquisse rapide de 
notre tournée, permettez-nous maintenant de dégager 
de cet ensemble les faits qui ont essentiellement rap- 
port à la mission dont vous nous avez chargés. 

Quatre grands colons ayant plus de 50 hectares 
<;oncourent pour la prime d'honneur. 

Trois petits colons ayant moins de 50 hectares nous 
ont demandé d'apprécier la valeur de leurs travaux. 

Cette distinction entre grands et petits colons veut- . 
elle indiquer un degré d'infériorité dans le mérite ? 
Non, Messieurs, telle ne peut être la pensée de per- 
sonne, car de chaque côté nous venons de voir de\ 
louables efforts de travail et d'intelligence. "*^ 

Cette distinction ne peut être que le résultat du 
point de vue économique auquel se sont placés les 
auteurs de notre programme. 

Dans le principe, la spéculation s'était emparée de 
grandes surfaces et s'était montrée impuissante à le^ 
peupler et à rien créer : aussi demandait-on à grands 
cris le peuplement intensif. Mais pour coloniser fruc- 
tueusement, pour que les familles s'établissent d'une 
manière définitive, s'implantent sur ce sol nouveau, 

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— 42 -^ 

en constituent la population, Taccroissent et la déve-* 
loppent, une condition est indispensable, c'est que ces 
familles prospèrent. « Pour cela, — nous dit un écri- 
» vain autorisé, M. Moll, — il faut qu'elles produisent 
» des denrées échangeables. Or, l'agriculture exige, 
))^ comme toute autre branche de commerce, le con- 
» cours des trois éléments suivants : travail, capi- 
» tauXj intelligence. 

» Certes, les bras sont indispensables pour exploiter 
?) le sol de l'Algérie^ mais de même que la machine à 
» vapeur la plus puissante cesse absolument de fonc- 
» tiontier lorsqu'elle manque de combustible et de- 
» vient, non pas seulement inutile, mais dangereuse, 
)) lorsque marchant, elle manque d'une direction intel- 
» ligente, de même les bras ne sont rien sans les capi- 
)) taux pour les nourrir, Tinteiligençe pour les guider: 
» ceci est l'a, 6, c de l'économie politique » (AIolL, 
colmi. et agricult. de VAlg. t. II p. 9). 

Nous sommes loin du temps où furent écrites ces 
lignes remarquables, mais ce qui se passe aujourd'hui 
en rend la vérité d'autant p^us évidente. Nous voyons 
H présent de grands propriétaires diriger eux-mêmes 
leurs fermes, y ïépandr^ à pleines mains leurs capi- 
taux, y appliquer toute leur activité et leur intelligence 
«t livrer de grandes surfaces à la production. A mesure 
(][ue le pays grandit, l'armée et FAdministration ne 
suffisent plus à aider les populations : il faut que les 
«capitaux particuliers leur viennent en aide par leur 
puissante masse, qu'ils nous permettent de défricher 
nos terres, de hâter leur mise en rapport, de grandir 
rapidement la puissance progressive du pays* Le tra- 
vail difficile et coûteux une fois fait, ces grandes 
surfaces, désormais productives, se divisent bientôt par 
riiérédité, par les ventes et la multiplicité des bras qui 
s'en emparent alors, et font renaître et prospérer sous 
mille formes le premier capital enfoui ; ils en assurent 
la stabilité et la fécondité par la puissance du nombre. 

En ce qui touche les trois propriétés qui ont moins 
de 50 hectares, votre Commission a pensé qu'elle devait 
récompenser des travaux soutenus ^vec d'â^ut^nt pjuis 

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— 43 — 

de mérite qu'ils ont dû être presque entièrement tirés 
des ressources immédiatement produites par la terre 
ou par une assistance pécuniaire, toujours onéreuse et 
grevant d'autant plus la production utile. 

"Nous vous demandons d'accorder à M. Bourdin une 
médaille d'argent et 300 fr. comme récompense des 
travaux intelligents qu'il a faits sur sa terre et pour 
l'encourager dans ses persévérants efforts. 

A M. Dorgueilh, une médaille d'argent et 200 fr. 
pour l'économie avec laquelle il a su créer un vignoble 
bien conduit et rémunérateur. Son succès, confirmé 
par l'expérience, ne peut laisser aucun doute après la 
visite faite en 1863 par la Commission de viticulture 
de notre Société. 

A M. Niemeyerune mention honorable pour les 
travaux patients et productifs auxquels il s est livré 
sans relâche. 

En ce qui concerne les grandes propriétés, si nous 
avons été unanimes dans notre désir de- récompenser 
tant A' efforts et de sacrifices, nous uq l'avons pas été 
sur la question de savoir s*il y avait lieu d'établir un 
classement et de délivrer la prime d'honneur. Nous 
n'étions pas divisés sur le fond mais bien sur la forme : 
avions-nous réellement trouvé une propriété modèle? 
Non! mais pouvions-nous nous y attendre dans un 
pays si nouveau, que le maréchal Bugeaud ne .voyait 
pas encore, en 1847, la création d'un village comme 
possible sans un détachement de troupes pour l'aider 
«t le protéger! 

Outre les difficultés de main d'œuvre, ne sommes- 
nous pas dans un pays sans traditions agricoles, dont 
les influences climatologiques sont peu connues, en 
un mot, dans un pays neuf pour l'Européen? 

Cependant nous marchons, et nos progrès ont été si 
rapides depuis quatorze ans, que les plus anciens, les 
plus expérimentés parmi nous, ceux qui ont suivi le 
concours de 1862 et fait partie du Jury de cette époque, 
ont été les plus ardents à réclamer que la prime d'hon- 
neur fut décernée. Attendre la perfection serait de- 
mander plus qu'aux concurrents même de la mère- 

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— 44 — 

patrie et tendrait à décourager les plus nobles Qfforta. 

Cette première question résolue, il restait à établir 
les degrés dans le mérite. — Nous avions à cœur de 
récompenser dignement le travail de chacun dans cette 
grande lutte contre la barbarie, car chaque coup de 
pioche infiltre Télément civilisateur. Cependant la 
discussion, en nous éclairant peu à peu, nous avait 
amenés à laisser deux concurrents distancés: MM, Gros 
et de Richement restaient seuls en ligne. 

M. de Richemont arrive, à l'aide d'un fort capital 
et de vingt-trois ans de travaux considérables, difficiles 
et persistants, à cette période de rendement qui permet 
de reprendre haleine et de parfaire son œuvre à loisir. 

M. Gros, à l'aide d'énormes travaux bien dirigés et 
vigoureusement secondes par un puissant capital, est 
arrivé en dix ans à mettre lui-même en valeur une 
grande exploitation et une riche industrie. 

La prime d'honneur ne pouvant être scindée, c'est à 
ce dernier propriétaire que votre Commission a décidé- 
ment cru devoir accorder cette haute récompense, 
mais c'est avec regret que nous nous voyons forcés de 
laisser en deuxième ligne une œuvre dont les mérites 
ont aussi à nos yeux une grande valeur. 

M. le Gouverneur général ayant eu connaissance des 
nombreux et intéressants résultats que nous avions 
constatés dans notre tournée a bien voulu donner à . 
l'agriculture algérienne un haut témoignage de l'in- 
térêt qu'il lui porte et nous offrir la prime d'honneur. 
Aucun don ne pouvait nous être plus précieux, car il 
prouve toute la faveur dont jouit auprès de la plus 
puissante autorité du pays, la source la plus féconde 
et la plusBûre de la richesse algérienne. 

A la suite de cette communication que notre hono- 
rable Président était heureux de nous apporter, la 
Commission a décidé à l'unanimité, que la Société, 
heureuse de céder à M. le Gouverneur général le don 
de la prime d'honneur, ne croit pas cependant devoir 
retirer la récompense qu'elle se proposait de décerner ; 
en conséquence elle attribue à M. Gros, de Rhilen, la 
prime d'honneur, pour Ja création, près de Boufarlk, 

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-^45 -^ 

d'une riche industrie et d'une vaste exploitation agri- 
cole. 

A M. de Richemont, elle retoet la priînede la Société 
comme le digne couronnement d'une œuvre dont le 
souvenir est acquiâ à l'histoire du premier temps de la 
Colonie. 

Enfin, Messieurs, votre Commission, examinant les 
mérites des deux autres concurrents, a pensé qu'il ne 
pouvait être établi aucune comparaison entre eux, car 
ils agissent chacun dans une sphère complètement 
diflFérente, mais qu'il serait juste de récompenser leurs 
efforts. En conséquence, nous avons accordé à chttcun 
d'eux une médaille d'or de P® classe. 

Messieurs, des travaux comme ceux que nous avons 
essayé d'esqiiisser de vaut vous expliquent la progression 
extraordinaire de nos forces productives. Le trafic 
commercial algérien qui était, en 1830, de 5 millions 
s'est élevé en 1850 à 92 millions, en 1860 à 157 mil- 
lions et en 1874 à 346 millions. 

On ne saurait trop honorer ceux qui consacrent leur 
intelligence, leur vie et leurs forces, à cette grande lutte 
pacifique, et la Société d'agriculture d'Alger, pénétrée 
de ces sentiments élevés, est heureuse d'avoir pu attri- 
buer à quelques-uns d'entre eux de belles récompenses 
et d'honorables encouragements, mais, dans nos coeurs, 
nous leur associons tous ces vaillants et tenaces pion- 
niers, ces modestes colons qui peuplent, défrichent et 
fertilisent peu à peu cette, belle'contrj^e naguère inculte 
et délaissée. 



Le lecteur trouvera à la fin de l'ouvrage la liste 
complète des ^récompenses décernées aux serviteurs 
européens et indigènes^ avec indication des niotifs qui 
ont déterminé les décisions de la Commission. Il nous 
iiuffit de constatera cette place que si, en Algérie, et 
du reste il en est de même en France, on éprouve de 

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— 46 — 

sérieuses diflSlcultés à se procurer dans les villes de» 
domestiques dévoués, les campagnes sont mieux par- 
tagées sous ce rapport, et que, parmi les européens 
comme parmi les indigènes, les bons maîtres peuvent 
trouver des serviteurs consacrant volontiers leur intel- 
ligence et leur activité à l'amélioration des propriétés 
dans lesquelles ils sont occupés. C'est là un fait dont 
il est bon de prendre acte, car il témoigne de la mora- 
lité des populations agricoles de l'Algérie . 



1 



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àlflTRE III 



DEUXIÈME DIVISION 

I. - SYLVICULTURE 



Comiiiissioii 

"MM. Le D' BouRGEOT, président; Certeux, DAkRu(A.lbert), 
DuRANDO, Mangin, membres de la Société d'Agriculture. 



Le reboisement de TAlgérie est, sans contestation 
possible, une des questions qui intéressent le plus 
îavenir de ce magnifique pay» ; la Société d'agricul- 
ture a prouvé combien elle y prend part, en appelant 
les sylviculteurs du département d'Alger à un Con- 
cours, dont le but n'était pas seulement de récompen- 
ser les efforts des particuliers qui ont entrepris ' les 
plantations les plus complètes et les mieux réussies, 
mais aussi de propager la connaissance des meilleures 
méthodes et des essences convenant le mieux aux 
différentes natures du sol. 

Désireux de nous associer dans la^ mesure de nos 
forces à cette tentative, nous r.eproduiroBS, après le 
rapport d'ensemble de M. Mangin sur les différentes 

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— 48 — 

plantations visitées par la Commission, les notes très 
intéressantes dues à MM. Armand Arlès-Dufour, de 
rOued-el-AUeug, et Trottier, d'Hussein-Dey. Le lecteur 
y puisera de précieux enseignements et y apprendra 
comment, avec de la persévérance et une étude compa- 
rative • des essences, on arrive à vaincre toutes les 
difficultés et à résoudre le grand problème de la trans- 
formation d'un sol aride en terres de grande valeur. 

Avant de laisser la parole à ces spécialistes, nous 
pensons nous faire l'interprète de Topinion publique en 
exprimant la satisfaction qu'a causé l'octroi d'une 
grande médaille d'or au modeste savant à qui l'Algérie 
doit l'introduction de l'eucalyptus, M. Èamel, et le 
regret qu'une semblable distinction n'ait pas récom- 
pensé le Génie militaire qui, dans l'espace de huit 
années, de 1867 à 1874, a reboisé, en Algérie, une 
superficie de 232 hectares, couverte aujourd'hui de 
102.060 arbres de la plus belle venue. 

RAPPORT DE M. MANGIN. 

La Commission avait pour mission d'examiner les 
titres que peuvent avoir aux récompenses du Jiiry les 
auteurs de travaux de reboisement. 

Les travaux qu'elle a eu à examiner en première 
ligne sont les plantations d'essences australiennes et 
Ijarticulièrement d'eucalyptus. • 
. A ce mot d'eucalyptus, le nom de M. Ramel est 
venu à la pensée et sur les lèvres de chacun. C'est lui, 
en effet, qui, .ayant observé en Australie les propriétés 
bienfaisantes de cet arbre et ea croissance rapide, a 
pensé le premier, qu'en suite de la position qu'occupe 
sur le globe l'Algérie, par rapport à sa contrée d'ori- 
gine, l'eucalyptus pourrait améliorer le climat de la 
Colonie et lui donner les bois qui lui font malheureu- 
sement défaut dans une si grande proportion. C'est 
aussi lui qui, par l'entremise de. MM. Newmann et 
liardy, fit faire en Algérie les premiers essais de plan- 
tation d'essences australiennes et commença ainsi 
la réalisation de la pensée quai avait conçue* 

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— 49 — 

M. Trottier s'est fait en quelque* sorte Tapôtre dé 
ridée de M. Ramel, et Ta appliquée en grand et géné- 
ralement avec succès. 

La Commission a visité, 'tant à Hussein-Dey qu'au 
Fondouk et à la Maison-Carrée, les 37 hectares qu'il a 
plantés d'eucalyptus. Elle a vu toute une charpente 
faite en bois provenant de ses plantations. Il résulte 
de l'intéressante brochure qui lui a été remise par 
M. Trottier, que pour lui l'eucalyptus est jugé ; il est 
destiné à transformer le climat de l'Algérie et à donner 
à la France tous les produits qu'elle tirait autrefois des 
magnifiques futaies de chêne» etdesapins qui couvraient 
nos chères et regrettées provinces l'Alsace et la Lor- 
raine. 

M. Trottier s'est aussi occupé de l'éducation de l'aca- 
cia léiophilla au point de vue de Técorce à tan. Il 
en a planté 3 hectares à la Maison-Carrée. L'analyse 
qu'il.a fait faire de l'écorce de cette essence austra- 
lienne démontre tout 1 intérêt qui se rattache à cette 
culture. L'écorce de cet arbre renferme quinze pour 
cent de tannin tandis que celle de chêne n'eu- contient 
que huit. 

La foi de M. Cordier dans les eucalyptus n'est certes, 
pas moins grande que celle de M. Trottier; Mais, selon 
lui, nous sommes encore aujourd'hui dan^- la période 
d'étude. Les 24.000 plants qu*il cultive à la Maison- 
Carrée, à la Réghaïa ef à Aïu-Taya app^ieunent à 
120 variétés différentes ;. chacune d'elles est l'objet 
d^ soins particuliers ;. il chercha par des moyens ingé- 
nieux, qu'il serait trop long de décrire, quel est le sol 
et le climat, la culture à donner à chacune d'elles et 
mesure consciencieusement l'accroissement qu'elles 
prennent chaque jour, en circonférence et en hauteur. 
Il ne veut pas,^ et bien; sagement selon nous, qu'on 
porte dès aujourd'hui un jugement définitif sur la 
qfialité de bois, dont les plus âg^s n'ont g'uère qu;e 
quatorze ans. et qui sont peut-être destinés^à vivre des 
siècles. 

Les conséquences tirées des propriétés de l'eaca-- 
lyptus venant d'Australie ne lui paraissent pas Cou- 



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— 50 — 

cluantes, car il sait tous les mécomptes qu'éprouvent 
les forestiers en cherchant à acclimater les essences 
d'une région dans une autre qui leur semble cependant 
«e trouver dans des conditions climatériques similaires. 
M. -Cordier paraît devoir^ par ses consciencieuses, 
intelligentes et persistantes études, faire faire de grands 
progrès à la culture de l'eucalyptus. 

Tel n'est paç le point de vue auquel se place M. Arles- 
Dufour, dont la Commission a admiré les 20.000 euca- 
lyptus qu'il a plantés dans son domaine des Sources 
à rOued-el-Halleug. Saus «'occuper outre-mesure 
des hautes destinées qui l'attendent, M.Arlès-Dufour 
comprend tout ce que vaut a-ujourd^hui l'eucalyptus, et 
sait que la mission, en quelque sorte providentielle de 
cette essence, est de venir en aide aux colons^ en amé- 
liorant les conditions climatériques de la région qu'ils 
habitent et en leur fournissant, dans unç période extré* 
mement courte, les bois nécessaires à- leurs exploita- 
tions. Cet agriculteur distingué a donc choisi les variétés 
qui, d'après l'expérience, prospèrent d^ns les terrains 
que comprend son domaine, et a donné à ses plantations 
la disposition rationnelle et systématique qu'elles doi- 
vent avoir pour protéger les cultures contre Tjiction^ 
nuisible des vents du Sud et' de l'Ouest. 

La Commission doit aussi mentionner les travaux 
faits par M. Armand Arlès-Dufour dans le bois de 
SO hectares attenant au domaine des Sources. Cette 
forêt, qui offrait un peuplement d'ormes, de frênes et 
de bois blanc, enchevêtrés de broussailles et de ronces, 
a été, par des travaux successifs et intelligents, trans- 
formée en des prés-bois. Ces travaux méritent d'être 
signalés, parce qu'ils démontrent qu'un propriétaire 
peut, sans nuire k ses intérêts, conserver des portions 
de forêts vouées, semble-t-il, au défrichenient à cause 
de leur situation sur des sols marécageux, et qu'il est 
cependant si utile deconserVer en nature de bois dans 
une contrée où la superficio boisée est si peu considé- 
rable par rapport à la surface totale. 

M, le général Boissonnet a entrepris de rendre pro- 
ductive, par le reboisement, la partie rocheuse de &% 

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— 51 — 

propriété d'El-^Bîar ; il poursuit cette tâche depuis dix- 
neuf ans avec une persévérance digne des plus grands 
éloges, et ses plantations, qui comprennent 75.000 pins 
d'x\lep, sont aujourd'hui complètes et parfaitement 
réussies. Enfin, la Commission a visité les travaux 
entrepris par M. Laval autour de ses glacières situées 
sur les contre-forts de TAtlas qui dominent Blida. 
M. Laval est devenu propriétaire, vers 1860, d'une forêt 
qui offrait alors un peuplement de chênes verts mal- 
venants, rabougris par suite de Tabroutissement et ren- 
fermant de vastes clairières complètement dénudées. 
Il a repeuplé ces clairières par des plantations de châ- 
taigniers, de pommiers, de poiriers et d'arbres fruitiers 
de toute espèce, de sorte que ces lieux, jadis désolés, 
offrent aujourd'hui Taspect d'un luxuriant verger. M. 
Laval résolut ensuite de régénérer sa forêt, tout en en 
tirant le meilleur parti au point de vue industriel. Il fit 
v^enir des Cévennes des ouvriers ayant pour profession 
d'exploiter les taillis de chênes verts au point de vue de 
récorceà tan, et défendit par son énergie, contre l'en- 
vahissement des troupeaux des indigènes., les jeunes 
taillis qui, ayant aujourd'hui huit ans, sont devenus 
tout-à-fait défensables. Bien plus., il résulte du témoin 
gnage du service forestier local, que M. Laval, en 
sauvegardant ainsi sa forêt, a protégé d'une manière 
efficace la forêt communale de Sidi-el-Kebir, que l,es 
indigènes ne pouvaient atteindre qu'en trav-ersant celle 
qui lui appartient. 

La Commission, en suite des considérations ci-dessus, 
a proposé à la Société d'agriculture, qui aratifié ses 
conclusions, de décerner une médaille d'or de première 
dlasse, grand module, à M. Ramel, introducteur de 
l'eucalyptus, et une médaille d'or à chacun des con- 
currents ci-dessus nommés qui ont tous un mérite égal 
quoique ayant poursuivi chacun un objectif différent. 

DOMAINE DES SOURCES (OUED-EL-HALLEUa) 

Les plantations qui ont été faites aux Sources .av,aient 
pour \)ut • 

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— 52 — 

10 D'aBriter les cultures contre les vents desséchante 
d'Ouest et de Sud-Ouest ; 

2° D'assainir, tant par leur ombrage que par les phéno- 
mènes inhérents à toute culture arborescente; 

3° De fournir, dans un avenir rapproché, non-seulement 
les bois de chauffage et de construction nécessaires à l'ex- 
ploitation, mais même des bois pour la vente. 

Le premier résultat à atteindre étant l'abri, on a dû 
pcocéder aux plantations, en établissant des rideaux sys- 
tématiquement orientés, du Nord au Sud et de l'Est à 
l'Ouest : ces rideaux consistent en trois lignes parallèl'es 
espacées de deux à trois mètres entre-rangs et de deux ài 
trois mètres sur rangs. Chaque année, on plante quelques 
lignes derrière le premier abri, en sorte que les jeunes 
plantations protégées contre le couchant et le midi, végè- 
tent dans de bien meilleures conditio;is que si elles eussent 
ét^ faites en rase campagne ;. les rideaux ont de six à quinze^ 
lignes d'éparaseur, l'espacement defi^nitivement adopté est 
de quatre mètres entre-r*ngs et deux mètres cinquante^ 
sur rangs, donnant ainsi i.OOO arbres à l'hectare. 

La propriété des Sources se trouvant orientée du Nord * 
au Sud,, et ayant un« largeur moyenne de 1.500 mètres sur^ 
une longueur d-environ 4.000 mètres, il a suffi d'établir 
deux rideaux parallèles dans le sens de la longueur pour 
les protéger contre les veuts d'Ouest et du Sud-Ouest; un 
rideau planté sur la limite Sud et les plantations faites en 
bordure sur trois routes parallèles se dirigeant dans la 
même orientation, plus une plantation en bosq^uet de deux, 
hectares et coupiant la propriété dans la même sens, abri- 
tent le sol contre l'action desséchante des vents du Siid et 
du* Sud-Est. i 

Bien que les premières plantations ne dépassent pas 
encore dauze à quinze mètres de hauteur, leur action pro- 
tectrice^ Sd^ fait déjà sentir à plus de cent mètres sous le 
vent; tout porte à croire que dans dix ans les arbres 
auront atteint une élévation de vingt-cinq à trente mètres, 
et qu'ils protégeront alors efllcacement toute la surface de 
la propriété; c'est surtout au printemps, alors que la végé- 
tation a besoin de beaucoup d'humidité, que Faction tami- 
sante des arbres 9e fait sentir, et c'est justement à cette 
époque que les grands vents de lequinoxe viennent ab- 
sorber brusquement et en quelques heures les losées et 

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— 53 — 

les averses, coucher les récoltes et briser les jeunes pam- 
pres des vignes. 

Lors de l'invasion des sauterelles, on a pu remarquer que 
les vols, qui venaient tous du Sud-Ouest, étaient obligé* 
de s'élever pour franchir les rideaux d'arbres, et que les 
parties qui se trouvaient immédiatement derrière les 
rideaux étaient moins dévorées ; les arbres, cependant, 
n'avaient alors que six ou sept mètres de hauteur ; lors- 
qu'ils en auront trente ou quarante, peut-être auront-ils 
une action plus efficace sur ce terrible fléau ; en tous cas, 
ils serviront à appuyer les obstacles, tels que feuilles de 
zinc ou toiles, au moyen desquels on peut combattre effi- 
cacement ^'invasion des criquets. 

Si l'influence de brise- vents aussi isolés que ceux qui se 
créent aux Sources est déjà sensible, que sera-elle lorsque 
toute la contrée avoisinante, imitant M. H. Chuffer, aura 
suivi l'exemple donné par M. Arlès-Dufour, 

Sur sol perméable et sain, il convient de planter en oc- 
tobre et novembre. Craignant l'action des .gelées, M, Arlès- 
Dufour avait longtemps hésité à adopter cette époque de 
l'année; mais la dernière gelée du 23 mars, pendant 
laquelle le thermomètre est descendu à 4 <> 8, n'ayant pas 
tué un seul des petits arbres plantés à la fin de novembre 
dernier, Tinsùccès n'est plus à craindre. 

Les principaux avantages de la plantation d'automne 
sont: 1° la facilité d'avoir du plant, les semis de prin- 
temps réussissent beaucoup mieux que ceux de l'automne; 
2*' les frais moindres pour la plantation, les pluies de 
l'automme assurant la reprise des arbres ; 3^ la facilité 
qu'on a de remplacer au printemps suivant les manquants^ 
les arbres remplacés entrent immédiatement en végétation, 
et, avec quelques soins de plus, ne sont pas dépassés et 
étouffés par les autres. 

Dans les terrains humides ou compactes, les racines des 
petits arbres se développent plus péniblement ; une gelée 
. un peu forte tue immanquablement les jeunes arbres 
plantés à l'automne ; dans de telles conditions la planta- 
tion de printemps est seule possible. 

Le terrrain bien labouré et hersé, puis jalonné, on fait 
creuser des trous ayant 40 centimètres de large sur 40 
^centimètres de profondeur et 60 centimètres de longueur ; 
les trous ayant pris l'air, et si c'est possible la pluie, sont 
recomblés en abattant les côtés de façon à ce que la terre 



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— 54 — 

présente une surface travaillée de 60 centimètrea earrés \ 
la plantation a lieu quelques jours après ; Tarbre planté 
se trouve, après tassement des terres, à 10 ou 1& centi- 
mètres en contre-bas du sol environnant^ si la plantation 
a été faite à Tautomne, on donne au printemps un binage 
autour du pied, on le rechausse légèrement, puis on donne 
un labour superficiel qui rejette la terre près des pieds 
(labour de chaussage) ; k Tautomne suivant, on redonne les 
mêmes laçons, seulement comme le labour déchausse, on 
a soin, en binant, de tasser la terre avec le pied afin de 
soutenir le jeune arbre contre les vents et contre le détrem- 
pement du sol en hiver. 

Le coût de la plantation peut s^établir approximativement 
comme suit : 

Labour et hersage 30 francs, 

1.000 arbres en pots 100 

1.000 trous 50 — 

, Remplir les trous 10 — 

Arrosage pour assurer la reprise 5 — 

Plantation et transport 15 — 

210 francs. 

FAÇONS DE LA PREMIÈRE ANNÉE. 

Un ^binage de printemps 15 francs. 

Un labour 15 — 

Un hersage 5 — 

35 francs. 

FAÇONS DE LA DEUXIISHB ANNÉE. 

Un butage d'automne 20 francs. 

Un Jabour 15 — 

Un hersage 5 —- 

40 francs.' 
Après les façons, la plantation qui a de dix-huît mois à 
deux ans est assurée ; elle revient donc, sans compter la 
rente du sol, mais en y ajoutant quinze francs pour frais 
de remplacement des manques, à trois cents francs' par 
hectare ; ce chiffre a été rarement dépassé, et souvent dan» 
les plantajtions d'automne, et lorsque toutes lès façons 
indiquées n'ont pu être données, ou bien encore dans les 
plantations moins denses, il n'a pas été atteint. 
En hauteur, le3 arbres ont grandi dans le domaines da 

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Sources d*environ deux. mètres par an, en prenant la mo- 
yenne des sept premières années; quant à Taccroissement 
du tronc en circonférence, il est de 9 */« ^ '^^ centimètres 
pendant les sept premières années pour des boisements de 
900 à 1.000 arbres plantés à l'hectare, mais réduits d'environ 
un dixième à' la septième année, par suite des manques ou 
de l'élimination des sujets rachitiques. 

Les plantations, commencées en 4869, ont été continu<ées 
îsans interruption ii raison de deux à trois mille arbres par 
an et s'élèvent à ce jour à environ : 

49.000 arbres en massifs couvrant 49 hectares; 4.000 af 
bres «n bordure sur les chemins; total, 20.000 arbres. 

Les pricipales variétés sont: le Globulus, le Red Guw,, 
le Red'Gum dit Tenter field, le Colossea, le Casuarina, 
le Giéviltex et\e Mèlaxiosylon ; qaelqvLes spécimens de va- 
riétés tels que : Occidentalis, Rostrata, Flooded-Gum, 
Mègacarpa et ¥imi7f,alis ont très bien végété. 

Dans la partie haute, où se trouvent les plantations les 
mieux réussies et les p)us prospères, le terrain se compose 
d'une bonne couche arable de terre franche argilo-c^leaire 
d'une épaisseur de 30 centimètres ii un mètre, reposant sur 
des schistes terreux d'une grande épaisseur et ne contenant 
pas d'humidité. 

Dans la partie basse, les terres sont pl}is argileuses; l'e^u 
est à peu de profondeur, et l'argile plus ou moi;is rap- 
prochée de la surface rend les résultats très variaJbles. 

Mais si le reboisement est une opération capitale, la 
conservation des bois existant ne présente pas un moindre 
intérêt; or, la propriété des Sources comprenait 57 hec- 
tares de forêts dont les essences dominantes sont le frêne, 
l'ormeau et le tremble ; ces bois étaient tellement envahis 
par les ronces, comme le sont toutes les forêts humides ou 
marécageuses de la Mitidja, qu'elles constituaient un ma- 
quis a peu près impénétrable. 

Convaincu de cette vérité, le propriétaire résista résolu- 
ment aux avis de ses voisins qui lui conseillaient de défri- 
cher ce massif, et songea à le transformer en prés-bois ; 
le débroussaillement fut commencé en 1870, tantôt avec 
l'aide de pénitenciers militaires, tantôt au moyen de 
la main-d'oeuvre libre ; le coût du simple débroussaille- 
ment a dû dépasser cent francs par hectare ; mais cette 
première dépea&e 9^ été plus que couverte par le pro- 

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— -56 — 

•Suït des éclaircies. Un troupeau de chèvres, pris en 
pacage pendant leté, a empêché les ronces de prendre le 
dessus, ce qui a permis de procéder graduellement à Tex- 
tirpation de celles qui avaient résisté. Cette seconde opé- 
ration, ans laquelle la forêt serait tôt ou tard revenue à 
son état primitif, puis Télagage des arbres, qui a permis k 
l'air et au soleil de pénétrer jusqu'au sol, et enûn l'ouver- 
ture dans le sol de tranchées facilitant l'écoulement des 
eaux de sources et de pluie, constituent une dépense 
d'au moins cent cinquante francs par hectare ; le sacrifice 
d'argent et de temps a été largement compensé par les 
résultats obtenus ; graduellement le sol s'est couvert d'her- 
bes, et la nature des herbages s'améliorant d'année en 
année, on peut prévoir que dans deux ou trois années il y 
aura là des prairies d'été de premier ordre ; d'autre part, 
les arbres, débarrassés des ronces et des lianes qui les 
étouffaient et des basses branches qui les déjettaient, se 
sont mis à végéter avec une vigueur surprenante, ce qui 
permet d'espérer qu'ils donneront un produit d'au moins 
sept à huit cents francs par coupe tous les vingt ans, ce 
qui, en tenant compte de l'intérêt composé, doit représen- 
ter un revenu annuel d'environ trente francs par hectare ; 
or, comme on ne peut évaluer aune somme moindre les pro- 
duits du pâturage, il résulte que le revenu du sol estimé 
au plus bas, est encore très supérieur à la rente moyeïine 
de la contrée qui, pour ces terres basses et humides, ne 
dépasserait guère trente-einq à quarante francs. 

Sur les 54 hectares dont se composait le massif, il n'en 
reste plus que 5 à mettre en état; le propriétaire espère les 
achever en 1877. 

PLANTATIONS DE M. TROTTIER. 

M. Trottier a entrepris de vastes plantations à Hus- 
sein-Dey, au Fondouk et à la Maison-Carrée. 

On peut résumer de la façon suivante les résultats 
qu'il a obtenus : 

Hu$sein-Dey. — Le sol <ie la plantation qui a 3 hec- 
tares d'étendue, est argilo-siliceux, et peu humide ; il ne 
•contient que l'humidité capillaire et pas de couche aquifère 



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— 57 — 

» . 

jusqu'à Targile bleue ; aussi les eucalyptus en massif ne 
trouvant pas Thumidité nécessaire s'arrêtent dans Tété. 

Ces plantations^ faites en 1867 et 1868, comptaient au 
début 2,000 sujets par hectare ; la première coupe enleirant 
la moitié des arbres n'a eu lieu qu'après trois ans. Di<s^ 
trayant les arbres sans valeur, il y a eu 600 tiges vendues 

au prix moyen de f r. 50 c, soit. 300 fr. 

De 1870 au 26 août 1874, on a enlevé successi- 
vement 200 arbres par hectare, à 2 fr. l'un., 400 » 
Le 26 août 1874, 100 eucalyptus vendus 4 f r. l'un 400 » 
Le 14 août de Tannée suivante, 63 ont été 
ooupés et employés à une construction qui 
aurait exigé neuf mètres de poutrelle, soit 
à 80 fr. le mètre, 720 fr., ce qui met la tige 

d'eucalyptus à 11 fr. 40 c , . 720 » 

En janvier et février dernier, il a été abattu, sur 
l'hectare d'expérience, 186 arbres actuelle- 
ment en magasin, à 6 fr. l'un 1 . 116 » 

Environ 469 eucalyptus restent en teri^, leur 
valeur actuelle est de 8 fr. l'un 3.600 » 

Soit un total d'une valeur de 6.536 fr. 

Un hectare d'eucalyptus représente donc h la neu- 
vième année une recette brute de 6.536 francs* 

Il est à observer que la charpente de la construction 
dont il a été parlé ci-dessus, a été faite avec des eucalyp- 
tus de huit ans, abattus le 14 août, employés le 20 novem- 
bre, et à cette heure aucun mouvement de flexion ne s'est 
produit. 

Le charronnage qui emploie des eucalyptus, surtout 
comme flèches de charrie ts, s'en déclare satisfait. 

Des rayons de roues, faits en eucalyptus il y a six ans, 
et adaptés à une voiture qui sert journellement, sont en 
parfait état. 

Fondouck,— Les plantations ont été faites de 1867 à 1870 
elles couvrent 28 hectares. La régularité de végétation et 
l'aspect de bonne venue des Red-Gum, est remarquable 
dans toutes les parties où le sol, composé d'une terre rouge 
graveleuse et sèche, ne convient pas à l'eucalyptus globulus. 

Il en est de même sur un terrain alluvionnaire d'excel- 
lente qualité, mais peu profond .et reposant sur une couche 
de galets. Les globulus qui sont splendides là où. cette/ 
co.uche n'existe pas, ont succombé partout où ils l'ont ren- 

5 



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— 58 — 

contrée et devront être remplacés par des Red-Gum qui 
peuvent perforer facilement cet obstacle infranchissable 
a^x racines de Teucalyptus. 

Maison-Carrée, — Après les eucalyptus, le grand intérêt 
des plantations de la Maison-Carrée est le taillis d'acacias 
lèiophyllaetcéanophylla dont Técorce, très riche en tannin, 
paraît destinée à faire une révolution dans l'industrie de la 
tannerie, puisque, d'après des expériences très sérieuses, 
elle contiendrait de 23 à 25 *U de tannin, alors que celle du 
chêne n'en renferme que 6 à 7. Il pourrait donc y avoir là, 
pour lavenir, un riche produit d'importation. 

En outre, cet acacia paraît résister très bien à la séche- 
resse, et s'accommoder des mauvais terrains ; près de la 
maison de l'Archevêque a la Maison-Carrée, sur un rocher 
où le lentisque n'avait qu'une végétation rabougrie, les 
acacias céanophylla et léiophylla, forment un taillis d'assez 
bonne venue. 

En. 1874, il y avait à la Maison-Carrée 5.000 de ces aca- 
cias, couvrant 3 heStares, dont 1.000 plantés en 1873; ces 
derniers ont résisté aux sauterelles d'abord, aux criquets 
ensuite ; il n'en a pas été de même pour ceux plantés en 
1874 ; ils ont été radicalement détruits. Mais rétablis en 
1875, ils sont aujourd'hui en bonne voie. 



II. — hëmoires 



Commission 

MM. Ville, président ; Bertrand, Cordier, Hardy, Ma- 
res, Reverchon, membres de la Société d'Agriculture. 



Aux termes du programme, les mémoires présentés 
devaient traiter exclusivement de l'agriculture algé- 
rienne ou de l'industrie vinicole. 

Parmi les dix concurrents, plusieurs ont dû être 
écartés comme ne remplissant par les conditions vou- 
lues. 



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— 59 — 

Nous n'avons pas du reste à examiner ici là valeur de 
ces travaux sur lesquels la Commission s'est prononcée 
après un examen approfondi ; notre seule tâche con- 
siste à faire remarquer que l'Algérie agricole sort de 
la période des tâtonnements pour suivre dans toutes 
les branches de culture une pratique rai^onnée, que 
facilitera singulièrement la vulgarisation des résultats 
obtenus par d'habiles et nombreux expérimentateurs ; 
à ce titre, nous manif^estons le désir de voir bientôt livrés 
à rimpression les mémoires manuscrits qui ont été 
jugés dignes de récompenses. 

On ne saurait, en effet, trop encourager la publica- 
tion des ouvrages traitant en général de TAlgérie, et, 
surtout, de ceux consacrés plus spécialement aux 
questions 'agricoles. 

Quels services ne sont pas en effet appelés à rendre 
notamment : la carte des climats de V Algérie, par M. 
0. Mac-Carthy. président de la Société de climatologie 
d'Alger, et le Traité de zootechnie, dédié au cultiva- 
teur algérien, par M. Bonzom, membre de la Société 
d'agriculture. 

La connaissance du climat d'une contrée est une 
condition aussi indispensable à la réussite d'une .entre- 
prise agricole, que l'est à un éleveur celle 'des races 
les plus propres à Tacclimatation et des soins qu'elles 
réclament. Les travaux ci-dessus suppriment toute 
hésitation. La carte de M. 0. Mac- Carthy permettra 
à l'immigrant de choisir avec certitude le climat le plus 
appropriée sa constitution. En prenant pour guide 
notre savant collaborateur M. Bonzom, l'éleveur 
algérien est assuré de ne pas faire de coûteuses écoles 
et de concourir, dans la mesure de Ses moyens d'action, 
au but patriotique et économique poursuivi par Fauteur 
et qui peut se résumer en quelques mots : 

Enrichir la France transmédil;erranéenne et dégrever 
du même coup la mère-patrie du lourd tribut qu'elle 
paie à l'étranger, par la production en Algérie d'une 
quantité de viande de boucherie suflBsante pour répon- 
aux besoins sans cesse grandissant des deux pays ; 
assurer par des engrais abondants la fertilité d'un sol 

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— 60 — 

qu'épuiserait la culture irréfléchie des céréales sur une 
trop grande échelle. 

À un autre titre, l'ensemble des ouvrages publiés 
parle Gouvernement général, et exposés hors concours 
par le Bureau central de renseignements généraux et 
de statistique, offrait le plus vif intérêt. 

Tout le monde est unanime à reconnaître que le 
plus grand tort de TÂlgérie est de n'ôtre pas assez 
connue; or, le Gouvernement général a adopté un des 
moyens les plus propres à éclairer la mère-patrie et 
l'étranger sur les merveilleuses ressources de l'Afrique 
française, en créant un Bureau qui livre gratuitement, 
à tous ceux qui veulent le consulter, des renseigne- 
ments précis sur toutes les matières intéressant l'im- 
migration, la colonisation, l'agriculture, l'industrie, 
le commerce, les lois et règlements spéciaux. 

L'Exposition a fourni une heureuse occasion de faire 
apprécier l'importance des matériaux déjà réunis, et 
celle des lacunes qui restent encore à combler. 



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CBiPiTRE n 



TROISIÈME DIVISION 

ANIMAUX REPRODUCTEURS ET AUTRES 



CONSIDÉRAtlOiîS QÉNéBALES SUR LBS ANIMAUX PRÉ- 
SENTÉS A l'exposition- 



Le bétail, a-t-on dit avec raison, est Texpiresaon de 
l'état de l'agriculture. L*Exposition qui vient d'avoir 
lieu a confirmé, cet axiome d'une manière frappante. 
Tous les spécimens des races européennes semblaient 
avoir été réunis à côté de nos races indigènes plus tôt 
à titre de point de comparaison que dans un but de 
concours. 

C'est ainsi que, & côté du cheval de nos provinces 
africaines et du pur sang syrien auquel il se rattache 
par son origine ; nous avons vu figurer le métis prove- 
nant de l'étalon français et de la jument du pays, €t 
celui résultant du croisement inverse de jumeots d'ori- 
gine bretonne, percheronne, auvergnate, voire mên^ 
normande avec l'étalon barl^. 

Dans l'espèce bovine, les variétés ont été tout aussi 

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— 62 — 

nombreuses, et Ton a pu remarquer d'abord : le taureau 
Durham-charolais avec sa belle prestance, atteignant 
à 26 mois le poids de 609 kilogrammes. Puis le Cha- 
rolais ayant donné avec la vache de Guelma des métis 
demi sang et trois quarts de sang fort remarquables. 

Plus loin, rétalon de TAriège (race de St-Girons) 
qui, par son accouplement avec des vaches indigènes 
choisies, a produit des sujets fournissant après leur 
première mise-bas, 12 et 15 litres de lait. A côté, le tau- 
reau gascon et ses rejetons à grosse ossature promet- 
tant de bons sujets de travail. 

Puis les races anglaises d'Ayer fournissant 18 à 20 
litres de lait, les bretonnes et les suisses (de Fribourg) 
encore meilleures laitières. 

Enfin le produit du zébu avec le Guelma et le 
Charolais. 

Tout agronome soucieux de Tavenir, ne saurait voir 
dans Texhibition de ces diverses races qu'une confusion 
regrettable, qu'un mélange de sang pouvant être pré- 
judiciable au développement et à l'amélioration de la 
population animale de ce pays. Et cependant, ce fait, 
si anormal qu'il puisse paraître, est la conséquence 
de la marche progressive qui ^'effectue dans notre agri- 
culture. 

L'Algérie, en effet, suivant la loi commune, tend à 
modifier ses productions, à les mettre en rapport soit 
avec les nécessités particulières que lui créent les ten- 
dances et le goût des populations nouvelles que la 
colooisation développe chaque jour, soit avec lesbesoins^ 
qui résultent des nouveaux procédés de culture. 

Quelques mots d'explication justifieront nos dires. 
Au début de la conquête, l'incertitude du lendemain, 
les difficultés d'installation, le manque d'affourage- 
ments et d'abris, le défaut de main-d'œuvre et peut- 
être aussi de savoir, firent que le cultivateur suivit 
en bien des points la routine de l'Arabe. Que lui impor- 
tait d ailleurs le bétail; ne trouvait-il pas un stock con- 
sidérable abaissant la valeur commerciale des plus 
beaux sujets à 60 et 70 francs? En présence d'une 

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— 63 — 

«einblable dépréciation , y avait-il opportunité à produire 
aoit des travailleurs, soit de la viande de boucherie ?. . . 

Evidemment non. Le bétail resta donc ce qu'il était ; 
tout au plus, prit-on soin de lui donner un supplément 
de nourriture et de lui créer des abïis. 

Plus tard, au fur et à mesure que se firent les amé- 
liorations culturales, Tagriculteur chercha à perfec- 
tionner son cheptel. 

Xïomment procéder? Le cheval, malgré sa pétulance 
et son énergie, était peu fait pour les travaux de char- 
roi ; le bœuf, petit, rabougri, de chétive corpulence, 
ne convenait guère mieux pour les travaux agricoles ; 
d*un autre côté sa nature rustique et nerveuse le 
rendait impropre à Tengraissement. 

En présence de tels faits, quelques-uns prirent la 
peine de distinguer les belles familles, de jes accoupler 
avec soin et d'aider le développement des produits par 
une nourriture large et copieuse. 

Mais la majeure partie des cultivateurs, songeant aux 
belles races de leur pays d'origine, firent venir à grands 
frais, soit des mâles et des femelles, soit des mâles 
.seulement, et s'adonnèrent d'une manière absolue au 
croisement. 

Quelles ont été maintenant les conséquences de ces 
deux systèmes? C'est ce que nous allons étudier en en- 
visageant en particulier chacun des types qui ont figu- 
rés au Concours. . 



ESPÈCE CHEVALINE 



Commission 

MM. Vân Masseyk, président ; De Belleroche, Maillard, 

DE RlCHEMONT, SiPlÈRE, DUPRÉ DE St-MaUR, FaBRE, 
HURÉ, BOBIN. 

L'espèce chevaline, avons-nous dit, a été fort bien 
représentée, mais par des types différents qu'il con- 
vient d'étudier séparément. 

De tf es 'beaux sujets de race barbe, nés et élevés 

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— «4 — 

cheK TexpasaBt, ont fait regretter à la Société d'agri- 
' culture de ne pouvoir donner à leurs propriétaires des 
prix nias en rapport avec le mérite des sujets et reten- 
due aes sacrifices imposés. 

La Société a été d'autant plus unanime dans ces re- 
grets vis-àr-vis des producteurs ducbeval indigène, que 
la majorité de nos colons abandonne cet élevage 
pour entreprendre celui du cheval croiséi 

Des raisons nombreuses semblent militer en faveur 
de cet état de choses ; il nous appartient de juger dans 
ce travail si elles sont fondées. 

Les producteurs européens affirment que le cheval 
croisé, en raison de sa force et de sa tranquillité, oflSre 
de plusgrands avantages pour les travaux de la ferme 
que le cheval indigène ; que de plus, dans le com- 
merce, iies|; d'un écoulement plus facile, et qu'enfin 
la i^monte ne paie pas suffisamment les choix qu'elle 
fait pour Tarmée. 

Nous sommes d'avis que le cheval fort et puissant 
est préférable pour les travaux de charroi que le cheval 
petit, léger et agile qui forme le type de notre cava- 
lerie. Mais nous avons peine à croire que les lourds 
chevaux, dont les seules qualités sont la taillefet le 
poids, dont les formes sont massives, les allures courtes 
et pesantes, les pieds évasés, 4ont la lymphe remplace 
le sang, soient bien, réellement le type rêvé par nos 
cultivateurs. 

Si cela est, hâtons-nous de leur dire que leur rêve 
est irréalisable. Il est sans doute facile de dénaturer 
une race, de labâtardir, mais il n'est pas toujours 
facile d'en constituer une, parcequ'il y a au-dessus de 
la volonté de l'homme une influence considérable avec 
laquelle il faut Compter : il y a l'influence des milieux, 
ou si Ton veut, des agents extérieurs. Et Ton entend 
par là, tout ce qui se rapporte aux conditions naturel- 
les au millieu desquelles vivent les animaux domesti- 
ques et notamment l'air atmosphérique. L'air ^atmos- 
phérique est un modificateur de premier o^dre, il 
joue un rôle capital sur l'organisation et le dévelop- 
pemjsnt des individus, animaux et végétaux, selon 

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— «5 — 

sa température, selon son degré d'hygrométricfté. 

Le sol vient en seconde lîgroe ; mais par la nature et 
la qualité de ses productions, il régit le règne animal 
et en modifie, de façons diverses, le développement. 

Pour tout dire, en un mot, ce sont les influences de 
milieu qui ont créé les races et les maintiennent sous 
leur dépendance. 

L'homme peut jusqu'à un certain point s'y soustrai- 
re ; — mais cependant, est-ceque l'habitant des régions 
équatoriales ne diflTère pas sensiblement de celui des 
régions septentrionales, et cette différence ne s'accuse- 
t-elle pas d'une façon sensible même chez les habi- 
tants d'une môme nation ? Est-ce que le méridional 
remuant et sanguin-nerveux de la France ne diffère 
pas d'une façon absolue du fin Normand. 

Dans les espèces animales, les différences s'accusent 
d'une manière plus sensible. L'on aura beau fa?-*. . 
quand bien même l'homme se mettrait en lui^ con- 
tinuelle avec ces influences, il n'arriverait pas à les 
(éviter. En veut-on un exemple bien frappant? Il est 
tout entier dans l'histoire du pur sang. 

Pour cela, nous laisserons la parole à M. Gayot, 
ancien directeur des Haras, aujourd'hui encore à la 
tête de nos établissements hippiques de France. 

Le cheval de pur sang anglais, nul ne Tignore plus à 
présent^ n'a été dans ses commencements, c'est-à-dire pen- 
dant près de deux cents ans, que la reproduction exacte 
et entière du cheval noble d*A.rabie ; après la race anda- 
louse, il a été la première naturalisation du cheval de pur 
sang en Europe. Reproduit dé toutes pièces sous des in- 
fluences climatériques trçs différentes de celles de la mère- 
patrie, le cheval arabe n'a pu être, acquis au sol de l'An- 
gleterre qu'au prix dé soins très attentifs et très suivis. 
Ces soins, d'ailleurs, maintenant érigés en système partout 
où l'on reproduit la race pure, ont été calqués en tout sur 
le régime adopté de temps immémorial par les Arabes ; 
régime fort simple en soi, si difficile qu'il paraisse dans 
la pratique, en tant du moins qu'on en mesure les forces 
par le petit nombre des résultats achevés qu'il est possi- 
: ble d'en obtenir. Il consisrte dans l'appatronnement judi- 
cbut des sexes, en d'autres termes dàni» la sélection bien 

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comprise de ceux de ses produits qui montrent le plus de 
perfection, qui répètent au plus haut degré les qualités 
physiques et morales inhérentes au pur sang. C'est le 
mode de reproduction en dedans, car la première attention 
h avoir, c'est de préserver la race de toute mésalliance, de 
tout contact avec des animaux dont la pureté ne serait 
pas parfaitement reconnue, dont les qualités n'auraient 
. pas été authentique ment constatées, dont la conformation 
ne présenterait pas tous les caractères de régularité et 
d'harmonie qui font la bonne et solide structure, qui sont 
aussi une garantie d'aptitude et de haute valeur. 

Trois conditions essentielles président donc à la conser- 
vation des races pures, savoir : 

Ce que les Anglais appellent le pedigree^ c'est-a-direJa 
connaissance généalogiq^ue, Tillustration de la famille, la 
pureté du sang, la noblesse de l'origine ; 

Les performances, ou Thistoire raisonnée des épreuves 
auxquelles ont été soumis les individus, les recherches 
sur les succès obtenus par des rivaux plus heureux ou 
plus capables ; en^n la connaissance des causes des défai- 
tes constatées ; 

La SYMÉTRIE dans les fortnes et dans les proportions, 
c'est-à-dire la parfaite concordance entre toutes les par- 
ties du corps, les dispositions les plus heureuses de la 
charpente squelettaire, le développement cbnvenable dn 
système musculaire et tendineux, l'agencement régulier 
et solide de tous les leviers, l'absence de tares hérédi- 
» taire s. ' 

Avec un pareil programme, il est impossible de s'égarer 
et faire fausse route. Son application constante assure la 
permanence des races pures et la conservation entière 
des brillantes qualités qui la mjettent'au premier degré 
de réchelle de l'espèce. 

Elle embrasse tout à la fois le principe et le fait ; elle 
reste fidèle à la pureté du sang, à son homogénéité; elle 
sauvegarde la forme qu'elle maintient pure également, 
c'est-à-dire correcte et libre de toutes les tares qui peu- 
vent la déshonorer même chez les individus les mieux 
nés. Elle pousse à la perfection, en opposant une barrière 
toujours ferme à la déchéance. Mais, qu'on ne s'y trompe 
pas, ce résultat est difficile à obtenir ; c'est du grand ' 
nombre seulement qu'il peut sortir. Toute production trop 

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— 67 — 

restreinte- denreure forcément impuissante; les sujets bien 
doués, auxquels seul doit être dévolue la tojche de conser- 
ver à la race son niveau le plus élevé, ne peuvent naître 
qu'excepti<wiBellemeîit d'une population considérable. 

liB renouvellement de celle-ci appartient à toutes les in- 
dividualités qui ne portent aucune souillure ; mais la trans- 
mission entière des qualités unies à toutes les perfection» 
. de la forme est l'apanage de quelques-uns envers qui l? 
nature a été prodigue, car elle les a doués au plus haut 
point. 

C'est en procédant ainsi que les Arabes ont conservé aa 
cheval toutes les beautés de la forme et ces qualités bril- 
lantes que Ton a appelées la force, la rapidité, la souplesse, 
la résistance, le fond. 

C'est en procédant ainsi que Us Anglais, important chez 
eux la race arabe pure, ont pu s'en approprier le type et 
le reproduire toujours le même, sinon absolument dans 
la forme, au moins ^ns son essence. 

Pris a sa source, le cheval est un moteur. En Arabie, 
c'est tout simplement la vapeur du désert, non rigide 
toutefois comme une puissance mécanique et matérielle, 
mais un moteur animé, essentiellement modifiable dan» 
sa forme &t dans ses actions en raison des différents mi- 
Heux 0Ù: il peut être transporté. 

En Angleterre, dans toutes les contrées fertiles et hutni- 
des, les agents modiôcateurs, dont l'inflîuence pèse- sur la 
vie, poussent à l'expansion, au développement de- la taille, 
au grossissement de la fibre musculatireet des tO'rmes, au 
grand volume des os. Et taiïdis qi;e ce résultat, insensi- 
ble ellent se produit, d'autres modificati«^i>s physiologi- 
ques peuvent être provoquées par l'effet seul du travail 
imposé de bonne heure aux produits, De là, comme consé- 
quence nécessaire, inévitable, un déplacement plus ou 
moins considérable, plus ou moins heureux dans l'harmo- 
nie des formes, dans les proportions des diverses parties 
de l'ensemble ; bien plus encore, dans la pondération di« 
qualités, dans la répartition des forces, partant, i^ie con- 
formation différente, des aptitudes nouvelles, des perfec- 
tionnements partiels, mais, par compensation, des affaiblis- 
sements correspondants, et, si l'on exagère enfin, un type 
distinct extérieurement, car le principe môme, le sang, 
n'a point été atteint. 

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— 68 — 

Âiaai donc, sous l'influence du climat brumeux de 
l'Angleterre, le pur sang arabe s'est complètement 
modifié dans ses formes ; le sang seul, source généx^^- 
trice de toutes qualités physiques et morales, a pu êtr? 
conservé grâce aux soins intelligents et assidus dont 
il a été entouré. 

En prenant ces faits pour règle de conduite, on 
comprendra que chercher à produire, à l'aide de croi- 
sements plus ou moins judicieux, un cheval plus volu- 
mineux, un carrossier en un mot, c'est s'exposer 
d'avance à desmésalliances sans avenir, car tôt ou tard, 
c'est-à-dire à la deuxième ou troisième génération, 
ces produits, perdant l'ampleur corporelle de leurs 
ancêtres, reviendront au type local avec un décousu de 
formes et un manque de vigueur qui les placera dans 
des conditions d'infériorité manifeste avec les races 
pures. 

Si, au contraire, loin de puiser dans les diverses 
races étrangères, on s'attache à faire choix dans notre 
race arabe de géniteurs à forte corpulence et ayant de 
la valeur, on arrivera, grâce à une nourriture et à des 
soins appropriés, à l'obtention de produits supérieurs. 
Qu'on ne l'ignore pas, c'est du choix des auteurs que 
dépendent les qualités des produits. 

Il appartient aussi à radministration de nos remon- 
tes de seconder les éleveurs européens, et, pour cela, 
il fiant qu'elle mette à leur disposition des étalons plus 
étoffés et choisis' avec soin; il faut aussi qu'elle se 
résigne à élever les prix. En agissant ainsi, elle modi- 
fiera les tendances des éleveurs et les fera tourner à 
son avantage. A défaut d'intérêt, le patriotisme doit le 
lui conseiller. 

On sait que la production chevaline de France n'est 
pas suffisante pour fournir à la remonte de notre cava- 
lerie, et que, maintes fois déjà, îl a fallu recourir à la 
production étrangère ; d'un autre côté, le barbe est le 
cheval de troupe par excellence. En Crimée, au Mexi- 
que, €^ Italie comme en France, il s^est toujouri^ mon- 
tré le môme, sobre, rustique, plein de vigueur et de 
force ; c'est que, malgré certains vices de forme, il a 

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— 69 — 

conservé encore beaucoup de la richesse du sang- 
oriental dont il dérive. 

Les raisons que nous venons de faire valoir en fa- 
veur de la production du cheval barbe nous paraissent 
assez fondées pour que nous puissions espérer voir 
Tadministration des remontes et les éleveurs adopter 
nos vues. 

Malgré cela^ nous tenons à ajouter un fait autrefois 
signalé par un vétérinaire principal de Tarmée d'Afri- 
que, M. Lescot^ de regrettée mémoire, et qui semble 
avoir frappé plusieurs hommes aimant le cheval et 
soucieux de son avenir. Je veux parler de la diminu- 
tion croissante qui se manifeste dans le chiffre de la 
production chevaline indigène, et Tétat, chaque jour 
moins prospère, des sujets qu'elle fournit à la remonte. 
Autrefois, disait M. Lescot en 1868, les chefs indi- 
gènes possédaient un certain nombre de belles ju- 
ments, aujourd'hui ils n'en montrent pins que de mé- 
diocres ou bien même n'en possèdent plus du tout. 
Là cause en est dans ce fait , que ces animaux ont été 
remplacés par des mulets, des bœufs et des moutons. 

A quelles causes doit-on attribuer ce changement 
si nuisible à la multiplication et à l'amélioration de 
l'espèce chevaline ? En grande partie à ce que, depuis 
la conquête et sous la protection de l'autorité fran- 
çaise, le cheval n'est plus, comme dans les temps pas- 
sés, un instrument de première nécessité pour l'attaque 
et la défense. Avant nous, l'Algérie était livrée au bri- 
gandage, à la spoliation et à la rapine de tribu à tribu. 
Aujourd'hui cet état de choses a complètement cessé. 

Le coup porté par nos lois et règlements à la féoda- 
lité arabe a considérablement rabaissé la puissance et 
le despotisme des grandes familles indigènes qui, sous 
la volonté absolue de leurs chefs, disposaient en maî- 
tresses des hommes et des choses. 

A cette époque, où la force était la seule loi, ce» 
grands chefs, dans l'intérêt de leur pouvoir, étaient 
tenus de conserver sous leur domination le plus grand 
nombre de cavaliers en état de prendre les armes. Ils 
tenaient ainsi dés goums plus ou moins nombreux aous 

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— 70 — 

le joug de leur autorité ; ils leur dictaient des lois et 
leur donnaient des ordres, et, dans un but de conser- 
vation personnelle, ces tribus étaient tenues d'obéir. 

Ces grandes familles veillaient avec soin et beau- 
coup d'intelligence à la conservation des races qui 
leur avaient été léguées traditionnellement, et elles 
entretenaient pour la remonte de leur cavalerie des 
étalons de choix que les masses, placées sous leur dé- 
pendance, étaient trop pauvres pour pouvoir entrete- 
nir elles-mêmes. 

Les grandes commotions inhérentes à la conquête 
-ayant fait écarter ou disparaître la plupart de ces gran- 
des familles aristocratiques qui avaient été et devaient 
être les ennemis les plus implacables de notre domi- 
nation, le commandement des tribus fut confié à des 
familles plus fidèles, de moins haute naissance, et sou- 
vent même à des indigènes appattenant aux plus bas- 
«"es classes de la société musulmane. 

On ne pouvait alors faire autrement ; cette manière 
d'agir était sans doute commandée par la néces- 
sité de conserver nos conquêtes et d'assurer la s' - 
curité, mais l'espèce chevaline devait forcément 
perdre beaucoup de son ancienne splendeur par suite 
d'une semblable situation. 

A ces causes premières, il faut en ajouter d'autre^ 
survenues ultérieurement, et qu'il n'était guère pluo 
facile d'éviter ; nous voulons parler des corvées impo- 
sées à tous les chevaux ou juments de quelque valeur, 
soit pour les convier impérativement à nos courses 
et à nos réjouissances publiques, soit pour les réqui- 
sitions ordonnées par la nécessité, lorsqu'il s'agissait 
de réprimer une insurrection. Il est facile de com- 
prendre, dès lors, que, sous tous ces rapports et dans 
les moindres caïdats, les mulets, les bœufs ou les 
moutons offraient plus de tranquillité à leurs proprié- 
-i€Îres que les belles juments et les chevaux d'élite. 

Il ne faut par perdre de vue que ces corvées ou ré- 
quisitions, conséquences des nécessités de la guerre, 
sont loin de présenter sous notre domination le même 
caractère quautrefois, sous les Turcs. Avec nous, 



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— 71 — 

FArabe cherche à éviter une simple fantasia., souvent > 
trop onéreuse pour lui ; il fuit, bien plus encore, les 
dangers de la guerre que nous suscitent certaines 
tribus révoltées. Sous la domination des Turcs, la situa- 
tion était toute diflférente, l'Arabe ne pouvait se sous- 
traire à de telles exigences sans encourir, pour lui- 
même et pour les siens, toutes les rigueurs d'une dé- 
faite : en un mot, sous le régime arabe, un bon cheval 
k la corde était l'instrument de salut, tandis que sous 
l'occupation française, il est plutôt un objet de contra- 
riétés, et une cause de dangers que l'indigène préfère 
voir peser exclusivement sur nos soldats, 

L'Arabe s'est donc habitué insensiblem€tiit à se lais- 
ser protéger ; il est devenu moins belliqueux et beau- 
coup plus mercantile. Il trouve aujourd'hui plus avan- 
tageux de vepdre son orge ou d'élever des bœufs et 
des moutons qui se nourrissent tout seuls, que de pro- 
duire des chevaux dont l'élevage est beaucoup plus 
chanceux et coûte davantage. 

On reconnaîtra sans doute, comme nous, qu'il y a 
dans cet exposé un grand fond de vérité, et que plus 
lia*, colonisation progressera, moins il faudra compter 
aur la production indigène. 

Il importe donc, pour rétablir Téquilibre, que le 
cultivateur s'adonnje à cette production, et comme nos 
colons sont loin de pïaqer le cheval au môme niveau 
que l'Arabe, pour lecjuel il représente gloire, richesse 
et honneur, il faut, si Ton ne veut tomber dans une 
infériorité trop marquée, les encourager par tous les 
moyens possibles. 

La Soqiété hippique qui s'est constituée, il y a bien^ 
tôt trois ana à Alger, ne poursuit pas d'autre but : en- 
courager l'éleveur européen et le mettre à même de 
faire juger de la valeur de ses produits. 

Que la Commission des remontes le comprenne, 
comme l'a si bien compris M. le Gouverneur général 
ainsi que le Conseil général du département, et l'on 
arrivera, dans une certaine mesure, è^ prévenir un 
entraînerçient malheureu?: qui, s'il se continuait, i;iou» 
amènerait fatalement à l'abâtardissement d'une race, la- 



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— 72 — 

quelle jusqu'à ce jour, aétéd'un grand secours pour nos 
armes, et doit plus- que jamais être à môme de servir 
efficacement au premier appel de la mère-patrie. 

A côté du barbe, il y aie cheval syrien dont nous 
devons dire deux mots, en raison des beaux sujets de 
cette race présentés parM. Arlès-Dufour. Ces chevaux, 
dont la remonte possédait en 1873 soixante-trois types, 
se distinguent par leur élégance, la rectitude de leurs 
lignes et.de leurs aplombs, la belle expression de leur 
tôte^ leur front large et superbe, signe de l'intelli- 
gence. 

Alliés avec nos juments du Sahara, ils donnent de 
très beaux produits qui rappellent en bien des pointa 
les plus beaux résultats de la race de Tarbes croisée 
avec l'anglais; Ils n'oflfrent peut-être pas, com- 
me chevaux de troupe, la résistance des vrais barbes, 
leur rein est un peu long, et il ne faut pas oublier que 
le cheval de troupe monté avec son harnachement ne 
porte pas moins de 100 kilogrammes, mais leur élégance 
les fera toujours rechercher par le commerce. Sous ce 
rapport, ils peuvent donc satisfaire lès goûts des culti- 
vateurs qui réclament des sujets d'une valeur commer- 
ciale plus considérable. 

C'est à M. Arlès-Dufour que Ton doit les plus beaux 
types qui ont figuré à l'Exposition. H nous appartient 
de dire comment il a été amené à les produire. 

Jusqu'en 1871, M. Arlès-Dufour avait fait du cheval 
barbe ; mécontent du prix modique qu'en offrait la re- 
monte et de l'insuffisance de ses produits pour les tra- 
vaux de la ferme, il résolut de tenter deux genres d'opé- 
ration : la production du cheval de pur sang et celle 
du cheval de gros trait ; la première, en vue du 
commerce; la seconde, en vue de satisfaire aux né- 
cessités de son exploitation. 

Nous ne dirons rien de la production du cheval degros 
trait qui n'offre aucun intérêt. Pour ce qui est du pur 
sang, deuxjumentsetun étàlonfurent acquis en Arabie 
et amenés à la ferme de rOued-el-AUeug. Trois juments 
de bonne souche saharienne furent appelées à complé- 
ter cette famille. 



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- 73 - 

Espérons que les efforts tentés par M. Arlès-Dufour 
seront un encouragement pour ceux qui disposent de 
puissants capitaux et que, bientôt, les Sociétés hippi- 
ques des tf ois provinces pourront en signalant les per- 
formances de ces familles, démontrer qu'elles sont 
aptes à concourir à l'amélioration de la race barbe. 

Mais que le cultivateur^ qui ne peut aller puiser en 
Arabie et en Syrie des sujets de sang, continue la pro- 
duction de la race locale, et se rappelle ce proverbe 
Cinglais : Pour faire un bon cheval, il faut un bon 
père, une bonne mère, et un bon coffre à avoine. 



CommlssIiMi 

^ Pour les nutres antmauos^, 

^IM. ÏÏERRAN, président; Bonzom, Oha^basse, Ratel, 
43URAND, Mantout (Edouard), Marguet, Paulin, Fagard. 



ESPÈCE BOVINE. 

L'espèce bovine indigène a été fort mal représentée 
*au concour». Il importait cependant aux cultivateurs de 
répondre à l'appel fait par la Société d'agriculture, 
et toute exhibition, môme passable, leur eût mérité 
des éloges. 

On sait dans quel état de pauvreté, de misère et de 
décrépitude, la gent bovine s'est offerte aux courageux 
pionniers qui sont venus après nos soldats civiliser et 
rendre féconde cette terre, que de longs siècles de bar- 
barie avaient rendue stérile et malsaine. 

Né d'acoouplements de hasard, privé d'abris et sou- 
vent de nourriture, abandonné à toutes les influences 
contraires de l'atmosphère, le bœuf ne pouvait être 
que piètre travailleur. Mais qu'importait à l'Arabe, 
tous ses travaux de culture consistant à gratter la 
surface du sol, un auxiliaire plus puissant et plus 
habile ne l'eût pas mieux servi. 

Quant à sa valeur alimentaire, si on se rappelle le 
fanatisme des champions de l'Islam, on comprendra 

6 

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— 74 — 

qu'elle devait être nulle conformément aux préceptes 
ci-après : « Usez^ dit l'envoyé de Dieu, usez du lait et 
du beurre mais prenez garde de manger beaucoup de 
viande bovine. Le lait donne aliment, le beurre médi- 
cament, la chair donn6 maladie. » (*) 

Tout était donc à refaire dans cette race, maison 
sait combien sont pénibles et difficiles les premiers 
travaux de défrichement ; il fallut donc tout d'abord 
s'occuper du sol et remettre à plus tard les amélio- 
rations. 

A mesure que les cultures se sont perfeciionnées et 
que la population européenne a progressé, la nécessité . 
d'un bétail plus puissant et d'un rendement plus avan- 
tageux s'est fait sentir; malheureusement, Texem- 
ple est contagieux, et bon nombre de nos cultivateurs, 
oubliant que le bétail ne peut constituer une source 
sérieuse de revenusqu'à l'aide d'une alimentation abon- 
dante, de soins attentifs et par une surveillance sévère 
dans les accouplements, ont imité l'Arabe dans sa 
méthode dé production. 

Les bœufs sont restés chez bon nombre de colons 
abandonnés aux seules ressources de la nature. Tout 
au plus leur a-t-on donné un abri ou parc destiné plu- 
tôt à les préserver de l'atteinte des voleurs que des 
intempéries des saisons. 

Pour ceux-là, les améliorations ont été nulles, et si, 
malheureusement, dans ces dernières années, l'Algérie 
a dû puiser en France et au Maroc pour parfaire aux 
besoins de sa consommation, c'est uniquement à ce 
genre d'élevage qu'il faut rattribuer. 

Cependant, notre Colonie possède tous les éléments 
de prospérité désirables. Malgré la négligence des 
Arabes, une famille est restée belle et pure, et peut, si 
on sait en prendre soin, donner bons travailleurs et 
bon rendement à la boucherie. Le bœuf de Guelma 
possède des aptitudes remarquables qui, favorisées par 
un appatronnement judicieux, nous permettraient de 
relever notre race algérienne. Produit dans le bassin 
de la Seybouse riche en plantes légumineuses, il y 
prend de bonne heure une vigoureuse puissance cor- 

(*) Naceri. D' Perron. 



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— 75 — 

"porelle et, à l'âge adulte, il se présente avec les carac- 
tères suivants : Taille l'"25à l^éO, squelette solidement 
charpenté sans être trop volumineux, poitrine profonde 
descendant près déterre ; garrot épais, région lombaire 
bien soutenue, le train de derrière assez riche et bien 
nourri. Il eSt rustique, bon travailleur et, sous Tin- 
âuence de peu de soins, il prend facilement chair et 



Quelques cultivateurs intelligents l'ont mis à l'épreu- 
ve et en ont retiré bon travail et sérieux bénéfices. Sa 
nature robuste le rend très résistant à la fatigue et, 
point capital à signaler, à toutes les causes morbifi- 
ques- 

C'est donc sur cette famille que doivent se porter 
tous les efforts des colons qui veulent s'adonner à la 
production du bétail. Grâce à une sélection bien en- 
tendue, c'est-à-dire à un choix raisonné des géniteurs, 
ils pourront arriver, presque sans déboursés, à la pro- 
duction de -sujets de haut mérite, qui permettront à 
r Algérie nôn-sealement de suffire à sa consommation, 
mais encore de fournir à la France une partie du bé- 
tail qui lui manque et qu'elle est forcée d'aller pren- 
dre à l'étranger. 

C'est là le vœu le plus cher que nous puissions for- • 
mer pour l'avenir de ce pa^s. 

Les beaux types de race croisée qui ont figuré à 
l'Exposition ont déterminé la Commission des^ récom- 
penses à sortir des limites fixées parle programme. 

MM. Arlès-Dufour et Lescanne, notamment, ont 
prouvé ce que peuvent Tintelligence et des soins judi- 
cieux sur des sujets importés dans un paya oflrant des 
conditions climatériques bien différentes de celui pour 
lequel ils avaient été créés. 

En parlant de Tespèce chevaline, nous avons dit 
que l'homme ne pouvait se mettre en lutte avec les 
iollaences de milieu ; s'il est impuissant à les détruire, 
il peut cependant, par la force de son intelligence, 
les affaiblir ou les faire tourner à son avantage. 

Nous ferons remarquer, en outre, qu'il n'existe pas 
cde comparaison entre l'espèce chevaline et l'espèce 

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— -ÎB — > 

t)ovine) parce que ce sontdes types distincts. Dans h 
première ce que l'on recherche, c'est la richesse du sang 
et la vigueur ; dans l'autre ce que l'on s'efforce de faire 
préàoîûiner c'est la lymphe et une heureuse dispo- 
sition à prendre promptement chair et graisse. 

Les considérations qui ont pousse bon nombre d'éle- 
veurs à recourir au croisement, c'est, nous Tavons dit, 
l'abâtardissement de la -race bovine algérienne. La 
majeure partie ne sont arrivés qu'à des insuccès, parce 
qu'ils ont allié deux races trop opposées par leur na,- 
ture ; que, de plus, ils n'ont pas secondé Tinfluence 
amélioratrice du père par un choix raisonné des 
mères, par une hygiène sévère et bien entendue et, 
enfin, parce qu'ils ont oublié que le métissage est une 
iBuvre de longue haleine qui exige une grande persé- 
vérance , et que ce n'est ni à la première ni à la deuxième 
génération que les produits mâles, quelque r^arqua- 
bles qu'ils puissent paraître, obtiennent une valeur 
comme géniteurs ; ils ont oublié, ou peut-être même 
ignoré, qu'en dehors de l'hérédité, ïlysL l'atavisme qui 
ramène souvent après plusieurs générations le^ produit» 
au point de départ. 

Le nombre de ceux qui ont persévéré dan^ le croise- 
ment est restreint ; et il est reconnu aujourd'hui qu'il 
ne saurait être mis en pratique par des débutants. Cette 
tâche est réservée à des hommes possédant à la fois des 
connaissances zootechniques très étendues et des 
exploitations rurales perfectionnées. C'est donc aux 
agriculteurs avancés qu'il appartient seulement de 
tenter semblable entreprise. Quoi qu'il en soit, on doit 
se féliciter dès heureux résultats obtenus par MM. 
Arlès-Dufour et Lescanne. 

Ils ont réalisé en Algérie ce progrès, qui est celui que 
poursuivent aujourd'hui tous les pays avancés en 
agriculture ; produire en quelques mois un sum- 
onum de développement que les races arriérées 
ne produisent que difficitement après plusieurs 
années. 

Ainsi, M. Arlès-Dufour est parvenu à produire en 26 
mois un sujet pesant 609 kilogrammes, et en 16 moi» 

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— 77 — 

des sujets de 436, 387 et 370 kîl. grâce au croise- 
ment des Charolais avec la vache de Guelma, alors 
que par les soins les plus minutieux on peut à peine 
atteindre le poids de400 kil. à l'âge de 5'ou 6 ans avec 
le Guelma pur. 

M. Arlès-Dufour élève à Tétable, c'est-à-dire en 
stabulation permanente, les sujets qu'il destine à la 
boucherie ; les génisses et les mères sont élevées à la 
stabulation mixte. 

M. Leacanne, de regrettée mémoire, a procédé éga- 
lement par le croisement du Charolais avec le Guelma. 
Depuis une douzaine d'années, trois étalons intro- 
duits ont transformé la race du pays en très beaux 
sujets qui* vivent au dehors toute la journée et ne 
restent à Tétable que la nuit et durant les mauvaisjours. 
Quoique soumis à ce genre d'élevage, qu'on peut 
appeler mixte, les sujets ont acquis une grande 
valeur. 

M. Herran, qui a dirigé les premières opérations de 
ces croisements, nous a assuré que la vache de Guelma 
reçoit l'impression du Charolais d'une façon remar- 
quable et que, dès les premiers croisements, il a obtenu 
des sujets qui, à trois ans, ont atteint le poids de 380 et 
400 kil. Ils sont également remarquables par leur 
rusticité. 

Ces résultats sont bien faits pour tenter, car ils 
dépassent ce que nous pouvons espérer de notre race 
locale. Qu'on ne l'ignore^ pas- cependant, ce sont des 
opérations qui exigent beaucoup de savoir ; et de ce 
qu'elles ont réussi entre les mains de MM. Arlès-Dufour 
et Herran, deux agronomes distingjiés, il ne faut pas en 
inférer que pareille œuvre sera possible entre les mains 
de ceux qui n'ont pour tout avoir que la volonté de 
bien faire. Pour ceux-là, lé parti le plus sage^ et assuré- 
ment celui qui offre le moins de déceptions, c'est 
l!appareillement judicieux die sujets de race de Guelma. 

ESPÈCE OVINE. 
î^'espèce ovine a fait complètement défaut, A vr^i 

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— 78 — 

dire, elle est tout entière entre les mains des indigène?»^ 
Il est regrettable, vu le chiffre sans cesse croissant de 
nos exportations, que les Européens se désintéressent 
de cette production d'une manière aussi absolue. 

Toutefois l'importance considérable de la population 
ovine, nous oblige à passer rapidement en revue son 
histoire et & dire quelques mots des améliorations dont 
elle est susceptible. 

Au moment de la conquête, l'Algérie possédait une 
espèce ovine abâtardie par toutes les vicissitudes 
de la vie nomade. Comme de nos jours, les Arabes 
n'avaient ni les premières notions de l'hygiène, ni 
la connaissance des lois les plus élémentaires qui 
doivent présider à Télevage rationel du mouton. 

Dans de pareilles conditions,, il était difficile dé re- 
tro.uver ici les traces de l'ancienne race mérmos qui,' 
d'après les traditions historiques, doit être originaire 
des côtes de l'Afrique septentrionale. 

Les laines algériennes étaient alors absorbées par les 
besoins primitifs de la population arabe ; mais, depuis 
cette époque, les conditions économiques de la produc- 
tion et de la consommation se sont singulièrement mo- 
difiées. Lïndnstrie européenne est venue nous deman- 
der cette matière première et n'a trouvé ici que 
laines grossières, sèches, jarreuses, etc., impropres à la 
confection des draps, nouveautés, etc.. 

Cette matière première, toute grossière qu'elle était, 
a néanmoins été recherchée par certaines industries 
en raison du prix avili sous lequel elle s'est présentée 
sur nos marchés. 

Alors, le besoin déplus en plus pressant de laines 
intermédiaires décida le Çrouvernement général à 
rechercher les moyens d'améliorer nos races indigènes 
pour les mettre en concordance avec les nécessités de 
l'industrie métropolitaine. 

Le premier mode d'amélioration tenté dans le cercle 
deLagouath, en 1854, fut la sélection, c'est-à-dire l'a- 
mélioration de la race indigène par elle-même ; mais 
l'expérience démontra bientôt que ce mode d'amélio- 
ration, qui nécessite un choix raisonné des reproduc- 

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— 79 ~ 

teurs, un graûd esprit de suite et d'observation était 
tout-à-fait impraticable chez la plupart des éleveurs 
européens et à plus forte raison chez les Arabes ; il 
fallut donc recourir au croisement ; deux ans plus tard, 
un premier lot de béliera mérinos nous arrivait de 
France- 

Nous devons à l'obligeance de notre honorable 
collègue, M. Durand, la plupart des documents 
qui ont été écrits sur cette- intéressante question. De ces 
documents, il résulte que l'honnenr des premières ten- 
tatives d'amélioration revient à la Société d agricul- 
ture d'Alger et à l'un de ses présidents, M. Bernis, 
vétérinaire principal de T armée. 

Or, l'expérience a pleinement confirmé toutes les 
données qui avaient été fournies par les sommités agri- 
coles et ma^nufacturières, et l'on a pu se convaincre par 
les types présentés à TExposition que des sujets nés 
d'animaux importés depuis 15 à 20 ans n'ont perdu au- 
cune de leurs qualités originelles^ 

Les bêtes métisses, née» et éleVées en pays- arabe, 
sont aussi sobres et aussi rustiques que les bêtes 
indigènes ; possèdent, et c'est là un fait capital, des 
qualités de lainage et de conformation qui nous 
donnent la mesure de ce que l'Algérie pourrait produire 
si ce genre d'amélioration y était généralisé. 

Le» chiffres suivants, au reste, sont assez éloquents 
pour nous dispenser de tout commentaire. Une toison 
métisse-mérinos pèse, en moyenne, de 2 kil. à 2 kil. 
500 grammes en suint, tandis que la toison arabe pèse , 
1 kil. 50tt grammes. La laine métisse se vend 200 
à 250 francs le quintal, quand la laine arabe vaut 140 
àl50fr. 

Malheureusement, cette question du métissage, quia 
pour l'Algérie une importance considérable, pêche par 
sa base. Ce n'est pas avec les moyens insignifiants mis 
en jeu jusqu'à ce jour que l'on peut prétendre à une 
amélioration de quelque importance ; ce n'est pas. non 
plus avec quelques toisons améliorées, par-ci par-là, 
que Ton peut espérer attirer le véritable commerce de 
Métropole. 

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— 80 — 

ïl nous faudrait, pour faire un pas sérieux dans cet 
ordre d'idées, avoir au moins une bergerie par pro- 
vince , ou sinon , un établissement central pouvant mettre 
chaque année un millier de béliers étalons à la disposi- 
tion des éleveurs, ainsi que l'avait proposé M. le Ma- 
réchal de Mac-Mahon dans son discours d ouverture 
du Conseil supérieur le P' octobre 1869. 

En présence d'une population ovine aussi considé- 
rable que celle de l'Algérie, quel peut être le rôle d'une 
bergerie comme celle de Ben-Chicao, à qui Texiguité 
de ses ressources ne permet d'entretenir qu'un nombre 
excessivement limité de sujets ? Hélas ! .... le rôle d'une 
goutte d'eau douce dans l'Océan. 

Cependant, en présence des appréciations élogieuses 
(rapport du 3 mai 1865 et du 25 juillet 1867) faites par 
la Société industrielle d'Elboeuf à la suite de plusieurs 
essais d'échantillons de toisons métisses, nous devons 
tormuler le désir de voir la Chambre de commerce 
d'Alger s'emparer de la question et solliciter du Gou- 
vernement général la mise à exécution du vœu exprimé 
par M. le Maréchal de Mac-Mahon en 1869. 

L'Etat entretient tous les ans à grands frais plus de 
500 étalons pour la conservation et Tamélioration de 
notre espèce chevaline. Quels motifs s'opposent à ce 
quil fasse quelques sacrifices pour l'amélioration d'une 
espèce qui se chiffre -par millions et dont l'importance- 
commerciale s'accroîtrait considérablement si elle était 
en mesure de satisfaire les desiderata de nos villes^ 
manufacturières ? 



ESPÈCE CAPRINE 

De très beaux sujets de race maltaise ont figuré àt-. 
l'Exposition. Ces animaux donnent par jour de 3 à 4 
litres de lait, utilisé pour la consommation de notre^ 
ville. Malgré leur abondante production laitière, leur 
état de santé est remarquable, preuve^ évidente que- 
leur sécrétion lactée n'est pas surexcitée et que ces 
animaux reçoivent, en. oompensî^ioa de^ produits^ 



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— 81 — 

qsu'ils fournissent à notre population,., une alimenta- 
tion suffisamment répa.ratrice . 

La race maltaise appartient à la catégorie des chè- 
vres communes ; elle est précieuse auprès des grands 
centres en raison de ses propriétésTSitières ; mais là se 
bornent ses avantages. 

La race d'Angora était représentée par un troupeau 
provenant de la ferme de Ben-Chicao et par un très 
beau sujet mâle appartenant à M. St.-Albii^, proprié- 
taire à Aïn-Sultan. 

La quantité considérable de Sujets de race caprine 
commune, qui peuplent le désert et les, coteaux arides 
du Sud où nos grands run^nant» et le mouton lui-même; 
ne sauraient vivre, nous engage à envisager les- 
avantages que la France pourrait retirer delà trans- 
formation de la chèvre commune en chèvre d'Angora. 

Et d'abord, cela est-il possible ? (iui^ car la chèvre 
d'Angora ne réclame pas plus de soins que la chèvre 
commune. 

Parlant de son pays d'origine, M. Huard du Plessis 
nous dit : « La patrie des chèvres d'Angora est un 
pays aride et sec, à èt% chaud, à hiver très froid et 
avec une atmosphère toujours excessivement sèche ; 
l'hiver ne dure que trois ou q^uatre mois, durant 
lesquels le froid est assez vif pour descendre à 20** au- 
dessous de zéro ; ce n'est que lorsque le thermomètre 
descend à 10^ centigrades, qu'on rentre les chèvres 
h la bergerie; elles passent tout le reste de l'année 
dehors, au pâturage qui est très sec, parce qu'il ne 
tombe pendant Tété ni pluie, ni rosée. 

» Les vents y sont aussi conununs que violents et 
causent de fréquentes maladies de poitrine aux chè- 
vres qui y sont constamment exposées, parce qu'elles 
se tiennent toujours dé préférence sur les collines et 
qu'elles évitent avec le plus grand soin les plaines, les 
vallées, ainsi que le voisinage des forêts. » 

On trouvera sans doute, qu'il y a un grand 
rapprochement entre ce climat et celui de notre région 
saharienne. 

Relativement aux swjets qui ont figuré à TExposi-^ 

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— 82 ~ 

tion, M. Durand s'exprime ainsi : « Ces animaux se 
aont parfaitement acclimatés en Alg'érie, c'est un point 
qui ne laisse aucun doute; ils y vivent et ils y pros- 
pèrent tout aussi facilement que les bêtes indigènes, 
et nous pouvons affirmer qu'ils n'ont perdu aucune 
de leurs belles qualités depuis leur importation rjiu 
remonte à 15 ans. 

Ce point étant résolu, envisageons la valeur des 
toisons. Celle de la chèvre commune est, on le sait, n 
]teu près nulle ; celles des Angoras atteint le prix mi- 
iiimun de 3 à 5 francs. 

Laissons encore une fois la plume à M. Huard du 
Plessis: « L'exportation annuelle des laines brutr^s 
d'Angora atteint un million de kilogrammes valant 5 
iiùllions de francs, avec lesquels on produit seulement 
500.000 kilogrammes de filés, parce qu'à la filature 
il y a 50 p. *»/o de déchet ; mais ces iîlés représentent 
ime valeurd'au moins 7 maillions de francs, puisque les 
pLu3 fins valent 21 francs le kilogramme, tandis qu'on 
lie paie que 7 francs les plus grossiers. De ces 500.000 
kilogrammes défilés, il en faut la moitié pour Amiens, 
i[ui tisse avec eux 25.000 pièces de velours d'Utreclit ; 
le reste est employé à Houbaix, Eibœuf et ailleurs à 
hi confection de camelots et de diverses étoffes h la 
mode. » 

Mais ce n'est pas tout: la consommation de la 
laine angora va en s'étendant sans cesse, tandis que 
sa production reste stationnaire ; aussi, il ne faut pat* 
r^ étonner, nous dit M. Huard du Plessis, si sa valeur ii 
augmenté en dix ans de 3 à 6 francs le kilogramme. 

Il nous reste à considérer la valeur de la chair qui, 
on le sait, est précieuse pour les indigènes. Oi% ici 
taicore, l'avantage est à l'Angora, sa chair étant ]ï1us 
tiiie et plus abondante que celle de la chèvre com- 
mune. 

La chèvre d'Angora est mauvaise laitière, c'est son 
cùté faible ; or le métissage, que seul on peut avoir eu 
Mie, pourrait peut-être pallier ce défaut. 

Envisageons donc les résultats du croisement. Une 

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i 



— 83 — 

îatéressante lettre de M. Ûurand h M. Geoffroy Saint- 
Hilaire nous fournit les données suivantes : 

« Le premier croisement donne une toison plus 
garnie, plus fourrée, et, d'une manière à peu près 
certaine, la couleur blanche de la race d'Angora, cou- 
leur avantageuse* pour les pays chauds. 

» Au deuxième croisement, la toison se tasse, le 
poil arabe disparaît en grande partie, mais la mèche 
de l'Angora ne ff'est point encore formée. Ce deuxième 
métissage donne à l'animal un manteau protecteur de 
la plus grande utilité pour la saison d'hiver. - 

» Après le troisième croisement, les caractères de la 
race d'Angora se dessinent entièrement ; il faut avoh' 
l'habitude de ces animaux pour ne pas confondre le 
métis avec là race pure. Il n'existe guère de la toison 
arabe qu'une ligne de poils blancs rudes sur le dos 
suivant la colonne vertébrale. 

^) Le quatrième croisement ne laisse à peu près 
aucune trace de race indigène. » 

Ainsi donc, la chèvre commune reçoit facilement 
l'impression de l'Angora et se transforme promptement 
sous cette influence ; d'un autre côté, la race améliora- 
trice se montre tout aussi rustique. 

En présence de ces faits, n'est -on pas porté à con- 
cevoir de sérieuses espérances sur les conséquences de 
ces alliances? 

Et n'y aurait-il pas lieu de faire quelques tentati- 
ves dan& le but de les voir se réaliser, mais des 
tentatives sérieuses à base plus large, plus étendue 
que celles tentées depuis 1859 et continuées jusqu'à 
nos jours?... 

C'est à la Chambre de commerce que nous trans- 
mettons CCS réflexions. A elle de juger s'il ne vaut 
pas mieux solliciter du Gouvernement uneftbrt sérieux 
sur les résultats que lessiii tenté par le Maréchal 
Eandon permet de considérer comme concluants, 
ou bien s il est préférable de laisser la France solder 
annuellement à l'Angleterre les 7 à 10 millions qu'elle 
paie pour les filés d'Angora nécessaires à son industrie. 

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— 84 — 



ESPÈCE POEOINE 

Une des plus utiles conquêtes que l'homme ait j ar- 
mais faites, est celle du sanglier, autrement dit du 
porc domestique, a avancé Toussenel. 

Cette manière de voir, paraîtra peut-être exagérée ; 
et cependant, si Ton réfléchit à Tinportance que pré- 
sentent, pour i'économie animale et l'alimentation 
de l'homme, la viande et la graisse de porc, on re- 
connaîtra qu'il y a, dans la domestication du sanglier, 
des avantages considérables, notamment pour les clas- 
ses, agricoles. 

Chacun sait la prohibition dont est frappée la chair 
du porc chez les .Israélites et les Arabes ; inutile donc 
d'avancer que tout ce qui a été fait pour cette espèce 
date de la conquête et que^ si le chiffre des importa- 
tions en viandes salées et graisses tend tout les jours à 
diminuer, c'est uniquement à l'initiative des produc- 
teurs européens qu'il fkut Tattribu^r, 

La Société d'agriculture était donc bien fondée en 
ouvrant les portes de son Exposition aux animaux de 
cette espèce. 

Son but n*a pas été complètement atteint ; c'est pro- 
bablement, comme nous le disions pour l'espèce bovine, 
parce que nous sommes encore dans la période des 
tâtonnements, peut-être prolongée par la rareté des 
concours. 

Ne sont-ce pas, en effet, les concours régionaux qui 
ont fait faire les plus grands pas à la France agricole ? 

Les sujets présentés appartenaient aux races anglo- 
chinoise, anglaise et française. Mais est-ce à Tîn- 
fluence du climat^ aux mauvais soins ou à la nature 
même des sujets qu'il faut l'attribuer ? aucun d'eux 
n'a présenté des caractère» assez méritants pour être 
récompensés. 

Sans vouloir condamner les efforts ^d'importation et 
d'acclimatation qui ont été tentés,^nous croyons pou- 
voir avancer que nous ne comprenons pas la nécessité 
d'aller puiser dans l'Inde ou en Angleterre une race 

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— 85 — 

^méUoratrice (toute de graisse), alors que nous avons 
à quelques lieues de notre frontière une race fort 
estimée, rustique et apte à l'engraissement. 

La race noire de Malte ou napolitaine est très 
.répandue dans les îles de la Méditerranée ; ses caractè- 
res sotit les suivants : . 

Crâne dolichocéphale ;*protubérance occipitale éle- 
vée ; front aplati, en losange ; physionomie sauvage; 
oreilles droites et pointues ; sœil petit et peu ouvert ; 
soies presque entièrement noires, quelquefois d'un 
toux foncé; col court, épais; corps ample et allongé ; 
membres fins, un peu élevés, surtout ceux du train 
^postérieur. 

Les éleveurs de l'Algérie auraient tout avantage à 
faire choix de cette race à Texelusion de toute autre. 
C'est elle qui alimente nos abattoirs, et nous pouvons 
avancer qu'elle donne une chair ferme et de boniie 
qualité. Tandis que les races anglaise et asiatique 
pochent par le manque de rusticité et la qualité infé- 
>Tieure deja chair et du lard. 

L'anal3aème dont Moïse /et Mahomet ont frappé le 

porc, sous rinculpation d'agent impur, provocateur 

de la lèpre, pourTvait peut-être effrayer les habitant» 

: de nos campagnes ; il nous appartient donc de dire un 

mot de cette prohibition. 

Qu'était-ce que la lèpre? 

Une affection cutanée simple, ou bien une altération 
générale du sang avec répercussion sur la peau. 

La question paraît toute tranchée, quand on lit les 
descriptions qui ont été faites de cette hideuse altéra- 
tion, et on est en droit d'avancer que les ulcères ron- 
geants et les tumeurs carcinomateuses qui couvraient 
le corps des lépreux, étaient symptomatiques d'une 
altération générale du sang, résultant d'un défaut 
<;omplet d'hygiène, de la saleté, de l'indigence et des 
privations, peut-être aussi, de mœurs déréglées et 
dissolues et non le résultat pur et simple de l'inges- 
tion de viande de porc. 

L'histoire vient confirmer nos dires. Tandis que des 



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— 8& — 

îneaures prohibitives, revêtant un caractère religieut, 
étaient édictées chez les Arabes et les juifs contre Tu- 
sage du cochon, les Gaulois, les Romains et les Grec» 
confectionnaient les plats les plus succulents à l'aide 
de sa chair: et cependant, jamais il n'a été fait men- 
tion de la lèpre chez ces différents peuples. Depuis ■ 
lors, Tusage s'est établi dans toute l'Europe et, mieux 
que toute dissertation, il résout cette question. 

Mais si la chair de porc ae peut être considé- 
rée comme l'agent provocateur de la lèpre, il faut 
cependant reconnaître qu'elle peut donner lieu à deux 
maladies d'une certaine gravité i la Trichinose et le 
Tœnia. Il ne nous appartient pas de faire ici l'étud^ 
de ces deux affections, nous dirons seulement qu'on 
les prévient l°en surveillant la nourriture des sujets ; 
2® en ne leur donnant jamais de substances animales 
suspectes ; 3<* en tenant toujours leurs étables dans 
un grand état d^ propreté. 

Ceci dit, que la population agricole, imitant M. 
Julien Stevan (de la Bouzaréah), qui a présenté à la 
Commission un sujet de 15 mois pesant 209 kilo- 
grammes, comprenne qu'elle peut tirer du porc un 
rendement avantageux ; et le chiffre des importations 
en viandes salées qui, de 1,120,819 kilogrammes qu'il 
était en 1840, est descendu à 532,922 kilogrammes 
en 1875, pourra bientôt se réduire à néant ; de plus, 
la population y gagnera une alimentation riche, 
substantielle et variée. 



ANIMAUX DE BASSE-COUR 

GALLINACÉS . 

Nous voici amené à faire le compte-rendu d*un« 
exposition, qui a dû passer inaperçue pour bon nom- 
bre et accessoire pour la majorité. Et cependant, 
-elle avait une importance marquée, que les gourmets 
ont dû comprendre, et dont les indifférents se rendront 
compte en songeant à la piètre figure que font sur 
11(19 tables les poulets de provenance indigène. 



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— 87 — 

W°^ la baronne de Royer, M® Constard' de Nerbon- 
ne, M. Gras, propriétaire à Ben-Ali-Bey, avaient 
di^ement répondu, parTenvoi de fort belles collée - 
tions, à rappel &it aux éleveurs. 

Celle de M"® la baronne de Royer, notamment, 
' mérite une mention spéciale, et la Commission lui a 
décerné à l'unanimité des ses membres, une médaille 
d'argent. 

Nous allons faire Tétude de chacun des types com- 
posant cette collection ; mais avant, disons ce qu'est k 
poule bédouine. 

Petite, au corps fluet recouvert d'un plumage de 
toutes nuances, généralement roux, panaché de noir et 
de gris ; vive, alerte, à la poitrine étroite, aux cuisses 
maigres, elle «st bonne pondeuse mais médiocre cou- 
veuse. . 

Sa chair est brune, ferme, presque coriace, la graisse 
rare et jaunâtre. Par disposition naturelle, elle est 
assez réfractaire à Tengraissement. Le repos absolu en 
cage lui est peu profitable, et il est assez difficile, mê- 
me dans ces conditions, d'arriver à la mettre avanta- 
geusement en chair. 

Examinons maintenant les sujets composscnt les 
collections présentées. 

Race Brahma-Pootra. — De taille élevée, char- 
gée de chair et d'os, le coq semble peser de 4 à 5 kilo- 
grammes, les poules de 2 à 3 kiL 500 grammes ; 
leur plumage est épais et descend* jusqu'au torse. 
Le mâle porte la tête haute sans fierté ; crête de moyen- 
ne dimension. 

On considère ces sujets comme donnant une chair 
abondante, mais peu savoureuse. 

Les Dorking. — Belle espèce d'origine anglaise, 
bien faite, au port majestueux ; le corps arrondi. Les 
pectoraux puissamment développés, indiquent chez ce 
sujet une abondance des parties charnues les plus 
recherchées. Sa tête est fine, sa crête simple et bien 
plantée ; barbillons très longs, donnant à la physiono- 
mie une certaine gravité ; plumage de couleurs variées, 
généralement clair ; queue grande, élevée, formée de 



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-88- 

^plumes àe teinte foncée à beaux reflets. Démarche àa 
mâle, cadencée et superbe. 

Les Anglais placent cette race au-dessus de toutes 
les autres, et ce n'est pas sans raison. 

La poule, est dit-on, bonne pondeuse et excellente 
couveuse. 

La Cochinchinoise blanche rappelle presque en 
tout point le Brahma-Pootra auquel elle se rattache par 
^on origine. On considère cependant la chaii* de la 
cochinchinoise comme plus délicate. 

Padaue crève-cœur. — Cette race est caractérisée 
par une grosse huppe de plumes longues et abondan- 
tes surmontant la tête ; ses pattes fines dénotent un 
système osseux fin et léger ; et comme le corps est 
arrondi et assez volumineux, il en résulte que la chair 
prédomine. 

La poule nous a paru coquette, et sans préjuger de 
sa qualité comme couveuse, nous ne pouvons nous 
défendre de' certains doutes. 

Race espagnole (andalouse). — Une bonne race> 
bien faite, près de terre, au corps large solidetaent 
établi, au plumage simple sans éclat, généralement 
de teinte noire. Le coq atteint la taille de 60 centimè- 
tres ; il porte bien sa tête surmontée d'une superbe 
crête ; il a un air gaillard qui lui va bien. La poule a 
la physionnomie douce et facile. 

En somme, c'est une bonne race, sans apparat, que 
nous voudrions bien voir se répandre en Algérie. Sa 
réputation est depuis longtemps faite comme pondeu- 
se et excellente couveuse. Sa chair est délicate et suc- 
culente. 

CANAEDS ET OIES 

Ces deux espèces, qui semblent avoir été créées en 
vue de la production de la graisse, et qui sont une res- 
source si précieuse en France pour les habitants des 
campagnes, sont encore rares en Algérie ; et cependant 
elles s y acclimatent fort bien, témoins les beaux 
spécimens présentés par M. Kling, de Mustapha. 

La chair et la graisse de l'oie ou du canard^ quoique 



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— 89 — 

destinées à être conservées salées, ont sur les produits 
similaires du porc Tavantage de n'être point indiges- 
tes. Nos cultivateurs feraient donc bien de se montrer 
moins réservés à l'égard de cette production, et de lui 
-accorder une place plus importante dans la basse- 
oour. 

LAPINS 

Deux types distincts ont figuré à notre Exposition. 

Un producteur de viande, de fort belle apparence sans 
doute, mais sur lequel nous ne pouvons rien dire, 
parce que le lapin est de tous les animaux domestiques 
<;elui dont la chair se ressent le plus des influences de 
milieu. Bien nourri et logé dans de vastes clapiers secs, 
sa chair acquiert une saveur agréable ; nourri de dé- 
tritus et de mauvaises plantes, elle devient fade et 
prend souvent mauvaise odeur. 

L'autre, dit lapin riche ou argenté, producteur de 
fourrure d'une grande valeur commerciale, que les 
pelletiers recherchent en raison de sa ressemblance 
avec le petit-gris^ écureuil assez rare des régions 
septentrionales. 

Cette dernière variété» été présentée par M. Rattier, 
qui nous a communiqué à son sujet les données sui- 
vantes : 

Le lapin ric/i<? ou argr^nfé serait, d'après Bréhen et 
M. Gerbe, originaire des montagnes de l'Asie, et sur- 
tout des monts Himalaya ; ces auteurs en font une race 
distincte de la race russe. 

» Le lapin argenté, disent-ils, est plus grand que 
le lapin ordinaire, et d'un gris bleu à reflets foncés 
ou argentés, avec le bout du museau, les oreilles, les 
extrémités des pattes et la queue d'un noir argenté 
assez foncé. 

» Cette belle espèce se reproduit assez bien en cap- 
tivité, et Ton pourrait tenter sa multiplication dans les 
parcs si Ton avait le soin de détruire les lapins ordi- 
naires qui s'y trouvent, ou seulement de n'en laisser 
qu'un très petit nombre, afin de diminuer les chances 
de croisement. 

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^90 -^ 

» Est-ce bien cette race sauvage qui, par la domesti- 
cation, aurait produit celle de nos basses -cours por- 
tant le môme nom ? Tout le fait CToire, car la race 
domestique porte la môme robe, qui est fort recher- 
chée à la sortie de Thiver par les pelletiers qui s'en 
servent pour imiter le petit-gris, fourrure de haut 
prix. 

» La chair du lapin riche est exactement celle des 
autres races, bonne ou mauvaise suivant le régime 
,qui.ra produite. 

» Mais ce qui doit le Êdre rechercher de préférence 
à la race commune, c'est que sa peau s'évalue à un prix 
moyen de 1 fr. à 1 fr. 50 c., suivant la taille, la cou- 
leur et le sexe, alors que la peau du lapin ordinaire 
varie entre 5 et 15 centimes en été, automne et prin- 
temps, et entre 30 et 45 centimes à la fin de l'hiver. 

» La France, en dehors de sa production person- 
nelle, importe annuellement environ trente millions 
de peau?:, produisant 900,000 kilogrammes de poils. » 

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet. 
Ce que nous venons de dire suffit pour faire compren- 
dre que la production des animaux de basse-cour 
peut offrir à des personnes en quête d'un négoce facile 
une source certainede revenus, parce qu'en dehors des 
.produits précieux (plumes et poils) qu'ils fournissent 
au commerce, leur chair cop^tueun aliment recher:- 
ché de digestion facile, et pouvant gubir les accomode- 
ments les plus variés que les Vatels de tous les temps 
ont inventés. 

La gent coricocodante est la plus précieuse par ses 
œufs et ses poulets ; son importance est tellement 
grande en France, que certains industriels, dans le 
but de satisfaire à une consommation chaque jour plus 
considérable, ont inventé des couveuses artificielles., 
c'est-à-dire des appareils qui permettent d'arriver en 
21 jours à l'éclosion des poussins sans Tinterventiou 
d'une poule. 

Les poussins nés de cette incubation artificielle sont 
eaaùite placés en chambre, c'est-à-dire dans un appa- 



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— 91 — 

reil en forme de cage vitrée, où les petits complètent 
leurdéveloppementjusqu'aujouroùils peuvent, sans 
danger, subjir l'influence du grand air. 

Enfin, après avoir déterminé artificiellement les 
naissances, on pousse à l'engraissement rapide par 
des procédés qui augmentent considérablement la 
valeur des sujets dans un temps relativement court. 

Les Algériens n'ont sans doute pas à se préoccuper 
de ces procédés artificiels de production et d'élevage, 
qui nécessitent de grands débouchés, mais il peuvent 
en inférer qu'il y a dans la production des animaux 
et oiseaux de basse-cour, des avantages considérables 
qui méritent un peu d'attention. 

En terminant cette revue du monde animal auxi- 
liaire de l'agriculture, disons que si nous n'avons pas 
fait le panégyrique de l'Algérie, malgré les grands 
progrès réalisés depuis 40 ans sur ce sol de barbarie, 
c'est parce que le rôle de la France étant de marcher en 
avant, il nous a paru plus profitable de mentionner ce 
qui nous reste à faire que d'exalter ce quia été fait. 



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CHiPITRË Y 



QUATRIÈME DIVISION 



Commiiiiiloii 

MM. Ville, Président; Arlès-Pufour, Beudon, Brocard, 
CuMELS, Pesez, Tixier, Jourdan père. Modéré, Leroux, 
Trapadou?:. 



MACHINES ET INSTRUMENTS AGRICOLES 

^ La quatrième division est une des plus intéressantes 
pour l'Algérie. Elle comprend tous les instruments ou 
machines qui servent à défricher, à labourer, à arroser, 
à préparer ou irriguer le sol pour recevoir les semen- 
ces ou les planMions ; à recueillir les récoltes de toute 
nature ; à leur faire subir les opérations ou les pré- 
parations qui sont indispensables pour les livrer au 
commerce, pour les débarrasser de leurs accessoires 
inutiles, les rendre prêtes enfin à servir aux mille 
besoins de Thomme ou des animaux qui Taident dans 
son travail et qui le nourrissent. 

L'industrie de la métropole et celle de l'étranger 
devaient apporter à l'Exposition les instruments p2r- 
fectionués ; il fallait s'y attendre, et c'est un bien, du 
reste, car la civilisation, nouvelle sur le sol africain, ne 

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- m - 

Eeut encore que demander des leçons ail vieux monde, 
l'agriculture, qui est la base fondamentale de toute 
vie sociale, affirmée des progrès assez sérieux, assez 
complets, pour qu'on piïisse prédire que bientôt à côté 
des fermes, à côté des cultivateurs, qui font sortir de 
la terre les matières premières s'élèveront des usines 
où des ouvriers viendront, non-seulement transformer 
ces produits que le commerce exportera au profit de 
la Colonie, mais encore fabriquer, ici sur place, avec 
les matériaux que le sol algérien contient ou produit 
à profusion, tou^ les outils, toutes les machines que 
nous sommes encore, obligés de demander soit à la 
France, soit aux autres nations. 

Déjà le premier pas est fait^ et Ton a remarqué avec 
intérêt les machines et les outils sortis des ateliers 
algériens ; ils ne le cèdent en rien à ceux qui viennent 
des bonnes fabriques de France, si même ils ne leur 
sont pas souvent supérieurs. Èst-il besoin d'ajouter 
qu'ils sont d'un prix inférieur, puisqu'ils sont dégrevés 
de tous les frais de transport que supportent les autres. 
Enfin, — c'est une considération d'économie générale 
quia une grande valeur, — le prix payé pour leur acqui- 
sition reste dans le pays où il se répand en main- 
d'œuvre, c'est-à-dire en travail et en bien-être pour 
l'ouvrier et le cultivateur. A ce titre, nous insisterons 
sur les machines et outils exposés par les Algériens, 
tout en reconnaissant le mérite et l'utilité de ceux qui 
ont été importés par les fabricants étrangers, mérite 
qui est consacré par de vieux états de service,, de 
nombreuses médailles et des- diplômes recueillis dans 
les Expositions, -^ ces champs de bataille pacifiques 
de l'industrie, où bientôt à leur tour nos artisans pour- 
ront entrer en lice et rivaliser avec leur» aînés. 

Il y a là, ii faut le renïarq;uer et insister pour 
le faire entrer dans l'esprit de ceux: qui ont la mission 
de guider et de faciliter l'immigration en Algérie, un 
problème d'économie sociale qui contient dans sa solu- 
tion l'avenir de notre Colonie. 

L'agriculture est la mère-nourrice des hommes à 
l'état primitif; elle peut leur suffire pendant longtemps; 

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— 94 — 

mais quand ils sont devenus nombreux, quand leurs 
champs et leurs besoins se sont étendus, et qu'en rai- 
son de cette étendue leurs rapports, leurs échanges, 
sont devenus impossibles sans de dispendieux dépla- 
cements ou sans intermédiaires, quand les produits de 
la terre sont supérieurs à la consommation locale et que 
ce trop plein de richesses se traduit par des exigences 
nouvelles dans les transports, les hommes à leur tiHir 
demandent des engins nouveaux dont le. laboureur 
livré à lui-même pouvait se passer, puisqu'un soc en 
bois lui suffisait. Alors l'industrie, représentée parles 
mille métiers qui transforment et utilisent la matière 
brute, vient en aide à l'agriculture en lui donnant les 
moyens de se développer,, de se perfectionner, de tirer 
de la terre avec sa subsistance matérielle, son bien-être 
physique et moral. 

Aussi, nous sommes persuadé que la colonii^ation ne 
se développera réellement que le jour prochain où les 
ouvriers, — suivant l'impulsion donnée par les labou- 
reurs, ces premiers pionniers de toute civilisation, — 
viendront élever et animer les usines à côté des 
fermes, les uns aidant les autres dans un but de 
prospérité commune. Le fer, ayec lequel le laboureur 
trace son sillon, est sorti des entrailles de la montagne 
voisine; mais,à l'étatdeminerai,ilestallése transformer 
dans les hauts fourneaux de l'Angleterre, de la Belgi- 
que ou de la France avant de lui revenir sous sa forme 
utilisable ; il paie le prix de tous ces voyages sans que 
le grain jeté en terre produise un épi de plus ; de 
même pour les tissus qui servent à ses vêtements, pour 
le papier sur lequel il inscrit ses comptes journaliers. 

Pourquoi ces matières premières ne seraient-elles 
pas travaillées dans la Colonie même? — Mais, dit-on, 
les ouvriers manquent. Le jour où des capitalistes 
intelligents auront compris tout le parti que l'industrie 
peut tirer sur place des minerais de toutes sortes, — 
fer, plomb, cuivre, zinc, mercure ; — des textiles, 
alfa, diss, palmier nain, et surtout de la ramie, le^ 
ouvriers français afflueront en Algérie en bien plus 
grande proportion que les cultivateurs. 



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— 95 — 

' Le laboureur s'attache au sol, à Thorizon borné dont 
le clocher de son village fait le centre, où il a grandi 
petit berger avant de devenir garçon de ferme ou 
maître, quand la fortune lui a souri si des circonstances 
plus fortes que sa volonté l'obligent à se déplacer, à 
s'expatrier surtout, ce n'est qu'à regret qu'il le fait, et 
il arrive toujours sur une terre nouvelle avec des 
prédispositions à la nostalgie, que la vie isolée du 
colon développe encore et qui le rendent bien plus 
sensible aux influences climatériques. 

L'ouvrier, le Français surtout, assez insouciant de 
sa nature, s'attache à l'usine qui lui fait gagner le pain 
quotidien de sa famille ; il suit le travail et se déplace 
volontiers suivant les chances de gain qui lui sont 
offertes ; la vie en commun à l'atelier lui fait oublier 
la patrie absente; il résiste mieux à l'éloignement, 
sait arranger sa vie là où il se trouve, pourvu que son 
activité soit employée. 

Les centres ouvriers feront le bien-être du colon, et 
le jour où les mines de fer seront voisines d usines 
d'où sortiront des rails et des locomotives, la conquête 
sera complète, et l'assimilation dé la race indigène 
ne sera plus qu'une question de temps, en dépit- des 
mœurs et malgré la religion. 

Aussi est-ce avec un grand sentiment de satisfaction 
que nous avons vu les machines sorties des ateliers 
de TAgha, de Boufarik, Beni-Méred, St-Denis-du-Sig, 
etc. — C'est l'industrie implantée en Algérie, c'est la 
graine jetée en bonne terre, c'est la moisson de l'avenir, 
l'auxiliaire le plus puissant d'une colonisation prompte, 
réelle et solide. 

Les consommateurs appellent et stimulent les pro- 
ducteurs. 

MACHINES A ÉLEVER l'bAU. — DISTRIBUTEURS ET 
REPARTITEURS. 

La première section de la quî^trième division com- 
prend les pompes et norias. 

L'eau est tellement essentielle à la vie des hommes, 
des animaux et des plantes, que les moyens de se la 



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— 96 — 

pracurer et de la distribuer facilement ont, de totisj 
temps, préoccupé Teaprit des inventeurs. 

Dans les pay» o(t cet élément vivifiant est abondant, 
la nature elle-même aidait à sa répartition, et quelquei^ 
travaux élémentaires» suffisaient pour le répandre à 
profusion sur les cultures ; maisdaus les pays m^ins 
favorisés, plus exposés^ à l'action directe du soleil, où 
il fallait aller chercher l'eau dans les entrailles de 
la terre, Tintelligence de l'homme, aux prises avec 
la nécessité, a dû créer le» moyens de Tamener à la 
surface ; — de là les nombreuses variétés de norias 
et de pompes. 

L'origine de la noria est très- ancienne ; on en trouve 
en Algérie comme dans le sud de l'E spagne, au Maroc, 
en Tunisie et dans tout l'Orient,, probablement, même 
dans rinde, des échantillons», nombreux encore, qui 
doivent être ce qu'ils étaient avant Tère chrétiennes 
— une roue sur laquelle s'enroule UDe corde sans fin 
portant des godets de poterie grossière qui descendent 
au fond du puits et montent lentement i'eau ; comme 
moteur, un bœuf^ un cheval ou un âne ; et comme 
organes de transmission de force,, des roues en bois à 
rouet et à fusées dont les frottements absorbent les 
deux tiers de la force motrice aux dépens de la vitesse 
et par conséquent du rendement. 

L'Exposition contenait un assez grand nombre de 
modèles de norias perfectionnées, les unes à manège, 
les autres à bras ; et nous devons dire qu'entre les- di- 
vers systèmes exposés, nous aurions été fort embarrassés 
de donner la préférence à im seul exclusivement, car 
si tous ont inévitablement leurs défauts, tous ont aussi 
leurs qualités, chacun des constructeurs ayant eu pour 
but d'alléger la charge à monter : — chaîne, godets 
et eau, et d'utiliser le plus possible à cet effet par la 
simplification des rouages, la force appliquée soit par 
le travail des animaux, soit par les bras de l'homme. 

La noria étant une machine de première utilité en 
Algérie, où, comme nous le disions tout à l'heure, elle 
existe depuis longtemps dans son état primitif, devait 
stimuler les constructeurs algériens,, et le publie a 



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— 97 — 

constaté avec satisfaction que les spécimens fournis? 
par les ateliers de la Colonie ne le cédaient en rien aux 
plus vieilles et aux plus renommées des maisons de 
France. 

Nous citerons entre autres les norias à godets, à 
manège et à manivelle de M. Fourrier, constructeur à 
Boufarik ; son atelier est outillé de façon à faire une 
concurrence sérieuse aux importateurs ; il occupe en 
moyenne quarante ouvriers, et ses produits ont un 'fini 
et une précision qui permettent de prévoir qu'avant 
peu le travail du fer se fera en Alg^érie aussi bien que 
dans la métropole, qu'il s y formera des ouvriers, et 
enfin que l'industrie y prend racine solidement. 

M. Buzutil, de TAgha, près Alger, avait exposé des 
norias à grande profondeur et d'un débit considérable. 
La construction en était peut-être un peu massive, 
mais la garantie de solidité n'est jamais un défaut. 

M. Alliez, d'Alger, avait exposé des norias à petite 
profondeur, une surtout qu'un enfant pourrait mettre 
en mouvement et qui peut rendre les plus grands ser-- 
vices pour les besoins d'une ferme et môme pour le 
jardinage. Elle est à tampons et peut débiter sans 
effort jusqu'à 80 litres à la minute. 

M. Milteriot, d'Alger, mérite aussi une mention par- 
ticulière pour ses norias à petite profondeur. 

M.Bretonnière, dePbilippeville, aessayé d'appliquer 
l'action directe de la vapeur à l'élévation de l'eau ; son 
appareil n'était pas d^une construction assez complè- 
tement finie pour q^ue nous puissions le juger, mais 
nous avons la conviction qu'ail y a là une idée qui 
deviendra pratique, et dont la réussite ne dépend que 
de quelques perfectionnements que linventeur trou- 
vera certainement. 

Nous avons encore à parler des pompes fixes ou 
mobiles exposées. M. Alliez en avait une coUectioit 
complète. 

M. Prunier, constructeur à l'Aglip, exposait avec 
une pompe à balancier en cuivre fort bien construite, 
nne pompe à incendie, très légère, assez puissante 
pour parer aux accidents, qui peuvent survenir dans. 

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— 98 — 

une ferme ou un atelier, et d'un bon marché exception* 
nel qui la met à la portée de tous les colons soucieux 
de leur sécurité. 

M. Riudavetz, d'Alger, présentait des pompes que 
Ton pourrait appeler ménagères. Ce sont celles qui 
se prêtent à tous les petits besoins d'une habitation et 
qui se transportent à la main comme un arrosoir. 

Les constructeurs français étaient représentés dan» 
cette section par de nombreux spécimens de pompes. 

Nous citerons MM. Decker et Mot, de Paris, qui 
avaient six modèles de pompes pour arrosage, aux 
organes solides et ailx formes simples et robustes. 

MM. Fauché et Cie, de Lyon, qui avaient envoyé 28 
modèles différents : pompes à incendie, pompes à vin, 
pompes à purin, qui démontrent que cette maison fait 
de ce genre de construction une spécialité parfaite- 
tement entendue. 

De la comparaison des produits importés avec ceux 
exposés par les Algériens, il ressort clairement que, 
dans un délai très court, la Colonie pourra se suffire 
a elle-même dans ce genre d'outillage comme dans 
tous ceux que Tagriculture demande pour ses néces- 
sités urgentes, locales pourrait-on dire, nécessités qui 
sont mieux connues par les artisans qui habitent le 
pays que par ceux qui n'y ont jamais mis le pied. 

Puisque nous parlons des engins destinés à élever 
et répandre Feau, nous croyons, pour rester dans notre 
sujet, ne pas devoir nous astreindre à suivre Tordre 
adopté pour le classement par le Comité organisateur 
de l'Exposition ; nous préférons grouper ensemble tous 
les produits exposés se rattachant à l'hydraulique 
agricole. 

Le moulin à vent de M. Fournier, constructeur à 
Cuers (Var), attirait l'attention des visiteurs ; ses ailes 
rouges battaient l'espace au moindre souffle du vent, 
et pour prouver son efficacité, l'eau était répandue 
eh pluie sur les visiteurs. 

Ce moulin peut-il remplacer le travail d'une noria? 
Evidemment non ; il est soumis à un élément trop 
iiiConstant pour qu'on puisse compter sur un rende- 



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— 99 — 

ment régulier, mais il offre une compensation : il 
marche seul quand il fait du vent et supprime par cela 
même le cheval ou le mulet. Il sera très utile pour 
ceux qui peuvent enmagasiner l'eau et laisser le mou- 
lin tourner à sa fantaisie. Le système qui permet aux 
ailes de se régler elles-mêmes suivant la force du vent 
est extrêmement ingénieux. L'ensemble du moulin 
est simple et solide, peu sujet aux dérangements, facile 
à réparer, qualités qui lui feront certainement trouver 
son emploi chez beaucoup de nos colons. 

Dans la 30® section étaient réunis les divers appareils 
d'irrigation. 

Nous y trouvons encore M. Fourrier, de Boufarik, 
avec une vanne simplifiée pour bassin. 

Tous les propriétaires qui ont des eaux à utiliser, 
savent qu'à chaque point d'intersection d«s canaux 
d'irrigation non construits en maçonnerie, on est obligé 
quotidiennement d'édifier, au détriment du sol avoisi- 
nant, des barrages en terre dont une partie est toujéurs 
enlevée par les eaux. A cet inconvénient s'en ajoute un 
autre, résultant du temps relativement considérable 
qu'exige la mise en état de chaque branche de canal. 

Un procédé imaginé par M. Filliaux-Doreau, et qu'il 
a déjà appliqué à sa propriété d'Aïn-Marmora (Coléa), 
remédie à ce double inconvénient et réunit toutes les 
conditions désirables d'utilité pratique et de bon mar- 
ché. Dans un moule en bois, dont toutes les parties se 
démontent isolément après l'opération, l'inventeur 
coule un composé de ciment et de caillasse qui produit 
un bloc présentant une rigole et l'amorce de trois 
branches. Chaque branche, d'un diamètre uniforme, 
est munie de deux rainures entre lesquelles glisse une 
vanne, d'un type approprié, s'adaptant partout et 
servant à la régularité du débit des eaux. 

Une légère modification dans le moule permet d'ob- 
tenir un appareil à quatre branches, et, au besoin, 
d'augmenter la section de la rigole maîtresse. 

Ce système, auquel M. Filliaux-Doreau a donné le 
nom de Répartiteur économique pour irrigations^ 
est appelé, par son prix modeste de revient (2 fr. 50 à 

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— 100 — 

3 fr. 50 par bloc, suivant les matières employées) â 
rendre les plus grands services en Algérie, pays d'irri- 
gation par excellence. 

L'ingénieux inventeur a montré, du reste, à quels^ 
mobiles il obéissait, en exposant un procédé dont il a 
constaté les résultats, car il fournit gratuitement tou» 
les renseignements nécessaires pour la fabrication de 
son répartiteur économique. 

M. Jeandel, du Golfe-Juan (Alpes-Maritimes), 
avait exposé une collection de tuyaux de drainage et 
d'irrigation ; ces derniers, percés de trous plus ou 
moins éloignés suivant la nature du sol à irriguer, 
sont bien compris; ils distribuent l'eau également 
souslesol^ sans en laisser absorber une goutte par 
l'évaporation ; ils procèdent par infiltration lente, ce 
qui est le meilleur moyen dWrpsage- 

Enfin ces produits peuvent se fabriquer partout aussi 
facilement que les drains ; c'est un avis aux fabricant» 
algériens. 

Beaucoup de gens habitués h trouver dans le Champ- 
de-manœuvre de Mubtapha une réduction du Sahara, 
ont été fort surpris de voir au centre de l'Exposition 
jaillir des gerbes scintillantes du milieu d'un bassin 
où des carpes, de vraies carpes non artificieiles, pre- 
naient joyeusement leurs ébats. 

La pièce d'eau des Suisses, à Versailles, a été, dit-on , 
creusée dans une nuit pour satisfaire un caprice du 
Roi-Soleil, mais la Commission de la Société d'agri- 
culture chargée de l'installaftion de l'Exposition n'avait 
pas à son service l'inépuisable cassette de Louis XIV; et 
s'il lui eût fallu aller chercher l'eau sur la conduite du 
Hamma, par les procédés ordinaires^ elle eût été fort 
empêchée. 

Heureusement, un entrepreneur d'Alger s'en est 
chargé, et, en quelques heures, il a amené l'eau au 
centre de l'enceinte, assez abondamment pour la 
distribuer dans le buffet-restaurant, dans l'usine- 
spécimen de M. Ham^ud, pour alimenter diverses 
machines, et pourvoir enfin aux incendies en cas^de 

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— 101 — 

teâoin, sans compter le jet d'eau placé au rond- point 
qui est devenu le lieu de rendez-vous préféré des pro- 
meneurs. 

M. Mestajer, dépositaire en Algérie du système 
Dussard, ne pouvait trouver une meilleure occasion de 
faire ressortir les avantages pratiques de ce mode de 
conduite, simple dans la pose, complètement étanclie, 
facile à réparer, et d une durée illimitéOé 

Simple dans la pose ; — car ces tuyaux peuvent être 
placés au fond d'une tranchée, suivant toutes les 
ondulations du sol, et par les premiers ouvriers venus, 
sans soudure, par conséquent sans feu et sans le 
concours de matières accessoires. 

Complètement étahche ; — la rondelle en caout- 
chouc pressée, et régulièrement maintenue par deux 
anneaux en fer galvanisé, serrant deux oreillons ou 
tenons très solides avec encoches, se prête à toutes 
les «inflexions, retraits ou dilatations en conservant 
une herméticité complète. » 

Facile à réparer ; — en raison de la simplicité de 
la pose de ces tuyaux, il est aisé de comprendre 
combien il est simple d'en faire enlever une section 
et de la remplacer, même sous l'eau, par l'ouvrier le 
moins expérimenté. 

D'une durée illimitée ; — sa duxée est cejle du métal 
lui-même, car dans les conduites d'eau, ce n'est jamais 
la matière qui fait défaut. Il y a deux causes qui amènent 
prompt ement la mise hors de service des tuyaux, quelle 
qut> soit leur résistance réelle comme solidité * le 
fléchissement du sol sur lequel ils reposent et que nul 
ne peut prévoir, surtout ,dans les pays soumis fré- 
quemment aux convulsions souterraines ; puis les 
cristallisations calcaires qui, — comme nous en avons 
vu, — réduisent en trois ou quatre ans un tuyau de 
0"10 centimètres de diamètre intérieur à l'état de tuyau 
de pipe. 

Les tuyaux Dussard se prêtent, par le système de 
leurs joints, à des inflexions verticales auxquelles les 
tuyaux de toutes matières à joints rigides ne résis- 
teraient pas sans rupture, et ils ont ce grand avantage 



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— 102 — 

qu'en faisant les conduites par longueurs de petites 
dimensions, ils sont faciles à relever et à nettoyer 
quand les dépôts calcaires menacent de les obstruer, 
d'autant mieux que ces dépôts ne font pas corps avec 
le métal, comme avec les poteries ou les ciments ; dans 
ee cçis, il n'y aurait peut-être à remplacer que quelques 
anneaux et les rondelles en caoutchouc, ce qui serait 
une dépense insignifiante. On ne peut parler des tuyaux 
Dussardsans citer l'ingénieux outil indispensable à 
leur pose: le serre-joint, appareil, des plus simples 
et dont chacun comprend l'emploi à première vue. 

Dans ce pays où la distribution des eaux touche à 
de si grands intérêts, on ne saurait trop attirer l'atten- 
tion des particuliers, et surtout des Municipalités, sur 
un système aussi simple et offrant d'aussi grandes 
garanties de durée et de sécurité. 

M. Merrazzi, dont nous aurons à parler plusjloin, 
avait égalen^ent des modèles de tuyaux de canali- 
sation, en ciment comprimé, appelés à rendre de réels 
services dans ce pays où les questions d'eau sont 
souvent paralysées'par le manque d'argent. En effet, 
les tuyaux fabriqués à l'usine d'Hussein- Dey peuvent 
résister à 8, 10 et 12 atmosphères, et leur prix est 
tellement inférieur à celui des conduites en métal, 
qu'il rend la distribution de Teau réalisable pour les 
communes les plus pauvres. 

Il y a dans l'économie domestique d'une ville deux 
cas où l'eau préoccupe ses habitants: celui où elle 
est nécessaire pour Talimentation et les mille besoins 
de la vie, ensuite celui où, souillée, corrompue, l'hy- 
giène publique commande de s'en débarrasser. — 
Après la conduite d'eau, son complément, l'égoût. 
Nous avons vu un tronçon sur lequel nous appelons 
l'attention des intéressés ; nous ne parlerons pas d« 
son prix, qui est inférieur à celui que coûterait toute 
autre matière ; mais dans beaucoup de localités où les 
matériaux et les ouvriers manquent, ce modèle est 
certainement destiné à un emploi utile, tant pour la 
facilité de son transport et la promptitude de sa pose, 
que par les garanties de solidité qu'il comporte. 

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103 — 



CHARRUES. 



Ladeuxièmesection de la 4® diviâion comprend toutes 
les charrues; il y en avait 171 modèles différents. Il 
semble pourtant que cet outil, dont l'origine se perd, 
on peut le dire, dans les profondeurs du passé, devrait 
avoir depuis longtemps subi tous les perfectionnements 
qu'une longue expérience peut et doit produire ; îl 
u'en est pas ainsi, paraît-il, si on en juge par le nom- 
bre et la variété des systèmes mis en concurrence. Il 
est vrai que chaque nature de terrain demande un 
travail particulier, que chaque culture spéciale a ses 
exigences, que les forces dont disposent les cultiva- 
teurs varient suivant leurs moyens pécuniers, le pays 
où ils travaillent, les animaux qu'ils ont à leur service, 
et enfin, disons-le, suivant que le degré de leur intelli- 
gence les éloigne de la routine et les rapproche du 
progrès. 

Tout en admirant les instruments perfectionnés 
apportés à ^Exposition par plusieurs constructeurs, . 
nous ne pouvons * nous empêcher de donner une opi- 
nion émise par des hommes compétents et pratiques, 
opinion que nous partagions déjà, et qui nous a été 
confirmée par Texamen comparé des divers genres de 
charrues : — c'est qu'entre le vieil outil à âge en 
bois et à soc en fer encore en usage p,ujourd'hui dans 
beaucoup de contrées en retard, et la charrue à roues, 
à levier, à âge tournant, la charrue, nous ne ^dirons pas 
trop perfectionnée, mais trop compliquée, se trouve 
une moyenne pratique au-delà de laquelle il n'existe 
plus que fantaisie. 

Plus on multiplie les fonctions d'une machine, plus 
on complique ses organes, plus on lui donne de fragi- 
lité. La charrue soumise aux accidents du sol, aux 
eff'orts ■ irréguliers et souvent brusques des bêtes de 
trait, a surtout besoin d'une grande solidité. Plus elle 
est simple, plus elle est soliide, et plus aussi elle est 
facile à réparer à la campagne, loin des ouvriers 
spéciaux. — Il y a des charrues qu'on trouve dans 

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— 104 — 

toutes les fermes de la Beauce ou de la Brie et d'autres 
qu'on ne trouve absolument que dans les Expositions : 
— nous préférons les premières. 

Plusieurs constructeurs algériens ont compris la 
véritable construction de la charrue, et ont exposé 
des échantillons présentant toutes les garanties de 
solidité désirables ; nous citerons : 

M. Dolive, de Beni-Méred (Alger), pour ses charrues 
araires et vigneronnes à âge en bois ou en fer. 

M. François, de Beni-Méred également, pour sa 
charrue fixe à soc coupe-racines, sa vigneronne araire 
et sa vigneronne limonière. Les ateliers d'où sorten^t 
ces instruments simples, solides, bien compris, devaient 
naître au milieu de cette riche plaine de la Mitidja où 
ils rendent de grands services, et où ils sont appelés à 
prendre un important développement. 

Nous mentionnerons, encore parmi les Algériens 
exposant dans cette section : M. Aldiguier, construc- 
teur à rAgha.( Alger), charrue modèle Grignon avec 
avaîit-train et plusieurs modèles de défonceuses et 
fouilleuses, charrues fixes ou à bisoc ; M. Buzutil, de 
TAgha (Alger), qui a tenu à faire voir qu'il ne se 
contentait pas de faire des norias et qui a exposé aussi 
quelques bons échantillons de charrues de sa fa- 
brication. * 

La collection la plus complète de l'Exposition venait 
d.e France^ où depuis longtemps les vieilles maisons de 
construction ont en quelque sorte condensé tous les 
progrès accomplis par la science aidée de l'expérience, 
progrès dont la somme est. immense depuis quelques 
années. Telle machine construite par un seul individu 
effectue, en un jour, un travail équivalent à celui de 
trente hommes, soitenmoisson, en labour ou en battage. 
Cette rapidité de travail, qui permet de choisir son 
temps pour telle ou telle opération, est d'une grande 
importance en agriculture, mais elle n'est pas à la 
portée de tous les cultivateurs. 

Les grands propriétaires, se trouvant dans des con- 
ditions convenables comme surface de sol apprécient 
les avantages offerts par les charrues à vapeur, 



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— 105 — 

les défricheuses, les moissonneuses, les faucheuses, 
les batteuses, etc. 

En est-il de môme pour certains petits colons fran- 
çais, espagnols ou maltais et surtout pour les indigè- 
nes ? — Tout en admirant les résultats obtenus, nous 
ne dirons pas par les machines, mais par les puissantes 
charrues nouvelles qui creusent la terre à une profon- 
deur qui les étonne, ils ne renonceront pas facilement 
à la charrue primitive dont se servaient leurs aïeux 
aux temps bibliques et qui leur semble produii'e des 
résultats suffisants à leur courte vue. Pour qu'ils s'en 
détachent, il faut du temps d'abord, il faut ensuite 
qu'ils se rendent bien compte que, possédant moins 
de terre aujourd'hui qu'autrefois, ih seront forcés de 
la traiter plus énergiquement pour obtenir les mêmes 
rendements sur une plus petite surface. L'expérience 
lesy amène, beaucoup l'ont déjà compris, mais leur 
bonne volonté est souvent paralysée par le manque de 
ressources, ils ne peuvent pas se procurer des instru- 
ments d'un prix relativement élevé qui pourraient 
compenser, par un travail mieux exécuté, la réduction 
subie par les superficies arables. 

Ils ont pu voir à l'Exposition plusieurs modèles de 
charrues qui rappellent celle dont ils font usage, un 
entre autres, présenté par MM. Billard et Chabre, 
d'Alger ; elle est en fer forgé, fort légère, se conduit 
d'une main et deux bœufs ordinaires suffisent pour 
produire un bon travail, grâce à la disposition des 
pièces qui ne laissent aucune force perdue. 

Cet instrument, construit avec le plus grand soiii sur 
les indications d'un agronome pratique qui l'emploie 
et en obtient les meilleurs résultats, remplit toutes les 
conditions qui peuvent fixer l'attention des colons peu 
aisés et des indigènes. Elle est un premier pas vers le 
perfectionnement, c'est le premier degré de l'échelle 
du progrès qui, de leur chârriîe en bois, bonne tout au 
plus à gratter la terre, s'élève jusqu'à la charrue à 
vapeur. Ce premier degré leur manquait, il existe 
maintenant et fera entrer les petits cultivateurs dans 
la voie nouvelle qu3 leur offre l'industrie agricole. 



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— 106 -r^ 

La charrue gasconne simple, légère et peu cotUeuse, 
était déjà un pas important fait dans ce sens ; ses dé^ 
fauts Tout fait abandonner presque partout. Celle que 
nous signalons a Tî^vantage d'être plus solide, d,*être 
composée d'mi petit nombre de pièces facilement 
réparables par Touvrier le moins expérimenté, de per- 
mettre plus de travail en moins de temps, et enfin, 
considération dernière, de coûter très bon marché. C'est 
la charrue système Lagier. 

Puisque nous avons iiommé MM. Julien Billard et 
G}iabre, qui avaient groupé dans une galerie spéciale 
tous les instruments et ou|ils des nombreuses maisons 
qu'ils représentent en Algérie, nous citerons pour les 
charrues un de leurs commettants: M. Meugniot, de 
Dijon (Côte-d'Or). 

Le Jury, après une étude théorique du grand nombre 
de charrues exposées, décida qu'il serait fait des expé- 
riences afin de juger les instruments qui remplissaient 
le mieux toutes les conditions nécessaires pour faire 
un bon travail. 

. Ce concours a en li^u le P' mai à la Maison-Blanche 
sur des terrains que des cultivateurs avaient mis gra- 
cieusement à la disposition du Jury . Le premier expo- 
sant classé a été M. Meugniot pour son ensemble de 
charrues. Ce résultat était prévu. 

Nous ne pouvons entrer dans le détail des 34 mo- 
dèles dus à ce fabriquant, et répondant à toutes les 
conditions de bonne construction et d'usage ; nous 
dirons seulement que tous les instruments qui sortent 
de ses ateliers sont des types comme pertection de 
travail et comme logique au point de vue de rappli- 
cation des forces. 

La maison Meixmoronde Dpmbasle, de Nancy, avait 
exposé 31 types de charrues ; elle porte un nom qui 
oblige et dont elle est digne, du reste. Nous ne pour- 
rions que répéter à son âujet ce que nous avons dit 
ci-dessus, car l'ensemble de la ^ section de la 4* 
division était fort remarquable, non-seulement comme 
qu^,ntité,■ mais surtout par la qualité des charrues 
exiiibéçs^ 

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— 107 — 

Citons «neore M. Bruel, de Moulins CAllier), M. 
Cazot, de Mugron (Landes), M. Poitevin, de Mâcon 
>(SaOne-et-Loire), dont les charrues ont été fort remar- 
<[uées. 

MM, LimozinetCie et Philibert, d'Alger, exposaient 
aussi quelques types de charrues dans de bonnes con- 
ditions de construction. 

Nous terminerons en citant encore deux maisons de 
i^'rance fort redommaudables : celle de M. Renault 
Oouin, à St-Maur (Indre-et-Loire), et celle de M. Ver- 
nette, à Béziers. Enfin, une maison américaine, dont 
la succursale est au Havre, avait envoyé aussi ses 
produits à Alger où ils rivalisaient avec les meilleurs : 
■c'est celle de MM, Waite, Burnell, Huggens et Cie. 

HOUES, HEBSES ET SBMOIBS. 

La 3° section comprend les herses. Ce qui nous a le 
plus frappé, c'est Tesprit peu pratique qui préside à ce 
que Ton appelle le perfectionnement dans cet outil. 

La vieille herse en bois à dents de fer est encore 
reatée oe qu'il y a de meilleur et de plus pratique en 
ce genre; son effet est plus sur ; sa construction peut 
se faire partout et on peut la réparer sans la sortir de 
la cour de la ferme, tandis que toutes les hersçs à 
maillons sont d'un transport difficile, d'une mise en 
train assez longue pour peu que les chaînons s'embar- 
rassent dans les dents par le fait d'ouvriers peu soi- 
gneux, et enfin difficiles à réparer sans le secours du 
forgeron. 

Les herses à bâti rigide en fer nous paraissent éga- 
lement inférieures à celles en bois ; le» dents, quelque 
bien rivées qu'elles soient, se déchaussent bien plus 
facilement que lorsqu'elles sont tenues dans le bois sur 
une longueur de 0^08 à 0,10 centimètres; 

Parmi les fabricants de France qui avaient exposé 
différents modèles de herses, «oit à bâti rigide en fer ou 
«n bois, soit à chaînons, nous citerons MM. Meugniot 
Jje Dijon ; Pilter, de Paris, représentés par MM. Julien 

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— 108 — 

Billard et Cliabre ; M. Meixmofon de Dombasle, M. 
Bodin. 

Les herses de fabrication algérienne étaient pré- 
sentées par MM. Aldiguier, Buzutil, de TAgha, et 
François, de Beni-Méred. 

Citons une herse système Howard, à bâti rigidtî, eu 
fer, qui faisait partie de l'Exposition de Mil. Billard et 
Chabre. 

Nous ne dirons, rien des houes, scarilicateurs et 
rouleaux, la plupart des fabricants que nous venons de 
nommer en ont exposé des modèles dans lesquels no'is 
n'avons trouvé que des modifications légères à des 
systèmes déjà connus, mais rien de nouveau qui méri- 
tât une attention particulière. 

Les semoirs sont des instruments nouveaux très 
contestés. Peuvent-ils remplacer le coup-d'œil, la main 
du semeur bien exercé? Nous pensons qu'un semoir 
bien conduit, sur une terre bien préparée, doit répandre 
la semence avec une plus grande régularité que la 
main de Thomme et que dans les grandes cultures cet 
instrument doit procurer une forte économie de main- 
d'œuvre. 

MM. Billard et Chabre avaient sous leur galerie un 
semoir à la volée de Pilter, qui nous a paru construit 
dans des conditions parfaitement raisonnées de distri- 
bution. M Magneau, d'Aix (Bouches-du-Rhône), expo- 
sait le semoir provençal, appareil très bon marché qui 
s'adapte sur toutes les charrues et qui en suit le travail. 

FAUCHEUSES, MOISSONNEUSES, RATEAUX A CHEVAL. 

La 7® section, qui comprenait les faucheuses et les 
•moissonneuses, attirait surtout l'attention des cultiva- 
teurs algériens. , . 

On laboure et on sème, lorsque l'époque en est venue, 
un peu plus ou moins à propos Suivant le temps et ses 
ressources et sans trop compromettre la récolte. On 
peut avancer ou reculer ces opérations, sinon à son 
gré absolument, au moins en les faisant plier un peu 
à sa convenance et en choisissant un temps favorable. 



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— 109 — 

Maïs quand la récolte est arrivée, que les blés, les 
orges, les avoines, les lins sont mûrs, il faut les couper 
et les rentrer ; on ne peut plus choisir son moment, et 
comme cette nécessité est la môme à la fois pour tous 
les cultivateurs, que chacun a besoin tout à coup d'une 
grande quantité de bras, il y a demandes nombreuses, 
par suite manque d'ouvriers et élévation du prix des 
journées. 

Nous avons tous vu ces Kabyles qui quittent leurs 
montagnes quelques jours avant les moissons pour 
venir se répandre dans la plaine, la faucille à la main. 
Ils ont très bien su comprendre qu'à cette époque les 
colons avaient besoin d'eux, et leurs prétentions sont 
allées grandissant à mesure que les terres se débrous- 
saillaient et que la culture s*étendait. Aussi, en les 
payant très cher aujourd'hui, ne peut-on en avoir 
encore autant qu'on en désire. 

Les machines sont appelées, en ce cas comme en 
bien d'autres, à remédier à l'insuffisance des bras. — 
C'est ce qui explique l'intérêt qui s'attachait aux 
faucheuses et aux moissonneuses. 

Les petites cultures ne comportent pas un aussi 
coûteux matériel, mais ce qu'un seul ne peut faire, 
plusieurs le peuvent, et nous espérons que bientôt, 
des travailleurs intelligents pourront avoir un matériel 
suffisant pour aller de ferme en ferme moissonner à 
forfait toute une contrée, dans des conditions de vitesse 
et de prix qu'on ne peut obtenir avec des ouvriers qui 
passent, exploitant un moment favorable, et outillés 
comme au temps où Ruth allait glaner chezBooz. 

Nous citerons la moissonneuse Johnston, construite 
par MM. Deker et Mot, de Paris. — Depuis l'Exposition, 
nous avons eu des renseignements sur son emploi par 
un agronome des environs d'Alger qui en a fait l'acqui- 
sition et qui est très satisfait de ses résultats. Il l'attèle 
avec deux ou quatre bœufs suivant l'inclinaison du ' 
sol et le travail en est complet. 

La même maison exposait aussi deux modèles de 
faucheuse et un autre modèle faucheuse et moisson- 
neuse à volonté. 

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— uo — 

Une luoissoTineuse très remarquée par sesapparenccs 
de solidité et renaej»ble de. son organisme étaitcelle 
de Samuelson, de la maison Pilter, qui avait aussi des 
faucheuses du même inventeur, et une autre.de Walter 
etWod. 

Les Américains étaient représentés ckns cette 
section par des faucheuses Whitely, construites aux 
Etats-Unis par M. Warder Mittchell et envoyées par 
MM. Rigault et Cie de Pari*. 

Le seul reproche que nous adresserons à tous ces in- 
génieux appareils, qui se ressemblent un peu tous en 
apparence, c'est d'être trop compliqués, d'avoir surtout 
dans le jeu des râteaux des mouvements en levier dont 
le point d'appui est trop près des points d* attache et' 
qui doivent en peu de temps entraîner de fréquentés 
et difficiles réparations en campagne, sinon la ruine 
complète de la machine* 

La moissonneuse Johnston peut, en 12 heures de 
travail, abattre 3 ou 4 hectares de récolte. Les systèmes 
similaires annoncent tous à peu près cette moyenne^ 
vérifiée par l'expérience. 

La maison Deker et. Mot exposait un modèle de 
meule automatique pour aiguiser les lames des fau- 
cheuses et des moissonneuses, complément indispen- 
sable de ces outils et qui doit les suivre cooame la pierre 
à aiguiser suit le faucheur. 

Nous devons signaler, pour compléter cette section, 
une petite machine à moissonner à bras de Tinventlon 
de M. Legros, conducteur des Ponts-et-Chaussées en 
Algérie. Cet instrument, d'un petit volume, consiste en 
un bâti de fer reposant sur trois roues et portant deux 
lame^ de faulx réunies à l'avant et s'écartant à volonté 
suivant un angle plus ou moins ouvert selon les résis- 
tances à vaincre, ou, pour mieux dire, suivant la force 
de3 tiges à couper. Une disposition très simple, con- 
sistant en un rebord vertical appliqué sur le dos des 
faulx, sert de versoir. L'i^ppareil entre en coin dans la 
moisson ; des tiges de bambous, placées en angle aigu 
au-dessus des roues et descendant en se réunissant 



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-- 111 — 

j.usqae devant la pointe du bâti, 'écartent les tiges et 
facilitent Tactio^ des lamés. 

Cet instrument, trèâbiten' combiné, peu coûteux, 
sera réf>andu avant peu de temps dans toutes les 
fermes qtii n'ont pas dé terres assez étendues pour 
employai" les^gfandesînàchines à chevaux, mais dont 
cependant, toute 'proportion gardée, les nécessités 
sont les mêmes que dans les grandes exploitations : 
-^ la moisson promptement faite en temps oppor- 
tun. 

Plusieurs modèles des machines Legros fonctionnent 
en ce moment aux environs dé l'Arba, et donnent les 
meilleurs résultats comme régularité de travail et 
comme vitesse. Un homme seul manœuvre cet outil 
auquel, avec quelques légères adjonctions, il ne serait 
pas difficile d'atteler un cheval ou un bœuf. - 

N«uf modèles de râteaux à cheval étaient exposés ; 
nous ne répéterons pas toujours les mômes noms, ces 
instruments sortant des divers ateliers que nous 
venons de nommer plusieurs fois déjà. 

BATTEUSES 

Une seule locomobile à vapeur figurait à l'Exposi- 
tion, sortant de la maison Pilter ; elle était de la force 
de dix chevaux et mettait en mouvement la machine à 
battre qui attirait les visiteurs chez MM. Billard et 
Chabre, et qui dominait, par son ronflement sonore , 
tous les bruits de la foule. 

Cette machine, dite batteuse Garett, grand travail, 
est fort connue ; elle a remporté des prix dans toutes 
les Expositions, dans tous les Concours régionaux de 
France : elle est jugée. Son travail est complet, sa 
rapidité vertigineuse ; malheureusement, elle marchait 
h vide à l'Exposition, ce qui ne permettait pas aux 
personnes qui la voyait pour la première fois de se 
rendre un compte exact de sa mar<2he et de ses divers 
fonctionnements. 

Par sou volume, cette machine sera d'un emploi 
difficile, faute de routes, pour la: faire voyager de f^me 



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— 112 — 

en ferme comme le font dans beaucoup de nos pays de 
France, les entrepreneurs de battage. 

Mm. Deker et Mot avaient exposé des batteuses dont 
une avec secoueuse, mues par un manège à cheval, 
qui, bien que débitant moins, nous paraissent appelées 
à rendre de plus grands services par la facilité de leur 
transport, de leur manœuvre, de leur installation. 
Ces batteuses ne demandant pas ime grande force, 
le manège qui les met en mouvement peut, avec un 
seul animal, faire marcher simultanément un ou 
deux autres outils. 

Il y avait aussi plusieurs batteuses à bras exposées par 
MM. Léon Caillât et Cie, d'Alger ; Rabouel, de Dély- 
Ibrahim ; une batteuse avec élévateur pour paille, de 
Pilter. 

Les constructeurs algériens se sont distingués dans 
la construction des tarares : MM. Caillât et Cie, d*AIger ; 
Dolive, de Beni-Méred; François, de Beni-Méred; 
Guibert, de Mustapha ; Lemoine, de Marengo, rivali- 
saient avec les maisons de France Meugniot, Meix- 
moron de Dombasle, etc. 

Pour les cribles et les trieurs, nous citerons MM. 
Alliez, deVAgha, et Vermorel, de Villefranche (Rhône) ; 
WaiteBurnel, du Havre. 

Nous retrouvons encore les mêmes noms dan» les 
sections des concasseurs et des égrenoirs à maïs, des 
coupe-racines, des hache-paille. 

Signalons, par une mention particulière, la machine 
à peigner et à filer le palmier de M. Granier, de Musta- 
pha ; elle doit aider beaucoup au développement de 
cette industrie toute spéciale à l'Algérie. 

PIIESSOIRS ET FOULOIRS 

La culture de la vigne est nouvelle en Algérie ; 
comme conséquence, la fabrication du vin y est, il 
faut le dire, assez mal entendue, sauf quelques 
exceptions. Cependant, quand le vigneron a donné tous 
ses soins à de bons plants bien choisis, bien appropriés 
au sol, à son exposition, à son altitude, et quand enfin 



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— 113 — 

te raisin est mûr, il n'a plus rien à attendre de la lïa- 
ture, elle lui a donné tout ce qu'il pouvait lui deman- 
der, le reste est son affaire. Si, avec de bons raisins, 
il trouve le moyen de faire de mauvais vin, il ne 
doit s'en prendre qu'à lui de la perte que sa négligence 
ou son ignorance lui cause. 

Il ne faut pas craindre de signaler le mal, surtout 
quand il est facile de désigner le remède. 

Pour beaucoup des vignerons actuels de TAlgérie, 
la culture de la vigne était chose nouvelle ; d'autres, 
nés dans des pays vignobles, quelques-uns dans le 
midi de la France, la plupart dans les contrées méri* 
dionales de TEspagne, ont apporté dans leur nouvelle . 
patrie les préjugés et les routines, pour trancher le 
mot, l'ignorance avec laquelle ils avaient vu opérer 
dans leur pays, ne se doutant pas qu'on puisse faire 
mieux ailleurs. 

De là les mauvais résultats obtenus avec la môme 
somme de travail sur un sol qui se prête, merveilleu- 
sement à la viticulture, le découragement du vigneron, 
la méfiance du consommateur et le succès des fabri- 
cants de vin de Cette et de Marseille, qui continuent h 
nous envoyer les produits de leurs laboratoires quand 
l'Algérie devrait être à même de fournir à sa consom- 
mation, et à la veille de fournir à la France, éprouvée 
par le phylloxéra, des Vins qui seraient vite classés et 
appréciés par les marchands et les connaisseurs. 

Lorquele raisin est jeté dans la cuve, tout n'est pas 
fini, et si c'est une science que de savoir fabriquer et 
conserver une bonne cuvée, c'en est une aussi que de 
tirer du fruit tout le produit qu'il peut donner ; il y a . 
là une question d'intérêt qni vaut la peine qu''on s'y 
arrête. 

Quand, dans tous les vignobles de France, on fait 
encore aujourd'hui usage du pressoir et du fouloir, 
nous ne voyons pas pourquoi les vignerons algérien» 
se refuseraient à se seïvir de ces vieux outils chantés 
par tous les poètes de la vigne, Bordelais ou Bour- 
guignons, d'autant plus que ceux que construit Tin- 
dustrie moderne sont loin de ces antiques et massive» 

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— 114 — 

macMues où il fallait cinq ou six hommes à chaque 
barre du cabestan, et dont chaque tour de vis faisait 
gémir leâ poutres de la maison et craquer les ais de la 
table au marc. 

Le via de la cuve est certainement le meilleur, mais 
si celui qui sort du pressoir emporte avec lui un peu de 
lamertume de la grappe, il est encore à préférer pour 
la consommation locale à tous les mélanges mystérieux 
qui se débitent dans les cabarets au grand préjudice de 
la santé publique. 

Cependant, beaucoup de vignerons que nous avons 
eu occasion de visiter n'ont pas de pressoir. Nous 
comprenons qu'ils aient reculé devant l'installation 
de la vieille charpente de nos pères, que la rareté de 
bois convenables leur aurait rendue difficile ; maîe 
aujourd'hui ces instruments sont des meubles, ils ne 
sont plus scellés dans la muraille comme autrefois, leur 
manœuvre est facile, et ils arrivent à tirer du marc 
jusqu'à la dernière goutte de jus, en le rendant sec et 
en blocs à couper à la scie; ils ne laissent absolument 
h faire que le transport à l'alambic qui en extrait 
l'alcool. 

Or, en culture, il faut tout utiliser. 

Ce que nous disons pour le raisin, nous pourrons le 
répéter pour toutes les matière» oléagineuses, le» 
olives entre autres. 

Des industriels français ont eu un jour l'idée d'ache- 
ter les résidus, des pressoirs à huile vieux systèmes ; ils- 
oat fondé à Nice un établissement dans lequel ils ont 
installé des pressoirs perfectionnés ; et tous les ans, 
ils se rendent sur le littoral de la Eîvière do Gènes, y 
achètent les résidus des pressoirs à huile que lea 
paysans, laissent pourrir dans les coins de. leur cour, 
ou qu'ils brûlent Thiver quand ils ne peuvent pas 
faire autrement. Ces résidus, qui s'obtiennent à vil 
prix, sont chargés sur des bateaux et amenés à l'usine 
où ils repassent sous le pressoir qui en fait sortir en- 
core de 20 à 22 p. <»/o d'huile excellente. Ce n'est pas 
tout encore, car le tourteau qui reste, et qui ressemble 
h une pierre, est traité une seconde fois par des agenta 



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— 115 — 

chimiques qui en dégagent jusqu'au dernier ratôme 
d'huile ne laissant plus qu^ane matière qu'on utilise 
comme combustible. 

Si nous sommes entrés dans cette diagression, qui se 
rattache du reste à notre sujet, c'est pour bien faire 
comprendre aux cultivateurs l'avantage qu'ils ont à 
se servir de moyens perfectionnés leur permettant 
de ne pas perdre une parcelle àe la partie utilisable 
des produits qu'ih tirent de la terre. — Leur travail 
surle sol n'en est pas augmenté ; c'est le rendement, 
par conséquent leur bénéfice qui s'accroît. 

Nous n'entrerons. pas dans les détailade construction 
des différents pressoirs exposés. Le principe variant 
peu, la forme est toujours à peu de chose près la 
même, seules les dimensions changent et nécessitent 
des pièces plus ou moins massives suivant le volume 
et la force ; chaque fabricant modifie un détail pour 
ne pas faire comme son voisin, et nous dirions presque 
que la seule différence sensible réside dans le plus 
ou moins de fiai de la fabrication. 

Nous nommerons, dans cette section: M. Alliez, de 
l'Agha, — un pressoir à marc construit dans ses ate- 
liers d'après le système de Bouchage. 
. M. Cazeaux, de Mugron (Landes), — un pressoir à 
vin et à cidre pour presser la vendange. 

M. Mabille (Billard et Chabre), — trois pressoirs de 
5 à 16 hectolitres qui nous ont paru d'une solidité 
exceptionnelle ; — un fouloir à raisin, 

Dolive, de Beni-Méred, — un fouloir à raisin de son 
invention. 

Vigoureux, de Nîmes (Gard), — pressoirs à vin et à 
huile, fouloirs à raisin, fixes et mobiles, d'une grande 
simplicité. 

Un fort joli modèle de pressoir à vin était exposé par 
M. Philibert d'Alger. Il sortait des ateliers de la mai- 
son M. Eybert fils et Cie ; c'est un type très réussi que 
nous recommandons aux vignerons. 

ALAMBICS. 

M. Alliez, de l'Agha, avait exposé un alambic en 
cuivre, véritable modèle d,e chaudronnerie ; 



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— 116 — 

M. Amet, plombier d'Alger, un spécimen d'alambic 
écc)nomique que l'on recommande surtout aux petites 
bourses. 

M. Paussel, du Jura, un modèle de son alambic 
perfectionné ; le fond en est concave, la surface de 
chauffe est ainsi augmentée, et la chaleur, portée au 
centre du récipient, doit donner plus de régularité 
à son action. 

FOUDRES ET FUTAILLES 

Nous avons passé, à plusieurs reprises différentes, 
quelques minutes en contemplation devant les magni- 
fiques tonneaux qui formaient la 21"^ section ; ils nous 
rappelaient le fameux tonneau de Heidelberg, de 
classique mémoire chez les buveurs d'outre-Rhin. Ils 
avaient quelque chose de rabelaisien dans leurs 
formes, et nous aurions voulu les voir surmontés de 
ces vieux hanaps du moyen-âge que les robustes 
paladins vidaient d'un trait et dont le contenu fou- 
droierait nos buveurs modernes, habitués aux verres 
mousseline. 

Cîes foudres étaient tous très bien faits et font 
honneur à la tonnellerie algérienne ; il y en avait un, • 
entre autres, sur toute la surface duquel on n'aurait pu 
trouver la trace d'un coup de doloire ; on l'eût dit fait 
au tour ; pas le moindre méplat ne s'apercevait sur son 
ample rotondité. 

Cette section comprenait quatre exposants algériens . 
— M. David Alexandre, d'Alger ; MM. David frères, 
de Mustapha ; MM. Gay et fils, de St-Eugène ; et 
enfin M. Lasalle. de Mustapha. 

M. Legré, de Saumur (France), avait envoyé de 
son côté une collection de petits barils fort bienfaits, 
mais qui sont des vases portatifs pour les usages des 
champs et non des tonneaux. 

Les foudres dont nous venons de parler sont faits 
les uns avec des bois de Bourgogne, les autres avec 
des bois de Russie. Nous eussions préféré voir l'em^ 
ploi des bois d'Algérie, et nous espérons que lorsque le 
développement, chaque jour plus rapide dé la vigne, 

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— m — 

donnera une plus grande importance à la tonnellerie , 
celle-ci n'ira pas chercher ses bois à l'étranger ni 
même en France, puisque les forêts d& tout le littoral 
contiennent des chênes excellents pour cette industrie. 
L'eucalyptj^s même, comme on le verra plus loin, 
paraît très propre à cet usage. 

BASCULES ET ROMAINES 

M. Arnaud, balancier à Crest (Drôme), a fait exposer 
une romaine qui n'est pas sans mérite, mais nous 
sommes heureux de constater que dans cette section 
Alger remporte tellement que, partout où M. Subra, 
le balancier émérite de la rue Jénina, eût exposé les 
objets de sa fabrication, la première place lui eût 
été acquise sans contestation possible. 

Sa bascule est un type de précision : elle pèse 
jusqu'à 1000 kilogrammes sans le secours d'aucun 
poids en donnant la fraction de 100 grammes avec la 
justesse d'une balance de marchand de diamants- ; sa 
sensibilité est de 3 décigrammes par kilogramme ; un 
petit curseur supplémentaire peut môme donner les 
fractions de 25 grammes ; cependant, Tensemble a 
toute la solidité exigée pour un appareil devant porter 
1000 kilogrammes. 

Le fléau suspendu au poteau est un curieux échan- 
tillon d'ajustement; il pèse 72 kil., et, sous son 
apparence grossière, il est assez sensible pour qu'une 
feuille de papier, posée sur un des poids de 20 kil. 
accrochés à l'extrémité de ses bras, le fasse incliner 
sensiblement. 

Par exemple, les marchands peu délicats ne feront 
pas une clientèle à M. Subra, car sa romaine à curseur 
garantit contre la fraude, et nous espérons bien lavoir 
un jour imposée dans les marchés publics, où elle ne 
fera pas le bonheur des industriels habitués à tricher 
sur le poids. 

Ce curseur porte l'énoncé de son poids gravé sous, 
la poire, et pour qu'on ne puisse ni mettre, ni retirer 



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— 118 — 

de la matière à Tintérieur pour ea augmenter ou ea 
diminuer le poids, suivant qu'oa achète ou qu'on vend, 
Porifice en est fermé par un boulon qui porte sur 
son pas une vis rivé^ complémentaire en cuivre 
marquée sur sa tête du poinçon de la garantie, eu 
sorte qu'on ne peut rien y changer sans éveillei' le 
soupçon, et la vérification est facile puisqu'il n'y a 
qu'à peser le curseur pours'assurer si son poids est bien 
celui indiqué. 

On devrait nommer M. Subra fournisseur de la 
Justice. Ses balances sont dignes., par leur précision, 
de remplacer celles de la pauvre vieille Théniis dont 
ies côuteaiix doivent commencer à s'user. 

babates, f0b©es portatives, ustensiles 
d'intérieur. 

Pour les fermières, comme pour les gourmets, la 
-question du beurre* est une grosse affaire ; revenu 
pour les unes, satisfaction du palais pour les autres. 
— A la ferme, on tient à faire le beurre vite, et 
cependant à le faire bon pour le vendre plus cher. 

Les barates horizontales ou verticales sont toujours 
des cylindres dans lesquels une manivelle met en 
mouvement un système de palettes qui battent la 
crème pour la convertir en- beurre. 

M. de Bichemont, de Baba- Ali, avait exposé une 
barate bretonne. 

M. Riudavetz, d'Alger, un modèle de barate qui 
lui appartient. 

C'est l'usage seul qui peut dire aux intéressés les 
avantages de qes divers ustensiles. 

Les forges portatives, si utiles dans les campagnes 
pour toutes les réparations journalières de l'outillage, 
nous ont paru réunir chez tous les exposants des qua- 
lités de solidité, de légèreté et^de ventilation. Nous 
avons remarqué surtout celle de MM. Caillât et Cie, 
d'Alger, et la forge roulante avec caisse à outils de 
MM. Fauché et Cie, de France. 

Tous les ustensiles qui servent aux besoins jour_ 

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— 119 ^ 

^aaliers d'une ferme (m d'une famille étaient fort bien 
représentés à l'Exposition par les fabricants alg-éiiens. 

MM, Castellano et Uzac père, d'Alger, exhibaient 
également des échantillons de tamis en toiles métal- 
liques en crin ou en soie pour tous les usages. 

M. Amet, d'Alger, avait une collection de baignoires 
en zinc et d'appareils à douches fort appréciables 
dans ce pays si fortement caressé par le soleil. 

Nous devons une mention spéciale à M. Riudavets, 
d'Alger, pour son rafraichissoir à eau et à bière qui 
sera un bienfeit pour les habitants de l'Algérie, lorsque 
la facilité de son emploi l'aura fait pénétrer dans les 
familles. — La ferblanterie du môme fabricant était 
irréprochable. 

Nous citerons encore MM. Ruquet, de Mustapha ; 
Laramée, d'Alger, pour leurs, divers ustensiles de mé- 
nage. MM. Limozinet Cie, fto^^ir Jeur fuges en fonte, 
leurs diverses lessive^^ses et l^^ur collection d'ustensiles 
d'intérieur. 

La Suisse avait envoyé des fourneaux-cuisines 
chauffés au pétrole, tçès répandus en. Angleterre et en# 
Allemagne où nous avons eja occasion d'en voir 
dans plusieurs famill^. Dans les campagnes surtout, 
ces fourneaux Sunt appçlés à rendre de grands services, 
car une fois bleu réglés, leur marche r^ulière peut 
permettre à la ménagère de vaquer à ses occupations 
sans se .préoccuper de la cuisine qui se fait en quelque 
sorte toute seule. Leur consommation est insignifiante, 
comparée au charbon où au bois ; ils ne donnent ni 
fumée, ni odeur, n'offrent aucun danger ; leur mise 
en action est instantanée ; ils sont d'une irréprochable 
propreté. Il y avait 12 types différents dbnt la fabrica- 
tion soignée était surtout remarquable. Us étaient 
exposés par M. Laval, transitaire à Alger, qui en est 
dépositaire. 

M. Marcel Pochet avait exposé de beaux spécimens 
des meules de la Ferté, si renommées dauâ toute la 
meunerie française et qui s'exportent par le mo^de 
eutier. 



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— 120 — 

La maréchalerie avait aussi ses représentants dan» 
cette section : — M. Caaalla, de Mustapha ; M. Pradal, 
d'Ager, exposaient divers modèles de fers pour chevaux. 
— M. Charlier, de Paris, avait envoyé ses modèles 
de ferrures qui ont valu à leur auteur la . réputation . 
dont il jouit justement dans tout le monde hippique 
européen. 

Nous terminerons cette section, en a^ppelant Tatten- 
tion sur la pâte préservatrice pour désincruster les 
chaudières, exposée par M. Malière, dô Bône ; des attes- 
tations dignes de foi nous ont affirmé son efficacité; elle 
intéresse tous ceux qui vivent en contact avec les 
machines à vapeur. 

GRILLAGES, PALISBADES, CARTON-CUIR.. 

La difficulté des clôtures paralyse souvent les projets 
des cultivateurs ; s'ils entourent leur maison d'une 
muraille, c'est parce que leur sécurité personnelle les 
y oblige ; mais comment entourer les pacages dans 
lesquels ils mettent leurs bestiaux ? — Ils les confient 
^la garde d'un berger plus ou moins vigilant, et il • 
arrive souvent que .pendant que celui-ci sommeille, un. 
bœuf gagne la broussaille et ne revient plus le poir à . 
rétable. 

MM. Louet frères, d'Issoudun (Indre), ont étudié - 
d'une façon spéciale la question des clôtures et ont 
envoyé à l'Exposition d'Alger une nombreuse et in- 
téressante collection des divers objets fabriqués dans 
leurs ateliers. 

Nous y avons remarqué de fort jolies grilles- pour 
maisons d'habitation, des grilles de clôture destinées à 
surmonter un Sahut en maçonnerie . Elles sont faites 
avec des fers spéciaux, sont fort solides, et leur légé- 
reté^les rend peu coûteuses. 

'"Les clôtures pour bœufs attiraient l'attention des 
cultivateurs étonnés de trouver une aussi grande soli- 
dité dans l'ingénieux agencement de 4 ou 5 cordes en 
fil.de fer galvanisé, supportées de distance en dis- 
tance par des plateaux en fer et maintenus par de» 



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- 131 ~ 

faidisseurs que Ton 'seire à volonté. Des barrières, 
roulant sur des galets, donnent .entrée dans ce parc qui 
revient en moyenne à l îr. 73 le mètre courant sur 1"^0 
de hauteur. 

Ce parc a l'avantage de pouvoir être déplacé sans 
Aucune perte de matériel. 

Différentes grosseurs de câbles sont employées sui- 
vant la destination des parcs. 

Ce système de clôtura sera fort appprécié en Algérie 
où les bestiaux changent souvent de maître sans passer 
par le marché. Il .en sera de même des claies portatives 
eu fer pour parcs à moutons. 

Nous donnons encore comme exemple de la variété 
des objets exposés par la maison Louet frères, le dessin 
d'un poulailler isolé conçu dans les mômes données de 
légèreté, et celui d'un élégant petit kiosque en fer que 
quelques plantes grimpantes transformeront à peu de 
fi'ais en un délicieux retiro. 

Le système de clôture est appliqué avec quelques 
variantes à la confection d'espaliers de toutes espèces, 
soit pour les vignes, soit pour les arbres fruitiers. 

M. Gobet, serrurier à Alger, exposait des portes en 
fer, des grilles et des balcons d'un travail excessive- 
ment soigné qui dénote chez son auteur la connaissance 
complète de la forge. Nous savons^ du reste, que l'atelier 
de M. Gobet estun des mieux outillés d'Alger, et que 
lui-même est un artisan émérîte qui ne reculerait 
devant aucune des difficultés de la belle ferronnerie 
artistique. 

M. Gandon, du Havre, représenté par M. Julien iils, 
d' Al^ej, <avaLt aussi exposé des grillages en fils de fer 
galvanisés et des barrières combinées en bois et fer. 
Dans un élégant pavillon construit par M. Kivière, de 
TAgha, on remarquait également de nombreux spéci- 
mens de clôtures à bon marché, dites clôtures de chemin 
de fer et fabriquées avec des bois du pays. M Rivière 
est le constructeur de l'Exposition ; il a"su, en très peu 
d-e temps et avec des ressources fort limitées, élever les 
galeries sous lesquelles les nombreux produits et les 

9 

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~ 122 - 

animaux étaient abrités, ainsi que la clôture de Tea- 
ceinte. 

La simplicité de la charpente, qui ne nuisait en rien 
à sa solidité, a été justement remarquée parles hommes 
de Tart ; il serait à désirer que l'Algérie possédât beau- 
coup d'entrepreneurs ayant Tintelligence, l'activité et 
le dévouement dont M. Eivière a fait preuve dans cette 
circonstance. 

En finissant cette section, nous nommerons M. Des- 
feux, de Paris, que Ton trouve dans toutes les Exposi- 
tions, toujours exposant, souvent entrepreneur. Ses 
cartons-cuir et ses cartons bitumés pour toitures sont 
répandus dans le monde entier et appréciés par tous les 
constructeurs ; le génie militaire les utilise beaucoup 
en France ainsi que toutes les Compagnies de chemin 
de fer. Cette couverture légère et solide est fort écono- 
mique et peut durer très longtemps lorsqu'elle est bien 
entretenue. L'action du soleil ne l'altère pas ; M. Des- 
feux en a employé beaucoup en Egypte, et prépare 
d'une façon spéciale les cartons-cuir destinés aux 
pays chauds. 

VOITURES ET BROUETTES 

Nous avons longtemps cherché, mais sans pouvoir 
nous en rendre compte, le motif qui a poussé la 
Commission de classification à ranger sous une môme 
étiquette les brouettes, ret accessoire indispensable 
du terrassier et du cultivateur, et les voitures de hixe. 
Est-ce parce que les unes et les autres roulent, ou bien 
pour faire songer les riches du jour à l'instabilité de la 
fortune que la fable nous représente éternellement en 
équilibre sur une roue ? Nous laissons au lecteur le 
j»oin de décider. 

Quoi qu'il en soit, l'Exposition de carrosserie de 
MM. Bressy frères, d'Alger, était vraiment remarqua- 
ble, non seulement par Télégance des voitures et 
leur apparence de comfortet de solidité, mais surtout 
])ar les innovations et les soins intelligents apporté» 
vdans la construction des trains et des caisses. 



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— 123 • 

La voiture dite Sylphide à parasol est un type que 
Ton dirait sorti des meilleurs ateliers de Londres ou 
de Paris. Les sièges d'ayant et d'arrière se transforment, 
ou, pour mieux dire, se suppriment à volonté; le cocher 
devient valet de pied et réciproquement, suivant que le 
maître vent se laisser bercer mollement aux douceurs 
de ses huit-ressorts en admtrant la nature, ou faire 
Tautomédon et conduire lui-môme son attelage. Ce* 
transformations ne nuisent en rien à l'ensemble de la 
voiture et n'en compromettent nullement la solidité. 

Dans Tavant-train, le bois a été entièrement sup- 
primé, et c'est une heureuse innovation en ce pays où 
les grandes sécheresses font fendre les meilleurs bois, 
surtout quand ils sont, comme cela se fait dans la car- 
rosserie, assemblés sur des bandelettes de fer dont la 
dilatation ou le retrait ajoute encore aux causes de 
dislocation causées par les transitions brusques de 
l'humidité au grand sec. 

La cheville ouvrière se meut au centre de deux 
disques en fer, fort légers, très solides, qui offrent une 
stabilité complète et dégagent la suspension en lui 
donnant à Toeil une bien plus grande légèreté que les 
avant-trains en bois et fer combinés. 

De même dans la construction des caisses, MM. 
Bressy frères se sont écartés des vieilles traditions qui 
ont cours dans le Nord ; — ils ont fait de la carrosserie 
pour l'Algérie, appropriée à son climat, à son atmos- 
phère si variable ; ils ne font pas de bâtis, évitent les 
superpositions de bois, les nombreux assemblages et 
surtout les collages, et arrivent à faire d'un seul 
morceau, avec des bois choisis, des panneaux qui 
résistent admirablement au grand et chaud soleil de 
juillet, comme aux brouillards tièdesde décembre ou 
de février. 

Binder et Erlher n'ont plus guère de chances com- 
merciales en Algérie : c est la réflexion que chacun 
faisait en quittant la belle 'exhibition de MM. Bressy 
frères. 

Quant aux brouettes, les modèles à se; exposé^ pir 
It. Bernard père, et ceux en fer sortant des ateliers de 



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— 12i — 

MM. Eybert <Pont-St-Eflppit) et Deker et Mot eont 
depuis trop longftemps appréciés pour que nous 
fassions autre chose que d'en signaler la présence. 

^ 1UCHINB8 ET INVENTIONS DIVERSES 

Dans cette section, que n'avait pas prévu le program- 
91e primitif^ Français, Algériens et môme Étrangers 
ont fait assaut d'esprit inventif; et si, en ce qui touche 
les machines métropolitaines^ nous n*avons pas eu 
la primeur d'applications industrielles nouvelles, 
l'Exposition du mois d'avril dernier a du moins offert 
à notre population l'occasion d'apprécier bien des 
découvertes ingénieuses jusqu'ici généralement igno- 
rées. 

Après avoir signalé, sans entrer dans de longs 
détails, les tubes fondus en partie avec des minerais 
algériens, les briques réfractaires de la Société 
métallurgique des usines du Périgord et le chauffe-vin 
à chauffage méthodique de M. Vigoureux, de Nîmes, 
nous appellerons notamment l'attention sur les instru- 
ments et machines suivants qui nous semblent appelés à 
jouer un rôle important dans la fabrication algérienne. 

Machine à découper les boicchons. — Une 
machine, devant laquelle le public s'est toujours arrêté 
avec curiosité, est celle de M""* V^® Derbuel, de 
Marseille, destinée à fabriquer des bouchons. C'est 
une heureuse importation dans la Colonie où l'industrie 
du liège est si importante, Cdr en fabricant dans le 
pays, on évite le transport des déchets et on occupe 
des bras sur place, ce qui est un double avantage. 

Cette machine ingénieuse, dont le mécanisme 
se comprend à première vue, peut produire entre le» 
mains d'un homme exercé cinq mille bouchons par 
jour, c'est-rà-dire autant que quatre bons ouvriers. 
Son apprentissage ne nécessite que peu de temps ; 
des femmes peuvent parfaitement la conduire ; elle 
conserve aux carrés de liège toute la grosseur qu'ils 
peuvent avoir, comme elle peut les réduire jusqu'à, 
ce qu ils aient rendu toute la quotité possible.. 

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— 126 — 

Aussi' eât-ce arec' empressement que M. Hamoud 
s'est rendu acquéreur du modèle qui figurait à l'Expo- 
sition, donnant ainsi un exemple qui sera suivi pat 
toU3 ceux qui exploitent lesforêta de liège, ou dont 
le commerce nécessite l'emploi d'une grande quantité 
de bouchon». 

Le succègf de cetle machine ne sera pas moins grand 
en Algérie, où elle paraissait pour la première fois; 
^u'en France, en Italie et en Espagne où de nombreux 
fabricants l'ont déjà mise en oeuvre. 

Machine à casser les amandes. — La machiné 
à. casser les amandes envoyée par M. Lobîn, d^Aix, est 
très ingénieuse. La façon dont les amandes s'engagent 
dans des gaînes coniques où, quelle que soit leur gros- 
seur, elles se présentent sur champ sous le coup d'une 
sorte de marteau qui se meut horizontalement, est 
d'une combinaison fort intelligente ; il n'y a pas 
d'écrasement possible. Cette machiné peut se mouvoir 
par l'action des bras et par celle de la vapeur ; un 
enfant de 13 à 14 ans peut, dans une journée, casser 
250 kilogrammes d amandes en coques. 

Les ateliers de constructions mécaniques et fonderie 
de la maison Lobin fils comptent parmi les plu» remar-^ 
quables de la région provençale ; il s'y construit des 
locomobiles, des pompes, des turbines, des moulins et 
du matériel complet pour entrepreneurs de chemin 
de fer. Nous regrettons que cette Maison n'ait pas 
jugé à propos d'envoyer une collection variée de ses 
machines* elle eût peut-être jeté en Algérie le» bases 
de grandes relations commerciales. 

Hachoir malaxeur, — Le hachoir malaxeur à cou- 
teaux mobiles inventé par M . Sénamaud, de Bordeaux , 
est aussi une excellente importation. D'un prix peu 
élevé, d'un entretien facile, son usage s'impose non 
seulement à certaines spécialités, telles que charcutiers, 
cuisiniers, confiseuts, fabricants de conserves alimen- 
taires et aux établissements publics, collèges, hôpitaux, 
lycées, séminaires, etc., mais encore aux maisons bour- 
geoises dans lesquelles on doit préparer les reipas 

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— 126 ,— 

(}^otidien3 pour un certain nombre de bouches. En un 
instant les viandes ou les légumes introduit^ dans cet 
appareil sont triturés, hachés à la grctsseur désirée sans 
effort,: sans fatigue pour l'opérateur, et ce n'est pas sans 
durprise qu'on les voit quelques minutes après leur 
introduction dans l'orifice supérieur, disposé en forme 
d'entonnoir, ressortir par l'extrémité inférieure littéra- 
lement réduits en chair à saucisses. 

Une mention est due aussi dans pette catégorie à la 
petite machine inventée par M, Rabouel, cultivateur k 
Dely-Ibrahim, pour débiter les légumes. 

Machines à coudre. — La machine à coudre a 
passé dans nos mœurs. Non seulement les couturières, 
les tailleurs et tous ceux ou celles qui emploient une 
aiguille et du fil par état et pour gagner leur vie, se 
sont faits à son usage, mais elle a pénétré dans les 
familles où elle tient souvent une place d'honneur à 
côté du piano obligatoire. 

Deux exposants algériens représentaient les ma- 
chines à coudre : — M. Bord, le système Elias Howe, 
M"*® Petit de Lavieuville^ le système Wheler et Wilson. 
Nous ne noua arrêterons qu'à ce dernier qui nous 
paraît réunir tous les perfectionnements que lexpé- 
rience et le temps ont apportés à ces coquets et utiles 
instruments, et qui se résume ainsi: — Point indé- 
cousable à double piqûre ; vitesse dépassant de moitié 
celle dé toutes les machines à navette de va-et-vient ; 
mouvement doux sans bruit ni fatigue; simplicité, 
solidité et précision du mécanisme; emploi pour toutes 
espèces de tissus,, depuis la mousseline jusqu'à la 
plus forte toile, depuis la soierie jusqu'au gros drap. 

Quelques-unes de ces machines sont enfermées dans 
une élégante caisse formant meuble, ce qui leur permet 
dejjgurer dans le plus aristocratique boudoir. 

La fabrication annuelle de Wheler et Wilson atteint 
le chiffre de 176.088 machines ; c'est le plus bel éloge 
qu'on en puisse faire, c'est la consécration de leur 
utilité pratique, la sanction de la vaLeur et de la supé- 
riorité de ce système. 

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— 127 — 

Appareil d'induction électrique. — Ce n est pas 
«ans un certain étonnement que Ton a yu la Commission 
se déclarer incompétente pour appréciier l'appareil d'in- 
duction électrique exposé et inventé par M. Martin 
Ziégler. Toutefois, quand ou songe qu'il s'agit là d'uûê 
découverte ayant pour but de substituer aux agents 
médicamentaux connus un fluide nouveau baptisé par 
l'auteur du nom à'Atonicité, la surprise diminue et on 
comprend la réserve de membres dont aucun n'appar- 
tenait au corps médical. Depuis la clôture de l'Exposi- 
tion, le soin d'étudier cet appareil et les services qu'il 
peut rendre à la science et à l'humanité a été confié 
aux médecins traitants de l'hôpital d'Alger, circons- 
tance qui nous impose à nous-mêmes la plus grande 
réserve. Néanmoins, nous pouvons dès à présent dire 
que des premiers résultats, qui appellent une sérieuse 
attention du monde médical, ont été obtenus dans le 
traitement de plusieurs cas de fièvres paludéennes re- 
belles à l'action du sulfate de quinine. 

Inutile d'insister sur l'importance qu'aurait enÂlgé-^ 
rie la découverte de M. Martin Ziégler, si une expéri- 
mentation suivie vient confirmer les espérances qu'ont 
fait naître les expériences déjà faites. 

Parmi les Algériens, nous aurons de plus nombreu- 
ses citations à faire, car la plupart des inventions que 
nous allons succintement examiner ont été surtout ins- 
pirées par des besoins urgents qui réclamaient prompte 
satisfaction et aue pouvaient seuls donner des hommes 
connaissant à fond le pays et les nécessités exception- 
nelles auxquelles ils avaient à faire face. 

Appareil protecteur des fermes. ' — L*appareil 
Léard était inscrit au catalogue sous la dénomination 
de : Système électro-mécanique pour préserver les 
fermes. Nous n'entrerons pas dans sa description tech- 
nique, nous en constaterons seulement les effets. 

Un fil métallique continu, entourant tous les bâti- 
ments et clôtures d'une ferme ou d'une habitation quel- 
conque, correspond à uue 3oiiMri© électrique placée , 

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— 128 — 

dans la chambre du maître. Un malfaiteur vient-il k 
escalader la clôture ou à forcer une porte, il rencontre 
forcément ce fil ; s'il le touche, la sonnerie se met en 
mouvement et annonce à l'intérieur cette visite inso- 
lite. Mais, objecte-on à première vue, le voleur 
coupera le fil ; alors c'est bien pire eûcore: la sonnerie 
ne s*arrôte plus, elle exécute un carillon ctésordonné 
jusqu'à ce qu'on vienne y mettre fin en supprimant le 
contact des éléments. — Qu'on entre ou qu'on sorte, 
hôtes ou gens, autre part que par la porte réservée, 
l'avertisseur fait inexorablement son devoir* 

La tension des fils a lieu par un rappel fort simple : 
une tournée faite le soir avant le cou^îher suffit pour 
mettre l'appareil en sensibilité ; c'est une sentinelle 
qui ne s'endort pas, qui est à l'abri de toute corruption. 
On peut l'appliquer à tous les tiroirs des meubles avec 
la même facilité, en sorte qu'un voleur, fùt-il même 
parvenu à s'introduire pendant le jour et à se cacher 
dans la maison, serait découvert à la première tentative 
qu'il ferait pour se livrer à ses opérations. 

L'appareil Léard est précieux pour les colons isolés ; 
il est si peu coûteux, d'une application si facile 
partout, que nous pouvons lui prédire un grand 
succès en Algérie. 

Appareil contreies criquets. — M. Durand, vétéri- 
naire militaire, directeur de la ferme de Ben-Chicao, a 
exposé un appareil qui donne la solution d'une question 
de premier ordre : — ► la destruction des sauterelles 
(criquets) par un moyen aussi simple dans son appli- 
ca1;ion que radical dans ses effets. 

La vue seule de cet appareil en indique le mécanisme. 
Une roulette métallique se développant comme une 
chaîne d'arpenteur, de légers piquets et une bande 
de coton renforcée par deux sangles forment tout le 
système. Chaque rouleau, pris isolément, mesure 100 
mètres et se transporte comme un sac de soldat dont 
il a à peu près la forme et les dimensions. 

Placé de front et perpendiciilairement à la ligne 
d'invasion des criquets, cet appareil leur barre le 

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— 129 — 

chemin de la façon la plus absolue, et lés amène àî 
se précipiter dans une série de bassins pratiqués à la 
hâte, en retour sur la ligne de défense, où ils 
viennent s'enfouir spontanément. La sortie de ces 
bassins est elle-même rendue impossible par des bandes 
semblables; il ne reste plus alors qu'à détruire ces 
animaux, soit en les brûlant, soit de toute autre feçon. 

D'après les chiffres présentés par M. Durand, l'ap- 
pareil complet revient à 0.5U centimes le mètre 
courant, et les sauterelles enfouies diaprés son procédé 
occasionneraient une dépense approximative de 1 fr. 
la tonne. 

Quant aux considérations subsidiaires sur l'emploi des 
sauterelles mortes, soit qu'on les utilise en en tirant du 
sulfate d'ammoniaque, ce qui nous paraît difficile pra- 
tiquement malgré le prix élevé de ce produit chimique, 
soit qu'on en f^se de l'appât pour la pêche de la 
sardine ou simplement de l'engrais, ce qui est le plus 
simple, nous ne nous y arrêterons pas. — Le princi- 
pal, c'est qu'un cultivateur^ menacé par l'invasion de 
ces terribles locustes, puisse promptement réunir son 
monde et opposer une barrière à leurs colonnes dé- 
vastatrices ; nous croyons que M. Durand a parfaite- 
ment atteint ce but, et, à ce titre seulement, son 
invention est déjà un bienfait pour l'Algérie. 

Pétrins mécaniques. — La fabrication du pain est 
une de celles qui intéressent tout le monde ; elle est 
très fatiguante pour ceux qui s'y livrent ; l'opération 
du pétrissage surtout est fort pénible.. Bien des systèmes 
de pétrins mécaniques ont été essayés ; ils n'ont donné 
de bons résultats que dans les établissements oh on: 
opère sur une grande échelle, comme les manutentions 
militaires, ou les boulangeries civiles qui fournissent 
les hôpitaux et autres maisons où la consommation se 
fait journellement par grandes quantités. 
, Un mécanicien algérien, M. Guibert, de Mustapha, a 
exposé des pétrins de soq invention qui paraissent 
jMitisfeire à toutes les exigences de ce genre de mani- 
pulations ; ils se manoeuvrent ^ braâ>. et k tïituratioa de 

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— 130 — 

la pâte s'y fait d'une façon complète, bien plus homo- 
grène que par la main de l'homme. Ces pétrins seront 
employés avec succès non seulement dans les boulan- 
geriesy mais surtout dans les fermes où ils assureront^ 
avec une économie réelle dans la main-d'œuvre, une 
panification régulière, et, ce qui est à considérer, une 
propreté à laquelle on n'arrive pas toujours par lei 
procédés ordinaires. 

Fumirapte Riquier. — M. Riquier, quincaillier à 
Alger, avait dressé le long des clôtures de l'Exposition 
une cheminée surmontée d'un appareil destiné à en 
assurer le tirage. Les expériences faites en ont démon- 
tré l'efficacité : ij est peu coûteux, peut s'adapter indis- 
tinctement h tous les conduits, n'est nullement disgra- 
cieux et supprime dans les habitations cet horripilant 
supplice qu'on appelle : une cheminée qui fume. 

Ignifère incombustible. — Cet appareil d'éclai- 
rage, inventé par M. Portier, est destiné à l'éclairage 
de tous les chantiers, des fouilles et transports de bal- 
last, des réparations de voies ferrées, des embarque- 
ments, débarquements et ouvrages qui ne se peuvent 
faire de jour dans les ports et dans les bassins de 
radoub aux navires qui s'y réparent; il a, de plus, 
l'avantage de permettre à MM. les Ingénieurs de véri- 
fier le degré d*avanqgment des maçonneries sous l'eau 
jusqu'à 5 mètres de profondeur. 

Un seul de ces appareils éclaire trois cents mètres de 
superficie, de façon à pouvoir y travailler sur tous les 
points. Monté sur une simple brouette, il se transporte à 
volonté d'une place à une autre, sans cesser de fonction- 
ner un seul moment. Une disposition spéciale assure à sa 
lumière une projection verticale, qui permet de l'élever 
sans qu'elle perde rien de son pouvoir éclairant, plus 
puissant que celui des torches, pots & feu et matières 
résineuses qui s^emploient encore pour les travaux de 
nuit. Une fois allumé, il n*est plus exposé à s'éteindre, 
sa lumière résiste au vent le plus fort, à la pluie la plui 
violente. 

Enfermé dans une caisse légère qui contient tout es 

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— 131 — 

qui «st nécessaire pous s'en servir, cet appareil fort 
simple se monte en trois minutes, soit comme il a été 
dit sur une brouette, soit sur Tavant d*un bateau, soit 
même sur le Bol,etde quelque façon qu'on le place il se. 
trouve toujours en équilibre. Un réservoir de pétrole 
contenu dans la. caisse d'emballage lui assure une 
nuit de service ; avec cette caisse garnie en magasin, 
on peut avoir toujours sous la main un appareil prêt 
^ fonctionner une nuit entière. 

Denx de ces appareils, placés en regard à 40 mètres 
l'un de Tautre, permettent d'éclairer parfaitement une 
superficie de 800 mètres, avec une dépense de 1 fr. 50 
à Ifr. 75 par heure, soit deux litres de pétrole ou 
d'huile minérale environ par bec et par heure. 

Mesure-rations-Rattier. — Quoique placé peu en 
évidence, \e Mesure-rations-Rattier, destiné à la 
mensuration des grains affectés à Talimemation dei 
animaux, réclame notre attention. . 

Cet appareil, en usage déjà depuis plusieurs mois au 
palais de Mustapha, et qui a mérité à son inventeur 
une approbation complète de M. le vétérinaire en l*' 
Tixier, a été employé avec le plus grand succès par 
l'adjudicataire des fournitures de rations aux animaux 
exposés. 

La simplicité, le mode de fonctionnement de cet 
appareil, dit M, Tixier, ne laissent rien à désirer ; avec 
lui pas de déperdition, jo/t/5 de fraude et mensuration 
exacte de la ration des animaux. 

Nous ne pouvons donc que nous associer au vœu 
exprimé par cet honorable praticien pour qu'il soit mis 
en usage dans les corps de cavalerie et les étabHsse- 
ments possédant un certain nombre de chevaux. 

M. Rattier, nous sommes heureux de le constater, a 
en effet rendu commodes, efficaces, et surtout prati- 
ques, le contrôle et la surveillance jusqné là si difficiles 
des approvisonnements destinés aux animaux, service 
immense que ne peuvent méconnaître les possesseurs 
de chevaux, simples particuliers. Administrations, 
Compagnies industrielles, çhe£s de corps de troupes à 

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— 132 — 

cheval, qui, souvent, assistaient au dépérissement anti- 
cipé, et Bans cause apparente^ d'animaux représentant 
pour eux, dans des proportions variables mais réelles, un 
certain capital et des moyens d'action plus ou moins 
importants, plus ou moins indispensables^ mais tou- 
jours précieux à un titre quelconque. 

Avec le Mesure-tations-Rattier , tel surtout qu'il 
vient d'être perfectionné par l'inventeur, aujourd'hui 
breveté, la sécurité est absolue. 

L'appareil se fixe dans l'écurie même de manière à 
se trouver immédiatement au-dessous du coffre-ma- 
gasin contenant l'approvisionnement général de» 
grains. Le coffre, fermant à clef, a été établi soit à une 
certaine hauteur dans Técurie môme, soit dans une 
pièce située au-dessus. Comme pièce principale, le 
Mesure-rations comporte : 1° une boîte fixe dans la- 
quelle se meut, au moyen d'une n>anivelle, un cylindre 
mesureur, qui, après avoir reçu les grains à distribuer, 
lesreverse dans un récipient quelconque, musette, etc. , 
que l'on tient au-dessous de l'orifice au moment de la 
distribution ; 2* un compteur qui enregistre la quan- 
tité de ^rations délivrées ; enfin 3*^ un nettoyeur 
qui le surmonte, et dont le but est de débarrasser au- 
tomatiquement les grains, avant leur arrivée dans le 
Mesure-rations^ de toutes les matières étrangères. 

L'appareil est d'ailleurs misa l'abri de tout fonction- 
nement étranger qui pourrait être tenté en dehors 
de la présence de la personne préposée à la délivrance 
des rations, car un cadenas retient la manivelle pri- 
sonnière à la boîte môme du cylindre, dont les dispo- 
sitions intérieures sont telles, qu'au moment où une 
ration arrive par suite de la demi-révolution que la 
noianivelleluiafait subir dans le récipient, une autre 
fationse trouve emmagasinée dans le compartiment. 
On évite ainsi toute perte de temps et on obtient une 
distribution régulière, chaque compartiment de cylin- 
dre ayant une capacité absolue et exacte de deux litres^ 
ration ordinaire. 

Par le compteur, on sait instantanément le chif- 
fre des rations délivrées ; ses cadrans étant à Tàbri de 

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— 133 — 

tout attouchement extérieur ; chaque chiffre accusé est 
conservé intact, et deux ressorts indépendants placés, 
Tun sous la manivelle, l'autre dans le compteur même, 
s'opposent h toute marche rétrograde. 

D'un autre cpté, le nettoyeur situé entre le réservoir 
et le mesure-rations assure Tarrivée des grains dans 
un état parfait de nettoyage : inutile de développer les 
conséquences de cette dernière opération. La descrip- 
tion sommaire que nous venons de faire de cet appa- 
reil permet de se rendre compte qu'il répond aux trois 
desiderata poursuivis par M. Rattier: 1° Mesurage 
rapide et exact des rations à délivrer ; 2* Inscriptio n 
par le compteur du nombre de rations délivrées ; 
3« Nettoyage des grains. 

Le triple problème poursuivi, est complètement 
résolu. 



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CHAPITRE Yl 



CINQUIEME DIVISION 



PRODUITS AGRICOLES 

BT ICàTlàfiBS UTILES ▲ l'aGRICULTUBS BT ▲ l'iNDUSTRIB. 



Commlssloii 

MM. Revbrchon, président ; Bastidb, Blasselle, Pbyront, 
Cochet, Dbssoliers (Edouard), Joly, Robin, Vidal» 
Pasquibr. 

CIÎR^ALBS 

Bléj orge, avoine, seigle, mais, alpine ou millet 
long y bechna. — Bien que l'époque choisie pour 
TËxposition et la récolte médiocre de 1875 aient sen- 
siblement paralysé les efforts des organisateurs, les 
échantillons exhibés ont pu donner une idée de la fécon- 
dité du sol et de la valeur de ses produits. 

Parmi les nombreux envois du cercle d'Orléans ville, 
on remarque des orges et des blés durs de la plus belle 
apparence. La tribu Tôurtasine ' (annexe d'Alger) 
expose aussi des blés durs qui ont été vendus à raison 
de 25 francs le quintal ; le cercle de Boghar, des orges 
6oté» de 7 & 8 £r. 80 le quintal, alors ^ue cette denré» 



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— 135 — 

obtenait à Alger pour des qualités similaires les prix 
de 13.50 à 16 fr. le quintal. L'éQorme écart qui existe 
entre ces cours est dû au prix que les acheteurs, sur 
le marché de Boghar, doivent payer pour faire trans- 
porter les céréales de ce point à Alger, lieu d'embar- 
quement ; il fournit un nouvel argument en faveur de 
la prompte construction du chemin de fer qui doit 
relier toute la contrée située entre Boghar et Affreville 
à la ligne d'Alger à Oran. Quant aux blés durs, s'ils 
étaient cotés à 25 francs le quintal sur les marchés 
de l'annexe d'Alger, et à 20 francs sur ceux du terri- 
toire de Boghar, alors que le prix était de 22 francs 
sur le marché d'Alger, cette circonstance s'explique 
par ce fait que les quantités existantes sur ces points 
étaient alors nécessaires à la consommation locale. 

Comme spécimen de force productive du «ol, nous 
ne trouvons pas d'exemple plus frappant que celui 
fourni par trois touffes d'orge, envoyées de Tuggurtb 
par le caïd Ben Driss^ provenant de cultures entre- 
prises dans les anciens fossés de cette ville, et qui 
naguère cloaque d'infection, son* aujourd'hui transfor- 
més en riants jardins et champs fertiles. Trois grains 
ont produit, le premier 18 épis, le second 84, le troi-^ 
sième 78. 

Nous devons aussi signaler les blés durs et tendre^i 
et les avoines de la ferme Tournier, d'El Kantour 
(dépt. de Constantine), qui expose une collection com - 
plète et très remarquable de tous ses produits ngrir 
coles ; les blés tendres de M. Allard, de Guyotville, et 
en fait de spécimens de la prochaine récolte, quelquefs 
gerbes de seigle et de blé déjà fleuris venant de Médéa. 

L'exhibition actuelle confirme la réputation des blés 
durs de l'Algérie, considérés avec raison comme les 
premiers du monde, réputation que les producteurs 
sauront leur conserver en entretenant la richesse du 
sol par des engrais approprié^ à sa nature. 

L'orge indigène est aussi d'une qualité à ne redouter 
aucune comparaison ; l'usage de plus en plus considé- 
rable qu'en fait la brasserie est une consécration de 
ses bonnes qualités, et, quelle que soit l'importance 



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— 136 — 

de la production locale, cette denrée trouvera toujours 
des débouchés suffisants. 

De nombreux échantillons de maïs ont été exposés : 
maïs blanc, maïs géant, maïs Garagua. Les cultiva- 
teurs algériens ont tenu compte^ dans une certaine 
mesure, du regret exprimé par ie rapporteur de la 
Commission de Vienne en raison de la place insuffi- 
sante que cette céréale occupait en 1872 dans les cultu- 
res de la Colonie. La statistique établit en effet qu'en 
18751emaïsaoccupé unesuperficie supérieure de 6,000 
hectares à celle de 1872, et si le rendement en grainà 
n*a augmenté que de 3,500 hectolitres, la cause en est 
principalement à ce fait que des parties assez considér 
râbles ont été coupées en vert pour être données comme 
nourriture aux bestiaux. Des tentatives faites en vue 
de conserver les tiges de mais par la méthode de l'en- 
silage ont parfaitement réussi. C'est ainsi que M. 
Armand Arlès-Dufour, le savant agronome de l'Oued- 
el-Alleug, a pu garder pendant tout Thiver 75-76 du 
maïs ensilé, dont il expose un spécimen^ ce qui lui a 
permis d'entretenir en parfait état ses nombreux trou- 
peaux jusqu'à Tapparition du fouiTage vert. Nous 
livrons cet exemple aux méditations des cultivateurs 
et des éleveurs des trois départements. Des tiges de 
maïs Caragua semé en terre non irriguable, pour être 
mangées en vert, étaient aussi très remarquables ; 
elles ont atteint, arrivées à maturité, plus de trois 
mètres de hauteur, et le grain récolté a pu être vendu 
en France pour semence au prix de 40 fr. le quintal, 
prix qui ne pourrait plus il est vrai, être obtenu 
aujourd'hui. Tous les autres échantillons de maïs, battu 
ou en épis, réunissaient les qualités désirables : gros- 
seur, finesse et poids du grain^ saveur de la fécule. 
L'hectolitre de cette céréale (maïs blanc) récoltée en 
1875 à Chéragsïs, en terre sèche, par M, Rabouel, ne 
pèse pas moins de 79 kil. 

Et peut-être sera-t-il utile de rappeler qu'en Hon- 
grie et aux Etats-Unis d'Amérique le mais est large- 
ment employé, la feuille comme fourrage, le grain 
Comme aliment farineux, à la nourriture et à l'engrais- 



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— 137 — 

aement du bétail, et que c'est à cette céréale que ces 
pays doivent de pouvoir livrer à Texp jrtaiioa les énor- 
mes quantités d'animaux gra^ qui sont Tune des prin- 
cipales ressources du pays et de l'industrie locale. 

Dans rUnion américaine, le maïs est mélangé au 

blé, particulièrement dans les Etat^ du Sud, pour la 

fabrication du pain. La récolte moyemie est, chaque 

année, de 215 millions d'hectolitras ayant une 'valeur 

, de 3 milliards de francs. • 

Le bechna est représenté par nn échantillon qu'ex- 
pos(î l'exploitation agricole de rOued-Aisâi ; Talpisteou 
millet hng(Phala7HS canariensis, en arabe Bera&aj 
par 'deux spécimens que présentent P M. Certeùx, 
membre de la Société d'agriculture qui, le premier, a 
attiré l'attention publique sur l'importance du rôle 
réservé à la culture dé cette gratninée au point de vue 
de l'exportation ; 8*^ M. Gustave Elie, négociant, inven- 
teur d'un crible spécial à Faide duquel il parvient à ' 
un nettoyage complet. 

L'alpiste, spontané au sol algérien, était vendu, il 
y .a quelques années, comme criblure ou déchet du 
blé, au prix moyen de 15 fr. les cent kil. Depuis que 
des négociants spéciaux ont appris qu'on pouvait se 
procurer cette graine en Algérie et l'acheter à do 
bonnes conditions, les demandes ont afflué, le prix a 
monté, et s'est élevé, pendant les deux dernières an- 
nées, jusqu'à 85, 90 et même 100 fr. les cent kil. 

L'exportation de Talpiste a, du reste, commencé à 
prendre une telle importance, ,que M. le contrôleur 
des Douanes, à Alger, l'a classé depuis quelques 
mois, dans ses bulletins mensuels, au nombre des 
principaux produits exportés. — En 1874, il en a 
été expédié, d'api'ès la statistique de la Douane, 
315,926 kil., et, en 1875, im million cent quarante^ 
neuf mille cent treize kilogrammes (1,149,113 kil.) 
parle département d'Alger seul. Le mois de septem- 
bre figure pour le chiffre de 294,984 kil. L'alpiste 
aj'-antété vendu Tannée dernière au prix moyen de 
70 fr. , les cultivateurs du département d'Alger seule- 
meut ont bénéficié de ce chef d'une valeur de plus de 



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— 138 — 

un million de francs, indépendaiîte du profit donné 
par le blé, à la venue duquel cette graminée ne nuit 
aucunement. L'alpiste doit être semé de préférence 
avec le blé dur, et on peut facilement en récolter 6 à 8 
quintaux à l'hectare. 

Le mouvement d'exportatioa des céréales, en 
1874, s'est traduit parles chififres suivants : fromeoit, 
1,052,843 qm; seigle, 30 qm; orge, 767,325 qm ; 
avoine, 90,397 quintaux métriques. . 

Farines, semoules, pâtes alimentaires. — Les 
échantillons de farine et de ^maule, elposés par les 
minotiers de l'Algérie, sont généralenient, comme 
ceux envoyés aux préeédeUteâ Expositions, d'une 
grande beauté. Les semoules, particulièrement, ne lais- 
sent rien à désirer et accusent de nouveaux progrès 
dans les modes de fa'bricat ion employés ; elles rivalisent, 
quand elles ne leur sont pas supérieures, avec les plus 
beaux produits de là fabrication européenne. Aussi les 
débouchés ^ue leur assjure ^eur excAlente qualité 
deviennent-ils chaque jour plus nombreux. 

Si on ajoute q*ue les blés durs d'Afrique sont aussi 
fiches en gluten sec que les blés d'Odessa, et qu'ils don- 
nent un rendement supérieur de 2 kil. par 100 kil., la 
faveur dont jouissent les semoules algériennes s'expli- 
que suffi^mment. 

Des expériences faîtes au laboratoire de la Sorbonne, 
et qu'il n^est peut-être pas inopportun de rappeler, 
ont établi de la manière suivante la composition chi- 
mique de la semoule préparée avec les blés durs 
d'Afrique : 

Eau 10 3a 

Matières azotées ^. . . . 13 91 

Dextrine et matières sucrées 3 45 

Matières grasses 35 

Amidon 70 97 

Matières minérales, silice, phos- 
phate, sels alcalins 1 02 

100 00 

Les farines sont représentées par les envois de la 
ferme Tournier (El Kantour, dépar ement de Constan- 



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— 139 — 

tine)^ — farines de blé tendre donnant un rendement 
de 75 p. °/o après deux tours de meule ; 

De la minoterie Narbonne Jeune (Hussein-TDey), 
— minots de blé tendre et de blé dur, semoules pour 
pâtes et pour potages ; 

Des minoteries Louis Axiack, Boudon, Picot (moulin 
St-Joseph), Giraud, deBlida, — qui exposent des pro- 
duits similaires ; Benazet^ de Bouïra, — minot de blé 
dur. 

Un spécimen de pain fabriqué avec les farines de 
blé dur pour l'alimentation du nombreux personnel 
du domaine des Sources (Oued-el-AUeug) mérite 
d'être signalé ; son prix de revient n'est que de 0.25 c. 
le kil. Cependant si ce pain est moins blanc que celui 
fabriqué avec la farine de blé tendre, il est tout aussi, 
sinon plus savoureux ; il a, de plus, la propriété de se 
conserver frais plus longtemps. Après six jours d'ex- 
position en plein air, par un temps des plus variables, 
avec alternative de sécheresse et d'humidité, on coûs- 
tate que les pains exhibés possèdent encore toutes les 
qualités qu'ils avaient en sortant du four. Les ouvriers 
qui en font leur nourriture habituelle s'accordent à 
déclarer qu'il est beaucoup plus nourrissant que le 
pain de farine de blé tendre. 

Doués des avantages incontestés qu elles pcfesèdent, 
les semoules d'Afrique devaient être recherchées pour 
la fabrication des pâtes alimentaires. Aujourd'hui, les 
principales fabriques de France, et quelques maisons 
d'Italie, les emploient de préférence à toutes autres. 

La maison Bertrand, de Lyon, d'abord, puis d'autres 
fabricants de Paris, ont monté d'importantes usines h 
vapeur consacrées à la confection des pâtes alimentaires 
avec les semoules de blé dur d'Afrique. 

De son côté, l'industrie locale, sollicitée par les exem- 
ples qui lui étaient donnés, s'est mise résolument à 
l'œuvre, et les collections de pâtes de plusieurs mai- 
sons algériennes témoignent de Timportance prisa 
par cette industrie. Nous citerons, entre autres, les 
exhibitions de M. Boudon (moulin de l'Atlas), de M. 
Dalom, fabricant à Alger, et de M.'Castagliola, fabri- 

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— 140 — 

eant à Médéa. La dégustation de leurs produits permet 
de constater que, quelle que soit la forme qu'elles affec- 
tent, les pâtes fabriquées dam ces usines sont claires, 
diaphanes, d'un goût fin et délicat. 

Un emploi nouveau des farines de blé tendre, récem- 
ment essayé à Alger par M. Henri Gignoux, mérite 
aussi une mention. Sous le nom de biscuits Kroknel 
oriental ^ cet industriel expose un gâteau sec qui jouit 
déjà d'une popularité méritée et se substituera, dans 
un bref délai, à tous les produits de même nature im- 
portés jusqu'ici d'Angleterre. Ce gâteau, qui a la 
propriété de se conserver pendant une longue durée, 
à la seule condition d'être tenu à l'abri de l'humidité, 
est fabriqué exclusivement avec de la tuzelle 1'^ qua- 
lité du pays, additionnée d'oeufs, de beurre et de sucre. 
La pâte, dans laquelle il n'entre pas une goutte d'eau, 
est préparée au cylindre. 

Signalons encore des échantillons de fécules alimen- 
taires et de riz conservés à l'aide d'un procédé dont M. 
Sémont, de St-Eugène, est l'inventeur, et qui, miseï^ 
flacons il y a quatorze ans, ont gardé intactes toutes 
leurs qualités. M. Sémont expose aussi, dans la môme 
catégorie, des produits de son invention, le carifé, 
destiné à remplacer les cafés de basse qualité, et une 
chicoî^ée fabriquée avec la plante récoltée dans sa 
propriété. 

LÉGUMES ET FRUITS FRAIS ET SECS 

Les légumes frais auraient pu être splendidement 
représentés, si les maraîchers des environs d'Alger 
avaient consenti à distraire du marché quotidien quel- 
ques spécimens des primeurs qui ont contribué à popu- 
lariser TAlgérie sur le carreau des halles de la capitale. 
Nous aurions pu voir figurer pois, fèves, haricots, arti- 
chauts, asperges, etc. A défaut, il a fallu se con- 
tenter de quelques exhibitions de patates et de pommes 
de terre, dignes il est vrai de fixer l'attention. 

M. Fontaine, de Blida, exposé une collection qui 
comprend toutesles variétés connues de patates : ronde, 

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I 



— 141 — 

violette, rouge, jaune, blanche, blanche côtelée, 
blanche ronde, reine des blanches, blanche florifère, 
obtenues de graines semées par cet agriculteur. De 
beaux échantillons ont aussi été obtenus par M. Goby, 
de Coiéa. 

Les pommes de terre de M. Sémont, de St-Eugène, 
(tubercules rouges, récolte de Thiver 1876) réunissent 
toutes les qualités propres à les classer comme pri- 
meurs de premier choix. 

Les légumes secs sont représentés par des spécimens 
nombreux de pois pointus, cultivés et récoltés par des 
indigènes du cercle d^Oriéansville ; par des pois chi* 
ches de la tribu Tourtasine (annexe d'Alger), cotés à 
18 fr. le quintal ; des haricots blancs d'Espagne pro- 
venant de Texploitation agricole de TOued-Aissi ; des 
lentilles et des pois chiches, envoi de la ferme Tour- 
nier, d'El Kautour, et des fèves sèches récoltées par 
M. Allard sur sa propriété de Guyotville. 

Comme fruits verts, nous nous bornerons à citer les 
collections de cédrats exhibées par M. Goby, de Coléa, 
et par M. Charles Nicolas, de Mondovi. Les échan- 
tillons de ce fruit de plus en plus recherché par les 
confiseurs, sont, croyons-nous, le nec plus ultra de 
ce qui peut être obtenu sous le rapport de la ggrosseur, 
de la forme et de la saveur. 

En ce qui touche les fruits secs, appelés à* jouer 
un jour un rôle considérable dans notre commerce 
d'exportation, nous avons remarqué des raisins et des 
figues, bien préparés, provenant du cercle d'Orléans- 
ville et de la tribu des Beni-Iraten. Les figues sèches 
en caisse de cette tribu sont cotées au prix de 0,30 
centimes le kil. Mais la palme revient, sans contes- 
tation possible, à M. Reverchon, de Birkadem, pour ses 
raisins secs en boîte. Ce produit peut supporter la 
comparaison avec les similaires les plua renommés 
d'Espagne et de Grèce, tant en raison de la beauté du 
fruit que de sa préparation. 

Les Algériens n'ont qu'à produire pour voir s'ouvrir 
des débouchés considérables en France, en Angleterre 
et môme en Autriche. 

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— 142 — 

A côté des fruits secs proprement dits, on trouve 
quelques spécimens de fruits conservés dans le sirop 
ou dans Talcool, et de confitures variées préparées par 
des maisons d'Alger justement renommées pour l'excel- 
lence de leur fabrication ; nous citerons entre autres 
la maison Fille et la maison Plasse qui, sous le nom de 
zesteuse à oranges et à citrons, exhibe, à côté de ses 
produits, une ingénieuse machine remarquable pae 
la simplicité de sa construction et le travail utilr 
qu'elle donne. 

BOISSONS 

Vms, vinaigres, eaux-de-vie, liquew^s diverses, 
bières, eaux gazeuses. — En parcourant la longue 
galerie réservée aux produits de la vigne, l'œil était 
tout d'abord avantageusement prévenu par l'abondance 
et la variété des bouteilles, attendant, rangées sur de 
longues files, le moment solennel de la dégustation. 

On ne compte pas, en effet, moins de 70 propriétai- 
res ayant soumis leurs vins à l'appréciation du Jury, 
et appartenant, à peu d'exception près, au département 
d'Alger. Or ce nombre d'exposants, qui aurait été faci- 
lement quadruplé si personne ne s'était abstenu, 
prouve llmportance prise depuis quelg[ues années en 
Algériqparla viticulture; il est certain aujourd'hui 
que dans un petit nombre d'années, si la plantation de 
la vigne ne subit pas de ralentissement, la France 
traubméditertranéenne sera en mesure, non seulement 
de fournir à sa consommation, mais encore de suppléer 
à la diminution produite dans les récoltes métropoli- 
taines par les ravages du phylloxéra. 

Quant à la qualité des produits, s'il nous est impos- 
sible de nous prononcer sur le mérite individuel de 
chacun, nous pouvons du moins constater leur amélio- 
ration générale, due, d'une part au choix des cépages, 
et de l'autre aux soins apportés dans les procédés de 
culture, de fabrication et de conservation. 

Les vins fabriqués depuis plusieurs années ont 
mieux conservé, pour la plupart, leur limpidité ; et les 

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^ 143 — 

bouteilles qui les contiennent sont généralement dé- 
pourvues des dépôts dont on a fait si souvent grief à 
nos produits. 

On remarque aussi qu'à côté des vins de dessert et 
des vins blancs, dont certains crûs sont depuis long- 
temps avantageusement classés, le viticulteur algérien 
se préoccupe de plus en plus de produire un bon ordi- 
naire de table ; on peut citer dans cette catégorie pres- 
que tous les vins rouges fabriqués par les grands pro- 
priétaires du Sahel : MM. Revercbon^ Martin, Harti- 
gue, Stolz, Laroque, Vialar; à Miliana, M. Allemand; 
dans la province de Constantine, M"® V^® Bourdais. 

Les deux grands problèmes qui restent à résoudre 
sont ceux de la longue* conservation et de la clarifica- 
tion; M. Arlès-Dufouratrèsheureusementappliqué aux 
produits de sa fabrication le chauffage suivant la 
méthode Pasteur. Quelques autres producteurs n'ont 
eu qu'à se louer, dans le premier cas, de T usage de 
rœnotaunin, et dans le second de la pulvérine Appert. 
Il est vivement à désirer que l'emploi de ces substances 
se généralise, et on ne peut que savoir gré à M. Bi- 
voire, représentant à Alger de la maison Appert, des 
efforts qu'il fait dans ce but. 

En présence des ravages qu*exerce le phylloxéra 
dans les pays vignobles de la mère-patrie, Tattention 
publique se dirige forcément versl'Algérie, qui, grâce 
aux précautions prises par le Gouvernement général, 
a pu ôtneet sera, suivant toutes les probabilités, préser- 
ve de ce fléau. Jusqu'ici la vigne ne rencontre, en 
effet, de ce côté de la Méditerranée que deux adver- 
saires, Voïdium, que d'énergiques soufrages réussis- 
sent toujours à combattre, et Valtise, dont les inva- 
sions peuvent être prévenues en détruisant les jeunes 
mouches dans leurs refuges d'hiver avant qu'elles 
aient pris leur vol. 

Si, à cette considération, aujourd'hui d'un si grand 
poids, on ajoute les avantages faits au viticulteur par 
un sol et un climat de tous points propices à la culture 
delà vigne, aucun ^oute n'est plus permis sur Timpor- 
tftnee que cette culture est destinée à prendre en Alg érie. 

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— 144 — 

Nous noussommes plus spécialement étendus sur le» 
vins rouges ordinaires parce que leur fabrication doit 
être le principal objectif du vigneron ; mais c'est avec 
plaisir que nous constatons la valeur réelle de certains 
vin» blancs parmi lesquels il convient de citer notam- 
ment les crûs de Médéa et de Miliana. 

A côté de leurs vins, beaucoup de propriétaires ont 
exposé des spécimens d'eau-de- vie extraits des marcs, 
et qui, généralement très riches en alcool, possèdent 
en outre un goût franc qui les fait vivement apprécier. 

Quelques-uns d'entre eux se sont aussi préoccupés 
de fabriquer, en distillant certains fruits de TAlgérie, 
des liqueurs de ménage. 

Le kircli que M. Stolz, de Crescia, extrait de la nèfle 
du Japon, et une liaueur douce obtenue aveclenoj^au 
du môme fruit par M. Latour, ont spécialement fixé 
l'attention, ainsi qu'un ratafia revenant à quelques 
centimes le litre, et que M. Latour produit eu em- 
ployant un procédé usité en Bourgogne. 

L'industrie de la distillerie prend d'ailleurs jour- 
nellement une importance plus considérable dans la 
Colonie ; la maison Fournier, de Pliilippevil]e, a expo- 
sé une intéressante vitrine dans laquelle figurait, à 
côté des matières premières dont elle extrait l'esprit 
à l'aide d'appareils perfectionnés, un échantillon de 
chacun des produits fabriqués accompagné d'une men- 
tion indiquant comme suit leur richesse alcoolique: 
eau-de-vie de marc 55** ; de raisin 96° ; de figues 96° ; 
d'asphodèle 91° ; de caroubes 96° ; de maïs 96*. 

Les vinaigres sont représentés par de nombreux 
échantillons généralement obtenus par les viticulteurs 
eux-mêmes. Toutefois,, il convient de signaler, parmi 
les industriels se livrant à cette fabrication, la maison 
V« Courvoisier, d'Alger, récompensée dans différentes 
Exposition» précédentes, et dont les indications foar^ 
nissent des reijkseignements précieux sur la richesse 
en aciide acétique d^s vins de certaines régions du dé- 
partement. D'après les mentix)na placées sur les flacons 
renfermant ces produits/ le vinaigre provenant des 

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*-. 145 — 

tins de Miliana aaraii 42**, celui tiré des vins de T Arba 
30^ , des vins de Bouferik 20o. 

L^abondaBce et la variété des plantes et des ffuits 
que Ton récolte en Algérie devaient forcément tenr-er 
les distillateurs et les engager non. seulement ^ satis- 
faire aux besoins de la consommation locale, mais 
encore à obtenir des produits dignes de Texpertation. 

Le succès a couronné en partie leurs efforts- 

Déjà plusieurs d entre eux avaient obtenu des ré- 
compenses à l'Exposition générale de Vienne, notam- 
ment pour les Amers et lesBitters, liqueurs qui ont gé- 
néralement pour base l'écorce d'orange amère^ si abon- 
dante en Algérie. L'Amer africain ^ de la maison 
Picon, de Philippeviiïe, jouit aujourd'hui dans le monde 
entier d'une réputation méritée, et Tusage de cette 
liqueur, en se répandant dans la Colonie, a contribué, 
dans une proportion notable, à combattre la pernicieuse 
habitude de rabsinthe. A côté de VAmer africain, il 
convient de placer le Bitter hygiénique inventé par 
M. Marthoud. Cette liqueur, récompensée également 
à TExposition de Vienne, a été aussi l'objet d'un rap- 
I>ort particulier de l'Académie nationale agricole et 
manufacturière de Paris, tant ea raison de son excel-^ 
lent goût que de la vertu tonique et fébrifuge que lui 
communiquent les différents éléments, gentiane, quin- 
quina, rhubarbe et racines balsamiques qui entrent 
dans sa composition. 

Nous mentionnerons encore la liqueur de Gentiane 
du môme industriel ; les agréables liqueurs Tchina et 
Crème de mandarine^ fabriquées par la maison 
Ghevesich, également inventeur d'un amer en réputa- 
tion \ les produits très variés des maisons Tachet, 
Hamoud, Ellul et fiis, Thomas, Gurries, d'Alger , 
Ferry, de Mascara [ratafia de mûres), et les diverses 
préparations au quinquina dont la vogue, grandissant 
tous les jours, a ouvert d'importants débouchés à ces 
apéritifs fébrifuges qui, relégués jadis dans les offici- 
ne pharmaceutiques, sont aujourd'hui quotidienne- 
ment servis dans tous les établissements publics. 

Mm. Bivoire, Isnardi neveu, d'Alger, et Mer- 

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— 146 — 

cier, de Constantine, qui emploie le vin de Païenne 
au môme usage, se sont fait une spécialité de la prépa- 
ration du vermouth de table au quinquina. Quant à 
M. Mulsant, ses préparations sont plus exclusivement 
médicales, mais elles nous ont mis à même d'appré- 
cier le mérite des vins rouges qu'il récolte dans sa 
propriété de Birkadem (Clos Perreau), et de consta- 
ter que ce crû possède toutes les qualités qu'exige la^ 
combinaison du vin avec le quinquina. 

En Algérie, comme en France, le goût et l'usage 
de la bière ont pris une extension rapide; depuis 
longtemps on comptait dans la Colonie de nombreuses 
brasseries. Toutefois, il faut avouer que la plupart des 
bières fabriquées sur place laissaient naguère encore 
beaucoup à désirer, bien que le pays produise des 
orges recherchées par toute la fabrication européenne, 
et que le houblon soit un objet facile d'importation. 
On était donc en droit d'attribuer cette infériorité, soit 
aux conditions climatériques^ soit à la qualité des 
eaux. L'Exposition a mis le public à môme d apprécier 
les heureux résultats dus aux efforts de la plupart des 
brasseurs d'Alger, en vue de lutter contre Timportâtion 
des bières du Nord, et de livrer des produits dignes de 
leur faire concurrence. Les anciens procédés ont été 
abandonnés, des matériels perfectionnés ont été créés 
de toutes pièces ; de magnifiques usines se sont élevées, 
des caves ont été creusées, et des ouvriers de mérite, 
attirés à grands frais, sont venus faire école en Algérie. 
Le succès a récompensé ces intelligentes tentatives. 
Comme goût, couleur et limpidité, les bières de Mars 
présentées par les maisons Ellul fils et Thomas peuvent 
rivaliser avec les bières du Nord les plus renommées. 
Les maisons Eling fils et Marsahal ne se sont pas non 
plus laissé distancer, et le premier de ces honorables 
industriels prépare en ce moment une véritable révolu- 
tion dans l'industrie de la brasserie, en essayant d'in- 
troduire en Algérie la culture du houblon. Si elle 
réussit, comme on est en droit de Tespérer, la Colonie 
sera bientôt affranchie du lourd tribu qu'elle paie cha- 
que année de ce chef au commerce allemand, 

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— 147 — 

Des brasseurs de .Blida, et de plusieurs localités de 
l'intérieur^ ont aussi exposé des échantillons de bières 
bien réussies, si surtout on tient compte du peu d'im* 
portance relative des débouchés ouverts à leurs pro- 
duits. 

La fabrication des eaux gazeuses a pris également 
un développement remarquable ; il est peu de villes de 
rintérieur où cette industrie ne se soit pas implantée. 
Alger possède de nombreuses usines où se confectioti- 
nent toutes les variétés recherchées par le consomma- 
teur; «au de table, limonades, sodas, etc. La plupart 
des maisons qui exposent ces liquides, Thomas, EUuI, 
Marschal, Hamoud, etc., se partagent les faveurs de 
la clientèle ; nous n'avons pas à nous étendre sur la 
valeur intrinsèque des . produits de chacune d'elles. 
Toutefois, il serait injuste de ne pas consacrer une 
mention particulière à M. Hamoud, dont l'exhibition 
a^té un des grands succès de l'Expostion, d'abord 
parce que M. Hamoud est peut-être, de tous les indi- 
gènes d'Alger qui se sont livrés à des industries euro- 
péennes, celui qui a fait le plus preuve d'esprit d'ini- 
tiative ; en second lieu, parce que son exhibition, des 
plus complètes, ne laissait rien à désirer sous le rapport 
de la conception et de Texécution. Cet industriel avait 
eu, en effet, l'excellente idée de faire édifier à ses frais 
un pavillon spécial, décoré avec un goût parfait et une 
grande recherche, dans lequel il exposait non seule- 
ment les divers produits de sa fabrication, mais encore 
le matériel très complet avec lequel il opère. Sous tous 
les rapports, M. Hamoud mérite d'être cité en exemple 
à ses coreligionnaires. Introduit dans un élégant 
palais, genre mauresque, dont la galerie s'ouvrait sur 
un paysage algérien vigoureusement brossé par les 
pinceaux de M. Baubil, le visiteur assistait à toutes les 
opérations de la fabrication des eaux gazeuses, avec 
un intérêt doublé par cette circonstance que les ou- 
vriers employés étaient tous des indigènes formés par 
le maître 4 indigène lui-môme. 

C'était un spectacle vraiment curieux que de voir ces 
Arabes, les uns protégés par des armures et desjmas- 

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- 148 -^ 

ques^ emplîr sans relâche bouteilles et syphons des 
pétillants breuvages, tandis que d'autres fondaient, 
puis tournaient les capsules métalliques des syphons. 
Commerçant intelligent, M. Hamoud a compris qu'il 
devait dégrever son industrie des charges que luiim-* 
posait rimpqrtation des capsules métalliques ; en les 
faisant fabriquer chez lui, il est parvenu à réaliseï? 
ujie économie de 50 p. °/o se chiffrant chaque année 
par une somm^ importante. C'est aussi dans le même 
but qu'il a acquis l'ingénieuse machine à fabriquer les 
bouchons exposée par la maison Derbuel^ de Marseille; 

TABACS 

Trop- longtemps les planteurs algériens s*étaient 
laissé entraîner à produire beaucoup sans se préoccu^ 
per de la qualité de leurs tabacs qui, communs ou de 
variétés bâtardes, manquaient souvent de finesse, de 
légèreté et surtout des propriétés combustibles iudis- 
pensables pour les tabacs et les cigares à fumer. La 
dégénérescence des produits algériens était même 
arrivée à un point tel, qu'en 1860 l'Administration 
métropolitaine avait di\ réduire considérablement ses 
achats annuels en Algérie, et abandonner, après avoir 
lutté en vain contre la production de feuilles dépour- 
vues d'arôme et de combustibilité, les errements ad- 
ministratifs suivis jusqu'à la date ci-dessus indiquée. 

Heureusement une réaction, salutaire s'est produite 
depuis, et M. Rolland, membre de l'Institut des 
sciences et Directeur général des manufactures de 
l'Etat,» s'est empressé de reconnaître les améliorations 
obtenues. Dans une lettre du 24 février dernier,adres- 
sée à M. le Gouverneur général civil, il annonçait 
officiellement au représentant du Pouvoir exécutif en 
Algérie^ que les derniers résultats obtenus, et les 
dispositions actuelles des planteurs, autorisaient l'Ad- 
ministration à sortir de sa réserve antérieure et à 
tenter de nouveaux efforts pour améliorer la situation. 

Cette lettre, précieux témoignage de sympathie 
envers les colons algériens, était accompagnée d'un 

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^ 149 — 

exemplaire de la circulaire coiitenant les instructions 
adressées par M. le Directeur général à ses agents en 
Algérie, en vue d'obtenir, à l'aide des améliorations 
indiquées par Texpérience dans les procédés de cul- 
ture, le choix des plaut.s et les méthodes de dessication 
et d'emballage des produits dignes d'entrer en nombre 
plus considérable dans la fabrication française et 
étrangère. 

Une décirtion antérieure du Ministre des finances, 
en date du 8 décembre 1815, avait d'ailleurs fixé à 
trois millions de kilogrammes la quantité de tabac que 
l'Administration était autorisée k acheter en Algérie 
sur la récolte de 1876, et arrêté comme suit les prix 
afférents à chaque qualité : 

. Tabacs en feuilles, P® qualité, 150 fr, le quint&l; 2* 
qualité, 120 fr,; 3® qualité, 90 fr.; non marchands mais 
combustibles, de60 à 30 fr. ; une allocation de 10 fr- par 
quintal est, en outre, allouée aux tabacs surchoix. 

Nous avons trouvé d'assez nombreux échantillons 
de tabacs en feuilles exposés par les planteurs du 
département. Nous mentionnerons lets feuilles Havane 
cultivées par M. Firmin Dufourc ; les feuilles Havane 
et Maryland récoltées par M. Roussel, colon à Souk^ 
el-Haâd, Texhibition de M. le comte de Richement, 
qui nous révèle le fait, h la fois singulier et regretta- 
ble, que des feuilles de la récolte de 1875, dont les 
agents de l'Administration des tabacs fixaient la valeur 
à 30 fr. le quintal, ont été vendues 65 fr. au commerce 
étranger, et les résultats d'intéressants essais de cul- 
ture dus à M, Mares, Mais l'exhibition la plus com- 
plète est, à coup sur, celle de M. Bosson, fabricant de 
tabacs à Alger, qui expose, bruts et fabriqués sous 
toutes les formes, des spécimens multiples des récoltes 
qu'il obtient sur sa propriété sise aux portes d'Alger, 
sur le territoire de la commune de Boudzaréa, au 
point culminant de la montagne. 

Sur les 13 hectares que comporte cette propriété, 3 
hectares 1/2 sont consacrés à la culture du tabac ; 
l'espèce adoptée par M. Bosson est le Chebli^ qualité 
ipdj^ène, qui donne à l'hectare un rendement moyen 

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— 150 — 

de 2,500 kil. de feuilles sèches, un produit brut de 
de 2,000 fr. et un produit net de 1 ,200 fr. Les feuilles 
exposées sont remarquables par leur taille, leur belle 
couleur brune ou blonde et leur parfum. Quant aux 
produits fabriqués spécialement en vue de l'Exposi- 
tion, et dans la composition desquels n'entre que le 
tabac récolté par M. Bosson, ils en démontrent 
péremptoirement les qualités combustibles, en môme 
temps qu'ils fournissent la preuve que les feuilles de 
choix sont susceptibles d'être utilisées pour la cape, 
fait encore contesté par quelques fabricants. 

M. Bosson, dont la réputation est faite depuis 
longtemps, n'a pas cru devoir exposer les excellents 
eigares qu'il obtient en mélangeant les tabacs algé- 
riens avec des tabacs importés. Cette lacune dans la 
fabrication locale a été du reste comblée de la façon la 
plus complète par deux autres fabricants d'Alger, MM. 
Bakri et Mélia. 

Bien de plus pittoresque que l'étalage imaginé par 
le premier qui, après avoir emprunté tous les maté- 
riaux de sa devaptute et de son enseigne à ses impor- 
tantes usines, avait su marier de la façon la plus 
heureuse les paquets multicolores de cigarettes et de 
cigares, de manière à en composer une sorte de petit 
sanctuaire dédié aux fumeurs. 

Quanta M.Mélia, c'est sous l'œil môme du public 
qu'il a voulu faire fabriquer les cigares et cigarettes 
vendus au profit du dépôt de mendicité. Excellente 
idée, car le public paraissait fort satisfait d'ôtre initié 
au travail que subit la feuille de tabac en quittant les 
mains du colon sous forme de manoque, et avant 
d'arriver à son nez sous forme de poudre excitante, ou 
à son palais sous forme de fumée odorante en cigares 
ou en cigarettes, voire même en carottes ; — il en faut, 
pour tous les goûts, tous les palais et tous les nez. 

Comme MM. Bosson et Bakri et autres grands 
fabricants d'Alger, M. Mélia fait entrer les tabacs 
algériens pour une certaine proportion dans les cigares 
et cigarettes qu'il fabrique ; mais comme eux aussi il 
mélange des qualités étrangères, Java^ Palatinai, 

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— 151 — 

Havane, . dont la savante combinaison permet aux 
manufactures algériennes de satisfaire les fumeurs 
le3 plus dijficiles. Les procédés matériels ont, du reste, 
acquis une telle perfection, que tous les cigares- 
exposés, bouts coupés, tordus, londrès^etc, etc., 
défient comme forme et comme saveur la critiquées 
justifient l'éloge décerné à la fabrication algérienne 
par les Commissaires de l'Exposition générale de 
Vienne, lorsqu'ils ont déclaré que l'art de préparer les 
tabacs était arrivé en Algérie à une perfection telle, 
que nulle part ailleurs on ne fabri{][uait mieux et à 
meilleur marché. 

PRODUITS DE l'olivier 
é 

Les fruits conservés de l'olivier, l'arbre algérien par 
excellence, ont fait défaut. Pas une ménagère n'a efu 
l'idée d'exhiber une partie des conserves qui se fçnt 
cependant chaque année dans la plupart des ménages 
et entraînent, après la cueillette., une importante 
arrivée, sur le marché d'Alger, des fruits de la Kabylie. 
Par contre^ les échantillons d'iuile sont nombreux et 
témoignent de progrès sérieux réalisés par les exposants 
dans la fabrication de ce produit, qui deviendra la 
source d'un commerce important d'exportation le 
jbur où l'excellent exemple que donnent déjà plusieurs 
producteurs sera gwivi par la 'masse des propriétaires 
d'oliviers. Bien préparées, les huiles d'olive algérien- 
nes ne le cèdent en rien aux plus renommées du midi 
de la France ; elles en possèdent le goût exquis et les 
qualités qui les font rechercher. On a pu se convaincre, 
en dégustant les excellents produits exposés notamment 
par MM. Favre et Violât, de Tizi-Ouzou ; Dumont, de 
Guelma ; Bernard et Martin, de Cherchell ; Tournier, 
d'El-Kantour ; Modeste Garro, d'Alger, etc.\ que nous 
ne nous livrons à aucune exagération. 11 suffirait d'un 
changement d'étiquette sur les flacons qui contiennent 
certaines de ces huiles, pour qu'on puisse les présenter 
comme originaires d'Aix. 

Une des grandes questions est la généralisation des 
procédés de clarification. M. Sémont, de St-Eugène, 



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-^ 152 — 

a exposé des échantillons d'huile clarifiée en 24 heures 
qui lai avaient valu une médaille d'or à la dernière 
Exposition d'Orau. La méthode d'ailleurs très simple 
qu'il emploie, paraît mériter un examen sérieux. Sans 
aucun doute, pénétrant, comme elle le fait chaque 
jour dans la Kabylie, la civilisation aura une influence 
sérieuse sur les procédés grossiers encore en usage 
chez les Kabyles ; ces derniers paraissent comprendre 
déjà les avantiftges que leufr assureront l'amélioration 
de leur outillage et un soin plus grand apporté dans la 
cueillette du fruit, qu^ils se contentaient naguère de 
gauler alors que, pour éviter les meurtrissures, il 
demande à être cueilli à la main, 

MIEL ET CIRE 
« 

»Le miel n'était représenté que par deux échantillons, 
Tun indigène, Tautre récolté dans la ferme ïoumier. 
Quant à la cire, plusieurs gâteaux ont été exposés 
par les Arabes des cercles d'Orléansville et de Miliana. 
Diaprés les indications fournies par les producteurs, 
cette denrée vîmdrait 4 fr. le kilogramme.* 

Ceci ,dit, nous pouvons exprimer avec d- autant 
plus de raison le regret de voir les. cultivateurs 
français dédaigner les bénéfices certains que leur 
procurerait l'apiculture, qu'ils, peuvent désormais trou- 
ver sur place l'écoulement de leur cire, grâce à 
rinstallation,.à Alger, d'une fabrique déjà importante 
créée depuis peu par deux jeunes industriels algériens 
MM. Bénetet Parodi, lesquels promettent aussi de faire 
bientôt concurrence àl'industrie qui a le plus contribué 
dans le passé, à la fortune de la grande cité marseil- 
laise : — la savonnerie. 

Des essais, malheureux dans leur conséquence com- 
merciale, avaient été tentés déjà à Alger ; mais en 
industrie comme à la guerre, ceux qui succombent ont 
fait le chemin aux jeunes, aux survivants; ils laissent 
au moins après eux un enseignement qui profite aux 
autres. C'est ce qui a été compris par MM. Bénet et 
Parodi, qui se sont dit: — Puisqu'il y a en Algérie 
toutes les matières premières nécessaires pour faire 



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— 153 — 

da bon savon, il est inutile qu'elle reste tributaire de 
la métropole pour ce produit de nécessité première. 
Comme tous les jeunes gens, ils se sont mis avec ardeur 
au travail, étudiant les procédés nouveaux, cherchant 
loA meilleures matières, les installations perfection- 
nées, et ils sont arrivés à un résultat qui doit frapper 
le commerce algérien. 

C'est à Taide de la vapeur, avec des matières pre^ 
. mières spéciales à T Algérie, que les divers i)roduits 
qu'ilslivrent au commerce sont fabriqués. — Les cire», 
qu'ils blanchissent eux-mêmes, proviennent de la 
Kabylie aiQsi que les huiles qui entrent dans la fabri- 
cation des savons si bien réussis que nous avons pu 
remarquer à l'Exposition ; les parfums qui entrent dans 
les savonnettes sont composés avec des essences du 
pays, provenant de Boufarik et de Chéragas. Enfin, 
les potasses employées sont produites par l'incinéra- 
tion des broussailles des environs. 

Le blanchiment des cires, la confection des cierges 
en cire pure ou mélangée, et des cierges indigènes 
colorés, ont déjà valu à cette maison qui en est à ses 
débuts, une médaille à TExposition de Lyon. 

D'autre part, il est constant que les fleurs innombra- 
bles des eucalyptus dont se couvre l'Algérie, grâce à 
l'initiative et au zèle infatigable de M. Ramel, peuvent 
fournir aux abeilles une nourriture d'autant plus 
recherchée par elles, que la floraison de ces arbres 
providentiels a lieu précisément au moment où le 
reste de la nature se repose, c'est-à-dire à la fin de 
l'automne et pendant Thiver. 

Dès 1864, M, Ramel signalait ce fait, fruit de ses 
observations, à M. Mercier-Lacombe, alors Directeur 
des affaires civiles. Dans une note qui fut insérée au 
Moniteur de U Algérie (décembre 1864), note basée 
sur les expériences faites à Melboijrne par M. Tem- 
pleton, il indiquait aussi la race des,abeil!es liguriennes 
comme susceptible d'être acclimatée avec grand profit 
en Algérie en raison de son incroyable fécondité. 

Nous ne savons s'il a été tenu compte de cette 
dernière indication, mais les abeilles algériennes s 3 



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^ 154 -- 

sont chargées de démontrer elleà-raèmea lef goM 
qu'elles ont pour les fleura d'eucalyptus. A la fia du 
mois de décembre dernier, M. Ramel constatait de 
visu que des abeilles, en quantité* innombrables, 
avait élu domicile sur un magnifique eucalyptuij 
convèrt de fleurs, dépendant de la propriété de M. 
Cordîer,. et qu'elles y récoltaient une abondante mois- 
son de cire et de miel. 

L'écoulement de ces dedx produit» h d&B prix trèâ 
rémunérateurs étant assuré, le cultivateur européen 
doit sérieusement songer à ne pas laisser plus long- 
temps aux indigÀ^îies le monopole de l'apiculture. 

Trois modèles de ruche ont été exposés : le premier 
en paille, par la ferme ïournier ; le second en ciment 
et sable^ par M. Brunet, maçon à Alger; le troisième 
en boiSy par M. Brincat, propriétaire à Alger. 

Ce derniefr modèle j formé de lattes mobiles, aurait, 
s'il faut en croire l'inventeur qui l'a expérimenté, le 
grand avantage de permettre de changer^ toutes le» 
fois que k chose est nécessaire, telle ou telle partie de 
la ruche sans troubler les abeilles dans leur travail, et 
de leur procurer par suite un logement toujours propre 
. et salubre, résultat que Ton ne peut obtenir avec les 
autres S3''stèmeî^ de ruche ; elles doivent eq effet être 
remplacées tous les deux ans, lorsque l'on tient à avoir 
ime cire de belle apparence, non piquée de taches noi- 
res, et un miel exempt du mauvais goût que lui com- 
munique le voisinage des vieux couvains. 

LAINES 

La question des laines^ connexe avec celle de Famé- 
lioration de la race ovine, ayant été traitée dans la 
quat7nèine division^ nous n'avons pas à y revenir. 
Toutefois à l'appui de ce qui a été dit, il convient de 
signaler parmi les laines qui ont figuré à l'Exposition, 
celles provenant du troupeau modèle de Bou-Kenouf 
(annexe d'AflouJ. Leur finesse et leur solidité fournis- 
«ent un exemple frappant de l'excellence des résultats 
qui peuvent être obtenus par un croisement entendu 



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— 155 — 

de la race mérinos avec la race indigèiïe. Lès laines à 
matelas de la fermé Tonriiier sont auàsi digues ff une 
mention spéciale, comme tous les autres produits de 
cete exploitation agricole* 

SOIES 

Les plus grands efforts sont en ce nioment tentés 
pour rendre à la sériciculture l'importance à laquelle 
lui permettent d'aspirer le ùonib^e des mûriers actuel- 
lement plantés, la facilité extraoMînairè avec laquelle 
cet arbre se reproduit, la rapidité de son développe- 
ment et un climat de tdus points propîe à lelévàge du 
ver-à-soie. 

Les Chambres de commerce et d'agriculture ayant 
été invitées à rechercher les causes qui avaient cdnduit 
les colons à renoncer à la sériciculture ont été unani- 
mes à déclarer que cet abandon devait être attribué, 
en majeure partie, aux difficultés que les producteurs 
de cocons éprouvaient pour écouler leur récolte à des 
conditions rémunératrices. 

Pour remédier h cet état de choses, le Gouvernement 
général a pris, à la date du 2 mars dernier un arrêté 
attribuant aux éducateurs et aux exportateurs des pri- 
mes s'élevant pour les cocons secs, grosse race, à 2 fr. 
40 le kilogramme, et pour les cocons japonais ou petite 
race, également secs, à 1 fr. 60. Le quart de ces pri- 
mes est accordé aux cocons frais. Par le même arrêté, 
f Etat s'est engagé à venir enaide, par des subventions, 
aux fabricants qui installeraient des filatures de soie 
réunissant certaines conditions. 

D'un autt'e côté, l'honorable M. Jean Dolfus, ex- 
maire de Mulhouse, après s'être assuré le concours 
gracieux de M. Alphonse Arlès-Dufour, a entrépris de 
propager en Algérie la lucrative culture delà soie, 
par la création de magnaneries modèles, la vulgarisa- 
tion des meilleurs procédés d'élevage, la distribution 
dans les campagnes kip^it coûtant de graines de pre- 
mier choix remboursafeles à la récolte, et la mise à la 



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— 156 — 

disposition des intéressés d'un étouflfoir à cocons. Le 
choix fait par M. Dolfus d'un coopérateur aussi habile 
que l'est M. Vincent Visciano ne permet plus de dou- 
ter du succès de la campagne de 1876. Jusqu'à ce jour, 
deux cents onces ou cinq kilogrammes de graines ont 
été placés et produiront selon toute probabilité, si la 
marche est normale, de sept à huit mille kil. de cocons. 
De plus, deux magnaneries modèles, qu on peut visiter 
gratuitement, ont été créés et installées, Tune à Coléa, 
à la maison communale, Fautre à Ban-Siam, près Bir- 
kadem, chez M. Vincent Visciano, 

A l'heure ou nous écrivons, paraissent dans le? dif- 
férents journaux de la localité des avis émanant de M. 
Dolfus annonçant aux sériciculteurs que les cocons 
leur seront payés à Alger : les milanais, 4 fr. le 
kilo ; les japonais, 3 fr. ; les doubles faibles et chiques, 
1 fr., prix très rémunérateurs et de nature à encou- 
rager sérieusement la production. Abandon est fait 
aussi en leur faveur de la prime accordée par l'Etat. 

MM. Visciano et NumaBothier ont exposé des cocons 
frais ; et divers propriétaires des environs d'Alger, 
de Tlemcen et d'Oran des cocons secs ; mais le grand 
intérêt de cette section a été l'ingénieux système in- 
venté par M. Arlès-Dufour pour remplacer les rayons 
et les casiers en bois dans lesquels le jeune ver com- 
mence et termine son éducation. Outre Tinconvénient ' 
de coûter fort cher, les installations en bois exigeaient, 
après chaque campagne, un nettoyage; et des soins, 
dont la plus petite imperfection pouvait entraîner la 
perte de la fécolte suivante. Aujourd'hui, l'éducateur 
peut, en adoptant le système Arlès-Dufour, qui con- 
siste à substituer aux planches des roseaux reliés entre 
eux par un simple fil de fer, construire lui-môme et 
presque sans frais, les casiers et les rayons qui lui sont 
nécessaires ; et comme grâce aux bon marché des ma- 
tériaux employés, il a tout avantage à les renouveler 
chaque année, il évite ainsi tout danger de voir des 
appareils mal nettoyés conserver, pour les communi- 
niqier* aux générations suivante '; des germes de ma- 
ladie. 

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157 — 



PRODUITS ALIMENTAIRES DITBRS 

Les poissons, conservés en saumure ou en boite, 
occupent le premier rang parmi les produits alimen- 
taires préparés en Algérie, aussi bien sous le rapport 
de l'excellence de la fabrication, que sous celui de Tim- 
portance prise depuis quelques années par cette indus- 
trie répandue sur toute la côte d'Oran à la Calle. Le 
relevé des opérations de la Douane, constate en effet 
que cette marchandise a donné lieu en 1874, à 
une exportation qui se chiffre par 5,836,126 kilos, 
alors qu'en 1870, quoique en grand progrès sur l'exer- 
cice 1869, elle atteignait seulement 2,219,025 kilo- 
grammes. 

Les sardines et les anchois en saumure, exposés 
par MM. Dimech et Schiaffino, d'Alger, de môme 
que les sardines en boîte de M. Aveline, de la Calle, 
peuvent rivaliser avec les produits similaires les plus 
en réputation de la côte Ouest de la métropole. Aussi 
passerions nous sans nous arrêter un seul instant devant 
les conserves de cette nature, fabriquées par une 
maison de Nantes, si un intérêt tout particulier ne 
fixait notre attention. L'inscription qui les surmonte 
apprend, en effet, que les sardines contenues dans les 
buîtes en fer blanc ou dans des bocaux (jui permettent 
d'en apprécier la grosse'ur, ont été- prises à l'aide de 
l'appât de sauterelles d'Afrique, inventé par M. le 
docteur Morvan de Douarnenez et son collaborateur 
M. Delas3alle. Saluons donc, avec tous les égards qu'il 
mérite, C3 modeste flacon rempli d'une matière noirâtre 
produite par la trituration des sauterelles desséchées, 
car elle nous représente, d'une part un emploi utile du 
locuste si redouté de nos agriculteurs, de Vautre un 
engin qui paraît destiné à suppléer avantageusement la 
rogue de Norwège et à sauver ainsi la principale in- 
dustrie de nos laborieuses populations maritimes de 
l'Océan, sérieusement compromise par le prix toujours 
croissant du seul appât pbnnu pour la pêche de la sar- 
dine. Si les nouvelles expériences qui vont avoir lieu, 
confirinent les espérances qu'ont fait naître les résul- 

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--m — 

tats aujourd'hui acquis, 57,000 sauterelles pêchées en 
un seul jour, tand|s que le plus beau qoup obtenu pen- 
dant toutes la campagne de Tannée précédente n'a 
été que de 42^000, M. le docteur Morvan aura rendu 
un senrice aussi signalé anx agriculteurs algériens 
qu'à nos pêcheurs. C'est ce qu'avait déjà compris, en 
1875, la Commission de l'Exposition maritime et flu- 
viale lorsqu'elle a honoré l'inventeur de l'appât de 
sauterelles, d'un diplôme d'honneur. 

A côté des poissons préparés, nous devons encore 
sigpaier les conserves de tomates de M. Mercurin, de 
Ohéragas ; les fromages façon Brie de M. Rabouel, de 
Dély-Ibr^him ; les pâtes alimentaires au jus de viande 
de M. Leroux, de Bouferik ; la soubressade de M, 
Verger, de Rouïba. Quant aux chocolats fabriqués à 
Alger môme par MM. Muratorio et Sudan, ils méritent 
nne mentipn spéciale. Gréée seulement depuis un an, 
leijir usine a su prendre une place assez importante' 
pour que les produits qui en sortent fassent déjà une 
concurrence sérieuse aux chocolats métropolitains les 
plus justement renommés. Or, constater ce fait est le 
plus hel éloge que l'on puisse adresser à ces deux 
innovateurs avec oui rAlgérie partage le bénéfice 
résultant de la diflférepce qui existe entre les droits 
perçus sur les matières premières et ceux ajffectant la 
marchandise fabriquée. ^ * * 

ESSEJîÇES AUX Fl^EURS DU PAYS. — PRODUITS 
PHARMACEUTIQUES 

Les essences et les parfums de l'Orient ont joui, de 
tout temps, d'une réputation due à l'abondance et à la 
diversité des fleurs odoriférantes, que fait écloresans 
peine un climat privilégié. En s'implantant en Algé- 
rie, l'industrie française ne pouvait laisser aux indi- 
gènes le monopole de cette fabrication, et les détails 
fournis par M. Mares, dans le rapport relatif à la prime 
d'honneur, sUr l'usine créée à Rhilen par M. Gros, 
témoignent des progrès qu'elle a su réaliseï. 

Dans le département d'Alger notamment, les envi- 

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— 159 — 

. rons de Boofarik et de Ohérag^ ont été tpangfovmés 
en immenses parterres productife où on cultive, sur 
des milliers d'hectares, les plantes et les fleurs odori- 
férantes les plus estimées, oranger^ jasmin, rose, 
tubéreuse, verveine, violette, cassis origan et 
surtout le géranium rosat, dont la riehe moisson ali- 
mente de nombreuses fabriques. 

Dans la première de ces contrées, h côté de M. Gros, 
nous citerons M. Ch. Leroux qui, s'inspirant des pro- 
cédés tracés par le docteur Miergues, de la Faculté de 
Montpellier, s'est créé une spécialité en donnant pour 
base aux produits de sa, fabrication le principe hygié- 
nique contenu dans la feuille de Veiœalypéus, dont 
il a su associer de la façon la plus agréable le parfum 
pénétrant à c^lui deB plantes ci^^desaus mentionnées. 

Les nombreux visiteurs de l'Exposition ont tous pu 
apprécier la suavité incomparable de l'essence intitulée 
extrait d'odeur africain. 

Dans le quartier de Chéragas, où domine la culture 
du géranium rosat, qu'exploitent en grand les trappis- 
tes de Staouéli, nous mentionnerons les distillearies de 
MM. Ardisson et «Queyrpy. 

A la fois distillateur et parfumeur, M. Queyroy s'est, 
en. outre, attaché à la fabrication de quelques produits 
spéciaux définitiye;nent adoptés aujourd'hui par la 
mode, tels que la pomiTiade de Palmyre, Veau mêla- 
nique, Veau de Diane, la poudre de Cléopâtre, 
etc. Ah ! si noua n'étions discret, combien de cheve- 
lures brunes ou blondes qui font votre gloire et notre 
admiration, ne pourrions-nous pas. Mesdames, appeler 
en témoignage des propriétés merveilleuses des cosmé- 
tiques que nous venons de citer ? 

En dehors des cultures, le sol algérien fournit natu- 
rellement en abondance des plantes médicinales qui 
ne demandent, pour entrer dans le commerce de l'her- 
boristerie et y prendre une bonne place, qu'une prépa- 
ration intelligente. L'intéressante exhibition de M. 
Lauras, pharmacien à Alger, présentait une collection 
à peu près complété de cette richesse, piroduit spon* 
tapé du sol, capillaire, carme de Provence, scilte^ . 

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— 160 ~ 

pariétaires^ garoUyStramoine, verveine, marî^ubé, 
lavandes^ bourrache, petite centaurée^ chicorée, 
cigûCf gi^nadier, ronces ^ fumeterie, coquelicots y 
mauves, etc., etc. 

Oty veut-on savoir quel est, dans le commerce, la 
valeur de quelques-unes de ces plantes convenable- 
ment desséchées ? 

Les fleurs de bourrache se paient 300 fr. le quintal .- 
celles de verveine AQd fr., la petite centaurée de 60 
à 80 fr., les fleurs de mauve 300 fr., les feuilles de la 
môme plante 60 fr., les feuilles de cigûe 100 fr., le* 
feuilles à^eucalyptus 75 fr. etc. 

La pharmiacie et la droguerie locales sont loin, du 
reste, d'en faire fi, comme le prouvent les exhibi- 
tions de MM. Lauras, Isnardi, Juramy, Trastour et 
Liogier. 

Parmi les produits pharmaceutiques fabriqués avec 
des plantes ou des racines du pays, nous citerons Tem- 
plâtre tirée de la résine du Thapsia Gorgancia, d'un 
emploi très usité aujourd'hui et que M. Lallemand, 
pharmacien à Coléa, prépare à l'aide d'un appareil de 
son invention ; le faham algérien, nom donné par M. 
le docteur Miei^gues aux feuilles desséchées et légère- 
ment fermentées d'une orchidée commune en Algérie, 
Voceros ayithropophoros qui, outre les services qu'elle 
rend dans les affections des organes respiratoires, peut 
être utilisée par la parfumerie et les liquoristes. 

Dans un autre ordre d'idées, nous mentionnons en- 
core la poudre pour teindre en noir fabriquée par 
M, Rivoire avec des écorces d'Algéïie ; la poudre in- 
secticide de M. Liogier, l'onguent vétérinaire de M. 
Beudot; l'encre de M. Chabert, et epfin le liquide dit 
extincteur, inventé par M. Nony et qui paraît suscep- 
tible de combattre efficacement les incendies.. 

PEODUITS I>B l'eucalyptus 

Le lecteur a pu apprécier dans le chapitre consacré 
à la sylviculture, la place que l'eucalyptus est appelé 
à prendre dans le reboisement de l'Algérie et préjuger 

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— 161 — 

le rôle que son bois est appeléà jouer dans rindualrie. 
Si cependant,, quelques doutes lui restaient, un simple 
caupni'œil jeté sur les échantillons exposés et l'emploi 
qui en a été fait, suffira pour le convaincre que la 
qualification d'arbre providentiel donnée à l'euca- 
lyptus n'a rien d'exag'éré. 

Voici d abord les traverses de chemin de fer et les 
poteaux^ télégraphiques présentés par M. Rivière, Di- 
recteur *du Jardin-d essai ; tirés d'arbres n'ayant pas 
plus de cinq à six ans, ils réunissent comme taille, 
dureté et résistance toutes les qualités recherchées des 
couBtructeurs- 

A c6té, on remarque un poteau télégraphique exhibé 
par M. Trottier ; injecté en 1873 et fiché en terre de- 
puis cette époque, il est aussi intact que le jour où il 
a été mis en expérience. 

Voici encore le tronc diin eucalyptus planté en 
janvier 1867, en terre rouge* du Sahel, par M. Paul 
Blanc, et dont la circonférence mesUre au moins 50 
centimètres, te propriétaire a pris le soin d'en faire 
vernir la partie supériejxre, et l'éclat, que donne au 
bois cette préparation, explique la faveur dont il com- 
mence à jouir dans les travaux d'ébéniaterie. 

Le nom de M. Ramel, placé au-dessus d'une modeste 
vitrine, réclame enfin toute l'attention du visiteur. 

La salubrité du continent australien était depuis 
longtemps connue qu'on ^n ignorait encore les causes. 
A» la suite d'observations suivies. M, Ramel crut pou- 
voir l'attribuer en grande partie à la multipli- 
cité des arbres de la famille des mvrthes, etrcalyptus 
et congénères ; mais lorsqu^il se fut trouvé en pré- 
sence de l'eucalyptus globulus, frappé de l'értrange 
parfum qui s'en dégage en abondance, il n'hésita pas 
à le considérer comme étant un des agents les plus 
actifs propres à combattre l'influence paludéenne. 

L'analyse d'abord, Fexj5érience ensuite, ont confirmé 
le» nirévisions de M, Ramel, ratifiées depuis par la 
grande voix du peuple. C'est par milliards que se 
plante aujourd'huil'eucalyptus dans toute&les contrées 
où il peut végéter. 

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^ 162 — 

Si aoiis examinons sueointemeut la vitrine de ce nuo^ 
d63te bienfaiteur de l'humanité, nous remarquons un 
fragment d'arbre, dont les racines s'enroulant comme 
un serpent, ont arrêté le développement du pivot ^t 
amené la mort du sujet ; c'est la meilleure démonstra- 
tion qui pouvait être faite de lajiécessité de revenir 
dans la plantation de cet arbre à la théorie indiquée 
dès 1861 par son importateur et qui, sieUeeôtété 
suivie, aurait évité bien des déboires aux planteurs: 

Au-dessus, nous voyons figurer un flacon contenant 
Veiicalyptolj si hautement apprécié déjà h Vienne; 
les cigarettes d'eucalyptus fabriquées avec desfeuiles 
préparée^ et pouvant être fumées soit seules, soit mé- 
langées au tabac ; des échantillons de bois les plus 
précieux sous le double rapport de la beauté et de la 
durée. Ceux provenant de l'eucalyptus marginata 
sont surtout d'une beauté incomparable. 

Un tonneau de.bois d'eucalyptus globulus, qui n'était 
pas destiné à l'Exposition, est aussi digne du plus^ 
grand intérêt, car il démontre que ce bois, perdant 
avec la dessication toute son odeur, pourra, les arbres 
étant parvenus à un développement suffisant, fournir 
au viticulteur les matériaux des fûts qui lui sont 
nécessaires et affranchir l'industrie du foudrier du 
lourd tribut qu'il paie encore à l'Etranger pour l'im- 
portation du bois de chêne de Russie. 

Le dernier mot n'est pas' dit, d'ailleurs, en ce ,qui 
touche les emplois variés dje l'eucalyptus; son écorce 
même semble susceptible 'd'être utilisée dans la fabri- 
cation de la pâte à papier, Déjà ,on a pu tirer de la 
feuille et de l'écorce supérieure, un papier à cigarettes 
qui commence à être très estimé. M. Ramel, gui avait 
généreusement livré à la publicité la formule.de Veu- 
calypïol, a pris un brevet pour les cigares, les ciga- 
rettes et le papier de feuilles d'encalyptus. 

MM. Galtier, propriétaire à Boufarik,«et Ferrj^ pro- 
priétaire à Mascara, exposaient aussi diverses liqueurs 
d'eucalyptus. Mais le plus grand service qu^on puisse 
ren(ïr3à ces* produits est de n'en rien dire. Quanta 

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— 163 — 

la parfumerie de M. Leroux, nous n'avons rien à ajou- 
ter aux éloges mérités dont elle a été Tobjet plus 
haut. 

LIEGES 

On comprend, en présence des splendides plaques de 
liège tirées par M. Broussais de la forêt dont il est pro- 
priétaire, dans les Beni-Kalfoun (environs de Palestro), 
le succès que les lièges algériens"^ ont obtenu à TEx- 
position de Vienne et l'importance sans cesse plus 
grande que prend, dans le mouvement commercial, 
l'exportation de cettedenrée. Les liégesalgériens réunis- 
sent, en effet, toutes les qualités recherchées par Tin- 
dustrje : élasticité, flexibilité, graia serré des tissus, 
belle couleur légèrement rosée, longueur et épaisseur 
des plaques. 

Les exhibitions de M. Portes, fabricant à Alger, et 
Cétran, négociant à Bône, ne donnaient toutefois 
qu'une^ idée incomplète de l'emploi du liège, qui, cha- 
que jour, trouve de nouvelles applications industrielles. 

L'abondance de ce produit permettra à TAlgérie 
d'alimenter, en grande partie; les fabriques locales et 
métropolitaines. Mentionnons aussi une préparation 
tirée du chêne, qtiercus sùber, qui peut remplacer 
avantageusement dans la toilette des enfents le lyco- 
pode que la France tire à gïand frais de Suisse et 
d'Allemagne. Ii'emploi de cette poudre, baptisés du 
nom' de Subêrine, est vi veinent recommandée par le 
docteur Brochardy directeur du journal spécial là 
Jeune-mère, et par le docteur Hamon de Fresnay, 
Si, comme tout porte è^ le supposer, i'usage de cette 

{^réparation abordable à toutes les bourses, se répand, 
a découverte due à la maison Lang, de Paris, ouvrira 
à nos forestiers un nouveau débouché pour les décliets 
d'écorces inutilisables par l'industrie ordinaire. 



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1 



CBAPITBE Vil 



SIXIÈME DIVISION 



HORTICULTURE 



Commliiiiloii 

MM. Docteur BouRJOT, Président; Durando, Ghezzi, Hardy. 

Tout eu admirant les collections d'arbres et de fleurs 
en pleine terre, en pots ou coupées, qui ont fait le plus 
bel ornenient des galeries et des cours, nous émettrons 
un regret qui a été partagé par tous les visiteurs, 
celui dç n'avoir pas vu un seul amateur prendre part 
au Concours qui était ouvert. Et cependant, combien 
en connaissons-nous qui n'auraient eu pour vaincre 
qu'à entrer en lice ! Ont-îls été retenus par une mo- 
destie exagérée, il faut bien ladmettre plutôt de sup- 
poser que, dans leur égoïsme, ils ont voulu garder 
pour eux seuls le parfum de leurs roses et de leurs 
œillets, les splendeurs de leurs collections depelargo^ 
niums. 



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— 165 — 

Qaoi qu'il en soit, les pépiniéristes se sont seul* 
trouvés au rendez- vous. Mais il est de toute justice 
de reconnaître que la variété et le choix des produits 
qu'ils ont exhibés, a non seulement affirmé leur répu- 
tation, mais encore démontré combien étaient peu fon- 
dées les craintes qu'avait fait naître le décret interdi- 
sant Tintroduction en Algérie des plants d'arbres tirés 
des pépinières de la métropole. Contrairement à ce 
qu'ont prétendu certains arboriculteurs de France, 
nous croyons en effet, avec M. Dumas, qu'on ne pou- 
vait trop multiplier les précautions contre l'introduc- 
tion Am phylloxéra ; et lorsque nou« voyons des pépi- 
niéristes algériens offrir comme M"** V® Rossier, 
d'Alger et M. Suire, de PHilippeville, toutes les essen- 
ces d'arbres fruitiers, forestiers et d'agrément dans des 
conditions de belle venue et de bonne reprise qu'on 
ne saurait obtenir de sujets fatigués par un long voyage^ 
nous applaudissons volontiers à un autre point de vue, 
à une mesure qui a eu pour conséquence de donner un 
grand développement à une des industries locales les 
plus dignes d'être encouragées. 

Nous allons parcourir rapidement les expositions 
faites par chacun de nos horticulteurs, mais avant, 
nous devons adresser toutes nos félicitations et tous 
nos remerciements au Jardin d'essai, qui, après s'être 
mis volontairement hors concours par un sentiment 
de délicatesse que tout le monde a su apprécier, a em- 
belli les différentes parties de l'Exposition par l'envoi 
de nombreuses plantes en pleine terre et en pots. 

Citons, notamment, la riche collection de Cinéraires 
variées qui entouraient le jet d'eau placé au centre de 
Tédifice, et dont l'ensemble présentait un coup d'œil 
enchanteur. 

Collections de A/^ P Rossier. — L'établisse- 
ment d'horticulture de M"® Rossier date de 1858 ; M"*^ 
Roasior est secondée par quatre fils, une fille et un 
gendre ; outre la pépinière du Hamma-Mustapha, elle 
a créé depuis quelque années une succursale à Bou- 
farik. On y trouve cultivés en grand toutes les plan- 



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. — 166 -- 

tea et arbres d'atiUté et d'agrément^ et nous sommes 
fatalement forcés d'en écouter la nomenclature. 

Parmi les palmiers exposés, nous citerons les c/ia- 
ntœrops humilis, excelsa, les cocos flexuosa, les 
torypha gebanga, les lataniaborbonica, lesphœfiix 
dactylifera, pumila^ senagalensis pouvant sej^vir à 
la décoration des appartements ; le latania borbo- 
nica est le palmier le plus recherché pour cette orne- 
mentation : sa culture est facile. 

Comme plantes d'oî'nement intérieur, M***^ Rossier 
cultive aussi le strelitsia augusta et le réginœ, 
musacées du Cap de Bonne-Espérance aussi élégantes 
par leurs grandes feuilles radicales distiques que 
par leurs fleurs très bizarres, présentant des cou- 
leurs blanches et pourpres ou jaune orange et bleu^ 
comme la tête d'un perroquet kakatoès.. Ce genre a été 
dédié à la reine Charlotte d'Angleterre, née duchesse 
de Mecklembourg-Strelitz. 

Les yuccas, draccenas, VagefOe gentitiiflora on 
Bonaparteajiificea, VAralia siebholdii, diflférentes 
espèces de Bégonias, dés plantes à suspensions telle 
que saxifraga sarmentosa, cor dy Une vivipara, 
linusia cymbalasia, tradescantia zebrina, japo- 
nica, etc. peuvent être employées au même usage. 

Quant aux plantes d'ornement en pleine terre, il 
serait trop long de les énumérer : ciions seulement les 
genres abutilon, acacia, bignonia, cailistemon, ces- 
trum, duranta, érythrina, eucalyptus, ficus, grevillea, 
hibiscus, jacaranda, magnolia, melaleuca, myoporum, 
pittosporum, polygala, raphiolépis, salvia, solanum, 
wainsonia, tecoma, weigelia^ wigandia. 

Si nous passons maintenant aux arbres fruitiers, 
nous recommanderons spécialement parmi ceiîx des 
tropiques élevés en pots, le sapotillier, achras sapota 
de l'Amérique du Sud ; le cherimole du Pérou, anona 
cherimolia ; le papayer, cai^ica papaya de Tlnde ; 
le sambosier de Malacca, sambosa malaccensis ; 
l^avocatier, laurus persea onpersea gratissima des 
Antilles ; le figuier kake, c/îospyros kaki du Japon; 
le goyavier de CoXiley, ^psidiurn Cattlei/amtm de la 



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^ 167 — 

Chine et du Brésil ; le goyavier ordinaire, psidium 
pyinferum, de la Guyane; le goyavier de Chine, jDSi- 
dium sinensis, de la Chine ; le jamlongnie^ ^y^sygium , 
jambolamwi de l'Inde. 

Enfin n'oublions pas de mentionner le néflier du 
Japon eriobothrya japonica, car lé feuillage de ce 
grand arbrisseau est ample et magnifique ; les fleurs 
ont une odeur suave rappelant celle de l'aubépine, et 
les fruits, remplis d'un jus agréable et acide, mûrisëëût 
de bonne heure au printemps, à une époque où les 
autres fruits sont rares. 

Parnii les plantes grasses recherchées par bon nom- 
bre d'amateurs, plusieurs espèces de cactus, tels que 
cactus cereua, mamillaria, opuntia, crassula, kleinia, 
mesembryanthémiim, âempervivum, etc., se recom- 
mandent par leur belle venue, dô ïnôme que dans la 
fiamille des conifères, les Araucaria excelsa, A, Bra- 
siliensis, A, Cooki, différentes espèces de podocar- 
puSy ainsi que plusieurs espèces de casuarina^ for- 
mant maintenant la famille des casuafinées. 

Avant de quitter cette laborieuse famille Rossier, 
il convient de payer un juste houîmag^e à la mémoire 
de M. Rossier père, que la mort a enlevé trop préma- 
turément en 1866 t homme très intelligent, actif j hon- 
nête, il a eu l'honneur d'accompagner Auguste i)ecan- 
doUe, quand ce prince des botanistes a exploré la 
France pour recueillir les plantes quij desséchées par 
ses soins, devaient servir de type à la rédaction de la 
grande flore française par Lamarck et DecandoUe. 

Collection de M. Suire de Philippeville, — -• 
En automne 1869, M. Suire, a créé à 100 mètres au 
midi de Philippeville, un premier jardin d'horticulture. 
Enè^été 1871, il en a créé un autre à 1,500 mètres, 
longeant d'un côté le chemin de fer^ et de l'autre le 
Saf-Saf : ce jardin consacré spécialement à l'arboricul- 
ture, est d'une contenance de 18 hectares. 

Comme arbres à feuilles caduques ou persistantes, cet 
horticulteur pépiniériste expose, des fusains du Ja- 
pon, (E'ôonymus japoniciis) se prêtant bien à la 
tonte très propre à former deâ haies que décorent à 

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— 168 — 

lîautomne une quantité de jolis fruits rouges. Ces sujet?, 
ainsi que ceux qui suivent, forment des touffes de 
î« à I" 50 environ. Une collection d'althœa frutex 
(hibiscus syriacus) à fleurs simples et doubles de . 
couleurs variées ; deux touffes remarquables ne mesu- 
rent pas moins de 3 mètres de hauteur. Le Phila- . 
delphus coronarnus, appelé vulgairement seringat^ 
à od *.ur des plus agréables et regrettablement si peu 
lépandu dans nos environs ainsi que le Rhuscotinus, 
vulgairement 5 w mac /w6'te^, arbre à perruque, rap- 
port à ses grains surmontés d'une aigrette formant 
des houppes paniculées à terminales grisâtres simti-- 
lantune chevelure crépue ; les feuilles de cet intéres- 
sant arbuste, froissées, répandent une odeur très aro- 
matique. En fait d'arbres résineux : des <w?/a biota, 
Ifs (taocus baccatcO* Un des avantages de ces der- 
niers, trop peu répandus ici, est de se prêter à 
toutes les formes, eu les tondant 4suivant le besoin ; 
aussi en rencontre-t-on de taillés en boule, pyramide, 
ou formant de vastes girandoles, régulièrement étagées; 
par sa docilité aux formes diverses, on pourrait en 
former un ameublement complet propres aux grands 
parcs. Comme plants de pépinières à feuilles caduques, 
des robiniers, platanes, frênes, mûriers, peupliers, 
Qatalpas. Cette dernière et belle bignoniacée, assez 
rare parmi- nous est le plus bel ornement des pelouses, 
par ses grandes et élégantes panicules de fleurs 
blanches. Des ériables champêtres (acer cairmestris) ; 
aulne commun (alnu3 glutmosa) sujets de là 2 ans^ 
et de 3 à 4 mètres et plus d'élévation* et très vigou- 
reux. Je citerai ensuite comme arbres intéressants se 
rapportant à la partie d'agrément, le tulipier de Vir- 
ginie (liriodenarum tulipiferum), ainsi nommé rap- . 
{)ort à ses flenrs en clochettes pendantes, rappelant 
a fieur de tulipe. Le faux ébénier (cytisus labur- 
mon), qui fait en France la beauté des jardins paysa- 
gers par ses nombreuses et belles grappes de fleurs 
jaunes, et dont les propriétés de nos contrées sont 
^complètement dépourvues. 

Comme arbres fruitiers: les diospyros kaki et 

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— 169 — 

pubescens. Le premier de cea deux arbres surtout, tîïe 
son intérêt de son fruit, qui, de la grosseur d'une 
petite orange à pulpe charnue, rappelle par son goût 
celui de la prune et de Tabricot réunis. Les fruits de 
la seconde espèce sont moins appréciés à cause de leur 
saveur acre qu'un excès de maturité fait disparaître et 
rend délicieux. A la suite de ces arbres encore pea 
connus, figure une collection de pommiers et poiriers 
d'un à deux ans de greffe dont les scions sont très vi- 
goureux ; puis quelques arbustes d'agrément tels que 
deutzia^ symphorineB, etc., en touffes de 1" 50 envi- 
ron assez beaux. 

Si une 'partie deai sujets qui précèdent laisse à 
désirer comme aspect dans leur ensemble, surtout 
quant au feuillage pour les végétaux à feuilles persis- 
tantes, à parties sujets à feuilles caduques ou arbres 
forestiers ou d alignement qui sont dans toute leur 
beauté, les autres doivent leurs flétrissures au long 
trajet qu'ils ont eu à subir ; il en est de même des coni- 
fères suivants, dont Tapparence, malgré certaines tige» 
desséchées, annonce la vigueur des sujets lors de leur 
levée de pleine terre, ce sont les àbies parmi lesquels 
YabiesvienneoTianmana, remarquable par ses grandes 
feuilles et ses verticilles de branches des plus réguliers ; 
puis les pins divers, tels qnepinus stùbus appelé 
vulgairement jt)m du Lord, variété à longues feuilles, 
haut d'un mètre. Le pin de la Taurîde, à feuilles rigi- 
des, d'un vert grisâtre et les pinus sylvestris, lari- 
cio (ou pin de Corse)^ pin noir d'Autriche (piiius 
austriaca), ainsi que plusieurs autres espèces moins 
importantes, closent l'exhibition de ce pépiniériste 
distingué. 

Collection de M. Paul Fontaine, horticulteur à 
Blida. — Cet horticulteur présente quelques bouquets 
composés de fleurs de plantes vivaces, parmi lesquelles 
des bluets {centaui^ea cyanus) assez rares en Algérie ; 
un beau spécimen ^Araucaria excelsa âgé de 5 ans, 
uni casuariana tenuissima, puis quelques chame- 
rops diverses variétés de Ch. humilis; une collection 
de patates remarquables comprenant seize espèces 

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-- 170 — 

distinctes ; des énormes gousses de fèves de m^raisr 
appelées fèves de Séville, des tubercules moyens- 
à! Amorphophallu$ Riviesi, puis ceux de couleur rç-' 
sée, ridés, presquecylindriqfues, delà grosseur du doigf, 
de Voxalis crenata ;- cultivé comme plante potagère, 
des rhizomes de gloxinia longiflora, jolie plante k 
fleurs blanches longuement tut)ule?uses,- très parfumées ; 
une série de graines de plantes maraîchères et de 
fleurs^ bien épurées;- quelque^ courgettefs* de la Marti- 
nique ; uil rameau g^il^ni de superbes cônes de cèdre 
de l'Atlas, de longues gousses de doliques de Rio- 
Janeiro [caravalia species), un paquet de tiges 
:fteuries d'kiimortelles à fleurs violettes [gomphrenct 
globosa) ayant conservé malgré la dessication leur^ 
couleurs naturelles. 

En mai 1874,> nous avions vu chez M. Fontaine 
une intéressante collection d'espèces et de variétés' 
d'œillets. 

Collection de Af"® V^ Lemarié. — Les visiteurîJ 
©nt surtout admiré, dans l'exposition de M"® V* Lema7 
rié, les myosotis palu$tris{y\û^\xQmQXïi^ souvenez- 
vous de moi), jolie miniature, peu répandue à Alger, 
qu'encadre gracieusement ta cp^erette d'une écla- 
tante blanclietir déâ pots daria lesguéfïs'' créite fleur est 
plantée ; le géranium à fleuri blanches doubles, en- 
core rare ; une caryophyllée [lychrtis flos cuculi) à 
fleurs roses doubles, charmatitef plante Vivace inconnue 
ici et qui mérite d'être répandue î des orpins (sedumte 
lephium), des rosiers, géraniums, pelarg'oniums, cyno- 
glossum à feuilles dé lin (omphalodes linifolia) et à 
fleurs blanches, très propres aux tirordures des grande 
massifs ; des pétunia à fleurs doubles panachées, des 
pâquerettes à fleurs doubles d'uil blanc rosé, rappelant 
celle appelée la mère de famille ^ espèce prolifique très 
curieuse^ puis des chrysanthemum à grandes fleurs 
du plus bel effet. 

j^me ye Lemarié, tipnt depuis plusieurs années un ma- 
gasin de plantes en pots, rue Rovigo ; dans l'espace de 
deux ans, elle a eu le malheur de perdre son mari 
(passionné et habile horticulteur, jadis attaché au 

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— 171 — 

Jardin des plantes de Paris), son gendre et sa fille qui 
lui ont laissé deux garçons ; elle a su s^armer de cou- 
rage et persévérer dans sa carrière : elle inspire 
l'amour des plantes à ses deux petits-fils qui ontexpp- 
sé plusieurs fraisiers chargés de fruits. 

Citons encore : M. Kling, qui avait envoyé de beaux 
raiforts ; à Alger, onne trouve pas toujours cette plante 
techerchée par les Anglais et autres habitants du Nord; 

Le raifort, moutarde des Allemands, cochlèaria 
armoracia de Linné, est une crucifère vivace, indi- 
gène en Europe, dont on récolte les racines la troi- 
sième année : râpées, elles peuvent remplacer la mou- 
tarde ; 

M. Goby, propriétaire à Coléa, qui a exposé des 
bambous (bambusa mitis) remarquables, car ils nq 
mesurent pas moins de 12 à 15 mètres de longueur, et 
7 centimètres environ de diamètre vers leur base; 
line mention aussi à son lot d*oranges, plus remar- 
quables comme variétés que comme grosseur ; à ses 
tubercules de patates et à de 'belles graines de ricin 
rouge (ricinus sanguinea), très recherchées aujour- 
d'hui en raison, de l'huile que l'on en retire ; 

M. Ch. Nicolas, propriétaire à Mondovi, pour sa 
collection d*aurantiacées, telles que cédrats, divers 
citrons, dont une variété à fruits petits, mais panat^hés; 
et des big^tradeg à gros fruits (citrus biga7*adia 
maxifna) ; 

Enfin, M. Constant de Nerbonne, à Hussein-Dey, 
lin cultivé en grain. 

En ce qui touche les fleurs coupées et en bouquets, 
Mesdames ne nous pardonneraient pas si nous nous 
.avisions d'oublier M™"^ V® Arnaud, qui depuis nombre 
d'années vient vendre chaque matin, sur la place de 
Chartres, les fleurs qu'elle cultive elle-même à Belle- 
cour (Hamma), et qui peut à peine suffire aux deman- 
des de sa clientèle, tant ce commerce, preuve indé- 
niable de l'aisance qui se répand à Alger, pxend cha- 
jque jour d'importance. 

Les botanistes ont pu aussi admirer le premier fas- 
cicule d'un important travail entrepris par M. Darando. 

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— 172 — 

professeur de botanique qui se propose de former une 
coUectiou complète, feuilles jeunes et vieilles, fruits, 
fleurs et graines des deux cents et quelques espèces 
S! eucalyptus, tous originaires d'Australie, dont Texis- 
tence a été signalée. M. Cordier, comme nous Tarons 
déjà dit, cultive déjà cent dix-neuf variétés d'ewca^î/p/i^^- 
dans sa propriété de la Maison-Carrée. Cependant une 
grande confusion règne encore dans les noms, qui ne 
pourra être dissipée que par la formation de la collec- 
tion entreprise par M. Durando, travail long et diffi- 
cile, et qui, bien que facilité par les excellentes relations 
que ce savant professeur entretient avec les princi- 
paux eucalypteurs, MM. Bouriier, Cordier, Trottier, 
Ifcamel, Rivière, exigera au moins douze mois de soins, 
en raison des époques différentes auxquelles fleuris- 
sent ces myrtacées. 

I Pour terminer, une mention des plus honorables à 
M. Bernard, de TAgha, pour la confection à la fois 
élégante et solide de ses sièges de jardins, dont le dos 
curviligne se prête complaisamment à toutes les ic- 
flexions de la taille, et à M. Loridon, potier au Ruis- 
seau: si aucune comparaison n'est possible entre les 
statues sortant de ses fours et la Vénus de Médicis, 
du moins sa collection de vases et ses motifs de balus- 
trade peuvent, ainsi que se§ stèles et ses socles, con- 
courir avec succès à 1 ornementation des jardins ; c'est 
une fabrication locale qui fera certainement des pro- 
grès et qu'on ne saurait trop encourager. * 

Quant à M. Thouars, félicitons-le d'avoir su si biea 
plier le zinc et le cuivre à la reproduction de la 
nature. Ses fleurs, découpés et peintes avec goût„ 
attestent la main d'un artiste, de même que l'outillage 
qu'il emploie dénote un industriel habile. L'exporta- 
tion de ses articles funéraires de salon ne peut que 
s'accroître, car à mesure qu'ils seront mieux connue, 
lesdits articles seront plus appréciés* 



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I 



CHAPITRE Ylll 



SEPTIÈME DIVISION 



PRODUITS DE L'INDUSTRIE 



Commlflirton 



MM. Bertrand, président; Filliaux-Dorbao, AlphandérV, 
Brissonnet, Jaillàrd, Monnet, Rifp, Foorrikr Jean. 

« 

AiLFky BAMIB9 CBIN Y^aÉTAL 



[. le Général Chanzy ayant à parler des progrès 
isés par Texploitation de Talfa pendant Tannée 



M. 
réalisés par Texploitation de Talfa pendant 
1875, s^exprimait dé la manière suivante devant le 
Conseil supérieur, à l'ouverture de la dernière session 
(17 novembre 1875) : 

« Je vous ai exposé, au mois de janvier dernier, 
les avantages que l'Algérie pourrait, dans un avenir 
prochain, retirer de Vexploitation de l'alfa qui couvre 
les hauts plateaux. Ces prévisions sont justifiées par 

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174 — 



raccroissement de Texportationd-es alfas dont te chif- 
fre, qui était de 45,000 tonnes en 1873, s'est élevé à 
58,000 tonnes en 1874, et dépassera, vraisemblable- 
ment, 60,000 tonnes pour l'année courante. Les che- 
mins àe fer projetés entre les hauts plateaux et les 
ports du littoral, en diminuant considérablement les 
frais de production et de transport, permettront aux 
exploitants de fournir ce textile en plus grande quan- 
tité et d'une meilleure qualité, et concourront ainsi 
au développement des industries qui emploient l'alfa 
comme matière première. » 

Rien de moins exagéré que ce tableau ; rien de plus 
légitime que les espérances que permettent de conce- 
voir les applications, tous les jours nouvelles, faites 
par l'industrie», de ce précieux textile qui croît spon- 
tanément en Algérie sur une superficie évaluée h, 
plus de quatre millions d'hectares. 

Il suffit d'ailleurs, pour se rendre un compte exact 
de l'importance des débouchés assurés à cette matière 
première, de -constater, »d'après les statistiques com- 
merciales anglaises,' 1° que l'Angleterre qui, déjà en 
1868, consommait annuellement 95,000 tonnes d'alfa, 
en consomme aujourd'hui environ 125,000 tonnes ; 
2^ que l'Espagne qui, en 1868, entrait pour 92,000 
tonnes dans le chiffre de la consommation anglaise, n'y 
participe plus que pour 56,000 tonnes en moyenne ; 
3** que r Algérie est le seul pays en situation de remé- 
dier à l'insuffisance de la production Ibérienue, 

Parmi les alfas à l'état naturel, figurant à l'Exposi- 
tion, nous avons surtout remarqué, tant à raison de la 
beauté des brins qu'à cause de leur contrée d'origine, 
ceux envoyés par M. Pérès, de Batna; nous croyons 
qu'il est difficile de trouver des alfas plus beaux que 
ceux dont les échantillons, mesurant 1°35, 1"30 et 
1"20, étaient indiqués comme ayant été récoltés 
dans les environs d'El-Kantour, à une distance de 
50 à 70 kilomètres de Batna, où ils recouvreraient 
une surface de 125,000 hectares encore inexploités. 

Une mention aussi à ceux recueillis dans les 6eni-« 



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— ns ^ 

Ferra, à 40 kilomètres de Batna, et occupant une sur- 
face de 70,000 hectares , ainsi qu'à une autre plante 
de la môme famille, le drin^ mesurant 1°50 de hau- 
teur, provenant de la tribu de Sidi-Lakdar et qui, sui- 
vant M. Pérès, se prêterait mieux serait plus facile que 
Palfa au dégommage. 

Mais le grand intérêt de la section des alfas était, 
il toua les poiuts de vue, l'exhibition de M. Jus, ingé- 
nieur civil à Batna. 

Bien que cet habile expérimentateur, à qui la con- 
duite des'forages entjjeprig dans la province de Cocs- 
tantine a fiadt un nom connu de tout le nïonde savant, 
ne soit pas encore entré, à proprement parler, dans la 
période de l'exploitation industrielle, son exhibition a 
fourni la preuve que le problè^pie de la transformation sur 
place de Talfa en pâte à papier, est complètement résolu. 

Or, étant donnés d'une part, lesi»es^oins sans cesse 
-croissants du monde industriel, -de l'autre le prix des 
transports, il est inutile -d'insister sur les avantages que 
l'Algérie retirerait de ^implantation de cette industrie 
nouvelle. Les écjiantillons 4e pâte exposés étaient de 
oute beauté, et on comprend, en essayant leur résis- 
tance, en se rendant compte de leur densité, les 
emplois si >yariée que TAiigleterre et l'Amérique font 
4u papier. 

Les in^eatîgatioos et les travaux de M. Jus n'ont 
. ►pas d'ailleurs porté uniquement sur l'alfa, et à côté de 
ia pâte tirée de cette plante^ il présentait des échan- 
tillons fournis.par la phipart des textiles produits natu- 
rellement, 0*1 par la culture, et dont la plupart sont 
inutilisés en AJgérie, diss, palmier-nain y déchets 
du lin, pailles de céréales^ etc. 

Montée sur une échelle importante, l'usine projetée 
par M. Jus sera en état de fournir des quantités pres- 
que incommensurables de pâtes à papier propres à 
tous les usages. 

M. Jus s'est également préoccupé, avec succès, des 
petits emplois dont l'alfa est susceptible. Nous ayons 
.trouvé dans sa vitrine des brosses de qualité supé- 
jrieure, des i^e^rs jxtificielles, des objets en vannerie^ 



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— 178 — 

etc., d'un usage journalier et qui pourrai^it être livrés 
en gros à des prix permettant au commerce de détail 
de réaliser de sérieux bénéfices. 

Par»un procédé qui lui est particulier, M. Jus est, en 
effet, arrivé à teindre en toutes nuances, d'une façon 
ûudtérable, les brins d'alfa et ces élégantes graminées 
que Tart du fleuriste ne saurait imiter* 

Ajoutons qu'un peu de cendre d'alfa mêlée h quel- 
ques gouttes d'huile constitue un onguent souverain 
contre les brûlures, et.peut servir de base à une pou- 
dre dentifrice bien supérieure à celles que fournis- 
sent les charbons de bois. C'est sans doute là un moyen 
peu connu d'utiliser^ lorsqu'elles sont hors de service, 
les remarquables nattes que confectionnent les indi- 
gènes avec l'alfa, et qui ont valu à plusieurs des 
récompenses méritées. 

Une autre plante croissant naturellement, et qui, 
pendant de longues années, a fait le désespoir des dé- 
fricheurs, est le palmier nain, transforméaujourd'hui en 
un poduit industriel, dont la richesse peut se mesurer 
à l'importance sans cesse croissante prise par l'expor- 
tation du crin végétal d'Algérie. 

En 1874, il a été exporté 4,534,440 kilogrammes de 
ce textile et 4,376 kilogrammes de feuilleis de pal- 
mier ; et encore, les marchés européens étaient-ils, 
durant cette période, quelque peu encombrés par 
suite des envois effectués pendant les années précé- 
dentes et qui avaient, en 1872, dépassé 9* millions de 
kilogrammes pour le crin végétal seulemeat. 

Les principaux produits exposés sortaient des usi- 
. ne» Aversing, d'El-Affroun ; de l'usine S*^-Margue- 
rite, à la Chiffa; de celle de Duperré, de la maison 
Valette, dé Douera, etc., etc. 

C'est aussi avec cette feuille,, rude, filamenteuse^ 
et qui devient blanche comme la fibre du panama, que 
les indigènes font ces nattes qui garnissent leurs 
demeures, ces corbeilles, ces b&ta, ces éventails que 
l'on est heureux de trouver à si bon marché lors- 
qu'arrivent les chaleurs ; des spécimens de toute cettd 
ingénieuse vannerie figuraient dan^les galeries^ 



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— 177 — 

Quant h la ramîe, plante textile nouveHement 
importée en Algérie, où elle est peut-être encore peu 
connue dans ses emplois divers, elle est appelée à 
révolutionner la fabrication des tissus. — Les Anglais 
l'ont bien compris, et comme ils ne sont pas enfoncés 
dans la routine aussi profondément que les industriels 
français, il y. a longtemps déjàrqu*ils leur font concur- 
reiïce avec des tissus dans lesquels la ramie entre pour 
une grande part. 

Au moment de la guerre d'Amérique, alors que le 
manque de coton mettait en chômage la plupart de nos 
grandes usines, un inventeur français avait trouvé le 
moyen dedécortiqaer le cAimï-^ra55 ouramie, et d'en 
faire presqu-e de la soie par une suite d'opérations 
chimiques ; ilavait son usine à Gémenos, entre Mar- 
seille et Toulon, près d'Aubague. — Il avait fait filer 
ce textile, et des fabricants de Nîmes et de Rouen en 
avaient fait une étofife très belle que nous avons eue 
: alors entre les mains. Après de nombreuses démarches, 
<etlacrisecotonnière s'acceatuant de plus en plus, il 
.obtint du gouvernement impérial Tautorisation d'aller 
en Cochinchine faire couper par réquisitions deux 
millions de kilogrammes de c/ima-g^rass et de les faire 
ivenir en France par les bâtiments de l'Etat. 

Mais, ce qui faisait la ruine de nombreux ouvriers et 
fabricants, faisait les affaires de quelques-uns, et un 
ministre d'alors, grand industriel normand, réputé 
fort économiste, qui avait probablement un stock 
considérable de coton à écouler avec une forte hausse, 
se mit en travers: l'affaire n'eut pas de snite, et 
l'inventeur, qui avait épuisé ses ressources, fait de» 
.dettes, succomba. — Il est depmis resté dans la misère. 

Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'aller chercher au 
loin, et à grands frais, une matière inconnue, l'accli- 
matation de la ramie en Algérie est un fait accompli ; 
la culture de cette plante est facile, peu coûteuse ; sa 
multiplication est rapide, et son produit peut aller 
jusqu'à 700 fr. par hectate. 

M, de Bray, infatigable propagateur de la ramie en 
Algérie, exposait un jeune plant dans un vase. Bien 

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des curieux, qui avaient entendu parler du précieux 
textile, 5e sont arrêtés là pour faire sa connaissance, 

Un hectare contient 10,000 plants de ramie ; chaque 
pied, dès la deuxième année, donne en moyenne 30 
tiges, soit300,O00 tiges par hectare et par coupe. Gr, 
ce n'est pas seulement une coupe, mais trois coupes que 
Ton peut faire en moyenne par année ; dans de certains 
terrains privilégiés on peut aller jusqu'à 4 et S coupes ; 
toutefois c'est là une exception sur laquelle on ne peu?t 
pas compter. Les tiges effeuillées, lorscju'eUes ont atteint 
de 1" à 1"10 de hauteur, moment oà il faut les^^ai^pe?^ 
pèsent en moyenue 70 grainmès ; elles atteignent 
ce développement en huit ou neuf semaines selon le 
«ol, les soins d'arrosage et de culture> 

Il a été reconnu que la ramie perdait de sa *quaiité 
au rouissage. Elle doit être décortiquée, ce qui peut 
se faire grossièrement à la main> Dans ce cas, elle se 
vend de 750 à 800 fr. la tontie de 1.016 kilogrammes 
sur le marché de Londres. Décortiquée par de bonnes 
machines, elle se vend suria même place jusqu'à 1.200 * 
et 1.500 fr. la tonne^ suivant la qualité et la perfection 
du travail. 

Colon avant tout, M. de Bray avait rejeté de son 
compartiment tout oe qui ne pouvait que satisfaire 
une vaine curiosité ; il s'était contenté d'exposer ce 
que l'agri-culteur algérien peut produire : après la 
plante, les fibres. ^— Les unes, comme celles venant 
de Bougie, extraites à la main ; d'autres, provenant de 
la décortiqueuse franco-américaine de MM. Berthet 
-et I>aberie, qui travaille la ramie sur le champ même 
de production, recevant la tige fraîchement coupée 
avec toutes ses feuilles, et la rendant à l'état de filasse. 

Les quatre sortes de fibres produites par la machine 
Roland nous ont paru fort remarquables. Cette décor- 
tiqueuse traite à volonté les tiges vertes ou séchées, 
ce qui constitue un grand avantage pour le colon qui 
peut faire ce travail dans ses moments perdus ou 
pendant la mauvaise saison. 

Une Société est en formation à Paris ; elle se propose 
40yeçir en Algérie ay^ de grands capitaux: exploité^* 

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^ 1-79 — 

tous les textiles que notre belle Colonie peut produire, 
et Dieu sait si le nombre en est grand. — Que les colons 
ne se hâtent donc pas de couper leur lin au tiers de sa 
hauteur, ni de le faire battre par les pieds d«s chevaux; 
qu'ils soignent au contraire leur paille, elle leur four^ 
nira sans peine un surcroît de bénéfice important. 

Quant au parti que Tindustrie peut tirer de laramie, 
il suffirait, pour s'en convaincre^ de voir les produits 
collectionnés et exposés par M. Numa' Bothier. 

Les tissus fabriqués avec cette plante prennent 
admirablement la teinture : ce sont des batistes, des 
•espèces d'alpagas, et enfin cette jolie étoife lustrée que 
les Anglais nous vendent sous le nom de foulard de 
Chine, 

Les tiges les plus grossières, celles qui sont un peu 
plus dures, peuvent être transformées enpâta à papier, 
les feuilles employées comme fourrage. 

Nous ne saurions trop appeler l'attention des culti- 
vateurs et du public sur les résultats ^obtepus par M. 
Bothier, qui offre d'acheter autant de toanes de ramie 
qu'on voudra lui en fournir, et qui «n propage la 
culture avec la conviction de Texpérienceetla certitude 
du succès. 

Il y a là un grand avenir pour l'Algérie, qui peut, 
dans quelques années, alimenter les filatures et les 
fabriques de tissus de la métropole, lorsque les indus- 
triels français, lassés par la concurremce anglaise, se 
demanderont enfin d'où proviennent les matières avec 
lesquelles ces derniers font ces belles étoffes qu'ils 
répandent à bon marché sur toutes les places 
commerciales du monde, lorsque leurs intérêts, parlant 
plus haut que la routine, les feront entrer malgré eux 
dans la voie du progrès. 



Si toutes les richesses minéralogiques de l'Algérie 
avaient ,été repré3.entées à FjExposition, ses galeries 
tout entières n'auraient pu y suffi!re, Malheureusement, 
les échantillons présentés étaient peu nombreux, et 



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— 180 — 

nous avons regretté de ne pas y voir figurer une riche 
et complète collection comme celle que possède le 
Musée de TExposition permanente. 

La Société métallurgique du Périgord avait envoyé 
une collection de ses tuyaux, dans la composition des- 
quels entrent les minerais de fer oxydulé de Mokta, mé- 
langés à ceux du Périgord. Les mines de Mokta sont 
actuellement les plus abondantes de TAlgérie et le» 
mieux exploitées: leurs minerais sont très riches {62**/o); 
ils donnent lieu à une exportation très active qui 
s'étendra certainement encore dans un avenir prochaki. 

Des échantillons de minerais accompagnaient ces 
produits. 

MM. Abadie et Chemin, de Batna, exposaient de 
forts beaux échantillons de divers minerais très riche» 
en métaux : — des cuivres gris, des cuivres argentifè- 
res, du plomb argentifère, du cinabre mêlé de zinc, du 
zinc, du plomb et du zinc mélangés. Tous ces minerais 
proviennent des environs de Batna, contrée excessive-' 
ment riche en mines qui n'attendent que des voies de 
communication faciles pour donner essor à une im- 
mense exploitation. 

MM. Joly et C^® d'Alger, exposaient des minerais 
de fer oligiste et magnétique des mines de Dra-El- 
Kheddach et de Blad-Guitoun. 

Les pierres à bâtir n'offraient que trois spécimens, 
très beaux du reste ; M. Crémonini exposait un échan- 
tillon d'une très belle pierre fort connue à Alger et 
provenant des carrières de S )umah. 

Prèâ de l'entrée de l'Exposition, on se heurtait à 
trois blocs de pierre taillés, bouchardes, ciselés sur 
les arrêtes, qu'on aurait pris pour des aérolithes tombés 
malencontreusement du ciel; c'étaient des échantillons 
de pierres des environs d'Alger, et de fort belle qua- 
lité ; celle de Kaddous à le grain nu peu grossier, 
celle du Ruisseau est plus fine. MM. Daudet et Cie 
auraient dû exposer un échantillon de ces pierres dans 
toute la hauteur de leur banc de carrière ; on se serait 
mieux rendu compte des ressources que peut offrir 
leur emploi. 

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— 181 — 

^mî V^® Giuilly et fils, plâtriers à Alger, avaiçot 
exposé des échantillons de plâtre de leur usine de 
Chatterbach, Nous avons remarqué des briques en 
plâtre, que nous recommandons aux constructeurs. 
Dans beaucoup de pays du nord de la France, et à 
Paris surtout, on fait avec ces carreaux de plâtre des 
galandages ou cloisons séparatives très solides et 
bien plus légères sur un plancher que celles en briques 
de terre de cuite. La pose en est plus rapide, elles, 
sont fort économiques. 

L'exhibition de M. H. Martel, d'Alger, comprenait 
diverses fournitures de maçonnerie ; il avait aussi de 
forts, beaux échantillons de plâtre de provenance 
algérienne, de belles cheminées de marbre de très 
bon style, et enfin de nombreux modèles de carre- 
lage venant de France. Nous les avons remarqués 
seulement pour les dessins qui sont fort heureux;, 
quant à la matière intitulée : granit calcaire hydro- 
fuge, nous ne nous y arrêterons pas,, car plusieurs 
échantillons similaires sont exposés par d'autres fa- 
bricants, entre autres par M. Mersizzi et par M. Cons- 
ton, d'Orangée. La base en est toujours du ciment 
mélangé avec du sable ; M. Conston dit : du silice sou- 
mis à une forte pression. Ce qui ressort pour nous de 
ces divers produits, qui ont entre eux une analogie frap- 
pante, etquinediflFèren't guète que par l'étiquette, c'est 
qu'ils sont appelés à remplacer avec avantage la 
faïence tiont on se sert pour le carrelage des maisons 
ou des édifices publics et dont l'émail est sujet à de 
rapides altérations. 

Si les faïences sont toujours préférables à cauee de 
leur reflet bfillant pour les revêtements verticaux, 
nous pensons que les ciments, sous toutes leurs formes, 
sont .à recommander dans les habitations, comme 
carrelage, pour remplacer avec élégance d'abord, 
comme durée ensuite, toutes les faïences, tomettes ou 
pans carrés en usage en Algérie ; les prix en sont, du 
reste, très abordables, ce qui est avant tout une 
condition de sucçèp. 

Citons aussi les briques de MM. Pélizari père et 

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- 182- 

fils, destinées à donner plus de cohésion h là ûiaçoli-* 
nerîe, en évitant les grandes épaisseurs; ces *bri- 
(jues se relient par des nervures sur les joints ho- 
rizontaux et par des tenons et naoxtaises sur les extré- 
mités ; dans les puits et les réseryaips^ elles peuvent 
être très utilement employées comme parement inté^ 
rieur. Suffisamment appuyé, cerclé par les terres, 
un seul rang de briques à plat, doit, croyons-nous, 
offrir une grande résistance à la poussée et mieux 
supporter les tassements de sol c[ui aliènent des cre- 
,vassds dans tes murailles. 

M* Bozzoli, $culpteur,,exposait4esoncôté:q.uel9ue» 
oeuvres donnant un échantillop de ce que l'on peut 
faire en céramique s^vec les terres d^El-Affroun. Le 
grain en est très tin, la cuisson très régulière et sans 
k moindre gerçure ; elles peuvent; se prêter à toutes 
les fantai^es de Tart et de la fabrication. Le vase.for^ 
mant le motif principal avait été malencontreusement 
soumis au?: inlS^uençes cristallisantes des eaux du 
Hamma, ce qui, au soleil, lui donnait un peu Tair 
d'un vase en sucre. Quant aux statuiettes»de mfl-rbre, 
réductions de la Madeleine de Canova,, et de Vénus 
de la Renaissance, elles pouvaient avantageusement 
lutter avec toutes celles qui, en Itialie, font les. délices 
des Anglais et des Américains. Leur exécution ne lais- 
sait rien à désirer au point de .vue du praticien 
marbrier. 

C'est, croyons-nous aussi^ M. BozzoK qui avait 
, exposé les six colonnes et la vasque en marbre blanc 
qui décoraient la grande avenue d'entrée. Le travail en 
était fortlbeau; on y reconnaissait la ma;in habile des 
ouvriers italiens. Il est à regretter que l'Algérie soit 
tributaire de Tltalie pour les marbres qui entrent» dans 
la décoration de ses inonuments, quand elle en possède 
une immense variété, et qu'elle devrait au contraire en 
exporter dans le monde* entier. Il ne faut pas oublier 
^ue la plupart des colonnes des-temples et des palais 
de l'ancienne Rome sont sorties des carrières marmo- 
réennes de la Mauritanie. Il ne dépend que de nous 

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de les rouvrir àil profit de nos commerçants et de noar 
oruvriers. 

La Compagnie des asphaltes de France (Paris) 
avait envoyé des échantillons de ses produits pour 
Carrelages et dallages. Ils sont consacrés depuis long- 
temps par Tusage en Europe, mais nous doutons fort 
qu'ils puissent donner d'aussi bons résultats sous Je 
prillant" soleil d'Afrique. Cependant, nous en conseil- 
lerions remploi dans les dépendances de l'intérieur, 
^surtout dans leà sous-sols, les caves, les cellier», les 
magasii;is« 

Les tray.auxen cinlent occupaient une large place 
à rExposition dans la partie réservée à M. Merazzi, 
d'Hussein-Dey. 

Le spécin^en de fj^çi^dej édifié par M. Merazzi ,^ 
appellait l'attention îes constructeur^. Il est souvent 
difficile, et il serait surtout fort coi^teux pour un 
propriétaire demieiirant en détords des centres, de se 
faire construire une habitation ayant au dehors un peu 
d'aspect architectural. Avec le ciment comprimé, on 
peut s*offrir le luxe d'une ornementation aussi riche 
q;u'onla désire à un prix relativement bon marché. 
Les chambranles de fenôti:es, de portes, les entabler 
ments, l'es .balustrades, peuvent se faire sur. profils et 
dessin» déterminés, et, mis en place, remplacer la 
pierre non seulement comme aspect, puisqu'on peut 
donner aux parements le grenu que la bouchardp donne 
,à la pierre/ mais aussi comme solidité . 

Ces matériaux n'ont pas été,. il est vrai) soumis aiix 
expériences de l'écrasement ; mais ijôus connaissons 
des constructions extrêmement importantes faites 
depuis quinze ans avec des produits analogues, et dont 
la surface s'est conservée sous le clinjat du nord de 
l'Europe aussi bien ^que la pierre la plus fine et la plu* 
dure. 

La fabrication de M. Merazzi occupe une place im- 
portante dans l'industrie algérienne ; ses «.teliers créés 
depuis peu isont très bien agencée et conduits avec une 
intelligence qui doit leur assurer le succès, 

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— 184 — 



MEUBLES EN BOIS DU PAYS, GLACES, OBJETS d'aRT ET 
DIVERS NON CLASSÉS. 

Les meubles exposés n'offraient que les rudiments 
les plus élémentaires de ce que cette febrication doit 
devenir un jour en Algérie, en raison de la qualité, de 
la variété et de la beauté des bois que son sol peut 
livrer à bon compte h Tébénisterie locale. Nous ne 
nous arrêterons pas au dessin, c'est une affaire de 
goût qui laissait un peu à désirer, et qui s'épurera à 
mesure que cette industrie naissante prendra de Tim- 
portance, que les fabricants auront plus d'intérêt à 
S'inspirer des modèles de la métropole et que les de- 
mandes des acheteurs les forceront à puiser des formes 
plus nettes dans la vieille école française» parisienne ' 
surtout, la première du monde en ce genre. 

M. Brun, d'Alger, exposait une coquette table à 
ouvrage style Louis XV, démonstration du parti qu'on 
peut tirer du platane pour la construction des meji- 
bles. 

M. Still, de Blida, exhibait une riche étagère de 
petits meubles, de coupes, de vases, admirablement 
tournés dans des blocs de bois de thuya. Certaines 
coupes, par leur diamètre, prouvent que ces bois que 
l'on trouve à profusion dans beaucoup de forêts de 
l'Algérie, peuvent fournir à l'industrie des équarissages 
suffisants pour que l'ébénisterie trouve avantage à 
venir s'approvisionner dans nos forêts et non à deman- 
der à l'Amérique un bois que son prii^ élevé empêche 
d'entrer dans la fabrication courante des grands meu- 
bles de luxe. 

MM. Viezet Boyoud, d'Alger, exposaient des chaises 
en eucalyptus, bois qui se prête admirablement aux 
exigences particulières de solidité et de travail que 
réclament ces meubles si essentiellement fragiles par 
destination. Le crin végétal d'Algérie remplaçait la 
paille et le rotin pour la garniture ; c'est une tentative 
heureuse que nous ne pouvons qu'encourager, comme 



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— 185 — 

^atea les iaBavations qui tendant à raffranchissement 
commercial et industriel de la .Colonie. 

M. Grinda, d'Alger, avc^t exhibé un tombeau arabe, 
pastiche très réussi de la vieille menuiserie indigène 
et de son original coloris 

Un peu plus loin, souâ la galerie qui s'étendait vers 
le sud, M. Gibert exposait une collection de bibelots 
vraiment algériens qui faisaient honneur au bon goût 
de leur auteur. — Les carapaces de tortues y jouaient 
un grand rôle : • ici, elles étaient transformées en 
corbeilles à ouvrage dont la place est indiquée , dans 
les coquets boudoirs de nos élégantes mondaines; là, 
elles devenaient la caisse sonore d'une originale gai- 
tare rivalisant avec la plus gracieuse et la plus cares- 
sée des guzlas espagnoles ; l'atroce araignée de mer 
prêtait sa carapace rugueuse et épineuse à trois pieds 
^e bambous qui en faisaient un fort joli vide-poche. 

Nous ne pouvons citer toutes les fantaisies aux- 
quelles se prêtent les bambous dans l'atelier de M. 
<}îbert; nous dirons, pour terminer avec lui, que ses 
écrans en soie, brodésaux vives couleurs et de dessins 
tout-à-fait artistiques, ne rappelaient en rien la vul- 
gaire fabrique de ces sortes d'objets. Il y avait là 
aussi un assortiment de jardinières, de corbeilles, de 
lanternes, capables de donner bien des tentations à la 
bourse. 

M. Lenué, d'Alger, avait exposé des meubles d'un 
travail irréprochable, mais qui auraient aussi besoin 
de plus de correction dans le style. 

Nous avons gardé un bon souvenir de TExposition 
de M. Inserra, d'Alger ; ses cadres de glaces peuvent 
rivaliser avec ceux des maisons les plus renommées de 
Paris et de Florence. 

Près de là, une vitrine devant laquelle s'arrêtaient 
toutes les dames, a dû faire naître dans leur es- 
prit beaucoup de convoitises i C'était celle de M. 
Bavai, préparateur de corailàLaCalle. — EUecontenait 
non seulement des échantillons de coraux bruts, mais, 
et c'était le grand attrait, des bijoux en corail d'un 

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— 186 — 

goût parfait 9 montés suivant les meilleures traditions de 
la vieille bijouterie française. 

La pêche du corail donne lieu à un grand mouve- 
ment sur la côte aux environs de La CaUe et de Bône ; 
malheureusement, par suite de règlements internatio- 
naux, dont il serait difficile de déterminer la raison, ce 
mouvement profite surtout aux pêcheurs et au com- 
merce italiens. 

En 1864, une Commission italienne-française ^ 
fixé à 400 fr, la patente dQS bates^ux italiens arméj^ 
pour la pêche du corail ; de plus^ ils entrent en fran- 
chise tout ce qui est nécessaire à la uouxriture des 
hommeiS et à 1 armement du bateau. 

Le contrôle étant illusoire, ces navires apportent 
]eur chargement presque complet de marchandise» 
qu'ils débarquent sous le couvert de leurs imjnunité» 
et qui constituant un premier et fort rjespectable 
bénéfice. Ils chargent de même un grande quantité 
d'objets pour le retour, car le corail n'entre que pour 
une faible partie dans leur tonnage^ 

Les bateaux français de plus de sept tonneaux, au 
contraire, paient 800 francs de patente et les frais de 
douane comme tous les autres navires. Il est vrai que 
les bateaux conôtruits en Algérie ne paient que, six 
francs, plus la redevance aux Invalides de la marine. 

Mais s'il est avec le ciel des accommodements, il en 
est aussi avec la loi. Les Italiens trouvent le ïnoyen 
d'apporter à La Calle des bateaux tout débitée, tdtit 
taillés, et d'amener même avec eux des ouvriers pour 
les monter. Il n'y a plus qu'à assembler les pièces, à 
lancer le batpau et A le déolarjer ^construit dans un port 
algérien. 

Il résulte de cet état de choses que trois millions 
environ de corail péché annuellement sur nos côtes 
profitent aux habitants de la rive italienne chez lesquels 
les marchands français vont s'approvisionner. 

C'est encore un des nombreux cas où la liberté 
complète vaudrait beaucoup mieux pour nos intérêt» 
nationaux que la protection. 

M. Raval emploie pour le travail du corail des pro- 



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— 187 — 

cédés mécaniques qui lui permettent d'arriver à pro- 
duire à meilleur marché avec plus de vitesse^ plus de 
précision, et moins de déchets dans la taille^ la perfora- 
tion et le polissage, ^ 

Le taraudage se fait aussi par des moyens spéciaux ; 
la monture par des vis et non à la laque comme en 
Italie et surtout à Torre-del-Grecco. 

Ces procédés, dans leur ensemble^ occupent de 25 
à 30 ouvriers ; il en faudrait dix fois autant pour faire 
le même travailpar les anciens moyens encore eu 
usage dans les pays où cette industrie fait vivre une 
partie de la population. 

La valeur brute du corail qui passe annuellement 
dans les ateliers de M. Raval, s'élève & 40,000 francs 
environ. Ces ateliers pourraient prendre une bien plus 
grande importance sans les difficultés de toutes sortes 
qui entravent leur développement ; nous dirons seule- 
ment, que pour faire contrôler ses bijoux, M. Bavai 
est obligé de les envoyer à Bône, c'esi-èu-dire à 86 kilo- 
mètres de son atelier. 

Avec un peu plus de liberté, cette industrie pour- 
rait laisser en Algérie au moins les deux tiers des trois 
millions qu'elle abandonne forcément à l'Etranger. 

Nous devons une mention à M. Hamida ben Hadj. 
d'Alger, dont les roseaux artistement travaillés et 
colorés sur l'écorce, avec une patience de Chinois, sont 
vraiment fort curieux : paysages fantastiques, villes 
avec des amoncellements de palais, de dômes, de mi- 
narets, ports, navires, tout cela est très nettement 
découpé en proportions microscopiques, dans* les tra- 
ditions de l'art primitif de l'extrême Orient. 

Nous trouvons encore dans cette section,, qui conte- 
nait les objets les plus hétéroclites, les sommiers élas- 
tiques, tout en fer, de M. Laurent, de Lyon. 

C'est îine importation utile en Afrique où les insec- 
tes incommodes se multiplent avec une rare rapidité 
en dépit de tous les soins des ménagères. Le sommie 
Laurent est tout en fer ; aucune parcelle de bois n'en 
tre dans sa fabrication, et le plus petit des parasites 
uocturnes n^ pourrait trouver à y faire son nid. 



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I' 



^ 188 -- 

Bewcoup de personnes en demandaient le prk, et 
quand on leur rép(mdaît que le }ît et le sommier cotl-< 
tent 40 fi*, le grand modèle^ elles répétaient leur 
question croyant avoir mal entendu. 

Les hôpitaux, les pensionnats, 1^ hôtels, ne sau- 
raient trouver des sonunieors dans de meilleures con-^ 
dilions d'hygiène et de propreté- 

Nous terminerons cette longue nomenclature, par 
quelques mots sur les vitrines des bijoutiers d'Alger 
et les quelques belles photographies, dont la plupart 
étaient malheureusement fort mal éclairées, les gale- 
ries n'étant pas construites pour ce genre d'exhibition, 
ui ne pouvait venir que très incidemment dans une 

xposition essentiellement agricole. 

M. Grieseenger, d'Alger, exposait une très jolie 
collectioa de bracelets en or gravé, d'un grand fini 
et de très bon goût; 

La maison Ott, d'Alger, avait une très belle vitrine 
devant laquelle on revenait souvent avec plaisir ; elle 
contenait de beaux spécimens du grand art qui a eu 
pour maîtres Benvenuto-Cellini, au temps de la Re- 
naissance italienne, et, presque de nos jours, le dernier 
des grands artistes qui en avait continué les traditions, 
Froment-Meurice. . 

Statuettes, coupes, coffrets, cachets et cent autfèvS 
menus objets de fantaisie, ciselés, fouillés dans le 
meilleur style, étaient entassés dans cette vitrine 
qu'on eût dit empruntée à un musée. 

MM. Guérin et Léon présentaient, entre des échan- 
tillons de gravures »ur métaux qui dénotent une main 
habile et un savoir artistique exercé, une petite 
coupe en or, repercée, gravée et ciselée, véritable 
merveille de travail. — Dans les grands centres comme 
Paris, Londi es. Vienne, le reperçage se fait par des- 
spécialistes et avec des machines. Alger n'offre pas 
les mêmes ressources ; cette coupe a donc dû être re-^ 
percée au burin, complétée ensuite par la ciselure et 
la gravure ; elle fait le plus légitime honneur au savoir- 
professionnel et artistique de l'habile graveur et cise-^ 
leur de grande école qui l'a produite. 

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-- 189 — 

/ En tète de» pîi(Hogi?tt{A.e9 qne ûona avons à citer, 
i^ouR placerons M. Poiftier, dont tout le monde connaît 
la ricne coHecti^n de vues algériennes ; elles se re- 
commandent non seulement par le choix des sujets, 
mais surtout par la perfection de rexécution, dans 
laquelle on chercherait on taiii la moindre négligence. 

M. Gdser, M. Leroux, exposaient également de très 
belles épreuves de portraits et de vues. Tous ces noms 
sont du reste^ connus du public algérien et des nom- 
breux étrangers qui emportent Timage des sites et des 
monuments qu'ils ont visités. 

M. de Bray , de Niée, avait envoyé une collection de 
Vues des environs de Nice, de plantes et de fleurs ; 
nous y avons remarqué une très jolie épreuve repré- 
sentant le Monte-Carlo, dont les tons dégagés et ton- 
dus faisaient un véritable tableau et rendaient admira- 
blement l'atmosphère si pure qui baigne ce beau site, 
qu'il nous semblait revoir. 

Les reliures artistiques de M. Monclar, d'Alger, 
méiûtent aussi une mention en raison de leur élégance 
qui ne nuit en rien à la solidité, de mfeme que la re- 
marquable exhibition de M. Lavagne, dont* la vitrine 
offrait un assortiment de coutellerie, d'instruments 
de chirurgie et de timbres de tous genres.... frappés 
au coin du goût le plus parfait. 

. EFFETS 'd'habillement ET M CAMPEMENT 

Cette section, la dernière que nous ayons à visiter, 
ne manque pas non plus d'intérêt ; et si TAlgérie est 
encore tributaire de la métropole pour les étoffes et 
les cuirs préparés, FExposition de confections pour 
dames du Magasin lyonnais et de tiges préparées 
pour chaussures de toutes sortes de MM. Colas, Chiche 
et Cie, d'Alger, place ses couturières et «es ouvriers 
cordonniers au même niveau que les plus habiles con- 
fectionneuses et ouvriers de la capitale. 

La même observatioii s'applique *à là chapellerie, 
avec cette différence cependant, que la matière pre- 
mière est préparée sur place et y subit toutes les 
transformations voulues. r- i 

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— 190 — 

Un industriel algérien a prouvé que la profession 
de coupeur de poils de lapin a fait son temps. M. Vidal/ 
d'Alger, trouvant que cette occupation n'étajit pas digne 
d'un travailleur sérieux^ra confiée à' une machine. 
— Dans la peau d'un lapin, ce qui eat précieux, c'est 
le poil ; mais c'est si fin, si léger ! — Ce qui n'em- 
pêche que le poil coupé, cardé, vient en couches 
infiniment volatiles se masser sur un cylindre où il 
forme un feutre très solide, très souple, très soyeux, 
que quelques préparations successives transforment en 
chapeau léger, plié à tous les caprices de la mode. 

Pauvre et inoffensif rongeur ! les gloires de la tradi- 
tionnelle gibelotte te suffisaient, et le bon Lafontaine, 
quand il t'appelait Jean Lapin, ne se doutait guère 
du rôle que ton poil était appelé à jouer dans la chapel- 
lerie du XIX* siècle. 

A côté de M. Vidal, M. Abensour, également d'Alger, 
présentait un nouveau modèle de casque en paille de 
Manille, dont le succès a été aussi complet qne possible 
à en juger par le nombre de têtes qui ont définitive- 
ment adopté cette coiffure. On doit aussi à M. Abensour 
d'avoir inauguré à Alger la préparation des plumes 
d'autruche. 

Non loin de M. Abensour, nous trouvons la vitrine 
de M. A. Lyon, d'Alger, qui expose pour la première 
fois Içs résultats obtenus par ses découvertes pour la 

TRANSFORMATION SANS TEINTURE dcS nuaUCeS doS 

étoffes de soie connues sous le nom de failles, et le 
dépiquage des gants. 

On ne saurait trop appeler l'attention du monde 
industriel sur ces procédés aujourd'hui brevetésr Le 
premier rend aux étoffes piquées, frappées d'air, cou- 
lées ou démodées, une valeur marchande au moins 
égale à celle qu'elles avaient en sortant de la fabrique. 
Il est d'ailleurs d'une application très simple, et con- 
siste à faire passer, soit les pièces, soit les objets 
confectionnés, d'un bain composé suivant la formule 
de l'inventeur dans un bain d'eau bouillante. C'est 
dans le premier bain que la transformation s'opère, et 
nous avons vu nous-même des échantillons de couleurs 

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— 191 — 

Sifférentes plongés simultanément dans le môme bain, 
prendre des nuances nouvelles, en môme temps que 
disparaissaient toutes les altérations subies par les 
étoifes expérimentées. Les nuances ainsi obtenues sont 
toutes très franches, et ont Tavantage d'être imfini- 
ment plus résistantes à toutes les causes de détériora- 
tion, eau, soleil, air, poussière. De plus, il est à 
remarquer que le grain de la soie ne snbit aucune 
altération ; que même la qualité du tissu s'améliore et 
que les lisières blanches des pièces ne sont en rien 
modifiées. Si Ton défile une étoffe ainsi transformée, 
on reconnaît que chaque brin de soie possède la même 
teinte que i'étoffe vue dans son ensemble. ^ 

* Le second procédé restitue aux gants piqués, et 
par suite inutilisables, leur fraîcheur premier^. 

Nous nous rendons facilement compte des nombreu- 
ses ouvertures qui ont été faites à M. Lyon en vue 
d acquérir le droit d'exploiter son brevet à l'Etranger. 

tritons encore, et ce seront les derniers, M. Timmer- 
mann, d'Alger, pour ses tentes de campement de quatre 
modèles différents, également soignées comme exécu- 
tion, solidité, et abritant tout le matériel nécessaire à 
un campement; et M. Lafon, d'Alger, qui exposait, non 
loin de ces tentes, un fort élégant petit parasol de 
jardin, garantissant, contre les ardeurs du soleil, une 
table solide, quoique d'une pose facile, et que, comme 
J'abri, on peut transporter et monter là où on se plaît. 



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CHiPITRE M 



EXPOSITION SCOLAIRE 



La place que M. Levasseur, membre deTiastitut^ 
assignait à F Algérie dans son rapport sur Tinstructionc 
secondaire et Tinstruction primaire, témoigne de la 
persévérance et des âuccès des efforts de l'Administra - 
tion supérieure pour répandre dans la France transmé- 
dîterranéenne les bienfaits de l'instruction. 

De ee rapport, il résulte en effet que l'Algérie, avec 
un élève sur 109 habitants européens fréquentant 
les établissements d'instruction secondaire, et 19 élèves 
sur 100 habitants, toujours européens, suivant les 
cours de l'instruction primaire, marche en tête de 
toutes les autres nations, précédant l'Allemagne, la 
France et l'Angleterre. 

Nous croyons donc que le kcteur nous saura gré de 
faire précéder nos appréciations sur le concours du 
mois d'avril dernier d'un rapide historique du déve- 
loppement de l'instruction publique en Algérie, que, 
pour plus de clarté, nous diviserons en trois périodes^ 

Première période de 1830 à 1848, 

Le jour où la France prenait possession de la Ré- 
gence d'Alger, l'étude des sciences se bornait à l'ensei- 

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— 193 — 

gnement de la lecture, de récriture et du texte ixx 
Coran, donné dans quelques rares écoles musulmane» 
et Israélites, à l'exclusion absolue des filles des deux 
cultes, élevées dans la plus complète ignorance. Poui* 
les israélitesi la substitution de la Bible au Coran et 
des caractères hébraïques aux caractères arabe» cons- 
tituait la seule différence» 

Dès les deux premières années de la conquête, 
:r/plu8ieurs institutLns particulières, fondées^ à Alger 
sous le patronage et la surveillance de l'autorité locale,, 
pourvurent aux besoins de la population européenne. 
En 1832, on comptait déjà trois écoles françaises et 
une école Israélite^ où quarante enfants appartenant à 
ce culte apprenaient les éléments de la langue fran- 
çaise; des maisons d'éducation se fondaient aussi 
pour les jeunes filles. 

Au mois d'avril 1835^ le service de Tinstructioû pu- 
blique recevait une organisation dans la ville d'Alger ^ 
le Gouvernement y instituait,, à ses frais,, une pre- 
mière école d'enseignement mutuel et une chaire de 
langue arabe ^ un inspecteur était chargé de la >sur- 
veiUance de cet établissement et de celle des maisons 
d'éducation,, soit publiquesy soit privées, qui étaient ou 
paraissaient devoir être fondées. 

Peu de temps après,, l'écale mutuelle comptait deux 
cents élèves,, dont plus de cinquante Israélites. Les 
jeunes musulmans s'y montrèrent très rares ^ éloigné» 
par la présence des Israélites et par la crainte qu'é- 
prouvaient les parents de voir leurs enfants détournés 
de l'islamisme au profit de la religion chrétienne. 

Cette appréhension était même poussée si loin, 
qu'on a vu, alors, des enfants musulmans refuser de 
porter la décoration de l'école qu'ils avaient méritée 
par leur assiduité, de peur qu'on ne les soupçonnât de 
s^Ôtre faits chrétiens. 

En juin 1833, une école d'enseignement mutuel 
fitt ouverte à Oran sur le modèle de celle d'Âiger ; en 
1834, de nouvelles écoles primaires étaient créées à 
Bône, à Dély-Ibrahim, à Kouba. Dans toutes ces éco- 
les, les musulman» étaient admis. Dès le début, la 

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— 194 -^ 

Finance affirmait ainsi sa mission civilisatrice^ en cher*' 
chant à rapprocher d'elle la race vaincue et en s'effor- 
(;ant de réunir, dans une éducation commune, les en- 
tants des indigènes et ceux des Européens. 

Mais, dès 1834, l'instruction primaire ne suffisait 
plus, à Alger, aux besoins de la population euro- 
péenne ; on devait créer le collège d'Alger et instituer, 
l'année suivante, une bibliothèque. En 1836 est fon- 
dée la première école mixte, dite alors école maure-^ 
française. A peine ouverte, elle reçut soixante élèves 
musulmans, qui consacraient quatre heures par jour n 
Tétude du français. Une école pour les jeunes fille» 
françaises fut également fondée cette môme année. En 
1837, on créait h Alger une école pour les jeunes filles 
Israélites et des cours d'adultes pour les musulmans. 

Au 31 décembre, le service de l'instruction publique, 
en Algérie, comprenait vingt-quatre établissements, 
ainsi répartis : 

Instruction secondaire : A Alger, un collège 
tréquenté par 115 élèves, un conrs d'arabe en comp- 
tant 40. 

Instruction primaire : A Alger, treize établisse- 
ments, tant publics que privés, comptant 860 élèves ; à 
Dély- Ibrahim, une école ; à Kouba, une école ; un éta- 
blissement privé à Mustapha. Deux écoles et unétaWis*- 
sement privé àOran ; d^x écoles, dont une d'Israélites, 
à Bône, comptant ensemble 302 élèves : soit un total 
djB 1 ,202 élèves se décomposant de la manière suivante 
ftu point de vue des nationalités : Européens, 556 ; 
Européennes 329 ; musulmans, 90 ; jeunes garçons 
israélites, 146 ; jeunes filles Israélites, 81. 

Ainsi, les efforts de l'Administration n'étaient pas 
demeurés sans résultats. L'œuvre était lente, mais elle 
marchait sûrement ; et, à une époque où nos trois 
départements transméditerranéens n'étaient encore que 
des points isolés d'occupation « sur les côtes nord de 
TAfrique, » les divers généraux qui s'étaient succédé 
à la tête de l'armée d'occupation, avaient le droit 
d'être fiers des succès obtenus. Ils pouvaient revendi- 

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^ 195 — 

qaer la gloire de toutes ces fondations dues u leur 
initiative personnelle et en, dehors de rauto^rité métro- 
politaine, dont la première mesure d'ensemble, en ce 
qui concerne instruction publiqfue, date de 183Ô. 
Encore, ,se bornait-elle à assurer aux fonctionnaire» 
de l'instruction publique attachés aux établissements 
de l'Algérie la conservation des droits et prérogatives 
dopt jouissent les membres de L'Université. 

C'est seulement en 1848 que le ministre de l'instruc- 
tion publique sera saisi de la haute direction de ce ser- 
vice en Algérie. Jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen- 
dant dix ans encore, elle appartient aux généraux 
qui se sont succédé à là tête du Gouvernement de l'Al- 
gérie ; maréchaux Clauzal, Damrémont, Valée, Bu- 
geaud, duc d'Aumale, 

Sans entrer dans lea détails des diverses créations qui 
sont dues à chacun de ces homm35 illustras , il suflSlra 
d'établir la situation de l'instruction publique au 24 
février 1848, pour démontrerqu'elle n'avait pas péricli- 
té entre leurs mains et qu'elle était restée constamment 
à la hauteur des progrès accomplis par la colonisation , 

A cette époque, une chaire d'arabe dans chacun des 
trois chefs-lieux de province représente le bilan de 
l'instruction supérieure, 

Ij instruction secondaire compte, outre le collège 
municipal d^\lger, deux pensionnats libres subven- 
tionnés par l'Etat à Bône et à Philippeville ; 185 
élèves, dont 165 au collège, fréquentent ces établisse- 
ments. 

Vinatruction primaire est largement représentée 
par 93 écoles, dont 13 privées et non subventionnées. 
Dans ce nombre, figurent sept écoles mixtes spéciales, 
fréquentées par 457 élèves musulmans ou Israélites, 
en dehors de ceux admis dans les écoles communales 
ordinaires ; savoir : deux écoles arabes-françaises à 
Alger et à Bône ; trois écoles juives- françaises à Alger, 
Bône et Oran ; une école de jeunes filles juives et 
une école de jeunes musulmanes à Alger. 

fin résuoié, en 1848, sur une population européenne 
qui, au 31 décembre 1847, était seulement de 103,890 • 

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— 196 ~ 

habitants, plus 8,000 enfants ou jeunes gens (y com-' 
pris ceux des séminaires), chiffre auquel il faut ajouter 
les jeunes musulmans et Israélites indigènes, re.eevaie&:^ 
leâ bienfaits de l'iustraction. 

Ajoutons, pour rendre justice à tous, que les com- 
munautés religieuses des Sœurs-Trinitaires, de Saint- 
Vincent-de*Paul, des Ursulineâ, de la Doctrine 
chrétienne et des frères de Saint-Joseph-du-Mans 
avaient apporté un puissant concours à Toeuvre de 
moralisation poursuivie par le gouvernement algérien. 

Deuxième période, 184S à 1870^ 

Et 1848y comme nous venons de le voir, le service 
de Tinstruction publique avait été remis au ministre. 
Un de ses premiers actes (18491 fut d'élever le collège 
d'Alger au rang de Lycée. Le 14 juillet 1850^ sur la 
proposition du général d'Hautpoul, le service de Tins- 
truction existant dans les écoles maures-françaises est 
réorganisé; elles prennent le titre à! écoles arabes- 
françaises ; trois nouvelles sont fondées pour les 
garçons à Oran, Blida, Mostaganem ; trois pour les 
tilles à Constantine, Oran et Bône ; les cours d'adultes 
sont aussi réorganisés, et, peu de temps après, un 
décret impérial crée les médersas de Constantine ^ 
Tlemcen et Médéa, pour renseignement du droit 
musulman. 

Les créations se succèdent ensuite très rapidement ; 
1857 voit fonder un établissement mixte d'instruction 
secondaire à Alger, sous le titre de collège arabe- 
français, et instituer, également à Alger, une école 
secondaire de médecine ; en 1858, un observatoire na- 
tional y est installé ; en 1859, création du collège com- 
munal de Bône ; en 1860, création des collèges com- 
munaux de Constantine, Oran et Philippevilie ; en 
1863, création de Técole normale primaire d'Alger; en 
1865, décret qui institue un collège arabe-français à 
Constaûtîne et un autre à Ôran : maïs le premier sieul 
fut créé et commença à fonctionner à partir du l** jan* 
vier 1867. En avril 1870, création du collège communal 
de Tlemcen. 

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— 197 — 

Simaltaném^nt et au fur et à mesure de l'extensioii 
prise par la colonisatiûn et rimmigratiou européenne^ 
«haque jour voyait s'élever de nouvelles écoles pri- 
tnairea et se fonder des écoles arabes^françaises, ali^ 
montées par les ressources des centimes additionnels à 
l'impôt arabe ; dans ces dernières écoles surtout, en- 
fants européens et arabes accouraient recevoir sur le» 
mômes bancs une instruction commune. En comparant, 
le tableau de la situation de l'instruction publique en 
Algérie à la fin de 1869 avec celui donné pour 1848, 
on a la mesure exacte des progrès réalisés dans cette . 
période de douze années : 



Enseignement supérieur : 3 chaires d^arabe 58 

1 école secondaire do médecine 49 

Enseignement secondaire : 1 lycée 582 

1 école normale primaire. 30 

8 collèges communaux et institutions d*ins- 

truction secondaire 1 . 404 

2 collèges arabes-français. 300 

1 école arabe des arts-et-mé tiers. 10 

Enseignement primaire : 465 écoles pri- 
maires, orphelinats, asiles, institutions 

privées, etc. 33.070 

30 écoles arabes-françaises f . 200 

(sans compter 3 grands^ séminaires et 3 
médersas. 

Soit une population scolaire de .... ^ 41 . 703 

Ajoutons que les résultats obtenus étaient aussi sa- 
tisfaisants que dans la métropole, et que, dès 18TO, la 
jeunesse algérienne fournissait un contingent respec- 
table aux diverses carrières libérales ouvertes au 
concours et aux examens, contingent dont faisaient 
aussi partie les jeunes indigènes élèves du Lycée 
arabe-français. Oncontaste en 1870 que neuf indi- 
gènes avaient suivi les cours de l'école secondaire de 
médecine; cinq avaient été reçus dans les écoles norma- 
les primaires ; six avaient passé Texamen pour le brevet 
d'instituteur ; sept avaient été reçus au concours pour 
les emplois d'interprète judiciaire du militaire ; trois à 
Vécole d'Alfort ; cinq à St-Cyr ; vingt-deux à* Saumur ; 



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— 198 — 

cinq dans les services publics des ponts-èt-chaussées^ 
postes, forêts, douanes, contributions, télégraphes ; un 
grand nombre étaient devenus cadis, khodjas ouasses» 
séurs musulmans ; un avait même passé avec succès les 
examens du baccalauréat; un autre avait enlevé au 
concours la place d'inspecteur de riastruction pri- 
maire. 

Troisième période, 1870 à 1876 

L'année 1871 voit une grande reforme s*accomplîr : 
la suppression des collèges arabes-françaîs et la 
réunion des élèves qui en suivaient les cours au Lycée 
d'Alger et au collège de Constantine. Mais, loin d'être 
un recul, cette mesure constitua par le fait un progrès. 
A Alger et à Constantine, les enfants européens 
avaient cessé de fréquenter les écoles mixtes où le 
niveau des études était moins élevé ; le but du collège 
mixte était manqué. En rétablissant le contact par le 
versement des élèves indigènes dans les grands établis- 
sements d'instruction publique d'Alger et de Constan- 
tine, et en le facilitant sur d'autres par la création de 
collèges communaux, on revenait à l'application pra- 
tique de l'idée-mère des écoles mixtes. 

A la fin de 1872, les établissements d'instruction 
supérieure secondaire et primaire de l'Algérie étaient 
fréquentés, non compris les enfants reçus dans les 
«ailes d'asile, par 45.726 élèves- 
Mais Taugnientation de la population européenne, le 
développement de la colonisation et la création de 
nombreux centres imposent des sacrifices toujours 
nouveaux. Des collèges communaux sont créés à Sétif, 
à Miliana, à Blida , chaque nouveau viUage i^st doté 
d*ècoles sur les fonds de la colonisation, et dans son 
rapport présenté à la session de novembre dernier au 
Conseil supérieur, M. De Salve, recteur de l'AcadèiAÎ^ 
d'Alger, pouvait dire d'une façon aussi juste que pitto- 
resque que les établissements de toute nature qui, d^ 
l'asile à l'école de médecine, distribuent l'enseigne- 
ment, forment un. vaste réseau dont les ramifications 
s'étendent aux villages les plus minimes çt les pluj^ 
ébignés. • " ' - 



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— 199 — 

En 1875, 64,397 enfants des deux sexes oût fré.^ 
quenté les 573 écoles publiques ou libres, et les 133 
salles d'asile ouvertes dans les trois provinces, occu- 
pant, les premières, 1,149 maîtres ou maîtresses 
laïques et congréganistes, les secondes, 247 personnes, 

La population scolaire des écoles primaires propre- 
ment dites a été de 45,273 élèves se divisant, au point 
de vue du sexe, de la façon suivante : garçons 23,852, 
filles 21,421. La part de la nationalité arabe, dans ce 
chiffre, a été seulement de 1,643 garçous et de 221 
filles. . 

Quant aux établissements dlnstruction secondaire, 
ils se composent actuellement 1** du Ly.cée d'Alger, 
recevant à lui seul 809 élèves, et comportant un per- 
sonnel de 86 fonctionnaires ; 2** de neuf collèges 
communaux entre lesquels se répartit une population 
scolaire de 1,623 élèves.'Constantine est à la veille de 
voir son collège communal, qui?, reçu 3^0 élèves en 
1^75, et dont raménagement ne laisse ri^èn à désirer 
^râce aux sacrifices de la Municipalité, érigé en Lycée. 
Le collège d*Oràn qui, au P' îriaî 1875, comptait 217 
élèves, ne peut aussi tarder de mériter cette distinction. 

Nous citons pour mémoire quatre établissements 
libres d'iustruction secondaire recevant 267 élèves. 

Enfin, T-^lgérie compte quatre établissemi^nts d'ins- 
truction supérieure, savoir : une école préparatoire de 
médecine à Alger, qui comporte onze professeurs titu- 
laire» ou suppléants, et qui délivre des diplômes d'offi- 
cier de santé^ de pharmacien et de sage-femme, et 
trois chp^îres d'enseignement supérieur de langue 
arabe, une au chef-lieu de chaque département. 

Une école normale à Alger pour les garçons, et une 
école normale pour les filles à Miliana, sont chargées 
d^ pourvoir en partie au recrutement du personnel 
enseignant des écoles primaires . 

L'initiative privée participe de son côté à la croisade 
contre l'ignorance, cette plaie de l'humanité, en 
stimulant par des prix l'émulation des élèves, en 
aidant par des dons la création des bibliothèques po- 
pjilaires ou scolaires. A Alger, et dans quelques au- 



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— 200 — 

très villes, la Ligue de V enseignement tk pu fonder 
iras frais une bibliothèque, des écoles en pleine vc 
de prospérité et des cours d^adultes qui, conjoîr 
ment avec ceux que professent les titulaires des ér 
communales, partout od la population d'un centi 
assez nombreuse pour leur assurer un auditoire, f^ ' 
nissent à la jeunesse et même à Tâge mùr les moyt 
d'utiliser leurs loisirs à. la perfection de leur instrut. 
tion. 

La Société des Beaux-arts d'Alger concourt aussi 
depuis deux ans au mouvement, par Tadjonction à 
ses cours de musique, de peiiiture et de dessin, de 
cours supérieurs de littérature, d'histoire et de géogra- 
phie à Tusage des jeunes filles aspirant au brevet 
supérieur. 

Ce tableau, forcément rapide de la situation de 
Tinstruction publique en Algérie, doit faire comprendre 
le sérieux et sympathique intérêt qui s attachait à 
TExposition scolaire. 

Hâtons-nous de dire, qu'organisée par les soins in- 
telligents et persévérants de 1 honorable M. Boissière, 
inspecteur d'Académie, elle a confirmé entièrement 
notre, opinion sur la videur du personnel enseignant 
de la Colonie. Bien qu'improvisée pour ainsi dire, 
en janvier seulement, les instituteurs étaient officielle- 
ment avisés, — ; cette Exposition sera fécondé en ré- 
sultats : nous en avons pour garant l'intérêt qu'elle 
a inspiré. Déjà certaines Municipalités que nous pour- 
rions citer, se sont promis d'introduire dans leurs 
écoles respectives, les cartes en relief de M. Moliner, 
les cartes muettes et parlantes dé M. Sàbathîer, le 
tableau synoptique du système métrique de M, Ulmo, 
etc., etc. ; et, d'un autre côté, bon nombre d'fnstitu- 
teurs mis & môme de comparer des méthodes, d^étudîer 
des procédés nouveaux, d'examiner des oahiers, ont 
découvert des systèmes dont ils saui'bnt profiter. Ces 
faits seuls suffiraient pour attester que cet essai n'aura 
pas été stérile. 

Sans donner ici la liste des exposants, nous pou- 
vons dire de suite que toutes ou à peu près tou-- 



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— 201 — ' 

;û03 écoles, même celles des plus petits centres, 
^étaient représentée» et avaient fourni d'intéressants et 
.d'utiles travaux. 

Nous aurions voulu les passer toutes en revue^ mais 
malgré notre bonne volonté, un certain nombre d'ou- 
vrages risquaient d'être oubliés ; on nous pardonnera 
de ne pas procéder ainsi, en considérant l'impossibilité 
matérielle de tout voir, de tout lire, de tout comparer. 

D'ailleurs, — pourquoi ne pas le dire ? — le mode 
de distributiqn avait entraîné une confusion regretta- 
ble qui rendait les recherches très difficiles et les com- 
paraisons presque impossibles. 

Nous avons essayé de remédier à cet inconvénient 
en adoptant le classement suivant : 

1* Plans d'école et matériel ; — 2*» Dessin ; — 3*» 
Arithmétique ; — 4^ Collections ; — 5^ Géographie 
-et histoire ; — 6° Pédagogie et cahiers de devoirs. 

PLA^S d'école et matériel 

• 

Les plans de M. Darru, agronome et professeur 
.d'agriculture à l'Ecole normale d'Alger, méritent une 
mention toute particulière : l'orientation et la distri- 
bution des salles et autres dépendances de l'école ne 
laissent pour ainsi dire rien à désirer. On voit que 
cet intelligent architecte a étudié la matière à fond, 
et qu'il s'est toujours inspiré des instructions et circu- 
laires ministérielles que nos constructeurs négligent 
trop souvent de consulter. 

Nous lui 'conseillerons néanmoins d'abandonner, 
à l'avenir, ces affreuses tables-pupitres à six, sept et 
même huit places, vieilles comme l'école, et de les rem- 
placer par des bancs-pupitres à une ou deux places. 

Et pourquoi ne dirions-nous pas, à ce propos, ce que 
le matériel doit être, selon nous ? 

Chaque élève doit avoir son pupitre et son banc éta- 
blis sur un bâtis solide 'afin que le banc ne puisse pas 
-être approché ou éloigné au gré de l'élève, et que celui- 
^i soit forcément bien assis. * 

Le pupitre, pourvu en haut d'une rainure et iégère- 

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— 202 — 

ïûent iacliné, doit pouvoir se hausser et se baissera; 
volonté. 

Le banc, légèrement concave, doit être placé de telle 
manière que le bord qui regarde le pupitre se trouve 
dans la perpendiculaire de celui-ci ; il sera muni d'un 
dossier plein et droit qui ne dépassera pas la ceinture 
de rélève. 

Enfin une traverse, pour servir de marchepied, 
sera placée de manière à pouvoir être facilement mobi- 
lisée selon la taille de l'élève. 

La Ligue de V enseignement, d'Alger, exposait des 
tables avec bancs à dossiers ; c'est un progrès considéra- 
ble que nous ne saurions trop louer. Ces pupitres sont à 
deux places, il est vrai, et la table ne peut pas se haus- 
ser, mais ils remplissent une partie des desiderata qne 
nous avons formulés^ ; aussi engageons-nous les Muni- 
cipalités qui ont un matériel à créer ou à renouveler, 
à établir au moins des tables à deux places si, par 
raison d'économie, elles ne peuvent pas installer de» 
pupitres à une place. 

Nous sommes obligé d'avouer que cette partie de 
l'Exposition (matériehde classe)' démontre, une fois de 
plus, l'infériorité de nos écoles et de leur matériel sur 
ce qui se fait actuellement ailleurs, en Suède, en Alle- 
magne, en Suisse et principalement aux Etats-Unis. 

C'est en Amérique surtout que nous devrions pren- 
dre des exemples. Là-bas, en effet, le budget de l'ins- 
truction publique prime tous les autres ; chez nous,^ 
les augmentations successives sont faites avec une par- 
cimonie regrettable. Là-bas, de magni^ques bâti- 
mrents, de vrais temples de l'enfance, sont mis à la 
disposition des écoles primaires et secondaires ; ici, à 
Alg&r surtout, les écoles communales sont confinées 
dans des salles -longues et étroites, basses et humides 
au grand désespoir des instituteurs, des parents et des 
élèves. 

Nos villes et nos villages de l'intérieur sont cepen- 
dant en progrès, car la plupart de ces localités possè- 
dent des maisons d'école convenablement aménagées ; 
msfis, nous ne saurions trop insister, pourquoi Alger 



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— y03 — 

• 

cj.ui paie près de soixante mille francs de frais de loca- 
tion d^immeuhles scolaires, pourquoi, disons-nous, la 
ville d'Alger n'a-t-elle pas une seule maison d'école 
lui appartenant ? Pourquoi ne pas nous doter de grou- 
pes scolaires où nos enfants trouveraient de Tair, de 
la lumière, des cours ombragées, coupées de jardins 
et ornées de gracieux pavillons pour la gymnastique ? 
Mais, répondra-t-on, l'école serait alors un petit pa- 
radis terrestre.... Le beau malheur, si ce petit paradis 
devait fournir des génératiçns au cœur élevé, à Tâme 
généreuse, des volontés indépendantes et énergiques, - 
des citoyens amis du progrès et de la liberté. 

DU DESSIN 

Le dessin était largement représenté à l'Exposition : 
établissements d'instruction secondaire et d'instruction 
primaire avaient envoyé de nombreuses copies. 

Le Lycée d'Alger, les collèges de Constantine, de 
Bône, de Philippeville, l'Ecole normale de Mustapha, 
les Ecoles normale et communale de Montpellier, 
l'Ecole préparatoire des Arts-et-métiers et (quelques 
écoles publiques de l'Algérie exposaient de beaux 
travaux, ornements, paysages, académies, machines, 
etc., etc. 

M. Lebourg, professeur de dessin aux Beaux- Arts, 
ne nous en voudra pas si nous l'assurons que les jolis 
travaux de ses charmantes et gracieuses élèves ont été 
tout particulièrement remarqué» ; choisis avec intelli- 
gence, ils ont encore le mérite d'être exécutés avec 
goût. 

En traçant ces lignes, les paroles d'un illustre écri- 
vain nous reviennent : a Nous écrivons tro p , a dit Goethe , 
nous* ne dessinons pas assez. » Le grand poète alle- 
mand a raison : pour la plupart des métiers, en effet, 
le dessin est ausi indispensable que l'écriture et le 
calcul, et on doit le ranger parmi les branches essen- 
tielles de l'enseignement. Aussi devrait-on, selon 
' nous, mener l'écriture et le dessin de front ; ces deux 
arts se soutenant mutuellement donneraient des résul- 
tats plus i^-g^pides et meilleurs. 

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— 204 — 

Qu'on initie donc de très bonne heure Tenfance au 
dessin, ainsi que le recommandent les Pertalozzi, les 
Frœbel et tous nos pédagogies modernes ; qu'on choi- 
sisse toujours une méthode progressive et qu'on écarte 
soigneusement de cet enseignement le principe actuel 
qui se borne presque toujours — nous Tavons constaté, 
— à l'imitation sôrvile et textuelle du modèle graphi- 
. q^e. Il faut que les élèves soient mis aussi vite que 
possible en présence d^ objets en nature alBn de les 
initier aux formes vraies ;, il faut aussi que chaque 
école possède des modèles en relief, solides, géométri- 
ques et objets en nature, représentant des motifs de 
constructions en maçonnerie, charpente, menuiserie, 
machines et autres engins. 

S'il en était ainsi, nous n'aurions pas à signaler 
certain paysage grotesque aspirant à représenter des 
accidents géographiques imaginaires et aussi quelques 
vilaines petites bouches en cœur créées et niises au 
monde par un journal de modes. 

Comme dessin géométrique et d'ornement, nous 
devons une mention spéciale au cours composé par le 
frère Vitalis, dont les modèles, généralement bien 
choisis, d'un beau style, composent une précieuse col- 
lection digne du grand prix qu'elle a remporté h 
l'Exposition de Paris en 1867. C'est avec une vive 
satisfaction que nous avons constaté que ces excellents 
modèles, étaient en usage dans la plupart des écoles 
tenues en Algérie par les fi ères de la Doctrine chré- 
tiînne. 

CALLIGRAPHIE 

Consacrons quelques lignes à la nouvelle méthode ' 
d'écriture française, par Flument, professeur de 
calligraphie à Douai. ., 

Cette méthode, couronnée dans plusieurs Exposi- 
tions, présente des modèles de l'écriture appelée fran- 
çaise, peu différente de la coulée^ très lisible et agréa- 
bieà la vue. L'album que nous avons eu sous les yeux 
contient des spécimeiis (i'une netteté remarquaWe. 



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— 205 -^ 

il reste à démontrer si cette écriture, si parfaite qu'elle 
soit, est aussi expédiée que la cursive anglaise. 

Quelques écoles du département suivent avec succès 
la méthode Lenoir qui, en quelques leçons seulement, 
change les écritures les plus défectueuses et donne à 
tous les élèves une écriture uniforme et très expédiée. 
Cette écriture sera parfaite le jour où le maître forcera 
les élèves à arrondir certains déliés, avant ou après les 
pleins. 

Les méthodes mixtes présentées par M. Dordor, 
instituteur à Alger, et par M. Mailher, instituteur à 
Dellys, assurent des résultats satisfaisants. 

Nous ne saurions approuver certains instituteurs 
et surtout certaines institutrices qui, dans les cahiers 
des devoirs journaliers, entre un problème d'arithmé- 
tique et une dictée d'orthographe^ intercalent sans 
façon des pages d'écriture. Pourquoi ne pas présenter 
les cahiers d'écriture de vos élèves?.;.. La Commis- 
sion aurait vu s'ils étaient chaque jour soigneusement 
annotés et corrigés, si au lieu de donner pour exem- 
ples d'écriture des pensées banales, vous aviez com- 
posé une série de modèles ayant pour objet des pré- 
ceptes de conduite ou des notions utiles? 

ARITHMÉTIQUE — ENSEIGNEMENT INTUITIF 

Nous avons à signaler tout particulièrement le 
tableau synoptique du système métrique dressé par 
M. Ulmo, instituteur public h Alger. C'est un travail 
intelligent et consciencieux, appelé certainement à • 
rendre de réels services aux m^aîtres et aux élèves. 

Nous avons examiné ensuite avec intérêt, une échelle 
métrique fort ingénieuse due à M. Ecchmann^ de 
Boufarik. 

Mentionnons encore le Compteur-Antoine et le 
Boulier-coryipteur^numérateur, de M, Lamothe. 

Les manuels manuscrits d'arithmétique ne présen- 
tant rien de saillant^ nous n'en parlerons pas. 

Pour la comptabilité, l'Exposition « reçu différent» 
cahiers ; nous ne mentionnerons que les deux tableaux 

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— 20'6 — 

de M. Ruff, instituteur à Alger ; tous ceux qui ont des 
écritures à tenir feraient bien de les consulter. 

Sur rinvitation de ses collègues, ce même institu- 
teur exposait aussi le nécessaire métrique Carpentier. 

.Nous ne saurions trop engager les Municipalités à 
procurera leura» écoles un nécessaire-métrique sem- 
blable. Il est encore beaucoup de classes où toute 
l'année le maître est appelé à parler aux enfants de 
mesures métriques sans pouvoir leur faire toucher au 
doigt une seule d'entre elles. Il faut cependant leur 
f jrmer le coup-d'œil et les amener à apprécier de visii 
les dimensions d'un terrain, d'un bâtiment, d'une 
, machine, etc. 

L'emploi des solides géométriques est aussi d'un 
grand secours pour l'enseignement du système métri- 
que et de la géométrie. 

Les instituteurs peuvent fabriquer eux-mômé les 
solides les plus simples ; ceux auxquels le temps man- 
que ont la ressource de s'adresser à la maison Hachette 
qui, à très bon compte, fournit les collections lés plus 
complètes. 

COLLECTIONS 

Quelques instituteurs, heureusement inspirés, ont 
commencé des collections de différentes natures : les 
uns ont envoyé des minéraux, d'autres des plantes, 
quelques-uns des insectes, d'aucuns enfin des échan- 
tillons de produits usuels, tels que farines^ denrées 
coloniales, etc. Nous engageons vivement les autres 
instituteurs à imiter cet exemple. Tous peuvent créer 
ainsi, dans nos différentes écoles, de petits musées 
scolaires indispensables pour les leçons de choses. 
Seulement, nous recommandons un classement logique 
et intelligent où maîtres et élèves puissent se retrouver 
facilement* 

Nous ne quitterons pas ce groupe sans féliciter 
chaudement M. Darru sur les nombreux instruments 
aratoires, petits modèles, qu'il a exposés. Nous vou- 
drions que toutes nos écoles, nos écoles urbaines sur- 



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— S07 — 

tout, possédassent une collection semblable. L'ensei- 
gnement par les yeux, le seul profitable, le seul sur- 
tout que les enfants comprennent, trouverait là un 
aliment précieux et bn ne peut plus intéressant. 
C'est peut-être ici la place de parler, tout en adressant 
nos meilleures félicitations au directeur de ce cours, M. 
Malleval, des petits modèles de travaux d'art en bois et 
plâtre, voussures, arêtiers, escaliers, coupes de 
pierre, coupoles et sujets de sculpture d'ornementa- 
tion exposés par les élèves -ouvriers de la Société des 
ArtS'-et^Métiers d'Alger. Bien conçus, bien exécutés, 
ces travaux promettent une génération d'artisans 
habiles. 

Aucune collection d'appareils de physique et de 
chimie ne figurait à l'Exposition. Il est à regretter 
que le Lycée d'Alger n'ait pas comblé cette lacune. 

GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE 

La géographie était largement, disons même riche- 
ment représentée ; il nous a été permis de constater 
avec satisfaction l'impulsion donnée depuis quelques 
années à l'enseignement de cette pç^rtie essentielle des 
connaissances humaines. 

Parmi les travaux exposés, nous mentionnerons par- 
ticulièrement ceux qui nous ont paru répondre le 
mieux aux conditions à rechercher pour rendre facile- 
ment saisissable et jassimilable à l'esprit des élèves, en 
même temps qu'attrayante, cette étude pour eux par- 
fois un peu sèche et aride de la géographie. 

Les cartes-reliefs, dressées par M. Moliner, institu- 
teur à Alger, sont destinées à rendre de sérieux servi- 
ces en familiarisant les élèves avec la configuration 
réelle du sol. 

Le Conseil général a partagé cette manière de voir, 
et pour faciliter la vulgarisation de ces reliefs, a voté 
à leur auteur une subvention de cinq cents francs. 

Les cartes de M. Sabathier, directeur de l'école de 
la place Randon, à Alger, constituent une fort ingé- 
nieuse invention ; à la fois muettes et parlantes, ces 



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— 208 — 

cartes permettent aux élèves d'exécuter Içs exercices 
les plus variés, sans que la routine y ait aucune part. 

Elles nous paraissent appelées à remplacer avanta- 
geusement, dans un avenir procliain, les cartes mura- 
les muettes ou écrites. Une courte explication suffira 
pour en faire comprendre le mécanisme. 

Lorsque les fiches mobiles sont placées, la carte est 
nécessairement écrite ; elle devient mi -parlante quand 
on retire une partie des fiches et, enfin, tout-à-fait 
muette lorsque ces dernières sont complètement enle- 
vées. Cette heureuse disposition se prête à mille et une 
combinaisons et force l'élève à chercher, à comparer ; 
ces exercices développent chez lui non pas seulement 
la simple mémoire, mais encore le travail de synthèse 
et de comparaison. Cette nouvelle méthode fera son 
chemin et s'imposera d'elle-même comme toutes les 
choses marquées* au coin du bon sens. 

Les belles cartes envoyées par le collège de Philip- 
peville méritent une mention spéciale. Vigoureusement 
et intelligeamment exécutées, elles donnent encore les 
renseignements les plus précieux et sur la configuration 
générale des côtes et sur les accidents orographiques. 
Nos félicitations bien sincères à l'honorable M. Gros, 
principal de cet établissement et l'un de nos plus 
sav^ts géographes. 

Nous signalerons ensuite, parmi les travaux les plus 
méritants, les cartes envoyées par les écoles de Bône, 
de Coléa, de Mouzaïaville ; par les frères de Blida, par 
M. Ulmo, instituteur à Alger, et par le Directeur de 
Montpellier. . 

Nous mentionnerons enfin les cahiers cartographiques 
des frères des écoles -chrétiennes. Ces cahiers forment 
un cours complet qui conduit successivement l'élève 
des notions les plus élémentaires à la connaissance des 
cinq partiçs du monde. Nous sommes persuadé que 
ces cahiers, d'ailleurs fort appréciés dans diverses 
Expositions, facilitent beaucoup l'étude de la géogra- 
phie et donnent à l'élève une idée exacte de la eonfi- 
guration générale du globe; 

. Nous ne saurions accorder par exemple la même 



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— 209 — 

approbation à un tableau, exposé par les mêmes maîtres 
et intitulé accidents géographiques : dénomination 
que ne justifient nullement les trirèmes, les phares, îes 
ballons, les tortues et jusqu'aux homards qu'on y 
voit figurer. 

Ovide dit quelque part : « Nosce prius pa- 
triayn, » En matière géographique, cette parole est 
profondément vraie, et la malheureuse guerre de 1870n 
1871 a confirmé éloquemment Tadage latin et démon- 
tré la nécessité absolue de faire apprendre d'abord aux 
enfants la géographie de leur propre pays et la conve- 
nance qu'il y aurait pour tout Gouvernement à metti;e 
dans le sac de chaque soldat — sinon dans la tête, ce 
qui serait infiniment préférable, — des cartes géogra- 
phiques de leur patrie, plutôt que celles des contrées 
dont la conquête est rêvée. — C'est d'ailleurs ce que 
pensent tous les hommes intelligents en France et à 
l'Etranger. 

HISTOIRE 

L'histoire était moins bien représentée que la géo- 
graphie. Quelques maîtres avaient cependant envoyé 
des manuels d'histoire de France manuscrits et quel- 
ques tableaux chronologiques Les manuels que nous 
n'avons pu que feuilleter, il est vrai, témoignent d'un 
certain travail personnel mais n^offrent rien de bien 
nouveau. Nous pouvons en dire autant des tableaux 
que nous avons vus. 

Il y a lieu cependant de faire une réserve en faveur 
de l'histoire de l'Algérie, de M. Moliner. L'auteur 
résume, entrente leçons, dans un style vif et concis, 
l'histoire de notre patrie d'adoption, et intercale dans 
le texte des cartes bien réussies qui permettent de aui^Te 
avec fruit la suite des événements dont l'Algérie a été 
le théâtre. 

M. Sabathier donne aussi des notes manuscrites 
sur l'histoire du nord de l'Airique, Bien que la lecture 
des premiers chapitres — l'ouvrage est encore incom- 
plet, — soit intéressante, nous attendrons, pour émettre 
une opinion, que ce travail soit achevé et publié. 

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— 210 — 



PBDAGOaiE 



Il est profondément regrettable qu'aucun traité de 
pédagogie ne figure à l'Exposition. Nous sommes 
donc obligé de nous en tenir aux programmes d'en- 
seignement et aux journaux de classe d'un trop petit 
«ombre de maîtres. 

Ces derniers sont généralement bien tenus, mais les 
programmes laissent, par contre, à désirer : ils sont 
ou trop élevés ou pas assez. Toutefois, nous signalons 
les programmes envoyés par MM. les Directeurs des 
écoles de Boufarik, de Médéa, de Dellys et d'Alger. 

Consacrons quelques lignes à la direction pédago- 
gique et au programme d enseignement du directeur 
de l'école de la place Randon. 

Les instructions préliminaires comprennent des 
indications générales, des renseignements sur les caisses 
d'épargne scolaires, des modèles de leçons, etc. 

La deuxième partie, la plus importante assurément, 
indique la manière d'enseigner chaque branche d'étude 
au point de vue pratique. 

La troisième partie, enfin, comprend des tableaux de 
l'emploi du temps, un modèle de journal de classe et un 
catalogue des livres et journaux pédagogiques utiles à 
lire ou à consulter. 

Constatons une lacune que l'auteur ferait bien de 
combler : il devrait consacrer quelques pages à l'ins- 
tituteur pris comme homme, comme fonctionnaire 
public et comme éducateur, et ajouter .à son travail, 
sous forme d'appendice, les lois et règlements qui 
concernent l'instruction primaire. 

En somme, et nous le disons franchement, au risque 
de blesser la modestie de M. Sabathier, nous recon- 
naissons que cet ouvrage est fait par un homme 
rompu à l'enseignement. C'est à ce titre que nous le 
recommandons aux jeunes instituteurs, comme aux 
institutrices. Les uns et les autres auront là nu bon 
gujde qui ne leur permettra ^uère de s'égarer. 

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- 211 - 



CAHIERS DBS ÉLÈVES 

C'est aux cahiers des élèves, sans doute, que MM. 
de la Commission ont dû principalement s'attacher ; 
c'est en les parcourant qu'ils ont pu se rendre un 
compte exact de laphyiionomie de chaque école et de la 
marche sûre ou chancelante de son enseignement; c'est 
là certainement qu'ils ont cherché et trouvé l'âme, la 
vie de l'école. 

Ah ! que de bonnes et excellentes choses à recueillir, 
à signaler !... que de procédés surtout à vulgariser. 
Nous avons vu bon nombre d'instituteurs suivre une 
marche sûre et rationnelle. Ces maîtres n'emploient 
guère que deux cahiers : écriture et devoirs. — Les 
premiers portent des traces nombreuses de correction ; 
les seconds présentent des dictées d'orthographe, 
développées, de nombreux comptes-rendus d'his=- 
toire, de géographie, de lecture, etc. 

Mais, à côté, nous avons aussi rencontré de ce» 
cahiers impossibles, créés et mis au monde pour l'Ex- 
position : des filets grecs et des arabesques de l'autre 
monde encadrant des pages d'écriture qui fourmillent 
àe fautes : — Sardoise, pour Sardoine ; lire pour lyre, 
etc. ^ . 

D'autres cahiers renferment des analyses dites logi- 
ques ou grammaticales, qui prennent plusieurs pages-; 
des divisions de vingt chiffres au dividende ; des 
équations de second degré ; la théorie des forces, ou 
soi-disant, enseignée à des élèves de 10 ans !.... 

Nous demandons la permission de taire les noms 
des écoles qui ont produit ces cahiers. 

Tel est le résumé de nos impressions, résumé certai- 
nement incomplet, mais qu'il était fort difficile 
de présenter d'une manière plus développée vu l'im- 
possibilité matérielle de tout voir et de tout examiner. 
Notre tâche ne serait pas cependant complète, si, 
avant de déposer la plume, nous ne faisions pas une 
part,, si modeste soit-elle, aux travaux à l'aiguille ex- 
posés par les écoles de jeunes personnes» Quelle que 

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_ 2Ï2 — 

soitûotre incompétence en pareille matière, nouôavoni 
du moins constaté une grande abondance et une grande 
variété de petits travaux de toutes Sortes, broderie, lin- 
gerie, tapisserie, couture, tricot, guipures, qui prou- 
vent que les doigts des jeunes filles algériennes ne 
restent pas inactifs. 

Les travaux de couture ont surtout fixé notre atten- 
tion, car ils promettent, pour l'avenir, des ménagères 
expérimentées. Aussi, avouons-nous franchement leur 
avoir donné la préférence sur tous les autres. 

Nous nous exposerions à cammettre de graves injusti- 
ces en signalant une institution, une école, plutôt qu'une 
autre, et ce motif nous décide à nous abstenir ; toute- 
fois, une mention spéciale revient de droit à rouvroir 
des jeunes indigènes dirigé par M"*® Prague ; on at- 
tribuerait volontiers à des fées les élégantes arabesques 
dues aux doigts des enfants que forme M"® Prague. 

Une mention spéciale est due aussi à TEcole 
des sœurs de Batna, pour l'excellent exemple que ces 
institutrices ont donné en introduisant les leçons 
de choses dans les études de leurs élèves ; et nous profi- 
tons de la circonstance qui se présente pour compléter, 
par la description du tableau que ces dames exposaient 
sous ie titre de : Histoire d'une botte d*alfa, la notice 
par trop sommaire, faute de renseignements suffisants 
au moment où nous l'écrivions; que nous avons con- 
sacrée dans la Septième division à l'exhibition de M. 
Jus, dont un tableau semblable, mais de plus larges 
dimensions, faisait aussi partie. 

Ce tableau, qui a valu à son auteur, en 1875, la plus 
haute récompense dont pouvaient disposer les organi- 
sateurs de l'Exposition du Palais de l'Industrie, fait 
assister le public à toutes les transformations succès^ 
siVe9 dont l'alfa efst susceptible, depuis le moment 
6ù il est arïaché de terre jusqu'à celui où il est trans- 
formé en produit industriel. 

La reproduction de la légende qui raccompc^gne 
rend inutile tout commentaire : 



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-^ 213 — 

1, Alfa récolté en octobre 1875. — 2, alfa dégommé et 
réduit en filaments (bruts et coloriés). — 3, pâte d'alfa brut 
sans collage. — 4-5, pâtes blanchies par le chlore ; 
transformation des pâtes. — 6, pâte brune, première 
préparation. — 7, pâte brune lavée, seconde transforma- 
tion, — 8 à 14, pâtes blanches obtenues par divers procès 
dés dans lesquels le chlore est un des principaux agents, 
troisième transformation. — 15-16, pâtes coloriées 
avant d'être compressées, quatrième transformation, -^ 
17, pâte flexible collée par une solution de résine calcinée. 

— 18 à 34, pâtes flexibles sans collage, préparées pour 1^ 
fabrication des étuis cylindriques, cartouches, etc. — 35 à 
40, pâtes préparées pour écussons. — 41-42, pour caisses. 

— 43, pour jetons de jeu. — 44, filaments préparés pour 
plumeaux de salon. — 45, pour balais de cuisine. — 46, pour 
pinceaux de peintre [rem2:ilaçant avec avantage les pin- 
ccaux de soie de porc). — 47, pour ficelles nnes.^-— 48, 
pour brosses. — 49 à 51, fils d'alfa de divers âges. — 52, 
cordes de commerce. — 53, filasse (étoupe) provenant du 
teillage. — 54, crin végétal. — 55, alfa préparé pour la 
literie (insecticide). — 56, pour faux cheveux. — 57, alfa 
tricoté pour toiles d'emballage. — 58, veilleuses en alfa. 
59-60, fleurs fabriquées avec de l'alfa brut, et en filaments. 

— 61, alfa préparé pour la vannerie (blanchi et colorié). — 
62, corbeille en alfa. — 63, store-pliant. — 64, The algé- 
rian Sparto Jus Peck cleanere). — 65, gomme extraite de 
l'alfa pour la conservation des fleurs des graminées (les 
fleurs des graminées, qui ont été plongées pendant un cer- 
tain temps dans le résidu provenant du dégomia,age d^ 
l'alfa, se conservent et deviennent aptes à prendre toutes 
les couleurs). — 66, fleurs cousery^es par ce procédé. — 
67, The algerian sparto Jus Peck Pecker. -^ 68, alfa pré- 
paré pour la fabrication des allumettes. — - 69, poudre den- 
tifrice. (Cette poudre onctueuse est tirée de la tige d'alfa 
qui sort de la racine et qui est impropre à la fabrication 
do la pâte à papier.) — 70, charbon végétal d'alfa (mêma 
provenance que le N" 69, applications médicales). -^ 71 à 79, 
pâtes préparées pour la reliure des livres. 

Nous ne saurions également passer sous silence, ni 
la remarquable collection de préparations anatomiques 
exposée par l'Ecole de médecine d'Alger, ni les en- 
yois de Tunis, témoignage public du développement 



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-- 21* — 

(fue riftastre premier ministre du Bej^, le général 
Kereddine, imprime à Tinstruction publique. 

Conçus avec un grand sentiment pratique des be- 
soins d'une bonne éducation, les plans du Collège 
Sadiki, fondé par le général Kereddine, étaient dignes 
de figurer à coté de ceux du Lycée d* Alger ; et c'est 
avec un juste sentiment de fierté nationale que nous 
avons constaté Timportance prise par l'enseignement 
de la langue française dans le programme des cours 
qui y sont professés. 

L'Ecole des frères de Tunis avait pris aussi une part 
brillante à l'Exposition d'Alger, justifiant ainsi les 
témoignages de satisfaction que M"** Chanzy lui avait 
accordés, il y a un an environ, lorsqu'elle avait visité 

la Régence. 
• 
Quant à V école de jeunes filles, fondée par la 
Ligue de l'enseignement (Cerele d'Alger), si nous 
l'avons gardée pour la fin, c'est que nous tenion» 
à consacrer quelques lignes toutes spéciales à cette 
institution due à l'initiative privée et à des «acrifioes 
personnels et dont les heureux résultats ont été publi- 
quement constatés, par M. l'inspecteur Boissière, lors 
de la visite du général Chanzy. Nous ne saurions mieux 
en faire l'éloge qu'en rapportant les paroles pronon- 
cées par ce juge compétent dans cette solennelle cir- 
constance : 

« Grâce au zèle de sa directrice, M"* Roux, Técole. 
de la Ligue est une des plus remarquables d'Alger. » 

Une petite brochure publiée à l'occasion de l'Expo- 
sition apprend que la réserve en caisse assure seule- 
ment l'existence de cette école modèle, dans laquelle 
120 jeunes filles reçoivent une éducation solide, pour 
Tannée cour^^nte et l'année scolaire 1876-77. Que ses 
fondateurs n'hésitent pas, lorsque le moment sera ve- 
nu, à faire un appel au bon sens public : il ne saurait 
leur faire défaut lorsqu'il s'agit d'une œuvre aussi pro- 
fitable aux intérêts généraux. 

Et maintenant, comme conclusion, noua.formulerjona. 



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— 215 — 

le vœu que toutes les personnes appelées par leurs: 
fonctions à s'occuper de rEcole, se souviennent qu'au-» 
cun terrain n'est, par sa nature, plus.essentiellemeût 
préparé aux progrès de tous genres, mais qu'en mê- 
me temps aucun ne demande une étude plus appro- 
fondie des conditions d'exécution, si l'on veut que les 
progrès ne se réduisent pas, dans la plupart des cas, èv, 
de dangereuses expériences. 



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CHAPITRE X 



DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES 



LISTE DES PRIX DÉCERNÉS 

Nous ne voulons pas entrer dans les détails rétros- 
pectifs des fêtes qui ont dignement clôturé, le 6 mai, 
TExposition d'Alger, mais nous aurions été heureux 
de faire précéder le discours prononcé, par M. le Gou- 
verneur général à la distribution solennelle- des 
récompenses de celui de M. De Bonand, président de 
la Société d'agriculture ; malheureusement le manus- 
crit en a été égaré et force nous est de prier le lecteur 
de se contenter des éloquentes paroles que M. le 
général Chanzy a fait entendre en présence de la 
nombreuse assemblée, comprenant toutes les autorités 
civiles et mihtaires que contenait à peine la vaste salle 
du Théâtre national choisie pour cette solennité. 

Voici dans quels termes s'est exprimé M. le général 
Chanzy : 

Monsieur le Président, 
Messieurs, 

Je crois pouvoir revendiquer le titré d'Algérien. 

Il y a 33 ans que j'arrivais ici pour la première fois, et* 

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— 217 — 

depuis lors, j'y ai passé presque toute ma vie. Si je suis 
fier de la haute position qui m'y est faite ; si elle est, pour 
les services que j'ai pu rendre, une récompense à laquelle 
j'étais loin de prétendre, il est cependant pour moi une 
satisfaction plus grande encore, c'est celle que j'éprouve 
chaque fois que je puis constater que ce pays, auquel je 
jne suis voué entièrement, prospère et répond à ce que la 
France attend de lui. 

Vous venez de rappeler le passé, monsieur le Président, 
c'est prouver que l'Algérie sait se souvenir. Vous l'avez 
fait en termes tels qu'on sent qu'elle est fière de son hisr- 
toire, bien que cette histoire, déjà si remplie, ne compte 
pas encore un demi-siècle, et qu'elle sait être reconnais- 
sante de ce qui s'est fait pour elle dans les moments diffi- 
ciles qu'il a fallu traverser. 

Oui, la conquête est terminée ! Dès 1848, ce pays était 
Dien a la France, et si, depuis lors, des secousses se sont 
parfois produites, elles n'ont pu ébranler le monument 
que nos armes ont élevé à la civilisation et- qu'ont cimenté 
avec le sang de nos soldats répandu dans une lutte glo- 
rieuse pour tous, l'intérêt que la mère-patrie porte aux 
populations qu'elle s'est annexées, et la justice avec la- 
quelle elle entend toujours les traiter. 

Il est profondément regrettable qu'un pays qui ne de- 
mande qu'à être- connu pour être apprécié, se voie à cha- 
que instant l'objet des exagérations avec lesquelles sont 
trop souvent exposés les événements qui peuvent se 
produire. 

Ce qui vient de se passer dans une des oasis extrêmes 
dos Zibans, en est un exemple frappant. D'un fait isolé, 
on a déduit une situation menaçante ; de la rébellion do 
quelques égarés, on a conclu "à un danger pouvant com- 
promettre la sécurité de tous. Comme si la répression si 
prompte et si énergique de l'insurrection, qu'ont amenée 
on 1871 des circonstances trop pénibles pour les rappeler 
ici, le calme dont le pays jouit depuis cinq ans, la répro- 
bation de la masse des indigènes eux-mêmes pour une 
tentative insensée, le vide qui s'est fait autour d'El-Amri, 
n'étaient point la démonstration la plus évidente de l'état 
satisfaisant dans lequel se trouve le pays et de nos moyens 
de le maintenir. 

43 

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- 21g — 

Que restera-t-il de la révolte des Bou-Azid ? Un exemple 
pour ceux qui seraient tentés jle les imiter ; pour les 
rebelles, on châtiment qui sera ^e qu'il doit être, dès que 
Tenquête à laquelle on procède avec la forme volonté 
d'arriver à la vérité, nous aura mis à même d'apprécier 
les causes de ce mouvement, de découvrir les coupables, et 
d'atteindre toutes les responsabilités. 

Oui, vous l'avez dit, monsieur le président, rien, doré- 
navant, no peut compromettre l'œuvre que la France a 
entreprise en plantant soii drapeau snr la Casbah d'Alger ; 
c'est mainteoiant a ragriculture, au commerce, à l'indus-» 
trie à la compléter, ea tirant parti des prodigieuses 
ressources qu'offre cet admirable pays. 

La belle Exposition qui se termine et qui est due à 
Finitiative des véritables colons, est la meilleure réponse 
à faire à ceux qui doutent encore de l'avenir de l'Algérie. Il 
suffit de jeter un coup-d'œil sur les produits étalés poUr 
eiï constater la ïichesse et la variété. Les échantillons de 
vos vins, jàe vos textiles, do vos minerais, de vos bois 
prouvent assez que ce sol si riche ne refuse rien à votre 
travail, et que lès capitaux peuvent venir ici avec avantage 
et sécurité! Quant à la partie scolaire de l'Exposition, 
n'est-ce point l'affirmation des progrès si réels que fait 
l'instruction publique préparant la voie à la civilisation ? 

-Ce qu'il faut à l'Algérie, c'est le calme dans les esprits, 
i;union dans les vues, dans les efforts, dans le travail, la 
confiance réciproque entre les divers éléments qui compo- 
sent sa population. On y arrivera en se gardant des 
agitations stériles de la politique qui surexcitent les ima- 
ginations, divisent les meilleurs esprits, en ne songeant 
qu'au résultat à atteindre, en suivant enfin les sages 
conseils que vous venez de rappeler. 

Quant à moi, mon devoir est d'aider à vos efforts, je n'y 
faillirai pas; je ne vous demande, pourto'encourager dans 
ma tâche, parfois si difficile, que d'avoir en moi la même 
confiance que j'ai dans votre dévouement et votre patrio- 
tisme. 

Il a été ensuite procédé comme suit à l'appel des 
lauréats : 



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— 219 — 
Première divisloii 

PRIMES AUX EXPLOITATIONS AGRICOLES 

PUIMS d'honneur Ol^FERTE PAR LE aOUVERNSUR GÉNÉRAL 
DE l'aLGÉRIE 

Ua objet d'art, M. Gros, Boufarik. 
PRIMES 

OFFERTES PAR LA SOCIÉTÉ d' AGRICULTURE 

Uu objet d'art, M. de Richemont, Baba -Ali ; gran- 
des médailles d'or, MM. de Malglaîve, Marengo, et 
'Gras, Bent-Ali-Bey. 

EXrPLOITATIOKS AU-DESSOUS DE 50 HECTARES 

Médailles d argent et 300 fr. , MM. Bourdin, Fouka- 
Marine ; médaille d'argent et 200 fr., Dorgiveilh^ 
Rouïba ; mention honorable, Niemeyer, Coléa. 

RÉCOMPENSES 

ACCORDÉES AUX EMPLOYES ET SERVITEURS 

Médaille d'argent, P® olasse, MM. Néron, gérant 
depuis 14 ans chez M. de Malglaive ; médailles d'ar- 
gent, Chrétien fils, contre-maftre sur la propriété 
du comte de Richemont ; Collette, comptable, 12 
-ans de service chez M. de Richamont; Maréchal, 
ouvrier et gérant depuis 20 ans chez M""® V^® Arnottl4 
(rappel de 1857), Célestin Roche, âgé de 74 ans, sert 
la famille Sant«rre depuis 53 ans ; Troncy, 36 ans 
de service chez M. de Belleroche ; médaille de bronze 
etlOOfr., Sustan (Alcidej, 17 ans de service chez 
M. de Malglaive; médailles de bronze et 50 fr., 
Mathias Burkart, 78 ans, 44 ans dé service au 
Jardin-d'Essai ; Mamoud El-Arbi, 34 ans de' ser- 
vice au Jardin-d'Essai ; Roguet (Jc'S3ph) et sa femme, 
14 ans de service chez M. Cordier ; Barkat, contre- 
maître depuis 28 ans chez M. Lévy Braham, à la 



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— 880 — 

Bouzaréa ; Jean Ruffeil, serviteur deptrîs 18 mx^ 
chez M. Adam ; Brunet (Jean]^ longs services chez 
M. Ruffat; M"*» V^® David, 2U ans de service à la 
vacherie de Benip-Messous ;. médailles de bronze et 
25 fr. , Kaddou7\ 17 ans de service comme berger ; 
Joseph Burkart, 34 ans. de service, chef de carré 
au Jardin-d'Essai ; Jacques Burkart, 30 ans de ser- 
vice, chef de carré au Jardin-d'Essai ; Brahim ben 
Brahim, 18 ans de service comme berger; Rhaba 
ben Katra, berger depuis 15 ans chez M. L. Verdier. 



Heamlènae ctlYlsIon 



SYLVICULTURE 



Médaille d*or de V* classe, grand module, M. Ra- 
fnely pour avoir importé l'eucalyptus d* Australie eu 
Algérie et dirigé les premières plantations de cette 
essence dans la Colonie. 

Médaille d'or, M. Trottier, pour avoir planté à 
Hussein-Dey et au Fondouck, 37 hectares en euca- 
lyptus, et à la Maison-Carrée, 3 hectares en acacias 
leïophylla. 

Médaille d'or, M. Cordier, pour ses études com- 
paratives et ses expériences persistantes sur le sol, le 
climat et la culture pouvant convenir à chacune des^ 
120 variétés d'eucalyptus que comprennent les 24,000 
eucalyptus plantés sur ses propriétés de la Maison^ 
Carrée, de Réghaïa et d'Aïn-Taya. 

Médaille d'or, M. Arlès-Dufour (Armand), pour 
avoir fait dans son domaine des Sources à TOued-el- 
AUeug, une plantation de 20,000 eucalyptus systéma- 
tiquement disposés de manière à protéger ses cultures 
contre Tinflijence nuisible des vents de l'Ouest et dit 
Sud, et pour avoir converti en prés-bois 50 hectares 
de fourrés inextricables situés en terrain marécageux. 

Médaille d'or, M. le gérerai Bmssonnet, pour avoir 

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— 221 — 

înis en valeur !a partie rocheuse de sa propriété d'El- 
Biar par la plantation de 75,000 pins d'Alep. 

Médaille d'or, M. Laval, pour avoir régénéré et 
protégé contre ren\^issement des troupeaux des 
indigènes les 90 hectares de chêne- vert qui entourent 
^Sr glacières situées près de Blida, 9ur les contreforts 
>de TAtlas. 

MÉMOIRES 

Rappel du prix Arnould (Arthur), M. Guy, pour 
un livre traitant des questions agricoles et écono- 
miques de l'Algérie, intitulé : T Algérie — Agri- 
culture^ Industrie, Commerce, ouvrage couronné 
par la Société d'agriculture, du prix ci-dessus et 
de la médaille qui y -est attachée comme étant la 
plus haute récompense dont la Société d'agriculture 
puisse disposer. — Médaille d^or, M. Bonsom, pour 
un Traité de zootechnie, 4 Tusage du cultivateur 
algérien, ouvrage entièrement neuf et guide excellent 
pour l'élevage du bétail et les soins à lui donner en 
Algérie. — Médaille d'argent, grand module, M. O. 
Mac-Carthy, pour sa carte climatologique de l'Algé- 
rie. — Médailles d'argent, MM. Darru (Albert), 
pour l'ensemble de ses publications et un atlas agri- 
<îole pour renseignemen.t dans les écoles ; Bries, pour 
un calendrier agricole algérien ; Bastide, à Sidi-bel- 
Abbès, pour un Mémoire très circonstancié sur la 
culture de l'exploitation de l'alfa. 

RÉCOMPENSES 

bbcernées a des instituteurs qui ont fait des cours 
d'agriculture a leurs Écoles 

Médaille d'argent et 100 fr., M. Hippolyte Rousse, 
instituteur à Kouba, pour avoir donné à ses élèves 
des notions pratiques d^ agriculture pendant de lon- 
gues années. — Médaille de bronze, M. Albert 
Girard, instituteur à Rebeval : traité élémentaire des 
arbres fruitiers à l'usage des écoles primaires. 



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— 5^2 — 
'[tfrofittième divlslom 

ESPÈCE CHEVALINE 

Une lettre de MM. Van Maseyk, Sipière, Hiifé et Robin, 
nous informe qu'ayant donné leur démission de membres 
de la Commission, ils n'ont pas pris part à la répartition 
des récompenses. 

RACE PURE 

Juments poulinières suitêes, — V' prix, 400 francs^ 
médaille d'or, MM. Pons, Hussein-Dey; 2« prix, 
250 francs, médaille d'argent (grand module), Chiiie?% 
Alger; médailles de bronze, jBar6ier, Arba ; Arles- 
Du four, Oued-el-Alleug ; Pellegri (Michel), Aïn- 
Taya ; Torrens, Ain-Kadra» 

Poulains de 18 mois à 3 ans. — P' prix, 200 - 
fr., médaille d'argent, MM. Arlès-Dufour, Oued- 
el-Alleug ; 2^ prix, 150 fr;, médaille de bronze, Gras^ 
Bent-Ali-Bey ; 3® prix^ 100 fr., médaille de bronze, 
Nin, Sidi-Moussa. 

Pouliches de 18 mois à S ans. — 1^"^ prix, 
200 fr., médaille d'argent, MM. Arles -Du four, 
Oued-el-Alleug ; 2° prix, 150 fr., ïnédaille de bronze, 
Boudon, Blida ; médailles de bronze, Verdier^ 
Maison-Blanche ; Frey (Henri), Eassauta. ^ 

RACE CROISÉE 

Chevaux et poulains croisés. — Médaille de 
bronze, M. Gimoert, Maison-Carrée. 

Juments croisées. — Mention honorable, M. Tor- 
rens (Cléto), Sidi-Moussa. 

Pouliches croisées. — Médaille de bronze; 
M. Paulin, Maison-Blanche, ensemble de ses pouli- 
ches. 

ESPÈCE MULASSIÈTRE 

Baudets. — Prix unique, 100 fr., médaille d^ar- 
gent, M. Mélia (Jean), Eassauta. 



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— 223 — 

ESPÈCE BOVINE 

RACE INDIGBNB 

Taureaux de 18 mois à 4 ans, nés chez Vex- 
posant, — 2® prix, 200 fr., médaille d'argent, 
MM. Sainte-Mainey Baba-Ali; 3® prix, ^100 fr., mé- 
daille de bronze, Bénard père, Aima. 

Vaches, — 2® prix, 100 fr., médaille de bronze, 
MM. Verdier (Louis], Boutreck ; Z^ prix, 75 fr., mé- 
daille de bronze, Samte-Marie, Baba- Ali. 

RACES DE TOUTES PROVENANCES, PURES OU CROISEES 

Taureaux de 18 mois à 4 ans^ nés chez l'expo^ 
sant, — l^'prix, 300 fr., médaille d'or, MM. Arles- 
Dufour^ Oued-el-AUeug; 2* prix, §00 fr., médaille 
d'argent, Com^ry (André), Oued-el-AHeug ; 3« prix, 
100 fr. , médaille de bronze, Adam y Là Cbiffa ; 4* prix , 
75 fr,, de Vialar, Beni-Messous. 

VACHES ET GENISSES 

!• Vaches. — 1" prix, 200 fr., médaille d'argent, 
MM. Cointry, précité; 2" prix, 150 fr., médaille de 
hvonze, Ru /fat, Oued-Kerma; 3®'prix, lOOfr., médaille 
de bronze, Len/t^mey, El- Aehour ; médaille de bronze, 
de Vialar, Beni-Messous, collection de vaches. 

2^ Vaches laitières. — 1®' prix, 200 fr., médaille 
d'argent, MM. Kling fils, Mustapha ; 2* prix 150 fr., 
médaille d'argent, mascioni, Dalmatie ; 3« prix, 100 
fr. , médaille de bronze, Marschal, Mustapha ; 4® prix, 
75 fr., médaille de bronze, Ajas Miliana. 

3^ Génisses croisées. — P' prix, 200 fr., mé- 
daille d'argent, MM. Cointry, précité ; 2« prix, 150 fr. , 
Arlèè-Dufour (Armand), précité; 3® prix, 100 fr., 
médaille d'argent, Ajas, collection, Miliana. 

3<EUFS DE TRAVAIL 

1^' prix, 200 fr., médaille d'argent, M. Ruffat, 
précité. 



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224 — 



BŒUFS DK BOUCHERIB 

1^ prix, 200 fr., médaille d'argent, M. Arlè$'* 
Dufour. 

ESPÈCE OVINE 

EACB MÉTIINOS PUKE 

Béliers. — !•' prix, 200 fr., médaille d'argent, 
M. Durand, Ben-Chicao. 

Brebis. — P' prix, 200 fr., médaille d'argent, 
MM. Durand ; 2* prix, 100 fr., médaille de bronze, 
Laurent y Chebli. 

MÉTIS CROISÉS 

Brebis. — P^ prix, 20O fr., médaille d'argent, 
M. Décaitlet, Fort-de-l'Eau. 

ESPÈCE CAPRINE 

RACE MALTAISE 

Prix unique, 150 fr., médaille de bronze, M. 
Ajsopa7*di, Bouzaréa. 

RACB ANGORA 

Médailles de bronze, MM. Durand ; Saint^Albin, 
Aïn-Sultan. 

ESPÈCE PORCINE 

Porcs gras. — Prix unique, 50 fr., médaille de 
bronze, M. Stévant (Julien), Bouzaréa. ^ 

ANIMAUX DE BASSE-COUR 

, Coqs et poules. — 1^ prix, 75 fr., médaille d'ar- 
gent, M"® de Royer, Mustapha; 2' prix, 50 fr., 
médaille de bronze, Mlle de Nerbonne, Hussèin-Dey ; 
3* prix, 40 fr., médaille de bronze, M. Gras. Beut- 
Alî-Bey. 



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— 225 — 

Canards, Oies. — Médaille de bronze, M. Kling 
îîls, Mustapha. 

Lapins, — P' prix, médaille d'argent, MM. Rattier^ 
Alger ; 2' prix, médaille de bronze, Montillot, Ben- 
Aknoun. 



f^uatrièitic division 

MACHINES ET INSTRUMENTS AGRICOLES 
ET AUTRES 

IMPORTATEURS 

Médaille d'or, MM. Billard et Chabre, quincail- 
liers à Alger ; médaille d'argent, P® classe, Phi- 
libert, id. ; médaille d'argent, Limozin et Cie^ id., 
médaille de bronze, Léon Caillât et Cie, id. 

EXPOSANTS NON ALGÉRIENS 

Machines à élever Veau. — 1®^ prix, médaille d'or» 
et 200 ff., MM. Moret et Broquet^ Paris, pompe à 
rotation aspirante et foulante, à double excentrique ; 
2* prix, médaille d'argent et 100 fr., Meugniot, 
Dijon, pompe aspirante et foulante ; 3® prix, mé- 
daille de bronze, Vigour aux, "Nîmes, pompe aspirante 
et foulante; Fourmier, Caer», moulin à vent et à 
ailes modératrices. 

CHAURUES 

Charrues a7^air es et à avant-train. — !•' prix, 
médaille d'or et 200 fr., MM. Meugniot, Dijon ; 2* 
prix, médaille d'argent et 100 fr., C. Meixmoron 
de Dombashy Nancy ; 3« prix, médaille de bronze et 
50 fr., Poitevin, Mâcon ; médaille de bronze, Waite, 
Burnell et C*®, Havre. 

Charrices double ver soir et Brabants, — Prix 



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— 22G — . 

unique, médaille d'argent et 200 fri, M Fondeur. 
lîibricant, Viry, représenté par M. Philibert, quin- 
caillierf 

Charrues pour labours profonds. — Prir unique ,- 
médaille de bronze et 100 fr., M. Meugniot. 

Charrues sous-soL — Prix unique, médaille d'ar- 
gent, M. Meixmoro7i de Dombasle. 

INSTRUMENTS ET OUTILS DIVERS 

Herses, — P^ prix, médaille d'argent et 50 fr., 
MM. Pilier, Paria ; 2^ prix, médaille d'argent et 100 
fr., Meugniot ; 3® prix, médaille de bronze et 50 fr., 
Bruel, frères, Moulins. 

Outils dive?^s à cheval, — Médaille d'argent, 
MM. C. Meixmorori de Dombasle j houe à cheval ; 
médaille dç bronze, Pllter, Paris, scarificateur Cole- 
mann. 

Instruments pour culture de la vigne. — !•' 
prix, médaille d'or et 250 fr. MM. Caseaux, Mugron, 
collection; 2° prix, médaille d'argent et 200 fr., 
Renault-Gouiny Ste-Maure (Indre-et-toire), .collec- 
tion ; 3® prix, médaille de bronze et 150 fr., Verneite, 
Béziers (Hérault), collection. 

Machines à faucher, — 1®' prix, médaille d'or, 
MM. Woodj de la maison Pilter, Paris : 2® prix, mé- 
daille d'argent, Samuelson, de la maison Pilter, 
Paris. 

Machines à moissonner, — !•' prix, médaille 
d'or et 200 fr., MM. Samuelson, omnium, de la 
maison Pilter ; 2" prix, médaille d'argent et 100 fr. , 
Wood ; 3** prix, Johnston, de la maison Deker et Mot, 
Paris, pour sa Merveilleuse. 

Râteaux à cheval. — Prix unique, médaille d'ar- 
gent et 100 fr., MM. Ram^son et Headt, Londres, 
présenté par MM. Waite, Burnell et Huggens, du 
Havre. 

Locomobiles et machines à battre à vapeur, ^^ 



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. — 227 — 

Médaille d'or et 400 fr., MM. Garrett et So7is, de la 
maison Th Pilter, locomobile et machine h battre. 

. Machines à battre à manège avec ventilateur, — 
Médaille d'argent et 200 fr., MM. Cassan fils, Jallieu 
(Isère); médaille d'argent et 150 fr., Pacot-Mony, 
Chatillon-sur-Seine ; médaille de bronze et 10 fr., 
Meunier- Tillard et O^, Lyon, médaille de bronze 
et 50 fr., Heinrich Lanz, Manheim, maison Deker et 
Mot. 

Tarares ventilateurs. — Médaille d'argent et 100 
fr.,MM. Vermo7^el, Villefranche (Rhône) ; mentions 
honorables, Willsheret O®, Braintré (Angleterre), 
représentés par M. Guibert, de Mustapha ; Mw^e 
frères, Lyon. 

Outils divers. — Médaille d'argent et 200 fr., 
MM. Pilter, Paris, hache-paille broyeurs, concas- 
seurset divers; médaille d'argent et 150 fr., CtoY, 
Niort, grand trieur à grains.; médaille d'argent 
et 100 fr., Deker et Mot, Paris, ensemble de leurs 
outils et égrenoir à maïs du système Huchinson ; 
médailles de bronze, Vermoretj trieur à grains ; Ch. 
Meixmoron de Dombasle, ' extrême solidité et 

ensemble de ses instruments. 

« 

Pressoirs à vins. — Médaille d'or et 300 fr., 
MM. Vigouroux, Nîmes, grand pressoir ; médaille 
d'argent et 200 fr., Cazeaux, Mugron, pressoir 
moyen; médaille de bronze et 100 fr., Terrel des 
Chênes, Lyon, représenté par M. Alliez, Agha, 
petit pressoir. 

Pressoirs à huile. — Prix unique, médaille d'or et 
100 fr., M. Vï^yowrowx, pressoir .à vitesse graduée. 

Fou loirs à raisin. — Médaille, d'argent et 100 fr. , 
MM. Cûs^ee-ra/ma, Lézignan (Aude); médaille de 
bronze, Mabille, Amboise (Indre-et-Loire). 

Alambics. — Médaille de bronze, MM. Roussel 
Galle frères, Port-Lesnay, près Mouchard (Jura), 
alambic à fond concave. 



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--- 228 — 

Barattes. — Médaille de bronze, M. Vermo?'ePj 
îmratte en bois de sapin. 

Machines et inventions diverses, — Médaille d'or. 
Société métallurgique des usines du Périgord, 
tubes fondus minerais algériens, briques réfractraires ; 
médaille d'argent (prix unique), M^® V^« Derbuel, 
Marseille, machine à tailler les bouchons ; médaille 
d'argent, Vigouroux, chauffe-vin à chauffage métho- 
dique : médaille de bronze, St-Gorgonet Lobin, Aix, 
machine à casser les amendes ; mentions honorables, 
Elias Hoioe, (Bord, dépositaire), machines à coudre ; 
Wehler et Wilson (Petit de Lavieuville, dépositaire), 
machines à coudre ; Mure frères, Lyon, mesures de 
capacité métalliques ; Sénamaud^ Bordeaux, hachoir 
malaxeur à couteau mobile. 

Clôtures diverses, etc, — Prix unique, médaille 
d'or, MM.Lowe^ frères, Issoudun, clôtures, treil- 
lages et parcs à moutons. 

Meules. — Médaille d'argent, M. Pauly, Port- 
Mouley, meules à moulin. 

Appai^eils divers d'irrigation. — Prix unique, 
médaille d'argent, 1'® classe, M. Dussart, représenté 
par M. Mestayer, tuyaux en fonte à joints parallèles. 

EXPOSANTS ALGÉRIENS 

MACHINES A ÉLEVER l'eAU 

Pompes et Norias. — P' prix', 200 fr., médaille 
d'or, MM. Fourrier, Boufarik, norias à petite pro- 
fondeur ; 2** prix, 100 fr., médaille d'argent, Buzutil, 
Agha, norias à grande profondeur ; 3^ prix, médaille 
de bronze, Milleriot, Alger, norias à petite profon- 
deur ; médaille d'argent, Bretonnière, Philippeville, 
action de la vapeur comme machine élévatoire; 
médaille de bronze. Alliez, Agha, norias à petite pro-r 
fondeur. 

CHARRUES 

Charrues ordinaires. — 2* prix, 200 fr., mé-^. 

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- 229 — 

dâilled'or, MM. Aldiguier, Agha; 2* prix^ 100 fr.^ 
médaille d'argent, Dolive, Beni-Méred'; médaille 
de bronze, Morgande, Ste- Amélie ; rappel de récom- 
penses antérieures, Cherillot^ Boutreck. 

Charrues double ixTSoir, — Prix unique, 100 fr., 
médaille de bronze, M. D olive, précité. 

Charrues pour labours profonds, — Prix unique^ 
100 fr., médaille de bronze, M. Aldiguier^ Agha. 

Houes scarificateurs. — Médaille do bronze, 
M. Gros, Boufarik. 

Instruments pour culture de la vigne, — Prix 
unique, médaille d'argent, M. Pierre François, Beni- 
Méred. 

Harnais ayricoles, — Mention honorable M. 
Teule, Soumali, harnais pour charrue vigneronne. 

Machines à battre et ventilateurs, — Mention 
honorable, M. Joseph Rabouel, Dély-Ibrahim, bon 
«xemple qu'il a donné en vulgarisant les machines à 
battre. 

TarareS'Ventilateurs. — Médaille d'argent et 100 
fr., MM. Pierre François, précité, construction 
soignée de ses tarares et perfectionnements introduits, 
dans le système des guides et des secoueurs ; médailles 
d'argent, Lemoine, Marengo, marche régulière et 
facile de son instrument ; Paillon, Agha, simplicité 
et efficacité de son système de secoueurs ; médaille de 
bronfe:e, Dolive^ précité, exécution soignée de son 
tarare. 

Fouloirs à raisins, — Médaille d'argent et 100 
fr., MM. Trinité, Dalmatie ; médaille de bronze, 
Dolive, précité. 

Foudres et futailles, — Médaille d'argent, MM. 
Lassalle, Alger, bonne confection de sa tonnellare ' 
appropriée aux besoins agricoles et excellent choix des 
bois qu'il met en œuvre ; médaille de bronze, Gay et 
fils, tonnellerie destinée au commerce. 

Bascules, romaines, — Prix unique, médaille 



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— 230 — 

^rargeiit, 1'* classe, M. Subra, Alger, nouveau mo- 
dèle de bascule perfectionnée et ingénieux procédé de 
contrôle dont il est l'auteur, applique à la vérification 
des poids. 

Machines et inventions diverses. — Médailles 
d'or, MM. Léardy Alger, application iDgénieuse et 
Aitilede Félectricité, à la protection de la propriété; 
Joseph Hamoud, fabricant d'eaux gazeuzes, perfec- 
tionnement et amélioration de ses instrumeuts ; prix 
unique, médaille d'or, Durand, directeur de la ber- 
gerie de Ben-Chicao, obstacle à criquets ; médailles 
de bronze, Guiberty pétrins mécaniques ; Riquierr, 
Alger, fumirapte, appareil destiné à assurer le tirage 
des cheminées \ Portier, ignifère incombustible appelé 
k rendre de grands aervices à peu de frais dans les 
travaux de nuit ; Place, Alger, zesteuse ; mentions 
Monorafclea, Rattier^ Alger, appareil dit mesure-ra- 
tions ; /. Rabouel, Dély-lbrahim, appareil destiné à 
débiter les légumes ; Bischwiller, ferrage spécial des 
chevaux; Grain, Aima, petite machine à peigner le 
palmier-nain. 

Grillages, palissades^ etc. — Médailles d'argent, 
MM. Gobet, Alger, travaux en fer ; Rivière, .Alger, 
ensemble de son exposition. 

Ustensiles divers. — Médaille de bronze et. 50 fr., 
MM. Fèvre fils aîné, quincaillier, Alger, ensemble de 
son exposition ; mention honorable, Laramée, pote- 
rie d'étain ; médaille d'argent, Riudavets, Alger, 
ensemble de son exposition d'ustensiles d'intérieur et 
d'extérieur. 

Instruments à main divers, pour l'extérieur. — 
Prix unique, 50 fr., médaille de bronze, M. Mélia 
(Michel), Alger, outils agricoles. 

Voitures diverses. — Médaille d'argent, M. Bressy, 
Alger, auteur d'une cheville ouvrière fort remarquable 
appliquée à la carrosserie, et de divers autres perfec- 
tionnements. 

Modèles, plans, riduQtions. — Prix unique, 

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- 231 — 

médaille d'argenj; de P^ classe, M. Darru (Albert), 
Alger, collection de modèles d^nstruments et outil» 
•agricoles. 



Cinquième division 

PRODUITS AGRICOLES 

PRIMES ACCORDÉES POUR l'bNSEMBLE d'uNE EXPOSITION 

Médaille d*br, M. Tournier, El-Kantour ; médaille 
d'argent de P® classe, Rabouel, Dély ^Ibrahim. 

CÉRÉALES, ORAIWS DIVER,S 

Blés tendres. — Médaille ji'argent de P® classe, 
M*"® Sauveton, Marengo ; médailles de bronze, MM. 
Jaubert, Alger ; Calmels, Oran. 

Blés durs, — Rappel de médaille, MM. Tournier, 
El-Kantour ; médaille d'argent, Kadourben Mohamed 
Soba. 

Orges. — Rappel de médaille, MM. Tournier ; 
médailles de bronze, Taïeb ben Ahmed ; Mohamed 
el Beza, Djelfa. 

Avomé^. — Rappels de médailles, MM. Tournier ; 
Rabouei. 

Houblons. — Médaille d'argent : L. Kling fils, 
Mustapha, pour son importation de la plante du 
houblon. . 

Maïs. — Rappels de médaille, MM. Rabouel ; 
Tournier ; mention honorable, Arlès-Dufour, mais 
ensilé, Oued-el-Alleug. 

Alpistes. — M. Certeux, Alger (impulsion donnée 
au commerce de Talpiste). 

Lins d'Italie. — Médaille de bronze, M. Allard 
(André), Alger. 



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232 ~ 



POIS, HARICOTS, LENTILLES ET GRAINES 0LI2AGIXEUSE* 

Pois chiches, -^ Médaille de bronze, El-Madi bea 
Kouïder. 

Fèves, — Médaille de bronze, M. Allard (André), 
Alger. 

Arachides. — Médaille de bronze, M. Santerre,. 
Castiglione. 

Haricots, — Médaille de bronze, MM. Mouttier, 
Alger ; Batty, Kouba. 

Ricins. — Médaille de bronze, M. Goby, Caléa. 

Tabacs, — Médaille d'argent, MM. Eoussel, Souk- 
el-Haâd ; hors concours. Mares, Alger. 

Miels, cilles. — Rappel de médaille, MM. Tonrnier, 
El Kantour ; médaille de bronze, Tahar ben Choukia, 

Ruches en bois et en ciment, — Médailles de 
bronze, MM. Brincat, Alger ; Brunet, Alger. 

Figues et raisins secs. — Hors concours, M. Re- 
verchon, Birkadem. 

Figues sèches. — Médaille de bronze, Tahar ben 
Djemaâ. 

LIQUIDES 

Huiles. — Médaille d'or, MM. Fabre, Tizi-Ôuzou ; 
Mouttier, Alger ; médailles d'argent, Modeste Garro, 
Alger ; Dufour, Bougie ; Naît el Ameur, progrès indi- 
gènes ; médailles de bronze, Dumont, Guelma ; Martin 
et Barnaud, Cherchell ; Safrane. 

Vins rouges. — Hors concours, MM. Reverchon, 
Birkadem ; médaille d'or, Holms, Birmandreïs ; mé- 
dailles d'argent, M"*® V® A. Arnould, Birkadem ; Mar- 
tin, Sidi-Ferruch ; Carmaniolle, Oran ; Nœtinger, 
Douera ; médailles de bronze. Orphelinat protestant, 
Dély-Ibrahim ; Harpy, Birmandreïs; Mulsant (Marius)„ 
Birkadem; Bossens, Oran ; Vialas, Coléa ; Safrane ; 
Baaaet (Jules), Guyotville ; Lévy-Bram, Alger; Latour 
père, Birmandreïs ; Galaup *" (Louis), Guyotville ; 



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— 233 ^ 

'mentions honorables, Llodra (Michel), Sidi-Moussa ; 
Labigand, Mahelma; Laroque, Hussein .Dey ; Ar Je? - 
Dufour, Oued-el-AUeug. 

Vins blancs secs, — Médaille d'or, MM. Stolz, 
>Crescia; médaille d'argent, Grellet, Kouba; Choulet, 

Joinville; Bossens, Oran; médailles de bronze, Tachet, 

Alger ; Safrane ; Montillot ; Lanterre, Castiglione ; 

Dorgueilh, Rouïba;Porcellaga et Blanchard, Boufarik ; 

meations honorables, Batty, Kouba ;.Bouquier, Guyot- 
wille ; Gauzier, Chiffa; Latour père ; Randon, marquis 

de Lucenay, El-Biar ; Mascioni, Dalraatîe ; Martin, 

Sidi-Ferruch ; Tournier, El-Kantour. 

Fms de liqueul^s, ■ — Médaille d'or, *MM. Léonce 
Brtysson, ,Ham«ià (Constantine) ; médailles d'argent, 
Grellet, Koubâ ; Arlès^Dufour ; nlédailles de brorizt*, 
Montillot ; Galaud, Guyot ville ; Tachet; Mondelle, 
Douera. 

A^coo/s.— Métiaillestf argent, MM. Fournier, dis- 
tillateur, Philippeville ; ïeule, So^lmàh ; Porcellaga et 
Blanchard ; médaille de bronze, Stolz, Crescia. 

Vinaigres de commerce. — M^dâilleà' d'argent, 
3I«e yve^Courvoisler, Alger ; Chaulier, Alger. 

Vinaigres deprc^riétaïre. —Médailles d'argent, 
MM. Dubois ,.Dairaatie.; Montillot; médaille de bronze, 
Porcellaga et Blanchard. 

Liqueurs diverses. — Médaille d'argent, MM. 
Chevesiéh, Alger, liqueur^s assorties; Isnardi, Alger, 
• vermouth au quinquina; Mélç, id., id. ; Marthoud, 
Alger, liqueur de. gentiane; Kanouï (Abrahan))*Alger, 
anisette; Kanouï (Isaac), id. âd. .; Verdan^ Alger, 
absinthe. 

Bières. — Médailles d'argent, MM. Bertrand, Bli- 
nda ; EUul et fils, Alger; médailles de bronze, Thomas, 
Alger; Marschal, Mustapha. 

PRODUITS DIVERS 

Laines. — Médailles d'argent, grand module, MM. 
^'eule, précité, mérinos; Gormand, Tîaret, demi- 



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_ 234 — 

mérinos ; médaille d'argent, Yayiaben Kouider, deiini- 
mérinos ; médaille de bronze, Hamed ben el Bogharî ; 
rappel de médaille, Tournier, El Kantour, laines à 
matelas. 

Cocons. — Médaille d'or, grand module, MM. Dol- 
fus (Jean), Cannes; médailles d'argent, Visci-aino^ 
Birkadem, cocons ; MoUîer, Tlemcen, soie filée ; mé- 
dailles de bronze, M"»® Maliens, (Draria); Costérisaiî^ 
Oran ; Bothier (Numa), Alger, cocons d'Egypte. 

Claies économiques de vers à soie. — Mention 
honorable, M, Visciano, pour M. Jean Dolfua. 

Farines et pâtes, — Médaille d'or, MM, Narbonne, 
Hussein-Dey, ensemble de ses produits ; médailles 
d'argent, Boudon, Blida, id. ; Delpm, Alger, id. ;; 
Luscao, Blajan, soie pour bluter les farines ; médailles 
de bronze, Giraud, Blida,, ensemble de ses produits; 
Aschiak, Frais-Vallon, id. ; Picot, Blidafe, id. -, Cas- 
lagliola, Médéa, ensemble de ses pâtes. 

Produits alimentaii^es. — Médaille d'or, MM Mor- 
van, Douarnene:!, appats-sauterelles pour la sardine : 
médailles d'argent, Gignoux, Alger, biscuit» KrakneJ ; 
Muratorio et Sudan, Alger, chocolats,; Fille, Alger, 
ensemble de ses confiseries ; Dimech, Alger, prépa- 
rations de poissons salés ; Avellino, La Galle, poisson» 
en boîte. 

Produits pharmaceutiques, essences et divers.. 
— Médailles d'argent^ MM. Ardis&on, Cbéragas, en- 
semble de ses essences; Lallemand, l'Arba, ensemble 
de ses plantes officinales ; Sauras,, Alger, ensemble de 
ses produits pharmaceutiques et de ses plantes offici- 
nales ; Leroux, Boufarik, ensemble de ses produits de 
]>arfumerie à base d'eucalyptus ; médailles de bronze., 
Romana, ensemble de ses produits ; Queyroy, Alger, 
id.; Hanoun (Moïse), Pointe-Pescade (Alger), com- 
merce de sangsues ; hors concours. Desvignes et 
Money , Alger, extrait de citrons et vins d'orange^. 

Tabacs manufacturés. — Médailles d^argent, 
MM. Bosson, Alger ; Bakry, Ad.; Mélia, id. 



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~ 235 — 

Cierges, savons. — Médaille de bronze, MM. 
Benêt etParodi, Alger, ensemble de leurs produits. 

Lièges, charbons. — Médailles d'argent, MM. 
Marill et Laverny, Alger, produits du liège ; Portes, 
id., id.; Broussais- (Henry), Alger, exploitation de 
lièges; médaille de bronze, Berthelot, Alger, char- 
bons de bois. 



Mxième dlTision 



HORTICULTURE ET ARBORICULTURE 

Rappel de médaille d'or, MM. Trottier, semis et 
plantations ; médailles d'or. M"»® V^® Rossier, Hamma, 
plantes en pots et plants d'arbres fruitiers et forestiers ; 
Suire, Philippeville, plants d'arbres fruitiers et fores- 
tiers ; médailles d'argent, Comuz, chez M"* V^® 
Rossier, Hamma ; f'ontaine, Blida, lot d^ patates amé- 
liorées de seize variétés ; V^® Lemarîé, Alger, intro- 
duction et culture du moyosotis palustvis^ et variétés 
blanches du géranium double ; médailles de bronze, 
V^® Rossier, bouquets ; Arnaud, Belcourt, fleurs 
coupées et bouquets.; Laval, 3Iida, culture d'arbres et 
d'arbustes fruitiers, groseiUere, framboisiers, etc.; 
mentions honorables, Sémont, St-Eugène, améliora- 
tion de divers légumes, notamment de la pomme de 
terre Carly rose ; Kling père, Algei:, introduction en 
Algérie de la plante du Raifort. 

Médailles d'argent, MM. Loridon, feuisseau, fabri- 
cation de pots et godets, poteries ornementales de 
jardin et rigoles d'arrosage ; Lavagne, Alger, instru- 
ments d'horticulture ; médailles de bronze, Jeandel, 
Golfe-Juan, drains souterrains ou à ciel ouvert pour 
l'arrosage des jardins ; Bernard, l'Agha, bancs et 
chaises de jardin ; Thouar, Alger, fleurs artificielles 
Un métaL 



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236 



S^^ptiènte dHisioi» 



PRODUITS DE L'INDUSTRIE 

Alfa, lin, crin végétal. — Médaille d'or, grand 
module, MM. Jus, Batna, exposition des diverses 
transformations de l'alfa ; médailles d'argent, Alcay 
(Emile), Alger, produits du crin végétal ; Granier, 
Mustapha, id. ; DeBray, Mustapha, propagateur de la 
ramie ; Bothier (Numa), Alger, tissus de ramie ; 
Wuiehet et C*®, Marseille, représentés par Latour 
fils, exposition de crin animal; Desmoulina, Alger, 
ensemble de ses produits dVlfa, Mignon (Barthélémy), 
Bouferik, ensemble de ses cordes en palmier ; Moha- 
med ben Ali, de» Cherfa, nattes en alfa ; Bel Aid 
Bouaseta, des Ouled Ellel, id.; Nouar ben Cheraïr, 
id. ; Bach-àgha Ben Yayia^ tapis de Médéa ; Mansour 
bel Hadj, tapis de Miliana. 

Plâtres ^ (argiles, ciments et bitumes, — Médailles 
d'or, MM. Pavin de Lafarge, représentés par M. 
Merazzi, cimenta comprimés fabriqués h l'usine de 
Hussein-Dey; Martel, Alger, ensemble de son expo- 
sition, plâtres et marbres ; médailles d'argent, Péli- 
zari, Birtouta, briques articulées; Bozzolî, Alger, 
terres cuites; Roch Verdu, Alger, marbres ouvrés; 
Giuilly et fils, Alger, collection de plâtres ; médaille?^ 
de bronze, Compagnie des Asphaltes de France, 
carrelages et dallages-; hors concours, Filliaux- 
Doreau, Alger, répartiteur des eaux ; mention Ifcôno- 
rable, Kabillet, Bouzaréa, craches enterre. 

Meubles et ébénisterie. — Médailles d'argent, MM. 
Coulhon, Alger, ensemble de son exposition ; Vacqué, 
Alger, 'id.; Gibert, Alger, bambous ouvrés; Siill, 
Blida, thqyas tournés : médailles de bronze, Jeanson, 
St-Eugène, nouvelles ferrures de lit et lits en bois du 
pays; Grangier, Oran, chaises en bois du pays ; Brun, 
Alger, tables en platane ; flamouda bel Hadj, roseaux 
jgravés. 



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— 237 — 

Divers. — Médailles d'iarg-ent, MM. Carrière, Kou- 
fea, création d'une autrucherie et plumes d'autruches ; 
Abensour, Alger, plumes d'autruches ouvrées ; Horry, 
Alger, stores en diss ; Lyon, Alger, procédé nouveau 
pour transformation de la soie sans teinture ; Vidal, 
Alger, fabrication de chapeauxde feutre ;Raval, Bône, 
exposition de coraux bruts et ouvrés ; Guérin et Léon, 
Alger, gravures sur métaux ; Guiauchin et Rodet, 
Alger, revêtements métalliques émaillés ; Timmerman, 
Alger, ensemble de son exposition ; Portier, Alger, 
ensemble de ses photographies; Inserra, Alger, ensem- 
ble de son exposition encadrements et glaces; Chop- 
pin, Alger, harnais de luxe; Vella, Alger, vannerie 
en roseau ; Sicard, Alger, vannerie en osier ; Colas, . 
Alger, exposition de cordonnerie; Chiche et C*®, id.; 
Monclar, Alger, reliure artistique ; Chabert et Romain, 
Blida, encres de couleur; Curson, Alger, dorures et 
argentures; Long, Paris, subérine; Aymé, Alger, 
cartouches pour armes à feu ; Lafon, Alger, parasol- 
abri ; Petit, Alger, décoration d'intérieur. 

Hors classe. — Médailles d'argent, MM. Mestayer, 
installation de conduites d'eau pour TExposition ; 
Fourrière, cartons-bitume offerts à l'Exposition : mé- 
dailles d'argent collectives, ateliers Mélia, installation 
et travaux durant l'Exposition ; ateliers Hàmoud et 
Revest, installation, fabrication quotidienne et publi- 
que pendant TExposition. 

KxpoAlttoii l^eolalre 



BiPLÔME d'honneur. — Collège Sadiki, de Tuni?, orga- 
nisation générale, développement donné aux études de 
linguistique, et particulièrement à renseignement de la 
langue française. 

DIPLÔMES DE MÉRITE. — Ecole de Médecine, ensemble 
de ses travaux anatomiques; Lycée d'Alger. — Aux admi- 
nistrations successives et au personnel enseignant si dis- 
tingué qui, du petit collège de la rue des Trois-Couleurs, 
«nt fait le grand Lycée d'aujourd'hui ; Collège de Constan- 
tine, pour l'ensemble de son exposition ; Collège de 



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— «38 — 

Philtppeville, travaux géographiques ; Collège de Blida, . 
mention honorable. — Une mention très honorable est 
accordée à M. Niel, professeur d histoire et de géographie 
au Collège de Bône, pour ses travaux géographiques. — 
Eeole normcUe primaire d'Alger, ensemble de son expo^ 
sition; Sociélé des Beaux- Arts, '-ensemble- de son expo- 
sition et de ses cours ; Ligue de V Enseignement, intérêt 
particulier.de son exposition rbonne organisation de Técole- 
dirigée sous son patronage; Ecole normq,le de Montpel- 
lier, ensemble de son exposition ; Ecole communale laïque 
dirigée par M Michel, à Montpellier, ensemble de son 
exposition ; Ecole Saint-Martin de Périgueux, ensemble 
de son exposition ; Cours normal dHnstitutrices de Mon^ 
iauban, répertoire complet et remarquable de tous les 
genres de travaux à Taiguille. — Une mention spéciale 
est accordée au département de Tlsère pour rintroduction^ 
dans ses asiles, des procédés de la méthode de Frœbel • 
et à M. Qeorgin, directeur de TEcole- normale de Grenoble 
pour son tableau : c Paix et protection aux alliés de Tagrl-' 
culture. » -^ MM, Grosselin /Si8,. propagation de la mé- 
thode phonomimique, méthode d'enseignement par la voix 
et par le geste, pour l'instruction simultanée des sourd s- 
mupts et des entendants-parlants;/^^a7nen^,. nouvel le mé- 
thode d'écriture française; Adolphe Jburdan, libraire- 
éditeur, publications intéressant l'enseignement de la lan- 
gue arabe ; travaux de géographie algérienne. — Mention 
a la maison Gavault-St-Lager, pour l'assortiment complet 
et soigné des ouvrages et des appareils d'enseignement. 

Prix d'honneur. — Institutrices, — Médaille d'or, offerte 
par M"* Ohanzy, à Tinstitutrice de l'Algérie qui s'est le 
plus distinguée par l'ensembié des travaux exposés: M*'* 
Le Gad, directrice de l'école communale laïque de Tlem- 
cen. — Prix oflEet par M. le Directeur général des Affaires 
civiles et financières : Ecoles et asiles dirigés parles Sœurs 
de la Doctrine chrétienne, Alger: — Médaille d'argent de 
l** classe, offerte par la ville d'Alger: Ecole communale 
laïque dirigée à Constantine par M"* Buisson, — Médaille 
d'argent offerte par la Commission dés Dames chargées 
d'examiner les travaux de couture : M"* Parent, directrice 
de l'école des jeunes musulmanes de Constantine, encou- 
ragement à l'éducation et à l'instruction des jeunes filles 
Indigènes. 
Instituteurs, — Prix offert par M. le Recteur de l'Aca-r- 



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— 23gr — 

demie : M. Galas,- professeur au Collège de- Constantinct. 
méthode générale d'enseignement et résultats obtenus en 
particHlier dans son cours d'écriture. — Prix offert par M. 
le Préfet d'Alger; M. Sabathier, directeur de TEcole com- 
munale laïque de la place Randon,.à Alger, ensemble très 
satisfaisant et très compJet de soir exposition. — Médailles - 
d'argent de 1" classe offertes par la ville d'Alger : MM.- 
Richard, directeur de l'Ecole communale laïque de Musta- 
pha-Inférieur, ensemble de ses tr&vaux personnels et de 
ceux de ses élèves ; Antoine, instituteur libre à Oran, en- 
semble de son exposition, appareil ingéni«ux servant à 
renseignement du calcul. — Médaille d'argent de !'• classe 
offerte par la ville de Mustapha : M Bordor, directeur 
d école communale laïque à Alger, ensemble très satisfai- 
sant ; essais de travaux graphiques ; méthode et modèles > 
d'écriture, etc. — Jlédaille de 100 francs offerte par la 
Ligue de l'Enseignement à l'instituteur des trois départe- 
ments dont l'école présentera dans l'ensemble de son expo- 
sition les meilleur^ résultats, aU point de vue de la mé- 
thode et de l'exécution : M. Moliner, directeur d'école 
communale laïque à Alger. — Prix offert pjir M. le capi^- 
taine du génie Henry, membre de la Société de Géogra- 
phie, oflBcier d'ordonnance de M. le Gouverneur général, 
k rélève qui s'est le plus distingué par ses travaux géogra- 
phiques : le jeune Crochet, élève du Collège de Philip- 
peville. • 

Ecole de médecine. — Médaille d'argent de 4^' classe 
offerte parla viller d'Alger: M"* Subra, Alger,. procédé de 
conservation du vaccin et collection de tubes renfermant 
du vaccin produit jie 1869 à 1876. — Médaille d'argent: M. 
Rey, chef des travaux anatomiques, pièces d'anatomie. — 
Mentions honorables: MM. Wendling, travaux anatomi^. 
ques ; Haggenmuller, collection d'entozoaires. 

Art du dessin. — Médaille d'or, offerte par la ville d'Al- 
ger: M. Le6our^^. professeur à la Société -des> Beaux-art9 
et à l'Ecole novmale primaire. — Médaille d'argent (l** clas^ 
se) offerte par la ville de Mustapha : M. Godard, profes- 
seur de travaux graphiques au Lycée d'Alger et à l'Ecolp 
normale primaire. — Diplôme de mérite: les Frères 4f 
Rouen, pour leur remarquable collection de dessins induSf- 
triels. — Médaille de bronze: M. PaA*l Mongellas, profef- 
seur à la Société des Beaux-arts^ enseignement du, dess^^. 



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— 240 — 

grapliique aux jeunes filles ; préparation au brevet supé- 
rieur. — Prix ofifert par M"* Chanzj, à la jeune fille qui 
»'est le plus distinguée dans l'étude du dessin : M"' Marie 
Martin, d'Alger, élève de la Société des Beaux-arts, — 
Mention très honorable^ aux collections exposées par le 
Lycée d'Alger, le Collège de Constant ine et l'Ecole des 
Arts-et'Mètiers d'Alger. — Prix spécial (Œuvres de Mar 
thieu de Dombasle, envoyées par le Ministère de Tlnstruc- 
tion publique) : M. Dwrru, professeur d'agriculture à l'Ecole 
normale primaire, plans et modèles de maisons d'école. — 
Sdcond prix (Ouvrages envoyés par le Ministère de l'Ins- 
truction publique) : à la Société de secours mutuels des 
Arts-et-Mètiers d'Alger : appareils de caupe de pierre ; 
types réduits d'escaliers,, etc., exécutés par les élèves de 
la Société sous la direction de M. Mallevai. 

MÉDAILLES D'A«tîENT. — Institutrlces :M'^*^ Mers^ydiTec' 
tiice de lEcole communale laïque de la rue de BÔne, Alger' 
l'ensemble de son exposition ; làiff, id. de la place 
' Randon, essai d'un cours élémentaire d'hygiène et d'éco- 
nonomie domestiqua ; ies Sœurs de la Doctrine chrétien- 
ne de Batna, exemple excellent de leçons de choses ; les 
Sœurs de la Doctrine chrétienne de Constantine, Fensem- 
ble de leur exposition ; M"' O/tvatn, directrice de l'Ecole 
communale laïque de BÔne, id. ; les Sœurs de l'apparition, 
de Tunis, id. y les Sœurs de la Doctrine de Miliana, 
remarquables travaux à l'aiguille ; M"* haloche, institu- 
trice libre a Alger, ensemble de son exposition et notam- 
ment pour ses broderies d'or ; M"* Barragué, institutrice 
communale laifque à Mustapha, guipures au fuseau. — 
M&ntion spéciale à Touvroir des jeunes indigènes dirigé 
par M** Prague, à Alger, ainsi qu'àl'ouvroir des Sœu7'$ de 
Dalmatie. 

Instituteurs : MM. Imbert, instituteur communal à Alger, 
ensemble de son exposition ; UlmOy instituteur communal 
à Alger, tableau de système métrique ; Ecole comvfji^unale 
l^iîque de garçons de Balna, enseignement de la langue 
arabe, essais de coUections d'histoire naturelle ; les Frères 
de Constantine, ensemble de leur exposition; Paradisr 
directeur de l'Ecole communale de Bène, travaux géogra- 
phiques, caisse d'épargne scolaire ; les Frères des écoles 
de Tunis, ensemble de leur exposition ;. Erhmann, direc- 
teur de l'Ecole communale de Boufarik, travaux person 



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— 341 ~ 

Bel*, bôûîi'e orgànisatioai pédago^que de son école ; Z.ai 
motke, iïïstituteur laïque, Aïn-Beïd*, travaux personnels 
et arppareiïs d'emseignfement. 

MÉDAILLES DE BRONZE. -^ Inetituirice$, — M-" JLaporte, 
institutrice laïqne à Alg«r ; Nivoy, i<L^ Vachot, id. , enseigne- 
ment soigné 4e langues vivantes; JEcale communale et 
Asile des Sœurs Trinitaires^k la Ciisbali, Alçer,\ Sœurs 
de la Mission d'Afrique, instruction des jeunes ^filles in- 
digènes à Kouba ; les Sœurs de la Doctrine, de Philippe- 
ville ; id. de Bône ; Marcoy,, institutrice communale, à 
Oran ; Baensiger, directrice de TAsile de la lueBocchus, à 
Alger; Averseng, essai d'un jardin d'enfants, à Alger. 

Instituteurs. — MM. Chargebœuf, Alger, Ecolo des 
Sourds-Muets ; les Frères de la rue de l'Intendance, Alger; 
/îw/y, instituteur communal, Alger, tableaux de comptabi- 
lité, cahiers de grammaire ; Mailhes, instituteur commu- 
nal, à Dellys, travaux personnels ; Pages instituteur à Coléa ; 
les Frères de Philippeville ; i/avarc?/ directeur de l'école 
communale laïque de Sidi-bel-Abbès; Ecole arabe-fran- 
çaise de Kalâa. 

Mentions honorables. — Institutrices. — M"'* Tisseire, 
institutrice communale à Saint-Eugène; Blaive, id., a 
El-Biar; les Sœurs de la Bouzaréa; les Sœurs de Blida» 
les Sœurs de Coléa ; Plantevin, institutrice communale 
laïque à Médéa; Ecole protestante de PhilippevUle; /^8 
Sœurs d-e la Doctrine de Gaelma ; Ecole communale 
laïque de Guelma; Castagnier, institutrice communale 
à Oran; Monmarson, id. ; Roch, id. ; Gallar a-Lacroix, 
directrice d'Asile à Alger; Richeux, id. ; Piochclle, 
id. à l'Agha; Mowt7^arrf, institutrice libre, Alger; Butta- 
rel, id. ; Deltour, institutrice communale, Alger ; Ecole et 
Asile de la Villa-Roux, Mustapha. 

Instituteurs, — MM. Carbonnel, instituteur communal, 
Alger; Mer^, id.; C/ta-^-o^ instituteur-adjoint Alger, travail 
personnel; Caubère, id.; Gaget, id., cahier d'arabe; 
Labatut, id., travail personnel; les Frères d'El-Biar; 
Bacquès, instituteur à l'Arba; Pinencq, id. à Guyotville; 
Rèmond, id, à Bjrtouta ; Brocard, id. à Douera ; Jaubert. 
id. à Draria; Hermitte, id. à Castiglione ; les Frères de 
Blida ; Larcelet, instituteur à Joinville ; Chardel, id. à 
Montpensier, enseignement de la langue arabe ; Verdier, 

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~ ^42 — 

M. à Souma; Savoyané, id.à MouzaïaTille ; Renaudtn, id* 
Il Dra-el-Mizao, enseignement de la langue arabe ; Sainte^ 
Marie Croûte l, id. a Clierchell ; Cahusac, id. à Médéa, 
devoirs de français et de géographie ; Jean, id. à Orléans- 
yille ; Barrois, id. à Aumale ; Dumond, id. à Laghouat î 
Viollet, id. à Berrouaghia, résultats obtenus au cours d'à* 
dultes; Ecole de garçons de Guelma; Ecole de Stdù 
Lhassen(OTiin); Missier, instituteur h Oran;Les Frère» 
de Tlemces. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Pages 
"DEDICACE 5 

*€HAPITRE L — Organisation. — Inaiuguration. ... 9 

•^CHAPITRE II. — Première division. — Primes aux 
exploitations rurales. — Récompenses aux 
serviteurs 27 

CHAPITRE III. --Deuxième division. — Sylvicul- 
ture. — Mémoires 47 

CHAPITRE IV. — Troisième division. — Animaux 

reproducteurs et autres 61 

CHAPITRE V. —*iQuatrième division. — Machinp 

et instruments agricoles et autres 9? 

CHAPITRE VI. — Cinquième division. — Produits 

agricoles T 13 

CHAPITRE Vil. — Sixième division. — Horticul- 
ture, arboriculture 164 

CHAPITRE VIII. —Se;}<tèm6 division. —Produits 

de ^industrie 173 

^CHAPITRE IX. — Exposition Scolaire 19? 

vCHAPITRE X. — Distribution des récompenses, 

.liste des prix décernés...... .-.^. .2i^ 



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ALGER 

Imp.-typ. A. Dkyme, rue Constantinc, 15. 



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M 



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