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Full text of "L'histoire naturelle des estranges poissons marins, avec la vraie peincture & description du daulphin, & de plusieurs autres de son espece"

■J« .,' 




■'-7 




Library 

of the 

University of Toronto 



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in 2009 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/lhistoirenatureOObelo 



L'hiftoirc naturelle des 

EST RANG ES POISSONS 
MARINS, 

AVEC LA VRAIE PEINCTVRE 
tr defcrij^tion du Daul^hirty^de 
j^ujieurs autres de jon efj^ece^ 

Obferuee par Pierre B elon du Mans. 




ivls^liJ^&BoviJtcioiJ y àAA(iT«lv4t/X«V 



AVEC PRIVILEGE. 
A PARIS. 

Derimprimeriede Regnaud Chaudière* 
X J- y I. 



EIS TON AIAESIMD.TATON KAI 

IkKxixtt forcer Qv Kv^m Kcc^cAmMov tov àTroroù 

Çiijfos yç^ i^i^Ofxova-i TriÂéiS h^xos àa-TBricP'tJoTHS* 
7^^ (rHSTr^osxcrtKs ovJiv inv TiAfe<rft;. 

AD DOMINVM ODDONEM CALI- 

immCaJlcllmeumCardwalemyClaudijCaldcrij 
typo^ra^hi hexajïkhon. 

Si^olucrum iiaturaplacetjucundajuefcitu ejl 
Quadrupedûm^^ue omnes leïliodoïiaiuuati 

Qui natale jolum dorjo premit œjuora Oel^hin^ 
Quicjue futo^arm mergitur ïonio^ 

N(?« eût extonis: 'edfub te numine dexttr 
Vroderity &* Holmes juadruj^cdef^ue tcrct. 




Amonfcigneuf mofîeurleReuerendiG 

SIME CARDINAL DE CHAS^ 
TILLON, LIBERAL 

Mccenas des hommesjludieusj 
entière j^roj^perité. 

fONSEIGNEV K.metroumît en ce 

loijirjuqueliejuisa prefent par^^ojlre heni* 

^nité iouijjant^ après auoir dejcrkten nojlre 

langue y les chojes mémorables, &" lesricheffes 

\ de la terre de plusieurs pays ejïranoes ou tay 

ejlêy êr la fertilité de dîuerjes mersJonc\ous 

aue7^(U plusieurs pourtraiïls^^ dejquels il '^i^ous a pieu me oiiir 

parler: b'jachant bien que^ous n aue:^lus grand plaifir^ que d'em 

ployer U temps couenable^ a entendre les choses qui font extraiïies 

de l'intime coonotffance des btjloires naturelles: & que donnez^^oa 

luntiers quelques heures du iour après les repas^ a deuijer âr ouir 

des propos d'érudition qui ne trauaûlent point lefj^rit: Apres que 

iay confideré^que'^iPous (jhe':^fouuerain admirateur des chofts prin 

fes delantiquitéiér que les Princes de ce temps la^ont ejle'^fi eu- 

rieus de faire retirer les^^r aie s effigies des chofes quils auoient 

propofc faire engrauer en leurs mtdalles,qu'ils nont iamais permis 

qu'on y ait feinïl^ne faulje peinïlurt.ains fe font efforcez de res 

couurer les plus excellcts ouuners quils pouuoient îrouuer, Sr auffi 

quils nefparonoient rien a enuoiergents cxprcc^cn diuerfes parties 

du monde^pour chercher les chofes dont i\s\ouloient auoir le por^ 

traiïïcontrefaiïl au\if: I.tquc tay cogneu que les effigies des 

'Daulphins qui font maintenant grauees en toutes les efpecesdes 

monnoies modernes^nont non plus d^ajjinité auec le naturel, que 

de commun aucc celUs.quonydtgrauees esflatucs ou es mcnoies 

A z, antiques. 



antiques.leme fuistnis en dehuoirJe\ous rendre les \raiespein^ 
iiuresdcs Daulfhins^retireestantdu naturel ^uedel'anti^ue.auj 
quellesie nay rien adioujïé d' artijice, ne diminué ^non i^lus quony 
a trouuc: afin de les ^ous j^refenter mais non^ans^ous en faire 
demonflrationicartaj aufft efcrij^t toute l'hijloire qui aj^partient 
ala nature du Daulj^hin^ou laj j^areillement adiouflè ^lufteurs 
autres fîmes des animauls qui font de fon efpece:afin que^ous 
ûidtfvecîféchafque chojej^ar le menuet aye lieu de j^ouuoir mieuls 
vrouuerque ie ne mefuisj^as tromj^épar erreur,eni^renàtï\n four 
[autre.LaquelU hifïoire il m'afemhU bon mettre en noflre langue, 
dcftrant quejbubs yojlre authoritè^a laquelle ie lay dediè.plus de 
verfonnesen euf^ent j^laiJtr.Yous fuj^j^ïiant Monjeigneur^larece- 
uoirde mefmeyifa^e^quil \ous a j^leureceuoirlautheur d'icelle, 
quand ilfefl j^refentc a \ou$. 




Préface. 

O M B I E N que entre lesautheurs 
Grecs, Ariftore, Porphyre, Se Elian 
l'aient efcript plufieuts liurcs de la na- 
ture des animauls:Oppian5despoir:î 
fons: Nicander, des ferpents; &c que 
iâ'Pline entre les Latinsjes aitindifFe^î 
remment quafi touts recueillis ca,&: la, tant des def? 
fus dids , que de plulieurs autres autheurs, qui les 
auoient obfèruez par lôg vfage: Toutes fois ie n ay 
laiffé denelireleieul Daulphin entre touts ceuls 
dont iay eu la cognoiflance ,en les cherchant 
fur les lieux de leur naiirance,duquel i'ay mis la défi» 
cription & peindture a part : & y ay adiouftè ce 
qu'il ma femblé necelTaire a l'explication de toute 
rhiftoire de fa nature: veu mefmem.ent qu'il n'y a 
iamais eu loy,tant fuft rigoreufcjqui deffendift qu'ô 
ne peuft biê adioufter vne chofe raifônable, a ce qui 
auroit efte défia inuenté. Et cognoiflant qu'il n eft 
animal plus vulgaire, ne plus commun en la me^ 
moire des hommes,qu eft le Daulphin: &: que tou^ 
tesfois il ne f eft trouué homme qui le cognoifTeri'ay 
entrepris d'en bailler les viues images , &c de faire 
qu'il foitcogneu de touts. Laquelle chofe ie prêtés 
faire par les vrais portraits, & par les obferuarions 
que i en ay faiéles: non pas feulement de luy, mais 
auflï de plufieurs efpeces de fon genre,touts lefquels 
iay amplement defcripts en deus Hures, dont ie 

A 5. propofe 



propofe que le premier monftrera routes les parties 
tantderapeinâ:ureexterieure,que déroutes les au- 
tres de Ton genre. En après le fécond fera veoir tou^ 
tes autres chofes,o[ui concernent les parties intérieur 
res,par leurs anatomies,& peïdures d'icelles. Oultre 
plusafinqucaiant confuté lesmonftres qu on a^ 
uoit autre fois imaginé pour les peindures 
des Daulphins , en noz monnoies,ie 
puiffe môftrer que les portraids 
qui en ont efte faids/oiét to:* 
talement fauls:&: aiant lieu 
de pouuoir prouuer que 
i ay mis lavraye peinâru^ 
re des Daulphîs a la clar 
té des hômes^vn chaG 
chun fe perfuade de 
lesauoiralaverité. 




4 

Le premier liure de l'iiiftoire naturelle 

DES ESTRANGES POISSONS 

marins, auec la vraie peindureSc toute la 

defcription des parties extérieures du 
Daulphin,& piulieurs autres de fo 
efpece, 
Ohfeme^ar Pierre Bclon du Mans. 

CHaj^itre premier, 

AINTENANT que i ay trouué iuftc 
Il occafiô de parler du Daulphin,6c des autres 
|i poiflôs delô efpeceifachat bié qu'il foit vn 
poiflbn qui tient le kcptre en la mer,&:qu o 
luy ait donné le fc cond lieu es armoiries en 
France:5:aufllL qu'ilfoiten dignité, le pre- 
mier après les fleurs de lils: leme iuis mis 
en délibération de defcnre amplement toute l'hiftoire qui luy 
conuient, fuiuant vne particuliereobferuation de t Jutes les par* 
ties,tant extérieures que intérieures: defcriuant fîdellement tou- 
tes choies qui doibuent eilre librement defcriptes, lans y adiou- 
fter ne diminuer choie que Nature neluy ait dôneVaquelle nous 
cognoiilons ii bénigne a tout cequ elle produicl^qu elle n'oublie 
lamais de bailler le douaire aux choies tel qu elle voit lutlemen t 
apparteniracequ elle ha engendré. Mais comme pourleiour- 
d hui le voy que lesautheurs modernes qui (e mettent a defcri- 
re la nature des animauls ou des plates qu ils ne cognciflent pas, 

nie lemblenteftreiemblables aux chantres de vieilles chaufons, 
qui ne chantent que par viage,ians auoir la fcience de muhque: 
1 outainfiien ay propoféde m amuler aucunement a leurs ra- 
nias,neaulîi aus tables qui en ont efté fàicles . Car ie m en rapor- 
terayacequeles principauls autheurs anciens en ont eicripr, 

delquels il me fuff-ira prendre lauihoriréenpreuue de ce quefe 

'Clcrirayiveu metmeinent quils ont eu fi grand Ibing en mettât 

ies choies par efcript,qu ils n ont rien laiiié en arrière, tellement 

que ce que Ion en diét après euls, a.' principalement Ariftote, 

touchant 



PREMIER LIVRE 



touchant ce qubppat'tient a la principale defcriptiô de Thiftoirc 
ne loit que vne répétition diéleplufieurs fois. Auffiquine les 
eniuit de bien pres,n'ha pas grand choie a dire qui Toit nouuelle. 
Voila donc comment les modernes qui ont cheminépar les pas 
des antiques,qui le font mis a traider de la nature des animauls 
quilsnont pas veu, n'en peuuent dire finon ce qu'ils en ont 
trouué es hures des autres Dont plufieurs pour le iourd'huy ont 
faid des ramas de toutes choies mal a propos, en prenant indif- 
féremment des autheurs,tât de ceulsqui en ont menti, comme 
des autres qui en ont elbript a la verité.Et comme il eft a prefup- 
polerque toutsn aient pas entendu la vérité de la choie qu'ils 
ont ercripce,auiTi files modernes qui ont marché par leurs pas, 
nej ont entendue,il leur auroit efté impoflible de fcauoir diftin^ 
guéries marques mal efcrip tes, de celles qui en ont efté diftes 
alaverité.IenaydoncpasfaïUiendifant que tout ce qu'ils en 
efcriuent; n'eft que redicte, qui n ha rien d afleurance ferme de 
ftable.Etpour en monftrer vne pour exemple^ ie prendrayle 
Daulphin,&: les autres poifl'ons de fon efpece. Il n'y a cellui de 
ceuls qui efcriuent de là nature,qui ne mette qu'il ait vn aguillô 
deffus Ion dos:&: toutesfois ie maintiens quil n en ha point. Dot 
vient Terreur qui ha trompetant de gents, finon qu'il n'y a eu 
encorperlonnequifefoit mis en debuoir de lobferuerJ Voila 
donc comment l'vn enfuit l'autre en toutes notes. Mais ie efpere 
fpecifier cefte choie plus au lôg,quâdi enparlerayenfon propre 
chap.preluppofât qu vn chaicû face du mieuls qu'il luy foit pot- 
fible;S<: aufli quelexcufe loit par tout tolerable: veu mefmemêt 
que touts homes le mettêt en debuoir de faire du mieuls qu'ils 
peu uét.Parquoy fâchât que raagerenouuelletout,&: aulTique 
no^voirs ]uafi toutes choies fe châger de iour en iour,i ay efcript 
vndifcours particuher touchant ceci, qui au parauant n'a efté 
efcript deperfonne. Etcequeiepretensfaire, n'eft autre chofe, 
finon que ie vueil enfeigner la vraie perfpediue du Daulphin,6c 
aufli en bailkr la peindurejlailTant toutes prolixitez inutiles, 
mais au furplus n oubhant rien de quoy ie me foyepeu fouuenir 
des notes qui luy conuiênent fingulierement:a fin que ayat mis 
6c expolé toutes les parties extérieures & intérieures, félon que 
ie les ay obferuees en diuerle« contrées du monde; vnchafcun 

fe puifle 



DESPOISSONSMARIKS. y 

fe puiiïe perfuader,que ic n aye rien efcript^chofe que moy mef- 
menelayeveue. 

Combien jxe fe Da^fp^w nejoit^as cogncH des Trancouj^onr tet^ton* 
tejfois ils l'ont en commHnvjojç^mais lineji^as nomme j^arfon nom 
j^roire, Cfoapitrc II, 

^R pour ne m'efloigner d'auâtagedemon entreprile,qui eft 
queie puifl'e môftrer qu'il ne Ibit poit veudepoiiTôpluscô- 
mun par les poilfonneries qu eft leDauiphin-.ie di toutefois,pour 
cequ il n'a pas retenu Ton antique appeliadon,que l'on netrouue 
perionne qui lepuille bien cognoiftre. Mais comme leibrtper* 
met les choies,les François en n'y penlant pomt,&:ne fâchants 
point que c eft luy;l ont conftitué en fî grand honneur,qu'iIs luy 
ontbaïUéle titre du Roy des poiffons, tant de la mer, que des 
lacs 5c riuieres.Oulcreplus ils 1 ont tant eftimé;qu'ils lont mis le 
fécond après les fleurs de Iils, tellement qu'ils lontportraici en 
toutes les efpeces des monnoyes dbr, d argent^ &c de cuyure, & 
peintures d armoiries,d eftandards,&: banieres. 

Qjte U Danij^tinfoit joHHèvam es re^nsdes François es iours mai^resi 
mais iisne^enjtnti^as(jHîjoit Iny, d'autant ^hi[ a ^Jur^é U nom 
d\n antre, Chaj^itre H !• 

T^'Auâtage ils ont voulu qu'il retint aufl^i la réputation du pre- 
mier lieu entre to^ autres poiflôs qui fôt apportez delà mer. 
Car apportez a la poilTonnerie, toutsoni conlenti quils foient 
leulement dédiez pour eftre preientez au repas des plus riches, 
ou bien a ce uls qui ont le moyen de hire vn peu plus grande del 
penfexar les délicats qui ont le palais plusfriand/ront eftimé ef- 
tre le plus delicieus qu'on puilîe trouuer en la mer. Mais les Frd- 
cois ignorants leurs richefles, de necognoiflants pas que c'ell 
Iuy,neIetcauentexprimer,lînonquepar vn mot qu'ils ont em- 
prunté d'eftrange pais,lequel ie declareray tantoft.Mais comblé 
qu'il ne (bit appelle Daulphin, il ne lailîe pas pourtant dbbtenir 
le premier lieu en toutes fortes. Et pour parler de ceuls es mains 
delquelsiltombe pour la première tois,encore qu'ils foient des 
plus ruftiques de tout le riuage de lOcei, pour cela il ne demeu- 
rera pas pour euls:^^ encore qu lis ayentcouftume d'eftre nour- 
ris des poiiTons pnns en leur contree,ce neantmoins ils nele mâ- 
geront pas,fachants bien que telle viande ne conuient a leur na- 

B. ture: 



PREMIERLiVRE 

ture:Car pour y auoir plus grand gain,ils le feront porter aus viU 
les de terre ferme,le voulâcs ccnfacrer quafi corne chofe vouée, 
a ceuls qui ont plus d argent en leurs bourfes pour en acheter. Et 
encores qu'on en puilTe bien recouvrer, fcauoireft quil ne foit 
tant rare de ibymelme, toutesfois Ton excellence le tait fembler 
pretieus. S: principalement Cils l'apportent aus iours maigres: 
efquels iours on nefaicV feftins ne nopces, qu on puilTe vanter 
auoir eftélumptueuSjfi on n'y arnangé du Daulphin: non pas 
quelesFrancoyslecognoiilent &:lenommentdetelledicliô de 
Daulphin,mais comme lay défia dicT:, touts l'appellent dVne 
voix eftrange qui n eft pas Frâcoy(e,raais empruntée des eftran- 
giers.Voyla donc comme le Daulphm refte en toutes qualités 
en fon entier,excepté qu'on luy a mué fon nom. Car comme ie 
diray ci après faifant diftinftion de fon gère par les efpeces, il eft 
impropremet nômé enFrâcoys. Vray eft que ceuls qui le nômet 
plus propremet que les autres,rappellent vneOye. Mais pour ce 
ce que nom n eft afles entendu, i en parleray par après générale- 
ment 8<: plus amplement. 
Quilnj ait jwe (ts Ç>ommes de ia reCi^ion Latine (jhx matent <{HDaH(fniny& 
^ne (es nations du pais dnienant en mandent an cnnement Cfiapître IIII, 

A près que iaydicl que le Daulphin foit fingulier es délices de 
'^ ncftre natiô,ie n'ay.voulu palier oultre/âs y adioufter ce que 
l'en aytrouué es autres pais'.qui ierabien propos contraire tou- 
chant ce poinct.Car comme il foit délicat entre les Francoys, 3c 
qu'il tiennelepremier heu entre les poilïons, les eftrangiers ne 
pourrôt lire cefteclaufule fans l 'en emerueillcr,veumelmemêt 
que toutes les nations du leuanc eftiment vne chofe cruelle, 3c 
a euls abominable, d'outrager vn Daulphin, 3c par confeqaent 
ils l'abftiennent du tout d en manger. Ètcommenceray par les 
Grecs, delquels la fuperftition eft accreue entre euls plus grande 
qu'elle ne fut iamais,6: principalement touchât le boire 6^ le ma 
ger.Car encore pour le iourd'hui, ils i abftiennent entièrement 
tout le temps de leurs quarefmes de manger poiflfon qui ait fag 
auifi ne vouldroyent goufter de la chair du Daulphin, quand ils 
debueroient mourir de faim. Et quand on leur en demande la 
raifon, ils ne fcauent alléguer finon qu'ils tiennent cela par 
vfige;, fuiuant les fables dont ie parleray cy après . Et a mon 

aduis 



DES POISSONS MARINS. 



aduis/uiuant ce que nous en trouuons par ercript;ie croy que les 
anciens Grecs ne les ayent lamais pourctiaiiez en la mer,pour les 
manger.Plulîeurs des anciens autheurs,aulii £pimenides &:Lliâ, 
ont elcriptqueles Grecs les tenoyenc lacrez,comme aulli fuient 
conlacrez a Neptune.Ceft de la que touts les habitats du nuage 
de la mer,a la colle d'Afie^de quelque religion qu'ils loyent,n en 
mangent non plus que ceuls des nues de la mer Ionique .3^ Adn - 
atique,neauilivne Donne partie de la mer Medicerranee, & pa- 
reillement de la mer Pontique;auec touts les autres qui lont re- 
flez du par Cl des Grecs, 5c nations qui n obeiiknt pas a 1 eglileRo 
maine,commeSercallès,Erclauons,Vallacques,DalmaLes,Rnr- 
(îens, Albanois;&: principalement ceuls qui habitent aus nuages 
desmers,tantduPont Euxin,que de I Adriatique. Leiquelsiui' 
uants la religionGrequepenferoient auoirleur conlcience gran- 
dement chargee,i'ils auoyent tué vn Daulphin,car il n y a cciluy 
d entre euls,qui ne iachc raconter Fhittoire d Arion, comme li 
c'elloit vne choie qui full: aduen ue de noftre téps. Et pource que 
en tratFiquant il leurcôuientquàii touliours etlre lur mer; ils 
ont le commun parler tancancique touliours en leurs memoi 
res,de ceuls qui ont dicT: auoir expérimenté que le Daulphm loit 
miiericordieuls,5c qu'il taille Taimer, pource que le Daulphin 
aime ceuls qui iont tombez en la mer^de la meime amourcome 
fi ceuls qui iont tombez les auoient aimez auant quilsy tom- 
balîenc.Pour cela ils ne permetiont lamais les laiiïer nayet; ains 
les mettcont lur leur doS; Scies conduiront lufques au nuage. 
C eft la raifon qui a induxl: les Grecs de les auoir auciennement 
nommez Philantropos de nom Grec;qui lignifie ami de Thom' 
me:8ciuiuantlelqueIleshiftoires,ilslablliennentdelesort-enier. 
Plufieurs poètes 3c hiftonens ont elcript beaucoup de tables des 
Daulphinsjdeiqueiles ne precens elcrire; linon en 1 endroicl qui 
mêlera neceifaire a la prouue du propos que tiendray . Voyia 
quant aus Grecs,ô^ autres qui enluiuent leur religion. 

Q^e toHts Us MakometifîeSynt mandent pint dn D««(p6i«,6- 
laraiJoni^OHrj^HojiUufQnt, Chavitre V. 

"pv' Auantage il ya plufieurs autres natiôs qui n en mâgent poît, 
"*^mais ils ne le tôt pas fans railô.C'ell que toutes les naciôs qui 
cnfuiuent la loy de Mahomech;comme les Turcs; Arabes, Egy> 

B.i« pnens. 



PREMIER LIVRE 



p tiens,Perfes,Syriens;ont opinion que la chair du Daulphin leur 
i oie deftendue,d autant qu elle reflemble a celle dvn porceau.Et 
que le porceau eftant détendu en leur loy, femblablement tiênét 
que telle chair du Daulphin leur foit défendue; aulli n'enmaU' 
gent ils point. 

Kaifon po«rj«oy Us iHifsfaSjliementdt ma^^trd^ DflHfp (5m. Chapitre VI* 

-_ Ncas pareil les I uifs en quelque part de la terre qu'ils foient, 
£. ne mâgent point leDaulphin^ne des autres poiflos qui Ibyent 
de fes efpeces.Car quand a eulsqui font obleruateurs des côman- 
dementsde Moyie, il ne leur eft licite de manger poiflbn qui ne 
ayt des elcailIes.Par ainli ils nepourroient manger du Daulphin 
fâs tranfgrefler leurs commandements: aufli n'en mangent ils 
poît, car il n ha point d'elcailles. 

Pre««epar dcmonjlratiotty^He Us Italiens nottfùis cents j«i font 
c» terre fèrmey<iHC cents j«i 64 ne mandent ^oint ({«Da^lphi», 
Éitent ans ma^es^ Cafr^itre VU. 

T'A Y défia nommé beaucoup de nations , qui ne mangent 
point du Daulphin,ne aufli des autres quiluy l'ont lemblables, 
defquelles nations ie n'ay rien efcript touchant leDaulphin;que 
ihoymefme ne laye entendu en eftant en leur pais, S^aulfi 
cogneu par expérience. Mais pour ne parler de fi Ioing,ie puis di- 
re lemblablement,qu'il y a plufieurs gents en Italie,qui n'en veu 
lent point manger. laydiâ: raifon vray lemblable pourquoy 
toutes les autres nations n'en mangent point: mais a cefte ciie 
n en aypoint,ny ne fcay pourquoy ils le font, finon que pour e- 
xemple,i'ay eftélong temps couftumierdedefcendrepareaue 
dePadoue>me partant touts les iœudisau foir, &: félon lacou^ 
ftumedupais,& m'eftant embarqué defîus la Bréte,allant toute 
nuiâ: le bateau fe trouuoit a Venife le vendredi matin, ou ie de* 
mouroie tout le iour,obferuant les poifTons qu'on auoit apportez 
detouts coftez au marchétaufliy aiaht eftérefidétlesquarefmes 
entiers,ay louuent demandé a tou ts les pefcheurs fils vendoiét 
iamais du Daulphin,mais touts m'ont afleuré qu'ils n'auoiêt fou 
uenance que iamais ils eulfent veu vn feul Daulphin apporté a 
Venife,ne qu'on y en euft iamais vedu. Et qu'il ne foit vray,mô- 
{îeurDaniel Barbar^ IVn des pP docles gêtils homes de Venife, 

maintenât 



DES POISSONS MARINS. 



maintenât ambafladeur en Angleterre efleu d'AquiIee,qui a en* 
trecenu a les gaigesl efpace de huicT: ans vn axfexpert peintre nô 
mé meilèr Plinio,Ie taifant ieulemenc beibngner la plus part du 
temps a us peinclures de toutes efpeces de poilions, recirant tant 
ceulidelamer Adiiatique;quedela Méditerranée; ô<:desfleu* 
UCS&: lacs de toute iialie: dc lequel il a fi bien faict betongner, 
qu il ha le portraicl contreFaift au naturel des viues images non 
ieulement de ceuls qui ont eftes apportez au marché ou es poif- 
lôneries de Venilèimais aulïi des autres qui luy ont eftés finguli* 
erement enuoiez des ports Si plages d'ElclauonieJefquelles pein 
clures font beaucoup plus de trois céts de copte faicl:,&:deiquel' 
les par fa bonté ledit meiiei' Daniel Barbarus^ra a oclroié taire 
recirer au pinceau celles que i ay voulu choifir; mais en toutes, il 
n'y auoit point de peincluredeDaulphm. Voila donc comme ie 
prouue par demonllration qu on nepelche point d(:s Daulphins 
en la mer Adriatique.Car fi ion y en pelbhoit;il eft auffi a croire 
que monfieur Daniel Barbarus^en eull eu le portraicT: en fes pein 
ctures.Ceuls de Naples m ont aiîeuré le femblable de leur ville, 
6cauflideMiflinej&: deGenes, comme aufli ceuls de toutes les 
autres groflès villes qui font fituees auriuage fur les porcs des 
mers du contour d'italiexomme auifi les autres qui fct en terre 
ferme;ô:me(mementaRomme.Car vn trefcauâc médecin no- 
me maiftre Gilbert,Flament &: homme curieus de recouurer Iqs 
peinclures des animauls,m'a aiîeuré que en tout le temps <S^:e^pa 
ce de dix ansjil ne veit onc apporter q Vn feul Daulphin a la poif 
fonnerieJeq. elencor ne fut pas mangé : car il ne le trou ua per- 
fonne qui envoulutacheter,linô quelque peu d'eilrâgers-.Ô^qu il 
en acheta;pour auoirlagrefiéj Sclesoifementsdela telle, qu'il 
garde en ion cabinet.Nousauons encore plufieurs autres beauls 
exemples qui font de ce temps ci. Car les habitants de la ville de 
Rimini en Italie,au riuage de la mer Adriatique, trouuerent vn 
Daulphin n'a. pas long temps^qni eftoit demouré a fec fans eaue 
deiîusle lablon, a vn quart de lieue de leur ville,lequel ils firent 
charger dedens vn chariot tout en vicydc lamenerent a Rimini, 
ouilvefquittroisiours. Et 1 il eft vray ce quils inenontdicl:> 
ceuls qui lamenerent gaignerentvne grande tomme d'argent a 
le môftrer.Car chafcû qui le vouioit veoir,bailIoic quelque pièce 

B.j. d'ar 



PREMIER LIVRE 



d'argent.Lamefure qu'ils môllroient delà longueur^eftoitpres 
d vnc aulne 3c demie.&: coucel'tois iamais homme ne tafta de la 
chair.Car ils n ont point dvlage den mangerifinon qu'ils lefer- 
uirent de l'a grelle.Et pour en iaiiîer memoire,iIs purgerétlesof- 
lements de la telle,laquelle ils gardent encore auec la queue pen 
due au delibs de la porte de la ville,qui eft la ,pchaine du port.au- 
quel heu il y auoit 1 efcaille dVne tortue, dot ils en ont côtrefaict 
vn monftre,mettant la telle deuant,6^ la queue derrière: Se pour 
a utant que ie fei retirer le portraicl des ofleméts de ladicle tefte, 
ie lay taicl reprefenter en ce lieu auec la peinc^bure des Daulphis, 
côme Ion pourra veoir ci après quâd ie parleray des intérieures 
parties de la tefte du Daulphi.I auoye tout ceci a dire en prouue 
que les I taliens n'aient acouftumé de manger du Daulphin, de 
laqu'elle choie il me féble qu'il Tuffic pour cefte heure,dece que 
ienaydict. 

Que tes Hommes Stsi^als dn Lemnt j^cnjent (^nefoit j^lus^randc 
cmande d'offenftrvn DaHt]^hin,jHe dt tHtr vn IJomme:& ^niis 
Vont en^randc vencration, CÉapitre VIII. 

T AY voulu adioufter d'auantage,qu'il n'y a aucû des pefcheufs 
•*-Turcs,Grecz,Erclauons; Albanois, 3c autres gents qui fuiuent 
la religiô Greque;qui fe mette iamais en effort de faire mal a vn 
Daulphin-.mais ils ont de couftume;que quand aucû d'entre euls 
ont pris vn Daulphin dedens les rets^ils prennent bon augure,6^ 
encore que leDaulphin euft faidl dommage aus retz^ils ont grâd 
paour de luy faire maL5^ le remettct en la mer,.auec parolles de 
i'aincleté^en dilant des prieres;<S^efl:imants que quand ils ne leur 
feront violence;cela leur pourraproficer en autre temps.Car cel- 
luy d entre euls qui fe pourrra raifonnablement vanter qu'il ait 
donné liberté par dix fois a vn Daulphin^péfera en acquérir gra- 
de louange entre (es compaignons.Et a ce les meut vne commu 
ne raifon que i ay deiîa par ci deuant efcripte.Ceft qu'il n'y a cel 
luy d entre euls^qui n'ait opinion,quequand ils (croient en vne 
extrémité a la mercy de la mer,ou que leur nauire feroit froiffee 
contre les rochiersjou autrement brifeeou batue .entre les va- 
gues des horribles tempeftes de la mer^ou bien qu'il fuft iedé en 
leaueparla malice de l'es compaignons,comme fut Arion, que 
les Daulphinsqu'ilauroic autrefois deliurez de captiuité; enre- 

côpcle 



DESPOISSONSMARINÎ. 8 

compenfe luy Tanueroyent la vie.Et oultre ce que i'ay didljenco 
redure vne autre opinion non feulement encre les Grecs,niais 
aulîi encre quelque parcie des Italiens, de principalement encre 
les mariniers Venitiens,que fil y auoit quelcû en leur nauire qui 
euft tué vn Daulphin,(S<: la nauire fe crouuoit fur la merefbran* 
lee delà tépell:e,touts les Daulphinsqui feroient la au tour; viê^ 
droient faire périr leur nauire,pour fe vcger de cclluy qui auroit 
commis vn,tel crime.Par cela ils craignent de leur hire mal, de 
paour que cela ne leur aduienne.Car comme ils voyent les Daul 
phins accompaigner les nauires en la mer, principalement quâd 
il faicT: grande fortune,tout ainfi le bruit eft qu'ils donneroient 
aydeavnchafcunafelauuer.Cefontlesraifons pourquoy plu- 
fleurs nations ne veullent point faire dbulcr âge aus Daubhms, 
3c par confequent f abltiennent de les manger. 

Qfte grande partit des Hommes de (a religion Latine, au contraire 
des GrecS)THrcs,& luifs^font j^lnsfriats de (a ci^air du Dani^f^i 
qne de nul antre poijjon. Cfinpitre IX. 

-^4 Aisceulsqui font de la religion Latine, moins fcrupuleus 
^^^ queles fufdicl:s,tantdeceulsqui habitent au riuagede l'O* 
ceân,que de bonne partie des autres qui font en la merMediter- 
ranee^ne font point couftumiers défaire celles difticukez: sins 
comme iay défia dicTrjilsFappetent plus que nul qui foit encre 
touts les autres poiflbns.Et par cela il n'en y apoint dautre qui 
vienne a fi hault pris par les poiilonneries. Car en quelque temps 
de Tannée qu il foit apporté au marché, il ha toufiours fa valeur 
en hault pris.-car on n a point faicl diftir^clion du tépsen quoy 
ileftenfaifon.Etcequiafaiclqu'il ait retenu la dignité eflant 
cogneu,a efté le haulc pris en quoy font misles grands feigneurs 
qui iéle fontreferuer, par cepoincTrlîjefiéque eftantAcom^ 
mun comme il efl:,a^^neftant pas cogneupour Daulphin^iayeu 
dueil de le veoir reueftu d Vn nom fi barbare. Et maintenant que 
i'aypropofé luy rendre fon nom ancien, fâchant bien que cell: 
haulteçntreprife,que de vouloir deftruirevn nom ia long ccps 
vfurpé^afin de ne croubler FeTperic de ceuls^qui pour le corn men 
cément pourront trouuer que cela foie trop dur,i'ay cherché les 
moyens pour le rendre plus facile a leur digeftion. Mais auant 
que ie procède plus auant a Ion hi(loire;ilm'a iémblé n'en dire 

d'auanca^ 



PREMIER LX VR E 



d auantage,que ie naye premièrement expofédouviet la caufc 
qull ait mué ce nom deDauIphin^&r qu'on Tait 1 urnommé d Vn 
autre.Car quand au Daulphm,il refte touiiours en Ton entier,6c 
encore qu on n ait continué a le nommer Daulphin, 3c quil ait 
emprunté le nom dVnaucre,qu on luy a baillé indécemment, 
couteiïois f efpere en dire la railbn preléntement. 

La canjc j^onr^Hoy fe Danij^bin a ^rii v» nom iariart en 
France. Cfopitrc X. 

/^'Eft que quand les pefcheurs de noftre natiô ont pris vn Daul 
^^phin en leurs riuages en plaine mer, ignorants ibnnom Frâ* 
cois,3c ne le lâchants exprimer par le nom ancien,ils luy en ont 
baillé vn barbare,qu ils auoientapprins des eftrangiers. Et lèse, 
ftrangers luy inuentecent vn nom comme le diray.Car ellant li- 
bre a toutes natiôs d'impofer les nos aux chofes qui leur elloiét 
vulgaires^quandellesnenauoient point: ils les cherchoyent le 
mieuls a propos qu'ils pouuoient inuenter , correipondants a la 
choie nommee-.commeil eft aduenu a ce Daulphm.Car merme- 
ment quand ils ont veu ce poiflbn dont ils auoient IVIage, eftât 
haché en pieces,e[lre iéblable a la chair d'vn porceau; ils luy ont 
voulu bailler vne diction correfpondante a cela,a fin qu'il tint le 
nom de la choie a laquelle il reflembloit^luy baillant ion etymo^ 
logie de la mer 3c du porceau.Ce furent premièrement les nom- 
mes qui tiénent le langage du bas Alleman;6c n'y a point de faui 
te qu ils n'ayent eu celte appellation auant les François, comme 
ie puis bien prouuer par le nom qu'il retient pour le iourd'huy: 
&: comme ainii lbitquilnefoitpasFrancois,auflieftilemprun 
té du bas Allemâ. Car d'vne voix commune nous le nommons 
duMarfouin. Mais Marfouineftce langage François (Vérita- 
blement ie croy qu'il n'y a celluy qui ne tache bien que non. Et 
pource que peu de gents fcauent qu il foit AIIeman,ôe qu'il figni 
fie porceau de mer,ie Tay voulu expolerainfi; c'eftquemerou 
meer en leur liguage, fignifie en François la mer: 8i cheuein ou 
fauinfignifievnporceau-.tellement que quand loncôioincl ces 
deus dictions enfemble,on prononce mer fouin: mais les Fran- 
çois dient mar fouin,qui eft a dire porceau de mer. 

Q^e (es Bretons Brctonnants nommants U DAHlvdin^ nient 
enjHiuyvnemiJmeetymoio^ic* Cèaj^itrc XI. 

Les 



DE$POISSON5MARlNî, ^ 

LES Bretons auflï,n'en exceptant non plus ceuls de L'armor 
que les autres de L'arguet,ne ceuls qui font Bretons Breton- 
nants,non plus que ceuls qui font lurnommez Bretons Gailots, 
toutsenleurlanguage,&dVne voix commune l'appellent du 
Morhouch;&:mermementilsontenuoyécenom la lufquesen 
quelques endroicts ou Ion parle Francois,tellement que le Mar* 
l'ouin perd Ion nom,&: fe change en Morhouch des la ville d'An- 
giers,de Nantes;3c autres villes voifines des Bretons,ou Ion par* 
le Francois:3cle nomment du Morho;quieft nom fignifiant ce 
que i ay dicl en Alleman^correfpondant en François au porceau 
de me'r.Car mor en Breton, eft a dire mer; houch eft a dire 'por- 
ceau, en forte que ceftediclionMorho lignifie autant que Por* 
ceau de mer. 

Que le Daulj^hin (oit appelle en Angleterre 
de la mejme jignijîcatwn jujàiïie en lanoua^e 
Amlois, Cbav. Xll. 

T ES Angloisont fuyui celle mermeetymologie^lenommâts 
-*^en leur vulgaire Porc pifch:ainlî que lauons ouy nommer e- 
ûânts en la ville de Londres. Et traduicl de mot a mot, au récit 
de pluiîeurs Icauants médecins Anglois^6^ entre autres de mon* 
lîeur Io.\<^atfon,qui lingulieremiCnt entie les autres eft diligent 
a la contemplation de telles choies, lignifie la mefme choie que 
i ay dicte des autres nations. 

Que mdauefauls nom que le Daulphin tien^ 
nées autres nations^toutesfois elles le nomment 
enleur language^mais les ïrancoisle noment 
en clament Chap. XIII. 

T ESFrâcoismefemblentlauoirnôméleplusmal quetouts. 
-^Car combien que cefte voix,Porceau de mer,ainfi prononcée 
en noftre langue,&:en Latin Porcus marinus,conuiéne a vn au* 
trepoiifonquau Daulphin,comme lediraycy après: toutesfois 
il eft plus'tolerable aus autres nations qui le nom ment en leur la 
guaige vulgaire,que aus François le nommant de nom eftrâgier. 

C. Les 



FREMIERLIVRE 

LcsAngloisIenommencenleurlanguage, &: les Bretons auffis 
mais les François le nomment dVn nom emprunté du iangua* 
gedeflamentou bas Aile man. 

Que les Latins mcfmes ont j^lus de mil ans\j'é 
de ce nom en leurs ejcrij^ts^ juyuanc le^pulo-at^ 
re^^our exprimer Le ^arjouitî. 

Cha^/ XI III. 

QVI vouldroit tourner ce no de Marfouin^Se le rendre Latin, 
on l'appelleroit Marjto ^^aji maris j^s. Ou il nous -le prononciôs 
Murfouin,ouMariouî on lappelieroit Mur iyo,ou Morlyo.Car 
mefmementonlicl diuerièinent toutes ces deus diclionsen 
Pline, qui au neutiefme chapitre du neufieime liure,a deicrit vn 
poiU'on qu'il nomme Turiioen cède manière. Dcîpbmor^m fu 
rmlitHàinem buèsnt, j»i vocaninr T.irJjQncs. Les autres exemplai*» 
res ont Torlyones.Et qui auroit changé le T, a vne M, 1 on pro- 
nonceroit Murfyones) ou Morlyones, qui ieroit a dite Mûri o^ 
ins;OU Moriouins. Orcequeles Lati nj ont appelle Turiyo, ou 
Toriyo,ie prouueray bien quelesGrecs layent nômé Phocxna. 
Laquelle choie Theodorus Gaza n'a pas ignoré^lequel tournant 
Ariilotede Grec enLatin^areceu celte dictiôTirlyo^pourlaGre 
q ue Phoc2ena,fuy uant 1 a uthorité de Plme.Car tout ce quePline 
aefcript de Xnrjjoney ^rillote lauoitdicl ie Pboc^ettrt.Nous parle 
ronsdecePboc«f?iaou Marfouinplus amplement en ion propre 
chapitre. Parquoy ie retourneray a mon Daulphin. 

Quela^gix de Dc-ml^hin^refle en la mémoire 
des hommes^ mais quil ne foit pint de j^oijjon 
^uon cognoijje ^our Dauphin. 

Chap. X V. 

•p T combien que le Daulphin ell indifcrettement nômé Mar^ 
-^iouin,&: bec d Oye: ie ne di pas qu'il n'y ait vne voix de Daul- 
phin,qui relie imprimée en la mémoire des hommes^delaquel* 
le touts fe fouuiennenr, de le icauent nommer ôc cognoillre en 
peincture ôc es armoiries;^: es monnoyes tant d or que d'argent, 

ou 



DESPCIS50NS MARINS. lO 

ouileftfaullement repreremé.Sieftcepourcant,quequideman 
deroïc a toucs les peicheurs qui (ont en la grande mer occidenta- 
le le ils cognoiiienc quelque poiilon nommé Daulphin; toucs af- 
leureroient que non. Si eit il couteit-ois beioing qu il Ibic vn poif 
fon cenât le nô de Dauiphm .Et i il y en ell quelqu vn, il taule par 
côlequcnt qu il loit cogneu,^: que loit celuy que i ay dicl:,ou blé 
vnautre.ttafinde elpiucher celle propofition par le menu,6^de 
la prouuer par euidente demonltration^iay voulu propoler quel 
que contradichon. 

Afcamrfîl ejlj^oint d'autre ptjjon a ^«i le nom de 

Vaulpbin coumi tnicuUauau L\iarjouWyjurnom^ 

mé me Oje. Chaj^, XVI. 

\70ulant prouuer par demonftration que le fufdicT: Marfouin 
nomme vneOye,ibic le vray Dauiphm, fuppotant premiè- 
rement vne côtradiciiô par moymeimes,en après i auray deux 
choies a coniiderer. C eit a icauoir ou qu il fauit que le me met- 
te en eïtorc & debuoir de prou uer que c ell celuy que le duou bié 
chercherTill en trou uera point d autre queceltuyciqui puille 
obtenir le nom du Dauiphm. La contradiction par moy luppo- 
feeelltelkJepoièlecas qu'on ne me veuille concéder, que ce 
foit luy,mais cocalemét cotredire a tout ce que l'en ay dictâca- 
uoireltquon nie que le Marfouin qui eil nommé Bec dOye, 
puille eiire celuy que les anciens ont encendu pour Daulphin,<3c 
que mon Oye ou Maribum ne conuienne non pi us aucc les pem 
cturesqu on a anciennement faicles des Daulphins>qu auec cel 
les qui nous iont repreiêtees par les modernes: ôi iemblablemét 
qu il ne côuienne en rien auec la defcripciô des anciens. A quoy 
ie refpoadray pertinemment. 

AjcauotrÇtlejlj^oint ^rins de Daidj^hinen lagran^ 
de mer Oceane. Cha^. XVII. 

A Vant que refpondre a ce que i ay fufciid;ie demanderay pre- 

mierementlilyateimoignagedequelque autheur, que la 

grand mer Oceane ne nourniie des Daulphins.Lbn merelpon- 

C i. dra 



PREMIER Livre 

dra ou]r,ou non.Et fi Ion dict que ouy;auiTi fauldra il par confe- 
quencconfeiler quonenpuiikbien pefcherquelqueiîbis, tout 
ainiî qu on taicl des autres grands pouions qui y ionc, veu mef- 
mementquony pelche de grandes Balaines, de grands Chaul 
drons,de grades undres. Si Ion me dic\ qu'on n y en pelche polt 
aulii lauk il diix qu il ny en ait poincCar il eil manitdte que toa 
tci ibrtes de grands poiiibns y tonc prinles 5c pelchees. Et ii Ton 
y en prend,qu on me face dire par quelquonques qubii vouldra 
chaiiir des mariniers &c pelcheurs qui hancent la mer, ou par 
ceuls qui vendent les poiilons es groiies villes, tant des nuages, 
que de terre ferme,de quelle tonne etl celluy qu'ilsveulent enten 
dreque ce ioit le Daulphin Deiia ne peuk onraitbnnablement 
nier quiln y ait vn poiiion nailianc en la grand mer,qui f apppel 
le Da ulphin. Voila quait a 1 vn des iuidicts poincls.ivlais ii 1 on 
ne trouue perlonne de ceuls que l'ay lutdicî-, qui ait ibuuenance 
dauoir lamais veu vn poiiion qui iappellaft du no deDauIphm, 
&: que i entreprenne de letronuer^alors ce lera a moy d en ciier^ 
cher vn,Iequel le trouueray bien toit Mais li on vouloir dire qu'il 
nyeneultpoint,dmei'embIequbn ne feroit pas peu de tore a 
nollie grande mer Oceane nourrice de toutes les el'peces de poif 
fons,reitimanttant ftenle &: inte. tile quelle ne produite pomc 
deDaulphin;lequel on eilime le Roy des poilfons-le croy toute- 
fois qu'il neft homme qui VLieiUenierqu ellenenproduile.bt il 
elle en produidijautli nous le tault il cognoiftre. Mais cômei ay 
dicl,ayant changé leur nom ancien, toutsles nomment Bec de 
OyesjOu Mariouins, comme i elpere bien prouuer par ci après. 
V oyia que i'a uoye a reipondre a ce que f ay dicl par ci deuant. 
le ne mearrefteray maintenant gueres fur la première queition 
cèlera quand l'en baïUeray la peincT:ure. Car comme dibit mani 
fefte que noz Marlbuins qu i ibnt lurnommez Becs d'Oyes^con 
uiennent en toutes iortes auec les notes qui furent iadis eicn- 
ptes du Daulphin,laquelle chofe le pretens prouuer en les delcri 
uant;&: conférant leur defcription tant delexterieure que de 
rintcrieurepartieriepalTeray oultre, laiifanta conférer ce qui a 
efté efcript par les anciensjiufques a la defcription du Daulphin, 
que ie remets aux chapitres a ce propres. 



DES POISSONS MARINS, 



II 



Que les ^ewctrcs j^cuuent àôner telle curuité jue leur 
viaijlaus Dau'j^lms.jans leur faire rien perdre de la 
natjueji^ure du ^latureL Qhap. X VIII. 

QVant eft a ce que i Oye, ou marfouin^ne conuienne auec les 
peinclures qui ont elle taicles anciennemenc des Daulphfç, 
qu'on a graué es monnoyes antiques: Auantque procederplus 
oultre a toucher ce poincl: ici, il me fault preluppoier qu on co- 
gnoille bic n le poiiVon donc ic vueil parIer,lcauoir eft le Marfou- 
inquon afurnomméOyei&rauliiquon fâche bien quels font 
les portraicis des Daulphins qui font retirez fur les medalles, ôc 
ftatues;antiques^efquelles les Daulphins (ont repre(entez:car les 
vnsyfonccourbez; 6c voultez en arc, & les autres y font touts 
droicts'.defquels i ay faict retirer les portraicls, tant des vns que 
des autres,a fin de monftrer que cela ne prouient finon de l'indu 
ftriedu peinclre,qui le peultdiuerfifier felô que bonluy femble, 
ou qu'il plaift a celui qui les faict retirer:côme lô peulc veoir par 
cefte preféte figure retirée dVne âtique peicture d vne ftatue cô* 
trefaicle auprès du natureUaquelle toute courbée qu'elle eftoit, 
nauoit rien perdu de la fymmetrie de lavraie proportion qui eft 
requife â la grolTeur &: longueur du Daulphin. 



\ray Portraiïï d\n Daulphin courbé/etiréde ïantijue 



\ 




Cj. Quç 



uc 



PREMIER LIVRE 



Queles Daulj^hins ne foient^outc:^nc courhc:^no 
fbs en lam:rjuejur terre. Lfo^.^'^lX. 

T'Ay biêvoulu touchervn poincl de la courbure desDauIphins: 
Car quanc a euls;ils neloncpas courbez,comnie on les mec en 
peïcl:ure,^n eil aulii crouué queAnllote ne autre autheur anc lé 
digne d eilre creu,qui ait onc eicript que les Daulphis loyéc vou 
tez.Et côbien que i^kne^cOuid^ onc aicl dorjorcj^.Mo^cc n eitpas a 
dire que tout le corpz Ibit vouié,car il n y ha que le dos.L erreur 
viencdontiediray:Ceftquonles apperçoic louuent laukeren 
1 airSc qu en iaultac leur lault n eit pas de îcA ancer en 1 air droicl 
contremonc,ne auili de retumber droict d ou ils lont lortis,com 
mefbntles Pelamides,6cies Tons:maisc"'eit que quand ils vieii^ 
nent hors de la mer,pouliez de grande roideur,en le dardant uiv 
pecueuleii7ent;ils ioi cent la ceite la premiere:6c quand ils recum* 
benCjilsvoncmojltloing deiendroicl d6tilsionciilus,celleméc 
quilsretûbent ùdroiCts lur le oout de la teite; que leurs queues 
aemeurcc quelque temps horsl eaue Et pource qu on a veu, que 
leur iault ha taict la peripecliue d vn demy cercie;lô a cuidé que 
celle rôdeur prouint de ia torme de leur corps:mais cela eit rauls. 
Et qu il ne ibit vray, foit pris vn baitoii pour exemple; 3c qu vn 
homme le leclede la poincl:e du pied en 1 aîr,6s: q a il vienne com 
ber fur l'autre bout: ceuls qui lêrôc loingjl auront veu prédre vn 
tel tour dedemy cercle, qu il aura lemblé que le ballon meime 
ait elle courbé. Et fi les Daulphms elloiét courbez en la mer,auf' 
il le ieroient ils en terre quand ils y iont apportez. Ceci ioïc dicl: 
touchant de fa curuité. Les pemclres les peuuent bien peindre 
courbez,^ leur peuuent taire retenir leur nayfue figure-.mais tou 
. teffois qui veult parler du naturcl^iln eft nullemét courbé: choie 
queiepourray prouuer par moult grand nombre de Daulphms 
portraiclis en pluiieurs medalles fort antiques,tant en or;argent, 
qu'en cuyureiqu il a pieu a monfieur le treforier Grollier me mô 
ftrer,erquelles iont reprefentez lesDaulphins;dont la plus grade 
partie iont touts droicts,comme nature les ha produicls. 



DESPOISSONSMÀRINS. iz 

Que les Daulj^hins rej^refente^esmedalles antiques^ cona 
utennent de ^ow^ en i^oinïi auec le j^ortrat'tl du Marfouin 
furnommé Bec dOye. Chap. X X. 

■pNalJeganc lesmedallesoui'ayveules Daulphins portraicls, 
ie ne precens poinc enfeigner,ne rendre la railon pourquoy 15 
yaitgrauéoupeinciiesDaulphins: comme quâdrallegue pour 
tefmoignage celles de monfîeur le treloricr Grollier,hôme fingu* 
Iieremenc diligent a-cherchcr les chores antiques, &: deplusgrâ 
de bontéde nature a les communiquer:mais pour mettre deuât 
les yeulsla naifue figure du Daulphm, qui en toutspoincts con* 
U'ent auec le portraicl que i ay faict retirer quand i ay reprefen- 
té les Mariouins iurnom mez liées d'Oyes.Parquoy fils conuie* 
nent enlemble,nous aurons raifon de conclure que ioit vne mef 
me choi'e.Car baillant la figure de TOye, il n y a celluy qui ne la 
puiile conférer auec le naturel apporté de-la mer^Ôcou il ne ieroic 
trouué eftre fon vray portraid:,il y auroit occafion de me repren 
dre.Lequel portraicl: de lOye puis mis en côparaiion auec ceuls 
qui iont retirez de l'antique, monftrent al œil qu ils aient ellez 
retirez touts deux dVn melme patron. 

Que les Ancien s autheurs^avj^rouuent que les D^wip/;i//i 
aient ejle graueT^ es monnoies antiques. Chôp. XXI, 

liyl Ais quant a celles des medalleS;, ie croy qu'il n'y a celuy qui 

■*-^"* ne les vueille bien approuuer pour peincturesdeDaulphins, 

Car qui le vouldroit nier,il feroit tacile de le prouuer par fautho- 

rite de Aiitlote &" des autres anciens autheurs:veu raefmemenc 

que les Taretins long temps auant la grandeur des Romains a- 

uoyent defia faicl grauer les Daulphins en leurs monnoyes, 

en mémoire de Taras fils de Neptune,lequel on feincl auoir elle 

m ué par les autres dieux en vn DauIphin.De la vient que Taras 

fils de Neptune foit portraicl iur vn Daulphin ,en la manière de 

ceuls qui ibnt acheual, tenants le Daulphin bridé,lecôdui[âc 

la ou il veult.Voila quant aus Daulphins portraiclses mônoyes 

desTarentins.SemblablementleRoy x\lis auoitvn Daulphin 

grauéen fes monnoves,lequelportoit vn petit garlon deilus ion 

dos.AuiTieft il aflez approuuéqueTite Velpaiiâauoiten fesde- 

uiie« 



PREMIER LIVRE 

uifes 5C medalles le Daulphin entortillé autour de l'Ancre, figni- 
iiancce que diloicle prouerbe ancien dAugufte Csefar, lejhna 
iitne, Caicômeil neitoyleau enrair,ne vire d'arbalefte qui l'oit 
plus impecueure,nequi puiiic aller plus viite que le Daulphin^^ 
qu'il n'ell choie plus tarde 3c qui recienne mieuls que faict l'An* 
cre;toutainii ces deux Ancre 6^ Daulphin alTemblez enfemble 
cftant de liature contraire;lîgnifient quelques tempérance. Voila 
quant aux Daulphins qui on elléporcraicts es medalles deTite 
Yefpaiienjlerquelles nous auons veu ou l'ay dict.Nous auôs aut 
û bien veu les medalles de Claudius Caelar auec Neptune tenant 
vn Trident,aiiis deflus vn poiiion,qui ha bié la femblancedVn 
Daulphin mais le croy que n eft cellui que les autheurs nômerct 
Orca, duquel le bàilleray la peinct ure par ci apres.Pline parlât de 
cepoilibn,racôpte entièrement toute Thiftoire faiftc par Claudi* 
us C^iar^lequei eftant au port de Oftia, qu'il faifoit redifFier, en 
print vne^dont il feit Ipectacle au peuple Romain.& croy que il 
1 ait faid retirer en fesmedalles,ôc que ce foit elle qu'on y voit 
porcraide,^^ non pas vn Daulphin-.i'en parleray plus amplemêt 
a la fin de ce liure en defcriuant le poiiTon nommé Orca.D'auan- 
tage nous auons veu le portraicl des Daulphins qui lont es mô* 
noyés d'Augufte,ôcRutfus,Tybere &:Domitien&: Vittellius,qui 
font toutes Latines. Mais encore oultre les Latines mon dit fieur 
en a des Greques; qui me femblent beaucoup mieuls obferuees 
que les Latines:6c celles qui font les plus antiques,fôt les mieuls 
clabourees,delquelles font retirez ces prefen ts portraifts. 

Yray portratti du Daulj^hin retiré d\nc antijuc mciaU 

le de monfmr le Trefoner Grollier. 





DES POISSONS MARIN s. X} 

LcsDaulphinsfontnaifucmentreprcfentczen cefte figure auf- 
(i ell elle d vne trelancique medalle, laquelle mondid iîeur cfti- 
me eftre Greque.ll n y a poind d eicripture autour,aufli elle ne 
cft pas en forme plane en la fuperfîciedu côcour, comme les au 
très medalles,mais elt rôde par les bords,&: ha deux petites oreil 
les.Ceftcequeiauoyeadire touchât leseftigiesdesUaulphins 
que nous auons veus grauez fur diueri'es elpeces de monnoyes 
antiques; toutes lelquellcs conuiennentauec les peintures de 
noftrcBecd'Oye, 

Que quelques >W5 aient eu opmon que lEjlur^eon fujl 
leDaulvhinimais qutljotc tout le cotraire.Cba^.x X I K 

TEvoyqueplufieursdeceulsqui lont admirateurs des chofes 
na:ui'clies,6<:quioncgrandplaiiir en regardant de plus près aus 
choies memoraDles,lecompiaignantsquali en eulsmeimes, de 
ne veoir aucun poilibn en irrance obtenir le nom du Diulphm, 
de ne pouuants luger lequel ce pourroit eitre,le font efforcez le* 
ion 1 imagination qu ils en auoientconceue, de maintenir q'uii 
nyeaitpoincdautrequbncogneuft,aquile nom de Daulptim 
peult mieuls conuenir qu a rEiturgeon,(!$cain{i i'eilâts totalemêc 
peri'uadez que l'Eiturgeô debuoit élire appelle Daalphin,l 6t af* 
terme eftrevray.Quàt a ce point,leur opiniôell ail'ee a côtutenôC 
pour ce faire ne vueil qu vns merquex ell que nul poiiïon peuk 
eilre appelléDaulphl,! il n a la queue en manière de lune en croif 
tant; parquoy lil hilurgeon elloit le Daulphin, aulli fauldroit il 
qu il euft la queue en lune.Ceft vne mcrque que touts ceuls qui 
ont elcript du Daulphin;Ont mis en memoircjdefquels il me Tuf 
fit en prendre pour exemple en tel moignagevn Teul Oaidc; le* 
quel parlant des nautôniers Tyrrheniens; lelquels il temcl élire 
tranlmuez en Daulphms^dicl 

•" FaUata noHijJima cauda ejly 

Qmiia dimidi£finHantkr cortina Iwn^, 

Or TEfturgeoan'ha pas la queue en lune;aulli n eft ce pas a luy a 

qui le Daalphinconuient. le ne vueil pas parler de 1 Ellurgeon 

plus amplement,linon que pour monllrer que nous n ayons pas 

ignoré quel d eft,6c aulTi pour môftrer qu'en auôs la peîclure E t 

D. lay 



PREMIER Livre 



lay voulu faire mettre ici,a fin que ceuls qui eftoient en cette o^ 
pinion,Ia changent auecvnemeiUeure.Cequeie nomme Eftur- 
geonja Bordeaux eft nommé du Creac. Et combien que l'Eflur- 
geon croiife en longueur exceffiue, comme eftoit cellui qui fut 
apporté au Roy François a Montargis,IequeI eftoit long de dix- 
huid pieds,ceneantmoins lin eftoit pas Daulphm pour cela, 
La \raic ^cmilurc de l'Ejhrocon, 








Que ^lujleurs aient eflimé cjue ïkiano^qui ejl moult ^ranà ^oif 
fon^njurri au Pau ejloit le Daulphin^ àr jutlfoit tout leçons 
traire^ Chap. XXIII. 

TL n'yaceluyquiaitleu l'hiftoireduDauIphin qui ne fâche bié 
quilaitle nez fort long. Et pource que Ion trouue vn poiflbn 
nommé A^fanoenlariuiere du Pau de moult grande corpuléce, 
beaucoup plus grand que 1 Efturgeon)&: qui eft du genre dei £* 
flurgeon^plufieurs ignorants fon nom ancien, ont eu opinion 
quec'eftoit leDaulphin: mais il T'appelle Attiins Et a fin que 
quelque autre ne penfaft que ce fuft vn Daulphin, ienayauflî 
voulu bailler la peinftureauecfon vray nom. lenen bailleray 
pas la defcription en ce lieu, d'autant qu'il ne fe peult référer en 
rien qui foitdes efpecesdu Daulphin. Et nay baillé lapeinclure 
fînon pour tefmoignage contre les faulfes opinions qu'on auoit 
du Dauphin. 

La portraiture du fufdiU voijjotî de defme urée oradeur^ 
nourri en la riuiere du Pûu^ nommé Attilus. 




D E s P O I s s O N s M A R I N J, 14 

Que le Ton.encor quiljoit de grande corfuUnct^ & cju il 
mtlacjueueen Lune, tl ejl touteffon diQererJtau DauU 
phitt. Cha^. XXII 1 1. 

CEiîiblablementle Ton eftant moult grâd poiflbn,aiantqueI' 
queléblanceauecIeDaulphinjhadônéoccafiôapiulieuriqui 
ne lecognoiHoyentpas^deleibupionnerpourDdulphin. Mais 
a fin d en oller 1 erreur,! en ay voulu bailler la peincture,ô^ au de- 
meuranc n y mectancriende la dclcripcion, car le ne prêtés met 
trechofepar efcrit enceliure,quineconuienncalexceneure^ac 
incerieure hiftoire du Daulphin. 

La^einïlureduTon, 




Quele nom de Marsouin comnenne a^phirurs j^ôijJ'onSy 

Jelon la commune apvellation^ulpirc ^è^ la rai, on pour 

quoy le Daulvhinje nomme Vwe Oye. Cbap. XX Y. 

\ Yant propofé de r/oublier rien de ce qui appartient a i Hiftôi 
•"redu Daj!phin,ienepuis bonnement- ce faire fansycom^ 
prendremamcenantlesautrespoilTonquiibntde mclme elpc* 
cejlefquels doibuct eftre nombrez en Ion genre. Car l'appellatio 
du nom de Marfonin eftgenerallea plufieurs poiiïbnç. Parquoy 
apnt mon principal poind: pour but qui eft de bailler la vraye 

Dz' peinclu' 



PREMIER LIVRE 



peincflure du Daulphin comme nature la produi(ft,fansluy ad* 
ioufter note ou merque qui Ibit artificielle;OU diminuer, &: a fin 
de prouuer que celuy qui entre les eipeces des Mariouins eft nô- 
mé vne Oye,ibit le Daulphin^il fauldra premièrement entêdre, 
que nous auons deux poiiibns allez communs, de qui font quafi 
apportez touts les vendredis aux marchez des poillonneries des 
grolVes villes,& principalement de Paris,reflèmblants IVn a Tau* 
tre^indifFercment nommez Marfouins.Mais entre euls il y en a 
1 Vn qui particulieremêt eft nôméBec d'Oye,ouOye:lequel n'eft 
pas du tout lî cômun qu eft lautre efpece: qui pour auoir le nez 
plus lôg,ha trouuédiftmftiô d auec rautreMarlbuî. Et côme les 
Geneuois ont nôméle Singe de mer Pe/cc p^ia, pource qu'ils luy 
veoiét fa queue faide a la manière dVne efpee platte:iemblable- 
met &: par argumêt pareil le Daulphin'aiât le nez lôg, ha prins le 
nom dVne Oye.Et le poiflb nôméXip 6t«i qui ha le nez lôg'cômc 
vne elpee d'armes, dont il ha gaigné Ion appellation Greque de 
Latine/éblablement ha efté nômé a Marfeille ôca Gènes le poif- 
fon Empereur.Iedi a Gènes eftre nommé Empereur,a la différé 
ce des fufdicis Singes de mer,qui ontvne queue moult lôgue c5 
me vne longue efpee platte,par cela ils l'appellent Pe/ce/pada,&:en 
Frâcois poiflbn a lefpee.Mais le Xipfiiw;, auquel les François ont 
veu porter le nez {ilong,a efté par euls nommé Héron de mer. 
Aufli pour ce qu'il y ha vne des efpeces du fufdicl Marfouin,qui 
ha le nez long a la façon d Vne Oye,féblabIement ils font nômé 
vneOye. Voila que i auois a dire de la iuldicle Oye 8c de ce qui 
ha meu les Frâcois a luy^auoir baillé ce nô. G eft vne note infalli* 
bIe:pour fcauoir bié diftïguer IVn d auec l'autrcSc^de laquelle A* 
riftote au iiif .des parties ha faid: mention. Car il ha diét en ceft 
cndroiét la que le Daulphin ha le bec lôg&:rôd,Q«M ro/lrrf Dcfp6tno 
rH(di t il)jîrH£f «ra ureti ac umijityfadkfcidi tn oris (yatitii no potejl. Voila 
quât a la première efpece des Marfouïs & la principale de toutes 
les autres,carc'eft celuy qui eft le vray Daulphin. L autre efpece 
de Marfouin, did: en Grec Pfjocccna, en Latin Tor^o/& duquel la 
cognoifTance eft plus vulgaire,(5: qui tient le^ay nom de Mar 
fouin eft*(emblablemet|appellé marfouin comme lautre delfus 
cKd,naiant en toutes fortes autre furnom François. Encory a 



vne 



DESPOISSONSMARINS. f^ 



vnc autre tierce efpece de Marfouin,dont i ay femblableméc re- 
tiré la peinâ:ure,quieft vnpoiffonqueienay pas veu fouuenc 
trouue en commun viage. tt pource que l'en bailleray la defcri- 
ption ailleurs ensemble auec la pein6lure,iay remis coûtes cho 
l'es a les Ipecifier en leur chapitre.Cefte elpece eft feulement dif- 
férente en grandeur aus deux premières, &: en quelques autres 
particulières merques ôc pourceque ie diray toutes les ditferéces 
des trois en leurs particuliers chapitre ic celièray den parler pre* 
fentement car il faultqueiebaille premièrement leurs dittincti' 
ons par noms propres. 

La dijlmilion dç leur nom^^ ^ue fOyc (oit te Daulfhin 
Êr (^ue le îAarfouin Joit de jbn genre. Cha]^. X X V I. 

PVis donc qu'il eft ainfi,que les Daulphins 6c les Phocenesfôt 
communeement nommez Marfoums, &:qu'irn'eft aucun 
poifl'on que nous cognoillbns pour Daulphin que les fuidicls^ de 
qu il n y en a aucun de touts les autres qui luftement puiife tenir 
le r>om de Daulphin que le Bec d Oye, il ma femblé bon après 
quei en ay baillé des portraicts retirez delantique, pour confé- 
rer auec 1 Oye;en bailler confequemment la peinclure, n en fai- 
fanc autre difcours que cellui que i ay ^^peu obiéruer, fans faire a- 
mas des elcripts delautruy^finon en tant que le m'en feruiray a 
quelque propos qui puifle eftre feât a la diftmélion des fufdicles 
eipeces.Car nommantleDaulphin,ilfauldraentédre del'Oye. 
l'aymieulsaiméretenirladicliondu Daulphin tant ancienne, 
que le nommer du nom de Bec d'Oye, Et a fin que le nom du 
Marfouin ne foit confus, ielefcriray^pour exprimer le poiflbn 
que i ay diâ: eftre nommé en Latin Mirjyoyou Tirj[yO)3c?f)oc£m en 
Grec&ainfiparcepoinct on n engendrera point deconfuiion 
aus efpeces. 

Qtiîl ne foH moderne de ^eoir hngrauerie des Daulj^hins 
furies monnaies. Chai^. X X V 1 1. 

A Presqueiay fuffifamment parlé des Daulphins qui font por- 
traits es monnoycs antiques,! ay voulu confequémentpar- 

D3. 1er 



PREMIER LIVRE 



1er de ceuisqu on voit graués es monnoies modemes,defqueIs il 
eilcout manifellequela peinclureeneftfaulfc.Dôcquesceneft 
pas choie moderne de veoir les Daulphins recirez en peinclure 
&: en armi)yries,enieignes,ou fculptures des monnoies,6^ autres 
engraueures^en toutes eipeces de mecauls. Car des le temps des 
plus anciens i royens, Telemachus qui fut fils d'VlyiVes (ainfi 
que Guido de Coîona a efcripc en 1 hiftoirede Troie) portoit vn 
Daulphm peincT: en ion ei'cu,en 1 hôneur de celui qui lauoit fau 
ué du penl de la mer.Et côme lay dicT: de Taras qui tut lôg téps 
auanc la puiiiance des tlomains,lcsTarentins Faucyent retiré en 
leurs armoiries Scmonnoy^^s. A theneusautheur Grec6c Valtur 
njs(/ere6K5Briton«meicriuent que Ca^far donna vnDaulphin au 
leigneurdu Daulphmépourles armes, en rémunération de ce 
qu il luy auoit aydé en (es guerres cotre les Gaulois, ie n'en diray 
autre rai (on finon que Cseiarn ignorant pas la nature du Daul- 
phin^neauililecœur dudiét ieigneur,Ietrouua digne qu il por^ 
tjftvnDaulphr pour armes. Et tout ainii que le baulphin ha dq. 
né nom a la région qui eft maintenant nommée le Daulphiné, 
pareillement le Daulphiné ha donné nom au fils aifnédeFrance. 
Et en luy donnant ce nom, auiTi elle luy ha baillé vn Daulphin 
pour armoyneSjdefquelles armoyries ie ne pretens aucunement 
parler/mon d'autant que le Daulphin tient le premier lieu es ar- 
mes en icelle &: auiTi que monfieur maiftre lean le Feronjn'a rien 
obmis touchant ceci,qu'il ne lait amplement efcripten ics li' 
uresd'armoyries. 

Que les peiîiUures modernes des Daulphin s^ ne tiennent 
rien du naturel ains remejentent \n wonjlre de mer. 

Chap. XX VI IL 
CI les Princes modernes faifâts engrauer les Daulphins en leurs 
monnoyes,ou bien peindre en leusarmoyrieSjeufTent eu aufl'i 
grand fo-ng de laiiîer mémoire deuls a la pofterité,comme cu- 
rent ceuls que i ay ici deiTus nommez,iIs euflent enfuyui de plus 
près la vraie peincture duDauIphin,6^ leaiTent faidl reprefenter 
au naturel dont il eft moult efloigné.Carau lieu de le reprefenter 
on a mis vn monftre eh peind:ure,qui ne fut iamais veu, auquel 
on faicT: porter des efcailIeSjS: plufieurs areftes crénelées par def- 

fus 



DES POISSONS MARINS. I^ 

fus le doZySc aus deux coftez des ouyes,5c plufieurs barbes pendâ 
tçs par deiïoubs la gorge,cochees a la taçon dVne creite de Coq: 
choies tocalemenc tauiies &c ellranges a ce poinon,6c qui me lé* 
blenc eftre rnoujs leantes,qu il ne leroïc conuenable a la dignité 
duPrince,veumeimementquoneneuft bien tàcilemenc peu 
recouurer la p einclurc.Car(^conime l'ay délia dict) il n y ha ha* 
bicant au riuage de la mer Adriatique ou Medicerranee, qui en* 
corepourleiourd'huy ne retiennel'annque appellation de Daul 
phin.lelcay bien dont vient la taulte.C'eitquilelladuenuen la 
peinclure tout ainfî com me a ceuls qui failoyent peindre les Ai- 
gles de l'Empire.Car comme les peinctres font curieuls de mon* 
Itrer leur artifîce;& de faire mieuls apparoir les traicTis de la pein* 
élure,auffi ont ils adioufté quelques ornements a ceft Aigle pour 
la faire mieuls complaire a la veue-attendu mefmement que les 
peind-res f efludient de bien remplir le champ de couleurs. La* 
quelle chofe a elle de fi long temps continuée, que cela eftnon 
lèulement es peinclures des Aigles en forme plane,mais aulTi es 
graueures,tantlur bois;raarbres,que metail.Et teUemét leur ont 
defguifé les teftes;&:faictdiueriemét retourner les plumes;quel 
les ne retiennent quafi plus nen de 1 Aigle. 

Quelle raifm ont eu les^ein'clrçs de dcf^uiferleDaulj^hw, 
6r luy fatre perdre ja forme. Chap. XXIX, 

T^ E femblable occafion a efté defguifé le Daulphin côme TAi' 
gle,lequel comblé que nature lauoitfabriqué,lansluy auoir 
donné beaucoup d ornements de beau^é,rayanr lèulement com 
pofé tout dVne venue comme vne cheuille, couuert d Vne peau 
polie refemblanc quelque cuir, fans eicailles,naiât point d autres 
belles couleurs qu on voit en plufieurs autre; poiflbns, 3c n aian t 
rien que du noir ôedu blanc.Ce neantmoins les peinclres deleur 
authoritéluy ontadiouilé quelque chofe de leur artifice,le reti' 
rantsenportraictijre,eft?mantsquefils fuyuoientle naturel, la 
peinftureenleroitmalplailanteala veue. Ceft la raifon pour- 
quoy ils luy ont changé la figure, tellement qu'il ne retient note 
quelconque qui (e puille attribuer au naturelj&: n ha merque fur 
foy en quelque forte que ce ioit, qui ne foit faulfe: ou bien il le 

fault 



PREMIER LIVRE 

fauît prendre pour vnmonftrecontrefaiâ: a plaifir, quin'eft en 
cftre,&:qui nefutiamaisveu d'aucun. Eftant donc fi aduancc 
en ces monftres,ievueilmonftrer que toutes manières de gents 
ont indifferêment permisqu on leur ait portraict des monftres, 
qui iamais ne furent,ne font;ne ne feront . 

Quon ait grandement ahujé en peignant tes poijfons fur 
les cartes, & que ïi^norancç des hommes joit cauje cjue^la 
Jieursmojlres de mer aient ejlcfaulfementj^ortraii^sjâs 
aucun iu^ement. Chav, XXX. 

T'Euident erreur de plufieurs hommes ignorants Tartifice de 
nature ne me permet p^fier oukre (as m ermouuoir,& les tou 
cherdeleurtementé.Neilcepaivnefaulcedîgoedereprehen- 
fion,de les veoir mettre ranc de moiulres marms en pemclure, 
fansauoirdiicretion^inconlbncsefpris, que ne conlîJerent ils 
qu îly a perfection en nature.^ Voulants donc peindre Screprefen 
ter les choies naturclles,nepouez m ieuls faire que fuyurele m* 
turel Et fi ils ignorent lachofe pojrquoy la feignent ils.^ Quieft 
caule de fi grand erreur,hnon leur folie' CWon voie les peincfu- 
res es cartes marines,combien leurs monftres font elloignez du 
naturel.O quels eftranges poiflbns marins^ Qui eft celuy qui ne 
fâche bien que les noms des anima uls terreftres eurent ancienne 
ment leur appellation tant enGrece que ailleurs a uanc les maris. 
Par cela la plus grande partie des poiifons marins prindrent le 
nom des aniraaulsterreftres.EtfduItainfi entendre que les ma- 
rins eurent le nom des terre(lres,maisquece fut par quelque ac 
cidêt.Qui eft celui qui ne cognoiife bien leLieure terreftre^quel* 
lefimilitudehailauecIemarinJNouslauons veu&r maniétant 
en la mer,quedehors;maisiln aaucunefemblâceauecle terre* 
ftre.Semblablement IcRcgnard de mer qu ail de commun auec 
celuy de la terre^nulle certainemét,finon au gouft,6^ en couleur. 
Auflî le Singe de mer&le terreftre ont bien quelques merques 
qui les font eftre communs,mais au refte ils ne fe reifêblenc pas. 
D'auantage qui eft celuy qui ne fâche cognoiftre FOurs de la ter 
rdSc touteftbis qui luy môftreroitl'Ours de la mer,il auroit beau 
fonger auant qu'il deuinaft fon nom,car il eft femblable a vn ho* 

mar. 



D ES P OIS SO NS M A R I N $• 17 

niar,rinon qu'il n ha point de forces, non plus que la faulterelle 
de mer que ceuls de Marfcille nomment vneLangufts. Oultrc 
plus le croy qu il n y ait home qui ne cognoillèvn Chien de mer, 
car il retient l'on nom par toute la France; Ôc touteffois il ne reflé- 
ble pas a vn Chien terreftre.Quant a ce point, le n encens pas de 
ceuls qui de noftre cognoilîance furenc mis es eftangs de t oncai 
ne bleau;&deChantilIi5qui cuoient tout le poiflbn de 1 eilâg, tel- 
lement que monfieur le Conneftable,fuc concraincT: de les taire 
tuer a coups de traifts,&: d arquebules,mais ie parle de ceuls qui 
font communs par noz poiiïonneries,qubn nomme vulgai- 
rement Chiens de mer,&: defquels nous auôs encor pour le lour . 
d'huy toutes les quatre cfpeces que delcriuit Arifl:ote^&: qui iont 
cogneus par les marchez desviUes.Mais non par nom propre car 
ceuls quil nomme spinace^, Neéndei, CanicHlasyCncovcs quel* 
les foient toutes apportées delà mer^touteiïois on ne les diftin- 
gue point a Paris,Rouen,ne es autres villes deTOceanicommea 
MarleiUe car rendes ou bien Hmnnii font appellees Niflbles, 
enprouenfal;«5: Camcnia vnPaIumb,& SuUans vnCat, quieft 
cequonnommevneRouflfetteiauifiellcele Chat de mer, que 
toutsfcaue^tcognoiftre, de ^^^naces & font nommez Eigullats. 
EtleHomarneitcepasleLion delameri Etle Mulet de mer, 
encor qu'on le nôme de ce nom la,iln'ha aucune merquecômu 
ne auec le terreftre^non plus qu vn Aine ha auec le Merius:car le 
Merlus eft l'Afne de mer,mais entendez que ce foit le Latin-.car 
AjellHi eft vn Merlus: & qui tourneroit aJ^îChs y on le nomme^ 
roitvnAlnede mer. le croy véritablement que fi ie vouloye 
procéder ouItre,que i en trouueroye encor a nombrer deux tbis 
autant defdid:s poiiTons en la mer que i en ay défia nommé, lef' 
quels retiennent leurs noms des belles terreftres a quatre pieds. 
Et au refte pour n eftre point diftraiél fi loing delà matière que ie 
pretens traicler,mais touchant legiereméc plufieurs qui tiênent 
leurs nos des oyieaux,côme fontCorbeaux,MerIes,Eil:ourneaux, 
Griues,Hirondelles,Milans;Crues,Cigalles,8^' plufieurs auties lé 
blables qui (ont nommez du nom d oyieaux de autres beftes ter- 
reftres,commeaufliceuIsquionttrouuéleurs nomsdes chofes 
a quoy ils reflTembloiêt comme eft celuy qui a le nom d vne che- 
nille ou fcalme nomme Sj^dir^na que ceuls de Marieille nommêt 

£• pes efcomc 



PREMIER LIVRE 



pes cfcomcoubiendesrignesceleftes,SoleiI,.Lune,Efl:oiIIes: ou 
des f ruicls qui font fur terre^côme Concôbies;Raifins,acOrties 
clemer:derquelsiemetaismaintenant;remettant aies fpecifier 
ailleurs en chalque chapitre particulier. Touts lelquels nos leur 
ont eflé baillez pour quelque occafion.Car les accidents font eau 
fe de cela^Les autres retiennent les noms de leur demeurc,côme 
ceulsqui habitent entre les rocs &: lieux pierreux, on les a nô' 
mez (axatiUes.Les autres ont efté nommez des noms,ou ils font 
leur relidence-.comme ceuls qui fréquentent les riuages font ap- 
pelles LittoraUs, au contraire des autres, qui fe ticnent en la protô 
de mer,qui ont nom Per^^ij. Les autres ont leur nom des mala 
dies do.ic lepras ou lelepris en fait foy, ou leprades,qui vault 
quaii autant que qui diroit^ Pforades . c eft vn poiifon ainfi ap- 
pelle pource que la couleur de fonefcaïUeeft femblable a ceuls 
qui ont la maladie nommée Pfora, qu'on nomme en François 
lemalfainclMain.TelIemanieredepoiiTona Paris eft appelle 
vne vieille.II y en a encor d'autres qui ont la couleur fi élégante, 
qu'il n y a papegault ne paon qui Tait plus viue,ne plus belle.Et iî 
Ion a nomm é quelquefois vn poiflbn de ce nom de Paon ou Pa* 
pegault, ce n eft pas a dire pourtant,qu'ildoibuerefembler vn 
monftre en la mer qui fuft de la forme dVn Paon terreftre.Vn 
poiifon d'excellente beauté fut quelques fois apporté par fmgu- 
larité a vn grand perfonnage a Paris,que ie ne vueil nommer,Ie 
quel pource que touts levotants d vne couleur fi exqui(e,le nom* 
moient Daulphin,maisceftoitvn poiflbn faxatile nommé vn 
Paonj lequel ceuls de Marfeille appellct vn Roquau,6c a Gènes 
Lagione,a Rome Papagallo, aVenife Lambena. le l'appelle 
Paon car ie trouue que les autheurs Latins l'ont appelle Pauo 
vn qu'ils auoient retenu du Grec, a la différence du merle qui 
eft nommé Coflfifos,mais pour ce que les noms fufdids font du 
uerfement attribuez aus faxatilles comme auSanut^a la Tanche 
de mer ou Phicis a la Canadclle,a la Cannerelle, a la Dôfelle c eft 
a dire lulis qu'on nomme ZigurelleA'^u pic ou piuert,&que les 
Romains font diftincliô duPapegault au Paon:& qu'on ne fuict 
point fi exacirement cefte diff^erencea Venife^i'enaybienvou* 

lu bailler la peinclure. . 

Le 



DESPOISSONJ MARINS. 

Le^ortrai^ du Paon de mer. 






i8 




71 n y a perfônc qui ne cognoiffe bien la Viue,queles Grecs ont 
autres fois nommée Dragon de mer;S: encor maintenant elle 
eft nommée en Latin de ce nom la:^' toutelfois elle nereiemble 
en rien au Dragonjiinon aucunement en couleur. Ceulsquine 
lauoient pas entendu,nous peignoientdes Dragons faicls a plai* 
lîr,tels que font ceuls que nous voions côtrefaicls auec des raies 
delguifees^a la façon dVn ferpent volant. 
Ily aencorplufieursautrespoilTons, qui ne tiennent finonque 
bien peu de la tache qu'on leur attribue des chofes dont ils tien- 
nent les noms.Quellefimilitude de CitÉam ou Harpe ha Citfiar^/, 
pour eftre ainfi nommé,&: dedié au Dieu ApoUo: Les vns le nô 
ment Cantanisil^s autres,, comme a Marfeille encor pour le lour- 
dhuy,le nomment Pc/ce cantenn. Il ne fcaitchanter; Scnha la fi- 
mihtude de vaiiTeau côme Ion nom en Italien le porte, car tout 
ainfi qu'ils le nomment vna cantara aufli nomment ils vn vai(- 
feauatenirduvin, vnCantaro. Maisquât aus Francoys ne fa- 
chants ne d'ApoUo, ne deCantarolenommét vneBremmede 
mer,a la fimihtude d Vne Bremme d eaue douIce.Car le v^oiants 
ainfi large,ilsluy ont baillé ce nom la qu'ils fcauoient de 1 autre 
a qui il eft moult femblable.LesRomains le nommentZaphiIe, 
ceuls de Gènes vna tanua Scies François vne Bremme de mer; 
du quel poilTon la prefente eft la vraie peinclure^ 

E.z. Li 



PREMIER Livre 



Lemifprtraiïl deCitharus'^ul^aircmcnt nommé 
Brcmmc de mer. 




Qui vouldroit diligçrrient chercher raifô pourquoy noftre Brè- 
me de mer ha efté nommée CitddrHs^k n'en fcaurois autre choie 
qu'en dire,finon quelle ait des lignes le long defes efcaillesala 
manière dVnpoilfon nommé ^flrpflcIefqueUespeuuentreprefen' 
ter quelque femblance des cordes tendues en Iong,reflembIant 
la harpe d'ApoUo.Ceci foit dict par manière d'acquit en paflant, 
d'autant qu'il me feroit difficile d'en trouuer autre raifon a dire. 
Mais pour ce que ce poifTonCit/jarM^ a quelque affinité en didion 
auecLjra&aufTi qu'il y ait vn autre poiiTon qui eft particulière* 
ment nommé de ce nom,il m'a femblé bon en toucher quelque 
mot &: en bailler la peindure.Car la Harpe 3ch Lyre dont ces 
deu^^poirfons ont pris leurappellation,eftants inftruments de 
m ufiqje différents l'vn a l'autre^que les Grecs ontaufïi nommé 
feparement,a fin que l'affinité du vocable de Citdara &Lyra ne 
trôpaft le lea:eur;prenant l'vn pour rautre,i'ay auffi baillé la pei- 
fture du poiffon nommé Ljra. Lequel fut ainfî nommé pource 
qu'il ha le nés a la façon d'vne Lyre inftrumentmufical. Ceuls 
de Marfeille l'appellent Malarmat^quafi mararmat.CeuIs de Gc 
nés le nomment Pefarmato,& véritablement ceiiâ bon droid-, 
car il^eft tellemêt armé tout autour du corps d'efcailles poidues, 
qu'il fébleeftre tout dbs.C'eû la caufe pourquoy on luyhabaillé 

le 



DES POISSONS MARINS.' 



^9 



le nom de Hotojieos. Il eft fi rare a .Yenife, qu'ils n'en voient poît 
du tout: de fi fréquent a Rome:qu'iIs l'ont touts les fours en leur 
poiflonnerie,&le nôment Pe/ce/orcÈ^^car il ha le bec lon^s^ four- 
chu comme vne fourche:au refte il eft febljble a vn Gournault, 
Tumbe,ou Rouget.Et ce que nous appelles Gournauts ouRou^ 
gets^Ies Romains les appellent Capons, Par ainfi Paulus louius 
cicriuant des poiiîonsRomains,a mis ceftu yci auec le Capô,c eft 
a dire GournauIt:.Rer)en;mt«r(dit \lj& ad] Caponçs^r^ni Sifurcata kétnt 
rojtra, & dorfumoffas f^uamis armatum, quos W£(nere Capcmtn mjcatons 
ipfi mares effs teftanrur.V oih toutcequi en a eftcefcript^finon que 
on Ta auûimissv. nombre de ceuls qui font quelque Ion ou voix 
quand on les pefche. 

La i^einîluYC du poijjon nomm i Ljra, 




Que nature ne produit rien en quelque élément c^ue ce foit y 

quelle ne puruoye p-emierement a ce qutlfauh fiour le nour^ 

rir:^qu\ne cboferare.encor quelle joitinutde.ejl toufwurs 

ejîimee. Chap. XXXI. 

^/jAispourparlerdcschofesque nous eftimôs admirables en 

naturc,nous les trouuôs plus rares d'autant qu elles nous lot 

moins communes: acpar confequent elles en fonc d'autant plus 

E 3. eftimees 



PREMItRLlVRE 

eftimecs.Car côme ainlî ibic que nous voios quelques endroids 
lîQil ùuleaienc en la cerre,rriiiis aulil en toucs autres éléments ou ^ 
nature produUl: quelque choie particulière qu ô ne Icauroit trou 
uer ailleursjlembiablement les hommes la reqoipuêt d vne parti- 
cularité rpeciale^attiibuat tel douaire a la vertu linguliere du lieu 
qui la produicl:e:<!kpour exemple mettât les mines de diuers me* 
tauls ou bié diueries eipeces de pierreries^qui ne le trouuent qu e 
vn endroicljles hommes le rel'erét a ce que l'en ay la ditjcomme 
auUiles Serpents produicls esdeierts,elquels combien que la ter 
reloit llenlepour autres animaux cerrelh'es, touteltois nature 
leur a dôné abôdant patlurage a leur nourriture;en iorte que qui 
les traniporceroïc ailleurs ou la terre leroit tertille pour autres a* 
nimaux^touteitcis on la trouueroit llerile6<:mal conlbnâte a leur 
naturel.PareiUementlamereil en quelques parts tertiledvne 
herbe,qui ne croilt point ailleurs-.auUi nourriit elle quelque poif*» 
Ibnquon ne voit point autre part. Pour exemple de quoy ic 
prens le ScaruS;lequel le n ay lamais trouué es nuages de Crète, 
linon en celle partie qui regarde le leuancxar la mer n'engendre 
point de 1 herbe dont il fe nourriit lînon en cell cndroicl la. Auf 
Il la mer produict vn Serpent qui neft pas cerreftre^mais ell Ser 
pent de mçr, lequel le di eltre ii rare,qu'il elt peu de gents qui le 
aient veu. Etpourcequ ileft rarement prins en toutes mers, il 
m'a lemblé eitre tant plus digne d'eftre adioullé en ce lieu. S il c- 
iloit des eipeces des poUions que l'ay delcripts par le menu;ie le 
delcriroye i'emblablement . Mais le mettant ici comme choie 
hors de mon propoS;il meluffit d enfeigner par la peincture, que 
c eit luy dont Arillote ha parlé en le nommant Serpent de mer. 
Lt a dire la verité,encor qu'il loit bon a manger comme vnCon* 
gre,ou vne Murène, Anguille^ Lamproic^tS: Gallee, touteltbis le 
commun peuple le voiant lî approchant du Serpent terreftre, 
tha en horreur, comme Til n eftoit pas poiflon, 3c faicl difficulté 
d en menger,lequel 1 ay faicl peindre en rafeau^car autrement le 
n euffe Iceu exprimer la longueur. 

La ^einïîure 



DES POISSONS MARINS* 

Laveinïîure du Seqentdc mer. 



20 




Que k nom de Marfoum nefgnife fwon Vorccau de mer^ 
Êr (^ue le Porcmarin nefoitj^as kj^oijjon cjue nous afi^ellos 
Marfouin. Cha^. X X X 1 1. 

pOurce que i'auoye au parauant efcrit, que ce mot Marfouin 

rendu en noftre lâgue^ne fignifie autre chofe gu Vn Porc ma 

rin,Sc qu'il y auoit d autres poiflbns en la mer aulquels il conue* 

noit,il m'a femblé neceffaire d en bailler la peinclure^en prouue 

decequeienaydefiadid.Maisienom de Porc marin n ha pas 

efté confiant ôcarrefté a vn Teul poiflon:car plufieurs ont obtenu 

ce nom lelon diuerfesregionsxomme eft aduenu a Conftitino- 

ble en nommantl'HippopotamuSjque les vns nômoyêt le Porc 

marin,Ies autres le Bœuf marin. Semblablemêt Nicander efcrit 

au liures des lâgues,que le Congre, 8z celuy qu'ils nômoyêt Gril 

lus,c'eft a dire vne Lotte de mer,eftoit appelle Porc marin. le le 

puys aufli prouuer,par ce que Pline a elcript du ^ariojdiiant ces 

mots I» Vanmèio Mjiriocxtraf)ituryjiorcH(o mmno jïmiiUmHs. Les Ve* 

niciês 



PREMIER LIVRE 

niciens ont aufl'i vn poiflbn en commune appelIatfon,qu'iIs nom 
mène vneporcelecte diminutif de porceau, laquelle eft de mom 
dre corpulence que rEfturgeon,6c croy que Ibit lepoiflo qui an- 
cienne ment eftoit nommé Ac.pe»/er; car le n'en cognois point 
d autrequi (oit eniorme criâglequeccfteporcellettela.Plufieurs 
autres nations ont aulH des poilîons quUs nomment du nom de 
lru7e,commeaMdamiIsontvnpetitpoifron lemblable a la 

ScardolaquelesM,lanoisCparIantsleurvulgaire)leprononcent 
vne Trueuequieil a dire vneTruie.PareiUementles Marieillois 
en ont auHi vn qu ils nomment vne rruega,c eft adirc vne truie 
îi"l u "'.^-^^^Po'ljon que ceuls de Gènes nomment vn rotu- 
lo,& a yenile pelce lan Piero,& a Pans vneDoree.Doree i entes 
a la différence de celle qui eft nômee A«r«ta,IaqueUe Ibn ne voit 

G^vn^f "'•?'''^n'"'^'"°'"^"^^"P°''^°"^ ^"Nil en haappel 
le vn PorcHs Ce poiflon nomméPorc marin n'a point efté autre- 
ment exprimédesGrecs,finon en tât que Ariftoie en ha cogneu 
vn qu il ha nomme Aper,c eft a dire Porc fauuage.ou Sanglier le 
quel 11 nomme en fa langue Hys,c'eft a dire J, 'sc en f ranco ys 
Porceau,duqueI i ay auiîi voulu bailler h peincture. 

LeportraiSl dupijfon nommé Kj^tr, autrement nommé le 
Sanglier. 




Ce San- 



DES POXSSONS MARINS. 2t 

Ce Sanglier icy n'ha pas les efcailles comme ont les autres poif- 
fons-.car il ha la peau li rude,qu'on en pourroit polir du bois, cô- 
me 1 ô taicl de la peau des Roullettes,des Singes marîs,des chiés 
desLamies,&:Amies,&:Regnards de mer.Car mefmemét lepoif 
Ion que quelques vnsauoient par cideuâtdelcnptpourAper,eft 
le Regnarc de mer.Ce Sanglier ell vn poillon aflez hardi a corn- 
bacre les ennemis^car en oulcre ce qu'il ha bônes décs;6: Tefcorce 
durequali comme cuir,il ha auiiides aguillôs deilus ion doz,qui 
Ibnc tort alpres toobufteo.Il ha les ouïes cachées dedens,comme 
la Murene;qui fuc vne caufe que le pclalle quant ie le trouuay la 
première fois, que ce tuftTBxocetMi. mais lay depuis trouuéEx*^ 
occtHs qui ell lemblable a G(:no5. Ce Porc iaglier icy eft rare a trou 
uer;parquoy 1 auons feulement veu pédu es eglites rêph de bour 
re^commea Ragonfe. Au relte, celle peindure a eité reciré du 
naturel;dont ie n'ay voulu non plus parler qu'il a efté befoing de 
dire pour faire entendre qu il auoic nô Aper,c eft a dire Porc lau' 
uage,duquel la grandeur vienta eftre en comparaifon a laCarpe. 
Il m a iëmblé qae il me côuenoit bailler toutes les fuidicles pei- 
ntures pour denionftrer Terreur de ceuls qui peignoient des mô' 
ftres contrefaî(!bs a plaiiîr. Or laiiVant ces môitres contrefaits 
a plaiiir,auec les inuenteurs de tels portraicf s faicls fans confide 
ration,ierecourneray prendre mon propoi que lauoye encom* 
mencè,pourfuiuant l'hiftoire du Daulphin. 

Qu'on ha attribué i^lujlcurs mwaues au Daul^^hiriyC^ui 
Çontfauljcs. Cha^\ X X X 1 1 1 . 

Ç Vyuant le propos de ce qui ha efté faulfemêt attribué auDauI» 
phm,il refte que le déclare quelques notes,en fon extérieure 
pcind urejqui iuy ont fabuleuiementeftéadiugees,a fin que quel 
que autre ne les enluyue.Et pource que ie les ay obferuées de bié 
pres,& regardé atcentiuementîS: que ie n'ay onc trouué vne tel- 
le note qu eft celle que aucuns luy ont voulu attribuer, iel'ay biê 
bien voulu declarer,a fin de la reprouuer.C'eft que quelques vns 
veulentqu'ilait vn aguiUon caché dedens fon fourreau en far* 
refte qui eft deilus ion doz,&:que d'icelle il tue leCrocodile dedés 
leNil-.Scauiiiquelepetitgaribndlaflb qu'il aimoit tant, ietua 

F. par 



PREMIERLiVRE 

parerrcur/eftantpicqué du fuCdiA aguillon en tumbantdcflus 
&:rencqiurantrefpine qu'il le ficha dedens le corps. Lelquelles 
choies iont dictes fans confideradon,qui (entenc plus la fable 
que quelque apparece de vérité, le ne nie pas quil ne puiflè élire 
vray,touchanc Ion amour &: celle du pecicgarlon de lalfo: mais 
Une peult eftre vray qu'il y ait vn aguillon fur Ion dos; car Ari- 




téjFceil en peult donner certificaciô quâd ioa ha la choie deuant 
foy. lenepuisaulficonuenirauecplulkursquiontei'chpt que 
les Daulphms iaukants par la mer,tont vn prel'age annonceanc 
la tempefteaduenir.Ceci loitdicl: lauluant 1 honneur de ceulsa 
qui il eit deu. Mais il me iemble qu ds le Iont trompez en ce cas 
la.Car i ay expreflement oblerué mainteftois en plufieurs voya* 
ges;que les Daulphins alloient aufli bien auec le vent^que contre 
le venCjSd qu'ils iè monftroient auffibien quâd la mer elt efmeue 
en tempefte^que quand elle eft cranquîlle&: fans vent, chofequi 
appert quand les Daulphins femonitrent enlairpour relpirer 
hors l'eaue^laq uelle chofc ils fôt aufli bien après le mauuais téps, 
que durant la tempe{le,6c femblablement auffi bien deuât corn* 
meapres,car les Daulphins ne peuuentviure en la merlans rel- 
pirer. 

Qu'il foit^pray quelcsDaul^hws aydcntgrandement aus 
^efcheurs ^ui^jchcnt a la traîne^ Chaf. XXXillU 

Q Vant aus autres hiftoires fabuleufes qui ont efté récitées des 
^ Daulphins, le n en euile pas efcript vn mot,fî le ne les auoye 
ouy n'a gueres racôpcer en Grece.Carle commun peuple en re- 
tient encore pour le iourd'huy plufieurs qui ont elle ancienne- 
ment racôptees, &qu'ontrouue maintenantelcriptes. Et tou- 
chant celle qui a elté dicl:e,quils donnent grand fecours a 
ceuls qui pelchenc lepoifibn,ô^ qu'il leur aydent aie metcrede- 
dens le; rets, 3c en recompanfe quilsparcicipentdubucinqui 
eftdeparty entre euls. Quant au premier, ie trouue bien quil 
foit vraylembIable,maisCcommeiediray cy apres)Celaaduiet 

par 



DES POISSONS MARINS, 



paraccidcnt, de laquelle chofe ie puis porter tefmoignagedc 

i auoir veu en pluiieur s iieax,<S^ diucrs porcs, ik pièges ac la mer. 
le nie iuys trouué en compaignies de plulieurs genCs que le 
pourroycDien nommer, &: entre autres de Ijenigne de Viilars 
appoticairedeDiion, qui dVneojûr uation expreiîc auons eu 
io juenceao»s plaiiir en plulieurs I lies d iiiiclauonnie ôc de Grc* 
ce, regardants venir les Daulphmsdeplamemer, queiquerois 
en compaignie,lei autres tois deux a oeux . Car ils i acoupienc 
malle ôc temelie, lans ie laiiîer lamais 1 vn lautre^ &:n ailai^ts 
point leui a l'eul. Leiquels en taiiant la chaile en la Ipacieuie 
campaignede lamer.^prwSquedVne grande induit ne ilsonc 
reduicti plulieurs petits poiilons des lieux deicouueits en la mer 
ô(:coiit.aictns lieriez en quelque dertroict,ou es endroicts de 
la mer qui ne Lont paSparronds, cognoiliants les eftres des riua* 
ges, a lors entrent auec vneimpetuoiité iur celle mulcitude,ii$ 
le paiiiènc indiireremment tant de 1 vn que de 1 autre.ht 11 ils le 
trouuent dederiS quelques compaignees de beknns, ou de bar- 
dincs,a autant qu elles lonc ii eipeces q j elles i* encrecouchent en 
lamer,ilsentoiitii grand degait, nen mangeants que la te* 
ite^ne taiiants ettime du relie aes corps. Qui eit choie qu on co- 
gnoiltaiestiouueriioLcantslurleaue, engrande multitude ou 
bien ueiectez es nuages en grand nomore . Mais les autres 
pacuuie^pouionsquiisontainlireduictspar les deltioicts, en 
lontiielpouueniez delarnueedes Da ulpiiuist><: tant craintiri 
de leur impetueuls allauit,qu'ils le trouuent mal aileurez en leur 
propre élément, tt en cherchant leur ialut en vn autre, ils ie met 
tenc encore en vn plus grand danger.Car lâchants qu il n y a et' 
poirdeleiauluerenleaue;ilsiaukenceniair, ou ils ne peuucnc 
guère longuement relter.A lors en les voit recheoir 11 dru en la 
mer,qu'il îemble proprement que ce ioit pluye tombât du ciel. 
Maispoui cela encore ne ion t lis pas i'aulue2,d.iu tant que les oy* 
Teaulx qui luyuent les Daulphins a grands banties,tont coût ain^ 
lien leur enaioict comme tont les chalieurs a l'endroicl de Iti- 
meriilon.Car les chalieurs auec vne grande troupe de chiens cou 
rancsjchallants au heure par li campuigne,dônentiouuent moy- 
en a 1 £imerillon(Sciiobreauquilesiuyt;deiercpaiihedes^lou 
ctces ôc petits oyieaux que les ciiiens contraigner;t de 1 eli t uer de 

f.i. terre, 



PREMIER LIVRE 



tcrrc,lefquelles apperceuâts rcfmeriilon qui les attent/e fentâts 
combacuesdecieuxneceiritez,rvne des cniens,&: l'autre de leur 
ennemi capital^aimencmieulschercherlalut entre les ïambes 
des cheuauls,ou bien (c rendre en la gueuUe des chiens,que d ex* 
periméterla merci de celuy duquel elles neiperétquelamort. 
^emblablement les poilVons craignants les Daulphuis, ciperent 
fe fauluer en rair,mais lesoyieaux que les Grecs nàmcictitLaros 
les Latins Gauia,ôc[cs François Mouettes, & les autres nommez 
Carwloi, ouCaniardSjquiluiuétlesDau'phins a grades bandes, 
cognoiflantsleur eifect(auiTi ibnt ils cauiés de les enfeignencar 
quelque part quelesDaulphinsaillentjieidicls oylea ix voilent 
touliours au deirus)dei'cendentde roydeur lur toute la multitu- 
de de ce poiflonefpouuanté,quimieulsauoit aimé le mettre en 
leur miiericorde^quedeflàyer celle du Daulphinqui leva pour- 
chaflant par la mer. Mais eltaiit tourmente de toutes parts,fuiàts 
les deux inconuenientsS^ cherchât fon dernier refuge tel que na* 
ture luy a apprins,il fe renge au riuage de la menou encore pour 
la tierce tois^il tombe en plus grande necelTité qu au parauâr.Car 
il le donne en la puilTance de celuy lequel il nepeultfuir, eftant 
Il eftonné de la paour qu'il ha eu,que melmement il fe laifle pré' 
dre auec la main,ou bien demeure pris es rets. Voyla comment 
les Daulphins errants par la mer vagabons; maintenant ça main 
tenant la,ôc commençants du matin, vont celle part ou ils ont 
conflituélellapedeleur defieuner.Tout ainfifont ilsdeleur dif* 
ner,& finablement font le femblable de leur loupper.par ainfi ils 
fontquafitoutleiouren pourchas. Ceft la raifon pourquoy ils 
font tant aimez des pekheurs, pource qu'ils ameinent le poiffô 
de toutes parts iufquesdedens leurs rets. Auflienontilsrecom- 
penle:car les pefcheurs ne leur font iamais mal. Et encor fils les 
trouuent prins en leurs filets, il leur donnent liberté. le ne vueil 
entendre que cela fe face en toutes mers, mais principallement 
en Grèce &: autres lieux ouïes habitants ne mangent point de 
Daulphin. 

que 



Q 



DES POISSONS MARINS. 23 

QuenauYC nha permis aus Dauhhinsje j^yoicIyc lilra 
ment les autres ^Qîjjons.j'tîs nejont iou^neT^a la rcnuerje^ 

Cha^. X X X V, ^ 

Vand les Daulphins pourCuyuent les autres petits poiflôns 
presduriuage;ileft moult facile'de lesveoirpeicher.Car en 
prenant le poiflbn pour le manger,ll eft neceffaire qu'ils fe réuer* 
ièrit,^ a lors leur V entre apparoift blanc a ceuls qui les regarde t, 
ieiquels on peult veoir clairement. Car le Daulphin cftant de fi 
groffe corpulcce qu'ô le peult veoir de biéloîg,&: que après quo 
1 aveu fe lacer hors Teaue pour prédre I air,puis rétrer en la mer,le 
Daulphin qui au parauantapparoiflbitnoir,fe tourne incontinêt 

en blancheur: mais celle blancheur prouient de fon vêtre^lequel 
on peult bié veoir des nauires iufques la bas au parfod de la mer. 
Et mefmemêt il ne fe pourroit repaiftre,f il ne fe renuerfoit delP 
refchine,qui eft vne note que Ariftote ha expreiTement eicripte 
auhuicl:iefmeliaredelhiftoire,&auquatriefme des parties des 
animauls. Et pour parler au vray de ce renuerfement du Daul- 
phin,apres y auoir regardé exprelfement; y cherchant quelque 
raifon,obferuant toutes chofes: ie voy touts les autres animauls 
non pas feulement les terreftreS;,maisauiîi les poiffons^aucir vne 

grande eipace&: cauité en leurs gueullçs,que le n'ay point trou- 
uee es Daulphins-: veumefmementque les m uicles qu'ils ont 
pardedenslepalaisenlaboucheA'P«r la force deiquels eft fer 
mé&ouuertleconduiddelafiftulequ'ilhafurfatefte; ne luy 
permettét a caufedeleurgrofleur,auoirlepalaiscauéouvoucé: 
defquelsieparlerayplusamplemétaufecôdliure en Tinterieu- 
reanatomie.Maispourcequ il m'a fembléque cefte merq^ue ap 
partenoit en celieujielay bien voulu amener, pour la difticulcc 
de la leçon qui eft en Pline Se Ariftote.Et me fcmble qu il n'y au- 
roit aucune difficulté es mots de Pline parlant ainfi du Daulphi, 
YtUàffimHm omnium animaCium nonjoinm marinomm Vclf()inHS,Jtdocjor 
•wofHcre,flCrtor tdoiacniji muitum infra rojlrum es i(iifont,tntdio pené in vcn 
treynuiiHs fijcium aUritaUm ms tnaàtrttyjtdajfat morflmproHitfentiflna- 
tHY^ic^Hia niji rcJupniyatjHt conutrfi^non corripiHrjt:pourueu qu on ente 
dift bien ce qu'il veult dire par ces parollcs; car quand il dit,ac niji 

F$. mutin 



PREMIER LIVRE 



mitum iHfr^rûJirHm Qs i[[iforttjmedio(en: in ventre. Il doibt eftrc en* 
cenda de ion eilomach^car venter en Pline ed Ibuuenc mis vro 
verttricH ro:choicqu on peult prouuer depiuiieurs aucres pailages. 
Et qu'il ioitvray,cemeirneautheurauliurehjictieime,ch3pitre 
vingt 5<rvn ha eicript en celte ioac:Cro:Ht(h Antàio^ia^encrat^vcinti 
ex cane («pô j^tc concej^tos,otnma di^titiè4sfran^entes,^minHJ^^è denorata co- 
jicicntesventre.Oiihvcplus audixneufietmeliure chapitre clquief 
me il dit ces p^coiksiCioosJul'Hifres ac te,, es j^imb4s moa^i exi/timanr uni 
ferfiahHmatu ventre noit. ^HeatitJednonmtHniejaint.Véter âuiiicnqud 
ques autres autheurs cit leu pour le ventricule. MacrobiHi :^mïnaL 
hure l'epueime chapitre quacneihie^eicni en celle manxre; Ve/j 
tris dHOjH.it onjiciaij^HornjHi^enHS eretU réagit dcHorata,^ mpUemventris 
recôdiCHic-eJtjtomiicbHSfpt^aterfaimiias dici msrnityÇiHujiomne ammai joins 
^HyeTuaasùnjmHsveroacmi}]ii,xntejhmsaàAcentili''\n)eritHr^c^^^ 
dôcpasencédreque AnllotenePhneveuilléc dire queleOaul- 
h\n ait la bouche Ueiibubs quafi au mihcu duvétrermais qu il 1 aie 
bieauatdeilbubslebec,quaii au miheu deleito;nach.6i: meime 
méc Ariltote au vnj - .de 1 nittoire ha eicript que coûts les poiilôs 
du gère c[iarcildgineux,6<: touts autres qui oiic grade corpulence, 
côme laiialeine,<3c lesDaulphIs,nepténent poit les pouios,quilî 
ne ibiét réueriez.C^reni ]^iJabH^{ditï ilya^inra m.noïHm apm a^mr 
cre,vtJQiencmeare,Atcarula^inei,& Ddihini,& omnes c<ttaceic.tnens reiti- 
pnuU corn^int^déétem osjnbcer.vnde /jt, vt ^encnln minores fautins ^ojfmt 
c««({ere.le ne voy aucune difficulté en ce paflage, qui nepuiiïe bié 
conueniranoitre intention. celtadireque les Daulphins ont la 
bouche au dedens de la partie de la gorge,6^ qu elle ibu de la par 
ne du delioubs.Celle choie lepeult tacileniei.c prouuer ^par vnc 
railon qu'il adiourte puis après au quatriei me hure des parties, 
parlant du Daulphin en et lie Ibi te . Quoniam euam cnm rajimm corn 
JtrHtiHrateretiactemiiJUjfaciitJandi m ons Ubittmnon^oteji, Cela di- 
foie Ariftote conformemét a ce quel ay defia eicript: icauoir eft 
que lesDaulphls ne peuuéc prédre le poifio i ils ne iont réueriez. 
tt en rêdac la raiiô,dicl: qu'ils ont le bec greile &^rôd en lôgueur. 
ParquoyneTe peultbônementouurir en forme de bouche. 
Q^e nature na baillé iegofter au Daul^hin^oultre la coujïume des 
autres poiJjoMsfâs raijon^mais juejoit tant pourfifâté.cjue pour 
lefalut des autres. chap. XXX VI. 



DES POISSONJ MARIKî. 

»4 



A Riftoteau inr Jiureciesparties,parlantdcs poiiîoî&pncipa- 
-^kmetdu Daulphin aid ces mots:.Hnt & m. à^amma.AUiLi 

Qu..ot,u b^c »y.««crj« u_/.,^m, tw,,,b.- compère «ejwM.Q^ca „«lHr««o» 
moaojaUmsrut.a,,é:Hr,r»ytjai.paffc xiduH,(^M mimUk tjh dmmnt 
mora tnUTUM,^Ha ftjcu^u. tnjdUiH.^tH.aaepJJif.n^cmnia léa.ms ta. 
linaptjM vmt)-vamtam,„ ,.,mujH. c,Horm,aiaHiàutéexp[tnnt Oun 
eH.m/«al.«.cafcrét,bre«iperfmomt<*Jfl«effltfferire-t.5«om.;e(ii.H«ro^^^ 
tOTH jhHtlHra tmtirc UnHiJu.faatèJandi in om habttû népcUfl.ht auviih' 
hure de Jhilbire-.C^Ur.. fijaks captura minorii'ajrkt aaxnr orc.vtfolét 
mearc.M c.mlajma,^ Delp b.n,,& onmes c^tacci^.nm, rejHvinancornpi. 
mt.habu ewm o.j.bkr. ^nd,Jtt,vt j^enculii mwon.facUms v.iïmttHaderc. 
A1.0ÎHW paua admodH/tTHanntHr^Hipge ^hh Delphtm cikntas,atqHC cdm. 
«{./««. ta. mira tjjt v.d£«;,r.En ces lieux Anftotcha faicl delcriptiô 
coriefpodete en toutes qualitez a noftreBec d oye,côme ie prou 
ueray par fo anatomieA' principalement en deicnuât celle delà 
gorgequ .1 a moultcftro.de Ce que nature ha exprefiemét vou- 
u raire pour le laluc des autres poiffons.Carpendât le temps que 
les Daulph-ns (e renuerient,les poiffons qu'ils pourchalTenc onc 
elpacede ruir^te lemenc quepar ce moien ils elchappent.Autre. 
ment fi cela n efto.t,il ne l'en laulueroitpasvn de leurs eusulles. 
veu melmement que leur vifteiie eftquafi incomparable: 
Et que leur appétit de manger eft quali mladable Mais nature la 
faict auli. pour leur profit, a fin qu ils ne fe remploient par trop 
cndeuorantardemment.Car fils euflentpeu prendre tac.lemét 
les autres po,lîons,ils n euflent pas long téps veicu, mais ils le tuf 
lentincontinentgaftezdegourmandile, enfe faoullant oultrc 
railon.Etauilinepeuuentils pas facilement prendre le poillon, 
pourcequ.lsontlebeclong&rond&del,é,qui ne fepcult pas 

aiieme..touur.renvneampleeipacedegueuieEtquandi!sont 
grand faim & lont haftez de poûriuiurequelquepo?iion iniques 

bien bas enlaprotod.tedelamer,nepouuantsplus long temp, 
fe contenir leans lans r<(pi,er,,ls le dardent li 4e pour retour- 
ner trouuer 1 air, ,1s vont plus roide que ne taicl vne tieilhe 
d elcocheed vnarc par vn fortbras.Et n y ha poincde faulte que 
Us ne i eaancent moulthaulc en 1 air en laultant^mais quanta ce 



que 



PREMIER tïVRE 



que A riftote ha dicT: qu'ils faultent par defifus les mas des grolTes 
nauires,ilpeulceftrevray,carautremencil ne leufl: pasefcript. 
Toucefrbis ie n ay onc aperceii qu'ils faulcairéc iî haulcLesDaul 
phins toc coullours en perpeLadmouueméc,en forte qu ils near 
reilenciamaisenvneplace,6<: mefmement dormants a la ren- 
uer('e,delcendent petit a petit iulques a tant qu'ils trouuêt terre 
au partbnddelamenlefquels lorsfe refueillants , puis de tref- 
grande roideur viennent a mont pour relpirer en lair^Sc fe r en^ 
dormants,font pluiîeurs fois le lemblable. 

Que la \i^cjfc des Daul]^hîns,ne leur ^rotiict ^as de leurs 
aifies comme aus autres ^oijjons^^ que le fotjjofi nomme 
Amiaface de orandes CYuaulu:^au DauLhi^y quand d 
en peult ejîre le maifire. Chap. X X X V 1 T. 

nrOutainfiquele Daulphin eft le plus vifte de touts les au- 
très poiffons de la mer^auifi eft il le plus hardy :&de faidil les 
maiftrifequafitouts,carauirieftilleurfuperieur.Nonobftâtce* i 
la,il nelaiUe paî d'auoir quelques ennemis qui luy font fafcheiic 
de guerre mortelle,^: defquels il eft quelques fois vaincu:& prin- 
cipalement dVn nommé a mia, lequel le defchirecruellemét de 
les dents^quand il peult auoir 1 auantage fur luy,car fi par fortu^ 
ne vne bande de Amies le rencontrent fil ne le gaigne a fuir, el- 
les mettent toutes la dent dcflus,&ainfi le tenants enfemble de 
toutes parts reflemblent vne bouUe ronde rouUant par la mer,iuf 
ques a tantqu il ibit tout en pieces.Car auffi elles (ucent tout Ion 
fang comme faid vne Sanfue. C'eft a bon droid qu'on ha iugc 
les Daulphins eftre les animauls qui furpaifent touts autres en vi 
fteiTcjnon feulement ceuls qui font en la mer, mais auflfi touts 
autres qui font fur terre:6c en rair,car mefmement Ariftote dit 
en auoir entendu merueiUeacchofesincroiables.Lefquelles i'ay 
veu moymefme eftant furdiuers genres devaiifcaux de marine, 
Sccn plufieurs mers,efquels il nous falloir nauiger en paifantd V- 
nc ifle ou bien d Vn pais en vn autre:ou nous auons veu les Daul 
phins aller plus vifteque ne faifoit noftrevaiifeau,aiant la voile 
defployee auecvent en pouppe,cn forte qu'il gaignoit de viftefle 
toufiours deuant nous. Le Daulphin en nageant neft pas aydé 

delà 



DES POISSONS MARINS. Z^ 

delà grandeurdcsai(ïes, comme les autres poifTons: maisil cft 
(euleméc aidé de la pefâteur de fô corps, car les ailles ou pin nés 
qu il ha;fôt moult petites au regard de la proportiô de fon grâd 
corps,qui eft moult gros ôc lourd de pefant Se touterfois,il n y ha 
oyfeauenrairquivollefivifte,quil va en la mer. le puis donc 
prouuer ^que ce ne iont pas les grandes aifies,qui dônent la grâd 
vifteflfe aux gros poi(rons,car fi cela eftoitvrayjles Hirondellesj&: 
les Milans de mer/eroient plus vides que les Daulphins,car d V' 
ne de leurs aifles Ion en couuriroit bien Taille d Vn Daulphin, & 
couteffois les Daulphins auec leurs petites aifles, font les plus vi* 
ftesdespoiflbns. 

Queleshijîoircs anciennement racolées des Daulj^hins^ 
font encor^ouY le iourd'huyen la mmoire des hommes^es 
j^ais du Uuanty^uajt comme ft elles ejloientfrejchcment fat 

Bes depuis huiïl tours. Cha^. XXXVIII. 

TL refteencor quelque point a dire des hiftoires qu'on auoit an- 
ciennemêt récitées desDau!phins,dôt plufieurs font pourl'heu 
rc prefente racomptces par les habitants du pais d'Albanie ScEf* 
clauonie, ou Ton didt qu'elles furent faicles en forte qu'il n'y a 
celui pour le iourd'huy qui ne les fâche raconter,comme fil n'y 
auoit pas vn mois qu'elles en ont efté faicles.Chofe que nous Ica 
uonseftrevraye par le récit des habitants de l'if le de Corfula, «Se 
de ceuls des nuages de Grèce & d'Albanie,ou il n'y ha pailat qui 
ne fâche racôpter Thiftoire de celui Daulphin quivenoit prendre 
la mengeaillees mains des gentsdu pais,&adiouftent d auanta^ 
gc que plufieurs d'entre euls qui font encor viuants l'ont ma nié, 
tantileftoitpriuéî&quilportoit fur fondos ceuls qui alloient 
nouer en la mer/e io uant auec euls,&: qu'il aimoit fur tout a fc 
cfbatre auec quelques ieunesgarfôs:&aufliquMaidoit grâdemét 
aux mariniers a pefchenmais qu'il auoit efté tué il n y ha pas lôg 
temps,8c pour mieuls affermer la chofe, on les oit dire en ceftc 
manierc.Que le paillartquiluy auoit faicl oultrage, futnaguc* 
res mis en quartiers,meurtri d eftrange manière. Voila quant a 
l'vne des fables ou pour mieuls dire hiftoire tât anciéne qui fera 

C. toufiours 



PREMIER Litre 



toufiours moderne en ce pais la, tant que le monde fera en 
élire. L autre de celui qui aimoicvncnfât^&leportoitdeirusfo 
dos,re iouant auec luy par la mer,&: puis le rapportoit au riuage, 
& laimoit (î ardem menc^que a quelque heure du iour 3c quelque 
loing qu'il fuft,quand 1 entant venoit au riuage 3c l'appeJoit, in- 
continent le Daulphin le rendoit la,le prefencant a luy pour le rc 
cepuoir fur Ton doSyôc le mener iniques en pleine mer f elbatanc 
& de la le ramener quand il plaifoit alenirant.TouteslefquelIes 
choies &:plufieurs autres femblables tant anciennes,(ont récitées 
de frefchs mémoire par les paifants deGi ece 3c Elclauonie^com 
meficelaeftoitaduenudenoftretemps, ^ touteffois elles ont 
ia efté efcriptes plus de treze cêts ans ha.Quat a toutes autres fé 
blables ie n en vueil elcrire autre chofe.Car qui les vouldra enté- 
dre,pourra veoir les autheurs qui les ont efcriptes. 

Que les habitants du Proj^ontiâc cjliment ^uclcs DauU 
^hinsfoicnt j^ajja^ers de la mer Méditerranée auj^ont Ea- 
xw,&quil leurjoit^lus tolerahle yiure lon^ ternes hors 
l'eau ^ue dedésla mer fans prendre haleine. CxXXlX* 

T'Ay ouy que les Grecs qui demeurent au riuage du Proponti- 
de difoient qu'ils cognoiifent que les Daulphins lont paliagers 
a la manière des autres poiflons^icauoir eft qu'ils fe partent touts 
les ans en quelque faifon de ran,venants de la merMediterranee 
partants par I Hellefpont 3c le Propontide,& delà fe rendants au 
Pont Euxin^dedens lequel ils font vn certain temps auanc Ccn 
retourner.Et que quand le temps leur ha apprins qu'il eft faifon 
de reuenir,lors chafcun l'en retourne dont il eftoit party . Dient 
d'auantagequils cognoifïent deux diftinâ:ions& différences de 
Daulphiiis: fcauoir eft des grands, 5c des petits. Toutes lefquel 
les chofes Ariftote a mon iduis ha voulu entendre;efcriuantque 
les Daulphins de Pont font moult petits, 3c qu'il nyapointde 
autres beftes maléfiques aux poiflbns enPont que le Daulphin 3c 
leMarfouin:&: que les plus grands Daulphins font bienauant au 
profond du Pont Euxin.Parquoy mefemble qu'il veult enten- 
dre que les vnspuilfentêftrc nommez les plus grands;Ies autres 

drc 



DES POISSONS MARINS. *^ 

les moîndres.Les Daulphins ont cela de particulier, qu'ils aimét 
at'aprocherdesnauires,&les mariniers les voiants venir, ^tonc 
quelque bruid: dc les fitlenr, a finque les Daulphins aiants ente 
duleion,reftentpluslong temps au tour du nauire. Eticeuls 
Daulphins f approchants,on les oit faire vn grand bruict en ior. 
tant nors la mer;en leclant le vent qu ib auoient log temps con^ 
tenu en leurs poulmons'dequelbruic ils font par le conduict dc 
leur filluleils entrent quelques fois,en 1 eaue doulce;ou ils le peu 
uenc bien contenirvne eipace de temps A viure des poiflons des 
riuieres ou ellangs,comme en la mer: touteùois 1 on voit ordi- 
nairement qu ils n y demeurét pas long temps.Entre autres cho 
fes qui iont les plus notables du DaulpHm c eil , qu il luy leroit 
plus tolerable de viute long temps en lair eftant lur terre lans a * 
uoir mal,que d élire détenu en la mer lans prendre haleine,telle^ 
ment que Ibuuent lesDaulphms qu'on ha prins es rets.demeuret 
fnffoquezenleau par faultedair,car ils nepeuuetviure lansrc- 
fpirer;non plus que touts autres poiflons qui ont poulmons. 

Que vlufeurs chofcs nommées dc i^YO^re nommaient j^ris 
leur af ^citation du Daulfhw. C/;^p. X L. 

A Vant que de mettre fin a ce mien difcours touchant la narra- 
tion de la nature du Daulphiriji'ay bien voulu adioufter vn 
poît que i auoye lailîe en arrière qui debuoit eftre efcrip t au cha- 
pitre des anciques engraueures des Daulphins . C efl: que VUxex 
portoit 1 effigie dvn Daulphin engraué en Ton cachet: &: auflTi 
portoit le Daulphin portraict en ioue(cu,enl honneur de celui 
quiauoitfaulue Ion fils Tbefemflcfiwi quieftoittumbéenla mer 
feftant misdeflbubs luy,rauoit amené iufques au riuage.lly eut 
anciénementvneefpecedevaiflfeauque les Romains nômoiec 
de nô propre od^hinus dôt ils fe feruoient en leurs repas, du quel 
Pline a ercript,en parlât des tables antiques en celle manière ueU 
fktnos pinù miUbHijcjïcrdisiniièras cmj^tos. C.GracUs bénit, lecroy 
que fuiVent tels vaiiieauls dont vient les panetiers du Roy de des 
Princes lelquels ils nômét vulgairemét Nefs ouNauires Les pa- 
fticiers aufl'i en quelques parts en ont de féblables qu ils appellet 
gardemâger,lelquelles me leblet tenir quelque choie delà tormc 



PREMIER LIVRE 



duDaulphî 8c que telles nauircs cftoiêt IcsDaulphîs des Romaïs* 
Semblablemenc leDaulphin ha donné nom a vne herbe qui an* 
cienncment eftoit nommée Defjpfiiniottxar les fueilles d'icelle her* 
beluyreflembloiêt-.femblablement ilhaauffidonnénoma vne 
mafle moult pefante,qui eftoit de ferbu de plomb, faide a la fi- 
militude dVn Daulphin,a la quelle les François ont mué le nom 
car telle maflfe eft maintenant nommée vn Saulmon. Si nous 
croions a l'interprète d' Ariftophanes c eftoit vne groflfe maflè de 
plomb ou de fer, aiant figure de Daulphin qu'on pendoit a Tante 
nedunauire, quand Ion liuroit la bataille lur mer,Iaquellemaf 
fe on laiflbit tomber dedens la nauire des ennemis,pour le faire 
aller en fôd.Et telle manière de nauire Thucydide nômoit Defpfit 
«op6oro,c eft a dire nauire portantDaulphî.Séblablemct il ha don 
né le nô'a la région qui maintenât eft nommée Daulphiné. Au* 
cunsonteu quelque apparence de raifon^dauoif nôméleDaul 
phin du nom de Pompifoi,car il accompaigne voluntiers les naui- 
res,commefaiftIe Daulphin. TouteiYoïs Ariftote defcriuanr, 
^omfiCus feparement du Daulphin,monftre bien que leDaulphin 
ne le Marfouinne foient pas Pompifo^ duquel ie ne vueil point 
parler dauantage,car il me fuffit d'auoir touché ce poind:,pour 
faire entendre que Poffipifni foit vn autre poiflbnque le Daul- 
phin, 

DeJcriftioH des extérieures j^arties duDaulfhir). Chaj^.X L. 

A Près que i ay long têps pourchafle toute l'hiftoire de ce qui fc 
doibt dire duDaulphî, il ma féblé eftre téps de retourner pré 
dre mon principal propos ia commencé) éprendre les fuldi* 
Acs efpeces de Marlouins chafcun a part Iby, a fin de tellement 
les fpecifier qu elles foient entendues.I'ay di£t que celuy qui eft 
le plus communément apporté delà mer,&:quin'hapasle nez 
longjcftoit celuy que ie vueil entendre par le nomdeMarfouin: 
& que celuy qui ha le nez long,appellé des Francoys vnOye^foit 
le Daulphin,duquel ievueil premièrement donner la defcrip tiô, 
tant du malle que de la femelle,a fin que chafque note extérieu- 
re foit diligemment examinee,prcnant les parties de fon corps a 
part en les confiderant diligemment. Et cômençant par lagroP 

leur, 



DES POISSONS M A RI Kl* ZJ 

feur, la plus commune qui foitveuees Daulphins, c'eft autant 
qu Vn homme peult comprendre dedens fcs bras,les embrafla n t 
au trauers du corps.La longueur eft autant ou quelque peu mois 
quVn homme peult mefurer en eftendant les bras, touchant la 
queue dvne des mains,&: de lautre a la tefte, aiant le corps du 
Daulphinappuiècontrefapoidrine- Voyla lacômune grâdeur 
delà plus vulgaire qu on veoit ordinairement en noz becs d'Oyes. 
La^randeur de la corpulence du Daulphin haefte' exprimée en 
comparailondu Herondemer:car Ariftotca laiflepar efcript, 
que lepoiflbn nommé Xip6i«i ou cUdins^ que les François appel* 
lent vn Héron de mer,croifl: quelquefois iufques a telle corpulen 
ce,qu'ildeuient plus grand que nefaidle Daulphin. Et pourcc 
que nous cognoiflons bien quel poilTon eft leHeron de mer;auffï 
par confequent deuons nous cftre afleurez de la grâdeur du Daul 
phin.Le plus grand que i'ayeoncveu, fut apporté a Rouen l'an 
mil cinq cents cinquante;au mois de Juillet, duquel iobferuay 
la grandeur.La lune de fa queue auoit en l'interualle dVne des 
cornes a rautre,plus dVn pied 3c demy. Car elle contenoit trois 
fois autant que ma main feftend en longueur de l'extremitédu 
pouice ôc du petit doigtrc eft a dire trois paulmes : l'efpefleur de 
Ion corps embraflee auec vne corde,puis mefurec, auoit fix pauI 
mes.Sa longueur eftoit autant qu Vn hom me peult atteindre des 
deux mains eftendantles bras.Sonbeccommenceant de la ou 
il eftoitcamus,eftoit long d Vne paulme:&: commenceantdont 
il eftoit fendu, il auoit vnepaulme&: demye.Il auoit vn bô pied 
en louuerture de fô bec:Et eftant vuidé de (es intérieures parties 
comme on lauoit apporté,tI poifoit bien trois cents liures. aufli 
vncheualapeineFauoitpeu apporter depuisleHaure de grâce 
a Rouen.Les Daulphins n'ont que trois ailles en tout, dont vne 
feule eft efleuee deflus leur dos,laquelle demeure toufiours en vn 
mefmehaulteur,carilsne lapeuuentbaifler: ne haulfer a la ma- 
nière des aultres poiflbns.Vray eft qu'ils la tournent bien ça Se la 
versles coftez. Les deus autres aifles qu'ils ont, vnedechafquc 
cofte,fituees aflfez près delà tefte, me femblent eftre bien pe* 
tites mifes en comparaifon a la proportion de leurs corps.Natu - 
renlia armé leDaulphind armures exterieuresA'fif domine ou 

G.3. commande 



PRE MI ER LIVRE 



commande aux autres,c eft par favertu,&non par force d'armes. 
Car en tout ce qu'il ha pour nuyre aux autres,ou le deffendre,Ioc 
feulement les dents.U ha la peau totalement lubrique &:gliflâte 
comme aulTi touts autres poiiïons nombrez es efpeces de ion gé 
rec'efta dire Cetacea .IleiHanselcailIes^&halaqueue contre la 
reigle & couftume des autres poiHbns, lefquels luy uant la for m e 
deleur corps qui eft plac,la portent a la mcime manière; mais le 
Daulphin la porce oblique comme font les oy feauls. Car vn cy* 
feaueftant Oc forme ronde en longueur,&: volant en lair^en efté- 
dantfaqueue;il vie d'icelle comme dVngouuernail, ôci'cn fert 
pour feioulager en volanr,choie que nous pouuons veoircs Mil 
lans Hirondelles de es Creiferelles^qui iè tiennent long temps en 
lairen vn melme endroid: ic fouitenants deleur queues &: des 
aifles^lans point ie remuer. Mais puis fe voulants darder vont 
comme vne fleiche^ aiancs retiré leurs ailles, leiquelles ils ne 
remuent point,ie gouuernantsi'eulemencdelaqueue, ils vont 
dVneviitefliincomparable.SemblablementlesDaulphins,aiât$ 
la queue oblique^nagent feulement de la peianteur de leur corps 
fans point y trauailler leurs aii*Ies,mais feulement leur fuffit eftre 
aidez delà queue qui conduyie le corps. Laquelle ils ont compaf 
(ee a la façon d vn croiflant,non pas du tout en vray façon de Lu 
necommeles Tons. Car ils ont d'auantage quelques autres en* 
taïUeures.Ladicle queue leur baille vne trcigrand force en nou- 
ant,carelleellrobuile.Tellementqubn pourroit dire que leur 
queue les ibuilient en l'eau quaiî en balance, comme la queue 
desoyieaux en lair.Le Daulphin ha les yeulx fort petits , veu la 
grandeur defon corps . Il peult ciller a la manière des belles ter^ 
reftres amenant la paupière pour couurir la prunelle des yeulx. 
Les conduicis de ion ouye font fi petits que n y apparoiit aucu 
ne cognoiUancede pertuys,fi Ion n'y regarde exactement. Celuy 
qui les vouldroit trouuer^Ies cherche en cefte maniereiqu'il com 
mence au coing de rœil;5<:fuyue de droicle ligne allant vers les 
aifies^&iUes trouueradiftants a iîx doigts de l'œil. Et filpréd 
vn brin de paille, &: choififlè la partie déliée a laquelle eft atta- 
ché leipi, ôc la fiche dedens les conduicls de louyeduDaul 
phin, de puis trcnche la chair auec vn couileau luy uant la 

paille. 



DEÎP0I5SONSMARINJ. 25 

paille, il voirra décliner les conduidls a cofté contrebas, &fc 
cHargir quelque peu au dedens; de finablemenc paruenlr aux 
os pieireux,^^^ entrer dedens le teft. Les conduits pour odo- 
rer, quelque diligence quon lâche faire.nefont apparoiflànt5 
finon es petits^nouuellemenc naiz, comme d vn mois ou de 
deux mois. Car commenceants a deuenir grands.lls perdent 
cela .On les voit auiii enceuis qu'on a tué de la matrice,ler- 
quels ont des petits poils blancs comme barbeaux,de chafquc 
cofté de la partie de deiruslamachoueredenhaultjmaisilslôt 
durS; lelquels trenches a la racine, 3c iuyuis auec le coufteau, 
font veus le inférer es extremitez de certains nerfs efquelsils fe 
terminent.ïouts les autres poilions dit des ouyes, qui font ou- 
uertures par les deux collez. Mais le Daulphm n en ha point.Car 
comme nature luy ha nyé cela,elle luy h^ baïUévne fl ufte, au cô- 
duict deflus la telte> droictement entre les deux yeulx, par la 
quelle flufteou tuyau il refpireô^alpire en l'air, &:iccte leau; Se 
taitbruit.LeDaulptîineftefpois par le milieu au trauersdu corps 
a la manière dVnretournouerdeguantier, car il fe termine de 
chafque cofté en le agreftifant&: diminuant en agu, tant de la 
pa rtie de la tefte que de la queue^il ha le nez Iong;rond,6c droict, 
loados eft de couleur piombee tirant fur le noir.Jleftblâc 
par dclfoubs le ventre. Les ailles qu'il ha de chalque cofte6c 
îa queue,& 1 arreftede deffus fon dos (ont moult noires. Ses dcts 
font de compte ùiâ: cent Ibixante en tout , moult poin* 
(Sues 3c rondes, en longueur difpofees par ordre, quarante 
en chafque cofté delà mafchouereiderquelles celles qui font 
de la partie dembas jfont plus petites que celles qui iont en 
la mal'chouere d'enhault, laquelle maichouere eft continuée 
d Vn feul os.Si eft ce qu'il y ha bien apparoiflance de quelque 
petite feparation. Mais par dedens elle monftre eftre d Vn leul 
osa la manière de celle d'vnCrocodillej en laquelle les quatre 
vingts dents qui yiont,defcendentiuftement& fe rencontrent 
en fe inférant dedens les autres de la maichouere d'en bas. Il ha 
quafi la langue a deliure^comme eft celle dvn porceau:mais el- 
le eft en ce differéte,qu'elle eft couchée au bord par le deuât,a la 
manière des lâgues desCygnes,Oies,ou autresoyleaux de riuierc 

La 



PKEM I ER LIVRE 



La dijfcrcn<c cxtcricurc du Daulj^hin d^ entre le majle &* 
la femelle. Chap^ X L 1 1. 

A Près que fay defcript les extérieures parties duDaulphin,qui 
conuiennent tant au maÛe qu a la femelleâl refte que ie met 
te la différence de IVn a I autredifcernant le malle de la femelle, 
car il y a quelques merques entre euls deux aflez manifeftes qui 
Iesreparenteuidêment.Cellqueles Daulphins malles, ont vnc 
ouuerture par le milieu du vétre,en laquelle le retire le fourreau 
de leur membre honteuls,qui eft enclos la dedês:lequelon peulc 
tirer hors en le prenant par le bout:& quand on le tire bien fort, 
il fort hors moult gros;3c ha plus de huicl poulces de long. Il ha 
encorvnautrepetitpertuis au deiToubs, qui eft le conduiétde 
rexcrement;lequeleit beaucoup plus bas vers la queue. Mais la 
femelle n'ha point de telle ouuerture au milieu du ventre, finon 
qu'elle en ha vneplus bas que celle dumafle,qui eftlepertuisde 
la nature,ioignant lequel vn peu au deflbubs eft féblablement le 
pertuis de 1 excrément, feparé comme es animaulsterreftres. 
Ceft vnenote infallible qui diftingue extérieurement le maÛe de 
la femelle. lay défia baillé les portraids du Daulphin retirez de 
rantique,ainfi quelesyauoyetrouuégrauez,comme es ftatues 
3c medalles des republiquesScempereurs tels qu'ils les y auoyent 
fai(5t portraire.Confequemment il m'hafemblé raifonnable,d c 
donner vn retiré du naturel.contrefaiét au vifilquel nous auons 
faidt faire en Paris,de telle peinéture que Touurier induftrieuls 
maiftre François Perier,aiant le poiiTon deuant les yeulx ;ha reti 
ré de fonpinceau.Laquelle peinture de Daulphin monftreea 
touts viuâts cognoilîats le bec d'Oye,iugerôtque foit fô naif por- 
t raiél&croy qu'il ne fe trouuera home qui ne Taduouepour tçlle. 
Le^ray ^ortraiïi du Daulphin. 




DES POISSONS MARINS. 2p 

Defcrifiort du Wlarjouiïiyb' ladijference de Phoca.àr 
de Phocœrja. Chap. X L I 1 1 1. 

T: Our n engédrer confufiô,es chofes que i ay defcriptcs duDaul 
^ phin^auec celles que i'eicriray duMaribum;i ay bien voulu cô 
fererlVn auec I auae,car leDaulphin n'ha rien qui nepuiileaufli 
bien conuenir aus autres elpeces de Marfouins, tant du malle 
que delà femelle:&:n eftoitqueceluy quieft vraiement appelle 
Marfouin,c'eft a dire Pfioc^na, n'ha pas le nez fi long,il feroit qua- 
fifemblableauDaulphin.Maispource que Pkocdna eft vn nom 
moult prochain de Pbjcfl, 8c toutefois l^hoca, eft vn aultre ani' 
mal,appellé en François Veau de mer^ou bien Veau marin,de la 

{>eau duquel Ton faidt les ceinétures de cuir pelu,ie Tay bien vou 
u nommer en ce lieu^a fin querafFinité des appellations de Pfio» 
ca & ?hoc<ena n abufaft perfonne.C eft donca Pbuwna a qui le nom 
de Marfouin eft proprement deu,&: qui eft beaucoup plus com 
munque neft i'Oyeou Daulphin:auflleft il généralement le 
mieuls cogneu par les poiflonneries des villes;&: principalement 
de Paris, rayveulouuenteifoisaduenir qu'on yen ha apporte 
quatre ou cinq pour vnvendredy,mais cela n'eft pas ordinaire: 
car telle chofe aduiêt I vne fois plus l'autre fois mois. Aufii il y a 
vn temps auquel les Marfouins font pefchez plus frequents;car 
Ion en voit plus au printemps qu'en autre (ailon, plus en yuer 
qu'enautône;&:plusenautomne,qu'enefté: fi eft ce qu'on en 
veoit quafi en toutes faifôs:mais mois en efté qu'en nulle autre. 
Et pour cinq Marfouins qu'on y apportera, a peine Ton yvoirra 
vn Daulphinou Oye.Carles Daulphinslont pefchez plus rare* 
ment queles Marfouins^Or voulant exact émet defcripre leMar- 
fouin jil ne me fera difficile après auoir defcript leDaulphin,car il 
eft de mefmc corpulence, qu'eft le Daulphin:neftoit qu'il eft 
quelque peu moindre.Il eft brun deflLs le dos tirant fur la cou* 
leur celefte,mais il eft blanc deflbubs le ventre.Il n ha qu vneha- 
refte ou aelle deflus le dos, il en ha deux, vne de chafque cofte,5: 
ha la queue tournée en croiflant. Toutes lelquelles aelles, queue 
&c harefte,font de couleur noiraftre,a la propre manière de celles 
du Daulphin.Ilha le nez mouce quafi comme arrondi. Somme 

H. que 



PREMIER Livre 



que fon extérieure dercription,conuienc en toutes merques auec 
celle deTOye. Qjant aux yealxS^ autres conduicts d'odorer,& 
refpirer,&: au conduicl de rexcreoiét 3c de la nature de la femel- 
Ie,&:du membre honteux du ma(le,&: toute la refte des parties 
extérieures reiremblentauDau[phm,5: pour le faire briefjiepre* 
cens quela prelentepeincturelereprefenteraau naturel. 
Le j^ortratH du Marjouirî. 




A Riftote au fixiefme&huicîliefmederhiftoire, haparléafTer 
amplement de ce Marlouin; lequel il ha nôbré entre les poif* 
fons C^ftaceoiceft adirequifont de grande corpulence,<S<: qui ré- 
det leurs petits en vic,5c qu'il ait du laicb corn me les Daulphins. 
Pareillement Pline parlant de T->r/ionejOuT<r/ion?,quie(t adiré 
Marlouin dicb qu ils lont iemblables aux Daulphins: mais quel- 
que peu plus rigoureux, maltaifants a la manière que les chiens 
de mer font de leurs becsjnaiflants en la merde Pont. Celaaef- 
cript Pli.de noftreMarfou^I'aiât pour la plus grad partie traduict 
d'Aritlote . Mais pour Pf)oc£na il ha tourné Tir/70 ou Tnrfyoy 
nous auonschangé vne lettre difants -Al.ir/JyopourT.<rJjo .Les 
Veniciens ont vne fembhble diction pour exprimer le plus 
petit poillon qui fe pelche en la mer,lequel pource qu'il eft de pe- 
tite ftature,\l n'a point deiingulier:ma'sdvne voix pluriele ils 
le nomment Marconi: lequel petit poiiTon ceuls de Marfèille nô- 
ment CaSafoni. Et pource que telle manière de petit poiiïon ne fe 
voit point par deça;ie ne fâche point quel nom François il obti- 
enne entre nous. 

Defcription 



DESPOISSONSMARINS. 30 

Defcri^tion à\n autre ejj^ecc deMarfcmfurnoinméync 
Oudrc. Cha^. X L Y. 

A lantacheue touterexterieureanatomie du Daulphin de du 
Marrouin,auaiu que procéder ai intérieure partie, il m aiern 
blé cou u en a b le de comriiericer a deicripre,! extérieure peinccu* 
red vne tierce eipece de iViarlouin;Conjnjeiay promis:iaqueIle 
iayfaicl poi traire au naturel, lâchât bien que iapeincturepeulc 
mieuls reprelenter les choies a 1 œil en vn inftant^que ne tont les 
eicripts en longue efpace de temps.Elle fut aouuee dedens TCce- 
an,6^pe(chce au nuage du Treport^qui eftvnhaure en la colle 
de Normandie,&: tut apporté parcharoyaPans. Ce fut 1 vndcs 
plus grands poiiions que i eufle onc veu.ie vueil prendre celluy- 
cieni:oy,quetoutspoiiîonsqui ont quelque fimihtude auec le 
Maribuin,ibientindiiTerenirrent appeliez iMarfouins. Car encor 
qu'il fuft particulièrement nommé de quelques vns du pais vne 
Oudre;lieil cequegeneralementtouts autres enle voiant lap» 
pellolentduMarlbuin.Onlenuoyadu ïreportal'hoftelde Ne- 
uers a Paris,& ceuls qui 1 enuoyoïentle nommoient du Marfou- 
in,comme nous auons veupar les lettres qu'ils eicripucient au 
maiftre d hofteI,ne vl'ants d autre nom, linon qu ils diioient luy 
enuoyer vn Marlouln.xMais ceuls qui lauoientamené, ô:pluli- 
eurs autres qui le venoient veoir, le nommoient vne Oudre,ou 
vn Neutre,les autres vne Ouette.Mais pource que Guette eitvn 
nom qui femble eilrediminutîf d vneOye,(Sel C^e eil le nom du 
Daulphin,ilmefemblequele nomd'Ouette luy feroit donné 
mal a propos-.car il eft quatre ou cinq fois plus grand que n eil le 
Daulphin. Somme que les appellations les plus communes e- 
ftoientde la nommer vneOudre,ScOudre en Francoisell a di' 
Vterjquieft vneefpece de vailkau a mettre quelque liqueur, 
fôit eau, vin;OuhuilIe, comme font les boucs, &: peauls de 
chieuresjcfquellesrhuille nous eft apportée en temps de qua- 
refme du Languedoc en France ; mais lelexpoferay cy après, 
quant i'auray mis la defcnption de ce poiflon. 
Et pour commencer a le deicripre par la grandeur, plufieurs 
iugeoient qu'il eftcit pelant de plusdehuicl cents liures. 

H.2. Qui 



PREMIER LIVRE 



Qui le mefuroitauxpasencheminât^onluyen trouuoit trois: 
mais meluréplus ieuremencSc plus iuilemêc,il auoic neuf pieds 
ô^deiiiy.II elloïc iî gros par le trauers du corps,que deux homes 
le tenants par les mainsapemeleuflentrceuembrafler. Mais m 
ftemét empoigné par le trauers du corps auecvne corde,puis me- 
furee,elleauoicrept pieds: 6^ depuis le nombril du poilion qu'il 
ha au milieu du ventrejiuiques a Tefpme du dos en trauers,il ha- 
uoïc trois pieds&: demi. La lune de la queue entre les eipaces des 
cornes,auoit demie aulne. Cefte efl: la aefcription d vn bien grâd 
poilîon:lequel couteiïbis prins aux rets,n a non plus de force que 
auroitvn autre petit poiiîon;3c principalement li la queue eft 
empeftree:car il ha les aellcs moult petites pour la grandeur de la 
corpulence:6<: eftant prins,n aiant point de lecoui'ie a iby darder, 
par cela il demeure attoibh,naiant plus de force a le remuer.il ne 
pourroit aulii eftrelonguement envie pris dedens les rets, qu'il 
nemouruftiuftoquépar faulte d air, non plus que touts ancres 
poiiionsquiontpoulmons,comme Veaux de mer, Tortues de 
mer,Rats d eau3Maribuins,5aleines,Lutres,Caftors,Daulphins, 
Chauldrons.Celui duquel ie parle maintenât,eftOrca, il ha le nez 
beaucoup plus camus ôc mouce que n ha le Daulphin: ôc pource 
qu li ell de plus grand corpuléce,auiTi ha il fon bec ou nez beau- 
coup plus gros^mais leDaulphin l ha bié plus eftendu en lôgueur: 
car combien qu il ioit de moindre corpulence,couteiïois il haie 
nez pluslôg.La malchouered'embas de ceft Orca,eft plus lôgue 
que celle de deilusjronde,^ moule charnue.Les deux aelles donc 
il en ha vne de chafque cofté, dont il fe lert pour nager,me fem- 
blent plus pecices,qu'il ne conuient a la proportion de la grâdeur 
de fon corps.Lharefte qu'il ha delfus fon dos^eft efleuee droide 
6cpetice au regard du demeurant. Tout ce poiffon fembleeftre 
entieremenc couuert de quelque cuir côme le Daulphin Se Mar- 
fouiniaulfieftil lans efcaïUes ,noir fur le dos, & blanc delToubs 
le vencre.Il eft de forme toute ronde en longueur,gros parle mi- 
lieu du corps,5c eft eftroid: en diminuant par les deux bouts, cô- 
me eft vn pot alantique;Ou vn fufeau panzu. Il ha les yeuls 
moult petics^entrelefquels delTuslefommetdela tefte,eft le cô- 
dmct de la fiftule,par laquelle il infpire 6c expire.Sa langue ncft 

entière 



DES POISSONS MARINS* 23 

entièrement Iibre,5:eftfemblable a celle dVnDauIphin. L'en* 
droicl de la ^orge par le dehors aux balles narines de la langue, 
eft gros comme pourroiceftre a ceuls qui ont vn fécond mentô. 
Les deux petits pertuis de Ion ouycjcncor qu'ils foient moult e^ 
ftroicls comme auDaulphin , touteffois ils apparoiflent quelque 
peu.La ma(chouerededeiloubseftfipeiante,quelle tumbeda- 
uec celle d'enhault,quant le poiffon ell deflus le ventre & luy tiét 
la gueulleouuerte,quieft fort bien armée de bonnes dents. Au 
£urplus,quant elldece que nous pouuons efcripre de l'on exte 
rieureanatomie,ie puis due qu'il eit en toutes notes correfpon* 
dant auDaulphin,exceptéqu il eft quatre ou cinq fois plus grâd. 
Tellementque lepenloyeaucômécementquecefuftvn Daul 
phm^d'autant que le n'y trouuoye différence linon envne excel 
fiuegrâdeur.Vray eft quel aytrouué quelques particulières cho 
lesqueiayobferueeSjlelquellesm ontenieignéqueceftuici foit 
particulièrement de ion genre;different auDaulphin. Mais pour 
ce que l'ay touliours eu la coullume,que en I endroicl ou lauoie 
difficulté des animauls qui fereffsmbloient^de leur regarderies 
dents,apres diligente inipection Se côfideratiô de celles deOrca, 
li'ay cogneu leuidente différence d'entre luy de le Daulphin. Car 
le Daulphin ha iuftement autant de dents en vncdes mafchoue' 
re, comme ceftui ci en ha en toutes les deux , ou bien di- 
ray mieulx; qu il ha autant de dents en IVn cofté de lamaf- 
chouere^que ceftuyci en ha en toute vne entière Laquelle cho* 
iei ay facilement peu expérimenter a 1 œil:car nous Tauonscô^ 
feree a rencontre des malchoueres des Daulphins que nous gar^ 
dons de long temps:maintenant les mafchoueres auec les dents 
du iufdiâiOrcajia nettoyez 6^ deicharnez font chez monfieur 
le garde de féaux Bertrandi:leiquelles dents nous auons compté 
eftre quarante en chafquemafchouerejnecôprenant point qua* 
tre petits rudiments qui font deuant, SclesplusgrolTes font au 
nôbre de vingt de chafque cofté des maichoueres>qui font mou 
ces,mais celles du derrière font poinclues llyenhafn toutqua^ 
tre vingts^moult blanches,longues en rond ,dii potées par ordre, 
diftanteslVne de 1 autre comme au Daulphin. L'os de IimaU 
choueredébas eft quelque peuvoulté&:eft lôg d Vn pied.i$cdemy. 
Louuerture de la gueulleneft guère plus fendue queit celle du 

H. 3. Daul 



PREMI ER LIVRE 



Daulphin,mais touteffois il ha bié la gueulle plus large.La figure 
de fa queue approche plus de celle du Daulphinque du Maribuî, 
toutelVois elles Te relleinblent toutes trois Ce poilibn n'ha pas (eu 
lementefté veu pour vncoup^car il aduient quelques foisquo 
en prend d autres lemblables 3c de plus grands,niais li rarement 
que en dix ans a peine en terapris vne douzaine en tout le riua- 
ge.ll ne refte rien a defcrirede fon extérieure peîd:ure,lin6que 
celuy dot ie parle maîc enât, eftoit femelle, qui auoit vn petit de^ 
dés levétre,lequel pour lors n'eiloit encor pas paruenu a lufte gra 
deur, car c'eftoit au commencement de iriay,m il cinq cents cin 
quanteS^ vn;toutelYois il eftoit defia fi grand, qu'il auoit deux 
coudées de long.qui eft vray argument que ce poiflbn fuft en ef- 
pece différent au Daulphin,S^ Mariouin.Cefte femelle auoit des 
mamelles, vne de chaiquecofté,qui eftoient moult manifeftes, 
tellement qu il ha efté libre a vn chafcun de les veoir; defquelles 
lespetits bouts eftoient cachez dedens vne fente, mais on les ti- 
roit facilement hors de ladicteTente quand on les pinfoit auec 
les ongles-.non pas que le bout de la tétine euft vne tefte comme 
ha vn autre animal terreftre, mais feulement vn petit bout délié, 
duquel les petits Oudreaux tettent le laicf des mamelles^qui Çôt 
cachezcôme ie diray en defcriuât lô intérieure anatomie. V oila 
ceque i'auoye a dire touchât l'extérieur de ce moult grâd poiflô, 
qui ha efté fpeélacle a u peuple de Paris,ear ils le venoient v coir a 
rhoftel de Neuers par grande fingularité. 

DîfcoursprlnsdesautheuYS^îOLuhant ce ^u ils ont ejcript 

du foîjjon rîommé Orca. Chap. X L V 1 1 1. 

T'Auoye defia defcript ce poiffonauantrauoir nommé de nom 

antique:mais après que i eus long temps fongédeffus, 3c que ic 

trouuaytantdemerquesquilemediftinguoient du Marfouin, 

Chauldron,&:Daulphin,iefongeoye quelle antique appellation 

ilpourroitobtenir.DefianeftcepasPri/îei ouPnllis: carileftma 

nifeftequc le poifTon que les François nomment vn Chauldron 

eft Prifles . Lequel ie n'ay point voulu defcripred auantage en ce 

Iieu(combiê qu'il euft peu conuenir a cefte matiere)pourceque 

ie nenauoyepointlapeindure. Aufli neftce pas Pfij/efer, car 

il fault(f ileft vray cequ on en efcript^qu'ilfoit plus grand poif' 

fon que ceftuyci. Mais quand l'eus enquis^particulierement des 



t 



DESPOSISONSMARINS. Ji 

noms que ceuls qui TauGient amené luy bailloicnt Se que i eu en 
tendu que plulieurs le nommoient vn Oudre, les autres vn Ou- 
tre (vrayelt comme iaydict; que généralement le cômun po- 
pulaire le nommoienc Marfouin)&: lâchant bien que vne Oudre 
tient 1 appellation dVn vaiiîeau a contenir de i eaue ou du vm: 6c 
auifiqueOrcatientlenomdVnvaiifeauen Lacm lignifiât quafi 
la mei'me chofe que faicl vne Oudre,il ne ma elle trop difticile 
deluytrouuer vne appellation antique:veumelmement que la 
propre appellation francoile me la enlèigné.Ie lauoye delcript 
ignorant Ion nom anciea: Se nay rienadioufté depuis en la de- 
lcription,finon ce mot Orca:a fin que lî ie failloye en le nommât 
de ce nom ancien^la deicription demeure entière, pour celuy au 
quel il appartiendra.Touceslesnotesdece poiffon me contor* 
téc a le nommer Orca,ilfutainfi nomme des anciés,pource qu'il 
relîembloit a vn long vaie, queles anciens nommoyent Orca, le- 
quel auoit deux boutS;OuextremitezellroicT:esj<Sceftoit gros ôc 
rond par le milieu. Voila quant a la deicription duvare,dont il ha 
gaignéce nom.Mais quantaladefcriptiondudicl poillbn réci- 
tée par les anciens,ietrouueauiliqu elle ioit correipondanteen 
toutes merques a i Oudre.Car Pline dicT: qu'il ne peult eilre pro- 
prement reprelencé oudefcriptfinôdVne groffe malle de chair 
aianc cruelles dencs:& que fonelchine eil comme le dos dVn 
baceaurenueclé montrant la carenne. EtquVn tel poillon fut 
veuauportd'Oftiealabouchedu Tybre:&:qu'il futcôbatu par 
I Empereur ClaudiuS;qui eftoit brs a Ollie pour y faire édifier le 
port.Mainrenanc l'on peult iuger.que les medalles de Claudius 
Caslar, efquelles il feill portraire vn Neptune alfis defius vn poil* 
fon tenant vn trident en la main, aient vne Orque ou Oudre, 3c 
que ce neloitpasvnDaulphinquony veoit porcraict: aulfi la 
peinclure retire plus a vne Oudre qu'a vnDaulphin. Cepoilîbn 
didl Plme,auoit luiuy des cuirsd u nauire qui vencit des Gaulles 
qui Teftoit peri,&:derquels f eftât repeu plulieurs iours a OftiC; il 
f elloit faicf vn canal dedés le lable^ou feillô dot il ne pouuoic lor 
tir,ne retourner en la mer:&:ainlidciecl:é au riuage^il demeura a 
lec;&luy apparoifl'oit leulemct le dos côme la carcne dVn bateau 
renuerféj&rqueles louldards de TEmpereur luy coururent lus 
auec leurs picques &: le tuèrent; de qu'il en teill celle fois vn 

fpeclacle 



PREMIER LIVRE 



fpeftaclc au peuple Romain. Qui vouidra en veoir d'auantagc, 
ôc auffi de la guerre cruelle qui eli entre elle&Ies Baleines,li(e le 
cinquiefme liure d'Opian,&: le neufiefme dePline,car ie ne veuil 
racôpccr toute 1 hiftoire: il me fuffic d'en auoir efcript ce qui me 
peultferuir aprouuer cequeien prctens elcrire.Et auantproce* 
der a ion intérieure partiejapres que le Tay iefcrite par le menu, 
ilmalembléconlequémenteftretépsdenbailler le porcratct. 

ta ]^ein?lure de l'Oudre.^ue Us Latins nomment Orca ou 
Orcynum. 




H'aianîYien oublié a défaire en ce^remier liure de ce quiaj^parfi 
tient a l'extérieure peintiure du Daulphin^ &* des autres que tay 
feu recouuYcr qui font defon efpece^tl m'a femblé ejlre temps de 
faire jin^^ de commencer a ce qui refle a efcrire des parties intat 
rieurcs. 

lin du premier Iture^. 



Le fécond liure de 

L'HISTOIRE NATVRELLE DES 
ESTRANGES POISSONS 
MARINS, 

AVEC LA VRAIE PEINCTVRE 

&• defcrivtion da j^arties intérieures duDaul^hiit, 

6r vlufieurs autres defon cfj^ece, 

Obfcruee par Pierre Belon duMam. 




mls^uJ^aiiûfjttu^ u «aa«tSIc4vxh;. 



A monfeigneur monfîeur le reueren^ 

DISSIME CARDINALDE CHASTIL^ 
L O ^Jtheral Mecœnasdes hommes Jludieulsyentierevroff évité. 

MOnfet^neur^aiantjini le premier liure,au(juel tayamj^les 
ment jpecijicyCe qui appartient aï exterrieure description 
tant du Daulphin^que de plupeurs autres poijjons de fon efpece: 
6" baillé leportraiÛ de beaucoup d' autres Jejquels lajfaiïi retis 
ter du naturel^ainfi que les aj trouue:^a propos, pour prouuer ce 
que iauoje entrepris de '\^ous^^erijier:maint€nant iajpropojé défi 
crire en ce fécond liure^les parties interieures^defquelles ie badieray 
les'\>rayes ejfioies^en preuue de ce que len dirajipuis après tadious 
jleray feulement quelque petit nombre d'autres peintures des poif 
fons conuenables a cefle matière^ car combien que taye grand no^ 
bre d'autres portraiÛs^lejquels'^ous aue:^^eus^touteffois ie ny en 
mettray nonplus que ie trouuerray conuenir a ce que ten ejcriray^ 
crai^nât quefi tenmettoye en ce lieu mal apropos.ne le trouuijjies 
mauuais'Mu mefmementque les referue a yous lesfpecifer en 
autre langua^e^ &- auffien faire ainft quil '\^ous plaira le me 
commander. 

f 




Si- 

De TafFiniré qui eft es parties intérieur 

RES DE LOÏE OV DAVLPHIN ET 
^w SUrfoutn cofjf crées les V«^i iî(<^c les autres. CbaoA. 

Scât ia arriué a la defcriptiô des interieuresparties du 
^0 Dauipl:iia&:clei autres poàiôs de 16 dpece, il in a lem 

blé eitre couenable de comécer par la uiiti ncl ion ces 
I eacraiiles duDaulphin,c6reteei auecleMarlonin Car 
to .t uiiiii aae les crois poilibicjueiaydeiius aictsoncgradaltini 
té en 1 ext:eneur,auiii 1 oac ils en 1 intérieur: qu i eit choie Diê eui* 
déccd qui les veuic obieruer. Ec como. ils onc quelques parucuhe 
res diitindiôs parie dehors.coucainh les onc ils par ie aeués.Mais 
a fin '1 expoie. coûtes choies lepP iuccîctemcc qu'il me lera pol* 
iîble,ie prédray ciialque partie a par iby en failac côparailô ue 1 v 
ne a laucre.Ec pour n elcr ire cac de redictes^il tauk ei.cêare q je ce 
quiconuiencal vn,pculcauluconuenir a laucre. Les enciaules 
du Martoum lonc t,eneralemenc plus robuiles que ne ioni celles 
de 1 Oye ou Uauiphimcar le Daulphm ha les mceitins moule rra 
giles,6<: greiies au regard du Marlouin.La tiftule de i Oye qui en* 
tre au conduicl de ueilus la celte; eft moins aduancee 1 eans que 
nelt celle duMarlouin.Tojcs deux ont lespoulmons deiembla 
ble tac^on bc en ce ditterencs aux poulmons humains^qu ils n onc 
que deux lobes ou pieceSjlVn a dextre, lautre a ieneltie encre lef 
quelseiliecœur,leinblableaceluyderhômej excepté que l'hô 
me citanc vn animal qui le cienc couliours droicl 1 ha peiidu qqÇ 
loubs,mais le Daulphi (!^Mario jin;eftâcs a déc,l onc droicteméc 
encre les deux pièces ouLobes des poulm6s:&: le cœur de lOye 
ouDaulphin, cncorquM ioïc dvn poillbn lans comparaiion 
plus pecic que le Marlouin , Il elt ce qu'il icra plus grand 6L plus 
rond que cel jy d û grand Marlouin, voire tuft le Marlbuin crois 
fois pP gràd que n elt TOye. Le foyc de coûts deux,n elt linô d û 
•. piccenonpiusque cùceluyderhomme, auflieftillemblabiea 
celui deThomme mais les petits 1 ont quelque peu plus diuiié 
que n onc les grâds.La ratte de cous deux,n eit couce env ne maf 
le, mais elt etparle (ja,(S:la,contreleftomachactachee adepe- 
tics ligamencsj&couceltois celuy del Oudre n elt linô d vnepic 
ce ronde,^ la racce du Daulphin elt plus grande que n elt celle 

Aa.2. du 



LE SECOND LIVRE 

du Marfouin.Ettoutainfi quelOyelialebec long, aulTihailIa 
languedemelmermaisle Marfouina qui le nez neft pas long, 
aufii n ha il pas la langue fi longue.Les langues de toucs les deux, 
ne iont pas du touc a deliure,parquoy Anllote diâ: que le Daul- 
phinpourroitbienfaire quelque bruir, comme fondes muets: 
mais pouLxe qu'il n ha pas la langue du touc dei'iiee &: d«liurc,ne 
auili les leures;il ne pouiroit pronôcer vnevoix articulee.Ie croy 
bien qu'il la puiU'eaduancer entre les dents,mais non pas la tirer 
luiques hors de la bouche.ElIe eft icblable a la lâgue d Vn animal 
cerreilre^Sc principalement d Vn porceau,neftoii qu'elle eft fran^ 
geepar lebord.LalanguederOudreneFeft fincnvn petit par le 
bout de deuant.Il refte encor a dire vue merque infaUible qui les 
diilingue par le membre honteuxtcar le membre du Mariouin, 
eftant mort,e(l aulTi gros (S^ grand^qu eft celui dVn homme en 
vie quand il 1 ha tendu^voire des plus gros qu'on fâche trouuer: 
mais rOye^neThagueres plus gros queftle poulce, &nepaflè 
pas huict ou neuf doigts en longueur. Touts deux l'ont poindru 
com me ont les chiens,6^ aufli ont les genitoires qui font longs ca 
chez au dedens,gros comme vn œui: de poulie, & font cartilagi^ 
neux a 1 extremité.Touts deux ont le pertuis de lagueuUe m ouIc 
eftroicT:e:dontiemefuys fouuenteffoisefmerueillé commet ils 
pouuoient aualler de fi gros poiflbndôt ils fe paillent, mais com 
me iaydefiadic1:,ilfault qu'ils fe renuerfent en les prenant, ou 
bien qu ils fe renuerfent en leau pour aller gaigner le poilîon qui 
natureilementlenfuytaufondversterre;acelIe fin de trouuer 
les algues de autres bagages a fe cacher dedens. Mais le Daulphm 
quinàualleiamaisvn poiffon aurebours^faduancepour lepren- 
dre par la tefte,Iaquelle il met la première dedens fon gofier,&c5 
fequemment 1 aualje dedens fon eftomach. Ceft vne chofe que 
i'ay facilement cogneuenpluiieurs Daulphins5cMarfouinsquc 
iayfouuenterfoisouuerts,efquels i'ay trouuay plufieurs poil- 
fonsque ie ne penfois pas qu'on les euft trouuez en fOcean. 
Car le Daulphin Se le Marfouin auallants indifféremment 
toutes eipeces de poiifôs en vie touts entiers, ontreftomach fort 
calleux ôcduv par le dedens,5c biê muni,contre les iniures des ha- 
reftes des poiifons qu'ils auallent comme Viues,Scorpiôs;Sargs, 
Perches,Pourpres,Orphics,Ciirerons,Seiches,Côgres;Mullets> 

Rougets 



DES POISSONS MARINS. ^f 

Rougets,5caucres lemblables qui ont fortes hareftes.Lequel efto* 
machelHéblableaceluydvn porceau; mais il eft quelque peu 
plus Iong:5: qui le vouldroic remplir de liqueur, de le croiitre en 
i eftendant^il contiendroit facilement trois quartes d'eau: qui ne 
eft pas choie difficile a croire, car mefmementceuls delà mer 
Maieur ou Pont Euxin;enuoient les Cauiars rouges &c noirs a Cô 
llantinoble dedens les eftomachs des Efturgeôs:&: ceuls de Min * 
grelien'aiants vfagede pots ou vaifleaulx de bois, remplifientles 
pances des animaux de leur beure,foit de vaches ou brebis,qu on 
apporte vendre a Côiîâtinoble. Voila quât a la Pâcecu eftomach 
duDaulphin&: MarfouinjauquelfOmentwmqu onnômeen Fran* 
coys la Taye,eft attach ee au fond, comme elle eft es autres ani' 
mauls:&: couure quafi touts les inteftins qui ih nt deiioubs, mais 
elle n eft guère gralle,(3<: eft fort lîmpIe,6cmouIt déliée. Le ventre 
intérieur du Daulphinj&: Maribuin.ou font les inteftins,eft iepa 
ré par le diaphragme;de celuy d'enhault.Leur cœur eft enuelopé 
dedens le Pencflrfii«mauecvne bien grande quantité d eau clere 
enfermée leans-.lequel ha deux aureilles,&: deux ventricules, 3c 
pour le faire brief;il eft en toutes ibrtesiéblable au cœur humai 
Pareillement les poulmonsfepenuent entier de vent, filsfont- 
louftlez parlafiftuleou fluftequi eftattachee aTherbiere ou ar-» 
tererlaquelleeft en ce diftercte a celle de touts autres, qu'elle ioic 
a deliure.Le Larinx duDaulphî que les Erancois ronimcnt la Lu 
ctte^eft longue com me vn petit tuiau que nous voions ieruir de 
anches aux cornemufes.auili eft elle fichée en ion conduicl: de la 
mefme manière queleiûiclstuiaux font fichez en leurs boiftes. 
Car la fufdicfe Luette ou ep^Utis qui ferme le conduicc,eft faicle 
a la manière de deux petites charnures de la groiîeur &: quali de 
la façon de deux demiesnoix,tellement qu'il n y a aucune partici 
pation de conduict a refpirer entrant en la bouche com me es au 
très animauls.Car poféque tout autre animalS: Ihôme feeftoup 
pent le nez;ils ne laillent pour cela a afpirer par la bouche Se auf- 
fi refpirer,mais il n'aduient pas ainft au Daulphin;car le côduict 
qui va a fespoulmons,n'eft aucunement percé en Tendrcicl du 
go(îer,ains ha feullement vne cauitédeilus lefront, au dedens, 
feparee en l'os d vn petit entredeux qui eft pource que cefte fîftu 

Aa.3. le* 



t 1 SECOND LIVRE 

je cartilagincurc ("en va inlerer dedcns les deux didcs pièces ot, 
lobes de. i>c>.lmaas.ce.t ^.r .celle ^. ,1 raic d. u.re 1 eau en reCpi- 

deï mer. ' '" ' "'■ ^' ''''°' ""^ '"^'"^^^ ^'^ ^^"'""' ^^S" 
Afcauoirjî le Daul^hm Sr M^rj.w» fortanti bon Y eau 
yieaaeai eu i'air ^our rej^tm.ou ^our aj^uer. Cha^. i I. 

l'Ay long céps efté en doubtevoidtleDaulphfScMarfouinvenir 
en 1 auicauoa- 1 lU veno:éc alp.rer oa re.pirer .£t corne ceuLqùî 
noucc entre deux eaux,onca.p.re auacie meccreenieau i^ï 
plu- leurs po.l.nos ac véc, couc ainli le peuit une de cuucs lucres 
ammaulx de niertjm ont poulmons,conimeV eaux, iorciies 
Marlouuis,& Dau,pnms,qu ils vien.ienc en 1 air pour a.-pn er 5 
reprendreleurn.bne.Mais.lraukdirequils y viennenc pour 
Jaue coucs les deux:car après qu ils ovx cité long temps en la mer 
tans prenore haleme,la choie qu ikfont la première elt de ledteï 
hors celui vecqu ils auoiêr porté en la mer,car lorcacs hors,on les 
Oit bruyre en .ectant du vent & de 1 eau en 1 air A' tault loubdain 
Qu ils eu reprenoent d autre.car il n y en ha p jinc en la mer, tel- 

lemencquequiauroicliévndeidichannnaulsaufond de leau 
Il eroit mcoiuinét luttoqué par rauke d haleine . V oila q uât aux 

£ m 1n.Tf 1 1 '•^'P'""ôApourquoy 1 onveo.t tels animaux 
le monltrer hors 1 eau h louuent.Ma.s encor y ha vn autre poict 
dgneue plus grande contemplation, qui gUl en lanatomîe du 
Uuulphia,6i autres poilîons cetacees,qui ne pcult eftre deichifré 
uns admiration de nature,côme le dhay en ce luyuât chapitre. 
que leDaul^hin nefe ^eult repaijlrefwoa tourna la rU 
uerfe en prenant l'autre potjfon Chjp. 1 I J. 

Qï. poinâ: monftre ie grand foing de naturequ'elle ha des ani. 
niaulsquellepioduiet.ceftqueou les autres animauls ont 

iartereencontielagorgc,ceftuyciyalegolîer:quieftvnechorc 
qu onpealt facilementapperceuoiren luy fendantles maCchouc 
res auec vn coufteau,& Tuyuant iufques a I efto.n ich. Car on ne 
m>uue.-a point de pertuis qui refponde alarterecomme ion 
veou esautres qmontpouImôs.Ceflceque Ariftoteauoit vou. 

lu 



DESPOISSONSMARINS. a^ 

lu entendre quand il e{cript,que les Daulphins ont la gueulle au 
dedensdelendroicbdureuers. de fi :1s I ont de la partie de la ren 
uer(e,aulVifault il i'ils veulent mangerjqu'ilsfoientréuerfez.Auf 
fi diifl \lyOs infï'h j^artejHpna Dcl^f)ini hubcnt,^Hamoirem niji cottHtrji uJh* 
pnentHr^dèHtn corrii^re ne^HCunt. Ceftk vrayc raiibn qui rend les 
Daulphins contraincts de fe ren uerferjen mangeant ôc prenant 
leur proye en la m er. 

De ïanaiomic des intejlins & autres j^arties intérieures du 
Daulvhin 6* Marfouifi. Chap. i 1 1 1, 

T ES foies de ces deux,& autres féblableSjtouchent lediaphrag- 
me;aufl1i lot ils defloubs la partie du dehors, 3c ébraflét 1 efto^ 
mach par deirus,&: le muniliêc de touts collez: lequel eft entêdu 
en longueur. Leurl'^fûni^,quô nômevneCaillette enFrâcois^pour 
cequeles villageoiles prennent latourneureen telles Cai le ttes 
dôc elles font cailler leurlaicT::IequelPjior«i eftfigrâd, qu'il con- 
tient quafi la tierce partie d'autant; comme faicireftomach, 3c 
auilielUongquafi de demypied. Les autres inteftins fuiuants 
celiuyIa,commeeftleIei««i«m,&: lel^eon font repliez en maints 
deftourSjComme nous voions es frafes de veau. Et celuy qui eft 
nommé C«fc«m5nell point trouué entre les inteftins duMarfouin 
&Daulphin,&:Ieinteftin, ou eft le pertuys de 1 excrementqui 
eft nommé ReB«m; eft contre lareigle des autres animaux pl^ 
grerteau Daulphin^que ne font touts les autres inteftins:^ tou- 
telfois il debueroit eftre plus gros 5c plus largeJls defcédent d en 
haultlelogdelefpinetoutdfoicljfansfc dcftourner nulle part. 
Toutslefquelsinteftinsjfontainfi attaches au dos par la liaifon 
des veines me[eraiques,&: par les ligamêts^* par les tuniques du 
PcHtûne«m,en iorte que fi on les deftache d vn feul endroicî: ou el - 
les fe ntretiennenc,elles fe peuuent enleuer toutes enleble. Leurs 
veines font inférées par les exrremitez au tour des inteftins: qui 
vôtfetermineralagroireveinenommee Portcilaquelle leur eft 
moult apparente 3c plus groiïe que le doigt. Nous y auons comp 
té douze coftes de chafque cofté;n y comprenant point les claui 
cules^ne les autres courtes nômees les fauUes coftes, fur lefquel- 
1 es la veine Azijos eft couchée au cofté droicl moult apparente^ 
de feften d en plufieurs rameaux en chalcune des veines ou elle fe 
va terminer. Des 



LE SECOND LIVRE 

Comparaifon des mamelles du Daulphin contre celles 
de îouts autres animauls.Defyuels les \ns les ont en 
la j^oiïirinejes autres le long du^phrejes autres aus ey 
nés. Chai^. V, 

C Emblablement auffi eft veuc la veine caue^c eft a dire la veine 
creufe,qui Ibrt du foie,laquelle il ha enflée plus grolfe que le 
doigt^plaine de fangjeftendue le long du dos : laquelle puis le de^ 
parc en rameaux,6c monte par le derrière du membre honteux 
delà femelle,ôc va porter lahment tant en la matrice que aux 
mamelles ou le faict le laicl:deiquelles mamelles, ie parleray cy 
après plus amplement. Leurs rongnons font gros de chafque CO' 
fté d^ ipongieux^lelquels i eftimoye au parauant eftre les mamel 
lesanaisles mamelles (ont cachées deiloubs la peau entre les 
inulcles de lepigaftre le long du ventre,il eft facile a les trouuer 
incontinent,fi Ion fuit le petit bout exterieur.-car enuirondVne 
paulme loing des bouts des tetinsjil y ha vne charnure ou carun 
cule,quifeftendenlong,côpofee d Vne chair molle,fpongieure 
& rouge;qui reçoit le fang,tant des veines de la poic1:nne;que de 
celles des eines; lequel nature yconuertienlauft.LeDaulphin 
&: Marfouin & pluiîeurs autres poilTons qui ont poulmons, n'ont 
que deux bouts es mamelles:mais nature ne l'ha pas faict fans 
raifon.car comme nous voions la femme enfanter le plus fouuét 
vn feul au couptauifi nature ne luy ha donné que deux tecins,(a 
chant bien qu'ils peuuent fuffire a vn (cul. Semblablement les 
autres animauls aquatiques ou terreftres qui n ont quVn petit a 
la fois,n'ont eu affaire de plufieurs mamelles: defquels il y en ha 
qui les portent en la poiâ:rine,côme iont les chauues fouris^que 
Pline auoit au parauant efcript^laquellechofeiay n agueres trou 
ué élire vraye par leurs anatomiesfaictes dedens la grande Py- 
ramyde d'Aegypte,5c dedens leLabyrinthe de Crete.car i ay veu 
les mères baillants a teter a leurs petits de leurs mamelles du lait 
qu'elles ont en la poic^rine. Vne chofe qui m'a femblé digne de 
grande admiration en elles,eft qu elles ne font point nid. Car el- 
les fe pendet en l'air de leurs crochets des aelles,enallai(3:âts leurs 

petits 



DES POISSONS MARINS. 37 

petits qui font (emblablement pendus aux pierres des voultes. 
Les Singes pareillement ont des mamelles en la poiclrine . Ce 
qu'on ha aulVi eicript des Sphinges.Mais les autres animauls qui 
ont grand nombre de petits a nourrir,comme Taulpes,SâgIiers, 
HeriltbnSjPorcs efpiSjS^ autres iemblables onceu betbing déplu 
fleurs bouts es mamelles,leiquelles (ont eftendues le long du ven 
tre,comme nous voions es chiennes.Les autres qui ne nourriliét 
qu vn petit a la fois,comme Girafes nommées en Latin Cbamelo' 
fariflte5;Ekphants,Chameauts,Iuments,Chamois,Boucseil:ains 
n ot eu affaire que de deux bouts. Touteftbis les tettes de to^ les 
fufdicls animauls font eminents axi dehors. Mais ils iont cachez 
au Daulphin de moult grand induftried autant qu'ils participêt 
de lartliice dont ha vie nature en les deffuldicts-Cai leur poiiti 
on eit comme font les tettes de ceuls qui p>ortent plufieurs ani- 
mauls,qui les ont lelongdesmulclesdelEpigaftre ou Abdomen 
finonqu ils font cachez aelfoubs la peau. Mais les bouts des tet 
tes du Daulphï que les Latins nômenc P^j^iiîas) 3c que les Fracois 
champeflres appellent traions^ont leur fituation a la manière des 
animauls a quatre piedsj qui ne rendentqu Vnpetitalai:bis,lei' 
quels nature luy ha cachez au dedensjpour la ditcômodité qu ils 
euflent faiâ: au poiiTon,f ils eufien t elle dehors, d'autan t que cela 
cuft efté empefchement a la viftefle. Les vrctercs du Daul- 
fontveues manifeftesdefcendreen la vefcie tant des malles que 
desfemelles-.laquelle vefcie eit aufli grande comme celle de la 
Grenoille de mer. Nous 1 auons enflée d( emplie, ou nous auons 
trouué qu elle contient vne chopine d eau. Ne les Daulphins ne 
la refte des autres de leur genre, n ont point de tiel , qui me 
femblechofeellrange:car meimement en mangeant expreilee- 
mentdeleur inteilm nommé P)UrHS,Iequel eft celuy qui enuoie 
les excréments au fiel,nous 1 auons trouué amer^com me 1 il euit 
efté participant de quelque amertume de fiel: &: couceitois ne 1 e- 

ftomach,nel autre inteftind après nauoient point ce goult la, 
neaufl\lefoie,lequel quand il eft bien accouftré^ eft lemblable 
enlaueurScaugouftdu foye dVn porceau: 3c de quelque enn 
droict qu on en fâche mangcr,il n eft point trouaé amer.^i eft ce 
queicfieliert grandement atouts animauls qui ont lang, 5c eft 

k. grand 



LESECONDIIVRE 

grand chofe quele Daulphin qui eft vn animal tant fjngufn, 
n en ait point^mais nature luy ha baiiié quelq ueautre voye pour 

luy repurger le mauuaisiang.Les autres animauls qui n ont poic 
de(aiig,nbntauiri pointdefoye^Sc par conlequent n'ont point 
deScl.Combienqueles Daulphins^S^ Marlbuins digèrent toutes 
les hareltes des poiHbns qu'ils a uallenc.lefquelles ils conlomméc 
en i'ellomach, V Jire les plus dures cfpinss 5c hareiks des poilîbsj 
touteftbisils ne digerét lamais 3c ne conlomét les pierres qui lot 
trouueeses zcd^s: car nous leur en auons ibuuentelîrbis trouué 
auec les excréments dedens le droicl boyau,qui eiloientpreftes a 
mettre hors^&rtouteffois eileseftoient demourees toutes :ntie- 
res,cômeCj;îeJice,SjWotïéi,Trt/itei,6cautrespier 
ont les inteltis mal allez a nettoier pour mâger:fi eft ce qu'on ne 
lesiedepasaParisxarlbntrouue allez de perfonncs triades qui 
les achettent ; 3c les habillent pour manger délicatement. 

Que toute ïanatomie du ccmau du Daul^hw, conuiennc 
en toutes fes parties auec ccluj de ïhomme. Chav. VI, 

L A chofe de cefte anatomie du Daulphin qui nous a eftélapF 
admirable ^ leblé artificielle.eft le cerueau ac l'es parties, car 
les nerfs qui vôt deux a deux, qu'on appelle les fept coniugatiôs. 
lot beaucoup pl^apparétes es Daulphîs,qu lis ne ibntes noftres 
nielmes.Et auiii quâd los de iô teft eft defcouuert de (a peau de 
dellus;il leble propremétieftre le teft d Vn homme:car qui auroit 
couppelebecarOyeouaiiMarrour,Ieteftenrefteroitrôd,lequeI 
regarde de coûtes parts par le deuitSe par kderriere;par la fûmité 
3c par \qs têplesjon le trouueroit mieuls reHebler a celui de Ihom 
me,quenul autre teft quô lâche choifirde to^ autres ammauls: 
car il ha les melmes lutures;qu a le teft de l'hôme^entre autres 
note, Jes plus inlignes fôt ks os pierreux,nômez Lit.U^/i^defquels 
Il en a vn de chalque cofte,&au delToubs duquel le nerf de Ibuie 
entre au dedens du teft.Cesosrontineganls^ durs côme pierres 
creules ou encauez par le dedens.I ay parlé par cy deuant des lof 
dicts nerh, qm le rendent es conduits de Ibuye, lefquels font 
iieltroictsespecits^qubnnelespeultgueres bien veoir. Car en 

tant 



DES POISSONS MARINS, 38 

tant que nature luy ha nyé les aureilles,elleluy ha baillé ces pe- 
tite trous, bon cerueau ell enclos de les méninges ou mem- 
branes,qui loncforcrobultes.Lesvencricules dcks deftours du 
ceraÊau,ibnt correipondâts a celuy de 1 hàmQ,8c ha ainli la poile 
neuie partie leparee de celle du deuant, deiibubs lequel cerueau 
ki proauchons des nerfs tant Oj^tici^ scoiicoidcs , Adtntsy que 
les autres,iortent a couples hors le teft,lesvns par lanterieure par 
tie du cerueau,pour venir aux nai'eauxjôc aux yeulx,&:a la làgue: 
les autres par ks coftez, qui fe referét aux ouy es de aux côduids 
de la ièxte coniugation. Toucs leiquels ibnt veus percer les mé- 
nages du telï .Et dautant qu'il eit moult languinj les veines 3C 
artères y (ont veues plus apparétes.Or après que i *ty amplemét 
delcript 1 intérieure de extérieure anatomie du teit du Daulphf, 
(cauoir ell de la ceruelleac des oS; fuyuât ce que f ay par cy deuât 
promis.l en baille maintenant la peinclure.-laquelie le tey premf 
reinent porcraire en Italie tur celle qui eft deilus la porie de lavil- 
le de Rimini;iaçoit que nous I eulîions au parauant veue a Rem 
me chez mailh-eGilbcrt,ô^ a Bologne la graiie chez C£Jar Odoneo 
medecins:toutelfois nous en auons auiii a Paris en noilre puiflâ- 
ce;qu vn chaicii pourra voir côforme a celle prelènte peine ture, 

Ix^ortraiïl des ojfmcnts de la tejle du Daulfhw. 




Compa- 



LESECONDLIVRB 

Comparaifon faille de la nourriture des ]^etitsDaulfhws^es');€n^ 
très de leurs mères ^auec celle des animauls terrejlres.Chap. VII. 

T ES Daulphins ne les Marfouins 3c coûts autres poiffons Ceta 
cees de leur elpece^que nous auons peu obreruer, ne portent 
pouic plus dVn petit a iaiois.Eccroy que nature ne leur ait vou 
lu permettre autrenient.Car les petits iont dix moys en leurs vê* 
rres,ou lis diiuiennentmoultgrandsjtcllement que quand ils en 
fortctit noi s,iU lonc deiia d vnc muluee grandeur, ht li les Daul* 
phinsenportoientdeux au coup,ilfaaldroit qu'ils ne creuflent 
pai ii grands dedens la niamce,car elle en lèroit trop remplie, 3C 
ny auroitiaiFiianteelpacededenslevencredes mères pour les 
comprendreiveu meimementqu elles les rendent en vie défia 
partaidts.Ec encore que la matrice ait deux corneS; toutefois el* 
les font allez occupées d vn leul Daulphmeau. L Vne des cornes 
de la matrice n eft pas fi grande que 1 autre.La queue duDaulphi 
neau eft quelque peu recourbée dedens la petite corne de la ma* 
trice;& aufli la lecondine ou tunique en laquelle eil enuelopéle 
pecit,laquelleles Grecs nomment chwrion, les François 1 arrière 
tiis,ha vneIonguepartiecômevnequeuepcndante,quieft repli- 
ce iniques au Fôd de la iuldicle petite corne.Laquelle iort hors la 
matrice auec le petit,quâd il eit paruenu au terme de Ta iufte gra 
deur,Elle eftcompolee d vne infinité de rameauxjde veines,U* 
gaments,nerfs;ôc arteres,tellement qu'elle i'emble etlre quelque 
mébrane laignâte moult elpoiileitouts les vaiiîeauls deflus dicl:s 
don telle eft tiiiue,vont le référer de iVn a lautre, lufques a tant 
qu'ils Ibient paruenuz en vn corps compoléde quatre rameaux 
qui eft nommé V'racfaHi, auquel les François nont encor point 
trouué de nom propre a rexprimer,finon que en quelques lieux 
cômeauMaine,ilsl appellent laTrippe du nombnl,les autres la 
cordedaquelle trippe ou corde va le inlerer dedens les membres 
intérieurs du petit, par le nombriLLes vns entren t dVn collé;6c 
lesautresdelautre.Caren tant que le nombril eft colloque au 
milieu du corps,l vne partie du dict Vracl)«i defcend contrebas. 
&lautr* partie monte contremont/cauoir eft que la moitié va 
finir luftement en vne coche entre les lobes ou lopins du foye,af- 
(cz près de la veine caue;&: nommeemec baillent le nourriflemét 

du 



DES POISSONS MARINS. 39 

du fang &:refprit Vital; AnimaI,5cNatureI;prouenantdela me* 
re,enuoyéIeansparleidids ligaméts tantaucœur,aucerueau, 
&membresprincipauls,qu'autoye.Cen'eftdonc pas merueille 
files douleurs des matrices que nous nommons lamere,lontiî 
vehemêtes, veu qu elles ont li grade tamili2ricé&: cômunicatiô 
auecles plus nobles parties de coût le corps^&iaufli que touts 
les corps font grandement tranfpirables, attendu que les petits 
mefmes infpirent 3c alpirét dedés les lecôdmes es vêtres de leijrs 
meres.Et pour prouuer celle choie. Qjïon tuevn animal pregnâc 
& loubdam qu on ouure la poiclrine de ion petit, l'on voirra re- 
muerlespoulmonsacibn cœur.Touchanccepoinft ie nauray 
pasfaukede telmoing de lauoirveu en vn Chameau delaiflê 
Ibubsû charge en V ne plaine d'Arabie au voiage de moniieur 
le Baron de Fumet gentilhomme de la chambre du Roy,endef- 
cendant a la ville nommée le Tor du mont Sinai au riuage de la 
Mer Rouge.le n ay point eu de Daulphï en vie qui fuft pregnât 
pour experimétercela,touteffois le Daulphinha toutes ces mer- 
ques,maisilvitenautreelement.Orlerang enuoyé au foyeeft 
diftribuéleansScareftomach acaux inteftins^ouileftcuidpar 
la chaleur du foye:&: entre par lextremité des va les en chafque 
partie interieure,tellement que toutes font nourries du fang ex* 
terieur;que leur enuoie la matrice par la communication de la 
fecondine.Et encore qu'il n'entre par la bouche en leftomach, 
Scdelaauxinteftins/ieftcequ'ilnyapartieGe dedens quiioit 
oyieufe,carlontrouuemeimementledroiâ: boyau, autrement 
nommé le gras boyau,cn quelque temps qu'on le regarder tout' 
iourspleinde lexcremenc prouenant du lang^doiit le petit eft 
nourn.Car comme il reçoit du fang extérieur dont il eft nourri, 
lequel ilnepeulttoutdigerer,par confequent ilfault qu'il fen 
face de l'excremenDrduquel quand il eft fuperflu, le petit l'en del 
charge en la fecôdine, comme Ion peult veoir chafque fois qu o 
vient a rouurir,&en ce temps la lefufdicb droicl boyau nommé 
ReS^m intcj}tn«,que i ay dicl cftre le plus petit es inteftins des pc- 
res,il eft le plus gros es enfants. Voila quant a LVndes rameaux 
de Vracf>Hs qui monte au foye L'autre p artie des rameaux def éd 
en bas,8c fe vient femblablement inférer dedens la veine caue, 
en tenant la vefcie tendue contre mont,6s: diftribue de cela quil 

k.j. por* 



LESECOND LIVRE 

porte tant aux veines des eynes que a uxnerts 8c artères^ pour , 
no jrriirein;^ac de tojtcs les paiciei i ncericures. Au milieu de c^ 
quatre vauieauls,il y a vn conduict qui iè va renireleaui en vn^ 
aiembraiie nommée des anciens Aîm^toi y laquelle eitrobuiteôc. 
claire,maîs elle n e^l pas dacorps de la Caniqae du Cc<tfri.on aucre- 
njencdid laiècondm^.Car auiiie.t elle par ia parcie de dedens, 
compoiee de deux pellicules enfermée auec le penc dedens ia le^ 
condine;e(queIles elt contenu vne liqueur ledemblanc a 1 eau;iî' 
non qu'elle eil vn peu plus virqueuie,6<: y en a quancité ielon l'ca 
ge du pecic:car quand il ha fix moys^on y trouue bien vne quar* 
te de liqueurJ euiiè pelé que ce i uit eilé ion excremêc de IVnnc, 
n eui^ eilé que ie me ibys trouué a la fin du moys de ieptembre 
6<:d octobre en diueries contrées 3c a plulîeurs tois a les obieruer, 
auquel temps les Daulphmeaux&: Mariouineauxeitoient encor 
fi petits en leurs vêtres^qu'apemepouuoientiLauoir lagroiîeur 
dvnenoix,&:touceitbisilsauoienc deiîa ceite liqueur ; auquel 
temps la iecondme ou chanon eftoit bien proporcionnee a la grâ- 
deur des pecirs,car confequêmenc ell^ ^augmente 3c croiit quâc 
6: quant euU.Ec ainfi îuy uanc le temps en portant leurs petits du 
rit rhy.jer,prmitemps,&: bonne partie de i eite;les rendent a vne 
parfaicte grandeur; tellement qu ils les peuuenc garder dix mois. 
Et en cela le vued bien confortei' le dire d^Anitote. 1 ay obibrué 
enpiuiîeurs Maribuins& Daulphms cequei ay dicl:, car durant 
Ihyuer leurs petits lot fipetitSjqu ils ne lot guère? pl^ gros queft 
vn barbeau:ôc touteltois ils ont délia grande quantité de liqueur 
claire dedens Ta mmo5:ôc auprimtemps eilants fort proches de 
ieur lulle grandeur,ils en ont plus grande quantité: de confequé^ * 
ment 1 efté enfuyuant edants paruenuz a terme, les femelles lôc 
trouuees deliures,^: les petits qu'elles ont mis hors en la mer^inca 
pablesde fe paiftre d euls meimes: rnourroientdefaim, n'eiloïc 
que nature pojruoianta toucce quelle produit; aiantlbingde 
les nourrir^ha dôné deux mamelles a U mere,d6tles petits bouts 
(bntdechaiqjecortéavn poulceloing de leur membre hôteux, 
mais ils iont cachez au dedens^^S: le pertuis qui les cache eft com 
me vne tente en la peau eitendu en longueur : lesquels les petits 
tettentcommevn autre animal ter reilre Ariftoce hadici tou- 
tes ces choies çn moins deparoUes, car il eicripc qu lisportét dix 

mois 



DES POISSONS marine: 

40 

mois,Si qu'ils vont deux a deux mafl e Si femelle. Vn pifCasc en 
Pline m a iemblédoubcablc,qaandii efcript quils lacouplenc 
au pnncen)ps.A^«„f(dic ij j vereconi>i^,a. Ec fi ainii eftoïc il fauldroit 

poLirksiailonsqueiaydicles.qu ilsenfancaflencen yuer. Mais 
les autres exéplaires de l^lineonc,A^«„£/.rè «%.«. Et uandores 
on liroit vere.peult eflre que ce mot n eft poît nom, ains aduerbe 
vere.De moy lachantquilsracouplentdeuxadeux&quilsne 
fe lauient point 1 vn lautre,ie oih.y penfer qu ils habitent indif- 
tercm ment félon leur aflcctioncom me aulil font plufieurs au- 
tres animauIsX)u bien voiant qu ils ont vn tempsdeputé par na 
ture a fengroirer& a enfanterai me iemble que ie ne fauldrav 
point en dilant qu ils f engroiient en la fin de 1 eité,ou(côme dit 
Ariftote;en A utone i accouplâts mai'le Ôc femell e^ l'e mettâts 
le ventre delvncontreceluyderautre.ala manière des hom- 
mes:qui eft vne choîe qu'on a aufli efcript des Ours. Reprenart 
maintenantlescholesdeplusloing,aiantparcy deuât parlé des 
membres honteuls des mailes.il refte a parler de l'anato m ie de la 
matncedcsfemellesAdeleursperits,& comme ilsl'ont con. 
renusdedenslEmiryon:carapresquei'aytrouuéquelesDauIphis 
eommençoientdesfautôneaauoir forme défia gros commev. 
nenoix.&quenyuerilseiloientdelagroiîeurd vn Carpion Se 
ainfi voûtez leans;&que au primcemps ils font défia fi gros o'u'ô 
nelespeultempoignerdesdeux mains: & qu'en elle ils loient 

paruenusa quelquedefmefureegrâdeur tellequ'onneaimeroit 
pas:il m a (embleen bailler la peincT:ure,tanî des petits que delà 
matrice,lefquels eftoient au parauant enfermez d vne tunique 

queiayfouuétnômee_(econdine,laquelleapreslauoirrompue 

I ay couche le petitdeflus,& faicl peindre ainfi attaché par le nô- 
bril,comme le prelent portraicl demonftre.Ce que 1 a/nommé 

tunique les François lenomment larrierefaix,delaquelle(com 
me i ay dit)l vne des parties entre en l'autre corne de la mi-ice 
Le petit elttrouue creu Icans en yuerdc h groifeur d'un Carpiô ' 
alorsil halaqueuerempheaplar.maisi-urla findu primremps 

I I ha quafi en cercle Iuné:&hal hareftededeirur,coL-chee contre 
le dos:&fi c eft vn maii'e, vn petit bout du mébre hôteux lu y fort 
hors:& fi c eft vne femeile,le mébre femini apparoift fort euidét 



tESECOND LIVRE 



Ils ont auffi Icî aelles couchées contre le corps. Les mafles oultre 
le pertuis de Texcrement en ont vn autre au deflioubs-.lequel per- 
tuis neftpointtrouuées plusgrâdsr&encorquei'ayevouluiuy 
ure ledicl conduicl, ie n'ay fceu Icauoir quelle part il va:car il le 
départ incontinent en deux rameaux. Les petits ont vne merque 
memorable,qui eftvn enleignemét de leur lens d'odorer,ceftque 
aux deux coftez delà leure d'enhault aflez près de Icxtremité du 
becjils ont des poils de barbe, qui lortent hors la peau aflez Ion* 
guettes;8c durs comme foye de cheuahlefquels poils ne font pas 
en IVn comme en TautrcCar TOudre en ha quatre de chafque co 
fté,mais leMarfouinnenhaquedeux.Suyuant cequciay pro- 
mis bailler la figure dVn petit auec fa matrice,i ay biê voulu pre- 
mièrement dire^que tout le portraiâ: ainfi que ie le baille,eft nô- 
mé£w^r^o:car aîlî eft nômee toute la matrice entière auec le petit. 
La ^cin^urc de l'Embryon d\n Marfouin. 




DES POISSONS MARIN s, ^j 

T E petit efteii* peinture dertus le Cl?(yr»rt,ou tuniquc,ou Tarrie 
re raix, eltenau lur la matrice, alnlîqu il ha eite trouué de* 
dens IVne des cornes, auquel IVrachm cil attaché au nombril. 
Les teiticules delà temelle lonc de chafque coflé delioubs les cor^ 
nesdela matrice-Les vreteres de la femelle font de chaique co- 
ftedela veide,qui etlpemcle fur le col delà matrice. Voyia vne 
brietue explication de ce<jue l'œil veoit extérieurement. 

E x^itcatwn âc ce juc lafufli'cle^eitji^urc contilt inUricutt 
Tcmcnt. Chaj^. VIII. 

l 'Ay défia di£i que les membres honteux des Marfouins mafles 
auQient plus d Vne paulme en longueur: fcauoir eft aucant que 
comprend lexcremue du poulceô: du petit doigt; quiautremét 
eft la melure de douze doigts:& que les mcbres desDaulphîs n e- 
ftoient pas fi lourds ne gros:<3^qu lis nauoiét point plusdehuict 
doigts de longueur:par conlequent autlifaultrl croire que les te 
mciies des luidiclrs; aient membre correlpondant Scproportion- 
néauxmatles:&:queles Mariouines;aient autre côduict que les 
Daulphines.Vouiantdoncmaintenantpourluyuredbrdreanô 
mer chafque chofe de la iufdicT:epeincl:ure,ie commenceray au 
premier conduict de la nature,lequel eftfoit fpatieux par dedés, 
maisientree en eft trôcee de rides qui la font eftrecir: 5c comblé 
quelaDaulphînefoit blâche deiîoubs levétre, fi^eft ce quelle ha 
le conduicl: honteux noir a 1 éuirô, Se a vn poulce loing aux deux 
coftez,il y a deux petits trous fendus en lôgueur,qui lot les trous 
des mamelles-.^ au defibubs de la fufdicf e bouche hôteufelcôtre 
bas,eft lepertuis delcxcremét; quieft fort rôd^St petit au regard 
du defiuldict qui eft tédu en lôg:&:a Fétree de ce dell'^ dit côduict 
hôteux il y a quelq; petite pellicule ou reirort;qui péd de la partie 
d'enhault,iaquelle le ne vueil nômer en Francois^côbien qu'elle 
ait nompropre,cariIefthonteux:laquelle cachele conduicl de 
IVrine venant de la vefcie.Entrant quelque peu au dedens l'on 
trouue deux callofitez ou durtez des deux coftez quelque peu ef 
le jees correspondantes aux hymenes, lefquelles tiennent le per- 
tuys du conduicl hontcuxrenfermé.La capacité de ce conduiél 
de la femelle,par le dedens,eft longue de quinze doigts de I in ter 

L. ualle 



LE sEcoN D Litre 

ualIeoudiftancedelVneentreeou bouche a lautrc: fcauoir eft 
de celle du dehors a lautre qui eft interieure.ElIe eft fort tiflue de 
rides;qui la tiênenr eftrecie,&: eft moule blâche par le dedens,auf 
fi qui veulc,elle feftend en telle largeur, qu on y pourroit faire 
encrer vn œuf par l'extérieure entrée honteufe, &: le conduyre 
fans le rompre iufques a l'autre féconde entree,laquelle eft la pre* 
miere clofture, entrant par le dedens en la matrice . Cefte fécon- 
de entrée eft moult eftroicT:e,&: pour la bien veoir,iI fault la regar 
der par le dedens de la matrice, alors on trouue changement de 
couîeurrcar ou celle fubfdicle capacité confiftoit en blancheur, 
alors elle prend fin ou la féconde entrée commencées: la elle 
eft compofee auifi d Vne cheuelure, qui eft faiéte des extremi * 
tez de plufieurs veines &: artères, qui font de diuerfes couleurs, 
comme noires,rouges,blanches;bleués,grifes,fe touchants IVne 
a lautre.C eft la que commence celle fecôde capacité qui feftêd 
en la matrice,dedens laquelle le petit eft enclos auecla fecondi* 
ne.La matrice eft embraflfee pardefibubs de touts coftez dVnc 
infinie cheuelure de veines,qui fe terminent par les bouts de tou 
tes parcs en ladictematrice,lefquellesfortentdesrameauls delà 
veine caue,par le derrière du membre honteuxj&fuyuêt parles 
coftez montantcontremont,&:fe infèrent parledeflbubs fur la 
matrice.Mais le petit eft leans enuelopé de fa fecondine, laqucl* 
le fort quant 5cquantluy,dedês laquelle il eft totalement entour* 
nédetoutesparts.C'eft vnenotequineconuient pas atouts ani* 
mauls qui rendent leurs petits en vie,ne mefmement auxpoif- 
fons cartilagineux.Car les R6inei,que les François nom men t An- 
ges de mer,& les Rou(fettesô<: les Chiens de mer, rendent leurs 
petits en vie^lefquels ne font pas enuelopez de tuniques,mais feu 
lement font conioincts de YVraéus par le nombril a la matrice: 
nous auons trouué telle fois quVn chien de mer de petite corpu- 
lence en porte vnze d vne ventrée, mais difpofez en forte que 
latefte en fort la premiere:chofecômuneatoutsanimauIs. 

Que j^lufteurs animauls rendent leurs petits fan s fecondines^ 
mais cjuils auoient ejléformc:^enoeufs en la matrice.Cha.IX. 

QVant a ceuls qui font ainfi attachez a la matrice par le nôbril 
uns 



DESPOISSONSMARIKS. ^^ 

fans tunique,il fauk entendre qu'ils aiêt premierem et efté leans 
créez en œuf:&rpuis delà petit a petit prénent leurs formes dedés 
Iesventres,dontaIaparfinfontproduicl:s les petits,Iefquels en- 
apres les mères mettent hors toutsnuds fans lecondine. Voyia 
quant aux poiflons cartilagineux qui en naiffantiont exclos las 
aucun enueloppement.Mais des terreftres laSalmandre rend les 
petits en vie ia parfaid:S;&: qui fcauent chemmer des l'heure m ef 
me qu'ils ionchors:&:dequarâte ou cinquâtequellerend, ilny 
en a pas vn éuelopé de tunique,n6 pF que les petits de la V ipere, 
laquelle réd aufl'i les petits en vie^ lâs lecôdines:car ks petits fu- 
rent premièrement en œuf en la matrice,mais a les eiclorre elle 
les réd Cas tuniques^côme maiftre Pierre Geodô,tre(expert appo 
ticaire,havcritablemétobferué,LaChauuefourisaufl'i, rend les 
petits en vie las tunique.-ce que ne fôt les Rats,Souris,Taulpes, 
de autres a qui elleeft léblable.Les Infectes auffi corne font Pha* 
Iangiôs,&: bfcherbots^côçoipuentféblablemét les œufs en leurs 
ventres,dont puis eft procréé lanimal lans tunique,lequel ils gar 
dent ia parfaiét foubs leurs poiclrines.Mais le Daulphin,IeChauI 
dron,rOudre,le Veau de mer,&: la Baleine,ne font pas ainfi-.ains 
font leurs couches fans l'aide de ceuls qui relieuent les petits, 3c 
toutes fois il nelalifeafortirgrandequâtité defangdu nombril 
du petit qu'ils enfantent,5e principalement quand ils feparét les 
tuniques ou fecôdines. Et fault neceffairement après que le petit 
a efté rendu hors la matrice de la Daulphme, que la mère luy fe^ 
pare la lecondine auec les dents,6c la luy couppe Se fepare du nô- 
bril;Comme auflî font touts autres animauls a quatre pieds, ainlî 
qu'ils font apprins de nature.rauoye celle de parler des veines 
quifortentducorpsxlelaveine caue, Centrent par les eyn es en 
la matrice,qui font celles qui baillent la nourriture au petit: la- 
quelle nourriture luy eft premieremét cômuniquee par le moy- 
en de fa tunique: car elle eft comme vne efponge humide, la- 
quelle appliquée a vneautre,la rend humeclee,tellementque de 
la matrice,lenourriflfemétpeuIt facilement palfer a la lècôdine, 
laquelle n eft aufli qu Vne mafle de vcines,non plus qu eft la ma^ 
trice.Ceci ne foit trouué difficile car toutes fe rédent a T Vrachus^ 
q uieft vn feul corps ou fe rcferêt toutes autres ligatures de la fecô 
dine a fon nombril. La matrice des Daulphins eft cochée a la 

L.2. fum* 



L E SHC ON D LIVRE 

fummité;Car elle ha deux cornes qui feretrecilTent contre basjcf 
quelles ibntvoukees de chaique coité a la manière d vn arc tédu: 
^croyque naturel a taicl: pour donner lieu a Teltomach; ôc a 
chaique corne il y avh genicoire,qui l'onc deux en nombre^beau- 
coup moïdres que ceuls qu ô veoic es malles,lelqucls enuoiét vn 
conauict de chaique cofté qui ierêd aux parallaces, pour porter 
la iëmence laquelle ils ne rendent pas en la matrice; car les vaiC- 
leaux la conûuiientdedens la capacité du membre honteux de 
la femelle,&: non pas en la matrice/cauoir eil entre les deux cô* 
duicls ou ouuertures du membre hôceux;que i ay délia deicript, 
mais plus près de celle de la matrice que de lautre exterieure.La- 
quelle choie fepeuItprouuer,commeicdiray cy après: mais il 
tault premièrement entendre que c eftla railonpourquoy quàd 
les femelles ont conceu,encor que la lemence ioïc enaee par i ou 
uerture de leur matrice, 6C que la matrice loit ii eftroictement 
fermée durât qu'elles (ont groflés,qu'il n y entrcroit ne fortiroit 
de leans choie qui fuft de la grofl'eur dVne poincte d efguille de* 
lie^touteltois eitantsainlîpregnantes elles ne laiilent pourtant a 
iecf er leur lemence 3c la mettre hors par le membre hôteux que 
iaydiéf quand elles f accoup lent auec le malle, toutainlî côme 
quand elles n'eftoiêt pas grolles.Or û cela eft vray que la matrice 
ioit 11 eftroiclement fermée quand elles font groires,auiïi fault il 
qu il ibit vray que leur lemence ne pafle pas par dedens la matri 
ce,car elle y demeureroit enfermée auec k petit : mais comme 
i'ay dict^la lemence des femelles fuiuant le conduicf des parafta 
tes,paHe par les collez de la matrice,^: eft rendue a lentree de de 
dés la capacité du mébrehonteuX;lequelpuisnerempefchepoït 
de lorcir.Ceciloit entendu de toutes efpecesdanimauls. Mais le 
petit Daulphin,ou autres de fon eipece,eilant en la matrice,por-» 
te plus iur 1 vne corne que fur rautre,laquelle eft plus fpatieufeSc 
large que n eft la utre qui eft vuyde. 

D'^n Marjouineau trouuéau Centre de fa mere^ Ucjuà 
^ource^uileJloitfî^rand^fut£rcfctJté m Roy lErancoys. 

Cha^. X. 

TEnevcuI pafleroultre fans efcrire vne chofe notable que i'ay 



DES POISSONS MARINS. 4^ 

ouyracompter touchant le Marfouin.Ceft qu'il foit aduenu a 
vn mailtre d hoitel de chez le Koy;d auoir crouuévn fi grâdMar 
fouin deaens le ventre de la mère, qu il ne le peut veoir hnô par 
grand admiration,parquoy il le crou ua d autant plus digne de le 
taire veoir au Koy irrancoys, lequel tut fi grand admirateur des 
œuures dénature^ qu il vouloit expreiiéentqu on luy preientaft 
toufiours quelque choie de nouueau; auiîi on ne luy prelen^ 
ta onc choie tant tulT: petite,qu'il ne 1 eilimail: grandement,&: V' 
faft de grande libéralité a ceiuy qui la luy preientoit. Mais après 
qu'ileut veuvnfigrandpoilionquonauoittrouué auvêtredû 
Maribuin;alors il commanda qu on luy appellaft ceuls defquels 
il attendoit en auoir certain iugement,mais ils furent d'opinion 
touchant cecy;que leMaribuin 1 auoit ainfi auallé:diiants que les 
poiflbns le mengeoient IVn lautte^ non lâchants que les Mar- 
iouins portaflènt leurs petits fi grands ;&: qu'ils les rendilîent en 
vie .Or celle fois la on auoitauiii amené vnpoillon Chauldron 
quant & le Marlbuin,lequelChauidron il voulut veoir départir 
en pièces, ôc le bailler aux Souifies de la garde, car il n en voulut 
pas manger. Toutes lesquelles choies le n ay pas veu moimclme, 
mais ceci me fut dicl: en regardant ouurirvn Marfouin a laincT: 
Germain en laie, prelents les Eicuiers 8c quelques maiftres d ho* 
flel,quidifoientenauoir trouuévne cinquantaine de petits en 
leurs vies es ventres de leurs mères; mais qu ils nbnt fouuenance 
d'en auoir onc trouuué plus dVn petit au coup.Semblablement 
nous auôs toufiours eu loing de recouurer les petits de ceuls qu ô 
apportoit aux halles aParis,car la couftume elt de les enuoyer ie- 
fterenlariuiere.Enforte que nous enaions eu telles fois qua* 
tre a vn iour de vendredy,du moys de May . Mais îe nen 
iceu onc veoir plus dVn a la fois, combien queie léroye bien 
d'opinion qu'ils en peuuent auoir deux, comme AriftoteTha 
efcript . Voyla touchant le nombre despetits que le Daulphin, 
ÔC Maribuin portent en leurs matrices. 

Defcrij^tion de ïinUrimc anatomic de tOudre^que les La 
tins nomment Orcci. Chav. X I. 

^findediftinguerchafquechofe en fon chapitre particulier, 

L.3, après 



LE SECOND LIVRE 



après que i'ay baillé lanatomie interieure,6c tout le difcours tant 
du Daulphin que du Marfouiii;! ay bienvoulu bailler ranatomie 
intérieure du lufdict grand Marfouin que i ay nommé vne Ou- 
dre,dontiay defia defcript lexterieure.Hc fault noter que lanato 
mie intérieure du Daulphin,du Marfouin^&rderOudreeiHem* 
blableen toutes chofes.Et en regardant exactement, de cherchât 
quelque merque qui les difcernall,ie n ay trouué differéce aucu- 
ne,{înon en la ratte,que TOudre ha dVne feule piece:&: la langue 
qu'elle n'ha pas cochee/mon vn petit par le bout. Cela eft tout 
arrefté de manitefte;que iamais toutes ces eCpeces; ne font leurs 
petitsqu en temps defté:caroulcreque Anltotehommeverita- 
blc nous 1 ha affeuré,nous Tauons aullï trouué par experience,fui 
uantlobferuationquenousenauonsfaicliournellement. Il ne 
refte rien d'inligne a defcnpre de l'Oudre finon, quilluy ad' 
uient (comme aufl'iau Martouin, Daulphin^ac Baleme)d auoir 
la gueule eftroid:e;& le conduid delà gorge depuis la langue iuf* 
ques a 1 eftomach de la partie du reuers,c'elt a dire quele tuiau de 
Tartere eft entre deux:tellemenc qu elle ha la gueule de la partie 
dureuers-.auflifaultilquelleferenuerleala manieredela Balei* 
ne,ôc des autres poiflfôs qui ont poulmon.On luy trouua diuerfes 
fortes de poiflbns dedens l'eftomach^cômeRayes^Gournaux, 3c 
Viues. Semblablementauoitlefoyc fans fîel,ôc mefmes poul- 
mons 3c diaphragme que le Daulphin:&: fi grande quantité d'in* 
teftins^que a peine y en auroit il autant en vn bœut 

Quil ny aitj^owt de dijference en la defcription delà ma 
trice du Daulphw^aucc celle de lOudreou Orca. CXI. 

Te n'efcriray autre choie de ù matrice,en tat que i'ay faid peî* 
dre celle duMarfouin,a laquelle celle de l'Oudre eft iemblable. 
Touteffois i ay auffi bié voulu faire peîdre le petit Oudreau deff^ 
fa tunique ioignât Ta mere;ainfi que le peindre induftrieux mai- 
ftre François perier la veu hors de fa matrice>ou le petit eft quel- 
que peu replié,toutainfiqu eft celuy du Daulphin: il ha quatre 
petits poils de barbe de chafque cofté des leures. Les Marfouine- 
aux n'en ont que deux:& touteffois nui des grands ha cefte chofc 

la, 



DESPOISSONSMARINS.^ -v. 

la;ô^mefmcmentArifl:otc refmeriieille,queil n'y ait aucune 
apparence des conduits du fens d'odorer es Daulphins:lefquels 
touteftbis odorent foigneufement,laquelIe chofe ie puisauili bié 
référer au Marfouin&Oudre. Les fufdifts poils tumbentaux 
Oudreaux en croiflànt:& quand ils on t paffé demy an, il ne leur 
en demeure aucun veftige,ne de poil, ne de pertuys. Les petits 
Oudreaux font beaucoup plus camus que ne font les mères: car 
deTorcequ ils font camuS;iIsontvnc coche enfoncée dedens le 
front.Oultrelafecondineencor ha vne petite pellicule déliée, 
qui eft la première peau dont ils fôt couuerts^laquelle eft moult 
délicate étendre Spolie: car celle quieftpardelTus le dos, ne 
eft fmon.vneconfufion de veines trelfees.Et les ligaments de fa 
fecondine,qui font attachez au nombril/ôtmarquettez de quel- 
ques afperitez, comme fil y auoit des petites perles femees par 
dcflfusdefquels font auflî au Daulphin,6c au Marfouin. 

Comment la chair du Marfouinejl dijïinguce de celle h 
Daul^hw.^afcauoir quelle ejl la meilleure. Cha. XI I. 

J^ES viuendiers& autres gents qui voient iournellementtren- 
cher les Oyes ou Daulphins,&: les Marfouins es poiiTôneries, 
fcauen t bien lequel des deux eft le plus requis pour eftre le meil^ 
leur a manger.Et combien que les mterieures parties des deux 
comme font les tHppes,foye^poulmon;&: le cœur,ne foyent pas 
eu gouft fi différents qu eft la chair, touteffois auant eknpre le 
gouft d'entre leurs chairs ievueil premièrement donner vnepar 
ticuliere note qui diftinguera Ivne de l'autre quand ils (erôt veus 
trenchezdefluslcftal en pièces. C'eftque le Daulphin ou Oye 
n eft pas fi gras qu eft leMarfouin. Et pour autant que le Daul^ 
phin n eft pas fi gras,aufli eft de meilleur gouft,&: beaucoup plus 
profitable de plus deleétable que n'eft le Marfouin.Par cela ceuls 
qui font couftumie rs de veoir fouuent tou ts les deux ôc en ache- 
ter, prennent plus volun tiers du Daulphin ou Oye que du Mar- 
fouin,fuyuant leproucrbe François qui dit,que les plus m aigres 
poiflons lont les meilleursîc eft a dire que ceuls qui font naturel- 

lemet 



LE SECOND LIVRE 



lement gras^ne font pas fi bons que ceuls qui font naturellemêt: 
maigres.Maisqu vaMarlouinouaucrepoillon gras de nature, 
exténué i^ amaigri toit bon,ceIa n entens ie pas,ains de to^ poif- 
ions de quelque nature qu ils loient les plus gras en leur eipece 
(onttouuojrs lesmeilleurs,Ceît allez parlé dvne telle viande 
comme eil celle du Maribuin 3c du Daulphin^dont le me cimer 
ueille com ment elle loit deuenue tant chere,qu il n y ait que les 
grands lèigneurs qui en puillent auoir^t^ touteirbis il n y lia au* 
theur qui ait lamais dict qu on en mengeall anciennement. 

Que les anciens nauoient ^oint accoujlumé de mm^er du 
Daulj^hin, Cha^. X 1 I 1 1. 

QVonlifeles efcriptsdesautheursanciens,tanc desPhilofo- 
^phes5caufli médecins, que des modernes,& filon en trouue 
quelqu u qui ait iamais ei'cript,qu on ait anciennement mage de 
la chair du Daulphin,ne qu elle îuft iamais mangée de leur téps, 
ieiuys content qu on ne me croie pas . Galien ha bien efcript, 
que les grands poiiîons deuiénent meilleurs d eftre lalez, 3c qu'ô 
pourroitbien manger du Daulphin,mais non pas qu on en mâ- 
gcaft,aufli pour bien le louer,ceftvne viande qui leroit pluftoft 
â laifler en la mer qu'a eftre mile en IVfage des homes, car met 
mementnelesLoupsnelesRegnards affamez n'auroient cure 
d'en mâger,encor qu'ils deufl'ent mourir de faim^ chofe que no^ 
auons trouue eftre vraie aux riuages du Pont Euxin, ou nous en 
auons veu vn mort,qui demeuroit fans eftre mangé.Et croy que 
fi les oyfeaux 3c beftes fauuages euffent eu cure d en manger, on 
ne l'euft pas trou ué la tout entier. Et toutefois il eft au gouft des 
François le plus délicieux de touts autres poiflbns: 6^ monte a fi 
hault prisdetaillé 3c vendu en pieccs,que Ibuuenteffois vn (eul Te 
ra vendu plus de cinquante ercuts,auiu il n'y ha aucun autre poif 
fon a qui l'on f efforce de faire meilleure faulfe qu a luy,ne regar^ 
dant point a la defpêfe qu'on y faict pour la faire bonne ie feroic 
bien d'opinion que de n en manger point feroitpouris meilleur. 

Que 



DES POISSONS MARINS, 



4S 



Que l'artifice de$ hommes ^uijfe excufer le default de nas 
ture,^ donner honne grâce au mauuahgoujï despoijjo^s. 

Cha^. X y. 

ÇVyuatcecy,ievcuIracompter combien l'artifice des homes 
peuk adioufter a naturetcarles paoures mariniers ô^pefcheurs, 
aiants pris des poiffons qui d euls mefmes font d e faueur ingra- 
te;Commelbnt!esefpecesde Chiens nommez en Latin Qdd, 
ou plufieurs autres cartilagineux; comme Lamidy \mia,Sc ceftui ci 
queiayicyportra ici nomméZ^eni?,ou LiWr<i:ilsIeur (cauent fai 
revne iaulce fi propre,que la faueur de la faulce furpafle la faueur 
ingrate du poiflbn, laquelle leurolle la mauuaife odeur, &: les 
renddeleclables;&: tout ainfi que les pl^ riches font telles faulces 
au ec bonnes Mufcades;Girofles,Macis,&: Cane!lebattue,Beur 
rc,Succre,Vin aigre;Pain roftr.lefquelles chofes le s cuifiniers a- 
faifônentfi bien au Marfouin,queencor qu'il fentift le Regnard 
e(corché;touteffoisils le rendrôt dVn gouft plus friâd,3v' d vne fâ 
ueur plus exquife que nefontlesRougets,Barbcz,ou Lâproyes, 
Aulfi lespaoures gents n'aiants point tant de choies a com- 
mandement,aiants tant feulement des aux&: des noix, qu'ils 
battentauecdu pain&:derhuille,5cdu vin aigre;ils feront vne 
faulce a leur poiiron;qu ils rendront a leur appétit fi delicieufc 
qu'on n en peulc mâger,fi non par grande fingularité:&: telle ma 
niere de faulce eft généralement cogneue de touts pefcheurs, 
qu'ils nomment vulgairement de TAilIade. 

Lefortraitl de Libella cjue lesGrecs noment Zi^cna, Sr 
les Romains ^na Balcjla^cej} a dire\ne arbalejlre. 




L E sEC ON D LIVRE 



TL fut vn temps qu'on auoit accouftumédeiefter les deux ael- 
les ou bras 3c les queues des Daulphins,&: Mariouins,ou bie les 
attacher aux portes-.mais ie ne Icay quelle nouueauté ha inuenté 
que maintenat on les préfère a toutes les autres parties du corps, 
choie que f ay apprîfe a Roué:car ceuls qui ont ledroicl des poif 
fonnenes,apres qu'ils ont ùict deliurer les Daulphins aux poiffô 
nieres :elles leur raportent les trois pièces pour leur droicf , qui 
i^on t les deux aelles ôc la queue. 
De ianatomic des os du Daulj^hWyMarjouw^^ Oudre.C.XYl. 

T'Ay efcript tout l'extérieure l'intérieur de l'anatomie du Daul 
phin,Marfouî;&:Oudre.ll refte a parler quelque choie de leurs 
os.ll mefouuiétauoir trouuévn Schelete tout entier dVnDauL 
phin,au riuage du Bo/p6orç Ommeri«5, celle fois que nous eltions 
allez auec monlîeur Giffi«i,veoir quelle latitude il auoit en ce de* 
ftroit d vne riue a Tautredequel scbdctos ou compaclion des ofle- 
ments,ofl:é qu'on n'y trouue point les offements des iambes,il eft 
l'eaabIableaceluyderhomme;&:ypeuIton dilcerner vingt de 
quatre grofles vertebres:dont celles qui defcendent iufques bien 
près du pertuys de lexcrement/ont percées en icelle part;OU eft 
la mouelle qui defcend depuis le teft le long de Tefpine du dos. 
Mais les autres vertèbres qui defcendent iniques a 1 extrémité de 
la'queue;font feulement comme fréquentes petites rouelles ron 
desjattachez les vnes contre les autres fans eftre percées. Aufli la 
queue eft feulement compofee dVne matière nerueule fans au- 
tres oiîements.Mais les aelles ou bras des deux coftez du Daul- 
phin^encor qu'ils foientcourts,(i eft ce qu'ils ont toutsles mei* 
mesollementsdelliomme.raydid:par cy deuant combien il 
hadescoftes;fadioufteray qu'ilhalesosdu fternôpP approchâts 
de 1 humain,que les animauls aquatre pieds. Au furplus il ha les o 
moplatesqui lont appellees en François les palettes. Aufli ha les 
clauicules,qui Te peuuent bien recognoiftre d'auec les autres ofle 
ments.Etconfequemmentrosdu coude y eft trouue leul,com- 
me il eft en nous,Sc en après IcKadins de Vlna côioinds enfemble, 
dont 1 vn eft plus grand;ôc l'autre plus petit; tout ainfi comme il 
eftcshommes.IlhaauHivnemainelîargieencinq doigts:& ef 
qqels doigts,lô trouue les articulatiôs:&: cômen^ant au poulce;lô 

y 



'n 



DES POISSONS MARINS. 4^ 

y trouue.deux os,aulecond d après trois:au maiftredoigc qui eft 
lepluslongdeCûutsieiaucres,iiyenhaquatre;&:alautreaapres 
trois:6<:au pecic vn.^emblablemenconluy crouuelesosdeipon 
gnets mCar^o^âu dedens ae la main.l ay parlé des oUements ae la 
ceH:e,donciaybailléiapeincture:&:ma lemblé auoir laCiitaict 
aianc deichirré ibccmctemeuc l'anatomie de ces os. 

Que Us uaui^binsjoieticp'is ^iujtojtj^ar ba:^rt cjut de 
fwj^os deliberCyàf de la manme de les^ejcher.C-^ Vif. 
J'Ay defcripc ailleurs plufieurs manières de pelcher les poilions 
querayobierueesauProponride,Ieiquellesray mifes en del* 
cnpuanc les fîngulantez des pais eltranges. Maintenant le veul 
feulement parler de Ja manière qubnha accoutumé d vièr en 
pelchant les Daulphins en nollre mer,Ielquels (ont pris plus Ibu- 
uent par fortune que par aguctxar a dire la venté^Ies poiiionni- 
ers qui tendent les iiiets de propos délibéré pour prendre les au* 
trespoiflons;nerperentpasquelesDaulphinsy viennent frap> 
per pour reprendre:ac touteitois lesDaulphins ibntpJus louuent 
pris par telle manière que autrement. Voila quanta vne manière 
delespeicher.Les Daulphins eftants contraincls de lortir lou- 
uent pour prendre 1 air,&:puys retournants en la mer a leur paicu 
re,iont guettez des mariniers.car incontinent queles mariniers 
les ont veu approcher de leur vaifleau,ils lé préparent fur le bord 
du nauire auec des Harpons,attédants queles Daulphins &:Mar- 
fouins retournent prendre lair versie vaiiîéauialors ils les liftléc 
a fin de les faire approcher plus pres.Et lî les mariniersles veoient 
a leur auantage^ayants le Harpon eileué,tenu du bras dextre en 
1 air;auec bô pied bô œil^ils dardét le Harpô; lequel eft attache a 
vnecordellelôguedepl^devingtou trête aulnes,a fin qu elleiui 
ue auec le Harpô quât &: quât le Daulphî: &: quand le Daulphin 
qu'ils aurôt a t teint fera del<:édu;bié bas,&(éra preft de retourner 
côtremôt, alors les mariniers petit a petit renrâs leur cordelle,rat 
tiret iniques au bord du nauire&lbubdain qu'il y eit , ils ôt quel 
ques fourches recrochees,defquelles ils le tir et dedens le nauire. 
Cefte cordelle ainfi longue attachée au Harpon, lert que qiiand 
iU lont atteint delius le dos, qui ell beaucoup mol, ils 1 an- 
crent fi auât ,en forte que le Harpô y demeure fiché. M.i. 



LE SEC ON D L I YRE 

Car il ha les arrefts des deux coftez, quincfortentpasaifecmêt. 
Toutclïois fi le harpon n eftoit attaché a fi longue corde,le Daul 
phin fe tentant frappé,de la vifteflfe qu il defloge, ildefchireroit 
pluftoft fachair,qu'ilnerchapafl:.Et pour euiter la première vio 
lence 3c fecoufle^on l'attrempe auec tel artifice. Ce que nous nô- 
mons Harpon,les Italiens l'appellent vna DefpÉiniera . Les mari- 
niers qui vont en voiage loingtain, en portent expreflement en 
leurs nauires pour lancer indifféremment fur toutes efpeces de 
poiflbnsCefflcee^.Et côbiê que i ay did: queles Italiens ne mâgent 
point de Daulphin,i entens du commun peuple, qui aiant d au* 
treschofesa commandement , n'eftime rien la chair du Daul«» 
phin ou Marfouin.Mais les gents de marine,efl:ants fiir mer en 
leurs vaiireauls,&: principalement fur nauires qui ne touchêt ter* 
requafi pas en vn mois ou deux vne fois^n'auroient efgard a ma 
ger dVn Regnardde mer,côbié qu'il eft du plus mauuais gouft 
qu Q fâche poît trouuer en la mcr,du quel la prefete eft h figure. 

?ewïiurc du Ke^rjard de mcn 




Voila donc vne manière depefcher les Daulphinsau harpon. 
^ L autre manière dont i ay parlé;eft qu'ils fcnuroullent & cm- 

pcftrcnt 



DESPOISSONSMARIKS. 47 

pcftrentquelquesfoisdedensicsfillets qu onauoit tenduaprcn* 
dre les Céleris &Harês^au très poiflos rêblables;tellemec que'ne 
fe pouuants deffairC) demeurent prins en cefte forte. On les frap- 
pe quelques fais dé larbaleftrc, & delarqueboufe en la mer, & 
aufli auec des picques:mais ils ne viennent pas en la puiflance de 
ceuls qui les ont frappezilaquelle chofe eft auflî faiéte rarement 
3c fe faid en temps ealmelors que les mariniers font deloifir,nc 
fâchants a quoy f amufer ne palier le temps. 

Quo nejûllc le Marjouin ^Daul^hîfwo en '^race. C. XVIII. 

"Cntreles falures frâcoifesdes poiflos Cetacees necognoyque 
*^laBaleine,IeMarfouï &: 1 Oyccdôt no^ayôs quelque vfage,def 
quels il n y a point es autres pais duLeuât,inais ils en ont d'autres 
a lefchâgejdôt aufl'ino^ n auôspointa vfage.A^iftoteha entédu, 
que les poiffôs nômez enLatin Cetacei,fôt ceuls qui font de gran* 
de corpulence &: qui rendent leurs petits en vie:touteffoisles au^ 
très Grecs ne l'ont pas du tout enluyui en ce dernier poinft: 
carietrouucquelepoîflbnnômélc6tjocofffl,ôcaufl^i Likiia oubié 
«5ye»fl,6c le Ton,comme les Roulfettes & les Chiens de mer,onc 
elté nommez Cetacees. Dont les vendeurs de tels grands poif- 
fons,comme eft laTonnine^ontefté nommez Cet4ri];quiindifFe 
remment vendent toutes efpeces de poiHons fallez en leurs bou 
tiques. LesMarfouins&: Daulphinspeuuentbien eftre efcor* 
chezpour en garder la peau iufques a quelques annees:chofe que 
1 ay expérimentée eftre vraie, dont mefmement monfieur Ron^ 
delet médecin de Monfeigneur le Cardinal de Tournon,dccT:eur 
regcnt de Mon tpellier ne me defdira pas:car luy qui fur routs au- 
tres perlonnages eft diligent a recouurer les peinctures des poif- 
fons,&qui en ha ia affemblé près de mille difterécs,lequel côbien 
qu'il cuft veu plufieus autres Mariouins , 3: en euft les portraicls 
toutcffois il eut plaifir deveoir ceftuy la ainfi rempli que le lui fei 
vcoir.lauoyeadire ceciduDaulphi,Marfour,&: Oudre,enprou 
ue des peintures des Daulphins que i ay maincenu,&:mamcien' 
dray eftre lesvraies.Quâtalanatomie queiaydefciipteieveul 
bien faire entendre ne lauoirfaicle en cachettes, ains lauoirtai* 
itepubliquement^lanpafleau Collège de médecine, lors que 

M.j, mon* 



LE SECOND LIVRE 

Moniieur Goup^illiloit leDiofcoride eu Grec, auec moule fré- 
quent 6<:creigrandaudicoire,a laquelle anatomieaihita vne mul 
Cicude de plmieurs tcauancs eicoliers medecuis : ôc maileure 
qu'ilneleairouueravadeceulsquieftoient prelécs^qui ne die 
que le ne laye inonitree beaucoup plus par le menu que ne lay 
delaipce en ce preteac liure.Parquoy ayant aina coucné les pnn 

cipauls paincls,cx:acLieuécequei'auoyeadei'cripre; layicy polé 
pour taire fin. 

Vray ^^orcraici àcHi'^^o^otamiS aucc toute (a defcriftio.C.^l^, 
*p M dcicrip uanc le Daulphm,! ay promis que le comprendray 
quelques ancres animauls,qui iè réfèrent a vn genre de ceuls 
qui lont nommez Cetacee>:icauoir elt de ceuls qui lont de gran- 
de corpulence;(S<: enfantent leurs petits en vie:deiquels le trouue 
que 1 Hippopota^^fi en elt 1 vn.Car il ell vn animal du gère de ceuls 
qui font nommez A w^btbïfl, celt adiré qui viuent en toucs les 
deuxeiementsx'elta Icauoir enreau^(Scfur la terre.Iele veul doc 
defcnpreauec leDaulphîn^pourceque leDaulphin eft animal 
^quatique,con uenant en ce auec ï'titj^^Qj^otantHs,qa-i[ ne puiile vi- 
urelôg tépsplôgéenleau^qu'il neluicôuiênepareiUemétiortir 
pour refpirer enl airmiais 1 tîi^iopowms ha cela de particulier dif 
tcrêt au Daulphin,qu il ell animal aiât quatre pieds,&: viuât lôg 
téps fur terre,ce que ne faicT: pas le Daulphm. Parquoy failâtfin, 
metailâtdu Dauiphi^ie prédray l'Ht^j^oj^otantHs. L'tiiij^opotamHS 
eft vnnô,quelesLatîsontépruntédesGrecs,ne (ignihit autre 
chofequVnCheual de riuiere: lequel lamais les Latins ne vou- 
lurét tourner en leur Iâgue,aîsrôttoufiours retenu: léblablemét 
a leur imitatiô en le deicriuât,ie retiedray la mefme diétiôGre- 
que d'Hipioj^otamHsiduquci les autheurs ont parlé tât diuerlemét, 
quilsnecôuiênet enfébleen ledefcriuât.EttoutainiiquelaLou 
tre;& le Veau marin,le Caftor,&le Crocodille le peuuét tenir lôg 
téps en VcàUfSc plus lôguemêt en terre,féblablemêt auiTi faicl le 
Hippopotam«5,Quât aux defufdids^cefôt animaulsefquels il n'y a 
difticulté aucune,mais elle eft raoult grande en I Hip^o^otamHsidu 
quel ie prêtes bailler lavraiepeFc^ure.Car no^lauôs veu en vie,le 
quel auoit défia demeuré hors leaulefpace de deux on troisans 
laspoint y rentrer,felô ce que nous en auos peu entédrc deeeuls 



DE L^HIPPOPOTAMVS 



qui en auoiêc le gouuernemêt.Pline a efcript que JAarcus Scaums 
iruft le premier qui le monftraaRome.Pôpeeaufli triûphâtdes 
Egvpnês en teit l'peclacle au peuple Romain. Di^/n eicrit,que D. 
AH^HjtHs tnûphât de la Reyne Cteopatra,en teit aulii le lêblable.Les 
anciens aucheurs^qui onc dercriptrHîppopûtam«i,nerontpasdef- 
cnpt fort ampleméc:mais ont elle côtents de 1 auoir pâlie legie^ 
remêt:&:n y a periône d'être euls qui en ait eicnpt plus a la venté 
que Ariftotedequel ia loit qu il eult peu lire la delcriptiô de Thi^* 
popotflmHi en Hérodote en vue autremanieie:touteltoisiira mi- 
le autre ment que n a faicl Hérodote. Demoy lelefcriraynai 
ant efgard a autre choie,finô a ce que i en ay veu.Et pour demô- 
ftrer la grâdeur de celuy que iay veu^iifaultpremieremétiuppo 
1er qu 6 voie vnporceau blé grasjbiennourri,bié trappe, de allez 
hault,qui ait cômevne telle de vache (as corne s: laquelle loit de 
mefmelarefleducorps. Ceporceaudônera laperlpectiuedvn 
Hi^jpopotflmHi.Car rHippopotdww eft couuert d vne peau quicôuient 
auec celle du porceau,tât en couleur qu è autres notes. Tentés vn 
porceau domeftique qui n eft pas noir.Mais rHippopotamw a la te- 
lle fî enorme&rgrofle^ô^la gueule fi grade quâd il Touure^que met 
me le Liô baillât n é approche aucunemét.tellemét quà y met- 
troit facilementvn globe pl^ gros que n eft la tefte d"vn hôme,ou 
autre choie léblable.ll ha ks nafeaus enflez côme ceuls d'ûBeut: 
auflïpaiftiIPherbealamodedVnBœut-^ouCheual.Ilha ks le- 
ures fi eminétes<S<: efleuees,tât celles de dei'f^ que les autres de del' 
foubs,qu'il en apparoift,tout cam^,ioind: qu ilha le frôt bié bas, 
alamanieredeîorcfl.llhalesdétscle cheual faicles de raeime 
façô,bié fortes Se lôgues hors des malchoueres,qui ne lot pas ay- 
gues,côme es animauls qui viuét de chairxar il vit des roufeaux 
ÔCjCânesdefuccre&fueiiles de l'herbe de Papier, llha les yeulx 
moult grands côme les yeux d Vn Bœuf.il ha ia langue du tout 
a deliure:mais le ne icay quel}e grade voix li talt.Bié eft vray que 
Hérodote ha elcrit qu'il hénit cômevn cheuahie lui ay leulemct 
ouy faire quelque voix du gofierouurât la gorge. Il ha la queue 
courterôde&rgroflécômed vne Tortue ou Porceau.SesaureiUes 
eftoient courtes comme celles d Vn Ours,rondes,<S: me lem- 
bleaufli qu'il auoit les pieds ainfi que font ceuls dVn porceau, 



LE SECOND LIVRE 

qui n eiloient pas beaucoup diftinguees, voila quât a rextericurc 
peincture de i Htppopotawwi.Nous n auons rien a dire de ilncerieu 
re:car auiline 1 auons nous pas eu en nollrepuiirancepourle pou 
uoiranacomUer.Au demeurant il me ierable que ceuls qui ont 
penlë que Hipp opoum;» full vn animal terrible ôc cruel,le ibient 
crompezxarnouslauonsveu tantdoulsqu'iln'ha les hommes 
cnhorreur;amslest'uitamiablement:&aullieftil tant pacifique 
3c ailé a dompcer,qu il ne feitorcede mordre.Le vulgaire des Ita 
liens,&: principalemenc de ceuls qui lont refidents aConftancino 
ble,le nomment en leur langage le Bo marin,c'ell a dire le Bœuf 
de mer.Car comme l'ay délia dicl,il ha la telle comme vnBœuf 
iàns cornes:mais les Turcs 6c les Grecs le nommants en leur la- 
guage;ont vne diction qui lignifie autant que fi nous dilions por 
ceau de mer:car il ha le corps de porceau . C ell l' vne des beltes 
qui clt en Conltancinoble,que les ellrangers qui viennent la^ ap^ 
petenc le plus a veoir;mais il n y ha perlonne de touts ceuls a qui 
iayeoncparlé;quime lait nommée Hi^pj^otantHs, Et combien 
qu'il y ait vn lieu en Conflâti noble moult voilîn del Hippodro- 
rae,lur le chemin de Saincte Sophie,auquel ion t gardées les be- 
lles cruelies,ou nous auôs veu des Lynces ou Once$,des Tygres 
desLions>des Liepards,desOurs,des Loups: leiquels les Mores 
gouuernent,ne le taignants de les manier non plus que nous fe- 
rions vn^chat priué.Toutelfoisilsnont THippapotamniencelieu 
kxmais ailleurs en vn lieu qu ils nôment le Palais de Conftâtin; 
auquel lieu font monftrez les Elephants.Quand quelque eftrâ- 
ger vient la pour veoir ledict Hippopotawjwi, on ieluy monllre dô- 
nant quelque pièce d argent.lls le t'ont fortir de Ion eftable fans e 
lire iiQ)ôc ians auoir aucune crainte qu il morde. Alors fes gou- 
uerneurs voulàtsplaired'auâtagea celuy aquiils le font yeoir^ ils 
le font bailler quelque telle de chous cabus^ou quelque pièce de 
melon,ou quelque pongnee d'herbe,ou bien du pain,lequel ils ti* 
cnnent en 1 air en le monilrant a ÏHij^fojiotamHS: mais luy qui en- 
tent qu'on luy veuit faire ouurir la gueuUe.auifi l'ouure fi grade, 
que la celle d Vn Lion bailIant;pourroit trouuer place leans. En 
après Ion gouuerneur luy ieâ:ecela qu il luy auoit monftré,cora 
niequileie<5teroitenvngrandfac:laqueIle chofe iHippopotamw^ 

maf- 



DE LH XP PO P O T A MV s, 4P 

inafche,puis raualle. Voila que iauoye a dire de l'Hippofotamwx 
quei'ayveuenvie. 

Que Arijlote ne conuient pasauec ks autres autheurs c^ui 
ont efcrift de l'Hîj^^Oj^otamus. Chaj^.XX. 

"CTafinquequelqu Vn nepenfaflpasqueieme foye trompe 
en prenant celuy que iay nommé pour vn Hippopotflm«i; Sz 
qu'il full vn autre,& m allegaft Hérodote le plus ancien de touts 
les Hifloriens,qui duquel Hippopot^mni eft grand côme vn grâd 
Bœuf,aiant queue de Cheualiâ: que rHtppopotflm«i dont ie parle, 
n'ait pas cela^ou l'uyuat les merques de Diodore qui elcript qu il 
ne (oit guère moindre en grandeur que de iept pieds 8>c de* 
my; de qu'il ait quatre pieds, defquels 1 ongle eft tendu corn* 
me celle dvnBœut,trois dents de chalque cotté,les oreilles hault 
efleueZjS^ plus apparentes que de nulle autre belle iauuage, &: la 
queue&:lehenniiî'ementiemblableaucheual: ôeque celuy que 
i'ay cy deiî'us efcript,ne conuienne pas non plus auec celuy d He 
rodotequede Diodore: a cela ie refpondray, que i'ay amené 
les merques bien notables que Ariftote ha elcriptes touchant 
rHippopotam^itauec lequel pourront conuenir celles que l'ay efcri* 
tes du Boeufou Porc marin de Conflantinoble: car Anltotene 
veultpasqueles Hippopotames aient le corps plulgrand que les 
Afnes:&: auili n'entent pas qu'ils ioientdutoutfigrands:quieft 
vne moult répugnante note aux elcripts des Hiftonens. Dauan* 
tage;il veult qu ils ayent la queue de Porceau,6c les dents de San- 
glier,qui efl lémblablement contraire aux lubldicts.Voyla donc 
comment il y a grande controuerlé entre leurs elcnpts,&: qails 
ne conuiennent pasentemble.Maisquanc a moy;ie meretireray 
toufiours d'auec Ariftote.Et voulant bailler la vraie peinclure de 
rHîppopotam«i,ie la veulprouuerparles^anciennes fiatues desEgy 
ptienSj&rRomaîSjOU blé par les antiques medallesdesEropereurs 
Romains,eiquelles les figures des Hippopotames l'ont li cxacle- 
mentrepreienteesenPorphyre,enmarbre,encuyure, en or, Se 
argentpque facilement en les regardant J on cognoiftra euidem* 

N. ment 



L E SEC ON D LIVRE 

ment toute I habitude de rHippopotamMi,qui conuient auecceluy 
que j ay ve j en vie a Conitancmoble. Aufli eit il mal ailé a croire 
que quand les anciens onc t'aid fi grande delpenfc en la porcrai- 
tture de celle befte,ia taiiant grauer lur maiure, qu ils ne 1 aient 
faicl veoir au graueur:6^ le graueur en tailat Ion debuoir, n a peu 
moins i:aire que delà repreienter au naturel. Gr maintenant fi 
ceiki qui fonc grauees es marbres (!k en Porphyre,ioni correlpô 
dantes a ux autres qui font lur cuy ure^ne dira ion pas^ que ce ioit 
vne meimecholeJ^^ïemblablementii les figures grauees lur me, 
tal 6c marbre conuiennent auec celle que nous auonsveue envie, 
pareillen^eat ne conclurons nous pas, que ce loïc vne meime 
choie.^ 

Que les Romains anciennement peignoicnt des fleuues 

ou riuieres^ al imitation des t^yj^uen^jvour exvrimer 

leurs richtijcsjj' que l Hifi^oj^otamus ejt rej^rcjctné en la 

jlatae du N// de Beluedcr^ a ïiomme. Cbaj^. XXL. 

TE puis prouuer par plufieurs atiques ftatues 3c graueures, &:prî- 
cipalemét par celle tât infigne^canciéne du iNilqui elt mainte 
nanc a Rome au lardin de Belueder^que 1 Hi^popotam^^dont le par 
leelllevray Hi|YopotamHi.CaranciéneméclesKomaîs voulas iaif 
fer mémoire d euls a la pofterité; &: luy exprimais les richefies, 
faiioiét entailler de treigrâdes llatues qui reprelécoiét les fleuues 
lelquelles choies ils auoiencapprini'e,ûesEgyptiés,qui n'ont la 
fercihtéen leur pais iînon par le bénéfice du Nil: lelquels le re* 
prelentants failoient le porcraiâ: d vnGeât qui efpâdoïc de l'eau, 
aiant autour deluy plulieurs petits enfâts iulques au nombre de 
treze^en figne des treze coudées de la crue,&: deiquels le trezief* 
mecoronneibncornucopie.Maisles Romains voulants repre- 
fentcr le Tybre failoient faire encailler la figure dVn trei- 
grand Geanc qui auoit vne longue cheuelure, &: aufli vne fore 
longue barbe, q uafi comme hmonneufe,ainfi affile tenant va 
cornucopie en la main-.par laquelle ilsvouloient fignifier fertihtc 
de abundancedetouts biens&: grande félicité: laquelle chofe 
ils ne failoient pas feulement dVne feule riuierc,mais aufli de 

touts 



DE L H I P P O P O T A M V S. 



SO 



to^autres comedu Rhî,du Pau,du Tybrc,&du NiI.IIs faifoiêt 
le Tybre accoudé ddius vne Louue allaictant Kcmus ôc Komnius. 
Mais le iNil eft accoudé dellus vn Sphynge,&r par la bafe de la pi- 
erre il y a plufieurs Htpj^o^otames , Crocodiles, Ichneumons, & 
Ibis,toucs enlculpcure, aulquelles peintures ie veul adiou. 
fter autant de Ly, comme li lauoye lanimal prêtent: car il 
faulcelhmerqueqjand les Princes Romains les failoient pon 

traire,q'ils auoietrHippopocameprefent.il y ha encor plufieurs 
autres Iculptures danimauls en la fubfdictcpierre: mais l'ay 
feulement faicl retirer vn Htppopotamwi delà mefme figure quil 
eft delîus la pierre de marbre, tenant vn Crocodile par la 
queue eftant en leau, du quel ceûecy eft le portraid. 

Le prtraiïl deîaf^ure, retiré de lajlatue du Nil, du 
iardm de Belueder au j^alais du Pape a Rome. 

Chap. XXII, 




N.2. Voyia 



LE SEC ON D Livre 

in'Oyla donc quant a la figure de rHippopoeaww^ retiré des mar- 

brestrefantiques,duquel les tailleurs voulants enluyuir le na . 
turel pour le plailir de leur prince,ont fort bié obferué toutes ces 
parties, lefquelsn ont rien oublié qu'on y fâche defirer: comme 
loii peult veoir regardant les aureilles,les yeux,les narines; les le- 
ures;les dents,le coi^les iarets,le dos,les cofteZ;leventre,la queue 
lesiambes.Somme toutelareftedeceftui animal,neft rien dif- 
férente d auec celuy qu'on voit a Conftantinoble: dont le puys 
faire foy,mais non iansautheur.Car vn nommé laques Gaflbt, 
eicriuant quelque petit difcours du voiage de Conftantinoble,en 
tre autres choies qu'il ha etcript de Conftantinoble, ha touché 
ceftebefte en quelque petite claufule^ duquel les propres mots 
font commefenfuyt.il y a auflfiCdit il) plufieurs lieux en Con- 
ftitinoble,ou Ion môftre beaucoup de beftes fauuages^Liepards 
Ours, Afnesfauuages,Autruches,€nquancité,aufrivne certaine 
befte,que les vns appellent vn Porc marin, les autre s Bœuf ma- 
rin^mais ie ne veoy point qu'il reflémble ny a I vn ny a lautre, 8C 
en vérité ceft la plus villaine&: laide befte que ie vey onc. Ton 
dit qu'elle a efté apportée du Nil.ToutccladifoitGalfotderHip 
popotame;non pas(comme i ay dicT:)qu ils fâchent aConftanti' 
noble le nommer dvn nom ancien,mais ils le nomment félon 
ccqu'ilsen peuuentveoiralœiL 

Qucfluficurs Emj^creuYSyOyent ancknncmçnt faiïl ^a^ 
uerdiucrjes ej^pecesdehejlesenleurs medalles^ b'que eti^ 
tre autres cnj \eoit la f^ure de l'Hi^^o^otamus. 

Chap. XXIII. 

A Près que i'ay baillé la figure de rHippopotam«5 retiré du mar-^ 
bre,ie veul confequemment en bailler quelque autre retirée 
de lorjlaqucllerFmpereur Adrien âuoit faici engrauer en vnc 
mcdalle;en laquelle eft contenu toute 1 hiftoire du Nil tout ainfi 
com me en celle de Belueder a Rome.Mais pource que ie neveul 
defcrire ne les fleuues,ne les ftatues,ie retourneray a mon Hippo* 
fotattiHSyhqud monfieur le treforicr Grollier ma permis retirer 
dVne de fes antiques medalles d or,dont il ha grand nombre^ 3c 
duquel la figure que i'ay retirée eft totalement femblable a celle 

que 



DE L H IP P OP OT AM Vf, 



51 



que i auoyc défia au parauant faid retirer des marbres de Rome, 
laquelle eft tout ainfi en ladide medalle comme on la veoit en la 
prefente peind-ure.L'HippopotamHieft ainfi tout droiét entre les iâ* 
besdelaftatue qui reprelente le Nil> lequel nhaquelesiam- 
besjde derrière dedens reau:& eftoient fans articulatiôs en la me- 
dalle,maisieluy en ay faid peindre, fiiiuant la peindure delà 
ftatue de Rome. La ftatue qui tient le cornucopie,n eft pas pein- 
de félon qu'on ha accouftumé de peindre le Nil,car elle ha le vi 
fage d'Adrien. Le Crocodilleeftaudeflbubsdela ftatue comme 
plongé dedens le Nil.Voila quant a l'Hippopotame que nous a- 
uons retiré de la medalle de mondid fieur le treforier GrolIier,Ic 
quel en ha encor plufieurs autres en argent 8c en cuiure, efquel* 
les font pareillement reprefentez les Hippopotames en peindu^ 
rè^mais il me fuffit en auoir faid retirer la figure dervne,qui cô' 
uient aufli auec la befte qui eft a Côftantinoble que i ay défia def* 
crîpte:parquoy il me femble n auoir poin t failly de Fauoir defcri 
te Ibubs le nom del Hippopotame.Seblablementoultre les mar^ 
brcs Se monnoics^auffi en auons nous veu es Obelifques^qui n'a* 
uoientriendedifferanceauecles trois que nous auons défia def- 
criptes. 

Portrait de tUip^opotamus à\nc ariti^uc meialU de 
rEmpereur Adrien grauee en or^ retiré d'^nedes mcdalles 
de monjlcur le treforier Crollier. 




N-5» Pendant 



LE SECOND LIVRE 



PEndânt le temps que nous auons efté en Egypte en laville du 
Cxyi'Cfic inteiTo^ jay piulieurs i'il y auoic aucune nouueilc de 
ce Cheual de riuiece ou Hi^pj^otam4s:\uàis ils ne ont derdlequc 
la fable en leur mcinoue.v^elques vas recienant celle meime 
qu'onenhaercnptaiicieniiCin^aC)rcauoirquMeili'orccerrible5c 
cruel, &: qu'il faille taire dei toûes pour le preadre;touteiî:oisia* 
mais home ne m a iceu Uire a la vencé qu il en aitveu d autre que 
celuyque i ay deiCrit.Celu) qui cà a Coniticmoble^fut pns encre 
la ville qui eitmaintenan: nomceleSa:C;»3^ leCayreiôc meimes 
ceuls du Saet I apporrciéc au Cay.e au Dacha,ou il demeura quel 
ques lepmaines attendant qu on 1 cnuoyroïc a vjonllânnoble par 
mer.Celaeilcôformeaccque Hluieen ha eicrit. Car il dit qu'il 
eft pris^au deiius du iaet^encre les lunfdictiôs d Egypte, le croy 
que c eil le meihie heu ou anciennement furent pans les autres 
que M,(ircHs ScaHTHi feic porter a do .ne. 

De la nature de iHip^o^otamus. Chap, X X 1 1 1 1. 

QVat a ce qui ed de la nature de ÏHipj^o^^otamHs^ ie n ay no plus 
a ea efcrire que ce qui en ha clti deua dit par les anciés. C eit 
qu'il ie départ la nuict d jNiI,oj il in denieurecachétouc le lour 
& va aux bleds qu'il pailt toute nuict:mais il chemine arecullôs 
a fin que par telle altuce Ion necoguoiifepoïciespas. Au iurplus 
Von, haetcriptquilaeilénoltre niaiitre ôc enfeigneurenquel* 
que partie de inedecme^c'eit a icauoir en la pnleDotomie, ae la- 
quelle il eftinue iteuncar quand illcit par trop engrciié parle 
(aouleroultremefurejil vient a la ri j^ du Nil,:5:iacrouuâtqueI' 
quesCicots ou troncs des cannes qub:i y a taillees,choilît les pl^ 
agues qu'il peult^<&: fe pjcquant cercaine veine de la iambe, le tâic 
faignerzSca^ res qu il ha aifez laigné;il reitoupe la plaie d e Umon. 
Les cuirs des Hyppopotames eltoient bien requis le temps pallé 
pour faire des falades 3c boucliers: car ils eftoienc impénétrable^- 
auxflefches&rauxefpieusjdoncleseîcla les des Ethiopiens en a* 
uoientgrâdgaing,d autant qu'ils en appoitoientbeaucoupvédre 
aux foires qu on tenoit en vne ville des Troglodites nômee A- 
duIiton.Les médecins n ont faict grande ni-iition,qu'iI full gri- 
dcinent requis eniVfage de medecme. Vf ay eil que quelques 

par- 



D E l'h I P POP OT A M V s. 5I 

parties de cefte befte ont efté en vfagc, côme font Ces tefticules, 
3c Ta ^reiiejùcjut^lle guanc les iiebur<is, côme aulïi taiét la fumée 
deieie.Ncrenjenis.ôcauliilapouldiede Ion cuir bruflé ganlToit 
les Cachet uu viiage ôc de tout le corps.I auoye ia fini la deicriptiô 
de cdt Hi^j^ûfotamw^jlors que trouuay monlîeurde Codognac var 
lecdechambiedu Roy,qui vcnoit de Conftantlnoble,lequel me 
dill que le ilibidict aninial eiloit n sgueies mort:&: me dift auliï 
luyuantvndoubte que lauoyc; qu'il auoit les pieds correfpon* 
dancs aux pieds dVne Tortue, <!^ ta queue retfemblolt mieuls a 
celle dvne rorcue,quacelledvnporceau:aupariUsqu ileftoit 
enquelquesmeiques parcicipàtauecia nature de laïoituedeau, 

D\nj^etît pijfon du Vro^ôntidc fort admiYahlc^ ^ qui 
entre iouis autres tjl d tjUange nature, Chaj^.XXV» 



Th Ntre touts les animauls que i aye onc faict peindre: celuy qui 
m'a iemblé le plus digne d'dbe adiouite aueclespeinctures 
des Daulphins,eil ce pecic L\iiutUH.i,ou Nautonnier, Car oultre ce 
quil eft rare, aufli ell il deltrange naturel: admirable.^ pour 
au tant qu il reilemble a vn nauire,il ha efté nommé de touts en 
toutes langues Nautonnier. Si les Grecs &: Latins nen auoient 
aflez amplemét elcrit,ie]e vouldroyeentieremetdeicrire, mais 
fera ailleurs mieuls a propos. Car m aintenât que i ay adioufté la 
figure de ce prefent petit poiilon;!! fuirira que i en eicriue brief- 
uemêt,8c que ie faceentendre qu'ô le trouue auifi bien en la mer 
Méditerranée, que en la mer du Propontide,6c quileft auffî 
trouue en la mer Adriatique aux riuages d'£rclauônie&: duFrioL 
Car monfieur maiftre lehan de Rochefort éloquent P hilofophe 
8c excellent médecin de la mailon des Rochetorts deBlais,Ie me 
feiftveoir la première fois a Padoue,lequelluyauoic efté enuoyé 
parvnfienamydeMuggia^qui eft vne villcen Friol^au riuage 
delà mer Adriatique. Mais depuis ie me fuis trouue a enveoir de 
ceuls qu'on auoit pefchez en ia mer Méditerranée car aufti adui- 

ent 



LE SECOND LÏVRE 



cntilqu'onentrouue quelqucffois comme a Miflîne Se a Na- 
pIes,ouencorpourleiourd'huylonenpourroitvoir des coquil- 
les au logis du capitaine nomméGuifchard,IequeI eftant n'a paj 
long temps gênerai des galleres de Sicile^vnfien Touldard en ie 
pourmenant par les riuages luy en apporta vn en viç. Nous auôs 
ouy Ton appellation vulgaire que luy ont baillé les Italiens, qui 
le nommoient MoJcarofo.Mais NLoJcaroto ou Mnjcardino eft nom qui . 
eft deu a vn autre nommé Ojmjf^i. Vray eft que comme Ofmylns 
haodcur de mufc,auflfi ha ce NflHtif«i,parquoy les habitats du' far 
de Mifline le nômêt en leur vuIgaire^«/cari(tto.ll ha lefcorce tc^ 
dre&:fubrilecômc papier,toute faide a petits raiôs:lô appelle cela 
cftre ftrié oucânelé.Elle n eft pas de fi exquile couleur d argét,c5 
meeft vne autre efpece de coquille qui luy reflemble, de laquée 
le eftoient faiifls les vaifleaux qu'on nômoic Mnrrkna vafa, & qui 
eft appelleeen François coquille de Nacre de perle;0u bien grof- 
fe Porcelaine mais elle eft de couleur tirant fur le Iai6t,moult bié 
reluifante,de laquelle la prefentc eft fa vraie pemdure. 

Portraiïl du Nautillusjc^ucl Pline nome ?o]^iksou Nauj^lius. 




DVNAVriLVS SB 

"P Lie refêbica vn nauircqui anciênement eftoitnôméAcatiô, 
vaifleau plus commun en la mer du Proponcide qu'il n eftoit 
ailleurs.^iHtiflfjMi parlât de cefte clpece de côche,ra defcripte cô 
nie il la veit auPropontide,elle ha vne enfonfure propremenc cô* 
me vn nauire,&:Iadifl:e enfonfure eft ce qu'on nom me la caréné; 
a laquelle enfonfure ou carenne Ion ha couftume d attacher les 
aix du nauire aux deux coftez.Il femble que ladicle coquille loïc 
de trois pieces;fcauoir eft que l'enfonlurefoic feparee d^s deux 
coftez.Mais cela n eft que de Tinduftrie de nature:car elle eft qV 
ne feule piece,toute a beauls petits raions.Elle porte la. proue de* 
uant^commefaiclvn nauire: 6^ la pouppedernere,ainii retour- 
née en rondeur de compas^com me eftoit celle elpece de nauire 
qui auoit nom Acationicefte coquille eft toute cochée aux bords, 
8(:(eroitqualideformeronde; iielle nauoitouuerture par ïciv 
droict ou fe nourrir fon animal. Sa grandeur ne iurpaiie point v 
nepaulmetcar eftendant la maindeii^fon eicorce par la lôgueur, 
les extremitez du.poulce &c du petit doigt pourroiit bien arnuer 
auxextremitez de lacoquilie.lila fault nicmier doulcemenf.car 
elle eft fragile. Voila quât ala coquille. Mais quand le poiflô lent 
le temps douls,&: la mer fans tempefte, lors il Ibrt hors de la mer 
auec fa coquille,(Sc vient feibatie fur 1 eau^le ventre contremont: 
qui eft choie moult admirable en nature;qui n'eft côm une a n ul 
autre.ll laiiTe vne efpacevuide, fâchant que la coquille en lera 
plus legiere,a fin que mettant hors &: eftendant vne membrane 
ou pellicule qu'il ha,(S<:d'icellefaiiantvoile,laquelle il renforce 
auec deux de (es ïambes ou cirreSjiVnedeqa l'autre dela^ il ait le 
plaifir qu'il prêtent eftant poulfé Icgiercmenc du vent par deilus 
leau.Il ha quatre iambesdechalqaecofté,de[quelIes deux tien- 
nent la voile dreifeCjSc les autres luy teruent d auirons 3: de gou 
uernail,&: a le voir Ion diroit proprement que c eft vn nauire. S il 
fentquelqueperileminent,tant des oyleaux nommez Lan, qui 
eftants en l'air luy font la gueree comme a 1 Exocet^i, ou bien les 
autres appeliez Caniards dcmer^alors il retourne facoquille qui 
auoit le ventre contrejT>ont^Ô<: la remplicaeajj,Sc ferecirededcs, 
pour retoarnei* trouuer le fonddela.mer.ttleaiant tourné laco 
quillefur fon doj^ilretient puisila vraie.fax;ô dvn Limasde mer . 

Q;- D\ne 



LE SECOND LIVRE 



D^y^nc autre coi^uille ^rep^ue jmhlahle au t:iautihSy dont 
anciennement on faijoîC les j^lus bcauls'^afcs ^jcujjent les 
Romains en \^fa^e. Cha^. XX YI. 

T A comparaifon que i ay naguère faidede mon d^antiCnsy a la 
grand coquille de Porcelaine; m'a baillé occalion de la delcri- 
re.tileeftaucremenc nommée Coquille de Nacre de perle; illa- 
uoyc au parauant foupfonnee eilre celle a qui le nom de 'J<ami^ 
deuil conuenir.Mais depuis aiant crouué le MantiUs^ ie me luys 
mis en ertbrc,de trouuervn nom ancien a la iulbirte Coquille 
de Porcelaine,qui ne m'a efté choie moule difficile, veu meime' 
mène que le commun peuple la nommé vulgaireméc grofle Por 
celaine,a la différence des petites. Delquelles 1 appellation neft 
pas moderne. Car ie trouue des autheurs qui en ont taicl métiô, 
cxprelïe les nômâts enLati Porce(iio»ei;deiquellesles medecîs ont 
quelque viage,comme on peult veoir en 1 autheur des Pddectes 
3c au Nicolas. Cela ma faict autrefois penfer que les ouuriers euf 
lent l'induftrie de les fcauoiraccouftrer pour en faire ces beaus 
vafes que nous nommons de Porcelaine. Or ces Coquilles que 
i'ay dit eftre nommées PorceIaines,iont moult petites,aiâts quel 
que affinité auec celles qui ont nom JAnncesy & J^inrcx eit a dire 
pHrp«r<ï,quiferefentde Mwrrû.Parquoy lâchant que lesvaifleaus 
qui anciennement 1 appeiloient J^urrhina, lurpalioient touts au-» 
très en excellence de beauté 6c en pris lefquels touteltois efloiét 
naturels. fachanc auifi que ceuls que nous nommons de Porcelai 
ne font arciiiciels.I ay bien oié penfer que les vafes vulgairement 
nommez Porcelaine ne ibient pas vraiement Mnrrhna, Car Mgr- 
rtaa me femble retenir quelque affinité auec M«rex,& aulfi la di* 
cfion de Mwrex ie refenc le ne icay quoy de la Porcelaine. Par 
quoy ie ne pourroie concéder que les vaiflbauls de Porcelaine ar- 
tificiels fa ict s de terre^puiflént obtenir ce nom antique,tant infî* 
gne ^ excellent de iviKrrfiittfl vaja: mais trop bien que les vafes 
taicl:sdelafubidicl:egrolfe Porcelaine ou Coquille de Nacre de 
Perle,le pourroient obtenir:car c'efloient d elles que tels vafes et 
toientfaicls.Il yhavnc autre efpece de Coquille moult groife, 
peiante,6c lourde,que les vns nôment improprementPorcelane. 

De 



DE LÀ COQ.VTLLr DE PORCEILAINE. 54 

Deceftenenrerisiej:as;neaun'ideivignoIsdont ceuls du Biefil 
font les patenoitresji.eauiii des Nacres ou m ères de perles, qui 
reiiembkntaieicailie o Vi^eiiuillrc, neauHide pluiieurs auties 
qui lonc nommez Nacrc:^ de perles. Mais i encens de ces belles 
Coquilles,rûncies ôc cace;,raici:cs en manière de nauire,tam luy^ 
famés 6<:poliecs, donc iacouIcutCiV plus excellence 6c exquile^ 
que n eit la naitue couleur des peiles-.ôc la deiqueiles mefmemét 
lplendeurtaictapparoiii;Levnarcenciel;d vne infinicé de cou- 
leurs reluiiàntes qui le referenc es yeulx de ceux qui les côcéplêc. 
donc i elbmequeies vailleauli qui en ruréc anciennemét taicls, 
prindrencceiteappeilacion de MArfonia, daucancquils cenolenc 
quelques merques de h couleur de Mniex qui eft a dire P^rpHra, 
Maisieveoymaincenanc vne manière de vaiileaulsr'ie ie croy 
eftre de Imuencion moderne quaii correlpondancs aux anciques 
nommez en vulgaire vaiiieauis de Porcelaine; &croy bien que 
leur nom moderne le reience quelque chofe de rantiqueappella^ 
tion de Mi<rrÉi«a.Ces vales de Porcelaine lôc les plus célèbres qu'ô 
veoic pour le lourd nuy. Lelqucls Ibnc en ce diiterencs a ux anciés 
que ceuls ci lontarcîficielsjôc'les ancres nô.Ie trou ue que les vail- 
leauls de Porcelaine ionci'"aicl:s la plulparc de la pierre nommée 
Moroch.kuSf GuLeKco^îApbij:dclaquellelcsEgypciésleleruoienCan*' 
ciennemenc a blanchir leurs linges: mais ils en onc courné 1 via* 
ge a donner les couuercures Se enduicis ou reueltemécs aux lubi'-- 
did-svaillèauls.Ec combien qui! y aie de celle pierre au pais Vi- 
cêcin,au ceiTicoire Venicic auprès ae la cour Roulic; qu on porte 
asallojôcdela par le lac de guarde pour dillribuer es villes dlcalie, 
donc ils fôcles couueiCures des lubldicls val'es dePorcelaines cou 
teifûisil ny ha nulle comparaifon dexcellence douurage aux 
vaifleauls de Porcelaine taicts en Icalie,auec ceuls qu on taicl en 
Azamie&Egypce, leiquels ibnc craniparenCs 8c excellents en 
beaulcé,&dont nous Icauons que la pièce pour petice qu elle ibit 
eft vendue au CairedeuxducacSjComme cil vne ercuelleou vn 
plac.ll y en ha au Caire qui y onc elle apporcez de Azamie,c efl a 
dire Aiîirie ÔC dilencqu'on en taicl: aulli en lnde:donc vne grade 
aiguiereou coquemarceil vendu cinq ducats la pièce. Si eft ce 
qu'ils ibncvaiileaulsm^l côuenantsa meccreau feu. Tels vaies- 
foncarcificielsfaicls decequeiay dic^.Maisles \A^cs donc v- 

O.r. ioienc 



LE SECON D LITRE 

foient les Romains, eftoient naturels, naiants autre artifice de 
rouurierjlînon belle polliirurc:Ôcenchalîèment de k Coquille. 
Or pource que lay entrepris d'expliquer celle choie, de la prou^ 
uerparlapemcT:urc:,6i parlesvalesquonenfaidjilm a iemblé 
bonnepaiièroulcreqae pren:iier le n'en baille leur defcription 
queieprendraydel'iinclk'coaiequemmentleportaiâ:. Si len- 
treprenoyedeicriretoaceli'ultoiredesvaiflcauls de Porcelaine, 
i encreioye en vn grâd Labyrinthe hors de mô propos,dont le ne 
pourroyeayleementibrar.Parquoyie finiray des vaifleauls de 
Porceiainejdx'prendray a parler des vaiiieauls deMMrrbma^que iay 
deiia diitmgué des vaiiieauls dePorcelaine;delquels Pline ha am 
plcméc elcript au iecôd cbap.du xxxvij hure, dôc il me luftit en 
toucher legierement quelque petic moten prouuedeceque ié 
ay deiîa parlé. Au lieu deffas allégué Phne dicl,qu on n en auoic 
encor point veu a Rome auanc la victoire Aiiatique de Pompée 
lequel en dédia premieremét iix de (on triûphe a lupiter . Mais 
tancoil après par ex cellencechaique grand leigneur en voulut 
auoir.ll ea dict beaucoup d auâtage^que le laiiie a caufe de bnef- 
uetéitouteltois l'ay bien voulu adioulter ce qu'il en elcript lur la 
fin du chapitre.Cell que tels vaiiieauls eftoient apportez du pais 
d'orient a Rome,&: qu'on yen trouuoit en plufieurs endroicls, 
mais grandement auroiaulmedes Parthes, &: principalement 
en Carmanie.L on cftimeCdit i^qu'ils Ibient procrées Ibubs ter- 
re dû humeur elpeilie par la chaleur. Leur grandeur n excède ia 
mais les petitsGardemâgers, Se peu fouuét,iont fi efpes qu eftvn 
vaiiïéau a boire.Ces vailiéaulsCdit iI)ont fplendeur fans torce, de 
plus toit niceur qne fplendeur.Maisladiuerfité des couleurs les 
faiclellreenellimea: haultpris; Icauoir eft de taches (échan- 
geants en Circuit de couleur de pourpre 5^ blancheur; & tierce- 
ment d vne viue ôc enflammée couleur entre les deux, comme 
par pourpre lurpallant la rougeur,oublanchillant en couleur de 
laict.z^ucuns louent principalement en euls les extremitez, 6c 
quelques reuerberation de couleurs,teIles qu'on voit en 1 arc en 
ciel,c^ell a dire celefte.Les taches graifesou efpeiTes y (ont plaiia 
te$.:mais la tranlparence on palle couleur y eft vicieufe> &auiïi 
les inequalitez de verrues non emmentes,mais pIates,comme es 

corps. 



DE LA COQ.VILLE DE P O R C E L L A I N E. 



Sf 



corps.Us ont auffî quelque loucnge en I odeur. Cela didt Pline, 
lenedipasqu'onncpuiflebienappellerlesfubfdicls y aies Por* 
celaine:niais il les taule diftinguer,les nômant vaifleaulsde Por- 
celaine annques,a la différence des vaifleaulsde Porcelaine mo* 
dernes.Car ceuls que nous auôs pour le iourd'huyjfont vaifTeauU 
faicts de cerre,que les Latins nom ment Fi3tUa:ceque neftoient 
les vales de Porcelaine des antiques,commc il appert en vn paf- 
fage de Pline au liuretrentecinq, chapitre douzielme, duquel il 
ma lemblé conuenable mettre les mots Latins. Vitefftnf (dit il) 
in gnncij^atujHo ccjejlcrtiis condidit fatinam^ chifacUmUfomax in cam^is 
txétiifxcAta er4t: jfioniaw to leruînit iHXHna,\t ttinmfiÛiiia pfwm conjiét^ 
jHàwMxrrÉm^j.CepalTagede Pline eft grandement a noter, car par 
iceluy appert que ^Vl«rrbina nettoient point faicls de tcrrejque les 
Latins dientFttHi4:&neantmoins ceuls qui afferment les vafes 
vulgairement appeliez de Porcclaine,eftre ceuls que les anciens 
nommoientMHrrljma,nefcauroicnt nier que lefdiftsvafesauiour 
d'huy nommez de Porcelaine,ne foient Fitlifi^j c eft a dire faicls 
deterreJecroy quequi vouidra regarder de bien près a la Co* 
quille dont ie baille le portraict,trouucra toutes les merques que 
i ay n agueres efcriptes de MKrr6i«a,par quoy il me femble ne fail 
lir point en nommantvVi«rr6a ConcL de nom antique,Ia Coquille 
dont icy eft le portraict. 

rortraiï} de la Coû^uille^ '^pulgaircment nommée grojje 
VoYcdlam^ou^Yand Coquille de ^acre de ^erle. 




Table des noms propres contenant feus 

LEMENT LES CHOSES PLVS " 
noubles de ce prefent liure. 

A 

Bec d'Oie fo. lo 

Bénigne de villars appoticaire de 



Acipenfcr 


fo. 20 


AcaciOii 


fo. 53 


Adano 


fo.15 


Adulicon 


fo. 51 


Aigles de l'empire 


fo.i^ 


Alouettes 


fo.zz 



Albanois tiennent la religion Gre^ 

que fo. 6 Scz^ 

Amia Tennemy capital du Daul- 

phin fo, zi. 24 & 4/ 

Amnios ou cft contenu vnc liqueur 

en la fecondine du Daulphin 

fo.3P 
Amphibia animalia fo. 47 

fo. 15 
fo. 35 
fo. 41 



Anguille 

Anacomie du Daulphin 

Anges de mer 

Aper poi(ïbn,c'eftadire porc fan? 

glier fo. 20&ZI 

Apollo Citharœdus fo. 18 

Arbaleftrcpoiflbn fo. 4^ 

Arabes ne mangent point de Daul 

phin fo. S 

Arion fauué de péril de la mer,par 

vn Daulphin fo. 7 

Armes du Roy Afis fo.»i2 

Afne de mer fo. 17 

Afpre artère ou (àflet du Daulphin 

fo. 3)- 
Atheneus fo. 15 

Attilus poifTon duPau fo. 13 

Aurataeit différent a noflrc dorec 

fo.20 

B 

Baleine fo. 10. 3032 42 45 Se 47 
Barbeau fo«35) 

Balçfta fo. 45 



Difgeon 
Bomarin 

Bofphorus cimmcrius 
Bœuf marin 
Boucs 
Bretons 

Bremme de mer 
Bremme d'eau douice 

c 

Cauiar rouge de carpe 

Cauiarnoir d'Efturgcon 

Cabafoni 

Canicula 

Carulos 

Canadelle 

Canarellc 

Cantarus 

Cantena 

Caftor 

Capoa 

Carpion 

Coniards 

Cxfai- • 

Cetacees 

Cetarij 



fo. 2£ 

fo. 48 

fo.45 

fo. 20 

fo, 30 

fo. 9 

fo.18 

fo.iS 



fo. 35" 
fo. 3S 
fo,i9 
fo. 7 
fo.2i 

fo.17 

fo.17 

fo.18 

fo.18 

fo.30 &:47 

fo. 19 

fo.48 

fo. 2X 
fo. I^ 

fo. 27&47 



v-ctarij fo. 47 

ChalTe des Daulphins fo. zz 

Cheuille ou fcalme fo, 17 

Chamas fo. 37 

Chauldroii; fo. 37.10 31 42 & 47 
Chien de mer fo,i7.28&4i 
Chorion du Daulphia fo. 3 8 

Cigales 



Cithara 

Citharus 

Claudius 



3 
fo.17 

fo. iS 

fo.iJ 

fo.32 



Ta 

Cleopatra fo.48 

Coquille de Nacre de perle fo. yz 
Congre fo. 5^ & 20 

Concombre de mec fo. 17 

Corbeaux die mer fo. 17 

Colliphos fo. 17 

Corluia ifle fo. x^ 

Coniugation des nerfs du cerueau 

duDauiphm fo. 37 

Crocodile fo. 47 & yo 

Cunolicé du Roy François fo. 43 
Daulphin pris a Rimmi fo. 7 

Dauiphin roy des poifTons fo.4 
Dalmafcs ciennenc le party des 

Grecs fo. j 

Daniel Barbarus gentilhomme Ve 
• nicicn fo. 7 

Daulphin voulcé ou courbé fo. 11 
Daulphmé fo.i$ôcz6 

Dauiphin vignote fo.i6 

Daulphin paiiàgers fo. 24 

Delphinion herbe fo. 25 

Delphinophoron fo. 2^ 

Defcription du Daulphin fo. 16 
Delcnption del'Hippopo. fo.48 
Defcription du Marlouin fo. 2p 
Defcription d'Orca fo, 38 

Delphiniera fo.4^ 

Diaphragme du Daulphin fo. 3>- 
Diodore fo. 4p 

Donlclle fo. 17 

Dor(o repando,De]phinus fo.io 
Dorce fo. 20 

Dragon fo. is 

Draco fo. 18 

i 

Egyptiens fo. 

Egullats - fo. 17 

Eléphants fo.4S 

Embrion du Daulphin fo.40 ôc^i 
Epigaftre du Dauiphin fo.37 
^ EftrangespoilTons fo.i6 

tlclauôs viuctalaGrequc.f.5&:25 



B L B 

Efturgcori i5ZO&5tf 

EftoiUe fo.i/ 

Efmerillon fo. 12, 
Eftomach du Daulphin fo. 35 

Eftourneauls de mer fo. 17 

Exocctus - fo. ô<yj 

F 

Feftinalentè fo.12 
François Perier peindre fo. 2 8 

G 

Galei fo. 4/ 

Gac ^ to. 17 

Gallee fo. ip 

Cauia ou moutte fo. 22 

Gardemanger fo. z6 

Geneuois fo. 14 
Genitoires des femelles fo. 42 
Gilbert médecin de Kome fo. 7 

G ira tes fo. 7 

Glinos fo.2i 

Gournaulc fo. ip 

Gofier du Daulphin fo. 3 y 
Grande coquille de pocelaine t. S3 

Grue de mer fo, 17 

Griues fo. 17 

Grillus fo. 20 

Grenoille de mer fo. 37 

Groflê porcelaine fo.52 

GuidodeColona f. 15 

H 

Harpe fo. 18 

Harpons fo. ^6 

Hérodote fo. 45- 

Héron de mer foi4 

Hippopotamus fo. 20 & 3-1 

Hirondelles de mer fo. 2 y 

Hobreau fo. 22 

Homar f. 17 

Holofteos fo. ip 

Hys fo. 20 

H y menées f. 41 

I 

luifs fo. 5" 



TA B L E 



loanes Warfon fcâuant médecin 
Anglois . fo 9 

MonfieurM.IeanlcFcron fo.i^ 
lulis. fo.17 

Inceftins du Daulphin fo.^6 

Ichriocolla fo.47 

Ichneumon fo.50 

lehan deRocheforc fo.51 

Ibis fo-^o 

Inuêteur de la fcignee Hip. fo.j-i 

L 
Latins moins fcrupuleus que les 
Grecs fo. 8 

Laros fo.zi 

L'angoufte fo. 53 

Labyrinthe de Crète . fo.^6 

Laggione fo.17 

Lambcna fo.17 

Lamproiç fo.i^ 

Lamia fo.2.5 ôc 4^ 

Larinx du Daulphin fo.35 

Lelepris fo.17 

Leucographis fo»y4 

L'hiftoirc d'Arion fo.y 

Limatsdemer fo-5'3 

Lieure marin fo,i6 

Lion de mer fo.17 

Littorales ou de riuage fo.17 

Lyra fo.iS&i^ 

Libella 45 & 47 

Lynces fo.48 

Licpards fo.48 

Loy de moyfç fo,^ 

Lotte de mer fo.20 

Loutre. fo.3o&47 

LunejpoilTon de mer fo.17 

M 

MaiftrePierreGeodon apoti.fo.41 
Mario fo. 20 

Matrice du Daulphin fo,40 &41 
Mararmac fo.i8 

Malarmat fo.ig 



Mahometifles ne mangent point 

deDaulphin ne de Porc fo. S 
Mangrellie ^o,^^ 

Marmiers Veniciens fo.8 

Marlûuin neit pas diction Fran- 

cûife fo.8 

M arfioni petit poiflbn fo-zp 

Marlyo fo.9 

Mamelles du Daulphin fo.36 
Merioum^ou Murfouin fo»9 & 10 
Medalles antiques contenants les 

Daulphms fo.11 

Merlus fo.17 

Merle de mer fo.ij 

Miflmc fo.yx 

Milan de mer fo.i/ 

Mille peinétures de poifTons aflem • 

blees parM.Rodelet fo.47 
Mofcarolo ou Mufcarolo fo j"! 
Mofcardinoou Mulcardino fo-ji 
Monfieur Goupil médecin fo.47 
Morho ou Moi hou /o«P 

Mafchouere dvne OrcachezM. 

le garde de féaux Bertrandi 

fo.31 
Morochthus pierre fo.y4 

M.Scaurus fo.48 

Muggia ville en'Friol fo.^z 

Mulet de mer fo.17 

Murène n'ellpas Lamproie fo.ip 
Murrhinavalà fo.52 53&5'4 
Murex ^.5-3 & 5*4 

Munanus fo-Jj 

Murrhaconcha ^0.^3^54 

. N 

Nautilus fo.jz f 3 & 5-4 

Nautonnier fo.^x 

Nacre de perles ^5-5^^3 ^S4- 
Ncbridcs Galei fo.17 

Nefs des efchanfons de paneterie 
de chez les princes fo.z6 
NiflToJes fo.17 



T AB LE 



Gbelifques ou font grauczles ima 
gcs dcsHippopotamcsfo.^i 
Omcncum du Dauiphm fo.5 s 
Onces fo.48 

Oudre ôc Ouettç fo.io ôc 30 

Orties de mer fo.17 

Orca fo.3i 

Oûfemenisdu Daulphin fo.^s 
Ofmylus fo.fi 

Ours de mer fo. i^ 

Oye dcmerou Daulphin £0*5 ôC 

P 

Paradâtes des Daulphincs fo. 42 
Papilles ou trayons des mamelles 
de la Daulphine fo. 3y ôc 37 
Palumb fo. 17 

Papegault de mer fo.17 

<Paon de mer fo.17 5c 18 

Pefce força fo. ip 

Peîctures de poiiTonsdeM. Daniel 
Barbarus Patriarche d'Aquileefo.7 
Pelce armato fo.18 

Pelce fan Petro fo. 20 

Perles font Mahômetiftes fo >- 
Pefchcurs du Leuanc fo. 7 

Pelamides fo.ii 

Pefce ipada fo. 14. 

Pctrus Gillius fb, 45 

Pes efcome fo» 17 

Pericardion du Daulphin fo. 55 
Pelagij,ou de plaine mer fo.17 
Phileter fo. 31 

Philantropos fo. 5 

Phoca ou veaudemcr fo. ip 

PhocxnaouMarfouin fo. p 14 & 

Phycis ouTenchedcmer fo.17 
Phalangions fo 42 

Pic de mer,ou Piucrd fo. 1 7 

Pierre Geodon appoticairc fo.42 
Pompilus fo, 16 S< sz 



Porc pos ou Porcpifch 

Porceau de mer fo, 

Poiflbn Empereur 

Porcelaine 

Porcelettc 

Porcellioncs 

Porcus 

Portraid du Daulphin 

Portraid de Orca 

Proucrbe d'AugufteCaefar 

Priftes 

Priftis 

Pforon 

Pyramide d'Egypte 



fo.p 
9^zo 
fo. 14 
fo. ^3 
fo. 20 
fo. 55 
fo. 20 
fo. 29 
fo. 32 

fo. 12 

fo.3X 

fo. 3î 

fo. 17 

fo. 3^ 



Raifînsdemer fo.17 

Raies defguifeej fo. itf 

Ratsti'cau fo. 30 

Rattedel'Orca fo. 43 

Religion des Mahometidcs fo.^ 
Regnarddemer fo. 15,25 &45 
Remus fo. 45 

Romulus fo. 50 

Rhines fo. 41 

Riuieredu Pair fo. 13 

Rouget fo.19 

Roufl'ertc fo. 17 2 1 41 & 47 

Roquau fo. 17 

Rotulo fo. 20 

Rougnons du Daulphin fo. 5 6 
Ruiiiensobeillcnt a refglifc Grc- 
que fo. 5 



Saet rille d'Egypte fo. 51 

Salmandre fo. 42 

Sardines fo. 22 

Sauterelle de mer fo. 17 

Sanglier poiflon du flcuue Achclo 
us fo, 20 

Saxatiles fo. 17 

Saulmont d'ellain ou de p^omb fo. 
z6 Pj, 



Sanat fo.ip 

Scaurufi fo. ip 

Salpa fo. 18 

Sceiccos du Dauîphîi' . f.4/ 

Sçardola fo. 

Serpent de mer fo. 5^ 5c lo 

Serpens cerreilres fo. ip 

SercalVcs font de la foy Grequc.tl j 



TABLE 
Todyo fo.Î4&2p 

Tortucf fo. 30 

Troglodytes fo. 51 

Trippc du nombril du Daulphin 

fo. 38&3P 



SeleriQs 

Singe de m;;r 

Synedix 

Synodoncides 

Soleil 

Sphirsna 

Spinaces Calei 

Sphinges 

Scâcues du Oaulpbin 

Statues Egyptiennes 

Statues Roiaauies 

Sceliaris 

Superftition des Grecs 

Sus 

S) riens 

T 

Tarcnrins 

Taras 

Tanches de mer 

Tanua 

Telemachus 

Tcite du Daulphin 

Tygres 

Tite Vefparien 

Toys 



fo 20 à 47 

fo.14. 15 & 2.1 

to. 27 

fo.37 

fj. ij 

fo. 17 

fo. 

fo. 37Ôcyo 

fo.50 

fo. 4P 

fô. 4P 

ïo. 17 

fo. 5 

fo. io 

i-S 

fo.iz &15 

fo. 12 & 1/ 
fo.18 
fo.18 

fo.iy&z^ 
1:0.38 
fo.48 
to. 12 

fo. Il de 14 



Traîne 

Troiens 

Truie 

Trueue 

Trucga 

Trigiites 

Turco 

Tumbe 



fo. 21 
fo. 1$ 
fo. 20 
fo. 20 
fo. 20 

fo.37 

fo. p 
fo.. ip 



VailTeau nommé Dciphinus fo. z6 
Valrurnus fo. ^ 

Viifles fo.i;&2^ 

Viuc fo. 18 

Veau de mer fo. 2p & 47 

Vter fo. 30 

Yemes du Daulphin fo. 3^ 

Vreteres du Daulphin fo. 37 

Velcic du Daulphin fo, 37 & 40 
Vracbus 3^«3P & 41 

Voiage de monfieurle Baron de« 

funct par Arabie deferte 
Vipère fo.42 

Vertèbres du Daulphin f. 45 
Vignols fo. J4 

z 

Zigurellc fo. 17 

Zaphile,ou Zaphirus ^o. 1 8 

Zigena ou Libella fo.;,4j' 6C47 



FAVLTES ADVENVES A L'IMPRESSION. 
Au neufierme fueillet chap.x v.ou il y ha que la voix du Daulphî 
Iiiezquelenô du Daulphui Au xv.tueillccchap.xvijpour J en- 
graueae iUez len^raueure. Au xv j.tueillec cha.xxx.ou d y ha ne 
pouues;likz nepeuuêc. Au xvij.fueil.Iigne dernière ou il y a che 
niUehiezcheaiik.au xix.f.chap.xxx/.poarra!èiu liiez circuit. 
Au xxx;. f. chap.peaulame pour nat mes liiez racine. 



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