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Full text of "L'horticulture dans les cinq parties du monde;"

L'HORTICULTURE 



DANS LES 



Cinq Parties du Monde 



Tous droits de reproduction et de traduction, expressément réservés. 



L'Horticulture 



dans LES 



Cinq Parties du Monde 



PAR 



CHARLES BALTET 

1 1 

Horticulteur a Troyes 

Membre honoraire ou correspondant de Sociétés d'Horticulture de France, 
d'Angleterre, de Belgique, de Hollande, de Russie, d'Autriche, d'Allemagne, d'Alsace-Lorraine, de Suisse, 

d'Italie, du Japon, etc. 

Correspondant de la Société Nationale d'Agriculture de France, 

Président de la Société Horticole, Vigneronne et Forestière de l'Aube. 



OUVRAGE COURONNÉ 

De la Médaille d'Or du Congrès 

ET DU 

PRIX JOUBERT DE L'HYBERDERIE 
par la Société Nationale d'Horticulture de France et publié sous ses auspices. 

Heureux les peuples qui consacrent 
, , toutes leurs forces au développement 

î | 'i I 'de' }' agriculture"^ de l'Horticulture. 



PARIS 

au Siège de la Société Nationale d'Horticulture 
84, rue de Grenelle, 84 

A TROYES, chez l'auteur, faubourg Groncels, 26. 

1895 



32- 



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A LA 

SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE 

IDE FRANCE 

A la plus ancienne et la plus importante 

de 

nos Sociétés d'Horticulture françaises 

qui, 

de tout temps et en toutes circonstances, 

a su récompenser et encourager 

les Travailleurs. 

Hommage respectueux de l'Auteur. 



385789 



PRÉFACE 



PLAN DE L OUVRAGE 



Le Congrès horticole de 1893, organisé par la Société 
nationale d'Horticulture de France, avait inscrit à son 
programme : 

Sixième question. — Étude comparative entre V Horti- 
culture française et V Horticulture étrangère. 

Ces deux lignes renferment tout un monde de recherches 
et de faits accomplis à coordonner. 

Aucun jalon de la marche à suivre n'ayant été posé par 
la Commission, il nous semble tout naturel d'aborder le 
sujet par ses côtés les plus saillants : 

Horticulture d'enseignement ; 

Horticulture de produit ; 

Horticulture d'agrément. 

Tout en suivant ces grandes lignes qui sont, pour ainsi 
dire, les assises de l'Horticulture moderne, il a fallu 
quelquefois pénétrer au Conservatoire botanique ou côtoyer 
le champ de plantes industrielles, traverser la forêt, 
s'intéresser au vignoble ou frapper aux portes de l'usine, qui 
accapare et transforme les produits de la terre. 

Des excursions de ce genre au delà des frontières fictives 
du jardin sont inévitables, tant l'Horticulture a su s'imposer 
à l'homme des champs, propriétaire ou métayer, à l'homme 
de science, auteur ou professeur, à l'artiste en quête d'idéal, 
aussi bien qu'au négociant, plus terre à terre. 

D'obligeants amis et correspondants nous ont guidé dans 
ce voyage à travers les cinq parties du monde. Nous les 
remercions cordialement de leur aide désintéressée,, dictée 
par l'amour de la vérité et par les bons rapports confraternels. 

Les contrées principales seront donc ainsi visitées, 



VIII PREFACE 

Pour chacune d'elles, la surface territoriale, placée en 
regard de la densité de la population, permettra d'apprécier 
l'importance relative des résultats obtenus. Toutefois, la 
statistique comparée devra tenir compte de la valeur des 
milieux : 

i° Le sol et le climat du pays, favorables ou contraires ; 

2° Sa situation géographique, topographique, économique; 

3° Les facilités de travail, de commerce et d'échanges ; 

4° La stabilité politique et gouvernementale, etc. 

Il n'est pas moins prouvé que, depuis un demi-siècle, de 
l'Europe à l'Océanie, une prospérité morale et matérielle 
s'est manifestée par l'organisation libre ou officielle de 
l'enseignement agronomique, par la création de pépinières, 
de potagers, de vergers, de parterres fleuris, de bâches à 
primeurs, d'abris vitrés pour les végétaux exotiques, et par 
l'embellissement de nos demeures. 

L'approvisionnement des marchés s'est amélioré et 
l'alimentation populaire s'en est ressentie ; un sentiment 
délicat et naturel ne tarda pas à inspirer la conception des 
parcs et des jardins publics ou particuliers ; la passion de 
l'inconnu a soutenu l'enthousiasme des explorateurs et la 
persévérance des semeurs ; enfin, des relations suivies ont 
cimenté l'union scientifique et commerciale des horticulteurs 
de tous les pays. 

Nous ne voulons pas déduire nous-même la conclusion 
d'une étude aussi étendue, touchant à des sujets qui ne sont 
pas actionnés par les mêmes facteurs fondamentaux ; mais 
il est impossible à l'observateur de ne pas reconnaître, au 
milieu de tant d'autres sources de la richesse nationale, le 
rang élevé de l'Horticulture française et son influence 
prépondérante. 

Marchant à l'avant-garde, la France horticole ne doit pas 
se laisser entamer. Son territoire est grand et varié ; et 
toujours nos savants et nos praticiens seront assez forts pour 
tenir tête à la marée montante de la concurrence. 



PRÉFACE IX 

En suivant cet ordre d'idées, pourquoi l'Algérie, avec 
ses oasis et ses irrigations, ne fournirait-elle pas les 
Aurantiacées et toutes les productions de la région médi- 
terranéenne, aussi bien que l'Espagne, le Portugal ou l'Italie? 

Les Figues et les Raisins passerillés de la Grèce et de la 
Turquie ne devraient-ils pas non plus embarquer aux ports 
d'Alger, de Philippeville et d'Oran, au lieu de venir de 
Corinthe et de Salonique ? 

Et nos colonies, ne seraient-elles pas en mesure de livrer 
des matières tinctoriales, textiles, oléagineuses, alimentaires 
ou officinales, à la façon de l'Amérique centrale ou 
méridionale, du Mexique au Pérou? 

Qu'attendons-nous pour fertiliser les friches, à l'exemple 
des Belges et des Hollandais, ces travailleurs hors ligne, qui 
ont révolutionné les steppes ardennaises et les polders de la 
mer du Nord? En faisant surgir, n'importe où, un jardin 
fleuriste ou maraîcher, un parterre de Tulipes, une pépinière 
ou une fabrique de plantes, et jusqu'à des vergers ou des 
vignobles sous verre, n'ont-ils pas continué l'antique 
renommée des Pays-Bas et des Flandres ? 

Nos stations de la Manche, de l'Océan, de la Méditerranée, 
ne rivalisent-elles pas avec l'Angleterre, dans le décor du 
littoral? De même, les exploitations fruitières ou maraîchères 
de la banlieue parisienne, le véritable jardin producteur de 
la France, ne redoutent nullement la comparaison avec le 
luxuriant comté de Kent, The Garden of En gland. 

La réputation justifiée des forceries d'outre-Manche ne 
prévoit-elle pas déjà la mise en discussion de sa suprématie, 
par l'effet des tentatives de nos pionniers hardis, greffées 
sur l'alliance du travail et du capital ? 

Maintenant, si nos administrations ne comprennent pas, 
— comme au pays de nos milliards, — que les routes 
fruitières constituent une branche de la fortune publique, 
protestons contre les retardataires ! Signalons les aveugles 



X PRÉFACE 

qui ne veulent pas voir ! Faut-il donc franchir le Rhin pour 
rencontrer un Gouvernement qui ordonne les plantations 
routières à revenu annuel, et en démontre pratiquement la 
culture et l'entretien ? 

Nous avons passé d'agréables instants à parcourir les 
plaines et les montagnes d'Etats modestes en apparence, 
grands en réalité : la Suisse, le Luxembourg, le Danemark. 
Comptant sur elle-même, et bénéficiant de la protection 
éclairée de ses gouvernants, la population jardinière y est 
laborieuse, aisée, instruite. 

Plus au Nord, les peuples Scandinaves se livrent 
froidement, mais avec la ténacité qui triomphe, à 
l'enseignement horticole et aux essais d'acclimation, 
favorisés à souhait par les courants sous-marins attiédis 
et par les nuits diaphanes, presque lumineuses, qui 
accentuent la chlorophylle des végétaux et fécondent leurs 
semences. 

Quant à l'empire russe, — nous traitons de la Finlande 
à part, — il nous offre, sur ses millions de kilomètres carrés, 
un champ inépuisable d'observations, depuis le septentrion 
où l'on savoure, faute de mieux, des baies de Vaccinium, 
de Rubus, dePadus, et les cynorrhodons du Rosier sauvage, 
jusqu'aux fertiles vergers de la Grimée, jusqu'au Caucase où 
fleurit l'Oranger. 

Est-il besoin d'ajouter que les classes aristocratiques et le 
haut commerce ont accaparé les somptueuses villas, où se 
prélassent de superbes représentants de la Flore étrangère 
et les primeurs les plus raffinées ? 

La Pologne nous a séduit... En dehors de toute visée 
diplomatique, nous avons reconstitué, à notre façon, ses 
fragments démembrés... Ah! si on laissait aux vieux 
patriotes leur langue maternelle, combien d'écoles d'Horti- 
culture et d'associations à enregistrer ! 



PRÉFACE XI 

Nous ferons la même réflexion à propos de l'Alsace- 
Lorraine. On se rappelle les brillantes fêtes de Metz, de 
Strasbourg, de Golmar, de Mulhouse... sous le simple et 
pacifique patronage de Flore et de Pomone... N'insistons 
pas ! 

La Hongrie s'est plus vite émancipée ; elle nous montre 
dans toute leur splendeur rurale, vergers, potagers, 
vignobles et vastes domaines de familles, alors que 
l'Autriche, éminemment agricole, boisant les Garpathes, 
vivifiant le Tyrol, fleurissant l'Adriatique, présente une 
variété de produits d'utilité ou d'ornement et, par suite, des 
transactions fréquemment renouvelées par terre ou par mer. 

Cette situation privilégiée se reflète au cœur des régions 
danubiennes : Bulgarie, Roumanie, Serbie, Bosnie, Herzé- 
govine, qui se sont créé des ressources financières avec de 
vulgaires fruits ou des légumes de consommation journalière 
et d'exportation. 

La Bavière et le Wurtemberg jouissent de toute liberté 
en matière de jardinage. Les services rendus par les Comices, 
par les conférences aux instituteurs ou aux cantonniers 
gardiens d'arbres (Baumwârter), et l'abondance des récoltes 
à grand rendement donnent raison à l'autonomie sur ce 
terrain neutre. 

Nous arrivons maintenant à deux situations extrêmes, au 
point de vue de la superficie : la Principauté minuscule de 
Monaco, avec ses jardins féeriques et ensoleillés de Monte- 
Carlo, se mirant dans la mer bleue, et ses séduisantes 
mandarines, apportant une note harmonieuse qui scintille 
comme un louis d'or sur le tapis vert..., et l'un des plus 
grands pays visités, les États-Unis, fournissant l'exemple 
d'une nation jeune, vibrante d'audace et d'énergie, se lançant 
tête haute dans le mouvement infini de la culture extensive 
ou industrielle : « En avant ! » Les portes de l'Union sont 
grandes ouvertes aux immigrants ; une loi tutélaire leur 



XII PREFACE 

offre certains avantages qui les fixent au sol, et la 
colonisation et la nouvelle patrie gagnent ainsi chaque 
année des milliers de familles agricoles. 

Le « Department of Agriculture » de Washington, divisé 
en sections de Jardins, Pomologie, Botanique, Forêts, 
Semences, Chimie, Entomologie, Pathologie, etc., seconde 
vigoureusement les efforts individuels ou syndiqués des dé- 
fricheurs et des planteurs, entre F Atlantique et le Pacifique. 

Le Canada se ressent d'un voisinage aussi influent. 
L'avenir est à ses plantations libres ou officielles, à ses 
pâturages couvrant des landes immenses — où le nom 
français n'est pas oublié — préparant ainsi aux provinces 
canadiennes une fortune assurée. 

A son tour, l'Australie réserve également des surprises à 
l'ancien monde. Après les viandes, les laines et les blés, 
voici les bois, voici les plantes ou leurs graines, voici les 
fruits. Pays étrange, grandiose, où le Casoar et le Kanguroo 
vivent — comme les aborigènes — au milieu des Eucalyptus 
et des Mimosas, pays qui a tenté les explorateurs et 
approvisionné nos parcs et nos orangeries de ses productions 
naturelles, arborescentes ou florales. 

Aujourd'hui, en plein hiver, nos primeuristes voient, non 
sans appréhension, débarquer sur les marchés européens des 
Pêches, des Prunes, des Abricots, des Cerises, des Poires, 
des Pommes, des Raisins, des Tomates, des Bananes, des 
Aubergines, des Concombres récoltés à l'air libre, aux 
antipodes, — concurremment avec le Cap, — et confiés à 
des navires réfrigérants, au moment où nos thermosiphons 
ont grand'peine à lutter contre la bise. 

Enfin, mieux inspiré que son vaste voisin, l'Empire des 
Fleurs nous ouvre ses portes. Salut à la patrie du Camellia, 
de l'Hortensia, des Lis et du Chrysanthème ! Le Japon ! un 
vétéran de la carrière, un vainqueur du Trocadéro ! De 



PRÉFACE XIII 

l'Extrême-Orient, il est venu respirer le parfum de nos 
Roses, goûter à nos Doyennés, savourer nos Chasselas, 
s'installant à l'amphithéâtre du Muséum ou parcourant les 

Jardins de Versailles, de Gand, de Leyde, de Kew 

Peuple chercheur, fin et poli, ne répète-t-il pas avec un 
orgueil bien capable d'exciter aussi notre fibre patriotique : 
« Nous voulons être les Français de l'Asie. » 

Jardiniers japonais, vous avez bravement conquis votre 
place à la Fédération de l'Horticulture internationale ! 

Une pareille investigation chez les peuples civilisés 
démontre, une fois de plus, que l'Horticulture est d'autant 
plus prospère et considérée que l'initiative privée a été 
soutenue par l'action de l'Etat. 

Il convient de proclamer encore le rôle actif des Sociétés 
d'Horticulture, des Congrès, des Expositions, de la Presse 
et des Cours publics, de tous ces puissants organes du 
progrès qui ont su rallier autour du Drapeau toute une 
population amie du travail et des pacifiques entreprises. 

Leur but est louable, honnête, désintéressé. Aussi les 
Gouvernements ne sauraient trop les encourager dans cette 
voie d'intérêt public et national ! 

CHARLES BALTET. 



PROCES-VERBAUX XV 



Procès-verbaux de Séances ; Rapport ; Délibération. 



(Extrait du Congrès horticole de i8q3.) 

Procès-verbal de la séance du 25 mai 1893. 
Présidence de M. Henri de Vilmorin 

M. le Président. — Je donne d'abord connaissance, à l'Assemblée, 
des prix qui ont été décernés par la Commission, en conformité de 
l'article 10 du règlement : 

Sixième question. — Médaille d'Or à M. X L'épigraphe est : 

« Heureux les peuples qui consacrent toutes leurs forces au 
développement de l'Agriculture et de l'Horticulture ». 

Ce dernier mémoire est extrêmement intéressant, plein de détails 
utiles et précis ; c'est un travail complet et très bien fait ; nous 
n'avons qu'un regret : c'est de ne pouvoir vous faire connaître le nom 
de son auteur, le manuscrit qui nous est parvenu étant anonyme, de 
telle sorte que nous devons déclarer de la manière la plus sincère 
que l'auteur nous est inconnu. (A ce moment, un membre du Congrès 
remet un pli cacheté à M. le Président.) 

M. le Président. — Messieurs, en ouvrant l'enveloppe qui vient 
de m'être remise à l'instant, j'apprends que l'auteur du mémoire 
auquel il a été attribué une Médaille d'Or, et qui porte sur la 
sixième question, est M. Charles Baltet, horticulteur-pépiniériste à 
Troyes. (Vifs applaudissements.) 

Je dois à la vérité d'ajouter que quelques personnes s'en doutaient, 
mais qu'il n'existait pour nous aucune certitude. 



Extrait du Journal de la Société nationale d'Horticulture de France. 

Procès-verbal de la séance du 10 août 1893. 
Présidence de M. D. Vitry 

M. le Président appelle l'attention de la Compagnie sur un ouvrage 
d'un haut intérêt. Des six questions, dit-il, qui avaient été proposées 
pour être traitées au Congrès horticole dont la date avait été fixée au 



XVI RAPPORT 

mois de mai 1893, la sixième était formulée dans les termes suivants i 
Étude comparative entre V Horticulture française et V Horticulture 
étrangère. Cette question a été traitée dans un manuscrit considé- 
rable dont l'auteur avait d'abord gardé l'anonyme, mais s'est fait 
connaître ensuite comme étant notre collègue de Troyes, M. Charles 
Baltet. Ce travail a été tellement apprécié par la Commission chargée 
d'examiner les mémoires relatifs au programme du Congrès que, 
sur sa proposition, il a été accordé à l'auteur une médaille d'or qui 
avait été mise à la disposition du Congrès par la Société nationale 
d'Horticulture. La Société devant à feu le D r Joubert de l'Hyberderie 
un legs considérable, qui lui a été fait pour que les revenus en 
fussent employés en un prix destiné à l'auteur d'une œuvre importante 
au point de vue horticole, et un concours pour ce prix étant ouvert 
devant elle, l'ouvrage de M. Baltet a été présenté à ce concours. Il a 
été examiné très attentivement par une Commission dont l'organe a 
été notre honorable collègue M. Hariot qui, dans un rapport spécial, 
a conclu à ce qu'une somme de 10,000 francs, constituant cette fois le 
Prix Joubert de l'Hyberderie, soit donnée à M. Charles Baltet. Ce 
Bapport a été lu aujourd'hui même au Conseil d'Administration qui, 
à l'unanimité, en a adopté la conclusion. M. le Président avertit que 
l'avis ainsi formulé par le Conseil est soumis maintenant à la Société 
réunie en séance. Il met donc aux voix cette attribution du Prix 
Joubert de l'Hyberderie qui est approuvée, sans opposition, par les 
Membres présents. Après ce vote, M. le Président prononce le 
renvoi du Bapport à la Commission de Bédaction. 

M. Charles Baltet, se trouvant présent à la séance, adresse à la 
Société ses plus chaleureux remerciements pour la haute distinction 
qu'elle vient de lui accorder. 



Rapport sur l'ouvrage de M. Charles Baltet intitulé : Etude 
comparative entre V Horticulture française et V Horticulture 
étrangère ; M. Paul Hariot, Bapporteur. 

Messieurs, 

Le Congrès horticole de 1893 avait inscrit à son programme la 
question suivante : « Étude comparative entre V Horticulture fran- 
çaise et V Horticulture étrangère. » 

Le sujet était bien fait pour tenter ; il demandait de nombreuses 
recherches, un esprit méthodique et sagace, une plume capable de 
faire passer l'aridité des détails statistiques sous l'élégance delà forme» 



RAPPORT XVIÎ 

Un seul mémoire a été présenté. La Commission du Congrès l'a 
jugé digne d'une haute récompense et a demandé que la Société 
nationale d'Horticulture de France voulût bien lui attribuer une 
allocation importante, prélevée sur le reliquat du legs Joubert de 
l'Hyberderie. Dans sa séance du 27 juillet dernier, le Bureau de la 
Société nommait une Commission chargée d'examiner le travail de 
M. Charles Baltet et de lui présenter un Rapport à ce sujet. Cette 
Commission, composée de MM. Vitry, Président, Defresne (Honoré), 
Truffaut, Bergman, Delessart et Hariot, m'a confié les fonctions 
ardues de Rapporteur. 

L'Horticulture française, par laquelle le sujet devait naturellement 
être abordé, ne comprend pas moins de 200 pages : mais il faut dire 
qu'il reste, après cela, bien peu de chose à glaner. A titre de docu- 
ment, j'indiquerai la manière dont le sujet a été traité. Il est envisagé 
sous trois grandes lignes principales : Horticulture d'enseignement, 
Horticulture de produit, Horticulture d'agrément. L'action exercée 
par l'État est soigneusement étudiée, aussi bien que le rôle joué par 
les Sociétés, par les écoles et les orphelinats, les cours et les confé- 
rences, les jardins d'études. Les centres de production et de commerce 
y sont relevés avec une minutieuse exactitude ; les cultures indus- 
trielles indiquées avec chiffres à l'appui ; la bibliographie et la 
biographie horticoles, les services rendus par la presse spéciale ne 
sont pas non plus oubliés. 

En bon patriote, M. Charles Baltet se préoccupe vivement de 
l'avenir de nos colonies ; il montre le peu de profits qu'elles nous ont 
procurés jusqu'à ce jour et tous ceux que nous sommes appelés à en 
retirer, si nous savons nous y prendre. Prenons par exemple l'Angle- 
terre et la Hollande dont les colonies constituent la plus grande part 
de la richesse, et ne souffrons plus qu'on dise encore que la France 
ne sait pas coloniser ! Pourquoi l'Algérie ne nous fournirait-elle pas 
les productions de la région méditerranéenne, aussi bien que 
l'Espagne, le Portugal et l'Italie ? Pourquoi les ports d'Alger, d'Oran, 
de Philippeville ne remplaceraient-ils pas pour nous ceux de Salo- 
nique ou de Corinthe ? Ne pourrions-nous enfin retirer des Antilles 
françaises , de la Péninsule Indo - chinoise, de nos possessions 
d'Océanie ces masses de produits textiles, tinctoriaux, pharmaceu- 
tiques ou alimentaires que nous sommes obligés de demander à des 
nations rivales et jalouses, au plus grand détriment de notre 
fortune nationale? 

Tout autant de questions sur lesquelles M. Charles Baltet a insisté 
en y appelant notre attention, et que nous ne pouvons que lui être 
reconnaissants d'avoir encore une fois soulevées. 



XVIII DELIBERATION 

Les principes qui ont guidé l'auteur de ce travail, en ce qui 
concerne la France et ses colonies, nous les retrouvons appliqués à 
l'étude comparative de l'Horticulture dans quarante autres nations de 
l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Amérique et de l'Océanie. 
Chacune d'elles est sérieusement envisagée au point de vue de sa 
surface territoriale et de sa population, ce qui permet d'apprécier 
l'importance relative des résultats obtenus ; du sol et du climat favo- 
rables ou contraires ; de la situation géographique ou économique ; 
des facilités du travail, du commerce et des échanges internationaux. 
La stabilité politique et gouvernementale, à très juste titre d'ailleurs, 
est considérée par l'auteur comme un facteur important du mouve- 
ment horticole et nous la trouvons partout indiquée avec soin. 

Que pourrions-nous dire de plus ? sinon que le travail de M. Charles 
Baltet sera, à chaque instant, consulté par tous ceux qui s'intéressent 
aux progrès de l'Horticulture. Ils y apprendront ce qu'était l'Horti- 
culture autrefois, ce qu'elle est actuellement, ce qu'elle doit être. Un 
des membres les plus distingués de la Commission du Congrès 
disait : « Ce sera le Larousse de V Horticulture ». Nous souscrivons 
de tout cœur à cette exclamation enthousiaste, sachant quels sont les 
services de tous les instants que rend le Dictionnaire de Larousse ! 
La Commission que vous avez nommée, reconnaissant toute la 
valeur de la réponse faite par M. Charles Baltet à la question posée 
par la Commission du Congrès, vous demande d'attribuer à M. Charles 
Baltet la récompense qui a été demandée, persuadée que ce travail, 
qui marquera dans les fastes de l'Horticulture française, fait tout à la 
fois le plus grand honneur à l'auteur qui l'a traité et à la Société qui 
l'a proposé. 



Décision du Conseil d'Administration de la Société nationale 
d'Horticulture de France {séance du 10 août i8g3). 

Le Mémoire présenté par M. Charles Baltet, couronné d'une 
Médaille d'Or par le Congrès horticole de 1893 et du Prix Joubert 
de l'Hyberderie (10,000 francs) par la Société nationale d'Horticul- 
ture de France, sera imprimé et distribué à tous les sociétaires. 

L'auteur aura le droit de faire paraître une édition spéciale. 

Le titre définitif de l'ouvrage, proposé par l'auteur et adopté par 
le Conseil d'Administration de la Société nationale, sera : 

L'Horticulture dans les cinq parties du Monde. 



PAYS VISITES 



Hf 



Pages 

Algérie i 

Allemagne 3o 

Alsace-Lorraine 73 

Amérique centrale 87 

République Dominicaine. 87 

Guatemala 90 

Nicaragua 92 

Angleterre 93 

Argentine (République). . i33 

Australie ( 7 Colonies 

anglaises, autonomes). 137 

Autriche-Hongrie i55. 

Bavière 171 

Belgique 181 

Bosnie et Herzégovine. . . 211 

Brésil 2i3 

Bulgarie 217 

Canada 219 

Cap (le) 229 

Chili 23i 

Danemark 235 

Espagne 245 

États-Unis 25i 

Finlande 271 



Pages 

France 293 

Françaises (27 Colonies : 
Afrique, Asie, Amérique, 

Océanie) 544 

Grèce 569 

Hollande 575 

Italie 585 

Japon 6o5 

Luxembourg 625 

Mexique 633 

Monaco 637 

Norvège 643 

Pérou 649 

Pologne (Ancienne) 653 

Portugal 667 

Roumanie 673 

Russie 675 

Serbie 713 

Suède 715 

Suisse 723 

Tunisie 735 

Turquie 743 

Venezuela 749 

Wurtemberg 757 



Au total, soixante-dix-sept pays, y compris les contrées autonomes, 
confédérées, coloniales ou soumises au Protectorat. 



•HIH' 



ALGERIE 

6-0,000 kilomètres carres. — 3,817, 3oo habitants, 



I. — Les Régions de culture. 

Depuis i83o, époque de la conquête de l'Algérie, le Gouvernement 
français a voulu favoriser la colonisation de ses nouvelles posses- 
sions africaines et intéresser l'indigène à la production du sol. 

Mais, sous l'influence de milieux si différents, l'expérience raison- 
née et la persévérance réfléchie ont localisé, pour ainsi dire, le mode 
de travail et d'exploitation du cultivateur. 

Conformément aux travaux de M. Gosson chargé, dès i853, de 
l'exploration botanique de l'Algérie, et rédigés sur un plan observé 
par M. Charles Rivière, président du Comice agricole d'Alger, dans 
son rapport présenté à l'Exposition universelle de 1889, nous divisons 
notre colonie en quatre grandes zones : 

i° La région littorale, chaude et humide ; 

2 La région montagneuse, tempérée et froide en ses dernières 
altitudes ; 

3° La région des Hauts-Plateaux, aux extrêmes marqués ; 

4° La région désertique, brûlante et sèche. 

Région littorale. 

La Région littorale, installée sur les sables de la mer, ou sur 
un territoire assez rapproché de la Méditerranée, doit en ressentir 
les effluves bienfaisantes. 

Le thermomètre étant constamment au-dessus de zéro, la Flore 
subtropicale n'a pas manqué d'y établir son territoire d'élection. 

C'est une véritable station d'acclimatement. 



. » . 



ALGERIE 



Les Palmiers de toutes dimensions, depuis les troncs élevés en 
colonnes gigantesques jusqu'aux humbles touffes naines, sont réunis 
en vastes et riches collections au milieu desquelles se remarquent, à 
côté des Cocotiers à petits fruits des plaines brésiliennes, les 
Caryotas des Indes Orientales, les Palmitos de la Guyane et les 
Thrinax de la Havane, accompagnés des Sabals aux larges feuilles 
souvent dupliciformes et de toutes ces Palmacées flabellifères, les 
Livistonées et les autres Coryphinées. Espérons que ces «Princes du 
règne végétal », suivant l'expression de Linné, ne tarderont pas à se 
répandre là-bas comme ils le sont dans la Provence maritime. 

Les beaux feuillages des Musacées, ceux presque aussi amples 
des Strelitzias, avec leurs fleurs aux formes originales et aux colora- 
tions éclatantes, disent que toutes ces plantes des pays chauds 
peuvent vivre facilement avec leurs nombreuses congénères au 
milieu des terres algériennes abritées et voisines de la mer. 

Les Bambusées de l'Indo-Chine balancent dans les airs leurs 
roseaux géants où viennent nicher les petits oiseaux. 

Les Aroïdées s'accrochent aux arbres et vivent sous leurs frais 
ombrages, tandis que de formidables Agaves et des Cactées bravent 
la sécheresse et les ardeurs du soleil comme en pleines savanes 
du Mexique. Et les gros arbres sont enlacés par les grimpants 
Bougainvilléas, Passiflores et Bignones, immenses amas de lianes 
disparaissant sous des myriades de floraisons. 

Si les Figuiers verts ont de nombreux représentants à tronc lisse, 
véritable fût supportant une immense cîme au feuillage persis- 
tant, il en est d'autres dont l'axe central disparaît bientôt empri- 
sonné et caché sous une foule d'appendices venus des ramifications 
pour s'enfoncer dans le sol ; ce sont les Ficus à racines adventives 
ou aériennes. Le Figuier de Roxburgh, qui prend en Algérie des 
proportions colossales, est dans ce cas. 

Des Bombacées aux énormes troncs renflés s'élèvent en arbres 
gigantesques. Leur écorce a un revêtement formidable composé 
d aiguillons pyramidaux à pointes acérées semblant défendre les 
merveilleuses floraisons des cîmes contre les destructions des grim- 
peurs. Des troncs ont plus d'un mètre de diamètre et les ombrages 
de leurs fortes ramures recouvrent de larges surfaces. A défaut du 
séculaire Baobab de la Sénégambie, le rivage africain possède 
les géants des Deux-Mondes qui présenteront par la suite de 
puissants exemples de végétation. 

Les grands arbres ne sont pas seulement remarquables par la 
hauteur de leurs masses ligneuses» Les Érythrines cultivées en 
petit pot dans les serres de l'Europe sont, sur la côte d'Algérie, des 



ALGERIE Ô 

arborescents de première grandeur en même temps que producteurs 
d'éclatantes floraisons. Leur large tête se couvre de nombreuses 
inflorescences, sorte de crêtes rouges, cinabre ou vermillon. 

Le littoral est le favori des Gycadées, plantes étranges d'un autre 
âge, dont le groupement reporte aux paysages antédiluviens ; c'est 
le pays adoptif des superbes Conifères de l'Australie, des Pins 
colomnaires et des Araucarias qui menacent les nuées de leurs flèches 
hautes de plus de 3o mètres, de ces superbes Eucalyptus à croissance 
rapide, plus élevés encore, et des curieuses floraisons des Méla- 
leuques, des Gallistémons et des Protéacées océaniennes. 

Aux arbres des vergers pendent les fruits des tropiques : l'Anone, 
cette grosse bourse enflée de crème aux senteurs fades ou suaves, 
mais au goût agréable ; la Poire d'Avocat, Persea, beurre végétal, 
les Goyaves facilement transformables en délicieuses gelées. 

Les Bananiers sont en massifs compacts ; du milieu du feuillage 
sortent de lourds régimes de la Figue-Banane ou de la Banane 
chinoise à chair parfumée, ou bien encore de la grosse Banane, 
fruit de vulgaire alimentation. 

Sous l'influence directe du climat marin, les champs se couvrent 
pendant l'hiver de productions de primeurs. Quand la neige envahit 
les jardins des grands centres de l'Europe, les légumes sont ici en 
pleine maturation comme aux premiers jours de l'été sous le beau 
ciel de France, et les récoltes de décembre ou de janvier, en Algérie, 
résultant d'une culture rationnelle et pratique, vont faire les délices 
des populations qui vivent au milieu des frimas. 

Plus tard, cette même zone produit lin juin les Raisins hâtifs qui 
arrivent sur les marchés de la métropole, quand la Vigne fleurit à 
peine aux treilles de ses espaliers. 

Le littoral est encore la nouvelle patrie des riches collections 
botaniques et de l'horticulture ornementale, si recherchées pour le 
décor des serres et l'embellissement des appartements les plus 
luxueux ou les plus modestes, chez tous les peuples de haute civi- 
lisation. Le Jardin d'essai suffît à peine à ses approvisionnements. 

Il convient cependant de dire que les climatures favorables, en 
dehors du pied du Dahara, s'étendent plutôt vers l'Est. La variété 
des cultures s'accentue sous l'influence des baies d'Alger, de Cher- 
chell, de Philippe ville, de Bône et de La Calle, baie corallifèrc. Le 
ciel d'Oran est moins clément; celui de Bougie, plus humide. 

L'horticulture est donc appelée à un grand avenir dans cette 
région favorisée par le climat, où les rares abaissements de la tempé^ 
rature sont atténués par des haies de verdure également protectrices 
contre les vents desséchants ; aux rigueurs de l'été, l'irrigation 



4 ALGERIE 

facilement aménagée oppose une fraîcheur bienfaisante qui assure la 
vie végétale dans toute sa libre luxuriance et dans son entière 
production. 

La région suivante est également favorable à l'horticulture. 

Kégion montagneuse. 

Figurons-nous tout d'abord un massif montagneux central et 
puissant, c'est la Kabylie avec ses ravins frais et ombragés et ses 
petites vallées arrosées ; ensuite les sinuosités, les découpures et les 
crevasses des contreforts de l'Atlas, avec leurs altitudes diverses, 
toutes parties encore léchées par les dernières effluves des vapeurs 
marines, ou plus ou moins voisines des nuages. Véritable région de 
l'arboriculture forestière et fruitière, elle comprend une variété 
infinie de végétaux des pays tempérés du Japon, de la Chine, des 
hautes Cordillères, tout en offrant des conditions de végétation 
analogues à celles de nos vergers du centre de la France. 

Quelques points de cette zone sont à citer : Médéah, Milianah, 
pour Alger; à l'Est, l'Edough, Constantine et son Hamma, les 
montagnes Beni-Salah ; à l'Ouest, Tlemcen et quelques localités de 
la frontière marocaine. 

Les altitudes moyennes et au-dessous conviennent aux Orangers 
et aux Oliviers. 

Les Aurantiacécs plantées en bosquets aux flancs des coteaux, 
abritées des vents du Nord-Ouest, ont une verdeur de feuillage et 
une délicatesse de fruits tout à fait incomparables. L'Olivier se 
présente en véritables forêts composées d'arbres souvent séculaires. 

Un grand nombre de plantes craignant la chaleur prolongée ou 
exigeant une période de repos de végétation se plaisent dans ces 
contrées : les Conifères de la Cilicie, du Caucase, des points 
élevés du Mexique et de la Californie, les Bambous de l'Himalaya, 
le Chamœrops de la Chine, les Magnoliacées, et, dans les parties 
les moins hautes, une série d'arbres australiens, notamment des 
Eucalyptus et des Acacias Mimosas. 

Dans cette zone où les ardeurs de l'été sont plus atténuées, où 
les eaux vives des ravins coulent presque constamment au milieu 
de broussailles et de bois toujours verts, pays de quelques rares 
fougeraies ou des prés longtemps fleuris, l'horticulture trouvera 
encore beaucoup de stations privilégiées et pleines d'intérêt pour 
la culture de certaines plantes qui redoutent le littoral : les 
Camellias, les Thés, les grandes Fougères, les Orchidées, les Bro- 
méliacées etc., etc. En dehors du climat, il y a pour ces plantes 



ALGERIE 5 

une question de sol ; or, il peut être avantageusement modifié par 
les terres légères, riches en humus, débris de végétation accumulés 
dans les bois et les broussailles 

Cependant les altitudes voisines ou au-dessus de la moyenne sont 
les véritables pays des fruits de la France ; l'arboriculture fruitière, 
entre les mains des jardiniers français, y obtiendra de rapides 
résultats à l'aide de variétés spéciales et de principes de taille faciles 
à déterminer. Avec les espèces fruitières de la métropole, Poiriers, 
Abricotiers, Cerisiers, Pêchers, certaines expositions comportent 
aussi les Plaqueminiers et les Bibaciers du Japon. 

En plein massif montagneux, la Vigne est dans un milieu favo- 
rable. Les Vignes kabyles poussent souvent en compagnie du 
Figuier, arbre précieux par sa rusticité et par sa fructification 
abondante qui constitue une des principales ressources de la 
nourriture et du commerce sous forme de fruits secs. 

La température s'abaisse au-dessous de zéro sur plusieurs points 
de la région montagneuse ; quelquefois, aux faibles altitudes, la 
neige couvre la terre d'un léger duvet blanchâtre scintillant souvent 
sous un ciel lumineux ; puis vers les sommets, ces neiges sont plus 
durables et elles assurent à la vie végétale une période de repos 
si favorable à nos végétaux économiques des pays froids. 

Région des Hauts-Plateaux. 

La région des Hauts-Plateaux, de plaines hautes avec sa steppe, 
c'est l'altitude accusée, sillonnée par des bourrasques de froids et 
de neiges pendant l'hiver, mais devenant le pays de la sécheresse 
et des chaleurs désertiques pendant l'été, sorte de climat continental 
à extrêmes bien marqués. 

La flore des Hauts-Plateaux a des affinités avec la flore de la 
région montagneuse. Les végétaux qui peuvent vivre en ces milieux 
sont les plus rustiques du centre et du nord de l'Europe, du nord 
de la Chine, du massif de l'Himalaya, des pays de steppes et de 
quelques points du Canada et des Etats-Unis. 

L'horticulture, puissamment aidée par l'irrigation, y comprend 
nos arbres du Nord : Peuplier, Orme, Robinier, Frêne, Mûrier, 
Aulne, Saule en têtard ou en oseraie, etc. Les arbres fruitiers, dont 
quelques-uns deviennent très gros, sont les Poiriers, les Pommiers, 
les Cerisiers, les Abricotiers ; mais leur bonne venue n'est possible 
qu'avec des abris et dans une situation favorisée. Les Conifères 
rustiques peuvent y vivre, quoique les arborescents aient, en général, 
une existence difficile en ces altitudes. Quelques auteurs pensent que 



G ALGÉRIE 

la viticulture, modifiant ses principes, y donnerait des résultats. 
Quant à la floriculture, c'est à peu près celle des pays du Nord 
de la France. 

Une partie des Hauts-Plateaux, les steppes et leurs versants 
sahariens, où se pratique l'élevage de 3oo,ooo chameaux, présentent 
une nature elimatérique autre qui permettrait l'introduction de 
certaines plantes de l'Arizona et du Nouveau Mexique, princi- 
palement de Prosopis, de Yuccas, de Cactées. 

Les Arabes y récoltent la Pyrèthre et, dans le voisinage du Ghott, 
une Truffe volumineuse, le ïerfez, Te?ifezia, qui entre dans leur 
alimentation. 

Cette région est généralement le pays de l'Alfa, herbe recherchée 
par l'industrie ; c'est aussi la contrée des nomades, de l'élevage du 
mouton et des troupeaux transhumants. Si l'horticulture n'y est 
pas favorisée comme sous les autres zones, elle a une action utilitaire 
assez marquée pour mériter l'étude et l'application de principes 
culturaux appropriés au climat ; elle peut y donner des résultats 
intéressants, ainsi que le démontre l'expérience des jardins du 
Kreider, à 1,200 mètres de hauteur dans l'Ouest Oranais. 

La partie Est des Hauts-Plateaux présente d'heureuses tentatives 
(le jardinage, L'Asperge et la Pomme de terre y réussissent. 

Région désertique. 

La Région désertique est déterminée par un seul mot : climat 
sahaiùen. N'y retrouvons-nous pas le pays aux espaces sans fin, 
secs et arides, aux actions météoriques en général peu favorables 
à la vie des végétaux, qui y souffriront de la siccité de l'air 
comme de l'exagération de sa chaleur et de ses abaissements au 
degré de congélation, et surtout du manque ou du peu d'intensité 
des précipitations pluviales? La nature du sol : gypseux, argileux, 
limoneux, sableux, etc., arrosé par des eaux salines, ne contribue 
pas à faciliter le développement des végétaux, surtout à leur 
premier âge. 

L'horticulture a donc avec ces régions un rôle restreint quoique 
de réelle utilité. Pour déterminer ce rôle, il conviendrait d'étudier 
les difficultés climatériques inhérentes aux points différents de cette 
grande zone qui, par son extension même, offre des variantes de 
température et de végétation. 

La partie saharienne de l'Est présente une assez vaste dépression 
peu élevée au-dessus du niveau de la mer. Là, les oasis sont 
prospères, fortement arrosées en tout temps par des nappes arté» 



ALGERIE "j 

siennes ; le Dattier y porte des fruits estimés par leur, bonne 
qualité ; le Phœnix tenuis y atteindra sans doute de grandes dimen- 
sions, et l'atmosphère brûlante permet d'y tenter la culture des 
Figuiers austral et sycomore, de certains Acacias et du brillant 
Poincillade, le « Flamboyant » de Madagascar. 

De l'Est à l'Ouest, la large bande désertique se relève; les 
environs de Laghouat atteignent vers 800 mètres de hauteur, et le 
relèvement se continue aux altitudes accusées d'environ 1,000 mètres 
jusqu'au Maroc. Le Dattier faiblit de qualité et de vigueur en suivant 
cette direction ouest ; à Laghouat, il est quelquefois couvert de neige ; 
dans la province d'Oran, il est souvent moins robuste ; enfin, au 
centre d'une région voisine des Hauts-Plateaux, quelques îlots de 
végétation variable forment les Ksours. 

L'horticulture se trouve en présence de réelles difficultés au 
milieu de ces contrées où le froid se signale par des abaissements 
de — 2 et 4° dans la partie la plus tempérée en hiver, et par des 
chiffres voisins de — io° dans les hautes terres. Le siroco atteint 5o° 
de chaleur et l'intensité du rayon solaire dépasse souvent -f- 63° à la 
boule noire. 

La partie Est et déprimée de la bande saharienne offre seule un 
champ de culture et d'expérimentation pour les plantes des pays 
chauds ; quant à la partie Ouest, les végétaux des hautes steppes du 
globe ou des pays froids sont mieux à sa convenance. 

Dans le bas Sahara, l'horticulture n'est possible qu'à l'ombre des 
oasis où l'arbre fruitier d'Europe se mêle aux Oliviers, et elle 
s'arrête avec la dernière ligne des Dattiers. 

Le Dattier seul caractérise la végétation et la culture du désert 
chaud et tempéré. 



II. — Production maraîchère. 

Cultures potagères. — Tous les légumes connus en France se 
rencontrent dans le jardin maraîcher algérien, et leur production 
hâtive ou tardive varie avec les zones climatériques. Cette culture, 
développée à Oran, à Philippcville, à Bône, atteint son maximum 
d'intensité aux environs d'Alger, dont les marais peuvent être pris 
comme type d'une excellente exploitation. Les jardins s'étendent 
principalement à l'est de la ville, dans la grande baie terminée par 
le cap Matifou, où l'on rencontre Hussein-Dey, Maison-Carrée, Fort- 
fle-1'Eau, Aïn-ïava, etc.. Les Espagnols et les Maltais ont presque 



H ALGERIE 

le monopole de eette production pour laquelle ils manifestent 
des aptitudes spéciales, de nature à les faire comparer aux bons 
maraîchers des environs de Paris, tant sont bien compris l'entretien 
du sol et la rotation permanente des cultures. 

Souvent, sur une surface de moins d'un hectare arrosé, le Maho- 
nais vit avec sa famille et ses ouvriers. Le matériel est simple : il se 
compose d'une noria avec son bassin de réserve, d'une modeste 
habitation et souvent d'un hangar pour la voiture, le matériel et 
les bétes. Un terrain de cette nature peut être loué jusqu'à 1,000 à 
1,200 fr. par an, sans exagération. 

Les légumes communs et de production constante, même en 
hiver, sont ceux connus de tous: Choux, Choux-fleurs, Salades 
diverses, Carottes, Haricots, Pois, Pommes de terre, etc. 

Les Artichauts se cultivent en plein champ, ordinairement disposé 
pour l'irrigation. La Pomme de terre d'hiver se fait sur d'assez vastes 
espaces, et, quant à la récolte d'été, elle supporte aisément l'arrosage, 
ainsi que cela se pratique dans les plaines d'Oran. Pendant cette 
saison, Courges et Courgettes, Pastèques et Melons divers, cultivés 
en champs irrigués, se rencontrent sur les marchés, amoncelés 
en immenses pyramides. 

Dans les terres bien préparées et avec des arrosements d'été, la 
Betterave donne en feuilles et racines un poids utilisable d'environ 
100,000 kilog. à l'hectare ; avec la Betterave Mammouth, il est même 
facile de dépasser ce rendement. 

Les cultures bien soignées des jardins environnant les fermes 
procurent aux Choux cavaliers et à toute cette série des Choux 
arbres une excellente végétation. 

Les Choux moelliers blancs et rouges, en cultures disposées pour 
l'irrigation, peuvent donner toute l'année, hiver comme été, un 
abondant feuillage alimentaire, dont le poids varie entre 80,000 à 
100,000 kilog. à l'hectare. 

Les Choux mille-têtes ont des résultats analogues. 

Le Maïs Caragua et le Sorgho donnent jusqu'à 100,000 kilog. de 
vert à l'hectare ; en riche sol irrigué, la Canne dépasse ce rendement 

La vente de la graine est encore un profit pour le cultivateur. 

Du printemps à l'automne, la Tomate crue ou cuite est la base 
alimentaire dune grande partie de la population. La culture bien 
comprise s'avance même jusque dans la saison d'hiver, et les 
produits de premier printemps acquièrent une certaine valeur. 

Le Gombo, Hibiscus, ses capsules à maturité incomplète, régal de 
créole, sont consommées par les Arabes, les Espagnols et les Juifs. 

Le Souchct, Çyperus, est porté au marché ou aux pharmacies, 



ALGERIE 9 

Les Doliques, variétés mongette et asperge, à longue casse, ne 
sont récoltés que dans des cas exceptionnels. Les essais du Dolique, 
du Soja, du Lablad, entrepris à Biskra, donnent des espérances... 

Le Haricot de Lima se propage lentement ; cette fève créole, très 
estimée dans les pays chauds, est encore, sous la zone chaude de 
l'Algérie, une des meilleures graines farineuses. 

Grimpant sur les tonnelles, les arbres ouïes murailles, une Gucur- 
bitacée mexicaine produit son fruit comestible, du volume d'une 
forte poire ; c'est la Chayotte, Sechium edule ; des environs d'Alger, 
on l'expédie vers Paris aux marchands de comestibles. 

La Patate né sort pas des plaines littoraliennes ; recherchée 
principalement par la population européenne et même par les Arabes 
qui savent l'assaisonner de préparations particulières, cet excellent 
et généreux légume aurait du succès sur nos marchés. 

Un hectare de Patates produit en bon sol de 10,000 à 20,000 kilog. 
de tubercules contenant i5 0/0 de fécule et 10 0/0 de sucre. 

La Patate est cultivée aux environs d'Alger dans les terrains 
légers, voisins du rivage ; les tubercules y acquièrent de fortes 
dimensions et figurent sur les marchés d'Alger, au prix de 6 à 
10 francs les 100 kilog.; le prix augmente vers le printemps. 

La plante a des avantages économiques bien marqués ; son 
entretien et son arrachage préparent le sol pour d'autres cultures, et 
ses tiges feuillues peuvent supporter des coupes très appréciées 
par le bétail, sans diminution pour la production du tubercule. 

Primeurs. — L'exportation s'arrête aux cultures dites de primeurs, 
qui doivent arriver sur les grands marchés de France au premier 
printemps, principalement durant le Carême et pendant la semaine 
précédant Pâques. Ces cultures s'obtiennent seulement sur le littoral, 
en pleine terre légère, saine et bien fumée. 

Le choix de la variété a une importance considérable lorsqu'il 
s'agit de la production des primeurs qui, à la hàtiveté, doivent 
joindre un certain aspect dit « marchand ». 

La saison favorable de vente, en Algérie, est comprise entre le 
i5 décembre et la lin de mars ; tous les efforts du cultivateur sont 
tendus pour arriver au cours de cette période. 

Le littoral, souvent le rivage même ou mieux la ligne la plus 
rapprochée de la mer, est le véritable milieu de production hâtive ; 
là, les abaissements de température sont peu à craindre, les terres 
sont légères, l'irrigation assurée, les fumures possibles aux environs 
des grands centres, et l'exploitation à peu de distance des ports 
d'embarquement d'où partent des services quotidiens, 



10 ALGERIE 

Deux articles principaux visent l'exportation du i5 décembre à fin 
janvier : les Haricots et les Pois. 

Le Haricot vert est délicat, il craint le froid ; aussi chaque pied, 
dans un sol bien fumé, aura pour la nuit et les jours de pluie un 
petit abri mobile qui garantira ce jeune et tendre légume contre les 
intempéries. La principale variété est le Haricot noir de Belgique. 

Le Pois, dit « Petit Pois, » plus rustique, brave les contre-temps 
ordinaires, tout en cx^aignant les chutes d'eau qui recèlent quelques 
grêlons de nature à tacher la cosse. 

La saison du Petit Pois se prolonge assez tard. Une zone plus 
écartée de la mer, en terrain sec, ordinairement en coteau bien 
exposé, produit notre Légumineuse ; mais comme elle arrive plus 
tardivement, elle est quelquefois d'une valeur inférieure. L'excès de 
sécheresse est nuisible aux Pois de primeur. 

Les variétés usitées sont les Pois : Prince Albert, Michaux, etc. 

Haricots verts et Petits Pois s'emballent facilement dans de petites 
coi'beilles faites en roseaux tressés. 

Les Artichauts de primeur sont ordinairement moins voisins de 
la mer ; leur culture en plein champ s'étend sur de grandes surfaces ; 
des propriétaires en possèdent plusieurs hectares préparés pour 
fournir des produits à des époques déterminées, notamment de 
décembre à mars. 

Les têtes d'Artichaut sont emballées dans de grandes corbeilles 
tressées avec des roseaux, ce qui permet une aération facile. Les 
Artichauts d'Algérie se vendent couramment au commerce parisien. 
La principale variété est l'Artichaut violet hâtif de Provence. 

La colonie exporte 800,000 kilog. de légumes verts par an. 

La Pomme de terre de primeur est une des cultures importantes 
d'exportation ; elle a pour but d'arriver pendant la première saison 
printanière de la France, c'est-à-dire pour le carême et les environs 
de Pâques, à la majoration des prix. Des expériences utiles sont 
encore à tenter pour déterminer la nature des races à cultiver ; 
actuellement on emploie avec succès la variété Quarantaine et mieux 
la Royal Kidney ; l'une et l'autre plaisent au consommateur : grosseur 
moyenne, forme oblongue, chair farineuse et de bonne qualité. Déjà, 
les espèces généreuses comme Richter's imperator ont été distri- 
buées dans les villages de l'Aurès. 

Suivant les années, on a vu le quintal de Pommes de terre atteindre 
le prix de 40 à5o francs. Les chiffres d'exportation s'élèvent annuel- 
lement aux environs de 3, 000,000 de kilog. 

Les Choux-fleurs, à cause de la traversée, offrent quelques incer 
Utudes de bonne arrivée ; les Asperges redoutent le mêjne obstacle 



ALGERIE ï I 

l'un et l'autre sont appréciés sur la table riche ou modeste, dès le 
mois de février. Les terres légères du littoral et les abondantes 
fumures possibles aux environs des villes assurent à ce produit 
un véritable succès. 

Les Fraises ont une maturité précoce, mais elles voyagent mal et 
sont de consommation locale; de même les Piments et la Tomate. 
Ne serait-ce pas le moment d'encourager la création d'usines à 
conserves, qui pourraient s'installer au cœur même de la production 
et offrir un débouché certain au cultivateur? 

En attendant, les trieurs, les emballeurs et les vanniers sont 
autant de satellites qui gravitent autour du marché et y*gagnent leur 
salaire. 



III. — Production fruitière. 

Au début de la conquête de l'Algérie, on a voulu introduire la cul- 
ture des espèces fruitières de l'Europe ; mais les déceptions n'ont pas 
tardé, surtout avec les arbres fruitiers à pépins. Il y a pourtant des 
situations privilégiées dans les ravins Kabyles, parmi les massifs 
boisés des Djidjelli, de Gonstantine, de l'Edough, des Beni-Salah, 
province de Gonstantine ; à Milianah, à Médéah, sous les contreforts 
du Petit- Atlas, province d'Alger ; enfin, aux environs de Tlemcen et 
sur la ligne des faits non steppiens de la province d'Oran. 

L'Abricotier et le Pêcher fournissent des fruits au marché. En 
sol frais, celui-ci est greffé sur Prunier, celui-là sur Abricotier franc. 
La Pêche dure tend à céder la place aux Pêches molles, c'est-à-dire 
que la Pêche à chair libre, non adhérente au noyau, est préférée 
à la Pêche dite Pavie, qui n'offre pas cet avantage. 

L'Amandier a de grandes plantations dans la province d'Oran ; on 
y achète le fruit lorsqu'il est encore vert. L'Amande amère trouve sa 
place à la pharmacie et à la distillation. 

Le Prunier, assez commun, se localise à Laghouat, au Souk-Ahras, 
où le fruit est séché par les indigènes. Ailleurs, en jardin arabe ou 
européen, on le greffe sur le Prunier-Cerise ou Myrobolan. 

Le Cerisier vient en futaie ou à revers côte, dans une situation 
élevée, préférablcment irriguée. La Cerise ordinaire, la Merise, le 
Bigarreau forment le fond des plantations. 

La Figue blanche, violette ou noire, est consommée fraîche ou 
sèche, I/arbre vit longtemps sur les grès de Souaraks, 



12 ALGERIE 

La Figue de Barbarie abonde sur les rochers, les talus, les friches. 
Des essais de distillation ont obtenu 25 litres d'alcool industriel 
rectifié à 5o° par ioo kilog. de fruits. A Beni-Mancoua, des champs de 
l'Opontia inerme nourrissent le gros bétail, faute de mieux. 

La Figue caque ou Plaquemine est dans son élément et pourra, 
comme au Japon, devenir un fruit de consommation, alors que son 
arbre aura son entrée à l'ébénisterie. Les premières plantations Font 
démontré. Il appartient aux pépiniéristes de vulgariser le Diospyros 
par la greffe sur le type italien. 

Les Coings, les Nèfles prospèrent autour de Gherchell, à des 
altitudes différentes, et les Alises, dans les Babors. 

Les Framboises, les Groseilles et Cassis de Médéah sont en renom 
sur la place publique. D'autres contrées en produisent également. 

La Jujube, la Pistache, la Goyave, la Bibace restent assurées de 
la vente, comme l'Arbouse et l'Azerole ; trop de plants sauvageons 
réclament encore leur amélioration par la greffe. 

Les Châtaignes, les Noix, les Noisettes se récoltent en montagne. 

Les vallées élevées du massif de FAurès plaisent au Noyer. 

Le Caroubier prospère à Bougie, le Grenadier à El-Kantara et 
Milianah, et le Câprier sauvage rapporte au Kerata, gorges du Chabet. 

Les Poires et les Pommes sont quelquefois parfaites dans le haut 
de la vallée de FOued-Sahel, à Saint-Denis-du-Sig, aux environs de 
Perrégaux et dans toutes les positions tempérées, à l'abri du siroco 
ou privées de l'ardeur accablante des rayons solaires. 

Nous donnerons plus de détails aux fruits réellement d'avenir pour la 
première de nos possessions d'Outre-Mer : les Oranges, les Bananes, 
les Olives, les Dattes, les Raisins, en attendant que FEugénia, le 
Goyavier, le Philodendron, l'Avocatier, le Lit-Chi, le Corossolier, 
le Jacquier, le Manguier soient entrés dans la culture commerciale, 
ce qui ne saurait tarder sous l'impulsion d'une administration 
vigilante et propice aux tentatives des hommes de progrès. 

Les Oranges. — Aux premiers temps de notre occupation, les 
Orangers et congénères avaient une place marquée dans les jardins 
arrosés des indigènes, et quelques propriétaires possédaient, au 
centre même de la plaine de la Mitidjah, de vastes orangeraies, 
notamment au pied du Petit- Atlas, aux environs de Blidah à l'Arbah. 

Le massif montagneux de la Kabylie se faisait également remar- 
quer par quelques orangeraies réputées pour l'excellence de leurs 
produits et leur vigueur de végétation ; à part le Citronnier et 
de rares Cédratiers, l'Oranger dominant était le Franc ou sujet 
obtenu par le semis des graines, 



ALGÉRIE ï3 

L'arboriculture française a bien développé cette branche impor- 
tante de la production fruitière et introduit en Algérie une certaine 
quantité de variétés ou d'espèces, dont la plus belle conquête, 
jusqu'à ce jour, est certainement le Mandarinier. 

Un colon, M.François, exploitant i5 hectares du clos« Tapis Vert» 
à Blidah, expédie quatre millions de Mandarines en France. 

L'arbre se propage par la greffe sur le semis du Bigaradier. 

Les terres profondes, très fertiles, à sous-sol perméable, où l'irri- 
gation est assurée et abondante, ont permis de créer, depuis dix ans, 
de vastes orangeries ou orangeraies, abritées de la violence des 
courants atmosphériques par des brise-vents de Cyprès. 

Les plaines aérées conviennent mieux à ces Aurantiacées que le 
littoral bas et étouffé ; elles y vivent cependant, mais n'ont pas le 
rendement économique de la première station ; aussi les orangeries et 
mandarineries se sont rapidement étendues dans la plaine de la 
Mitidjah, aux environs de Blidah. 

Blidah est justement renommée pour ses plantations situées au 
pied de l'Atlas, à l'entrée d'une gorge dont le torrent, l'Oued-el-Ké- 
bir, déverse ses eaux, sagement aménagées par les intéressés syndi- 
qués à cet effet, dans des vergers d'Orangers, d'une étendue évaluée 
à 4oo hectares et produisant une moyenne annuelle de 5o millions de 
fruits. 

Autour de Blidah, il y a dans la montagne, chez les Beni-Salah, 
de petites, mais de superbes et fécondes orangeries. Dans la plaine, 
quelques plantations de valeur sont à la Ghilfa, à Dalmatie, à Sou- 
mali, etc., et au pied du Petit-Atlas, à Rovigo, à l'Arbah, etc. 

Des vergers analogues ont été créés de toutes pièces à Boufarik. 
En peu d'années, de luxuriantes plantations, régulières et bien 
alignées, se sont développées; actuellement, elles s'étendent sur plus 
de 200 hectares en plein rapport. 

Quoique de moindre importance que celles de la Mitidjah, des oran- 
geries sont en création aux alentours de Bône et de Bougie; d'autres, 
prospèrent aux environs de Philippe ville, où elles ont été complan- 
tées à l'aide de variétés Maltaises, pour la plupart.' 

La province d'Oran possède à Misserghin un véritable peuplement 
d'Orangers en parfaite exploitation ; puis, des créations récentes, 
semblant surgir spontanément sous l'effet de l'irrigation, se font 
remarquer à Perrégaux et dans le domaine de l'Habra. 

En général, les Aurantiacées ont leur place acquise aux environs 
des grandes villes installées au milieu des plaines aérées, malgré la 
présence du climat marin. L'irrigation pendant l'été est une condition 
indispensable de succès. 



1^ ALGERIE 

Les Aurantiaeées de la montagne donnent les véritables Oranges 
de choix, toujours appréciées par leur tardiveté : elles mûrissent au 
soleil du printemps, quand celles des plaines ont disparu depuis 
longtemps ; toutefois, l'arbre ne saurait atteindre les cimes froides, 
ni les steppes des Hauts -Plateaux, ni les altitudes au-delà de 
5oo mètres. L'ombrage des Dattiers, dans les oasis du Sahara 
algérien du Sud-Est, leur serait plus salutaire. 

L'orangerie kabyle, la plus remarquable par la densité de son 
groupement comme par sa culture soignée, est acquise au massif 
montagneux de Bougie, au-dessus du village de la Réunion ; elle 
est connue sous le nom d'Orangerie de Toudjah. 

Toudjah, véritable jardin des « Pommes d'or, » semble accrochée 
aux flancs d'une montagne qui reçoit les chaudes effluves du sud-est ; 
elle est protégée des courants froids par une niasse rocheuse qui la 
domine et l'arrose de mille cascades, se perdant en ruisseaux fécon- 
dants sous l'ombre touffue des Hespéridées. 

Les produits de Toudjah sont connus et estimés; ils font prime, 
aussi bien que les oranges de la vallée de l'Oued - Sahel, près 
d'Akbou. 

Actuellement, Blidah est encore le marché principal des Oranges 
et centralise, dans une certaine mesure, les produits de ses environs. 
Ses Oranges sont recherchées comme primeurs ; elles sont ensuite 
délaissées quand vient l'époque de maturation des similaires 
d'Espagne et d'Italie ; celles-ci sont belles, bien mûres et peuvent 
arriver sur nos grands marchés dans des conditions économiques de 
transport, qui font encore défaut aux produits algériens. 

Les frais de culture et d'entretien d'une orangerie s'élèvent à 
3oo fr. environ, et la production d'un arbre en plein rapport est 
de ^oo à 800 fruits. 

Les Mandarines se sont vendues jusqu'à a5 fr. le mille ; leur 
emballage se pratique en caisses ou en petits paniers, chaque fruit 
étant enveloppé d'un papier de soie. De nombreux colis postaux 
s'expédient aux époques de Noël et des étrennes. 

Les Oranges ont été emballées dans de grandes caisses en bois, 
classées par dimension ou grosseur, suivant un calibre convenu qui 
en détermine le prix. Le fruit de choix fait l'objet d'un paquetage 
plus minutieux. 

L'expédition des fruits utilise une grande main-d'œuvre, où les 
indigènes eux-mêmes trouvent de l'emploi. La cueillette, le triage, le 
papillotage des trois premiers choix, la confection des caisses à 
claires-voies et à compartiments, etc., créent un véritable mouve- 
ment industriel. 



ALGÉRIE l5 

L'Orangerie est donc appelée à se développer largement, et certains 
planteurs partagent tellement cette opinion, que l'on peut rencon- 
trer à Boufarik, par exemple, des propriétaires possédant jusqu'à 
20 et 4° hectares d'un seul tenant et de création récente. Le 
rendement brut est évalué à environ 1,200 fr. par an dans la Mitidjah. 
L'estimation d'une orangerie en plein rapport est de 6,000 fr. Les 
orangeries nouvelles, créées dans le périmètre irrigué de l'Habra, 
laissent entrevoir les mêmes résultats. 

L'Algérie exporte 3, 000,000 de kilog. d'Oranges et de Citrons. 

Les Bananes. — Le Bananier se voit dans les jardins des grands 
centres du littoral, d'Alger notamment. Pour prospérer et donner 
de réels résultats, il lui faut une exposition chaude, absolument 
abritée des grands vents, tout en restant sous l'influence immédiate 
du climat marin. Un sol frais, profond, substantiel et non compact, 
où l'irrigation estivale est assurée, sont des conditions indispen- 
sables à la bonne venue de la plante. 

Le Bananier se cultive en ligne et par touffe. Chaque sujet porte 
plusieurs stipes fructifères ; mais le stipe ou tige disparaît après la 
fructification, pour faire place aux rejets de la souche. Une banane- 
rie bien entretenue et abondamment fumée peut durer six ans. 

Aux environs d'Alger, on en rencontre quelques plants dans les 
jardins. Un certain nombre d'horticulteurs, des Mahonais, entre 
autres, possèdent, au Hamma et à Hussein-Dey, des bananeries qui 
ont souvent près d'un hectare d'étendue. 

La zone de bonne culture est restreinte. Les dépenses de création 
et d'entretien exigées par une bananerie sont assez élevées pour 
limiter l'extension de ces plantations ; celles-ci néanmoins tendront 
toujours à s'accroître, afin de satisfaire à la consommation des villes 
algériennes et aux besoins de l'exportation. 

En effet, les régimes de Bananes s'expédient facilement, emballés 
dans un panier long contenant à l'intérieur de la paille sèche pour 
éviter le choc et le frottement des fruits. Par mains détachées du 
régime, bien disposées en boîtes de colis postaux, les Bananes sup- 
portent aisément d'assez longs trajets pour arriver à destination, 
parfumées et en parfaite maturité. 

Il va sans dire qu'on parle ici des fruits venus à point sur la 
plante môme et en plein soleil, et non de ces produits à peine 
formés, qu'on fait jaunir et mûrir à la chaleur d'un four. 

Le régime du Bananier, issu d'une bonne culture, peut encore 
présenter de 100 à 100 fruits, et il n'est pas extraordinaire de 
trouver un premier choix dépassant ces chiffres. 



l6 ALGÉRIE 

Les prix actuels sont basés sur l'estimation de o fr. o5 par fruit, 
au minimum. 

Les variétés cultivées sont les Musa Sapientum, à petit fruit, 
paradisiaca, à gros fruit, sinensis, de Chine. 

Les Olives. — L'Olivier est l'arbre méditerranéen et essentiel- 
lement algérien. On peut citer les groupes d'Oliviers de la Grèce, 
de l'Archipel, de l'Espagne, de la Tunisie même; mais, pour avoir 
une idée exacte d'un peuplement de ces arbres oléifères dans toute 
sa beauté et sa vigueur de production, il faut voir les véritables 
massifs de l'intérieur de la Kabylie, de TOued-Saliel ou du Djurjura. 
Les arbres, plantés régulièrement, y deviennent séculaires, et leurs 
dimensions gigantesques sont la conséquence de soins constants et 
d'une irrigation assurée. 

Les variétés différentes, et toutes de races préférées, sont les 
résultats d'une culture avancée, après avoir été fixées par la 
greffe ou par la multiplication de bouture, pratiques culturales fort 
anciennes et perpétuées par la tradition. 

Dans le cours de la vallée de l'Oued-Sahel, se trouvent quelques 
plantations véritablement remarquables. Citons les bois d'Ichou, de 
Boudjelil, de Tixeriden, de Mzaïa et Ferrayas, de Beni-Aïdel, etc. 
Les principales variétés d'Oliviers caractérisées par leurs fruits 
portent des noms locaux : Azernic, Chmellal, Zeradj,... 

En dehors de la Kabylie, qui est le centre le plus important de 
végétation de l'Olivier et de la production de l'huile, l'arbre précieux 
se rencontre encore à l'état vigoureux, au cœur des ravins frais et 
fertiles avoisinant la plaine de la Seybouse à l'Est, et sur le mamelon 
arrosé de ïlemcen à l'Ouest. 

L'aire d'extension de l'Olivier est considérable en Algérie, et des 
plantations nouvelles y sont déjà prospères. Depuis la colonisation 
assez récente de la Kabylie, de jeunes arbres ont été plantés. Le 
périmètre irriguablc du barrage de Perrégaux, le village de ce nom, 
le domaine de l'Habra, puis Sahourïa, l'Habra, etc., renferment de 
jeunes Olivets très vivaces ; enfin, le cultivateur du Sahel d'Alger 
commence lui-même à soigner par la greffe et la culture des sujets 
abandonnés au hasard de la broussaillc. 

L'huile d'Algérie est de qualité fine et supérieure : la couleur et le 
goût de fruit peuvent être ou accentués ou modérés par l'art de la 
fabrication, qui, entre les mains des Français, fait de rapides 
progrès. Deux centres ont une réputation : Tlemcen, dont le marché 
est restreint par rapport à celui de la Kabylie, ensuite Bougie, qui 
est le véritable marché Kabyle et le port d'exportation. 



ALGERIE i; 

Le tableau des douanes accuse une sortie de 5 millions de kilog. 
d'huile d'Olives et de 3oo,ooo kilog. d'Olives vertes. 

La création dolivets" doit donc tenter l'arboriculteur qui, en 
dehors de la fabrication de l'huile, peut obtenir par des cultures 
spéciales les meilleures olives de conserves. Les variétés fort 
nombreuses se fixent toujours par le greffage et se trouvent aisément 
en Algérie : Olives Pandoulier, Grosse de Séville, de Salon, de 
Constantine, etc. 

La rusticité de cet oléifère est incomparable. Depuis les rives 
tièdes jusqu'aux altitudes neigeuses, aux environs de 800 mètres, 
l'Olivier* se maintient vigoureux et productif; même abandonné 
dans la broussaille, où il est connu sous le type sauvage d'Oléastre, 
il supporte longtemps tous les mauvais effets de l'inculture pour 
redevenir rapidement, sous la main habile de l'arboriculteur, un 
sujet amélioré à production normale. 

On sait que l'Olivier est l'arbre perpétuel par la raison que. si 
l'arbre jeune ou séculaire disparait, ses racines émettent des rejets 
qui seront greffés par le cultivateur. 

Les Raisins. — L'extension considérable prise par la Vigne pour 
la production des vins rouges, des vins blancs ou mousseux et des 
eaux-de-vie ne pouvait manquer d'attirer l'attention des vignerons 
intelligents ; ils ont compris l'importance de la vente du raisin, 
et, à l'exemple de leurs collègues de France, ils ont mis la Vigne 
en treilles sous une situation chaude, pour l'exploiter en primeurs, 
et tenu les gros raisins à longue arborescence pour la production 
des fruits tardifs. 

Le Chasselas doré et les similaires se trouvent aux environs 
d'Alger, sur la côte Ouest jusque vers Sidi-Ferruch, notamment à 
Guyotville, abrités des vents de mer par des séries de brise-vents 
artificiels. Du 26 juin au i5 août, la récolte est complète et embarquée 
en caissettes ou en petits paniers. 

Le champ de vigne est soigné « comme une vache à lait... » 

A son tour, le vignoble détache de ses souches, en faveur du 
marché, des mannes d'Aramon, de Ginsaut, de Clairette, de Mour- 
vèdre, d'Ugni blanc..., et les hautins taillés à long bois deviennent 
fournisseurs des Raisins Gros Guillaume, Khanat, Malaga, Persan, 
Kilianer ou Lignan, Sultanieh de la Carabournou, Rosa Reveliotti, 
Rumonya de Transylvanie, Milhau blanc, Monique, Roussea blanc, 
et quelques cépages locaux : Chaouch, de Dellys, Kisch Misch... 

Les Muscats d'Alexandrie devraient être séchés au soleil et 
livrés aux négociants. Un jour, les Kabyles étudieront sans doute la 

2 



l8 ALGE 



RIE 



mise en barils, remplis de poussière de liège, des Raisins Aberkau, 
Adziri, Ah meur, Ali meur bou, Amellal, Kebel, Ladari, ïimokrouin. 
Oued zitoun noir, Sadouek, Zizetel, Suassa, Ferana blanc ou noir, 
Cherchali. La vente en serait faite en décembre. 

Il y a là toute une mine féconde à exploiter, la Vigne étendant 
facilement ses bras ligneux ou dans la plaine ou sur la montagne ; 
avec des facilités de transport, le trop plein de la récolte sera 
dirigé vers d'autres pays, transformé par le pressurage ou par le 
passerillage, en boissons et en raisins de dessert, façon Malaga. 

Les Dattes. — Le jardin d'essai du Hamma a déjà acclimaté un 
certain nombre de Palmiers, de vigoureux Phœnix originaires du 
Brésil, du Paraguay, du Sénégal, des Canaries, et le gigantesque 
Cocotier chilien, Jubœa spectabilis; des Sabals et des Thrinax des 
Antilles; des Caryotas, des Arengas originaires des Moluques, de 
Java, de Singapour; de fertiles Latanias et Coryphas reçus de 
Madagascar et de la Nouvelle-Hollande; de modestes Pritchardias 
océaniens ; de superbes Oreodoxas, des Antilles ; de rustiques Cha- 
mœrops asiatiques ou américains, et quelques Arecas d'avenir, 
provenant des Seychelles, de Madagascar et des Indes Occidentales. 

Toutes ces espèces, remarquables par leur vigueur ou leur aspect, 
se rencontrent déjà sur les places publiques, ou décorent les villas 
pittoresques aux murs blancs, sous un ciel chaud, ayant comme 
horizon la mer bleue, les monts Atlas couronnés de Cèdres ou les 
immenses plaines de sable. 

Un des premiers, M. Dufour a créé des oasis de Dattiers dans la 
zone saharienne et a trouvé des imitateurs. 

Le Dattier est l'arbre le plus utile du Sud de l'Algérie. Le Phœnix 
tenuis, une des espèces les plus vigoureuses, ne donne pas un bon 
fruit. Notre ancien Phœnix dactylifera est le plus répandu et le 
plus profitable Parmi les centaines de formes et de variétés de 
Dattes, « Deglet-noour » a la préférence des planteurs ; ensuite, 
« Deigla-beïda » ou Datte blanche, de première qualité. 

Combien d'oasis fécondes viennent rompre la monotonie désespé- 
rante du désert et le rendre fructueux ou quelque peu habitable ! 
N'ont-elles pas facilité la végétation d'arbres fruitiers — Abricotiers, 
Figuiers, Grenadiers, Opontias, — d'arbustes économiques qui se 
développent sous leur ombrage, et d'un grand nombre de plantes 
fourragères, potagères ou officinales ? Au milieu de cette expansion 
végétale, les Oignons, les Aubergines, les Piments, les Fèves, les 
Choux, le Gombo, semblent vivre en famille avec l'Orge, le Blé, le 
Sorgho, la Luzerne, et quelquefois avec le Tabac, le Cotonnier, le 



ALGERIE 19 

Chanvre hachich, le Ghalef d'Orient, se contentant des eaux 
d'irrigation maintenues par des relevés de terre. 

La domestication du Palmier Dattier étend son aire ; en ce moment, 
on creuse des puits artésiens en plein Sahara et l'on y crée des oasis. 

Des centaines de mille plants ont été apportés par des compa- 
gnies financières, dans l'Oued- Rir, au-delà de Biskra, des chotts et 
des sables à mirage, après Tougourt, où les caravanes de chameaux 
ne trouvaient pas toujours à brouter 

Pour vivre, le Dattier veut avoir : « les pieds dans l'eau et la tête 
dans le feu du ciel. » L'Arabe observe cette maxime comme un article 
du Coran, et le stipe hardi de la Monocotylédone se couronne d'une 
plantureuse frondaison. 

On sait que le Palmier dioïque fournit trop de plants mâles par le 
semis ; le colon ou l'indigène a donc le soin d'extirper des rejets au 
pied des types femelles, de les replanter et d'assurer ainsi la durée 
et la fécondité de l'oasis. 

Les variétés de Dattes sont assez nombreuses : la« Deglet-noour », 
nous l'avons dit, est la plus distinguée. La Datte commune, appelée 
« Datte sèche », dont le nomade met quelques poignées dans son 
burnous pour la journée, et la « Datte molle », que l'on presse dans 
des peaux de boucs pour être vendue sur les marchés arabes, sont 
des denrées d'échange avec les céréales de la fertile région du Tell. 

Les Dattes fines, savoureuses, sucrées, sont récoltées dans le Souf, 
au sud de la province de Constantine, au Djérid, sud de la Tunisie, 
et au M'zab, sud de la province d'Alger. 

Les eaux plus douces de l'Oued-Souf y permettent en même temps 
la végétation de légumes alimentaires. 

Afin d'éviter les attaques des oiseaux, la récolte des Dattes sèches, 
demi-sèches ou grasses se fait aussitôt que la maturation com- 
mence; celle-ci s'achèvera dans les magasins où les régimes vont 
être suspendus. 

Le séchage des fruits qui tombent se contente de nattes étendues 
sur des terrasses. La Datte précoce, placée sur des claies, laisse 
dégorger un sirop à distiller. 

Quant au dernier choix, s'il n'est pas vendu à bas prix aux cara- 
vanes de nomades, le rebut est pressé en tourteaux et livré aux 
chèvres et aux moutons. D'aucuns l'expédient « désossé » aux distil- 
leries des environs de Paris. Le noyau extrait de la pulpe, adressé 
à des négociants étrangers, entrera, avec les gousses de Caroubier et 
de Tamarin, dans la fabrication des vins dits « de commerce. » 

Les Dattes sont expédiées avec leur régime ou par ramules déchi- 
quetés portant i5 ou 20 fruits, et groupés en caisses de 5o kilog. 



20 ALGER IE 

A Noël et au premier janvier, la Datte d'Algérie et de Tunisie se 
vend 2 fr. à 2 fr. 5o le kilog.; celle d'Egypte atteint à peine la moitié 
de ce prix 

Le commerce des Dattes est considérable. On prétend qu'une 
plantation de Dattiers tenue et irriguée avec soin, de moyenne 
étendue, peut rapporter jusqu'à mille francs de fruits dans son année. 



IV. — Arbres et arbustes industriels. 

L'Administration de l'Algérie encourage, par l'allocation de 
primes, les reboisements et même les plantations effectuées autour 
des nouveaux centres de colonisation. Elle a reconnu l'influence des 
plantations d'arbres à haute tige sur le climat et sur le régime des 
eaux. Le Hamma a voulu la seconder dans ses essais d'acclimatation. 

Le sol forestier de l'Algérie occupe 3,25o,ooo hectares, dont 
2,100,000 pour la région Sud et i,i5o,ooo pour les Hauts-Plateaux 
et les versants Sahariens. 

Examinons les essences forestières qui ont obtenu les préférences 
des planteurs. 

Chêne-Liège. — Le premier arbre industriel de l'Algérie est le 
Chêne-liège, Quercus Suber. 11 s'étend sur /p3, 820 hectares ainsi 
répartis : 

Conservation d'Alger 4 20 7 I hectares 

— d'Oran 8.347 — 

— de Constantine .... 4°3 • 4° 2 — 

Le décompte fournit 267,000 hectares à l'Etat, 17,000 aux com- 
munes, 170,000 aux particuliers. 

Le peuplement des plus riches plantations a été évalué de 3oo à 
4oo arbres par hectare. 

Exploitées à dix ans, ces forêts peuvent, à la première récolte, 
fournir par hectare et par an 78 kilog. de Liège préparé, et iookilog. 
à la seconde. Les travaux de démasclage, exécutés sous la direction 
du service forestier, reviennent à i5fr. au plus par hectare. 

En totalisant le Liège en planches et le Liège ouvré, on arrive à 
un chiffre de 20 millions de francs pour la période initiale, et 25 mil- 
lions 5oo,ooo francs pour la seconde, soit un revenu net de 25 à 3ofr. 
par hectare et par an pour la première récolte, et de 35 à 40 fr. pour 
la deuxième. 



ALGERIE 21 

A elle seule, l'Algérie consacre une plus grande superficie au 
Chêne-liège que tout le reste du globe. Le chiffre de son exportation 
de liège atteint sept millions de francs, plus de la moitié étant 
destinée à la France. 

Les essences forestières d'Algérie sont en outre : 

Quelques espèces de Chênes, par exemple, le Chêne vert, le Chêne 
Mirbeck au bois dense, supérieur pour douves et merrain, le Chêne 
à glands doux, attendant le Chêne Velani des stations sèches, où 
sa cupule recèle l'acide gallique ; 

Le Pin d'Alep, le Pin Pignon, le Pin Maritime semés ou repiqués 
sur les dunes qu'ils vont ainsi consolider, concurremment avec des 
boutures de Tamarix, des semences d'Acacias australiens et des 
rhizomes d'iVrundos ou de Bambous. Le Pin d'Alep occupe une zone 
étendue du littoral au Sahara. Associé au Chêne vert, il recouvre 
les sommets et les versants nord des montagnes où les rivières du 
Tell prennent leur source. Avec le Genévrier de Phénicie, ces es- 
sences constituent les boisements de la chaîne saharienne ; 

Le Cèdre de l'Atlas et le Sapin des Babors ou de Numidie, qui 
couronnent les hautes altitudes (2,000 mètres), visitées par la neige ; 

L'Oxycèdre des calcaires élevés à 1,700 mètres, et le Callitris des 
sols schisteux et pierreux, qui fournit le bois de Thuia ; 

Les Ifs, les Genévriers dispersés sur le flanc des Hauts-Plateaux 
ou sur les croupes dénudées de l'Aurès et du Djurjura ; 

Le Pistachier, le Caroubier, de l'Atlas, s'infiltrant dans le rocher; 

Le Micocoulier, des sables et grès, pour l'industrie des manches 
de fouets et des fourches en bois ; 

Les Saules, les Aulnes, les Peupliers, — variétés : tremble, noir, de 
l'Euphrate, — fournissant la feuillée au bétail et affermissant les sols 
marécageux. Sur le littoral, le Peuplier blanc est très répandu ; 

L'Olivier constituant de vastes forêts homogènes, comme celle de 
la Vallée des Singes ; 

Le Châtaignier, cultivé sur les montagnes de Blidah et spontané 
dans le massif du Goufi, et à l'Edough ; 

Des Erables, Acer obtusum et Monspessulanum, des Frênes, 
Fraxinus australis et dimorpha, abritant des Houx, des Alaternes, 
des Phyllireas, arbres à fourrages, et les Genêts de l'Afarez ; 

Le Frêne dimorphe, ou épineux de l'Aurès, rustique dans les 
sols secs, à 2,000 mètres d'altitude, est très recherché. 

De toutes les essences exotiques, l'Eucalyptus est le plus propagé. 
Depuis i856, date de son importation par Prosper Ramel, et à la 
suite des tentatives hardies des planteurs Cordier à la Maison-Carrée, 



22 ALGERIE 

et Trottier à Hussein-Dey, le géant australien compte cinq millions 
de sujets en Algérie, particulièrement dans la région littoralienne, 
qu'il contribue à rendre salubre. L'Eucalyptus globulus, admis au 
début, semble devoir faire place aux Eucalyptus rostrata, colossea, 
polyanthemos, maculata, çiminalis, saligna, obliqua, tereticor- 
nis, etc., plus robustes et plus vigoureux. 

Aux environs de Ain-Baïhnen, des Eucalyptus âgés de 17 ans me- 
surent 3o mètres de hauteur et une circonférence de i m 6o ; ils sont le 
produit d'un boisement à raison de 1,200 plants à l'hectare. 

L'exploitation du bois d'Eucalyptus a commencé ; on peut en cons- 
tater l'usage à l'établissement agricole des Pères de la Trappe, à 
Staoueli, défricheurs, planteurs, cultivateurs et distillateurs aux 
usines d'Aïn-Mokra, à Bône. 

L'essence d'Eucalyptus résultant de la distillation s'élève déjà à 
3,ooo kilog. par an pour toute l'Algérie. 

Les Acacias et Mimosas ne tarderont pas à approvisionner l'art 
des fleuristes, l'industrie de la corroierie et même à alimenter de 
leurs jeunes ramilles les troupeaux ovins ou camelins. La ramure 
libre et les frondaisons élégantes de ces jolies espèces australiennes 
vont agrémenter quelques profils de la campagne algérienne et 
adoucir les brusques horizons. 

Un semis de l'Acacia à bois noir, A. melanoxylon, en mélange 
avec le Pin d'Alep, dans le sol argilo-sableux de Baïhnen, a produit 
des plants d'Acacia hauts de 7 mètres à l'âge de i5 ans. 

Une autre variété, Acacia leiophylla, est, dans les terrains 
sablonneux, un abri contre les vents de mer. 

Les Bambous, section littoralienne et section de montagne, sont 
d'un grand avenir pour l'hygiène et l'industrie. 

Les Gasuarines, les Mélaleuques, les Grevilléas, les Frenelas, les 
Cyprès viennent enjoliver les habitations. 

Le Molle du Pérou décore les routes poudreuses par ses panicules 
de baies corail, précieuses à la confection des bouquets d'hiver. 

Signalons quelques autres végétaux utiles et acclimatés : 

Le Savonnier de l'Inde, Sapindus, peut donner à l'âge de vingt ans 
80 à 100 kilog. de fruits à 1 fr. le kilog. Le fruit contient 5o 0/0 de 
sapindine, sorte de saponine qui remplacera le savon pour le 
blanchissage. L'écorce et le feuillage sont également saponifères. 

Le Gédrèle de Chine, Faux Acajou, sert à la fabrication des boîtes 
à cigares et d'autres articles de l'ébénisterie de luxe. 

Le Croton à suif, Euphorbiacée arborescente donne des fruits 
blancs qui contiennent de trois à cinq graines recouvertes d'une 
substance sébacée dite « suif végétal », 



ALGÉRIE a3 

Le Figuier de Roxburgh est représenté par de jeunes exemplaires 
d'une envergure extraordinaire ; abondant en suc laiteux, élastique, 
coagulé, qui découle des incisions sur le tronc, il laisse entrevoir 
un arbre utile pour l'exploitation de la région littoralienne. 

Le Mûrier, précieux à la sériciculture, est propagé par la greffe 
sur le type sauvage. 

Les Sumacs des terres sèches et calcaires, où leurs racines 
drageonnent à Taise, sont des arbrisseaux tannifères et tinctoriaux. 

Le Camphrier, bel arbre toujours vert, n'a pas dit son dernier mot 
sur les sols frais de la zone montagneuse et littoralienne. 

Une Lythrariacée sous-frutescente, le Lawsonia blanc, croît dans 
les oasis où elle est récoltée pour la teinture en rouge brun. 

Mentionnons aussi les arbres à groupes ou rideaux, ou brise-vent: 
les Cyprès, les Thuias, les Troènes, les Lauriers ; et enfin, les arbris- 
seaux destinés aux haies vives, le Maclure, le Paliure, le Limonier 
trifolié, le Colletia, le Coulteria, le Févier de Chine, l'Aubépine 
Ergot-de-coq, le Mimosa épineux, les Rosiers à long bois, sans oublier 
les Agaves et les Opontias, clôtures naturelles et impénétrables des 
douars, des gourbis ou des habitations particulières plus luxueuses. 



V. — Floriculture. 

Ici, la floriculture est toute naturelle ; elle est arbustive avant 
tout, s'étendant sur le littoral et gagnant l'intérieur. 

La floriculture des jardins trouve avec la variété des arbustes et 
des arbrisseaux un grand élément d'embellissement. Dans la zone 
maritime, on compose plutôt des massifs fleuris que des parterres, et 
l'on a effectivement, pour ce premier emploi, une diversité de 
végétaux déjà cités, qui ont leur place marquée dans les plantations 
de luxe avec les Palmiers, les Cycadées, les Liliacées, etc. 

Il suffît de rappeler les Acacias Mimosas, dont les inflorescences se 
vendent en gracieux branchages sur les marchés, et qui souvent 
s'expédient en France ; les Habrothamnus aux grappes corallinées, 
les Cestreaux, les Abutilons, les Jasmins, les Sparmannias, les 
Bignones, etc., à floraison abondante et recherchée. 

Les plantes dites annuelles peuvent prospérer dans certaines 
régions, mais leur floraison s'arrête à la saison chaude. La graine se 
forme bien et devient la base d'un commerce extérieur qui tend ù 
se développer encore, 



t*4 ALGÉRIE 

Cependant quelques petites plantes de parterres fleurissent bien 
et longtemps : le Pétunia résistant à la sécheresse, les Pervenches de 
Madagascar, les Dahlias à fleurs simples ou doubles, le Lantana 
vigoureux au soleil, les Sauges, les Pourpiers, les Pentstémons, etc. 

Les végétaux à bulbe ou à rhizome forment, en hiver et au premier 
printemps, des corbeilles éclatantes par leurs coloris : Anémones, 
Renoncules, Jacinthes, Glayeuls, Cyclamens, Sparaxis, et collection 
de Narcisses à fleurs simples ou doubles et odorantes. Pendant 
l'été, les Balisiers, les Amaryllis, les Crinoles, etc., sont en pleine 
floraison et conservent leur beau feuillage. 

Avec les ressources de la flore exotique, les bouquets sont souvent 
d'une composition et d'une beauté incomparables : l'hiver offre des 
Roses, des Liliacées, des Mimosas, des Strelitzias et de bonnes 
provisions de Violettes embaumées ; l'été, le bouquet est peut-être 
encore plus splendide et plus séduisant quand se trouvent mélangés, 
avec art, les larges corolles des Magnolias blancs, les Nélombos 
roses, « l'Eglantine des eaux », et les ombelles bleu faïence des 
Agapanthes. Toutes ces jolies fleurs vont être entourées d'une 
couronne de verdure, avec le Jacaranda aux feuilles finement décou- 
pées comme les frondes des Fougères. 

Cependant, au milieu de toutes ces richesses de l'ornementation 
végétale, le Rosier mérite une mention spéciale. On commence à le 
cultiver auprès des villes pour la vente de la fleur en hiver. Des 
fleuristes sont venus s'inspirer auprès de leurs confrères Provençaux, 
où la production des Roses pendant la saison de repos est devenue 
un art lucratif. 



VI. — Plantes économiques. 

Plantes a parfum ; Plantes officinales. — Ce genre de pro- 
duction promet un revenu important et une exploitation facile; 
ce qu'il faut, ce sont des bras et de l'eau. En général, les cultures 
sont installées sur des terrains irrigués, salubres ; l'arrosage en est 
facile au moyen de rigoles naturelles ou de norias installées à 
proximité. Voici quelques espèces déjà admises par le commerce : 

La Mauve commune laisse sa fleur à l'usage médical. Une seule 
maison exporte 1,200 kilog. de feuilles vendues comme légume. 

Le Géranium fournit trois coupes par an. Le Sahel d'Alger a près 
de cinquante distillateurs, produisant ensemble 3,ooo kilog. d'es* 



ALGERIE 20 

sence de Géranium. Une distillerie de Bonfarik en fournit 
à elle seule 2,000 kilog. 

Les provinces d'Oran et de Constantine cultivent le Géranium, 
mais en moindre quantité. 

L'Algérie compte plus de 600 hectares de Géranium, produisant 
6,000 kilog. d'essence. 

A la Trappe, cette culture s'étend sur plus de 3o hectares. 

La Rue, variétés R.bracteosa, chalepensis, montana, du Tell, ou de 
la zone forestière des taillis de Chênes verts, et l'Haplophyllum 
tuberculeux du Sahara sont des plantes riches en essence. 

De cette famille des Rutacées, le Peganum « Harmel », commun 
dans le Ghélif, le Tell Oranais et les Hauts-Plateaux, est recherché 
par les Arabes pour ses propriétés thérapeutiques. 

Le Bigaradier et le Citronnier produisent des feuilles, des (leurs, 
des fruits, des essences, des jus et des acides accaparés par le 
commerce d'exportation. 

Les friches de Térébinthes et de Lentisques, de Betoum, pour- 
raient être transformées en Pistacheraies par la greffe, surtout les 
Lentisques, et fourniraient quelques petits profits aux indigènes de 
la vallée du Khémis. 

Les Mimosas de la Nouvelle-Hollande, qui donnent de si belles 
grappes de fleurs pour les envois en France, ne tarderont pas à être 
exploités pour le tannage des peaux et l'extraction de la gomme. Les 
variétés Acacia decurrens, petiolaris, pienantha, ont déjà fait leurs 
preuves à la corroierie, et l'exemple de l'Australie, qui en tire jusqu'à 
2,000 fr. de revenus à l'hectare, donne à réfléchir aux planteurs. 

Le Cassie, même genre botanique, plante à parfum, tant appréciée 
dans les Alpes-Maritimes, prend de l'extension. L'usine de Bonfarik, 
déjà nommée, distille 20,000 kil. de fleurs de Cassie de Farnèse, par an. 

Un autre établissement d'Alger exporte 3, 000 kilog. d'écorces de 
Grenadier, et un troisième, de 200 a 3oo kilog. de Paronychia argenté, 
pour les infusions théiformes. 

Le Tell et les Hauts-Plateaux vendent aux pharmaciens l'écorce de 
la racine du Thapsia, employée dans la médecine. 

Les Ombellifères ont encore le Fenouil, commun en Algérie, 
l'Ache, l'Anis vert, le Cumin, le Carvi, la Coriandre et la Grande 
Ciguë aux graines sédatives. 

Parmi les Composées, la Pyrèthre des Hauts-Plateaux, exportée 
aux Indes, fournit une racine insecticide aux pharmaciens, et FAr- 
témise « herbe blanche », employée comme semen-contra, est connue 
en pleines steppes du Sud. 

L'Atractylis, commun de Lamhèse à Bordj Taza, laisse concréter 



26 ALGÉRIE 

un latex abondant vendu pour la confection de la glu. Le Cj'nara 
Cardunculus, l'ancêtre du Cardon et de l'Artichaut, de cette utile 
famille des Garduacées, fournit aux Arabes ses capitules alimentaires 
et les côtes de ses feuilles qui sont utilisées dans le ménage. 

Les broussailles et les clairières sont garnies de l'Erythrœa, petite 
Centaurée, la Meurs-el-Khranech des Arabes. Une maison d'Alger en 
exporte 3,ooo kilog, par an, avec un millier de kilog. de fleurs de 
Bourrache. 

Le groupe des Solanées recèle des poisons et des remèdes. 

Le Withania somnifère a été employé à l'hôpital civil d'iUger 
comme sédatif et hypnotique. 

Le Datura Stramoine est abondamment récolté et exporté. 

Il en est de même de la Morelle noire, dite Mek'ennia, du Piment 
*de Cayenne, et du « Poivron », Piment annuel. 

Le Tabac est représenté par 10,000 hectares produisant de 5 à 
6 millions de kilog. de feuilles ; sur 9,5oo planteurs de Tabac, 
8,000 sont indigènes. 

Les Labiées abondent jusqu'aux vallées de l'Aurès : Romarin, 
Lavande, Menthe ont le degré de parfum voulu. L'essence de Mentho 
Pouliot, la « Phliou », se chiffre par 2,000 kilog. 

La Mélisse reste spontanée dans les bois frais de Bouzaréa, 
de l'Aima, de Blidah, des Babors. 

La Sauge officinale, dite Souak-el-Nebi, est cultivée dans les 
jardins arabes. La Sclarée se trouve à l'état sauvage, en Kabylie. 

Les Calaminthes, Marrubes, Germandrées, sont très employés 
par les Arabes, ainsi que le Globulaire, d'un autre groupe botanique. 

Une Yerbénacée, Lippia citronnelle, Louiza des indigènes, arbuste 
connu en France sous le nom de « Verveine aromatique», a sa place 
dans les parfums et les liqueurs de table. Un négociant d'Alger en 
exporte 800 kilog. de feuilles. 

La Scille maritime dont l'énorme bulbe, pesant jusqu'à 8 kilog., 
orne la devanture des grainetiers de la métropole, garnissait les 
terres à culture du Tell avant les défrichements. Le commerçant 
d'Alger, précité, envoie en France 600 kilog. de squames de scilles 
sèches pour l'usage médical. 

Enfin le Ricin, qui devient arborescent; la graine pressée à froid 
donne une huile limpide bien connue. 

La culture ,de ces différentes plantes utiles a débuté vers i85o, 
avec MM. Simonnet à Alger et Mercurrin à Chéragas. 

Textiles. — Les végétaux textiles sont recherchés : Phormium, 
Lin, Corchorus, Bananier, Sida Abutilon, Chanvre, Palmier nain, 



ALGÉRIE 27 

Mauve, Ramic; celle-ci, irriguée sous un ciel chaud, peut donner 
a5,ooo kilog. de tiges vertes par hectare, à chaque coupe. Hélas! 
trop souvent les bras manquent et, plus encore, les procédés 
industriels d'utilisation. 

Nous classons ici l'Halfa ou Alfa, Stipa tenacissima, la Graminée 
des steppes désertiques, du Tell et des Hauts-Plateaux, qui alimente 
les papeteries, les sparteries, les corderies, les vanneries, les fabriques 
de chaussures, de tentures et de tissus. 

En 1889, la récolte a produit 110,000 tonnes, dont 80,000 ont été 
transportées aux papeteries d'Europe. 

L'Angleterre en consomme une grande quantité. 

Le département d'Alger a plus de 600,000 hectares d'Alfa non 
exploités, faute de moyens de transport. 



VII. — Jardins d'études, Pépinières. 



Le Hamma. — Pour l'assainissement d'un marais insalubre et dans 
une idée de propagande végétale, le Jardin du Hamma fut créé aux 
portes d'Alger au début de l'occupation française; il grandit en 
importance sous ses divers directeurs : Barnier, Bérard, Hardy, 
Auguste Rivière et Charles Rivière, actuellement en fonctions depuis 
plus de vingt-cinq années. 

Situé au bord de la mer, couvrant 80 hectares, ce Jardin est l'objet 
de visites nombreuses, d'études ou de promenades ; la population 
indigène, coloniale ou étrangère s'y intéresse vivement. 

Utile et agréable, le Jardin d'essai, quasi officiel, vit de ses propres 
ressources, sans aucune subvention du Gouvernement. 

Au mois de décembre 1867, l'Etat l'a affermé à la Société générale 
algérienne, qui l'exploite sous certaines conditions. Par ses soins, 
des millions d'arbres et d'arbustes, d'utilité ou d'ornement, ont été 
répandus et plantés dans les trois provinces algériennes, après avoir 
subi les épreuves d'acclimatement au Jardin. 

Des plantes ont également traversé la mer et sont venues appro- 
visionner les établissements français. Des graines d'espèces rares 
ou de maturation difficile ont été récoltées au Hamma et vendues ou 
échangées sur le continent européen. 

La description du Jardin d'essai est chose connue. 



28 ALGÉRIE 

En débarquant, l'homme « du Nord » s'extasie devant cette luxu- 
riante végétation dont les conservatoires européens ne donnent guère 
une idée. Ces allées majestueuses et étranges de Palmiers, de 
Figuiers verts, de Bambous, de 400 mètres de longueur, commandent 
l'admiration et l'enthousiasme. Tant sérieux ou fier soit-on, il faut 
s'incliner. L'honorable académicien Pierre Duchartre, qui rédige 
les Annales de la Société nationale d'horticulture de France avec 
la science élevée, froide et concise de l'homme qui sait et qui 
observe, a lui-même éprouvé ce sentiment et n'a pas hésité à le 
dire. Pour le Jardin, c'est un triomphe ! 

L'Ecole d'agriculture de Rouïba possède des collections naissantes 
de végétaux. 

A Alger, sont utilisés aux expériences scientifiques du docteur 
L. Trabut, botaniste du Gouvernement, le Jardin botanique des 
Ecoles supérieures et la pépinière municipale de l'Hanach, créée 
récemment par la municipalité d'Alger sur un domaine de 90 hectares, 
où se trouvent forés les puits artésiens qui alimentent la ville. 

Pépinières. — Jadis quelques pépinières, créées avec l'appui des 
Administrations de l'Etat ou des communes, ont facilité la tâche des 
colons et des planteurs : Médéah et Milianah, province d'Alger, 
Guelma et Philippe ville, province de Gonstantine. Mostaganem 
et Mascara, province d'Oran, en portent encore des traces. 

Les pépinières privées, tenues en presque totalité par des Français, 
ont été installées sur de bons sols, en plaine arrosable. Les 
espèces en multiplication sont celles que la colonie réclame. 

Il nous faut citer à divers titres : 

Les cultures d'Orangers de la ferme de Bou-Amrou ; 

Les pépinières fruitières et forestières de Boufarik, de Bone, du 
Kheneg, de Misserghin, du Gamp d'Erlon et des chemins de fer ; 

Les collections d'Eucalyptus de M. Gordier, à Maison-Carrée ; 

Outre les arbres et les plants, plusieurs pépinières vendent des 
plantes de décor, des fruits, des légumes, des Fraises. 

Le commerce des pépiniéristes est d'autant plus prospère que, 
par suite de mesures prises depuis l'invasion phylloxérique en 
Europe, aucun envoi de plantes de l'extérieur n'est admis en 
Algérie. Cette précaution exagérée, disons-le avec regret, n'a pas 
empêché l'ennemi de pénétrer dans la place, tout en retardant les 
progrès de l'horticulture et particulièrement de l'arboriculture 
fruitière. 



ALGERIE 129 



VIII. — Sociétés, Comices, Concours. 

Une Société d'horticulture s'est créée récemment à Alger. Souhai- 
tons-lui prospérité et imitateurs. L'appui de l'Administration ne 
saurait manquer à une initiative aussi heureuse, point de départ d'un 
enseignement horticole déjà commencé à l'Ecole normale. 

Déjà, il existe des Associations agricoles qui, forcément, traitent 
des questions arbustives, des plantations orangères ou oléinières, 
des oasis, des vergers, des potagers, des graineteries, du vignoble, 
de l'acclimatation, du boisement, du commerce des végétaux ou de 
leurs produits, etc. Tels sont : 

La Société d'Agriculture d'Alger, reconnue d'utilité publique, 
présidée par Charles Rivière, qui est en même temps directeur du 
journal L'Algérie agricole et du Jardin du Hanima ; 

Les Comices agricoles d'Alger, des Arib, de Bône, du Haut-Chélifl*, 
de Médéah, de Mostaganem, de Sétif, de Souk-Ahras, etc., s'occupant 
de cultures horticoles, viticoles et commerciales ; 

Un orphelinat agricole protestant, à Dély-Ibrahim ; 

Une colonie agricole émanant du Conseil général de la Seine et 
recueillant les enfants assistés à Ben-Chicao, près de Médéah. 

Ces deux asiles imposent des travaux de culture maraîchère et 
de plantes économiques à leurs élèves. 

Concours généraux. — Le Ministère de l'Agriculture a voulu 
faire profiter la colonie algérienne de la prospérité forcément amenée 
par les concours généraux agricoles récents et des bonnes relations 
qui en résultent. En voici un exemple : 

Le Concours général de 1892, spécial aux arrondissements d'Oran 
et de Mostaganem, s'est tenu du 16 au 24 avril, à Mostaganem. 

La Prime d'honneur de l'horticulture a été décernée à M. Charles 
Pfrimmer, amateur à Misserghin. 

La Prime d'honneur de l'arboriculture, à M. Antonio Fernandez, 
propriétaire à Saint-Dcnis-du-Sig. 

Le lauréat de la Prime d'honneur de l'agriculture, M. Priou, prési- 
dent de la Société hippique et du Comice agricole de Mostaganem, 
conseiller général, a été fait chevalier de la Légion d'honneur. 

De hautes récompenses ont été accordées à la viticulture et aux 
irrigations. Le Jury a placé au rang de la médaille d'or grand 
module les exploitations et améliorations suivantes : 

Plantations d'arbres fruitiers et d'Oliviers à Bekraka ; 



#0 ALGÉRIE 

Plantations d'Oliviers, d'Orangers et d'autres arbres fruitiers, à 
Saint-Denis-du-Sig ; 

Plantations d'Oliviers par la commune d'Aïn-Tédelès, sur les 
anciens remparts, sous la direction du Maire et du Conseil municipal ; 

Syndicat de la Vallée des Jardins, pour l'ensemble de ses travaux 
et le bon exemple donné aux cultivateurs et jardiniers maraîchers 
ou pépiniéristes. 

La médaille d'or est attribuée pour les travaux ci-après : 

Création d'une olivette de cinq hectares par la commune de Bou- 
guiras et d'une pépinière d'Oliviers livrés aux habitants à prix réduits; 

Création de pépinières par la commune de Bélizane, qui donne 
gratuitement les plants aux colons et aux villages voisins ; 

Création de jardins et de pépinières à Lhilill ; 

Défrichement et création d'un verger à Rivoli ; 

Initiative de l'oléiculture et de la fabrication d'huile à Aïn-Tédelès; 

Divers travaux de reboisement et de pépinières des différents ter- 
ritoires des cercles, services et communes des deux arrondissements. 

Si nous remontons à huit années, nous constatons qu'en 1884 des 
diplômes d'honneur et de mérite ont été accordés pour les reboise- 
ments et la création de pépinières : 

A la Compagnie des chemins de fer P. L. M. ; 

A la Ligue du reboisement d'Oran ; 

A la Compagnie algérienne ; 

Aux communes mixtes de Malakoff, Saint-Lucien, Saint-Denis-du- 
Sig, Ténès, Aïn-Bessem, Cassaigne, Dellys, Palestro, Thiaret, 
Teniet-el-Haad, et à la commune indigène de Laghouat. 

Au concours général agricole de 1886, à Oran, la Prime d'honneur 
a été décernée à un domaine de 83 hectares, situé dans la ban- 
lieue de Sidi-bel-Abbès, sur lequel sont installées, en outre de 
l'exploitation agricole, des plantations d'arbres forestiers, d'arbres 
fruitiers, d'Oliviers, de Vignes, etc., soumises à l'irrigation. 

Des médailles de spécialité ont été attribuées à des vergers de 
Citronniers, de Mandariniers, d'Orangers, d'Oliviers, à des cultures 
maraîchères, des vignes, des luzernières et des vergers, créés encore 
après irrigation et captation de sources. 

En Algérie, l'Arboriculture, la Viticulture, la Sylviculture sont 
intimement liées à l'Agriculture proprement dite. Le service de 
l'Inspection en est officiellement confié depuis plusieurs années à 
M. Nicolas, Inspecteur d'agriculture pour l'Algérie. 



^fejjj^ 



ALLEMAGNE 

540,610 kilomètres carres. — 4°o4 2I > 2 6° habitants, 



I. — Action du Gouvernement 

Sur toute l'étendue de leurs territoires, les gouvernements alle- 
mands encouragent l'horticulture par les moyens suivants : 

i° Création d'Écoles d'horticulture spéciales ou mixtes et de cours 
de jardinage aux Ecoles d'agriculture ; 

2 Installation de Stations et de Laboratoires agronomiques mis à 
la disposition du cultivateur pour les analyses de terres, les véri- 
fications d'engrais, de semences, etc. qui profitent en même temps à 
l'amateur de jardins ; 

3° Admission de l'enseignement horticole au programme des écoles 
normales et des écoles primaires ; 

4° Organisation de conférences, c'est-à-dire de cours publics 
dans les campagnes, spécialement aux instituteurs primaires, en vue 
de la plantation et de l'entretien des vergers et de la culture 
potagère ; 

5° Plantation d'arbres fruitiers sur les routes et leur exploitation 
par l'État ou les Communes ; 

6° Annexion d'un jardin botanique à chaque Université ; 

7 Cahier des charges imposé aux Compagnies de chemins de fer, 
à propos des tarifs de pénétration qui favorisent l'exportation des 
produits de l'Allemagne, etc. 

Le Ministère d'agriculture de Prusse a une réserve de 10,000 fr. 
pour l'amélioration de la culture des arbres fruitiers et de la vigne. 

Il dispose d'un crédit d'environ 200,000 francs pour régler le 
budget des Écoles d'agriculture placées sous son patronage direct. 



32 ALLEMAGNE 

L'État a dépensé cinq millions de francs pour combattre l'invasion 
phylloxérique. 

L'Administration a voté certaines mesures économiques ou fiscales 
utiles aux exploitations horticoles ; par exemple, les tarifs de chemins 
de fer, la durée des trajets, les envois par colis postal, etc. Quelque- 
fois, à la suite d'hivers destructeurs, elle a donné ou cédé à bas prix 
des arbres extraits de ses pépinières officielles ou achetés aux éta- 
blissements privés, afin de ne pas arrêter le système de plantations 
fruitières ou forestières qu'elle recommande, les propriétaires, fer- 
miers ou usagers étant déjà atteints dans leurs biens par les rigueurs 
de la température. 



II. — Instituts horticoles d'Enseignement. 

A. — INSTITUTS SUPÉRIEURS 
pour l'instruction des jardiniers et des pomologistes, 



Royaume de Prusse 



Province de Brandebourg. 

Etablissement royal d'instruction horticole, au parc de 
Potsdam, placé sous la surveillance supérieure du Gouvernement, et 
rattaché à l'Administration des Jardins royaux. 

La direction de cet Institut est confiée à M. Vetters, directeur des 
jardins de la Cour, à Sans-Souci. 

Enseignement théorique et pratique sur toutes les branches de 
l'horticulture. 

Parcs, jardins et matériel d'enseignement. 

Les élèves doivent avoir préalablement séjourné pendant deux 
années dans un bon établissement d'horticulture, et prouver qu'ils 
sont aptes à faire leur volontariat militaire. 

Les cours durent deux ans. Le prix de la pension est de 260 fr. par 
an, logement et leçons ; la nourriture est prise au dehors. 

Les dépenses peuvent s'élever à 1,200 fr. par an et par élève, tout 
compris. 



ALLEMAGNE 33 

L'établissement organise des expositions publiques à l'intérieur. 

Des eonditions analogues régissent les divers établissements d'ins- 
truction horticole. 

L'Etat accorde un subside de 120,000 francs ; le surplus de la 
dépense est réglé par l'Administration des Jardins royaux. 



Province de Silésie. 

Institut pomologique de Proskau, près Oppeln, ouvert le 
i cr octobre 1868. Directeur-professeur : M. Rudolf Stoll. 

Le but est de faire progresser le jardinage en général et surtout 
les arbres fruitiers et la connaissance des bons fruits. 

Pépinières et vergers de démonstrations. 

Excursions dans le voisinage. 

Leçons aux jeunes gens, aux maîtres jardiniers, aux voyers-fruitiers 
dits gardiens d'arbres, « Baumwaerter », et aux élèves forestiers. 

Subvention de l'État : 65, 000 francs. 



Province du Rhin. 

Établissement d'instruction supérieure, fondé le i er février 
1872, la Flora, à Cologne. 
Le nombre insuilisant d'élèves a entraîné la fermeture de l'école. 



Province de Hesse-Nassau. 

Etablissement royal d'arboriculture fruitière et de viticul- 
ture, à Geisenheim-sur-le-Rhin, ouvert à l'automne 1872. 
Directeur : M. Rudolf Gœthe. 
L'enseignement comprend trois sections : 
Cours réguliers pour renseignement supérieur ; 
Cours de jardinage pratique ; 
Cours pour les élèves temporaires. 

Verger, jardin, pépinières, vignoble pour les démonstrations. 
Subside de l'État, 80.000 francs. 



34 ALLEMAGNE 

B. — INSTITUTS SECONDAIRES, 



Province de Prusse Orientale. 

Pépinière provinciale d'Althof-Ragnit. — Jadis plus impor- 
tant, rétablissement s'est concentré sur la pépinière. 



Province de Prusse Occidentale. 

Cours pratique aux garçons et aux maîtres-jardiniers, sous la 
direction de M. Rathke, Inspecteur des jardins, à Dantzig. 



Province de Brandebourg. 

École municipale pour les jardiniers de Berlin, fondée en 
octobre 1891, sous la direction du professeur D 1 ' L. Wittmack, con- 
seiller à la Cour, homme distingué par ses vastes connaissances 
théoriques et pratiques. 

Cet établissement est administre "par une délégation de la ville 
( Arts-et-métiers) . 

Cours supérieur et cours inférieur. 

Le personnel enseignant comprend six professeurs. 

École des champs et des jardins, à Wittstock. — Station d'essai. 

Cours d'arboriculture fruitière pour les patrons, les jardiniers, les 
cantonniers. — Directeur : M. F. Schneider. 

École de viticulture et d'arboriculture fruitière, à Grossen- 
sur-1'Oder, fondée le I er octobre 1891. Directeur : M. A. Haeckel. 

Entretenue par l'État, l'Administration provinciale, la Société 
provinciale, le Cercle et la Ville. 

Leçons sur le verger, la vigne, les engrais, le potager, la vini- 
fication. 



Province de Poméranie. 

École d'horticulture et d'arboriculture à Eldena, près Greifs- 
wald, présidée par l'inspecteur royal Mensing, sous les auspices de 
la Société d'agriculture de la Baltique* 



ALLEMAGNE 35 

Province de Posen. 

École de jardiniers, à Koschmin, ouverte le I er novembre 1867. 
École de jardiniers, à Bromberg, sous la direction de la Société 
horticole et fruitière de Bromberg. 



Province de Silésie. 

Cours d'horticulture et de viticulture à Grûnberg, sous les 
auspices de la Société locale. 

Cours pomologique pour les instituteurs, et Cours pratique pour 
les jardiniers arboriculteurs, à l'Institut pomologique de Proskau. 



Province de Saxe. 

École d'horticulture à Nauendorf, près Annabourg. Propriétaire 
et directeur : M. 13. Boettcher. 
Etablissement privé, divisé en deux sections. 
L'enseignement dure trois ans ; le cours supérieur est gratuit. 



Province de Westphalie. 

Cours pratique et théorique d'arboriculture fruitière pour les 
jardiniers et les « gardiens d'arbres fruitiers », à Lûnen, dirigé par 
M. Hermann Goers. 

Le but de ce cours est de dresser et d'instruire les personnes qui 
auront, plus tard, à soigner les arbres fruitiers dans leur commune. 

École pépinière d'arbres fruitiers, à Lûdinghausen, en rapport 
avec la Société d'agriculture, sous la direction spéciale du docteur 
Goetting. 

Province de Hesse-Nassau. 

Jardin pomologique de Cassel, établissement de l'État, ayant 
pour but la réfection des arbres fruitiers pour la province et l'ins- 
truction des personnes chargées de les soigner. 

Jardinier : M. Huber. 

Ktcndue du jardin : 5 hectares 20. 

Cours d'instruction pratique et théorique, à l'établissement 
royal d'arboriculture et de viticulture, à Geisenheim. 

Cours temporaire pendant la belle saison. 



3(> ALLEMAGNE 

Provinces Rhénanes. 

Cours de viticulture. Leçons nomades en trois séries, se trans- 
portant d'une année à l'autre, dans les villes des localités vinieoles 
des provinces du Rhin. 

Cours d'enseignement d'arboriculture fruitière, pour les 
professeurs, les gardiens d'arbres et les cantonniers, à l'Ecole 
d'agriculture de Clèves, sous la direction de l'administrateur du 
Jardin zoologique, M. Wolde. 

École de viticulture et d'arboriculture à Merl, près Coblentz, 
sous la direction du garde général de la commune, Pfeiffer. 

Pépinière. — École d'arbres fruitiers, à Wetzlar, sous la 
direction du professeur Werner. 

École de culture potagère et fruitière a Bitburg, reliée à 
l'École d'agriculture, sous la direction de M. Arnold. 

Cours théoriques. — Leçons pratiques. 

Écoles fruitières et forestières. — i° A Bitburg, district de 
Trêves, sous la direction du garde Scheffer, secondé par Arnold. 

2° A Trêves, sous la direction du garde général communal 
Weïsmuller. 

3° Cours particuliers de taille et d'élagage des arbres pendant 
une période de cinq semaines. 

Pépinière. — École à Engers, district de Coblentz. Établisse- 
ment de l'Etat sous la direction de l'inspecteur des jardins Hitter. 



Province de Hohenzollern. 

Jardins-École et pépinières d'arbres fruitiers. Leçons données 
sur place, où sont plantés les arbres et installées les pépinières qui 
font l'objet de la démonstration. 



Royaume de Bavière 

(Voir le chapitre spécial pour la Bavière.) 



ALLEMAGNE 3" 



Royaume de Saxe 



École d'horticulture, fondée par l'État et la Société horticole du 
royaume de Saxe, à Dresde, sous la surveillance du Ministre de 
l'intérieur. — Ouverte le iO Mai 1892. 

Directeur : M. Max Bertram, ingénieur paysagiste à Blasewitz. 

L'enseignement est divisé en deux années d'études, à partir de la 
semaine de Pâques. 

Cours de gardiennage d'arbres à Rœtha, près Leipzig, 
succédant à une école de jardiniers. 

Ecole d'horticulture et d'arboriculture à Bautzen, ouverte à 
Pâques 1879, reliée à l'Etablissement d'instruction agricole, sous la 
surveillance supérieure du Ministre de l'intérieur. 

Directeur : M. J. B. Brugger. 



Royaume de Wurtemberg. 

(Voir le chapitre spécial pour le Wurtemberg.) 

Grand-Duché de Bade. 

École grand- ducale d'arboriculture fruitière à Garlsruhe, 
ouverte en 1860, réorganisée en 1874- — Enseignement gratuit. 

Président : M. Bach, Inspecteur d'agriculture. 

Il y a des cours de professeurs, d'autres pour les cantonniers de 
routes et de chemins de fer. 

En juillet, un cours de dix jours sur l'entretien du jardin et la 
culture des légumes, des fruits et des fleurs est donné aux femmes 
et aux jeunes filles de la population rurale. 

A l'automne, leçons sur la récolte et la conservation des fruits. 

Age minimum des candidats : 16 ans. 

Institut oenologique de Carlsruhe, à Blankenhornsberg et 
à Mùllheioi. Propriétaire-directeur et professeur : D p Blankenhorn. 

Ecole de vignes ; nomenclature ; classification. — Travaux pra- 
tiques de taille et d'entretien. — Bulletin rendant compte des travaux. 



38 ALLEMAGNE 



Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach. 

École d'arboriculture du grand-duché, à Marienhœhe, près 
Weimar. — Directeur : M. Paalzow. 

Pépinière nationale de Marienhœhe, annexe de l'École d'arbo- 
riculture, en faveur des jeunes gens ayant au moins i5 ans. 

Des leçons pratiques et théoriques leur sont données, à leurs frais, 
sur l'arboriculture fruitière ou d'alignement. 

Éducation des arbres ; procédés de multiplication. 

Les mêmes cours sont répétés aux employés de l'administration 
des Chaussées, de tous grades, sous les auspices de l'État. 

Instructions pratiques sur les vergers et sur les pépinières 
d'État disséminés dans le Grand-Duché (plus d'un tiers des villages 
en possèdent). 

Les leçons, confiées aux instituteurs ou aux habitants de la localité, 
ont déjà fait leurs preuves. 

Verger modèle ou jardin-école, à Berka, sur laWerra, créé avec 
les subsides de l'État, qui en a la surveillance. 

Les meilleures espèces de fruits de dessert, de séchage, de pressoir 
ou de distillation, recommandées par la Société pomologique alle- 
mande, y sont cultivées. 

Une distribution de greffes de ces arbres est faite gratuitement à 
tous les amateurs. 



Grand-Duché de Saxe-Cobourg-Gotha. 

Pépinière et jardin d'essai de la Société d'horticulture de la 
ïhuringe, à Gotha. 

Sur le terrain, le public est admis à expérimenter les machines et 
appareils destinés à la préparation des fruits, pour le séchage, le 
pressurage, la cuisson, la distillation. 

Expositions de légumes, de fruits, de roses et de diverses fleurs. 



Duché d'Anhalt. 

L'École d'horticulture, qui existait à Dessau, a cessé, 



ALLEMAGNE 39 



Principauté de Reuss. 

École d'horticulture et d'arboriculture à Kœstritz, en Thu- 
'inge. — Directeur : D r H. Settegast. 
Institution privée, divisée en trois sections. 



Gouvernement d'Alsace-Lorraine. 

(Voir le chapitre spécial pour /'Alsace-Lorraine, page fî.) 



III. — Sociétés d'horticulture. 

Les Sociétés d'horticulture sont nombreuses en Allemagne. 

Il en est quelques-unes qui ont un caractère général et ne 
manquent pas de ramifications sur le territoire. 

D'autres se groupent en manière de fédération, afin de défendre 
les intérêts communs ou de solliciter les subsides de l'État. 

Une troisième série comprend des groupements ou des sociétés 
plus modestes qui, avec leur liberté, n'en rendent pas moins de 
signalés services aux habitants. 

Les plus importantes sont certainement- les soeiétés générales et 
les associations fédérées ou pomologiques. 



A. — SOCIÉTÉS GÉNÉRALES, 



Société de Pomologie allemande. 

La Société se réunit ordinairement tous les trois ans à l'occasion 
de l'assemblée générale des pomologues allemands ; une exposition 
de fruits vient s'y ajouter. 

Les expositions ont eu lieu : en octobre 1877, à Potsdam ; en 1880, 
à Wurzbourg ; en i883, à Hambourg ; en 1886, à Meinen ; en 1889, à 
Stuttgart ; en 1892, à Breslau. 



4<> ALLEMAGNE 

La Société accepte comme organe le Journal pomologique mensuel 
de M. Fritz Lucas, à Reutlingen, en Wurtemberg. 

M. Fritz Lucas est le secrétaire, et M. Franz Spaeth, Conseiller 
d'agriculture, à Rixdorf, le président. — Le nombre d'adhérents à 
cette grande association pomologique s'élève à quinze cents. 

Société de Viticulture allemande. 

Le 3o septembre 1874» une Société a été fondée à Trêves pour le 
perfectionnement de la culture de la vigne. 

Son but principal est d'étudier la culture de la vigne, la prépa- 
ration du vin et sa conservation en cave. 

La Société poursuit son but en demandant à ses différents membres 
un compte rendu des observations qu'ils peuvent faire ou recueillir 
sur la viticulture et sur la vinification. 

Société des Jardiniers paysagistes. 

Le bureau est composé du Directeur des Jardins Royaux, d'inspec- 
teurs, d'ingénieurs et de jardiniers paysagistes. 

La Société s'occupe, en congrès, des questions relatives à 
l'architecture des parcs et des jardins et des sujets qui s'y rattachent. 

Fédération des Horticulteurs d'Allemagne. 

Siégeant à Steeglitz-Bcrlin et précédemment à Leipzig. 

Par des congrès où les délégués sont invités, et à l'occasion 
d'expositions, on discute les intérêts généraux de l'horticulture et 
des Sociétés en particulier. 



B. — SOCIETES REGIONALES OU LOCALES. 



Royaume de Prusse 



Province de Prusse Orientale, 

Kœnigsberg. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers, agriculteurs, 



ALLEMAGNE 



4i 



Memel. — Société d'horticulture. 
Tilsit. — Société pour l'embellissement des jardins. 
— Union des amateurs des jardins. 



Province de Prusse Occidentale. 

Culm. — Société pour l'embellissement des jardins. 
Dantzig. — Société d'horticulture. 
Flatow. — Société pour l'embellissement des jardins. 
Stargard. — Société pour l'embellissement des jardins. 



Province du Brandebourg. 

Belzig. — Société agricole, horticole et forestière. 
Berlin. — Union pour le progrès de l'agriculture dans les Etats 
prussiens. 

— Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers de Berlin. 

— Union des architectes de jardins et des horticulteurs 

de Berlin et des environs. 

— Société de Pomologie de la Marche. 

— Société de viticulture de l'Allemagne Orientale. 
Charlottenbourg. — Société d'horticulture de Charlottenbourg. 

— Union des jardiniers. 

— Société des horticulteurs de la Marche. 
Cottbus. — Société d'horticulture. 

Crossen-sur-l'Oder. — Société vinicole, pomologique et horticole. 
Eberswalde. — Société d'horticulture Feronia. 
Forst-en-Laus. — Société horticole et agricole. 
Francforï-sur-l'Oder. — Société d'horticulture de Francfort-sur- 

l'Oder et des environs. 
— Société d'horticulture Flora. 

Guben. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers fruitiers et maraîchers. 

— Union des jardiniers. 
Landsberg-sur-le-Weser. — Société d'horticulture. 

— Société d'embellissement. 

Pankow. — Société d'horticulture de Pankow-Schoenhausen,pour 
l'embellissement des jardins, 



42 ALLEMAGNE 

Perleberg. — Société d'horticulture. 
Potsdam. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers de Potsdam. 

— Association horticole Flora. 
Sommerfeld. — Société d'horticulture. 
Spandau. — Société d'horticulture et d'agriculture. 

— Société des horticulteurs et des amateurs de jardins 

du Havelland. 
Steglitz. — Société d'horticulture de Steglitz et ses environs. 
Vietz. — Société d'horticulture de Vietz et des environs. 
Wannsee. — Union des jardiniers Alsen. 
Weissensee. — Société des horticulteurs et des amateurs de jardins 

de Weissensee et ses environs. 
Werder. — Société de pomologie. 
Wittstock. — Société d'horticulture et d'agriculture. 

— Société des rosiéristes allemands. 

Zullïghau. — Société d'horticulture. 



Province de Poméranie. 

Anklam. — Association des horticulteurs et des amateurs. 

— Union des Sociétés horticoles de la Poméranie, à 

Anklam. 
Belgard. — Société d'horticulture. 
Cceslin. — Société centrale d'horticulture la Poméranie orientale. 

— Société d'horticulture pour Cceslin et ses environs. 

Golberg. — Société d'horticulture. 
Demmin. — Société d'horticulture. 
Finkenwalde. — Union des jardiniers. 

Greifswald. — Société d'horticulture de la Poméranie occidentale 
et de Rùgen. 
— Société d'embellissement des jardins. 

Jarmen. — Société d'horticulture. 
Pyriïz. — Société d'embellissement des jardins. 
Stargard. — Société d'horticulture. 
Stettin. — Société d'horticulture. 

Stralsund. — Société d'horticulture pour Stralsund et ses 
environs. 



allemagne 43 

Province de Posen. 

Bromberg. — Société d'embellissement des jardins. 

— Société horticole et fruitière. 

Posen. — Société d'embellissement de la ville de Posen. 
Sciineidemuhl. — Société d'embellissement des jardins. 
Strelno. — Union pomologique. 



Province de Silésie. 

Breslau. — Société centrale des horticulteurs et des amateurs de 
jardins de la Silésie. 

— Section pour les fruits et l'horticulture de la Société 

Silésienne. 

— Union Silésienne des jardiniers. 
Brieg. — Société d'horticulture et d'apiculture. 
Frtbourg. — Société d'horticulture. 

Gœrlitz. — Société d'horticulture delà Haute-Lusace prussienne. 

— Association des horticulteurs de la Haute - Lusace 

prussienne. 
Grunberg. — Société d'horticulture et d'industrie. 
Hirschberg. — Société d'horticulture des Monts-des-Géants. 
Leobschutz. — Société de pomologie et d'horticulture. 
Ltegnitz. — Société d'horticulture. 

— Union des horticulteurs de Liegnitz. 
Lœwenberg. — Union des horticulteurs et des amateurs de jardins. 
Militsch. — Société de pomologie et d'horticulture de Militsch 

et ses environs. 
Neumarkt. — Société de pomologie et d'horticulture du territoire 

de Neumarkt. 
Oppeln. — Société horticole de la Haute-Silésie. 
Ratibor. — Société d'horticulture. 
Schweidnitz. — Société des horticulteurs du territoire de 

Schweidnitz. 
Trebnitz. — Société de pomologie et d'horticulture. 

— Société d'embellissement. 

Ziegenhals. — Société d'encouragement à l'apiculture, la sérici- 
culture, la pomologie et l'horticulture en Silésie. 



44 ALLEMAGNE 



Province de Saxe. 



Aschersleben. — Société d'horticulture et d'agriculture. 
Bleicherode. — Société d'horticulture. 
Burg. — Société d'embellissement des jardius. 
Grossex. — Société pomologique. 
Eilenbourg. — Union des jardiniers. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Eisleben. — Union des jardiniers Hortulania. 
Erfurt. — Société d'horticulture Flora. 

— Union des jardiniers. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Société des fleuristes d'Erfurt. 
Genthin-et-Burg. — Société des horticulteurs et des amateurs du 

district de Jeriehow. 
— Société d'embellissement des jardins. 

Halberstadt. — Société horticole d'Halberstadt, avec section pour 

la pomologie. 
Halle-sur-la-Saale. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers. 

— Union des jardiniers pour Halle et ses 

environs. 
Langensalza. — Société d'horticulture. 
Magdebourg. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers Elbjlora. 

— Union des jardiniers fleuristes pour Magdebourg 

et ses environs. 
Naumbourg-sur-la-Saale. — Union des jardiniers. 
— Société de viticulture. 

Nordhausen. — Société des aides-jardiniers Flora. 
Querfurt. — Société pomologique et horticole de Querfurt et de 

ses environs. 
Stassfurt. — Société d'horticulture pour Stassfurt et ses environs. 
Stendal. — Société pour l'embellissement de la ville de Stendal 

et de ses environs. 
Suhl. — Société d'horticulture. 
Torgau. — Société d'horticulture. 
Unteriiarz. — Société de pomologie. 



ALLEMAGNE \ 



■!•> 



Province de Schleswig-Holstein. 

Alton a. — Union des jardiniers Pomona. 
Flensbourg. — Union des jardiniers de Flensbourg. 

— Société d'embellissement pour Flensbourg et ses 

environs. 
Garding. — Société horticole d'Eiderstedt. 
Heide. — Société horticole de Dithmarsch. 

Itzehoe. — Société d'horticulture pour le territoire de Steinbourg. 
Kiel. — Société centrale de pomologie et d'horticulture du Schles- 
wig-Holstein. 

— Société d'horticulture du Schleswig-Holstein. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Réunion des jardiniers du Schleswig-Holstein. 
Oluesloe. — Société d'embellissement des jardins. 

— Société de pomologie et d'horticulture. 

— Société des jardiniers Germania. 
Wandsbeck. — Société des jardiniers Holsatia. 



Province du Hanovre. 

Blumenthal. — Société d'agriculture et d'horticulture. 
Dannenberg. — Société des cultivateurs de houblon du territoire 

de Dannenberg. 
Eversboukg. — Société d'horticulture d'Eversbourg. 
Gœtïingen. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Viola. 

Société d'horticulture pour la province du Hanovre. 
Hanovre. — Société hanovriennc de pomologie. 

— Union des jardiniers de la ville de Hanovre. 

— Union des jardiniers Flora. 
Hildesheim. — Société d'horticulture. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Leer. — Société d'horticulture. 
Nienbourg-sur-le-AVeser. — Société d'horticulture. 
Osnabruck. — Société d'horticulture. 
Quakenbruck. — Société d'horticulture. 



46 ALLEMAGNE 

Province de Westphalie. 

Bielefeld. — Société d'horticulture. 
Dortmund. — Société d'horticulture. 
Iserlohn. — Société des jardiniers Hortulania. 

— Société d'horticulture. 

Minden. — Société d'horticulture et de lloriculture. 

— Société d'embellissement des jardins. 

Munster. — Société d'horticulture de Munster. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Union des jardiniers Viola. 

— Société des jardiniers indépendants. 
Paderrorn. — Société d'horticulture. 

Soest. — Société d'horticulture. 



Province de Hesse-Nassau. 

Bockexiieim. — Société des jardiniers Flora. 

Gassel. — Société pour le progrès de l'agriculture, de la pomologie 
et de la viticulture dans la région de Gassel. 

— Union des jardiniers de Gassel. 

— Union des jardiniers-fleuristes. 
Eschwege. — Société d'horticulture pour Eschwege. 
Francfort-sur-le-Mein. — Société d'horticulture. 

— Union des jardiniers Hortulania. 

— Société d'essais horticoles. 

— Société d'embellissement des jardins. 
Fulda. — Société d'horticulture. 

Geinseniieim. — Société de pomologie, de viticulture et d'horti- 
culture du Rheingau. 
Gelnhausen. — Société d'horticulture. 
Marbourg. — Société de pomologie et d'horticulture. 
Wiesbaden. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Hedera. 



Provinces Rhénanes. 

Aix-la-Chapelle. — Société des jardiniers Augusta. 
Aix-la-Chapelle et Burtscheid. — « Société d'horticulture. 
B A RM EN. — Société d'horticulture de Barmen. 
— Société d'embellissement de Barmen. 



ALLEMAGNE 47 

ButGEL. — Union pomologique de la commune de Birgel. 
Bonn. — Société d'horticulture. 

Société d'embellissement pour Bonn et ses environs. 

Société des horticulteurs. 

BuiiBAGH. — Société horticole pour Malstatt-Burbach. 
Coblentz. — Société pomologique et horticole. 
Cologne. — Société horticole Flora (montée par actions). 

— Société pour la culture des jardins et la botanique de 

Cologne. 
Société des horticulteurs de Cologne. 

— Société de pomologie pour la ville et les environs. 

— Société d'horticulture de Cologne. 
Dudweiler. — Société d'horticulture. 
Duren. — Société d'horticulture. 

— Société des jardiniers Flora. 
Dusseldorf. — Société d'horticulture. 
Elberfeld. — Société d'embellissement d'Elberfeld. 
Eupen. — Union des jardiniers Flora. 

— Société d'horticulture. 

Gladbach. — Société d'horticulture. 
Godesberg. — Union des jardiniers. 
Heddersdorf. — Société d'horticulture. 
Homberg-sur-le-Rhin. — Société d'horticulture. 
Langenberg. — Union des jardiniers Hortikultur. 
Mehlem. — Société horticole. 

Moers. — Société d'horticulture de la rive gauche du Rhin inférieur. 
Munchen-Gladbagh. — Société d'horticulture. 
Neuwied. — Société d'histoire naturelle, d'horticulture et de 

pomologie. 
Ruhrort. — Société d'horticulture. 
Saarbrugk. — Société d'horticulture de Saarbriick-Saint-Jean et 

des environs. 
Saint-Arnual. — Société d'horticulture et de pomologie. 
Solingen. — Société d'encouragement de la culture des roses dans 

la région. 
Trêves. — Société horticole et pomologique de Trêves. 

— Société allemande des amateurs de roses. 

Vohwinkel. — Société de pomologie de la région. 
Wesel. — Société pomologique du Rhin inférieur. 
\Vetzlar. — Société horticole. 



48 ALLEMAGNE 

Royaume de Bavière. 

(Voir le chapitre spécial pour la Bavière.^) 

Royaume de Saxe. 

Dresde. — Société de pomologie nationale du royaume de Saxe. 

En même temps, la Saxe possède dans ses principaux Cercles ou 
Régions territoriales des associations horticoles pomologiques 
fédérées et d'autres libres. 

Voici d'abord l'indication des localités où résident les Sociétés 
reliées à la Fédération. 

Cercle de Dresde. 

Dipoldiswaldc. — Dresde. — Obères. — Elbthal. — Freiberg. — 
Grossenhain. — Meissen. — Pirna. — Schandau. — Tharandt. 



Cercle de Leipzig. 
Borna. — Dœbeln. — Grimma. — Leipzig. — Riesa. — Rochlitz. 



Cercle de l'Erzgebirge. 

Annaberg. — Auerbaeh. — Flœha. — Glauchau. — Limbach. — 
Marienberg. — Plauen. — Schwarzenberg. — Vallée de la Pleisse. 
— Zwickau. 



Cercle de la Haute-Lusace (Bautzen). 
Bautzen. — Lôbau. — Neukirch. — Kamenz. 



Maintenant, voici le nom des Sociétés d'horticulture et de pomo- 
logie de la Saxe, libres, non fédérées ou centralisées. 



ALLEMAGNE 49 

Cercle de Dresde. 

Dresde. — Flora, Société de botanique et d'horticulture du 
royaume de Saxe. 

— Société d'horticulture Feronia. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

Freiberg. — Société pour la culture des arbres fruitiers et des 

jardins. 
Grossenhain. — Société d'horticulture et des sciences naturelles. 
Pirna. — Société d'horticulture Elbflova. 
— Société des jardiniers. 



Cercle de Leipzig. 

Dœbelx. — Société d'horticulture de Zschopau-Muldenthal. 

Dœlitz. — Société d'horticulture Latania. 

Gohlis. — Société d'horticulture Phœnix. 

Grimma. — Société d'horticulture. 

Leipzig. — Société des horticulteurs allemands. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

— Société des horticulteurs de Leipzig. 

— Société d'horticulture de Connewitz-Leipzig. 
Leipzig-Lindenau. — Société d'horticulture. 
Mittweida. — Société des rosiéristes. 

Riesa. — Société d'horticulture de la Basse-Saxe. 
Wurzex. — Société d'horticulture. 



Cercle de l'Erzgebirge. 

Chemnitz. — Société d'horticulture de l'Erzgebirge. 
Frankenberg. — Société d'horticulture et de culture des arbres 

fruitiers. 
Ortelsdorf. — Société d'horticulture et de culture des arbres 

fruitiers. 
Plauex. — Société d'horticulture et de culture des arbres fruitiers 

du canton de Plauen. 
Schxeeberg. — Société d'horticulture et de culture des arbres 
fruitiers. — Schneeberg, Neustàdtcl et environs. 



po allemagne 

Cercle de la Haute-Lusace. 

Augustusbourg. — Société des amis de la nature d'Augustusbourg- 

Schellenberg et des environs. 
Bautzen. — Société d'horticulture. 
Glauciiau. — Société pour les embellissements. 
-— Société d'horticulture. 

— Société d'arboriculture. 
Grosschœnau. — Société d'arboriculture. 

Waghwitz. — Société cantonale des arbres fruitiers « de la 
vallée de l'Elbe supérieure », àNieder-Poyritz. 
Waldenbourg. — Société pour la culture des arbres fruitiers. 
Zittau. — Société pour la culture des arbres fruitiers et des 
jardins. 

— Société maraîchère (dissoute). 
Zwigkau. — Société d'horticulture. 



Royaume de Wurtemberg. 

(Voir le chapitre spécial pour le Wurtemberg). 

Grand-Duché de Bade. 

Carlsruhe. — Société nationale d'horticulture du Grand-Duché 

de Bade. 
Sociétés adhérentes à la Société nationale : 
Bretten. — Bruchsal. — Eppelheim. — Eppingen. — Gernsbach. 

— Kâferthal. — Carlsruhe. — Lahr. — Mosbach. — Miillheim. — 
Neckargemùnd. — Philippsbourg. — Rappenau. — Schwetzingcn. 

— Sinsheim. — Staufen. — Waldshut. 
Baden-Baden. — Société d'horticulture. 
Carlsruhe. — Société vigneronne allemande. 

Fribourg en Brisgau. — Société d'horticulture pour Fribourg et 

ses environs. 
Lôrbach. — Société d'horticulture. 
Mannheïm. — • Société d'ho'rtiçult'uye Flora. 



ALLEMAGNE 



OI 



Mosbach. — Société d'horticulture. 
Tfouziieim. — Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Hesse. 

Darmstadt. — Société pour les embellissements de la ville de 
Darmstadt. 

— Société d'horticulture Feronia. 

— Société d'horticulture du Grand-Duché de Hesse. 
Mayence. — Société d'horticulture niayençaise pour la province 

de Hesse-llhénane. 
Oefexbach-sur-ee-Meix. — Société d'agriculture et d'horticulture. 



Grand-Duché d'Oldenbourg. 

Lubeck. — Société d'horticulture de la principauté de Lùbeck, et 
sections de Sùsel, Pansdorf, Ahrensbœck. 
Oldenbourg. — Société Oldenbourgeoise pour l'arboriculture et 

l'horticulture. 
Varel. — Société pour les embellissements. 
— Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Brunswick. 

Brlwswick. — Section d'arboriculture fruitière de la Société 
centrale d'agriculture. 

— Section horticole de la Société centrale d'agri- 

culture. 

— Section d'acclimatation de la Société centrale 

d'agriculture. 

— Société d'horticulture Edelweiss. 
AVolfexbuttel. — Société d'horticulture Flora. 



52 ALLEMAGNE 



Grand-Duché de Mecklenbourg-Schwerin. 



Gustrow. — Société d'horticulture. 
Rostock. — Société d'horticulture. 
Tessin. — Société d'horticulture. 



Grand-Duché de Saxe-Weimar-Eisenach 

AroLDA. — Société d'horticulture. 

Burgel. — Société d'horticulture. 

Eisenach. — Société d'horticulture llovtologia. 

Iexa. — Société d'horticulture. 

Nasciiiiausen. — Société d'horticulture de Dornbourg. 

Neustadt. — Société pour les embellissements. 

Weimar. — Société d'horticulture. 



Duché de Cobourg-Gotha, 



COBOURG. 

Cobourg. — Société d'horticulture. 
Gauekstadt. — Société d'arboriculture fruitière. 
Meeder. — Société d'arboriculture. 
Sonnefeld. — Société d'arboriculture. 

Gotha. 

Gotha. — Société d'horticulture de Thuringe. 
Ohrdruf. — Société d'horticulture. 
Waltersiiauskn. — Société d'horticulture. 



ALLEMAGNE 5'3 



Duché de Saxe-Meiningen-Hildburghausen 



Cercle de Meiningen. 

Meïningen. — Société de pomologie et d'horticulture» 

— Société de Marie, société pour les embellissements. 

Wasuxgen. — Société d'horticulture. 



Cercle de Sonneberg. 

Sonneberg. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 



Cercle de Saalfeld. 
Saalfeld. — Société d'horticulture. 



Duché de Saxe-Altenbourg. 

Altenbourg. — Société de pomologie de l'Est. 

— Société d'horticulture. 

— Société d'horticulture Hortulania. 

— Société nationale d'arboriculture fruitière et 

d'horticulture. 



Duché d'Anhalt. 

Bernbourg. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 

Ccethex. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 

Dessau. — Société d'horticulture d'Anhalt. 



ALLEMAGNE 



PRINCIPAUTÉS 

de Schwarzbourg-Sondershausen. 

Arnstadt-en-Thlringe. — Société d'horticulture Flora. 

— Société d'horticulture d'Arnstadt. 

*— Société d'arboriculture fruitière. 



PRINCIPAUTÉS 

de Schwarzbourg-Rudolstadt 

Blankenbourg. — Société pour les embellissements. 
Rudolstadt. — Société d'horticulture. 

— Société pour les embellissements. 



Principauté de ReuSS (ligne Cadette). 
Géra. — Société d'horticulture. 

Villes libres et hanséatiques. 

Hambourg. — Société d'horticulture de Hambourg, Altona et les 
environs. 

— Club des horticulteurs de Hambourg- Altona. 

— Société d'horticulture Horticiiltur. 

— Société des jardiniers de Hambourg et des environs. 
Lubeck. — Société d'horticulture. 

Brème. — Société d'horticulture de Brème et des environs. 

— Société d'horticulture Altmannus. 

— Société bourgeoise d'horticulture. 

— Société d'horticulture Flora, à Hasted. 

— Société d'horticulture du Hollerland, à Obcrneuland, 



ALLEMAGNE 55 



IV. — Jardins botaniques et d'études. 

L'Allemagne compte seize universités complètes et quelques 
académies ; elles ont chacune leur jardin botanique ou d'études. 

Plusieurs grandes villes possèdent un enclos consacré à l'étude 
scientifique des végétaux : Hambourg, Dresde, Francfort, Carlsruhe, 
sont de ce nombre. 

Le plus grand jardin botanique, le mieux distribué, celui de 
Berlin, est doté d'un personnel érudit. Quoiqu'ayant un caractère 
moins mondain que les parcs et les squares de la ville, il n'est pas 
moins visité par les habitants et par les étrangers. 

Breslau, Leipzig, Halle, Heidelberg ont aussi des jardins; l'organi- 
sation en est savamment entendue et suivie. 

Ceux de Bonn, de Kiel, de Kœnigsberg, d'Erlangen, de Fribourg, 
de Marbourg, de Giessen, de Greifswald, de Neustadt méritent 
d'être cités; à la tête de chacun d'eux sont placés un directeur- 
professeur et un inspecteur. 

Tous ces jardins rendent service à la science par l'instruction 
donnée aux jeunes gens, et à l'horticulteur qui vient y étudier les 
plantes, leur nomenclature, leur végétation. 

La jeunesse est d'ailleurs préparée à cet enseignement par les 
jardins annexés aux écoles communales ou professionnelles. 

Des cultures expérimentales organisées à Proskau, à Geisenheim, 
et récemment à Dresde, attirent et intéressent les associations, les 
groupes d'étudiants et le public stationnaire ou nomade. 

D'autres localités se contentent d'un modeste carré pour s'y 
livrer à l'étude des nouveautés horticoles. Il en est qui ajoutent à 
leur budget la vente des multiplications supplémentaires, par 
exemple Darmstadt, — ce qui leur permet d'étendre le champ de 
leurs essais. 

Les parcs paysagers ou urbains, les promenades et les squares se 
sont perfectionnés dans leur caractère et leur ordonnancement. On a 
surtout transformé en jardins publics les anciens remparts et fossés 
de plusieurs villes autrefois fortifiées. 

Le style qui a rendu célèbre Sckell, le prince Pùckler-Muskau, 
Lenné, Meyer, Niepraschk, Jager, etc., s'est sensiblement amélioré 
en s'inspirant des conceptions des grands ingénieurs paysagistes 
français et anglais, tout en conservant une tendance manifeste à 
exagérer la minutie des détails, 



56 ALLEMAGNE 

Francfort, Hambourg, Cologne, Mayence, Hanovre, Hcidelberg, 
Gotha, Weimar, Breslau, Dresde, Leipzig, Eisenach, etc., fournissent 
les preuves de la faveur que les parcs publics ont conquise en Alle- 
magne. 

Actuellement, Berlin dépense près d'un million de francs pour 
ses plantations arbustives, ses parterres de fleurs, ses boulevards 
et ses promenades, occupant une assez vaste superficie. 

Les domaines des souverains confédérés et des personnages de 
marque sont nombreux et curieux à visiter. Les villas sur le Rhin, 
les jardins des villes d'eaux ont un aspect pittoresque ou fleuri et ne 
manquent pas d'égayer le parcours du touriste, qui explore un pays 
souvent monotone et habité par un peuple agricole et travailleur. 

Enfin, nous pouvons citer un fait assez récent, qui prouvera tout 
l'intérêt porté à l'horticulture par l'aristocratie allemande et quelles 
peuvent être les conséquences d'une Exposition publique. 

Pendant l'année 1892, à Garlsruhe, le Grand-Duché de Bade 
célébrait la quarantième année du règne du grand-duc Frédéric; à 
cette occasion, une Exposition internationale d'horticulture eut lieu. 
Tous les jardins étaient en liesse, entre autres le parc du château 
Grand-Ducal, où les Orangers sont plantés en pleine terre dans un 
vaste bâtiment, où la Nymphéacée Victoria regia nage en plein 
bassin du jardin botanique. La Souveraine, le Ministre d'État et le 
Président du Conseil étaient à la tête de la cérémonie. L'horticulture 
y a gagné : i° la session normale des « Amis des Roses» ; 2 un 
congrès tenu par les « Connaisseurs des Conifères » ; 3° une troisième 
réunion provoquée par la Société générale des horticulteurs alle- 
mands ; 4° fondation de la Société de Dendrologie, et 5° un Congrès 
des Rosiéristes fut projeté à Lubeck en i8o3, d'accord avec le cercle 
belge des Rosiéristes d'Anvers. 

Rappelons la grandiose exposition internationale qui eut lieu à 
Hambourg en 1869, ne le cédant en rien aux splendides floralies 
d'Erfurt, ouvertes quatre ans plus tôt. Nous avons gardé le souvenir 
des arcs de triomphe dressés sur les places des deux cités ; et chaque 
rue, chaque maison était décorée de verdure et de fleurs ou pavoisée 
des couleurs nationales de tous les Etats européens qui avaient pris 
part à la fête ! 

A Hambourg, on avait très judicieusement transformé à cette 
occasion en parc accidenté une partie des anciens fossés de la ville ; 
ils ont été conservés depuis et constituent une promenade publique 
des plus pittoresques. 



ALLEMAGNE 



»7 



V. — Production de légumes. 

L'Allemagne a de vastes plaines fertilisées par les engrais et 
les boues de ville on des marais assainis consacrés à la culture 
potagère. 

Les Choux de toute espèce, les Choux-raves, Rutabagas, Choux- 
fleurs et Choux verts, les Radis, les Navets, les Haricots, les 
Chicorées, les Betteraves, les Pois sont «n cultures extensives et 
alimentent les marchés et les usines aux légumes conservés, séchés 
ou salés. Leur étendue peut être évaluée à i5o,ooo hectares. 

La Pomme de terre figure dans tous les districts sous plusieurs 
variétés ménagères, fourragères ou féculières. La statistique de i883 
fixe l'importance de cette culture à 2,907,400 hectares, soit 5,4 % du 
territoire et la production {1249,000,000 de quintaux. Le rendement 
actuel a conservé sa moyenne de 769,14 par hectare. 

L'art du primeuriste reste souvent réservé aux domaines de grands 
seigneurs, parce que les jardiniers marchands ne peuvent soutenir 
la lutte avec les primeurs naturelles de l'Algérie et de l'Italie. 

Le matériel d'exploitation commence à se perfectionner. La ques- 
tion des engrais et des amendements se trouve mieux étudiée. Des 
rapports officiels sont attendus sur ce point à notre Ministère ; car il 
a nommé, cette année, au poste d'attaché technique agricole à Berlin 
un de nos jeunes Ingénieurs agronomes, qui a déjà fréquenté les 
laboratoires allemands, au titre de stagiaire. Espérons que ce paci- 
fique système diplomatique appliqué à l'agriculture et à l'horticulture 
ne tardera pas à s'étendre et à porter ses fruits ! 

La sélection des espèces et variétés maraîchères a été une consé- 
quence forcée du grand commerce de graines, qui s'est créé sur 
quelques points de l'Allemagne ; les centres renommés sont Erfurt, 
le premier à l'ancienneté, puis Quedlinbourg. 

La fortune d'Erfurt a commencé avec Christian Reichardt ; le pays 
reconnaissant lui élevait une statue à l'occasion de l'exposition 
internationale de i865. D'après l'exemple du jardinier agro- 
nome, la plaine de Dreienbrunnen a été entrecoupée de canaux, et 
elle pouvait fournir en i865 trois millions de paquets de Cresson, 
600,000 de Céleri, 5oo,ooo Choux-fleurs, 5oo,ooo Choux-raves, 
100,000 Choux pommés frisés et 12,000 kilog. d'Asperges. 

Il paraît que, déjà, au temps de Luther, la culture potagère était 
en vogue à Erfurt ; le Raifort parfumé était dirigé vers la Russie 
où il combattait le scorbut. Il y a deux cents ans, la graine de Chou- 



58 ' ALLEMAGNE 

fleur arrivait de Chypre, d'Angleterre ou de Hollande ; mais, 
pendant l'année 1862, certains établissements erfurtains vendaient à 
leur tour chacun 5oo kilogr. de semences de cette espèce recherchée, 
et la grande vitesse expédiait cent mille kilogr. de belles pommes 
blanches de Choux-fleurs. Erfurt compte actuellement 200 hectares 
de potagers, dont la moitié est consacrée à cette race recherchée. 

Le Chou-fleur a gagné Zerbst ; le Chou blanc, Magdebourg et 
Schweinfurt ; le Chou frisé, Ulm, tandis que le Concombre et le 
Raifort se concentrent à Lirebbenau. — L'usine à conserves attire 
l'Asperge, les Pois et les Haricots autour d'elle ; le Hanovre, la Hesse, 
Bade, la Saxe, le territoire de Lubeck et l'Alsace en profitent. 
Brunswick fournit quatre millions de kilogrammes d'Asperges, dont 
les trois quarts aux usines ; ici l'industrie des conserves d'Asperges 
occupe jusqu'à i,5oo ouvrières. 

Les plantes maraîchères fourmillent, pour ainsi dire, dans les 
champs d'épandage de Berlin ; elles s'étendent sur 7,600 hectares. Les 
terrains dits à légumes produisent par hectare jusqu'à 18,000 kilogr. 
de Choux rouges et de Choux blancs. Les eaux-vannes de Breslau, 
de Dantzig et de Fribourg-en-Brisgau ont pareil succès. 

Par une conséquence des guerres qui, hélas ! désolent trop souvent 
les nations, les variétés de Pommes de terre cultivées en Silésie ont 
été propagées dans les pays riverains de la Prusse, comme certaines 
Graminées à fourrages, d'origine germanique, se sont ressemées 
autour de Sadowa et dans la vallée de la Loire, après 1866 et 1870. 
Une véritable Flore obsidionale ! 

Le va-et-vient des productions maraîchères en Allemagne a son 
importance aux douanes. En 1891, les territoires allemands ont 
exporté 44o,436 kilog. de légumes; 68,654 kilog. ont franchi nos 
frontières. 

En 1892, l'exportation baisse à 211,342 kilog., et notre destination 
s'arrête à 4^,074 kilog. 

L'importation de légumes en Allemagne a moins varié. En 189T, 
elle se chiffre par 517,670 kilog., dont 12,950 kilog. à notre crédit. 
L'année suivante, la statistique accuse 667,816 kilog. de légumes 
importés chez nos voisins, soit une valeur de 9,i33,75o francs; un 
dixième environ est de provenance française. 

Un tableau de la production potagère en Allemagne, dressé par 
un consul général de France et transmis à notre Ministère de 
l'Agriculture, classe de la façon suivante les provinces qui s'adon- 
nent à cette culture, en tenant compte de la surface territoriale et de 
la densité de la population. 

En première ligne, le Schleswig-Holstcin, puis le Hanovre, 



ALLEMAGNE 5o, 

La Poméranie vient après, suivie de la Prusse orientale, de 
la Prusse occidentale, de la Westphalie, des provinces du Rhin. 

Au troisième rang s'échelonnent la Hesse-Nassau, la Saxe, la 
Poméranie. 

Enfin le Brandebourg, le Hohenzollern, la Silésie. 



VI. — Production de fruits. 

Vu à vol d'oiseau, le territoire allemand ressemble à un immense 
verger disséminé par massifs compacts ou par oasis au milieu des 
champs, se reliant tous par des rubans liserés de verdure, qui sont 
les routes fruitières. Quel joli coup d'œil lors de la floraison ! 

Quelles richesses emmagasinées à la récolte ! 

Le Gouvernement, les administrations publiques et les Sociétés 
ont bien raison d'encourager les plantations d'arbres fruitiers par 
des subsides en argent, des distributions de plants, des conseils 
gratuits, et en prêchant d'exemple , car la production fruitière, 
quoique considérable, ne suffit pas à la consommation directe ni aux 
usines de séchage, de confiturerie ou de distillation. 

L'initiative de l'État, ses circulaires relatives aux plantations 
routières, et les conférences pratiques données jusque dans le 
moindre village, ont provoqué la création de vergers à la ferme 
ou en pleine campagne. 

La préparation des fruits joue un grand rôle dans l'économie 
rurale de ce pays. 

On nous assure que l'Allemagne vend à l'extérieur pour douze 
millions de francs de Poires, de Pommes, de Prunes, de Cerises, de 
Pêches et d'Abricots ; mais elle en achète pour vingt millions de 
francs, non compris les importations d'oranges et les arrivages des 
bords de la Méditerranée ou de l'Adriatique. 

La culture fruitière forme une partie de l'exploitation agricole des 
régions Sud-Ouest. Elle est très répandue dans le Centre et le Nord, 
en plein champ ou au jardin ; elle domine au Sud et à l'Ouest. 

La Hesse-Nassau, très riche en fruits et en légumes, surnommée 
« le Verger de l'Allemagne », récolte 112,000 quintaux de fruits, très 
jolis d'aspect et fins de qualité, sous le climat du Rhin. 

En Saxe, à l'ouest de Dresde, l'année fertile de 1891 a donné 
63,546 quintaux de fruits variés. 



6o ALLEMAGNE 

Le Prunier se rencontre un peu partout ; — à lui seul, le territoire 
de la Hesse en compte trois millions de sujets. 

Au pays de Souabe, le Prunier est l'arbre de fond des plantations 
de route et des places publiques. 

Les provinces du Nord et de l'Est fournissent des fruits excellents, 
par exemple le Schleswig-Holstein, la Silésie, la Prusse Orientale, 
le Hanovre, le Brunswick. 

L'Altelan, dans le Hanovre, près de l'embouchure de l'Elbe, ayant 
14,000 hectares de superficie, est célèbre pour sa production de 
fruits ; de ses 4 00 > 000 arbres fruitiers, il expédie à Hambourg, 
en Angleterre et à Berlin, des fruits à pépin ou à noyau pour une 
somme de deux millions de francs. 

Werder, près de Berlin, vend 5o,ooo quintaux de fruits et parti- 
culièrement de Cerises. Des commissionnaires achètent sur place et 
expédient dans les grandes villes de l'Angleterre, de l'Allemagne et 
de la Russie. 

Guben, de la province de Brandebourg, produit 3o,ooo quintaux de 
fruits ; on cite des Cerisiers qui ont rapporté de cent à cent 
cinquante francs de cerises. 

Prenons un exemple de la prospérité des plantations fruitières sur 
les grandes voies publiques. 

Les routes nationales, en Saxe, sont bordées d'arbres fruitiers, et 
la vente des fruits que produisent ces plantations apporte aux 
recettes de l'Etat un contingent qui, pour la période des treize 
dernières années, représente une somme de 1,431,292 marks ou 
de 1,789,115 francs. La quotité annuelle du revenu n'est pas cons- 
tante et varie nécessairement avec les saisons favorables ou défavo- 
rables à la fructification ; mais, en somme, elle est plutôt en a oie 
d'accroissement, ainsi qu'en témoigne le tableau que nous repro- 
duisons d'après la statistique officielle : 

Années fr. c. ï886 109.780 » 

1880 4 1 - 776 25 1887 III. 006 25 

1881 117.66875 1888 I06.425 » 

1882 112. 618 75 1889 177.398 75 

i883 i4o.568 75 1890 188 278 75 

1884 i32 . 026 25 1891 2o3 . 091 25 

i885 142 842 5o 1892 2o5 . 753 75 

L'entraînement s'est manifesté dans tous les rangs de la population. 

L'Etat et les administrations recommandent les plantations, qui 
fructifient librement sous la surveillance d'un personnel spécial. 
Le grand propriétaire, de son côté, se plaît à orner sa demeure 
d'un jardin fruitier composé d'arbres taillés et abrités, Il en est de 



ALLEMAGNE 6l 

fort beaux qui révèlent la main d'arboriculteurs français qui, eux- 
mêmes, ont fait des prosélytes et des élèves. 

En même temps que l'exploitation des arbres à tout vent, la 
culture et l'éducation des arbres tout dressés et formés se sont déve- 
loppés dans les pépinières commerciales. 

Il en résulte que, sous l'abri protecteur des avenues à grand ren- 
dement, de nombreux jardins fruitiers se sont créés ou perfectionnés, 
et les expositions ou les ouvrages pomologiques aidant, la produc- 
tion du jardin soumis à la taille a procuré à la consommation nos 
fins Beurrés et Doyennés, nos excellentes Reinettes et Calvilles, nos 
prunes Reine-Claude exquises et nos Mirabelles parfumées. 

En parcourant la Pomone allemande, nous trouvons beaucoup de 
fruits à deux fins ou d'économie rurale et ménagère. 

Les Poires suivantes, propres à divers usages, sont classées dans 
leur ordre de maturité : 

Rœmische Schmalzbirne, fruit pour compotes et séchage : 

Kuhfuss, pour cuisson, sirops et séchage ; 

Zimmtfarbige Schmalzbirne, à compotes, sirops et séchons ; 

Ochsenherzbirne, pour compotes, sirops, séchage ; 

Senibirne, pour cuire, sécher, confire ; se colore à la cuisson; 

"Wittenberger Glockenbirne, poire à cuire ou à sécher; 

Kamper Venus, pour cuisson et pâtisseries ; chair rouge ; 

Yeldenzerbirne, fruit à sécher, à cuire et pour cidre ; 

Spitzbirne et Grosse Glasbirne, fruits pour séchage et boisson; 

Scknackenburger Winterbirne, pour la cuisson ; chair rouge ; 

Baronsbirne, se colore au feu comme la précédente. 

La Pomme « à tout faire,» dispersée de l'Est à l'Ouest, se distingue 
sous les noms ci-après : 

Nikitaer streifling, fruit juteux et acidulé ; 

Luiken, fruit recherché pour le cidre, la cuisine et le séchage ; 

Kleiner Langstiel, de pressoir et de séchage ; plantation routière ; 

Kleiner Fleiner, fruit acidulé, pour cuire et pour cidre ; 

Rheinischer Krummstiel, pour la cuisine et la cuve ; 

De Bohémien (de Bade et de Wurtemberg), pour cuisson et cidre ; 

Grauer Kurzstiel, pomme de cuisine ou de pressoir ; 

Winter Bredeke (de Hanovre), fruit robuste, à cuire et pour cidre ; 

Brauner Matapfel, pour cuisson et cidre ; 

Wciser Wcinapfel, pour séchage et boisson ; 

Zwiebelborsdorfer, pomme des plus populaires au séchage ; 

Grosscr Bohnapfel, pour séchage, cuisson et pressoir; 

Apfel von Ulzeu, pour diverses préparations ménagères; 

Puïpurrother Cousinot, acidulé, fruit de marché ; 



6'2 ALLEMAGNE 

Gubener Warraschke, pomme pour la cuisine et pour la cuve ; 

Sulinger Grùnling, fruit robuste, à deux fins ; 

Rother Eiserapfel, spécialement à cidre ; arbre élevé ; 
. Rother Trierscher Weinapfcl, première qualité pour cidre ; arbre 
de route. Il s'agit ici du Pommier «Rouge de Trêves», au port érigé, 
recommandé par les administrations des Travaux publics ; son fruit 
brave les tempêtes et se prête au séchage. 

La Cerise, dans ses espèces robustes aux climats moyens ou froids, 
nous procure : 

L'Amarelle Royale, cerise pour confire et pour sécher ; 

Le Rigarreau blanc de Winkler, dont le fruit séché et « désossé », 
fait concurrence au raisin de Corinthe ; 

Le Rigarreau de Fromm, fruit noir, pour cuisson et séchage ; 

Le Rigarreau de Krïiger, fruit noir, pour confitures et « prunelles»; 

La Guigne Lucien, beau et bon fruit rouge clair pour tous usages ; 

La Griotte d'Ostheim, à confire et à sécher; 

La Griotte de Frauendorf, pour tous usages ; 

La Griotte de Kleparow, cerise à ratafia ; 

La Griotte Welser, à confire et à sécher ; 

La Griotte du Nord, à confire ; arbre robuste aux grands hivers. 

Quant aux Prunes qui, dans leur ensemble (22 millions de quin- 
taux), constituent une production égale aux Poires et aux Pommes 
réunies, l'espèce dominante et traditionnelle dans les plantations 
homogènes, c'est la Quetsche, la Prune nationale d'Outre-Rhin. 

Les variétés Quetsche hâtive de Wangenheim et Hâtive d'Essling 
y supportent les climats les plus rudes. 

Quelques espèces locales, à pruneaux, ont été adoptées. 

La Poire à cidre produit des types spéciaux qui se dispersent sur 
les routes et dans les exploitations rurales ; telles sont : 

Retzelsbirne, boisson de longue durée ; 

Champagner Rratbirne, aujus pétillant comme le vin de Champagne ; 

De Weiler, arbre robuste, vigoureux, bon cidre ; 

Eisgriiber Mostbirne, arbre rustique au froid, cidre agréable ; 

Gelbe Wadelbirnc, fruit allongé, au jus abondant ; 

Knausbirne, à sécher et pour cidre ; 

Pomeranzenbirnc vom Zabergau, cidre de longue conservation ; 

Sievenicher Mostbirne, juteux, acre, à cidre ; 

Wildling von Einsiedel, bon poiré comparé au vin mousseux ; 

Wolfsbirne, jus clarifiant les vins devenus lourds. 

Le poiré est plus recherché sur la rive droite du Rhin, sans doute 
pour les combinaisons destinées à suppléer à Onsuilisuiice. du vin. 

Le Raisin est légendaire sur les coteaux du .Rhin. Le. Nassau et 



ALLEMAGNE G3 

plusieurs provinces rhénanes vivent du cépage Riesling. Le Chasselas 
se plait dans les hautes vallées du lleuve, de Bàle à Carlsruhe, où il 
porte le nom de « Gut-Edel » ; il est très recherché du gourmet 
et du négociant. D'ailleurs, le Rheingau a vu s'installer des forceries 
de vignes, façon belge ou anglaise, pour l'approvisionnement des 
grandes cités allemandes. 

Les Noisetiers, les Néfliers, les Cognassiers sont bien répandus, 
le plus souvent en bordures de parcelles. 

La Groseille à grappes est exploitée sur plusieurs points, par 
exemple à Werder, près de Potsdam ; avec les Cerises, elle a contri- 
bué à l'augmentation de la plus value des terrains. 
Des faits d'expropriation l'ont prouvé. 

Les jardiniers et les paysans se livrent à cette culture ; on fabrique 
beaucoup de vins de Groseilles dans les pays allemands. 

Les Framboises, appréciées par leur emploi dans l'industrie des 
jus, se récoltent dans les jardins ou en plein champ. 

La Fraise enrichit de vastes plaines assainies, aussi bien que les 
jardins maraîchers ; la grande culture s'en est emparée. 

Les Vierlandes, près de Hambourg, ont été célèbres en tout temps 
pour la culture des Fraises. Il en arrive, à Hambourg, de gros 
approvisionnements conduits par des habitants portant le costume 
pittoresque de leur province. 

Non loin de Dresde, à Kœtzschenbroda, il se tient une bourse de 
Fraises. De là, en 1890, on a expédié par chemin de fer 40,000 kilog. 
de ce petit « fruit rouge »; autant, en 1891, ont été dirigés vers 
Berlin et Leipzig, et par terre, vers Dresde. 

L'Airelle Myrtille, broussaille sous-frutescente qui garnit les 
clairières des bois et des taillis, fournit, ainsi que la Ronce, une 
baie utilisée dans la fabrique des sirops destinés à la préparation 
de boissons de table, de confiseries, de compotes. 

Une maison de Francfort qui pressait, en 1882, déjà 2,000 kilog. de 
Myrtille, la Brimbelle des Vosges, utilisait l'année dernière, c'est-à- 
dire dix ans après, la quantité incroyable de i56,ooo kilog. 

La Cranbcrry américaine, Oxycoccos, plus riche en pectine, 
commençait à être exploitée dans les marécages desséchés ou irri- 
gués ; elle s'est retirée dans les jardins d'essai ou de collection. 

'Partout, maintenant, se montent des usines à vins de fruits. Les 
principales sont à Berlin, à Guben, à Grùnberg, à Francfort-sur-le- 
Mein. Cette dernière ville a la spécialité des Cidres pour l'expor- 
tation. Chaque année* il entre dans ses brasseries de province ou 
cidreries à peu près 35o, 000 quintaux de fruits ; il en sort 4 ao > 000 ■ 
hectolitres de Cidre. ; ... 



64 ALLEMAGNE 

Pendant dix années (1880-1889), l'importation des fruits dans 
l'Empire allemand a été, en moyenne, de 600,000 quintaux. 

L'exportation s'est limitée à 25o,ooo quintaux. 

Le séchage des fruits, si lucratif au fariner américain, commence à 
s'implanter à la ferme d'Outre-Rhin. La période décennale précitée 
donne à l'importation allemande, par année, 260,000 quintaux de 
fruits sécliés ou confits, estimés 60 francs le quintal, et l'expor- 
tation seulement 4,5oo quintaux. Quoiqu'étant reconnus de qualité 
inférieure, ils n'en sont pas moins devenus une concurrence aux 
fruits français et américains sur les marchés de la Russie. 

En ce moment, on étudie les procédés de fabrication et le perfec- 
tionnement du matériel. 

L'emploi des appareils de séchage réduira sensiblement les achats 
à l'extérieur de fruits passés au feu, entiers ou par tranches. Un 
certain nombre de séchoirs et d'étuves à fruits sont essayés dans les 
différentes provinces allemandes ; tout fait espérer que le cultivateur 
saura en apprécier les avantages, d'autant plus que le Gouvernement 
allemand a compris les fruits séchés au chapitre de l'approvisionne- 
ment des troupes de terre et de mer. 



VII. — Établissements commerciaux. 

Le recensement fait au I er janvier 1892, avec le concours des Sociétés 
locales, nous renseignera sur le nombre d'établissements horticoles 
de l'Allemagne. 

Berlin et sa banlieue, jusqu'à Potsdam inclus, déclarent 800 éta- 
blissements, cultivant une superficie de 2,600 hectares ; la ville de 
Berlin figure pour i38 maisons et 280 hectares de jardins, et pour 
4oo maisons et magasins de graines, fleurs et bouquets, en ville. 

Hambourg-Altona et environs possèdent actuellement, en chiffres 
ronds, 200 établissements. 

Francfort et environs 140 Stuttgart ^G 

Breslau 60 Carlsruhc 38 

Munich n5 

Le royaume de Saxe compte i,9o3 établissements, occasionnant un 
salaire de 2,280,000 francs; sur ce nombre, la capitainerie de Leipzig 
en possède 279; celle de Dresde, 809. 

Leipzig et son voisinage ont, sur uue surface de 260 hectares, 
i85 établissements occupant i,5oo ouvriers. 

Les cultures sous verre d'arbustes et de plantes y dominent. 



ALLEMAGNE 65 

Le Cercle de la ville d'Erfurt a 72 horticulteurs travaillant sur 
732 hectares; quatre d'entre eux ont plus de 5o hectares, et dix, 
plus de 10 hectares, particulièrement consacrés à la production des 
semences llorales ou potagères. 

La banlieue d'Erfurt compte 16 établissements couvrant 66 hectares. 

Quedlinbourg possède de plus vastes exploitations, parce que l'on 
y cultive en même temps la Betterave à sucre. 

Nous reviendrons, page 68, sur la production des semences. 

D'après la statistique du 5 juin 1882, le nombre des établissements 
horticoles, y compris les pépinières et les maisons de commerce 
de fleurs de l' Allemagne, s élevait à 17,700, parmi lesquels on comptait 
16,000 maisons exclusivement consacrées à l'horticulture. 

On estime à 43,900 le nombre des personnes qui y étaient employées. 

Les établissements se trouvaient ainsi répartis, en chiffres exacts : 

Prusse . , 11. 323 Bade 670 

Bavière 757 Hesse 325 

Royaume de Saxe 1 . 465 Hambourg 356 

Royaume de Wurtemberg 702 Alsace-Lorraine 602 

Cette étude prétend que le nombre proportionnel de personnes 
occupées dans le jardinage, sur 10,000 habitants, pourrait être établi 
à peu près sur cette base : 

Allemagne 9 Bavière 3 

Prusse 10 Royaume de Saxe i4 

Province de Brandebourg, y Capitainerie de Dresde ... 21 

compris Berlin i3 Capitainerie de Leipzig. . . 20 

Province de Saxe 32 Wurtemberg. 7 

Schleswig-Holstein i4 Bade - 6 

Hesse-Nassau 11 Hambourg 19 

En dix années, ces chiffres ont pris une plus grande importance. 

ASSURANCES CONTRE LA GRÊLE. 

Un système d'assurances contre la grêle fonctionne pour les 
horticulteurs, principalement de l'Allemagne du Nord et du Centre. 

Au I er janvier 1892, la « Compagnie allemande d'assurances contre 
la grêle » comptait 5,264 opérations, représentant une valeur de 
8,472,000 francs. 

La prime annuelle produisait un total de i3o,366 francs. 

L'Allemagne du Sud, plus exposée aux orages, est cependant moins 
bien traitée par la Compagnie. 

Erfurt et Quedlinbourg, pays rarement sinistrés, ne sont pas 
assurés. 

5 



66 ALLEMAGNE 

IMPORTATION ET EXPORTATION. 

La production et le commerce des végétaux vivants : Arbres et 
Arbustes, Plantes, Ognons à fleurs, Dahlias, Muguets ont fourni, 
en 1891 : 

i° Une importation de 57,000 quintaux évalués 4,55o,ooo francs. 

2 Une exportation de 3o,ooo quintaux évalués 2,85o,ooo francs. 



PÉPINIÈRES. 

Les pépinières allemandes se sont développées, et quelques-unes 
atteignent une étendue considérable ; ainsi la maison Spath, fondée 
en 1720, exploite à Rixdorf, près de Berlin, 160 hectares de pépinières 
fruitières, forestières ou d'ornement, et occupe 35o ouvriers. 

Quelques établissements envoient des explorateurs aux États-Unis, 
au Canada, au Caucase et au Japon, pour y rechercher des espèces iné- 
dites, mais robustes au climat de l'Europe Centrale ou Septentrionale. 

Les principales pépinières sont installées sur les territoires de 
Rixdorf, Nieder-Schœnweide, Berlin, Lubeck, Trêves, Bergedorf, 
Hambourg, Zœschen-Mersebourg, Weener en Ostfriesland, Kamenz 
et Dresde (Saxe), Celle (Hanovre), Hofheim, Ehrenfeld- Cologne, 
Praust-Dantzig, Gelnhaussen, Stralsund ; et non loin de la capitale : 
Biesenthal, Lorberg, Marienfelde, Steglitz, Tempelhof, Treptow. 

Les plantations routières en arbres fruitiers ont provoqué la 
multiplication de variétés propres à cet usage. 

Les pépinières cultivent des arbres d'ornement, des conifères, des 
arbrisseaux, des plants forestiers et beaucoup d'arbres à fruits de 
table, de pressoir, de séchage ou de distillation. 

Dans les localités froides de l'Allemagne, le bouturage et le 
greffage de jeunes plants se pratiquent à la maison, pendant l'hiver. 

La greffe des Groseilliers à grappes ou à maquereau, sur tige de 
Ribes aureum, est une spécialité chez quelques horticulteurs. 

La culture des Rosiers s'est fixée en se localisant, et elle a atteint 
Un développement extraordinaire. 

Les plus grands établissements de rosiéristes sont à Trêves, à 
Steinfurth-Nauheim, à Hambourg, à Lubeck, à Dresde, à Koestritz, 
à Nieder-Walluf, à Rixdorf, à Potsdam, à Schœnweide, à Berlin, à 
Ërfurt, à Genthin, à Unna, à Wiesbaden, à Augsbourg, etc. Les 
nouveautés proviennent surtout de la France, de l'Angleterre, des 
Etats-Unis ; quelques-unes, de l'Allemagne et du Luxembourg. 

Le greffage du Rosier se fait sur tiges ou sur racines. Les plantes 
destinées au forçage sont hivernées en cave, dans les localités très 
froides; les autres sujets, d'espèce robuste, restent en pleine terre* 



ALLEMAGNE 67 

Tous les établissements de pépinières sont bien tenus. Il y a d'an- 
ciennes maisons qui se sont succédé de père en fils. 

La culture du sol se fait en bonnes conditions ; les transports sont 
facilités par l'administration. 

Presque tous les jardiniers font partie de la Société de prévoyance 
qui, moyennant une redevance mensuelle d'un mark et demi, assure 
aux titulaires, en cas de maladie, une indemnité journalière de 
3 marks (3 fr. jo). 

Le personnel fixe ou libre est moins coûteux qu'en France. Parmi 
les chefs de culture, les uns ont suivi les conférences publiques, 
d'autres sont d'anciens élèves des Écoles d'horticulture. 

Beaucoup de jeunes gens voyagent d'un établissement à un autre 
pour mieux s'instruire. Une fois leur service militaire accompli, 
quelques-uns émigrent vers l'Amérique, où déjà la population alle- 
mande constitue un effectif relativement prodigieux ; un plus grand 
nombre d'entre eux revient au pays, après un stage chez les Anglais, 
les Belges ou les Français. 



FLORICULTURE. 

Tandis qu'autrefois chaque horticulteur cultivait une collection 
de toutes plantes variées, aujourd'hui, seuls, les petits jardiniers 
qui vendent sur les marchés conservent cette méthode hétérogène, et 
les établissements en renom prennent chacun leur spécialité de 
plantes à beau feuillage ou à fleurs, de serre ou de pleine terre ; le 
producteur y gagne, l'amateur aussi. 

La fleur « coupée » pour bouquets et parures, figure au tableau 
de l'exportation de 1891 pour 2,65o quintaux évalués 760,000 francs ; 
mais elle arrive de l'Autriche (Trieste), de l'Italie, de la Suisse et de 
la France, par i6,55o quintaux évalués 3,6oo,ooo francs. 

Plantes de Serre. 

Dans ces dernières années, les Orchidées ont eu la préférence des 
amateurs. Leur culture pour la vente se fait principalement à Berlin, 
à Hambourg, à Breslau, à Brieg, à Erfurt, à Bonn, à Wiesbaden, etc. 

Les jardins botaniques et de nombreux jardins particuliers 
possèdent de remarquables collections d'Orchidées. 

Les Palmiers et les plantes à feuillage, de serre chaude ou de serre 
froide, sont, en beaucoup d'endroits, l'objet principal de la culture 
et de l'exportation ; tels sont : Leipzig, Dresde, Leisnig (Saxe), Alten- 
bourg, Hambourg, Berlin, Mayence, Darmstadt, etc, 



68 ALLEMAGNE 

La culture des Azalées, des Camellias, des Rhododendrons et aussi 
des Bruyères est depuis longtemps l'apanage de Dresde, où l'on 
cultive au moins un million et demi d'Azalées, 800,000 Camellias, 
200,000 Rhododendrons, par bouture, greffe ou marcotte. 

La culture des Cyclamens est devenue d'une grande importance. 

Le Dracœna, le Ficus, FAralia se fabriquent par centaines de mille. 

On cultive beaucoup de plantes destinées à meubler les corbeilles 
et les plate-bandes du jardin : Pélargoniums, Fuchsias, Bégonias, 
Œillets, Cannas, Pétunias, Verveines. Les espèces dites du Cap et 
de la Nouvelle-Hollande et les plantes variées ou d'assortiment, sans 
être par collections de genres, se trouvent à Stuttgart, à Carlsruhe, 
à Neu-Ulm, à Munich, à Baden-Baden, à Mannheim, à Francfort- 
sur-le-Mein, à Cassel, aussi en Saxonie, à Herrenhut, etc., et à 
Erfurt, qui possède la plus forte maison de production. 

Les Cycas sont tenus en serre pour la vente des palmes. 

Les cérémonies de famille et le champ du repos offrent un grand 
débouché au commerce des plantes. 

Plantes de pleine terre. — Plantes d'été. 

Les Reines-Marguerites, les Giroflées, les Résédas, les Pétunias, 
les Phlox, etc., dont la culture se fait à Erfurt et à Quedlinbourg, 
sont classés par espèces et par variétés sur des superficies immenses. 
A l'époque de la floraison, le coup d'œil est ravissant. 

Les Pensées y sont aussi cultivées, de même qu'à Oschersleben, à 
Lùnebourg, etc. 

L'exploitation du Dahlia ou Georgina se pratique en grand à 
Erfurt, Koestritz, Zerbst, Nordhausen, Arnstadt, Stuttgart, Berlin, 
Elbing, etc. 

Les rhizomes de Muguet vont, par 100,000 kilog., en Angleterre et 
aux Etats-Unis, alimenter les forceries. 



SEMENCES. 

Graines de Légumes et de Fleurs. 

L'exploitation .des graines florales ou maraîchères a suscité la 
création de maisons de commerce, qui cultivent elles-mêmes et 
accaparent les produits des petits cultivateurs. 

Cette industrie de la province de Saxe, concentrée d'abord à 
Erfurt, sur la Géra, s'est étendue à Quedlinbourg, sur la Bode. 

La ville d'Erfurt s'appelait, au Moyen- Age, le Jardinier du 
Saint-Empire ; mais on se bornait au Chou-fleur, au Cresson, etc. 



ALLEMAGNE 69 

Ce n'est que vers le milieu du siècle dernier qu'on a commencé 
le commerce des graines ; Henri Platz cite, dans son Catalogue de 
1788, une liste de i,355 sortes de graines de fleurs. 

Actuellement, la culture totale est si étendue, que plus de 5oo hec- 
tares servent exclusivement à la production de graines de fleurs. 
Environ 200,000 mètres carrés sont sous verre exprès pour elles. 
(Voir pages 5y et 65.) 

On élève près d'un million de pots de Giroflées contenant chacun 
de sept à neuf plantes, cent mille pots d'Œillets, cent cinquante 
mille Violiers. — Quatre mille personnes y sont occupées et, par an, 
on envoie deux millions de catalogues. 

Un établissement renommé produit cent mille Giroflées, trente 
mille Primevères et vingt mille Pétunias ; il utilise six mille châssis, 
couvrant une superficie de 9,000 mètres carrés. 

Le nombre des espèces et variétés cultivées est tel, que le Catalogue 
commercial d'une maison porte 14,000 numéros. 

A côté des Reines-Marguerites, des Balsamines, des Phlox et des 
Quarantaines, la fleur séchée, qui est exportée pour les bouquets et 
l'ornementation d'hiver, a ses points de repère et ses ateliers. 

Un cultivateur se concentre sur vingt hectares d'Immortelles. 

Certains exploitants ont les Graminées dans leur lot. 

Le matériel de culture ou de préparation des graines est soigné. 

Les grandes maisons, pour lesquelles travaillent des cultivateurs 
attitrés, ont des succursales ou des tenanciers dans la Provence et 
l'Algérie pour les espèces à maturation plus difficile. 

Erfurt cultive aussi des plantes de serre ou d'appartement. Elle a 
vu naître le Cinéraire à fleurs doubles. 

Quedlinbourg, par contre, s'est adonnée à la grande culture des 
«graines de jardins », sans abandonner l'agriculture. La production 
de semences potagères date de 1840 et fut fondée par Martin Grashoff. 

Les bénéfices de la culture quedlinbourgeoise sont tels, la 
bonne réputation justifiée aidant, que des fortunes se sont bâties 
sur cette industrie; à ce point, que l'un des chefs d'une maison, 
qui était l'enfant de ses œuvres, léguait en mourant — il y a de cela 
quelques années — près d'un million de francs pour encourager 
et réc ompenser les ouvriers du pays et les jeunes gens laborieux qui 
se destinent à la culture. 

Quedlinbourg possède le plus grand territoire urbain des villes de 
l'Etat prussien : 8,6^5 hectares ; presque tout ce terrain est consacré 
à l'exploitation des plantes fournissant des graines destinées aux 
cultivateurs agronomes ou jardiniers. 

Les champs consacrés aux semences de Betteraves sucrières et de 



JO ALLEMAGNE 

Blé en absorbent la plus grande partie; cependant cet espace ne 
suffît pas, et beaucoup de terres sont louées en plus. 

Une seule maison travaille sur 2,700 hectares de terres, et fait 
cultiver au dehors plus de 4>5oo hectares de graines sous un contrôle 
sévère, en procurant elle-même la semence. Elle exploite ainsi ; 
900 hectares de Blé ; 
600 — de Betteraves ; 
i5o — de Pois ; 
95 — de Haricots; 
75 — de Salades et d'Ognons ; 
Nous trouvons ensuite : 

i5 hectares de Cornichons ; 
3o — de Reines-Marguerites ; 
18 — de Résédas ; 
5 — de Phlox de Drummond. 
Ces cultures sont en pleine terre ; à son tour, la poterie retient 
pour graines, environ : 

390,000 Giroflées ; 
36, 000 Violiers ; 
i5,ooo Cinéraires ; 

5,ooo Calcéolaires ; 
80,000 Primevères de Chine. 
Le personnel comprend : 240 jardiniers, 3o apprentis, 1,800 ouvriers 
des deux sexes. 

Un second établissement fait valoir par lui-même 85o hectares, 
et 825 au dehors ; il occupe 70 jardiniers et 55o manœuvres. 

Un troisième cultive 4^° hectares, avec 55 jardiniers et 200 
manœuvres. 

Au total : Quedlinbourg et ses environs comptent 4° jardiniers 
horticulteurs cultivant : trois, plus de 25o hectares ; cinq autres, de 
25 hectares à 1 hectare 1/4 ; et les autres, moins de 1 hectare 1/4. 

L'émigration, qui lance avec tant de succès ses griffes en Allemagne, 
ne doit pas trouver clientèle à Erfurt ni à Quedlinbourg. 

La production des graines a gagné Aschersleben, Eisleben, 
Halberstadt, dans le Sud de l'Allemagne. De vastes établissements 
existent à Mayence, à Darmstadt, à Bamberg, à Aschaffenbourg, à 
Schweinfurt, à Miltenberg, à Munich, à Nuremberg, à Celle, à Ulm, 
à Gross-Tabarz, etc. Ils ont la spécialité des graines potagères 
et fourragères, et les expédient un peu partout. 

Des semences forestières s'échappent de Darmstadt, de Gross- 
Tabarz, d'Aschaffenbourg, se dirigeant vers tous les États de l'Europe. 



ALLEMAGNE JI 

Plantes officinales. 

L'exploitation des plantes officinales est d'autant profitable qu'elle 
s'exerce sur un sol riche et se trouve confiée à la famille du culti- 
vateur. Dans ces conditions, elle fournit un revenu appréciable à la 
petite culture et aux ménages ruraux. 

Il convient, d'ailleurs, d'adopter les bonnes espèces robustes au 
climat, et s'imprégnant copieusement de leurs principes essentiels. 

La Thuringe présente ces milieux désirables : Kœlleda, Iénalobnitz, 
Iéna et Erfurt figurent au premier rang. — Ailleurs, Schneeberg, de 
l'Erzgebirge saxon, les environs de Schweinfurt, de Nuremberg, de 
Bamberg, etc., ont des champs lucratifs et bien soignés. 

Le territoire de Kœlleda possède : 

34 hectares de Menthe poivrée fournissant 1,000 quintaux évalués 

52,ooo francs, et 18 hectares de Menthe crépue ; 
62 hectares de Valériane produisant 3, 000 quintaux évalués 42,000 fr.; 

35 hectares d'Angélique produisant i,5oo quintaux évalués 8,5oo fr.; 
18 hectares de Livêche rapportant 5oo quintaux. 

Nuremberg et Schweinfurt produisent 3oo quintaux de Guimauve. 
La campagne de Leipzig a 45 hectares de Rosiers pour la distillerie 
et la fabrication d'essence de roses. 



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VIII. — Journaux horticoles. 

Les principaux journaux horticoles, publiés en Allemagne, sont : 

Gartenflora, rédigé autrefois par E. D. Regel. 

aujourd'hui par L. Wittmagk. 

Der praktische Rathgeber (populaire) R. Betten et Boettner. 

Deutsche Gartner zeitun g Lud. Môller. 

Der Obstmarkt B. L. Kûhn. 

Handelsblatt fur dendeutschen Gartenbau. Fédération des Sociétés 
J allemandes. 

Illustrierte Monatshefte (Neuberfs 

Garten Magazin) Max Kolb, Lebl, Weiss. 

Pomologische Monatshefte Fritz Lucas. 

Rheinischer Gartenfreund Société d'horticulture de Bade, 

Rosenzeitung P. Lambert. 

Zeitschrift fur Gartenbau und Gartenkunst. G.Hampel. 

Zeitschrift fur Obst und Gartenbau. . . Société pomo logique de Saxe. 

D'autres Bulletins de Sociétés horticoles et des Journaux scienti- 
fiques ou agricoles prêtent leurs colonnes à l'Horticulture, 



JO, ALLEMAGNE 

IX. — Ouvrages horticoles. 

Les ouvrages remarquables de l'horticulture allemande sont : 

Album fur Teppichgârtnerei K. Goetze. 

Alpenpftanzen, 1889 Max Kolb. 

Dendrologie Karl Koch. 

Der Garten, Berlin 1884 Jacob von Falke. 

Deutsche Dendrologie E. Koehne. 

Deutsche Pomologie AV. Laughe. 

Deutschlands teste Obstsorten Oberdieck. 

Die Gartenkunst der italienischen Renais- 
sance Zeit W. P. Tuckermann. 

Die Lehre vom Baumschnitt Fritz Lucas. 

Die Succulenten, Berlin 1892 Rûmpler- Schumann. 

Die Bliimenbindekunst Louise Riss. 

Die Winterblumen H. Gaerdt. 

Gartenanlagen nach alten Vorbildern Jessen. 

Gartenbau im Mittelalter und wâhrend der 

Renaissance, Berlin 1892 A. Kaufmann. 

Gartenbeete und Gruppen . . G. Hampel. 

Gartenkunst und Garten, sonst undjetzt. . . * H. Léger. 

Gârtnerische Plankammer Bertram, Bouché, 

Hampel. 

Gàrtnerisches Planzeichnen Bertram. 

Handbuch der Laubholzkunde Léopold Dippel. 

Handbuch der Nadelholzkunde Beissner. 

Handbuch der Pflanzenkrankheiten Paul Sorauer. 

Handbuch des Gartnerischen Planzeichnens . G. Eichler. 

Illustriertes Garienbau-Lexikon Tu. Rûmpler. 

Illustriertes Gehôlzbuch J. Hartwig. 

Illustriertes Handbuch der Obstkunde J r*™™™™,- 

vJBERDILClv. 

Kulturpraxis der besten Warm und 

Kalthauspflanzen AV. Allendorff. 

Lehrbuch der schœnen Gartenkunst Meyer. 

Nomenclator Pomologicus, 188 g Garl Mathieu. 

Reichenbachia, die schônsten Orchideen .... Reichenbach. 

Rosennamen Garl Mathieu. 

Schmidlins Gartenbuch Nietner et Rûmpler. 

Steins Orchideenbuch Stein. 

Théorie des Gartenbaues Max Kolb. 

Vollstândiges Handbuch der Obstkultur . . . Fritz Lucas. 

Wredow Gartenfreund Gaerdt. 



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ALSACE-LORRAINE 



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14,009 kilomètres carrés. — i,564,36o habitants. 



I. — Action du Gouvernement. 

Le Gouvernement cT Alsace-Lorraine , sans être autonome, a 
cependant appliqué des mesures qui lui sont particulières et qui se 
rapportent à l'exploitation du sol. 

Dans un but politique, d'après un de nos compatriotes chargé 
d'étudier l'agriculture officielle en Alsace -Lorraine, et avant la 
nomination d'un Stathalter qui concentre le pouvoir entre ses 
mains, l'Administration allemande a créé, dès les premières années 
de l'annexion, un service agricole spécial, espérant ainsi s'assurer 
les sympathies des populations rurales. 

Cette institution comprend, dans les pays annexés : 

i° Les réunions territoriales, les partages de biens communaux et 
les améliorations culturalcs d'un intérêt général ; 

2 La régularisation et l'endiguement des fleuves et rivières ; 

3° Le dessèchement des marais ; 

4° Les travaux de drainage et d'irrigation en grand ; la création de 
prairies par des communes et par des associations autorisées. Pour 
l'exécution de ces travaux, il avait fallu jusqu'alors le consentement 
unanime des participants, condition qui était rarement remplie 
à cause du trop grand morcellement. On a remédié à cet inconvé- 
nient, en complétant la loi française du 21 juin i865 par une loi 
du 11 mai 1877, en ce sens que les entreprises purent être réalisées 
malgré l'opposition d'une minorité. Les irrigations se sont ainsi 
multipliées, surtout dans la Basse-Alsace, tandis que les drainages 
ont plus d'importance en Lorraine ; 



74 ALSACE-LORRAINE 

5° La création de réservoirs de montagnes destinés à retenir les 
eaux des pluies du printemps et de l'automne, qui seront utilisées 
pendant la saison sèche, conformément aux intérêts de l'agriculture 
et de l'industrie ; 

6° L'établissement de règlements pour l'utilisation de l'eau, dans un 
intérêt public ; 

7° L'entretien et le curage des cours d'eau. 

A peu d'exceptions près, les différentes lois françaises sont restées 
en vigueur. 

Les terrains destinés aux pépinières, aux vergers, aux potagers, 
aux cultures industrielles sont prospères. 

Le budget d'Alsace-Lorraine porte à chaque exercice un crédit 
de 3,^50 francs, spécialement affecté à des subventions remises par le 
Gouvernement aux communes qui font des plantations fruitières 
sur leurs terrains communaux. Le subside est fixé à la moitié de la 
dépense totale. 

D'ailleurs, le Gouvernement a cherché à démontrer qu'il voulait 
encourager, en Alsace-Lorraine, l'arboriculture qui a tant souffert 
pendant l'hiver 1 8 79-1880. Afin de hâter le remplacement des arbres 
détruits, l'Administration a fait acheter de jeunes sujets dans les 
pépinières indemnes, et les a cédés à moitié prix aux propriétaires, 
aux usagers, aux communes. 

Chaque année, des diplômes d'honneur, accompagnés de primes en 
argent ou de collections de fruits plastiques, sont décernés aux 
personnes et aux Communes qui se sont distinguées par les soins 
donnés à la culture fruitière. 

Le Gouvernement a également favorisé la création de pépinières 
pour ses divers services des Ponts et Chaussées et des Chemins de 
fer, et auprès des Municipalités qui disposaient d'un emplacement 
favorable. 

Ces divers procédés ont puissamment encouragé la plantation des 
arbres fruitiers. 

Enfin, le Gouvernement a publié, dans le Journal officiel d'Alsace- 
Lorraine, une liste des variétés d'arbres fruitiers en Poires 
et en Pommes qui sont recommandables pour la grande culture 
de vergers ou de routes fruitières. Cette liste, reproduite plus loin, 
a été dressée par le Conseil d'Agriculture composé de quinze 
membres, cinq par département, et auquel le Ministère soumet 
toutes les questions relatives aux améliorations agricoles, 



ALSACE-LORRAINE ^5 



II, — Écoles d'horticulture. 

Il existe pour toute l'Alsace-Lorraine une seule École d'arbori- 
culture, située à Brumath, section de Grafenbourg, dans la Basse- 
Alsace, à quelques lieues de Strasbourg ; elle a été créée en 1875. 

A la tête de cette École se trouve M. Schûle, directeur, avec un 
traitement de 4,ooo francs. 

Le Directeur, chargé de donner l'enseignement théorique et 
pratique de l'horticulture et de l'arboriculture, est secondé par un 
jardinier et un aide-jardinier. 

Les bâtiments de l'École sont très importants. Les terrains joints 
à l'École comprennent une dizaine d'hectares. Les cultures fruitières 
et viticoles s'y trouvent largement représentées. 

Le nombre des élèves internes ne dépasse guère le chiffre de 
quinze à vingt jeunes gens, âgés de quinze ans au moins. 

La durée des cours est de trois années. 

Le prix de la pension est annuellement de 5oo francs. 

Les élèves fournissent à l'École tout le travail manuel. Les cours 
pratiques et théoriques, consacrés à l'horticulture et à la viticulture, 
sont dirigés, avant tout, du côté de l'arboriculture, comprenant les 
soins à donner aux arbres fruitiers, les plantations, le greffage, la 
taille, l'étude des variétés, l'emploi des fruits. 

L'Ecole s'est appliquée à établir une liste des meilleures variétés 
de fruits, surtout en Pommes et en Poires plus spéciales à la culture 
de haut-vent en vergers ou à la production du cidre. 

A côté des leçons scolaires sont institués à l'École les cours 
gratuits ci-après : 

i° Un cours d'arboriculture destiné aux cantonniers. — Ce cours 
a lieu deux fois par an, pendant les mois de mars et de juillet, 
et dure chaque fois un mois complet ; 

2 Un cours pour des agents communaux qui seront chargés ulté- 
rieurement des soins à donner aux arbres fruitiers de leur commune; 

3° Enfin, un cours d'arboriculture, avec programme plus étendu et 
une durée plus longue, pour les instituteurs, les employés subal- 
ternes des Ponts et Chaussées, les agriculteurs et les jardiuiers. 

Actuellement, l'établissement est devenu École d'agriculture 
d'hiver, sans internat. Les cours annexes d'arboriculture, ainsi que 
les collections arbustives et fruitières, ont été maintenus. 

L'École d'agriculture de Rouffach (Haute-Alsace), comprenant 
soixante-cinq élèves, en 1893, s'est attaché un professeur d'horticul- 



fi ALSACE-LORRAINE 

ture, qui démontre aux assistants la culture des arbres fruitiers et 
la production des légumes. L'École est autorisée à délivrer le certi- 
ficat pour le volontariat militaire d'un an. 

A Saint- Avold (Lorraine), il existe une pépinière départementale, 
dirigée par M. Wolfï. 

La sylviculture, la viticulture, les plantes industrielles : Houblon, 
Tabac, Chanvre, etc., sont du domaine de l'enseignement agricole. 



■!-*-• 



III. — Sociétés d'horticulture, 

Apres avoir créé une Société d'agriculture par département, des 
Comices agricoles par arrondissement ou cercle, l'administration se 
dispose à agir de même à l'égard de l'arboriculture. Elle en conserve 
la haute direction et elle exige l'usage de la langue allemande. 

Les anciennes Sociétés d'horticulture ne sont plus guère nom- 
breuses en Alsace-Lorraine. 

En voici les débris : 

Basse -Alsace. 

Strasbourg. — Société d'horticulture de la Basse-Alsace. 

Haute -Alsace. 

Colmar. — Société horticole et vigneronne. 
Mulhouse. — Société d'horticulture. 

Avant 1870, les Sociétés d'horticulture de Metz, de Strasbourg, de 
Colmar, de Mulhouse brillaient par leurs travaux : séances, exposi- 
tions, promenades d'enseignement, conférences publiques. 

Tous les organes de la vie horticole étaient savamment dirigés, 
et les réunions toujours fréquentées par une nombreuse population 
urbaine et rurale. 

L'art du jardinage, dans toutes ses branches, s'étalait avec éclat 
lors des concours régionaux agricoles. 

L'initiative de ces associations aurait-elle été enrayée par l'an- 
nexion? Toujours est-il que leur vitalité s'est ralentie Elles font 

cependant de temps en temps des expositions de fruits, de légumes 
et de fleurs qui sont encore bien réussies. 

A la Société d'horticulture de Colmar, se trouve un jardinier- 
professeur qui reçoit, du département, une subvention annuelle de 



ALSACE-LORRAINE ^ 

2,5oo francs, à charge par lui de donner des cours d'arboriculture 
pratique, dans le jardin de la Société et dans les différentes 
communes du département qui font appel à ses connaissances. 

Les cours volontaires d'arboriculture sont suivis avec beaucoup 
d'intérêt. 

Soucieuse d'affirmer en Alsace-Lorraine son initiative et son mode 
de gestion, l'Administration des chemins de fer allemands, trouvant 
à Golmar un terrain avantageux, s'est assuré le concours permanent 
d'un jardinier, qui décore d'arbustes et de fleurs les abords des 
gares des deux provinces. Une pépinière et des serres toutes 
spéciales sont le complément de ses fonctions. 

Par ses institutions philanthropiques et industrielles, Mulhouse a 
vivement contribué à propager l'amour du jardinage « autour de la 
maison » parmi la classe ouvrière. Saluons le nom des fondateurs 
de la première heure, les Schlumberger, les Dollfus, les Kcechlin ! 

La Société de la Basse-Alsace, à Strasbourg, rédige un Bulletin 
des plus intéressants. Dirigée par des hommes expérimentés, parmi 
lesquels nous retrouvons l'infatigable M. Wagner, cette Société 
donne à ses expositions, à ses travaux, à ses publications un caractère 
véritablement distingué ! Les visites et les concours sont toujours 
l'occasion de s'instruire mutuellement et... de se serrer la main î 

Depuis deux années, la Société de Strasbourg fait donner, au 
Jardin d'essai qu'elle a créé, des cours publics et gratuits sur la 
culture fruitière. Un auditoire nombreux suit les leçons et la Société 
accroît sensiblement son effectif. Le Ministère et l'Administration 
départementale encouragent cette œuvre d'intérêt public. 

L'ancienne Société d'horticulture de Metz, en Lorraine, si 
prospère autrefois, sommeille aujourd'hui. 

Elle a, dans son district, des pépinières qui sont restées au premier 
rang depuis longtemps, malgré les vicissitudes de la guerre et les 
changements de gouvernement. (Voir page 86.) 



!-*--!■ 



IV. — Progrès de l'arboriculture. 

Le goût de l'arboriculture s'est beaucoup développé en Alsace- 
Lorraine. L'on y trouve de nombreux amateurs, tenant à avoir de 
beaux arbres, bien conduits, bien soignés et généreux en fruits. 

Des expériences comparées sont faites en vue de l'emploi des 



^78 ALSACE-LORRAINE 

engrais chimiques dans la culture arborescente, mais, jusqu'à ce jour, 
ces essais n'ont pas fourni de conclusions définitives. 

Les produits des vergers sont en général consommés dans le 
pays même. Il s'en exporte fort peu. Bien au contraire, de nom- 
breux arrivages de fruits, provenant du Doubs, de Bâle et de 
différents points de la Suisse, se succèdent et se renouvellent. 

La cause de cette importation provient des désastres occasionnés 
par les grands froids de 1879-1880. La production de fruits est restée 
là-bas à peu près indemne, tandis que l' Alsace-Lorraine s'est trouvée 
forcée de refaire presque toutes ses plantations fruitières, qui avaient 
été détruites par la gelée. 

Des vergers importants et de nombreux jardins fruitiers sont 
entretenus, créés ou restaurés avec goût. Le marché aux fruits et la 
consommation publique s'en ressentent. 

Nous devons signaler encore la région fruticole qui occupe la 
vallée de Metz à Thionville, où les petits fruits rouges sont l'objet 
d'entreprises culturales et industrielles des plus profitables. 

Les enclos, les prés et les vergers de Plappe ville, de Lorry, de 
Marange ont une réputation bien méritée. Depuis longtemps, la 
Mirabelle de Metz et la Cerise de Thionville ont leur cote à la halle. 
La Haute-Alsace a de grandes plantations de Pruniers Quetsche 
pour la confection des pruneaux, et des champs de Cerisiers dont 
le fruit est destiné au Kirschwasser. 

Les Pruniers de Reine-Claude et de Mirabelle y sont d'un bon 
rapport ; les espèces ordinaires vont à l'alambic. 

Le Châtaignier boise les vallées ou couronne les plateaux. 
Le Noyer a des types séculaires respectés par le cultivateur. 
L'Abricotier et le Pêcher prospèrent dans les jardins ef sur les 
coteaux bien orientés ; le fruit n'est jamais invendu ni perdu. 

Le Chasselas doré, dit « Doucet », est exploité à Beblenheim, à 
Colmar, à Hunawihr, à Ribeauvillé, à Riquewihr, à Zellenberg. 

Plusieurs fins cépages, la fleur de cuve du versant oriental ou 
méridional des Vosges, sont demandés pour la consommation. 

Des spéculations analogues se présentent dans la Basse- Alsace, 
peuplée de vergers et de vignes. 

L'eau de cerises du Val-de-Villé égale en qualité le Kirschwasser 
de la Forêt Noire. 

Dans quelques années, P Alsace-Lorraine suffira amplement à ses 
besoins, par suite des plantations nouvelles, administratives ou 
particulières. 



ALSACE-LORRAINE J9 



V. — Routes fruitières. 

L'Administration a fait d'importantes plantations fruitières le 
long des routes, pour remplacer les platanes, les érables, les 
ormes, les tilleuls, les peupliers, etc., d'un revenu faible ou nul. 

La banquette des routes vicinales a été consacrée aux Pruniers 
et aux Cerisiers ; les routes départementales ou d'État restent plutôt 
affectées aux Poiriers et aux Pommiers. 

Les travaux d'installation et d'entretien sont suivis avec méthode. 

L'exploitation du fruit se passe en bonnes conditions. 

Chaque année, avant la récolte des fruits, leur vente est mise en 
adjudication, et le produit annuel de ces adjudications peut être 
estimé à une somme de 100,000 francs; il augmente tous les ans. 

Les arbres fruitiers sont plutôt en espèces à deux fins, c'est-à-dire 
pour la table, le séchage ou le pressoir, et la distillation ; leur entre- 
tien est rigoureusement observé en connaissance de cause. 

D'ailleurs, le Gouvernement allemand a fait imprimer, en 1879, 
une brochure intitulée : Instruction pour les Plantations à faire 
sur les routes et les chemins, émanant de la Présidence supérieure 
d'Alsace-Lorraine, et rédigée par Rudolf Goethe, alors directeur de 
l'École d'arboriculture de Brumath-Grafenbourg. 

Nous en extrayons le chapitre relatif au choix des variétés 
de Pommiers et de Poiriers. 



ARBRES FRUITIERS. 

Une des principales règles de la culture des arbres fruitiers sur 
le sol des routes consiste dans la plantation des arbres de même 
espèce, sur des longueurs de 1 à 2 kilomètres. En effet, l'expérience a 
démontré qu'il est beaucoup plus facile de louer ou de vendre les 
produits de plantations effectuées dans ces conditions ; la récolte 
se fait en même temps, la surveillance en est abrégée. 

Les Cerisiers ne doivent être plantés qu'à proximité des localités 
d'une certaine importance et des stations de chemins de fer, parce 
que, partout ailleurs, les frais élevés de la cueillette et les difficultés 
du transport des fruits absorbent la plus grande partie du bénéfice. 

Les Pruniers sont, en général, moins propres à la plantation des 
routes ; cependant, si le sol est humide et s'il s'agit d'une plantation 
alternée avec des essences comme le Cerisier, ils conviennent très 
bien et sont d'un produit relativement élevée 



80 ALSACE-LORRAINE 

Les fruits à pépins fournissent le meilleur rapport; parmi ceux-ci, 
il faut préférer le Pommier et le cultiver comme espèce dominante, 
à cause de sa fertilité; les floraisons tardives sont avantageuses. 

En distribuant les espèces, on évitera de mélanger les fruits à 
pépins avec les fruits à noyaux, la durée de l'arbre n'étant pas 
la même. 

Si le sol le permet, on placera alternativement des Pommiers et 
des Poiriers ; la plantation devient fort belle et donne à peu près 
chaque année une récolte soit de l'une, soit de l'autre espèce. 

Pommier. — Le Pommier est peu exigeant sur la qualité du 
terrain ; ses racines s'étendent plutôt en largeur, de sorte qu'il 
prospère même dans les terres peu profondes. Un sous-sol humide 
ne lui convient guère mieux qu'un terrain sec et une exposition 
chaude. Certaines espèces réussissent à une altitude de 700 mètres. 

Ordinairement, on objecte contre la plantation des Pommiers sur 
le bord des routes, que leurs branches, s'étendant trop en largeur, 
empêchent la circulation des voitures. Il existe toutefois un certain 
nombre de Pommiers d'un excellent produit, dont les couronnes 
peuvent être arrondies ou taillées en pyramide. 

Le cantonnier a, du reste, toute facilité de supprimer, par une 
taille convenable, les branches gênantes, et même de pouvoir forcer 
la couronne à s'élever en flèche, sans que l'arbre en souffre. 

Voici les espèces qu'il conviendra de choisir pour les plantations 
bordières de routes : 

Bohn Apfel. — Pomme de ménage; fruit d'hiver de moyenne 
grosseur. Couronne élevée ; fleurit et végète tard. 

Reinette des Carmes. — Fruit de table et de ménage, de moyenne 
grosseur ; automne et hiver. Couronne élevée. 

Carpentin. — Fruit petit, de table et de ménage, excellent pour 
cidre, produit abondamment. Décembre à mars. Couronne élevée, 
portant son branchage en boule. 

Reinette de Caux. — Fruit de table et de ménage; moyenne 
grosseur ; tardif. Arbre d'un excellent produit, à couronne en boule, 
robuste pendant la floraison ; résistant aux gelées. 

Reinette de Champagne. — Fruit de table et de ménage, aplati, 
mûrit très tard. Arbre très productif et tardif, à couronne en 
boule ; résistant au froid. 

Normand ordinaire. — Petit fruit à cidre. Couronne élevée, 
donnant beaucoup de fruits ; port pyramidal. Arbre dur, résistant ; 
réussit dans un terrain maigre. 

Fùrsten Apfel. — Fruit de ménage, de moyenne grosseur ; hiver. 



ALSACE-LORRAINE 8l 

Arbre vigoureux et produisant abondamment ; couronne en boule, 
résistant au froid. 

Reinette Harbert. — Fruit de table et de ménage ; hiver. Arbre 
d'une croissance rapide ; convient pour les situations exposées au 
vent. Couronne en boule. 

Court-pendu royal. — Fruit de ménage et de table, aplati et tardif; 
hiver. Couronne régulière et élevée ; végète et fleurit tard. 

Mat Apfel brun. — Fruit de ménage et à deux fins. Couronne en 
boule ; floraison résistante. 

Reinette Oberdieck. — Fruit de table et de ménage. Couronne 
élevée ; arbre productif. 

Pépin de Parker. — Fruit de table et même de pressoir, à peau 
grisaille; hiver. Arbre productif; couronne en boule. 

De Prince. — Fruit de ménage et de table, oblong, de fin hiver. 
Couronne élevée, fleurit tard, dur au froid. Convient pour les 
situations exposées aux intempéries. 

Rouge vineuse de Trêves (Rother Trier'scher Wein Apfel). — Fruit 
à cidre. Arbre très dur et résistant, d'une grande fertilité. Couronne 
dressée sur tige élevée. Le fruit résiste aux grands vents. 

Poirier. — Le Poirier a des racines pivotantes qui descendent 
profondément dans le sol ; il demande en conséquence un sous-sol de 
bonne qualité ou du moins très perméable. Si le terrain est rocail" 
leux, la cime se dessèche facilement. Le Poirier préfère spécialement 
un terrain calcaire et réussit encore à une altitude de 1,000 mètres. 

Les variétés qui conviennent pour les plantations routières, choisies 
parmi les plus rustiques, sont les suivantes : 

Reurré Liegel; syn. Suprême Coloma. — Demande un bon terrain 
et une exposition protégée contre les intempéries. Fruit de table, 
de première qualité ; hiver. 

Poire à cidre Normande. — Fruit d'automne, à cidre. Arbre d'un 
port élevé, très dur et résistant, robuste partout. 

Grùnbirne. — Fruit de ménage, automne. Arbre assez indifférent 
à la qualité du terrain. 

Knausbirne. — Fruit à deux fins, mûrissant en automne. Couronné 
élevée et très développée, convient aux situations mal exposées. 

Catillac. — Fruit d'hiver. Poire excellente à cuire. Arbre élevé, 
robuste, mais demande à être quelque peu garanti du vent, en raison 
de ses gros fruits ; peu difficile sur la nature du sol. 

Martin sec. — Très bonne Poire d'hiver pour cuisson et pâtisserie, 
recherchée pour les confitures, à cause de la couleur rouge de sa 
chair. Arbre sympathique au sol et résistant. 



82 



ALSACE-LORRAINE 



Poire à cidre de Lempp. — Fruit à poiré très bon à cet usage. 
Arbre d'une belle venue. 

Poire à cidre Weiler. — Arbre résistant, d'une croissance rapide. 

Poire à cidre de Sievenich. — Excellente Poire à cidre. Arbre 
se développant fortement. 

Besi d'Einsiedel et Wolfsbirne. — Les deux variétés sont d'aussi 
bonne qualité que la variété précédente, pour le pressoir. 

Le Mémoire, continuant avec le Cerisier, le Prunier, le Noyer, 
termine par les conseils sur la plantation et l'entretien des arbres. 

Depuis la rédaction de cette notice, d'autres espèces de Poires et 
de Pommes ont été acceptées sur la banquette des routes. 

Le Conseil d'Agriculture recommande les espèces suivantes pour 
planter à la campagne, en vue de la consommation ou du commerce 
des fruits : 



1° Fruits de table. 



Pommiers. 

Transparente de Croncels. 
Winter Gold Parmaene (syn. 

Reine des Reinettes) 
Reinette de Landsberg. 
Gold Reinette von Blenheim. 
Reinette Orange de Cox. 
Reinette de Harbert. 
Reinette des Carmes. 
Reinette de Caux (syn. Reinette 

de Cassel). 
Reinette de Canada. 



Poiriers. 



Épargne. 

Beurré d'Angleterre. 

Louise-Bonne d'Avranches. 

Beurré d'Amanlis. 

Doyenné de Mérode. 

Urbaniste. 

De Grumkow. 

Beurré de Liegel. 

Besi de Chaumontel. 

Martin sec. 

Bergamote Esperen. 



U° Fruits de marché, a cidre, pour séchage; arbres de route. 



Pommiers* 

Rother Trier' scher WeinApfel. 
Weisser Winter Taffet Apfel. 
furpurrother Cousinot. 
Baldwin. 
Rambour d'hiver, 
Grûner Fùrsten ApfeL 
Rother Eiser Apfel. 
Boiken. 



Poiriers. 

Sievenicher Motsbirne. 
Weiler'sche Motsbirne. 
De Normandie (à cidre). 
Grosse Rommelterbirne. 
Wildling von Einsiedel. 
Catillac (synonyme : Grosser 

Katzenkopf). 
Curé (syn« Pastorenbirne). 



ALSACE-LORRAINE 83 

Cette année, Rudolf Goethe ajoute à la nomenelature des espèces 
fruitières, destinées aux champs, aux routes, aux canaux, quelques 
Pommiers et quelques Poiriers propices à cet usage. 

i° Les Pommiers : 

Batullen Apfel. Reinette du Luxembourg. 

Gaesdonker Reinette. Reinette dorée. 

Kleiner Langstiel. Reinette Oberdieck. 

Kôniglicher Rother Kurzstïel. Reinette d'Osnabruck. 

Langer Grùner Gulderling. Winter Spripeling. 

2° Les Poiriers : 
Aarer Pfundbirne. Kuhfuss. 

Betzel's Birne. Veldenzerbirne. 

Arbres vigoureux, robustes et productifs en toute situation. 



VI. — Légumes. 



L'art du maraîcher et du primeuriste a fait de sensibles progrès 
chez le jardinier de profession, libre ou à gages. 

La culture des légumes est très développée dans la banlieue de 
Strasbourg, de Golmar, de Metz et des villes de garnison. 

A Golmar, surtout, se trouve une population maraîchère labo- 
rieuse qui alimente les marchés de toutes les villes de la Haute- 
Alsace, Thann, Guebwiller, Mulhouse, le pays de Bade, par Fribourg, 
la Suisse, par Bàle, de ses produits toujours très soignés et très 
estimés des consommateurs. 

Aux environs de Metz, de Mulhouse, de Golmar et de Strasbourg, 
on traverse des champs consacrés à la culture extensive de l'Asperge 
améliorée, dite d'Argenteuil. La variété d'Ulm est restée confinée 
dans les jardins particuliers. 

Partout, on produit en abondance les Choux, les Navets, les 
Rutabagas, les Haricots, les Pois, les Carottes, les Panais, les Arti- 
chauts, les Salades, le Cresson, les Courges, le gros Radis. 

Dans tous les districts, la Pomme de terre domine; c'est une 
vieille connaissance de la terre d'Alsace et de Lorraine. 

La Basse-Alsace consacre de grandes surfaces à la culture potagère. 
La Pomme de terre y rend en moyenne 180 hectolitres à l'hectare, 
les Pois et les Haricots, de 20 à 22 hectolitres, tandis que les Navets 



84 ALSACE-LORRAINE 

produisent 20,000 kilog., les Betteraves 3o,ooo, les Topinambours 
i5,ooo, les Choux pommés 3o,ooo kilog. à l'hectare. 

On sait que le Chou quintal, dit Chou de Strasbourg, est la base de 
la choucroute préparée à l'usine ou dans les ménages, et qu'il cons- 
titue en Alsace un bon rendement au cultivateur et au fabricant. 

L'Ognon de Mulhouse maintient sa bonne réputation. 

La culture raisonnée a accaparé le Houblon, le Tabac, la Chicorée 
à café, l'Osier, le Chanvre, sur des sols de nature différente. 

Les primeurs sont du ressort du château ou du riche marais. 

L'Alsace et la Lorraine ne manquent pas de riches demeures 
décorées et soignées par des propriétaires amateurs, aidés par 
d'habiles jardiniers. Les forceries y sont hautement considérées. 

A Strasbourg, à la Robertsau, à Mulhouse, et dans les environs de 
Metz, la production des primeurs s'est développée en s'inspirant du 
travail des maîtres parisiens. 



VII. — Fleurs. 

La culture des fleurs se ressent des progrès accomplis dans les 
départements français voisins, particulièrement à Nancy. 

Le goût de l'horticulture de luxe a pris un nouvel essor. Serait-ce 
l'effet du calme revenu dans les esprits, suivant les uns, ou le besoin 
d'une distraction salutaire, selon d'autres? 

Les fleuristes marchands possèdent de modestes cultures, qui appro- 
visionnent les marchés et les maisons bourgeoises ; mais celles-ci ont 
un jardinier à leur service, pourvoyant lui-même aux besoins du 
jardin, sauf en ce qui concerne les variétés nouvelles. 

Les bonnes espèces florales, pour le décor des corbeilles et pour la 
mosaïculture à feuillage ou à fleurs, sont produites par les horticul- 
teurs de profession. 

Après la Pensée, la Scabieuse, l'Immortelle, le Myosotis, au 
langage sentimental, apparaissent : Pélargonium, Fuchsia, Verveine, 
Lantana, Bégonia, Pentstémon, Pétunia, Lobélia, qui épanouissent 
leurs brillantes ou fraîches corolles auprès des espèces à plus grand 
développement : les Cannas, les Nicotianas, les Musas, les Solanums, 
les Coléus, les Périllas, au feuillage ample ou diversement teinté. 

Le Dahlia, le Zinnia, la Reine-Marguerite, la Giroflée, la Capucine, 
l'Œillet, le Muflier, l'Ipomée, la Primevère, le Phlox, et toute la 
série de pleine terre sont populaires dans chaque province» 



ALSACE-LORRAINE 85 

Les plantes rares, qui réclament la « maison de verre », restent 
l'apanage des fortunés de la terre et des amateurs de hautes 
nouveautés ou de difficultés à vaincre. 

La culture de la Rose est toujours en honneur de l'autre côté des 
Vosges. Les admirables variétés : La France, Turenne, Béranger, 
Adolphe Thiers, Victor Hugo, Étendard de Marengo, Jeanne d'Arc, 
Patrie, Souvenir d'un Ami, Souvenir de la Malmaison, Le Président, 
Triomphe de l'Exposition, Deuil du colonel Denfert, Emotion, 
L'Espérance y sont choyées avec amour et respect. 

Les graines de fleurs et de légumes arrivent de Metz, d'Erfurt, de 
Quedlinbourg, de Paris ou d'Angers, et sont semées par les 
jardiniers et les propriétaires. 



VIII. — Jardins botaniques. Parcs publics ou privés. 

Le Jardin botanique de Strasbourg a conservé ses collections et 
les augmente avec goût et intelligence. 

Le Parc de la Robertsau, désigné sous le nom d'Orangerie, et 
digne de porter ces deux noms, attire la population sédentaire et les 
étrangers sous ses ombrages séculaires. 

Les villes principales, s'inspirant depuis longtemps de l'initiative 
artistique de Paris qui entraîne toutes les grandes villes à sa suite, 
ont des boulevards, des squares, des lieux de promenade fréquentés 
par le public et fort bien entretenus. L'Etat a engagé les municipalités 
à embellir les places publiques par des jardins. 

La population bourgeoise jouit à l'aise des charmantes villas et 
des parcs somptueux, où le talent du fleuriste décorateur le dispute 
aux richesses naturelles de la dendrologie ornementale. 

Les conseils de MM. Charles Kœniget Georges Burckel,de Colmar, 
facilitent dorénavant la tâche de l'artiste qui veut faire appel aux 
richesses de la Flore alsacienne, dont ils ont signalé l'utilisation dans 
les parcs et les jardins. 

Les établissements horticoles ont toujours été l'objet de visites 
instructives et agréables. Faut-il rappeler les pépinières des frères 
Simon -Louis, à Plantières-les-Metz, et les pépinières des frères 
Baumann, de Bollwiller, les plus anciennes de la Lorraine et de 
l'Alsace? Les unes et les autres ont rendu célèbres plusieurs 
générations. 



8(3 



ALSACE-LORRAINE 



L'établissement Simon-Louis a obtenu, par le semis ou la sélection, 
de remarcjuables variétés arbustives. Voici les principales : 

i° Arbres et Arbustes d'ornement. 



Acer pseudo- plat anus luteo vires- 
cens, 1887. 
— platanoides columnaris, 1878. 

/Esculus Hippocastanum pyramida- 
lis, 1882. 

— foliis marginatis, 1869. 

— digitata major, 1871. 
Aucuba japonica gigantea, 1873. 

— — nana rotundifolia. 
Berberis buxiiblia minima, 1874. - 

— — Pygniœa, 1874. 
Betula alba pendula nana, 1876. 
Caprifolium occidentale Plantieren- 

sis, 1871. 
Carpinus Betulus pyramidalis (1874). 
Ceanotlms le Géant, 1874. 

— Lucie Simon, 1867. 

— Marie Simon, 18G7. 

— rose carmin, 1874. 

— albidus, i85q. 

— corymbosus, i85o. 

— Léon Simon, 1872. 

— multiflore, 1878. 

— bleu céleste, 1873. 

— bijou, 1875. 

— flore albo pleno, 1884. 

— Gloire de Plantières, 1892. 
Chœnomeles japonica Simoni, i883. 
Cladrastis tinctoria variegata. 
Glematis fulgens, i865. 

— perfecta, 1867. 

— splendida, i863. 

— Alice, 1875. 

— Clara, 1868. 

— Lucie, 1871. 



Glematis Cécile, 1870. 

— Marie, i865. 

— nigricans, 1871. 
Fagus sylvatica Bornyensis, 1884. 

— — Pagnyensis, 1869. 

— — Remillyensis, 1868. 
Fontanesia nana, 1892. 

— linearis, 1892. 

Fraxinus excelsior foliis aureis, 1878. 

— — spectabilis, 1862. 

— lentiscifolia nana, 1868. 
Lembotropis nigricans refiexa, 1864. 

— sessilifolialeucantha; 1864. 
Padus racemosa rotundifolia, 1871. 
Populus Eugenei, 1834. 

— fastigiata Plantierensis, 
mascula. Id. femina. 1874. 

Prunus Plantierensis il. pleno, 1884. 

— œconomica foliis margina- 
tis, 1869. 

Sambucus Plantierensis, 1874. 

— nigra foliis tricoloribus, 
1869. 

— racemosa plumosa, var : 

dentata; elegans; lacinia- 
ta; ornata ; pteridifolia ; 
tenuifolia, 1892. 

Spartocytisus albus durus, 1871. 

Spirœa Fortunei macrophylla, 1866. 

Syringa Rothomagensis Mettensis, 
1871. 

— vulgaris Béranger, 1866. 
Tilia argentea orbicularis, 1890. 
Ulmus campestris Berardi, 1866, 

— — rubra. 



2° Conifères. 
Abies balsamea nana, 1862. Pinus sylvestris umbraculi fera, i885. 

— pectinata stricta. — Strobus pyramidalis. 

Biota nana stricta, 1874. — austriaca variegata, i883. 

Larix Europœa fastigiata, i81>9. Thuia occidentalis denudata. 

Picea excelsa denudata. Tsuga Douglasi glauca. 

3° Arbres et Arbustes fruitiers. 

Poirier Marie Guisse, 1862. — Pêcher Baron Dufour, 1872. — 
Framboisiers bifères, à fruit jaune ou à fruit rouge, 1849 a 1866. 

Cerisier Beaufrette. — Prunier Grosse Marange. — Vigne Enfant 
trouvé, etc. 



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AMÉRIQUE CENTRALE 



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Les États de l'Amérique centrale ou équinoxiale sont riches par 
leur Flore arbustive ; ils se livrent à l'exploitation industrielle et 
commerciale des végétaux qui forment la base des forêts naturelles 
et le fond des plantations ou des cultures dues à la main de 
l'homme. 

L'analogie qui existe dans les productions du sol de ces divers 
États nous engage à limiter notre étude au Guatemala et au 
Nicaragua. Nous y joignons le territoire Dominicain, des grandes 
Antilles. 

Les Républiques de Gosta-Rica, de Honduras, du Salvador sont à 
peu près dans les mêmes conditions géographiques et culturales. 

Plus loin, le chapitre des Colonies françaises nous fournira encore 
quelques exemples de l'horticulture de cette région. 



REPUBLIQUE DOMINICAINE 

45,200 kilomètres carrés. — 004,000 habitants. 



L'agriculture, pendant les dernières années, a pris ici un grand 
développement ; elle est devenue la branche la plus importante de 
la richesse du pays Dominicain. 

Il y a, dans la République, une belle et fertile surface de plus 
de 2,700 lieues carrées en vallées ou en plaines, de longueurs et de 
largeurs différentes. Ses montagnes de la chaîne Cibao, autrefois 



88 AMÉRIQUE CENTRALE 

aurifères, sont assez élevées pour y attirer des ondées qui suivent 
une périodicité remarquable, et ses forêts épaisses semblent en 
conserver plus longtemps les salutaires effets sur le sol. Les pluies 
fournissent les eaux, elles entretiennent cette verdure perpétuelle, 
cette fraîcheur si douce dans un climat aussi chaud, et accentuent 
le brillant éclat du règne végétal. De nombreux cours d'eau contri- 
buent à cette situation avantageuse à la culture et à ses résultats. 

Les produits agricoles qui constituent, en partie, l'exportation et 
la fortune de l'île, sont le Tabac, le Café, le Coton, le sucre de 
Canne. 

Le Tabac. — Naturel du pays, le Tabac est cultivé partout ; la 
largeur de sa feuille est remarquable et ses qualités sont compa- 
rables à celles du Tabac de l'île de Cuba, car il est aussi estimé que 
celui-ci dans les fabriques d'Espagne, pour l'élaboration de ses 
cigares. 

Le Tabac dominicain, en « andouilles », est recherché en France 
parce que, mêlé à d'autres, il leur communique de la qualité par la 
vigueur de son arôme. Son prix de vente a sensiblement monté 
à Brème, à Liverpool, à Amsterdam, à Anvers, à New- York. 

Dans toutes les régions et tous les districts, des manufactures sont 
établies pour la fabrication des cigares et des cigarettes, sous la 
direction de Cubains expérimentés 

Le commerce avec l'extérieur augmente tous les jours. D'après la 
Gazette officielle du pays, l'exportation du Tabac dominicain a 
donné, pour les sept années, de 1881 à 1887, un total de ^83,238 quin- 
taux. 

Le mouvement ascensionnel continue. 

Le Café. — Le Caféier réussit dans toutes les parties de l'île et 
produit beaucoup, principalement sur les hauteurs d'Azua, qui 
dominent la baie d'Ocoa. 

Le Café est aujourd'hui cultivé avec soin ; le grain est traité par 
les meilleurs procédés, et cette culture s'est développée si rapidement, 
que le Café de Saint-Domingue est bien classé sur les divers marchés 
étrangers ; il est coté au même prix que celui de la Martinique. 

La République dominicaine a exporté, dans les années de 1881 à 
1887, la quantité de 22,896 quintaux de Café. 

Le Cacao. — Le Cacaoyer est indigène et se trouve dans beaucoup 
d'endroits, spontané ou cultivé. 

On récolte le Cacao toute l'année ; le rendement de 100 kilog. 
d'amandes fraîches fournira 5o kilog. de Cacao sec, 



AMÉRIQUE CENTRALE 89 

La vente à l'extérieur, pendant la période de 1881 à 1887, a été 
de 43,467 quintaux. 

Aujourd'hui, la culture du Cacaoyer se fait surtout à Samana ; on y 
compte près d'un million de plants. 

Un agent de la Compagnie Générale française des Sucreries et de 
la Ligne transatlantique des Paquebots français, a créé récemment, 
à San-Cristobal, une plantation de 80,000 Cacaoyers. 

Le Coton. — La valeur du coton a séduit le cultivateur. 

Le Cotonnier croît naturellement à Saint-Domingue, et son produit 
est reconnu d'excellente qualité, lors même qu'il est venu sans soins. 

Aujourd'hui, les environs de la capitale ont des plantations consi- 
dérables de cette plante textile. 

La Canne a sucre. — La culture et l'exploitation de la Canne à 
sucre augmentent tous les jours à Saint-Domingue, s'étendent dans 
les districts maritimes et gagnent les îlots voisins. 

Les principales plantations de Canne à sucre sont à Macoris, 
Puerto-Plata, Santo-Domingo, Azua et Samana. Plus de cent usines 
existent, et il s'en élève chaque année de nouvelles. 

La région centrale de l'île possède également de grandes planta- 
tions et des sucreries à vapeur qui en accaparent le produit, comme 
cela se pratique aux Antilles françaises. 

Le sucre de Saint-Domingue, à l'Exposition de Philadelphie, a 
obtenu la priorité sur les sucres de l'archipel, ce qui donne une 
idée exacte des résultats acquis pendant ces dernières années. 

Le Miel des abeilles est une des richesses de Saint-Domingue. Les 
Cires et les Miels sont devenus un sujet d'exportation très sérieux 
et qui figure, avec quelque importance, dans le tableau des produc- 
tions agricoles de la République. 

Les forêts produisent l'Acajou, le Gayac, l'Espénille, le Grenadille, 
le bois de Campêche, si précieux dans l'industrie. 

Enfin, les planteurs et les négociants exploitent les extraits de 
plantes médicinales, la Ramie, le Ricin, les feuilles de Mauve, le 
Sassafras, les graines de Sésame, l'huile de Coco, la racine de 
Canelle, le Gingembre, les fruits et le vin d'Acajou, l'amidon 
de Patate, le Riz, le Maïs, le Sagou ; diverses semences, des 
écorces, etc. 

Le succès croissant du Rananier dans l'Amérique centrale, en 
Colombie et aux Antilles, a tenté le planteur dominicain. 

Ces exploitations sont déjà de l'horticulture industrielle. 



90 AMÉRIQUE CENTRALE 

GUATEMALA 

— — HK— — 
lo5,6i2 kilomètres carrés. — 1,890,000 habitants. 

— — - 3~*~S— — 



Le climat de la République de Guatemala, en général très sain, 
varie suivant l'altitude et la proximité de la mer ; sur les côtes, il se 
rapproche du climat des Antilles. La capitale, Guatemala, ville de 
plus de 70,000 habitants, est située dans une vallée à 1,700 mètres 
au-dessus de l'Océan, et jouit d'un ciel calme et délicieux. 

La température moyenne du pays varie de -\- 8° à -f- 20 ; grâce à 
ses différentes situations, on trouve au Guatemala les productions 
végétales de presque toutes les zones culturales. 

La fertilité est extrême dans les plaines élevées ; on y récolte du 
Maïs, du Blé, de l'Orge, un Riz excellent, puis des Légumes, des 
Fruits, des Pommes de terre, comme en Europe, des Patates, du 
Manioc, de l'Indigo, des Cannes à sucre, du Coton, de la Vanille, 
du Tabac, du Poivre, etc. 

Le commerce du Guatemala a pris une grande extension depuis 
quelques années, jusque dans ses vingt-deux départements. 

L'exportation comprend les bois d'ébénisterie et de teinture, la 
Cochenille, les Plantes médicinales, l'Indigo, la Vanille, le Sucre, 
la Banane et surtout le Café et le Cacao. 

La culture et le commerce du Café se sont notamment beaucoup 
développés. 

En 1868, l'exportation du Café ne s'élevait qu'à dix mille francs ; 
quinze ans plus tard, elle atteignait douze millions de francs. 

La récolte du Café, en 1889, dépassait de beaucoup 600,000 quin- 
taux, ce qui représente une valeur en Europe de plus de 72 millions 
de francs. 

En 1891, le Guatemala exporte pour 54 millions de francs de 
Café et en consomme pour 7 millions. 

Les Cacaoyères sont plantées avec ordre. A titre de renseignement, 
nous dirons que l'hectare de Cacaoyers, y compris les chemins de 
service et les canaux d'irrigation, contient de i,5oo à 1,800 sujets. 
A huit ans, l'arbre est adulte et peut produire, dans la même 
annéo, déjà 800 grammes de cacao sec, en deux récoltes. 



am£wque centrale 91 

De vastes forêts fournissent le caoutchouc, Siphonia elastica, 
qui est aujourd'hui une source de richesses incalculables, 

En plaine, des champs de Cannes à sucre ondulent mollement. 
Ça et là, les plantes textiles : le Maguey ou Agave americana, le 
Junco ou Carludovica palmata, le Bananier ou Musa, la Pita ou 
Fourcroj'a, la Ramie ou Urtica utilis ; toutes ces plantes peuvent 
assurer de sérieux bénéfices et donner la vie à plusieurs industries, 

Le régime de Bananes revient à o fr. 4°; I e planteur le vend ofr,6o 
sur place, et au comptant, à des Compagnies fruitières américaines 
qui se chargent des risques du transport 

Les produits végétaux: Cire, Suif, Ambre, Térébenthine, Salse- 
pareille, Vanille, enfin les Résines, les Gommes, les Baumes se 
trouvent partout. Les végétaux qui les produisent sont élevés et 
exploités par des particuliers ou des sociétés en commandite. 

Le Miroxilon, le Rizophora, le Mirospermum, l'Hymenéa, le 
Quinquina, le Tamarin, l'Eugénia sont là dans leur sphère. 

Les fameuses plantes tropicales « Fève du Tonka », Dipterix 
odorata, aux graines parfumées, et la « Dividivi », Cœsalpinia 
coriaria, aux écorces tannifères, comptent dans le transit, 

Les épis de Blé se pressent dans les vastes vallées, et les fruits de 
régions bien dissemblables se vendent sur un même marché, les 
inégalités d'origine étant atténuées par les altitudes ou par le 
voisinage de la mer. Ici, la belle saison dure de novembre à mai. 

Les Vignes font l'objet d'études suivies ; des vignobles importants 
de plants français alimentent les marchés et le pressoir. 

Les fruits dominants sont la Mangue ou Mangifera, le Lit-chi 
ou Nep hélium, Y AYoceit ou Persea, la Banane ou Musa, l'Abricot des 
Antilles ou Mammea, le Mangoustan ou Garcinia, la Raquette ou 
Opuntia, les Dattes ou Phœnix, la Sapotille ou Achras Sapota. 

Les légumes les plus vulgaires sont la Pomme de terre, la Patate, 
la Tomate, l'Apios, l'Aubergine, les Courges, les Melons d'eau, les 
Pastèques. Les tentatives d'acclimatation des espèces alimentaires 
d'Europe ont déjà produit de bons résultats. 

Parmi les arbres d'origine guatemaléenne, notre midi hérite du 
Pinus tenuifolia, rapporté vers 1840; il habite, au Guatemala, les 
montagnes escarpées, nommées Canales, sur le sommet de la chaîne 
Coacas, dans la Véra-Paz, à une altitude d'environ 1,600 mètres. 

Nos serres doivent au Guatemala une curieuse Aroïdée, 
YAnthurium Scherzerianum, trouvée par Scherzer et retrouvée 
ensuite par Wendland, à Costa-Rica. Des explorateurs anglais 
ont rapporté du Guatemala de jolies Orchidées, 



93 AMÉRIQUE CENTRALE 



NICARAGUA 

— — HK— — 

1 33, 800 kilomètres carrés. — 3oo,ooo habitants. 



Le Nicaragua est favorisé par un climat exceptionnel. Ses huit 
départements bénéficient de la brise des deux Océans. 

Les Fruits et les Légumes sont ceux du Guatemala. 

Les Céréales, le Maïs, le Coton et l'Indigo sont de bon rapport, 
ainsi que le Caoutchouc, les bois d'Acajou, de Cédrèle, de Gayac. 

Le Caféier est l'objet de cultures importantes ; son fruit rouge corail 
devient la base d'une exportation qui fait vivre de nombreuses 
familles indigènes ou coloniales. 

La paille destinée aux chapeaux de Panama, provenant du Carlu- 
dovica palmata, est vendue, chaque année, à des intermédiaires. 

Un textile qui prend de l'extension, la Pita ouFourcrqya, Amaryl- 
lidée comme l'Agave, donne une fibre résistante qui trouve son 
emploi dans les filatures, les corderies et les fabriques de vêtements. 
L'Agave fournit une boisson abondante par sa sève. 

Le Cocotier porte un aliment recherché sur place ou exporté. 

Le Palmier Dattier donne des nattes d'emballage et des dattes 
comestibles que l'on embarque à Grey-Town ou à San-Juan. 

En 1890, la République du Nicaragua a vendu pour 1,200,000 francs 
de bananes aux États-Unis. Le Costa-Rica en fournit autant; le 
Honduras atteint le double ; le Salvador est plus faible. 

Le Cacaoyer jouit d'une haute réputation pour la qualité de ses 
« fèves de cacao », la matière première du Chocolat. 

La maison Menier, de France, a créé à Tortugas, en i865, la 
plantation de San-Emilio, à 20 kilomètres de l'Océan Pacifique, au 
centre même de l'isthme américain. Sa cacaoyère de Valle-Menier, 
entre Nandaïme et Rivas, d'une étendue qui dépasse i,5oo hectares, 
rapportant 2,000,000 kilog. d'Amandes, a décuplé la valeur de 
l'Hacienda primitive ; elle a suscité des imitateurs dont l'influence 
immédiate a été une immigration de plus de 3o,ooo personnes. 

Cette plantation est un des plus beaux exemples de l'horticulture 
industrielle de l'Amérique centrale. 



**&&?* 



ANGLETERRE 

3 14,95 1 kilomètres carrés. — 3 7, ^ 4° > 600 habitants, 



L'horticulture du Royaume-Uni se développe librement, sans 
aucun patronage officiel. Son mécanisme diffère du nôtre; elle 
n'en produit pas moins des œuvres remarquables. De distingués 
praticiens, de fortunés amateurs lui consacrent leur intelligence ou 
leurs guinées, et la presse lui ouvre ses portes toutes grandes. 

I. — Écoles d'horticulture. 

A l'exception des Jardins de Ghiswick placés sous le patronage de 
la Société royale d'horticulture de Londres, il n'existerait pas de 
Collège horticole en Angleterre, si l'École de Swanley n'était créée 
depuis cinq ans et bien organisée à ce point de vue. 

Un cours particulier pour les jeunes filles y est même autorisé. 

L'enseignement du jardinage n'est cependant pas lettre morte chez 
nos voisins, car les Écoles d'agriculture et les Chaires d'agronomie 
ont toujours accordé quelque attention à la production des fruits et 
des légumes. Les Fermes-écoles continuent à former des régisseurs 
et des chefs de culture qui se sont vite familiarisés avec le jardin. 

La Chambre des Communes a voté récemment une loi introduisant 
l'enseignement horticole dans les établissements d'instruction élé- 
mentaire pour les enfants et les adultes. 

L'École forestière « School of Forestry », à Cooper's Hill, Staines, 
est spécialement destinée aux employés supérieurs du « Forest 
Department » des Indes Orientales* 



94 ANGLETERRE 

Le fameux laboratoire de Rothamsted et ses champs d'expériences 
ont éclairé les questions de l'analyse du sol, de l'assimilation des 
végétaux, des engrais et des récoltes. 

Anglais, écossais, irlandais disent, là-bas, que la meilleure 
école de jardinage, c'est l'accès au travail dans un établissement 
d'horticulture sérieux . 

Or, il n'en manque pas dans la Grande-Bretagne; par exemple, 
l'établissement Veitch et fils à Chelsea, Londres, qui est une sorte de 
phalanstère, où les ouvriers et les employés trouvent l'instruction 
gratuite et la nourriture à bon marché. Les jeunes français, les 
belges, les hollandais y sont volontiers acceptés. 

Ainsi que nous le verrons plus loin, le Jardin royal de Kew est 
un véritable Institut théorique et pratique. Le personnel et les élèves 
ont d'abord les travaux manuels de la journée ; le soir, ils profitent 
des leçons de sciences naturelles. 

-•~HIH-«~ 



II. — Sociétés d'horticulture. 

La Royal Horticultural Society de Londres, fondée en 1804, est 
la plus ancienne de l'Europe. Le voyageur ami des botanistes, Sir 
Joseph Banks, fut un de ses fondateurs avec Thomas Andrew Knight, 
qui occupa le fauteuil de la présidence pendant vingt-sept années. 

Son effectif dépasse le chiffre de trois mille membres. 

Les publications et les expositions de la Société sont hautement 
réputées, et ses titres honorifiques ne sont délivrés qu'à bon escient. 

Elle a patronné des explorations qui ont été des plus avantageuses 
à l'horticulture d'ornement. 

Grâce à la munificence du Duc de Devonshire, ses jardins d'études 
et d'expériences ont été installés à Chiswick, dès 1822, et confiés 
depuis trente années au praticien émérite Archibald F. Barron. 

Les récoltes et les multiplications de végétaux sont réparties entre 
les sociétaires. 

La Société royale d'horticulture fait ses expositions de quinzaine 
dans son voisinage, au « Drill Hall », tandis que ses grands concours 
se tiennent au « Temple Gardens », ou dans une grande ville. 

La Royal Botanic Society de Londres, a choisi Régent 's Park 
pour le théâtre de ses exhibitions, de ses galeries, de son jardin. 

A part un nombre respectable de groupes et de comités qui orga- 
nisent de petites réunions ou des concours horticoles, et qui traitent 
de leurs affaires commerciales, la Grande-Bretagne compte près de 



ANGLETERRE 95 

deux cents Sociétés reconnues et acceptées, ayant leur propre 
organisation avec séances, meetings, expositions; parmi elles, une 
soixantaine seulement sont en correspondance directe avec la Société 
royale d'horticulture, et lui sont afliliées. Elles échangent leurs 
annonces, se partageant des graines, des boutures, les billets de 
laveur aux expositions ou congrès, et reçoivent de la Société mère 
des médailles à décerner en prix et ses diverses publications. 

Un certain nombre d'associations se bornent chaque année à 
un concours spécial : les Roses, les Œillets, les Chrysanthèmes, 
les Auricules, les Pélargoniums, les Lis, les Dahlias, les Cinéraires, 
les Jacinthes, les Tulipes, les Légumes et les Primeurs, même les 
Fraises et les Groseilles à maquereau. 

D'autres encouragent les produits des jardins de la classe ouvrière 
et leur bonne tenue ; les approvisionnements du marché aux fleurs ; 
la confection des bouquets, des corbeilles de salon ou de table; 
le petit jardin du prolétaire; l'ornementation fleurie des balcons, 
des fenêtres et des mansardes dans les quartiers populeux ; le décor 
des magasins, des cimetières, etc. 

L'ouverture des expositions est de courte durée. Time is money. 
Beaucoup de récompenses sont en numéraire. 

La Scottisch arboricultural Society a puissamment contribué à 
l'entretien des forêts occupant 4 o/o du territoire écossais. 

La Société royale d'agriculture d'Ecosse encourage les «occu- 
pants» d'habitations rurales, soigneux dans l'entretien de leur jardin. 

L'île de Jersey possède une Société royale d'agriculture et 
d'horticulture qui organise jusqu'à six expositions spéciales par an. 

Les Sociétés de secours mutuels et de bienfaisance entre jardiniers 
commencent à se développer dans les Iles-Britanniques. 

La Gardeners' Royal Benevolent Institution est une Société 
charitable fonctionnant à Londres depuis 1840 ; son action s'étend 
jusqu'en Ecosse et en Irlande; partout elle vient au secours des 
travailleurs honnêtes et âgés. En i8g3, elle comptait cent soixante 
pensionnaires des deux sexes ; les hommes reçoivent 5oo francs par 
an, les femmes 400 francs. Au banquet du 10 juin 1890, célébrant le 
5i e anniversaire de sa fondation, le président Harris James Veitch 
recueillit une somme qui dépassait 75,000 francs. 

Une autre institution non moins philanthropique, fondée en 1887, 
Gardeners* Royal Orphan Fund, commémoration du jubilé de la 
reine Victoria, rend de grands services. Actuellement, 56o orphelins 
reçoivent, jusqu'à leur quatorzième année, un secours hebdomadaire 
de cinq shellings (6 fr. 25). Le Comité a capitalisé et placé à intérêts 
une somme de ^70,000 francs* 



<j6 ANGLETERRE 

La United Horticultural Benefit and Pro vident Society, établie 
en 1866, est une association qui assure une retraite aux jardiniers 
âgés. Elle possède en ce moment en caisse plus de 200,000 francs. 

Nos jeunes compatriotes ont constitué un centre de relations 
personnelles et d'instruction réciproque avec le titre de Société 
française d'horticulture. Le président actuel et doyen est M.Georges 
Schneider, chef du « Royal exotic nursery »; Alsacien français, 
horticulteur d'élite, il a toujours été sympathique à nos nationaux. 

Les Belges et les Hollandais, groupés jadis en un foyer commun, 
se sont ralliés aujourd'hui à la Société française. 

Les Anglais ont d'ailleurs un « Horticultural Club » confortable, 
où ils viennent causer de leurs affaires et où se font chaque mois 
des lectures sur la pomologie et sur d'autres sujets d'horticulture. 

Voici le tableau des Sociétés horticoles anglaises; d'abord les 
Sociétés d'horticulture générale ou spéciale, puis les Sociétés qui se 
consacrent exclusivement au genre Chrysanthème. 

A. - SOCIÉTÉS D'HORTICULTURE GÉNÉRALE OU SPÉCIALE. 
Angleterre. 

Acton Horticultural. — Middlesex. 

Alnwick Horticultural and Botanical. — Northumberland. 

Alvaston and Boulton Floral and Horticultural. — Derbyshire. 

Ascot, Sunninghill, Sunningdale and District Horticult. — Berkshire. 

Astwood Bank Horticultural. — Buckinghamshire. 

Atherstone Horticultural. — Leicestershire. 

Aylesbury Floral and Horticultural. — Buckinghamshire. 

Banbury Ghrysanthemum, Flower and Fruit. — Oxfordshire. 

Barnsley Agricultural and Horticultural. — Yorkshire. 

Barnstaple Ghrysanthemum and Fruit. — Devonshire. 

Basingstoke Horticultural. — Hampshire. 

Bath and West of England, Agriculture, Arts, Manufactures 

and Commerce. — Somersetshire. 
Bath Floral Fête and Band Committee. — Somersetshire. 
Beckenham Horticultural. — Kent. 

Beddington, Garshalton and Wellington Horticultural. — Surrey. 
Bedford and Bedfordshire Horticultural. — Bedfordshire. ■ 
Beeston Horticultural. — Nottinghamshire. 

Bicester Agricultural and Horticultural Association. — Oxfordshire. 
Birkenhead and Wirral Horticultural. — Gheshire. 
Birmingham and Midland Gounties Ghrysanthemum, Fruit and 

Floricultural. — Warwickshire. 
Birmingham Botanical and Horticultural, — -Wanvicksliire* 



ANGLETERRE ^ 

Bishop Auckland Floral and Horticultural. — Durham. 

Bishop's Waltham Horticultural. — Hampshirc. 

Bolton Horticultural and Chrysanthemum. — Lancashire. 

Bradford Paxton Society. — Yorkshire. 

Boston Horse, Dog, Poultry, Pigeon, and Horticult. — Lincolnshire. 

Bradford Gardeners' Mutual Improvement. — Yorkshire. 

Brentwood Horticultural. — Essex. 

Brighton and Sussex Horticultural. — Sussex. 

Brixton, Streatham, and Glapham Horticultural. — Surrey. 

Brockham Amateur Bose (Afliliated to National Bose). — Surrey. 

Bromham and Ghittoe Horticultural. — Wiltshire. 

Broughton-in-Furness Horticultural. — Lancashire. 

Buckingham Horticultural and Floral. — Buckinghanishire. 

Bury and West SufTolk Horticultural. — Suffolk. 

Calne Horticultural. — Wiltshire. 

Gambridgeshire Horticultural. — Cambridge. 

Cannington Horticultural. — Somersetshire. 

Ganterbury and Kent Bose. — Kent. 

Canterbury Gardeners' Mutual Improvement. — Kent. 

Garlton-in-Lindrick Bose and Gardening. — Nottinghamshire. 

Carnation and Picotée (Œillets) Union Oxford. — Oxfordshire. 

Carnation and Picotée Society (Southern section). — London. 

Caterham Horticultural and Cottage Gardeners'. — Surrey. 

Ghatham Amateur Gardeners' Association. — Kent. 

Gheadle Floral and Horticultural. — Staffordshire. 

Ghelmsford and Essex Horticultural. — Essex. 

Chertsey and District Horticultural. — Surrey. 

Ghichester and West Sussex Horticultural Floricultural. — Sussex. 

Chiswick Gardeners' Association. — London. 

Chiswick Horticultural. — London. 

Christleton Fruit and Flower Show. — Cheshire. 

Glay Cross Horticultural. — Derbyshire. 

Constantine Horticultural. — Cornwall. 

Colchester and East Essex Horticultural. — Essex. 

Corbridge Floral and Horticultural. — Northumberland. 

Crediton Cottage Garden and Horticultural. — Devonshire. 

Crewe Horticultural. — Cheshire. 

Croydon Horticultural. — Surrey. 

Darlaston Floral and Horticultural. — Staffordshire. 

Darlington and Northend Horticultural. — Durham. 

Darlington Gardeners' Institute, Skinnergate. — Durham. 

Derbyshire Agricultural and Horticultural Derbyshire. 



98 ANGLETERRE 

Devon and Exeter Botanical, Horticult. and Natur.Hist. — Devonshire. 

Devon and p]xeter Gardeners' Mutual Association. — Devonshire. 

Diss Horticultural. — Norfolk. 

Ditton Horticultural and Industrial. — Surrey. 

Durliam, Northumberland and Newcastle-on-ïyne Botanical and 

Horticultural. — Northumberland. 
Ealing Horticultural. — Middlesex. 

Ealing District Gardeners' Improvement Association. — Middlesex. 
Eastbourne Horticultural. — Sussex. 

Eccles, Patricroft, Pendleton and District. — Lancashire. 
Ellesmere Floral and Horticultural. — Gheshire. 
Eltham Rose and Horticultural. — Kent. 

Eltham Rose and Horticultural and Gottagers' Flower. — Kent. 
Enfield Horticultural. — Middlesex. 

Exmouth Gardeners' Mutual Improvement. — Devonshire. 
Eye Horticultural. — Suffolk. 

Fareham and South Hants Horticultural. — Hampshire. 
Farnham Amateur Rose and Horticultural. — Surrey. 
Farningham Rose and Horticultural. — Kent. 

Fawsley and District Cottage Gardening Society. — Northampton. 
Ferndale Horticultural. — Lancashire. 

Frimley, Yorktown, Camberley Sandhurst Horticultural. — Surrey. 
Gainsborough Britannia Horticultural and Athletic. — Lincolnshire. 
Gardeners' Orphan Fund Ghiswick. — London. 
Gateshead Floral and Horticultural. - — Durham. 
Gloucester, County of, and Gheltenham Horticultural. — Gloucester. 
Grantham Allotment Horticultural. - — Lincolnshire. 
Gravesend Northfleet and District Horticultural. — Kent. 
Green Street (near Sittingbourne) and District Cottage Gardeners' 

Association. — Kent. 
Guildford and West Surrey Horticultural. — Surrey. 
Halifax Floral and Horticultural. — Yorkshire. 
Harpenden Horticultural» — Hertfordshire. 
Harrow Weald and Wealdstone Amateur and Cottage - Garden 

Horticultural* — Middlesex. 
Haydon Bridge Floral and Horticultural. •— Northumberland. 
Haywards Heath Horticultural. *— Sussex. 
Headley Horticultural Association. — Hampshire. 
Hemel Hempstead Horticultural. * — Hertfordshire. 
Henfield Horticultural, Chrysanthemum and Industrial. — Sussex. 
Henley and District Gardeners' and Cottagers' Horticult. — Berkshire. 
Highbury Vale Floral and Fanciers Society. — London^ 



Angleterre 99 

Highgate Horticultural. — Middlesex. 

High Harrogate Floral. — Yorkshire. 

Hinckley and District Working Mens Horticult. — Leicestershire. 

Hitchin and District Rose and Horticultural. — Hertfordshire. 

Hound St Mary Entra Bursledon and Hamble Hort. — Hampshire. 

Huyton and Roby Horticultural. — Lancashire. 

Ilkeston and Shipley Floral and Horticultural. — Derbyshire. 

Ipswich and East of England Horticultural. — Sufïolk. 

Isle of Sheppey Chrysanthemum Horticultural, Sheerness. — Kent. 

Keighley Horticultural. — Yorkshire. 

Kettering and District Horticultural. — Leicestershire. 

Kirkby Malzeard Gottagers' Horticultural. — Nottinghamshire. 

Kirkby Stephen Floral Horticultural and Cage Bird. — Yorkshire. 

Kirkoswold Floral and Horticultural. — Cumberland. 

Lamberhurst Gottagers' Horticultural. — Kent. 

Launceston United Cottage Garden. — Gornwall. 

Lee, Blackheath and Lewisham Horticultural. — Kent. 

Leeds Horticultural and Chrysanthemum. — Yorkshire. 

Leeds Paxton. — Yorkshire. 

Leek Floral and Horticultural. — Statibrdshire. 

Leek Rose. — StafFordshire. 

Leighton Buzzard Horticultural. — Bedfordshire. 

Lichfield Floral and Horticultural. — Staiïbrdshire. 

Liverpool Horticultural Association. — ■ Lancashire. 

London Pansy and Violet. — London. 

Loughborough Horticultural. — Leicestershire. 

Ludlow Horticultural. — ■ Shropshire. 

Luton Horticultural. — ■ Bedfordshire. 

Maidenhead Horticultural. — Berkshire. 

Maidstone Rose. — Kent. 

Maldon Horticultural. — Essex. 

Malmesbury Horticultural and Floral. — Wiltshire. 

Manchester Horticultural Improvement. — Lancashire» 

Manchester Royal Botanical and Horticultural. — Lancashire» 

Mansfield Horticultural. — Nottinghamshire. 

Matlock Bath Horticultural. — Derbyshire. 

Mentmore Cottage Garden. — Buckinghamshire. 

Minster Horticultural. — Kent. 

Monmouth Chrysanthemum and Horticultural. — Monmouthshire. 

National Auricula (southern section), Barking-side. — Essex. 

National Carnation and Picotée (Œillets), Barking-side. — London» 

National Dahlia. — London. - 



IOO ANGLETERRE 

National Rose. — London. 

National Royal Tulip, Manchester. — Lancashire. 

Neasden Horticultural. — Middlesex. 
New Brighton Rose. — Lancashire. 

Newcastle-under-Lyme Floral and Horticultural. — Staftbrdshire. 

Newbury Horticultural. — Berkshire. 

New Monkland Horticultural. — Berkshire. 

Norfolk and Norwich Horticultural. — Norfolk. 

Northamptonshire Horticultural. — Northamptonshire. 

North Lonsdale Rose. — Lancashire. 

Norton Pansy. — Staffordshire. 

Nottingham Horticultural and Botanical. — Nottinghainshire. 

Nuneaton Floral and Horticultural. — Leicestershire. 

Oxfordshire Royal Horticultural; Oxfordshire Chrysanthemum, 
Primula, and Fruit; Headington Horticultural. — Oxfordshire. 

Pershore Horticultural. — Worccstershire. 

Petersfield Horticultural Show. — Hampshire. 

Portsmouth Floricultural. — Hampshire. 

Preston and Fulwood Horticultural. — Lancashire. 

Professionnal Gardeners' Friendly Benefit. — Yorkshire. 

Ramsgate and St. Lawrence Hort. and Cottage Gardening. — Kent. 

Reading and District Gardeners' Mutual Improvement. — Berkshire. 

Reading Horticultural. — Berkshire. 

Reigate Rose. — Surrey. 

Richmond (Surrey) Horticultural. — Surrey. 

Ripley Floral and Rose. — Surrey. 

Rochester and Chatham Horticultural. — Kent. 

Royal Horticultural. — London. 

Royal Western Horticultural. — Devonshire. 

Rugby Chrysanthemum, Fruit and Floricultural. — Warwickshire. 

St Albans and District Hort. and Cottage Gardeners'. — Hertfordshire. 

St Annes' Floral and Horticultural. — Nottinghamshire. 

St. Ives Horticultural. — Huntingdonshire. 

St. Neots Amateur and Cottage Horticultural. — Huntingdonshire. 

SafTron Walden Horticultural. — Essex. 

Sandy and District Floral and Horticultural. — Bedfordshire. 

Scarboro' Floral and Horticultural (afliliated with National Chry- 
santhemum). — Yorkshire. 

Sevenoaks Horticultural and Floral. — Kent. 

Sheffîeld Botanical and Horticultural. — Yorkshire. 

Shepherdswell Horticultural. — Kent. 

Sherborne Floricultural and Horticultural. — Dorsetshire. 



ANGLETERRE : /;, \ î J , » / S *; : ', 10J 

Shipley and Gotmanhay Cottage Garden Association Floral and 

Horticultural. — Derby shire. 
Shirley, Millbrock and Freemantle Horticultural. — Hampshire. 
Shotley Bridge Floral and Horticultural. — Durham. 
Shropshire Horticultural. — Shropshire. 
Southampton Royal Horticultural. — Hampshire. 
Southwell Horticultural and Cottage Garden. — Lincolnshirc 
Sleaford Floral and Horticultural. — Lincolnshirc. 
Stamford and District Horticultural. — Lincolnshirc 
Stevenage and District Horticultural. — Hertfordshire. 
Stourbridge, Brierley Hill, and District Horticultural. — Staffordshirc 
Stourport District Horticultural. — Cheshirc 
Stowmarket Horticultural. — Suffolk. 
Studley Royal Horticultural. — Yorkshire. 
Sutton and Ghcam Horticultural. — Surrey. 
Swanmore Horticultural. — Hampshire. 

Taunton and District Gardeners' Association. — Somersetshire. 
Taunton Deane Horticultural and Floricultural. — Somersetshire. 
Tavistock Chrysanthemum and Fruit. — Devonshire. 
Tavistock Cottage Garden. — Devonshire. 
Teddington Royal Horticultural. — Middlesex. 

Teigmouth Gardeners' Mutual Improvement Society. — Devonshire 
Tenbury Horticultural. — Worcestershire. 
Thame Horticultural. — Oxfordshire. 
Tibshelf Floral, Horticultural and Rose. — Derbyshirc 
Todmorden Floral and Horticultural. — Yorkshire. 
Topsham District Horticultural. — Devonshire. 
Tooting, Balham and Mitcham Horticultural. — Surrey. 
Torquay Horticultural. — Devonshire. 
Trentham and Hanford Horticultural. — Staffordshirc 
ïrowbridge Horticultural. — Wiltshire. 
Tulip, Royal National, Manchester. — Lancashire. 
Tunbridge Wells Horticultural. — Kent. 
ïwerton-on-Avon (Bath). — Somersetshire. 
Twickenham Horticultural and Cottage Garden. — Middlesex. 
Tynemouth, Borough of, and South Northumberland Floral and 

Horticultural. — Northumberland. 
Wakefield Carnation and Picotée. — Yorkshire. 
Wakefield Paxton Society. — Yorkshire. 
Walmer Gardeners'. — Kent. 

Waltham Abbey and District Horticultural. — Hertfordshire 
Warkw orth, Floral and Horticultural, — Durham, 



ÏC& ^ V ANGLETERRE 

Warwick Amateurs' and Cottagers' Horticultural. — Warwickshirc. 

Weald of Kent Gardeners' and Cottagers' Mutual Improv. — Kent. 

Westerham Gardeners', and Amateurs' Mutual Improvem. — Kent. 

Weston Horticultural. — Somersetshire. 

Westwell Gardeners', Ashford. — Kent. 

Whitchurch Floral and Horticultural. — Shropshire. 

Widcombe Institute Horticultural Club. — Somersetshire. 

Wilford G. West Bridgford,andMeadow District. — Nottinghamsire. 

Wilts Horticultural, Salisbury. — Wiltshire. 

Wimbledon and District Horticultural and Cottage Garden. — Surrey. 

Winchester Horticultural. — Hampshire. 

Winchmore Hill Horticultural. — London. 

Windsor and District Rose. — Berkshire. 

Wolverhampton Floral, Horticultural and Cottagers'. — StafPordshire. 

Woodbridge Horticultural and Cottage Show. — SufFolk. 

Woodford Horticultural. — Middlesex. 

Wood-green and District Horticultural. — Middlesex. 

Worcester City and County Horticultural. — Worcestershire. 

Worksop Rose and Horticultural. — Nottinghamshire. 

York (Ancient Society of) Florists, York. — Yorkshire. 

Yorkshire Grand Gala, York. — Yorkshire. 

Ecosse. 

Aberdeen Royal Horticultural. — Aberdeenshire. 

Ballater Royal Horticultural. — Aberdeenshire. 

Banfïshire Horticultural. — Banffshire. 

Brechin Horticultural. — Forfarshire. 

Broughty Ferry Horticultural. — Forfarshire. 

Bute Horticultural and Apiarian. — Buteshirc. 

Caledonian Royal Horticultural, Edinburg. — Midlothian. 

Colinsburgh Horticultural. — Fifeshirc. 

Colinsburgh Pansy. — Fifeshire. 

Coupar Angus District Horticultural. — Fifeshire. 

Dundee Horticultural. — Forfarshire. 

Dunkeld and Birnam Horticultural. — Perthshire. 

East of Fife Horticultural. — Fifeshire. 

East of Fife Pansy. — Fifeshire. 

Eddleston Horticultural. — Peeblcshire. 

Glasgow and West of Scotland Horticultural. — Lanarkshire. 

Hawick Horticultural. — Roxburghshire. 

Inverness Horticultural. — Invernesshire. 

Jedburgh Horticultural, — Roxburghshire, 



ANGLETERRE Io3" 

Kelso Horticultural. -— Roxburghshire. 

Kirriemuir Amateur Horticultural. — Forfarshire. 

Kirriemuir Working Mens Rose and Pansy and Needlework for 

Ladies. — Forfarshire. 
Markinch Horticultural and Cottage Gardening. — Fifeshire. 
Mauchline Horticultural. — Ayreshire. 
Meldrum Horticultural. — Aberdeenshire. 

North of Scotland Root, Vegetable and Fruit, Inverurie.— • Aberdns. 
Paisley Florist. — Renfrewshire. 
Paisley Horticultural. — Renfrewshire. 
Peeblesshire Horticultural. — Renfrewshire. 

Penicuik Horticultural and Midlothian Rose and Pansy — Midlothian. 
Perthshire Royal Horticultural. — Perthshire. 
Renfrew Horticultural. — Renfrewshire. 
Scottish Horticultural, Chrysanthemum and Pomological, Edin- 

burgh. — Midlothian. 
Scottish Primula and Auricula Ferry Broughty. — Forfarshire. 
Scottish Royal Arboricultural, Edinburgh. — Midlothian. 
South of Scotland Horticultural. — Dumfriesshire. 

Irlande. 

Belfast Royal Botanical and Horticultural Company. — Antrim. 

Clonmel Horticultural. — Tipperary. 

Cork (City and County of) Chrysanthemum. — Cork. 

Fermoy Horticultural. — Cork. 

Royal Horticultural of Ireland, Dublin. — Dublin 

Strabane Horticultural. — Tyrone. 

Pays de Galles. 

Aberdare Horticultural. — Glamorganshire. 

Gardiff Horticultural. — Glamorganshire. 

Clanelly Horticultural and Poultry. — Glamorganshire. 

Neath Horticultural Flower, Dog and Poultry. — - Glamorganshire. 

Iles de la Manche, etc. 

Castle Douglas Horticultural and Dairy Produce. — Isle of Man. 
Guernsey Royal Agricultural and Horticultural. — Isle of Guernsey. 
Jersey Royal Agricultural and Horticultural. — Isle of Jersey. 



%<* 



ANGLETERRE 



B. - SOCIÉTÉS CONSACRÉES AU GENRE CHRYSANTHÈME. 



Alverstokc Gosport. — Hampshire. 

Ascot. — Berkshire. 

Barnsley. — Yorkshire. 

Batley and District. — Yorkshire. 

Bacup. — Derbyshire. 

Bath. — Soniersetshire. 

Battersea. — London. 

Bedford and Bedlbrdshire. — Bedford. 

Bolton. — Lancashire. 

Bournemonth. — Hampshire. 

Br ad fort and District. — Yorkshire. 

Brighton Hove. — Sussex. 

Bristol. — Gloucestershire. 

Brixton. — Surrey. 

Bromley District! — Kent. 

Çamberwell, Peckham et Dulwich. — 

London. 
Cardiff. — Glamorganshire. 
Çhelmsford. — Essex. 
Cheshunt. — Hertfordshire. 
Ghorley. — Lancashire. 
Chudleigh. — Devonshirc. 
Cirencester. — Gloucestershire. 
Cornwall Royal Polytec. — Cornwall. 
Granbrook. — Kent. 
Crediton. — Devonshirc. 
Croydon. — Surrey. 
Gumberland. — Gumberland. 
Dalston. — London. 
Dartford District. — Kent. 
Dawlish. — Devonshirc 
Derby. — Derbyshire. 
Devizes. — Wiltshire. 
Devon et Exeter. — Devonshirc. 
Dorchester. — Dorsetshire. 
Dundee. — Forfarshire. 
Ealing. — Middlesex. 
Eastbourne. — Sussex. 
Eccles. — Lancashire. 
Evesham. — Worcestershire. 
Exmouth. — Devonshirc. 
Faversham District. — Kent. 
Finchley. — Middlesex. 
Forest-Gate et Stratford. — Essex. 
Great Yarmouth. — Norfolk. 
Grimsby. — Yorkshire. 
Guiidford. — Surrey. 
Hampstead. — Middlesex. 
Havant. — Hampshire. 
Hayes. — Middlesex. 
Highbury. — London. 
Highgate, Finchley, and Rornsey. — 

Middlesex. 
Hinckley District.— Leicestershire. 
Hitchin. — Hertfordshire. 
Hornsey. — London. 
Huddersfield. — Yorkshire. 
Hull and East Riding.— Yorkshire. 



Ipswich. — Suffolk. 

Isle of Sheppey. — Kent. 

Isle of Thanet. — Kent. 

Kent County. — Kent. 

Kingston Surbiton. — Surrey. 

Leicester Midland. — Leicestershire. 

Lindfield. — Surrey. 

Lewes and District. — Sussex. 

Lincoln. — Lincolnshire. 

Longton. — Wcstmorreland. 

Loughborugh. — Leicestershire. 

Ludlow. — Shropshirc 

Market Harboro . — Leicestershire. 

Newcastle. — Staffordshire. 

Norfolk et Norwich. — Norfolk. 

Northampton. — Northamptonshire. 

Nottingham. — ^ottinghanishirc 

Pembrokeshirc. — Wales. 

Pontefract, Knottingley, and Ack- 

worth. — Yorkshire. 
Reading. — Berkshire. 
Reigale. — Surrey. 
Royal. — Jersey. 
Rugby. — Warwickshirc 
St. Johns. — London. 
St. Neots. — Huntingdonshire. 
Sevenoaks and West Kent. — Kent. 
Sheffield. — Yorkshire. 
Sittingbourne. — Kent. 
Southgate District. — Middlesex. 
Southend-on-Sea. — Essex. 
South Shields. — Durham. 
Staines-Egham. — Berkshire. 
Steyning. — Sussex. 
Stockport. — Lancashire. 
Stroud. — Gloucestershire. 
Surrey. — Surrey. 
Swansea. — Glamorganshire. 
Swindon. — Wiltshire. 
Taunton. — Soniersetshire. 
Teddington. — Middlesex. 
Tenby. — Pembrokeshire. 
Tiverton. — Devonshirc 
Tooting. — London. 
Tottenham. — Middlesex. 
Truro. — Cornwall. 
Walton, Weybridge, Oatlands, and 

Hersham. — Surrey. 
Walford. — Hertfordshire. 
Wellington. — Soniersetshire 
West of England, Bath. — Somerset. 
West Kent. — Kent. 
Weston. — Soniersetshire. 
Wills. — Soniersetshire. 
Winibledon. — London. 
Winchester. — Hampshire. 
Yeovil. — Soniersetshire. 
York. — Yorkshire. 



La majeure partie de ces Associations sont affiliées à National 
Chrysanthemum Society, dont le siège est à Londres. 



■!••*-«!• 



ANGLETERRE IOt> 



III. — Cours publics, Conférences d'horticulture. 

Depuis deux ans, des cours publics, organisés sous les auspices 
des Conseils municipaux des communes rurales, surtout en Irlande, 
promettent de rendre de réels services. 

Nul doute que cette heureuse tentative ne rencontre des imita- 
teurs. 

Sous le titre de Conférences, on entend une question mise à l'ordre 
du jour d'une Société ; le sujet à traiter devient la base d'une exhibition 
des produits indiqués et l'objet de conversations et discussions ; par 
exemple : « Orchid Conférence » i885 ; « Apple Conférence » i883 ; 
<( Pear Conférence » 1887 ; « Fera Conférence » 1890 ; « Conifer 
Conférence » 1891 ; « Bégonia Conférence » 1892, etc. ayant trait aux 
Orchidées, aux Pommes, aux Poires, aux Fougères, aux Conifères, 
aux Bégonias. D'autres Causeries-concours sur les Chrysanthèmes, 
les Dahlias, les Narcisses, les Primevères, etc., sont dues, comme 
les précédentes, à l'initiative de la Société royale d'horticulture. 

Les horticulteurs français, Henri de Vilmorin, de Paris, Emile 
Lemoine, de Nancy, ont été appelés à faire une communication : 
celui-là, sur les Salades et leurs similaires, celui-ci sur les Glaïeuls 
et leurs hybrides ; l'une et l'autre, — faites en langue anglaise, par 
un sentiment délicat de l'orateur, — ont obtenu un grand succès. 

Il paraît que le Ministère de l'Agriculture songe à doter l'Angle- 
terre d'Ecoles d'agriculture et de Conférences analogues aux nôtres. 
L'horticulture y aura sa place. Déjà l'initiative gouvernementale a 
inspiré l'enseignement agricole en Irlande, si chatouilleuse sur la 
question agraire, à Glasnevin et à Munster. Les grandes cultures 
potagères et fruitières n'y sont pas oubliées. 

Des récompenses sont accordées aux instituteurs qui enseignent à 
leurs élèves la culture des végétaux. 

La Société royale d'horticulture a confié au docteur Maxwell T. 
Masters la rédaction d'un programme d'enseignement appliqué pour 
les instituteurs « pérambulants ». Le savant directeur du Garde- 
ners' Chronicle a été chargé en même temps de l'examen des élèves, 
conjointement avec le praticien Douglas; les trois premiers lauréats 
ont l'autorisation d'un stage de deux années au Jardin d'expériences 
de la Société royale, à Chiswick. N'est-ce pas l'aurore d'une École 
d'horticulture? 



106 ANGLETERRE 



IV. — Production maraîchère. 

En comparant l'étendue du territoire agricole par rapport à la 
superficie générale, les Iles-Britanniques viennent après la France, 
l'Allemagne, la Belgique; cette infériorité tient d'une part à la 
densité de la population dans les districts manufacturiers et au 
voisinage des ports, et, d'autre part, à l'abondance des eaux et des 
cimes rocheuses au nord de l'Ecosse et dans les îles septentrionales; 
mais l'Angleterre prend le premier rang à la culture fourragère. 

L'exploitation des légumes est fort étendue auprès des cités, des 
centres industriels et miniers, à proximité des gares et sur le 
littoral favorisé par les vapeurs marines ; cependant la production ne 
répond pas aux besoins de la consommation; la France, la Belgique, 
la Hollande ne peuvent suffire à combler le déficit. 

Un certain nombre de fermes ont fait de la culture maraîchère 
extensive, dans le but d'approvisionner les fabriques d'extraits, de 
conserves, de jus, sans oublier le marché public. 

Dès le matin, de longs chariots conduisent la denrée à la ville. 

A Londres, les légumes et les fruits sont admis aux marchés de 
Govent- Garden, Borough, Stratford, Spitalfields et Farringdon 

La vente des Asperges, des Champignons, des Ognons, des Pois, 
des Melons, des Pommes de terre, des Carottes, y est toujours profi- 
table. Les légumes-racines les plus gros y obtiennent la pi^éfércncc 
de l'acheteur. 

Autour de la capitale, des champs sont consacrés au Raifort, au 
Haricot d'P]spagne, au Sprouting Brocoli, à la Courge à la moelle et 
à toutes les espèces potagères traditionnelles. 

Les légumes qui fournissent le plus de tonnes aux statistiques des 
halles sont, par ordre décroissant : Pommes de terre, Choux, Ognons, 
Brocoli, Carottes, Navets «Turnips», Pois, Haricots, Concombres, 
Pétioles de Rhubarbe, Laitues, Fèves, Céleri, Radis, Asperges' 
Échalottcs, non compris les Citrouilles et les Melons, fort goûtés 
chez les végétariens d'Outre-Manche. La consommation individuelle 
de la population de Londres a été évaluée à /Joo grammes de légumes 
par jour. 

Les Pommes de terre qui arrivent par la Tamise sont soumises au 
mesurage ou au pesage par un « sworn Meter », avant le débarque- 
ment, puis transportées à leur marché spécial, Great-Northern, et 
dans les magasins particuliers « AVharves », sur les rives du fleuve, 
où elles sont soumises à un criblage de classement. 



ANGLETERRE Ï07 

Le chemin de fer Great Northern a créé auprès de la station 
King's cross Terminus, dans le West-End, d'immenses docks où 
viennent se ranger et les wagons de Pommes de terre et les 
véhicules des acheteurs. 

Ce débouché permet à notre Parmentière de figurer aux tableaux 
de 1891 pour une superficie de 620, 3n hectares, ayant fourni un 
rendement moyen de 119 quintaux à l'hectare. La surface est ainsi 
répartie dans la Grande-Bretagne : 

Angleterre, i43,63o hectares ; Ecosse, 56,6Zjo; 

Pays de Galles, i5,3^o; Irlande, 3o4,66o. 

La production irlandaise a été de 3o, 855, 900 quintaux. 

En même temps, la Carotte et les Pois occupent plus de 200,000 
hectares chacun, les Turneps et Rutabagas près de 900,000 hectares, 
et les Choux 100,000 hectares de jardin et de pleine campagne, 
pour la ferme, le marché ou l'usine. 

Des cultivateurs ont amélioré ou augmenté le nombre des variétés 
de Pois, de Betteraves, de Carottes, de Concombres, de Crambés, 
d'Epinards, de Panais, de Cardons, de Pommes de terre, de Ruta- 
bagas, de Tomates, et les négociants en graines les ont promptement 
répandues dans les Deux-Mondes. 

La Fraise occupe de vastes surfaces, particulièrement dans le 
comté de Kent. Le « Grand Old man », M. Gladstone, a vanté le 
parfum de la Fraise des îles baignées par la mer ou récoltée dans 
le comté d'Aberdeen ; cette région de l'Ecosse expédie à Londres 
plus de 5o,ooo kilog. de Fraises pour l'industrie des conserves. 

Le Kent a des fraiseraies d'une telle étendue que les chemins de 
fer qui les traversent ont dû construire des wagons spéciaux pour le 
transport des fruits, wagons lâchés sur rails au milieu des champs, 
et remorqués au retour par un express qui les conduit à Londres. 

Les cultivateurs ont des voitures spéciales « Luggage car » pour 
conduire les petits paniers bombés, de la fraiseraie à la gare ou au 
marché. Quelques-uns ont des exploitations de 200 hectares qui 
fournissent dans une journée jusqu'à 10,000 kilog. de Fraises. Le 
second choix, acheté et récolté par des « Middlemen, » est livré 
aux confiturcries. Le bénéfice net d'un hectare de Fraisiers atteint 
de douze cents à cpiinze cents francs. 

Depuis longtemps, la grosse Fraise est l'objet de perfectionnements 
par le semis et la sélection. Voici quelques exemples méritants : 

Fraises hâtives. — Alpha. — Amy Robsart. — Early Crimson. 
— Keen's Seedling. — May Queen. — Noble. 

Fraises de deuxième saison. — British Queen. — Doctor Hogg.— •. 



108 ANGLETERRE 

Pioneer. — Seedling Eliza. — Sir Charles Napier. — Sir Joseph 
Paxton. — The Gountess. 

Fraises tardives. — Bonny Lass. — Elton. — Enchantress. — 
Frogmore Late Pine. — Jubilee. — Loxford Hall Seedling. 

Les premiers plants de la grosse Fraise importés en Europe, reçus 
de la Caroline et de la Virginie, sont arrivés d'abord en Angleterre ; 
de là, le nom de Fraise anglaise donné au type américain. 

Primeurs. — La culture forcée n'est pas restée le privilège du 
domaine royal et du château ; le commerçant s'en est emparé, et les 
restaurants de luxe peuvent offrir au milieu de l'hiver des Ananas, 
des Melons, des Concombres, des Choux-fleurs, des Tomates et 
des Haricots verts, aussi bien que des Pêches, des Abricots, des 
Prunes, des Cerises, des Raisins ayant poussé sous bâche chauffée 
au thermosiphon. 

Le travail du primeuriste est un véritable art, et dans l'installation 
des maisons de verre et dans le savoir-faire, qui consiste à distribuer 
en connaissance de cause l'air, la lumière, la chaleur, l'humidité, 
enfin les éléments réclamés par la plante et par son fruit. 

Des variétés légumières ont été fixées dans un but de hâtiveté. 

Les forceries insulaires sont devenues insuffisantes, celles du 
continent viennent à la rescousse; on peut se convaincre de l'accueil 
fait à nos primeurs lorsque nous voyons nos voisins accaparer les 
productions les plus rares des cultivateurs français ou belges. 

Les arrivages à contre-saison du Cap et de la Nouvelle-Zélande 
n'ont pas encore fait baisser le prix des produits si fins et si délicats 
des cultures anglaises. 



V. — Production fruitière. 

Malgré ses cent mille hectares de vergers, l'Angleterre reçoit 
environ 800,000 hectolitres de fruits de France, de Belgique, de 
Hollande, et une quantité incroyable de Pommes récoltées aux Etats- 
Unis et au Canada. 

Il existe cependant de nombreux vergers; mais le climat des 
régions septentrionales n'est pas toujours favorable à la robustesse 
de l'arbre et à la fécondité de sa fleur. Dans plus d'un endroit, les 
plantations sont tenues à demi-tige pour échapper à l'action des 



ANGLETERRE I<X) 

courants froids et des bourrasques marines, quoique brisés déjà par 
des rideaux de peupliers ou de sapins. 

Les sujets à basse tige sont en groupes, en lignes et en contre- 
espaliers dirigés de façon à bénéficier des variations de la tem- 
pérature. 

Souvent, les allées d'arbres fruitiers encadrent les carrés du 
potager, et le grand verger protège les cultures dérobées de plants 
de légumes ou de petits fruits rouges. A proximité des villes, les 
plantes et les bulbes à fleurs trouvent leur place et leur acquéreur. 

Le comté de Kent est pour ainsi dire le potager et le verger de la 
Grande-Bretagne, sa richesse sous ce rapport est proverbiale ; désor- 
mais il est nommé : « Le Jardin de l'Angleterre ». Fruits à pépin, 
fruits à noyau, petits fruits rouges, tout y prospère et y rapporte au 
milieu des champs de légumes fins ou de grosse culture. 

La majorité de ses produits est expédiée aux marchés de Londres, 
par chemin de fer, par la Tamise, et par voitures suspendues à étages 
intérieurs ; certains cultivateurs s'entendent avec les maraîchers et 
les font transporter en commun sur de grands chariots attelés de 
deux, trois ou quatre chevaux qui partent le soir et rentrent le lende- 
main, chargés de fumiers et d'engrais. Les commissionnaires asser- 
mentés « Salesmen » vendent alors les denrées au public, à la criée 
ou en gros. 

Le Herefordshire, le Devonshire et le littoral sont riches en 
fruits. La Poire Bon chrétien Williams est la plus répandue et fait 
honneur à son pays d'origine ; Louise-Bonne d'Avranches, dite « de 
Jersey », vient ensuite avec Duchesse et Beurré Hardy ; et l'excellen- 
tissime Doyenné du Comice y prend droit de cité. La Pomme Reine 
des Reinettes « King of the Pippins », si fertile, la Ribston Pippin. 
la Gox's Orange se rencontrent à peu près partout. 

L'Abricotier fructifie dans les sols calcaires du Yorkshire et dans 
l'Oxfordshire ; le Pêcher a pu s'acclimater en espalier, comme à l'air 
libre le Figuier de Worthing ; mais il se réfugie bien souvent dans 
l'Orchard house où le talent du jardinier sait faire mûrir à point 
les Pêches, les Abricots, les Prunes, les Cerises, les Figues, les 
Poires, les Pommes, les Fraises et les légumes de haute lignée. 

L'arboriculture doit au semeur heureux Thomas Rivers une série 
de Pêches hâtives dont l'apparition a été un véritable événement. 

La Cerise May Duke, notre « Anglaise hâtive », est réclamée par 
les planteurs et les consommateurs. 

Après Early Rivers, la prune Victoria si féconde et si rougeaude 
plaît aux pacifiques enfants d'Albion, sans cependant qu'ils négligent 
« Green Gage », notre Reine -Claude. Les amateurs de pruneaux 



IIO ANGLETERRE 

donnent leurs préférences aux Crittenden's Damson, Pershorc qui 
rapportent, net, jusqu'à 1,200 francs l'hectare. La Damson rentre 
dans les « Kitchen Plums », prunes de cuisine ou de pâtisserie. 
L'excellente et fertile Early Rivers propage le nom de son respec- 
table auteur jusque au-delà des mers. 

L'Amandier, le Châtaignier sont mal à l'aise en Angleterre, et le 
Noisetier, malgré ses races de Filbert ou de Gobnut, laisse cependant 
se faire une importation de Noisettes évaluée 12,600,000 francs. 

A l'exemple du Kent, le Worcester, le Gloucester et la région de 
Cornouaille sont réputés pour la qualité de la Framboise, de la 
Groseille, de la Fraise. Sur le sol fertile de ces riches comtés, le 
Framboisier produit 4,5oo kilog. de fruits à l'hectare, le Groseillier 
à grappes et le Gassissier jusqu'à 6,000 kilog.; et la terre est louée 
ioo francs! Quant à la Groseille à maquereau, qui pénètre dans la 
capitale par 7,000 tonnes dans une saison, les maraîchers du Middlesex 
et du voisinage de la mer l'exploitent en bordure ou en lignes de 
refend du potager, et en vendent encore pour vingt 1. st. à l'acre 
ou arpent, soit 1,200 francs à l'hectare. 

Des fermiers, quelque peu gênés, ont pu, suivant les conseils de 
célèbres économistes, payer leur fermage en traitant les gros fruits 
par vergers dans les herbages et les petits fruits en culture pleine, 
provisoire ou dérobée, après avoir signé des traités avec les usines 
à conserves, à confitures, à compotes ou à sirops, qui alimentent les 
pâtisseries, les confitureries, les distilleries et les restaurants. 

Le fruit recherché dans les préparations culinaires est certes la 
Pomme, et son arbre est largement dans son aire géographique. La 
Pomme est devenue indispensable dans tout repas bien compris. 

Le 5 octobre i883, un plébiscite fut ouvert par la Société royale 
d'horticulture, à Chiswick, en vue de connaître les variétés les plus 
cultivées ; 236 exposants praticiens et amateurs répondirent à l'appel, 
présentant plus de dix mille assiettes de fruits avec une notice 
descriptive et d'appréciation. 

Voici le nom des variétés les plus recommandées; nous les 
classons d'après le nombre de voix obtenues : 

Pommes a cuire (Kitchen Apples), 

Lord Sullield. New Hawthornden. 

Dumelow's Seedling. Gellini, 

Keswick Godlin. Ecklinville. 

Warner's King. Stirling Gastle , _ - ■ - 

Blénheim Orange. '♦- Hawihbrnden* 



ANGLETERRE m 



Pommes a couteau (Dessert Apples). 

King oi the Pippins. Claygate Pearmain. 

Cox's Orange Pippin. Worcester Pearmain. 

Ribston Pippin Margil. 

Kerry Pippin. Wyken Pippin. 

Blenheim Orange. Cockle's Pippin. 

Irish Peach. Court of Wick. 

Devonshire Quarrenden. Red Astracan. 

Sturmer Pippin. Adams' Pearmain. 

Scarlet Nonpareil. Monsieur Gladstone. 

Court-pendu Golden Pippin. 

Yellow Ingestrie. Mannington's Pearmain. 

Fearn's Pippin. Gravenstein. 

Ce sont de beaux fruits de verger et de jardin abrité, déjà bien 
connus des ménagères et des cuisiniers. 

En pleine campagne, quelques Comtés possèdent des vergers 
cidricoles, d'un bon rapport. Le poiré du Hertford et du Worcester 
a sa réputation, comme le pommé du Hereford, du Devon, du 
Somerset. 



•HH- 



VI. — Raisins sous verre. 

Depuis longtemps, l'Angleterre est le pays modèle de la viticulture 
en serre. De grands établissements en ont entrepris l'exploitation 
sur de larges bases, et la spéculation réalise de beaux bénéfices. 

La production totale des raisins sous verre, des environs de 
Londres, de l'Ecosse et des Iles de la Manche, — enfin de toute la 
Grande-Bretagne, — a été évaluée pour l'année 1891, à plus de 
1,200 tonnes anglaises ou 1,220,000 kilogrammes. 

Les ports anglais exportent de ces raisins vers l'Amérique du 
Nord; mais ils en reçoivent aussi de France et de Belgique. 

Nous devons reconnaître que le château royal de Windsor a été 
l'un des premiers à profiter de cette culture et à la propager ; ses 
vineries restent célèbres par leur bonne direction et leur production 
incroyable. Le service de la « bouche » (il y en a 200!) en consomme 
ï 80 livres par jour ! 



112 ANGLETERRE 

Faut-il citer le cep historique Black Hamburgh, de Hampton-Court, 
produisant plus de 2,000 livres de raisins, et un autre non moins 
fameux, en Ecosse, occupant une surface de 4,3oo pieds superficiels 
et portant 3,ooo grappes à la fois? 

Nous puiserons des renseignements authentiques sur le progrès 
de cette culture, dans le nouvel ouvrage Vines and Vine Culture, 
3 e édition, par Archibald F. Barron, directeur des Jardins de 
la Société royale d'horticulture de Londres, à Chiswick. Le livre 
est traduit en langue française (1893), sous le titre : La culture de la 
vigne en serres et sous verre, par Edouard Pynaert, de Gand, auteur 
lui-même de publications populaires sur cette question importante : 
« L'accroissement considérable de la culture du raisin en serre 
pour la vente au marché et le développement rapide de ce commerce, 
durant les dernières années, à Londres et dans toute l'Angleterre, 
sont réellement remarquables. Aucun autre fruit, à l'exception de la 
tomate, n'est devenu si promptement populaire et d'un emploi si 
général. Il y a peu d'années encore on ne pouvait se procurer du 
raisin qu'en minime quantité; actuellement, ce fruit constitue un 
article de commerce très important et peut être obtenu en abondance 
et à des prix modérés, en toute saison. Il est intéressant d'indiquer 
les causes qui ont amené ce résultat. Celui-ci est dû en partie, sans 
aucun doute, à l'introduction dans les cultures, des bons raisins 
tardifs; mais il doit être attribué principalement à la tomate. Si 
extraordinaire que cela puisse paraître, c'est la facilité de la vente 
des tomates qui a rendu possible la grande production du raisin. Les 
deux cultures requièrent dans leur ensemble le même traitement; 
les serres construites pour vignes sont cultivées les premières années 
en tomates ; le produit immédiat permet au cultivateur d'attendre 
deux ou trois ans avant que les vignes entrent en production. 

« L'extension que la vente des raisins ajprise de cette façon est de 
la plus haute importance et peut être difficilement évaluée. Des 
capitaux énormes ont été engagés dans cette nouvelle industrie. 
Directement ou indirectement, des milliers de personnes y trouvent 
un salaire ou des bénéfices. 

« Il n'est pas de branche d'industrie qui lui soit comparable pour 
le bien quelle a fait au peuple en si peu de temps. En 1886 les 
raisins de production anglaise mis en consommation s'élevèrent à 
400,000 kilog. Un seul commissionnaire à Covent Garden, M. Monro, 
en plaça 40,000 paniers ou l'équivalent de 260,000 kilog.; l'an dernier, 
en 1891, cette quantité fut considérablement dépassée. En une 
journée au mois d'octobre 1891, la totalité vendue s'éleva à 760 
paniers ou 4,000 kilog. 



ANGLETERRE Il3 

« Les principaux établissements de production se trouvent à une 
distance peu éloignée de Londres, de sorte que le fruit peut être 
délivré par voiture ou camion, sans l'intervention du chemin de fer 
et sans subir aucune altération. 

« Beaucoup de ces établissements ont une étendue très grande. 
Des champs entiers sont couverts de verre, offrant ainsi dans cer- 
taines parties de la contrée un élément nouveau dans le paysage et 
chaque année, cela s'étend de plus en plus. Actuellement les plus 
grands producteurs sont MM. Rochford, dont les diverses installa- 
tions à Gheshunt, Broxbourne. etc., couvrent au delà de 20 hectares ; 
la moitié de la superficie est plantée en vignes, et devra produire 
3oo,ooo kilogr. de raisins par an, une fois que les plants seront en 
pleine production. Parmi les autres grands cultivateurs des environs 
de Londres, on peut citer M. Peter Kay, de Finchley, M. Ladds, de 
Bexley et Swanley, M. Sweet, de Whetstone, etc. 

« Un centre important de production s'est formé à Worthing, 
dans le Sussex, d'où 3oo,ooo kilogr. environ sont envoyés chaque 
année à Go vent Garden. Les principaux cultivateurs sont M. N. 
Piper, Bushby, M. G. Russell, M. Sams et M. Béer. En Ecosse 
notamment, la culture du raisin se fait en grand pour les marchés 
de Londres par MM. Thomson et fils, à Glovenfords, Galashiels, et 
Beatson, de Kirkaldy. Également considérable est la quantité de 
raisins produite dans les îles de la Manche, en particulier de 
Guernesey. La récolte, qui en 1876, était de 5o,ooo kilogr., s'est 
élevée en 10 ans au chiffre de 5oo,ooo kilogr. dont un seul commis- 
sionnaire à Govent Garden vendit 3oo,ooo kilogr. et environ 35o,ooo 
en 1890 et 1891. Quoique la production ait beaucoup augmenté, la 
quantité vendue à Govent Garden ne s'est pas accrue en proportion, 
parce que le commerce de ces raisins s'est propagé dans les villes de 
province, notamment à Manchester où, par exemple, M. Monro 
a livré en commission l'an dernier au delà de 20,000 kilogr. 

« Il y a 20 ou 3o ans, les plus beaux raisins que l'on vendait à 
Govent Garden provenaient d'établissements privés ; il n'en est plus 
ainsi. Gela est dû en partie à la qualité supérieure du raisin obtenu 
par les spécialistes qui approvisionnent le marché, et en partie au 
grand abaissement des prix, le produit de petites quantités étant 
insuffisant pour payer les dépenses. 

« Raisins de Marché. — La variété qui tient la tête pour le 
marché, comme primeur ou comme raisin d'été, et successivement 
jusqu'en décembre, est le Black Hamburgh ou Frankenthal. Vient 
ensuite, comme raisin tardif, le Gros Colman » 



Il4 ANGLETERRE 

Parmi les autres plants, Gros Maroc offre des espérances ; Black 
Alicante se vend bien, ainsi que Madresfield Court, variété hâtive et 
Lady Downe's, tardive, de longue garde. 

Parmi les raisins blancs : Buckland Sweetwater, hâtif, Muscat 
d'Alexandrie, tardif, sont appréciés du consommateur. 
Pour la culture en pots, l'auteur recommande seulement : 
Black Hamburgh (Frankenthal). Madresfield Court. 
Chasselas de Fontainebleau. Royal Ascot. 
Foster's white Seedling. Black Alicante. 
Il paraît que la vinerie des frères Rochford, déjà citée, produisant 
3oo,ooo kilogr. de raisins, occupe une centaine de serres de 80 mètres 
sur 10 mètres et se borne aux cépages Gros Colman, Black Alicante, 
Muscat d'Alexandrie. D'autres serres aussi importantes abritent 
5o,ooo Chrysanthèmes et toute la légion des Palmiers : Arécas, Coco- 
tiers, Géonomas, Kentias, Latanias Les dernières constructions 

ont rapporté de suite 4°,ooo kilogr. de Concombres et 10,000 kilogr. 
de Tomates, ce qui facilite l'achat des 3,i5o tonnes de charbon et de 
coke, absorbés par les thermosiphons ! 



VII. — Floriculture. 

La floriculture anglaise est caractérisée par un luxe de plantes à 
grand effet, à large développement, à superbe floraison, en variétés 
rares. Quelle rivalité entre lords et jardiniers ! 

Une visite aux serres et aux expositions reste inoubliable. 

Ne serait pas moins intéressante une promenade au marché aux 
fleurs ; chaque halle est dotée de salles ou de galeries consacrées 
aux plantes fleuries et aux fleurs coupées. 

Covent Garden, propriété du duc de Bedford, est le plus vaste des 
marchés aux légumes, aux fleurs et aux fruits. Le hall floral est 
ravissant dans son décor et son animation. 

L'horticulteur fleuriste des grandes cités simplifie ses frais géné- 
raux en concentrant son travail sur des spécialités composées de 
quelques genres, espèces ou variétés, qui plaisent à l'acheteur et se 
multiplient facilement. 

Certaines maisons de Londres ne font pas autre chose que des 
Orchidées ; d'autres les associent aux Palmiers, aux Fougères ; les 
Dracénas, les Aralias, les Ficus, les Araucarias et diverses plantes 
d'appartement sont en plus grandes quantités. 



ANGLETERRE Il5 

Les plantes bulbeuses, les Camellias, les Rosiers, les Œillets, les 
Pélargoniums, les Fuchsias, les Bruyères, les Héliotropes, les Phlox, 
les Verveines, les Lantanas, les Primevères de Chine, les Résédas, 
les Cyclamens, les Giroflées, les Chrysanthèmes, les Morelles, 
le Poinsettia, l'Hellébore, la Violette, le Lilas, les plantes annuelles 
occupent, successivement, les bâches et les serres des cultivateurs 
qui alimentent de plantes fleuries les marchés et les magasins. 

La fleur coupée est une entreprise fructueuse, témoins les Orchi- 
dées, les Anthuriums, le Gardénia, le Stéphanotis, — fleurs bou- 
tonnières du gentleman — cpii paient largement les frais d'installation 
et d'entretien de leurs pavillons vitrés. 

Plusieurs de ces usines occupent des légions d'ouvriers, de vingt 
à trente chevaux, des millions de pots et des quantités incroyables 
de composts, engrais et terreaux. Leur prospérité est d'autant plus 
grande que le travail est dirigé par les membres de la famille et le 
matériel est construit ou réparé par le personnel. 

On cite la maison May, à Upper-Edmonton, véritable « Fernery »; 

ioo serres meublées de Fougères et quelques genres de vente 

assurée : Asparagus, Camellia, Campanula, Carex, Clematis, Croton, 
Aspidistra, Cyperus, Ficus, Lapageria, Primula, Dianthus... 

Les établissements qui ne travaillent pas « for the million » sont 
irréprochables de tenue. Les plantes fortes y deviennent l'objet de 
soins particuliers et les nouveautés sont multipliées à outrance 
Les expositions horticoles, si fréquentes dans le Royaume-Uni, en 
fournissent la preuve. 

Un établissement des plus remarquables et des plus honorables, 
par la valeur de ses chefs et l'importance des services rendus, est celui 
de la famille Veitch, à Chelsea, Londres. Sur une surface de 3o hec- 
tares, en plus des carrés, des ombrelles, écrans ou rideaux, et des 
bâches, on compte cent dix grandes serres ; une partie est affectée 
aux Orchidées et aux Fougères ; plusieurs aux Vignes ; d'autres aux 
Camellias, aux Rhododendrons, aux Azalées, aux Palmiers et 
Cycadées, aux Népenthès, aux Araucarias. Les Rhododendrons 
javanais, les Lis, les Amaryllis, etc. ont chacun leur serre. Des 
voûtes vitrées sont tapissées à l'intérieur par des Fuchsias. 

Un musée d'objets recueillis par les botanistes du « Royal Exotic 
Nursery » est annexé à la Bibliothèque. 

L'Angleterre a toujours eu des voyageurs collecteurs à la 
recherche de l'inconnu. Certaines maisons, à la piste des nouveautés, 
font recueillir des chargements de la même plante, les annoncent et 
les livrent aux enchères publiques. 

Une certaine quantité de végétaux exotiques, dits à feuillage ou à 



Il6 ANGLETERRE 

fleurs, de serre ou de pleine terre, ont fait leur entrée en Europe par 
la voie britannique et de là se sont répandus sur le continent. 

Quelles abondantes et riches collections ont pénétré directement 
dans les serres et les parterres de nos voisins, depuis l'Orchidée 
épiphyte indienne jusqu'au Séquoia géant de la Californie, du robuste 
Palmier australien au Lis japonais si délicat dans ses détails ! 

Parallèlement, la culture anglaise a cherché des perfectionnements 
par la sélection ou le semis. 

Plusieurs genres d'utilité ou d'ornement doivent à ses horticulteurs 
de notables améliorations. 

Citons parmi les Arbrisseaux de terre de bruyère, les Azalées, 
les Camellias, les Rhododendrons ; et parmi ceux de pleine terre, 
la Clématite, la Pivoine; et pourquoi n'y ajouterions-nous pas le 
Fuchsia, la Verveine, le Lantana, le Bouvardia ? 

La série des Pélargoniums à feuille panachée est née en Angleterre. 
Le groupe « zonale » y gagne des coloris tendres, striés ou éblouis- 
sants. Le Fuchsia à fleur double s'y est perfectionné. La Capucine 
a marginé son feuillage et nuancé sa corolle. 

Les Calcéolaires, les Cinéraires, les Primevères de Chine et du 
Japon sont l'objet d'épurations minutieuses. 

La Pensée anglaise, la Rose trémière écossaise ont une marque 
chez les grainetiers des autres pays. 

L'enthousiasme pour le Dahlia a failli tourner au type « simple », 
encouragé par des intérêts privés. 

Quant aux Chrysanthèmes, c'est presque une folie, quoique les 
graines proviennent de l'extérieur ; mais les flatteurs ont nommé 
« méthode anglaise » la série de procédés suivis au Japon pour obtenir 
de larges capitules, procédés décrits par Robert Fortune, et.... 
les enfants d'Albion ont dépassé les fils du Soleil ! 



•i-^-i- 



VIII. — Établissements d'horticulture. 

Les établissements horticoles des Iles-Britanniques sont très bien 
organisés et montés sur des assises toutes différentes : 

Grands établissements qui entretiennent des explorateurs en pays 
étrangers ; 

Etablissements de cultures générales ; 

Plantes de serre chaude et de serre tempérée ; 

Plantes de pleine terre ; 



ANGLETERRE H7 

Arbres et arbustes de pépinière ou de serre, ensemble ou séparés ; 

Arbres fruitiers jeunes, dressés ou formés; 

Conifères ; arbustes à feuilles persistantes ; 

Plants forestiers ; arbres de parc et d'avenue ; 

Cultures maraîchères ou de primeurs ; 

Vineries et Orchard-Houses (vergers vitrés) ; 

Cultures de plantes pour semences ; 

Arbustes et plantes de marché, fleurs coupées ; 

Dessin de parcs et de jardins; 

Maisons mixtes pour la vente de graines, la confection des bou- 
quets, l'entretien des jardins. 

Nous négligeons les spécialités que chaque groupe comporte. 

Fleuristes et pépiniéristes abondent dans les Comtés d'York, de 
Kent, de Surrey, de Lancashire, de Middlesex, de Somerset, de 
Hertford, de Sussex. L'Ecosse a de grandes pépinières dans le 
Midlothian, le Lanarck. L'Irlande les concentre dans le Comté de 
Dublin et auprès de Belfast et de Cork. 

Les observateurs ont reconnu qu'un changement s'était opéré sur 
le marché européen. Ainsi, il y a une dizaine d'années, l'Angleterre 
recevait de France, de Belgique et de Hollande, des masses d'ar- 
bustes verts, de plantes à feuillage et d'appartement; aujourd'hui, 
elle les fabrique elle-même pour ses besoins et au delà, et ne 
reçoit que les plants de pépinières, les Lilas, les Muguets, de 
France ; les Azalées, de Belgique ; les Ognons à fleurs, de 
Hollande... 

Grâce à la nature du sol et au climat insulaire, les Comtés 
du littoral produisent admirablement les Rhododendrons et les 
autres arbustes toujours verts; les plantes de terre de bruyère y sont 
bien étoffées ; les Conifères, splendides, les Rosiers, luxuriants. 

La production de vignes en pots et d'arbres fruitiers destinés aux 
vergers sous verre a provoqué des installations particulières. 

Quant aux Orchidées, elles triomphent chez nos voisins, ainsi 
qu'une foule de plantes délicates réclamant la chaleur et l'abri en 
toute saison. 

On compte plus de deux mille établissements horticoles ayant 
quelque importance. Londres et ses districts en possèdent cent au 
moins, non compris les cultures des Comtés du Middlesex, d'Essex, 
du Hertford, de Kent et de Surrey sur lesquels la plus grande ville 
du monde est assise. 

En voici la répartition par Comtés. 

Une seconde colonne indique combien il existe de Parcs et de 
grands Jardins d'amateurs placés sous la direction d'un jardinier. 



118 




ANGLETERRE 






ANGLETERRE 


Eta- 
blisse- 
ments 


Parcs 

35 
i3o 

86 

3o 

120 

Go 

57 

80 

n5 

74 

G5 

120 

118 

180 

60 

160 

3o 

210 

190 

60 

75 

95 

3o 

80 

65 

80 

65 

65 

i5 

70 

75 

110 

85 

260 

160 

80 

25 

86 
65 

320 

i5 
10 
10 
i5 
20 
45 
20 
5o 
i5 
16 
i5 
10 

5 

1 

20 


ECOSSE 


Eta- 
blisse- 
ments 


Parcs 




24 

33 
10 
3a 
5o 
20 
10 

25 

72 
22 

25 

60 

43 

60 

18 

44 

10 

120 

120 

20 

40 

75 

7 

45 
20 

35 
3o 

25 

20 
60 
45 

3o 

95 
80 
5o 
10 

25 

i5 
i3o 

5 

5 
2 

i5 
2 

1 

2 

G 

10 


Aberdeenshire 


i5 

7 

12 
3 

7 
10 

1 

4 

3 

4 

10 

3 

3 

25 

35 
5 

1 

5 

12 

5 
2 

7 

5 

i3 
3 
1 

2 
i3 

10 

22 

1 

2 

4 
1 

4 
1 

4 

7 
1 

2 

2 

1 
2 

3 
2 






Argyllshire 




Buckinghamshire 

Cambridgeshire 


Ayrshire 


60 


Banffshire 




Clieshire 


Berwickshire 




Cornwall 


Buteshire 




Cumberland 


Gaithness 


IO 


Derbyshire 


Clackmannanshire 

Dunibartonsliire 




Devonshire 




Dorsetshire 


Dumfriesshire 




Durham 


East Lothian 


3o 


Essex 


Fifeshire. 

Forfarshire 

Invernesshire 


4o 

70 


Gloueestersliire 


Hampshire 


Herefordshire 


Kincardineshire 


i5 


Hertfordshire 


Kinross-shire 


1 


Huntingdonshire 

Kent 


Kirkcudbrightshire 

Lanarkshire 


3o 
45 
5o 


Lancashire 


Mîdlothian 


Leicestershire 


Morayshire 


20 


Lincolnshire 


Nairnshire 




Middlesex 


Orkney 




Monmouthshire 


Peeblesshire 


i5 


Norfolk... 


Perthshire 


60 


Northamptonshire 

NorthuniDerland 


Renfrewshire 


3o 


Ross-shire 


i5 


Nottinghamshire 


Roxburghshire 


3o 


Oxfordshire 


Selkirkshire 


i5 


Rutlandshire 


Stirlingshire 


3o 


Shropshire 


Sutherlandshire 

West Lothian. . . 




Somersetshire 


3 


Staffordshire 


Wigtownshire 




Suffolk 




Surrey 

Sussex 


IRLANDE 




"Warwickshire ] . 




Westmoreland 


3o 


Wiltshire 




Worcestershire 


Carlow . 


10 


Il orkshire 








Clare 


10 
10 




Gork 

Derry 


35 


PAYS DE GALLES 


Donegal 


5 


Down 




Anglesey 


Dublin 


45 
5 


Breconshire 


Fermanagh 


Cardiganshire 

Carmartiienshire 


Galway 

Kerry 


i5 


Carnarvonshire ! . 


Kildare 

Kilkenny 


i5 


Denbighshire 




FlintsJiire. . 


King's County ...' 


5 


Glamorganshire .... 

Merionethsire. . 


Limenck. 




Longford 




Montgomeryshire. ...... 

Pembrokeshire 


Louth 


K 


Mayo 




Radnorshire. . . 


Meath 






Monaghan ] . . . 


IO 




Queen's County 

Roscommon 


IO 


ILES DE LA MANCHE 

etc. 


Sligo 


10 


Tipperary 


1 vrone 




Isle of Man . ... 


Waterford 




Guernsey . . . 


West meath 




Jersey ',][[ 


Wexford 




Wicklow 


i5 



ANGLETERRE II9 



IX. — Jersey. 



Avec son climat privilégié, sa végétation exotique d'arbustes et 
de fleurs, jetée en pleine mer, Jersey est non seulement devenue 
l'île des fleurs et de la villégiature, mais encore un pourvoyeur des 
marchés de la Cité, concurremment avec la banlieue de Londres et 4 
les villes de province. 

Des familles de cultivateurs viennent s'y installer et gagnent 
honorablement leur vie, malgré le prix relativement élevé du sol et 
de la main-d'œuvre. 

Dans une année, l'île a produit : 

5o,ooo tonnes de Pommes de terre récoltées sur 126 hectares et 
livrées immédiatement à la consommation ; 

100,000 kilogr. de Tomates à 1 franc 5o, et à 2 francs en hiver ; 

66,000 kilogr. de Panais, valeur 286,000 francs; 

100,000 Choux-fleurs pesant 6 kilogr. en moyenne, vendus 2 fr. 5o 
la douzaine ; 

Et 125,000 kilogr. de différents légumes : Pois, Carottes, Salades, 
ayant réalisé un chiffre de 200,000 francs. 

Ses vergers de plein air ont fourni de beaux et bons fruits pour 
un million de francs 

Disons à ce sujet que la Poire Chaumontel, qui a fait de Jersey son 
terrain d'élection, est si jolie et si abondante que 3o,ooo fruits ont 
été vendus 5o centimes pièce, alors que les Poires Louise-Bonne, 
Duchesse et Passe-Colmar ne dépassaient pas 10 francs le cent. 

Le Raisin sous verre approche le million de francs, les deux tiers 
en Raisin dit d'été, Black Hamburgh ou Frankenthal. 

Un cultivateur a fait construire plusieurs serres à 5o,ooo francs 
pièce ; six hectares vitrés sont consacrés aux Raisins, aux Pêches, 
aux Tomates et aux Fraises. 

Guernesey à son tour, dotée de serres- vergers, cultive des légumes 
sous verre ou à l'air libre. La vente en est assurée par un traité à 
forfait avec des compagnies anonymes représentées par des courtiers. 

La culture des Ognons à fleurs y est commencée avec succès 

Dix horticulteurs sont installés à Jersey, six à Guernesey ; on y 
voit encore de beaux parcs d'amateurs. 

Des coquettes villas de Jersey, une vingtaine appartiennent à 
des amateurs distingués secondés par des praticiens habiles. 

La liste des associations agricoles et horticoles figure au tableau 
publié plus haut, pages 96 et suivantes. 



120 ANGLETERRE 

X. — Jardins d'études. — Explorateurs. 

Les Jardins botaniques de Kew et d'Edimbourg ont été installés et 
sont entretenus par les soins du Gouvernement. 

Le Jardin de Glasnevin, en Irlande, fondé en 1791 par la Société 
d'agriculture de Dublin, est également à la charge de l'Etat. Il occupe 
16 hectares et possède un superbe Palmarium. 

Les Jardins de Dublin, de Cambridge et d'Oxford sont les annexes 
des Universités qui, d'ailleurs, subviennent à leurs besoins. 

Les Jardins de Liverpool, de Manchester, de Glasgow, vivent au 
budget des municipalités ; celles-ci y organisent des concerts, et les 
Sociétés, des expositions. 

Les autres Jardins de ce genre sont alimentés par des Administra- 
tions, des Sociétés ou des souscriptions particulières. 

Le vaste Sefton Park, à Liverpool, créé en 1867 par l'ingénieur 
paysagiste français, M. Edouard André, à la suite d'un brillant 
concours, comprend, au milieu de ses conceptions grandioses et har- 
monieuses, une partie spéciale destinée à faire aimer et connaître la 
botanique aux étudiants et aux nombreux visiteurs. 

Par leurs intéressantes collections constamment augmentées, les 
grands établissements de culture et de commerce sont devenus de 
véritables foyers d'enseignement scientifique et horticole. 

Voici la statistique des Jardins botaniques du Royaume-Uni : 

Angleterre. 
Londres. — Kew. — Royal Bo- Hull (Yorkshire). 

tanic Society of London. — Liverpool (Lancashire). 

Ghelsea : Jardin officinal. Manchester (Lancashire). 

Birmingham (Warwickshire). Oxford (Oxfordshire). 

Cambridge (Cambridgeshire). Shefïield (Yorkshire). 

Ecosse. 

Edimbourg (Midlothian). — Glasgow (Lanarkshire). 

Irlande 

Dublin. — Glasnevin. — Trinity Collège. 

Belfast (Ulster). — Cork (Cork). 

Jardins botaniques et d'essai des colonies anglaises. 

Europe. 
Méditerranée. — Malte. 

Asie. 

Indes. — Agra. — Allahabad. — Baroda. — Cawnpore. — Gwalior. — 
Lucknow. — Mysore (Bangalore). — Morvi, — Nagpur. — 
Saharanpur. — Travancore, — Udaipur. 



ANGLETERRE 121 

Bengale. — Calcutta (Seebpore). — Darbhangah. — Darjeeling. — 

Mungpoo. 
Bombay. — Municipal Garden. — Ghorpuri. — Poona. 
Ceylan. — Anuràdhapura. — Badulla. — Hakgala. — Henaratgoda 

— Peradeniya. 
Détroit « Straits Settlcments ». — Malacca. — Penank. — Perak. — 

Singapore. 
Madras. — Agri-Horticultural Society. — Ootacumund. 
Punjab. — Lahore. — Sirala. 
Chine. — Hong-Kong. 

Afrique. 
Afrique Occidentale. — Lagos. 
Côte-d'Or. — Cape Coast-Cattle. 
Le Cap. — Cape Town. — Graaf-Reinet. — Grahamstown. — King- 

Williams Town. — Port-Elizabeth. — Uitenhage. 
Ile-Maurice. — Pamplemousses. — Curepipe. 
Natal. — Durban. — Pietermaritzburg. 

Amérique. 
Canada. — Montréal. — Ottawa. 
Guyane Anglaise — Georgetown. — Berbice. 
Honduras Anglais. — Station botaniqne. 
Iles sous le Vent. — Antigua. — Dominica. — Montserrat. — Saint- 

Kitts-Nevis. 
Jamaïque. — Bath. — Castleton Garden. — Cinchona. — Hope 

Gardens. — Kingston Parade Garden. — King's House. 
Petites Antilles. — La Barbade. — Grenade. — Sainte-Lucie. — 

Saint- Vincent. 
La Trinité. — Port of Spain. 

OCÉANIE. 

Australie Méridionale. — Adelaide — Port Darwin. 

Victoria. — Hamilton. — Melbourne. 

Nouvelle-Galles du Sud. — Sydney. 

Nouvelle-Zélande. — Auckland. — Christchurch. — Dunedin. — 

Invercargill. — Napier. — Wellington. 
Queensland. — Acclimatation. — Brisbane. — Rockhampton. 
Tasmanie. — Hobart Town. 
Fiji. — Station botanique. 

Les jardins d'essai des colonies, dirigés par des hommes dévoués à 
la prospérité du pays, ont contribué à importer et à propager une 
foule d'arbres et de plantes utiles dont l'exploitation a été une 
source importante de revenus pour les indigènes et les colons. 



Ï22 ANGLETERRE 

Jardin de Kew. — Le Muséum horticole de Kew occupe 180 hec- 
tares et coûte à l'Etat 5oo,ooo francs par an d'entretien. Il est unique 
au monde par le développement de ses jardins, l'étendue des serres 
et des collections, par le nombre de végétaux introduits directement 
ou propagés dans les colonies anglaises ou à l'étranger, et par les 
essais de culture, d'innovation, d'acclimatation, enfin par l'enseigne- 
ment donné matin et soir aux élèves jardiniers. Il faut encore tenir 
compte à l'administration du Jardin royal des notices instructives 
distribuées au public et des conseils qui ne sont jamais refusés à 
ceux qui les sollicitent. 

La population londonienne ou passagère a pris l'excursion à Kew 
tellement en goût que le nombre des visiteurs s'élève jusqu'à douze 
cent mille dans une seule année. 

Sa fondation remonte au siècle précédent et rénumération des 
services rendus serait longue à développer. Bornons-nous à des faits 
principaux d'importation de plantes rares ou inédites. 

EXPLORATIONS 

En 1772, sur les instances de Sir Joseph Banks, le Gouvernement 
envoie Francis Masson, du Jardin de Kew, au Gap de Bonne- 
Espérance, aux Antilles et au Canada; il en rapporte quatre cents 
espèces, parmi lesquelles des Pélargoniums, des Stapélias, des 
Bruyères, l'Encephalartos à longues feuilles. 

Le botaniste français Lhéritier, assisté du peintre Redouté, se 
rendirent à Kew, pour étudier l'ancêtre de nos Cinéraires, le curieux 
Tamus au pied d'éléphant, l'Eucomis ponctué, le Chloranthus, 
et autres plantes fraîches débarquées, pour les décrire dans le Sertum 
anglicum. Le genre Eucalyptus s'y trouve fondé sur le Gommier à 
feuilles obliques, découvert en 1774 P ar Nelson, dans la Terre de 
Van Diemen, aujourd'hui Tasmanie; son importation est attribuée 
au capitaine Funeaux, compagnon de Gook, qui aurait introduit en 
môme temps les élégants Gasuarinas. 

David Nelson, jardinier à Kew, comme Masson, devient le 
compagnon du navigateur Gook, de 1776 à 1779; puis il entreprend 
une seconde traversée du Pacifique aux Antilles, pour répandre le 
Jacquier ou Arbre à pain. 

Pendant cette période, les premières Orchidées s'épanouissent au 
Muséum, en 1 787-1 788 : les Epidendrum Cochleatum elfragrans. 

En qualité de botaniste et de chirurgien, Archibald Menzies accom- 
pagne le capitaine Vancouver, de 1791 à 1795, sur la côte sud-ouest 
de l'Amérique ; il envoie l'Araucaria imbriqué du Chili, le Séquoia 
toujours vert de Californie, 



ANGLETERRE 123 

Ghristopher Smith recueillit, en 1797, de nombreux végétaux aux 
Moluques. Son camarade James Wiles transportait des centaines 
d'Arbres à pain dans les Antilles. Smith, nommé botaniste de la 
Compagnie des Indes, préparait à Calcutta une belle collection de 
plantes vivantes. Peter Good en dotait plus tard le jardin de Kew, 
avec de jolies Légumineuses, Protéacées et Myrtacées australiennes. 

Au début du siècle, Banks déléguait George Caley à la Nouvelle- 
Galles du Sud. Ses dix années de séjour valurent des richesses nou- 
velles au célèbre Jardin ; entr' autres, le Livistona australis, un des 
Palmiers les plus recherchés. 

Vers i8o3, le jardinier William Ker est envoyé en Chine, àCeylan, 
à Java, aux Philippines. Le Cunninghamia de Chine, les Lis tigré et 
du Japon, le Kerria sont les souvenirs marquants du voyage. 

Le chevalier Sir Joseph Banks, un botaniste passionné, qui avait 
rapporté vers 1788 et années suivantes, de beaux Hydrangéas, la 
Pivoine arborescente, de jolis Fuchsias du Brésil et du Chili, le 
Nélumbo a Fève sacrée », des Strélitzias, la Tétragone alimen- 
taire, etc., voulut, une fois la guerre continentale finie, entreprendre 
et organiser d'autres explorations. 

Sous son inspiration, Allan Cunningham se dirige vers l'hémis- 
phère austral ; James Bowie le suit, puis visite le Brésil, le Cap et y 
trouve des plantes bulbeuses, des Orchidées, des Cactées. En 1823, 
il donne à Kew une Amaryllidée de l'État de la Rivière d'Orange. 
William Hooker la nomme « Imantophyllum Aitoni », dans le Bota- 
nical Magazine, alors que cette espèce, détournée du Muséum, fleu- 
rissait chez le duc de Northumberland et paraissait dans le Botanical 
Register avec le nom de « Clivia nobilis », donné par Lindley. 

Des îles océaniques, Allan Cunningham envoie, vers 1826, le 
Séaforthia élégant, le Bowénia remarquable, le Grévilléa robuste, des 
Laportéas, des Sténocarpus et le superbe Araucaria qui rappelle 
son nom. 

A cette même époque arrivaient à Kew, par David Lockhart, l'im- 
portateur du Gardénia à longue fleur, une collection d'Orchidées 
recueillies à la Trinité : Stanhopea insignis, OncidiumPapilio, 1823, 
Lockhartea elegans, Catasetum tridentatum, et la curieuse plante 
aquatique Pontederia crassipes, aux pétioles vésiculeux. 

Comme Edimbourg, le Jardin de Kew avait reçu, en 1818, les 
premières semences du Rhododendron de l'Himalaya, parWallich, 
fouillant les Indes Orientales ; et, ensuite, le Cèdre Deodara, par 
Leslie Melville, parcourant les montagnes du Népaul. 

De Kew, Oldham Richard se dirigea vers la Chine et le Japon, 
et Charles Wilford visita les îles japonaises et de Formose, 



124 ANGLETERRE 

Les élèves du Muséum placés dans les jardins coloniaux ne tardaient 
pas à transmettre régulièrement le résultat de leurs recherches : 

John Fraser qui devait ensuite nous enrichir de 200 espèces 
américaines, parmi lesquelles l'Azalée à fleur de souci, le Groseillier 
doré, le Pavier à épi, le Rhododendron de Gatesby; 

William Morrison, important des Protéacées de la Rivière du 
Cygne ; 

George Aldrige, collecteur d'Orchidées à la Trinité ; 

George Barclay, explorateur de l'Amérique Sud et des Sandwich ; 

NathanielWilson, planteur des premiers Quinquinas à la Jamaïque. 

Nous pourrions ainsi continuer l'historique des services rendus 
par le premier Muséum horticole du monde , et nous arriverions 
ainsi aux célébrités modernes qui ont constamment trouvé à Kew 
protection, conseils et appui. 

Parmi le personnel dirigeant — toujours à la hauteur de sa mission 
— nous devons citer, après Aiton, le savant Sir William Hooker, 
réorganisateur du jardin, puis son fils Sir Joseph Dalton Hooker, qui 
fit paraître chaque année un Report on the progress and condition 
ofThe Royal Gardens. — Thiselton Dyer, de la même famille, lui 
succéda en janvier 1887 ; il publie actuellement le Kew Bulletin, 
devenu populaire, par l'intérêt de sa rédaction et par son prix 
modique de o fr. 20 par mois. 

Les ouvriers, employés et élèves jardiniers reçoivent à l'établisse- 
ment une solide instruction théorique et pratique, au moyen des 
riches collections du Musée, du Jardin et de la Bibliothèque, concur- 
remment avec les conférences et les travaux manuels. 

Répétons enfin que Kew est la pépinière ou le laboratoire des 
colonies anglaises, leur préparant ces végétaux industriels ou écono- 
miques si précieux et les approvisionnant jusqu'à ce que les jardins 
d'outre-mer puissent se suffire. 



La Société royale d'Horticulture n'a pas hésité à organiser à 
ses frais des explorations lointaines, depuis John Reeves et Joseph 
Banks, par exemple : Georges Don, John Forbes et Potts, en Afrique ; 
John Dampier, Parker, en Chine; David Douglas, — un martyr de la 
science, — aux États-Unis et en Océanie, d'où il recueille plus de 
200 espèces ; John Weir, au Brésil et en Colombie ; Hartweg, dans 
l'Amérique centrale ; Robert Fortune en Chine et au Japon ; etc. 

Des maisons renommées, celles de Veitch, Sander, Bull, Low, 
entretiennent des voyageurs collecteurs à leur profit. 

Après avoir parlé des arrivages directs au « Royal Muséum », 
nous énumérerons les principales trouvailles de Robert Fortune, 



ANGLETERRE 



125 



voyageur de la Société royale d'horticulture, — qui apporta aux 
Indes le Thé de la Chine, — celles des « attachés » aux établissements 
commerciaux, et nous citerons quelques explorateurs libres. 

^L. — Explorateurs de la Société royale d'horticulture 

de Londres. 



Robert Fortune, (1812-1880) ; explo- 
rateur de la Chine, 1843-1846 et 1848- 
i85o; de la Chine et du Japon, i852- 
i863. Introducteur du Thé aux Indes, 
i85i. 

Conifères de la Chine. 

Abies jezoensis. 

Cephalotaxus Fortunei (mâle et fe- 
melle). 
Cryptomeria japonica. 
Cupressus funebris. 
Pinus Bungeana. 
Pseudolarix Kaempferi. 
Torreya grandis. 



Arbres et arbustes de la Chine. 

Abelia uniflora. 

Akebia quinata. 

Amygdalus persica : rouge double; à 
fleur d'oeillet ; de Shanghaï. 

Azalea obtusa ; ovata ; squamata, etc. 

Bambusa Fortunei variegata. 

Berberis Bealii ; consanguinea'; For- 
tunei, japonica; trifurca. 

Caryopteris Mastachantus. 

Camellia Cup Beauty; Prince Frédéric 
Williams ; reticulata flore pleno. 

Chamœrops Fortunei. 

Citrus japonica « Kum Quat ». 

— mandarin. 

— média « Fingered ». 
Clematis lanuginosa. 
Daphne Fortunei. 
Diervilla rosea dit Weigela. 
Edgeworthia chrysantha. 
Forsythia viridissima. 
Gardénia florida Fortunei. 
Ilex cornuta. 
Indigofera décora. 
Jasminum nudiflorum. 
Lonicera fragranlissima. 

Pœonia arborea Moutan, (collection). 

— sujets porte-greffes. 
Prunus triloba. 

— sinensis flore pleno albo. 
Quercus sinensis. 
Rhyncospermum jasminoides. 
Rosa sp. 

— anemonœflora. 

— Fortunei. 

— Yellow (Fortune). 
Skimmia Fortunei. 
Spathoglottis Fortunei. 
Spiraea callosa. 

— prunifolia flore pleno. 
Viburnum macroccphalum. 

— plicatum. 

Wistaria sinensis alba. 



Plantes herbacées de la Chine. 

Adamia versicolor. 
Anémone japonica. 
Arundina sinensis. 
Brassica sinensis. 
Calystegia pubescens. 
Campanula nobilis. 
Chirita sinensis. 
Chrysanthemum « Pompon ». 
Dielytra spectabilis. 
Farfugium grande. 
Fougères, plusieurs espèces. 
Pœonia, plusieurs variétés. 
Platycodon grandiflorum ; album. 
Selaginella caesia; Wildenowi. 
Statice Fortunei. 

Conifères du Japon. 

Cryptomeria var. 
Podocarpus, plusieurs types. 
Retinospora aurea; obtusa; pisiiera. 
Sciadopitys verticillata. 
Thuiopsis dolabrata variegata. 
— Standishii. 

Arbres et arbustes du Japon. 

Acer, plusieurs espèces. 

Aralia variegata. 

Aucuba japonica (mâle); variétés. 

Clematis Fortunei; John Gould Veitch; 

Standishii. 
Corylopsis parviflora; spicata. 
Daphne variegata. 
Deutzia crenata flore pleno. 
Elaeagnus reflexa variegata. 
Eurya japonica variegata. 
Evonymus (série variée). 
Kerria japonica variegata. 
Ligustrum japon, aureo-variegatum. 
Lonicera brachyp. aureo-reticulata. 
Osmanthus aquifolium; variegatum. 

— nanum. 

Pittosporum variegatum. 
Prunus japonica. 
Raphioïepis ovata. 
Rhapis flabelliformis variegata. 
Rhododendron Metternichii. 
Skimmia japonica vera ; nova, etc. 
Thea viridis variegata. 
Vitis de Yedo. 

Plantes herbacées du Japon. 

Chrysanthemum (variétés). 
Convallaria variegata. 
Lastrea Standishii. 
Lilium auratum, etc. 
Lychnis Senno ; variegata. 
Saxifraga Fortunei. 
Spiraea palmata. 
Tricyrtis hirta. 



126 



ANGLETERRE 



B. — Explorateurs de la Maison William Bull 
a Ciielse a-Londres. 



Balderrama, 1873. — Colombie. 

— Oncidium Balderramœ. 
Bruchmûixer, 1873. — Colombie. 

— Tillandsia musaica. 
Carder, 1875. — Colombie. 

— Antliurium Veitchii. 

— Bomarea Carderi. 

— Coffea liberica, 1874. 

— Dieffenbachia, variétés. 

— Masdevallia Carderi. 

— Oncidium Carderi, 1876. 
Crocker, 1878. — Bornéo. 

— Bulbophyllum Beccarii. 
Harris, 1870. — Côte ouest Afrique. 

— Allamanda Chelsoni. 
Hill, 1878. —Natal. 



— Encephalartos Frederici Gul- 

lielmi . 
Seemann, 1866-1868 . — Amérique cen- 
trale . 

— Adiantum Seemanni, 1868. 

— Agave Seemanni, 1866. 

— Casimiroa edulis, 1866. 

— Cyrtodeira chontalensis, 1867. 

— Geonoma Seemanni, 18G8. 

— Godwinia Gigas, 1868. 

— Parmentiera cerifera, 1866. 
Shuttlewortii, 1876 — Colombie. 

— Antigonum insigne. 

— Bignonia magnilica. 

— Masdevallia caudata; muscosa. 

— Masdevallia Shuttleworthii. 



C. — Explorateurs de la Maison Hugh Low& C ie , Clapton Londres 



Baxter William, 1823 — Australie. 

— Végétaux australiens. 
Blunt. — Nouvelle-Grenade. 

— Cattleya Mendelii var. Bluntii. 

— Miltonia Bluntii. 

Boxall William — Indes occiden- 
tales. — Iles Philippines. 

— Aerides Iansoni, 1888; Leea- 

num, 1881 ; odoratum, 188I . 

— Cattleya Scholieldiana, 1877. 

— Cymbidium Lowianum. 

— Cypripedium bellatulum, 1888 ; 

Boxalli, 1877; ciliolare, i883; 
villosum Lowii, 1888. 

— Dendrobium albiflorum, 1874; 

Araclmites, 1874 ; Boxalli, 1873 ; 
Brymerianum,i874; crassinode 
Barberianum, 1874 '■> Parishii 
albens,i89i; rhodopterygerum, 
1874; Treacherianum, 1881 ; 
Wardianum Lowii, 1875. 

— Lœlia Dayana, 1876; Leeana, 

i883; resplendens, i883. 

— Masdevallia bella, 1878. 

— Phalaenopsis Boxalli, 1882 ; Bry- 

meriana, 1876; Schilleriana 
vestalis,i88i; Stuartiana,i88i; 
Veitchi brachypodon, 1882. 

— Saccolabium bellinum, 1884. 

— Vanda Amesiana ( Assam), 1887 ; 



id. (Burmah), 1889; caerules- 
cens Boxalli, 1877 ; id. Lowii, 
1877; Kimballiana, 1889; 
lamellata Boxalli, 1879. 

— Lilium Lowii ; Primulinum, 1892. 

— — nepalense; sulphureum,i888. 
Curnow Richard — Madagascar. — 
Philippines. — Amérique centre et sud. 

— Aerides illustre, 1884. 

— Angrœcum cryptodon , i883 ; 

Primulinum, 1888. 

— Mascarenhasia Curnowiana, 

1881. 

— Stanhopea Amesiana; Lowii. 
Sir Hugh Low, 1845-1893. — Bornéo. 

— Alocasia Lowii 

— Amcctochilus Lowii. 

— Cadogyne Lowii. 

— Cypripedium Lowii, 1847. 

— — Stonei 

— — — platytacnium. 

— — Dayanum. 

— Vanda Lowii. 

Valentine S. H., 1887.— Philippines. 

— Phalœnopsis Valentine, 1884 ; 

violacea et gloriosa, 1889. 
WiiiteG.T., i883.— Amérique du Sud. 

— Cattleya Brymeriana ; Whitei. 

— Odontoglossum excellens, i883. 

— Pescatorei Lowiana, 1886. 



D. — Explorateurs de la Maison Sander & G ie , a Saint- Albans. 



Abel R., 1887-1888. — Mexique. 
Albrecht H., 1887-1888. — Venezuela. 
Arnold F , i88i-i883. — Venezuela. 
Colombie . 

— Cattleya Percivaliana, 1882. 

— Odontoglossum Sanderianum. 
Bartiiolomaeus F., 1883-1893. — Co- 
lombie. — Mexique. 

— Lselia anceps Schrœderiana. 

— Lœlia anceps Sanderiana. 
Boiîiscii, i883-i880. — Colombie. 

— Odontoglossum Hunnewellia- 

num. 

Bode, 1888-1889. — Indes. 

Braun, 1891-1892. — Afrique. — Mada- 
gascar. 

— Dracœna Sanderiana. 



— Angrœcum Eichlerianum. 
Chesterton, 1880-1881. — Colombie. 

— Masdevallia Chestertoni. 

— Stenia Chestertoni, etc. 
Digance. W., 1890. — Brésil. 
Dressel G., 1 887-1888. — Guyane 

anglaise. 
Endres E., 1875-1878. — Colombie. 

— Odontoglossum nevadense. 
Ericsson, 1885-1893. Birmanie. — 

Brésil. — Iles de la Sonde . 

— Bulbophyllum Ericssoni. 

— Cattleya Victoria Regina. 

— Cypripedium Elliottianuni ; 

Kimballianum ; Rothschil- 
dianum ; Sanderianum ; Vic- 
toria Mariae, etc. 



ANGLETERRE 



I27 



Falkexberg, 1876-1883. — Colombie. 

— Restrepia Falkenbergi. 
Fkeemaxx, i88o-i883. — Indes. 

— Dendrobium Freemani. 
Forget L , 1891-1893 —Brésil. 

— Epidendrum Godseffianum. 

— OncidiumGravesianum. 
Forstermann J . , 1880-1884. — Iles de 

la Sonde. — Indes. 

— Gœlogyne Forstermannii. 

— — Sanderiana. 

— Dendrobium cruentum. 

— — dactyliferum. 
Fritz H , 1888-1889 — Birmanie. 
Hamelix L., 1893. — Madagascar. 

— Eulophiella Elisabethae. 
Hennis W., 1884-1886. — Colombie. — 

Indes 

— Eucharis Mastersiana. 

— — Sanderiana 
Hubscii, 1881-1884. — Equateur. — 

Pérou. 

— Masdevallia anchorifera ; calu- 

ra; fiaveola ; ludibunda. 

— Maxillaria Hubschii. 

— Odontoglossum Schrœderia- 

num. 

— Oncidium Hubschii. 

— — tricuspidatum. 
Humblot L., 1880-1887. — Les Como- 

res. — Madagascar. 

— Angrœcum fastuosum; Germi- 

nyanum ; Humblotii ; Leonis ; 
Sanderianum. 

— Cymbidium Humblotii . 

— Pliajus Humblotii. 

Kerach O., 1881-1893. — Colombie. 
Klaboch frères, 1871 . — Equateur.etc. 

— Bollea cœlestis ; Lawrenceana. 

— Masdevallia Edwardi. 

— Masdevallia Klabochorum. 

— Maxillaria Sanderiana, etc . 

— Odontoglossum cirrhosum; con- 

fertum ; Edwardi; orientale ; 
pardinum; polyxanthum. 

— Oncidium chrysornis ; lamelli- 

gerum ; melanops ; virgula- 
tum . 

— Pescatorea Klabochorum. 
Kromer E , 1886-1890. — Brésil. — 

Venezuela . 
Lixdgrex, 1892 - 1893. — Bré sil. — 

Paraguay. 
Lorexzex J., 1891. — Colombie. 
Max, i884-i885. — Colombie. 

— Cattleya gigas Sanderiana, i883. 

— — ' Schrœderœ. 



Migiiolitz W., 1881-1893. — Afrique. 
Birmanie. — Cochinchine. — Congo. 

— Nouvelle-Guinée — Philippines. 

— Alocasia Sanderiana. 

— Aerides Savageanum. 

— Cypripedium Chamberlainia- 

num . 

— Cirrhopetalum Sanderianum. 

— Dendrobium Imperatrix ; vera- 

trifolium. 

— Grammatophyllum Measure- 

sianum. 
Osmers J , i88i-i885. — Brésil. 

— Laelia grandis var. tenebrosa. 
Oversluys C, 1887-1893. — Brésil. — 

Colombie. — Equateur. — Guate- 
mala. — Honduras. — Pérou. — 
Venezuela. 

— Oncidium Sanderianum, etc. 
Palmer, 1886-1890. — Venezuela. — 

Guyane anglaise. 
Pehaceck F., 1881-1887 — Mexique. 
Perïhuis, 1893. — Brésil. — Pérou. 
Peths E , 1 885-1 890. — Argentine. — 

Brésil. — Equateur. 
RimannE ,1881-1886. —Birmanie. — 

Bornéo. — Brésil. — Indes 
Roebelex C ,1880-1884.— Philippines. 

— Aerides Lawrenceanum; Roha- 

nianum ; Sanderianum. 

— Phalœnopsis Sanderiana, 1880. 

— Vanda Sanderiana, 1887. 
Rodel, 1888-1889. — Les Indes. 
Rœzl (Bexedict), 1871.— Equateur.— 

Mexique . 

— Masdevallia abbreviata; Chi- 

mœra ; Livingstoniana ; ma- 
crura, 1874; xanthodactylis. 

— Miltonia Rcezlii. 

— Odontoglossum madrense, 1872. 

— Oncidium hastatum Rœzlii. 

— Pescatorea Rœzlii. 

— Sobralia Rœzlii. 

— Zygopetalum expansum. 
Schmidtciiex, 1880-1893. — Colombie. 
SciirœderA., i883-i884- — Afrique. 

— Indes. — Sierra Leone. 

— Crinum Sanderianum. 
SeidlE., i88i-i885. — Guyane an- 
glaise . 

— Cattleya Gaskelliana, i883. 

— — Lawrenceana. 
Starker, i885-i893.— Brésil. 

^ALLIS, 

Pérou. 

— Orchidées diverses. 
Wells A., 1882-1886. — Brésil. 



E. — Explorateurs de la Maison Veitch a Chelsea, Londres. 



Burbidge W. F., 1877-1878. — Bornéo 
et Sumatra. 

— Alocasia scabriuscula. 

— Burbidgca nitida. 

— Cryptocoryne caudata. 

— Ganiogyne Burbidgei. 

— Ixora Burbidgei. 

— Nepenthes Rajah ; bicalcarata; 

Burbidgei . 

— Pinanga Veitchii. 

— Piptospatha insignis. 



— Rhododendron stenophyllum. 

— Wormia Burbidgei. 

— Orchidées variées. 
Ciiestertox, 1872-1877. — Colombie* 

— Odontoglossum Coradinei. 
Blrke, 1881-1894.*— Guyane anglaise. 

— Bornéo. — Philippines. — Bur- 
mah. — Nouvelle-Guinée. 

— Nepenthes Burkei. 

— Phalœnopsis Schilleriana. 

— Heliamphora nutans. 



128 



ANGLETERRE 



— Cypripediuni Lindleyanum. 

— Zygopet aluni Burkei. 
Curtis (Charles), 1878-1883. — Archi- 

Sel indien. — Madagascar. — Gran- 
es Comores, etc. 

— Angrœcum sesquipedale . 

— Cypripediuni Curtisii. 

— Medinilla Curtisii. 

— Nepenthes variés 
Downton, 1872. — Chili. 

— Dicksonia Berteroana. 
Endres, 1872-1873. — Amérique Cent. 

— Epidendrum Endresii. 

— Utricularia Endresii. 
Hutton, 1866-1868 — Indes. 

— Aerides Huttoni. 

— Dendrobium Huttoni. 

— Vanda insignis. 
Kalbreyer, 1878-1881. — Colombie. 

— Hsemantlius Kalbreyeri 

— Pachystoma Thonisonianum 
Lobb ([Thomas), i84o-i858. — Archipel 

indien 

— Aerides Fieldingii . 

— Arachnanthe Cathcarti. 

— Bulbophyllum Lobbi. 

— Cypripediuni barbatum. 

— Cypripediuni superbiens. 

— Phalœnopiis intermedia. 

— Phalœnopsis amabilis, Blume. 

— Vanda cserulea ; tricolor. 

— iEschynanthus Lobbii. 

— Medinilla magniliea. 

— Nepenthes Veitchiana . 

— Rhododendron Brookii; jasmi- 

niflorum ; javanicum ; Lobbi . 
Lobb (William), 1840-1857. — Califor- 
nie. — Amérique du Sud. 

— Abies bracteata ; concolor. 

— Araucaria imbricata. 

— Fitz-roya patagonica. 

— Libocedrus tetragona. 

— Podocarpus nubigenus. 

— Saxe-Gotheaconspicua. 

— Séquoia gigantea. 

— Thuia Lobbi (gigantea) . 

— Torreya myristica. 

— Berberis Darwinii. 

— Desfontainea spinosa. 

— Embothriuin coccineum. 

— Escallonia macrantha. 

— Lapageria rosea. 

— Philesia buxifolia. 

— Pleroma elegans. 

Maries (Charles), 1830-1879.— Japon ; 
Ile Formose . 

— Abies Mariesii. 

— Acer japonica (variétés). 

— Caryôpteris Mastachantus. 

— Clerodendron trichotomum. 

— Cœsalpinia japonica 

— Cornus brachypoda 

— Daphniphyllum glaucescens. 

— Davallia Mariesii. 



— Elœagnus macrophyllus. 

— Iris Kîempferi. 

— Styrax japonicum. 

Pearce Richard, 1864-1868. — Améri- 
que du Sud (Colombie). 

— Amaryllis pardina 

— Bégonia boliviensis ; Pearcei ; 

rosaefiora ; Veitchii. 

— Cypripedium caricinum. 

— Gymnogramma Pearcei. 

— Gymnostachyum Pearcei. 

— Maranta Veitchiana. 

— Odontoglossum coronarium. 

— Sanchezia nobilis. 

— Stemonacanthus Pearcei. 

— Urceolina pendula. 

Veitch, John Gould, (1839-1867). — 
Chine et Japon, 1859-1860. — Aus- 
tralie et Philippines, i864-i865. 

— Abies firma. 

— Cryptomeria elegans. 

— Picea ajanensis. 

— Picea Alcockiana. 

— Acalypha Wilkesiana tricolor. 

— Amarantus melancholicus. 

— Ampélopsis tricuspid. Veitchi. 

— Ampélopsis japonica. 

— Aralia Veitchii. 

— Coleus Veitchii; Gibsoni. 

— Croton undulatus Veitchi, etc. 

— Dracama Chelsoni ; Mac-Leaii ; 

magnifica ; Mooreana ; regina 
et autres. 

— Lilium auratum. 

— Maranta Veitchi. 

— Pandanus Veitchii. 

— Primula cortusoides. 

— Veitchia Johannis. 

Veitch, (Herbert-James), fils du pré- 
cédent, rapporte en 1898, des végé- 
taux recueillis aux Indes, au Japon 
et en Australie. 

Veitch (Peter),i877-i88o. — Australie 
(Nouvelle-Zélande, Fiji.) — Bornéo. 

— Lomaria discolor bipinnatilida. 
Wallis, 1872-1874. — Colombie. 

— Cypripediuni caudatum. 

— Epidendrum Wallisii. 

— Loasa Wallisii 

— Masdevallia Chimscra. 
Walter (Davis), 1873-1877. — ■ Améri- 
que du Sud . 

— Bégonia Davisii. 

— Browallia pedunculata. 

— Calceolaria lobata. 

— Cypella peruviana. 

— Cypripediuni reticulatum . 

— Masdevallia Davisii; Darlacana; 

ionocharis. 

— Polybotrya Zeehleriana. 

— Vriesia chrysostachys 
Zaiin, 1870. — Amérique Centrale. 

— Tillandsia Zahnii. 
Etc. 



Le D 1 Maxwell T. Masters et l'orchidographc John O'Brien ont 
bien voulu nous guider dans ces recherches minutieuses. Certes, il 
nous eut été facile de les étendre encore. 



ANGLETERRE 



129 



Explorateurs libres. 



Backhouse (James et Fila), de York, 
1794-1869. — Australie. 

Balfour(J.-B ), professeur de bota- 
nique à Edimbourg. — Socotora. 

— Bégonia Socotrana. 
Baxxister (John), missionnaire en 

Virginie, 1688. 

— Magnolia grandiflora, etc. 
Benson (colonel), 1866. — Indes. 

— Orchidées. 

Berkeley (général), 1862. — Indes. 

— Orchidées. 

Bootii (T.-F.), 1853. — Bhotan. 

— Rhododendron. 

Bowman (David), i838-i868. — Pérou. 

Equateur. (Gyanophyllum.) 
Bridges Thomas, 1807-1865, Chili — 

Pérou — Bolivie. 

— Victoria regia. 

Cathcart (J. W.) (décédé en i85i). — 

Himalaya oriental. 
Drummoxd (James) (décédé en i863). — 

Australie du Sud 
Ellis (Rév d 1794-1872).— Madagascar. 

— Ouvirandra fenestralis, etc. 
Falcoxer (décédé en i865) . — Indes 

occidentales. 

Gardner (G.) (décédé en 1847). — Bré- 
sil — Ceylan. 

Gibson* (John), jardinier chez le duc 
de Devonshire. 

— Amherstia nobilis, etc. 
Gillies(J.) — Chili. 

Gordon (James), décédé en 1780. — 
Amérique du Nord. — Japon. 

— Ulmus americana, 1752. 

— Sophora japonica. 

— Ginkgo biloba, 1754. 



Gray ( Christopher)), 1740- 1768. — 

Amérique . 
Griffith (William), décédé en 1845. 

— Indes. 

Hill Walter — Queensland . 

Hooker (Sir Joseph). — Régions an- 
tarctiques. — Nouvelle-Zélande. — 
Himalaya — Syrie. — Maroc. 

— Rhododendrons himalayens, etc, 
Jeffrey John, i85o. — Californie. — 

Orégon. 

— Conifères. 

Lee James, (horticulteur, 1715-1795) . 
Lehmann (consul). — Amérique Sud. 

— Orchidées. 

Purdie W. (décédé en 1857). — Ré- 
gions tropicales de l'Amérique. 

Skinner (George), 1804-1868. — Gua- 
temala. 

— Cattleya Skinneri, i836. 

— Lœlia superbiens, 1840. 

— Lycaste Skinneri, 1842. 

— Sobralia macrantha, 1842. 

— Stanhopea saccata, etc. 
Symonds (Sir W.), i838. — Nouvelle- 
Zélande. 

— Dacrydium cupressinum. 

— Dammara australis. 

— Podocarpus Totara. 

— Phyllocladus trichomanoides. 

— Vitex littoralis. 

Tweedie (James) (décédé en 1862/. — 
Brésil . — Uruguay. 

— Cactées. 
Whittal. — Smvrne. 

— Plantes bulbeuses, etc. 
Wight (Robert) (décédé en 1872). — 

Indes. 



La Grande-Bretagne a fourni une superbe pléiade de voyageurs 
botanistes ou explorateurs et de riches établissements d'importation. 



•i-^-i- 



XI. — Parcs et Jardins publics ou particuliers, 



Sur le sol accidenté de la Grande-Bretagne, sillonné de cours 
d'eau, flanqué de rochers au milieu des mers, l'art du paysagiste a pu 
facilement diriger ses méandres, fleurir ses pelouses et développer 
ses horizons. 

Après avoir admiré et imité le style classique du célèbre jardinier 
de Louis XIV, André Le Nôtre, qui. a traversé la Manche pour 
renouveler là bas ses conceptions hardies, les initiateurs anglais 
Kent, Brov\ n, AYhately posaient les premiers jalons du style 
romantique en même temps qu'une révolution semblable s'accom- 
plissait en France. 

9 



l3o ANGLETERRE 

Les modernes ont continué l'œuvre en donnant à leurs inspi- 
rations plus de grâce et d'harmonie et en accentuant la belle origi- 
nalité des effets par l'introduction, dans les corbeilles et sur les 
gazons, de ces végétaux exotiques dus. aux explorations anglaises, 
hollandaises, russes, belges ou françaises. 

Nous arrivons aux plantations publiques : Parcs, jardins, squares, 
promenades, organisés par la majeure partie des villes ; tout en 
agrémentant la cité, ils ont l'avantage de faire connaître les végétaux 
et de purifier l'air respirable. 

La capitale marche en tête, corrigeant son immense étendue par 
des oasis de verdure et de fleurs. 

Parcs publics de Londres. 

Hyde Park. Greenwich Park. 

Regent's Park. Green Park. 

Victoria Park. Kensington Gardens. 

Battersea Park. Myatt's Fields. 

Finsbury Park. Ravenscourt Park. 

Brockwell Park. Southwark Park 

Clissold Park. Saint-James's Park. 

Dulwich Park. Vauxhall Park. 

Queen's Park. Cristal Palace. 

Les trois premiers occupent chacun une surface qui dépasse 
î5o hectares; mais, hors de la cité, Richmond Park s'étend, rive 
droite de la Tamise, sur une superficie de 900 hectares, et Hampton 
Court, de la rive gauche, sur 200 hectares. 

Dans les villes principales, nous signalerons seulement quelques- 
uns des parcs les plus renommés : 

Birmingham : Cannon Hill Park. 

Dublin : Phœnix Park. 

Glasgow : Kelvingrove Park. — Queen's Park. 

Leeds : Parcs, Jardins et Promenades. 

Liverpool : Sefton Park. — Prince's Park. — Stanley Park. 

Manchester : Plusieurs Parcs, Jardins, Boulevards et Squares. 

Birkenhead : Parc et Promenades. 

Newcastle : Jesmond Dean Park. 

Preston : Parcs, Jardins et Promenades. 

Scarborough : Cliff Bridge, Grounds and Spa. 

Tous ces Parcs et Jardins sont confiés à des horticulteurs de pre- 
mier ordre. Les administrations les encouragent en mettant à leur 
disposition les matériaux si variés dont ils ont besoin* 



ANGLETERRE l3l 

Les grandes et belles plantations qui accompagnent de riches 
demeures sont disséminées sur la presque totalité des Comtés. Il en 
est de véritablement splendides, et pour la réalisation desquelles il 
a été dépensé des sommes considérables ; par exemple, les résidences 
royales de la Couronne : à Windsor Castle et àFrogmore, non loin de 
Londres ; à Osborne House, île de Wight; à Balmoral, Ecosse, etc. 

Nous aurions à citer ainsi 5,ooo Parcs et Jardins particuliers des 
plus remarquables, et le nom du propriétaire ou de l'occupant, et le 
nom du chef jardinier de chacun d'eux. Il nous suffira d'en résumer 
le nombre, par Comté, dans une colonne spéciale du tableau consacré 
aux établissements d'horticulture, page 118. 

XII. — Journaux horticoles. 

L'horticulture anglaise étant livrée à ses propres ressources, il eu 
résulte que, pour sa propagande et l'exposition de ses principes, pour 
la publication des résultats de ses eftbrts, il lui faut des organes 
puissants ou populaires. La presse horticole est bien plus importante 
en Angleterre que dans tout autre pays, d'autant mieux qu'elle n'a 
pas, comme en France, la concurrence des Bulletins de Sociétés 
d'horticulture et d'agriculture ■ — à l'exception du Journal of the 
Royal Horticultural Society, rédigé par le Secrétaire. 

Les principaux Journaux purement horticoles — la rédaction est 
confiée à des hommes de valeur — sont : 

The Gardeners' Chronicle, par Maxwell T. Masters, créé en 1841* 
The Gardeners Magazine, par G. Gordon, créé en i843» 
The Journal of Horticulture, par Robert Hogg, créé en 1848* 
The Garden, par William Robinson, créé en 1872» 

A coté de ces publications illustrées avec art, il existe ce que l'on 
pourrait appeler la petite presse, qui se compose de journaux à 
dix centimes, établis depuis une dizaine d'années au moins, tels que : 

Amateur Gardening ; Planter s Gazette; 

Gardening World ; The Northern Gardener ; 

Gardening Illustrated ; The Horticultural Advertiser ; 

Garden Work ; The Orchid Reçiew ; 

Horticultural Times ; Cottage Gardening. Etc., etc. 

Ces organes horticoles sont hebdomadaires et leurs rédacteurs 
sont, parait-il, largement rétribués. 

Le journal est vendu au numéro chez tous les marchands de jour- 
naux, dans les kiosques et aux gares de chemins de fer. 



l3a ANGLETERRE 

Si l'on en juge par les soins typographiques et par la marée 
montante d'annonces et de réclames, on peut dire que la presse 
horticole anglaise est riche et prospère. 

Nous ajouterons qu'un grand nombre de publications scientifiques, 
agricoles, forestières, cynégétiques, de voyages, de vie à la campagne, 

de cuisine, de mode, etc., ont une chronique horticole inédite ou 

taillée à coups de ciseaux. 

XIII. — Ouvrages remarquables. 

Parmi les ouvrages les plus remarquables de l'horticulture, rédigés 
et publiés en Angleterre, on peut citer : 

Theory and Practice of Horticulture John Lindley. 

Encyclopœdia of Gardening J.-G. Loudon. 

Arboretum Britannicum J.-G. Loudon. 

Magazine of Botany Joseph Paxton. 

Botanical Bictionary .", Joseph Paxton. 

Book ofthe Garden Mac Intosh. 

Flower Garden Lindley & Paxton. 

Exotic Botany J.-E. Smith. 

Botanical Cabinet Loddiges. 

Species Filicum W.-J. Hooker. 

Gardener's Assistant Robert Thompson. 

Botanical Magazine Hooker. 

Botanical Begister Lindley. 

English Flower Garden William Robinson. 

Les publications plus récentes fournissent les œuvres suivantes : 

Manual ofthe Coniferœ Harry J. Veitch. 

Manual of Orchidaceous Plants Harry J. Veitch. 

Orchard House « Thomas Rivers. 

Miniature Fruit Garden Th. & T.-Fr. Rivers. 

Bictionary of Gardening G. Nicholson. 

CasselVs Popular Gardening D.-T. Fisii. 

Orchid Album Warner & Williams. 

Ferns British and Exotic K.-J. Lowe. 

The Fruit Manual . Robert Hogg. 

Booh of Choice Ferns Georges Schneider. 

Vines and Vine Culture Archibald Barron. 

Etc., etc. 

Il a paru également beaucoup de brochures et de petits livres sur 
des cultures générales, spéciales et sur des observations pratiques. 



ARGENTINE (république) 



-3-HK 



3,200,000 kilomètres carrés. — 4>6oo,ooo habitants. 

— 2-8K— 



L'immigration, dans la République Argentine, favorisée par des 
lois protectrices, a singulièrement contribué au développement de 
l'Agriculture. 

Le climat et le sol ont secondé les efforts du colon ; sa famille s'est 
constituée, sa fortune s'est arrondie et la richesse du pays y a gagné. 

La vie pastorale a conduit le cultivateur vers l'exploitation des 
plantes alimentaires ; de là, l'amélioration des potagers et des vergers 
destinés à l'approvisionnement de la ferme ou du marché. 

Aux espèces indigènes : Pommes de terre, Patate, Igname, Tomate, 
Aubergine, Pastèque, Piment, sont venus s'ajouter les légumes 
d'autres pays : Pois, Haricots, Choux, Betteraves, Navets, Ognons, 
Ails, Radis, Asperges, Artichauts, Gardons, Céleri-Rave, et toute la 
verdure alimentaire. 

La Pomme de terre fournit 4 00 » 000 kilogr., à l'exportation, les 
Haricots et Pois ensemble 5o, 000 kilogr., au minimum. 

Le Maïs quitte les ports argentins par 4°° millions de kilogr. de 
semences. L'Europe s'y approvisionne des espèces fourragères à 
grand développement, qui ne peuvent arriver à maturité chez elle. 

Les plantes vivrières ont profité des accrues alluvionnaires du 
bassin des grands rios Parana, Paraguay, Uruguay, et se développent 
au milieu des lagunes marécageuses de Corrientes et d'Entre-Rios. 

Les vergers marchent de pair avec les potagers, modifiant leurs 
essences d'après le sol et le climat, et se sont renouvelés dans leurs 
anciennes variétés d'origine espagnole ou portugaise, par un choix 
plus conforme aux progrès de la pomologie moderne. 

Le vignoble est bien le milieu favorable à nos arbres fruitiers à 
pépins ou à noyau, et certaines vallées bien orientées des sierras sont 
nommées « les jardins de l'Argentine ». 



l34 ARGENTINE 

Où l'excès de sécheresse nuit au Pommier ou au Poirier, l'Olivier 
s'installe au profit de l'huilerie, et le rustique Caroubier fournit un 
aliment & patai » et une boisson fermentescible « loja » appréciés de 
l'immense région andine. 

Abritées par le gigantesque rempart montagneux, les provinces 
de Gatamarca, de la Rioja, de San Juan, de Santiago de l'Estero, 
de la fertile Mendoza, récoltent des Oranges, des Figues, des Olives, 
et aussi bien des Raisins, des Pêches, des Abricots, des Cerises et 
des Prunes. 

Les sols friables de Salta se sont montrés propices au Bananier; 
la vente des régimes en a été fructueuse au département d'Oran. 

Si le midi, plus froid, de la République Argentine offre moins 
d'intérêt à l'horticulteur — à part la flore arbustive de Magellan et 
des Cordillères, — le nord, plus rapproché de l'Equateur, favorise 
la végétation luxuriante de plantes économiques ou alimentaires. 

Sous ce rapport, la province de Buenos-Aires a pris le premier 
rang. Ses jardins jouissent d'une réputation méritée. Cependant, elle 
consacre 5oo,ooo hectares au Maïs, alors que la Pomme de terre 
occupe seulement 8,000 hectares et les autres légumes, 2,000. 

Non moins dense en population, le plantureux Tucuman s'est 
transformé en pépinière de fruits, de légumes, d'arbustes et de fleurs. 

Culture rémunératrice, la Canne à sucre vient, sous ce climat plus 
accentué en chaleur, couronner le labeur du colon... 

Le Café, le Coton, le Riz, le Tabac, le Lin, même le Maté ou Thé 
du Paraguay procurent le bien-être au planteur intelligent. 

En rangs serrés, les arbres précieux, tels que : Aspidosperma, 
Bulnesia, Cœsalpinia, Dalbergia, Lubea, Myrsine, Porliera, Prosopis, 
etc., constituent la fortune des forêts qui meublent la chaîne de 
Calchaquis, se dirigeant par Salta vers Jujuy. Sur les plateaux et à 
travers les broussailles alpestres de la zone subtropicale, le botaniste 
récolte d'amples provisions d'Orchidées, de Fougères, de Bromé- 
liacées, et le chasseur peut tirer, à foison, la vigogne et le chinchilla. 

Partout, la production rémunératrice de fruits et de légumes a 
tenté le cultivateur qui, à l'exemple de son confrère californien, est 
venu ajouter l'industrie et le commerce à son enclos. 

Les conserves de Fruits et de Légumes, confectionnées sur place 
ou avec l'intermédiaire d'un intéressé, ont acquis une certaine 
renommée dans l'Amérique du Sud. 

L'Agriculture a donc inspiré le jardinage par ses expériences 
lucratives de réfrigérants appliqués à la boucherie. Les s5 millions 
de kilogr. de viandes argentines congelées n'ont-elles pas fait baisser 
pavillon aux fameux frigorifiques tasmaniens et néo-zélandais ? 



ARGENTINE l35 

Attendons-nous aux arrivages de Conserves alimentaires dont la 
vente, à peu près assurée, encouragera chez les Argentins la sélec- 
tion des espèces commerciales. 

Les Parcs et les Jardins de plaisance ont été la conséquence de la 
fortune acquise par la population laborieuse. 

La capitale, elle-même, marche de l'avant et entraîne les autres 
villes, en consacrant près de 200 hectares aux plantations d'agrément 
disséminées sur les Places et les Boulevards, dans les Parcs et les 
Jardins publics. La population sédentaire ou de passage leur fait 
fête. 

La Flore locale est considérable et insuffisamment explorée. 
Cependant, les paysagistes — plusieurs sont d'origine française — ont 
su en tirer un heureux parti. 

La Sylviculture est l'œuvre des premiers conquérants et... un peu 
de la nature. Les surfaces boisées y sont étendues et denses. 

Les pépinières d'attente et l'extraction des plants dans les 
clairières sylvestres ont facilité la création des forêts du Chaco et 
des Missions qui sont réputées dans les industries du bois, de la 
teinture, de la tannerie et de la fabrication de la potasse, du brome, 
du papier végétal, etc. 

On sait que les fourrés de ces massifs, connus sous le nom de 
« forêt vierge », sont hantés par des fauves dangereux, alors que 
le singe se balance aux lianes, le castor construit sur le bord des 
fleuves, l'autruche (nandu) vagabonde et niche dans les « Cartaderos » 
de la pampa, les Gynériums de la plaine. 

Sans sortir de notre cadre, nous pouvons dire que l'éducation des 
abeilles et le peuplement des cours d'eau ont augmenté le revenu 
de ceux qui s'y livrent. 

Les Ecoles d'agronomie, avec cours d'arboriculture, dont le 
règlement est quelque peu calqué sur les nôtres, ont rendu de 
grands services à la population rurale. Autrefois, la jeunesse 
argentine fut l'hôte de nos Ecoles supérieures ou d'application; la 
nation a désormais pourvu à son instruction agricole. 

Parmi les créations de ce genre, l'Institut agronomique et 
vétérinaire de Santa-Catalina, à Buenos- Aires, se place au premier 
rang. C'est un établissement d'enseignement supérieur qui participe 
à la fois de notre Institut agronomique et de l'Ecole d'Alfort. 

Actuellement, trois anciens élèves de l'Institut agronomique de 
Paris sont professeurs à Santa-Catalina. 

La botanique et l'horticulture arbustive, forestière ou potagère, y 
font l'objet de leçons théoriques et de démonstrations pratiques, 
suivies avec assiduité par les élèves, 



l36 ARGENTINE 

Des tentatives d'acclimatation de nos espèces fruitières, légu- 
mières, sylvicoles ou ornementales ont déjà produit quelques 
résultats, étant donnée la variété de ce vaste territoire. 

Sous les auspices des Pouvoirs publics de la nation et des provinces, 
le 20 avril 1890, la Société Argentine ouvrait, à Buenos-Aires, ville 
capitale, une Exposition internationale, rurale et agricole, qui a mis 
en relief les productions de légumes et de fruits, à l'état naturel ou 
préparé, ainsi que les vins et alcools, les huiles, les sucres, les cafés, 
les papiers, les gommes, etc., dérivés des végétaux. 

Des sections étaient réservées aux légumes ci-après : Patates, 
Pommes de terre, Betteraves, Pois chiches et autres, Haricots, Fèves, 
Asperges, Tomates, Piments, Choux, Ognons, puis les fruits et les 
graines oléagineuses du pays. 

Les plantes économiques, les graines d'arbres, les semences de 
fleurs avaient leur catégorie, de même que les fruits secs, y compris 
les Figues et les Raisins, enfin les fruits conservés. 

Plus loin, se groupaient les plans de jardins fruitiers ou potagers, 
de parcs d'ornement, de fermes, de colonies, etc. 

L'horticulture d'utilité ou d'ornement a contribué au succès de 
cette fête rurale, par ses bosquets, ses plates-bandes, ses corbeilles, 
ses groupes disséminés sur les pelouses qui encadraient les bâti- 
ments, hall, pavillons et galeries du concours. Toutes les provinces 
étaient là, représentées ; leurs richesses ont été d'autant mieux étudiées 
que le programme proposait deux prix : l'un de 5oo piastres, l'autre 
de 25o, pour les commissaires de sections qui rédigeraient les 
meilleurs Rapports sur les résultats du concours. 

L'instruction horticole ne tardera pas à entrer dans une phase 
nouvelle. La ville de Buenos-Aires a récemment créé un Jardin 
botanique, par les soins du Directeur des Parcs et Jardins publics, 
M. Charles Thays, élève d'un maître parisien, M. Edouard André. 

Les carrés sont organisés en plein air. De grandes serres sont 
construites. Les végétaux des régions chaudes et ceux des régions 
froides se sont donné rendez-vous dans cet établissement d'un haut 
intérêt, qui recueillera en même temps les richesses indigènes. 

La Flore argentine encore peu connue, nous écrit le zélé fonda- 
teur du Jardin, est très nombreuse et ses représentants offrent la 
variété la plus grande, depuis les Hêtres toujours verts, Fagus 
betuloides et antarticus de la Terre de Feu, signalés et rapportés en 
Europe par l'anglais Joseph Hooker et le français Paul Hariot, 
jusqu'aux Orchidées et aux Broméliacées de Tucuman et de Jujuy. 



^^M^ 



AUSTRALIE 

— — 3-HK— 

8,21 6, 5oo kilomètres carrés. — 4>3o4,3oo habitants. 



L'Australie, colonie anglaise, comprenant la majeure partie des 
îles océaniennes, est elle-même divisée en sept colonies ayant chacune 
à leur tête un Gouverneur. Ce sont, d'après leur étendue territoriale : 
Australie occidentale, Australie méridionale, Queensland, Nouvelle- 
Galles du Sud, Nouvelle-Zélande, Victoria, Tasmanie. Nous les 
examinerons dans leur ordre alphabétique. 

Jusqu'alors, les productions naturelles dominent ; mais déjà 
la spéculation tire un parti avantageux des végétaux utiles 
de l'extérieur. Par exemple, la Vigne, en 1890, s'étend sur 
20,000 hectares et produit plus de 4 millions de gallons de vin, 
et la Pomme de terre fournit 600,000 tonnes de tubercules sur 
60,000 hectares. Où la population est plus dense, la production 
augmente. Telles sont les colonies Victoria et Nouvelle-Zélande, 
qui occupent le premier rang au chapitre du produit. 

Antipode de l'Europe, l'Australie commence à exploiter la 
situation que lui procure l'interversion des saisons, en nous envoyant 
fruits et légumes lorsqu'ils nous manquent. En dix années, la surface 
consacrée aux jardins et aux vergers a doublé. 

Des Ecoles se créent, des Sociétés se fondent, des Syndicats 
s'organisent, les uns pour l'enseignement, les autres pour la 
production et le commerce. 

Les deux plus grandes capitales, Melbourne et Sydney, n'ont-elles 
pas ouvert, l'une et l'autre avec succès, une exposition universelle? 

L'Australasie est un pays d'avenir au point de vue horticole 
et commercial. 



l38 AUSTRALIE 

AUSTRALIE MÉRIDIONALE 

Capitale ; Adélaïde. 



Après une promenade aux Parcs Nord, Ouest, Sud et Est, lorsque 
le touriste pénètre au Jardin botanique d'Adélaïde, créé en même 
temps que la capitale par John Bentham Neales, George Francis, 
William Wyatt, etc., il est émerveillé des richesses qui s'y trouvent 
réunies et il se plaît à les comparer avec les végétaux indigènes. 

En plein air, d'énormes Figuiers verts, Ficus plaiypoda- et 
rubiginosa ; le Cocotier du Chili, Jubœa spectabilis, le Molle du 
Pérou, Schinus Molle; le Sterculier chinois; le Gardénia indien 
fructifiant avec le Grévilléa australien ; des Conifères d'Amérique 
faisant ressortir encore l'originalité des Araucarias, des Dammaras, 
des Podocarpus australiens. 

Les Fougères, les Cactus ont des centaines d'espèces et de 
variétés. Les Orchidophiles peuvent se délecter à la floraison des 
Phahenopsis, des Vandas, des Cypripédiums, des Cattleyas, des 
Odontoglossums d'origines si différentes. 

Les Roses y rappellent la beauté du pays de France, et la Victoria 
brésilienne étale sur une large pièce d'eau quantité de feuilles et de 
fleurs phénoménales. 

Le Palmarium, terminé en 1878, a coûté 100,000 francs, dit-on ; ne 
pourra-t-il faciliter l'acclimatement de ces vigoureux types africains 
ou asiatiques, alors que les Séaforthias et Ptychospermas spontanés 
ornent les gorges et les vallées rocheuses de l'Upper Mary, alors 
que les Livistonas rabougris pullulent dans les forets ouvertes, au 
milieu de fourrés d'Andropogons où se réfugient les serpents 
redoutables et d'où s'échappent des myriades d'oiseaux multicolores? 

Les Légumes et les Fruits sont cultivés dans les plaines arrosées, 
près des villes et sur le littoral favorable à la végétation. Chaque 
année, la surface plantée augmente, depuis que l'on a reconnu la 
possibilité d'expédier ces produits vers l'Amérique et l'Europe par 
steamers simples ou frigorifiques. 

L'emballage et le paquetage des denrées alimentaires sont devenus 
l'objet d'études et d'industries nouvelles. 

Tous nos fruits se retrouvent là-bas, plus ou moins bien 
déterminés. 



AUSTRALIE l3$ 

II a été cependant reconnu que les Pommes, résistant le mieux 
aux voyages jusqu'à Londres, étaient Adams' Pearmain, Jonathan, 
London Pepping, Rome Beauty, Stone Pippin, Sturmer Pippin. 

La Banane, la Mangue, l'Ananas sont abondants et ont suscité 
l'industrie des conserves pour relever le prix de leur vente. 

Les Oranges, les Limons, les Citrons mûrissent pendant notre été 
et sont recueillis avec soin. 

Les Légumes, de plus en plus recherchés, amènent à chaque 
printemps des jardiniers chinois qui les cultivent et les vendent. La 
Pomme de terre fournit 3o,ooo tonnes, et le Pois i5,ooo hectolitres. 

Le colon reste à ses rizières, à ses plantations de Caféiers, de 
Cannes à sucre, à ses champs de Tabac, de Maïs, de Sorgho, de 
Millet, d'Ignames, de Patates, de Pommes de terre. 

Les houblonnières constituent une culture, à profit. 

Le bois de Santal est l'objet d'exportations fructueuses. 

La Vigne produit 900,000 gallons et continue à étendre ses bras 
généreux pour l'exploiteur. Le Vin rouge ou blanc est devenu un 
élément commercial, immédiatement après le Blé et la laine. La 
production de 1892 a été de 800,000 gallons de vin et de 5, 000 tonnes 
de raisins frais, expédiés hors frontière. 

Le Raisin de table et les cépages Zante et Sultana, destinés au 
séchage, ne sont pas d'un moins bon rapport. 

De cette situation prospère, l'esprit de groupement a fait naître, 
dès i845, la Société royale d'agriculture et d'horticulture de 
l'Australie méridionale. 

Au meeting d'automne, les membres composent des comités dits : 
Agriculture ; Pâturage et Laines ; Horticulture et Floriculture ; 
Viticulture ; Industries et divers. 

Ces Comités, comprenant soixante membres, régissent la Société et 
nomment un Président susceptible d'être réélu trois fois de suite, 
et des assesseurs dont un seulement peut bénéficier de la réélection. 

Le jardinage est admis au Collège d'agriculture et à la Ferme 
expérimentale de Rosewarthy, fondée par l'Etat, aux portes de 
la capitale, en 1879, sur terrain de 20,000 hectares. Le professeur 
principal reçoit i2,5oo francs d'appointements. 

En 1890, le Parlement a fait construire, à Adélaïde, un vaste 
Musée de botanique qui rend de grands services par ses galeries 
d'herbiers, ses collections de fruits plastiques, par la classification 
géologique ou climatérique des plantes et leur emploi, enfin par 
ses publications. 

Déjà le Jardin botanique, qui a précédé le Musée, avait habitué le 
cultivateur à solliciter des semences et des plants qui ne lui étaient 



l4o AUSTRALIE 

jamais refusés, et les municipalités à s'approvisionner gratuitement 
d'arbustes et de fleurs pour le décor des Parcs et des Jardins urbains. 

Territoire du Nord. — Le « Northern Territory » de la colonie, 
assez distinct de la région baignée par l'Océan indien, est peuplé de 
deux essences dominantes : le « Wattle » et le « Gum ».Le premier de 
ces arbres, l'Acacia ou le Mimosa, exploité pour ses propriétés 
tannifères, rapporte jusqu'à 2,000 francs à l'hectare et figure au 
tableau des exportations pour une somme dépassant un million 
de francs. L'autre, l'Eucalyptus ou Gommier, géant sur le littoral, se 
couronne à l'intérieur des terres ; certains types grandissent sur la 
crête des chaînes accidentées, tandis que d'autres à bois plus blanc, 
fréquentent les abords marécageux. Nous hésitons à traduire leur 
nom spécifique, les botanistes des Deux-Mondes n'étant pas d'accord 
sur ce point. 

Çà et là, on voit de beaux spécimens des genres : Alectryon, 
Buchannania, Galythrix, Gochlospermum, Erythrophlaum, Megas- 
perma, Pancovia, Schmidelia. 

Les rivières côtières sont bordées par le Manglier, le Muscadier, 
le Mélaleucadendron, l'arbre à papier des colons, qui constitue 
d'impénétrables maquis dans l'archipel de l'est ; puis le Pétalos- 
tygma, Euphorbiacée réputée très dangereuse, quoique surnommée 
l'arbre à quinine, et plus au nord, le Bambou, base de trafic pour 
les aborigènes. 

Si les jungles sont des broussailles et des repaires de toutes 
sortes, les lagunes d'eau douce disparaissent sous les Nymphéacées, 
et les clairières laissent entrevoir des Fougères ligneuses, des 
Gycadées bizarres, des Orchidées étranges. 

La série des Mousses, des Algues, des Hépatiques et des Lichens 
a, plus d'une fois, appelé la loupe du cryptogamiste. 

Le personnel officiel du Territoire du Nord compte un « Gurator 
of Botanic Garden » : N. Holtze, à Port-Darwin, ville principale. 

Sur l'inspiration du Ministère, des Pépinières -Écoles ont fait 
pénétrer sur les districts conquis nos essences de l' Ancien-Monde. 
Par millions, on énumère désormais, où l'Eucalyptus n'est plus à 
l'aise, les Chênes, les Ormes, les Frênes, les Pins, les Saules, les 
Peupliers, les Tamarix et des essences économiques étudiées à un 
autre point de vue, le Noyer, l'Olivier, le Mûrier. 

L'organisation du service forestier et l'attribution de primes aux 
planteurs, dues à l'initiative du député Krichauff, ont donné 
d'heureux résultats sur les landes et les sols miniers. 



AUSTRALIE iZjl 

AUSTRALIE OCCIDENTALE 

Capitale : Perth. 

Les Fruits et les Légumes cultivés en Europe prospèrent dans le 
Western Australia, à l'opposé de nos saisons. 

Sur tout le territoire mûrissent Poires, Pommes, Pêches, Prunes, 
Cerises, Amandes, Abricots, Oranges, Figues, Raisins, Grenades, 
Goyaves, et les Grenadilles produites par la Passiflore. 

La Fraise se plaît dans les districts du sud, ainsi que la Framboise 
et la Groseille. 

L'Olivier est partout luxuriant de sève. De beaux spécimens sont à 
l'Orphelinat catholique romain de Subiaco. 

Avec un sol argileux et limoneux, le district de Blackwood est un 
des plus fertiles, ainsi que Perth, Swan, Toodway, Fremontle, 
Murray, Wellington. 

Le Pêcher est cantonné à l'est du Darling Range, région des vergers 
ayant vue sur l'Océan indien. 

Le Châtaignier, le Noyer restent sur les plateaux. 

La Midland Railvay Company expédie à Londres, par paquebots- 
poste, des cargaisons de Poires, de Pommes, de Raisins, de Pommes 
de terre et d'O gnons provenant en partie de la culture des colons. 

Le voisinage des gares et des ports d'embarquement ne tardera 
pas à se peupler de stations fruitières attirant à elles les négociants ; 
telles seraient les conclusions de la mission officielle Richardon et 
Paterson, chargée d'étudier les établissements agricoles, les vergers 
et les potagers des colonies voisines : Victoria et Nouvelle-Galles. 

En attendant que les plantations deviennent commerciales, des 
usines à séchage et à conserves se sont élevées dans les districts 
fruitiers, et des installations vinaires viennent à la suite du vignoble, 
qui se développe chaque année. Jusqu'alors, les contrées moins 
favorisées sont restées tributaires des colonies Adélaïde et Tasmanie. 

Nous pouvons dire que la Sériciculture et l'Apiculture ont trouvé 
leurs centres de prospérité dans l'Australie occidentale. 

Les forêts se peuplent de bois utiles à l'industrie : des Eucalyptus, 
des Casuarinas, des Banksias, des Santals, des Mimosas, etc. 

Le botaniste baron Von Mueller, Directeur des Jardins du Gouver- 
nement, et le secrétaire des colonies, Malcolm Fraser, ont su mettre 
en relief les ressources sylvicoles de l'Australie occidentale, tandis 
que le député Fitzgerald en a fait valoir les richesses orchidéennes. 



l4a AUSTRALIE 

NOUVELLE- GALLES DU SUD 

Capitale : Sydney. 



Dendrologie. — Les études botaniques de Bentham, de Mueller, 
de Maindon, de Hooker ont permis de classer les éléments de 
l'arborescence végétale de la Nouvelle-Galles, par exemple les 
Eucalyptus au fût hardi, au feuillage glaucescent, arbres recherchés 
par le génie civil ou maritime. 

Les grandes forêts fournissent encore d'autres essences utiles : 

L'Angophora, bois lourd et de longue durée ; 

Le Campêche, employé aux travaux de chemins de fer ; 

Le Syncarpia, de Maclay, résistant le mieux aux attaques des 
tarets, arbre précieux pour les piles de pont ; 

L'Arbre à cire, au nord de Sydney, pour la parquetterie et les 
ponts de navire. 

Dans les forêts de second ordre, nous rencontrons : 

L'Acacia « Green Wattle » aux élégantes frondaisons broutées par 
les moutons et les chèvres, arbre riche en principes tannifères ; 

L'Araucaria de Gunningham, superbe et facile à travailler ; 

Les Gasuarinas « Sea Oak », fins d'allures et de feuillage ; 

Le Gédrèle rouge « Red Gedar », beau bois d'ébénisterie et de 
menuiserie ; 

Le Frenela « White Gypres », léger dans ses tissus ligneux ; 

Le Livistona « Ghou-Palmiste » des alluvions maritimes, dont le 
feuillage sert à la confection des chapeaux ; 

Un peu partout, des Banksias, des Gallistémons, des Harpullias, 
des Mélaleuques, des Mélias, des Myrtes, des Oléarias, et les Pins 
noirs, rouges ou blancs des régions septentrionales. 

Mais combien sont extraordinaires les vallées et les ravins de 
Fougères arborescentes, qui élèvent jusqu'à 20 mètres leur tige 
rugueuse couverte par une voûte de frondes d'une rare finesse. A leurs 
pieds, sont des tapis de Ficoïdes sur lesquels gambadent et broutent 
des bandes de Kanguroos. 

Une vingtaine de pépinières, non compris celles de la Direction, 
contribuent au peuplement des forêts de la colonie. 

Fruits. — Nous retrouvons déjà acclimatée la majeure partie des 
espèces fruitières des Deux-Mondes } 



AUSTRALIE l43 

L'Amandier, le Châtaignier, le Noyer du Levant et son proche 
parent le Pacanier du Canada. 

L'Abricot, la Pêche, la Prune, la Cerise y sont en honneur ; la 
Poire et la Pomme constituent de grands vergers. 

Certains Fruits semi-tropicaux: Banane, Orange, Pamplemousse, 
Grenade, Pomme de pin, se propagent, et les essais d'introduction de 
l'Anone, de l'Avocat, de la Mangue, du Mangoustan, du Litchi, du 
Kaki, donnent de l'espoir partout. 

Le Raisin prend de l'extension et parfois quitte le pressoir pour 
le séchage et le marché. 

Les Orangers du district de Parramatta, presque contemporains 
de la création de la colonie, rapportent, à 60 ans d'âge, jusqu'à 
10,000 fruits par arbre. Les Mandarines en renom proviennent de 
la vallée de l'Hawkesbury. 

A Gardon, un champ destiné aux orangeries coûte quatre fois plus 
que la terre affectée aux vergers, tant réputés, de Gosfordà Newcastle. 
Les frais de défrichage et de plantation s'élèvent à i,5oo fr. par 
hectare, mais le produit ne tardera pas à atteindre le double de la 
valeur du sol. 

La Nouvelle-Galles du Sud a expédié jusqu'à 400,000 caisses de 
fruits d'Aurantiacées aux colonies de Victoria et de Queensland. 

Les Compagnies de transport modifient leur matériel, réduisent 
leur fret et abrègent les parcours en faveur de la Pomme d'or si 
hautement désirée. Les vapeurs qui visitent les ports de Sydney et de 
Newcastle peuvent désormais alimenter le marché anglais, pendant 
que la région méditerranéenne est au repos. 

Cette révolution des saisons a procuré des débouchés aux cultiva- 
teurs australiens. Ainsi la Californie, voulant éviter le chômage à ses 
fabriques de conserves de fruits, reçoit par la navigation océanique 
des productions analogues de l'Australie. 

Ici, la surface des vergers a triplé ; les immenses alluvions se 
transforment en vignobles ou favorisent la culture du Maïs, de la 
Canne à Sucre, du Café, du Thé, du Coton, de Marantacées fournis- 
sant l'Arrow-Root, depuis le district d'Illowurée jusqu'à la pointe 
Sud. Le Gouvernement a secondé le cultivateur, et l'ère de prospé- 
rité, prévue par Sir Henry Holland, secrétaire d'État aux colonies, 
a commencé. 

Légumes. — Nous avons parlé de l'action du Gouvernement ; nous 
retrouvons, cette année, son influence dans la propagande de circu- 
laires et de notices exposant les procédés de culture, de commerce et 
d'importation de plantes nouvelles* 



l44 AUSTRALIE 

Le Ministère recommande l'essai de culture de quelques bons 
légumes ayant fait leurs preuves dans d'autres pays : 

Le « Pigeon Pea or Catjang », Cajanus indicus, sorte de Pois 
d'été pour la consommation ; 

Le Dolique, Dolichos biflorus, pour les sols secs et sablonneux ; 

Le « Soy Béant », Soja hispida, plante oléagineuse, saponifère, et 
mets favori des Japonais ; 

Et quelques autres végétaux utiles: Anona reticulata, à fruit 
comestible ; Cœsalpinia coriaria, à écorce tannifère ; Corchorus 
capsularis (Jute), textile; Manihot Glaziovi, Euphorbiacée alimen- 
taire, produisant le tapioca; Tagasatus, le Cytise prolifère des 
Canaries, pour fourrage ; Terminalia, qui porte des fruits à tannin. 

La Fraise n'est pas oubliée dans cette production populaire. D'après 
une notice sur le Fraisier, par F. Lùsberg Jensen, publiée en 1893, 
par le « Department of Agriculture », sont recommandées : 

i° Pour la consommation de l'amateur, les Fraises French Seedling, 
hâtive ; Charles Downing, de demi-saison ; Kentucky, tardive. 

2 Pour le marché, la Fraise Wilson's Albany, vantée pour 
« les marins et les ouvriers », ainsi que Princess Alice ; 

Crescent et Manchester, se prêtant à l'emballage ; 

Noble et Sir Joseph Paxton, de récolte profitable ; 

British Queen, une des plus répandues ; 

Trollopp's Victoria et Marguerite, très appréciées en Australie. 

A tous usages, la Fraise des Alpes, dite Reine des quatre-saisons, 
et la Gapron Belle Bordelaise, au goût parfumé. 

En culture extensive, le pays produit l'Ognon de cuisine pour 
un million de francs et la Pomme de terre pour cinq millions. 

Enseignement et Propagande. — Un journal, La Gazette, traite 
de l'exploitation du sol et de ses conséquences culturales. Mais la 
véritable publicité revient au Gouvernement qui envoie aux culti- 
vateurs, ainsi que nous venons d'en citer un exemple récent, de 
nombreuses communications résumant ses conseils sur les plantes 
à étudier, les modes de culture, le greffage, l'écussonnage, la récolte 
et la conservation des produits alimentaires, leur mode d'emballage 
et de transport, les conditions d'un frigorifique, la lutte contre les 
maladies et les animaux nuisibles ou les parasites, etc. 

C'est un système d'instruction essentiellement gratuit et obligatoire. 

Le Collège agricole de Hawkesbury, institué sur de larges bases, 
a des professeurs et des cours de botanique, des chaires d'arboricul- 
ture fruitière ou sylvicole. L'étude des fruits, basée sur le sol et le 
climat et sur leur utilisation économique ou industrielle, est inscrite 



AUSTRALIE l45 

au programme de l'enseignement. De nombreux élèves ont déjà porté 
à tous les points de la colonie le bénéfice de leurs travaux scolaires. 

La sériciculture et l'exploitation des plantes à parfum sont l'objet 
d'encouragements répétés. 

On peut dire que l'arboriculture fruitière préoccupe avant tout les 
régions officielles et le monde cultivateur ou négociant. 

La confusion règne quelque peu dans la nomenclature pomologique. 
Le rapport de Sir Henry Anderson, directeur de l'agriculture au 
Ministère des Mines et d'Agronomie, du 5 mai 1892, présenté au 
Parlement, fait pressentir les difficultés qui vont résulter de la 
statistique assez obscure de la Pomologie locale. Plus de six cents 
types de Pommes existent, nés dans la colonie et propagés sans 
ordre méthodique. Les Poires et les Prunes ne sont pas mieux 
déterminées. Il importerait d'améliorer cet état de choses. 

Un Musée de toutes les variétés indigènes ou exotiques est 
commencé ; le modèle des fruits est plastique, une note descriptive 
l'accompagne. En 1892, la collection de fruits moulés comprenait 
plus de 5oo variétés. 

Des délégués de chaque district de la Nouvelle-Galles du Sud sont 
invités à se réunir deux fois par an, à Sydney ou dans un centre de 
culture, afin d'y étudier la nomenclature des fruits recomman- 
dables pour la consommation ou pour le marché. C'est le début 
d'une Société Pomologique australienne, qui ne tardera pas à orga- 
niser des Congrès publics, à créer des vergers d'étude et des collec- 
tions typiques des meilleures espèces, dans un pays qui produit pour 
quelques millions de dollars de fruits à pépins ou à noyau. 

Parcs et Jardins purlics. — La capitale est largement dotée 
de parcs et de jardins ; la plupart sont dessinés avec goût. 

Le Jardin botanique de Sydney, merveilleusement situé sur le port 
Jackson, occupe une surface de i5 hectares. 

Hyde Park, qui lui est contigu, brille par ses parterres fleuris. 

Le Centennial Park, créé à l'extérieur, pour le centenaire de la 
colonie, a 3oo hectares d'étendue et Moore Park, 200 hectares. 

Viennent ensuite : Victoria Park, Outer Domain, Balmore Park, 
Prince Alfred Park, Wentworth Park, Observatory Reserve. 

Les municipalités suburbaines ont imité la capitale. D'ailleurs, 
toutes les grandes villes de la colonie rivalisent entre elles pour la 
composition et le décor de leurs promenades gazonnées et fleuries. 

Le Flore exotique est venue seconder les ressources locales, et la 
population prend un plaisir extrême à fréquenter ces jardins. 



l46 AUSTRALIE 



NOUVELLE-ZÉLANDE 

Capitale : Wellington. 

Les îles de la Nouvelle-Zélande se prêtent admirablement à la 
production arborescente et florale. 

Certaines espèces de Conifères, délicates ailleurs, y forment des 
sujets superbes ; ainsi, les Dammaras et les Podocarpus fournissent 
des bois de construction, à côté des Pins et des Nagéias. 

Les Fougères arborescentes, de haute stature, se comptent par 
quantités d'espèces ou variétés ; leurs jeunes plants viennent décorer 
les jardins d'hiver de l'Europe. 

Le Phormium « Lin de la Nouvelle-Zélande » est l'objet d'une 
exploitation en règle pour la corderic et les industries similaires. 

L'influence des milieux se manifeste sur le développement de 
certains bois de service : l'Aristotelia, le Dodonœa, le Harpullia et 
le Corynocarpus « Karaka » des forêts humides de l'île de Chatam. 

Malgré la quantité de végétaux indigènes, l'Administration des 
domaines a fait semer de vastes prairies dans le Canterbury et l'Otago, 
avec les essences australiennes d'avenir, Eucalyptus et Mimosées, 
entremêlées de plantes d'origine américaine ou européenne. 

La production de graines de ces essences variées a suscité l'instal- 
lation de comptoirs de semences, recueillant tout ce que la nature 
leur fournit pour approvisionner les autres parties du monde. 

Du Cap nord à la pointe sud de l'île, nos arbres fruitiers à pépins 
ou à noyau réussissent. L'Olivier prospère à Free-Hill, et le district 
d'Auckland est garni d'Orangers, de Citronniers, de Limoniers. 

Le Figuier s'y est acclimaté, la Vigne prend de l'extension, et, 
quoique vivace, le Bananier ne menace pas d'une concurrence 
sérieuse les îles de l'Océan Pacifique. 

Les vergers de Pommiers et de Poiriers représentent une véritable 
fortune. En 1893, leur étendue était de 20,000 acres ; il en est qui 
rapportent de 4° à 5o 1. st. par acre ou arpent de 41 ares, soit un 
revenu de 3,ooo francs à l'hectare. 

Les variétés en sont bien choisies ; nous avons pu le constater au 
Concours de mai 1889, à l'Exposition universelle, où des fruits, 
cueillis là-bas en mars et emballés en avril, furent soumis à l'appré- 
ciation du Jury. Les Poires étaient des Williams, des Duchesse, des 
Diel, des Louise-Bonne, des Doyenné, des Beurré, des Curé. Les 
Pommes portaient les noms de Adams' Pearmain, Baldwin, Calville 
blanc, Calville rouge, Cox's Ox^ange, New- York Pippin, Reinette de 



xVUSTRALIE î47 

Caux, Reinette de Canada, Reinette grise, Ribston Pippin, Scarlet 
Pearmain, Sturmer Pippin, Waltham Abbey. 

Les planteurs s'attachent aux fruits de bonne vente à Londres. 

Les vergers, devenus plus nombreux dans l'Auckland et le 
Whangarei, s'étendent sur tout le parcours de la ligne delà Manawatu 
Raihvay Company. Les colons recherchent les situations abritées 
contre les vents ; ils défrichent et plantent, mais réclament vivement 
une station expérimentale réglant la nomenclature pomologique. 

La fabrication du cidre et l'industrie des conserves et des confi- 
tures sont connues et facilitent l'utilisation des fruits. 

L'exportation des Pommes et des Poires prend de l'importance ; 
le Gouvernement y voit une branche de fortune pour les colons, 
et la favorise. En 1872, le pomologiste Hanlon, secrétaire d'Agricul- 
ture, a suivi rembarquement du vapeur Tainui, dirigé sur Londres. 
Le steamer avait deux petites chambres à froid, qui renfermaient 
environ !2,3oo caisses de fruits. 

Les observations portant sur la construction défectueuse des 
réfrigérants, du calfeutrage et des ventilateurs des pièces destinées 
a recevoir la marchandise, sur le manque de sélection des fruits et 
sur leur emballage mal soigné, ont été renouvelées lors des débar- 
quements de Ylonic, de YOtarama, du Ruapahii\ de là, une vente 
à vil prix sur les marchés anglais. 

Une circulaire du Ministère de l'Agriculture, donnant des conseils 
minutieux et précis aux producteurs, a déjà fait ressentir ses effets 
lors des derniers arrivages. Non seulement les fruits à pépins, mais 
aussi les Poches, les Brugnons, les Cerises, les Abricots, cueillis en 
plein verger, à la Nouvelle-Zélande, arrivent frais en plein hiver, 
dans les capitales de l'Europe, avec un écart de saison de cinq ou 
six mois. 

Les cultures maraîchères n'offrent rien de particulier ; nos bonnes 
espèces y figurent. Le Melon est l'objet d'un commerce assez déve« 
loppé. La Tomate a supporté les voyages au long cours» 

On sait que la Tétragone, Épinard d'été, est originaire de Pile, où 
Sir Joseph Banks la découvrit en 1772 et l'apporta en Europe* 

La Nouvelle-Zélande possède les Jardins botaniques et d'essai 
de Wellington, de Dunedin, de Napier, et cinquante établissements 
d'horticulture répartis à Auckland, à Canterbury, à Dunedin, à 
Invercargill, à Nelson, à New-Plymouth, à Timaru, à Wellington. 

Canterbury School est en quelque sorte le Grignon de la Nouvelle- 
Zélande; théorique et pratique, son enseignement est du genre 
secondaire* 



l48 AUSTRALIE 



QUEENSLAND 

Capitale Buisbane. 

Par la nature variable du sol et du climat, le Queensland se prête 
à des cultures et à des productions variées ; depuis le Blé, le Maïs, 
le Riz, la Pomme de terre, le Tabac, jusqu'au Café, à l'Arrow-root, 
à l'Igname, à la Canne à sucre, etc.; depuis les Poires, les Pêches, 
les Pommes, les Abricots, les Raisins, les Figues, jusqu'à la Goyave, 
à l'Ananas, à la Banane, aux Mangues, aux Oranges, aux Citrons, 
aux Eugénias, à la Bibace ou « Lo Quat » de Chine. 

Le Grand Océan, la mer de Corail, le golfe de Garpentarie sont 
un voisinage salutaire aux productions de la nature subtropicale. 

A l'Ouest de la côte, le pays se continue sur des plateaux élevés, 
parsemés de bouquets d'arbres et bien gazonnés, malgré les vents 
violents, les sécheresses extrêmes et... les incendies. 

Les zones chaudes exploitent 25,ooo hectares de Cannes à sucre. 
L'Ananas et le Bananier y occupent de vastes surfaces. Les femmes 
y apportent beaucoup de soins. 

Le district de Maranoa est privilégié par sa production d'Oranges, 
d'Abricots, de Pêches, d'Olives, de Coings, de Figues, de Raisins. 
Le Mûrier est encore à son début, et le Coton, si capricieux en 
Australie, se plaît dans le district de West Moreton. 

Le Jujubier croît dans les jungles septentrionales et sur les 
banquettes et les alluvions des rivières. 

Vigne. — La région de la Vigne a mis en relief la fécondité de 
variétés recommandables: Chasselas doré, Black Prince, Frankenthal, 
Muscat rouge, Sweet Water, White Syrian, pour la table. 

Les Raisins pour la fabrication du vin blanc sont des plants 
renommés : Riesling, de l'Alsace ; Sylvaner, d'Autriche; Roussanne, 
de l'Ermitage ; Sauvignon, du Bordelais ; Sémillon, du pays de 
Grave. Le vin rouge a pour base les cépages: Pineau de Bourgogne ; 
Cabernet et Malbeck, du Médoc ; Sirah, de la Drômc ; Spiran, du Lan- 
guedoc. Plusieurs de ces Raisins sont également vendus au marché. 

Le Conseil d'agriculture et la Société d'acclimatation ont 
encouragé l'introduction, dans la cuve, des Malvoisie, d'Italie ; 
du Furmint-Tokay, de Hongrie ; du Pedro Ximénès, d'Espagne, qui 
amélioreront le bouquet du vin ; et en même temps la culture des 
Muscat d'Alexandrie, Gordon bianco, Malaga, Zante, Corinthe, pour 
l'industrie des raisins secs destinés à la vinification ou aux desserts. 



AUSTRALIE l49 

Forêts. — Les massifs forestiers sont composés avant tout d'Euca- 
lyptus dans les espèces au bois « incorruptible », si Ton croit la 
légende; par exemple, les Eucalyptus leucoxjdon, crebra, eximia, 
hemiphloia, siderophloia, tereticornis, rostrata, provisions pour 
les briquettes de bois destinées au pavage des rues. 

Les bois durs, destinés aux constructions terrestres ou marines, 
sont encore fournis par le beau Tristania, le Myrte, bois d'acier, le 
Syner à feuille de laurier, le Lysicarpus à feuille ternée. 

Le Cédrèle rouge, aux veines colorées, menacé par la hache du 
destructeur, est protégé par une loi qui en réglemente l'abattage. 

L'Acacia à tannin peuple les futaies de Gladfield, associé quelque- 
fois au Flindersia « Yellow-Wood », au Tarrietia de la côte, au 
Dysoxylon, au beau Sarcocephalus, l'arbre à quinine du bûcheron. 

La Dendrologie possède d'autres espèces utiles : le Zanthoxylum, 
« bois de satin » ; le Harpullia « Tulipier d'Australie », au bois fin, 
le Gmelina de Leichhardt « White Becch », dont la fibre ne se dilate 
ni ne se contracte, le Grévilléa robuste, exploité pour les douves, 
le Weinmannia, Saxifragée, qui pullule dans les broussins des 
tropiques. 

Les grands massifs de Conifères sont en partie composés du bel 
Araucaria de Gunningham, dit Pin de la baie de Moreton. 

L'Araucaria de Bidwill, le « Bunya-Bunya » des naturels, croît 
sur la montagne ; les peuplades aborigènes dévastent les bois pour 
en recueillir les graines qu'ils mangent ; l'Administration a dû y 
mettre bon ordre. 

Le Dammara robuste décore le Mont Bartle Frère. 

Le Podocarpe élevé « Colonial Deal », des régions maritimes, 
approvisionne les mâtures ; tandis que les Frénélas et les Callitris 
de l'intérieur, inattaquables par la fourmi blanche, se transforment 
en poteaux télégraphiques. 

Le paysagiste en quête de végétation combinée, trouverait satisfac- 
tion avec cette série intéressante : Aphitonia, Cassia, Cinama, 
Citriobatus, Drimys, Eudiandra, Ficus, Gardénia, Hakea, Helicia, 
Hibiscus, Melicope, Schistocarpea, etc., trouvés au bord des rivières 
et des torrents ou sur le flanc des montagnes, par F. M. Bailey, 
botaniste du Gouvernement. 

L'artiste ne saurait d'ailleurs négliger les Fougères spontanées : 
Platycerium ou Corne de Cerf ; Asplenium Nid d'Oiseau ; Lygodium 
Langue de Serpent. 

La question des pelouses en terrain pauvre semble tranchée 
avec les genres Astrebla, Andropogon, Anthistiria, Neurachne, 
Paspalum, Sporobolus, des friches centrales ou littorales. 



l5o AUSTRALIE 

Signalons quelques fruits indigènes au milieu des broussailles : 

La « Prune de Davidson », produite par le Davidsonia pruriens ; 

La « Cerise de Herbert », fruit de YAntidesma Dallachyanum ; 

La « Noix de Queensland », à saveur de Noisette, récoltée sur le 
Macadamia ternifolia. 

Différents Citrons à fruits ronds, oblongs ou sanguins, sont préférés 
au «KumQuat » des Chinois, notre Atalantia (Pseudœgle), commun 
dans le Maranoa, où sa fleur entre dans les parfums et son petit fruit 
arrondi, au goût résineux, devient la base des confitures. 

N'oublions pas de rappeler les Jardins botaniques de Brisbane, 
de Rockhampton et de la Société d'acclimatation, dignes de fixer 
l'attention des amateurs. 



TASMANIE 

Capitale: Hobart. 

Flore. — La Tasmanie est appelée le « Jardin de l'Australie», par 
ses richesses naturelles au milieu desquelles brillent de jolies étran- 
gères : les Azalées de l'Inde, les Camellias du Japon, les Cinéraires 
de TénérifTe, les Calcéolaires du Pérou, les Pélargoniums du Cap... 

Ici, sur le rocher, l'Agave du Mexique ; là, au milieu du gazon, 
les panaches des Gynériums de la Plata ; plus loin, à l'horizon, le 
Séquoia, le géant californien, semble vouloir jeter un défi au géant 
tasmanien, l'Eucalyptus, découvert sur cette terre même « de Van 
Diemen », le 6 mai 1792, par nos compatriotes La Billardière, futur 
académicien, et Delahaye, jardinier de la Malmaison, accompagnant 
l'expédition d'Entrecasteaux envoyée à la recherche de La Pérouse. 

Mais combien de végétaux indigènes aux floraisons élégantes ou 
brillantes ? Des Clianthus, des Chorizèmes, des Corréas, des Épacris, 
des Goodias, des Pimélées, des Prostanthéras, des Swainsonias, des 
Véroniques, et tant d'autres espèces associées aux Mimosées. 

La ravissante Fougère de grande taille, Dicksonia antarctique, 
semble dispersée sur le flanc des montagnes pour le plaisir des yeux, 
et ne pouvait échapper au botaniste R. M. Johnston, qui a étudié la 
nomenclature des Fougères de la Tasmanie. 

L'Atherosperma musqué prend l'aspect du Houx, et l'Exocarpus 
ressemble à un Cyprès couvert de Cerises. 



AUSTRALIE l5l 

Quelques Conifères dans les genres Actinostrobus, Arthrotaxis, 
Dacrydium, Diselma, Frenela, Phyllocladus, sont un agréable 
accompagnement à des espèces non résineuses : Banksia, Calotham- 
nus, Gallistemon, Gasuarina, Dryandra, Edwardsia, Metrosideros, 
Stenocarpus, aux floraisons variées de tenue, de coloris ou de saison. 

La Flore de Fiji ou Viti, île fructueuse du groupe polynésien, a 
importé les arbres suivants : 

Guettarda, Afzelia, Premua, fournissant un bois lourd ; 

Lumnitzera, Vocea, pour les piles de constructions en mer ; 

Alphitenia, Olacina, Galophyllum, Pongamia, bois de charpente ; 

Serianthes, Kylocarpus, Nephelium, destinés à la batellerie. 

La Sylviculture est placée sous la direction d'un Conservateur des 
forêts remplissant les fonctions de « Baillif of Crown Lands ». 

Les pépinières organisées par l'administration ou par des parti- 
culiers sont une ressource pour les reboisements et les plantations 
d'utilité ou d'ornement. 

Fruits. — Les fruits de Tasmanie jouissent d'une certaine réputa- 
tion. Les pommes Baldwin, Boston Russet, Newtown Pippin, 
Northern Spy rivalisent avec celles du Massachusetts. On cite les 
vergers du district de Huon pour leur vigueur et leur fécondité. 
Partout, on plante des Pommiers ; le fruit, beau et bon, est demandé 
sur les marchés des colonies voisines ou de la métropole. La 
dernière récolte de Pommes a fourni plus de 4°o> 00 ° boisseaux de 
trente-six litres. La poire arrive à 25,ooo. Faut-il rappeler les 
Poiriers de Bon-Chrétien, à Launceston, qui fournissent chacun 
cinquante boisseaux de fruits? Les belles poires étant recherchées, 
les planteurs augmentent leurs jardins consacrés à cette production. 

Le Cerisier croît dans les sols pierreux et fructifie largement. 

Le Prunier réussit de môme, loin des brouillards marins. 

Le Figuier, le Pêcher, l'Abricotier, l'Amandier ne « chargent » 
pas autant que dans la grande île australasienne, tandis que les 
Framboises, les Groseilles, les Fraises y viennent abondantes. 

Les Noix, les Noisettes, les Nèfles croissent sur les plateaux ou en 
bordure des taillis. 

Sous l'influence active de la chaleur, la Vigne mûrit son fruit, 
particulièrement les Raisins précoces, même le Chasselas doré, le 
Pineau noir, le Black Hamburgh (Frankenthal), le Sweet Water; 
mais le Muscat d'Alexandrie, le Saint-Pierre, le Riesling, l'Ulliade 
et autres cépages tardifs y réclament l'espalier. 

L'île Maria fait espérer une facile exploitation du vignoble. 

La valeur totale des fruits frais ou conservés, expédiés en 1890, 
a été de 3,5oo,ooo fr., et l'entrain n'est pas près de s'arrêter. 



l52 AUSTRALIE 

Légumes. — Tous les légumes de la Grande-Bretagne deviennent 
plantureux en Tasmanie. Le maraîcher y fait trop souvent défaut, à ce 
point que des particuliers sont obligés de cultiver eux-mêmes les 
légumes de leur consommation ; la population minière se nourrit 
des plantations faites par des escouades de Chinois et de Coolies 
nomades qui viennent, chaque année, se livrer à cette exploitation. 

La Pomme de terre constitue une spécialité pour la Tasmanie, 
depuis que File a été colonisée ; de grandes quantités en ont été 
exportées dans les gouvernements voisins. 

Les Pommes de terre de Brown River sont supérieures à toutes 
les variétés renommées de l'Angleterre et de l'Amérique ; Cucular 
Head et la cote Nord-Ouest fournissent aussi de gros tubercules. 
La production de 1891 a monté à ^3,158 tonnes anglaises ; l'année 
précédente, il en était exporté 33,386 tonnes estimées à 101,047 livres 
sterling, la plus grande quantité destinée aux colonies australiennes 
de Victoria, de la Nouvelle-Galles du Sud et de l'Australie 
méridionale. 

La culture rurale des Navets, des Carottes, des Betteraves, du 
Melon, de l'Ognon, a suivi la même progression croissante. 

Des usines à conserves et à séchage s'apprêtent à tenir tête à la 
concurrence américaine. 

Institutions horticoles. — Il existe des institutions publiques 
consacrées à l'avancement de l'horticulture, dans la plupart des 
grandes villes. 

La Société royale de Tasmanie entretient dans la ville capitale 
l'un des plus beaux jardins botaniques des colonies. A Launceston, 
la Corporation dirige un parc public, dans lequel l'horticulture est 
pratiquée spécialement en faveur des autres parcs de la colonie. 

A Hobart, les amateurs jardiniers et la Société d'horticulture 
des Cottagers organisent des expositions périodiques. La Société 
d'horticulture du nord de Launceston a quatre expositions par an. 

Des groupes semblables ou analogues existent dans quelques 
municipalités de la campagne. 

Les districts fruitiers possèdent des syndicats de producteurs de 
fruits, qui ont pour objet l'amélioration de l'arboriculture et l'ouver- 
ture de nouveaux débouchés aux vergers. Ces associations s'occupent 
aussi de l'envoi et de la vente des fruits aux marchés étrangers. 

Le journal Webster's Tasmanian Agriculturist and Machinerj- 
Gazette, de Hobart, traite des questions d'arboriculture fruitière, de 
viticulture et de reboisement. 



AUSTRALIE l53 



VICTORIA 

Capitale : Melbourne. 



La colonie Victoria est la plus importante par son agriculture, ses 
vignobles, ses jardins de rapport, son commerce et ses institutions. 

Enseignement. — L'horticulture est enseignée officiellement avec 
l'agriculture dans les collèges de Dookie et de Longerenong, qui sont 
dotés d'un personnel spécial et de champs d'études. 

Le Collège agricole de Dookie fut érigé le i er octobre 1886, sur le 
terrain de la Ferme expérimentale. 

Les cours d'instruction comprennent la chimie, la botanique, 
l'entomologie, la géologie, l'anglais supérieur, l'arithmétique, la 
mensuration, la levée des plans, l'arpentage, la tenue des livres, les 
travaux pratiques de la ferme, etc. 

Les leçons d'agriculture, d'horticulture, de botanique, d'arpentage 
et autres sont théoriques, pratiques et gratuites. 

Les élèves, au nombre de quarante, paient 25 livres (6^5 fr.) par 
an, pour leur entretien. 

Le Collège agricole de Longerenong a été établi en mars 1889, 
sur la réserve de la Ferme expérimentale de ce nom, au nord-est de 
Horsham, district de Wimmera. La réserve comprend 1,000 hectares 
de culture, en bonnes conditions. 

Des bâtiments sont consacrés aux collections, aux cours théoriques 
et à l'installation de /}o élèves. 

Sur une ferme de 120 hectares, on a réservé un cinquième pour 
les champs d'essais, les pépinières fruitières, les plants forestiers 
et la collection de vignes de jardin. 

Un potager, l'annexe obligatoire d'un établissement de ce genre, 
sert aux démonstrations des cultures intensives ou cxtensives. 

Fruits et Légumes. — Le Gouvernement accorde des primes de 
6 1. st. aux cultivateurs qui exportent leurs fruits, mais parfaitement 
emballés. 

Les espèces de légumes adoptées sont les principales espèces de 
l'Angleterre, augmentées de quelques types apportés par les Chinois 
et les Américains. 



l54 AUSTRALIE 

Bois. — Les Gommiers ou Eucalyptus composent dans la colonie 
Victoria de superbes massifs. Les planteurs les cultivent par le 
semis, propageant les espèces réputées pour leur résistance aux 
épreuves du temps et des fardeaux et qui semblent réfractaires aux 
attaques du taret, « teredo navalis ». On remarque, dans les chaînes 
de Dandenong, près de Healesville, un Eucalyptus araygdalina 
tombé, mesurant, dit-on, i5o mètres de longueur. 

L Eucalyptus rostrata a la faveur des ingénieurs de marine pour 
les piles et les traverses des ponts et les genoux de la charpente 
des vaisseaux, tandis que plus légère, l'espèce pilularis entre dans 
la fabrication des wagons de chemin de fer. 

Nous retrouvons les Protéacées, les Myrtacées, les Mimosées, les 
Gasuarinées des autres provinces, et les Fougères arborescentes 
extirpées des ravins de montagnes au profit des serres européennes. 

Parcs et Jardins. — En dehors des beaux jardins d'amateurs, 
ornés des plus jolies espèces arbustives ou florales, les principales 
villes de la colonie ont des promenades, des avenues, des boulingrins, 
des parcs ; toutefois la cité australienne la mieux dotée, sous ce 
rapport, est certainement Melbourne. 

Plus de 2,000 hectares, — non compris les municipalités subur- 
baines, — - sont convertis en une centaine de « Park, Square, Cricket 
Ground, Récréation, Ornamental Plantations, Public Gardens, Mili- 
tary- Parade Ground, Racecourse ». Ajoutons les cimetières, où le 
respect des morts se confond dans un riant paysage. 

Le Royal Park occupe 200 hectares, au centre desquels se trouvent 
le Jardin zoologique d'acclimatation et le pâturage des fauves. 

Gent hectares sont affectés au « Botanic Garden and Domain ». 

Dans la section de Richmond, le « Park » couvre 70 hectares et 
« Horticultural Gardens » i5 hectares. 

Albert Park figure pour 260 hectares à cheval sur South Melbourne 
City et Saint-Kilda City. 

Les jardins des universités, collèges, écoles, asiles et sociétés 
entrent dans le chiffre total pour une bonne part. 

Une grande ville telle que la capitale de Victoria, tirée au cordeau, 
fréquentée par une population indigène, coloniale ou cosmopolite, 
le rendez-vous du monde de la finance et du négoce, ne saurait 
engendrer la mélancolie, lorsque les vagues de la mer viennent 
mourir à ses pieds, quand les Eucalyptus et les Mimosas sont à 
l'horizon, et que ses carrefours disparaissent sous la verdure, les 
gazons et les fleurs ! 



**§0? 



AUTRICHE-HONGRIE 

622,309 kilomètres carrés. — ^i ,283 ,$66 habitants. 



I. — Action de l'État. — Écoles d'horticulture. 

Avec l'accroissement des libertés politiques, le commerce et 
l'industrie ont certainement fait des progrès importants, et c'est à 
cette cause que l'on doit attribuer les progrès toujours plus grands 
de l'horticulture autrichienne. 

Le Gouvernement en favorise l'essor par les procédés suivants : 

i° Des subventions sont accordées, pour certains travaux de culture 
déterminés, aux Sociétés privées ainsi qu'aux Sociétés publiques ; 

2° La fondation d'écoles d'horticulture est encouragée ; 

3° Des médailles de l'Etat et autres distinctions sont destinées à 
récompenser les travaux horticoles de mérite. 

Ces encouragements ont retenu le travailleur au sol. L'Autriche 
est, en effet, le pays où la population agricole, relativement la plus 
importante, obtient une proportion de 55 pour cent de la population 
totale, alors que la France atteint 48, le Danemark 47, les États- 
Unis 44, l'Allemagne 42, l'Italie 35, la Belgique 34 pour cent. 

L'organisation d'établissements d'instruction agricole a été la 
conséquence naturelle du mouvement des esprits et des intentions 
gouvernementales . 

Institut supérieur de Klosterneurourg. 

Situé aux portes de Vienne, sur le Danube, au centre d'une riche 
contrée de vergers et de vignes, cet établissement de haute science et 
d'applications pratiques était tout indiqué au Ministère de l'Agri- 
culture pour l'installation d'une Station expérimentale, consacrée 
aux études viticoles, œnologiques et pomologiques. 



l56 AUTRICHE-HONGRIE 

La culture et l'entretien des vergers, l'exploitation du vignoble, 
l'étude des maladies végétales, l'expertise des vins sont devenus la 
base du programme de Klosterneubourg. 

En 1870, l'organisation et la direction en furent confiées au 
D r Léonhard Roesler, alors professeur de chimie technologique et 
agricole à l'Université de Carlsruhe, déjà renommé par ses travaux; 
il sut réaliser son programme, consistant à vulgariser par la parole 
et par la plume les découvertes scientifiques et leur application aux 
vignes et aux jardins, sans oublier les fruits et les vins. 

Il en résulta d'abord l'achat, et l'annexion par l'Etat, de l'école de 
vignerons fondée par les moines en 1860, ce qui entraînait, en 1874» 
la création d'une école intermédiaire destinée tout particulièrement 
aux régisseurs de vignes et aux sommeliers. Les administrations en 
sont tout-à-fait distinctes. 

Outre ses laboratoires, ses bibliothèques et salles à microscopes, la 
Station expérimentale possède des champs d'expériences, des serres 
et des pépinières qui lui permettent de répondre aux exigences du 
service. 

Elle est en relations avec les établissements analogues, libres ou 
officiels, de tous les pays, et rend de grands services à l'agriculture. 

Les études cryptogamiques sont confiées au baron de Thumen, 
adjoint à la direction; mais tous les travaux de la station se trouvent 
résumés dans les Mittheilungen der K. K. Versuchsstation éditées 
par le savant directeur-professeur Roesler. 

Ecoles et Cours d'horticulture. 

Après l'école primaire, où la jeunesse rurale apprend les premières 
notions de la culture du sol, l'enseignement horticole pénètre aux 
soixante Ecoles d'agriculture ou forestières par l'arboriculture et la 
maraîcherie. Le chapitre pépinière et dendrologie est ajouté au 
programme des Ecoles supérieures d'agriculture et de sylviculture. 

C'est ainsi que l'horticulture est démontrée aux élèves : 

De l'Institut impérial royal d'agriculture et d'économie forestière, 
à Vienne ; 

De l'Ecole impériale royale œnologique et pomologique, à Kloster- 
neubourg ; 

De l'Ecole d'agriculture « Francisco Josephinum », à Môdling; 

Des Ecoles supérieures d'agriculture de Tabor et de Tetschen- 
Liebwerd, en Bohême ; 

De l'Ecole d'agriculture, de fruiti- viticulture, à Feldsberg ; 

De l'Ecole d'agriculture et de viticulture, à Znaim, en Moravie ; 



AUTRICHE-HONGRIE 107 

De l'École d'agriculture et Station expérimentale, à San Michèle, 
du Tyrol; etc. 

Les principales Écoles forestières sont dispersées : 
A Weisswasser et à Pisek, en Bohême ; 
A Brùnn, en Moravie ; 
A Lemberg et à Bolachow, en Galicie ; 
A Gusswerk et à Marbourg, en Styrie ; 
A Hall et à San-Michele, en Tyrol, etc. 
Quant aux Écoles d'horticulture, voici les principales : 
Basse- Autriche. — École d'horticulture de la Société impériale 
royale d'horticulture de Vienne, 1868. 

— École d'horticulture « Elisabethinum », à 

Môdling, fondée en 1871. 

— École de vignerons, à Krems. 
Bohême. — École d'horticulture de Ghrudim, fondée en 1872. 

— École de pomologie et de viticulture de Leitmeritz 

fondée en 1870 (langue allemande). 

— École de pomologie et de viticulture de Melnik, fondée 

en i883 (langue tchèque). 

— École royale pomologique à Troja, près Prague, 1870; 

direction de M. Jos. Bunat (tchèque et allemande). 
Carniole. — École d'agriculture, de viticulture et de pomologie, 

à Standen, près Rudolfswerth. 
Carinthie. — École d'horticulture de la Société d'horticulture de 

Klagenfurt, fondée en 1872. 
Galicie. — Institut pour l'instruction des jardiniers, au jardin de 
botanique de Lemberg, fondé en i855. 

— École d'horticulture de la Société d'horticulture de 

Lemberg, fondée en 1872. 

— École nationale d'horticulture de Tarnow, 1881. 
Istrie. — École d'arboriculture et de viticulture « Instituto agrario 

provinciale », à Parenzo. 
Moravie. — École d'arboriculture delà Société d'horticulture, etc., 
de Moravie, à Brùnn, fondée en i863. 
Cours en faveur des pépiniéristes et des gardiens 
d'arbres, fondé en i863. 
Styrie. — Ecole secondaire de jardiniers, sous les auspices de la 
Société styrienne d'horticulture, à Graz, 1882. 

— École d'arboriculture et de pomologie, à Marbourg, 

fondée en 1872. 
Plusieurs de ces institutions ouvrent des cours publics, le soir* 
d'octobre en février. D'autres délivrent des diplômes aux auditeurs. 



lo8 AUTRICHE-HONGRIE 

La Société impériale royale de Vienne prépare un Institut en 
faveur des jeunes jardiniers, à proximité des jardins du prince de 
Liechtenstein, à Eisgrub (Moravie). 

Garice a scindé son École d'agriculture pour faciliter un double 
enseignement en langue slave et en langue italienne. 

La Hongrie et la Bohême n'oublient pas leur langue maternelle 
dans leur enseignement. 

Des conférences libres se tiennent, en outre, dans les villages. 

On évalue à 26,000 environ le nombre des auditeurs des cours 
publics d'horticulture, pendant la dernière campagne. 

Sur divers points de l'Autriche, il existe des pépinières écoles, 
ou fruitières ou forestières, qui approvisionnent de plants d'arbres 
les communes et les particuliers, et une pépinière affectée à la sérici- 
culture, en relations avec l'Institut expérimental de Gorice, créé en 
1869. L'État y a puisé ses distributions de jeunes Mûriers, faites 
dans les provinces méridionales, produisant aujourd'hui trois 
millions de kilogrammes de cocons de vers à soie. 

Hongrie. — En 1892, la Hongrie comptait près de 2,600 communes 
séricicoles, fournissant un million de kilogrammes de cocons, mais 
recevant de l'administration supérieure 14,000 litres de semences de 
Mûrier et plus d'un million de sujets de pépinières. 

Le territoire hongrois est doté de six établissements d'instruction 
horticole établis dans les provinces de la couronne de Hongrie. A 
ceux-ci viendra s'ajouter l'École de jardiniers projetée à Budapest, 
pour remplacer l'ancienne École de viticulture. 

L'École de maraîchers, qui existe depuis douze ans à Rakos Palata, 
est d'une importance toute particulière. 



II. — Sociétés d'horticulture. 

Grâce à T'élan donné par le célèbre voyageur en Orient, Charles 
Baron de Hûgel, une première exposition d'horticulture se tint 
à Vienne en 1827, dans le jardin du prince de Schwarzenberg ; 
cette exposition fut suivie en 1837 d'une seconde, qui fut organisée 
par la Société impériale et royale d'horticulture de Vienne, au 
moment même de sa création, 

Pour favoriser le développement de l'horticulture, on fonda plus 
tard, dans les différentes provinces, des Sociétés analogues, qui sont 
placées toutes aujourd'hui sous la protection de l'Etat 



AUTRICHE-HONGRIE I&) 

Ces Sociétés ont pour but d'organiser des réunions et des confé- 
rences populaires, des expositions et des excursions. Tous les ans, au 
moins, on publie, sur les travaux des différentes Sociétés, des rapports 
qui se trouvent souvent aussi dans des journaux spéciaux. Les grandes 
expositions annuelles ne sont organisées que par la Société impériale 
et royale d'horticulture de Vienne, la Société impériale et royale 
d'horticulture de Graz, la Société d'horticulture de Prague et la 
Société d'horticulture de Budapest. En plus de ces associations, et 
d'après la loi industrielle d'Autriche, les horticulteurs marchands 
des différents districts se sont groupés dans le but de défendre et 
de protéger leurs intérêts commerciaux. 

Basse-Autriche. 

Vienne. — Société impériale royale d'horticulture, fondée en i83;. 

— Société des vergers pour la Bas se- Autriche, 1880. 

— Association des horticulteurs et des amateurs des 

jardins, fondée en 1880. 

— Société pomologique autrichienne, fondée en 1881. 

— Club pour la culture des plantes d'appartement, 1882. 
Baden. — Société d'horticulture, fondée en 1877. 

Berndorf. — Société pour la culture des fruits et des légumes, 

fondée en i883. 
Hietzing. — Association des horticulteurs et des amateurs de 

jardins, fondée en 1876. 
Klosterneubourg. — Association des amateurs de Klosterneu- 

bourg, fondée en 1891. 
Leopoldau. — Association des amateurs de Leopoldau, 1888. 
Môdling. — Société d'horticulture du district, fondée en 1872. 
NeuWxVldegg. — Société d'horticulture du district, 1870. 
Nbunkirghen. — Société d'horticulture du district, 1884. 
Stocker au. — Société des amis des jardins, fondée en 1887. 
Waidhofen. — Société de jardiniers et d'amateurs, 1876. 
Zwettl. — Société d'arboriculture fruitière, fondée en 1887. 

Haute-Autriche* 

Linz. — Société d'horticulture du district, fondée en 1884. 

Bohême. 

Prague. — Flora, fondée en i843. 

— Société d'horticulture de Bohême, fondée en 1843. 
Prague. — Société pomologique de Bohême, 1877. 

— Société Roezl, de garçons jardiniers. 

<— Union des jardiniers-marchands de Prague* 



l6o AtJTRICHE-IIONGRIE 

Jicin. — Société pour le développement de l'horticulture, 1886. 
Joiinsdorf. — Société d'arboriculture fruitière et d'embellissement, 

fondée en 1879. 
Kladrau. — Société d'arboriculture fruitière, fondée en 1847. 
Kohljanovic. — Société d'arboriculture, fondée en 1878. 
Kuttenberg. — Société d'horticulture de la Bohême orientale, 1887. 
Laun. — Association horticole de Laun, fondée en i883. 
Leitmeriïz. — Association des horticulteurs et des amateurs, i885. 
Pisek. — Association des horticulteurs, fondée en i883. 
Rakonitz. — Société d'arboriculture de Rakonitz et de ses 

environs, fondée en 1879. 
Reiciienau. — Société d'embellissement, de pomologie et de 

plantes vertes, fondée en 1881. 
Saaz. — Société pour les plantes vertes, fondée en 1877. 
Schlackenwerth. — Société pour la plantation et le dressage des 

arbres fruitiers, fondée en 1884. 
Wamberg. — Société d'embellissement et de pomologie, 1888. 
Welwarn. — Société de pomologie pour le district de Welwarn, 

fondée en i883. 

BUKOWINE. 

Czernowiïz. — « Ami du peuple » pour diverses améliorations 
rurales; association fondée en 1877. 

Carinthie. 

Arnoldsïein (Willach). — Société de pomologie, fondée en 1881. 
Klagenfurt. — Société d'horticulture de Carinthie, 1872. 

Garniole. 

Assling. — Société d'arboriculture et d'apiculture, fondée en i883. 

Galicie. 

Lemberg. — Société d'horticulture et d'arboriculture fruitière, 
fondée en 1867. 
— Société d'apiculture et d'horticulture, fondée en 1870. 

Moravie. 

Brûnn. — Société d'horticulture et de pomologie, fondée en 1887. 
M^ehr-Sciioenberg. — Association des jardiniers, fondée en 1876. 

SlLÉSIE. 

Tuoppau. — Société de culture des fruits, fondée en 1882. 
Obêr-Kurzwald. — Société de pomologie, fondée en 1879* 



AUTRICHE-HONGRIE l6l 

Styrie. 
Gratz. — Société styrienne d'horticulture, fondée en i834- 

— Société d'horticulture impériale et royale, i843. 

— Association des horticulteurs et des amateurs de 

jardins, fondée en 1888. 

— Société d'arboriculture fruitière du district, 1889. 

Sociétés de pomologie à : 

MURECK, 1887 PfAUBERG, 1887 

Marbourg, i883 Rann, 1889 

Saint-Martin, 1882 Saint-Georgen, 1881 

ÏYROL. 
Bozen. — Société d'horticulture, de pomologie et de viticulture, 

fondée en 1884. 
Meran. — Association des horticulteurs et des amateurg, 1889. 

— Société d'horticulture et de pomologie du district de 

Meran, fondée en 1884. 
Il existe encore une cinquantaine de corporations, cercles et 
comices consacrés à l'arboriculture fruitière, autant à la viticulture, 
enfin davantage de groupes forestiers et cynégétiques. 

Hongrie. 

Les Sociétés d'horticulture qui existent en Hongrie, au nombre de 
trois, ont été fondées : 

A Budapest, en i885. 

A Szegedin, en 1890. 

A Klausenbourg, en 1892. 

Indépendamment de ces trois Sociétés, il existe pour le dévelop- 
pement des connaissances en botanique et en horticulture, l'active 
Société des sciences naturelles, qui compte environ 7,000 membres. 



III. — Jardins botaniques et d'études. 

Les Jardins botaniques sont en relation avec les universités et les 

académies. Il en existe à Vienne, Prague, Innsbruck, Cracovie, 

Lemberg, Czernowitz, Briïnn, sans compter les jardins botaniques 

impériaux de Schoënbrunn et Belvédère, à Vienne. Dans ce dernier 

jardin, on cultive avec le plus grand soin la Flore autrichienne, 

comme au parc d'Ebersdorf, en i552, lorsque Maximilien II créa 

l'un des premiers Jardins botaniques. 

11 



I&2 AUTRICHE-HONGRIE 

La plupart des jardins d'études correspondent avec les jardins 
botaniques ci-dessus et avec ceux de Klagenfurt, de Salzbourg, de 
Gratz. Un personnel d'élite est placé à leur tête. 

Les Écoles d'agriculture ont un jardin destiné à l'étude des 
différents fruits, des légumes, et quelquefois aux multiplications 
nécessaires à l'industrie de la pépinière. Les jardins de l'Institut 
œnologique et pomologique de Klosterneubourg, de l'Elisabethinum 
à Môdling, de la Station agronomique de Liboritz, des Écoles 
forestières de Mariabrunn et dé Weisswasser, ont des laboratoires 
d'analyses complétés par des champs de démonstration. 

La Hongrie possède les jardins botaniques annexés aux universités 
de Budapest, ville capitale, et d'Agram, en Croatie. 

Un jardin d'expériences et de botanique a été créé à Debreczin. 

Des cours de botanique sont inscrits partout au programme des 
écoles normales, des écoles forestières, agricoles et viticoles. 

Le célèbre explorateur Bénédict Roezl (1827-1885) a sa statue 
sur la place publique de Prague, où il est représenté dans l'attitude 
d'un botaniste cherchant à déterminer une plante récoltée. 



IV. — Production maraîchère. 

L'Autriche-Hongrie est une contrée de grande production. Le 
paysan est travailleur, le jardinier ne lui cède en rien sur le labeur. 

La capitale, qui s'agrandit et se peuple tous les jours davantage, 
absorbe la majeure partie des denrées alimentaires. 

Ainsi, pendant l'année 1891, il est entré à Vienne : 
60,000 wagons de légumes. 
i5,ooo — de fruits. 
20,000 — de Pommes de terre. 

Le district de la capitale compte plus d'un agriculteur ayant ajouté 
la culture maraîchère à son exploitation, alors que, dans les 
campagnes privées de moyens de transport, le jardinier prend la 
hache de bûcheron en hiver. 

Quant aux forceries, elles se concentrent aux abords des villes, 
sous les toits vitrés des domaines seigneuriaux. 

D'ailleurs, la région Sud fournit des primeurs par sa production 
naturelle et hâtive. L'importation fait le reste. 

Les provinces productives en légumes et en fruits sont d'abord la 
Basse-Autriche, puis la Haute- Autriche, le Tyrol, la Styrie, ensuite 



AUTRICHE-HONGRIE l63 

la Moravie, la Bohême, la Silésie, le comté de Gorice, Trieste, le 
Littoral adriatique, la Dalmatie, la Bukowine. 

La Pomme de terre est populaire, tout eu étant restreinte pour les 
variétés. On en transporte par charretées vers les agglomérations de 
population et les marchés. 

Les calculs de la statistique classent le territoire autrichien second 
parmi les États de l'Europe, d'après la surface consacrée à la Pomme 
de terre. 

Cette Solanée occupe 4>$ °/° de l'étendue des terres cultivées^ 
ce qui place l' Autriche-Hongrie entre la Belgique et la Hollande* oit 
le sol est le mieux utilisé. L'Autriche produit pour 600,000,000 de 
francs de Pommes de terre par an. 

Les Haricots et le Pois ordinaire sont l'objet de transactions et 
d'exportation. 

L'Autriche exporte plus de 12 millions de kilog. de légumes secs. 

Les racines de Rutabagas, de Carottes, de Betteraves, de Panais, 
dont la valeur alimentaire est cotée pour l'homme ou pour le bétail, 
font partie de l'exploitation rurale. 

L'Asperge, l'Artichaut et l'Ognon sont cultivés en grand au jardin 
ou à la ferme. 

Les usines à conserves s'organisent et accaparent une bonne partie 
de la production. 

Le Chou-rave, le Rutabaga, le Concombre, la Laitue ont leurs 
cantonnements en Bohême et alimentent Dresde et Berlin ; la 
Lentille vient à Paris. 

Les provinces méridionales, qui bénéficient de la chaleur de 
l'atmosphère, des brises de l'Adriatique et de l'abri des Carpathes, 
des Alpes transylvaniennes, cadoriques ou styriennes, produisent 
à bonne heure des Choux-fleurs, des Pommes de terre, des Pois, des 
Haricots, de la verdure maraîchère, etc., et l'expédient vers la 
capitale et les grandes villes. 

Le Melon et la Pastèque y viennent en plein air et sont consommés- 
ou vendus dans les ports de mer ; on les expédie vers le Nord par 
la voie ferrée, et à l'étranger, comme les Tomates. 

Le Concombre entre dans la consommation et dans l'industrie* 

La Patate et l'Igname sont des légumes d'amateur. 

Les marchés de chaque jour, dans les villes en renom, ne semblent 
pas encore devoir profiter des embellissements de la cité. 

Hongrie. 

La Hongrie a de vastes exploitations rurales et fournit une 
quantité prodigieuse de légumes de grande culture. 



l64 AUTRICHE-HONGRIE 

La production extensive du Haricot est en telles conditions 
d'étendue et de bon marché, que de grands Etats de l'Europe sont 
devenus tributaires de la Hongrie sur ce point. 

Plusieurs maisons se sont consacrées à cette culture; une, 
entre autres, qui exploite 35o hectares de Haricots pour la vente 
exclusive de la semence aux cultivateurs, limite, cette année, le choix 
des types à propager aux variétés suivantes : 

i° Haricots nains : Beurre doré, à cosse jaune. — Beurre à cosse 
violette. — Beurre grain noir, à cosse jaune. — Blanc très tardif de 
Hollande. — Flageolet à cosse jaune. — Flageolet rouge, à cosse verte. 
— Géant sucré. 

2° Haricots à rames : Beurre sanguin doré. — D'Alger à grain noir, 
à cosse jaune pâle. — Du Mont-d'Or, à cosse jaune. 

Ces dix variétés ont fait leurs preuves au jardin, à la ferme et au 
marché, particulièrement pour la fourniture de légumes verts. 

La Lentille, populaire en Hongrie, s'exporte en grandes quantités; 
son prix de vente est à peu près celui des Haricots. Les sept dixièmes 
des approvisionnements de Paris sont expédiés de la Bohême et de 
la Moravie. 



V. — Production fruitière. 

Depuis la Basse-Autriche, où la persistance des pluies et des 
brouillards force le cultivateur à se borner aux Poiriers robustes, 
aux Pommiers qui fleurissent tard, aux Cerises aigres et aux Prunes 
de séchage, jusqu'au golfe de Trieste « où fleurit l'Oranger » encadré 
de Figuiers, de Limoniers, d'Oliviers, d'Arbousiers, de Grenadiers, 
de Bibaciers, de Pins pignon... entre ces deux extrêmes, Pomone 
a semé ses trésors, suivant un mot classique. 

La production autrichienne et hongroise des Prunes à séchage, 
jointe aux arrivages de Bosnie et de Serbie, qui exportent 600,000 
quintaux de Prunes sèches, fournit un stock important de Pruneaux. 

Le port de Trieste embarque des tonnes de Prunes séchées, pour 
New-York et d'autres destinations. 

On compte, en Bohême, 24 millions d'arbres fruitiers. Les contrées 
de Lobosia, Jii'in, Kralové, Kradec, jusqu'au Chrudim, au nord- 
ouest de cette province, présentent l'aspect d'une forêt fruitière. 

La récolte est généralement dirigée vers l'Allemagne, et le produit 
atteint une valeur de dix millions de francs. 



AUTRICHE-HONGRIE lG5 

La Pomme a des fruits locaux estimés au marché ; telles sont : 

Gossonet de Kienast à floraison tardive ; 

Edel Rother et Edel Tâubling, du Tyrol ; 

Pojnick, originaire de Bojkov, en Moravie ; 

Batulloen Apfel, de Transylvanie ; 

Pogasca-alma, qui brave les tempêtes dans les steppes sablonr 
neuses de la Hongrie : 

Tôrôk-bàlint, Sôvàri, Sreica, de la Croatie, de Hongrie ; 

En Bohème: Isinové, Framboise d'Holovous, Kminové, Kosikové, 
Malvazinka, Salové, Muskat-Reinet, Vejlimek, Yirzinské. 

La Pomme de Romarin, qui doit son nom au parfum qu'elle 
dégage, forme la base des vergers du Tyrol méridional. Le revenu 
d'un arbre ayant été évalué à 4o francs, le Gouvernement autrichien 
a, sur ce chiffre, établi l'impôt foncier des plantations fruitières. 

La question des fruits à introduire en Autriche a été traitée au 
Congrès international de Pomologie qui s'est tenu, à Vienne, du 
i au 7 octobre 1873. Des délégués des principales provinces y assis- 
taient et ont recommandé le choix de vingt Pommiers et de vingt 
Poiriers aux planteurs. 

Voici ces quarante variétés admises par l'aréopage et appelées 
dans leur ordre de maturité : 

Pommes. 

Gharlamovski (Borovitsky.) Reinette Harbert. 

Pearmain d'été. Reinette d'Orléans. 

Cludius d'automne. Beaufin strié. 

Pearmain de Schwarzenbach. Ribston Pippin. 

Non-pareille de Langton. Reinette grise du Canada. 

Pearmain écarlate. Reinette Oberdieck. 

Reinette de Burchardt. Court-pendu royal. 

Noble jaune. Reinette Baumann. 

Orange de Blenheim. Reinette de Champagne. 

Wagener. Wellington (Dumelows'Seedling.) 

Poires. 

Souvenir du Congrès. Golmar d'Arenberg. 

Seigneur (Esperen). Soldat Laboureur. 

Fondante des bois. De Grumkow. 

Beurré Hardy. Conseiller à la Cour. 

Poire Dechaut Dillcn. Nouveau Poiteau. 

Beurré Capiaumont. Passe Colmar. 

Marie-Louise. Golmar Né lis. 

Beurré Superfîn. Beurré de Rance. 

Louise bonne d'Avranches. Beurré Sterckmans. 

Duchesse d'Angoulême. Joséphine de Malines. 

Ces excellentes variétés ont pénétré au verger. On le reconnaît 
aux approvisionnements du marché, arrivant par voie ferrée, par 
chariots ou par le Danube, 



l66 AUTRICHE-HONGRIE 

Eu même temps, de bonnes variétés étudiées et recommandées 
dans les congrès français ou allemands, faisaient leur entrée 
dans les pépinières et les jardins d'expériences. 

Le commerce des fruits a dispersé son siège à Goriee, à Bozen, à 
Meran, à Gratz, à Marbourg, mais il est arrêté brusquement aux 
frontières de Russie, de Roumanie, de Serbie, de Turquie, par suite 
de mesures douanières restrictives. 

L'industrie des conserves de fruits, et surtout leur dessiccation, 
a acquis une certaine importance, depuis que le Ministère a décidé 
que les séchons de fruits devaient être compris au chapitre des 
approvisionnements de la flotte et de l'armée. 

Plusieurs types admis au séchage traditionnel, par les paysans du 
Tyrol, de la Styrie, de l'Istrie, de l'Illyrie, de la Bohême et de la 
Moravie, sont scrupuleusement respectés. 



Hongrie. 



Les arbres fruitiers sont répandus et considérés en Hongrie. Les 
contrées qui se sont acquis une plus grande réputation sont : La 
Vallée du Danube sur les rives du Tisza et du Maros, le beau pays 
transylvain, les contrées de l'Ouest, et le comitat de Soprony ; les 
fruits y viennent superbes et en excellente qualité. 

L'arbre vraiment populaire de la Hongrie est sans contredit le 
Prunier, surtout l'espèce connue sous le nom de « Beszterçze ». 
Plaine ou colline, tout lui convient ; il s'accommode même des hautes 
vallées, et partout son fruit est très estimé, à tel point que 
l'habitant de certains villages en compose parfois, avec le maïs, sa 
principale nourriture. Les Prunes non consommées, fraîches ou 
sèches, servent à faire une marmelade d'un placement facile, ou 
d'excellente eau-de-vie. 

Les Cerisiers, quoique propagés partout, prédominent à travers 
les comitats du centre. La Griotte, dite d'Espagne, prospère 
particulièrement au bord du lac Balaton et parmi les comitats de 
Szeps et de Verôcze, où elle frappe par sa beauté et sa grosseur. 

Kôrôs est un centre d'exportation de Cerises et de Griottes. 

Les Abricotiers ne se distinguent pas par la qualité de leurs 
fruits, bien qu'ils soient recherchés auprès des villes. Debreezen, 
Kecskemët, Nagy-Kôrôs sont les contrées de production. 

Le Pêcher donne de bons fruits; leur réputation commence à 
baisser depuis que les chemins de fer permettent de tirer d'Italie 
deg Pêches qui sont plus appréciées pour la forme et la grosseur. 

Les Pommiers et les Poiriers, plus estimés, sont remarquables 



AUTRICHE-HONGRIE l6^ 

par la beauté et par la bonté de leurs produits, dans les comitats de 
de Poszega, de Verôcze, de Baranya, de Somogy. 

Les Noyers et les Châtaigniers prospèrent à 600 mètres; mais 
ils ont beaucoup à souffrir des gelées du printemps sur les plateaux 
froids. Les Châtaignes sont petites, et plus douces que celles d'Italie; 
les Noix ont la coque mince et l'amande agréable au goût. 

Les Figuiers croissent à l'état sauvage en Croatie et, çà et là, à l'abri 
des forêts de l'ancien Banat. 

Les Grenadiers et les Oliviers n'ornent que le littoral. 

Les Groseilliers sont communs au jardin et au champ de vigne. 

En dehors de la production du potager ou du jardin, la Fraise, la 
Framboise, la Mûre, le Cynorrhodon se récoltent dans la forêt ; — 
or, la Hongrie compte 9,600,000 hectares de forêts. Nous citerons la 
propriété de fondation de Pilis-Maroth, qui encaisse 3,5oo à 4>ooo 
francs de fermage annuel pour la récolte des fruits d'une forêt de 
3oo à 400 hectares de jeunes taillis. 

La zone du vignoble hongrois est la transition de la plaine à la 
montagne ; on y retrouve les cépages renommés du vignoble français. 
Tout n'est pas livré à la cuve; une grande partie des raisins sont 
vendus au marché ; toutefois le Chasselas occupe le premier rang au 
verger et au jardin. Une certaine quantité de raisins à vin est 
exportée vers la Russie et vers l'Allemagne. 

La vigne sous verre a commencé son installation dans le domaine 
de3 grands propriétaires. 

La Hongrie reçoit de l'Autriche 20,000 quintaux métriques de 
fruits frais ou secs, et moitié autant de l'étranger. 

Sa production est évaluée à trois millions d'hectolitres de fruits. 



VI. — Floriculture. 

Nous ne pourrions suivre le développement de la floriculture dans 
les classes aristocratiques, bourgeoises ou populaires ; c'est un 
véritable engouement. Le nombre et l'importance des Sociétés 
d'horticulture en sont la preuve la plus évidente. 

La capitale a donné l'exemple, en meublant ses jardins publics 
des richesses florales qui caractérisent notre temps. 

Les fleuristes ont augmenté leurs serres et leurs bâches, et arrivent 
difficilement à donner satisfaction complète à leur clientèle. Il 



l68 AUTRICHE-HONGRIE 

s'agit toujours de végétaux de serre pour les conservatoires vitrés, 
de plantes à feuillage pour les appartements, et de plantes toutes 
fleuries pour les corbeilles ou les parterres. Œillets, Rosiers, 
Muguets, Cannas, Nymphéas, Montbrétias, Glaïeuls, Résédas, 
Violettes, Pensées, Héliotropes, Giroflées, Yioliers, Galcéolaires, 
Cinéraires, Primevères, Perce - neige, Pélargoniums, Fuchsias 
viennent orner les jardins à l'intérieur, ou passent la frontière. 

L'importation s'exerce avec les plantes de luxe, les ognons à fleurs, 
les semences florales ou potagères. 

Les plantes alpines ont déjà recruté une légion de fervents. 

Le succès de la fleur cueillie en Provence devait empêcher de 
dormir les habitants des gorges échauffées par le soleil et la 
population des rivages maritimes. Aujourd'hui, le littoral prépare 
des envois de fleurs à bouquets et à garnitures, dirigés vers les 
grandes villes de l'Europe septentrionale, et, le croirait-on, vers 
l'Italie, qui ne peut suffire à la commande de ses propres produits. 



VII. — Parcs publics ou privés. 

En lisant les récits des voyageurs à travers l'Europe, Etienne 
Masson (1847), Edouard André (1866), Ernest Bergman (1886), à chacun 
vingt années d'intervalle, on constate une extension notable dans 
l'art paysager austro-hongrois qui a créé de véritables modèles de 
l'architecture des parcs et des jardins, secondé, il est vrai, par le 
goût éclairé des administrations et des propriétaires. 

Il nous sera permis d'invoquer le souvenir du maître français, de 
Barillet-Deschamps, appelé à la restauration du Prater, à Vienne, 
que l'on assimile à nos Champs-Elysées. 

Les jardins de la cour, à Schœnbrun et à Laxenbourg, occupent 
un premier rang pour leur étendue; puis les jardins du prince de 
Schwarzenberg, du comte de Harrach, du baron de Rothschild. 

Les parcs et jardins du prince de Liechtenstein à Eisgrub et à 
Felberg, ceux du baron Nathaniel de Rothschild à Vienne et à la 
Hohe Warte, ont été dessinés par notre ami Edouard André, de 
Paris. 

Parmi les parcs de la capitale, signalons encore Augarten, 
Belvédère et son jardin botanique, Hetzendorf, Rathhauspark, 
Schœnbornpark, Volksgarten, Votivkirchen Parle, Waldsteingarten. 



AUTRICHE-IIOXGRIE 169 

Parcs des grands de la terre ou jardins et squares urbains, c'est 
partout le bon goût qui se manifeste et crée de nouveaux prosélytes. 

La Hongrie est riche en jardins de luxe ; ils datent pour la 
plupart des temps où le manant travaillait sans salaire pour son 
seigneur et maître... 

Des parcs et des jardins hongrois encore existants, ceux de l'archi- 
duc Joseph à Alcsuth, Fiume et dans l'île Sainte-Marguerite arrivent 
en première ligne ; citons ensuite le parc du prince Karoly à Foth, les 
jardins publics de Budapest, de Ternes var et les jardins des premiers 
magnats du pays, des comtes Karolyi, Hunyady, Zichy, Gsekonics, 
Festetits, des princes Esterhazy et Bathianny. 

Aux environs de Prague, un grand parc nommé « Stromovka », 
aux ombrages séculaires, est le rendez-vous de la population. 



VIII. — Journaux horticoles. 

La littérature horticole périodique n'est pas très étendue. Elle 
embrasse, indépendamment de la Hongrie, treize journaux dont le 
plus ancien est le Journal mensuel botanique autrichien. Parmi 
les autres, deux sont exclusivement consacrés à la Pomologie; trois 
sont bi-mensuels ; les autres, au nombre desquels figure le Journal 
horticole illustré de Vienne, paraissant tous les mois. Celui-ci 
Wiener Illustrirte Garten-Zeitung, de la Société impériale royale 
d'horticulture, est sous la direction du D r Gùnther Ritter Beck, 
secrétaire général et de Friedr. Abel, secrétaire de la Société. 

Les journaux d'horticulture imprimés en Hongrie sont au nombre 
de cinq. L'organe de la Société d'horticulture de Budapest est 
le plus important, grâce au choix des matériaux qui le composent. 

Différentes publications agricoles, viticoles ou forestières traitent, 
à l'occasion, des questions de jardinage, de pépinière ou d'arbori- 
culture et d'utilisation des fruits. 

La presse horticole est bien représentée, en Bohême, où elle 
comprend les organes suivants : 

Flore de Bohême, par M. Fulin, à Prague. 

Journal de pomologie, par L. Naumanx, à Troja. 

Revue d'arboriculture, par Jos. Buxat, à Troja. 

Reçue horticole, par Fr. Tiiomayer, à Prague, 



ï}0 AUTRICHE-HONGRIE 



IX. — Ouvrages horticoles. 

La plupart des ouvrages généraux ou spéciaux de l'horticulture 
d'utilité ou d'ornement, et de l'art des jardins, sont remarquables 
par leur érudition scientifique ou pratique. 

Voici le titre des principaux ouvrages horticoles de l'Autriche : 
Abel Lothar. — Die Baumpjlanzungen in der Stadt und aufdem 

Lande. Vienne 1882. 
Beck von Mannagetta et Fr. Abel. — Wiener Illustrirte Garten- 

Zeitung. Organe de la Société impériale royale d'horticulture 

a Vienne. 
Bedô Alb. — Die wirtschaftliche und commercielle Beschreibung 

der Wâlder des Ungarischen Staates. Budapest 1886. 
Blaskovigs Edm. — Die Sajabohne. — Etwas ùber deren Ciiltur und 

Werf als Futtermitteh Vienne 1880. 
Briem H. — Die Zuckerrùbe. Vienne 1889. 
gpciiïjpLZER. — JÇqfephisnius des Obstbaues. Ivronstadt 1887, 
Qzjjlljk: Ang.— Behelfe zur Anlage unçl Bepflanzung von Garten. 

Vienne 1882. 
JJambacJv D 1 L-- — Prafdische Schule des Obstbaues und der 

Obstbenutzung. 1. TahPV i883. 
Hoipel G. Wiliielm K. — Die Baume und Stràiiçher des Waldes 

in botanischer und forsUvirtsçhaftliçher Beziehuiig-, 

Vienne 1889. 
Rosentjial. — Bas pomologische Ifandbuch fiir Niederoesterreiçh* 

Vienne. 
ÊicmtiDT F. — Oesterreicbs allgemeine Baumzucht. Vienne 1792-1822, 
Stqll, Prof. J> Ruj). — Oesterreichisch-ungarische Pomologie, 

Jvlostcrneubourg 1883-1884. 
TjfPMAYER F. — Ceské Ovoçe. (D.-L— Jabjka). Prague 1889... 

Nous rappellerons les publications de la Station expérimentale 
chimico - physiologique de Klosterneubourg dues à la plume de 
MM. Roesler, directeur, et du baron Félix von Thïinien, adjoint à la 
direction. Les maladies des végétaux, la cryptogamic et les observa- 
tions microscopiques y occupent une place importante. 



'**§&? 



BAVIERE 

?5,865 kilomètres carrés, — 5, 589,400 habitants, 

— HK-— 

I. — Aotion de l'État. 

Le Gouvernement bavarois actionne le progrès de l'horticulture et 
spécialement la plantation, la culture et l'exploitation des arbres 
fruitiers. 

Il encourage la création de pépinières libres ou administratives et 
donne l'impulsion à l'organisation de routes fruitières et à leur bon 
entretien. 

L'État, secondé par les sociétés et les propriétaires, admet l'en- 
seignement de l'arboriculture dans ses écoles, et excite son expansion 
par des cours et des conférences en pleine campagne. 

L'alliance de l'initiative privée avec le concours de l'administration 
supérieure s'est fait ressentir jusqu'au cœur des Sociétés horticoles, 
jusqu'à la production alimentaire et à la fourniture des marchés. 

La Bavière possède i5 millions d'arbres fruitiers, 2,000 établisse- 
ments d'horticulture, sans compter les Stations officielles. 

Partout, on aime et on produit des Arbres, des Fleurs, des Fruits, 
des Légumes, et partout la propagande horticole par l'enseignement 
est accueillie avec reconnaissance. 

II. — Écoles d'horticulture. 

Les Écoles supérieures, normales, forestières et agricoles ont un 
enseignement plus ou moins élémentaire ou développé des questions 
de jardinage. 



1^2 BAVIERE 

Les établissements purement horticoles sont à l'état embryonnaire, 
tout en cherchant à étendre leur sphère d'action. 

Une institution consacrée à l'enseignement de l'arboriculture et de 
la viticulture est à Kirschheimbolanden. 

L'école de Landsberg manque d'une pépinière d'application. 

A Weihenstephan, l'Institut agronomique a annexé une école de 
brasserie et une école de jardinage. La pépinière est le point de 
centre des leçons pratiques données aux élèves ; elle est affectée aux 
cours publics du personnel chargé des routes fruitières. 

Nous trouvons encore des traces de l'enseignement de l'horticulture 
et de la botanique à l'Ecole des ingénieurs agricoles, à l'Ecole centrale 
d'agronomie, aux Cours forestiers de l'Académie d'Aschaffenbourg et 
de l'Université de Munich, enfin à l'Ecole vétérinaire. 

Frappé de cette situation qui ne répond pas aux besoins du pays, 
le Ministre de l'Instruction publique, secondé par les Sociétés 
agricoles et horticoles, a préparé le plan d'un Institut spécial d'hoir 
ticulture qui serait installé à Veitzocheim, près de Wurtzbourg, et 
pourrait recevoir d'abord 60 élèves. 

Les bâtiments et les serres sont déjà construits. 



III. — Sociétés d'horticulture. 

La Bavière compte près de 120 Associations qui traitent des 
productions du sol ; un quart seulement est exclusivement réservé à 
l'horticulture. 

L'organisation d'expositions et de cours publics, qui entre dans 
leur programme, a vivement contribué à propager les bonnes 
méthodes de culture et à faire connaître les meilleures espèces 
alimentaires ou florales. 

Une conséquence de l'esprit de corps a été la création de la 
Gartner Unterstùtzung, association privée qui reçoit le bénéfice des 
loteries organisées à l'occasion des expositions, et qui distribue des 
secours aux jardiniers malades ou infirmes. 

Les petites villes, fréquentées par les touristes en été, ont vu 
s'élever des sociétés dites d'embellissement. 

Il est bien entendu que les associations consacrées à la Viticulture, 
aux boisements et même au Houblon, ne restent pas indifférentes à 
la production des Fruits et des Légumes ; elles s'en occupent 
incidemment. 



BAVIÈRE 173 

Haute-Bavière . 

Freisixg. — Société d'horticulture. 

Munich. — Société d'horticulture de Bavière. I. Président, baron 
Pfeufer. II. Max Kolb. Cette Société, fondée par Martius et Effner, 
compte 780 membres. 

— Union des jardiniers « Hortensia », fondée en 1828. 
La Société d'agriculture, siégeant à Munich, protège l'arboriculture 

fruitière dans ses sections, secondée par des personnes compétentes 
qui organisent de petites expositions de Fruits. 

Basse-Bavière. 

Les comités de province et d'arrondissement favorisent le progrès 
de l'arboriculture. 

La Société d'agriculture de Landshut distribue des semences de 
Légumes rares. 

Palatin at. 

Quelques cercles font enseigner la culture fruitière, la viticulture, 
la pépinière. 

Haut-Palatinat. 

Ratisboxne. — Société d'horticulture du Haut-Palatinat. 

Weidex. — Société d'horticulture pour le nord du Haut-Palatinat. 
— — d'embellissement des jardins. 

Des groupes locaux organisent des réunions où l'on s'occupe 
d'arboriculture, par des conférences et au moyen de distributions 
de jeunes plants vendus à prix réduits ou tirés en loterie. 

Les élèves des écoles reçoivent des livres d'horticulture en prix. 

Les sociétés du Haut-Palatinat sont très actives. 

Haute-Franconie . 

Axsbach. — Société pour la culture des arbres fruitiers. 
Bamberg. — Société d'horticulture. 

— Association des horticulteurs. 
Bayreuth. — Société horticole. 

La Société de Bayreuth organise un Jardin école et subventionne la 
création de jardins fruitiers. 

D'accord avec les organes de la Société d'agriculture, des sections 
d'arboriculture encouragent la culture fruitière et font échange de 



1^4 BAVIERE 

greffons des meilleures sortes. Telles sont les sections de pomologie 
instituées aux centres ci-après : 

Berneck — Effeltrich — Emtmannsberg — Hochstadt-sur-Arsch 
— Kersbach — Kronach — Langensendelbach — Mistelgau — 
Poxdorf. 

Franconie Centrale. 

Furtii. — Société d'horticulture. 

Nuremberg. — Société d'horticulture. 
— Union des jardiniers. 

Sciiopfloch. — Société pomologique. 

Les Sociétés horticoles, les sections agricoles et des cercles 
d'amateurs, secondés par le professeur nomade, rendent de signalés 
services avec leurs expositions, leurs conférences, les tombolas de 
plants et les distributions de greffes. 

Basse Franconie et Aschaffenrourg. 

Ascii affenbourg. — Société horticole et pomologique. 
Wurtzbourg. — Société horticole franconienne. 

— Société d'embellissement des jardins. 

— Société d'horticulture et de viticulture pour la 

Basse Franconie. 
Cette dernière association fournit des greffes et organise des 
concours et des conférences en faveur des vignerons. 

SOU ARE ET NEUROURG. 

Augsbourg. — Société horticole bavaroise de Souabe. 

Esciiacii. — Société d'horticulture. 

Kaufbeuren. — Société d'horticulture. 

Kempten. — Société d'horticulture. 

Lindau. — Société d'horticulture. 

Plusieurs comités d'arrondissement de la Société d'agriculture 
tendent à la formation de sections pour la culture des fruits ; ils 
accordent des subventions aux jeunes gens qui fréquentent l'Institut 
pomologique de Reutlingen, en Wurtemberg, où la question des 
vergers est la base de l'enseignement. 

Le Comité provincial s'occupe de l'introduction de bonnes variétés 
et de leur étiquetage exact ; il vote des bourses aux jeunes gens qui 
suivent les cours d'horticulture, et décerne des primes aux gardiens 
surveillants des plantations fruitières qui s'acquittent convenable- 
ment de leur service. 



BAVIÈRE IjS 



IV. — Cours et conférences d'horticulture. 

Les cours et les conférences horticoles ont plutôt en vue l'arbori- 
culture fruitière et assez souvent la culture potagère. 
Les uns sont fixes, les autres sont nomades. 

1° Cours fixes d'arboriculture. 

Cours d'arboriculture fruitière à Weihenstephan, près Freising, 
sous la direction de l'Ecole centrale d'agriculture de Weihenstephan. 
Directeur, M. Kraus. — Jardinier en chef: M. Schinabeck. 

Les cours sont suivis pendant une, deux ou trois années. 

Cours de gardiennage d'arbres à Weihenstephan, dépendant de 
l'Ecole centrale d'agriculture. 

Leçons du I er février au i5 mars. 

Cours d'arboriculture fruitière, à Landshut. — Jardinier démons- 
trateur : M. Grill, jardinier-chef de la ville. 

Cours d'arboriculture fruitière à Triesdorf, dans la Franconie 
centrale. Les conférences se tiennent du i5 février au i5 mars. Jardi- 
nier : M. Abel, jardinier-chef démonstrateur. 

Cours pratique d'arboriculture fruitière à Wurtzbourg, en faveur 
des gardiens d'arbres. 

Le cours a lieu pendant 4 semaines au printemps, et environ 
i5 jours en juillet ; il est relié à l'Ecole d'hiver du pays. 

2° Cours nomades d'arboriculture. 

Hauïe-Bavière. — L'enseignement nomade a été institué par un 
décret royal du 28 février 1889. 

Il y a trois circonscriptions où les professeurs nomades exercent 
au moyen de conférences publiques. 

Sur leurs rapports, les augmentations de traitement sont allouées 
aux gardiens d'arbres de district. 

Les administrateurs donnent leur appui à ces professeurs. 

Les surveillants doivent une visite annuelle à leur canton. 

La Haute-Bavière n'a pas d'instructeurs nomades ; souvent les 
conférences émanent de la Société d'agriculture de Landshut, et 
roulent sur la culture des arbres, expliquée par le jardinier en chef. 

Six pépinières et autant de Jardins écoles distribuent jusqu'à 
10,000 greffons d'arbres fruitiers au printemps. 

Le Palatixat est dans la même situation ; mais il y a des 
conférences faites par le professeur de l'École d'agriculture de 



1^6 BAVIERE 

Deux-Ponts et- de l'École d'arboriculture et de viticulture de 
Kirschheimbolanden. 

Douze pépinières de district ou communales sont annexées aux 
Jardins écoles. 

Haut-Palatinat. — Par leurs conférences, les Sociétés d'agricul- 
ture et d'horticulture suppléent à l'absence du professorat régulier. 
Elles ont suggéré l'établissement de cultures commerciales. 

Haute-Franconie. — Le chef d'arboriculture, dressé à l'Ecole 
de Reutlingen, est nommé par le comité du Cercle d'agriculture. 

Quand le comité d'arrondissement le désire, le professeur surveille 
les plantations et donne des conseils aux planteurs. Il s'occupe 
des plantations routières du district et des friches communales. 

La Société d'horticulture de Bayreuth forme aussi de bons 
surveillants des plantations rurales. 

Des pépinières libres ou administratives, de diverse importance, et 
25 Jardins écoles répandent les meilleures espèces fruitières. 

La Franconie centrale a son instructeur depuis 20 ans ; c'est 
le professeur de pomologie de Triesdorf qui a cette charge ; ses 
conférences et ses visites régulières aux plantations d'arbres fruitiers 
de l'Etat et des districts ont amené beaucoup d'adhérents et 
suscité d'heureux résultats. 

La Basse-Franconie possède depuis 1862 un professeur nommé 
par le gouvernement; ses conférences pratiques ont excité à la 
fondation de Sociétés d'arboriculture ; aussi est-il devenu très 
populaire. Les centres de distribution de greffes rendent des services 
aux paysans. 

En Souabe, les conférences sur l'arboriculture fruitière, lors des 
réunions de la Société d'agriculture, attirent beaucoup de monde ; 
et l'action des Pépinières régionales ou communales en est d'autant 
mieux accueillie. 

V. — Routes fruitières. 

Les routes nationales ou de district, de cercle et de commune sont 
généralement bordées d'arbres fruitiers. Leur importante adminis- 
tration a nécessité une organisation de personnel et un mode 
d'enseignement appropriés à ce genre d'exploitation. 

La Haute-Bavière possède trente gardiens d'arbres fruitiers de 
district, payés par le Comité de district uni à la Société d'agriculture, 
et subissant un examen annuel. 



BAVIERE tyj 

Ces cantonniers arboriculteurs sont instruits ; les plus dignes 
d'intérêt bénéficient de bourses accordées par les comités de cercle, 
qui leur permettent de fréquenter l'Ecole de Weihenstephan. 

Quelques professeurs nomades remplissent les fonctions de moni- 
teurs dirigeant le travail de ces cantonniers. 

La Basse-Bavière a plusieurs districts pourvus de routes fruitières 
et de leurs surveillants; d'autres en manquent. Les routes nationales 
sont les mieux tenues. 

A Landshut, un cours annuel et très sérieux, destiné aux gardiens 
d'arbres de routes, a déjà formé trois cent quarante jardiniers 
cantonniers ; les conséquences de leur instruction sont à remarquer. 
On rencontre, dans le Palatinat, des personnes compétentes qui. 
avec l'exemple des jardins fruitiers d'arrondissement, instruisent les 
gardiens d'arbres pour les soins à donner aux vergers situés à 
proximité des routes, et propagent les conseils aux particuliers. 

Les agents-voyers gardiens de routes de districts (Strassen-wârter) 
remplissent souvent les fonctions de gardiens d'arbres (Baumwârter). 
Pour acquérir les connaissances nécessaires à ce service, ils doivent 
suivre un cours à l'Ecole de Kirscheimbolanden. 

L'Administration du district de Spire plante les arbres fruitiers 
sur les champs riverains et accorde au propriétaire une indemnité 
de i fr. 25, tout en lui concédant la propriété de ces arbres ; ceux-ci 
seront mieux surveillés et les routes plus spacieuses, mieux aérées. 
Le Haut-Palatinat a plutôt des instituteurs et des pasteurs qui 
propagent la culture des arbres à fruits. Du reste, les personnes 
chargées de l'entretien des routes peuvent être employées au rôle de 
gardiens d'arbres, lorsqu'elles ont suivi les cours de l'École de 
Landshut. 

La Haute-Frangonie et la Franconie centrale ont confié la 
tâche de surveiller la plantation fruitière des routes de district à des 
ingénieurs et constructeurs de chemins. D'autres régions se con- 
tentent d'un jardinier voyageur, nommé par le Comité de cercle et 
la Société d'agriculture. 

Le district d'Ânsbach a planté plus de 10,000 arbres sur les 
routes ; celui de Nuremberg 5, 000. 

Depuis vingt-cinq ans, trois cent cinquante jardiniers- voyers ont 
été formés aux cours de Triesdorf. 

Différents arrondissements de la Basse- Franconie ont à leur 
disposition des gardiens d'arbres de districts, de cercles et de 
communes, dont le nombre va toujours en augmentant. Dans beau- 
coup de villages, les ecclésiastiques et les instituteurs aident de leurs 

conseils et de leur exemple les producteurs de fruits. 

12 



1^8 BAVIERE 

Le Cercle fournit gratuitement les arbres fruitiers aux localités 
peu fortunées ; les jardiniers du Cercle désignent les emplacements. 

Quelques districts, arrondissements, régions et sections adminis- 
tratives de Souabe ont leurs cantonniers; les sociétés locales en ont 
également désigné. 

Le Comité de cercle de la Société d'agriculture accorde des 
bourses pour l'instruction de ces modestes fonctionnaires et de 
jardiniers s'occupant de l'arboriculture fruitière et routière. 



VI. — Culture potagère. 



Comme l'arboriculture et la floriculture, la production de Légumes 
ne diffère guère des méthodes et des espèces adoptées en Allemagne. 
Haute-Bavière. — La culture maraîchère a de l'importance autour 
des grandes villes, principalement de la capitale. 

La banlieue de Munich compte 200 hectares de marais potagers 
occupant 600 ouvriers. L'exploitation de ce genre de denrées a gagné 
la campagne ; les marchés d'alimentation en ont profité, tandis que 
le Tyrol et l'Italie, expédiant par wagons chauffés, approvisionnent 
les campagnes pendant la mauvaise saison et même l'été. 

Basse-Bavière. — La culture des Légumes en plein champ 

est peu développée, mais les jardins potagers des environs de 

Landshut et de Passau-Deggendorf envoient leurs produits à Munich. 

Palatinat. — La maraîcherie a pris une certaine extension. 

Frankenthal et ses environs cultivent les Asperges, les Ognons, les 

Haricots, les Pois, etc. ; Schcenfeild et Kapsweyer, les Choux blancs ; 

Offenbach, les Ognons. Zeiskam a des récoltes plus précoces. 

Ludwigshafen, Neustadt et Spire travaillent pour l'exportation. 

L'Asperge de Spire est hautement réputée. 

Haut-Palatinat. — A l'École d'hiver d'agriculture de Ratisbonne, 
on donne des leçons sur la culture potagère. 
Les Radis de Ratisbonne sont renommés pour leur volume. 
Haute-Franconie. — Les Sociétés d'horticulture de Bamberg et 
de Bayreuth s'occupent du développement de la maraîcherie. 
Ces Sociétés font venir des espèces rares et organisent des 
expositions périodiques pour les propager et les faire connaître ; 
déjà leurs productions maraîchères sont appréciées au nord de l'Alle- 
magne. 

Le forçage des Légumes dans les environs de Bamberg ayant faibli 
par suite de la concurrence italienne, le Comité provincial de la 



BAVIERE 1^9 

Société d'agriculture a suscité la création d'un établissement qui 
utilise les Légumes à l'industrie des conserves. Une usine a donc 
été fondée à Bamberg ; elle offre un débouché aux cultivateurs. 

Entre Bamberg et Erlanzen, on cultive le Raifort en grande 
quantité et on l'envoie dans le nord de l'Allemagne. Ces cultures ont 
une certaine réputation. 

Franconie centrale. — L'organisation de la culture potagère 
est complète dans cette province, grâce aux leçons données à 
Triesdorf et à Nuremberg, où la Société d'horticulture a fondé une 
école pour les différentes branches du jardinage. 

Le travail du maraîcher est plus important aux environs de 
Nuremberg, d'où les Légumes sont ainsi exportés vers les villes 
d'eaux de la Bohême. Là aussi, la concurrence des produits de 
l'Italie et de l'Algérie se fait sentir lors des primeurs. 

Basse-Franconie. — La maraîcherie atteint ici un grand déve- 
loppement. L'exportation se fait pour la Thuringe, l'Allemagne du 
Nord, les bords du Rhin et le Wurtemberg ; on y cultive aussi beau- 
coup d'espèces précoces de légumes. 

Plusieurs établissements de Wurtzbourg sont dotés d'une organisa- 
tion complète pour le forçage des primeurs sous verre. 

Souabe. — La culture potagère est moins importante. Récem- 
ment, on a tenté de l'étendre aux champs de grande culture et de 
Vendre les produits ainsi obtenus à l'usine de dessiccation. 

Dans un district, l'Administration s'est procuré un appareil de 
séchage et a organisé en commun, au profit des habitants, la fabri- 
cation de conserves de légumes. 

La vente des graines potagères est admise au marché aux 
grains, 



VII. — Jardins botaniques. — Parcs publics- 

Les Jardins botaniques et les Parcs publics ou privés sont de 
puissants auxiliaires de l'enseignement et de la vulgarisation. Les 
uns et les autres ne tarderont pas à se développer davantage encore. 

Chaque Université bavaroise possède un jardin botanique. Munich, 
Wurtzbourg, Erlangen en fournissent la preuve. 

Créé au commencement du siècle, le Jardin de Munich est, aprèâ 
celui de Berlin, le plus important de l'Allemagne. Son organisation 
scientifique et ornementale fait honneur au Directeur Gœbel et à 
l'Inspecteur en chef Max Kolb. Pour soutenir la renommée du 



l80 BAVIÈRE 

jardin, M. Kolb n'a pas hésité à gravir les plus hautes montagnes et à 
s'enfoncer dans les marécages : d'où cette collection rare des 
« Plantes alpines de l'Europe et d'Outre-Mer », qu'il a décrites avec 
un amour paternel (Alpenpflanzen), et toute une série de plantes 
aquatiques, trop ignorées dans le décor des eaux de plaisance. 

Un Latania de Bourbon, haut de 70 pieds, a été apporté là, en 
1824, par le savant botaniste Martius qui explora le Brésil, de 
181 7 à 1820, sous la protection de Maximilien et de Joseph de Bavière, 
et publia, à son retour, la remarquable Flora brasiliensis. 

Au Jardin de Munich, qui eut pendant trente ans pour directeur 
le célèbre botaniste C.Nrcgeli, se rattache le souvenir des expériences 
sur les engrais artificiels pratiqués par Liebig. 

L'alliance de l'horticulture et de la botanique est personnifiée 
par V Illustrierte Monatshefte, le doyen de la presse horticole 
allemande, depuis longtemps confié à l'infatigable Kolb, aujourd'hui 
secondé par J. Weiss, Lebl, Franz Buchner dans la rédaction 
du D v Neuberts Garten-Magazin..., succédant au premier. 

Max Kolb est encore l'auteur de Théorie des Gartenbaues. 

Grill et Abel, de Triesdorf, ont une publication très répandue 
sur les soins à donner aux arbres fruitiers. 

A Munich, le Jardin anglais fait les délices des habitants. Plus 
étendu que le Bois de Boulogne de Paris, il a été dessiné en 1820 par 
Sckell, l'auteur de Gartenkunst, ouvrage qui a traité avec succès des 
perspectives, du mouvement des allées et de la distribution des eaux. 

Le Jardin royal de Nymphenbourg est un chef-d'œuvre du 
même artiste. Le Potager royal s'y trouve annexé. 

Quant au Fleuriste de la Cour, il est installé à Munich, approvi- 
sionnant les fêtes et les châteaux de la Couronne. 

La capitale se tient à la hauteur du mouvement qui entraîne les 
grandes cités à planter et à fleurir leurs places publiques et leurs 
boulevards. Elle a été promptement suivie par les autres villes de la 
Bavière. 

Les grands propriétaires n'avaient pas attendu l'impulsion. Depuis 
longtemps, leurs domaines, confiés à d'habiles collaborateurs, étaient 
dressés au profit de l'art des jardins. 

N'oublions pas les Etablissements horticoles tels que la maison 
Michel Buchner, à Munich, qui sont à la fois de véritables jardins 
d'études et des centres d'importation ou d'exportation. 



y§0? 



BELGIQUE 

3o,ooo kilomètres carrés. — 6,262,300 habitants, 

I. — Action de l'État. 



Le Gouvernement belge a toujours encouragé l'horticulture par 
des procédés à action directe et immédiate : 

L'enseignement horticole à l'École primaire ou à l'École normale 
et les subsides attribués à leurs champs d'expériences ; 

La création d'Écoles d'horticulture officielles ou patronnées ; 

Les subventions aux conférences publiques et les facilités de 
voyage à leurs auditeurs ; 

Les allocations aux Sociétés d'horticulture ou à leur Fédération ; 

Les souscriptions aux livres de jardinage, publiés en langue fran- 
çaise ou en langue flamande ; 

Les encouragements aux concours de vergers et de potagers ; 

Les faveurs de douane et de transport, appliquées aux produits 
horticoles nationaux circulant au point de vue du commerce ou 
des concours publics ; 

L'organisation d'un Bureau de renseignements de relations horti- 
coles au Ministère de l'Agriculture, de l'Industrie et des Travaux 
publics. 

Le Gouvernement, ajoutons-le, décerne la croix de l'Ordre national 
de Léopold aux horticulteurs et aux amateurs les plus distingués, et la 
décoration agricole et industrielle aux contre-maîtres, aux chargés de 
cours et aux ouvriers qui s'occupent activement de la culture du sol. 



l82 BELGIQUE 



II. — Écoles d'horticulture. 

Les établissements d'enseignement horticole en Belgique sont 
fondés et subventionnés par l'Etat, par des administrations publiques 
ou des Sociétés particulières. 

L'Institut agricole supérieur de Gembloux et des institutions 
secondaires propagent les connaissances horticoles ou botaniques, 
mais d'une façon accessoire. 

L'École d'horticulture de l'État, à Vilvorde, a été fondée 
en 1849, dans les pépinières de Laurent de Bavay, d'un commun 
accord entre le propriétaire et le Gouvernement. 

Aux fonctions de Directeur se sont succédé MM. Laurent de Bavay, 
Xavier de Bavay, Joseph de Brichy, L. G. Gillekens et G. Bouillot. 

Le programme comprend toutes les branches de l'horticulture 
d'utilité ou d'agrément : l'arboriculture fruitière ; la pomologie ; le 
maraîchage ; l'art du pépiniériste ; la floriculture ; la dendrologie ; 
l'architecture des jardins et des serres. 

Un parc, un jardin fruitier, une pépinière, un potager simple ou 
irrigué avec les eaux- vannes de Bruxelles, un jardin fleuriste, des 
serres, etc., font partie du champ de l'enseignement. 
La durée des cours est de trois ans. 

Les Conseils provinciaux ou communaux y entretiennent des 
boursiers. 

A la sortie de l'École, des diplômes de capacité sont décernés 
aux élèves, après examen, par un jury officiel. 

Plusieurs centaines d'élèves diplômés de Vilvorde occupent des 
situations honorables dans les diverses branches de l'horticulture. 
L'École d'horticulture de l'État, à Gand,a été créée en 1849 dans 
l'établissement Louis Van Houtte, à Gentbrugge, sous le nom 
d' « Institut royal d'horticulture de Gand, » avec le concours du 
Gouvernement. Louis Van Houtte en eut la direction. 

Transportée au Jardin botanique de Gand, en 1870, l'École eut 
pour Directeur le botaniste Kickx. Actuellement, ces fonctions 
sont confiées à un érudit, M. Emile Rodigas. Parmi le personnel 
enseignant, MM. Frédéric Burvenich et Edouard Pynaert occupent 
leurs fonctions respectivement depuis 36 et 34 ans. 

Le programme des études diffère quelque peu dans les deux Écoles. 
La nuance dominante, plus apparente que réelle, serait en faveur 
de l'arboriculture et de la culture maraîchère à Vilvorde, de la 
floriculture et de la botanique à Gand. 



BELGIQUE . l83 

Les deux Institutions ont un enseignement théorique et pratique 
aussi développé que possible sur toutes les branches de l'horticulture. 
Le caractère commercial du début a disparu. 

Le public est admis aux conférences et aux cours publics donnés 
par les professeurs. 

Aujourd'hui, on rencontre de nombreux élèves diplômés de Gand, 
parmi les professeurs, les conférenciers, les horticulteurs commer- 
çants, les jardiniers exploitants ou chefs de culture. 

La France, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Amérique, 
les colonies en possèdent de brillants sujets. 

L'École d'arboriculture et d'horticulture de Tournai, fondée 
en 1860 sous les auspices de la Société royale d'horticulture et 
installée dans son jardin de l'Athénée, est devenue Institution 
communale ; elle a été transportée boulevard Léopold. 

Des subsides lui sont alloués par l'Etat, par la ville, par la province 
et par la Société d'horticulture. Notre compatriote, M. Etienne 
Griffon, est le Directeur et l'un des professeurs de l'établissement. 

Les cours d'arboriculture institués le dimanche pour les jardiniers 
sont des mieux suivis. La moyenne des auditeurs dépasse 200. 

D'après certains rapports officiels, les leçons de culture maraîchère 
et de forcerie seraient basées sur l'industrie dite parisienne, et la 
chaire de sylviculture s'inspirerait des méthodes suivies à l'Ecole 
forestière de Nancy. 

Les sciences naturelles et l'art des jardins sont inscrits au 
programme des études. 

Depuis la création de l'École, près de 200 diplômes ont été 
décernés aux auditeurs des cours publics. 

L'École professionnelle d'horticulture de Mons a été fondée 
en i863 par la Société d'agrément, d'horticulture et de zoologie du 
Waux-Hall, avec le concours de la ville de Mons. La Société du 
Waux-Hall mettait à la disposition de l'École les vastes jardins 
qu'elle avait créés l'année précédente, ainsi que les constructions 
qu'elle avait édifiées. 

Vingt ans après, l'Ecole fut réorganisée, limitant son programme 
à l'arboriculture, la culture maraîchère, la floriculture, les forceries, 
le tracé des jardins, la botanique. 

M. D. Laurent en est le Directeur. 

La population laborieuse du Hainaut apprécie les bienfaits de 
cet enseignement du jardinage, en y faisant participer la jeunesse 
urbaine ou rurale. 

Le Gouvernement vient d'accorder son patronage à l'École et lui 
alloue un subside. 



l84 BELGIQUE 

L'Orphelinat horticole dlxelles, créé le 3o novembre 1876, 
reçoit les orphelins de père et de mère, âgés de cinq à quatorze ans. 

Ces enfants fréquentent l'école communale et, après avoir terminé 
leur première classe, ils sont occupés aux travaux du jardin et des 
serres à plantes ou à vignes. 

Le chef de culture, élève diplômé de l'École d'horticulture de 
Vilvorde, leur donne des leçons théoriques et pratiques sur l'arbori- 
culture et la maraîcherie. 

Après trois années de travail, les élèves passent, avec facilité, 
leur examen d'arboriculture, pour se placer ensuite en maison 
bourgeoise ou de commerce, où ils sont appréciés. 

Pendant leur séjour à l'orphelinat, ils reçoivent annuellement, 
d'après les services qu'ils ont rendus, à titre de gratification, des 
sommes variant de 25 à 7 5 francs, qui sont versées à leur profit à la 
Caisse d'épargne et de retraite. 

La plupart de ceux qui partent, après l'âge de dix-huit ans, 
possèdent déjà un livret de 200 à 3oo francs et reçoivent, avec le 
certificat de bonne conduite, un vêtement complet. 

Les élèves qui font preuve de dispositions exceptionnelles, sont 
placés à l'École d'horticulture de Vilvorde, aux frais des hospices 
d'Ixelles, avec l'intervention de la province et du Gouvernement. 

Signalons, ici, l'École des réformes de Ruesselede ; les enfants 
abandonnés ou délinquants ont une section de jardinage qui leur 
ouvre la carrière. 

L'École professionnelle agricole et horticole de jeunes filles, 
à Bouchout (province d'Anvers), est créée avec l'appui du Gouver- 
nement, du Conseil provincial d'Anvers, de la Commission provinciale 
d'agriculture, et sous le patronage d'un comité de Dames. 

L'enseignement est donné en langue flamande. Les cours sont 
gratuits ; les élèves ne paient que leur nourriture. 

Agées de quinze ans à leur entrée, elles préparent elles-mêmes 
leurs repas et entretiennent le service de la lingerie. 

M. P. Wauters, ingénieur agricole et professeur à l'École d'horti- 
culture et d'agriculture de Vilvorde, est chargé de la direction de 
l'École de Bouchout. 

Déjà, un établissement de ce genre, à Gysegem (Flandre Orientale), 
est dirigé par l'abbé Vanderschueren. 

A l'École de laiterie, à Wevelghem (Flandre Occidentale), les 
jeunes filles ont un cours d'arboriculture, de culture maraîchère et 
d'apiculture, par M. Frédéric Burvenich père. 



BELGIQUE l85 



III. — Conférences horticoles et Cours publics. 

La Belgique est le pays des conférences ; cependant l'organisation 
méthodique des causeries et des cours publics dans ce pays est due 
à Pierre Joigneaux, député français. Expatrié au coup d'État de 
i85i, il innova la culture potagère dans un sol ingrat et fit des 
conférences populaires à la campagne. 

Sollicité par le Gouverneur de la Province de Namur, qui l'avait 
vu à l'œuvre, Pierre Joigneaux dressa un groupe d'instituteurs aux 
fonctions de conférenciers horticoles. Le Gouvernement belge obtint 
en même temps du célèbre publiciste agronome un guide-brochure 
résumant ses Conférences sur le jardinage et la culture des arbres 
fruitiers. 

Les élèves de l'Ecole normale ont été des premiers à bénéficier de 
l'institution nouvelle. Ce mode d'enseignement, secondé parles cours 
publics des Ecoles de Vilvorde et de Gand, fut inscrit dans la loi, 
en i855, sur l'initiative du ministre Charles Rogier, si dévoué au 
progrès de l'horticulture comme à la prospérité générale du pays. 

Depuis lors, l'instruction horticole par les conférences reçut la 
consécration officielle de toutes les provinces ; les demandes sont 
adressées au Ministère qui autorise et subventionne largement. 

Les communes s'engagent à fournir le local, le champ d'essai, et 
complètent, s'il y a lieu, avec le Conseil provincial, les émoluments 
du professeur. 

Les Sociétés agricoles et horticoles arrivent à leur tour et subven- 
tionnent également. 

Les Ecoles d'horticulture deviennent une pépinière de moniteurs 
et de conférenciers ; de bons praticiens, de zélés amateurs s'y 
attachent, et l'on ne tarde pas à compter par centaines les cours 
publics et gratuits traitant du verger, du jardin fruitier, du potager, 
des cultures sous verre, du parterre, du boisement et des sciences 
naturelles auxiliaires du cultivateur. 

Les conférences sont libres ou autorisées par l'Etat ; les jardinier» 
qui se rendent à ces dernières, par voie ferrée, bénéficiaient jadis 
d'une réduction de 5o o/o sur le prix de leurs places. 

A noter aussi des causeries sur le jardinage, faites aux soldats de 
la garnison des places fortes ; en regagnant leurs foyers, ces jeunes 
gens peuvent mettre en pratique les conseils reçus au régiment. 

Les cours publics ont toujours l'appui d'une Société ou d'une 
administration locale. 



l86 BELGIQUE 

Le propriétaire et l'instituteur n'ont jamais refusé leur jardin aux 
leçons pratiques. 

Chaque année, un jury spécial décerne des certificats de capacité 
de première ou de deuxième classe aux auditeurs qui, après examen, 
ont justifié ces récompenses. 

La Belgique est visitée par des horticulteurs de tous les pays. 
Chacun a pu constater les progrès accomplis sous l'influence des 
cours publics, et remarquer avec quelle facilité le praticien manie la 
parole, comprend et parle plusieurs langues étrangères, et comme il 
sait développer une idée ou la faire accepter. 

L'exemple le plus concluant n'est-il pas fourni par l'indissoluble 
quatuor gantois : Frédéric Burvenich, Emile Rodigas, Edouard 
Pynaert, Hubert Van Huile, des maîtres de la parole, de la pratique 
et du raisonnement ? 



IV. — Sociétés d'horticulture. 

Les Sociétés d'horticulture sont réparties dans toutes les provinces. 
Il en est de peu connues, de trop éphémères ; d'autres ont un cadre 
trop restreint. Nous signalerons les principales et passerons sous 
silence les associations purement forestières ou scientifiques. 

La Société royale d'agriculture et de botanique de Gand est 
la première Société horticole qui ait été fondée sur le continent. 

Au mois d'avril 1808, à leur retour d'Angleterre, où ils avaient 
assisté à des réunions de jardiniers qui apportaient des fleurs et 
en récompensaient les producteurs, quelques fleuristes de Gand 
résolurent de les imiter. 

Ils étaient une trentaine de confrères. 

La fondation fut définitive le 10 octobre suivant, et la première 
exposition ouverte du 6 au 9 février 1809, dans la salle enfumée du 
cabaret Frascati. Gand était alors sous-préfecture du département 
français de l'Escaut. Le buste de Napoléon et le drapeau tricolore 
présidèrent à cette exhibition florale, composée de quarante-six 
plantes et concourant à un prix et deux accessits !... 

Ce noyau devint, après de nombreuses péripéties, la Société 
royale d'agriculture et de botanique de Gand, si puissante, et qui, 
lors de sa brillante Exposition de 1888, au Casino, voulut reproduire 
la petite scène intime qui entoura son berceau à quatre-vingts années 
de distance. 



BELGIQUE 187 

La Société Gantoise, dirigée par un amateur d'élite, connaisseur et 
écrivain distingué, succédant à d'autres mécènes horticoles, peut être 
fière des splendides floralies qu'elle offre tous les cinq ans, avec un 
succès sans pareil ! 

Nous placerons immédiatement après la Société royale le Cercle 
d'arboriculture de Belgique, plus récent, mais qui a l'honneur d'être 
présidé, également, par le savant et dévoué président de la Société 
royale, M. le comte Oswald de Kerchove de Denterghem. 

Le q3 octobre 1864 se fondait, à Gand, le Cercle professoral pour 
le progrès de l'arboriculture en Belgique, ayant pour but 
principal l'uniformité du système d'enseignement et le choix des 
meilleures espèces fruitières, la distribution de graines et de 
greffons, etc.; plus tard, il prit son titre définitif: Cercle d'arbori- 
culture de Belgique 

Son organe, le Bulletin d'arboriculture, de floriculture et de 
culture potagère, mensuel, illustré de chromos de fruits et de 
légumes, est rédigé d'une façon intelligente et instructive. On y 
retrouve la plume autorisée et intarissable des professeurs 
praticiens Van Huile, Rodigas, Burvenich, Pynaert, secondés par des 
collaborateurs habiles, et des élèves qui marchent sur leurs traces. 

Le Cercle a organisé des excursions à l'étranger, des concours de 
vergers, de grandes Expositions avec congrès internationaux ; il a 
participé aux Expositions universelles de Paris. En 187G, il offrait 
l'hospitalité à la Société pomologique de France. 

Au commencement du siècle, les jardiniers de Bruges, réunis en 
confrérie sous l'invocation de sainte Dorothée, leur patronne, se 
groupèrent en Société des fleuristes, puis en Société de Flore (1828), 
et trente ans plus tard, en Société provinciale d'horticulture et 
d'arboriculture, titre remplacé enfin par celui de Société royale 
d'horticulture et de pomologie de Bruges. 

Faut-il rappeler que, à ses débuts, les concours de fleurs se 
tenaient à l'église le 6 février ; puis on allait à l'auberge fêter les 
vainqueurs qui offraient à leur tour une médaille pour le concours 
prochain ? 

Quel fraternel exemple à rappeler aux lauréats modernes ! 

La Société royale d'agriculture et d'horticulture de Tournai, 
1818, a organisé de belles expositions, y compris l'Exposition inter- 
nationale de 1869, sa centième. 

En 1862, elle créa l'École d'arboriculture dont il a été parlé. 
M. Etienne Griffon, arboriculteur français, en est le Directeur. 

Longtemps elle fut présidée par Barthélémy Dumortier, célèbre 
patriote, et ses succès sont continus. 



l88 BELGIQUE 

La Société royale d'agriculture et d'horticulture de Louvain, 

1820, a deux sections distinctes répondant à son titre. 

Expositions ; conférences par des hommes de science, des institu- 
teurs, des chefs de culture. 

La Société royale de Flore de Bruxelles, 1822, est née d'une 
confrérie de jardiniers qui remontait à 1660, et sur le registre de 
laquelle figurent les noms de quelques souverains et autres grands 
personnages. 

Expositions avec ou sans congrès nationaux ou internationaux. 

Concours mensuels. — Conférences donnant droit au diplôme de 
capacité. 

La Société royale d'horticulture et d'agriculture d'Anvers, 
1828, une des premières, a organisé, dès i83/}, des concours 
particuliers de légumes, de fruits, de dahlias. 

Sous ses auspices, le Conseil échevinal de la Ville a récompensé 
les collections de plantes fleuries au marché. 

Elle a été chargée de l'organisation des concours aux Expositions 
universelles d'Anvers, i885 et 1894. 

La Société royale d'horticulture de Mons, 1828, favorise le 
commerce en admettant les étrangers à ses concours ; elle pratique 
l'enseignement par des conférences, et son initiative s'est manifestée 
dans la création d'une École professionnelle de jardinage, à Mons. 

La Société royale d'horticulture de Liège, i83o, reconstituée 
en 1860, encourage les producteurs et les amateurs par des visites et 
des concours, principalement de fruits et de vergers. 

Conférences maraîchères, suivies d'une distribution de semences. 

Après avoir abandonné son titre du début « Les amis de Linné », 
la Société royale Linnéenne de Bruxelles, i835, fit coïncider ses 
expositions annuelles avec la Fête nationale. 

Conférences réussies ; des ouvrages sont décernés aux auditeurs 
les plus assidus. — Herborisations suivies. 

La Société d'horticulture de Renaix, d'abord « Société des 
jardiniers de Renaix », a modifié son titre, en i844- 

Expositions. — Conférences pratiques et expérimentales. — Sa 
devise est : « l'Utile et l'Agréable ». 

La Société royale d'horticulture de Malines, 1837, a créé «on 
jardin botanique d'expériences et de promenade en assainissant un 
quartier insalubre. 

Inauguration de la statue du célèbre botaniste Dodoëns, enfant du 
pays. 

Belles expositions, — Conférences pratiques en deux langues. 



BELGIQUE 189 

Sous le nom de « Société de Flore », la Société royale d'horti- 
culture et d'agriculture de Verviers, i838, a organisé des 
causeries et des concours sur l'Œillet et d'autres plantes adoptées 
dans la localité. 

Distribution de graines. — Encouragements aux cultivateurs de 
potagers, de pépinières, de serres, de vergers, et aux botanistes. 

La Société d'agriculture et d'horticulture de Nivelles, i843, 
s'occupe à la fois des champs et des jardins. 

Encouragements aux producteurs. — Distribution de greffes 
fruitières. — Conférences. 

Depuis sa fondation, en 1867, la Société royale des conférences 
horticoles de Liège visite les cultures d'arbres, de légumes, de 
fleurs, et récompense les plus intéressantes. 

La Société d'agriculture et d'horticulture d'Alost, 1848, 
encourage les vergers, les prairies, les cultures florales et potagères. 

Chaque année la Société Cérès et Flore, à Anvers, i85o, ouvre 
deux expositions de fruits, de légumes et de fleurs. 

Née dans une exposition fruitière, organisée en faveur de l'Ecole 
gardienne, la Société d'agriculture et d'horticulture de Tirlemont, 
i85i, a ajouté le potager et le fleuriste à son programme. 

Ancienne société horticole, la Société d'agriculture du Condroz, 
i85i, manifeste son désir de reprendre ses premières attributions 
sans négliger les nouvelles. 

Provoquée à la suite d'un défi entre jardiniers, la Société horticole 
de Hasselt, i854, fut constituée dans une petite exposition, consé- 
quence de la gageure. Les efforts ont réussi à faire sortir de l'ornière 
les jardiniers arriérés de la localité. 

Conférences sur l'arboriculture fruitière. 

La Société d'agriculture et d'horticulture de Verviers, i854, 
vit au milieu de ses expositions, et de ses concours sur place. 

Sont frappés d'amende les fraudeurs de concours, les bavards aux 
séances, etc. 

Conférences publiques d'arboriculture fruitière. 

La Société royale d'horticulture de la province de Namur, 
i855, se fait remarquer par ses conférences et ses expériences d'arbo- 
riculture et de maraîcherie . — Expositions. 

Exposition universelle en 1862, coïncidant avec le Congrès inter- 
national de pomologie, présidé par Auguste Royer. 

La section horticole de la Société horticole et agricole de 
l'arrondissement de Huy, i856, s'occupe des jardins, des vergers, 
des potagers. 

Conférences. — Bulletin. — Expositions. 



I90 BELGIQUE 

La Société d'horticulture et d'agriculture de Laeken, 1857, a 
ses expositions réussies, par le fait de son voisinage avec le château 
royal et la capitale, où l'horticulture est en honneur. 

La Société agricole et horticole du Hainaut, à Mons, i858, rend 
des services par ses expositions et ses conférences sur les vergers ou 
les potagers. — Concours intéressants. 

Gréée en 1862, la Société des Conférences agricoles et horti- 
coles d'IxeUes, organise de nombreux cours publics sur les diverses 
branches de l'horticulture rurale et sur les sciences naturelles. — 
Expositions. 

L'Union horticole de Liège, i863, est à la tête d'un effectif 
nombreux. 

Expositions fréquentes. (Il est interdit aux membres du Conseil 
d'administration de s'immiscer dans les opérations du jury). 

Créée la même année, à Arlon, la Société d'horticulture du 
Luxembourg réussit, dans un sol ingrat, à propager les cultures 
fruitière et potagère. 

Animée du même esprit, la Société agricole et horticole 
d'Andenne, 1864, agit au moyen d'expositions ou de conférences. 

Sous l'influence du président Charles Gilbert, pomologue et arbo- 
riculteur des plus remarquables, la Société de pomologie d'Anvers, 
1864, s'était dévouée à la création et à l'entretien des vergers, à 
l'étude et à la propagande des meilleurs fruits... 

La Société d'agriculture, de botanique et de pomologie du 
pays de Waas, à Saint-Nicolas, existait de 1826 à i83o ; après 
quatre belles expositions, lors de la Révolution, elle se mit en 
sommeil. Réorganisée en 1872, elle continue ses travaux. 

Quoique entouré de groupes analogues, le Cercle royal d'arbori- 
culture de Liège travaille aux séances ; ses cours publics d'arbori- 
culture et de maraîcherie ont du succès. Les excursions dans les 
parcs, les vergers, les forceries et les expositions sont bien suivies. 

Bond der Hofbouwerkers, à Gand, association fondée en i865, 
sous la présidence de Fr. Burvenich père, par des ouvriers horticoles 
et des jardiniers en maison bourgeoise. 

Conférences ; excursions ; bibliothèque ; distribution de livres et 
d'outils. ■ — Bon esprit d'ordre et de travail chez les adhérents. 

Le Cercle Van Houtte, à Ledeberg, active société composée de 
membres de la région gantoise, organisant des expositions et des 
fêtes qui lui donnent une grande popularité. 

La Société Flora, à Ledeberg, est composée en partie d'ouvriers 
et d'employés qui pratiquent l'enseignement mutuel par des cours 
et des excursions. 



BELGIQUE 191 

La Société Dodonée, d'Uccle, près de Bruxelles, créée sous la 
devise «Qui s'arrête recule », association sérieuse, organise de belles 
expositions et appelle des conférenciers de diverses localités. 

La Société maraîchère et fruitière, à Roulers (société Moes- 
enfruitteelt), publie un bulletin mensuel en langue flamande, traitant 
de la vente et de l'exportation des Fruits et des Légumes. 

L'Avenir horticole de Gand, cercle de la jeunesse, de fils d'horti- 
culteurs, de stagiaires qui se soutiennent et s'instruisent par des 
conférences et des excursions. 

La Société d'horticulture et d'agriculture de Schaerbecka des 
séances, des explorations, des visites aux cultures et des conférences 
bien organisées par le professeur Spruyt. 

La Société d'horticulture de l'arrondissement d'Ypres se 
rend utile par ses réunions, ses conférences, ses expositions 
florales, fruitières et maraîchères. 

Gomme d'autres, elle organise des expositions spéciales de 
Chrysanthèmes. Elle publie un bulletin. 

Association d'un autre genre, Les Jardiniers réunis, à Bruges 
ont leurs expositions, leurs séances et des causeries sur l'horticulture 
pratique. 

Non moins désireux de se grouper et de s'instruire, Les Amateurs 
réunis, au Châtelet, ont leurs séances, leurs causeries, leurs expo- 
sitions et leurs promenades horticoles. 

Etendant la question rurale, le Comice agricole de Saffelare, 
1871, organise des expositions provinciales. Des graines sont distri- 
buées aux auditeurs des conférences. 

Dans ces réunions, le verger, le potager et le choix des meilleurs 
fruits sont traités par MM. Ternest et Fr. Burvenich. 

Le Cercle floral d'Anvers, 1877, n'a pas manqué de prendre rang, 
surtout à l'occasion des Expositions universelles et des Congrès 
internationaux de i885 et 1894, à Anvers. 

11 prépare des herborisations, suivies par la jeunesse des écoles, 
par les praticiens et les amateurs de jardins. 

D'autres concours scientifiques ou pratiques laissent deviner 
l'intervention du laborieux professeur Charles de Bosschere. 

Son voisin, le Cercle des rosiéristes d'Anvers, 1877, lauréat de 
l'exposition de Carlsruhe, se signale par l'organisation d'expositions 
de Roses, de congrès internationaux et de conférences. 

L'Orchidéenne à Bruxelles, 1878, ouvre une exposition d'Orchi- 
dées, le 2 e dimanche et le 2 e lundi de chaque mois, dans la galerie 
centrale de 1' « Horticulture internationale », établissement dirigé 



I92 BELGIQUE 

par MM. Linden ; de plus, elle provoque des meetings qui semblent 
encore mystérieux au commun des mortels. 

Voici d'autres groupes qui rendent également de réels services 
dans leur rayon d'action ; quelques-uns même sont devenus assez 
importants. 

Beveren. — Société d'agriculture et de botanique. 
Binghe. — Société d'horticulture et d'agriculture. 
Borgerhout. — Société Van Mons. 
Borgerhout. — Société Flora. 

Bornhem. — Société d'arboriculture du canton de Puers. 
Bruxelles. — Société centrale. 
Dînant. — Cercle horticole. 
Foresï. — Union agricole et horticole. 
Frameries. — Union agricole et horticole. 
Gand. — Société Sainte-Dorothée. 
Gand. — Société botanique Dodonée. 
Héron. — Société horticole. 
Huy. — Société d'horticulture et de botanique. 
Huy. — Société des cultivateurs jardiniers. 
Ixelles. — Cercle du progrès horticole. 
Ixelles. — Société maraîchère. 
Lierre. — Société horticole et agricole. 
Lierre. — Section de la Société botanique Dodonée. 
Louvain. — Société d'arboriculture. 
Malines. — Société horticole et agricole. 
Marchin. — Société d'agriculture et de botanique. 
Steenhuyze. — Société d'arboriculture. 
Tamisf. — Société d'agriculture et de botanique. 
Terwagne. — Société horticole et agricole. 
Tihange. — Société maraîchère. 
Tongres. — Société agricole et horticole. 

Nous avons vu disparaître l'Académie d'horticulture de Gand, 
fondée en i855, œuvre de Joseph Baumann, et la Société Van 
Mons, qui s'était engagée à continuer l'œuvre du célèbre pomologue, 
et la Commission royale de pomologie, fondée comme la précédente 
en i85a, dans le but de faire connaître, dans un album illustré, les 
ressources fruitières de la Belgique. 

Nous n'avons rien dit des Chambres syndicales créées dans un 
but commercial et de défense mutuelle des intéressés, lorsqu'il s'agit 
de questions financières, fiscales, de contentieux ou d'arbitrage. 

La Chambre syndicale des horticulteurs de Gand, fondée le 
17 mai 1880. est imitée à Bruxelles et à Anvers. 



BELGIQUE Iq3 

La majorité des Sociétés se sont groupées en un seul faisceau, sous 
le titre de Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. 

Les efforts éparpillés de chacune sont ainsi coordonnés et prennent 
une force nouvelle, pour s'éclairer solidairement et rayonner 
ensuite sur leur circonscription. 

On doit cette mutualité au ministre Charles Rogier, qui fit appel, 
le 23 octobre i858, à la bonne volonté des associations. 

Le 5 mai 1859, la Fédération était fondée à Malines: Auguste Royer, 
président ; Edouard Morren, secrétaire. 

La Fédération obtint immédiatement certaines faveurs en ce qui 
concerne les transports de végétaux, leur envoi aux expositions, 
l'exonération du timbre aux prospectus, etc. 

Le budget de la Fédération est alimenté par l'État, les provinces et 
les intéressés. Son bulletin rend compte des travaux collectifs et des 
travaux propres à chaque société adhérente, celles-ci conservant leur 
autonomie et leur indépendance. 

Cependant, l'enthousiasme du début est un peu calmé. 

Quelques groupements se sont, en outre, manifestés en dehors de 
la Fédération principale. Ainsi seize sociétés, de la province de 
Liège, se sont fédérées, groupant leurs forces lors des concours 
généraux et centralisant leurs publications dans un Bulletin unique. 

Mais elles agissent ensuite, séparément, dans une agglomération 
de villages et hameaux par des expositions et des conférences, où le 
verger et le potager jouent le rôle principal. 

Une vingtaine de cercles à Liège, Verviers, Huy, Hamoir, Héron, 
Marchin, Aywaille, Tihange, Horion-Hozémont, etc., réunissent 
près de 5, 000 adhérents. 

Le Hainaut a vu naître également fascicules et faisceaux, sous 
l'inspiration de jeunes jardiniers et d'auditeurs des conférences. 



V. — Jardins botaniques. 

Le vieux pays des Flandres, le berceau du Boece de Boodt, de 
Courtois, de Charles de l'Escluse, de Charles de L'Obel, de Dodoëns, 
de Kickx, de Lejeune, de Rémacle Fusch, de Charles Morren et 
Edouard Morren, son fils, de Van den Spiegel, de Van Sterbeeck, de 
Barthélémy Dumortier, a toujours tenu la science botanique en 
grand honneur, et s'est intéressé à la création de jardins et de 
conservatoires affectés à l'étude des végétaux. 

13 



194 BELGIQUE 

Les principaux jardins botaniques de la Belgique sont : 

i° Le Jardin botanique de l'État, à Bruxelles ; admirablement 
dirigé par M. François Grépin. 

L'École de botanique a été complètement remaniée. Il lui a été 
annexé des écoles de plantes officinales, vénéneuses, industrielles, 
potagères, fourragères, etc. 

Deux grands carrés sont consacrés aux plantes ornementales. 

Les serres contiennent des végétaux rares. 

Les salles de musées et les collections sont richement pourvues. 

a Q Le Jardin botanique de Liège, fondé en 1819, dirigé et trans- 
formé par Charles Morren en i83i, fut continué par son fils Edouard. 

Après de longues années de luttes et de persévérance, un Institut 
botanique remplaçait solennellement l'ancien Jardin de l'Université, 
dès le 24 novembre 1884. Les grandes relations des deux Morren 
avec tous les savants ont tourné au profit des collections scientifiques 
et végétales du Jardin, aujourd'hui dirigé par M. Auguste Gravis. 

3° Le Jardin botanique de Gand fut jusqu'en 1888 le siège de 
l'École d'horticulture de l'État. — Bibliothèque, — Herbiers, — 
Laboratoire de micrographie. — L'importance des collections a 
diminué depuis la démolition des grandes serres et galeries monu- 
mentales, remplacées en 1892 par des serres provisoires, construites 
Uniquement en vue de la culture. 

4° Le Jardin botanique de Louvain, appartenant à l'Université 
catholique. 

Travaux d'anatomie et de physiologie végétale; biologie cellulaire. 
Laboratoire, cythologie, micrographie. Collections scientifiques. 
Direction et Musée confiés au professeur Éd. Martens. 
Un Institut agronomique a été annexé à l'Université en 1879. 

5° Le Jardin botanique d'Anvers, annexe du vieil hôpital. 
Collection microscopique, sous la direction de M. Van Heurck. 

6° Le Jardin botanique de Pitsembourg, à Malines. Société 
particulière de floriculture et d'agrément. Beau jardin et serres. 

Les villes d'Anvers, de Gand, de Liège ont chacune un jardin 
2oologique et d'acclimatation très fréquenté. Les deux premières 
villes sont dotées d'une section de la Société Dodonée. 

La botanique est d'ailleurs enseignée dans les Athénées royaux, 
dans les Écoles moyennes et les Écoles normales. 

L'instruction est plus élémentaire à l'École primaire, 



BELGIQUE 195 



VI. — Production maraîchère. 

Depuis une vingtaine d'années, la Belgique a décuplé son expor- 
tation de fruits et de légumes. Les cultivateurs, stimulés par la 
perspective de débouchés importants, ont redoublé d'efforts en 
augmentant encore le nombre des cultures dont la rotation s'effectue 
dans le cours de la même année, et en affectant à la production 
maraîchère des terrains jusqu'alors emblavés avantageusement. 

Il est donc démontré que la Belgique est un pays de travail et de 
production du sol ; non seulement le défrichement y est poussé avec 
activité, mais de toutes les nations, c'est elle qui, relativement à son 
étendue, possède le moins de terres incultes et le plus grand nombre 
de travailleurs agricoles. 

Par exemple, nous pouvons dire que si l'Europe produit pour 
3 milliards 5oo millions de Pommes de terre, la Belgique consacre à 
cette Solanée 6.77 pour cent de son territoire et dépasse ainsi la 
proportion des autres États européens. 

Nous ne nous écarterons pas de notre sujet en déclarant que la 
conséquence de cette situation avantageuse a élevé le prix du 
fermage, — plus qu'en France, — et que, à l'inverse des proprié- 
taires exploitants, les fermiers ou les locataires augmentent en 
nombre et en importance. 

La culture maraîchère rentre dans ces grandes lignes agrono- 
miques, car elle a pénétré dans la ferme et encouragé l'emploi des 
engrais de toute nature. 

Les sables granitiques de l'Ardenne et les humus tourbeux ont 
été adaptés à la production, aussi bien que les plaines fertiles et les 
accrues des fleuves et de la mer. 

Nous avons visité la plaine irriguée d'Haeren, produisant à 
profusion de beaux légumes sous l'influence des eaux- vannes de 
Bruxelles, tandis que les boues, les balayures et les gadoues de la 
capitale vont fertiliser jusqu'aux potagers qui entourent Malines. 

Quant aux polders, il y a là de quoi exploiter, avec le concours 
d'engrais et le correctif d'amendements spéciaux. On a déjà constaté 
que la Betterave y produit couramment 55, 000 kilogr. à l'hectare, la 
Carotte 20,000 kilogr., les Fèves et Féverolles 2,5oo kilogr. 

Les Flandres, qui ambitionnent le titre quelque peu justifié de 
« Potager de l'Angleterre », produisent des quantités considérables 
de légumes luxuriants de végétation, riches en principes alimen* 
taires. 



If>6 BELGIQUE 

Les expéditions se font en mannequins, en sacs ou en vrac. 
Un bon paquetage est indispensable. Les cultivateurs de Saint- 
Trond, qui expédiaient jusqu'à 5,5oo,ooo kilogr. de Pommes de terre 
en Angleterre, ont perdu une partie de leur clientèle, par suite d'un 
triage incomplet des tubercules et d'un emballage trop primitif ; ils 
ont dû y remédier. 

Une Société s'est formée pour l'achat des Ognons, des Échalottes 
et des Carottes, en vue de l'approvisionnement exclusif du marché 
de Londres où ces trois espèces sont prisées par l'acheteur, surtout 
la Carotte nantaise et l'Ognon de Vertus. 

Certaines Compagnies de transport fournissent les paniers à titre 
de prêt, ou ramènent gratis les emballages. 

Le marché de Stratford appartenant à la Compagnie du Great- 
Eastern Railway, ligne de Harwich à Londres, est bien situé, et 
par suite bien achalandé. 

Les chargements pour l'Ecosse pénètrent par le port de Leith, qui 
dessert Edimbourg et Glasgow. 

Les petits paniers de Fraises vont au plus près, à Covent-Garden, 
par des trains rapides, ainsi que les primeurs. 

Les sols marécageux sont attribués aux Fraises Jucunda, Louis 
Vilmorin, Triumph, Docteur Morère. 

L'Angleterre a des champs de légumes admirablement tenus dans 
le Kent et le Middlesex, — ce qui oblige l'étranger à s'adonner 
plutôt à la production de variétés moins connues et facilement 
transportables. 

Les provinces frontières de la Belgique bénéficient d'un voisinage 
populeux. 

Ainsi, les jardiniers de Courtrai, de Wevelgem, de Menin, 
d'Ypres travaillent déjà pour la population ouvrière de notre 
région industrielle du Nord français. Nos courtiers vont s'y approvi- 
sionner et reviennent alimenter les marchés de Lille, de Tourcoing, 
de Roubaix, d'Armentières. 

La Rhubarbe, malgré l'intérêt de la variété Early Paragon, qui 
oublie de fleurir au profit de ses parties comestibles, le Céleri à côtes, 
la Laitue romaine, la Courge à la moelle, le Crambé sont dirigés 
vers le Rhin. 

Les provinces rhénanes absorbent encore le trop plein des marais 
du fertile pays de Hervé. 

Certains légumes se sont pour ainsi dire cantonnés sous diverses 
influences. Rappelons, à cette occasion, le Céleri rose de FJeurus; le 
Chou-fleur des confins néerlandais, et le Chou de Brunswick pour 
la préparation de la fameuse « Sauer Kraut. » 



BELGIQUE 197 

Le Chou de Bruxelles est dans son milieu ; toutes les provinces 
en cultivent, en consomment et en font commerce. 

Un autre produit flamand, la Chicorée de Bruxelles « Witloof » à 
grosse racine, est l'objet d'une exploitation étendue pour le marché 
intérieur ou extérieur. 

L'Asperge est en réputation dans les plaines des Flandres, la 
Campine, au Limbourg et au Luxembourg. N'est-elle pas l'espé- 
rance des dunes et des polders ? 

Elle a fait ses preuves dans les terrains sableux des environs de 
Malines, d'Anvers, de Gand et du pays de Waes. On cite, à 
Boeckryck, une aspergerie de 80 hectares exploitée pour une usine à 
conserves du voisinage. 

Le Haricot noir de Belgique, qui réussit au Congo, et les races 
Flageolet et Bagnolet commencent à être admis en vert, au marché. 

Le Chou-rave succédera aux Carottes hâtives dans les emblaves 
combinées, au même titre que le Chou à jets, ou même prendra la 
place des premières Pommes de terre venues sous verre, la Marjolin, 
la Quarantaine, la Blanche malinoise. 

Le Panais se sème pour provision d'hiver dans les Pois et les 
Fèves, ou parmi les Epinards, auxquels il succédera. 

Comme rotation de culture, le Poireau vient souvent remplacer 
le Chou-fleur, le Chou d'York, les Pois hâtifs, et va même 
s'implanter sur un chaume d'Orge retourné. 

L'Oseille, chargée sur voiture, dans les environs d'Ypres et de 
Gand, croît en bordure ou en carrés. 

L'Arroche et la Bette sont d'agréables succédanés de l'Epinard et 
du Pourpier, au printemps. 

Les Carottes acceptées dans la grande culture sont les variétés 
Courte hâtive, demi-longue de Nantes et Rouge longue sans cœur. 
Cette dernière se sème entre le Lin, l'Orge, le Maïs ou le Pavot 
blanc. Cultivée seule, la Carotte nantaise produit 1,600 francs la 
tonne, à la vente, frais non déduits et s'élevant à la moitié. Au 
printemps, extraite du silo, elle atteint, à Londres, le prix de 90 à 
125 francs les mille kilogr. 

La Belgique exporte pour 800,000 francs d'Ognons en Angleterre ; 
aussi, les cultivateurs d'Alost, de Furnes, de Termonde et du pays 
de Waes se hâtent d'agrandir leurs cultures, en adoptant les variétés 
dites Jaune pâle et Jaune de Zittau, préférées par les cuisiniers 
et les charcutiers du Royaume-Uni. 

On a constaté que, loin de fatiguer le sol, l'Ognon revenait pendant 
vingt années dans la même place. Le coup de charrue préalable 
suffît à « renouveler » le terrain, 



Î98 BELGIQUE 

Autour d'Alost, des terres sont louées jusqu'à i5 et 17 francs par 
are pour la seule saison des Ognons. 

Cette plante peut produire 400 kilogr. par are. 

Une grande partie est dirigée sur les foires et marchés aux Ognons 
de Wetteren, Ledeberg, Meirelbeke et Schelebelle, où déjà les sols 
tourbeux, siliceux ou de bruyères sont favorables à la culture des 
plants à courte racine. Les sous-variétés Jaune plat d'Alost et Jaune 
rond de Zittau proviennent des provinces du Brabant, de Liège et 
de Limbourg, la Rouge pâle y est bien connue. 

Alost approvisionne encore Bruxelles de ses Choux-fleurs. 

Grâce à nos sympathiques collègues Burvenich et Rodigas, nous 
avons pu visiter les potagers de moyenne et de grande culture pour 
la consommation ou le commerce. 

Nous croyons inutile de pénétrer dans les forceries, sous les 
bâches à primeurs. Le luxe de la table est permis dans un pays riche 
par l'agriculture et l'industrie. La production réussie d'Ananas, 
de Melons et Concombres, de Tomates, d'Asperges, de Pois et 
Haricots, de Fraises, de Choux-fleurs, de Carottes, de Laitues et de 
Pommes de terre est une preuve du haut goût des propriétaires 
et de l'intelligence de leurs jardiniers. 

On nous a cité l'Aspergerie du Potager royal de Laeken, 
chauffée au thermosiphon, et le système plus économique de Palmans 
à Lokeren, consistant à remplacer, à l'automne, la terre des carreaux 
d'Asperges par un compost de poussier de chanvre, de tannée et de 
sciures de bois, préalablement « animalisé » par des arrosements 
de sang et de guano étendu d'eau et de bouillons d'animaux 
abattus, etc. 

Quant au Champignon, on observe le procédé du baron d'Hoog- 
vorst, qui monte ses meules avec l'engrais pur de bétail, séché, 
concassé, puis humecté d'eau salpêtrée. 

-«MHIH-+- 



VII. — Production fruitière. 

Sur plus d'un point du territoire, les concours de vergers orga- 
nisés par l'Administration, secondée par les Sociétés locales, ont fait 
connaître l'importance des plantations fruitières et de leur produc- 
tion. 

On sait que le Tournaisis est appelé la Touraine de la Belgique, 
c'est-à-dire le pays des beaux et bons fruits. 



BELGIQUE I99 

Dans les Flandres, la récolte des vergers est achetée sur place et 
par arbre ; les fruits sont ensuite revendus, soit à des négociants qui 
les exportent en Angleterre, soit à des marchands qui les pro- 
mènent de commune en commune ; dans ce dernier cas, les fruits 
mûrissant à la Kermesse ou fête du village sont très recherchés. 

Les échantillons plus sains, beaux à l'œil et robustes, sont destinés 
à l'exportation. Les Pommes tardives sont expédiées par tonneaux 
ou par grands paniers. 

La récolte des Cerises à chair ferme, comme les Bigarreaux, qui 
supportent le voyage, est vendue de 10 à i5 francs l'arbre à la fleur. 
L'acheteur traite à forfait la cueillette, l'emballage et le transport à 
la gare, sur le pied de 3 centimes le kilogr. 

Les Noix non épluchées se vendent 2 francs le panier de 5o kilogr. 

Le commerce a excité les fermiers et les petits cultivateurs à 
produire de la Groseille, de la Framboise, de la Fraise, ce qui leur a 
permis de traverser la crise agricole, suivant les conseils de l'éco- 
miste Emile Pire. 

Le Limbourg a des vergers qui valent 12,000 francs l'hectare, 
alors que des terrains contigus « non arborés » se vendraient tout au 
plus de 3,ooo à 4 > 000 francs. 

Il faut dire que le cultivateur plante en quinconce, chaule ses 
arbres, les fume et leur fait la toilette d'hiver, au sécateur ou à la 
serpe, avec beaucoup de soins. 

La Poire de marché a quelques types populaires, comme les 
Poiriers de Koolstock, sur les terres de Looz et de Saint-Trond. 

La modeste commune de Saint-Trond en vend pour 100,000 francs 
à Londres. Les courtiers viennent au mois de mai, quand l'arbre 
est en fleurs, et traitent à forfait, payant moitié comptant. Le prix 
moyen est de 3o francs les 100 kilogr. 

La région de Gand produit un fruit analogue, joli d'aspect, âpre au 
goût, la « Kriek Peer », que l'on vend aussi 3o francs les 100 kilogr., 
chargée à Sleidinge, pour Londres, Manchester ou Glasgow. 

Le revenu sonnant de ces Poires, médiocres en qualité, a résisté 
aux conseils du Congrès de Bruxelles, qui, en 1880, recommandait de 
consacrer les vergers aux Poires si justement renommées : Beurré 
d'Amanlis, Fondante des Bois, Doyenné de Mérode, Marie-Louise, 
Durondeau dite poire de Tongre. 

Le Pommier fournit plus d'espèces locales : L'Abondante, Bon 
Pommier, Brandebourg, Belle de Furnes, Belle de Houteux, Belle 
et bonne blanche, Calville des vergers, Califice, Croquet blanc, 
Croquet rouge, de Bonwate, Double Copette, du Chasseur, de 
Dimanche, de Sambre, de Warsage, Gri-Cou doré, Posson, Précoce 



200 BELGIQUE 

ou Reinette de Chênée, Reinette d'Amblève, Reinette Spineux, 
Reinette de Grez d'Oiseau, Strepeling, Walsaert. 

Les Pommes de Gri-Cou, de Warsage, de Bonnate, de Gourtpendu 
entrent dans la fabrication du vinaigre de Pommes et des sirops qui 
vont jusqu'au delà du Rhin s'associer à la beurrée des cuisines bour- 
geoises, et économiser le beurre sur le pain des classes ouvrières. 

Des usines à vapeur sont installées dans le pays de Hervé, devenu 
le pourvoyeur de cette double industrie. Il doit sa réputation à ses 
plateaux fertiles et ses vergers herbus de Pommes douces, ainsi qu'à 
sa situation au seuil de l'Ardenne, aux portes de Maestricht et 
d'Aix-la-Chapelle. 

Les transactions se réalisent, à la récolte, par tonnes de i5o kilogr. 
ou par sacs de ioo kilogr. 

La pratique démontre que i5o kilogr. de Pommes peuvent rendre 
ioo litres de vinaigre. 

Outre les usines, l'exploitation du sirop s'exerce encore par des 
siropiers ambulants parcourant les villages producteurs. 

La vallée de l'Ourthe, qui rapporte facilement 3oo kilogr. de fruits 
par arbre, pratique le séchage avec les Pommes des Banneaux, 
de Boullenne, la Gopette et la Ninapelle. Elle conserve la Poire de 
France et la Blanche frisée à sécher, Rousselot à confire, Gamerling 
à compote, Gatillac pour la cuisson. 

Déjà, on voit pénétrer au milieu de ces plantations séculaires les 
excellentes Poires belges : Nouvelle Fulvie, Joséphine de Malines, 
Bergamote Esperen, avec nos Passe-Crassane, Doyenné d'Alençon, 
Bergamote Hertrich, sans compter les délicieuses Poires d'automne, 
de grande culture, obtenues en France et en Belgique, propagées 
dans les pépinières et recommandées par les connaisseurs. 

Les routes se meublent d'arbres fruitiers, comme le jardin 
de l'école, la cour de la ferme. Le cri : « Plus de pignons perdus », 
poussé énergiquement par Burvenich, a porté ses fruits... ! 

Partout on devine le passage des conférenciers, le travail intelli- 
gent des arboriculteurs et la renommée des pomologues belges. 

La Belgique n'est-elle pas la patrie des Van Mons, des Hardenpont, 
des Esperen, des Grégoire..., si heureux dans leurs gains décrits par 
Bivort, Royer, Gilbert, Du Mortier, Hennau..., multipliés par de 
Jonghe, de Bavay, Van Houtte, Galopin, Papeleu, Burvenich, Van 
Geert, Gapeinick, Pringalle... et autres pépiniéristes en réputation ? 

Le genre Poirier est celui qui tente les chercheurs, et cepen- 
dant il ne faut pas moins de dix années — en moyenne — pour 
récolter le premier fruit d'un égrain ! N'est-ce pas une preuve de 
patience et de persévérance ? 



BELGIQUE 



20I 



Les cinquante principaux semeurs belges sont méritants ; parmi 
les 1,200 variétés de Poires qu'ils ont gagnées, nous signalerons 
les suivantes avec indication d'origine. 



Beauciiamps : 

Beurré Beauciiamps, avant 1823. 
Louis Berckmaxs, à Heyst-op-den- 
Berg : 

Beurré de Wetteren, 1846. 
Alexandre Bivort, à Fleurus : 

Alexandrina, 1847. 

Général Dutilleul, 1845. 

Madame Elisa, 1848. 

Marie Parent, i85i. 

Napoléon Savinien, 1854. 

Prévost, 1847. 
Antoine Bouvier, à Jodoigne : 

Triomphe de Jodoigne, i843. 
Docteur Bouvier, à Jodoigne : 

Léonie Bouvier. 
Simon Bouvier, .à Jodoigne : 

Beurré Curtet, 1828. 
Les frères Capiaumoxt, à Mons : 

Beurré Capiaumont, 1787. 
Florimont Castelix, à Etaimpuis : 

Casteline, i835. 
Comte de Coloma, à Malines. 

Beurré Coloma, vers 1800. 
Cuvelier, Vincent, à Soignies : 

Délices Cuvelier, 181 1 ou 1812. 
Daras de Naghin, Norbert, à Tour- 
nai : 

Aimée de Ghelin, i865. 

Délices de Naghin, 1844. 
Daras de Naghin, J.-Ch., à Anvers : 

Charles Gilbert, 1871. 

Rousselet d'Anvers, 1869. 

Souvenir de Lydie, 1870. 

Tardive d'Anvers, 1868. 
De Biseau d'Hauteville, à Binche : 

Joséphine de Binche, 1864. 
Degallait, à Wez, près de Tournai : 

Beurré Degallait, avant 1849. 
De Gaxd, Isidore, à Froyennes, près 
de Tournai : 

Délices de Froyennes, i853. 
De Joxgiie, à Saint-Gilles : 

Bési de Mai, i856. 

Basiner, 1857. 
Delecourt, à Cuesmes,près de Mons: 

Marie-Louise. 
De Raisme, à Enghien : 

Fortunée, vers 1820. 
L'abbé Desciiamps, à Enghien : 

Orpheline d'Enghien, vers 1820. 
Dilly, à Jollain : 

Beurré Dilly, vers 1848. 
Dorlix, à Mons : 

Saint-Ghislain, vers 1800. 
Dubuissox, à Jollain : 

Beurré Dubuisson, vers i832. 
Dubus, à Tournai : 

Beurré Saint-François, 1868. 
Dumoxt, à Esquelmes : 

Beurré Dumont, i83i. 
Du Mortier, Barthélemv, à Tournai : 

Bergamote de Tournai, 1867. 

Crassane du Mortier, 1869. 
Dumortier, Ghislain : 

Beurré des Augustins, 1867. 



L'abbé Duquesxe, à Mons : 

Colmar Van Mons, 1808. 
Duroxdeau, à Tongre-Notre-Dame : 

Durondeau(de Tongre), 1811. 
Duval, dans le Hainaut : 

Beurré Duval, avant 1823. 
Major Esperex, à Malines : 

Princesse Charlotte, 1846. 

Seigneur Esperen, 1837. 

Soldat Laboureur, 1820. 

Suzette de Bavay, 1843. 

Vineuse Esperen, 1840. 

Alexandre Bivort, 1848. 

Bergamote Esperen, i83o. 

Beurré Burnicq, 1846. 

Bon Gustave, 1847. 

Emile d'Heyst, 1847. 

Fondante de Malines, 1842. 

Fondante de Noël, 1842. 

Grand Soleil, vers 1840. 

Joséphine de Malines, i83o. 

La Juive, i843. 

Passe Colmar musqué, 1840. 

Poire-Pèche, l845. 
Everard, Gabriel, à Tournai : 

Beurré de Naghin, vers 1840. 

Colmar Daras, i845. 

Colmar du Mortier, 1840. 

Délices Everard, 1842. 
Foxtaixe de Giielix, à Mons : 

Beurré de Fromentel, i865. 

Beurré de Ghelin, i855. 

Général Tottleben, 1842. 
Gambier, à Rhodes-Sainte-Genèse : 

Beurré de Jonghe, 1862. 

Beurré Gambier. 

Marie-Louise d'Uccle. 
Gilles, Adolphe, à Antoing : 

Beurré Gilles, 1867. 
Curé Grégoire, à Saint-xVmand : 

Beurré Saint-Amand, i853. 
Gathoye, à Liège : 

Edouard Morren, 1862. 
Giet, à Audenarde : 

Le Libéral, 1847. 
Grégoire-Nélis, Xavier, à Jodoigne ; 

Aglaé Grégoire, i852. 

Alice Baltet, 1862. 

Antoine Delfosse, i863. 

Auguste Mignard, i865. 

Avocat Allard, i853. 

Barbe Nélis, 1848. 

Bergamote de Jodoigne, i865. 

Beurré rouge (Grg.), i865. 

Colmar Delahaut, 1847. 

Commissaire Delmotte, 1801. 

Consul Ladé. 1864. 

Docteur Lenthier, i853. 

Eugène Maisin, i865. 

Hélène Grégoire, 1802. 

Hubert Grégoire, 1857. 

Léon Grégoire, 1862. 

Léon Poncin, i852. 

Louis Grégoire, i844- 

Madame Grégoire, 1860. 

Monseigneur Sibour, i855, 



202 



BELGIQUE 



Nouvelle Fulvie, 1804. 

Président Gilbert, 1870. 

Président Royer, 1862. 

Prince impérial de France, i856. 

Secrétaire Rodigas, 1878. 

Sœur Grégoire, i858. 

Souvenir de la reine des Belges, 
i85o. 

Souvenir de Léopold I er , i865. 

Vice-Président Delahaye, i858. 

Vingt-cinquième Anniversaire, i85G 

Zéphyrin Grégoire, 1843. 

Zéphyrin Louis, 1849. 
L'abbé Rardenpont, à Mons : 

Beurré d'Hardenpont, 1769. 

Beurré Rance, Ï762. 

Délices d'Hardenpont, 1759. 

Fondante du Panisel, vers 1762. 

Passe Colmar, 1768. 
Hellinckx, à Alost : 

Colmar d' Alost, 1840. 
Hugé, Nicolas, à Mons : 

Monseigneur Gravez, 1869. 
Kevers, à Saint-Josse-ten-Noode : 

Madame Verte, avant 1818. 
Les demoiselles Knoop, à Malines : 

Poire des Deux-Sœurs, vers 1840. 
Légipont, Martin, à Larbuisson : 

Légipont (Fondante de Charneu), 

vers 1800. 
Lemyé, à Bonsecours : 

Bési Macaron, 1869. 
Lhoir, à Mons : 

Reine des Poires, vers 1800. 
Liart, à Mons : 

Beurré Liart (Poire Napoléon), 1808. 
Millet, à Ath : 

Madame Millet, i852. 
Nélis, à Malines : 

Bonne de Malines, vers i8i5. 
Papeleu, à Wetteren : 

Beurré Payen, avant 1846. 
Parmentier, à Nivelles : 

Beurré Parmentier, vers 1840. 
Paternoster, à Enghien : 

Bronzée d'Enghien, vers i83o. 
Pringalle, à Lesdain : 

Beurré Pringalle, 185g. 
Six, à Courtrai : 

Beurré Six, i845. 
Spae, Fr., à Gand : 

Beurré Spae, 1861. 



Beurré perpétuel. 
Springael, à Hal : 

Sydonie Springael. 
Sterckmans, à Louvain : 

Beurré Sterckmans. 
Tiiuerlinckx, à Malines : 

Beurré d'Avoine. 
Van Cauwenbergiie, à Audenarde : 

Henriette Van Cauwenbergiie, vers 
1827. 
Van Driessciie, à Ledeberg-lez-Gand : 

Beurré Van Driessche, i858. 
Van Geert, à Gand : 

Beurré Jean Van Geert, 1864. 
Van Mons, à Bruxelles : 

Alexandre Lambré, 1844» 

Arbre courbé, i83o. 

Auguste Royer, i853. 

Baronne de Mello(His), avant i83o. 

Bési des Vétérans, vars 1820. 

Beurré bronzé, avant 1823, 

Beurré Dalbret, avant 1834. 

Beurré de Koninck, 1823. 

Beurré Delbecq, 1823. 

Beurré de Mérode (Doyenné Bous- 
soch), vers 1800. 

Beurré d'Hardenpont d'automne. 

Beurré du Mortier, 1818. 

Beurré Gens, 1827. 

Beurré Liégel d'automne, vers 1840. 

Cadet de Vaux, avant 1816. 

Charles Bivort, avant 1842. 

Charles Frédérickx, 1840. 

Colmar d'Arenberg, vers 1821. 

Comte de Flandres, i843. 

Conseiller à la Cour, 1840. 

Cumberland, vers 1827. 

De Bavay, avant i83o. 

Délices de Lowenjoul, 1839. 

Des Chasseurs, 1841. 

Doyen Dillen, 1843. 

Duc de Nemours, avant i833. 

Espérine, 1826. 

Léon Leclerc de Laval, 1816. 

Louise de Prusse, 1826. 

Nec plus Meuris, vers 1822. 

Nouveau Poiteau, i843. 

Théodore Van Mons, i843. 

Thompson, avant 1820. 

Triomphe de Louvain, vers 1822. 

Van Marum, 1820. 

Vicomte de Spoelberg, 1827. 



A tous ces fruits d'origine connue, on peut ajouter les poires: 

Ananas de Courtrai, variété découverte avant 1774» dans le clos 
de Six, jardinier à Courtrai. 

Beurré Diel, trouvée en 1800 par Meuris, jardinier de Van Mons, 
à la ferme des Trois-Tours, à Perk, près de Vilvorde. 

Doyenné d'hiver, fruit revendiqué par plusieurs localités. 

Fondante des bois, trouvée par Châtillon, d' Alost, dans un bois des 
environs de cette ville, vers 1700... 

Les autres genres fruitiers ont gagné des nouveautés, mais en faible 
proportion. Il y a cependant des fruits locaux intéressants, plus ou 
moins mal déterminés. 



BELGIQUE 203 

Nous avons dit que les diverses provinces de la Belgique pro» 
duisent des fruits pour l'exportation. 

La Cerise y est assez abondante ; les variétés rentrent dans les 
groupes Cerise, Griotte, Bigarreau, Guigne. 

La Groseille, le Cassis, la Groseille à maquereau garnissent les 
dessous des vergers du littoral, ou entrecoupent les potagers, et se 
dirigent ensuite vers l'Angleterre. 

Les Noisettes sont recueillies sur les talus et les lisières de taillis 
et de fourrés; des courtiers les recueillent et les envoient en Russie. 

La Pêche est représentée par de beaux fruits d'espalier : 

Double montagne, Léopold I er , Raymaekers, Nectarine Galopin, 
indigènes, et nos bonnes Pêches hâtives, fertiles et colorées. Les 
arbres sont artistement dirigés. 

En plein vent, on récolte la Pêche d'Oignies et le Brugnon dit 
Féligny. Ces deux variétés se reproduisent par le semis de leur 
noyau. 

Sur les rives de la Meuse, aux confins de la Hollande et de 
l'Allemagne, la récolte des Cerises et des Prunes est achetée sur pied. 
Les intermédiaires au compte de l'Angleterre ont contribué à la 
majoration des prix de vente. 

La Prune Victoria est, après la Reine-Claude et la Mirabelle, la 
plus répandue; elle est destinée aux voisins de la Grande-Bretagne. 

Les Compagnies de transport favorisent le commerce des fruits 
pour Londres, en affichant dans le pays de production le cours des 
marchés anglais et en ajoutant des conseils, tels que : « Envoyer la 
Reine-Claude quand elle prend le jaune, et la Mirabelle dès qu'elle a 
acquis une légère teinte rougeâtre... » La Compagnie fournit les 
paniers à emballage, et les ramène franco. 

Pendant la saison, des cargaisons de tous fruits provenant des 
marchés de Saint - Trond et de Tongres, arrivent à Tirlemont, 
destinés à la Grande-Bretagne. 

Le raisin récolté sous verre est une branche des plus importantes 
de la Pomone belge. 

Propriétaires, cultivateurs, industriels, jardiniers... ont une 
vinerie pour leur agrément ou leur commerce. 

Le village de Hoeilaert, perché sur un mamelon, a près de 
80 hectares de vignes sous abri vitré. 

Le Frankenthal ou Black Hamburgh est le cépage dominant ; il 
a été longtemps le seul. Mais il a fallu lutter avec la France depuis 
l'application de nouveaux tarifs de douane, et, pour entretenir la 
clientèle, la greffe est venue transformer les Black Hamburgh en 
Black Alicante et Gros Golman, pour les fournitures d'hiver. 



204 BELGIQUE 

Un seul établissement de cette commune occupe 200 serres à 
vignes; il absorbe par an i5o wagons de 10,000 kilogr. de houille et 
produit 5o 5 ooo kilogr.de raisins. D'où cette conclusion que 3o kilogr. 
de charbon de terre sont nécessaires à l'obtention d'un kilogr. de 
raisins. 

Le matériel, quelque peu primitif, est en partie établi par le 
personnel de l'établissement. 

Patrons et ouvriers deviennent tour à tour jardiniers, maçons, 
charpentiers, vitriers, chauffeurs, primeuristes, fabricants de cais- 
settes à emballage, etc. 

Il existe d'ailleurs, dans le voisinage et au delà, des installations 
bourgeoises plus élégantes, ayant aussi un but commercial. 

Les vergers abrités se multiplient en Belgique. Sous les vitraux 
tapissés de pampres de vignes, de petits arbres élevés en caisse : 
Pêchers, Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, — souvent Poiriers et 
Pommiers — sont là, fructifiant en pleine terre ou en pot. 

Les lacunes sont remplies par les Fraisiers et les Tomates, dont la 
production rapide permet d'attendre la fructification plus lente des 
arbres fruitiers. 

Tous ces fruits se vendent sur place et doivent aborder ensuite au 
Royaume-Uni. 

Le Gouvernement prend soin d'organiser des halles de vente aux 
ports d'embarquement ; les fruits et les légumes y seraient vendus 
sur échantillon, avant la remise totale au steamer. On éviterait ainsi 
les déchets et les ventes à vil prix de marchandises souvent en- 
combrantes, toujours fragiles et périssables. 

Le système préconisé par M. Amelin, qui fut chargé des questions 
horticoles et de transports au Ministère de l'Agriculture, a fonctionné 
à Londres, à Hull, à Leith. 

A l'arrivée des paquebots, les cosignataires font des ventes de 
fruits à la criée sur « échantillon ». Les commandes fermes trans- 
mises par dépêche arrivent alors par le premier navire. 

La Belgique a développé considérablement son exportation 
fruitière et potagère, et a dû forcément modifier son mode de culture 
et d'exploitation. 

En 1882, avec 600,000 boisseaux de fruits envoyés en Angleterre, 
elle devenait pour ce pays le fournisseur le plus important de l'Eu- 
rope, — sous le rapport du nombre de fruits, — car la France et la 
Hollande figurent au tableau des douanes avec une valeur argent 
supérieure. La même remarque s'applique à l'Espagne, où la majo- 
rité des fruits exportés se compose d'Oranges et de Limons. 



BELGIQUE 20Ô 

VIII. — Production florale. 

« La Belgique est le pays des fleurs, et Gand la capitale de Flore », 
répètent les journaux lors des floralies gantoises. 

Ce petit coin de terre, si heureux en jardinage, à force de travail 
acquis et de science développée, n'est-il pas la patrie des botanistes 
déjà nommés et des explorateurs tels que Funck, Galeotti, Ghies- 
breght, Libon, Linden, Schlim, Van Houtte et autres, qui ont 
fouillé les cinq parties du monde ? 

La Belgique n'a-t-elle pas vu se fonder et grandir les beaux établis- 
sements horticoles de Bruxelles, de Gand et de Gentbrugge, de 
Liège, d'Anvers, de Bruges, de Vilvorde, de Wetteren ? Et les 
visiteurs n'ont-ils pas conservé un agréable souvenir des réceptions 
enthousiastes et confraternelles, de la pépinière commerciale et des 
parcs somptueux entretenus par de riches amateurs? Partout des 
végétaux de luxe, de hautes nouveautés et des plantes populaires 
d'appartement ou de marché. 

Les Orchidées s'y sont donné rendez-vous et charment les regards 
par leurs étonnantes variations. Des auteurs distingués en ont 
pénétré les secrets mystérieux. 

Les Palmiers y trouvent leur dernier degré d'adaptation à la serre 
froide, ou sous les dômes vitrés du grand domaine. 

Les Broméliacées épanouissent leurs hampes curieuses, au centre 
d'un feuillage rigide. 

Les Fougères s'élancent sur un stipe rugueux, ou couvrent le solde 
frondaisons élégantes. 

Et ces plantes à feuillage, si recherchées dans les magasins de 
plantes vivantes, qui sont semées ou bouturées, puis vendues à 
différents âges, sur place, ou exportées ! 

Mais les Rhododendrons, les Camellias, les Azalées s'y multiplient 
d'une façon prodigieuse. Tous les ans, des millions d'élèves greffés 
s'échappent des trois cents laboratoires gantois et vont courir le 
monde, l'animant de leurs corolles admirables de forme, de tenue, 
de couleur. 

La haute serre chaude a recueilli les végétaux des régions équato- 
riales et les entremêle de Nepenthès, de Bertolonias, de Caladiums, 
de Grotons et de toute la série de plantes originales que chaque 
saison voit apparaître. 

Un abri plus tempéré recueille les Amaryllis, les Clivias, les 
Gloxinias, les Achimènes, les Aroïdées...., égayant la tonalité un 
peu vague des arbustes du Gap ou de l'Australie. 



20Ô BELGIQUE 

La modeste bâche se contente des Cinéraires, des Calcéolaires, des 
Œillets, des Primevères, des Résédas, des Pervenches, des Hotéias, 
des Cyclamens, plantes faciles à multiplier et à vendre. 

Les arbustes verts de pleine terre sont élevés, comme les Conifères, 
en terrain frais et léger ; le chevelu se forme aux racines et en 
assure le succès. — Anvers, Tournai, Rochfert, Nyregene, Malines 
sont des centres renommés de cette branche dendrologique. 

Le Laurier-Sauce est cantonné à Bruges ; on le dresse en pyramide 
branchue ou en boule sur tige, et il est vendu en caisse ou en bac — 
sinon en pot — dans les pays septentrionaux où l'Oranger vient mal, 
où le Nérium reste chétif. 

Anvers, Liège, Namur, Tournai, Mons, Louvain ont des établis- 
sements mixtes consacrés aux pépinières d'essences fruitières ou 
forestières, aux serres, aux Rosiers, aux plantes de pleine terre. 

Malines et Liège cultivent les plantes de collection ; Bruxelles et 
Louvain, les plantes de marché. 

Verviers a conservé sa réputation pour les Œillets. 

Gand et ses environs comptent, dit-on, huit hectares couverts par 
le vitrage des fleuristes et des multiplicateurs de plantes vertes. 

Les constructions de serres et de bâches vitrées dans cette grande 
ville, et leur entretien, sont moins onéreux qu'en France, en raison 
du prix du fer, du verre, de la houille, de la terre de bruyère et de 
la main-d'œuvre. 

Les villages de la banlieue gantoise concentrent leur travail sur 
des spécialités de productions arbustives et florales.'; 

Il en est qui se limitent à quelques variétés d'Azalées ; donc, ils 
peuvent vendre à plus bas prix. 

Les villages suburbains se livrent également aux cultures de plein 
air, d'arbustes et de plantes de marché. 

Dans ces parages, le sol tourbeux se prête au développement des 
Hotéias, cette charmante Spirée vivace, d'origine japonaise; on 
l'expédie par centaines de touffes (mottes de racines) en tonneaux à 
clouterie ; les fleuristes les achètent et les forcent pour les revendre 
fleuries au mois de mai. 

Nos souvenirs se reportent au temps où Louis Van Houtte 
s'enthousiasmait devant les premiers Bégonias bulbeux. Quels 
progrès depuis vingt-cinq ans! 

Il s'enthousiasmait déjà, le grand maître, en 1837, lorsqu'il décrivait 
les Glaïeuls obtenus par Beddinghaus — un perfectionneur aussi du 
Pyrèthre. — Ces Glaïeuls extraordinaires étaient la conséquence 
d'une hybridation du Gladiolus psittacinus rapporté du Cap, 
en 1823, avec les Gladiolus Jloribundus et cardinalis, importés en 



BELGIQUE aoj 

1780. Le Glaïeul de Gand était créé; mais à quels prodiges ne 
s'est-il pas prêté depuis, sous le pinceau de nos fécondateurs ? 

N'est-ce pas Van Houtte, ce créateur de la « Flore des Serres » 
et de l'École d'horticulture de Gentbrugge, n'est-ce pas lui qui 
construisit le premier aquarium sous verre pour y implanter une 

Nymphéacée gigantesque de l'Amazone , Victoria regial 

Il fut aussi l'un des premiers à tenter la culture des Ognons à 
fleurs, à la façon de la Hollande. 

Van Houtte aimait à collectionner et à répandre. Il protégeait les 
jeunes I II chérissait la France ! 

En tout temps, combien d'établissements célèbres ou remar- 
quables? Blancquaert, Burvenich, Buysse, De Cock, De Goster, 
Dallière, Desbois, Duriez, Jacob-Makoy, D'Haene, Linden, Peeters, 
Pynaert, De Smet, Spae, Story, Van Goppenolle, Van Eeckhaute, 
Van Geert, Vermeire, VerschafFelt, Vervaene, Vervaet, Vuylsteke, 
et de plus modestes, mais non moins sérieux producteurs, appro- 
visionnant les maisons principales ! 

En 1874» au Congrès international de Vienne, un maître horticul- 
teur-conférencier gantois, Hubert Van Huile, prononçant un discours 
sur l'horticulture belge, affirmait que sur le territoire de Gand, un 
établissement dit de première classe fabriquait alors, annuellement, 
plus d'un million de plants, y compris les bulbes, soit : 
75.000 Camellias, Azaléas et plantes analogues. 
So.ooo Arbustes de pleine terre. 
100.000 Rosiers. 

25.000 Héliotropes, Pélargoniums et autres plantes molles. 
3.ooo Arbres et Arbustes de la Nouvelle-Hollande. 
20.000 Plantes ordinaires de serre chaude. 
5o.ooo Gesnériacées. 

3o.ooo Fougères d'importation ou de graines. 
4.000 Palmiers et Gycadées d'importation ou de graines. 
20.000 Plantes vivaces. 
20.000 Conifères. 
25.ooo Arbres fruitiers. 

10.000 Rhododendrons, Magnolias et plantes analogues. 
600.000 Jacinthes, Tulipes, Amaryllis, etc., etc. 
Nous avons fait l'éloge de l'Etablissement Van Houtte, qui, 
pendant longtemps, a tenu la tête de l'horticulture continentale. 

Toutefois, depuis vingt ans, quelles améliorations dans la culture, 
quelle augmentation du matériel ! 

De cette même région, il en est qui possèdent de 8,000 à 
10,000 mètres carrés de cultures sous verre. 



2q8 BELGIQUE 

On peut dire cependant que, dans la ville de Gand, le contre- 
coup d'une production aussi considérable se fait sentir au transit 
de la gare du chemin de fer plus qu'aux approvisionnements du 
marché aux fleurs local. Nous sommes dans une ville de fabrique 
et non dans une ville de luxe. 

On reconnaît l'utilité d'un foyer d'intelligence et de travail 
lorsqu'on visite les propriétés bourgeoises, les parcs des châtelains 
et les squares des villes belges, depuis les promenades d'Arlon 
jusqu'au Bois de la Cambre à Bruxelles, jusqu'aux casinos et aux 
villas littorales d'Ostende et de Blankenberghe. Les richesses de 
l'horticulture s'y étalent avec magnificence et délicatesse. 

Importation d'Orchidées. — Nous avons cité des explorateurs 
renommés appartenant à la Belgique, et Louis Van Houtte, et Jean 
Linden, et de non moins enthousiastes. Linden eut l'insigne 
honneur de commencer jeune, d'être secondé par de zélés collabora- 
teurs et de survivre lui-même à ses propres découvertes. Il débutait 
le 2 octobre i835, se dirigeant vers le Brésil, accompagné de Funck 
et de Ghiesbreght. D'autres voyages le conduisirent aux Antilles, 
au Mexique, au Venezuela, dans la Colombie, aux Etats-Unis. 

De i845 à i853, il dirigea d'intelligents collecteurs vers l'Amé- 
rique centrale ou méridionale, le Congo, la Malaisie. 

Les végétaux rapportés de ces diverses pérégrinations ont paru 
avec honneur aux Expositions internationales. 

Le groupe des Orchidées prend une large place dans cette riche 

moisson. Énumérons les plus remarquables espèces : 

Ada aurantiaca. Cypripedium caudatum. 

Aeranthus Lindeni. Epidendrum ( environ 70 espèces, 

Aerides Reichenbachi ; japonicum ; parmi lesquelles E. Randianum; E. 

Augustianum. Friderici Guilielmi ; E. nemorale ; 

Aganisia ionoptera. E. sceptrum ; E. stenopetalum ; E. 

Anguloa Clowesi ; eburnea : Ruckeri ; Capartianum ). 

uniflora. Eriopsis biloba. 

Barkeria elegans. Eulophiella Elisabethae. 

Brassia cinnabarina ; cinnamomea ; Galeandra Glaesii ; Funckiana; Esra- 

Ocanensis, etc. gnolliana. 

Bulbophyllum anceps. Galeottia(Zygopetalum) grandiflora. 

Bodriguezia granatensis ; réfracta. Gongora atro-purpurea ; odoratis- 

Catasetum Bungerothi ; Gnomus ; sima. 

Naso;sanguineum;Rodigasianum; Houlletia odoratissima : picta ; 

tenebrosum. tigrina. 

Cattleya aurea ; chococnsis ; amethys- Helcia sangninolenta. 

loglossa ; Eldorado ; gigas ; Trianae; Laelia superbiens. 

Rex ; Alexandrac ; Buyssoniana. Luddcmannia Pescalorei. 

Cirrhopetalum Bricnianum ; Amesia- Lycaste barbifrons ; costata ; fulves- 

nura ; Mastersianum. cens ; gigantca ; lanipes ; macro- 

Coryanthes Bungerothi ; leucocorys ; bulbon ; Skinneri. 

macrocorys. Masdevallia amabilis; caudata; Chi- 

Cycnoches barbatum ; peruvianum. mœra ; civilis ; coccinea ; Lindeni; 

Ghysis Liniminghei. Ephippium; fenestrata(Cryptopho- 

Cleisostoma Guibertis. ranthus) ; ochtodes ; racemosa ; 

Gochlioda sanguinea ; Nôtzliana ; Roezli ; Schlimi ; tovarensis ; Tro- 

rosea, chilus. 



liELGIQUE 



209 



; Phalœnopsis. 
: Histrio ; leuco- 
Rolfeanuni ; La- 



Peristeria aspérsa : Lindeni. 
Pescatorea fimbriata. 
Phalœnopsis Schilleriana. 
Pilumna fragrans ; laxa ; nobilis. 
Pleurothallis (plus de trente espèces). 
Restrepia antennifera. 
Rodriguezia granatensis ; réfracta. 
Schoinburgkia rosea ; undulata. 
Selenipediuincaiidatuin:longilbliuin; 

Schhmi ; vittatum ; Wallisi. 
Sobraliacaudata; fragrans; violacea. 
Stanhopea ornatissima ; platyceras ; 

Moliana. 
Stauropsis Warocqueana. 
Stenia fimbriata. 
Trichocentrum albo-purpureum ; 

cornucopiae ; tigrinum. 
Trichoceros muralis. 
Trichopilia albida ; Galeottiana ; 

picta ; brevis. 
Uropedium Lindeni. 
Warrea cyanea ; Lindeni. 
Warscewiczella marginata; Lindeni. 
Zygopetalum Gautieri ; gramineum ; 

Jorisianum ; rostratum. 

M. Linden, succédant à la firme Ambroise Verschafïelt, de Gand, 
transporta le célèbre établissement à Bruxelles, sous le titre « d'Hor- 
ticulture internationale », où se vendent désormais les conquêtes 
végétales de la Maison. Elles y trouvent deux Journaux spéciaux et 
une Société particulière , l'Orchidéenne , pour les étudier et les 
vulgariser. 



Maxillaria albata ; grandiflora ; lon- 
gisepala : striata ; Lindeniae ; luteo- 
alba : nigrescens ; venusta. 

Miltonia vexillaria 

Mormodes Cartoni 
chiluni ; Ocanae ; 
wrenceeinum. 

Nanodes Medusae. 

Odpntoglossum angustatum : cirrho- 
suni ; constrictum : cordatum; coro- 
narium ; crispum ; crinitum ; cris- 
tatum ; gloriosum ; Halli ; hasti- 
labiuni ; Lindleyamim ; luteo-pur- 
pureum ; naeviuni ; nebulosum ; 
nevadense ; odoratum ; Pescatorei ; 

f>raestans; ramosissinmm: Reichen- 
leimi ; triumphans ; Schlieperia- 
num ; Wallisi. 
Oncidium acinaceum ; aurosum ; 
brevifolium ; cristatum ; cuculla- 
tum; flabellulatum; hastatum; Kra- 
merianuni; macranthuiii ; micro- 
chilum ; obryzatum ; Phalaenopsis ; 
serratum ; sphacelatum ; tigrinum ; 
zebrinum. 



IX. — Journaux horticoles. 

Les Sociétés d'horticulture de Belgique ne publient guère de 
Bulletins, ce qui explique le premier succès de la presse périodique. 

Voici les principaux journaux spécialement horticoles : 

Il Illustration horticole, fondée en i853 par Ambroise Verschaffelt, 
à Gand, actuellement au siège de l'établissement de Y Horticulture 
internationale, à Bruxelles, continuateur de la feuille d' Ambroise 
Verschafïelt. Publication devenue bi-mensuelle depuis 1894, avec 
planches coloriées. 

Nos compatriotes, MM. Gh. Lemaire,de i854 à 1869, et Ed. André, 
de 1870 à 1880, en ont été les rédacteurs en chef. Aujourd'hui, ces 
fonctions sont confiées à MM. Em. Bodigas et Max Garnier. 

Bulletin d'arboriculture, de floriculture et de culture potagère, 
fondé à Gand, en 1864, par Fr. Burvenich, Ed.Pynaert, Em. Rodigas 
et Van Huile, professeurs, auteurs d'ouvrages pratiques sur ces 
matières. Le Bulletin est publié en deux éditions, l'une en langue 
française et l'autre en langue flamande. 

Recueil mensuel avec planches coloriées de fruits ou de légumes. 

14 



2ÎÔ BELGIQUE 

Reçue de l'horticulture belge et étrangère, créée à Gand en i8-;5, 
par les mêmes, avec M. le comte Oswald de Kerchove de Denterghem, 
auteur d'ouvrages sur les Palmiers et les Orchidées, et M. Auguste 
Van Geert, président d'honneur de la Chambre syndicale des 
horticulteurs de Gand. Journal mensuel, illustré de planches 
coloriées d'arbustes et de plantes de serre ou de pleine terre. 

Lindenia, iconographie des Orchidées. Publication mensuelle, 
in-4° avec planches coloriées ; éditée par M. Lucien Linden, à 
Bruxelles ; rédigée par MM. Linden, Rodigas et Rolfe. 

Journal des Orchidées, paraissant tous les quinze jours, publié et 
rédigé par M. Lucien Linden, à Bruxelles. 

h' Avenir agricole et horticole du Hainaut, i8";5,àMons, mensuel; 
par MM. Laurent et Dubrulle. 

Toutes ces publications périodiques sont traitées avec un véritable 
talent pratique et scientifique. 

Parmi leurs aînées, il en est qui ont cessé de paraître : 

Académie d'horticulture de Gand, par J h Baumann, i855-i863; 

Album de pomologie, par Arthur Bivort, 1852-1867 ; 

Annales de pomologie, par la Commission royale de pomologie, 
1853; 

Annales de Gand,, par Charles Morren, 1844-1849 ; 

La Belgique horticole, par Charles et Edouard Morren, 
î849*i885 ; 

Hortus Lindenianus, par Linden, 2 fascicules, 1859 ; 

Iconographie des Azalées de l'Inde, par Aug. Van Geert, 1882 ; 

Iconographie des C<zmeZZ/#s,parAmbroiseVerschaffelt, 1848-1860; 

Journal d'horticulture pratique, par Scheidweiler, Ysabeau, 
Galeotti, Funck, 1844*1859; 

Le Jardin fleuriste, par Charles Lemaire, i85i-i854 ; 

La Feuille du cultivateur, par Pierre Joigneaux, i854 ; 

U Horticulteur belge, fondé par Louis Van Houtte en 1829, 
disparu pendant les voyages d'exploration de son fondateur ; 

Le Jaarboek çoor Hofbouwkunde, par les professeurs de l'Ecole 
d'horticulture de Gand, i863-i866 ; 

L' Arboriculteur, moniteur et mémorial des conférences, par 
Buisseret, 1874 (fondu dans le Bulletin d'arboriculture); 

Flore des serres et des jardins de l'Europe, fondée par Louis 
Van Houtte en 1845, et conduite jusques et y compris le 22 e volume, 
après la mort de son fondateur ; 

Enfin quelques journaux mixtes, agricoles et horticoles* 



""-ffeâ?* 



BOSNIE 



ET 



HERZEGOVINE 

-— — s-^ses — — 
5i,iio kilomètres carres. — i,438,ioo habitants, 



HH 



Le Gouvernement des provinces occupées de la Bosnie et de 
l'Herzégovine, appréciant la valeur des plantations d'arbres fruitiers 
et l'importance des revenus qui pouvaient en résulter, a décidé 
l'annexion de jardins modèles aux pépinières centrales de l'Etat. Ces 
établissements distribuent gratuitement les sujets, de pied franc ou 
greffés, aux cultivateurs qui organisent des vergers de commerce. 

En 1892, la pépinière de Derout, en Bosnie, possédait 12,000 arbres 
fruitiers, 5, 000 Mûriers et 20,000 Vignes à distribuer. 

La pépinière de Mostar, Herzégovine, moins importante, tenait 
également ses élèves à la disposition des planteurs. 

L'Administration a décidé l'ouverture de nouvelles pépinières 
d'État : i° à Travink et Lasva, Bosnie ; 2°à Nwessigne, Herzégovine. 

On a recruté des jardiniers et des chefs de culture parmi les élèves 
des écoles d^agriculture de l'Europe. 

Le personnel doit fournir des preuves de ses aptitudes culturales; 
et se montrer scrupuleux sur le choix des espèces d'arbres à multiplier 
et à répandre. 

Les Fruits d'économie ménagère ou industrielle deviennent l'objet 
de soins tout particuliers. Leur nomenclature est étudiée d'accord 
avec les pays voisins. 

Les Légumes de grande ou de moyenne culture sont exploités 
Sans constituer, cependant, une branche importante de commerce ; 



212 BOSNIE ET HERZEGOVINE 

Bosnie. 

La configuration accidentée de la Bosnie, son climat rude, ses 
hivers longs et rigoureux ne lui permettent pas de cultiver tous les 
genres d'arbres fruitiers. 

Le Pommier d'abord, le Poirier, le Cerisier ensuite, sont plantés à 
la ferme et approvisionnent la famille et le marché. 

Le Noyer, dispersé dans les champs, en terrain sec, où la gelée 
n'est pas à craindre, produit sainement bois et fruits. 

Le Noisetier buissonneux fixe souvent la séparation des héritages. 

Le Prunier est l'espèce dominante. Il fournit à l'exportation, bon 
an mal an, 1,200,000 quintaux métriques de Pruneaux qui prennent, 
en partie, la direction de l'Allemagne ; le surplus est destiné à 
l'Autriche, à l'Angleterre, à la France, à l'Italie, aux États-Unis. 

L'exploitation de la Prune se concentre dans les plaines de la 
Posavina et les districts du Nord, à Bréka notamment, où le four 
français rivalise avec le four bosniaque. 

Le Pruneau passe au crible de classement. L'emballage se fait en 
boîtes de 5 à 10 kilogr., en sacs de 80 à 100 kilogr., en barils de 5oo 
à 600 kilogr., suivant le choix. La première qualité ne dépasse pas 
7 5 fruits à la livre. 

La plantation de Pruniers en bordure de chemins et le greffage des 
sauvageons sur les friches font partie des habitudes traditionnelles 
de la Bosnie. 

Herzégovine. 

Située sous un climat plus chaud, dans des conditions plus 
favorables, l'Herzégovine peut étendre la variété de ses provi- 
sions fruitières. Les espèces à noyau s'y rencontrent avec les 
fruits à pépins. L'Amandier, le Figuier, le Grenadier, l'Olivier, la 
Vigne y fructifient à l'aise, avec le Poirier, le Pommier, le Prunier, le 
Cerisier, le Pêcher, l'Abricotier, le Noyer, le Châtaignier. 

Le vignoble a pris de l'extension; il expédie ses Raisins et ses vins 
en Hongrie, ravagée par l'invasion phylloxérique. La belle qualité 
de grappes est vendue au marché, pour la table ou le séchage. 

Les deux pays produisent les Fruits et les Légumes nécessaires à 
leur consommation journalière. 

Les espèces, de nature robuste et fertile, sont celles de la région. 

Les centres de culture ont vu se constituer des groupes de produc- 
teurs défendant entre eux leurs intérêts de planteurs et de 
négociants. 



T 



BRESIL 



8,337,218 kilomètres carrés. — 14,000,000 habitants, 



Le vaste territoire du Brésil et la variété de ses productions nous 
engagent à l'examiner d'une façon générale, par régions de culture. 
Nous verrons ensuite son enseignement agricole et horticole. 



I. — Régions de culture. 

La Région de l'Amazone est d'une fertilité proverbiale. 

Les forêts « Seringaes », composées avec l'Hovea, l'Urceola, le 
Jatropha, le Hancornia et autres genres spéciaux, fournissent le 
Caoutchouc. Pendant six mois de l'année, le port de Para en a 
exporté sept millions de kilogrammes. 

Le Theobroma compose les cacaoyères. 

La Vanille des provinces de l'Amazone et de Para est recherchée. 

Le Bertholletia produit la Châtaigne du Brésil, oléagineuse. 

Le Cœsalpinia, dit Bois de Brésil ou de Pernambouc, croît dans les 
forêts en sol sec ou pierreux; il est la base des laques rouge 
cramoisi, employées à la teinture des étoffes, des bois et des cuirs. 

Quant aux autres bois de service, ils sont innombrables. 

La splendide Reine des eaux « Victoria regia » étale sur le fleuve 
toute son opulence florale et foliacée. 

Les Palmiers, les Fougères, les Orchidées, les Broméliacées, les 
Aroïdées, etc. ont enthousiasmé nos savants explorateurs. 

On récolte les fruits des Tropiques et de l'Equateur : Ananas, 
Anone, Avocat, Grenadille, Litchi, Mangue, Coco, Orange. ... 



2l4 BRESIL 

Au sud-est do l'embouchure du fleuve des Amazones, la Région du 
Parnahyba a des productions analogues et une renommée pour le 
Café, le Sucre, et le Coton résultant de trois espèces de Gossypium. 

Le Cacaoyer rapporte, pendant 5o à 80 ans, jusqu'à 200 fruits 
contenant de 3o à 5o amandes ; chacune pèse 5o grammes environ. 
Une ferme de 5o,ooo arbres produirait donc 5oo,ooo kilogrammes 
d'amandes, vendus 750,000 francs, frais à déduire, ce qui peut donner 
un revenu net de 3oo,ooo francs. 

Au nord du Brésil, la Région du Céarà, ralentie par la sécheresse, 
s'enrichit avec la « Carnauba», produit d'un Palmier cérifère, le 
Copernicia, d'après Martius. 

Les Sapotacées « Jaquà», Lucuma et « Massaranduba », Mimusops, 
approvisionnent le commerce de Gutta-Percha. 

Céarà exporte le Caoutchouc, le Café, le Coton, les Oranges, les 
Noix de Cocos, les « Abacaxis », superbes Ananas, les Bananes, les 
Anones et les fibres textiles du Fourcroya gigantesque. 

La Région de Parnahyba du Nord est arrosée par de grandes 
rivières dont le limon fertilise les plantations de Cannes à sucre. 

Les plages sont couvertes de Cocotiers d'un revenu important. 

Le Tabac préfère les terrains secs, et le Café, les montagnes. 

Le Raisin et l'Ananas de l'île d'Itamaraca sont renommés. 

La province de Santa-Catharina exploite la Ramie. 

Différentes Ilicinées, parmi les Houx, qui nous alimentent de Maté 
« Congonha» par leur feuillage, sont d'un bon rapport. 

Le fleuve San-Francisco (la Méditerranée brésilienne) donne son 
nom à une Région plantureuse, bien connue des négociants en bois 
de Palissandre fournis par les Jacaranda, Machœrium et Dalbergia. 
De la même famille, le Platymenia « Vinhatico » imite l'Acajou. 

Le Sylvia « Tapinhoam» entre dans les constructions navales. 

Les provinces de Bahia et de Sergipe jouissent d'une haute répu- 
tation pour la valeur du Café récolté dans les terrains montagneux. 

Trois hectares de Cotonniers occupent une famille ; on peut évaluer 
le nombre de plants à 14,000 et la récolte de gousses à 7,000 kilogr., 
soit un revenu net de 2,5oo francs. 

Une cacaoyère de 1,000 sujets suffit à une personne à l'année. Une 
orangeraie n'est pas moins fructueuse pour le colon sérieux. 

La Canne à sucre réclame un planteur pour deux hectares, et 
rend 200,000 kilogr. de cannes ; le revenu peut atteindre 4,000 fr., 
si le cultivateur sait compenser les frais d'exploitation par une 
production de fruits, de légumes, de maïs, autour de son habitation, 



BRÉSIL 2l5 

La Région du Parnahyba du Sud est bordée de forêts côtières, 
sur la chaîne qui s'étend du cap Frio au cap de Santa-Martha. 

Des bois précieux dans l'industrie en sont extraits pour être 
embarqués à Rio-de-Janeiro, avec le Café, de première marque. 

Le Tecoma « Ipès » fournit arcs et flèches aux Indiens. 

L'arbre caractéristique de la Région du Paranà est certes 
l'Araucaria du Brésil. Haut de 35 mètres sur un diamètre de 2 mètres, 
ce superbe indigène alimente la charpenterie, les exploitations de 
résine, de goudron, de térébenthine, de potasse et de soude. 

La Région de l'Uruguay comprenant la seule province de Rio- 
Grande-du-Sud, au sous-sol de marbre ou de houille, offre des 
surprises de végétation par les lianes qui enlacent ses grands arbres 
et les plantes épiphytes qui animent le tronc moussu du populaire 
Cédrèle Acajou, s'élevant à 5o mètres de hauteur, du « Perobas » 
Aspidosperina, du « Ganellas » Nectandra, aux feuilles miroitantes, 
estompant le ciel bleu du Brésil. Combien de botanistes ont exploré 
ces forêts vierges au profit de nos serres ! 

Les immigrants ont implanté la Vigne sur les coteaux dénudés. 

En plaine, des légumes, des fruits, des céréales, du Manioc. 

Les fruits les plus variés, les diamants, les métaux rares se sont 
donné rendez-vous dans la Région auro-ferrifère. Plus d'une fois, le 
cultivateur du Cotonnier est doublé de l'usinier qui profite des chutes 
d'eau de la province de Minas pour le filage et le tissage du produit. 

La Vigne et l'Olivier y rappellent la France et l'Italie. 

Il est à remarquer que l'abondance du vin et la similitude avec 
certains crûs européens ont contribué à accroître l'immigration 
dans ces parages et augmenter d'autant la population agricole. 

Occupant une surface qui dépasse deux millions de kilomètres 
carrés, la Région centrale résume le Brésil, riche producteur 
forestier, fleuriste, botaniste ou jardinier. 

Les savants Freire Allemào, Charles Darwin, Achille Richard, 
Saint-Hilaire, George Gardner, Martius, etc., n'ont pu déterminer 
toutes ses richesses végétales. Plus de 22,000 espèces appartenant 
à 1,000 genres et à i55 familles, au moins : tel est le résumé de leurs 
investigations. 

Les Vanilles des provinces aurifères de Goyaz et de Matto-Grosso, 
hantées par les colibris et les jaguars, sont bien connues des 
armateurs. 

Quant à nos Fruits et à nos Légumes, ils ne semblent pas dépaysés 
au milieu du cadre grandiose que leur procure la Flore brésilienne, 



3lG BKKSIL 

II. — Enseignement agricole et horticole. 

Le Ministère a obtenu des Chambres la création et l'entretien de 
plusieurs établissements d'instruction agricole et horticole. Les 
événements politiques n'en ont pas permis la complète réalisation. 

Voici, cependant, un résumé de ceux qui existent, libres ou 
créés par le Gouvernement. 

L'Institut agricole de Rio-de- Janeiro, fondé en 1860, vulgarise 
l'emploi des machines, distribue des plants et des semences, organise 
des expositions et publie un Bulletin. 

Un Jardin botanique, bien connu par sa majestueuse avenue de 
Palmiers, y est annexé, avec l'Asile agricole, la Ferme normale 
et une Pépinière de propagande des espèces végétales à cultiver. 

Plus âgé d'une année, l'Institut agricole de Bahia est doté 
depuis 1876 de l'École d'agriculture de San-Bento-de-Lages, et de 
cours d'histoire naturelle; la Dendrologie y est étudiée. 

Sur les mêmes bases, l'Institut agricole de Sergipe date de 1860. 

L'École agricole de Piracicaba, municipe d'Itabira, 1876, dé- 
montre aux colons et aux petits exploitants les applications des 
cultures économiques au moyen de petites fermes d'expériences. 

A Pernambuco, l'Orphelinat Isabelle, de 1874* recueille les 
orphelins et les mineurs sans ouvrage pour les transformer en 
cultivateurs et en jardiniers. Grands jardins de produit. — i5o élèves. 

La Colonie Blaziana, province de Goyaz, est dotée d'une 
pépinière d'arbres fruitiers, de vignes et de plantes industrielles que 
l'on y exploite : Caféiers, Bananiers, Mûriers, Cognassiers, Manioc. 

L'Asile agricole de Sainte-Isabelle, créé en 1886, à Desengano, 
province de Rio-de-Janeiro, apprend aux enfants à devenir bons 
ouvriers de culture ; il reçoit un subside de l'Etat et des dons parti- 
culiers. Un jardin potager-fruitier de quatre hectares y est annexé. 

L'Orphelinat Christina, installé sur une ferme de Céarà, donne 
l'instruction rurale pratique à cinquante orphelins. 

L'Institut de la Providence, province de Para, fondé par 
l'évêque du diocèse, Mgr de Macedo, comte de Belem, en faveur des 
indigènes, exploite les essences végétales de la contrée. 

La Station agronomique de Campeinas (San-Paulo) comprend un 
laboratoire d'analyses, des bureaux météorologiques ou œnologiques, 
des champs d'essais pour les engrais et l'acclimatation des végétaux. 

Tous ces établissements mènent de front l'agriculture, l'arboricul- 
ture et le jardinage. 



^^0T 



BULGARIE 



99,872 kilomètres carrés. — i,i54,5oo habitants. 

I. — Légumes. 

Les Légumes jouent un grand rôle dans l'alimentation des paysans 
bulgares, qui ont, du reste, beaucoup de goût et d'habileté pour la 
culture maraîchère. 

Bien que celle-ci n'ait pas une très grande extension, elle est 
généralement répandue, chacun travaillant pour ses propres besoins. 

Dans certains départements, notamment ceux de Tirnow, Yidin, 
Silistrie, la production maraîchère dépasse la consommation et 
permet d'exporter une certaine quantité de légumes qui, en 1877, 
représentait pour toute la Principauté un poids de deux millions 
de kilogrammes. 

La Roumanie constitue le principal débouché de ce commerce. 

Les espèces alimentaires dont l'usage est le plus répandu sont : les 
Fèves, les Pois, les Lentilles, les Choux, le Piment, les Ognons, 
l'Ail, le Poireau, les Concombres, le Céleri, les Carottes, les Raves, 
le Raifort, les Tomates et les Melons de diverses sortes. 

La culture des Pommes de terre commence seulement à se 
répandre, la région montagneuse étant quelque peu en retard, 

II. — Fruits. 

L'arboriculture est également en honneur en Bulgarie ; les maisons 
des villages sont, en général, accompagnées d'arbres fruitiers, parmi 
lesquels dominent les Poiriers, les Pommiers, les Pruniers, les 
Cerisiers, les Cognassiers, les Abricotiers, les Pêchers, les Néfliers, 
les Mûriers. On trouve surtout de belles espèces de Pommiers, 
de Poiriers, de Cerisiers. 

Les Noyers s'installent un peu partout en Roumélie ; on rencontre 
aussi des Amandiers dans la plaine de Stara- Zagora, et des 
Châtaigniers, au cœur de la région de Kazanlik. 

Les Figuiers et les Grenadiers ne paraissent pas devoir réussir. 

Les contrées les plus favorisées au point de vue de la culture des 
ax^bres fruitiers sont : le Balkan oriental, les environs de Tirnova, et 



31 8 BULGARIE 

la plaine de Kustendil. Cette dernière région, particulièrement riche 
en Pommes, en Poires, en Prunes, exporte une grande quantité de 
fruits jusqu'en France. 

La dessiccation est employée par le cultivateur pour utiliser le 
trop plein de sa récolte. 

Les Prunes servent à la fabrication d'une sorte d'eau-de-vie 
appelée Slivovitsa ; l'habitant des campagnes confectionne une pâte 
pour ses besoins, et porte le beau fruit à la ville pour le séchage. 

Le bassin de Kazanlik extrait des Noix une huile qui figure à 
l'exportation pour 26,000 kilogr. par an. 

III. — Vignes. 

La culture de la Vigne a reçu, en Bulgarie, une grande extension ; 
des cépages vinifères sont dispersés dans toute la Principauté ; 
cependant, les départements de Sofier et de Tern se montrent moins 
favorables à l'expansion du vignoble. La superficie, cultivée de 
cette façon, embrasse près de 1,000 kilomètres carrés. 

La viticulture est particulièrement importante dans le départe- 
ment de Tirnow, sur les bords du Danube, depuis le Tinok jusqu'au 
delà de Roustchouk ; elle règne en Roumélie, où le département de 
Philippopoli et la région située au sud de la Sredna-Gora lui sont 
absolument fidèles. 

L'École pratique de viticulture, installée à Widin, a pour but 
d'enseigner aux vignerons bulgares les meilleures méthodes de 
culture de la Vigne et de vinification. 

La production en vins dans toute la Principauté s'élève à environ 
262 millions de litres. 

Les départements de Philippopoli, de Stara-Zagora, de Bourgas 
expédient en Turquie une partie de leur récolte. Les autres régions, 
dont la production dépasse la consommation, dirigent leur excédant 
vers les parties moins favorisées de la Principauté, notamment à 
Sofier et aux environs. 

A ces détails précis et aux considérations générales exposées avec 
tant de soin, en 1892, par M. le Capitaine du Génie français 
Lamouche, nous pouvons ajouter que, déjà, le commerce et les 
marchés de l'intérieur recevant les provisions amenées par terre et 
par eau, ce seul fait a suffi pour exciter le paysan bulgare à recher- 
cher des cépages produisant en abondance des grappes de belle 
mine, de bonne qualité et capables de pouvoir être envoyées sur le 
marché aux fruits. 



V 



CANADA 

8,988,000 kilomètres carrés. — 4>9 00 ? 000 habitants. 

I. — Action de l'État. 

Le Gouvernement de la Puissance du Canada, colonie anglaise, 
patronne hautement la colonisation et l'exploitation de la terre dans 
chacune des provinces de la Confédération canadienne. 

Chaque province a son gouvernement local et, parmi ses ministres, 
un Commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation, et son 
Département spécial de l'Agriculture. 

Le Conseil d'Agriculture, choisi par le Lieutenant-Gouverneur 
parmi les agriculteurs notables de la province, fait distribuer des 
plants d'arbres fruitiers, des plants forestiers et des graines potagères 
provenant de l'extérieur ou de l'intérieur. 

Par son initiative, des associations de cultivateurs ont été créées 
dans une foule de paroisses; il en est qui se sont groupées par 
comtés, par districts ou autres agglomérations électorales. Le Conseil 
est chargé de toute l'organisation agricole, des Sociétés, des Ecoles, 
des Fermes d'essais, des subventions, des concours publics, des 
expositions, etc. 

Le Département d'Agriculture publie et distribue les rapports 
officiels de ses Directeurs et Inspecteurs des Fermes expérimentales, 
des Ecoles d'agriculture et des Congrès organisés sur différents 
points du territoire. La tenue de ces assises agricoles et horticoles 
est encore l'objet de la sollicitude de l'administration, en ce qui 
concerne les facilités de voyage et de séjour des assistants, 



220 CANADA 

Le Lieutenant-Gouverneur nomme, en conseil, les officiers d'agri- 
culture, les agents de colonisation qui auront désormais des relations 
directes avec les Sociétés recevant une allocation, et décerne, après 
concours, les diplômes et les médailles du Mérite agricole : i° de mé- 
rite ; 2° de grand mérite ; 3° de très grand mérite ; 4° de très grand 
mérite exceptionnel. Les lauréats du degré supérieur deviennent 
juges du concours suivant. 

La culture maraîchère et l'arboriculture fruitière ont droit, avec 
l'agriculture, à ces récompenses. 

Parmi les ouvrages encouragés, il faut citer les suivants, la majeure 
partie ayant été publiée en langue française : 

Les rapports de Charles Gibb, sur les fruits robustes à propager; 

Les livres de l'abbé Provancher, sur l'horticulture fruitière ou 
potagère ; 

Du docteur G.Laroque qui a consacré un manuel à ces deux sujets; 

De George Moore, sur la culture des fruits; 

De J.-G. Ghapais, traitant de la viticulture et de la sylviculture. 

En outre, le Journal d'agriculture illustré, mensuel, rédigé sous 
la savante et active direction de M. Ed. -A. Barnard, secrétaire du 
Conseil d'agriculture. Par suite d'un arrangement avec le Gouver- 
nement de la province de Québec, le journal est envoyé, moyennant 
un franc vingt centimes par an, à tous les membres des Sociétés et 
des Cercles agricoles ou horticoles de la province. 

L'édition française a dix fois plus d'abonnés que l'édition anglaise. 

On peut dire que cette publication utile est un puissant élément 
de fraternité et de solidarité entre les cultivateurs patriotes. 

Le Dominion ou Confédération canadienne, qui étend sa puissance 
de l'Atlantique au Pacifique, possède des voies de transport considé- 
rables, et fait appel aux hommes intelligents de tous les pays, en leur 
offrant une large hospitalité avec les moyens d'existence et de travail. 



II. — Enseignement horticole. 

L'enseignement par la parole, qui commence, ne tardera pas à 
s'étendre, les Écoles d'agriculture étant appelées à donner des 
professeurs et des cultivateurs d'élite. 

Au mois de janvier 1893, le Congrès des agriculteurs de la 
province de Québec émettait d'urgence, le voeu de la création d'une 



CANADA 221 

Ecole d'horticulture et d'arboriculture dans cette région. L'assemblée 
réclamait l'étude des fruits et des légumes de grande culture et les 
méthodes de leur exploitation commerciale. 

Déjà, le Ministère a créé une Ferme-école et une École d'arbori- 
culture fruitière et de pomologie à Notre-Dame du Lac des 
Deux-Montagnes, à Oka, sous la direction des Trappistes, exploi- 
tant, en outre, de vastes pépinières, des vergers cidricoles et un 
vignoble. 

Parmi les élèves, signalons plusieurs jeunes gens nés en France. 

La Ferme centrale expérimentale d'Ottawa et ses annexes 
dirigées par W. Saunders, rendent de très grands services à l'horti- 
culture et à l'apiculture. Ses professeurs et directeurs font des 
conférences sur tous les points de la Puissance. 

La Ferme du Portage, annexe de l'École d'agriculture de 
l'Assomption fait également la pratique du jardinage. 

L'arboriculture fruitière et la maraîcherie sont démontrées : 

A l'École d'agriculture de Sainte-Anne de la Pocatière ; 

Au Collège d'agriculture d'Ontario ; 

A la Ferme expérimentale du Manitoba ; 

— de Guelph (Ontario) ; 

— de la Colombie anglaise ; 

— des Territoires du Nord-Ouest ; 

— des Provinces maritimes ; 
A la Ferme école de Compton. 

Le Commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation a fait ouvrir 
un cours d'économie domestique et d'horticulture pour les jeunes 
fdles, au Couvent des Ursulines de Roberval. 

En vertu de la loi du 29 avril 1893, plus de 5oo Cercles agricoles 
ont été organisés dans chaque comté de la province de Québec. 



III. — Sociétés d'horticulture. 

Sur la demande de vingt habitants qui auraient versé au moins 
une piastre au secrétaire, les Sociétés ou Associations sont fondées 
avec l'appui moral et financier du Gouvernement, sur le rapport du 
Conseil d'agriculture. 

« Le but de la Société sera d'apporter des améliorations à l'Horti- 
culture, à la culture des Fruits, au jardinage, à la plantation d'Arbres 
d'ornement et de service, et de se renseigner sur les différentes 
variétés de Fruits, de Légumes ou de Fleurs, etc. ». 



222 CANADA 

En dehors des primes décernées aux producteurs et aux planteurs 
à la suite de visites aux cultures et d'expositions publiques, des 
prix sont offerts aux auteurs de mémoires traitant de questions 
horticoles appropriées au pays. 

Les séances présentent toujours de l'intérêt. 

La Société d'horticulture provinciale de Montréal date d'une 
cinquantaine d'années. Elle a droit « à un octroi de mille piastres, à 
la condition que ses concours soient ouverts à toute la province et 
qu'elle fasse un rapport au Commissaire. » 

Ses expositions ont lieu chaque année à Montréal ; c'est donc l'île 
de ce nom qui en bénéficie le plus. 

La Société d'horticulture de Québec organise des expositions 
annuelles qui exercent une influence sur les campagnes environnantes. 

La Société d'horticulture du Comté de l'Islet propage les bons 
Arbres fruitiers, surtout dans les paroisses traversées par Y Interco- 
lonial, et distribue des espèces rustiques aux habitants des côtes 
du Labrador et des îles de la Madeleine. 

La Société d'horticulture de Huntingdon reçoit, comme la 
plupart des associations de ce genre, un « octroi » annuel de cent 
dollars, à l'occasion de ses concours. 

L'Association des Horticulteurs fruitiers de la province de 
Québec a ouvert son dernier congrès en décembre 1888, encourageant 
l'extension à donner aux vergers et aux potagers. 

L'Association des Arboriculteurs fruitiers d'Abbotsford distri- 
bue les variétés réfractaires au froid, apportées de Russie par un 
délégué du gouvernement canadien ; les sujets ont été greffés sur 
racine à Ames et à Iowa, et élevés en pépinière à Abbotsford. 

L'Association des Arboriculteurs fruitiers du Comté de 
Shefford propage les bons Fruits et les bonnes méthodes de culture. 

L'Association du Comté de Brome distribue des Arbres fruitiers. 

L'Association des Horticulteurs et des Arboriculteurs frui- 
tiers de Missisquoi exposait, en septembre 1893, les Fruits russes 
déjà récoltés dans le comté, y ajoutant les Légumes culinaires. 

L'Association pomologique de la Nouvelle-Ecosse sollicite du 
Gouvernement la création d'une école de pomologie. 

L'Association des Arboriculteurs fruitiers de la province 
d'Ontario organise des expositions et fait connaître les bonnes 
espèces fruitières. Ses rapports sont publiés en anglais. 

Parmi les groupes qui lui sont affiliés, il nous faut citer 2 

S / Association des Arboriculteurs de Peterborough ; 

L'Association des Arboriculteurs de Burlington ; 

La Société d'horticulture de Burlington. 



CANADA 223 

Des Cercles forestiers se sont installés à proximité des boisements. 

L'Association forestière de la province de Québec organise 
chaque année la Fête des Arbres, Arbor Boy. Au jour fixé, tous les 
membres doivent planter un arbre et engager leurs voisins à les 
imiter. Les corporations municipales, religieuses et scolaires sont 
invitées à participer à cette fête. Un boisement considérable résulte 
de cette utile institution. 



IV. — Production maraîchère. 

La culture des Légumes se concentre auprès des populations. La 
production présente un caractère local, pour la consommation des 
habitants, rarement pour l'exportation. L'honorable secrétaire du 
Conseil d'agriculture, M. Ed. A. Barnard, recommande] aux fermiers 
de préparer leur sol à la production des Céréales par une première 
emblave de Légumes, lorsqu'ils ont le fumier à leur disposition. 

La Pomme de terre trouve au Canada des sols légers, sableux, bien 
égouttés, qui lui sont favorables. Parmi les recommandables, la 
précoce Early rose et la tardive Garnett Chili sont répandues 
partout ; puis Hâtive de Vermont, Hâtive d'Ohio, Flocon de neige, 
Chicago Market, Saint-Patrick, Rose tardive, Mammoth Prolific, 
Clark's, Puritan, Polaris.... 

La Carotte approvisionne la cuisine et l'étable. Les variétés de 
Guérande, Blanche de Manitoba, Grosse Blanche de Belgique, 
Perle hâtive, Chantenay, Orange d'Anvers sont d'un bon rendement. 

La Betterave à deux fins fournit Crapaudine et Rouge plate 
d'Egypte à l'arrière-saison. 

Les Panais Etudiant et Maltais se concentrent au jardin. 

Au marché, on réclame les Pois Horsford, hâtif, et Téléphone 
tardif. 

Partout, le Haricot est en vogue. Sur quarante variétés, Early 
Yellow, Dwarf German White Wax, Golden Wax, Large YeUow, 
Crown Horse Bean ont mûri leurs gousses au commencement de 
septembre, avant les gelées. 

Les Choux pommés, frisés, à jets, et les Choux-Fleurs compren* 
nent nos races européennes les plus rustiques. 

Les Rutabagas et les Navets empruntent leur nomenclature à 
l'Ecosse, à la Suède, à la Russie, à l'Autriche. 

Les gros Ognons américains ont le pas sur les autres. Le plus 



Î224 CANADA 

estimé parmi les rouges est POgnon Large red Withersfield, et 
parmi les jaunes, Large Yellow. 

Plante rustique de la province de Québec, le Poireau London Play 
et la variété Musselburgh sont appréciés à la cuisine. 

Le Radis long rouge s'impose, mais les racines rondes ou courtes 
sont préférées sous châssis. 

La Tomate prend de l'extension, depuis que les conserves en 
bouteilles ou en boîtes ont leur marque sur la place de Londres. 

Assez lentement se montre l'Artichaut, délicat à l'hivernage. 

Plus populaire est l'Asperge, qui trouve son milieu dans les sables. 

La Rhubarbe s'est propagée dans les provinces Est, surtout la 
Myatt's Linnœus. 

Un peu partout se manifestent les Chicorées, les Laitues, les 
Epinards, l'Oseille, le Céleri.... 

On commence à mieux soigner le Melon de pleine terre ou de 
couche ; le Concombre a sa clientèle, et les Courges sont exploitées 
en plein champ ou au marais. 

La Fraise a étendu ses filets sur les champs des fermages, même 
dans les paroisses les plus modestes. 

La culture extensive admet les excellentes Fraises : 

Wilson's Albany, qui se prête aux voyages ; 

Sharpless, répandue aux environs de Québec ; 

Ananas, fort goûtée au marché ; 

Downing, hâtive, pour les sols sablonneux ; 

Triomphe de Gand, tardive, préférant les terrains compacts. 



V. — Production fruitière. 

D'après les encouragements du Conseil d'agriculture, l'industrie 
laitière a été vivement développée, au point que la province de 
Québec — que nous traitons ici plus spécialement — compte huit cents 
manufactures de beurre ou de fromages et deux écoles de laiterie. 
Il en résulte une extension sensible des pâturages, d'où l'augmen- 
tation des plantations fruitières. 

Actuellement, les produits des jardins et des vergers canadiens 
sont évalués à huit millions de francs. 

L'exportation des Pommes, en 1892, ayant atteint deux millions 
de francs, le planteur a tourné ses regards vers ce genre fruitier 
robuste et fécond. L'Angleterre est le principal débouché offert au 
cultivateur. 



CANADA 220 

Dès 1890, le Gouvernement a provoqué rétablissement d'une 
Convention fédérale d'arboriculture « pour aider à l'extension et au 
développement de la culture fruitière sur le sol du Canada ». 

Huit années plus tôt, il déléguait un de ses pomologues, Charles 
Gibb, d'Abbotsford, pour étudier, en pleine zone boréale, les 
arbres fruitiers qui supportent la rude température et peuvent y 
fructifier. Ils ont été promptement propagés au Canada ; déjà les 
Pommes russes Arabka, Anisovka, Antonovka, Babuschkino,Titovka 
figurent aux concours de vergers ; elles ne sauraient tarder à composer 
les futailles de Pommes expédiées à Liverpool. 

Les anciennes variétés du Pommier, plus répandues, sont d'abord : 

Fameuse, parfaite dans l'île de Montréal et près de la montagne 
de Belœil ; 

Les Pommes Wealthy et Saint-Laurent, expédiées en caisses de 
seize douzaines, comme la précédente ; 

Duchesse d'Oldenbourg, une base de l'exportation des 3oo,ooo 
barels de la Nouvelle-Ecosse, provenant en partie de l'Annapolis. 

Parmi les variétés qui supportent les régions les plus froides du 
Canada, nous signalerons : 

La Pomme Scotts Winter, bonne jusqu'en juin, originaire de 
Vermont ; elle se répand, et se prête à l'exportation en tonnelets ; 

La féconde Wolf River, recherchée pour sa bonne mine et son bon 
goût, ainsi que sa rivale en abondance « Longfield » ; 

Canada Red, populaire dans les grands vergers de l'Ontario, 
comme Greening dans le Wisconsin. 

Ajoutons quelques Pommes précoces : 

Yellow Transparent et Peach, consommées vers la fin de l'été ; 

La belle Astrakan rouge, agréable au goût, de culture profitable 
par sa vente assurée en première saison. 

Le type sibérien « à bouquets » a donné naissance à quelques 
bonnes sortes de Pommes à deux fins : Cirée de Montréal, Excelsior, 
Fraise hâtive, Gideon, Hyslop, Martha, Rose de Stansead, Sibérie 
rouge, Transcendant, Whitney, constituant les vergers plus récents 
des comtés de l'Islet, de Gaspé, de Bonaventure. 

Les Pommiers qui ont le mieux bravé le froid dans les pépinières 
renommées Dupuis aux Aulnaies et Fish, d'Abbotsford, sont : 
Fameuse, Oldenburg (Borovitsky), Saint - Laurent, Titowka, 
Wealthy, la tardive Golden Russet, la précoce Astrakan, la 
Peach d'été ou Pêche de Montréal, et la superbe « Alexandre ». 
C'est la tribu « Iron Clad » cuirassée contre le froid. 

D'origine moins septentrionale, le Poirier se rencontre plus 

rarement au Canada. 

15 



220* CANADA 

Les localités favorisées par le climat voient mûrir nos Poires 
européennes : Duchesse, Beurré d'Amanlis, Doyenné blanc, 
Ananas, Fondante des Bois, avec les américaines: Blodgood, Glapp's 
Favorite, Eastern Belle, Lawrence, Osband's Summer, Sterling-, 
Tyson. La Williams dite« Bartlett » réussit à l'abri des vents de mer. 

Le Pécher est moins heureux. La serre vitrée lui est nécessaire, et 
l'élevage en pot est favorable aux variétés américaines ou anglaises : 
Barrington, Crawford Early, Nobless, Royal George. Toutefois, la 
Pêche jaune accepte le district Victoria, de la Colombie anglaise. 
Ici, la Ferme expérimentale d'Agassiz a réuni des collections impor- 
tantes d'arbres et d'arbustes fruitiers. 

D'un bon revenu, le Prunier est recherché par les planteurs. Des 
vergers de cette nature rapportent cent dollars dans les comtés de 
Montmagny et de Kramouraska. Les Prunes Jaune hâtive, Reine- 
Claude, Shropshire Dawson y sont exportées depuis longtemps. 

Partout, les formes de Reine-Claude : Green Gage, Blecker's 
Gage, Impérial Gage, Yellow Gage ont les préférences du gourmet. 

La province de Québec a des Pruneraies profitables de Damas 
et de Lombardes, races qui se propagent de pied franc. 

Vers le marché, sont dirigées les variétés locales : Bradshaw, 
Forest Garden, Moore's Actic, Nota Bcne, Speer, Trabische, Wolf. 

En général, la variété greffée Early Orléans mûrit la première ; 
Coe's Golden drop, la dernière; cependant la Reine-Claude verte 
tient la tête du choix, et les Prunes : Pêche, Smith's Orléans, 
Pond's Seedling vont à l'office ou aux desserts de luxe. 

Les Pruniers du district de Niagara, de l'île d'Orléans et de la 
côte de Beaupré sont en réputation. 

La Prune indigène De Soto, rouge, est expédiée à pleins wagons. 

Le Cerisier franc, dit « de France », drageonne sur les rives du 
Saint-Laurent. Il est acclimaté aux îles Saint-Pierre et Miquelon. 

Ailleurs, où les hivers sont moins rudes, les Guigniers et les 
Bigarreautiers prospèrent, ainsi que les Cerises Belle de Choisy et 
Reine Hortense ; mais à l'est de Québec, ils sont tués par l'hiver. 

La May Duke, notre Anglaise, est déjà plus robuste ; elle relie les 
chairs douces aux chairs acidulées des Griottes et Amarelles, parmi 
lesquelles Bessarabian, Lutovka, Montmorency, Richmond, Vladimir, 
Windsor sont utilisées à la confection de liqueurs. 

Les peuplades des contrées arctiques se délectent forcément avec 
les grappes du Padus « Choke Cherries », les fruits du Ragouminier 
« Sand Cherry », petit Cerisier des îlots sablonneux, les baies de 
l'Airelle Canneberge « Cranberry », du Minnesota, et celles de 
l'Amélanchier nain «Dwarf Juneberry », importé de l'Alaska. 



CANADA 227 

La Ronce du Canada « Blackberry » est encore une ressource pour 
ces régions aux longs hivers. Des gens récoltent la Ronce dans les 
bois et y gagnent leur vie. Bien cultivées, les variétés Agawam, 
Bangor, Kittatiny, Lawton, Newman's, New Rochelle, Seneca, 
Snyder, Stone's Hardy, Thornless, Taylor's Prolific sont productives. 

La Framboise « Blackcap », produite par la Ronce d'Occident, 
utilisée en sirops, se concentre en partie sur les bonnes variétés 
American Black, Davidson, Doolittle, la fertile Mac Gormick, et la 
tardive Gregg résistant aux grands hivers. 

Notre Framboise « Raspberry » est populaire avec les fruits rouges 
Guthbert « Reine du marché », Turner, hâtive, Heebner, tardive, la 
pourpre Philadclphia, la jaune Golden Queen, excellente, les aurores 
Orange de Brinckle ou d'Ontario, agréables à tous usages. 

La Groseille à grappes « Gadelle » et le Cassis « Aurône » sont 
vendus pour les liqueurs, les gelées, les confitures. 

Les Groseilles à maquereau les plus recherchées sont celles qui 
paraissent indemnes du mildew, par exemple : 

Downing, blanc verdâtre ; Industry, rouge foncé ; 

Houghton Seedling, rose ; Smith's Improved, verte. 

Elles sont cultivées dans le Muskoka, de la province d'Ontario» 

La Vigne ne trouve pas toutes ses conditions vitales auprès de 
Québec, la saison d'été est trop courte ; mais le Raisin mûrit assez 
bien, du côté sud du fleuve, aux environs de Montréal et dans les 
bonnes situations d'Ontario. L'espalier lui est toujours réservé. 

On adopte les cépages Adirondac, Allen, Champion, Concord, 
Croton blanc, Delaware, El Dorado, Hartfbrd's Prolific, Jessica, 
rustiques en bois, précoces en maturité du fruit. 

VI. — Arbres et Plantes d'ornement. 

Nous ne toucherons pas à la sylviculture qui, cependant, influe" 
sur le développement des pépinières et des plantations. 

La Valeur annuelle de la production forestière canadienne est 
estimée à cent millions de francs, tant pour la consommation locale 
que pour l'exportation ; il paraît que 26,000 personnes sont em- 
ployées à cette exploitation. 

Les Fermes expérimentales de Nappan, Ottawa, Brandon, Indiaiv 
Head, Agassiz ont distribué des milliers de plants forestiers, jusque 
chez les Acadiens et sur les réserves des Sauvages. 

Les essences dominantes de la foret peuplent également les parcs ■ 



228 CANADA 

Le Frêne d'Amérique et l'Orme du Canada sont inscrits au cahier 
des adjudications de nos constructions navales. 

Le Chêne, le Hêtre, le Bouleau, le Tilleul, le Merisier sont en 
espèces robustes et industrielles. 

Le Mélèze, le Pin blanc et le Pin rouge s'expédient au loin, 
surtout le Pin rigide, qui fournit le « Pitchpin » du commerce. 

Parmi les Érables, l'espèce saccharifère, qui rapporte sept millions 
de francs, est à la fois utile et ornementale. 

Le Noyer noir ou cendré et le Pacanier alimentent l'ébénisterie, 
même le marché aux noix... 

Les Peupliers et les Saules sont exploités en massifs, en avenues, 
en taillis ou en bordures. 

Le Bonduc, le Févier, le Robinier, le Clavalier, le Négondo 
appartiennent plutôt au domaine de l'horticulture. 

La verdure perpétuelle des sous-bois provient du Thuia, du 
Genévrier, du Chamœcyparis, et, plus broussins, l'Airelle, l'Andro- 
mède, le Kalmia, le Lédon, gagnent les tourbières et les friches. 

L'arbusterie indigène ou étrangère meuble les jardins municipaux 
ou particuliers. Tandis que les façades se décorent des pampres 
carminées de l'Ampélopside ou des fleurs du Chèvrefeuille et de la 
Clématite, les bosquets attirent les regards des visiteurs sur les 
variétés robustes des genres suivants : 

Amélanchier. — Chamécerisier. — Cléthra. — Dierville. — Épine- 
Vinette. — Gainier. — Hydrangée. — Lilas. — Mahonia. — 
Pommier à bouquets. — Potentille. — Seringat. — Spirée. — 
Staphylier. — Sureau. — Symphorine. — Troëne. — Viorne. 
L'Hippophae, du genre Shepherdia, fixe les dunes et les falaises. 
Les Rosiers Portland, Rugueux, Moussus, Capucine, et la majorité 
des Hybrides y épanouissent leurs corolles. 

Le Journal Canadian Horticiilturist, par L. Woolverton, à 
Grimsby, Ontario, aide à leur vulgarisation. 

Quant aux fleurs, elles sont l'objet de soins de culture en été 
ou de conservation pendant l'hiver. 

Si les parterres brillent, en été, avec les Pélargoniums, les 
Œillets, les Pivoines, les Alcées, les Phlox, les Verveines, les 
Fuchsias, les Pétunias, les Campanules, les Chrysanthèmes et autres 
plantes vivaces ou annuelles, la serre retient en hiver toute la 
Flore exotique si jolie par son port, son feuillage ou sa floraison. 

Les Jardins botaniques d'Ottawa et de Montréal sont, en 
matière florale, de précieux foyers d'enseignement. 



"^^^ 



LE GAP 



■-XH 



56o,ooo kilomètres carrés. — i,55o,ooo habitants, 



Le Gap, colonie anglaise, dont le sol a vu naître, entre autres plantes 
de premier ordre, l'éblouissant Pélargonium zonale, des Cactées, 
des Liliacées, des Orchidées, de ravissantes Bruyères, toute une 
série d'arbustes et d'arbrisseaux, enfin des Glaïeuls qui, par le croise- 
ment, nous ont procuré des surprises..., le Gap nous intéresse 
aujourd'hui par ses vergers alimentant l'Europe à contre-saison. 

Une grande compagnie de navigation met à la disposition des 
cultivateurs fruitiers trois immenses vapeurs pouvant porter 
6,000 tonnes chacun, aménagés à cet effet et munis de puissantes 
machines réfrigérantes. Tous les ans, le matériel augmente. 

Pêches, Abricots, Figues, Grenades, Mangues, Bananes, Ananas 
arriveront en Europe, en tout temps, par cette voie sûre et rapide. 

La colonie et les territoires indigènes comptent i,5oo,ooo Pêchers. 

Le Raisin, accaparé par les navires, pour la consommation de 
l'équipage ou pour la fabrication du vin, et souvent pour la dessic- 
cation, occupe 20,000 hectares dans sept districts du Gap. 

Le cépage Muscat d'Alexandrie, « Haanepoot » est, aux environs 
de Montagu et de Robertson, affecté au passerillage. Le raisin sec, 
évalué à 100,000 kilogr., est expédié à l'Est, notamment à Kimberley. 

Le Chasselas vient en treilles ; le Muscat, le Pineau, le Gabernet, 
le Syrah donnent, au pressoir, des vins qui rappellent le Frontignan, 
le Bourgogne, le Médoc, l'Ermitage, dont ils sont la base. 

L'École d'agriculture de Constance est une pépinière expéri- 
mentale pour les cépages à cultiver. 

Le « Department Agriculture » se préoccupe de la création de 
vergers d'études pour les fruits dociles au transport. Sur ce point, il 
reste beaucoup d'améliorations à faire; mais les cultivateurs, tout 



23o LE CAP 

en se syndiquant, ont confiance dans la protection vigilante de 
l'Administration, et leurs espérances, certes, ne seront pas déçues. 

L' Agriciiltural Journal insiste auprès des colons sur les soins à 
donner à la récolte et à l'emballage des fruits. 

Dans l'Est, nous rencontrons l'Oranger qui, lui aussi, réclame une 
attention toute particulière ; on cite une récolte de seize millions 
d'Oranges. C'est la région de l'élevage des autruches qui a figuré, 
au tableau annuel de l'exportation, pour 27,350,000 francs de plumes 
de l'oiseau géant. Il paraît que, en ce moment, Oranges et autruches 
sont en baisse, comme quantité et comme valeur. 

L'Olivier croît dans les gorges et les ravias. Près des rivières, le 
Prunier de Gafrerie, Harpephyllum Caffrum, se développe. 

Les Légumes sont les nôtres ; la production d'une année : 
270,000 hectolitres de Pommes de terre, 55, 000 de Pois et Haricots, 
820,000 de Maïs, et une avalanche de 6 millions de Potirons, Melons 
et Pastèques donnent une idée de l'importance du revenu. 

Le Tabac rapporte jusqu'à 1,800 kilogr. de feuilles par hectare, le 
long de la côte, jusqu'en Gafrerie. Le sol riche se ressentirait-il des 
gisements de guano des petites îles voisines ? 

Les forêts, plus denses vers le Sud, sont peuplées d'Oreodaphne, 
« Stinkwood », de Podocarpus, « Yellow Wood », pour chacun 
un cinquième dans les conservations de Karysna et de l'Amatola. 

Le Gap nous envoie ses Gycas, ses Zamias, ses Fougères et exploite 
les arbres industriels, pour l'exportation. 

Les Ptœroxylon et les Gurtisia, à bois dur ; 

Les Pterocelastrus, Platylophus, Gunonia, pour l'ébénisterie ; 

L'Olea, pour coussinets et dents d'engrenage ; 

Le Milletia, de Natal, rappelant le palissandre ; 

L'Eheodendron, l'Olinia, le Myrsine, au bois coriace ; 

L'Ekebergia, bois de charpente, du district de Victoria. 

Notre compatriote, M. Vasselot de Régné, Inspecteur des Forets, 
appelé par l'Administration du Gap, a introduit avec succès dans la 
colonie nos Chênes et nos Conifères. Les Eucalyptus australiens 
destinés à boiser et à consolider les sables mouvants des côtes 
de l'Ouest, les Acacias mimosas aux écorces tannifères, des mêmes 
parages océaniques, qui déjà forment d'épais fourrés fréquentés 
par les Babouins ont également bien réussi. 

Les Jardins botaniques et d'essais, cités au chapitre Angleterre, 
continuent les tentatives d'acclimatation végétale et rendent des 
services à la colonie. 



^ 



CHILI 



7o3,2 16 kilomètres carrés. — 3, 000. 000 habitants. 



Par sa situation topographiquc et géologique, appuyée sur 
rescarpement des Cordillères pour se fondre dans le Pacifique, le 
Chili offre une grande variété de milieux et de conditions favorables 
ou rebelles à la végétation. 

Nos explorateurs botanistes connaissent en partie la valeur de ses 
richesses arbustives ou florales. 

Les colons n'ont pas manqué d'y importer nos bons fruits, nos 
excellents légumes. 

Le Gouvernement s'est préoccupé des moyens de répandre une 
bonne instruction agricole et horticole. 



I. — Enseignement agricole et horticole. 

Dès l'année i838, année de la fondation de la Société Chilienne 
d'agriculture, germa le projet de créer une Ferme modèle, dite 
Quinta Normal de agricultura. 

Ce projet ne fut réalisé qu'en 1842, époque où l'Etat acheta une 
ferme de 20 hectares, située aux portes de Santiago, et l'affecta à une 
École théorique et pratique de l'exploitation du sol, confiée aux 
soins de la Société d'agriculture. 

Après les vicissitudes causées par les tourmentes politiques, son 
installation prit assise en 1876, lors de l'Exposition de Santiago. 

L'inauguration eut lieu l'année suivante, en même temps que la 
France faisait revivre son Institut national agronomique, 



232 CHILI 

En ce moment, la direction de l'Établissement chilien est confiée 
à un brillant élève de notre Ecole nationale de Grand- Jouan, 
M. René Le Feuvre; son collègue Bernard est un des professeurs. 

En leur attribuant une médaille d'or à l'Exposition universelle de 
1889, le Jury de l'Enseignement agricole honorait nos compatriotes 
de suffrages mérités. 

La durée des Etudes est fixée à trois années. 

A l'enseignement pratique, la production des fruits et des légumes 
marche de pair avec la zootechnie et la botanique. 

Sur une surface totale de 126 kilomètres, le parc composé d'arbustes 
et de fleurs a pris dix hectares. 

Un magasin, destiné à la vente des graines de plantes d'utilité ou 
d'ornement, recueillies sur place, attire de nombreux clients. 

Un potager et un jardin fruitier alimentent le personnel de 
l'Ecole et les marchés voisins. 

Les pépinières d'arbres forestiers, d'alignement ou de parc 
occupent six hectares. 

Le verger est commencé avec les fruits de consommation, 
d'économie ménagère, de pressoir; il abrite les légumes de grande 
culture, Asperges, Artichauts, Choux, entretenus à la charrue, et les 
mères porte-graines. 

Un vignoble de 20 hectares se complète par des installations vinaires. 

Les avenues d'Eucalyptus et d'Araucarias empruntent 3oo mètres 
de longueur aux dix kilomètres de chemins carrossables. 

Le superbe Araucaria du Chili, Colymbea imbricata, y développe 
à merveille ses verticilles pittoresques, et le Cocotier du Chili, 
Jubœa spectabilis se couronne de palmes magnifiques sur un stipe 
hardi, aux proportions superbes. 

Des bouquets de bois de feu ou destinés à la construction ont été 
dispersés dans la campagne un peu nue de Santiago, avec les 
Eucalyptus, les Casuarinas, les Acacias, de provenance australienne, 
les Peupliers, les Robiniers, les Chênes, d'origine Nord-américaine. 

Un jardin d'hiver splcndide, des serres à multiplication, un 
parterre fleuriste reposent la vue et propagent une foule de 
plantes livrées aux amateurs qui veulent embellir leurs habitations. 

Le jardin botanique intéresse les agriculteurs et les jardiniers. 

Les champs de plantes médicinales ou industrielles, si précieuses 
dans l'économie rurale de l'Amérique du Sud, servent en même 
temps de base aux expériences d'engrais. 

Le chef-jardinier, qui seconde les professeurs dans leur œuvre, 
cultive des plantes potagères ou fruitières, indigènes ou d'une 
acclimatation facile. 



CHILI 2 33 

Parmi les légumes, citons l'Igname, la Tomate, l'Aubergine, 1« 
Piment, les Concombres, les Melons d'eau et Pastèques, la Pomme 
de terre, la Patate, les Haricots, Pois, Fèves, Lentilles, les Ognons, 
l'Ail, sans oublier les espèces vulgaires d'Europe, Laitue, Chou 
rouge, Rutabaga, Chou à jets, Chou-fleur, Poireau, Carotte, Navet, 
Panais, Radis, Céleri, Oseille, Épinard. 

Au jardin fruitier, l'Anone, le Citronnier, l'Olivier, le Bibacier, 
l'Oranger, le Plaqueminier, le Grenadier côtoient nos arbres 
favoris, Poiriers, Pommiers, Pruniers, Cerisiers, Pêchers, Abri- 
cotiers, Amandiers et même le Noyer, le Châtaignier, le Noisetier. 

Le Raisin de table occupe un premier rang au chapitre 
des études et de la production. 

Le trop plein de la consommation est expédié dans la région 
minière du Nord privée d'eau, cet élément indispensable de la 
végétation, ou sur toute la côte du Pacifique, jusqu'à Panama. 

Le Gouvernement chilien n'a pas voulu consacrer « Quinta 
Normal » exclusivement à l'enseignement ; il en a fait un centre de 
propagande. Par ses ordres, l'Institut a envoyé aux diverses 
municipalités, pour le boisement de leurs promenades, jusqu'à 
5o,ooo plants d'arbres et d'arbustes dans le cours d'une année. 

La subvention de l'État pour cet acte est de 10,000 piastres ou 
20,000 francs ; ses autres recettes s'élèvent au double, ce qui 
contribue à équilibrer son budget. 

Les ventes sur place et les envois intra ou extra-frontières, aussi 
bien que les expériences de laboratoire, viennent alimenter sa 
caisse, outre l'allocation ministérielle de 400,000 francs. 

Des Ecoles d'agriculture sont à Santiago, à Talca, à Chillan, à 
San-Fernando, à Conception, à Elguier, à Salamanca. 

Le jardinage est enseigné dans le but de propager la culture des 
végétaux, la connaissance des arbres et des plantes utiles. 

Sous l'impulsion de professeurs et de jardiniers français, il a été 
créé des pépinières nationales parfaitement agencées au point de 
vue des semis, des repiquages, du bouturage et de la greffe. 

Les élèves et les auditeurs de ces écoles rentrent ensuite dans leur 
famille ou exploitent, à leur tour, une propriété rurale, et 
deviennent ainsi des pionniers de l'agriculture raisonnée et de 
l'horticulture de rapport. 

II. — Fruits et Légumes. 

En général, le Chili, parfaitement irrigué, repose sur un sol riche ; 
ses eaux limoneuses lui constituent un engrais ; à peine le cultivateur 



a34 ghili 

est-il obligé de recourir aux guanos et aux salpêtres de la région 
nord pour entretenir la végétation. 

Les exploitations agricoles y sont étendues ; il en est qui couvrent 
io 5 ooo hectares. Les fruits et les légumes étaient primitivement 
cultivés pour le personnel ; on commence cependant à comprendre 
leur valeur au point de vue commercial. Les produits du potager 
et du verger, devenus plus importants, sont portés au marché ou 
livrés à des intermédiaires. 

L'industrie s'est également emparée du vignoble ; le Raisin appro- 
visionne la consommation ou se transforme par le passerillage, dans 
la proportion de 33 p. o/o de la récolte, destinée à l'exportation, 

III. — Arbres et Plantes d'ornement. 

La majeure partie des horticulteurs sont étrangers au pays. Dans 
les villes, le commerce de bouquets et de parures de fleurs pour 
les fêtes, les théâtres et les bals est assez lucratif. 

Les beaux jardins sont encore l'apanage des riches négociants ou 
des planteurs. Les villes ont de belles promenades. 

Il semblerait que l'indigène se contente de la flore locale, fort 
souvent représentée par les échantillons qui suivent : 

L'Abutilon et l'Escallonia, des provinces centrales ; 

L'Alonzoa, du Nord ; l'Azara, de Valdivia ; 

Le Berberis et le Pernettya, de Magellan ; 

Le Glerodendron, fleurissant au bord des ruisseaux ; 

Le Golletia, arbrisseau épineux, de Golchagua ; 

Le Desfontainea à feuille de Houx, charmant en fleurs ; 

Le Drimys et les Fagus toujours verts ; 

Le grand Eucryphia, de la province Conception ; 

Le Fabiana, spontané sur les Cordillères centrales ; 

Les Conifères : Fitz-roya, Libocedrus, Podocarpus, Prumnopitys, 
Saxe-Gotluea, aux formes originales ; 

Les lianes Cornidia, Eccremocarpus, Lapagcria, Lardizabala, 
Mutisia, Proustia, ïecoma, Tropa3olum ; 

Une légion d'Orchidées terrestres ; 

Les Fougères du Sud et de l'ile Juan-Fernandez ; 

Enfin, toute une collection de plantes herbacées : Galceolaria, 
Gunncra, Gyncrium, Oxalis, Salpiglossis, Schizanthus, etc. 



**^0?' 



DANEMARK 



-s--*--: 



38,3o2 kilomètres carrés. — 2,100,000 habitants, 

I. — Action de l'État. 

L'horticulture exploite environ 26,000 hectares au Danemark ; elle 
prospère aux abords des villes et dans la région sud des îles. La 
Fionie est nommée « le Jardin du Danemark ». 

La côte occidentale du Jutland, le nord du Limfjord, Ringkjôbing 
sont moins favorisés, comme toutes les situations trop exposées 
aux froids permanents, à la violence des vents de mer, aux sables 
mouvants, aux fjords et aux argiles glaciaires ; alors le paysan 
devient forestier et boise les endroits rebelles au jardinage, quand 
l'agriculteur n'a pu y installer ferme, bétail, laiteries, qui sont une 
richesse du Danemark agricole. 

Après l'Autriche et la France, la population agricole danoise est 
la plus nombreuse, par rapport à la population totale du territoire. 

Au commencement du siècle, le Gouvernement danois obligeait 
les cultivateurs à planter quelques arbres fruitiers, suivant l'exemple 
légué par les ancêtres du Souverain actuel. 

N'ont-ils pas rendu une ordonnance imposant au rural le devoir de 
créer des houblonnières, des vergers de Pommiers et de Poiriers? 

L'Etat encourage les institutions agricoles, l'enseignement et les 
Sociétés qui s'occupent des produits de la terre. Par ses soins, 
des primes sont distribuées, chaque année, aux défrichements, aux 
dessèchements, aux cndiguements, aux plantations et aux jardins 
les mieux tenus. 

Il a alloué une somme de deux millions de francs pour l'édification 
d'un nouveau Jardin botanique. , 



236 DANEMARK 



II. — Enseignement horticole. 

Deux Instituts agricoles et horticoles, installés à Copenhague, 
sont ouverts à l'enseignement théorique et pratique de l'arboricul- 
ture, de la dendrologie, de la floriculture, de la maraîcherie, de 
la forcerie des végétaux : 

i° L'Académie royale d'agriculture et d'horticulture; 

2° L'École supérieure d'horticulture de Rosenborg, annexée 
aux Jardins royaux. 

A cette dernière institution sont admis seulement les jeunes gens 
qui sont restés deux ans à l'Ecole supérieure agricole. Ils passent 
ainsi de la démonstration à l'application. 

Le Directeur de Rosenborg est M. Tyge Roth. 

Trois professeurs continuent les leçons de botanique, de physio- 
logie végétale, de construction de serres, d'architecture de parcs, de 
jardinage à légumes, de cultures forcées. 

Après la leçon, les élèves sont occupés dans les jardins, sous la 
conduite des chefs de travaux pratiques. 

Aux environs de Copenhague, à Vilvorde-Ordrup, un pépiniériste, 
M. Stephen Nyeland, a fondé, il y a une quinzaine d'années, une 
École particulière d'horticulture, où l'arboriculture fruitière 
occupe la première place. Les jeunes gens trouvent facilement à se 
placer ensuite. 

Depuis peu, des établissements analogues ont été créés à Stoevring, 
dans le Jutland, et aux environs de Nestved, sud de l'île Seeland. 

Les élèves jardiniers tâchent d'acquérir les connaissances suffi- 
santes pour l'obtention du certificat de capacité réclamé par les 
patrons horticulteurs ou amateurs. 

L'instruction pratique domine, mais les leçons d'un ordre supé- 
rieur résultent des cours de culture professés : 

A l'Université de Copenhague depuis le commencement du 
siècle ; 

A l'École polytechnique, depuis 1849 ; 

A l'École supérieure agricole et vétérinaire (cours libre), 
depuis i858. 

Cet Institut agronomique, occupant une surface de 20 hectares, 
s'est annexé un Jardin botanique et des champs d'expériences, qui 
tiennent les futurs médecins-vétérinaires au courant des plantes 
indigènes ou étrangères ; la nature des engrais à assimiler au sol ou 
à la plante s'y trouve étudiée. 



DANEMARK I^J 

On sait quels services cette honorable corporation peut rendre à 
la campagne, où elle obtient facilement la confiance de sa clientèle. 

L'horticulture figure encore dans le programme des quinze écoles 
secondaires d'agriculture « Landboskoler », de même que dans les 
« Folkehojskoler » ou écoles primaires supérieures, au nombre d'une 
soixantaine environ. 

Les principales des écoles secondaires rurales sont à Odense, à 
Lyngby, à Tune, à Noesgaard. 

L'organisation du potager, la création et l'entretien du verger, 
les plantations forestières et l'agencement d'une pépinière sont 
enseignés d'une façon pratique. 



III. — Sociétés d'horticulture. 

L'horticulture danoise est dirigée dans une bonne voie par les 
associations suivantes. 

La Société royale d'horticulture du Danemark, à Copenhague, 
fondée en 1769, composée de mille membres est à la tête d'un vaste 
jardin, avec serres, salles de séances et d'exposition, bibliothèque, etc. ; 
son fonds de réserve atteint 44°? 00 ° francs. 

Cette association, d'une activité remarquable, organise des exposi- 
tions, distribue aux adhérents des arbres fruitiers et des plantes 
d'ornement. Depuis 1864, elle a délivré aux petits propriétaires 
22,000 arbres fruitiers; de 1874 à 1888, elle a donné à ses membres 
n5,45o plantes, 3,232 arbres fruitiers, 1,260 paquets de graines. 

Avec une subvention spéciale de l'Etat, la Société décerne des 
primes aux petits propriétaires et aux ouvriers villageois dont les 
jardins sont le mieux cultivés; elle en a récompensé ainsi près de 
deux mille et a dépensé, de ce chef, une somme de 48,000 francs ; 
en même temps, elle a facilité le voyage à l'étranger, aux jeunes 
jardiniers désireux de s'instruire. 

L'horticulture trouve encore un vigoureux appui auprès de la 
Société royale d'agriculture danoise qui, en tout temps, a puis- 
samment contribué à vulgariser les connaissances techniques et 
les méthodes raisonnées de la culture et de l'exploitation du sol. 

Tous les trois ans, elle ouvre un Congrès agricole général, avec 
exposition, excursions, distribution de récompenses. 

Le Congrès lui coûte plus de 100,000 francs. 

Au début du siècle, la Société royale d'Agriculture ouvrait un 



2^8 bANÈMARK 

concours pour la rédaction d'ouvrages destinés à répandre l'horti- 
culture dans les campagnes. 

Pendant longtemps, elle a subventionné un jardinier chargé de 
faire des cours pratiques d'arboriculture et de maraîcherie au village. 

La Société jutlandaise d'horticulture, comprenant environ 
cinq cents membres et possédant à Aarhuus un jardin fruitier et des 
pépinières ; son but principal est la culture et l'exploitation des 
fruits de table ou d'économie. 

La Fédération des Jardiniers danois, comptant six cents 
membres, plus spécialement praticiens pépiniéristes, maraîchers, 
fleuristes ou jardiniers en maison bourgeoise. 

Son journal périodique est le Gartner Tidende. 

La Société d'exportation des produits horticoles ; son effectif 
approche mille membres. Le but qu'elle poursuit est la facilité 
et la garantie du commerce d'exportation de ses fruits et de ses 
légumes. 

L'organe de cette sorte de syndicat est le Vort-Havebrug. 

La Société d'assistance des Jardiniers, œuvre philanthro- 
pique, soutenue par sept cents membres, et prenant de l'extension 
par son but humanitaire envers les jardiniers âgés, malades ou 
infirmes, et soutenant les vieillards, les veuves, les orphelins. 

La Hortulania, société des Jardiniers de Copenhague ; environ 
3oo membres. — Séances mensuelles. 

Son journal périodique a pour titre Dansh Havebriigstidende. 

Le président actuel est M. Louis Hanschild, horticulteur à 
Copenhague. 

Dans ses locaux, la Société royale de géographie organisait, en 
avril i885, une Exposition de géographie botanique parfaitement 
réussie, sous la direction de Cari Hansen, professeur à l'Académie 
royale supérieure d'agriculture. 

Signalons encore la Société danoise des Landes, fondée en 1866, 
pour améliorer les landes du Jutland, par les irrigations et les 
boisements. 



IV. — Presse horticole- 

Les Sociétés, énumérées au paragraphe précédent, distribuent, à 
leurs membres, un bulletin journal rendant compte des faits sociaux 
et des principaux sujets d'actualité* 



DANEMARK 23a, 

A part ces publications, la presse horticole est représentée par 
trois Revues hebdomadaires : l'une d'elles est spécialement consacrée 
à la Pomologie. 

Plusieurs journaux politiques, comme le Nationaltidende, ouvrent 
leurs colonnes aux communications relatives à la science horticole. 

On recommande à la jeunesse rurale la lecture des ouvrages de 
J.-A. Dyhdal, H. Nyeland, Tyge Roth, A. Zeiner-Lassen, J. Jenssen,etc. 

Les questions de plantation et de boisement ont pour organe les 
revues et les bulletins publiés par les Sociétés agricoles, horticoles 
ou forestières et particulièrement : 

Le Journal d'économie rurale «Tiàskviîl for Landôkonomi », i8i5, 
organe de la Société royale d'agriculture ; 

Le Journal hebdomadaire des agriculteurs « Ugeskrift for 
Landmoend », i856 ; 

Le Petit Journal agricole « Landmandsblade », i858. 

— •— -5 — 5K— 5— •— 

V. — Jardins d'études et de plaisance. 

Les études botaniques, horticoles et sylvicoles sont d'abord 
préparées par les Jardins des Sociétés et des Écoles précédemment 
décrites. Elles sont continuées en se généralisant : 

Au Jardin botanique de l'Université, à Copenhague ; 

Au Jardin forestier-botanique de l'Académie royale et 
supérieure d'agriculture et d'horticulture, situé à Charlottenbund, 
près de Klampsenborg. 

Les végétaux y sont classés d'après leurs propriétés économiques 
ou industrielles. L'étiquetage en est dicté par leur distribution 
géographique. 

Ici, se trouve installé un Arboretum des espèces robustes, 
sylvicoles ou purement décoratives, de l'Ancien et du Nouveau- 
Monde. Les formes ou écarts, dits sous-variétés, n'y sont point 
négligés. A lui seul, le Ghamœcyparis de Roursier en a réuni 
plus de cinquante. Le Picéa présente ses dispositions étagées, 
pygméennes ou colomnaires. L'If et le Genévrier, spontanés sur 
quelques points, s'effacent devant cette avalanche de Pins, de 
Sapins, de Thuias,de Thuiopsis, de Séquoias qui font l'objet d'essais 
et de démonstrations. 

Les Conifères jouent un grand rôle dans l'économie forestière du 
Danemark et dans le sentiment décoratif des Parcs et des grands 
domaines. 

La Pinetum et l'Alpinum jouissent des faveurs du public, 



2/{o DANEMARK: 

Le Jardin forestier de Charlottenbund a même envoyé des plants 
à acclimater dans l'île d'Islande, au sol montagneux et volcanique, 
aux étés de trois mois sans nuits. 

Déjà le Sorbier s'y plaît, et ses baies fermentées fournissent un 
tonifiant ou stimulant apprécié de nos pêcheurs de morue. 

La Zélande septentrionale a reçu, vers la fin du xvm e siècle, des 
milliers d'arbres fruitiers extraits des pépinières administratives de 
Frédériksborg. A cette môme époque, le prince Jeorgen, propriétaire 
du château de Vordinborg, envoyait ses jardiniers cultiver les 
arbres des paysans pour mieux leur démontrer la manière de 
travailler. La Zélande du Nord -Ouest a conservé les précieux 
vestiges de cette incursion princière chez l'homme de la plèbe. 

Les Jardins Royaux ont été de tout temps de véritables jardins 
d'études pour leur personnel et pour le public. 

Parmi les Parcs instructifs et agréables à visiter, il faut citer : 

Le Jardin public, à Copenhague, toujours visité; 

Le vaste Parc de Frédéricksborg et son jardin zoologique; 

Le Parc du Palais royal de Rosenborg, un des plus anciens ; 

Le Parc Charlottenlund, habité par le Prince héritier ; 

Le Parc Bernstorf, palais d'été de la famille royale ; 

Le Parc Fadensborg, séjour habituel de la famille royale ; 

Le Parc d'Œrsted, créé sur d'anciennes fortifications décorées de 
statues, par le Mécène Jacobson ; 

Le Dyrehave, bois de promenade très fréquenté. 

Les hommes du métier voudront parcourir l'île de Fionie, si riche 
et si plantureuse, les cultures de l'île de Falster, entourées de haies 
vives tressées, et la pépinière d'Oresund qui avait fourni à l'Expo- 
sition Scandinave de 1888 les deux superbes Sapins du Caucase ou 
Sapins de Nordmann, placés à l'entrée du Concours. 



VI. — Production maraîchère. 

La culture des légumes s'est vite propagée sur les sols alluvion- 
naires du Danemark, à proximité des cités et des cours d'eau, 
d'autant mieux que la température est favorable à la maturité des 
semences et à leur qualité. 

Dans les villages, la grande culture potagère est admise et s'y 
développe, sous l'influence des brises marines. 

La Pomme de terre occupe 52, 000 hectares dans les champs et les 
jardins, et rapporte cinq millions d'hectolitres de tubercules. 



DANEMARK a/\l 

Une zone de jardins maraîchers entoure la capitale ; la plupart ont 
des cultures mixtes de légumes, de fruits, de fleurs, de semences et de 
plants de pépinières. 

Le potager fruitier est assez commun dans les îles danoises. 

Les marais de l'île plate et fertile d'Amague approvisionnent les 
marchés de Copenhague. Les Asperges, les Choux pommés, les 
Ognons, les Rutabagas d'Amague sont renommés ; plus d'une sorte 
est exportée vers Londres avec les Concombres et les Tomates. 

La maraîcherie aurait été importée dans l'île par des familles 
hollandaises qui vinrent y débarquer, il y a plus de trois siècles, le 
roi Christian les ayant autorisées à s'y installer, à la condition 
qu'elles y continuassent leur industrie. 

Nous n'avons pas besoin de dire que, ici comme partout ailleurs, 
la femme seconde courageusement le jardinier dans ses travaux. 

Les engrais sont fournis par le bétail, toujours abondant en 
Danemark, et par les détritus des eaux ou de la mer. 

Les espèces et variétés cultivées sont choisies parmi les plus robustes. 

Les forceries sont encore rares. A contre-saison, le sud de l'Europe 
fournit ses primeurs. Cependant les vineries déjà installées débutent 
par une récolte de Fraises et de Tomates. 

A l'exemple du cultivateur qui récolte, dans les prairies consacrées 
au bétail d'élevage et de laiterie, des semences de Graminées et de 
Légumineuses, le jardinier danois sait ajouter à son revenu la vente 
des graines potagères, florales et fourragères. Aussi l'on voit 
fréquemment les porte-graines disséminés dans son enclos. Choux- 
fleurs, Choux pommés, Carottes, Pois, Betteraves, Raves, Navets 
sont élevés dans ce but, et la récolte des semences est expédiée à des 
maisons de gros, sur divers points de l'Europe et de l'Amérique. 

La péninsule a des cultures potagères étendues à Steensballe, 
bailliage de Vejle. Les paysans transportent les légumes aux marchés 
de Vejle, Aarhuus, Horsens, et en retirent d'assez beaux bénéfices. 
Ils ont créé la Carotte de Steensballe, dont la graine est très 
recherchée au Jutland. 

Le voisinage des régions polaires influe sur la bonne et prompte 
maturité des graines. 

Quant au coloris modifié du feuillage et des fleurs, sous ce climat 
froid, aux courts étés, voici l'explication fournie par l'honorable 
M. Bert, de l'Administration des forêts : 

« La quantité de chaleur solaire reçue par la terre végétale n'est 
que les o,54 environ de celle qui est distribuée à l'équateur. La 
lumière est également moins intense, mais la grande durée du jour, 
en été, a pour effet d'accroître l'activité de la végétation. Les feuilles 

16 



242 DANEMARK 

et les fleurs présentent une coloration plus foncée et des dimensions 
plus fortes qu'aux latitudes moins élevées ; le développement des 
plantes s'effectue avec une grande rapidité. 

« La masse de matière végétale résultant de la fixation, par la 
lumière, du carbone provenant de l'acide carbonique de l'atmosphère 
est donc beaucoup plus considérable qu'on ne pourrait le penser au 
premier abord ; la culture des plantes qui n'exigent qu'une faible 
dose de chaleur, devient réellement alors profitable. Il y a surtout 
avantage à produire de l'herbe et du bois. » 

Parmi les plantes industrielles, le Tabac, le Houblon, la Chicorée, 
le Cumin et quelques espèces officinales sont du domaine de la petite 
culture. 

VII. — Production fruitière. 

Le continent et la zone littorale du Danemark sont assez bien 
garnis d'arbres fruitiers. Certains endroits, exposés aux raffales 
marines, réclament des abris de plantations forestières. 

La capitale est alimentée par les vergers de la péninsule et les 
arrivages des îles danoises qui, cependant, expédient beaucoup de 
fruits vers les ports de la Baltique et le marché de Saint-Pétersbourg. 

On rencontre des plantations séculaires de Cerisiers et Griottiers, 
pour l'industrie des conserves et des confitures, dans les bruyères du 
district de Lovskal, bailliage de Viborg. 

Après Copenhague et ses alentours, l'île de Fionie accentue le 
progrès de l'horticulture : sol généreux, climat favorable, abri des 
vents d'ouest, surtout vers la région sud. 

Les bailliages d'Odense et de Svendborg se font remarquer par 
Tétendue des jardins, leur bonne tenue et la valeur du produit. 

Il ne faut pas oublier, vers le nord de l'île, Middelfort, ville 
renommée pour ses houblonnières, et Hofmansgave, où certaines 
plantations fruitières prennent de l'extension ; par exemple, le Poirier 
greffé sur Cognassier, le Pommier sur Doucin ou sur Paradis. 

Les petites îles Fausinge et Langeland, voisines de Fionie, ont 
également des propriétaires qui distribuent des plants fruitiers aux 
paysans. Les espèces à pépins fournissent des- fruits destinés à la 
consommation locale, au pressoir ou à l'exportation. 

L'île de Seeland a son industrie fruitière auprès des villes mar- 
chandes de Presto et de Vordingborg ; elle est florissante dans les 
villages de Sandvig, de Kragevig, de Pjederoed qui expédient 
i,5oo hectolitres de Pommes et de Poires à Copenhague, 



DANEMARK 2/p 

Les variétés de Pommiers dominantes, de ces parages, sont : 

Aagesable. Fraise de Slesvig. 

Calville d'Automne. Gravenstein. 

De Fer. Nonnetille. 

De Fontaine. Rouge, etc. 

Les Poires locales plus répandues se nomment : Skjensved Birne 
et Moltke, et la Poire des Allouettes pour la cuisine ou le pressoir. 

Les bons fruits nés en France, en Belgique, en Angleterre, en 
Russie, distribués aux cultivateurs et aux pépiniéristes, ont déjà fait 
leur apparition au marché populaire. 

Les Cerises et les Griottes à confire sont récoltées sur les calcaires 
qui entourent la butte de Stevns, les Guignes et les Bigarreaux 
arrivent du Lac de Fruirsoen et des alluvions du bailliage de 
Frederiksborg. 

La région continentale et les iles danoises offrent quelques bonnes 
stations au Prunier, à ses espèces robustes cultivées de pied franc 
ou greffées. Le fruit sert à la distillation ou au séchage. 

Grâce aux faveurs du climat insulaire et à l'abri de criques et de 
contreforts, le Pêcher, l'Abricotier, le Figuier, là Vigne, en variétés 
précoces, ont pu s'installer dans quelques coins privilégiés. 

Sous verre, des grapperies ont été organisées par des Anglais ; ils 
les entretiennent et les exploitent à leur profit. 



VIII. — Fleurs, Pépinières et Serres. 

La bourgeoisie danoise a un goût prononcé pour les propriétés 
plantées d'arbres et d'arbustes, et pour les belles plantes vertes ou 
fleuries à cultiver sous verre ou dans l'appartement. 

Une partie des établissements d'horticulture du Danemark est 
groupée aux environs de Copenhague. Les bailliages d'Odense, de 
Svenborg, de Proesto, de Maribo, d'Aarhuus sont réputés pour leurs 
jardins et leurs pépinières. 

On y cultive de grandes quantités de plantes choisies parmi les 
quelques espèces les plus demandées, principalement : Aralia, Aspi- 
distra, Bégonia, Camellia, Coléus, Cycas, Cyclamen, Dattier, Erica, 
Figuier, Fuchsia, Hellébore, Hortensia, Pélargonium, des Bromé- 
liacées, enfin des Rosiers pour la culture forcée. 

Un fleuriste multiplie les Muguets et les exporte en Amérique. 

La production des Ognons à fleurs, façon Hollande, donne des 
espérances aux jardiniers. 



244 DANEMARK 

Les fêtes de Noël suscitent une importation de Roses et de Lilas 
de France. 

Le transport des produits horticoles se fait généralement par 
voitures fermées ou vitrées. 

D'importants établissements cultivent les Choux-fleurs pour la 
graine et possèdent des pépinières d'arbres d'ornement et d'arbres 
fruitiers; beaucoup de ces derniers sont achetés par la Suède. 

Les divers produits des serres et des pépinières alimentent non 
seulement le commerce intérieur, mais encore l'exportation qui tend 
à s'accroître. 

Le climat relativement doux et la bonne qualité de la terre 
du littoral destinent le, Danemark à fournir aux planteurs suédois 
ou russes leur provision de végétaux, tels que de robustes Palmiers, 
des Cycadées, des Pélargoniums, même des Rosiers, aussi bien que 
des Sapins, des Rétinosporas, des Houx et des Lauriers. 

IX. — Bois et Forêts. 

Les forêts représentent encore une puissante production végétale 
qui s'entretient et s'accroît, grâce aux travaux incessants du service 
forestier. 

Peuplées en majeure partie de Hêtres et de Chênes, dont quelques- 
uns atteignent des proportions monumentales, les deux cent mille 
hectares de forêts rapportent annuellement 800,000 stères de bois. 

On rencontre aussi de beaux spécimens d'Abies, de Picea, de 
Pinus, qui entrent pour un cinquième dans le peuplement. 

Grâce aux essais d'acclimatement dus à M. le professeur Cari 
Hansen et à des arboriculteurs distingués, on emploie des Conifères 
rustiques venant de Russie ou d'autres pays septentrionaux, pour 
garnir les forêts à clairières stériles et boiser certaines contrées 
dont la température rigoureuse refusait, jusqu'alors, à favoriser la 
végétation des espèces aborigènes. 

Le climat maritime du Danemark se prête admirablement d'ailleurs 
à la culture des essences résineuses ou feuillues. 

De remarquables massifs, dont la ramure imposante et vivace se 
profile sur les horizons brumeux de la Raltique, donnent à certaines 
parties du paysage danois un caractère sauvage, pittoresque, étrange 
ou grandiose, qui a inspiré à William Shakespeare une de ses plus 
belles tragédies ! 



ESPAGNE 



:~*~S- 



495,000 kilomètres carrés. — 18,000,000 habitants. 

I. — Action de l'État. — Enseignement. 

Le climat exceptionnel de l'Espagne permet à cette nation de 
tenir un rang honorable dans l'horticulture de l'Europe. 

Désireux de progresser, le Gouvernement inscrit l'horticulture 
au programme de ses institutions agricoles à tous degrés. 

La dendrologie fait partie des connaissances exigées des ingénieurs 
agronomes qui, depuis 1879, ont pour mission d'examiner les projets 
de travaux et les études sur le phylloxéra, d'évaluer les récoltes, 
d'organiser tes expositions, etc. Ces ingénieurs sont sous la direction 
du Ministère et se tiennent constamment en relations avec les 
assemblées provinciales agricoles. 

Nous retrouvons l'arboriculture au programme des Lycées et de 
l'École centrale d'agriculture, Institut Alphonse XIII, à Madrid, 
qui fournit un corps auxiliaire du service agronomique, et envoie des 
titulaires aux chaires de culture entretenues aux frais des villes 
dans la Vieille-Castille, la Nouvelle-Castille, l'Andalousie et les 
provinces de Léon, d'Estramadure, de Galice. 

L'Institut agricole Alphonse XII, qui relève du Ministère du 
Commerce et de la Direction générale de l'Agriculture, est un centre 
de propagande ; les plantes nouvelles y sont étudiées, et l'on y fait 
aussi des distributions de graines et de végétaux recommandables. 

L'Institut agricole Catalan, à Barcelone, a compris dans ses 
conférences les jardins et les vignes; cette puissante association 
de la Catalogne est secondée par la Société d'horticulture. 

Les Ecoles spéciales de Valence et de Saragosse ont un cours de 
jardinage allié à l'agriculture. 



246 ESPAGNE 

Depuis 1876, toutes les Ecoles primaires, secondaires ou spéciales 
enseignent les éléments de l'agriculture, conformément aux lois. 

Chaque province doit posséder une ferme modèle et une station 
agronomique ; les principales sont celles de Séville, de Grenade, de 
Saragosse, de Valladolid. On y forme des chefs de culture, des 
jardiniers et des vignerons qui trouvent facilement un emploi 
libre ou attaché à une administration. Quelques-uns se sont déjà 
essayés aux démonstrations ou à la propagande de l'art des jardins. 

Une École forestière est ouverte à Madrid. La pépinière d'élevage 
en est le corollaire obligatoire. 

Enfin, le travail du vignoble et du verger est enseigné à l'École 
d'agriculture et de commerce de Villablino, fondée en 1886, dans 
la province de Léon, par Francisco Fernandez Blanco. 

Le Jardin botanique de Madrid, illustré par Gavanilles, a des 
cours de botanique professés depuis un siècle. 

Au Jardin botanique de Valence, le personnel et d'anciens 
membres de la Société La Flora traitent la question des arbres 
fruitiers, y compris les Orangers et la Vigne. 

Les Jardins botaniques de Barcelone, de Séville, de Grenade ont 
des végétaux assez rares dans leurs collections. Les leçons et les 
démonstrations plaisent à la jeunesse et aux amateurs. 

Une Société purement horticole, La Gardénia, a été fondée à 
Madrid, mais plutôt par la classe ouvrière, dans un but d'assistance 
et de secours mutuels. 

II. — Production maraîchère. 

La plaine, la montagne, la mer donnent un aspect pittoresque au 
pays, modifiant sensiblement le genre de cultures ou de produc- 
tions, ainsi que les moyens de travail. De Barcelone à Cadix, c'est 
une succession de jardins, de plantes odoriférantes ou médicinales, 
de potagers et de vergers d'un grand rapport. 

Les provinces de Burgos, de Barcelone, de Léon, de Madrid, de 
Murcie, de Saragosse, de Tolède, de Zamora sont productrices de 
fruits et de légumes de consommation ou de commerce. 

La chaleur plus vive et plus régulière des îles maritimes y fait 
mûrir la Banane, l'Ananas, les primeurs. 

Alicante, Dénia, Malaga, Santander et Vigo embarquent les 
conserves de fruits ou de légumes pour l'Amérique du Sud. 

Les potagers sont entourés d'arbustes ou défendus par une bordure 
d'Agaves, et les brise-vents naturels ou en roseaux y ont leur utilité, 



ESPAGNE 247 

L'arrosage est secondé par des norias emplissant des réservoirs où 
l'ouvrier vient puiser l'eau. En plaine basse, on se contente de rigoles 
alimentées par les rivières, fournissant l'eau jetée à l'écope. 

L'épandage des engrais est encore à l'état primitif. Afin de simpli- 
fier le travail, le jardinier recherche les terres fertiles et le voisinage 
des rivières. Des exemples existent à Torquemada, qui approvisionne 
Valladolid et Burgos.Les riches sols de Séville ont été ainsi utilisés. 

L'emploi des engrais chimiques s'accentue chaque année. 

Des provinces moins importantes, Huesca, Goruna, Ciudad-Real, 
ont une population maraîchère laborieuse. Elle est considérable à 
Valence, à Grenade, à Murcie. 

En général, l'activité culturale règne autour des centres de popu- 
lation et des voies commerciales ou des marchés. Ici, le métier 
d'agriculteur se confond volontiers avec celui d'horticulteur. 

En grande culture, le Maïs produit i5 millions d'hectolitres ; la 
Fève, 1,400,000; le Pois chiche « Garbanzo », 700,000. 

Valence et Murcie fournissent à Madrid les premières Fraises, les 
Asperges, les Tomates, les Ananas, l'Ail, les Concombres de primeur. 

Le Haricot vert d'Espagne arrive bon premier à Paris. 

Dans les provinces du centre, les Choux, les Ognons, les Pommes 
de terre, les Haricots, les Lentilles, les Artichauts, les Carottes, les 
Panais, l'Arachide approvisionnent copieusement les marchés. 

Plus au sud, les Melons, les Concombres, les Pastèques, les 
Tomates, les Piments, les Aubergines occupent de grandes surfaces 
pour l'exportation. L'Ananas y obtient quelque succès. 

Avec un sol frais et un soleil chaud, le Souchet comestible, dont 
le petit tubercule contient 28 pour cent d'huile, 14 de sucre, 29 de 
fécule, a donné par hectare 8,000 kilogr. de tubercules verts, dont 
les principes sucrés et féculents ont pu être convertis en alcool. 

Le Canna et le Gombo ont déjà paru aux étalages madrilènes. 

Aux stations balnéaires, comme Caldetis, le jardinier produit des 
Patates, des Tomates, des Piments et de bons légumes de saison. 

III. — Production fruitière. 

La caractéristique fruitière de l'Espagne, c'est l'Oranger; cet arbre 
se trouve bien sous un ciel ardent, attiédi par la brise et les vapeurs 
marines ; il y devient luxuriant et fécond. Les pépinières suffisent 
à peine à répondre aux besoins des planteurs. Faut-il ajouter que, 
là-bas, l'Oranger est semé, planté, greffé en plein vent et venç|u à, 
racines mies ? 



248 ESPAGNE 

La vallée du Jucar Aleira, les provinces d'Andalousie, de Castille, 
de Catalogne ont des orangeries de rapport. 

La Murcie exporte ses oranges en Russie. 

Les Baléares sont peuplées d'étrangers qui admirent les orangeries 
et se reposent sous leurs ombrages parfumés. Après ces îles, on classe 
Séville et Tarifa ; mais la haute réputation est à Valence et à Garcagenta. 

A celle-ci le produit, à celle-là le renom. La culture s'y trouve 
parfaitement étudiée et le profit ne se fait pas désirer. 

Ne touchez pas à l'Oranger de Valence, et vous serez respecté ! Le 
propriétaire l'entoure de soins, améliore son sol et travaille à perfec- 
tionner son exploitation en simplifiant les rouages. Le prix de revient 
a gagné sensiblement de ce côté. 

Quelle fortune pour la province, et combien son arbre favori est 
considéré ! Pour lui, le roc saute, la friche se transforme et l'arbre 
aux Pommes d'or se substitue aux Oliviers, aux Pins, aux Caroubiers. 
De 1860 à 1880, la culture orangère des jardins valenciens s'est élevée 
de 2,5oo hectares à a5,ooo. 

A cette dernière date, la statistique constatait une production 
annuelle de 80,000 tonnes de mille kilogrammes d'Oranges, 
représentant un chiffre de dix millions de francs. Depuis, il en a 
été embarqué, de juillet 1886 à juillet 1887, par les divers ports de 
la province, une quantité de 1,578,067 caisses, non compris les 
transports par voie ferrée et par les petits voiliers, soit encore 
i5o,ooo caisses dirigées sur Marseille, Londres, Liverpool. 

Aujourd'hui, Valence envoie i5,ooo,ooo d'Oranges à Paris. 

En vingt années, Garcagenta, ligne de Valence-Madrid, a triplé sa 
population. Il lui faut des bras pour cultiver l'Oranger, et l'exploita- 
tion de F Oranger s'étend pour occuper les arrivants, enrichissant 
plaines et coteaux, sols sablo-argileux ou argilo-siliceux additionnés 
de carbonate de chaux, terrains arrosés par les norias ou par le 
fleuve Jucar. C'est le Jardin des Hespérides. 

Cette végétation luxuriante est attribuée au sujet porte-greffe, le 
Bigaradier, plus robuste et plus vigoureux que les anciens types 
employés au grellagc. 

L'engouement pour le plant de Bigaradier est si grand que le 
fruit a vu décupler son prix pour la fourniture des pépins à semer. 

Si le Mandarinier ne prend pas la même extension, cela tient à la 
nature du fruit qui, par le fait de sa maturation rapide, vient encom- 
brer le marché et ne dure pas assez longtemps. 

Dans les vallées visitées par le vent du large ou de la montagne, 
les orangères, orangeries ou orangeraies sont tenues à basse tige. 

Partout l'Oranger rend en espèces sonnantes les bons soins qu'il 



ESPAGNE 249 

reçoit. Un hectare compte 25o arbres environ. A cinq ans, la fructifi- 
cation commence ; à dix ans, le capital d'installation est couvert, et 
à vingt ans. chaque sujet produit "une moyenne de 5oo fruits. En bonne 
année, un hectare planté d'arbres espacés de six mètres peut, dans 
ces conditions, rapporter 40,000 kilogr. d'Oranges. 

La vente du fruit se fait en bloc ou à des commissionnaires. Parfois, 
le propriétaire expédie directement au port ou fait vendre à la criée. 

La cueillette commence vers le i5 octobre et se termine à la mi- 
juin. Les premiers fruits se vendent mieux, et sont affectés aux desti- 
nations lointaines pour les approvisionnements des fêtes de Noël et 
des étrennes. N'est-ce pas l'époque où Paris reçoit, pendant un mois, 
quinze millions d'Oranges, et la modeste fruiterie du dernier hameau 
n'en exhibe-t-elle pas à sa fenêtre ? 

Aussitôt cueilli, le fruit est trié et classé ; les qualités sont les 
mêmes, la grosseur et l'aspect du fruit établissent la différence. Le 
surchoix est emballé en caisses plates ; le premier choix en caisses 
bombées plus grandes; Paris les accapare. Viennent ensuite les 
caisses pour Londres et Liverpool. Enfin, l'ordinaire est emporté 
en panier ou en vrac, par de petits caboteurs qui suivent les côtes 
espagnoles pour débarquer à Port-Vendres, à Marseille, à Toulon. 

Citrons et Limons, Bergamotes, Pamplemousses, Bigarades sont, 
dans quelques provinces, cultivés pour l'industrie. 

L'Olivier occupe 1,200,000 hectares et devient le pourvoyeur des 
huileries de la province de Valence, de la Murcie, de l'Andalousie. 

Le Figuier vit dispersé ou groupé, à l'abri des bourrasques et des 
gelées. Son fruit frais arrive en bannettes au marché. Séché, il 
devient l'objet de transactions importantes. Lérida et Albuma sont 
des centres renommés de production. 

L'Aragon et la Catalogne sont propices à l'Amandier. 

Le Cognassier se plaît dans la région aragonaise. 

Quant aux espèces à noyau, elles sont là dans leur élément ; les 
variétés précoces ou fertiles ont leur marque sur les marchés du 
Nord : Abricot de Tolède, Cerise de Huelva, Pêche d'Aragon. 

Paris reçoit d'Espagne ses premiers Abricots. 

Le Dattier, le Bibacier, le Plaqueminier, l'Anone, le Grenadier 
fructifient non loin des orangeries de Valence et sur les plages de 
l'Andalousie, de la Grenade, de Murcie, vivifiées par le soleil. 

Près de la côte méditerranéenne, Elche, station d'Alicante à 
Murcie, a de superbes et fructueuses plantations de Dattiers. 

La Châtaigne de la Galice et de la Biscaye traverse la frontière. 

La région basque produit des Noix, des Noisettes, des Poires, des 
Pommes, et fabrique du cidre. 



3 5o ESPAGNE 

A peu près partout, le Raisin est l'objet d'un commerce régulier, 

Les beaux cépages de table sont les suivants : 

Raisins blancs : Albillo de Madrid, Alumeca, Béni - Salem (des 
Baléares), Listan, Mantua Castillan, Muscatello, Ugni blanc. 

Raisins noirs : Aramon, Bastarde menudo, Spiran noir. 

Le Raisin est envoyé au marché, aux gares et aux ports de mer. 

Le cépage à gros grain ovoïde blanc nacré, Muscat d'Alexandrie, 
est transformé par le passerillage en « Raisin Damas » et dirigé vers 
l'Angleterre. L'emballage en tonnelets, par lits alternés avec des 
couches de liège moulu, est d'un heureux effet. Pendant une saison, 
Malaga a expédié pour vingt millions de francs de Raisins. 

Le petit Raisin de Gorinthe séché prend la même direction ou 
s'arrête en France, il est destiné aux pâtisseries et aux boissons. 

L'industrie du fruit confit ou candi est très prospère en Espagne. 

L'île de Cuba, colonie espagnole, envoie aux Etats-Unis des 
Bananes évaluées au total de dix millions de francs. 

IV. — Les Arbustes et les Fleurs. 

Par sa végétation, ses montagnes et le voisinage des deux mers, 
l'aspect général de l'Espagne est pittoresque et varié. 

La plantureuse Andalousie tranche avec la brûlante Gastille, et les 
Asturies boisées se différencient des steppes de la Manche ou de Léon. 

Les cimes, les plateaux, les sols déclives sont couronnés par des 
Châtaigniers, des Caroubiers, des Oliviers de rapport. 

En massifs, le Pin maritime fournit la résine ; le Chêne-Liège, son 
écorce subéreuse au grain fin et serré. L'Estramadure et les Baléares 
expédient le Café de glands doux, produit d'un Chêne vert. 

Des établissements horticoles se sont formés ; ils approvisionnent 
les cités, les villas, les jardins, les parcs, les appartements. 

En dehors de nos grands arbres habituels, on plante l'Araucaria, 
quelques Palmiers, l'Eucalyptus, le Sterculia, le Phytolaque, le Molle 
Schinus.ïue Séquoia ou Wellingtonia de Californie, le Cèdre et d'autres 
conifères exotiques viennent rejoindre le Sapin Pinsapo andalous. 

Le Nérium épanouit ses corolles à côté des panicules lilacées du 
Lagerstrœmia indien ou des grappes jaunes des Mimosas australiens. 

Les parterres sont constamment fleuris de Camellias, d'Azalées, 
de Roses, d'Œillets, d'Hortensias, de Fuchsias, de Lantanas, de 
Sauges, de Primevères, d'Héliotropes, 4e Lis, d'Amaryllis..., et 
d'une foule de plantes annuelles ou vivaces. 



^* 



ETATS-UNIS 

9,212,800 kilomètres carrés. — 68,000,000 habitants. 

I. — Action de l'État. 

Les États-Unis comptent quatre millions d'exploitations rurales ; 
les trois quarts sont gérées par les propriétaires. Les légumes et les 
fruits entrent pour une large part dans les cultures de profit. 

La valeur totale des récoltes et des produits de la ferme atteint 
vingt milliards de francs; un dixième au moins est destiné à l'expor- 
tation. 

Le chapitre général : Légumes, Fruits, Fourrages, Tabac, Houblon, 
Sucre, etc. dépasse quatre milliards, dont cent vingt-cinq millions 
seulement appartiennent à l'exportation. 

Le Gouvernement fédéral laisse à chaque Etat de l'Union une 
certaine initiative, mais la direction appartient au Département 
autonome de l'Agriculture, à Washington. 

Le Secrétaire de l'Agriculture adresse, chaque année, au Président 
de la Confédération un rapport général, à la publication duquel le 
Congrès affecte i,5oo,ooo francs. Ce document annuel vient compléter 
le bulletin mensuel de statistique agricole et horticole émanant 
du service central, qui occupe, de ce fait, une soixantaine d'employés 
et quinze mille collaborateurs permanents. 

Le Ministère « Department of Agriculture » comporte entre autres 
les Divisions suivantes : 

Statistique. Ornithologie et « Mammology ». 

Entomologie. Pathologie végétale. 

Chimie. Forêts. 

Botanique. Semences. 

Pomologie, Jardins et terrains d'essais, 



252 ÉTATS-UNIS 

Puis, la Comptabilité, la Publicité et les Archives, le Muséum, les 
Offices du Secrétariat et des Stations d'expériences, les Bureaux des 
Industries animales et de la Climatologie, etc. 

Examinons le rôle des sections qui nous intéressent davantage. 

La Division de Botanique s'occupe de recherches concernant 
les productions végétales du pays, leur application à l'économie 
rurale, et poursuit un travail analogue sur les végétaux étrangers, 
avec l'indication des plantes utiles ou nuisibles. 

L'Herbier et le Muséum du Ministère sont confiés à ses soins. 

La Division de Pathologie étudie les maladies cryptogamiques 
ou autres des végétaux et publie des rapports instructifs. 

La Division de Pomologie a dans ses attributions tout ce qui 
intéresse la culture des arbres fruitiers et la connaissance des variétés 
de fruits à propager. 

Des collections plastiques ou chromolithographiques la secondent 
dans son œuvre. 

Le commerce des fruits frais ou préparés et l'industrie de la des- 
siccation, des conserves, du séchage, en un mot, l'utilisation des 
récoltes fruitières, sont les principales préoccupations de cette 
Division. Sa correspondance est considérable. 

La Division des Semences distribue pour 5oo,ooo francs de 
graines par année. De 1884 à 1889, elle avait ainsi répandu 200,000 kg. 
de semences aux cultivateurs, directement ou par l'intermédiaire 
des associations, des Sénateurs, des Représentants, des délégués aux 
congrès ou des agents de statistique, ceux-ci au nombre de 200. 

Les plus grandes précautions sont prises pour le choix des 
espèces, l'achat des semences, l'essai de leurs facultés germinatives, 
les instructions données aux fermiers et aux jardiniers. Des rapports 
minutieux et comparatifs sont ensuite publiés sur les résultats de 
cette dissémination de céréales, de fourrages, de légumes, de plantes 
officinales ou économiques... au milieu de conditions si différentes 
de sol et de climat. 

La Division des Jardins et des Terrains cultive en pleine 
terre ou sous verre les arbres et les arbustes de première utilité : 
Caféiers, Cotonniers, Dattiers, Manguiers, Oliviers, Orangers, 
arbres à Thé, aussi bien que les espèces d'Europe ou d'Asie, et elle 
les propage au moyen de jeunes sujets expédiés par la poste. Près 
de 100,000 plants d'utilité ou d'ornement sont envoyés chaque année 
sur tout le territoire, avec des instructions sur leur mode de culture. 

Le matériel du jardinage est dans ses attributions. 

L'Office des Stations d'expériences centralise tous les 
rapports qui lui sont fournis par les 4°° inspecteurs des Stations 



ÉTATS-UNIS 253 

expérimentales, et les publie avec commentaires. Le Gouvernement 
fédéral lui alloue un crédit de quatre millions de francs, augmenté 
d'un cinquième fourni par le budget de chacun des Etats de 
l'Union. 

Les horticulteurs sont renseignés sur la valeur des méthodes de 
culture, sur le mode d'emploi des engrais et le mérite des végétaux 
nouvellement importés et recommandés. 

Le traitement des chefs de division est de io,5oo francs environ. 
Le Ministre touche 40,000 francs, son « Assistant » 24,600 francs. 



•HJH' 



II. — Enseignement horticole. 



L'horticulture est enseignée dans les Stations expérimentales et 
les Collèges ou Écoles d'agriculture. 

Des professeurs spéciaux d'horticulture et de botanique sont 
attachés à ces établissements ; un jardin d'essai ou un champ 
d'expériences s'y trouvent annexés, conformément à la législation 
fédérale, acte de 1887 complétant l'acte de 1862. 

La physiologie des plantes, l'étude des végétaux cultivés, leur 
utilisation, les espèces nouvelles à connaître, l'analyse du sol, 
l'application des engrais sont inscrites au programme, dont la devise 
semblerait être : « Propager, répandre les bons principes agricoles, 
d'après la science moderne. » 

Le gouvernement des Etats-Unis donne à chaque Etat une surface 
de terrain proportionnée au nombre de représentants qu'il fournit 
au Congrès, et y installe un ou plusieurs collèges d'agriculture. 

La subvention fédérale, basée sur le concours matériel et financier 
de l'État particulier, vise tout spécialement l'annexion des stations 
aux collèges. Un acte de 1890 en a augmenté la dotation. 

Des rapports trimestriels sont publiés et livrés à la presse, après 
leur envoi au Ministre ou Secrétaire de l'Agriculture et au Secrétaire 
du Trésor des États-Unis. 

A noter la défense absolue d'établir une distinction entre les étu- 
diants de race ou de couleur. 

Les premières stations créées, de 1875 à 1880, appartiennent aux 
États de Connecticut, de la Galifornie, de la Caroline du Nord, de 
New- York, de New- Jersey. 



204 



ETATS-UNIS 



Voici le tableau des Collèges d 
Alabama. — Auburn. 
Arizona. — Tucson. 
Arkansas. — Fayettevillc. 
California. — Berkeley. 
Colorado. — Fort GoIHrs. 
Connecticut. — Mansfield. — ; New 

HaveR. 
Delà w are. — Newark. 
Florida. — Lake City. — Tallahassee. 
Georgia. — AtheRS. 
Idaho. — Moscow. 
Illinois. — Champaign. 
Indiana. — La Fayette. 
Iowa. — Ames. 
Kansas. — MaRhattaR. 
Kentucky.— Lexington.— Frankfort. 
Louisiana. — BatOR Rouge. — New 

OrleaRS. 
Maine. — Orono. 
Maryland. — Collège Park . 
Massachusetts. — Amherst. 
Michigan. — Agricultural Collège. 
Minnesota. — Minneapolis. — St. 

Anthony Park. 
Mississippi. — Agricultural Collège. 

— Westside. 
Missouri. — Columbia.— Jefferson Cit. 



agriculture classés par État : 
Nebraska. — Lincoln. 
Nevada. — Reno. 
New Hampshire. — Hanover. 
New Jersey. — New Brunswick. 
New Mexico. — Las Cruces. 
New York. — Ithaca. 
Nortii Carolina. — Raleigh. 
Nortii Dakota. — Fargo. 
Oiiio. — Columbus. 
Oklaiioma. — Stillwater. 
Oregon. — Corvallis. 
Pennsylvania. — State Collège. 
Riiode Island. — Providence. — 

Kingston. 
South Carolina. — Clenison Collège. 

— Orangeburg. 
South Dakota. — Brookings. 
Tennessee. — Knoxville. 
Texas. — Coll. Station. — Prairie View. 
Utah. — Logan. 
Vermont. — Burlington. 
Virginia. — Blacksburg. — Hampton. 
Washington. — Pullman. 
W.Virginia. — Morgantown. — Farm. 
Wisconsin. — Madison. 
Wyoming. — Laramie. 



Les Stations expérimentales d'agi 

Alabama. — Auburn. — Uniontown. 
Arizona. — Tucson. 
Arkansas. — Fayettevillc. 
California. — Berkeley. 
Colorado. — Fort Collins. 
Connecticut. — New Haven. — Storrs. 
Delaware. — Newark. 
Florida. — Lake City. 
Georgia. — Experimcnt. 
Idaho. — Moscow. 
Illinois. — Champaign. 
Indiana. — La Fayette. 
Iowa. — Ames. 
Kansas. — Manhattan. 
Kentucky. — Lexington. 
Louisiana. — Audubon Park. — New 
Orléans. — Bâton Ronge. — Calhoun. 
Maine. — Orono. 
Maryland. — Collège Park. 
Massachusetts. — Amherst. 
Michigan.— Agricultural Collège. 
Minnesota. — St. Anthony Park. 
Mississippi. — - Agricultural Collège. 
Missouri. — Columbia. 
Montana. — Bozeman. 



iculture sont les suivantes : 

Nebraska. — Lincoln. 
Nevada. — Rcno. 
New Hampshire. — Durham. 
New Jersey. — New Brunswick. 
New Mexico. — Las Cruces. 
New York. — Geneva. — Ithaca. 
North Carolina. — Raleigh. 
Nortii Dakota. — Fargo. 
Oiiio. — Wooster. 
Oklaiioma. — Stillwater. 
Oregon. — Corvallis. 
Pennsylvania. — State Collège. 
Riiode Island. — Kingston. 
South Carolina. — Clemson Collège. 
South Dakota. — Brookings. 
Tennessee. — Knoxville. 
Texas. — Collège Station. 
Utah. — Logan. 
Vermont. — Burlington. 
Virginia. — Blacksburg. 
Washington. — Pullman. 
West Virginia. — Morgantown. 
Wisconsin. — Madison. 
Wyoming. — Laramie. 



ÉTATS-UNIS 255 



III. — Sociétés d'horticulture. 

Au mois de juin 1894, le Secrétaire de l'Agriculture a bien voulu 
nous remettre la liste ci-dessous. 

A. — SOCIÉTÉS NATIONALES. 

American Association of Nurserymen. 

American Carnation Society. 

American Chrysanthemum Society. 

American Cranberry Growers Association. 

American Horticultural Society. 

American Pomological Society. 

Association of American Cemetery Superintendents. 

Society of American Florists. 

B. — SOCIÉTÉS DE DISTRICTS. 

Cider Maker's Association of the North West. 
Eastern Nurserymen's Association. 
Inter State Shipper's Association. 
Peninsula Horticultural Society. 
Western Nurserymen's Association. 

C. — ORGANISATIONS PAR ÉTATS. 

Alabama Horticultural Society. 

Arizona Fruit Growers Association. 

Arkansas Horticultural Society. 

California Board of Yiticultural Commissioners. 

— Fruit Association. 

— Fruit Union. 

— Horticultural Society. 

— State Board of Horticulture. 

— State floral Society. 

— Southern, Pomological Society. 
Colorado Horticultural Society. 
Connecticut Pomological Society. 
Florida Fruit Exchange. 

— Horticultural Society. 

— Orange Growers Union. * 



256 ETATS-UNIS 

Georgia Horticultural Society. 
Illinois Horticultural Society. 
Indiana Horticultural Society. 

— Society ofFlorists. 
Iowa Horticultural Society. 

— Northeastern Iowa Horticultural Society. 

— Northwestern Iowa Horticultural Society. 
Kansas Horticultural Society. 

Kentucky Horticultural Society. 
Louisiana Horticultural Society. 
Maine State Pomological Society. 
Massachusetts Horticultural Society. 

— Cap God Granberry Growers Association. 
Michigan Horticultural Society. 

— West Michigan Horticultural Society. 
Minnesota Horticultural Society. 

— Society of Florists. 
Mississippi Horticultural Society. 
Missouri Horticultural Society. 
Nebraska Horticultural Society. 
New Jersey Horticultural Society. 
New Mexico Horticultural Society. 

New York. — Western New York Horticultural Society. 
North Carolina Horticultural Society. 
Ohio Horticultural Society. % 

Oregon Horticultural Society. 

— Pomological Society. 

— State Board of Horticulture. 
Pennsylvania Horticultural Society. 

— State Horticultural Association. 
Rhode Island Horticultural Society. 

South Garolina Horticultural Society. 

South Dakota Horticultural Society. 

Tennessee. — West Tennessee Horticultural Society. 

Texas State Horticultural Society. 

— Nurserymens Association. 
Washington Horticultural Society. 

— State Board of Horticulture. 
Wisconsin Horticultural Society. 



ETATS-UNIS 207 



IV. — Production maraîchère. 

Il est à peu près impossible de déterminer l'importance de la 
culture potagère et la valeur de ses produits aux États-Unis. 

Les grandes cités y sont entourées de « marais » et de jardins bien 
tenus, consacrés aux légumes, aux fruits, aux primeurs et aux 
fleurs. La plupart des occupants ont appris leur profession en 
Europe; mais l'extension des villes et des établissements indus- 
triels, la création de voies de communication repoussent les jardins 
vers la campagne. 

A son tour, en plein champ et à la ferme, la culture légumière 
envahit chaque année le domaine agricole au profit des marchés 
urbains, des ports d'embarquement et de l'industrie des conserves» 
Aussi la statistique culturale et commerciale règle difficilement se«s 
tables, malgré son personnel considérable. 

Les méthodes de culture visent à l'économie du temps et de 
l'argent. Leur auxiliaire principal est un outillage perfectionné et 
simplifié, suppléant à l'insuffisance des bras. 

Le jardinier n'a pas le temps de chercher des espèces ou variétés 
nouvelles ; l'Européen plus patient, son aîné dans la carrière, lui 
envoie ses sélections et ses découvertes. 

Examinons superficiellement les genres principaux : 
La Pomme de terre, classée immédiatement après les céréales* 
vient partout, mais mieux dans la région septentrionale, pour 
le rendement et la qualité; les autres contrées vont s'y approvi- 
sionner des éléments de plantation. La ville de Cambridge, État de 
New-York, est un centre pour cette sorte d'affaires. 

La température chaude des États du Sud et du Centre nuit au 
développement complet du tubercule; il atteint, au contraire, de 
belles proportions dans les sols irrigués des Montagnes Rocheuses. 

La -production annuelle est évaluée cinq cent millions de francs. 
Les Etats supérieurement cotés sont New-York, Pensylvanie, Ohio, 
Michigan, Iowa, Illinois, Wisconsin, Indiana, Minnesota, Missouri, 
Kansas, Nebraska, Californie, Dakota, Orégon, Montmedy, Washing- 
ton. La variété dominante est Early rose. Le rendement moyen peut 
atteindre 5oo boisseaux de 36 litres par acre de 41 ares. 

Sont également propagées partout les précoces Early Ohio, Early 
Maine et Lee's Favorite ; puis Gem, Surprise, Beauty of Hebron, 
Parmi les tardives, White Star est à grand rendement et plus fine 
en qualité que les bonnes Mammoth Pearl, Saint Patrick, Grange» 

17 



2#8 ÉTATS-UNIS 

La Patate prospère dans les États du Centre et du Sud : Géorgie, 
Mississipi, Caroline du Nord et du Sud, Alabama, Kentucky, 
Louisiane, New-Jersey, Tennessee, Virginie, Floride, Arkansas, etc. 

Les Navets ont une grande importance culturale. Le Nord-Ouest 
exporte le trop plein de sa récolte. La consommation accepte les 
variétés hâtives Extra Ëarly Purplc-top Munich, violet, Rcd-top 
Strap Leaf, rouge, White Strap Leaf, blanc. 

Les Radis, voisins des précédents, ont Ne Plus Ultra, le plus hàtif, 
puis Ëarly Round, Dark Red, Philadelphia White Rox, excellent à 
manger comme le Scarlet Turnip. Pour l'hiver, California Mam- 
moth et White Wintcr. A grand rendement, White Vienna, Ghartiers. 

En petite ou en grande culture, le Chou, destiné à la cuisine, à 
Pétable ou à l'usine, a pris possession de surfaces immenses; les 
variétés populaires ont été répandues par les soins dit Gouvernement 
et par des cultivateurs intelligents, 

Toutes les races de Choux verts on rouges ont entrée à la Ferme 
et au jardin. Les Choux pommés sont très répandus. 

Au Minnesota, on préfère les variétés Early Wymanet Wakefleid. 
L'Est adopte Early Jersey, Henderson's Early Summer. 

Au Kansas, le plus hâtif est Henderson's Premier Pour l'hiver, 
Ëxcelsior, Foster's Brunswick. Le Chou-fleur Snowball est le plus 
apprécié. 

Non moins répandue pour tous Usages est la Carotte. Les premières à 
la vente sont Scarlet Short Horn, Halfdong Stump Rooter, Oxheart; 
puis Henderson ; et à l'arrière-saison, Danvers, Long Orange. 

Au Kansas, le Panais hâtif est Early Tnrnip, et pour grande 
production, Long Smooth, Hollow Grown. 

Les Harieots hâtifs Golden Wax, ftlack Wax, Wardweirs Kidney 
Wax sont répandus dans le Kansas; ensuite le Haricot de Lima. 

Un Haricot blanc, spécialement cultivé pour les conserves, occupe 
la région nord et les points culminants des monts Alleghanys. Sa 
production s'élève à 800,000 hectolitres ; l'État de New- York entre 
pour moitié dans ce chiffre* 

Le « Gow Pea » habite les États du Sud, à titre fourrager; ii y 
produit ï,5oo,ooo hectolitres» 

Le Pois, ravagé par le charançon, sauf dans le voisinage des Lacs 
du Nord, donne encore 500,000 hectolitres. Les États de Pensyl- 
Vanie, de New* York, de la Nouvelle*Àngleterrc et du Maine, ces 
derniers, pour l'approvisionnement des fabriques de conserves, 
emmagasinent de fructueuses récoltes de Pois. 

Les grandes villes commerçantes et les ports d'embarquement, 
comme San-Francisco, reçoivent des petits Pois toute l'année* 



ÉTATS-UNIS 359 

Parmi les variétés hâtives : Alaska, Rural Ncw-Yorker, American 
Wonder ; parmi les tardives : Yorkshire Hero et Pride of the Market 
sont bien connues au marché. 

Le Céleri occasionne un revenu de millions de francs pour plusieurs 
villes du Michigan où se préparent, entre autres, les plants de Céleri 
White Plume, à blanchir, le nain Half Dwarf, le Giant White Solid, 
plus élevé. Les voiliers de la côte Ouest les recueillent et les 
transportent dans les champs de grande culture. 

L'Ognon affecte la région Nord, le territoire des Lacs, le Haut 
Missouri. Les villes de Wetherfield (Connecticut), de Ghester (New- 
York), de Davenport (ïowa) ont acquis par cette plante une 
réputation justifiée. 

Le commerce réclame les variétés White Globe, blanc, Red Globe, 
rouge, Dawners Yellow, jaune. 

L'exportation vers l'Amérique du Sud en est considérable, La 
marchandise est embarquée à la Nouvelle-Orléans, arrivant du Nord^ 
Ouest par le Mississipi, 

Au Minnesota, l'Ognon Globe rend beaucoup plus que tout autre, 
A surface égaie, le Kansas donne ses préférences à The Queen, Globe, 
Early Red, Early Yellow Cracker, de première saison. 

Sous le climat floridien, l'Ognon semé en octobre, repiqué en 
janvier, donne au mois de mai suivant de 4<*> à 55o hectolitres à 
l'hectare. 

Les États de New- York et d'Ohio ont des champs d'élevage consa- 
crés aux semis d'Ognons. 

La Betterave, confinée sur la rive Atlantique, a gagné le versant du 
Pacifique, et les types saccharifères sont en pleine prospérité dans La 
Nouvelle- Angleterre et les États du Nord-Ouest. La variété Egyptian 
Turnip est assez précoce; puis Eclipse, Deming's Improved. 

Les Maïs sucrés, de première saison, mets populaire — l'épi tendre 
cuit — Corn's Sweet, Narragansett, suivis par Triumph et Amber 
Cream, sont admis dans les climats tempérés ; les tardifs Stowell's 
Evergreen et Egyptian mftrissent sous une latitude plus élevée. 

Le Maïs doux occupe 3s millions d'hectares ; le type Sweet Corn est 
recherché pour la consommation directe et l'industrie des conserves. 

La production du Maïs aux États-Unis s'est élevée, en 1890, à 
7S0 millions d'hectolitres dont un vingtième a été exporté. 

Le rendement de 20 hectolitres à l'hectare est constaté dans la 
Floride, où le Cotonnier fournit à l'hectare jusqu'à 5oo kilogr. de 
coton, et la Canne à sucre 1,260 kilogr. de sucre. 

Le Concombre gagne du terrain, libre ou abrité. On adopte datts 
leur ordre de maturité Extra Early Green Prolific, Improved White 



ïi6o ÉTATS-UNIS 

Spine, Early Frame, Tailby's Hybrid; et pour leur généreuse 
production, White Spine, English Frame, Chicago White. 

Les Pastèques sont expédiées par centaines de wagons provenant 
des îles Bermudes, de la Floride, de la Louisiane, et dirigées vers 
l'Ouest et le Nord. Sont recommandables : Icing, précoce, les pro- 
ductives Kolb's Gem, Scaly Bark, Caban Queen, Gipsy. 

La Courge, un des principaux aliments d'hiver, croît au milieu des 
céréales. Les Etats exposés aux pluies printanières, lors de la florai- 
son des Courges, en récoltent moins; mais le prix de vente se 
maintient bien. Sont recommandées les hâtives White, Yellow, 
Scalloped Bush; demi -saison, Crookneck ; d'automne, Butmann, 
Boston Marrow ; d'hiver, la Hubbard. 

Les régions centrales sont favorables à la végétation normale du 
Melon, puisque 5,ooo hectares lui appartiennent. Le Michigan, l'Illi- 
nois et le Nebraska deviennent ses Etats favoris. 

Les Melons musqués : précoce New Early Hackensack, tardif 
Montréal Market, sont appréciés du producteur et du consomma- 
teur. 

La Tomate prend une importance croissante. Les usines à conserves 
accaparent tout. La fertile Champion, la Beauté, la précoce Perfection 
et Livingston's Favorite ont les préférences des connaisseurs. 

La Floride produit 36o hectolitres de Tomates à l'hectare. 

Les contrées chaudes cultivent les Piments Ruby King, Golden 
Dawn à saveur douce, et Cayenne à saveur forte. 

Nous avons cité la majeure partie des bonnes variétés admises au 
Kansas ; cet Etat, étant situé au centre de l'Union, démontre l'in- 
fluence des milieux et le bénéfice des relations commerciales. 

La différence qui existe entre le Sud et le Nord est difficilement 
appréciable. 

La production potagère, en Californie, est d'une importance consi- 
dérable pour la consommation et pour l'exportation vers les Etats 
de l'Est ou les côtes du Pacifique. 

Le marché de San-Francisco est achalandé en toute saison ; depuis 
les arrivages de Los-Angélès et San Diego, en janvier et février, 
jusqu'à l'arrière-saison, où l'Orégon entre en ligne. 

La Floride a de grandes cultures maraîchères bien irriguées; 
Asperges, Betteraves, Carottes, Céleris, Choux-fleurs, Choux-Brocolis, 
Haricots, Ognons, Pommes de terre, Patates, Pois, Tomates, Ananas 
sont expédiés vers le Nord à la morte saison. C'est la contrée natu- 
relle des primeurs à la façon de notre Provence et de l'Algérie. 

La Patate y produit 620 hectolitres et la Tomate se chiffre à l'expor- 
tation pour deux millions de francs. 



ÉTATS-UNIS 26l 

Des cultivateurs floridiens ont des fermes de 4 hectares d'Ananas, 
variété Rouge espagnole. Au mois de janvier 1893, les fruits étaient 
vendus 1 dollar la pièce sur le marché de New-York. 

La latitude tropicale des États méridionaux, en relation directe 
et prompte avec les principales villes du Nord — par trains rapides, — 
leur a permis d'inonder de leurs produits les régions situées au- 
dessus de l'Ohio et de la baie de Ghesapeake, avant que celles-ci 
soient arrivées à point de maturité ou de récolte. 

Population blanche ou de couleur, chacun fait de la primeur exten- 
sive, en plein soleil, avec d'autant plus de succès que la terre et la 
main-d'œuvre sont relativement à bon compte. 

Le maraîcher du Nord n'est pas ruiné, tant s'en faut, par cette 
concurrence. Les cultures intensives, forcing pit, des grandes villes 
restent volontiers prospères ; elles peuvent être très progressives, 
associées à des industries de conserves, en communication télépho- 
nique avec le marché et les grands commissionnaires. La statistique 
de la production légumière nous montre que, pour les principales 
races de légumes, le Market Gardener du Nord récolte des produits 
pour une valeur supérieure à celle réalisée dans le Sud, et parfois 
avec une marge plus grande de bénéfices. 

Les cultivateurs des Etats du golfe du Mexique : Louisiane, Ala- 
bama, Mississipi, Floride, et ceux des États Sud- Atlantique : Géorgie, 
Caroline du Sud, Caroline du Nord, récoltent donc en plein champ 
des produits de primeurs destinés aux marchés du Nord. 

Entre les deux industries, il s'en est créé une troisième qui a 
très vite progressé, c'est l'installation en plein champ de cultures 
printanières, le Truck-Farming, la grande industrie maraîchère de la 
Virginie : la ville de Norfolk en est devenue le grand port d'embarque- 
ment. 

La culture légumière en plein champ occasionne un mouvement 
de fonds annuel de plus de 5oo millions de francs, sur lesquels il 
faut déduire un cinquième pour droits de commission et frais de 
transport. 

La superficie des terres affectées à cette entreprise est établie 
de la façon suivante pour l'année 1892, en chiffres ronds : 

Etats du Sud et du golfe du Mexique 55. 600 hectares. 

Environs de New- York et de Philadelphie . /J3 . 3oo — 
États du Centre : Ohio, Michigan, Illinois. . 43. 000 — 
Banlieue de Norfolk- Virginie 18.200 — 

Les deux districts principaux de la culture des primeurs pour le 
Nord sont Mobile (Alabama) et Jacksonville (Floride) ; celui-ci y 
joint les envois de fraises et de fruits tropicaux. 



2^2 ÉTATS-UNIS 

Mobile est le centre et le point d'embarquement d'une zone assez 
limitée comme superficie, mais qui, par suite du prolongement vers la 
mer de l'Etat du Mississipi, se trouve répartie sur trois Etats: Louisiane, 
Mississipi, Alabama ; un peu plus à l'est commence un district moins 
important situé en Floride, ses expéditions se font par Pensaeola. 

Les cultivateurs de la région de Mobile ont généralement des 
fermes à légumes d'une contenance de i5 à 20 hectares entiers, à 
surface sableuse, meuble, mais conservant un peu de fraîcheur, à 
cause du voisinage de la nappe d'eau. Le prix de l'hectare, dans ce 
district, oscille de 1,200 à 1,800 francs. 

La production des légumes de primeurs dure, dans les Etats du 
Golfe, de décembre à mars et parfois un peu plus ; elle cesse alors 
presque complètement, sauf pour un article, la Pastèque, qui arrive 
à maturité sous cette latitude au commencement de l'été et donne, 
presque sans soin, une récolte d'une certaine valeur. 

En général, le terrain ne porte qu'une récolte par an, bien qu'il ne 
doive pas être difficile d'en faire deux successives ; certaines parcelles 
de la ferme restent de six à huit mois en jachères. 

L'Asperge occupe une superficie assez importante dans les fermes. 
Elle y est cultivée en ados, engraissée au guano, et reste en place quatre 
ans en général. Cette culture est presque la seule qui demande encore 
de la main-d'œuvre, après la récolte, car il faut « débutter » et tenir le 
terrain propre. On récolte l'Asperge en février et on la met en 
paquets de deux livres ; ces bottes, réunies par deux ou trois dou- 
zaines, font une boîte. Les premières arrivant au marché sont vendues 
un prix élevé, parfois 10 francs la bot^e; le prix baisse ensuite beau- 
coup. Somme toute, l'hectare a dû rapporter, en fin de saison, de 6oo 
à 800 francs de bénéfices nets. 

Le Haricot vert est l'objet d'une culture analogue, comme date de 
récolte et d'expédition. Les variétés Early red Yalentin et Newhawk, 
semées en novembre ou décembre, donnent en février ou mars des 
« filets » dont les uns, les tout premiers, gagnent le marché par voie 
ferrée, et les autres prennent la voie d'eau, plus économique. Les frais 
de récolte sont assez élevés, si ceux de culture le sont peu ; le bénéfice 
par hectare est moindre que pour l'Asperge, et on l'estime à5oofr. 

Les Choux sont de culture facile et très rémunératrice ; ils se dis- 
tinguent en deux sortes, les Choux pommés hâtifs et les Choux 
frisés, dont les jeunes pousses non pommées sont acceptées avec une 
certaine faveur par l'acheteur du Nord qui le consomme. 

Repiqués en hiver, les Choux donnent un bénéfice net de près 
de 1,000 francs à l'hectare, et leur produit figure au second rang, 
comme valeur, dans les expéditions de Mobile, 



états-unis a63 

D'une flacon générale, la plus grosse récolte ost celle de la Pomme 
de terre. Une moitié de la superficie des fermes à légumes est consa- 
crée à cette plante, dont les tubercules de semences sont souvent 
récoltés dans les Etats du Nord, spécialement celui de New- 
York. Ces tubercules, qui arrivent à une bonne maturité en août, 
peuvent être replantés en octobre ou novembre par le cultivateur du 
Sud ; la garde des tubercules de mai jusqu'à cette dato serait diffioile 
dans le climat du Golfe. 

La Pomme de terre universellement cultivée est l'Early rose, très 
appréciée aux États-Unis comme Pomme de terre potagère. Lo sol 
qui la produit est fortement fumé et le produit net à l'heotare est de 
700 à 800 francs. Depuis 1880, la valeur de la production a doublé. 

Les cultures de Norfolk sont prescjue toujours citées en première 
ligne, lorsqu'aux Etats-Unis on parle des fermes à légumes. Les 
mille fermes environ qui occupent le district de la Virginie maritime, 
sont, en effet, des modèles d'exploitation de ce genre, et leur produit 
annuel n'est pas inférieur à vingt-cinq millions de francs, d'après 
M. Maurice de Vilmorin, qui a fait une étude spéciale des fermes 
potagères, lors de son voyage à l'Exposition universelle de Chicago. 
Voici quelques chiffres indiquant l'importance et la valeur des 
expéditions faites en 1893 par le port de Norfolk : 

Choux pommés 34? , i3o barils. Valeur a . 169 . 000 francs. 

Choux non pommés . 177. ?o? — ■ « 888.000 —• 

Épinards iaa . 829 — — 1 . aa8 . 000 ««■ 

Pommes de terre . . . 3a5 . 000 *-« —> -. 5 . 000 . 000 ^— 

Laitues 8. i?4 paniers, ■*« 143.000 — 

Melons 856 . i5a mannes. — 5aa . ooo *— 

Tomates 35o.ooo boîtes. «-» 1 ,a5o.ooo .— 

Haricots verts 80.935 — « «-» 607.000 «•» 

Pois verts i85. 4^5 paniers. -~ i.6ia.ooo — * 

Fraises 9 . 465 , 3o6 boîtes de 1 litre. 4 • 7^a . 000 -~ 

Aux premiers jours de juillet 1893, le total des expéditions était 
évalué à a3, 608, 000 francs. Il y a des journées inscrites pour un 
million de francs environ. 

Norfolk, situé sur l'Elisabeth-River, à quelques lieues de TAtlan« 
tique, devient actuellement un grand centre expéditeur. 

Les fermes à légumes sont situées presque toutes à moins de deux 
lieues de la mer, qui les rejoint par des chenaux ramifiés, navigables 
à marée haute ; une innombrable flotille charge, le long des berges, 
les produits de la ferme et les concentre au port de Norfolk. De là, 
les navires légumiers se rendent à Baltimore, à Philadelphie, à 
New-York, à Boston; alors les lignes de chemins de fer qui ont 



â64 ETATS-UNIS 

recueilli ce que les bateaux n'ont pu prendre, mettent Norfolk à 
vingt-quatre heures de Cincinnati, et à trente-cinq heures de Chicago. 

Cette région est consacrée à la Pomme de terre Early rose ; plantée 
en janvier, elle sera récoltée en mai-juin. 

Les Choux pommés sont repiqués dans le courant de l'hiver ; ce 
sont les variétés Express, d'Étampes, Early Jersey, Wakefield, etc. 

Les Asperges, de race hollandaise, et la Conover's Colossal sont 
envoyées Cn bottes de une ou deux livres. On les désigne sous le 
nom abrégé de Grass, et la Fraise sous celui de Berry. 

Les Fraises sont souvent exclues de la rotation des fermes ; 
certaines terres en font une spécialité, leur consacrant de vastes 
superficies. Un champ de Fraises, près de Portsmouth, occupe une 
étendue de 80 hectares. On donne la préférence à la Fraise Hoffman 
ou à la Sharpless, bien supérieure, mais moins bonne voyageuse. 
L'emblave dure deux années. 

Pour avancer la récolte des Tomates, les fermiers virginiens ont 
adopté le semis en hiver sous verre, suivi du repiquage. 

Les Pois sont expédiés en cosses; les Laitues, Haricots verts, Tomates 
et Fraises sont mis en paniers ou boîtes à claire-voie, bien agencés. 

Le mois de juin, qui marque la fin des grosses expéditions du port 
de Norfolk, est, au contraire, celui qui voit débuter la grande produc- 
tion légumière dans les districts de Pensylvanie et de l'Etat de New- 
York, et aussi dans lTllinois méridional et le sud-ouest du Michigan. 

Les deux premiers centres travaillent surtout en vue de Philadel- 
phie ou de New-York, le second pour l'approvisionnement de Saint- 
Louis, le troisième pour Chicago et Détroit. 

Les cultures de Pensylvanie et de l'État de New- York, qui ne sont 
pas au voisinage immédiat des villes, comptent comme produits 
principaux : l'Asperge, le Céleri, le Chou, le Concombre, le Haricot, 
les Melons, les Pois et les Tomates. 

Les États du centre, de l'Ohio à l'est, jusqu'au Nebraska à l'ouest, 
en comprenant le Michigan comme extrême nord, ont de vastes 
exploitations potagères, puisque la superficie de ces cultures le cède 
à peine à celles des États de New-York et Pensylvanie. Là, le 
Céleri et le Melon y ont une importance exceptionnelle. 

Aux portes de Chicago, la ferme potagère de Summerdal, reliée 
à la ville par le téléphone, exploite 200 hectares de Légumes et 
5o hectares de prairies pour la nourriture du bétail et des chevaux. 

Les 200 hectares de potager sont ainsi répartis : 

Concombres 60 hectares. Choux . 20 hectares. 

Ognons 4° — Maïs sucré 20 — 

Pois hâtifs 20 — Divers 4° — ' 



ÉTATS-UNIS 2 65 

D'avril en octobre, 25o à 3oo ouvriers et ouvrières, groupés par 
équipes de 5o personnes, travaillent à la culture et à l'expédition des 
produits au marché ; une cinquantaine reste aux travaux d'hiver et à 
la préparation des pickles et des conserves ordinaires de Légumes. 

Enfin, les États-Unis possèdent plus de 600 fermes destinées à 
produire des semences légumières représentant un revenu annuel 
d'un million de francs, au bas mot. 

La Fraise. — La Fraise, classée légume ici, fruit ailleurs, mérite 
un paragraphe spécial. 

La Fraise est la primeur de l'agriculteur. 

On la trouve dans les jardins de presque tous les États et les 
Territoires, sauf l'Alaska septentrional. 

Le Fraisier réclamant une certaine dose d'humidité, nécessite des 
irrigations en Californie et partout où il ne pleut guère. Dans la 
vallée du Mississipi, et plus à l'est, il est cultivé avec beaucoup de 
soin. Il n'y a pas de fruit analogue qui soit aussi répandu et dont les 
marchés soient aussi abondamment approvisionnés. Les producteurs 
floridiens envoient leurs premiers navires en janvier, et alimentent 
les quartiers mondains des Villes du Nord de leurs coûteuses 
primeurs. 

La Louisiane tient ensuite la saison jusqu'en mars. 

La Géorgie, l'Alabama, le Mississipi, le Tennessee, l'Arkansas et 
le Texas viennent ensuite vers le mois d'avril et vendent leurs 
produits beaucoup moins cher, en raison de la moindre distance et 
de la bien plus grande surface cultivée. Au moyen de wagons frigo- 
rifiques à grande vitesse, les villes du Nord les plus éloignées sont 
rapidement servies. 

Le Delaware, le Missouri, le Michigan, l'Ohio, le Gonnecticut et 
l'État de New- York envoient leur production auprès des centres de 
population. 

La saison s'avançant, l'époque de maturité se présente pour d'autres 
régions, de sorte que les Fraises du Minnesota et de la partie 
orientale du Maine prolongent la vente jusqu'au mois de juillet. 

Le Kentucky, le sud de l'Illinois, l'est de l'Ohio et la Pensylvanie 
fournissent alors un fort contingent de grosses fraises. 

A l'occasion de l'Exposition de Chicago, dès la fin de mai, vingt 
wagons arrivaient chaque jour au marché. Cette quantité, doublée au 
commencement de juin, partant du Caire, au sud de l'Etat, était 
transportée par des trains spécialement réservés aux Fraises et ne 
s'arrêtant en route que pour remorquer les chargements tout 
enwagonnés. 

Un train de trente wagons déposait 324,000 quarts de Fraises, 



266 ÉTATS-UNIS 

A l'arrivée du Strawberry-Express, une armée d'employés était 
occupée à décharger les fruits cueillis et empaquetés quelques heures 
auparavant. 

Précédemment, on a cité des journées où le marché de New* York 
recevait près de 4,000 hectolitres de Fraises ; les trois-quarts prove- 
naient du port de Norfolk, par bateaux à vapeur. 

Les fermiers cultivent le Fraisier sur billons, accompagnant les 
plants de première année avec une emblave de Maïs ou de petits 
légumes cultivés à la houe à cheval. 

La deuxième année, la production est abondante. Une fois la récolte 
faite, la charrue détruit la fraiseraie ; la rotation y introduit un 
autre assolement. 

Les principales variétés les plus répandues sont Wilson, Crescent, 
Charles Downing, Sharpless, Guniberland, Triomphe de Gand, 
Kentucky, Miner, Monarch ; enfin et surtout dans la région du nord : 
Warfield, Haverland, Gandy, Jucunda, Hovey, Wilder. Ce sont 
toutes des fraises de race américaine. 

On rencontre aussi des champs de Fraisiers du Chili, de l'Ananas, 
et, parmi les petits fruits, la Rouge alpine de Suisse et la Fraise des 
bois, rouge ou blanche, prolongeant ainsi les approvisionnements du 
marché. 

La valeur annuelle des Fraises de l'Union a été fixée h trente 
millions de francs. 

INDUSTRIE DES CONSERVES DE LÉGUMES 

La conservation des légumes et des fruits dans des boîtes hermé- 
tiquement fermées a créé, depuis une dizaine d'années, une industrie 
très importante, et a ouvert un vaste champ à la production d'une 
nourriture salutaire, dont on ne pouvait jouir autrefois que pendant 
quelques semaines de l'année. Le point de départ de cette industrie 
est la ville de Baltimore (Maryland). 

Des établissements de conserves se sont fondés dans chaque Etat, 
et leur nombre s'est élevé à 1,800 pour le pays tout entier. 

Les États les mieux partagés sont : New- York, Maine, Virginie, 
New- Jersey, Californie. 

La quantité moyenne de Maïs conservé pendant les trois dernières 
années a été de trois millions de caisses de 24 boîtes chacune ; il a 
fallu, en chiffres ronds, cultiver chaque année, pour cet usage, 
20,000 hectares de Maïs sucré « Sugar-Corn. » 

Le total des Tomates conservées donne deux millions cinq cent 
mille caisses de 24 boîtes, ce qui représente un rendement moyen de 



ÉTATS-UNIS 267 

q5o boisseaux de 36 litres par acre de 41 ares ; 20,000 acres de 
Tomates sont cultivés à cet effet. 

Le total des Pois conservés chaque année est d'un million deux 
cent mille caisses de 24 boîtes, ce qui exige une moyenne de 
8,000 hectares de Pois. Les Haricots verts sont aussi conservés en 
grande quantité ; les demandes s'accroissent régulièrement. 

Les établissements de conserves en boîte ont à leur service, en 
été, un million quatre cent mille ouvriers ; beaucoup d'entre eux 
travaillent toute l'année. Les commerçants qui fournissent les 
matériaux nécessaires, les fabricants de boîtes, de caisses, les 
imprimeurs d'étiquettes, etc., en emploient autant. 

Si l'on ajoute, à ce nombre de travailleurs, ceux qui cultivent et 
recueillent les fruits et les légumes ainsi conservés chaque année, 
on verra que cette industrie occupe facilement quatre millions de 
personnes. Le fer-blanc importé pour cette industrie coûte, par an, 
trente millions de francs. 

A l'occasion des fruits, nous reviendrons sur ce sujet important, 



V. — Production fruitière. 

La production fruitière a pris, aux États-Unis, des proportions 
colossales. Tous les districts plantent des arbres à fruits, organisent 
des vergers de profit. Des fermes fruitières d'une étendue considé- 
rable sont exploitées par le propriétaire ou l'occupant, et souvent 
par des associations de capitalistes. 

Le défrichement des terres incultes, en faveur de l'arboriculture, 
a surtout gagné les Etats et Territoires qui, jusqu'alors, avaient paru 
rebelles à la végétation fruitière, par exemple, le Dakota, le Montana, 
le Wyoming, le Colorado, le Nouveau-Mexique, l' Arizona et certaines 
parties du Texas, du Kansas, du Nebraska, de la Floride. 

D'autres, déjà pourvoyeurs du marché aux fruits, ont, en dix 
années, comme l'Ontario, décuplé le revenu du sol avec les vergers. 

Presque partout, le cultivateur s'est fait industriel, annexant à sa 
ferme un matériel destiné à préparer et à conserver les fruits, afin 
d'en prolonger le rôle alimentaire, pour augmenter les ressources des 
mauvaises années, ou leur permettre de faire un voyage au long cours 
et approvisionner ainsi les contrées moins heureuses. 

Les usines, qui travaillent le fruit ou le transforment, ont ouvert un 
débouché extraordinaire aux producteurs. Par un traité avee l'usine, 



268 ÉTATS-UNIS 

ceux-ci ont pu assurer le placement de leur récolte pendant un laps 
de temps déterminé. 

Le jardinier est devenu cultivateur, et réciproquement. 

Les Sociétés ont secondé les uns et les autres par leurs concours 
et leurs meetings, en indiquant surtout les bonnes méthodes de 
culture et les meilleures espèces ou variétés à propager. Les doctes 
assemblées sont entrées dans certains détails de cuisine, de prépa- 
ration, d'emballage, etc., ce qui prouve l'intérêt porté à l'arboricul- 
ture dans un grand pays. N'a-t-il pas, d'ailleurs, introduit dans les 
rouages du gouvernement une Division de Pomologie qui rend 
d'éminents services ? 

L'année 1892 a valu aux Etats-Unis une exportation de i3 millions 
de kilogrammes de pommes séchées, alors que le fruit frais a donné 
trois fois moins au commerce. Les fruits conservés figurent au tableau 
pour 7 millions de francs, et tous les autres fruits verts ou séchés 
pour un million de francs. 

La Pomme. — La Pomme est le fruit le plus répandu aux Etats- 
Unis. Le versant de l'Océan Pacifique, du détroit de Puget au Mexique, 
lui offre un climat tempéré, tandis que la région nord du Minnesota 
et le versant ouest des Montagnes Rocheuses lui sont moins propices. 
Arbre des pays froids, le Pommier ne se plaît guère dans les chaleurs 
de la Floride et de l' Arizona. 

L'aire géographique du Pommier semblerait être ici limitée, au nord, 
par les grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent ; à l'est, par l'Océan 
Atlantique ; au sud, avec une ligne fictive de Savannah (Géorgie) au 
Fort Worth (Texas) ; de là, une autre ligne se dirigeant vers le nord, 
à travers le Kansas central, le Nebraska et le Dakota, délimiterait la 
partie occidentale. 

La zone qui s'étend du Nord-Est au Nord-Ouest, de la Nouvelle- 
Angleterre à l'Etat de Washington semblerait être sa terre d'élection. 

La Pomme est populaire dans l'Orégon, le Michigan, la Caroline 
du Nord, le Kentucky, l'ouest des États de New-York et de Was- 
hington, le sud du Minnesota, le nord-ouest de l'Arkansas, le sud- 
ouest du Missouri, et dans « la Prairie » située à l'est du Kansas et 
du Nebraska, au sud de l'Iowa, à l'ouest du Missouri. Nous la 
retrouvons sur tout le territoire du comté de Sonoma, en Californie. 

La Californie possède 5,ooo hectares de Pommiers. Les comtés 
Del-Norte, Humboldt, Siskiyou, Modoc, Lassen, Marin, Santa-Cruz, 
exportent deux millions de livres de pommes dans l'Océanie et 
l'Amérique Centrale. 

Les Pommes récoltées sur les montagnes de Pajaro- Valley, comté 
de Santa-Cruz, sont réputées les meilleures de l'Union, 



ÉTATS-UNIS 269 

Les variétés hâtives ou de demi-saison, Astrakan, Carolina, 
Keswick Codlin, Benoni, Early Margaret, Early Pennock, Early 
Strawberry, Horse, sont plutôt de consommation locale. 

La plus grande pommeraie sur une même propriété compte 260 hec- 
tares, dans leKansas, àWelhouseetWheat. Les variétés dominantes 
sont : Ben Davis, Winesap, Willow Twig, Rails Janet, Jonathan, 
Missouri Pippin, et la Newtown Pippin si répandue dans les districts 
montagneux de la Virginie. 

Les localités froides du Nebraska, de l'Illinois, de l'Indiana, du 
Dakota, du Minnesota et du Wisconsin ont recours aux variétés 
« Iron Glad », cuirassées contre les gelées : Alexandre, Astrakan, 
Gravenstein, Oldenburg, Titovka, Wealthy, et autres Pommes de 
la Russie du nord, avec la série « Grab », bonne à cidre, de Sibérie. 

Au Michigan, aux États de New- York et de la Nouvelle- Angleterre, 
on adopte les Pommes Baldwin, Rhode Island, Grise de Roxbury, 
Espion du Nord, Esopus Spitzenburg, Rouge du Canada. 

Plus au sud, en Géorgie, au Tennessee, au Texas, les Pommes de 
conserve sont: Buckingham, Buncombe, Carter Blue, Green Gheese, 
Nickajack, Romanite, Shockley, Taunton, Yates. 

Voici les variétés classées au premier rang par la Société pomolo- 
gique américaine : 

Alexander. Rails Genêt (Rawll's Janet). 

Baldwin. Red Astrachan. 

Ben Davis. Red Canada. 

Dominie. Rhode Island Greening. 

Early Harvest. Roman Stem. 

Early Margaret. Rome Beauty. 

Fall Pippin. Roxbury Russet. 

Fameuse. Saint Lawrence. 

Golden Russet. Shockley. 

Golden Sweet. Smith Cider. 

Gravenstein. Stevenson Winter. 

Hubbardston. Summer Pearmain. 

Jersey Sweet. Summer Rose. 

Jonathan. Sweet Bough. 

Limber Twig. Timmouth. 

Maiden Blush. Talman Sweet. 

Mother. Wagener. 

Newtown Pippin. Williams (Favorite). 

Northern Spy. Willow Twig. 

Oldenburg (Dutchess of). Winesap. 

Porter. Yellow Bellflower. 

Rambo. York Impérial. 



îi^O ETATS-UNIS 

En dehors des fruits à cidre, on compte plus de 4oo bonnes sortes 
de Pommes, intéressantes par leur fertilité ou leur qualité. 

Les variétés qui dominent dans l'exportation sont : Baldwin, 
Newtown Pippin, Ben Davis, Fameuse, Red Canada, les Russet. 

Les emballages se font particulièrement en tonneaux ou barils ; le 
premier rang placé au fond* sur sa couleur, devient premier lit lors 
de l'ouverture de la futaille» 

La Pêche. — Après la Pomme, la Pêche est le fruit le plus 
répandu aux États-Unis ; elle réussit dans toutes les régions méri- 
dionales du Maine, de New-Hampshire et du Vermont ; à l'est du lac 
Érié, la limite de culture s'infléchit vers le midi, laissant en dehors 
de la aone favorable au Pêcher la moitié septentrionale des États 
d'Indiana et de l'Illinois, l'Iowa et le Nebraska entiers. 

Sur le versant du Pacifique, la Galifornie est particulièrement 
propre à la culture du Pêcher. Ses vallées larges et plantureuses et 
son climat généreux lui offrent tous leurs avantages naturels, excepté 
l'eau, à la rareté de laquelle on supplée par des irrigations. Il en est 
ainsi des Territoires du Nouveau-Mexique et de F Arizona. 

La presqu'île située entre les baies de la Chesapeake et de la 
Delaware, qui comprend l'État entier de Delaware et une partie du 
Maryland et de la Virginie, est favorable au Pêcher, comme l'État de 
New- York, la Caroline du Nord et le rivage ouest du lac Michigan, 
portant un nom populaire dont la traduction est « Ceinture de Pêches 
du Michigan » ; cet Éden du Pêcher, d'une largeur de 16 kilomètres, 
s'étend vers le Nord, près des détroits de Machinow. 

La Géorgie possède quelques-uns des plus vastes vergers de 
Pêchers. Depuis uneditaine d'années, une plantation de 80,000 sujets 
y est installée sur 4<*> hectares» 

Excepté l'extréme-Sud, les variétés que l'on cultive sont* Amsden, 
Hâtive de Troth, de Grawford, Montagne rose, Oldmixon, Salway. 

Dès le mois de mai, les premières Pêches Amsden arrivent au 
marché, à l'usine ou au bureau des emballages. 

La Floride centrale cultive la race chinoise « Peen4o ». 

Au milieu de nos Pêches améliorées, des types indigènes se 
font remarquer dans le Texas, la Caroline du Sud, le Mississipi, 
l'Arkansas, l'Alabama, où le Pêcher croît facilement. 

En Californie, le Pêcher est assez abondant (a5.ooo hectares) pour 
alimenter vingt fabriques de conserves de fruits, leur exportation 
s'élève à vingt millions de boîtes métalliques par saison. La Pêche 
à chair jaune ou blanche dite « Cling », à noyau libre, ou « Free », 
à noyau adhérent, trouve ici son emploi. 

Tel est le motif du succès des Pêches Grawford et Oldmixon, 



KTÀÎS-UNIS 2^1 

Le Delaware et le Maryland comptent plus de vingt mille hectares 
de Pêchers, comprenant cinq millions d'arbres; la production est 
consommée à l'état frais ou transformée en conserves. De nom- 
breuses usines, dans ces deux États, fabriquent chaque année deux 
millions de boîtes de Pêches conservées, pour dessert. 

Il nous suffira de citer le plus grand verger du Maryland, « Round 
top peach Farm », composé de cinquante mille arbres, employant un 
personnel de huit cent personnes au moment de la récolte* et 
expédiant cent trente mille caisses de Pêches par charrettes et 
steamers. 

Les relevés officiels accusent un total de ioO millions de Pêchers 
sur le territoire de l'Union, rapportant en moyenne a francs 5o 
par arbre et procurant de l'ouvrage à â3o,ooo personnes. 

Les comtés californiens, qui produisent la plus grande somme de 
Pêches, sont : Los-Angélès, Santa-Glara, Solano» Tehama, Tulare, 
puis Sacramento, San-Bernardino, Sonoma, Orange, Placer, Butte, 
Fresno, El Dorado. 

Dans ses congrès, la Société pomologique américaine a reconnu 
supérieures les variétés suivantes, d'après les rapports qui lui sont 
présentés par les délégués de chaque État» 

Àlexander. Hale^s Early. 

Amelia. Heath Gling. 

Àmsden. Large Early York. 

Baldwin. Mountain Rose. 

Ghinese Gling. Oldmixon Gling. 

Commbia. Oldmixon Frees. 

Grawford Early. Piqttett's Late. 

Grawford Late» Président. 

Druid Hill» Reeves' Favorite» 

Early York. Saint-John. 

Early Ri ver s. Smock Freestone» 

Early Tillotson. Stump the World. 

Foster» Susquehanna» 

George IV. Troth's Early Red. 

Grosse Mignonne» Ward's Late Free. 

Par la distillation, la Géorgie tire 1,200 hectolitres d'eau-de-vie de 
Pêches, et le Maryland, 400 hectolitres. 

Les Brugnons et Nectarines commencent à se propager dans le 
Nord; ils ont gagné le Gentre et ne tarderont pas à franchir la 
frontière des États du Sud, leur fruit étant apte aux voyages. 



2^2 ETATS-UNIS 

Les variétés Boston, Downton, Early Newington, Early Violet, 
Elruge, Stanwick sont cultivées dans les jardins des États de New- York 
et de Michigan, de la région nord, et dans les États de Pensylvanie, 
Caroline du Nord, Indiana, Tennessee, Missouri, Kansas, de 
température modérée. 

La Californie, riche en Pêches, laisse aux comtés d'Alameda, de 
Solano, de Fresno, de Tulare la spécialité des Nectarines. 

. La Poire. — Moins prisé que dans l'Europe centrale, le Poirier 
semble vouloir cependant prendre une importance croissante aux 
États-Unis, quoique certaines situations, telles que le nord du 
Wisconsin et l'ouest des Montagnes Rocheuses, lui soient contraires. 

Quant aux régions méridionales de la Floride, de la Géorgie, du 
Texas, où l'arbre paraissait dépaysé, on s'arrête particulièrement 
aux hybrides japonaises Le Conte et Kiefïer ; elles alimentent déjà 
les usines à conserves de Poires au jus. 

L'Orégon, le Missouri, l'Illinois, le Kansas et la Californie 
(comtés de Solano, Alabama, Sacramento) ont ajouté cette race 
nouvelle aux variétés cultivées pour le séchage, la confiserie et la 
consommation. 

Partout, les vergers de Poiriers sont élevés en majeure partie 
sur tige plus ou moins haute ou basse, suivant l'action de la chaleur 
et la direction ou la violence des vents. 

Beaucoup d'arbres nains, peu ou point soumis à la taille annuelle, 
sont plantés à titre provisoire ou intercalaire dans les grands vergers, 
et quelquefois associés aux cultures de plantes économiques. 

Les bonnes variétés, que l'on rencontre plus fréquemment dans les 
différentes régions, sont les suivantes : 

Beurré d'Anjou. Duchesse d'Angoulême. . 

— Clairgeau. Fondante des Bois. 

— Diel. Howell. 

— Giffard. Kirtland. 

— d'Hardenpont. Lawrence. 

— Superfin. Louise Bonne d'Avranches. 
Blodgood. Onondaga. 

Buffum. Osband Suramer. 

Clapp Favorite. Rostietzer. 

Colmar Nélis. Seckel. 

Curé. Seigneur Esperen. 

Doyenné blanc. Sheldon. 

Doyenné d'été. Tyson. 

Doyenné de Mérode. Williams. 



ÉTATS-UNIS 2^3 

Il est à remarquer que les plus répandues sont plutôt connues 
sous leur synonyme. 

Ainsi Beurré d'Hardenpont est nommé Glou-Morceau ; 
Colmar Nélis, — Winter Nelis ; 
Curé, — Vicar of Winkfield ; 
Doyenné de Mérode, — Boussoch ; 
Fondante des Bois, — Flemish Beauty ; 
Louise Bonne d'Avranches, — Louise Bonne of Jersey; 
Ne plus Meuris, — Beurre d'Anjou, — Anjou ; 
Seigneur, — Lucrative ; 
Williams, — Bartlett. 
Maintenant on dit simplement « Angouleme », comme nous disons 
ici : Duchesse, et « Clairgeau » désigne notre Beurré Glairgeau, 
deux variétés précieuses pour l'exportation, ainsi que Winter Nelis, 
Easter Beurre et la Seckel, genre de Rousselet, devenant parfumée, 
répandue sur les collines de la Sierra, les montagnes de Coast Range 
et autres. 

Les Poires à saveur aromatique, Buffum, Howell, Lawrence, Onon- 
daga, Seckel, Sheldon sont, dans leur patrie, hautement considérées 
La Glapp Favorite, de la même source, mais sans autre parfum 
que le jus sucré de sa chair, pénètre dans le verger où trône la 
Williams, au goût musqué, et lui fait concurrence sur le marché. 

Mais la Williams, de Santa-Glara, Sacramento, et d'autres comtés, a 
commencé la réputation des Poires californiennes, et sa grande 
renommée continue. 

Nos excellents et nombreux gains belges et français sont goûtés 
des pomologues d'élite de l'Union américaine ; ils ne tarderont pas à 
se vulgariser par l'intermédiaire des pépiniéristes. 

La Prune. — Malgré les cryptogames et les charançons, le Prunier 
constitue des plantations sérieuses dans les États de Californie, 
Orégon, Ohio, Vermont, Missouri, Washington, en vue de la dessic- 
cation et de la confiturerie. Il produit encore des récoltes rémunéra- 
trices dans le Michigan occidental, la Nouvelle- Angleterre, l'Etat de 
New-York, le Colorado, le Wisconsin. 

Ce sont des arbres à tout vent, en plantations par massifs homo- 
gènes ou combinés. Le plus grand verger de Pruniers est dans la 
vallée de Salinas (Californie) et s'étend sur 3oo acres de 4i ares. 

Les Prunes fines de l'American River, comté de Sacramento, sont 
les favorites des gourmets. En 1891, elles étaient vendues ^o dollars 
la tonne anglaise. 

Le Prunier se plait sur les contreforts de la Sierra-Nevada et sur 
les rampes déclives des grandes vallées du centre. Des escouades de 

18 



2^4 ETATS-UNIS 

coolies chinois procèdent à la récolte du fruit, chargent les claies et 
les portent à l'étuve ou en plein air, à l'action directe du soleil. 

On rencontre dans les campagnes, et à proximité des taillis fores- 
tiers, des espèces nées spontanément et propagées par semis ou dra- 
geons. Les Pruniers Damson et Lombard sont de cette catégorie. 

Les types indigènes, Prunus americana et Chicasa, ont fourni 
des sortes productives comme Miner et Weaver, Newman et Indian 
Ghief, bonnes à divers usages. 

Les importations japonaises du Prunus Hattan ont propagé, vers 
le sud : Botan, Burbank, Chabot, Kelsey, Ogon, Satsuma, Simon. 

On peut résumer en trois groupes les principales Prunes cultivées 
aux Etats-Unis pour la consommation de la famille, pour le marché 
ou pour le séchage. 

i° Prunes pour la consommation de la Famille. 
Bavay's Green Gage. Long Scarlet. 

Bryanstone. Mac-Laughlin. 

Drap d'Or. Orléans (Red Damask). 

Early Favorite. Oullin Golden. 

Green Gage. Prince Yellow Gage. 

Impérial Gage. Royale Hâtive. 

July Green Gage. Shropshire Damson. 

Kirke. Smith Orléans. 

Lawrence. Transparent Gage. 

On sait que le mot « Gage » désigne la Prune de Reine-Claude. 
2° Prunes cultivées pour le Marché. 
Bradshaw. Peach. 

Columbia. Pond's Seedling. 

Coe Late Red. Prince Englebert. 

Cruger's Scarlet. Royale de Tours. 

Damson. Sainte-Catherine. 

Domine Dull. Victoria. 

Jefferson. Wangenheim. 

Lombard. Washington. 

Monroe. Yellow Egg. 

3° Prunes destinées au séchage. 
D'Agen (Robe de Sergent). Hungarian. 

De Bulgarie. Quetsche d'Allemagne. 

Coe Golden Drop. St. Martin Quetsche. 

Datte. St. Catharine. 

Fellemberg. Tragedy. 

De tributaires de l'Europe qu'ils étaient, les États-Unis espèrent 
devenir ses fournisseurs de Prunes séchées, en conserves ou confites. 



ÉTATS-UNIS 275 

En 1887, les États-Unis récoltaient près de trois millions de kilo- 
grammes de Prunes ; en 1891, près de i5 millions. Pendant cette 
période, ils en recevaient d'Europe 140 millions de kilogr. 

Nos pépinières françaises suffisent à peine aux approvisionnements 
de jeunes plants de Pruniers destinés aux horticulteurs de l'Union, 
qui, à leur tour, ne peuvent répondre aux demandes des planteurs. 

La fabrication et le commerce des Pruneaux se sont développés 
d'une façon incroyable en Californie, d'abord dans le comté 
de Santa-Glara, puis dans ceux d'Alameda, de Fresno, Humboldt, 
Los Angeles, Monterey, Napa, Orange, San-Luis Obispo, San-Diego, 
Solano, Sonoma, Tulare, Yolo. 

Plus de a5, 000 hectares de pruneraies existent en Californie. 

Ayant reçu les conseils pratiques d'un cultivateur de notre Agenais, 
la Californie a planté le Prunier Robe-de-Sergent ou d'Agen, et 
elle est arrivée à produire ainsi des millions de kilogrammes 
de Pruneaux de cette espèce estimée. 

La Cerise. — Après avoir adopté la région du Pacifique, particu 
lièrement l'Orégon, l'Etat de Washington, les comtés californiens 
d'Alameda, Santa-Clara, Solano, Napa, Placer, Sonoma, Santa-Cruz, 
Sacramento, San-Bernardino — où l'on cite un propriétaire récoltant 
6,000 livres de Cerises sur 3oares, — le Cerisier a trouvé sur d'autres 
points des occasions de se produire en verger plein ou mixte, associé 
à d'autres essences fruitières. 

L'arbre y est cultivé en haute tige, à demi-tige ou à l'état de buisson. 

Avec le Cerisier proprement dit, le Bigarreautier s'est implanté 
sur les coteaux ensoleillés de la région centrale. 

Les variétés à maturité précoce du Guignier sont accaparées par 
les primeuristes, loin des bois hantés par les oiseaux frugivores. 

Plus robuste, le Griottier a gagné le Nord ; il résiste au froid et 
son fruit a sa place à l'office. 

A 5,ooo pieds d'altitude, en Californie, les Bigarreautier s Black 
Tartarian, noir, et Yellow Spanish, ambré, fructifient encore. 

De ces quatre groupes, les principales variétés adoptées sont : 
Cerise Anglaise, May Duke. Bigarreau Black Tartarian. 

Belle de Chatenay. Elton. 

Belle de Choisy. Governor Wood. 

Early Richmond. Rockport. 

Montmorency (Amarelle). Napoléon. 

Griotte du Nord. Guigne Early Purple. 

Noire, Morello. Coe's Transparent. 

Aux abords du Canada, le Cerisier commun ou Amarelle, dit « de 
France », pullule, drageonne et fructifie suffisamment, 



2^6 ETATS-UNIS 

L'Abricot. — La Californie est le refuge de l'Abricotier. Les 
montagnes d'un côté, la mer de l'autre, la chaleur en tout temps 
garantissent la santé de l'arbre et la maturation du fruit. 

Les comtés d'Alameda, de Solano, de Santa-Glara, de Los Angeles 
tiennent la tête pour l'abondance. D'autres comtés se sont inspirés 
de ces succès ; tels sont : Orange, San-Bernardino, San-Diego, 
Santa-Barbara, Ventura, tous féconds pour l'Abricotier. 

La Californie du Sud retire 3oo,ooo dollars de sa récolte d'Abricots. 

Des manufactures se sont installées à la portée des cultivateurs ; 
Abricots et Pêches y arrivent par millions et sont aussitôt transfor- 
més en confitures, pâtes, séchons, et conserves en boîtes. 

Les approvisionnements viennent encore de l'Utah, de l'Idaho, 
et de certaines parties de l' Arizona, du Nouveau-Mexique. Le fruit 
frais est également envoyé sur les marchés de l'Est. 

Les variétés ainsi cultivées en plein vent sont : 
Breda. Moorpark. 

Early Golden. Peach (de Nancy). 

Hemskirke. Red Masculine. 

Large Early. Royal. 

Les Abricotiers Oullin's Early Peach et Orange ont jusqu'alors 
échappé au mildew. 

Le Raisin. — La Vigne est bien représentée aux Etats-Unis, mais 
plutôt par les variétés qui ne sont pas directement comestibles, de 
race pure ou croisée. 

Les types sauvages et leurs dérivés se rencontrent à peu près 
partout, des grands Lacs au golfe du Mexique, de l'Atlantique aux 
Montagnes Rocheuses. 

L'Ohio, le Missouri, l'Illinois, la Virginie, l'État de New-York 
ont, après la région du Pacifique, une production considérable. 

Les Territoires de l' Arizona, de l'Utah, du Nouveau-Mexique, le 
sud-ouest de l'État du Texas et une partie de la Floride cultivent 
aussi bien les cépages Concord, Delaware, Catawba, Hartford, 
Worden, Brighton, que nos plants de l'espèce Vigne vinifère. 

La Floride propage Black Hamburg, West St. Peter's, White 
Frontignan, Buckland Swcetwater, Gros Colman, Lady Downes... 

Les grands vignobles à vin des comtés californiens, tels que les 
comtés de Tulare, Fresno, Kern, San-Diego, San-Bernardino, envoient 
des paniers de Raisins au marché ; cependant l'exploitation du Raisin 
de table, destiné à la consommation ou au séchage, s'est concentrée 
au cœur de Los Angeles, Placer, Sacramento, San-Joaquin, Santa- 
Clara, Santa-Cruz, Yolo; arrivent ensuite les comtés de Contra-Costa, 
Lake, Merced, Santa-Barbara. 



ETATS-UNIS 27- 

Lcs cépages dominants sont : Black Prince, Calabrian, Chasselas, 
Cornichon, Emperor,Morocco, le Muscat précieux au séchage, le ïokai 
aux longs grains roses, et toute une collection de diverses origines. 

Ce pays, toujours grand dans ses entreprises, a des champs 
de Vigne immenses, appartenant au môme propriétaire, et d'une 
contenance de 800 hectares. La récolte des Raisins en Californie s'est 
élevée, en 1891, à 26 millions de kilogrammes, et augmente chaque 
année. Le Raisin sec rapporte jusqu'à 4>ooo francs à l'hectare. 

Une récente statistique fixe à i5o,ooo hectares l'étendue du 
vignoble de l'Union, et son produit, à 900,000 tonnes, destiné à 
s'accroître encore. 

Le capital engagé à cet effet approche d'un milliard de francs. 
Les variétés indigènes les plus répandues sont : 
Brighton. Ives. 

Catawba. Niagara. 

Clinton. Norton's Virginia. 

Concord. Scuppernong. 

Delaware. Wilder. 

Hartford. Worden. 

L'Ancien Monde a fourni ses plants à gros fruit sur divers points 
de l'Amérique. Leur acclimatement n'est pas encore bien déter- 
miné, mais leur vente peut être assurée sur les ports et au marché. 

La Mûre ( Mulberry ). — Le Mûrier, déjà propagé pour la sérici- 
culture, a quelques variétés à sirops; le Mûrier Downing, pour 
climat tempéré ; Hick's Everbearing et Slubbs, pour climat chaud. 

L a Framboise. — Le Framboisier est soumis à la culture exten- 
sive, sans préjudice de la production spontanée dans les bois, où 
les familles pauvres vont récolter la baie de la Ronce « Blackberry », 
de FAirelle « Cranberry », de l'Amélanchier « Juneberry » et de 
l'Argousier « BufTaloberry ». 

Notre Framboise « Rapsberry », rouge ou pourpre, jaune ou 
orange, est l'objet d'un grand commerce pour la fabrication du jus 
colorant ou aromatisant le vin et certains entremets. La production 
atteint 5o hectolitres à l'hectare. Les variétés à fruit rouge, Clarke, 
Herstine, la pourpre Franconia, et les variétés à fruit jaune, Orange, 
Souchetti, sont productives en plein champ ou sous verger. 

La Framboise noire, « Black Cap », Rubus villosus, peut rapporter 
2,000 francs à l'hectare. Variétés recommandées pour la distillerie 
et l'industrie : Agawam, Dorchester, Kittatinny, Lawton, Snyder, 
Stone, Western Triumph, Wilson, les occidentales Doolittle, Greeg, 
Mac Cormick, et la Ronce du Canada « Dewberry » Lucretia, 



2? 8 ÉTATS-UNIS 

La Groseille. — Arbuste du Nord, le Groseillier fait défaut dans 
les régions chaudes. Partout ailleurs, il tient sa place au jardin, ou 
accessoirement au grand verger. 

Le Gassissier est d'un bon rapport, libre ou associé, dans le 
Gonnecticut et les Etats voisins. 

La Groseille à maquereau se répand, d'après les résultats obtenus, 
dans le Kentucky, l'Orégon, le Washington, le sud de la Virginie. 

Parmi les bonnes variétés fertiles, signalons les suivantes : 

Les Groseilles à grappes « Gurrant » rouges, sont: d'Angers, Cerise, 
Fay's, Knight, de Palluau, Prince Albert, Red Dutch, Versaillaise. 

Les Groseilles blanches : White Dutch, White Grape. 

Les Groseilles noires ou Cassis : Black Naples, Commou Black, Lee, 

Les Groseilles à maquereau « Gooseberry »: Crown Bob, Dow- 
ning, Houghton, Industry, Pale Red, Pearl, Smith's improved. 

La Noix. — La Noix (Walnut) mûrit, et les rameaux de l'arbre se 
lignifient à souhait, dans toutes les situations où le climat est sec, les 
chaleurs prolongées, les hivers modérés. Il nous suffira de citer, 
en Californie, les comtés de Los-Angélès, Orange, Santa-Barbara, 
Ventura, où il rapporte de 200 à 400 dollars à l'acre de 41 ares. 

L'arbre est dispersé ou aligné sur la banquette d'un chemin. Le 
fruit, d'un transport facile, est exporté pour 5oo,ooo francs. 

Les variétés sont dues au hasard, le greffage y étant inconnu. 

Signalons un syndicat de 47 cultivateurs qui, en 1890, réunissait 
400,000 kilogr. de Noix, vendus 3oo,ooo francs. 

Le Pacanier, Carya, est exploité dans le comté d'Orange. 

Le Coing. — Le Cognassier (Quince) est planté isolé ou groupé dans 
les fermes, souvent en bordures de rivière. Son fruit est employé 
à divers usages culinaires et d'économie ménagère. 

Nous le trouvons dans les comtés Del Norte, Marin, Santa-Barbara, 
Santa-Clara, Tehama, en Californie. Le Coing-Pomme dit « Orange » 
est le plus commun ; puis les Coing-Poire, Coing-d'Angers, Rea, 
Champion, Coing de Portugal. 

L'Olive. — Déjà, plus de 800,000 Oliviers existent dans la région 
sud. Le succès des espèces oléifères pour les huileries, et de l'espèce 
Richoline pour la table, a contribué à l'extension de l'arbre en 
Californie et dans la Floride. 

Un verger d'Oliviers de Santa- Ynez-Valley, du comté de Santa- 
Barbara, possède 10,000 Oliviers dont les 4/5 ont fourni 460,000 hec- 
tolitres d'huile. En outre, 7,5oo Noyers et 10,000 Amandiers font 
partie du domaine. 

L'Amande. — Nous trouvons l'Amandier dans la région sud. La 
Floride, la Géorgie, l' Arizona, le Nouveau-Mexique et la Californie, 



ETATS-UNIS 279 

comtés d'Alaméda, Butte, Gontra-Gosta, Sacramento, Santa-Glara, 
Santa-Gruz, Sonoma, Tehama, Yolo, réunissent plus de 3, 000, 000 de 
sujets d'Amandiers à tout vent. 

La variété à coque dure et amande douce vit plutôt dans la plaine ; 
celles qui ont la coque tendre, Princess, Sultana, résistent mieux 
dans les bons sols de la montagne et des côtes. 

En 1892, les États-Unis recevaient d'Europe ^,63o,ooo livres 
d'Amandes évaluées 1,200,000 dollars ou six millions de francs. 

La Figue. — La zone méridionale et l'influence des courants 
chauds permettent au Figuier de vivre et de mûrir ses fruits. 

L'Alabama, la Louisiane, le Nouveau-Mexique, la Floride, la 
Californie possèdent de vieux Figuiers. Les Figues floridiennes 
titrent jusqu'à 60 p. 0/0 de sucre. Les Figues à peau violet-noir, de 
l'Adriatique et de Smyrne, ont beaucoup de succès. 

Le Département de l'Agriculture a fait venir des plants des pays 
d'origine et les a distribués aux planteurs. 

L'air sec et la chaleur solaire de l' Arizona et de la Californie, au 
temps de la maturité des Figues, facilitent le séchage. 

Il nous suffira de citer les comtés californiens de Los Angeles, 
Santa-Barbara, San- Diego, San-Bernardino, Placer, Stanislaus, et 
ceux de Fresno, de Tulare qui se sont fait une réputation dans le 
séchage des Figues. Les variétés préférées sont : 
Angélique. Celestial. 

Black Ischia. Green Ischia. 

Blue Genoa. Turkey. 

Brown Smyrna. White Adriatic. 

Brunswick. White Marseilles. 

Il arrive des provisions considérables de Figues au port de San- 
Francisco, toutes apprêtées en boîtes. 

La Grenade. — La région « Mountain and Coast » cultive le 
Grenadier, et son fruit résiste bien aux voyages. Les variétés à fruit 
doux « Sweet » ou acidulé « Acid » attendent un complément de 
variétés européennes qui ne saurait tarder. 

La Plaquemine. — Déjà l'Amérique du Nord cultivait le 
« Persimmon », c'est-à-dire le Plaqueminier de Virginie, dont le 
fruit, analogue à une belle Prune de Reine-Claude, est consommé à 
maturité extrême ou vendu sur les marchés. 

L'arrivée du type japonais « Kaki », dont les drupes ont l'aspect 
d'une Tomate ou d'une Mandarine, a été accueillie en Géorgie, en 
Floride, au Texas, dans la Louisiane et en Californie, avec une faveur 
telle qu'en 1888, le Japon exportait vers ces régions 5oo,ooo jeunes 
sujets de Kakis greffés, 



280 ÉTATS-UNIS 

Les variétés déjà implantées là-bas sont : Among, — Dai-Dai, — 
Hachiya, — Hiyakume, — Kurokuma, — Minokaki, — Okame, — 
Shimo-Schiradzu, — Tane-Nashi, — Yedc-ishi, — Yemon, — Yama 
Tsiiru, — Zengi. Les pépiniéristes américains en opéreront désormais 
eux-mêmes le greffage et la propagation. 

L'Orange. — La région de l'Oranger commence au centre de la 
Floride, longe la côte du golfe du Mexique vers l'Ouest, prend le 
Mississipi, la Louisiane, l' Arizona méridional et gagne la Californie, 
négligeant toutes les situations qui ne lui offrent pas de garanties de 
sécurité et de production. 

De la limite du Mexique au mont Shasta, une surface de i ,000 kilo- 
mètres est acquise aux Aurantiacées comestibles. 

Les irrigations ont été un facteur puissant de la prospérité des 
orangeraies californiennes. Un verger de cette sorte, irrigué, vaut 
4oo dollars à l'acre de 41 ares, environ 5,ooo francs l'hectare. 

Les comtés de San-Bernardino, de Los Angeles, de Butte sont 
abondamment pourvus ; ceux de San-Diego, Ventura, Placer, Orange, 
Yuba, Santa-Barbara, Fresno, San-Joaquin marchent sur leurs traces, 
proportionnellement à leurs ressources. 

De mars en mai, la Californie envoie ses Oranges vers l'Est ; la vente 
en est assurée. 

Los Angeles a sa clientèle à Chicago, à Philadelphie, au Nouveau- 
Mexique et dans l'Arizona. 

D'une seule saison, les six comtés du Sud fournissent 6,000 voi- 
tures d'Oranges ou 2 millions de boîtes à 2 dollars net la boîte, ce 
qui porte le revenu à 4 millions de dollars en faveur du producteur. 
Et les Etats-Unis sont encore tributaires de l'étranger ! 

L'extension donnée aux orangeries californiennes a valu à la 
presqu'île le nom « d'Etat doré ». Son importance s'était manifestée 
à la « World's Fair » de Chicago par une exhibition merveilleuse 
d'Hespéridées. 

Les variétés admises sont, par ordre de mérite : 

Navel, à gros fruit, la principale sorte sur toute la ligne ; 

Seedling, fertile et résistante, d'un bon rendement ; 

Saint-Michaels, fruit moyen à saveur fine, à écorce mince ; 

Ruby Blood, à chair rouge plus foncée que Maltese Blood; 

Mediterranean Sweet, Centennial, Dulcissima, Prolific... 

Le Citron aime les situations abritées des comtés de San-Diego, 
Los Angeles, San-Bernardino, Orange, Santa-Barbara, Ventura, 
San-Luis. Les Limons, Bigarades, Cédrats et Bergamotes, moins 
abondants, ont toutefois leur valeur de commerce et de profit, 



ÉTATS-UNIS 28l 

Sur l'Atlantique, la Floride suit l'exemple de sa sœur du Paci- 
fique. Les orangeries s'accroissent en étendue et en valeur. Le 
choix des variétés et leur reproduction sont observés. Le Citron et 
la Bigarade semblent préférer la zone méridionale. 

Il paraît que la Californie et la Floride possèdent quinze millions 
d'Orangers et deux millions de Citronniers, la moitié en production. 

Le Limonier occupe 5, 000 hectares en Californie (variétés Belair, 
Eurêka, French, Lisbon, Messina, etc.), surtout dans les riches sols 
des comtés de Tulare, de San-Bernardino, de San-Diego où il peut 
rapporter, vers Cajon Valley, jusqu'à 800 dollars par acre de 41 ares. 
(Le dollar américain vaut cinq francs de France, mais il faut tenir 
compte de la valeur monétaire relative de l'argent.) 

Fruits sèches. — Depuis une vingtaine d'années, la confection et 
le commerce de fruits desséchés se sont développés avec l'auxiliaire 
d'appareils perfectionnés. 

Le profit qui en résulte pour le producteur a suscité la création de 
nouveaux vergers et l'extension des anciennes plantations. Le choix 
des espèces fruitières et les soins à donner aux arbres en ont été la 
conséquence. 

Les États de Pensylvanie, d'Ohio, de Michigan, d'Orégon et la 
partie orientale de l'État de New- York ont conquis le premier rang 
de cette industrie. Les autres contrées agricoles ont suivi l'impulsion. 
Partout les pépinières et les vergers sont devenus lucratifs, et les 
usines se sont multipliées, offrant un débouché certain aux récoltes 
d'Abricots, de Pommes, de Poires, de Pêches, de Cerises, de Prunes, 
de Raisins, de Framboises. 

De New- York à Rochester, plus de mille établissements de dessic- 
cation de fruits et de légumes emploient 3o,ooo personnes au moins à 
leurs opérations. Évaporateurs, étuves et dessiccateurs ne chômentpas. 

Les années d'abondance ne laissent pas tomber la denrée à vil prix. 
Séché entier ou par quartiers, le produit se conserve bien et devient 
un élément de boisson ou de compote. 

Actuellement, les États de l'Union expédient pour 10 millions de 
francs de Pommes blanchies, évaporées ou séchées, à destination de 
l'Europe, de l'Amérique du Sud et de l'Asie orientale. 

Par suite de la sécheresse de l'air, de l'absence de pluies et de 
rosées en été, la Californie prépare ses fruits au soleil ; le procédé est 
à la portée de tous. 

Les vergers de ce riche État ont produit, en 1891, plus de 
3oo,ooo tonnes de fruits frais. Un négociant en fruits secs, de San- 
Francisco, en achetait pendant un seul mois pour un million de 
dollars, soit 5. 000, 000 de francs. 



282 ÉTATS-UNIS 

Des délégués californiens sont venus en France étudier la 
fabrication des Pruneaux d'Agen, puis en Espagne, à Malaga, 
apprendre le passerillage du raisin. Depuis, la dessiccation des fruits 
par l'action solaire a gagné tous les districts. La ville de San-Joaquin 
s'est fait une réputation pour le passerillage des raisins. 

Faut-il rappeler que, pendant un seul mois de novembre, la 
Californie a exporté 3o,ooo tonnes de fruits séchés ou évaporés, 
chargées sur 3,ooo wagons? 

Pendant l'été, ces mêmes usines travaillent les légumes, et 
quelques-unes, en hiver, les huîtres... 

Fruits confits. — A l'est des Montagnes Rocheuses : Baltimore, 
du Maryland ; Rochester, de l'État de New- York ; Saint-Louis, du 
Missouri, sont devenus les centres de confection de fruits confits et 
et de confitures. La même situation est acquise à San-Francisco, 
San- José, Sacramento et Los Angeles de la région occidentale 
baignée par le Pacifique. Cependant, il existe des confiseries 
disséminées sur tout le territoire de l'Union. 

A elle seule la Pêche fournit, par saison, un million cinq cent 
mille caisses de 24 boîtes ; les trois-quarts sont préparées dans la 
région de Chesapeake. 

L'industrie transforme ainsi quinze millions de bushels (ou 
boisseau de 36 litres), de fruits par an, et emploie 18,000 barils de 
sucre granulé pour établir le sirop de conserves de pêches. Heureu- 
sement, les États-Unis récoltent par année un million cinq cent mille 
quintaux de sucre de canne, et cette production augmente encore ! 

A bientôt la conserve au jus ou au candi des Dattes dans l'Arizona 
et la Californie ; des Goyaves et Mangues en Floride ; des Cocos du 
Lac Worth ; des Ananas et des Bananes des îles côtières, à partir de 
Charlotte-Harbour, à l'ouest, et depuis l'île de Marritt, à l'est!... 



VI. — Pépinières. — Dendrologie. — Floriculture. 

VÉGÉTAUX D'ORNEMENT 

Ainsi que nous le verrons tout à l'heure, l'Amérique septentrionale 
est riche par ses ressources naturelles en arbres, arbustes et plantes 
pour le décor de ses jardins. 

Mais avec une population cosmopolite, d'origines tellement 
variées, le goût des jardins garnis de plantes et de fleurs de toute 
espèce s'est développé. Les fortunes rapidement gagnées ont suscité 
un étalage de luxe d'où l'horticulture n'était pas exclue, 



ÉTATS-UNIS 283 

La prospérité du jardinage d'ornement et la fortune des hommes 
intelligents qui s'y livrent en ont été la conséquence. 

Les États-Unis possèdent vingt mille établissements de pépinières 
et de fleurs, exploités par un capital de huit cent millions de francs, 
et occupant un personnel dépassant 200,000 personnes, non compris 
les maisons de fleurs en boutique. 

C'est ici surtout que l'on débite les centaines de mille Rosiers 
forcés dans la banlieue et les milliers de Lis, de Jacinthes, 
d'Amaryllis, de Narcisses, de Tubéreuses, de Glaïeuls, de Muguets, 
de Violettes, de Lilas fleuris sous bâche et accaparés avec avidité 
par la population indigène ou étrangère. 

Les États du sud ont imité la Provence maritime en fournissant 
l'hiver des fleurs élégantes et parfumées. 

Gitadin ou campagnard, vertueux ou volage, l'amour des plantes 
fleurit les fenêtres de l'américain du nord, garnit son balcon, s'élève 
jusqu'aux toits et mansardes, stationnant au vestibule, presque à 
l'ascenseur. Il s'égare à la fenêtre populaire ou au balcon de la 
famille, ornant la boutonnière du financier, et se piquant sur le 
corsage de la déesse de la Liberté ou en pleine chevelure de 
l'Indienne libre. 

Ne s'est-il pas installé sur le transatlantique où les passagers 
goûtent le farniente... de la traversée, l'imprévu des rencontres ou 
les voluptés d'une lune de miel précipitée ?. . . 

Un romancier n'a-t-il pas laissé entendre que les maîtres d'hôtel 
affichaient la galanterie — ou la cruauté — de présenter leur note 
au milieu d'un bouquet de fleurs qui, hélas ! n'est pas toujours 
sans épines? 

Les administrations sont entrées dans le mouvement ; elles ne 
pouvaient laisser construire des maisons à douze ou quinze étages, 
ni tailler à plein drap des quartiers neufs et rectilignes, sans offrir à 
l'habitant les conditions de l'hygiène et les agréments du séjour. 

De là, ces oasis de verdure sur le parcours des tramways, une 
véritable ceinture pittoresque et paysagère qui encadre la cité tou- 
jours trop étroite, toujours insuffisante à l'expansion de la population. 

Après Central Park occupant une superficie de 3oo hectares, à 
New- York, les villes importantes ont créé des parcs publics, des 
promenades, des squares, qui ont encore encouragé les particuliers à 
orner leurs demeures ou leurs villas avec toutes les ressources du 
jardinage. 

Les municipalités poussèrent le scrupule du culte floral jusqu'à 
autoriser l'horticulture à s'installer, toutes voiles déployées, dans le 
champ du repos. Aussi rencontre-t-on, à la porte des cimetières, 



284 ÉTATS-UNIS 

des cultures de fleurs et d'arbustes réservés aux familles et aux 
visiteurs du Jardin funèbre. On cite des jardiniers entrepreneurs qui 
entretiennent les concessions au moyen d'abonnements annuels 
s'élevant de 5 à 10,000 dollars... jusqu'à 5o, 000 francs ! 

Des traités semblables sont contractés avec des particuliers, qui 
désirent vivre au milieu des fleurs dans leur salon de réception ou 
en plein magasin de commerce. 

Pendant la guerre franco-allemande, les Américains ont profité de 
l'ouverture des ports japonais et pénétré dans l'empire du Mikado 
pour y recueillir des végétaux rares. L'Hortensia à fleur blanche et 
le Chrysanthème à ligules duveteuses sont les souvenirs les plus 
intéressants de cette paisible incursion. 

Nous voudrions citer en détail les arbres et les plantes que 
nous devons à l'Amérique du Nord, grâce aux recherches de 
Michaux, de Robin, de Bosc, de Noisette, de Boursier de la Rivière, 
de Hahn et autres explorateurs européens. Il faut nous borner à 
signaler les principales espèces ; ce sera notre manière de célébrer 
le quatrième centenaire de la découverte du Nouveau Monde. 

Signalons dans leur ordre alphabétique : 

A. — Les arbres et les arbustes ; 

B. — Les conifères ; 

C. — Les plantes herbacées. 

A. — ARBRES, ARBRISSEAUX ET ARBUSTES ORIGINAIRES DES ÉTATS-UNIS. 

Acer circinatum ; eriocarpum ; gla- Berciiemia volubilis. 

bruni ; macrophyllum ; montanum ; Betula lenta ; lutea ; nigra ; papy- 

nigrum ; pensylvanicum ; rubrum ; rifera ; populifolia ; pumila ; que- 

saccharinum ; spicatum. becensis ; rubra. 

yEscuLUS glabra ; rubicunda. Bigxoxia capreolata ; lucicla. 

Alxus incana ; maritima ; serrulata. Bruxxiciiia cirrhosa. 

Amelanchier alnifolia ; Botryapium ; Bumelia lycioides ; tenax. 

florida ; oblongifolia ; oligocarpa ; Gallicarpa americana. 

ovalis. Calycaxthus floridus ; glaucus ; laevi- 

Amorpiia fragrans ; fruticosa ; gla- gatus ; macrophyllus ; occiden- 

bra. talis. 

Ampélopsis bipinnata; cordata ; he- Carpixus caroliniana ; pendula ; pur- 

deracea; indivisa ; quinquefolia. purea; querciiblia; varicgata ; vir- 

AxDROMEDA(Gassandra) angustifolia, giniana. 

calyculata, glauca, poliifolia;(Leu- Garya alba ; amara ; aquatica ; oli- 

cothœ) axillaris, conacea, Mariana; vaeformis ; sulcata; tomentosa. 

(Lyonia)irondosa, ligustrina; (Oxy- Castanea americana ; pumila. 

dendron) arboreum ; (Zenobia) flo- Castaxopsis chrysophylla ; pumila ; 

ribunda, speciosa. vulgaris. 

Aralia spinosa. Catalpa bignonioides ; speciosa. 

Arbutus procera. Ceaxotiius americanus ; dentatus ; 

Aristolochia Sipho ; tomentosa. divaricatus ; intermedius ; papillo- 

Aroxia arbutitblia ; iloribunda ; sus ; rigidus ; tardiflorus ; thyrsi- 

grandifolia ; melanocarpa. florus ; Veitchianus ; velutinus. 

Asimixa grandiflora ; parvillora ; tri- Gelastrus scandens. 

loba. Geltis crassiiblia ; mississipiensis; 

Azalea arborescens ; bicolor ; ca- occidentalis. 

lendulacea ; canescens ; glauca ; Cepiialaxthus occidentalis. 

nudiflora ; viscosa. Gerasus Capuli ; carolinana ; ilici- 

Baccharis halimifolia. folia; mollis; persicifolia; scrotina; 

Berberis canadensis ; caroliniana ; Padus virginiana. 

dulcis; nitens; spathulata; vulgaris. Gercis calilbrnica ; canadensis. 



ETATS-UNIS 



2 85 



Cham.iîbatia foliolosa. 
Ciiam.ecerasus cœrulea ; ciliata. 
Ghionanthus virginica. 
Cladrastis tinctoria. 
Clematis coccinea ; cordata ; crispa ; 
cylindrica ; Pitcheri ; reticulata ; 

verticillaris ; viorna ; virginiana. 
Clethra acuminata; aînifolia; pani- 

culata; tomentosa; virginiana. 
Cocculus carolinianas. 
Comptoxia asplenifolia. 
Cornus alba ; alternifolia ; cœrulea ; 

canadensis ; circinata ; fiorida ; 

Nuttalli ; paniculata ; sericea ; 

stricta. 
Corylus americana ; laciniata ; ros- 

trata. 
Crat^rgus betulœfolia ; Bosciana : 

Celsiana; coccinea; cordata; Dou- 

glasii ; lissa ; flava ; Fontanesiana ; 

glandulosa ; heterophylla ; latifo- 

lia; leucophlaeos; linearis; lucida; 

ovalifolia ; parvifolia ; prunifolia ; 

punctata ; pyracanthiiblia ; salici- 

iolia; tomentosa ; uniilora; Wend- 

landi ; etc. 
Decumaria barbara. 
Desmodium canadense ; Dilleni. 
Diervilla canadensis ; sessilifolia. 
Diospyros virginiana. 
Dirca palustris. 
El.eagxus argentea. 
Evonymus americanus ; atropurpu- 

reus. 
Exociiorda grandiflora. 
Fagus americana ; caroliniana ; fer- 

ruginea ; latifolia. 
Forestiera acuminata ; ligustrina. 
Fothergilla aînifolia. 
Fraxixus acuminata ; alba ; america- 
na ; cinerea ; elliptica ; epiptera ; 

expansa ; hispida ; incana ; juglan- 

dilblia ; mixta ; nana ; nigra ; platy- 

carpa ; pubescens ; quadrangularis ; 

Richardi ; rul'a ; sambucifolia. 
Fremoxtia californica. 
Gaultheria procumbens ; Shallon. 
Gledistsciiia monosperma; triacan- 

thos. 
Gordoxia lasianthos ; pubescens. 
Gymxocladus canadensis. 
Halesia diptera ; parviilora ; tetrap- 

tera. 
Hydraxgea arborescens ; cordata ; 

nivea ; quercifolia ; urticœfolia. 
Hypericum elatum ; kalmianum ; pro- 

lilicum 5 pyramiclatum. 
Ilex œstivalis ; Cassine ; Dahoon ; 

opaca ; vomitoria. 
Illicium lloridanum ; parviflorum. 
Isomeris arborea. 
Itea virginica. 
Iva frutescens. 
Juglaxs cinerea ; nigra ; rupestris ; 

stylosa. 
Kalmia angustifolia ; glauca ; lati- 

folia. 
Ledum canadense ; latifolium ; pa- 
lustre. 
Leiophyllum buxifolium. 
Leucopsidium arkanseum. 



Lixdera Benzoin. 
Liquidambar styracillua. 
Liriodexdrox tulipifera. 
Litr.isa laurina. 

Loxicera Brownii ; ( Gaprifolium ) 
Douglasii ; llava; glauca; grata ; 
hirsuta ; macrophylla; occidenta- 
lis ; parviflora ; pubescens ; sem- 
pervirens. 
Maclura aurantiaca. 
Magxolia acuminata ; auriculata ; 
cordata ; Fraseri ; glauca ; grandi- 
flora ; macrophylla ; pyramidata ; 
umbrella. 
MAHOxrA aquifolium ; fascicularis ; 

glumacea ; repens. 
Malus angustifolia; coronaria; di- 

vcrsiflora. 
Mexispermum canadense ; carolinia- 

num ; virginicum. 
Mexziesia globularis ; empetriformis. 
Morus rubra. 
Myrica carolinensis ; cerifera ; pen- 

sylvanica . 
Neguxdo californicum; fraxinifolium. 
Nemopaxthes canadensis. 
Nuttallia cerasiibrmis. 
Nyssa aquatica ; candicans; capitata ; 

multillora ; uniflora ; villosa. 
Orxus americana ; rotundifolia. 
Ostrya virginica. 
Passiflora cœrulea; Laurenceana. 
Pavia atropurpurea ; californica (Ca- 
lothyrsus) ; discolor ; llava ; humi- 
lis ; hybrida ; Lindleyana ; lucida ; 
Michauxii; ohiotensis ; rubra; spi- 
cata (Macrothyrsus) ; Whitleyi. 
Persea caroliniana. 
Philadelphus californicus ; Gordo- 
nianus ; grandiflorus ; hirsutus ; 
inodorus ; latifolius ; laxus ; Lewi- 
sii ; pubescens ; speciosus ; verru- 
cosus ; Zeyheri. 
Phyllodoce empetriformis. 
Pirus rivularis. 
Plaxera aquatica ; ulmifolia. 
Plataxus occidentalis; racemosa. 
Populus angulata ; balsainifera ; ca- 
nadensis ; candicans ; grandiden- 
data ; heterophylla ; monilifera ; 
tremuloides ; virginiana. 
Prixos glaber; lœvigata; lanceolata; 

verticillata. 
Prunus acuminata ; americana ; bo- 
realis ; Chicasa ; depressa ; hyema- 
lis; maritima; nigra ; pumila; pyg- 
mœa. 
Ptelea trifoliata. 

Quercus alba ; aquatica ; Banisteri ; 
bicolor; Chincapin ; cinerea; coc- 
cinea ; dcnsiflora; falcata; Genabii; 
imbricaria; lyrata ; lobata; macro- 
carpa ; montana ; nigra ; nobilis ; 
olivœibrmis ; palustris ; Phellos ; 
Prinus; rubra; sericea; stellata; 
tinctoria ; virens. 
Riiamxus alnifolius ; californicus ; 

intermedius ; oleifolius. 
Rhododexdrox californicum ; cataw- 
biense ; macrophyllum ; maximum , 
punctatum ; purpureum. 



286 



ÉTATS-UNIS 



Rhodora canadensis. 

Riius aromatica ; copallina ; glabra ; 

leucantha; radicans; suaveolens ; 

toxicodendron ; typhina; varielo- 

bata ; venenata ; viridiflora. 
Ribes aureum; cereum; Gynobasti ; 

divaricatum ; iloridum ; fragrans ; 

gracile ; lacustre ; malvaceum ; 

Menziesii ; niveum ; oregoni ; 

palmatum ; prostratum ; revolu- 

tum ; rotundifolium ; sanguineum ; 

subvestitum ; tenuifloruin ; triflo 

rum. 
Robinia alba (Pseudo-acacia); dubia; 

hispida; macrophylla ; neo-mexi- 

cana ; viscosa. 
Robsonia speciosa. 
Rosa calilbrnica ; caroliniana j hud- 

soniana; lucida; parviflora; pen- 

sylvanica ; rubifolia ; setigera ; 

Woodsii. 
Rubus canadensis ; deliciosus ; Law- 

tonii ; leucodermis ; nobilis ; nutka- 

nus; occidentalis ; odoratus ; parvi- 

florus; Ristonii; spectabilis. 
Salix argentea ; candida ; nigra. 
Sambucus canadensis ; pubens. 
Sassafras officinale. 
Sebastiana ligustrina. 
Shepherdia canadensis. 
Smilacina racemosa. 
Smilax lanceolata ; laurifolia ; pseu- 

do-china ; rotundifolia ; Salsapa- 

rilla. 
Sorbus americana. 



Spir^ea arircfolia; Douglasii ; lobata; 

Menziezii ; Nobleana ; opulifolia ; 

salicifolia ; tomentosa. 
Staphylea trifoliata. 
Stewarïia Malacodendron ; penta- 

gyna. 
Styphonia inlegrifolia. 
Styrax caliibrnicum ; lœvigatum. 
Symphoricarpos parviflorus; race- 

mosus ; vulgaris. 
Tecoma radicans. 
Tilia glabra ; heterophylla ; laxiflo- 

ra ; neglecta ; truncata. 
Ulmus americana ; elata ; fulva. 
Ungnadia speciosa. 
Vaccinium erectum; macrocarpum; 

Oxycoccos; pensylvanicum ; stan- 

nicum. 
Veronica virginica. 
Viburnum acerif blium ; edule ; laevi- 

gatum ; Lentago ; nudum ; obova- 

tum ; Oxycoccos : pirifolium ; pru- 

nifolium ; punicifoiium. 
Wistaria frutescens. 
Vins œstivalis ; candicans ; caribaea; 

cordifolia ; Labrusca ; monticola ; 

rotundifolia ; rubra. 
Xanthorriza apiiiblia. 
Yucca aloifolia ; angustifolia ; cana- 

liculata ; draconis : lilamentosa ; 

ilaccida ; flexilis ; glauca ; glauces- 

cens; gloriosa; lutescens; pendu- 
la ; recurvifolia ; stricta ; ïreculea- 

na ; Whipplei. 
Zanthoxylum fraxinifolium. 



li.— CONIFÈRES, ARBRES RÉSINEUX ORIGINAIRES DES ÉTATS-UNIS. 



Abies amabilis ; aromatica ; balsa» 

mea : bracteata ; falcata ; Fraseri ; 

Gordoniana ; grandis ; microphyl- 

la ; mucronata ; nobilis. 
Cham^ecyparis Boursieri ; nutkaen- 

sis ; sphœroidea. 
Gupressus californica ; Goveniana ; 

Hartwegii ; Lambertiana ; Mac- 

Nabiana. 
Juniperus andina ; californica ; corn- 

munis ; dealbata ; nana canadensis; 

nana hemisphœrica ; occidentalis ; 

pachyphlœa ; prostrata ; virginia- 

na. 
Larix americana crenifolia ; ameri- 
cana pendula ; americana proliféra ; 

Lyallii; microcarpa. 
Picea alba - } californica; Engelmanni; 

Menziesii ; nigra ;Parryana; rubra. 
Pinus aristata ; Balfouriana ; Bank- 

siana ; Benthamiana ; Boursieri ; 



brachyptera ; Coulteri ; contorta J 

dellexa ; Engelmanni ; excelsa ; 

flexilis ; Fremontiana ; inops ; insi- 

gnis ; Jeffreyi ; Lambertiana ; mitis ; 

monticola ; muricata ; Parryana ; 

ponderosa ; pungens; rigida; rubra; 

Sabiniana ; serotina ; Shasta ; Stro- 

bus ; Tœda ; Torreyana. 
Pseudotsuga Douglasii. 
Séquoia gigantea (Wellingtonia) ; 

sempervirens. 
Taxodium distichum. 
Taxus baccata ; Boursieri ; brevi- 

folia ; canadensis ; floridana. 
Thuia gigantea ; Menziezii ; occiden- 
talis ; plicata. 
Torreya brevifolia ; floridana ; my- 

ristica ; taxifolia. 
Tsuga canadensis ; canadensis gra- 

cilis ; canadensis nana ; Hookeria- 

na ; Martensiana. 



C. - VÉGÉTAUX HERBACÉS ORIGINAIRES DES ETATS-UNIS 



Abronia umbellata. 

Acroclinium roseum. 

Adiantum pedatum* 

Adlumia cirrhosa. 

Agave divers, 

Ageratum odoratum. 

Allium fragrans. 

Amaryllis Atamasco; formosissima. 

Amsonia salicifolia ; Tabernœmontan. 



Antennaria margaritaceft. 

Apios tuberosa. 

Apocynum androsaemifoliiimi 

Aquilegia canadensis ; chrysantha \ 

cœrulea; Skinneri. 
Asclerias Cornuti ; incarnata ; tu* 

berosa. 
Asprella Hystrix. 
Aster amplexicaulis ; Bigelowii; Ces* 



ÉTATS-UNIS 



287 



pitosus; floribundus ; fragilis ; gran- 
diflorus; laevis; laxus; multiilorus; 
novae angliae ; obliquus ; j>endu- 
lus; repertus; roscus ; rubricaulis ; 
tarditlorus ; tenuifolius ; Trades- 
cantii ; turbinellus ; vcrsicolor. 

Baeria chrysostoma. 

Bartonia aurca. 

Biotia corymbosa; latifolia. 

Boltoxia asteroides ; glastifblia ; la- 
tisquana. 

Brodlea congesta; grandiflora. 

Calandrinia Lindlcyana. 

Galligiiroa platyglossa. 

Gallirhoe involucrata ; pedata. 

Gamassia esculenta. 

Canna flaccida. 

Gkntaurea americana. 

Gentauridium Drummondi. 

Ciielone obliqua. 

Glarkia elegans ; pulchella. 

Cleome pungens ; spinosa. 

Glintonia pulchella. 

Collinsia bicolor ; grandiflora ; ver- 
na ; violacea. 

Gollomia coccinea; grandiflora. 

Goreopsis Ackermanni ; auriculata ; 
cardaminefolia ; coronata ; Drum- 
mondi ; lanceolata ; praecox ; tincto- 
ria ; verticillata. 

Cornus canadensis. 

Corydalis glauca. 

Cosmanthus fimbriatus. 

Cosmidium Burbidgeanum. 

Gucurbita perennis. 

CucuMrs Anguria. 

Gyclanthera pedata. 

Cypripedium spectabile. 

Datura meteloides. 

Delpiiinium cardinale ; nudicaule. 

Dielytra eximia; formosa. 

Dodecatheox integrifolium; Meadia. 

Gëxothera biennis ; bistorta Veit- 
chiana; campylocalyx ; Drummon- 
di ; Fraseri ; glauca ; grandiflora ; 
Lamarckiana; macrocarpa ; specio- 
sa ; serotina. 

Erigerox glabellum ; speciosum. 

EsciisciiOLïziA califbrnica; tenui- 
folia. 

Eucharidium Breweri ; concinnum; 
grandiflorum. 

Eupatorium ageratoides ; aromati- 
cum ; purpureum ; urticaefolium. 

Euphorbia variegata. 

Eutoga Menziesh ; viscida; Wrangc- 
liana. 

Fenzlia dianthiflora. 

Gaillardia amblyodon ; lanceolata ; 
picta. 

Galatella linifolia ; punctata. 

Gaultheria procumbens. 

Gaura Lindheimeri. 

Gilia capitata ; liniflora ; tricolor. 

Gillenia trifoliata. 

Godetia rubicunda ; Romanzowii ; 
Lindleyana ; Whitneyi. 

Grixdelia squarrosa. 

Gutierrezia gymnospermoides. 

Gymnopsis uniserialis. 

Harpalium rigidum* 



Helenium autumnale ; atropurpu- 
reum ; Bolanderi ; californicum ; te- 
nuiiblium. 

Helianti-ius argophyllus ; cucumeri- 
lblius ; multiilorus ; orgyalis. 

Heliopsis laevis. 

Helonias bullata. 

Heuchera americana ; micrantha ; 
sanguinea. 

Hibiscus palustris ; militaris. 

Hordeum jubatum. 

Hymenaterum tenuilobum. 

Ipomopsis elegans. 

Iris lulva ; virginica. 

Jeffersoxia diphylla. 

Layia elegans ; heterotricha. 

Leptosiphon androsaceus ; aureus ; 
densiflorus ; parviflorus. 

Leptosyne calliopsidea. 

Leucopsidium arkansanum. 

Liatris pycnostachya ; spicata, 

Limnanthes Douglasii. 

Lindheimera texana. 

Lilium canadense ; Catesbaei ; Hum- 
boldti ; kamtchatkense ; pardali- 
num; Parryi ; parvum ; superbum ; 
Washingtonianum. 

Lobelia cardinalis ; syphilitica. 

Lupinus Dunnetti superbus ; macro- 
phyllus ; nanus ; polyphyllus ; sul- 
phurcus ; subcarnosus ; venustus. 

Martynia proboscidea. 

Mimulus cardinalis ; luteus ; mos- 
chatus. 

Mon arda didyma ; fistulosa. 

Monolopia californica. 

Nemophila atomaria ; discoidalis ; 
insignis ; maculata. 

Nicotiana virginica . 

Nympiuea odorata. 

Onoglea sensibilis. 

Opuntia Ratinesquiana ; vulgaris. 

Oxyura clirysanthemoides. 

Palafoxia texana. 

Panicum capillare ; virgatum. 

Papaver commutatum. 

Pentstemon Cobœa ; confertus ; digi- 
talis ; diffusus ; glaber ; heterophyl- 
lus; Jaflfrayanus: Lobbii; murraya- 
nus ; ovatus ; pubescens ; procerus ; 
Richardsoni ; speciosus ; VVrightii. 

Phacelia bipinnatifida ; campanula- 
ria ; tanacetifolia. 

Piilox acuminata ; Drummondi ; ma- 
culata; ovata ; paniculata ; setacea; 
subulata ; vcrna. 

Physostegia imbricata ; virginiana. 

Phytolacca decandra. 

Podalyria australis. 

Podophyllum peltatum. 

Polemonium reptans. 

Pontederia cordata. 

Portulaca grandiflora. 

Pulmonaria virginica. 

Riiexia virginica. 

Romneya Goulteri. 

Rudbeckia hirta ; purpurea ; spe* 
ciosa. 

Sabbatia campestris. 

Salvia azurea ; carduacea ; coccinea j 
Pitcheri; Rœmeriana. 



a88 



ETATS-UNIS 



Sanguinaria canadensis. 

Sanguisorba média. 

Saururus cernuus. 

Saxifraga peltata ; pensylvanica. 

Schortia californica. 

Sidalcea candida. 

Sedum populifolium ; pulchellum. 

Sidalcea candida. 

Silphium laciniatum . 

Solanum citrullifoliuni ; texanuni. 

Solidago canadensis ; glabra ; multi- 

flora ; nutans . 
Spiienogyxe speciosa. 
Spigelia marylandica. 
Spir^a lobata. 



Stokesia cyanea. 

Tradescantia virginica. 

Thalia dealbata. 

Tiarella cordifolia. 

Trachelium cœruleum . 

Trillium grandiflorum ; sessile. 

Triteleia uniflora. 

Uvularia granditlora. 

Vp:rbena Aubletia. 

Vernoxia novœboracensis ; pra;alta. 

Veronica virginica. 

Viola palmata. 

Vitïadinia triloba. 

Whitlavia grandiflora. 

Zauschneria californica. 



Combien de ces végétaux d'utilité ou d'agrément ont été, avec les 
essences fruitières, les héros de YArbor Dqy, jour sacré de l'arbori- 
culture ! 

Depuis i844, la Fête des Arbres a été l'occasion de boisements faits 
par les classes ouvrières ou bourgeoises, par les collèges, les sémi- 
naires, les écoles, en pleine liesse dans cette journée mémorable. 

Quelle fortune pour les Etats moins richement dotés ! 

Bonne leçon de civilisation ! Bel exemple à suivre chez toutes les 
nations du monde ! 



VII. — Ouvrages d'horticulture. 

La grande République de l'Amérique du Nord, quoique relative- 
ment jeune, a déjà produit des ouvrages horticoles remarquables. En 
voici la liste dressée au Ministère de l'Agriculture, le 8 juin 1894: 

HORTICULTURE GÉNÉRALE 

Annals of Horticulture, 1889, 1890, 1891, 1892. L. H. Bailey, Jr. 

Cross Breeding and Hybridizing, 1892 — 

Horticulturists Rule Book, 1889 — 

Nursery Book, 1891 — 

Gardening for Pleasure P. Henderson. 

Gardening for Profit — 

Practical Floriculture — 

Propagation of Plants, 1889 A. S. Fuller. 

The Gauliflower, 1891 A. A. Grozier. 

Truck Farming at the South Dr. A. Oemler. 

CULTURE GÉNÉRALE DES FRUITS 

American Fruit Book, 1849 S. W. Cole. 

American Fruit Gulturist, 1844 J- J- Thomas. 

American Fruit Growers Guide F. R. Elliott. 

American Orchardist, 1822 James Thacher. 

American Pomology, 1867 J. A. Warder. 

Fruits and Fruit Trees of America, 1845 A.J.etC.DowNiNG. 



ÉTATS-UNIS 289 

The Fruit Gardai, i85i P. Barry. 

Fruits of America, 180 1 CM. Hovey. 

New American Orchardist, 1844 Wm. Kenrick. 

New England Fruit Book, 1844 Robert Manning. 

Pomological Manual, i83i Wm. R. Prince. 

Western Fruit Book, i85y E. J. Hooper. 

A View ofthe Cultiçation of Fruit Trees, 1817. Wm. Coxe. 

CULTURES FRUITIÈRES SPÉCIALES 
Raisins 

American Grape Training, 1893 L. H. Bailey. 

Cultiçation of American Grapes . George Husmann. 

Cultiçation of the Grape W. G. Strong. 

Cultivation ofthe Vine in America, 1828 John Adlum. 

Grape Culture, 1867 T. H. Hyatt. 

Grape Cultiirist A. S. Fuller. 

Grape Grower's Guide Wm. Ghorlton. 

The Raisin Tndustiy, 1890 Gustav Eisen. 

Treatise on the Vine, i83o Wm. R. Prince. 

Petits Fruits 

Cape Cod Cranberries, 1886 James Webb. 

Granberrj* Culture J. J. Write. 

Small Fruits, 1886 Wm. H. Hills 

Small Fruit Cultiirist A. S. Fuller. 

Strawberry, i854 R. G. Parole. 

Sliccess with Small Fruits, 1880 E. P. Roe. 

Pêches 

Peach Culture, 1870 J. A. Fultox. 

Peach Culture John Rutter. 

Peach, Pear and Quince, and Nut Bearing Trees 

on the Chesapeake Peninsula, 1887 J. J. Black. 

Poires 

Pear Culture for Profit P. T. Quinn. 

Coings 

Quince Culture, 1881 W. W. Meecii. 

Pommes 

American Pomology, 1867 J. A. Warder. 

Apple Cultiirist, 1871 S. E. Todd. 

Field Notes on Apple Culture, 188G L. H. Bailey. 

Fruits des tropiques et semi tropicaux 

Florida Fruits Helen Harcourt. 

Hand Pool: of Orange Culture, 188 r T. W. Moore. 

The Olive, 1888 L A. T. Marvin. 

Treatise on Glisse Culture, 18812. Ellwood Gooper. 

Condition of Tropical and Semi-tropical Fruits in the U. S., 1887. 
Division of Pomology, Department of Agriculture. 

19 



290 



ETATS-UNIS 



VIII. — Presse horticole. 

État actuel de la Presse horticole périodique des États-Unis : 

American Farm and Horticulturist, Richmond, V. L. J. Thompson. 

American Florist, American Florist C°, Chicago, Illinois. 

American Gardening, New-York A. T. De L a M are O. 

Galifornia Fruit Grower, San Francisco, Cal. B. M. Rowley. 

Florist's Exchange, New-York A. T. DeLaMareC . 

Fruit Grower' s Journal, Gobden, Illinois. . . . 

Fruit Trade Journal, New-York 

Fruit Grower, Maçon, Georgia 

Garden and Forest, New- York G. S. S argent. 

Gardening, Chicago, Illinois William Falconer. 

Greens Fruit Grower, Rochester, N. Y . C. A. Green. 

Journal ofthe Columbus Horticultural Society, Columbus, Ohio. 

Leaflet, West Casco, Michigan E. S. Thompson. 

Mqyflower, Queens G , New-York J. L. Ghilds. 

Meehan's Monthly, Germantown,Phil., Pa . . T. Meehan. 

Nebraska Horticulturist, Bower, Nebraska. . J. G. Carpenter. 

Northwest Horticulturist, Tacoma, Washingt. Boothroyd & Tonn. 

Orchard Fruits, Effingham, Illinois William Dyke. 

Orange Belt, Rialto, Galifornia L. M. Holt. 

Orhamental&Forest Tree Grower, Evergreen, 

Wisconsin J. J. Pinney. 

Partis Floral Magazine, Libonia, Pennsylv. . . G. W. Park. 
Purdys Fruit Recorder and Evaporator, 

Palmyra, New- York A. M. Purdy. 

Science and Horticulture, Orcutt, Galifornia. C. R. Orcutt. 
Seed Time and Harvest. La Plume, Pennsylv. 

Smittis Small Fruit Fariner, Lawrence, Kans. B. B. Smith. 

Southern Floral Magazine, Clarksville, Ten. Morton and Titus. 

Succéss with Flowers, West Grove, Pennsyl. . Dingee & Conrad. 

Vich's Magazine, Rochester» New- York Vick Publishing C°. 

Vineyardist, Penn Yan, New- York J. H. Butler. 

Western Garden, Des Moines, IoWa J. W. Page. 

Woodsman, Evergreen, Alabama G. W. Caldwell. 

En outre, des Journaux agricoles, forestiers, de villégiature, etc. 



**$)(£?' 



FINLANDE 



3^3,600 kilomètres carrés. — 2,3oo,ooo habitants. 

Situé entre la Scandinavie et la plaine de Russie, baigné de deux 
côtés par de vastes bras de mer, — les golfes de Finlande et de 
Bothnie, — le Grand-Duché de Finlande, placé sous la suzeraineté 
de la Russie, s'étend vers le nord, du 60 e au 70 e parallèle, tout aux 
approches de la mer glaciale. 

La population a des goûts forestiers. L'instruction est déve- 
loppée chez les deux sexes. La femme prend part aux élections 
communales ; diverses attributions, la sténographie entre autres, lui 
sont dévolues. Elle seconde aussi son mari dans les travaux de 
culture et de jardinage. 

Les Légumes : Choux, Raves, Navets, Rutabagas, Pois, Haricots, 
Pommes de terre, Raiforts, Ognons, Ails, sont élevés dans la plaine, 
conservés en silos et vendus à la ville. 

La campagne d'Helsingfors, siège du Gouvernement, est travaillée 
avec soin par les cultivateurs jardiniers. Un Jardin botanique et une 
Station expérimentale y sont installés. 

Les Pommes et les Griottes, récoltées autour des habitations, 
servent à la consommation locale ou sont destinées aux hôtels ; 
les voyageurs y sont chaque année plus nombreux, grâce à l'initiative 
de la Société des touristes de Finlande. 

La Poire, la Prune se plaisent sur le littoral, avec quelques légumes 
abrités : Choux-fleurs, Salades, Concombres. 

La Myrtille, la Ronce, la Framboise, la Groseille, la Fraise sont 
récoltées dans les taillis et autour des huttes d'habitation. 

Les conserves de légumes et de fruits, les extraits ou préparations 
économiques de produits fruitiers ou maraîchers sont préparés dans 
les 3 e et 4 e classes sociales : bourgeois, commerçants, paysans. Les 
nobles et le clergé s'en occupent peu. 

La culture potagère fait aujourd'hui partie des soles composant 
la rotation des cultures ; cependant les grands domaines du sud 



292 FINLANDE 

admettent depuis quelque temps l'assolement triennal. Quant au 
système primitif de défrichement par l'incendie des forêts, il est 
encore pratiqué en Savolaks et en Corélie, provinces de Test. 

Les Céréales fournissent des semences de choix. Le sol étant 
argileux, on a converti de vastes plaines en prairies pour l'élevage 
du bétail et l'industrie du lait. Des écoles de laiterie ont été instituées 
par l'État. La Finlande exporte pour treize millions de francs de 
beurre en Angleterre et en Russie, sans compter les chevaux, les 
animaux de boucherie, les produits de la chasse et de la pêche. 

Ces faits démontrent ce qu'un peuple laborieux peut tirer du sol. 
L'agriculture est l'industrie mère de la Finlande ; elle occupe 80 0/0 
du territoire où, déjà, les lacs prennent 2,5oo,ooo hectares. 

La sylviculture officielle s'exerce sur les i3i,5oo kilomètres carrés 
des forêts de la couronne, — la moitié de l'étendue forestière du pays. 

L'exportation des bois bruts ou ouvrés atteint soixante millions 
de francs par an. 

Les bois destinés à la France et à l'Angleterre sont amenés sur le 
cours d'eau où l'usine est installée, puis découpés et chargés sur 
des chalands qui sont remorqués jusqu'aux navires affrétés. 

La fabrication de la pâte de bois, dont la force motrice extractive 
était actionnée par les nombreux rapides du pays, a fait augmenter 
le revenu des Peupliers Tremble et des Sapins. 

Les essences les plus répandues sont : le Pin sylvestre, l'Épicéa, 
le Bouleau. Le Pin est l'espèce dominante ; la graine se dissémine au 
printemps, le jeune plant se développe pendant la belle saison, et en 
hiver, la neige, qui persiste quatre mois durant, le préserve du froid 
toujours dangereux lorsqu'il atteint le collet du jeune arbre. 

Le Pin et le Bouleau croissent sur les terres où les eaux pluviales 
ne séjournent pas. L'Epicéa préfère les sols humides; cette essence 
forme le dixième, environ, des peuplements résineux. 

Le Bouleau n'est guère employé qu'au rôle de bois de feu. 

Nous sommes un peu sorti du domaine horticole pur ; mais le 
jardinier qui recueille les Légumes et les Fruits en été, n'est-il 
pas un peu bûcheron en hiver ? Nous pouvons assurer qu'il n'est 
pas le dernier lorsqu'il s'agit de faire le coup de feu sur l'ennemi, 
l'ours blanc et le loup, aussi bien que pour donner la chasse au lièvre 
des neiges, au coq de bruyère, et poursuivre la lyrure des bouleaux, 
la bécasse, le lagopède blanc... 

Nous connaissons plus d'un de ses confrères, horticulteur 
français, qui voudrait être de la partie ! 



^ 



FRANCE 



î-XrZ- 



536, 400 kilomètres carrés. — 38, 102,000 habitants. 

I. — Action du Gouvernement 

Depuis longtemps, le Gouvernement français encourage l'Horti- 
culture. 

Jamais il ne l'a autant favorisée qu'en ce moment ; nous espérons 
que cette bienveillance s'accentuera davantage encore. 

La création du Ministère de l'Agriculture, en 1881, ne doit-elle pas 
avoir pour conséquence l'organisation d'un bureau ministériel de 
Y Horticulture, seule ou associée à la Viticulture ? 

En attendant, plusieurs ministères ont une partie de l'Horticulture 
française dans leurs attributions. 

Le Ministère de l'Intérieur reconnaît d'utilité publique les 
Sociétés horticoles qui présentent toute garantie morale et financière. 

Le Ministère de l'Agriculture subventionne les Sociétés qui, déjà, 
reçoivent une allocation du Conseil général de leur département, 
et leur accorde des subsides en argent avec des médailles lors 
des concours et des expositions. Il leur donne également des livres 
pour la bibliothèque sociale ou pour les lauréats. 

Souvent, le Ministre préside les distributions de prix ou s'y fait 
représenter. Sur sa proposition, le Gouvernement fait inscrire les 
horticulteurs au grand livre de la Légion d'honneur et leur confère 
la décoration du Mérite agricole, instituée en i883. Les ouvriers de 
culture ont des titres à la médaille d'honneur agricole, après trente 
années de services. 

Le Ministère admet la culture des pépinières, des potagers, des 
vergers, des parterres au bénéfice des concours régionaux, et décerne 
des objets d'art et des médailles aux établissements producteurs de 
« l'horticulture » ou de « l'arboriculture », qui ont été visités et jugés 
dignes par un Jury spécial, 



m 



FRANGE 



Les légumes, les fruits, les fleurs, les arbres et arbustes ont leur 
entrée au Concours général agricole de Paris et aux Concours 
régionaux. 

Les champs d'études et d'expériences sont mis à la portée des 
cultivateurs de toute espèce de végétaux. 

Les Stations agronomiques rendent des services aux jardiniers et 
au commerce des graines, par l'analyse des terres, la vérification 
des engrais, l'essai des semences. 

L'Administration des Forêts s'approvisionne assez souvent auprès 
des pépiniéristes pour le boisement des friches et le peuplement 
des bois et des forêts. 

Le personnel du Ministère, les Inspecteurs généraux et les 
Professeurs d'agriculture entretiennent de bons rapports avec les 
horticulteurs. 

Le Ministère de l'Instruction publique contribue pour une large 
part à l'enseignement horticole, en subventionnant les Chaires 
départementales d'Agriculture et en demandant aux Écoles normales, 
aux Écoles primaires supérieures ou communales l'annexion d'un 
jardin quelconque, qui s'impose définitivement aux créations 
nouvelles. 

Le musée scolaire s'enrichit de collections d'histoire naturelle fort 
utiles à l'enseignement. 

Nos professeurs d'agriculture et d'horticulture deviennent des 
organes influents du progrès, par leur enseignement dans les établis- 
sements d'instruction à tous les degrés, à l'un ou à l'autre sexe. 

De même que l'Administration de l'Agriculture, l'Instruction 
publique souscrit aux ouvrages horticoles en faveur de nos 
Associations; celles-ci en enrichissent leur bibliothèque ou les 
décernent à titre de prix aux instituteurs et aux institutrices. 

Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux- Arts comprend 
le monde horticole dans la répartition des palmes académiques. 

Le Muséum d'histoire naturelle et les Jardins botaniques appar- 
tiennent à son Département. 

Le Ministère du Commerce et de l'Industrie place l'Horticulture 
sur un rang d'égalité avec l'Agriculture, les Beaux-Arts et les 
grandes branches de l'Industrie, au programme des Expositions 
universelles. 

La Direction des Postes et Télégraphes grossit son budget avec le 
mouvement d'affaires causé par les catalogues d'horticulture, la 
correspondance, les envois postaux, etc. 

L'Administration des Colonies a sous ses ordres des jardiniers 
et explorateurs qui contribuent à faire valoir nos richesses coloniales. 



FRANCE 295 

Le Ministère des Travaux publics traite les questions de transport 
des végétaux et de plantations routières. Sur ces deux points, il est 
parfois l'objet de réclamations de la part des intéressés. 

Enfin, le Ministère des Finances encaisse, avec une gravité tout 
officielle, les impôts qui grèvent l'exploitation du sol et les transac- 
tions forcées de ses produits. 

II. — Écoles d'horticulture. 

A.- ENSEIGNEfflENT AGRICOLE ET HORTICOLE PAR L'ÉTAT. 

Ouvrant la séance solennelle de la Société nationale d'agriculture 
de France, le 4 juillet 1893, l'honorable président, M. Eugène 
Tisserand, Conseiller d'État, Directeur de l'Agriculture au Ministère, 
proclamait l'extension de l'enseignement agricole en France sous les 
auspices du Gouvernement de la République. 

L'Administration de l'Agriculture n'a-t-elle pas, en effet, créé, 
organisé et subventionné des établissements d'instruction agricole et 
horticole, à divers degrés? 

Partout, nous retrouvons l'Horticulture expliquée, démontrée ou 
professée par des maîtres de la parole ou de la pratique, dont 
l'action est secondée par des jardins d'expériences ou de profit. 

L'enseignement de la Botanique vient s'ajouter à l'Horticulture 
dans les Etablissements de l'Etat ci-après énumérés : 

L'Institut national agronomique fut créé le 3 octobre 1848, à 
Versailles. Auguste Hardy était alors jardinier chef et M. Duchartre, 
professeur de botanique. 

Reconstitué le 9 août 1876, à Paris, après une interruption de 
quatorze années, il a pour directeur actuel M. Eugène Risler. 

Les cours durent deux années. L'entrée des élèves est mise au 
concours; un grand nombre de jeunes gens français et étrangers s'y 
présentent. 

Le diplôme d'ingénieur agronome est délivré à la sortie, après 
examen. 

Les champs d'expériences sont à Joinville-le-Pont, près de Paris. 

L'École nationale d'agriculture, à Grignon (Seine-et-Oise), 
fondée en 1829, par Auguste Bella et Polonceau, a pour directeur 
M. Philippar; le domaine comprend 468 hectares. 

L'École nationale d'agriculture, à Grandjouan (Loire-Infér re ), 
créée en i833, doit être transportée prochainement à Rennes, Direc- 
teur, M. Jules Godefroy. 



296 



FRANCE 



L'Écale nationale d'agriculture, à Montpellier, d'abord créée 
en 18^2, par Nivièrc, à la Saulsaie (Ain), fut réinstallée à la Gaillarde 
(Hérault), en 1870, par l'Etat, et s'occupe plus spécialement de la 
viticulture. Directeur, M. Gustave Foex. 

L'École nationale forestière, à Nancy, créée pendant l'année 
1824* Une station expérimentale y fut annexée en 1882. Plus tard, 
le Ministère décidait que les élèves de l'Ecole forestière seraient 
recrutés à l'Institut national agronomique. Directeur, M. Boppe. 

École vétérinaire d'Alfort, créée en 1766. Directeur, M. Trasbot. 

École vétérinaire de Lyon, créée en 1 711. Directeur, M. Arloing. 

École vétérinaire de Toulouse, fondée en 1828. Dir r M. Laulanié. 

Écoles pratiques d'agriculture organisées dans les départements: 



DÉPARTEMENTS 


ÉCOLES PRATIQUES 


DIRECTEURS 


DATE DE CRÉATION 






Aisne. 


Crézancy. 


Brune 1. 


26 février 1-891. 


Alger. 
Allier. 


Rouïba. 


Decaillet. 


12 août 1882. 


Gennetines. 


Desriot. 


16 novembre 1888. 


Alpes (Basses). 


Oraison. 


Wolff. 


29 avril 1891. 


Alpes-Maritimes. 


Antibes. 


Gos. 


26 février 1891. 


Anciennes. 


Rethel. 


Coutte. 


7 mars 1890. 


BoRches-du-Rhône. 


Valabre. 


Crespin. 


2G juin 1884. 


Charente. 


Les Faurelles. 


Biais. 


28 avril 1892. 


Côte-d'Or. 


Beaune. 


Durand. 


25 octobre 1884. 


Creuse. 


Les Granges. 


Dui'resse. 


10 juin 1892. 


Creuse. 


Genouillat. 


Mingasson. 


19 novembre 1892. 


Eure. 


Le Neubourg. 


P argon. 


3 septembre 1891J 


Finistère. 


Le Lézard eau. 


Baron. 


29 juillet 1881. j 


Garonne (Ilaule-). 


Ondes. 


Tallavignes. 


24 août 1889. 


Ille-et-Vi laine. 


T rois-Croix. 


Hérissant. 


3o novembre 1888.' 


Indre. 


Clion. 


Masson. 


8 juin 1894. 


Loiret. 


Le Chesnoy. 


Jolivet. 


12 janvier 1889. 


Lot-et-Garonne. 


Saint-Pau. 


Capgrand-Mothes. 


1 3 août 1889. 


Manche. 


Coigny. 


Etienbled. 


21 août 1886. 


Manche. 


Sartilïy. 
Saint-Bon. 


Aubril. 


1887. ■ 


Marne (Haute-). 


Rolland. 


21 octobre 1876. j 


Mayenne. 


Beauchêne. 


Coignard. 


3i août 1889. 


Meurthe-et-Moselle. 


Mathieu- de- Dom' 1 '. 


Thiry. 


3i octobre 1879. 


Meuse. 


Les Merchines. 


Krantz. 


29 janvier 1876. 


Meuse. 


M énil-1 a-Horg n e . 


Doyen. 


27 décembre i883. 


Morbihan. 


Grand-Resto. 


Le Dain. 


2 janvier 1889. 


Nièvre . 


Corbigny. 


Grandjean. 


5 avril 1894. 


Nord. 


Wagnonville . 


Manteau. 


Juin 1894. 


Pas-de-Calais. 


Berthonval. 


Dickson. 


16 novembre 1880. 


Puy-de-Dôme. 


La Molière. 


Puissant. 


11 juillet i883. 


Rhône. 


Ecully. 


Pu 1 liai. 


I er mars i883. 


Saône-et-Loire. 


Fontaine. 


Raynaud. 


3o juillet 1892. 


Saône (Haute-). 


Saint-Rémy. 


Carou. 


18 décembre 187G. 


Seine-Inférieure. 


Aumale. 


Bazangeon. 


i() décembre 1887. 


Somme. 


Le Parade t. 


Tanviray. 


4 février 188G. 


Vaucluse. 


Avignon. 


Allier. 


3o octobre 1886. 


1 Vendée. 


Pétré. 


Vauchez. 


16 décembre 1887. 


Vosges. 


Saulxures-s-M. 


Poussier. 


3i mars i885. 


1 Yonne. 


La Brosse. 


Thierry. 


25 juillet 1882. 



Les Écoles pratiques d'Antibes, d'Écnlly, d'Oraison sont pins 
spécialement des Ecoles pratiques d'agriculture et d'horticulture. 
Beaune, Ecully, Valabre ont des cours spéciaux de viticulture. 



FRANCE 



297 



Nous passons les Écoles spéciales de fromagerie, d'aviculture, de 
pisciculture; mais nous devons signaler l'École pratique forestière 
des Barres (Loiret), destinée à l'éducation des gardes-forestiers 
domaniaux, depuis 1873, et des gardes généraux adjoints, depuis 
1884, installée sur le domaine créé, dès 1826, par Philippe-André 
Lévèquc de Vilmorin. L'Etat, devenu propriétaire en 1866, en a 
confié la direction à M. Constant Gouët, directeur actuel. 

Fermes-Écoles. — L'enseignement du jardinage y est avant tout 
pratique ; la culture potagère y domine. 



DÉPARTEMENTS 


FERMES -ÉCOLES 


DIRECTEURS 






MM. 


Ariège. 


Royat. 


Jaubert. 


Aude. 


Bosc. 


Heylles. 


Charente-Inférieure. 


Puilboreau. 


Bouscasse. 


Cher. 


Laumoy. 


Pallienne. 


Corrèze. 


Les Plaines. 


Chauvin. 


Doubs. 


La Roche. 


Tard y. 


Garonne (Haute-). 


Gastelnau-les-Nauzes. 


Tachoircs. 


Gers. 


La Hourre. 


Laiitan. 


Gironde. 


Machore. 


Couraud. 


Loire (Haute-). 


Nolhac. 


Ghaudier. 


Lot. 


Le Montât. 


Du four. 


Lozère. 


Ghazeirolettes. 


Crueize. 


Orne. 


Saut-Gautier. 


Blin. 


Vienne. 


Montlouis. 


De Larclause. 


Vienne (Haute-). 


Chavaignac. 


De Bmcliard. 


Vosges. 


Le Bcaufroy. 


Le Blanc. 



A tous ces foyers d'enseignement, il convient d'ajouter : 

i° Les Stations agronomiques, au nombre de jo environ, dotées 
d'un laboratoire de recherches sur la sélection des plantes, la physi- 
que végétale, l'étude des semences et des engrais. 

2 Les 200 Chaires d'agriculture départementales, d'arrondisse- 
ment ou de canton, confiées, après concours institués par le Ministère 
de l'Agriculture, aux brillants sujets de nos Ecoles supérieures, et 
qui portent la bonne parole, contribuant ainsi au perfectionnement 
de la culture des jardins de la ferme, des vergers, des pépinières, du 
vignoble et de l'exploitation forestière. 

Il faut savoir gré au Grand-Maître de l'Université d'introduire 
lTiorticulture au programme des Écoles communales, des Ecoles 
secondaires ou primaires supérieures, et des Ecoles normales d'insti- 
tuteurs ou d'institutrices, d'en favoriser l'entrée aux collèges et 
lycées, de seconder l'organisation d'Ecoles primaires agricoles, 
d'après un. programme rédigé par M. Eug. Tisserand. On peut en 
voir l'exemple à Bar-sur-Seine (Aube), à Dourdan (Seine-et-Oisc), à 
Cadillac (Gironde), etc. N'oublions pas que les petits cultivateurs 
forment les 9G centièmes de notre population rurale ! 



298 FRANCE 

Quant aux Écoles de laiterie, il se trouve encore là des sujets 
d'enseignement du jardinage aux jeunes filles. Citons les Écoles de 
Coëtlegon (Ille-et- Vilaine), ot de Kerliver, à Hauvec (Finistère). 

B.- ENSEIGNEMENT AGRICOLE ET HORTICOLE LIBRE. 

En dehors de ces Établissements qui appartiennent complètement 
à l'État, il existe des Institutions libres — la plupart subventionnées 
— où le jardinage est enseigné par des savants ou des praticiens 
expérimentés. Il nous suffira de citer les maisons principales, qui 
n'hésitent pas à prouver leur valeur dans nos Expositions publiqiles : 

L'Institut agricole de Beauvais (Oise) ; 

L'Institut des Frères à Dijon (Gôte-d'Or) ; 

L'Institut des Frères à Reims (Marne), etc. 

Ces trois établissements, bien organisés, disposent de vastes 
jardins d'expériences et de laboratoires d'analyses. 

On aura bientôt un établissement analogue organisé près de 
Troyes (Aube), sur le domaine de Foicy, par l'Ecole Saint-Bernard, 
placée sous la direction des Oblats de Saint-François-de-Sales. 

L'État encourage aussi les Refuges laïques ci-après : 

Orphelinat agricole Rayer, à Anctonyille (Calvados); 

— Leclerc-Chauvin, à Angoulême (Charente); 

— de Valence (Drôme) ; 

— de Voiron (Isère) ; 

— du Ray (Loire-Inférieure), pour j eunes filles ; 

— des Merles (Oise) ; 

— de Saint Éloi (Haute- Vienne); 
Asile agricole Bordas, à Châteaudun (Eure-et-Loir) ; 

— de Saint- Cyr l'École (Seine-et-Oise) ; 
Colonie agricole de Saint -Louis (Gironde) ; 

— d'Ay (Marne) ; 

— de Sanvic (Seine-Inférieure) ; 

Les Orphelinats agricoles de Vallon (Ardèche) et Saverdun 
(Ariège), élèves protestants ; 

Les Colonies agricoles des Jommelières et de Sainte-Foy 
(Dordogne), élèves protestants. 

L'Administration pénitentiaire, l'Assistance publique et des 
associations de philanthropes admettent l'horticulture parmi les 
facteurs du travail et de la moralité, par exemple : 

A l'Asile de Mettray (Indre-et-Loire); à l'Asile de Citeaux 
(Côte-d'Or), etc. 

Voici un tableau résumant les Orphelinats congréganistes de 
garçons ou de filles, où le jardinage est mis en pratique. 



FRANCE 299 

1. — Orphelinats agricoles (Garçons). 



NOM DE L ETABLISSEMENT 



ARNIS, 

près Cahors 

(Lot). 

SAlNTE-ANNE-(le-BOMPAS, 

Avignon 
(Vaucluse). 

Saint-Joseph, faubourg 
de Cambrai, à Bapaume 
(Pas-do-Calais). 

Saint-Georges, 

Boaumont-Cottage, 
par Cunftn (Aube). 

Beaupont, 

par Coligny 

(Ain). 

Bléville, 

par Le Havre 
(Seine-Inférieure). 

La BoussELAYE-en»Bieux, 
par Allaire 
(Morbihan). 

Caen, 

71, rue deBayeux, 
(Calvados). 

Saint-Sauveur, 

à Cellule, par Biom 
(Puy-de-Dôme). 

Chambéry, 

au Bocage 
(Savoie). 

Costa de Beauregard, 
à Chambéry 
(Savoie). 

Saint-Joseph-du-Lac, 
à Chcns, par Douvaine 
(Haute-Savoie). 

Les Choisinets, 
par Langognc 

(Lozère). 

De Béthanie, à Ciboure, 

par Saint-Jean-de-Luz 

(Basses-Pyrénées). 

De Saint-Joseph, 
Coubcyrac, p* Gensac 
(Gironde). 



direction 



Frères Saint-Gabriel. 



Frères 
Saint-Pierre-ès-Liens. 

Frères 

St-François-d'Assises, 

Frères agriculteurs. 

fondé par M. Georges 

des Etangs. 
Frères du St-Esprit, 

Petites-Sœurs de Jésus 
Franciscaines. 



fieligieuses 
Franciscaines. 

Frères 

de 

St-François-d' Assise. 

Sœurs 

de 

Saint-Vincent-de-Paul. 

Pères du Saint-Esprit 

et du 
Saint-Cœur de Marie. 

Sœurs 

de 

Saint-Vincent-de-Paul . 

fondé par l'abbé 
Costa de Beauregard. 

Sœurs 
Saint-Vincent-de-Paul. 

fondé par le P. Joseph 

Frères 
Saint-François-Bégis . 

Frères 

des 

Écoles Chrétiennes. 



Frères de Ploërmel. 



fondé par le 

patronage des enfants 

d'Alsace-Lorraine. 

Société de Marie. 



10 
ans 



9 
ans 



13 

ans 



13 
ans 



3 à 5 
ans 

3 à 4 
ans 



13 

ans 



6 à 8 
ans 



9 à 13 
ans 



3à 7 

ans 



3à 7 
ans 



13 

ans 



7 
ans 



9 ans 



6 
ans 



18 

ans 



16 à 17 
ans 



16 à 21 

ans 



20 
ans 

13 à 14 
ans 



12 

ans 



20 
ans 



15 

ans 



20 
ans 



du 
place- 
ment, 

fin 
de l'ap- 
pren- 
tissage 



18 
ans 



17 

ans 



18 
ans 



18 à 21 
ans 



prix 


DE 


Pension 


Trous- 
seau 


200 fr 


50 


240 


50 


200 


30 


240 


50 


50 


100 


250 


50 


200 

à 

250 


50 


300 


50 



SPECIALITES 



250 

à 360 

selon âge 



240 



300 



180 



120 



180 



240 



â 
fournir 



100 



100 



a 
fournir 



50 



Grande culture, 
horticulture, 
viticulture. 

Jardins, 

vignes 

(80 hectares). 

Ferme, 

basse-cour, 

Jardin. 



Culture, 
horticulture. 



Jardinage, 
agriculture. 



Jardinage. 



Agriculture, 
meunerie. 



Jardinage. 



Agriculture, 
horticulture, 



exclusivement 
horticole. 



exclusivement 
horticole. 



Agriculture, 
horticulture. 



Jardinage, 
culture. 



Horticulture, 
agriculture. 



Agriculture, 
horticulture, 



3oo 



FRANGE 



NOM DE L'ETABLISSEMENT 



CODRBESSAC-LES-NlMES, 

(Gard). 



DOMOL 



Dijon 
(Côtc-d'Or). 



DOUVAINE 

(Haute-Savoie). 
Asile rural. 

Ducherais-en-Campbon 
(Loire-Inférieure). 

Elancourt, 

par Trappes 
(Soinc-ct-Oise). 

L'Épine, 
par Cliàlons-s-Marnc 
(Marne). 



Ferney (Ain). 



La Fertk-Saint-Aubin 
(Loiret). 
Orphelinat Saint-Léon. 

Notre-Dame-du-Fleix, 
Fleix 

(Dordogne). 

Notre-Dame- du-Cantal 

La Forêt, 

par Calvinet (Cantal). 



Giel, 



par Putangcs 
(Orne). 



Refuge 
des Enfants abandonnés 

Grand-Quevilly, 
par Rouen (Scine-lnfér.). 

De Saint-Joseph, 
boulevard des Adieux, 
Grenoble (Isère). 

De Notre-Dame d'Igny, 
Igny, par Fismcs 
(Marne). 

K aymar, par Najac 

(Aveyron). 
Fondé par M. Çibiel. 



Sœurs de S*-Joseph 

de Vesseaux 

(Ardèche). 

Frères 

de 

Saint- Vincent-de-Paul 

fondé 

par le R. P. Joseph, 

Sœurs de la Croix. 



l'abbé Dabin. 

fondé 
par l'abbé Méquignon 
S rs S*- Vincent-de-Paul. 

fondé et dirigé 

par l'abbé Pierron, 

curé de l'Épine. 

Petites -Sœurs 

des Orphelins de 

Belley. 

Religieuses 

de l'immaculée- 

Conception. 

Un Prêtre 

de la maison de l'abbé 

Roussel. 

Frères 

de 

Saint-Vincent-de-Paul. 



Sous le patronage 
de l'évêque de Séez. 
Un prêtre du diocèse. 



Pères du Saint-Esprit, 

Sœurs 

de 

Saint-Joseph de Cluny, 

Frères 

des 

Écoles Chrétiennes. 



Religieux Trappistes. 



Frères 
de Saint-Viateur, 



AGE 


PRIX 


DE 


- — «*^ 


~-^0~ — - 


^— i ^^ 




Admis 


Sortie 


Pension 


Trous- 
seau 


6 
ans 


18 
ans 


200 


» 


7 
ans 


20 
ans 


180 


à 
fournir 


6 
ans 


13 
ans 


180 


50 


5 à 10 
ans 


18 
ans 


200 


50 


2 à 7 


12 à 16 


300 


50 


ans 


ans 






k ans 


13 à 15 

ans 


400 


50 


5 à 12 
ans 


suivant 
conven- 
tion. 


200 


» 


5 ans 


13 

ans 


24 


75 


10 
ans 


18 
ans 


240 


50 


3 à 10 
ans 


21 

ans 


180 

250 fr. 
jusqu'à 


50 


3 à 9 
ans 


« 


12 ans, 
200 f de 
12 à 14, 

gratuit 
ensuite. 

300 fr. 


50 


7 à 11 


18 


Gratuit 




ans 


ans 


pour 
l'arrond. 


» 


8 
ans 


15 

ans 


240 


10 


10 «à 12 
ans 


21 ans 

avec 


200 fr. 
jusqu'il 


50 




engageai. 


15 ans. 




8àl2 
ans 


18 
ans 


gratuit 


fournir 



S PIX.T ALITES 



Travaux 
agricoles. 



Grande culture, 
horticulture. 



Agriculture, 
horticulture. 



Jardinage, 
agriculture. 

Jardinage. 



Travaux 

agricoles. 



Jardinage. 



Jardinage. 



Agriculture, 

viticulture, 

jardinage. 

Agriculture, 

soin 
des bestiaux. 



Agriculture, 

horticulture 

(culture 

de 80 hectares). 



Agriculture, 
jardinage. 



Jardinage. 



Agriculture, 

élevage de best. 

horticulture. 



Agriculture, 





Fit. 


^NCE 








3oi 




1 


AGE 


PRIX 


DE 








— ~w »— - 


. -»>_^ 


„ 




nom de l'établissement 


DIRECTION 




| 




Trous 


SPÉCIALITÉS 






Admis 


Sortie 


Pension 














seau 




De Saint-Joseph, 


Frères 












Nourray, p r St-Amand- 


de S 4 -François-Régis 


8 à 12 


19 


'240 fr 


50 


Agriculture. 


de- Vendôme (L.-et-C/ 


du Puy. 


ans 


ans 








Orgeville, p r Pacy-sur- 














Eurc (Euro). 


fondé 










Agriculture, 


Ecole professionnelle 


par M. Bonjean. 










horticulture. 


et agricole. 














Route de Buros, 


Sœurs 










Culture, 


Pau 
(Basses- Pyrénées). 


Saint- Vincent-de-Paul. 


5 
ans 


18 

ans 


120 


100 


jardinage. 


De Saint-Alexis, 


Frères 












Peyregoux, 


de 


9 à 12 


19 ans 


150 fr. 




Vignoble, 


par Lautrcc (Tarn). 


Saint-François-Régis. 


ans 


avec 
engagera, 


jusqu'à 

15 ans 


60 


soin du bétail, 
expl. de ferme, 


Pouillé, 


Sœurs de la Charité 












par les Ponts-de-Cé 


de 


5 à 6 


18 






Instr. agricole, 


(Maine-et-Loire). 


Sainte -Marie. 


ans 


ans 


200 fr. 




jardinage, 
grande culture. 


De Bethléem, 


L'abbé Bonnaire, 












Reims (Marne), 


Sœurs 


2 à 5 


vers 


250 fr. 




Culture maraî- 


Bue Jacquart, 24. 


du St-Enfant-Jésus. 


ans 


1 7 ans 


jusqu'à 

13 ans 




chère, arbori- 
culture fruitière. 


De St-FRANçois-RÉGis, 














La Roche-Arnaud, 


Frères 


8 à 11 

ans 




200 






par Le Puy 
(Haute-Loire). 


de S'-François- Régis. 


19 

ans 


à 
250 


50 


Agriculture, 
horticulture. 


De Saint-Antoine, 


Frères 






200 fr. 






par Saint-Genis 


de 


11 à 13 


18 à 21 






(Charente-Inférieure). 


S^Francois-d'Assiscs. 


ans 


ans 


jusqu'à 
15 ans 

240 fr. 


50 


Agriculture. 


Du Sacré-Cœur, 








jusqu'à 






Saint-Dié 
(Vosges). 


l'abbé Harpcnon. 


2 ou 3 , 
ans ! 


quand ils 

peuvent 
se placer 


12 ans 
180 fr. 

de 
12 à 16 

ans 


50 


Agriculture. 


St-MARTIN-DES-DOUETS, 


Sœurs 












près Tours 


de la Présentation de 


8 


18 


250 




Agriculture 


(Indre-et-Loire). 


la Sainte- Vierge. 


ans 


ans 


ou 300 
jusqu'à 


50 


jardinage. 


De Saint-Joseph, 








15 ans 






St-Pierrc-les-Calais 
(Pas-de-Calais). 


des ecclésiastiques. 


5 

ans 




250 


50 


Horticulture. 


S 1 -Joseph-de-la-Payé, 














Saint-Yrieix 


Religieux 


7 


18 








(Haute- Vienne). 


de Sainte-Croix. 


ans 


ans 


200 


50 


Agriculture. 


Salvert, 

par Migné 

(Vienne). 


Sœurs 
le Sainte-Philo mène. 


6 
ans 


18 
ans 


300 fr. 
jusqu'à 
15 ans 


20 


Agriculture, 
horticulture. 


Providences agricoles 














de Saint-Isidore, 


So3urs 


3 à 7 


7 à 19 


ce qui 




Horticulture 


Seillon, par Bourg 
(Ain). 


Franciscaines. 


ans 


ans ] 


eut être 
donné. 


burnirr 


grande culture. 



302 



FRANGE 




Kehbot, 

par Sarzeau 
(Morbihan). 

Kerhars, par Sarzeau 
(Morbihan). 
Asile rural. 

Providence agricole, 
Lacépède, 
par Saint- Cirq 
(Lot-et-Garonne), 

Saint-Joseph, 

Lavelanct 
(Ariège). 

Lerins, 

par Cannes 
(Alpes-Maritimes). 

Luché-Thouarsais, 

par Saint-Varcns 
(Deux-Sèvres). 

Providence Caille, 
à Fourvières (Montée 
des Anges, 9), 

Lyon (Rhône). 



Melay-de-la-Couh, 
par Montaigu (Vendée). 

Meplier-Blanzy, 

(Saône-et-Loirc). 

Mesnil-Saint-Firmin, 
et ferme de Merle 

(Oise) 

Colonie Notre-Dame, 
La Moerre, par Savcnay 

(Loire-Inférieure) 
Suceurs, de l'orphelinat 
de Nantes. 



La Mokrre, 

par Savcnay 
(Loire-Inférieure) 

Mont Saint-Michel, 
(Manche) 

De Bethléem, 

quartier Saint-Félix, 
Nantes (Loire- Infér rc ). 



De Saint-Joseph, 
La Navarre, par La Crau- 
d'Hyères (Var). 



Frères 

de S^François-Régis 

du Puy. 

Sœurs 

de 

Saint- Yinccnt-de-Paul. 



Sœurs 

S^François-d Assise 

de Seillon. 



l'abbé Clanct. 



Religieux 
Cisterciens. 



Frères de Marie, 



Frères Maristcs. 



l'abbé de Suyrot. 

Sœurs de Saint-Cœur 

de Mormaison. 

Sœurs 
Franciscaines. 



Sœurs Saint-Joseph 
de Cluny. 



Sœurs de Bethléem. 



12 

ans 



4à 8 
ans 



3à 7 

ans 



au- 
dessous 
del2ans 



13 

ans 



16 

ans 



21 

ans 



anS là 18 ans 



8àll 
ans 



5 a 10 
ans 



5 à 10 
ans 



9 
ans 



Sœurs 
Carmélites Tertiaires 

Sœurs 
de la Miséricorde. 

fondé 
par l'abbé Bauduz. 
Sœurs de Bethléem. 



Prêtres 

de 

S l -François-de-Sales. 



18 à 21 
ans 



15 
ans 



16 à 18 

ans 

divers 

âges 

18 
ans 



13 
ans 



13 

ans 



6 
ans 



tout âge. 



12 

ans 



18 

ans 



18 

ans 



13 
ans 



18 

ans 

rien 
de fixé 

pour 

la 

sortie. 



200 



180 



200 



250 



240 



300 



180 



180 
à 200 



240 



200 fr. 

pendant 

2 ans 



150 fr 
jusqu'à 
16 ans, 



200 



200 



gre a gre 



50 



a 
fournir 



50 

100 

50 

à 
fournir 

50 

50 

50 
50 



Agriculture, 

élevage de Lest. 

horticulture. 



Jardinage. 



Agriculture. 



Agriculture, 
horticulture. 



Ecole 

professionnelle, 

jardinage, 

Agriculture, 

arboriculture, 

horticulture. 



Jardinage. 



Agriculture, 
horticulture. 

Agriculture, 
jardinage. 

Travaux 

agricoles. 



Grande culture, 
jardinage. 



Jardinage, 
agriculture. 

Jardinage. 



Jardinage, 

travaux 

de la campagne 



Agriculture, 
horticulture. 



FRANCE 



3o3 



nom de l'établissement 


DIRECTION 


A 

Admis 


HE 

Sortie 


PRIX 

Pension 


DE 

Trous- 
seau 


SPÉCIALITÉS 


De Sens, 
boulevard du Midi, 31 
(Yonne). 


Sœurs 

de la Providence 

d'Alençon. 


4 
ans 


15 

ans 


250 


50 


Culture, 
jardinage. 


Colonie de Servas, 

par Alais (Gard), 
fondée 
par M. Varin-d'AinvelIe. 


Sœurs 
Saint-Vincent-de-Paul . 


7 
ans 


18 

ans 


120 


à 
fournir 


Agriculture. 


THODURE, 

par Viriville 
(Isère). 


Sœurs 

de Notre-Dame-de-Ia- 

Croix. 


4 
ans 


14 
ans 


240 


à 
fournir 


Agriculture, 
horticulture. 


Vaudhimesnil. 

par Périers 

(Manche). 


Religieuses dcsÉcolcs 
Chrétiennes de Saint- 
Sauveur-lc- Vicomte. 


5à9 
ans 


13 à 14 
ans 


250 




Jardinage. 


Vaujours, 

par Livry 
(Seine-et-Oise). 
Asile-école Fénélon. 


fondé 
par l'abbé Dubcau. 

Frères des 
Écoles Chrétiennes. 


7àl0 
ans 




360 fr. 

36 fr. 

pour 
le vin. 




Une école 
d'horticulture 
est annexée. 


Notre-Dame 
des Treize-Pierres, à 
Yillefranche (Aveyron). 


Frères 

de 

Saint-Viateur. 


8 à 12 
ans 


18 
ans 


200 fr. 
jusqu'à 
(6 ans. 


120 


Agriculture, 
horticulture. 


Villepreux, 

(Seine-et-Oise). 


fondé 
par M. Bonjcan. 













2. — Orphelinats agricoles (Filles). 



Agen, 



(Lot-et-Garonne) 



Providence, 



Ars (Ain). 



AUBAZINE, 

par S^Hilaire-Aubazine 
(Corrèze). 

Berdoues, 

par Mirande 

(Gers). 

Saint-Joseph, 

Bezouotte, 
par Mirebcau-sur-Bèzc 
(Côtc-d'Or). 

Carignan, 

(Ardennes). 

Le Chevalon, 

par Voreppc 
(Isère), 

CoIrcelles-sur-Aujon, 
(Haute-Marne). 



Sœurs 

de la Miséricorde 

de Moissac. 



Sœurs 

de Saint-Joseph 

de Bourg. 

Sœurs 

du 

Saint-Cœur de Marie, 



Sœurs 
de la Sainte-Famille. 



Sœurs de l'Adoration- 
Perpétuelle. 



So3urs 
de Sainte-Chrétienne. 

Sœurs 

de la 

Providence. 

Sœurs 

du Cœur-Immaculé 

de Marie. 



7à8 


18 


ans 


ans 




suivant 


8 ans 


couvent, 
par acte 




notarié. 


7 ans 


8 ans 


5 à 7 


21 


ans 


ans 


4 ans 


21 

ans 


6 ans 


18 à 21 

ans 


7 à 10 
ans 


21 ans 


5 ans 


18 à 21 
ans 



500 fr. 
une fois 
donnés. 



180 



1 50 



150 



300 



180 



180 



150 



60 



25 



50 



Jardinage. 



Jardinage. 



Travaux 

des champs, 
jardinage. 

Travaux des champs, 

jardinage, 

vacherie, 

basse-cour. 



Exploitation 
d'une ferme. 



Jardinage. 



Jardinage. 



Exploitation 

de 

15 hect.de terre, 



3o4 



FRANGE 



NOM DE L'ETABLISSEMENT 



ECUTIGNY, 

par Bligny-sur-Ouche 
(Côte-d'Or). 



Gos : 



par la Caune 

(Tarn). 



GUERET, 



(Creuse). 



Hardinghem, 

(Pas-de-Calais) 



Haroue, 

(Meurthe-et-Moselle). 

Huisseau-en-Beauce, 
par Saint-Amand-de- 
Vendôme 
(Loir-et-Cher). 

De Marie-Immaculée, 
Lourdes 
(Hautes-Pyrénées). 

Maretz, 

par Busigny 

(Nord). 

Notre-Dame-de-Maubec 

Maubec, 
parMontélimar(Drôme). 

Meysse, 

par Kochemaurc 
(Ardèclie). 



Précigné, 



(Sarthe). 



Bemiremont, 

rue de la Poltrée, 7, 
(Vosges). 



Saint-Cyr, 



(Var). 



Providence, 
S'-Jean-de-Mauricnnc 
(Savoie). 

Miséricorde, 

Salindres 
(Gard). 

De la Sainte-Enfance- 

de-Marie, 
Villcgusien (H te -Mame), 



l'abbé Clerc. 



Sœurs 

de Saint-Joseph 

d'Oulias. 

Sœurs 

de Saint- Joseph 
de la Providence. 

Sœurs 

de Sainte-Anne 

de Saumur. 



Sœurs de la Foi. 



So'urs 
de Sainte-Marie. 



Sœurs de la Charité 
de Ncvcrs. 

Sœurs 

de 
Saint-Yinccnt-de-Paul. 

Bcligieuses 

Trappistincs. 

Soi'urs deriminaculéc- 

Conception 

de Marie. 

Pelitcs-Sœurs 
de Jésus. 

Sœurs 

du Pauvre Enfant 
Jésus. 

Filles 
de Marie-Auxiliatrice 

fondé 
par Dom Bosco. 



Sœurs 

do Saint-Joseph. 



So'urs de 
aint-Vincent-de-Paul. 



Sœurs de la Foi 

de Haroué 

(Meurthe-et-Moselle). 



AGE 




^~*~~ 


Admis 


Sortie 


5 ans 


21 




ans 


3 à 12 


lorsqu'on 

1|>S 


ans 


place. 




17 


7 ans 


ou 




18 ans 


5 ans 


21 ans 


' ( ans 


21 ans 


4 ans 


21 ans 


7 à 10 
aos 


21 ans 


3 ans 


21 ans 


4 ans 


21 ans 


G ans 


21 ans 




dès le 
berceau . 



3 ans 



8 ans 



3 à 9 
aos 



21 ans 



21 ans 



18 ans 



180 



150 



100 
jusqu'à 
11 ans 

200 
jusqu'à 
13 ans 



250 



200 



200 



200 



200 
jusqu' 
10 ans 



•uluit 



Î00 



150 



suivant 

circons- 
tances. 



50 



100 



50 



100 



50 



foun 



50 



50 



28 



180 
20 ans à 
200 



21 ans 



21 ans 



1 80 



150 
jusqu'à 
15 ans 



SPKCIAL1TES 



Cultur 



Jardina' 



Jardinage. 



Jardinage, 



Jardinage, 

Exploitation d'une 

ferme de 15 hectares. 



Soins 
de la ferme. 



Jardinage. 



Jardinage. 



Travaux 
agricoles. 



Travaux 

des champs. 

Travaux des champs 
et du jardin. 

Travaux 

des champs. 



Travaux 

le la campagne. 



Jardinage. 



Jardinage. 



Travaux 
delà campagne. 



FRANCE 3o5 

Le Conseil général de la Seine, de concert avec l'Assistance 
publique, a disséminé en France et en Algérie des colonies 
d'enfants pauvres ou abandonnés, dans le but de les convertir en 
bons travailleurs des champs, des vignobles et des jardins. 

A Esternay (Marne), la ville de Paris possède la Colonie agricole 
de La Chalmelle, sur une terre de 128 hectares, en faveur des 
« sans travail » âgés de vingt-cinq à cinquante ans, ayant de bons 
antécédents et offrant des garanties nécessaires pour devenir garçons 
de ferme ou de jardin. 

Le directeur, M. Gaston Malet, ingénieur-agronome, tient la main 
aux travaux de jardinage. 



C.- ÉCOLES D'HORTICULTURE. 

A tous égards, le premier rang appartient à l'Ecole nationale 
d'horticulture de Versailles, exclusivement administrée par l'Etat. 

Nous examinerons ensuite les établissements fondés ou entretenus 
par des administrations départementales, municipales ou particu- 
lières. 

École nationale d'horticulture de Versailles. — L'École 
nationale d'horticulture de Versailles, véritable Ecole normale de 
l'Horticulture, dépend du Ministère de l'Agriculture. Son Directeur 
actuel est M. Jules Nanot, ingénieur-agronome, publiciste horticole. 

Instituée par la loi du 16 décembre 1873, l'Ecole est établie au 
Potager de Versailles, organisé, de 1679 à i683, par le célèbre 
Jean de La Quintinye, jardinier de Louis XIV. 

Le promoteur de la loi fut Pierre Joigneaux, député de la 
Gôte-d'Or. Déjà, à sa session de février 1872, le Congrès de la 
Société des agriculteurs de France avait, sur notre proposition, 
émis le vœu de la fondation d'une Ecole nationale d'horticulture à 
l'ancien Potager du roi, à Versailles. 

L'Association amicale des anciens élèves de l'Ecole nationale 
d'horticulture de Versailles a témoigné sa reconnaissance, en confé- 
rant le titre de Membre d'honneur de l'Association à MM. Pierre 
Joigneaux et Charles Baltet. 

Lors de sa création, l'Ecole fut placée sous la direction habile du 
savant Auguste Hardy, jardinier en chef du Potager, qui sut y 
rassembler tous les éléments nécessaires à la connaissance appro- 
fondie de la science qu'elle a pour but de propager. 

Le Potager de Versailles a une surface de près de 10 hectares, sur 
lesquels 1 hectare 36 ares sont occupés par les cultures potagères ; 

20 



3o6 FRANCE 

i hectare 59 ares par les arbres fruitiers dressés à l'air libre ; 

35 ares 28 centiares par l'école de botanique. 

Les serres de culture et de forçage, l'orangerie, le jardin d'hiver 
couvrent une surface de 3o ares ; une petite pépinière modèle a 
3i ares. Les végétaux ligneux d'ornement de plein air, l'école 
d'arbres fruitiers (contre-espaliers doubles), les Rosiers, les plantes 
vivaces et autres avec leurs nombreuses et riches collections, les 
châssis, les allées, les terrasses, les bâtiments, les cours, etc., 
occupent le surplus du terrain. 

Une station météorologique est établie dans le jardin pour 
permettre aux élèves de faire toutes les observations qui intéressent 
la végétation. 

But de l'École. — L'Ecole nationale d'horticulture a pour but de 
former ; 

i° Des jardiniers capables et instruits, possédant toutes les 
connaissances théoriques et pratiques relatives à l'art horticole ; 

2 Des chefs de culture pour l'enseignement horticole dans les 
écoles pratiques d'agriculture et dans les écoles normales ; 

3° Des professeurs d'horticulture et des architectes-paysagistes ; 

4 e Des agents instruits et capables pour les divers services 
publics ou privés (services départementaux, municipaux, établis- 
sements horticoles, Jardins d'essai aux colonies, etc.) ; 

5° Des horticulteurs, des pépiniéristes, des maraîchers, etc. 

L'École, depuis 20 ans qu'elle est ouverte, a reçu 684 élèves appar- 
tenant à 78 départements et à i3 pays étrangers. Le nombre des 
élèves présents le I er janvier 1893 était de 102. 

Voici le programme de l'enseignement, tel qu'il a été prévu à la 
fondation de l'École : 

Arboriculture fruitière de plein air ou de primeur ; Pomologie ; 

Arboriculture d'ornement et multiplication des végétaux ; 

Culture potagère de plein air ou de primeur; 

Floriculture de plein air et de serre ; 

Botanique ; Pépinière ; 

Architecture des jardins et des serres ; 

Physique et météorologie ; 

Chimie, minéralogie et géologie; 

Zoologie et entomologie horticoles ; 

Arithmétique ; lever de plans, nivellement ; Géométrie ; 

Dessin linéaire de plantes et d'instruments de jardinage ; 

Langue française ; langue anglaise ; 

Comptabilité. 



FRANCE 3û7 

Nature de l'enseignement. — L'enseignement est à la fois 
théorique et pratique. 

L'enseignement théorique comprend les cours désignés dans la 
nomenclature ci-dessus. 

Les cours sont complétés par des exercices ou des démonstrations 
sur le terrain par les professeurs. 

L'enseignement pratique est manuel et raisonné. Il s'applique à 
tous les travaux de jardinage, quelles que soient leur nature et leur 
durée. 

Afin de rendre cet enseignement plus facile et plus profitable 
aux élèves, il a été spécialisé ; la culture des arbres fruitiers, 
celle des primeurs, celle des plantes de serre, la floriculture de plein 
air et l'arboriculture d'ornement, enfin la culture potagère forment 
autant de sections dans lesquelles les élèves passent successivement, 
et par roulement, une quinzaine de jours. Ils sont guidés dans 
leurs travaux journaliers par six jardiniers principaux, chefs de 
pratique, et un chef des ateliers pour le travail du bois et du fer. 

A la fin de chaque quinzaine, les élèves remettent au Directeur 
une rédaction sur les divers travaux qu'ils ont exécutés. 

Indépendamment des excursions, des conférences et des cours 
réglementaires, des visites aux principaux établissements d'horti- 
culture permettent de mettre sous les yeux des élèves les meilleurs 
exemples de la pratique horticole et arboricole. 

L'enseignement est encore facilité par les ressources de l'École qui 
comprennent des albums de plantes, des collections de graines, de 
bois coupés, d'animaux et d'insectes utiles et nuisibles, des outils 
de jardinage, des fruits moulés, un herbier, etc. 

Une bibliothèque, recevant tous les ouvrages importants publiés 
en France et à l'étranger sur l'horticulture, est à la disposition des 
jeunes gens de l'École. 

Ajoutons que les élèves sont initiés à l'instruction militaire par 
des sous-officiers du génie. 

Laboratoire de recherches horticoles. — Dans ce laboratoire* 
de récente création, les professeurs de physique, de chimie et 
d'histoire naturelle font, sous les yeux des élèves, des applications 
de leurs cours. En outre, ils y poursuivent l'étude de nombreuses 
questions scientifiques qui se rattachent à l'art horticole> parmi 
lesquelles il convient de citer : 

Les propriétés physiques et chimiques des diverses sortes de terre 
et des composts utilisés dans les jardins et les Serres ; 

La composition chimique des divers organes des plantes ; 

La physiologie végétale appliquée à la production du sol ; 



3o8 FRANGE 

Les maladies des plantes et les divers traitements à appliquer pour 
les combattre ; 

L'utilisation et la conservation des produits du jardin ; 
L'emploi des engrais en horticulture ; l'essai des graines, etc. 
Une autre innovation consiste dans l'installation d'un atelier de 
charpente et d'un atelier destiné à la forge et à l'ajustage. 

Les élèves s'y rendent à tour de rôle, sous la conduite d'un chef 
qui leur apprend à travailler le bois et les métaux, à faire et à 
raccommoder l'outillage, le matériel, les accessoires de culture, à 
sulfater les bois et les paillassons, et à étendre sur la toile ou sur les 
bois les enduits de goudron et de bitume. 

Quelques notions de maçonnerie sont également enseignées aux 
élèves pour la construction des bâches. 

Un local spécial est consacré à la fabrication des étiquettes. 
Durée des études. — La durée des études est de trois ans. 
Chaque année, les cours théoriques sont suspendus pendant deux 
mois, du I er août au I er octobre. Pendant cette période, des congés 
temporaires peuvent être accordés aux élèves qui en font la demande. 
Examens et diplôme. — Le travail et les progrès des élèves sont 
constatés : 

i° Par des examens particuliers et par l'appréciation de tous les 
travaux et exercices pratiques ; 

2° Par des examens généraux qui ont lieu à la fin de chaque année 
d'études. 

Les notes ainsi obtenues servent à établir le classement des élèves 
à la fin de chaque année scolaire. 

Ceux d'entre eux qui sont reconnus trop faibles pour passer à une 
division supérieure cessent de faire partie de l'Ecole. 

Les moyennes de ces trois classements annuels servent à établir 
le rang de chaque élève dans le classement général de sortie, et à 
dresser la liste des élèves reconnus aptes à obtenir le Diplôme de 
l'École nationale d'horticulture, qui est délivré par le Ministre de 
l'Agriculture. 

Stage. — Les élèves sortis parmi les premiers peuvent obtenir, 
si le degré de leur instruction et leurs aptitudes justifient cette 
faveur, un stage d'une année dans de grands établissements horti- 
coles de la France ou de l'étranger. 

Une allocation de 1,200 francs est affectée à chacun de ces stages, 
dont le nombre ne peut être supérieur à deux par année. 

Toutefois, le stage n'est pas acquis de droit aux élèves classés 
les premiers ; — il est accordé, dans le cas seulement où les notes des 
examens de sortie démontrent qu'ils sont capables de tirer un bon 



FRANCE 309 

parti de ce complément d'instruction et, — de préférence, — à ceux 
qui manifestent des dispositions pour l'enseignement et le désir de 
s'y consacrer. 

Les élèves classés après les stagiaires peuvent recevoir, s'ils se 
sont fait remarquer par leur bonne conduite et leur travail : le 
premier, une médaille d'or ; le second, une médaille d'argent ; le 
troisième, une médaille de bronze. 

Régime de l'École. — Le régime de l'École est Y externat. 

Le Directeur de l'École indique, aux familles qui le désirent, des 
établissements d'instruction et des maisons particulières où les 
élèves peuvent prendre pension, tout en restant soumis à une 
certaine surveillance. 

Les élèves entrent à l'École, en été, à cinq heures du matin et, en 
hiver, à six heures ; ils en sortent à neuf heures du soir. Tout leur 
temps est consacré aux leçons, aux études et aux travaux pratiques, 
à l'exception de deux repos d'une heure et demie chacun, pendant 
lesquels ils vont au dehors prendre leurs repas. 

Conditions d'admission. — Les candidats doivent être Français, 
âgés de seize ans au moins et de vingt-six ans au plus, au I er octobre 
de l'année de leur entrée à l'école. 

La demande d'admission, rédigée sur papier timbré, est adressée 
au Ministre de l'Agriculture par l'intermédiaire du préfet du dépar- 
tement dans lequel réside la famille du candidat. 

Les candidats porteurs du certificat d'instruction d'une école 
pratique d'agriculture ou d'une ferme - école, ainsi que ceux qui 
possèdent le certificat d'études primaires ou un diplôme au moins 
équivalent, sont admis sans examen. 

Sur le vu de leurs pièces, qui doivent être légalisées, le Ministre 
prononce, s'il y a lieu, l'admission, ou l'autorisation de se présenter 
à l'examen d'entrée. 

L'instruction est donnée gratuitement. Toutefois les élèves sont 
tenus de verser, au moment de leur entrée, une somme fixe de 
3o francs pour garantir l'École du payement des objets détériorés, 
cassés ou perdus par eux. 

Les épreuves écrites et orales de l'examen d'entrée ont lieu à l'École 
devant un Jury nommé par le Ministre. 

L'examen d'entrée et l'ouverture des cours sont fixés au premier 
lundi d'octobre. 

Bourses de l'État. — Des bourses, au nombre de six, d'une 
valeur de 1,000 francs, et pouvant être fractionnées, sont accordées 
chaque année, 



3lO FRANCE 

Tous les candidats aux bourses doivent subir l'examen d'entrée à 
leur arrivée à l'École. Ils sont âgés de 18 ans au plus, à moins qu'ils 
n'aient satisfait aux obligations de la loi militaire. 

Les bourses sont attribuées par le Ministre de l'Agriculture, en 
tenant compte à la fois de la situation de fortune, de l'ordre de 
classement à l'examen d'entrée et de l'âge du postulant. 

Bourses des Départements, Villes, etc. — En dehors des élèves 
s'entretenant à leurs frais et des boursiers de l'Etat, l'Ecole d'horti- 
culture admet également des élèves envoyés par les départements, 
les villes, les associations agricoles, horticoles ou autres sociétés 
savantes et subventionnées par ces administrations. 

Depuis la création de l'Ecole, beaucoup de départements ont entre- 
tenu des élèves à Versailles. Le nombre des bourses de l'État étant 
limité à six par année, les candidats dont les ressources sont insuffi- 
santes ont tout intérêt à solliciter une subvention de leur départe- 
ment ; ils y sont connus des Conseillers généraux et les compétitions 
sont nécessairement moins nombreuses que pour les bourses de 
l'État, celles-ci n'étant données que par voie de concours. 

Étrangers. — Les étrangers peuvent, exceptionnellement, être 
reçus à l'École nationale d'horticulture, aux mêmes conditions que 
les nationaux ; ils doivent adresser leur demande au Ministre de 
l'Agriculture et, de plus, présenter un certificat émanant de leur 
agent diplomatique en France. Ils ne sont admis toutefois qu'autant 
que l'effectif total de l'École n'est pas atteint par les nationaux. Ils 
ne peuvent concourir pour l'obtention des bourses. 

Association. — Depuis 1882, dans un but de mutuelle et franche 
camaraderie, les élèves de chaque promotion se sont réunis en 
Association des Anciens élèves de l'École nationale d'horticulture de 
Versailles, sous la présidence d'honneur du Directeur de l'Ecole, 
d'abord M. Hardy, ensuite M. Nanot, qui lui a succédé. 

Un bulletin annuel, fort intéressant, rend compte du mouvement 
de l'École et des observations recueillies par les sociétaires. 

Chaque année, au lendemain de la Fête nationale, les membres 
se réunissent dans une agape fraternelle et traitent de leurs questions 
d'intérieur. 

Le nombre des adhérents dépasse deux cents. 

Plusieurs de ces jeunes gens ont déjà gagné les distinctions hono- 
rifiques du Mérite agricole et des Palmes académiques. 

Conclusion. — En résumé. Versailles est un établissement modèle, 
organisé sur de solides bases, doté d'un enseignement élevé et 
formant des jeunes gens instruits. Les futurs professeurs ou 



FRANGE 3ll 

praticiens qui suivent ses cours pendant trois ans ont un champ 
admirable d'études et deviennent, facilement, avec un peu de travail, 
d'habiles horticulteurs, ayant acquis des connaissances scientifiques 
sérieuses et approfondies : sur la conduite des jardins de toute 
sorte, sur les cultures potagères, les cultures fruitières et forcées, 
sur l'arboriculture d'ornement, la floriculture, l'installation et l'en- 
tretien des pépinières et des serres, sur le dessin des parcs et jardins. 
Les services rendus par notre École nationale d'horticulture sont 
déjà considérables et hautement appréciés. 

L'École des pupilles de Villepreux (Seine-et-Oise), créée et 
subventionnée par le Conseil général du département de la Seine, 
recueille des enfants assistés qui ont séjourné à la campagne ou 
qui se trouvent dotés du certificat d'études primaires, et manifestent 
le désir d'apprendre le jardinage. 

Le jardin fruitier, le potager, les serres occupent 4 hectares. 

L'enseignement est théorique et pratique. 

L'École prend part à certains concours, fait des excursions utiles 
et n'hésite pas à soumettre son œuvre au verdict des Sociétés 
d'horticulture. 

Le directeur, M. Guillaume, y déploie une grande activité. 

École municipale et départementale d'arboriculture de la 
ville de Paris. — La ville de Paris, ayant reconnu l'urgence de 
former de bons jardiniers pour les travaux libres ou administratifs, 
a créé sur les terrains de son «Jardin d'études et vignoble modèle» de 
l'avenue Daumesnil, à Saint-Mandé, une École municipale et 
départementale d'arboriculture d'alignement et d'ornement, 
ayant pour but, dit l'arrêté, « de donner gratuitement l'instruction 
théorique et pratique nécessaire aux jeunes gens qui désirent 
devenir jardiniers de plantations urbaines ou départementales, ainsi 
que des parcs et jardins publics ou particuliers. » 

Les candidats doivent être français et habiter Paris ou le 
département de la Seine ; ils sont âgés de quatorze ans accomplis, 
et présentent les conditions d'aptitude physique aux travaux horti- 
coles constatés par une visite médicale ; le certificat d'études 
primaires est obligatoire. 

La direction de l'École est confiée à M. Ghargueraud, professeur 
d'arboriculture de la ville de Paris, déjà placé à la tête des 
collections arbustives de Saint-Mandé. 

Le recrutement de l'Ecole comprend les ouvriers et les garçons 
jardiniers occupés aux travaux de la Ville de Paris, du Muséum, 
et même travaillant chez des particuliers, 



3ia FRANCE 

Le verger aménagé autrefois par le professeur Alphonse Dubreuil 
et les collections dendrologiqucs sont de précieux auxiliaires de 
l'enseignement, confié à un professeur émérite. 

Le régime de l'Ecole est l'externat ; les élèves-apprentis reçoivent 
gratuitement le déjeuner et le goûter. 

La durée des cours est fixée à trois ans. 

L'enseignement théorique et pratique comprend les matières et 
les travaux ci-après : 

Première année. 

Leçons théoriques : Leçons pratiques : 

Éléments de botanique et de physio- Premiers travaux de culture. 

logie végétale. Labour. Règlement du sol. 

Principes élémentaires de culture. Semis. Repiquage. 

Géométrie. Écriture. Orthographe. Reconnaissance de végétaux. 

Deuxième année. 

Leçons théoriques : Leçons pratiques : 

Etudes des lois naturelles de la Floriculture. 

végétation. Terres, engrais. Décoration de jardins. 

Théories des cultures spéciales. Culture potagère. 

Dessins de jardins. Nivellement. Pépinières, multiplications diverses. 

Arithmétique. Géométrie. Garnitures d'appartement. 

Troisième année. 

Leçons théoriques: Leçons pratiques : 

Lois générales de l'ornementation Arboriculture d'ornement et d'ali- 

des jardins. gnement. 

Choix des végétaux, dispositions, Arboriculture fruitière. 

groupement. Bouquets et ornementations. Serres. 

Architecture des parcs et jardins. Lever de plans. Devis. 

Un certificat d'études horticoles est délivré, après examen, à la 
clôture des études; 27 élèves l'ont obtenu aux examens des 3 et 
4 juillet 1893, et 28 en juin 1894. 

L'Etat subventionne et protège une trentaine d'Orphelinats, de 
Colonies, d'Asiles, Refuges, etc., où l'enseignement du jardinage 
prend une des premières places. (Voir page 298.) En ce moment, 
signalons les maisons qui s'occupent plus spécialement d'horticul- 
ture. 

L'Orphelinat horticole de Beaune est une école de jardinage, 
dépendant de l'établissement des Hospices de Beaune, et installé 
dans une de ses propriétés comprenant bâtiments et jardins. 

L'Administration des Hospices qui possède à sa tête, au titre de 
vice-président, un homme dévoué à l'horticulture, M. Jules Ricaud, 
affecte à l'Orphelinat les revenus de plusieurs donations, L'État lui 
accorde en outre une subvention, 



FRANCE 3l3 

Le personnel se compose d'un jardinier-chef et d'un aide-jardinier. 
Celui-ci est chargé de la surveillance des élèves ; il les accompagne 
de la maison-mère, où ils sont logés et nourris, jusqu'au jardin situé 
en dehors de la Ville. 

Le nombre des élèves est généralement de 12 à i5, âgés de quatorze 
à dix-huit ans ; ce sont de jeunes orphelins indigents, recueillis par 
l'Administration des Hospices. Ils reçoivent jusqu'à leur sortie une 
instruction primaire et des notions élémentaires théoriques, mais 
pratiques avant tout, sur le jardinage. 

Outre le logement, la nourriture et l'entretien, tout élève obtient 
une paye annuelle variant de 40 à 120 francs, qui est placée à la Caisse 
d'Epargne. De plus, on donne à chacun, selon son mérite, une petite 
gratification mensuelle dont il dispose librement. 

Les plus anciens élèves deviennent chefs de section et instruisent 
les commençants. A leur sortie, ils sont placés comme garçons 
jardiniers, soit en maison bourgeoise, soit dans des établissements 
d'horticulture. 

Le jardin est d'une superficie de 2 hectares. Un pulsomètre, mu par la 
vapeur, élève l'eau dans un réservoir d'où elle est distribuée dans toutes 
les parties du jardin. Un hectare de terrain est consacré à la culture 
potagère et aux primeurs. Une petite serre à deux versants et une 
centaine de châssis servent à l'élevage et à la conservation des plantes. 

Une école fruitière importante permet aux élèves d'apprendre à 
connaître les meilleures variétés de fruits et les formes d'arbres les 
plus avantageuses. Plus de 800 mètres carrés de murs sont garnis 
d'espaliers et de treilles, et les contre-espaliers présentent au moins 
1.200 mètres de superficie. 

L'arbusterie et la floriculture sont disposées en corbeilles, en 
massifs ou par plates-bandes. 

Un jardin botanique, classé selon la méthode De Candolle, contient 
environ 25o espèces intéressantes au point de vue médical ou industriel. 

Quelques petites pépinières permettent aux élèves d'apprendre la 
multiplication des végétaux ligneux, le greffage de la vigne, etc. 

Au centre du jardin se trouve un observatoire météorologique 
pourvu de tous les instruments usuels. 

De temps en temps, le dimanche, on organise des herborisations, 
des excursions viticoles ou horticoles. 

Le jour de la saint Fiacre, les élèves font un petit voyage de 
5o kilomètres environ. Les frais sont couverts par une caisse modeste 
alimentée par les menues gratifications versées par des visiteurs ou 
des clients ; le surplus est employé à l'achat de livres et d'outils de 
jardinage qui sont tirés en loterie, 



3l4 FRANCE 

L'Orphelinat horticole de Chambéry, dirigé par l'abbé Costa 
de Beauregard, a été fondé en 1868, en faveur des orphelins de la 
Savoie ; une Société civile en assure l'existence légale. 

Les enfants, reçus en bas âge, restent à l'école jusqu'à dix-neuf ans. 
Sur i5o places d'élèves, 100 sont absolument gratuites. 

La section des apprentis jardiniers, âgés de treize à dix-neuf ans, 
est confiée à des maîtres ecclésiastiques et à des chefs de culture. Un 
jardin de trois hectares, garni d'espaliers, de serres et de cultures 
potagères, facilite les démonstrations pratiques. 

L'Orphelinat a pris part aux concours de la région. 

L'Asile de Saint- Philippe, à Fleury-Meudon, près de Paris, 
dû aux libéralités de la Duchesse de Galliera, confie à des Frères 
l'instruction horticole de jeunes orphelins qui lui sont confiés. 

Le domaine est spacieux et comprend d'intéressantes collections 
arbustives et pomologiques. 

Les élèves sont destinés à travailler ensuite dans les établisse- 
ments de produit ou les maisons bourgeoises. 

L'École de Jardiniers, à Igny (Seine-et-Oise). Instituée sous le 
vocable de Saint-Nicolas, l'Ecole des Frères d'Igny choisit parmi ses 
élèves ceux qui ont des aptitudes au jardinage, et leur donne pendant 
plusieurs années une instruction horticole, par les soins de Frères- 
professeurs et de moniteurs-chefs de pratique. 

Sur 5oo élèves, 76 sont âgés de quatorze à dix-sept ans et se 
destinent à la profession de jardinier. 

Le jardin fruitier et le potager ont une contenance de 10 hectares. 

L'Ecole d'Igny prend part aux concours agricoles et horticoles; 
ses élèves sont promptement placés. 

L'Asile Fénelon, à Vaujours (Scine-et-Oise) , d'une étendue 
un peu plus grande, est une institution parallèle à la précédente, 
vivant, comme elle, de donations particulières et de la Caisse 
générale des Frères de la Doctrine chrétienne. Sa fondation remonte 
à i843. 

4o élèves-jardiniers y constituent l'effectif horticole. 

Le département de Seine-et-Oise possède encore trois Asiles : 

L'Orphelinat de l'Assomption, à Elancourt, . près Trappes, 
fondé en 1869, recueillant jusqu'à 3oo orphelins et faisant donner à 
3o ou 40 d'entre eux, à son Ecole de jardinage de La Roche, une 
instruction pratique — surtout potagère — dès qu'ils ont atteint l'âge 
de treize ans. Le jardin a 5 hectares de superficie. 



FRANGE 3l5 

L'Asile départemental de Saint-Cyr, occupant 5 hectares de 
jardins, et transformant en apprentis jardiniers une trentaine de 
gainons de cinq à seize ans, sur ioo élèves qui lui sont confiés, 

L'Orphelinat de Louveciennes, fondé et entretenu par M p et 
M ,ne Jules Béer dans leur domaine de Voisins, créé en faveur d'enfants 
moralement abandonnés, âgés de douze à dix-sept ans ; ils reçoivent 
une double instruction primaire et horticole, et retrouvent les 
bons exemples de la vie de famille. 

Un jardinier-professeur est attaché à l'établissement ; une quaran- 
taine d'élèves y ont été promptement recueillis. 

École des Jardiniers de Ferrières. Celle-ci a son caractère 
particulier ; elle est exclusivement réservée aux garçons jardiniers 
et apprentis du Domaine de Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne), 
appartenant au baron Alphonse de Rothschild, et dont les jardins, 
serres, potagers et vergers sont dirigés, depuis de longues années, 
par l'honorable famille Bergman. 

En organisant cette institution utile et unique, ou à peu près, 
M. Ernest Bergman s'est inspiré, sans doute, des souvenirs de 
l'École de pépiniéristes de La Rochette, près de Melun, fondée par 
Moreau, ou de l'Institut royal de Fromont, près Ris, créé par 
Soulange-Bodin, connus de ses ancêtres. N'a-t-il pas entendu parler 
des Ecoles plus modernes : d'Écully (Rhône), due à Charles-Fortuné 
Willermoz ; de Chaltrait (Marne), où le comte Léonce de Lambertye 
apprenait à ses jardiniers la botanique, la taille des arbres, les semis 
de fleurs et de légumes, l'art du primeuriste? Toujours est-il que 
l'Ecole des jardiniers de Ferrières fait l'éloge de son auteur. 

Un bâtiment spécial est affecté au logement des garçons et 
apprentis jardiniers. La nourriture est prise à la maison et leur coûte 
de 4o à 5o francs par mois. 

Un règlement détermine les heures de travail ou de garde, les 
gratifications, les amendes, le service de la bibliothèque, etc. 

Ajoutons que celle-ci, propriété des élèves, est fort bien composée 
d'ouvrages et de publications horticoles ou botaniques de l'Europe. 

Les lectures, les études de dessin, de musique et autres ont lieu le 
soir ; une bonne confraternité s'établit entre les élèves. 

De 1875 à 1894, il y est entré 200 garçons jardiniers ; 45 y sont en 
ce moment. Quelques-uns ont dix-sept années de séjour. 

Les gages mensuels varient de 90 francs à i5o francs. 

Les jardins de Ferrières offrent à ces jeunes gens un enseigne- 
ment à peu près complet de toutes les branches de l'horticulture. 



3l6 FRANCE 

III. — Sociétés d'horticulture. 

Depuis un temps immémorial, les jardiniers avaient compris 
l'intérêt qu'il y a pour eux à se réunir, à se grouper et à s'entretenir 
de leurs petites affaires. Vers la fin d'août, on célébrait avec entrain 
et respect le patron des jardiniers, saint Fiacre. On ne manquait 
pas d'assister aux funérailles des confrères ou de leur famille. 

Il y avait même des corporations où les secours étaient donnés 
gratuitement aux membres adhérents, moyennant une faible cotisa- 
tion, et les travaux interrompus par la maladie ne tardaient pas 
à être repris par les confrères valides. Quelques-unes de ces confré- 
ries existent encore ; l'esprit qui les animait a persisté ; mais les 
intérêts de la science et de la propagande horticole sont restés 
étrangers au but de l'association. 

Quelques Sociétés d'agriculture ou d'économie rurale — dont 
la Société nationale d'Agriculture de France a toujours été la 
plus haute expression — traitaient pourtant dans leurs réunions des 
questions de jardinage, quoique d'une façon incidente ; c'est une des 
raisons qui excitèrent les amis des jardins à se grouper d'une façon 
spéciale, stimulés déjà par la lecture des journaux, de YAlmanach 
du Bon Jardinier et d'autres publications en vogue. 

Sans remonter jusqu'à la Société des jardiniers et des amateurs de 
Gand, qui s'organisa en 1808, alors que cette ville était incorporée à 
notre territoire, on peut dire que la première Société d'horticulture 
créée en France l'a été à Paris, le 11 juin 1827. Le Roi s'en déclara 
protecteur, et sa cassette payait les jetons de présence des membres 
du Conseil d'administration. 

Les séances furent tenues régulièrement et le journal parut à date 
fixe ; cependant, la première exposition n'eut lieu que le 12 juin i83i. 

Pendant cet intervalle de quatre années, les amis des jardins 
habitant la ville de Nantes fondaient la Société nantaise d'horti- 
culture, le 21 mars 1828 et organisaient une exposition le 29 juin 
suivant, à l'occasion du passage d'une princesse du sang. 

Vinrent ensuite les fleuristes, les pépiniéristes, les botanistes de 
Lille, qui s'associaient le 16 août 1828, et manifestaient leurs inten- 
tions, huit mois après, par une exposition publique. 

Ces faits étant connus par la presse et par les relations qui 
existent depuis longtemps dans le monde horticole, des associations 
analogues s'installent où le groupement des amateurs et des prati- 
ciens devient facile, surtout quand un homme actif et considéré se 
place à la tête de l'organisation et entraîne les adhérents à sa suite, 



FRANCE 3l? 

Nous devons dire que les statuts de toutes nos Sociétés horticoles 
excluent les questions étrangères à leur programme et ne varient 
guère dans leurs moyens d'action : 

Séances et bulletins périodiques. — Expositions publiques. 

Conférences et leçons pratiques. — Propagande des végétaux. 

Un certain nombre possèdent un jardin d'études et d'expériences, 
dirigé par un professeur conférencier. 

Quelques-unes se sont annexé une caisse de secours mutuels en 
faveur des vieillards, des malades et des orphelins. 

D'autres créent des bourses ou des subsides en argent, destinés à 
subvenir à l'entretien d'élèves dans une école d'horticulture. 

D'autres encore fêtent saint Fiacre, patron des jardiniers, et 
profitent de la circonstance pour récompenser les travailleurs et 
célébrer, le verre en main, la prospérité du jardinage et la bonne 
confraternité de ses adeptes. 

En général, les Sociétés encouragent les professeurs et les 
instituteurs qui les secondent dans leurs efforts. 

Les ressources financières des Sociétés sont le produit des 
cotisations, des subventions de l'Etat ou des administrations locales, 
et des dons particuliers. 

Une vingtaine de ces associations sont reconnues d'utilité 
publique. Leur situation financière le permettant, elles jouissent 
d'un état civil qui les autorise à recevoir des legs et donations. 

Plusieurs Sociétés ont subi la loi fatale d'une existence 
mouvementée. La majeure partie a progressé ; quelques-unes ont 
sombré ou se sont mises en sommeil. 

La présence ou l'absence de Sociétés horticoles n'empêche pas 
l'action de certains Comices et Sociétés agricoles, appelant à leurs 
concours et inscrivant au programme de leurs études l'horticulture, 
la viticulture, la sylviculture. Le dévouement des professeurs 
d'agriculture leur vient en aide sur ce point. 

L'horticulture n'est-elle pas un peu le laboratoire de l'agriculture, 
la pépinière de la sylviculture et n'est-ce pas elle qui a secouru la 
viticulture en combattant l'oïdium par le soufre, le mildew par le 
cuivre, le phylloxéra par la greffe ? 

Remercions aussi les Sociétés de botanique qui, tout en concentrant 
leurs études sur le domaine des sciences naturelles, favorisent le 
progrès du jardinage, les Comices viticoles et les Associations 
forestières qui empruntent à l'arboriculture et à l'art de la pépinière 
les méthodes de reproduction et d'entretien des végétaux ligneux. 



3l8 FRANGE 

SOCIÉTÉS GÉNÉRALES 

Avant d'examiner d'une façon sommaire les associations horticoles 
de chaque département, désignons le rôle des Sociétés plus générales 
qui veulent embrasser toute la France dans leurs attributions : 

La Société nationale d'horticulture de France ; 

La Société pomologique de France ; 

La Société nationale d'agriculture de France ; 

La Société des Agriculteurs de France ; 

La Société nationale d'encouragement à l'agriculture ; 

La Société nationale d'acclimatation de France ; 

L'Association pomologique de l'Ouest ; 

Le Syndicat pomologique de France ; 

L'Union commerciale des Horticulteurs et marchands grainiers 
de France ; 

La Société française des Amis des arbres. 

La Société nationale d'horticulture de France, fondée le 
ii juin 1827, a suivi rigoureusement son programme en ce qui 
concerne les séances bi-mensuelles, la publication des Annales, 
l'ouverture d'expositions. 

Les séances fournissent le sujet d'apports horticoles ou industriels 
et de débats qui ne manquent pas d'intérêt ; il en est ainsi de la 
réunion des Comités de culture, d'arts ou d'industries, où l'intimité 
de la discussion est plus instructive encore. 

Des primes ou des certificats sont délivrés aux produits exposés 
qui le méritent. 

Les rapports des commissions de visite et des délégués aux 
expositions sont insérés au bulletin. 

La rédaction des Annales est confiée à l'un des fonctionnaires du 
conseil d'administration, avec le concours d'une commission spéciale 
composée de délégués des Comités. En ce moment, le secrétaire 
rédacteur est un membre de l'Institut des plus savants et des plus 
dévoués à la Société, payant bravement de sa personne et de sa science. 

Une bibliothèque abondamment pourvue est mise à la disposition 
des sociétaires. Une collection de fruits moulés et parfaitement 
imités, a été placée sous la direction du Comité d'arboriculture 
fruitière. 

La considération dont la Société jouit à juste titre rejaillit sur 
ses délégués en province ou à l'étranger. 

Le Gouvernement la consulte quelquefois. 

Elle est admise aux cérémonies officielles. 



FRANGE 3l9 

Son patronage est acquis à l'avance aux œuvres similaires qui 
réclament son appui ou l'autorité de son nom. 

Son hôtel est ouvert aux associations utiles qui désirent propager 
la lumière et l'instruction scientifique. 

Les expositions organisées depuis i83i ont toujours été un succès 
pour la Société, pour les exposants, pour les visiteurs ; elles sont 
trop connues de tout le monde pour que nous ayons à en faire l'éloge 
ou la description. On sait que les plus hauts personnages de l'État 
tiennent à assister à leur inauguration et à mettre des prix d'honneur 
à la disposition du Jury des récompenses. 

Ces fêtes publiques ou particulières ont lieu à diverses époques 
de l'année, pour permettre à tous les produits de s'y montrer. 

De temps en temps, une exposition internationale convie les 
étrangers à la lutte, et, chaque année, les Floralies printanières 
sont désormais l'occasion d'un Congrès d'horticulture ou de 
botanique, basé sur un programme de questions annoncées à 
l'avance. 

Une autre innovation, qui a du succès, est l'organisation de confé- 
rences publiques et de causeries-promenades confiées à des hommes 
spéciaux, sur le champ même du concours. 

A la distribution des prix aux lauréats de l'exposition s'ajoutent 
les récompenses décernées aux anciens serviteurs du jardinage, aux 
praticiens et aux amateurs français, dont les travaux ont été jugés 
dignes d'être encouragés ou récompensés, aux auteurs d'ouvrages 
intéressants, aux semeurs, aux inventeurs, etc. 

L'histoire de cette doyenne de nos Sociétés d'horticulture, fondée 
en 1827, enregistre, au I er janvier i855, sa fusion avec le « Cercle 
des conférences horticoles », fondé en 18/J1, transformé en Cercle 
général d'horticulture, puis en Société nationale. 

Cette réunion constitua définitivement la Société impériale et 
centrale, aujourd'hui Société nationale d'horticulture de France qui, 
depuis le 11 août i855, est déclarée établissement d'utilité publique. 

Les derniers survivants de la création du Cercle, en 1841, les 
honorables et distingués praticiens Bertin, Thibaut, Margottin et 
Dufoy viennent de disparaître en 1891, 1892, 1893. 

En principe, Thonorariat est accordé par la Société nationale au 
titulaire qui a payé sa cotisation pendant trente années consécutives. 

Le prix de la cotisation annuelle est vingt francs. 

Au mois de mars 1893, le recensement annuel constate à l'effectif 
environ 2.5oo dames patronnesscs, membres honoraires, membres 
correspondants, membres titulaires. 

La caisse spciale est dans un état florissant, 



320 FRANCE 

La générosité de quelques riches protecteurs de l'horticulture a 
permis à la Société d'encourager ou de récompenser les auteurs 
de livres populaires sur les travaux du jardinage, et les élèves les 
plus intéressants de nos écoles d'orphelins ou d'apprentis jardiniers. 

La Société accorde des bourses à l'École nationale d'horticulture 
de Versailles. 

Elle a institué une caisse de secours en faveur des ouvriers 
jardiniers nécessiteux, qui fonctionne régulièrement. 

Depuis 1872, la Société pomologique de France continue 
l'œuvre du Congrès pomologique de Lyon institué le 21 septembre 
i856, à Lyon, par la Société d'horticulture pratique du Rhône. Nous 
avons eu l'honneur de présider les sessions de i856 et de 1857. 

Son but est de parcourir la France pour en étudier la production 
fruitière, au moyen de congrès organisés avec l'appui des agglomé- 
rations locales, puis de publier le Bulletin de ses travaux et de rédiger 
un ouvrage descriptif et illustré : la Pomologie française. 

Le taux de la cotisation annuelle est dix francs. 

Depuis l'année 1867, elle décerne à chaque session une médaille 
d'or et le titre de Membre d'honneur à la personne qui a rendu le 
plus de services à l'arboriculture et à la pomologie. 

La session de 1875 s'est tenue à Gand, sous les auspices du Cercle 
d'arboriculture de Belgique. Suivant le siège des sessions, le Congrès 
aborde l'étude des fruits de pressoir : Poires, — Pommes, — Raisins, 
avec les fruits de table ou d'économie ménagère. t 

La Société qui reçoit le Congrès organise des concours de fruits, 
à cette occasion. 

La session de 1894 se tient à Lyon. Celles de 1892 et de 1893 ont 
eu lieu à Grenoble et à Toulouse. 

La Société nationale d'agriculture de France, la première de 
nos associations agricoles, a été établie par arrêt du Conseil d'Etat 
du I er mars 1761, sous le nom de Société royale d'agriculture de la 
généralité de Paris. Une ordonnance royale, en date du 3o mai 1788, 
donna à la Société un règlement d'organisation, qui la constitua en 
Société royale et centrale pour toute l'étendue de la France. 

Comprise dans la loi des 8-14 août 1793 qui supprimait toutes les 
Sociétés savantes, elle fut reconstituée le 12 juin 1798, sous le titre 
de Société libre d'agriculture du département de la Seine. 

De nouveaux décrets, arrêtés et ordonnances de 1804 à 1880 
retouchèrent son nom ou ses statuts. 

La Société n'a pas moins travaillé d'une façon active, traitant 
librement ou officiellement des questions importantes, décernant des 



France 32 t 

récompenses aux inventions, aux découvertes, aux travaux utiles, 
aux ouvrages, etc. La culture des jardins, des potagers, des vergers, 
des pépinières, la viticulture, la sylviculture, renseignement agricole, 
les cultures coloniales, la botanique font partie de ses attributions. 

Des horticulteurs éminents ont siégé et siègent encore à la docte 
et honorable assemblée. 

Les membres titulaires, au nombre de 54, sont répartis en huit 
sections. Un nombre limité d'associés et de correspondants nationaux 
ou étrangers complète l'effectif réglementaire. 

Le chapitre des recettes du budget se compose du produit de 
donations et de subventions. 

Le bulletin est mensuel ; déjà 140 volumes ont paru. 

Le domaine d'Harcourt(Eure), légué par M. Delamarre, à la Société, 
en 1828, est devenu un intéressant arboretum forestier. 

La Société des Agriculteurs de France, la plus considérable 
qui existe, fondée en 1868 sur des bases libérales, compte près de 
12,000 membres, versant chaque année une cotisation de vingt francs. 

Les membres fondateurs paient, en outre, une entrée de 
cent francs. 

Elle a été reconnue d'utilité publique le 28 février 1872. 

Partagée en douze sections, la cinquième est consacrée à 
l'horticulture et à la pomologie, à l'industrie cidrière, au jardinage 
de rapport ou d'agrément. 

Tous les ans, la session générale du Congrès appelle les membres 
dans leur section; on y discute les questions inscrites au programme, 
ayant trait à la culture maraîchère, à la production fruitière, aux 
pépinières, au cidre, à l'entomologie, à la dendrologie, aux forêts, 
aux vignes, aux engrais, à l'enseignement, au bétail, aux chevaux, à 
l'agriculture, aux relations commerciales, etc. 

Des concours sont institués et des récompenses sont décernées 
aux producteurs, aux novateurs, aux auteurs d'ouvrages ou de 
mémoires inédits. 

Des vœux proposés par la section sont soumis à l'assemblée 
générale, qui les transmet, s'il y a lieu, aux pouvoirs publics. 

C'est ainsi qu'en février 1872, une année avant le dépôt d'un projet 
de loi par le député Pierre Joigneaux, et sur une proposition due 
à l'un de ses membres (l'auteur de cet ouvrage), la Société émettait 
le vœu de la création d'une École supérieure d'horticulture, et de 
son installation au Potager de Versailles. 

La Société nationale d'encouragement à l'agriculture, fondée 
le 14 mai 1880, traite des sujets agricoles et économiques dans ses 

21 



322 FRANCE 

congrès annuels et s'occupe de questions d'arboriculture, de pomo- 
logie, de viticulture et de culture maraîchère dans son bulletin 
hebdomadaire : La Semaine agricole. 

La cotisation annuelle est fixée à dix francs. 

La Société nationale d'acclimatation de France, d'abord 
« zoologique », a dû comprendre les végétaux dans ses études et 
modifier son titre ; elle est à sa quarantième année d'existence. 

Fondée le 10 février i854, elle a été reconnue d'utilité publique 
par un décret du 26 février i855. 

La section des végétaux a, dans ses attributions, tout ce qui 
concerne l'importation des arbres, des arbustes et des plantes d'utilité 
ou d'ornement, leur acclimatement ou adaptation à notre climat, 
leur culture et leur emploi alimentaire, industriel, enfin le boisement 
de nos parcs paysagers ou forestiers. 

Des semences et des plants de ces végétaux sont confiés aux 
sociétaires, à titre de cheptel. 

Une distribution de récompenses aux chercheurs, aux producteurs, 
et à ceux qui les secondent, fait l'objet d'une séance solennelle. 

La Reçue des Sciences naturelles appliquées est l'organe 
bi-mensuel, souvent illustré, de la Société. 

Le prix de la cotisation est de vingt-cinq francs par an. 

Sous les auspices de la compagnie, mais avec une réglementation 
particulière, le Jardin d'acclimatation, créé au Bois de Boulogne, se 
livre à de nombreuses expériences et à des études végétales ou 
animales. Les sociétaires ont entrée libre au Jardin. 

Quelques succursales sont installées sur divers points de la 
France, sous des climats différents. 

L'Association pomologique de l'Ouest, créée à Rennes en i883, 
s'occupe exclusivement des fruits de pressoir, de la culture des 
vergers, de l'analyse des pommes et des poires à cidre ou à poiré, 
de la fabrication du cidre, du poiré et des eaux-de-vie dérivées. 

Chaque année, l'association tient une session, particulièrement en 
Bretagne, en Normandie, en Picardie, et s'entend avec une société 
locale qui prépare une exposition de fruits, de boissons qui en 
résultent, d'arbres de pépinière et de l'outillage cidricole. 

Des récompenses sont décernées aux exposants, ainsi qu'aux 
auteurs des mémoires d'études répondant à un questionnaire 
déterminé à l'avance. Un bulletin annuel est envoyé aux adhérents. 

La cotisation est de cinq francs par an. 

L'Association se propose d'encourager les Sociétés ou les adminis* 
trations à créer des Vergers modèles , qui seraient en quelque sorte 



FRANCE 3a3 

le foyer d'exemple et de propagande de ses méthodes d'exploitation 
du verger et des espèces fruitières à répandre. 

Le Congrès de 1894 se tient à Laigle (Orne). La session de 1893 
était ouverte à Vannes (Morbihan). 

Le Syndicat pomologique de France, fondé à Rennes le 
6 février 1892, a « pour objet l'étude de tout ce qui concerne la 
culture et l'élevage des pommiers et poiriers; la propagation des 
meilleures espèces et variétés ; les mesures à prendre pour la protec- 
tion des arbres, pépinières, vergers, plantations, etc.; la générali- 
sation des meilleurs procédés et méthodes pour la fabrication des 
cidres, poirés, eaux-de-vie, etc.; la défense des intérêts économiques, 
agricoles, industriels des syndicataires ; la vulgarisation des décou- 
vertes de la science, de la chimie, de la mécanique; la facilité des 
transactions ; la création de débouchés pour les récoltes ; l'orga- 
nisation de concours et de congrès pomologiques, etc.» 

Déjà 700 membres, représentant 32 départements, se sont fait 
inscrire. La cotisation, de cinq francs pour les membres fondateurs, 
est de deux francs pour les membres ordinaires. 

Après l'exposition et le congrès de Saint - Servan, 1892, de 
Ploermel, 1893, la session de 1894 se tiendra à Abbeville. 

Le Syndicat distribue des greffons d'espèces fruitières à cidre. 

L'Union commerciale des Horticulteurs et Marchands- 
Grainiers de France, créée au printemps de 1886, constitue une 
solidarité entre ses adhérents pour les échanges de renseignements, 
et défend leurs intérêts lorsqu'il s'agit de questions litigieuses, 
d'interprétation de la loi, d'affaires contentieuses, judiciaires ou 
d'arbitrage, de tarifs de transport, de douane, d'impôts, etc. 

De bonnes et utiles relations confraternelles ne tardent pas à 
s'établir entre les associés. La cotisation est fixée à cinq francs. 

A Montreuil, à Sceaux, à Glamart, autour de Paris, puis à Amiens, 
Angers, Belfort, Besançon, Blois, Cambrai, Carcassonne, Chartres, 
La Guerche, Héry, Honfleur, Hyères, Laval, Locminé, Lyon, 
Marseille, Nantes, Narbonne, Nice, Niort, Orléans, Oullins, Pau, 
Perpignan, Ploermel, Pont-Audemer, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, 
les cultivateurs et les commerçants se sont syndiqués dans un but 
analogue ou se bornent à la vente de leurs produits, aux achats de 
semences, de plants et d'engrais. Quelques-uns, cependant, organisent 
des cours d'enseignement horticole. Tel est le cas du « Syndicat des 
Horticulteurs de la région lyonnaise », fondé en 1886, et du« Syndicat 
agricole et horticole des ouvriers jardiniers de l'arrondissement de 
Marseille ». fondé en 1881. 



324 FRANGE 

La Société française des Amis des Arbres a pour but de 
favoriser et de protéger les plantations d'arbres fruitiers ou forestiers, 
afin d'obtenir la multiplication des vergers et le peuplement des 
espaces actuellement dénudés. 

Elle se propose d'intéresser la population tout entière à la 
plantation des arbres fruitiers ou forestiers, à leur protection et à 
leur conservation, par des encouragements ou des récompenses. 

Le germe de l'association semé à Nice, en 1891, par des amateurs, 
a pris son essor le i5 février 1894, en choisissant Paris pour le siège 
de son administration. 

La cotisation des membres souscripteurs est de cinq francs par 
an, et celle des membres actifs, deux francs ; mais ceux-ci s'engagent 
à planter au moins un arbre sur leurs terres, tous les ans. 



SOCIÉTÉS LOCALES 



Ain. 



Société d'horticulture pratique de l'Ain, à Bourg. 

Fondée en i85i par trois hommes dévoués à leur pays, Mas, Puvis 
et Lahérard, dans le but « de propager dans le département les 
meilleures méthodes de culture, de faire justice des préjugés et de 
prévenir les déceptions toujours si funestes en horticulture », elle 
poursuit son œuvre depuis cette époque. 

Cotisation, douze francs. — Personnel, environ 5oo membres. 

Bulletin tous les mois. — Almanach-annuaire chaque année. 

Réunions mensuelles avec exposition d'apports récompensés par 
des points valant deux francs, suivant convention. 

Beau jardin d'expériences, très bien entretenu, où se font les essais 
des nouveautés et se tiennent les conférences publiques. 

La reconnaissance a élevé au jardin le buste du président Alphonse 
Mas, l'auteur du Verger et du Vignoble. 

Sous l'influence de la Société, la culture maraîchère a fortement 
progressé, et chaque mercredi, il se fait une expédition de plus 
en plus considérable de légumes dans les cantons montagneux du 
département. 

Aisne. 
Société régionale d'horticulture de Chauny. 

Fondée en i863. 

Cotisation, dix francs. — Effectif, 3oo membres. 



FRANGE 325 

Conférences sur l'arboriculture par M. Louvot-Dupuis, horticulteur, 
président de la Société, et sur la botanique, par M. Quequet, vice- 
président. 

Aux concours annuels de l'enseignement, les élèves des écoles des 
cantons de Chauny, La Fère et Coucy prennent part à la lutte, répartis 
en trois divisions : élémentaire, moyenne, supérieure. L'examen, 
écrit et oral, porte sur la botanique, l'arboriculture, la culture maraî- 
chère, la floriculture. Les récompenses consistent en livrets de caisse 
d'épargne et en livres de jardinage. 

Déjà quatre expositions ont été organisées à Chauny. 

Depuis la fondation de la Société, les fruits primitifs ont été suc- 
cessivement remplacés par des variétés choisies et méritantes, recher- 
chées aujourd'hui sur les marchés locaux et à Saint-Quentin, à Reims, 
à Lille, à Paris, etc. 

Société d'horticulture et de petite culture de l'arrondissement 

de Soissons. 

Fondée le n mars i8(55, elle compte 1,600 membres actifs. 

Reconnue d'utilité publique le 24 février 1876. 

La cotisation est fixée à dix francs par an. 

Société nombreuse et active, elle a puissamment contribué à 
vulgariser, dans tout l'arrondissement, les nouvelles espèces et les 
dernières méthodes de culture par les expositions, les visites de 
jardins, les expériences pratiquées dans son jardin-école, et grâce 
surtout aux fréquentes leçons et conférences de son infatigable 
professeur, M. Lambin. Ce jardin est dû à la générosité de riches 
amateurs et aux souscriptions spéciales des membres adhérents. 

Les apports de la Société, en fleurs et en fruits, lui ont valu de 
hautes récompenses dans plusieurs grandes expositions parisiennes. 

La Société des agriculteurs de France lui a décerné un prix 
agronomique, à sa session de 1881, pour sa propagation éclairée de 
l'enseignement de l'horticulture. 

Allier. 

Société d'horticulture de l'Allier, à Moulins. 

Fondée en 1862, elle s'attache à améliorer et perfectionner l'art 
horticole dans toutes ses parties et dans tous ses produits ; la 
Société atteint ce but, à l'aide des expositions et des visites de 
jardins, à la suite desquelles sont décernées des récompenses et des 
primes en nature. Elle a donné l'hospitalité au Congrès pomologique. 

La Société encourage renseignement horticole dans les écoles 
communales, par des distributions de lots d'arbres fruitiers et de 
graines diverses aux instituteurs les plus zélés, 



3a6 FRANCE 

L'Arboretum du parc de Baleine, sous l'intelligente direction de 
M. Doûmet-Adanson, président, et les établissements horticoles 
remarquables de Moulins constituent du reste pour cet enseignement 
d'excellentes leçons de choses. 

La cotisation est fixée à cinq francs. — Effectif, 200 membres. 

Société d'horticulture, d'agriculture et de viticulture 
de Vichy-Cusset. 

Fondée en 1886, elle compte actuellement près de 200 membres. 
Son action s'étend sur la région Sud-Est du département de l'Allier, 
dans les arrondissements de La Palisse et de Gannat. 

Bien qu'elle ait été plus spécialement fondée au point de vue de 
l'horticulture, son champ d'études s'étend à toutes les branches de 
l'agriculture, car cette partie de l'ancien Bourbonnais, formée par le 
Forez et ses contreforts, traversée par la vallée de l'Allier, présente 
des aspects divers et des cultures très variées. 

Par ses champs d'expériences, ses récompenses aux agriculteurs 
méritants, ses concours de Vichy, toujours admirés, elle a rendu 
de signalés services à l'agriculture régionale. 

Cotisation, cinq francs pour les membres titulaires, et dix francs 
pour les membres honoraires. 

Alpes-Maritimes . 

Société d'agriculture, d'horticulture et d'acclimatation 
de Cannes et de l'arrondissement de Grasse. 

Fondée en 1886, alors exclusivement horticole, elle s'est adjoint 
l'agriculture quatre ans plus tard, et prit le titre actuel. 

La Société comprend près de 3oo membres ; les séances sont men- 
suelles. Des conférences publiques sont données de temps en temps, 
en séance extraordinaire. 

Ses expositions florales, ouvertes au mois de janvier, ont toujours 
merveilleusement réussi et font l'admiration des nombreux étrangers 
hivernant dans la région. 

Grâce à ses efforts et à l'intelligence de ses sociétaires, la culture 
des fleurs et des plantes ornementales destinées à l'exportation s'est 
développée. La valeur de ces produits se chiffre par plus de trois 
millions de francs par an. 

La Société travaille au progrès de la production potagère ou 
fruitière, et tente d'importer les procédés de culture perfectionnée 
des maraîchers des environs de Paris. 

La cotisation annuelle est de douze francs, 



FRANCE 3^7 

Société centrale d'agriculture, d'horticulture et 
d'acclimatation des Alpes-Maritimes. 

Fondée en 1860 (époque de l'annexion), en remplacement de la 
Chambre royale d'Agriculture italienne, existant depuis i832. 

Les séances sont mensuelles ; un bulletin-journal rend compte 
de chaque séance et donne l'hospitalité aux comptes rendus de la 
Société des Amis des Arbres. — Cotisation, douze francs. 

Effectif: 290 membres titulaires, 14 honoraires, 26 correspondants. 

Quoique la Société s'occupe principalement d'agriculture, y com- 
pris l'apiculture et la sériciculture, elle traite aussi les questions 
horticoles et organise des expositions brillantes que facilite la flore 
abondante et variée du littoral. 

Société des Amis des arbres du département 
des Alpes -Maritimes. 

La « Société française des Amis des arbres », fondée à Nice le 
18 janvier 1891, a transféré son siège à Paris le i5 février 1894, 
laissant à Nice une Société départementale des Alpes-Maritimes, qui 
bénéficie de la situation acquise dans cette région par la Société 
mère (p. 324). H cn résulte que, dès maintenant, elle possède plus 
de 600 membres, après avoir fait planter 400,000 arbres. 

Elle a pour but de reconstituer les forêts des pays déboisés. 

Tous les ans, chaque sociétaire doit planter ou faire planter au 
moins un arbre, et payer une cotisation annuelle de deux francs. 

Les maires, les membres des Conseils municipaux, les instituteurs, 
les membres du Clergé, les gardes champêtres, les gendarmes, les 
douaniers, les brigadiers, les gardes des forêts qui donneront leur 
adhésion à la Société, seront dispensés du paiement de la cotisation; 
mais ils devront planter chaque année au moins cinq arbres. 

La Société des Amis des arbres ne prétend pas se substituer à 
l'Administration forestière ; elle veut seulement lui offrir le concours 
de tous les bons citoyens, de tous les vrais patriotes. 

Le premier bulletin trimestriel de la Société a paru fin mars 1893, 
immédiatement après la constatation que, sous son action utile, 
3oo,ooo arbres étaient déjà plantés depuis deux ans. 

Ardennes. 
Société centrale d'horticulture des Ardennes, à Gharleville. 

Fondée en i856, la Société compte 225 membres participants. — 
Cotisation, cinq francs. 

Le Préfet est président d'honneur et le Maire de CUarle ville, vice- 
président d'honneur t 



328 FRANCE 

Séances trimestrielles. — Distribution de graines. 

Leçons de taille et de conduite des arbres fruitiers, par M. Laurent, 
professeur de la Société. 

Pendant sa carrière quelque peu mouvementée, la Société centrale 
a organisé de belles expositions, récompensé les travailleurs et 
publié un bulletin intéressant. 

Son œuvre continue avec succès. 

Cercle horticole des Ardennes, à Mézières. 

Fondé en août 1887, à la suite de rivalités locales, le Cercle a pour 
président d'honneur le Maire de Mézières. 

La cotisation annuelle est de cinq francs; l'effectif comprend 
120 membres. 

Exposition publique tous les ans. 

Les premiers travaux du Cercle : expositions, concours, publi- 
cations, sont de bon augure pour son avenir. 

Société d'horticulture de Sedan. 

Fondée en 1879, comme section de la Société centrale d'horticulture 
des Ardennes, elle se sépara en 1890 et devint autonome, avec siège 
à Charle ville. 

La cotisation annuelle des membres titulaires est de cinq francs. 

La Société se compose actuellement de 45o membres. Les institu- 
teurs et leurs adjoints, les ouvriers ou apprentis jardiniers, de 
nationalité française, sont admis gratuitement comme membres 
auditeurs. 

La Société a pour but de perfectionner et d'encourager toutes 
les branches de l'horticulture et des arts ou industries qui s'y 
rattachent. 

Elle exerce son action par des réunions, des expériences et des 
conférences théoriques ou pratiques, par la publication d'un bulletin, 
la distribution de graines, plants, boutures, greffes, la visite aux 
cultures, et par des récompenses décernées aux personnes concourant 
au but de la Société. 

Séances tous les trois mois. — Bulletin trimestriel. 

Elle a organisé plusieurs expositions, entre autres celle de 1886, où 
elle a obtenu une médaille d'or du Ministère, au Concours régional 
de Sedan. Les expositions actuelles sont locales et spéciales. 

Concours entre les maîtres et les élèves de l'arrondissement. 

Les leçons de taille d'arbres et de culture maraîchère sont données 
régulièrement par un professeur spécialement attaché à la Société, 
dans le jardin-école. 

Ce jardin est concédé à la Société par la Ville de Sedan, 



FRANGE 329 

Aube. 
Société horticole, vigneronne et forestière de l'Aube, à, Troyes. 

Fondée le 3 mars 1866. 

Ses principaux organisateurs avaient déjà créé, le 11 août i85o, 
la Société d'horticulture de l'Aube; elle a cessé le 12 janvier 1879. — 
Les deux premières expositions à Troyes, en 1849 et i85o, avaient été 
organisées par la Société académique de l'Aube, fondée le 19 juin 1798. 

La Confrérie de Saint-Fiacre, de Troyes, remonte à 1788. 

La Société horticole, vigneronne et forestière compte 3,5oo membres 
titulaires et dames patronnesses payant une cotisation de cinq francs. 

Un seul versement de cent francs exempte de la cotisation annuelle 
et donne le titre de Membre à vie. 

Un décret du 6 novembre 1893 l'a reconnue d'utilité publique. 

Séances mensuelles avec conférences, lectures et tombola. 

Nombreuses productions végétales apportées aux séances et 
récompensées, s'il y a lieu. 

Annales chaque mois. — Bibliothèque importante et bien tenue. 

Expositions répétées et brillantes sur différents points du départe- 
ment. Quelques-unes ont été spécialement affectées aux Roses, aux 
Œillets, aux Chrysanthèmes, aux fleurs printanières, aux primeurs. 

La première en France, elle a organisé une Exposition interna- 
tionale de Chrysanthèmes. Celle-ci, de novembre 1888, était au profit 
des jardiniers du département de la Seine, victimes de la grêle. 

En 1866, son premier acte avait été l'envoi de nombreux plants 
aux jardiniers du Loiret ruinés par l'inondation. Depuis, elle a 
secouru les horticulteurs de l'Aube, dont les cultures avaient été 
anéanties par l'invasion allemande. 

Récompenses aux bons ouvriers, aux familles de travailleurs. 

Encouragements aux cultures potagères ou florales, aux pépinières, 
aux vergers de fruits de table ou de pressoir, à l'enseignement, 
à la viticulture, à la sylviculture, aux industries annexes. 

Distributions de graines, de plants, de boutures, de greffons. 

Encouragements aux communes et aux propriétaires qui boisent 
les friches ou les plantent de vergers, de vignes, de végétaux utiles. 

Lutte contre les maladies, les parasites et les animaux nuisibles. 

Distribution économique de sulfate de cuivre contre le mildiou, de 
jus de tabac contre les insectes, de cépages résistants contre le 
phylloxéra. — Concours de greffage. 

Développement de l'instruction horticole par les instituteurs. 

Récompenses aux élèves des Ecoles normales ou communales. 

Publication de brochures spéciales en dehors des Annales, entre 
autres des leçons de botanique illustrées, des études sur le cidre, etc, 



330 FRANCE i 

Excursions. — Conférences. — Cours publics. — Herborisations. 

Correspondances avec toutes les Sociétés françaises. 

Création d'un verger modèle de fruits de pressoir, de vignobles 
d'expériences et de démonstrations. 

La Société décerne de nombreux prix, objets d'art, médailles, 
ouvrages, outils et primes, aux expositions, aux visites, aux concours. 

Ses lots collectifs ont obtenu les plus hautes récompenses dans 
les Expositions universelles et les concours régionaux. 

La première donation a constitué le Prix Charles Baltet, « en 
faveur d'un père ou d'une mère de famille qui aurait dignement élevé 
ses enfants légitimes ou adoptifs dans la pratique du jardinage. » 

Société d'horticulture de Nogent-sur-Seine. 

Fondée le 27 février 1876, elle est subventionnée par l'État, le 
département et la ville de Nogent-sur-Seine. Les séances sont men- 
suelles et le bulletin trimestriel. 

Cotisation, cinq francs. — Effectif, environ 35o membres. 

Son jardin-école est installé au centre d'un groupe scolaire ; chaque 
mois, pendant la belle saison, le professeur, François Cognée, de 
Troyes, y fait des cours d'arboriculture. 

Les expositions qu'elle organise sont toujours bien réussies ; en 
outre, des visites ont lieu dans les cultures, sur demande. 

Son influence se manifeste dans les jardins, et aussi dans les 
grandes propriétés ; elle a contribué à faire boiser des terrains jadis 
incultes. 

Plusieurs médailles ont récompensé la Société à l'occasion des 
expositions auxquelles elle a pris part. 

Basses-Pyrénées. 

Société d'horticulture et de viticulture des Basses-Pyrénées, 

à Pau. 

Fondée le i3 septembre i885. 

Elle a organisé de nombreux concours horticoles et, à chaque 
séance générale mensuelle sont faites, par des membres dévoués de 
la Société, des conférences publiques, dans le but de propager le 
goût de l'horticulture. 

Elle a mis en relief certaines vignes chinoises, les Pêchers 
américains, principalement Amsden'sjune, le Diospyros japonais, 
Kaki, le Maïs sucré, le Chou moutarde, l'Alkekenge du Pérou, etc. 

La Société s'occupe activement de l'étude des cépages résistants, 
du greffage de la vigne, questions viticoles qui intéressent la région, 
où déjà quelques points sont atteints par le phylloxéra, 



FRANCE 33 I 

Les beautés du pays et son climat favorable attirent de nombreux 
étrangers en toute saison. Sous l'influence de la Société, les horti- 
culteurs ont redoublé d'ardeur, pour répondre aux besoins de cette 
population flottante qui veut jouir de tous les agréments de la vie. 

La Société encourage et récompense les instituteurs qui se font 
remarquer par leur enseignement horticole et la tenue du jardin. 

Les expositions publiques sont suivies avec intérêt. 

Le bulletin est trimestriel et rédigé avec un talent d'observation. 

Cotisation annuelle, cinq francs. 

Bouches-du-Rhône. 

Société d'horticulture et de botanique des Bouches-du-Rhône, 

à Marseille. 

Fondée en octobre 1846, par les membres composant la section 
horticole du Comice agricole ; en i883, elle fusionne avec la Société 
de botanique de Provence (fondée en 1879), et prend le titre actuel. 

Cotisation de dix francs pour les membres actifs, et cinq francs 
pour les ouvriers jardiniers. 

Elle compte environ 5oo membres; les réunions sont bi-mensuelles. 

La Société ouvre des concours entre les apprentis jardiniers, et 
leur décerne des primes et médailles. 

Son organe mensuel, la Reçue horticole des Bouches-du-Rhône, qui 
parait depuis juillet i854, publie souvent des mémoires originaux 
de botanique pure et appliquée. 

Les moyens d'études dont dispose cette association sont impor- 
tants : elle possède une bibliothèque riche en ouvrages botaniques, 
un herbier remarquable, une collection de fruits moulés, une autre 
de graines naturelles. 

La Société comprend une section de botanique, qui étudie la 
flore de la région et dresse le Catalogue des plantes de Provence, 
dû à Honoré Roux, connu par sa collaboration à la Flore de France, 
de Grenier et Godron ; ce savant ouvrage a été suivi d'un supplément, 
fruit de la collaboration des membres de la section de botanique 
de la Société des Bouches-du-Rhône. 

Au moyen de distributions annuelles de prix, la Société excite le 
zèle de tous les travailleurs visant à la propagation des sciences 
naturelles et horticoles. Elle récompense les instituteurs qui 
démontrent la culture du jardin et la botanique à leurs élèves, leur 
inculquant encore le respect des oiseaux utiles. 

Union horticole des Bouches-du-Rhône. 
Fondée le 3o juillet 1893 et autorisée le 8 décembre suivant; 
5o membres fondateurs. 



332 FRANCE 

Exclusivement composée de praticiens, horticulteurs, agriculteurs, 
jardiniers, garçons jardiniers et grainiers qui seuls sont votants et 
éligibles, l'association comprend des membres actifs et des membres 
honoraires. Les uns et les autres paient une cotisation de dix francs. 

Séances mensuelles. Les réunions de juin et de décembre sont des 
assemblées générales consacrées aux élections. 

La Société exerce son action — ou se propose de l'exercer — par 
des conférences, des expériences et des expositions publiques; ensuite, 
par la publication d'un bulletin périodique. 

Association horticole marseillaise. 

Fondée le I er juillet 1882. 

Cotisation, douze francs. — Efïectif, 200 membres. 

Séances mensuelles. Bulletin paraissant chaque mois, sous le titre 
Marseille-Horticole. 

Encouragements aux apports de fleurs, de fruits, de légumes et de 
primeurs faits en séance. 

Récompenses aux anciens jardiniers ou bons serviteurs, et à tous 
ceux qui contribuent au développement de l'horticulture. 

Des commissions de visite se rendent chez les propriétaires ou 
horticulteurs qui en font la demande, pour examiner les campagnes 
et les jardins bien tenus et décerner des médailles aux plus 
méritants. 

Des expositions à grand effet ont été organisées par l'association ; 
mais les résultats financiers ont pesé sur l'avenir de la caisse sociale, 
malgré l'imposante phalange de 26 membres d'honneur, de droit ! 

Calvados. 

Société centrale d'horticulture de Caen et du Calvados. 

Une des plus anciennes de France, elle fut d'abord une section de 
la Société d'agriculture et de commerce de Caen, qui remontait elle- 
même à 1762. La section d'horticulture devient Société spéciale à partir 
du 29 avril i835, et acquiert ensuite le titre qu'elle porte aujourd'hui. 

En i885, elle a procédé à la célébration du cinquantenaire de sa 
fondation, par une brillante exposition et par une série de fêtes où la 
bonne confraternité des autres Sociétés de l'Athénée normande 
lui permit de mêler la poésie et la musique à l'horticulture. Un 
jeton fut frappé à cette occasion. 

Pendant cette période déjà longue, la Société a organisé près de 
soixante expositions qui ont contribué à faire progresser, dans la 
région, l'arboriculture, la culture maraîchère, et la culture des fleurs 
pour laquelle, en particulier, les habitants de la ville de Caen ont 
professé, depuis plusieurs siècles, un goût éclairé, 



FRANCE 333 

L'Anémone de Gaen, les Renoncules et les Roses, qui sont une 
production spéciale à la contrée, ont été encouragées par la Société. 

La culture des arbres à cidre et la destruction du puceron 
lanigère ont préoccupé l'attention de la Société, à ses débuts. 

Le Congrès des fruits à cidre a tenu, à Gaen, sa session de 1890. 

Cotisation dix francs, réduite de moitié pour les dames, les 
prêtres, les instituteurs. — Effectif, environ 3oo membres. 

Société d horticulture et de botanique du Centre 
de la Normandie, à Lisieux. 

Fondée en 1867, elle compte 280 membres, et reçoit les subventions 
de l'Etat, du Département, de la Ville de Lisieux, étendant son 
influence jusqu'aux territoires de l'Eure et de l'Orne. 

La cotisation est de cinq francs pour les membres titulaires, et 
facultative pour les membres honoraires. 

La Société récompense les instituteurs qui pratiquent l'enseigne- 
ment horticole. Outre les concours de produits horticoles qui figurent 
aux séances, elle organise tous les ans une ou deux grandes expo- 
sitions ; elle en est à sa quarante-troisième. 

Ses cours, ses excursions, ses conférences ont propagé les bonnes 
méthodes de culture. 

Une caisse de secours pour les vieux jardiniers lui donne un 
caractère philanthropique . 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Pont-1'Évêque. 

Fondée en 1880; subventionnée par l'Etat et par le département. 

La cotisation varie de cinq à dix francs. — Effectif, 200 membres. 

A l'occasion de ses deux concours annuels, qui se tiennent dans 
l'une des principales villes de l'arrondissement, la Société récom- 
pense les travailleurs et les vieux jardiniers. 

L'action de la Société a rejailli sur l'horticulture en général, 
notamment l'arboriculture, qui a fait de réels progrès, particulière- 
ment si l'on en juge par l'exportation de fruits et de légumes vers 
l'Angleterre et la Russie. 

A Honflcur et à La Rivière-Saint-Sauveur, le commerce des fruits 
de la région est considérable. 

La Société a pris part à l'Exposition universelle de 1889. 

La Corporation de Saint-Fiacre, 
Jardiniers de l'arrondissement de Bayeux. 

Fondée le 3 août 1862, par la fusion de la « Corporation de Saint- 
Fiacre » et de la « Corporation des Jardiniers de l'arrondissement 
de Bayeux », créées depuis deux années seulement. 



334 FRANGE 

La cotisation annuelle des membres titulaires est d'un franc 5o ; 
celle des membres honoraires n'est pas inférieure à dix francs. 

La Corporation prend part aux expositions horticoles du Calvados 
et de la Manche. 

A sa bibliothèque est ajouté l'abonnement aux journaux horticoles. 

Elle distribue des semences de nouveautés maraîchères. 

Les séances trimestrielles sont l'objet d'apports intéressants. 
Bulletin annuel. 

Une caisse de secours en faveur des jardiniers malades ou infirmes 
est organisée par elle. 

La Corporation assiste aux funérailles des confrères de Bayeux ou 
des communes suburbaines, et participe aux fêtes publiques. 

Le « patron » saint Fiacre est joyeusement fêté à la fin d'août avec 
messe, bannière, pain bénit, sermon... L'un de ces derniers, prononcé 
en 1888, par l'archiprêtre de la Cathédrale, a laissé entendre aux 

Jardiniers de Bayeux que « les honneurs et les plaisirs légitimes 

ne sont point défendus ; mais il ne faut jamais perdre de vue qu'on 
ne doit pas les rechercher avec passion... » 

Charente-Inférieure . 

Société d'horticulture et de viticulture de l'arrondissement 
de la Rochelle. 

Fondée le 5 mars i865, elle encourage l'horticulture et contribue 
à la reconstitution des Vignes détruites par le phylloxéra. 

La Société comprend 60 jardiniers dont la cotisation est de 
cinq francs, 86 amateurs et 27 dames patronnesses pour qui la 
contribution est fixée à douze francs. 

La Société possède un jardin d'essai et remet aux sociétaires des 
graines qu'elle recueille, des boutures, des plants qu'elle multiplie, 
de manière à propager surtout les bonnes espèces végétales. 

Chaque année, en juin et en octobre, elle fait des expositions de 
fleurs, de fruits, de légumes. 

Des médailles avec primes en argent sont décernées aux lauréats 
exposants marchands. 

Cher. 

Société d'horticulture et de viticulture du Cher, â Bourges. 

Fondée le 16 mars 1870. 

Cotisation, cinq francs. — Effectif, 200 membres environ. 

La Société a donné une grande impulsion à la culture maraîchère, 
qui est pratiquée maintenant d'une façon remarquable autour du 
chef-lieu, sur de vastes surfaces entrecoupées de canaux d'accès* 



France 335 

La culture des arbres fruitiers dans le département a pris de 
l'extension, même dans « la Forêt » fruitière de Saint-Martin, et le 
vignoble s'est perfectionné. 

Les pépinières et la Vigne sont également prospères. 

Gôte-d'Or. 

Société d'horticulture de la Côte-d'Or, à Dijon. 

Fondée en i858. 

Cotisation, six francs. — Eifectif, 45o membres. 

Le beau Jardin botanique et les nombreux squares que possède la 
ville de Dijon rendent à la Société d'horticulture la tâche facile. 

L'instruction horticole est professée par le jardinier en chef de la 
ville, déjà chargé d'un cours public d'arboriculture pour lequel il a 
été créé un jardin fruitier important, complété par un champ 
d'expériences de viticulture. 

Un cours d'horticulture a lieu également à l'École normale des 
instituteurs, confié d'abord à Moreau, puis à Weber, en dernier lieu 
à M. Jules Lochot, élève de l'Ecole de Versailles. 

La Société a contribué à la reconstitution du vignoble ; elle encou- 
rage l'introduction et la culture des végétaux utiles. Son bulletin et 
ses expositions concourent à vulgariser les choses nouvelles. 

Bulletin périodique. — Expositions. — Visites aux cultures. 

Association horticole de l'arrondissement de Beaune. 

Fondée le i5 février 1893. 

La Société horticole et vigneronne de Beaune, après ses services 
rendus dans la région, s'étant mise en sommeil, quelques jardiniers, 
arboriculteurs, maraîchers, grainiers se réunirent et jetèrent les 
bases de cette nouvelle association. 

Son but est d'ouvrir des expositions, de visiter les cultures, 
d'acheter en commun les engrais et les semences, d'encourager les 
travailleurs et les producteurs. 

Une centaine de membres titulaires, honoraires et dames paient 
une cotisation de cinq francs. Les instituteurs communaux donnent 
trois francs et assistent aux séances, ainsi que les ouvriers jardiniers 
âgés de quinze ans au moins. 

Deux-Sèvres. 

Société d'horticulture et d'arboriculture des Deux-Sèvres, 

à Niort. 
Fondée le i3 janvier i853. 
Cotisation, dix francs. — Effectif, ^5 membres. 
Subventions de l'État, du département, de la ville de Niort* 



336 FRANGÉ 

Des récompenses sont décernées aux exposants horticoles des 
concours régionaux ou cantonaux, annuels ou quinquennaux. 

Séances mensuelles. — Bulletin trimestriel. 

Conférences et lectures sur la science et la pratique des jardins. 

Chaque année, une Commission visite les cultures ; des conseils 
et des encouragements sont donnés aux horticulteurs, et des 
récompenses sont accordées aux plus méritants. 

Distributions de graines et de plants. 

La Société d'horticulture, en répandant l'instruction et les décou- 
vertes utiles, en combattant les vieux préjugés et la routine, en 
encourageant et en récompensant les chercheurs et les laborieux, a 
contribué au progrès de la culture horticole dans le département 
des Deux-Sèvres, particulièrement de la pépinière, de la maraîcherie, 
de l'arboriculture fruitière 

DORDOGNE. 

Société départementale d'horticulture et d'acclimatation 
de la Dordogne, à Périgueux. 

Fondée en i85o,. — Effectif, 200 membres. 

Les réunions sont mensuelles ; on y apporte des produits qui sont 
récompensés à la fin de l'année, lors de la distribution des prix 
accordés aux propriétaires ou aux jardiniers qui ont demandé des 
visites et dont les cultures ou les produits en sont jugés dignes. 

La Société fait paraître un bulletin tous les deux mois. 

Elle organise une exposition, tous les deux ans, au chef-lieu. 

On peut attribuer aux encouragements de la Société le grand essor 
pris par la culture florale et maraîchère, à Périgueux, depuis un 
certain nombre d'années. Des usines à conserves s'y sont installées 
et offrent un débouché aux productions. 

Cotisation, dix francs, réduite à cinq francs pour les maraîchers, 
les jardiniers en maison, les ecclésiastiques, les instituteurs. 

Doubs. 

Société d'horticulture et de viticulture du Doubs, à Besancon. 

Fondée le 16 septembre i856, à la suite d'une conférence arboricole 
par le professeur X. Chauvelot, elle débuta brillamment et se fit 
remarquer par ses belles expositions. 

La cotisation est de dix francs pour les membres titulaires; 
cinq francs pour les dames patronnesses et les membres correspon- 
dants; trois francs pour les instituteurs. — Effectif, ^65 sociétaires. 

On lui doit la propagation de la bouture de Vigne à un oeil, 
découverte vers i865 par le vigneron Hudelot, de la région, 



FRANCE 



33 7 



Avec le professeur Ghauvelot, la Société ouvre des conférences à 
Besançon et dans le département ; elle a institué un cours de pratique 
raisonnée, ayant lieu trois fois par semaine, pour les jeunes gens qui 
se destinent à l'horticulture. 

Séances mensuelles. — Bulletin tous les mois. 

Une association de secours mutuels, qui vient en aide aux jardiniers 
malades ou infirmes, est due à son initiative. 

Par ses expositions multiples, par l'étendue et la variété de son 
enseignement, elle peut prendre rang parmi les Sociétés d'horticul- 
ture qui rendent de réels et constants services. 

L'arboriculture fruitière et la maraîcherie de consommation ou 
d'exportation sont en progrès dans le département. 

Eure. 

Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres 
du département de l'Eure, à Évreux. 

Fondée le n juin i832. 

Cotisation, dix francs. — Effectif, environ 700 membres. 

La Société s'est occupée particulièrement de développer le goût de 
l'horticulture dans les cinq arrondissements. 

Depuis sa fondation, elle a organisé une vingtaine d'expositions. 
De plus, dans chacun de ses concours agricoles, elle réserve des 
primes pour les produits des jardins. 

Des encouragements de ce genre ont été donnés aux instituteurs, 
et de petits concours établis entre les élèves des écoles primaires. 

La Société subventionne le cours d'arboriculture professé chaque 
année, à Evreux, par M. Piéton, directeur du Jardin des Plantes 
depuis plus de quarante années. 

Elle a reçu le Congrès des fruits à cidre, en 1892. 

Eure-et-Loir. 

Société d'horticulture et de viticulture d'Eure-et-Loir, 
à Chartres. 

Fondée en i853, reconnue d'utilité publique par décret du 
8 septembre 1866, elle compte aujourd'hui plus de 1,100 membres. 

Le prix de la souscription est annuellement de cinq francs pour 
les jardiniers, les membres du clergé des campagnes, les ouvriers 
non patentés ou exerçant des professions qui se rattachent à l'horti- 
culture, et dix francs pour les autres personnes. 

Propriétaire d'un jardin ouvert au public et fréquenté par les 
habitants et les étrangers qui viennent s'y promener ou s'y instruire, 
elle est devenue promptement populaire* 

22 



338 FRANCE 

Des cours gratuits ont été institués par ses soins ; ils se font, à 
époque fixe, dans chaque canton du département. 

L'enseignement horticole, par les instituteurs, préoccupe vivement 
la Société ; elle est parfaitement secondée, sous ce rapport. 

Chaque année, des primes et des médailles sont distribuées, à la 
suite de visites faites dans les différents cantons. 

En même temps, la Société se met à la tête des excursions qui 
sont organisées dans une commune des arrondissements. 

De l'aveu de tous, c'est à son initiative, à ses concours et à ses 
expositions que sont dus les progrès faits par l'horticulture dans 
le département ; le développement du goût des fleurs et la connais- 
sance des bons fruits se sont répandus dans toutes les classes de 
la société et sont venus augmenter d'une manière remarquable 
le commerce du jardinage. 

M. Jules Courtois, amateur distingué d'arboriculture, a présidé 
pendant de longues années la Société d'Eure-et-Loir, avant de devenir 
l'un de ses bienfaiteurs. C'est lui qui a contribué pour une large 
part à l'extension qu'elle a prise, depuis sa fondation. 

Gironde* 

Société d'horticulture de la Gironde, à Bordeaux. 

Fondée à Bordeaux en 1839 ; tous les trimestres, elle publie un 
bulletin de ses travaux et des études horticoles intéressantes. 

Elle a pour but d'aider au perfectionnement et au progrès des 
branches de l'horticulture et des industries qui s'y rattachent. 

La Société récompense tous les mérites, par le Jury de ses Exposi- 
tions, assez fréquentes, et par ses Commissions de visites. 

Chaque année, aux meilleures exploitations fruitières et maraî- 
chères s'appliquant à l'alimentation des marchés, elle décerne 
2,000 francs de prix en espèces (legs Godard). 

Elle affecte aussi annuellement 3oo francs aux jeunes plantations 
d'arbres fruitiers ayant de trois à cinq ans de mise en place. 

Un prix de 25o francs, offert par le Ministre, est attribué aux 
cultures fruitières et maraîchères. 

Un brevet de capacité est délivré aux horticulteurs qui passent un 
examen sur les diverses branches de leur art. 

Des graines d'espèces rares sont distribuées aux sociétaires. 

Le personnel se compose de ^85 membres ; les cotisations sont 
de vingt francs pour les sociétaires et dames patronnesses, et de 
dix francs pour les horticulteurs et les instituteurs. 

La Société a encouragé la grande culture des Pois, Haricots verte, 



FRANGE 339 

Tomates, Pommes de terre Saint-Jean et Fraises; les Primes de 
Reine-Claude et les Poires à confire; le Chasselas pour l'exportation. 

Au moment de la destruction des vignobles par le phylloxéra, cette 
association a établi des concours de greffage en faveur des vignerons. 

Son rôle a été très actif pour la propagation des bonnes espèces 
végétales et pour l'extension de l'horticulture en général. 

Plus d'une fois, elle a offert l'hospitalité au Congrès pomologique. 

Société horticole et viticole de la Gironde, à Bordeaux. 

Fondée en 1892, elle s'est affirmée par une première exposition, 
en juin 1893, parfaitement réussie, de même le concours d'octobre, 
remarquable par les collections de Raisins et les lots de Vins. 

Son but est tout tracé : 

i° Encouragement aux diverses branches de l'horticulture, en 
général ; 

2° Comme le département est essentiellement viticole, les vigne- 
rons ont une place marquée dans la Société ; ils prennent part à 
ses concours de visites et aux expositions. 

3° Mettre en relief le nom des producteurs. 

La cotisation est de dix francs. — Effectif, 35o membres. 

Haute - Garonne . 

Société d'horticulture de la Haute-Garonne, a Toulouse. 

Fondée en i853. Subventionnée par le Ministère de l'Agriculture, 
le Conseil général et la Ville. 

Cotisation dix francs, et cinq francs pour les garçons jardininiers. 

Ses séances ont lieu le premier dimanche de chaque mois, et 
coïncident avec une exposition mensuelle. Les réunions de son 
Conseil d'administration ont lieu le vendredi qui précède. 

Annales bi-mensuelles, formant 40 volumes jusqu'à ce jour. 

Une Commission procède aux visites sur place, et des concours 
sont établis entre les instituteurs des arrondissements de la Haute- 
Garonne, à tour de rôle. 

L'association possède une bibliothèque de quelque valeur et une 
collection de fruits moulés. 

Distribuant gratuitement, chaque année, des graines de plantes 
nouvelles à ses membres, la Société a pu répandre ainsi un certain 
nombre de nouveautés méritantes. 

Elle a obtenu la création de l'enseignement horticole dans le dépar- 
tement; il est actuellement confié au praticien Hortensia Robinet, 
succédant à Laujoulet. 

La Société a reçu le Congrès pomologique de France, en 1893. 



34o FRANCE 

Grâce à l'initiative de la Société, — son climat aidant, — le 
département de la Hante-Garonne s'enorgueillit d'avoir été, en 
France, le berceau du Chrysanthème et de sa culture. 

Son président actuel est le savant Directeur du Jardin des Plantes, 
d'une réputation méritée. 

HÉRAULT. 

Société d'horticulture et d'histoire naturelle de l'Hérault, 

à Montpellier. 

Fondée en 1860 sous le titre de Société d'horticulture et de 
botanique de V Hérault, elle tint sa première séance le 3o septembre 
de la même année. 

En 1868, la Société avait publié depuis sa fondation huit volumes 
d'Annales, ne contenant pas moins de cent quarante articles origi- 
naux, dus aux membres de la Société, quelques-uns émanant de la 
plume de savants tels que Martins, Planchon, etc., d'autres portant 
la signature de praticiens émérites ou d'amateurs distingués. Ses 
séances étaient très suivies par un groupe nombreux de naturalistes, 
d'amateurs et de jardiniers, et ses travaux n'étaient plus limités à 
l'horticulture et à la botanique ; car on avait bien vite compris que 
toutes les branches de l'histoire naturelle et même toutes les sciences 
physiques sont connexes ou tout au moins auxiliaires les unes des 
autres; on y faisait de la zoologie, de la géologie, de la météoro- 
logie, etc. Cette variété dans les études amena la Société à substituer 
à son titre, qui était un peu trop spécial, celui de Société d'horti- 
culture et d'histoire naturelle de l'Hérault. 

Cependant la Société, depuis sa fondation, s'est surtout attachée à 
développer le goût des fleurs, à améliorer les produits de l'horticul- 
ture maraîchère et fruitière. 

Au début, on peut le dire sans exagération, le goût des fleurs 
n'existait pas à Montpellier; les légumes et les fruits laissaient bien 
à désirer. Pendant ces trente-quatre dernières années, des progrès 
considérables ont été accomplis. C'est par milliers, maintenant, que 
se vendent, certains jours, les plantes fleuries sur le marché. Les 
fruits et les légumes se sont également beaucoup améliorés. 

La Société organise périodiquement des expositions ou des 
concours de bonne culture horticole, et distribue à cette occasion de 
nombreuses récompenses consistant en objets d'art, en diplômes 
d'honneur et médailles. 

Des visites sont faites aux cultures des membres qui les sollicitent; 
des rapports sont rédigés, sur ces visites, et publiés dans les Annales. 
Actuellement le nombre des sociétaires s'élève à 35o environ, dont 
5o dames patronnesses et 20 membres correspondants. 



FRANCE 34l 

La contribution est de dix francs par an ; « toutefois, elle est 
réduite à cinq francs pour les ministres des divers cultes, les 
instituteurs et les jardiniers maraîchers ou à gages. » 

Les membres du bureau et du conseil sont élus chaque année, à 
l'exception du secrétaire général et du trésorier dont le mandat est 
triennal. 

Huit commissions spéciales sont nommées par le conseil et s'occu- 
pent des questions qui leur sont soumises. 

Les Annales paraissent en six fascicules, formant un volume de 
35o pages environ. 

L'échange du bulletin se fait avec plus de cent vingt Sociétés ou 
journaux périodiques. 

Ille-et- Vil aine. 
Société centrale d'horticulture d'Ille-et-Vilaine, à Rennes. 

Fondée en i853. — Cotisation, cinq francs. 

Cette Association compte plus de 5oo membres ; les séances sont 
mensuelles et les travaux se trouvent relatés dans un bulletin annuel. 

Outre les apports aux séances qui sont l'objet de récompenses, la 
Société organise chaque année une ou deux expositions importantes. 

Sous son impulsion, les cultures maraîchères et florales se sont 
étendues et perfectionnées, au point que les marchés de Rennes n'ont 
rien à envier aux villes les mieux approvisionnées. 

L'arboriculture fruitière a progressé rapidement; les cours du 
Frère Henri n'y sont pas étrangers. 

L'étude des fruits à cidre est poursuivie avec discernement. 

La Société a pu présenter en 1884, à l'exposition de Rouen, un lot 
de fruits qui lui a valu une médaille d'or. 

Indre-et-Loire. 

Société Tourangelle d'horticulture, à Tours. 

Fondée le 2 avril 1869 après avoir existé, pendant quelque temps, 
comme section de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles- 
lettres d'Indre-et-Loire. 

La Société Tourangelle possède près de 200 membres. La cotisation 
de dix francs, pour les membres titulaires, est réduite à trois francs 
en faveur des membres correspondants. 

Séances mensuelles. 

Ses expositions, ses visites aux jardins lui fournissent l'occasion de 
récompenser les produits horticoles, d'autant mieux que la Touraine 
est restée le pays des villas somptueuses où les fruits, les fleurs et les 
légumes croissent à merveille. 



3/}3 FRANGE 

Isère. 

Société dauphinoise d'horticulture, à Grenoble, 

Fondée le 5 octobre 1884. 

Cette Société étend son action sur les trois départements de l'Isère, 
de la Drôme et des Hautes- Alpes ; elle y répand son bulletin mensuel 
rédigé par le secrétaire général, et contenant les procès-verbaux 
des huit séances générales de l'année, les articles dus aux membres 
de la Société ou extraits des bulletins de compagnies similaires. 

Huit grandes expositions ont transformé l'industrie horticole 
dans le Dauphiné. En 1884, il n'y avait à Grenoble qu'un seul 
marchand de fleurs en magasin, et deux ou trois portant la balle. 

Aujourd'hui, il y a au moins dix à douze magasins de fleurs, et les 
environs fournissent plus de vingt marchands « porte-balles ». 

Les pépiniéristes sont également plus nombreux. 

Actuellement, Grenoble s'adonne au « Gros Chrysanthème »; cette 
fleur y est cultivée avec un véritable succès. 

Les fruits réussissent aussi, et, sous ce rapport, le Dauphiné ne le 
cède en rien à ses voisins. 

Cotisation, dix francs. — Effectif, 240 membres titulaires. 

Le Congrès pomologique a tenu sa session de 1892, à Grenoble. 

Le Jardin des Plantes de Grenoble, où M. Joseph Allemand, élève 
de Versailles, succède à Jean-Baptiste Yerlot, a secondé la vulgarisa- 
tion des bonnes espèces végétales et de la flore alpine, 

Jura. 
Société de viticulture et d'horticulture d'Arbois. 

Fondée le 6 septembre 1859, réorganisée en 1876, elle a été reconnue 
d'utilité publique le 3o mai 1894. 

La cotisation est de cinq francs pour les membres titulaires, et 
trois francs pour les membres associés. — Effectif, 100 membres. 

Les séances ont lieu quatre fois par an ; un bulletin paraît à la suite 
de chacune d'elles. 

Des conférences, des expositions, des distributions de graines, de 
plants, de greffes, constituent ses moyens d'action qui exercent leur 
influence heureuse sur tout l'arrondissement de Poligny, particu- 
lièrement au point de vue des vergers et des potagers, du vignoble 
et du vin. 

Société d'horticulture et de viticulture, à, Dole. 
Fondée en 1859; pendant les événements malheureux de 1870, 
la Société disparut, pour renaître en 1884. 



FRANCE 343 

En 1889, en présence des nécessités que créait la situation du 
vignoble de l'arrondissement, elle s'adjoint la viticulture. 

Le nombre des membres est de 2Ô2 ; la cotisation annuelle est 
fixée à six francs. — Bulletin trimestriel. 

Son mode d'action consiste en conseils pratiques, en distributions 
de graines, de plants de vigne américaine, etc. 

De temps en temps, la Société organise des expositions, des 
concours, des visites de cultures, des leçons de greffage de la vigne, 
et elle distribue des récompenses au moyen de primes, de médailles, 
de diplômes. 

Elle a vivement encouragé la production des légumes et primeurs ; 
le Cerfeuil bulbeux et le Melon sont devenus articles d'exportation. 

Les services rendus par la Société de Dole lui ont valu, en 1893, 
notamment, un diplôme d'honneur de la Société des Agriculteurs de 
France et une subvention du Ministère de l'Agriculture, en outre de 
la médaille d'or obtenue à l'exposition d'horticulture annexée au 
Concours régional de Besançon. 

Loiret. 
Société horticole dit Loiret, à Orléans. 

Fondée en 1874* P ar des pépiniéristes et des horticulteurs, elle 
compte aujourd'hui 470 membres. La cotisation, de dix francs pour 
les membres titulaires, est abaissée à cinq francs pour les dames 
patronnesses et les instituteurs. 

Le but de l'association est de maintenir et de relever le niveau de la 
culture orléanaise, afin de lutter avec plus d'avantages contre les 
établissements similaires du dehors, et aussi pour propager et 
faire aimer les plantes. A cette fin, des conférences théoriques et 
pratiques ont lieu à toutes les assemblées générales. 

La Société horticole, présidée par un pépiniériste de marque, 
seconde le professeur du département et de la ville, M. Gilton; 
ses élèves ont droit à un certificat d'aptitude, après examen. 

Expositions intéressantes et parfaitement agencées. — Conférences 
suivies par un public d'amateurs et de jardiniers. 

Visites aux pépinières, aux potagers et aux jardins d'amateurs. 

Récompenses aux travailleurs de toutes les catégories. 

Publication trimestrielle du bulletin, varié dans sa rédaction. 

Au mois de juillet 1893, la Société horticole du Loiret s'est associée 
à son aînée la Société d'horticulture d'Orléans et du Loiret, et au 
Comice agricole du Loiret, lors des fêtes agricoles de Châteauneuf- 
sur-Loire présidées par M. Viger, député de l'arrondissement et 
ministre de l'Agriculture, 



344 FRANGE 

Société d'horticulture d'Orléans et du Loiret. 

Fondée en 1839, par Delaire père, Transon aîné, Félix Porcher, 
Ghevrier, Brossard de Corbigny, Demadières - Miron, Janvier, 
reconnue d'utilité publique le 6 juin i885, la Société compte plus 
de 600 membres, dont 100 dames patronnesses. La cotisation, de 
dix francs, est réduite à cinq francs pour les instituteurs. 

Séances mensuelles. Bulletin trimestriel, toujours intéressant. 

Les nombreuses expositions générales ou spéciales qu'elle a 
préparées se font remarquer par leur bonne organisation, et la 
variété des produits annonce une localité éminemment horticole. 

Son cinquantenaire a été brillamment fêté, au printemps 1889. 

Une caisse de secours a été instituée pour les vieux jardiniers. 

La Société a délégué, aux concours régionaux, son secrétaire général, 
M. Eugène Delaire, et d'autres collègues qui ont vaillamment réclamé 
l'admission de l'horticulture dans ces grands tournois agricoles. En 
même temps, ils ont obtenu des Compagnies de chemins de fer une 
amélioration importante sur les tarifs de transport des végétaux. 

L'association a pris part à plusieurs expositions internationales, 
où ses collections de fruits lui ont valu les premières récompenses. 

Elle a reçu le Congrès pomologique de France. 

Son succès est dû principalement à l'impulsion qu'elle a reçu de 
ses honorables présidents, et au zèle de son infatigable secrétaire 
général, qui est à son poste depuis trente-cinq années. 

Loir-et-Cher. 

Société d'horticulture de Loir-et-Cher. 

Fondée en 1884, elle a rendu de signalés services. 
Cotisation, six francs. Effectif, 180 membres. Séances mensuelles. 
Récompenses aux apports par des primes ou des médailles. 
Tous les ans, la Société organise des expositions et concours dans 
divers centres. L'émulation est vive entre praticiens et amateurs. 

Loire-Inférieure . 

Société Nantaise d'horticulture, à Nantes^ 
Fondée par des amateurs et des notabilités de la ville, le 
21 mars 1828. Sa séance d'ouverture eut lieu le 7 avril suivant. La 
première fête de printemps, le 29 juin 1828, suivie d'une fête d'au- 
tomne, le 28 septembre, compte, au début de nos expositions. 

Les fondateurs s'étaient proposé d'encourager la culture et la 
mise en vente de plantes nouvelles et intéressantes, au moyen de prix 
distribués aux horticulteurs. La Société a atteint son but, comme en 
témoigne le développement du commerce horticole de la région, 



FRANGE 345 

On peut dire, sans être taxé d'exagération, que les établissements 
horticoles de Nantes doivent une bonne part de leur prospérité à 
la Société ; c'est elle qui les a fait connaître par ses expositions, 
et par les récompenses qu'elle a accordées à leurs cultures. 

Elle excite vigoureusement à la production et au commerce des 
fruits. En 1886, elle a reçu le Congrès pomologique de France. 

La Société s'occupe de l'enseignement horticole dans les écoles 
primaires. Elle a distribué et distribue encore des récompenses aux 
instituteurs et à leurs élèves. — Effectif, 65o membres. 

Les Annales sont rédigées consciencieusement ; elles savent repro- 
duire les communications intéressantes de l'extérieur. 

Cotisation, dix francs, réduite à six francs pour les jardiniers 
placés en maison bourgeoise. 

Société des horticulteurs de Nantes et des environs. 

Fondée en 1886, entre les horticulteurs de la ville de Nantes et de 
la région, dans le but de les grouper et de faire connaître, par la 
propagande, leurs produits et leurs spécialités, elle créait ensuite 
un tarif spécial, pouvant servir de base aux relations mutuelles de 
ses membres et à leurs rapports avec les propriétaires. 

Tout d'abord « Chambre syndicale des Patrons horticulteurs », elle 
est devenue « Société des Horticulteurs de Nantes», en même temps 
qu'elle ouvrait ses portes à toute personne s'occupant d'horticulture. 

Dès les premières années, elle a rendu des services commerciaux 
à ses adhérents, et organisa, au chef-lieu, des expositions qui ont 
pris de plus en plus d'importance, avec concours et marchés pour 
annexes. Déjà, 4°o syndicataires se sont fait inscrire. 

Enfin, voulant développer l'enseignement horticole et le rendre 
applicable, cette association a ouvert, deux fois par mois, des 
cours théoriques et pratiques d'horticulture et d'arboriculture, 
confiés à des professeurs compétents, dans différents établissements 
de sociétaires et au siège de la Société. — Bibliothèque ouverte. 

Cotisation, six francs, plus un droit d'entrée de deux francs. 

Loire-(Haute). 

Comice agricole et Société de viticulture, horticulture 
et apiculture de Brioude. 

Le Comice agricole fut fondé en 1814 ; en 1868, la Société d'horti- 
culture était créée, et en 1869, les deux groupes se réunissaient 
sous le titre actuel. 

Le nombre des membres s'élève à plus de 4°°» La cotisation est 
fixée à cinq francs par an. 



34^ FRANCE 

La Société reçoit du Gouvernement une subvention de 600 francs 
pour l'agriculture, et de 5oo francs pour la viticulture ; le Départe- 
ment lui alloue 600 francs. 

L'association s'applique avec succès à l'amélioration pratique des 
diverses branches de l'industrie agricole, par des concours publics, 
des visites aux cultures et des encouragements. 

Le vignoble, le potager, le verger, le rucher ont ses préférences. 

Maine-et-Loire. 

Société d'horticulture d'Angers et du département 
de Maine-et-Loire. 

Existe sous ce titre depuis i863. 

Elle constituait précédemment, depuis i838, une branche de la 
Société d'agriculture, sciences et arts, sous la dénomination de Comice 
horticole d'Angers. Son jardin vit naître, en 1849, la meilleure des 
poires actuelles : Doyenné du Comice r . 

Le nombre des membres est actuellement de 3oo, versant une coti- 
sation de dix francs ; il faut y ajouter i35 sociétés correspondantes. 

L'association est subventionnée par l'Etat, par le Conseil général 
et par la Ville. 

Tous les deux ou trois ans, elle organise une exposition où se 
donnent rendez-vous les nombreuses cultures horticoles et les 
remarquables établissements de la région. 

Aussi souvent que possible, une Commission nommée par la Société 
visite les cultures maraîchères et leur accorde des primes en argent. 

Des professeurs d'arboriculture et de viticulture donnent chacun 
vingt leçons par an, au public et aux élèves inscrits, qui subissent 
des examens à la fin de chaque année. Un Jury décerne à ces 
derniers un diplôme d'arboriculteur ou de viticulteur, s'il y a lieu. 

Bulletin semestriel, bien rédigé. 

Le Congrès pomologique de France a pu constater la valeur des 
pépinières renommées, et la grande production de fruits et de 
légumes destinés à Paris ou à l'exportation. 

Société d'horticulture de Cholet et de l'arrondissement. 

Fondée en i863. — Effectif, 100 membres. — Cotisation, dix francs, 
les amateurs ; cinq francs, les praticiens. 

En dehors des réunions des membres du bureau, la Société a 
quatre assemblées générales par an. 

Chaque année, au mois d'octobre, a lieu une exposition de fruits 
et de légumes ; cette exposition est générale et très complète ; on y 
remarque habituellement de belles collections de fruits. 



FRANCE 347 

Enfin, tous les cinq ou six ans, suivant les ressources de la 
Société, une exposition réunit arbres fruitiers, arbres verts, conifères, 
légumes, fruits et fleurs. 

Cette association rend des services à sa région. La pépinière, la 
culture maraîchère et la floriculture, à peine connues en i863, y sont 
représentées aujourd'hui par des établissements importants. 

Manche. 
Société d'horticulture d'Avranches. 

Fondée sous le nom de Cercle horticole en 1842, réorganisée le 
22 août i852, la Société d'horticulture d'Avranches a pris ce titre 
définitivement le 25 octobre 1875. 

Elle compte environ 25o membres. Le chiffre de la cotisation est 
de cinq francs pour les amateurs, et deux francs pour les praticiens. 

Des cours d'arboriculture fruitière sont donnés aux élèves, aux 
propriétaires, aux instituteurs, tous les dimanches ; des examens 
consacrent les résultats obtenus. 

La Société contribue ainsi à former de bons jardiniers et à déve- 
lopper le goût de l'horticulture. 

Elle organise des expositions, des concours, ainsi que des visites 
dans les jardins et les plantations. 

Les vergers cidricoles, les arbustes à feuillage persistant, la dian- 
thologie ont prospéré rapidement, grâce à l'impulsion de la Société. 

Société d'horticulture de Cherbourg. 

Fondée le 5 juillet 1844 par douze amis de l'horticulture, elle 
compte aujourd'hui 35o membres. La contribution est de cinq francs. 
Les instituteurs sont admis à titre gratuit. 

Séances mensuelles. — Tombola. 

La Société entretient des jardins d'expériences ; l'un est consacré 
aux plantes d'acclimatation et d'agrément, l'autre à l'arboriculture. 

Le Jardin d'acclimatation planté, en 1871, de végétaux exotiques, 
contribue à vulgariser des genres remarquables. L'hiver 1890-1891 
a cependant flagellé quelques beaux spécimens d'Aralias, de 
Camphriers, de Dracénas, de Phormiums et d'Oliviers, tandis que 
résistaient Chamérops, Araucarias, Camellias, Bambous, Rhododen- 
drons himalayens, sous la bienfaisante influence du Gulf-Stream. 

Le Jardin de la Société est consacré aux arbres fruitiers en plein 
air, aux forceries de vigne sous verre, à la production maraîchère et 
à la multiplication des plantes décoratives. 

Le professeur, M.Lévesque,y fait ses cours publics d'arboriculture 
et de taille de la Vigne, suivis avec intérêt. 



348 FRANCE 

La visite aux jardins de produit ou d'agrément n'est pas négligée 
et permet d'encourager les progrès réalisés. 

Les expositions organisées aussi fréquemment que possible stimu- 
lent et développent le goût de l'horticulture. 

La première eut lieu en juin i845, sous la Halle au Blé ; les frais 
d'installation et de récompenses s'élevèrent à 24° francs. 

En 1890, l'organisation coxitait 1,220 francs et les prix un peu 
plus. Le cinquantenaire de la Société a été célébré en juillet 1894, 
avec une grande fête florale à l'appui. 

Grâce à l'action de la Société et à l'énergie des travailleurs, des 
pépinières se sont installées sur le littoral, la culture des arbres à 
cidre s'est étendue, la production maraîchère a pris un large essor 
au point de vue commercial ; des marchés aux fleurs ont été créés, 
et le nombre des jardins, des parcs, des serres s'est accru dans une 
notable proportion. 

Riche bibliothèque. — Bulletin annuel. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Coutances. 

Fondée le i5 octobre 1867. 

Avant sa fondation, l'horticulture proprement dite était à peu près 
inconnue dans cette région; les efforts de la Société en ont peu à peu 
propagé les doctrines et répandu le goût ; aussi des établissements 
horticoles se sont fondés avec succès, et la maraîcherie, qui n'était 
représentée jusqu'alors, sur les marchés, que par des légumes 
communs, cultivés sur les côtes, est sortie de la routine. Les appro- 
visionnements en légumes et primeurs de toute nature ne laissent, 
aujourd'hui, rien à désirer. 

Le nombre des membres est de 3oo environ; la cotisation annuelle 
est de cinq francs pour les membres amateurs, et deux francs pour 
les instituteurs et les jardiniers. 

Des subventions sont accordées à la Société par l'Etat, par le 
Département, par la Ville. 

Les séances ont lieu tous les trois mois, et, pour donner plus 
d'attrait à ces réunions, on les fait suivre d'une loterie composée de 
plantes achetées aux horticulteurs locaux, et d'une distribution 
de fruits du Jardin d'expériences. 

Les visites de jardins se renouvellent chaque année, et les exposi- 
tions de produits horticoles, organisées tous les deux ans, deviennent 
l'occasion de nombreuses récompenses. 

Les pépinières de sujets pour les plantations de Pommiers à cidre 
font aussi le sujet d'excursions et d'encouragements ; ces vergers 
sont bien tenus et donnent lieu à un commerce assez important, 



FRANCE 349 

Des conférences publiques sur la culture potagère, la taille des 
arbres fruitiers et leur traitement pendant la végétation, intéressent 
la population rurale. 

Les membres reçoivent des plants de légumes ou de fleurs, 
provenant du Jardin d'expériences, indépendamment des graines 
distribuées annuellement. 

Marne. 

Société d'agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, 
à Châlons-sur- Marne. 

Établie le I er fructidor an YI (18 août 1798), par les soins de 
l'administration centrale du département, à la suite du désir exprimé 
le 3 floréal précédent, par le ministre François de Neufchâteau, ami 
de l'agriculture, cette Société savante fut reconnue d'utilité publique 
par décret du 3i août i863. Elle succédait à l'académie de Ghâlons, 
fondée en 1760, dissoute par la Convention nationale. 

Il s'agit ici d'une Société académique, à effectif limité ; mais 
l'association n'en a pas moins organisé des expositions publiques, des 
concours annuels en faveur des pépinières, vergers, potagers, 
plantations, boisements, jardins, serres et forceries du département 
de la Marne, encourageant la tenue du vignoble champenois, publiant 
des comptes rendus intéressants sur l'amélioration et l'utilisation 
des sols crétacés. 

En 1806, un décret accordait à la Société le jardin de l'Ecole 
centrale pour y faire des expériences de semis et de plantations. 

Ses premières expositions remontent à i843 et i844« 

Sous ses auspices, la flore de la Marne a été étudiée. 

Société d'horticulture et de viticulture d'Épernay. 

Fondée en octobre i8^3, avec 67 membres. 

Le premier Président élu, M. le comte Léonce de Lambertye, 
était une de nos célébrités horticoles. Le Président actuel, 
M. Gaston Ghandonde Briailles, a été nommé en 1880. Grand amateur 
d'horticulture et grand viticulteur, il est secondé par un bureau de 
connaisseurs distingués et de praticiens d'élite. 

La Société compte 2, 3oo membres payant une cotisation de six francs. 

Il y a séance tous les mois ; le bulletin est mensuel. 

A chaque réunion, la Société organise une tombola de plantes, 
d'arbres, de semences, boutures, etc. 

Deux fois par an, il est fait une distribution de graines ; la 
première, à la séance de février, pour les espèces à semer au prin- 
temps ; la seconde, au mois de mai, pour les semis d'été. 



350 FRANCE 

Des expositions spéciales sont ouvertes tous les ans pendant 
quatre années, et une grande exposition générale tous les cinq ans. 

Les services que la Société a rendus sont parlants; car, depuis 
dix ans, presque tous les ouvriers à Epernay possèdent un jardin; 
les graines leur sont offertes gratuitement. 

La Société n'a pas de professeur attitré ; mais il est fait des confé- 
rences par des spécialistes de Paris ou de la province, deux ou trois 
fois dans le cours de l'année. — Elle célèbre la Saint-Fiacre. 

Société de viticulture, d'horticulture, de sylviculture 
de l'arrondissement de Reims. 

Fondée le 20 avril 1877. — Cotisation annuelle, dix francs. 

Séances quatre ou cinq fois par mois, ayant lieu successivement à 
Reims, à Ay, à Hermonville, à Verzy et à Gueux, de sorte que 
chacune des sections a une réunion mensuelle. 

L'enseignement horticole, à la fois théorique et pratique, donné par 
un professeur expérimenté, M. Joseph Dubarle, élève de Versailles, 
a fait des adeptes et porte ses fruits ; la routine tend à disparaître. 

Pour développer cet enseignement, des concours ont été établis 
entre les instituteurs de l'arrondissement. 

Le Jardin-Ecole, admirablement organisé et entretenu par le 
jardinier-professeur, est l'objet de fréquentes promenades. 

Les arbres fruitiers, la Vigne, la Dendrologie sont parfaitement 
distribués et visités par un public amateur. 

Les expositions libres ou associées au Comice agricole obtiennent 
un véritable succès auprès de la population. 

Viticulture et entomologie ont, au sein de la Société, de savants 
apôtres et vulgarisateurs. — Effectif, environ 1,000 membres. 

Marne-(Haute). 

Société horticole, viticole et forestière de la Haute -Marne, 

à Chaumont. 

Fondée le i3 avril 1881 ; en 1892, elle a pris le titre de : « Société 
horticole, viticole et forestière de la Haute-Marne », succédant à 
la « Société d'horticulture », fondée en i858, devenue la « Société 
industrielle, agricole et horticole de la Haute-Marne», en 1864. 

Au début, elle comptait à peine une centaine de membres ; 
aujourd'hui, elle en possède plus de 600. — Cotisation, six francs. 

Son bulletin est devenu mensuel. 

Elle est divisée en quatre sections : Chaumont, Langres, Vassy, 
Saint-Dizier, dotées d'un bureau spécial. 

La Société s'occupe de tout ce qui a trait à l'horticulture, à la 
viticulture, à la sylviculture. En général, elle ouvre chaque année 



FRANCE 35 1 

son exposition dans une des villes du département, à tour de rôle ; 
ces fêtes sont, tous les deux ans, générales, intercalées avec une 
exposition spéciale. De nombreux concurrents y prennent part. 

Son jardin d'essais est annexé au potager de l'asile de Saint-Dizier. 

Par ses concours publics, ses visites de jardins, ses cultures d'expé- 
riences et par la distribution de plantes nouvelles, le goût de 
l'horticulture s'est développé et perfectionné. 

Association Haut-Marnaise d'horticulture, de viticulture 
et de sylviculture, à Langres. 

Fondée en i8o,3, elle compte plus de /Joo membres ; la cotisation 
est de cinq francs. — Les séances sont mensuelles. 

Elle a l'intention d'organiser des expositions et des conférences 
dans les chef-lieux de canton de l'arrondissement de Langres. 

Déjà, elle a décidé l'admission gratuite des instituteurs qui 
auront créé un jardin pour l'instruction de leurs élèves, et bientôt 
elle les fera concourir. 

Ses Annales seront publiées aussi souvent que le Conseil 
d'Administration le décidera, suivant les ressources budgétaires. 

Meurthe-et-Moselle . 
Société centrale d'horticulture de Nancy. 

Fondée le 5 janvier 1877. 

Séances mensuelles avec apports et conférences. — Bulletin de 
3a pages, paraissant tous les deux mois. — Visites aux cultures. 

Effectif, 45o membres, dont 75 dames patronnesses. 

Cotisation, dix francs. Les jardiniers en place paient cinq francs. 

La Société organise de fréquentes expositions, toujours réussies, 
par suite du concours d'établissements commerciaux nombreux et 
importants. Les floralies nancéiennes jouissent d'une haute 
réputation. Des plantes inédites, obtenues à Nancy, y sont souvent 
consacrées par un jury d'élite. 

Le professeur de la Société, M. Picoré, donne deux leçons par 
mois sur l'arboriculture et la viticulture, chacune étant suivie 
d'une démonstration pratique dans un jardin. Le cours se fait 
alternativement à Nancy et dans un chef-lieu de canton; l'arron- 
dissement choisi est renouvelé l'année suivante. 

Les instituteurs reçoivent des encouragements. 

La Société a organisé une exposition horticole géographique ; elle 
a provoqué la réunion du Congrès de Berne sur la question 
phylloxérique, et reçu le Congrès pomologique de France. 

Ajoutons qu'elle est dirigée par des hommes d'une haute valeur et 
d'une renommée justifiée en France et à l'étranger. 



352 FRANCE 

Meuse. 

Société d'horticulture, d'arboriculture, de viticulture 
et de sylviculture de la Meuse, à Verdun. 

Fondée en juin 1888. 

Cotisation, six francs. — Effectif, 25o membres. 

Encouragements pour la meilleure tenue des cultures et des jardins, 
et pour la présentation de produits : fruits, fleurs, légumes. 

Primes pour le hannetonnage et l'échenillage. 

Expositions publiques en 1890 et 1892. 

Conférences et publications trimestrielles traitant, au point de vue 
théorique ou pratique, de questions de jardinage, de vergers, de 
vignobles, de forêts. 

Expériences sur des champs d'essais en diverses situations. 

Distribution gratuite de graines. 

Morbihan. 
Société d'horticulture de l'arrondissement de Lorient. 

Fondée en 1866, la Société compte 25o membres. 

Le taux de la cotisation est établi à cinq francs. 

Les réunions sont mensuelles et se terminent par une loterie 
à o fr. 25 le billet, ce qui permet de consacrer une certaine somme 
à l'achat de lots de plantes, de fruits et de légumes. 

Ses expositions, vastes et bien organisées, ont fait pénétrer le goût 
de l'horticulture dans toutes les classes de la société, et contribué 
au développement de la culture des fleurs, des fruits et des légumes 
pour la consommation locale ou l'exportation. 

Nord. 
Société d'horticulture d'Armentières. 

Fondée le I er février 1877, la Société se compose de i5o membres 
titulaires, honoraires et dames patronnesses, payant une cotisation 
minimum de six francs. 

Son but est de concourir au progrès de l'horticulture en général et 
d'en propager le goût; elle y parvient par ses assemblées mensuelles, 
ses conférences, ses expositions spéciales ou générales, son bulletin 
trimestriel, sa belle et intéressante bibliothèque mise à la disposition 
de tous les sociétaires, par les visites aux cultures, aux serres, 
aux jardins, etc. 

Installée dans une région agricole et industrielle, elle contribue à 
faire aimer et développer le jardinage, l'arboriculture, la floriculture. 

M. Eugène Bongard, professeur à l'Institut de Ronchin, s'est mis 
à la disposition de la Société pour les conférences publiques* 



FRANGE 353 

Société d'horticulture de Douai. 

Fondée en 1886, à l'occasion d'une scission qui s'est produite dans 
la Société régionale d'horticulture du Nord de la France. 

Effectif, 3oo membres environ. — Budget, 2,5oo francs. 

Pour favoriser et développer le goût de l'Horticulture, la Société 
organise des expositions et des conférences ; elle visite les jardins et 
distribue des récompenses, même aux fournisseurs des marchés. 

Les séances se terminent par une loterie de produits horticoles, et 
sont suivies d'un bulletin mensuel. 

Sa bibliothèque prête les publications aux sociétaires. 

Douai compte une dizaine de jardiniers fleuristes et quelques 
pépiniéristes. Les amateurs garnissent leurs appartements de 
plantes ornementales ; de beaux jardins occupent le tour de ville. 

La culture maraîchère de l'arrondissement prend de l'extension ; 
les légumes sont vendus à l'intérieur et à l'extérieur. 

L'action de la Société est donc secondée par des auxiliaires 
dévoués, praticiens, instituteurs et propriétaires, de chaque canton. 

Union horticole de Hautbourdin. 

Fondée le 5 mars 1889, l'Union compte 110 sociétaires. 
Les membres actifs paient cinq francs par an, les membres 
honoraires, six francs. 

Séances mensuelles de la Société et de la Commission. 

Les apports aux séances sont récompensés. 

Déjà quatre expositions, et de fréquentes conférences. 

Cercle horticole du Nord, à Lille. 

Fondé à Lille, le 26 juillet 1868. 

Continuant pour ainsi dire les traditions de la Société d'horticulture 
du Nord créée en 1828, et laissée en sommeil, le Cercle, fondé quarante 
ans après, et modifiant ses statuts en 1880 et en 1889, a pris pour 
devise « Travail et progrès ». Il comprend des membres honoraires 
ou titulaires et des dames patronnesses ; au total, 5/}o. 

L'élément praticien domine dans son effectif. 

La cotisation, fixée à huit francs, est exigible à partir du I er août. 

Des comités de culture florale, fruitière ou potagère, et d'arts ou 
industries, apprécient les apports aux séances mensuelles et en font 
valoir le mérite. 

Tombola aux séances, en faveur des membres présents. 

Visites aux cultures de profit ou d'agrément et comptes rendus 
intéressants, suivis d'une distribution de récompenses. 

Conférences publiques et pratiques. *— Bulletin, chaque mois» 

23 



354 FRANCE 

Importantes expositions au Palais-Rameau, monument dû à la 
générosité de M. Rameau, l'un des fondateurs de la Société de 
1828, avec les Grolez, les Lcmonier, les Lestiboudois, les Miellez... 

Société régionale d'horticulture du Nord de la France, à Lille. 

Fondée à Lille, le 25 octobre 1880, par Adolphe et Séraphin Van 
den Heede, Jules Grolez, Alphonse Rogé, Ryckewaert-Déjardin. 

Effectif, 2,^5o membres. — Les 400 premiers inscrits sont déclarés 
fondateurs et leurs noms gravés sur une pierre de marbre. 

La devise de la Société est empruntée aux statuts : « Amener dans 
la région du Nord de la France tous les progrès de l'horticulture 
moderne et en favoriser le développement par toutes les voies 
possibles. 

« Améliorer la position des serviteurs horticoles par la mutualité, 
renseignement et l'encouragement. » 

Il y a, en effet, une section de secours mutuels avec caisse de 
retraite pour les vieillards, les veuves et les orphelins du jardinage; 
la réserve financière est arrivée au chiffre de 10,000 francs. 

La Société a déjà tenu près de 200 assemblées générales, davantage 
de séances de conseil et organisé i5o conférences, dues à 60 personnes 
dévouées. 

Apports et loterie de plantes à chaque séance mensuelle. 

Expositions au Palais-Rameau, toujours belles et suivies. 

Concours et visites aux jardins, vergers, potagers, forceries, parcs 
et serres, aux collections, aux pépinières. Des catégories sont basées 
sur l'étendue des cultures, intra ou extra muros. 

Distribution gratuite de boutures offertes aux ouvriers non 
jardiniers, avec instructions sur les soins à leur donner, à la condi- 
tion qu'ils rapportent les plantes toutes venues, toutes fleuries, à 
une exposition publique et spéciale ; primes offertes aux propriétaires 
des balcons, fenêtres, terrasses, vestibules, etc., les mieux ornés de 
plantes et de fleurs. 

Journal mensuel rédigé avec soin, toujours instructif. 

Bibliothèque richement composée. 

La cotisation est : huit francs pour les membres actifs ; cinq francs 
pour les membres associés ; minimum de cinq francs pour les dames 
patronnesses, huit francs pour les membres protecteurs. 

Cercle horticole de Roubaix. 

Fondé le I er décembre 1878. — Effectif, 2y5 sociétaires. 
Subventions du gouvernement, du département et de la ville de 
Roubaix. Le total des subventions s'élève à la somme de i,3oo francs. 



FRANCE 355 

La cotisation est de six francs pour les membres titulaires, et vingt 
francs pour les membres honoraires. — Bulletin mensuel. 

L'action du Cercle s'étend à toutes les cultures de plein air ou de 
primeurs. En reculant ses limites, la cité a provoqué l'établissement 
d'exploitations commerciales, fleuristes, maraîchères, fruitières et 
surtout de vineries, sous verre. 

Des conférences, confiées à des professeurs émérites, français ou 
étrangers, éclairent les praticiens peu instruits ou routiniers. 

Le Cercle a répandu le goût de la bonne culture, par des 
expositions, un grand marché aux fleurs, des concours mensuels aux 
séances et des visites de jardins. — Il célèbre la Saint-Fiacre. 

Cette association n'oublie pas les vieux serviteurs horticoles, ni 
ceux de ses membres qui se trouvent sans ouvrage. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Valenciennes 
et des arrondissements limitrophes. 

Fondée en mai 1876, la Société compte plus de 800 membres ; la 
cotisation est de six francs. — Son titre actuel lui a été octroyé par 
un arrêté préfectoral du i5 juin 1894. 

Chaque année, des conférenciers développent un sujet intéressant. 

Des cours pratiques d'arboriculture sont professés, dans tous les 
cantons de l'arrondissement, par M. Léon Saint-Léger, diplômé de 
l'École de Versailles, directeur du Jardin botanique de Lille. 

Des leçons données au jardin-école de la Société intéressent 
vivement la population praticienne ou bourgeoise. 

Bulletin trimestriel. — Séances mensuelles du Conseil. 

Par ses expositions remarquables et son enseignement bien 
compris, la Société de Valenciennes a acquis dans le nord de la 
France une grande notoriété. 

Elle a obtenu un prix à l'Exposition universelle de 1889. 

Oise. 

Société d'horticulture, de botanique et d'apiculture 

de Beauvais. 

Fondée depuis 1864, reconnue établissement d'utilité publique par 
décret du 19 mars 1881. 

Cotisation, dix francs. — Effectif, 1,200 membres. 

Les séances sont mensuelles. 

Un bulletin est publié chaque mois ; il contient les procès-verbaux 
des séances, le budget annuel avec l'avis de la commission des 
finances, les rapports des jurés aux expositions, divers documents 
d'horticulture, de botanique, d'apiculture, etc. 



356 FRANCE 

La Société organise des expositions à Beanvais et subventionne, 
s'il y a lieu, ses sections pour leurs expositions cantonales. 

Chaque année, les jardins des ouvriers de la ville de Beauvais 
sont visités par une commission, et aussi ceux des instituteurs. Des 
récompenses sont décernées aux plus méritants. 

Aux apports des sociétaires sont attribuées des médailles d'or, 
de vermeil, d'argent ou de bronze, ou bien des primes en espèces. 

Le professeur, M. Alexandre Delaville aîné, distingué dans son art, 
fait un cours régulier au jardin d'expériences et à l'Hôtel de Ville 
de Beauvais, depuis l'année 1866. Le samedi, il se tient à la disposition 
des sociétaires, au Jardin-Ecole. 

Pendant huit mois de l'année, des leçons d'horticulture ont lieu 
dans les seize sections cantonales où sont admis gratuitement les 
instituteurs et leurs élèves. 

La visite aux vergers cidricoles est inscrite au programme du 
professeur, ainsi que la répartition des greffes d'arbres fruitiers. 

Un résumé des leçons est distribué aux nouveaux membres. 

Les jeunes jardiniers, qui suivent assidûment les leçons d'horti- 
culture, subissent un examen, et il leur est décerné, suivant leur 
aptitude, divers ouvrages d'horticulture ou des diplômes de capacité. 

Quelques donations fondamentales permettent de récompenser 
des praticiens dévoués à l'horticulture et à la Société. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Clermont. 

Fondée en i865. 

La cotisation est de dix francs. — Effectif, 400 membres. 

Les séances et le bulletin sont mensuels. 

La municipalité loue à la Société, pour son jardin d'expériences, 
un terrain dépendant de l'école communale. 

M. Bazin, jardinier-professeur, fait au jardin des cours pratiques 
d'horticulture et se rend aussi dans les divers cantons où sa parole 
facile, étayée sur sa longue expérience, est toujours écoutée. 

Des expositions sont organisées dans les villes de l'arrondissement. 

L'influence de la Société, grâce notamment à son professeur actuel, 
se fait sentir d'une façon remarquable dans toutes les branches de 
l'horticulture. Les expositions universelles de 1878 et 1889 en sont 
la preuve. — Elle célèbre la Saint-Fiacre. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Compiègne. 

Fondée en 1866. 

L'année suivante, des sections cantonales ont été annexées à la 
section centrale ; elles sont au nombre de onze. 



FRANGE 357 

Depuis cette époque, la Société n'a cessé de prospérer : elle possède 
un jardin modèle et répand l'enseignement horticole dans tout 
l'arrondissement, au moyen de conférences mensuelles, d'expositions, 
de récompenses aux travailleurs, aux instituteurs et aux élèves qui 
suivent ses cours. 

Le Jardin d'études est ouvert à tous les sociétaires, le samedi. 

Le professeur se transporte chez les membres de la Société qui lui 
demandent des conseils. 

C'est ainsi que depuis longtemps déjà, à Gompiègne, ont été 
enseignés les bons principes d'arboriculture, de floriculture et de 
maraîcherie. 

Après MM. Georges Bellair et Désiré Layé, le titulaire actuel est 
M. Eugène Courtois, élève de Versailles, comme ses prédécesseurs. 

Par son Verger-école, la Société propage les espèces cidricoles 
recommandables. 

Séances mensuelles, résumées dans un bulletin imprimé. 

Le prix de la cotisation est de dix francs par an, cinq francs pour 
les instituteurs et les jardiniers. Le nombre des membres s'élève à 
800, répartis en douze sections. Le professeur d'horticulture organise, 
tous les mois, une conférence dans chacune d'elles. 

Société d'horticulture et d'apiculture de l'arrondissement 

de Senlis. 

Fondée en septembre 1866 ; après des fortunes diverses et malgré 
l'épreuve de 1870, elle se maintient avec 400 membres. 

Séances et bulletins mensuels. — Cotisation, dix francs. 

Son action s'étend sur six cantons, dans chacun desquels elle a 
fondé une section. Toutes ont leur bureau, leurs séances chaque mois, 
leurs apports de produits, etc. 

Le professeur actuel de la Société, M. Lozet, se rend aux séances 
de chaque section pour y donner des leçons orales et pratiques. 

Une exposition générale est organisée tous les deux ans, alternant 
avec des concours trimestriels, entre sociétaires. 

Les instituteurs publics de l'arrondissement sont admis à titre 
gracieux, avec tous les privilèges des membres payants. 

Visite des cultures et récompenses aux plus intéressantes. 

Le jardin d'expériences possède : 

i° Une école d'arbres fruitiers à cidre, dont les greffes sont 
délivrées gratuitement aux sociétaires ; 

2 Une collection de Poiriers à maturité tardive ; 

3° Des cultures comparatives de Légumes au fumier de ferme et 
aux engrais chimiques. 



358 FRANCE 

Enfin, pour couronner l'enseignement, la Société ouvre un 
concours annuel où les garçons jardiniers peuvent obtenir un 
diplôme constatant leur degré d'instruction théorique et pratique. 

Orne. 
Société d'horticulture de l'Orne, à Alencon. 

Fondée le 27 juin 1847, e ^ e a ' depuis cette époque, tenu chaque 
année une exposition publique ou un concours sur place. 

Les concours de visites aux jardins sont divisés en trois séries : 

i° Culture maraîchère ; 

2 Culture horticole proprement dite (plantes de serre ou de pleine 
terre, arbres et arbustes d'ornement) ; 

3° Arboriculture fruitière, comprenant la culture des pépinières 
d'arbres fruitiers et la taille des arbres. 

Par suite du roulement, chaque série a son concours triennal. 

En somme, la Société cherche à développer le goût des diverses 
branches de culture dans le département, et contribue à l'améliora- 
tion des vergers d'arbres à cidre. 

Séances mensuelles. — Bulletin, deux fois par an. 

Les jardiniers paient une contribution de sept francs par an ; les 
amateurs, dix francs; les dames, cinq francs. — Effectif, 200 membres. 

Pas-de-Calais. 

Société Artésienne d'horticulture, à Arras. 

Fondée en 1893. 

La cotisation est de huit francs pour les membres titulaires, et 
cinq francs pour les membres associés. 

D'origine récente, la Société qui compte 120 membres, a déjà 
organisé une exposition parfaitement réussie ; elle se propose de 
renouveler pareille fête tous les ans et d'instituer des visites dans 
les jardins. 

L'ouverture d'un cours d'enseignement horticole et la création d'un 
jardin d'expériences et de démonstration sont en projet. 

Puy-de-Dôme. 

Société d'horticulture et de viticulture du Puy-de-Dôme, 
à Clermont-Ferrand. 

Fondée en juillet 1882, elle compte aujourd'hui 36o adhérents. 

Cotisation, dix francs pour les titulaires et les dames ; cinq francs 
pour les correspondants; deux francs cinquante pour les instituteurs. 

Les séances mensuelles sont l'occasion de conférences confiées à 
des hommes de bonne volonté, ou à M. Layé, élève de Versailles, 



FRANCE 359 

Au moyen d'expositions et de visites, la Société encourage la 
culture des vergers, des parterres, la tenue et le greffage du vignoble, 
les ruchers d'abeilles et l'enseignement agricole par les instituteurs. 

Des concours ont lieu chaque année sur ces objets divers, et de 
temps à autre, une exposition est offerte au public. 

Quatre bulletins paraissent dans l'année. 

Rhône. 
Association horticole lyonnaise, 

Fondée en août 1872, par le fait d'une scission survenue au sein de 
la Société d'horticulture pratique du Rhône. 

Reconnue d'utilité publique le 22 mai 1894. 

1,100 membres titulaires. 

Les réunions sont mensuelles. Les plantes apportées sur le bureau 
sont payées et récompensées, s'il y a lieu. Les questions techniques, 
traitées en séance, et les discussions qui en résultent tournent au 
profit de l'instruction horticole. 

En dehors de brillantes expositions, dont quelques-unes lui ont 
coûté plus de 20,000 francs, elle institue des concours spéciaux à 
domicile et encourage les essais sur les engrais. 

Des diplômes sont délivrés aux jardiniers qui ont fait preuve 
d'aptitude suffisante dans leur art. 

Les jardiniers, depuis longtemps employés dans la même maison, 
sont compris dans la distribution des récompenses. 

Le journal mensuel Lyon-Horticole, publié par M. Yiviand-Morel, 
rend compte des travaux de l'Association. 

Société d'horticulture pratique du Rhône, à Lyon. 

En 1837, la Société d'agriculture, sciences et industries de Lyon, 
organisait une exposition au Jardin des Plantes de cette ville ; cinq 
années plus tard, la même tentative fut renouvelée avec un succès 
semblable. C'est alors que germa le projet de fonder une Société 
d'horticulture ; Charles-Fortuné Willermoz en eut l'initiative. 

Après quelques réunions préparatoires, l'association fut constituée 
le i3 janvier suivant ; 47 membres étaient inscrits. 

La Société débuta par une exposition au mois de septembre. 

Le président fondateur fut M. Menoux, conseiller à la Cour; 
M. Réveil, maire de Lyon, puis vice-président du Corps Législatif, 
lui succéda en i856. 

Le 21 septembre de cette même année vit naître le premier congrès 
national pomologique. Troyes et Bordeaux furent les points les plus 



360 FRANCE 

éloignés qui fournirent des délégués. L'aréopage pomologique trouve 
toujours à Lyon bienveillance et sympathie (v. p. 3ao). 

Quelques mois auparavant, la Société avait prélevé sur sa caisse 
une somme de 1,400 francs en faveur des inondés de la Guillotière. 

La cotisation, primitivement de vingt francs, est réduite à dix francs, 
depuis l'année 1887. — Personnel, 38o sociétaires. 

Le voisinage des établissements scientifiques et du Fleuriste 
municipal ont aidé à l'organisation de la Société. 

Les séances se tiennent tous les mois ; les apports méritants 
sont récompensés, et des conférences intéressantes sont développées. 

Chaque mois, un bulletin signale et traite des sujets nouveaux ou 
peu connus. 

Les expositions publiques qu'elle organise rencontrent une 
grande faveur dans la population. En célébrant ses noces d'or, la 
Société constate qu'elle a ouvert cinquante-quatre expositions, en 
dehors de ses concours particuliers. 

Les pépinières, les fruits, les légumes, les plantes de serre ou de 
pleine terre, les Roses, les Œillets, les Dahlias, les Cannas donnent 
toujours un vigoureux éclat aux exhibitions lyonnaises. 

Société horticole et viticole de Tarare. 

Fondée en i8o,3 par la fusion de la Société d'horticulture et de 
viticulture de Tarare, créée en 1868, et de la Société d'horticulture 
et de viticulture de Tarare, plus jeune de dix ans. 

Ces deux Sociétés contribuèrent grandement au progrès par leurs 
publications, les expériences faites dans leurs jardins, par des 
conférences qu'elles organisèrent, et des expositions, des visites 
aux cultures de légumes, de fleurs, de fruits, etc. 

Quand survint le phylloxéra, elles luttèrent pour combattre ce 
fléau, en organisant des leçons de greffage qui n'ont pas été 
étrangères aux résultats obtenus. 

Cotisation, cinq francs. — Effectif, 23o membres. 

Société d'horticulture de Villefranche. 

Fondée en i858. 

Subventionnée par l'Etat, le département et la ville de Villefranche. 

Le but de la Société est l'amélioration des pratiques connues, la 
vulgarisation de nouveaux procédés horticoles ou viticoles et l'en- 
couragement des ouvriers de ces deux branches de l'agriculture. 

Elle organise, chaque année, soit une exposition générale, soit des 
expositions partielles ou des concours de cultures, et récompense les 
anciens serviteurs, 



FRANCE 36 1 

Les sacrifices imposés sont amplement justifiés par les beaux 
résultats obtenus. 
Les conférences pratiques ou démonstratives sont bien suivies. 
La cotisation est de dix francs. — L'effectif compte 80 sociétaires. 

Rhin-(Haut). 
Société d'agriculture et d'horticulture du territoire 
de Belfort. 

La Société de Belfort succède à la Société d'agriculture et d'horti- 
culture du Haut-Rhin qui avait, dès 1840, son siège à Golmar. Les 
statuts sont restés à peu près les mêmes. 

Cotisation, cinq francs. — Effectif, 5oo membres. 

Son fonctionnement a été interrompu pendant quelques années, 
après la guerre de 1870 ; et vers 1878 fut rétablie, en France, cette 
association qui a rendu tant de services à notre fertile Alsace. 

Suivant les traditions des Sociétés de Golmar et de Mulhouse, elle 
continue la tâche de favoriser le progrès agricole et horticole. 

Sous son influence, la culture du Chou à choucroute a pris une 
grande extension ; elle a fourni un des produits les plus rémunéra- 
teurs dans toutes les exploitations de ce coin de terre alsacienne 
resté français. 

Amélioration de la composition des vergers et des potagers. 

Saône-et-Loire. 
Société autunoise d'horticulture, à Autun. 

Fondée en i858 par un groupe d'amateurs, à la suite du cours 
d'arboriculture professé par Alphonse Du Breuil. 

La première réunion eut lieu le 12 décembre, à l'hôtel de ville. Le 
marquis de Saint-Innocent fut élu président ; Éd. Dolivot, secrétaire. 

L'existence légale de la Société date du i3 avril 1859, avec 
209 membres ; la première exposition eut lieu du I er au 4 septembre 
de la môme année, dans les jardins de la sous-préfecture. 

La fête publique se renouvela tous les ans au même endroit, ou 
au collège, ou dans les allées du Petit-Séminaire renommé pour les 
beaux arbres fruitiers de son enclos. 

Depuis les événements de 1870 les expositions devinrent triennales. 

Après une vie indépendante, la Société d'horticulture s'est associée, 
depuis 1890, à la Société d'agriculture et au Syndicat agricole pour 
la rédaction d'une publication collective. 

La Société autunoise est toujours restée fidèle à son programme : 
« l'amélioration de la culture des jardins maraîchers, des pépinières, 
des arbres fruitiers, des plantes d'ornement, » 



36a FRANGE 



Société d'horticulture et d'apiculture de Saône-et-Loire, 
à Chalon-sur-Saône. 

Depuis 1844, l'horticulture formait une section de la Société 
générale d'agriculture et d'horticulture de Chalon-sur-Saône. 
Apres trente années de vie commune, les horticulteurs se groupèrent 
séparément. 

La Société prit le titre de « Société d'horticulture de Chalon-sur- 
Saône », et, le 5 mai 1876, l'autorité préfectorale approuva les statuts 
qui ont subi des modifications, en 1878 et i883. Enfin, le 25 mars 
1892, l'apiculture fut ajoutée au mécanisme social. 

La cotisation est fixée à six francs; on compte i5o membres. 

Des leçons pratiques sont données à l'école communale, et un 
concours est ouvert entre les instituteurs de l'arrondissement. 

Un bulletin trimestriel fut créé à l'origine; depuis i883, il est 
mensuel. 

Tous les deux ou trois ans, a lieu une exposition ; huit ont été 
organisées jusqu'à présent. 

Les séances se tiennent chaque mois. — L'Association possède 
une bibliothèque à laquelle les sociétaires peuvent, le dimanche, 
emprunter les documents qui les intéressent. 

La Société est appelée à visiter les établissements horticoles ou 
apicoles, et à récompenser les plus méritants. 

L'effectif comprend 4 00 membres titulaires et 3o dames patron- 
nesses, versant une contribution annuelle de six francs. 



Société d'horticulture de Mâcon. 

Fondée en février 1846. 

Cotisation, six francs. — Effectif, 200 membres. 

Après une période brillante, pendant ses vingt premières années, 
la Société a subi des crises intérieures qui ont failli compromettre 
son existence ; cependant, elle a compris qu'une association horticole 
peut vivre au milieu de comices et de syndicats ruraux. 

Son action s'exerce par des réunions mensuelles, dont rend compte 
un bulletin, à chaque trimestre, par des expositions publiques, 
par des visites de jardins et des récompenses attribuées aux apports 
en séance. Elle encourage la création et l'entretien des pépinières, 
des potagers, des vergers et des jardins fleuristes. 

La Société prête son concours aux fêtes de charité et aux expo- 
sitions agricoles de la localité, 



FRANCE 363 

Savoie. 
Société horto-agricole de Chambéry. 

Fondée en 1857, pour « réunir les personnes de toutes conditions 
qui s'occupent de la culture des fleurs, des fruits et des légumes, afin 
de solidariser leurs efforts, d'améliorer et perfectionner les procédés 
de culture, de signaler et de récompenser ceux de ses membres qui, 
par leurs travaux, se sont fait remarquer. 

« La Société a encore pour but de réunir les ressources nécessaires 
pour venir en aide aux personnes qui en feront partie, lorsque la 
maladie les contraindra à abandonner momentanément leur travail. » 

Les membres actifs, au nombre de i5o, résident dans un rayon de 
3 kilomètres autour de Chambéry, payant une cotisation annuelle de 
douze francs, et ils sont seuls admis à la mutualité des secours. 

Les membres honoraires, au nombre de 200, versent six francs et 
n'ont pas droit aux mêmes avantages. 

Une délégation, portant une couronne, assiste aux funérailles des 
sociétaires. 

Les expositions générales des produits agricoles, horticoles et 
apicoles se tiennent dans la première quinzaine de septembre. 

Un concours de greffage de la vigne est fixé pour 1894. « Chaque 
concurrent devra planter ses sujets greffés, dans un rayon ne 
dépassant pas 3 kilomètres de la limite de l'octroi de Chambéry. » 

Seine. 

Société nationale d'horticulture de France. 

Fondée le 11 juin 1827, à Paris. (Voir page 3 18.) 

Société d'horticulture de Boulogne-sur-Seine. 

Fondée en 1890, elle compte 200 membres. 

La cotisation est de huit francs. Les séances ont lieu cinq fois par 
an; les membres, qui y assistent, reçoivent un jeton de présence. 

Des causeries faites en séance, des cours et des conférences 
propagent les connaissances horticoles. 

La Société encourage les producteurs en leur décernant des récom- 
penses aux expositions et à la suite de visites aux cultures. 

Des primes sont attribuées aux produits méritants apportés aux 
séances. 

Société d'horticulture pratique de Montreuil-sous-Bois. 

Fondée le 28 décembre 1878. 

Après être restée stationnaire, la Société prend un nouvel essor 
et son effectif dépasse 3oo membres. — Cotisation, six francs. 



364 FRANCE 

Elle étudie tout ce qui concerne l'horticulture, ses améliorations, 
ses progrès ; elle propage l'instruction horticole et les notions profes- 
sionnelles par des cours publics et des conférences populaires. 

Les séances sont mensuelles ; le bulletin est trimestriel. 

La bibliothèque est appelée à intéresser la population laborieuse 
de cette région, si riche en productions fruitières, maraîchères et 
florales. Ses espaliers de Pêchers sont restés célèbres. 

Depuis sa fondation, la Société a organisé différentes expositions 
nationales qui ont eu de légitimes succès ; elle a pris part aux grandes 
Fêtes universelles de Paris, d'Anvers, de Saint-Pétersbourg. 

Elle doit aux personnes honorables qui la dirigent, et à ses 
laborieux praticiens, une partie de sa notoriété. 

Société départementale d'horticulture de la Seine, 
à Saint-Maur des-Fossés . 

Fondée le 3o janvier 1890; autorisée le 25 avril suivant. 

La cotisation des membres titulaires est fixée à six francs ; les 
membres du conseil d'administration, les dames patronnesses et les 
membres protecteurs paient dix francs. 

L'effectif comprend 320 membres. 

Les séances doivent se tenir au moins dix fois dans l'année ; le 
conseil se réunit chaque mois. Récompenses aux apports. 

D'après l'article 2 des statuts, « la Société étend son action sur tout 
le département de la Seine et principalement sur la région de Saint- 
Maur-des-Fossés. » Elle y a d'abord rétabli la Saint-Fiacre, réunion 
confraternelle des jardiniers. 

Conférences et cours publics sur la culture et les engrais. 

Bulletin. — Distribution de graines de fleurs et de légumes. 

De belles expositions ont eu lieu en septembre 1891 et 1894. 

Société régionale d'horticulture de Saint-Maur-des-Fossés, 
Champigny, Join ville et Gréteil. 

Fondée en avril 1880, par des jardiniers réunis au théâtre d' Adam- 
ville, sous le titre de « Société d'horticulture de Saint-Maur-des- 
Fossés. » Le siège de l'association est resté dans cette commune, bien 
que l'action de la Société se soit étendue en dehors. 

Cotisation, huit francs. — Bulletin annuaire. 

Plus de 25o membres se sont fait inscrire pendant les quatre 
premières années. 

Expositions réussies dans les principales communes de la 
région. — Visites aux cultures. 

Cinq. séances par an"; les apports sont primés, 



FRANGE 365 

Société d'horticulture de Neuilly-sur-Seine. 

Fondée en 1881, par Vavin, amateur, et Saison-Lierval, praticien. 

Cotisation, douze francs. — Effectif, 120 membres. 

Séances mensuelles. Les membres reçoivent un jeton de présence. 
Les ouvriers et garçons jardiniers en touchent deux. La valeur 
du jeton peut entrer dans le paiement de la cotisation. 

Subventions de la Ville, du Conseil général, du Ministère. 

Expositions bisannuelles, toujours réussies. 

Chaque année, au 3o août, concours de fleurs coupées, couronnes, 
corbeilles de tables, parures en fleurs, entre les jardiniers et leurs 
employés. 

Des conférences ont lieu à diverses époques de l'année. . 

La Société est en instance auprès de la municipalité pour obtenir 
un terrain qui serait converti en jardin d'expériences. 

L'Union horticole de Nogent-sur -Marne. 

Fondée en 1869, cette Association compte environ 25o membres. 

L'Union a pris part à l'Exposition universelle de Paris, 1889. 

Apports de fleurs, de fruits et de légumes aux réunions mensuelles. 

Cours faits par des professeurs des environs, traitant de l'arbo- 
riculture et de l'emploi des engrais chimiques, de la taille de la Vigne, 
de la production maraîchère. 

Distribution de récompenses à la suite d'expositions publiques, 
de visites et de concours sur place. 

Société d horticulture de Villemomble. 

Fondée en 1874, la Société reçoit une subvention du Ministère et 
compte 200 membres environ. 

Son but est de grouper les nombreux jardiniers et amateurs 
de Villemomble et des environs, dont le goût pour le jardinage 
se manifeste d'une façon si évidente ; soit dans les grandes propriétés 
bourgeoises, soit dans les jardinets d'ouvriers ou de bureaucrates 
en villégiature. 

Elle organise des expositions, des visites aux jardins, suivies de 
distributions de prix. 

Des cours d'arboriculture fruitière et de floriculture, professés sous 
sa direction, enseignent, à tous, les meilleurs principes. 

Des récompenses annuelles sont attribuées, après examen, aux 
garçons jardiniers qui les suivent. 

En 1878, la Société a présenté à l'Exposition universelle un lot 
collectif qui a été récompensé. 



366 FRANCE 

Société régionale d'horticulture de Vincennes. 

Fondée en 1880; son premier bulletin a paru en 1884. 

Séances mensuelles. — Bulletin trimestriel. — Cotisation, six francs. 

La Société compte environ 4°° membres honoraires, titulaires et 
dames patronnesses. Largement encouragée par les subventions de 
l'État, du Conseil général et des municipalités de son rayon d'action, 
elle est en mesure d'ouvrir de fréquentes expositions. 

Depuis 1884, dix fêtes de ce genre ont été organisées, par ses soins, 
dans les principales localités de son ressort, notamment à Vincennes, 
Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois, Saint-Mandé, Rosny-sous- 
Bois, etc. Toutes ont été relativement brillantes, et leur succès a 
contribué à l'expansion rapide, dans la région, de tous les progrès 
horticoles les plus récemment réalisés. 

De nombreux apports sont faits à chacune des réunions, et les 
produits méritants sont toujours primés, suivant leur valeur. 

Un cours d'arboriculture, très suivi aux séances, est confié à 
M. le professeur Sornin. Les jeunes gens, sortes de pupilles de la 
Société, sont surtout invités à en bénéficier, et ceux d'entre eux qui 
paraissent en avoir le mieux profité sont récompensés. 

Société régionale d'horticulture de Vitry-sur-Seine. 

Fondée en 1887. 

Séances mensuelles. — Bulletin annuel. — Cotisation, dix francs. 

La Société compte à l'heure actuelle 25o membres. 

Elle a organisé deux brillantes expositions en 1888 et 1891 ; 
plus de six cents exposants y ont pris part. 

En 1892, un syndicat régional de hannetonnage, groupant plus 
de cinquante communes, a été formé par ses soins. Un véritable 
succès a couronné ses efforts ; io,5oo kilogr. de hannetons furent 
détruits, depuis le commencement d'avril jusqu'à la fin de mai. 

L'industrie de la pépinière, — la fortune du pays, — est appelée 
à bénéficier de cette institution vigilante. 

Syndicat de Saint-Fiacre 

ASSOCIATION PROFESSIONNELLE D'HORTICULTEURS, JARDINIERS 
& CULTIVATEURS, A PARIS. 

Fondé en 1879, sous les auspices de l'œuvre des Cercles catholiques 
d'ouvriers, le Syndicat doit son développement rapide à l'ensei- 
gnement professionnel pratique, au placement gratuit de ses membres 
disponibles et à son office commercial. Il se compose actuellement 
de plus de 1,600 membres qui se répartissent ainsi qu'il suit : 

i° Membres fondateurs : Propriétaires de jardins, horticulteurs- 



FRANCE 367 

patrons, grainiers ou négociants en produits utiles à l'horticulture, 
et dames patronnesses. — Cotisation, vingt francs. 

2 Patrons : Entrepreneurs de jardins, horticulteurs-fleuristes, 
pépiniéristes, maraîchers, grainiers producteurs ou négociants en 
produits horticoles, etc. — Cotisation, dix francs. 

3° Membres ordinaires : Jardiniers en maisons bourgeoises, 
garçons-jardiniers et apprentis, cultivateurs, viticulteurs, etc. — 
Cotisation, cinq francs. 

L'association s'est attaché, dès l'origine, un certain nombre de 
professeurs praticiens distingués, pour ses cours professionnels 
hebdomadaires du soir, qui sont suivis avec empressement. Nom- 
mons les conférenciers Alexis Lepère, Lépine, Moreau, Champy, etc. 

En outre, des cours ont lieu tous les dimanches, dans les établis- 
sements ou les jardins de Paris et des environs; ils y attirent un 
grand nombre d'auditeurs. 

Le Syndicat a organisé des sections locales, avec chacune un 
président et un secrétaire-trésorier, au centre de plusieurs localités 
importantes de la banlieue de Paris. 

Les sections permettent de réunir, dans chacune de ces localités, 
les membres de l'association habitant la région, et de les faire 
profiter d'un enseignement pratique, approprié aux besoins de leurs 
cultures spéciales. 

Enfin, depuis sa transformation syndicale, en 1886, un organe 
Le Syndicat horticole, paraît régulièrement le 25 de chaque mois. 
Il est adressé à tous les membres souscripteurs. 

Un bureau de placement gratuit fonctionne régulièrement. Pro- 
priétaires et patrons s'adressent à lui pour avoir des jardiniers. 

Une commission de contentieux et d'arbitrage a déjà aplani 
plusieurs difficultés graves, au mieux des intérêts de chacun. 

L'office commercial, pour l'achat de tous les objets utiles à ses 
membres, tels que : vêtements, articles de ménage, instruments, 
serres, engrais, charbons, etc., rend des services. — Pour la vente 
des produits, il sert d'intermédiaire, à titre gracieux. 

La bibliothèque professionnelle s'enrichit sans cesse de nom- 
breuses publications spéciales ; elle est, chaque soir, à la disposition 
de ceux qui désirent venir y travailler. 

Récompenses aux familles laborieuses de jardiniers. 

La fête annuelle, à l'occasion de la Saint-Fiacre, réunit les confrères, 
bannière en tête. Elle est accompagnée d'une cérémonie « religieuse, 
de jeux et d'enseignement. » Le pain bénit est présenté avec le 
Chef-d'œuvre corporatif, « suivant les usages de l'ancienne corpo- 
ration des Jardiniers de Paris » remontant à l'année i4?3. 



368 Frange 

Seine-Inférieure. 
Société d'horticulture de l'arrondissement de Dieppe. 

Fondée en 1888, autorisée le 14 janvier 1889, et succédant à une 
section de la Société centrale du département, elle reçoit une subven- 
tion de 400 francs du département, et 100 francs de la ville de Dieppe. 

La Société a 260 membres, payant une cotisation de six francs 
par an ; les élèves jardiniers sont admis gratuitement. 

Séances mensuelles. — Bulletin trimestriel. 

Des cours d'arboriculture et de culture maraîchère sont professés 
dans le courant de Tannée ; les élèves jardiniers passent des examens 
tous les ans et peuvent recevoir des récompenses. 

Depuis deux ans, un jardin-école est en formation. 

Trois expositions, des excursions, des visites aux cultures, aux 
serres, aux parcs, aux jardins d'instituteurs, témoignent de la vitalité 
de la Société. 

Société régionale d'horticulture de la ville d'Elbeuf. 

Une Société, dite de Saint-Fiacre, fut fondée à Elbeuf en 1867 ; onze 
ans plus tard, elle se modifia et devint la Société d'horticulture du 
canton d'Elbeuf. Enfin en 1879, elle se constitua définitivement 
sous le titre de Société régionale d'horticulture de la ville d'Elbeuf. 

Cette association comprend 200 membres et publie un bulletin 
annuel. — La cotisation est de dix francs pour les membres actifs, 
et cinq francs pour les dames et les correspondants. 

Les réunions sont mensuelles et comportent des expositions sur le 
bureau. Des visites aux jardins ont lieu tous les ans. 

La Société possède un jardin d'expériences dans un terrain dépen- 
dant d'une des écoles de la ville, et, chaque année, il y est fait un 
cours d'arboriculture fruitière d'une douzaine de leçons. 

Lorsque le cours est terminé, les auditeurs sont soumis à un 
examen. Une commission leur attribue des récompenses et décerne, 
le cas échéant, un diplôme de capacité pour l'arboriculture fruitière. 

Société d'horticulture et de botanique de l'arrondissement 

du Havre. 

Fondée le 12 juillet 1891, la Société succède au« Cercle pratique 
d'horticulture et de botanique de l'arrondissement du Havre. » 

Son action s'étend sur tout l'arrondissement. 

La Société rend des services par ses cours d'arboriculture et de 
botanique, ses concours et ses expositions, et par la publication du 
bulletin de ses travaux. 



FRANCE 369 

Favorisée par son impulsion, la culture des arbres fruitiers prend 
une extension croissante, et le littoral se décore de villas, de bosquets 
séducteurs et d'établissements qui les approvisionnent de fleurs, 
d'arbustes d'agrément, de productions alimentaires. 

Cotisation, douze francs. — P^ffectif, 180 membres. 

Société centrale d'horticulture du département 
de la Seine-Inférieure, à Rouen. 

Fondée le i3 juin i836, la Société centrale d'horticulture du dépar- 
tement de la Seine-Inférieure fut reconnue d'utilité publique par 
décret en date du 11 août i853. Elle reçoit des subventions de l'État, 
du département et de la ville de Rouen. 

La Société compte 700 membres. — La cotisation est de quinze francs 
pour les membres résidants, dix francs pour les dames patronnesses, 
cinq francs pour les instituteurs. 

Différents legs constituent des prix destinés à récompenser les 
principales branches de l'horticulture dans le département. 

La collection des publications de la Société contient des travaux 
très intéressants sur la chimie et la physique horticoles, ou ayant 
trait à la pomologie, à la floriculture, à la culture maraîchère. 
Plusieurs de ces travaux sont signés des noms de savants bien 
connus en horticulture : Girardin, Malbranche, Dubreuil, Prévost, 
Wood, Pouchet, et autres. MM. Lesueur, Colette, Teinturier, Power, 
Truelle, Héron, Varenne, Lucet, Lacaille, Legrand, Arsène Sannier, 
Vilaire, etc., comptent également parmi ses collaborateurs. 

La question qui l'occupe tout particulièrement est l'amélioration 
de la pomologie cidrière. Un verger d'études a été créé il y a quelques 
années, près de cent variétés y figurent ; les plus recommandées par 
les pomologistes sont cultivées dans une partie du verger pour fournir 
des greffons que la Société distribue gratuitement. 

Des prix sont décernés pour l'entretien des propriétés et la bonne 
tenue des établissements horticoles. 

Aux réunions (bi-mensuelles), les membres communiquent leurs 
observations sur les cultures des plantes qu'ils présentent. 

Le département fait donner, à l'école normale d'instituteurs, un 
cours d'horticulture, et la ville de Rouen, au Jardin des Plantes, des 
leçons d'arboriculture et de botanique. 

Des cours de culture maraîchère, professés par les soins de la 
Société, se tiennent dans les écoles communales. 

L'enseignement horticole, donné par les instituteurs primaires, 
est très satisfaisant. Des récompenses encouragent les maîtres qui 

obtiennent les meilleurs résultats auprès de leurs élèves. 

24 



3jO FRANCE 

Des professeurs rouennais démontrent l'arboriculture à Elbeuf, 
à Dieppe, à Yvetot. 

Le Jardin des Plantes jouit d'une grande réputation pour ses 
collections fruitières, orchidéennes et ses différentes cultures 
botaniques. M. Varenne en dirige les plantations avec un véritable 
talent. (Varenne est décédé le 8 septembre 1894.) 

Le commerce horticole, à Rouen, est assez important. La culture 
maraîchère trouve largement l'écoulement de ses produits sur les 
marchés de la localité. Plusieurs établissements utilisent l'eau chaude 
des fabriques voisines, ce qui leur permet d'obtenir des primeurs à 
bon compte. 

La floriculture de la contrée jouit d'une réputation méritée. 

En même temps que la Société actuelle, le département de la 
Seine-Inférieure a possédé le Cercle pratique d'horticulture de 
Rouen, fondé le 3 novembre i844- 

Sa première séance eut lieu le 16 mars 1845, et la dernière, le 
12 décembre i858. Après une vie active, ses membres se sont ralliés 
à la Société centrale d'horticulture. 

Société d'enseignement de botanique et d'horticulture 
de San vie. 

Fondée le 19 janvier 1892, elle comprend 40 membres participants 
et 25 membres honoraires, versant tous une cotisation annuelle de 
six francs. 

Séances mensuelles avec apports de fleurs, de fruits, de légumes. 

Cours gratuits et hebdomadaires, de botanique, d'arboriculture et 
d'emploi des engrais. Les récompenses aux élèves méritants consis- 
tent en médailles, en ouvrages, en livrets de Caisse d'épargne. 

Herborisations, le dimanche ou le jeudi. — Bulletin annuel. 

La Société a prêté son concours à la municipalité pour les fêtes de 
bienfaisance. 

Société d'horticulture de l'arrondissement d'Yvetot. 

Fondée le 9 décembre i863. 

La Société se compose de membres résidants, correspondants ou 
honoraires ; 260 environ. Les membres résidants habitent l'arrondis- 
sement d'Yvetot et paient une contribution annuelle de huit francs. 
Les correspondants, choisis en dehors, paient cinq francs. 

Ayant pour objet l'horticulture, prise dans son acception la plus 
large et la plus générale : la taille des arbres, la culture maraîchère, 
la floriculture, la Société propage les espèces utiles, indigènes ou 
exotiques, et importe dans l'arrondissement les outils et les instru- 
ments perfectionnés. Les amateurs et les jardiniers reçoivent, pour 



FRANCE 371 

leurs apports et leurs expositions, des encouragements, et les 
auteurs de mémoires bénéficient de récompenses. 

Les instituteurs sont admis à titre gratuit. Il leur est délivré des 
graines potagères ou de fleurs et quelques sujets d'arbres fruitiers, 
à la condition toutefois qu'ils justifieront des résultats obtenus. 

Une innovation, due au secrétaire général de la Société, consiste 
dans la création de jardins scolaires. Chaque élève du pensionnat 
d'Yvetot a la charge d'un petit jardinet. Une partie est consacrée au 
potager et l'autre, à la culture des fleurs. L'enfant cultive à sa 
façon, rassemblant dans cet espace restreint, un ou deux sujets des 
plantes les plus utiles, et les classe par famille. Tous les ans, après 
un concours, la Société d'horticulture décerne des récompenses aux 
plus méritants. 

Ces jardins scolaires sont déjà imités dans plusieurs écoles rurales. 

Un cours public et mensuel d'arboriculture fruitière est professé 
par M. Vilaire, au jardin de l'Ecole-pensionnat d'Yvetot. 

La Société étudie, par l'analyse et la culture, les meilleures variétés 
de fruits et les propage, notamment les Pommes à cidre. 

Un prix de 3oo francs, fondation Aroux, est attribué annuellement 
au jardinier le plus méritant de l'arrondissement d'Yvetot. 

Dix séances par an; récompenses aux apports. — Bulletin du mois. 

Seine-et-Marne. 
Société d'horticulture de Goulommiers. 

Fondée eni86i,et reconnue comme établissement d'utilité publique 
par décret du Président de la République, en date du 17 février 1893. 

L'effectif est de 200 membres. La cotisation est de huit francs. 

La Société a pour but de perfectionner et d'encourager toutes les 
branches de la science et de la pratique horticole et d'en faciliter 
l'étude et l'application. 

La propagation des connaissances horticoles est activée par les 
recherches de l'association, par ses enquêtes, ses publications pério- 
diques, ainsi que par les expériences pratiques ou d'ordre scientifique 
qu'elle exécute ou qu'elle provoque. 

La Société ouvre des concours et des expositions dans lesquelles 
des récompenses sont décernées. Les ouvriers de l'horticulture sont 
l'objet de ses encouragements. Elle tient cinq séances par an. 

Société d'horticulture du canton de Dammartin. 

Fondée le I er janvier 1882. 

Huit séances par an ; récompenses aux apports. 
La Société compte une centaine de membres payant la cotisation ; 
les instituteurs du canton y sont admis gratuitement, 



3^2 FRANCE 

L'État lui accorde une subvention de 260 francs; celle du Départe- 
ment est de 100 francs. La cotisation des membres est de dix francs. 

Malgré ses ressources modestes, elle organise assez fréquemment 
des expositions intéressantes. — Visites aux cultures. 

Des cours d'arboriculture et de botanique sont faits par M. Ber- 
thault, excellent praticien, et l'abbé Bordes, professeur de Juilly. 

Société d'horticulture de Melun et Fontainebleau. 

Fondée en i852. Le siège social est à Melun, et le secrétariat 
général à Fontainebleau. 

Le rôle de la Société est de favoriser le progrès des diverses 
branches de l'horticulture et des sciences ou arts qui s'y rattachent, 
d'en développer les produits et d'étudier les questions de théorie ou 
de pratique horticole. Quatorze réunions annuelles sur divers points 
des deux arrondissements, des expériences, des publications per- 
mettent à ses membres de se tenir au courant des découvertes. 
Des encouragements sont distribués aux travailleurs. 

La cotisation des membres titulaires est de huit francs ; celle des 
dames patronnesscs, dix francs. Les instituteurs paient cinq francs. 

La subvention du Ministère de l'agriculture est de 3oo francs. 

Le bulletin, d'abord trimestriel, paraît maintenant deux fois par 
an. Le siège des expositions se modifie à chaque fête de ce genre. 

L'effectif comprend 4^2 membres. 

De riches propriétaires et de bons cultivateurs secondent la Société, 
en prêtant leur concours actif à l'exécution de son programme. 

Société horticole et botanique de l'arrondissement de Melun. 

Fondée le 26 mai 1884. — Cotisation, six francs pour les membres 
titulaires; trois francs pour les garçons jardiniers. 

Aux séances mensuelles, un professeur d'horticulture fait un 
Cours, d'après un programme arrêté tous les deux ans. Actuellement, 
le professeur est M. Grosdemangc, chef des pépinières au Muséum, 
élève de Versailles ; ses leçons, fort bien faites et très suivies, sont 
complétées par des démonstrations au jardin de la Société. 

L'Association possède également un jardin botanique, dû, comme 
le premier, à la générosité d'un enfant de Melun, le Docteur 
Roussel, botaniste, qui a légué, dans ce but, à sa ville natale une 
somme de 40,000 francs. 

Gomme complément, et surtout pour se conformer au legs Roussel, 
des leçons de botanique élémentaire, aux jeunes jardiniers placés 
sous les auspices de la Société, sont confiées au professeur Leclerc. 

L'enseignement horticole, augmenté en 1891 d'un cours pratique 



FRANGE 3?3 

d'agriculture et d'arboriculture, est, en outre, donné au collège de 
Melun, par M. Emile Nodot, un des premiers élèves de Versailles. 

Depuis 1887, la Société fait des expériences sur la culture de la 
Pomme de terre et sur le choix des meilleures variétés ; à cet effet, 
elle sonde un champ de qualité médiocre sur lequel on emploie, 
après analyse du sol, les engrais chimiques. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Meaux. 

Fondée en i838. — Statuts révisés le 28 janvier 1888. 

Cotisation, douze francs. — Effectif, 240 membres titulaires, 27 dames 
patronnesses ; 20 membres honoraires ou correspondants. 

La Société est instituée pour s'occuper de tout ce qui concerne 
l'horticulture, ses améliorations et ses progrès. 

Elle s'assemble le deuxième dimanche des mois de janvier, 
mars, mai, juillet, septembre et novembre. Deux de ces assemblées 
ont lieu à Lagny. 

Dans le cours de chaque séance ordinaire, la présence des membres 
est constatée par l'apposition de leur signature sur un registre tenu 
à cet effet, et un jeton de présence leur est remis. 

Des primes, détachées d'un livre à souche, sont accordées, à chaque 
réunion, aux produits méritants déposés sur le bureau et accompagnés 
d'une note explicative. 

Un jury, composé de trois membres, nommé à chaque séance, 
décerne des primes de i re classe (3 fr. ^5), de 2 e classe (2 fr. 5o), de 
3 e classe (1 fr.-25). Au gré des lauréats, ces primes sont remises en 
espèces ou transformées en médailles. 

La cotisation annuelle est de douze francs ; les garçons jardiniers 
versent quatre francs, et ne touchent pas de jetons. 

Un bulletin est publié tous les deux mois. 

Outre les expositions qu'elle organise fréquemment, la Société 
fait visiter les cultures et les jardins intéressants. 

Un jardin d'expériences est administré par une commission. 
Un professeur y donne des cours d'arboriculture. 

Le jubilé cinquantenaire a été brillamment fêté. 

M. le baron d'Avêne a occupé le fauteuil de la présidence pendant 
quarante années, de i854 à 1894. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Provins. 

Fondée en 1867, elle disparut en 1870, pour se reconstituer en 
1890. Son effectif comprend 35o membres. — Cotisation, cinq francs. 
Séances trimestrielles. Bulletin deux fois par an. 
Par des conférences sur la viticulture et sur l'arboriculture, confiées 



374 FRANGE 

à M. Gros de mange, du Muséum, par la création d'un jardin d'essai, 
par ses visites, elle a déjà rendu des services à la région. 
Les expositions organisées jusqu'à ce jour ont fort bien réussi. 

Seine-et-Oise. 

Société d'horticulture, d'arboriculture et de viticulture 

du canton d'Argenteuil. 

Fondée en 1892 ; autorisée le 18 janvier 1893. 

Séances et bulletin mensuels. — Effectif, près de 3oo membres. 

La cotisation, pour les membres actifs, est de six francs; elle est de 
dix francs pour les dames patronnesses et les membres honoraires. 

La Société étudie avec soin les plantes nouvelles et les nouveaux 
procédés de culture. 

Des cours pratiques d'arboriculture, professés en saison convenable, 
intéressent les propriétaires et les cultivateurs. 

Installée en pleine région de production fruitière et potagère, 
l'association a son avenir assuré. 

Société d'horticulture de Bougival. 

Fondée le 3 avril 1887. 

Cotisation, six francs. — Effectif, 3oo membres. 

La Société ouvre une exposition tons les deux ans. 

Un cours mensuel d'arboriculture est placé sous la direction de 
plusieurs professeurs. 

Depuis sa fondation, la Société d'horticulture de Bougival produit 
une noble émulation parmi ses membres, pour l'amélioration de la 
culture des arbres fruitiers ou d'ornement, et en général des plantes 
utiles et des fleurs. 

Le succès de ses expositions prouve bien qu'elle a son siège dans 
une région renommée par ses villas et ses cultures commerciales ou 
de pur agrément. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Gorbeil. 

Fondée en 1868, elle comprend plus de 3oo membres. 

La cotisation est de dix francs. 

Son zélé professeur, M. Fauquet, fait un cours d'arboriculture goûté 
des amateurs et des praticiens. 

La Société possède un jardin d'essai important ; là s'installent 
ses expositions ; depuis sa fondation, seize floralies ont eu lieu, 
toujours brillantes, par suite du voisinage de maisons bourgeoises 
dotées de serres et de parcs superbes ou d'établissements de culture 
et de commerce horticole. Des récompenses sont décernées après 
visites dans les jardins. — Les séances sont trimestrielles, 



FRANGE 3^5 

Bulletin annuel. — Bibliothèque bien composée. 
La Société de Gorbeil jouit d'une haute considération et rend des 
services signalés dans la région. 

Société d'horticulture de l'arrondissement d'Étampes. 

Fondée en 1864, elle compte 3oo membres environ. 

Cotisation, six francs; pour les instituteurs, trois francs. 

Bulletin annuel contenant le résumé des séances, les rapports de 
visites de culture et d'expositions. 

La Société possède un jardin d'expérimentation fondé par le prési- 
dent actuel, M. Blavet, en 1880. La culture des légumes, des arbres 
fruitiers et des fleurs y est pratiquée et démontrée avec succès. 

Des cours publics et gratuits y sont faits par M. Rivière, professeur 
à la chaire agronomique de Versailles, et par des personnes bien 
connues dans le monde horticole. 

Des graines et des plantes sont distribuées gratuitement aux 
séances, qui ont lieu sept fois l'an. 

La Société d'Etampes est la première qui ait reçu une récompense 
du Ministère, en 1881, pour ses essais de culture du Soja, légume 
d'origine japonaise, et pour sa propagation. 

La culture maraîchère d'Étampes a obtenu des espèces végétales 
intéressantes. 

Société agricole et horticole de l'arrondissement de Mantes. 

Fondée le 7 août 1879 par 180 membres, elle compte en 1893 un 
eflectif de 1,200 sociétaires. 

Cotisation annuelle, huit francs ; les dames patronnesses paient 
dix francs, et les instituteurs, membres agrégés, quatre francs. Les 
membres fondateurs sont soumis à un droit d'entrée de cent francs. 

La Société a pour but de faire progresser et de propager les diffé- 
rentes productions du sol. 

Les instituteurs, les jardiniers, les propriétaires, les fermiers sont, 
pour elle, de précieux auxiliaires. 

L'agriculture et l'horticulture y marchent de front. 

La première exposition eut lieu du 8 au 12 juillet 1880, à Mantes. 

Les légumes, les fleurs et les fruits sont traités sur le même pied 
que les céréales, les fourrages, le bétail, les chevaux. 

Séances mensuelles. — Bibliothèque ouverte le mercredi. 

Bulletin tous les mois, traitant de questions de culture, d'engrais, 
de jardinage, d'apiculture, d'enseignement. 

Concours scolaires agricoles et horticoles dans l'arrondissement. 
■ — Récompenses aux instituteurs pour l'enseignement théorique et 



3j6 FRANCE 

pratique, les herbiers, les collections, la bonne tenue du jardin, — 
et aux élèves, pour les cahiers d'étude et les travaux manuels. 

Concours de mémoires inédits. — Concours de serviteurs. 

Le syndicat, créé pour la diffusion des engrais, a livré, en 
1893, dans l'arrondissement de Mantes, un million de kilogrammes 
d'engrais industriels. 

Cercle pratique d'arboriculture et de viticulture 
de Seine-et-Oise, à Montmorency. 

Fondé le 19 février 1882. 

La cotisation est de cinq francs par an. — Effectif, i^5 membres. 

Le Cercle a pour but principal d'encourager le goût de l'arbori- 
culture fruitière, de favoriser son extension et de propager les 
meilleures méthodes de culture. 

A chaque séance trimestrielle des conférences sont faites sur ce 
sujet ; des cours pratiques les complètent dans divers jardins 
particuliers. 

Les aide-jardiniers suivent un cours spécial et sont récompensés, 
s'il y a lieu, à la suite d'un examen. 

Le Cercle pratique d'arboriculture a réuni souvent de remarquables 
lots collectifs de fruits, qui lui ont valu de belles récompenses dans 
plusieurs expositions générales ou universelles. 

La vieille renommée des vergers et des vignes de Montmorency a 
grandi encore, sous les efforts du Cercle d'arboriculture et de 
viticulture. 

Société d'horticulture, d'agriculture et de botanique 
du canton de Montmorency. 

Fondée le 11 novembre i865 sous le patronage de M. .Adalbert 
Talleyrand de Périgord, duc de Montmorency. Depuis 1868, elle est 
placée sous le patronage de l'autorité municipale. 

La Société compte aujourd'hui 260 adhérents. Les membres 
titulaires paient huit francs par an ; les honoraires, dix francs. 

Son action est aussi étendue que possible dans le canton. Les 
nombreuses expositions qu'elle a organisées, les récompenses qu'elle 
a décernées, avec le désir d'encourager les progrès horticoles, lui ont 
fait un renom qu'elle s'efforce d'accroître chaque jour. 

Elle a pris part aux concours généraux agricoles et aux expositions 
universelles. 

La Société d'horticulture a le droit d'être fière de cette situation. 

On connaît la réputation de la vallée de Montmorency, au point 
de vue cultural ou commercial et l'importance de sa production en 
fruits, légumes et primeurs. 



FRANGE 377 

Société d'horticulture de Neuilly-Plaisance. 

Fondée en 1884. 

Séances mensuelles. — Cotisation annuelle, six francs. 

La Société organise des expositions locales et, de temps en temps, 
en étend les limites hors de sa région. 

Aux assemblées générales, il est fait une étude sur les apports des 
sociétaires. Puis, des lectures et des conférences permettent à 
chacun de vulgariser les procédés recommandés. 

La localité est remarquable par ses jardins. Les Roses, les 
Chrysanthèmes, les Orchidées sont nombreux et bien cultivés. 

Parmi les légumes, le Chou-Fleur, le Melon, le Potiron, le Chou 
de Bruxelles et l'Asperge sont très estimés. 

Le pays fournit des Poires excellentes et de bonnes Pêches. 

Le nombre des jardiniers et des amateurs est assez nombreux dans 
cette contrée fertile. La Société compte 80 membres. 

Société d'agriculture et d'horticulture de Pontoise. 

Fondée le 10 février i85o, elle compte plus de 5oo membres. 

Cotisation, six francs. — Bulletin des travaux. 

Annuellement, une médaille de cent francs est accordée aux 
jardiniers travaillant depuis vingt ans dans la même maison. 

Des récompenses sont décernées à l'occasion des expositions et à 
la suite des visites de jardins. 

La Société s'est attachée à répandre les végétaux d'espèce nouvelle 
et a contribué à la vulgarisation des engrais chimiques. 

D'excellents professeurs praticiens, tels que MM. Remy et Latouche, 
ont entretenu le feu sacré de la culture fruitière ou potagère. 

Société régionale d'horticulture du Raincy. 

Ancienne Société d'horticulture de Raincy-Livry-Villemomble, 
fondée le 25 mai 1869 ; « révisée » le 8 août i883 et transformée sous 
son titre actuel. Elle a groupé une partie des horticulteurs et 
des jardiniers en maison bourgeoise, de la banlieue Est de Paris. 

Cent membres titulaires paient une cotisation de neuf francs; 
soixante membres honoraires paient six francs. 

La Société tient six séances par an, publie un bulletin annuel, 
célèbre la Saint-Fiacre, et organise des concours et visites sur place. 

Expositions triennales au Raincy, à Gagny, Livry, Montfermeil, 
Chelles, Gournay-sur-Marne. 

Société d'horticulture de Saint-Germain-en-Laye. 
Fondée en i85i, la Société compte environ 3oo membres. 
Cotisation, dix francs. 



3^8 FRANCE 



Des praticiens bien connus et des amateurs sérieux se sont dévoués 
à l'œuvre de la Société. On peut en constater l'heureux effet en 
visitant les expositions et les jardins de plaisance ou de profit de 
cette contrée si riche en châteaux et en maisons bourgeoises. 

Le plus souvent qu'elle le peut, elle organise des conférences; 
enfin, elle fait tous ses efforts pour répandre autour d'elle les bonnes 
méthodes et contribuer au progrès. 

Séances mensuelles. — Bulletin, deux fois par an. 

Une exposition a lieu à peu près chaque année. 

Syndicat des Jardiniers ou Association horticole du Vésinet. 

Fondé le 3i janvier 1892. 

Cotisation annuelle, six francs. — Effectif, 80 membres. 

Le syndicat a pour but de développer le goût du jardinage et de 
l'horticulture, en organisant des expositions florales, des conférences 
sur l'horticulture, des cours d'arboriculture, etc. Il a réalisé son 
programme. — Le professeur est M. E. Latouche, de Pontoise. 

Le grand nombre de villas et de propriétés particulières, qui se 
trouvent au Vésinet, attirent beaucoup de jardiniers ; on y compte 
environ 180 à 200 horticulteurs, cultivateurs et entrepreneurs de 
jardins, tous disciples de saint Fiacre. 

Le syndicat met en relation les propriétaires et les jardiniers en 
service qui réclament son intervention. 

Société d'horticulture de Seine-et Oise, à Versailles. 

Fondée le 7 avril 1840, par 200 horticulteurs praticiens et amateurs, 
parmi lesquels Philippar, Pajard, Bertin, Truffaut, Duval, Gondouin, 
Delorme, de Pronville, Dieuzy, Salter, Remilly, Deschiens, 
Démanche, honorablement connus. 

MM. Bertin, Delorme, Pajard et Truffaut assistaient aux fêtes du 
cinquantenaire en 1890, et ils ont reçu un précieux témoignage de la 
part de leurs collègues. 

Reconnue d'utilité publique en 1868, sous la présidence de M. de 
Boureuille. 

Le secrétariat, tenu d'abord par le professeur Philippar, les doc- 
teurs Noble, Erambert et le savant agronome Gustave Heuzé, fut 
confié le I er janvier i854 à Auguste Hardy qui le conserva jusqu'à sa 
mort (1891), tout en restant jardinier en chef du Potager de Versailles, 
premier vice-président de la Société nationale d'horticulture de 
France et directeur de l'Ecole nationale d'horticulture. 

M. Charles Chevallier, arboriculteur distingué et érudit, lui 
succède au secrétariat. Le bulletin mensuel porte l'empreinte du 
talent du secrétaire et du dévouement de ses collègues. 



FRANGE 379 

La Société a organisé près de cent Expositions, la plupart dans le 
pare du palais de Versailles, toujours réussies, sous tous les rapports. 
On reconnaît la présence de fleuristes, de maraîchers, de primeu- 
ristes, de pépiniéristes renommés et d'amateurs ou de jardiniers de 
maison, qui consacrent leur fortune ou leur talent au progrès de 
l'horticulture. 

En 1867, M.Hardy et M. Bernard, de Rennes, déclaraient officielle- 
ment que les rapides progrès de l'arboriculture fruitière, dans le 
département, étaient dus à l'influence de la Société, et qu'elle était 
« de celles qui ont le plus hâté les progrès de la floriculture. » 

Le comité des Dames patronnesses comprend cent membres. La 
présidente actuelle est M me Heine, décorée pour ses œuvres philan- 
thropiques, et fille de M me Furtado, première bienfaitrice de la Société ; 
l'une et l'autre possèdent de riches collections florales. 

La cotisation des dames est fixée à quinze francs ; celle des membres 
ordinaires, à dix francs; les instituteurs communaux paient 
cinq francs par an. 

Somme. 

Société d'horticulture de Picardie, a Amiens. 

Fondée en 1844, reconnue d'utilité publique par décret du 6 mars 
1882, elle s'est développée et n'a cessé, depuis sa création, d'exercer 
une action salutaire sur le développement de l'industrie horticole. 

La Société est à la tête de 1,400 adhérents. 

Ses ressources se composent de subventions : municipale, 1,000 fr., 
départementale, 3oo francs, ministérielle, 700 francs, et des cotisa- 
tions. Les membres actifs et les dames patronnesses versent dix francs 
par an ; les instituteurs et les aide-jardiniers paient cinq francs. 

M. Eugène Mennechet a été réélu vingt-deux fois président, 
jusqu'à son décès (i885), et a légué 12,000 francs à la Société. 

Des médailles sont décernées aux sociétaires qui présentent un 
certain nombre de membres nouveaux. 

Neuf séances par an. — Loterie de végétaux, d'ouvrages, d'instru- 
ments horticoles, etc. 

La bibliothèque est ouverte tous les jours, le dimanche excepté. 

Le bulletin de la Société résume, chaq ue mois, ses travaux et 
répond aux questions posées par les intéressés. 

Depuis sa fondation, elle a organisé plus de soixante expositions 
importantes, et, depuis 1886, elle est parvenue à les rendre plus 
considérables par la construction d'un matériel spécial qu'elle trans- 
porte sur divers points du département. 



38o FRANGE 

La Société établit des concours et décerne des récompenses : 

Aux apports faits en séance ; 

Aux petits jardins d'ouvriers des centres industriels ; 

Aux jardinets et aux ornementations florales des magasins, bou- 
tiques, cafés, terrasses, fenêtres et balcons ; 

A l'emploi raisonné des engrais, la matière première étant fournie 
gratuitement aux concurrents. 

Ces concours provoquent la distribution de médailles, primes 
en argent, livrets de caisse d'épargne. 

Un jardin d'expériences, bien ordonné, comprend Ecole fruitière, 
rosarium, carrés d'études, etc. 

Le professeur Raquet fait un cours sur tous les points du départe- 
ment et distribue des greffes d'arbres à fruits de table ou de pressoir. 

A la suite des leçons de jardinage données dans les Écoles, une 
distribution de récompenses est faite aux élèves et à leurs maîtres. 

Les leçons de choses ont du succès auprès des garçons jardiniers, 
particulièrement à Amiens et à Abbeville. 

Au mois de septembre 1894, la Société célèbre ses noces d'or par 
une grande exposition. 

Société d'horticulture de l'arrondissement d' Abbeville. 

Fondée le 29 octobre 1893 ; la cotisation est de huit francs pour 
les membres titulaires, et cinq francs pour les membres associés, 
instituteurs et garçons jardiniers. — Effectif, 220 sociétaires. 

Le premier numéro d'un bulletin périodique a déjà paru ; des 
conférences ont eu lieu; les séances sont trimestrielles. 

La Société se propose d'accorder des récompenses, à la suite 
d'expositions et de visites de jardins de produit ou d'agrément. 

Var. 

Société d'horticulture et d'agriculture d'Hyères. 

Fondée le 8 octobre 1887, reconnue comme établissement d'utilité 
publique par décret du 18 novembre 1892, elle a pour objet le perfec- 
tionnement de toutes les branches de cultures usitées dans la région 
d'Hyères, et poursuit la divulgation des connaissances pratiques, 
aussi bien que l'extension du commerce et de l'exportation des fleurs, 
des semences, des primeurs, etc. On sait que l'agriculture et l'horti- 
culture constituent la principale ressource, et, pour ainsi dire, 
l'unique industrie de la région. 

La contribution annuelle des sociétaires est de douze francs. 

Effectif, près de 200 membres. 

Un bulletin périodique est envoyé aux adhérants. 



FRANCE 38 I 

La Société organise tous les ans, à la fin du mois de mars, depuis 
1889, une exposition agricole et horticole et un congrès. 

Le Conseil municipal d'Hyères inscrit annuellement, en sa faveur, 
une subvention de 2,000 francs au budget communal. Le nombre des 
exposants, en 1889, était de 82 ; il a atteint i54, en 1893. 

La Société a participé à l'Exposition universelle de 1889. 

Elle a pris l'initiative, au moment de l'élaboration des tarifs 
douaniers votés en 1892 par le Parlement, de rapports adressés aux 
pouvoirs publics et de démarches faites auprès d'eux, concernant les 
tarifications proposées à l'égard d'importants produits de la région : 
pulpes et marcs d'olives, raisins frais et marcs de raisins, etc. 

Enfin, toujours sur son initiative, il a été fondé à Hyères, dans 
les conditions de la loi du 21 mars 1884, un syndicat agricole et 
horticole, qui sert à ses membres d'intermédiaire pour l'achat des 
semences, des plantes, des engrais, des instruments, etc. 

Grâce à son climat incomparable, aux richesses de ses jardins et 
surtout aux terrains légués, dans ce but, à la ville, par M. Riondet, 
agriculteur distingué, Hyères, sans crainte d'une concurrence 
sérieuse, peut espérer la création prochaine de l'École d'agriculture 
et d'horticulture pratique, que la Société poursuit avec énergie. 

Société d'horticulture, d'agriculture et d'acclimatation du Var, 

à Toulon. 

Fondée en 1880, cette association est d'origine beaucoup plus 
ancienne. Elle a été constituée, en effet, par la fusion du Comice 
agricole et forestier de l'arrondissement de Toulon, né en i838, 
avec la Société d'horticulture qui avait été créée en 1869. 

La Société actuelle compte 55o membres. 

La cotisation est fixée à douze francs par an. 

Son rayon d'action s'étend dans tout le département du Var, mais 
plus spécialement dans les deux arrondissements de Toulon et de 
Brignoles. — Les séances sont mensuelles. 

Son but principal est de provoquer les progrès de l'agriculture, de 
l'horticulture maraîchère ou florale, et de toutes les industries qui 
s'y rattachent. 

S'occupant d'acclimatation, elle possède un jardin d'expériences 
où se trouve classée une collection intéressante de végétaux, et qui 
sert en même temps à la reproduction et à la multiplication des 
espèces ou variétés utiles, distribuées aux sociétaires. 

Un recueil mensuel paraît sous le titre de : La Provence agricole 
et horticole, rédigé par M. Martial Drageon. 

Indépendamment de deux grandes commissions permanentes 



382 FRANCE 

d'agriculture, de sylviculture, d'horticulture et d'acclimatation, la 
Société nomme, tous les ans, une commission spéciale chargée de 
visiter et de récompenser les exploitations agricoles et horticoles. 

La Société ouvre, chaque année, un concours d'enseignement 
agricole entre les instituteurs, et un autre, entre les élèves des écoles 
primaires rurales. 

On doit à cette Société l'introduction et la propagation de diverses 
espèces de végétaux australiens et de certaines variétés du Plaque- 
minier du Japon, que l'on rencontre aujourd'hui dans presque toutes 
les cultures de la Provence maritime. 

Vaucluse. 

Société départementale d'agriculture et d'horticulture 
de Vaucluse, à Avignon. 

Fondée en i85a, elle a pour objet de rechercher, d'étudier et 
d'encourager les méthodes et pratiques avantageuses pour l'agricul- 
ture de la région vauclusienne. 

La Société compte 33o membres participants et 5o correspondants. 
La contribution annuelle est de dix francs. 

Les réunions des sociétaires ont lieu le mardi de chaque mois, dans 
une des salles de la Préfecture d'Avignon ; elles sont publiques. 

Le résultat de ses recherches et de ses travaux est vulgarisé 
mensuellement par un bulletin adressé régulièrement à tous les 
membres participants. 

Diverses commissions fonctionnent en permanence et s'occupent 
plus particulièrement des questions agricoles à l'ordre du jour; elles 
soumettent à l'approbation de la Société les récompenses proposées ; 
celle-ci encourage les bons serviteurs ruraux, aussi bien que les 
agriculteurs émérites qui obtiennent les meilleurs résultats dans 
les principales cultures de la région. 

Vendée. 
Société d'horticulture de Fontenay-le-Comte. 

Fondée en 1862, cette association a réveillé autour d'elle le goût 
du jardinage et réalisé d'importantes améliorations. 

Le Président fondateur, M.Boncenne, avait fait, lui-même, avant la 
création de la Société, un cours d'horticulture au collège de Fontenay 
et à l'école communale de Saint-Médard-des-Prés. 

La Société compte 110 membres titulaires (cotisation, dix francs); 
17 dames patronnesses (cotisation, six francs); 3o jardiniers ou 
instituteurs (cotisation, cinq francs). — Elle publie le bulletin de ses 
travaux, au moins deux fois par an. 



FRANCE 383 

Les membres composant le bureau sont nommés pour trois ans ; 
tous peuvent être réélus. Six séances ont lieu dans Tannée. 

Elle a établi des conférences, des concours entre instituteurs, et 
organisé avec succès un grand nombre d'expositions. 

Douze membres du Conseil d'Administration forment un jury 
permanent chargé de visiter les jardins, serres et autres cultures. 

La Société a pris part aux Expositions universelles de 1878 et de 
1889 et obtenu de hautes récompenses, pour ses lots de fruits, de 
légumes et une collection de Pommes de terre. 

VlENNE-(H AUTE) . 

Société d'horticulture de Limoges. 

Au mois de juin 1859 fut fondée la « Société d'horticulture de la 
Haute-Vienne », à côté de la « Société d'horticulture et de botanique 
de Limoges » déjà existante. Cette division des forces locales ayant 
semblé contraire aux intérêts de l'Horticulture, la fusion fut décidée 
en mai 1878, sur l'invitation du maire de la Ville, et la nouvelle 
association prit le titre de « Société d'horticulture de Limoges ». 

Administrée par des amateurs et des praticiens distingués, elle 
contribue à l'extension de l'horticulture par des expositions 
générales, des concours spéciaux annuels et des primes aux apports 
faits en séance mensuelle. Son effectif s'élève à 3oo membres. 

La cotisation, de dix francs, est réduite à cinq francs pour les 
dames patronnesses, les instituteurs, les garçons jardiniers. 

L'État, le département et la ville lui accordent une subvention. 

Sa bibliothèque est bien fournie. — Bulletin trimestriel. 

D'importants établissements ont été créés dans la région. L'art des 
jardins, la floriculture, l'arboriculture et la maraîcherie y sont 
devenus prospères. — Les conférences sont bien suivies. 

Vosges. 
Société d'horticulture et de viticulture des Vosges, à. Épinal. 

Fondée le 26 mai i858, sous le nom de Société Vosgienne d'arbo- 
riculture et de viticulture ; devenue Société départementale, en 1867; 
réorganisée en 1873 et publiant, depuis cette époque, un bulletin; 
enfin, elle prend, en 1879, le titre de Société d'horticulture et de 
viticulture des Vosges. Ses derniers statuts, votés le 9 janvier 
1879, ont été approuvés le 8 avril suivant. 

Cotisation, cinq francs. — Bulletin tous les deux mois. 

Tous les ans, en février, il est dressé un catalogue des semences 
mises à la disposition des sociétaires, à titre d'échantillon. Chaque 
membre a droit gratuitement à dix paquets, à son choix. 



384 FRANCE 

D'après un tableau de roulement entre les arrondissements, les 
jardins des sociétaires sont visités, sur demande, par un jury 
nomade et permanent. Les appréciations du jury, consignées dans 
un rapport, provoquent la distribution de médailles en séance 
publique annuelle. 

Les réunions ont lieu le premier jeudi de chaque mois. 

Expositions brillantes et très visitées. 

Depuis cinq ans, des concours scolaires horticoles ont été institués 
avec des récompenses pour les élèves et pour les maîtres. Toutes les 
écoles de garçons et de filles du département, y ont été appelées une 
fois, par séries et par cantons. 

Il y a deux ans, la ville d'Épinal a concédé à la Société une terrasse 
de jardin, qu'elle a consacrée à l'arboriculture. 

Son action se manifeste d'une façon heureuse sur tous les points 
du département des Vosges. — L'effectif compte 65o membres. 

Société d'horticulture de l'arrondissement de Mirecourt. 

Fondée à l'occasion des conférences données à Mirecourt par 
l'arboriculteur et viticulteur Trouillet, de Montreuil, elle prit, de 
1867 à 1860, le nom de Société d'arboriculture. Reconstituée en 1864, 
son titre actuel lui est acquis, et son effectif comprend i65 membres. 

La cotisation est de trois francs. 

Les conférences continuent sur l'arboriculture et la viticulture. 

Expositions publiques — Concours sur place, par des visites aux 
jardins et aux vignes. 

Les médailles, décernées à titre de récompenses, sont désormais 
remplacées par des objets d'art, d'utilité ou d'instruction. 

Des prix sont attribués aux élèves du collège de Mirecourt, 
qui suivent les leçons d'arboriculture données gratuitement par 
M. Vaudrey-Evrard, président actuel de la Société. 

Yonne. 
Société d'horticulture, viticole et forestière de Sens. 

Fondée en septembre 1888, elle compte actuellement 3oo membres. 

La cotisation est de cinq francs par an. 

Séances mensuelles. Bulletin périodique. Expositions publiques. 
Concours sur place. Visites de jardins. Récompenses et encourage- 
ments aux travailleurs, aux apports faits en séance, etc. 

Distributions de graines et de plants. — Conférences. 

Les services rendus sont déjà appréciables. 

Par ses discussions en séances, ses expositions et son bulletin, 
la Société fait connaître les bons procédés de culture, les meilleurs 



tfkANCË 385 

fruits, les plantes à cultiver, les moyens de combattre les ennemis 
de la Vigne et de reconstituer le vignoble phylloxéré. 

Comme enseignement horticole, les cours de taille et de greffage 
de la Vigne, pour les amateurs et les élèves de l'école communale, 
sont régulièrement suivis. 

A la suite de ces cours, de nombreux essais et des plantations 
de Vignes greffées et d'arbres à cidre ont été réalisés. 



Plusieurs Sociétés et Comices agricoles ont ajouté le jardinage 
au programme de leurs concours publics. 

Certaines villes ont annexé l'horticulture à leurs fêtes locales, d'où, 
souvent, une Société horticole a pris naissance. 

Ne serait-ce pas l'origine de la Société d'horticulture du Gard, 
à Nîmes, âgée de quatre ans, organisant séances, concours, 
expositions, publiant un bulletin périodique. La cotisation fixée à 
dix francs est abaissée de moitié pour les ouvriers jardiniers. 

Des renseignements tardifs nous ont empêché de la classer à son 
rang alphabétique. 



IV. — Conférences horticoles, Cours publics. 

En traitant des Sociétés et des Ecoles d'horticulture, nous avons 
parlé de conférences privées et de cours publics qui ont lieu sous 
leurs auspices. Il en est d'autres qui n'ont pas moins contribué à la 
vulgarisation des bonnes méthodes de culture, à la connaissance des 
espèces végétales et à l'extension du cercle des amateurs. 

On n'a pas oublié l'influence des leçons pratiques d'arboriculture 
données pendant longtemps : à Montreuil par Félix Malot et Alexis 
Lepère ; à Ecully , par Gabriel Luizet ; à Bourg, par Mas et Puvis ; 
à Lyon, par Willermoz et Verrier; à Bordeaux, par Georges; 
à Toulouse, par Laujoulet; à Vesoul, par Lahérard ; à Chartres, par 
Courtois ; à Grenoble, par Verlot ; à Dijon, par Weber ; à Autun 
par Dolivot; à Montpellier, par Hortolès ; dans l'Ouest, par Boncenne 
et Bouscasse; dans le Sud-Est, par Brémont; à Mulhouse, par 
Menet; autour de Paris, par Forest, Gaudry, Poiteau, Trouillet, 
Forney, Carrelet, et tant d'autres... Leur exemple a été suivi dans la 
majeure partie de nos départements. 

23 



386 FRANCE 

Le Muséum s'est arrêté dans cette voie inaugurée par André 
Thouin, Dalbret, Gappe ; espérons qu'il y reviendra. La popularité 
du cours professé par M. Maxime Cornu, directeur des cultures, 
doit encourager l'Administration du Muséum à donner la parole à 
ses chefs de service. 

Le Luxembourg continue la tradition des Hervy, des Hardy, des 
Rivière, des Jolibois. Le jardinier-chef, M. Opoix, réunit trois fois 
par semaine un auditoire distingué. 

La Ville de Paris a confié, après concours, la succession de 
Dubreuil à M. Ghargueraud. Le jardin fruitier de Saint-Mandé est 
fréquenté par un public d'amateurs et de praticiens ; c'est le centre 
de l'Ecole municipale et départementale de la ville de Paris, dont 
il a été question ; nous y reviendrons. (Voir page 387.) 

L'Association philotechnique admet l'horticulture et la botanique 
au programme de ses cours publics. Pendant longtemps, M. Eugène 
Forney a tenu la chaire de l'arboriculture. MM. Gustave Chevalier, 
Grosdemange et Duval sont inscrits parmi le personnel enseignant. 

En dehors des cours réguliers, des conférences et des causeries- 
promenades sont faites par des hommes spéciaux, de bonne volonté. 
Nous pourrions rappeler de nombreuses séances et expositions où 
nous avons eu le plaisir d'écouter la parole de personnages bien 
connus de l'horticulture moderne. 

Les échos de la Sorbonne, du Trocadéro, de l'hôtel des Sociétés 
savantes, des Sociétés nationales d'agriculture, d'horticulture, 
d'acclimatation, etc., ont recueilli des discours éloquents et des 
dissertations oratoires d'un haut intérêt. 

Quelques conférences ont été secondées par l'objectif d'un appareil 
à projections ; presque toutes sont publiées et imprimées. 

Le département de la Seine est en bonne voie, avec les études 
sur les engrais appliqués aux cultures fruitières ou potagères par 
M. Paul Vincey, professeur départemental, et la station de recherches 
installée au Parc-aux-Princes, sous la direction de M. Grandeau. 

Un enseignement professionnel horticole, d'arboriculture, de 
botanique, de maraîcherie, de dessin et d'arpentage est organisé sous 
les auspices de la Chambre syndicale des ouvriers jardiniers de la 
Seine. Les leçons publiques données par MM. Vauvel, Paul Hariot, 
Duvillard, Boniface, se tiennent à la Mairie du IV e arrondissement 
de Paris, à la Mairie de Boulogne, à la Mairie de Vitry, au jardin 
maraîcher Duvillard, situé à Arcueil, etc. 

Parmi les groupements de jeunes gens et de professeurs, dans un 
but mutuel d'instruction, nous signalons à Paris l'Union française 
de la Jeunesse. La section, dite du Jardin des Plantes, a vu s'ouvrir 



frRANCÈ 387 

un cours public et gratuit d'horticulture et de botanique, par 

M. Gérôme, ancien élève de Versailles, chef de botanique au Muséum. 

Voici le sommaire de ce cours : 

Sol et sous-sol ; amendements et engrais ; agents de la végétation autres que 
le sol ; travaux du sol ; travaux de culture et d'entretien ; multiplication natu- 
relle et élevage des plantes ; semis, plantations, arrosages ; multiplication arti- 
ficielle des plantes ; bouturage, marcottage, greffage ; notions de physiologie 
végétale ; théorie de la taille des arbres ; météorologie horticole ; géométrie 
pratique ; maladies des plantes ; récolte et conservation des produits. 

Nous ajouterons, à l'honneur du professeur et de ses élèves, que 
son auditoire compte un certain nombre d'employés et d'ouvriers du 
Muséum, avides d'entendre une parole autorisée, complétant leur 
éducation pratique. 

Des ouvrages ont été décernés aux élèves les plus assidus, ayant 
le mieux profité des leçons. 

Pour les jeunes jardiniers auditeurs, le complément obligé des 
conférences est l'obtention d'un diplôme de capacité ou certificat 
d'aptitudes. Nous citerons deux points importants, Paris, Lyon, qui 
en ont réalisé l'application. 

La Ville de Paris a organisé un Cours public et gratuit d'arbori- 
culture d'alignement et d'ornement, sous la direction de son 
professeur Ghargueraud. Pendant la saison d'hiver, 1892-1893, le cours 
a consisté en dix leçons théoriques, le soir, à l'amphithéâtre de la 
Société nationale d'horticulture de France, et en trente leçons 
pratiques, dans la journée, sur divers emplacements municipaux. J$ 

En voici le programme : 

Leçons théoriques. — Éléments de physiologie végétale, de géologie, de 
physique et de chimie, appliqués à l'arboriculture. — Principes généraux de 
culture. — Amendements. — Fumiers et engrais. — Arrosements. — Pépinières. 

— Serres et Orangerie. — Multiplication, élevage et conservation des plantes. — 
Traitement des maladies. — Destruction des insectes. — Plantations d'aligne- 
ment. — Etude des meilleures essences. — Plantations d'ornement des parcs, 
squares et jardins. — Choix et groupement de végétaux. 

Leçons pratiques. — Sur l'exécution et l'entretien des plantations. — Les 
soins de culture, la pratique de la taille et de l'élagage. — Étude des plantations 
sur les boulevards, avenues, parcs et squares, — sur les routes départementales, 

— au bois de Boulogne, à la Muette, — au bois de Vincennes, à l'École d'arbo- 
riculture, à Saint-Mandé et dans les pépinières de la ville. 

A l'issue du cours, un jury d'examen propose au Préfet de la Seine 
de délivrer des certificats d'aptitude aux élèves qui auront réuni 
les conditions indiquées par le programme d'examen. 28 certificats 
ont été délivrés à la session de 1894. 

A Lyon, dans le courant de l'année 1889, la Chambre syndicale 
des horticulteurs de la région lyonnaise fit appel aux praticiens, 
pour étudier les moyens « du développement rapide de l'horticulture. » 

La création du diplôme de jardinier fut décidée et le voeu transmis 
à l'Association horticole lyonnaise qui le réalisa, 



388 FRANCE 

Depuis 1890, un nouveau règlement décide que les diplômes seront 
au nombre de quatre et se diviseront ainsi : 

i° Le diplôme de culture maraîchère ; 

2 Le diplôme d'arboriculture ; 

3° Le diplôme de culture florale ; 

4° Le diplôme supérieur. 

Les titulaires, qui auront obtenu le plus grand nombre de points, 
recevront, en plus du diplôme, des primes en argent de 5o francs, 
de 25 francs, de i5 francs, ou une médaille de valeur équivalente. 

Des primes de 100 francs, de ?5 francs, de 5o francs, sont ajoutées 
au brevet supérieur, qui résume les trois sections d'enseignement 
complétées par des notions théoriques sur l'art des jardins. 

Le Jury est désigné, par le sort, dans une liste composée par le 
Conseil d'administration de la Société et comprenant dix maraîchers, 
dix arboriculteurs, dix fleuristes. Un botaniste complète le Jury. 

Les examens sont publics. 

Les notes, pour les épreuves pratiques, sont multipliées par le 
coefficient 3. 

La distribution des diplômes de 1892 s'est faite à l'École normale 
de la Croix-Rousse. 

Les départements ont des professeurs subventionnés par les 
Conseils généraux ou municipaux et par les Sociétés d'horticulture, 
d'autant mieux que les conférenciers sont des hommes de valeur, 
sous le double rapport de la pratique et du raisonnement. 

Il est même des professeurs départementaux d'agriculture rétribués 
par l'État, qui ajoutent à leur programme la pépinière, le verger, 
l'arbre à cidre, le vignoble, les reboisements, les engrais. 

On ne saurait trop reconnaître les bienfaits de ces institutions, les 
services rendus aux praticiens, aux amateurs, à toute la population 
rurale qui trouve là des éléments de bonheur et de richesse. 

Faut-il citer, à nouveau, quelques-uns de ces apôtres de l'horti- 
culture : Bazin, Courtois, Delaville, Lozet, de l'Oise ; Lambin, de 
l'Aisne ; Lucet, Varenne, Vilaire, de la Seine-Inférieure ; Piéton, de 
l'Eure ; Dubarle, de la Marne; Fauquet, Latouche, Rivière, de Seine- 
et-Oise ; Raquet, de la Somme ; Chauvelot, du Doubs ; Picoré, 
Foussat, de Meurthe-et-Moselle ; Faudrin, des Bouches-du-Rhône ; 
Jadoul, Saint-Léger, Bongard, du Nord; Levesque, de la Manche ; 
Robinet, de la Haute-Garonne ; Paille, d'Eure-et-Loir ; Gitton, 
du Loiret ; Fouquereau, Lemoine, de Maine-et-Loire ; Grosdemange, 
Nodot, de Seine-et-Marne ; Rousseau, Cognée, de l'Aube ; Allemand, 
de l'Isère ; Lochot, de la Côte-d'Or ; Layé, du Puy-de-Dôme ; Nardy, 
du Var et toute une légion, aux environs de Paris? 



FRANCE 38g 

Le Gouvernement récolte les fruits qu'il a semés, en patronnant 
les cours nomades d'Alphonse Dubreuil. Celui-ci, secondé par les 
administrations ou les sociétés locales, professait son cours d'arbo- 
riculture pendant une vingtaine de jours, dans la même ville. 

Des disciples se sont formés, répétant la parole du maître; les 
amis des bons fruits ont suivi ses conseils, et l'administration des 
routes est entrée dans une voie également rationnelle. 



V. — Jardins botaniques et d'études. 

Les jardins botaniques de France, administrativement organisés, 
sont les suivants : 

Amiens. — Le Jardin botanique d'Amiens a été fondé en 1759. 

M. le docteur Richer en est le professeur. 

M. Lamelle, jardinier en chef. 

Angers. — Le Jardin d'Angers, fondé en 1777, a des collections 
intéressantes, d'utilité ou d'ornement, organisées par M. Houdebine, 
jardinier en chef. 

Le directeur est M. le docteur Lieutaud. 

A vr anches. — Le Jardin des plantes, fondé en 1799, et dont le 
directeur était M. Louis-Bonomi Dubuisson, élève de Le Berriays, a 
cessé d'exister en 1886. Il a été transformé, à cette époque, en Jardin 
de plaisance. — Son jardinier est M. Romain Blouet. 

Bordeaux. — Le Jardin botanique de la Faculté de médecine et de 
pharmacie de Bordeaux, fondé en 1890, pour la culture des plantes 
médicinales, est situé à Talence. 

M. le docteur Guillaud en est directeur-professeur, M. le docteur 
L. Beille, chef de culture, et M. E. Peyronnet, jardinier-chef. 

Le Jardin botanique de la ville de Bordeaux, distinct du précédent, 
créé en 1861, a pour directeur-administrateur, M. F. Gaussens ; pour 
directeur scientifique M. le professeur E. Rodier, et pour jardinier- 
chef, M. A. Caille. 

Caen. — Le Jardin des plantes, l'un des plus anciens de France, a 
été complètement transformé en 1848. 

Directeur, M. Eugène Vieillard. — Chef de culture, M. Augis. 

Cherbourg. — Le Jardin de la Marine, à Cherbourg, fondé en 
1878, appartenant à l'État, ayant à sa tête M. le docteur Rouvier, 
directeur du service de santé, et le sous-directeur M. le docteur 
Michel, est confié aux soins du jardinier-chef, M. Osmont. 



390 FRANCE 

Le Jardin d'acclimatation de la ville de Cherbourg, fondé en 1872, 
par la Société d'horticulture, est dirigé par M. Hervieu, secondé par 
M. Le Tulliez, jardinier en chef. 

Clermont-Ferrand. — Le Jardin botanique, créé en 1745, par le 
Conseil de Ville, à la demande de la Société de médecine, eut pour 
chef Jean Bompart, médecin et conseiller du roi. 

Depuis, le jardin s'est enrichi de collections de plantes, d'herbiers 
et de serres, sous la direction de Henri Lecoq. 

Actuellement, son directeur est le docteur Paul Girod, professeur 
à l'École de médecine et de pharmacie, et à la Faculté des sciences 
de Clermont-Ferrand. Le jardinier-chef est M. Désiré Layé, élève de 
Versailles, secrétaire général de la Société d'horticulture. 

Dijon. — Fondé en 1772, par Legouz de Gerland, le Jardin bota- 
nique a pour directeur M. le docteur Laguesse, et pour jardinier-chef 
M. Jules Lochot, boursier, par concours, de la ville de Dijon, à 
l'École nationale d'horticulture de Versailles. 

Grenoble. — En 1782, l'Intendant de la province du Dauphiné 
fonde le Jardin botanique de Grenoble. Villars, médecin militaire 
l'organise, puis le dirige jusqu'en i8o5, époque à laquelle il fut nommé 
professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg. Son aide, Liottard, 
devint son successeur. — Plusieurs fois déplacé et agrandi, le jardin 
est définitivement installé en 1842. 

A Jean-Baptiste Verlot, succède, comme jardinier -directeur, 
M. Joseph Allemand, de l'École nationale d'horticulture, secrétaire 
général de la Société dauphinoise. 

Lille. — Un Carré botanique a été installé il y a quelques années, 
par M. R. Monier, dans la cour de la Faculté de médecine de Lille, à 
cause de l'éloignement de l'ancien jardin botanique de Saint-Maurice, 
fondé vers 1864 > m &is il n'est ouvert qu'aux étudiants en médecine. 

Le Jardin botanique de la ville de Lille, a pour directeur et 
jardinier en chef M. Léon Saint-Léger, un des brillants élèves de 
Versailles, professeur du cours municipal d'arboriculture, directeur 
des jardins de la ville de Lille. 

La municipalité lui accorde un subside de 18,000 francs. 

Lyon. — Le Jardin botanique de Lyon, d'abord situé au centre de 
la ville, dans le Jardin des Plantes, a été transplanté en i858 au 
Parc de la Tête-d'Or, par M. Seringe, professeur à la Faculté des 
sciences, avec la collaboration de M. L. Cusin, alors aide-naturaliste. 

M. Seringe eut pour successeurs MM. Faivre, Magnin, Dutailly, 
Guignard et Gérard, professeurs à la Faculté des sciences. Ce dernier 
est le directeur actuel ; il est de plus chargé des collections botaniques 
et horticoles de la ville. 



FRANGE 391 

M. Gérard est assisté de quatre jardiniers-chefs. L'un d'eux, 
M. Goujon, est spécialement attaché au Jardin botanique ; les serres 
sont aux soins de M. Petit-Renaud ; M. Buisson a les cultures de 
pleine terre (Arboretum et Rosarium); M. Chrétien, les plantes 
herbacées d'ornement. 

Marseille. — Le Jardin botanique, essentiellement municipal, est 
situé à quatre kilomètres et demi de Marseille, au parc Borély. 
Depuis 1880, un laboratoire de recherches botaniques y est annexé. 

Directeur : M. le docteur-professeur Edouard Heckel, professeur 
de botanique à la Faculté des sciences. 

Sous-directeur : M. le professeur KiefTer. 

Chef de culture : M. Davin, jardinier-chef. 

Montpellier. — Le 20 mai 1893, à l'inauguration des bustes 
de Dunal, Martins et Planchon, anciens directeurs du Jardin 
botanique de Montpellier, M. Granel, professeur à la Faculté 
de médecine, rappelait que cette année était le 111 e centenaire de la 
fondation du jardin. 

En même temps, le savant directeur remontait dans rémunération 
de ses glorieux prédécesseurs jusqu'à Richer de Belleval, jusqu'à 
Rondelet, proclamé par Linné, « le maître des plus célèbres 
botanistes de l'époque ». 

C'est, en effet, à l'école de Rondelet que se formèrent les plus 
distingués naturalistes de cette période, les Lobel, les Charles de 
l'Ecluse, les Jean Bauhin, les Dalechamp. 

Actuellement, M. Jules Daveau est le jardinier-chef. 

Nancy. — Fondé vers 1760 par Stanislas, roi de Pologne et duc de 
Lorraine, le Jardin botanique a pour directeur M. G. Le Monnier, 
professeur de botanique à la Faculté des sciences ; pour chef des 
serres, M. V. Brangbourg, et pour chef de l'École botanique, 
M. Toussenat. 

Nantes. — Le Jardin botanique de Nantes a été ébauché en 1840, 
transformé en i858 et agrandi en 1862. 

Le directeur est M. Paul Marmy, et le jardinier-chef M. J. Diard. 

Le Jardin possède des Acacias, des Mimosas, des Azalées, des 
Camellias, des Bambous, des Magnolias, des Chamérops, et diverses 
espèces qui resteraient délicates sous un climat moins tempéré. 

Orléans. — Le Jardin botanique de la ville d'Orléans, fondé en 
1640, est administré par une commission de sept membres : M. Auverd 
pour la botanique ; MM. Transon, Gouchaut et Goujon, pour les 
pépinières ; MM. Rosssignol, Dufour, Montaillé, pour la floriculture. 

Le jardinier en chef était, depuis 1871, M. Edouard Duneau (décédé 
pendant l'impression de cet ouvrage). 



392 FRANGE 

Des subventions importantes ont permis au Jardin botanique de 
créer, dans la ville, des squares et des promenades qu'il continue à 
entretenir. 

MM. Edouard Delaire et son fils Eugène en ont été les directeurs. 
Paris. — La capitale possède : 
i° Le Jardin botanique de l'École de pharmacie ; 
2 Le Jardin botanique de la Faculté de médecine ; 
3° Le Jardin du Muséum d'histoire naturelle. 

Dans un instant, nous signalerons les principaux services rendus 
à l'horticulture, par ce dernier établissement. (Voir page 3o,3.) 

Poitiers. — Le Jardin botanique, fondé en 1787, a pour directeur 
M. J. Poirault, professeur, et pour jardinier-chef M. Debré. 

Rennes. — Le Jardin botanique occupe l'emplacement de la 
promenade du Thabor, qui était, avant la Révolution, le Jardin parti- 
culier des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Melaine. 

En 1800, la Ville de Rennes fit l'acquisition du Thabor et y installa, 
en 1807, le Jardin botanique que réclamait l'École de médecine. 
A côté, se trouve le Jardin des plantes. 

Le Jardin botanique doit son beau succès aux soins continus de 
M. Golleu, qui, depuis trente-cinq ans, est à la fois le directeur et le 
jardinier en chef du jardinet des serres monumentales construites en 
1862-1863. 

Rouen. — L'origine du Jardin des plantes remonte à 1735. Il fut 
fondé par Rerthault, chanoine de l'église de Rouen et par les chirur- 
giens Moyencourt et Dufay, gens fort instruits qui se réunissaient 
pour cultiver ensemble la botanique et les belles-lettres. 

En i832, la Ville de Rouen fait l'acquisition du parc de Trianon, 
d'une superficie de /J5,5oo mètres, situé à l'extrémité du quartier 
Saint-Sever. 

Ce jardin est remarquable par son étendue, le nombre et la variété 
de ses richesses. 
M. F.-A. Pouchet fut directeur du jardin; 
M. Dubreuil père, jardinier en chef; 
M. Glost, aide-naturaliste. 

Aujourd'hui, M. le docteur Blanche est professeur de botanique; 
M. Lucet, professeur d'arboriculture, et M. Leleu devient jardinier- 
chef, succédant à Emile Varenne, décédé au mois de septembre 1894. 
Toulouse. — Le Jardin botanique de la ville de Toulouse est un 
des plus importants de France. Il ne compte pas moins de cinq mille 
espèces de plantes indigènes ou exotiques, toutes cultivées avec soin. 
La classification naturelle de ce jardin, qui a été adoptée par 
M. le docteur Clos, directeur, rend l'étude des plantes tout à fait 



FRANCE 393 

facile. Un tableau indiquant cette classification, se trouve en tête de 
l'école, et permet aux gens peu habitués à cette science de trouver 
la famille des plantes à l'étude de laquelle ils veulent se livrer. 

Ce jardin, si savamment classé, ne cesse de prospérer, grâce au zèle 
éclairé et au dévouement du savant professeur de botanique et direc- 
teur du jardin, M. le docteur Clos. Afin de rendre plus claire l'étude 
de cette science aux élèves de la Faculté de médecine, il a été créé, 
toujours par les soins du même directeur, une école spéciale qui a 
pour titre : École de plantes médicinales. 

Le jardinier- chef est M. Michel Milhau. 

Muséum d'histoire naturelle à Paris. 

Hérouard, premier médecin de Louis XIII et Guy de la Brosse, son 
médecin ordinaire, obtinrent, par Lettres Patentes, l'autorisation 
d'acheter, au nom du Roi, une maison, plus un terrain de 24 arpents, 
sis au faubourg Saint- Victor, pour y fonder un « Jardin royal des 
herbes médicinales ». Les travaux commencèrent en 1626 et furent 
terminés huit années plus tard. 

En 1641, Guy de la Brosse, directeur, succédant à son collègue, 
publiait le catalogue des i36o espèces de variétés cultivées. 

Pendant plus de deux siècles, le Jardin ne cessa de s'agrandir et 
ses directeurs multiplièrent leurs moyens d'action scientifique et 
pratique. Les autres branches de l'histoire naturelle vinrent, plus 
tard, y annexer leurs musées, leurs collections, leurs galeries et, 
enfin, des chaires d'enseignement y groupèrent autour d'elles un 
auditoire avide de recevoir une instruction supérieure ou populaire. 

Au début de la Révolution, André Thouin, jardinier en chef, avait 
reçu du ministère Roland les importantes collections fruitières des 
Chartreux. 

Le 26 juin 1793, sur un rapport de Lakanal à la Convention, le 
titre de « Muséum d'histoire naturelle » était définitivement donné à 
notre grand établissement scientifique. 

Les chaires de Botanique et de Culture ont mis en relief des 
personnages éminents, tels que Tournefort, De Jussieu, de Lamarck, 
Desfontaines, Brongniart, Decaisne. 

A côté de ces derniers, des chefs de culture, habiles dans leur art, 
contribuent laborieusement à l'étude comparative des végétaux, et 
développent leurs modes de culture ou de reproduction. Ce sont : 
André Thouin, qui devint professeur et membre de l'Institut; 
Bertemboise, Riche, Camuzet, Neumann, Pépin, Carrière, Verlot... 

La serre et l'orangerie n'absorbent pas tout entière l'attention du 
Directeur actuel des cultures, M. Maxime Cornu (nommé en 1884), et 



394 



FRANCE 



IOOO — 

280 — 

220 

5oo 



de ses actifs collaborateurs, dont la majeure partie émane de l'École 
de Versailles. Les parterres bien connus du public exhibent les 
meilleures plantes de corbeilles. On y compte notamment : 
800 variétés de Rosiers ; 

de Chrysanthèmes ; 
de Glaïeuls ; 
de Pélargoniums ; 

de Tulipes, Jacinthes, Iris, Crocus et autres plantes 
bulbeuses, etc. 
Aussi les demandes des permis accordés aux étudiants et aux 
artistes, deviennent-elles de plus en plus nombreuses. Pendant 
l'année i8g3, il a été distribué 862 cartes à 544 personnes qui 
désiraient recevoir des échantillons, étudier ou copier des modèles 
dans les serres ou les carrés de la pleine terre. En i883, il n'avait été 
demandé que i83 cartes ; en 1864, seulement 89. 

Voici, d'ailleurs, un tableau des Graines, des Plantes, Boutures et 
Greffons, distribués aux établissements de ce genre et aux correspon- 
dants du Muséum, de 1884 à 1893 inclus. 







PLANTES VIVANTES 


ARBRES 


GREFFONS 


TUBERCULES 


ANNÉES 


SACHETS 


Exemplaires ou touffes 


et 

ARBUSTES 


et 

BOUTURES 


Espèces 




DE GRAINES 


PLEIN AIR 


SERRES 


Exemplaires 
ou touffes 


Espèces 
(spécimens d') 


(spécimens d') 


1884 


2O.706 


269 


8i3 


1.276 


» 


I 


1885 


20.684 


890 


208 


8 


» 


28 


1886 


21.100 


i5 


4.565 


» 


» 


10 


1887 


18.546 


1.254 


8.614 


3 7 i 


363 


» 


1888 


25 . 620 


2-994 


12.192 


3.4i4 


i.oo5 


63i 


1889 


25.oi5 


2.702 


3.oio 


3.463 


2 664 


1.498 


1890 


22.524 


3.889 


1.709 


2.470 


715 


619 


1891 


28.124 


7.146 


2.709 


3.832 


1.836 


811 


1892 


24.928 


5.75o 


1.568 


5.700 


1.594 


i.i3a 


1893 


22.252 


4-312 


1.443 


3.796 


53o 


1 38o 




29 221 


36.83i 








Totaux . 


229.499 


66 oc 


2 


24.33o 


8.707 


6.110 



Un des rôles du Muséum consiste dans l'échange des végétaux 
avec des jardins similaires, et la vulgarisation des espèces utiles, 
dans nos colonies, 



FRANCE 



3g5 



Le Directeur des cultures s'est rigoureusement consacré à 
cette double mission. Il a renoué d'abord les rapports mutuels, 
quelque peu interrompus ou ralentis, avec les établissements 
scientifiques français ou étrangers, répartissant les richesses du 
Muséum entre les Écoles d'agriculture, Sociétés d'horticulture, Parcs 
et Jardins publics, Écoles normales, Pépinières administratives, 
Jardins d'études et Stations de recherches. 

Tous ces jardins rendent de réels services aux professeurs, aux 
étudiants et à la population. 

Indiquons, à titre de document, la nature des établissements qui ont 
pris part à cette distribution, pendant la dernière année, du 
I er octobre 1892 au I er octobre 1893. 



DESIGNATION 



DES ETABLISSEMENTS 



Jardins botaniques français 

Jardins botaniques étrangers 

Etablissements d'enseignement supérieur 
Jardins municipaux , 

"»-«|5S::::: 

Professeurs départem.: Champs d'expér 

Ecoles nationales d'agriculture , 

Ecole nationale d'horticulture 

Ecoles nationales vétérinaires , 

Ecoles nationales forestières 

Ecoles pratiques d'agriculture 

Fermes-Ecoles 

Ecole d'agriculture libre 

Ecoles primaires agricoles et orphelinats 

Jardins scolaires 

Ecoles militaires 

Etablissent de bienf et d'utilité publique 
Sociétés d'agriculture et d'horticulture . 
Correspondants 

Totaux 



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466 


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1 


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27 


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1 


35 




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82 


7 


174 


17 


1021 


38 
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179 


22252 



PLANTES 

VIVANTES 

Exemplaires ou 
touffes 



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i55 

» 

326 

i4 

» 

162 

» 

» 

5 

342 

54 

7 
57 
33 

125 

247 

28 

1064 

2619 



82' 455 

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233 61 

5 

261 

1 

099 

23 

27 
2 

118. 
22 
10 

39 
6 
» 
6 

59 
107 



1693 
5755 



i33 
1443 



33 
5 

134 

10 
10 

4 
790 

6 

2 

54 
16 

2 

23 

17 

» 

229 

16 

29 



[38o 



78 

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246 

12 
711 



256 1 
i55 

277 

25 

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97 
623 
108 

3o 

352 

258 

» 

2 9 
161 

245 



3724 



3GG 



100 



m 



Le Muséum approvisionne largement nos possessions lointaines 
en végétaux alimentaires ou industriels, destinés à augmenter les 
revenus coloniaux, tout en enrichissant producteurs et exploitants, 



396 FRANCE 

Depuis huit années, plus de 25o espèces ont été expédiées vers les 
côtes d'Afrique, l'Indo-Chine, la Nouvelle-Calédonie, la Réunion, 
Madagascar, la Guyane, etc. 

N'est-ce pas là une œuvre éminemment civilisatrice et utile? 

L'enseignement des cultures coloniales s'imposait ; M. Maxime 
Cornu l'a institué au Muséum, à dater de 1886. Il secondait en même 
temps la création de nouveaux jardins d'essai : 

A Libreville (Gabon, 1886) ; 

A Dabou (Côte d'Ivoire, 1893) ; 

A Tunis (1890) ; 

Tous trois confiés à d'anciens élèves de l'École de Versailles. 

Par un sentiment patriotique bien naturel, les Directeurs des 
jardins coloniaux, les Résidents, les Missionnaires, les Explorateurs 
envoient au Jardin des Plantes les végétaux rares ou inconnus. 

Nous pourrions citer en arrivages de cette nature : 

Plus de 800 espèces ou variétés de la côte orientale d'Afrique ; 

Plus de i3oo de la côte occidentale tropicale ; 

Plus de 3oo du Soudan ; 

Plus de 600 des Antilles ; 

Et un nombre considérable de l'Australie et de la Nouvelle- 
Zélande. 

Etablir l'inventaire exact et complet des richesses végétales ainsi 
importées nous conduirait loin. 

Par les citations qui vont suivre, nous voulons cependant mettre 
en relief l'activité déployée par notre grand établissement national 
et ses explorateurs, activité qui n'a jamais été plus grande que dans 
ces dernières années. 

Vers la fin du dernier siècle, André Michaux dotait la France de 
toute la flore arborescente de l'Amérique du Nord ; de Humboldt et 
Bonpland adressaient du Mexique, les premières semences du 
Dahlia ; La Billardière signalait les Eucalyptus d'Australie; etc. 

Combien d'autres, libres ou officiels, sont entrés dans cette voie 
glorieuse, mais non sans périls, de nous enrichir des végétaux 
jusque-là inconnus, sources de richesses, de bien-être, de commerce 
et d'industrie ! 

Abordons cette énumération sommaire : 

Afrique Septentrionale. 

Parmi les correspondants du Muséum qui, dans ces derniers temps, 
ont envoyé des semences recueillies dans l'Afrique septentrionale, 
citons : 

Algérie. — MM, Battandier, Trabut, Durando et Doumergue. Ce 



FRANCE 897 

dernier surtout a fait de nombreuses expéditions de la région 
oranaise. 
Tunisie. — M. Blanc, 1893. 

Maroc. — M. Mellerio. En 1786, Desfontaines avait importé : 

Aristolochia altissima. 
Et Daveau, (mission à la Cyrenaïque) : 

Hypericum Decaisneanum. 

Afrique Orientale. 

Abyssinie. — En 1825, M. Rochet d'Héricourt entreprend à ses 
frais le voyage dAbyssinie.il y recueille le « Teff» Poa abyssinica, 
céréale cultivée sur les hauts plateaux. 

En 1840, MM. Petit et Quartin Dillon, de l'expédition scientifique 
d' Abyssinie, envoient : 

Antholyza œthiopica ; Colutea abyssinica ; Euphorbia abyssinica. 

Madagascar. — M. Pervillé, 1842-1844* introduit, de Madagascar : 

L'Asparagus ruscifolius. 
Quelques années auparavant, 1841, le Muséum avait reçu : 

L'Hibiscus Cameroni. 
De 1887 à 1889, il lui est adressé, par M. Rigal, pharmacien de la 
Marine à Diego-Suarez : 



Adansonia sphœrocarpa ; 
Apocynées diverses ; 



Hymenodictyon (Flamboyant bleu) 
Ryphœne (species) 



Breweria (species) ; Jatropha (sp. nova) ; 

Burseracéesàportd'Aralia(Protium); Landolphia (diverses espèces) ; 

Carapa moluccensis ; Lecontea (liane à feuilles fétides) ; 

Cassia Petersiana ; Lycopodium (tige trigone, feuilles 
Gédrélacée (petit arbre) ; spatulées) ; 

Croton squamigerus ; Menispermée (à souche tubéreuse et 
Derris (species); feuilles trilobées) ; 

Dioscorea (bulbes pesant 3 kil. 280) ; Pachypodium (à belle fleur) ; 

Entada abyssinica ; Senra scandens ; 

Erythrina tomentosa ; Sparmannia subpalmata ; 

Euphorbia (3 espèces) ; Strophantus Rigali (sp. nov.) ; 

Euphorbia (à nœuds) ; Strychnos (plusieurs espèces) ; 

Grewia (plusieurs espèces) ; Terminalia melanophylla ; 

Hippocratea (sp. 2 espèces) ; Vanilla scrobiculata. 

A la même époque, le R. P. Gamboué (1888) fait d'intéressants 

envois de graines. 

Zanzibar. — M. Ledoulx, consul à Zanzibar, expédie des végétaux 
et des semences d'une certaine valeur (i885). 

Par M. Humblot, explorateur aux Iles Gomores : 

Angraecum articulatum ; Angraecum Sanderianum, 1887 ; 

— fuscatum ; Eulophia megistophylla, i885 ; 

— Leonis; Impatiens comorensis, 1887. 

Dans ces dix dernières années, Mgr Leroy, de Zanzibar et Frère 
Alexandre, du Zanguebar, ont continué les introductions du R. P. 
Duparquet(i873 et années suivantes). On leur doit notamment: 

Crinum Kirki ; Zamioculcas Boivini ; Zamioculcas Loddigesii, etc. 



3 9 8 



FRANGE 



De 1887 à 1894, le R. P. Sacleux, 

Acacia glaucophylla ; 

Acridocarpus zanzibaricus ; 

Adenium obesum (3 var.) ; 

iEolanthus zanzibaricus (Labiée épi- 
phyte); 

Afzelia cuanzensi* ; 

Albizzia fastigiata ; 

Aloe abyssinica ; 

Asparagus, (2 espèces) ; 

Baccaurea « Msolo » (arbre à bois dur) ; 

Balsamodendron (species) ; 

Barleria (species) ; 

Garpolobia alba (Polygalée) ; 

Gelastrus laurifolius ; 

Gissus pannosa; 

Gissus (liane vénéneuse) ; 

Goffea zanguebaricus ; 

Combretum constrictum ; 

Gombretum (espèces diverses) ; 

Gordia subcordata; 

Grinum ; 

Gucumis Sacleuxii ; 

Desmodium (species nova) ; 

Dicrostachys nutans ; 

Dioscorea (tubercules aériens ver- 
nissés) ; 

Dissotis prostrata (Mélastomacée) ; 

Erythrina (à larges feuilles) ; 

Encephalartos villosus (mâle) ; 

— villosus (femelle); 

Euphorbes (cactiformes^ ; 

Gardénia (plusieurs espèces) ; 

Gnidia emetica (Synaptolepis?) ; 

Gongrothamnus Hildebrandtii (Com- 

Sosée à tige marbrée, du Kilima 
'djaro); 



missionnaire à Zanzibar, envoie : 

Grewia glandulosa ; 

Haemanthus ; 

Harrissonia abyssinica ; 

Heinsia densiflora (Rubiacée à fleurs 

de néflier) ; 
Jasminum trifoliatum ; 
Lissochilus (à fleurs jaunes) ; 
Mimusops fruticosa ; 
Modecca Kirkii ; 
Monodora stenopetala ; 
Ochna mozambicensis ; 
Ophiocaulon gummifer ; 
Pandanus (de l'Intérieur) ; 
Paullinia pinnata ; 

Plectranthus ciliatus (à fleur bleue) ; 
Polysphœria parvifolia ; 
Psychotria umbraticola ; 
Randia dumetorum ; 
Sarcostemma aphyllum ; 
Sclerocarya cafîra ; 
Sida carpmifolia ; 
Sideroxylon brevipes ; 

— diospyroides ; 

Solanum sanctum ; 
Sterculia (voisin du Sterculia villosa) ; 
Strychnos (plusieurs espèces) ; 
Tephrosia toxicaria (importé) ; 

— densiflora; 
Telfairea pedata ; 

Thespesia edulis (fruit comestible) ; 
Tinnea Sacleuxii, sp. nov. ; 
Uvaria acuminata ; 

— parviflora ; 

— scabrida ; 
Vitis adenocaulis ; 

— crassifolia; etc., etc. 



Zanzibar, côtes et îles voisines. — D'un voyage de 1821, par 
Neumann, les serres dont il est chef gagnent deux beaux Palmiers : 
Arecasapida; Latania borbonica. 

Et la roseraie s'enrichit d'une forme nouvelle du Rosier, dit de 
Vile Bourbon. 

Par M. Gaudichaud : 
Angrœcum eburneum ; 

Par M. Pervillé : 



Polystachya cultrata. 



Garissa sessifolia, 1844, Réunion ; 
Gœnopteris fœnicula, 1842 Réunion ; 
Golea Gommersonii, i844> 
Marattia sorbifolia ; 



Pouzolzia rhexioides ; 
Saldinia coffeoïdes, 1842 ; 
Sipanea carnea, Réunion ; 
Stadmannia africana, i85i, Maurice. 



Afrique Occidentale. 

Gabon ; Congo ; Côte d'Angola. — Le Gabon est mis à contri- 
bution : 

De i853 à 1857, par M. Aubry-Lecomte, voyageur au Gabon, puis 
directeur des cultures du jardin d'essai. 

Pendant dix ans, de i863 à 1873, par le R. P. Duparquet. 

Et, depuis 1884, par MM. le Docteur Ballay, gouverneur'du Gabon; 
Pierre, jardinier^chef du jardin d'essai à Libreville (1887-1892); 



FRANCE 



399 



R. P. Klaine, missionnaire au Gabon (1886-1894); Château, pharma- 
cien de la Marine (1886-1887). 

C'est aux recherches de ces derniers, que le Muséum est redevable 
de plants ou de graines des espèces qui suivent : 

Lonchocarpus sericeus ; 
« M'bino » (bois de fer) ; 
Monochoria gabonensis (sp. nov.) ; 
Monodora maritima ? ; 

— myristica (Muscade de Ca- 
labasch, (graines aromatiques) ; 

Mucuna melanocarpa ; 
Musanga Smithii (bois-liège) ; 
Myrianthus arborescens ; 
Myristica angolensis ; 

— longifolia (Muscadier à 
suif); 

« Ombeni Ogoli » (fruit aphrodisia- 

Sue); 
'ugueco » Olacinée (graine oléagi- 
neuse) ; 
Pentaclethra gabonensis (sp. nov.) ; 

— Griffoniana ; 

— macrophylla ; 
Phrynium species, (herbe aux as- 
siettes) ; 

Piper Clusii ; 

Podococcus Barteri ; 

Pollia cyanocarpa ; 

Psophocarpus comorensis ; 

Rhynehosia cyanosperma ; 

Sclerosperma Manni ; 

Stephania hernandiaefolia ; 

Sterculia oblonga ; 

Strophantus glaber, H. P. ; 

Strychnos Icaja ; 

Tabernaemontana Iboga ; 

Tacca involucrata (poison violent) ; 

ïephrosia Vogelii (poison) ; 

Tetracera alnifolia (arbre du voya- 
geur) ; 

Tetrapleura Thonnigii ; 

Trachyphrynium, (species); 

Trecuua africana ; 

Trichoscypha ferruginea (fruit comes- 
tible) ; 

Xylopia cyanosperma ( Poivre de 
Guinée). 



Aleurites microspermus (graine oléa- 
gineuse) ; 

Amomum (nombreuses espèces) ; 

Ancistrocladus secundiflorus ; 

Anona palustris ; 

Anthocleista gabonensis (sp. nov.); 

Aubry a gabonensis (fruit comestible); 

Barteria (species) ; 

Bassia Djawe (arbre à graisse); 

Berlinia acuminata ; 

Brehmia spinosa ; 

Canarium Saphu ; 

Casearia species ; 

Chrysobalanus ellipticus (fruit co- 
mestible) ; 

Cola Ballayi; 

— clavata ; 

— gabonensis ; 

— pachycarpa ; 

— species ; 

Coula edulis (noix comestible) ; 
Daniella (species) j 
Diderotia multispicata ; 
Dioscorea bulbifera (poison violent); 
Diospyros (plusieurs espèces) 
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DracaenaGoldieana(feuille panachée); 
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►elle); 



Dracontomelum « Ôsogougo » (fruit 
Mirab 
ïe; 
Eremospatha (species); 



comestible, goût de 
Duparquetia orchidacea ; 



Eugenia guineensis (fruit comestible); 
Feronia gabonensis (sp. nov.) ; 
Ficus. . . (feuilles larges, velues); 
Gardénia (plusieurs espèces) ; 
Grewia (plusieurs espèces) ; 
Grumilea micrantha ; 
Hannoa (species) ; 
Haronga madagascariensis ; 
Hippocratea (species) ; 
Irvmgia Barteri (graine oléagineuse); 
Landolphia (nombreuses espèces, lia- 
nes à caoutchouc) ; 
Leptactinia Manni ; 

En 1888, le Docteur Jacintho, médecin des paquebots portugais, 
fait présent au Muséum du Groton Mubango, de Musas, de Grewias, 
etc., qu'il a recueillis sur la côte d'Angola. 

En 1892, M. Jean Dybowski rapporte du Gabon-Congo, deux 
espèces de Vignes, une de Gardénia et quelques autres raretés. 

Sénégal ; Soudan. ■— Le Muséum a reçu du Soudan : 
Par MM. Guillemin et Perrotet (1827) : 

Carapa touloucouna ; Methonica simplex, etc. 

Par le Docteur Bellamy (i885) : 

Dioscorea Berteroana ; Oncoba spinosas 

Par le Docteur Collin (î886) : 

Kaya senegalensis (Acajou du Sénégal), 



400 FRAtfCË 

De 1887 à 1894, par M. Lenoir, chef du service vétérinaire au 

Soudan (tué à Tombouctou; expédition Bonnier, en 1894): 

Acacia lutea ; Nauclea inermis ; 

Balanites œgyptiaca (datte du désert); Sapindus senegalensis (cerise du 

Cocculus Bakis ; Gayor) ; 

Erythrina tomentosa ; Sarcocephalus esculentus (fruit co- 

Erythrophleum guineense (poison mestible); 

(l'épreuve) ; Spondias Birreea (arbre à cidre) ; 

Detariummicrocarpum«Dank» (fruit Zizyphus orthacantha (Jujubier du 

comestible) ; Sénégal). 

Par le Docteur Fras (1887) : 

Afzelia africana ; Panicum filiforme ; 

Gassia Sieberiana ; Parkia biglobosa ; 

Eriodendron anfractuosum (Froma- Raphia vinifera; 

ger); Strophantus sarmentosus. 

Par le Docteur Laffont (1888) : 

Cordia senegalensis. 

Par le R. P. Sébire, missionnaire, (1886-1894) : 

Acridocarpus (species) ; Hippocratea (species) ; 

Anona senegalensis ; Lonchocarpus formosianus (Lilas du 

Boscia angustifolia ; Soudan) ; 

— senegalensis ; Maerua angolensis ; 

Cissampelos Pareira (bois amer) ; Vernonia nigritiana (Batientor) ; 

Cordyla africana (poire du Gayor) ; Vitex cuneata; 

Grewia corylifolia ; Ximenia africana. 
Hannoa undulata ; 

Par le R. P. Audren (1890- 1894) : 

Des Aroïdées, des Gapparis, des Hœmanthus, etc. etc. 
Parle Docteur Goppin, médecin de la marine, (1892-1894) : , 

Un certain nombre d'espèces intéressantes. 

Afrique Australe. — Du Docteur Midley-Wood, surintendant 
du Jardin botanique à Durban, sont arrivées depuis quelques années, 
de nombreuses espèces de Natal. 

Amérique du Nord. 

Etats-Unis. — Citons en premier lieu : le Robinier faux-acacia, 

envoyé en 1601, à Jean Robin (l'arbre existe encore au Muséum) puis : 

Aster argenteus (par Michaux, 1797); Gardoquia betonicoides, i838. 

Gaillardia aristata, i832 ; Le Tithonia tagetiflora, 1778 ; 

Déjà, Monceau, Trianon, Jeand'heurs, La Malmaison, Raleine, les 

établissements Gels et Noisette, possédaient les trouvailles faites 

par André Michaux et son fils François- André. 

Acer eriocarpum ; Magnolia macrophylla ; 

Amorpha pumila ; Pavia flava ; 
Ascyrum hypericoides ; — rubra ; 

Calycanthus fertilis ; — macrostachya ; 

Carya olivasformis ; Pinkneya pubens ; 

— porcina ; Planera Gmelini ; 

Cladastris tinctoria; Quercus.... diverses espèces; 

Illicium feoridanum ; Robinia viscosa ; 

Juglans cinerea ; Schizandra coccinea ; 

Jussieea grandiflora (aquatique) ; Vitis.... plusieurs espèces. 
Magnolia auriculata ; 

M. Considérant a expédié, de Californie, au Muséum : 

Agave Consideranti (1875). Callirohe involucrata (1859). 



France 



4oi 



M. Sargent, professeur à Harvard-University, directeur de 
Y Arnold Arboretum (Etats-Unis) est, depuis 1876, un correspondant 
assidu du Jardin des Plantes de Paris ; il fournit, de 1876 à 1884 : 



Caniassia Fraseri ; 
Frasera speciosa ; 
Fraxinus dipetala ; 
Ipomea setosa ; 
Neviusia alabamensis 
Peltandra virginica ; 



Pinus Fremontiana ; 
Purshia tridentata ; 
Sideroxylum argenteum ; 
Staphylea Bolanderi : 
Streptanthus cordatus ; 
Etc. 



Depuis 1884, les envois ont porté sur des végétaux américains et 
sur des espèces chinoises ou japonaises, rares ou nouvelles dans les 
cultures européennes : 



Aralia cachemirica, 1887 ; 
Celastrus articulatus, 1887 5 
Deutzia parviflora, i885 ; 
Fraxinus Bungeana, i885 ; 
Hydrangea vcstita, i885 ; 



Lonicera Sullivanti, 1889 ; 
Panax sessiliflora, i885 ; 
Sophora flavescens, i885 ; 
Syringa japonica, 1886. 



Mexique. — En i865, le Muséum reçoit de MM. Bourgeau et Hahn, 

membres de la Commission scientifique française : 

Cheirostemonplatanoides,(Sterculia- Choisya tcrnata ; 

cée dont on ne connaissait qu'un Justicia Lindeni ; 

exemplaire. La fleur a été étudiée Prunus Capuli. 

au Muséum, et a donné lieu à de 
curieuses observations) ; 

Depuis, M. Hahn se borne aux récoltes de graines. 

Vers 1842, M. Trécul, voyageur du Muséum, fait parvenir : 

Cucurbita perennis ; 
Lagenaria macrocarpa ; 
Mespilus linearis ; 



Sophora secundiflora ; 
Yucca lutescens ; 
— Treculeana. 



En i843, M. Ghiesbreght fait hommage d'un lot superbe : 



Amphilophium Ghiesbreghtianum ; 
Aphelandra l'ulgens ; 
Arisaema macrospatha ; 
Bégonia velutina ; 

— ribesioides ; 
Bletia Ghiesbreghtiana; 
Bouvardia mollis ; 
Bunchosia montana ; 
Ceratozamia mexicana ; 
Cœlia macrostachya ; 
Chamœdorea auraîitiaca ; 
Chœtogastra Naudinianum ; 
Chysis bractescens ; 
Cordia nivea ; 
Cupania pandurœfolia ; 
Cuphea miniata ; 
Cypella Ghiesbreghtii ; 
Dioscorea macrostachya ; 
Echinocactus hexaedrophorus ; 



Echinocactus rccurvus ; 
— spiralis ; 

Eupatoriummicranthum ; 
Gesneria mellitifolia ; 
Gloxinia iimbriata ; 
Habrothamnus elegans ; 
Hydrotœnia meleagris ; 
Inula glutinosa ; 
Macleania coccinea ; 
Mamillaria erecta ; 
Philadelphus mexicanus microphyl- 

lus ; 
Hogiera latitblia ; 
Senecio columnaris, crassicaulis, 

GhiesbregJitianus ; 
Sobralia bletioides ; 
Solanum Delilei, macrantherum ; 
Spatiphyllum lancœfolium : 
Tupa Ghiesbreghtii. 



Amérique Centrale. 

Martinique, Antilles, Guadeloupe. — MM. L/Herminier, venant 
de la Guadeloupe, en 1842; Richard, i83o,-i856; Bélanger, 1856-1879; 
Thierry, 1885-1887, ces trois derniers successivement directeurs du 

2G 



4o2 FRANCE 

Jardin botanique de Saint-Pierre, à la Martinique, ont introduit la 

plupart des plantes de ce pays. 

Par Richard : 

Acalypha filiformis, i845; ' Jossinia myrtifolia; 

Acrosticlmm latifolium, i855 ; Lomaria longif'olia ; 

Agatophyllum aromaticum, 1842 ; Myonima myrtifolia ; 

Alstonia lucida, 1841 ; Musa textilis, 1839 ; 

Areca crinita, 1842 ; Nuxia verticillata, i855 ; 

Asplenium cuneatum, i855 ; Ochna laurifolia, i855 ; 

Asi)idium crinitum, i855 ; Olea cernua, i855 ; 

Burasaia madagascariensis, i855 ; Quivisia heterophylla, i855 ; 

Garissa xylopicron, i855 ; Sansevieria cylindrica, i855 ; 

Cephaelis Ipecacuanha, i855 ; Spathodea adenophylla, i855 ; 

Codiaeum longifolium, i855 ; Sterculia macrophylla, i855. 
Didymeles madagascariensis, i855 ; 

Par M. Bélanger, i5oo échantillons de la flore de la Martinique. 

Les envois de M. Armand Thierry ne sont pas moins importants. 
Un seul, celui du 26 mars 1887, renfermait 2o3 plantes vivantes. (Cet 
élève de Versailles a importé à la Martinique la culture de l'Indigo 
et du Quinquina.) 

En i852, par M. Monny de Mornay, Ylpomœa digitata. 

A M. L'Herminier, 1842, nous sommes redevables de six plantes : 

Acrosticlmm crinitum ; Oncidium Baueri ; 

Brassavola cucullata ; — Herminieri ; 

Epidendrum cuspidatum; Pitcairnia Herminieri. 

Vers 1873, M. Hahn, voyageur, fait parvenir un certain nombre de 
graines, parmi lesquelles, le Catopsis Hanni. 

En 1841, arrive de Cuba, le Lemonia spectabilis. 

Gavanilles envoie, du Mexique, le Cobœa scandens. 

Rappelons ici que l'abbé Gavanilles, directeur du Jardin botanique 
de Madrid, recevait le Dahlia, de Mexico, en 1789, et l'expédiait au 
Muséum, en 1802, par le docteur Thibaud, de la Légation française. 

Depuis i884j le R. P. Duss, missionnaire, fait bénéficier le 
Muséum, dont il est correspondant, de toutes les espèces végétales 
qu'il peut découvrir. 

Amérique Dtr Sud. 

Argentine, Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Uruguay, 
Venezuela. — M. Weddell, aide naturaliste au Muséum, parti en 
1847 en Bolivie, pour étudier et rechercher les espèces de Quinquinas, 
lui transmet le véritable Ginchona Calisqya et diverses autres plantes. 

L'année suivante, Gh. Ledos fait parvenir, de Lima, au Ministre de 
l'Agriculture, les premiers bulbes d' Ullucus tuberosus, aussitôt remis 
au Jardin des Plantes. 

Trois ans plus tard, M. Abadie expédie les Lapageria alba et 
rosea, de Valparaiso, 



PkANCE 4°3 

t)e 1864 à 1884, M. Lasseaux, ancien employé du Muséum, établi 
dans l'Uruguay, recueille de bonnes espèces : 

Acanthostachys ananassoides ; Eryngium pandanifolium ; 
Ageratum Lasseauxii ; — platyphyllum ; 

Dicliptera Twediniana ; Gymnotrix latifolia j 

Eryngium eburneum ; Hebcclinium Urolepis ; 

— ebracteatum ; Pitcairnia Weddelliana ; 

— Lasseauxii ; Stenotaphrum americanum. 

A partir de 1886, le R. P. Sodiro a fourni des plantes nouvelles de 
l'Equateur, environs de Quito, et une quantité de semences. 

A citer, également, la mission du cap Horn, de laquelle M. Paul 
Hariot a rapporté diverses plantes de ce pays : 

Berberis, (species) ; Lomaria magellanica ; 

Fagus antarctica, betuloides ; Primula magellanica. 

A ces importateurs de plantes nouvelles, venant de l'Amérique du 
Sud, il nous faut ajouter encore : 

Bonpland, i845, Corrientes ; 

Triana, 1867, Colombie ; 
et plus particulièrement, depuis une dizaine d'années : 

Chaffanjon, chargé d'une mission scientifique dans lOrénoque, 
où il trouve de nombreuses Orchidées. 

Glaziou, à qui le Muséum doit Y JEchmea gigantea, le Vellozia 
plicata, ayant fleuri pour la première fois, 1889, en Europe ; des 
Aroïdées, des Fougères arborescentes de toute beauté, etc. 

Baraquin s'est fait une réputation par ses découvertes, particuliè- 
rement du genre Galadium, 1857-1867. (Baraquin mourut au Brésil, 
empoisonné, pendant l'année 1872). 

Citons différentes plantes d'ornement, dont on ne connaît pas bien 
l'introducteur, déjà parvenues au Jardin : 

/Echmea lingulata, 1771 ; Juanulloa aurantiaca, 1839; 

— eriantha, i83i ; Mimulus variegatus, 1812 ; 

— conglomerata ; Salpiglossis sinuata, 1828 ; 

— Weilbachii ; Salvia splendens, Dombey ; 
Bougainvillea spectabilis ; Sphenogyne speciosa, 1840; 
Calceolaria scabiosaeiblia, 1823 ; Triteleia uniflora, 1844 ; 
Cestrum Parqui; Tropaîolum azureum. 1842; 
Heliotropium pcruvianum, 1760 ; Verbena pulchella, i83o. 

Par M. Leprieur, pharmacien de la Marine, à Cayenne, i843-i856 : 

^Echmea Prieureana ; Iriartea exorrhiza ; 

Anthurium gracile ; Isochilus Leprieuriana ; 

Apeiba ïibourbou ; Karatas agavaeiblia, i853 ; 

Aspidium coriaceum ; Mapania paludosa ; 
Attalea acaulis, Maripa ; — sylvatica ; 

Bactris spinosa ; Œnocarpus Bacaba ; 

— Poiteauana ; Panax nodosa ; 
Caladium marantœlblium ; Phrynium albicans ; 
Carludovica bipartita ; Pitcairnia incarnata ; 
Disteganthus basilateralis, 1849 î — pallida ; 
Euterpe oleracea ; Smilax floribunda ; 
Geonoma baculifcra ; Spennera rubricaulis ; 

— déversa; Thalia farinosa ; 

— fragilis ; Tillandsia splendens ; 

— multiflora; Tovomita oblongifolia. 

Ces végétaux étaient aux serres du Jardin, dès i85o, 



4<»4 



FRANCE 



Guyane. — Par M. Melinon, botaniste-agriculteur à Cayenne, de 

1844-1877: 



Acrocomia Prieurii ; 

yEchmea Melinoni, nivea, fulgens ; 

Arœococcus micranthus ; 

Aspasia variegata ; 

Asplenium serratum ; 

Astrocaryum Murumuru ; 

Bactris acanthocnemis ; 

Besleria guyancnsis ; 

Brassia Lawrenceana ; 

Calathea modesta ; 

Camarotis purpurea ; 

Caraguata Melinonis, lingulata ; 

Carludovica lancsefolia ; 

Catopsis inconspicua ; 

Coccoloba Melinonii ; longifoiia ; 

Crinum undulatum ; 

Curatella americana ; 

Dicrypta aurea ; 

Disteganthus basilateralis ; 

Geonoma simplicit'rons, maxima, 

stricta ; 
Gnetum urens ; 
Guettarda coccinea ; 
Guilandina spcciosa ; 



Heliconia densiflora ; 

Macrochordion tinctorium ; 

Manicaria saccilera ; 

Mapania albida ; 

Maximiliana regia ; 

Monorobea coccinea ; 

Myristica oflicinarum, sebifera ; 

Œnocarpus Batawa ; 

Pariana scapigera; 

Peristeria stapelioides ; 

Philodendron crinipes, crassinervi- 

cum, Melinonis ; 
Phyllocactus guyanensis ; 
Quesnelia rufa ; 
Rhopala montana, elegans ; 
Scaphyglottis violacea ; 
Sobraîia liliastrum ; 
Sphinctolobium guyanense ; 
Strephinm guyanense ; 
Tillandsia aloilolia, bulbosa, splen- 

dens; 
Vanilla acutilblia; 
Zygopetalum rostratum. 



Ajoutons les dons de Sagot, (i856), et ceux, tout récents, de 
MM. Grodet, ancien gouverneur de la Guyane, etDucoux, pharmacien 
de la Marine, à Cayenne. 



Brésil. — De i835 à 1869, Porte, voyageur du Muséum, envoie du 
Brésil plusieurs nouveautés : 



JEchmea aurantiaca, glomerata, 1860, 

miniata ; 
Anomochloa marantoidea ; 
Bertolonia œnea, marmorata ; 
Billbergia .Moreliana, Porteana ; 
Calathea glumacea, Porteana, rotun- 

difolia, sanguinea ; 
Chamaedorea iragrans ; 
Chrysophyllum impériale ; 



Cryptanthus clavalus ; 
Eucnaris amazonica ; 
Ficus nobilis ; 
Geissomcria nitida ; 
Genoma Pohliana ; 
Hohenbergia erythrostachys 
Mikania speciosa ; 
Portea kermesina, i855; 
Vanilla clavata. 



En i844? il est arrivé au Jardin des Plantes, par M. Giaussen : 



Fridericia Guillelma ; 

Gesnera Claussenii, pulchcrriina ; 

Heteropteris paniculata ; 

Hillia longiflora ; 



Luhea paniculata, rosea 
Phrynium chrysanthum ; 
Spiranthes Claussenii ; 
Trichopteris excelsa. 



Par Quesnel, 1848-1849, de Pernambouc : 
TEchmea virens ; Cryptanthus zonatus ; Quesnelia cayennensis. 

A citer aussi les graines de Bignoniacées, en 1868, par M. Correa 
de Mello, botaniste brésilien, et dont on a tiré les espèces suivantes: 



Adenocalymna bracteatum ; 
Anemopaegma prostratum ; 
Arrabidea Blanchetii , lloribunda , 

rosea ; 
Bignonia sp. (voisine de Bcxoleta) ; 

— triplinervia ; 
Cremastus ; 
Cuspidaria pterocarpa ; 



Daniella splendens ; 

Distichlio mendoccina ; 

Lundia obliqua ; 

Macfadyena ; 

Petastoma samydoides ; formosum ; 

Tynanthus fasciculatus ; 

Zeyheria tuberculosa. 



FRANCE 



4o5 



A partir de 1839, Guillemin et Houllet, du Muséum, rapportent 
du Brésil les nouveautés suivantes : 



Alsodeia multiflora ; 

Anacardium orientale ; 

And a Gomesii ; 

Artanthe eximia, pothifolia, tuber- 

culata ; 
Astrocaryum Ayri ; 
Bactris caryotœfolia, Maraja; 
Bégonia zebrina; 
Bignonia viridiflora ; 
Blechnum corcovadense : 
Byrsonima spicata; 
Carpotroche brasiliensis ; 
Catasetum tridentatum ; 
Cattleya bulbosa, crispa-purpurea ; 
Chamissoa sp. ; 

Cirrhaea lusco-lutea, Loddigesii ; 
Cnemidostachys glabrata ; 
Coffea bengalensis ; 
Gordia glabra ; 
Cupania glabra ; 

Cyrtopodium cupreum, punctatum ; 
Dicrypta Baueri ; 
Dioscorea piperilblia ; 
Dipladenia rosa campestris ; 
Diplothemium littorale ; 
Dorstenia corcovadensis, ramosa; 
Epidendrum aemulum, biforatum, 

Guilleminianum, glumaceum, odo- 

ratissimum, patens ; 
Erythrochiton brasiliense ; 
Eugenia brasiliensis, cauliflora, Guil- 

leminiana, pseudo-caryophyllus ; 
Eupatorium laeve ; 
Feronia Jaborandi ; 
Galipea macrophylla ; 
Gardénia Genipa, var. foliis lobatis ; 
Gesneria pinnatifrons, umbellata ; 
Glossarrhen floribundus ; 
Gynerium saccharoides ; 
Heliconia pulverulenta ; 
Helicteres hirsuta ; 
Houlletia stapeliœflora ; 



Hydrocotyle inaequilateralis ; 

Jacaranda pubescens, sulphurea ; 

Lecythis Ollaria ; 

Lygodium hastatum ; 

Marattia laevis ; 

Maxillaria acutipetala, flavescens, 

picta, rufescens ; 
Mayna brasiliensis ; 
Mendozia Velloziana; 
Monnina sp. ; 
Moquilea guianensis ; 
Nematanthus Guilleminianus ; 
Ochna nervosa ; 
Ocotea sp. ; 
Octomeria elliptica ; 
Oncidium bicornutum, crispum, cilia- 

tum, citrulliferum, pumilum,Russe- 

lianum ; 
Ormosia coccinea; 
Oxalis buplevrifolia ; 
Piper asarifolium ; 
Polypodium corcovadense ; 
Potamorphe umbellata ; 
Psychotria leucocephala ; 
Rhopala corcovadensis, dentata ; 
Rodriguezia macrostachya ; 
Rubus urticaefolius ; 
Schizolobium glutinosum ; 
Schnella macrophylla, racemosa ; 
Schweiggeria pauciflora ; 
Securidaca volubilis ; 
Specklinia orbicularis ; 
Sterculia polyphylla ; 
Swartzia apetala, Langsdorffî ; 
Theophrasta americana ; 
Trigonia nivea ; 
Urtica baccifera; 
Vanilla cylindrica; 
Vellozia ; 

Vernonia Guilleminiana ; 
Zygopetalum brachypetalum, Mac- 

kayi, maxillai*e, Murrayanum. 



Enfin, les souvenirs de Dom Pedro, ami de la France, et de 
l'explorateur Gounelle qui visita la province de Pernambouc. 

Au Brésil, encore, le Muséum doit cette gigantesque Nymphéacée 
Victoria regia, signalée sur un affluent de l'Amazone par Bonpland 
et d'Orbigny, explorateurs français. 

Asie. 



Chine. — Végétaux originaires de l'Extrême-Orient, importés au 
Muséum, depuis le commencement du siècle jusqu'en 1862 : 

Aceranthus diphyllus ; 
Ailantus glandulosa, 1761 ; 
Althaea sinensis, 1818 ; 
Amygdalus sinensis, var. alba ; 

— sinensis, var. coccinea ; 

— sinensis ; 
Aralia sinensis, i833 ; 
Azalea sinensis, 1823 ; 
Bambusa nigra ; 



Bignonia grandiflora, 1816 ; 
Bocconia cordata, 1795 ; 
Callistephus sinensis ; 
Gampanula nobilis, 1846; 
Caryopteris mongolica ; 
Catalpa Bungei, i838 ; 
Geltis sinensis ; 
Cephalotaxus Fortunei, 1848 ; 
Clumonanthus fragrans, 1776 



4o6 



FRANGE 



Citrus parviflora ; 

— sinensis; 

— tenuiflora ; 

— triiblia ; 
Glematis ilorida, 1776 ; 
Croton sebiferum ; 
Cupressus funebris, 1846; 
Gydonia sinensis, 1818 ; 
Daphne Fortunei, 1844 ; 
Dianthus sinensis, 1713 ; 
Dielytra spectabilis, 1810; 
Epidendrum lancifolium ; 
Epimedium (diverses espèces); 
Hemerocallis fnlva ; 
Hibiscus sinensis, i83i ; 
Hydrangea Hortensia, 1788 ; 
Iris sinensis, 1792 ; 
Jasminum nudillorum, 1845 ; 
Koelreuteria paniculata, 1789 ; 
Ligustrum sinense ; 

Lilium concolor, 1804 ; 

— tigrinum, 1804 ; 
Lonicera flexuosa, 1806 ; 



Magnolia fuscata, Yulan, 1789; 
Morus multicaulis, 1821 ; 
Pœonia albifïora, 1784 ; 

— Moutan, 1797; 
Photinia serrulata, 1804 ; 
Pittosporum Tobira, 1804 ; 
Podocarpus sinensis; 
Primula sinensis, 1820; 
Prunus sinensis ; 
Pyrethrum sinense ; 
Rheum Ribes, 1724; 
Rhododendron arboreum, 1820 ; 
Rosa Banksia), 1824 ; 

— bracteata, 1795 ; 

— microphylla ; 
Spira3a Fortunei ; 

— prunifolia ; 
Stcrculia platanifolia, 1767 ; 
Thea Bohea ; 

— viridis ; 
Trichosanthes anguina, 1755; 
Ulmus sinensis ; 
Urtica nivea, 1739 ; 
Wistaria sinensis, 1818. 



Lychnis grandifiora, 1774; 

Ajoutons le Pé-tsai, Chou blanc de Chine, 1820. 

Le Bambou panaché, de l'amiral Gecille, arrive en 1847. 

En 1848, le Platycodon autumnalis, puis le Rhamnus incana, 
i853, par M. Boursier de la Rivière. 

Les introductions de la Chine au Jardin des Plantes se continuent, 
nombreuses et intéressantes, dans la seconde moitié du xix e siècle. 

De i85o à i854, M. de Montigny, consul de France en Chine, lui 

fait parvenir : 

Chamœrops excelsa, 1849 ; 
Dioscorea Batatas, i85o ; 
Indigofera alba, i85o; 

De M. Eugène Simon, un autre consul, le Jardin reçoit, (1861-1864) : 

Philadelphus parviflorus ; 
— rubricaulis ; 

Prunus Simonii ; 
Pyrus betulaefolia ; 

— Simonii ; 
Skimmia rubella. 



Ligustrum japonicum paniculatum; 

— — robustum ; 

Soja hispida, 1854. 



Bambusa Simonii ; 
Gedrela sinensis, 1861 ; 
Clerodendron serotinum 
Gotoneaster reflexa ; 
Elaiagnus Simonii ; 
Paliurus lucidus ; 



De 1867 à 1872, il lui est envoyé, par M. l'abbé David, missionnaire : 

Ampélopsis dissecta; 

— — amnis ; 

— intermedia ; 
trilobata palmiloba ; 



tripartita ; 



utescens 



— tuberifera ; 

— tuberosa ; 
Amygclalus spinosa ; 
Armeniaca Davidiana ; 
Cedrela sinensis, 1862 ; 
Celtis Davidiana ; 
Cissus Davidiana ; 

— — acutiloba 

— — pinnata ; 



Cissus platanifolia ; 

— rubricaulis ; 
Clematis Davidiana ; 
Cotoneaster horizontalis ; 
Eopepon vitifolius ; 
Lcspedeza bicolor ; 
Ostryopsis Davidiana; 
Pêche plate, 18.07 j 
Persica Davidiana, i865 ; 
Spinovitis Davidii, 1872 ; 
Syringa japonica ; 

Vitis Romaneti ; 

— rutilans ; 
Xanthoceras sorbifolia, 1868 
etc. etc. 



De 1879 à i883, le Docteur Bretschneider, médecin de la Légation 
russe à Pékin, gratifie le Muséum de plantes rares. 



FRANCE 



407 



Un seul envoi, celui du 4 novembre 1882, contenait 357 numéros. 

Voici les noms de quelques espèces principales : 

Ligustrina pekinensis ; 
Pistacia sinensis ; 
Prunus humilis : 

— triloba (type à fl. simple); 
Pyrus usuriensis ; 
Rhamnus arguta ; 

— parviflora ; 

— virgata, etc. ; 
Rosa Prjevalski ; 



Acer truncatum ; 
Actinospora dahurica ; 
Callisace dahurica ; 
Cercis sinensis ; 
Cornus australis ; 
Corylus heterophylia ; 
— mandshurica ; 
Fraxinus Bungeana ; 

— — microphylla ; 

Humulus japonicus ; 
Hydrangea vestita ; 
Iris oxypetala ; 
— teetprum ; 



Stachys aflinis ; 
Sterculiapyriformis ; 
Syringa Emodi rosea ; 
— pubescens. 



Depuis 1886, le Muséum est redevable à M. l'abbé Delavay, mission- 
naire, d'espèces inédites de la flore du Yunnan : 

Les dates indiquent l'année de leur introduction, et quelquefois l'époque où ces plantes 
ont été tout d'abord mises en distribution, par le Muséum, soit à l'état de plantes vivantes, 
soit à l'état de graines. 



Anémone cœlestina ; 
Arisaema sniaragdina, 1888 ; 
Bauhinia bryoniœflora, 1889 ; 

— densiflora, 1889 ; 

— yunnanensis, 1890 ; 
Berberis pruinosa et autres, 1888 ; 
Chrysosplenium Delavayi ; 

— yunnanense ; 

Clematis Delavayi ; 
Colutea Delavayi, 1891 ; 
Cotoneaster sp., 1889 ; 
Cyananthus barbatus ; 
Delavaya yunnanense, 1889 ; 
Delphinium Delavayi, 1889 ; 

— flexuosum ; 
Dentaria repens ; 
Desmodium longipes, 1890 ; 
Deutziadiscolor, var. purpuras, 1888; 
Diarrhena japonica, 1888 ; 
Erysimum yunnanense ; 
Guldenstœdtia Delavayi ; 
Incarvillea Delavayi, 1886 et 1889 ; 
Jasminum polyanthuni ; 
Kœlreuteria bipinnata, 1889 ; 
Lespedeza Delavayi, 1889 5 

— trigonoclada, 1890; 

Japon. — Végétaux originaires 

Plantes, depuis le commencement 

Aconitum japonicum, 1700 ; 
Adenostyles japonica; 
Anémone elegans ; 

— japonica; 
Aucuba japonica, 1783; 
Broussoneti-a papyrii'era, 1751 ; 
Camellia japonica, 1739; 
Ghœnomeles japonica, i8i5; 
Gitrus emarginatus; 
Gonvallaria japonica ; 
Cryptomeria japonica, 1844 ; 
Elseagnus reflexa ; 
Eriobotrya japonica; 
Evonymus japonicus, 1804 ; 
Ginkgo biloba, 1754 ; 
Hemerocallis cœrulea ; 

— japonica ; 

— Sieboldi ; 



Lespedeza yunnanensis, 1890; 
Ligustrum'sp. ; 
Morina Delavayi ; 
Osteomeles anthyllidifolia, 1890 ; 
Pœonia lutea, 1888 ; 
Pancovia Delavayi ; 
Piptanthus tomentosus, 1889 ; 
Podoon Delavayi, 1888 ; 
Primula calliantha, 1890 ; 

— Delavayi ; 

— Poissoni, 1889 ; 
Ranunculus yunnanensis ; 
Rhododendron Bureavi, 1890 ; 

— campylocarpum ; 

— cephalanthum ; 

— ciliicalix, 1889 ; 

— décorum, 1888 ; 

— Delavayi ; 

— fastigiatum, 1889; 

— lacteum, 1889 ; 

— racemosum, 1890 ; 

— scabrifolium, 1888 ; 

— yunnanense, 1890; 
Saxifraga Delavayi, 1890 ; 
Silène Delavayi ; 

Thalictrum Delavayi, 1889 ; etc. etc. 

du Japon, importés au Jardin des 

du siècle jusqu'en 1862 : 

Hoteia japonica, i835 ; 
Hovenia dulcis, 1812 ; 
Ilex gigantea ; 

— latifolia, 1824 ; 

— Tarajo ; 

Kerria japonica, 1700 ; 
Ligustrum lucidum, 1794 ; 

— ovalifolium ; 

— salicifolium ; 

— Stauntoni ; 
Lilium japonicum, 180 \ ; 

— lanciiblium ; 

— speciosum, i83o; 
Nandina domestica, 1804 ; 
Scutellaria japonica ; 
Sedum Sieboldi ; 

Sophora japonica, i747(P.d'lncarville); 
Viburnum (plusieurs espèces). 



4o8 FRANGE 

En i885 et années suivantes, M. l'abbé Faurie, missionnaire, 

transmet au Muséum : 

Cotoneaster, sp. var.; Phellopterus littoralis ; 

Epilobium Fauriœ; Rhus ; 

Kœlreuteria japonica ; llubus ; 

Lobelia sessiliflora ; Thuya sp. 

Pencedanuni Fauriœ ; Etc. 

On sait que le premier Chrysanthème à grande fleur, provenait 
d'un envoi fait par Pierre Blancard, en 1789. à Marseille. Le Jardin 
des Plantes le reçut dès l'année 1790. 

Quant au Paulownia, nous le devons au vicomte Fritz de Gussy, 
qui, en i83/}, en apporta les graines, lui-même, au Muséum; on y voit 
encore le premier exemplaire mis en pleine terre, près des serres, où 
il épanouit ses grappes florales, depuis le 27 avril 1842. 

En 1878, la Commission impériale du Japon, à l'Exposition 
universelle de Paris, fit don au Muséum de variétés de Pruniers, de 
Mûmes, de Cerisiers, de Plaqueminiers, de Radis, de Doliques, etc. 

Indo-Chine, etc. — De Cochinchinc, du Tonkin, du Siam, de 

l'Annam, M. Lépine, pharmacien de la Marine, envoie vers i855 : 

L'Involucraria Lepiniana. 

et, en 1862, des graines de : 

Amaryllis ; Erytlironium de l'Inde ; Galanga, etc. 

Par le Docteur Royle, en i855, diverses plantes et notamment des 

Orchidées de l'Inde : 

/Erides ; Monomeria nitida ; 

Bulbophyllum ; Vanda. 

Dendrobium ; Etc. 

Par Alexandre Godefroy, voyageur en Gochinchine (1874-1876) : 

Camellia Dormeyana ; Pellionia Daveauana ; 

Cypripedium Godefroyae ; Phalamopsis Esmeralda ; 

— Regnieri ; Torenia llava (Bailloni) ; 

Eurycles amboinense (réintroduit) ; Etc. 

Puis ce sont les magnifiques envois du R. P. Ron, missionnaire 

apostolique à Tan-Hoa (1890-1893), et de M. Rigal, pharmacien de la 

Marine, en Annam (1891). 

Asie Mineure et Asie Centrale. — De l'Asie mineure, le Jardin 
des Plantes possède : 

Depuis 1735, le fameux Cèdre, Cedrus Libani, planté par Adrien 
de Jussieu et donné par Collinson. 

Depuis 1739, le Gnndelia Tournefortii, rapporté par Tournefort. 

Depuis 1787, le Michauxla campanuloides, introduit par L'Héritier, 
à la suite d'un voyage dans le Levant. 

A la fin du siècle dernier, également, Olivier fait présent de noyaux 
du Pécher d'Ispahan (Perse), qui furent semés au Jardin des Plantes. 

La Rillardière fait don du Fontanesia phyllirœoides (Syrie, iJ/88), 
et Tournefort, 4u Juniperus excelsa, 



FRANCE 4°9 

A partir de i85o, M. Balansa fait parvenir de bons végétaux: 

Abies cilicica ; Armeniaca lucida ; 

Acantholimon venustum ; Campanula olympica ; 

Amygdalus Balansa 1 ; Pelargonium Endlicherianum ; 

— salicifolia ; Pliyllirea Vilmoriniana, 1866; etc. 

Le Muséum doit encore à M. Blanche, consul de France à Tripoli, 

de Syrie (1870 à 1880), les : 

Campanula macrostyla ; Cormus triloba ; Verbascum bombyciferum. 

À M. Pissard, jardinier-chef du Shah de Perse (vers 1880) : 

Crocus cdulis ; Prunus Pissardi ; Rosa moschata(var. Pissardi). 

A M. Deflers, explorateur (Arabie, 1891-1894) : 

Amaryllidées diverses ; Euphorbiacées diverses ; 

Boucerosia quadrangula ; Kalanchoe teretifolia ; 

Caralluma subulata; Liliacées diverses; 

Cissus quadrangularis ; Littonia minor. 
Crinum yeniense ; 

Au général Korolkow, à Taschkent, du Turkestan (1875-1881) : 

Crataegus pinnalilîda ; Korolkowia Sewerzowi ; 

Eremurus robustus ; Populus Bolleana ; 

— turkestanicus ; Tulipa Greigi. (Le Muséum a reçu et 

Ixiolirion tataricum ; répandu des milliers de bulbes). 

A MM. Bonvalot et prince Henri d'Orléans (ïhibet, 1892), Y Iris 
principis, sp. noç., et diverses Orchidées ; 

A M. Blanc, inspecteur des forêts (mission au Turkestan, 1891), 
diverses plantes maraîchères, économiques ou industrielles, notam- 
ment le Kendyr (Apocynum sibiricum), plante textile, des Radis 
nouveaux, un Melon à chair très parfumée, diverses Céréales et 
Légumineuses, des arbres et arbustes, parmi lesquels le Morus alba 
fructu griseo et le Rosa Webbiana. 

OcÉANIE. 

Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelles-Hébrides. — En 1792, 
de son voyage à la recherche de La Pérouse, La Billardière rapporte : 
Anopterus glandulosa ; Eucalyptus globulus. 

Puis, de l'expédition Baudin, le Phormium tenax, multiplié par 
André Thouin, au Jardin des Plantes. 

Le comte amiral Laplace, entre autres choses, introduit le Casta- 
nospermum australe, au moyen de graines récoltées à Morton-Bay. 
La i re floraison eut lieu en i85o. 

Dupetit-Thouars (1839) dote le Muséum des Areca sapida et 
Cordjdine indivisa, de la Nouvelle Zélande ; du Buddleia madagas- 
cariensis, de Madagascar, et des Cœsia gracilis, de la Nouvelle- 
Hollande. 

Pendant l'année 1827, on importe le Sollya heterophylla, et, plus 
tard, des graines de Podolepis çhrjsantha et de Brachycomç 
ifreridifolia, 1845. 



4lO FRANCE 

En 1846, M. Verreaux, voyageur du Muséum, lui adresse, outre 
une importante collection de graines, les plantes suivantes : 

Angophora cordata; Hovea racemulosa ; 

Anigozanthos coccinea ; Lambertia formosa ; 

Aotus villosus ; Macrozamia eriolepis ; 

Eucalyptus macrocarpa ; Oxylobium cordifolium; 

Eudesmia Drummondii ; Todea africana ; 

Eurycles Gunninghamii; Xerotes longiiblia. 

A noter ensuite, de 1844» l es introductions de M. Raoul, l'habile 
explorateur de la Nouvelle-Zélande, et celles du baron Von Mueller 
de Melbourne ; entre autres un Todea riçularis, qui est le plus bel 
exemplaire connu en Europe (1886). 

Pendant la même année (1886), des graines de la Nouvelle-Zélande, 
par M. Travers, et en 1891, par M. Cockayne. 

Nouvelle-Calédonie, Taïti, Iles Marianes. — De i855 à 1869, 
par M. Pancher, jardinier colonial à la Nouvelle-Calédonie : 

Fremya aurantioca ; Kentiopsis macrocarpa ; Panax sessilifïora. 

Par M. Gardet, à Taïti : 
Le Musa Fehi. 

Par M. Perret, inspecteur de la transportation à Nouméa (1888-1893), 
les Eugenia magnifica et Dioscorea pentaphylla, etc. 

Par M. Gouharoux, directeur de l'Intérieur (Nouvelle-Calédonie, 
1892),. diverses graines, notamment : 

Cerbera candelabrum ; Ghrysophyllum Wakere ; Semecarpus atra. 

Java, Sumatra, Malaisie, Philippines. — De 1860 à i865,M. Porte, 
déjà connu par ses envois du Brésil, expédie des îles Philippines : 

Alocasia longiloba ; Nelitris Urvillci ; 

— Lowi ; Pandanophyllum humile ; 

— zebrina ; — Porteanum ; 
Ananassa sativa variegata ; Pandanus Houlletii ; 
Arenga manillensis ; — Limei ; 

Cycas Riuminiana ; — Porteanus ; 

Dracaena Porteana ; Phalœnopsis Luddemanniana ; 
Ficus Grellei ; — Schilleriana ; 

— Porteana; Pinanga maculata ; 

Glochidion Porteanum ; Rhynchotcchum pyrolœflorum ; 

Homalonema Porteana ; Schizocasia Porteana ; 

Hoya imbricata ; Scindapsus pictus ; 

Mappa Porteana ; Wallicnia tremula. 

Pendant ces dernières années, il faut citer : 

M. Jouslain, consul de France à Batavia, introducteur de 
YAthosiphon staminens et de diverses graines de plantes utiles 
(Tabac de Délé-Indigo, de Guatemala). 

M. Sérullas, chargé d'une mission aux îles Malaises, à qui l'on doit 
Y Isonandra Gutta (arbre à gutta-percha, i885-i888). 

M. Treub, directeur du jardin botanique de Buitenzorg, chaque 
année, adresse au Muséum des graines rares et variées, provenant 
des îles de la Sonde. 

Enfin, M. Beauvais, voyageur, rapporte de Sumatra, en 1886, 



FRANCE 4 1 ! 

plusieurs espèces non déterminées. Sur des terres ayant servi à l'em- 
ballage de ces végétaux, s'est montré le Telanthera versicolor var.; 
ayant disparu des cultures ; il s'est trouvé ainsi réintroduit. 

La réception de toutes ces plantes nécessite un travail spécial et 
un système d'éducation approprié à chaque genre. Un personnel 
habile et instruit doit suivre l'évolution des nouvelles venues, pour 
les déterminer ensuite, les classifîer, les propager. 

Sous ce rapport, le Muséum d'Histoire naturelle ne laisse rien à 
désirer. 

Nous ne quitterons pas cet Etablissement sans adresser un sou- 
venir aux vaillants explorateurs qui n'ont pu accomplir leur œuvre, 
prématurément ou violemment disparus : 

Victor Jacquemont, meurt aux Indes, en pleine jeunesse, en plein 
triomphe ; 

Havet et Chapelier, tués par la fièvre à Madagascar, comme André 
Michaux, qui se dirigeait vers la Nouvelle-Hollande, après avoir 
exploré l'Amérique du Nord ; 

Godefroy, assassiné par les naturels de Manille ; 

Son compagnon Plée, empoisonné à Macaïbo ; 

Riedlé, Tautier, épuisés à l'île de Timor ; 

Gollignon, compagnon de La Pérouse, dans les mers du Sud ; 

Gommerson, disparu à l'île de France, après avoir fait le tour du 
monde ; 

Ancher-Eloy, mort de misère à Ispahan ; 

Bertero, qui sombra sous voile, dans sa propre embarcation, au 
milieu de l'archipel des Amis ; 

Bové, l'explorateur des Canaries, qui vint s'éteindre en Algérie ; 

Heudelot, vaincu par le climat brûlant du Sénégal ; 

Lefebvre, mort en Nubie ; 

Les docteurs Stenheil et Dillon ; celui-ci périt en Abyssinie ; celui-là 
dans la traversée, après une herborisation aux Antilles, alors qu'il 
se rendait au Brésil pour y étudier différentes espèces de Quinquinas. 

Heureux ceux qui revoient la mère patrie! tels : 

Boissier, Bory de Saint- Vincent, Perrotet, Leprieur, LaBillardière, 
Bonpland, Olivier, Brugnière, Delahaye, Dupetit-Thouars, Lesche- 
nault, Gay, Richard, Poiteau, Bréon, Houllet, Triana, Edouard André, 
Binot, Jean Dybowski... 

La France doit également un hommage de reconnaissance aux 
missionnaires qui font bénéficier la métropole de leur influence dans 
les contrées lointaines ; nous avons cité leurs noms. Un hommage 
non moins sympathique aux représentants autorisés de la France, 
philanthropes avant tout : et le consul Boursier de la Rivière qui 



4l2 



FRANCE 



récolte le fameux Séquoia gigantesque, puis le Chamaecy paris de 
Boursier; et le consul Charles de Montigny, qui arrache à la 
surveillance chinoise l'Igname, le Sorgho, le Maïs sucré, le Riz sec, 
le Soja..., etc. 



Jardin de la Marine, à Brest. 

Le Jardin de la Marine, à Brest, dont l'origine remonte, en 1694, à 
l'initiative de Desclouzeau, intendant de Marine, et confié depuis de 
longues années à M. Blanchard, praticien habile et instruit, a rendu 
de signalés services, par ses essais d'acclimatation et les résultats 
obtenus. 

Sous l'influence des courants sous-marins du Gulf-Stream, le climat 
tempéré des côtes de Bretagne a permis la végétation et la reproduc- 
tion naturelle de végétaux originaires de contrées plus chaudes. 

En voici rémunération, exception faite des arbres et arbustes 
suffisamment connus dans nos régions moyennes. 



Arbrisseaux et Arbustes a Feuilles caduques. 



Acacia dcalbata ; 

— melanoxylon ; 

— mollissima ; 
Adamia cyanea ; 
Anagyris fœtida; 
Aristotclia Macqui ; 
Artemisia Abrotanum ; 
Atraphaxis spinosa ; 
Benzoin odoriferum ; 
Benthamia fragifera ; 
Bumclia tcnax ; 
Callicarpa americana ; 
Calophaca volgarica ; 
Cephalanthus occidcntalis ; 
Ccstrum Parqui ; 

— roscum ; 
Clerodendron Bungei ; 
Clethra alnifolia ; 
Clianthus arboreus ; 
Cornus altcrnifolia ; 

— ilorida ; 
Corylopsis spicata ; 
Dccumaria barbara ; 
Diospyros virginiana ; 
Fothcrgilla alnifolia ; 
Fuchsia coccinca ; 

— globosa ; 

— gracilis ; 
Hamamclis virginica ; 
Hclwingia rusciflora ; 
Hydrangca Hortensia ; 

— japonica ; 
ldesia polycarpa ; 
Jasminum humile ; 

— triumphans ; 
Lagcrstrœmia indica ; 
Lespedeza bicolor ; 



Lippia chamaedrifolia ; 

— citriodora ; 
Magnolia acuminata ; 

— Lcnnei ; 

— macrophylla ; 

— Soulangeana ; 

— tripetala ; 

— Yulan ; 
Mal va miniata ; 
Manihot carthagenense ; 
Myrica Gale ; 

— pensylvanica ; 
Nandina domestica ; 
Neillia thyrsiflora ; 
Nesœa salicifolia ; 
Phcllodcndron amurense ; 
Pbygclius capensis : 
Prinos glaber ; 

Selago corymbosa ; 
Solanum capsicastrum ; 

— pseudo-capsicum ; 
Stachyurus praecox ; 
Quercus Cerris ; 

— mexicana ; 

— Mirbcckii ; 

— Tozza ; 
Bhus succedanaea ; 

— vernicifera; 
Stewartia pentagyna ; 
Streptosolen origanifolia ; 
Styrax offleinalis ; 
Thcrmopsis ncpalensis ; 
Vitcx Agnus-castus ; 

— arborea ; 

— incisa ; 
Zjzyphus satjvus, 



FRANGE 



4l3 



Végétaux a Feuilles persistantes. 



Abelia floribunda ; 

— unitlora ; 
Aralia Sicboklii ; 
Arbutus Andruclmc ; 

— Uncdo ; 
Arctostaphylos Uva ursi ; 
Aspidistra clatior ; 
Atriplex Halimus ; 

— portulacoidcs ; 
Aucuba japonica et variétés ; 
Azara integrifolia ; 

— microphylla ; 
Baccharis xalapensis; 
Ba3ckea Bchrii ; 

— virgata ; 
Bambusa Hermanni ; 

— viridi-glauccscens ; 
Buxus balearica ; 
Callistcnion, 5 variétés ; 
Camellia Donkelaari ; 

— japonica ; 
Ccrasus caroliniana ; 

— lusitanica ; 
Ccratonia siliqua ; 
Chamarops excelsa ; 

humilis ; 
Cboisya tcrnata ; 
Cinnamomum Camphora ; 
— japonicum ; 

Cistus, 4 variétés; 
Citrus triptcra ; 
Cncorum tricoccum ; 
Cocculus laurifolius ; 
Cocos australis ; 
Collctia cruciata ; 

— spinosa ; 
Convolvulus Cncorum ; 
Corrca alba ; 
Cotoneastcr microphylla ; 

— thymifolia ; 
Daphnc Dauphinii ; 

— Gnidium ; 

— Laurcola ; 

— pontica ; 
Dasylirion glaucum ; 
Diplopappus chrysophyllus ; 
Dracama indivisa ; 
Ela'agnus angustifolia ; 

— Simonii ; 

— reflexa ; 

Erica arborca et variétés ; 
Eriobotrya japonica ; 
Escallonia coccinea, 6 variétés 
Eucalyptus coccifera ; 

— viminalis ; 
Eugcnia apiculata ; 

— Ugni ; 
Eupatorium micrantbum ; 
Eurybia argophylla ; 

— Forsteri ; 

— ilicifolia ; 
Fabiana imbricata ; 
Fontanesia phylliro'oides ; 
Garrya elliptica ; 

— macrophylla ; 

— Thuretii ; 
Gaultheria procumbens ; 

— Shallon ; 
Grisclinia littoralis : 



Hcliantbemum, 4 variétés; 
llcx balearica ; 

— Cunninghami ; 

— furcata ; 

— latifolia ; 

— ligustrina ; 

— vomitoria ; 
lllicium anisatum ; 

— religiosum ; 
Jubsea spectabilis ; 
Kalmia angustifolia ; 

— glauca ; 

— latifolia ; 
Lavatcra acerifolia ; 

— arborea ; 
Lcdum salvifolius ; 
Lomatia silaifolia ; 
Magnolia granditlora ; 
Margyricarpus setosus ; 
Medicago granditlora ; 
Mclalcuca thymifolia ; 
Melianthus major ; 
Myrsine africana ; 
Myrtus bclgica ; 

— communis ; 
Nerium Olcandcr ; 
Olea capensis ; 

— europea ; 
Osmanthus aquifolium ; 
Ulearia Hastii ; 
Orcodaphne fœtens ; 
Orothamnus rosmarinifolius ; 
Oxycoccos palustris ; 
Phormium Colcnsoi ; 

— Cooki ; 
Photinia, 3 variétés ; 
Phyllirea, 4 variétés ; 
Pittosporum Tobira ; 

— ternifolium ; 
Quercus acuta ; 

— Ballota ; 

— coccifera; 

— Fordii ; 

— glabra ; 

— llex ; 

— japonica ; 

— Suber ; 
Rhododendron himalayense ; 
Hhodora canadensis ; 
Haphiolepis, 4 variétés ; 
Ruta graveolcns ; 

Sabal acaulis ; 
Selago corymbosa ; 
Skimmia fragans ; 

— japonica ; 

— oblata ; 
Stranvîesia glaucescens ; 
Styphonia serrata ; 
Teucrium, 3 variétés ; 
Thca viridis ; 
Vaccinium, 3 variétés; 
Veronica Andcrsonii ; 

— angustifolia ; 

— Lindlcyana ; 

— salicifolia ; 

— Travers» ; 
Yucca aloifolia ; 

— - gloriosa ; 

— pendula. 



4i4 



Araucaria imbricata ; 
Arthrotaxis selaginoides ; 
Callitris quadrivalvis ; 
Cryptomcria japonica ; 
Cuprcssus clegans ; 

— funebris ; 

— Govcniana ; 

— horizontalis ; 

- — Lambertiana ; 
Eplicdra altissima ; 



Abutilon vexillarium ; 
Akebia quinata ; 
Arauja albcns; 
Aristolocbia altissima ; 
Bcrcbemia volubilis ; 
Bignonia caprcolata ; 
Brunnichia cirrhosa ; 
Convoi vulus mauritanicus ; 
Dclairca scandons ; 
Eccrcmocarpus scaber ; 
Ercilla spicata ; 
Kadsura japonica ; 
Kcnnedya ovata ; 
Mandevillea suavcolcns ; 
Marsdcnia crecta ; 



Lomaria alpina. 
Onoclea sensibilis. 



FRANCE 

Arbres résineux. 



Fitz-Boya patagonica ; 
Juniperus tlrupacea ; 

— cxcclsa ; 
Podocarpus neriifolia ; 
Prûmnopytis elegans ; 
Saxc-Gotha^a conspicua ; 
Torrcya taxifolia ; 
— nucifcra ; 
Wcllingtonia gigantca ; 

— scmpcrvirens. 



VÉGÉTAUX GRIMPANTS. 



Mucblcnbcckia nummulamefolia ; 
Passiflora cœrulca ; 
Pucraria Tbunbergii ; 
Bbynchospcrmum jasminoidcs ; 

— sincnsis ; 

Bosa Banksia? ; 

— camelliœtlora ; 

— indica ; 

— thyrsiflora ; 
Schizandra coccinca ; 
Scmcle androgyna ; 
Smilax aspcra ; 

— mauritanica ; 
Solanum jasminoidcs ; 
Stauntonia hexaphylla. 



Fougères. 



Polyst;chum proliierum. 
Woodwardia radicans. 



Greigia sphacelata. 



Broméliacées. 

Pitcairnia bromelifajolia. 

Ces dernières vivent en plein air, sur la tige du Chamœrops. 

Enfin, des plantes diverses, parmi les Dianella, Eryngium, 
Gunnera, Lobelia, Semele, Tupa, Xerotes, etc. 

Les premiers Gamellias ont été plantés en pleine terre, en 1811 ; et 
douze ans après, le Yucca gloriosa, apporté d'Amérique par le 
comte de Rossy, capitaine de vaisseau. 

A la suite d'essais et de propagande, dus en partie au directeur du 
jardin de la Marine, la pointe du Finistère a vu s'acclimater et se 
reproduire bon nombre de végétaux exotiques. 

Parmi les plantes herbacées : 

lu'Allium neapolitanum d'Italie, a élu domicile dans les haies et 
au milieu des ruines du littoral. 

L' Alyssum maritimum, du sud de la France, habite les murailles 
et les falaises de la rade de Brest. 

U'Aponogeton distachyon, du Gap, apporté en 18/40 par l'amiral 
des Rotours, n'a pas tardé à encombrer les rivières. 

Le Delairea odorata (Senecio scandens), du Mexique, installé sur 
les falaises, depuis i865, envahit les ajoncs. Ses tiges, longues de 
4 à 5 mètres, fleurissent abondamment vers la fin de l'hiver. 



i'kANCiE 4*5 

L'Ëlodea canadensis, jeté dans l'étang de la Villeneuve, en 1887, 
s'est reproduit, depuis, dans les cours d'eau de la région. 

UErigeron canadensis, acclimaté depuis i865, s'est propagé sur 
les talus des chemins de fer. 

Le Gnaphalium undulatum, du Gap, descendu de Cherbourg par 
le rivage maritime, s'est implanté dans les tranchées du chemin de 
fer de Touïgneau, à la limite extrême du département, dans l'Est. 

Le Gynerium argenteum, de Montevideo, acclimaté depuis 1860 
dans les terrains secs, sur les remblais, dans les tranchées, sur le 
terre-plein du port du Commerce, se rencontre quelquefois aussi sur 
les vieux murs et les cheminées. 

\JHelichrysum fœtidum, du Cap, croît sur les falaises de la rade 
depuis i8i5, et dans les tranchées des voies ferrées, depuis i865. 

L' Hieracium amplexicaule, comme la variété orangée, à Guipavas, 
se plaît avec les vieux édifices. 

Le Mesembrianthemum edule, du Cap, s'est installé à RoscofT, à 
Brest et en pleine île de Batz. 

L' Œnothera stricta, du Gap, et la variété rosea, du Mexique, se 
sont implantées dans les vieux bâtiments et les landes humides d'un 
moulin à poudre. 

LSOphiopogon japonicus, qu'on emploie à la confection des 
pelouses, forme partout de superbes bordures. 

Le Scilla hemispherica, d'Espagne, pullule désormais à Roscanvel, 
à Saint-Jacob en Loperhet et au Conquet. 

Le Vittadinia triloba, Composée australienne, s'est acclimaté sur 
les falaises et au centre des gares, où elle est connue sous le nom 
de « Pâquerette des murailles ». 

Parmi les arbres et arbustes ligneux : 

h'Alnus cor data, originaire de la Corse et de l'Italie, se ressème 
à peu près partout en Basse-Bretagne. 

Le Cistus hirsutus se mêle aux ajoncs des Landes de Kerwallon. 

\SErica polytrichîfolia, du Gap", a^envahi le jardin et les tranchées 
du chemin de fer, où on le recèpe pour en faire du bois de feu. 

Le Genista maderensis foisonne à travers les jardins de Brest, 
Landerneau et Morlaix. 

Le Veronica decussata, d'Australie, couvre les rochers de la 
pointe du Finistère, et constitue, à l'île d'Ouessant, des bordures 
élégantes ou des haies fleuries, hautes de 8 mètres. Les habitants 
l'ont appelé « Myrte d'Ouessant ». 

Mais le plus bel exemple de naturalisation est, sans conteste, 
Y Araucaria imbricata, du Chili. 

A vingt kilomètres de Brest, au PenandrefF, un groupe d'arbres 



4l6 FkANCË 

de cette espèce, plantés en 1823, atteint aujourd'hui une hauteur 
de 24 à 25 mètres, fructifiant depuis une vingtaine d'années et 
fournissant même des semis naturels. 

Le Jardin botanique de la Marine, à Brest, est donc un jardin 
d'expériences et d'acclimatation. 



Jardins d'études et de vulgarisation. 

En dehors des jardins botaniques, véritables foyers d'enseigne- 
ment scientifique, relatifs à la plante, il existe un certain nombre 
de jardins d'études et d'expériences, sans parler des jardins annexés 
aux Écoles d'agriculture et aux Écoles normales ou primaires. 

Les uns sont adjoints à des établissements commerciaux, généra- 
lement ouverts aux amateurs ; des collections végétales intéressantes 
s'y trouvent réunies, étudiées, comparées, multipliées, renouvelées. 

Les autres ont été créés par des Sociétés horticoles déjà citées, ou 
font corps avec des parcs publics, des squares, des promenades, 
appartenant soit aux villes, soit aux administrations de toute nature; 
ils sont fréquentés par le public. 

Ajoutons les domaines, les parcs, les propriétés particulières où 
des amateurs éclairés et passionnés cherchent à grouper, à classer, 
à déterminer, à faire connaître les végétaux d'utilité et d'ornement. 

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris, si riche sous tous les 
rapports, ne fera point oublier aux amis de la nature, ni le Jardin 
d'Acclimatation, ni les ombrages, les corbeilles fleuries et le carré aux 
arbres fruitiers du Luxembourg. 

Avec ses parcs immenses, ses admirables parterres, ses bosquets, 
ses pelouses, ses taillis, ses avenues, la Ville de Paris n'oflre-t-elle 
pas au promeneur des sujets variés d'instruction, et, au travailleur, 
un enseignement pratique et raisonné ? 

Visitez ses pépinières d'Auteuil, son fleuriste de la Muette, son 
verger de Saint-Mandé, jusqu'à son immense dépotoir de Genne- 
villiers, qui fertilise des cultures potagères ou arbustives, et vous 
vous rendrez compte des puissants moyens d'action, des ressources 
infinies et de la valeur du personnel d'élite dont la capitale 
dispose en faveur de ses plantations. 

Enfin, tout en respectant le chef-d'œuvre de Le Nôtre, à Versailles, 
l'Etat conserve, entre autres, à Trianon, les richesses dendrologiques 
découvertes par André Michaux, dans l'Amérique du Nord. 



FRANGE 4î7 

Imitant Paris, Lyon conserve un rang supérieur à son Parc de la 
Tête d'Or, où viennent s'approvisionner les jardins publics de la 
Cité laborieuse. 

A Marseille, le parc Borély reste un des plus agréables souvenirs 
du touriste. 

Bordeaux, Nantes, Cherbourg, Angers exhibent, dans un cadre 
charmant, des végétaux délicats sur différents points du territoire. 

Lille, Rouen, Beauvais, Soissons, Chartres, savent allier le clos 
fruitier aux méandres de l'art paysager. 

Saumur a commencé par la viticulture ses champs d'instruction. 

Hyères agrandit son jardin d'acclimatation, bien au delà du Clos- 
Aiguier, et Nice couvre d'un manteau de fleurs le lit du Paillon, sec 
ou tumultueux. 

Rappelons encore quelques plantations renommées : 

La Pépinière et les places publiques de Nancy ; 

La Patte d'Oie, les avenues et les squares de Reims ; 

Le Peyrou et les jardins de Montpellier ; 

Le Parc et les squares de Dijon ; 

Les Jardins des Plantes de Toulouse, de Clermont-Ferrand, de 
Grenoble, de Caen, d'Avranches, de Cherbourg ; 

Les squares, les boulevards, les promenades d'Amiens, de Tours, 
du Mans, de Rennes, de Nîmes, d'Avignon, de Châlons, de Troyes, 
de Moulins, de Valenciennes, de Langres, de Roubaix, d'Épinal, de 
Melun et de nombreuses villes de l'intérieur ou du littoral. 

C'est de l'hygiène à pleins poumons qu'assurent ainsi, aux 
habitants, les municipalités soucieuses de la santé publique. C'est 
aussi un attrait pour l'étranger, en même temps qu'un moyen 
d'instruction, quand les plantations ont été combinées avec science 
et bon goût. 

Sous ce rapport, la plus intéressante des créations utiles et 
agréables est, à coup sûr, la villa Thuret, au cap d'Antibes. 
Remarquable par les importations et les essais de naturalisation, elle 
a rendu les plus grands services à l'horticulture de tous les pays. 

Voici ce que dit, de ce coin privilégié de la Provence maritime, 
M. Charles Naudin, de l'Institut, le savant directeur, dans une note 
qu'il a bien voulu rédiger, sur nos instances, pour cet ouvrage : 

Goup d'œil sur l'horticulture méridionale. 

Il y a, à proprement parler, deux midis en France, placés sous les 
mêmes latitudes, juxtaposés l'un à l'autre, et néanmoins si différents 
par leur climat et leurs productions qu'on pourrait croire, au premier 
abord, qu'ils sont séparés par toute la largeur de l'Océan. L'un 

27 



4l8 FRANCE 

d'eux est situé dans ce que les météorologistes appellent le climat 
girondin ; l'autre appartient au climat méditerranéen, qui règne sur 
tout le périmètre de la Méditerranée, en Europe aussi bien qu'en 
Afrique. Chacun d'eux a sa végétation indigène propre, et ses cultures 
agricoles particulières et caractéristiques. 

Le climat girondin, dont la température moyenne annuelle peut 
être fixée, avec de légères variantes, à 12 degrés centigrades (celle 
de Paris est de io°8), trouve son expression la plus nette dans le 
sud-ouest de la France, au sud de la Garonne, mais il s'étend, en 
remontant le long de l'Océan, jusqu'aux confins de la Bretagne, ou, 
si l'on aime mieux, jusqu'à la Loire. Le Blé, la Vigne, le Maïs y sont 
l'objet de cultures florissantes, auxquelles s'ajoutent celles des arbres 
fruitiers ordinaires, dont les produits sont justement estimés. Per- 
sonne n'ignore que les Pruneaux d'Agen et de Tours ont acquis une 
réputation européenne et sont, pour cette région, une source impor- 
tante de revenus. On connaît mieux encore les Vins renommés de 
cette partie de la France, qui, sous l'appellation générale de Vins de 
Bordeaux, s'exportent dans tous les pays du monde. Au total, la 
région girondine est une des plus belles et des plus fertiles de la 
France. 

L'horticulture proprement dite, quoique peut-être moins avancée 
que dans le bassin parisien, y produit à peu près toutes les plantes 
d'ornement qu'on trouve dans ce dernier, et, à cause du climat plus 
doux qui résulte d'une latitude plus méridionale et du voisinage de 
l'Océan, elle élève en plein air, sur certains points, au moins, des 
arbrisseaux qui doivent être abrités en orangerie sous le ciel de 
Paris, tels que le Myrte, le Grenadier, le Laurier-rose et quelques 
autres. Le Figuier, quoique souvent maltraité par les hivers, y donne 
des fruits encore présentables ; quelques Eucalyptus d'Australie y 
résistent au froid pendant quelques années ; mais ce sont surtout les 
arbres forestiers de l'Amérique du nord, du Japon septentrional et de 
la Chine qui y récompensent le mieux les tentatives des acclimateurs. 
S'il était question un jour de créer un vaste arboretum, pour y réunir 
les arbres et arbrisseaux de presque tous les pays tempérés du globe, 
nul point de la France n'y conviendrait mieux que le sud-ouest, où 
déjà se font remarquer des plantations d'arbres exotiques on ne 
peut plus encourageantes. 

Le midi méditerranéen, qui est pour nous le vrai midi, offre au 
voyageur qui le traverse un aspect bien différent. Sa température 
moyenne, considérée dans l'ensemble, est de -|- i4° centigrades; 
mais, suivant les lieux et les orientations, elle peut descendre à 
-f- 13 degrés ou en dépasser i5, ce qui est dû à la topographie très 



FRANCE 4!9 

accidentée du pays, où les plantes trouvent les expositions les plus 
diverses. A quoi la région méditerranéenne doit-elle la supériorité 
de sa température sur celle de la région girondine ? A deux causes 
également puissantes : d'abord l'abri que lui font les Alpes et leurs 
ramifications contre les vents du nord, ensuite le voisinage d'une 
mer européo-africaine, fortement échauffée par le soleil pendant un 
long été, et qui lui envoie de la chaleur pendant l'hiver. Le climat 
est surtout caractérisé par la sérénité du ciel, la transparence de 
l'atmosphère, la vive lumière et l'ardeur du soleil, qui se fait encore 
sentir au cœur de l'hiver. Un autre caractère de ce climat c'est la 
sécheresse souvent extrême des mois d'été, et l'abondance de la pluie 
en automne et au printemps. Le thermomètre peut, exceptionnelle- 
ment, y descendre à 7 ou 8 degrés au-dessous de zéro, mais le froid 
ne dure que quelques heures de la nuit et il est rare qu'il y gèle 
pendant le jour. Les vents violents d'est et d'ouest (ce dernier connu 
sous le nom de mistral) sont presque le seul défaut du climat médi- 
terranéen. De ces diverses conditions résulte une végétation plus 
ligneuse, plus dure, plus résistante au froid et à la sécheresse que 
celle des contrées moins ensoleillées et plus constamment humides 
du reste de la France, végétation caractérisée par la persistance du 
feuillage des arbres et des arbrisseaux, dont le plus notable est le 
classique Olivier, l'arbre dominateur et nourricier de la Provence. 
C'est lui qui, de prime abord, frappe les yeux de l'étranger; en 
seconde ligne viennent les Pins maritimes, les Pins d'Alep, le Pin 
pignon, les Cèdres pyramidaux, le Chêne liège, le Laurier, puis la 
végétation plus humble du Myrte, des Lentisques, du Laurier rose, 
de la Bruyère arborescente et de beaucoup d'autres arbustes ou sous- 
arbustes qui couvrent les collines arides et inexploitées, livrées aux 
troupeaux de moutons et aux chèvres. Une telle région est évidem- 
ment propre à la culture de beaucoup de végétaux exotiques, surtout 
de pays qui s'en rapprochent par leurs conditions climatériques. 

La région méditerranéenne se divise assez nettement en deux 
zones, celle de l'Olivier, qui est de beaucoup la plus étendue et qui 
s'élève jusqu'à l'altitude de 5oo à 600 mètres, et celle de l'Oranger, 
qu'on pourrait aussi appeler la zone des Palmiers. Cette dernière, 
qui commence à Ollioules, près de Toulon, et se continue presque 
sans interruption jusqu'à Nice, Menton et au delà sur la côte 
italienne, ne s'éloigne guère des bords de la mer. C'est la partie la 
plus privilégiée du pays, presque un lambeau de la côte africaine 
qui lui fait face de l'autre côté de la Méditerranée, avec la même 
végétation indigène et les mêmes plantes cultivées. Le Caroubier en 
est l'arbre le plus caractéristique, et on aurait pu, il y a quelques 



4;20 FRANCE 

années, lui adjoindre le Palmier nain, s'il n'avait été extirpé par le 
vandalisme des touristes étrangers. 

Mais cette antique flore provençale a beaucoup changé d'aspect 
depuis une quarantaine d'années, par l'introduction d'une multitude 
d'arbres et d'arbrisseaux exotiques, qui rappellent la végétation 
tropicale. Avant l'établissement des chemins de fer, la Provence était 
presque inconnue du reste de la France, et l'horticulture, sans y être 
tout à fait nulle, s'y traînait dans la routine, sans avenir et sans autre 
guide que quelques livres de jardinage publiés à Paris et qui n'étaient 
point faits pour elle. Depuis que les communications avec le nord 
sont devenues faciles et rapides, elle s'est transformée, pour ainsi 
dire, à vue d'œil. De riches étrangers, à l'exemple de lord Brougham, 
attirés par la beauté du climat, s'y sont rendus de tous les coins de 
l'Europe ; plusieurs y ont acheté de la terre, s'y sont fixés et y ont 
fait bâtir ces superbes villas entourées de jardins qui font l'étonne- 
ment et l'admiration des voyageurs. Et comment ne s'étonneraient- 
ils pas à la vue de cette végétation insolite, les gigantesques Euca- 
lyptus, les iVcacias, les Araucarias, les nombreuses Myrtacées 
d'Australie; les Jacaranda et les Bougainvillea du Brésil, les 
Bambous, les innombrables tribus des Agaves, des Cactées de formes 
si bizarres, des Mésembrianthèmes aux corolles éclatantes, et par- 
dessus tout des grands Palmiers, Phœnix et Cocos de différentes 
espèces, Jubéas, Livistonas, Sabals et beaucoup d'autres qu'il serait 
trop long de nommer ? C'est surtout aux alentours des villes fré- 
quentées par les étrangers, Hyères, Saint-Raphaël, Cannes, Nice, 
Monaco, Menton, que ces jardins se montrent dans toute leur 
splendeur. 

Pendant longtemps la Provence n'avait guère à exporter, comme 
produit horticole, que des Immortelles, dont les fleurs servent à 
tresser des couronnes funéraires ; aujourd'hui, elle est devenue le 
grand marché des fleurs d'hiver et de printemps, Roses, Mimosas ou 
Acacias, Narcisses, Œillets, Anémomes, Renoncules, Violettes de 
Parme, Réséda, etc., qui s'expédient par pleines wagonnées sur les 
villes du Nord, Paris, Londres, Berlin et jusqu'à Saint-Pétersbourg. 
On en trouvera le détail dans un mémoire présenté à la Société 
Nationale d'horticulture par M. H. de Vilmorin. A ce commerce, qui 
lui rapporte des millions, elle n'a pas tardé à ajouter celui des fruits 
et des légumes de primeur, Fraises, Asperges, Artichauts et Tomates. 
Mais là ne s'est pas bornée son activité. Elle a compris que si la vente 
des fleurs coupées était une mine d'or à exploiter, elle en avait une 
autre dans la culture et l'expédition des plantes vivantes ; aussi de 
nombreux horticulteurs sont-ils venus s'établir en Provence, aux 



FRANCE 4 2 * 

alentours de toutes les villes de quelque importance, depuis Marseille 
jusqu'à Menton. Ils profitent de l'excellence du climat pour élever 
des plantes qui réussissent moins facilement ou ne réussissent pas 
du tout dans les jardins du nord, même sous les abris vitrés, tels que 
plants d'Orangers et de Mandariniers, Rosiers nouveaux, bulbes et 
graines de toutes espèces, Araucarias, Palmiers de semis, etc., faisant 
ainsi une rude concurrence aux horticulteurs du Nord de la France, 
de Belgique, d'Angleterre et d'Allemagne. 

Une spécialité de la culture provençale dont nous devons dire 
quelques mots ici, bien qu'elle soit entièrement sous la dépendance 
d'une industrie locale, est celle des plantes à parfum, uniquement 
destinées aux fabricants d'essences de la ville de Grasse. Plusieurs 
se sont enrichis à ce commerce, qui a fait la réputation de cette petite 
ville. La matière première de cette industrie est fournie par les 
Rosiers Gent-Feuilles, Musqués et de Damas, par les fleurs de Gassie, 
Acacia Farnesiana, les fleurs et les écorces d'Oranger-Bigaradier, 
de Citronnier et autres arbres. Hors de ce groupe, le Géranium r osât, 
Pelargonium capitatam, le Jasmin d'Espagne, Jasminum gran- 
diflorum, la Tubéreuse, Potyanthes tuberosa, l'Héliotrope, la 
Jonquille, etc. Des plantes indigènes et vulgaires fournissent aussi 
leur contingent de parfums, telles que la Menthe poivrée, la Mélisse, 
le Romarin, le Myrte, la Violette, etc. Depuis quelques années, on 
distille aussi à Grasse les feuilles de divers Eucalyptus. Mais dans 
cette industrie jusqu'ici florissante, la Provence commence à être 
concurrencée par l'Algérie, non moins bien située pour la culture 
des plantes à parfums, qui a pris surtout de l'importance dans la 
commune de Ghéraga, près d'Alger. 

Un des premiers, parmi nos compatriotes français, qui ont puis- 
samment contribué au développement de l'horticulture en Provence, 
est le botaniste Gustave Thuret, que sa santé toujours vacillante a 
amené, il y a près de 4o ans, à Antibes, ville jusque-là délaissée par 
les étrangers, et qui ne cultivait guère que la Vigne et l'Olivier. 
Devenu propriétaire d'un vaste terrain, à une époque où la terre se 
vendait cinq à six fois moins cher qu'aujourd'hui, il y fonda un 
jardin, à la fois botanique et d'agrément, où il s'appliqua à réunir 
des plantes de tous pays, les unes achetées chez des horticulteurs, 
les autres données par le Muséum d'histoire naturelle, où P. Decaisne, 
ami intime de Gustave Thuret, présidait alors aux cultures de 
l'Etablissement. Toutes n'y réussirent pas, et naturellement les hivers 
firent un triage des espèces rustiques ; mais ce qui résista fut consi- 
dérable. L'expérience étant mise à profit, le jardin se peupla insen- 
siblement, par un choix judicieux des nouvelles acquisitions, d'une 



4^2 FRANGE 

quantité de plantes, arbres et arbrisseaux exotiques fort intéressants, 
qui, petit à petit, se répandirent dans le pays. Gustave Thuret fut 
le véritable initiateur de l'horticulture dans cette partie de la 
Provence, où il eut beaucoup d'imitateurs. Il faut dire, pour être 
juste, qu'une bonne partie de cet honneur revient à M. le Docteur 
Bornet, son ami, qui le seconda avec autant d'ardeur que d'intelli- 
gence, pendant les dix-huit années qu'ils passèrent ensemble à 
Antibes. 

A la mort de G. Thuret, arrivée en 1875, ce bel établissement 
risquait d'être vendu et disloqué par les héritiers de la famille, ce 
qui eût été une sorte de malheur public. Heureusement une dame 
généreuse, M me Henri Thuret, belle-sœur de Gustave, et qui avait 
pour lui une vive amitié, acheta aux héritiers le jardin et la modeste 
villa où son beau-frère avait vécu, retiré du monde, pendant si 
longtemps, et en fit cadeau à l'Etat, aux seules conditions que le nom 
du fondateur y fût conservé et qu'on y continuât les travaux qu'il 
avait commencés avec tant de succès. Ces conditions furent acceptées, 
et le Ministre de l'Instruction publique, de qui seul dépend l'Etablis- 
sement, agréa pour directeur, sur la recommandation de M. Decaisnc, 
M. Charles Naudin, ancien aide-naturaliste au Muséum, qui avait 
lui-même créé, à ses frais, risques et périls, un jardin d'expériences 
à Collioure, en Roussillon. 

Il va de soi que le Directeur du jardin de la villa Thuret se fit un 
devoir de conserver religieusement les plantes que Gustave Thuret y 
avait introduites, mais il s'occupa aussi d'en accroître le nombre par 
tous les moyens en son pouvoir, et, mettant à profit ses relations avec 
les botanistes français et étrangers, les grands horticulteurs, les 
voyageurs, les missionnaires et jusqu'aux jardiniers des colonies, il 
réussit à obtenir, tantôt gratuitement, tantôt par voie d'échanges, des 
graines et des plants de végétaux exotiques qui n'existent encore qu'à 
la villa Thuret. Parmi ces nombreux coadjuteurs du jardin, il convient 
de citer le Baron Ferdinand Mùller, l'infatigable explorateur de 
l'Australie, M, Charles Sargent, directeur du vaste arboretum de 
New-York, et le Docteur King, directeur du Jardin botanique de 
Calcutta. 

Mais si le jardin de la villa Thuret voit ses riches