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Full text of "L'horticulture dans les cinq parties du monde;"

L'HORTICULTURE 



DANS LES 



Cinq Parties du Monde 



Tous droits de reproduction et de traduction, expressément réservés. 



L'Horticulture 



dans LES 



Cinq Parties du Monde 



PAR 



CHARLES BALTET 

1 1 

Horticulteur a Troyes 

Membre honoraire ou correspondant de Sociétés d'Horticulture de France, 
d'Angleterre, de Belgique, de Hollande, de Russie, d'Autriche, d'Allemagne, d'Alsace-Lorraine, de Suisse, 

d'Italie, du Japon, etc. 

Correspondant de la Société Nationale d'Agriculture de France, 

Président de la Société Horticole, Vigneronne et Forestière de l'Aube. 



OUVRAGE COURONNÉ 

De la Médaille d'Or du Congrès 

ET DU 

PRIX JOUBERT DE L'HYBERDERIE 
par la Société Nationale d'Horticulture de France et publié sous ses auspices. 

Heureux les peuples qui consacrent 
, , toutes leurs forces au développement 

î | 'i I 'de' }' agriculture"^ de l'Horticulture. 



PARIS 

au Siège de la Société Nationale d'Horticulture 
84, rue de Grenelle, 84 

A TROYES, chez l'auteur, faubourg Groncels, 26. 

1895 



32- 



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A LA 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE 

IDE FRANCE 

A la plus ancienne et la plus importante 

de 

nos Sociétés d'Horticulture françaises 

qui, 

de tout temps et en toutes circonstances, 

a su récompenser et encourager 

les Travailleurs. 

Hommage respectueux de l'Auteur. 



385789 



PRÉFACE 



PLAN DE L OUVRAGE 



Le Congrès horticole de 1893, organisé par la Société 
nationale d'Horticulture de France, avait inscrit à son 
programme : 

Sixième question. — Étude comparative entre V Horti- 
culture française et V Horticulture étrangère. 

Ces deux lignes renferment tout un monde de recherches 
et de faits accomplis à coordonner. 

Aucun jalon de la marche à suivre n'ayant été posé par 
la Commission, il nous semble tout naturel d'aborder le 
sujet par ses côtés les plus saillants : 

Horticulture d'enseignement ; 

Horticulture de produit ; 

Horticulture d'agrément. 

Tout en suivant ces grandes lignes qui sont, pour ainsi 
dire, les assises de l'Horticulture moderne, il a fallu 
quelquefois pénétrer au Conservatoire botanique ou côtoyer 
le champ de plantes industrielles, traverser la forêt, 
s'intéresser au vignoble ou frapper aux portes de l'usine, qui 
accapare et transforme les produits de la terre. 

Des excursions de ce genre au delà des frontières fictives 
du jardin sont inévitables, tant l'Horticulture a su s'imposer 
à l'homme des champs, propriétaire ou métayer, à l'homme 
de science, auteur ou professeur, à l'artiste en quête d'idéal, 
aussi bien qu'au négociant, plus terre à terre. 

D'obligeants amis et correspondants nous ont guidé dans 
ce voyage à travers les cinq parties du monde. Nous les 
remercions cordialement de leur aide désintéressée,, dictée 
par l'amour de la vérité et par les bons rapports confraternels. 

Les contrées principales seront donc ainsi visitées, 



VIII PREFACE 

Pour chacune d'elles, la surface territoriale, placée en 
regard de la densité de la population, permettra d'apprécier 
l'importance relative des résultats obtenus. Toutefois, la 
statistique comparée devra tenir compte de la valeur des 
milieux : 

i° Le sol et le climat du pays, favorables ou contraires ; 

2° Sa situation géographique, topographique, économique; 

3° Les facilités de travail, de commerce et d'échanges ; 

4° La stabilité politique et gouvernementale, etc. 

Il n'est pas moins prouvé que, depuis un demi-siècle, de 
l'Europe à l'Océanie, une prospérité morale et matérielle 
s'est manifestée par l'organisation libre ou officielle de 
l'enseignement agronomique, par la création de pépinières, 
de potagers, de vergers, de parterres fleuris, de bâches à 
primeurs, d'abris vitrés pour les végétaux exotiques, et par 
l'embellissement de nos demeures. 

L'approvisionnement des marchés s'est amélioré et 
l'alimentation populaire s'en est ressentie ; un sentiment 
délicat et naturel ne tarda pas à inspirer la conception des 
parcs et des jardins publics ou particuliers ; la passion de 
l'inconnu a soutenu l'enthousiasme des explorateurs et la 
persévérance des semeurs ; enfin, des relations suivies ont 
cimenté l'union scientifique et commerciale des horticulteurs 
de tous les pays. 

Nous ne voulons pas déduire nous-même la conclusion 
d'une étude aussi étendue, touchant à des sujets qui ne sont 
pas actionnés par les mêmes facteurs fondamentaux ; mais 
il est impossible à l'observateur de ne pas reconnaître, au 
milieu de tant d'autres sources de la richesse nationale, le 
rang élevé de l'Horticulture française et son influence 
prépondérante. 

Marchant à l'avant-garde, la France horticole ne doit pas 
se laisser entamer. Son territoire est grand et varié ; et 
toujours nos savants et nos praticiens seront assez forts pour 
tenir tête à la marée montante de la concurrence. 



PRÉFACE IX 

En suivant cet ordre d'idées, pourquoi l'Algérie, avec 
ses oasis et ses irrigations, ne fournirait-elle pas les 
Aurantiacées et toutes les productions de la région médi- 
terranéenne, aussi bien que l'Espagne, le Portugal ou l'Italie? 

Les Figues et les Raisins passerillés de la Grèce et de la 
Turquie ne devraient-ils pas non plus embarquer aux ports 
d'Alger, de Philippeville et d'Oran, au lieu de venir de 
Corinthe et de Salonique ? 

Et nos colonies, ne seraient-elles pas en mesure de livrer 
des matières tinctoriales, textiles, oléagineuses, alimentaires 
ou officinales, à la façon de l'Amérique centrale ou 
méridionale, du Mexique au Pérou? 

Qu'attendons-nous pour fertiliser les friches, à l'exemple 
des Belges et des Hollandais, ces travailleurs hors ligne, qui 
ont révolutionné les steppes ardennaises et les polders de la 
mer du Nord? En faisant surgir, n'importe où, un jardin 
fleuriste ou maraîcher, un parterre de Tulipes, une pépinière 
ou une fabrique de plantes, et jusqu'à des vergers ou des 
vignobles sous verre, n'ont-ils pas continué l'antique 
renommée des Pays-Bas et des Flandres ? 

Nos stations de la Manche, de l'Océan, de la Méditerranée, 
ne rivalisent-elles pas avec l'Angleterre, dans le décor du 
littoral? De même, les exploitations fruitières ou maraîchères 
de la banlieue parisienne, le véritable jardin producteur de 
la France, ne redoutent nullement la comparaison avec le 
luxuriant comté de Kent, The Garden of En gland. 

La réputation justifiée des forceries d'outre-Manche ne 
prévoit-elle pas déjà la mise en discussion de sa suprématie, 
par l'effet des tentatives de nos pionniers hardis, greffées 
sur l'alliance du travail et du capital ? 

Maintenant, si nos administrations ne comprennent pas, 
— comme au pays de nos milliards, — que les routes 
fruitières constituent une branche de la fortune publique, 
protestons contre les retardataires ! Signalons les aveugles 



X PRÉFACE 

qui ne veulent pas voir ! Faut-il donc franchir le Rhin pour 
rencontrer un Gouvernement qui ordonne les plantations 
routières à revenu annuel, et en démontre pratiquement la 
culture et l'entretien ? 

Nous avons passé d'agréables instants à parcourir les 
plaines et les montagnes d'Etats modestes en apparence, 
grands en réalité : la Suisse, le Luxembourg, le Danemark. 
Comptant sur elle-même, et bénéficiant de la protection 
éclairée de ses gouvernants, la population jardinière y est 
laborieuse, aisée, instruite. 

Plus au Nord, les peuples Scandinaves se livrent 
froidement, mais avec la ténacité qui triomphe, à 
l'enseignement horticole et aux essais d'acclimation, 
favorisés à souhait par les courants sous-marins attiédis 
et par les nuits diaphanes, presque lumineuses, qui 
accentuent la chlorophylle des végétaux et fécondent leurs 
semences. 

Quant à l'empire russe, — nous traitons de la Finlande 
à part, — il nous offre, sur ses millions de kilomètres carrés, 
un champ inépuisable d'observations, depuis le septentrion 
où l'on savoure, faute de mieux, des baies de Vaccinium, 
de Rubus, dePadus, et les cynorrhodons du Rosier sauvage, 
jusqu'aux fertiles vergers de la Grimée, jusqu'au Caucase où 
fleurit l'Oranger. 

Est-il besoin d'ajouter que les classes aristocratiques et le 
haut commerce ont accaparé les somptueuses villas, où se 
prélassent de superbes représentants de la Flore étrangère 
et les primeurs les plus raffinées ? 

La Pologne nous a séduit... En dehors de toute visée 
diplomatique, nous avons reconstitué, à notre façon, ses 
fragments démembrés... Ah! si on laissait aux vieux 
patriotes leur langue maternelle, combien d'écoles d'Horti- 
culture et d'associations à enregistrer ! 



PRÉFACE XI 

Nous ferons la même réflexion à propos de l'Alsace- 
Lorraine. On se rappelle les brillantes fêtes de Metz, de 
Strasbourg, de Golmar, de Mulhouse... sous le simple et 
pacifique patronage de Flore et de Pomone... N'insistons 
pas ! 

La Hongrie s'est plus vite émancipée ; elle nous montre 
dans toute leur splendeur rurale, vergers, potagers, 
vignobles et vastes domaines de familles, alors que 
l'Autriche, éminemment agricole, boisant les Garpathes, 
vivifiant le Tyrol, fleurissant l'Adriatique, présente une 
variété de produits d'utilité ou d'ornement et, par suite, des 
transactions fréquemment renouvelées par terre ou par mer. 

Cette situation privilégiée se reflète au cœur des régions 
danubiennes : Bulgarie, Roumanie, Serbie, Bosnie, Herzé- 
govine, qui se sont créé des ressources financières avec de 
vulgaires fruits ou des légumes de consommation journalière 
et d'exportation. 

La Bavière et le Wurtemberg jouissent de toute liberté 
en matière de jardinage. Les services rendus par les Comices, 
par les conférences aux instituteurs ou aux cantonniers 
gardiens d'arbres (Baumwârter), et l'abondance des récoltes 
à grand rendement donnent raison à l'autonomie sur ce 
terrain neutre. 

Nous arrivons maintenant à deux situations extrêmes, au 
point de vue de la superficie : la Principauté minuscule de 
Monaco, avec ses jardins féeriques et ensoleillés de Monte- 
Carlo, se mirant dans la mer bleue, et ses séduisantes 
mandarines, apportant une note harmonieuse qui scintille 
comme un louis d'or sur le tapis vert..., et l'un des plus 
grands pays visités, les États-Unis, fournissant l'exemple 
d'une nation jeune, vibrante d'audace et d'énergie, se lançant 
tête haute dans le mouvement infini de la culture extensive 
ou industrielle : « En avant ! » Les portes de l'Union sont 
grandes ouvertes aux immigrants ; une loi tutélaire leur 



XII PREFACE 

offre certains avantages qui les fixent au sol, et la 
colonisation et la nouvelle patrie gagnent ainsi chaque 
année des milliers de familles agricoles. 

Le « Department of Agriculture » de Washington, divisé 
en sections de Jardins, Pomologie, Botanique, Forêts, 
Semences, Chimie, Entomologie, Pathologie, etc., seconde 
vigoureusement les efforts individuels ou syndiqués des dé- 
fricheurs et des planteurs, entre F Atlantique et le Pacifique. 

Le Canada se ressent d'un voisinage aussi influent. 
L'avenir est à ses plantations libres ou officielles, à ses 
pâturages couvrant des landes immenses — où le nom 
français n'est pas oublié — préparant ainsi aux provinces 
canadiennes une fortune assurée. 

A son tour, l'Australie réserve également des surprises à 
l'ancien monde. Après les viandes, les laines et les blés, 
voici les bois, voici les plantes ou leurs graines, voici les 
fruits. Pays étrange, grandiose, où le Casoar et le Kanguroo 
vivent — comme les aborigènes — au milieu des Eucalyptus 
et des Mimosas, pays qui a tenté les explorateurs et 
approvisionné nos parcs et nos orangeries de ses productions 
naturelles, arborescentes ou florales. 

Aujourd'hui, en plein hiver, nos primeuristes voient, non 
sans appréhension, débarquer sur les marchés européens des 
Pêches, des Prunes, des Abricots, des Cerises, des Poires, 
des Pommes, des Raisins, des Tomates, des Bananes, des 
Aubergines, des Concombres récoltés à l'air libre, aux 
antipodes, — concurremment avec le Cap,  et confiés à 
des navires réfrigérants, au moment où nos thermosiphons 
ont grand'peine à lutter contre la bise. 

Enfin, mieux inspiré que son vaste voisin, l'Empire des 
Fleurs nous ouvre ses portes. Salut à la patrie du Camellia, 
de l'Hortensia, des Lis et du Chrysanthème ! Le Japon ! un 
vétéran de la carrière, un vainqueur du Trocadéro ! De 



PRÉFACE XIII 

l'Extrême-Orient, il est venu respirer le parfum de nos 
Roses, goûter à nos Doyennés, savourer nos Chasselas, 
s'installant à l'amphithéâtre du Muséum ou parcourant les 

Jardins de Versailles, de Gand, de Leyde, de Kew 

Peuple chercheur, fin et poli, ne répète-t-il pas avec un 
orgueil bien capable d'exciter aussi notre fibre patriotique : 
« Nous voulons être les Français de l'Asie. » 

Jardiniers japonais, vous avez bravement conquis votre 
place à la Fédération de l'Horticulture internationale ! 

Une pareille investigation chez les peuples civilisés 
démontre, une fois de plus, que l'Horticulture est d'autant 
plus prospère et considérée que l'initiative privée a été 
soutenue par l'action de l'Etat. 

Il convient de proclamer encore le rôle actif des Sociétés 
d'Horticulture, des Congrès, des Expositions, de la Presse 
et des Cours publics, de tous ces puissants organes du 
progrès qui ont su rallier autour du Drapeau toute une 
population amie du travail et des pacifiques entreprises. 

Leur but est louable, honnête, désintéressé. Aussi les 
Gouvernements ne sauraient trop les encourager dans cette 
voie d'intérêt public et national ! 

CHARLES BALTET. 



PROCES-VERBAUX XV 



Procès-verbaux de Séances ; Rapport ; Délibération. 



(Extrait du Congrès horticole de i8q3.) 

Procès-verbal de la séance du 25 mai 1893. 
Présidence de M. Henri de Vilmorin 

M. le Président. — Je donne d'abord connaissance, à l'Assemblée, 
des prix qui ont été décernés par la Commission, en conformité de 
l'article 10 du règlement : 

Sixième question. — Médaille d'Or à M. X L'épigraphe est : 

« Heureux les peuples qui consacrent toutes leurs forces au 
développement de l'Agriculture et de l'Horticulture ». 

Ce dernier mémoire est extrêmement intéressant, plein de détails 
utiles et précis ; c'est un travail complet et très bien fait ; nous 
n'avons qu'un regret : c'est de ne pouvoir vous faire connaître le nom 
de son auteur, le manuscrit qui nous est parvenu étant anonyme, de 
telle sorte que nous devons déclarer de la manière la plus sincère 
que l'auteur nous est inconnu. (A ce moment, un membre du Congrès 
remet un pli cacheté à M. le Président.) 

M. le Président. — Messieurs, en ouvrant l'enveloppe qui vient 
de m'être remise à l'instant, j'apprends que l'auteur du mémoire 
auquel il a été attribué une Médaille d'Or, et qui porte sur la 
sixième question, est M. Charles Baltet, horticulteur-pépiniériste à 
Troyes. (Vifs applaudissements.) 

Je dois à la vérité d'ajouter que quelques personnes s'en doutaient, 
mais qu'il n'existait pour nous aucune certitude. 



Extrait du Journal de la Société nationale d'Horticulture de France. 

Procès-verbal de la séance du 10 août 1893. 
Présidence de M. D. Vitry 

M. le Président appelle l'attention de la Compagnie sur un ouvrage 
d'un haut intérêt. Des six questions, dit-il, qui avaient été proposées 
pour être traitées au Congrès horticole dont la date avait été fixée au 



XVI RAPPORT 

mois de mai 1893, la sixième était formulée dans les termes suivants i 
Étude comparative entre V Horticulture française et V Horticulture 
étrangère. Cette question a été traitée dans un manuscrit considé- 
rable dont l'auteur avait d'abord gardé l'anonyme, mais s'est fait 
connaître ensuite comme étant notre collègue de Troyes, M. Charles 
Baltet. Ce travail a été tellement apprécié par la Commission chargée 
d'examiner les mémoires relatifs au programme du Congrès que, 
sur sa proposition, il a été accordé à l'auteur une médaille d'or qui 
avait été mise à la disposition du Congrès par la Société nationale 
d'Horticulture. La Société devant à feu le D r Joubert de l'Hyberderie 
un legs considérable, qui lui a été fait pour que les revenus en 
fussent employés en un prix destiné à l'auteur d'une œuvre importante 
au point de vue horticole, et un concours pour ce prix étant ouvert 
devant elle, l'ouvrage de M. Baltet a été présenté à ce concours. Il a 
été examiné très attentivement par une Commission dont l'organe a 
été notre honorable collègue M. Hariot qui, dans un rapport spécial, 
a conclu à ce qu'une somme de 10,000 francs, constituant cette fois le 
Prix Joubert de l'Hyberderie, soit donnée à M. Charles Baltet. Ce 
Bapport a été lu aujourd'hui même au Conseil d'Administration qui, 
à l'unanimité, en a adopté la conclusion. M. le Président avertit que 
l'avis ainsi formulé par le Conseil est soumis maintenant à la Société 
réunie en séance. Il met donc aux voix cette attribution du Prix 
Joubert de l'Hyberderie qui est approuvée, sans opposition, par les 
Membres présents. Après ce vote, M. le Président prononce le 
renvoi du Bapport à la Commission de Bédaction. 

M. Charles Baltet, se trouvant présent à la séance, adresse à la 
Société ses plus chaleureux remerciements pour la haute distinction 
qu'elle vient de lui accorder. 



Rapport sur l'ouvrage de M. Charles Baltet intitulé : Etude 
comparative entre V Horticulture française et V Horticulture 
étrangère ; M. Paul Hariot, Bapporteur. 

Messieurs, 

Le Congrès horticole de 1893 avait inscrit à son programme la 
question suivante : « Étude comparative entre V Horticulture fran- 
çaise et V Horticulture étrangère. » 

Le sujet était bien fait pour tenter ; il demandait de nombreuses 
recherches, un esprit méthodique et sagace, une plume capable de 
faire passer l'aridité des détails statistiques sous l'élégance delà forme» 



RAPPORT XVIÎ 

Un seul mémoire a été présenté. La Commission du Congrès l'a 
jugé digne d'une haute récompense et a demandé que la Société 
nationale d'Horticulture de France voulût bien lui attribuer une 
allocation importante, prélevée sur le reliquat du legs Joubert de 
l'Hyberderie. Dans sa séance du 27 juillet dernier, le Bureau de la 
Société nommait une Commission chargée d'examiner le travail de 
M. Charles Baltet et de lui présenter un Rapport à ce sujet. Cette 
Commission, composée de MM. Vitry, Président, Defresne (Honoré), 
Truffaut, Bergman, Delessart et Hariot, m'a confié les fonctions 
ardues de Rapporteur. 

L'Horticulture française, par laquelle le sujet devait naturellement 
être abordé, ne comprend pas moins de 200 pages : mais il faut dire 
qu'il reste, après cela, bien peu de chose à glaner. A titre de docu- 
ment, j'indiquerai la manière dont le sujet a été traité. Il est envisagé 
sous trois grandes lignes principales : Horticulture d'enseignement, 
Horticulture de produit, Horticulture d'agrément. L'action exercée 
par l'État est soigneusement étudiée, aussi bien que le rôle joué par 
les Sociétés, par les écoles et les orphelinats, les cours et les confé- 
rences, les jardins d'études. Les centres de production et de commerce 
y sont relevés avec une minutieuse exactitude ; les cultures indus- 
trielles indiquées avec chiffres à l'appui ; la bibliographie et la 
biographie horticoles, les services rendus par la presse spéciale ne 
sont pas non plus oubliés. 

En bon patriote, M. Charles Baltet se préoccupe vivement de 
l'avenir de nos colonies ; il montre le peu de profits qu'elles nous ont 
procurés jusqu'à ce jour et tous ceux que nous sommes appelés à en 
retirer, si nous savons nous y prendre. Prenons par exemple l'Angle- 
terre et la Hollande dont les colonies constituent la plus grande part 
de la richesse, et ne souffrons plus qu'on dise encore que la France 
ne sait pas coloniser ! Pourquoi l'Algérie ne nous fournirait-elle pas 
les productions de la région méditerranéenne, aussi bien que 
l'Espagne, le Portugal et l'Italie ? Pourquoi les ports d'Alger, d'Oran, 
de Philippeville ne remplaceraient-ils pas pour nous ceux de Salo- 
nique ou de Corinthe ? Ne pourrions-nous enfin retirer des Antilles 
françaises , de la Péninsule Indo - chinoise, de nos possessions 
d'Océanie ces masses de produits textiles, tinctoriaux, pharmaceu- 
tiques ou alimentaires que nous sommes obligés de demander à des 
nations rivales et jalouses, au plus grand détriment de notre 
fortune nationale? 

Tout autant de questions sur lesquelles M. Charles Baltet a insisté 
en y appelant notre attention, et que nous ne pouvons que lui être 
reconnaissants d'avoir encore une fois soulevées. 



XVIII DELIBERATION 

Les principes qui ont guidé l'auteur de ce travail, en ce qui 
concerne la France et ses colonies, nous les retrouvons appliqués à 
l'étude comparative de l'Horticulture dans quarante autres nations de 
l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Amérique et de l'Océanie. 
Chacune d'elles est sérieusement envisagée au point de vue de sa 
surface territoriale et de sa population, ce qui permet d'apprécier 
l'importance relative des résultats obtenus ; du sol et du climat favo- 
rables ou contraires ; de la situation géographique ou économique ; 
des facilités du travail, du commerce et des échanges internationaux. 
La stabilité politique et gouvernementale, à très juste titre d'ailleurs, 
est considérée par l'auteur comme un facteur important du mouve- 
ment horticole et nous la trouvons partout indiquée avec soin. 

Que pourrions-nous dire de plus ? sinon que le travail de M. Charles 
Baltet sera, à chaque instant, consulté par tous ceux qui s'intéressent 
aux progrès de l'Horticulture. Ils y apprendront ce qu'était l'Horti- 
culture autrefois, ce qu'elle est actuellement, ce qu'elle doit être. Un 
des membres les plus distingués de la Commission du Congrès 
disait : « Ce sera le Larousse de V Horticulture ». Nous souscrivons 
de tout cœur à cette exclamation enthousiaste, sachant quels sont les 
services de tous les instants que rend le Dictionnaire de Larousse ! 
La Commission que vous avez nommée, reconnaissant toute la 
valeur de la réponse faite par M. Charles Baltet à la question posée 
par la Commission du Congrès, vous demande d'attribuer à M. Charles 
Baltet la récompense qui a été demandée, persuadée que ce travail, 
qui marquera dans les fastes de l'Horticulture française, fait tout à la 
fois le plus grand honneur à l'auteur qui l'a traité et à la Société qui 
l'a proposé. 



Décision du Conseil d'Administration de la Société nationale 
d'Horticulture de France {séance du 10 août i8g3). 

Le Mémoire présenté par M. Charles Baltet, couronné d'une 
Médaille d'Or par le Congrès horticole de 1893 et du Prix Joubert 
de l'Hyberderie (10,000 francs) par la Société nationale d'Horticul- 
ture de France, sera imprimé et distribué à tous les sociétaires. 

L'auteur aura le droit de faire paraître une édition spéciale. 

Le titre définitif de l'ouvrage, proposé par l'auteur et adopté par 
le Conseil d'Administration de la Société nationale, sera : 

L'Horticulture dans les cinq parties du Monde. 



PAYS VISITES 



Hf 



Pages 

Algérie i 

Allemagne 3o 

Alsace-Lorraine 73 

Amérique centrale 87 

République Dominicaine. 87 

Guatemala 90 

Nicaragua 92 

Angleterre 93 

Argentine (République). . i33 

Australie ( 7 Colonies 

anglaises, autonomes). 137 

Autriche-Hongrie i55. 

Bavière 171 

Belgique 181 

Bosnie et Herzégovine. . . 211 

Brésil 2i3 

Bulgarie 217 

Canada 219 

Cap (le) 229 

Chili 23i 

Danemark 235 

Espagne 245 

États-Unis 25i 

Finlande 271 



Pages 

France 293 

Françaises (27 Colonies : 
Afrique, Asie, Amérique, 

Océanie) 544 

Grèce 569 

Hollande 575 

Italie 585 

Japon 6o5 

Luxembourg 625 

Mexique 633 

Monaco 637 

Norvège 643 

Pérou 649 

Pologne (Ancienne) 653 

Portugal 667 

Roumanie 673 

Russie 675 

Serbie 713 

Suède 715 

Suisse 723 

Tunisie 735 

Turquie 743 

Venezuela 749 

Wurtemberg 757 



Au total, soixante-dix-sept pays, y compris les contrées autonomes, 
confédérées, coloniales ou soumises au Protectorat. 



•HIH' 



ALGERIE 

6-0,000 kilomètres carres. — 3,817, 3oo habitants, 



I. — Les Régions de culture. 

Depuis i83o, époque de la conquête de l'Algérie, le Gouvernement 
français a voulu favoriser la colonisation de ses nouvelles posses- 
sions africaines et intéresser l'indigène à la production du sol. 

Mais, sous l'influence de milieux si différents, l'expérience raison- 
née et la persévérance réfléchie ont localisé, pour ainsi dire, le mode 
de travail et d'exploitation du cultivateur. 

Conformément aux travaux de M. Gosson chargé, dès i853, de 
l'exploration botanique de l'Algérie, et rédigés sur un plan observé 
par M. Charles Rivière, président du Comice agricole d'Alger, dans 
son rapport présenté à l'Exposition universelle de 1889, nous divisons 
notre colonie en quatre grandes zones : 

i° La région littorale, chaude et humide ; 

2 La région montagneuse, tempérée et froide en ses dernières 
altitudes ; 

3° La région des Hauts-Plateaux, aux extrêmes marqués ; 

4° La région désertique, brûlante et sèche. 

Région littorale. 

La Région littorale, installée sur les sables de la mer, ou sur 
un territoire assez rapproché de la Méditerranée, doit en ressentir 
les effluves bienfaisantes. 

Le thermomètre étant constamment au-dessus de zéro, la Flore 
subtropicale n'a pas manqué d'y établir son territoire d'élection. 

C'est une véritable station d'acclimatement. 



. » . 



ALGERIE 



Les Palmiers de toutes dimensions, depuis les troncs élevés en 
colonnes gigantesques jusqu'aux humbles touffes naines, sont réunis 
en vastes et riches collections au milieu desquelles se remarquent, à 
côté des Cocotiers à petits fruits des plaines brésiliennes, les 
Caryotas des Indes Orientales, les Palmitos de la Guyane et les 
Thrinax de la Havane, accompagnés des Sabals aux larges feuilles 
souvent dupliciformes et de toutes ces Palmacées flabellifères, les 
Livistonées et les autres Coryphinées. Espérons que ces «Princes du 
règne végétal », suivant l'expression de Linné, ne tarderont pas à se 
répandre là-bas comme ils le sont dans la Provence maritime. 

Les beaux feuillages des Musacées, ceux presque aussi amples 
des Strelitzias, avec leurs fleurs aux formes originales et aux colora- 
tions éclatantes, disent que toutes ces plantes des pays chauds 
peuvent vivre facilement avec leurs nombreuses congénères au 
milieu des terres algériennes abritées et voisines de la mer. 

Les Bambusées de l'Indo-Chine balancent dans les airs leurs 
roseaux géants où viennent nicher les petits oiseaux. 

Les Aroïdées s'accrochent aux arbres et vivent sous leurs frais 
ombrages, tandis que de formidables Agaves et des Cactées bravent 
la sécheresse et les ardeurs du soleil comme en pleines savanes 
du Mexique. Et les gros arbres sont enlacés par les grimpants 
Bougainvilléas, Passiflores et Bignones, immenses amas de lianes 
disparaissant sous des myriades de floraisons. 

Si les Figuiers verts ont de nombreux représentants à tronc lisse, 
véritable fût supportant une immense cîme au feuillage persis- 
tant, il en est d'autres dont l'axe central disparaît bientôt empri- 
sonné et caché sous une foule d'appendices venus des ramifications 
pour s'enfoncer dans le sol ; ce sont les Ficus à racines adventives 
ou aériennes. Le Figuier de Roxburgh, qui prend en Algérie des 
proportions colossales, est dans ce cas. 

Des Bombacées aux énormes troncs renflés s'élèvent en arbres 
gigantesques. Leur écorce a un revêtement formidable composé 
d aiguillons pyramidaux à pointes acérées semblant défendre les 
merveilleuses floraisons des cîmes contre les destructions des grim- 
peurs. Des troncs ont plus d'un mètre de diamètre et les ombrages 
de leurs fortes ramures recouvrent de larges surfaces. A défaut du 
séculaire Baobab de la Sénégambie, le rivage africain possède 
les géants des Deux-Mondes qui présenteront par la suite de 
puissants exemples de végétation. 

Les grands arbres ne sont pas seulement remarquables par la 
hauteur de leurs masses ligneuses» Les Érythrines cultivées en 
petit pot dans les serres de l'Europe sont, sur la côte d'Algérie, des 



ALGERIE Ô 

arborescents de première grandeur en même temps que producteurs 
d'éclatantes floraisons. Leur large tête se couvre de nombreuses 
inflorescences, sorte de crêtes rouges, cinabre ou vermillon. 

Le littoral est le favori des Gycadées, plantes étranges d'un autre 
âge, dont le groupement reporte aux paysages antédiluviens ; c'est 
le pays adoptif des superbes Conifères de l'Australie, des Pins 
colomnaires et des Araucarias qui menacent les nuées de leurs flèches 
hautes de plus de 3o mètres, de ces superbes Eucalyptus à croissance 
rapide, plus élevés encore, et des curieuses floraisons des Méla- 
leuques, des Gallistémons et des Protéacées océaniennes. 

Aux arbres des vergers pendent les fruits des tropiques : l'Anone, 
cette grosse bourse enflée de crème aux senteurs fades ou suaves, 
mais au goût agréable ; la Poire d'Avocat, Persea, beurre végétal, 
les Goyaves facilement transformables en délicieuses gelées. 

Les Bananiers sont en massifs compacts ; du milieu du feuillage 
sortent de lourds régimes de la Figue-Banane ou de la Banane 
chinoise à chair parfumée, ou bien encore de la grosse Banane, 
fruit de vulgaire alimentation. 

Sous l'influence directe du climat marin, les champs se couvrent 
pendant l'hiver de productions de primeurs. Quand la neige envahit 
les jardins des grands centres de l'Europe, les légumes sont ici en 
pleine maturation comme aux premiers jours de l'été sous le beau 
ciel de France, et les récoltes de décembre ou de janvier, en Algérie, 
résultant d'une culture rationnelle et pratique, vont faire les délices 
des populations qui vivent au milieu des frimas. 

Plus tard, cette même zone produit lin juin les Raisins hâtifs qui 
arrivent sur les marchés de la métropole, quand la Vigne fleurit à 
peine aux treilles de ses espaliers. 

Le littoral est encore la nouvelle patrie des riches collections 
botaniques et de l'horticulture ornementale, si recherchées pour le 
décor des serres et l'embellissement des appartements les plus 
luxueux ou les plus modestes, chez tous les peuples de haute civi- 
lisation. Le Jardin d'essai suffît à peine à ses approvisionnements. 

Il convient cependant de dire que les climatures favorables, en 
dehors du pied du Dahara, s'étendent plutôt vers l'Est. La variété 
des cultures s'accentue sous l'influence des baies d'Alger, de Cher- 
chell, de Philippe ville, de Bône et de La Calle, baie corallifèrc. Le 
ciel d'Oran est moins clément; celui de Bougie, plus humide. 

L'horticulture est donc appelée à un grand avenir dans cette 
région favorisée par le climat, où les rares abaissements de la tempé^ 
rature sont atténués par des haies de verdure également protectrices 
contre les vents desséchants ; aux rigueurs de l'été, l'irrigation 



4 ALGERIE 

facilement aménagée oppose une fraîcheur bienfaisante qui assure la 
vie végétale dans toute sa libre luxuriance et dans son entière 
production. 

La région suivante est également favorable à l'horticulture. 

Kégion montagneuse. 

Figurons-nous tout d'abord un massif montagneux central et 
puissant, c'est la Kabylie avec ses ravins frais et ombragés et ses 
petites vallées arrosées ; ensuite les sinuosités, les découpures et les 
crevasses des contreforts de l'Atlas, avec leurs altitudes diverses, 
toutes parties encore léchées par les dernières effluves des vapeurs 
marines, ou plus ou moins voisines des nuages. Véritable région de 
l'arboriculture forestière et fruitière, elle comprend une variété 
infinie de végétaux des pays tempérés du Japon, de la Chine, des 
hautes Cordillères, tout en offrant des conditions de végétation 
analogues à celles de nos vergers du centre de la France. 

Quelques points de cette zone sont à citer : Médéah, Milianah, 
pour Alger; à l'Est, l'Edough, Constantine et son Hamma, les 
montagnes Beni-Salah ; à l'Ouest, Tlemcen et quelques localités de 
la frontière marocaine. 

Les altitudes moyennes et au-dessous conviennent aux Orangers 
et aux Oliviers. 

Les Aurantiacécs plantées en bosquets aux flancs des coteaux, 
abritées des vents du Nord-Ouest, ont une verdeur de feuillage et 
une délicatesse de fruits tout à fait incomparables. L'Olivier se 
présente en véritables forêts composées d'arbres souvent séculaires. 

Un grand nombre de plantes craignant la chaleur prolongée ou 
exigeant une période de repos de végétation se plaisent dans ces 
contrées : les Conifères de la Cilicie, du Caucase, des points 
élevés du Mexique et de la Californie, les Bambous de l'Himalaya, 
le Chamœrops de la Chine, les Magnoliacées, et, dans les parties 
les moins hautes, une série d'arbres australiens, notamment des 
Eucalyptus et des Acacias Mimosas. 

Dans cette zone où les ardeurs de l'été sont plus atténuées, où 
les eaux vives des ravins coulent presque constamment au milieu 
de broussailles et de bois toujours verts, pays de quelques rares 
fougeraies ou des prés longtemps fleuris, l'horticulture trouvera 
encore beaucoup de stations privilégiées et pleines d'intérêt pour 
la culture de certaines plantes qui redoutent le littoral : les 
Camellias, les Thés, les grandes Fougères, les Orchidées, les Bro- 
méliacées etc., etc. En dehors du climat, il y a pour ces plantes 



ALGERIE 5 

une question de sol ; or, il peut être avantageusement modifié par 
les terres légères, riches en humus, débris de végétation accumulés 
dans les bois et les broussailles 

Cependant les altitudes voisines ou au-dessus de la moyenne sont 
les véritables pays des fruits de la France ; l'arboriculture fruitière, 
entre les mains des jardiniers français, y obtiendra de rapides 
résultats à l'aide de variétés spéciales et de principes de taille faciles 
à déterminer. Avec les espèces fruitières de la métropole, Poiriers, 
Abricotiers, Cerisiers, Pêchers, certaines expositions comportent 
aussi les Plaqueminiers et les Bibaciers du Japon. 

En plein massif montagneux, la Vigne est dans un milieu favo- 
rable. Les Vignes kabyles poussent souvent en compagnie du 
Figuier, arbre précieux par sa rusticité et par sa fructification 
abondante qui constitue une des principales ressources de la 
nourriture et du commerce sous forme de fruits secs. 

La température s'abaisse au-dessous de zéro sur plusieurs points 
de la région montagneuse ; quelquefois, aux faibles altitudes, la 
neige couvre la terre d'un léger duvet blanchâtre scintillant souvent 
sous un ciel lumineux ; puis vers les sommets, ces neiges sont plus 
durables et elles assurent à la vie végétale une période de repos 
si favorable à nos végétaux économiques des pays froids. 

Région des Hauts-Plateaux. 

La région des Hauts-Plateaux, de plaines hautes avec sa steppe, 
c'est l'altitude accusée, sillonnée par des bourrasques de froids et 
de neiges pendant l'hiver, mais devenant le pays de la sécheresse 
et des chaleurs désertiques pendant l'été, sorte de climat continental 
à extrêmes bien marqués. 

La flore des Hauts-Plateaux a des affinités avec la flore de la 
région montagneuse. Les végétaux qui peuvent vivre en ces milieux 
sont les plus rustiques du centre et du nord de l'Europe, du nord 
de la Chine, du massif de l'Himalaya, des pays de steppes et de 
quelques points du Canada et des Etats-Unis. 

L'horticulture, puissamment aidée par l'irrigation, y comprend 
nos arbres du Nord : Peuplier, Orme, Robinier, Frêne, Mûrier, 
Aulne, Saule en têtard ou en oseraie, etc. Les arbres fruitiers, dont 
quelques-uns deviennent très gros, sont les Poiriers, les Pommiers, 
les Cerisiers, les Abricotiers ; mais leur bonne venue n'est possible 
qu'avec des abris et dans une situation favorisée. Les Conifères 
rustiques peuvent y vivre, quoique les arborescents aient, en général, 
une existence difficile en ces altitudes. Quelques auteurs pensent que 



G ALGÉRIE 

la viticulture, modifiant ses principes, y donnerait des résultats. 
Quant à la floriculture, c'est à peu près celle des pays du Nord 
de la France. 

Une partie des Hauts-Plateaux, les steppes et leurs versants 
sahariens, où se pratique l'élevage de 3oo,ooo chameaux, présentent 
une nature elimatérique autre qui permettrait l'introduction de 
certaines plantes de l'Arizona et du Nouveau Mexique, princi- 
palement de Prosopis, de Yuccas, de Cactées. 

Les Arabes y récoltent la Pyrèthre et, dans le voisinage du Ghott, 
une Truffe volumineuse, le ïerfez, Te?ifezia, qui entre dans leur 
alimentation. 

Cette région est généralement le pays de l'Alfa, herbe recherchée 
par l'industrie ; c'est aussi la contrée des nomades, de l'élevage du 
mouton et des troupeaux transhumants. Si l'horticulture n'y est 
pas favorisée comme sous les autres zones, elle a une action utilitaire 
assez marquée pour mériter l'étude et l'application de principes 
culturaux appropriés au climat ; elle peut y donner des résultats 
intéressants, ainsi que le démontre l'expérience des jardins du 
Kreider, à 1,200 mètres de hauteur dans l'Ouest Oranais. 

La partie Est des Hauts-Plateaux présente d'heureuses tentatives 
(le jardinage, L'Asperge et la Pomme de terre y réussissent. 

Région désertique. 

La Région désertique est déterminée par un seul mot : climat 
sahaiùen. N'y retrouvons-nous pas le pays aux espaces sans fin, 
secs et arides, aux actions météoriques en général peu favorables 
à la vie des végétaux, qui y souffriront de la siccité de l'air 
comme de l'exagération de sa chaleur et de ses abaissements au 
degré de congélation, et surtout du manque ou du peu d'intensité 
des précipitations pluviales? La nature du sol : gypseux, argileux, 
limoneux, sableux, etc., arrosé par des eaux salines, ne contribue 
pas à faciliter le développement des végétaux, surtout à leur 
premier âge. 

L'horticulture a donc avec ces régions un rôle restreint quoique 
de réelle utilité. Pour déterminer ce rôle, il conviendrait d'étudier 
les difficultés climatériques inhérentes aux points différents de cette 
grande zone qui, par son extension même, offre des variantes de 
température et de végétation. 

La partie saharienne de l'Est présente une assez vaste dépression 
peu élevée au-dessus du niveau de la mer. Là, les oasis sont 
prospères, fortement arrosées en tout temps par des nappes arté» 



ALGERIE "j 

siennes ; le Dattier y porte des fruits estimés par leur, bonne 
qualité ; le Phœnix tenuis y atteindra sans doute de grandes dimen- 
sions, et l'atmosphère brûlante permet d'y tenter la culture des 
Figuiers austral et sycomore, de certains Acacias et du brillant 
Poincillade, le « Flamboyant » de Madagascar. 

De l'Est à l'Ouest, la large bande désertique se relève; les 
environs de Laghouat atteignent vers 800 mètres de hauteur, et le 
relèvement se continue aux altitudes accusées d'environ 1,000 mètres 
jusqu'au Maroc. Le Dattier faiblit de qualité et de vigueur en suivant 
cette direction ouest ; à Laghouat, il est quelquefois couvert de neige ; 
dans la province d'Oran, il est souvent moins robuste ; enfin, au 
centre d'une région voisine des Hauts-Plateaux, quelques îlots de 
végétation variable forment les Ksours. 

L'horticulture se trouve en présence de réelles difficultés au 
milieu de ces contrées où le froid se signale par des abaissements 
de — 2 et 4° dans la partie la plus tempérée en hiver, et par des 
chiffres voisins de — io° dans les hautes terres. Le siroco atteint 5o° 
de chaleur et l'intensité du rayon solaire dépasse souvent -f- 63° à la 
boule noire. 

La partie Est et déprimée de la bande saharienne offre seule un 
champ de culture et d'expérimentation pour les plantes des pays 
chauds ; quant à la partie Ouest, les végétaux des hautes steppes du 
globe ou des pays froids sont mieux à sa convenance. 

Dans le bas Sahara, l'horticulture n'est possible qu'à l'ombre des 
oasis où l'arbre fruitier d'Europe se mêle aux Oliviers, et elle 
s'arrête avec la dernière ligne des Dattiers. 

Le Dattier seul caractérise la végétation et la culture du désert 
chaud et tempéré. 



II. — Production maraîchère. 

Cultures potagères. — Tous les légumes connus en France se 
rencontrent dans le jardin maraîcher algérien, et leur production 
hâtive ou tardive varie avec les zones climatériques. Cette culture, 
développée à Oran, à Philippcville, à Bône, atteint son maximum 
d'intensité aux environs d'Alger, dont les marais peuvent être pris 
comme type d'une excellente exploitation. Les jardins s'étendent 
principalement à l'est de la ville, dans la grande baie terminée par 
le cap Matifou, où l'on rencontre Hussein-Dey, Maison-Carrée, Fort- 
fle-1'Eau, Aïn-ïava, etc.. Les Espagnols et les Maltais ont presque 



H ALGERIE 

le monopole de eette production pour laquelle ils manifestent 
des aptitudes spéciales, de nature à les faire comparer aux bons 
maraîchers des environs de Paris, tant sont bien compris l'entretien 
du sol et la rotation permanente des cultures. 

Souvent, sur une surface de moins d'un hectare arrosé, le Maho- 
nais vit avec sa famille et ses ouvriers. Le matériel est simple : il se 
compose d'une noria avec son bassin de réserve, d'une modeste 
habitation et souvent d'un hangar pour la voiture, le matériel et 
les bétes. Un terrain de cette nature peut être loué jusqu'à 1,000 à 
1,200 fr. par an, sans exagération. 

Les légumes communs et de production constante, même en 
hiver, sont ceux connus de tous: Choux, Choux-fleurs, Salades 
diverses, Carottes, Haricots, Pois, Pommes de terre, etc. 

Les Artichauts se cultivent en plein champ, ordinairement disposé 
pour l'irrigation. La Pomme de terre d'hiver se fait sur d'assez vastes 
espaces, et, quant à la récolte d'été, elle supporte aisément l'arrosage, 
ainsi que cela se pratique dans les plaines d'Oran. Pendant cette 
saison, Courges et Courgettes, Pastèques et Melons divers, cultivés 
en champs irrigués, se rencontrent sur les marchés, amoncelés 
en immenses pyramides. 

Dans les terres bien préparées et avec des arrosements d'été, la 
Betterave donne en feuilles et racines un poids utilisable d'environ 
100,000 kilog. à l'hectare ; avec la Betterave Mammouth, il est même 
facile de dépasser ce rendement. 

Les cultures bien soignées des jardins environnant les fermes 
procurent aux Choux cavaliers et à toute cette série des Choux 
arbres une excellente végétation. 

Les Choux moelliers blancs et rouges, en cultures disposées pour 
l'irrigation, peuvent donner toute l'année, hiver comme été, un 
abondant feuillage alimentaire, dont le poids varie entre 80,000 à 
100,000 kilog. à l'hectare. 

Les Choux mille-têtes ont des résultats analogues. 

Le Maïs Caragua et le Sorgho donnent jusqu'à 100,000 kilog. de 
vert à l'hectare ; en riche sol irrigué, la Canne dépasse ce rendement 

La vente de la graine est encore un profit pour le cultivateur. 

Du printemps à l'automne, la Tomate crue ou cuite est la base 
alimentaire dune grande partie de la population. La culture bien 
comprise s'avance même jusque dans la saison d'hiver, et les 
produits de premier printemps acquièrent une certaine valeur. 

Le Gombo, Hibiscus, ses capsules à maturité incomplète, régal de 
créole, sont consommées par les Arabes, les Espagnols et les Juifs. 

Le Souchct, Çyperus, est porté au marché ou aux pharmacies, 



ALGERIE 9 

Les Doliques, variétés mongette et asperge, à longue casse, ne 
sont récoltés que dans des cas exceptionnels. Les essais du Dolique, 
du Soja, du Lablad, entrepris à Biskra, donnent des espérances... 

Le Haricot de Lima se propage lentement ; cette fève créole, très 
estimée dans les pays chauds, est encore, sous la zone chaude de 
l'Algérie, une des meilleures graines farineuses. 

Grimpant sur les tonnelles, les arbres ouïes murailles, une Gucur- 
bitacée mexicaine produit son fruit comestible, du volume d'une 
forte poire ; c'est la Chayotte, Sechium edule ; des environs d'Alger, 
on l'expédie vers Paris aux marchands de comestibles. 

La Patate né sort pas des plaines littoraliennes ; recherchée 
principalement par la population européenne et même par les Arabes 
qui savent l'assaisonner de préparations particulières, cet excellent 
et généreux légume aurait du succès sur nos marchés. 

Un hectare de Patates produit en bon sol de 10,000 à 20,000 kilog. 
de tubercules contenant i5 0/0 de fécule et 10 0/0 de sucre. 

La Patate est cultivée aux environs d'Alger dans les terrains 
légers, voisins du rivage ; les tubercules y acquièrent de fortes 
dimensions et figurent sur les marchés d'Alger, au prix de 6 à 
10 francs les 100 kilog.; le prix augmente vers le printemps. 

La plante a des avantages économiques bien marqués ; son 
entretien et son arrachage préparent le sol pour d'autres cultures, et 
ses tiges feuillues peuvent supporter des coupes très appréciées 
par le bétail, sans diminution pour la production du tubercule. 

Primeurs. — L'exportation s'arrête aux cultures dites de primeurs, 
qui doivent arriver sur les grands marchés de France au premier 
printemps, principalement durant le Carême et pendant la semaine 
précédant Pâques. Ces cultures s'obtiennent seulement sur le littoral, 
en pleine terre légère, saine et bien fumée. 

Le choix de la variété a une importance considérable lorsqu'il 
s'agit de la production des primeurs qui, à la hàtiveté, doivent 
joindre un certain aspect dit « marchand ». 

La saison favorable de vente, en Algérie, est comprise entre le 
i5 décembre et la lin de mars ; tous les efforts du cultivateur sont 
tendus pour arriver au cours de cette période. 

Le littoral, souvent le rivage même ou mieux la ligne la plus 
rapprochée de la mer, est le véritable milieu de production hâtive ; 
là, les abaissements de température sont peu à craindre, les terres 
sont légères, l'irrigation assurée, les fumures possibles aux environs 
des grands centres, et l'exploitation à peu de distance des ports 
d'embarquement d'où partent des services quotidiens, 



10 ALGERIE 

Deux articles principaux visent l'exportation du i5 décembre à fin 
janvier : les Haricots et les Pois. 

Le Haricot vert est délicat, il craint le froid ; aussi chaque pied, 
dans un sol bien fumé, aura pour la nuit et les jours de pluie un 
petit abri mobile qui garantira ce jeune et tendre légume contre les 
intempéries. La principale variété est le Haricot noir de Belgique. 

Le Pois, dit « Petit Pois, » plus rustique, brave les contre-temps 
ordinaires, tout en cx^aignant les chutes d'eau qui recèlent quelques 
grêlons de nature à tacher la cosse. 

La saison du Petit Pois se prolonge assez tard. Une zone plus 
écartée de la mer, en terrain sec, ordinairement en coteau bien 
exposé, produit notre Légumineuse ; mais comme elle arrive plus 
tardivement, elle est quelquefois d'une valeur inférieure. L'excès de 
sécheresse est nuisible aux Pois de primeur. 

Les variétés usitées sont les Pois : Prince Albert, Michaux, etc. 

Haricots verts et Petits Pois s'emballent facilement dans de petites 
coi'beilles faites en roseaux tressés. 

Les Artichauts de primeur sont ordinairement moins voisins de 
la mer ; leur culture en plein champ s'étend sur de grandes surfaces ; 
des propriétaires en possèdent plusieurs hectares préparés pour 
fournir des produits à des époques déterminées, notamment de 
décembre à mars. 

Les têtes d'Artichaut sont emballées dans de grandes corbeilles 
tressées avec des roseaux, ce qui permet une aération facile. Les 
Artichauts d'Algérie se vendent couramment au commerce parisien. 
La principale variété est l'Artichaut violet hâtif de Provence. 

La colonie exporte 800,000 kilog. de légumes verts par an. 

La Pomme de terre de primeur est une des cultures importantes 
d'exportation ; elle a pour but d'arriver pendant la première saison 
printanière de la France, c'est-à-dire pour le carême et les environs 
de Pâques, à la majoration des prix. Des expériences utiles sont 
encore à tenter pour déterminer la nature des races à cultiver ; 
actuellement on emploie avec succès la variété Quarantaine et mieux 
la Royal Kidney ; l'une et l'autre plaisent au consommateur : grosseur 
moyenne, forme oblongue, chair farineuse et de bonne qualité. Déjà, 
les espèces généreuses comme Richter's imperator ont été distri- 
buées dans les villages de l'Aurès. 

Suivant les années, on a vu le quintal de Pommes de terre atteindre 
le prix de 40 à5o francs. Les chiffres d'exportation s'élèvent annuel- 
lement aux environs de 3, 000,000 de kilog. 

Les Choux-fleurs, à cause de la traversée, offrent quelques incer 
Utudes de bonne arrivée ; les Asperges redoutent le mêjne obstacle 



ALGERIE ï I 

l'un et l'autre sont appréciés sur la table riche ou modeste, dès le 
mois de février. Les terres légères du littoral et les abondantes 
fumures possibles aux environs des villes assurent à ce produit 
un véritable succès. 

Les Fraises ont une maturité précoce, mais elles voyagent mal et 
sont de consommation locale; de même les Piments et la Tomate. 
Ne serait-ce pas le moment d'encourager la création d'usines à 
conserves, qui pourraient s'installer au cœur même de la production 
et offrir un débouché certain au cultivateur? 

En attendant, les trieurs, les emballeurs et les vanniers sont 
autant de satellites qui gravitent autour du marché et y*gagnent leur 
salaire. 



III. — Production fruitière. 

Au début de la conquête de l'Algérie, on a voulu introduire la cul- 
ture des espèces fruitières de l'Europe ; mais les déceptions n'ont pas 
tardé, surtout avec les arbres fruitiers à pépins. Il y a pourtant des 
situations privilégiées dans les ravins Kabyles, parmi les massifs 
boisés des Djidjelli, de Gonstantine, de l'Edough, des Beni-Salah, 
province de Gonstantine ; à Milianah, à Médéah, sous les contreforts 
du Petit- Atlas, province d'Alger ; enfin, aux environs de Tlemcen et 
sur la ligne des faits non steppiens de la province d'Oran. 

L'Abricotier et le Pêcher fournissent des fruits au marché. En 
sol frais, celui-ci est greffé sur Prunier, celui-là sur Abricotier franc. 
La Pêche dure tend à céder la place aux Pêches molles, c'est-à-dire 
que la Pêche à chair libre, non adhérente au noyau, est préférée 
à la Pêche dite Pavie, qui n'offre pas cet avantage. 

L'Amandier a de grandes plantations dans la province d'Oran ; on 
y achète le fruit lorsqu'il est encore vert. L'Amande amère trouve sa 
place à la pharmacie et à la distillation. 

Le Prunier, assez commun, se localise à Laghouat, au Souk-Ahras, 
où le fruit est séché par les indigènes. Ailleurs, en jardin arabe ou 
européen, on le greffe sur le Prunier-Cerise ou Myrobolan. 

Le Cerisier vient en futaie ou à revers côte, dans une situation 
élevée, préférablcment irriguée. La Cerise ordinaire, la Merise, le 
Bigarreau forment le fond des plantations. 

La Figue blanche, violette ou noire, est consommée fraîche ou 
sèche, I/arbre vit longtemps sur les grès de Souaraks, 



12 ALGERIE 

La Figue de Barbarie abonde sur les rochers, les talus, les friches. 
Des essais de distillation ont obtenu 25 litres d'alcool industriel 
rectifié à 5o° par ioo kilog. de fruits. A Beni-Mancoua, des champs de 
l'Opontia inerme nourrissent le gros bétail, faute de mieux. 

La Figue caque ou Plaquemine est dans son élément et pourra, 
comme au Japon, devenir un fruit de consommation, alors que son 
arbre aura son entrée à l'ébénisterie. Les premières plantations Font 
démontré. Il appartient aux pépiniéristes de vulgariser le Diospyros 
par la greffe sur le type italien. 

Les Coings, les Nèfles prospèrent autour de Gherchell, à des 
altitudes différentes, et les Alises, dans les Babors. 

Les Framboises, les Groseilles et Cassis de Médéah sont en renom 
sur la place publique. D'autres contrées en produisent également. 

La Jujube, la Pistache, la Goyave, la Bibace restent assurées de 
la vente, comme l'Arbouse et l'Azerole ; trop de plants sauvageons 
réclament encore leur amélioration par la greffe. 

Les Châtaignes, les Noix, les Noisettes se récoltent en montagne. 

Les vallées élevées du massif de FAurès plaisent au Noyer. 

Le Caroubier prospère à Bougie, le Grenadier à El-Kantara et 
Milianah, et le Câprier sauvage rapporte au Kerata, gorges du Chabet. 

Les Poires et les Pommes sont quelquefois parfaites dans le haut 
de la vallée de FOued-Sahel, à Saint-Denis-du-Sig, aux environs de 
Perrégaux et dans toutes les positions tempérées, à l'abri du siroco 
ou privées de l'ardeur accablante des rayons solaires. 

Nous donnerons plus de détails aux fruits réellement d'avenir pour la 
première de nos possessions d'Outre-Mer : les Oranges, les Bananes, 
les Olives, les Dattes, les Raisins, en attendant que FEugénia, le 
Goyavier, le Philodendron, l'Avocatier, le Lit-Chi, le Corossolier, 
le Jacquier, le Manguier soient entrés dans la culture commerciale, 
ce qui ne saurait tarder sous l'impulsion d'une administration 
vigilante et propice aux tentatives des hommes de progrès. 

Les Oranges. — Aux premiers temps de notre occupation, les 
Orangers et congénères avaient une place marquée dans les jardins 
arrosés des indigènes, et quelques propriétaires possédaient, au 
centre même de la plaine de la Mitidjah, de vastes orangeraies, 
notamment au pied du Petit- Atlas, aux environs de Blidah à l'Arbah. 

Le massif montagneux de la Kabylie se faisait également remar- 
quer par quelques orangeraies réputées pour l'excellence de leurs 
produits et leur vigueur de végétation ; à part le Citronnier et 
de rares Cédratiers, l'Oranger dominant était le Franc ou sujet 
obtenu par le semis des graines, 



ALGÉRIE ï3 

L'arboriculture française a bien développé cette branche impor- 
tante de la production fruitière et introduit en Algérie une certaine 
quantité de variétés ou d'espèces, dont la plus belle conquête, 
jusqu'à ce jour, est certainement le Mandarinier. 

Un colon, M.François, exploitant i5 hectares du clos« Tapis Vert» 
à Blidah, expédie quatre millions de Mandarines en France. 

L'arbre se propage par la greffe sur le semis du Bigaradier. 

Les terres profondes, très fertiles, à sous-sol perméable, où l'irri- 
gation est assurée et abondante, ont permis de créer, depuis dix ans, 
de vastes orangeries ou orangeraies, abritées de la violence des 
courants atmosphériques par des brise-vents de Cyprès. 

Les plaines aérées conviennent mieux à ces Aurantiacées que le 
littoral bas et étouffé ; elles y vivent cependant, mais n'ont pas le 
rendement économique de la première station ; aussi les orangeries et 
mandarineries se sont rapidement étendues dans la plaine de la 
Mitidjah, aux environs de Blidah. 

Blidah est justement renommée pour ses plantations situées au 
pied de l'Atlas, à l'entrée d'une gorge dont le torrent, l'Oued-el-Ké- 
bir, déverse ses eaux, sagement aménagées par les intéressés syndi- 
qués à cet effet, dans des vergers d'Orangers, d'une étendue évaluée 
à 4oo hectares et produisant une moyenne annuelle de 5o millions de 
fruits. 

Autour de Blidah, il y a dans la montagne, chez les Beni-Salah, 
de petites, mais de superbes et fécondes orangeries. Dans la plaine, 
quelques plantations de valeur sont à la Ghilfa, à Dalmatie, à Sou- 
mali, etc., et au pied du Petit-Atlas, à Rovigo, à l'Arbah, etc. 

Des vergers analogues ont été créés de toutes pièces à Boufarik. 
En peu d'années, de luxuriantes plantations, régulières et bien 
alignées, se sont développées; actuellement, elles s'étendent sur plus 
de 200 hectares en plein rapport. 

Quoique de moindre importance que celles de la Mitidjah, des oran- 
geries sont en création aux alentours de Bône et de Bougie; d'autres, 
prospèrent aux environs de Philippe ville, où elles ont été complan- 
tées à l'aide de variétés Maltaises, pour la plupart.' 

La province d'Oran possède à Misserghin un véritable peuplement 
d'Orangers en parfaite exploitation ; puis, des créations récentes, 
semblant surgir spontanément sous l'effet de l'irrigation, se font 
remarquer à Perrégaux et dans le domaine de l'Habra. 

En général, les Aurantiacées ont leur place acquise aux environs 
des grandes villes installées au milieu des plaines aérées, malgré la 
présence du climat marin. L'irrigation pendant l'été est une condition 
indispensable de succès. 



1^ ALGERIE 

Les Aurantiaeées de la montagne donnent les véritables Oranges 
de choix, toujours appréciées par leur tardiveté : elles mûrissent au 
soleil du printemps, quand celles des plaines ont disparu depuis 
longtemps ; toutefois, l'arbre ne saurait atteindre les cimes froides, 
ni les steppes des Hauts -Plateaux, ni les altitudes au-delà de 
5oo mètres. L'ombrage des Dattiers, dans les oasis du Sahara 
algérien du Sud-Est, leur serait plus salutaire. 

L'orangerie kabyle, la plus remarquable par la densité de son 
groupement comme par sa culture soignée, est acquise au massif 
montagneux de Bougie, au-dessus du village de la Réunion ; elle 
est connue sous le nom d'Orangerie de Toudjah. 

Toudjah, véritable jardin des « Pommes d'or, » semble accrochée 
aux flancs d'une montagne qui reçoit les chaudes effluves du sud-est ; 
elle est protégée des courants froids par une niasse rocheuse qui la 
domine et l'arrose de mille cascades, se perdant en ruisseaux fécon- 
dants sous l'ombre touffue des Hespéridées. 

Les produits de Toudjah sont connus et estimés; ils font prime, 
aussi bien que les oranges de la vallée de l'Oued - Sahel, près 
d'Akbou. 

Actuellement, Blidah est encore le marché principal des Oranges 
et centralise, dans une certaine mesure, les produits de ses environs. 
Ses Oranges sont recherchées comme primeurs ; elles sont ensuite 
délaissées quand vient l'époque de maturation des similaires 
d'Espagne et d'Italie ; celles-ci sont belles, bien mûres et peuvent 
arriver sur nos grands marchés dans des conditions économiques de 
transport, qui font encore défaut aux produits algériens. 

Les frais de culture et d'entretien d'une orangerie s'élèvent à 
3oo fr. environ, et la production d'un arbre en plein rapport est 
de ^oo à 800 fruits. 

Les Mandarines se sont vendues jusqu'à a5 fr. le mille ; leur 
emballage se pratique en caisses ou en petits paniers, chaque fruit 
étant enveloppé d'un papier de soie. De nombreux colis postaux 
s'expédient aux époques de Noël et des étrennes. 

Les Oranges ont été emballées dans de grandes caisses en bois, 
classées par dimension ou grosseur, suivant un calibre convenu qui 
en détermine le prix. Le fruit de choix fait l'objet d'un paquetage 
plus minutieux. 

L'expédition des fruits utilise une grande main-d'œuvre, où les 
indigènes eux-mêmes trouvent de l'emploi. La cueillette, le triage, le 
papillotage des trois premiers choix, la confection des caisses à 
claires-voies et à compartiments, etc., créent un véritable mouve- 
ment industriel. 



ALGÉRIE l5 

L'Orangerie est donc appelée à se développer largement, et certains 
planteurs partagent tellement cette opinion, que l'on peut rencon- 
trer à Boufarik, par exemple, des propriétaires possédant jusqu'à 
20 et 4° hectares d'un seul tenant et de création récente. Le 
rendement brut est évalué à environ 1,200 fr. par an dans la Mitidjah. 
L'estimation d'une orangerie en plein rapport est de 6,000 fr. Les 
orangeries nouvelles, créées dans le périmètre irrigué de l'Habra, 
laissent entrevoir les mêmes résultats. 

L'Algérie exporte 3, 000,000 de kilog. d'Oranges et de Citrons. 

Les Bananes. — Le Bananier se voit dans les jardins des grands 
centres du littoral, d'Alger notamment. Pour prospérer et donner 
de réels résultats, il lui faut une exposition chaude, absolument 
abritée des grands vents, tout en restant sous l'influence immédiate 
du climat marin. Un sol frais, profond, substantiel et non compact, 
où l'irrigation estivale est assurée, sont des conditions indispen- 
sables à la bonne venue de la plante. 

Le Bananier se cultive en ligne et par touffe. Chaque sujet porte 
plusieurs stipes fructifères ; mais le stipe ou tige disparaît après la 
fructification, pour faire place aux rejets de la souche. Une banane- 
rie bien entretenue et abondamment fumée peut durer six ans. 

Aux environs d'Alger, on en rencontre quelques plants dans les 
jardins. Un certain nombre d'horticulteurs, des Mahonais, entre 
autres, possèdent, au Hamma et à Hussein-Dey, des bananeries qui 
ont souvent près d'un hectare d'étendue. 

La zone de bonne culture est restreinte. Les dépenses de création 
et d'entretien exigées par une bananerie sont assez élevées pour 
limiter l'extension de ces plantations ; celles-ci néanmoins tendront 
toujours à s'accroître, afin de satisfaire à la consommation des villes 
algériennes et aux besoins de l'exportation. 

En effet, les régimes de Bananes s'expédient facilement, emballés 
dans un panier long contenant à l'intérieur de la paille sèche pour 
éviter le choc et le frottement des fruits. Par mains détachées du 
régime, bien disposées en boîtes de colis postaux, les Bananes sup- 
portent aisément d'assez longs trajets pour arriver à destination, 
parfumées et en parfaite maturité. 

Il va sans dire qu'on parle ici des fruits venus à point sur la 
plante môme et en plein soleil, et non de ces produits à peine 
formés, qu'on fait jaunir et mûrir à la chaleur d'un four. 

Le régime du Bananier, issu d'une bonne culture, peut encore 
présenter de 100 à 100 fruits, et il n'est pas extraordinaire de 
trouver un premier choix dépassant ces chiffres. 



l6 ALGÉRIE 

Les prix actuels sont basés sur l'estimation de o fr. o5 par fruit, 
au minimum. 

Les variétés cultivées sont les Musa Sapientum, à petit fruit, 
paradisiaca, à gros fruit, sinensis, de Chine. 

Les Olives. — L'Olivier est l'arbre méditerranéen et essentiel- 
lement algérien. On peut citer les groupes d'Oliviers de la Grèce, 
de l'Archipel, de l'Espagne, de la Tunisie même; mais, pour avoir 
une idée exacte d'un peuplement de ces arbres oléifères dans toute 
sa beauté et sa vigueur de production, il faut voir les véritables 
massifs de l'intérieur de la Kabylie, de TOued-Saliel ou du Djurjura. 
Les arbres, plantés régulièrement, y deviennent séculaires, et leurs 
dimensions gigantesques sont la conséquence de soins constants et 
d'une irrigation assurée. 

Les variétés différentes, et toutes de races préférées, sont les 
résultats d'une culture avancée, après avoir été fixées par la 
greffe ou par la multiplication de bouture, pratiques culturales fort 
anciennes et perpétuées par la tradition. 

Dans le cours de la vallée de l'Oued-Sahel, se trouvent quelques 
plantations véritablement remarquables. Citons les bois d'Ichou, de 
Boudjelil, de Tixeriden, de Mzaïa et Ferrayas, de Beni-Aïdel, etc. 
Les principales variétés d'Oliviers caractérisées par leurs fruits 
portent des noms locaux : Azernic, Chmellal, Zeradj,... 

En dehors de la Kabylie, qui est le centre le plus important de 
végétation de l'Olivier et de la production de l'huile, l'arbre précieux 
se rencontre encore à l'état vigoureux, au cœur des ravins frais et 
fertiles avoisinant la plaine de la Seybouse à l'Est, et sur le mamelon 
arrosé de ïlemcen à l'Ouest. 

L'aire d'extension de l'Olivier est considérable en Algérie, et des 
plantations nouvelles y sont déjà prospères. Depuis la colonisation 
assez récente de la Kabylie, de jeunes arbres ont été plantés. Le 
périmètre irriguablc du barrage de Perrégaux, le village de ce nom, 
le domaine de l'Habra, puis Sahourïa, l'Habra, etc., renferment de 
jeunes Olivets très vivaces ; enfin, le cultivateur du Sahel d'Alger 
commence lui-même à soigner par la greffe et la culture des sujets 
abandonnés au hasard de la broussaillc. 

L'huile d'Algérie est de qualité fine et supérieure : la couleur et le 
goût de fruit peuvent être ou accentués ou modérés par l'art de la 
fabrication, qui, entre les mains des Français, fait de rapides 
progrès. Deux centres ont une réputation : Tlemcen, dont le marché 
est restreint par rapport à celui de la Kabylie, ensuite Bougie, qui 
est le véritable marché Kabyle et le port d'exportation. 



ALGERIE i; 

Le tableau des douanes accuse une sortie de 5 millions de kilog. 
d'huile d'Olives et de 3oo,ooo kilog. d'Olives vertes. 

La création dolivets" doit donc tenter l'arboriculteur qui, en 
dehors de la fabrication de l'huile, peut obtenir par des cultures 
spéciales les meilleures olives de conserves. Les variétés fort 
nombreuses se fixent toujours par le greffage et se trouvent aisément 
en Algérie : Olives Pandoulier, Grosse de Séville, de Salon, de 
Constantine, etc. 

La rusticité de cet oléifère est incomparable. Depuis les rives 
tièdes jusqu'aux altitudes neigeuses, aux environs de 800 mètres, 
l'Olivier* se maintient vigoureux et productif; même abandonné 
dans la broussaille, où il est connu sous le type sauvage d'Oléastre, 
il supporte longtemps tous les mauvais effets de l'inculture pour 
redevenir rapidement, sous la main habile de l'arboriculteur, un 
sujet amélioré à production normale. 

On sait que l'Olivier est l'arbre perpétuel par la raison que. si 
l'arbre jeune ou séculaire disparait, ses racines émettent des rejets 
qui seront greffés par le cultivateur. 

Les Raisins. — L'extension considérable prise par la Vigne pour 
la production des vins rouges, des vins blancs ou mousseux et des 
eaux-de-vie ne pouvait manquer d'attirer l'attention des vignerons 
intelligents ; ils ont compris l'importance de la vente du raisin, 
et, à l'exemple de leurs collègues de France, ils ont mis la Vigne 
en treilles sous une situation chaude, pour l'exploiter en primeurs, 
et tenu les gros raisins à longue arborescence pour la production 
des fruits tardifs. 

Le Chasselas doré et les similaires se trouvent aux environs 
d'Alger, sur la côte Ouest jusque vers Sidi-Ferruch, notamment à 
Guyotville, abrités des vents de mer par des séries de brise-vents 
artificiels. Du 26 juin au i5 août, la récolte est complète et embarquée 
en caissettes ou en petits paniers. 

Le champ de vigne est soigné « comme une vache à lait... » 

A son tour, le vignoble détache de ses souches, en faveur du 
marché, des mannes d'Aramon, de Ginsaut, de Clairette, de Mour- 
vèdre, d'Ugni blanc..., et les hautins taillés à long bois deviennent 
fournisseurs des Raisins Gros Guillaume, Khanat, Malaga, Persan, 
Kilianer ou Lignan, Sultanieh de la Carabournou, Rosa Reveliotti, 
Rumonya de Transylvanie, Milhau blanc, Monique, Roussea blanc, 
et quelques cépages locaux : Chaouch, de Dellys, Kisch Misch... 

Les Muscats d'Alexandrie devraient être séchés au soleil et 
livrés aux négociants. Un jour, les Kabyles étudieront sans doute la 

2 



l8 ALGE 



RIE 



mise en barils, remplis de poussière de liège, des Raisins Aberkau, 
Adziri, Ah meur, Ali meur bou, Amellal, Kebel, Ladari, ïimokrouin. 
Oued zitoun noir, Sadouek, Zizetel, Suassa, Ferana blanc ou noir, 
Cherchali. La vente en serait faite en décembre. 

Il y a là toute une mine féconde à exploiter, la Vigne étendant 
facilement ses bras ligneux ou dans la plaine ou sur la montagne ; 
avec des facilités de transport, le trop plein de la récolte sera 
dirigé vers d'autres pays, transformé par le pressurage ou par le 
passerillage, en boissons et en raisins de dessert, façon Malaga. 

Les Dattes. — Le jardin d'essai du Hamma a déjà acclimaté un 
certain nombre de Palmiers, de vigoureux Phœnix originaires du 
Brésil, du Paraguay, du Sénégal, des Canaries, et le gigantesque 
Cocotier chilien, Jubœa spectabilis; des Sabals et des Thrinax des 
Antilles; des Caryotas, des Arengas originaires des Moluques, de 
Java, de Singapour; de fertiles Latanias et Coryphas reçus de 
Madagascar et de la Nouvelle-Hollande; de modestes Pritchardias 
océaniens ; de superbes Oreodoxas, des Antilles ; de rustiques Cha- 
mœrops asiatiques ou américains, et quelques Arecas d'avenir, 
provenant des Seychelles, de Madagascar et des Indes Occidentales. 

Toutes ces espèces, remarquables par leur vigueur ou leur aspect, 
se rencontrent déjà sur les places publiques, ou décorent les villas 
pittoresques aux murs blancs, sous un ciel chaud, ayant comme 
horizon la mer bleue, les monts Atlas couronnés de Cèdres ou les 
immenses plaines de sable. 

Un des premiers, M. Dufour a créé des oasis de Dattiers dans la 
zone saharienne et a trouvé des imitateurs. 

Le Dattier est l'arbre le plus utile du Sud de l'Algérie. Le Phœnix 
tenuis, une des espèces les plus vigoureuses, ne donne pas un bon 
fruit. Notre ancien Phœnix dactylifera est le plus répandu et le 
plus profitable Parmi les centaines de formes et de variétés de 
Dattes, « Deglet-noour » a la préférence des planteurs ; ensuite, 
« Deigla-beïda » ou Datte blanche, de première qualité. 

Combien d'oasis fécondes viennent rompre la monotonie désespé- 
rante du désert et le rendre fructueux ou quelque peu habitable ! 
N'ont-elles pas facilité la végétation d'arbres fruitiers — Abricotiers, 
Figuiers, Grenadiers, Opontias, — d'arbustes économiques qui se 
développent sous leur ombrage, et d'un grand nombre de plantes 
fourragères, potagères ou officinales ? Au milieu de cette expansion 
végétale, les Oignons, les Aubergines, les Piments, les Fèves, les 
Choux, le Gombo, semblent vivre en famille avec l'Orge, le Blé, le 
Sorgho, la Luzerne, et quelquefois avec le Tabac, le Cotonnier, le 



ALGERIE 19 

Chanvre hachich, le Ghalef d'Orient, se contentant des eaux 
d'irrigation maintenues par des relevés de terre. 

La domestication du Palmier Dattier étend son aire ; en ce moment, 
on creuse des puits artésiens en plein Sahara et l'on y crée des oasis. 

Des centaines de mille plants ont été apportés par des compa- 
gnies financières, dans l'Oued- Rir, au-delà de Biskra, des chotts et 
des sables à mirage, après Tougourt, où les caravanes de chameaux 
ne trouvaient pas toujours à brouter 

Pour vivre, le Dattier veut avoir : « les pieds dans l'eau et la tête 
dans le feu du ciel. » L'Arabe observe cette maxime comme un article 
du Coran, et le stipe hardi de la Monocotylédone se couronne d'une 
plantureuse frondaison. 

On sait que le Palmier dioïque fournit trop de plants mâles par le 
semis ; le colon ou l'indigène a donc le soin d'extirper des rejets au 
pied des types femelles, de les replanter et d'assurer ainsi la durée 
et la fécondité de l'oasis. 

Les variétés de Dattes sont assez nombreuses : la« Deglet-noour », 
nous l'avons dit, est la plus distinguée. La Datte commune, appelée 
« Datte sèche », dont le nomade met quelques poignées dans son 
burnous pour la journée, et la « Datte molle », que l'on presse dans 
des peaux de boucs pour être vendue sur les marchés arabes, sont 
des denrées d'échange avec les céréales de la fertile région du Tell. 

Les Dattes fines, savoureuses, sucrées, sont récoltées dans le Souf, 
au sud de la province de Constantine, au Djérid, sud de la Tunisie, 
et au M'zab, sud de la province d'Alger. 

Les eaux plus douces de l'Oued-Souf y permettent en même temps 
la végétation de légumes alimentaires. 

Afin d'éviter les attaques des oiseaux, la récolte des Dattes sèches, 
demi-sèches ou grasses se fait aussitôt que la maturation com- 
mence; celle-ci s'achèvera dans les magasins où les régimes vont 
être suspendus. 

Le séchage des fruits qui tombent se contente de nattes étendues 
sur des terrasses. La Datte précoce, placée sur des claies, laisse 
dégorger un sirop à distiller. 

Quant au dernier choix, s'il n'est pas vendu à bas prix aux cara- 
vanes de nomades, le rebut est pressé en tourteaux et livré aux 
chèvres et aux moutons. D'aucuns l'expédient « désossé » aux distil- 
leries des environs de Paris. Le noyau extrait de la pulpe, adressé 
à des négociants étrangers, entrera, avec les gousses de Caroubier et 
de Tamarin, dans la fabrication des vins dits « de commerce. » 

Les Dattes sont expédiées avec leur régime ou par ramules déchi- 
quetés portant i5 ou 20 fruits, et groupés en caisses de 5o kilog. 



20 ALGER IE 

A Noël et au premier janvier, la Datte d'Algérie et de Tunisie se 
vend 2 fr. à 2 fr. 5o le kilog.; celle d'Egypte atteint à peine la moitié 
de ce prix 

Le commerce des Dattes est considérable. On prétend qu'une 
plantation de Dattiers tenue et irriguée avec soin, de moyenne 
étendue, peut rapporter jusqu'à mille francs de fruits dans son année. 



IV. — Arbres et arbustes industriels. 

L'Administration de l'Algérie encourage, par l'allocation de 
primes, les reboisements et même les plantations effectuées autour 
des nouveaux centres de colonisation. Elle a reconnu l'influence des 
plantations d'arbres à haute tige sur le climat et sur le régime des 
eaux. Le Hamma a voulu la seconder dans ses essais d'acclimatation. 

Le sol forestier de l'Algérie occupe 3,25o,ooo hectares, dont 
2,100,000 pour la région Sud et i,i5o,ooo pour les Hauts-Plateaux 
et les versants Sahariens. 

Examinons les essences forestières qui ont obtenu les préférences 
des planteurs. 

Chêne-Liège. — Le premier arbre industriel de l'Algérie est le 
Chêne-liège, Quercus Suber. 11 s'étend sur /p3, 820 hectares ainsi 
répartis : 

Conservation d'Alger 4 20 7 I hectares 

— d'Oran 8.347 — 

— de Constantine .... 4°3 • 4° 2 — 

Le décompte fournit 267,000 hectares à l'Etat, 17,000 aux com- 
munes, 170,000 aux particuliers. 

Le peuplement des plus riches plantations a été évalué de 3oo à 
4oo arbres par hectare. 

Exploitées à dix ans, ces forêts peuvent, à la première récolte, 
fournir par hectare et par an 78 kilog. de Liège préparé, et iookilog. 
à la seconde. Les travaux de démasclage, exécutés sous la direction 
du service forestier, reviennent à i5fr. au plus par hectare. 

En totalisant le Liège en planches et le Liège ouvré, on arrive à 
un chiffre de 20 millions de francs pour la période initiale, et 25 mil- 
lions 5oo,ooo francs pour la seconde, soit un revenu net de 25 à 3ofr. 
par hectare et par an pour la première récolte, et de 35 à 40 fr. pour 
la deuxième. 



ALGERIE 21 

A elle seule, l'Algérie consacre une plus grande superficie au 
Chêne-liège que tout le reste du globe. Le chiffre de son exportation 
de liège atteint sept millions de francs, plus de la moitié étant 
destinée à la France. 

Les essences forestières d'Algérie sont en outre : 

Quelques espèces de Chênes, par exemple, le Chêne vert, le Chêne 
Mirbeck au bois dense, supérieur pour douves et merrain, le Chêne 
à glands doux, attendant le Chêne Velani des stations sèches, où 
sa cupule recèle l'acide gallique ; 

Le Pin d'Alep, le Pin Pignon, le Pin Maritime semés ou repiqués 
sur les dunes qu'ils vont ainsi consolider, concurremment avec des 
boutures de Tamarix, des semences d'Acacias australiens et des 
rhizomes d'iVrundos ou de Bambous. Le Pin d'Alep occupe une zone 
étendue du littoral au Sahara. Associé au Chêne vert, il recouvre 
les sommets et les versants nord des montagnes où les rivières du 
Tell prennent leur source. Avec le Genévrier de Phénicie, ces es- 
sences constituent les boisements de la chaîne saharienne ; 

Le Cèdre de l'Atlas et le Sapin des Babors ou de Numidie, qui 
couronnent les hautes altitudes (2,000 mètres), visitées par la neige ; 

L'Oxycèdre des calcaires élevés à 1,700 mètres, et le Callitris des 
sols schisteux et pierreux, qui fournit le bois de Thuia ; 

Les Ifs, les Genévriers dispersés sur le flanc des Hauts-Plateaux 
ou sur les croupes dénudées de l'Aurès et du Djurjura ; 

Le Pistachier, le Caroubier, de l'Atlas, s'infiltrant dans le rocher; 

Le Micocoulier, des sables et grès, pour l'industrie des manches 
de fouets et des fourches en bois ; 

Les Saules, les Aulnes, les Peupliers, — variétés : tremble, noir, de 
l'Euphrate, — fournissant la feuillée au bétail et affermissant les sols 
marécageux. Sur le littoral, le Peuplier blanc est très répandu ; 

L'Olivier constituant de vastes forêts homogènes, comme celle de 
la Vallée des Singes ; 

Le Châtaignier, cultivé sur les montagnes de Blidah et spontané 
dans le massif du Goufi, et à l'Edough ; 

Des Erables, Acer obtusum et Monspessulanum, des Frênes, 
Fraxinus australis et dimorpha, abritant des Houx, des Alaternes, 
des Phyllireas, arbres à fourrages, et les Genêts de l'Afarez ; 

Le Frêne dimorphe, ou épineux de l'Aurès, rustique dans les 
sols secs, à 2,000 mètres d'altitude, est très recherché. 

De toutes les essences exotiques, l'Eucalyptus est le plus propagé. 
Depuis i856, date de son importation par Prosper Ramel, et à la 
suite des tentatives hardies des planteurs Cordier à la Maison-Carrée, 



22 ALGERIE 

et Trottier à Hussein-Dey, le géant australien compte cinq millions 
de sujets en Algérie, particulièrement dans la région littoralienne, 
qu'il contribue à rendre salubre. L'Eucalyptus globulus, admis au 
début, semble devoir faire place aux Eucalyptus rostrata, colossea, 
polyanthemos, maculata, çiminalis, saligna, obliqua, tereticor- 
nis, etc., plus robustes et plus vigoureux. 

Aux environs de Ain-Baïhnen, des Eucalyptus âgés de 17 ans me- 
surent 3o mètres de hauteur et une circonférence de i m 6o ; ils sont le 
produit d'un boisement à raison de 1,200 plants à l'hectare. 

L'exploitation du bois d'Eucalyptus a commencé ; on peut en cons- 
tater l'usage à l'établissement agricole des Pères de la Trappe, à 
Staoueli, défricheurs, planteurs, cultivateurs et distillateurs aux 
usines d'Aïn-Mokra, à Bône. 

L'essence d'Eucalyptus résultant de la distillation s'élève déjà à 
3,ooo kilog. par an pour toute l'Algérie. 

Les Acacias et Mimosas ne tarderont pas à approvisionner l'art 
des fleuristes, l'industrie de la corroierie et même à alimenter de 
leurs jeunes ramilles les troupeaux ovins ou camelins. La ramure 
libre et les frondaisons élégantes de ces jolies espèces australiennes 
vont agrémenter quelques profils de la campagne algérienne et 
adoucir les brusques horizons. 

Un semis de l'Acacia à bois noir, A. melanoxylon, en mélange 
avec le Pin d'Alep, dans le sol argilo-sableux de Baïhnen, a produit 
des plants d'Acacia hauts de 7 mètres à l'âge de i5 ans. 

Une autre variété, Acacia leiophylla, est, dans les terrains 
sablonneux, un abri contre les vents de mer. 

Les Bambous, section littoralienne et section de montagne, sont 
d'un grand avenir pour l'hygiène et l'industrie. 

Les Gasuarines, les Mélaleuques, les Grevilléas, les Frenelas, les 
Cyprès viennent enjoliver les habitations. 

Le Molle du Pérou décore les routes poudreuses par ses panicules 
de baies corail, précieuses à la confection des bouquets d'hiver. 

Signalons quelques autres végétaux utiles et acclimatés : 

Le Savonnier de l'Inde, Sapindus, peut donner à l'âge de vingt ans 
80 à 100 kilog. de fruits à 1 fr. le kilog. Le fruit contient 5o 0/0 de 
sapindine, sorte de saponine qui remplacera le savon pour le 
blanchissage. L'écorce et le feuillage sont également saponifères. 

Le Gédrèle de Chine, Faux Acajou, sert à la fabrication des boîtes 
à cigares et d'autres articles de l'ébénisterie de luxe. 

Le Croton à suif, Euphorbiacée arborescente donne des fruits 
blancs qui contiennent de trois à cinq graines recouvertes d'une 
substance sébacée dite « suif végétal », 



ALGÉRIE a3 

Le Figuier de Roxburgh est représenté par de jeunes exemplaires 
d'une envergure extraordinaire ; abondant en suc laiteux, élastique, 
coagulé, qui découle des incisions sur le tronc, il laisse entrevoir 
un arbre utile pour l'exploitation de la région littoralienne. 

Le Mûrier, précieux à la sériciculture, est propagé par la greffe 
sur le type sauvage. 

Les Sumacs des terres sèches et calcaires, où leurs racines 
drageonnent à Taise, sont des arbrisseaux tannifères et tinctoriaux. 

Le Camphrier, bel arbre toujours vert, n'a pas dit son dernier mot 
sur les sols frais de la zone montagneuse et littoralienne. 

Une Lythrariacée sous-frutescente, le Lawsonia blanc, croît dans 
les oasis où elle est récoltée pour la teinture en rouge brun. 

Mentionnons aussi les arbres à groupes ou rideaux, ou brise-vent: 
les Cyprès, les Thuias, les Troènes, les Lauriers ; et enfin, les arbris- 
seaux destinés aux haies vives, le Maclure, le Paliure, le Limonier 
trifolié, le Colletia, le Coulteria, le Févier de Chine, l'Aubépine 
Ergot-de-coq, le Mimosa épineux, les Rosiers à long bois, sans oublier 
les Agaves et les Opontias, clôtures naturelles et impénétrables des 
douars, des gourbis ou des habitations particulières plus luxueuses. 



V. — Floriculture. 

Ici, la floriculture est toute naturelle ; elle est arbustive avant 
tout, s'étendant sur le littoral et gagnant l'intérieur. 

La floriculture des jardins trouve avec la variété des arbustes et 
des arbrisseaux un grand élément d'embellissement. Dans la zone 
maritime, on compose plutôt des massifs fleuris que des parterres, et 
l'on a effectivement, pour ce premier emploi, une diversité de 
végétaux déjà cités, qui ont leur place marquée dans les plantations 
de luxe avec les Palmiers, les Cycadées, les Liliacées, etc. 

Il suffît de rappeler les Acacias Mimosas, dont les inflorescences se 
vendent en gracieux branchages sur les marchés, et qui souvent 
s'expédient en France ; les Habrothamnus aux grappes corallinées, 
les Cestreaux, les Abutilons, les Jasmins, les Sparmannias, les 
Bignones, etc., à floraison abondante et recherchée. 

Les plantes dites annuelles peuvent prospérer dans certaines 
régions, mais leur floraison s'arrête à la saison chaude. La graine se 
forme bien et devient la base d'un commerce extérieur qui tend ù 
se développer encore, 



t*4 ALGÉRIE 

Cependant quelques petites plantes de parterres fleurissent bien 
et longtemps : le Pétunia résistant à la sécheresse, les Pervenches de 
Madagascar, les Dahlias à fleurs simples ou doubles, le Lantana 
vigoureux au soleil, les Sauges, les Pourpiers, les Pentstémons, etc. 

Les végétaux à bulbe ou à rhizome forment, en hiver et au premier 
printemps, des corbeilles éclatantes par leurs coloris : Anémones, 
Renoncules, Jacinthes, Glayeuls, Cyclamens, Sparaxis, et collection 
de Narcisses à fleurs simples ou doubles et odorantes. Pendant 
l'été, les Balisiers, les Amaryllis, les Crinoles, etc., sont en pleine 
floraison et conservent leur beau feuillage. 

Avec les ressources de la flore exotique, les bouquets sont souvent 
d'une composition et d'une beauté incomparables : l'hiver offre des 
Roses, des Liliacées, des Mimosas, des Strelitzias et de bonnes 
provisions de Violettes embaumées ; l'été, le bouquet est peut-être 
encore plus splendide et plus séduisant quand se trouvent mélangés, 
avec art, les larges corolles des Magnolias blancs, les Nélombos 
roses, « l'Eglantine des eaux », et les ombelles bleu faïence des 
Agapanthes. Toutes ces jolies fleurs vont être entourées d'une 
couronne de verdure, avec le Jacaranda aux feuilles finement décou- 
pées comme les frondes des Fougères. 

Cependant, au milieu de toutes ces richesses de l'ornementation 
végétale, le Rosier mérite une mention spéciale. On commence à le 
cultiver auprès des villes pour la vente de la fleur en hiver. Des 
fleuristes sont venus s'inspirer auprès de leurs confrères Provençaux, 
où la production des Roses pendant la saison de repos est devenue 
un art lucratif. 



VI. — Plantes économiques. 

Plantes a parfum ; Plantes officinales. — Ce genre de pro- 
duction promet un revenu important et une exploitation facile; 
ce qu'il faut, ce sont des bras et de l'eau. En général, les cultures 
sont installées sur des terrains irrigués, salubres ; l'arrosage en est 
facile au moyen de rigoles naturelles ou de norias installées à 
proximité. Voici quelques espèces déjà admises par le commerce : 

La Mauve commune laisse sa fleur à l'usage médical. Une seule 
maison exporte 1,200 kilog. de feuilles vendues comme légume. 

Le Géranium fournit trois coupes par an. Le Sahel d'Alger a près 
de cinquante distillateurs, produisant ensemble 3,ooo kilog. d'es* 



ALGERIE 20 

sence de Géranium. Une distillerie de Bonfarik en fournit 
à elle seule 2,000 kilog. 

Les provinces d'Oran et de Constantine cultivent le Géranium, 
mais en moindre quantité. 

L'Algérie compte plus de 600 hectares de Géranium, produisant 
6,000 kilog. d'essence. 

A la Trappe, cette culture s'étend sur plus de 3o hectares. 

La Rue, variétés R.bracteosa, chalepensis, montana, du Tell, ou de 
la zone forestière des taillis de Chênes verts, et l'Haplophyllum 
tuberculeux du Sahara sont des plantes riches en essence. 

De cette famille des Rutacées, le Peganum « Harmel », commun 
dans le Ghélif, le Tell Oranais et les Hauts-Plateaux, est recherché 
par les Arabes pour ses propriétés thérapeutiques. 

Le Bigaradier et le Citronnier produisent des feuilles, des (leurs, 
des fruits, des essences, des jus et des acides accaparés par le 
commerce d'exportation. 

Les friches de Térébinthes et de Lentisques, de Betoum, pour- 
raient être transformées en Pistacheraies par la greffe, surtout les 
Lentisques, et fourniraient quelques petits profits aux indigènes de 
la vallée du Khémis. 

Les Mimosas de la Nouvelle-Hollande, qui donnent de si belles 
grappes de fleurs pour les envois en France, ne tarderont pas à être 
exploités pour le tannage des peaux et l'extraction de la gomme. Les 
variétés Acacia decurrens, petiolaris, pienantha, ont déjà fait leurs 
preuves à la corroierie, et l'exemple de l'Australie, qui en tire jusqu'à 
2,000 fr. de revenus à l'hectare, donne à réfléchir aux planteurs. 

Le Cassie, même genre botanique, plante à parfum, tant appréciée 
dans les Alpes-Maritimes, prend de l'extension. L'usine de Bonfarik, 
déjà nommée, distille 20,000 kil. de fleurs de Cassie de Farnèse, par an. 

Un autre établissement d'Alger exporte 3, 000 kilog. d'écorces de 
Grenadier, et un troisième, de 200 a 3oo kilog. de Paronychia argenté, 
pour les infusions théiformes. 

Le Tell et les Hauts-Plateaux vendent aux pharmaciens l'écorce de 
la racine du Thapsia, employée dans la médecine. 

Les Ombellifères ont encore le Fenouil, commun en Algérie, 
l'Ache, l'Anis vert, le Cumin, le Carvi, la Coriandre et la Grande 
Ciguë aux graines sédatives. 

Parmi les Composées, la Pyrèthre des Hauts-Plateaux, exportée 
aux Indes, fournit une racine insecticide aux pharmaciens, et FAr- 
témise « herbe blanche », employée comme semen-contra, est connue 
en pleines steppes du Sud. 

L'Atractylis, commun de Lamhèse à Bordj Taza, laisse concréter 



26 ALGÉRIE 

un latex abondant vendu pour la confection de la glu. Le Cj'nara 
Cardunculus, l'ancêtre du Cardon et de l'Artichaut, de cette utile 
famille des Garduacées, fournit aux Arabes ses capitules alimentaires 
et les côtes de ses feuilles qui sont utilisées dans le ménage. 

Les broussailles et les clairières sont garnies de l'Erythrœa, petite 
Centaurée, la Meurs-el-Khranech des Arabes. Une maison d'Alger en 
exporte 3,ooo kilog, par an, avec un millier de kilog. de fleurs de 
Bourrache. 

Le groupe des Solanées recèle des poisons et des remèdes. 

Le Withania somnifère a été employé à l'hôpital civil d'iUger 
comme sédatif et hypnotique. 

Le Datura Stramoine est abondamment récolté et exporté. 

Il en est de même de la Morelle noire, dite Mek'ennia, du Piment 
*de Cayenne, et du « Poivron », Piment annuel. 

Le Tabac est représenté par 10,000 hectares produisant de 5 à 
6 millions de kilog. de feuilles ; sur 9,5oo planteurs de Tabac, 
8,000 sont indigènes. 

Les Labiées abondent jusqu'aux vallées de l'Aurès : Romarin, 
Lavande, Menthe ont le degré de parfum voulu. L'essence de Mentho 
Pouliot, la « Phliou », se chiffre par 2,000 kilog. 

La Mélisse reste spontanée dans les bois frais de Bouzaréa, 
de l'Aima, de Blidah, des Babors. 

La Sauge officinale, dite Souak-el-Nebi, est cultivée dans les 
jardins arabes. La Sclarée se trouve à l'état sauvage, en Kabylie. 

Les Calaminthes, Marrubes, Germandrées, sont très employés 
par les Arabes, ainsi que le Globulaire, d'un autre groupe botanique. 

Une Yerbénacée, Lippia citronnelle, Louiza des indigènes, arbuste 
connu en France sous le nom de « Verveine aromatique», a sa place 
dans les parfums et les liqueurs de table. Un négociant d'Alger en 
exporte 800 kilog. de feuilles. 

La Scille maritime dont l'énorme bulbe, pesant jusqu'à 8 kilog., 
orne la devanture des grainetiers de la métropole, garnissait les 
terres à culture du Tell avant les défrichements. Le commerçant 
d'Alger, précité, envoie en France 600 kilog. de squames de scilles 
sèches pour l'usage médical. 

Enfin le Ricin, qui devient arborescent; la graine pressée à froid 
donne une huile limpide bien connue. 

La culture ,de ces différentes plantes utiles a débuté vers i85o, 
avec MM. Simonnet à Alger et Mercurrin à Chéragas. 

Textiles. — Les végétaux textiles sont recherchés : Phormium, 
Lin, Corchorus, Bananier, Sida Abutilon, Chanvre, Palmier nain, 



ALGÉRIE 27 

Mauve, Ramic; celle-ci, irriguée sous un ciel chaud, peut donner 
a5,ooo kilog. de tiges vertes par hectare, à chaque coupe. Hélas! 
trop souvent les bras manquent et, plus encore, les procédés 
industriels d'utilisation. 

Nous classons ici l'Halfa ou Alfa, Stipa tenacissima, la Graminée 
des steppes désertiques, du Tell et des Hauts-Plateaux, qui alimente 
les papeteries, les sparteries, les corderies, les vanneries, les fabriques 
de chaussures, de tentures et de tissus. 

En 1889, la récolte a produit 110,000 tonnes, dont 80,000 ont été 
transportées aux papeteries d'Europe. 

L'Angleterre en consomme une grande quantité. 

Le département d'Alger a plus de 600,000 hectares d'Alfa non 
exploités, faute de moyens de transport. 



VII. — Jardins d'études, Pépinières. 



Le Hamma. — Pour l'assainissement d'un marais insalubre et dans 
une idée de propagande végétale, le Jardin du Hamma fut créé aux 
portes d'Alger au début de l'occupation française; il grandit en 
importance sous ses divers directeurs : Barnier, Bérard, Hardy, 
Auguste Rivière et Charles Rivière, actuellement en fonctions depuis 
plus de vingt-cinq années. 

Situé au bord de la mer, couvrant 80 hectares, ce Jardin est l'objet 
de visites nombreuses, d'études ou de promenades ; la population 
indigène, coloniale ou étrangère s'y intéresse vivement. 

Utile et agréable, le Jardin d'essai, quasi officiel, vit de ses propres 
ressources, sans aucune subvention du Gouvernement. 

Au mois de décembre 1867, l'Etat l'a affermé à la Société générale 
algérienne, qui l'exploite sous certaines conditions. Par ses soins, 
des millions d'arbres et d'arbustes, d'utilité ou d'ornement, ont été 
répandus et plantés dans les trois provinces algériennes, après avoir 
subi les épreuves d'acclimatement au Jardin. 

Des plantes ont également traversé la mer et sont venues appro- 
visionner les établissements français. Des graines d'espèces rares 
ou de maturation difficile ont été récoltées au Hamma et vendues ou 
échangées sur le continent européen. 

La description du Jardin d'essai est chose connue. 



28 ALGÉRIE 

En débarquant, l'homme « du Nord » s'extasie devant cette luxu- 
riante végétation dont les conservatoires européens ne donnent guère 
une idée. Ces allées majestueuses et étranges de Palmiers, de 
Figuiers verts, de Bambous, de 400 mètres de longueur, commandent 
l'admiration et l'enthousiasme. Tant sérieux ou fier soit-on, il faut 
s'incliner. L'honorable académicien Pierre Duchartre, qui rédige 
les Annales de la Société nationale d'horticulture de France avec 
la science élevée, froide et concise de l'homme qui sait et qui 
observe, a lui-même éprouvé ce sentiment et n'a pas hésité à le 
dire. Pour le Jardin, c'est un triomphe ! 

L'Ecole d'agriculture de Rouïba possède des collections naissantes 
de végétaux. 

A Alger, sont utilisés aux expériences scientifiques du docteur 
L. Trabut, botaniste du Gouvernement, le Jardin botanique des 
Ecoles supérieures et la pépinière municipale de l'Hanach, créée 
récemment par la municipalité d'Alger sur un domaine de 90 hectares, 
où se trouvent forés les puits artésiens qui alimentent la ville. 

Pépinières. — Jadis quelques pépinières, créées avec l'appui des 
Administrations de l'Etat ou des communes, ont facilité la tâche des 
colons et des planteurs : Médéah et Milianah, province d'Alger, 
Guelma et Philippe ville, province de Gonstantine. Mostaganem 
et Mascara, province d'Oran, en portent encore des traces. 

Les pépinières privées, tenues en presque totalité par des Français, 
ont été installées sur de bons sols, en plaine arrosable. Les 
espèces en multiplication sont celles que la colonie réclame. 

Il nous faut citer à divers titres : 

Les cultures d'Orangers de la ferme de Bou-Amrou ; 

Les pépinières fruitières et forestières de Boufarik, de Bone, du 
Kheneg, de Misserghin, du Gamp d'Erlon et des chemins de fer ; 

Les collections d'Eucalyptus de M. Gordier, à Maison-Carrée ; 

Outre les arbres et les plants, plusieurs pépinières vendent des 
plantes de décor, des fruits, des légumes, des Fraises. 

Le commerce des pépiniéristes est d'autant plus prospère que, 
par suite de mesures prises depuis l'invasion phylloxérique en 
Europe, aucun envoi de plantes de l'extérieur n'est admis en 
Algérie. Cette précaution exagérée, disons-le avec regret, n'a pas 
empêché l'ennemi de pénétrer dans la place, tout en retardant les 
progrès de l'horticulture et particulièrement de l'arboriculture 
fruitière. 



ALGERIE 129 



VIII. — Sociétés, Comices, Concours. 

Une Société d'horticulture s'est créée récemment à Alger. Souhai- 
tons-lui prospérité et imitateurs. L'appui de l'Administration ne 
saurait manquer à une initiative aussi heureuse, point de départ d'un 
enseignement horticole déjà commencé à l'Ecole normale. 

Déjà, il existe des Associations agricoles qui, forcément, traitent 
des questions arbustives, des plantations orangères ou oléinières, 
des oasis, des vergers, des potagers, des graineteries, du vignoble, 
de l'acclimatation, du boisement, du commerce des végétaux ou de 
leurs produits, etc. Tels sont : 

La Société d'Agriculture d'Alger, reconnue d'utilité publique, 
présidée par Charles Rivière, qui est en même temps directeur du 
journal L'Algérie agricole et du Jardin du Hanima ; 

Les Comices agricoles d'Alger, des Arib, de Bône, du Haut-Chélifl*, 
de Médéah, de Mostaganem, de Sétif, de Souk-Ahras, etc., s'occupant 
de cultures horticoles, viticoles et commerciales ; 

Un orphelinat agricole protestant, à Dély-Ibrahim ; 

Une colonie agricole émanant du Conseil général de la Seine et 
recueillant les enfants assistés à Ben-Chicao, près de Médéah. 

Ces deux asiles imposent des travaux de culture maraîchère et 
de plantes économiques à leurs élèves. 

Concours généraux. — Le Ministère de l'Agriculture a voulu 
faire profiter la colonie algérienne de la prospérité forcément amenée 
par les concours généraux agricoles récents et des bonnes relations 
qui en résultent. En voici un exemple : 

Le Concours général de 1892, spécial aux arrondissements d'Oran 
et de Mostaganem, s'est tenu du 16 au 24 avril, à Mostaganem. 

La Prime d'honneur de l'horticulture a été décernée à M. Charles 
Pfrimmer, amateur à Misserghin. 

La Prime d'honneur de l'arboriculture, à M. Antonio Fernandez, 
propriétaire à Saint-Dcnis-du-Sig. 

Le lauréat de la Prime d'honneur de l'agriculture, M. Priou, prési- 
dent de la Société hippique et du Comice agricole de Mostaganem, 
conseiller général, a été fait chevalier de la Légion d'honneur. 

De hautes récompenses ont été accordées à la viticulture et aux 
irrigations. Le Jury a placé au rang de la médaille d'or grand 
module les exploitations et améliorations suivantes : 

Plantations d'arbres fruitiers et d'Oliviers à Bekraka ; 



#0 ALGÉRIE 

Plantations d'Oliviers, d'Orangers et d'autres arbres fruitiers, à 
Saint-Denis-du-Sig ; 

Plantations d'Oliviers par la commune d'Aïn-Tédelès, sur les 
anciens remparts, sous la direction du Maire et du Conseil municipal ; 

Syndicat de la Vallée des Jardins, pour l'ensemble de ses travaux 
et le bon exemple donné aux cultivateurs et jardiniers maraîchers 
ou pépiniéristes. 

La médaille d'or est attribuée pour les travaux ci-après : 

Création d'une olivette de cinq hectares par la commune de Bou- 
guiras et d'une pépinière d'Oliviers livrés aux habitants à prix réduits; 

Création de pépinières par la commune de Bélizane, qui donne 
gratuitement les plants aux colons et aux villages voisins ; 

Création de jardins et de pépinières à Lhilill ; 

Défrichement et création d'un verger à Rivoli ; 

Initiative de l'oléiculture et de la fabrication d'huile à Aïn-Tédelès; 

Divers travaux de reboisement et de pépinières des différents ter- 
ritoires des cercles, services et communes des deux arrondissements. 

Si nous remontons à huit années, nous constatons qu'en 1884 des 
diplômes d'honneur et de mérite ont été accordés pour les reboise- 
ments et la création de pépinières : 

A la Compagnie des chemins de fer P. L. M. ; 

A la Ligue du reboisement d'Oran ; 

A la Compagnie algérienne ; 

Aux communes mixtes de Malakoff, Saint-Lucien, Saint-Denis-du- 
Sig, Ténès, Aïn-Bessem, Cassaigne, Dellys, Palestro, Thiaret, 
Teniet-el-Haad, et à la commune indigène de Laghouat. 

Au concours général agricole de 1886, à Oran, la Prime d'honneur 
a été décernée à un domaine de 83 hectares, situé dans la ban- 
lieue de Sidi-bel-Abbès, sur lequel sont installées, en outre de 
l'exploitation agricole, des plantations d'arbres forestiers, d'arbres 
fruitiers, d'Oliviers, de Vignes, etc., soumises à l'irrigation. 

Des médailles de spécialité ont été attribuées à des vergers de 
Citronniers, de Mandariniers, d'Orangers, d'Oliviers, à des cultures 
maraîchères, des vignes, des luzernières et des vergers, créés encore 
après irrigation et captation de sources. 

En Algérie, l'Arboriculture, la Viticulture, la Sylviculture sont 
intimement liées à l'Agriculture proprement dite. Le service de 
l'Inspection en est officiellement confié depuis plusieurs années à 
M. Nicolas, Inspecteur d'agriculture pour l'Algérie. 



^fejjj^ 



ALLEMAGNE 

540,610 kilomètres carres. — 4°o4 2I > 2 6° habitants, 



I. — Action du Gouvernement 

Sur toute l'étendue de leurs territoires, les gouvernements alle- 
mands encouragent l'horticulture par les moyens suivants : 

i° Création d'Écoles d'horticulture spéciales ou mixtes et de cours 
de jardinage aux Ecoles d'agriculture ; 

2 Installation de Stations et de Laboratoires agronomiques mis à 
la disposition du cultivateur pour les analyses de terres, les véri- 
fications d'engrais, de semences, etc. qui profitent en même temps à 
l'amateur de jardins ; 

3° Admission de l'enseignement horticole au programme des écoles 
normales et des écoles primaires ; 

4° Organisation de conférences, c'est-à-dire de cours publics 
dans les campagnes, spécialement aux instituteurs primaires, en vue 
de la plantation et de l'entretien des vergers et de la culture 
potagère ; 

5° Plantation d'arbres fruitiers sur les routes et leur exploitation 
par l'État ou les Communes ; 

6° Annexion d'un jardin botanique à chaque Université ; 

7 Cahier des charges imposé aux Compagnies de chemins de fer, 
à propos des tarifs de pénétration qui favorisent l'exportation des 
produits de l'Allemagne, etc. 

Le Ministère d'agriculture de Prusse a une réserve de 10,000 fr. 
pour l'amélioration de la culture des arbres fruitiers et de la vigne. 

Il dispose d'un crédit d'environ 200,000 francs pour régler le 
budget des Écoles d'agriculture placées sous son patronage direct. 



32 ALLEMAGNE 

L'État a dépensé cinq millions de francs pour combattre l'invasion 
phylloxérique. 

L'Administration a voté certaines mesures économiques ou fiscales 
utiles aux exploitations horticoles ; par exemple, les tarifs de chemins 
de fer, la durée des trajets, les envois par colis postal, etc. Quelque- 
fois, à la suite d'hivers destructeurs, elle a donné ou cédé à bas prix 
des arbres extraits de ses pépinières officielles ou achetés aux éta- 
blissements privés, afin de ne pas arrêter le système de plantations 
fruitières ou forestières qu'elle recommande, les propriétaires, fer- 
miers ou usagers étant déjà atteints dans leurs biens par les rigueurs 
de la température. 



II. — Instituts horticoles d'Enseignement. 

A. — INSTITUTS SUPÉRIEURS 
pour l'instruction des jardiniers et des pomologistes, 



Royaume de Prusse 



Province de Brandebourg. 

Etablissement royal d'instruction horticole, au parc de 
Potsdam, placé sous la surveillance supérieure du Gouvernement, et 
rattaché à l'Administration des Jardins royaux. 

La direction de cet Institut est confiée à M. Vetters, directeur des 
jardins de la Cour, à Sans-Souci. 

Enseignement théorique et pratique sur toutes les branches de 
l'horticulture. 

Parcs, jardins et matériel d'enseignement. 

Les élèves doivent avoir préalablement séjourné pendant deux 
années dans un bon établissement d'horticulture, et prouver qu'ils 
sont aptes à faire leur volontariat militaire. 

Les cours durent deux ans. Le prix de la pension est de 260 fr. par 
an, logement et leçons ; la nourriture est prise au dehors. 

Les dépenses peuvent s'élever à 1,200 fr. par an et par élève, tout 
compris. 



ALLEMAGNE 33 

L'établissement organise des expositions publiques à l'intérieur. 

Des eonditions analogues régissent les divers établissements d'ins- 
truction horticole. 

L'Etat accorde un subside de 120,000 francs ; le surplus de la 
dépense est réglé par l'Administration des Jardins royaux. 



Province de Silésie. 

Institut pomologique de Proskau, près Oppeln, ouvert le 
i cr octobre 1868. Directeur-professeur : M. Rudolf Stoll. 

Le but est de faire progresser le jardinage en général et surtout 
les arbres fruitiers et la connaissance des bons fruits. 

Pépinières et vergers de démonstrations. 

Excursions dans le voisinage. 

Leçons aux jeunes gens, aux maîtres jardiniers, aux voyers-fruitiers 
dits gardiens d'arbres, « Baumwaerter », et aux élèves forestiers. 

Subvention de l'État : 65, 000 francs. 



Province du Rhin. 

Établissement d'instruction supérieure, fondé le i er février 
1872, la Flora, à Cologne. 
Le nombre insuilisant d'élèves a entraîné la fermeture de l'école. 



Province de Hesse-Nassau. 

Etablissement royal d'arboriculture fruitière et de viticul- 
ture, à Geisenheim-sur-le-Rhin, ouvert à l'automne 1872. 
Directeur : M. Rudolf Gœthe. 
L'enseignement comprend trois sections : 
Cours réguliers pour renseignement supérieur ; 
Cours de jardinage pratique ; 
Cours pour les élèves temporaires. 

Verger, jardin, pépinières, vignoble pour les démonstrations. 
Subside de l'État, 80.000 francs. 



34 ALLEMAGNE 

B. — INSTITUTS SECONDAIRES, 



Province de Prusse Orientale. 

Pépinière provinciale d'Althof-Ragnit. — Jadis plus impor- 
tant, rétablissement s'est concentré sur la pépinière. 



Province de Prusse Occidentale. 

Cours pratique aux garçons et aux maîtres-jardiniers, sous la 
direction de M. Rathke, Inspecteur des jardins, à Dantzig. 



Province de Brandebourg. 

École municipale pour les jardiniers de Berlin, fondée en 
octobre 1891, sous la direction du professeur D 1 ' L. Wittmack, con- 
seiller à la Cour, homme distingué par ses vastes connaissances 
théoriques et pratiques. 

Cet établissement est administre "par une délégation de la ville 
( Arts-et-métiers) . 

Cours supérieur et cours inférieur. 

Le personnel enseignant comprend six professeurs. 

École des champs et des jardins, à Wittstock. — Station d'essai. 

Cours d'arboriculture fruitière pour les patrons, les jardiniers, les 
cantonniers. — Directeur : M. F. Schneider. 

École de viticulture et d'arboriculture fruitière, à Grossen- 
sur-1'Oder, fondée le I er octobre 1891. Directeur : M. A. Haeckel. 

Entretenue par l'État, l'Administration provinciale, la Société 
provinciale, le Cercle et la Ville. 

Leçons sur le verger, la vigne, les engrais, le potager, la vini- 
fication. 



Province de Poméranie. 

École d'horticulture et d'arboriculture à Eldena, près Greifs- 
wald, présidée par l'inspecteur royal Mensing, sous les auspices de 
la Société d'agriculture de la Baltique* 



ALLEMAGNE 35 

Province de Posen. 

École de jardiniers, à Koschmin, ouverte le I er novembre 1867. 
École de jardiniers, à Bromberg, sous la direction de la Société 
horticole et fruitière de Bromberg. 



Province de Silésie. 

Cours d'horticulture et de viticulture à Grûnberg, sous les 
auspices de la Société locale. 

Cours pomologique pour les instituteurs, et Cours pratique pour 
les jardiniers arboriculteurs, à l'Institut pomologique de Proskau. 



Province de Saxe. 

École d'horticulture à Nauendorf, près Annabourg. Propriétaire 
et directeur : M. 13. Boettcher. 
Etablissement privé, divisé en deux sections. 
L'enseignement dure trois ans ; le cours supérieur est gratuit. 



Province de Westphalie. 

Cours pratique et théorique d'arboriculture fruitière pour les 
jardiniers et les « gardiens d'arbres fruitiers », à Lûnen, dirigé par 
M. Hermann Goers. 

Le but de ce cours est de dresser et d'instruire les personnes qui 
auront, plus tard, à soigner les arbres fruitiers dans leur commune. 

École pépinière d'arbres fruitiers, à Lûdinghausen, en rapport 
avec la Société d'agriculture, sous la direction spéciale du docteur 
Goetting. 

Province de Hesse-Nassau. 

Jardin pomologique de Cassel, établissement de l'État, ayant 
pour but la réfection des arbres fruitiers pour la province et l'ins- 
truction des personnes chargées de les soigner. 

Jardinier : M. Huber. 

Ktcndue du jardin : 5 hectares 20. 

Cours d'instruction pratique et théorique, à l'établissement 
royal d'arboriculture et de viticulture, à Geisenheim. 

Cours temporaire pendant la belle saison. 



3(> ALLEMAGNE 

Provinces Rhénanes. 

Cours de viticulture. Leçons nomades en trois séries, se trans- 
portant d'une année à l'autre, dans les villes des localités vinieoles 
des provinces du Rhin. 

Cours d'enseignement d'arboriculture fruitière, pour les 
professeurs, les gardiens d'arbres et les cantonniers, à l'Ecole 
d'agriculture de Clèves, sous la direction de l'administrateur du 
Jardin zoologique, M. Wolde. 

École de viticulture et d'arboriculture à Merl, près Coblentz, 
sous la direction du garde général de la commune, Pfeiffer. 

Pépinière. — École d'arbres fruitiers, à Wetzlar, sous la 
direction du professeur Werner. 

École de culture potagère et fruitière a Bitburg, reliée à 
l'École d'agriculture, sous la direction de M. Arnold. 

Cours théoriques. — Leçons pratiques. 

Écoles fruitières et forestières. — i° A Bitburg, district de 
Trêves, sous la direction du garde Scheffer, secondé par Arnold. 

2° A Trêves, sous la direction du garde général communal 
Weïsmuller. 

3° Cours particuliers de taille et d'élagage des arbres pendant 
une période de cinq semaines. 

Pépinière. — École à Engers, district de Coblentz. Établisse- 
ment de l'Etat sous la direction de l'inspecteur des jardins Hitter. 



Province de Hohenzollern. 

Jardins-École et pépinières d'arbres fruitiers. Leçons données 
sur place, où sont plantés les arbres et installées les pépinières qui 
font l'objet de la démonstration. 



Royaume de Bavière 

(Voir le chapitre spécial pour la Bavière.) 



ALLEMAGNE 3" 



Royaume de Saxe 



École d'horticulture, fondée par l'État et la Société horticole du 
royaume de Saxe, à Dresde, sous la surveillance du Ministre de 
l'intérieur. — Ouverte le iO Mai 1892. 

Directeur : M. Max Bertram, ingénieur paysagiste à Blasewitz. 

L'enseignement est divisé en deux années d'études, à partir de la 
semaine de Pâques. 

Cours de gardiennage d'arbres à Rœtha, près Leipzig, 
succédant à une école de jardiniers. 

Ecole d'horticulture et d'arboriculture à Bautzen, ouverte à 
Pâques 1879, reliée à l'Etablissement d'instruction agricole, sous la 
surveillance supérieure du Ministre de l'intérieur. 

Directeur : M. J. B. Brugger. 



Royaume de Wurtemberg. 

(Voir le chapitre spécial pour le Wurtemberg.) 

Grand-Duché de Bade. 

École grand- ducale d'arboriculture fruitière à Garlsruhe, 
ouverte en 1860, réorganisée en 1874- — Enseignement gratuit. 

Président : M. Bach, Inspecteur d'agriculture. 

Il y a des cours de professeurs, d'autres pour les cantonniers de 
routes et de chemins de fer. 

En juillet, un cours de dix jours sur l'entretien du jardin et la 
culture des légumes, des fruits et des fleurs est donné aux femmes 
et aux jeunes filles de la population rurale. 

A l'automne, leçons sur la récolte et la conservation des fruits. 

Age minimum des candidats : 16 ans. 

Institut oenologique de Carlsruhe, à Blankenhornsberg et 
à Mùllheioi. Propriétaire-directeur et professeur : D p Blankenhorn. 

Ecole de vignes ; nomenclature ; classification. — Travaux pra- 
tiques de taille et d'entretien. — Bulletin rendant compte des travaux. 



38 ALLEMAGNE 



Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach. 

École d'arboriculture du grand-duché, à Marienhœhe, près 
Weimar. — Directeur : M. Paalzow. 

Pépinière nationale de Marienhœhe, annexe de l'École d'arbo- 
riculture, en faveur des jeunes gens ayant au moins i5 ans. 

Des leçons pratiques et théoriques leur sont données, à leurs frais, 
sur l'arboriculture fruitière ou d'alignement. 

Éducation des arbres ; procédés de multiplication. 

Les mêmes cours sont répétés aux employés de l'administration 
des Chaussées, de tous grades, sous les auspices de l'État. 

Instructions pratiques sur les vergers et sur les pépinières 
d'État disséminés dans le Grand-Duché (plus d'un tiers des villages 
en possèdent). 

Les leçons, confiées aux instituteurs ou aux habitants de la localité, 
ont déjà fait leurs preuves. 

Verger modèle ou jardin-école, à Berka, sur laWerra, créé avec 
les subsides de l'État, qui en a la surveillance. 

Les meilleures espèces de fruits de dessert, de séchage, de pressoir 
ou de distillation, recommandées par la Société pomologique alle- 
mande, y sont cultivées. 

Une distribution de greffes de ces arbres est faite gratuitement à 
tous les amateurs. 



Grand-Duché de Saxe-Cobourg-Gotha. 

Pépinière et jardin d'essai de la Société d'horticulture de la 
ïhuringe, à Gotha. 

Sur le terrain, le public est admis à expérimenter les machines et 
appareils destinés à la préparation des fruits, pour le séchage, le 
pressurage, la cuisson, la distillation. 

Expositions de légumes, de fruits, de roses et de diverses fleurs. 



Duché d'Anhalt. 

L'École d'horticulture, qui existait à Dessau, a cessé, 



ALLEMAGNE 39 



Principauté de Reuss. 

École d'horticulture et d'arboriculture à Kœstritz, en Thu- 
'inge. — Directeur : D r H. Settegast. 
Institution privée, divisée en trois sections. 



Gouvernement d'Alsace-Lorraine. 

(Voir le chapitre spécial pour /'Alsace-Lorraine, page fî.) 



III. — Sociétés d'horticulture. 

Les Sociétés d'horticulture sont nombreuses en Allemagne. 

Il en est quelques-unes qui ont un caractère général et ne 
manquent pas de ramifications sur le territoire. 

D'autres se groupent en manière de fédération, afin de défendre 
les intérêts communs ou de solliciter les subsides de l'État. 

Une troisième série comprend des groupements ou des sociétés 
plus modestes qui, avec leur liberté, n'en rendent pas moins de 
signalés services aux habitants. 

Les plus importantes sont certainement- les soeiétés générales et 
les associations fédérées ou pomologiques. 



A. — SOCIÉTÉS GÉNÉRALES, 



Société de Pomologie allemande. 

La Société se réunit ordinairement tous les trois ans à l'occasion 
de l'assemblée générale des pomologues allemands ; une exposition 
de fruits vient s'y ajouter. 

Les expositions ont eu lieu : en octobre 1877, à Potsdam ; en 1880, 
à Wurzbourg ; en i883, à Hambourg ; en 1886, à Meinen ; en 1889, à 
Stuttgart ; en 1892, à Breslau. 



4<> ALLEMAGNE 

La Société accepte comme organe le Journal pomologique mensuel 
de M. Fritz Lucas, à Reutlingen, en Wurtemberg. 

M. Fritz Lucas est le secrétaire, et M. Franz Spaeth, Conseiller 
d'agriculture, à Rixdorf, le président. — Le nombre d'adhérents à 
cette grande association pomologique s'élève à quinze cents. 

Société de Viticulture allemande. 

Le 3o septembre 1874» une Société a été fondée à Trêves pour le 
perfectionnement de la culture de la vigne. 

Son but principal est d'étudier la culture de la vigne, la prépa- 
ration du vin et sa conservation en cave. 

La Société poursuit son but en demandant à ses différents membres 
un compte rendu des observations qu'ils peuvent faire ou recueillir 
sur la viticulture et sur la vinification. 

Société des Jardiniers paysagistes. 

Le bureau est composé du Directeur des Jardins Royaux, d'inspec- 
teurs, d'ingénieurs et de jardiniers paysagistes. 

La Société s'occupe, en congrès, des questions relatives à 
l'architecture des parcs et des jardins et des sujets qui s'y rattachent. 

Fédération des Horticulteurs d'Allemagne. 

Siégeant à Steeglitz-Bcrlin et précédemment à Leipzig. 

Par des congrès où les délégués sont invités, et à l'occasion 
d'expositions, on discute les intérêts généraux de l'horticulture et 
des Sociétés en particulier. 



B. — SOCIETES REGIONALES OU LOCALES. 



Royaume de Prusse 



Province de Prusse Orientale, 

Kœnigsberg. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers, agriculteurs, 



ALLEMAGNE 



4i 



Memel. — Société d'horticulture. 
Tilsit. — Société pour l'embellissement des jardins. 
— Union des amateurs des jardins. 



Province de Prusse Occidentale. 

Culm. — Société pour l'embellissement des jardins. 
Dantzig. — Société d'horticulture. 
Flatow. — Société pour l'embellissement des jardins. 
Stargard. — Société pour l'embellissement des jardins. 



Province du Brandebourg. 

Belzig. — Société agricole, horticole et forestière. 
Berlin. — Union pour le progrès de l'agriculture dans les Etats 
prussiens. 

— Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers de Berlin. 

— Union des architectes de jardins et des horticulteurs 

de Berlin et des environs. 

— Société de Pomologie de la Marche. 

— Société de viticulture de l'Allemagne Orientale. 
Charlottenbourg. — Société d'horticulture de Charlottenbourg. 

— Union des jardiniers. 

— Société des horticulteurs de la Marche. 
Cottbus. — Société d'horticulture. 

Crossen-sur-l'Oder. — Société vinicole, pomologique et horticole. 
Eberswalde. — Société d'horticulture Feronia. 
Forst-en-Laus. — Société horticole et agricole. 
Francforï-sur-l'Oder. — Société d'horticulture de Francfort-sur- 

l'Oder et des environs. 
— Société d'horticulture Flora. 

Guben. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers fruitiers et maraîchers. 

— Union des jardiniers. 
Landsberg-sur-le-Weser. — Société d'horticulture. 

— Société d'embellissement. 

Pankow. — Société d'horticulture de Pankow-Schoenhausen,pour 
l'embellissement des jardins, 



42 ALLEMAGNE 

Perleberg. — Société d'horticulture. 
Potsdam. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers de Potsdam. 

— Association horticole Flora. 
Sommerfeld. — Société d'horticulture. 
Spandau. — Société d'horticulture et d'agriculture. 

— Société des horticulteurs et des amateurs de jardins 

du Havelland. 
Steglitz. — Société d'horticulture de Steglitz et ses environs. 
Vietz. — Société d'horticulture de Vietz et des environs. 
Wannsee. — Union des jardiniers Alsen. 
Weissensee. — Société des horticulteurs et des amateurs de jardins 

de Weissensee et ses environs. 
Werder. — Société de pomologie. 
Wittstock. — Société d'horticulture et d'agriculture. 

— Société des rosiéristes allemands. 

Zullïghau. — Société d'horticulture. 



Province de Poméranie. 

Anklam. — Association des horticulteurs et des amateurs. 

— Union des Sociétés horticoles de la Poméranie, à 

Anklam. 
Belgard. — Société d'horticulture. 
Cceslin. — Société centrale d'horticulture la Poméranie orientale. 

— Société d'horticulture pour Cceslin et ses environs. 

Golberg. — Société d'horticulture. 
Demmin. — Société d'horticulture. 
Finkenwalde. — Union des jardiniers. 

Greifswald. — Société d'horticulture de la Poméranie occidentale 
et de Rùgen. 
— Société d'embellissement des jardins. 

Jarmen. — Société d'horticulture. 
Pyriïz. — Société d'embellissement des jardins. 
Stargard. — Société d'horticulture. 
Stettin. — Société d'horticulture. 

Stralsund. — Société d'horticulture pour Stralsund et ses 
environs. 



allemagne 43 

Province de Posen. 

Bromberg. — Société d'embellissement des jardins. 

— Société horticole et fruitière. 

Posen. — Société d'embellissement de la ville de Posen. 
Sciineidemuhl. — Société d'embellissement des jardins. 
Strelno. — Union pomologique. 



Province de Silésie. 

Breslau. — Société centrale des horticulteurs et des amateurs de 
jardins de la Silésie. 

— Section pour les fruits et l'horticulture de la Société 

Silésienne. 

— Union Silésienne des jardiniers. 
Brieg. — Société d'horticulture et d'apiculture. 
Frtbourg. — Société d'horticulture. 

Gœrlitz. — Société d'horticulture delà Haute-Lusace prussienne. 

— Association des horticulteurs de la Haute - Lusace 

prussienne. 
Grunberg. — Société d'horticulture et d'industrie. 
Hirschberg. — Société d'horticulture des Monts-des-Géants. 
Leobschutz. — Société de pomologie et d'horticulture. 
Ltegnitz. — Société d'horticulture. 

— Union des horticulteurs de Liegnitz. 
Lœwenberg. — Union des horticulteurs et des amateurs de jardins. 
Militsch. — Société de pomologie et d'horticulture de Militsch 

et ses environs. 
Neumarkt. — Société de pomologie et d'horticulture du territoire 

de Neumarkt. 
Oppeln. — Société horticole de la Haute-Silésie. 
Ratibor. — Société d'horticulture. 
Schweidnitz. — Société des horticulteurs du territoire de 

Schweidnitz. 
Trebnitz. — Société de pomologie et d'horticulture. 

— Société d'embellissement. 

Ziegenhals. — Société d'encouragement à l'apiculture, la sérici- 
culture, la pomologie et l'horticulture en Silésie. 



44 ALLEMAGNE 



Province de Saxe. 



Aschersleben. — Société d'horticulture et d'agriculture. 
Bleicherode. — Société d'horticulture. 
Burg. — Société d'embellissement des jardius. 
Grossex. — Société pomologique. 
Eilenbourg. — Union des jardiniers. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Eisleben. — Union des jardiniers Hortulania. 
Erfurt. — Société d'horticulture Flora. 

— Union des jardiniers. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Société des fleuristes d'Erfurt. 
Genthin-et-Burg. — Société des horticulteurs et des amateurs du 

district de Jeriehow. 
— Société d'embellissement des jardins. 

Halberstadt. — Société horticole d'Halberstadt, avec section pour 

la pomologie. 
Halle-sur-la-Saale. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers. 

— Union des jardiniers pour Halle et ses 

environs. 
Langensalza. — Société d'horticulture. 
Magdebourg. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers Elbjlora. 

— Union des jardiniers fleuristes pour Magdebourg 

et ses environs. 
Naumbourg-sur-la-Saale. — Union des jardiniers. 
— Société de viticulture. 

Nordhausen. — Société des aides-jardiniers Flora. 
Querfurt. — Société pomologique et horticole de Querfurt et de 

ses environs. 
Stassfurt. — Société d'horticulture pour Stassfurt et ses environs. 
Stendal. — Société pour l'embellissement de la ville de Stendal 

et de ses environs. 
Suhl. — Société d'horticulture. 
Torgau. — Société d'horticulture. 
Unteriiarz. — Société de pomologie. 



ALLEMAGNE \ 



■!•> 



Province de Schleswig-Holstein. 

Alton a. — Union des jardiniers Pomona. 
Flensbourg. — Union des jardiniers de Flensbourg. 

— Société d'embellissement pour Flensbourg et ses 

environs. 
Garding. — Société horticole d'Eiderstedt. 
Heide. — Société horticole de Dithmarsch. 

Itzehoe. — Société d'horticulture pour le territoire de Steinbourg. 
Kiel. — Société centrale de pomologie et d'horticulture du Schles- 
wig-Holstein. 

— Société d'horticulture du Schleswig-Holstein. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Réunion des jardiniers du Schleswig-Holstein. 
Oluesloe. — Société d'embellissement des jardins. 

— Société de pomologie et d'horticulture. 

— Société des jardiniers Germania. 
Wandsbeck. — Société des jardiniers Holsatia. 



Province du Hanovre. 

Blumenthal. — Société d'agriculture et d'horticulture. 
Dannenberg. — Société des cultivateurs de houblon du territoire 

de Dannenberg. 
Eversboukg. — Société d'horticulture d'Eversbourg. 
Gœtïingen. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Viola. 

Société d'horticulture pour la province du Hanovre. 
Hanovre. — Société hanovriennc de pomologie. 

— Union des jardiniers de la ville de Hanovre. 

— Union des jardiniers Flora. 
Hildesheim. — Société d'horticulture. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Leer. — Société d'horticulture. 
Nienbourg-sur-le-AVeser. — Société d'horticulture. 
Osnabruck. — Société d'horticulture. 
Quakenbruck. — Société d'horticulture. 



46 ALLEMAGNE 

Province de Westphalie. 

Bielefeld. — Société d'horticulture. 
Dortmund. — Société d'horticulture. 
Iserlohn. — Société des jardiniers Hortulania. 

— Société d'horticulture. 

Minden. — Société d'horticulture et de lloriculture. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Munster. — Société d'horticulture de Munster. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Union des jardiniers Viola. 

— Société des jardiniers indépendants. 
Paderrorn. — Société d'horticulture. 

Soest. — Société d'horticulture. 



Province de Hesse-Nassau. 

Bockexiieim. — Société des jardiniers Flora. 

Gassel. — Société pour le progrès de l'agriculture, de la pomologie 
et de la viticulture dans la région de Gassel. 

— Union des jardiniers de Gassel. 

— Union des jardiniers-fleuristes. 
Eschwege. — Société d'horticulture pour Eschwege. 
Francfort-sur-le-Mein. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers Hortulania. 

— Société d'essais horticoles. 

— Société d'embellissement des jardins. 
Fulda. — Société d'horticulture. 

Geinseniieim. — Société de pomologie, de viticulture et d'horti- 
culture du Rheingau. 
Gelnhausen. — Société d'horticulture. 
Marbourg. — Société de pomologie et d'horticulture. 
Wiesbaden. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Hedera. 



Provinces Rhénanes. 

Aix-la-Chapelle. — Société des jardiniers Augusta. 
Aix-la-Chapelle et Burtscheid. — « Société d'horticulture. 
B A RM EN. — Société d'horticulture de Barmen. 
— Société d'embellissement de Barmen. 



ALLEMAGNE 47 

ButGEL. — Union pomologique de la commune de Birgel. 
Bonn. — Société d'horticulture. 

Société d'embellissement pour Bonn et ses environs. 

Société des horticulteurs. 

BuiiBAGH. — Société horticole pour Malstatt-Burbach. 
Coblentz. — Société pomologique et horticole. 
Cologne. — Société horticole Flora (montée par actions). 

— Société pour la culture des jardins et la botanique de 

Cologne. 
Société des horticulteurs de Cologne. 

— Société de pomologie pour la ville et les environs. 

— Société d'horticulture de Cologne. 
Dudweiler. — Société d'horticulture. 
Duren. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Flora. 
Dusseldorf. — Société d'horticulture. 
Elberfeld. — Société d'embellissement d'Elberfeld. 
Eupen. — Union des jardiniers Flora. 

— Société d'horticulture. 

Gladbach. — Société d'horticulture. 
Godesberg. — Union des jardiniers. 
Heddersdorf. — Société d'horticulture. 
Homberg-sur-le-Rhin. — Société d'horticulture. 
Langenberg. — Union des jardiniers Hortikultur. 
Mehlem. — Société horticole. 

Moers. — Société d'horticulture de la rive gauche du Rhin inférieur. 
Munchen-Gladbagh. — Société d'horticulture. 
Neuwied. — Société d'histoire naturelle, d'horticulture et de 

pomologie. 
Ruhrort. — Société d'horticulture. 
Saarbrugk. — Société d'horticulture de Saarbriick-Saint-Jean et 

des environs. 
Saint-Arnual. — Société d'horticulture et de pomologie. 
Solingen. — Société d'encouragement de la culture des roses dans 

la région. 
Trêves. — Société horticole et pomologique de Trêves. 

— Société allemande des amateurs de roses. 

Vohwinkel. — Société de pomologie de la région. 
Wesel. — Société pomologique du Rhin inférieur. 
\Vetzlar. — Société horticole. 



48 ALLEMAGNE 

Royaume de Bavière. 

(Voir le chapitre spécial pour la Bavière.^) 

Royaume de Saxe. 

Dresde. — Société de pomologie nationale du royaume de Saxe. 

En même temps, la Saxe possède dans ses principaux Cercles ou 
Régions territoriales des associations horticoles pomologiques 
fédérées et d'autres libres. 

Voici d'abord l'indication des localités où résident les Sociétés 
reliées à la Fédération. 

Cercle de Dresde. 

Dipoldiswaldc. — Dresde. — Obères. — Elbthal. — Freiberg. — 
Grossenhain. — Meissen. — Pirna. — Schandau. — Tharandt. 



Cercle de Leipzig. 
Borna. — Dœbeln. — Grimma. — Leipzig. — Riesa. — Rochlitz. 



Cercle de l'Erzgebirge. 

Annaberg. — Auerbaeh. — Flœha. — Glauchau. — Limbach. — 
Marienberg. — Plauen. — Schwarzenberg. — Vallée de la Pleisse. 
— Zwickau. 



Cercle de la Haute-Lusace (Bautzen). 
Bautzen. — Lôbau. — Neukirch. — Kamenz. 



Maintenant, voici le nom des Sociétés d'horticulture et de pomo- 
logie de la Saxe, libres, non fédérées ou centralisées. 



ALLEMAGNE 49 

Cercle de Dresde. 

Dresde. — Flora, Société de botanique et d'horticulture du 
royaume de Saxe. 

— Société d'horticulture Feronia. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

Freiberg. — Société pour la culture des arbres fruitiers et des 

jardins. 
Grossenhain. — Société d'horticulture et des sciences naturelles. 
Pirna. — Société d'horticulture Elbflova. 
— Société des jardiniers. 



Cercle de Leipzig. 

Dœbelx. — Société d'horticulture de Zschopau-Muldenthal. 

Dœlitz. — Société d'horticulture Latania. 

Gohlis. — Société d'horticulture Phœnix. 

Grimma. — Société d'horticulture. 

Leipzig. — Société des horticulteurs allemands. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

— Société des horticulteurs de Leipzig. 

— Société d'horticulture de Connewitz-Leipzig. 
Leipzig-Lindenau. — Société d'horticulture. 
Mittweida. — Société des rosiéristes. 

Riesa. — Société d'horticulture de la Basse-Saxe. 
Wurzex. — Société d'horticulture. 



Cercle de l'Erzgebirge. 

Chemnitz. — Société d'horticulture de l'Erzgebirge. 
Frankenberg. — Société d'horticulture et de culture des arbres 

fruitiers. 
Ortelsdorf. — Société d'horticulture et de culture des arbres 

fruitiers. 
Plauex. — Société d'horticulture et de culture des arbres fruitiers 

du canton de Plauen. 
Schxeeberg. — Société d'horticulture et de culture des arbres 
fruitiers. — Schneeberg, Neustàdtcl et environs. 



po allemagne 

Cercle de la Haute-Lusace. 

Augustusbourg. — Société des amis de la nature d'Augustusbourg- 

Schellenberg et des environs. 
Bautzen. — Société d'horticulture. 
Glauciiau. — Société pour les embellissements. 
-— Société d'horticulture. 

— Société d'arboriculture. 
Grosschœnau. — Société d'arboriculture. 

Waghwitz. — Société cantonale des arbres fruitiers « de la 
vallée de l'Elbe supérieure », àNieder-Poyritz. 
Waldenbourg. — Société pour la culture des arbres fruitiers. 
Zittau. — Société pour la culture des arbres fruitiers et des 
jardins. 

— Société maraîchère (dissoute). 
Zwigkau. — Société d'horticulture. 



Royaume de Wurtemberg. 

(Voir le chapitre spécial pour le Wurtemberg). 

Grand-Duché de Bade. 

Carlsruhe. — Société nationale d'horticulture du Grand-Duché 

de Bade. 
Sociétés adhérentes à la Société nationale : 
Bretten. — Bruchsal. — Eppelheim. — Eppingen. — Gernsbach. 

— Kâferthal. — Carlsruhe. — Lahr. — Mosbach. — Miillheim. — 
Neckargemùnd. — Philippsbourg. — Rappenau. — Schwetzingcn. 

— Sinsheim. — Staufen. — Waldshut. 
Baden-Baden. — Société d'horticulture. 
Carlsruhe. — Société vigneronne allemande. 

Fribourg en Brisgau. — Société d'horticulture pour Fribourg et 

ses environs. 
Lôrbach. — Société d'horticulture. 
Mannheïm. — • Société d'ho'rtiçult'uye Flora. 



ALLEMAGNE 



OI 



Mosbach. — Société d'horticulture. 
Tfouziieim. — Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Hesse. 

Darmstadt. — Société pour les embellissements de la ville de 
Darmstadt. 

— Société d'horticulture Feronia. 

— Société d'horticulture du Grand-Duché de Hesse. 
Mayence. — Société d'horticulture niayençaise pour la province 

de Hesse-llhénane. 
Oefexbach-sur-ee-Meix. — Société d'agriculture et d'horticulture. 



Grand-Duché d'Oldenbourg. 

Lubeck. — Société d'horticulture de la principauté de Lùbeck, et 
sections de Sùsel, Pansdorf, Ahrensbœck. 
Oldenbourg. — Société Oldenbourgeoise pour l'arboriculture et 

l'horticulture. 
Varel. — Société pour les embellissements. 
— Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Brunswick. 

Brlwswick. — Section d'arboriculture fruitière de la Société 
centrale d'agriculture. 

— Section horticole de la Société centrale d'agri- 

culture. 

— Section d'acclimatation de la Société centrale 

d'agriculture. 

— Société d'horticulture Edelweiss. 
AVolfexbuttel. — Société d'horticulture Flora. 



52 ALLEMAGNE 



Grand-Duché de Mecklenbourg-Schwerin. 



Gustrow. — Société d'horticulture. 
Rostock. — Société d'horticulture. 
Tessin. — Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach 

AroLDA. — Société d'horticulture. 

Burgel. — Société d'horticulture. 

Eisenach. — Société d'horticulture llovtologia. 

Iexa. — Société d'horticulture. 

Nasciiiiausen. — Société d'horticulture de Dornbourg. 

Neustadt. — Société pour les embellissements. 

Weimar. — Société d'horticulture. 



Duché de Cobourg-Gotha, 



COBOURG. 

Cobourg. — Société d'horticulture. 
Gauekstadt. — Société d'arboriculture fruitière. 
Meeder. — Société d'arboriculture. 
Sonnefeld. — Société d'arboriculture. 

Gotha. 

Gotha. — Société d'horticulture de Thuringe. 
Ohrdruf. — Société d'horticulture. 
Waltersiiauskn. — Société d'horticulture. 



ALLEMAGNE 5'3 



Duché de Saxe-Meiningen-Hildburghausen 



Cercle de Meiningen. 

Meïningen. — Société de pomologie et d'horticulture» 

— Société de Marie, société pour les embellissements. 

Wasuxgen. — Société d'horticulture. 



Cercle de Sonneberg. 

Sonneberg. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 



Cercle de Saalfeld. 
Saalfeld. — Société d'horticulture. 



Duché de Saxe-Altenbourg. 

Altenbourg. — Société de pomologie de l'Est. 

— Société d'horticulture. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

— Société nationale d'arboriculture fruitière et 

d'horticulture. 



Duché d'Anhalt. 

Bernbourg. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 

Ccethex. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 

Dessau. — Société d'horticulture d'Anhalt. 



ALLEMAGNE 



PRINCIPAUTÉS 

de Schwarzbourg-Sondershausen. 

Arnstadt-en-Thlringe. — Société d'horticulture Flora. 

— Société d'horticulture d'Arnstadt. 

*— Société d'arboriculture fruitière. 



PRINCIPAUTÉS 

de Schwarzbourg-Rudolstadt 

Blankenbourg. — Société pour les embellissements. 
Rudolstadt. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 



Principauté de ReuSS (ligne Cadette). 
Géra. — Société d'horticulture. 

Villes libres et hanséatiques. 

Hambourg. — Société d'horticulture de Hambourg, Altona et les 
environs. 

— Club des horticulteurs de Hambourg- Altona. 

— Société d'horticulture Horticiiltur. 

— Société des jardiniers de Hambourg et des environs. 
Lubeck. — Société d'horticulture. 

Brème. — Société d'horticulture de Brème et des environs. 

— Société d'horticulture Altmannus. 

— Société bourgeoise d'horticulture. 

— Société d'horticulture Flora, à Hasted. 

— Société d'horticulture du Hollerland, à Obcrneuland, 



ALLEMAGNE 55 



IV. — Jardins botaniques et d'études. 

L'Allemagne compte seize universités complètes et quelques 
académies ; elles ont chacune leur jardin botanique ou d'études. 

Plusieurs grandes villes possèdent un enclos consacré à l'étude 
scientifique des végétaux : Hambourg, Dresde, Francfort, Carlsruhe, 
sont de ce nombre. 

Le plus grand jardin botanique, le mieux distribué, celui de 
Berlin, est doté d'un personnel érudit. Quoiqu'ayant un caractère 
moins mondain que les parcs et les squares de la ville, il n'est pas 
moins visité par les habitants et par les étrangers. 

Breslau, Leipzig, Halle, Heidelberg ont aussi des jardins; l'organi- 
sation en est savamment entendue et suivie. 

Ceux de Bonn, de Kiel, de Kœnigsberg, d'Erlangen, de Fribourg, 
de Marbourg, de Giessen, de Greifswald, de Neustadt méritent 
d'être cités; à la tête de chacun d'eux sont placés un directeur- 
professeur et un inspecteur. 

Tous ces jardins rendent service à la science par l'instruction 
donnée aux jeunes gens, et à l'horticulteur qui vient y étudier les 
plantes, leur nomenclature, leur végétation. 

La jeunesse est d'ailleurs préparée à cet enseignement par les 
jardins annexés aux écoles communales ou professionnelles. 

Des cultures expérimentales organisées à Proskau, à Geisenheim, 
et récemment à Dresde, attirent et intéressent les associations, les 
groupes d'étudiants et le public stationnaire ou nomade. 

D'autres localités se contentent d'un modeste carré pour s'y 
livrer à l'étude des nouveautés horticoles. Il en est qui ajoutent à 
leur budget la vente des multiplications supplémentaires, par 
exemple Darmstadt, — ce qui leur permet d'étendre le champ de 
leurs essais. 

Les parcs paysagers ou urbains, les promenades et les squares se 
sont perfectionnés dans leur caractère et leur ordonnancement. On a 
surtout transformé en jardins publics les anciens remparts et fossés 
de plusieurs villes autrefois fortifiées. 

Le style qui a rendu célèbre Sckell, le prince Pùckler-Muskau, 
Lenné, Meyer, Niepraschk, Jager, etc., s'est sensiblement amélioré 
en s'inspirant des conceptions des grands ingénieurs paysagistes 
français et anglais, tout en conservant une tendance manifeste à 
exagérer la minutie des détails, 



56 ALLEMAGNE 

Francfort, Hambourg, Cologne, Mayence, Hanovre, Hcidelberg, 
Gotha, Weimar, Breslau, Dresde, Leipzig, Eisenach, etc., fournissent 
les preuves de la faveur que les parcs publics ont conquise en Alle- 
magne. 

Actuellement, Berlin dépense près d'un million de francs pour 
ses plantations arbustives, ses parterres de fleurs, ses boulevards 
et ses promenades, occupant une assez vaste superficie. 

Les domaines des souverains confédérés et des personnages de 
marque sont nombreux et curieux à visiter. Les villas sur le Rhin, 
les jardins des villes d'eaux ont un aspect pittoresque ou fleuri et ne 
manquent pas d'égayer le parcours du touriste, qui explore un pays 
souvent monotone et habité par un peuple agricole et travailleur. 

Enfin, nous pouvons citer un fait assez récent, qui prouvera tout 
l'intérêt porté à l'horticulture par l'aristocratie allemande et quelles 
peuvent être les conséquences d'une Exposition publique. 

Pendant l'année 1892, à Garlsruhe, le Grand-Duché de Bade 
célébrait la quarantième année du règne du grand-duc Frédéric; à 
cette occasion, une Exposition internationale d'horticulture eut lieu. 
Tous les jardins étaient en liesse, entre autres le parc du château 
Grand-Ducal, où les Orangers sont plantés en pleine terre dans un 
vaste bâtiment, où la Nymphéacée Victoria regia nage en plein 
bassin du jardin botanique. La Souveraine, le Ministre d'État et le 
Président du Conseil étaient à la tête de la cérémonie. L'horticulture 
y a gagné : i° la session normale des « Amis des Roses» ; 2 un 
congrès tenu par les « Connaisseurs des Conifères » ; 3° une troisième 
réunion provoquée par la Société générale des horticulteurs alle- 
mands ; 4° fondation de la Société de Dendrologie, et 5° un Congrès 
des Rosiéristes fut projeté à Lubeck en i8o3, d'accord avec le cercle 
belge des Rosiéristes d'Anvers. 

Rappelons la grandiose exposition internationale qui eut lieu à 
Hambourg en 1869, ne le cédant en rien aux splendides floralies 
d'Erfurt, ouvertes quatre ans plus tôt. Nous avons gardé le souvenir 
des arcs de triomphe dressés sur les places des deux cités ; et chaque 
rue, chaque maison était décorée de verdure et de fleurs ou pavoisée 
des couleurs nationales de tous les Etats européens qui avaient pris 
part à la fête ! 

A Hambourg, on avait très judicieusement transformé à cette 
occasion en parc accidenté une partie des anciens fossés de la ville ; 
ils ont été conservés depuis et constituent une promenade publique 
des plus pittoresques. 



ALLEMAGNE 



»7 



V. — Production de légumes. 

L'Allemagne a de vastes plaines fertilisées par les engrais et 
les boues de ville on des marais assainis consacrés à la culture 
potagère. 

Les Choux de toute espèce, les Choux-raves, Rutabagas, Choux- 
fleurs et Choux verts, les Radis, les Navets, les Haricots, les 
Chicorées, les Betteraves, les Pois sont «n cultures extensives et 
alimentent les marchés et les usines aux légumes conservés, séchés 
ou salés. Leur étendue peut être évaluée à i5o,ooo hectares. 

La Pomme de terre figure dans tous les districts sous plusieurs 
variétés ménagères, fourragères ou féculières. La statistique de i883 
fixe l'importance de cette culture à 2,907,400 hectares, soit 5,4 % du 
territoire et la production {1249,000,000 de quintaux. Le rendement 
actuel a conservé sa moyenne de 769,14 par hectare. 

L'art du primeuriste reste souvent réservé aux domaines de grands 
seigneurs, parce que les jardiniers marchands ne peuvent soutenir 
la lutte avec les primeurs naturelles de l'Algérie et de l'Italie. 

Le matériel d'exploitation commence à se perfectionner. La ques- 
tion des engrais et des amendements se trouve mieux étudiée. Des 
rapports officiels sont attendus sur ce point à notre Ministère ; car il 
a nommé, cette année, au poste d'attaché technique agricole à Berlin 
un de nos jeunes Ingénieurs agronomes, qui a déjà fréquenté les 
laboratoires allemands, au titre de stagiaire. Espérons que ce paci- 
fique système diplomatique appliqué à l'agriculture et à l'horticulture 
ne tardera pas à s'étendre et à porter ses fruits ! 

La sélection des espèces et variétés maraîchères a été une consé- 
quence forcée du grand commerce de graines, qui s'est créé sur 
quelques points de l'Allemagne ; les centres renommés sont Erfurt, 
le premier à l'ancienneté, puis Quedlinbourg. 

La fortune d'Erfurt a commencé avec Christian Reichardt ; le pays 
reconnaissant lui élevait une statue à l'occasion de l'exposition 
internationale de i865. D'après l'exemple du jardinier agro- 
nome, la plaine de Dreienbrunnen a été entrecoupée de canaux, et 
elle pouvait fournir en i865 trois millions de paquets de Cresson, 
600,000 de Céleri, 5oo,ooo Choux-fleurs, 5oo,ooo Choux-raves, 
100,000 Choux pommés frisés et 12,000 kilog. d'Asperges. 

Il paraît que, déjà, au temps de Luther, la culture potagère était 
en vogue à Erfurt ; le Raifort parfumé était dirigé vers la Russie 
où il combattait le scorbut. Il y a deux cents ans, la graine de Chou- 



58 ' ALLEMAGNE 

fleur arrivait de Chypre, d'Angleterre ou de Hollande ; mais, 
pendant l'année 1862, certains établissements erfurtains vendaient à 
leur tour chacun 5oo kilogr. de semences de cette espèce recherchée, 
et la grande vitesse expédiait cent mille kilogr. de belles pommes 
blanches de Choux-fleurs. Erfurt compte actuellement 200 hectares 
de potagers, dont la moitié est consacrée à cette race recherchée. 

Le Chou-fleur a gagné Zerbst ; le Chou blanc, Magdebourg et 
Schweinfurt ; le Chou frisé, Ulm, tandis que le Concombre et le 
Raifort se concentrent à Lirebbenau. — L'usine à conserves attire 
l'Asperge, les Pois et les Haricots autour d'elle ; le Hanovre, la Hesse, 
Bade, la Saxe, le territoire de Lubeck et l'Alsace en profitent. 
Brunswick fournit quatre millions de kilogrammes d'Asperges, dont 
les trois quarts aux usines ; ici l'industrie des conserves d'Asperges 
occupe jusqu'à i,5oo ouvrières. 

Les plantes maraîchères fourmillent, pour ainsi dire, dans les 
champs d'épandage de Berlin ; elles s'étendent sur 7,600 hectares. Les 
terrains dits à légumes produisent par hectare jusqu'à 18,000 kilogr. 
de Choux rouges et de Choux blancs. Les eaux-vannes de Breslau, 
de Dantzig et de Fribourg-en-Brisgau ont pareil succès. 

Par une conséquence des guerres qui, hélas ! désolent trop souvent 
les nations, les variétés de Pommes de terre cultivées en Silésie ont 
été propagées dans les pays riverains de la Prusse, comme certaines 
Graminées à fourrages, d'origine germanique, se sont ressemées 
autour de Sadowa et dans la vallée de la Loire, après 1866 et 1870. 
Une véritable Flore obsidionale ! 

Le va-et-vient des productions maraîchères en Allemagne a son 
importance aux douanes. En 1891, les territoires allemands ont 
exporté 44o,436 kilog. de légumes; 68,654 kilog. ont franchi nos 
frontières. 

En 1892, l'exportation baisse à 211,342 kilog., et notre destination 
s'arrête à 4^,074 kilog. 

L'importation de légumes en Allemagne a moins varié. En 189T, 
elle se chiffre par 517,670 kilog., dont 12,950 kilog. à notre crédit. 
L'année suivante, la statistique accuse 667,816 kilog. de légumes 
importés chez nos voisins, soit une valeur de 9,i33,75o francs; un 
dixième environ est de provenance française. 

Un tableau de la production potagère en Allemagne, dressé par 
un consul général de France et transmis à notre Ministère de 
l'Agriculture, classe de la façon suivante les provinces qui s'adon- 
nent à cette culture, en tenant compte de la surface territoriale et de 
la densité de la population. 

En première ligne, le Schleswig-Holstcin, puis le Hanovre, 



ALLEMAGNE 5o, 

La Poméranie vient après, suivie de la Prusse orientale, de 
la Prusse occidentale, de la Westphalie, des provinces du Rhin. 

Au troisième rang s'échelonnent la Hesse-Nassau, la Saxe, la 
Poméranie. 

Enfin le Brandebourg, le Hohenzollern, la Silésie. 



VI. — Production de fruits. 

Vu à vol d'oiseau, le territoire allemand ressemble à un immense 
verger disséminé par massifs compacts ou par oasis au milieu des 
champs, se reliant tous par des rubans liserés de verdure, qui sont 
les routes fruitières. Quel joli coup d'œil lors de la floraison ! 

Quelles richesses emmagasinées à la récolte ! 

Le Gouvernement, les administrations publiques et les Sociétés 
ont bien raison d'encourager les plantations d'arbres fruitiers par 
des subsides en argent, des distributions de plants, des conseils 
gratuits, et en prêchant d'exemple , car la production fruitière, 
quoique considérable, ne suffit pas à la consommation directe ni aux 
usines de séchage, de confiturerie ou de distillation. 

L'initiative de l'État, ses circulaires relatives aux plantations 
routières, et les conférences pratiques données jusque dans le 
moindre village, ont provoqué la création de vergers à la ferme 
ou en pleine campagne. 

La préparation des fruits joue un grand rôle dans l'économie 
rurale de ce pays. 

On nous assure que l'Allemagne vend à l'extérieur pour douze 
millions de francs de Poires, de Pommes, de Prunes, de Cerises, de 
Pêches et d'Abricots ; mais elle en achète pour vingt millions de 
francs, non compris les importations d'oranges et les arrivages des 
bords de la Méditerranée ou de l'Adriatique. 

La culture fruitière forme une partie de l'exploitation agricole des 
régions Sud-Ouest. Elle est très répandue dans le Centre et le Nord, 
en plein champ ou au jardin ; elle domine au Sud et à l'Ouest. 

La Hesse-Nassau, très riche en fruits et en légumes, surnommée 
« le Verger de l'Allemagne », récolte 112,000 quintaux de fruits, très 
jolis d'aspect et fins de qualité, sous le climat du Rhin. 

En Saxe, à l'ouest de Dresde, l'année fertile de 1891 a donné 
63,546 quintaux de fruits variés. 



6o ALLEMAGNE 

Le Prunier se rencontre un peu partout ; — à lui seul, le territoire 
de la Hesse en compte trois millions de sujets. 

Au pays de Souabe, le Prunier est l'arbre de fond des plantations 
de route et des places publiques. 

Les provinces du Nord et de l'Est fournissent des fruits excellents, 
par exemple le Schleswig-Holstein, la Silésie, la Prusse Orientale, 
le Hanovre, le Brunswick. 

L'Altelan, dans le Hanovre, près de l'embouchure de l'Elbe, ayant 
14,000 hectares de superficie, est célèbre pour sa production de 
fruits ; de ses 4 00 > 000 arbres fruitiers, il expédie à Hambourg, 
en Angleterre et à Berlin, des fruits à pépin ou à noyau pour une 
somme de deux millions de francs. 

Werder, près de Berlin, vend 5o,ooo quintaux de fruits et parti- 
culièrement de Cerises. Des commissionnaires achètent sur place et 
expédient dans les grandes villes de l'Angleterre, de l'Allemagne et 
de la Russie. 

Guben, de la province de Brandebourg, produit 3o,ooo quintaux de 
fruits ; on cite des Cerisiers qui ont rapporté de cent à cent 
cinquante francs de cerises. 

Prenons un exemple de la prospérité des plantations fruitières sur 
les grandes voies publiques. 

Les routes nationales, en Saxe, sont bordées d'arbres fruitiers, et 
la vente des fruits que produisent ces plantations apporte aux 
recettes de l'Etat un contingent qui, pour la période des treize 
dernières années, représente une somme de 1,431,292 marks ou 
de 1,789,115 francs. La quotité annuelle du revenu n'est pas cons- 
tante et varie nécessairement avec les saisons favorables ou défavo- 
rables à la fructification ; mais, en somme, elle est plutôt en a oie 
d'accroissement, ainsi qu'en témoigne le tableau que nous repro- 
duisons d'après la statistique officielle : 

Années fr. c. ï886 109.780 » 

1880 4 1 - 776 25 1887 III. 006 25 

1881 117.66875 1888 I06.425 » 

1882 112. 618 75 1889 177.398 75 

i883 i4o.568 75 1890 188 278 75 

1884 i32 . 026 25 1891 2o3 . 091 25 

i885 142 842 5o 1892 2o5 . 753 75 

L'entraînement s'est manifesté dans tous les rangs de la population. 

L'Etat et les administrations recommandent les plantations, qui 
fructifient librement sous la surveillance d'un personnel spécial. 
Le grand propriétaire, de son côté, se plaît à orner sa demeure 
d'un jardin fruitier composé d'arbres taillés et abrités, Il en est de 



ALLEMAGNE 6l 

fort beaux qui révèlent la main d'arboriculteurs français qui, eux- 
mêmes, ont fait des prosélytes et des élèves. 

En même temps que l'exploitation des arbres à tout vent, la 
culture et l'éducation des arbres tout dressés et formés se sont déve- 
loppés dans les pépinières commerciales. 

Il en résulte que, sous l'abri protecteur des avenues à grand ren- 
dement, de nombreux jardins fruitiers se sont créés ou perfectionnés, 
et les expositions ou les ouvrages pomologiques aidant, la produc- 
tion du jardin soumis à la taille a procuré à la consommation nos 
fins Beurrés et Doyennés, nos excellentes Reinettes et Calvilles, nos 
prunes Reine-Claude exquises et nos Mirabelles parfumées. 

En parcourant la Pomone allemande, nous trouvons beaucoup de 
fruits à deux fins ou d'économie rurale et ménagère. 

Les Poires suivantes, propres à divers usages, sont classées dans 
leur ordre de maturité : 

Rœmische Schmalzbirne, fruit pour compotes et séchage : 

Kuhfuss, pour cuisson, sirops et séchage ; 

Zimmtfarbige Schmalzbirne, à compotes, sirops et séchons ; 

Ochsenherzbirne, pour compotes, sirops, séchage ; 

Senibirne, pour cuire, sécher, confire ; se colore à la cuisson; 

"Wittenberger Glockenbirne, poire à cuire ou à sécher; 

Kamper Venus, pour cuisson et pâtisseries ; chair rouge ; 

Yeldenzerbirne, fruit à sécher, à cuire et pour cidre ; 

Spitzbirne et Grosse Glasbirne, fruits pour séchage et boisson; 

Scknackenburger Winterbirne, pour la cuisson ; chair rouge ; 

Baronsbirne, se colore au feu comme la précédente. 

La Pomme « à tout faire,» dispersée de l'Est à l'Ouest, se distingue 
sous les noms ci-après : 

Nikitaer streifling, fruit juteux et acidulé ; 

Luiken, fruit recherché pour le cidre, la cuisine et le séchage ; 

Kleiner Langstiel, de pressoir et de séchage ; plantation routière ; 

Kleiner Fleiner, fruit acidulé, pour cuire et pour cidre ; 

Rheinischer Krummstiel, pour la cuisine et la cuve ; 

De Bohémien (de Bade et de Wurtemberg), pour cuisson et cidre ; 

Grauer Kurzstiel, pomme de cuisine ou de pressoir ; 

Winter Bredeke (de Hanovre), fruit robuste, à cuire et pour cidre ; 

Brauner Matapfel, pour cuisson et cidre ; 

Wciser Wcinapfel, pour séchage et boisson ; 

Zwiebelborsdorfer, pomme des plus populaires au séchage ; 

Grosscr Bohnapfel, pour séchage, cuisson et pressoir; 

Apfel von Ulzeu, pour diverses préparations ménagères; 

Puïpurrother Cousinot, acidulé, fruit de marché ; 



6'2 ALLEMAGNE 

Gubener Warraschke, pomme pour la cuisine et pour la cuve ; 

Sulinger Grùnling, fruit robuste, à deux fins ; 

Rother Eiserapfel, spécialement à cidre ; arbre élevé ; 
. Rother Trierscher Weinapfcl, première qualité pour cidre ; arbre 
de route. Il s'agit ici du Pommier «Rouge de Trêves», au port érigé, 
recommandé par les administrations des Travaux publics ; son fruit 
brave les tempêtes et se prête au séchage. 

La Cerise, dans ses espèces robustes aux climats moyens ou froids, 
nous procure : 

L'Amarelle Royale, cerise pour confire et pour sécher ; 

Le Rigarreau blanc de Winkler, dont le fruit séché et « désossé », 
fait concurrence au raisin de Corinthe ; 

Le Rigarreau de Fromm, fruit noir, pour cuisson et séchage ; 

Le Rigarreau de Krïiger, fruit noir, pour confitures et « prunelles»; 

La Guigne Lucien, beau et bon fruit rouge clair pour tous usages ; 

La Griotte d'Ostheim, à confire et à sécher; 

La Griotte de Frauendorf, pour tous usages ; 

La Griotte de Kleparow, cerise à ratafia ; 

La Griotte Welser, à confire et à sécher ; 

La Griotte du Nord, à confire ; arbre robuste aux grands hivers. 

Quant aux Prunes qui, dans leur ensemble (22 millions de quin- 
taux), constituent une production égale aux Poires et aux Pommes 
réunies, l'espèce dominante et traditionnelle dans les plantations 
homogènes, c'est la Quetsche, la Prune nationale d'Outre-Rhin. 

Les variétés Quetsche hâtive de Wangenheim et Hâtive d'Essling 
y supportent les climats les plus rudes. 

Quelques espèces locales, à pruneaux, ont été adoptées. 

La Poire à cidre produit des types spéciaux qui se dispersent sur 
les routes et dans les exploitations rurales ; telles sont : 

Retzelsbirne, boisson de longue durée ; 

Champagner Rratbirne, aujus pétillant comme le vin de Champagne ; 

De Weiler, arbre robuste, vigoureux, bon cidre ; 

Eisgriiber Mostbirne, arbre rustique au froid, cidre agréable ; 

Gelbe Wadelbirnc, fruit allongé, au jus abondant ; 

Knausbirne, à sécher et pour cidre ; 

Pomeranzenbirnc vom Zabergau, cidre de longue conservation ; 

Sievenicher Mostbirne, juteux, acre, à cidre ; 

Wildling von Einsiedel, bon poiré comparé au vin mousseux ; 

Wolfsbirne, jus clarifiant les vins devenus lourds. 

Le poiré est plus recherché sur la rive droite du Rhin, sans doute 
pour les combinaisons destinées à suppléer à Onsuilisuiice. du vin. 

Le Raisin est légendaire sur les coteaux du .Rhin. Le. Nassau et 



ALLEMAGNE G3 

plusieurs provinces rhénanes vivent du cépage Riesling. Le Chasselas 
se plait dans les hautes vallées du lleuve, de Bàle à Carlsruhe, où il 
porte le nom de « Gut-Edel » ; il est très recherché du gourmet 
et du négociant. D'ailleurs, le Rheingau a vu s'installer des forceries 
de vignes, façon belge ou anglaise, pour l'approvisionnement des 
grandes cités allemandes. 

Les Noisetiers, les Néfliers, les Cognassiers sont bien répandus, 
le plus souvent en bordures de parcelles. 

La Groseille à grappes est exploitée sur plusieurs points, par 
exemple à Werder, près de Potsdam ; avec les Cerises, elle a contri- 
bué à l'augmentation de la plus value des terrains. 
Des faits d'expropriation l'ont prouvé. 

Les jardiniers et les paysans se livrent à cette culture ; on fabrique 
beaucoup de vins de Groseilles dans les pays allemands. 

Les Framboises, appréciées par leur emploi dans l'industrie des 
jus, se récoltent dans les jardins ou en plein champ. 

La Fraise enrichit de vastes plaines assainies, aussi bien que les 
jardins maraîchers ; la grande culture s'en est emparée. 

Les Vierlandes, près de Hambourg, ont été célèbres en tout temps 
pour la culture des Fraises. Il en arrive, à Hambourg, de gros 
approvisionnements conduits par des habitants portant le costume 
pittoresque de leur province. 

Non loin de Dresde, à Kœtzschenbroda, il se tient une bourse de 
Fraises. De là, en 1890, on a expédié par chemin de fer 40,000 kilog. 
de ce petit « fruit rouge »; autant, en 1891, ont été dirigés vers 
Berlin et Leipzig, et par terre, vers Dresde. 

L'Airelle Myrtille, broussaille sous-frutescente qui garnit les 
clairières des bois et des taillis, fournit, ainsi que la Ronce, une 
baie utilisée dans la fabrique des sirops destinés à la préparation 
de boissons de table, de confiseries, de compotes. 

Une maison de Francfort qui pressait, en 1882, déjà 2,000 kilog. de 
Myrtille, la Brimbelle des Vosges, utilisait l'année dernière, c'est-à- 
dire dix ans après, la quantité incroyable de i56,ooo kilog. 

La Cranbcrry américaine, Oxycoccos, plus riche en pectine, 
commençait à être exploitée dans les marécages desséchés ou irri- 
gués ; elle s'est retirée dans les jardins d'essai ou de collection. 

'Partout, maintenant, se montent des usines à vins de fruits. Les 
principales sont à Berlin, à Guben, à Grùnberg, à Francfort-sur-le- 
Mein. Cette dernière ville a la spécialité des Cidres pour l'expor- 
tation. Chaque année* il entre dans ses brasseries de province ou 
cidreries à peu près 35o, 000 quintaux de fruits ; il en sort 4 ao > 000 ■ 
hectolitres de Cidre. ; ... 



64 ALLEMAGNE 

Pendant dix années (1880-1889), l'importation des fruits dans 
l'Empire allemand a été, en moyenne, de 600,000 quintaux. 

L'exportation s'est limitée à 25o,ooo quintaux. 

Le séchage des fruits, si lucratif au fariner américain, commence à 
s'implanter à la ferme d'Outre-Rhin. La période décennale précitée 
donne à l'importation allemande, par année, 260,000 quintaux de 
fruits sécliés ou confits, estimés 60 francs le quintal, et l'expor- 
tation seulement 4,5oo quintaux. Quoiqu'étant reconnus de qualité 
inférieure, ils n'en sont pas moins devenus une concurrence aux 
fruits français et américains sur les marchés de la Russie. 

En ce moment, on étudie les procédés de fabrication et le perfec- 
tionnement du matériel. 

L'emploi des appareils de séchage réduira sensiblement les achats 
à l'extérieur de fruits passés au feu, entiers ou par tranches. Un 
certain nombre de séchoirs et d'étuves à fruits sont essayés dans les 
différentes provinces allemandes ; tout fait espérer que le cultivateur 
saura en apprécier les avantages, d'autant plus que le Gouvernement 
allemand a compris les fruits séchés au chapitre de l'approvisionne- 
ment des troupes de terre et de mer. 



VII. — Établissements commerciaux. 

Le recensement fait au I er janvier 1892, avec le concours des Sociétés 
locales, nous renseignera sur le nombre d'établissements horticoles 
de l'Allemagne. 

Berlin et sa banlieue, jusqu'à Potsdam inclus, déclarent 800 éta- 
blissements, cultivant une superficie de 2,600 hectares ; la ville de 
Berlin figure pour i38 maisons et 280 hectares de jardins, et pour 
4oo maisons et magasins de graines, fleurs et bouquets, en ville. 

Hambourg-Altona et environs possèdent actuellement, en chiffres 
ronds, 200 établissements. 

Francfort et environs 140 Stuttgart ^G 

Breslau 60 Carlsruhc 38 

Munich n5 

Le royaume de Saxe compte i,9o3 établissements, occasionnant un 
salaire de 2,280,000 francs; sur ce nombre, la capitainerie de Leipzig 
en possède 279; celle de Dresde, 809. 

Leipzig et son voisinage ont, sur uue surface de 260 hectares, 
i85 établissements occupant i,5oo ouvriers. 

Les cultures sous verre d'arbustes et de plantes y dominent. 



ALLEMAGNE 65 

Le Cercle de la ville d'Erfurt a 72 horticulteurs travaillant sur 
732 hectares; quatre d'entre eux ont plus de 5o hectares, et dix, 
plus de 10 hectares, particulièrement consacrés à la production des 
semences llorales ou potagères. 

La banlieue d'Erfurt compte 16 établissements couvrant 66 hectares. 

Quedlinbourg possède de plus vastes exploitations, parce que l'on 
y cultive en même temps la Betterave à sucre. 

Nous reviendrons, page 68, sur la production des semences. 

D'après la statistique du 5 juin 1882, le nombre des établissements 
horticoles, y compris les pépinières et les maisons de commerce 
de fleurs de l' Allemagne, s élevait à 17,700, parmi lesquels on comptait 
16,000 maisons exclusivement consacrées à l'horticulture. 

On estime à 43,900 le nombre des personnes qui y étaient employées. 

Les établissements se trouvaient ainsi répartis, en chiffres exacts : 

Prusse . , 11. 323 Bade 670 

Bavière 757 Hesse 325 

Royaume de Saxe 1 . 465 Hambourg 356 

Royaume de Wurtemberg 702 Alsace-Lorraine 602 

Cette étude prétend que le nombre proportionnel de personnes 
occupées dans le jardinage, sur 10,000 habitants, pourrait être établi 
à peu près sur cette base : 

Allemagne 9 Bavière 3 

Prusse 10 Royaume de Saxe i4 

Province de Brandebourg, y Capitainerie de Dresde ... 21 

compris Berlin i3 Capitainerie de Leipzig. . . 20 

Province de Saxe 32 Wurtemberg. 7 

Schleswig-Holstein i4 Bade - 6 

Hesse-Nassau 11 Hambourg 19 

En dix années, ces chiffres ont pris une plus grande importance. 

ASSURANCES CONTRE LA GRÊLE. 

Un système d'assurances contre la grêle fonctionne pour les 
horticulteurs, principalement de l'Allemagne du Nord et du Centre. 

Au I er janvier 1892, la « Compagnie allemande d'assurances contre 
la grêle » comptait 5,264 opérations, représentant une valeur de 
8,472,000 francs. 

La prime annuelle produisait un total de i3o,366 francs. 

L'Allemagne du Sud, plus exposée aux orages, est cependant moins 
bien traitée par la Compagnie. 

Erfurt et Quedlinbourg, pays rarement sinistrés, ne sont pas 
assurés. 

5 



66 ALLEMAGNE 

IMPORTATION ET EXPORTATION. 

La production et le commerce des végétaux vivants : Arbres et 
Arbustes, Plantes, Ognons à fleurs, Dahlias, Muguets ont fourni, 
en 1891 : 

i° Une importation de 57,000 quintaux évalués 4,55o,ooo francs. 

2 Une exportation de 3o,ooo quintaux évalués 2,85o,ooo francs. 



PÉPINIÈRES. 

Les pépinières allemandes se sont développées, et quelques-unes 
atteignent une étendue considérable ; ainsi la maison Spath, fondée 
en 1720, exploite à Rixdorf, près de Berlin, 160 hectares de pépinières 
fruitières, forestières ou d'ornement, et occupe 35o ouvriers. 

Quelques établissements envoient des explorateurs aux États-Unis, 
au Canada, au Caucase et au Japon, pour y rechercher des espèces iné- 
dites, mais robustes au climat de l'Europe Centrale ou Septentrionale. 

Les principales pépinières sont installées sur les territoires de 
Rixdorf, Nieder-Schœnweide, Berlin, Lubeck, Trêves, Bergedorf, 
Hambourg, Zœschen-Mersebourg, Weener en Ostfriesland, Kamenz 
et Dresde (Saxe), Celle (Hanovre), Hofheim, Ehrenfeld- Cologne, 
Praust-Dantzig, Gelnhaussen, Stralsund ; et non loin de la capitale : 
Biesenthal, Lorberg, Marienfelde, Steglitz, Tempelhof, Treptow. 

Les plantations routières en arbres fruitiers ont provoqué la 
multiplication de variétés propres à cet usage. 

Les pépinières cultivent des arbres d'ornement, des conifères, des 
arbrisseaux, des plants forestiers et beaucoup d'arbres à fruits de 
table, de pressoir, de séchage ou de distillation. 

Dans les localités froides de l'Allemagne, le bouturage et le 
greffage de jeunes plants se pratiquent à la maison, pendant l'hiver. 

La greffe des Groseilliers à grappes ou à maquereau, sur tige de 
Ribes aureum, est une spécialité chez quelques horticulteurs. 

La culture des Rosiers s'est fixée en se localisant, et elle a atteint 
Un développement extraordinaire. 

Les plus grands établissements de rosiéristes sont à Trêves, à 
Steinfurth-Nauheim, à Hambourg, à Lubeck, à Dresde, à Koestritz, 
à Nieder-Walluf, à Rixdorf, à Potsdam, à Schœnweide, à Berlin, à 
Ërfurt, à Genthin, à Unna, à Wiesbaden, à Augsbourg, etc. Les 
nouveautés proviennent surtout de la France, de l'Angleterre, des 
Etats-Unis ; quelques-unes, de l'Allemagne et du Luxembourg. 

Le greffage du Rosier se fait sur tiges ou sur racines. Les plantes 
destinées au forçage sont hivernées en cave, dans les localités très 
froides; les autres sujets, d'espèce robuste, restent en pleine terre* 



ALLEMAGNE 67 

Tous les établissements de pépinières sont bien tenus. Il y a d'an- 
ciennes maisons qui se sont succédé de père en fils. 

La culture du sol se fait en bonnes conditions ; les transports sont 
facilités par l'administration. 

Presque tous les jardiniers font partie de la Société de prévoyance 
qui, moyennant une redevance mensuelle d'un mark et demi, assure 
aux titulaires, en cas de maladie, une indemnité journalière de 
3 marks (3 fr. jo). 

Le personnel fixe ou libre est moins coûteux qu'en France. Parmi 
les chefs de culture, les uns ont suivi les conférences publiques, 
d'autres sont d'anciens élèves des Écoles d'horticulture. 

Beaucoup de jeunes gens voyagent d'un établissement à un autre 
pour mieux s'instruire. Une fois leur service militaire accompli, 
quelques-uns émigrent vers l'Amérique, où déjà la population alle- 
mande constitue un effectif relativement prodigieux ; un plus grand 
nombre d'entre eux revient au pays, après un stage chez les Anglais, 
les Belges ou les Français. 



FLORICULTURE. 

Tandis qu'autrefois chaque horticulteur cultivait une collection 
de toutes plantes variées, aujourd'hui, seuls, les petits jardiniers 
qui vendent sur les marchés conservent cette méthode hétérogène, et 
les établissements en renom prennent chacun leur spécialité de 
plantes à beau feuillage ou à fleurs, de serre ou de pleine terre ; le 
producteur y gagne, l'amateur aussi. 

La fleur « coupée » pour bouquets et parures, figure au tableau 
de l'exportation de 1891 pour 2,65o quintaux évalués 760,000 francs ; 
mais elle arrive de l'Autriche (Trieste), de l'Italie, de la Suisse et de 
la France, par i6,55o quintaux évalués 3,6oo,ooo francs. 

Plantes de Serre. 

Dans ces dernières années, les Orchidées ont eu la préférence des 
amateurs. Leur culture pour la vente se fait principalement à Berlin, 
à Hambourg, à Breslau, à Brieg, à Erfurt, à Bonn, à Wiesbaden, etc. 

Les jardins botaniques et de nombreux jardins particuliers 
possèdent de remarquables collections d'Orchidées. 

Les Palmiers et les plantes à feuillage, de serre chaude ou de serre 
froide, sont, en beaucoup d'endroits, l'objet principal de la culture 
et de l'exportation ; tels sont : Leipzig, Dresde, Leisnig (Saxe), Alten- 
bourg, Hambourg, Berlin, Mayence, Darmstadt, etc, 



68 ALLEMAGNE 

La culture des Azalées, des Camellias, des Rhododendrons et aussi 
des Bruyères est depuis longtemps l'apanage de Dresde, où l'on 
cultive au moins un million et demi d'Azalées, 800,000 Camellias, 
200,000 Rhododendrons, par bouture, greffe ou marcotte. 

La culture des Cyclamens est devenue d'une grande importance. 

Le Dracœna, le Ficus, FAralia se fabriquent par centaines de mille. 

On cultive beaucoup de plantes destinées à meubler les corbeilles 
et les plate-bandes du jardin : Pélargoniums, Fuchsias, Bégonias, 
Œillets, Cannas, Pétunias, Verveines. Les espèces dites du Cap et 
de la Nouvelle-Hollande et les plantes variées ou d'assortiment, sans 
être par collections de genres, se trouvent à Stuttgart, à Carlsruhe, 
à Neu-Ulm, à Munich, à Baden-Baden, à Mannheim, à Francfort- 
sur-le-Mein, à Cassel, aussi en Saxonie, à Herrenhut, etc., et à 
Erfurt, qui possède la plus forte maison de production. 

Les Cycas sont tenus en serre pour la vente des palmes. 

Les cérémonies de famille et le champ du repos offrent un grand 
débouché au commerce des plantes. 

Plantes de pleine terre. — Plantes d'été. 

Les Reines-Marguerites, les Giroflées, les Résédas, les Pétunias, 
les Phlox, etc., dont la culture se fait à Erfurt et à Quedlinbourg, 
sont classés par espèces et par variétés sur des superficies immenses. 
A l'époque de la floraison, le coup d'œil est ravissant. 

Les Pensées y sont aussi cultivées, de même qu'à Oschersleben, à 
Lùnebourg, etc. 

L'exploitation du Dahlia ou Georgina se pratique en grand à 
Erfurt, Koestritz, Zerbst, Nordhausen, Arnstadt, Stuttgart, Berlin, 
Elbing, etc. 

Les rhizomes de Muguet vont, par 100,000 kilog., en Angleterre et 
aux Etats-Unis, alimenter les forceries. 



SEMENCES. 

Graines de Légumes et de Fleurs. 

L'exploitation .des graines florales ou maraîchères a suscité la 
création de maisons de commerce, qui cultivent elles-mêmes et 
accaparent les produits des petits cultivateurs. 

Cette industrie de la province de Saxe, concentrée d'abord à 
Erfurt, sur la Géra, s'est étendue à Quedlinbourg, sur la Bode. 

La ville d'Erfurt s'appelait, au Moyen- Age, le Jardinier du 
Saint-Empire ; mais on se bornait au Chou-fleur, au Cresson, etc. 



ALLEMAGNE 69 

Ce n'est que vers le milieu du siècle dernier qu'on a commencé 
le commerce des graines ; Henri Platz cite, dans son Catalogue de 
1788, une liste de i,355 sortes de graines de fleurs. 

Actuellement, la culture totale est si étendue, que plus de 5oo hec- 
tares servent exclusivement à la production de graines de fleurs. 
Environ 200,000 mètres carrés sont sous verre exprès pour elles. 
(Voir pages 5y et 65.) 

On élève près d'un million de pots de Giroflées contenant chacun 
de sept à neuf plantes, cent mille pots d'Œillets, cent cinquante 
mille Violiers. — Quatre mille personnes y sont occupées et, par an, 
on envoie deux millions de catalogues. 

Un établissement renommé produit cent mille Giroflées, trente 
mille Primevères et vingt mille Pétunias ; il utilise six mille châssis, 
couvrant une superficie de 9,000 mètres carrés. 

Le nombre des espèces et variétés cultivées est tel, que le Catalogue 
commercial d'une maison porte 14,000 numéros. 

A côté des Reines-Marguerites, des Balsamines, des Phlox et des 
Quarantaines, la fleur séchée, qui est exportée pour les bouquets et 
l'ornementation d'hiver, a ses points de repère et ses ateliers. 

Un cultivateur se concentre sur vingt hectares d'Immortelles. 

Certains exploitants ont les Graminées dans leur lot. 

Le matériel de culture ou de préparation des graines est soigné. 

Les grandes maisons, pour lesquelles travaillent des cultivateurs 
attitrés, ont des succursales ou des tenanciers dans la Provence et 
l'Algérie pour les espèces à maturation plus difficile. 

Erfurt cultive aussi des plantes de serre ou d'appartement. Elle a 
vu naître le Cinéraire à fleurs doubles. 

Quedlinbourg, par contre, s'est adonnée à la grande culture des 
«graines de jardins », sans abandonner l'agriculture. La production 
de semences potagères date de 1840 et fut fondée par Martin Grashoff. 

Les bénéfices de la culture quedlinbourgeoise sont tels, la 
bonne réputation justifiée aidant, que des fortunes se sont bâties 
sur cette industrie; à ce point, que l'un des chefs d'une maison, 
qui était l'enfant de ses œuvres, léguait en mourant — il y a de cela 
quelques années — près d'un million de francs pour encourager 
et réc ompenser les ouvriers du pays et les jeunes gens laborieux qui 
se destinent à la culture. 

Quedlinbourg possède le plus grand territoire urbain des villes de 
l'Etat prussien : 8,6^5 hectares ; presque tout ce terrain est consacré 
à l'exploitation des plantes fournissant des graines destinées aux 
cultivateurs agronomes ou jardiniers. 

Les champs consacrés aux semences de Betteraves sucrières et de 



JO ALLEMAGNE 

Blé en absorbent la plus grande partie; cependant cet espace ne 
suffît pas, et beaucoup de terres sont louées en plus. 

Une seule maison travaille sur 2,700 hectares de terres, et fait 
cultiver au dehors plus de 4>5oo hectares de graines sous un contrôle 
sévère, en procurant elle-même la semence. Elle exploite ainsi ; 
900 hectares de Blé ; 
600 — de Betteraves ; 
i5o — de Pois ; 
95 — de Haricots; 
75 — de Salades et d'Ognons ; 
Nous trouvons ensuite : 

i5 hectares de Cornichons ; 
3o — de Reines-Marguerites ; 
18 — de Résédas ; 
5 — de Phlox de Drummond. 
Ces cultures sont en pleine terre ; à son tour, la poterie retient 
pour graines, environ : 

390,000 Giroflées ; 
36, 000 Violiers ; 
i5,ooo Cinéraires ; 

5,ooo Calcéolaires ; 
80,000 Primevères de Chine. 
Le personnel comprend : 240 jardiniers, 3o apprentis, 1,800 ouvriers 
des deux sexes. 

Un second établissement fait valoir par lui-même 85o hectares, 
et 825 au dehors ; il occupe 70 jardiniers et 55o manœuvres. 

Un troisième cultive 4^° hectares, avec 55 jardiniers et 200 
manœuvres. 

Au total : Quedlinbourg et ses environs comptent 4° jardiniers 
horticulteurs cultivant : trois, plus de 25o hectares ; cinq autres, de 
25 hectares à 1 hectare 1/4 ; et les autres, moins de 1 hectare 1/4. 

L'émigration, qui lance avec tant de succès ses griffes en Allemagne, 
ne doit pas trouver clientèle à Erfurt ni à Quedlinbourg. 

La production des graines a gagné Aschersleben, Eisleben, 
Halberstadt, dans le Sud de l'Allemagne. De vastes établissements 
existent à Mayence, à Darmstadt, à Bamberg, à Aschaffenbourg, à 
Schweinfurt, à Miltenberg, à Munich, à Nuremberg, à Celle, à Ulm, 
à Gross-Tabarz, etc. Ils ont la spécialité des graines potagères 
et fourragères, et les expédient un peu partout. 

Des semences forestières s'échappent de Darmstadt, de Gross- 
Tabarz, d'Aschaffenbourg, se dirigeant vers tous les États de l'Europe. 



ALLEMAGNE JI 

Plantes officinales. 

L'exploitation des plantes officinales est d'autant profitable qu'elle 
s'exerce sur un sol riche et se trouve confiée à la famille du culti- 
vateur. Dans ces conditions, elle fournit un revenu appréciable à la 
petite culture et aux ménages ruraux. 

Il convient, d'ailleurs, d'adopter les bonnes espèces robustes au 
climat, et s'imprégnant copieusement de leurs principes essentiels. 

La Thuringe présente ces milieux désirables : Kœlleda, Iénalobnitz, 
Iéna et Erfurt figurent au premier rang. — Ailleurs, Schneeberg, de 
l'Erzgebirge saxon, les environs de Schweinfurt, de Nuremberg, de 
Bamberg, etc., ont des champs lucratifs et bien soignés. 

Le territoire de Kœlleda possède : 

34 hectares de Menthe poivrée fournissant 1,000 quintaux évalués 

52,ooo francs, et 18 hectares de Menthe crépue ; 
62 hectares de Valériane produisant 3, 000 quintaux évalués 42,000 fr.; 

35 hectares d'Angélique produisant i,5oo quintaux évalués 8,5oo fr.; 
18 hectares de Livêche rapportant 5oo quintaux. 

Nuremberg et Schweinfurt produisent 3oo quintaux de Guimauve. 
La campagne de Leipzig a 45 hectares de Rosiers pour la distillerie 
et la fabrication d'essence de roses. 



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VIII. — Journaux horticoles. 

Les principaux journaux horticoles, publiés en Allemagne, sont : 

Gartenflora, rédigé autrefois par E. D. Regel. 

aujourd'hui par L. Wittmagk. 

Der praktische Rathgeber (populaire) R. Betten et Boettner. 

Deutsche Gartner zeitun g Lud. Môller. 

Der Obstmarkt B. L. Kûhn. 

Handelsblatt fur dendeutschen Gartenbau. Fédération des Sociétés 
J allemandes. 

Illustrierte Monatshefte (Neuberfs 

Garten Magazin) Max Kolb, Lebl, Weiss. 

Pomologische Monatshefte Fritz Lucas. 

Rheinischer Gartenfreund Société d'horticulture de Bade, 

Rosenzeitung P. Lambert. 

Zeitschrift fur Gartenbau und Gartenkunst. G.Hampel. 

Zeitschrift fur Obst und Gartenbau. . . Société pomo logique de Saxe. 

D'autres Bulletins de Sociétés horticoles et des Journaux scienti- 
fiques ou agricoles prêtent leurs colonnes à l'Horticulture, 



JO, ALLEMAGNE 

IX. — Ouvrages horticoles. 

Les ouvrages remarquables de l'horticulture allemande sont : 

Album fur Teppichgârtnerei K. Goetze. 

Alpenpftanzen, 1889 Max Kolb. 

Dendrologie Karl Koch. 

Der Garten, Berlin 1884 Jacob von Falke. 

Deutsche Dendrologie E. Koehne. 

Deutsche Pomologie AV. Laughe. 

Deutschlands teste Obstsorten Oberdieck. 

Die Gartenkunst der italienischen Renais- 
sance Zeit W. P. Tuckermann. 

Die Lehre vom Baumschnitt Fritz Lucas. 

Die Succulenten, Berlin 1892 Rûmpler- Schumann. 

Die Bliimenbindekunst Louise Riss. 

Die Winterblumen H. Gaerdt. 

Gartenanlagen nach alten Vorbildern Jessen. 

Gartenbau im Mittelalter und wâhrend der 

Renaissance, Berlin 1892 A. Kaufmann. 

Gartenbeete und Gruppen . . G. Hampel. 

Gartenkunst und Garten, sonst undjetzt. . . * H. Léger. 

Gârtnerische Plankammer Bertram, Bouché, 

Hampel. 

Gàrtnerisches Planzeichnen Bertram. 

Handbuch der Laubholzkunde Léopold Dippel. 

Handbuch der Nadelholzkunde Beissner. 

Handbuch der Pflanzenkrankheiten Paul Sorauer. 

Handbuch des Gartnerischen Planzeichnens . G. Eichler. 

Illustriertes Garienbau-Lexikon Tu. Rûmpler. 

Illustriertes Gehôlzbuch J. Hartwig. 

Illustriertes Handbuch der Obstkunde J r*™™™™,- 

vJBERDILClv. 

Kulturpraxis der besten Warm und 

Kalthauspflanzen AV. Allendorff. 

Lehrbuch der schœnen Gartenkunst Meyer. 

Nomenclator Pomologicus, 188 g Garl Mathieu. 

Reichenbachia, die schônsten Orchideen .... Reichenbach. 

Rosennamen Garl Mathieu. 

Schmidlins Gartenbuch Nietner et Rûmpler. 

Steins Orchideenbuch Stein. 

Théorie des Gartenbaues Max Kolb. 

Vollstândiges Handbuch der Obstkultur . . . Fritz Lucas. 

Wredow Gartenfreund Gaerdt. 



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ALSACE-LORRAINE 



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14,009 kilomètres carrés. — i,564,36o habitants. 



I. — Action du Gouvernement. 

Le Gouvernement cT Alsace-Lorraine , sans être autonome, a 
cependant appliqué des mesures qui lui sont particulières et qui se 
rapportent à l'exploitation du sol. 

Dans un but politique, d'après un de nos compatriotes chargé 
d'étudier l'agriculture officielle en Alsace -Lorraine, et avant la 
nomination d'un Stathalter qui concentre le pouvoir entre ses 
mains, l'Administration allemande a créé, dès les premières années 
de l'annexion, un service agricole spécial, espérant ainsi s'assurer 
les sympathies des populations rurales. 

Cette institution comprend, dans les pays annexés : 

i° Les réunions territoriales, les partages de biens communaux et 
les améliorations culturalcs d'un intérêt général ; 

2 La régularisation et l'endiguement des fleuves et rivières ; 

3° Le dessèchement des marais ; 

4° Les travaux de drainage et d'irrigation en grand ; la création de 
prairies par des communes et par des associations autorisées. Pour 
l'exécution de ces travaux, il avait fallu jusqu'alors le consentement 
unanime des participants, condition qui était rarement remplie 
à cause du trop grand morcellement. On a remédié à cet inconvé- 
nient, en complétant la loi française du 21 juin i865 par une loi 
du 11 mai 1877, en ce sens que les entreprises purent être réalisées 
malgré l'opposition d'une minorité. Les irrigations se sont ainsi 
multipliées, surtout dans la Basse-Alsace, tandis que les drainages 
ont plus d'importance en Lorraine ; 



74 ALSACE-LORRAINE 

5° La création de réservoirs de montagnes destinés à retenir les 
eaux des pluies du printemps et de l'automne, qui seront utilisées 
pendant la saison sèche, conformément aux intérêts de l'agriculture 
et de l'industrie ; 

6° L'établissement de règlements pour l'utilisation de l'eau, dans un 
intérêt public ; 

7° L'entretien et le curage des cours d'eau. 

A peu d'exceptions près, les différentes lois françaises sont restées 
en vigueur. 

Les terrains destinés aux pépinières, aux vergers, aux potagers, 
aux cultures industrielles sont prospères. 

Le budget d'Alsace-Lorraine porte à chaque exercice un crédit 
de 3,^50 francs, spécialement affecté à des subventions remises par le 
Gouvernement aux communes qui font des plantations fruitières 
sur leurs terrains communaux. Le subside est fixé à la moitié de la 
dépense totale. 

D'ailleurs, le Gouvernement a cherché à démontrer qu'il voulait 
encourager, en Alsace-Lorraine, l'arboriculture qui a tant souffert 
pendant l'hiver 1 8 79-1880. Afin de hâter le remplacement des arbres 
détruits, l'Administration a fait acheter de jeunes sujets dans les 
pépinières indemnes, et les a cédés à moitié prix aux propriétaires, 
aux usagers, aux communes. 

Chaque année, des diplômes d'honneur, accompagnés de primes en 
argent ou de collections de fruits plastiques, sont décernés aux 
personnes et aux Communes qui se sont distinguées par les soins 
donnés à la culture fruitière. 

Le Gouvernement a également favorisé la création de pépinières 
pour ses divers services des Ponts et Chaussées et des Chemins de 
fer, et auprès des Municipalités qui disposaient d'un emplacement 
favorable. 

Ces divers procédés ont puissamment encouragé la plantation des 
arbres fruitiers. 

Enfin, le Gouvernement a publié, dans le Journal officiel d'Alsace- 
Lorraine, une liste des variétés d'arbres fruitiers en Poires 
et en Pommes qui sont recommandables pour la grande culture 
de vergers ou de routes fruitières. Cette liste, reproduite plus loin, 
a été dressée par le Conseil d'Agriculture composé de quinze 
membres, cinq par département, et auquel le Ministère soumet 
toutes les questions relatives aux améliorations agricoles, 



ALSACE-LORRAINE ^5 



II, — Écoles d'horticulture. 

Il existe pour toute l'Alsace-Lorraine une seule École d'arbori- 
culture, située à Brumath, section de Grafenbourg, dans la Basse- 
Alsace, à quelques lieues de Strasbourg ; elle a été créée en 1875. 

A la tête de cette École se trouve M. Schûle, directeur, avec un 
traitement de 4,ooo francs. 

Le Directeur, chargé de donner l'enseignement théorique et 
pratique de l'horticulture et de l'arboriculture, est secondé par un 
jardinier et un aide-jardinier. 

Les bâtiments de l'École sont très importants. Les terrains joints 
à l'École comprennent une dizaine d'hectares. Les cultures fruitières 
et viticoles s'y trouvent largement représentées. 

Le nombre des élèves internes ne dépasse guère le chiffre de 
quinze à vingt jeunes gens, âgés de quinze ans au moins. 

La durée des cours est de trois années. 

Le prix de la pension est annuellement de 5oo francs. 

Les élèves fournissent à l'École tout le travail manuel. Les cours 
pratiques et théoriques, consacrés à l'horticulture et à la viticulture, 
sont dirigés, avant tout, du côté de l'arboriculture, comprenant les 
soins à donner aux arbres fruitiers, les plantations, le greffage, la 
taille, l'étude des variétés, l'emploi des fruits. 

L'Ecole s'est appliquée à établir une liste des meilleures variétés 
de fruits, surtout en Pommes et en Poires plus spéciales à la culture 
de haut-vent en vergers ou à la production du cidre. 

A côté des leçons scolaires sont institués à l'École les cours 
gratuits ci-après : 

i° Un cours d'arboriculture destiné aux cantonniers. — Ce cours 
a lieu deux fois par an, pendant les mois de mars et de juillet, 
et dure chaque fois un mois complet ; 

2 Un cours pour des agents communaux qui seront chargés ulté- 
rieurement des soins à donner aux arbres fruitiers de leur commune; 

3° Enfin, un cours d'arboriculture, avec programme plus étendu et 
une durée plus longue, pour les instituteurs, les employés subal- 
ternes des Ponts et Chaussées, les agriculteurs et les jardiuiers. 

Actuellement, l'établissement est devenu École d'agriculture 
d'hiver, sans internat. Les cours annexes d'arboriculture, ainsi que 
les collections arbustives et fruitières, ont été maintenus. 

L'École d'agriculture de Rouffach (Haute-Alsace), comprenant 
soixante-cinq élèves, en 1893, s'est attaché un professeur d'horticul- 



fi ALSACE-LORRAINE 

ture, qui démontre aux assistants la culture des arbres fruitiers et 
la production des légumes. L'École est autorisée à délivrer le certi- 
ficat pour le volontariat militaire d'un an. 

A Saint- Avold (Lorraine), il existe une pépinière départementale, 
dirigée par M. Wolfï. 

La sylviculture, la viticulture, les plantes industrielles : Houblon, 
Tabac, Chanvre, etc., sont du domaine de l'enseignement agricole. 



■!-*-• 



III. — Sociétés d'horticulture, 

Apres avoir créé une Société d'agriculture par département, des 
Comices agricoles par arrondissement ou cercle, l'administration se 
dispose à agir de même à l'égard de l'arboriculture. Elle en conserve 
la haute direction et elle exige l'usage de la langue allemande. 

Les anciennes Sociétés d'horticulture ne sont plus guère nom- 
breuses en Alsace-Lorraine. 

En voici les débris : 

Basse -Alsace. 

Strasbourg. — Société d'horticulture de la Basse-Alsace. 

Haute -Alsace. 

Colmar. — Société horticole et vigneronne. 
Mulhouse. — Société d'horticulture. 

Avant 1870, les Sociétés d'horticulture de Metz, de Strasbourg, de 
Colmar, de Mulhouse brillaient par leurs travaux : séances, exposi- 
tions, promenades d'enseignement, conférences publiques. 

Tous les organes de la vie horticole étaient savamment dirigés, 
et les réunions toujours fréquentées par une nombreuse population 
urbaine et rurale. 

L'art du jardinage, dans toutes ses branches, s'étalait avec éclat 
lors des concours régionaux agricoles. 

L'initiative de ces associations aurait-elle été enrayée par l'an- 
nexion? Toujours est-il que leur vitalité s'est ralentie Elles font 

cependant de temps en temps des expositions de fruits, de légumes 
et de fleurs qui sont encore bien réussies. 

A la Société d'horticulture de Colmar, se trouve un jardinier- 
professeur qui reçoit, du département, une subvention annuelle de 



ALSACE-LORRAINE ^ 

2,5oo francs, à charge par lui de donner des cours d'arboriculture 
pratique, dans le jardin de la Société et dans les différentes 
communes du département qui font appel à ses connaissances. 

Les cours volontaires d'arboriculture sont suivis avec beaucoup 
d'intérêt. 

Soucieuse d'affirmer en Alsace-Lorraine son initiative et son mode 
de gestion, l'Administration des chemins de fer allemands, trouvant 
à Golmar un terrain avantageux, s'est assuré le concours permanent 
d'un jardinier, qui décore d'arbustes et de fleurs les abords des 
gares des deux provinces. Une pépinière et des serres toutes 
spéciales sont le complément de ses fonctions. 

Par ses institutions philanthropiques et industrielles, Mulhouse a 
vivement contribué à propager l'amour du jardinage « autour de la 
maison » parmi la classe ouvrière. Saluons le nom des fondateurs 
de la première heure, les Schlumberger, les Dollfus, les Kcechlin ! 

La Société de la Basse-Alsace, à Strasbourg, rédige un Bulletin 
des plus intéressants. Dirigée par des hommes expérimentés, parmi 
lesquels nous retrouvons l'infatigable M. Wagner, cette Société 
donne à ses expositions, à ses travaux, à ses publications un caractère 
véritablement distingué ! Les visites et les concours sont toujours 
l'occasion de s'instruire mutuellement et... de se serrer la main î 

Depuis deux années, la Société de Strasbourg fait donner, au 
Jardin d'essai qu'elle a créé, des cours publics et gratuits sur la 
culture fruitière. Un auditoire nombreux suit les leçons et la Société 
accroît sensiblement son effectif. Le Ministère et l'Administration 
départementale encouragent cette œuvre d'intérêt public. 

L'ancienne Société d'horticulture de Metz, en Lorraine, si 
prospère autrefois, sommeille aujourd'hui. 

Elle a, dans son district, des pépinières qui sont restées au premier 
rang depuis longtemps, malgré les vicissitudes de la guerre et les 
changements de gouvernement. (Voir page 86.) 



!-*--!■ 



IV. — Progrès de l'arboriculture. 

Le goût de l'arboriculture s'est beaucoup développé en Alsace- 
Lorraine. L'on y trouve de nombreux amateurs, tenant à avoir de 
beaux arbres, bien conduits, bien soignés et généreux en fruits. 

Des expériences comparées sont faites en vue de l'emploi des 



^78 ALSACE-LORRAINE 

engrais chimiques dans la culture arborescente, mais, jusqu'à ce jour, 
ces essais n'ont pas fourni de conclusions définitives. 

Les produits des vergers sont en général consommés dans le 
pays même. Il s'en exporte fort peu. Bien au contraire, de nom- 
breux arrivages de fruits, provenant du Doubs, de Bâle et de 
différents points de la Suisse, se succèdent et se renouvellent. 

La cause de cette importation provient des désastres occasionnés 
par les grands froids de 1879-1880. La production de fruits est restée 
là-bas à peu près indemne, tandis que l' Alsace-Lorraine s'est trouvée 
forcée de refaire presque toutes ses plantations fruitières, qui avaient 
été détruites par la gelée. 

Des vergers importants et de nombreux jardins fruitiers sont 
entretenus, créés ou restaurés avec goût. Le marché aux fruits et la 
consommation publique s'en ressentent. 

Nous devons signaler encore la région fruticole qui occupe la 
vallée de Metz à Thionville, où les petits fruits rouges sont l'objet 
d'entreprises culturales et industrielles des plus profitables. 

Les enclos, les prés et les vergers de Plappe ville, de Lorry, de 
Marange ont une réputation bien méritée. Depuis longtemps, la 
Mirabelle de Metz et la Cerise de Thionville ont leur cote à la halle. 
La Haute-Alsace a de grandes plantations de Pruniers Quetsche 
pour la confection des pruneaux, et des champs de Cerisiers dont 
le fruit est destiné au Kirschwasser. 

Les Pruniers de Reine-Claude et de Mirabelle y sont d'un bon 
rapport ; les espèces ordinaires vont à l'alambic. 

Le Châtaignier boise les vallées ou couronne les plateaux. 
Le Noyer a des types séculaires respectés par le cultivateur. 
L'Abricotier et le Pêcher prospèrent dans les jardins ef sur les 
coteaux bien orientés ; le fruit n'est jamais invendu ni perdu. 

Le Chasselas doré, dit « Doucet », est exploité à Beblenheim, à 
Colmar, à Hunawihr, à Ribeauvillé, à Riquewihr, à Zellenberg. 

Plusieurs fins cépages, la fleur de cuve du versant oriental ou 
méridional des Vosges, sont demandés pour la consommation. 

Des spéculations analogues se présentent dans la Basse- Alsace, 
peuplée de vergers et de vignes. 

L'eau de cerises du Val-de-Villé égale en qualité le Kirschwasser 
de la Forêt Noire. 

Dans quelques années, P Alsace-Lorraine suffira amplement à ses 
besoins, par suite des plantations nouvelles, administratives ou 
particulières. 



ALSACE-LORRAINE J9 



V. — Routes fruitières. 

L'Administration a fait d'importantes plantations fruitières le 
long des routes, pour remplacer les platanes, les érables, les 
ormes, les tilleuls, les peupliers, etc., d'un revenu faible ou nul. 

La banquette des routes vicinales a été consacrée aux Pruniers 
et aux Cerisiers ; les routes départementales ou d'État restent plutôt 
affectées aux Poiriers et aux Pommiers. 

Les travaux d'installation et d'entretien sont suivis avec méthode. 

L'exploitation du fruit se passe en bonnes conditions. 

Chaque année, avant la récolte des fruits, leur vente est mise en 
adjudication, et le produit annuel de ces adjudications peut être 
estimé à une somme de 100,000 francs; il augmente tous les ans. 

Les arbres fruitiers sont plutôt en espèces à deux fins, c'est-à-dire 
pour la table, le séchage ou le pressoir, et la distillation ; leur entre- 
tien est rigoureusement observé en connaissance de cause. 

D'ailleurs, le Gouvernement allemand a fait imprimer, en 1879, 
une brochure intitulée : Instruction pour les Plantations à faire 
sur les routes et les chemins, émanant de la Présidence supérieure 
d'Alsace-Lorraine, et rédigée par Rudolf Goethe, alors directeur de 
l'École d'arboriculture de Brumath-Grafenbourg. 

Nous en extrayons le chapitre relatif au choix des variétés 
de Pommiers et de Poiriers. 



ARBRES FRUITIERS. 

Une des principales règles de la culture des arbres fruitiers sur 
le sol des routes consiste dans la plantation des arbres de même 
espèce, sur des longueurs de 1 à 2 kilomètres. En effet, l'expérience a 
démontré qu'il est beaucoup plus facile de louer ou de vendre les 
produits de plantations effectuées dans ces conditions ; la récolte 
se fait en même temps, la surveillance en est abrégée. 

Les Cerisiers ne doivent être plantés qu'à proximité des localités 
d'une certaine importance et des stations de chemins de fer, parce 
que, partout ailleurs, les frais élevés de la cueillette et les difficultés 
du transport des fruits absorbent la plus grande partie du bénéfice. 

Les Pruniers sont, en général, moins propres à la plantation des 
routes ; cependant, si le sol est humide et s'il s'agit d'une plantation 
alternée avec des essences comme le Cerisier, ils conviennent très 
bien et sont d'un produit relativement élevée 



80 ALSACE-LORRAINE 

Les fruits à pépins fournissent le meilleur rapport; parmi ceux-ci, 
il faut préférer le Pommier et le cultiver comme espèce dominante, 
à cause de sa fertilité; les floraisons tardives sont avantageuses. 

En distribuant les espèces, on évitera de mélanger les fruits à 
pépins avec les fruits à noyaux, la durée de l'arbre n'étant pas 
la même. 

Si le sol le permet, on placera alternativement des Pommiers et 
des Poiriers ; la plantation devient fort belle et donne à peu près 
chaque année une récolte soit de l'une, soit de l'autre espèce. 

Pommier. — Le Pommier est peu exigeant sur la qualité du 
terrain ; ses racines s'étendent plutôt en largeur, de sorte qu'il 
prospère même dans les terres peu profondes. Un sous-sol humide 
ne lui convient guère mieux qu'un terrain sec et une exposition 
chaude. Certaines espèces réussissent à une altitude de 700 mètres. 

Ordinairement, on objecte contre la plantation des Pommiers sur 
le bord des routes, que leurs branches, s'étendant trop en largeur, 
empêchent la circulation des voitures. Il existe toutefois un certain 
nombre de Pommiers d'un excellent produit, dont les couronnes 
peuvent être arrondies ou taillées en pyramide. 

Le cantonnier a, du reste, toute facilité de supprimer, par une 
taille convenable, les branches gênantes, et même de pouvoir forcer 
la couronne à s'élever en flèche, sans que l'arbre en souffre. 

Voici les espèces qu'il conviendra de choisir pour les plantations 
bordières de routes : 

Bohn Apfel. — Pomme de ménage; fruit d'hiver de moyenne 
grosseur. Couronne élevée ; fleurit et végète tard. 

Reinette des Carmes. — Fruit de table et de ménage, de moyenne 
grosseur ; automne et hiver. Couronne élevée. 

Carpentin. — Fruit petit, de table et de ménage, excellent pour 
cidre, produit abondamment. Décembre à mars. Couronne élevée, 
portant son branchage en boule. 

Reinette de Caux. — Fruit de table et de ménage; moyenne 
grosseur ; tardif. Arbre d'un excellent produit, à couronne en boule, 
robuste pendant la floraison ; résistant aux gelées. 

Reinette de Champagne. — Fruit de table et de ménage, aplati, 
mûrit très tard. Arbre très productif et tardif, à couronne en 
boule ; résistant au froid. 

Normand ordinaire. — Petit fruit à cidre. Couronne élevée, 
donnant beaucoup de fruits ; port pyramidal. Arbre dur, résistant ; 
réussit dans un terrain maigre. 

Fùrsten Apfel. — Fruit de ménage, de moyenne grosseur ; hiver. 



ALSACE-LORRAINE 8l 

Arbre vigoureux et produisant abondamment ; couronne en boule, 
résistant au froid. 

Reinette Harbert. — Fruit de table et de ménage ; hiver. Arbre 
d'une croissance rapide ; convient pour les situations exposées au 
vent. Couronne en boule. 

Court-pendu royal. — Fruit de ménage et de table, aplati et tardif; 
hiver. Couronne régulière et élevée ; végète et fleurit tard. 

Mat Apfel brun. — Fruit de ménage et à deux fins. Couronne en 
boule ; floraison résistante. 

Reinette Oberdieck. — Fruit de table et de ménage. Couronne 
élevée ; arbre productif. 

Pépin de Parker. — Fruit de table et même de pressoir, à peau 
grisaille; hiver. Arbre productif; couronne en boule. 

De Prince. — Fruit de ménage et de table, oblong, de fin hiver. 
Couronne élevée, fleurit tard, dur au froid. Convient pour les 
situations exposées aux intempéries. 

Rouge vineuse de Trêves (Rother Trier'scher Wein Apfel). — Fruit 
à cidre. Arbre très dur et résistant, d'une grande fertilité. Couronne 
dressée sur tige élevée. Le fruit résiste aux grands vents. 

Poirier. — Le Poirier a des racines pivotantes qui descendent 
profondément dans le sol ; il demande en conséquence un sous-sol de 
bonne qualité ou du moins très perméable. Si le terrain est rocail" 
leux, la cime se dessèche facilement. Le Poirier préfère spécialement 
un terrain calcaire et réussit encore à une altitude de 1,000 mètres. 

Les variétés qui conviennent pour les plantations routières, choisies 
parmi les plus rustiques, sont les suivantes : 

Reurré Liegel; syn. Suprême Coloma. — Demande un bon terrain 
et une exposition protégée contre les intempéries. Fruit de table, 
de première qualité ; hiver. 

Poire à cidre Normande. — Fruit d'automne, à cidre. Arbre d'un 
port élevé, très dur et résistant, robuste partout. 

Grùnbirne. — Fruit de ménage, automne. Arbre assez indifférent 
à la qualité du terrain. 

Knausbirne. — Fruit à deux fins, mûrissant en automne. Couronné 
élevée et très développée, convient aux situations mal exposées. 

Catillac. — Fruit d'hiver. Poire excellente à cuire. Arbre élevé, 
robuste, mais demande à être quelque peu garanti du vent, en raison 
de ses gros fruits ; peu difficile sur la nature du sol. 

Martin sec. — Très bonne Poire d'hiver pour cuisson et pâtisserie, 
recherchée pour les confitures, à cause de la couleur rouge de sa 
chair. Arbre sympathique au sol et résistant. 



82 



ALSACE-LORRAINE 



Poire à cidre de Lempp. — Fruit à poiré très bon à cet usage. 
Arbre d'une belle venue. 

Poire à cidre Weiler. — Arbre résistant, d'une croissance rapide. 

Poire à cidre de Sievenich. — Excellente Poire à cidre. Arbre 
se développant fortement. 

Besi d'Einsiedel et Wolfsbirne. — Les deux variétés sont d'aussi 
bonne qualité que la variété précédente, pour le pressoir. 

Le Mémoire, continuant avec le Cerisier, le Prunier, le Noyer, 
termine par les conseils sur la plantation et l'entretien des arbres. 

Depuis la rédaction de cette notice, d'autres espèces de Poires et 
de Pommes ont été acceptées sur la banquette des routes. 

Le Conseil d'Agriculture recommande les espèces suivantes pour 
planter à la campagne, en vue de la consommation ou du commerce 
des fruits : 



1° Fruits de table. 



Pommiers. 

Transparente de Croncels. 
Winter Gold Parmaene (syn. 

Reine des Reinettes) 
Reinette de Landsberg. 
Gold Reinette von Blenheim. 
Reinette Orange de Cox. 
Reinette de Harbert. 
Reinette des Carmes. 
Reinette de Caux (syn. Reinette 

de Cassel). 
Reinette de Canada. 



Poiriers. 



Épargne. 

Beurré d'Angleterre. 

Louise-Bonne d'Avranches. 

Beurré d'Amanlis. 

Doyenné de Mérode. 

Urbaniste. 

De Grumkow. 

Beurré de Liegel. 

Besi de Chaumontel. 

Martin sec. 

Bergamote Esperen. 



U° Fruits de marché, a cidre, pour séchage; arbres de route. 



Pommiers* 

Rother Trier' scher WeinApfel. 
Weisser Winter Taffet Apfel. 
furpurrother Cousinot. 
Baldwin. 
Rambour d'hiver, 
Grûner Fùrsten ApfeL 
Rother Eiser Apfel. 
Boiken. 



Poiriers. 

Sievenicher Motsbirne. 
Weiler'sche Motsbirne. 
De Normandie (à cidre). 
Grosse Rommelterbirne. 
Wildling von Einsiedel. 
Catillac (synonyme : Grosser 

Katzenkopf). 
Curé (syn« Pastorenbirne). 



ALSACE-LORRAINE 83 

Cette année, Rudolf Goethe ajoute à la nomenelature des espèces 
fruitières, destinées aux champs, aux routes, aux canaux, quelques 
Pommiers et quelques Poiriers propices à cet usage. 

i° Les Pommiers : 

Batullen Apfel. Reinette du Luxembourg. 

Gaesdonker Reinette. Reinette dorée. 

Kleiner Langstiel. Reinette Oberdieck. 

Kôniglicher Rother Kurzstïel. Reinette d'Osnabruck. 

Langer Grùner Gulderling. Winter Spripeling. 

2° Les Poiriers : 
Aarer Pfundbirne. Kuhfuss. 

Betzel's Birne. Veldenzerbirne. 

Arbres vigoureux, robustes et productifs en toute situation. 



VI. — Légumes. 



L'art du maraîcher et du primeuriste a fait de sensibles progrès 
chez le jardinier de profession, libre ou à gages. 

La culture des légumes est très développée dans la banlieue de 
Strasbourg, de Golmar, de Metz et des villes de garnison. 

A Golmar, surtout, se trouve une population maraîchère labo- 
rieuse qui alimente les marchés de toutes les villes de la Haute- 
Alsace, Thann, Guebwiller, Mulhouse, le pays de Bade, par Fribourg, 
la Suisse, par Bàle, de ses produits toujours très soignés et très 
estimés des consommateurs. 

Aux environs de Metz, de Mulhouse, de Golmar et de Strasbourg, 
on traverse des champs consacrés à la culture extensive de l'Asperge 
améliorée, dite d'Argenteuil. La variété d'Ulm est restée confinée 
dans les jardins particuliers. 

Partout, on produit en abondance les Choux, les Navets, les 
Rutabagas, les Haricots, les Pois, les Carottes, les Panais, les Arti- 
chauts, les Salades, le Cresson, les Courges, le gros Radis. 

Dans tous les districts, la Pomme de terre domine; c'est une 
vieille connaissance de la terre d'Alsace et de Lorraine. 

La Basse-Alsace consacre de grandes surfaces à la culture potagère. 
La Pomme de terre y rend en moyenne 180 hectolitres à l'hectare, 
les Pois et les Haricots, de 20 à 22 hectolitres, tandis que les Navets 



84 ALSACE-LORRAINE 

produisent 20,000 kilog., les Betteraves 3o,ooo, les Topinambours 
i5,ooo, les Choux pommés 3o,ooo kilog. à l'hectare. 

On sait que le Chou quintal, dit Chou de Strasbourg, est la base de 
la choucroute préparée à l'usine ou dans les ménages, et qu'il cons- 
titue en Alsace un bon rendement au cultivateur et au fabricant. 

L'Ognon de Mulhouse maintient sa bonne réputation. 

La culture raisonnée a accaparé le Houblon, le Tabac, la Chicorée 
à café, l'Osier, le Chanvre, sur des sols de nature différente. 

Les primeurs sont du ressort du château ou du riche marais. 

L'Alsace et la Lorraine ne manquent pas de riches demeures 
décorées et soignées par des propriétaires amateurs, aidés par 
d'habiles jardiniers. Les forceries y sont hautement considérées. 

A Strasbourg, à la Robertsau, à Mulhouse, et dans les environs de 
Metz, la production des primeurs s'est développée en s'inspirant du 
travail des maîtres parisiens. 



VII. — Fleurs. 

La culture des fleurs se ressent des progrès accomplis dans les 
départements français voisins, particulièrement à Nancy. 

Le goût de l'horticulture de luxe a pris un nouvel essor. Serait-ce 
l'effet du calme revenu dans les esprits, suivant les uns, ou le besoin 
d'une distraction salutaire, selon d'autres? 

Les fleuristes marchands possèdent de modestes cultures, qui appro- 
visionnent les marchés et les maisons bourgeoises ; mais celles-ci ont 
un jardinier à leur service, pourvoyant lui-même aux besoins du 
jardin, sauf en ce qui concerne les variétés nouvelles. 

Les bonnes espèces florales, pour le décor des corbeilles et pour la 
mosaïculture à feuillage ou à fleurs, sont produites par les horticul- 
teurs de profession. 

Après la Pensée, la Scabieuse, l'Immortelle, le Myosotis, au 
langage sentimental, apparaissent : Pélargonium, Fuchsia, Verveine, 
Lantana, Bégonia, Pentstémon, Pétunia, Lobélia, qui épanouissent 
leurs brillantes ou fraîches corolles auprès des espèces à plus grand 
développement : les Cannas, les Nicotianas, les Musas, les Solanums, 
les Coléus, les Périllas, au feuillage ample ou diversement teinté. 

Le Dahlia, le Zinnia, la Reine-Marguerite, la Giroflée, la Capucine, 
l'Œillet, le Muflier, l'Ipomée, la Primevère, le Phlox, et toute la 
série de pleine terre sont populaires dans chaque province» 



ALSACE-LORRAINE 85 

Les plantes rares, qui réclament la « maison de verre », restent 
l'apanage des fortunés de la terre et des amateurs de hautes 
nouveautés ou de difficultés à vaincre. 

La culture de la Rose est toujours en honneur de l'autre côté des 
Vosges. Les admirables variétés : La France, Turenne, Béranger, 
Adolphe Thiers, Victor Hugo, Étendard de Marengo, Jeanne d'Arc, 
Patrie, Souvenir d'un Ami, Souvenir de la Malmaison, Le Président, 
Triomphe de l'Exposition, Deuil du colonel Denfert, Emotion, 
L'Espérance y sont choyées avec amour et respect. 

Les graines de fleurs et de légumes arrivent de Metz, d'Erfurt, de 
Quedlinbourg, de Paris ou d'Angers, et sont semées par les 
jardiniers et les propriétaires. 



VIII. — Jardins botaniques. Parcs publics ou privés. 

Le Jardin botanique de Strasbourg a conservé ses collections et 
les augmente avec goût et intelligence. 

Le Parc de la Robertsau, désigné sous le nom d'Orangerie, et 
digne de porter ces deux noms, attire la population sédentaire et les 
étrangers sous ses ombrages séculaires. 

Les villes principales, s'inspirant depuis longtemps de l'initiative 
artistique de Paris qui entraîne toutes les grandes villes à sa suite, 
ont des boulevards, des squares, des lieux de promenade fréquentés 
par le public et fort bien entretenus. L'Etat a engagé les municipalités 
à embellir les places publiques par des jardins. 

La population bourgeoise jouit à l'aise des charmantes villas et 
des parcs somptueux, où le talent du fleuriste décorateur le dispute 
aux richesses naturelles de la dendrologie ornementale. 

Les conseils de MM. Charles Kœniget Georges Burckel,de Colmar, 
facilitent dorénavant la tâche de l'artiste qui veut faire appel aux 
richesses de la Flore alsacienne, dont ils ont signalé l'utilisation dans 
les parcs et les jardins. 

Les établissements horticoles ont toujours été l'objet de visites 
instructives et agréables. Faut-il rappeler les pépinières des frères 
Simon -Louis, à Plantières-les-Metz, et les pépinières des frères 
Baumann, de Bollwiller, les plus anciennes de la Lorraine et de 
l'Alsace? Les unes et les autres ont rendu célèbres plusieurs 
générations. 



8(3 



ALSACE-LORRAINE 



L'établissement Simon-Louis a obtenu, par le semis ou la sélection, 
de remarcjuables variétés arbustives. Voici les principales : 

i° Arbres et Arbustes d'ornement. 



Acer pseudo- plat anus luteo vires- 
cens, 1887. 
— platanoides columnaris, 1878. 

/Esculus Hippocastanum pyramida- 
lis, 1882. 

— foliis marginatis, 1869. 

— digitata major, 1871. 
Aucuba japonica gigantea, 1873. 

— — nana rotundifolia. 
Berberis buxiiblia minima, 1874. - 

— — Pygniœa, 1874. 
Betula alba pendula nana, 1876. 
Caprifolium occidentale Plantieren- 

sis, 1871. 
Carpinus Betulus pyramidalis (1874). 
Ceanotlms le Géant, 1874. 

— Lucie Simon, 1867. 

— Marie Simon, 18G7. 

— rose carmin, 1874. 

— albidus, i85q. 

— corymbosus, i85o. 

— Léon Simon, 1872. 

— multiflore, 1878. 

— bleu céleste, 1873. 

— bijou, 1875. 

— flore albo pleno, 1884. 

— Gloire de Plantières, 1892. 
Chœnomeles japonica Simoni, i883. 
Cladrastis tinctoria variegata. 
Glematis fulgens, i865. 

— perfecta, 1867. 

— splendida, i863. 

— Alice, 1875. 

— Clara, 1868. 

— Lucie, 1871. 



Glematis Cécile, 1870. 

— Marie, i865. 

— nigricans, 1871. 
Fagus sylvatica Bornyensis, 1884. 

— — Pagnyensis, 1869. 

— — Remillyensis, 1868. 
Fontanesia nana, 1892. 

— linearis, 1892. 

Fraxinus excelsior foliis aureis, 1878. 

— — spectabilis, 1862. 

— lentiscifolia nana, 1868. 
Lembotropis nigricans refiexa, 1864. 

— sessilifolialeucantha; 1864. 
Padus racemosa rotundifolia, 1871. 
Populus Eugenei, 1834. 

— fastigiata Plantierensis, 
mascula. Id. femina. 1874. 

Prunus Plantierensis il. pleno, 1884. 

— œconomica foliis margina- 
tis, 1869. 

Sambucus Plantierensis, 1874. 

— nigra foliis tricoloribus, 
1869. 

— racemosa plumosa, var : 

dentata; elegans; lacinia- 
ta; ornata ; pteridifolia ; 
tenuifolia, 1892. 

Spartocytisus albus durus, 1871. 

Spirœa Fortunei macrophylla, 1866. 

Syringa Rothomagensis Mettensis, 
1871. 

— vulgaris Béranger, 1866. 
Tilia argentea orbicularis, 1890. 
Ulmus campestris Berardi, 1866, 

— — rubra. 



2° Conifères. 
Abies balsamea nana, 1862. Pinus sylvestris umbraculi fera, i885. 

— pectinata stricta. — Strobus pyramidalis. 

Biota nana stricta, 1874. — austriaca variegata, i883. 

Larix Europœa fastigiata, i81>9. Thuia occidentalis denudata. 

Picea excelsa denudata. Tsuga Douglasi glauca. 

3° Arbres et Arbustes fruitiers. 

Poirier Marie Guisse, 1862. — Pêcher Baron Dufour, 1872. — 
Framboisiers bifères, à fruit jaune ou à fruit rouge, 1849 a 1866. 

Cerisier Beaufrette. — Prunier Grosse Marange. — Vigne Enfant 
trouvé, etc. 



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AMÉRIQUE CENTRALE 



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Les États de l'Amérique centrale ou équinoxiale sont riches par 
leur Flore arbustive ; ils se livrent à l'exploitation industrielle et 
commerciale des végétaux qui forment la base des forêts naturelles 
et le fond des plantations ou des cultures dues à la main de 
l'homme. 

L'analogie qui existe dans les productions du sol de ces divers 
États nous engage à limiter notre étude au Guatemala et au 
Nicaragua. Nous y joignons le territoire Dominicain, des grandes 
Antilles. 

Les Républiques de Gosta-Rica, de Honduras, du Salvador sont à 
peu près dans les mêmes conditions géographiques et culturales. 

Plus loin, le chapitre des Colonies françaises nous fournira encore 
quelques exemples de l'horticulture de cette région. 



REPUBLIQUE DOMINICAINE 

45,200 kilomètres carrés. — 004,000 habitants. 



L'agriculture, pendant les dernières années, a pris ici un grand 
développement ; elle est devenue la branche la plus importante de 
la richesse du pays Dominicain. 

Il y a, dans la République, une belle et fertile surface de plus 
de 2,700 lieues carrées en vallées ou en plaines, de longueurs et de 
largeurs différentes. Ses montagnes de la chaîne Cibao, autrefois 



88 AMÉRIQUE CENTRALE 

aurifères, sont assez élevées pour y attirer des ondées qui suivent 
une périodicité remarquable, et ses forêts épaisses semblent en 
conserver plus longtemps les salutaires effets sur le sol. Les pluies 
fournissent les eaux, elles entretiennent cette verdure perpétuelle, 
cette fraîcheur si douce dans un climat aussi chaud, et accentuent 
le brillant éclat du règne végétal. De nombreux cours d'eau contri- 
buent à cette situation avantageuse à la culture et à ses résultats. 

Les produits agricoles qui constituent, en partie, l'exportation et 
la fortune de l'île, sont le Tabac, le Café, le Coton, le sucre de 
Canne. 

Le Tabac. — Naturel du pays, le Tabac est cultivé partout ; la 
largeur de sa feuille est remarquable et ses qualités sont compa- 
rables à celles du Tabac de l'île de Cuba, car il est aussi estimé que 
celui-ci dans les fabriques d'Espagne, pour l'élaboration de ses 
cigares. 

Le Tabac dominicain, en « andouilles », est recherché en France 
parce que, mêlé à d'autres, il leur communique de la qualité par la 
vigueur de son arôme. Son prix de vente a sensiblement monté 
à Brème, à Liverpool, à Amsterdam, à Anvers, à New- York. 

Dans toutes les régions et tous les districts, des manufactures sont 
établies pour la fabrication des cigares et des cigarettes, sous la 
direction de Cubains expérimentés 

Le commerce avec l'extérieur augmente tous les jours. D'après la 
Gazette officielle du pays, l'exportation du Tabac dominicain a 
donné, pour les sept années, de 1881 à 1887, un total de ^83,238 quin- 
taux. 

Le mouvement ascensionnel continue. 

Le Café. — Le Caféier réussit dans toutes les parties de l'île et 
produit beaucoup, principalement sur les hauteurs d'Azua, qui 
dominent la baie d'Ocoa. 

Le Café est aujourd'hui cultivé avec soin ; le grain est traité par 
les meilleurs procédés, et cette culture s'est développée si rapidement, 
que le Café de Saint-Domingue est bien classé sur les divers marchés 
étrangers ; il est coté au même prix que celui de la Martinique. 

La République dominicaine a exporté, dans les années de 1881 à 
1887, la quantité de 22,896 quintaux de Café. 

Le Cacao. — Le Cacaoyer est indigène et se trouve dans beaucoup 
d'endroits, spontané ou cultivé. 

On récolte le Cacao toute l'année ; le rendement de 100 kilog. 
d'amandes fraîches fournira 5o kilog. de Cacao sec, 



AMÉRIQUE CENTRALE 89 

La vente à l'extérieur, pendant la période de 1881 à 1887, a été 
de 43,467 quintaux. 

Aujourd'hui, la culture du Cacaoyer se fait surtout à Samana ; on y 
compte près d'un million de plants. 

Un agent de la Compagnie Générale française des Sucreries et de 
la Ligne transatlantique des Paquebots français, a créé récemment, 
à San-Cristobal, une plantation de 80,000 Cacaoyers. 

Le Coton. — La valeur du coton a séduit le cultivateur. 

Le Cotonnier croît naturellement à Saint-Domingue, et son produit 
est reconnu d'excellente qualité, lors même qu'il est venu sans soins. 

Aujourd'hui, les environs de la capitale ont des plantations consi- 
dérables de cette plante textile. 

La Canne a sucre. — La culture et l'exploitation de la Canne à 
sucre augmentent tous les jours à Saint-Domingue, s'étendent dans 
les districts maritimes et gagnent les îlots voisins. 

Les principales plantations de Canne à sucre sont à Macoris, 
Puerto-Plata, Santo-Domingo, Azua et Samana. Plus de cent usines 
existent, et il s'en élève chaque année de nouvelles. 

La région centrale de l'île possède également de grandes planta- 
tions et des sucreries à vapeur qui en accaparent le produit, comme 
cela se pratique aux Antilles françaises. 

Le sucre de Saint-Domingue, à l'Exposition de Philadelphie, a 
obtenu la priorité sur les sucres de l'archipel, ce qui donne une 
idée exacte des résultats acquis pendant ces dernières années. 

Le Miel des abeilles est une des richesses de Saint-Domingue. Les 
Cires et les Miels sont devenus un sujet d'exportation très sérieux 
et qui figure, avec quelque importance, dans le tableau des produc- 
tions agricoles de la République. 

Les forêts produisent l'Acajou, le Gayac, l'Espénille, le Grenadille, 
le bois de Campêche, si précieux dans l'industrie. 

Enfin, les planteurs et les négociants exploitent les extraits de 
plantes médicinales, la Ramie, le Ricin, les feuilles de Mauve, le 
Sassafras, les graines de Sésame, l'huile de Coco, la racine de 
Canelle, le Gingembre, les fruits et le vin d'Acajou, l'amidon 
de Patate, le Riz, le Maïs, le Sagou ; diverses semences, des 
écorces, etc. 

Le succès croissant du Rananier dans l'Amérique centrale, en 
Colombie et aux Antilles, a tenté le planteur dominicain. 

Ces exploitations sont déjà de l'horticulture industrielle. 



90 AMÉRIQUE CENTRALE 

GUATEMALA 

— — HK— — 
lo5,6i2 kilomètres carrés. — 1,890,000 habitants. 

— — - 3~*~S— — 



Le climat de la République de Guatemala, en général très sain, 
varie suivant l'altitude et la proximité de la mer ; sur les côtes, il se 
rapproche du climat des Antilles. La capitale, Guatemala, ville de 
plus de 70,000 habitants, est située dans une vallée à 1,700 mètres 
au-dessus de l'Océan, et jouit d'un ciel calme et délicieux. 

La température moyenne du pays varie de -\- 8° à -f- 20 ; grâce à 
ses différentes situations, on trouve au Guatemala les productions 
végétales de presque toutes les zones culturales. 

La fertilité est extrême dans les plaines élevées ; on y récolte du 
Maïs, du Blé, de l'Orge, un Riz excellent, puis des Légumes, des 
Fruits, des Pommes de terre, comme en Europe, des Patates, du 
Manioc, de l'Indigo, des Cannes à sucre, du Coton, de la Vanille, 
du Tabac, du Poivre, etc. 

Le commerce du Guatemala a pris une grande extension depuis 
quelques années, jusque dans ses vingt-deux départements. 

L'exportation comprend les bois d'ébénisterie et de teinture, la 
Cochenille, les Plantes médicinales, l'Indigo, la Vanille, le Sucre, 
la Banane et surtout le Café et le Cacao. 

La culture et le commerce du Café se sont notamment beaucoup 
développés. 

En 1868, l'exportation du Café ne s'élevait qu'à dix mille francs ; 
quinze ans plus tard, elle atteignait douze millions de francs. 

La récolte du Café, en 1889, dépassait de beaucoup 600,000 quin- 
taux, ce qui représente une valeur en Europe de plus de 72 millions 
de francs. 

En 1891, le Guatemala exporte pour 54 millions de francs de 
Café et en consomme pour 7 millions. 

Les Cacaoyères sont plantées avec ordre. A titre de renseignement, 
nous dirons que l'hectare de Cacaoyers, y compris les chemins de 
service et les canaux d'irrigation, contient de i,5oo à 1,800 sujets. 
A huit ans, l'arbre est adulte et peut produire, dans la même 
annéo, déjà 800 grammes de cacao sec, en deux récoltes. 



am£wque centrale 91 

De vastes forêts fournissent le caoutchouc, Siphonia elastica, 
qui est aujourd'hui une source de richesses incalculables, 

En plaine, des champs de Cannes à sucre ondulent mollement. 
Ça et là, les plantes textiles : le Maguey ou Agave americana, le 
Junco ou Carludovica palmata, le Bananier ou Musa, la Pita ou 
Fourcroj'a, la Ramie ou Urtica utilis ; toutes ces plantes peuvent 
assurer de sérieux bénéfices et donner la vie à plusieurs industries, 

Le régime de Bananes revient à o fr. 4°; I e planteur le vend ofr,6o 
sur place, et au comptant, à des Compagnies fruitières américaines 
qui se chargent des risques du transport 

Les produits végétaux: Cire, Suif, Ambre, Térébenthine, Salse- 
pareille, Vanille, enfin les Résines, les Gommes, les Baumes se 
trouvent partout. Les végétaux qui les produisent sont élevés et 
exploités par des particuliers ou des sociétés en commandite. 

Le Miroxilon, le Rizophora, le Mirospermum, l'Hymenéa, le 
Quinquina, le Tamarin, l'Eugénia sont là dans leur sphère. 

Les fameuses plantes tropicales « Fève du Tonka », Dipterix 
odorata, aux graines parfumées, et la « Dividivi », Cœsalpinia 
coriaria, aux écorces tannifères, comptent dans le transit, 

Les épis de Blé se pressent dans les vastes vallées, et les fruits de 
régions bien dissemblables se vendent sur un même marché, les 
inégalités d'origine étant atténuées par les altitudes ou par le 
voisinage de la mer. Ici, la belle saison dure de novembre à mai. 

Les Vignes font l'objet d'études suivies ; des vignobles importants 
de plants français alimentent les marchés et le pressoir. 

Les fruits dominants sont la Mangue ou Mangifera, le Lit-chi 
ou Nep hélium, Y AYoceit ou Persea, la Banane ou Musa, l'Abricot des 
Antilles ou Mammea, le Mangoustan ou Garcinia, la Raquette ou 
Opuntia, les Dattes ou Phœnix, la Sapotille ou Achras Sapota. 

Les légumes les plus vulgaires sont la Pomme de terre, la Patate, 
la Tomate, l'Apios, l'Aubergine, les Courges, les Melons d'eau, les 
Pastèques. Les tentatives d'acclimatation des espèces alimentaires 
d'Europe ont déjà produit de bons résultats. 

Parmi les arbres d'origine guatemaléenne, notre midi hérite du 
Pinus tenuifolia, rapporté vers 1840; il habite, au Guatemala, les 
montagnes escarpées, nommées Canales, sur le sommet de la chaîne 
Coacas, dans la Véra-Paz, à une altitude d'environ 1,600 mètres. 

Nos serres doivent au Guatemala une curieuse Aroïdée, 
YAnthurium Scherzerianum, trouvée par Scherzer et retrouvée 
ensuite par Wendland, à Costa-Rica. Des explorateurs anglais 
ont rapporté du Guatemala de jolies Orchidées, 



93 AMÉRIQUE CENTRALE 



NICARAGUA 

— — HK— — 

1 33, 800 kilomètres carrés. — 3oo,ooo habitants. 



Le Nicaragua est favorisé par un climat exceptionnel. Ses huit 
départements bénéficient de la brise des deux Océans. 

Les Fruits et les Légumes sont ceux du Guatemala. 

Les Céréales, le Maïs, le Coton et l'Indigo sont de bon rapport, 
ainsi que le Caoutchouc, les bois d'Acajou, de Cédrèle, de Gayac. 

Le Caféier est l'objet de cultures importantes ; son fruit rouge corail 
devient la base d'une exportation qui fait vivre de nombreuses 
familles indigènes ou coloniales. 

La paille destinée aux chapeaux de Panama, provenant du Carlu- 
dovica palmata, est vendue, chaque année, à des intermédiaires. 

Un textile qui prend de l'extension, la Pita ouFourcrqya, Amaryl- 
lidée comme l'Agave, donne une fibre résistante qui trouve son 
emploi dans les filatures, les corderies et les fabriques de vêtements. 
L'Agave fournit une boisson abondante par sa sève. 

Le Cocotier porte un aliment recherché sur place ou exporté. 

Le Palmier Dattier donne des nattes d'emballage et des dattes 
comestibles que l'on embarque à Grey-Town ou à San-Juan. 

En 1890, la République du Nicaragua a vendu pour 1,200,000 francs 
de bananes aux États-Unis. Le Costa-Rica en fournit autant; le 
Honduras atteint le double ; le Salvador est plus faible. 

Le Cacaoyer jouit d'une haute réputation pour la qualité de ses 
« fèves de cacao », la matière première du Chocolat. 

La maison Menier, de France, a créé à Tortugas, en i865, la 
plantation de San-Emilio, à 20 kilomètres de l'Océan Pacifique, au 
centre même de l'isthme américain. Sa cacaoyère de Valle-Menier, 
entre Nandaïme et Rivas, d'une étendue qui dépasse i,5oo hectares, 
rapportant 2,000,000 kilog. d'Amandes, a décuplé la valeur de 
l'Hacienda primitive ; elle a suscité des imitateurs dont l'influence 
immédiate a été une immigration de plus de 3o,ooo personnes. 

Cette plantation est un des plus beaux exemples de l'horticulture 
industrielle de l'Amérique centrale. 



**&&?* 



ANGLETERRE 

3 14,95 1 kilomètres carrés. — 3 7, ^ 4° > 600 habitants, 



L'horticulture du Royaume-Uni se développe librement, sans 
aucun patronage officiel. Son mécanisme diffère du nôtre; elle 
n'en produit pas moins des œuvres remarquables. De distingués 
praticiens, de fortunés amateurs lui consacrent leur intelligence ou 
leurs guinées, et la presse lui ouvre ses portes toutes grandes. 

I. — Écoles d'horticulture. 

A l'exception des Jardins de Ghiswick placés sous le patronage de 
la Société royale d'horticulture de Londres, il n'existerait pas de 
Collège horticole en Angleterre, si l'École de Swanley n'était créée 
depuis cinq ans et bien organisée à ce point de vue. 

Un cours particulier pour les jeunes filles y est même autorisé. 

L'enseignement du jardinage n'est cependant pas lettre morte chez 
nos voisins, car les Écoles d'agriculture et les Chaires d'agronomie 
ont toujours accordé quelque attention à la production des fruits et 
des légumes. Les Fermes-écoles continuent à former des régisseurs 
et des chefs de culture qui se sont vite familiarisés avec le jardin. 

La Chambre des Communes a voté récemment une loi introduisant 
l'enseignement horticole dans les établissements d'instruction élé- 
mentaire pour les enfants et les adultes. 

L'École forestière « School of Forestry », à Cooper's Hill, Staines, 
est spécialement destinée aux employés supérieurs du « Forest 
Department » des Indes Orientales* 



94 ANGLETERRE 

Le fameux laboratoire de Rothamsted et ses champs d'expériences 
ont éclairé les questions de l'analyse du sol, de l'assimilation des 
végétaux, des engrais et des récoltes. 

Anglais, écossais, irlandais disent, là-bas, que la meilleure 
école de jardinage, c'est l'accès au travail dans un établissement 
d'horticulture sérieux . 

Or, il n'en manque pas dans la Grande-Bretagne; par exemple, 
l'établissement Veitch et fils à Chelsea, Londres, qui est une sorte de 
phalanstère, où les ouvriers et les employés trouvent l'instruction 
gratuite et la nourriture à bon marché. Les jeunes français, les 
belges, les hollandais y sont volontiers acceptés. 

Ainsi que nous le verrons plus loin, le Jardin royal de Kew est 
un véritable Institut théorique et pratique. Le personnel et les élèves 
ont d'abord les travaux manuels de la journée ; le soir, ils profitent 
des leçons de sciences naturelles. 

-•~HIH-«~ 



II. — Sociétés d'horticulture. 

La Royal Horticultural Society de Londres, fondée en 1804, est 
la plus ancienne de l'Europe. Le voyageur ami des botanistes, Sir 
Joseph Banks, fut un de ses fondateurs avec Thomas Andrew Knight, 
qui occupa le fauteuil de la présidence pendant vingt-sept années. 

Son effectif dépasse le chiffre de trois mille membres. 

Les publications et les expositions de la Société sont hautement 
réputées, et ses titres honorifiques ne sont délivrés qu'à bon escient. 

Elle a patronné des explorations qui ont été des plus avantageuses 
à l'horticulture d'ornement. 

Grâce à la munificence du Duc de Devonshire, ses jardins d'études 
et d'expériences ont été installés à Chiswick, dès 1822, et confiés 
depuis trente années au praticien émérite Archibald F. Barron. 

Les récoltes et les multiplications de végétaux sont réparties entre 
les sociétaires. 

La Société royale d'horticulture fait ses expositions de quinzaine 
dans son voisinage, au « Drill Hall », tandis que ses grands concours 
se tiennent au « Temple Gardens », ou dans une grande ville. 

La Royal Botanic Society de Londres, a choisi Régent 's Park 
pour le théâtre de ses exhibitions, de ses galeries, de son jardin. 

A part un nombre respectable de groupes et de comités qui orga- 
nisent de petites réunions ou des concours horticoles, et qui traitent 
de leurs affaires commerciales, la Grande-Bretagne compte près de 



ANGLETERRE 95 

deux cents Sociétés reconnues et acceptées, ayant leur propre 
organisation avec séances, meetings, expositions; parmi elles, une 
soixantaine seulement sont en correspondance directe avec la Société 
royale d'horticulture, et lui sont afliliées. Elles échangent leurs 
annonces, se partageant des graines, des boutures, les billets de 
laveur aux expositions ou congrès, et reçoivent de la Société mère 
des médailles à décerner en prix et ses diverses publications. 

Un certain nombre d'associations se bornent chaque année à 
un concours spécial : les Roses, les Œillets, les Chrysanthèmes, 
les Auricules, les Pélargoniums, les Lis, les Dahlias, les Cinéraires, 
les Jacinthes, les Tulipes, les Légumes et les Primeurs, même les 
Fraises et les Groseilles à maquereau. 

D'autres encouragent les produits des jardins de la classe ouvrière 
et leur bonne tenue ; les approvisionnements du marché aux fleurs ; 
la confection des bouquets, des corbeilles de salon ou de table; 
le petit jardin du prolétaire; l'ornementation fleurie des balcons, 
des fenêtres et des mansardes dans les quartiers populeux ; le décor 
des magasins, des cimetières, etc. 

L'ouverture des expositions est de courte durée. Time is money. 
Beaucoup de récompenses sont en numéraire. 

La Scottisch arboricultural Society a puissamment contribué à 
l'entretien des forêts occupant 4 o/o du territoire écossais. 

La Société royale d'agriculture d'Ecosse encourage les «occu- 
pants» d'habitations rurales, soigneux dans l'entretien de leur jardin. 

L'île de Jersey possède une Société royale d'agriculture et 
d'horticulture qui organise jusqu'à six expositions spéciales par an. 

Les Sociétés de secours mutuels et de bienfaisance entre jardiniers 
commencent à se développer dans les Iles-Britanniques. 

La Gardeners' Royal Benevolent Institution est une Société 
charitable fonctionnant à Londres depuis 1840 ; son action s'étend 
jusqu'en Ecosse et en Irlande; partout elle vient au secours des 
travailleurs honnêtes et âgés. En i8g3, elle comptait cent soixante 
pensionnaires des deux sexes ; les hommes reçoivent 5oo francs par 
an, les femmes 400 francs. Au banquet du 10 juin 1890, célébrant le 
5i e anniversaire de sa fondation, le président Harris James Veitch 
recueillit une somme qui dépassait 75,000 francs. 

Une autre institution non moins philanthropique, fondée en 1887, 
Gardeners* Royal Orphan Fund, commémoration du jubilé de la 
reine Victoria, rend de grands services. Actuellement, 56o orphelins 
reçoivent, jusqu'à leur quatorzième année, un secours hebdomadaire 
de cinq shellings (6 fr. 25). Le Comité a capitalisé et placé à intérêts 
une somme de ^70,000 francs* 



<j6 ANGLETERRE 

La United Horticultural Benefit and Pro vident Society, établie 
en 1866, est une association qui assure une retraite aux jardiniers 
âgés. Elle possède en ce moment en caisse plus de 200,000 francs. 

Nos jeunes compatriotes ont constitué un centre de relations 
personnelles et d'instruction réciproque avec le titre de Société 
française d'horticulture. Le président actuel et doyen est M.Georges 
Schneider, chef du « Royal exotic nursery »; Alsacien français, 
horticulteur d'élite, il a toujours été sympathique à nos nationaux. 

Les Belges et les Hollandais, groupés jadis en un foyer commun, 
se sont ralliés aujourd'hui à la Société française. 

Les Anglais ont d'ailleurs un « Horticultural Club » confortable, 
où ils viennent causer de leurs affaires et où se font chaque mois 
des lectures sur la pomologie et sur d'autres sujets d'horticulture. 

Voici le tableau des Sociétés horticoles anglaises; d'abord les 
Sociétés d'horticulture générale ou spéciale, puis les Sociétés qui se 
consacrent exclusivement au genre Chrysanthème. 

A. - SOCIÉTÉS D'HORTICULTURE GÉNÉRALE OU SPÉCIALE. 
Angleterre. 

Acton Horticultural. — Middlesex. 

Alnwick Horticultural and Botanical. — Northumberland. 

Alvaston and Boulton Floral and Horticultural. — Derbyshire. 

Ascot, Sunninghill, Sunningdale and District Horticult. — Berkshire. 

Astwood Bank Horticultural. — Buckinghamshire. 

Atherstone Horticultural. — Leicestershire. 

Aylesbury Floral and Horticultural. — Buckinghamshire. 

Banbury Ghrysanthemum, Flower and Fruit. — Oxfordshire. 

Barnsley Agricultural and Horticultural. — Yorkshire. 

Barnstaple Ghrysanthemum and Fruit. — Devonshire. 

Basingstoke Horticultural. — Hampshire. 

Bath and West of England, Agriculture, Arts, Manufactures 

and Commerce. — Somersetshire. 
Bath Floral Fête and Band Committee. — Somersetshire. 
Beckenham Horticultural. — Kent. 

Beddington, Garshalton and Wellington Horticultural. — Surrey. 
Bedford and Bedfordshire Horticultural. — Bedfordshire. ■ 
Beeston Horticultural. — Nottinghamshire. 

Bicester Agricultural and Horticultural Association. — Oxfordshire. 
Birkenhead and Wirral Horticultural. — Gheshire. 
Birmingham and Midland Gounties Ghrysanthemum, Fruit and 

Floricultural. — Warwickshire. 
Birmingham Botanical and Horticultural, — -Wanvicksliire* 



ANGLETERRE ^ 

Bishop Auckland Floral and Horticultural. — Durham. 

Bishop's Waltham Horticultural. — Hampshirc. 

Bolton Horticultural and Chrysanthemum. — Lancashire. 

Bradford Paxton Society. — Yorkshire. 

Boston Horse, Dog, Poultry, Pigeon, and Horticult. — Lincolnshire. 

Bradford Gardeners' Mutual Improvement. — Yorkshire. 

Brentwood Horticultural. — Essex. 

Brighton and Sussex Horticultural. — Sussex. 

Brixton, Streatham, and Glapham Horticultural. — Surrey. 

Brockham Amateur Bose (Afliliated to National Bose). — Surrey. 

Bromham and Ghittoe Horticultural. — Wiltshire. 

Broughton-in-Furness Horticultural. — Lancashire. 

Buckingham Horticultural and Floral. — Buckinghanishire. 

Bury and West SufTolk Horticultural. — Suffolk. 

Calne Horticultural. — Wiltshire. 

Gambridgeshire Horticultural. — Cambridge. 

Cannington Horticultural. — Somersetshire. 

Ganterbury and Kent Bose. — Kent. 

Canterbury Gardeners' Mutual Improvement. — Kent. 

Garlton-in-Lindrick Bose and Gardening. — Nottinghamshire. 

Carnation and Picotée (Œillets) Union Oxford. — Oxfordshire. 

Carnation and Picotée Society (Southern section). — London. 

Caterham Horticultural and Cottage Gardeners'. — Surrey. 

Ghatham Amateur Gardeners' Association. — Kent. 

Gheadle Floral and Horticultural. — Staffordshire. 

Ghelmsford and Essex Horticultural. — Essex. 

Chertsey and District Horticultural. — Surrey. 

Ghichester and West Sussex Horticultural Floricultural. — Sussex. 

Chiswick Gardeners' Association. — London. 

Chiswick Horticultural. — London. 

Christleton Fruit and Flower Show. — Cheshire. 

Glay Cross Horticultural. — Derbyshire. 

Constantine Horticultural. — Cornwall. 

Colchester and East Essex Horticultural. — Essex. 

Corbridge Floral and Horticultural. — Northumberland. 

Crediton Cottage Garden and Horticultural. — Devonshire. 

Crewe Horticultural. — Cheshire. 

Croydon Horticultural. — Surrey. 

Darlaston Floral and Horticultural. — Staffordshire. 

Darlington and Northend Horticultural. — Durham. 

Darlington Gardeners' Institute, Skinnergate. — Durham. 

Derbyshire Agricultural and Horticultural Derbyshire. 



98 ANGLETERRE 

Devon and Exeter Botanical, Horticult. and Natur.Hist. — Devonshire. 

Devon and p]xeter Gardeners' Mutual Association. — Devonshire. 

Diss Horticultural. — Norfolk. 

Ditton Horticultural and Industrial. — Surrey. 

Durliam, Northumberland and Newcastle-on-ïyne Botanical and 

Horticultural. — Northumberland. 
Ealing Horticultural. — Middlesex. 

Ealing District Gardeners' Improvement Association. — Middlesex. 
Eastbourne Horticultural. — Sussex. 

Eccles, Patricroft, Pendleton and District. — Lancashire. 
Ellesmere Floral and Horticultural. — Gheshire. 
Eltham Rose and Horticultural. — Kent. 

Eltham Rose and Horticultural and Gottagers' Flower. — Kent. 
Enfield Horticultural. — Middlesex. 

Exmouth Gardeners' Mutual Improvement. — Devonshire. 
Eye Horticultural. — Suffolk. 

Fareham and South Hants Horticultural. — Hampshire. 
Farnham Amateur Rose and Horticultural. — Surrey. 
Farningham Rose and Horticultural. — Kent. 

Fawsley and District Cottage Gardening Society. — Northampton. 
Ferndale Horticultural. — Lancashire. 

Frimley, Yorktown, Camberley Sandhurst Horticultural. — Surrey. 
Gainsborough Britannia Horticultural and Athletic. — Lincolnshire. 
Gardeners' Orphan Fund Ghiswick. — London. 
Gateshead Floral and Horticultural. - — Durham. 
Gloucester, County of, and Gheltenham Horticultural. — Gloucester. 
Grantham Allotment Horticultural. - — Lincolnshire. 
Gravesend Northfleet and District Horticultural. — Kent. 
Green Street (near Sittingbourne) and District Cottage Gardeners' 

Association. — Kent. 
Guildford and West Surrey Horticultural. — Surrey. 
Halifax Floral and Horticultural. — Yorkshire. 
Harpenden Horticultural» — Hertfordshire. 
Harrow Weald and Wealdstone Amateur and Cottage - Garden 

Horticultural* — Middlesex. 
Haydon Bridge Floral and Horticultural. •— Northumberland. 
Haywards Heath Horticultural. *— Sussex. 
Headley Horticultural Association. — Hampshire. 
Hemel Hempstead Horticultural. * — Hertfordshire. 
Henfield Horticultural, Chrysanthemum and Industrial. — Sussex. 
Henley and District Gardeners' and Cottagers' Horticult. — Berkshire. 
Highbury Vale Floral and Fanciers Society. — London^ 



Angleterre 99 

Highgate Horticultural. — Middlesex. 

High Harrogate Floral. — Yorkshire. 

Hinckley and District Working Mens Horticult. — Leicestershire. 

Hitchin and District Rose and Horticultural. — Hertfordshire. 

Hound St Mary Entra Bursledon and Hamble Hort. — Hampshire. 

Huyton and Roby Horticultural. — Lancashire. 

Ilkeston and Shipley Floral and Horticultural. — Derbyshire. 

Ipswich and East of England Horticultural. — Sufïolk. 

Isle of Sheppey Chrysanthemum Horticultural, Sheerness. — Kent. 

Keighley Horticultural. — Yorkshire. 

Kettering and District Horticultural. — Leicestershire. 

Kirkby Malzeard Gottagers' Horticultural. — Nottinghamshire. 

Kirkby Stephen Floral Horticultural and Cage Bird. — Yorkshire. 

Kirkoswold Floral and Horticultural. — Cumberland. 

Lamberhurst Gottagers' Horticultural. — Kent. 

Launceston United Cottage Garden. — Gornwall. 

Lee, Blackheath and Lewisham Horticultural. — Kent. 

Leeds Horticultural and Chrysanthemum. — Yorkshire. 

Leeds Paxton. — Yorkshire. 

Leek Floral and Horticultural. — Statibrdshire. 

Leek Rose. — StafFordshire. 

Leighton Buzzard Horticultural. — Bedfordshire. 

Lichfield Floral and Horticultural. — Staiïbrdshire. 

Liverpool Horticultural Association. — ■ Lancashire. 

London Pansy and Violet. — London. 

Loughborough Horticultural. — Leicestershire. 

Ludlow Horticultural. — ■ Shropshire. 

Luton Horticultural. — ■ Bedfordshire. 

Maidenhead Horticultural. — Berkshire. 

Maidstone Rose. — Kent. 

Maldon Horticultural. — Essex. 

Malmesbury Horticultural and Floral. — Wiltshire. 

Manchester Horticultural Improvement. — Lancashire» 

Manchester Royal Botanical and Horticultural. — Lancashire» 

Mansfield Horticultural. — Nottinghamshire. 

Matlock Bath Horticultural. — Derbyshire. 

Mentmore Cottage Garden. — Buckinghamshire. 

Minster Horticultural. — Kent. 

Monmouth Chrysanthemum and Horticultural. — Monmouthshire. 

National Auricula (southern section), Barking-side. — Essex. 

National Carnation and Picotée (Œillets), Barking-side. — London» 

National Dahlia. — London. - 



IOO ANGLETERRE 

National Rose. — London. 

National Royal Tulip, Manchester. — Lancashire. 

Neasden Horticultural. — Middlesex. 
New Brighton Rose. — Lancashire. 

Newcastle-under-Lyme Floral and Horticultural. — Staftbrdshire. 

Newbury Horticultural. — Berkshire. 

New Monkland Horticultural. — Berkshire. 

Norfolk and Norwich Horticultural. — Norfolk. 

Northamptonshire Horticultural. — Northamptonshire. 

North Lonsdale Rose. — Lancashire. 

Norton Pansy. — Staffordshire. 

Nottingham Horticultural and Botanical. — Nottinghainshire. 

Nuneaton Floral and Horticultural. — Leicestershire. 

Oxfordshire Royal Horticultural; Oxfordshire Chrysanthemum, 
Primula, and Fruit; Headington Horticultural. — Oxfordshire. 

Pershore Horticultural. — Worccstershire. 

Petersfield Horticultural Show. — Hampshire. 

Portsmouth Floricultural. — Hampshire. 

Preston and Fulwood Horticultural. — Lancashire. 

Professionnal Gardeners' Friendly Benefit. — Yorkshire. 

Ramsgate and St. Lawrence Hort. and Cottage Gardening. — Kent. 

Reading and District Gardeners' Mutual Improvement. — Berkshire. 

Reading Horticultural. — Berkshire. 

Reigate Rose. — Surrey. 

Richmond (Surrey) Horticultural. — Surrey. 

Ripley Floral and Rose. — Surrey. 

Rochester and Chatham Horticultural. — Kent. 

Royal Horticultural. — London. 

Royal Western Horticultural. — Devonshire. 

Rugby Chrysanthemum, Fruit and Floricultural. — Warwickshire. 

St Albans and District Hort. and Cottage Gardeners'. — Hertfordshire. 

St Annes' Floral and Horticultural. — Nottinghamshire. 

St. Ives Horticultural. — Huntingdonshire. 

St. Neots Amateur and Cottage Horticultural. — Huntingdonshire. 

SafTron Walden Horticultural. — Essex. 

Sandy and District Floral and Horticultural. — Bedfordshire. 

Scarboro' Floral and Horticultural (afliliated with National Chry- 
santhemum). — Yorkshire. 

Sevenoaks Horticultural and Floral. — Kent. 

Sheffîeld Botanical and Horticultural. — Yorkshire. 

Shepherdswell Horticultural. — Kent. 

Sherborne Floricultural and Horticultural. — Dorsetshire. 



ANGLETERRE : /;, \ î J , » / S *; : ', 10J 

Shipley and Gotmanhay Cottage Garden Association Floral and 

Horticultural. — Derby shire. 
Shirley, Millbrock and Freemantle Horticultural. — Hampshire. 
Shotley Bridge Floral and Horticultural. — Durham. 
Shropshire Horticultural. — Shropshire. 
Southampton Royal Horticultural. — Hampshire. 
Southwell Horticultural and Cottage Garden. — Lincolnshirc 
Sleaford Floral and Horticultural. — Lincolnshirc. 
Stamford and District Horticultural. — Lincolnshirc 
Stevenage and District Horticultural. — Hertfordshire. 
Stourbridge, Brierley Hill, and District Horticultural. — Staffordshirc 
Stourport District Horticultural. — Cheshirc 
Stowmarket Horticultural. — Suffolk. 
Studley Royal Horticultural. — Yorkshire. 
Sutton and Ghcam Horticultural. — Surrey. 
Swanmore Horticultural. — Hampshire. 

Taunton and District Gardeners' Association. — Somersetshire. 
Taunton Deane Horticultural and Floricultural. — Somersetshire. 
Tavistock Chrysanthemum and Fruit. — Devonshire. 
Tavistock Cottage Garden. — Devonshire. 
Teddington Royal Horticultural. — Middlesex. 

Teigmouth Gardeners' Mutual Improvement Society. — Devonshire 
Tenbury Horticultural. — Worcestershire. 
Thame Horticultural. — Oxfordshire. 
Tibshelf Floral, Horticultural and Rose. — Derbyshirc 
Todmorden Floral and Horticultural. — Yorkshire. 
Topsham District Horticultural. — Devonshire. 
Tooting, Balham and Mitcham Horticultural. — Surrey. 
Torquay Horticultural. — Devonshire. 
Trentham and Hanford Horticultural. — Staffordshirc 
ïrowbridge Horticultural. — Wiltshire. 
Tulip, Royal National, Manchester. — Lancashire. 
Tunbridge Wells Horticultural. — Kent. 
ïwerton-on-Avon (Bath). — Somersetshire. 
Twickenham Horticultural and Cottage Garden. — Middlesex. 
Tynemouth, Borough of, and South Northumberland Floral and 

Horticultural. — Northumberland. 
Wakefield Carnation and Picotée. — Yorkshire. 
Wakefield Paxton Society. — Yorkshire. 
Walmer Gardeners'. — Kent. 

Waltham Abbey and District Horticultural. — Hertfordshire 
Warkw orth, Floral and Horticultural, — Durham, 



ÏC& ^ V ANGLETERRE 

Warwick Amateurs' and Cottagers' Horticultural. — Warwickshirc. 

Weald of Kent Gardeners' and Cottagers' Mutual Improv. — Kent. 

Westerham Gardeners', and Amateurs' Mutual Improvem. — Kent. 

Weston Horticultural. — Somersetshire. 

Westwell Gardeners', Ashford. — Kent. 

Whitchurch Floral and Horticultural. — Shropshire. 

Widcombe Institute Horticultural Club. — Somersetshire. 

Wilford G. West Bridgford,andMeadow District. — Nottinghamsire. 

Wilts Horticultural, Salisbury. — Wiltshire. 

Wimbledon and District Horticultural and Cottage Garden. — Surrey. 

Winchester Horticultural. — Hampshire. 

Winchmore Hill Horticultural. — London. 

Windsor and District Rose. — Berkshire. 

Wolverhampton Floral, Horticultural and Cottagers'. — StafPordshire. 

Woodbridge Horticultural and Cottage Show. — SufFolk. 

Woodford Horticultural. — Middlesex. 

Wood-green and District Horticultural. — Middlesex. 

Worcester City and County Horticultural. — Worcestershire. 

Worksop Rose and Horticultural. — Nottinghamshire. 

York (Ancient Society of) Florists, York. — Yorkshire. 

Yorkshire Grand Gala, York. — Yorkshire. 

Ecosse. 

Aberdeen Royal Horticultural. — Aberdeenshire. 

Ballater Royal Horticultural. — Aberdeenshire. 

Banfïshire Horticultural. — Banffshire. 

Brechin Horticultural. — Forfarshire. 

Broughty Ferry Horticultural. — Forfarshire. 

Bute Horticultural and Apiarian. — Buteshirc. 

Caledonian Royal Horticultural, Edinburg. — Midlothian. 

Colinsburgh Horticultural. — Fifeshirc. 

Colinsburgh Pansy. — Fifeshire. 

Coupar Angus District Horticultural. — Fifeshire. 

Dundee Horticultural. — Forfarshire. 

Dunkeld and Birnam Horticultural. — Perthshire. 

East of Fife Horticultural. — Fifeshire. 

East of Fife Pansy. — Fifeshire. 

Eddleston Horticultural. — Peeblcshire. 

Glasgow and West of Scotland Horticultural. — Lanarkshire. 

Hawick Horticultural. — Roxburghshire. 

Inverness Horticultural. — Invernesshire. 

Jedburgh Horticultural, — Roxburghshire, 



ANGLETERRE Io3" 

Kelso Horticultural. -— Roxburghshire. 

Kirriemuir Amateur Horticultural. — Forfarshire. 

Kirriemuir Working Mens Rose and Pansy and Needlework for 

Ladies. — Forfarshire. 
Markinch Horticultural and Cottage Gardening. — Fifeshire. 
Mauchline Horticultural. — Ayreshire. 
Meldrum Horticultural. — Aberdeenshire. 

North of Scotland Root, Vegetable and Fruit, Inverurie.— • Aberdns. 
Paisley Florist. — Renfrewshire. 
Paisley Horticultural. — Renfrewshire. 
Peeblesshire Horticultural. — Renfrewshire. 

Penicuik Horticultural and Midlothian Rose and Pansy — Midlothian. 
Perthshire Royal Horticultural. — Perthshire. 
Renfrew Horticultural. — Renfrewshire. 
Scottish Horticultural, Chrysanthemum and Pomological, Edin- 

burgh. — Midlothian. 
Scottish Primula and Auricula Ferry Broughty. — Forfarshire. 
Scottish Royal Arboricultural, Edinburgh. — Midlothian. 
South of Scotland Horticultural. — Dumfriesshire. 

Irlande. 

Belfast Royal Botanical and Horticultural Company. — Antrim. 

Clonmel Horticultural. — Tipperary. 

Cork (City and County of) Chrysanthemum. — Cork. 

Fermoy Horticultural. — Cork. 

Royal Horticultural of Ireland, Dublin. — Dublin 

Strabane Horticultural. — Tyrone. 

Pays de Galles. 

Aberdare Horticultural. — Glamorganshire. 

Gardiff Horticultural. — Glamorganshire. 

Clanelly Horticultural and Poultry. — Glamorganshire. 

Neath Horticultural Flower, Dog and Poultry. — - Glamorganshire. 

Iles de la Manche, etc. 

Castle Douglas Horticultural and Dairy Produce. — Isle of Man. 
Guernsey Royal Agricultural and Horticultural. — Isle of Guernsey. 
Jersey Royal Agricultural and Horticultural. — Isle of Jersey. 



%<* 



ANGLETERRE 



B. - SOCIÉTÉS CONSACRÉES AU GENRE CHRYSANTHÈME. 



Alverstokc Gosport. — Hampshire. 

Ascot. — Berkshire. 

Barnsley. — Yorkshire. 

Batley and District. — Yorkshire. 

Bacup. — Derbyshire. 

Bath. — Soniersetshire. 

Battersea. — London. 

Bedford and Bedlbrdshire. — Bedford. 

Bolton. — Lancashire. 

Bournemonth. — Hampshire. 

Br ad fort and District. — Yorkshire. 

Brighton Hove. — Sussex. 

Bristol. — Gloucestershire. 

Brixton. — Surrey. 

Bromley District! — Kent. 

Çamberwell, Peckham et Dulwich. — 

London. 
Cardiff. — Glamorganshire. 
Çhelmsford. — Essex. 
Cheshunt. — Hertfordshire. 
Ghorley. — Lancashire. 
Chudleigh. — Devonshirc. 
Cirencester. — Gloucestershire. 
Cornwall Royal Polytec. — Cornwall. 
Granbrook. — Kent. 
Crediton. — Devonshirc. 
Croydon. — Surrey. 
Gumberland. — Gumberland. 
Dalston. — London. 
Dartford District. — Kent. 
Dawlish. — Devonshirc 
Derby. — Derbyshire. 
Devizes. — Wiltshire. 
Devon et Exeter. — Devonshirc. 
Dorchester. — Dorsetshire. 
Dundee. — Forfarshire. 
Ealing. — Middlesex. 
Eastbourne. — Sussex. 
Eccles. — Lancashire. 
Evesham. — Worcestershire. 
Exmouth. — Devonshirc. 
Faversham District. — Kent. 
Finchley. — Middlesex. 
Forest-Gate et Stratford. — Essex. 
Great Yarmouth. — Norfolk. 
Grimsby. — Yorkshire. 
Guiidford. — Surrey. 
Hampstead. — Middlesex. 
Havant. — Hampshire. 
Hayes. — Middlesex. 
Highbury. — London. 
Highgate, Finchley, and Rornsey. — 

Middlesex. 
Hinckley District.— Leicestershire. 
Hitchin. — Hertfordshire. 
Hornsey. — London. 
Huddersfield. — Yorkshire. 
Hull and East Riding.— Yorkshire. 



Ipswich. — Suffolk. 

Isle of Sheppey. — Kent. 

Isle of Thanet. — Kent. 

Kent County. — Kent. 

Kingston Surbiton. — Surrey. 

Leicester Midland. — Leicestershire. 

Lindfield. — Surrey. 

Lewes and District. — Sussex. 

Lincoln. — Lincolnshire. 

Longton. — Wcstmorreland. 

Loughborugh. — Leicestershire. 

Ludlow. — Shropshirc 

Market Harboro . — Leicestershire. 

Newcastle. — Staffordshire. 

Norfolk et Norwich. — Norfolk. 

Northampton. — Northamptonshire. 

Nottingham. — ^ottinghanishirc 

Pembrokeshirc. — Wales. 

Pontefract, Knottingley, and Ack- 

worth. — Yorkshire. 
Reading. — Berkshire. 
Reigale. — Surrey. 
Royal. — Jersey. 
Rugby. — Warwickshirc 
St. Johns. — London. 
St. Neots. — Huntingdonshire. 
Sevenoaks and West Kent. — Kent. 
Sheffield. — Yorkshire. 
Sittingbourne. — Kent. 
Southgate District. — Middlesex. 
Southend-on-Sea. — Essex. 
South Shields. — Durham. 
Staines-Egham. — Berkshire. 
Steyning. — Sussex. 
Stockport. — Lancashire. 
Stroud. — Gloucestershire. 
Surrey. — Surrey. 
Swansea. — Glamorganshire. 
Swindon. — Wiltshire. 
Taunton. — Soniersetshire. 
Teddington. — Middlesex. 
Tenby. — Pembrokeshire. 
Tiverton. — Devonshirc 
Tooting. — London. 
Tottenham. — Middlesex. 
Truro. — Cornwall. 
Walton, Weybridge, Oatlands, and 

Hersham. — Surrey. 
Walford. — Hertfordshire. 
Wellington. — Soniersetshire 
West of England, Bath. — Somerset. 
West Kent. — Kent. 
Weston. — Soniersetshire. 
Wills. — Soniersetshire. 
Winibledon. — London. 
Winchester. — Hampshire. 
Yeovil. — Soniersetshire. 
York. — Yorkshire. 



La majeure partie de ces Associations sont affiliées à National 
Chrysanthemum Society, dont le siège est à Londres. 



■!••*-«!• 



ANGLETERRE IOt> 



III. — Cours publics, Conférences d'horticulture. 

Depuis deux ans, des cours publics, organisés sous les auspices 
des Conseils municipaux des communes rurales, surtout en Irlande, 
promettent de rendre de réels services. 

Nul doute que cette heureuse tentative ne rencontre des imita- 
teurs. 

Sous le titre de Conférences, on entend une question mise à l'ordre 
du jour d'une Société ; le sujet à traiter devient la base d'une exhibition 
des produits indiqués et l'objet de conversations et discussions ; par 
exemple : « Orchid Conférence » i885 ; « Apple Conférence » i883 ; 
<( Pear Conférence » 1887 ; « Fera Conférence » 1890 ; « Conifer 
Conférence » 1891 ; « Bégonia Conférence » 1892, etc. ayant trait aux 
Orchidées, aux Pommes, aux Poires, aux Fougères, aux Conifères, 
aux Bégonias. D'autres Causeries-concours sur les Chrysanthèmes, 
les Dahlias, les Narcisses, les Primevères, etc., sont dues, comme 
les précédentes, à l'initiative de la Société royale d'horticulture. 

Les horticulteurs français, Henri de Vilmorin, de Paris, Emile 
Lemoine, de Nancy, ont été appelés à faire une communication : 
celui-là, sur les Salades et leurs similaires, celui-ci sur les Glaïeuls 
et leurs hybrides ; l'une et l'autre, — faites en langue anglaise, par 
un sentiment délicat de l'orateur, — ont obtenu un grand succès. 

Il paraît que le Ministère de l'Agriculture songe à doter l'Angle- 
terre d'Ecoles d'agriculture et de Conférences analogues aux nôtres. 
L'horticulture y aura sa place. Déjà l'initiative gouvernementale a 
inspiré l'enseignement agricole en Irlande, si chatouilleuse sur la 
question agraire, à Glasnevin et à Munster. Les grandes cultures 
potagères et fruitières n'y sont pas oubliées. 

Des récompenses sont accordées aux instituteurs qui enseignent à 
leurs élèves la culture des végétaux. 

La Société royale d'horticulture a confié au docteur Maxwell T. 
Masters la rédaction d'un programme d'enseignement appliqué pour 
les instituteurs « pérambulants ». Le savant directeur du Garde- 
ners' Chronicle a été chargé en même temps de l'examen des élèves, 
conjointement avec le praticien Douglas; les trois premiers lauréats 
ont l'autorisation d'un stage de deux années au Jardin d'expériences 
de la Société royale, à Chiswick. N'est-ce pas l'aurore d'une École 
d'horticulture? 



106 ANGLETERRE 



IV. — Production maraîchère. 

En comparant l'étendue du territoire agricole par rapport à la 
superficie générale, les Iles-Britanniques viennent après la France, 
l'Allemagne, la Belgique; cette infériorité tient d'une part à la 
densité de la population dans les districts manufacturiers et au 
voisinage des ports, et, d'autre part, à l'abondance des eaux et des 
cimes rocheuses au nord de l'Ecosse et dans les îles septentrionales; 
mais l'Angleterre prend le premier rang à la culture fourragère. 

L'exploitation des légumes est fort étendue auprès des cités, des 
centres industriels et miniers, à proximité des gares et sur le 
littoral favorisé par les vapeurs marines ; cependant la production ne 
répond pas aux besoins de la consommation; la France, la Belgique, 
la Hollande ne peuvent suffire à combler le déficit. 

Un certain nombre de fermes ont fait de la culture maraîchère 
extensive, dans le but d'approvisionner les fabriques d'extraits, de 
conserves, de jus, sans oublier le marché public. 

Dès le matin, de longs chariots conduisent la denrée à la ville. 

A Londres, les légumes et les fruits sont admis aux marchés de 
Govent- Garden, Borough, Stratford, Spitalfields et Farringdon 

La vente des Asperges, des Champignons, des Ognons, des Pois, 
des Melons, des Pommes de terre, des Carottes, y est toujours profi- 
table. Les légumes-racines les plus gros y obtiennent la pi^éfércncc 
de l'acheteur. 

Autour de la capitale, des champs sont consacrés au Raifort, au 
Haricot d'P]spagne, au Sprouting Brocoli, à la Courge à la moelle et 
à toutes les espèces potagères traditionnelles. 

Les légumes qui fournissent le plus de tonnes aux statistiques des 
halles sont, par ordre décroissant : Pommes de terre, Choux, Ognons, 
Brocoli, Carottes, Navets «Turnips», Pois, Haricots, Concombres, 
Pétioles de Rhubarbe, Laitues, Fèves, Céleri, Radis, Asperges' 
Échalottcs, non compris les Citrouilles et les Melons, fort goûtés 
chez les végétariens d'Outre-Manche. La consommation individuelle 
de la population de Londres a été évaluée à /Joo grammes de légumes 
par jour. 

Les Pommes de terre qui arrivent par la Tamise sont soumises au 
mesurage ou au pesage par un « sworn Meter », avant le débarque- 
ment, puis transportées à leur marché spécial, Great-Northern, et 
dans les magasins particuliers « AVharves », sur les rives du fleuve, 
où elles sont soumises à un criblage de classement. 



ANGLETERRE Ï07 

Le chemin de fer Great Northern a créé auprès de la station 
King's cross Terminus, dans le West-End, d'immenses docks où 
viennent se ranger et les wagons de Pommes de terre et les 
véhicules des acheteurs. 

Ce débouché permet à notre Parmentière de figurer aux tableaux 
de 1891 pour une superficie de 620, 3n hectares, ayant fourni un 
rendement moyen de 119 quintaux à l'hectare. La surface est ainsi 
répartie dans la Grande-Bretagne : 

Angleterre, i43,63o hectares ; Ecosse, 56,6Zjo; 

Pays de Galles, i5,3^o; Irlande, 3o4,66o. 

La production irlandaise a été de 3o, 855, 900 quintaux. 

En même temps, la Carotte et les Pois occupent plus de 200,000 
hectares chacun, les Turneps et Rutabagas près de 900,000 hectares, 
et les Choux 100,000 hectares de jardin et de pleine campagne, 
pour la ferme, le marché ou l'usine. 

Des cultivateurs ont amélioré ou augmenté le nombre des variétés 
de Pois, de Betteraves, de Carottes, de Concombres, de Crambés, 
d'Epinards, de Panais, de Cardons, de Pommes de terre, de Ruta- 
bagas, de Tomates, et les négociants en graines les ont promptement 
répandues dans les Deux-Mondes. 

La Fraise occupe de vastes surfaces, particulièrement dans le 
comté de Kent. Le « Grand Old man », M. Gladstone, a vanté le 
parfum de la Fraise des îles baignées par la mer ou récoltée dans 
le comté d'Aberdeen ; cette région de l'Ecosse expédie à Londres 
plus de 5o,ooo kilog. de Fraises pour l'industrie des conserves. 

Le Kent a des fraiseraies d'une telle étendue que les chemins de 
fer qui les traversent ont dû construire des wagons spéciaux pour le 
transport des fruits, wagons lâchés sur rails au milieu des champs, 
et remorqués au retour par un express qui les conduit à Londres. 

Les cultivateurs ont des voitures spéciales « Luggage car » pour 
conduire les petits paniers bombés, de la fraiseraie à la gare ou au 
marché. Quelques-uns ont des exploitations de 200 hectares qui 
fournissent dans une journée jusqu'à 10,000 kilog. de Fraises. Le 
second choix, acheté et récolté par des « Middlemen, » est livré 
aux confiturcries. Le bénéfice net d'un hectare de Fraisiers atteint 
de douze cents à cpiinze cents francs. 

Depuis longtemps, la grosse Fraise est l'objet de perfectionnements 
par le semis et la sélection. Voici quelques exemples méritants : 

Fraises hâtives. — Alpha. — Amy Robsart. — Early Crimson. 
— Keen's Seedling. — May Queen. — Noble. 

Fraises de deuxième saison. — British Queen. — Doctor Hogg.— •. 



108 ANGLETERRE 

Pioneer. — Seedling Eliza. — Sir Charles Napier. — Sir Joseph 
Paxton. — The Gountess. 

Fraises tardives. — Bonny Lass. — Elton. — Enchantress. — 
Frogmore Late Pine. — Jubilee. — Loxford Hall Seedling. 

Les premiers plants de la grosse Fraise importés en Europe, reçus 
de la Caroline et de la Virginie, sont arrivés d'abord en Angleterre ; 
de là, le nom de Fraise anglaise donné au type américain. 

Primeurs. — La culture forcée n'est pas restée le privilège du 
domaine royal et du château ; le commerçant s'en est emparé, et les 
restaurants de luxe peuvent offrir au milieu de l'hiver des Ananas, 
des Melons, des Concombres, des Choux-fleurs, des Tomates et 
des Haricots verts, aussi bien que des Pêches, des Abricots, des 
Prunes, des Cerises, des Raisins ayant poussé sous bâche chauffée 
au thermosiphon. 

Le travail du primeuriste est un véritable art, et dans l'installation 
des maisons de verre et dans le savoir-faire, qui consiste à distribuer 
en connaissance de cause l'air, la lumière, la chaleur, l'humidité, 
enfin les éléments réclamés par la plante et par son fruit. 

Des variétés légumières ont été fixées dans un but de hâtiveté. 

Les forceries insulaires sont devenues insuffisantes, celles du 
continent viennent à la rescousse; on peut se convaincre de l'accueil 
fait à nos primeurs lorsque nous voyons nos voisins accaparer les 
productions les plus rares des cultivateurs français ou belges. 

Les arrivages à contre-saison du Cap et de la Nouvelle-Zélande 
n'ont pas encore fait baisser le prix des produits si fins et si délicats 
des cultures anglaises. 



V. — Production fruitière. 

Malgré ses cent mille hectares de vergers, l'Angleterre reçoit 
environ 800,000 hectolitres de fruits de France, de Belgique, de 
Hollande, et une quantité incroyable de Pommes récoltées aux Etats- 
Unis et au Canada. 

Il existe cependant de nombreux vergers; mais le climat des 
régions septentrionales n'est pas toujours favorable à la robustesse 
de l'arbre et à la fécondité de sa fleur. Dans plus d'un endroit, les 
plantations sont tenues à demi-tige pour échapper à l'action des 



ANGLETERRE I<X) 

courants froids et des bourrasques marines, quoique brisés déjà par 
des rideaux de peupliers ou de sapins. 

Les sujets à basse tige sont en groupes, en lignes et en contre- 
espaliers dirigés de façon à bénéficier des variations de la tem- 
pérature. 

Souvent, les allées d'arbres fruitiers encadrent les carrés du 
potager, et le grand verger protège les cultures dérobées de plants 
de légumes ou de petits fruits rouges. A proximité des villes, les 
plantes et les bulbes à fleurs trouvent leur place et leur acquéreur. 

Le comté de Kent est pour ainsi dire le potager et le verger de la 
Grande-Bretagne, sa richesse sous ce rapport est proverbiale ; désor- 
mais il est nommé : « Le Jardin de l'Angleterre ». Fruits à pépin, 
fruits à noyau, petits fruits rouges, tout y prospère et y rapporte au 
milieu des champs de légumes fins ou de grosse culture. 

La majorité de ses produits est expédiée aux marchés de Londres, 
par chemin de fer, par la Tamise, et par voitures suspendues à étages 
intérieurs ; certains cultivateurs s'entendent avec les maraîchers et 
les font transporter en commun sur de grands chariots attelés de 
deux, trois ou quatre chevaux qui partent le soir et rentrent le lende- 
main, chargés de fumiers et d'engrais. Les commissionnaires asser- 
mentés « Salesmen » vendent alors les denrées au public, à la criée 
ou en gros. 

Le Herefordshire, le Devonshire et le littoral sont riches en 
fruits. La Poire Bon chrétien Williams est la plus répandue et fait 
honneur à son pays d'origine ; Louise-Bonne d'Avranches, dite « de 
Jersey », vient ensuite avec Duchesse et Beurré Hardy ; et l'excellen- 
tissime Doyenné du Comice y prend droit de cité. La Pomme Reine 
des Reinettes « King of the Pippins », si fertile, la Ribston Pippin. 
la Gox's Orange se rencontrent à peu près partout. 

L'Abricotier fructifie dans les sols calcaires du Yorkshire et dans 
l'Oxfordshire ; le Pêcher a pu s'acclimater en espalier, comme à l'air 
libre le Figuier de Worthing ; mais il se réfugie bien souvent dans 
l'Orchard house où le talent du jardinier sait faire mûrir à point 
les Pêches, les Abricots, les Prunes, les Cerises, les Figues, les 
Poires, les Pommes, les Fraises et les légumes de haute lignée. 

L'arboriculture doit au semeur heureux Thomas Rivers une série 
de Pêches hâtives dont l'apparition a été un véritable événement. 

La Cerise May Duke, notre « Anglaise hâtive », est réclamée par 
les planteurs et les consommateurs. 

Après Early Rivers, la prune Victoria si féconde et si rougeaude 
plaît aux pacifiques enfants d'Albion, sans cependant qu'ils négligent 
« Green Gage », notre Reine -Claude. Les amateurs de pruneaux 



IIO ANGLETERRE 

donnent leurs préférences aux Crittenden's Damson, Pershorc qui 
rapportent, net, jusqu'à 1,200 francs l'hectare. La Damson rentre 
dans les « Kitchen Plums », prunes de cuisine ou de pâtisserie. 
L'excellente et fertile Early Rivers propage le nom de son respec- 
table auteur jusque au-delà des mers. 

L'Amandier, le Châtaignier sont mal à l'aise en Angleterre, et le 
Noisetier, malgré ses races de Filbert ou de Gobnut, laisse cependant 
se faire une importation de Noisettes évaluée 12,600,000 francs. 

A l'exemple du Kent, le Worcester, le Gloucester et la région de 
Cornouaille sont réputés pour la qualité de la Framboise, de la 
Groseille, de la Fraise. Sur le sol fertile de ces riches comtés, le 
Framboisier produit 4,5oo kilog. de fruits à l'hectare, le Groseillier 
à grappes et le Gassissier jusqu'à 6,000 kilog.; et la terre est louée 
ioo francs! Quant à la Groseille à maquereau, qui pénètre dans la 
capitale par 7,000 tonnes dans une saison, les maraîchers du Middlesex 
et du voisinage de la mer l'exploitent en bordure ou en lignes de 
refend du potager, et en vendent encore pour vingt 1. st. à l'acre 
ou arpent, soit 1,200 francs à l'hectare. 

Des fermiers, quelque peu gênés, ont pu, suivant les conseils de 
célèbres économistes, payer leur fermage en traitant les gros fruits 
par vergers dans les herbages et les petits fruits en culture pleine, 
provisoire ou dérobée, après avoir signé des traités avec les usines 
à conserves, à confitures, à compotes ou à sirops, qui alimentent les 
pâtisseries, les confitureries, les distilleries et les restaurants. 

Le fruit recherché dans les préparations culinaires est certes la 
Pomme, et son arbre est largement dans son aire géographique. La 
Pomme est devenue indispensable dans tout repas bien compris. 

Le 5 octobre i883, un plébiscite fut ouvert par la Société royale 
d'horticulture, à Chiswick, en vue de connaître les variétés les plus 
cultivées ; 236 exposants praticiens et amateurs répondirent à l'appel, 
présentant plus de dix mille assiettes de fruits avec une notice 
descriptive et d'appréciation. 

Voici le nom des variétés les plus recommandées; nous les 
classons d'après le nombre de voix obtenues : 

Pommes a cuire (Kitchen Apples), 

Lord Sullield. New Hawthornden. 

Dumelow's Seedling. Gellini, 

Keswick Godlin. Ecklinville. 

Warner's King. Stirling Gastle , _ - ■ - 

Blénheim Orange. '♦- Hawihbrnden* 



ANGLETERRE m 



Pommes a couteau (Dessert Apples). 

King oi the Pippins. Claygate Pearmain. 

Cox's Orange Pippin. Worcester Pearmain. 

Ribston Pippin Margil. 

Kerry Pippin. Wyken Pippin. 

Blenheim Orange. Cockle's Pippin. 

Irish Peach. Court of Wick. 

Devonshire Quarrenden. Red Astracan. 

Sturmer Pippin. Adams' Pearmain. 

Scarlet Nonpareil. Monsieur Gladstone. 

Court-pendu Golden Pippin. 

Yellow Ingestrie. Mannington's Pearmain. 

Fearn's Pippin. Gravenstein. 

Ce sont de beaux fruits de verger et de jardin abrité, déjà bien 
connus des ménagères et des cuisiniers. 

En pleine campagne, quelques Comtés possèdent des vergers 
cidricoles, d'un bon rapport. Le poiré du Hertford et du Worcester 
a sa réputation, comme le pommé du Hereford, du Devon, du 
Somerset. 



•HH- 



VI. — Raisins sous verre. 

Depuis longtemps, l'Angleterre est le pays modèle de la viticulture 
en serre. De grands établissements en ont entrepris l'exploitation 
sur de larges bases, et la spéculation réalise de beaux bénéfices. 

La production totale des raisins sous verre, des environs de 
Londres, de l'Ecosse et des Iles de la Manche, — enfin de toute la 
Grande-Bretagne, — a été évaluée pour l'année 1891, à plus de 
1,200 tonnes anglaises ou 1,220,000 kilogrammes. 

Les ports anglais exportent de ces raisins vers l'Amérique du 
Nord; mais ils en reçoivent aussi de France et de Belgique. 

Nous devons reconnaître que le château royal de Windsor a été 
l'un des premiers à profiter de cette culture et à la propager ; ses 
vineries restent célèbres par leur bonne direction et leur production 
incroyable. Le service de la « bouche » (il y en a 200!) en consomme 
ï 80 livres par jour ! 



112 ANGLETERRE 

Faut-il citer le cep historique Black Hamburgh, de Hampton-Court, 
produisant plus de 2,000 livres de raisins, et un autre non moins 
fameux, en Ecosse, occupant une surface de 4,3oo pieds superficiels 
et portant 3,ooo grappes à la fois? 

Nous puiserons des renseignements authentiques sur le progrès 
de cette culture, dans le nouvel ouvrage Vines and Vine Culture, 
3 e édition, par Archibald F. Barron, directeur des Jardins de 
la Société royale d'horticulture de Londres, à Chiswick. Le livre 
est traduit en langue française (1893), sous le titre : La culture de la 
vigne en serres et sous verre, par Edouard Pynaert, de Gand, auteur 
lui-même de publications populaires sur cette question importante : 
« L'accroissement considérable de la culture du raisin en serre 
pour la vente au marché et le développement rapide de ce commerce, 
durant les dernières années, à Londres et dans toute l'Angleterre, 
sont réellement remarquables. Aucun autre fruit, à l'exception de la 
tomate, n'est devenu si promptement populaire et d'un emploi si 
général. Il y a peu d'années encore on ne pouvait se procurer du 
raisin qu'en minime quantité; actuellement, ce fruit constitue un 
article de commerce très important et peut être obtenu en abondance 
et à des prix modérés, en toute saison. Il est intéressant d'indiquer 
les causes qui ont amené ce résultat. Celui-ci est dû en partie, sans 
aucun doute, à l'introduction dans les cultures, des bons raisins 
tardifs; mais il doit être attribué principalement à la tomate. Si 
extraordinaire que cela puisse paraître, c'est la facilité de la vente 
des tomates qui a rendu possible la grande production du raisin. Les 
deux cultures requièrent dans leur ensemble le même traitement; 
les serres construites pour vignes sont cultivées les premières années 
en tomates ; le produit immédiat permet au cultivateur d'attendre 
deux ou trois ans avant que les vignes entrent en production. 

« L'extension que la vente des raisins ajprise de cette façon est de 
la plus haute importance et peut être difficilement évaluée. Des 
capitaux énormes ont été engagés dans cette nouvelle industrie. 
Directement ou indirectement, des milliers de personnes y trouvent 
un salaire ou des bénéfices. 

« Il n'est pas de branche d'industrie qui lui soit comparable pour 
le bien quelle a fait au peuple en si peu de temps. En 1886 les 
raisins de production anglaise mis en consommation s'élevèrent à 
400,000 kilog. Un seul commissionnaire à Covent Garden, M. Monro, 
en plaça 40,000 paniers ou l'équivalent de 260,000 kilog.; l'an dernier, 
en 1891, cette quantité fut considérablement dépassée. En une 
journée au mois d'octobre 1891, la totalité vendue s'éleva à 760 
paniers ou 4,000 kilog. 



ANGLETERRE Il3 

« Les principaux établissements de production se trouvent à une 
distance peu éloignée de Londres, de sorte que le fruit peut être 
délivré par voiture ou camion, sans l'intervention du chemin de fer 
et sans subir aucune altération. 

« Beaucoup de ces établissements ont une étendue très grande. 
Des champs entiers sont couverts de verre, offrant ainsi dans cer- 
taines parties de la contrée un élément nouveau dans le paysage et 
chaque année, cela s'étend de plus en plus. Actuellement les plus 
grands producteurs sont MM. Rochford, dont les diverses installa- 
tions à Gheshunt, Broxbourne. etc., couvrent au delà de 20 hectares ; 
la moitié de la superficie est plantée en vignes, et devra produire 
3oo,ooo kilogr. de raisins par an, une fois que les plants seront en 
pleine production. Parmi les autres grands cultivateurs des environs 
de Londres, on peut citer M. Peter Kay, de Finchley, M. Ladds, de 
Bexley et Swanley, M. Sweet, de Whetstone, etc. 

« Un centre important de production s'est formé à Worthing, 
dans le Sussex, d'où 3oo,ooo kilogr. environ sont envoyés chaque 
année à Go vent Garden. Les principaux cultivateurs sont M. N. 
Piper, Bushby, M. G. Russell, M. Sams et M. Béer. En Ecosse 
notamment, la culture du raisin se fait en grand pour les marchés 
de Londres par MM. Thomson et fils, à Glovenfords, Galashiels, et 
Beatson, de Kirkaldy. Également considérable est la quantité de 
raisins produite dans les îles de la Manche, en particulier de 
Guernesey. La récolte, qui en 1876, était de 5o,ooo kilogr., s'est 
élevée en 10 ans au chiffre de 5oo,ooo kilogr. dont un seul commis- 
sionnaire à Govent Garden vendit 3oo,ooo kilogr. et environ 35o,ooo 
en 1890 et 1891. Quoique la production ait beaucoup augmenté, la 
quantité vendue à Govent Garden ne s'est pas accrue en proportion, 
parce que le commerce de ces raisins s'est propagé dans les villes de 
province, notamment à Manchester où, par exemple, M. Monro 
a livré en commission l'an dernier au delà de 20,000 kilogr. 

« Il y a 20 ou 3o ans, les plus beaux raisins que l'on vendait à 
Govent Garden provenaient d'établissements privés ; il n'en est plus 
ainsi. Gela est dû en partie à la qualité supérieure du raisin obtenu 
par les spécialistes qui approvisionnent le marché, et en partie au 
grand abaissement des prix, le produit de petites quantités étant 
insuffisant pour payer les dépenses. 

« Raisins de Marché. — La variété qui tient la tête pour le 
marché, comme primeur ou comme raisin d'été, et successivement 
jusqu'en décembre, est le Black Hamburgh ou Frankenthal. Vient 
ensuite, comme raisin tardif, le Gros Colman » 



Il4 ANGLETERRE 

Parmi les autres plants, Gros Maroc offre des espérances ; Black 
Alicante se vend bien, ainsi que Madresfield Court, variété hâtive et 
Lady Downe's, tardive, de longue garde. 

Parmi les raisins blancs : Buckland Sweetwater, hâtif, Muscat 
d'Alexandrie, tardif, sont appréciés du consommateur. 
Pour la culture en pots, l'auteur recommande seulement : 
Black Hamburgh (Frankenthal). Madresfield Court. 
Chasselas de Fontainebleau. Royal Ascot. 
Foster's white Seedling. Black Alicante. 
Il paraît que la vinerie des frères Rochford, déjà citée, produisant 
3oo,ooo kilogr. de raisins, occupe une centaine de serres de 80 mètres 
sur 10 mètres et se borne aux cépages Gros Colman, Black Alicante, 
Muscat d'Alexandrie. D'autres serres aussi importantes abritent 
5o,ooo Chrysanthèmes et toute la légion des Palmiers : Arécas, Coco- 
tiers, Géonomas, Kentias, Latanias Les dernières constructions 

ont rapporté de suite 4°,ooo kilogr. de Concombres et 10,000 kilogr. 
de Tomates, ce qui facilite l'achat des 3,i5o tonnes de charbon et de 
coke, absorbés par les thermosiphons ! 



VII. — Floriculture. 

La floriculture anglaise est caractérisée par un luxe de plantes à 
grand effet, à large développement, à superbe floraison, en variétés 
rares. Quelle rivalité entre lords et jardiniers ! 

Une visite aux serres et aux expositions reste inoubliable. 

Ne serait pas moins intéressante une promenade au marché aux 
fleurs ; chaque halle est dotée de salles ou de galeries consacrées 
aux plantes fleuries et aux fleurs coupées. 

Covent Garden, propriété du duc de Bedford, est le plus vaste des 
marchés aux légumes, aux fleurs et aux fruits. Le hall floral est 
ravissant dans son décor et son animation. 

L'horticulteur fleuriste des grandes cités simplifie ses frais géné- 
raux en concentrant son travail sur des spécialités composées de 
quelques genres, espèces ou variétés, qui plaisent à l'acheteur et se 
multiplient facilement. 

Certaines maisons de Londres ne font pas autre chose que des 
Orchidées ; d'autres les associent aux Palmiers, aux Fougères ; les 
Dracénas, les Aralias, les Ficus, les Araucarias et diverses plantes 
d'appartement sont en plus grandes quantités. 



ANGLETERRE Il5 

Les plantes bulbeuses, les Camellias, les Rosiers, les Œillets, les 
Pélargoniums, les Fuchsias, les Bruyères, les Héliotropes, les Phlox, 
les Verveines, les Lantanas, les Primevères de Chine, les Résédas, 
les Cyclamens, les Giroflées, les Chrysanthèmes, les Morelles, 
le Poinsettia, l'Hellébore, la Violette, le Lilas, les plantes annuelles 
occupent, successivement, les bâches et les serres des cultivateurs 
qui alimentent de plantes fleuries les marchés et les magasins. 

La fleur coupée est une entreprise fructueuse, témoins les Orchi- 
dées, les Anthuriums, le Gardénia, le Stéphanotis, — fleurs bou- 
tonnières du gentleman — cpii paient largement les frais d'installation 
et d'entretien de leurs pavillons vitrés. 

Plusieurs de ces usines occupent des légions d'ouvriers, de vingt 
à trente chevaux, des millions de pots et des quantités incroyables 
de composts, engrais et terreaux. Leur prospérité est d'autant plus 
grande que le travail est dirigé par les membres de la famille et le 
matériel est construit ou réparé par le personnel. 

On cite la maison May, à Upper-Edmonton, véritable « Fernery »; 

ioo serres meublées de Fougères et quelques genres de vente 

assurée : Asparagus, Camellia, Campanula, Carex, Clematis, Croton, 
Aspidistra, Cyperus, Ficus, Lapageria, Primula, Dianthus... 

Les établissements qui ne travaillent pas « for the million » sont 
irréprochables de tenue. Les plantes fortes y deviennent l'objet de 
soins particuliers et les nouveautés sont multipliées à outrance 
Les expositions horticoles, si fréquentes dans le Royaume-Uni, en 
fournissent la preuve. 

Un établissement des plus remarquables et des plus honorables, 
par la valeur de ses chefs et l'importance des services rendus, est celui 
de la famille Veitch, à Chelsea, Londres. Sur une surface de 3o hec- 
tares, en plus des carrés, des ombrelles, écrans ou rideaux, et des 
bâches, on compte cent dix grandes serres ; une partie est affectée 
aux Orchidées et aux Fougères ; plusieurs aux Vignes ; d'autres aux 
Camellias, aux Rhododendrons, aux Azalées, aux Palmiers et 
Cycadées, aux Népenthès, aux Araucarias. Les Rhododendrons 
javanais, les Lis, les Amaryllis, etc. ont chacun leur serre. Des 
voûtes vitrées sont tapissées à l'intérieur par des Fuchsias. 

Un musée d'objets recueillis par les botanistes du « Royal Exotic 
Nursery » est annexé à la Bibliothèque. 

L'Angleterre a toujours eu des voyageurs collecteurs à la 
recherche de l'inconnu. Certaines maisons, à la piste des nouveautés, 
font recueillir des chargements de la même plante, les annoncent et 
les livrent aux enchères publiques. 

Une certaine quantité de végétaux exotiques, dits à feuillage ou à 



Il6 ANGLETERRE 

fleurs, de serre ou de pleine terre, ont fait leur entrée en Europe par 
la voie britannique et de là se sont répandus sur le continent. 

Quelles abondantes et riches collections ont pénétré directement 
dans les serres et les parterres de nos voisins, depuis l'Orchidée 
épiphyte indienne jusqu'au Séquoia géant de la Californie, du robuste 
Palmier australien au Lis japonais si délicat dans ses détails ! 

Parallèlement, la culture anglaise a cherché des perfectionnements 
par la sélection ou le semis. 

Plusieurs genres d'utilité ou d'ornement doivent à ses horticulteurs 
de notables améliorations. 

Citons parmi les Arbrisseaux de terre de bruyère, les Azalées, 
les Camellias, les Rhododendrons ; et parmi ceux de pleine terre, 
la Clématite, la Pivoine; et pourquoi n'y ajouterions-nous pas le 
Fuchsia, la Verveine, le Lantana, le Bouvardia ? 

La série des Pélargoniums à feuille panachée est née en Angleterre. 
Le groupe « zonale » y gagne des coloris tendres, striés ou éblouis- 
sants. Le Fuchsia à fleur double s'y est perfectionné. La Capucine 
a marginé son feuillage et nuancé sa corolle. 

Les Calcéolaires, les Cinéraires, les Primevères de Chine et du 
Japon sont l'objet d'épurations minutieuses. 

La Pensée anglaise, la Rose trémière écossaise ont une marque 
chez les grainetiers des autres pays. 

L'enthousiasme pour le Dahlia a failli tourner au type « simple », 
encouragé par des intérêts privés. 

Quant aux Chrysanthèmes, c'est presque une folie, quoique les 
graines proviennent de l'extérieur ; mais les flatteurs ont nommé 
« méthode anglaise » la série de procédés suivis au Japon pour obtenir 
de larges capitules, procédés décrits par Robert Fortune, et.... 
les enfants d'Albion ont dépassé les fils du Soleil ! 



•i-^-i- 



VIII. — Établissements d'horticulture. 

Les établissements horticoles des Iles-Britanniques sont très bien 
organisés et montés sur des assises toutes différentes : 

Grands établissements qui entretiennent des explorateurs en pays 
étrangers ; 

Etablissements de cultures générales ; 

Plantes de serre chaude et de serre tempérée ; 

Plantes de pleine terre ; 



ANGLETERRE H7 

Arbres et arbustes de pépinière ou de serre, ensemble ou séparés ; 

Arbres fruitiers jeunes, dressés ou formés; 

Conifères ; arbustes à feuilles persistantes ; 

Plants forestiers ; arbres de parc et d'avenue ; 

Cultures maraîchères ou de primeurs ; 

Vineries et Orchard-Houses (vergers vitrés) ; 

Cultures de plantes pour semences ; 

Arbustes et plantes de marché, fleurs coupées ; 

Dessin de parcs et de jardins; 

Maisons mixtes pour la vente de graines, la confection des bou- 
quets, l'entretien des jardins. 

Nous négligeons les spécialités que chaque groupe comporte. 

Fleuristes et pépiniéristes abondent dans les Comtés d'York, de 
Kent, de Surrey, de Lancashire, de Middlesex, de Somerset, de 
Hertford, de Sussex. L'Ecosse a de grandes pépinières dans le 
Midlothian, le Lanarck. L'Irlande les concentre dans le Comté de 
Dublin et auprès de Belfast et de Cork. 

Les observateurs ont reconnu qu'un changement s'était opéré sur 
le marché européen. Ainsi, il y a une dizaine d'années, l'Angleterre 
recevait de France, de Belgique et de Hollande, des masses d'ar- 
bustes verts, de plantes à feuillage et d'appartement; aujourd'hui, 
elle les fabrique elle-même pour ses besoins et au delà, et ne 
reçoit que les plants de pépinières, les Lilas, les Muguets, de 
France ; les Azalées, de Belgique ; les Ognons à fleurs, de 
Hollande... 

Grâce à la nature du sol et au climat insulaire, les Comtés 
du littoral produisent admirablement les Rhododendrons et les 
autres arbustes toujours verts; les plantes de terre de bruyère y sont 
bien étoffées ; les Conifères, splendides, les Rosiers, luxuriants. 

La production de vignes en pots et d'arbres fruitiers destinés aux 
vergers sous verre a provoqué des installations particulières. 

Quant aux Orchidées, elles triomphent chez nos voisins, ainsi 
qu'une foule de plantes délicates réclamant la chaleur et l'abri en 
toute saison. 

On compte plus de deux mille établissements horticoles ayant 
quelque importance. Londres et ses districts en possèdent cent au 
moins, non compris les cultures des Comtés du Middlesex, d'Essex, 
du Hertford, de Kent et de Surrey sur lesquels la plus grande ville 
du monde est assise. 

En voici la répartition par Comtés. 

Une seconde colonne indique combien il existe de Parcs et de 
grands Jardins d'amateurs placés sous la direction d'un jardinier. 



118 




ANGLETERRE 






ANGLETERRE 


Eta- 
blisse- 
ments 


Parcs 

35 
i3o 

86 

3o 

120 

Go 

57 

80 

n5 

74 

G5 

120 

118 

180 

60 

160 

3o 

210 

190 

60 

75 

95 

3o 

80 

65 

80 

65 

65 

i5 

70 

75 

110 

85 

260 

160 

80 

25 

86 
65 

320 

i5 
10 
10 
i5 
20 
45 
20 
5o 
i5 
16 
i5 
10 

5 

1 

20 


ECOSSE 


Eta- 
blisse- 
ments 


Parcs 




24 

33 
10 
3a 
5o 
20 
10 

25 

72 
22 

25 

60 

43 

60 

18 

44 

10 

120 

120 

20 

40 

75 

7 

45 
20 

35 
3o 

25 

20 
60 
45 

3o 

95 
80 
5o 
10 

25 

i5 
i3o 

5 

5 
2 

i5 
2 

1 

2 

G 

10 


Aberdeenshire 


i5 

7 

12 
3 

7 
10 

1 

4 

3 

4 

10 

3 

3 

25 

35 
5 

1 

5 

12 

5 
2 

7 

5 

i3 
3 
1 

2 
i3 

10 

22 

1 

2 

4 
1 

4 
1 

4 

7 
1 

2 

2 

1 
2 

3 
2 






Argyllshire 




Buckinghamshire 

Cambridgeshire 


Ayrshire 


60 


Banffshire 




Clieshire 


Berwickshire 




Cornwall 


Buteshire 




Cumberland 


Gaithness 


IO 


Derbyshire 


Clackmannanshire 

Dunibartonsliire 




Devonshire 




Dorsetshire 


Dumfriesshire 




Durham 


East Lothian 


3o 


Essex 


Fifeshire. 

Forfarshire 

Invernesshire 


4o 

70 


Gloueestersliire 


Hampshire 


Herefordshire 


Kincardineshire 


i5 


Hertfordshire 


Kinross-shire 


1 


Huntingdonshire 

Kent 


Kirkcudbrightshire 

Lanarkshire 


3o 
45 
5o 


Lancashire 


Mîdlothian 


Leicestershire 


Morayshire 


20 


Lincolnshire 


Nairnshire 




Middlesex 


Orkney 




Monmouthshire 


Peeblesshire 


i5 


Norfolk... 


Perthshire 


60 


Northamptonshire 

NorthuniDerland 


Renfrewshire 


3o 


Ross-shire 


i5 


Nottinghamshire 


Roxburghshire 


3o 


Oxfordshire 


Selkirkshire 


i5 


Rutlandshire 


Stirlingshire 


3o 


Shropshire 


Sutherlandshire 

West Lothian. . . 




Somersetshire 


3 


Staffordshire 


Wigtownshire 




Suffolk 




Surrey 

Sussex 


IRLANDE 




"Warwickshire ] . 




Westmoreland 


3o 


Wiltshire 




Worcestershire 


Carlow . 


10 


Il orkshire 








Clare 


10 
10 




Gork 

Derry 


35 


PAYS DE GALLES 


Donegal 


5 


Down 




Anglesey 


Dublin 


45 
5 


Breconshire 


Fermanagh 


Cardiganshire 

Carmartiienshire 


Galway 

Kerry 


i5 


Carnarvonshire ! . 


Kildare 

Kilkenny 


i5 


Denbighshire 




FlintsJiire. . 


King's County ...' 


5 


Glamorganshire .... 

Merionethsire. . 


Limenck. 




Longford 




Montgomeryshire. ...... 

Pembrokeshire 


Louth 


K 


Mayo 




Radnorshire. . . 


Meath 






Monaghan ] . . . 


IO 




Queen's County 

Roscommon 


IO 


ILES DE LA MANCHE 

etc. 


Sligo 


10 


Tipperary 


1 vrone 




Isle of Man . ... 


Waterford 




Guernsey . . . 


West meath 




Jersey ',][[ 


Wexford 




Wicklow 


i5 



ANGLETERRE II9 



IX. — Jersey. 



Avec son climat privilégié, sa végétation exotique d'arbustes et 
de fleurs, jetée en pleine mer, Jersey est non seulement devenue 
l'île des fleurs et de la villégiature, mais encore un pourvoyeur des 
marchés de la Cité, concurremment avec la banlieue de Londres et 4 
les villes de province. 

Des familles de cultivateurs viennent s'y installer et gagnent 
honorablement leur vie, malgré le prix relativement élevé du sol et 
de la main-d'œuvre. 

Dans une année, l'île a produit : 

5o,ooo tonnes de Pommes de terre récoltées sur 126 hectares et 
livrées immédiatement à la consommation ; 

100,000 kilogr. de Tomates à 1 franc 5o, et à 2 francs en hiver ; 

66,000 kilogr. de Panais, valeur 286,000 francs; 

100,000 Choux-fleurs pesant 6 kilogr. en moyenne, vendus 2 fr. 5o 
la douzaine ; 

Et 125,000 kilogr. de différents légumes : Pois, Carottes, Salades, 
ayant réalisé un chiffre de 200,000 francs. 

Ses vergers de plein air ont fourni de beaux et bons fruits pour 
un million de francs 

Disons à ce sujet que la Poire Chaumontel, qui a fait de Jersey son 
terrain d'élection, est si jolie et si abondante que 3o,ooo fruits ont 
été vendus 5o centimes pièce, alors que les Poires Louise-Bonne, 
Duchesse et Passe-Colmar ne dépassaient pas 10 francs le cent. 

Le Raisin sous verre approche le million de francs, les deux tiers 
en Raisin dit d'été, Black Hamburgh ou Frankenthal. 

Un cultivateur a fait construire plusieurs serres à 5o,ooo francs 
pièce ; six hectares vitrés sont consacrés aux Raisins, aux Pêches, 
aux Tomates et aux Fraises. 

Guernesey à son tour, dotée de serres- vergers, cultive des légumes 
sous verre ou à l'air libre. La vente en est assurée par un traité à 
forfait avec des compagnies anonymes représentées par des courtiers. 

La culture des Ognons à fleurs y est commencée avec succès 

Dix horticulteurs sont installés à Jersey, six à Guernesey ; on y 
voit encore de beaux parcs d'amateurs. 

Des coquettes villas de Jersey, une vingtaine appartiennent à 
des amateurs distingués secondés par des praticiens habiles. 

La liste des associations agricoles et horticoles figure au tableau 
publié plus haut, pages 96 et suivantes. 



120 ANGLETERRE 

X. — Jardins d'études. — Explorateurs. 

Les Jardins botaniques de Kew et d'Edimbourg ont été installés et 
sont entretenus par les soins du Gouvernement. 

Le Jardin de Glasnevin, en Irlande, fondé en 1791 par la Société 
d'agriculture de Dublin, est également à la charge de l'Etat. Il occupe 
16 hectares et possède un superbe Palmarium. 

Les Jardins de Dublin, de Cambridge et d'Oxford sont les annexes 
des Universités qui, d'ailleurs, subviennent à leurs besoins. 

Les Jardins de Liverpool, de Manchester, de Glasgow, vivent au 
budget des municipalités ; celles-ci y organisent des concerts, et les 
Sociétés, des expositions. 

Les autres Jardins de ce genre sont alimentés par des Administra- 
tions, des Sociétés ou des souscriptions particulières. 

Le vaste Sefton Park, à Liverpool, créé en 1867 par l'ingénieur 
paysagiste français, M. Edouard André, à la suite d'un brillant 
concours, comprend, au milieu de ses conceptions grandioses et har- 
monieuses, une partie spéciale destinée à faire aimer et connaître la 
botanique aux étudiants et aux nombreux visiteurs. 

Par leurs intéressantes collections constamment augmentées, les 
grands établissements de culture et de commerce sont devenus de 
véritables foyers d'enseignement scientifique et horticole. 

Voici la statistique des Jardins botaniques du Royaume-Uni : 

Angleterre. 
Londres. — Kew. — Royal Bo- Hull (Yorkshire). 

tanic Society of London. — Liverpool (Lancashire). 

Ghelsea : Jardin officinal. Manchester (Lancashire). 

Birmingham (Warwickshire). Oxford (Oxfordshire). 

Cambridge (Cambridgeshire). Shefïield (Yorkshire). 

Ecosse. 

Edimbourg (Midlothian). — Glasgow (Lanarkshire). 

Irlande 

Dublin. — Glasnevin. — Trinity Collège. 

Belfast (Ulster). — Cork (Cork). 

Jardins botaniques et d'essai des colonies anglaises. 

Europe. 
Méditerranée. — Malte. 

Asie. 

Indes. — Agra. — Allahabad. — Baroda. — Cawnpore. — Gwalior. — 
Lucknow. — Mysore (Bangalore). — Morvi, — Nagpur. — 
Saharanpur. — Travancore, — Udaipur. 



ANGLETERRE 121 

Bengale. — Calcutta (Seebpore). — Darbhangah. — Darjeeling. — 

Mungpoo. 
Bombay. — Municipal Garden. — Ghorpuri. — Poona. 
Ceylan. — Anuràdhapura. — Badulla. — Hakgala. — Henaratgoda 

— Peradeniya. 
Détroit « Straits Settlcments ». — Malacca. — Penank. — Perak. — 

Singapore. 
Madras. — Agri-Horticultural Society. — Ootacumund. 
Punjab. — Lahore. — Sirala. 
Chine. — Hong-Kong. 

Afrique. 
Afrique Occidentale. — Lagos. 
Côte-d'Or. — Cape Coast-Cattle. 
Le Cap. — Cape Town. — Graaf-Reinet. — Grahamstown. — King- 

Williams Town. — Port-Elizabeth. — Uitenhage. 
Ile-Maurice. — Pamplemousses. — Curepipe. 
Natal. — Durban. — Pietermaritzburg. 

Amérique. 
Canada. — Montréal. — Ottawa. 
Guyane Anglaise — Georgetown. — Berbice. 
Honduras Anglais. — Station botaniqne. 
Iles sous le Vent. — Antigua. — Dominica. — Montserrat. — Saint- 

Kitts-Nevis. 
Jamaïque. — Bath. — Castleton Garden. — Cinchona. — Hope 

Gardens. — Kingston Parade Garden. — King's House. 
Petites Antilles. — La Barbade. — Grenade. — Sainte-Lucie. — 

Saint- Vincent. 
La Trinité. — Port of Spain. 

OCÉANIE. 

Australie Méridionale. — Adelaide — Port Darwin. 

Victoria. — Hamilton. — Melbourne. 

Nouvelle-Galles du Sud. — Sydney. 

Nouvelle-Zélande. — Auckland. — Christchurch. — Dunedin. — 

Invercargill. — Napier. — Wellington. 
Queensland. — Acclimatation. — Brisbane. — Rockhampton. 
Tasmanie. — Hobart Town. 
Fiji. — Station botanique. 

Les jardins d'essai des colonies, dirigés par des hommes dévoués à 
la prospérité du pays, ont contribué à importer et à propager une 
foule d'arbres et de plantes utiles dont l'exploitation a été une 
source importante de revenus pour les indigènes et les colons. 



Ï22 ANGLETERRE 

Jardin de Kew. — Le Muséum horticole de Kew occupe 180 hec- 
tares et coûte à l'Etat 5oo,ooo francs par an d'entretien. Il est unique 
au monde par le développement de ses jardins, l'étendue des serres 
et des collections, par le nombre de végétaux introduits directement 
ou propagés dans les colonies anglaises ou à l'étranger, et par les 
essais de culture, d'innovation, d'acclimatation, enfin par l'enseigne- 
ment donné matin et soir aux élèves jardiniers. Il faut encore tenir 
compte à l'administration du Jardin royal des notices instructives 
distribuées au public et des conseils qui ne sont jamais refusés à 
ceux qui les sollicitent. 

La population londonienne ou passagère a pris l'excursion à Kew 
tellement en goût que le nombre des visiteurs s'élève jusqu'à douze 
cent mille dans une seule année. 

Sa fondation remonte au siècle précédent et rénumération des 
services rendus serait longue à développer. Bornons-nous à des faits 
principaux d'importation de plantes rares ou inédites. 

EXPLORATIONS 

En 1772, sur les instances de Sir Joseph Banks, le Gouvernement 
envoie Francis Masson, du Jardin de Kew, au Gap de Bonne- 
Espérance, aux Antilles et au Canada; il en rapporte quatre cents 
espèces, parmi lesquelles des Pélargoniums, des Stapélias, des 
Bruyères, l'Encephalartos à longues feuilles. 

Le botaniste français Lhéritier, assisté du peintre Redouté, se 
rendirent à Kew, pour étudier l'ancêtre de nos Cinéraires, le curieux 
Tamus au pied d'éléphant, l'Eucomis ponctué, le Chloranthus, 
et autres plantes fraîches débarquées, pour les décrire dans le Sertum 
anglicum. Le genre Eucalyptus s'y trouve fondé sur le Gommier à 
feuilles obliques, découvert en 1774 P ar Nelson, dans la Terre de 
Van Diemen, aujourd'hui Tasmanie; son importation est attribuée 
au capitaine Funeaux, compagnon de Gook, qui aurait introduit en 
môme temps les élégants Gasuarinas. 

David Nelson, jardinier à Kew, comme Masson, devient le 
compagnon du navigateur Gook, de 1776 à 1779; puis il entreprend 
une seconde traversée du Pacifique aux Antilles, pour répandre le 
Jacquier ou Arbre à pain. 

Pendant cette période, les premières Orchidées s'épanouissent au 
Muséum, en 1 787-1 788 : les Epidendrum Cochleatum elfragrans. 

En qualité de botaniste et de chirurgien, Archibald Menzies accom- 
pagne le capitaine Vancouver, de 1791 à 1795, sur la côte sud-ouest 
de l'Amérique ; il envoie l'Araucaria imbriqué du Chili, le Séquoia 
toujours vert de Californie, 



ANGLETERRE 123 

Ghristopher Smith recueillit, en 1797, de nombreux végétaux aux 
Moluques. Son camarade James Wiles transportait des centaines 
d'Arbres à pain dans les Antilles. Smith, nommé botaniste de la 
Compagnie des Indes, préparait à Calcutta une belle collection de 
plantes vivantes. Peter Good en dotait plus tard le jardin de Kew, 
avec de jolies Légumineuses, Protéacées et Myrtacées australiennes. 

Au début du siècle, Banks déléguait George Caley à la Nouvelle- 
Galles du Sud. Ses dix années de séjour valurent des richesses nou- 
velles au célèbre Jardin ; entr' autres, le Livistona australis, un des 
Palmiers les plus recherchés. 

Vers i8o3, le jardinier William Ker est envoyé en Chine, àCeylan, 
à Java, aux Philippines. Le Cunninghamia de Chine, les Lis tigré et 
du Japon, le Kerria sont les souvenirs marquants du voyage. 

Le chevalier Sir Joseph Banks, un botaniste passionné, qui avait 
rapporté vers 1788 et années suivantes, de beaux Hydrangéas, la 
Pivoine arborescente, de jolis Fuchsias du Brésil et du Chili, le 
Nélumbo a Fève sacrée », des Strélitzias, la Tétragone alimen- 
taire, etc., voulut, une fois la guerre continentale finie, entreprendre 
et organiser d'autres explorations. 

Sous son inspiration, Allan Cunningham se dirige vers l'hémis- 
phère austral ; James Bowie le suit, puis visite le Brésil, le Cap et y 
trouve des plantes bulbeuses, des Orchidées, des Cactées. En 1823, 
il donne à Kew une Amaryllidée de l'État de la Rivière d'Orange. 
William Hooker la nomme « Imantophyllum Aitoni », dans le Bota- 
nical Magazine, alors que cette espèce, détournée du Muséum, fleu- 
rissait chez le duc de Northumberland et paraissait dans le Botanical 
Register avec le nom de « Clivia nobilis », donné par Lindley. 

Des îles océaniques, Allan Cunningham envoie, vers 1826, le 
Séaforthia élégant, le Bowénia remarquable, le Grévilléa robuste, des 
Laportéas, des Sténocarpus et le superbe Araucaria qui rappelle 
son nom. 

A cette même époque arrivaient à Kew, par David Lockhart, l'im- 
portateur du Gardénia à longue fleur, une collection d'Orchidées 
recueillies à la Trinité : Stanhopea insignis, OncidiumPapilio, 1823, 
Lockhartea elegans, Catasetum tridentatum, et la curieuse plante 
aquatique Pontederia crassipes, aux pétioles vésiculeux. 

Comme Edimbourg, le Jardin de Kew avait reçu, en 1818, les 
premières semences du Rhododendron de l'Himalaya, parWallich, 
fouillant les Indes Orientales ; et, ensuite, le Cèdre Deodara, par 
Leslie Melville, parcourant les montagnes du Népaul. 

De Kew, Oldham Richard se dirigea vers la Chine et le Japon, 
et Charles Wilford visita les îles japonaises et de Formose, 



124 ANGLETERRE 

Les élèves du Muséum placés dans les jardins coloniaux ne tardaient 
pas à transmettre régulièrement le résultat de leurs recherches : 

John Fraser qui devait ensuite nous enrichir de 200 espèces 
américaines, parmi lesquelles l'Azalée à fleur de souci, le Groseillier 
doré, le Pavier à épi, le Rhododendron de Gatesby; 

William Morrison, important des Protéacées de la Rivière du 
Cygne ; 

George Aldrige, collecteur d'Orchidées à la Trinité ; 

George Barclay, explorateur de l'Amérique Sud et des Sandwich ; 

NathanielWilson, planteur des premiers Quinquinas à la Jamaïque. 

Nous pourrions ainsi continuer l'historique des services rendus 
par le premier Muséum horticole du monde , et nous arriverions 
ainsi aux célébrités modernes qui ont constamment trouvé à Kew 
protection, conseils et appui. 

Parmi le personnel dirigeant — toujours à la hauteur de sa mission 
— nous devons citer, après Aiton, le savant Sir William Hooker, 
réorganisateur du jardin, puis son fils Sir Joseph Dalton Hooker, qui 
fit paraître chaque année un Report on the progress and condition 
ofThe Royal Gardens. — Thiselton Dyer, de la même famille, lui 
succéda en janvier 1887 ; il publie actuellement le Kew Bulletin, 
devenu populaire, par l'intérêt de sa rédaction et par son prix 
modique de o fr. 20 par mois. 

Les ouvriers, employés et élèves jardiniers reçoivent à l'établisse- 
ment une solide instruction théorique et pratique, au moyen des 
riches collections du Musée, du Jardin et de la Bibliothèque, concur- 
remment avec les conférences et les travaux manuels. 

Répétons enfin que Kew est la pépinière ou le laboratoire des 
colonies anglaises, leur préparant ces végétaux industriels ou écono- 
miques si précieux et les approvisionnant jusqu'à ce que les jardins 
d'outre-mer puissent se suffire. 



La Société royale d'Horticulture n'a pas hésité à organiser à 
ses frais des explorations lointaines, depuis John Reeves et Joseph 
Banks, par exemple : Georges Don, John Forbes et Potts, en Afrique ; 
John Dampier, Parker, en Chine; David Douglas, — un martyr de la 
science, — aux États-Unis et en Océanie, d'où il recueille plus de 
200 espèces ; John Weir, au Brésil et en Colombie ; Hartweg, dans 
l'Amérique centrale ; Robert Fortune en Chine et au Japon ; etc. 

Des maisons renommées, celles de Veitch, Sander, Bull, Low, 
entretiennent des voyageurs collecteurs à leur profit. 

Après avoir parlé des arrivages directs au « Royal Muséum », 
nous énumérerons les principales trouvailles de Robert Fortune, 



ANGLETERRE 



125 



voyageur de la Société royale d'horticulture, — qui apporta aux 
Indes le Thé de la Chine, — celles des « attachés » aux établissements 
commerciaux, et nous citerons quelques explorateurs libres. 

^L. — Explorateurs de la Société royale d'horticulture 

de Londres. 



Robert Fortune, (1812-1880) ; explo- 
rateur de la Chine, 1843-1846 et 1848- 
i85o; de la Chine et du Japon, i852- 
i863. Introducteur du Thé aux Indes, 
i85i. 

Conifères de la Chine. 

Abies jezoensis. 

Cephalotaxus Fortunei (mâle et fe- 
melle). 
Cryptomeria japonica. 
Cupressus funebris. 
Pinus Bungeana. 
Pseudolarix Kaempferi. 
Torreya grandis. 



Arbres et arbustes de la Chine. 

Abelia uniflora. 

Akebia quinata. 

Amygdalus persica : rouge double; à 
fleur d'oeillet ; de Shanghaï. 

Azalea obtusa ; ovata ; squamata, etc. 

Bambusa Fortunei variegata. 

Berberis Bealii ; consanguinea'; For- 
tunei, japonica; trifurca. 

Caryopteris Mastachantus. 

Camellia Cup Beauty; Prince Frédéric 
Williams ; reticulata flore pleno. 

Chamœrops Fortunei. 

Citrus japonica « Kum Quat ». 

— mandarin. 

— média « Fingered ». 
Clematis lanuginosa. 
Daphne Fortunei. 
Diervilla rosea dit Weigela. 
Edgeworthia chrysantha. 
Forsythia viridissima. 
Gardénia florida Fortunei. 
Ilex cornuta. 
Indigofera décora. 
Jasminum nudiflorum. 
Lonicera fragranlissima. 

Pœonia arborea Moutan, (collection). 

— sujets porte-greffes. 
Prunus triloba. 

— sinensis flore pleno albo. 
Quercus sinensis. 
Rhyncospermum jasminoides. 
Rosa sp. 

— anemonœflora. 

— Fortunei. 

— Yellow (Fortune). 
Skimmia Fortunei. 
Spathoglottis Fortunei. 
Spiraea callosa. 

— prunifolia flore pleno. 
Viburnum macroccphalum. 

— plicatum. 

Wistaria sinensis alba. 



Plantes herbacées de la Chine. 

Adamia versicolor. 
Anémone japonica. 
Arundina sinensis. 
Brassica sinensis. 
Calystegia pubescens. 
Campanula nobilis. 
Chirita sinensis. 
Chrysanthemum « Pompon ». 
Dielytra spectabilis. 
Farfugium grande. 
Fougères, plusieurs espèces. 
Pœonia, plusieurs variétés. 
Platycodon grandiflorum ; album. 
Selaginella caesia; Wildenowi. 
Statice Fortunei. 

Conifères du Japon. 

Cryptomeria var. 
Podocarpus, plusieurs types. 
Retinospora aurea; obtusa; pisiiera. 
Sciadopitys verticillata. 
Thuiopsis dolabrata variegata. 
— Standishii. 

Arbres et arbustes du Japon. 

Acer, plusieurs espèces. 

Aralia variegata. 

Aucuba japonica (mâle); variétés. 

Clematis Fortunei; John Gould Veitch; 

Standishii. 
Corylopsis parviflora; spicata. 
Daphne variegata. 
Deutzia crenata flore pleno. 
Elaeagnus reflexa variegata. 
Eurya japonica variegata. 
Evonymus (série variée). 
Kerria japonica variegata. 
Ligustrum japon, aureo-variegatum. 
Lonicera brachyp. aureo-reticulata. 
Osmanthus aquifolium; variegatum. 

— nanum. 

Pittosporum variegatum. 
Prunus japonica. 
Raphioïepis ovata. 
Rhapis flabelliformis variegata. 
Rhododendron Metternichii. 
Skimmia japonica vera ; nova, etc. 
Thea viridis variegata. 
Vitis de Yedo. 

Plantes herbacées du Japon. 

Chrysanthemum (variétés). 
Convallaria variegata. 
Lastrea Standishii. 
Lilium auratum, etc. 
Lychnis Senno ; variegata. 
Saxifraga Fortunei. 
Spiraea palmata. 
Tricyrtis hirta. 



126 



ANGLETERRE 



B. — Explorateurs de la Maison William Bull 
a Ciielse a-Londres. 



Balderrama, 1873. — Colombie. 

— Oncidium Balderramœ. 
Bruchmûixer, 1873. — Colombie. 

— Tillandsia musaica. 
Carder, 1875. — Colombie. 

— Antliurium Veitchii. 

— Bomarea Carderi. 

— Coffea liberica, 1874. 

— Dieffenbachia, variétés. 

— Masdevallia Carderi. 

— Oncidium Carderi, 1876. 
Crocker, 1878. — Bornéo. 

— Bulbophyllum Beccarii. 
Harris, 1870. — Côte ouest Afrique. 

— Allamanda Chelsoni. 
Hill, 1878. —Natal. 



— Encephalartos Frederici Gul- 

lielmi . 
Seemann, 1866-1868 . — Amérique cen- 
trale . 

— Adiantum Seemanni, 1868. 

— Agave Seemanni, 1866. 

— Casimiroa edulis, 1866. 

— Cyrtodeira chontalensis, 1867. 

— Geonoma Seemanni, 18G8. 

— Godwinia Gigas, 1868. 

— Parmentiera cerifera, 1866. 
Shuttlewortii, 1876 — Colombie. 

— Antigonum insigne. 

— Bignonia magnilica. 

— Masdevallia caudata; muscosa. 

— Masdevallia Shuttleworthii. 



C. — Explorateurs de la Maison Hugh Low& C ie , Clapton Londres 



Baxter William, 1823 — Australie. 

— Végétaux australiens. 
Blunt. — Nouvelle-Grenade. 

— Cattleya Mendelii var. Bluntii. 

— Miltonia Bluntii. 

Boxall William — Indes occiden- 
tales. — Iles Philippines. 

— Aerides Iansoni, 1888; Leea- 

num, 1881 ; odoratum, 188I . 

— Cattleya Scholieldiana, 1877. 

— Cymbidium Lowianum. 

— Cypripedium bellatulum, 1888 ; 

Boxalli, 1877; ciliolare, i883; 
villosum Lowii, 1888. 

— Dendrobium albiflorum, 1874; 

Araclmites, 1874 ; Boxalli, 1873 ; 
Brymerianum,i874; crassinode 
Barberianum, 1874 '■> Parishii 
albens,i89i; rhodopterygerum, 
1874; Treacherianum, 1881 ; 
Wardianum Lowii, 1875. 

— Lœlia Dayana, 1876; Leeana, 

i883; resplendens, i883. 

— Masdevallia bella, 1878. 

— Phalaenopsis Boxalli, 1882 ; Bry- 

meriana, 1876; Schilleriana 
vestalis,i88i; Stuartiana,i88i; 
Veitchi brachypodon, 1882. 

— Saccolabium bellinum, 1884. 

— Vanda Amesiana ( Assam), 1887 ; 



id. (Burmah), 1889; caerules- 
cens Boxalli, 1877 ; id. Lowii, 
1877; Kimballiana, 1889; 
lamellata Boxalli, 1879. 

— Lilium Lowii ; Primulinum, 1892. 

— — nepalense; sulphureum,i888. 
Curnow Richard — Madagascar. — 
Philippines. — Amérique centre et sud. 

— Aerides illustre, 1884. 

— Angrœcum cryptodon , i883 ; 

Primulinum, 1888. 

— Mascarenhasia Curnowiana, 

1881. 

— Stanhopea Amesiana; Lowii. 
Sir Hugh Low, 1845-1893. — Bornéo. 

— Alocasia Lowii 

— Amcctochilus Lowii. 

— Cadogyne Lowii. 

— Cypripedium Lowii, 1847. 

— — Stonei 

— — — platytacnium. 

— — Dayanum. 

— Vanda Lowii. 

Valentine S. H., 1887.— Philippines. 

— Phalœnopsis Valentine, 1884 ; 

violacea et gloriosa, 1889. 
WiiiteG.T., i883.— Amérique du Sud. 

— Cattleya Brymeriana ; Whitei. 

— Odontoglossum excellens, i883. 

— Pescatorei Lowiana, 1886. 



D. — Explorateurs de la Maison Sander & G ie , a Saint- Albans. 



Abel R., 1887-1888. — Mexique. 
Albrecht H., 1887-1888. — Venezuela. 
Arnold F , i88i-i883. — Venezuela. 
Colombie . 

— Cattleya Percivaliana, 1882. 

— Odontoglossum Sanderianum. 
Bartiiolomaeus F., 1883-1893. — Co- 
lombie. — Mexique. 

— Lselia anceps Schrœderiana. 

— Lœlia anceps Sanderiana. 
Boiîiscii, i883-i880. — Colombie. 

— Odontoglossum Hunnewellia- 

num. 

Bode, 1888-1889. — Indes. 

Braun, 1891-1892. — Afrique. — Mada- 
gascar. 

— Dracœna Sanderiana. 



— Angrœcum Eichlerianum. 
Chesterton, 1880-1881. — Colombie. 

— Masdevallia Chestertoni. 

— Stenia Chestertoni, etc. 
Digance. W., 1890. — Brésil. 
Dressel G., 1 887-1888. — Guyane 

anglaise. 
Endres E., 1875-1878. — Colombie. 

— Odontoglossum nevadense. 
Ericsson, 1885-1893. Birmanie. — 

Brésil. — Iles de la Sonde . 

— Bulbophyllum Ericssoni. 

— Cattleya Victoria Regina. 

— Cypripedium Elliottianuni ; 

Kimballianum ; Rothschil- 
dianum ; Sanderianum ; Vic- 
toria Mariae, etc. 



ANGLETERRE 



I27 



Falkexberg, 1876-1883. — Colombie. 

— Restrepia Falkenbergi. 
Fkeemaxx, i88o-i883. — Indes. 

— Dendrobium Freemani. 
Forget L , 1891-1893 —Brésil. 

— Epidendrum Godseffianum. 

— OncidiumGravesianum. 
Forstermann J . , 1880-1884. — Iles de 

la Sonde. — Indes. 

— Gœlogyne Forstermannii. 

— — Sanderiana. 

— Dendrobium cruentum. 

— — dactyliferum. 
Fritz H , 1888-1889 — Birmanie. 
Hamelix L., 1893. — Madagascar. 

— Eulophiella Elisabethae. 
Hennis W., 1884-1886. — Colombie. — 

Indes 

— Eucharis Mastersiana. 

— — Sanderiana 
Hubscii, 1881-1884. — Equateur. — 

Pérou. 

— Masdevallia anchorifera ; calu- 

ra; fiaveola ; ludibunda. 

— Maxillaria Hubschii. 

— Odontoglossum Schrœderia- 

num. 

— Oncidium Hubschii. 

— — tricuspidatum. 
Humblot L., 1880-1887. — Les Como- 

res. — Madagascar. 

— Angrœcum fastuosum; Germi- 

nyanum ; Humblotii ; Leonis ; 
Sanderianum. 

— Cymbidium Humblotii . 

— Pliajus Humblotii. 

Kerach O., 1881-1893. — Colombie. 
Klaboch frères, 1871 . — Equateur.etc. 

— Bollea cœlestis ; Lawrenceana. 

— Masdevallia Edwardi. 

— Masdevallia Klabochorum. 

— Maxillaria Sanderiana, etc . 

— Odontoglossum cirrhosum; con- 

fertum ; Edwardi; orientale ; 
pardinum; polyxanthum. 

— Oncidium chrysornis ; lamelli- 

gerum ; melanops ; virgula- 
tum . 

— Pescatorea Klabochorum. 
Kromer E , 1886-1890. — Brésil. — 

Venezuela . 
Lixdgrex, 1892 - 1893. — Bré sil. — 

Paraguay. 
Lorexzex J., 1891. — Colombie. 
Max, i884-i885. — Colombie. 

— Cattleya gigas Sanderiana, i883. 

— — ' Schrœderœ. 



Migiiolitz W., 1881-1893. — Afrique. 
Birmanie. — Cochinchine. — Congo. 

— Nouvelle-Guinée — Philippines. 

— Alocasia Sanderiana. 

— Aerides Savageanum. 

— Cypripedium Chamberlainia- 

num . 

— Cirrhopetalum Sanderianum. 

— Dendrobium Imperatrix ; vera- 

trifolium. 

— Grammatophyllum Measure- 

sianum. 
Osmers J , i88i-i885. — Brésil. 

— Laelia grandis var. tenebrosa. 
Oversluys C, 1887-1893. — Brésil. — 

Colombie. — Equateur. — Guate- 
mala. — Honduras. — Pérou. — 
Venezuela. 

— Oncidium Sanderianum, etc. 
Palmer, 1886-1890. — Venezuela. — 

Guyane anglaise. 
Pehaceck F., 1881-1887 — Mexique. 
Perïhuis, 1893. — Brésil. — Pérou. 
Peths E , 1 885-1 890. — Argentine. — 

Brésil. — Equateur. 
RimannE ,1881-1886. —Birmanie. — 

Bornéo. — Brésil. — Indes 
Roebelex C ,1880-1884.— Philippines. 

— Aerides Lawrenceanum; Roha- 

nianum ; Sanderianum. 

— Phalœnopsis Sanderiana, 1880. 

— Vanda Sanderiana, 1887. 
Rodel, 1888-1889. — Les Indes. 
Rœzl (Bexedict), 1871.— Equateur.— 

Mexique . 

— Masdevallia abbreviata; Chi- 

mœra ; Livingstoniana ; ma- 
crura, 1874; xanthodactylis. 

— Miltonia Rcezlii. 

— Odontoglossum madrense, 1872. 

— Oncidium hastatum Rœzlii. 

— Pescatorea Rœzlii. 

— Sobralia Rœzlii. 

— Zygopetalum expansum. 
Schmidtciiex, 1880-1893. — Colombie. 
SciirœderA., i883-i884- — Afrique. 

— Indes. — Sierra Leone. 

— Crinum Sanderianum. 
SeidlE., i88i-i885. — Guyane an- 
glaise . 

— Cattleya Gaskelliana, i883. 

— — Lawrenceana. 
Starker, i885-i893.— Brésil. 

^ALLIS, 

Pérou. 

— Orchidées diverses. 
Wells A., 1882-1886. — Brésil. 



E. — Explorateurs de la Maison Veitch a Chelsea, Londres. 



Burbidge W. F., 1877-1878. — Bornéo 
et Sumatra. 

— Alocasia scabriuscula. 

— Burbidgca nitida. 

— Cryptocoryne caudata. 

— Ganiogyne Burbidgei. 

— Ixora Burbidgei. 

— Nepenthes Rajah ; bicalcarata; 

Burbidgei . 

— Pinanga Veitchii. 

— Piptospatha insignis. 



— Rhododendron stenophyllum. 

— Wormia Burbidgei. 

— Orchidées variées. 
Ciiestertox, 1872-1877. — Colombie* 

— Odontoglossum Coradinei. 
Blrke, 1881-1894.*— Guyane anglaise. 

— Bornéo. — Philippines. — Bur- 
mah. — Nouvelle-Guinée. 

— Nepenthes Burkei. 

— Phalœnopsis Schilleriana. 

— Heliamphora nutans. 



128 



ANGLETERRE 



— Cypripediuni Lindleyanum. 

— Zygopet aluni Burkei. 
Curtis (Charles), 1878-1883. — Archi- 

Sel indien. — Madagascar. — Gran- 
es Comores, etc. 

— Angrœcum sesquipedale . 

— Cypripediuni Curtisii. 

— Medinilla Curtisii. 

— Nepenthes variés 
Downton, 1872. — Chili. 

— Dicksonia Berteroana. 
Endres, 1872-1873. — Amérique Cent. 

— Epidendrum Endresii. 

— Utricularia Endresii. 
Hutton, 1866-1868 — Indes. 

— Aerides Huttoni. 

— Dendrobium Huttoni. 

— Vanda insignis. 
Kalbreyer, 1878-1881. — Colombie. 

— Hsemantlius Kalbreyeri 

— Pachystoma Thonisonianum 
Lobb ([Thomas), i84o-i858. — Archipel 

indien 

— Aerides Fieldingii . 

— Arachnanthe Cathcarti. 

— Bulbophyllum Lobbi. 

— Cypripediuni barbatum. 

— Cypripediuni superbiens. 

— Phalœnopiis intermedia. 

— Phalœnopsis amabilis, Blume. 

— Vanda cserulea ; tricolor. 

— iEschynanthus Lobbii. 

— Medinilla magniliea. 

— Nepenthes Veitchiana . 

— Rhododendron Brookii; jasmi- 

niflorum ; javanicum ; Lobbi . 
Lobb (William), 1840-1857. — Califor- 
nie. — Amérique du Sud. 

— Abies bracteata ; concolor. 

— Araucaria imbricata. 

— Fitz-roya patagonica. 

— Libocedrus tetragona. 

— Podocarpus nubigenus. 

— Saxe-Gotheaconspicua. 

— Séquoia gigantea. 

— Thuia Lobbi (gigantea) . 

— Torreya myristica. 

— Berberis Darwinii. 

— Desfontainea spinosa. 

— Embothriuin coccineum. 

— Escallonia macrantha. 

— Lapageria rosea. 

— Philesia buxifolia. 

— Pleroma elegans. 

Maries (Charles), 1830-1879.— Japon ; 
Ile Formose . 

— Abies Mariesii. 

— Acer japonica (variétés). 

— Caryôpteris Mastachantus. 

— Clerodendron trichotomum. 

— Cœsalpinia japonica 

— Cornus brachypoda 

— Daphniphyllum glaucescens. 

— Davallia Mariesii. 



— Elœagnus macrophyllus. 

— Iris Kîempferi. 

— Styrax japonicum. 

Pearce Richard, 1864-1868. — Améri- 
que du Sud (Colombie). 

— Amaryllis pardina 

— Bégonia boliviensis ; Pearcei ; 

rosaefiora ; Veitchii. 

— Cypripedium caricinum. 

— Gymnogramma Pearcei. 

— Gymnostachyum Pearcei. 

— Maranta Veitchiana. 

— Odontoglossum coronarium. 

— Sanchezia nobilis. 

— Stemonacanthus Pearcei. 

— Urceolina pendula. 

Veitch, John Gould, (1839-1867). — 
Chine et Japon, 1859-1860. — Aus- 
tralie et Philippines, i864-i865. 

— Abies firma. 

— Cryptomeria elegans. 

— Picea ajanensis. 

— Picea Alcockiana. 

— Acalypha Wilkesiana tricolor. 

— Amarantus melancholicus. 

— Ampélopsis tricuspid. Veitchi. 

— Ampélopsis japonica. 

— Aralia Veitchii. 

— Coleus Veitchii; Gibsoni. 

— Croton undulatus Veitchi, etc. 

— Dracama Chelsoni ; Mac-Leaii ; 

magnifica ; Mooreana ; regina 
et autres. 

— Lilium auratum. 

— Maranta Veitchi. 

— Pandanus Veitchii. 

— Primula cortusoides. 

— Veitchia Johannis. 

Veitch, (Herbert-James), fils du pré- 
cédent, rapporte en 1898, des végé- 
taux recueillis aux Indes, au Japon 
et en Australie. 

Veitch (Peter),i877-i88o. — Australie 
(Nouvelle-Zélande, Fiji.) — Bornéo. 

— Lomaria discolor bipinnatilida. 
Wallis, 1872-1874. — Colombie. 

— Cypripediuni caudatum. 

— Epidendrum Wallisii. 

— Loasa Wallisii 

— Masdevallia Chimscra. 
Walter (Davis), 1873-1877. — ■ Améri- 
que du Sud . 

— Bégonia Davisii. 

— Browallia pedunculata. 

— Calceolaria lobata. 

— Cypella peruviana. 

— Cypripediuni reticulatum . 

— Masdevallia Davisii; Darlacana; 

ionocharis. 

— Polybotrya Zeehleriana. 

— Vriesia chrysostachys 
Zaiin, 1870. — Amérique Centrale. 

— Tillandsia Zahnii. 
Etc. 



Le D 1 Maxwell T. Masters et l'orchidographc John O'Brien ont 
bien voulu nous guider dans ces recherches minutieuses. Certes, il 
nous eut été facile de les étendre encore. 



ANGLETERRE 



129 



Explorateurs libres. 



Backhouse (James et Fila), de York, 
1794-1869. — Australie. 

Balfour(J.-B ), professeur de bota- 
nique à Edimbourg. — Socotora. 

— Bégonia Socotrana. 
Baxxister (John), missionnaire en 

Virginie, 1688. 

— Magnolia grandiflora, etc. 
Benson (colonel), 1866. — Indes. 

— Orchidées. 

Berkeley (général), 1862. — Indes. 

— Orchidées. 

Bootii (T.-F.), 1853. — Bhotan. 

— Rhododendron. 

Bowman (David), i838-i868. — Pérou. 

Equateur. (Gyanophyllum.) 
Bridges Thomas, 1807-1865, Chili — 

Pérou — Bolivie. 

— Victoria regia. 

Cathcart (J. W.) (décédé en i85i). — 

Himalaya oriental. 
Drummoxd (James) (décédé en i863). — 

Australie du Sud 
Ellis (Rév d 1794-1872).— Madagascar. 

— Ouvirandra fenestralis, etc. 
Falcoxer (décédé en i865) . — Indes 

occidentales. 

Gardner (G.) (décédé en 1847). — Bré- 
sil — Ceylan. 

Gibson* (John), jardinier chez le duc 
de Devonshire. 

— Amherstia nobilis, etc. 
Gillies(J.) — Chili. 

Gordon (James), décédé en 1780. — 
Amérique du Nord. — Japon. 

— Ulmus americana, 1752. 

— Sophora japonica. 

— Ginkgo biloba, 1754. 



Gray ( Christopher)), 1740- 1768. — 

Amérique . 
Griffith (William), décédé en 1845. 

— Indes. 

Hill Walter — Queensland . 

Hooker (Sir Joseph). — Régions an- 
tarctiques. — Nouvelle-Zélande. — 
Himalaya — Syrie. — Maroc. 

— Rhododendrons himalayens, etc, 
Jeffrey John, i85o. — Californie. — 

Orégon. 

— Conifères. 

Lee James, (horticulteur, 1715-1795) . 
Lehmann (consul). — Amérique Sud. 

— Orchidées. 

Purdie W. (décédé en 1857). — Ré- 
gions tropicales de l'Amérique. 

Skinner (George), 1804-1868. — Gua- 
temala. 

— Cattleya Skinneri, i836. 

— Lœlia superbiens, 1840. 

— Lycaste Skinneri, 1842. 

— Sobralia macrantha, 1842. 

— Stanhopea saccata, etc. 
Symonds (Sir W.), i838. — Nouvelle- 
Zélande. 

— Dacrydium cupressinum. 

— Dammara australis. 

— Podocarpus Totara. 

— Phyllocladus trichomanoides. 

— Vitex littoralis. 

Tweedie (James) (décédé en 1862/. — 
Brésil . — Uruguay. 

— Cactées. 
Whittal. — Smvrne. 

— Plantes bulbeuses, etc. 
Wight (Robert) (décédé en 1872). — 

Indes. 



La Grande-Bretagne a fourni une superbe pléiade de voyageurs 
botanistes ou explorateurs et de riches établissements d'importation. 



•i-^-i- 



XI. — Parcs et Jardins publics ou particuliers, 



Sur le sol accidenté de la Grande-Bretagne, sillonné de cours 
d'eau, flanqué de rochers au milieu des mers, l'art du paysagiste a pu 
facilement diriger ses méandres, fleurir ses pelouses et développer 
ses horizons. 

Après avoir admiré et imité le style classique du célèbre jardinier 
de Louis XIV, André Le Nôtre, qui. a traversé la Manche pour 
renouveler là bas ses conceptions hardies, les initiateurs anglais 
Kent, Brov\ n, AYhately posaient les premiers jalons du style 
romantique en même temps qu'une révolution semblable s'accom- 
plissait en France. 

9 



l3o ANGLETERRE 

Les modernes ont continué l'œuvre en donnant à leurs inspi- 
rations plus de grâce et d'harmonie et en accentuant la belle origi- 
nalité des effets par l'introduction, dans les corbeilles et sur les 
gazons, de ces végétaux exotiques dus. aux explorations anglaises, 
hollandaises, russes, belges ou françaises. 

Nous arrivons aux plantations publiques : Parcs, jardins, squares, 
promenades, organisés par la majeure partie des villes ; tout en 
agrémentant la cité, ils ont l'avantage de faire connaître les végétaux 
et de purifier l'air respirable. 

La capitale marche en tête, corrigeant son immense étendue par 
des oasis de verdure et de fleurs. 

Parcs publics de Londres. 

Hyde Park. Greenwich Park. 

Regent's Park. Green Park. 

Victoria Park. Kensington Gardens. 

Battersea Park. Myatt's Fields. 

Finsbury Park. Ravenscourt Park. 

Brockwell Park. Southwark Park 

Clissold Park. Saint-James's Park. 

Dulwich Park. Vauxhall Park. 

Queen's Park. Cristal Palace. 

Les trois premiers occupent chacun une surface qui dépasse 
î5o hectares; mais, hors de la cité, Richmond Park s'étend, rive 
droite de la Tamise, sur une superficie de 900 hectares, et Hampton 
Court, de la rive gauche, sur 200 hectares. 

Dans les villes principales, nous signalerons seulement quelques- 
uns des parcs les plus renommés : 

Birmingham : Cannon Hill Park. 

Dublin : Phœnix Park. 

Glasgow : Kelvingrove Park. — Queen's Park. 

Leeds : Parcs, Jardins et Promenades. 

Liverpool : Sefton Park. — Prince's Park. — Stanley Park. 

Manchester : Plusieurs Parcs, Jardins, Boulevards et Squares. 

Birkenhead : Parc et Promenades. 

Newcastle : Jesmond Dean Park. 

Preston : Parcs, Jardins et Promenades. 

Scarborough : Cliff Bridge, Grounds and Spa. 

Tous ces Parcs et Jardins sont confiés à des horticulteurs de pre- 
mier ordre. Les administrations les encouragent en mettant à leur 
disposition les matériaux si variés dont ils ont besoin* 



ANGLETERRE l3l 

Les grandes et belles plantations qui accompagnent de riches 
demeures sont disséminées sur la presque totalité des Comtés. Il en 
est de véritablement splendides, et pour la réalisation desquelles il 
a été dépensé des sommes considérables ; par exemple, les résidences 
royales de la Couronne : à Windsor Castle et àFrogmore, non loin de 
Londres ; à Osborne House, île de Wight; à Balmoral, Ecosse, etc. 

Nous aurions à citer ainsi 5,ooo Parcs et Jardins particuliers des 
plus remarquables, et le nom du propriétaire ou de l'occupant, et le 
nom du chef jardinier de chacun d'eux. Il nous suffira d'en résumer 
le nombre, par Comté, dans une colonne spéciale du tableau consacré 
aux établissements d'horticulture, page 118. 

XII. — Journaux horticoles. 

L'horticulture anglaise étant livrée à ses propres ressources, il eu 
résulte que, pour sa propagande et l'exposition de ses principes, pour 
la publication des résultats de ses eftbrts, il lui faut des organes 
puissants ou populaires. La presse horticole est bien plus importante 
en Angleterre que dans tout autre pays, d'autant mieux qu'elle n'a 
pas, comme en France, la concurrence des Bulletins de Sociétés 
d'horticulture et d'agriculture ■ — à l'exception du Journal of the 
Royal Horticultural Society, rédigé par le Secrétaire. 

Les principaux Journaux purement horticoles — la rédaction est 
confiée à des hommes de valeur — sont : 

The Gardeners' Chronicle, par Maxwell T. Masters, créé en 1841* 
The Gardeners Magazine, par G. Gordon, créé en i843» 
The Journal of Horticulture, par Robert Hogg, créé en 1848* 
The Garden, par William Robinson, créé en 1872» 

A coté de ces publications illustrées avec art, il existe ce que l'on 
pourrait appeler la petite presse, qui se compose de journaux à 
dix centimes, établis depuis une dizaine d'années au moins, tels que : 

Amateur Gardening ; Planter s Gazette; 

Gardening World ; The Northern Gardener ; 

Gardening Illustrated ; The Horticultural Advertiser ; 

Garden Work ; The Orchid Reçiew ; 

Horticultural Times ; Cottage Gardening. Etc., etc. 

Ces organes horticoles sont hebdomadaires et leurs rédacteurs 
sont, parait-il, largement rétribués. 

Le journal est vendu au numéro chez tous les marchands de jour- 
naux, dans les kiosques et aux gares de chemins de fer. 



l3a ANGLETERRE 

Si l'on en juge par les soins typographiques et par la marée 
montante d'annonces et de réclames, on peut dire que la presse 
horticole anglaise est riche et prospère. 

Nous ajouterons qu'un grand nombre de publications scientifiques, 
agricoles, forestières, cynégétiques, de voyages, de vie à la campagne, 

de cuisine, de mode, etc., ont une chronique horticole inédite ou 

taillée à coups de ciseaux. 

XIII. — Ouvrages remarquables. 

Parmi les ouvrages les plus remarquables de l'horticulture, rédigés 
et publiés en Angleterre, on peut citer : 

Theory and Practice of Horticulture John Lindley. 

Encyclopœdia of Gardening J.-G. Loudon. 

Arboretum Britannicum J.-G. Loudon. 

Magazine of Botany Joseph Paxton. 

Botanical Bictionary .", Joseph Paxton. 

Book ofthe Garden Mac Intosh. 

Flower Garden Lindley & Paxton. 

Exotic Botany J.-E. Smith. 

Botanical Cabinet Loddiges. 

Species Filicum W.-J. Hooker. 

Gardener's Assistant Robert Thompson. 

Botanical Magazine Hooker. 

Botanical Begister Lindley. 

English Flower Garden William Robinson. 

Les publications plus récentes fournissent les œuvres suivantes : 

Manual ofthe Coniferœ Harry J. Veitch. 

Manual of Orchidaceous Plants Harry J. Veitch. 

Orchard House « Thomas Rivers. 

Miniature Fruit Garden Th. & T.-Fr. Rivers. 

Bictionary of Gardening G. Nicholson. 

CasselVs Popular Gardening D.-T. Fisii. 

Orchid Album Warner & Williams. 

Ferns British and Exotic K.-J. Lowe. 

The Fruit Manual . Robert Hogg. 

Booh of Choice Ferns Georges Schneider. 

Vines and Vine Culture Archibald Barron. 

Etc., etc. 

Il a paru également beaucoup de brochures et de petits livres sur 
des cultures générales, spéciales et sur des observations pratiques. 



ARGENTINE (république) 



-3-HK 



3,200,000 kilomètres carrés. — 4>6oo,ooo habitants. 

— 2-8K— 



L'immigration, dans la République Argentine, favorisée par des 
lois protectrices, a singulièrement contribué au développement de 
l'Agriculture. 

Le climat et le sol ont secondé les efforts du colon ; sa famille s'est 
constituée, sa fortune s'est arrondie et la richesse du pays y a gagné. 

La vie pastorale a conduit le cultivateur vers l'exploitation des 
plantes alimentaires ; de là, l'amélioration des potagers et des vergers 
destinés à l'approvisionnement de la ferme ou du marché. 

Aux espèces indigènes : Pommes de terre, Patate, Igname, Tomate, 
Aubergine, Pastèque, Piment, sont venus s'ajouter les légumes 
d'autres pays : Pois, Haricots, Choux, Betteraves, Navets, Ognons, 
Ails, Radis, Asperges, Artichauts, Gardons, Céleri-Rave, et toute la 
verdure alimentaire. 

La Pomme de terre fournit 4 00 » 000 kilogr., à l'exportation, les 
Haricots et Pois ensemble 5o, 000 kilogr., au minimum. 

Le Maïs quitte les ports argentins par 4°° millions de kilogr. de 
semences. L'Europe s'y approvisionne des espèces fourragères à 
grand développement, qui ne peuvent arriver à maturité chez elle. 

Les plantes vivrières ont profité des accrues alluvionnaires du 
bassin des grands rios Parana, Paraguay, Uruguay, et se développent 
au milieu des lagunes marécageuses de Corrientes et d'Entre-Rios. 

Les vergers marchent de pair avec les potagers, modifiant leurs 
essences d'après le sol et le climat, et se sont renouvelés dans leurs 
anciennes variétés d'origine espagnole ou portugaise, par un choix 
plus conforme aux progrès de la pomologie moderne. 

Le vignoble est bien le milieu favorable à nos arbres fruitiers à 
pépins ou à noyau, et certaines vallées bien orientées des sierras sont 
nommées « les jardins de l'Argentine ». 



l34 ARGENTINE 

Où l'excès de sécheresse nuit au Pommier ou au Poirier, l'Olivier 
s'installe au profit de l'huilerie, et le rustique Caroubier fournit un 
aliment & patai » et une boisson fermentescible « loja » appréciés de 
l'immense région andine. 

Abritées par le gigantesque rempart montagneux, les provinces 
de Gatamarca, de la Rioja, de San Juan, de Santiago de l'Estero, 
de la fertile Mendoza, récoltent des Oranges, des Figues, des Olives, 
et aussi bien des Raisins, des Pêches, des Abricots, des Cerises et 
des Prunes. 

Les sols friables de Salta se sont montrés propices au Bananier; 
la vente des régimes en a été fructueuse au département d'Oran. 

Si le midi, plus froid, de la République Argentine offre moins 
d'intérêt à l'horticulteur — à part la flore arbustive de Magellan et 
des Cordillères, — le nord, plus rapproché de l'Equateur, favorise 
la végétation luxuriante de plantes économiques ou alimentaires. 

Sous ce rapport, la province de Buenos-Aires a pris le premier 
rang. Ses jardins jouissent d'une réputation méritée. Cependant, elle 
consacre 5oo,ooo hectares au Maïs, alors que la Pomme de terre 
occupe seulement 8,000 hectares et les autres légumes, 2,000. 

Non moins dense en population, le plantureux Tucuman s'est 
transformé en pépinière de fruits, de légumes, d'arbustes et de fleurs. 

Culture rémunératrice, la Canne à sucre vient, sous ce climat plus 
accentué en chaleur, couronner le labeur du colon... 

Le Café, le Coton, le Riz, le Tabac, le Lin, même le Maté ou Thé 
du Paraguay procurent le bien-être au planteur intelligent. 

En rangs serrés, les arbres précieux, tels que : Aspidosperma, 
Bulnesia, Cœsalpinia, Dalbergia, Lubea, Myrsine, Porliera, Prosopis, 
etc., constituent la fortune des forêts qui meublent la chaîne de 
Calchaquis, se dirigeant par Salta vers Jujuy. Sur les plateaux et à 
travers les broussailles alpestres de la zone subtropicale, le botaniste 
récolte d'amples provisions d'Orchidées, de Fougères, de Bromé- 
liacées, et le chasseur peut tirer, à foison, la vigogne et le chinchilla. 

Partout, la production rémunératrice de fruits et de légumes a 
tenté le cultivateur qui, à l'exemple de son confrère californien, est 
venu ajouter l'industrie et le commerce à son enclos. 

Les conserves de Fruits et de Légumes, confectionnées sur place 
ou avec l'intermédiaire d'un intéressé, ont acquis une certaine 
renommée dans l'Amérique du Sud. 

L'Agriculture a donc inspiré le jardinage par ses expériences 
lucratives de réfrigérants appliqués à la boucherie. Les s5 millions 
de kilogr. de viandes argentines congelées n'ont-elles pas fait baisser 
pavillon aux fameux frigorifiques tasmaniens et néo-zélandais ? 



ARGENTINE l35 

Attendons-nous aux arrivages de Conserves alimentaires dont la 
vente, à peu près assurée, encouragera chez les Argentins la sélec- 
tion des espèces commerciales. 

Les Parcs et les Jardins de plaisance ont été la conséquence de la 
fortune acquise par la population laborieuse. 

La capitale, elle-même, marche de l'avant et entraîne les autres 
villes, en consacrant près de 200 hectares aux plantations d'agrément 
disséminées sur les Places et les Boulevards, dans les Parcs et les 
Jardins publics. La population sédentaire ou de passage leur fait 
fête. 

La Flore locale est considérable et insuffisamment explorée. 
Cependant, les paysagistes — plusieurs sont d'origine française — ont 
su en tirer un heureux parti. 

La Sylviculture est l'œuvre des premiers conquérants et... un peu 
de la nature. Les surfaces boisées y sont étendues et denses. 

Les pépinières d'attente et l'extraction des plants dans les 
clairières sylvestres ont facilité la création des forêts du Chaco et 
des Missions qui sont réputées dans les industries du bois, de la 
teinture, de la tannerie et de la fabrication de la potasse, du brome, 
du papier végétal, etc. 

On sait que les fourrés de ces massifs, connus sous le nom de 
« forêt vierge », sont hantés par des fauves dangereux, alors que 
le singe se balance aux lianes, le castor construit sur le bord des 
fleuves, l'autruche (nandu) vagabonde et niche dans les « Cartaderos » 
de la pampa, les Gynériums de la plaine. 

Sans sortir de notre cadre, nous pouvons dire que l'éducation des 
abeilles et le peuplement des cours d'eau ont augmenté le revenu 
de ceux qui s'y livrent. 

Les Ecoles d'agronomie, avec cours d'arboriculture, dont le 
règlement est quelque peu calqué sur les nôtres, ont rendu de 
grands services à la population rurale. Autrefois, la jeunesse 
argentine fut l'hôte de nos Ecoles supérieures ou d'application; la 
nation a désormais pourvu à son instruction agricole. 

Parmi les créations de ce genre, l'Institut agronomique et 
vétérinaire de Santa-Catalina, à Buenos- Aires, se place au premier 
rang. C'est un établissement d'enseignement supérieur qui participe 
à la fois de notre Institut agronomique et de l'Ecole d'Alfort. 

Actuellement, trois anciens élèves de l'Institut agronomique de 
Paris sont professeurs à Santa-Catalina. 

La botanique et l'horticulture arbustive, forestière ou potagère, y 
font l'objet de leçons théoriques et de démonstrations pratiques, 
suivies avec assiduité par les élèves, 



l36 ARGENTINE 

Des tentatives d'acclimatation de nos espèces fruitières, légu- 
mières, sylvicoles ou ornementales ont déjà produit quelques 
résultats, étant donnée la variété de ce vaste territoire. 

Sous les auspices des Pouvoirs publics de la nation et des provinces, 
le 20 avril 1890, la Société Argentine ouvrait, à Buenos-Aires, ville 
capitale, une Exposition internationale, rurale et agricole, qui a mis 
en relief les productions de légumes et de fruits, à l'état naturel ou 
préparé, ainsi que les vins et alcools, les huiles, les sucres, les cafés, 
les papiers, les gommes, etc., dérivés des végétaux. 

Des sections étaient réservées aux légumes ci-après : Patates, 
Pommes de terre, Betteraves, Pois chiches et autres, Haricots, Fèves, 
Asperges, Tomates, Piments, Choux, Ognons, puis les fruits et les 
graines oléagineuses du pays. 

Les plantes économiques, les graines d'arbres, les semences de 
fleurs avaient leur catégorie, de même que les fruits secs, y compris 
les Figues et les Raisins, enfin les fruits conservés. 

Plus loin, se groupaient les plans de jardins fruitiers ou potagers, 
de parcs d'ornement, de fermes, de colonies, etc. 

L'horticulture d'utilité ou d'ornement a contribué au succès de 
cette fête rurale, par ses bosquets, ses plates-bandes, ses corbeilles, 
ses groupes disséminés sur les pelouses qui encadraient les bâti- 
ments, hall, pavillons et galeries du concours. Toutes les provinces 
étaient là, représentées ; leurs richesses ont été d'autant mieux étudiées 
que le programme proposait deux prix : l'un de 5oo piastres, l'autre 
de 25o, pour les commissaires de sections qui rédigeraient les 
meilleurs Rapports sur les résultats du concours. 

L'instruction horticole ne tardera pas à entrer dans une phase 
nouvelle. La ville de Buenos-Aires a récemment créé un Jardin 
botanique, par les soins du Directeur des Parcs et Jardins publics, 
M. Charles Thays, élève d'un maître parisien, M. Edouard André. 

Les carrés sont organisés en plein air. De grandes serres sont 
construites. Les végétaux des régions chaudes et ceux des régions 
froides se sont donné rendez-vous dans cet établissement d'un haut 
intérêt, qui recueillera en même temps les richesses indigènes. 

La Flore argentine encore peu connue, nous écrit le zélé fonda- 
teur du Jardin, est très nombreuse et ses représentants offrent la 
variété la plus grande, depuis les Hêtres toujours verts, Fagus 
betuloides et antarticus de la Terre de Feu, signalés et rapportés en 
Europe par l'anglais Joseph Hooker et le français Paul Hariot, 
jusqu'aux Orchidées et aux Broméliacées de Tucuman et de Jujuy. 



^^M^ 



AUSTRALIE 

— — 3-HK— 

8,21 6, 5oo kilomètres carrés. — 4>3o4,3oo habitants. 



L'Australie, colonie anglaise, comprenant la majeure partie des 
îles océaniennes, est elle-même divisée en sept colonies ayant chacune 
à leur tête un Gouverneur. Ce sont, d'après leur étendue territoriale : 
Australie occidentale, Australie méridionale, Queensland, Nouvelle- 
Galles du Sud, Nouvelle-Zélande, Victoria, Tasmanie. Nous les 
examinerons dans leur ordre alphabétique. 

Jusqu'alors, les productions naturelles dominent ; mais déjà 
la spéculation tire un parti avantageux des végétaux utiles 
de l'extérieur. Par exemple, la Vigne, en 1890, s'étend sur 
20,000 hectares et produit plus de 4 millions de gallons de vin, 
et la Pomme de terre fournit 600,000 tonnes de tubercules sur 
60,000 hectares. Où la population est plus dense, la production 
augmente. Telles sont les colonies Victoria et Nouvelle-Zélande, 
qui occupent le premier rang au chapitre du produit. 

Antipode de l'Europe, l'Australie commence à exploiter la 
situation que lui procure l'interversion des saisons, en nous envoyant 
fruits et légumes lorsqu'ils nous manquent. En dix années, la surface 
consacrée aux jardins et aux vergers a doublé. 

Des Ecoles se créent, des Sociétés se fondent, des Syndicats 
s'organisent, les uns pour l'enseignement, les autres pour la 
production et le commerce. 

Les deux plus grandes capitales, Melbourne et Sydney, n'ont-elles 
pas ouvert, l'une et l'autre avec succès, une exposition universelle? 

L'Australasie est un pays d'avenir au point de vue horticole 
et commercial. 



l38 AUSTRALIE 

AUSTRALIE MÉRIDIONALE 

Capitale ; Adélaïde. 



Après une promenade aux Parcs Nord, Ouest, Sud et Est, lorsque 
le touriste pénètre au Jardin botanique d'Adélaïde, créé en même 
temps que la capitale par John Bentham Neales, George Francis, 
William Wyatt, etc., il est émerveillé des richesses qui s'y trouvent 
réunies et il se plaît à les comparer avec les végétaux indigènes. 

En plein air, d'énormes Figuiers verts, Ficus plaiypoda- et 
rubiginosa ; le Cocotier du Chili, Jubœa spectabilis, le Molle du 
Pérou, Schinus Molle; le Sterculier chinois; le Gardénia indien 
fructifiant avec le Grévilléa australien ; des Conifères d'Amérique 
faisant ressortir encore l'originalité des Araucarias, des Dammaras, 
des Podocarpus australiens. 

Les Fougères, les Cactus ont des centaines d'espèces et de 
variétés. Les Orchidophiles peuvent se délecter à la floraison des 
Phahenopsis, des Vandas, des Cypripédiums, des Cattleyas, des 
Odontoglossums d'origines si différentes. 

Les Roses y rappellent la beauté du pays de France, et la Victoria 
brésilienne étale sur une large pièce d'eau quantité de feuilles et de 
fleurs phénoménales. 

Le Palmarium, terminé en 1878, a coûté 100,000 francs, dit-on ; ne 
pourra-t-il faciliter l'acclimatement de ces vigoureux types africains 
ou asiatiques, alors que les Séaforthias et Ptychospermas spontanés 
ornent les gorges et les vallées rocheuses de l'Upper Mary, alors 
que les Livistonas rabougris pullulent dans les forets ouvertes, au 
milieu de fourrés d'Andropogons où se réfugient les serpents 
redoutables et d'où s'échappent des myriades d'oiseaux multicolores? 

Les Légumes et les Fruits sont cultivés dans les plaines arrosées, 
près des villes et sur le littoral favorable à la végétation. Chaque 
année, la surface plantée augmente, depuis que l'on a reconnu la 
possibilité d'expédier ces produits vers l'Amérique et l'Europe par 
steamers simples ou frigorifiques. 

L'emballage et le paquetage des denrées alimentaires sont devenus 
l'objet d'études et d'industries nouvelles. 

Tous nos fruits se retrouvent là-bas, plus ou moins bien 
déterminés. 



AUSTRALIE l3$ 

II a été cependant reconnu que les Pommes, résistant le mieux 
aux voyages jusqu'à Londres, étaient Adams' Pearmain, Jonathan, 
London Pepping, Rome Beauty, Stone Pippin, Sturmer Pippin. 

La Banane, la Mangue, l'Ananas sont abondants et ont suscité 
l'industrie des conserves pour relever le prix de leur vente. 

Les Oranges, les Limons, les Citrons mûrissent pendant notre été 
et sont recueillis avec soin. 

Les Légumes, de plus en plus recherchés, amènent à chaque 
printemps des jardiniers chinois qui les cultivent et les vendent. La 
Pomme de terre fournit 3o,ooo tonnes, et le Pois i5,ooo hectolitres. 

Le colon reste à ses rizières, à ses plantations de Caféiers, de 
Cannes à sucre, à ses champs de Tabac, de Maïs, de Sorgho, de 
Millet, d'Ignames, de Patates, de Pommes de terre. 

Les houblonnières constituent une culture, à profit. 

Le bois de Santal est l'objet d'exportations fructueuses. 

La Vigne produit 900,000 gallons et continue à étendre ses bras 
généreux pour l'exploiteur. Le Vin rouge ou blanc est devenu un 
élément commercial, immédiatement après le Blé et la laine. La 
production de 1892 a été de 800,000 gallons de vin et de 5, 000 tonnes 
de raisins frais, expédiés hors frontière. 

Le Raisin de table et les cépages Zante et Sultana, destinés au 
séchage, ne sont pas d'un moins bon rapport. 

De cette situation prospère, l'esprit de groupement a fait naître, 
dès i845, la Société royale d'agriculture et d'horticulture de 
l'Australie méridionale. 

Au meeting d'automne, les membres composent des comités dits : 
Agriculture ; Pâturage et Laines ; Horticulture et Floriculture ; 
Viticulture ; Industries et divers. 

Ces Comités, comprenant soixante membres, régissent la Société et 
nomment un Président susceptible d'être réélu trois fois de suite, 
et des assesseurs dont un seulement peut bénéficier de la réélection. 

Le jardinage est admis au Collège d'agriculture et à la Ferme 
expérimentale de Rosewarthy, fondée par l'Etat, aux portes de 
la capitale, en 1879, sur terrain de 20,000 hectares. Le professeur 
principal reçoit i2,5oo francs d'appointements. 

En 1890, le Parlement a fait construire, à Adélaïde, un vaste 
Musée de botanique qui rend de grands services par ses galeries 
d'herbiers, ses collections de fruits plastiques, par la classification 
géologique ou climatérique des plantes et leur emploi, enfin par 
ses publications. 

Déjà le Jardin botanique, qui a précédé le Musée, avait habitué le 
cultivateur à solliciter des semences et des plants qui ne lui étaient 



l4o AUSTRALIE 

jamais refusés, et les municipalités à s'approvisionner gratuitement 
d'arbustes et de fleurs pour le décor des Parcs et des Jardins urbains. 

Territoire du Nord. — Le « Northern Territory » de la colonie, 
assez distinct de la région baignée par l'Océan indien, est peuplé de 
deux essences dominantes : le « Wattle » et le « Gum ».Le premier de 
ces arbres, l'Acacia ou le Mimosa, exploité pour ses propriétés 
tannifères, rapporte jusqu'à 2,000 francs à l'hectare et figure au 
tableau des exportations pour une somme dépassant un million 
de francs. L'autre, l'Eucalyptus ou Gommier, géant sur le littoral, se 
couronne à l'intérieur des terres ; certains types grandissent sur la 
crête des chaînes accidentées, tandis que d'autres à bois plus blanc, 
fréquentent les abords marécageux. Nous hésitons à traduire leur 
nom spécifique, les botanistes des Deux-Mondes n'étant pas d'accord 
sur ce point. 

Çà et là, on voit de beaux spécimens des genres : Alectryon, 
Buchannania, Galythrix, Gochlospermum, Erythrophlaum, Megas- 
perma, Pancovia, Schmidelia. 

Les rivières côtières sont bordées par le Manglier, le Muscadier, 
le Mélaleucadendron, l'arbre à papier des colons, qui constitue 
d'impénétrables maquis dans l'archipel de l'est ; puis le Pétalos- 
tygma, Euphorbiacée réputée très dangereuse, quoique surnommée 
l'arbre à quinine, et plus au nord, le Bambou, base de trafic pour 
les aborigènes. 

Si les jungles sont des broussailles et des repaires de toutes 
sortes, les lagunes d'eau douce disparaissent sous les Nymphéacées, 
et les clairières laissent entrevoir des Fougères ligneuses, des 
Gycadées bizarres, des Orchidées étranges. 

La série des Mousses, des Algues, des Hépatiques et des Lichens 
a, plus d'une fois, appelé la loupe du cryptogamiste. 

Le personnel officiel du Territoire du Nord compte un « Gurator 
of Botanic Garden » : N. Holtze, à Port-Darwin, ville principale. 

Sur l'inspiration du Ministère, des Pépinières -Écoles ont fait 
pénétrer sur les districts conquis nos essences de l' Ancien-Monde. 
Par millions, on énumère désormais, où l'Eucalyptus n'est plus à 
l'aise, les Chênes, les Ormes, les Frênes, les Pins, les Saules, les 
Peupliers, les Tamarix et des essences économiques étudiées à un 
autre point de vue, le Noyer, l'Olivier, le Mûrier. 

L'organisation du service forestier et l'attribution de primes aux 
planteurs, dues à l'initiative du député Krichauff, ont donné 
d'heureux résultats sur les landes et les sols miniers. 



AUSTRALIE iZjl 

AUSTRALIE OCCIDENTALE 

Capitale : Perth. 

Les Fruits et les Légumes cultivés en Europe prospèrent dans le 
Western Australia, à l'opposé de nos saisons. 

Sur tout le territoire mûrissent Poires, Pommes, Pêches, Prunes, 
Cerises, Amandes, Abricots, Oranges, Figues, Raisins, Grenades, 
Goyaves, et les Grenadilles produites par la Passiflore. 

La Fraise se plaît dans les districts du sud, ainsi que la Framboise 
et la Groseille. 

L'Olivier est partout luxuriant de sève. De beaux spécimens sont à 
l'Orphelinat catholique romain de Subiaco. 

Avec un sol argileux et limoneux, le district de Blackwood est un 
des plus fertiles, ainsi que Perth, Swan, Toodway, Fremontle, 
Murray, Wellington. 

Le Pêcher est cantonné à l'est du Darling Range, région des vergers 
ayant vue sur l'Océan indien. 

Le Châtaignier, le Noyer restent sur les plateaux. 

La Midland Railvay Company expédie à Londres, par paquebots- 
poste, des cargaisons de Poires, de Pommes, de Raisins, de Pommes 
de terre et d'O gnons provenant en partie de la culture des colons. 

Le voisinage des gares et des ports d'embarquement ne tardera 
pas à se peupler de stations fruitières attirant à elles les négociants ; 
telles seraient les conclusions de la mission officielle Richardon et 
Paterson, chargée d'étudier les établissements agricoles, les vergers 
et les potagers des colonies voisines : Victoria et Nouvelle-Galles. 

En attendant que les plantations deviennent commerciales, des 
usines à séchage et à conserves se sont élevées dans les districts 
fruitiers, et des installations vinaires viennent à la suite du vignoble, 
qui se développe chaque année. Jusqu'alors, les contrées moins 
favorisées sont restées tributaires des colonies Adélaïde et Tasmanie. 

Nous pouvons dire que la Sériciculture et l'Apiculture ont trouvé 
leurs centres de prospérité dans l'Australie occidentale. 

Les forêts se peuplent de bois utiles à l'industrie : des Eucalyptus, 
des Casuarinas, des Banksias, des Santals, des Mimosas, etc. 

Le botaniste baron Von Mueller, Directeur des Jardins du Gouver- 
nement, et le secrétaire des colonies, Malcolm Fraser, ont su mettre 
en relief les ressources sylvicoles de l'Australie occidentale, tandis 
que le député Fitzgerald en a fait valoir les richesses orchidéennes. 



l4a AUSTRALIE 

NOUVELLE- GALLES DU SUD 

Capitale : Sydney. 



Dendrologie. — Les études botaniques de Bentham, de Mueller, 
de Maindon, de Hooker ont permis de classer les éléments de 
l'arborescence végétale de la Nouvelle-Galles, par exemple les 
Eucalyptus au fût hardi, au feuillage glaucescent, arbres recherchés 
par le génie civil ou maritime. 

Les grandes forêts fournissent encore d'autres essences utiles : 

L'Angophora, bois lourd et de longue durée ; 

Le Campêche, employé aux travaux de chemins de fer ; 

Le Syncarpia, de Maclay, résistant le mieux aux attaques des 
tarets, arbre précieux pour les piles de pont ; 

L'Arbre à cire, au nord de Sydney, pour la parquetterie et les 
ponts de navire. 

Dans les forêts de second ordre, nous rencontrons : 

L'Acacia « Green Wattle » aux élégantes frondaisons broutées par 
les moutons et les chèvres, arbre riche en principes tannifères ; 

L'Araucaria de Gunningham, superbe et facile à travailler ; 

Les Gasuarinas « Sea Oak », fins d'allures et de feuillage ; 

Le Gédrèle rouge « Red Gedar », beau bois d'ébénisterie et de 
menuiserie ; 

Le Frenela « White Gypres », léger dans ses tissus ligneux ; 

Le Livistona « Ghou-Palmiste » des alluvions maritimes, dont le 
feuillage sert à la confection des chapeaux ; 

Un peu partout, des Banksias, des Gallistémons, des Harpullias, 
des Mélaleuques, des Mélias, des Myrtes, des Oléarias, et les Pins 
noirs, rouges ou blancs des régions septentrionales. 

Mais combien sont extraordinaires les vallées et les ravins de 
Fougères arborescentes, qui élèvent jusqu'à 20 mètres leur tige 
rugueuse couverte par une voûte de frondes d'une rare finesse. A leurs 
pieds, sont des tapis de Ficoïdes sur lesquels gambadent et broutent 
des bandes de Kanguroos. 

Une vingtaine de pépinières, non compris celles de la Direction, 
contribuent au peuplement des forêts de la colonie. 

Fruits. — Nous retrouvons déjà acclimatée la majeure partie des 
espèces fruitières des Deux-Mondes } 



AUSTRALIE l43 

L'Amandier, le Châtaignier, le Noyer du Levant et son proche 
parent le Pacanier du Canada. 

L'Abricot, la Pêche, la Prune, la Cerise y sont en honneur ; la 
Poire et la Pomme constituent de grands vergers. 

Certains Fruits semi-tropicaux: Banane, Orange, Pamplemousse, 
Grenade, Pomme de pin, se propagent, et les essais d'introduction de 
l'Anone, de l'Avocat, de la Mangue, du Mangoustan, du Litchi, du 
Kaki, donnent de l'espoir partout. 

Le Raisin prend de l'extension et parfois quitte le pressoir pour 
le séchage et le marché. 

Les Orangers du district de Parramatta, presque contemporains 
de la création de la colonie, rapportent, à 60 ans d'âge, jusqu'à 
10,000 fruits par arbre. Les Mandarines en renom proviennent de 
la vallée de l'Hawkesbury. 

A Gardon, un champ destiné aux orangeries coûte quatre fois plus 
que la terre affectée aux vergers, tant réputés, de Gosfordà Newcastle. 
Les frais de défrichage et de plantation s'élèvent à i,5oo fr. par 
hectare, mais le produit ne tardera pas à atteindre le double de la 
valeur du sol. 

La Nouvelle-Galles du Sud a expédié jusqu'à 400,000 caisses de 
fruits d'Aurantiacées aux colonies de Victoria et de Queensland. 

Les Compagnies de transport modifient leur matériel, réduisent 
leur fret et abrègent les parcours en faveur de la Pomme d'or si 
hautement désirée. Les vapeurs qui visitent les ports de Sydney et de 
Newcastle peuvent désormais alimenter le marché anglais, pendant 
que la région méditerranéenne est au repos. 

Cette révolution des saisons a procuré des débouchés aux cultiva- 
teurs australiens. Ainsi la Californie, voulant éviter le chômage à ses 
fabriques de conserves de fruits, reçoit par la navigation océanique 
des productions analogues de l'Australie. 

Ici, la surface des vergers a triplé ; les immenses alluvions se 
transforment en vignobles ou favorisent la culture du Maïs, de la 
Canne à Sucre, du Café, du Thé, du Coton, de Marantacées fournis- 
sant l'Arrow-Root, depuis le district d'Illowurée jusqu'à la pointe 
Sud. Le Gouvernement a secondé le cultivateur, et l'ère de prospé- 
rité, prévue par Sir Henry Holland, secrétaire d'État aux colonies, 
a commencé. 

Légumes. — Nous avons parlé de l'action du Gouvernement ; nous 
retrouvons, cette année, son influence dans la propagande de circu- 
laires et de notices exposant les procédés de culture, de commerce et 
d'importation de plantes nouvelles* 



l44 AUSTRALIE 

Le Ministère recommande l'essai de culture de quelques bons 
légumes ayant fait leurs preuves dans d'autres pays : 

Le « Pigeon Pea or Catjang », Cajanus indicus, sorte de Pois 
d'été pour la consommation ; 

Le Dolique, Dolichos biflorus, pour les sols secs et sablonneux ; 

Le « Soy Béant », Soja hispida, plante oléagineuse, saponifère, et 
mets favori des Japonais ; 

Et quelques autres végétaux utiles: Anona reticulata, à fruit 
comestible ; Cœsalpinia coriaria, à écorce tannifère ; Corchorus 
capsularis (Jute), textile; Manihot Glaziovi, Euphorbiacée alimen- 
taire, produisant le tapioca; Tagasatus, le Cytise prolifère des 
Canaries, pour fourrage ; Terminalia, qui porte des fruits à tannin. 

La Fraise n'est pas oubliée dans cette production populaire. D'après 
une notice sur le Fraisier, par F. Lùsberg Jensen, publiée en 1893, 
par le « Department of Agriculture », sont recommandées : 

i° Pour la consommation de l'amateur, les Fraises French Seedling, 
hâtive ; Charles Downing, de demi-saison ; Kentucky, tardive. 

2 Pour le marché, la Fraise Wilson's Albany, vantée pour 
« les marins et les ouvriers », ainsi que Princess Alice ; 

Crescent et Manchester, se prêtant à l'emballage ; 

Noble et Sir Joseph Paxton, de récolte profitable ; 

British Queen, une des plus répandues ; 

Trollopp's Victoria et Marguerite, très appréciées en Australie. 

A tous usages, la Fraise des Alpes, dite Reine des quatre-saisons, 
et la Gapron Belle Bordelaise, au goût parfumé. 

En culture extensive, le pays produit l'Ognon de cuisine pour 
un million de francs et la Pomme de terre pour cinq millions. 

Enseignement et Propagande. — Un journal, La Gazette, traite 
de l'exploitation du sol et de ses conséquences culturales. Mais la 
véritable publicité revient au Gouvernement qui envoie aux culti- 
vateurs, ainsi que nous venons d'en citer un exemple récent, de 
nombreuses communications résumant ses conseils sur les plantes 
à étudier, les modes de culture, le greffage, l'écussonnage, la récolte 
et la conservation des produits alimentaires, leur mode d'emballage 
et de transport, les conditions d'un frigorifique, la lutte contre les 
maladies et les animaux nuisibles ou les parasites, etc. 

C'est un système d'instruction essentiellement gratuit et obligatoire. 

Le Collège agricole de Hawkesbury, institué sur de larges bases, 
a des professeurs et des cours de botanique, des chaires d'arboricul- 
ture fruitière ou sylvicole. L'étude des fruits, basée sur le sol et le 
climat et sur leur utilisation économique ou industrielle, est inscrite 



AUSTRALIE l45 

au programme de l'enseignement. De nombreux élèves ont déjà porté 
à tous les points de la colonie le bénéfice de leurs travaux scolaires. 

La sériciculture et l'exploitation des plantes à parfum sont l'objet 
d'encouragements répétés. 

On peut dire que l'arboriculture fruitière préoccupe avant tout les 
régions officielles et le monde cultivateur ou négociant. 

La confusion règne quelque peu dans la nomenclature pomologique. 
Le rapport de Sir Henry Anderson, directeur de l'agriculture au 
Ministère des Mines et d'Agronomie, du 5 mai 1892, présenté au 
Parlement, fait pressentir les difficultés qui vont résulter de la 
statistique assez obscure de la Pomologie locale. Plus de six cents 
types de Pommes existent, nés dans la colonie et propagés sans 
ordre méthodique. Les Poires et les Prunes ne sont pas mieux 
déterminées. Il importerait d'améliorer cet état de choses. 

Un Musée de toutes les variétés indigènes ou exotiques est 
commencé ; le modèle des fruits est plastique, une note descriptive 
l'accompagne. En 1892, la collection de fruits moulés comprenait 
plus de 5oo variétés. 

Des délégués de chaque district de la Nouvelle-Galles du Sud sont 
invités à se réunir deux fois par an, à Sydney ou dans un centre de 
culture, afin d'y étudier la nomenclature des fruits recomman- 
dables pour la consommation ou pour le marché. C'est le début 
d'une Société Pomologique australienne, qui ne tardera pas à orga- 
niser des Congrès publics, à créer des vergers d'étude et des collec- 
tions typiques des meilleures espèces, dans un pays qui produit pour 
quelques millions de dollars de fruits à pépins ou à noyau. 

Parcs et Jardins purlics. — La capitale est largement dotée 
de parcs et de jardins ; la plupart sont dessinés avec goût. 

Le Jardin botanique de Sydney, merveilleusement situé sur le port 
Jackson, occupe une surface de i5 hectares. 

Hyde Park, qui lui est contigu, brille par ses parterres fleuris. 

Le Centennial Park, créé à l'extérieur, pour le centenaire de la 
colonie, a 3oo hectares d'étendue et Moore Park, 200 hectares. 

Viennent ensuite : Victoria Park, Outer Domain, Balmore Park, 
Prince Alfred Park, Wentworth Park, Observatory Reserve. 

Les municipalités suburbaines ont imité la capitale. D'ailleurs, 
toutes les grandes villes de la colonie rivalisent entre elles pour la 
composition et le décor de leurs promenades gazonnées et fleuries. 

Le Flore exotique est venue seconder les ressources locales, et la 
population prend un plaisir extrême à fréquenter ces jardins. 



l46 AUSTRALIE 



NOUVELLE-ZÉLANDE 

Capitale : Wellington. 

Les îles de la Nouvelle-Zélande se prêtent admirablement à la 
production arborescente et florale. 

Certaines espèces de Conifères, délicates ailleurs, y forment des 
sujets superbes ; ainsi, les Dammaras et les Podocarpus fournissent 
des bois de construction, à côté des Pins et des Nagéias. 

Les Fougères arborescentes, de haute stature, se comptent par 
quantités d'espèces ou variétés ; leurs jeunes plants viennent décorer 
les jardins d'hiver de l'Europe. 

Le Phormium « Lin de la Nouvelle-Zélande » est l'objet d'une 
exploitation en règle pour la corderic et les industries similaires. 

L'influence des milieux se manifeste sur le développement de 
certains bois de service : l'Aristotelia, le Dodonœa, le Harpullia et 
le Corynocarpus « Karaka » des forêts humides de l'île de Chatam. 

Malgré la quantité de végétaux indigènes, l'Administration des 
domaines a fait semer de vastes prairies dans le Canterbury et l'Otago, 
avec les essences australiennes d'avenir, Eucalyptus et Mimosées, 
entremêlées de plantes d'origine américaine ou européenne. 

La production de graines de ces essences variées a suscité l'instal- 
lation de comptoirs de semences, recueillant tout ce que la nature 
leur fournit pour approvisionner les autres parties du monde. 

Du Cap nord à la pointe sud de l'île, nos arbres fruitiers à pépins 
ou à noyau réussissent. L'Olivier prospère à Free-Hill, et le district 
d'Auckland est garni d'Orangers, de Citronniers, de Limoniers. 

Le Figuier s'y est acclimaté, la Vigne prend de l'extension, et, 
quoique vivace, le Bananier ne menace pas d'une concurrence 
sérieuse les îles de l'Océan Pacifique. 

Les vergers de Pommiers et de Poiriers représentent une véritable 
fortune. En 1893, leur étendue était de 20,000 acres ; il en est qui 
rapportent de 4° à 5o 1. st. par acre ou arpent de 41 ares, soit un 
revenu de 3,ooo francs à l'hectare. 

Les variétés en sont bien choisies ; nous avons pu le constater au 
Concours de mai 1889, à l'Exposition universelle, où des fruits, 
cueillis là-bas en mars et emballés en avril, furent soumis à l'appré- 
ciation du Jury. Les Poires étaient des Williams, des Duchesse, des 
Diel, des Louise-Bonne, des Doyenné, des Beurré, des Curé. Les 
Pommes portaient les noms de Adams' Pearmain, Baldwin, Calville 
blanc, Calville rouge, Cox's Ox^ange, New- York Pippin, Reinette de 



xVUSTRALIE î47 

Caux, Reinette de Canada, Reinette grise, Ribston Pippin, Scarlet 
Pearmain, Sturmer Pippin, Waltham Abbey. 

Les planteurs s'attachent aux fruits de bonne vente à Londres. 

Les vergers, devenus plus nombreux dans l'Auckland et le 
Whangarei, s'étendent sur tout le parcours de la ligne delà Manawatu 
Raihvay Company. Les colons recherchent les situations abritées 
contre les vents ; ils défrichent et plantent, mais réclament vivement 
une station expérimentale réglant la nomenclature pomologique. 

La fabrication du cidre et l'industrie des conserves et des confi- 
tures sont connues et facilitent l'utilisation des fruits. 

L'exportation des Pommes et des Poires prend de l'importance ; 
le Gouvernement y voit une branche de fortune pour les colons, 
et la favorise. En 1872, le pomologiste Hanlon, secrétaire d'Agricul- 
ture, a suivi rembarquement du vapeur Tainui, dirigé sur Londres. 
Le steamer avait deux petites chambres à froid, qui renfermaient 
environ !2,3oo caisses de fruits. 

Les observations portant sur la construction défectueuse des 
réfrigérants, du calfeutrage et des ventilateurs des pièces destinées 
a recevoir la marchandise, sur le manque de sélection des fruits et 
sur leur emballage mal soigné, ont été renouvelées lors des débar- 
quements de Ylonic, de YOtarama, du Ruapahii\ de là, une vente 
à vil prix sur les marchés anglais. 

Une circulaire du Ministère de l'Agriculture, donnant des conseils 
minutieux et précis aux producteurs, a déjà fait ressentir ses effets 
lors des derniers arrivages. Non seulement les fruits à pépins, mais 
aussi les Poches, les Brugnons, les Cerises, les Abricots, cueillis en 
plein verger, à la Nouvelle-Zélande, arrivent frais en plein hiver, 
dans les capitales de l'Europe, avec un écart de saison de cinq ou 
six mois. 

Les cultures maraîchères n'offrent rien de particulier ; nos bonnes 
espèces y figurent. Le Melon est l'objet d'un commerce assez déve« 
loppé. La Tomate a supporté les voyages au long cours» 

On sait que la Tétragone, Épinard d'été, est originaire de Pile, où 
Sir Joseph Banks la découvrit en 1772 et l'apporta en Europe* 

La Nouvelle-Zélande possède les Jardins botaniques et d'essai 
de Wellington, de Dunedin, de Napier, et cinquante établissements 
d'horticulture répartis à Auckland, à Canterbury, à Dunedin, à 
Invercargill, à Nelson, à New-Plymouth, à Timaru, à Wellington. 

Canterbury School est en quelque sorte le Grignon de la Nouvelle- 
Zélande; théorique et pratique, son enseignement est du genre 
secondaire* 



l48 AUSTRALIE 



QUEENSLAND 

Capitale Buisbane. 

Par la nature variable du sol et du climat, le Queensland se prête 
à des cultures et à des productions variées ; depuis le Blé, le Maïs, 
le Riz, la Pomme de terre, le Tabac, jusqu'au Café, à l'Arrow-root, 
à l'Igname, à la Canne à sucre, etc.; depuis les Poires, les Pêches, 
les Pommes, les Abricots, les Raisins, les Figues, jusqu'à la Goyave, 
à l'Ananas, à la Banane, aux Mangues, aux Oranges, aux Citrons, 
aux Eugénias, à la Bibace ou « Lo Quat » de Chine. 

Le Grand Océan, la mer de Corail, le golfe de Garpentarie sont 
un voisinage salutaire aux productions de la nature subtropicale. 

A l'Ouest de la côte, le pays se continue sur des plateaux élevés, 
parsemés de bouquets d'arbres et bien gazonnés, malgré les vents 
violents, les sécheresses extrêmes et... les incendies. 

Les zones chaudes exploitent 25,ooo hectares de Cannes à sucre. 
L'Ananas et le Bananier y occupent de vastes surfaces. Les femmes 
y apportent beaucoup de soins. 

Le district de Maranoa est privilégié par sa production d'Oranges, 
d'Abricots, de Pêches, d'Olives, de Coings, de Figues, de Raisins. 
Le Mûrier est encore à son début, et le Coton, si capricieux en 
Australie, se plaît dans le district de West Moreton. 

Le Jujubier croît dans les jungles septentrionales et sur les 
banquettes et les alluvions des rivières. 

Vigne. — La région de la Vigne a mis en relief la fécondité de 
variétés recommandables: Chasselas doré, Black Prince, Frankenthal, 
Muscat rouge, Sweet Water, White Syrian, pour la table. 

Les Raisins pour la fabrication du vin blanc sont des plants 
renommés : Riesling, de l'Alsace ; Sylvaner, d'Autriche; Roussanne, 
de l'Ermitage ; Sauvignon, du Bordelais ; Sémillon, du pays de 
Grave. Le vin rouge a pour base les cépages: Pineau de Bourgogne ; 
Cabernet et Malbeck, du Médoc ; Sirah, de la Drômc ; Spiran, du Lan- 
guedoc. Plusieurs de ces Raisins sont également vendus au marché. 

Le Conseil d'agriculture et la Société d'acclimatation ont 
encouragé l'introduction, dans la cuve, des Malvoisie, d'Italie ; 
du Furmint-Tokay, de Hongrie ; du Pedro Ximénès, d'Espagne, qui 
amélioreront le bouquet du vin ; et en même temps la culture des 
Muscat d'Alexandrie, Gordon bianco, Malaga, Zante, Corinthe, pour 
l'industrie des raisins secs destinés à la vinification ou aux desserts. 



AUSTRALIE l49 

Forêts. — Les massifs forestiers sont composés avant tout d'Euca- 
lyptus dans les espèces au bois « incorruptible », si Ton croit la 
légende; par exemple, les Eucalyptus leucoxjdon, crebra, eximia, 
hemiphloia, siderophloia, tereticornis, rostrata, provisions pour 
les briquettes de bois destinées au pavage des rues. 

Les bois durs, destinés aux constructions terrestres ou marines, 
sont encore fournis par le beau Tristania, le Myrte, bois d'acier, le 
Syner à feuille de laurier, le Lysicarpus à feuille ternée. 

Le Cédrèle rouge, aux veines colorées, menacé par la hache du 
destructeur, est protégé par une loi qui en réglemente l'abattage. 

L'Acacia à tannin peuple les futaies de Gladfield, associé quelque- 
fois au Flindersia « Yellow-Wood », au Tarrietia de la côte, au 
Dysoxylon, au beau Sarcocephalus, l'arbre à quinine du bûcheron. 

La Dendrologie possède d'autres espèces utiles : le Zanthoxylum, 
« bois de satin » ; le Harpullia « Tulipier d'Australie », au bois fin, 
le Gmelina de Leichhardt « White Becch », dont la fibre ne se dilate 
ni ne se contracte, le Grévilléa robuste, exploité pour les douves, 
le Weinmannia, Saxifragée, qui pullule dans les broussins des 
tropiques. 

Les grands massifs de Conifères sont en partie composés du bel 
Araucaria de Gunningham, dit Pin de la baie de Moreton. 

L'Araucaria de Bidwill, le « Bunya-Bunya » des naturels, croît 
sur la montagne ; les peuplades aborigènes dévastent les bois pour 
en recueillir les graines qu'ils mangent ; l'Administration a dû y 
mettre bon ordre. 

Le Dammara robuste décore le Mont Bartle Frère. 

Le Podocarpe élevé « Colonial Deal », des régions maritimes, 
approvisionne les mâtures ; tandis que les Frénélas et les Callitris 
de l'intérieur, inattaquables par la fourmi blanche, se transforment 
en poteaux télégraphiques. 

Le paysagiste en quête de végétation combinée, trouverait satisfac- 
tion avec cette série intéressante : Aphitonia, Cassia, Cinama, 
Citriobatus, Drimys, Eudiandra, Ficus, Gardénia, Hakea, Helicia, 
Hibiscus, Melicope, Schistocarpea, etc., trouvés au bord des rivières 
et des torrents ou sur le flanc des montagnes, par F. M. Bailey, 
botaniste du Gouvernement. 

L'artiste ne saurait d'ailleurs négliger les Fougères spontanées : 
Platycerium ou Corne de Cerf ; Asplenium Nid d'Oiseau ; Lygodium 
Langue de Serpent. 

La question des pelouses en terrain pauvre semble tranchée 
avec les genres Astrebla, Andropogon, Anthistiria, Neurachne, 
Paspalum, Sporobolus, des friches centrales ou littorales. 



l5o AUSTRALIE 

Signalons quelques fruits indigènes au milieu des broussailles : 

La « Prune de Davidson », produite par le Davidsonia pruriens ; 

La « Cerise de Herbert », fruit de YAntidesma Dallachyanum ; 

La « Noix de Queensland », à saveur de Noisette, récoltée sur le 
Macadamia ternifolia. 

Différents Citrons à fruits ronds, oblongs ou sanguins, sont préférés 
au «KumQuat » des Chinois, notre Atalantia (Pseudœgle), commun 
dans le Maranoa, où sa fleur entre dans les parfums et son petit fruit 
arrondi, au goût résineux, devient la base des confitures. 

N'oublions pas de rappeler les Jardins botaniques de Brisbane, 
de Rockhampton et de la Société d'acclimatation, dignes de fixer 
l'attention des amateurs. 



TASMANIE 

Capitale: Hobart. 

Flore. — La Tasmanie est appelée le « Jardin de l'Australie», par 
ses richesses naturelles au milieu desquelles brillent de jolies étran- 
gères : les Azalées de l'Inde, les Camellias du Japon, les Cinéraires 
de TénérifTe, les Calcéolaires du Pérou, les Pélargoniums du Cap... 

Ici, sur le rocher, l'Agave du Mexique ; là, au milieu du gazon, 
les panaches des Gynériums de la Plata ; plus loin, à l'horizon, le 
Séquoia, le géant californien, semble vouloir jeter un défi au géant 
tasmanien, l'Eucalyptus, découvert sur cette terre même « de Van 
Diemen », le 6 mai 1792, par nos compatriotes La Billardière, futur 
académicien, et Delahaye, jardinier de la Malmaison, accompagnant 
l'expédition d'Entrecasteaux envoyée à la recherche de La Pérouse. 

Mais combien de végétaux indigènes aux floraisons élégantes ou 
brillantes ? Des Clianthus, des Chorizèmes, des Corréas, des Épacris, 
des Goodias, des Pimélées, des Prostanthéras, des Swainsonias, des 
Véroniques, et tant d'autres espèces associées aux Mimosées. 

La ravissante Fougère de grande taille, Dicksonia antarctique, 
semble dispersée sur le flanc des montagnes pour le plaisir des yeux, 
et ne pouvait échapper au botaniste R. M. Johnston, qui a étudié la 
nomenclature des Fougères de la Tasmanie. 

L'Atherosperma musqué prend l'aspect du Houx, et l'Exocarpus 
ressemble à un Cyprès couvert de Cerises. 



AUSTRALIE l5l 

Quelques Conifères dans les genres Actinostrobus, Arthrotaxis, 
Dacrydium, Diselma, Frenela, Phyllocladus, sont un agréable 
accompagnement à des espèces non résineuses : Banksia, Calotham- 
nus, Gallistemon, Gasuarina, Dryandra, Edwardsia, Metrosideros, 
Stenocarpus, aux floraisons variées de tenue, de coloris ou de saison. 

La Flore de Fiji ou Viti, île fructueuse du groupe polynésien, a 
importé les arbres suivants : 

Guettarda, Afzelia, Premua, fournissant un bois lourd ; 

Lumnitzera, Vocea, pour les piles de constructions en mer ; 

Alphitenia, Olacina, Galophyllum, Pongamia, bois de charpente ; 

Serianthes, Kylocarpus, Nephelium, destinés à la batellerie. 

La Sylviculture est placée sous la direction d'un Conservateur des 
forêts remplissant les fonctions de « Baillif of Crown Lands ». 

Les pépinières organisées par l'administration ou par des parti- 
culiers sont une ressource pour les reboisements et les plantations 
d'utilité ou d'ornement. 

Fruits. — Les fruits de Tasmanie jouissent d'une certaine réputa- 
tion. Les pommes Baldwin, Boston Russet, Newtown Pippin, 
Northern Spy rivalisent avec celles du Massachusetts. On cite les 
vergers du district de Huon pour leur vigueur et leur fécondité. 
Partout, on plante des Pommiers ; le fruit, beau et bon, est demandé 
sur les marchés des colonies voisines ou de la métropole. La 
dernière récolte de Pommes a fourni plus de 4°o> 00 ° boisseaux de 
trente-six litres. La poire arrive à 25,ooo. Faut-il rappeler les 
Poiriers de Bon-Chrétien, à Launceston, qui fournissent chacun 
cinquante boisseaux de fruits? Les belles poires étant recherchées, 
les planteurs augmentent leurs jardins consacrés à cette production. 

Le Cerisier croît dans les sols pierreux et fructifie largement. 

Le Prunier réussit de môme, loin des brouillards marins. 

Le Figuier, le Pêcher, l'Abricotier, l'Amandier ne « chargent » 
pas autant que dans la grande île australasienne, tandis que les 
Framboises, les Groseilles, les Fraises y viennent abondantes. 

Les Noix, les Noisettes, les Nèfles croissent sur les plateaux ou en 
bordure des taillis. 

Sous l'influence active de la chaleur, la Vigne mûrit son fruit, 
particulièrement les Raisins précoces, même le Chasselas doré, le 
Pineau noir, le Black Hamburgh (Frankenthal), le Sweet Water; 
mais le Muscat d'Alexandrie, le Saint-Pierre, le Riesling, l'Ulliade 
et autres cépages tardifs y réclament l'espalier. 

L'île Maria fait espérer une facile exploitation du vignoble. 

La valeur totale des fruits frais ou conservés, expédiés en 1890, 
a été de 3,5oo,ooo fr., et l'entrain n'est pas près de s'arrêter. 



l52 AUSTRALIE 

Légumes. — Tous les légumes de la Grande-Bretagne deviennent 
plantureux en Tasmanie. Le maraîcher y fait trop souvent défaut, à ce 
point que des particuliers sont obligés de cultiver eux-mêmes les 
légumes de leur consommation ; la population minière se nourrit 
des plantations faites par des escouades de Chinois et de Coolies 
nomades qui viennent, chaque année, se livrer à cette exploitation. 

La Pomme de terre constitue une spécialité pour la Tasmanie, 
depuis que File a été colonisée ; de grandes quantités en ont été 
exportées dans les gouvernements voisins. 

Les Pommes de terre de Brown River sont supérieures à toutes 
les variétés renommées de l'Angleterre et de l'Amérique ; Cucular 
Head et la cote Nord-Ouest fournissent aussi de gros tubercules. 
La production de 1891 a monté à ^3,158 tonnes anglaises ; l'année 
précédente, il en était exporté 33,386 tonnes estimées à 101,047 livres 
sterling, la plus grande quantité destinée aux colonies australiennes 
de Victoria, de la Nouvelle-Galles du Sud et de l'Australie 
méridionale. 

La culture rurale des Navets, des Carottes, des Betteraves, du 
Melon, de l'Ognon, a suivi la même progression croissante. 

Des usines à conserves et à séchage s'apprêtent à tenir tête à la 
concurrence américaine. 

Institutions horticoles. — Il existe des institutions publiques 
consacrées à l'avancement de l'horticulture, dans la plupart des 
grandes villes. 

La Société royale de Tasmanie entretient dans la ville capitale 
l'un des plus beaux jardins botaniques des colonies. A Launceston, 
la Corporation dirige un parc public, dans lequel l'horticulture est 
pratiquée spécialement en faveur des autres parcs de la colonie. 

A Hobart, les amateurs jardiniers et la Société d'horticulture 
des Cottagers organisent des expositions périodiques. La Société 
d'horticulture du nord de Launceston a quatre expositions par an. 

Des groupes semblables ou analogues existent dans quelques 
municipalités de la campagne. 

Les districts fruitiers possèdent des syndicats de producteurs de 
fruits, qui ont pour objet l'amélioration de l'arboriculture et l'ouver- 
ture de nouveaux débouchés aux vergers. Ces associations s'occupent 
aussi de l'envoi et de la vente des fruits aux marchés étrangers. 

Le journal Webster's Tasmanian Agriculturist and Machinerj- 
Gazette, de Hobart, traite des questions d'arboriculture fruitière, de 
viticulture et de reboisement. 



AUSTRALIE l53 



VICTORIA 

Capitale : Melbourne. 



La colonie Victoria est la plus importante par son agriculture, ses 
vignobles, ses jardins de rapport, son commerce et ses institutions. 

Enseignement. — L'horticulture est enseignée officiellement avec 
l'agriculture dans les collèges de Dookie et de Longerenong, qui sont 
dotés d'un personnel spécial et de champs d'études. 

Le Collège agricole de Dookie fut érigé le i er octobre 1886, sur le 
terrain de la Ferme expérimentale. 

Les cours d'instruction comprennent la chimie, la botanique, 
l'entomologie, la géologie, l'anglais supérieur, l'arithmétique, la 
mensuration, la levée des plans, l'arpentage, la tenue des livres, les 
travaux pratiques de la ferme, etc. 

Les leçons d'agriculture, d'horticulture, de botanique, d'arpentage 
et autres sont théoriques, pratiques et gratuites. 

Les élèves, au nombre de quarante, paient 25 livres (6^5 fr.) par 
an, pour leur entretien. 

Le Collège agricole de Longerenong a été établi en mars 1889, 
sur la réserve de la Ferme expérimentale de ce nom, au nord-est de 
Horsham, district de Wimmera. La réserve comprend 1,000 hectares 
de culture, en bonnes conditions. 

Des bâtiments sont consacrés aux collections, aux cours théoriques 
et à l'installation de /}o élèves. 

Sur une ferme de 120 hectares, on a réservé un cinquième pour 
les champs d'essais, les pépinières fruitières, les plants forestiers 
et la collection de vignes de jardin. 

Un potager, l'annexe obligatoire d'un établissement de ce genre, 
sert aux démonstrations des cultures intensives ou cxtensives. 

Fruits et Légumes. — Le Gouvernement accorde des primes de 
6 1. st. aux cultivateurs qui exportent leurs fruits, mais parfaitement 
emballés. 

Les espèces de légumes adoptées sont les principales espèces de 
l'Angleterre, augmentées de quelques types apportés par les Chinois 
et les Américains. 



l54 AUSTRALIE 

Bois. — Les Gommiers ou Eucalyptus composent dans la colonie 
Victoria de superbes massifs. Les planteurs les cultivent par le 
semis, propageant les espèces réputées pour leur résistance aux 
épreuves du temps et des fardeaux et qui semblent réfractaires aux 
attaques du taret, « teredo navalis ». On remarque, dans les chaînes 
de Dandenong, près de Healesville, un Eucalyptus araygdalina 
tombé, mesurant, dit-on, i5o mètres de longueur. 

L Eucalyptus rostrata a la faveur des ingénieurs de marine pour 
les piles et les traverses des ponts et les genoux de la charpente 
des vaisseaux, tandis que plus légère, l'espèce pilularis entre dans 
la fabrication des wagons de chemin de fer. 

Nous retrouvons les Protéacées, les Myrtacées, les Mimosées, les 
Gasuarinées des autres provinces, et les Fougères arborescentes 
extirpées des ravins de montagnes au profit des serres européennes. 

Parcs et Jardins. — En dehors des beaux jardins d'amateurs, 
ornés des plus jolies espèces arbustives ou florales, les principales 
villes de la colonie ont des promenades, des avenues, des boulingrins, 
des parcs ; toutefois la cité australienne la mieux dotée, sous ce 
rapport, est certainement Melbourne. 

Plus de 2,000 hectares, — non compris les municipalités subur- 
baines, — - sont convertis en une centaine de « Park, Square, Cricket 
Ground, Récréation, Ornamental Plantations, Public Gardens, Mili- 
tary- Parade Ground, Racecourse ». Ajoutons les cimetières, où le 
respect des morts se confond dans un riant paysage. 

Le Royal Park occupe 200 hectares, au centre desquels se trouvent 
le Jardin zoologique d'acclimatation et le pâturage des fauves. 

Gent hectares sont affectés au « Botanic Garden and Domain ». 

Dans la section de Richmond, le « Park » couvre 70 hectares et 
« Horticultural Gardens » i5 hectares. 

Albert Park figure pour 260 hectares à cheval sur South Melbourne 
City et Saint-Kilda City. 

Les jardins des universités, collèges, écoles, asiles et sociétés 
entrent dans le chiffre total pour une bonne part. 

Une grande ville telle que la capitale de Victoria, tirée au cordeau, 
fréquentée par une population indigène, coloniale ou cosmopolite, 
le rendez-vous du monde de la finance et du négoce, ne saurait 
engendrer la mélancolie, lorsque les vagues de la mer viennent 
mourir à ses pieds, quand les Eucalyptus et les Mimosas sont à 
l'horizon, et que ses carrefours disparaissent sous la verdure, les 
gazons et les fleurs ! 



**§0? 



AUTRICHE-HONGRIE 

622,309 kilomètres carrés. — ^i ,283 ,$66 habitants. 



I. — Action de l'État. — Écoles d'horticulture. 

Avec l'accroissement des libertés politiques, le commerce et 
l'industrie ont certainement fait des progrès importants, et c'est à 
cette cause que l'on doit attribuer les progrès toujours plus grands 
de l'horticulture autrichienne. 

Le Gouvernement en favorise l'essor par les procédés suivants : 

i° Des subventions sont accordées, pour certains travaux de culture 
déterminés, aux Sociétés privées ainsi qu'aux Sociétés publiques ; 

2° La fondation d'écoles d'horticulture est encouragée ; 

3° Des médailles de l'Etat et autres distinctions sont destinées à 
récompenser les travaux horticoles de mérite. 

Ces encouragements ont retenu le travailleur au sol. L'Autriche 
est, en effet, le pays où la population agricole, relativement la plus 
importante, obtient une proportion de 55 pour cent de la population 
totale, alors que la France atteint 48, le Danemark 47, les États- 
Unis 44, l'Allemagne 42, l'Italie 35, la Belgique 34 pour cent. 

L'organisation d'établissements d'instruction agricole a été la 
conséquence naturelle du mouvement des esprits et des intentions 
gouvernementales . 

Institut supérieur de Klosterneurourg. 

Situé aux portes de Vienne, sur le Danube, au centre d'une riche 
contrée de vergers et de vignes, cet établissement de haute science et 
d'applications pratiques était tout indiqué au Ministère de l'Agri- 
culture pour l'installation d'une Station expérimentale, consacrée 
aux études viticoles, œnologiques et pomologiques. 



l56 AUTRICHE-HONGRIE 

La culture et l'entretien des vergers, l'exploitation du vignoble, 
l'étude des maladies végétales, l'expertise des vins sont devenus la 
base du programme de Klosterneubourg. 

En 1870, l'organisation et la direction en furent confiées au 
D r Léonhard Roesler, alors professeur de chimie technologique et 
agricole à l'Université de Carlsruhe, déjà renommé par ses travaux; 
il sut réaliser son programme, consistant à vulgariser par la parole 
et par la plume les découvertes scientifiques et leur application aux 
vignes et aux jardins, sans oublier les fruits et les vins. 

Il en résulta d'abord l'achat, et l'annexion par l'Etat, de l'école de 
vignerons fondée par les moines en 1860, ce qui entraînait, en 1874» 
la création d'une école intermédiaire destinée tout particulièrement 
aux régisseurs de vignes et aux sommeliers. Les administrations en 
sont tout-à-fait distinctes. 

Outre ses laboratoires, ses bibliothèques et salles à microscopes, la 
Station expérimentale possède des champs d'expériences, des serres 
et des pépinières qui lui permettent de répondre aux exigences du 
service. 

Elle est en relations avec les établissements analogues, libres ou 
officiels, de tous les pays, et rend de grands services à l'agriculture. 

Les études cryptogamiques sont confiées au baron de Thumen, 
adjoint à la direction; mais tous les travaux de la station se trouvent 
résumés dans les Mittheilungen der K. K. Versuchsstation éditées 
par le savant directeur-professeur Roesler. 

Ecoles et Cours d'horticulture. 

Après l'école primaire, où la jeunesse rurale apprend les premières 
notions de la culture du sol, l'enseignement horticole pénètre aux 
soixante Ecoles d'agriculture ou forestières par l'arboriculture et la 
maraîcherie. Le chapitre pépinière et dendrologie est ajouté au 
programme des Ecoles supérieures d'agriculture et de sylviculture. 

C'est ainsi que l'horticulture est démontrée aux élèves : 

De l'Institut impérial royal d'agriculture et d'économie forestière, 
à Vienne ; 

De l'Ecole impériale royale œnologique et pomologique, à Kloster- 
neubourg ; 

De l'Ecole d'agriculture « Francisco Josephinum », à Môdling; 

Des Ecoles supérieures d'agriculture de Tabor et de Tetschen- 
Liebwerd, en Bohême ; 

De l'Ecole d'agriculture, de fruiti- viticulture, à Feldsberg ; 

De l'Ecole d'agriculture et de viticulture, à Znaim, en Moravie ; 



AUTRICHE-HONGRIE 107 

De l'École d'agriculture et Station expérimentale, à San Michèle, 
du Tyrol; etc. 

Les principales Écoles forestières sont dispersées : 
A Weisswasser et à Pisek, en Bohême ; 
A Brùnn, en Moravie ; 
A Lemberg et à Bolachow, en Galicie ; 
A Gusswerk et à Marbourg, en Styrie ; 
A Hall et à San-Michele, en Tyrol, etc. 
Quant aux Écoles d'horticulture, voici les principales : 
Basse- Autriche. — École d'horticulture de la Société impériale 
royale d'horticulture de Vienne, 1868. 

— École d'horticulture « Elisabethinum », à 

Môdling, fondée en 1871. 

— École de vignerons, à Krems. 
Bohême. — École d'horticulture de Ghrudim, fondée en 1872. 

— École de pomologie et de viticulture de Leitmeritz 

fondée en 1870 (langue allemande). 

— École de pomologie et de viticulture de Melnik, fondée 

en i883 (langue tchèque). 

— École royale pomologique à Troja, près Prague, 1870; 

direction de M. Jos. Bunat (tchèque et allemande). 
Carniole. — École d'agriculture, de viticulture et de pomologie, 

à Standen, près Rudolfswerth. 
Carinthie. — École d'horticulture de la Société d'horticulture de 

Klagenfurt, fondée en 1872. 
Galicie. — Institut pour l'instruction des jardiniers, au jardin de 
botanique de Lemberg, fondé en i855. 

— École d'horticulture de la Société d'horticulture de 

Lemberg, fondée en 1872. 

— École nationale d'horticulture de Tarnow, 1881. 
Istrie. — École d'arboriculture et de viticulture « Instituto agrario 

provinciale », à Parenzo. 
Moravie. — École d'arboriculture delà Société d'horticulture, etc., 
de Moravie, à Brùnn, fondée en i863. 
Cours en faveur des pépiniéristes et des gardiens 
d'arbres, fondé en i863. 
Styrie. — Ecole secondaire de jardiniers, sous les auspices de la 
Société styrienne d'horticulture, à Graz, 1882. 

— École d'arboriculture et de pomologie, à Marbourg, 

fondée en 1872. 
Plusieurs de ces institutions ouvrent des cours publics, le soir* 
d'octobre en février. D'autres délivrent des diplômes aux auditeurs. 



lo8 AUTRICHE-HONGRIE 

La Société impériale royale de Vienne prépare un Institut en 
faveur des jeunes jardiniers, à proximité des jardins du prince de 
Liechtenstein, à Eisgrub (Moravie). 

Garice a scindé son École d'agriculture pour faciliter un double 
enseignement en langue slave et en langue italienne. 

La Hongrie et la Bohême n'oublient pas leur langue maternelle 
dans leur enseignement. 

Des conférences libres se tiennent, en outre, dans les villages. 

On évalue à 26,000 environ le nombre des auditeurs des cours 
publics d'horticulture, pendant la dernière campagne. 

Sur divers points de l'Autriche, il existe des pépinières écoles, 
ou fruitières ou forestières, qui approvisionnent de plants d'arbres 
les communes et les particuliers, et une pépinière affectée à la sérici- 
culture, en relations avec l'Institut expérimental de Gorice, créé en 
1869. L'État y a puisé ses distributions de jeunes Mûriers, faites 
dans les provinces méridionales, produisant aujourd'hui trois 
millions de kilogrammes de cocons de vers à soie. 

Hongrie. — En 1892, la Hongrie comptait près de 2,600 communes 
séricicoles, fournissant un million de kilogrammes de cocons, mais 
recevant de l'administration supérieure 14,000 litres de semences de 
Mûrier et plus d'un million de sujets de pépinières. 

Le territoire hongrois est doté de six établissements d'instruction 
horticole établis dans les provinces de la couronne de Hongrie. A 
ceux-ci viendra s'ajouter l'École de jardiniers projetée à Budapest, 
pour remplacer l'ancienne École de viticulture. 

L'École de maraîchers, qui existe depuis douze ans à Rakos Palata, 
est d'une importance toute particulière. 



II. — Sociétés d'horticulture. 

Grâce à T'élan donné par le célèbre voyageur en Orient, Charles 
Baron de Hûgel, une première exposition d'horticulture se tint 
à Vienne en 1827, dans le jardin du prince de Schwarzenberg ; 
cette exposition fut suivie en 1837 d'une seconde, qui fut organisée 
par la Société impériale et royale d'horticulture de Vienne, au 
moment même de sa création, 

Pour favoriser le développement de l'horticulture, on fonda plus 
tard, dans les différentes provinces, des Sociétés analogues, qui sont 
placées toutes aujourd'hui sous la protection de l'Etat 



AUTRICHE-HONGRIE I&) 

Ces Sociétés ont pour but d'organiser des réunions et des confé- 
rences populaires, des expositions et des excursions. Tous les ans, au 
moins, on publie, sur les travaux des différentes Sociétés, des rapports 
qui se trouvent souvent aussi dans des journaux spéciaux. Les grandes 
expositions annuelles ne sont organisées que par la Société impériale 
et royale d'horticulture de Vienne, la Société impériale et royale 
d'horticulture de Graz, la Société d'horticulture de Prague et la 
Société d'horticulture de Budapest. En plus de ces associations, et 
d'après la loi industrielle d'Autriche, les horticulteurs marchands 
des différents districts se sont groupés dans le but de défendre et 
de protéger leurs intérêts commerciaux. 

Basse-Autriche. 

Vienne. — Société impériale royale d'horticulture, fondée en i83;. 

— Société des vergers pour la Bas se- Autriche, 1880. 

— Association des horticulteurs et des amateurs des 

jardins, fondée en 1880. 

— Société pomologique autrichienne, fondée en 1881. 

— Club pour la culture des plantes d'appartement, 1882. 
Baden. — Société d'horticulture, fondée en 1877. 

Berndorf. — Société pour la culture des fruits et des légumes, 

fondée en i883. 
Hietzing. — Association des horticulteurs et des amateurs de 

jardins, fondée en 1876. 
Klosterneubourg. — Association des amateurs de Klosterneu- 

bourg, fondée en 1891. 
Leopoldau. — Association des amateurs de Leopoldau, 1888. 
Môdling. — Société d'horticulture du district, fondée en 1872. 
NeuWxVldegg. — Société d'horticulture du district, 1870. 
Nbunkirghen. — Société d'horticulture du district, 1884. 
Stocker au. — Société des amis des jardins, fondée en 1887. 
Waidhofen. — Société de jardiniers et d'amateurs, 1876. 
Zwettl. — Société d'arboriculture fruitière, fondée en 1887. 

Haute-Autriche* 

Linz. — Société d'horticulture du district, fondée en 1884. 

Bohême. 

Prague. — Flora, fondée en i843. 

— Société d'horticulture de Bohême, fondée en 1843. 
Prague. — Société pomologique de Bohême, 1877. 

— Société Roezl, de garçons jardiniers. 

<— Union des jardiniers-marchands de Prague* 



l6o AtJTRICHE-IIONGRIE 

Jicin. — Société pour le développement de l'horticulture, 1886. 
Joiinsdorf. — Société d'arboriculture fruitière et d'embellissement, 

fondée en 1879. 
Kladrau. — Société d'arboriculture fruitière, fondée en 1847. 
Kohljanovic. — Société d'arboriculture, fondée en 1878. 
Kuttenberg. — Société d'horticulture de la Bohême orientale, 1887. 
Laun. — Association horticole de Laun, fondée en i883. 
Leitmeriïz. — Association des horticulteurs et des amateurs, i885. 
Pisek. — Association des horticulteurs, fondée en i883. 
Rakonitz. — Société d'arboriculture de Rakonitz et de ses 

environs, fondée en 1879. 
Reiciienau. — Société d'embellissement, de pomologie et de 

plantes vertes, fondée en 1881. 
Saaz. — Société pour les plantes vertes, fondée en 1877. 
Schlackenwerth. — Société pour la plantation et le dressage des 

arbres fruitiers, fondée en 1884. 
Wamberg. — Société d'embellissement et de pomologie, 1888. 
Welwarn. — Société de pomologie pour le district de Welwarn, 

fondée en i883. 

BUKOWINE. 

Czernowiïz. — « Ami du peuple » pour diverses améliorations 
rurales; association fondée en 1877. 

Carinthie. 

Arnoldsïein (Willach). — Société de pomologie, fondée en 1881. 
Klagenfurt. — Société d'horticulture de Carinthie, 1872. 

Garniole. 

Assling. — Société d'arboriculture et d'apiculture, fondée en i883. 

Galicie. 

Lemberg. — Société d'horticulture et d'arboriculture fruitière, 
fondée en 1867. 
— Société d'apiculture et d'horticulture, fondée en 1870. 

Moravie. 

Brûnn. — Société d'horticulture et de pomologie, fondée en 1887. 
M^ehr-Sciioenberg. — Association des jardiniers, fondée en 1876. 

SlLÉSIE. 

Tuoppau. — Société de culture des fruits, fondée en 1882. 
Obêr-Kurzwald. — Société de pomologie, fondée en 1879* 



AUTRICHE-HONGRIE l6l 

Styrie. 
Gratz. — Société styrienne d'horticulture, fondée en i834- 

— Société d'horticulture impériale et royale, i843. 

— Association des horticulteurs et des amateurs de 

jardins, fondée en 1888. 

— Société d'arboriculture fruitière du district, 1889. 

Sociétés de pomologie à : 

MURECK, 1887 PfAUBERG, 1887 

Marbourg, i883 Rann, 1889 

Saint-Martin, 1882 Saint-Georgen, 1881 

ÏYROL. 
Bozen. — Société d'horticulture, de pomologie et de viticulture, 

fondée en 1884. 
Meran. — Association des horticulteurs et des amateurg, 1889. 

— Société d'horticulture et de pomologie du district de 

Meran, fondée en 1884. 
Il existe encore une cinquantaine de corporations, cercles et 
comices consacrés à l'arboriculture fruitière, autant à la viticulture, 
enfin davantage de groupes forestiers et cynégétiques. 

Hongrie. 

Les Sociétés d'horticulture qui existent en Hongrie, au nombre de 
trois, ont été fondées : 

A Budapest, en i885. 

A Szegedin, en 1890. 

A Klausenbourg, en 1892. 

Indépendamment de ces trois Sociétés, il existe pour le dévelop- 
pement des connaissances en botanique et en horticulture, l'active 
Société des sciences naturelles, qui compte environ 7,000 membres. 



III. — Jardins botaniques et d'études. 

Les Jardins botaniques sont en relation avec les universités et les 

académies. Il en existe à Vienne, Prague, Innsbruck, Cracovie, 

Lemberg, Czernowitz, Briïnn, sans compter les jardins botaniques 

impériaux de Schoënbrunn et Belvédère, à Vienne. Dans ce dernier 

jardin, on cultive avec le plus grand soin la Flore autrichienne, 

comme au parc d'Ebersdorf, en i552, lorsque Maximilien II créa 

l'un des premiers Jardins botaniques. 

11 



I&2 AUTRICHE-HONGRIE 

La plupart des jardins d'études correspondent avec les jardins 
botaniques ci-dessus et avec ceux de Klagenfurt, de Salzbourg, de 
Gratz. Un personnel d'élite est placé à leur tête. 

Les Écoles d'agriculture ont un jardin destiné à l'étude des 
différents fruits, des légumes, et quelquefois aux multiplications 
nécessaires à l'industrie de la pépinière. Les jardins de l'Institut 
œnologique et pomologique de Klosterneubourg, de l'Elisabethinum 
à Môdling, de la Station agronomique de Liboritz, des Écoles 
forestières de Mariabrunn et dé Weisswasser, ont des laboratoires 
d'analyses complétés par des champs de démonstration. 

La Hongrie possède les jardins botaniques annexés aux universités 
de Budapest, ville capitale, et d'Agram, en Croatie. 

Un jardin d'expériences et de botanique a été créé à Debreczin. 

Des cours de botanique sont inscrits partout au programme des 
écoles normales, des écoles forestières, agricoles et viticoles. 

Le célèbre explorateur Bénédict Roezl (1827-1885) a sa statue 
sur la place publique de Prague, où il est représenté dans l'attitude 
d'un botaniste cherchant à déterminer une plante récoltée. 



IV. — Production maraîchère. 

L'Autriche-Hongrie est une contrée de grande production. Le 
paysan est travailleur, le jardinier ne lui cède en rien sur le labeur. 

La capitale, qui s'agrandit et se peuple tous les jours davantage, 
absorbe la majeure partie des denrées alimentaires. 

Ainsi, pendant l'année 1891, il est entré à Vienne : 
60,000 wagons de légumes. 
i5,ooo — de fruits. 
20,000 — de Pommes de terre. 

Le district de la capitale compte plus d'un agriculteur ayant ajouté 
la culture maraîchère à son exploitation, alors que, dans les 
campagnes privées de moyens de transport, le jardinier prend la 
hache de bûcheron en hiver. 

Quant aux forceries, elles se concentrent aux abords des villes, 
sous les toits vitrés des domaines seigneuriaux. 

D'ailleurs, la région Sud fournit des primeurs par sa production 
naturelle et hâtive. L'importation fait le reste. 

Les provinces productives en légumes et en fruits sont d'abord la 
Basse-Autriche, puis la Haute- Autriche, le Tyrol, la Styrie, ensuite 



AUTRICHE-HONGRIE l63 

la Moravie, la Bohême, la Silésie, le comté de Gorice, Trieste, le 
Littoral adriatique, la Dalmatie, la Bukowine. 

La Pomme de terre est populaire, tout eu étant restreinte pour les 
variétés. On en transporte par charretées vers les agglomérations de 
population et les marchés. 

Les calculs de la statistique classent le territoire autrichien second 
parmi les États de l'Europe, d'après la surface consacrée à la Pomme 
de terre. 

Cette Solanée occupe 4>$ °/° de l'étendue des terres cultivées^ 
ce qui place l' Autriche-Hongrie entre la Belgique et la Hollande* oit 
le sol est le mieux utilisé. L'Autriche produit pour 600,000,000 de 
francs de Pommes de terre par an. 

Les Haricots et le Pois ordinaire sont l'objet de transactions et 
d'exportation. 

L'Autriche exporte plus de 12 millions de kilog. de légumes secs. 

Les racines de Rutabagas, de Carottes, de Betteraves, de Panais, 
dont la valeur alimentaire est cotée pour l'homme ou pour le bétail, 
font partie de l'exploitation rurale. 

L'Asperge, l'Artichaut et l'Ognon sont cultivés en grand au jardin 
ou à la ferme. 

Les usines à conserves s'organisent et accaparent une bonne partie 
de la production. 

Le Chou-rave, le Rutabaga, le Concombre, la Laitue ont leurs 
cantonnements en Bohême et alimentent Dresde et Berlin ; la 
Lentille vient à Paris. 

Les provinces méridionales, qui bénéficient de la chaleur de 
l'atmosphère, des brises de l'Adriatique et de l'abri des Carpathes, 
des Alpes transylvaniennes, cadoriques ou styriennes, produisent 
à bonne heure des Choux-fleurs, des Pommes de terre, des Pois, des 
Haricots, de la verdure maraîchère, etc., et l'expédient vers la 
capitale et les grandes villes. 

Le Melon et la Pastèque y viennent en plein air et sont consommés- 
ou vendus dans les ports de mer ; on les expédie vers le Nord par 
la voie ferrée, et à l'étranger, comme les Tomates. 

Le Concombre entre dans la consommation et dans l'industrie* 

La Patate et l'Igname sont des légumes d'amateur. 

Les marchés de chaque jour, dans les villes en renom, ne semblent 
pas encore devoir profiter des embellissements de la cité. 

Hongrie. 

La Hongrie a de vastes exploitations rurales et fournit une 
quantité prodigieuse de légumes de grande culture. 



l64 AUTRICHE-HONGRIE 

La production extensive du Haricot est en telles conditions 
d'étendue et de bon marché, que de grands Etats de l'Europe sont 
devenus tributaires de la Hongrie sur ce point. 

Plusieurs maisons se sont consacrées à cette culture; une, 
entre autres, qui exploite 35o hectares de Haricots pour la vente 
exclusive de la semence aux cultivateurs, limite, cette année, le choix 
des types à propager aux variétés suivantes : 

i° Haricots nains : Beurre doré, à cosse jaune. — Beurre à cosse 
violette. — Beurre grain noir, à cosse jaune. — Blanc très tardif de 
Hollande. — Flageolet à cosse jaune. — Flageolet rouge, à cosse verte. 
— Géant sucré. 

2° Haricots à rames : Beurre sanguin doré. — D'Alger à grain noir, 
à cosse jaune pâle. — Du Mont-d'Or, à cosse jaune. 

Ces dix variétés ont fait leurs preuves au jardin, à la ferme et au 
marché, particulièrement pour la fourniture de légumes verts. 

La Lentille, populaire en Hongrie, s'exporte en grandes quantités; 
son prix de vente est à peu près celui des Haricots. Les sept dixièmes 
des approvisionnements de Paris sont expédiés de la Bohême et de 
la Moravie. 



V. — Production fruitière. 

Depuis la Basse-Autriche, où la persistance des pluies et des 
brouillards force le cultivateur à se borner aux Poiriers robustes, 
aux Pommiers qui fleurissent tard, aux Cerises aigres et aux Prunes 
de séchage, jusqu'au golfe de Trieste « où fleurit l'Oranger » encadré 
de Figuiers, de Limoniers, d'Oliviers, d'Arbousiers, de Grenadiers, 
de Bibaciers, de Pins pignon... entre ces deux extrêmes, Pomone 
a semé ses trésors, suivant un mot classique. 

La production autrichienne et hongroise des Prunes à séchage, 
jointe aux arrivages de Bosnie et de Serbie, qui exportent 600,000 
quintaux de Prunes sèches, fournit un stock important de Pruneaux. 

Le port de Trieste embarque des tonnes de Prunes séchées, pour 
New-York et d'autres destinations. 

On compte, en Bohême, 24 millions d'arbres fruitiers. Les contrées 
de Lobosia, Jii'in, Kralové, Kradec, jusqu'au Chrudim, au nord- 
ouest de cette province, présentent l'aspect d'une forêt fruitière. 

La récolte est généralement dirigée vers l'Allemagne, et le produit 
atteint une valeur de dix millions de francs. 



AUTRICHE-HONGRIE lG5 

La Pomme a des fruits locaux estimés au marché ; telles sont : 

Gossonet de Kienast à floraison tardive ; 

Edel Rother et Edel Tâubling, du Tyrol ; 

Pojnick, originaire de Bojkov, en Moravie ; 

Batulloen Apfel, de Transylvanie ; 

Pogasca-alma, qui brave les tempêtes dans les steppes sablonr 
neuses de la Hongrie : 

Tôrôk-bàlint, Sôvàri, Sreica, de la Croatie, de Hongrie ; 

En Bohème: Isinové, Framboise d'Holovous, Kminové, Kosikové, 
Malvazinka, Salové, Muskat-Reinet, Vejlimek, Yirzinské. 

La Pomme de Romarin, qui doit son nom au parfum qu'elle 
dégage, forme la base des vergers du Tyrol méridional. Le revenu 
d'un arbre ayant été évalué à 4o francs, le Gouvernement autrichien 
a, sur ce chiffre, établi l'impôt foncier des plantations fruitières. 

La question des fruits à introduire en Autriche a été traitée au 
Congrès international de Pomologie qui s'est tenu, à Vienne, du 
i au 7 octobre 1873. Des délégués des principales provinces y assis- 
taient et ont recommandé le choix de vingt Pommiers et de vingt 
Poiriers aux planteurs. 

Voici ces quarante variétés admises par l'aréopage et appelées 
dans leur ordre de maturité : 

Pommes. 

Gharlamovski (Borovitsky.) Reinette Harbert. 

Pearmain d'été. Reinette d'Orléans. 

Cludius d'automne. Beaufin strié. 

Pearmain de Schwarzenbach. Ribston Pippin. 

Non-pareille de Langton. Reinette grise du Canada. 

Pearmain écarlate. Reinette Oberdieck. 

Reinette de Burchardt. Court-pendu royal. 

Noble jaune. Reinette Baumann. 

Orange de Blenheim. Reinette de Champagne. 

Wagener. Wellington (Dumelows'Seedling.) 

Poires. 

Souvenir du Congrès. Golmar d'Arenberg. 

Seigneur (Esperen). Soldat Laboureur. 

Fondante des bois. De Grumkow. 

Beurré Hardy. Conseiller à la Cour. 

Poire Dechaut Dillcn. Nouveau Poiteau. 

Beurré Capiaumont. Passe Colmar. 

Marie-Louise. Golmar Né lis. 

Beurré Superfîn. Beurré de Rance. 

Louise bonne d'Avranches. Beurré Sterckmans. 

Duchesse d'Angoulême. Joséphine de Malines. 

Ces excellentes variétés ont pénétré au verger. On le reconnaît 
aux approvisionnements du marché, arrivant par voie ferrée, par 
chariots ou par le Danube, 



l66 AUTRICHE-HONGRIE 

Eu même temps, de bonnes variétés étudiées et recommandées 
dans les congrès français ou allemands, faisaient leur entrée 
dans les pépinières et les jardins d'expériences. 

Le commerce des fruits a dispersé son siège à Goriee, à Bozen, à 
Meran, à Gratz, à Marbourg, mais il est arrêté brusquement aux 
frontières de Russie, de Roumanie, de Serbie, de Turquie, par suite 
de mesures douanières restrictives. 

L'industrie des conserves de fruits, et surtout leur dessiccation, 
a acquis une certaine importance, depuis que le Ministère a décidé 
que les séchons de fruits devaient être compris au chapitre des 
approvisionnements de la flotte et de l'armée. 

Plusieurs types admis au séchage traditionnel, par les paysans du 
Tyrol, de la Styrie, de l'Istrie, de l'Illyrie, de la Bohême et de la 
Moravie, sont scrupuleusement respectés. 



Hongrie. 



Les arbres fruitiers sont répandus et considérés en Hongrie. Les 
contrées qui se sont acquis une plus grande réputation sont : La 
Vallée du Danube sur les rives du Tisza et du Maros, le beau pays 
transylvain, les contrées de l'Ouest, et le comitat de Soprony ; les 
fruits y viennent superbes et en excellente qualité. 

L'arbre vraiment populaire de la Hongrie est sans contredit le 
Prunier, surtout l'espèce connue sous le nom de « Beszterçze ». 
Plaine ou colline, tout lui convient ; il s'accommode même des hautes 
vallées, et partout son fruit est très estimé, à tel point que 
l'habitant de certains villages en compose parfois, avec le maïs, sa 
principale nourriture. Les Prunes non consommées, fraîches ou 
sèches, servent à faire une marmelade d'un placement facile, ou 
d'excellente eau-de-vie. 

Les Cerisiers, quoique propagés partout, prédominent à travers 
les comitats du centre. La Griotte, dite d'Espagne, prospère 
particulièrement au bord du lac Balaton et parmi les comitats de 
Szeps et de Verôcze, où elle frappe par sa beauté et sa grosseur. 

Kôrôs est un centre d'exportation de Cerises et de Griottes. 

Les Abricotiers ne se distinguent pas par la qualité de leurs 
fruits, bien qu'ils soient recherchés auprès des villes. Debreezen, 
Kecskemët, Nagy-Kôrôs sont les contrées de production. 

Le Pêcher donne de bons fruits; leur réputation commence à 
baisser depuis que les chemins de fer permettent de tirer d'Italie 
deg Pêches qui sont plus appréciées pour la forme et la grosseur. 

Les Pommiers et les Poiriers, plus estimés, sont remarquables 



AUTRICHE-HONGRIE l6^ 

par la beauté et par la bonté de leurs produits, dans les comitats de 
de Poszega, de Verôcze, de Baranya, de Somogy. 

Les Noyers et les Châtaigniers prospèrent à 600 mètres; mais 
ils ont beaucoup à souffrir des gelées du printemps sur les plateaux 
froids. Les Châtaignes sont petites, et plus douces que celles d'Italie; 
les Noix ont la coque mince et l'amande agréable au goût. 

Les Figuiers croissent à l'état sauvage en Croatie et, çà et là, à l'abri 
des forêts de l'ancien Banat. 

Les Grenadiers et les Oliviers n'ornent que le littoral. 

Les Groseilliers sont communs au jardin et au champ de vigne. 

En dehors de la production du potager ou du jardin, la Fraise, la 
Framboise, la Mûre, le Cynorrhodon se récoltent dans la forêt ; — 
or, la Hongrie compte 9,600,000 hectares de forêts. Nous citerons la 
propriété de fondation de Pilis-Maroth, qui encaisse 3,5oo à 4>ooo 
francs de fermage annuel pour la récolte des fruits d'une forêt de 
3oo à 400 hectares de jeunes taillis. 

La zone du vignoble hongrois est la transition de la plaine à la 
montagne ; on y retrouve les cépages renommés du vignoble français. 
Tout n'est pas livré à la cuve; une grande partie des raisins sont 
vendus au marché ; toutefois le Chasselas occupe le premier rang au 
verger et au jardin. Une certaine quantité de raisins à vin est 
exportée vers la Russie et vers l'Allemagne. 

La vigne sous verre a commencé son installation dans le domaine 
de3 grands propriétaires. 

La Hongrie reçoit de l'Autriche 20,000 quintaux métriques de 
fruits frais ou secs, et moitié autant de l'étranger. 

Sa production est évaluée à trois millions d'hectolitres de fruits. 



VI. — Floriculture. 

Nous ne pourrions suivre le développement de la floriculture dans 
les classes aristocratiques, bourgeoises ou populaires ; c'est un 
véritable engouement. Le nombre et l'importance des Sociétés 
d'horticulture en sont la preuve la plus évidente. 

La capitale a donné l'exemple, en meublant ses jardins publics 
des richesses florales qui caractérisent notre temps. 

Les fleuristes ont augmenté leurs serres et leurs bâches, et arrivent 
difficilement à donner satisfaction complète à leur clientèle. Il 



l68 AUTRICHE-HONGRIE 

s'agit toujours de végétaux de serre pour les conservatoires vitrés, 
de plantes à feuillage pour les appartements, et de plantes toutes 
fleuries pour les corbeilles ou les parterres. Œillets, Rosiers, 
Muguets, Cannas, Nymphéas, Montbrétias, Glaïeuls, Résédas, 
Violettes, Pensées, Héliotropes, Giroflées, Yioliers, Galcéolaires, 
Cinéraires, Primevères, Perce - neige, Pélargoniums, Fuchsias 
viennent orner les jardins à l'intérieur, ou passent la frontière. 

L'importation s'exerce avec les plantes de luxe, les ognons à fleurs, 
les semences florales ou potagères. 

Les plantes alpines ont déjà recruté une légion de fervents. 

Le succès de la fleur cueillie en Provence devait empêcher de 
dormir les habitants des gorges échauffées par le soleil et la 
population des rivages maritimes. Aujourd'hui, le littoral prépare 
des envois de fleurs à bouquets et à garnitures, dirigés vers les 
grandes villes de l'Europe septentrionale, et, le croirait-on, vers 
l'Italie, qui ne peut suffire à la commande de ses propres produits. 



VII. — Parcs publics ou privés. 

En lisant les récits des voyageurs à travers l'Europe, Etienne 
Masson (1847), Edouard André (1866), Ernest Bergman (1886), à chacun 
vingt années d'intervalle, on constate une extension notable dans 
l'art paysager austro-hongrois qui a créé de véritables modèles de 
l'architecture des parcs et des jardins, secondé, il est vrai, par le 
goût éclairé des administrations et des propriétaires. 

Il nous sera permis d'invoquer le souvenir du maître français, de 
Barillet-Deschamps, appelé à la restauration du Prater, à Vienne, 
que l'on assimile à nos Champs-Elysées. 

Les jardins de la cour, à Schœnbrun et à Laxenbourg, occupent 
un premier rang pour leur étendue; puis les jardins du prince de 
Schwarzenberg, du comte de Harrach, du baron de Rothschild. 

Les parcs et jardins du prince de Liechtenstein à Eisgrub et à 
Felberg, ceux du baron Nathaniel de Rothschild à Vienne et à la 
Hohe Warte, ont été dessinés par notre ami Edouard André, de 
Paris. 

Parmi les parcs de la capitale, signalons encore Augarten, 
Belvédère et son jardin botanique, Hetzendorf, Rathhauspark, 
Schœnbornpark, Volksgarten, Votivkirchen Parle, Waldsteingarten. 



AUTRICHE-IIOXGRIE 169 

Parcs des grands de la terre ou jardins et squares urbains, c'est 
partout le bon goût qui se manifeste et crée de nouveaux prosélytes. 

La Hongrie est riche en jardins de luxe ; ils datent pour la 
plupart des temps où le manant travaillait sans salaire pour son 
seigneur et maître... 

Des parcs et des jardins hongrois encore existants, ceux de l'archi- 
duc Joseph à Alcsuth, Fiume et dans l'île Sainte-Marguerite arrivent 
en première ligne ; citons ensuite le parc du prince Karoly à Foth, les 
jardins publics de Budapest, de Ternes var et les jardins des premiers 
magnats du pays, des comtes Karolyi, Hunyady, Zichy, Gsekonics, 
Festetits, des princes Esterhazy et Bathianny. 

Aux environs de Prague, un grand parc nommé « Stromovka », 
aux ombrages séculaires, est le rendez-vous de la population. 



VIII. — Journaux horticoles. 

La littérature horticole périodique n'est pas très étendue. Elle 
embrasse, indépendamment de la Hongrie, treize journaux dont le 
plus ancien est le Journal mensuel botanique autrichien. Parmi 
les autres, deux sont exclusivement consacrés à la Pomologie; trois 
sont bi-mensuels ; les autres, au nombre desquels figure le Journal 
horticole illustré de Vienne, paraissant tous les mois. Celui-ci 
Wiener Illustrirte Garten-Zeitung, de la Société impériale royale 
d'horticulture, est sous la direction du D r Gùnther Ritter Beck, 
secrétaire général et de Friedr. Abel, secrétaire de la Société. 

Les journaux d'horticulture imprimés en Hongrie sont au nombre 
de cinq. L'organe de la Société d'horticulture de Budapest est 
le plus important, grâce au choix des matériaux qui le composent. 

Différentes publications agricoles, viticoles ou forestières traitent, 
à l'occasion, des questions de jardinage, de pépinière ou d'arbori- 
culture et d'utilisation des fruits. 

La presse horticole est bien représentée, en Bohême, où elle 
comprend les organes suivants : 

Flore de Bohême, par M. Fulin, à Prague. 

Journal de pomologie, par L. Naumanx, à Troja. 

Revue d'arboriculture, par Jos. Buxat, à Troja. 

Reçue horticole, par Fr. Tiiomayer, à Prague, 



ï}0 AUTRICHE-HONGRIE 



IX. — Ouvrages horticoles. 

La plupart des ouvrages généraux ou spéciaux de l'horticulture 
d'utilité ou d'ornement, et de l'art des jardins, sont remarquables 
par leur érudition scientifique ou pratique. 

Voici le titre des principaux ouvrages horticoles de l'Autriche : 
Abel Lothar. — Die Baumpjlanzungen in der Stadt und aufdem 

Lande. Vienne 1882. 
Beck von Mannagetta et Fr. Abel. — Wiener Illustrirte Garten- 

Zeitung. Organe de la Société impériale royale d'horticulture 

a Vienne. 
Bedô Alb. — Die wirtschaftliche und commercielle Beschreibung 

der Wâlder des Ungarischen Staates. Budapest 1886. 
Blaskovigs Edm. — Die Sajabohne. — Etwas ùber deren Ciiltur und 

Werf als Futtermitteh Vienne 1880. 
Briem H. — Die Zuckerrùbe. Vienne 1889. 
gpciiïjpLZER. — JÇqfephisnius des Obstbaues. Ivronstadt 1887, 
Qzjjlljk: Ang.— Behelfe zur Anlage unçl Bepflanzung von Garten. 

Vienne 1882. 
JJambacJv D 1 L-- — Prafdische Schule des Obstbaues und der 

Obstbenutzung. 1. TahPV i883. 
Hoipel G. Wiliielm K. — Die Baume und Stràiiçher des Waldes 

in botanischer und forsUvirtsçhaftliçher Beziehuiig-, 

Vienne 1889. 
Rosentjial. — Bas pomologische Ifandbuch fiir Niederoesterreiçh* 

Vienne. 
ÊicmtiDT F. — Oesterreicbs allgemeine Baumzucht. Vienne 1792-1822, 
Stqll, Prof. J> Ruj). — Oesterreichisch-ungarische Pomologie, 

Jvlostcrneubourg 1883-1884. 
TjfPMAYER F. — Ceské Ovoçe. (D.-L— Jabjka). Prague 1889... 

Nous rappellerons les publications de la Station expérimentale 
chimico - physiologique de Klosterneubourg dues à la plume de 
MM. Roesler, directeur, et du baron Félix von Thïinien, adjoint à la 
direction. Les maladies des végétaux, la cryptogamic et les observa- 
tions microscopiques y occupent une place importante. 



'**§&? 



BAVIERE 

?5,865 kilomètres carrés, — 5, 589,400 habitants, 

— HK-— 

I. — Aotion de l'État. 

Le Gouvernement bavarois actionne le progrès de l'horticulture et 
spécialement la plantation, la culture et l'exploitation des arbres 
fruitiers. 

Il encourage la création de pépinières libres ou administratives et 
donne l'impulsion à l'organisation de routes fruitières et à leur bon 
entretien. 

L'État, secondé par les sociétés et les propriétaires, admet l'en- 
seignement de l'arboriculture dans ses écoles, et excite son expansion 
par des cours et des conférences en pleine campagne. 

L'alliance de l'initiative privée avec le concours de l'administration 
supérieure s'est fait ressentir jusqu'au cœur des Sociétés horticoles, 
jusqu'à la production alimentaire et à la fourniture des marchés. 

La Bavière possède i5 millions d'arbres fruitiers, 2,000 établisse- 
ments d'horticulture, sans compter les Stations officielles. 

Partout, on aime et on produit des Arbres, des Fleurs, des Fruits, 
des Légumes, et partout la propagande horticole par l'enseignement 
est accueillie avec reconnaissance. 

II. — Écoles d'horticulture. 

Les Écoles supérieures, normales, forestières et agricoles ont un 
enseignement plus ou moins élémentaire ou développé des questions 
de jardinage. 



1^2 BAVIERE 

Les établissements purement horticoles sont à l'état embryonnaire, 
tout en cherchant à étendre leur sphère d'action. 

Une institution consacrée à l'enseignement de l'arboriculture et de 
la viticulture est à Kirschheimbolanden. 

L'école de Landsberg manque d'une pépinière d'application. 

A Weihenstephan, l'Institut agronomique a annexé une école de 
brasserie et une école de jardinage. La pépinière est le point de 
centre des leçons pratiques données aux élèves ; elle est affectée aux 
cours publics du personnel chargé des routes fruitières. 

Nous trouvons encore des traces de l'enseignement de l'horticulture 
et de la botanique à l'Ecole des ingénieurs agricoles, à l'Ecole centrale 
d'agronomie, aux Cours forestiers de l'Académie d'Aschaffenbourg et 
de l'Université de Munich, enfin à l'Ecole vétérinaire. 

Frappé de cette situation qui ne répond pas aux besoins du pays, 
le Ministre de l'Instruction publique, secondé par les Sociétés 
agricoles et horticoles, a préparé le plan d'un Institut spécial d'hoir 
ticulture qui serait installé à Veitzocheim, près de Wurtzbourg, et 
pourrait recevoir d'abord 60 élèves. 

Les bâtiments et les serres sont déjà construits. 



III. — Sociétés d'horticulture. 

La Bavière compte près de 120 Associations qui traitent des 
productions du sol ; un quart seulement est exclusivement réservé à 
l'horticulture. 

L'organisation d'expositions et de cours publics, qui entre dans 
leur programme, a vivement contribué à propager les bonnes 
méthodes de culture et à faire connaître les meilleures espèces 
alimentaires ou florales. 

Une conséquence de l'esprit de corps a été la création de la 
Gartner Unterstùtzung, association privée qui reçoit le bénéfice des 
loteries organisées à l'occasion des expositions, et qui distribue des 
secours aux jardiniers malades ou infirmes. 

Les petites villes, fréquentées par les touristes en été, ont vu 
s'élever des sociétés dites d'embellissement. 

Il est bien entendu que les associations consacrées à la Viticulture, 
aux boisements et même au Houblon, ne restent pas indifférentes à 
la production des Fruits et des Légumes ; elles s'en occupent 
incidemment. 



BAVIÈRE 173 

Haute-Bavière . 

Freisixg. — Société d'horticulture. 

Munich. — Société d'horticulture de Bavière. I. Président, baron 
Pfeufer. II. Max Kolb. Cette Société, fondée par Martius et Effner, 
compte 780 membres. 

— Union des jardiniers « Hortensia », fondée en 1828. 
La Société d'agriculture, siégeant à Munich, protège l'arboriculture 

fruitière dans ses sections, secondée par des personnes compétentes 
qui organisent de petites expositions de Fruits. 

Basse-Bavière. 

Les comités de province et d'arrondissement favorisent le progrès 
de l'arboriculture. 

La Société d'agriculture de Landshut distribue des semences de 
Légumes rares. 

Palatin at. 

Quelques cercles font enseigner la culture fruitière, la viticulture, 
la pépinière. 

Haut-Palatinat. 

Ratisboxne. — Société d'horticulture du Haut-Palatinat. 

Weidex. — Société d'horticulture pour le nord du Haut-Palatinat. 
— — d'embellissement des jardins. 

Des groupes locaux organisent des réunions où l'on s'occupe 
d'arboriculture, par des conférences et au moyen de distributions 
de jeunes plants vendus à prix réduits ou tirés en loterie. 

Les élèves des écoles reçoivent des livres d'horticulture en prix. 

Les sociétés du Haut-Palatinat sont très actives. 

Haute-Franconie . 

Axsbach. — Société pour la culture des arbres fruitiers. 
Bamberg. — Société d'horticulture. 

— Association des horticulteurs. 
Bayreuth. — Société horticole. 

La Société de Bayreuth organise un Jardin école et subventionne la 
création de jardins fruitiers. 

D'accord avec les organes de la Société d'agriculture, des sections 
d'arboriculture encouragent la culture fruitière et font échange de 



1^4 BAVIERE 

greffons des meilleures sortes. Telles sont les sections de pomologie 
instituées aux centres ci-après : 

Berneck — Effeltrich — Emtmannsberg — Hochstadt-sur-Arsch 
— Kersbach — Kronach — Langensendelbach — Mistelgau — 
Poxdorf. 

Franconie Centrale. 

Furtii. — Société d'horticulture. 

Nuremberg. — Société d'horticulture. 
— Union des jardiniers. 

Sciiopfloch. — Société pomologique. 

Les Sociétés horticoles, les sections agricoles et des cercles 
d'amateurs, secondés par le professeur nomade, rendent de signalés 
services avec leurs expositions, leurs conférences, les tombolas de 
plants et les distributions de greffes. 

Basse Franconie et Aschaffenrourg. 

Ascii affenbourg. — Société horticole et pomologique. 
Wurtzbourg. — Société horticole franconienne. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Société d'horticulture et de viticulture pour la 

Basse Franconie. 
Cette dernière association fournit des greffes et organise des 
concours et des conférences en faveur des vignerons. 

SOU ARE ET NEUROURG. 

Augsbourg. — Société horticole bavaroise de Souabe. 

Esciiacii. — Société d'horticulture. 

Kaufbeuren. — Société d'horticulture. 

Kempten. — Société d'horticulture. 

Lindau. — Société d'horticulture. 

Plusieurs comités d'arrondissement de la Société d'agriculture 
tendent à la formation de sections pour la culture des fruits ; ils 
accordent des subventions aux jeunes gens qui fréquentent l'Institut 
pomologique de Reutlingen, en Wurtemberg, où la question des 
vergers est la base de l'enseignement. 

Le Comité provincial s'occupe de l'introduction de bonnes variétés 
et de leur étiquetage exact ; il vote des bourses aux jeunes gens qui 
suivent les cours d'horticulture, et décerne des primes aux gardiens 
surveillants des plantations fruitières qui s'acquittent convenable- 
ment de leur service. 



BAVIÈRE IjS 



IV. — Cours et conférences d'horticulture. 

Les cours et les conférences horticoles ont plutôt en vue l'arbori- 
culture fruitière et assez souvent la culture potagère. 
Les uns sont fixes, les autres sont nomades. 

1° Cours fixes d'arboriculture. 

Cours d'arboriculture fruitière à Weihenstephan, près Freising, 
sous la direction de l'Ecole centrale d'agriculture de Weihenstephan. 
Directeur, M. Kraus. — Jardinier en chef: M. Schinabeck. 

Les cours sont suivis pendant une, deux ou trois années. 

Cours de gardiennage d'arbres à Weihenstephan, dépendant de 
l'Ecole centrale d'agriculture. 

Leçons du I er février au i5 mars. 

Cours d'arboriculture fruitière, à Landshut. — Jardinier démons- 
trateur : M. Grill, jardinier-chef de la ville. 

Cours d'arboriculture fruitière à Triesdorf, dans la Franconie 
centrale. Les conférences se tiennent du i5 février au i5 mars. Jardi- 
nier : M. Abel, jardinier-chef démonstrateur. 

Cours pratique d'arboriculture fruitière à Wurtzbourg, en faveur 
des gardiens d'arbres. 

Le cours a lieu pendant 4 semaines au printemps, et environ 
i5 jours en juillet ; il est relié à l'Ecole d'hiver du pays. 

2° Cours nomades d'arboriculture. 

Hauïe-Bavière. — L'enseignement nomade a été institué par un 
décret royal du 28 février 1889. 

Il y a trois circonscriptions où les professeurs nomades exercent 
au moyen de conférences publiques. 

Sur leurs rapports, les augmentations de traitement sont allouées 
aux gardiens d'arbres de district. 

Les administrateurs donnent leur appui à ces professeurs. 

Les surveillants doivent une visite annuelle à leur canton. 

La Haute-Bavière n'a pas d'instructeurs nomades ; souvent les 
conférences émanent de la Société d'agriculture de Landshut, et 
roulent sur la culture des arbres, expliquée par le jardinier en chef. 

Six pépinières et autant de Jardins écoles distribuent jusqu'à 
10,000 greffons d'arbres fruitiers au printemps. 

Le Palatixat est dans la même situation ; mais il y a des 
conférences faites par le professeur de l'École d'agriculture de 



1^6 BAVIERE 

Deux-Ponts et- de l'École d'arboriculture et de viticulture de 
Kirschheimbolanden. 

Douze pépinières de district ou communales sont annexées aux 
Jardins écoles. 

Haut-Palatinat. — Par leurs conférences, les Sociétés d'agricul- 
ture et d'horticulture suppléent à l'absence du professorat régulier. 
Elles ont suggéré l'établissement de cultures commerciales. 

Haute-Franconie. — Le chef d'arboriculture, dressé à l'Ecole 
de Reutlingen, est nommé par le comité du Cercle d'agriculture. 

Quand le comité d'arrondissement le désire, le professeur surveille 
les plantations et donne des conseils aux planteurs. Il s'occupe 
des plantations routières du district et des friches communales. 

La Société d'horticulture de Bayreuth forme aussi de bons 
surveillants des plantations rurales. 

Des pépinières libres ou administratives, de diverse importance, et 
25 Jardins écoles répandent les meilleures espèces fruitières. 

La Franconie centrale a son instructeur depuis 20 ans ; c'est 
le professeur de pomologie de Triesdorf qui a cette charge ; ses 
conférences et ses visites régulières aux plantations d'arbres fruitiers 
de l'Etat et des districts ont amené beaucoup d'adhérents et 
suscité d'heureux résultats. 

La Basse-Franconie possède depuis 1862 un professeur nommé 
par le gouvernement; ses conférences pratiques ont excité à la 
fondation de Sociétés d'arboriculture ; aussi est-il devenu très 
populaire. Les centres de distribution de greffes rendent des services 
aux paysans. 

En Souabe, les conférences sur l'arboriculture fruitière, lors des 
réunions de la Société d'agriculture, attirent beaucoup de monde ; 
et l'action des Pépinières régionales ou communales en est d'autant 
mieux accueillie. 

V. — Routes fruitières. 

Les routes nationales ou de district, de cercle et de commune sont 
généralement bordées d'arbres fruitiers. Leur importante adminis- 
tration a nécessité une organisation de personnel et un mode 
d'enseignement appropriés à ce genre d'exploitation. 

La Haute-Bavière possède trente gardiens d'arbres fruitiers de 
district, payés par le Comité de district uni à la Société d'agriculture, 
et subissant un examen annuel. 



BAVIERE tyj 

Ces cantonniers arboriculteurs sont instruits ; les plus dignes 
d'intérêt bénéficient de bourses accordées par les comités de cercle, 
qui leur permettent de fréquenter l'Ecole de Weihenstephan. 

Quelques professeurs nomades remplissent les fonctions de moni- 
teurs dirigeant le travail de ces cantonniers. 

La Basse-Bavière a plusieurs districts pourvus de routes fruitières 
et de leurs surveillants; d'autres en manquent. Les routes nationales 
sont les mieux tenues. 

A Landshut, un cours annuel et très sérieux, destiné aux gardiens 
d'arbres de routes, a déjà formé trois cent quarante jardiniers 
cantonniers ; les conséquences de leur instruction sont à remarquer. 
On rencontre, dans le Palatinat, des personnes compétentes qui. 
avec l'exemple des jardins fruitiers d'arrondissement, instruisent les 
gardiens d'arbres pour les soins à donner aux vergers situés à 
proximité des routes, et propagent les conseils aux particuliers. 

Les agents-voyers gardiens de routes de districts (Strassen-wârter) 
remplissent souvent les fonctions de gardiens d'arbres (Baumwârter). 
Pour acquérir les connaissances nécessaires à ce service, ils doivent 
suivre un cours à l'Ecole de Kirscheimbolanden. 

L'Administration du district de Spire plante les arbres fruitiers 
sur les champs riverains et accorde au propriétaire une indemnité 
de i fr. 25, tout en lui concédant la propriété de ces arbres ; ceux-ci 
seront mieux surveillés et les routes plus spacieuses, mieux aérées. 
Le Haut-Palatinat a plutôt des instituteurs et des pasteurs qui 
propagent la culture des arbres à fruits. Du reste, les personnes 
chargées de l'entretien des routes peuvent être employées au rôle de 
gardiens d'arbres, lorsqu'elles ont suivi les cours de l'École de 
Landshut. 

La Haute-Frangonie et la Franconie centrale ont confié la 
tâche de surveiller la plantation fruitière des routes de district à des 
ingénieurs et constructeurs de chemins. D'autres régions se con- 
tentent d'un jardinier voyageur, nommé par le Comité de cercle et 
la Société d'agriculture. 

Le district d'Ânsbach a planté plus de 10,000 arbres sur les 
routes ; celui de Nuremberg 5, 000. 

Depuis vingt-cinq ans, trois cent cinquante jardiniers- voyers ont 
été formés aux cours de Triesdorf. 

Différents arrondissements de la Basse- Franconie ont à leur 
disposition des gardiens d'arbres de districts, de cercles et de 
communes, dont le nombre va toujours en augmentant. Dans beau- 
coup de villages, les ecclésiastiques et les instituteurs aident de leurs 

conseils et de leur exemple les producteurs de fruits. 

12 



1^8 BAVIERE 

Le Cercle fournit gratuitement les arbres fruitiers aux localités 
peu fortunées ; les jardiniers du Cercle désignent les emplacements. 

Quelques districts, arrondissements, régions et sections adminis- 
tratives de Souabe ont leurs cantonniers; les sociétés locales en ont 
également désigné. 

Le Comité de cercle de la Société d'agriculture accorde des 
bourses pour l'instruction de ces modestes fonctionnaires et de 
jardiniers s'occupant de l'arboriculture fruitière et routière. 



VI. — Culture potagère. 



Comme l'arboriculture et la floriculture, la production de Légumes 
ne diffère guère des méthodes et des espèces adoptées en Allemagne. 
Haute-Bavière. — La culture maraîchère a de l'importance autour 
des grandes villes, principalement de la capitale. 

La banlieue de Munich compte 200 hectares de marais potagers 
occupant 600 ouvriers. L'exploitation de ce genre de denrées a gagné 
la campagne ; les marchés d'alimentation en ont profité, tandis que 
le Tyrol et l'Italie, expédiant par wagons chauffés, approvisionnent 
les campagnes pendant la mauvaise saison et même l'été. 

Basse-Bavière. — La culture des Légumes en plein champ 

est peu développée, mais les jardins potagers des environs de 

Landshut et de Passau-Deggendorf envoient leurs produits à Munich. 

Palatinat. — La maraîcherie a pris une certaine extension. 

Frankenthal et ses environs cultivent les Asperges, les Ognons, les 

Haricots, les Pois, etc. ; Schcenfeild et Kapsweyer, les Choux blancs ; 

Offenbach, les Ognons. Zeiskam a des récoltes plus précoces. 

Ludwigshafen, Neustadt et Spire travaillent pour l'exportation. 

L'Asperge de Spire est hautement réputée. 

Haut-Palatinat. — A l'École d'hiver d'agriculture de Ratisbonne, 
on donne des leçons sur la culture potagère. 
Les Radis de Ratisbonne sont renommés pour leur volume. 
Haute-Franconie. — Les Sociétés d'horticulture de Bamberg et 
de Bayreuth s'occupent du développement de la maraîcherie. 
Ces Sociétés font venir des espèces rares et organisent des 
expositions périodiques pour les propager et les faire connaître ; 
déjà leurs productions maraîchères sont appréciées au nord de l'Alle- 
magne. 

Le forçage des Légumes dans les environs de Bamberg ayant faibli 
par suite de la concurrence italienne, le Comité provincial de la 



BAVIERE 1^9 

Société d'agriculture a suscité la création d'un établissement qui 
utilise les Légumes à l'industrie des conserves. Une usine a donc 
été fondée à Bamberg ; elle offre un débouché aux cultivateurs. 

Entre Bamberg et Erlanzen, on cultive le Raifort en grande 
quantité et on l'envoie dans le nord de l'Allemagne. Ces cultures ont 
une certaine réputation. 

Franconie centrale. — L'organisation de la culture potagère 
est complète dans cette province, grâce aux leçons données à 
Triesdorf et à Nuremberg, où la Société d'horticulture a fondé une 
école pour les différentes branches du jardinage. 

Le travail du maraîcher est plus important aux environs de 
Nuremberg, d'où les Légumes sont ainsi exportés vers les villes 
d'eaux de la Bohême. Là aussi, la concurrence des produits de 
l'Italie et de l'Algérie se fait sentir lors des primeurs. 

Basse-Franconie. — La maraîcherie atteint ici un grand déve- 
loppement. L'exportation se fait pour la Thuringe, l'Allemagne du 
Nord, les bords du Rhin et le Wurtemberg ; on y cultive aussi beau- 
coup d'espèces précoces de légumes. 

Plusieurs établissements de Wurtzbourg sont dotés d'une organisa- 
tion complète pour le forçage des primeurs sous verre. 

Souabe. — La culture potagère est moins importante. Récem- 
ment, on a tenté de l'étendre aux champs de grande culture et de 
Vendre les produits ainsi obtenus à l'usine de dessiccation. 

Dans un district, l'Administration s'est procuré un appareil de 
séchage et a organisé en commun, au profit des habitants, la fabri- 
cation de conserves de légumes. 

La vente des graines potagères est admise au marché aux 
grains, 



VII. — Jardins botaniques. — Parcs publics- 

Les Jardins botaniques et les Parcs publics ou privés sont de 
puissants auxiliaires de l'enseignement et de la vulgarisation. Les 
uns et les autres ne tarderont pas à se développer davantage encore. 

Chaque Université bavaroise possède un jardin botanique. Munich, 
Wurtzbourg, Erlangen en fournissent la preuve. 

Créé au commencement du siècle, le Jardin de Munich est, aprèâ 
celui de Berlin, le plus important de l'Allemagne. Son organisation 
scientifique et ornementale fait honneur au Directeur Gœbel et à 
l'Inspecteur en chef Max Kolb. Pour soutenir la renommée du 



l80 BAVIÈRE 

jardin, M. Kolb n'a pas hésité à gravir les plus hautes montagnes et à 
s'enfoncer dans les marécages : d'où cette collection rare des 
« Plantes alpines de l'Europe et d'Outre-Mer », qu'il a décrites avec 
un amour paternel (Alpenpflanzen), et toute une série de plantes 
aquatiques, trop ignorées dans le décor des eaux de plaisance. 

Un Latania de Bourbon, haut de 70 pieds, a été apporté là, en 
1824, par le savant botaniste Martius qui explora le Brésil, de 
181 7 à 1820, sous la protection de Maximilien et de Joseph de Bavière, 
et publia, à son retour, la remarquable Flora brasiliensis. 

Au Jardin de Munich, qui eut pendant trente ans pour directeur 
le célèbre botaniste C.Nrcgeli, se rattache le souvenir des expériences 
sur les engrais artificiels pratiqués par Liebig. 

L'alliance de l'horticulture et de la botanique est personnifiée 
par V Illustrierte Monatshefte, le doyen de la presse horticole 
allemande, depuis longtemps confié à l'infatigable Kolb, aujourd'hui 
secondé par J. Weiss, Lebl, Franz Buchner dans la rédaction 
du D v Neuberts Garten-Magazin..., succédant au premier. 

Max Kolb est encore l'auteur de Théorie des Gartenbaues. 

Grill et Abel, de Triesdorf, ont une publication très répandue 
sur les soins à donner aux arbres fruitiers. 

A Munich, le Jardin anglais fait les délices des habitants. Plus 
étendu que le Bois de Boulogne de Paris, il a été dessiné en 1820 par 
Sckell, l'auteur de Gartenkunst, ouvrage qui a traité avec succès des 
perspectives, du mouvement des allées et de la distribution des eaux. 

Le Jardin royal de Nymphenbourg est un chef-d'œuvre du 
même artiste. Le Potager royal s'y trouve annexé. 

Quant au Fleuriste de la Cour, il est installé à Munich, approvi- 
sionnant les fêtes et les châteaux de la Couronne. 

La capitale se tient à la hauteur du mouvement qui entraîne les 
grandes cités à planter et à fleurir leurs places publiques et leurs 
boulevards. Elle a été promptement suivie par les autres villes de la 
Bavière. 

Les grands propriétaires n'avaient pas attendu l'impulsion. Depuis 
longtemps, leurs domaines, confiés à d'habiles collaborateurs, étaient 
dressés au profit de l'art des jardins. 

N'oublions pas les Etablissements horticoles tels que la maison 
Michel Buchner, à Munich, qui sont à la fois de véritables jardins 
d'études et des centres d'importation ou d'exportation. 



y§0? 



BELGIQUE 

3o,ooo kilomètres carrés. — 6,262,300 habitants, 

I. — Action de l'État. 



Le Gouvernement belge a toujours encouragé l'horticulture par 
des procédés à action directe et immédiate : 

L'enseignement horticole à l'École primaire ou à l'École normale 
et les subsides attribués à leurs champs d'expériences ; 

La création d'Écoles d'horticulture officielles ou patronnées ; 

Les subventions aux conférences publiques et les facilités de 
voyage à leurs auditeurs ; 

Les allocations aux Sociétés d'horticulture ou à leur Fédération ; 

Les souscriptions aux livres de jardinage, publiés en langue fran- 
çaise ou en langue flamande ; 

Les encouragements aux concours de vergers et de potagers ; 

Les faveurs de douane et de transport, appliquées aux produits 
horticoles nationaux circulant au point de vue du commerce ou 
des concours publics ; 

L'organisation d'un Bureau de renseignements de relations horti- 
coles au Ministère de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux 
publics. 

Le Gouvernement, ajoutons-le, décerne la croix de l'Ordre national 
de Léopold aux horticulteurs et aux amateurs les plus distingués, et la 
décoration agricole et industrielle aux contre-maîtres, aux chargés de 
cours et aux ouvriers qui s'occupent activement de la culture du sol. 



l82 BELGIQUE 



II. — Écoles d'horticulture. 

Les établissements d'enseignement horticole en Belgique sont 
fondés et subventionnés par l'Etat, par des administrations publiques 
ou des Sociétés particulières. 

L'Institut agricole supérieur de Gembloux et des institutions 
secondaires propagent les connaissances horticoles ou botaniques, 
mais d'une façon accessoire. 

L'École d'horticulture de l'État, à Vilvorde, a été fondée 
en 1849, dans les pépinières de Laurent de Bavay, d'un commun 
accord entre le propriétaire et le Gouvernement. 

Aux fonctions de Directeur se sont succédé MM. Laurent de Bavay, 
Xavier de Bavay, Joseph de Brichy, L. G. Gillekens et G. Bouillot. 

Le programme comprend toutes les branches de l'horticulture 
d'utilité ou d'agrément : l'arboriculture fruitière ; la pomologie ; le 
maraîchage ; l'art du pépiniériste ; la floriculture ; la dendrologie ; 
l'architecture des jardins et des serres. 

Un parc, un jardin fruitier, une pépinière, un potager simple ou 
irrigué avec les eaux- vannes de Bruxelles, un jardin fleuriste, des 
serres, etc., font partie du champ de l'enseignement. 
La durée des cours est de trois ans. 

Les Conseils provinciaux ou communaux y entretiennent des 
boursiers. 

A la sortie de l'École, des diplômes de capacité sont décernés 
aux élèves, après examen, par un jury officiel. 

Plusieurs centaines d'élèves diplômés de Vilvorde occupent des 
situations honorables dans les diverses branches de l'horticulture. 
L'École d'horticulture de l'État, à Gand,a été créée en 1849 dans 
l'établissement Louis Van Houtte, à Gentbrugge, sous le nom 
d' « Institut royal d'horticulture de Gand, » avec le concours du 
Gouvernement. Louis Van Houtte en eut la direction. 

Transportée au Jardin botanique de Gand, en 1870, l'École eut 
pour Directeur le botaniste Kickx. Actuellement, ces fonctions 
sont confiées à un érudit, M. Emile Rodigas. Parmi le personnel 
enseignant, MM. Frédéric Burvenich et Edouard Pynaert occupent 
leurs fonctions respectivement depuis 36 et 34 ans. 

Le programme des études diffère quelque peu dans les deux Écoles. 
La nuance dominante, plus apparente que réelle, serait en faveur 
de l'arboriculture et de la culture maraîchère à Vilvorde, de la 
floriculture et de la botanique à Gand. 



BELGIQUE . l83 

Les deux Institutions ont un enseignement théorique et pratique 
aussi développé que possible sur toutes les branches de l'horticulture. 
Le caractère commercial du début a disparu. 

Le public est admis aux conférences et aux cours publics donnés 
par les professeurs. 

Aujourd'hui, on rencontre de nombreux élèves diplômés de Gand, 
parmi les professeurs, les conférenciers, les horticulteurs commer- 
çants, les jardiniers exploitants ou chefs de culture. 

La France, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Amérique, 
les colonies en possèdent de brillants sujets. 

L'École d'arboriculture et d'horticulture de Tournai, fondée 
en 1860 sous les auspices de la Société royale d'horticulture et 
installée dans son jardin de l'Athénée, est devenue Institution 
communale ; elle a été transportée boulevard Léopold. 

Des subsides lui sont alloués par l'Etat, par la ville, par la province 
et par la Société d'horticulture. Notre compatriote, M. Etienne 
Griffon, est le Directeur et l'un des professeurs de l'établissement. 

Les cours d'arboriculture institués le dimanche pour les jardiniers 
sont des mieux suivis. La moyenne des auditeurs dépasse 200. 

D'après certains rapports officiels, les leçons de culture maraîchère 
et de forcerie seraient basées sur l'industrie dite parisienne, et la 
chaire de sylviculture s'inspirerait des méthodes suivies à l'Ecole 
forestière de Nancy. 

Les sciences naturelles et l'art des jardins sont inscrits au 
programme des études. 

Depuis la création de l'École, près de 200 diplômes ont été 
décernés aux auditeurs des cours publics. 

L'École professionnelle d'horticulture de Mons a été fondée 
en i863 par la Société d'agrément, d'horticulture et de zoologie du 
Waux-Hall, avec le concours de la ville de Mons. La Société du 
Waux-Hall mettait à la disposition de l'École les vastes jardins 
qu'elle avait créés l'année précédente, ainsi que les constructions 
qu'elle avait édifiées. 

Vingt ans après, l'Ecole fut réorganisée, limitant son programme 
à l'arboriculture, la culture maraîchère, la floriculture, les forceries, 
le tracé des jardins, la botanique. 

M. D. Laurent en est le Directeur. 

La population laborieuse du Hainaut apprécie les bienfaits de 
cet enseignement du jardinage, en y faisant participer la jeunesse 
urbaine ou rurale. 

Le Gouvernement vient d'accorder son patronage à l'École et lui 
alloue un subside. 



l84 BELGIQUE 

L'Orphelinat horticole dlxelles, créé le 3o novembre 1876, 
reçoit les orphelins de père et de mère, âgés de cinq à quatorze ans. 

Ces enfants fréquentent l'école communale et, après avoir terminé 
leur première classe, ils sont occupés aux travaux du jardin et des 
serres à plantes ou à vignes. 

Le chef de culture, élève diplômé de l'École d'horticulture de 
Vilvorde, leur donne des leçons théoriques et pratiques sur l'arbori- 
culture et la maraîcherie. 

Après trois années de travail, les élèves passent, avec facilité, 
leur examen d'arboriculture, pour se placer ensuite en maison 
bourgeoise ou de commerce, où ils sont appréciés. 

Pendant leur séjour à l'orphelinat, ils reçoivent annuellement, 
d'après les services qu'ils ont rendus, à titre de gratification, des 
sommes variant de 25 à 7 5 francs, qui sont versées à leur profit à la 
Caisse d'épargne et de retraite. 

La plupart de ceux qui partent, après l'âge de dix-huit ans, 
possèdent déjà un livret de 200 à 3oo francs et reçoivent, avec le 
certificat de bonne conduite, un vêtement complet. 

Les élèves qui font preuve de dispositions exceptionnelles, sont 
placés à l'École d'horticulture de Vilvorde, aux frais des hospices 
d'Ixelles, avec l'intervention de la province et du Gouvernement. 

Signalons, ici, l'École des réformes de Ruesselede ; les enfants 
abandonnés ou délinquants ont une section de jardinage qui leur 
ouvre la carrière. 

L'École professionnelle agricole et horticole de jeunes filles, 
à Bouchout (province d'Anvers), est créée avec l'appui du Gouver- 
nement, du Conseil provincial d'Anvers, de la Commission provinciale 
d'agriculture, et sous le patronage d'un comité de Dames. 

L'enseignement est donné en langue flamande. Les cours sont 
gratuits ; les élèves ne paient que leur nourriture. 

Agées de quinze ans à leur entrée, elles préparent elles-mêmes 
leurs repas et entretiennent le service de la lingerie. 

M. P. Wauters, ingénieur agricole et professeur à l'École d'horti- 
culture et d'agriculture de Vilvorde, est chargé de la direction de 
l'École de Bouchout. 

Déjà, un établissement de ce genre, à Gysegem (Flandre Orientale), 
est dirigé par l'abbé Vanderschueren. 

A l'École de laiterie, à Wevelghem (Flandre Occidentale), les 
jeunes filles ont un cours d'arboriculture, de culture maraîchère et 
d'apiculture, par M. Frédéric Burvenich père. 



BELGIQUE l85 



III. — Conférences horticoles et Cours publics. 

La Belgique est le pays des conférences ; cependant l'organisation 
méthodique des causeries et des cours publics dans ce pays est due 
à Pierre Joigneaux, député français. Expatrié au coup d'État de 
i85i, il innova la culture potagère dans un sol ingrat et fit des 
conférences populaires à la campagne. 

Sollicité par le Gouverneur de la Province de Namur, qui l'avait 
vu à l'œuvre, Pierre Joigneaux dressa un groupe d'instituteurs aux 
fonctions de conférenciers horticoles. Le Gouvernement belge obtint 
en même temps du célèbre publiciste agronome un guide-brochure 
résumant ses Conférences sur le jardinage et la culture des arbres 
fruitiers. 

Les élèves de l'Ecole normale ont été des premiers à bénéficier de 
l'institution nouvelle. Ce mode d'enseignement, secondé parles cours 
publics des Ecoles de Vilvorde et de Gand, fut inscrit dans la loi, 
en i855, sur l'initiative du ministre Charles Rogier, si dévoué au 
progrès de l'horticulture comme à la prospérité générale du pays. 

Depuis lors, l'instruction horticole par les conférences reçut la 
consécration officielle de toutes les provinces ; les demandes sont 
adressées au Ministère qui autorise et subventionne largement. 

Les communes s'engagent à fournir le local, le champ d'essai, et 
complètent, s'il y a lieu, avec le Conseil provincial, les émoluments 
du professeur. 

Les Sociétés agricoles et horticoles arrivent à leur tour et subven- 
tionnent également. 

Les Ecoles d'horticulture deviennent une pépinière de moniteurs 
et de conférenciers ; de bons praticiens, de zélés amateurs s'y 
attachent, et l'on ne tarde pas à compter par centaines les cours 
publics et gratuits traitant du verger, du jardin fruitier, du potager, 
des cultures sous verre, du parterre, du boisement et des sciences 
naturelles auxiliaires du cultivateur. 

Les conférences sont libres ou autorisées par l'Etat ; les jardinier» 
qui se rendent à ces dernières, par voie ferrée, bénéficiaient jadis 
d'une réduction de 5o o/o sur le prix de leurs places. 

A noter aussi des causeries sur le jardinage, faites aux soldats de 
la garnison des places fortes ; en regagnant leurs foyers, ces jeunes 
gens peuvent mettre en pratique les conseils reçus au régiment. 

Les cours publics ont toujours l'appui d'une Société ou d'une 
administration locale. 



l86 BELGIQUE 

Le propriétaire et l'instituteur n'ont jamais refusé leur jardin aux 
leçons pratiques. 

Chaque année, un jury spécial décerne des certificats de capacité 
de première ou de deuxième classe aux auditeurs qui, après examen, 
ont justifié ces récompenses. 

La Belgique est visitée par des horticulteurs de tous les pays. 
Chacun a pu constater les progrès accomplis sous l'influence des 
cours publics, et remarquer avec quelle facilité le praticien manie la 
parole, comprend et parle plusieurs langues étrangères, et comme il 
sait développer une idée ou la faire accepter. 

L'exemple le plus concluant n'est-il pas fourni par l'indissoluble 
quatuor gantois : Frédéric Burvenich, Emile Rodigas, Edouard 
Pynaert, Hubert Van Huile, des maîtres de la parole, de la pratique 
et du raisonnement ? 



IV. — Sociétés d'horticulture. 

Les Sociétés d'horticulture sont réparties dans toutes les provinces. 
Il en est de peu connues, de trop éphémères ; d'autres ont un cadre 
trop restreint. Nous signalerons les principales et passerons sous 
silence les associations purement forestières ou scientifiques. 

La Société royale d'agriculture et de botanique de Gand est 
la première Société horticole qui ait été fondée sur le continent. 

Au mois d'avril 1808, à leur retour d'Angleterre, où ils avaient 
assisté à des réunions de jardiniers qui apportaient des fleurs et 
en récompensaient les producteurs, quelques fleuristes de Gand 
résolurent de les imiter. 

Ils étaient une trentaine de confrères. 

La fondation fut définitive le 10 octobre suivant, et la première 
exposition ouverte du 6 au 9 février 1809, dans la salle enfumée du 
cabaret Frascati. Gand était alors sous-préfecture du département 
français de l'Escaut. Le buste de Napoléon et le drapeau tricolore 
présidèrent à cette exhibition florale, composée de quarante-six 
plantes et concourant à un prix et deux accessits !... 

Ce noyau devint, après de nombreuses péripéties, la Société 
royale d'agriculture et de botanique de Gand, si puissante, et qui, 
lors de sa brillante Exposition de 1888, au Casino, voulut reproduire 
la petite scène intime qui entoura son berceau à quatre-vingts années 
de distance. 



BELGIQUE 187 

La Société Gantoise, dirigée par un amateur d'élite, connaisseur et 
écrivain distingué, succédant à d'autres mécènes horticoles, peut être 
fière des splendides floralies qu'elle offre tous les cinq ans, avec un 
succès sans pareil ! 

Nous placerons immédiatement après la Société royale le Cercle 
d'arboriculture de Belgique, plus récent, mais qui a l'honneur d'être 
présidé, également, par le savant et dévoué président de la Société 
royale, M. le comte Oswald de Kerchove de Denterghem. 

Le q3 octobre 1864 se fondait, à Gand, le Cercle professoral pour 
le progrès de l'arboriculture en Belgique, ayant pour but 
principal l'uniformité du système d'enseignement et le choix des 
meilleures espèces fruitières, la distribution de graines et de 
greffons, etc.; plus tard, il prit son titre définitif: Cercle d'arbori- 
culture de Belgique 

Son organe, le Bulletin d'arboriculture, de floriculture et de 
culture potagère, mensuel, illustré de chromos de fruits et de 
légumes, est rédigé d'une façon intelligente et instructive. On y 
retrouve la plume autorisée et intarissable des professeurs 
praticiens Van Huile, Rodigas, Burvenich, Pynaert, secondés par des 
collaborateurs habiles, et des élèves qui marchent sur leurs traces. 

Le Cercle a organisé des excursions à l'étranger, des concours de 
vergers, de grandes Expositions avec congrès internationaux ; il a 
participé aux Expositions universelles de Paris. En 187G, il offrait 
l'hospitalité à la Société pomologique de France. 

Au commencement du siècle, les jardiniers de Bruges, réunis en 
confrérie sous l'invocation de sainte Dorothée, leur patronne, se 
groupèrent en Société des fleuristes, puis en Société de Flore (1828), 
et trente ans plus tard, en Société provinciale d'horticulture et 
d'arboriculture, titre remplacé enfin par celui de Société royale 
d'horticulture et de pomologie de Bruges. 

Faut-il rappeler que, à ses débuts, les concours de fleurs se 
tenaient à l'église le 6 février ; puis on allait à l'auberge fêter les 
vainqueurs qui offraient à leur tour une médaille pour le concours 
prochain ? 

Quel fraternel exemple à rappeler aux lauréats modernes ! 

La Société royale d'agriculture et d'horticulture de Tournai, 
1818, a organisé de belles expositions, y compris l'Exposition inter- 
nationale de 1869, sa centième. 

En 1862, elle créa l'École d'arboriculture dont il a été parlé. 
M. Etienne Griffon, arboriculteur français, en est le Directeur. 

Longtemps elle fut présidée par Barthélémy Dumortier, célèbre 
patriote, et ses succès sont continus. 



l88 BELGIQUE 

La Société royale d'agriculture et d'horticulture de Louvain, 

1820, a deux sections distinctes répondant à son titre. 

Expositions ; conférences par des hommes de science, des institu- 
teurs, des chefs de culture. 

La Société royale de Flore de Bruxelles, 1822, est née d'une 
confrérie de jardiniers qui remontait à 1660, et sur le registre de 
laquelle figurent les noms de quelques souverains et autres grands 
personnages. 

Expositions avec ou sans congrès nationaux ou internationaux. 

Concours mensuels. — Conférences donnant droit au diplôme de 
capacité. 

La Société royale d'horticulture et d'agriculture d'Anvers, 
1828, une des premières, a organisé, dès i83/}, des concours 
particuliers de légumes, de fruits, de dahlias. 

Sous ses auspices, le Conseil échevinal de la Ville a récompensé 
les collections de plantes fleuries au marché. 

Elle a été chargée de l'organisation des concours aux Expositions 
universelles d'Anvers, i885 et 1894. 

La Société royale d'horticulture de Mons, 1828, favorise le 
commerce en admettant les étrangers à ses concours ; elle pratique 
l'enseignement par des conférences, et son initiative s'est manifestée 
dans la création d'une École professionnelle de jardinage, à Mons. 

La Société royale d'horticulture de Liège, i83o, reconstituée 
en 1860, encourage les producteurs et les amateurs par des visites et 
des concours, principalement de fruits et de vergers. 

Conférences maraîchères, suivies d'une distribution de semences. 

Après avoir abandonné son titre du début « Les amis de Linné », 
la Société royale Linnéenne de Bruxelles, i835, fit coïncider ses 
expositions annuelles avec la Fête nationale. 

Conférences réussies ; des ouvrages sont décernés aux auditeurs 
les plus assidus. — Herborisations suivies. 

La Société d'horticulture de Renaix, d'abord « Société des 
jardiniers de Renaix », a modifié son titre, en i844- 

Expositions. — Conférences pratiques et expérimentales. — Sa 
devise est : « l'Utile et l'Agréable ». 

La Société royale d'horticulture de Malines, 1837, a créé «on 
jardin botanique d'expériences et de promenade en assainissant un 
quartier insalubre. 

Inauguration de la statue du célèbre botaniste Dodoëns, enfant du 
pays. 

Belles expositions, — Conférences pratiques en deux langues. 



BELGIQUE 189 

Sous le nom de « Société de Flore », la Société royale d'horti- 
culture et d'agriculture de Verviers, i838, a organisé des 
causeries et des concours sur l'Œillet et d'autres plantes adoptées 
dans la localité. 

Distribution de graines. — Encouragements aux cultivateurs de 
potagers, de pépinières, de serres, de vergers, et aux botanistes. 

La Société d'agriculture et d'horticulture de Nivelles, i843, 
s'occupe à la fois des champs et des jardins. 

Encouragements aux producteurs. — Distribution de greffes 
fruitières. — Conférences. 

Depuis sa fondation, en 1867, la Société royale des conférences 
horticoles de Liège visite les cultures d'arbres, de légumes, de 
fleurs, et récompense les plus intéressantes. 

La Société d'agriculture et d'horticulture d'Alost, 1848, 
encourage les vergers, les prairies, les cultures florales et potagères. 

Chaque année la Société Cérès et Flore, à Anvers, i85o, ouvre 
deux expositions de fruits, de légumes et de fleurs. 

Née dans une exposition fruitière, organisée en faveur de l'Ecole 
gardienne, la Société d'agriculture et d'horticulture de Tirlemont, 
i85i, a ajouté le potager et le fleuriste à son programme. 

Ancienne société horticole, la Société d'agriculture du Condroz, 
i85i, manifeste son désir de reprendre ses premières attributions 
sans négliger les nouvelles. 

Provoquée à la suite d'un défi entre jardiniers, la Société horticole 
de Hasselt, i854, fut constituée dans une petite exposition, consé- 
quence de la gageure. Les efforts ont réussi à faire sortir de l'ornière 
les jardiniers arriérés de la localité. 

Conférences sur l'arboriculture fruitière. 

La Société d'agriculture et d'horticulture de Verviers, i854, 
vit au milieu de ses expositions, et de ses concours sur place. 

Sont frappés d'amende les fraudeurs de concours, les bavards aux 
séances, etc. 

Conférences publiques d'arboriculture fruitière. 

La Société royale d'horticulture de la province de Namur, 
i855, se fait remarquer par ses conférences et ses expériences d'arbo- 
riculture et de maraîcherie . — Expositions. 

Exposition universelle en 1862, coïncidant avec le Congrès inter- 
national de pomologie, présidé par Auguste Royer. 

La section horticole de la Société horticole et agricole de 
l'arrondissement de Huy, i856, s'occupe des jardins, des vergers, 
des potagers. 

Conférences. — Bulletin. — Expositions. 



I90 BELGIQUE 

La Société d'horticulture et d'agriculture de Laeken, 1857, a 
ses expositions réussies, par le fait de son voisinage avec le château 
royal et la capitale, où l'horticulture est en honneur. 

La Société agricole et horticole du Hainaut, à Mons, i858, rend 
des services par ses expositions et ses conférences sur les vergers ou 
les potagers. — Concours intéressants. 

Gréée en 1862, la Société des Conférences agricoles et horti- 
coles d'IxeUes, organise de nombreux cours publics sur les diverses 
branches de l'horticulture rurale et sur les sciences naturelles. — 
Expositions. 

L'Union horticole de Liège, i863, est à la tête d'un effectif 
nombreux. 

Expositions fréquentes. (Il est interdit aux membres du Conseil 
d'administration de s'immiscer dans les opérations du jury). 

Créée la même année, à Arlon, la Société d'horticulture du 
Luxembourg réussit, dans un sol ingrat, à propager les cultures 
fruitière et potagère. 

Animée du même esprit, la Société agricole et horticole 
d'Andenne, 1864, agit au moyen d'expositions ou de conférences. 

Sous l'influence du président Charles Gilbert, pomologue et arbo- 
riculteur des plus remarquables, la Société de pomologie d'Anvers, 
1864, s'était dévouée à la création et à l'entretien des vergers, à 
l'étude et à la propagande des meilleurs fruits... 

La Société d'agriculture, de botanique et de pomologie du 
pays de Waas, à Saint-Nicolas, existait de 1826 à i83o ; après 
quatre belles expositions, lors de la Révolution, elle se mit en 
sommeil. Réorganisée en 1872, elle continue ses travaux. 

Quoique entouré de groupes analogues, le Cercle royal d'arbori- 
culture de Liège travaille aux séances ; ses cours publics d'arbori- 
culture et de maraîcherie ont du succès. Les excursions dans les 
parcs, les vergers, les forceries et les expositions sont bien suivies. 

Bond der Hofbouwerkers, à Gand, association fondée en i865, 
sous la présidence de Fr. Burvenich père, par des ouvriers horticoles 
et des jardiniers en maison bourgeoise. 

Conférences ; excursions ; bibliothèque ; distribution de livres et 
d'outils. ■ — Bon esprit d'ordre et de travail chez les adhérents. 

Le Cercle Van Houtte, à Ledeberg, active société composée de 
membres de la région gantoise, organisant des expositions et des 
fêtes qui lui donnent une grande popularité. 

La Société Flora, à Ledeberg, est composée en partie d'ouvriers 
et d'employés qui pratiquent l'enseignement mutuel par des cours 
et des excursions. 



BELGIQUE 191 

La Société Dodonée, d'Uccle, près de Bruxelles, créée sous la 
devise «Qui s'arrête recule », association sérieuse, organise de belles 
expositions et appelle des conférenciers de diverses localités. 

La Société maraîchère et fruitière, à Roulers (société Moes- 
enfruitteelt), publie un bulletin mensuel en langue flamande, traitant 
de la vente et de l'exportation des Fruits et des Légumes. 

L'Avenir horticole de Gand, cercle de la jeunesse, de fils d'horti- 
culteurs, de stagiaires qui se soutiennent et s'instruisent par des 
conférences et des excursions. 

La Société d'horticulture et d'agriculture de Schaerbecka des 
séances, des explorations, des visites aux cultures et des conférences 
bien organisées par le professeur Spruyt. 

La Société d'horticulture de l'arrondissement d'Ypres se 
rend utile par ses réunions, ses conférences, ses expositions 
florales, fruitières et maraîchères. 

Gomme d'autres, elle organise des expositions spéciales de 
Chrysanthèmes. Elle publie un bulletin. 

Association d'un autre genre, Les Jardiniers réunis, à Bruges 
ont leurs expositions, leurs séances et des causeries sur l'horticulture 
pratique. 

Non moins désireux de se grouper et de s'instruire, Les Amateurs 
réunis, au Châtelet, ont leurs séances, leurs causeries, leurs expo- 
sitions et leurs promenades horticoles. 

Etendant la question rurale, le Comice agricole de Saffelare, 
1871, organise des expositions provinciales. Des graines sont distri- 
buées aux auditeurs des conférences. 

Dans ces réunions, le verger, le potager et le choix des meilleurs 
fruits sont traités par MM. Ternest et Fr. Burvenich. 

Le Cercle floral d'Anvers, 1877, n'a pas manqué de prendre rang, 
surtout à l'occasion des Expositions universelles et des Congrès 
internationaux de i885 et 1894, à Anvers. 

11 prépare des herborisations, suivies par la jeunesse des écoles, 
par les praticiens et les amateurs de jardins. 

D'autres concours scientifiques ou pratiques laissent deviner 
l'intervention du laborieux professeur Charles de Bosschere. 

Son voisin, le Cercle des rosiéristes d'Anvers, 1877, lauréat de 
l'exposition de Carlsruhe, se signale par l'organisation d'expositions 
de Roses, de congrès internationaux et de conférences. 

L'Orchidéenne à Bruxelles, 1878, ouvre une exposition d'Orchi- 
dées, le 2 e dimanche et le 2 e lundi de chaque mois, dans la galerie 
centrale de 1' « Horticulture internationale », établissement dirigé 



I92 BELGIQUE 

par MM. Linden ; de plus, elle provoque des meetings qui semblent 
encore mystérieux au commun des mortels. 

Voici d'autres groupes qui rendent également de réels services 
dans leur rayon d'action ; quelques-uns même sont devenus assez 
importants. 

Beveren. — Société d'agriculture et de botanique. 
Binghe. — Société d'horticulture et d'agriculture. 
Borgerhout. — Société Van Mons. 
Borgerhout. — Société Flora. 

Bornhem. — Société d'arboriculture du canton de Puers. 
Bruxelles. — Société centrale. 
Dînant. — Cercle horticole. 
Foresï. — Union agricole et horticole. 
Frameries. — Union agricole et horticole. 
Gand. — Société Sainte-Dorothée. 
Gand. — Société botanique Dodonée. 
Héron. — Société horticole. 
Huy. — Société d'horticulture et de botanique. 
Huy. — Société des cultivateurs jardiniers. 
Ixelles. — Cercle du progrès horticole. 
Ixelles. — Société maraîchère. 
Lierre. — Société horticole et agricole. 
Lierre. — Section de la Société botanique Dodonée. 
Louvain. — Société d'arboriculture. 
Malines. — Société horticole et agricole. 
Marchin. — Société d'agriculture et de botanique. 
Steenhuyze. — Société d'arboriculture. 
Tamisf. — Société d'agriculture et de botanique. 
Terwagne. — Société horticole et agricole. 
Tihange. — Société maraîchère. 
Tongres. — Société agricole et horticole. 

Nous avons vu disparaître l'Académie d'horticulture de Gand, 
fondée en i855, œuvre de Joseph Baumann, et la Société Van 
Mons, qui s'était engagée à continuer l'œuvre du célèbre pomologue, 
et la Commission royale de pomologie, fondée comme la précédente 
en i85a, dans le but de faire connaître, dans un album illustré, les 
ressources fruitières de la Belgique. 

Nous n'avons rien dit des Chambres syndicales créées dans un 
but commercial et de défense mutuelle des intéressés, lorsqu'il s'agit 
de questions financières, fiscales, de contentieux ou d'arbitrage. 

La Chambre syndicale des horticulteurs de Gand, fondée le 
17 mai 1880. est imitée à Bruxelles et à Anvers. 



BELGIQUE Iq3 

La majorité des Sociétés se sont groupées en un seul faisceau, sous 
le titre de Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. 

Les efforts éparpillés de chacune sont ainsi coordonnés et prennent 
une force nouvelle, pour s'éclairer solidairement et rayonner 
ensuite sur leur circonscription. 

On doit cette mutualité au ministre Charles Rogier, qui fit appel, 
le 23 octobre i858, à la bonne volonté des associations. 

Le 5 mai 1859, la Fédération était fondée à Malines: Auguste Royer, 
président ; Edouard Morren, secrétaire. 

La Fédération obtint immédiatement certaines faveurs en ce qui 
concerne les transports de végétaux, leur envoi aux expositions, 
l'exonération du timbre aux prospectus, etc. 

Le budget de la Fédération est alimenté par l'État, les provinces et 
les intéressés. Son bulletin rend compte des travaux collectifs et des 
travaux propres à chaque société adhérente, celles-ci conservant leur 
autonomie et leur indépendance. 

Cependant, l'enthousiasme du début est un peu calmé. 

Quelques groupements se sont, en outre, manifestés en dehors de 
la Fédération principale. Ainsi seize sociétés, de la province de 
Liège, se sont fédérées, groupant leurs forces lors des concours 
généraux et centralisant leurs publications dans un Bulletin unique. 

Mais elles agissent ensuite, séparément, dans une agglomération 
de villages et hameaux par des expositions et des conférences, où le 
verger et le potager jouent le rôle principal. 

Une vingtaine de cercles à Liège, Verviers, Huy, Hamoir, Héron, 
Marchin, Aywaille, Tihange, Horion-Hozémont, etc., réunissent 
près de 5, 000 adhérents. 

Le Hainaut a vu naître également fascicules et faisceaux, sous 
l'inspiration de jeunes jardiniers et d'auditeurs des conférences. 



V. — Jardins botaniques. 

Le vieux pays des Flandres, le berceau du Boece de Boodt, de 
Courtois, de Charles de l'Escluse, de Charles de L'Obel, de Dodoëns, 
de Kickx, de Lejeune, de Rémacle Fusch, de Charles Morren et 
Edouard Morren, son fils, de Van den Spiegel, de Van Sterbeeck, de 
Barthélémy Dumortier, a toujours tenu la science botanique en 
grand honneur, et s'est intéressé à la création de jardins et de 
conservatoires affectés à l'étude des végétaux. 

13 



194 BELGIQUE 

Les principaux jardins botaniques de la Belgique sont : 

i° Le Jardin botanique de l'État, à Bruxelles ; admirablement 
dirigé par M. François Grépin. 

L'École de botanique a été complètement remaniée. Il lui a été 
annexé des écoles de plantes officinales, vénéneuses, industrielles, 
potagères, fourragères, etc. 

Deux grands carrés sont consacrés aux plantes ornementales. 

Les serres contiennent des végétaux rares. 

Les salles de musées et les collections sont richement pourvues. 

a Q Le Jardin botanique de Liège, fondé en 1819, dirigé et trans- 
formé par Charles Morren en i83i, fut continué par son fils Edouard. 

Après de longues années de luttes et de persévérance, un Institut 
botanique remplaçait solennellement l'ancien Jardin de l'Université, 
dès le 24 novembre 1884. Les grandes relations des deux Morren 
avec tous les savants ont tourné au profit des collections scientifiques 
et végétales du Jardin, aujourd'hui dirigé par M. Auguste Gravis. 

3° Le Jardin botanique de Gand fut jusqu'en 1888 le siège de 
l'École d'horticulture de l'État. — Bibliothèque, — Herbiers, — 
Laboratoire de micrographie. — L'importance des collections a 
diminué depuis la démolition des grandes serres et galeries monu- 
mentales, remplacées en 1892 par des serres provisoires, construites 
Uniquement en vue de la culture. 

4° Le Jardin botanique de Louvain, appartenant à l'Université 
catholique. 

Travaux d'anatomie et de physiologie végétale; biologie cellulaire. 
Laboratoire, cythologie, micrographie. Collections scientifiques. 
Direction et Musée confiés au professeur Éd. Martens. 
Un Institut agronomique a été annexé à l'Université en 1879. 

5° Le Jardin botanique d'Anvers, annexe du vieil hôpital. 
Collection microscopique, sous la direction de M. Van Heurck. 

6° Le Jardin botanique de Pitsembourg, à Malines. Société 
particulière de floriculture et d'agrément. Beau jardin et serres. 

Les villes d'Anvers, de Gand, de Liège ont chacune un jardin 
2oologique et d'acclimatation très fréquenté. Les deux premières 
villes sont dotées d'une section de la Société Dodonée. 

La botanique est d'ailleurs enseignée dans les Athénées royaux, 
dans les Écoles moyennes et les Écoles normales. 

L'instruction est plus élémentaire à l'École primaire, 



BELGIQUE 195 



VI. — Production maraîchère. 

Depuis une vingtaine d'années, la Belgique a décuplé son expor- 
tation de fruits et de légumes. Les cultivateurs, stimulés par la 
perspective de débouchés importants, ont redoublé d'efforts en 
augmentant encore le nombre des cultures dont la rotation s'effectue 
dans le cours de la même année, et en affectant à la production 
maraîchère des terrains jusqu'alors emblavés avantageusement. 

Il est donc démontré que la Belgique est un pays de travail et de 
production du sol ; non seulement le défrichement y est poussé avec 
activité, mais de toutes les nations, c'est elle qui, relativement à son 
étendue, possède le moins de terres incultes et le plus grand nombre 
de travailleurs agricoles. 

Par exemple, nous pouvons dire que si l'Europe produit pour 
3 milliards 5oo millions de Pommes de terre, la Belgique consacre à 
cette Solanée 6.77 pour cent de son territoire et dépasse ainsi la 
proportion des autres États européens. 

Nous ne nous écarterons pas de notre sujet en déclarant que la 
conséquence de cette situation avantageuse a élevé le prix du 
fermage, — plus qu'en France, — et que, à l'inverse des proprié- 
taires exploitants, les fermiers ou les locataires augmentent en 
nombre et en importance. 

La culture maraîchère rentre dans ces grandes lignes agrono- 
miques, car elle a pénétré dans la ferme et encouragé l'emploi des 
engrais de toute nature. 

Les sables granitiques de l'Ardenne et les humus tourbeux ont 
été adaptés à la production, aussi bien que les plaines fertiles et les 
accrues des fleuves et de la mer. 

Nous avons visité la plaine irriguée d'Haeren, produisant à 
profusion de beaux légumes sous l'influence des eaux- vannes de 
Bruxelles, tandis que les boues, les balayures et les gadoues de la 
capitale vont fertiliser jusqu'aux potagers qui entourent Malines. 

Quant aux polders, il y a là de quoi exploiter, avec le concours 
d'engrais et le correctif d'amendements spéciaux. On a déjà constaté 
que la Betterave y produit couramment 55, 000 kilogr. à l'hectare, la 
Carotte 20,000 kilogr., les Fèves et Féverolles 2,5oo kilogr. 

Les Flandres, qui ambitionnent le titre quelque peu justifié de 
« Potager de l'Angleterre », produisent des quantités considérables 
de légumes luxuriants de végétation, riches en principes alimen* 
taires. 



If>6 BELGIQUE 

Les expéditions se font en mannequins, en sacs ou en vrac. 
Un bon paquetage est indispensable. Les cultivateurs de Saint- 
Trond, qui expédiaient jusqu'à 5,5oo,ooo kilogr. de Pommes de terre 
en Angleterre, ont perdu une partie de leur clientèle, par suite d'un 
triage incomplet des tubercules et d'un emballage trop primitif ; ils 
ont dû y remédier. 

Une Société s'est formée pour l'achat des Ognons, des Échalottes 
et des Carottes, en vue de l'approvisionnement exclusif du marché 
de Londres où ces trois espèces sont prisées par l'acheteur, surtout 
la Carotte nantaise et l'Ognon de Vertus. 

Certaines Compagnies de transport fournissent les paniers à titre 
de prêt, ou ramènent gratis les emballages. 

Le marché de Stratford appartenant à la Compagnie du Great- 
Eastern Railway, ligne de Harwich à Londres, est bien situé, et 
par suite bien achalandé. 

Les chargements pour l'Ecosse pénètrent par le port de Leith, qui 
dessert Edimbourg et Glasgow. 

Les petits paniers de Fraises vont au plus près, à Covent-Garden, 
par des trains rapides, ainsi que les primeurs. 

Les sols marécageux sont attribués aux Fraises Jucunda, Louis 
Vilmorin, Triumph, Docteur Morère. 

L'Angleterre a des champs de légumes admirablement tenus dans 
le Kent et le Middlesex, — ce qui oblige l'étranger à s'adonner 
plutôt à la production de variétés moins connues et facilement 
transportables. 

Les provinces frontières de la Belgique bénéficient d'un voisinage 
populeux. 

Ainsi, les jardiniers de Courtrai, de Wevelgem, de Menin, 
d'Ypres travaillent déjà pour la population ouvrière de notre 
région industrielle du Nord français. Nos courtiers vont s'y approvi- 
sionner et reviennent alimenter les marchés de Lille, de Tourcoing, 
de Roubaix, d'Armentières. 

La Rhubarbe, malgré l'intérêt de la variété Early Paragon, qui 
oublie de fleurir au profit de ses parties comestibles, le Céleri à côtes, 
la Laitue romaine, la Courge à la moelle, le Crambé sont dirigés 
vers le Rhin. 

Les provinces rhénanes absorbent encore le trop plein des marais 
du fertile pays de Hervé. 

Certains légumes se sont pour ainsi dire cantonnés sous diverses 
influences. Rappelons, à cette occasion, le Céleri rose de FJeurus; le 
Chou-fleur des confins néerlandais, et le Chou de Brunswick pour 
la préparation de la fameuse « Sauer Kraut. » 



BELGIQUE 197 

Le Chou de Bruxelles est dans son milieu ; toutes les provinces 
en cultivent, en consomment et en font commerce. 

Un autre produit flamand, la Chicorée de Bruxelles « Witloof » à 
grosse racine, est l'objet d'une exploitation étendue pour le marché 
intérieur ou extérieur. 

L'Asperge est en réputation dans les plaines des Flandres, la 
Campine, au Limbourg et au Luxembourg. N'est-elle pas l'espé- 
rance des dunes et des polders ? 

Elle a fait ses preuves dans les terrains sableux des environs de 
Malines, d'Anvers, de Gand et du pays de Waes. On cite, à 
Boeckryck, une aspergerie de 80 hectares exploitée pour une usine à 
conserves du voisinage. 

Le Haricot noir de Belgique, qui réussit au Congo, et les races 
Flageolet et Bagnolet commencent à être admis en vert, au marché. 

Le Chou-rave succédera aux Carottes hâtives dans les emblaves 
combinées, au même titre que le Chou à jets, ou même prendra la 
place des premières Pommes de terre venues sous verre, la Marjolin, 
la Quarantaine, la Blanche malinoise. 

Le Panais se sème pour provision d'hiver dans les Pois et les 
Fèves, ou parmi les Epinards, auxquels il succédera. 

Comme rotation de culture, le Poireau vient souvent remplacer 
le Chou-fleur, le Chou d'York, les Pois hâtifs, et va même 
s'implanter sur un chaume d'Orge retourné. 

L'Oseille, chargée sur voiture, dans les environs d'Ypres et de 
Gand, croît en bordure ou en carrés. 

L'Arroche et la Bette sont d'agréables succédanés de l'Epinard et 
du Pourpier, au printemps. 

Les Carottes acceptées dans la grande culture sont les variétés 
Courte hâtive, demi-longue de Nantes et Rouge longue sans cœur. 
Cette dernière se sème entre le Lin, l'Orge, le Maïs ou le Pavot 
blanc. Cultivée seule, la Carotte nantaise produit 1,600 francs la 
tonne, à la vente, frais non déduits et s'élevant à la moitié. Au 
printemps, extraite du silo, elle atteint, à Londres, le prix de 90 à 
125 francs les mille kilogr. 

La Belgique exporte pour 800,000 francs d'Ognons en Angleterre ; 
aussi, les cultivateurs d'Alost, de Furnes, de Termonde et du pays 
de Waes se hâtent d'agrandir leurs cultures, en adoptant les variétés 
dites Jaune pâle et Jaune de Zittau, préférées par les cuisiniers 
et les charcutiers du Royaume-Uni. 

On a constaté que, loin de fatiguer le sol, l'Ognon revenait pendant 
vingt années dans la même place. Le coup de charrue préalable 
suffît à « renouveler » le terrain, 



Î98 BELGIQUE 

Autour d'Alost, des terres sont louées jusqu'à i5 et 17 francs par 
are pour la seule saison des Ognons. 

Cette plante peut produire 400 kilogr. par are. 

Une grande partie est dirigée sur les foires et marchés aux Ognons 
de Wetteren, Ledeberg, Meirelbeke et Schelebelle, où déjà les sols 
tourbeux, siliceux ou de bruyères sont favorables à la culture des 
plants à courte racine. Les sous-variétés Jaune plat d'Alost et Jaune 
rond de Zittau proviennent des provinces du Brabant, de Liège et 
de Limbourg, la Rouge pâle y est bien connue. 

Alost approvisionne encore Bruxelles de ses Choux-fleurs. 

Grâce à nos sympathiques collègues Burvenich et Rodigas, nous 
avons pu visiter les potagers de moyenne et de grande culture pour 
la consommation ou le commerce. 

Nous croyons inutile de pénétrer dans les forceries, sous les 
bâches à primeurs. Le luxe de la table est permis dans un pays riche 
par l'agriculture et l'industrie. La production réussie d'Ananas, 
de Melons et Concombres, de Tomates, d'Asperges, de Pois et 
Haricots, de Fraises, de Choux-fleurs, de Carottes, de Laitues et de 
Pommes de terre est une preuve du haut goût des propriétaires 
et de l'intelligence de leurs jardiniers. 

On nous a cité l'Aspergerie du Potager royal de Laeken, 
chauffée au thermosiphon, et le système plus économique de Palmans 
à Lokeren, consistant à remplacer, à l'automne, la terre des carreaux 
d'Asperges par un compost de poussier de chanvre, de tannée et de 
sciures de bois, préalablement « animalisé » par des arrosements 
de sang et de guano étendu d'eau et de bouillons d'animaux 
abattus, etc. 

Quant au Champignon, on observe le procédé du baron d'Hoog- 
vorst, qui monte ses meules avec l'engrais pur de bétail, séché, 
concassé, puis humecté d'eau salpêtrée. 

-«MHIH-+- 



VII. — Production fruitière. 

Sur plus d'un point du territoire, les concours de vergers orga- 
nisés par l'Administration, secondée par les Sociétés locales, ont fait 
connaître l'importance des plantations fruitières et de leur produc- 
tion. 

On sait que le Tournaisis est appelé la Touraine de la Belgique, 
c'est-à-dire le pays des beaux et bons fruits. 



BELGIQUE I99 

Dans les Flandres, la récolte des vergers est achetée sur place et 
par arbre ; les fruits sont ensuite revendus, soit à des négociants qui 
les exportent en Angleterre, soit à des marchands qui les pro- 
mènent de commune en commune ; dans ce dernier cas, les fruits 
mûrissant à la Kermesse ou fête du village sont très recherchés. 

Les échantillons plus sains, beaux à l'œil et robustes, sont destinés 
à l'exportation. Les Pommes tardives sont expédiées par tonneaux 
ou par grands paniers. 

La récolte des Cerises à chair ferme, comme les Bigarreaux, qui 
supportent le voyage, est vendue de 10 à i5 francs l'arbre à la fleur. 
L'acheteur traite à forfait la cueillette, l'emballage et le transport à 
la gare, sur le pied de 3 centimes le kilogr. 

Les Noix non épluchées se vendent 2 francs le panier de 5o kilogr. 

Le commerce a excité les fermiers et les petits cultivateurs à 
produire de la Groseille, de la Framboise, de la Fraise, ce qui leur a 
permis de traverser la crise agricole, suivant les conseils de l'éco- 
miste Emile Pire. 

Le Limbourg a des vergers qui valent 12,000 francs l'hectare, 
alors que des terrains contigus « non arborés » se vendraient tout au 
plus de 3,ooo à 4 > 000 francs. 

Il faut dire que le cultivateur plante en quinconce, chaule ses 
arbres, les fume et leur fait la toilette d'hiver, au sécateur ou à la 
serpe, avec beaucoup de soins. 

La Poire de marché a quelques types populaires, comme les 
Poiriers de Koolstock, sur les terres de Looz et de Saint-Trond. 

La modeste commune de Saint-Trond en vend pour 100,000 francs 
à Londres. Les courtiers viennent au mois de mai, quand l'arbre 
est en fleurs, et traitent à forfait, payant moitié comptant. Le prix 
moyen est de 3o francs les 100 kilogr. 

La région de Gand produit un fruit analogue, joli d'aspect, âpre au 
goût, la « Kriek Peer », que l'on vend aussi 3o francs les 100 kilogr., 
chargée à Sleidinge, pour Londres, Manchester ou Glasgow. 

Le revenu sonnant de ces Poires, médiocres en qualité, a résisté 
aux conseils du Congrès de Bruxelles, qui, en 1880, recommandait de 
consacrer les vergers aux Poires si justement renommées : Beurré 
d'Amanlis, Fondante des Bois, Doyenné de Mérode, Marie-Louise, 
Durondeau dite poire de Tongre. 

Le Pommier fournit plus d'espèces locales : L'Abondante, Bon 
Pommier, Brandebourg, Belle de Furnes, Belle de Houteux, Belle 
et bonne blanche, Calville des vergers, Califice, Croquet blanc, 
Croquet rouge, de Bonwate, Double Copette, du Chasseur, de 
Dimanche, de Sambre, de Warsage, Gri-Cou doré, Posson, Précoce 



200 BELGIQUE 

ou Reinette de Chênée, Reinette d'Amblève, Reinette Spineux, 
Reinette de Grez d'Oiseau, Strepeling, Walsaert. 

Les Pommes de Gri-Cou, de Warsage, de Bonnate, de Gourtpendu 
entrent dans la fabrication du vinaigre de Pommes et des sirops qui 
vont jusqu'au delà du Rhin s'associer à la beurrée des cuisines bour- 
geoises, et économiser le beurre sur le pain des classes ouvrières. 

Des usines à vapeur sont installées dans le pays de Hervé, devenu 
le pourvoyeur de cette double industrie. Il doit sa réputation à ses 
plateaux fertiles et ses vergers herbus de Pommes douces, ainsi qu'à 
sa situation au seuil de l'Ardenne, aux portes de Maestricht et 
d'Aix-la-Chapelle. 

Les transactions se réalisent, à la récolte, par tonnes de i5o kilogr. 
ou par sacs de ioo kilogr. 

La pratique démontre que i5o kilogr. de Pommes peuvent rendre 
ioo litres de vinaigre. 

Outre les usines, l'exploitation du sirop s'exerce encore par des 
siropiers ambulants parcourant les villages producteurs. 

La vallée de l'Ourthe, qui rapporte facilement 3oo kilogr. de fruits 
par arbre, pratique le séchage avec les Pommes des Banneaux, 
de Boullenne, la Gopette et la Ninapelle. Elle conserve la Poire de 
France et la Blanche frisée à sécher, Rousselot à confire, Gamerling 
à compote, Gatillac pour la cuisson. 

Déjà, on voit pénétrer au milieu de ces plantations séculaires les 
excellentes Poires belges : Nouvelle Fulvie, Joséphine de Malines, 
Bergamote Esperen, avec nos Passe-Crassane, Doyenné d'Alençon, 
Bergamote Hertrich, sans compter les délicieuses Poires d'automne, 
de grande culture, obtenues en France et en Belgique, propagées 
dans les pépinières et recommandées par les connaisseurs. 

Les routes se meublent d'arbres fruitiers, comme le jardin 
de l'école, la cour de la ferme. Le cri : « Plus de pignons perdus », 
poussé énergiquement par Burvenich, a porté ses fruits... ! 

Partout on devine le passage des conférenciers, le travail intelli- 
gent des arboriculteurs et la renommée des pomologues belges. 

La Belgique n'est-elle pas la patrie des Van Mons, des Hardenpont, 
des Esperen, des Grégoire..., si heureux dans leurs gains décrits par 
Bivort, Royer, Gilbert, Du Mortier, Hennau..., multipliés par de 
Jonghe, de Bavay, Van Houtte, Galopin, Papeleu, Burvenich, Van 
Geert, Gapeinick, Pringalle... et autres pépiniéristes en réputation ? 

Le genre Poirier est celui qui tente les chercheurs, et cepen- 
dant il ne faut pas moins de dix années — en moyenne — pour 
récolter le premier fruit d'un égrain ! N'est-ce pas une preuve de 
patience et de persévérance ? 



BELGIQUE 



20I 



Les cinquante principaux semeurs belges sont méritants ; parmi 
les 1,200 variétés de Poires qu'ils ont gagnées, nous signalerons 
les suivantes avec indication d'origine. 



Beauciiamps : 

Beurré Beauciiamps, avant 1823. 
Louis Berckmaxs, à Heyst-op-den- 
Berg : 

Beurré de Wetteren, 1846. 
Alexandre Bivort, à Fleurus : 

Alexandrina, 1847. 

Général Dutilleul, 1845. 

Madame Elisa, 1848. 

Marie Parent, i85i. 

Napoléon Savinien, 1854. 

Prévost, 1847. 
Antoine Bouvier, à Jodoigne : 

Triomphe de Jodoigne, i843. 
Docteur Bouvier, à Jodoigne : 

Léonie Bouvier. 
Simon Bouvier, .à Jodoigne : 

Beurré Curtet, 1828. 
Les frères Capiaumoxt, à Mons : 

Beurré Capiaumont, 1787. 
Florimont Castelix, à Etaimpuis : 

Casteline, i835. 
Comte de Coloma, à Malines. 

Beurré Coloma, vers 1800. 
Cuvelier, Vincent, à Soignies : 

Délices Cuvelier, 181 1 ou 1812. 
Daras de Naghin, Norbert, à Tour- 
nai : 

Aimée de Ghelin, i865. 

Délices de Naghin, 1844. 
Daras de Naghin, J.-Ch., à Anvers : 

Charles Gilbert, 1871. 

Rousselet d'Anvers, 1869. 

Souvenir de Lydie, 1870. 

Tardive d'Anvers, 1868. 
De Biseau d'Hauteville, à Binche : 

Joséphine de Binche, 1864. 
Degallait, à Wez, près de Tournai : 

Beurré Degallait, avant 1849. 
De Gaxd, Isidore, à Froyennes, près 
de Tournai : 

Délices de Froyennes, i853. 
De Joxgiie, à Saint-Gilles : 

Bési de Mai, i856. 

Basiner, 1857. 
Delecourt, à Cuesmes,près de Mons: 

Marie-Louise. 
De Raisme, à Enghien : 

Fortunée, vers 1820. 
L'abbé Desciiamps, à Enghien : 

Orpheline d'Enghien, vers 1820. 
Dilly, à Jollain : 

Beurré Dilly, vers 1848. 
Dorlix, à Mons : 

Saint-Ghislain, vers 1800. 
Dubuissox, à Jollain : 

Beurré Dubuisson, vers i832. 
Dubus, à Tournai : 

Beurré Saint-François, 1868. 
Dumoxt, à Esquelmes : 

Beurré Dumont, i83i. 
Du Mortier, Barthélemv, à Tournai : 

Bergamote de Tournai, 1867. 

Crassane du Mortier, 1869. 
Dumortier, Ghislain : 

Beurré des Augustins, 1867. 



L'abbé Duquesxe, à Mons : 

Colmar Van Mons, 1808. 
Duroxdeau, à Tongre-Notre-Dame : 

Durondeau(de Tongre), 1811. 
Duval, dans le Hainaut : 

Beurré Duval, avant 1823. 
Major Esperex, à Malines : 

Princesse Charlotte, 1846. 

Seigneur Esperen, 1837. 

Soldat Laboureur, 1820. 

Suzette de Bavay, 1843. 

Vineuse Esperen, 1840. 

Alexandre Bivort, 1848. 

Bergamote Esperen, i83o. 

Beurré Burnicq, 1846. 

Bon Gustave, 1847. 

Emile d'Heyst, 1847. 

Fondante de Malines, 1842. 

Fondante de Noël, 1842. 

Grand Soleil, vers 1840. 

Joséphine de Malines, i83o. 

La Juive, i843. 

Passe Colmar musqué, 1840. 

Poire-Pèche, l845. 
Everard, Gabriel, à Tournai : 

Beurré de Naghin, vers 1840. 

Colmar Daras, i845. 

Colmar du Mortier, 1840. 

Délices Everard, 1842. 
Foxtaixe de Giielix, à Mons : 

Beurré de Fromentel, i865. 

Beurré de Ghelin, i855. 

Général Tottleben, 1842. 
Gambier, à Rhodes-Sainte-Genèse : 

Beurré de Jonghe, 1862. 

Beurré Gambier. 

Marie-Louise d'Uccle. 
Gilles, Adolphe, à Antoing : 

Beurré Gilles, 1867. 
Curé Grégoire, à Saint-xVmand : 

Beurré Saint-Amand, i853. 
Gathoye, à Liège : 

Edouard Morren, 1862. 
Giet, à Audenarde : 

Le Libéral, 1847. 
Grégoire-Nélis, Xavier, à Jodoigne ; 

Aglaé Grégoire, i852. 

Alice Baltet, 1862. 

Antoine Delfosse, i863. 

Auguste Mignard, i865. 

Avocat Allard, i853. 

Barbe Nélis, 1848. 

Bergamote de Jodoigne, i865. 

Beurré rouge (Grg.), i865. 

Colmar Delahaut, 1847. 

Commissaire Delmotte, 1801. 

Consul Ladé. 1864. 

Docteur Lenthier, i853. 

Eugène Maisin, i865. 

Hélène Grégoire, 1802. 

Hubert Grégoire, 1857. 

Léon Grégoire, 1862. 

Léon Poncin, i852. 

Louis Grégoire, i844- 

Madame Grégoire, 1860. 

Monseigneur Sibour, i855, 



202 



BELGIQUE 



Nouvelle Fulvie, 1804. 

Président Gilbert, 1870. 

Président Royer, 1862. 

Prince impérial de France, i856. 

Secrétaire Rodigas, 1878. 

Sœur Grégoire, i858. 

Souvenir de la reine des Belges, 
i85o. 

Souvenir de Léopold I er , i865. 

Vice-Président Delahaye, i858. 

Vingt-cinquième Anniversaire, i85G 

Zéphyrin Grégoire, 1843. 

Zéphyrin Louis, 1849. 
L'abbé Rardenpont, à Mons : 

Beurré d'Hardenpont, 1769. 

Beurré Rance, Ï762. 

Délices d'Hardenpont, 1759. 

Fondante du Panisel, vers 1762. 

Passe Colmar, 1768. 
Hellinckx, à Alost : 

Colmar d' Alost, 1840. 
Hugé, Nicolas, à Mons : 

Monseigneur Gravez, 1869. 
Kevers, à Saint-Josse-ten-Noode : 

Madame Verte, avant 1818. 
Les demoiselles Knoop, à Malines : 

Poire des Deux-Sœurs, vers 1840. 
Légipont, Martin, à Larbuisson : 

Légipont (Fondante de Charneu), 

vers 1800. 
Lemyé, à Bonsecours : 

Bési Macaron, 1869. 
Lhoir, à Mons : 

Reine des Poires, vers 1800. 
Liart, à Mons : 

Beurré Liart (Poire Napoléon), 1808. 
Millet, à Ath : 

Madame Millet, i852. 
Nélis, à Malines : 

Bonne de Malines, vers i8i5. 
Papeleu, à Wetteren : 

Beurré Payen, avant 1846. 
Parmentier, à Nivelles : 

Beurré Parmentier, vers 1840. 
Paternoster, à Enghien : 

Bronzée d'Enghien, vers i83o. 
Pringalle, à Lesdain : 

Beurré Pringalle, 185g. 
Six, à Courtrai : 

Beurré Six, i845. 
Spae, Fr., à Gand : 

Beurré Spae, 1861. 



Beurré perpétuel. 
Springael, à Hal : 

Sydonie Springael. 
Sterckmans, à Louvain : 

Beurré Sterckmans. 
Tiiuerlinckx, à Malines : 

Beurré d'Avoine. 
Van Cauwenbergiie, à Audenarde : 

Henriette Van Cauwenbergiie, vers 
1827. 
Van Driessciie, à Ledeberg-lez-Gand : 

Beurré Van Driessche, i858. 
Van Geert, à Gand : 

Beurré Jean Van Geert, 1864. 
Van Mons, à Bruxelles : 

Alexandre Lambré, 1844» 

Arbre courbé, i83o. 

Auguste Royer, i853. 

Baronne de Mello(His), avant i83o. 

Bési des Vétérans, vars 1820. 

Beurré bronzé, avant 1823, 

Beurré Dalbret, avant 1834. 

Beurré de Koninck, 1823. 

Beurré Delbecq, 1823. 

Beurré de Mérode (Doyenné Bous- 
soch), vers 1800. 

Beurré d'Hardenpont d'automne. 

Beurré du Mortier, 1818. 

Beurré Gens, 1827. 

Beurré Liégel d'automne, vers 1840. 

Cadet de Vaux, avant 1816. 

Charles Bivort, avant 1842. 

Charles Frédérickx, 1840. 

Colmar d'Arenberg, vers 1821. 

Comte de Flandres, i843. 

Conseiller à la Cour, 1840. 

Cumberland, vers 1827. 

De Bavay, avant i83o. 

Délices de Lowenjoul, 1839. 

Des Chasseurs, 1841. 

Doyen Dillen, 1843. 

Duc de Nemours, avant i833. 

Espérine, 1826. 

Léon Leclerc de Laval, 1816. 

Louise de Prusse, 1826. 

Nec plus Meuris, vers 1822. 

Nouveau Poiteau, i843. 

Théodore Van Mons, i843. 

Thompson, avant 1820. 

Triomphe de Louvain, vers 1822. 

Van Marum, 1820. 

Vicomte de Spoelberg, 1827. 



A tous ces fruits d'origine connue, on peut ajouter les poires: 

Ananas de Courtrai, variété découverte avant 1774» dans le clos 
de Six, jardinier à Courtrai. 

Beurré Diel, trouvée en 1800 par Meuris, jardinier de Van Mons, 
à la ferme des Trois-Tours, à Perk, près de Vilvorde. 

Doyenné d'hiver, fruit revendiqué par plusieurs localités. 

Fondante des bois, trouvée par Châtillon, d' Alost, dans un bois des 
environs de cette ville, vers 1700... 

Les autres genres fruitiers ont gagné des nouveautés, mais en faible 
proportion. Il y a cependant des fruits locaux intéressants, plus ou 
moins mal déterminés. 



BELGIQUE 203 

Nous avons dit que les diverses provinces de la Belgique pro» 
duisent des fruits pour l'exportation. 

La Cerise y est assez abondante ; les variétés rentrent dans les 
groupes Cerise, Griotte, Bigarreau, Guigne. 

La Groseille, le Cassis, la Groseille à maquereau garnissent les 
dessous des vergers du littoral, ou entrecoupent les potagers, et se 
dirigent ensuite vers l'Angleterre. 

Les Noisettes sont recueillies sur les talus et les lisières de taillis 
et de fourrés; des courtiers les recueillent et les envoient en Russie. 

La Pêche est représentée par de beaux fruits d'espalier : 

Double montagne, Léopold I er , Raymaekers, Nectarine Galopin, 
indigènes, et nos bonnes Pêches hâtives, fertiles et colorées. Les 
arbres sont artistement dirigés. 

En plein vent, on récolte la Pêche d'Oignies et le Brugnon dit 
Féligny. Ces deux variétés se reproduisent par le semis de leur 
noyau. 

Sur les rives de la Meuse, aux confins de la Hollande et de 
l'Allemagne, la récolte des Cerises et des Prunes est achetée sur pied. 
Les intermédiaires au compte de l'Angleterre ont contribué à la 
majoration des prix de vente. 

La Prune Victoria est, après la Reine-Claude et la Mirabelle, la 
plus répandue; elle est destinée aux voisins de la Grande-Bretagne. 

Les Compagnies de transport favorisent le commerce des fruits 
pour Londres, en affichant dans le pays de production le cours des 
marchés anglais et en ajoutant des conseils, tels que : « Envoyer la 
Reine-Claude quand elle prend le jaune, et la Mirabelle dès qu'elle a 
acquis une légère teinte rougeâtre... » La Compagnie fournit les 
paniers à emballage, et les ramène franco. 

Pendant la saison, des cargaisons de tous fruits provenant des 
marchés de Saint - Trond et de Tongres, arrivent à Tirlemont, 
destinés à la Grande-Bretagne. 

Le raisin récolté sous verre est une branche des plus importantes 
de la Pomone belge. 

Propriétaires, cultivateurs, industriels, jardiniers... ont une 
vinerie pour leur agrément ou leur commerce. 

Le village de Hoeilaert, perché sur un mamelon, a près de 
80 hectares de vignes sous abri vitré. 

Le Frankenthal ou Black Hamburgh est le cépage dominant ; il 
a été longtemps le seul. Mais il a fallu lutter avec la France depuis 
l'application de nouveaux tarifs de douane, et, pour entretenir la 
clientèle, la greffe est venue transformer les Black Hamburgh en 
Black Alicante et Gros Golman, pour les fournitures d'hiver. 



204 BELGIQUE 

Un seul établissement de cette commune occupe 200 serres à 
vignes; il absorbe par an i5o wagons de 10,000 kilogr. de houille et 
produit 5o 5 ooo kilogr.de raisins. D'où cette conclusion que 3o kilogr. 
de charbon de terre sont nécessaires à l'obtention d'un kilogr. de 
raisins. 

Le matériel, quelque peu primitif, est en partie établi par le 
personnel de l'établissement. 

Patrons et ouvriers deviennent tour à tour jardiniers, maçons, 
charpentiers, vitriers, chauffeurs, primeuristes, fabricants de cais- 
settes à emballage, etc. 

Il existe d'ailleurs, dans le voisinage et au delà, des installations 
bourgeoises plus élégantes, ayant aussi un but commercial. 

Les vergers abrités se multiplient en Belgique. Sous les vitraux 
tapissés de pampres de vignes, de petits arbres élevés en caisse : 
Pêchers, Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, — souvent Poiriers et 
Pommiers — sont là, fructifiant en pleine terre ou en pot. 

Les lacunes sont remplies par les Fraisiers et les Tomates, dont la 
production rapide permet d'attendre la fructification plus lente des 
arbres fruitiers. 

Tous ces fruits se vendent sur place et doivent aborder ensuite au 
Royaume-Uni. 

Le Gouvernement prend soin d'organiser des halles de vente aux 
ports d'embarquement ; les fruits et les légumes y seraient vendus 
sur échantillon, avant la remise totale au steamer. On éviterait ainsi 
les déchets et les ventes à vil prix de marchandises souvent en- 
combrantes, toujours fragiles et périssables. 

Le système préconisé par M. Amelin, qui fut chargé des questions 
horticoles et de transports au Ministère de l'Agriculture, a fonctionné 
à Londres, à Hull, à Leith. 

A l'arrivée des paquebots, les cosignataires font des ventes de 
fruits à la criée sur « échantillon ». Les commandes fermes trans- 
mises par dépêche arrivent alors par le premier navire. 

La Belgique a développé considérablement son exportation 
fruitière et potagère, et a dû forcément modifier son mode de culture 
et d'exploitation. 

En 1882, avec 600,000 boisseaux de fruits envoyés en Angleterre, 
elle devenait pour ce pays le fournisseur le plus important de l'Eu- 
rope, — sous le rapport du nombre de fruits, — car la France et la 
Hollande figurent au tableau des douanes avec une valeur argent 
supérieure. La même remarque s'applique à l'Espagne, où la majo- 
rité des fruits exportés se compose d'Oranges et de Limons. 



BELGIQUE 20Ô 

VIII. — Production florale. 

« La Belgique est le pays des fleurs, et Gand la capitale de Flore », 
répètent les journaux lors des floralies gantoises. 

Ce petit coin de terre, si heureux en jardinage, à force de travail 
acquis et de science développée, n'est-il pas la patrie des botanistes 
déjà nommés et des explorateurs tels que Funck, Galeotti, Ghies- 
breght, Libon, Linden, Schlim, Van Houtte et autres, qui ont 
fouillé les cinq parties du monde ? 

La Belgique n'a-t-elle pas vu se fonder et grandir les beaux établis- 
sements horticoles de Bruxelles, de Gand et de Gentbrugge, de 
Liège, d'Anvers, de Bruges, de Vilvorde, de Wetteren ? Et les 
visiteurs n'ont-ils pas conservé un agréable souvenir des réceptions 
enthousiastes et confraternelles, de la pépinière commerciale et des 
parcs somptueux entretenus par de riches amateurs? Partout des 
végétaux de luxe, de hautes nouveautés et des plantes populaires 
d'appartement ou de marché. 

Les Orchidées s'y sont donné rendez-vous et charment les regards 
par leurs étonnantes variations. Des auteurs distingués en ont 
pénétré les secrets mystérieux. 

Les Palmiers y trouvent leur dernier degré d'adaptation à la serre 
froide, ou sous les dômes vitrés du grand domaine. 

Les Broméliacées épanouissent leurs hampes curieuses, au centre 
d'un feuillage rigide. 

Les Fougères s'élancent sur un stipe rugueux, ou couvrent le solde 
frondaisons élégantes. 

Et ces plantes à feuillage, si recherchées dans les magasins de 
plantes vivantes, qui sont semées ou bouturées, puis vendues à 
différents âges, sur place, ou exportées ! 

Mais les Rhododendrons, les Camellias, les Azalées s'y multiplient 
d'une façon prodigieuse. Tous les ans, des millions d'élèves greffés 
s'échappent des trois cents laboratoires gantois et vont courir le 
monde, l'animant de leurs corolles admirables de forme, de tenue, 
de couleur. 

La haute serre chaude a recueilli les végétaux des régions équato- 
riales et les entremêle de Nepenthès, de Bertolonias, de Caladiums, 
de Grotons et de toute la série de plantes originales que chaque 
saison voit apparaître. 

Un abri plus tempéré recueille les Amaryllis, les Clivias, les 
Gloxinias, les Achimènes, les Aroïdées...., égayant la tonalité un 
peu vague des arbustes du Gap ou de l'Australie. 



20Ô BELGIQUE 

La modeste bâche se contente des Cinéraires, des Calcéolaires, des 
Œillets, des Primevères, des Résédas, des Pervenches, des Hotéias, 
des Cyclamens, plantes faciles à multiplier et à vendre. 

Les arbustes verts de pleine terre sont élevés, comme les Conifères, 
en terrain frais et léger ; le chevelu se forme aux racines et en 
assure le succès. — Anvers, Tournai, Rochfert, Nyregene, Malines 
sont des centres renommés de cette branche dendrologique. 

Le Laurier-Sauce est cantonné à Bruges ; on le dresse en pyramide 
branchue ou en boule sur tige, et il est vendu en caisse ou en bac — 
sinon en pot — dans les pays septentrionaux où l'Oranger vient mal, 
où le Nérium reste chétif. 

Anvers, Liège, Namur, Tournai, Mons, Louvain ont des établis- 
sements mixtes consacrés aux pépinières d'essences fruitières ou 
forestières, aux serres, aux Rosiers, aux plantes de pleine terre. 

Malines et Liège cultivent les plantes de collection ; Bruxelles et 
Louvain, les plantes de marché. 

Verviers a conservé sa réputation pour les Œillets. 

Gand et ses environs comptent, dit-on, huit hectares couverts par 
le vitrage des fleuristes et des multiplicateurs de plantes vertes. 

Les constructions de serres et de bâches vitrées dans cette grande 
ville, et leur entretien, sont moins onéreux qu'en France, en raison 
du prix du fer, du verre, de la houille, de la terre de bruyère et de 
la main-d'œuvre. 

Les villages de la banlieue gantoise concentrent leur travail sur 
des spécialités de productions arbustives et florales.'; 

Il en est qui se limitent à quelques variétés d'Azalées ; donc, ils 
peuvent vendre à plus bas prix. 

Les villages suburbains se livrent également aux cultures de plein 
air, d'arbustes et de plantes de marché. 

Dans ces parages, le sol tourbeux se prête au développement des 
Hotéias, cette charmante Spirée vivace, d'origine japonaise; on 
l'expédie par centaines de touffes (mottes de racines) en tonneaux à 
clouterie ; les fleuristes les achètent et les forcent pour les revendre 
fleuries au mois de mai. 

Nos souvenirs se reportent au temps où Louis Van Houtte 
s'enthousiasmait devant les premiers Bégonias bulbeux. Quels 
progrès depuis vingt-cinq ans! 

Il s'enthousiasmait déjà, le grand maître, en 1837, lorsqu'il décrivait 
les Glaïeuls obtenus par Beddinghaus — un perfectionneur aussi du 
Pyrèthre. — Ces Glaïeuls extraordinaires étaient la conséquence 
d'une hybridation du Gladiolus psittacinus rapporté du Cap, 
en 1823, avec les Gladiolus Jloribundus et cardinalis, importés en 



BELGIQUE aoj 

1780. Le Glaïeul de Gand était créé; mais à quels prodiges ne 
s'est-il pas prêté depuis, sous le pinceau de nos fécondateurs ? 

N'est-ce pas Van Houtte, ce créateur de la « Flore des Serres » 
et de l'École d'horticulture de Gentbrugge, n'est-ce pas lui qui 
construisit le premier aquarium sous verre pour y implanter une 

Nymphéacée gigantesque de l'Amazone , Victoria regial 

Il fut aussi l'un des premiers à tenter la culture des Ognons à 
fleurs, à la façon de la Hollande. 

Van Houtte aimait à collectionner et à répandre. Il protégeait les 
jeunes I II chérissait la France ! 

En tout temps, combien d'établissements célèbres ou remar- 
quables? Blancquaert, Burvenich, Buysse, De Cock, De Goster, 
Dallière, Desbois, Duriez, Jacob-Makoy, D'Haene, Linden, Peeters, 
Pynaert, De Smet, Spae, Story, Van Goppenolle, Van Eeckhaute, 
Van Geert, Vermeire, VerschafFelt, Vervaene, Vervaet, Vuylsteke, 
et de plus modestes, mais non moins sérieux producteurs, appro- 
visionnant les maisons principales ! 

En 1874» au Congrès international de Vienne, un maître horticul- 
teur-conférencier gantois, Hubert Van Huile, prononçant un discours 
sur l'horticulture belge, affirmait que sur le territoire de Gand, un 
établissement dit de première classe fabriquait alors, annuellement, 
plus d'un million de plants, y compris les bulbes, soit : 
75.000 Camellias, Azaléas et plantes analogues. 
So.ooo Arbustes de pleine terre. 
100.000 Rosiers. 

25.000 Héliotropes, Pélargoniums et autres plantes molles. 
3.ooo Arbres et Arbustes de la Nouvelle-Hollande. 
20.000 Plantes ordinaires de serre chaude. 
5o.ooo Gesnériacées. 

3o.ooo Fougères d'importation ou de graines. 
4.000 Palmiers et Gycadées d'importation ou de graines. 
20.000 Plantes vivaces. 
20.000 Conifères. 
25.ooo Arbres fruitiers. 

10.000 Rhododendrons, Magnolias et plantes analogues. 
600.000 Jacinthes, Tulipes, Amaryllis, etc., etc. 
Nous avons fait l'éloge de l'Etablissement Van Houtte, qui, 
pendant longtemps, a tenu la tête de l'horticulture continentale. 

Toutefois, depuis vingt ans, quelles améliorations dans la culture, 
quelle augmentation du matériel ! 

De cette même région, il en est qui possèdent de 8,000 à 
10,000 mètres carrés de cultures sous verre. 



2q8 BELGIQUE 

On peut dire cependant que, dans la ville de Gand, le contre- 
coup d'une production aussi considérable se fait sentir au transit 
de la gare du chemin de fer plus qu'aux approvisionnements du 
marché aux fleurs local. Nous sommes dans une ville de fabrique 
et non dans une ville de luxe. 

On reconnaît l'utilité d'un foyer d'intelligence et de travail 
lorsqu'on visite les propriétés bourgeoises, les parcs des châtelains 
et les squares des villes belges, depuis les promenades d'Arlon 
jusqu'au Bois de la Cambre à Bruxelles, jusqu'aux casinos et aux 
villas littorales d'Ostende et de Blankenberghe. Les richesses de 
l'horticulture s'y étalent avec magnificence et délicatesse. 

Importation d'Orchidées. — Nous avons cité des explorateurs 
renommés appartenant à la Belgique, et Louis Van Houtte, et Jean 
Linden, et de non moins enthousiastes. Linden eut l'insigne 
honneur de commencer jeune, d'être secondé par de zélés collabora- 
teurs et de survivre lui-même à ses propres découvertes. Il débutait 
le 2 octobre i835, se dirigeant vers le Brésil, accompagné de Funck 
et de Ghiesbreght. D'autres voyages le conduisirent aux Antilles, 
au Mexique, au Venezuela, dans la Colombie, aux Etats-Unis. 

De i845 à i853, il dirigea d'intelligents collecteurs vers l'Amé- 
rique centrale ou méridionale, le Congo, la Malaisie. 

Les végétaux rapportés de ces diverses pérégrinations ont paru 
avec honneur aux Expositions internationales. 

Le groupe des Orchidées prend une large place dans cette riche 

moisson. Énumérons les plus remarquables espèces : 

Ada aurantiaca. Cypripedium caudatum. 

Aeranthus Lindeni. Epidendrum ( environ 70 espèces, 

Aerides Reichenbachi ; japonicum ; parmi lesquelles E. Randianum; E. 

Augustianum. Friderici Guilielmi ; E. nemorale ; 

Aganisia ionoptera. E. sceptrum ; E. stenopetalum ; E. 

Anguloa Clowesi ; eburnea : Ruckeri ; Capartianum ). 

uniflora. Eriopsis biloba. 

Barkeria elegans. Eulophiella Elisabethae. 

Brassia cinnabarina ; cinnamomea ; Galeandra Glaesii ; Funckiana; Esra- 

Ocanensis, etc. gnolliana. 

Bulbophyllum anceps. Galeottia(Zygopetalum) grandiflora. 

Bodriguezia granatensis ; réfracta. Gongora atro-purpurea ; odoratis- 

Catasetum Bungerothi ; Gnomus ; sima. 

Naso;sanguineum;Rodigasianum; Houlletia odoratissima : picta ; 

tenebrosum. tigrina. 

Cattleya aurea ; chococnsis ; amethys- Helcia sangninolenta. 

loglossa ; Eldorado ; gigas ; Trianae; Laelia superbiens. 

Rex ; Alexandrac ; Buyssoniana. Luddcmannia Pescalorei. 

Cirrhopetalum Bricnianum ; Amesia- Lycaste barbifrons ; costata ; fulves- 

nura ; Mastersianum. cens ; gigantca ; lanipes ; macro- 

Coryanthes Bungerothi ; leucocorys ; bulbon ; Skinneri. 

macrocorys. Masdevallia amabilis; caudata; Chi- 

Cycnoches barbatum ; peruvianum. mœra ; civilis ; coccinea ; Lindeni; 

Ghysis Liniminghei. Ephippium; fenestrata(Cryptopho- 

Cleisostoma Guibertis. ranthus) ; ochtodes ; racemosa ; 

Gochlioda sanguinea ; Nôtzliana ; Roezli ; Schlimi ; tovarensis ; Tro- 

rosea, chilus. 



liELGIQUE 



209 



; Phalœnopsis. 
: Histrio ; leuco- 
Rolfeanuni ; La- 



Peristeria aspérsa : Lindeni. 
Pescatorea fimbriata. 
Phalœnopsis Schilleriana. 
Pilumna fragrans ; laxa ; nobilis. 
Pleurothallis (plus de trente espèces). 
Restrepia antennifera. 
Rodriguezia granatensis ; réfracta. 
Schoinburgkia rosea ; undulata. 
Selenipediuincaiidatuin:longilbliuin; 

Schhmi ; vittatum ; Wallisi. 
Sobraliacaudata; fragrans; violacea. 
Stanhopea ornatissima ; platyceras ; 

Moliana. 
Stauropsis Warocqueana. 
Stenia fimbriata. 
Trichocentrum albo-purpureum ; 

cornucopiae ; tigrinum. 
Trichoceros muralis. 
Trichopilia albida ; Galeottiana ; 

picta ; brevis. 
Uropedium Lindeni. 
Warrea cyanea ; Lindeni. 
Warscewiczella marginata; Lindeni. 
Zygopetalum Gautieri ; gramineum ; 

Jorisianum ; rostratum. 

M. Linden, succédant à la firme Ambroise Verschafïelt, de Gand, 
transporta le célèbre établissement à Bruxelles, sous le titre « d'Hor- 
ticulture internationale », où se vendent désormais les conquêtes 
végétales de la Maison. Elles y trouvent deux Journaux spéciaux et 
une Société particulière , l'Orchidéenne , pour les étudier et les 
vulgariser. 



Maxillaria albata ; grandiflora ; lon- 
gisepala : striata ; Lindeniae ; luteo- 
alba : nigrescens ; venusta. 

Miltonia vexillaria 

Mormodes Cartoni 
chiluni ; Ocanae ; 
wrenceeinum. 

Nanodes Medusae. 

Odpntoglossum angustatum : cirrho- 
suni ; constrictum : cordatum; coro- 
narium ; crispum ; crinitum ; cris- 
tatum ; gloriosum ; Halli ; hasti- 
labiuni ; Lindleyamim ; luteo-pur- 
pureum ; naeviuni ; nebulosum ; 
nevadense ; odoratum ; Pescatorei ; 

f>raestans; ramosissinmm: Reichen- 
leimi ; triumphans ; Schlieperia- 
num ; Wallisi. 
Oncidium acinaceum ; aurosum ; 
brevifolium ; cristatum ; cuculla- 
tum; flabellulatum; hastatum; Kra- 
merianuni; macranthuiii ; micro- 
chilum ; obryzatum ; Phalaenopsis ; 
serratum ; sphacelatum ; tigrinum ; 
zebrinum. 



IX. — Journaux horticoles. 

Les Sociétés d'horticulture de Belgique ne publient guère de 
Bulletins, ce qui explique le premier succès de la presse périodique. 

Voici les principaux journaux spécialement horticoles : 

Il Illustration horticole, fondée en i853 par Ambroise Verschaffelt, 
à Gand, actuellement au siège de l'établissement de Y Horticulture 
internationale, à Bruxelles, continuateur de la feuille d' Ambroise 
Verschafïelt. Publication devenue bi-mensuelle depuis 1894, avec 
planches coloriées. 

Nos compatriotes, MM. Gh. Lemaire,de i854 à 1869, et Ed. André, 
de 1870 à 1880, en ont été les rédacteurs en chef. Aujourd'hui, ces 
fonctions sont confiées à MM. Em. Bodigas et Max Garnier. 

Bulletin d'arboriculture, de floriculture et de culture potagère, 
fondé à Gand, en 1864, par Fr. Burvenich, Ed.Pynaert, Em. Rodigas 
et Van Huile, professeurs, auteurs d'ouvrages pratiques sur ces 
matières. Le Bulletin est publié en deux éditions, l'une en langue 
française et l'autre en langue flamande. 

Recueil mensuel avec planches coloriées de fruits ou de légumes. 

14 



2ÎÔ BELGIQUE 

Reçue de l'horticulture belge et étrangère, créée à Gand en i8-;5, 
par les mêmes, avec M. le comte Oswald de Kerchove de Denterghem, 
auteur d'ouvrages sur les Palmiers et les Orchidées, et M. Auguste 
Van Geert, président d'honneur de la Chambre syndicale des 
horticulteurs de Gand. Journal mensuel, illustré de planches 
coloriées d'arbustes et de plantes de serre ou de pleine terre. 

Lindenia, iconographie des Orchidées. Publication mensuelle, 
in-4° avec planches coloriées ; éditée par M. Lucien Linden, à 
Bruxelles ; rédigée par MM. Linden, Rodigas et Rolfe. 

Journal des Orchidées, paraissant tous les quinze jours, publié et 
rédigé par M. Lucien Linden, à Bruxelles. 

h' Avenir agricole et horticole du Hainaut, i8";5,àMons, mensuel; 
par MM. Laurent et Dubrulle. 

Toutes ces publications périodiques sont traitées avec un véritable 
talent pratique et scientifique. 

Parmi leurs aînées, il en est qui ont cessé de paraître : 

Académie d'horticulture de Gand, par J h Baumann, i855-i863; 

Album de pomologie, par Arthur Bivort, 1852-1867 ; 

Annales de pomologie, par la Commission royale de pomologie, 
1853; 

Annales de Gand,, par Charles Morren, 1844-1849 ; 

La Belgique horticole, par Charles et Edouard Morren, 
î849*i885 ; 

Hortus Lindenianus, par Linden, 2 fascicules, 1859 ; 

Iconographie des Azalées de l'Inde, par Aug. Van Geert, 1882 ; 

Iconographie des C<zmeZZ/#s,parAmbroiseVerschaffelt, 1848-1860; 

Journal d'horticulture pratique, par Scheidweiler, Ysabeau, 
Galeotti, Funck, 1844*1859; 

Le Jardin fleuriste, par Charles Lemaire, i85i-i854 ; 

La Feuille du cultivateur, par Pierre Joigneaux, i854 ; 

U Horticulteur belge, fondé par Louis Van Houtte en 1829, 
disparu pendant les voyages d'exploration de son fondateur ; 

Le Jaarboek çoor Hofbouwkunde, par les professeurs de l'Ecole 
d'horticulture de Gand, i863-i866 ; 

L' Arboriculteur, moniteur et mémorial des conférences, par 
Buisseret, 1874 (fondu dans le Bulletin d'arboriculture); 

Flore des serres et des jardins de l'Europe, fondée par Louis 
Van Houtte en 1845, et conduite jusques et y compris le 22 e volume, 
après la mort de son fondateur ; 

Enfin quelques journaux mixtes, agricoles et horticoles* 



""-ffeâ?* 



BOSNIE 



ET 



HERZEGOVINE 

-— — s-^ses — — 
5i,iio kilomètres carres. — i,438,ioo habitants, 



HH 



Le Gouvernement des provinces occupées de la Bosnie et de 
l'Herzégovine, appréciant la valeur des plantations d'arbres fruitiers 
et l'importance des revenus qui pouvaient en résulter, a décidé 
l'annexion de jardins modèles aux pépinières centrales de l'Etat. Ces 
établissements distribuent gratuitement les sujets, de pied franc ou 
greffés, aux cultivateurs qui organisent des vergers de commerce. 

En 1892, la pépinière de Derout, en Bosnie, possédait 12,000 arbres 
fruitiers, 5, 000 Mûriers et 20,000 Vignes à distribuer. 

La pépinière de Mostar, Herzégovine, moins importante, tenait 
également ses élèves à la disposition des planteurs. 

L'Administration a décidé l'ouverture de nouvelles pépinières 
d'État : i° à Travink et Lasva, Bosnie ; 2°à Nwessigne, Herzégovine. 

On a recruté des jardiniers et des chefs de culture parmi les élèves 
des écoles d^agriculture de l'Europe. 

Le personnel doit fournir des preuves de ses aptitudes culturales; 
et se montrer scrupuleux sur le choix des espèces d'arbres à multiplier 
et à répandre. 

Les Fruits d'économie ménagère ou industrielle deviennent l'objet 
de soins tout particuliers. Leur nomenclature est étudiée d'accord 
avec les pays voisins. 

Les Légumes de grande ou de moyenne culture sont exploités 
Sans constituer, cependant, une branche importante de commerce ; 



212 BOSNIE ET HERZEGOVINE 

Bosnie. 

La configuration accidentée de la Bosnie, son climat rude, ses 
hivers longs et rigoureux ne lui permettent pas de cultiver tous les 
genres d'arbres fruitiers. 

Le Pommier d'abord, le Poirier, le Cerisier ensuite, sont plantés à 
la ferme et approvisionnent la famille et le marché. 

Le Noyer, dispersé dans les champs, en terrain sec, où la gelée 
n'est pas à craindre, produit sainement bois et fruits. 

Le Noisetier buissonneux fixe souvent la séparation des héritages. 

Le Prunier est l'espèce dominante. Il fournit à l'exportation, bon 
an mal an, 1,200,000 quintaux métriques de Pruneaux qui prennent, 
en partie, la direction de l'Allemagne ; le surplus est destiné à 
l'Autriche, à l'Angleterre, à la France, à l'Italie, aux États-Unis. 

L'exploitation de la Prune se concentre dans les plaines de la 
Posavina et les districts du Nord, à Bréka notamment, où le four 
français rivalise avec le four bosniaque. 

Le Pruneau passe au crible de classement. L'emballage se fait en 
boîtes de 5 à 10 kilogr., en sacs de 80 à 100 kilogr., en barils de 5oo 
à 600 kilogr., suivant le choix. La première qualité ne dépasse pas 
7 5 fruits à la livre. 

La plantation de Pruniers en bordure de chemins et le greffage des 
sauvageons sur les friches font partie des habitudes traditionnelles 
de la Bosnie. 

Herzégovine. 

Située sous un climat plus chaud, dans des conditions plus 
favorables, l'Herzégovine peut étendre la variété de ses provi- 
sions fruitières. Les espèces à noyau s'y rencontrent avec les 
fruits à pépins. L'Amandier, le Figuier, le Grenadier, l'Olivier, la 
Vigne y fructifient à l'aise, avec le Poirier, le Pommier, le Prunier, le 
Cerisier, le Pêcher, l'Abricotier, le Noyer, le Châtaignier. 

Le vignoble a pris de l'extension; il expédie ses Raisins et ses vins 
en Hongrie, ravagée par l'invasion phylloxérique. La belle qualité 
de grappes est vendue au marché, pour la table ou le séchage. 

Les deux pays produisent les Fruits et les Légumes nécessaires à 
leur consommation journalière. 

Les espèces, de nature robuste et fertile, sont celles de la région. 

Les centres de culture ont vu se constituer des groupes de produc- 
teurs défendant entre eux leurs intérêts de planteurs et de 
négociants. 



T 



BRESIL 



8,337,218 kilomètres carrés. — 14,000,000 habitants, 



Le vaste territoire du Brésil et la variété de ses productions nous 
engagent à l'examiner d'une façon générale, par régions de culture. 
Nous verrons ensuite son enseignement agricole et horticole. 



I. — Régions de culture. 

La Région de l'Amazone est d'une fertilité proverbiale. 

Les forêts « Seringaes », composées avec l'Hovea, l'Urceola, le 
Jatropha, le Hancornia et autres genres spéciaux, fournissent le 
Caoutchouc. Pendant six mois de l'année, le port de Para en a