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)
L'lLLUSTRATION HORTICOLE
i
I
Gand, imprimerie Eug. Vandcr Hacghen.
L'lLlUSTRATION
HORTICOLE
JOURNAL POPULAIRE
D£
L'HORTICULTURE DANS TOUTES SES BRANCHES
FUBL1£ SOUS LX DIRECTION DE MESSIEURS
J. LINDEN ET LUCIEN LINDEN
ET REDIOE PAR
tMlIjK RODIGAS
(nUMERO PARAISSANT LE 15 DU MOIs)
MAX GARNIER
(nUMERO PARAISSANT LE 30 DU MOIs)
QUARANTE-ET-UNIEME VOLUME
OU PREMIER DE LA SIXIEME SERIE
BRUXELLES
RUE BELLIAKD. N° lOO
1894
()ni/f\'^^
A NOS LECTEURS
L'lLLUSTRATiON HoRTicoLE transfopm^e ne comnaencepa pas son premier
numero sans exprimer k ses souscripteurs, deja si nombreux, ses remercie-
ments tr6s chaleureux.
Nous consid6rons comme un devoir de reconnaltre cet accueil bienveillant
en am^liorant encore le nouveau jo'irnal, et nous nous attaclierons k adopter
tous les perfectionnements qui nous parailront de nature a le rendre aussi
varie et aussi attrayant que possible.
Le Num6ro paraissant le 15 de chaque mois, et dont la redaction est
confix k M. Emile Rodigas, s'occupera plus sp^cialement des plantes de
serre, avec quelques incursions dans les autres doinaines de THorticulture
Jorsque I'occasion s'en pr^sentera.
Le Num6ro du 30, dont M. Max Garnier est le r6dacteur, sera consacre
aux plantes de jardin, fruits, fleurs et legumes, et a celles qui sont le mieux
appropri^es k Tornementation des appartements. Une part y sera faite aussi,
exceptionnellement, aux autres parties de Vhorticulture.
La partie actualiU aura sa plac^ r^servee dans chaque numero, et nos
lecteurs y trouveront notamment le compte-rendu de toutes les grandes expo-
sitions dans un delai de quelques jours apr^s leur ouverture.
Enfln les planches colori6es nous permettront de faire connaitre les nou-
veaut^s en plantes de serre avant qu'elles soient raises au commerce, ainsi
que les plus belles nouveaut^s produites par la floriculture.
Nous esperons ainsi atteindre notre but, qui est de tenir le public au courant
de tous les progr^s, et de lui faciliter autant que possible la connaissance et
la culture des plantes les plus belles et les plus int^ressantes. ^
L'Illustration Hortigole.
' '
— 6 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Janvier 1894.
Le Peuplier de Marie- Antoinette. — Get arbre historique, qui existait
h la ferme du Petit Trianon, k Versailles, a dft Mre abattu le 5 octobre dernier.
La decrepitude 6tait venue, et nialgr6 son caract^re historique et la venera-
tion dont il etait I'objet, Tarbre qui presentait un danger permanent a dCl
disparaltre.
« «
Fraxinus rliyncophylla Hance. — Ge beau frene est originaire du nord
de la Chine et des con trees voisines; il flit decouvert en Mongolie par Tabbe
David. Ses bourgeons d'hiver avec leurs ecailles epaisses, rousses et tomen-
teuses, donnent a Tarbre un aspect particulier. Les feuilles sont composees de
cinq folioles ovales, retrecis au sommet, acumines, arrondis k la base, d'un
vert fonce luisant k la face superieure, plus p^les et glabres en-dessous. Ses
fleurs sont disposees en panicules assez compacts. Des graines envoyees de
Pekin en 1881 par le D*" Bretschneider ont donne dans Y Arnold Arboretum
des jeunes pieds d'une rusticite parfaite et promettant un grand et rapide
developpement.
« •
Gentee du parfUm des fleurs. — La chimie organique nous a reveie la
genese du parflim chez les fleurs. La Revue Horticole resume de la maniere
suivante la marche de ce phenomftne : « La cMorophylle, qui existe seule au
debut dans le jeune bouton k fleur, donne naissance k des glucosides. Geux-ci,
qui se trouvent a la surface externe, exposee lentement et graduellement k
Fair et a la lumiere, se transforment en tannin et en huile essentielle. A Vinte-
rieur de ce bouton, au contraire, I'oxydation et la radiation lumineuse ne se
produisent qu'A Touverture de la corolle ; la reaction s'opere alors plus brutale-
ment, les produits volatils satisfont immediatement leurs aflllnites pour Toxy-
gene, et c'est ce phenomene d'oxydation qui procure la sensation de parfum. »
♦ •
Exposition annonc6e. — La Societe royale d'agriculture et de botanique
de Gand ouvrira au Gasino, du dimanche 11 au mardi 13 novembre 1894, une
exposition de Ghrysanthemes, plantes orneraentales et Orchidees. Le pro-
— 7 —
gramme comprend 117 concoiirs. Le jury disposera de 17 m^dailles d'or, de
76 mWailles de vermeil, d'une oeuvre d'art et d'un tr$s grand nombre de
m^dailles d*argent.
♦ •
Destmction des Pucerons. — Les moyens recommand^s pour d^truire
les pucerons dans les serres son! nombreux, et Temploi du tabac dispose en
c6tes le long destuyaux de chauffage et humect6 sufflsamment est consid6r6
comme le raeilleur. On pent recommander encore comme tr6s efBcace Tusage
du papier pr6par6 au sulfure de carbone. II sufflt d'en faire brtller une partie
dans la serre ou bSche pour d6truire les pucerons de toutes les sortes qui
s'en prennent aux Y6g6taux.
• »
Bxposition universelle de 1900 & Paris. — II serai t pr^matur^, ce
nous semble, de parler dej& de la part que prendra Thorticulture k cette
Exposition. Nous dirons seulement que I'organisation de la section agricole
et borticole est confine a M. Eug. Tisserand, directeur de I'Agriculture ;
qu'une commission sp6ciale est charg6e de la determination de Templacement
de Thorticulture en dehors des terrains de TExposition g^n^rale; qu'il est
question d*6tablir a Versailles une exposition- aussi complete que possible de
Tarchitecture ou art des jardins.
♦ «
Andromeda (Zenobia) speciosa var. pulvemlenta. — Le Garde-
ners' Magazine a donn6 r6cemment le portrait de ce bel arbuste, autrefois
bien connu, et r^pandu dans les grands jardins, il y a un demi-si^cle. G'est
une esp^ce nord-am^ricaine parfaitement rustique dans nos regions. Sa
hauteur ne d^passe gu^re un m^tre; ses fleurs sont dispos^es en racemes et
naissent sur les rameaux de Tann^e pr6c6dente ; elles sont d'un blanc pur et
en forme de clochette. La vari6t6 pulverulenta est encore moins ^levee; de
plus, ses feuilles blanchatres ou d'un gris bleu^tre sont couvertes d*une pruine
glauque et font un bel effet.
♦
Ouragan en ticosse. — L'ouragan du 19 noYembre qui a s6vi sur TEurope
enti^re a 6te particuli6rement terrible en Ecosse. Des for^ts enti6res ont ^16
saccag^s et un nombre considerable d'arbres ont 616 renverses, les racines
mises en Fair ayec des mottes de terre larges de plusieurs metres. Get oura-
gan est consid6r6 comme le plus violent de ce si^cle.
• ♦
Scabiosa major atropurporea. — La culture a produit une s6rie de
vari6t6s de Vesp^ce dont le type appartient k I'Europe m6ridionale. Les varia-
tions n'ont pas seulement affects le coloris des fleurs, mais aussi les inflores-
— 8 —
cences elles-m^mes, qui se sont 61argies, tandis que la plante est devenue plus
compacte. La vari6t6 dont le nom est inscrit plus haut se distingue par le
coloris brun noiratre des fleurs. De plus, les etamines sont k peu pr6s invi-
sibles; la forme de la fleur rappelle celle des Dalilia lilliputiens, et la tige
flexible et sufflsamment longue en fait une excellente acquisition pour la
confection des bouquets.
« •
Jardins des fcares. — En Galifornie, la plantation des gares de chemins
de fer etait inconnue il y a quelques ann^es. Bicntut des particuliers ont fait
k leurs frais quelques plantations dans certaines gares et ont ainsi augmente
la valeur des terrains avoisinants. Aujourd'hui plusieurs grandes stations
sont cities k bon droit pour leur beaut6. Tel est le cas pour la gare principale
de Los Angeles oCi Ton rencontre encore des Paliniers plant^s au temps des
Espagnols. Un ancien ^16ve de TEcole d'horticulture de Gand, M. Louis
Legrand, devenu inspecteur des plantations de cette ville, a tir6 un bon
parti du terrain. Des plantessemi tropicales et autres, camphriers, Araucaria,
Hakea, Gasuarina, Ganna, Galadium, garnissent une belle pelouse. Une autre
partie est plant^e de Yucca, Gactus, et plantes de TArizona. La gare de la
ville d'Ontario et m^me celles de quelques villages sont embellies par des
plantations de Palmiers, des groupes de Grevillea et de Magnolia.
« «
Un bouquet coAteux. — Un journal horticole allemand raconte qu'un
maitre d'6cole k Konitz avait command^ un bouquet de noces de quatre marks
ou 5 francs. G'^tait en automne; les jfieurs blanches ^taient rares, et le fleuriste
composa son bouquet de fleurs blanches de... Dahlia. Refus d'acceptation de
la part de la fiancee. Le maitre d'^cole renvoie le bouquet, et le fleuriste en
reclame le payement par voie de justice. II perd son proems, mais il va en
appel et finalement est condamne aux frais du proems s*61evant a 300 marks.
« «
Tradescantia repens f6L var. — Le genre Tradescantia comprend
une trentaine d'esp6ces, les unes annuelles, les autres vivaces, les unes a tige
courte, dress6e, les autres a tige allong^e, rampante ou ascendante. Parmi ces
derni^res, on peut citer les Tradescantia crassifolia Gav., le T. crassula Lk.,
et le T. fuscata Lodd., la premiere originaire du Mexique, et les deux autres
du Bresil. Notre confrere neerlandais Sempervirens signale les T, multicolor et
T. repens foL var. comme convenant le mieux a la culture en appartement, k
cause de leur resistance k la chaleur et au froid, pourvu qu'il n*y ait pas de
gel^e. La premiere forme se distingue par sa belle coloration pourpr^e, verte
et blanche; Tautre a une rjche panachure jaune vif sur fond vert jaunlktre.
— 9 —
Poor barter les conrtillidres, le journal Lyon Horticole recommande
Temploi de come de cheval par petits morceaux enterr^s superflciellement de
dix en dix centimetres environ entre les plantes. L'auteur du proc^de annonce
qu'il lui a r6ussi compl6tement ; il ne dit pas que ce moyen d^truirait les cour-
tilli^res : ses plantes en sont d6barrass6es, c'est Tessentiel.
• «
Seqaoia gigantea. — Dans un article r^cemment public dans ZoBj
M. Gust. Eisen critique les conditions dans lesquelles on plante actuellement
les Sequoia gigantea. II dit que c-est folie de planter ces arbres isol^ment ou sur
une ligne a des endroits ouverts et sees. Dans sa station naturelle, cette espfece
veut un sol riche et liumide, mais bien drain6 et une exposition abrit6e contre
les vents du nord. G^est seulement dans les conditions d*une humidity abondante,
sur des penles inclin^es.vers le sudou Touest et garanties contre les vents du
nord, que les Sequoia prosp^rent.
« «
Expositions de Ghrysanthimes. — Le mois de novembre a 6t6 consacre
tout entier en Angleterre k des expositions de Glirysan themes. Quelquefois il y
a eu une s6rie d'expositions au ineme moment, comme d'ailleurs en Belgique od
Ton a eu le meme jour, le 12 novembre, des expositions de Ghrysantli^mes a
Bruxelles, a Anvers et k Tournai. Le Gardeners* Chronicle constate que
partout ces f(&tes florales ont eu un succ^s grandissant. A Norwich il y a eu
au dela de huit mille visiteurs ; a Wokingham, les pensionnaires d^s hospices
et du Workhouse ont 6t6 invites k Texposition.
« «
Ville de Tourcoing. Exposition d'horticulture. — A Toccasion de la
calibration du centenaire de la bataille de Tourcoing, la ville de Tourcoing
organise une exposition g6n6rale de tons les produits de I'horticulture, fruits,
legumes, fleurs, plantes fleuries et plantes d'ornement, bouquets, etc., ainsi
que des objets se rattachant ^k I'horticulture, tels que serres, appareils de
chauffage, etc.
Cette exposition aura lieu k Tourcoing les 19, 20, 21 et 22 mai 18^4.
Tons les horticulteurs et les amateurs frangais et strangers sont invites a y
prendre part.
D^s que le programme aura et6 61abor6, il en sera envoys un exemplaire k
toute personne qui en fera la demande a M. le Mai re de Tourcoing.
Em. Rodigas.
— 10 —
PI. I
MARANTA MAJESTICA linden
Le Maranta majestica date du commencement de la glorieuse decade
1865-1875, qui a produit dans nos serres tant de riches introductions. C6tait
alors la grande 6poque des plantes k feuillage panach6; Maranta, Galadium,
Anthurium, Dieffenbachia, Groton, Dracaena, etc., se disputaient les honneurs
de nos serres chaudes, et chaque grande nouveaut^ 6tait salute par Tenthou-
siasme des amateurs, si nombreux alors.
Je date de cette 6poque; j'6tais en 1865 un 6colier de douze ans. J'ai grandi
dans ce milieu de merveilles v^g^tales, se renouvelant sans cesse, qu^^tait
alors r^tablissement d'introduction et d^horticulture de J. Linden, k Bruxelles.
J^avais ma petite serre bien k moi, que je soignais moi-m^me, ^tudiant des
rempotages savants, et cultivant mes plantes avec amour. A peine lev^, ou
ma classe flnie, j*6tais dans ma serre, de \k aux serres d*introductions de
r^tablissement; et quel plaisir, quand je pouvais detacher un petit fragment
d*une nouveaut^, notamment un jeune Galadium. Je me souviens de celui-la,
que j*6tais all^ caclier dans ma serre, et dont j'avais fait un spteimen superbe,
jalous6 — du moins je le croyais — par tous les cultivateurs de T^tablisse-
ment. Mon brave p6re, toujours indulgent, fermait les yeux sur mes petits
larcins, et encourageait mes premiers pas dans la culture. G'est de ce temps la
que date mon amour pour les plantes, qui n*a pas faibli depuis lors, et dont
t6moignent les trois journaux dont je suis actuellement propri6taire : La Lin--
denia, Le Journal des Orchidies et U Illustration Horticole, voufe dans ma
pens6e k propager le goOt des tr^sors du monde v^g^tal.
Nous 6tions done en 1865; le Maranta majestica commengait la grande
serie des nouveaux Maranta qui devaient avoir un si grand succ^s, et c*est,
parmi les plantes nouvelles de cette grande 6poque, un de mes plus agreables
souvenirs. Je verrai toujours les douze superbes specimens de Maranta
majestica que contenait la fameuse serre adossee contre le mur du Jardin
zoologique dont se souviennent certainement tous les amateurs qui s'occu-
paient, il y a vingt-cinq ans, d'horticulture. G'est de cette serre que sorlirent
tant de fameux exemplaires destines k aller repr^senter triomphalement nos
nouveaut^s dans toutes les grandes expositions internationales d'Europe.
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I
L'lLLUSTRATION HDRTICOLE
MAUANTA MAJKSriCA linden
— 11 —
Les MaratUa maje^ica dont je parte atteignaient jusqu'A i™50 de hauteur,
et formaient d'admiraWes touffes de feuilles vert bronz6, lign^es de rouge et de
blanc. Quoique les plantes qui viennent d'etre r6introduites n'atteignent pas
encore k cette taille, j'6prouve un plaisir particulier k refrouver ce souvenir.
Les autres belles espies qui j9guraient vers 1865 parmi nos introductions
(mon p6re exposait 25 Maranta distincts nouveaux a FExposition universelle
de 1867 k Paris) ne m'ont pas fait oublier celle-lA, et cependant il s'y trouvait
les superbes Lindeni, Legrdlei, Mazelli, virginalis, roseo-picta, illustris, Wal-
list, setosa, undulata, smaragdina^ hieroglyphica, tant d*autres enfln qui sont
perdus de vue aiyourd'hui, mais que Ton cultivait alors aveo passion!
Et dire que j*ai vu cette m6me plante, mon Maranta majestica, que Ton
cherchait a faire passer pour une plante nouvelle de 1893, k TExposition
quinquennale de Gand, au printemps dernier, sous le nom de M, Sanderiana!
Ah non! tout ce qu'on voudra, mais je ne permettrai pas une profanation
pareiUe. G'est mon Maranta majestica k moi, mon vieux camarade de ma
premiere serre d'enfant, et je le garde.
G*est en souvenir de 1865, que je le choisis pour ouvrir la nouvelle serie de
U Illustration Horticole, devenue aujourd'hui ma propri6t6 personnelle, et
avec laquelle je vais mener campagne en faveur des belles plantes panach6es
et essayer de faire renaitre la belle culture, les beaux specimens de plantes de
serre chaude qui faisaient Torgueil de nos serres autrefois.
Et pourquoi pas? Pourquoi ne verrions-nous pas reparaitre cette grande
6poque? Ainsi que le disait, le mois dernier, un correspondant du Gardeners'
Chronicle, nous avons actuellement k L'Horticulture Internationale suffl-
samment de belles plantes nouvelles k feuillage panach6 pour appeler de
nouveau Tattention sur ces merveilles v6g6tales. L'histoire de Thorticulture
est f^conde en retours analogues ; ce qui est beau ne peut jamais etre com-
pl^tement oubli^, et j'espfere pouvoir montrer, par quelques reproductions de
nos introductions r^centes, que les beaux types sont abondants dans cette
belle cat^gorie de plantes.
LuciEN Linden.
CULTURE DES MARANTA. — Nous recommandons pour la culture des Maranta
en general un terreau de feuilles, trds iSger, melange de sphagnum vivant et de
charbon de bois concassd. Pour activer leur v^getaton, on leur donne quelques arro-
sements de purin de vache coupe d*eau, mais seulement lorsqu'ils sont en pleine
vegetation. lis aiment un bon drainage, une place ombrag^e quoique rapprochee du
vitrage, une atmosphere chaude et humide et par dessus tout de la chaleur au pied.
On dfminue gradnellement les arrosements a partir du mois d'octobre, et pendant
toute la periode d'hiver on ne leur accorde que Thumidite strictement necessaire pour
dyiter le dess^chement des tubercules. Le rempotage se fait en mars lorsque les
nouvelles pousses commencent h paraitre.
I.ES TROIS I'l.lS BKLLKS Pl.ANTKiS NOLVKI.LES DE 1893
Au premier rang dei plantes dornmnent Jites a feiiillage ayant fait leiir
apparilion iJans le domainede I'liorticultiii't' hnllcnl sans contesle !e Sm/lnjr
argijreri L. l.iMi. cL E. Run. ft le TradescaiiHu l{f(fhiiif qm oot remporte
tons deux uii ccrlilirat de jireniirTe classe k I'Exposilion du Temple Show de
la Societe rovalo .I'liurtifultiiir de Lmkli'c,-,.
— 13 —
Le Smilax argyrea (fig. 1) est une heureuse addition aux esp^ces grim-
pantes servant a rornementation des serres temp6r6es. Cette plante a les feuilles
longues, ovales lanc^olees, arrondies A la base et acumin6es au sommet; le
petiole est tr6s court ; le limbe est marqu6 de trois nervures tr6s prononc^es,
saillantes a la page inferieure ; le coloris vert vif du fond est panach6 irr^gu-
li6rement de maculatures d'un Wane argents. Ge Smilax peut 6tre consid6r6
comme une des plus chdrmantes plantes grimpantes que Von connaisse ; elle
est des plus robustes.
Le Tradescantia Reginae (fig. 2) est une plante d'avenir qui trouvera
place dans les plus belles collections de v4g6taux d^ornement. S. M. la Reine
des Beiges^ lors d'une visite faite k r^tablisseihent de L'Horticulture Inter-
nationale, remarqua, d6s son entree, ce Tradescantia et voulut bien en
accepter la d^dioace. L'esp^ce est d'une beaut6 sup^rieure et digne d'un tel
hommage; ses feuilles mesurent O^^IO de long sur 0™04 a 0"*05 de large;
elles sont panach^es, suivant la ligne m6diane, de stries vertes, pourpres
et roses, dispos6es en aretes de poisson ; la marge du limbe est couverte de
hachures vert fonc6 tranchant sur le fond blanc verdatre; les nei-vur'es sont
d'un vert plus clair. La face inferieure est d'un riche coloris vert fonc6.
HAEMANTHUS LINDENI N. E. Br. [fig, 3). -— Cette Amaryllid^ qui fut
decouverte dans la region du Congo par M. Aug. Linden, a qui I'esp^ce a ete
dediee, est une de celles qui fit sensation k I'Exposition quinquennale du
Casino de Gand. La plante n'a pas de bulbe, mais un faisceau de racines epais
et compact, d'od naissent six k huit feuilles dispos6es sur deux rang^es. Le
limbe de la feuille a de Ql^'Zb a 0™30 de longueur sur 0™09 k 0™12 de largeur.
La hampe florale est bien robuste et a une hauteur d'environ 0*"45. Elle est
aplatie d'un c6t6 et d'un vert pourpr6 sombre. L'ombelle est de forme ronde,
elle a jusque 0"20 de diam^tre et produit plus.de cept fleurs a la fois mesurant
O^'OS de diam^tre. Ges fleurs sont d'une riche nuance rose saumon avec un
reflet ^carlate. C'est une defe plus belles introductions qui aient 6t6 faites par
L'HoRTicuLTURE INTERNATIONALE. La plante a obtenu un certiflcat de m6rite
de 1"^* classe au meeting de la Royal Horticultural Society de Londres, en
novembre dernier. Em. Rodigas.
REVUE DES PLANTES NOUVELLES OU RECOM-
MANDABLES
PLATYGERIUM AETHIOPIGUM. — C'est sans contredit une des plus
imposantes Foug^res Epiphytes de serre chaude. Ge n'est pas une nouveaut^
puisque d6s 1850 il en existait des exemplaires bien venus au Jardin botanique
— 14 —
de Bruxeltes ; mais la plante est loin d'etre r4pandue autant que sa valeur
ornementale le nitrite. Ses frondes fipaisses, massives, s'^levant jusqu'A 0"60
de bauteur, soDt larges, arrondies et quelquefois prorond^ment lob^; les
frondes fertiles, ^troites a la base, vont s'^largissant et se divisent vers le milieu
de leur longueur en deux larges lobes, profondSment divis^s A leur tour:
ces frondes atteignent aisement un metre de hauteur. L'espfice se multiplie des
rejelons produits sur les racines. Les jeunes plantes peuvent ^tre cultiv^
en pots dans du spliagnum et de la mousse en melange avec de la tourbe.
Aprte le d^veloppeinent de trois ou quatre fh>ndes, les exemplaires peuveot
^tre llx^s sur des morceaux de tourbe flbreuse ou places dans des pocbes fkites
en plaques de li^ge, dispos^es dans des rooailles garnissant la serre.
Fig. 2. — Tradacantia Urgii
HECHTIA ARGRNTEA.— Gette jolie Bromeliac^e est aussi rare que remar-
quable. EUe se distingue par le coloris blanc argents de ses feuilles raides,
(jpineuses, mesurant environ 0'"60 de long, disposes en rosettes. Le Garden
signale un bel exemplaire qui orne la serre aux plantes grasses & Kew. Parmi
les plantes a fleurs, ce feuillage blanc ai^ent^' produit un briilant effet.
GERBERA JAMESONI. — Esp6ce orlginaire de I'Afrique australe, cette
belle Compost a fleuri pour la premiere fois au printemps de 188!* aux jardins
de Kew, Elle prospfere dans les cultures de plein air au sud de I'Europe; eUe
a les feuilles irr^guli^reinent pinnatifldes; les lobes sont pubescents blanctiatres
— 15 —
en dessous et glabres k la face siip6rieure ; la bampe, haute de 0^60 porte une
inflorescence de 0"»09 ft 0™10 a fleurons d'un rouge feu trfes vif.
NEMESIA STRUMOSA. — Scrophularin6e, originaire du Gap de Bonne
Esp^rance, rapgelant le Nemesia versicolor j}SiV la diTersit6 des couleurs que
la fleur pr6sente; c'est une belle plante.
RIGHARDIA LUTWYGHEI N. E. Br. — Gette Aroid^e est originaire de
TAfrique tropicale. La spatlie est jaune ; I'esp^ce se distingue des R. elliottiana
et R. Penttandi en ce que ses petioles portent de longs poils comme dans le
R, melanoleuca,
THUNBERGIA GRANDIFLORA. — Tr6s belle Acanthac^e grimpanle,
originaire de Tlnde. Gette plante, remarquable par ses grandes fleurs d'un
superbe coloris bleu m6riterait une place dans les plus riches collections ; elle
est beaucoup trop rare dans les serres.
BALANTIUM GULGITA. — Foug^re hautement decorative, rencontree
aux lies Acores a une altitude de pr6s de mille metres o\x elle croit naturelle-
ment dans les endroits tr6s humides. Son feuillage est ample et atteint un
m^tre; le limbe est coriace, d'un beau vert. Gette esp^cevient tr^s bien dans
la serre temp^r^e, dans un melange de deux parties terre tourbeuse et une
partie spagnum hacli^.
IXORA MAGROTHYRSA. — Un exemplaire de cette remarquable esp^ce
a fleuri abondamment vers le milieu de noverabre dans la serre aux palmiers
a Kew. II mesurait deux metres de hauteur et portait deux iininenses grappes
de fleurs d'un rouge brillant. L'esp^ce demande la serre chaude et beaucoup
d'humidite durant la p6riode v6g6tative. Elle provient des iles de I'Ooean
Pacifique.
HAEMANTHUS GOGGINEUS. — Ge genre, de la famille des Amaryllid^es,
comprend aujourd'hui environ quarante esp^ces, dont la plupart meriteraient
une place dans nos serres. Le H, coccineusj originaire de I'Afrique tropicale,
est loin d'Stre une.nouveaiite puisque, en 1731, il 6tait d6jft cultiv6 au Jardin
botanique de Ghelsea. Ses inflorescences sont grandes et d'un beau rouge
sang. La culture n'en est gu6re difl!icile et pourtant la plante se rencontre
tr6s rarement.
SOLANUM GRISPUM. — Beaucoup d'esp^ces du genre Solanum sont d'une
grande valeur dans Tornementation des serres par leur port et leur riche
floraison, t6moins les S, Wendlandi, S. pensile, S, jaswinoides. A c6t6 de
ceux-ci m6rite de prendre place le S. crispiim, d'origine chilienne.
PLEROMA MAGRANTHUM. — Ge genre de M^lastomac^e renferme une
centaine d'esp^ces connues dont une dizaine meritent une attention sp^ciale.
Parmi celles-ci se distingue le Pleroma macranthum [Lasiandra macranthd)
pour la grandeur et la beaute de ses fleurs. Lors de leur 6panouissement elles
— 16 —
sont d'un beau bleu marin et passent plus tard k un coloris pourpre fonc6 dans
le genre de celui du Clematis Jackmani. Ges fleurs ont jusque 0°*15 de diani6tre.
L'esp^ce provient de la province de Santa Catharina (Br^sil).
Em. Rodigas.
PETITES NOTES DE CULTURE
EUGHARIS. — II est bon de rempoter actuellement les plantes dont les
bulbes soot trop serr^ dans leur pot. Les bulbes doivent etre ranges ensemble
par grosseur, de fagon a 6tre en 6tat de fleurir autant que possible en m^me
temps, ce qui augmente notablement Taspect d^coratif. Les bulbes isol6s sont
places dans des pots de grandeur moyenne, et ranges au milieu d'autres plantes
ornementales pour varier le coup-d'oeil. Le rempotage ne doit Mre op6r6
qu'apr^s Tach^veraent de la floraison.
PLANTES EN FLEURS DANS GETTE SAISON. — Parmi les meilleures
plantes qui fleurissent au commencement de Janvier, on peut citer les sui-
vantes : Eranthemum nervosum^ Sericographis Ghiesbreghti, Ruellia ma-
crantha, Sirobilanthes isophylla, Libonia floribunda, L. penrhosiensis, Rein-
tvardtia trigyna, R, tetragyna et Poinsettia pulcherrima.
LES GARDENIA doivent Mre transport's successivement par series dans
une serre plus chaude pour 'tre amends k fleurir graduellement pendant une
p'riode assez longue; on commencera par ceux qui ont les boutons les plus
gonfl^s. Les plantes doivent recevoir alors beau coup de chaleur et d'humidit6,
avec une chaleur de fond de 28 A 30^ G.
La chaleur favorisant le developpement des insectes, il est bon d'inspecter
attentivement les plantes avant de les soumettre k une temperature plus
61ev6e, et Ton devra les debarrasser de toute vermine. G'est surtout sur les
boutons et dans Tintervalle des feuilles serr'es qui les avoisinent, que les in-
sectes se refugient d'ordinaire. Le meilleur proc6d' pour s'en debarrasser est
de laver les feuilles et de les baigner avec une solution dilute de nicotine ou
de parafllne.
LES STEPHANOTIS FLORIBUNDA doivent etre trait's de la meme faQon
pour enlever les insectes. II va de soi que les vieilles feuilles peuvent supporter
une solution notablement plus forte que les jeunes; n'anmoins il vaut mieux
etre trop prudent que pas assez. Pour la paraffiine, on pourra en employer
environ le contenu d'un verre ordinaire pour 18 litres d'eau.
LES EPIPHYLLUM qui ont achev6 de fleurir peuvent maintenant etre
transport's dans une serre plus fraiche et moins humide, od ils seront mis en
— 17 —
repos jusqu'au printemps; on devra leur donner tr^s peu d'eau au pied jusqu'au
retour de la v6g6tation.
LES BOUVARDIA, une fois d6fleuris, n'ont pas besoin d'etre transport's
dans une serre plus froide jusqu'a la division. On pent les laisser k une tem-
perature de 11 ^ 15** G,; une fois que les tiges florales ont 6te couples, les
plantes ne tardent pas k former des pousses laterales qui produiront ult6-
rieurement des grappes plus petites.
BEGONIA. — Si Ton veut avoir des semis en fleurs k une 6poque peu
avanc6e de Tann^e, il est bon de semer les graines d^s maintenant. On
donnera une bonne chaleur au d6but pour acc616rer la germination; quand
les jeunes plantes auront quelques feuilles, on pourra abaisser la temperature et
aerer davantage, d'autant plus que la saison plus avanc'e le permettra plus aise-
ment. On les placera toujours pr6s du vitrage, dans une situation bien 6clair6e.
LES GREVILLEA ROBUST A peu vent 6galement etre sem's a T^poque
actuelle, k une chaleur mod^r^e. D^s que les semis auront quelques feuilles,
on les rempotera s^par^ment. Une fois que la temperature exterieure com-
mencera a s'elever, il sera bon de les transporter dans uri compartiment plus
frais et plus a're, afin que les plantes ne s'allongent pas outre'mesure.
ARBUSTES FORGES. — Lorsqu'on ne dispose pas de serres assez vastes,
on pent forcer les Lilas, Boules de neige, Deutzia, Weigela, Spiraea, etc., dans
un hangar ferme et chauflK, en les plongeant k la base dans une couche de
terreau de feuilles. Ges plantes formeront leurs boutons dans ces conditions,
et le forgage pourra Mre ensuite achev6 dans une serre speciale ; les fleurs
s'ouvriront plus vite, grace k ce proced6 progressif, que si les plantes avaient
ete placees immediatement dans la serre. En m^me temps, on aura pu dis-
poser de la serre pour un autre usage au commencement dii traitement.
LES EPAGRIS, quand ils sont fore's a Texcfes sous Tinfluence d*une trop
haute temperature, produisent des fleurs petites et chetives, qui ne durent que
peu de temps.
Les plantfes soumises au forgage doivent recevoir des arrosages et des
seringages d'eau k la temperature de la serre, pour combattre les eflets des-
sechants de la chaleur.
II convient de ne pas oublier que les plantes k forcer doivent etre choisies
parmi celles qui ont fait la meilleure croissance pendant Tannee prec'dente,
et dont le bois est le mieux aoQte. La floraison sera d*autant plus facile et plus
vigoureuse.
G. Rivois.
PLANTES FLEURIES EN D^CEMBRE A KEW
Le3 fleurs sont de toutes les fetes, elles participent 4 toutes nos joies, et rien
n'^gaye mieux nos int^rieurs que leurs corollas parfum^es. Sans ces gracieuses
Fig. 3. — Haemanthus Ltndeni.
flUes de Flore, nos salons i>enlraient nonibre de leui-s attraits el les brillantes
reunions mondaines de fin d'annee, une bonne parlie de leurs cliarmes.
— 19 —
Quoique'd^cembre ne soit pas avantageux pour la floraison, nous avons
relev6 k Kew un assez grand nombre d'esp^es en fleurs, dont la plupart sont
certes dignes d'attirer Tattention de tous ceux qui s'int6ressent k la decoration
florale. A tout seigneur, tout honneur! GommenQons nos investigations par la
serre-exposition, le quartler g6n6ral des plantes fleuries. Rien ne saurait
d6peindre la fraicheur et T^clat de tous ces coloris m61ang6s ensemble et s'har-
monisant avec une gr^ce parfaite. Malgr6 Thumidit^ et le manque de soleil, la
floraison y est superbe ; c'est que Ton donne de Fair nuit et jour et que Ton main-
tient la temperature k un minimum de 10^ G. Les plantes sont tenues en parfait
6tat de pix)pret6 et le renouvellement des sujets d^fleuris se fait deux fois par
semaine.
Les Ghrysanth^mes aux t^tes 6bourifll^es et ^tincelantes y marient leurs
teintes si riches et si diverses k celles des Gyclamens, des Primev6res de
Chine, simples et doubles . (type Gannell), des Pelargonium zon6s, hederae-
folium et autres, des Agathea coelestis, des Narcissus polyanthus varies, des
Tulipes, des Jacinthes, du d^licieux Bauera rubioides, des Salvia aux inflores-
cences 6clatantes, S, spletidens. et sa jolie vari6t6 « le Prhident, » S. leu-
cantha, S. involucrata v, Betheli, S. coccinea, des Veroniques d' Anderson, des
Chorizema Lawre^iceana, des Gin6raires bleues et varices, des Jacobinia
coccinea, magnifica, (Sericographis) Giesbreghtiana, Mentionnons aussi les
Eupatorium odoratmn, Peristrophe (Justicia) speciosa, quelques bonnes
vari6t6s de Balisier, le Callistemon salignus (Metrosideros floribunda) et sa
var. alba, les Cestrum elegants, aurantiacum, les Girofl6es quarantaines et
ceUes des murailles, Lantana hybrides, Polygala Dalmasiana, grandiflora,
le Cytisus racemosus, quelques jolis Acacias, etc. Ia' Azalea amoena, le
ravissant Reinwardtia tetragyna, Linum tetragynum Hort., le Statice profusa
qui m^rite bien son nom, le Centropogon Lucy anus, le Chenostema hispida,
la jolie plante bulbeuse Schizostylis coccinea, le StrobilarUhes isophyUa.eile
Daphne indica v, rubra au parfum suave, ainsi que le Galc^olaire g^nt
C. Burbidgei sont autant d'excellents sujets k floraison hivernale.
Sous le vitrage courent le gracieux Rhodochiton volubUe, la Gapucine des
Canaries, le Pleroma macrantha, le Stephanotis floribunda, le curieux Carta-
rina campanulata, quelques bonnes vari6t6s de Passiflores et du Jasmin k
grandes fleurs, le Clianthus puniceus en fleurs. Des v6g6taux k feuillage orne-
mental compl6tent la decoration de ce magnifique Eden qui fait le plus grand
honneur au bon gotlt et k I'originalite de M. Garett , Thabile chef du d6par-
tement floral.
En quittant ces merveilles, jetons un coup d'oeil dans la serre aux plantes
succulentes (vulgairement plantes grasses) oti s'eflectue la floraison des
Bomarea Carderi, oligantha, patacoensiSj du delicieux Senecio macroglossa
% — 20 —
dont les grandes fleurs jaune d*or scintillent comme des milliers d'^toiles sur
le fond vert gai des feuilles qui ressembient k s*y m^prendre k celles de nos
Lierres. Des Euphorbes aux inflorescences rouge sang, des Aloe cilinris,
pluridens, arborescens, le curieux Dyckia brevifolia, V Agave Sartorii k
floraison annuelle, les EpiphyUum truncatum, specfabile, Streptocarpus
Wendlandi, queiques Cotyledon et Sedum y ^talent aussi leurs fleurs.
De \k nous passerons dans la « Cape House » od de nombreuses Bruy^res,
et MesembryatUhemum ^panouissent leurs coroUes si d61icates. Ajoutons y
queiques jolies plantes bulbeuses : Lachenalia aurea, peudefda, Nerine varies,
Cyrtanthus lutescens, Mackefiiij ScUla peruviana glabra et queiques Strepto-
carpes hybrides de Kew, aux coloris si riches et si divers. Dans la serre a
Begonias nous relevons bon nombre de specimens fleuris. Gitons les Begonia
Gloire de Sceaux, Gloire de Lorraine, Yohn Heal, socotrana et autres, une
bonne vieille plante, le Manettia bicolor, les charmants Ruellia macranfha,
Herbstii precieux pour la floraison hivernale, le Crotolaria longirostrata,
jolie Papilionac^e aux fleurs jaune safran et les Euphorbia (Poinsettia)
pulcherrima et var. alba dont les bract^es brillantes sont si reclierch^es en
Angleterre pour les decorations. Nous ne pouvons non plus oniettre le
Solanum Seaforthianum, le ravissant Jasminum gracillimum , le Cleroden-
dron scandetis, charmantes plantes grimpantes de serre cliaude. Le Callicarpa
purpurea y montre aussi ses baies pourpre intense.
La serre chaude 6tale les riches inflorescences de ses Brom^liac^s et Anthu-
rium. Nous y notons aussi le Callypsyche aurantiaca, jolie Amaryllid6e de
culture facile et a floraison de longue dur^e, le Medinella amabilis et VUr^
ceocharis Clibrani, joli hybride big^nerique. Dans la serre a Victoria, nous
restons 6merveill4s devant les milliers de fleurs carmin fonc6 de YIpomea
Horsfalliae v. Briggsi qui court sous le toit. UOsmanthus fragrans nous envoie
ses senteurs p6n6trantes de « V Economic House, » et, k queiques pas de nous,
6closent les fleurs parfum^es des Eucharis grandifiora et Sterensi.
Dans la grande serre k Palmiers, un gigantesque Agave potatorum,
le seul pied qui ait fleuri en Europe, dresse sa hampe florale. Le Broi€7iea
Craufordi y est aussi k remarquer. La serre k Nymph6as voit s'6panouir les
Impatiens Sultani, les Plumbago rosea et sa vari^t^ plus fonc^e, superba. Les
plantes de NouVelle-HoUande et notamment les Acacias, les Lapageria alba
et rosea ont commence a fleurir dans la serre froide.
Gette liste, peut-etre un peu longue, nous montre, que mAme k T^poque la
moins favorable de Tann^e, il est toujours facile d*obtenir bon nombre de
jolies fleura pour son agr6ment personnel ou meme dans un but p6cunier.
L. PiRET.
— 21 —
CAUSERIE HORTICOLE
LES FLEURS DANS LA SOCIETY MODERNE
30 Janvier 1894.
Le goftt des fleurs est actuellement plus r6pandu qu'il ne Ta jamais 6t6, et
dans le progr^s constant qui s'op6re, en Belgique comme en France et dans
tout le monde civilis6, au point de vue de rembellissement des habitations, de
r^largissement et de Tassainissement des villes, le monde v6g6tal a bien sa part.
A Bruxelles, une Soci^te d'agr^ment proposait r^cemment de d6cerner des
primes aux propri^taires des balcons les mieux orn6s de plantes et de fleurs;
en pareil cas, comme il arrive toujours, le mouvement a commence par Tini-
tiative de quelques personnes du public, qui ont donn6 Texemple de ce qu'on
pouvait faire, et c'est en voyant beaucoup de maisons des boulevards et de
TAvenue Louise, 616gamment d6cor6es de feuillages et de fleurs, que Ton a
songe k g6n6raliser une si charmante coutume.
En Hollande, depuis quelques ann6es surtout, Tusage s'est 6tabli d'organiser
ces gracieuses Floralia, si excellemment concues en vue de r6pandre le goClt et
la science de la culture. Di verses soci^tes horticoles distribuent, une fois par
an, entre les petits amateurs de la locality qui en font la demande, des semences
ou de jeunes plantes d'une certaine esp^ce. Ces amateurs repr^sentent au bout
d*un an le r6sultat de leurs travaux, et des prix sont d^cern^s k ceux qui ont
fait le mieux prosp6rer les materiaux qui leur avaient 6t6 confl^s.
En France le goCit des fleurs a toujours ete tr6s repandu ; k Paris notamment
les marches aux fleurs, place de la Madeleine ou pr6s de Notre-Dame, prennent
une extension de plus en plus grande et ont une clientele r^guli^re et tr^s
assidue, prise dans toutes les classes de la soci6t6. Dans toutes les salles de
fetes, dans toutes les salles k manger riches, dans tous les appartements tenus
avec Tamour du home, c'est aux fleurs que Ton demande I'eclat, la fralcheur,
ce je ne sais quoi qui rend le luxe plus aimable et jette un rayon de soleil dans
la mansarde. De tous les hommages desint6ress6s que reqoit la beauts des
femmes, les fleurs auront toujours la pr6f6rence ; il s'6tablit involontairement
une comparaison entre les unes et les autres, et pour completer en quelque
sorte leur charme, toutes les femmes recherchent les fleurs, depuis les pre-
cieuses Orchid^es jusqu'au bouquet de violettes de deux sous.
— 22 —
Et ce sera ainsi de tout temps, et la civilisation en progr^s ne pourra
qu'accentuer cet amour des fleurs, parce qu'il est naturel aux hommes de les
associer aux id6es de fMe, de beauts ou d'amour. M^me a I'occasion de la
reception feite derni^rement aux marins russes, la population parisienne n'a
pu mieux traduire ses sentiments de sympathie qu'en remplissant de bouquets
les voitures de ses h6tes, de m^me que la population toulonnaise avait organist
une bataille de fleurs.
II est curieux de retrouver dans les temps eloign6s la trace du m^me
sentiment.
Un Traits de la police, publi6 en 1799, se plaint de Tobstination des Pari-
siens a entretenir des jardins suspendus sur leurs fen^tres. « Ceux m^me du
c( bas peuple, dit Tauteur, qui n'ont point d'h^ritage pour planter, se font des
c( jardins dans des pots ou dans des caisses, ne pouvant pas, sans beaucoup de
« peine et d'inquietude, s'en passer absolument.... Les magistrats s'opposent
« en vain a cesjardinages sur les fenfetres. Apr^s plusieurs ordonnances qui les
« d^fendent et plusieurs condamnations contre les prevaricateurs (sic), on ne
« r^ussit pas k les emp^cher, tant est vive cette inclination pour les jardins,
« qui Temporte dans Tesprit m^me des plus indigents sur la raison et leurs
« propres int^r^ts. »
II n'en est pas autreraent k notre 6poqne, non seulement a Paris, mais aussi
k Bruxeiles; les tribunaux de simple police ont toujours a connaitre de fr6-
quentes contraventions; toute la difliSrence consiste en ceci, que Ton n'appelle
plus les contrevenants des prSvaricateurs. Et voyez parfois Tinfluence d*un pot
de fleurs sur la destin6e d'un homme : lorsque Fieschi eut commis son attentat,
boulevard du Temple, contre le roi Louis Philippe, il prit la fuite de toit en
toit, et il aurait probablement pu s'^chapper, s'il n'avait fait tomber en fuyant
un pot de fleurs qu'une jeune ouvri6re avait pos6 sur sa fenMre. La chftte de
ce pot de fleurs attira Tattention et d^nonca le coupable. Toujours le grain de
sable de Pascal !
Le goiit des plantes est tr^s ancien, et les exemples partis de haut n*ont
jamais manqu6 pour Tencourager, car, s'il faut en croire Alphonse Karr,
Glovis et Ghildebert avaient form6 de magniflques jardins « tout plantes de
roses et de toutes sortes d'autres fleurs et d'arbres fruitiers. » Charlemagne,
dans ses Capitulaires, s'occupe beaucoup de ses jardins. « Je veux, dit-il, qu'il
y ait toujours en abondance dans mes jardins des lis, des roses, de la sauge,
du romarin, des pavots, etc. »
Mais la caract^ristique du progr^s moderne, c'est de populariser les fleurs,
c'est de les mettre k la port^e de tous, et de faire naltre ces jardins de pauvres
dont le Traiti de police cit6 plus baut parle avec un 6tonnement quelque peu
indigne, dont nous n'aurions pas k 6tre surpris, n'^tait la date. Autrefois, les
— 23 —
riches seuls pouvaient s'offrir le luxe d'orner de fleurs leurs appartements. Peu
a peu, cette joie est permise k presque tous, et les pauvres gens qui « se font
des jardins dans des pots ou des caisses » r^confortent dans la contemplation
des fleurs leur vague id6al, et Tesp^rance, qui est souvent toute leur fortune.
Et ce qui, dans cet attachement aux fleurs, me semble quasi-providentiel, et
qui fournirait une raison suflisante pour encourager par tous les moyens la
culture mise k la port6e de tous, c'est que Tamour des v6g6taux exerce une
influence r6ellemeHt adoucissante et moralisatrice ; c'est que de pauvres diables
qui n'aiment pas beaucoup leur prochain, ou qui n'ont pas de prochain k aimer,
trouvent la k d6verser I'aflection dont le trop-plein les aigrirait. En sorte que
rhorticulture contribue r^ellement k rendre les hommes meilleurs et k les
consoler.
J'ai cit6 tout k Theure des exemples tires de temps anciens, od sans doute la
civilisation laissait k d6sirer ; nfeanmoins on me conc6dera quil est frappant de
voir citer precis6ment les noms des rois qui les premiers sont sortis de la
barbarie, de Glovis, qui a accueilli en Gaule le christianisme, et de Charle-
magne, le premier des grands 16gislateurs francais.
Aussi me paraltrait-il eminemment desirable que la coutume des floralies
dont je parlais plus haut se r^pandit largement dans tous les pays, pour fournir
a toutes les personnes de condition modeste ou aux enfants les 616ments qu'ils
ne peuvent pas se procurer, faute des ressources n6cessaires, et pour leur
permettre de s'initier k la culture. Ges distributions peuvent se faire k tr^s peu
de frais ; elles produiraient un bien immense.
J'aurai d'ailleurs I'occasion de revenir sur ce sujet, et aussi, d'une fagon
g6n6rale sur Tutilisation des plantes et des fleurs pour la decoration des appar-
tements, car c'est \k une rubrique k laquelle U Illustration Horticole renouvel^e
fera une grande place dans Tavenir.
Max Garnier.
Moyen de se d6barra4sser des Fourmis. — On emploie avec un plein
succ^s, dans les pays chauds, un moyen fort simple pour se d6barrasser des
fourmis. Ge moyen consiste a placer sur la ligne qu'elles suivent ordinairement
de Tail coup6 en petits morceaux. L'odeur en est tellement d6sagr6able pour
ces insectes qu'ils fuient imm6diatement Tendroit sur lequel on a oper6, et que
reflet subsiste m^me longtemps apr^s que Fail a cess^ de d6gager une odeur
appreciable. L'emploi de cette substance ne d^truit pas les fourmis, mais il
met toujours k Tabri de leurs visites ennuyeuses.
— 24 —
PL II
OEILLET PRIDE OF GREAT-BRITMN
(SOUVENIR DE LA MALMAI80N A FLEUR8 JAUNE8)
Voici une vari6t6 de ce fameux type qui ouvre uu horizon nouveau et
quelque sorte illimit^ aux essais des semeurs. Jusqu'ici, en effet, YCEillet sou-
venir de la Malmaison n'avait fourni que des formes rouges, de nuances plus
ou moins fonc^es. Le type 6tait rose chair, comine la rose du m^me nom k
laquelle il 6tait compart ; puis des vari6tes de coloris roses diflterents avaient
fait successivement leur apparition, suivies, en 1890, de la faineuse vari^te
Madame Arthur Warocqui, d'un rouge 6carlate vif. Aujourd'hui, nous nous
trouvons en presence d'une vari6t6 tout k fait tranch6e, d'un coloris jaune
pur, qui permet d'esperer une s6rie de nouvelles formes compl^tement
distinctes.
La nouvelle vari^t^ aura sans aucun doute un grand succ^; ses fleurs sont
de tr6s grande taille, bien 6toff(§es, et possMent un parfum tr^ agr^able;
elles s'ouvrent tr^s bien, parait-il, et ne cr^vent pas. La plante elle m^me est
trfes vigoureuse, d*un beau port, k feuilles larges et robustes. Ge sera une
excellente acquisition.
N'6tait-il pas k pr^voir d'ailleurs que TCEillet de la Malmaison ferait parler
de lui, k une 6poque od Ton voit renaltre si singuli^rement la 16gende
Napoleonienne, et oti tout, au theatre et dans la mode, est consacr6 au grand
homme? A ce point de vue, si la vari6t6 que nous flgurons n*avait pas paru,
il aurait fallu Tinventer.
Et \o\lk un nouvel exemple d'un nom d6sormais absolument impropre et
incomprehensible; un oeillet qui a regu le mfeme nom qu*une rose parce qu'il
6tait rose, et qui maintenant est devenu jaune 1 La nomenclature moderne
reserve aux generations futures bien des surprises analogues.
Max Garnier.
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— 25
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Preparation du sol. — Pendant la seconde moiti6 de Thiver, le cultiva-
teur doit se pr6occuper d'engraisser le sol pour les nouvelles plantations. Les
engrais seront choisis naturellement d'apr^s la composition du terrain, la
nature de la r^colte pr6cMente et le genre de culture que Ton se propose d'y
entreprendre.
Les terrains qui ont 6t6 plant^s de Fraisiers pendant deux ou trois ans sont
6puis6s et ont besoin d'fetre reconstituds. Le mieux serait d'enlever k la surface
une certaine quantity de terre, autant que pent en enlever la b^che enfoncee
jusqu'au mancbe, et de la remplacer par de la terre nouvelle, de celle qui a
servi pr6c6demment k cultiver par exemple des Melons ou des Ghrysanth^mes.
» «
Engrais chimiques. — Tous les engrais ne peuvent pas ^tre employ^ de
la meme fagon ni a la m^me ^poque. Les azotates, par exemple, sont tr6s
promptement dissous par I'eau des pluies et s*enfoncent dans la terre ; ils ne
doivent done ^tre appliques qu'au printemps, au moment oti les plantes sont
en active vegetation et k meme d'absorber ces engrais utilement. Les phos-
phates, au contraire, ne se m^langent que tr6s lentement au sol, et c'est
pendant Thiver qu*il convient de les d^verser.
C'est surtout dans les terrains oh Ton emploie beaucoup de fumier que les
phosphates sont n6cessaires; en effet le fumier, qui n'est pas un engrais com-
plet, ne fournit pas au sol d'acide phosphorique, et le cultivateur doit combler
cette lacune en ajoutant tous les hivers une quantite mod6r6e de phosphates.
« «
Roses- tr^midres. — On peut avoir des fleurs de ces belles plantes d6s
la premiere ann6e en les semant k la fin du Janvier, et en cultivant les semis
en serre jusqu*a ce qu'ils soient assez forts pour pouvoir ^tre plantes en pleine
terre; il convient de leur donner un sol bien sain et fortement engraisse, et le
mleux est de le preparer k cet effet d6s la fin de I'automne. Le repiquage
pourra se faire k la fin d'avril ou au commencement de mai.
Dans ces conditions, on obtiendra une excellente floraison vers la fin de la
premiere ann6e.
On peut aussi — et c'est le proc6d6 le plus r6pandu — semer les graines
en mai ou au commencement de juin, soit sur place, soit sur couche pour
mettre les jeunes plantes en place au mois de septembre.
— 26 —
MosaXoultare. — L*6poque actuelle de Tann^e est celle oti le jardinier doit
preparer les boutures de la plupart des plantes employes pour la composition
des Mosaiques. Le lecteur trouvera dans ce num^ro des notes pratiques
concernant ces travaux de saison.
Plusieurs ouvrages ont et6 publics depuis un an ou deux concernant la
mosaiculture, notamment le grand ouvrage de Carl Hampel, 6dit6 chez Paul
Parey, k Berlin. II semble done que Tattention du public se porte de nouveau
vers ce genre de compositions plus ou moins artistiques, si fort en faveur
aujourd*hui. Nous ne saurions que le regretter, quant k nous, car nous pre-
f<§rons inflniment un arrangement pittoresque et naturel aux combinaisons de
couleurs les plus conformes aux lois de la physique et de la tapisserie, et
une v6g6tation peut-Mre d6sordonn6e, mais vigoureuse et pleine de vie, aux
feuillages les mieux tondus et ^galis^, ofi, comrae disait le vieux po^te fran-
Qais, un poU ne passe Vautre.
* •
La culture des Pommes de terre a occupy en 1893 une superficie de
213.767 hectares dans TAngleterre seule, et de 511,382 hectares dans tout
le Royaume-Uni. Ces chiffres sont un peu inferieurs aux chiffres correspon-
dants relev6s Fannie prec6dente.
« «
Jardln potager. — Le mois de f§vrier marque le retour des grands
travaux du potager. D6s que le temps devient assez doux, il faut semer les
choux verts hatifs, choux cabus blanc, carottes, c61eris, laitues, radis roses
hatifs, le persil fris6, le cerfeuil, la ciboule, les 6pinards, poireaux, les pois
pr^coces, les feves etc. Tous ces semis doivent 6tre faits sur plate-bande bien
prepar^e et terreaut^.
Les choux-fleurs hivernes seront egalement plantes sur plate-bande bien
abritee, et Ton plantera entre eux des laitues sem6es avant Thiver. En les
recouvrant de cloches le soir, et en outre, de nattes lorsque le temps est k la
gel6e, on obtiendra ces legumes a une 6poque oCi ils sont encore tr6s rares.
Ghaque cloche peut prot^ger un chou-fleur et trois ou quatre laitues.
On continuera k forcer les asperges et les choux-marins, et a mettre en
terre des racines de chicor^e Witloof; a mesure que la saison avance, et que
les feuilles se d6veloppent plus rapidement, il convient de renouveler les
racines plus sou vent.
« «
Oifirnons. — Certains cultivateurs croient pouvoir semer les oignons d6s
le commencement de f(6vrier, et pr^tendent que le froid ne fait pas de tort aux
graines.
— 27 —
En admettant que cela soit, il n'en est pas moins certain que les gelees font
beaucoup de tort aux jeunes plantes, et nous en avons vu souvent ayant Fex-
tr6mit6 de la tige br(116e. Nous ne conseillons done pas de les semer avant le
commencement de mars ou m6me le milieu, surtout dans les terres lourdes,
de telle fagon que les jeunes tiges ne soient gu6re d^velopp^es avant le mois
d'avril. II n'y aurait, en fait, aucun avantage a faire les semailles en fevrier
car si les plantes sont atteintes par la gel6e, elles s'en ressentiront jusque
pendant la belle saison.
» «
Les semis faits le mois dernier en couches sont pour la plupart leves; il
faut les a6rer toutes les fois que la temperature ext6rieure le permet, et en
m6me temps veiller aft maintien de la chaleur n^cessaire, les gel6es 6tant
toujours k craindre.
Ldrsque la temperature de la couche s'abaisse au dessous du degre voulu
pour chaque esp^ce, les jeunes plants restent stationnaires, puis deviennent
jaunes et pourrissent. Lorsqu'au contraire la temperature s'ei^ve a I'exc^s,
les plants s'allongent d'une fagon exag^ree, s'etiolent et d6perissent.
Les premiers semis de Melons doivent etre repiques d6s qu*ils ont deux
feuilles, soit dans le terreau, soit mieux encore dans de petits pots que Ton
enfoncera jusqu'aux bords dans le terreau de la couche. Un peu plus tard, on
construira une nouvelle couche sur laquelle ils seront definitivement plantes;
on pourra faire en m^me temps de nouveaux semis pour avoir des plantes en
succession.
Les rechauds de fumier etablis autour des couches doivent etre changes de
temps en temps. Le mieux est de les retourner quand ils commencent k se
^efroidir, et d'ajouter ^ chaque fois un peu de fumier nouveau.
« *
La temperature est redevenue douce apr^s le froid rigoureux, anormal,
qui avait s^vi de 29 decembre au 7 ou 8 Janvier. Ges deux variations ont 6t6
si brusques qu'elles semblent constituer un veritable accident dans I'hiver
1893-1894, qui, selon toutes les probabilites, sera dans son ensemble tr6s
clement.
Un fait curieux tendrait a le prouver, au moins pour la premiere partie
de rhiver. Un amateur des Gornouailles, M. R. G. Lakes, de Trevarrick,
S* Austell, avait en ileurs le 28 d6cembre dernier dans son jardin, en plein air,
des Camellia, Primev6res, Daphne, Lapageria, Ghrysan themes, Polyanthus,
Pyrus japonica, Bruy6res, Galanthus, ainsi que plusieurs arbrisseaux austra-
liens. La seconde moitie de I'hiver sera tr^ probablement au moins aussi
douce que ce commencement.
♦ ♦
lA floralson antomno-btveFnale des Priinevdres et Polyanthus n'est pas
d'ailleurs aussi ezceptionnelle que parsissent la croire certoins joumaus. Les
Auricula sont parfois dans le meme cas, et peut-Mre faudrait-il voir dans ce
phenom&ne une consequence de I'extreme s^cheresse de I'Ol^ de 1893. En effet,
bien des plantes qui ont souffert et sont resides a I'^tal de repos pendant cette
p6riode, ont produit une active
', *^'^i.4>' ^lt , -. _ vegetation d^s que les premieres
pluies sont arriveos, et ont subi par
consequent un retard trte consi-
derable.
Honblon du Japon &> fBDilles
panaohtes (tig. 4i. — Tous les
journaus d" horticulture se sont
occupes I'annee derniere de Vappa-
rition de cette superbe varifete, a
feuillage ricliement panache et
marbre de Jaune et de blanc
argents. Cette variete tres decora-
tive rendra evidemment de grands
services comme une des ineilleures
plantes grinipantes. D"apr^s M. Leonard Lille, de Lyon, qui nous a commu-
nique ee cliche, le semis reproduit 80 "jo de plantes panachees.
Fig. 4. — HiiubiOK A feuillnge jianarhe.
Cnltore de Torangrer en Callfomie. — Malgr6 les difflcult^ que ren-
contre en Californie la culture du genre Citrus, par suite des maladies et des
attaques des insectes, la culture de I'oranger, ecrit le Meehiin's Monthly, se
developpe dans des proportions 6norines. D'aprfts la Gazette d'Amiheini, plus
de 3000 acres (environ 1214 hectares} de terrain nouveau lui ont tld consacres
dans ces derniers temps.
Le journal americain mentionne des orangers ph6nonienes, cultives pres de
San Jose, et qui atteindraient une hauteur de i"'SO en deux ans de croissance.
Ce resultat serait attribue k I'emploi d'un badigeon de chaux, depose sur les
grillages qui entourent les arbres, et qui eloigneraient absolument les insectes.
Les pelouses de frazon sont actuellement dans un tres bel etat, trop beau
peut-etre, quoique cet inconvenient soil bien preferable a I'oppose.
Lorsque les feuilles seclies et aulres debris vegetaux qui les recouvrent sont
assez abondants pour les deparer, on peut les faire balayer, neanmoins nous
ne conseillerions pas de balayer souvent les gazons pendant I'biver, car ces
— 29 —
debris se d6composcnt rapidement sous Tinfluence de la pluie et du mauvais
temps, et contribuent a engraisser le gazon.
La saison actuelle est propice pour recouvrir de petites couches de cendre
de bois les parties faibles du gazon ; on peut en m^me temps combler les in6-
galitds produites dans le sol par les tassements ou par toute autre cause, de
faQon que le gazon soit bien reforme avant le commencement des vents sees du
printemps. II est bon de passer le rouleau sur les sentiers sables apr^s les fortes
pluies ou les gel6es, afin de leur rendre un meilleur aspect, et de permettre
une circulation plus commode.
Max G arnier .
MOSAICULTURE
MULTIPLICATION DES PLANTES POUR CORBEILLES
Voici le moment de multiplier les plantes pour les corbeilles. Pour la plupart
des jardiniers, c'est une aifaire de grande importance, car il en est tr6s peu
qui disposent de locaux en rapport avec la quantity de plantes k produire.
A Texception de quelques esp6ces, telles que les Geranium, Centaurea
candidissima, Cineraria marititna, etc., qui doivent se multiplier a Fautomne,
si Ton veut que ces plantes aient atteint une taille sufflsante pour former des
corbeilles en mai ; il est pr6f6rable de les propager au printemps. Nous suppo-
sons naturellement qu*on a eu soin d'enlever quelques plantes de chaque esp6ce,
avant qu'elles n'aient 6t6 endommag^es par la gel6e.
On commenclBra par les Alternantliera qui se d^veloppent un peu moins
rapidement. En f(6vrier, les plantes m^res seront placees dans une serre chaude
et humide, afin d'en activer la croissance et de provoquer remission de racines
aeriennes k la base de chaque pousse ; on enl^ve alors celles-ci et on en fait des
boutures qui reprennent en quelques jours, h' Alternantliera amoena et le
Telianthera versicolor, qui sont les plus brillants, sont aussi les moins
vigoureux.
Les lobelias se propagent g6n6ralement par semis; cependant si Ton tient a
conserver la puret6 d'une belle race, le moyen le plus silr est de les bouturer.
A cet efiet on remplit de sable blanc, jusqu*A un centimetre du bord, des
terrines impermeables k Teau ; on dispose les boutures et on arrose doucement
jusqu'^ ce que la terrine soit remplie. En quelques jours elles emettent des
racines dans Teau et peuvent Mre mises en pots.
Le Mesembrianthemum cordifolium et le Sedum arboreum, sont aussi tr^s
— 30 —
utiles en mosa'iculture, mais ces deux plantes r6clament un peu plus de soin au
moment de la multiplication. II se forme souvent dans leurs rangs une esp^ce
de toile qui amdne promptement la pourriture; on 6vite cet inconvenient en
les bouturant dans du sable blanc et en arrant en temps utile pour emp^her la
condensation des vapeurs d'eau.
Les Iresine, Goleus, Ageratum, Abutilon, H61iothrope, Verveine, Fuchsia,
Salvia, etc., doivent dgalement 6tre soumis a une temperature assez eiev6e un
peu avant de les multiplier. Us produisent ainsi une quantite de pousses bientdt
bonnes k bouturer.
Les Pyrethrum, Lobelia, Wigandia, etc., doivent se semerdans la derniftre
quinzaine de f6vrier.
Toutes les boutures devront 6tre plant6es imm6diatement apr6s leur separa-
tion de la plante m^re, car si on les laissait se fietrir, il en r^sulterait une
perte de substance qu'elles supporteraient difflcilement.
Le compost a employer doit etre compose d*une partie de sable et d*une
autre de terreau de feuilles finement tamise.
Toutes les boutures devront etre mises dans de petits pots et etre soumises k
une temperature de 25 degres centigrades.
Geux qui ne disposent pas d'une serre k multiplications devront la rem-
placer par une couche dans laquelle ils ne mettront les pots que quand la
chaleur y sera sufflsante.
Les Antennaria tomentosa et les Sempervivum sont aussi tres employes
dans les decorations florales; ils se multiplient rapidement et ont, en outre,
I'avantage d'etre vivaces.
On peut varier a I'inflni la disi)osition des plantes dans les corbeilles;
cependant on doit fuir autant que possible les associations suivantes classees
comme dissonantes :
Le rouge pres de I'oranger et du violet;
Le bleu pres du violet et du vert;
Le jaune pres de Toranger et du vert.
II va de soi qu'avant de mettre les plantes en pleine terre, il faut les habituer
graduellement a la temperature exterieure.
Elles doivent etre plantees assez rapprochees pour produire un effet imme-
diat, et etre arrosees k mesure que Ton opere.
Sous notre climat, il serait temeraire de commencer ces plantations avant le
moisdejuin. J. Lavianne.
— BI-
LES PLANTES EN APPARTEMENT
Lorsque le temps devient froid, et qu'on peut pr^volr de fortes gcl6es et de
la neige, on doit prendre un soin particulier de toutes les plantes en pot.
Lorsqu'il y a des plantes plac^es pr6s des fenetres derri^re les rideaux, elles
ne profltent plus de la chaleur de Tappartement une fois que Ton a ferm6
ceux-ci pour la nuit, et par suite elles risquent de geler avant ie retour du
jour. On comprend done que cette place ne peut convenir k des plantes tant
soit peu d^licates. Pour emp^cher qu'elles ne souffrent dans ces conditions, le
mieux est de les rentrer a Tint^rieur de la chambre pour le reste du jour et
la nuit.
II est encore plus important de proc^der ainsi lorsque les fenetres
s'ouvrent par le haut, ou lorsqu*elles forraent portes, et s'ouvrent jusqu'au
niveau du plancber ; car les plantes souffriraient d'une brusque invasion de
I'air froid. Je suis convaincu que beaucoup de bonnes plantes ont et6 s6rieuse-
ment endommagees dans de telles conditions. Tout le monde sait que les
domestiques ont Tbabitude d'ouvrir les fenetres en faisant leur besogne du
matin, ce qui est tr6s utile pour renouveler Fair dans une pi^ce qui a et6
ferm^e toute la nuit ; mais il est .Evident qu'une plante qui se trouverait exposee
directement a Tair glac6 entrant du dehors, en tarderait pas k donner des :
signes de malaise.
Les plantes en pots souffrent souvent de circonstances analogues. On les
place naturellement pr6s des fenetres pour qu'elles recoivent le plus possible
de lumi^re, mais on ne songe pas au danger qu'elles courent dans cette posi-
tion, ou s'y parfois Ton y pense, on ne songe pas a y rem6dier. II est neces-
saire de mettre les plantes de c6te jusqu'au moment oti les fenMres sont
referm^es.
Lorsqu'on n'ouvre que les vasistas du baut, il va de soi que les plantes ne
risquent gu6re d*en souffrir, si ce sont des plantes sufflsamment rustiques.
Je ne vois r^ellement rien qui empeche de changer les plantes de place
quand on ouvre les fenetres; ce changement donne tr^s peu de peine, et les
avantages qui en r^sultent sont considerables. II importe peu que ce soient
des plantes a feuillage ou des plantes k fleurs, les circonstances sont les m^mes
dans les deux cas.
D'autre part, lorsqu'on fait de grands feux, aucune plante ne doit se trouver
assez rapproch^e pour sentir les effets de la chaleur ; ce serait presque aussi
nuisible que Tautre extreme, car la chaleur du feu a pour effet de dessecher
6norm6raent I'air et de le rendre impropre k la vie des v6g6taux. J'ai eu plus
— 32 —
d*une fois Toccasion d*enleyer ainsi des plantes qui ^talent plac^es sur la table
pour un diner; la place qui leur convient le mieux, ce sent les bufiTets 61oign6s
de la chemin^.
Je me rappelle fort bien un endroit od Ton avait Thabitude de laisser les
fen^tres ouvertes tant que la salle k manger n'^tait pas occup6e, et lors m^me
que le temps 6tait tr^s froid, et qu'il soufflait un vent glac6. Ce i^efroidis-
sement prolong^, aussi bien que la chaleur des grands feux, doit ^videmment
eprouver la sant6 de toutes les plantes. Le proc6d6 que j'employais pour y
remMier consistait a changer les plantes tous les jours, de sorte qu*elles ne
pouyaient pas souffrir beaucoup, mftme par les plus mauvais temps. Mais on
peut 6tre surpris de voir transporter des plantes d'une serre k 15 ou 16^
dans un appartement, lorsque Fair ext^rieur se trouve & 2 ou 3 degrfe
au-dessous de z6ro, et Ton peut se demander si elles ne soufTriront pas de ce
d^placement. Ma r^ponse est que Ton peut le faire ais^ment en placant les
plantes dans une longue boite 6troite dont le couvercle sera bien fix^ et bien
joint. Dans ces conditions, le danger est rMuit au minimum possible.
Dans les appartements od Ton entretient de grands feux, et dans lesquels
en outre Ton allume le soir beaucoup de lumi^res, les plantes se dess^chent
avec une rapidite surprenante. II est necessaire de tenir compte de ce fait,
car les Foug^res, Palmiers, Grotons et Dracaena ne prosp^reraient certaine-
nient pas dans de telles conditions, surtout les deux premiers. Pour remMier
k cet inconvenient, les plantes doivent etre examinees tous les jours, et pour
plus de siiret6, chacune doit ^tre plac^e au-dessus d'un recipient contenant
de Feau.
Pendant les temps tr6s froids, les plantes dont on se sert pour d6corer
I'appartement doivent etre clioisies autant que possible parmi des esp^ces assez
rustiques. On peut employer de preference les Aspidistra lurida variegata, les
Ficus elastica, de petits Kentia, des exemplaires bien fournis d'Araucaria
excelsa, les Foug^res les plus robustes ainsi que les Asplenium de serre froide.
Avec une reserve de plantes de ce genre, on peut eviter tout danger possible
a celles qui ont une constitution plus delicate.
Le Dracaena Lindeni demande des precautions particulieres en cette saison.
S'il se trouve par malheur expose au froid pendant quelques heures seulement,
il y a beaucoup de chances pour qu'il ne s'en remette pas; il est plus deiicat
que beaucoup de ses congeneres. Cette plante, et d'autres analogues, doivent
etre tenues tres s^ches aux racines lorsqu'elles se trouvent dans un local plus
froid que leur serre ordinaire. On ne doit jamais employer non plus dans
Tappartement des plantes sur lesquelles se developpent de jeunes pousses; par
exemple, les Grotons k feuillage tendre sont tres deiicats.
A. Glaneur.
— 33 —
ARBORICULTURE
Sn i ftitage des bois. — Ce proc6d6 n'est pas nouveau mais il n'est pas assez
connu. Voici la m6thode k suivre pour sulfater des bois : on remplit un ton-
neau d'eau aux trois quarts; on 6crase ensuite le sulfate de cuivre et on le
verse dans le tonneau k raison de trois kilogrammes par hectolitre. Au bout
de deux jours on peut placer les perches dans le tonneau : on les y laisse six
semaines k deux mois, ensuite on les retire et on les d^cortique.
L'6poque la plus favorable est septembre et octobre. Le bois sec ne se sulfate
pas; le liquide ne monte pas.
Gette operation peu coClteuse donne une economic de cent pour cent. Le bois
sulfate acquiert une duret6 incroyable, et un pieu ainsi traite peut durer
cinquante ans.
* ♦
Faut-il ftimer les Gonif&res ? — Gette question a d6ja ^te agit^e bien
des fois. II n'est jamais avantageux de prodiguer Tengrais k des conifferes et,
souvent m^me il ne faut pas leur en donner du tout. Dans une terre franche
neuve il ne faut pas fumer pour que ces arbres viennent bien, mais on doit le
faire si la plantation a heu dans une terre d6j^ plus ou moins 6puis6e pour
avoir nourri une succession de v6g6taux de cette sorte. Seulement dans ce cas,
il ne faut employer que du fumier bien d6compos6, et le placer m^me a quelque
distance des racines en quantity peu considerable.
• ♦
La temperature interne des arbres. — Nous lisons dans un journal
politique bruxellois I'information suivante : M. W. Prinz a fait des experiences
pendant une p^riode de dix-neuf raois a Tobservatoire d'Uccle sur les varia-
tions de la temperature k Tinterieur des arbres. Ges experiences demontrent
que la seve contient d'assez grandes quantites de gaz qui s'echappent avec un
bruit parfois tres marqu6, rappelant le bruissement de Teau gazeuze fraiche-
ment versee. Ge bouillonnement est parfois assez intense pour etre pergu k
une distance de deux pas. II n'a lieu que vers le milieu du trajet du canal.
La moyenne annuelle de la temperature interne d*un arbre est sensiblement
egale a la moyenne annuelle de la temperature de I'air ; mais la moyenne men-
suelle varie souvent de deux a trois degres.
En general, il faut un jour pour qu'une fluctuation thermique soit transmise
jusqu'au coeur' d'un arbre. Gertains jours, la difference entre la temperature
interne d'un arbre et celle de Fair peut varier de 10 degres. Ordinairement,
elle n'est que de quelques degr6s. Quand la temperature de Fair descend au-
— 34 —
dessous de z6ro et continue k d6cro!tre, la temperature interne de I'arbre
descend jusqu'a un degr6 voisin du \mni otx Teau de vegetation gele, et y reste
stationnaire. L*eau de v6g6tation g^le k quelques dixi^mes de degr^ au-dessous
de zero.
Le maximum absolu de la temperature interieure d'un tronc d'arbre peut
se produire longtemps avant le maximum absolu de Tair anibiant par suite
de Taction directe du soleil printanier et de Tair sur Tarbre priv6 de feuiUes.
Durant les fortes chaleurs, dans le courant de Tete, la temperature interne
des arbres se maintient a pr6s de 15 degres avec une variation de 2 degres
au plus, meme quand les variations thermiques de Tair sont exceptionnelles.
Un gros arbre est, pendant les annees ordinaires, en moyenne plus chaud que
Tair dans les mois froids, et un peu plus froid que Tair dans les mois chauds.
LES TRAVAUX DU JARDIN
Les jardiniers qui ont besoin d'un grand nombre de plantes pour orner leur
jardin pendant la belle saison doivent se preoccuper d^s main tenant de leur
multiplication. La douceur de la saison permet de compter a bref deiai sur
des boutures des plantes preparees k cet effet a Tautomne dernier. Au besoin,
on donnera un peu de chaleur pour provoquer Tentree en vegetation le plus
tot possible des Goleus, Iresine, Alternanthera, et autres plantes molles ou
semi-ligneuses.
Les boutures d'automne d'Heliotropes, de Salvia, d'Ageratum, deCuphea, etc.,
qui rendent de grands services pour les bordures, devront etre rempotees avec
soin, ce qui leur donnera une vigueur nouvelle, et permettra au besoin d'en
faire de nouvelles boutures.
Les tubercules de Dahlia doivent etre passes en revue avec soin. Si Ton
desire multiplier certaines varietes dont on n'est pas assez fourni, on les
soumettra a une chaleur humide pour provoquer la formation des pousses,
puis on couperales tubercules en morceaux, et on placera ceux-ci separement
dans des pots de petite taille des que les tiges atteindront o kl centimetres
de hauteur. Toutefois, il ne faut pas donner trop de chaleur ni les conserver
k I'etouffee, parce que les tiges monteraient trop vite et s'etloleraient. On
semera sans plus tarder les graines des varietes de choix, soit en caisse, soit
dans de petits pots, et on les repiquera des qu'ils auront atteint la taille
suffisante.
On peut egalement faire dans le commencement de fevrier lea semis de cer-
taines plantes tropicales qui passent la belle saison en plein air dans notre
— 35 —
climat. Les Ricins sont au premier rang de celles-ci. Les espfeces les plus
connues et les plus belles sont le C. communis, le R. Gibsoni et le R. sanguineus,
Ges plantes magnifiques, d'un feuillage si ample et si d6coratif, demandent
beaucoup d*espace pour se d6velopper k Taise, et r^clament aussi beaucoup
d'engrais.
Les Solanum ont ^galemjnt un aspect trfes d^coratif, notamment le S, dulca-
mara et le S. capsicastrum, k baies rouges; de m^me lesWigandia, Ferdinanda
eminens, etc.
Parmi les plantes plus petites, mais d'un gracieux effet ornemental, pouvant
^tre utilis^es pour les parterres ou les rocailles, on peut citer les Ghamaepeuce,
plantes bisannuelles, qui ne sont pas toutefois entiferement rustiques sous nos
climats et doivent fetre rentr6es pendant Thiver sous chassis ou dans une
orangerie. Parmi elles, quelques r^centes additions promettent beaucoup ; les
anciens C. diacon^Aa et C, Cassabonae sont ^galement tr^s 616gants et forment
de belles touffes quand ils sont cultiv6s.
Les Ganna sont au nombre des plantes de parterre les plus brillantes et qui
ont 6t6 le plus ameliorees depuis une dizaine d*ann6es. On peut les reproduire
par semis, mais beaucoup de cultivateurs pr^fferent biverner les souches, ce
qui ne pr^sente aucune difficult^. On rempote dans ce cas les touffes de racines
chamues, et Ton les place dans une serre mod6rement chauffee pour les mettre
en v6g6tation; une fois qu'elles sont bien parties, on diminue un peu la chaleur,
ou on transporte les plantes dans une serre froide ordinaire, oQ elles s*babi-
tueront peu k peu k la temperature ext6rieure jusqu'^ T^poque de la mise
en place.
PROFONDEUR DES SEMIS
Le profondeur k laquelle doivent 6tre depos^es les graines dans le sol varie
beaucoup selon la grosseur de la graine, sa structure, sa durete, etc.
Voici quelques chiffres concernant un certain nombre de plantes de pleine
lerre. On doit semer :
Lee graines de petunia, de raiponce, de muflier, a ... 2 millimetres de profondeur
> de c^leri, de r^s^da, de pavot, de pens^e . . 4 * > >
» d'oignon, de chou, de carotte 7 >
de betterave, d*^pinard 12 > >
de lentilles, de pois, de potirons 20 » >
de haricots 30
de f^ves 40
d'arbres fruitiers tels que le pdcher, le nojer,
le chAtaignier 60
>
BIBLIOGRAPHIE DE LA ROSE
M. Mariano Vergara vieat de publier une escellente compilatioD de tous
les ouvrages, catalogues el publications p6riodiques consacr^s k la Rose dans
tous les pays d'Europe. L'ouvrageest redigfjentan^eespagnole; toutefois, sa
lecture n'oiTre aucunc difliculte, tous les ecrits &tant cit6s avee leur litre dans
la langue dans laquelle ils sont reUigfe; il a 312 pages. Le Douibre des ouvrages
qui y sont cit6s peut s'^lever a C25 eaviron. Ce cliiffre donne une id6e de
rimporlance de la bibliograpliie consacr6e aux Roses, et des services que
peut rendre I'^uum^ration due ii M. M. Vergara.
PAVOTS ET COQUELICOTS
Ges jolies plantes ont le d6faut d'etre trop connues, ce qui fait que parfois
on les d^laisse pour des nouveautfe moins inMtantes.
On s6me les graines de Pavot el
de Coquelicot vers le 15 seplembre,
il I'air libre; quand les jeunes ptantes
sont assez grandes on les repique en
pOpinii^re. An niois de mars, on les
met en place en les espa(;ant de
40 centimfttres.
On peut 6galemenl semer en place
apr^s riiiver, en ce cas on doit avoir
soin de bien ^;claircii' les planles
afln qu'elles puissenl se developper.
Noire gravure (flg. 5), represenle
un Coquelicol simple nouveau inlro-
duil rann6e derniere d'Angleterre,
M. Leonard Lille, inarchand grai-
nier a Ljon, qui a eu I'obligeance
de nous conununiquer ce cUcb^,
K II est difficile d'imoginer quelque chose
e joli Coquelicot, avec «6S innombrables
fleurs simples ou semi-doubles, bordees, panachOes, lav^es, ombrties de toules
k's nuances de blanc, de carne, de rose, de carmin et de rouge. »
- Coqurlicoln
s'exprime dans les termes suivants :
de plus gracieux el de plus vari6 que a
— 37 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 F^vrier 1894.
Jardin de Sir TT^alter Raleigrh. — Trois si^cles se sont 6coul^ depuis
la creation de ce jardin k Youghal en Irlande, et aujourd'hui encore il existe
de remarquables vestiges des v6getaux plant^s par Sir Raleigh. Ainsi on y
voit sur les vieux murs les girofl^es jaunes, au riche parfum, qu'il apporta des
Agores. Quelques cadres plant6s par lui croiissent encore dans un endroit appel^
Tivoli. On y voit aussi quatre ifs v6n6rables dont les branches entrelac6es
forinent une sorte de berceau qui, dit-on, abrita Raleigh fumant le premier
tabac dans son jardin de Youghal.
*
* *
Le Chtoe de Robechies. — Ge ch^ne geant, un des plus beaux des for^ts
du pays de Ghimay (Hainaut), est condamn^ a tomber sous la hache du bilcheron
avec la coupe de 1894 du bois communal de Robechies. L'arbre mesure
4™30 de circonf6rence, k hauteur d'homme. Le tronc a 14 metres de hauteur
jusqu'^ la ramure, et au moins 24 metres jusqu'a son sommet. Gommebois, on
lui donne une valeur de 1400 francs. Nous nous demandons pourquoi on ne
conserve pas un tel monument v6g6tal.
« «
Le Houz. — Dans la Bretagne francaise, en Normandie, dans le Pays de
Galles, comme dans les contr^es scandinaves, le houx constitue avec le ch^ne
Tembl^me de I'hospitalit^ et de ramiti6 durable. Pendant les Cetes de Noel et
du Nouvel An, les branches de houx avec leur luisant feuillage et leurs
brillantes bales rouges sont offertes, comme ailleurs le buis au jour des
rameaux. M^me k Paris, au commencement de Tannic, on d6bite sur les mar-
ches de fleurs de nombreuses gerbes de houx. A cette occasion on peut
rappeler le houx gigantesque de Lhanidloes, dont Tage est evalue A cinq
si6cles, et dont le pourtour depasse dix metres. II a seize branches maitresses
dont quelques-unes ont plus de trois metres de circonf6rence. Le houx n'est
pas seulement un embl6me de fete; Toujours vivant sous son ^ternelle ver-
dure, 11 abonde dans les cimetidres des contr^es du Nord et devient ainsi un
embldme d*6ternel regret.
♦ ♦
— 38 —
Exposition beige en Suisse. — Un comit6 s*est constitu6 k Bruxelles
dans le but d*organiser a Geneve, en mai et juin 1804, sous le patronage
des Ghambres de Gommerce de Belgique, une exposition des produits beiges
exportables en Suisse. Le douzi^me groupe est r6serv6 aux produits de Thorti-
culture, de Tarboriculture, de la viticulture et des branches qui se rattachent &
ces industries.
• «
Le plus grand arbre connu. — Jusqu'ici les Am^ricains se glorifiaient de
poss6der les arbres les plus 61evfe ; mais le Sequoia gigatUea de Californie doit
cMer le pas k TEucalyptus d'Australie. En effet, on a d^couvert k Gape Oteray
un exemplaire d'Eucalyptus regnans ayant la hauteur r^ellement colossale de
150 metres.
« «
La ffeve tonka est le fruit du Dipterix odoraia. EUe a la forme et presque
la contexture d'une grosse amande. L'odeur aromatique de la feve est due a un
principe volatil appel6 Goumarine. La ftve tonka est employee surtout pour
aromatiser le tabac en poudre. L'extrait entre aussi dans la composition de
parfums d'une grande finesse et d'une odeur durable. La ftve tonka est
un des produits d'exportation du Venezuela qui en fournit annuellement plus de
50,000 kilog. sous le nom de Sarrapia.
• «
Floraison appauvrie des Dahlia doubles. — Un correspondant de notre
confrere am^ricain Garden and Forest 6crit de Buffalo que les Dahlia k fleurs
doubles ou pleines fleurissent de moins en moins. En revanche, les plantes
donnent de nombreux tubercules. Gependant, dit-il, dans certains endroits, les
Dahlia acqui^rent une plus grande hauteur et alors fleurissent k profusion.
Gette observation a-t-elle 6t6 faite ^galement en Europe ? Bien des fois nous
avons remarqu^, et nous n'avons pas ^t6 seul k faire cette remarque, que les
plantes obtenues par un bouturage repute pendant une longue suite d'ann^es
finissent par accuser une certaine d^gen^rescence soit par la deformation des
fleurs, soit par leur rar6faction.
• ♦
Vins et champignons. — Les microbes sont indispensables k la vie; de
m^me les champignons microscopiques sont n6cessaires aux raisins pour la
production des meilleurs vins. M. A. P. Hayne 6crit dans The Pacific Rural
Press que, en faisant des recherches sur les cryptogames qui attaquent les
vignes en Galifornie, il a constate qu'un champignon special, le Boirytis
cinerea, est essentiel k la production du meilleur vin de Sauterne, le GhAteau
Yquem, et du meilleur vin de Rliin, le Johannisberg. Ge champignon est
nuisible aux raisins bleus ou noirs, parce qu'il les d^colore; dans les ann6es
— 39 —
humides, il peut, par son d^veloppement pr^coce, amener aussi la putrefaction
des raisins blancs. En survenant tard sur du raisin blanc, ce cryptogame
decompose la peau des baies, ce qui permet k Toxyg^ne de Fair d'agir lente-
ment sur le jus et de produire les acides n6cessaires au d6veloppement du
goftt particulier a certains vins.
* *
Pares, sciuares et Jardins k Londres. — La necessite des plantations
dans les grandes agglomerations populaires est de mieux en mieux comprise.
Dans un espace de dix ans, c*est-i-dire depuis la fondation en 1882 de la
ct Metropolitan Public Gardens Association, » Londres a vu le nombre de ses
places publiques s'accroitre de 157 ayant une superficie de plus de 2000 hec-
tares, ce qui est considerable. Londres compte en tout 271 pares, squares et
jardins publics, ayant ensemble une 6tendue de 17,876 acres.
« «
Horticulture k TExposition d*Aiivers en 1894. — Outre Fexposition
permanente d*Azal6es, Rhododendrons, plantes vivaces, Roses et arbres
fruitiers, qui seront repartis dans les jardins autour des batiments, il y aura
quatre expositions temporaires : l°du 11 au 16 mai, produits divers, fruits
forces, 16gumes; 2^ vers la fin de juin, Roses et autres fleurs couples, plantes
ornementales, plantes d'appartement, plantes fleuries, fruits sous verre; 3® i
la fin de septembre, fruits, plantes de march6 et d'exportation, fleurs couples;
4° k la cloture, exposition de Ghrysanth6mes.
» *
Plantations en Tunisie. — Dans un des derniers numeros de Garden
and Forest, le professeur G. S. Sargent fait une 6tude sur les causes ayant
amene Taridit^ de certaines regions. 11 fait ressortir, avec M. Bourde, que la
Tunisie, cette partie qui s'^tend entre deux branches de la chaine de montagnes
m^ridionales de TAlg^rie, est extr^mement favorable a certaines cultures et
pas a d'autres. Avant I'invasion romaine, cette contr6e 6tait un desert. Les
Romains y introduisirent la culture de TOlivier et, a la fin du premier si6cle,
ils s'enrichissaient par cette culture. Les Arabes d^truisirent les plantations
au Xl"*® si^cle, et le pays redevint un d6sert. Le centre de la Tunisie, aban-
donn6 au paturage, vaut 8 francs Thectare; plants d'Oliviers, le m^me terrain,
estime au plus has prix, vaut plus de 650 francs I'hectare.
* *
Architecture de Jardins. — Les connaisseurs ont gen^ralement donn6
raison a M. Olmsted d'avoir adopts le style paysager, pour les jardins en-
tourant les batiments de TExposition de Chicago ; il est certain que ce style
a grandement contribu6 k embellir celle-ci, en reliant entre elles les construe-
— 40 —
lions et en en faisant ressoriir le caractdre. Gependant un journal am^ricain.
The Engineering Magazine, critique assez vertement ce style dans son appli-
cation pour les expositions oQ doivent circuler les foules. Dans des circon-
stances pareilles, dit-il, on ne devrait pas obliger les gens k faire un trsget
plus long que de besoin; Varchitecte qui ne tient pas compte de ce c6t^ d*utilit^
g6nerale fait m^connaltre et depr^cier par le peuple la beauts d*un art trouy^
d^fectueux parce qu*il est appliqu6 mal k propos.
• «
John TTV'aterer, de Bagshot, est mort k T^ge de 67 ans. Son 6tablissement
horticole jouissait d*une r^elle renomm^ pour la production et la culture des
Rhododendrons, des Azai^s et des plantes de terre de bruyftre.
« •
Le Phylloxera ^tend toujours ses ravages. La r^colte des vins en Sicile
est r^uite k la moiti^ de ce qu'elle 6tait il y a quatre ans. Les pertes dans les
provinces de Syracuse et de Catane attributes k ce fl^u sont 6valu6es k un
milliard de francs.
« •
Prix des nouveaux Ghrysanthimes. — Quelle que soit leur beauts,
quel que soit le m^rite des nouveaux Chrysanth^mes, la valeur marchande de
ceux-ci a peu d'importance puisque la multiplication en est trop facile et gu*on
les propage en raison m^me de leurs qualit^s. L*ann6e de leur obtention, les
nouveaut^s se vendent couramment sur le continent au prix de 15 A 30 francs.
En Angleterre, od la rose d'automne est plus choy6e qu'ailleurs, ce prix est
consid6r6 comme trop elev6 de moiti6, et il est rare de voir les plantes d^passer
le prix d*une demi guinte. L'ann^e suivante, naturellement, on peut les obtenir
pour un franc et m^me cinquante centimes.
♦ •
Expositions annonetes. — SodStS rigioncUe d'horiiculture du Nord de la
France, 9"*« Exposition internationale de plantes, fleurs, fruits, legumes,
arbres fruitiers en pots, industries horticoles. Cette exposition aura lieu au
Palais Rameau, a Lille, du 3 au 10 juin 1894, k Toccasion du concours regional
et des l(&tes de Lille. Programme chez M. le secretaire general Ryckbwaert-
Dkjardins, rue d*Arras, 84, k Lille.
Exposition universdle, internationale et coloniale de Lyon, avec exposition
permanente des produits de Thorticulture et expositions temporaires, du
26 avril au 31 octobre 1894, au pare de la Tdte d'Or, k Lyon.
Em. Rodiqas.
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HORTICOLE
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PHYLLAGATHIS HIRSUTA coon.
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— 41 —
PI. Ill
PHYLLAGATHIS HIRSUTA gogn.
PHYLLAeATHIS Htmst
(')
Le genre Phyllagathis, qui jusquici n'6tait pas encore repr6sent6 dans les
cultures, fait partie de la famille des M61astomac6es. II appartient au m^me
groupe que les Sonerila, dont il se distingue, surtout par ses fleurs Utramires,
c'est-i-dire avec les pieces des differents organes au nombre de quatre ou d'un
multiple de quatre, tandis que les Sonerila ont les fleurs trimires (trois dents
au calice, trois p^tales, etc.). En outre, le premier a huit 6tamines igales, tandis
que les seconds n'en ont que trois, ou tr6s rarement six, mais qui sont alors
inSgcUes.
On connait jusqu'ici trois Phyllagathis, dont Tun crolt dans la presqu'ile de
Malacca et Sumatra, le second k Borneo et le troisifeme au Tonkin.
L'esp^e figur6e ci-contre est done la quatrifeme du genre. Tout en ayant,
comme ses cong^n^res, de tr6s grandes feuilles rondes, d'un vert splendide,
elle en diff^re par de nombreux caract^res, dont plusieurs obligeront meme k
modifier la diagnose du genre. Ainsi parmi les caract^res donnas A celui-ci,
il y a entre autres : lobes du calice ovales et aigus, s^par^s chacun par une
longue sole et portant au dos une petite dent, termin^e 6galement par de
longues soies; p^tales oyales et aigus; oyaire soud6 seulement k sa base avec
le calice. Tandis que le P. hirsuta a les lobes du calice tr6s courts, largement
arrondis et priv6s de soies; les p6tales obovales, k sommet arrondi; Tovaire
presque enti^rement adherent au calice. Ajoutons que la tige de cette plante
est presque nuUe et couverte de trfes longues soies; le petiole est 6galement
(1) PhyUagathis hirsuta Cogn., n. sp. — Gaule brevissimo, apice longe denseque hirsuto ;
foliis saborbicularibus, 11-nerviis, basi profonde cordatis, supra glaberrimLs, subtus ad
nervoB nemilosqne sparse longeque setosis caeteris glabris ; petiolo longissime retrorsim
setoso ; pednnculo communi longissimo, glabro, apice in ramis 4 brevibus divaricatis diviso ;
floribus numerosis, secondis, breviter pedicellatis, ebracteatis; calyce glabro, angustissime
campanulato, lobis breyibns, late rotundatie, dorso denticnlo minuto munitis ; petaUs obo-
▼atis, apice rotundatis; oyario fere usque ad apicem adnato, apice squsmis 4 subrotundatis
membrenaceis margine subdenticulatis omato.
— 42 —
h^risse de longues soies dirig^es vers le bas, et les feuilles, fortement ^han-
cr6es en coeur a la base, ont onze grosses nervures, alors que celles des autres
esp^ces n'en ont que sept ou neuf. Mais ce qui caract^rise surtout cette nouvelle
esp^ce, c'est sa curieuse inflorescence, qui diflf^re compl6tement de celle des
2800 esp^ces environ, connues aujourd'hui dans la famille des M^lastomac6es :
le pedoncule floral, long d'environ 40 centimetres, se divise k son sommet en
quatre rameaux, qui naissent du m^me point et divergent en croix; chacun
d'eux porte, mais du cot6 sup^rieur seulement, treize a quatorze fleurs d'un
beau rose, qui sont dispos6es, en alternant entre elles, sur deux rangs contigus.
Si, par son feuillage splendide^ cette plante a une haute valeur horticole,
son inflorescence spdciale en fait une curiosity botanique : a ce double titre,
on peut dire que c'est la melastomacee la plus reinarquable qui ait ^t6 intro-
duite depuis de longues annees.
Son introduction est due a L'Horticulture Internationale de Bruxelles,
qui la re<:ue r^cemment de Borneo.
A. GOGNIAUX.
LES DANES DANS LES SERRES
Les lianes constituent un des elements primordiaux du paysage dans les
regions tropicales. Les superbes palmiei*s, les grandes m^lastomacces, le^
foug^res arborescentes semblent raides quand leurs stipes ne sont pas unis
par des guirlandes ou que leur tronc se trouve veuf de toute garniture
epiphyte. Les lianes en sont un complement necessaire; elles en rev^lent
mieux toute la po^sie et oflfrent comme un symbole d'union et de fraternite
dans ces milieux ou tout semble n'etre qu'isolement et solitude. Le role des
lianes dans les serres est trop peu oompris et, pour ce motif, I'usage de ces
plantes n'est pas r^pandu comme elles le m^ritent. Et pourtant quel parti ne.
peut-on pas en tirer, soit pour 6tablir des rideaux de verdure, soit pour
garnir des parois enti^res de murs, soit pour foruier des guirlandes parmi
les feuillages de nos serres et de nos jardins d'hiver ? Et pour n'en citer que
deux ou trois exemples, quelle ressource ne pr6sentent pas certains Gissus,
certains Bomarea et les Lapageria?
Le Cissus Lindeni, reuni au groupe des Vitis par la plupart des bota-
nistes, fut decouvert en 1867, par Wallis, sur les pentes orientales de la
Sierra de Santa Martha, dans les regions temper^es-chaudes de la Golombie.
Ses tiges arrondies, d'un vert fonce, ponctu6 ou stri6 de gris, constituent de
longs sarnients pourvus de vrilles et de racines adventices, qui s'implantent
— 43 —
partout od elles rencontrent de la terre ou un substratum analogue. Qui ne
connalt la beauts du feuillage gracieusement panach6 de ce magnilique sous-
arbrisseau? Le fond vert encadre de larges surfaces d'un blanc grisatre,
contrastant de la mani^re la plus agr6able avec la nuance du reste de la
feuille. C'est, sans contredit, une des meilleures introductions qui aierit 6t6
faites par T^tablissement Linden, et elle restera une des plus gracieuses lianes
qu'on puisse employer dans les serres o(i une atmosphere humide assure sa
robuste croissance. Elle se trouve le mieux d'un melange de terreau de feuilles
avec addition d'une moiti6 de terre argileuse.
Le Bomarea Carderi est une des belles esp6ces d'un genre assez nombreux
de la famille des Amaryllid6es. Sa patrie est ^galement la Golombie, d'oti la
plante flit introduite dans les serres europ6ennes en 1876. Ses fleurs, r6gulie-
rement campanul^es, ont pr6s de O'^O? de long et plus de 0™03 de large; les
segments extdrieurs sont roses, les int6rieurs macules de pourpre brunatre.
Elles sont disposees en une grande cimedont la base est entour^e parun bouquet
de feuilles; celles-ci sont lanc6ol6es, oblongues, comme le Gissus. Gette plante
aime un melange de terreau de feuilles et de terre franche; seulement on fera
bien d'y ajouter un tiers de sable. L'une et Tautre de ces plantes prosp^rent
assez bien quand elles sont tenues dans des pots; mais elles ne prennent tout
leur d^veloppement que si elles sont mises en pleine terre dans les jardins
d'hiver. Alors leurs tiges, qui sont volubles, acqui^rent une bonne longueur.
Le genre Lapageria ne comprend qu'une esp6ce unique, le Lapageria rosea,
originaire du Ghili. G'est une superbe plante grimpante qui ne demande qu'un
air chaud et humide et de Tombre. G'est un sous-arbrisseau tr6s rameux, de la
famille des Liliacte. Sa tige est voluble; les feuilles sont bri^vement p^tiolees,
ovales oblongues, acumin^es au sommet et arrondies a la base, quinquener-
viees, epaisses et presque coriaces. II en existe plusieurs varietes. Le type est
a grandes fleurs d'un rose tendre, macule de rose plus fonce; ses feuilles sont
d'un vert fonc6. La variety Lapageria rosea major se distingue par le d6ve-
loppement de ses fleurs. Dans une sous-vari6te de celle-ci, le coloris de la
fleur est d'un rouge plus fonc6. Enfin, la vari^t6 alba surpasse toutes les
autres par ses fleurs d'un coloris blanc de cire, qui contraste de la fagon la
plus heureuse avec les Heurs roses ou pourprees des autres vari^t^s.
Plant6es en pleine terre dans la serre, ces lianes se developpent avec rapi-
dite et comme I'indique la figure 6, elles atteignent de belles dimensions.
Conduites le long du vitrage, elles entre-mMent ainsi leurs inflorescences et
constituent dans le jardin d'hiver un brillant decor qui fait rever a un tableau
de la flore des tropiques. Les fleurs des Lapageria ont la grande quality de
durer longtemps sur la plante et de se conserver fraiches plusieurs jours
quand elles sont couples et placees dans un milieu un peu humide. Ges
plantes aiment un sol tourbeux avec addition de sable et de scories de cbar-
bon. La multiplication a lieu par diTision des souches ou par marcottage. '
Lea premiers exemplaires vivants recus en Europe Airent envoyfo aux
Seire de Lapageri*.
Jardins de Kew par Wheelwright. Le genre fut cr66 par Rmz et Payon ce
I'honneur de I'Imperatrice Josephine, nfe Tascher de Lapaqerie, qui ful
une protefitrice fclairfe de la botanique et de rhorticulture.
Em. RODIOAS.
— 46 —
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANOABLES
Pavonia hastata. — Sous-arbrisseau , d'origine br^silienne. Feuilles
d'un vert fonc6, lanc6ol6es, denizes, trilob^es a la base. Fleurs axillaires,
solitaires, a p6tales arrondis, d'un rose carn6 tr^s pale, marques a la base
d'une tache pourpre fonc6. La face inf^rieure porte des veines purpurines.
M. Marc Migheli dit, dans la Revue Horticole, que, lorsque la temperature
n'est pas tr6s 61ev6e, au commencement de la saison, le calice ne s'ouvre pas
et que la floraison et la fecondation s'op^rent clandestinement, k I'abri des
s^pales replies.. Les graines n*en sont pas moins fertiles.
Tupistra squalida. — Gette Liliac6e, originaire de Tlnde, n'est gu6re
connue en dehors des Jardins botaniques. Un exemplaire en a fleuri en 1893
au Museum de Paris, ce qui a permis a M. D. Bois d*en faire ressortir les
qualit^s ornementales. Les feuilles naissent d'un rhiz6me 6pais; elles sont d'un
beau Vert, amples, lanc6ol6es, attenu6es en petiole, et mesurent de 0"60 a
0"*80 de long sur 0^05 a 0™10 de large. La hampe, haute de 0"»10 a 0'"2Q,
porta des fleurs en ^pis, denses, cylindriques ; ces fleurs sont sessiles, d'un
violet bleuatrepale. Voisine des Aspidistra et des Rohdea, elle se recommande
par son feuillage ornemental plus que par ses fleurs. « Sa culture ne pr6sente
aucune diflicult^. On la tiendra en serre chaude, plant6e dans un sol riche en
humus. Arrosements copieux pendant la p6riode de vegetation, moindres
pendant la periode de repos. » L'esp6ce se multiplie, corame les Aspidistra,
par division des touffes.
Gloxinia hybrida grandiflora. — Nos confreres de la presse horticole
signalent la variety Prinzess Victoria Luise comme d^passant tout ce
qu'il J aurait de beau dans cette cat6gorie de fleurs. Le colons est d'un effet
eWouissant et le m^rite comme fleur couple serait considerable. La plante
crolt vigoureusement, est bien trapue et donne des fleurs nombreuses et
grandes. La coroUe est d'un rouge violet qui passe au bleu et tranche admi-
rablement sur le bord du limbe qui est blanc pur.
Begonia Bexley White (fig. 7). — Variete des plus distingu6es, se recom-
mande par ses proportions considerables, la perfection de sa forme, I'epaisseur
et la consistance des segments qui ont une apparence de cire. Le coloris est
du blanc le plus pur. C'est peut-Mre la meilleure des vari6t6s blanches obte-
nues jusqu'a ce jour. C'est un semis de M. Ware.
Begonia Srfordia. — Get hybride, des plus remarquables, a et6 obtenu
par MM. Haaqe et Schmidt, d'Erftirt, par le croisement du JB. Schmidti
avec le B. semperflorens Vernon. II a le mode de croissance et le port gracieux
— 47 —
du premier, tandis que les feuilles ont le colon's du second. Les fleurs sont
d'un beau rose carmin6 qui contraste d*une faQon charniante avec la nuance
fonc^e du feuillage. La plante m6rite plus particuliferement d'etre recommand6e
pour la floraison liivernale en serre temp6r6e.
Begonia Picotee (flg. 8). — Voici la description donn^e par M. Ware,
Tobtenteur de cette nouveaut^. G'est une splendide fleur dont la forme rap-
pelle celle du Camellia. EUe est grande et d'un beau coloris blancavec une
marge d'une brillante nuance de rose. La floraison en est tr^s abondante.
La variety a obtenu un certificat de premiere classe k Tun des meetings de la
Royal Horticultural Society a Londres.
Iris ziphioides Ehrh. — Gette esp^ce, assez r^pandue en Espagne, dans
quelques parties des Pyr6n6es, atteint une hauteur de 0™30 k 0™60 ; sa tige
flexueuse porte d'ordinaire deux ou trois grandes fleurs qui, dans le type, sont
d*un beau bleu et dont la culture a produit de nombreuses vari6t6s aux coloris
les plus divers. Les Iris xiphioides ou L xij>hyum Jacq. sont d'une parfaite
rusticite et fleurissent en juin et juillet.
Echeveria quitensis (Cotyledon quitensis Baker). — Cette esp^ce est
un des rares repr6sentants de la famille des Grassulacees sous TEquateur; elle
a ete rencontree fr^quemment sur les murailles dans les villes et les Tillages du
haut plateau par le D*" Lagerheim, autrefois directeur du Jardin botanique de
Quito. Elle resiste aux faibles gel^es de cette region comme a la s^cheresse qui
y r^gne durant plus de trois mois. Son feuillage persistant et ses jolies grappes
de fleurs dun rouge brillant en font une plante tr^s recommandable pour orner
le parterre en 6t6. Elle se multiplie de graines et de boutures.
Tydaea pyramidalis racemosa. — Cette nouveaut^ constitue une r^elle
amelioration parmi les Tydaea au point de vue de la forme de la plante
ainsi que de la grandeur, du coloris et du port des fleurs. Elle forme une touffe
de O^'SO a 0"*40 de hauteur, elle est tr^s ramifi6e. Les tiges florales sont nom-
breuses et portent de longues grappes de fleurs d'un coloris 6carlate des plus
distingu^s.
Ghironia peduncularis. — Cette esp^ce est consider6e comme la plus
belle parmi celles qui representent dans nos serres le genre Chironia. Elle
commence a fleurir d^s le mois de juillet et fleurit tard en aulomne, ce
qui est pr6cieux pour nos serres temp6r6es. Elle forme une touffe de 0'"40 de
hauteur et se couvre de fleurs d'un beau rose pourpr6, longuement pedonculees.
Bro'wnea Crawford!. — Cette esp^ce est la plus belle du genre
Brownea. Elle est consid6ree comme un hybride entre B. macrophylla et
B. grandireps et rappelle les deux ascendants. Par le feuillage et Taspect
g^n^ral elle se rapporte au B. macrophylla, tandis que la fleur ressemble k
celle du B. grandiceps, Les capitules floraux sont grands et composes de plus
— 49 —
de septante fleurs ayant de 0°*05 k 0™07 de diam^tre, garnies de nombreuses
6tamines. Leur coloris est d'un rouge saumon6. Les feuilles sont pinnies,
larges, et ont environ 0%0 de diam^tre.
Lotelia X CSterardi. — Ge remarquable hybride a et6 obtenu par le
croisement op6r6 entre le Lobelia cardinalis Queen Victoria et une vari6t6
grandiflore du Lobelia syphilitica; cette demi^re a fourni le pollen. La plante
a 6t^ d^iee k M. Gerard, directeur de la section botanique du pare de la
T^te d'Or, k Lyon. Elle est d6crite dans un recent fascicule de la Revue Hor-
ticole et signal^e pour sa v^g^tation puissante et son abondante floraison. Le
calice est 16g6rement rouge&tre ; les fleurs, de couleur violet-6veque, preiinent
des tons plus ou moins chauds suivant les individus. La I6vre inf6rieure avec
ses trois segments est marquee, k la base de ceux-ci, de deux taches blanches
triangulaires qui contrastent avec le coloris violet.
Pancratium caribaeum Linn. — Cette belle amaryllld^e, k feuilles en
ruban, porte sur sa hampe ancipit^e une gracieuse ombelle de cinq k vingt
grandes fleurs blanches, d^licieusement parfum6es. Le plus souvent elle fleurit
deux fois par an. Le bourgeon terminal persiste et dure nombre d*ann6es.
La reunion de plusieurs bulbes dans un m^me pot forme de magniflques toufies.
La Revue Horticole recommande de cultiver cette esp6ce dans de la terre de
bruyftre, m61ang6e k de la terre franche et k une forte dose de sable de mer.
Les plantes peuvent ^tre mises a peu pr6s a sec en hiver sur une tablette de
la serre. En 6t6, il faut les garantir de la grMe qui troue, lac6re et abime
les feuilles. Em. Rodigas.
PETITES NOTES DE CULTURE
Jasminum gracile. — Peu de fleurs 6mettent un parfum aussi exquis
que les panicules de fleurs blanches de cette gracieuse liane, qu'on ne ren-
contre que bien rarement dans nos serres. La plante se trouVe le mieux crois-
sant en pleine terre, et conduite autour d*un pilier. Les fleurs se succ6dent
durant une p6riode de quatre mois.
Arbustes forces. — Aux noms des arbustes dont on pent hitter la floraison
et qui ont6t6cit6s page 17, il conviendrait d'ajouter VEumyphia pinnatifoUa,
qui est trop peu connu et qui a un cachet ornemental d'une grande valeur.
Le feuillage lui-m6me, nettement d6coup6, est gracieux, et les fleurs, du Wane
le plus pur, avec leurs nombreuses 6tamines, sont grandes et abondantes. Un
amateur des environs de Gand nous a envoys, le 15 Janvier, des rameaux
superbement fleuris de cette rosac6e.
Passiflores. — Les grenadilles, c'est le nom que Ton donnait autrefois aux
— 50 —
passiflores, resteront parmi les plus Elegantes et les plus cuNeuses plantes de
nos serres. En general elles se plaisent dans un sol riche, terreau de fumier
avec terre franche, lenu assez frais durant la periode de vegetation et raoins
humide pendant le repos. Elles se multiplient de boutures prises sur les jeunes
rameaux et plac^es sur couche chaude et sous double vitrage. Les passiHores
sont essentiellement polymorphes dans ieurs 61^inents foliac6s comme dans I'ap-
parence de Ieurs fleurs. II en existe de nombreuses esi)^es toutes orneinentales.
Poinsettia. — Les fleurs de cette euphorbiac6e mexicaine sont actuelle-
ment un des plus riches orneinents de nos serres. La vari^46 albida a de
grandes bractees blanches; dans la vari^te lufescens, les bractte sont jau-
natres; les bractees tenninales chez le type sont d'un beau rouge carmin6. Une
vari6t6 assez nouvelle, Poinsettia pulcherrima plenissima, se distingue en ce
que la rang6e de bractees groupies au-dessous des fleurs est acconij^agnee
d'une deuxi^me couronne de bractees plus petites qui persistent plus longtemps.
Pour donner ample satisfaction, les Poinsettia ont besoin d'avoir acquis une
bonne force, sinon les branches sont un peu greles et la plante enti^re prend
un triste aspect. Aussitot apr^s la floraison, les plantes doivent etre rabattues
rez terre, ensuite elles sont mises sur chaleur de fond, tr^s pr^s du jour. Les
nouveaux rameaux donnent d'excellentes boutures qui reprennent prompte-
inent, surtout si elles sont coup^*es avec le talon. Les plantes faites demandant
une temperature 61ev6e et un bon terreau de feuilles mel6 avec du sable»
Dracaena. — Beaucoup de formes de ce genre ont le grand merite d'oflrir
un aspect general tr^s caracteristique, indei)endamment d'une richesse de
coloris propre au feuillage. La plupart demandent la serre chaude et si leur
emploi dans les salons, menie chaufles, ne i)eut etre que momentan6, afin
d'eviter le deperissement des plantes, c'est qu'on ne leur accorde ni riiumidite
n^cessaire, ni la lumi^re dont elles ont un besoin encore plus imp^rieux.
Nous avons vu des Dracaena Jacquini {ferrea et terminalia) se conserver
parfaitement dans une jardiniere de salon, pendant quatre annees. Les plantes
etaient plac^es en'pleine lumi^re.
Aphelandra. — Ces belles acanthacees dont on connait aujourd^hui
environ cinquante esp^ces sont des arbustes a beau feuillage, apparlenant
tous a I'Amerique tropicale. Tout amateur a pu en appr^cier au raoins
quelques-uns, comme A. Fascinator, A. Leopoldi, A, Macedoiana,A. punctata,
A. Margaritae, A, nitens Sinitzini, aux fleurs d'un rouge plus ecarlate encore
que celles de VA, Fascinator. Leur floraison est actuellement terminee, aussi
peut-on, jusqu'au mois de mars, les mettre en serre temp6ree, assez s^che. En
mars on les taille afin d'avoir les exemplaires compacts, apr^s quoi on les met
en serre chaude humide en ayant bien soin de leur donner de 18 a 25® pendant
le jour et de veiller a ce que les cochenilles et kermes ne les envahissent pas.
— 51 —
Blano des Ghrysanth^mes. — G*est k evolve que la bouillie bordelaise
sera bient6t la panac6e universelle de Tliorticulture. On recommande mainte-
nant ce melange centre le blanc des Chrysanth^mes, qui est d'ailleurs une
maladie cryptogamique comme roidium, etc. La bouillie pourra etre composee
de deux kilogrammes de sulfate de cuivre avec la m^me quantity de chaux
vive par hectolitre d'eau. Les plantes seront seringu6es une fois par mois,
afln de pr^venir la maladie. R. d'Eelen.
FLEURS ET PLANTES AUX VILLAS MARITIMES
NuUe part peut-^tre le besoin de la verdure et des fleurs ne se fait sentir
d'une fagon plus imp6rieuse qu'en face de TOcean. La plupart de ceux qui ont
la bonne fortune de pouvoir passer quelques semaines en vill^giature au bord
de la mer regrettent bien souvent le modeste jardin, le petit pare, les arbres
et les fleurs qu'ils laissent derri^re eux dans leur residence ordinaire. Heureux
ceux qui ne doivent pas abandonner k des mains mercenaires le soin de d^corer
la terrasse de la villa qu'ils occupent ou le jardinet qui s*etend devant leur
demeure! Les compositions florales qu'on y rencontre sont trop g6n6ralement
les m^mes; les parterres minuscules des petits jardins sont presque toujours
form^ sans goOt et sans vari^t^.
Profitant de quelques jours de loisir, nous avons pu, en automne dernier,
^tudler k Taise ce que nous appellerions Therbier floral des jardins disposes
devant les villas const ruites sur la digue de Blankenberghe, depuis la i*ampe
Mal^cot jusqu*aux dunes od Ton a le projet d'etablir un grand pier destin6 k
embellir encore cette jolie plage. Une quarantaine de villas poss6dent des
jardinets; ceux-ci 6taient presque tons traces d'une fagon analogue, avec
une corbeille centrale entour^e du double cheuiin conduisant de la grille a
rhabitation, et les coins et accotements garnis a peu pr6s de m^me.
Nous comprenons parfaitement que les families qui viennent faire au bord
de la mer un s6jour temporaire doivent 6tre tributaires d'un jardinier, d'un
hortiCulteur et parfois du m6me jardinier, du m^me horticulteur que leurs
voisins; nous comprenons mgins bien que le propri6taire qui s6journe k la
mer durant toute la belle saison ne mette pas son ambition k orner le jardinet
dans lequel il est oblig6, sinon de vivre, au moins de passer plusieurs heures
chaque jour, et qu'il ne cberche pas a s'entourer de v6g6taux varies. G'est k
peine si les plantes r6parties dans les quarante jardins en question apparte-
naient k quarante genres diff^rents. Nous en avons fait le relev6; le void dans
sa grande simplicity : Pelargonium, Verveine, Lobelia, Thuya, Tropaeolum,
— 62 —
Reine Marguerite, Petunia, Soucis, Ageratum, Pyrethrum, Phormium, Eche-
veria, Heliotrope, Dracaena, Gobaea, Tradescantia, Aucuba, Ounnera, Hedera,
Rheum, Rose, SemperviYum, Hydrangea, Dianthus, Saxifraga, Weigela,
Tagetes, R6sMa, Pens^, Balsamine, Begonia, Funkia, Lis, Phalaris, Yucca,
Fuchsia, Coleus, Achyranthes, Gnaphalium et Iresine. Plusieurs de ces genres
n*etaient represent^s que par une esp^ce unique, quelques-uns par des yari^t^
de la m^ine esp^ce. Vingt-huit genres n*6taient employ^ qu'une seule fois.
Les Pelargonium formaient la decoration principale de vingt-et-une villas,
dans neuf il y avait des Petunia et des Lobelia erinus, dans huit le Pyrethrum
k feuillage vert et dans deux seulement le Pyrethrum aureum vrai. Le centre
des parterres etait occupy cinq fois par un Dracaena ordinaire, deux fois par un
Dracaetia lineata var. Doucetiana; les Tropaeolum fleurissaient abondamment
dans une dizaine de jardinets.
Presque toutes les plantes etaient remarquables de sant6 et de vigueur, les
esp^ces trapues comme les plus eiev^es; en general aussi la floraison etait fort
riche et k de rares exceptions pr^s les parterres etaient propres et bien
entretenus.
Parmi les plantations les plus gracieuses, nous citerons celles de la villa des
Liserons, avec une allee centrale et deux parterres lat^raux composes de Pelar-
gonium varies, de Lobelia, de Gapucines, et la terrasse orn6e de Phoenir dont
les frondes avaient souffert quelque peu des intemp^ries. Le balcon etait
tapiss6 de verdure au moyen de Gobaea et de Tradescantia. Puis vient la
villa Madona avec les appuis de la terrasse d^cor^s de vases garnis de Phor-
mium et de Dracaena k leur centre, de Gapucines, de lierre et de Petunia
retombant le long des bords. Les parterres composes de Pelargonium simples
et doubles, avec bordure d*Echeveria metallica ou de Pyrethrum et d'Age-
ratum ainsi que Tagetes, faisaient un bel effet. Gitons encore la villa de
M. Massange de Louvrex, ravissant parterre formant une gracieuse bro-
derie et r^unissant dans ses cercles les plantes les plus varices de la mosaicul-
ture. Le jardinet de la villa Fernande pr6sentait un joli parterre de verveines
varices, les accotements pr^sentant des Pelargonium bien fleuris malgre leur
vigoureux feuillage, les plantes atteignant un metre de hauteur. Le balcon
etait tres gracieusement garni de Pelargonium fleuris. L'hdtel des Bains et des
Families offrait un bon module de jardin franQais avec des vases plantes de
Dracaena et de Pelargonium a feuilles de lierre, des parterres adosses garnis
de Pyrethrum, de Pelargonium varies, de Gapucines et d'Aucuba. Malheu-
reusement les bords des parterres etaient formes au moyen de petits cruchons
en gres, le fond hors de terre, bordure economique peut-etre, mais denotant
une complete absence de bon goCit.
Em. R.
— 53
CAUSERIE HORTICOLE
II. — LES FLEURS DANS LA SOCIETY MODERNE
28 F^vrier 1894.
Nous recevons la lettre suivante :
Mon cher Directeur,
Voulez-vous me permettre de completer quelque peu les donn6es que
M. Max Garnier a fournies dans son int6ressante causerie du 30 Janvier?
Les Floralia, en HoUande, sont des Societ6s quidistribuent des boutures,
enracin^es le plus souvent, non pas aux petits amateurs, mais aux ouvriers (*).
La Revue horticole de 1891 signale qu'au printeraps de cette ann6e, 150 lots
de plantes, se composant chacun de six pots, ont 616 remis a 150 families,
avee mission de les cultiver, par la commission des Floralies de Purmerend.
Le 31 aoCit, un concours 6tait organise pour ces plantes, qui 6taient cultiv6es
a domicile; 130 lots ont 6te pr6sent6s au complet, et un certain nombre Font
6t6 en partie. Quinze prix ont 616 accord^s par le jury et remis solennellement
aux laureats, le lendemain, pendant un concert, et en presence de I'Administra-
tion communale. G'est la neuvi^me ann^e que cette distribution et ce concours
ont lieu k Purmerend, et toujours avec le m6me succ^s. Ces sortes d'insti-
tutions existent dans plusieurs villes de la HoUande.
En Belgique, pious pouvons citer Fexemple de Li6ge oti, a la grande Expo-
sition du mois de septembre de I'ann^e demi^re, le programme comportait
des concours pour des plantes cultivees par des ouvriers; deux envois, com-
poses de plantes bien cultiv6es, furent exposes et obtinrent une distinction.
Mais c'est k Borgerhout, un faiibourg d'Anvers, que ce concours 6minemment
utile, a et6 organist avec soin et intelligence par la Soci6t6 horticole « Flora »
pr6sid6e par un amateur des plus distingues, M. Florent Pauwels. Voici
les dispositions principales reglant le concours et que nous trouvons dans la
circulaire que la Society a distribute aux interesses le 10 avril 1893. A Tocca-
sion de sa 29® Exposition, la Soci6t6 ouvrait quatre concours, auxquels ne
pouvaient prendre part les seuls ouvriers travaillant pour le compte d'un
patron; les ouvriers en service d'un jardinier ou d'un horticulteur 6taient
(1) n n'y a pas contradiction, mon cher confrere. M. G.
— 54 —
exclus. Ges quatre concours 6taient : 1** pour les trois Geranium [sic) a fleui-s
simples les mieux cultiv6s; — 2® pour les trois Geranium ^ fleurs doubles, id.;
— 3*^ pour les trois Fuchsia a fleurs simples, id.; — 4® pour les trois Fuchsia
a fleurs doubles, id. A chaque concours etaient attach^es cinq recompenses en
argent : l**** prix, 25 fr.; 2*, 20; 3®, 15; 4«, 10; 5«, 5 fr. — Pour prendre part
aux concours, il fallait, avant le l**" juin, renvoyer a un des niembres de la
direction de la Soci6t6 un bulletin d'inscription joint a la circulaire; le parti-
cipant devait habiter le canton de Borgerhout ou un des trois cantons
d'Anvers. — Ghaque souscripteur pouvait acheter autant de plantes que bon
lui semblait. Pour prevenir les fraudes, deux des membres du conseil se sont
rendus, apr^s le I*'" juillet, chez les souscripteurs pour marquer leurs plantes
du sceau de la Soci6t6. G*est parmi les plantss ainsi marquees que Fexposant
devait choisir les trois exemplaires pour TExposition. Ghaque ouvrier inscrit
qui envoyait ses plantes k TExposition, recevait une indemnity de un franc
par exemplaire, excepts les vainqueurs des concours.
L'initiative prise par « Flore » a eu le meilleur et le plus encourageant
succ^s : quinze concurrents ont pris part au l®*" concours, quatorze au 2*,
cinq au 3® et quatrerrain frais, assez l^ger et
cependant substantiel, et une exposition demi-ombragee.
On peut aussi operer les semis sous chassis froid k la fin de juin ou au com-
mencement dejuillet; dans ces conditions, tr^s peu de plantes fleurissent la
m^me ann^e. On hiverne les tubercules comme nous Tavons dit plus haut, et
on les traite la seconde ann^e comme les autres. Ge procede est moins rapide,
mais a I'avantage de ne pas exiger de serre ni de chauffage.
Les nouvelles formes de Begonia tubereux qui figurent dans les Catalogues
recents repr^sentent un chemin immense parcouru depuis dix ans. L'aspect
de la fleur est compietement transform^ ; elle tient de la Rose et du Camellia,
surtout du dernier. Certaines vari^t^s ont les petales group^s autour de
plusieurs centres; d'autres les ont plus amples, ondul^s et gaufr^s k peu pr^
comme dans les Roses tr6mi^res.
Max Garnier.
— 6i —
F^CONDATION DES CEILLETS
Beaucoup de cultivateurs d^sirent produire des semis; c*est une tache tr6s
attrayante, meme lorsque Ton n'obtient pas des nouveautes tr6s remarquables ;
mais le jardinier intelUgent et observateur a beaucoup de chances d*en pro-
duire sinon au premier essai, au moins au bout de deux ou trois generations.
Le moment le plus favorable pour feconder les fleurs est le milieu de la
journ6e, a partir de 11 heures environ, et Ton doit choisir un temps bien sec
et bien ensoleill6. Les fleurs ne tardent pas a se faner si Top^ration r6ussit, et
au bout de quelques semaines les graines sont bonnes a recueillir.
Jusqu'a la maturity, cependant, il est n^cessaire de prendre certaines pre-
cautions, au moins pour les plantes cultivees en plein air. L'humidite, prove-
nant des pluies ou de la ros^e, pourrait faire pourrir les p6tales, et de \k gagner
la jeune gousse de graines; on agira done prudemment en enlevant les p^tales
d6s qu'ils sont fan^s. En outre, apr^s les pluies abondantes il est bon de
secouer le calice pour en faire tomber Feau.
Les forficules ou perce-oreilles attaquent souvent les capsules et y percent
des trous pour s'y loger; il faut avoir soin de leur faire la chasse.
En prenant ces precautions, le cultivateur sera amplement recompense par
Tobtention d'une grande quantite de capsules. Gelles-ci devront etre recueillies
des qu'elles commenceront a s'ouvrir par le sommet.
Rappelons que, pour les oeillets comme pour la plupart des autres plantes
rustiques, il est preferable de choisir pour la fructification les premieres fleurs
epanouies sur chaque plante. Gelles-ci sont plus vigoureuses et donnent des
graines de meilleure qualite; on a beaucoup plus de chances, dans ces condi-
tions, de ne pas avoir de plantes k fleurs simples parmi les semis.
Quant aux fleurs qui n'ont pas ete fecondees, le mieux est de les couper
aussit6t qu'elles commencent k passer. M. G.
ARBORICULTURE FRUITIERE
Vari6t6s de poiriers convenant spteialement pour pyramides. —
On commet trop souvent la grave erreur de planter dans les jardins, a tort
et a travers, des sortes de poiriers qui ne se pretent aucunement a la culture
en pyramide. Par exemple : les BeurrS d'Amanlis, Triomphe de Jodoigne,
Beurre Bosc, Josephine de Malines, etc, dont les branches sont naturellement
— 62 —
divergentes ou torlueuses on recourb^s; et malgre les meilleurs soins de taille
et de dressage on n'obtienl de ces variel^s que des pjraniides disgracieuses.
La formation d'une pyrainide est cependant bieo simple, mais il importe que
Fig. 10. — l^ramidf.
la Ti'gt'tation des vari^U's que Ion y soumet soil a la fois vigoureuse el regu-
Ji^i'o, t^'est-i-dire que les branrlies doivent prendre naturellement el sans
peine une belle direction ^rigf^e et pyramidale. II importe aussi que oe soient
des varit'tt's dont les fruits ne souflrent pas du plein air.
— 63 —
Void quelque bonnes vari6t6s de poires qui se pr^tent bien a la culture
pyramidale :
Clap's Favourite, aotit.
Bon Chretien William, aout-septembre.
Madame Trey ve, id.
Marguerite Marillat, id.
Beurre Van den Hove, sept.-oct.
Beurr6 Hardy, id.
Fondante des Bois, id.
Beurre Superfin, id.
Bonne Louise d'Avranches, octobre.
Beurre Durondeau, id.
Beurre Dumont, ootobre-novembre.
Alexandrine Drouillard, id.
Soldat Laboureur, novembre-d6cembre.
Conseiller de la Cour, id.
Nee plus Meuris, id.
Duchesse d^Angouleme, id.
25® anniversaire de Leopold I, id.
Comte de Flandre, id.
Beurre Clairgeau, id.
Z^phirin Gr^goire, id.
« *
Taille et formation de la pyramide. — On peut constater que la
pyramide, ici representee, a 6t6 greff6e k fleur de terre; qu'une premiere taille
a 6t6 faite en A, d'oti sent r^sultees une dizaine de branches lat6rales; qu'une
seconde taille a ei6 faite en B; une troisi^me en G; une quatri^me en D, etc.
Par ces diff^rentes tallies, nous avons obtenu les vingt et une branches char-
pentiferes num6rot6es et qui sent taill6es k leur tour comme Tindiquent les
sections.
En somme, pour qu'une pyramide soit bien faite, il faut :
1** Que les branches charpenti^res ne soient pas bifurquees;
2? Qu'elles soient sufl3samment distancees pour que la lumi^re puisse ample-
ment visiter tout Tint^rieur : — c'est un point capital pour la floraison et la
fructification, mais il est malheureuseraent trop n6glig6;
29 Que les branches du has soient plus longues et plus fortes que celles qui
se trouvent successivement placees plus haut.
Distances. — On plante les pyramides a la distance d'environ 6 metres,
lorsqu'elles sont greff6es sur franc de semis; a 4 m., lorsqu'elles sont greff(§es
sur cognassier; et a 5 m., lorsqu'on plante alternativetnent des pyramides
grefiees sur cognassier avec des pyramides greffees sur franc de semis.
GUSTAVE MlCHlELS.
LA POIRE « MARGUERITE MARILLAT»
Si nous admettons ce nouveau gain parmi nos « 50 poires d'61ite, » c'est
qu'il a pour cela des m6rites incontestables, et ce qui le prouve c*est que la
poire Marguerite Marillat a 6t6 plusieurs fois recommandee par le Gongr^s
pomologique.
Gomme le montre 1p dpssin, le fruit esl pu|ipi-be, gros, pyriforme; sa peau
est d'un beaujaune marbr^ de roux.
Fig. U. — Poire Marguerite Marillat.
La cliair est flne, d^licieuse, juteuse, sucrte, I4g6rement acidulee d'un gofit
tnusqu^, mais bien nioins que chez la poire Bon cJiHtien William.
— 65 —
Ge beau et bon fruit mtirit k la fin d'aotit.
L'arbre est d'un beau port, se pr^te facilement a la culture en pyramide,
en fuseau, ainsi qu'en contre-espalier. Nous voyons r6ussir les greffes sur
cognassier et sur franc de semis.
Edmond Michiels.
DEUX CHRYSANTH^MES NOUVEAUX
Les Ghrysanth^mes jouissent depuis quelques ann6es d*une vogue toujours
croissante, et bien m6rit6e par la beaute et Textreme vari6t6 de ces fleurs
giganlesques, de forme si capricieuse et parfois si compliqu^e. Chaque ann6e
apporte un grand nombre de nouvelles acquisitions ; k peine le chroniqueur
horticole a-t-il le temps de les enregistrer, avant qu'elles soient ^clips^es par
d'autres. .
II faut bien se r6signer cependant a attendre la fin de la saison pour en
passer la revue et se prononcer sur le m6rite des diverses formes. Aussi
pouvons-nous avec confiance presenter aujourd'hui a nos lecteurs, comme
deux des plus belles qui aient paru au cours de la derni6re saison, les deux
vari6t^ figur6es sur nos deux grandes gravures. Ges vari^tes proviennent
toutes deux de Fimportant 6tablissement de M. R. Owen, de Maidenhaid
(Angleterre). Les deux superbes gravures que nous en publions et que nous
devons a Tobligeance de M. Owen, nous dispensent d*en faire une longue
description.
«
Le C. Rose Wynne (fig. 12) est un Japonais issu du C. Miss Annie
Hartshorn, et a les fleurs blanches au debut, puis d'un mauve tendre tr6s
attrayant; il a obtenu trois certificats de P*' classe en Angleterre k Tautomne
dernier.
Le C. Robert Owen (fig. 9) est 6galement un Japonais; il provient du
C, Sarah Owen, mais il est beaucoup plus large et 16g6rement aplati au
sommet. II est d*un bronze dor6, avec les pointes allong^es, jaunes et la base
beaucoup plus fonc^e. G'est Tune des plus remarquables nouveautes parues
en 1893.
* •
La culture des Ghrysanthdmes, depuis un certain nombre d'ann6es, n'a gudre
en vue que la production de fleurs aussi grandes que possible, et se rapprochant
d'un type d6termin6 qui a et6 choisi par les fleuristes comme VidSal. II faut
bien reconnaltre cependant que la fleur n'est pas tout dans une plante ; lors-
qu*on examine les specimens admires dans nos expositions, ou k celles d' Angle-
terre, si nombreuses et si riches, il ne faut pas, si Ton veut conserver une
— GO —
impression agr^able, porter les yeux plus bas que les fleurs; au-dessous, les
tiges denud6es, maigres et greles, offrent le plus souvent un triste spectacle.
Je pr^f^rerais, pour ma part, des plantes ^16gantes en elles-m^mes, gamies
de feuilles jusqu'a la base ou jusque pr^s de la base; je pr^i^rerais aussi que
les tiges fitssent sufflsamment pourvues de fleurs pour former une belle touflfe,
au lieu d'etre reduites au nombre de deux ou trois, en vue de la production
de fleurs g^antes. Le talent exig6 du jardinier est r^uit au minimum dans
les conditions actuelles de production. Les plantes sont positivement sacrifices,
alors que I'art consisterait bien plutOt k les montrer dans une condition vigou-
reuse et florissante; et ces specimens que Ton pr6sente si glorieusement aux
concours ne sont plus bons qu'a dissimuler dans quelque coin, une fois la
floraison pass^.
La vogue est si puissante, que c'est folic d'esperer d'en remonter le courant,
et je crois bien que je preche dans le desert. Je ne renonce pas cependant h
voir se produire d'ici a quelques ann6es une reaction contre cet abus, qui se
tuera lui-m^me par Texc^s. En tons cas, je ne crois pas inutile d'exposer ma
faqon de voir relativement a la culture des plantes d'une facon plus conforme
k la nature.
On prend les boutures entre la fin de novembre et le milieu de fevrier; les
derni^res ne sont pas celles qui rCussissent le moins bien, car elles donnent
promptement une abondance de racines et se d6velopi)ent vite. On les place
pr^s du vitrage de la serre, k une temperature de 4 a 5° G. Une fois qu'elles
sont enracinCes, il suffit de les preserver de la gel6e, et on leur donnera de
Tair toutes les fois que le temps le permettra. On les rempote dans des pots
plus grands lorsque les racines ont bien rempli le compost, et on les pince d^
qu'elles ont alteint une hauteur de 11 k 13 centimetres; il se produit alors
trois ou quatre nouvelles pousses. S'il y en a davantage, on supprime les
inf6rieures. En avril, on peut gen6ralement donner encore une fois aux plantes
des pots plus grands, et lorsque les pousses ont une quinzaine de centimetres
de hauteur, on les pince de nouveau. On obtient ainsi de huit a douze tiges;
toutefois il appartient au cultivateur d'examiner combien il veut en conserver,
car dans cerlaines varietCs on ne peut gu^re laisser subsister qu'une seule
fleur pour sept ou huit tiges. Dans les Japonais, au contraire, on peut pincer
le bouton de tete et laisser une fleur sur chacune des trois ou quatre tiges qui
se forment en dessous. On obtient ainsi 30 k 40 fleurs sur chaque plante.
Gertaines vari6t6s au contraire se ramifient difficilement, et doivent etre
pinches trois ou quatre fois pour produire sept k huit pousses.
Le dernier rempotage se fait a la fin de mai ou au debut de juin, et la seule
preoccupation du cultivateur pendant toute la belle saison doit etre de favoriser
la vegetation energique de ses plantes, en les arrosant, en les rempotant des
— 67 —
que les racines remplissent leur pot, et en leur dormant une terre bien substan-
tielle. II est important de bien comprimer la terre et de la melanger de bouse
de vache bien consomm^e et de suie; cette mati^re rend I'engrais plus maniable,
d^truit les larves, et possMe elle-mfeme des qualites fertilisantes. II est bon
de former ce compost plusieurs mois h I'avance et de Ta^rer de temps en temps
avant de s'en servir. A partir du mois de juin jusqu'^ T^poque de la floraison,
les plantes doivent recevoir de Tengrais continuellement, et en dose de plus
en plus forte; en outre, vers le milieu de juillet, il est bon de les surfacer
avec de la bouse de Yache ou de Fengrais chimique. Les arrosages doivent
^tre assez frequents pour que la terre ne se s6che jamais.
Max Garnier.
CULTURE DE L'ASPERGE
LA MAlTVi^ISE M^ITHODE ET LA BONNE; C0MFABAI80N
La vieille mithode. — Les vieilles routines de culture sont comme les
vieilles coutumes : elles restent implant^es et sont difficiles a deraciner.
C'est vraiment malheureux de voir de quelle fagon Ton s'y prenait dans le
temps pour ^tablir une aspergerie. J'en ai vu encore aujourd'hui qui font de
grandes fosses, qui creusent la terre k pouvoir y enterrer un boeufl... Ges
grandes tranch^es sont remplies avec du fumier et des engrais de toute nature
au fond desquelles on plante des grifles. Je veux prouver ici que c'est de la
peine, du temps et de Targent perdus!
Non, il n'y a pas de pire m^thode que celle-la. C'est Tenfance de Tart.
EUe est coftteuse k 6tablir et avec tout cela Ton n'obtient, a bien attendre, que
des asperges tardives, rares et faibles comme des avortonsi
Cela n'explique-t-il pas comment il se fait qu'il n'y avait, dans le temps,
que les riches qui pouvaient se payer le luxe de cultiver des asperges dans
leur jardin?
La nouvelle mithode. - Entre la vieille m^thode de culture et celle
qu'on pratique aujourd'hui, la difference est, sans exageration, comme le jour
k la nuit :
1** Elle est beaucoup plus productive et plus remuneratrice, puisqu'on en
r^colte jusqu'i 6,000 kgr. par hectare, en grosses asperges qu'on arrive k
vendre au prix moyen, pour les hatives comme pour les tardives, de 1 franc
le kilogr.;
2® Elle est beaucoup plus simplifi6e, done bien moins coQteuse k 6tablir,
car il sufflt de bien labourer le champ a une profondeur d'un bon pied, tout
— 68 —
en enfouissant du fumier de ferm*» comrae pour une culture ordinaire, four-
rag^re ou de c^r^ales. Au lieu de planter h une grande profondeur Ton se
contente de planter presque k la surface de la terre, et voici comment : On
distance les rangs de l'"33; Ton creuse done, tous les 1™33, de petites rigoles
n'ayant pas plus de 30 centimetres de profondeur sur 30 centimetres de
largeur, au fond desquelles Ton plante les griifes a un bon pied les uns des
autres. On 6tend bien les racines que Ton couvre de quelques poign^es de
terre meuble.
La bonne plantation de Tasperge se fait depuis la fin de f(§7rier en mars
jusqu'au commencement d*avril.
Durant le courant de la I** ann^e, on veille a ce que Ton n'enterre pas trop
profond6ment les jeunes griffes, et on les tient propres en detruisant les
mauvaises herbes.
La 2^ ann6e on ajoute un peu de terre.
La 3* ann^e on comble toute la petite tranch^e; on pourrait meme les
butter d6ja en vue de r6colter les premieres asperges si Ton a eu soin de
planter dans de bonnes conditions, dans une terre l^g^re (sablo-argileuse ou
argilo-sablonneuse), et ayec des griffes de Tasperge am6lior6e.
A partir de ce moment c'est tous les ans la m^me r6p6tition comme soin
de cultiver.
1° Butter les rangs d'asperges avec de la terre qui se trouve en abondance
entre les rangs;
2° R6colter des le reveil du printemps jusqu'au 15 juin;
3° Gouper les tiges des asperges en automne;
4° Debutter les asperges avant I'hiver en remettant la terre entre les rangs.
VBj&perge ain61ior6e. — Notons surtout qu*il y a un ablme de difference
vraiment entre les vieilles sortes, que je qualifle d'avortons, et les belles
asperges, perfectionn6es par la selection, qu'on cultive aujourd'hui.
Une plante d'asperge amelioree peut donner successivement, par ann^,
jusqu'a 15 a 20 turions bien developpes, et cela durant une bonne vingtaine
d'annees consecutives, depuis 4 a 25 et 30 ans.
En somme, il faut 1° une culture rationnelle et 2° la bonm sorte d'asperge
dite « amfliorfe; » de cette faQon Ton r^coltera des asperges hatives, grosses,
longues, succulentes et en abondance.
NoTA. — Dans un prochain article nous traiterons : De la culture des
asperges dans les champs, en grand, au point de vue commercial.
Edouard MicmELS.
— 69 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Mars 1894.
DupUcature des fleurs de Narcisses. — L'origine de la formation des
segments suppl6mentaires n'est pas bas6e sur le m^me principe dans toutes
les fleurs. Dans la rose, la duplicature est produite par la conversion des
diamines en p^lales. Dans les jacinthes, les segments du p6rianthe sont toujours
accompagn^s des segments de la couronne, et il y a pour chaque rang6e addi-
tionnelle une formation complete semblable k celle des divers segments d*une
fleur simple.
*
4 «
Serviteurs modules. — Les d^fauts et les qualit^s des domestiques ont
toujours fourni et fourniront longtemps encore ample mati^re k observations;
trop souvent on oublie que si ceux qui nous servent 6taient sans d6fauts,
nous serions obliges de nous servir nous-memes. Les domestiques malais
passent pour des types de paresse et d'indolence; ils ont toutefois une bonne
qualite que Ton chercherait vainement dans le personnel domestique europ^en.
Gette quality se trouve mentionn^e dans un livre sur les chercheurs d'0rchid6es
a Born^ (^), od il est dit que les domestiques malais poss^dent une agr6able
habitude qu'ils n*ont pas apprise de leurs maltres, celle de placer chaque jour
des vases de fleurs fraiches dans la chambre. Bien souvent des nouveaut^s
plus ou moins brillantes ont pu prendre la route de TEurope grace k cette
manie des indigenes.
* *
Incendie de r^cole d*horticulture « Amsterdam. » — Dans la nuit du
^er fevrier, les locaux de cette ecole, en grande partie construits en bois, sont
devenus la proie des flammes avec tout ce qu'ils contenaient, la bibliotheque
et les collections, entre autres celle des fruits moulds oflerte jadis panle Prince
Henri des Pays-Bas. D'apr^s Sempervirens, il r^sulte de Tenqu^te que quatre
616ves, voulant jouer un mauvais tour k Tun des professeurs, ont surcharge
de lourbe un poele plac6 dans le corridor, esperant ainsi remplir de fum6e le
cabinet du maitre. lis pr6tendent avoir 6teint le po^le avant de quitter I'ecole
(*) The Orchid Seekers : A Story of Adventure in Borneo, par Ashmore Rassan ^t
Fkbdebick Boyle. Chez Chapman et Hall, Londres, 1893.
— 70 —
a la soiree; mais le feu a pris au plancher et, malgr^ les efforts des pompiers,
a 5 1/2 heures du inatiD, tout 6tait detruit. Les imprudents jeunes gens ont
avoue leur culpability ; n^anmoins ils sont poui*suivis. On parle aussi de la
suppression de I'Ecole, ce qui serait hautement regrettable.
« «
Nouveau pare k Londres. — Le quartier du Sud-Est de Londres sera
bient6t enrichi d'un pare de plus. Les Hilly Fields, a Lewisham, viennent
d'etre acquis dans ce but pour la somme de 1,082,500 francs. Le pare a une
Mendue de vingt hectares.
* «
Destruction des limaces. — Aux nonibreux moyens eonnus pour prot^ger
les plantes contre les ravages des escargots et limaces, la Revue HoHiede
ajoute le suivant, qui consiste k entourer le semis ou la plantation, d'une grosse
corde impr6gn6e de sulfate de cuivre. Le simple contact avec les parties sul-
fat^es determine la mort de tous les insectes k corps mous ou gluants.
# «
Ghiens hors des pares. — Notre intention n'est pas de crier sus aux
chiens, ces Addles amis de Tliomme, mais il nous sera permis de dire k celui-ci
que le jardin ne doit pas Mre k la merci des chiens, qui, laiss6s en liberty,
y coramettent presque toujours de grands d^gats. Ce qui est vrai pour les
jardins, Test aussi poui' les squares et les pares des villes. Que de fois avons-
nous vu des chiens, conduits en laisse dans I'int^rieur de la ville, Mre mis en
liberte k la limite m^me du square ou du pare! Au pare de Gand, on a ^te
oblig6 de remplacer it^rativement de jolis specimens de Gonifferes que des
chiens en bande avaient compl6tement gates sous les yeux de leur niailre.
11 a fallu entourer certains arbustes d'un treillis afln de les d^fendre contre
ces botes incommodes. Pourquoi I'ordonnance de police concernant les chiens
n'est-elle pas tenue en vigueur dans les squares et jardins aussi bien que dans
les rues?
« «
Mine de bois k Mongtze. — II se fait en Chine un important commerce
de bois provenant du Haut-Tonkin, et fourni non par les for^ts, mais par de
v^ritables mines d'arbres. Ces arbres, sorte de sapins, appelfe Nam-hou par
les indigenes, sont enfouis dans un terrain sablonneux, a une profondeur
variant de 2 a 8 metres. II est probable que ce sont les debris d'une foret
d6truite et ensevelie par un tremblement de terre ou un autre cataelysme. Le
bois eontient une essence qui le rend imputreseible ; aussi est-il recherche
pour la confection de cercueils dont le prix s'6l6ve jusqu'^ 3600 francs.
— 71 —
Floraison du Washingtonia flUfera. — Ge beau Palmier a fleuri k
Cannes, dans le jardin de M. Gamoin, villa des D61ices. Get exemplaire est
probablement le plus grand qui existe actuellement en Europe. M. Gharles
Naudin en donne les dimensions suivantes dans la Revtie Horticole. L'arbre
mesure environ 7 metres au-dessous de la couronne de feuillage et n'a gu6re
mbins de 3 metres de tour k la base, avec une t^te large et bien fournie. G'est
un 6chantillon vraiment superbe et d'aspect imposant.
« *
Culture maralch^re aux ^tats-Unls. — Gette culture prend des propor-
tions tr^s considerables dans rA.m6rique septentrionale. La main d'oeuvre
occupait en 1891, d'apr^s le Journal de la Sociiti nationale d' horticulture de
France, 21G,7G5 hommes, 9,254 feihmes, 14,874 enfants, 75,000 chevaux et
mulets, employant plus de 45 millions de francs de materiel.
* *
Trains chauffte. — Des trains sp^ciaux a voitures chauff^s sont mis en
marche chaque jour jusqu'au 15 mars, sur les reseaux allemands en direction
de Berlin, pour le transport des fleurs, fruits, legumes, primeurs et autres
articles pouvant souffrir de la gel6e. La demande de I'admission dans les
wagons chauffes doit 6tre faite verbalement ou par ^crit k Tadministration.
* •
Decoration des tables. — Le service des repas dans les bonnes maisons
n'est plus consider^ comme complet si la table n'a pas requ Tun ou I'autre d^cor
de plantes ou de fleurs. Nous ne parlous pas des banquets; pour ceux-ci I'or-
nementation florale est obligatoire. Ge n'est pas que, dans les repas ordinaires
de la famille, il faille des masses de fleurs; un leger milieu compost de quelques
roses ou Orchid^es par exemple, dispos6es parmi de gracieuses Foug^res, est
bien suflisant. Si la table a quelque 6tendue, oh pourra placer aux deux bouts
des corbeilles de fleurs et de feuillage, en ayant toujours soin que ces composi-
tions ne cachent point les convives les uns aux autres. Recemment nous avons
vu deux jolis specimens de Pandanus Veitchi parmi des fleurs de Pelargonium
varies, employes comme bouts de table et produire un charmant eflet.
« «
Explosion Vilmorin. — Les journaux de Paris ont rendu compte du ter-
rible 6v6nement qui s'est produit le 11 fevrier, dans les sous-sols des magasins
que la maison Vilmorin-Andrieux poss^de k Reuilly. Ge fut une veritable
catastrophe. Un incendie s'6tait produit dans les sous-sols; les pompiers s*en
^taient rendus maitres lorsqu*une formidable explosion due a la chaleur se
produisit, tuant un pompier et blessant neuf autres pompiei^ ainsi que dix-sept
employes de la maison Vilmorin-Andrieux, y compris le fils du directeur de
— 72 —
Tenlrepot de Reuilly ; ils 6taient descendus dans les souterrains pour prfeter
main forte aux pompiers. Get ^y^nement a caus6 une yiye Amotion dans le
monde horticole.
• «
Gonseirvatoire vigitaX. — Un journal s^rieux d^rit une sorte de jardin
d'hiyer, ayec pelouse, parterres fleuris et sentiers, ouyert au publio, Portland
Street, k Manchester. Par un precede breyet6, plantes et fleurs naturelles sont
tenement bien conserv^es que leurs couleurs et leur forme actuelles sont fix6es
sans alteration. L^entr^ est faite de trois arcades en treillis garnis de feuillages
et de fleurs y^ritables. Au fond il y a des tableaux marins faits de fleurs et
m^me un pont aux armes de Manchester ; au centre est une grande fontaine
en cristal, 4clair6e a la lumi6re electrique, pour bien faire coraprendre que les
fleurs conserv^es r^sistent a Thumidit^. Et dire que tout cela pourra Mre
conserve ind6finiment, corame les cath6drales antiques, et que les elements
employes, malgre leur caraciere d'exemplaires d'herbiers, ne seront pas k la
disposition des botanistes seulement et n'auront avec les fleurs artificielles
rien de commun si ce n*est Timmobilite. On ne dit pas s*il y aura place pour
les (Eillets yerts et les Lilas teints.
• «
^corce d*Andira. — De tous temps recorce des arbres du genre Andira
a ete, au Bresil et aux Antilles, am medicament bien connu par ses proprietes
vermifuges. L'ecorce de VAfidira inerfnis et celle de V Andira retusa sont les
plus estimees. Elles sont de couleur brun cendre a Texterieur, etjaunatressur
la face interieure. La Revue des Sciences naturelles dit que ces ecorces ren-
ferment deux substances alcalines, la jamaicine et la surlnamine, auxquelles
vient s'ajouter un glucoside du nom d'andirine. Ge dernier est probablement le
principe actif des ecorces d* Andira. II parait que I'amande produite par le
fruit de plusieurs esp^ces d'Andira possMe egalement des proprietes anthel-
mintiques.
« •
Ginquanti^me Meeting de « rOrchid6enne. » — Le 50™® Meeting a eu lieu
le 11 mars. A cette occasion, les fondateurs de cette Societe, MM. J. Linden
et LuciEN Linden, ont ete Tobjet d une manifestation des plus sympathiques.
Les membres de la Societe leur ont offert un banquet et leur ont exprim6 toute
leur gratitude en les priant d'accepter chacun en souvenir de la fi^te, un
album contenant les portraits de leurs amis les Orchidophiles.
Em. Rodigas.
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— 73 —
PI. V
NIDULARIUM IMOCENTI lem., FOL. LITEO VAR.
NIDULARIUH DE M. DE 8' INNOCENT, A FEUILLE8 PANAGH£E8
La famille des Brom^liac^es compte aujourd*hui plus de 500 esp^ces bien
definies, groupies en trois tribus et r^parties en 38 genres dont quelques-uns
sont repr^sent^s par de nombreuses esp6ces. Ainsi on connalt actuellement
une quarantaine de Billbergia, autant d'Aechmea, 70 Pittcairnia, environ
220 Tillandsia y compris les d^membrements de ce groupe. Gomme le fait
remarquer M. L. Wittmack, dans son travail sur les Brom61iac6es et sur la
place que ces plantes occupent parmi les families naturelles, toutes appar-
tiennent k TAm^rique tropicale ou sous-tropicale, oCi on les trouve croissant
en fausses-parasites sur r^corce des arbres, k Tinstar de beaucoup d'Orchid^es.
Quelques-unes sont sous-frutescentes. Leurs feuilles raides, chamues, canali-
cul^es en dessus, sont d*ordinaire r^unies en un seul faisceau k la base de la tige.
Le genre Nidularium, fond6 par Gh. LEMAraE en 1853 (et non en 1846), est
adopts par tous les botanistes qui se sont occup^s de Brom61iacees. II est
maintenu aussi par Bentham et Hooker dans leur Genera Plantarum. II tire
son nom de ce que les fleurs sont situ6es entre les feuilles comme dans un nid.
Pour Taspect, il se rapproche des Bromelia et surtout des Gryptanthus, mais
chez les Nidularium la floraison est plutdt centrifuge, c*est-il-dire que les fleurs
du milieu s'ouvrent les premieres, tandis que chez les Bromelia elles s'6pa-
nouissent d*abord a la pdriph^rie.
Le Nidularixim Innocenti (et non pas Innocenciae), qui a 6t6 d^crit et flgur6
dans le tome IX de U Illustration Horticole, en 1862, t. 320, se distingue par
son inflorescence rouge-orang^ et par ses feuilles d'un coloris vert bronze au-
dessus, et pourpre noir k la face inf6rieure. La vari6t6 k feuillage panach6,
figur6e sur la planche ci-contre, a pour elle le m^rite de la nouveaute. En
eflet, les feuilles sont strides suivant leur longueur de lignes et de bandes d'un
blanc jaunlltre. Un point que nous devons ^galement signaler, c'est que ces
feuilles sont enti6res et inermes, tandis que dans le type dont elle est issue,
les bords sont vivement dent^s.
Les Brom61iac6es jouissent pour la plupart d'une grande faveur, justifi6e
— 74 —
par leur feuillage d'abord, la beaut6 de leurs inflorescences que rehausse
souvent la presence de grandes bracWes aux coloris brillants, et par leur
facile cultufe. On a raison de leur consacrer des serres particuli6res, bien que
leurs formes 6tranges et leurs vives couleurs puissent 6tre utilis^es parmi les
plantes de serre chaude et de serre temp6r^ et contribuer k la variation des
efTets les plus pittoresques. Mais ici encore la premiere question est celle des
conditions de la patrie des esp^ces que Ton d^ire cultiver; Taltitude a laquelle
elles croissent naturellement doit etre prise d'abord en consideration. Beau-
coup d'entre elles peuvent vivre attach6es sur des branches, des rondelles de
bois, des morceaux de li6ge, les racines envelopp^es de mousse. D'autres se
developpent fort bien 6tant tenues en pots dans un sol riche et 16ger. Gelles des
stations les plus chaudes seront mises en serre cbaude, les autres dans une
serre temp6r6e. On pourra observer la m^me distinction pour les plantes
en vegetation qui r6clament alors la serre chaude humide, et les plantes en
repos qui seront soumises a une temperature mod^r^e pendant trois ou quatre
mois. De cette mani^re, en les rentrant dans la serre chaude au mois d'octobre
ou de novembre, on leur assure pour rann^e suivante une plus belle floraison.
Em. Rodigas.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Nephth3rtis liberica. — Cette Aroidee, qui fut renseignee d6ja et decrite
par N. E. Brown dans le Gardeners' Chronicle et introduite dans les cultures
en 1881, a ete jusqu'^ c^ jour tr6s peu repandue. EUe a pourtant un double
merite, celui d'avoir un beau feuillage comme beaucoup de ses congen^res et
en outre celui de produire des fruits d'un beau coloris jaune orange, disposes
en epis et se conservant pendant plusieurs mois dans toute leur fraicheur. La
plante est originaire de TEtat de Liberia, et a besoin, pour prosp6rer, d'etre
cultivee en terre de bruy^re et tenue dans la serre chaude humide.
Asparagus medeoloides. — Cette esp^ce, originaire du Gap de Bonne
Esperance et designee egalement sous le nom de Medeola asparagoides, est
une gracieuse esp^ce recommandee sp^cialement pour la confection des
bouquets et compositions florales. C'est sous le nom de Smilax que la plante a
fait fortune en Amerique. Du rhizome poussent des sarments de deux k Irois
metres de long. Ges sarments peuvent etre utilises deux ou trois fois par an.
Les petits fruits rouges, qui se montrent aux aisselles des feuilles, sont encore
un ornement de plus. La plante se contente de la serre temperee.
— 75 —
Arlsaema Oiraldii. -- Gette nouvelle esp^ce a et6 d^crite et flgur^e par
M. EuG. Baroni dans le dernier num6ro du Bulletin de la Soci6t6 Royale
toscane d'horticulture. La plante a un rhizome tub^reux, presque globuleux et
comprim6. La feuille est radicale, unique, 6rig6e, engalnante ^ la base, k limbe
plan, partag6 en 12-13 segments lanc6ol6s, entiers, ondul6s sur les bords,
verts k la surface sup6rieure, vert glauque en dessous, longuement acumin^s
au sommet. Le p6tiole est cylindrique, enti^rement d^pourvu de stries roses.
Les gaines sont au nombre de deux, cylindriques, obliques, s'^largissant vers
Touverture; elles sont blanchatres. La spa the, jaune verd^tre, est cylindrique
et enroul6e inf^rieurement; le limbe est un peu plus court, voftt6 et a sommet
filiforme infl6chi. Le spadice est dioique, 6rig6, d^passant la bouclie dc la
spathe. Gette belle esp6ce est originaire du Shen-si septentrional, Ghine, oti
elle a ^t6 trouv6e par le missionnaire Jos. Giraldi, qui Ta envoy6e au Jardin
botanique de Florence oti la plante a fleuri k la fin de Tann^e derni^re.
Gardenia Stanleyana. — Gette belle esp6ce fut montr^e pour la premiere
fois en mars 1845, a un meeting de la Society royale d'horticulture de Londres;
ce n'est done pas une nouveaut^, mais la plante est restee extr^mement rare
dans les collections de serre chaude, oti son admirable fleur aurait dCl lui
assuref une place meritee. La corolle, port^e sur un long tube violet fonce a
reflet verdatre, est form^e en une cloche dont les cinq divisions r6fl6chies sont
d'un blanc porcelaine 6trangement macul6 de rouge fonc6 au dedans, tandis
que la face externe est moitie rouge et moitie blanche. La fleur degage un
parfum exquis. M. Andre dans la Renue Hortkole, en donne une planche
colorize et recommande de multiplier la plante de boutures de tetes afin d'en
assurer la floraison.
Begonia « Moravia. )> — Gette vari^te (fig. 13) est une obtention de
M. Thomas S. Ware, de Tottenham, qui en donne la description suivante :
« G'est une vari6t6 remarquable par sa vigueur et par son coloris; ses fleurs
sont tr6s grandes et erig6es, bien solides et d'un coloris ecarlate fonc6. »
La figure donne une id^e nette de la forme parfaitement arrondie de la fleur.
Pavonia hastata. — Gette Malvacee, originaire du Br^sil, est un sous-
arbrisseau de plus d'un m^tre de hauteur, a tiges 6rig6es, garnies de feuilles
d'un vert fonce, lanceolees, trilob^es a la base. Les fleurs naissent a Taisselle
des feuilles et sont port^es sur un pedoncule grele de trois k quatre centi-
metres. La fleur, large de 0™04, est d'un beau rose (*arn6, marquee a la base
des petales d'une tache pourpre fonc6. Ges fleurs se succMent pendant long-
temps. La plante peut ^tre traitee comme annuelle ; en ce cas, les semis faits
au printemps fleurissent encore au mois de septembre; mais on peut aisement
hiverner la plante en serre et voir ainsi se prolonger la floraison.
Groton c( Baroness James de Rothschild. » — Notre confrere The
— 77 —
Garden a recommand6 it6rativement cette vari^t6 pour sa valeur decorative,
et francbetnent elle m^rite d'etre signal^ k Tattention des amateurs. Son
coloris est des plus distingu^s et ressort tr^s avantageusement k la lumi6re du
gaz, comme k la lumi^re ^lectrique.
Vitis Goignetiae. — Le Gardeners' Chronicle du 6 Janvier appelle sp6-
cialement Tattention sur cette vigne japonaise, dont des p6pins furent envoy6s
en 1875 k M. Jean Sisley par M"*® Goignet, la fille de celui-ci. L'esp6ce fut
d^rite par Planchon dans sa monographie des Amp^lidees, monographie
destine aux Suites du Prodromus. La plante est surtout remarquable par la
magnifique coloration que les feuilles prennent en automne. Ges feuilles, en
effet, se teignent k la face superieure du plus be^u rouge, et cette teinte se
conserve fort longtemps. Rien n*est plus beau, dit M. W. Goldring, de Kew,
que de voir les sarments de cette vigne s'enrouler autour d'un gros arbre,
enlac6 d^ja par les longues tiges du Wistaria. On ferait un long voyage rien
que pour voir ce tableau.
Deatzia parviflora. — Get arbuste qui a ete introduit recemment du
Nord de la Ghine dans les cultures europ6ennes, grace au Jardin botanique de
S' Petersbourg et k TArnold Arboretum, est recommand^ spdcialement pour
la culture foreee. Ija plante s*6l6ve a 1™50 de bauteur ; les feuilles sont ellip-
tiques, lanc6olees, dentees et tr6s r6ticul6es, vert fonc6. Les inflorescences qui,
dans la culture ordinaire, se produisent en juin, sont des grappes d'un coloris
blanchatre, elles naissent sur les rameaux de Tannee pr6cedente et sont tr^s
nombreuses. Non seulement la plante se laisse ais6ment forcer, mais elle fleurit
plus t6t que le Deutzia gracilis et sous ce rapport elle prendra vite place
dans les cultures.
Gasimiroa edulis. — Ge petit arbre, de la famille des Aurantiacees, origi-
naire du Nord- Quest du Mexique, a fructifi6 pour la premiere fois en Europe
1*616 dernier dans le jardin de M. Hanbury, a La Mortala, pr6s Ventimiglia.
Le fruit, dit le Gardeners' Chronicle, rappelle celui du Diospyros Kaki ; il
est jaune et mesure O'^OS de diam^tre. II est comestible, mais soporifique ; il
paralt meme que les graines en sont v6n6neuses.
Eucharis Lowi. — Gette belle Amaryllid6e,originaire de Nouvelle-Grenade,
a des fleurs d'un blaiic pur. Elle difffere de Y Eucharis grandiflora en ce quo le
tube floral form6 par la base des filets des 6tammes est enti^rement conne
avec le pied du p^rianthe. V Eucharis grandiflora fut trouv6 egalement dans
la Nouvelle-Grenade, et fleurit chez M. Linden pour la premiere fois, en 1851.
Strobilanthes isophyllus. — Les Strobilanthes constituent dans la famille
des Acanthac^es un genre qui compte environ 180 esp^ces, originaires des
Indes Orientales, de FArchipel malais et de la Ghine. L'une d'elles appartient
a VAfrique tropicale. Une des plus belles est le Strobilanthes isophyllus qui
— 78 —
produit en abondance des ^pis de fleurs d'un colons violet pftle qui s'harmonise
parfailement avec le gracieux feiiillage. G est loin d'etre une nouveaut^, mais,
malgr6 la facility de sa culture en serre *temp6r6e, la plante est fort peu
repandue.
AjQthurium hybrides. — h'Anthurium Andreanum a produit par croise-
ment avec YAnfhuriufn Scherzerianum, des hybrldes de plus en plus remar-
quables qui se sont fait jour dans un grand nombre de cultures. La Eevue
Horticole consacre sa premiere planche de 1894 k deux nouveautfe tr^sdistin-
gu6es appel^es Tune Prince Leos Radziw'dl et Tautre Princesse Lize Radziwill.
La premiere est k spathe ovale oblongue, a surface profond6ment cloisonn6e,
d*un colons sang veineux. Le spadice est cylindrique, blanc a la base et jaune
au sommet. La seconde nouveaut6 a la spathe d'une couleur rose saumone
plus fonc^e sur les bords et le spadice est blanc ros6. La m^me revue d^rit
quinze autres hybrides dont M. Andre dit le plus grand bien. lis ont ^t^
obtenus dans les cultures de Monte Carlo.
Musa aurantiaoa. — Ce beau Musa, qui fut d^couvert par M. Gustave
Mann dans les fordts de TAssam sup6rieur, a beaucoup d*afflnite avec le M. coe-
cinea et le M. sanguinea. J. G. Baker en donne la description complete dans
un des c^cents fascicules du Gardeners^ Chronicle, d'apr^ un exemplaire fourni
par M. Wendland de Herrenhausen. Ge sera une acquisition tr^ m^ritante
pour riiorticulture, non pas a cause du fruit, inais du brillant coloris jaune
orange des bract^s et des fleurs.
Lourya campanulata. — Voici venir une nouveaut^ tr^s int^ressante,
introduite de Gochinchine par le Jardin des Plantes de Paris. Qu'on se figure
un Aspidistra produisant de nombreuses grandes fleurs dispos6es en grappes
serr6es, rappelant un peu celles du Muguet dont elles ont la couleur. Les divi-
sions du p6rianthe, au nombre de six, sont imbriqu^es et bis6ri6es ; elles sont
inserees sur les bords d*un receptacle en forme de coupe largement campanulee.
La planche donn^e par la Revue Horticole pr6sente un specimen avec des
fruits d'un beau bleu et d'une forme particuli^re. D'apr6s M. D. Bois, la plante,
qui est de serre chaude, m6rite d'etre repandue dans les collections. Gomme
les Peliosanthes, avec lesquels elle a le plus d'afllnit^, elle prosp^re surtout
en terre de bruy6re, dans une atmosphere huraide. Elle se multiplie tr6s facile-
ment par division des touffes avant Tentr^e en v6g6tation.
Nephrodium bibrachiatum. — M. T. S. Jenman d6crit cette nouvelle
esp^ce dans le Gardeners' Chronicle du 24 f^vrier 1894. Gette Foug6re vient
des parties rocheuses du centre de la Jamaique. Elle se rapproche le plus des
N. scolopendrioides, tenebricum et autres du meme groupe, mais elle s'en dis-
tingue par la grandeur des divisions inferieures des frondes qui sont pinn^
ou profond6ment pinnatifides. Em. R.
79 —
PETITES NOTES DE CULTURE
Solanum Wendlandi. — Les jardins royaux de Kew possMent parmi
leurs ricliesses deux beaux exemplaires de cette plante. L'un, dans la galerie
d'entree de la serre aux Nymphaea, a la tige conduite dans la serre meme
et produit des inflorescences de 0"30 de long, magnifiquement reflet^es dans
I'eau du bassin. L'autre exeinplaire se trouve dans la partie tropicale de la
serre aux plantes grgisses, ot la plante a fleuri une seconde fois a la fin de V6i6.
Cette esp6ce aime une exposition bumide, chaude et ensoleill^e. D'apr^s la
Gaiienflora, la multiplication se fait le mieux de boutures plac^es, aux mois de
juillet et aotlt, dans une terre 16g6re et sablonneuse sur cbaleur de fond. Des
rameaux d^pourvus de feuilles peuvent egalement etre boutur6s au printemps
ou k Tautomne.
Plantes d6coratives en hiver. — Recemment, par une temperature assez
froide, rendue plus apre par la persistance de vents violents, nous avons vu de
nombreux exemplaires de plantes a feuillage grandement compromis par suite
de leur passage brusque de la serre dans le corridor et les escaliers d'une
maison orn6e pour une fete. Tous les Groton avaient leur feuillage fane et
enroule ; il en 6tait de meme de beaucoup-de foug^res. Dans ce cas, le jardinier
doit se rapi)eler quMl ne peut employer que des plantes a feuillage persistant et
bien dur. II ecartera soigneusement toutes celles qui ont des jeunes feuilles ou
des bourgeons encore imparfaitement aoftt6s. II en est de m^me de toutes les
plantes a fleurs. Les Aspidistra, les Ficus elastica, les petits Kentia, les Arau-
caria, les Asplenium de serre froide, les Gliveia resisteront le mieux aux
brusques variations de temperature et a quelques courants d*air.
Salvia leucantha. — Cette jolie esp^ce mexicaine, aux feuilles lanceolees-
lin^aires, pubescentes en dessus, blanchatres et laineuses en dessous, a fleurs
blanchatres, dispos^es en faux verticilles, les inferieures formant des grappes,
avec le calice couvert d*une fine laine de coloris lavande, meriterait d'etre
mieux connue et plus repandue. Elle se multiplie de semis ou par boutures
faites sur couche ti6de et sur cbaleur de fond. G'est un arbrisseau de 0™70, il
est bon de le pincer deux od trois fois pour avoir des exemplaires bien trapus.
Strelitzia Reginae. — Cette Musacee, aux grandes et magnifiques fleurs
dont les sepales sont d'un tr^s beau jaune orange et dont les petales, plus petits,
sont d'un bleu magnifique, coloris rarement reunis dans une meme fleiir, fut
inlroduite dans les cultures europcennes en 1773 et produisit alors une vive
sensation. A cbaque exposition quinquennale d'horticulture a Gand, nous
voyonsdes exemplaires de Strelitzia fleuris faire leur reapparilion et toujours
— so-
le public est emerveill^ k leur vue. Les fleurs se produisent a diverses ^poques
de lann^e, et la difflcuUe est de les avoir a un moment donn4. On les cultive le
mieux dans un melange de bon terreau et de sable fin. On peut les tenir en
serre temp6r§e, mais pour les faire fleurir en avril, par exemple, il convient de
les mettre en serre chaude d^s le mois de Janvier.
Rempotage des plantes de serre. — L*4poque qui prdcMe immMiate-
ment la reprise de la v^g^tation d*un grand nombre de v^g^taux de serre est
aussi celle quMl faut pr6f4§rer pour les rempoter. Les materiaux dont on a
besoin sont de deux sortes : ceux destines au drainage et ceux qu^il faut meler
pour constituer le compost. Le drainage doit etre particuli^rement soign6 pour
toutes les plantes qui demandent de frequents arrosements et des seringages.
Si le drainage n*est point parfait, la terre devient aigre et les v^g^taux
d6clinent rapidement. Quant au sol, il convient de disposer de terre de jardin,
form6e d^bumus, d'argile et de sable k peu pr^s en quantitds egales. On doit
avoir, en outre, de la terre tourbeuse ou terre de bruy^re, du charbon de bois
pour les plantes k racines charnues, et du terreau de feuilles pour quelques
cas particuliers. Est-il n^cessaire de rappeler que la motte occupee par les
racines lors du rempotage doit ^tre soigneusement secou^ et que les plantes
a feuilles caduques ne demandent pas de pot plus grand, mais de la terre
nouvelle qui sera introduite avec prudence entre les racines?
Forjage des Hydrangea. — Peu de plantes se pretent aussi bien que les
Hydrangea k la culture forc^. Le type a fleurs roses, ou bleuatres si la planle
a et6 arros^e avec du sulfate de fer, et la belle vari6t6 a fleurs blanches
(Hydrangea Thomas Hogg) fournissent leurs grandes inflorescences d^ le
milieu de fevrier. Pour cela on se sert de jeunes plantes 6tablies, obtenues
deboutures au commencement de I'^te et plac^es ensuite en plein soleil, aftn
que les pousses soient bien aoCltces. On peut aussi se servir de plantes ayant
fleuri Fannie pr6c6dente, en ce cas la nouvelle floraison est plus tardive.
Daphne indica. — En ce moment les fleurs de cette belle esp6ce, consider^e
par quelques botanistes comme une forme du Z>. sinensis La^margk, parfuraent
la serre chaude, bien que la plante puisse aussi Mre conserv6e en serre
temp^ree. EUe se propage par voie de grefliage et aussi par boutures. Nous
avons vu des boutures faites en serre temp6ree se conserver inactives pendant
plus d'un an et s'enraciner seulement apr6s cette longue p^riode. La plante,
mise en pleine terre dans la serre, assez pr^ du vitrage, se d6veloppe et fleurit
le mieux. La culture en pots donne 6galement de bons resultats si Ton a soin
d'arroser de temps k autre avec de Fengrais liquide assez dilu6.
Em. R.
— 81 -
LES PALMIERS DANS LES SERRES
Les Palmiers sont sans conteste les princes du r^gne vegetal 1 Gomme le
disait k bon droit Charles Morren, le botaniste gantois dont les travaux
contribu^rent dans une large mesure aux progr^s de Thorticulture beige :
(( jouir de la vue d'un beau tableau ou d'un beau Palmier, c'est tout un ; c'est
retremper la noblesse de notre intelligence dans tout ce que Dieu et Tart ont
fait de grand et de beau. » Gertes, beaucoup de fleurs ont pour elles la gr&ce
et r^l^ance, mais aucune n a la majesty de ces nobles plantes qui donnent k
la flore des regions intra-tropicales son caract^re d'admirable grandeur. Les
espftces que les botanistes voyageurs ont introduites dans les serres en Belgiqiie
sont tr6s nombreuses. M. J. Linden seul en a pour sa part introduit 228 esp6ces
appartenant k 54 genres. La collection r^unie k Herrenhausen pr6s de Hanovre
par les deux Wendland est la plus riche qui existe au monde. Les jardins de
Kew en renferment de beaux exemplaires; le jardin d'hiver de S. M. le Roi
des Beiges k Laeken contient une collection dont chaque specimen est une
merveille. Le plus souvent, mtoe dans les somptueux b&timents qui leur sont
sp6cialement r6serv^s, les plantes se trouYent trop serr^es les unes aupr^s
des autres, et pourtant toutes gagnent a etre placees de mani^re a ce que leurs
frondes bien d^gag6es puissent etre vues s6partoent. Que ceux qui ne seraient
pas convaincus de ce que nous avancons, veuillent bien visiter la galerie
centrale, aujourd'hui compl6tement transform^e, de T^tablissement de L*Horti-
cuLTURE Internationale k Bruxelles, et ils reconnaitront que cbaque plante,
visible separement et montrant ainsi tous ses caract6res, acquiert une valeur
ornementale qu'elle perd fatalement dans un massif od ne r6gne bientot qu*une
reelle confiision.
Certains Palmiers, plus encore que d'autres, gagnent k etre vus k part, tels
sont les Areca alba ou madagascariensis et purpurea; les Kentia Balmoreana,
Lindeni, Forsteriana; les Pritchardia pacifica et Licxiala grandis et une
s6rie d'autres.
Le Licuala grandis (fig. 14), est un Palmier de tout premier ordre dont
Tapparition k TExposition Internationale d'horticulture de Bruxelles en 1876
produisit une veritable sensation. Gette superbe esp^ce reclame un sol riche
et la serre chaude humide. On fera bien de la tenir dans un endroit un peu
ombrage. La figure ci-contre donne une id^e tr6s nette du port de la plante
et de son beau feuillage.
Le Pritchardia pacifica gagne aussi a ^tre vu isolement. G'est un des plus
— 83 —
beaux Palmiers que Ton connaisse. Son tronc droit, qui atteint dix mMres de
hauteur, est surmont6 d'une large couronne composee de nombreuses grandes
frondes en eventail.
Les Kentia dont le genre est aujourd'hui d^membre en Kentiopsis, Gypho-
kentia, Grisebachia, Hedyscape et Rhopalostylis, ont reQU depuis quelques
ann^es un accueil si favorable, justifi6 d'ailleurs par leur extreme 6l6gance et
par leurs pr^cieuses qualit^s d'etre de serre froide, qu'il serait superflu d'en
faire ressortir les m^rites.
Le Kentia Balmoreana {Grisebachia) est une plante magnifique, aux frondes
pennies gracieusement arqu6es. Les Kentia Lindeni et Luciani sont des Ken-
tiopsis ayant une grande affinity avec le Kentiopsis macrocarpa. Le Kentia
Forsteriana [Grisebachia) est un beau Palmier, egalement de serre froide,
a frondes pennees et luisantes.
VAreca alba ou madagascariensis d^passe parfois dix metres de hauteur ;
son stipe svelte et ^lanc6 porte une 616gante et 6paisse couronne aux longues
frondes dont les pennules sont lanceolees. L'effet qu'il produit est toujours
considerable. VAreca purpurea n'est probablement qu'une forme plus color6e
de VAreca speciosa. La tige est fine et droite; la fronde est des plus elegantes
el les exemplaires encore jeunes ont d6ji un caract^re d6coratif des plus
prononces.
R. d'Eelen.
NtCROLOGIE
[. E. S. DodwelL — Ge sp^cialiste, qui s'^tait fait depuis de longues ann^es
un grand renom comme cultivateur et semeur d'oeillets, est mort r6cemment
a Oxford. II 6tait Fauteur d'un traits pratique sur la culture de ces plantes.
Sa collection 6tait connue de tous les amateurs et chaque ann^e son jardin
6iait le but d'un vrai p^lerinage.
» «
:. Philippe Blancquaert, de la firme gantoise Blancquaert et Ver-
MEIRE, est dec6d^ inopin6ment k Gentbrugge, le 3 mars 1894, k Ykge de
58 ans. Sa bont6, sa simplicity, sa droiture lui avaient acquis Testime g^ne-
rale : il ne comptait que des amis.
— 84 —
EXPOSITIONS ANNONC^ES
La SociMi (Thorticulture d^OrUans et du Loiret organise pour la premiere
quinzaine de niai 1894 une grande Exposition internationale des produits de
riiorticulture, sous le patronage du Gouvernement, du Departement et de la
ville d*0rl6ans. De hautes recompenses seront mises k la disposition du Jury.
En meine temps aura lieu un Gongr^s d'horticulture, de viticulture et de
botanique. Pour tous renseignements , s'adresser k M. Eugene Delaire,
secr6taire-g6n6ral, rue d'Angleterre, 11, a Orleans.
Une grande Exposition internationale d'horticulture aura lieu a Tourcoing,
du 19 au 22 mai 1894. Les concours sont divis6s en dix-buit sections, com-
prcnant tous les produits de riiorticulture et des industries qui s*y rattacbent.
S'adresser k M. Julien Tack, secretaire du Gomitfe, k rH6tel de ville de
Tourcoing.
Exposition Universelle d'Anvers en 1894. — Le programme des concours et
les r^glements des expositions liorticoles pennanente et temporaires vient de
paraitre. Les concours permanents dans les jardins sont au nombre de 65 et
comprennent les groupes et massifs, les specimens d'arbres isoles, les plantes
pour corbeilles et parterres, les vivaces de pleine terre et sous-ligneuses de
serre, les annuelles, les plantes de serre pouvant passer I'et^ en plein air, et
la mosa'iculture.
La premiere exposition temporaire, comprenant 170 concoure, a pour objet
les introductions, semis, la culture et la floraison, les collections g^nerales,
les Cycadees, Gonififeres, Palmiers, Pandan6es, Musac^es, Aroid^es, Maran-
tac6es, Brom^liacees, Orchid^es, plantes a ascid^es, Euphorbiacees, Araliac6es,
Begoniac^es, gamop^tales et polypetales. Gette exposition comprend aussi les
fruits et legumes en culture forc^e; elle aura lieu du 13 au 15 mai 1894.
Un tr6s grand nombre de m^dailles d'or seront mises a la disposition du Jury.
Exposition Universelle a Lyon en 1894. — Ind^pendamment de TExposition
permanente de I'borticulture, qui promet d'etre brillante, il y aura, pendant
la dur^e de I'Exposition Universelle, six concours temporaires d'une duree de
sept jours cliacun, od defileront. successivement et suivant la saison, les plus
beaux produits des jardins. Le premier de ces concours aura lieu du l'»" au
7 mai ; les exposants qui d6sirent y prendre part, doivent adresser sans d61ai
leur demande k M. Glaret, Palais S* Pierre, a Lyon.
D'autre part, les l*"" et 2 mai, il y aura un concours spteial d'appareils de
cbauffage pour serres. Les constructeurs de tous pays qui voudront concourir,
devront adresser leur demande avant le 1®*" avril, a THOtel de ville de Lyon.
— 85 —
GAUSERIE HORTICOLE
LES GRANGES FLORALIES DE 1894
30 Mars 1894.
Plusieurs expositions importantes seront organis^es dans le courant de
cette ann^e, notamment & Anvers et k Lyon,& I'occasion d'Expositions Univer-
selles, a Lille et k Gand; on annonce ^galeinent une Exposition Internationale
d'horticulture a Tourcoing, dans le courant du mois de mai.
II nous paratt opportun, dans un journal international populaire de THor-
Uculture comme UElustration Horticole, de passer en revue les programmes
de ces diverses floralies pour en d^gager le caract^re et rechercher de la sorte
quelles sont les tendances actuelles du mouvement horticole.
Gommenqons par les exhibitions franqaises. La premiere qui s'ouvrira sera
rBzposition de Lyon, dont les dates sont fix^s comme suit :
i®*" Goncours, du i^' au 7 mai ;
2* )) du 7 au 13 juin;
3® )) du 12 au 18 juillet ;
4* » du 4 au 10 aotlt;
5® » du 11 au 17 septembre;
6« » du 20 au 26 octobre.
II y aura done six Goncours temporaires, ind6pendamment de TExposition
permanente qui aura lieu du 26 avril au 31 octobre. Les produits de I'horti-
culture seront install6s dans Fenceinte de TExposition Universelle, Interna-
tionale et Coloniale, au Pare de la T^e d'Or, Suivant leur nature, ils seront
plac^ en plein air, dans les serres ou dans les galeries dont r6t endue sera
proportionnelle au besoin des exposants. On suivra done a Lyon les errements
d6plorables des Expositions Universelles de Paris od, jusqu'a ce jour, les pro-
duits de rhorticulture ont 6t6 disperses un peu partout et consid^r^s surtout
comme un 616ment d6coratif. Les horticulteurs franqais.se sont 6mus de cette
situation et tout fait prevoir qu*en 1900, Fhorticulture sera trait^e sur le
m^me pied et avec les m6mes 6gards que les autres industries. Pourquoi
n'agit-on pas ainsi dej^ k Lyon?
Toutes les personnes qui slnt^ressent k Fhorticulture, quel que soit le pays
qu*elles habitent, sont invitees k prendre part a cette Expositi6n ; elles ne pour-
— 86 —
ront le faire gratuitement toutefois, comme cela est de tradition en Belgicjue.
Les droits d'inscription, pour les Expositions permanentes, est de 25 fr. don-
nant droit a une carle permanente, — de 10 fr. pour chaque Exposition
temporaire, donnant droit a une carte d'enlr^e valable 15 jours; — de 25 fr.
pour les Expositions temporaires a tout exposant declarant participer a trois
Expositions temporaires au moins, donnant droit k une carte permanente.
Les emplacements sont gratuits en plein air; sous les tentes et les galeries,
pendant la dur^e des Expositions, fr. 1-50 le mfttre carre pour une Exposition;
sous les tentes permanentes, 15 fr. le m^tre carr6, surface horizontale sur le
sol, sur table ou sur gradins, etc.
Quant aux serres exposees dans la partie borticole, celles appartenant aux
liorticulteurs-exposants, le constructeur ni aucun des participants k I'en-
semble de Taffaire n etant nomm^ ni prenant part aux concours, en d'autres
termes, la serre 6tant consideree comme la propri6t6 de Texposant, gratuite
complete. Un tarif special d^taille les frais pour les serrureries, le cbauffage,
le vitrage, les claies a ombrer et Thorticulteur. Des conditions sp^ciales sont
faites aux adherents qui exposent par Tinterm^diaire de la Soci^t6 pomolo-
gique. Faisons remarquer ici que TExposition d'horticulture de Lyon est
organis6e par un groupe intitule » Gomit^ de patronage et d'organisation du
groupe X (sous-groupe de THorticulture). »
Au nombre des dispositions r6glementaires du Concours, il en est une qu'il
convient de signaler :
« Art. 17. — Les personnes qui, pour une cause quelconque, ne pourraient
presenter un ou plusieurs des lots pour lesquels elles auraient fait une demande,
sont tenues d'en informer, par ^crit le Pr6sident du Comity borticole, six jours
avant le d^lai prescr it, afin que Ton puisse disposer de Templacement inoccup6.»
(( Les exposants qui n'auraient pas rempli cette formality (sauf le cas de
force majeure dont le Gomit6 restera jugo) seront exclus de tout Concours
pendant la dur^ de I'Exposition. »
Nous approuvons la decision en ce qui concerne les membres du jury qui
»
ne peuvent prendre part a aucune des series de concours oti ils sont appeles
a donner leur appreciation.
Une disposition assez curieuse est celle-ci : « Les plantes de semis seront
accompagn6es du nom que Tobtenteur desire leur donner. Ge nom sera
enferm^ dans une enveloppe que le jury ouvrira quand la plante, le fruit ou la
fleur aura obtenu une recompense. »
Le programme des Goncours comprend quatre sections : L Culture ma-
raich^re; — IL Arboriculture et pomologie; — IIL Floriculture; — IV. Art
et Industrie borticole. — Le nombre des Goncours est de 868, dont 634 pour
la floriculture.
— 87 —
On comprendra aisement qu*avec pareil nombre de concours il est possible
d'embrasser toutes les cultures. Le programme est g6n6ral, c*est-^-dire, qu'il
n'y a pas de programme special pour chacune des Expositions temporaires;
Texposant choisit le moment le plus avantageux pour Texhibition de ses
produits ; il ne peut cependant prendre part, pendant toute la dur6e de
TExposition, qu'une seule fois au m^me concours. Le programme ne mentionne
pas la nature des recompenses qui seront attributes aux divers Concours.
» »
L^Exposition Internationale de Lille sera organis^e par la Soci6t6 r^gio-
nale d'Horticulture du Nord de la France; c'est la septi^me Exposition de cette
nature qui aura lieu sous les auspices de cette vaillante Soci^te. Elle aura lieu
du 3 au 10 juin dans le vaste et beau local du Palais Rameau qui sera trans-
form6 en un inunense jardin avec pelouse, cascade, pi^ce d'eau, etc.
Les Concours seront divis6s en six categories a Texception de ceux indiques
comme mixtes. — 1*^ Categoric : Amateurs et jardiniers d'amateurs. —
2"« Categoric : Horticulteurs-marchands, maralchers, arboriculteurs, p6pi-
nieristes, etc. — 3™® Categoric : Marchands de fruits, primeurs, legumes, etc.
— 4™*^ Categoric : Instituteurs, directeurs d'^tablissements subventionn^s par
I'Etat, les d^partements et les communes. — 5"*® Categoric : Architectes-
paysagistes, peintres de fleurs, professeurs, etc. — 6™® Categoric : Construc-
teurs de serres et appareils de chauffage, fabricants ou marchands d*appareils
se. rapportant k Thorticulture, etc.
Une disposition assez typique, mais juste, est celle-ci : « Toute collection
non 6tiquetee, ou celle qui porterait plus d'un tiers de noms errones, seraient
strictement 6cart6es du Concours et ne recevraient pas de recompenses. »
Inutile d'insister sur le bien fonde de cette mesure; il est inadmissible aujour-
d*hui qu'a une exposition on prime des apports dont tous les produits ne
seraient pas d6nomm6s, fftt-ce m^me des legumes. Les moyens mis a la dispo-
sition de chacun pour cataloguer ses produits, sont trop nombreux et k la
disposition de chacun.
Le programme comporte seize sections : L Plantes nouvelles. — IL Orchidees
fleuries. — III. Plantes de serres. — IV. Palmiers, Cycad^es de foug^res. —
V. Plantes de culture. — VI. Plantes fleuries. — VII. Plantes molles en fleurs. —
VIII. Hosiers. — IX. Concours sp^ciaux. — X. Fleurs coupees. — XL Fruits.
— XII. Confections horticoles. — XIII. Arbres fruitiers cultiv6s en pots. —
XIV. Legumes. — XV. Enseignement horticole et Beaux-Arts. — XVI. In-
dustrie horticole. — Le nombre des Concours est de 129.
Deux Prix d'honneur, superbes objets d*art, sont oflferts par M. le President
de la R6publique et par M. le Ministre de TAgriculture, k Tamateur et k
rhorticulteur ayant le plus contribue a rornementation de TExposition.
— 88 —
Depuis que le programme de cette Exposition a paru nous avons appris que
S. M. Leopold II, membre d'honneur de la Soci6t6 regionale, a offert une
M^daille d'or comme prix d*honneur. Ge don royal est cartes de nature a
resserrer davantage les liens d'amiti6 qui unissent les horticulteurs beiges et
frangais.
Des primes seront accord6es, en dehors des prix d'honneur, aux Horticul-
teurs-Laur^ats ayant le plus contribu^ k Texposition, ainsi qu*aux jardiniers
d'amateurs dans les mtoes conditions. Ges primes seront, pour chaque cat^-
gorie, une de cent francs en esp^ces, Tautre de cinquante. Nous applaudissons
de tout coeur k ces mesures, surtout en ce qui concerne les jardiniers-d'ama-
teur dont le plus souvent le nom n'est m^me pas cit6 (*).
Une derni^re disposition sur l&quelle nous appelons Tattention des organi-
sateurs d*expositions est celle qui decerne deux prix de groupement, k attri-
buer aux deux lots groupC's de la facon la plus gracieuse et la plus artistique (^).
Ces deux prix seront dfsignfs par tons les visUeurs sociHaires qui recerront
(i cef effet, un bulletin pUbiscitaire leur donnant droit de vote.
Nous f(§licitons la Soci^t^ lilloise de son heureuse initiative, nous esperons
etre mis k m^me de suivre de pr^s le fonctionnement de ce nouveau rouage
qui a joutera, pour les membres de la Society, au plaisir de visiter TExposition,
I'agrement de pouvoir concourir a la proclamation des deux meilleurs artistes
exposants.
Charles De Bosschere.
(A continuer.)
Exposition horticole internationale de Tourcoing. — Cette Exposi-
tion, qui promet d'etre tr6s importante, sera ouverte du 19 au 22 mai
prochain. Les envois doivent parvenir a I'Exposition pour le 17 mai.
Les adhesions doivent etre adress^»es k M. Julien Tack, secretaire-general
du (]omit6 de I'Exposition, k I'H^tel de Ville de Tourcoing.
(*) En 1874, a la grande Exposition Internationale do Florence, M. Taverkieb, jardinier
chez M. Linden et M. Devenster, chef de culture chez M. A. Daluebe, re^urent chacun,
sous le titre de Prix de Coop^rateurs, une prime de 200 francs. II est quelquefois bon, nous
semble-t-il, de rappeler certains faits oublies aujourd'hui. D. B.
(2) En feuilletant dernierement quelques publications horticoles, nous avons releve dans
la « Belgique horticole > de 1872 que S. M. Tlmp^ratrice-Reine Augusta avait fait don aux
organisateurs de la Grande Exposition de Berlin, de 100 thlr. pour un groupe de plantes
exposiS artistiquement. Au nombre des beaux prix efforts par les Miniatures, ainsi que par
des Horticulteurs, des Amateurs et des Soci^t^s horticoles, figure entre autres un prix de
50 thlr. pour un groupe artistique de plautes de serre froide. D. B.
i
— 89
PI. VI
PRIMEYERES IVOUYELLES
La Primev6re de Chine n'est pas pr6cis6ment une plante de pleine terre ;
mais il est peu de plantes de culture aussi facile et se pr^tant aussi bien a
Tornement des appartements, jardins d*hiver ou serres; sa popularity est
solidement 6tablie de longues ann6es et ne fait qu'aller en croissant, k mesure
qu'elle s'am^liore sous I'influence des efforts des semeurs.
Le type, en effet, a 6t6 bien modifi^ depuis dix ou douze ans. D'abord les
fleurs se sont agrandies; puis les coloris ont 6t6 varies; apr^s les vari6t6s
blanches et les doubles, est venue la vari6t6 bleue, qui a fait sensation; le
feuillage si Elegant, s'est aussi transform^. Apr^ les vari6t6s a grandes
feuilles, on a vu paraltre la vari6t6 k feuilles de Foug^re, plus 616gante encore.
Les nouvelles formes flgur^es dans notre planche ci-contre repr6sentent
encore un progr^s important. EUes proviennent, comme les Ghrysanth^mes
dont nous publiions le portrait le mois dernier, du grand ^tablissement de
M. Robert Owen, de Castle Hill, Maidenhaid (Angleterre), qui a produit
dans ces derniers temps une riche s6rie d'acquisitions tr6s remarquables en
fait de plantes k fleurs, Chrysanth^mes, Dahlias, Primev6res, Cin6raires, etc.
M. Owen a donn6 au nouveau groupe de semis qu*il vient de produire le
nom d'ImpSrial, bien justifie par sa beaute. Les fleurs sont plus grandes qu'il
n'est indiqu6 sur notre planche, car celles qui ont servi de module a I'artiste
ont 6te couples alors que les plantes 6taient en fleurs depuis assez longtemps,
et avaient d^ja 6t6 fecond6es en vue de nouveaux croisements. On voit tout
au moins qu*elles poss^dent des coloris aussi riches que varies, et promettent
6norm6ment.
Les plantes qui ont produit les fleurs dont nous donnons le portrait avaient
ete semees au mois d'aoM 1893 ; elles 6taient done encore de petite taille,
et il est permis d'esp6rer que les fleurs de I'ann^e prochaine seront d'une
beauts sup6rieure, comme grandeur et comme coloris.
Parmi ces vari6tes, il s'en trouve k feuilles enti^res et k feuilles de Foug^re.
On sait que les semis de Primev6re de Chine s*op6rent a des epoques assez
variables; soit en mai, juin ou m^me juillet, en planche, dans des pots ou
terrines, dans une terre 16g6re a mi-ombre; soit en juin -juillet, en pots ou
— 90 —
en terrines tenus en plein air ou sous chassis; soil enfin en serre, aprtele
moisde juillet.
II y a un ayantage indiscutable, sous nos climats, k faire les semis ayant la
fln de juillet; n6anmoins, il est ^yident que Ton peut Mre ainen6 k op6rer les
semis a une autre 6poque lorsque Ton d6sire produire des vari6tfe nouyelles.
D'apr^s les renseignements qui nous sont fournis par M. R. Owen, les
plantes issues des semis op6r^ au commencement de la saison ont produit
des fleurs qui mesuraient de 3 '/« ^ 5 centimetres de diam^tre.
• «
La culture des Primev^res de Chine ne pr^sente aucune difficult^. Les
jeunes plantes, apr^s ayoir 4t6 d'abord repiqu^s dans de petits godets, sont
empot^es lorsqu'elles sont sufflsamment grandes. Toutefois les pots ne doiyent
jamais fttre grands ; la floraison sera bien plus abondante si les racines sont
k r^troit.
«
Le compost qui conyient le mieux est un melange de terre de bruy^re, de
terreau de feuilles, et de moiti6 de terre Tranche assez sablonneuse; le fond
du pot doit 6tre bien drain6.
Gomme les racines flnissent par remplir le pot, et que les 616ments nulritifs
de la terre risquent d'etre vite 6puis6s, il est bon d'arroser les plantes, deux
ou trois fois au cours de la saison, avec de Tengrais bien dilu6.
D6s que Fautomne approche de sa (In, et que les froids commencent k
s*annoncer, il est prudent de rentrer les plantes k Tabri dans une serre, pp6s
du vitrage, car les Primev6res demandent beaucoup de jour, ou, mieux encore,
sous chassis.
La Primey6re de Chine fleurit pendant presque toute I'ann^e. Toutefois,
les derni^res fleurs sont toujours plus petites et moins brillamment color6es
que les premieres.
Une fois la floraison flnie, on doit couper avec soin les hampes d^fleuries.
On laisse ensuite les plantes reposer jusqu*en aoCit-septembre; on rempote
alors les pieds que Ton veut conserver, et on les remet progressivement en
v6g6tation au moyen d'arrosages de plus en plus frequents. On obtient ainsi
une nouvelle saison de floraison tr6s abondante, et les fleurs, quoique infe-
rieures a celles de la premiere ann^e, sont encore tr^s attrayantes.
Mais la veritable mani^re d*avoir toujours de belles fleurs consiste a repro-
duire tous les ans les Primev6res de semis, ce qui n'exige que peu de soins.
On peut aussi multiplier par 6clats des vieux pieds ou par bouture les vari6t6s
qui ne se reproduisent pas bien par semis, les variet6s doubles, ou celles qui
ne donnent pas de graines.
Max Garnikr.
— 91 —
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Les Strelitzia. — Parrai les plantes orneraentales choisies qui ornent les
roc^illes de la galerie centrale r^cemment transformee, a L'Horticulture
Internationale, les visiteurs ont en general beaucoup remarque un beau
specimen de Strelitzia Reginae, plac6 au centre du groupe de Tentr^e.
Un des m^rites et des grands attraits qu'ofFre, a mes yeux, le nouvel am6na-
gement des galeries du grand 6tablissement du Pare Leopold, c'est qu'il
pennet de remettre sous les yeux et devant la m^moire du public amateur
nombre de belles plantes injustement negligees, oubliees, parfois apr^s avoir
joui d*une grande faveur.
Les Strelitzia sont au nombre de ces plantes decoratives, qui devraient
avoir leur place marquee dans toutes les grandes collections. Par la beaute
de leur feuillage, par la forme curieuse, le gracieux coloris et Tabondance de
leur floraison, ces superbes Musacees m^ritent I'attention de tousles amateurs
qui poss^dent un jardin d'hiver assez spacieux, ou k plus forte raison de ceux
qui, 6tant installes dans les pays cbauds, peuvent jouir en plein air, et presque
sans soins, de sa v6g6tation et de sa floraison luxuriantes.
Les Strelitzia connus dans les cultures sous diff6rents noms sont en general
de simples variet6s du S. reginae; voici comment on pent les classer :
S. reginae. Hauteur des feuilles, 1°^20. Limbe termine en pointe et cucuUe
a son sommet; les feuilles ont un aspect pruineux, principalement en dessous.
La hampe s'616ve jusqu'au sommet des feuilles a peu pr6s. La base de la spathe
est d'un rose vif ; les hampes sont tr6s nombreuses et se succMent pendant
fort longtemps.
S. nmcrophylla. Feuilles un peu plus hautes que dans le precedent, et 16g6-
rement glauques. Limbe arrondi en forme de cuiller k son extr6mite.
S, /?af?a. Feuilles moins hautes que dans le type (85 cm. environ). Limbe ter-
mini en pointe a son sommet. Inflorescence d6passant le plus souvent les feuilles.
S. ovata. Feuilles a peu pr6s comme dans le pr6c6dent, limbe ovale arrondi
en cuiller a son extr^mite. Inflorescence d^passant les feuilles.
S. angustifolia. Hauteur des feuilles, 0^90 a 1 mfetre. Limbe tr6s 6troit
(Ako cm.). Les feuilles sont pulv6rulentes en dessous. Hampe atteignant la
hauteur des feuilles.
S. spatulata. Hauteur des feuilles, 1™25. Limbe en forme de spatule tr^s
etroite, de 8 centimetres de longueur sur 2 de largeur. Hampes plus courtes
que les 'feuilles. Tous les organes sont glaucescents. Spathes moins rouges
que dans les formes pr6cMentes.
— 02 —
S, juncea. Hauteur des feuilles, 1"55; petiole termini en pointe, car6n6 a
sa partie sup^rieure. Limbe avorti.
On voit que toutes ces formes, k part les deux derniftres, varient trte peu
entre elles. Le S. spatulata et le S. juncea se rapprochent d'ailleurs parfois
Tun de Tautre, Tun ayant la partie spatula repli^e sur elle-m^me, Tautre
ayant la partie car6n6e plus ouverte, de telle sorte qu'on peut consid^rer ces
deux formes comme un peu anormales, et provenant d'une sorte d'avortement.
D*autre part, les fleurs sont toujours les m^mes; les s^pales d*un rouge
orang^ blatant, les p6tales bleu indigo ou bleu ciel plus ou moins fonc6.
Le S. Reginae ftit introduit du Gap de Bonne Esp^rance, en 1773, et d6di6
k la reine Charlotte, 6pouse de George III d*Angleterre.
Pour sa culture, elle est simple et tient dans les quelques principes suivants :
peu de chaleur, mais beaucoup de lumi^re et de soleil ; beaucoup d'eau aux
racines et sur les feuilles pendant toute Tann^e; comme compost, de bonne
terre de bruy^re avec un fort drainage.
« «
L*oraiigerie. — La temperature dans I'orangerie doit etre actuellement
de 15 */, k 17° G. On fera bien de seringuer de temps en temps, sinon tous les
jours, dans la matinee, et de donner ensuite un peu d'air en ouvrant par le
haut. Avoir soin de ne pas arroser avec de I'eau froide; INeau doit ^tre k la
temperature de la serre. Verser de temps en temps un peu d*engrais aux
racines, afln de rendre au sol plus de qualites nutritives. Laver les feuilles a
Teau pure ou a Teau de savon toutes les fois qu*on les verra attaquees par des
champignons noirs. La culture de Toranger est tr6s facile, mais elle exige
beaucoup de propret6.
* «
Exposition de Jacinthes en fleurs. — MM. E. H. Krelage et fils,
d'Overveen pr^s Haarlem, nous font connaitre qu'ils se proposent d'ouvrir
dans leur etablissement bien connu, au mois d'avril 1894, une grande expo-
sition de Jacinthes en fleurs.
Deux « couches de parade, « contenant chacune 600 oignons choisis parmi
les vari6t§s les plus rares et les plus belles, ont 6te plant6es a Tautomne
dernier. Les couches de parade, dit M. J. H. Krelage, 6taient la gloire des
cultivateurs de Haarlem au dix-huiti6me si^cle. Elles sont devenues tr^s rares
dans ces derni^res ann6es, et celles de la maison Krelage sont k peu prte
uniques actuellement. Elles ont et6 fort admir^es en 1880, 1884, 1889 et 1892.
II parait que la saison de 1893 a 6t6 tr^s bonne et que la floraison des
Jacinthes en pleine terre s'annonce cette ann^e admirablement. Les plantes,
au moment de la floraison, sont prot6g6es contre les intemp^ries 'par une
tente spacieuse. Max Garnier.
— 93
LARBORICULTURE FRUITI&RE EN RAPPORT AVEC
LAGRICULTURE
Promenons-nous k travers toute la Belgique et mSme aliens jusqu'en France,
en Allemagne, ou en HoUande; jetons-y un coup d'oeil sur les diflR&rents
domaines agricoles.
Quelles sont les fermes qui s'afferment le plus avantageusement et sans
difficult^ ?
Quelles sont celles oh le fermier fait un b6n6flce plus certain tout en payant
r6guli6rement son fermage et en am61iorant de plus en plus la prosp6rit6?
Ge sont 6videmment les exploitations otx Ton trouve beaucoup de prairies,
des paturages, des fourrages et des vergers.
Dans toutes les localit6s otx Ton a converti la majeure partie des champs en
prairies-vergers, on constate une aisance, un bien-6tre, une augmentation
sensible de valeur fonci^re et de valeur locative des fermes. Dans ces localites,
malgr6 la crise dont se plaignent tant de cultivateurs, Tagriculture n'a pas
cess6 d'etre florissante.
Ne constatons-nous pas de plus en plus que la culture k base de c6r6ales
exige une main-d*oeuvre coMeuse et p^nible, un personnel nombreux et exerce,
des instruments de labour perfectionn6s, des betes de travail, des harnais, des
semences annuelles, etc., etc. Et toutes ces peines, toutes ces ddpenses
n'aboutissent-elles pas le plus souvent k un r6sultat presque nul ?
Aussi, le fermier qui s'attache obstin6ment k la culture k base de c6reales
devra forc^ment subir Teffet d6sastreux de son ent^tement ; il se ruinera tout
en travaillant ! Faut-il s'6tonner, d6s lors, de ce que beaucoup de propri6taires
sont mal pay6s et qu'il ne manque m6me pas de fermes delaiss6es ?
Nous sommes fatalement obliges, sinon d'abandonner compl^tement la cul-
ture des c6r6ales, du moins de la restreindre dans des proportions conside-
rables et de ne plus gu6re lui demander que du grain pour la ferme et la paille
n^cessaire k la liti^re des animaux. Gar, d'une part, ce sont les perturbations
atmosph6riques, les greles, les pluies, les orages incessants qui nuisent plus
particuli6rement aux cultures ordinaires; d'autre part ce sont les puissantes
compagnies agricoles d*outre-mer qui viennent ici et sur nos propres marches
nous faire la concurrence ruineuse pour nous, cultivateurs.
Si les cultivateurs etaient seuls, il serait facile de les obtenir en faisant
payer un droit d'entr6e plus ou moins elev6 aux bl6s etrangers ; mais, a cote
d'eux, se trouve la nombreuse classe des consommateurs, non producteurs de
ble, et ces derniers ne manqueraient pas de protester contre I'augmentation
— 94 —
du prix d'un aliment de premiere n^cessit^ : le pain I Toutefois, ce qjae nous
avanQons \k est simplement un avis, sans pr6tendre qu*il soil irr^ftitable;
d'ailleurs les legislateurs et les 6conomistes eux-m^mes ont des vues trfes
divergentes en ce qui concerne les effets du libre-6change et du protection-
nisme. Ce qui est certain, c*est que TEtat-Providence est pour nos cultivateurs
un appui sur lequel il serait peu prudent de se reposer; je dirai plut6t comme
Louis Passy : Gomptez surtout sur vous-m^mes ! Faites comme ces agricul-
teurs intelligents qui vous montrent qu'ils ont bien (kit de changer de route,
c*est-4-dire de systfeme de culture. lis ont converti leurs champs, ou du moins
la plus grande partie, k has rapport, en prairies-vergers riches, nourrissant
un nombreux b6tail. lis ont ouvert les yeux en comprenant que la p6nurie des
fourrages entratne malheureusement la diminution du b6tail, du fumier et,
comme consequence, celle des c6r6ales.
Ces herbes de prairies et des paturages ne procurent-elles pas, par leur
conversion en fumier, en passant par le corps du b^tail, le plus puissant moyen
d*am61ioration pour toutes les terres de la ferme? Ce b6tail et les chevaux, bien
nourris, au pr6 ou k ratable, avec du foin et du regain, ne procurent-ils pas,
par surcrolt, de la viande, du lait, du beurre, du travail?
Qui ne connalt ou n'a entendu parler de ces immenses prairies- vergers qui
s'6tendent aux environs de St-Trond, Looz, Tongres, Namur, et m6me dans le
Brabant? II y a 14 des exemples frappants, parlant aux yeux, des villages
entiers perdus sous les d6mes de magnifiques arbres fruitiers, ot les Alle-
mands, les Anglais, les Russes et les Frangais viennent annuellement sur place
acheter ces fruits, m^me sur I'arbre, pour des sommes considerables.
Quand on refl6chit bien que tous ces avantages s*obtiennent avec moins de
peines, moins de depenses, moins de main-d'oeuvre, n'est-on pas en droit de
demander : comment trouver un syst6me de culture qui concilie mieux les
interets du fermier et du proprietaire, que celui de la creation des prairies-
vergers? Gust AVE Michiels.
Montaigu, mars 1894.
POIRE BEURRE VANDEN HOVE
(nouveaute)
II vient k propos de faire connaltre dans ce journal une des meilleures
poires d'automne dont le pied type existe dans le jardin de M. Frantz Vanden
Hove, le sympathique artiste peintre, notre collaborateur zei6 pour ce qui
concerne la s6rie des Fruits de choix.
M. Frantz Vanden Hove, pour ne rien exagerer, n'a peint, comme type
— 05 —
de fruit, qu'uoe poire ile moyenne grosseur; dos exeinplaires bien plus gros
ne manquaient cependant pas sur le m^me arbre.
Nous connaissons de Hsu le pied-mfire et avons goflt6 de ses fruils dft
plusieurs recoltes suceessives. Nous avons reconnu par 1^ le grand m6rite
du Beurre Vanden Hove — tanl sous ie rapport de sa belle vegetation que
de I'excellence de ses fl-uits — au point que nous avons lenu k multiplier cette
variete en grand dans les p6pini6res de Montaigu.
Voici, en somme, les qualit^s de cette vari6t6 qui constitue unc heureuse
trouvaille, comme fruit d'automne, tant pour nos vergers que pour nos jardins :
Arbre d'une vigueur exceptionnelle , d'une fertility peu commune, port
— 96 —
pyramidal naturel des plus r^guliers, branches fruiti^res tr6s symMriques;
ft*uit gros ou moyen, solidement attach^; chair fine, blanche, fondante, extra
juteuse, sucr^e, vineuse, de toute premiere quality.
Maturity : octobre-novembre.
N. B. — En vue de la propagation utile de cette pr6cieuse vari6t6, nous
offrons aux abounds du journal de leur procurer des grefibns sans aucun but
de speculation sur cette vari6t6,
Edouard Michibls.
FRAMBOISE « STRAPPERS COLOSSAL '>
L£ PREMIER FRAMBOISIER SANS DRAGBONS
« Je consid6re le Strappers Colossal comme le meilleur de tous les
framboisiers, et celui de Tavenir, » m*6crivait le r^dacteur de Tun des journaux
d'arboriculture fruiti^re les plus cel^bres, le Fruchtgarten de Vienne, et il
avait raison. II y a d^ji dix ans que j*ai introduit cette esp6ce d'Am^rique;
j'en ai exp6did plusieurs centaines des plantes directement comme 6chantillons
pour la multiplication, et je n'ai eu qu'^ me louer de ces plantes, car il ne peut
gu^re exister de framboise meilleure et produisant plus que le Strappers
Colossal,
La plante, comme il est dit plus haut, ne produit absolument aucun
drageon; elle s'accroit chaque annee directement des racines. Par suite, elle
n*6puise pas le sol avec I'efFrayante rapidity des anciennes vari6t6s. II en r6-
sulte naturellement que la plante peut mieux se nourrir, et que sa production
s'^l^ve souvent au double de ce que donnent toutes les autres vari6tes.
La gravure ci-contre repr6sente le fruit en grandeur naturelle, d'aprfts des
6chantillons r6colt6s ici ; le bois est brun ; la plante a une croissance extreme-
ment robuste, et forme souvent des tiges de 3 i 4 metres de hauteur, qui,
malgr6 leur poids 6norme, se tiennent parfaitement droites sans support.
On coupe tout le vieux bois en automne, comme pour les autres framboisiers,
et on rabat les tiges de I'ann^e a environ l'"20 ou 1"50. Au printemps, les
jeunes pousses commencent a se developper dans toutes les directions, et a
produire des masses de fruits, de sorte que tout Tarbuste paralt en ^tre cou-
vert. Ces fruits sont d'un rouge grisStre, d*une grosseur exceptionnelle ,
tr6s parfum6s, et d'apr^s plusieurs jardiniers connus, qui les utilisaient au
pressoir, ils ont presque deux fois plus de jus que toutes les autres vari6t6s.
Le jus est d'un rouge trfts fonce; non seulement il fournit une liqueur de
~ 97 —
Tramboise dilioieuse et une limonade excellente, mais les pharmaciens pourront
Temployer avec avantage pour I'cuouter aux niMicamonls comme un colorant
inoffensif, ou afin de leur donner un goOt plus agr6able. Aussi le fruit et le
jus sont-ils trds recherche par les conSseurs.
Le mode de multiplication de la Strappers Colossal, tel qu'il est appliqu6 par
Fig. 16.' — Framboige • Strappers Colosatil. »
les praticiens am^ricains, est tellement simple, qUe I'orl I'enoilCe flVeC empres-
sement k I'anciea proc^d^, quand on considfiPe les avantages qui resultent de
I'abseaee de drageons. Dans le courant de I'^t^, lorsque les plantes ont actiev6
leur pousse de I'ann^e, destinte it fructifler I'annfe suivante, on recourbe le
— 98 —
sommet des tiges vers la terre, on Tenfonce dans un trou fait au plantoir, et
on tasse solidement.
Au bout de quelques semaines, la pointe qui se trouve dans la terre devient
d'un blanc de neige, s'epaissit jusqu'au triple de sa grosseur originelle, et
commence a se garnir de racines, lesquelles forment bientot un abondant
chevelu, surtoul lorsque le sol est leger. Lorsqu'arrive le printemps, une nou-
velle pousse vigoureuse sort de la partie 6paissie du sommet de la tige enfonc^
en terre, et muni de i»acines; la nouvelle plante a d^s lors son existence
propre, et la partie de Tancienne plante-m6re qui avait ^t6 mise enterre, et
qui 6tait rest^e lors de la separation a Tautomne, ne tarde pas a mourir.
Toute cette operation est extr^mement simple et facile, car avec chaque
tige on peut faire une nouvelle plante, et on obtient ainsi en peu de temps un
stock considerable.
Lors de la derni^re Exposition internationale d'horticulture de Leipzig,
du 25 aoiU au 5 septembre, la nouvelle vari^te, encore couverte de fruits,
a excite I'inter^t general, et elle a 6te signal^e dans plusieurs journaux comme
la nouveaute la plus importante et la plus sensationnelle en fail de fruits
bacciformes. II est certain qu'une nouveaute comme celle-ci m6rite amplement
les eioges qui en ont 6te faits, et que ce que nous en avons dit au commence-
ment de cet article est pleinement justifl6.
W. Reiem,
k Gotha.
LE JARDIN FLEURISTE
NOU V EAUT^S POUR I 894
Voici quelques nouveautes tr^s int^ressantes dont la maison Haage et
Schmidt, d' Erfurt, annonce la mise au commerce pour cette ann6e :
Lathyrus odoratus « Bronze King » (Pols de senteur Roi bronz6). —
Cette nouvelle variete est d'un colons tr6s clair et tr6s gai qui la fera appr^-
cier des amateurs. L'^tendard est d'un bronze cuivr6 vif, et le reste de la fleur
est blanc pur.
Le pois de senteur odorant est une des plantes les plus accommodantes et
les plus faciles a cultiver dans les jardins ; il croit dans tous les terrains et
a toutes les expositions. II rend particuli^rement de grands services pour
orner les treillages, berceaux, murailles et balcons.
Les graines peuvent 6tre semees sur place en mars-avril, pour avoir des
fleursenjuillet-aoat,ouenautomne, de septembre en fin octobre, pour avoir
Fig. n. — Lnlhijrtm odoratHH Bronze King.
— 99 —
des fleurs en juin-juillet. Les plantes, d'ailleurs, se ress^ment soiivcnt d'elles-
memes. SemC'es en automne, elles alteignent une vigiieur plus grande k la
saison suivante, et fleurissenl plus abondamnient. On peut aussi les seinei'
a la Tol6e, et les pepiquer soil vers la
fin de I'autoinne, soil lout au di-but du
ppintemps.
Eschcholtzia maritima. — Nou-
velle esp&cp voisine de \'E. ralifor-
nica, donl elle se distingue par la cou-
leup blanc grisiitre de son feuillage et
par le colons plus clair de ses fleurs.
Gelles-cionllespCilalesjauneclair.avec
une large macule orangfe a la base.
Les Esclicliollzia sont de diarmantes
plantes aunuelles, ou parfois bisan-
nuelles, a fleurs asse^ grandes, d'une
forme et d'nn colnris trfes gracieus. lis
sont hautement appr^ci^s en Am^rique, ofi rEsclichoilKia a ete. epoyons-nons,
clioisi conime fleur nattonale \>av I'un des Ktats-Unis.
Ce sont des plantes trfes rustiques, qui reussissenl dans lous les terrains
sablonneux, notamnient au bord de la
meret siir les falaises, ce qui a valu
sans doute a la nouvelle esp^ce le noni
qui lui est assigni'-. Klles fleurissent aux
niois de juin, juillet, aoftt et jusqu'en
octobre. Elles convieniient adinirable-
ment pour faire des corbeilles. mas-
sifs, plales-bandes, etc. Rn outi'e, eiies
ont le grand avantage de se conserver
longtemps une fois coupees, ct lestiges
plongees dans I'eau continuent a 6pa-
nouir leure boutons.
BIcIqus zauzibariensis. — Cellc
esp^ce, originaire de Zanitibar, est,
paralt-il, d'une vigueur remarquable et atteint un grand dcveloppement sous
le climat europ^en. Ses feuilles mesureraient de 70 k 80 centimetres de dia-
m^tre.
Le fjpe, figurd ci-dessous, a les feuilles d'un vert clair a nervures blan-
chStres. D'autres vari6t6s les ont plus ou moins fonc6es.
Les ricins africains sont des plantes estremement d^coratives, dont le
Fig. 18. — EsfhcholUifi
100
feuillage rnajesUieuK ot U'une tonne trfes ^14gante n'est gu^re ^gal6 pour
I'ornenient des pelouses. lis soul annuels dans nos climats, et mearent k la
premiere gel6e; dans le midi de la France et les regions plus rapproch^es
de I'Equateur ils sont vivaces, et
atteignent alors des proportions
6normes. Leurs fleurs sont peu re-
marquables, mais les grappes de
graines sont assez ornementales.
Les ricitis doivent fetre espac^s au
moins de 1"50 a 2 ini^tres, en raison
du developpenient remarquable de
leurs feuilles.
Leurs graines, qui resseinblenl a
des insectes coleoptfires, ont un as-
pect brillant et un colons panactie
parfois Ir^s gracieux.
Chamaepeuce Atra,. — Cette
(^pi^cp nouveile est, parait-il, origi-
naire d'Arm^nie, contrairement tk ce
que pourrait- faire supposer le nom
sous lequel elle est pr^sentfe. EUe
; ^pineuses, d'un vert fonc6, et vein6es de blanc d'ivoire d'une
fat;on ri^guli^re. Ses tiges florales s"6l^vent a une liauleur de 80 centimetres
environ, et sont bien garnies de
feuilles jusqu'a leur sominet. Les
fleurs sont' d'un pourpre clair. Cette
plants proinet done iU: rendre d'ex- .
oelienls services oomiup plante orne-
nientale, ainsi que la gravureci-
contre permet d'en juger, soit en par-
terres, soit dans les racailles.
Les Chamaepeuce sonl bisannuels;
toutefois ils ne sont pas lout ii fait
rustiques sous nos climats, et doivent
Stre liivernte sous chassis ou dans une orangerle. Meme pendant la bonne
saison ils demandent une exposition chaude. Le sol de plantation doit 6tre
bien sain.
iM. G.
Fig. 19.
Fig. 20. — Chamatpeuee Afra
— 101 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Avril 1894.
Jardins royauz de Ke^w. — On sait que les Anglais tlennent 6norm6-
ment aux Jardins de Kew et que ceux-ci sont, pour les Londoniens surtout, le
but de leur promenade pr6feree. Pendant Tannic derni^re, le nombre des visi-
teurs s'esl elev6 k 1,733,386. Au mois d'aoOt on a compt6 329,410 entr6es.
« «
Plantations publlqnes. — Prot^ger les arbres le long des voies publiques
a toujours 6t6 un probl^me difficile. On se borne souvent k les entourer de
longues branches d'6pines, mais les instruments tranchants viennent vite k
bout de ce moyen ; Temploi des enveloppes de fer dites corsets est bien plus
efflcace, mais elles sont fort coftteuses. A Washington, Etats-Unisd'Am6rique,
on a eu recours aux treillis en fil de fer et Ton a obtenu un excellent r^sultat.
Dans certaines rues, les arbres ont 6te plant^s au double de la quantity voulue;
quand ils sont sufflsamment d^yeloppes, les intermMiaires sont supprim^s ;
entretemps, les arbi^es destines a Mre maintenus plus tard sont seuls prot6g6s
au moyen de treillis. Or, sur un mille de longueur, soit 1600 metres, c'est k
peine si un seul arbre prot6g6 a regu une blessure,^ tandis que tous les autres
sont affreusement endommag6s et ont m^me T^corce enlev^e jusqu'A la hauteur
k laquelle la bouche des chevaux peut atteindre.
♦ •
Gllveias odorants. — Nous ne pr^tendons pas afflrmer que les fleurs de
Cliveia degagent un parfum exquis. Nous avons constats simplement que ces
fleurs ne sont pas depourvues d'une odeur agr6able et nous nous rangeons k
Tavis de ceux qui pretendent que les Cliveia sont odorants comme certains lis.
L'odeur est appr^^ciable lorsque les fleurs sont exposees en plein soleil k une
temperature d'une vinglaine de degr^s centigrades et dans les premiers jours
de leur epanouissement.
* *
GamoSnsia maxima. — Gette superbe L^gumineuse a fleuri au Jardin
botanique de Ceylan. G'est une esp6ce grimpante, qui fut decouverte k Angola
par le B^ Welwitsch. M. Trimen, directeur du Jardin botanique de Ceylan,
— 102 —
recut en 1883 deux exemplaires de cette plante, Tun des Jardins royaux de
Kew, Fautre de r^tablissement Bull, de Londres. Les fleurs, dit la Betme
Horticole, en splendides grappes pendantes, sont tr^ grandes, d'un blanc
laiieux et teint^es de jaune d*or sur les bords des p^tales.
*
• •
Le plus flrrand verg^er de pruniers en Galifornie est situ^ dans la vall^
de Salinas, pr6s de Templeton, comt6 de San Luiz Obispo. Sa surface est de
120 hectares avec 270 pruniers k I'hectare ; il compte done 32,400 pruniers.
Les arbres se trouvent a 6 metres en tous sens. Cest la Prune d'Agen ou Robe
de Sergent qui fait robjet des plantations les plus considerables dans TOr^gon
et la Galifornie. Le climat de Galifornie se pr^te admirablement k la fructifica-
tion du prunier.
*
Encre pour 6erire sur le zinc. — Les etiquettes les plus durables et par
suite les moins coftteuses, a recommander pour Tusage dans les serres comrae
en plein jardin, sont celles en zinc. La meilleure encre qu'on puisse employer
pour ecrire sur ces etiquettes est k la portee de tout le monde, et chacun peut
la composer ais^ment. On fera dissoudre 25 grammes de sulfate de cuivre et
25 grammes de sel ammoniaque daas un quart de litre de vinaigre; cette com-
position revient k environ 30 centimes. Gette quantity sufflt pour longtemps,
et si le melange se dess^ohe trop, on y ajoute un peu de vinaigre et d'eau.
On croit que pour 6crire sur le zinc il faut une plume d'oie, c'est une.erreur.
La meilleure plume en ce cas est un crayon de roseau ou de bambou ; a defaut
de celui-ci, une petite cheville de bois dur fera le meme Office.
* «
Prix A. P. de Gandolle. — La Societe d'histoire naturelle de Geneve vient
d'ouvrir un concours pour la meilleure monographie d'un genre ou d'une
famille de plantes. Les manuscrits doivent etre adresses, franco, avant le
15 Janvier 1895, k M. le President de la Societe d'histoire naturelle, k TAthenee,
Geneve (Suisse). Le prix est de 500 francs. Le memoire couronn6 pourra Mre
publie dans les annales de la Societe.
• •
Monument v&gbtal au Japon. — Un correspondant du Oardeiur^
Chronicle envoie a ce journal une photographie d'un pin gigantesque, proba-
blement un Pinus densiflora, croissant a Gnrasaki, sur la rive occidentale du
lac Biwa. Get arbre fut decrit deja par Murray dans son Handbook for Japan,
La hauteur de I'arbre est de 27 metres, la circonference du tronc est de
11 metres. La longueur des branches, de Test k Fouest, est de72 metres, et du
nord au sud, de 85 metres. Les branches sont au nombre de 380, la plupart
— 103 —
descendent jusqu'au sol en forme d'6ventail et si has qu'il faut se baisser pour
passer dessous. Tout un 6chafaudage de bois et de pierres sert k les 6tanQonner,
les creux du tronc sont soigneuseraent remplis avec du plStre et le sommet
de Tarbre est recouvert d'une petite toiture destin6e k le garantir contre les
pluies! On dit que cet arbre Y6n6rable a plus de deux mille ans; il est c6l6bre
dans tout Tenipire japonais. Seulement ce mode d*6tanQonnage et cette toiture
nous semblent peu faits pour contribuer a la beaut6 du paysage. La photo-
graphie le denote assez.
* *
RemMe contre la toile. — Le sulfate de cuivre sera d6cid6ment un remade
contre toutes les maladies cryptogamiques des Y6g6taux. M. Rozain-Bou-
CHARLAT indique dans le journal Lyon-Horticole le proc6d6 qui lui a donn6
des r6sultats complets contre la toile, rebelle k un grand nombre d'autres
moyens. II sufflt de bassiner avec la solution suivante les plantes atteintes
du cpyptogame si redoute au printemps dans les serres h multiplication :
250 grammes de sulfate de cuivre et 250 grammes d'ammoniaque liquide pour
un hectolitre d'eau. On recommande de plonger les pots on terrines dans
la solution indiqu6e, avant de les employer pour les boutures ou les semis.
II est bon aussi, dit-on, de mouiller avec le m^me liquide le compost prepare
pour le semis ou le bouturage.
* *
Encore rexplosion Vilmorin. — Nous apprenons qu'A la suite de la
catastrophe des magasins de Reuilly, MM. Vilmorin-Andrieux et G'« ont fait
parvenir a la Gaisse des Victimes du devoir dix mille francs au nom de la
Maison et dix mille francs au nom de MM. Henri et Maurice de Vilmorin.
* *
Tabac et tabac. — En France, « nul n*est autorise k cultiver le tabac. »
Telle est la loi, et le tabac est la propri6t6 de la R6gie. On sait que le tabac
appartient au genre Nicotiana, de m^me que trente-cinq autres esp^ces bien
determin^es dont quelques-unes sont d'une reelle valeur comme plantes d*or-
nement. Telle est, par exemple, le Nicotiana colossea, la magniflque esp^ce
des Andes du P6rou, d'introduction assez r^cente. Un horticulteur de Mont-
lucon a appris, a ses depens, qu'on ne peul se moquer impun6ment des repr6-
sentants de la R^gie. II avait convi6 les amateurs de plantes de Montlugon a
venir admirer chez lui quelques superbes exemplaires de la plante g^ante. Les
amateurs vinrent en foule et avec eux le contr61eur de la R^gie accompagn^
du commissaire de police. Le Nicotiana colossea fut consid6r6 par ces agents
comme Tegal du Nicotiana tabacum, et proc^s-verbal fut dresse en due forme.
L'horticulteur eut beau protester, on exrgea de lui le payement d'une amende
de clnquante.six francs, parce que, disait-on, « nul n'est autoris6 k cultiver le
— 104 —
tabac. » Le Gongrfts d*horticuUure s'en mftla et flt comprendre que le Nicofiam
colossea n*est pas le tabac, bien que le tabac soit un Nicotiana. L*horticulteur
a dft se r^soudre k payer bon gp6 mal gr6 une amende de fr. 9,50.
* «
Vanille k la R6union. — La vanille du Mexique jouit toujours d'une tr^
grande estime en Europe; celle qui est produite en Ck)lombie et dans le Vene-
zuela vient sur la m^me ligne que la vanille des Seychelles. La contr^ qui en
exporte relativement la plus grande quantity est la Reunion. En 1892 il en a
6t^ enYoy6 en Europe 96,000 kilog. 6valu^ k plus de deux millions huit cent
mille francs.
» •
Lichen du Japon. — On connalt Tusage du lichen dlslande, dont la decoc-
tion sert k preparer un mucilage sirupeux recommande contre les rhumes.
Le Botanisches Centralblatt d^rit un lichen appel6 Iwatake par les Japonais
et donl les quality rappellent celles du lichen d'Islande. II s'agit du ffyt'o-
phora esculenta, qui abonde dans certaines parties du Japon, surtout dans les
montagnes sur les roches granitiques. II renferme de Famidon et de la gelatine
qui le font rechercher et consommer en grandes quantit^s par les Japonais.
• *
I«e mois de mars 1894. — Un ciel d*une s^r^nit^ remarquable a signale
presque tous les jours du mois de mars 1894, semblable sous ce rapport, au mois
de mars 1893. Le dicton qui veut que vert Noel soit suivi de blanches Paques
a reQu un dementi formel. Le 25 et le 26 mars ont joui d*ulie temperature
presque estivale; le thermom^tre a marqu6 k Gand 18** par le ciel le plus pur.
• «
Fleurs bleiies en hiver. — Si les fleurs blanches produisent le meilleur
effet k la lumi6re artificielle, les fleurs bleues ont certainement une valeur
plus grande k la lumi^re du jour, et pendant la saison d'hiver, on ne
saurait avoir trop de fleurs de ce coloris. A ce point de vue, YEranthenium
netrosum R. Br., qui fut introduit des Indes Orientales il y a un si^cle, devrait
occuper dans nos serres une meilleure place. Cette jolie Acanthac^ a des
fleurs presque semblables aux Phlox, mais elles sont d*un beau bleu et dis-
pos6es en epis axillaires imbriqu6s opposes. Elles se conservent assez longtemps
ctant couples, et les boutons continuent m^me a s'^panouir. L'Eranthemum
se trouve le mieux dans une serre assez humide ; il se multiplie facilement de
boutures. Pendant la p6riode de v6g6tation, il demande de copieux arrosements.
Em. Rodigas.
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— 105
PI. VII
MARANTA (CALATBEA) FASCINATOR l. im. i em. rod.
MARANTA ENGHANTEUR
Enchanteur est, en effet, pour tous ceux qui aiment les plantes k beau
feuillage le nouveau Maranta dont U Illustration Horticole donne aujourd'hui le
portrait. G'est une plante a tige tr^s courte, ramifi6e d^s la base et formant
ainsi une louffe channante. Les feuilles sont distiques, le limbe est port6 par
un renflement pubescent fort court, il est etale, r6fl6chi sur les bords, tronqu6
k la base, Ir^s peu acumine au sommet, a nervures secondaires arqu6es, d'un
beau rouge; la nervure mediane est blanche, la face sup6rieure est luisante,
color^ede vert fonc6 vers le milieu, de vert pale sur la marge et d'une teinte
argent^e vers le centre. La face inferieure est d'un beau coloris pourpr6 plus
ou moins fonce suivant Tage des feuilles.
La plante a et6 d^couverte au Bresil, dans la province de Bahia, par
M. Fl. Claes, un des botanistes voyageurs de L'Hortigulture Internatio-
nale, a Bruxelles. II en a imports une dizaine de variet6s fort dlstinctes par la
coloration du feuillage. Lanouvelle venue rentre dans le groupe des Maranta
(Calathea) Massangeana et Kerchoveana (') qui se rapproche du Maranta
bicolor; de plus, I'inflorescence que nous avons sous les yeux nous permet de
les consid6rer comme des formes du^Maranta leuconeura egalement d'origine
bresilienne, decrit et figure en 1875 par Edouard Morren dans la Bdgique
horticole, tome XXV, p. 172 (*).
Le Maranta leuconeura type est une gracieuse plante naine k feuilles moir6es,
avec nervures secondaires, d'un blanc argente. L'inflorescence est axillaire sur
une hampe ascendante, d'une dizaine de centimetres de long. Les fleurs sont
petites, blanches et relev6es de quelques petites ponctuations pourpr6es.
Le Maranta Massangeana, d6crit aussi par Edouard Morren dans la
Bdgique horticole de 1875, se distingue du Maranta leuconeura par la colo-
(«) Voir UlUustration Horticole, XXVI"* volume, 1879, p. 106.
(*) IMja signal^ par le mdme auteur dans la Belgique horticole de 1874, p. 323.
— 106 —
ration de son feuillage, marqu^ par une bande grisfttre longeant la nervure
m6diane et par les larges macules rouge brun passant au vert fonc6 presque
noirStre k mesure que les feuilles avancent en age. Gomme dans la plante qui
nous occupe, les feuilles offrent le caract^re le plus vari6 dans leur jeune
age. La culture de ces Maranta ne pr^sente aucune difficult^ : comme Ta dit en
peu de mots notre confrere M. Ed. Andre, dans Tarticle prerappele : « Cul-
ture en terre leg^re, sablonneuse et terreau de feuilles, ombre, lumi^re,
humidity et chaleur, » telle est la culture qui convient a ces jolies miniatures.
Em. Rodigas.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Dipladenia boliviensis. — Les Dipladenia sont des arbrisseaux grimpants,
quelquefois des esp^ces ligneuses a la base seulement, a feuilles opposees,
enti^res, garnies a la base de glandes, d'od leur nom g6n6rique. Les fleurs,
disi)Osees en grappes terminales ou axillaires, sont g^n^ralement de nuance
pourpr^e. Aux esp^ces connues dans les cultures est venu s'ajouter dans ces
derniers temps le Dipladenia boliviensis, tr^s belle plante de serre chaude, k
fleurs blanches ayant la gorge de la corolle d'un beau jaune.
Dipladenia eximia. — Superbe esp^ce, originaii-e de TAmerique tropicale.
Rappelle le D. acuminata, seulement les fleurs sont d'un beau rose et mesurent
jusque 0™08 de diamMre.
Fourcroya albispina. — Gette Amaryllid^e, originaire de TAm^rique
centrale, a fleuri Y6i6 dernier au Jardin botanique de Palerme. Les feuilles sont
disposees en une rosette dense; elles sont au nombre d'une vingtaine, ensi-
formes, presque coriaces, d'un vert pale, garnies sur les bords de i>etites Opines
blanchalres. La hami)e florale, qui atteint plus d'un m^tre de hauteur, est
paniculee et porte des fleurs pendantes, d'un blanc verdatre.
Gladiolus platyphyllus. — Gette nouvelle esp^ce a et6 imports de
Gafrerie par M. Max. Leichtlin, a Baden-Baden. Les fleui's, disposees en 6pis
laches sur une hampe d'un m^itre de long, ont un tube d'environ 0^06 de
longueur. Le limbe est d'un beau jaune travers6 dans sa longueur par des
veines rouges.
Justicia carnea. — Gette magniflque Acanthac^e, qui fut introduite du
Br6sil il y a une soixantaine d'ann6es, est loin d'etre r^pandue comme elle
le merite. Elle est connue cependant dans quelques cultures sous le nom de
Cyrtanihera magnifica Nees. G'est un sous-arbrisseau a tige quadrangulaire,
d'un colons terne, les feuilles sont ova les aigues au sonmiet, a base obtuse;
— lor-
ies fleurs, dispos6es en ^pis thyrsoKdes terminaux, sont nombreuses, serr6es et
imbriqu6es et d'un beau coloris rose 6carlate. La plante se multiplie par
bouiures faites de jeune bois; elle se contente de terre de bruy6re sableuse en
melange avec de la terre Tranche. Elle peut passer V6t^ en plein air k une
exposition chaude.
Kalanchoe grandiflora. — Gette Grassulacee est originaire d'Abyssinie
oQ elle croit sur les montagnes granitiques. G*est une des plus belles esp^ces
de la region, d'apr6s Schweinfurth, qui I'introduisit vivante en Europe. Son
feuillage est glauque argents, parsem6 de macules irr^guli^res pourpr^es; elles
sont ovales et a bords sinu6s. Les fleurs sont dispos^es en grappes de 0"10 de
diain^tre, elles sont d'un blanc pur et munies de longs tubes d'un beau rose.
Lasiosiphon anthylloides. — G'est un d^gant arbuste, originaire de
TAfrique nieridionale, appartenant a la fainille des Thym^l^ac^s. II a la tige
dress6e, les feuilles oblongues lanceol6es, r6volut6es, velues a la face inf^rieure.
Les fleurs sont dispos^es en une ombelle presque sessile ; elles sont munies
d'un long tube grele et velues ext^rieurement, le coloris est d'un beau jaune.
Bzacum macranthum. — Le genre Exacum, famille des Gentian^es, est
encore un de ceux dont les repr6sentants ne figurent que dans les Jardins
botaniques, si meme ils y figurent, et pourtant quelques espfeces m6riteraient
plus d'attention. De ce nombre est V Exacum macranthum, dont un exemplaire
apport6 derni6rement k un meeting de la Royal Horticultural Society, de
Londres, par Sir Trevor Lawrence, a obtenu un Gertificat de 1*^ classe,
d^erne a Tunanimit^. Tous les ans les visiteurs admirent I'effet que la jolie
plante produit dans une des serres de Kew. Elle n'a que 0™30 de hauteur. Ses
feuilles ovales lanctol6es aigues, un peu engainantes, oppos6es, sont d'un beau
yert. Les fleurs sont grandes et nombreuses; leur coloris est d'un bleu marin
fonc^ avec lequel contraste le disque central qui est jaune brillant de meme
que le pistil. Le Gardeners' Chronicle, qui donne une figure de la plante,
feit remarquer que le bleu et le jaune, deux couleurs primaires, se trouvent
rarement r^unis dans la meme fleur.
Hymenocallis concinna. — Gette Amaryllid^e mexicaine est caract^ris^e
par la petitesse relative de son bulbe et une hampe florale de O'^GO portant une
ombelle de nombreuses fleurs tubul^es blanches, a lobes lin^ires.
Hippeastnim brachyandrum. — Amaryllidee introduite r^cemment k
Kew, de Buenos- Ay res, et figuree dans le numero de mars du Botanical
Magazine. Les feuilles sont lineaires, 6rigees; la hampe est longue de 0™30 et
porte une fleur solitaire, longue de O'^IO en forme de coupe, d'un beau coloris
rose au sommet passant k la couleur lie de vin vers la base. Aux Jardins de
Kew, des plantes obtenues de semis en 1890 ont fieuri en 1893 sur coti^re
expos^e au midi. Em. R.
— 108 —
M. JEAN LINDEN
II est dans la botanique et dans la science horticole comme dans rhortlcul-
ture pratique peu de noms aussi noblement port^s, aussi justement c^l^bres
que celui qui nous inscrivons en tete de cet article. A I'oc^^asion du 50™« meeting
de la Soci6t6 L'Orchideenne, k Bruxelles, MM. Jean Linden et Lucien
Linden, le p^re et le flls, ont 6te Tobjet d'une manifestation publique a la fois
si imposante et si cordiale, de la part de ceux qui, en Belgique comme au dela
des fronti^res, comme par dela le d^troit, aiment les plantes et les fleurs, que les
h^ros de cette ftte ont dti en 6prouver la plus vive Amotion; et, comme Ta dit
I'un d'eux dans un rapport sup ce 50"* meeting, ils n'ont pas ambitionn^ une
meilleure recompense ; ils ont 6t6 heureux de voir appr6cier de la sorte ce
qu'ils ont fait et ce qu'ils ne cesseront de faire en vue du bien g^n^ral et des
progr6sde la culture des Orchid^es en particulier. « Gette manifestation, a dit
M. Lucien Linden, m'a vivement touch6 et sera pour moi le plus puissant
encouragement. »
A cette meme occasion, le Gardeners' Chronicle a public un portrait de
M. Linden p6re, en Taccompagnant de quelques lignes concernant celui- ci.
II a rappel6 que les voyages, les d^couvertes et les travaux de ce veteran de
I'horticulture sont trop bien connus pour devoir etre d6taill(§s. Nous pourrions
nous borner egalement a une citation de ce genre, seulement nos lecteui-s
nous en voudraient si nous nous permettions un semblable laconisine. Et
M. J. Linden a si longlemps dirige U Illustration Horticole que ceux qui n ont
pas Tavantage de le connaitre deja personnelleinent seront charmes de retrou ver
ses traits dans ces pages ainsi que quelques details sur sa carri^re.
M. Jean Linden naquit en 1817 a Luxembourg. Avant d'avoir termini ses
etudes a la Faculty des Sciences, a Bruxelles, il fut charge, a I'age de 19 ans,
par le gouvernement beige, d'une mission qu'il commenQa en 1835, accom-
pagne de Funck et Ghiesbrecht. II debarqua k Rio de Janeiro le 24 de-
cembre 1835, il explora les provinces de Rio, de Spiritu Santo, de* Minas
Geraes et de San Paolo. Les collections rapport6es par lui du Bresil en 1837
eurent a Bruxelles les honneurs d'une exposition publique.
En decembre 1837 il parcourt le nord et Touest de Cuba; Tannde suivante,
il sillonne Tint^rieur du Mexique, malgre les dangers sans nombre auxquels
I'expose r^tat de guerre dans lequel cette malheureuse r6publique se trouve
engag^e; il visite le plateau d'Anahuac, le volcan de Popocatepetl, le pic
d'Orizaba et tout le versant oriental de la Gordill^re mexicaine. Apr^s deux
ann6es de courses incessantes et de reclierches des plus fructueuses dans le
— 109 —
domaine du rj>gne yfgfital, il s'embarque ft Vera-Cruz pour Camptelie d'oCi il
^tendses ioTestigations surle Yucatan. C'est pendant une de ces expeditions,
k la Laguna de Terminos, qu'il est frapp6 d'une attaque foudroyanle de fi&vre
jaune, dont il est sauve comme par miracle, mais qui est suivie d'une p^nible
cpnyalescence de trois longs mois. A peine rfitabli, il se rend par mer dans
I'Etat de Tabasco, explore ensuite les regions elev^es de Cliiapaz, penMre dans
ie nord du Guatemala en pleine revolution et revient sur le golfe du Mexique en
appujant sur les cotes de la iner du Sud. A la fin de 1840, les fifivres le
M. Jban Lin
reliennent a Guadelupe de Frontera, d'oft il se rend aux Etats-Unis en passant
parComptehe et La Havane. En 1841 il revient en Belgique od il prend quel-
ques seniaines de lepos, se pr^parant au grand voyage qu'il projetle de faire en
Coloinbie. Heureuse chance, il est mis en rapport avec I'illustre savant
Alexandre von Humboldt, une des gloires du XIX"* sitele, qui connaissait
celte riche lerre colombienne, les belles vallees de Caracas, le rivage de la mer
avec son ciel 6t«rnellement serein, et ce bassin de I'Orenoque od la vegetation
— 110 —
d^ploie toute la splendeur de la nature tropicale. Un ^pais tapis de verdure y
enveloppe les troncs des arbres gigantesques, qui naissent de toutes parts d*uQ
sol arros^ par des sources abondantes ; et parmi cette verdure 6tincellent,
comme de brillants papillons, les fleurs des plus belles Orchid6es. Ici ie vert
riant de la Ganne a sucre tranche sur le feuiUage obscur des Gacaoyers qui
abondent dans les vallees chaudes et humides du Venezuela; lA, les huttes des
Indiens sont entour^s de bananiers, de mais, de vignes et de fleurs.
Ge tableau charniant etait fait pour exciter chez notre jeune explorateur un
nouvel enthousiasme. Humboldt pourtant lui avait dit que « de cette plenitude
de vie organique, on passe brusquement k la lisi^re d*un d6sert d^pourvu
d'arbres et I'oeil rencontre des steppes qui bornent Thorizon dans un lointain
inflni. Pas une coUine, pas un rocher ne s'616ve dans Fimmense espace. Qa et
la seulement des couches horizontales bris^es noinm^s mesas sont sensible-
ment plus ^lev^es. Lorsque les astres, dans leur ascension et leur abaissement
rapides, 6clairent la lisi^re de la plaine ou lorsqu'ils r6fl6chissent leurs lueurs
tremblantes dans la couche inf6rieure des brouillards flottants, on croit avoir
sous les yeux une mer sans rivage. Gomme I'oc^an, la steppe saisit le coeur du
sentiment de Tinfini. » Dans les Llanos, Therbe haute cache le jaguar k la
peau mouchet^e; au bord du marais fangeux, sort de dessous terre un enorme
seri^ent ou un crocodile faisant fuir tout ce qui vit. Puis la region des Gordil-
l^res, o£i la temperature est extremement inconstanle, oCi les orages sont fre-
quents et epouvantables ; les plateaux d^couverts alternant avec les forels
impenetrates, les rochers abrupts et souvcnt inaccessibles, avec les petites
valiees aux nombreux lacs alpins bornees par des glaciers et par des neiges
perpetuelles : la has la vie, ici reternel silence ! Rien de tout cela n'effraya
notre naturaliste. Gomme il nous le disait naguere : « J'ai conserve de men
premier voyage en Amerique et de mon sejour au Bresil qui ne dura pas moins
de deux ans, comme un souvenir de feerie. Gela me semble si loin, et tout cela
est reste si beau dans mon esprit ! Vous ne vous imaginez pas quel enthou-
siasme, quelle frayeur sacree et quel courage nous transporterent a la fois,
lorsque mes compagnons et moi , nous arrivames a la lisiere des forets vierges.
« Quand je revis ces moments-la, en moi-meme, je suis encore tout heureux
et fremissant. Nous voyageames, pendant de longs mois, sous les hauts arbres,
sans voir le ciel, dans une lumiere tres douce, tamisee par les feuillages epais.
On devinait le soleil. La nuit, quand on etait etendu dans le campement, des
idees de tristesse nous assaillaient parfois. Mais, comme c'etait oublie, le
lendemain matin! »
Le 27 decembre 1841 M. J. Linden arrive a la Guayra. A peine debarque
il explore les flancs de la Gordiliere du littoral venezuelien dont la base est
caressee par les vagues de la mer des Antilles et dont les cretes se perdent
— Ill —
dans la region des nuages. Il parcourt les versants 61ev^s du Cerro de Avilo,
feit FAscension de la Silla de Caracas, consacre ensuite trois mois a explorer
dans tous les sens la province de Caracas. C'est pendant ces excursions que le
voyageur se pr^occupa plus particuli^rement du point de savoir si Ton ne
pouYait pas cultiver les Orchid6es a froid. Gar, ce qui d^plaisait beaucoup aux
arnateure, c'est qu'il fallait entretenir ces planles dans des serres chaudes.
Dans une expedition sur un des plus hauts soramets de la chaine des Gor-
dill^res, il rencontra des Orchidees en fleurs dans une region oQ la tempera-
ture s'abaissait chaque matin jusqu*^ la gel^e. La demonstration 6tait faite, et
Ton pouvait hardiment imiter la nature.
De Caracas M. J. Linden se dirige vers Fouest par la d^licieuse valine
d'Aragua en passant par San Mateo, lieu de naissance de Bolivar, le lib6rateur.
De Valencia il marche vers le nord, et ayant gravi de nouveau les montagnes,
il descend a Puerto-Gabello, d'od il part pour la province de Barquisimeto,
en passant par la foret de San-Felipe, dont les emanations morbides sont
extr^mement redoutables.
II traverse la steppe de Quibor. Au pied des premiers contre-forts des Andes,
il est arrets par le Rio Tocuyo que les pluies ont change en torrent, il en force
le passage au prix de quelques mules et des collections faites depuis San Felipe.
II continue a gravir les flancs de la Gordill6re et s'arrete a un rancho situ6 a
2750 metres d'altitude, od malgre le froid vif du matin ( — 2"*), s'^tale une
riche flore alpestre. A ces hauteurs, il trouve plus d'une fois la terre durcie
par la gelee, et malgr^ cela fait d'abondantes recoltes. II franchit le redou-
table Paramo de Macuchies, situ6 a 4012 metres au dessus du niveau de la
mer, et arrive a Merida, chef lieu de la province de ce nom. II consacre
plusieurs mois a Texploration fructueuse de cette province et de celle de
Trujillo; il passe le Rio Tachira et p6n6tre par la province de Santander dans
la Nouvelle Grenade, se dirige au sud, parcourt les provinces de Soto, Socorro
et Velez, et arrive a Bogota en octobre 1842. II visite le haut plateau et les
montagnes environnantes. En d^cembre, il descend des regions froides vers le
bassin du Rio Magdalena, qui, en face de Melgar, a une distance de 350 lieues
de son embouchure, a d6ja 100 metres de large ; il passe ce fleuve a la nage
avec sa caravane, traverse les grandes plaines de TEspinal et s'arrete a Ibogu6,
chef lieu de la province de Mariquita, situ6 au pied des montagnes du Quindiii
et du majestueux pic de Tolima dont la cime neigeuse domine toute la Gor-
dill^re Orientale de la Nouvelle Grenade. II fait Tascension du ToUma dont il
atteint la limite des neiges et od il campe le 5 Janvier 1843, a une altitude de
4930 metres. Pendant plusieurs semaines il explore ces parages Aleves, puis il
p^n^tre dans les immenses forets de Quindiu et de la dans les basses regions
de la vall6e du Gauca, poussant jusqu'aux rivages de la mer du Sud. Le 17 aoat.
— 112 —
il rentre a Caracas, il part le 16 novembre de la Guayra pour Puerto-Cabello
d*o(l il se rend k Rio-Hacha, sur la c6te de la nouvelle Grenade, dans le but
d*explorer la myst^rieuse Sierra Nevada de Santa Marta quil parcourt dans
tous les sens. Apr^s des dangers sans nombre, il atteint le sommet du Nevada,
a 4800 metres d*altitude, voyant de ce point culminant la mer des Antilles, le
lac de Maracaybo, toute la peninsula de la Goigira, les hautes montagnes de
la province d'Ocana,'le fleuve Magdalena et les basses for^ts du Darien. II fait
ensuite une excursion non moins i)6rilleuse k Tint^rieur de la Goajira habits
par les Indiens feroces et anlhropophages. II s'embarque a Rio-Hacha pour la
Jamaique et de la il se rend a Tile de Cuba dont la partie orientale, couverte de
hautes montagnes, n'avait pas encore 6t6explor6e scientifiquement; pendant
six mois, il parcourt ces parages, qu'il quitte apr^s le terrible ouragan qui
devasta cette ile en octobre 1844; il retourne aux Etats-Unis et rentre d^flni-
tivement en Europe en fevrier 1845.
M. J. Linden s'etait embarqu6 pour la premiere fois a Anvers en 1835; il
avait done passe a i^eu pr6s dix ann^es de sa vie en Am^rique, rapportant de
ses lointaines i)eregrinations des milliers d'esp^ces nouvelles appartenant k
tous les genres du r^gne v^g<^tal et ouvrant a Fhorticulture des sources
d'immenses benefices et dotant la botanique d^ deoouvertes d'un prix inesti-
mable. Parmi ces decouvertes, les Palmiers et les Orcliid^es occupent une large
place. Aussi pas un seul des amateurs beiges de ces nobles et ravissantes plantes
n'a fait defaut a la fete du 11 mars dernier, lorsqu'il s'est agi de r^it^rera
M. J. Linden I'expression de la reconnaissance de Thorticulture nationale toute
enti^re pour les iinmenses services rendus par ses exjilorations et ses imi)or-
tations a Thorticulture et a la botanique. Ses decouvertes et ses travaux
ont ele hauteiiient apprecies, non sc^ulement par les Souverains de ses deux
patries, le Grand Duche et la Belgique, inais aussi par les autres puissances
europeennes. II est conmiandeur des Ordres de Leopold, de la Couronne de
Ghene, de Francois-Josei)h d'Autriche, de Stanislas avec la Couronne, de
la Couronne d'ltalie, oflicier de la Legion d'honneur, de la Couronne de
Prusse, etc. Pendant 16 ann^es, il a repr^sent6 son pays natal a Bruxelles
comme consul general.
Peu de temps apr^s son retour, M. J. Linden fondaa Bruxelles son 6tablis-
sement d'horticulture, a Tendroit meme od son heureuse et verte vieillesse lui
permet de suivre encore chaque jour la marche et les progr^s de T^tablissement
de L'HoRTicuLTURE Internationale dans lequel son fils M. Lucien Linden
continue avec autant de savoir que de talent I'oBuvre paternelle. G'est de \k
encore que M. J. Linden dirige, comme il Ta fait depuis son retour en Europe,
une longue serie d'explorations en traoant leur itin^raire a des collecteurs aux-
quels il indique la voie a suivre et les richesses a d^couvrir, car, il connait
— 113 —
t
les forftts du Br^sil, le Mexique, la Golombie, le Venezuela et les autres regions
qu'il a parcourues il y a plus d'un demi-si^le et il a conserve le souvenir le
plus lucide des contr^es qu'il a travers^es et oft Ton trouve encore aujourd'hui
de nouyelles richesses. En ce moment, sept expeditions parcourent, sous
sa direction, diff^rentes contr6es lointaines. Une des explorations les plus
importantes, au point de vue botanique, est celle qu'il a fait entreprendre des
rives du grand fleuve des Amazones et de ses principaux affluents, le Tapajoz,
le Madeira, le Rio Negro, le Rio Branco.
Les d6couvertes et les importations faites par MM. Linden ont donn6 au
commerce horticole une grande impulsion. Aussi aimons-nous a rapporter le
passage suivant du toast port6 par M. J. Linden au banquet du 11 mars 1804.
« Depuis Alexandre de Humboldt, qui ne signala que peu d'esp^ces d'Orchi-
dfes, jusqu'^ mon arriv6e dans les Andes, les plus brillants repr^sentants des
genres Gattleya et Odontoglossum, ainsi que bien d'autres esp^ces de grand
m6rite, 6taient encore k d6couvrir. J'eus la bonne fortune d'arriver bon pre-
mier, mais je fus suivi de pr^ par Hartweo, voyageant pour comple de la
Soci6t6 royale d'horticulture de Londres. Nous nous rencontrames a Bogota,
et ce fut pendant une excursion que nous fimes ensemble, que nous d^cou*
vrlmes, pr6s de Pacho, V Odontoglossum crispum, qui a fait remuer des millions
pendant ces derni^res ann^es. » Em. Rodigas.
PETITES NOTES DE CULTURE
Vriesea brachystachys. — Gette esp^ce n'acquiert pas de grandes pro-
portions, mais le feuillage, les inflorescences et le port sont des plus distingu6s.
Les bract^es surtout, d'un rouge intense nuanc6 de pourpre k la base et d'un
orange vif au sommet, commandent Tattention. Ce coloris persiste plusieurs
raois. La plante fleurit en ce moment, on la cultive le mieux en pots de O'^IO
de diam^tre, dans un compost de terre de feuilles avec addition de sable.
Acalypba. — Ce genre d'Euphorbiacee, bien qu'il compte au deli de deux
cents esp^ces appartei^ant aux regions chaudes des deux mondes, n'est repr6-
sent6 dans les cultures europ^ennes que par une couple d'esp^ces, notamment
par VAcalypha macrophyUa ou latifolia dont il a 6t6 question dans UIllus-
tration Horticole^iome XXIV, p. 59, et par 1'^. Macfeeana auquel un certiflcat
de !'• classe a 6t6 d6cerne en d6cembre dernier par la Societe royale d'horti-
culture de Londres. Ces plantes exigent la serre chaude, beaucoup de luml^re
et pas trop d'humidit6, sinon les feuilles n'ont pas la rigidity voulue. Lorsque
— 114 —
les plantes ont acquis trop d'el6vation, pour une cause ou pour une autre, on
fait mieux de les supprimer, la multiplication par yoie de bouturage etant
aussi simple que facile.
Peperomia. — Les esp^ces de ce genre des Piperac^es ne sont pas r^pan-
dues comme beaucoup d'entr'elles pourraient T^tre. Leur nombre est aujourd'hui
de pr^s de quatre cents. Plusieurs croissent k Tetat d'^piphytes dans les for^ts
des regions chaudes ou temp^rees de TAm^rique, tel est le cas pour le P, rese-
daeflora, originaire de Nouvelle-Grenade, et le P. prostrata, qui v6g6te admi-
rablement, en corbeilles suspendues, dans un melange de terre fibreuse, de
sphagnum et de bois d(^compos6.
Gallipsyche. — Charmant petit groupe d'Amaryllid^s dont on ne connalt
encore que trois esi)6ces, appartenant a TAmerique tropicale. L'une d'elles est
le C. aurantiaca qui fleurit en d^cembre et Janvier et qui demande alors de
I'eau en abondance. Les bulbes peuvent etre ensuite conserves dans un milieu
sans exc^s d'huniidit^, mais sans etre exposes a se dess^cher.
Dietes bicolor. — Gette gracieuse Iridee, originaire du Gap de Bonne
Esp^rance, se contente de la serre temp^r^. On peut m6me, pendant T^te,
la mettre en plein air. II lui faut une terre leg^re et riclie en terreau. Elle se
multiplie aisement par division des rhizomes et par voie de semis. La plante
fleurit en mai.
Chrysanth^mes greffto. — Dans le pr6c^dent volume de U Illustration
Horticoh nous avons parle de la persistance des plantes de Ghrysanth^mes
obtenues par voie de greflage sur Anthemis. Nous avons vu recenmient chez
M. Alexis Gallier, amateur gantois, des specimens de la troisi^me ann^e de
greffe montrant des bourgeons nouveaux comme ceux de la seconde ann^e.
Tout n'est done pas a recommencer, comme on le supposait; le Ghrysanth6me
grefle est une plante durable.
Begonia Gloire de Lorraine. — Gette vari6t6 est une de celles qui
meritent toute recommandation pour la production hivemale des fleurs. La
Societe^ royale d'horticulture de Londres a d6cern6 a Tun des meetings de la
fin d'octobre un certificat de premiere classe k de superbes exemplaires pr6-
sentes par le jardinier de M. L. de Rothschild, d'Ascott. lis ^»taient cultivfe
en pots, les boutures avaient 6t6 faites en juin et les plantes soumises a une
temperature de 12^ a 16° centigrades. La terre qui convient le mieux a ces
sortes de plantes consistc en un melange d'un quart de terre forte, d*un quart
de terre de bruy^re, d'un quart de terreau de feuilles et d'un quart de sable
blanc.
Thunbergia Harrisi. — G'est, sans contredit, une des plus belles espies
parmi les lianes des tropiques. Ge sont les pousses laterales qui produisent les
rao^mes de fleurs d'un superbe bleu fonc6. La plante qui rappelle le Thunbergia
— ^ 115 —
grandiflora et qui est connue aussi sou$ le nom de Th. laurifolia fleurit au
milieu de Fhiver, tandis que les fleurs d*un coloris moins intense du Th, gran-
diflora sont produites en 6t6. II leur faut un espace assez ^tendu et les branches
doiTent pouvoir 6tre fix6es k la toiture de la serre. Le Gardeners' Chronicle
recommande de planter le Th. Harrisi dans un rfche sol argileux. Les pousses
inutiles qui se produisent noinbreuses a la base de la tige doivent dtre suppri-
mees. Un bel exemplaire cultiv6 dans la serre aux palmiers du Jardin bota-
nique d'Edimbourg etait en pleine floraison k la fin de f6vrier dernier^
Rempotages. — II est assez difficile de tracer une ligne de demarcation
bien nette entre les plantes de serre et celles qui sont utilisees en plein air
pendant la belle saison seulement. Elles naissent dans la serre, elles y passent
leur premiere jeunesse et ne sont livr^es au plein air qu'apr^s avoir atteint
une certaine proportion et la vigueur voulue. Nous ne parlous pas m^me de
celles qui sont bouturees et repiqu6es sur couche depuis le premier printemps
etquiservent k planter les corbeilles mosaiques. Nous faisons allusion a un
grand nombre d'autres genres tels que les Goleus, certains Dracaena et une
serie de plantes dites plantes molles. Gelles-ci ont subi un premier rempotage
en fevrier et peuvent en subir un second si les racines se sont convenablement
d^velopp^es. Ge second rempotage a lieu dans un melange de parties ^gales de
terreau de feuilles, de terre forte et de sable blanc.
Qerodendron splendens. — Gette espace, originaire de Sierra Leone, a
besoin de la serre chaude et de beaucoup de lumi^re. Moins vigoureuse dans
son d^veloppement que le CI, speciosum ou le CI, Thompsoniae, elle se pr^te
surtout k la culture en pot. Le Gardeners' Chronicle recommande I'emploi
d'un compost dans lequel pr6domine la terre de tourbe avec addition de terreau
de feuilles et de sable blanc. La plante est grimpante, a feuilles persistantes,
d'un beau vert. Les fleurs d'un ecarlate ^clatant avec pistil et diamines vert
jaunatre sont dispos^es en corymbe sur des panicules terminaux et se
conservent longtemps dans toute leur fraicheur. La plante etait en pleine
floraison dans la serre aux palmiers du Jardin botanique d'Edimbourg au
commencement du mois de mars.
Bonvardia. — II est inutile de rempoter les Bouvardia ciiaque ann6e. II
sufflt largement de leur faire subir ce traitement tous les deux ans. En mars
on les rabat k 5-7 centimetres au dessus du pot. On leur donne un nouveau
surfaoage, c'est-a-dire qu'on renouvelle la terre k la surface du pot. On recom-
mande sp^cialement d'ajouter k la terre nouvelle une certaine quantity de
Tengrais Thomson, dans la proportion d'un kilogr. d'engrais sur une douzaine
de kilog. de terre franche. Les plantes seront plac^es dans une serre oQ la
temperature nocturne soit maintenue k i2^ centigrades et oft r^gne une atmos-
phere humide.
— 116 —
PelargonJum & feuilles de lierre. — Les plantes obtenues de boutures
faites au mois d*aoilt conviennent le mieux pour donner I'^te suivant une
abondante floraison, qu'on les emploie pour la culture en pots ou pour la for-
mation d'el6gants parterres en plein soleil. Gependant les plantes plus ag6es
ne doivent pas etre supprime'es. On peut les utiliser dans les corbeilles sus-
pendues ou bien a la garniture de piliers; pour cela il sufflt de les rempoter
ou m^me de proc6d(T au surfaqage avec addition de terreau de fumier. Les
variet^s suivantes, cultivees a I'Ecole dliorticulture de TEtat a Gand, ont donn^
la plus riche floraison : UEdatantj Berthelot, Bastien Lepage, Jeanne d'Are^
Gloire de Nancy, ifoile de Gand, Alice Crousse, Konig Albert (k fleurs
pleines), Henri Martin, Le Printemps^ Gloire d'OrUans, VHeran, Fantaisie
et Boucharlat ami.
Streptosolen Jameson! . — La redaction du Gardeners* Chronicle a re^u
de deux points assez eloignes en Anglelerre des fleurs de cette belle plante
qui Alt introduite doja en 1847, mais qui est encore trop peu connue dans les
jardins. La plante se multiplie faciloment de boutures prises avec talon et
piquees sur couche avec chaleur de fond de 25° G. EUe n'a pas de rivale
pourgarnir des piliers ou des muraillcs. Une petite plante cuUiv6e il y a deux
ans dans un pot de 0'"20 couvre actuelleinent une muraille de plus de trois
metres de haut sur pre^s de six metres de large. La plante ne prcsente en ce
moment qu'un bouquet de flours. II ne faut pas la tailler trop S(^v6renient apr^
la floraison ; il est bon de lui donner de temps en temps de I'engrais liquide
pendant I'et^. On peut la traiter comme les Bouvardia.
R. d'Eelen.
EXPOSITIONS ANNONCEES
La Societi royale d*horticidture de la Province de Namur tiendra le 18 et
le 19 novembre 1894, une Exposition de Ghrysantli^mes, Gyclamen et (Eillets
remontants. Pour le programme, s'adresser a M. Ad. Dupont, secretaire,
rue de Per, 38, a Namur.
Massachusetts Horticultural Society, — Nous avons sous les yeux le
programme des Expositions de plantes, fleurs, fruits et legumes, que cette
Societe tiendra k Boston en 1894. II y aura 732 concours auxquels seront
attribues 40,000 francs. La Societe dispose de plusieurs fondations impor-
tantes faites en sa faveur par divers promoteurs de I'horticulture.
— 117
CAUSERIE HORTICOLE
PRODUIT IMPORTANT DE LA VENTE DES FLEURS
COUPEES DORCHIDEES
30 Avril 1894.
Quoique les Orchid^es soient aujourd'hui connues et cultiv^es un peu par-
tout, bien des jiersonnes se figurent encore que ces belles plantes sont inabor-
dablespour une fortune moyenne ou modeste.
Sans doute, il existe des espfeces ou des vari6t6s rares cot6es k des prix tr6s
61ev6s, et la formation d'une collection assez complete est un luxe que tout le
monde ne pent pas s'offrir ; mais beaucoup d'esp6ces d^une tr^s grande beaute,
et des plus cel^bres de la faraille, se vendent a des prix tr^s mod6r6s. D'autre
part — et c'est sur ce point que je me propose aujourd'hui d'insister, — il est
possible de diminuer d'une fagon tr6s considerable les frais d'une collection,
et m^me, si Ton le desire, d'en faire une entreprise de rapport tr6s fructueuse,
ce qui permet au collectionneur de justifier sa passion aux yeux des personnes
qui ne la partagent pas. Les amateurs d'Orchidees se voyaient parfois repro-
cher le goflt de ces plantes comme une fantaisie coftteuse et n'apportant avec
elleaucun profit. Eh bien, ce profit existe, et je n'h^site pas a afflrmer qu*une
entreprise de culture sp6ciale d'Orchidees pour la fleur coup6e, bien et prati-
quement concue, donnerait des benefices bien sup^rieurs a ceux de n'importe
quelle production horticole, que ce soient des primeurs, des fleurs, des fruits
ou des plantes.
Cest ce que je vais m'eflfbrcer d'^tablir ; toutefois je commencerai par
quelques indications g6n6rales sur la facon d'organiser une entreprise de
grande culture.
Les fleurs d'0rchid6es sont aujourd'hui, et depuis bien des annees, les reines
de la mode et forment Tornement le plus appr^cie des bouquets ; pas une grande
fete, pas une reception princi^re, pas un banquet od elles ne figurent k la
place d'honneur. Quelles que soient les quantites envoy^es sur les marches de
Londres et de Paris, Toffre ne sufl!it jamais k la demande ; tout producteur bien
install^, bien monte et qui pourrait fournir rigulihrement aux fleuristes des
grandes villes une certaine quantity de fleurs des meilleures esp^ces, serait done
assure de les placer sans peine : tout ce qu'il pourrait envoyer serait accepts.
— 118 —
Mais il faut que Tacheteur puisse compter sur une production r^gulifere, et il
faut, par suite, que le producteur ait des serres instances d*une facon ration-
nelle, renfermant des quantit^s assez importantes de plantes choisies parmi les
esp^ces qui conviennent le mieux a cette destination.
Lorsqu*on se propose de cultiver les Orchid^ pour la vente des fleurs, tout,
dans la culture aussi bien que dans la construction des serres, doit concourir k
ce but. Autre chose est de cultiver pour Vagriment, autre chose de cultiver pour
le rapport, II faudra modifier certaines serres ou en construire de nouvelles
adaptees sp^cialement k la grande culture.
Presque toutes les serres conviennent aux Orchid6es, toutes ne leur
conviennent pas. II faut ^tudier Tam^nagement des locaux, faire un choix
^claire des esp^^ces qui s'accommodent le mieux des conditions dans lesquelles
on peut les installer, et de celles qui peuvent produire le plus ; bref, il faut
conduire son entreprise de la fagon la plus rationnelle et ne rien laisser au
hasard, qui peut bien faire des miracles, mais qui n*a jamais produit une bonne
culture.
Les serres doivent etre pratiquement am6nag6es, construites d'une facon
^conomique, dispos^es d*une facon k loger le plus grand nombre possible de
plantes dans un espace minimum, et chauff^s ^galement avec ^conomie.
Le module de serres qui convient le mieux est celui des petites serres basses
bien a6r6es. Les grandes serres avec gradin au milieu ne se pr^tent pas bien k
la culture en grand pour la fleur coup^; il faut pouvoir placer les plantes
aussi pr^s du jour que possible, et les prendre en mains sans peine et sans
derangement. On salt d'ailleurs qu'une bonne exposition influe beaucoup sur la
quality de la floraison : plus les plantes auront eu de lumi^re et de soleil, plus
les fleurs seront richement color6es.
Onconstruira done des serres de 4 metres de largeur environ, de longueur
variable, a double versant, ayant des deux c6t6s des tablettes de 1™50 de pro-
fondeur, et au milieu un sentier de 1 m^tre au moins de largeur. Les tablettes
devront ^tre form^es d'un lattis a claire-voie, et les tuyaux de chauffage places
pr^s du sol, parall61ement aux murailles, seront reconverts d'une coucbe de
c6tes de tabac pour chasser les insectes; enfin, des ventilateurs assez nom-
breux seront m^nag^s au bas et au sommet. Une serre de ce genre ayant a peu
pr^s 50 metres de longueur peut contenir de 5 a GOOO Odontoglossum crispum
ou 3000 Cattleya de taille moyenne.
Quant k la culture, elle doit ^tre un peu modifi^ en vue de la floraison, ce
qui exige certaines connaissances qui ne reinvent que de Texp^rience de celui
qui Tinstallera et la conduira.
Ainsi que je I'ai d6j^ indique, les cultures d'Orchid^es pour la grande produc-
tion devraient etre installees uniquement en vue de ce r6sultat, et dans le
— 119 —
mfime esprit que les cultivateurs de raisin de Hoeylaert, pr6s de Bruxelles, ont
si bien compris k leur tr6s grand avantage. Ge n'est pas, en effet, du raisin
pour Tagr^ment qu'ils font, mais pQur la vente; et Timmense reputation qu'ont
aujourdUiui leurs produits, prouve amplement qu'ils ont bien su s*y prendre
pour en tirer profit.
»
« *
Voici comment pourrait s'6tablir le budget d'une entreprise ainsi conQue :
Constrnction des serres, environ fr. 8,000
Achat de 2500 Odontoglossum crispum d'importation, k
5 francs pi^ce , 12,500
Achat de 2500 Cattleya Warocqueana et Trianae d'im-
portation, k 10 francs Tun dans Tautre , 25,000
Total des d^penses a faire . . . . fr. 45,500
Un certain nombre de ces plantes fleuriront d6s la premifere annee, davan-
tage la seconde, mais on ne pent pas compter sur un produit tr^s considerable
les deux premieres ann^es. Neanmoins, ce produit sufflra k payer rintdr^t des
sommes engag^es et k laisser encore un certain b6n6fice. A partir de la troi-
si^me ann^e, toutes les plantes sont en plein rapport, et voici les chifTres sur
lesquels on pent compter :
2500 Odontoglossum donneront. Tun dans Tautre, un minimum de 14 fleurs,
soit 35,000 fleurs chaque annee (*). En vendant ces fleurs au prix tr^s mod6r6
de 0,20 pi^ce, on en retirera une somme de 7,000 francs.
2500 Cattleya, produisant un minimum de quatre fleurs chacun (chiffre qui
serait certainement bient6t d^passe) donneront ensemble 10,000 fleurs par an;
en comptant ces fleurs 0,60 piece, ce qui n*est qu'une estimation tres modeste,
on aura une somme de 6,000 francs, soit au total 13,000 francs environ de
recette, ce qui repr^sente un interet d'environ 30 Wo; et ces evaluations
seraient certainement bien au-dessous de la realite, car en pleine saison, au
moment des etrennes notamment, les fleurs se vendent deux ou trois fois plus
cher que je ne Fai indique.
Les fleurs d'Orf. crispum se vendent ordinairement de 30 k 60 centimes
piece, et celles de Cattleya, un franc et plus; mais je ne suis pas partisan des
prix trop eieves, qui empechent la clientele de s'accroitre; tout le monde ne
pent pas payer un bouquet plusieurs louis. En adoptant des prix plus raison-
nables, on donnerait au goClt des fleurs d^Orchidees une impulsion bien plus
grande.
(') Je trouTe pr^cis^ment dans le Gardeners* Chronicle de Londres du 14 avril dernier
one note relative a un Odontoglossum crispum qui vient de fleurir, donnant trois grappes,
dont une portait trente-quatre fleurs, une autre dix-sept et la troisieme quatorze. Une autre
plante de la m§me collection porte une grappe, non encore epanouie, de cinquante-quatre
boutons.
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■ :■■ ■-< .- ■-. ■.■n-x:,U-ir'-u.'nw.
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,,- ■ :.i t,:il I'iiintl ijj..urc;ix|>r(-;i];!.'illii<Mii-e. iN.'.-ini>..'iris.
' -. ■'■ 111. .1 ■'•'■ I'li.'ijMjv. ijc'iil (U-< (il;uit'"i, [iiTwiiiil i.'. rl^'Mi,
.•■'il!'iti''rit, ''■• ■:■ I'ru-iiii la [i)ii* iii'ili-^tf, u ',.. ilu letir T.ili-.ir
■ .'t [".;!fT ;,... rr,.,-!!,..; ;;ti Miili-r :i..iiv>>aii ilc -KHX) franc-, .jui
■I'liii'i'li''!! iiii'iitiuniii-; jiiv. I'.lfi::' joiil. !/■ bml^cl dp ri'ntre-
■'•■^ ;':Mi-, -i)' U;i!:im'iT;i il-in' [uir i:i,'Hill Iram-s ite ivi-tlc i-iur
■ it' iifiw:. si'ii Mi i-i-'.iiiiii lie [inV <lr ;10".,; ct .|i' r!»j>(M:Ili' qm-
[i.t'ii Tiiiuiiii'iiii i|ii:, i-n ijiit, M'i'ii v'unsl:iii[|iii'iit ilrj-assi'-.
•r--'\\ yiiilf'A i:-i.-ni, ■,.!;■ iviiiiuMKln' lii I'lilhiri' .W On-liidei-^.
'.-. \ ]■■,"■■; ;:\:iil;i;:is el Ifij- rliaritio tn""- ^i^aii't Si Ir jjraml
■ -.'i;!"' 1- ['■>.<• il-iKii' volloi-tii.n trf'^ •■oir.|.l<-f<' ile tons [-..
- r :- !'.''l I' aiii'^i uric ■r'iivr<'.'ir[is:tir|iic vraiiiionl ■■jni[>li''tc •-!
. I •. ■ . 'r'. .1 ivh-c |i.-ir(, i-i'hii ijiii sc boiTii- a i;n rlioix |■■■-■
■ ■ . ; !. • ! I-; >|ilcniiiii<'s, '|iii cii ciilljvc lU' ^'"andcs iiinssc-., a
^■■■■- un -|.i'(-l:i<-l(' a'liiiii"ibk' cl sans Ui'iaut, sjin^ iri;V-
■ ■■ ; iiK . t:'.-~[ (iiK- ta. Ill' I'viJi'iiiirifiit m-^ins dillii'ilf rl
. ! ■:■■<:.■.. • i;iK-ni'(^ ;j ci'lui igiii IVnlj'ifj.ri'Tnl lio trtjr, \ivi ^
Lcci£N Linden.
SPIRAEA ANTHONY WATERER
— 120 —
Je n*ai pas parl6 des frais d*entretien ; ils sont peu 61ey^ ; avec une bonne
chaudi^re, on pent es timer les d^penses de chauffage k un millier de A:*ancs
pour Tann^e. Gomme personnel, un jardinier et un gamin suffiraient, ce qui
repr^sente une somme de 2,500 francs environ; enfin il faut pr^voir k peu pr^
500 francs de frais divers de culture; le tout fait un total de 4,000 francs par
an k agouter au chiffre calcul6 plus haut. Mais d*autre part, il convient de tenir
compte de deux Elements qui grossissent consid^rablement le chiffre des
recettes.
La valeur des plantes augmente chaque annte d'une fagon notable ; elles
s*6tablissent, grandissent, et ce ne serait certes pas exag^rer que de dire qu'au
bout de cinq ans de culture, elles repr^senteront k peu pr^s le triple du capital
engage ; quoi de plus facile alors pour le cultivateur que de vendre tout ou
partie de ses pl£intes, et de racheter de nouvelles importations, en encaissant
un fort benefice? Ainsi, par ce fait seul, la somme consacr^e k Fentreprise
serait enti^rement r^up^r^ au bout de cinq k six ans.
Ce n'est pas tout. Il est certain que dans les quantity dont j'ai parl6, on trou-
vera des vari^t^s sup^rieures qui pourront ^tve revendues k de grands prix ;
parfois quelques-unes de ces bonnes fortunes sufflront k payer enli^rement le
prixd'achat de tout le reste. Certaines vari6t6s d'Odontoglossum erispum ont
atteint des prix de 2000 francs et plus ; dans les Gattleya, les formes distinctes
et de grande beauts ont aussi une valeur 6norme.
Ces deux ^16ments viennent grossir le chiffre des recettes d'une faQon si
considerable, qu'ils rendent tout calcul rigoureux presque illusoire. N^nmoins,
pour tenir compte seulement de Taccroissement des plantes, produit certain,
et en T^valuant seulement, de la faqon la plus modeste, k Vio de leur valeur
par ann6e, on peut porter aux recettes un chiffre nouveau de 4000 francs, qui
compense les frais d'entretien mentionn^s pr6c6demment. Le budget de Fentre-
prise, tous comptes fails, se balancera done par 13,000 francs de recette pour
45,500 francs de d^penses, soil un produit de pr^s de 30 %; et je rappelle que
ce chiffre n*est qu'un minimum qui, en fait, sera constamment d^passe.
II est certain qu'il y a deux fagons de comprendre la culture des Orchid^es,
qui ont toutes deux leurs avantages et leur charme tr^s grand. Si le grand
amateur, pouvant s'off^ir le luxe d'une collection tr6s complete de tous les
genres, a le plaisir de r&iliser ainsi une oeuvre artistique vraiment complete et
en quelque sorte parfaite, d'autre part celui qui se borne k un choix des
meilleures esp^ces et des plus splendides, qui en cultive de grandes masses, a
constamment sous les yeux un si^ectacle admirable et sans d6faut, sans infe-
riorite, sans rien qui d6tonne. G'est une tSche 6videmment moins difficile et
moins haute, mais qui procure encore k celui qui Tentreprend de tr6s vives
satisfactions. Lucien Linden.
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121
PI. VIII
SPIRAEA ANTHONY WATERER
La charmante vari6t6 dont nous donnons ici le portrait a fait son apparition
k r^tablissement horticole de M. Anthony Waterer, dont elle porte le nom,
a Knap Hill, Woking. Elle se rattache au S. japonica Bumalda, vari6t6
remarquaWe par son port touffu et peu 61eve, ne d6passant pas en g6n6ral
60 centimetres.
La nouvelle forme se distingue par la vivacit6 particuli^re de son coloris,
qui produira un effet ravissant en contraste avec celui de la plupart des autres
esp6ces, et par une floribondit^ merveilleuse. Sa floraison se prolonge de juin
k septembre, et m^me parfois jusqu'au commencement d'octobre.
Le S. japonica est souvent d6sign6 dans les cultures sous les noms de
& callosa, S. Fortunei, etc. II a mdme 6t6 confondu avec une plante toute
differente, YAstilbe ou Hoteia japonica. II est particuli^rement precieux k cause
de sa rusticity, et est peu exigeant au point de vue du choix du terrain.
II existe un grand nombre d'esp^ces de Spiraea, et Texcellent journal anglais
The Garden, auquel nous empruntons les elements de la pr6sente planche,
public a ce sujet un article tr6s int^ressant de M. W. Goldring, de Kew,
contenant une classification des formes les plus r^pandues, k laquelle les
amateurs de ces charmants arbustes se reporteront avec profit.
Max Garnier.
Petit ^de pratique dujardinagre, par S. Mottet (i vol. in-18 cartonn6
toile de 350 pages, avec 310 figures dans le texte, 3 fr. — 0. Doin, 6diteur).
Get excellent petit traite promet de I'endre de r6els services aux cultivateurs
novices, aux possesseurs de petits jardins ou potagers de campagne, auxquels
il permettra de choisir en connaissance de cause les fleurs les plus belles et les
legumes les meilleurset les mieux appropri^s k leur terrain et k leurs besoins.
L'ouvrage renferme en m^me temps toutes les indications pour la culture de
ces plantes, les semis, la multiplication, etc.; le verger n'y est pas oubli6, non
plus que la prairie. Enfln, le volume se termine par un petit calendrier des
semailles et des travaux k efiectuer chaque mois de Fannie.
— 122
RENSEI6NEMENTS ET CULTURES
Travaux du potager. — La saison cbaude a beaucoup avanc6 la croissance
de tous les semis, et le jardinier doit d^ployer une grande activity pour donner a
la terre rhumidit6 n^cessaire. II faut avoir soin de remuer fi'6quemment la terre
autour des jeunes plantes, et repiquer un certain nombre de jeunes semis, tels
que concombres, potirons, tomates, piments, etc. Lorsque Ton se sert d'engrais
artiflciels, ceux-ci doivent etre appliques avant que Ton ne retourne la terre,
puis on arrosera pour bien les incorporer.
Les premiers semis de navets batifs ne tarderont pas k etre bons a employer,
et doivent recevoir de frequents arrosages. Les rangtes les mieux prot6g6es et
les plus pr6coces doivent etre surveill^es de prfes, afin qu'elles ne deviennent
pas dures, fibreuses, et inutilisables. II en est de m^me des radis.
Si Ton n'a pas 61ev6 de cornichons sur couche, on peut les semer vers la fin
de mai k Fair libre sans abri, dans des trous que Ton remplit de fumier et que
Ton recouvre de terreau. On s^mera bient6t sur couche les graines de melon
qui doivent fournir du plant pour la fin de la saison.
Les semis de fraisiers qui ont quelques feuilles doivent Mre repiqu6s sur
coucbe a 5 ou 6 centimetres d espacement, et bien arros6s ; ils seront mis en
place k Tautomne.
Enlever les chassis et les mettre a Tabri sous un hangar ; afin de les faire
durer, il sera bon aussi de les repeindre d6s maintenant.
Les pois destines a la recolle du commencement d'aoftt doivent ^tre sem6s
d^ maintenant, et une seconde s^rie deux semaines plus tard. On s^mera
6galement les laitues, radis, 6pinards, navets, le cresson, etc., que Ton pro-
t^gera contre les ravages des oiseaux.
Les Asperges fournissent actuellement une r6colte r6guli6re ; on doit avoir
soin, en les coupant, de ne pas endommager les griffes.
Les premiers plants de Tomates doivent etre mis en place au commencement
de mai. On pr^parera les trous necessaires entre les arbres fruitiers pr^s d'un
mur expose au sud ou a Touest, et Ton versera dans chacun une certaine
quantity (une demi-brouette environ) de compost form6 de bon terreau et de
fumier bien d6compos6. Les plantes, qu'on aura soumises k une temperature
plus froide quelques jours k I'avance, seront ensuite mises en place, et la terre
bien tass6e.
♦ •
Les Roses Tr^mi^res r^sistent g^n^ralement bien k Thiver en plein air;
celles qui avaient 6t6 rentr^es doivent etre d^jA transplant6es depuis deux ou
— 123 —
trois semaines, grace au beau temps. Le sol aura dt ^tre bien pr6par6 a
TaYance, air6 et engraiss6; quant aux divisions faites ce printemps, elles seront
toujours en retard d'un mois environ dans leur floraison sur celles de r6t6
pr^cMent. De frequents arrosages soilt necessaires a ces plantes.
Les Dahlia doivent fetre trait^s k peu pr6s de m^rae.
Repiquer les Reines-Marguerites, Zinnia, Phlox, Soucis, qui ont 6t6 sera6s
au commencement du mois dernier. Surveiller attentivement les limaces, et
r6pandre sur le sol de la cendre ou de la chaux en poudre pour 6carter ces
dangereux ennemis des jeunes plantes.
* «
Rhododendron de THimalaya. — Sir John Llewelyn envoyait k la
Society Royale d'Horticulture de Londres, le 27 mars dernier, des fleurs
coupes de diverses vari^t^ de Rhodondendron, au sujet desquelles il faisait
les remarques suivantes :
a J'envoie quelques corymbes de Rhododendron de THimalaya; j'ai choisi
six esp^ces : le R. barbatum, qui est en fleurs depuis plus de six semaines; le
S. Thomsoni, qui commence seulement; le R, arboreum^ variety rose vif ; les
R. Falconeri, R, grande et R. CampdlL A.ucun de mes Rhododendron de
THimalaya n*a souffert pendant I'hiver, quoique nous ayons eu 24*> de froid
pendant environ une semaine; etplustard, alors que les fleurs s'ouvraient,
nous avons eu, le 19 et le 20 f^vrier, un froid de 14° la nuit; vous pouvez juger
vous memes quel effet a produit ce froid sur les fleurs. Je dois dire que les
plantes sont prot6g6es naturellement dans une certaine mesure par les arbres
voisins; mais elles ne regoivent aucune protection artiflcielle. Les personnes
qui s'occupent de ces Rhododendron de THimalaya, et qui savent distinguer les
esp^ces rustiques sous nos climats et celles qui ont besoin de Tabri d'une serre
froide, en retireront beaucoup d'agrement et d'utilit6; et lorsqu'on saura leur
donner le sol et le climat qui leur conviennent, il est probable qu'ils seront
cultiv^ d'une fagon beaucoup plus g6n6rale qu'ils ne Tout 6t6 jusqu'A
present, k ce qu*il me semble. Lorsque le bois a 6t6 bien mtlri pendant r6t6,
avant I'arriv^e de Tautomne et des gelees de Thiver, beaucoup d'esp6ces sup-
portent le froid impun^ment; mais le danger apparalt lorsque les gelees du
printemps se produisent apr6s Tentr^e en croissance des boutons. Gertaines
esp6ces sont beaucoup plus pr6coces que les autres a d^velopper leurs feuilles,
et courent risque de perdre leur jeune feuillage, taudis que les esp^ces plus
tardives y 6chappent; les premieres, par suite, ne peu vent pas ^tre consid6r6es
comme aussi rustiques que les espies plus tardives.
Kaction de la gelee sur les fleurs 6panouies peut d^truire un corymbe;
encore est-il remplac^ au bout de quatre ou cinq jours par de nouvelles fleurs,
car les boutons r6sistent a la gel6e d'une fagon tr6s remarquable.
— 124 —
Toutes les fleurs que j^envoie auJourd*hui ont subi des gel^s, notamment
6° le 16, et 1^ le 17 mars. Prenant comme guide Touvrage Flora of British
India, de sir Joseph Hooker, et jugeant d*apr^ lui des altitudes approxima-
tives auxquelles croissent les diverses esp^ces, je crois pouvoir dire que celles
qui se rencontrent a T^tat naturel k 2700 metres ou plus au dessus du niveau
de la mer seront assez rustiques pour pousser en plein air dans nos pays.
J'^tudie actuellement les espies suivantes :
grande,
Rhododendron Griffithianam,
Hodgsoni,
>
Thomsoni,
Falconeri,
>
Hooked,
arboreum.
>
barbatum,
niveum,
»
Edgworthi,
campanulatum
>
ciiiatum,
lanatiim,
>
glaucum,
campylocarpum,
>
cinnabarinnm,
et j'esp6re en recevoir d*autres que je mettrai 6galement en essai. Leur magni-
flque feuillage est pr6cieux pour la decoration en liiver, et le coloris des fleurs
de certaines esp^ces est si beau que les amateurs ne peuvent passer devant
elles sans les admirer. D'apr^s M. Maurice de Vilmorin. ces Rhododendron
ne sont pas ordinairement rustiques en France, mais il en a rencontr6 dans les
jardins de M. Liais, k Cherbourg, et il mentionne un exemplaire de R. Fal-
coneri qu'il a vu dans une prairie pr6s de Brest. »
» •
Travaux de la petite serre. — Toutes les plantes a tubercules doivent
^tre mises main tenant en vegetation. On multipliera facilement les Canna en
sectionnant les touffes de racines de facon k laisser un ceil k chaque morceau;
on place ensuite les morceaux dans de petits pots et on leur donne un peu de
chaleur pour les faire entrer en v6g6tation. Les Lobelia herbac6s seront
divis6s de la meme facon et places en couche a une temperature de 10** G. Les
Dahlia peuvent subir le m^me traitement, mais il leur faudra un peu plus de
chaleur pour stimuler les pousses. Geux qui ont ete remis en vegetation
le mois dernier ont dej^ des pousses, qui se developperont avec activite a une
temperature de fond de 20 a 23°. Plus les morceaux de tubercules s^)nt gros,
plus ils sont longs k former des racines, et comme ils ne produisent pas des
plantes plus fortes que les tubercules plus petits, il n'y a pas d'avantage k
planter les tubercules entiers.
Les Begonia tubereux rendront de grands services pour les plates-bandes
d'ete; ils supportent les pluies beaucoup mieux que les Pelargonium. On doit
planter maintenant en pots, si ce n'est pas deja fait, les tubercules qui doivent
etre utilises de cette faQon, et les mettre lentement en vegetation, a une
temperature de 8 a 10°.
— 126 —
*
On precede maintenant aux semis de Ricins, de Nicotiana, de Soleils, etc. ,
onpourra repiquer en cMssis froids les Lobelia, Verbena, Ageratum, etc.,
pour faire de la place aux plantes moins rustiques. Les Pelargonium ornemen-
laux doivent encore 6tre tenus assez chauds, les esp^ces plus rustiques et plus
communes peuvent ^tre transplant^es en chl^ssis froids.
* «
Plantes grimpantes. — On doit avoir soin de fixer aux treillages et
contre les murs les jeunes pousses de Gl^matites et d*autres plantes grimpantes,
k mesure que ces pousses se d^veloppent.
Toutes ces plantes devront etre assez fr6quemraent arros6es aux racines et
seringu^s, car il arrive tr6s souvent que les pluies ne les atteignent pas, soit
a cause de Texposition, soit parce qu'elles sont abrit^es par le toit ou par des
balcons.
Les Pois de senteur, Gonvulvulus, etc., doivent 6galement recevoir des
tuteurs ou etre attaches avant que leui's jeunes tiges risquent d'etre bris6es.
*
Les Pyrethrum sont maintenant prets k mettre en pleine lerre, les plantes
divis^es a Tautomne 6tant bien enracin6es et stabiles. Le sol qui leur convient
le mieux est une terre riche, bien a6r6e et permeable, et pr<5par^e par une
addition d'engrais. Les plantes y d^veloppent abondamment leurs racines, et
donnent alors une v6g6tation vigoureuse et une floraison luxuriante.
Les Pyrethrum ne sont pas difflciles a cul liver et ne sont pas d61icats ; ils
r6sistent parfaitement aux hivers sous nos climats, pourvu qu'ils ne soient pas
trop humides aux racines : Thumidit^ excessive leur fait beaucoup plus de tort
que les gelees. Les soins qu'ils reclament consistent surtout a remuer la
surface du sol et k Taerer en 6t6 par les temps sees, a les arroser sufflsamment,
et a les entourer k Tautomne dune bonne couclie de fumier et de feuilles, que
Ton pourra m^langer au sol a la fourche lorsque la v^g^tation sera sur le point
de recommencer au printemps.
Les limaces font parfois beaucoup de tort a ces plantes, sous les feuilles
desquelles elles se cachent, et Ton devra leur faire une chasse assidue.
Les Pyrethrum sont des plantes charmantes pour bordures, et produisent
un effet ravissant, en melange avec d'autres feuillages elegants.
» «
Preparation des plates-bandes. — A mesure que la saison s'avancera,
le jardinier aura plus d'une fois Toccasion de renouveler les plantes de ses
plates-bandes, d'enlever celles dont la floraison sera terminee, et de les rem-
placer par d'autres a floraison plus tardive.
— 126 —
Le sol est assez rapic^ement 6puis6, on le comprend ais6ment, par ces
cultures ininterrompues; aussi doit-on avoir soin de le renouveler. Pour les
parties qui ont 6t6 occupy toute Vann^e, on ajoutera d6s maintenant une cer-
taine quantity de nouveau compost ou d*engrais. Les plantes a croissance
Tigoureuse et k feuillage ample, telles que les Ricins, Wigandia, et les Dahlia,
Roses-Tremi^res, Soleils, etc., doivent recevoir une quantity assez forte
d*engrais incorpor^ au sol. Quant aux plantes k fleurs en g^n^ral, 11 vaut
mieux ne pas leur donner d*engrais, mats uniquement de la terre fralche, pour
favoriser le d^veloppement normal du feuillage et des fleurs.
• »
Ghoisya ternata. — Gette belle plante, onginaire du Mexique, est actuelle-
ment en fleurs, et produit un eflet charmant par le contraste de ses feuilles
tern^es, d'un vert sombre, avec ses fleurs 6toilees d'un blanc d'ivoire, qui
rappellent assez bien celles de Toranger. Ges fleurs mesurent environ 2 */t cen-
timbres de diamMre, parfois davantage ; elles sont produites en abondance k
Textr^mit^ des tiges en grands corymbes laches, un peu comme dans les
Hortensia. Les anth^res jaunes nombreuses se d^tachent sur le blanc de la
corolle. Le port 616gant de cet arbuste et sa constitution accommodante le
rendent particuli^rement recommandable. II r^siste parfaitement aux rudes
hivers de nos climats; cultiv6 en serre, il fleurit au commencement du prin-
tcmps et constitue un pr6cieux ornement de Vorangerie ou des appartements.
« «
Printemps prtcoce. — On signale de divers c6t6s les effets de la temp6-
rature remarquablement douce dont nous sommes gratifies depuis la derni^re
semaine de mars.
D*apr6s un journal francais, en Bourgogne, les cerisiers, les p^chers, les
abricotiers et presque tous les arbres 6taient en fleurs avant le 15 avril ; les
jardins, les vergers 6taient magniflques.
Et, dans la commune de Ghampvallon, on pouvait admirer une treille d'une
remarquable precocite. D6s lundi, 9 avril, cette treille avait des bourgeons
mesurant vingt-quatre centimetres et portant chacun deux ou trois grappas
de boutons.
G'est bon signe. Max Garnier.
— 127 —
LARRANGEMENT DES EXPOSITIONS DHORTICULTURE
Les expositions beiges se distinguent g6n6ralement par la richesse et le
nombre exceptionnellement grand des apports. En m^me temps, elles laissent
presque toutes quelque peu a d^sirer au point de vue du groupement de Ten-
seinble des collections. Les organisateursde nos floralies sont souvent d^bordes,
surtout dans les grandes occasions; nous somraps trop riches et notre embarras
est ^norme, quand il s'agit de tirer parti de toutes les splendeurs qui affluent
au local de Texposition. Gela s'est tu maintes fois et cela se verra probablement
encore, d'un c6t6, parce que les locaux dont nous disposons ne sont pas assez
spacieux ou se pr^tent mal k Tarrangement pittoresque des collections ; d'un
autre c6t6, il nous faut bien le reconnaltre, parce qu'il manque fr6quemment
unhomme capable ayant du coup d'oeil et le g^nie necessaire pour jongler
avec les messes de plantes et les plier au gr6 de sa conception artistique. lis
sont extrfemement rares, les organisateurs capables de donner a une salle cette
disposition pittoresque qui en fait le charme et Tattrait principal aux yeux du
public. II est vrai aussi que les exposants, souvent, ne tiennent gu^re k la
r6ussite de la decoration, sous pretexte que leurs productions ont une valeur
intrins^que telle qu'elles peuvent se passer de tout decorum. G'est peut-^tre ce
manque de goiit pour les belles et 616gantes dispositions, pour Vimprevu dans
Tarrangement, qui fait que le grand public deserte nos exhibitions. Gelui-ci
saurait cependant r6compenser Theureuse initiative d'un artiste en accourant
en masse k une exposition dont Tarrangement serait une oeuvre de goQt et de
distinction. Nous en avons eu une preuve k la derni^re exposition quinquennale
de Gand, oil le plan de Tarrangement g6n6ral de I'annexe a remport6 tous les
suffrages. G'etait nouveau, hardi, r^ussi et le public a applaudi sans reserve.
Ne n^gligeons done point ce c6t6 tr6s important de Torganisation de nos
floralies, et recherchons toujours avec un soin jaloux tout ce qui pent contri-
buer a augmenter Fheureuse disposition d'une salle d*exposition. Prenons
exemple aux exposants d'autres industries qui, non satisfaits de la d6coration
gen^rale du compartiment oft ils sont admis, d^pensent quelquefois de fortes
sommes pour la decoration sp6ciale de leur exposition k eux. S'ils font des
sacrifices, c'est pour attirer le public, pour le charmer et le s6duire.
Lesprochaines floralies d'Anvers foumiront Foccasion de prouver que nous.
Beiges, nous savons aussi soigner le cdte pittoresque de nos expositions de
plantes ; nous aurons \k une salle de 5000 metres carr6s oft il y aura moyen de
r^aliser un plan bien couqu sortant de Torniere habituelle. Esperons qu'on n'y
manquera point et qu'il se trouvera un homme capable et ^nergique pour
conduire k bonne fin une entreprise de cette envergure.
— 128 —
Ind^liendamment de Tordonnance g^n6rale, il convient d'appeler rattention
sur la disposition sp^ciale de chaque collection. Ici. I'exposant doit n^cessaire-
meot tenir compte des intentions de I'arcliitecte de {'exposition, afln que chaque
partie concoure A I'effet d'ensemble qu'il desire obtenir. Mais une fois ee desir
bien connu, les intentions de I'organisateur bien comprises, la place rfeeirfie
d^signte, un vaste champ s'ouvre 4 chaque exposant. tl depend de celui-ci que
les exigences artistiques de I'ensemble satisfeites, chaque partie de I'oeuvre
— 129 —
revfete un cachet original et de bon goftt. Kexposant doit compter sur son
initiative personnelle, sur ses propres ressources et tenir k honneur de pre-
senter ses plantes dans les conditions les plus ayantageuses possibles. Ge c6t6
de la question n'est ni au dessous de sa dignite ni le fait du premier yenu : il
font bien des qualit^s pour manoeuyrer convenablement avec les elements dont
se compose une collection; ne les poss^e point qui yeut. Nous avons d'ailleurs
remarqu6 maintes fois qu'au nombre de ceux qui d^daignent le c6t6 pittoresque
de leur installation, il y en avait plusieurs qui eussent et6 incapables de pro-
duire quelque chose de beau, yoire mfeme de presentable. Que chacun done y
mette un peu du sien et tout marchera k souhait.
Nous donnons, a Tappui de ce que nous avanQons, la gravure emprunt^e au
Journal des Chrchidies, du 1®^ juillet 1893, reproduisant une disposition pitto-
resque des plantes a Texposition de la Soci6t6 d*horticulture et de yiticulture
de Bordeaux. Void dans quels termes notre confrere d^crivait cette exposition
et signalait aux d6corateurs des futures exposHions la necessity d'abandonner
les chemins battus :
<c Un hall en bois, tr^s 616gant, avait et6 construit pour abriter Texposition
des Orchid^es, et formal t un veritable salon. Cette installation 6tait tr6s
heureuse, et les superbes plantes expos^es y trouvaient un cadre r6ellement
digne d*elles. J^i, dans ce journal, dit plus d'une fois, et notamment k propos
de la demi^re exposition de Gand, Timportance que je crois qu'on devrait
attacher k ces arrangements, n^cessaires pour que tout concorde et forme un
ensemble vraiment artistique et plaisant ; si la tradition routinifere des exposi-
tions harticoles peut etre enfin modifi^e k ce point de vue, la belle exposition
de Bordeaux aura bien contribue k cette utile evolution. G'^tait en tous cas un
Biod^le dont devraient s*inspirer les expositions beiges k venir. Le c6te d6co-
ratif y est g4n6ralement n6glig6 ou compris k rebours.
« A Tentr^e de ce pavilion se trouvait une grande rocaille vallonn6e d'un effet
pittoresque tr^s r^ussi et richement garnie, au fond, d'un groupe de plantes
omementales, et plus en avant, de grands specimen^ d*Orchidees en fleurs et
^^ciaiement de Laelia purpurata superbes, exposes par M. Treyeran, et
notamment un specimen tr^s remarquable appartenant k une excellente forme
rappelant la variety Lindenu En penetrant dans la salle, Fattention ^tait
inunediatement attir6e par un groupe magnitlque de 250 Orchid^es en fleurs,
expose par les deux grands amateurs bordelais, MM. Gahuzac et D. Treyeran,
et tr^s bien dispose sur une Elegante etag^re en gradins
« Gomme on le voit, I'exposition de Bordeaux a obtenu un veritable succ^s...;
c'est que, depuis plusieurs ann^es dejA, le centre bordelais s'est fait une repu-
tation importante dans Thorticulture et specialement dans la branche des
Orchid^s, od 11 a pris une place de premier ordre; c*est actuellement, k mon
— 130 —
avis, I'lrn dea premiers, sinon le premier centre de France pour cette culture,
L'exposition organisee par ta SocUti horticole et vitkole de la Gironde est
venue tr6s utilement consacrer les r^sultats acquis, et je ne puis que souhaiter
qu'eile soit renouvel^e cbaque annee.... Sa superbe organisation Tail grand
honneur k la jeune Soci^t^, et le succto merits qu'eile a obtenu ne pourra
manquerde fournir it celle-ci un puissant encouragemeot. »
M. LuciEN Linden recommanUe cette disposition aux organisateurs des
Expositions borticoles. Nous nous demandons lequel de nos grands amateurs
ou tiorticullcurs, surtout de ceux qui cultivent des Orctiidtes, prendra I'ini-
tiative de cette pittoresque disposition (') qui serait tr63 profitable 4 I'aspectde
sa collection et appelte parson ortginale el^anceet sa belle ordonnanceiMre
un des clous de TExposition universelle. Chables de BosacHEnE.
LE JARDIN FLEURISTE
NOUVEAUT^S Oe LANN^E
Begonia Brfordia(HAAuEet ScHUiDT). — u Ilybride issu des B. Schmidti
et B. semperftorena Vernon, » d'api*s I'obtenleur. « II ressenible coinme port
au premier, landis que le colons des
feuilles rappelle le dernier. Ses fleurs
trte nombreuses, d'un coloris rose car-
mind tendre. Torment un beau contraste
avec le feuillage sombre. Sa T^g^tation
ramass^e, ne d^passant gu6re 30 centi-
metres de hauteur, le rend trfes propre
k la composition des massifs commed
celle des bordures, se pr^tant en outre
admirablement a la culture en pot pour
I'biver. C'est la variety la plus floriftre
pour la pleine terre. "
Fig. at. — Begnma Erfordla.
(<) Je ne me auis pas borne k des recommarilationa. mon clier rollaborBteur, j'ai prfchii
d'eiieinple en orgAnisunl de retl« fn^on k r/UoRTiiULTURB Intkrkationale une veritable
esposition permsnenlf, et en realisant le type que j'avwa toujours eu present a la pens^,
d'un ^tablJBsemenl a la iom commercial, artiatique et scientiflque. Pourquoi y aursit-il
iucoinpetjbilite 'i L. L.
— i3i —
Scllla sibirlca var. alba. — Vart^tS d'un colons blanc pur, expos^e S '
un r^nt meeting de Londres par MM, De Oraaf, frires, de Leyde, et qui
a obtenu un vote de remerciements. En dehors de son colons, cetle gracieuse
forme est entierement semblable au type.
t grandiflor
Torenia Foumieri grandlflora coelestina (H.\aoe et Schmidt}. -
Nourelle vari^t^, ayant les lleurs
blancbes A macule bleu clair. Gette
plante, de port nain assez gracieux,
conviendra bien pour (aire de pelits f^ ,J-'^^V/^^w!^i*-^
massifs dans desendroits abrit^s.
CoreopslB vivace A. grande
flenr [Leonard Lille). — Les Go-
rfopsis sent des plantes qui m6ritent
de figurer dans tous les jardins et que
Ton peut utiliser avec grand profit
pour orner les coins oil Ton cultive-
raitdifficilementd'autresptanles. lis
ne demandent i peu prte aucun soin
et produisent des fleurs nombreuses, convenant parfaitement pour faire des
bouquets ou des plales-bandes. Bans la variete qui est flgun^e ci-contre. les fleurs,
d'un jaune d'or, sont grandes et trto
bien formees, et les lleurons dentel^s
SB recouvrent ^legaininent.
Les Coreopsis vivaces se multi-
plient d'6clats au prinlemps; les
semis s'effectiient k I'automne ou au
printemps, en pfipinifre; les plantes
ne fleurissent que l'ann4e suivante.
PentstemoD Iiybrlde erlozlniae-
flora (Leonard Lili.e). — Parmi
les nombreux types de Pentstemons,
on peut ranger aux premiers rangs
les hybrides a grandes fleurs bien
ouvertes, k limbe r^guller, iniitant
Fig. 25. — Coreoptit vivace A grande fifur.
presque celles des Gloxinia. Ges plantes ne se reproduisent pas exactement par
semis, et, d'apr^s I'obtenteur lui-mfeme, elles prSsentent les colons les plus
divers, i gorge blanche ou rose ray^e, tigrfe ou pointill^e, le iimbe ^lant d'un
— 132 —
coloris Tif unirornie. Les fleurs mesurent, paralt-il, une largeur de cioq
centimfelres.
Les Pentstemon sont pr^ieux par rabondanoe et la longue dur^ de leur
tloraison, qui va de juin aux pre-
mieres gel^. lis sont annuels
sous nos climats et doivent Stre
resem^s chaque annee. On peut
aussi multiplier par boutures les
YBri^tfe remarquables qu'on veut
flxer.
Zinnia 616gmnt doable com-
pact. — Nouveaut6 miseau com-
merce par M. Leonard Lille, de
Lyon. Ainsi que le montre la
gravure oi-dessous, cette race,
issue du Z. LiUipvi, est fort belle,
etsesfleurssontremarquablement „. „ „ „
Fig. 2B. — Ptntitetnon hgbrtdf gloxtnioffiora.
comiractes.
La plante elle-mSme est de petile taille (25 centimetres seulemenl) et Tonne
ua 6Mgant pelil huisson, qui produit en massifs un eifet cliarmanl. Les fleurs
coup^ conviennent parlaitemeDt
pour formerdes bouquets ou orner
des vases. La floraison commence
en juin et dure jusqu'en oclobre.
Les Zinnia sont de culture trfis
facile, pourvu qu'ils aient une
exposition bien ensoleill^ et qu'ils
n'aient k souffrir ni de la s^he-
resse, ni d'un exc^s d'humidit6.
Les semis se font en p^pinit^re
en avril-mai, ou sur place en
ayril, mai ou juin; mais dans ce
dernier cas les plantes obtenues
sont un peu maigres et fleurissent
tard.
M. O.
— 133 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Mai 1894.
Vaes dvt Congo. — Un des attraits de I'Exposition universelle d'Anvers
sera certainement le diorama du Congo comprenant six grands tableaux de
dix metres de long sur 8™50 de hauteur et repr^sentant la contr6e de Matadi,
le chemin de fer, une chasse a I'^l^phant, une for^t yierge, une chute et les
Stanley Falls. Geux qui ont vu d^jk ces tableaux, oeuvre de MM. Mols et Van
Engelen, disent le plus grand bien de reflfet produit. G'est surtout la for^t
TJerge qui montre avec un grand cachet de Y6rit6 et d'une fagon remarquable
un coin de FAfrique ^uatoriale.
*
» «
Oitoe de Dahlen. — Ge ch^ne est un des plus grands arbres de TAUe-
magne. II se trouve dans la marche de Brandebourg, non loin de Berlin, sur
la lisi^re du Griinewald. Sa superbe couronne mesure 26 metres de circon-
ffirence; huit hommes sufflsent a peine pour embrasser son tronc. Ge ch^ne
a ete plants en 1436.
• ♦
^lises & P&ques. — Les feuilles londonniennes ont parl^ avec enthou-
siasme de la decoration florale des temples k Toccasion des f^tes de Paques.
Depuis des ann^es on n'a deploy^ autant de luxe sous ce rapport. Dans
quelques-unes des plus riches ^glises du quartier du West-End, les frais de
celte ornementation ont dii etre considerables ; on y a employe k profusion les
fleurs les plus rares et les plus belles de la saison.
* »
Anvers ou Chicago. — Un de nos confreres d'Outre-Moerdijk rapportait
derniftrenaent un article d'un journal beige, sans citer celui-ci, et dans lequel
il est dit que le jury de la prochaine Exposition universelle de Ghicago
etait sur le point d'etre d6sign6. Un arrM6 royal du 20 avril 1894 a, en effet,
nomme les membres du jury des concours d'horticulture organises k Toccasion
de TExposition d' Anvers. Le mfeme confrere rappelle dans un autre arti-
culet les d^gkts que les chiens laiss^s en liberty commettent dans les jardins.
Nous avons parl6 du pare de Gand; celui-ci est traduit simplement par le pare
Vondel k Amsterdam. Mais la source n'est pas cit6e.
*
— 134 —
Orage en Aastralie. — Toute une region de TAustralie m^ridionale,
notamment Angaston, fut 6prouv6e en mars dernier par un orage d'une
violence inouie. L'ouragan, dit \e Jourtial of Horticulture, avail une largeur
d'un mille et demi k deux milles et s^abattit sur les vergers et les vignobles.
Certains gr^lons pesant un quart de livre traversaient les toitures, bnsaient
le vitrage des serres et des maisons, mettaient en lani^res les feuilles des arbres
et tuaient les infortun^ oiseaux. Le sol pr^sentait une masse soUde de grelons,
dure comme du marbre, ayant 0^30 de profondeur. Les pommes 6taient
abattues des arbres et les legumes hach^s en pieces. En Irlande, un terrible
orage accompagn^ de grele a produit aussi des d^stres dans les jardins,
sp^ialement a Straffan, comt^ de Kildare.
• •
Botanique nouvelle. -^ M. Julien Vesque vient de publier, dans le
yiljme volume des Suites au Prodromus, une monographie des Gutliiferes
ou Glusiac6es. M. Maxwell T. Masters fait ressortir k ce sujet, dans le
Gardeners' Chronicle, le syst6me suivi par Tauleur de cette monographie.
Dans son travail, M. Vesque s'est appliqu6 k 61ablir les caract^res harmo-
niques que pr6sente la structure intime des feuilles de toute la plante. II s'agit
de r6unir dans une m^me 6tude les conditions phyletiques, c'est-^-dire celles
d'origine et que les conditions externes modiflent le moins possible, et les
caract^res pliysiologiques dans lesquels sont comprises les relations des plantes
avec d'autres organismes , tels que les insectes. Les caract^res phyl6tiques
ont le plus d'importance pour determiner les groupes superieurs, classes,
ordres, etc. ; les caract^res physiologiques ou d'adaptation ne d6terminent que
les esp^ces : il en resulte que fr^quemment ces derniers appartiennent seule-
menl k I'individu. Si le syst^me de M. J. Vesque pouvait ^tre appliqu6 aux
Orchid6es par un sp6cialiste, qui y consacrerait de longues etudes, on pourrait
esp6rer que des faits sans nombre, comme la structure des feuilles et celle des
fleurs, seraient en rapport avec des degr^s divers de lumi6re, d*humidit6, d'6va-
poration, etc. Qui sait si telle ne sera pas la marche de la botanique de Tavenir?
« *
M6fiez-vous des ScolopendriumI — Cette inscription strange se trouvait.
Tan dernier, 6tal6e en grands caract^res au dessus de la haie d'un jardin dans
rile de Jersey. Pourquoi les Scolopendrium? C6tait le secret du proprietaire.
Les annonces de plages k loups et d'armes k feu ne produisaient plus aucun
effet ; grands et petits maraudeurs passaient k travers la haie pour cueillir
fleurs et fruits. Aucun d'eux ne connaissant les Scolopendrium, ils ont pris ce
nom d'inoffensive Foug^re pour un engin redoutable, et le jardin est demeure
k Tabri de leurs invasions tout le reste de la saison.
*
« «
— 135 —
Araucaria Bidwllli. — Un correspondant du Gardener^ Chronicle lui
6crit de Tjibodas, Lindanglaya, qu'il existe k Java une large avenue &' Araucaria
BidwUli dont les branches couvrent enti^rement la voie; quelques-uns sont
consid6r6s comme ayant atteint k peu pr6s tout leur developpement. On dit,
mais a tort sans doute, qu'ils ne supportent pas la moindre gel6e. L'ann^e
derni^re, un des exemplaires a port6 des fruits de la grandeur d'une petite noix
de coco; aucun ne contenait des graines fertiles. L'arbre ayant plus de douze
metres de hauteur, les cdnes tombent d'eux-memes quand ils sont au point
d'Mre mftrs. On pent etre etonn6 que la chute de ces c6nes si volumineux ne
donne pas lieu k des accidents ; il en est d'ailleurs de m^me pour les noix de
coco : les Cocos nucifera sont toujours plant6s le long des routes.
« «
Distribution de gz'aines. — Le Gercle d'arboriculture de Belgique, k
Gand, vient de distribuer a ses membres et aux abounds des Bulletins, des
graines d'esp^ces et vari6t6s de legumes, choisies parmi celles qui sont le plus
recherch^es sur les marches anglais. Ge sont des brocolis, choux fleurs, pois,
celeris et choux de Milan. La voie suivie par le Gercle nous semble dtre bonne
pour favoriser Texportation des produits maraichersdu pays.
* *
Nuages artificiels. — Les gelees printani^res, quand elles succ^dent k
plusieurs jours de chaleur ayant appel6 revolution pr6coce de la v6g6tation,
ont de tout temps compromis le developpement r^gulier de la floraison d'une
masse de plantes; ce n'est done pas d'hier qu'il a fallu chercher k rem^dier k
I'influence de ces gel6es, et Tidee que Ton croit nouvelle de former des nuages
artificiels etait appliquee m^me chez les Peruviens aborigines. Garcilasso di
Vega, en abordant en Amerique, constata, en effet, que les indigenes produi-
saient des nuages de fum6e en brCilant des engrais et prot6gaient ainsi leurs
cultures contre le froid du matin. Gette m6thode a et6 ressuscit^e en Europe
seulement vers le milieu de ce si6cle, et maintenant I'application en est de plus
en plus fr6quente, non seulement en France mais dans I'Amerique anglaise et
surtout en Galifornie et dans les contr6es oti existent des syndicats agricoles.
« *
Visite royale & Haarlem. — LL. MM. la Reine regente Emma et la
jeune reine Wilhelmine ont donn6 une preuve de Tint^ret qu'elles t^moignent
k Thorticulture en visitant le 7 avril dernier les champs de jacinthes de
Haarlem et des environs de cette ville ^t en s'arrMant a Overveen, au Zijhveg,
aupr^s des « couches de parade » de Tetablissement E. H. Krelage et flls. Ges
deux couches contenaient chacune au del^ de six cents bulbes fleuris des plus
belles jacinthes. LL. MM. sont demeur^es pendant une demi-heure aupr^s de
celte splendide exposition et elles ont daign6 proc6der au bapt^me de deux
— 136 —
jacintbes nouvelles, gagn^ k r^tablissement Krelaoe. L'une des vari^tes,
d'un beau rose vif, a reQu le nom de S* Bavo, et Tautre vari6t6, d'un colons tr^
distingue cuivre m^l6 d*orange, a 616 appel^e Het Loo, du nom de la residence
de la Reine.
« «
Les gu^pes. — Le Journal of Horticulture signale rapparition fr^quente
de gufepes-reines en Angleterre. Gette apparition pr6coce fait pr6voir una
grande abondance de gu6pes pour la prochaine saison. Un correspondant du
journal pr6cit6 annonce que la semaine pr6c6dente 11 avail pay6 la destruction
de 151 de ces reines, dont plusieurs d*une grandeur d6mesur6e. Un certain
nombre Airent prises parini les abeilles autour des groseilliers en fleurs.
•
Engrais Jeannel. — Un correspondant nous demande de lui iaire con-
nattre la composition de cet engrais, dont Temploi a 6t6 recommand^ pour un
grand nombre de plantes. L'engrais du D'^ Jeannel est depuis fort longtemps
dans le domaine public. En Yoici la formule :
Azotate d'ammoniaque 380 grammes
Biphosphate d'ammoniaque 300 >
Salpfttre brut 260 >
Biphosphate de chauz en poudre fine 50 >
Sulfate de fer 10 >
1000 grammes
Ge melange est employe a la dose de 200 grammes par hectolitre d'eau ou
2 grammes par litre. On peut, tous les huit jours, arroser les plantes en pots
avec cette solution en donnant aux plantes en v6g6tation, en boutons ou en
fleurs, environ un decilitre.
*
• *
A propos d'hybrldes. — La st6rilit6 naturelle des hybrides 6tait consi-
d6r6e il y a quelque vingt ans comme un caract^re principal des hybrides.
Auijourd'hui il faut en rabattre et de beaucoup mtoe. D6jA Reichenbach,
avec sa perspicacity habituelle, avalt reconnu des hybrides naturels et ceux-ci
ont parfaitement fructifl^. M. Maxwell T. Masters, dans le Gardeners'
Chronicle du 14 avril dernier, parlant d'une conf6rence donn^e k la Soci6t6
royale d*horticulture de Londres, par M.Engleheart, signale des experiences
faites par celui-ci dans son jardin du Hampshire, d'ofii il resulte que le croise-
ment du Narmsus poeticus avec le N, Ajax a donn6 le N, incomparabilis,
que Herbert consid6rait d6jA comme un hybride. Le m6me auteur n'admet-
tait pas le iV^. montanus comme une esp^ce. M. Engleheart a donnS raison
k cette pr^somption en obtenant le N, montanus en croisant ensemble les
N, moschatus et N. poeticus.
£lM. Rodigas.
az
\.r.
PL 1\
ADIAMIM (ILAESIl i. mm>. a y.w. mu
OAPILIAIRE DE M. FL CLAE8
. . MIC noijvH'juU* qni -ru ai ^'iK.-illic avo.' :"-'',tM,' djris h' n mh.Ip »■ ^' ^. •.-,.'.
■ 'Ti Vtimiihi..:. .1 tih tvpc tout a lait «i'^l: j i cl (i:il r-i j,'Ii:;»'.i'i;iMo :"■ ii
•' i!or. ^\'st r.ii»* ir(V ot'lle fx^'Vt' ijut ii-mk p.ir;»il ;.i'i t'r.'v n sn .r'a-.l nv»'
! 'i [)ifiUit* a 'M" intiO'luito !'/.'(Mi^fn.'!i[ «lu l^fi- il ]>-n J.-l.h nf.ri.TT-i: :-
'^"S vjvaeouiv atta-'lu'S a l\''lMi..:.ss -iii' hi.
''' 1 ii'.iv on it' v')it siH' la JM;'ni*i .\ le j>oct -ic la jilaulr o-t /j !.i iMJ^i oj.. -ic-ux
M.;. -'n-ux. La r(>ursrmall"ii Jtv> {miim-.-, la s!.-,j'"<.f -a •■; It-^ di". ■:• ions
•'iNalfS 5'jiit si iioltenio.;t iM!';iM'"i ■''♦'s j'.- '.\\\ •'.'<■•■, t, an ;• i^it'^
J'-.-' '\'','i.ii sp tnriVt' ''n [)r(''ri«."'.' li'-ui'^ F •;».'- • 1/-- ra^ '" •! ' > i'«- jr^-
»". • JHi rt.'Uge bran; m^^ ;»inaitK*> d. '\i:nr (i-* '■[••r-lai-''- ' .• -ont .i» . ■-
. •> f-ar raj'jw'i't an rardi.^ tan lis (j-hj r^']-,! ^•. (>-♦ ;.»/a*it^iw , ■<^d n^-o'i; i..'\
" p';mMit'< Vfiit gi'-ut'iaiouiPiil 'I.>or.|'»'^»'^ a^'-r »'•''. lain^*,' ct r'l* ^'!/'*^ <^u'is->\ '
'. ,TM«v. f Hit lf» liinbo o<\ pana-lif' •!<* vtrl '- r.r. ri 'It- \t'rf !»ai«': 'a .'.,1 -
•r ••l« rjche ost dJspW-o on iianacho .u |-hia.( -ii.v'ii;* li niM'Mivr ip»i:; nr,
•*t*- nouveaiite. s-M-a nu Mi-ii.fia'iil. dc p!'*-^ i»om- la m > r ■ *i!a!''.i»' el »!'(»
* ' • ira, uv(\< nVu do'itr.ns pMs ui.r pi'-'-, !•■ is<r a Miti'Ui atix <*'• i ' :,t"= i[ji
•f'.l a'ljourd'hul jjux ci-ifJiM^-iii >ii.s |.)r:nrs Km. W-i^] ,ts.
ii^^eoratlon des tables. — A 'a d'M-ai^j'i' fX[» ^iiii-^i «i*' H.-iP-;-.:' \,u
n '. nr- t*tail O'jvprt poar ■*">i iK-aicniatl'-n ']'>roK- k\'w\' J^ihio d- d > . < -
.";■»■. \' .- a^^ssiiiL <^vidtMa»n''Ut d'n!! .Ii-i^r l- iVl-'. N-iu^ rif ';:iv,';i>; p- :o . ..
■'■•■tl'"^ liar oe corxN ais, mai;- il ii-n< ^'-ijiiji.' .ja'-'a ;'"a''-v;!ir\N d*- re L-.a'*-
^M'ait 'ii^Ti^' dp ti-DU.**'- i»lao,o a !>'\;m suiciu iuiS.'-'li' .j.i: ar. 'o:« -..••!.;.■ :if"« iC
X
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i37 —
PI. IX
ADIANTUM CLAESII l. lind. & en. rod.
GAPILUIRE DE M. FL. GLAE8
Voici une nouveaute qui sera accueillie avec faveur dans le rnonde horlicole.
G'esl un Adiantum, d'un type tout a fait distinct et qui est remarquable k la
fois par Tampleur de son feuillage 616gamment d6coup6 et par sa panachure
argentee. (Test une tr6s belle esp^ce qui nous paralt appel6e k un grand ave-
nir. La plante a M6 introduite r^cemment du Br6sil par L'Horticulture
Internationale^ Bruxelles; elle est d6di6e k M. Fl. Glaes, un des bota-
nistes voyageurs attaches k T^tablissement.
Comme on le volt sur la planche, le port de la plante est k la fois gracieux
et yigoureux. La conformation des pennes, la disposition et les dimensions
des pinnules sont si nettemeut caract6ris6es que Ton douterait, au premier
aspect, qu^on se trouve en presence d'une Foug^re. Les rachis et les petioles
sont d'un rouge brun ; les pinnules, de forme obcord6e-lanc6ol6e, sont d6fl6-
cbies par rapport au rachis, tandis que celui-ci est gracieusement recourb6.
Les pinnules sont g6n6ralement d^coup6es avec 61^gance et ondul6es suivant
les veines. Tout le limbe est panache de vert fonc6 et de vert pMe; la colo-
ration blanche est dispos6e en panache ou plume suivant la nervure m6diane.
Gette nouveaute sera un ornement de plus pour la serre chaude et elle
deviendra, nous n'en doutons pas, une pr^cieuse addition aux 616ments qui
servent aujourd'hui aux compositions florales. Em. Rodigas.
Decoration des tables. — A la derni^re exposition de Rotterdam un
concours 6tait ouvert pour Tornementation florale d'une table de douze con-
verts. II s agijssait 6videmment d'un diner de fete. Nous ne savons le r^sultat
produit par ce concours, mais il nous semble qu'un concours de ce genre
serait digne de trouver place k Texposition horticole qui accompagnera le
World-Show de Bruxelles de 1895.
— 138
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Musa Manni. — Gelte esp^ce qui, par son port, rappelle le Musa rosacea,
est originaire de TAssam. La tige est grele, stolonifere; les feuilles sont
longuement p6tiol6es. L'inflorescence, allong^e, est munie de bractees
oblongues, roses, triflores; les fleurs sont jaunes. Le fruit, assez petit, est
fusifonne, trigone et lisse.
Rhododendron Reine Marie Henriette. — Gette vari^t^, obtenue de
semis par Thorticulteur gantois M. Bern. Fortie, a ete tr6s remarqu6e au
meeting du Casino du mois d*avrii dernier. L'exemplaire portait de nombreux
bouquets de fleurs blanc de cire, d'une forme exquise.
Thibaudia macrantha. — Gelte esp^ce, aujourd'hui designee sous le nom
d'Agapetes tnacratUha, fut introduite du Moulmein par la maison J. Veitch et
fils, vers le milieu de ce si^cle. Sous le nom de Thibaudia macrantha la
plante fut publi6e dans le Botanical Magazine en 1851. EUe est encore
peu r^pandue. G*est un arbuste avec des feuilles 6paisses, charnues, et des
inflorescences axillaires a fleurs pendantes, urc6ol6es, jaunatres, lav6es de rose
et remarquablement vein^es de rouge vif. La plante demande la serre chaude.
Glerodendron trichotomum. — Get arbuste, d'origine japonaise, forme
une touffe bien fournie de feuillage vert fonc6 se couvrant en automne de
nombreuses fleurs blanches. Gelles-ci sont dispos6es en grappes laches et sont
entour6es d'un calice rouge vif. G'est une bonne esp^e de serre froide qu'il
sera possible de confler k la pleine terre a bonne exposition.
Todea Moorei Baker. — G*est une Elegante Foug^re arborescente dont
le tronc acquierf 0"™i5 de diam^^tre et environ 0™30 k 0™50 de hauteur. Le
Gardeners' Chronicle rappelle que la plante fut d6couverte par M. Gharles
Moore, dans Tile de Lord Howe. La tige porte k son sommet une couronne
de frondes arqu6es, glabres, membraneuses, aux feuilles oblongues lanc6ol6es,
pinnatifldes.
Amorphophallus Elliotti. — G'est une tr^s curieuse esp^ce, originaire
de Sierra Leone, figur^e dans le Botanical Magazine du mois d'avril 1894. La
spathe se recouvre k la base, elle est cylindrique, en forme de capuchon au
sommet avec une bouche relativement petite. Elle est d'un coloris ros6 k la
base, verdMre vers le haut, pointill^e et maculae de brun pourpr6; I'int^rieur
est d'une couleur cramoisi fonce. Le spadice est enti^rement renferm^ dans
la spathe.
Ptychococcus paradoxus Becc. — Get 61egant Palmier, originaire de la
Nouvelle-Guin^e , et qui est d6sign6 aussi sous le iionx 4^ Ptychospenna
— 139 —
paradoxa, m^rite d*dtre recommand^. Son stipe atteint de 5 & 7 metres. Ses
frondes sont pinnatifldes, engainantes a la base. Les jeunes feuilles sont
bilobees, a lobes oblongs, obliques au sommet, dentel^s sur les bords; les
feuilles caract^ris^es sont profondement divis^es; les divisions ont environ
0"'25 a 0"30 de longueur, sont attacli6es par un large rachis, obliques au
sommet et dentel6es sur les bords comme les jeunes feuilles (Gardeners' Chro-
fM'e, XV, 1894, p. 526).
Plagianthus Lyalli. — G'est un bel arbre atteignant jusqu*^ dix mMres de
hauteur et se chargeant de bouquets de fleurs blanches. Le feuillage devient
jaune k Fautomne et ajoute une teinte doree aux feuillages d'ornement. Get
arbre est originaire de Nouvelle Z^lande et appartient k la famille des Mai-
Tac6es.
Amaryllis M'"® Gh. De Bosschere. — Gette belle vari^t^, montr6e par
M. Ch. Vuylsteke au meeting du Gasino de Gand en avril dernier, a obtenu
un certificat de mdrite d^ern^ k Tunanimite. La fleur, grande, bien faite, est
d'un rouge cramoisi sating brillant. Elle mesure 0"22 de diam^tre, les seg-
ments ayant plus de 0"™15 de long et pr6s de 0™10 de large.
Torenia Foumieri grandiflora compacta alba. — Le type du Torenia
Foumieri k ^em*s d'un beau bleu d'azur fut introduit en 1873. II en a paru une .
vari^te k fleurs blanches sous le nom de White Wings en Angleterre. La
Yari6le nouvelle depasse de loin cette derni^re, et on peut la consid^rer comme
une excellente plante de bordure. La nouvelle venue est plus compacte et les
fleurs sont d'un blanc pur.
Rhododendron racemosum. — G'est un petit arbuste, voisin du Rh. glau-
cum, qui a 6t6 introduit du Yunnan par le missionnaire Delavay au Museum
d'histoire naturelle de Paris. Les fleurs, disposees en corymbes subterminaux,
sont ti*^ grandes et d*un beau rose.
Helianthus lenticularis. — Gette plante a 6t^ introduite Tan dernier de
TAm^rique septentionale par la maison Vilmorin-Andrieux et G*®, de Paris.
G'est franchement une des plus belles introductions de 1893. En une seule
annee la plante acquiert, k bonne exposition, une hauteur de quatre metres.
Elle forme une pyramide parfaite, garnie de la base jusqu'au sommet de fleurs
de grandeur moyenne d'un jaune brillant. Gette esp^ce aura une valeur r^elle
pour orner de grands pares.
Protea rhodantha. — Get arbrisseau nain, de la famille des Proteac^es,
est originaire du Transvaal. Sa tige est simple, dress6e, marquee de taches
brunes; les feuilles sont sessiles, lin6aires allongees; les fleurs, d'un beau rose
vif. forment un large capitule de 0*"10 de diam6tre, entoure de grandes brac-
t6es obovales, obtuses, imbriquees. La plante a 6t6 figur^e dans le Botanical
Magazine,
— 140 —
Lowia mazillarioides. — Un coup d'oeil superflciel jet6 sur la figure de
cette plante [Botanical Magazine, avril 1894, 7351) la ferait prendre pour une
Orchidee. G'est d'ailleurs sous le nom d'Orchidantha borneensis qu'elle fiit
d^crite dans le Gardeners' Chronicle en 1886. Toutefois elle aurait plutotsa
place entre les Zinziber et les Musa. D'un rbiz^ine rampant s*6l6vent des
feuilles p^tiol6es, ovales lanc6ol6es, uninerviees, finement vein^s transversale-
ment. Les fleurs sont disposees en panicules laches s*61evant du rhizdme.
Ghaque fleur mesure 0"07 de diani^lre. Les p^tales inferieurs sont oblongs
lanc^ol6s, lilas pourpre fonce; les deux p^tales sup<^rieurs sont petits et de
couleup lilas; le troisi^nie p^tale est long de 0'"02, large de 0™01, oblong, aigu,
ayant un disque jaunatre stri6 et macule de pourpre. Les ^tamines sont au
nombre de cinq. La plante a 6t6 introduite de Singapore par M. Ridley et a
fleuri a Kew.
Thompsonia nepalensis. — G'est une Aroid^e tub^reuse dont la tige
solitaire se divise en trois branches principales, branchues k leur tour. Les
derni^res divisions sont lanc6ol6es ou ovales lanceol6es et acuinin^es. L'inflo-
rescence pr6c6de la foliation. La spathe longue de 0'"15 a 0™30 est verdatre
et enveloppe un spadice cylindrique a peu pr6s de meme longueur. La partie
inf^rieure est couverte de fleurs femelles tr^s nombreuses, la partie sup^rieure
porte une masse d'anth^res s'ouvrant toutes a leurs extremit^s. La plante,
originaire du Nepaul, a fleuri a Kew et a 6t6 publiee recemment dans le Bota-
nical Magazine,
Lilium croceo-elegans. — G*est un hybride obtenu par croisement du
L. croceum, esp^ce europeenne, avec L. elegans ou Thunbergianum, esp6ce
japonaise. Les fleurs de O'^IO de long sont d'un beau coloris 6carlate marque
de nombreuses macules d'un brun noiratre.
Lotus pelyorhynchus. — Gette charmante Papilionac6e, a feuilles 6talees
et sessiles, a fleurs axillaires irr^guli^rement reunies a I'extremit^ des rameaux,
fut d6crite par Baker dans le Botanical Magazine. Elle a 6t6 introduite des
lies Ganaries et bien que ce soit un petit arbuste, la plante convient parfaite-
ment k la gamiture des corbeilles su^pendues. En effet, ses branches sont
naturellement infl^chies et pendantes et leurs fleurs, qui rappellent assez bien
celles des Glianthus, sauf qu'elles sont moins grandes mais non moins curieuses,
s'^panouissent en serre froide de mai en juillet. Un exemplaire bien fleuri fit
son apparition en juin dernier k un meeting du Gasino de Gand et y obtint
un certiflcat de floraison. Ge n'est pas une nouveaut^ puisque la plante fut
d^crite, il y a vingt ans, mais elle est tellement jolie qu'elle merite d'etre
sp^cialemenl recommand^e. La multiplication en est fort facile, la plante
fleurit le mieux en serre et doit etre expos6e en plein soleil pr6s du vitrage.
Impatiens auricoma. — On se rappelle encore la sensation que produisit
— 141 —
llntroduction des Impatiens StUtani, platypetala, Hawkeri; le nn^me accueil
sera fait a la nouvelle venue qui se distingue par ses tr6s nombreuses fleurs
en forme de casque qui sont d*un beau jaune d*or, sauf la gorge qui est marquee
de lignes pourpres. La plante est vivace. Les rameaux sont roses. Les feuilles
sont ovales, acumin6es, dent^es, a nervures roses contrastant avec le vert
fonce du limbe. Elle peut passer V6i6 dehors et continue a fleurir tout Thiver
en serre chaude ou temp6r6e.
Ptychosperma elegans. — G'est un beau Palmier, originaire de TAustralie
tropicale. Les feuilles sont pinnies, a segments lanceol6s. Les fleurs sont tr6s
nombreuses et dispos6es en panicules ram^ux sous la couronne»de feuilles.
L'esp6ce a 6t6 figur6e dans le Botanical Magazine de mars 1894.
Rhododendron Schlippenbachi Maxim. — Gette nouvelle esp^ce, origi-
naire de TAsie orientale, et qu'on rencontre dans la Gor6e et dans la Mand-
chourie, a 6t6 d^crite dans le Bulletin de TAcademie de S' Petersbourg, XV,
page 276. Les feuilles sont presque ovales, ondul6es, ayant la texture de celles
des Azel^es et se produisant a peu pr^s en meme temps que les fleurs. Les
bourgeons et les p6doncules sont poilus ; entre ceux-ci se trou vent des bract^es
dont la plupart tombent lors de Tepanouissement des fleurs, Gelles-ci sont
d*un rose lilac6 pale, hypocrat 6riformes, avec un limbe quinqiielob^, largement
ouvert; les trois lobes sup6rieurs sont marques de macules brunes pr6s de la
base. Les etamines, au nombre de dix, sont d'inegale longueur. Le Gardeners'
Chronicle donne une superbe figure de la plante et ajoute que MM. Veitgh
Tont montr6e au meeting du 27 mars de la Royal Horticultural Society de
Londres.
Stangeria paradoza. — Gette Gycad^e fut d^couverte dans la Gafrerie
par QuENSius et d^crite d'abord sous le nom de Lomariu crispa. T. Moore,
du Jardin botanique de Glielsea, signala la plante comme un Zamia ressem-
blant a une Foug^re ou une Foug^re ressemblant a un Zamia. Le Gardeners*
Chronicle a donn6 demi^rement la figure du Stangeria paradoxa var,
sehuodon montrant des inflorescences males. La plante figur^e est un magni-
fique specimen qu'on peut voir a Kew, otx il s*est parfaitement d6velopp6 dans
la serre k Victoria. Les frondes ont plus de deux metres de longueur.
Triehopus zeylanicus. — Gette esp^ce, consid6r6e par les uns comme un
Aristolochia, par les autres comme un Dioscorea, se rapproche le plus de ce
dernier genre. Elle n'est pas voluble; les fleurs sont etoil6es, a six divisions.
Les fruits sont en forme de massue et munis de trois ailes pro^minentes. La
plante est originaire de Geylan et du sud de Tlnde.
Em. R.
— 142 —
LES NEPENTHES
L'ordre des Nepenthac6es se compose d'une famille unique, comptanl aujour-
d'hui une trentaine d*esp^ces indigenes dans TAsie tropicale, a Madagascar, aux
Seychelles, a I'Australie tropicale, a la Nouvelle GalMonie et k I'Archipel
Malais. lies esp^ces ont 6t6 si souvent ddcrites et signal6es qu'il serait superflu
de detainer encore leur strange organisation, leur constitution sp6ciale, g6n6-
ralement sarmenteuse, les curieuscs amphores dues a la dilatation de la yrille
d'abord simple qui se d^yeloppe en une urne ou ascidie plus ou moins grande,
dont Tori flee est toujours bord^ d'un bourrelet stri6 transversaleraent et accom-
pagn6 d'un opercule, sorte de lame foliacee qui tient lieu du limbe de la feuille.
Actuellement on pent voir dans une des serres de la Compagnie continentale
d'Horticulture, a Bruxelles, des exemplaires superbes de d6veloppement et
montrant de belles et grandes ascidies, qui ont le privilege d*attirer Tattention
meme des visiteurs peu initios aux choses de Thorticulture. Ici c'est le NepefUhes
coccinea, aux grandes urnes de couleur dcarlate. La figure 28 donne une idee
du port de cette esp6ce, de sa vigueur et de Taspect special des nombreuses
gourdes dont la plante se charge. Gelles-ci sont larges de 0"15 et longues de
0*"12 a 0™15. Le fond cramoisi ou ^carlate est parsem6 dejaune pale; de plus,
les ailes sont longuement frangees. Ailleurs, c'est le Nepenthes Hookeriana,
destine k consacrer un des grands noms de la botanique. La figure 29 fait
comprendre la valeur ornementale de la plante, la forme gracieuse et le
caract6re de ses ascidies arrondies et macul6es de rouge. Plus loin, nous
trouYons le Nepenthes Kennedyana, esp^ce australienne, aux urnes ^troites,
allong^es et rougeatres ; puis les N, ampullacea, biccUcarata, Henryana, Chd-
soni et une s^rie d*autres esp^ces, vari6t6s ou hybrides parmi lesquels on n'a
que Tembarras du choix.
La culture des Nepenthes n'est pas du tout compliqu^e. Ge qui leur est
n^cessaire, c*est la chaleur et Thumidit^, mais sans chaleur de fond ; en outre,
il faut aux racines I'acc^s facile de Fair, sinon elles d6p6rissent. La chaleur
ne doit pas ^tre inf6rieure ^ 20*> c. durant la p6riode de vegetation; elle peut
aller a 15° c. pendant la p6riode de repos. La serre dans laquelle on les place
doit pouvoir etre bien aer^, sinon les feuilles se tachent et les plantes sont
det6rior^es. L'air doit etre conserve humide, si Ton veut que les ascidies
acqui^rent leur d^veloppement normal et ne se ratatinent pas. Les cdtes de
tabac, distribuees au-dessus des tuyaux de chauflkge et mouill6es de temps k
autre, d^gagent sufllsamment d*insecticide pour d^truire les insectes qui enva-
hissent les plantes dans un air aride.
^^^,J^muJJIJJJMiJ^
— 144 —
Les Nepenthes se propagent ais^ment de boutures. Dans C5e but on emploie
les extr6mit6s bien aotlt^es ou mieux encore des tronQons pris k la base de
plantes bien conformees, avec trois ou quatre yeux, c'est-a-dire ayant une
dizaine de centimetres de long. La blessure sera recouverte de charbon en
poudre. On les met dans un melange d'une partie de sphagnum vivant, hach^
menu, d'une partie de terre de bruy^re flbreuse et d'une partie de sable blanc.
On place les boutures sous chassis Titr6 dans la serre k multiplication, avec
une chaleur de fond de 30 degr^s centigrades et on les garantit contre les
rayons du soleil ; on a soin aussi de les mouiller frequemment. Tous les matins
on peut, pendant quelques minutes, enlever les chassis, afln de renouveler
lair et de pr^venir Texc^s d'humidit6.
Les plantes qui semblent d^cliner peuvent ^tre rabattues jusqu'A la base de
la pousse de la saison pr6c^dente. II est imprudent de tailler dans le bois plus
age, parce qu'il faut alors attendre trop longtemps avant d*avoir des rejets
assez forts pour donner des ascidies de grandeur convenable.
Gertaines esp^ces ou formes sont plus solides ou moins d^liciites que d'autres.
Les jV. Mastersiana et N. sangtmiea peuvent ^tre suspendus k la toiture du
vitrage dans n'importe quelle serre chaude, pourvu que Tombrage soit bien
manage; les variet^s d^licates doivent etre trait^es a part, il leur faut une
serre dans le genre de celle de L'Horticulture Internationale k Bruxelles,
ou bien celle qui a 6te decrite dans IJ Illustration Horticole, ann6e 1884, p. 47.
Em. R.
PETITES NOTES DE CULTURE
Amaryllis. — La meilleure couverture contre les rayons ardents du soleil
par les journ{»es souvent tr^s sereines du mois de mai, est celle qui est fkite en
lattis. Si les rayons solaires arrivent jusqu'au feuillage ou sur les fleurs, ^ tra-
vers le lattis, ils sont dqja tamises ou obliques; en outre, les lignes d'ombre se
deplacent egalement et avec assez de rapidite. La couverture de toile est
presque toujours trop 6paisse ; elle donne d'ailleurs une ombre permanente,
nuisible a la coloration. Le peinturage des vitres, quel que soit TingrMient
employ6, doit ^tre condamn6 au m^me titre. La plupart des Amaryllis ont
termini actuellement leur floraison dans les serres. On suspend naturellement
les arrosements d'engrais liquide et Ton diminue graduellement Tarrosage k
I'eau pure. Le feuillage doit 6tre constamment tenu propre et il est bon d'em-
p^cher les feuilles de se renverser ou de trainer sur les pots ou sur la terre,
afin de pr6venir toute moisissure. II est imprudent d'appliquer encore des
seringages, parce qu'on risque de trop mouiller la terre des pots et de nuire
Fig. 29. — Nepenthes Hookeriima.
— 14G —
ainsi k la bonne constitution des bulbes et de compromeitre la floraison de
I'ann^e suivante.
Aristolochia. — Ces plantes, dont les etranges inflorescences attirent
toujours Tattention, sont maintenant en plein d^veloppement dans les serres.
Le jardinier aura eu soin de les nettoyer et de les tailler en temps utile; il
sait qu'elles aiment a se trouver rapproch^es du vitrage, les ramifications
bien d^gag^es. Trait^es de cette fagon, elles produisent plus abondamment
leurs fleurs; celles-ci sont mieux en vue, ce qui n'est pas a d^daigner. On
peut donner aux plantes des arrosements d'engrais liquide.
Medinilla magniflca. — Cette esp^ce, la plus belle du genre, justifie
amplement son appellation sp6cifique. 11 lui faut une atmosphere chaude et
humide; le voisinage de Taquariuni de serre lui convient 6galement. La
culture n'est pas difllcile ; la plante se contente d'un compost de terreau de
feuilles, de tourbe et de terre forte en parties egales en melange avec du sable
blanc. Durant V6i6 elle se trouve bien d'abondants arrosements. Le Gar-
deners' Chronicle signalait dans son nuni^ro du 14 avril un exemplaire cultiv6
a Dover House, Roehampton, et portant a ce moment soixante racemes de
jolies fleurs rosees. Get exemplaire se trouvait il y a un an et demi dans un
petit godet; maintenant il occupe un vase de 0*"25de diam^tre. L*effet produit
par ses nombreuses inflorescences et son beau feuillage est tr6s ornemental et
ce Medinilla m6riterait d'etre admis-plus g6n6ralement dans les serres.
Cyclamen. — Le chef des cultures de Dover House, M. J. F. M'' Leod
recommande de traiter les Cyclamen de fagon a bien les preparer pour leur
floraison d'hiver, durant la courte p6riode comprise entre la fin de la floraison
et le moment de la reprise. Les jeunes semis, dit-il dans le Gardeners Chro-
nicle, sont maintenant suflisamment ^»tablis pour qu*on puisse les rempoter
dans des pots de 0'"12 de diam^tre. Ceux-ci doivent etre absolument propres
et avoir le drainage bien pos6 et couvert d'une couche de mousse. On se servira
d'un compost de deux parties de terre tourbeuse, concass^e a la main et non
tamisee, et d*une partie de terreau provenant d'une couche de champignons,
avec du sable et des morceaux de charbon de la grosseur d'une noisette.
Chaque brouett^e de compost pourra recevoir une pot^e de suie et une pot6e de
poudre d'os, le tout bien melange. Lors du rempotage des plantes, la terre sera
bien press^e sur les racines et le tubercule place avec son sommet a la surface
du pot. Les plantes sont mises dans une bache oQ Ton puisse donner de la cha-
leur au besoin.On les tient k Tetouflee jusqu'a ce que les racines se developpent
activement et Ton arrose leg^rement les feuilles le matin et Tapr^s-midi. On
comprend qu'avec ces soins on arrive a une excellente floraison.
Drainage. — Si la nature du sol est un point capital a prendre en consi-
deration dans la culture des plantes en pots, la question du drainage n'est pas
— 147 —
moins importante. II faut que Teau d*arrosage puisse 6tre filtr6e compl6tement
et que jamais elle ne s'arr^te dans les pots, sinon, la terre devient aigre et
entre partiellement en decomposition. On recommande avec raison Temploi de
terre tourbeuse, seulement celle-ci s'use ou se consume assez promptement.
L'emploi du charbon de bois n*est pas k d^daigner et sa porosit6 est reconnue.
Les lessons de pots peuvent ^tre remplac^s utilement par des ecailles
d'huitres 16g6rement concass^es et recouvertes de charbon ou de morceaux de
lourbe. Les Gycas et les Pandanus se trouvent bien de Temploi de ces mate-
riaux pour le drainage.
Fleurs en serre froide. — Nous visitions demi^rement la serre froide,
dispos6e en jardin d'hiver, d'un amateur des environs de Gand. Gelui-ci avait
r^ani dans ce conservatoire un grand nombre de plantes fleuries produisant
dans leur vari6t6 comme par leur ensemble un efFet des plus charmants. II y
avait ]k des Primula de diverses esp^ces, comme le P. viscosa var. major, aux
grandes fleurs d'un beau rose; le P. Sieboldi, le P. obconica toujours gracieux;
un certain nombre de Narcissus et de Jonquilles, dont les Anglais font tant de
cas; plusieurs Epimedium, VE. violaceum aux fleurs lilacees, et \E, niveum
aux fleurs d'un Wane pur; le Trillium grandifiorum, VAlyssum saxatile,
formant un seul bouquet d'or; le Megasia cHiata et bien d'autres qu'on
reverra en pleine terre deux mois plus tard.
Yucca gloriosa. — Les Yucca contribuent pour une grande part a donner
aux jardins un cachet pittoresque ^t tropical. Rien n'est plus beau que de
grands exemplaires fleuris de ces v6g6laux qui peuvent orner les jardins
d'hiver aussi bien que la pelouse. Le Gardeners' Chronicle a presents der-
ni^rement, d'aprfes une photographie, une groupe de Yucca gloriosa, qu'on
a pu voir dans le jardin d'un h6tel a Nant Hall, Prescatyn, North- Wales. Les
Yucca en plein air doivent 6tre a I'abri des vents violents comme aussi du
grand froid. Le sol doit 6tre 61ev6, permeable; ils se trouvent le mieux dans
les grandes poches d'un enrochement. Leur aspect devient imposant lorsquMls
sent cultiv6s en grand nombre. R. d'Eelen.
SERRE FROI DE
BOBONIA EliATIOB
La section horticole de la Soci6t6 royale des d6cores industriels et hor-
licoles gantois a ouvert, le 29 avril dernier, dans les locaux de la Soci6t6
Guillaume Tell, une exposition de plantes et de fleurs dans le but special de
— 148 —
procurer des ressoupces k la Gaisse des membres kg^ et peu fortunes. Gette
exposition ouverte en presence de M. R. de Kerchove, gouverneur de la
Province, des autorit^s locales et des sommites de Thorticulture, 6tait des
plus reussies et faisait grand hooneur au d6sintdressement des exposants,
puisqu'aucun apport, quel qu*il fdt, ne devait s'attendre k la moindre distinc-
tion ni recompense. Parmi les plantes expos6es, les connaisseurs ont remarqu6
entre autres un lot nombreux de plantes de Nouvelle Hollande, toutes char-
mantes esp^ces d'omement, consid6r6es comme rebelles k la culture en pots.
Rarement on a yu les Boronia aussi bien fleuris; ils ^talent plus frais que
les exemplaires venant habituellement d'Angleterre. La culture commer-
ciale du Boronia elatior est une speciality d'un horticulteur de Meirelbeke,
M. E. GoLLUMBiEN. Voici comment il proc^de :
Aussitot apr^s la floraison, vers le 15 mai, les jeunes plantes sont mises en
terre de bruy^re, en plein air et au grand soleil, et laiss^es dehors jusqu*en
octobre ; elles ont alors une largeur moyenne de 0"20 et sont propres k la
vente. La multiplication est faite de boutures en octobre, novembre et m^me
decembre, en serre teraper^e, a 10 ou 12** G., sans chaleur de fond; elles
prennent sans aucune difflculte. On les visite tons les huit jours pour metlre
en godets les plantes enracin^es et les tenir k retoufKe jusqu'^ ce que les
raclnes se montrent contre les parois des pots. Alors elles sont raises en
serre froide, pr^s du vitrage, toujo^rs en plein soleil ; la serre doit Mre bien
a^r^e quand il fait chaud. Les boutons des Boronia ne se forment pas avant
rhiver ; c*est pourquoi il convient de rapprocher les plantes du vitrage durant
rhiver, afin d'avoir une abondante floraison.
Quant au forgage, M. E. Gollumbien insiste sur ce point important que les
plantes doivent etre d^ji en vegetation avant de passer dans la serre tem-
peree chaude, sinon elles poussent en feuilles et les boutons avortcnt. On
procede au forqage en fevrier.
L'horticulteur precite a tente le greffage du Boronia elatior sur B. poly-
gal aefolia, ancienne esp6ce, introduite des 1824 ainsi que plusieurs autres;
mais les plantes obtenues de la sorte restent debiles. Le B. elatior est de
beaucoup superieur au B. heterophylla qui demande trois ans pour atteindre
les proportions auxquelles le premier arrive au bout d'une annee.
La meme culture est applquee avec succes k quelques autres Boronia, au
Lithospermum buUatum, aux Grevillea alpestris, Gr. Preissi, etc.
Em. R.
— 149 —
CAUSERIE HORTICOLE
CONCILIATION DES INT^ReiS COMMUNS DU PROPRlt-
TAIRE ET DU FERMIER
30 Mai 1894.
Leltre d'un propri^taire k son fermier :
« Mon Cher Jean, j*ai recueilli, dans la succession de mon oncle, la ferme
que ta famille exploite depuis de longues ann6es. Le bail courant expire pro-
chainement; avant de le renouveler, comme tu le demandes, j'ai besoin de
causer avec toi au sujet des conditions nouvelles que je veux introduire dans
nos stipulations. Le temps presse afln de nous mettre definitivement d'accord
si nous ne voulons pas nous s6parer. « Tout k toi
tt IL.,.^ propriitaire. »
Cette lettre jeta le trouble dans la famille du bon fermier; on se demanda
quelles ^taient les conditions nouvelles, puisqu'elles pouvaient avoir une port^e
jusqu*^ produire une separation Tout le menage du fermier s'arr^ta k Tid^e
d'une forte augmentation de prix de bail, et on se lamentait.... La ferme, dans
la pens^e du fermier, rendait pourtant tout ce qu'elle pouvait rendre sous le
rude travail de sa nombreuse famille, et ce rendement ne fournissait qu*aux
premiers besoins et au payement du fermage.... Comment sufl3re a une aug-
mentation de prix? Faudrait-il quitter ces lieux oti les generations de la famille
se sont succ6d6es depuis des ann^es ! . . . . Dure necessite ! . . . .
La famille du brave fermier d61ib6ra qu*il valait mieux essayer des sacrifices
et Tester dans des lieux si chers; apr6s tout, on redoublerait d'ardeur et Dieu
n'abandonnerait pas ses enfants.
Premiere entrevue :
Le propriitaire. — Bonjour Jean, je suis ravi de ton empressement k te
rendre k mon appel. Mais tu as I'air bien triste ; pourquoi done?
Le fermier Jean. — Votre lettre, Monsieur, parle de conditions nouvelles
etm^me de separation L, Gela n*estpas rassurant; en me voyant partir, ma
femme et mes enfants ont verse bien des larmes, quoique nous ayons conflance
en voire bon coeurl
Le jyropriStaire, — J*espere bien, mon clier Jean, que tu sera bient6t moins
— 150 —
trouble. Non seulement je n'ai pas rintention d'augmenter le prix de fermage,
ni de me s^parer de toi, mais je veux, par les conditions nouveUes^ si tu les
acceptes, ajoutera ton aisance, y sgouter beaucoup, el en m^me temps donner
k ma ferme plus de valeur qu'elle n'en a.
Le fermier. — Quoi, vous ne me demandez pas un 6cu de plus, je serai plus
k raise, et voire ferme vaudra plus cher ?
Le propriHaire, — Depuis des ann^es ma famille a Iransmis k la tienne, de
neuf ans en neuf ans, la jouissance de sa propri^t^, qui reslait k ses risques et
pirils et dont lu faisais k peu pr^s Tusage que tu voulais. Tu n^avais pour ainsi
dire qu'une obligation rigoureuse, celle de payer exactemenl au tenne convenu.
Le r^sultat de celle coutume routini6re apparall aujourd'hui : tu es pauvre
comme devant et la lerre ne s'est pas am61ior6e depuis que tu la fais valoir.
Ne le semble-t-il pas, Jean, qu'il doit y avoir quelques causes k ce mal et que
nous devons pouvoir y porter remade ?
Le fermier, — Sans doule; mais comment faire?... Nous travaillons lous
aulant que possible, nous vivons de privations, et je ne vols pas ce que nous
pourrions faire de plus.
Le propriitaire. — G'est pour le I'apprendre, mon cher Jean, que je t'ai fait
venir. Aujourd'hui nous sommes comme deux ennemis dont la victime est la
lerre : elle qui nous donne tant, nous ne lui rendons presque rien; nous la
ruinons sans nous enrichir. Mais bient6t, nous allons Tenrichir pour noire
profit commun. II serait facile de le citer beaucoup d*exemples d*ulilil6 que
nous pourrons retirer tous deux de la lerre par la cooperation peu on6reuse du
travail.
Le fermier. — En quoi done consistent ces ameliorations pour noire profit
commun ?
Le propriitaire. — Ce sera Tobjet d*une autre causerie; mais pour satisfaire
k la curiosiie que je comprends, je veux, entr'aulres, la creation d'une partie
du domaine en prairies sous verger s-fruitiers; je veux la culture perfectionnie
sous lous ses rapports. Je serai ton associ6 par I'inlervention de ma personne
dans la surveillance de Tapplication des conditions dont nous serons convenus.
Je serai ton associe par le capital, en le faisant les avances con venues pour
cerlaines ameliorations sur lesquelles nous tomberons d'accord.
Retourne vers la famille el dis-lui k la mani^re ce que lu penses de noire
entrelien. A bienl6t.
GUSTAVE MiCHIELS.
L'lLLUSTRATION
HORTICOLE
BUDDLEIA GOLVILLEI
A. Goossens pinx.
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— 161 —
PI. X
BllDDLEIA COLVILLfil
Le genre Buddleia comprend environ soixante-dix esp6ces d*arbustes, origi-
naires de TAsie, de TAfrique australe et de TAm^rique tropicale ei temp§r6e.
Parmi ces esp^ces, les unes sont rustiques, d'autres semi-rustiques, d'autres
enfin r^clament i'abri de la serre temp6r6e ou de la serre chaude. Leurs fleurs
sont g6n6ralement de petite taille, dispos6es en capitules, en 6pis ou en thyrses.
L*esp6ce flgur^e ci-contre est d'une beauts tout k fait sup6rieure, et ses
fleurs, de belle grandeur, ont un coloris des plus 616gants. Elle a fleuri 11 y a
deux anschez M. W. E. Gumbleton, de Queenstown (Irlande), qui Ta d^crite
de la facon suivante dans le journal anglais The Garden, auquel nous emprun-
tons les Elements de cette reproduction :
« Ce superbe arbuste semi-rustique de THimalaya, que les autorit^s comp6-
tenles reconnaissent, je crois, comme de beaucoup le plus beau et le plus d6co-
ratif des membres du groupe 6tendu auquel il appartient, m'a 6t6 foumi il y a
enyiron sept ou liuit ans par MM. Veitch, qui Tavaient obtenu de semis; mais
a leur etablissement il ne s'6tait pas montr6 sufflsamment rustique pour
rfeister a un des hivers rigoureux de Londres; il serait sans doute rustique
dans le Devon ou les Gornouailles, comme 11 Test chez moi.
Je I'ai plants contre un mur de briques expos6 au midi ; mais je ne lui ai
donn^ aucune autre protection. II n'a jamais souffert le moins du monde, et il
est arrive maintenant a former un arbrisseau de bonne taille.
II a fleuri chez moi, pour la premiere fois en Europe, si je ne me trompe, au
mois de juillet 1892, et a produit six grappes de ses belles fleurs tubulaires
rose pale a gorge Wane pur, dont Tune est representee tr^s exactement sur la
planche ci-contre.
Ce bel arbuste n'a et6 connu jusqu'ici, par les horticulteurs qui ne Tavaient
pas vu dans lesboisde sa patrie, que par une planche dans les Illustrations of
Himalayan Plants, de Gathcart et Hooker ; mais cette planche ne rend pas
justice a ses charmes d61icats ; en effet, le coloris de fond est d'un rouge beau-
coup plus fonc6, ce qui est peut-etre cause par le puissant soleil de THimalaya,
mais en outre on a totalement omis d'indiquer la gorge blanche qui produit un
si charmant contraste.
— 152 —
D'apr^s Sir Joseph Hooker, cette plante est abondante pr6s du sommet du
Mont Tonglo, k une hauteur de 2,700 k 3,700 metres (jusqu'au sommet), et se
rencontre fr6quemment aussi dans les valines de Lachen et de Lachsong, a des
altitudes analogues ; il atteindrait mdme 3,600 metres au-dessus du niveau de
la mer.
Jesp^re que sa floraison sera encore plus abondante les ann^s qui
viendront.
Get arbuste se multiplie ais^ment par boutures, mais ne fleurit qu*apr6s
avoir atteint une certaine taille et un kge assez avanc^. »
Parmi les autres Buddleia cultiv6s, on peut citer surtout les B. americanaj
B. crispa, qui provient 6galement de THimalaya et se cultive dans les m^mes
conditions que le B, Colvillei, B. globosa, B. insignis, B. japonica, B, inter-
media (hybride horticole), B, Lindleyana, ces cinq derniers rustiques.
M. G.
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Les Ghrysanth^mes boutur6s au printemps , soit sur couche , soit sous
chassis ou sous cloche, ont 616 plant6s en p6pini6re apr^s Tenracinement.
II convient maintenant de les pincer d*une fagon rationnelle pour leur faire
prendre le port voulu. La tige sera pinc6e k 10 centimetres du sol environ,
et les rameaux lat6raux ^ 6 a 10 centimetres de leur naissance.
Les plantes seront ensuite laiss6es en p6pini6re encore quelque temps, puis
mises en place au moment oil elles seront pr6s de fleurir.
« *
Distinctioiis honoriflques. — Nous sommes heureux d'apprendre et de
signaler k nos lecteurs les distinctions hautement m6ritees qui viennent d*6tre
accordees par le Gouvernement frangais k trois personnalites bien connues de
rhorticulture, M. V. Lemoine, de Nancy, promu offlcier de la L6gion d'hon-
neur, et M. Maurice de Vilmorin, de Paris, nomm6 chevalier du m6me ordre,
et M. Martinet, directeur du Jardin, nomm6 chevalier du M6rite Agricole.
•
» «
Exposition de Cherbourg. — Une exposition d'horticulture aura lieu
k Cherbourg, du 7 au 10 juillet prochain, k Toccasion du 50® anniversaire
de la fondation de la Soci6t6 d'horticulture.
Tous les produits de I'horticulture et des arts ou industries qui s'y
rattachent seront admis k cette exposition, qu'ils soient obtenus dans Tarron-
dissement de Cherbourg ou en dehors.
— 153
On peut s'adresser, pour obtenir des renseignements, au President ou au
Secrttaire de la Society, rue Montebello, 44, k Cherbourg.
*
Les Funkia ooltlvte en pots. — Un correspondant de la Deutsche
Gdrtner-Zeitung 6crit k ce journal : « Les Funkia sont appr^ci^s partout, tant
pour former des massifs que pour isoler au milieu de pelits parterres de
gazon, etc. Mais leur utilisation pour la culture en pots est moins connue, et
c'est justement A ce point de vue qu*ils sont particuii^rement pr6cieux. Non
settlement on peut ainsi les transporter k volont6 et les placer dans tel endroit
que Ton veut, mais on a encore ce grand avantage que Ton peut, au commen-
cement de rhiver, les d^poter et les placer dans une partie quelconque du
jardin, afin de leur 6yiter les inconv6nients de Thivernage dans un local ferm6
etchaufig, n^essalre pour les autres plantes cultiv6es en pots.
Lorsqu'arrive le prlntemps, on les d^plante, on les nettoie et on les rempote.
Le compost doit Mre vigoureux, et il est utile d'y ajouter'une petite quantite
de copeaux de come. On peut au besoin placer les Funkia au commencement
d*avril dans une serre temper^epour hater leur floraison. Les plantes trait6es
decette mani6re rendront toujours de grands services k leur possesseur pour
Tomementation du jardin. »
« V
La r6colte des fraisiers des quatre saisons commence actuellement, et
promet d'etre particuli6rement abondante cette ann6e. On devra avoir soin
d'arroser les plantes si la chaleur et la s6cheresse se prolongent, et d'entre-
tenir entre les pieds le paillis qui sert k maintenir la fraicheur du sol et k
empteher la croissance des mauvaises herbes.
Les cultivateure qui produisent des fraisiers de semis devront arracher les
jeunes plants d6s qu'ils auront trois ou quatre feuilles, et les repiquer deux
par deux en pepini^re, k un espacement de 15 centimetres environ. II faudra
avoir soin de les d^barrasser des fleurs qu'ils pourraient donner, ainsi que
des filets.
La mise en place definitive aura lieu k la fin de r6t6 ou au commencement
de Tautomne.
¥ «
Les ormes ont encore souffert beaucoup cette ann^e des tempStes qui ont
s^vi au debut du printemps, et beaucoup d*arbres de cette essence ont 6te
dfcapites aux environs de Bruxelles et dans d'autres regions de la Belgique.
Les grands vents sont malheureusement assez frequents dans ce pays, et pour
peu que nous en soyons encore gratifies cette ann^e, il deviendra difllcile de
rencontrer un orme d^passant une hauteur de 4 ^ 5 metres,
— 164 —
Ces accidents frequents mfirltent d'attirer s6rieusement Tattention des culti-
vateurs. On pent se demander s'il est utile et profitable de planter un arbre
aussi fragile.
En tons cas, il est certain qu'il serait imprudent d*en laisser subsister aupr^s
des habitations ; nous avons vu plus d'une fois des murailles renversees, des
toitures d6grad6es et m^me des personnes bless^es par la chCite des ormes.
Tandis que les autres essences r6sistent bien au vent ou ne perdent que quelques
menues branches, qui restent g^n^ralement suspendues, Torme constitue un
danger permanent.
Les Lilas ont donn6 cette ann^e une superbe floraison, sp6cialement le Lilas
de Perse, dont les grappes 6taient remarquablement grandes et bien colorte;
au premier rang des esp^ces k grandes fleurs, le Lilas Charles X conserve
toujours une place d'honneur.
Un superbe Jardin d*afirr6ment que nous avons vu recemment etait forme
uniquement de Giroflees, de Pens^es et de Tulipes.
Les Pens^es et les Girofi6es dominaient de beaucoup et formaient un massif
d'une richesse de coloris admirable. Les Giroflees embaumaient Tair et pr6sen-
taient toutes les nuances depuis le rouge sang ou cuivr6 jusqu*au jaune d'or.
Quant aux Pens^es, qui auraient peut-^re 6t6 jug6es ordinaires ou mMocres
par un fleuriste, elles oflraient une serie de pourpres violac^s ou bruns tirant
sur le noir, d'orang6s et de jaunes exquis, m§lang6s de formes blanches avec
le centre seul tach6 de noir ou de jaune. Elles se melaient intimement aux
Giroflees, et certaines plantes s*61evaient en appuyant leur tige sur celle des
Giroflees, de sorte que les fleurs des deux sortes se trouvaient fondues en un
massif ^clatant.
Les Tulipes n*appartenaient pas non plus aux types les plus r6cents et les
plus perfectionn6s; elles ^taient panach^es de jaune, de blanc, de rouge et de
rose pelure d'oignon. Mais leur forme, en coupe cylindrique, etait irr6pro-
chable, et leurs beaux coloris reposaient Toeil, en contraste avec les teintes
bnllantes des massifs voisins. Leurs tiges ^taient si minces, et leurs fleurs si
amples et si pleines, qu'elles se balancaient au souffle du vent.
L'ensemble 6tait parfait, quoiqu*il y manqu&t la Reine des fleurs, la rose,
qui ne va pas tarder k fleurir. La longue grille qui cl6turait un des c6tes de ce
ravissant jardin, et permettait au passant de Tadmirer par ses intervalles, §tait
bord6e d'une rang^e de quarantaines richement fleuries, d'un coloris mauve
lilac6 tendre exquis, entremM6es de quelques Pelargonium.
La maison dliabitation 6tait modeste, mais un prince n'aurait pu souhaiter
— 165 —
d'avoir deyant son palais un jardin plus gracieux ni plus parFum^ que celui que
j'admirai longtemps, charms de cette vision po6tique au milieu d*une ville.
* «
An dernier Meeting de Londres. — M. le colonel Hulford Thompson,
deEastcliff, Teignmouth, exposait une s6rie de plantes vari6es poussant dans
de la « Jador fibre. » II parait que les plantes croissent dans la fibre sans
aucune addition de terre. On les enl6ve du sol, et on lave les racines avant de
les mettre dans la mousse.
Ce proc6d6 pourra rendre des services pour Temballage des plantes k exp6-
dier et pour beaucoup d'autres cas, dit le Gardeners' Chronicle.
* *
Le Gardeners' Orplian ftind de Londres, ou Gaisse de secours aux enfants
orplielins de jardiniers, est dans une situation des plus prosp^res, ainsi qu*il
resulte des communications faites ce mois-ci a Toccasion du grand diner
annuel.
Le capital de la Soci6t6 est form6 en partie de souscriptions volontaires
faites par des jardiniers, et dont le minimum est fixe k fr. 6,25 par an, et en
partie de dons; il s'6l6ve d6ja a fr. 176,750, produisant un int6r^t annuel
de fr. 5000 environ.
Les souscriptions et les dons recueillis a Foccasion de la fete annuelle se
sont elevtes k plus de fr. 15000.
Le but de la Society est de distribuer des secours p6cuniaires aux enfants
de jardiniers devenus orphelins. Actuellement 61 enfants regoivent des secours
de fr. 6,25 par semaine.
Une pareillc institution constitue un module qui devrait Mre imite dans tons
les pays od Thorticulture occupe un grand nombre de bras, et nous men-
tionnerons au premier rang la Belgique.
« «
Une station entomologi(iue vient d'etre fondle k Paris par le Minist^re
de VAgriculture, et se chargera de faire les determinations d'insectes qui
seront envoyfe par les agriculteurs et d'indiquer gratuitement les moyens a
employer pour les d6truire.
Le laboratoire aura son si^ge k Tlnstitut national agronomique, 16, rue
Claude-Bernard, et sera plac6 sous la direction de M. le D' Paul Brocchi,
professeur i cet Institut, second^ par M. le D^ Marchal, chef des travaux.
♦ ♦
Le commerce des Lilas k Paris a 6t6 particuli^rement brillant cette
ann6e. Un certain nombre de villages §itu6s aux environs de la capitale en
— 156 —
retirent chaque ann^ iin b^n^flce considerable, et Ton cite telle petite locality
qui en exp^die pour des dizaines de mille francs. Les branches fleuries sent
cependant vendues aux Halles a un prix tr^s moder6, mais il s'en vend des
quantit^s 6normes, et chaque Parisien ou Parisienne, dans les classes moyennes
ou pauvres^ tient k orner a peu de frais son logement de ces fleurs embaumees;
— trop embaumees m6me, car a cette saison le s^jour dans les omnibus ou
les wagons des lignes de chemin de fer suburbaines est quelquefois dangereux
pour les personnes sujettes aux migraines.
« «
Grevillea robusta. — Cette plante, quand elle est de taille moyenne, est
extremement pr6cieuse pour la decoration des jardins pendant la belle saison,
et peut y etre laiss^e jusqu'au mois d'octobre, c'est-A-dire jusqu'a I'approche
des grands froids. On la rentre alors dans le jardin d'hiver ou Torangerie, oti
elle passera la saison.
Le port du G. robusta est tr6s gracieux, et son feuillage, d*un beau vert
fonce, d^coupe comme dans certaines Foug^res, est extremement elegant.
Cette plante produit un effet superbe, entour6e de Mesembryanthemum cordi-
folium variegatum, ou m6lang6e k des Pelargonium, de fagon a rompre
agr^ablement la facheuse monotonie qui r^sulte de la rSgularite exag^ree de
certains jardins.
On peut le reproduire par graines, sem6es en Janvier pour mettre en place
au mois de mai.
« »
Le Fritillaria aurea, anciennement cultiv6 en Europe, mais depuis
longtemps disparu, vient d'Mre reimports au Jardins Royaux de Kew, par
M. Whittall, parmi de grandes quantites de bulbes collect6s en Asie mineure.
Cette plante fleurit en mars et au commencement d'avril en serre froide.
Elle produit g^n^ralement au sommet de la tige deux fleurs d'un beau coloris
jaune d'or, vein6es verticalement de vert pale, et striees transversalement de
pourpre d'une fagon irr6guli6re. Ces stries sont plus marquees et plus fonc^es
a la base des segments et sur les bords des sepales.
La plante atteint une hauteur de 12 k 20 centimetres.
9 *
Jardin potager. — II sera temps avant peu de mettre en place les choux
de Bruxelles, qui succMeront aux choux precoces et aux laitues.
Les choux de Bruxelles sont peu difflciles quant au choix du terrain, et
viennent mieux dans une terre moyenne que dans une tr6s riche; ils ne
r^clament done pas autant d'engrais que les autres choux.
Le semis ayant 6t6 fait en avril-mai, pour la recolte de I'hiver, les plantes
\
— 16T —
^Dtplant^es au plantoir un mois aprfes environ, et espac6es de 60 centimetres
^li^elles, et de 50 centimetres entre les lignes.
I^c^leris ont 6t6 plant6s au commencement de mai, et doivent recevoir
'^^^Jntenant des arrosages abondants. Quand aux seconds semis, op6res au
^^mencement de mai, on devra les 6claircir au besoin, la plantation defini-
"^® ne s operant qu'au bout d'un mois et demi k deux mois, sans repiquage.
^^^ant aux celeris-raves ils seront plant^s maintenant k des intervalles de
30 i 35 centimetres en tous sens, et devront recevoir eux aussi beaucoup d'eau.
Les carottes, les oignons, les betteraves et les panais doivent Mre eclaircis
et sarcles de temps en temps. Les oignons peu volumineux se conservent
mieux que ceux de grande taille, et sont plus appr6ci6s par tous les cuisiniers.
Les derniers panais, destines k etre recolt^s au printemps prochain, seront
sem6s dans le courant de juin et m^me en juillet, soit a la vol^e, soit en lignes
espac^es de 30 k 40 centimetres.
Max Garnier.
LES CHANCRES CHEZ LES ARBRES FRUITIERS
Un des nos abonnis nous adresse la question suivante : « J'ai plante depilis
vingt ans un verger sur un terrain d'argile pure, jaune. La vegetation laissait
beaucoup a desirer jusqu'en 1890, date a laquelle j'ai laboure la gazon et cul-
tive le terrain entre les arbres. J*ai mis une grande quantite de chaux bien
m^langee au terrain, et tous les ans j'engraisse avec du fumier de ferme et de
I'engrais chimique : 200 k°" de nitrate de sonde et 400 k^^ de superphosphate
al'hectare. J'ai remarque cette annee que beaucoup de poiriers etaient atteints
de cliancres, des taches mortes, meme des greffes entieres, principalement
dans les varietes Durondeau, Conseiller de la Cour, Bonne Louise d'Avranches ;
est-ce que cela ne proviendrait pas de Facide sulfurique avec lequel le
superphosphate est travailie? »
Voici ma riponse: je Tai redigee de faQon k ce qu'elle puisse servir d'article
et je traite la question k un point de vue general.
D'abord, notre honorable correspondant fait une erreur en plantant des
poiriers dans un terrain purement argileux, car il faut aux poiriers greffes
sur franc (en verger) une couche de terre profonde qui leur permette d*y
enfoncer leurs racines pivotantes. Le terrain favori pour les poiriers doit
elre plut6t leger que trop ferme, comme Test malheureusement I'argile pure.
Dans ces sortes de terrain il edit ete de beaucoup preferable de planter des
pommiers, et encore faut-il ne pas se tromper, car le Court pendu Bosat, le
CouH-pendu gris, le CouH-pendu double, la Reinette grise sont egalement des
— 158 —
pommiers, mais ne se plaisent pas dans le terrain purement argileux, tandis
que les pommiers a bois mou, les pommiers k v6g6tation luxuriante, sont mieux
disposes pour prosp6rer dans ce milieu, pourvu que la nature trop argileuse
soit un peu corrig^e par du fumier, de la chaux, par un bon d^foncement;
qu'en outre la plantation soit faite sur butte et que Teau n'y reste pas
stagnante.
Le Prunier, le Reine-Claudier entre autres, est ^galement moins difficile
sous ce rapport que le poirier, car nous Tavons vu r^ussir dans les vergers od
le terrain est argileux. Toutefois, une argile compacte, en exc^, entrave plus
ou moins (selon les essences) Taodtement des rameaux et cause ainsi des
troubles dans la v6g6tation, principalement chez le cerisier, Tabricotier, le
p^clier, le poirier, mais moins chez le prunier et le pommier.
Voili mon avis pour la v6g6tation des arbres fruitiers dans les terrains pure-
ment argileux, compacts, inertes, froids et humides : II importe absolument
d'en corriger la nature avant d'y planter I
On accuse cependant un peu trop le terrain de causer le chancre : mon
experience me permet d'attribuer cette malheu reuse affection a une cause bien
autrement s6rieuse et qui parait 6tre ignor6e par la plupart des planteurs
d'arbres fruitiers ; voici ce que je veux dire : si le pepini6riste n'est pas assez
soigneux ou assez intelligent pour rfeconnaitre les arbres chancreux, s*il a le
malheur de couper ses greffes ou ses oculations sur des arbres qui sont atteints
du chancre, il transmet in^vitablement le germe de la terrible maladie k
autant de jeunes arbres qu'il aura multiplies de la sorte ; car les rameaux
provenant d'individus affect6s portent en eux la nature du chancre, et les
meilleurs soins, et les meilleurs terrains, et les meilleurs engrais, ne parvien-
dront jamais a faire disparaitre ces germes : les taches se d6clareront t6t ou
tard, et les arbres atteints doivent en mourir fatalement.
Des moyens curatifs, il n'y en a vraiment pas. Cependant il est bon d'enlever
toute recorce et le bois des parties malades avec un instrument bien tran-
chant. Laisser s^cher la plaie pendant quelques jours, puis la recouvrir de
mastic a greffer. II se forme alors un bourrelet qui entretient la vie dans
la plaie.
GUSTAVE MiCHIELS,
Arboriculteor dipl6m^ de TlStat k Montaigu.
LE JARDIN FLEURISTE
NOUVEAUT^S DE LANN^E
Ipomea (Ulna) san^uinea (Leonard Lille). Cette plante paralt devoir
rendre de grands services pour rornementation des balcons, tonnelles,
treiUages, etc. EUe a les fleurs d'un ,»^ '^"-^ •'.T
rouge coccih6 ; ses feuiUes, aussi gran-
des que celles du Mitia lobata, sont un
peu plus profond4ment lob^es. Sa v6-
g^Ution est rapide et abondante.
Les seinis s'effectuent en avril sur ,
couche, ou en mai en place, dans une
terre I6g6re et substantielle.
Les plante3 lleurissent abondam-
ment depuis juin j'usqii'a I'autorone;
quoique les fleurs aient peu de durfe,
la plante n'en est jamais dei>ourvue,
grace a leur continuelle succession.
Gerardia tenuUbUa (Haaoe et ^'8- 30- — ipomea M«yu.««i.
Schmidt). — Relimannie a feuilles minces. Esi)ece originaire da Mexique, et-
rormant, daprte MM. Haage et Schmidt, des touffes de 40 ^ 50 centimetres
j ^ de hauteur, a feuillage vert clair. Les
p^^B^M of ^( jfa . j fleurs sont violet clair avec la gorge
'^^'7X?^^i?ft>3A. blancMtre.
Les Gerardia sont vivaces et peu-
vent meme passer I'liiver en plain air,
moyennant quelques pr'6cautions ; se-
m6s de bonne lieure et repiqu^ sur
couche, ils fleurissent aux mois de
Juillet et aoflt.
Ce sont des planles plus curieuses
que gracieuses, et que Ton pourra
utiliser pour garnir des rocailles.Leur
coloris, sans etre ti'te 614gant, n'est
vue le G. tmttifolia pourra rendre des
Fig. 31. ~ Oerardia Unuifolia.
pas Irte commun, et & ce point d
serrices.
— 160 —
«
Ces plantes se multiplient, soit a rautomne, soit de pref<6rence au printemps,
par division des rejets souterrains.
*
* «
Fuchsia Madame Bruant (voir flg. 32). — Gette belle nouveaut^ a 6t6
obten0 centimetres de longueur, et est d'un rouge chair sombre.
« *
Alstroemeria pelegrina alba. — Esp^ce k fleurs blanches l^g^rement
tachet6es de vert clair, grandes et tr^s abondantes. Elle est connue sous le
nom populaire de Lis des Incas, Elle est un peu delicate, et reclame un coin
abrit6 et chaud lorsqu'elle est cultiv6e a Tair libre.
Cette belle plante fut introduite du Chili en 1877. Exposee par sir Trevor
Lawrence au dernier meeting de Londres, elle y a reQu un Certificat de m^rite.
« «
Begonia Flora. — Begonia tub^reux double, k fleurs d*un rose saumon^
chaud, et tr6s 616gant; les p^tales sont larges, plats ou leg^rement ondul^s,
disposes k peu pr^s r^guli^rement autour d'un m6me centre. Certificat de
1^® classe au Palais de Cristal.
♦ »
Stenandrium Lindeni. — Cette plante, qui a 6t6 figur^e dans L'Tllustra-
tion Horticole (ancienne s^rie), a obtenu un Certificat de i^ classe au Palais
de Cristal, oti elle 6tait expose par MM. Laing et fllsl
165 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Juin 1894.
Ananaji en Floride. — L*importation en Europe des Ananas des Guyanes
Don seulement a rendu ees fruits accessibles aux petites bourses, mais souvent
DOS marches en sont inond^s. N^anmoins, en Europe comme dans TAm^rique
septentrionale, les Ananas produits dans les cultures sont pref(§r^s au fruit
sauvage. Au sud de la Floride, on a install^ des cultures tr^s 6tendues dont la
production est dirigee enti6rement sur New- York. L'ann6e derni^re, le nombre
des Ananas exp6di6s de Floride a 6t6 de pr6s de cinq millions et les producteurs
songent a 6tendre leurs plantations.
Baromdtres et thermomdtres. — Ces appareils, indispensables dans les
6tabli8seinents d'horticulture, ne sont pas toujours sufflsamment r6gl6s pour
que leurs indications correspondent avec celles de TObservatoire royal publiees
joumellement par les journaux politiques. Peut-^tre quelques-uns de nos
lecteurs apprendront-ils avec plaisir que I'Observatoire royal, conforra6ment k
I'art. 28 du r6glement organique du 21 mai 1894, « procMe k la verification des
instruments de m6t6orologie (barom^tres, thermomMres), qui lui sont soumis
par les particuliers. Un certificat de ces verifications est d61ivr6 gratuitement
aux int^ress^s. » On sait que I'Observatoire royal de Belgique est 6tabli a
Uccle, pr6s de Bruxelles.
« *
Plantes sacrtes dans rArchipel malais. — Ces plantes, pour lesquelles
les indigenes professent le plus grand respect, sont plus sp6cialement le Cordy-
lim ierminalis k feuilles rouges, le bambou a tige jaune, le lis des champs
de riz ou Pana'atiurn amboinense et le Plumeria rosea, frangipane ou fleur
du mort. Les Malais en ornent les temples et les autels de leurs dieux. Le
Cordyline provient de la Polynesie et de Test de FAustralie. Le Pancratium
est originaire des lies Moluques. G'est une des plus belles esp6ces parmi les
Amaryllid6es ; elle porte une superbe couronne de fleurs blanches et parfumees.
Ces plantes sont consid^r^es les unes et les autres comme des dons de la
dlTinite.
« •
— 166 —
Le flguier de Lausanne. — Ce flguier ^tait consid^r^ comme le doyen des
arbres de son esp^ce. On le trouve d^jA indique sur un plan de cette ville
de 1624. L'hiver rigoureux de 1830 Tavait beaucoup endommage; cependant,
il se remit lentement. II r^sista aux grands froids de 1879-1880. En 1891, il
produisit une r6colle telle que plusieurs de ses branches, mal 6tay6es, se
bris^rent, Pinalenient il a succomb6 a cet exc^ de production. Au point de vue
des dimensions, c'est le Figuier de Roscoff qui ocoupait d^ji la premiere place.
Maintenant il I'occupe ^galement au point de vue de I'age.
Expositions annoncies. — ;- La Soci^t6 royale d'horticulture du Hainaut
ouvrira, avec le Cornice agricole de Mons et sous le patronage de la Ville, sa
102'°® Exposition, les 24, 25 et 26 juin 1894 dans les locaux du Waux Hall.
Le programme, qui renferme une soixantaine de concours, peut etre obtenu
chez M. A. Wanin, Fun des secretaires, k Mons. Tous les amateurs, horii-
culteurs et jardiniers r^'gnicoles ou strangers sont invites a prendre part a
I'ex position.
— La Soci6te dliorticulture La Flore, d'Ostende, organise une Exposition
nationale de plantes, fleurs, fruits et legumes du 26 au 29 aoftt 1894, dans les
locaux de TEcole communale. Pour le programme, on est pri6 de s'adressera
M. 0. Wagner, secretaire de la Society La Flore k Ostende.
— La Soci6t6 roj'ale d'horticuUure et d'agriculture de Toumai D&tera c«lte
ann6e le 75™** anniversaire de sa fondation par une Exposition internationale,
organisee avec le concours de I'Etat, de la Province et de la Ville. Cette
Exposition sera la ISO"**' organisee par la Society, elle aura lieu du 9 au
12 septembre prochain. Le programme comprend 174 concours, pour lesquels
il sera decerne des prix nombreux. LL. MM. le Roi et la Reine, la ville de
Tournai, le Gouverneur du Hainaut, le Bourgmestre de Toumai et le President
de la Society ont oflert plusieurs medailles d'or. Les int^resses sont pri^s de
s'adresser a M. J. Vander Borght, secretaire, a Tournai.
« •
Exportation des produits de Thorticulture. — Dans son livre, Le
Dheloppement commercial de la Belgique, qui vient de paraltre, M. H. Martel
donne Taper^u suivant de notre exportation : « La Belgique exporte, en
moyenne, chiffre ofticiel, 3,200,000 francs de plantes vivantes et de fleurs
naturelles par an. Dans ce chiflre, la France figure pour 1,067,725 francs;
TAngleterre pour 796,993 francs; TAllemagne pour 658,377 francs; les Pays-
Bas pour 321,500 francs; les Etats-Unis pour 94,760 francs; la Suisse pour
50,000 francs; le Portugal pour 21,050 francs; le Grand Duche de Luxem-
bourg pour 18,124 francs; I'Espagne pour 17,020 francs, etc. Nous consta-
— 167 —
tons une augmentation assez marquante pour nos exportations en Prance, en
Hollande et en Portugal ; une augmentation plus raodeste dans le Grand Duch6
de Luxembourg et une diminution considerable en ce qui concerne TAngle-
terre. En 1889, nos exportations de plantes et de fleurs en ce pays s'^levaient
a 3,675,000 francs. En 1890 elles descendaient k 942,000 francs pour tomber
a environ 797,000 francs en 1891. Quant aux autres pays, nos exportations
horticoles y restent k peu pr6s stationnaires. » Les horticulteurs doivent done
s'efforcer k 6tendre leurs relations dans toutes les contr6es du continent.
« »
SocMt6 n6erlandaise d'horticulture et de botanique. — Aux meetings
du 10 mars, du 14 avril et du 12 mai 1894, des certiflcats de premiere classe
ont et6 decem^s entre autres k M. H.-J. Lemkens, k Alfen s/R., pour le
lilas a fleurs pleines Madame Lemoine; a MM. A. Glym-De Vos et G*®, k
Utrecht, pour Adiantum cuneatum foL arg, var. et Rhododendron javanicum ;
k MM. Groenewegen et G*®, k Amsterdam, pour Saintpaulia ionantha; k
M. A. FiET, k Groningue, pour Heuchera sanguinea; a MM. de Graaff fr6res,
aLeyden et M. van Wayeren et fils, k Hillegom, pour des vari^t^s nouvelles
de Narcisses; a MM. G.-J. van Tubergen, k Haarlem, pour des variet^s
nouvelles dlris.
*
Fleurs de Poinsettia. — Afin de completer ce qui a 6t6 dit dans le num^ro
du 15 fevrier, page 50, k propos des Poinsettia, nous ajouterons que, pour
utiliser les fleurs et les garder longtemps fraiches, le mieux est de plonger les
liges, aussitOt apr6s la coupe, dans de I'eau bouillante pendant une couple de
minutes seulement. Ce proc6d6 est pr6f6rable a celui qui consiste k brftler les
bouts des tiges avec un fer chaud, ce qui arr^te I'absorption de I'eau fraiche;
Temploi de Teau chaude n'a pas cet inconvenient.
« «
Fleurs en verre. — L'Universit6 Harvard poss^de dans son Mus6e de
Cambridge une collection unique oflerte par M"*® Elisa L. Ware et M"« Mary
L. Ware en m6moire du D^ Charles E. Ware. Cette collection, rang^e dans
Irente-trois cases, comprend des modules de plantes et de fleurs faits avec tant
d'art et tant de perfection qu'on les croirait naturelles. En 1854, Leopold
BuscHKA, flleur de verre qui naquit en 1822 a Aich, village du nord de la
Boh6me, entreprit de reproduire en verre les fleurs rares qui s'6panouissaient
danslejardin du prince Gamille de Rohan. En 1862, il possedait soixante
esp6ces d'orchid6es en verre qui furent d^truites dans un incendie. Quatre
annees plus tard il reprit son travail et depuis lors Blaschka p6re et fils se
scut engages a consacrer pendant une s6rie d*ann6es tout leur temps au
— 168 —
Mus6um de la Harvard University dont la collection de modules en verre
s'enrichit tous les ans. Le Meehan^s Monthly de mai 1894 attribue au pro-
fesseur George Goodale, directeur du Jardin botanique de Cambridge,
Tinitiative de la formation de cette superbe collection.
* «
Le mois de mai de cette ann^e a 6t6 en g^n^ral plus froid que le mois
pr6cMent. A part les journ6es du 16 au 19 qui ont donn6 une temperature
variant entre 24° et 31° centig., le thermom6tre a marqu6 des temperatures peu
61ev6es. A plusieurs reprises il y a eu de la gelee blanche non-seulement dans
Test du pays, mais m^me dans les Flandres.La moyenne des basses temperatures
a et6 de 7°1 et la moyenne des temperatures eiev^es de 17°5. Ge mois n'a pas
presents, comme on aurait pu le craindre, la secheresse de 1893. On a recueilli
a I'udom^tre de I'Ecole d'horticulture de Gand 55""*3 d'eau. Le 17, par un vent
d*est persistant et une chaleur elev^e, on a constate le soir la presence d'un
brouillard k odeur de tourbe. Les cultivateurs attribuent a tort k ce phenom^ne
une influence facheuse, Ge brouillard coincide le plus souvent avec le vent
d'est et est cause frequemment par une tres basse temperature. Or, dans la
nuit du 17, la temperature la plus basse a ete encore superieure k 10 degr6s.
En Angleterre, le mois de mai a presente plusieurs fois d'assez fortes geiees,
ainsi que des orages avec accompagnement de grfele.
« »
Hannetons. — Nous n*avons pas besoin d'insister sur les depredations
commises dans beaucoup de cultures par les larves du hanneton, appeiees vers
blancs. Tous les moyens de destruction doivent etre mis en oeuvre : il faut par
toutes les voies encourager la chasse faite aux hannetons, mftme primer le
hannetonnage, et proteger les oiseaux insectivores. Le Bulletin d* arboriculture
du mois de mai rappelle qu'il est bon d*entourer d'une bordure de gazon
d'Espagne (Armeria maritimd) les planches de fraisiers et autres plantes qu'on
veut soustraire aux vers blancs. On salt que le hanneton a pour ennemi le
Botryti^ tendla, Ge champignon a la propriete de momifier les vers blancs.
On peut done enfouir dans le sol des vers blancs sur lesquels on a depose un
melange contenant quelques spores du champignon. On prepare ce melange
comme suit : deux tubes de spores de Botrytis tenella^ une cuilleree de niiel,
une cuilleree de sel de cuisine, deux blancs d'oeuf sont remues dans trois litres
d'eau. Au moyen de ce liquide visqueux on humecte les hannetons ; puis on les
jette au soleil, et bient6t seches ils s'envolent et portent de tous c6tes les germes
du champignon destructeur. Neanmoins, le hannetonnage lui-m^me reste un
excellent et sCir moyen.
£m. Kodigas.
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•ii:arqiiabl('»ir:il i>"'ll;uil. EUc luc «■:'<• -it-rs tl»^ 0'"^^''"» df i^r ■.•:.'•, -r
•epalo a lai.trc: d.ms \e i\"-»:\. A ?» LjIIh ivd,' n- la a;.')!. ;»!'. j,«-
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:j.I: ''« qui drv'r.nt rliM- r< • \ .1' V.'' [-ai" ^a i/l/ni' p. 'Im-;. '•;.••. ^s'-:!
' '-{ *i' rossortir la tr.iitt.' viLj'-,*', ;• ii»*"«'a''r»l i.iii'ir . di-' .t.ii'lu^'..
■ . .-i.I'^ris bijiic ii\ sur Ic^s linn c-. 'i'. : mi » .»''fjiia nriiTu:* d,'-^ .-^r^w "iiN
. :s l(-s tliHU'i^ dfS ArriJH'\His, la 'uv!:.*,' .sciLildo v*».d!'ii- «' 'der I \U.>
1 Ji» rd)Sorvat»M;r a crii pojiv ir la-j" t-r a la (•'iiid).:'r}I<' n •{••" ■■ n-ri-.
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V
— 169 —
PI. XI
AMARYLLIS < L£ TRIOMPHE »
Aucun genre de plantes n*a excit6 plus viyement r^tonnement aux grandes
expositions qui se sont succM6 dans les derni^res ann^es que TAmaryllis ou
Hippeastrum. Geux qui ont visits Texposition universelle de Paris en 1867 se
souYiennent peut-etre encore de Y Amaryllis pardina J. Hook., qui produisit
una si profonde impression avec sa superbe fleur k la fois strange et gracieuse,
au coloris vert pale, sur lequel le pourpre se jouait en bigarrures et macules
chatoyantes. Et combien, depuis lors, la fleur tigr6e a-t-elle rev^tu de riches
parures! Combien a-t-elle vari6 dans ses coloris et m^me dans sa forme I
II serait diflScile d'6num6rer les variations que la culture a successivement
amen^es. On ne peut qu*admirer Tin^puisable 6nergie de la nature, quand on
voit ces centaines de fleurs si grandes et si belles, les unes strides ou rubanees,
les autres bord^es de toutes les nuances depuis le blanc pur jusqu'au plus riche
cramoisi.
La fleur, reproduite avec la plus grande exactitude par Tartiste sur la
planche ci-contre, r6pond-elle aux exigences de Testh^tique florale ? Un coup
d'oeil jet6 sur le dessin permettra de repondre afiirmativement k cette question.
N^anmoins, il sera utile d'sgouter que Texiguit^ du format n'a point' permis de
presenter la fleur de face et de mani^re k faire voir r616gance de ses propor-
tions. L' Amaryllis Le Triomphe est une admirable fleur, d'un coloris hors
ligne, remarquablement brillant. Elle mesure pr6s de 0"*20 de diam^tre, du
bout d'un s^pale k Tautre; dans le dessin, il a fallu r^duire la hauteur. Les
p^tales sont marques vers Tonglet d*une macule vert opale que Tartiste n'a pas
voulu dissimuler; car, pour certains amateurs, cette macule constituerait une
tache originelle qui devrait Mre remplac^e par du blanc immacul6. Est-il
besoin de faire ressortir la teinte violac^, 16g6rement purpurine, confinant
autour du coloris blanc et sur les limites du fond carmin orang^ des segments
floraux ? Dans les fleurs des Amaryllis, la nature semble vouloir d^fier toutes
les regies que Vobservateur a cru pouvoir imposer k la combinaison des coloris.
La vari6t6 Le Triomphe en fournit une nouvelle preuve.
Em. R.
— 170
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Myrosma nana Baker . — Cette Douvelle esp^ce de Marantac^e a fleuri k
Kew Ters la fin de mai dernier. Elle provient probablement du Br^il. Les
fleurs sont petites, d*un colons blanc pur; elles sont tr^ fugaces et dispose
en 6pis distiques avec des bract^s persistantes. La plante est remarquable par
son port tr6s trapu et ses feuilles tr6s poilues, panach6es d'une bande longitu-
dinale jaunlitre le long de la nervure m6diane. M. J. G. Baker donne dans le
Gardeners' Chronicle du 26 mai une diagnose complete de la plante.
Rliododendron Maddeni var. longiflora. — Le type de R. Maddeni est
une esp^ce du Sikkim qui se pr^te parfaitement a la culture, forme une
belle touffe et fleurit abondamment chaque ann6e. Ses feuilles oblongues et
coriaces sont vertes au dessus, glauques au dessous et couvertes de petites
6cailles grisatres. Les fleurs, dispos6es en corymbes, ont la coroUe eti*oite et
tubulaire a la base et longue de 0*"07; le coloris est blanc lors du complet
6panouissement, le bouton est rose. Les Rhododendron Jenkinsi et ccdophylla
ne sont probablement que des variet^s, a moins que le premier nom ne soit
qu'un simple synonyme. La vari6t6, dont il est question dans le Gardeners'
Chronicle, p. 684, difffere du type par ses fleurs plus allongees et leur coloris
rouge ros6 a I'ext^rieur et rose tendre int6rieurement.
AloB striata var. oligospeila. — Cette Yari6t6 signalee par M. J. G. B.ajcer,
dans le Gardeners' Chronicle, fut d6couverte par Th. Cooper, il y a une
trentaine d'ann^es, dans la Gafrerie. Elle diff^re du typf par son port plus
6rig6, sa tige plus courte, ses feuilles plus etroites, largement margin^es de
blanc. Les feuilles sont tr6s glauques et sans stries, montrant a la face inf6-
rieure quelques macules allonges.
HiUia tetrandra. — Cette Rubiac^e est un arbrisseau k feuilles large-
ment ovales, originaire des Indes orientales et du Mexique. Les fleurs sont
blanches, solitaires, munies k la base de deux grandes bract^s allongees. Le
tube de la corolle est cylindrique, mince, ayant 0™05 a 0™06 de long, se d6ve-
loppant en un limbe blanc, plat, quinquelob^. L'esp^ce est reproduite d'api^^s
un exemplaire des jardins de Kew dans le Botanical Magazine de mai dernier.
Greyia Sutherland! Hook. — Cette esp^ce, d'abord admise parmi les
Saxifrag^es anomales, a ^t^ plac^e depuis dans la famille des Sapindac^,
bien que, d*apr6s J. E. Planchon qui d6crivit la plante dans la Flore d^s
Serves (XVII, p. 45), elle se rapproche a plusieurs 6gards des Erytroxylon
et des Ixionanthes, deux types aujourd^hui rattach^s de pr^s k la famille des
Lin^es. Elle est originaire de Port Natal d'oti les premieres graines flirent
— 171 —
envoy^es au Jardin botanique de Dublin; M. Moore en envoya des exem-
plaires vivants k Louis Van Houtte qui fut le premier k la publier. Depuis
cette 6poque, ainsi que le constate M. Andre, dans la Revue Horticole du
1" juin, la plante s'est fort peu r6pandue et est encore rare. G'est un arbris-
seau dont le feuillage rappelle celui d'un Pelargonium. L'inflorescence, en
grappe terminale, porte des fleurs d'un beau rouge orang6, nombreuses et
serrtes, a petales 6chancr6s. G'est une plante franchement ornementale.
Isoplexis canariensis Lindl. — Ge sous-arbrlsseau, qui atteint plus d'un
m^tre de hauteur, a les tiges et les feuilles tomenteuses; celles-ci sont persis-
lanles, lanc6ol6es et luisantes au dessus. Les fleurs sont d'un beau jaune d'or
el sont dispos6es en grappes terminales, erig^es, longues de 0™30. La coroUe
a 0"03 de long ; le tube est court et les lobes inferieurs lanc6oles aigus ; la
l^vre sup^rieure est plus longue, tronqu6e et bilob^e. Gette plante est extreme-
inent rare dans les jardins et m^riterait une place a cause de sa brillante
floraison. G'est loin d'etre une nouveaut6, puisque son introduction des lies
Canaries remonte a 1698.
Stenospermatium multiovulatum. — Gette Aroid^e est de loin, suivant
M. N. E. Brown, Gardeners^ Chronicle du 2 juin 1894, la plus belle esp^ce
de ce genre que Ton connaisse jusqu'^ ce jour. Elle fut d6couverte en 1876, par
M. Ed. Andre, en Golombie, dans la province de Nouvelle Grenade, a une
altitude de 2100 mMres. M. F. G. Lehmann la trouva plus tard dans la province
de Gauca, a une altitude moindre. Engler, dans les Botanische Jahrbiicher,
1885, VI, p. 281, d^crit la plante comme une variety du Stenospermatium
Spruceatium. M. N. E. Brown en donne une diagnose complete. L'inflores-
cence est defl^chie, la spalhe est largement elliptique, blanche. Le spadice,
6galement blanc, est cylindrique, long de 0"42 a 0"15.
Aristolochia gigas var. Sturtevantl. — Quel dommage qu'une fleur
aiissi curieuse et aussi strange ait une odeur aussi malencontreuse ! Quand on
I'a vue une fois de pr6s, on eprouve presque du malaise a devoir en parler. La
vaii^te dont il s'agit a fleuri recemment au chateau de Lostwitchiel, residence
de M. W. Pease. La plante portait quatre fleurs dont Tune, enti^rement
epanouie,mesurait 0"^30 de large et I'^SO do longueur depuis le sommet jusqu'au
bout de Tappendice. Le coloris interne de la fleur est bleu de prune; a I'exte-
rieur le fond grisMre est pointille de petltes taches brunes.
Streptocarpus Wendlandi et S. x Dyeri. — La premiere esp^ce fut
repandue en 1891 par MM. Dammann et G'« et consider^e a tort comme une
forme du S. Saundersi. Aux jardins de Kew elle est regard^e comme consti-
tuant une esp^ce parfaitement distincte, Les feuilles atteignent 0™75 de long,
(y^ de large; les tiges florales, 6galement de 0'"75, portent vingt fleurs et plus
a la fois. La page inf^rieure de la feuille est d'un riche coloris lie de vin. Le
— 172 —
Streptocarpus Dunni et le S. Wendlandi ont donne k Kew, par croisement,
un hybHde appele Streptocarpus x Dyeri. C'est, dit le Oardeners' Chromde,
le plus noble de tous les Streptocarpus, espfeces ou hybrides. Les iSeurs sent
grandes comme celles des parents, et la plante est couverte de gerbes de fleurs
d'un colons rouge pourpre 6clatant. G'est une plante de serre d'une beaut6
exceptionnelle.
Osteomeles anthylUdifolia. — Get arbrisseau de serre temper6e a les
feuilles. pennies et des fleurs blanches rappelant celles des Potentilles, aux-
quelles succMent des fruits rouges cornme ceux du rosier. L'esp^ce figur6e
dans le Botanical Magazine du mois de mai dernier est originaire de TAsie
orientale et des lies de TOc^an paciflque. Sa distribution g^ographique est tr^
6tendue. On Ta rencontr6e aux lies Hawaii, en Chine, et jusque dans Tile
Pitcairn, dans le sud de TOc^n pacifique.
Antholyza Schiveinftirtbi Baker. — Cette nouvelle Irid^ fut trouv^
dans les montagnes de TAbyssinie orientale, en 1890, par le D*" Schweinfurth
et r^pandue par MM. Dammann et G*®. M. J. G. Baker en donne la diagnose
dans le Gardeners' Chronicle du 12 mai dernier. Elle appartient au groupe
ayant les lobes du p^rianthe tr^s in6gaux. Elle est plus petite que V Antholyza
abyssinica; elle a les spathes plus courtes que les fleurs et un p^rianthe rouge
passant au jaune vif. Em. H.
Gours de Botanique(*). — Sous ce titre, M. Oscar Terfve, docleur en
sciences et professeur a TAtlrfn^e royal de Namur, vient de publier deux
ouvrages destines Tun aux <^16ves des Ath^nees et des Colleges, Tautre k ceux
des Ecoles nioyennes. L'auteur, dans la redaction des deux livres, s'est con-
forin6 au programme ofliciel de I'enseignement. En les parcourant superfi-
ciellement, nous constatons que tous les deux sont Merits avec un parfait esprit
de m^thode et dans un langage simple et correct. Bien que le Gours de bota-
nique a I'usage des Ath6n6es soit plus d6velopp6 que Tautre, celui des Ecoles
moyennes est sufllsamment complet pour permettre a ceux qui se destinent a
r^tude des sciences naturelles d'acqu^rir des notions exactes en vue de celle-ci.
Le cours de botanique k Tusage des Ath^nte et des Colleges a et6 adopts par
le Gonseil de perfectionnement de Tenseignement moyen.
(^) Volumes in-8°, avec nombreuses gravnres intercal^s dans le texte. Namur, librairie
classique de M. Ad. Wesm ael-Charlier, ^diteur. 1894. Le livre destine aux Ecoles moyennes
cottie 2 fr.; celui a Tusage des Ath^n^es cofite 2-50 fr.
THRINAX GRAMINIFOLIA
La ramille des Palmiers, qui coippte un si grand nombre de beaux genres
el dont on conitait aiyourd'hui onze cents espftces, ne renferme pas de groupe
Fig. 33. — Thrinax graminifoli
plus gracieux que celui des Thrinax, repr^sent^ par une dizaine d'esirfK'es,
toutes charmsntes, appartenant aux Antilles et k La Floride. Les arhres dont
il se compose ont un tronc peu elev6; mais les feuilles, toujours palmdes inuiti-
fliles, presque pelt6es, divis^es en lani^res assez solides, onl une rai'e elegance.
Le Thrinax ijram'mif (ilia (fig. 33| en est la plus parfaite image. De son tronc
peu 61eT6 s'^lance un spadice Irfis rameux aver, des racliis d'une longueur consi-
derable, portant des fh)nde5 divis^es jusqu'a leur base en laniSres lin^aires et
ajant ctaacune I'apparence dune feuille de graminw. E.M. R.
— 174 —
SERRE CHAPELLE DE LAEKEN
Celte annee encore le public, grlice a laibienveillance de S. M. Leopold II,
a pu visiter a des jours d^lermin^s, pendant le mois d'avril et de mai, les
splendides serres du domaine royal de Laeken. Les vrais connaisseurs, les
amateurs de ce que le monde v^g^tal produit de plus vari^, de plus beau,
de plus riche, ne choisissent pas ces jours de foule oCi il est bien difficile d*ad-
inirer a son gr^ les exemplaires uniques que rec^lent les serres et les galeries;
ils connaissent mieux le chemin de Laeken et savent que les portes de la resi-
dence royale s'ouvrent facilement devant ceux qui ont le d^sir de s'instniire.
Aujourd'hui nous n'avons pas Fintention de parler longuement de ce que Ton
pent voir dans ce domaine, ot tout respire un gotit exquis alli6 a une connais-
sance parfaite de Tart de Tarchiteete de jardins, et od Thorticulture s'est 61ev6e
jusqu'a la hauteur de ses adeptes royaux. Nous d^sirons mettre sous les yeux de
nos lecteurs un coin du pare avec la coupole de la nouvelle serre chapelle,
veritable innovation dans son genre, concue par le roi lui-m^me et construite
sous sa direction. Nous devons a notre confrere, le Gardeners' Chronicle, la
communication du dessin ci-contre (fig. 34).
On voit que la serre chapelle se compose d'une nef centrale ou dome entour6
de constructions semi-circulaires dont chacune est une veritable serre s'ou-
vrant sur la partie centrale. Au moyen d'une galerie garnie de plantes et de
fleurs, on communique avec la serre aux palmiers qui est en communication
directe, au moyen d'autres galeries, avec le jardin d'hiver et le chateau royal.
La construction dont nous avons parle dej^ dans U Illustration Horticohj
i893, p. 120, a recu les plantations qu'elle attendait. Le dome est supports
par douze colonnes de granit rouge poli poshes sur des socles blancs, et autour
de chaque couple de piliers est menag6 un espace dans lequel se trouvent main-
tenant de grands palmiers et des foug^res arborescentes avec une bordure de
plantes fleuries qui sont reniplacees par d'autres a mesure qu'elles passent.
Au fond des nefs lat^rales sont disposes des groupes de palmiers et d'autres
plantes a feuillage, quelques-unes k demeure, d'autres pouvant ^tre enlev6es
ou renouvel6es a volont^. Ces groupes encadrent des statues de marbre; le tout
est dispose avec beaucoup dart ; le temps fera mieux encore ressortir les
beaut^s de ces dispositions a mesure que les v6g6taux acquerront un developpe-
ment plus considerable.
Em. Rodigas.
— 176 —
LE TEMPLE SHOW
La Soci6t6 royale d'horticulture de Londres tient ses grandes assises florales
dans les Temple Gardens, de \k le nom de Temple Show donn6 k ces floralies.
M. LuciEN Linden, en rendant corapte de cette fSte dans sa Causerie sur
les Orcliid^es, p. 87 du Journal des OrchidieSy dit que cette exposition des
23, 24 et 25 mai 1894 « a 6t6 un succ6s de plus k porter k Tactif de la Soci6te
royale d'horticulture de Londres. II faut voir une exposition de ce genre pour
constater combien Thorticulture est en faveur en Angleterre et combien toutes
les classes de la Soci6t6 s'int^ressent aux plantes et aux efforts des horticul-
teurs. On ne pent, sur le continent, se faire une id6e du nombre de personnes,
de dames sp6cialement, qui visitent avec int^ret Vexposition et savent appr6cier
les m^rites ou la raret6 des plantes expos^es. Le temps, malheureusement, 6tait
tr6s mauvais; le vent soufflait avec rage, et je crains bien que raaintes belles
Orchid6es (et autres plantes) expos^es sous des tentes auront eu a souffrir du
froid et des courants d'air qui r^gnaient sans discontinuer. L'effet des grandes
tentes espac^es sur les pelouses des « Temple Gardens » est certainement tr^s
pittoresque — on eilt dit un grand camp militaire — la lumi^re voil6e fait
bien valoir la beaut6 des plantes, mais je m'etonne qu'une Societe aussi puis-
sante que la Soci6t6 royale d'horticulture de Londres n'ait pas son local k
elle, une vaste construction viti*6e dans le genre du Casino de Gand. Je sais
que c'est un desideratum souvent exprime par les journaux anglais; je sou-
haite vivement qu'il prenne forme bientot, dans Tint^rM des plus frileuses
Orchid6es et dans Tint^ret de Teffet d'ensemble. »
Lesapports 6taient nombreux etxjonsid^rables; le Gardeners* Chronicle fait
remarquer le contraste resultant de la comparaison faite entre Texposition
actuelle et une autre grande exposition d'autrefois. Maintenant tous les speci-
mens sont moins grands et beaucoup sont cultiv6s pour ^tre utilises directement
pour la coupe des fleurs ou des feuilles; k peu d'exceptions pr6s tous les apports
etaient marqu6s au coin de Tutilite g^n^rale. Les Miscellanies ou plantes orne-
mentales k fleurs et a feuillage, les Roses, les Caladium, les Fougferes, Galc^o-
laires, (Eillets, Pelargonium, Begonia tub6reux, Gloxinia, Plantes vivaces, Ajza-
16es et Rhododendrons, Clematis, Epacris et Bruy6res du Cap, formaient des
groupes nombreux, souvent meme imposants; I'int^ret cependant 6tait surtout
aux Orchid^es et aux plantes nouvelles. Pour ces derni^res, trois exposants
6taient en presence : MM. J. Laing et fils, F. Sander et '& et MM. Linden
de ^Horticulture Internationale, a Bruxelles. Voici comment s'exprime a
— 177 —
l"^rd des plantes exposfies par I'Stablissemenl beige, le Gardeners' Chronicle
dans son compte-rendu du 26 mai 1894.
" MM. Linden ont maintenu leur reputation pour I'iQtroduclion des plantes
nouvelles; ils montraient en cette occasion une s^rie de plantes enti^rement
nouvelles.
u Six jolis Maranta du type Massangeana m^ritent d'etre notes pour I'^ela-
tant coloris et le charme de leur feuillage; ce sont M. albo (ineata, M. metcd-
iiea, M. smaragdina, M. atrata, M. ftorentina et M. fulgens, dont le feuillage
Pig. 35, — Btgo
a plalanifolla decora (d'apres le Ga
•■ilentrti' Magazine).
allSll d\i vert noirStre ao plus delicat vert glauque. De nouveaux Begonia
Btt\X«ient aussi les regards, entr'autres une belle esp^ce, le B. jdatanifoUa
,^\. le feuillage mesurait O^SO de diam6tre et avait un coloris glauque fonc6
i^rement lav^ d'argent ; la Tari6le Begonia ylatanifolia decora (flg. 35),
^t la plus remarquable, parce que la panachure d'argent y pr^omlne. Les
B. plaUmifolia illvstris et puhinala compl^taient la collection, dont le type
— 178 —
ainsi queles vari6t^s peuventfitre consid6r6s comine des acquisitions desirables
surtout au point de vue de I'hybridation.
« Le Beyonia Lansbergeae etait montr^ pour la premiere fois en Angleterre.
II a le feuillage velout6 et 16g6rement poilu sur les deux faces.
a UAdimUum Claesianum, nne cliarmante nouvelle foug^re, d'origine sud-
am6ricaine, 6tait tr6s admir^ par tous les visiteurs ; les frondes sont compos^es
de pinnules arrondies, elles sont d'une couleur vert pale avec une lache d'ar-
gent k la base et des lignes <?galement blanches rayonnant vers la marge
qui est munie de dents obtuses. Un groupe de ces plantes sera tr^s appr6ci6.
« Un clou de Texposition 6tait le groupe de nouvelles foug^res arbores-
cenles au nombre de seize et comprenant les nouveaut^s suivantes sous les
denominations ci-apr^s qui, probablement, sont provisoires :
« Cyathea Mastersiana, plante d'un beau port, dont la tige apr^s avoir
acquis son complet developpement ne d6passera gu^re O'^GO de hauteur, portant
de gracieuses frondes de 1 m^tre a I'^SO de longueur, la base 6tant garnie
de nombreuses Opines;
« VHemUelia Lindeni est une plante reellement remarquable; la tige
compl^tement d^veloppee n'a que Of^Oo de circonf^i^ence et la hauteur seule-
ment 0™30. Les frondes de cette jolie plante sont poshes bien solideraent et
forment un gracieux tableau ;
« L'Ahophila Marshalliana est une plante d'un port nain, a pinnules tr^
crisp^es et gracieusement ondulees; les frondes sont d'un coloris sombre avec
un reflet tr6s distinct: ^
« Le Gyatheapygmaea a une tige de 0"^60, les frondes 6tant d'un vert fonce,
agr^able, remarquable par I'absence de la teinte brillante qu'on voit d'ordi-
naire chez les Cyathea ; •
« Le Caladium adatnantinum est une esp^ce p6ruvienne a feuillage vert,
de forme hast^e, marqu6 de lignes rose pale.
« Parmi ces plantes nouvelles, te Gomite floral (jury) a choisi onze plantes
auxqueiles il a attribu6 a Tunanimit^ des certiflcats de premiere classe ainsi
qu'une coupe en argent pour le groupe entier. »
Voici comment ces resultats ont 6t6 mentionnes au proc6s-verbal ; Coupes,
prix, medailles, etc., attribues k des exposants par le Gonseil de la Society :
Coupe en argent a MM. Linden, a Bruxelles, pour leurs foug^res arbores-
centes, etc.
Certiflcats de premiere classe a MM. Linden, a Bruxelles pour : HeniMia
Lindeni (Rodigas), Cyathea Mastersiana, Cyathea pygmaea, Ahophila Mars-
halliana, Heliconia iUustris rubricauUs, Begonia platanifoUa decora (Serra
de Amyores), Adiantum Claesianum, Maranta Massangeana fioreiitina,
M. M, metallica, M, M. atrata et Miconia vesicaria, Em. R.
179 —
PETITES NOTES DE CULTURE
Goleus. — Les plantes de ce beau groupe dont les feuilles montrent aujour-
d'hui les coloris les plus brillants et les plus vari6s, sont beaucoup employees
pour rornement temporaire des tables comme anssi pour la decoration des
serres oCi la floraison a diminue. Les boutures du printemps seiTent surtout a
ce dernier usage; les plantes qui en sont provenues sont d^ja trop grandes
pour etre utilis^es autrement. II faut done continuer le bouturage en Ir^s
petits godets, en pref<§rant les boutures de t^te; un sol tr^s sablonneux leur
Ta parfaileinent. Le d^veloppement des feuilles est d'aulant plus considerable
qu'on aura employe du terreau plus riche. Nous recoinniandons d'arroser de
temps en temps avec de Fengrais liquide,
Gliveia. — Ceux qui poss^dent un certain nombre de Gliveias en voient
fleurir une grande partie de Tann^e. Cependant la floraison normale dans nos
serres estle printemps. On pent actuellement rempoter les plantes se trouvant
a retroit; on se borne a faire le surfacage des autres en enlevant la vieille
lerre jusque contre les racines. On emploie avec le plus de succ^s un melange
de terre fibreuse, de sable blanc, de charbon, de terre calcaire avec addition
de quelques os concass^s.
Lapageria. — Frequemment les Lapageria ne se developpent pas comme
ilsdevraient le faire. Les plantes se refusent a toute culture. Un correspondant
du Gardeners' Chronicle attribue le fait a une sorte d'action galvanique pro-
duite par le fil m6tallique auquel les pousses sont palissees, et le fait est
constate particulierement quand on emploie du fer galvanise, c*est-i-dire du
fer zingue. Tant que Tenveloppe de zinc demeure intacte, tout est bien; mais
lorsque le zinc est entame par une cause qnelconque, le gaz acide carbonique
et riiumidite produisent une action galvanique et les plantes se trouvent
facileraent endommagees en ce qu'elles ont a subir Tinfluence d'un courant
electrique en miniature.
Acacia dealbata. — Gette espfece australienne est une des plus belles qui
aient 616 introduites dans nos serres. Ses branches pendantes et ses fleurs
d'or produisent un superbe effet et r^pandent une odeur suave. Les cultiva-
teurs australiens obtiennent d'une fagon assez curieuse la floraison forcee de
cet arbuste. Plusieurs semaines avant la floraison, dit le Gardeners Chronicle,
les branches li^es ensemble et placees dans de Teau sont envelopp^es dans des
morceaux d'etoffe tenus constamment humides par le seringuage ou par des
plongeons successifs dans de Feau k la temperature de 20 a 25 degres centi-
grades. Quand la fleur est epanouie, on la laisse secher un petit temps et alors
~ 180 —
les fleurs sont prates pour rexportation. Si la floraison ne se produit pasau
bout de cinq a six jours, c'est que la plante n*est pas assez aYanc6e.
Latania borbonica. — M. Georges Truffaut, qui s*est occupe spcciale-
ment de T^tude des propri6t6s physiques et chimiques du terreau de feuilles at
de son utilisation dans la culture de plusieurs genres de v^g^taux, a examine
Tefiet de ces terreaux dans la culture du Latania. Les hopticulteurs des environs
de Paris, dit-il, reeoivent cliaque printemps, de jeunes Latanias provenant
d'Algerie. Ces plantes sont placees, k leur arriv^e, sur des couches chaudes,en
pleine terre, dans du terreau de feuilles. Elles se d6veloppent rapidement et
produisent en six mois une moyenne de trois feuilles. Huit plantes de Latania
occupent environ un inftlre de superficie. Le poids moyen des feuilles est de
45 grammes, celui des petioles de 30 grammes. Dans Tanalyse, chaque feuille
donne 9 grammes de mati^res s6ches, et chaque petiole 6 grammes, ce qui
correspond k i gr. 215 d'azote pour huit plantes en six mois. Le total des
mati6res minerales est dans le mtoe temps de 41 gr. 904. La nitrification da
terreau de feuilles assure et au dela les besoins du Latania. La terre de bruyftre
donne ^galement assez d'azote nitrique. II en est de m^me du phosphate de
chaux, de la polasse, de la chaux et surtout de la silice. « En r^um^, le
Latania borbonica, cultiv6 dans du terreau de feuilles, semble pouvoir se
passer d'engrais. » II est cependant hors de doute qu'en lui donnant des prin-
cipes imm^diatement assimilahles on activera de beaucoup sa Y^g6tation.
Dracaena. — La plupart des Di'acaena peuvent servir a Tornementation
temporaire des salons ; on les trouve parlout dans la moindre comme dans la
plus riche jardiniere. N^anmoins, au bout d'un certain temps, tous les exem-
plaires ont besoin, pour se refaire, de retourner a la serre. Souvent on a tort
d'etre avare d'un remi)otage, surtout lorsque les plantes sont destinies exclusi-
vement au jardin d'hiver ou a la serre meme. Le terreau constituera la basedu
compost avec une certaine quantity de terre flbreuse ou terre de bruy^re, un
peu de terre de gazon et du sable blanc. Les Dracaena terminalis, Dr. Baptisti
et quelques autres Dracaena a larges feuilles feront toujours bon efFet parmi
les Dracaena elegantissima, superba, etc., k feuilles ^troites.
Ghoisya ternata. — Bien que cette plante fleurisse abondamment a bonne
exposition, par exemple contre un murau midi, on pent lui accorder une place
dans la serre o(i elle exige peu de soins et od elle fleurit tout Thiver, Le sol qui
lui convient sera un melange de terreau et de sable. La plante ne demande
aucun soin particulier.On la taille comme on veut et on la rempote tous les ans;
a moins qu'on ne veuille se contenter d'un simple surfagage. Apr6s la floraison,
elle est placee en plein air oCi elle continue a se d6velopper reguli^rement.
R. d^Eelen.
— 181 —
CAUSERIE HORTICOLE
LES PROPRIETAIRES SONT MAL PAYES ET LES
FERMIERS SE RUINENT! QUE FAIRE?
30 Juin 1894.
Un hectare en prairie-verger, conditionne d'apr^s nos indications, peut
rappcrter en moyenne de 1200 a 1500 fr. par an.
Nous n'avangons pas ici un chiffre a la l^g^re; les preuves en sont visibles
at nombreuses dans les pays du Limbourg, de Namur, de la Hesbaye et du
Hageland en Brabant.
La fermi^re veuve Van der Eycken, k Waenroden, pr^s de Montaigu, a
vendu le produit de 83 arbres, et cela en sept r^coltes seulement, pour la belle
somme de 15,000 fr. Je dis quinze mille francs. Le contrOle en appartient a
lous les int^ressfe. Ces 83 arbres fruitiers n'occupent pas m^me un hectare
entier de terrain. Ensemenc^e depuis quelques ann^es en prairie, cette terre
fournit en meme temps une riche pature pour ses animaux de ferme. Done
double r^colte (des fruits en haut, de Therbe en has), deux r^oltes qui
rapportent beaucoup et qui ne n^cessitent pourtant pas ces nombreuses peines
et d6penses, r6clam6es par les cultures ordinaires k base de c6reales.
Depuis, nous a dit la veuve Van der Eycken, beaucoup de fermiers voisins
ont tenu k faire des vergers comme inoi et c'est un bonheur pour la contr^e;
au lieu de croire que ces nouvelles plantations me feront concurrence, je
constate au contraire qu'ensemble, nous c^ntralisons mieux le commerce des
fruits, en appelant les marchands s^rieux dans notre pays et sur la place.
Et, en eflfet, c'est « avoir Vatout dans son jeu » d'attirer sur place des n6go-
ciants habitues a op^rer sur de larges bases.
Dans un temps oti la main d'oeuvre a la campagne coiUe fort cher, et oCi la
culture ordinaire ne rapporte plus de bons benefices, n'y a-t-il pas un immense
avantage k ensemencer des prairies riches en herbes fourrag^res, et k planter
de bons vergers peupl^s d'esp6ces d'^lite, fertiles et de grand rapport ?
Toutefois, soyons sur nos gardes ; les s6rieux marchands de fruits ont raison
dedonner un conseil profitable k tous; ils disent que Fabondante production
de fruits m^diocres, en 1893, est une legon penible, mais juste, pour faire
— 182 —
comprendre a nos cultivateurs (qui ont toujours plants n'iinporte quelles
esp^ces), que d^rmais 11 n'y a plus que les fruils qui plaisent a roeil ei au
palais qui rapporteront toujours de hauls prix.
Plus que jamais, done, faut-il q\x'k la place des esp^ces mMiocres, insipides
et sans valeur, nos cultiyateurs ne plantent plus que des sortes d*arbres, a
fruits d'^lite (fertiles, de bonne saveur^ de bel aspect, resistant au transport et
ne se gatant pas Tite).
Dans ces conditions (et mille exemples le prouvent) les prairies, gamies en
bas de bonnes herbes et peupl6es en haut de bons arbres fruitiers, ofi)*ent, sans
contredit, le meilleur remMe, pour att^nuer les effets de la crise agricole.
D'ailleurs, quels sont les domaines agricoles qui s'afferment le plus facile-
ment et le plus avantageusement ? Quelles sont les fermes oh les fermiers font
des b6n6flces s6rieux et certains, tout en payant r^guli^rement leur fennage et
tout en am^liorant de plus en plus Vensemble des terres de ces fermes?
G'est incontestablement 1^ oti il y a beaucoup plus de prairies et vergers que
de terres en labour; \k on ne sent m^me pas les effets de la crise agricole.
Au contraire, toutes les fermes oh les prairies- vergers font d^faut ou ne
sont pas en proportion sufflsante, occasionnent le malheur des fermiers qui
s'en cliargent. Et pourquoi? Parce que la culture ordinaire, k basede c^r^es,
exige une main-d*oeuvre co(lteuse et p^nible, un personnel nombreux et exerc6
a gages et k la journ^e, des chevaux ou bestiaux de labour en quantity, des
hamais et des instruments de toutes sortes fort codteux d'acliat et d*entretien,
des semences annuelles, etc., et tous les ans la m^me r^p^tition de sacrifices,
de d^penses et de travaux ardus qui, apr^s tout, aboutissent k quoi?... k un
r6sultat presque nul! Aussi les propri^taires sont mal pay^s et les fermiers
s'y iniinent!
Par contre les Prairies- Vergers, aprfts une seule et s6rieuse installation,
ne r^clament plus que de bien simples soins d'entretien, qui paient au centuple
pendant une longue suite d'ann^es, k condition bien entendu :
1° Qu'on cr6e ces herbages au moyen de semences pures et d'61ite, appro-
prices k la nature du terrain, bien pr6par6 ;
2° Qu'on peuple les vergers d'arbres fruitiers sains, vigoureux, en esp6ces
fertiles, de rapport avantageux, de grande valeur commerciale, des espies
de fruits qui plaisent aux yeux et au palais, et qu'on vend toujours k des prix
61ev6s.
Propri6taire et fermier, vous avez un profit 6gal, tous les deux, k bien
vous entendre dans la creation des Prairies- Vergers ! D6jA beaucoup de
propriCtaires Tout heureusement compris. Pour 6viter que leurs fermiers ne
changent continuellement de place et ne prominent leur mis^re de domaine
en domaine, ils ont consenti a faire un bail sCrfeux k long terme. Dans ces
— 183 —
conditions, tout fermier honnfete et solvable ne sera point tourment6 par
Tangoisse du lendeinain; il se consid^rera en quelque sorte comme maltre et
pourra sans crainte, par son travail, son talent et son attachement, seconder
le propri6taire dans les avances que celui-ci ne refusera jamais pour des ame-
liorations de haute valeur et de bonne dur6e, faites a sa propriety, comme, par
example, la creation des Prairies- Vergers.
£st-il possible de donner une plus belle r^lisation k la c^l^bre formule de
Fourier : L*association du capital et du travail! G. Michiels.
Aralia Sieboldi. — Ge bel arbuste ou petit arbre japonais r^ussit bien
dans nos climats, 6crit un correspondant du Gardeners' Chronicle, et donne
tous les ans en octobre et novembre ses grappes de fleurs blancb&tres, qui
ornent ^l^gamment les appartements, surtout associ^es aux bouquets de
Pelargonium. Nous en avons plusieurs pieds, notamraent un qui a 3"*30 de
hauteur, 4™80 de diam6tre, et 14 metres de circonf6rence a 2 metres au-dessus
du sol, et qui atteint sur une seule tige 50 centimetres de circonterence k la
base; c'est probablement Tun des plus grands qu*il y ait en Euroi)e pour le
contour et la surface du feuillage.
Tous les exemplaires ont produit une abondance de gracieuses baies
pourpre fonc6, renfermant chacune de 2 A 5 graines; c'est probablement le
seal exemple de germination de cette plante en plein air dans nos climats.
A la Riviera, des arbustes de taille moyenne donnaient des graines presque
tous les ans, mais pour le volume des grappes de fleurs, ils ^talent moins
beaux.
II est int^ressant de noter que Fann^ derni^re, un pinson ^tablit son nid
et eleva ses petits sur Tune de ces plantes.
La forme panach6e se trouve dans le nombre; c'est un charmant petit
arbuste, mais jusqu'ici 11 ne montre pas bien sa panacbure. Une bouture
enracin^e, mise en place en f(§vrier dernier et gard^e sous verre pendant
peu de temps, a produit distinctement les dessins blancs.
Les personnes qui d^irent cultiver ces belles plantes en plein air doivent,
autant que possible, les abriter contre les vents froids, et leur donner un
compost de bonne terre de bruy^re, de terreau de feuilles et de fumier, avec
un bon drainage, car elles reclament beaucoup d*eau pendant la vegetation.
Les boutures prises k la base des plantes s'enracinent facilement au d^but
du printemps avec un peu de cbaleur de fond. On pent aussi reproduire les
plantes de semis ; on obtient des graines chez la plupart des cultivateurs.
M. G.
— 184 —
PI. XII
CINERAIRES
La planche ci-contre montre groupies un certain nombre de Tari6t^ de
Cin^raires, remarquables par leur grandeur, la parfaite r^gularit^ de leur
forme, et la beauts de leur coloris.
Les Cin^raires sont des plantes extrSmement utiles pour rornementation des
appartements et des jardins, oh elles peuvent passer toute la belle saison; elles
doivent etre rentrees uniquement a Tapproclie des premieres gelees, qu'ellesne
sauraient supporter. Leur feuillage est tr^s Elegant, leur port est beau et d'une
hauteur moyenne. Leurs fleurs, tr^s abondantes, sont de longue dur6e et se
succMent depuis fevrier jusqu'en mai, juin et m^me juillet.
Le coloris de ces fleurs est d'une diversity, et parfois d'une intensity remar-
quable. II va du bleu indigo au rouge pourpre fonc6 et au blanc en passant par
toutes les nuances intermediaires, violet fonc6, violet clair, lilas, mauve, lilas
tr6s pale, bleu de ciel, carmin plus ou moins vif, etc. Dans certaines formes,
la plus grande partie des fleurons est blanche, et bord^e seulement k Text^rieur
par une z6ne color^e plus ou moins ^clatante, ce qui produit un charmant
contraste.
Les semis de Gin^raires s'efTectuent au mois de juin ou juillet; on repique les
jeunes plantes en godets que Ton place pr6s du vitrage. On donne des pots de
plus en plus grands, deux ou trois fois, selon le besoin, jusqu'au printemps.
Les Cin^raires craignent Texc^s d*humidit6, et doivent recevoir un bon
drainage. Max Garnier.
II eziste h Modv^ena House, Burton-on-Trent, une Cl^matite qui
recouvre deux faces de Fhabitation, mesurant pr6s de 24 metres de longueur
sur plus de 9 metres de hauteur. Cette Cl6matite se compose de cinq tiges,
dont chacune mesure environ 61 centimetres de diam^tre k 90 centimMres de
hauteur au-dessus du sol. On suppose qu'elle doit avoir 4t6 plants il y a
plus de cent ans. •
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— i85 —
CULTURE DES TOMATES PENDANT TOUTE LANN^E
Lorsque I'on veut cultiver des Tomates sous verre, et en produire au d^but
du printemps ou pendant Thiver, je ne crois pas qu'il y ait une race qui vaille
YOrangefidd. EUe pousse rapidement et donne une abondance de fruits, m^me
en hiver, et lorsqu'il y a tr6s peu de soleil. EUe est de taille naine, et d6passe
rarement une hauteur de 75 k 90 centimetres, de sorte qu'elle convient parfaite-
ment pour la culture en pot, sp^cialement dans les serres oti Ton cultive aussi
d'autres plantes. Dans un pot de 25 ^ 30 centimetres, une plante produit une
moyenne de trente fruits de bonne grosseur, qui mftrissent toujours bien et
ont une saveur excellente, quoique produits a I'aide de la chaleur artiflcielle.
Quand on veut avoir des Tomates toute rann6e, on doit semer quatre fois
par an et disposer d'assez d*espace pour pouvoir mettre un assez grand nombre
depots.
J'ai vu cultiver beaucoup de plantes dans des pots de 25 centimetres, dans une
serre de P^chers munie d'un gradin des deux c6t6s du sentier ; dans cette serre
on obtenaitune abondante r6colte au printemps et au commencement de T^te.
Les graines etaient sem6es au commencement de f6vrier, trois graines dans un
pot de 7 ^ 8 centimetres ; les pots etaient ensuite places dans une serre a
concombres, oCi la germination s'efFectuait rapidement ; le repiquage s'operait
dans des pots de la meme grandeur, mais avec un compost plus substantiel,
forme de bonne terre francbe meiangee de terreau de feuilles, et d'un peu de
sable. Les pots etaient replaces ensuite dans la meme serre jusqu'A ce qu*ils
(Ifissent completement remplis par les racines, puis on donnait des pots de
grandeur double et un peu d'engrais. Lorsque les nouveaux pots etaient
reraplis k leur tour, un dernier rempotage etait opere, dans de la terre franche
meiangee de fumier de couche, et arrosee d'engrais avant le rempotage. Les
plantes etaient alors transportees dans leur serre definitive, oti elles poussaient
activement et mtirissaient parfaitement leurs fruits, malgre Fombre produite
par les feuilles des Pechers.
Peu de temps apres le rempotage, il convient de tuteurer les Tomates ; on
prend destuteurs de 1 metre k 1°*20 de hauteur, on en place un dans chaque
pot, et Ton y fixe les plantes par des ligatures laches. Des que les fruits com-
mencent k se colorer, on arrose d'engrais animal, engrais d'etable ou de
chevaux. II n'est pas bon de recourir trop t6t k cet engrais, car les plantes
produisent alors beaucoup de feuilles, aux depens des fruits.
En faisant les semis au commencement de fevrier, on recolte les premiers
fruits a la fin d'avril; on en aurait meme plus t6t en chauffant davantage. Ou
— 186 —
peut tenir en r^rve de jeunes plantes pour succMer aux premieres quand
celles-ci sont 6puisees.
Lorsqu*on a une serre sp^iale pour la culture des Tomates, on peut planter
des vari^t^s robustes que Ton palisse le long du Titrage, tout en cultivant en
pots, en dessous, une serie de plantes d'Orangefidd.
La seconde s^rie de la r^olte se produit sur les plantes sem^ vers le milieu
de mars ; ces plantes sont trait^es de la m^me fagon que les premieres jusqu*au
rempotage dans leur pot d^flnitif, et elles sont alors places dans une serre
froide ordinaire. Le troisi^me semis s*op^re au commencement de juillet ; les
plantes peuvent Mre cultiv6es en serre froide jusqu'au commencement d'octobre,
et k partir de cette 6poque on aura souvent besoin de chauffer pour entretenir
une temperature r6gulj6re de d5® environ ; la r6colte se fera en d6cembre.
Enfln le quatri^me semis se fait en septembre ; les jeunes plantes doivent etre
cultiv6es en serre chaude, et produisent au d^but du printemps.
G.
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Fraisiers. — II est bon de commencer de bonne heure la plantation des
filets. Plus t6t ceux-ci sont mis en pots, plus on a de chances d*obtenir des
plantes bien fructiferes; on essaierait en vain de forcer de bonne heure des
plantes mises en pots tardivement. Aussi conseillerons-nous k toutes les per-
sonnes qui se proposent de forcer des fraisiers en pots de ne pas perdre de
temps, de recueillir les premiers filets des esp^oes qu^elles veulent forcer
et de les mettre dans de petits pots; un peu plus tard, et avant la fin de ce
mois, les jeunes plantes pourront prendre place dans leur pot d6flnitif oti ils
seront amenes k fruit.
Le premier pot pourra avoir environ 7 a 8 centimetres; le compost sera
forme de bonne terre veg^tale melang^e d'un tiers environ de fumier; on
placera au fond un ou deux petits morceaux de tesson pour le drainage.
Beaucoup de cultivateurs, apr^s avoir mis le filet en place, recouvrent sa base
d'un caillou plat pour le maintenir; on peut encore mettre un tuteur; mais le
caillou a Tavantage de conserver rhumidit6 au-dessous, ce qui aide 4 la
formation rapide de raciries.
On place les pots autant que possible dans une situation bien ombrag6e, on
arrose fr6quemment, et au bout de deux k trois semaines les racines sont
d6j4 bien d^velopp^es; on peut alors s6parer le filet du plant m6re, et on
place les pots a Tombre jusqu*au rempotage.
— 187 —
L68 Nlootlana sont au nombre des plus robustes et des plus fkciles de
toutes les plantes annuelles decoratives pour massifis. lis sont assez rustiques
et peuvent ^tre plac^ en pleine terre plus t6t que les Hicins et autres plantes
de la m^me cat^gorie, et ont une croissance rapide.
On peut semer les graines sur couche en mars, repiquer les semis d6s qu'ils
ont trojs feuilles, et les planter en plein air au mois de mai.
Dans un bon terrain, les meilleures esp^ces courantes (sans parler du
N. colossea) atteignent une hauteur de 2 metres et plus ; elles donnent un
feuillage tr6s ample et massif, et de longues grappes de fleurs rose vif. La
(loraison est m^me si abondante que pour 6pargner k la pliante une fatigue
excessive, il est utile de couper une bonne partie des tiges florales, et d'enlever
fr^quemment les fleurs fan6es pour emp^cher la fructification.
Les plantes subsistent jusqu*^ une ^poque assez avanc^e de I'automne.
Quand on les plante en groupes, lis est bon de laisser aux Tabacs un
espace de 1 m6tre environ entre eux.
« »
Caioux-fleurs d^automne, qui ont 6t6 sem^ au commencement de juin,
et qui ont ^te laiss^s en place jusqu^a present, doivent ^tre plantes k partir
de juillet et jusqu'au commencement d*aoCit a leur place definitive.
Le terrain doit avoir 6t6, au pr6alable, convenablement fum6 et ameubli.
On plante les choux-fleurs en lignes, espac^es de 70 k 80 centimetres. On
peut semer entre les lignes, un peu plus espac^es, des 6pinards ou de la
macbe.
» «
Un chou panachi etait expose k la F^te florale dTork, r^cemment, par
M. George Hodson, et y a obtenu un certiflcat de merite. II paralt que cette
forme a pris naissance en 1891 parmi des semis de Enfield Market Cabbage,
« «
Les H6m6rocalles sont au nombre des belles plantes ornementales qui
fleurissent en juin et juillet. VH. lutea (H. jaune) est une des plus belles, et
produit une abondance de fleurs d'un coloris tr6s vif; elle rend de grands
services comme plante de plate-bande et de massif, et r6ussit k peu pr6s dans
tous les terrains, quoiqu'elle aime mieux une terre fraicbe et profonde, et un
endroit ensoleill6. Elle se prfete parfaitement au forcjage, et cette esp6ce, dont
la floraison se produit d^j& hativement, au mois de mai, peut etre amenee
par un 16ger forgage k fleurir en mars.
Une autre espace tr6s m6ritante et qui r6ussit 6galement en pot est
\H. Kivanso, et surtout sa vari6t6 variegata, dont le feuillage est tr6s riche-
ment panache. Quant k la forme type, k feuilles vertes, elle est tr6s massive
et pr^sente un aspect des plus elegants. G'est une plante tr^s robuste, accom-
— 188 —
modante au point de Tue du sol et de rexposition, et qui ne demande k peu
pr^s aucun soin.
L'H. fauve (JT. fulva), une ancienne et excellente plante, est aussi peu
exigeante que la pr^cMente; on pent citer encore parmi les meilleures espfeces
pour massifs TH^in^rocalle ou Funkia Sieboldiana, a feuilles largement ovales
en forme de cceur, et k fleurs lilas clair, et le Funkia Thunbergi.
Les H^m^rocalles se divisent facilement au printemps ou en hiver.
lis reussissent particuli6rement dans les pelouses situ6es pr6s des pieces
d'eau, oCi lis produisent un eflTet tr^s d6coratif.
*
Destruction des insectes. — Le ver qui attaque les pommes et les ronge
a I'int^rieur serait facile k d^truire si, au lieu de jeter simplement les fruits
devast^s, le cultivateur avait soin de les ecraser. En effet le ver que Ton laisse
en vie se construit une coque dans laquelle il passe Thiver, puis se transforme
en chrysalide, et ecl6t en plein 616 sous la forme d'un papillon qui produit a
son tour un noinbre considerable de nouveaux insectes.
II faut done avoir grand soin de ramasser les IVuits tomb6s et de les ecraser
avec les vers qu'ils renferment.
Pour detruire les teignes, qui causent des d6gats 6normes et d^pouillent les
arbres de leurs feuilles, on aspergera les parties attaqu^es avec la solution
suivante, au moyen d'un pulv6risateur :
Savon noir 50 grammes.
Sulfure de potassium 20 >
Eau 5 litres.
Une solution analogue, mais dans laquelle le sulfure de potassium sera rem-
plac^ par de la chaux vive (250 grammes), detruira le kermis coquille, qui
suce la s6ve des arbres et les fait promptement d6p6rir.
On se d^barrassera, a I'aide de la m6me solution, du puceron lanig^re, autre
ennemi redoutable des Pommiere. Ge petit insecte, comme le precedent, suce
la s^ve de Tarbre et produit ainsi des boursouflures et des crevasses 6nornies
sur les branches. Pour le detruire, on gratte les vieilles 6corces, que Ton doit
briiler avec soin, puis on les badigeonne de la solution ci-dessus.
*
» «
Boutnrages. — La saison qui vient est la plus favorable pour le bouturage
de beaucoup de planles ligneuses k feuillage persistant.
Les boutures demandent beaucoup d'air k la base; aussi doit-on les faire de
preference dans de petits pots s^parement, ou sur les bords de la terrine ; les
racines se d^veloppent beaucoup plus rapidement dans ces conditions.
Un point important, c'est de restreindre autant que possible I'^vaporation
— 189 —
des sues de la bouture, car celle-ci, n'ayant pas encore de racines pour puiser
rhumidit6 dans le sol k la place de celle perdue par Evaporation, se dess^cherait
et mourrait.
Pour obtenir ce r6sultat, on enl6ve une bonne partie des feuilles de la
bouture, et on la place sous chassis ou sous cloche dans Fombre, k r6touff(^e.
Les rosiers se bouturent gen6ralement de septembre k d^cembre.
Parmi les plantes herbac6es, les Pelargonium, Heliotropes, Verveines,
Fuchsia, (EiUets, Ghrysanth^mes, se bouturent facilement; cette operation
s'effectue le plus souvent au printemps, dans une serre temp^r^e. On peut
m^me opErer ces bouturages en plein air au mois d'aodt ; les Pelargonium
principalement reprennent tr^s vite.
On peut encore marcotter k partir de juillet les (Billets communs, en
recouvrant de terre la base d'une tige, maintenue recourb6e au moyen d'un
brin d'osier pli6 et enfonce dans la terre au-dessus d'elle. Pour le mar-
cottage comme pour le bouturage, il est bon de fendre ou d'inciser la partie
de la tige plong6e dans la terre, ce qui facilite la production des racines.
« «
Alyssum Idaeiim. — Cette plante minuscule produit une grande abon-
dance de fleurs du jaune serin le plus 6clatant, dispos6es d'une facon tr^s
gracieuse au sommet de tiges mesurant une dizaine de centimetres de hauteur.
EUe est litt^ralement couverte de fleurs, qui semblent absolument hors de
proportion avec une plante si naine, dont les feuilles ne sont pas plus grandes
que celles du Thym ordinaire.
Cette esp6ce peut Mre class6e parmi les plantes a feuillage argents ; elle
m^rite une place parmi les plus gentilles plantes de rocailles.
* «
Galctolaires. — Ces plantes, apr6s avoir 6t6 progressivement endurcies
a Fair exterieur, peuvent etre mises dans les plates-bandes des le commen-
cement ou le milieu de mai, selon que I'exposition est plus ou moins favo-
rable. Dans les endroits frais et exposes au vent du nord, on peut meme
attendre jusqu'a juin.
Cette ann^e, beaucoup d'amateurs ont 6t6 tenths par le beau temps pr^coce,
et ont mis les Galceolaires en pleine terre de bonne heure, alors que les
journees etaient certainement tres chaudes; mais les nuits sont restees
fraiches, et depuis mai le temps est devenu si mauvais que beaucoup de
plantes ont 6te endommagees par le froid. M. G.
NOUVELLES FRAISES ANGLAISES
FralM « Royal Soirerelgn » (flg. 36). — Le mm imposant que porte
cette fraise est bien justifl* par les nombreuses rfcompenses qu'elle a
obtenues : MMaille d'argent Ban-
ksjan i Londres au mois d'avril
dernier; certiflcat de I" classe k
Londres le 22 juin 1892; certiflcat
de 1" classe ii I'Exposition dlior-
ticuUure et des forfits k Earls
Court, Londrea, en 1893; certi-
flcat de 1" classe k la Soci*t6
de fiotanique de Manchester le
11 mai dernier, etc.
Tant de distinctions prouvent
^Tidemment de bautes quality ; et
en effet la Royal Sover^gn pent
fetre consid^rte comme une des
oieilleures ft'aises actuelles. Elle
se prfele admirablement k la cul-
ture en pot et au forcage.
Les fruits sent de trte gi-ande taille, coniques, l^drement aplatis, d'un beau
rouge Tif; la cbair en est tr6s
ferme, bien blanche; les graines
sont iosdr^ dans de petits creui.
La saveur est trfts riche.
La Botfol Sovereign est issu du
croisement de NoUe et de King of
the Earlieset commence it produire
queiques jours seulement aprte ce
dernier. II est trts proHflque.
Les grands journauz anglais en
cot parl6 dans des termes trte
fkTorables, et plusieors des prin-
cipaux cultivateurs de ce pays
ont attests que cette vari^tfe
61ait particuli6rement utile pour
la grande culture, s'emballait facileinent et supportait bien le Toyage.
Fig. 36. — Fraite . Ro^al Sovereign. ■
Fig.'37. — Fraise • Setuation. >
Cette remarquable acquisition est due k MM. Laxton, de Bedford, qui ont
eu I'obligeance de nous cominuDiquer le cliche ci-contre.
Fraise « Sensation. » — Cette variety, qui provient ^galement de l'6lablis-
sement de MM. Laxton. est un peu moins hdtive que la prte^dente. Elle a les
fhiits remarquttblement gros, presque arrondis, d'un beau rouge vif, k cliair
rouge, et d'une excellente saveur. Elle se
pritera bien au Torcage. EUe a recu un
certiflcat de 1" classe k I'Exposition
d'borticulture et des for^ts, k Londres,
en mai 1863.
Fraise « Noble. » — C'est encore une
des brillantes acquisitions de MM. Lax-
ton. Elle est remsrquable parsa pr^co-
cH6, ainsi que par la grandeur et la
beauts de sea fruits. EUe est egalement
trts ft-uctiftre.
Cette Tari4t6 date d^^ de plusieurs
annfes; elle a done pu faire ses preuves,
et conqugrir la baute estime dans laquelle elle est tenue, non seulement en
Angleterre, mais d^j& sur le continent.
Fig. 38. — Fraiw c NobU. .
DU PINCEMENT
LB OBASD Biiani^TBIJB SO I^ TJIOAtATION CHSZ I^B ASBB&8
VBUITIBBS
G'6tait k peu pr^s en cette saison qu'il y a quelques ann^s feu Desibe
BcissERET, I'adroit et spirituel auteur des « Conferences sur la culture et la
taille des arbres fruitiers, » Tint nous honorer de sa visite, iorsqu'il me trouva
pr6cis£ment occupy k pratiquer le pincement des bourgeons sur les arbres de
nos p^pini^res.
« A la bonne beure I me dit-il, avec sa bonhomie bien connue, il n'y a pas de
plus grand r6gulateur de la v6g6tation que le pincement. Vous faites bien d'en
user de la sorte I »
C'est bien aussi mon avis, mattre, lui dis-je, et notre conversation continuait
alors k rouler pendant tout un temps sur la manidre de pratiquer le pincement
— 192 —
chez les diff(§rentes essences fruiti^res et sur les importants r6sultats que nous
en obtenons dans nos cultures.
Voici, en soinme, les principaux traits de notre conversation. Que nos
lecteurs en profltent, puisque c'est le moment de pincer leurs arbres
fruitiers.
Un arbre fruitier sourais a n'importe quelle forme ne pent se composer que
de deux soi'tes de branches seulement : I*' les branches charpenti^res, 2? les
productions fruiti^res.
Voyons d'abord les branches charpetUikres; comment faut-il les pincer?
Bien des personnes se contentent de les tailler en hiver et les abandonnent
ensuite a Dame Nature; aussi, le plus souvent le prolongement de ces
branches charpenti^res s*allonge outre mesure et elles se d^gamissent
beaucoup trop en bas. A ce point de vue, et g^n^ralement , je conseille
de pratiquer le pincement : il suffit de pincer, d'enlever le sommet herbac6
des bourgeons (destines a prolonger la charpente de chaque branche) aussit6t
qu'ils ont atteint de vingt a trente centimetres de longueur. C'est simple
comme bonjour, et Top^ration se fait avec les ongles ou avec la pointe d'une
serpette.
G'est par le pincement que nous pratiquons sur nos arbres de p^pinifere
durant les mois de mai, juin et Juillet, que nous completons et corrigeons si
heureusement notre taille d'hiver pr6oedente ; car, j'ose le dire, la taille d'hiver
— fDt-elle faite par Tarboriculteur le plus adroit du monde — aura toujours ce
defaut de faire naitre des branches de force irr^guli^re. Non, ce n'est pas par
la seule taille d'hiver qu'on formera ces belles pyramides, ces belles palmettes,
ces jolies hautes tiges, ces magnifiques cordons et cand61abres; c'est par le
pincement surtout qu*on procure k chaque branche la juste force et forme
qu'elle doit avoir selon sa position sur Farbre.
J'ose m^me affirnier que sans taille d'hiver aucune, je ferai de belles formes
de pyramides, palmettes, hautes tiges et autres, rien qu'au moyen de pince-
menls r6p6t6s. J'ai obtenu de cette mani^re de v6ritables modules d'arbres
fruitiers, et cela encore dans les vari6t6s qui s'y pretent le plus difflcilement.
J'ose afflrmer, par contre, qu'au moyen de la taille seule on ne parviendrait
pas a les dresser et k les former si r6guli6rement.
Le pincement est done une arme puissante, et j'approuve compl^tement mon
regrette et excellent confrere M. Desire Buisseret, qui me disait : « Le pince-
ment est le plus grand r6gulateur de la v6g6tation, tant pour former les arbres
que pour les mettre a fruits. »
Voila pour la formation des branches charpentiftres, par le pincement
chez nos poiriers, pommiers, p^chers, cerisiers, abricotiers et pruniers. Les
branches charpenli^res de toutes ces esp^ces doivent etre vigoureuses et bien
— 193 —
constitu^s en proportion de la place que chacune d'elles occupe sur Tarbre :
longues en bas, g6n6ralement, et courtes en haut ; et c*est pr^cis^ment contraire
de ce que veut la nature.
J*ai d^montr^ dans les lignes pr^c^dentes combien le pincement est une
pratique puissante pour bien dresser nos arbres fruitiers.
J'ai mfime os6 afl3rmer que je suis parvenu a faire des formes modules de
pyramides, de palmettes de hautes tiges ou autres, rien qu*au moyen du simple
pincement que je pratique cons6cutivement, au fur et k mesure du besoin,
durant les mois de mai, juin et juillet.
Lors d'une conference que j'ai donnte r6cemment k la Society Royale de
Botanique et d'Agriculture, k Louvain, j*ai montr6 de v^ritables modules
d*arbres fruitiers, dress^ et formes, sans le secours d'aucune taille, d'aucun
coup de serpette, rien qu'avec les ongles, c'est-a-dire rien qu'en enlevant le
bout herbac6 des bourgeons d6s qu'ils ont acquis le degre de force dont ils
ont besoin selon leur destination.
Ges beaux arbres, formes rien que par le pincement (au lieu de les former au
moyen de la taille comme cela se pratique encore le plus ordinairement), n'ont
pas manqu^ d'6veiller la curiosity, de mes auditeurs, qui etaient de mon avis
lorsque je leur disais que je defle le plus adroit tailleur d'arbres fruitiers, qui
se contenterait tout purement de la taille, de presenter des arbres aussi bien
faits et aussi bien equilibr^s.
Toutefois, je dois bien declarer que dans nos pepini^res, nous nous servons
de preference des deux armes : d*abord une taille raisonnee en liiver, puis un
pincement r6pei6, durant r6t6, qui corrige et perfectionne la taille precedente.
Voila done pour ce qui concerne la formation de la cliarpente des arbres.
Voyons cette fois comment nous pratiquons le pincement en vue de former
de bonnes productions fruiti6res.
Pincement des productions fruitihres chez les poiriers et les pomnmrs des
jardins, — J*ai toujours vu que les meilleures productions fruiti^res chez les
pommiers et les poiriers sont celles qui ont environ 12 a 15 centimetres de
longueur. Dans ces conditions, elles sont courtes, solides et capables de nourrir
de beaux fruits en abondance. II importe done de veiller a ce que tous les
bourgeons qui voudraient d6passer la longueur d'une quinzaine de centimetres,
soient pinces (Fextremite herbacee seulement). Par le fait, on arrete la seve au
profit des fruits et des boutons de la base appeies a fructifier a leur tour.
Pincement chez les pruniers, les cerisiers, les ahricotiers. — Ici encore, des
que leurs productions fruitieres auront atteint environ 20 centimetres, on les
r6duira k une douzaine de centimetres de longueur, et pour le meme motif;
sans cela les productions fruitieres se d6garnissent k leur base et ne portent du
fruit qu'i leurs extremit6s trop eioignees de leur insertion.
— 194 —
Pour ce qni concerne les productions fruitiftres cbez la vigne el le pfecher, il
iinporte aussi de les pincer, et dans le m^mebut; mais ces deux essences
n^cessiteni des explications un peu plus ^tendues. Gela fera I'objet d*une
prochaine causerie.
GUSTAVE MiCHIBLS,
Arboriculteiir dipldm^, k Montaigu.
PLANTES PRIM^ES
Pelargonium Mrs. J. Wright. — Tr^ belle yari6t6, d*un port robuste
et compact. Les fleurs, produites en Elegants bouquets bien touffus, sont
larges et bien colorees, d'un rose vif, avec une 6troite bordure blancbe sur
les p^tales, et des macules cramoisi-marron k la base des p^tales superieurs.
Expose par M. H. J. Jones, de Hither Green, Lewisham, ce Pelargonium
a obtenu un Certificat de m^rite au dernier meeting de Londres.
• •
Fuchsia Princess May. — S^pales presque blancs, mais lav^ de rose
pale; p^tales rouge carmin^ vif. Gertificat de m^rite k Londres, od il 6tait
expos6 par MM. Cannell.
• •
Begonia King of Italy. — Vari6t6 double, k fleui*s grandes et bien
pleines, d'un rouge ^carlate, avec les p^tales ondul^s. Gertificat de 1*^ classe
au Palais de Gristal.
*
Begonia Queen of Denmark. — Fleurs simples, grandes, et parfaitement
orbiculaires ; les p6lales, d'une belle largeur, ont les bords ondul6s, et sont
d'un beau rose uniforme. Gertificat de i** classe au Palais de Gristal.
• •
Begonia Empress Frederick. — Yari^t^ double, k p^tales plats rose vif,
gracieusement dispose autour d'un centre unique, et offrant Taspect d*une
rose. Gertificat de 1"^® classe au Palais de Gristal.
• *
CEillet Uriah Pike. — Les tiges fiorales atteignent une hauteur de pr6s
d'un m^tre, et la plante elle-m^me forme des touffes de 30 k 45 centimetres
de haut. Les fieurs, tr^s parfum^es, sont d*un rouge cramoisi fonc^, tirant sur
le marron. EUes sont tr^s abondantes.
Gette nouvelle vari6t6 promet beaucoup.
« «
— 195 —
Pblox Canadensis. — Gette charmante plante vivace rustique, qui atteint
une auteur de 30 centimetres environ, produit une profusion de fleurs bleu
azur6 fonc6. Expos6e au Palais de cristal par M. T. S. Ware, elle a obtenu
un Cerlificat de 1'® classe.
♦ »
Lilas Sonvenir de Louis Spath. — Expos6 r^cemment k Londres, et
r6compens6 d'un certificat de V^ classe.
Ge lilas produit de tr^s grandes et massives grappes de fleurs lilas pourpr6
fonc6; les boutons sont d'un coloris encore plus sombre. Chaque fleur est
grande et tr^s parfum6e. G'est, paralt-il, le coloris le plus intense qui ait
paru jusqu^ici, etla forme la plus distincte.
« «
Gloxinia Ladas. — Les fleurs de cette esp^ce, 6crit le Garden, sont
grandes, bien dispos6es sur une tige trapue, et tr6s richement color^es ; elles
sont presque enti^rement recouvertes de taches cramoisi fonce, laissant une
bande claire blancbe. G'est un des Gloxinia les mieux taches que nous ayons
vus. Gertificat de m6rite k Londres le 12 juin (MM. Gannell, de SwaHley).
* «
Pivoine Mrs. Manning. — Superbe vari^t^ double, d'une tr^s belle forme
et du coloris cramoisi le plus intense. Certificat de m^rite k Londres le
12 juin (MM. Kelway, Langport).
*
Pyretlimim Alfired Henderson. — Belle forme double, d'un rose tr^s
fonc6. Gertificat de m6rite k Londres le 12 juin (MM. Kelway).
* «
PUargoninm Duke of Fife. — Tr^s belle variety, d'un bon port, florifi^re
k fleurs d'un rose vif, bord6es de blanc et k centre Wane. Certificat de m^rite
k Londres le 12 juin (MM. Jones, Lewisham).
• *
CBillet Duchess of Fife. — Grandes fleurs pleines, d'un rose tendre tr^s
doux. Gertificat de m6rite k Londres le 12 juin (M. T. S. Ware).
LES ROSES DE 1893 EN ANGLETERRE
En parcourant la liste des vari6t^s qui ont reQU des m^dailles en 1893, on
pent relever quelques points int6ressants. Au premier rang, nous trouvons
cette superbe v$iriet6, Mrs. John Laing, tenant la t^te avec sept m6dailles,
— 196 —
Marfchal Niel ensuite avec cinq, Horace Vernet avec quatre, puis Madame
Hoste, A. K. Williams, et Souvenir d/Elise Vardon avec Irois chacune.
The Bride, Ulrich Branner, Prince Arthur, Comtesse de Nadaillac et
Charles Lefehvre, ont reQU chacune deux m^dailles ; une seule a 616 d^cernfe
k chacune des suivantes : Cleopatra^ Ernest Mefz, Madame Cusin, Marie
Rady, Dupuy Jamain, Alfred Colomb, Pierre Notting, Madame MargoUin,
Gabrielle Luizet, Madame Charles Crapdet, EmUie Hausberg, Madame
F. Verdier, La France et Comtesse d' Oxford,
Si nous exceptons Horace Vernet, toutes les Roses qui ont regu deux
distinctions ou plus sont des vari6tes dignes de conflance. En mdine temps,
nous somnies heureux de rencontrer dans cette liste quelques vari6t6s
anciennes ou peu connues qui se sont montr^es les meilleures de leurs classes
respectives k certaines expositions. Prenons par exeinple Emilie Hausberg et
Madame Margottin; on les voit rarement dans les expositions, quoique la
premiere soit parfaite k tous les points de vue comme fleur, mais elle est de
culture difficile et ch6tive. Catherine Mermet n'a pas obtenu une seule fois le
premier rang, mais sa variete blanche [The Bride) a remporte deux succ^.
D'autres bonnes Roses-The qu'on aurait pu s'attendre a trouver sur la liste
sont Anna Olivier, Innocents Pirola, Niphetos et Marie Van Houtte,
Dans le groupe des hy brides perpetuels, il est 6tonnant de voir manquer
Marie Baumann^ Gustave Piganeau, Camille Bernardin et quelques aulres,
et de trouver Pierre Notting, Emilie Hausberg, John Bright et Madame
Charles Crapelet sur le m^me rang que La France, et Alfred Colomb, Mais
il ne faut pas oublier que dans bien des cas, il y avait peu de roses expos6es.
Les roses qui ont obtenu des m^dailles d'or en 1893 sont Marchioness of
Londmideny, de A. Dickson et fils, et Mrs. Sharman Crawford, ainsi que
la nouvelle Rose grimpante Crimson Rambler,
En parcourant la liste des Roses qui obtinrent des medailles d'or —
lesquelles, il est bon de le rappeler, ne sont donn^es qu'aux nouveaux hybrides
ou aux sports distincts, nous voyons que la cel^bre firme irlandaise en a
cinq sur douze, a savoir : Margaret Dickson, Marchioness of Dufferin,
Mrs. W. J. Grant (aujourd*hui r^pandue dans le commerce sous le nom de
Belle Siebrecht) et les deux que nous venons de nommer. Feu M. H. Bennett
en a deux. Her Majesty et Mrs. John Laing; MM. Mack et fils, avec Sir
Rowland HUl; M. Prince, avec Souveriir de S. A. Prince (synonyme The
Queen); MM. G. Paul et fils, avec Mrs. Paul, et MM. W. Paul et fils, avec
Salamander, comply tent la liste.
{Gardeners^ Chronicle.)
197 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 JaiUet 1894.
Visites princitoes. — L'6tablissement de L'Horticulture Internatio-
nale a regu, le 26 et le 28 mai dernier, les visites de LL. A A. RR. le prince
h6ritier et la princesse h6riti6re de Roumanie, le prince et la princesse
GuiLLAUME DE HoHENzoLLERN, la princesse douairi^re de Hohenzollern,
la princesse Frederic de Hohenzollern, le prince Frederic Leopold, de
Prusse, presents k Bruxelles k Toccasion du mariage de la princesse Josephine
de Belgique. Les visiteurs princiers ont exprim6 k plusieurs reprises le
plaisir qu'ils ont 6prouv6 en parcourant les diverses serres de Tetablissement.
Ik ont f61icit6 la direction au sujet de la tenue, de r616gance et de la propret6
de celui-ci.
« «
Fortt de c6dres. — Au ch&teau de Stein, pr6s de Nurenberg, il existe
une for^t de cMres unique en Europe, couvrant un espace de six hectares
environ et apparlenant k M. Faber, le c616bre fabricant de crayons. Le bois
de c^dre est indispensable pour cette fabrication. Seulement, comme le fait
remarquer le Gardeners' Chronicle, Tarbre qui compose cette for^t n'est pas
un c^dre dans le vrai sens du mot, mais un gen6vrier, le Juniperus virginiana.
* ♦
Fumigation dans les serres. — Le journal Le Jardinier Suisse rappelle
qu'en Angleterre (et nous ajouterons en Belgique), au lieu d'employer direc-
tement le tabac en fumigation dans les serres, on fait, au moyen des c6tes, une
decoction dans laquelle on laisse tremper du papier d'emballage grossier et
assez 6pais que Ton met s^cher ensuite. Quand il s'agit de fumiguer, on fait
brCder les feuilles de papier sur un petit brasier. Les feuilles se consument
lentement sans flamber et d6gagent beaucoup de fum^e. On a eu soin de ne pas
mouiUer les plantes pendant la journ^e et on op6re le soir en tenant la serre
bien ferm^.
♦ ♦
Widdringtonia Whytei. -- Cette espace de coni^re a 6t6 introduite au
moyen de graines envoy6es aux jardins de Kew en 1893 du Mont Milanji,
Niassaland (Afrique). Le genre Widdringtonia ne compte que fort peu
— 198 —
d'esp^ces; celle qui nous occupe a 616 d6di6e k M. Whyte qui a explore la
region de Milanji en 1891. Les cypres sont le caract^re principal de la bota-
nique du plateau ; la for^t la plus 6tendue se trouve dans la valine de
Lutshenya. Un des arbres mesurait 50 metres de hauteur et 1°*50 de diam^tre,
a 2 metres au-dessus du sol. Les feuilles rappellent celles des Junipenis; le
bois est d'une couleur blanc rougeStre, d'excellente quality.
« «
Toi^oars Chicago. — La c6l6bre cit6 am^ricaine veut continuer k se
distinguer par des choses 6tranges. Maintenant, suivant le Florists' Exchange,
il Skagit de construire une statue florale de 7 metres de haut en Thonneur d'un
citoyen d6c6d6. Le chapeau aura un m^tre de diam^tre. La redingote sera k
la mode de celle du prince Albert (?) ; la main droite sera pos6e sur la redin-
gote, la main gauche tiendra un rouleau de parchemin. La carcasse de la
statue sera en fil de fer et le tout enti^rement reconvert de plantes vivantes
dont les branches seront paliss6es dans tous les sens.
« «
Prix des Orchidtes. — La vente des Orchid^es d61aiss6es par le c61^bre
amateur anglais M. Georges Hardy a montr6 une fois de plus que les espies
et vari6t6s d'^lite r6alisent constamment des prix considerables. II a 6t6 vendu
520 num^ros; la vente a dur6 deux jours et a produit environ 75,000 francs.
Nous lisons dans le Journal des Orchidies (5™® ann^e, p. 101) qu*un specimen
de Cattleya Mossiae Hardyana, superbe plante ayant cinquante pseudobulbes,
a 6t6 c6de pour 4,330 francs; un Cattleya Meyideli var, Quom House, ^nr
3,937 francs; un Laelia purpurata Hardyana, ayant soixante pseudobulbes,
pour 3,412 francs (cette plante avait et6 vendue il y a deux ans par L'Horti-
CULTURE Internationale de Bruxelles au prix de 750 francs); une belle
plante de Cattleya Skinneri alba, 4,200 francs. On voit que les Orchidies
sont loin de baisser de valeur.
« «
Manguier en Floride. — La culture du Manguier a 6te import6e, non
sans succ^s, dans la partie m6ridionale de la Floride. Get arbre, Mangifera
indica, de la famille des Anacardiac6es, est originaire de TAsie m^ridionale
et ses fruits sont d61icieux. II est cultiv6 aux Antilles, et il est pour ainsi dire
naturalist k la Jamaique.
» «
Balcons fleuris. — Nous avons d^j^ fait connaitre aux lecteurs de
V Illustration Horticole I'initiative prise par M. Buls, bourgmestre de
Bruxelles, pour engager les habitants de la capitate k d6corer les balcons et
les fen^tres de leurs demeures. Les journaux bruxellois ont annonc6 que le
— 199 —
Gomit6 de Bruxelles- Attractions a organist pour 1894 des concours pour les
&Qades fieuries, les balcons fleuris, les fenfitres fleuries. Pour les deux
premieres categories, les prix consisteront en oeuvres d'art; pour la troisi^me,
il y aura, outre les mMailles, des primes en argent et, pour les quartiers
populaires, des livrets de la caisse d*6pargn6.
« «
Pivoines herbacies de Chine k fleurs doubles. — Ulllustration
Horticole a donn6 en 1892, p. 44, une liste de quelques nouveaut^s de ces
remarquaWes fleurs. Dans le m6me volume on a fait ressortir, p. 50, la facilite
de culture de ces plantes. L'^tablissement E. H. Krelage et flls, de Haarlem,
qui poss^e la collection la plus complete qui existe des vari^t^s connues de
Paeonia sinensis ou albiflora, a bien voulu envoyer A la redaction de Villus-
iration Horticole, un choix de fleurs couples de ces vari6t6s. Ces fleurs 6taient
splendides et dignes de figurer k une riche exposition et il n*est pas ^tonnant
que le Jury du meeting d' Amsterdam a d6cern6 une haute recompense a un
lot semblable. Les vari6t6s pr6sentent toutes les nuances des plus brillants
coloris : crAme avec taches carmin, rouge sang velout6 noir, amarante vif,
rose carmine, rose nuanc6 lilas, lilas rose avec centre chamois, blanc pur avec
centre macule pourpre, rose saumone, rose chair nuance soufre, blanc pur k
centre borde carmin, rose avec centre jaune d'or et huppe rose vif, etc.; elles
sont, en outre, un element precieux pour la confection des bouquets.
» «
Lenoadendron argenteum Rob. Br. — Ge petit arbre, de la famille des
Proteacees, dont le Jardin botanique de Gand possedait naguere une serie de
repr6sentants, est tres repandu dans la region du Gap de Bonne Esperance.
Sur les versants de la montagne de La Table, ce Leucadendron vit en societe et
ses groupes y produisent un superbe effet. Un correspondant du Gardeners*
Chronicle raconte que les rameaux de cet arbre sont vendus couramment dans
la ville du Gap k chaque arrivage des steamers et que les passagers en
font grand cas, comme les voyageurs dans les Alpes aiment a emporter de
TEdelweiss. II craint de voir Tespece decimee et il pense qu'il serait utile
de feire des demarches afln d'en prevenir la destruction.
• ♦
£tat de I'horticulture en N6erlande. — Notre confrere Sempervirens
cite quelques donnees du Rapport offlciel sur Tagriculture dont 25 pages sont
consacrees k Thorticulture. Les etablissements horticoles occupaient en 1891
1313 hect. 43; les cultures de plantes bulbeuses 1178 hect. 44; les cultures
des particuliers, jardins et vergers, avaient une etendue de 28,925 hect. ; les
vergers de vente, 19,402 hect. ; les pepinieres, 1603 hect. 09.
— 200 —
Fleurs et feuilles en fer. — Les journaux horticoles d^Angleterre parlent
avec 6loge de feuillages en fer battu dignes des temps antiques. Bien des fois,
chez les peuples de m^me origine et parvenus k un ^gal degr6 de civilisation,
on conslate les m^mes progr^. A Texposition florale qui a eu lieu a Gand k la
Soci6t6 Guillaume Tell, le 29 avril dernier, les visiteurs ont beaucoup
remarqu6 un lot de fleurs et de feuillages expose par M. De Schepper,
professeur k TEcole professionnelle de Gand. G'6taient des fleurs en fer forg6,
plus sp^cialement des roses, faconn6es avec un art exquis et dont la grac«
^galait la 16g6ret6.
« «
Monument d, J. M. Hildebrandt. — Un monument f\in6raire a 6te
inaugur^ r^cemment k Johann Maria Hildebrandt, le botaniste voyageur
qui naquit k Dusseldorf en 1847 et qui mourut a Tananarive (Madagascar)
le 29 mai 1881. Hildebrandt fit trois voyages sur la c6te orientale de
I'Afrique et k Madagascar. II est probable que le voyageur fut empoisonn6
par les indigenes. Son coi'ps repose au cimeti^re de Tananarive; une inscrip-
tion est grav6e sur le modeste monument surmont6 d'une colonne bris^ et
plac6 k Tombre d'un grand Eucalyptus.
* »
Commission de pathologie v6g6tale. — Dans son assemblee du 6 mai
dernier, la Soci^td royale botanique de Belgique a constitu6, dans son sein,
une commission charg^e d'^tudier les maladies qui attaquent nos plantes. Cetle
commission a son si^ge au Jardin botanique de TEtat a Bruxelles. En errant
cette commission, la Soci6t6 a pour but de fournir aux cultivateurs, aux
horticulteurs, aux sylviculteurs, les renseignements que la science posdMe
pour combattre les maladies et les insectes qui attaquent les v6g6taux. Cetle
commission se met k la disposition du public et recevra les ^cbantillons de
plantes, feuilles, fragments de feuilles, 6corces, fleurs, fruits, fragments de
tubercules, de bulbes, de racines, qui pourront 6tre exp6di6s comme 6chan-
tillons sans valeur (5 centimes par 100 grammes), dans les dimensions rftgle-
mentaires. Les envois devront etre faits a MM. Marchai. et Nypels, au
Jardin botanique de I'Etat, k Bruxelles.
*
Esptees dn monde v6g6tal. — Au Gongr^s de botanique qui a eu lieu k
Q^nes I'an dernier, le professeur Saccardo a 6valu6 a 173,706 le nombre des
esp6ces de plantes actuellement connues. Ce sont : phan6rogames, 105,231 ;
foug^res, 2,819; autres cryptogames vasculaires, 565; mousses, 4,609;
h^patiques, 3,041; lichens, 5,600; champignons, 39,603; algues, 12,178.
M. Saccardo pense que probablement le nombre total des esp6ces de cham-
pignons existant dans la nature s'6l6verait k 250,000 et celui de toutes les
autres plantes k 135,000. Emile Rodigas.
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— 201 —
PI. XIII
BERTOLOIVIA GUTTATA hook. var. ALFRED BLEU
Le nom d*hybride, afln d'6viter toute confiision, doit 6tre r6serv6 aux pro-
duils du croisement de deux esp^ces du m^me genre ou de genres diffferents,
assez rapproch^s. Les r^sultats obtenus par la fecondation artificielle de deux
vari6l6s, quelle que puisse 6tre leur difference au point de vue jardinique ou hor-
ticole, doivent prendre le nom de m6tis ou siraplement de vari6t6s. Gonsid6r6es
k ce point de vue seulement, les ravissantes obtentions it6ratives de M. Alfred
Bleu, dans le genre Bertolonia, sont des vari6t6s et nuUement des hybrides.
Ses premiers types furent le produit de la fecondation artificielle du Bertolonia
Van Houttei et du Bertolonia roseo-punctatissima qui sont tous deux, sous le
rapport botanique, des formes distingu^es du Bertolonia guttata. Une douzaine
de vari6t6s, les unes plus remarquables que les autres, figur^rent en 1888 k
Texposition quinquennale du Casino de Gand et y rencontr6rent le plus brillant
succ^.
La plante qui nous occupe aujourd'hui et qui rappelle le nom de son
obtenteur, fait suite aux produits de la m^me provenance. M. Alfred Bleu
nous 6crit qu'elle est une simple variation se distinguant surtout par la ricliesse
de coloris des nervures et des ponctuations dont le rouge aniline est fortement
rechauffe de carmin. La planche de L' Illustration reproduit avec fidelity cette
riche coloration. Nous pouvons ajouter que, pour la vigueur et le port, ce
superbe gain ne laisse rien k dfeirer.
VlUustration Horticole de 1891 a public, pp. 59 et 61, deux ravissantes
varietfe appartenant k la premiere s6rie des gains de M. Alfred Bleu, les
Bertolonia M^^ Lion Say et Baron Adolphe de Rothschild. "^
En jetant un coup d*oeil sur notre planche, on sera convaincu de ce que la
nature n'avait pas dit son dernier mot quand parurent les premieres nouveautes
d'il y a une dizaine d'ann^es ; cAles qui suivent actuellement ne sont pas moins
admirables et elles ont droit k I'accueil le plus chaleureux.
Quant k la culture de ces M61astomac6es, nous ne pouvons que r6peter
qtfelle n'est pas aussi difl3cile qu'on voudrait le faire croire. Ces plantes
eroissent de preference dans du terreau de feuilles et du sable, leur place est
— 202 —
en aerre ohaude, k Tabri des rayons directs du solell. L*air de la serre doit
6tre humide, mais on doit ^viter de mouiUer les feuilles. Ge que nous avons k
redire, c^est qu'elles n'ont pas du tout besoin d^^tre tenues sous double vitrage,
ni sous des clocbes, ainsi qu*on les montre aux expositions, ot cette couverture
est le plus souvent indispensable parce que Tair y est g^n^ralement aride et
que fr^uemment 11 y r^gne des courants d*air.
Em. Rodioas.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Phoenix canarlensis vd tenuis. — II y a quelque trente ans, le Phoenix
des Canaries fit son apparition sous le nom de Phoenix tenuis, sous lequel il
Alt r6pandu dans les jardins de TEurope par rhorticulture gantoise. Mainte-
nant on en voit des centaines d'exemplaires dan? les jardins et les rues de
Cannes od leur d^veloppement est remarquablement rapide. Des exemplaires
d'une dizaine d*ann6es, non seulement donnent des frondes superbes mais
fieurissent et fructifient abondamment donnant des fruits d'un beau jauue. Ge
Phoenix est probablement Tesp^ce qui r6siste le mieux en plein air.
Aloe heteracantha. — Cette esp^ce, une des plus remarquables du genre
est r^pandue dans beaucoup de collections. Un exemplaire a fleurl pour la
premiere fois k Kew cette ann6e, ce qui a permis k M. J. G. Baker de d^crire
la plante. EUe a le port de VAloe vera (barbadensis). La tige a environ 0^30
sous la rosette de feuilles. Les feuilles, au nombre d*une trentaine, forment
une rosette compacte ; elles sont lanc6ol6es, toutes ascendantes, ayant 0"30 de
long et 0'"05 de large k la base ; elles sont glauques et munies sur les bords de
nombreux aiguillons, petits, irr^guliers, deltoides, verts. Le pMoncule, y
compris les racemes, a 0"™60 de long, il est tr6s solide et profondement
fourchu. Les racemes sont compacts, long de 0"*i5 k 0"25; le p^riantheest
cylindrique, d*un rouge brillant (Gardeners' Chronicle, 19 mai).
Gipelina hystrix. — Les huit esp^ces connues de ce genre de Verb6nac^
appartiennent k TAsie orientale et au nord de TAustralie. On rencontre assez
souvent en culture le Gmdina arborea, qui s*6l6ve k 20 metres de liauteur et
le 6r. asiaiica, qui n'est qu'un arbuste k petites feuilles. La nouvelle esp^ce
G. hystrix a 6t6 introduite k Kew de Baroda,'il y a deux ans. La plante a
fleuri r6ceniment dans la serre aux Nenuphars, conduite sur uii treillis d6ve-
loppant de nombreuses ramifications rappelant le port du Bougainvillea. Les
feuilles sont elliptiques et les branches portent, dit le Gardeners' Chronide,
de grandes fleui's tubulaires jaunes disposes en panicules terminaux; elles
— 203 —
ont O^^OS de long, sont singulidrement enfldes, out trois petits lobes et un
quatridme beaucoup plus grand en forme de labelle. Les grandes bract^es
ovales attirent aussi les regards et distinguent Tesp^ce de toutes les autres.
Imliofla Duparcnietiana. — Gette remarquable Amaryllid^ qui crolt dans
TAMque ^quatoriale, au Kalahari, est d6crite par le D' Baillon dans le
BuUetin de la SodiU Linnierme, de Paris. Nous extrayons de sa diagnose les
renseignements suivants. Les feuilles sont loriformes, droites ou arqu6es, et
atteignent 0^30 de longueur au moment de la floraison. Le p6doncule porte
une vingtaine de fleurs blanches, avec une large c6te carmin6e, qui atteignent
(y°05 de long. G'est une plante k grand effet.
Napoleonaimperialis. — Gette esp^ce, dont il existe une vari6t6 k fleurs
d'un beau, bleu, une autre k fleurs pourpres, une autre k fleurs d'un jaune
abricot, repr^ente seule le genre Napoleona d6di6 au premier Bonaparte par
Paliseau de Beauvois et la petite famille des Nappl^on^es, k moins qu'on ne
Tannexe a celle des Myrtac6es. EUe fut d^couverte dans FAfrique occidentale.
G'est un arbrisseau glabre, k feuilles alternes, coriaces, ovales lanc6ol6es,
enti^res, k nervures pennees. La fleur est solitaire, axillaire, de forme 6trange,
rappelant quelque pen une petite passiflore. EUe est d'un coloris cr^me pale
avec un anneau interne pourpre ros6. Bien que la plante soit de culture tr6s
facile, et qu'elle puisse ^tre traitee comme les Ixora, elle est peu r^pandue. Ge
n'est certes pas une nouveaut6 puisque son introduction remonte k plus d*un
demi si6cle, mais la plante m6rite une place parmi les arbrisseaux de serre
ehaude.
Aspidistra typica. — Le BuUetin de la SociMi Linnienne de Paris donne
la description de cette nouvelle esp^ce qui a fleuri r6cemment au Mus6um
d'histoire naturelle de Paris. La plante se distingue de V Aspidistra datior,
dont elle a le port, par son \p6riantbe constamment trim^re de m^me que les
autres verticilles floraux. La plante est d6crite par M. Baillon. D'aprfes la
Revue Horticole elle est d'origine tonkinoise et aussi ornementale que VA.elatior.
Le limbe des feuilles est asym^trique. Les fleurs, tr6s nombreuses, ont des
p^icelles courts et 6pais, leur coloris devient totalement d'un rouge terne et
vineux. Les s6pales et les p6tales s*6cartent bien les uns des autres, mais ne se
r6fl6chissent pas comme ceux de VA. elatior.
Nympliaea Laydekeri rosea. — Ge Nenuphar, probablement d'origine
japonaise, est signal^ par la Revue Horticole comme une ravissante vari6t6,
relativement nouvelle et qui m6rite de prendre place parmi les plantes aqua-
tiques les plus s6duisantes. Ses fleurs ne sont pas tr^ grandes, mais elles sont
d'un beau rose vif passant au rouge en vieillissant. II ne demande pas plus
de soins que les autres esp^ces rustiques du genre Nymphaea.
Groton Garrierei. — Les feuilles de cette nouvelle forme sont oblongues
— 204 —
et analogues k eelles du C Veitchi, mats d*un vert olive foncd, avec la veine
mMiane et les veines lat^rales Jaune d*or. Certiflcat de I'* classe au Palais de
Gristal.
Iris vaidegata Prince of Orange. — Tr^ gracieuse forme k lames
jaune d*or, k limbe orange, macule et marbr^ de rouge cramoisi et de rouge-
sang. Certiflcat de m6rite k Londres le 12 juin (MM. Barr, Clovent Garden).
Delphinium Alfred Henderson. — L*une des plus gracieuses vari6t6s qui
aient jamais 6te produites, d*apr6s le Garden. Fleurs amples, dispos^es trte
symetriquement, d'un coloris bleu intense, avec le centre Wane cr6me. Certi-
flcat de m^rite k Londres le 12 juin (MM. Kelway).
Spiraea braoteata. — Une floraison r6cente a permis d*6tudier cette
esp^ce qui doit ^tre consid6r6e corame synonyme de Spiraea nipponica et de
5. rotundifolia fl, albo. Le nom sp^ifique fait allusion k la bract^e foliac^
qui accompagne les fleurs inf6rieures du corymbe. Cette bract^e va successive-
ment en diminuant et, sur les pMicelles du sonmiet, elle n*est plus qu*un minus-
cule organe flliforme. Le feuillage d*un vert brillant et les pousses rouges qui
contrastent avec les fleurs blanches font de la plante une des plus jolies esp^ces
de Spiraea.
Sanseviera Kirki. — Cette nouvelle esp^e, originaire du Sud-Est de
TAfrique tropicale, y fut d6couverte par Sir John Kirk. Elle est figure dans
le Botanical Magazine du mois de juin 1894. Les feuilles, pointill6es, sent
disposes en touffes ; le pMoncule porte un capitule de fleurs blanches, munies
d'un tr6s long tube 6troit s'ouvrant en un limbe avec six divisions 6troites,
r6fl6chies.
Trochodendron aralioides. — 11 s'agit d*un arbuste toiyours vert,
rustique, d'origine japonaise. II reQut un certiflcat botanique k un des dcrniers
meetings de la Soci6t6 royale d'horticulture de Londres. Le D*" M. T, Masters
en donne une description complete dans le n® du 9 juin du Gardeners' Chro-
nicle. La plante crolt dans les bois alpins et humides du Japon, les feuilles
coriaces, 6paisses, d*un beau vert sont dispos6es en groupe aux bouts des
branches d'une facon toute particuli^re. Les fleurs sont vertes et r^unies en
bouquets aux extr^mit^s des branches.
Garaa^ata conifera. — Cette esp^ce, originaire de TEquateur, fut
envoy6e aux jardins de Kew par M. Andre. Elle est flgur6e dans le Botanical
Magazine, n^ 7359. La plante a le port d'un Tillandsia; elle a les feuilles
larges, enti^res et des fleurs dispos6es en 6pis terminaux compacts, entour6es
de bracts jaune 6carlate, d*un bel effet. Em. R.
— 206 —
LES ORCHIDtES EXOTIQUES ET LEUR CULTURE
EN EUROPE n
par liUOIBN LINDEN
Get important ouvrage, dont la publication fut annonc^e au commencement
de Tannee derni^re, vient de voir le jour. II coniprend des notions g6n6rales
sur la classification botanique des Orchid^s, leur nomenclature, leur distri-
bution geographique, leur habitat ; il donne une liste complete des genres avec
clef dicbotomique permettant, mSme aux amateurs novices, de se retrouver
ais^ment parmi les diff(§rents groupes. II renferme aussi un vocabulaire de la
terminologie et met k la disposition des chercheurs un catalogue des princi-
paux ouvrages concemant les Orchid^. Un chapitre est r6serv6 k Thistoire
des Orchidtes, un autre k leur exportation. Vingt-six chapitres sont consacr6s
k la culture de ces plantes. Toutes les conditions reclam6es par elles y sont
Tobjet d'une 6tude approfondie et marqu6e au coin d'une connaissance pratique
complete. La temperature, le sphagnum, la terre fibreuse, le drainage, les
recipients et les supports, les rempotages, arrosements, seringages, lavages,
Teau, le repos, les serres, leur construction et leur ombrage, Ta^ration, la
propret6, le chauffage, les insectes et les maladies, la multiplication, Thybri-
dation, le traitement des Orchid^es import6es, tels sont quelques-uns des
objets que M. Lucien Linden a trait^s de main de maltre. Les descriptions
des principales Orchidees cultiv6es dans les collections europ^ennes ont 6te
faites avec un soin particulier et plusieurs sont de v6ritables monographies.
L'ouvrage de M. Linden contient, dans une forme pr6cise et m6thodique,
tout ce que Tamateur ou le cultivateur d*0rchid6es pent avoir de Tint^rfet k
connaltre. II est 6crit dans un style simple et clair, et est appel6 k rendre
des services joumaliers a ceux qui auront Toccasion de le consulter. Nous
allions dire que c'est un dictionnaire traitant des Orchidees exotiques; mais
il est mieux que cela, c'est un monument 61ev6 par son auteur a cette famille
de v^g^taux dont la conquMe, la connaissance et la culture sont inscrites
parmi les importantes d^couvertes du XIX* siftcle. Non seulement cet ouvrage
prendra une place distingu6e dans les biblioth^ques botaniques et borticoles,
mais il marquera parmi les grands oeuvres de notre ^poque.
Em. Rodigas.
(^) Un volnme grand in-S^, de 1020 -xiy pages, avec 141 gravures. Brnxelles, rue
Belliard, 100 ; Paris, Octave Doin, place de TOd^on. Gand, impr. Euo. Vakder Haeohen.
Prix : brooMy 25 frajics. Richement reli^, 30 francs.
— 206
ONCIDIUM KRAMERIANUM
Diagnose des Oncidium :
S^pales souYent presque ^gaux, 6tal^ ou r6fI6chis, libres ou les lat^raux
plus ou moins soud^ infi^rieurement. P6tales semblables aux s^pales dorsals
ou rarement plus grands. Labelle attach^ k la base du gynostdme, dont 11
s'^carte k angle tr6s ouvert, r6tr6ci inferieurement en onglets courts, triloba ;
lobes lat^raux souvent courts, 6tal^ ou r^fl^his, le mMian 6tal6, souvent
tr^ large et ^hancr6 au sommet de Fonglet, rarement 6troit et entier; disque
presque toujours muni, au sommet de Tonglet, de crates ou de gros tubercules.
Gjnost^me court, 6pais, sans pied, muni en avant et au moins k la hauteur
du stigmate de deux larges ailes p^talo'ides. Anth^res terminates, en forme
d*opercule, tr^s convexes, g^n^ralement uniloculaires, deux pollinies cireuses,
obovoides, inappendicul^es, relives au r^inacle par un pMicelle plan, souvent
^troit et allonge, mais parfois trds court et large. Capsules gen^ralement
ovoides, oblongues ou Aisiformes, plus ou moins prolong6es en bee au sommet.
— Herbes Epiphytes, k tiges feuill6es, souvent trfes courtes et termin^es par
un pseudobulbe portant une ou deux feuilles, trte rarement portant des
feuilles plus nombreuses et d^pourvues de pseudobulbes. Peuilles le plus
souvent planes et coriaces. P^doncules lat^raux ou naissant de la base des
pseudobulbes, souvent allonges, tr^s rameux et flexueux, parfois courts et
pauciflores, tr6s rarement uniflores. Fleurs souvent assez grandes et jaunes,
en grappes laches, munies de petites bract6es.
Oncidium Kramerianum (fig. 39). — Superbe esp^e k grandes fleurs d'un
^clatant colons, ressemblant k de grands papillons. Le s^pale dorsal et les
p^tales sont dresses parall^lement, lin^aires, allonges, l^g^rement r6fl6chis
au sommet, rouge orang^, marbr^s de jaune vif. Les s6pales lat^raux, ovales-
oblongs, ondul6s sur les bords, d^flechis, sont color^s de m^me. Le labelle
penduliforme a les lobes lat^raux jaunes, tachet^s de rouge brunatre et le lobe
ant^rieur largement oblong-r^nifonne, jaune vif bord6 de rouge.
Gette esp^e produit ses fleui^ au sommet de longues tiges, dress6es, d*un
charmant effet. Lorsqu*une fleur est fan^e, un autre bouton ne tarde pas k se
former au-dessous et la floraison se prolonge ainsi tr^s longtemps.
Les pseudobulbes sont orbiculaires, aplatis, serr6s les uns contre les autres;
aussi Tesp^e convient-elle surtout pour la culture sur bloc.
(Les Orchidies exotiques, pp. 892-896.)
Fig. S. — Oncidium Kramerianuiii.
— 208 —
LESFLEURS AUX FUNtRAILLES DU PRESIDENT CARNOT
On avail lvalue k 600,000 francs le prix des fleurs qui ftirent envoy6es de
toutes les parties de la France aux obs^ques de Gambetta. Les f\in6railles da
prteident Sadi Garnot, tomb^ sous le coup d*un assassin le 24 juln, pendant
les ffetes de Lyon, ont 6t6 Toccasion d'un d6ploiement de compositions florales
dont rhistoire n*a pas d*exemple. Les plus grands ^tablissements horticoles ont
61^ dans rimpossibilite de satisfaire k toutes les demandes de couronnes et de
fleurs. Les jardins comme les serres ont 6t6 d6pou111es, et les fleurs artifl-
cielles ont dt venir en aide aux fleuristes pour leur permettre de parfaire les
oommandes. Les municipalit^s et les particuliers, le riche, le bourgeois, le
pauvre ouvrier, les souverains, les ambassades, les Etats, tout le monde a
voulu, par renvoi de fleurs, faire comprendre k la Prance en deuil que celui
qu*elle avait appel6 k la premiere magistrature de la R^publique, jouissait
du respect et de Testime de tous. Beaucoup d'ouvriers parisiens, en d6fllant
devant le cercueil, ont d6pos6 de petits bouquets d'immortelles non moins
appr^cies que les plus splendides couronnes. Gelles-ci pourtant 6taient d*une
indicible richesse. La legation de France k Bruxelles a envoy6 une couronne
faite de Gattleya mauves; elle comportait plus de cinq cents fleurs. La cou-
ronne envoy6e par la colonie francaise de Bruxelles 6tait faite d'0rchid6es
varices. Les exposants d'Anvers ont offert une couronne de pens6es avec une
gerbe d'0rchid6es varices reposant sur des frondes de Palmiers. Les commis-
saires g6n6raux de Texposition, section frangaise et section beige r6unies, ont
envoy6 une couronne d'Orchidees blanches entour6es de feuilles de Gycas.
Deux jours avant les fun^railles il 6tait arriv6 i^jk k TElys^e plus dequatre
cents couronnes; une seule, celle oflferte par un groupe de jeunes parisiennes,
6tait 6valu6e k 4000 francs. La couronne de TEcole polyteclmique, dont Sadi
Carnot fiit nagu6re un des brillants 616ves, 6tait en fleurs naturelles encadrant
un m6daillon en bronze repr^entant TEcole pleurant un de ses enfants.
Parmi les plus belles couronnes on a cit6 celles du Gonseil municipal de
Lyon et des ambassades d'ltalie et d'Allemagne, toutes en fleurs naturelles.
Gelle oflferte par LL. MM. le Roi et la Reine des Beiges a 6t6 fort
remarqu6e. Elle 6tait form6e d'Orchid^es, Gattleya et Odontoglossum, sur
lesquelles courait un cr6pe. Au bout du ruban tricolore 6tait brod^ un L en or
surmont6 de la couronne royale. La couronne envoy6e par S. M. TEmpereur
d'AUemagne mesurait deux metres de diamfttre; elle 6tait faite en Gycas
portant tout autour des Orchid^es et des roses Gloire de Dijon. La Reine
d'Angleterre avait envoy6 une couronne de Lis et de fleurs des champs.
II faudrait des pages enti^res pour citer les couronnes et embl^mes les plus
— 209 —
remarqufa. Les couronnes envoyfies par le Roi de Sufede, le Grand Due de
Lnxembourg, le GouTerDement hell^nique, le Roi de Portugal, la Reine r^gente
des Pays-Has, le Roi Humbert d'llalie, le Gouvernement des Etats-Onis de
Venezuela, la Reine Maeie Ciiristinb d'Espagne; celle du Roi Charles I de
Roumanie, celle du Roi de Serbie 6taient toutes plus belles les unes que les
autres; toutes 6taient en fleurs naturelles. Huit cbars n'ont pas sulli pour
emporter au Pantbton les plus grandioses. G'^tait un amoncetlement de fleurs
donl le seul passage rfipandait dans I'air une trainee de suaves partVims.
Em. R.
DARROSER LES PLANTES EN POTS SUSPEN-
DUES AU VITRAGE
Cest un arrangement fort commode que de suspendre pr6s du Titrage A la
partie sup^rieure des serres de petits pots dans lesquels on cultive toutes les
Orchids de taille modeste Rieo n est plus facile i installer un ftl de fer
tendu borizontalement, et au
tour de cbaque pot un autre
81 de fer relev^ et tordu en
crochet comme support tels
sont les preparatifs nteessaires
Toutefois les amateurs sont
quelquefols arr^t^s par la djSl
cult6 d'arroser les plantes a la
bauteur oa elles se trouvent
Voici un procM6 extrfime
ment simple qui est employ^
k L'HORTICULTURE INTERNA
TIOKALE et qui permel dar
roser toutes les plantes de la
fkgon la plus complete. On se
sert pour cela d'un instrument
Tonn^ d'un bSton surmont^ d un
cylindre (fig. 40); le cylmdre
sera en fer ou en zinc, creux
d'un diam6tre assez grand pour
que les pots puissent s'y en-
foncer ais^ment. On le remplit
d'eau, et le jardinier, tenant le
baton comme un allumeuf de reyerbfires tient sa lance, va d'un pot k I'autre
Fig. 40. -
' Moyen d'arroser les plantes e
Huapendues au vitrage.
pots
— 210 —
en ^levant le cylindre pour que le pot et la plante baignent dans Teao. Le
cylindre doit avoir une certaine profondeur, pour qu*on ne soit pas oblige de
le remplir d'eau A chaque instant; mais 11 ne doit pas non plus Mre trop lourd.
Les dimensions employees a L*Horticulture Internationale pour des pots
de 0™09 en moyenne, sont : 0"*13 de diamMre et 0'"26 de profondeur; Tap-
pareil ainsi forme est d'un maniement extremement facile.
(Les Orchidiea exotiques, p. 239.)
PETITES NOTES DE CULTURE
Phrynium sanguineum. — Gette belle esp^ce, a floraison hivernale, et
qui atteint un m^tre de hauteur, se distingue par 1 eclatant colons de ses
bract^es et de ses fleurs et merite d'fetre plus r^pandue dans les serres chaudes.
La culture n*en est point difficile ; on pent, dit le Gardeners' Chronicle, la
tenir en pot ou la mettre en pleine terre, ce qui vaut peut-Mre mieux. Un
compost de terre de feuilles, de terre de bruy^re et de sablfe lui convient par-
faitement. Multiplication par division.
Culture du Strobilanthes. — Gette plante vient le mieux en serre chaude
en plein soleil, sauf les trois mois d'6t6 pendant lesquels on pourra ombrager.
La multiplication se fait de boutures plac^es sur couche et sous chassis avec
chaleur de fond dans une terre 16g6re et tr6s sableuse.
Richardia. — Apr^s leur floraison, ces plantes peuvent ^tre d6pos6es en
plein air dans des lieux abrit6s. On diminue successivement les arrosements
pour les cesser compI6tement lorsque les feuilles commencent k jaunir ; alors
on les laisse de c6t6 jusqu'^ ce que le moment du rempotage soit venu.
Toxicophlaea spectabilis. — Gette belle esp^ce d'Apocynee, originaire du
Nil sup^rieur et du sud de TAfrique, a admirablement fleuri ce printemps au
Jardin botanique de Birmingham. La plante se distingue par ses corymbes
terminaux et axillaires de fleurs blanches au parfum suave; parfois ces
corymbes ont jusque 0™60 de long ; les fleurs s'6panouissent de bonne heure et
constituent un excellent produit de la serre chaude ou de la serre temp6r6e
chaude. EUe se d6veloppe fort bien dans un compost de terre forte et de
terreau, et on peut lui donner sans crainte quelques arrosements d*engrais
liquide pendant la p6riode active de la v6g6tation.
Eurya Japonica. — La variety panachee, k larges feuilles, de cette esp^e
japonaise, resiste longtemps aux vicissitudes que les plantes ont k subir dans
les appartements. Au bout d'un certain temps, toutefois, leur feuillage prend
un aspect miserable; c'est le moment de le rabattre et de permettre aux plantes
— 211 —
de se refaire siir une couche liMe od 11 sera bon de les seringuer fr^quemment.
On peut procMer au rempotage lorsque les nouTelles pousses auront atteint
O'^OG de hauteur.
Solanmn. — Geux qui d6sirent orner la pelouse avec des esp^ces toujours
tr^ ornementales du genre Solanum feront bien de procMer au rempotage en
ajant soin de r^uire autant que possible, soit de moitie, la motte de terre, afin
de preparer les plantes A leur mise en place. De cette faqon aussi le syst^me
radiculaire se renouvelle activement surtout si les pots sont plac^ sous chassis,
pendant quelques jours k r6toufl<§e. II sera inutile, lors de la mise en demeure,
de trop entamer le feuillage.
Hydrangea. — Notre confrere am6ricain, Garden and Forest, recom-
mande beaucoup la culture des Hydrangea, k tige unique. On choisit pour le
bouturage de jeunes pousses ne montrant pas encore de boutons. Lorsqu*elles
ont pris racine, on les met dans des pots de 0™07 k 0™08 de diamMre et on les
rempote successivement jusqu'A ce que les pots aient atteint environ 0"20. On
doit les laisser croltre en serre temp6r6e ou sur couche ti^de, dans un sol com-
post de deux parties terre flbreuse, une partie terreau de feuilles et une partie
sable blanc avec addition d'un peu de noir animal ou de poudre d*os. Toutes les
pousses lat^rales doivent ^tre coupes k mesure qu'elles se montrent et d^s que
les boutons k fleurs sont form6s on peut arroser k Tengrais liquide jusqu a
r^panouissement. Les plantes produites donnent des inflorescences de 0"*40
k 0*60 de diam^tre et m^me au deli. Le Gardeners' Chronicle ajoute avec
raison qu'il est de toute nfcessit6 de placer les plantes formees, en plein soleil,
en prot^geant les pots contre les rayons solaires mais sans les enterrer. II faut
que le bois soit parfaitement aoiit6 sinon il est inutile de s'attendre k de belles
inflorescences.
Calathea. — Souvent confondues avec les Maranta et les Phrynium, les
plantes du groupe Galathea, qui se distinguent par leurs grandes bract6es
ext^rieures parmi lesquelles se montrent deux ou plusieurs fleurs, m^ritent
d*Mre consid6r6es k part. Ge sont des v6g6taux de premier ordre au point de
vue du feuillage. Aujourd'hui on les cultive dans quelques etablissements pour
la feuille couple. II convient d'assurer aux plantes un bon drainage et de leur
donner un sol tourbeux m616 avec du charbon de bois. Les Calathea zebrina,
C. Makoyana, C, Veitchi, C. Pardina, C. longibracteata, C, grandifolia,
C. metcUlica et une s^rie d'autres servent parfaitement k cet usage.
Dracophyllum gracile. — Gette esp^ce, originaire de VAustralie occiden-
tale, se distingue par ses fleurs du blanc le plus pur qui se produisent en abon-
dance, disposes en ^pis terminaux au sommet des ramifications. Ges fleurs
d^gent, plus sp^ialement le matin, un parfum agr^able. Gette Epacrid^
peut 6tre conserve en belle floraison pendant plus d*un mois lorsqu'on la met
— 212 —
en serre froide. Afin d'avoir une succession de fleurs, il est bon de pincer
successivement les pousses en compiant environ trois mois pour amener la
floraison apr^ le pincement. Les plantes qui fleurissent en mai n'ont pas
besoin d'etre pinches. Gelles qui ont fleuri seront d^barrass6es des vieilles
fleurs.
Gantaa buzlfolia. — Gette tr^s jolie plante d'ornement, de la famille des
Pol6nioniac6es, qui fut introduite de Golombie vers le milieu de ce si6cle, est
signal^e aux amateurs par notre confrere Semperoirens qui fait remarquer que
la plante serait plus r^pandue si elle n*6tait traits absolument de travers. En
effet, on emp^che ce Cantua de fleurir en le taillant sans motif. Les fleurs se
produisent en corymbes l&ches, au sommet de rameaux assez effil^. La fleur
est grande, k calice tubuleux pubescent; lacorolle est ^alement tubuleuse, k
limbe ^vas^, rose m^Iang^ de carmin. La plante doit etre placee dans un
endroit bien clair et bien a6r6 de la serre temp6r6e. En 6t6 on peut la mettre en
plein air k mi-ombre. Elle se multiplie de graines ou de boutures iaites sur
couche ti6de.
Boutorage dans Teau. — Un jardinier firancais, M. Meunieb, a pr^nt^
des plantes de Phalaenopsis, obtenues de boutures de tiges places dans une
petite bouteille remplie d*eau avec addition de quelques morceaux de charbon
de bois. L'application aux Orchid6es du bouturage dans Teau a done 6te faite
avec succ6s par M. Meunier. Le proc6d6 lui-meme n'a rien de neuf. Depuis
des temps recul6s, ce syst6me est pratiqu6 par les moindres amateurs pour la
multiplication du Xerium Oleatider, Nous I'avons employ^ egalement pour
VArundo donax foliis varieg. II est plus que probable que le bouturage dans
I'eau trouverait un emploi bien plus frequent pour un grand nombre de plantes
demi ligneuses et rebelles parfois aux autres procSd^ de multiplication.
Culture des Ixora. — Les plantes malpropres deviennent malades et sont,
plus que d'autres, sujettes aux attaques des insectes. Les Ixora partagent cette
condition avec la plupart des plantes de serre cliaude. II convient de les
seringuer fr6quemment et de les laver de temps en temps a Teau de tabac.
II faut k ces plantes une humidity constante et une chaleur d'environ 20^ centi-
grades pendant la nuit. La multiplication a lieu de boutures faites en hiver.
Gomme nous venons de le dire pour le Nerium, les Ixora peuvent ^tre multiplies
par le bouturage dans Teau. Une fois les racines bien d6velopp6es, les jeunes
plantes sont rempot6es, puis soumises a un pincement, de mani^re k former
une bonne touffe. Pour les rempotages ulterieurs, on se sert d'un melange de
terreau de feuilles et de terre de bruy^re, sur bon drainage. On ne doit pas
craindre de donner de Tengrais liqulde.
R. d'Eblkn.
— 213 —
CAUSERIE HORTICOLE
LE « SALON ROYAL » A LEXPOSITION DANVERS
30 juiUet 1891
Xai k diverses reprises, dans ces derniers temps, entretenu mes lecteurs
du Journal des OrchidSes de modifications qu*il me semblerait n^cessaire
d*apporter a Torganisation des Expositions d'borticulture, tant au point de
Yue de la fagon de grouper et de presenter les fleurs et les plantes, qu*au point
de Yue de la suppression des concours ou de Tattribution des prix k ceux qui
les ont r^ellement gagnte avec leurs produits.
Les nombreux commentaires auxquels ont donn6 lieu ces reflexions prouvent
que la r^forme des expositions est une question mtkre, qui pr^occupe sSrieuse-
ment Topinion, et qu'il est urgent de r6soudre si Ton veut 6viter que Fint^rfet
et la consideration du public se detournent definitivement des expositions.
Je crois done utile d'y revenir encore, et de creuser la question davantage.
La conclusion qui s'impose presque partout, — je la dis franchement, ayant
Thabitude de prendre le taureau par les comes et de ne pas reculer devant la
v6rit6 nue — c'est indiscutablement qu*il y aurait lieu de mieux recruter le
personnel organisateur des Expositions.
Que Ton place k la t^te des Soci^t^s horticoles des personnages un peu
strangers k la pratique de Tindustrie sp^ciale, mais capables de seconder par
leur fortune ou leur influence le d^veloppement de ces Societ6s, rien n*est
plus juste. Mais lorsqu'il s*agit d*organiser Tinstallation materielle d*une
exposition, avec les mille details et les mille demarches qu*elle exige, ce ne
sont plus des membres d*honneur, plus ou moins decoratife, organisateurs ad
pompam, ce sont des praticiens qu*il faut, des hommes actifs et competents,
connaissant les moyens d*execution, la fagon de disposer les planter et de les
juger, sachant ce qu*on pent demander aux exposants et ce qu*on leur doit,
capables enfin de mettre k la disposition de Toeuvre qulls entreprennent le
temps et la bonne volonte necessaires.
A mon avis, il serait urgent de tenir compte de ces necessites primordiales,
d'introduire cet element k c6t6 de Tancien, et de cr6er partout, comme cela
existe iijk dans certaines Societes, une commission d'organisation technique
competente chargee d'agir, k c6te des Gomltes directeurs charges de patroner.
— 214 —
II faudrait aussi que les organisateurs fussent certains de trouver Tappui et le^
encouragements qu*ils m6ritent, dont ils ont besoin pour accomplir leur tiche
delicate, au lieu de se voir enlever le fhiit de leurs efforts, conime cela se
pratique trop fr^emment, par ceux qui n*ont fait que les regarder agir.
Nos Expositions horticoles, depuis de longues ann^, se suivent et se
ressemblent. Nulle part une initiative un peu s^rieuse ne se &it jour. Si
quelqu'un d'assez hardi pour concevoir une innovation se hasarde k en parler
k ses collogues, on T^coute k peine; en particulier on lui prodigue de Teau
b^nite de cour, mais en s^nce publique on strangle proprement son projet.
II n*est pas bon d*avoir des id^ nouvelles; la plupart des Comity aiment
trop la quietude, la vieille routine, la douce somnolence, et sont scandalis6s
lorsque quelqu*un se permet de vouloir quitter les sentiers battus. De lit, en
grande partie, T^tat an^mique de nos Societes horticoles et la monotonie de
nos exhibitions florales.
G'est qu'il faut du courage, de T^nergie, de la perseverance, pour avoir
raison des indiflSrents et des routiniers; c*est que nulle force de resistance
n'cst aussi redoutable que Tinertie.
• »
Ges reflexions me sont venues k Tesprit lorsque j*ai reQu, dans le courant
du mois de juin, une circulaire 6manant du comite de la classe 66 de TExpo-
sition Universelle d'Anvers, et proposant au monde horticole beige d'organiser
une exposition d*un caractere special comme bommage au Roi et k la Reine.
Gette idee, due k Finitiative du publiciste horticole, M. Ghjlrles De Bos-
SCHERE, a trouve de r6cho chez les amateurs et les horticulteurs, et, chose
qui etonne k premiere vue, elle est entree rapidement dans le domains de la
pratique; bien plus, elle a donne naissance k une manifestation grandiose,
sans precedent dans le pays.
Le but poursuivi etait aussi noble que nouveau. Temoigner au Roi les sen-
timents de gratitude qui animent le monde horticole pour les inappreciables
encouragements que le souverain a de tout temps prodigues k I'horticulture,
exprimer son admiration pour Texemple qu'il a donne par les merveilleuses
creations florales du domaine de Laeken, c'est faire oeuvre patriotique. Nul
ne semblait pouvoir s'abstenir. Aussi les abstentions ont-elles ete rares, et la
plupart justiflees ou justifiables.
Le projet de M. Gharles De Bosschere a regu, des le debut, I'approbation
unanime de M. le Ministre De Bruyn, de M. le Gouverneur, baron Ed. Osy
de Zegwaart, de M. Gartuyvels, commissaire special du Gouvernement, et
de M. Alphonse De Gock, president de la section horticole de I'Exposition
Universelle.
La SociiU Royale d' Agriculture et d* Horticulture d'Anvers s*est inmi6diate-
— 215 — .
ment charge de Tex^cution du projet, dont les plans ont 6t6 dresste par
M. GuiLLAUME De Bosschere. Nous fi^licitons la Soci6t6 Royale, une des plus
anciennes du pays, d'avoir r^solument suivi Tauteur du projet ; elle a prouv6
ainsi qu'elle ne demande qu!k marcher dans la voie du progr^. Puisse-t-elle
perseverer dans cette voie, qui est la bonne.
Le plan d*ex6eution est congu dans le style r^gulier, dont on semble avoir
une peur instinctive cliez nous; ce style pent cependant donner naissance A de
fort jolis arrangements. Un essai dans ce genre, fait k TExposition Interna-
tionale d*Anvers, en 1891, et un autre en 1893, k Gand, k TExposition quin-
quennale, ont donn6 des r^sultats tr^s satisfaisants. Le « Salon royal, » c*est
ainsi qu'a 6t6 d^nommte Texposition organis^e en Tbonneur du Roi et de la
Heine, a revfetu un caract6re solennel qu'il doit en majeure partie, pensons-
nous, k la disposition g6n6rale des groupes.
Un espace planch6i6 de quinze cents mMres carr^s, limits par des balus-
trades, a 6t6 transform^ en un superbe salon de fleurs od les plantes omemen-
tales les plus d^coratives, les plantes de serre chaude, les plantes fieuries, les
Orchidees, les vases garnis de fleurs, les oeuvres d*art en bronze ont form6 un
ensemble dont Taspect a profond^ment impressionn^ le public.
Mais aussi, il faut bien le faire ressortir, Tarchitecte avait congu son plan
d'apr^s les indications de concours importants que le promoteur de la mani-
festation s*6tait assures; des d-marches avaient 6t6 faites pour obtenir certains
envois destines k la cr^tion de groupes imposants. Ensuite, les plantes envoy6es
au Salon par les nombreux adherents, ^talent mises k la disposition absolue de
Torganisateur ; celui-ci a pu manoeuvrer k sa guise. Gette latitude lui a permis
de faire grand et beau et de preparer k Thorticulture nationale un triomphe
eclatant.
Les strangers de toutes les nations qui ont visits TExposition du i^^ juillet
auront emport6 le souvenir d*un spectacle grandiose, de la puissance d*une
Industrie qui est une des plus considerables dont puisse se glorifler notre pays.
Ge r^ultat vaut bien, inddpendamment du but principal largement atteint,
quelques sacrifices d'amour-propre. II n*y a pas eu de recompenses d^cern^es,
la plupart des exposants n'ont m^me pas place leur nom sur leurs plantes.
Tout a contribue k rendre la manifestation digne, solennelle; la r^ussite a ete
complete, absolue. Le Salon royal de 1894 comptera parmi les plus brillantes
reussites de TExposition Universelle.
*
La premiere Exposition horticole d'Anvers, du mois de mai dernier, qui a
donne lieu k des plaintes s^rieuses, a done ete surpass^e par cette seconde
exposition sans concours, non pr^vue par les r^glements, et due entidrement
a rinitiative de M. Gharles De Bosschere.
. -. 216 —
Et maintenant qu*il s*agit sans doute de dteerner les hautes r^mpenses
pour les seryices rendus k roccasion de TExposition d*Anvers, je me permettrai
de poser la question qui se d^gage des reflexions 6mises au commencement de
cet article : A qui reviennent de droit les distinctions distributes en cette
occasion ? A Torganisateur eflectif, k celui dont le z^Ie, ractivit^, Tinitiative
habile ont 6t6 couronn6s de succ^, ou aux personnages plus ou moins officiels,
en cravates blanches, dont le rdle s*est bom6 a venir, le jour du triomphe,
recevoir les fi^licitations? II ne m'appartient pas de donner des conseils, mais
je sais bien en faveur de qui se prononcerait en premier lieu le monde horticole,
sll avait k voter les rteompenses honorifiques.
LuGiBN Linden.
• •
La elilorose, dont il a et6 question au Gongr^ de Paris cette ann6e, est,
comme on sait, une alteration ou un appauYrissement de la chlorophylle, ou
matiere colorante verte des v^getaux. Les plantes qui en sont atteintes sont
jaunMres et etiol^es.
La chlorose est done une veritable maladie, car la chlorophylle est la mati^
par rintermediaire de laquelle les plantes absorbent Tacide carbonique de I'air
et Tassimilent pour le transformer en sucre, amidon, etc.
La panachure des plantes est souvent due k la chlorose. Toutefois il existe
des cas nombreux dans lesquels la panachure n*entralne nullement une
faiblesse de la plante, et M. Ghargubraud a notamment cite le cas de FErable
Negundo, qui, tout en etant panache, est remarquablement vigoureux.
Pour combattre Talteration de la chlorophylle quand elle est une maladie,
c'est-&-dire la chlorose, le meilleur moyen paralt etre dintroduire dans le sol
un peu de fer ; les resultats obtenus de cette fagon sont remarquables.
En general, les terres jaunes, brunes ou violettes contiennent une quantite
tr^s sufflsante de fer, les terres p&les et blanch&tres en renferment beaucoup
moins, ou m^me en sont depourvues. L'emploi de sulfate de fer melange k
Tengrais corrige ce defaut, et il sufllra de 50 k 100 kilogs k Thectare.
Quant k la cause de son action, M. Raquet, qui s*est occupe de cette
question au Gongres de Paris, se rallie k Topinion que le sulfate de fer
transformerait le carbonate de chaux, tr^s peu soluble, en sulfate de chaux,
un peu plus soluble. II entre alors moins de chaux dans la composition de
la plante.
La chlorose se manifeste encore assez souvent quand le sol est trop humide
ou trop pauvre, surtout en azote. Aussi parvient-on souvent k la guerir en
employant des engrais azotes, Tazotate de sonde par exemple.
M. a.
^
i
.'ILLUSTRATION HORTICOLE
AMARYLLIS (HIPPEASTRUM) YVONNE
— 217
PI. XIV
AMARYLLIS (IllPPEASTm M) VV(i\M
^ I I
'•:'ir •• n.ire ^\ Ton son^v a \i\ i'lKcW'Ai^ aver hujutllo ot> j':;-iil<.'^ ^'^ -i" I^:^
r..'> la mode a ohango, s'e^t d^HourPt'p de srs iy\f I'.i- ••♦ l- \::'v....s
• 'it ^''*' ftrdoigues a r<'X-"<^-. Ors I't't'jur'* d»* furtuno iw $r\J \y.v t -•. r.-.-^s •
'" iii.cl, la j^:'\'mde rarote, oa «('i'»l'.ji'.i» cause ana! '^ue, tV'-,- \' ■' :•• * .'
. ,;!}»■ rn^^ro, et (i>\ fooj'.'urs "^uivt'* alurs do rr^i-'tj ns •'>;ni*'.M'onT .\' ^ - -. • •■
'if-nt coiii?».H :1s I'etaien^ il y a Mn^-'t on tront.; amues. et <} r ;.- ^'Tia .. i .:
. ' JHnll^^ u'viiio iao>n consid/'nbio, cr^ {«]aiit- s ii'.>:it j'-^^ ci -so dr'r*- !'< ^ ^ • ■ '^
• ris du certiiiiis cuUnateiVN qui so sont aJtarhrs a h's a;ia'!, .vt, ^t - j:.
,Mrvenus a obtt'iur d'^s re^LiUat^ superlvs. (ir:*faius jithI liU d'it.'l»l«'<j r :-'•-
i.H- its 'lilt (jps colons d';in (Vial ^picrdide, et des 'iiih»»ii>iuns j;M: ul . •
*j' -1 22 centimetres vt liamt^lrc.
i.f.-' raees o;»*en'ies pa'- la iii^dson Vtiirtiii, iKMiimieiif, <' nt oti':' o-. ••» i
■ t d'AniarylUs qu'clle exp(»sait en iSMJ a r^\v|H.>.tii)ri qiuinjii-''.\;d«' d" (^'f •)
ri .-te Tun des sueces de cotle fl<n'ni»e. I.e< n/iii:^ rir.n.".i'^<(Mr^ s") t":--!: - \x\
MMeiToilles.
II est facile d'aillours de di.-corher a d:',s si-.ries lnu!li[)le^ ir .t' '•' / .'it p il/'u-
-vivnl depuis quelque temps a C( •^ bello'^^ jtUril''-^, et si e!l/^ :!<• ^-MiX-nit :;M.''r''»
f^piTer le notour de la vogue fabul^use ii'auii'''i'»i-', da r»>;';*i< e]l.\4. nir v.m-.".
';• place tr^s honordble qu'ell's nau'-ni^'iit jainai< \i\\ ]»er.l'«'
La belle variete t''^n;ree ci-etuin-e, laViieo a Nl ' Yvi-nnk \.\\ .
[MMiife a'.i moi^ d'iivril d^?rn;er d.'^ii^ les s<'rn»^ de L IloHrirji/riu-: '•*•
TJnNAi.K, h Brnxelle^ ; s«'S ilfjrs me^uroit lout \)Vf*>. d( 20 Ci • •
•I'- dianifttre. Klles ont uii nagnitupie coloi'is, d^il 'U p'./.i'va
•ine idee en oxamiriant la rcproduiition, (pi"{ jiie la litli^grapUe ••
^•-.,
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■..'-■^^-.-a
il,1 I.MS l!ll'l'i:\sri;l M' "\ \i>NM':
— 217 —
PI. XIV
AMARYLLIS (HIPPEASTRUM) YVONNE
Les Amaryllis ont joui autrefois d*une vogue ^norme, comparable k celle des
Talipes en Hollande au si^le dernier. Des sommes fabuleuses 6taient quelque-
foispay6es pour certaines formes remarquables, ce qui ne laisse pas que de
surprendre si Ton songe k la facility avec laquelle ces plantes se multiplient en
un tr^ petit nombre d'ann6es.
Puis la mode a chang6, s'est d6tourn6e de ses fiavorites, et les Amaryllis
ont 6t6 dMaign^ k Texc^. Ges retours de fortune ne sont pas tr^s rares ;
lorsque la faveur excessive n*est pas r6ellement justifi6e par un m6rite excep-
tionnel, la grande raret6, ou quelque cause analogue, elle. est forc^ment
^ph6m6re, et est toujours suivie alors de reactions egalement excessives.
Chose remarquable, quoique les Amaryllis ne soient plus cultiv^s g^n^rale-
ment comme ils T^taient 11 y a vingt ou trente ann6es, et que les prix aient
diminu6 d'une &con considerable, ces plantes n'ont pas cess6 d'Mre Tobjet des
soins de certains cultivateurs qui se sont attaches k les am^liorer, et sont
parvenus k obtenir des r^sultats superbes. Certains produits d'habiles croise-
ments ont des coloris d*un ^lat splendide, et des dimensions allunt jusqu'A
20 ou 22 centimetres de diam^tre.
Les races obtenues par la maison VErrcH, notamment, sont c6iebres, et le
lot d* Amaryllis qu'elle exposait en 1893 k TExposition quinquennale de Gand,
a 6iA Fun des succ^ de cette floralie. Les moins connaisseurs s*y arrStaient
^merveiUte.
II est &cile d*ailleurs de discemer k des signes multiples que le gotlt public
revient depuis quelque temps k ces belles plantes, et si elles ne peuvent gu^re
esp^rer le retour de la vogue fabuleuse d'autrefois, du moins elles ont repris
la place tr^ honorable qu*elles n*auraient jamais dtl perdre.
La belle vari6t6 figur6e ci-contre, d6di6e k M"® Yvonne Linden, a et6
peinte au mois d'avril dernier dans les serres de L'Horticulture Interna-
tionale, k Bruxelles; ses fleurs mesurent tout pr^ de 20 centimetres
de diametre. Elles ont un magnifique coloris, dont on pourra se faire
une id6e en examinant la reproduction, quoique la lithographic rende diffl-
— 218 —
cilement la d^licatesse de certaines nuances et le lustre brillant qui leur
donne tant de char me.
Les visiteurs qui sont venus admirer au printemps les nouvelles installations
de L'HoRTicuLTURE Internationale ont pu y voir aussi une riche s^rie
d' Amaryllis, comprenant des coloris incomparables. D'autre part, les serres
r6serv6es, que le public n'est pas admis k parcourir, renferment un certain
nombre de semis issus de croisements qui prteentent le plus grand int^ret, et
qui feront certainement sensation lors de la floraison.
Max Garnier.
CULTURE DU MELON
II existe un grand nombre de vari^t^s de Melons dans les cultures, et il en
apparalt tous les ans de nouvelles. II arrive mftme assez fr^quemment qu'une
vari^t^, apr^ avoir et6 consider^ pendant quelques ann^es comme excellente,
perd de sa faveur et peu a peu disparalt. Cela tient tr^s probablement, ainsi
que Fa signal^ M. G. Ross, k ce que les fleurs sont tr^s facilement f^condto
par le pollen provenant d*autres pieds, de sorte que, par Teflet de la f6conda-
tion crois^e, les vari^t^s se transforment totalement. II faut beaucoup de
precautions pour en conserver une authentique.
On admet que les Melons cultiv6s sont originaires de TAsie m^ridionale et
de TAfrique tropicale. Aussi, malgr6 une certaine accommodation au climat,
sont-ils peu rustiques dans TEurope temp^r^ ; ils exigent beaucoup de chaleur
pour mdrir leurs fruits, et doivent ^tre produits sur couche et cultiv6s sous
chassis et sous cloche aux environs de Paris, aussi bien que dans le nord de la
France et en Belgique.
Gonsid6rons d'abord le choix du terrain pour cette culture. Le mieux appro-
pri6 est une bonne terre substantielle et fralche, ameublie au moins six mois k
Favance, queFon melange de terreau. En outre, il est bon de Fengraisser, soit
au moyen d^engrais liquide, soit mieux encore, au moyen de superphosphates,
qui favoriseront beaucoup la fructification. Lorsqu'on ne dispose que d'une
terre l^gftre, on peut avec avantage y m^langer un quart environ d'argile en
morceaux tr^s fins.
Lorsqu*on veut avoir des Melons de trds bonne heure on doit choisir des
variety hfttives, telles que le Cantalowp noir des Carmes ou le C. Prescott,
et fkire les semis en Janvier et f<gvrier, sur couche et sur chassis.
L*age de& graines a beaucoup d'importance. On obtient une fructification
plus abondante avec des graines de deux ou trois ans qu'avec des graines de
1^
— 219 —
Tannte prteMente ; certains bons cultivateurs conservent m^me leurs graines
cinq et six ans avant de les semer.
Les graines d*un an sont cependant utilis^es souvent pour la culture forcie,
parce que les plantes qu^elles produisent sont plus vigoureuses que celles
donn^ par les graines anciennes.
On peut semer en pots de 8 centimetres environ, chaque pot renfermant une
seule graine, et 6tant plong6 dans le terreau de la couche, ou bien semer
directement dans le terreau de la couche, en isolant les graines & 6 ou 8 centi-
mMres de distance entre elles. Les graines sont recouvertes de 2 centimetres
de terreau, puis on met le chassis en place et on le couvre de paillassons pour
maintenir la chaleur ; la temperature de la couche doit etre de 25 i 27®.
Une fois les graines levies, on souieve les paillassons pour habituer peu k
peu les jeunes plantes k la lumiere, et on finit par les enlever tout k fait ; on
ne les replace des lors que la nuit et pour proteger les plantes contre la geiee.
Au bout de quelques jours, on repique les jeunes semis sur couche, soit dans
un petit godet, soit dans de petits blocs de litiere ayant la forme de pots, ce qui
permet plus tard de transplanter focilement la plante sans d^ranger les racines.
Apres chaque transplantation, on doit laisser les chassis ferm^s pendant
quelques jours pour favoriser la reprise.
Les jeunes plantes doivent Mre plac6es tr^s pres du jour, si Ton veut obtenir
une vegetation courte et robuste ; la temperature doit Atre de 25 i 50° pendant
lejour, de 18 k 19° la nuit. Lorsque le soleil donne, on peut aerer, avec les
precautions indiquees.
Une fois que les plantes ont trois ou quatre feuilles, on les taille au-dessus
des deux premieres, et avant que le pot soit entierement rempli, on les
rempote dans des vases de 12 centimetres, en les tuteurant soigneusement.
On peut cultiver entierement en pot les pieds destines k la production la
plus hStive; les fruits mftrissent plus vite par ce procede. Si Ton prefere
mettre les plantes en place^sur couche sourde, on le fait une vingtaine de jours
apres le semis ; on pratique deux autres tallies, sur chaque bras au-dessus de
trois feuilles.
Une fois que les fleurs apparaissent, on doit maintenir . Tatmosphere plus
seche, et donner de Fair quand le temps est chaud ; c*est surtout vers le milieu
de la journee, et cette periode est aussi la plus favorable pour la fecondation
des fleurs qui reussit toujours mieux quand le pollen est bien sec.
On taille encore une fois chaque rameau une feuiUe au-dessus de chaque
fleur femelle fi^ndee. A cette epoque aussi, il est bon de repandre sur le sol
un peu d*engrais, et d'arroser une fois sur deux ou trois avec de Teau meiangee
d'engrais d*etable ou de purin. L*eau employee ne doit jamais etre froide ; il
Taut mieux qu^elle soit de quelques degres plus chaude que le sol.
— 220 —
On supprime ioutes les fleurs qui apparaissent encore tardivement, et on ne
conserve m6me sur cbaque pied, une fois que les fruits sont nou^, que deux
k quatre de ces fruits, choisis parmi les plus beaux. On enl^ve 6galement les
jets latiraux inutiles qui se forment assez souvent par suite de la taille.
Dans la culture forc^e, il arrive souvent qu^on ne conserve qu^un seul (hiit
sur chaque pied.
Les arrosages doivent fttre effectu6s k une assez grande distance autour de
cbaque pied. On pent bassiner de temps en temps pour cbasser les insectes;
mais il faut avoir soin de ne pas d^t^iorer les feuilles.
Une fois que le fhiit approcbe de la maturity, on doit le faire proflter autant
que possible du soleil, et on d^barrassera les plantes de tout abri, k moins
que le temps ne soit mauvais et froid. On n*arrose plus qu'avec de Teau pure,
et en quantity limitSe au strict n6cessaire.
Le firuit est mAr en g^n^ral quatre mois ou quatre mois et demi apr^ le
semis. II faut beaucoup d'habitude et de tact pour discerner le moment precis
od le fruit est bon k Mre cueilli. II prend alors une coloration plus claire et
plus Jaune, la base du p6doncule se fendille ou plutdt se recroquevilie, Todeur
devient plus fine et plus d^veloppte.
On consomme le fruit le lendemain ou le surlendemain de la rtoolt«, aprte
Tavoir laiss^ sojourner au firais. Gependant certaines sortes peuvent se
conserver une semaine.
Les maladies du Melon sont peu nombreuses ; c*est surtout le chancre, qui
decompose les tiges et les fruits. Gette affection ne se produit gu^re que quand
les plantes ne sont pas bien cultiv6es, manquent d*air ou de chaleur. II est
n6cessaire d*enlever radicaleroent toutes les parties attaqutes.
Le Uanc est une autre maladie causae par un champignon, que le soufre fait
disparaltre. M. G.
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
La rteolte du Un s*effectue de juin k juillet, et un peu plus tard pour le
lin tardif. En attendant la parfaite maturity des capsules, on obtient de bonne
graine, mais la filasse est un peu grossi^re. Si Ton veut avoir de la fUasse fine,
il est n^cessaire de pratiquer Tarrachage k la floraison.
Le glanage sera enterr6 comme engrais ; les tiges contiennent beaucoup de
potasse, une assez grande quantity de chaux, ainsi que de Tazote et de Tacide
phosphorique. Si la maladie a attaqu^ les plantes, il est indispensable de brQler
les tiges, afin de ne pas laisser subsister les spores qui infesteraient le champ
et propageraient la maladie.
— 221 —
Le sol qui convient le mieux au lin est un terrain limoneux, profopd, bien
fUme k Tautomne, et dans lequel Tengrais sera bien incorpor6 par un labour
profond ; en mars, un nouveau labour suivi de plusieurs bersages pour bien
d^truire les mauvaises herbes. Les semis se font de mars k mai, avec un fort
roulage, et des sarclages d^ que la plante atteint 5 centimetres environ.
Ciomme engrais, en dehors de la fUmure d'automne, il est bon d'employer du
phosphate de chaux et du chlorure de potassium (en automne) ; si le sol est
pauvre en azote, on Tadditionnera d'azotate de sonde au printemps, apr6s le
sarclage de pr6f^rence, et par un temps humide.
« «
La vigne est souvent atteinte de chlorose, et M. H. de Vilmorin, qui pr6si-
dait le Gongr^s de Paris, a fait remarquer a ce sujet que Ton a observe que les
ceps malades ^talent ceux qui se trouvaient places de telle fagon que la terre
et les branches absorbaient mal les rayons du soleil. On rem^diait a cet
inconvenient en r^pandant sur le sol du machefer ou des scories de couleur
fonc6e, ce qui augmentait Tabsorption des rayons caloriques.
« *
Les r^sultats de rsxposition de Chicago ont ^t^ en somme beaucoup
moins m6diocres qu'on ne Tavait dit vers le milieu de Tannic derni6re, les
demiers mois ayant regagn6 ce que les premiers avaient laiss6 a d6sirer, et
en ce qui concerne sp^cialement I'horticulture, une notice que vient de publier
M. Hbnri de Vilmorin fournit des renseignements tr6s favorables. Les decla-
rations des exposants portent les ventes d'objets exposes k environ 30 millions ;
sur le total des ventes faites par les sections etrang^res, la France arrive au
premier rang avec pr6s de 22 p. 100 du total.
M. DE Vilmorin signale ce fait int^ressant, que des v^getaux qui avaient
subi de longs voyages et des retards de livraison considerable, etaient pour la
majorite dans un tr^ bon etat de conservation en sortant des caisses oCi ils
etaient restes deux mois.
L'espace superficiel ocoupe constamment par des v^getaux francais s^eievait
k 12,130 metres carr6s, sans compter d'assez nombreuses corbeilles de plantes
annuelles qui furent etablies temporairement, ni le jardin voisin du pavilion
national de la France.
Les lots beiges se composaient pour la plupart d*arbustes d'ornement, k
feuilles caduques ou persistantes. Azalea mollis, Kalmias, Shododendrom, etc.
La Hollande avait envoye des Magnolia, des Houx, Hydrangea, Azalees,
Rhododendrons, etc., ainsi que beaucoup de plantes bulbeuses, qui malheu-
reusement souffrirent du froid et surtout des ravages des innombrables oies
et canards qui peuplaient les eaux du lac.
*
* •
7
— 222 —
Lea arbres des plantations publlques de Bruxelles sont, dans beaucoup
d*endroits, en proie au d6p6rissement. Beaucoup sont d^Ji k peu pr^ d^pouill^s
de leurs feuilles, au milieu de juillet.
D*apr6s une consultation donn6e par un fonctionnaire public k un journal
politique de Bruxelles, certains ormes sont mClrs et n'ont plus assez de Titalit6.
D'autre part les ravages des champignons qui s*attaquent au petiole des feuilles
du platane sont plus considerables cette ann6e que les autres.
II faut remarquer, en outre, que les causes de d6p6rissement pr^matur^
sont nombreuses pour les plantations des grandes villes. Les canalisations de
gaz, notamment, nuisent aux arbres des boulevards. « Dans les allies de
cavaliers, on a ^tabli un lit de brique pilte qui est excellent sans doute pour
les chevaucli6es, mais d*un effet d^sastreux pour les files d^arbres cdtoyantes.
Gette ^paisse couche absorbe toute Thumidit^ du sol; Faille des cavaliers ne
tardera pas k patir de ce continuel drainage.
Les arbres ne sont jamais plus beaux que 1^ od ils peuvent venir sans qu*on
s'occupe d'eux. »
Le fonctionnaire interrog^ critique 6galement le syst6me adopts pour Tarro-
sage des arbres des promenades bruxelloises, et dit « quMl est deplorable que
Ton ait r^duit consid^rablement le crMit affects k Tentretien des plantations;
le budget actuel ne permet pas d'alimenter convenablement nos arbres, de les
preraunir contre le d^p^rissement. Et cependant, la verdoyante parure des
villes est aussi une n6cessit6 hygi^nique ; ces arbres k tout le monde, ces jardins
des pauvres, ne sont pas seulement un element de pittoresque, ils puriflent
Tatmosph^re vici6e, ils distillent de la sant^. »
« «
A Paris, od Ton entoure les arbres de soins efflcaces, dit le mSme fonction-
naire beige, on a 6tabli une canalisation-arrosoir souterraine qui porte aux
radicelles Teau n^cessaire k Talimentation de I'arbre. Ces tuyaux doivent ttre
nettoy^s au bout de deux ou trois ans de service, car les trous dont ils sont
parens s'emplissent k la longue de petites racines qui se dirigent vers la bien-
faisante canalisation. Des treillages entourent au surplus les pieds des -arbres,
empechant qu*on pi^tine la terre avoisinante dans un certain rayon ; gr&ce k
cette precaution Fair peut pen6trer jusqu*aux racines.
« «
Les plantations de saplns se font g^neralement avant Tentr^e en vege-
tation, c*est^A-dire k la fin d*avril; mais les plantes eievees en pepinieres
peuvent etre replantees au mois d'aoftt ou de septembre, de fagon k prendre
possession du sol avant la mauvaise saison.
On peut faciliter la reprise en trempant les racines dans une sorte de pate
formee de bouse de vache et de terre argileuse detrempee.
— 223 _
On ptante les sujets dans des fosses faites k la Mche, et on laisse enfre eux
uoe distance de 50 A 75 centimetres. II ne faut pas trap les espacer, |)arce
qu'alors les branches lat^rales s'^tendraient trop aux d^pens de la fl^che, <]ui
ne grandirait pas assez.
Le lerrain, dans tous les cas, doit aToir 6t6 pr6par6 par des labours profonds.
Max Gabnier.
TROIS MODULES DE PLANTATIONS
on DISPOsmONS DES ARBRBS DANS LES PRAIRIES-VEROERS.
DISTANCES. — ENTREPLANTATIONS.
_
_J
Pig. 41. — Plantation en cattAr.
On peut disposer de cette fa^on les pommiers, les poiriers, les pru n
cerisiers. La plantation en carrh se fait k
difT^rentes distances : de 10 a 12 mMres pour
les pommiers, de 8 a 10 metres pour les
poiriers, de 7 a 9 metres pour les cerisiers,
de 5 a 7 metres pour les pruniers, reine
claudiers, etc.
Quinconce derive du mot latin quincuTwe
qui d^igne le chiffre roinain V, — Les arbres fruitiers qui occupent dans la
prairie-verger les sommets des triangles 6quilateraux se trouvent de iO k
12 metres pour les pommiers, de 8 ^
10 metres pour les poiriers, de 7 A 9 metres
pour les cerisiers et de 5 d 7 mfetres pour
les pruniers et reine-claudiers. II serait
encore possible de varier les espfeces de
fruits en plantant dans un raeme verger un
nt&ange en ordre de pommiers avec des
poiriers ou encore avec des reine-claudiers, des cerisiers, etc.
Voici un modele de plantation combtn^e, composee soil de poiriers, soit de
pommiers comme base prlncipale de plan-
tation de lougue vie, de rapport considerable
et durable. Ces pommiers ou poiriers sont
altemes de pruniers, reine-claudiers et de
cerisiers.
NoTA. — Les entreplaiUations en melange
(poiriers, pommiers, cerisiers et pruniers]
offrent de s6rieux avantages prouv6s par FexpSrience parce que la production
Fig. 42. — Plantation en triangleB
isolclcs ou quinconces.
Fig, «. -
— 224 —
des pruniers et des cerisiers ne se fkit pas dttendre, et celle des poiriers et
des pommiers est durable en m^me temps que considerable. De plus, ce
melange, bien compris, n*emptehe pas de conserver une parfaite harmonie k
Tensemble du verger.
OUSTAVE MiGHIBLS,
P^pini^riste dipl6m^ k Montaiga.
CULTURE DE QUELQUES PLANTES BISANNUELLES
Parmi les plantes de plein air, il en est peu de plus attrayantes et qui rendent
plus de services que certaines bisannuelles, qui contribuent beaucoup k ^yer
les parterres au d^but de V6ik. Mais si Ton veut avoir des plantes bonnes et
vigoureuses, il ne faut pas perdre de temps pour faire les semis.
Le meilleur proc6d6 de semis consiste k preparer une plate-bande, en F^-
lisant bien au r&teau ou en la recouvrant d'une couche de trois centimetres
environ de terre bien tamis^e, que Ton tasse ensuite, et que Ton arrose modern-
ment ; puis, au bout de quelques heures, on pent semer les graines, et les
recouvrir k peine de terreau. On favor isera beaucoup la germination en
installant au-dessus une coucbe mobile, car les graines germeront rapidement
en se trouvant ombr^es et protegees contre le vent, dans une atmosphere un
peu renfermee ; mais des que les jeunes feuilles paraltront, il faudra enlever
tout abri.
Quand les jeunes plants sont assez grands, on les repique en lignes espacees
de 15 centimetres environ, dans un terrain bien prepare, afin de les fidre
developper encore quelques semaines jusqu'A ce quails puissent etre mis en
place definitivement.
Parmi les plantes bisannuelles les plus remarquables , on peut citer les
OEnothera, et surtout YOE. Lamarddana, variete qui atteint de 1 metre k
pres de 2 metres de hauteur, selon la situation, et qui fleurit tres abondamment.
Ses fleurs sont grandes, en forme de coupe, et se produisent au sommet des
principales tiges, se developpant successivement pendant une longue p6riode.
Non seulement cet OEnothera rend de grands services et est tres beau pour
placer au fond des plates-bandes de grandes dimensions, mais il donne un
cachet tres decoratif et tres naturd aux paysages semi-sauvages d'un pare;
il s*y reproduit tres aisement et ne reclame pas de soins particuliers.
Les DigUales ont ete tres ameiiorees depuis quelques annees, et Ton obtient
des fleurs presque aussi grandes que celles des Gloxinia, souvent tachetees oa
marquees k la gorge d*une fagon tres elegante, d*autres fois colorees de blanc
ou de pourpre superbe.
— 225 —
Les Pentsteman, quoique n'6tant pas absolument bisannuels, doiyent Mre
traits comme sMls T^taient ; ils peuvent viyre pendant plusieurs anntes, mais
les yieiUes plantes ne yalent presque jamais les jeunes; elles sont endommag^es
par les firoids de Thiyer ou du printemps, et si Ton ne les reproduit pas de
semis tous les ans, il faut en &ire des boutures chaque automne, en serre
ih)ide, pour renouyeler la proyision. On peut aussi conseryer parfaitement les
boutures sous cloche, ou m^me dans une plate-bande conyenablement abrit^.
Les Antirrhinum ou Mufiiers doiyent 6tre sem6s et repiqufe comme on I'a
dit plus haut, et sont k peu pr^ aussi rustiques que les pr6cMents quand ils se
trouyent dans un bon terrain, mais quand ils ont un sol pauyre, et ne pro-
duisent que des pousses courtes et dures, ils sont capables de r^sister aux
fortes gel^ sans dommage.
Campanules. — Les meilleures yari^t^ rendent de tr^ grands services
pour les plates-bandes, od elles font un effet superbe, et 6mettent de hautes
tiges florales ramifltes, couyertes de clochettes de grande taille k calice
color6.
Le C. grandis, notamment, quoique ses fleurs ne durent pas longtemps, est
tr^ pr6cieux pour Tomementation des jardins, mais il &ut le yoir bien
pr^sent^. Un petit nombre de plantes Isoldes paraissent un peu maigres; un
massif bien ara^nag^ dansun endroit ombrag^, oh les fleurs durent dayantage,
est d'une tr^ grande beauts. II existe aussi une forme blanche, qui est tr^
gracieuse.
Les Picoines sont de plus en plus en &yeur, et yraiment tr^ belles, soit
pour omer les plates-bandes en bordure, soit poqr la fleur couple; les fleurs
ne durent pas trds longtemps, mais elles sont produites en si grand nombre
que cet incony^nient perd beaucoup de sa grayit6.
Pour ayoir des fleurs de bonne heure, il est bon de semer k la fin de T^t^,
et d'abriter les jeunes plants pendant Thiyer ; si Ton yeut ayoir des fleurs en
succession, on pourra faire de nouyeaux semis au printemps, mais pour ayoir
des plantes rtellement belles, il faut leur donner beaucoup d*espace pour se
d6yelopper.
Les GirofiSes grosse espice (G. d^hiyer) font beaucoup d'eflbt, quand elles
sont bien cultiy6es soit en massifs, soit en pots, et fournissent beaucoup de
fleurs couples au printemps et en 6t^. Elles r^clament une exposition chaude
et abritee, sans quoi elles soufi'rent pendant Thiyer. Le mieux est peut-Mre
de les mettre k Tautomne dans un coin bien abrit^, et de les transplanter au
printemps, par un temps pluyieux, en ayant soin d*enleyer une bonne motte
de terre aux racines.
Les Scabieuses parfumtes sont des plantes de grande yaleur, et pr6sentent
une grande yari^t^ de coloris, allant du rouge pourpre fonc^, yelout6, au blanc.
— 226 —
Elles tteurissent (I inerreille dans un sol pauvre, et qiiaod on ne les latsse pas
se (I6velopper k I'excfes, elles ne souffrent pas de I'liiver.
Les Girofi^es jaunes sent tr6s agrtobles k cultiver, et fleurissent de trte
bonne heure, comme les. Girofl6es grosse esp^ce; la raw allemande, qui ne
vaiil sans doute pas rnm-ionni' raco. donne ussok souvent des llrui^ doubles,
et a un parfiiiii dt-licieiix, Le traileinent qui iiii convient est k peu pr6s le
mhne que iKiur les giusse esi>6a', et il ne faut pas cultiver ces plantes dans un
terrain trop riclie, si Ion veut les conservLT pendant I'hivep.
NOUVEAUTES DE LANN^E
Tomate en arbre rouge iisse. « Olli' remaiquable variete a liges
trt?s courtes, Irf^s raides. se soulciiani iiarJaiteinenl d'elles-memes, est canic-
Viii. 44,
;^'!^-
lOUgf 1
l^ris(5e par son feuillage inoins I'risO et par scs fruits |ilus aboudants et beau-
coup plus priicoces, de forme compietenient Iisse et d'une belle teinte rouge,
C'est on lout puint unt' acquisition niaralcli6re de premier nitrite, qui laisse
— 227 —
loin derni^re elle Tancienne vari6t6 Tomate 4 tige raide de Laye, dont elle
est issue. »
Nous devons le clich6 ci-dessus k I'obligeance de M. Leonard Lille, de
Lyon, Tobtenteur de cette vari6t6, qui Fa mise au commerce.
PLANTES PRIMtES
Rubus Japonicus var. tricolor. — Gertificat de 1'^ classe au meeting de
Londres du 10 juillet. Plante tr^s grMe, k tige et petioles roses, k feuilles
blanches, avec quelquesunes des plus grandes vertes, macul6es abondamment
de blanc. (MM. Veitch.)
« *
Lilinm Thunbergrianum Horsmanni. — Plante naine, trapue, k grandes
fleurs bien faites, d'un beau coloris rouge fonc6, nuanc6 de noirlltre et macule
de la mfime couleur, avec un reflet satin6. Gertificat de 1*^ classe au meeting
de Londres de 10 juillet. Expos6 par MM. R. Wallace et G*®, de Golchester.
« «
Galochortus venustus var. Vesta. — Gracieuse vari^te a grandes fleurs
blanc cr^me l^g^rement tachet^es de rouge k gorge jaune ou brune ; la tige
atteignajt 90 centimetres de hauteur. Gertificat de merite au meeting de
Londres du 10 juillet. Expos6 par M. F. Wilson, de Weybridge Heath.
« «
Begonia double Neatness. — Variety k grandes et belles fleurs, d'un
coloris cramoisi carmine, avec les p6tales ondules. Gertiflcat de merite k
Londres le 10 juillet. (John Laing et flls.)
« *
Pols de senteur Salopian. — Fleurs de grande taille, d*un beau et
curieux coloris rouge cramoisi fonce vein6 de pourpre fonc6. Gertiflcat de
merite k Londres le 10 juillet. (M. Eckford, k Wem, Salop.)
* *
Pentstemon Jean Mac6. — Tr^s belle vari^t^ expos^e par Sir Trevor
Lawrence au meeting de Londres le 10 juillet. Les fleurs sont grandes, larges,
d'un coloris carmin fonc6, avec la gorge blanche. Gertiflcat de m6rite.
* «
Pols de senteur Countess of Powis. — Vari6t6 distincte et gracieuse, k
fleurs rose carmin6 brillant, tr6s parfum6es. Gertiflcat de m6rite au meeting
de Londres du 10 juillet. (M. Eckford.)
*
— 228 —
Liste des priz et mMailles dlionneur d£cern6s k rEzposition de la
Society Nationale d'horticulture de France :
Grand prix cThanneur, objet d'art offert par le Prtsident de la R6publique :
M. Dallemagnb, k Rambouillet, pour groupe d*0rchid6es.
Prix d'hanneur, objet d'art offert par le Ministre de rinstruction publique et
des Beaux-Arts : M. Gamille Defresne, pour Goniftres et plantes k feuillage.
Prix d'honneur, grande m6daille d'or offerte par le Ministre de TAgricul-
ture : M. Moser, pour Rhododendrons.
Prix d'honneur, grande m6daille d'or offerte par le Ministre de TAgricul-
ture : M"*« V* Chantin, pour Palmiers et plantes de serre.
Prix d'honneur, donn6 par le Pr6fet de la Seine : MM. Lev^qub et flls,
pour Rosiers.
Prix d'hanneur de la ville de Paris : Soci6t6 de secours mutuel des ma-
ralchers de la Seine, pour 16gumes.
MidaiUe d'honneur des Dames patronesses : MM. Vilmorin-Andrieux
et G*®, pour plantes annuelles et Legumes.
Midaille (thanneur de MM. de Vilmorin : M. Millet flls, pour Fraisiers.
MidaiUe dhonneur de M. Lecocq-Dumesnil : M. Perrette, pour Cala-
dium du Br^sil.
Midaille dhmneur fondle en memoire du Mar6chal Vaillant : M. Bert,
pour Orchid6es.
Midaille d'honneur fond6e en m6moire de M. le D*" Andry : MM. Valle-
RAND frftres, pour Gloxinias.
Midaille d'honneur fondle par M. Joubert de l'Hyberderie : M. Debrie
(maison Lachaume), pour bouquets et garnitures.
Midaille d'honneur de la Soci6t6 : M. Grenthe, pour serres.
Bteorations Industrlelles. — Parmi les titulaires des decorations dteer-
n^es k la promotion de juillet 1894, nous remarquons deux des jardiniers-chefs
de L'HoRTicuLTURE Internationale, attaches depuis douze et quinze ans
aux 6tablissements dirig^s par M. Lucien Linden; nous savons d*ailleurs
qu'un certain nombre de membres du personnel du m^me 6tablissement sont
^galement tr^s anciens sous les ordres de leur directeur.
L*un des deux d^cor^s de cette ann^e est M. Eugene Beegehan, k qui a
6ik d6di6 le Stenandrium Beeckmanianum,
— 229 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Aoftt 1894.
Moyen de h&ter la germination de certaines graines. — Un moyen
fort simple a 616 communique derni^rement k TAcad^mie des sciences a Paris
pour hMer la germination des pepins de vignes. On a' d6cortiqu6 la pointe du
bee des pepins et mis k nu la partie de Tamande contenant la radicule. Les
pepins trait6s de la sorte et mis sur couche k une temperature de 27® centi-
grades onl commence k germer au bout du dixi^me jour, tandis que dans
les conditions ordinaires, il faut trente jours. En 61evant la temperature de la
couche sans immerger les graines dans Teau, la germination s'est produite
meme des le troisieme jour. II y aurait lieu d'examiner jusqu'A quel point il
serait possible et efflcace de supprimer dans certaines graines Tobstacle qui
s'oppose a la sortie de la radicule ou k Veclosion de la gemmule.
« «
Le Kino est une matiere astringente, utilisee en medecine par les Anglais,
les Americains et les Australiens. EUe provient de I'exsudation du Gommier
rouge ou Eucalyptus rostrata, qui acquiert plus de 60 metres de hauteur sur
1 i 2 metres de diametre. D'apres un journal australien, le bois est d'un beau
rouge se fongant avec Tftge, a grains serres et durs comme du fer lorsqu'il est
sec. On en fait grand usage pour le pavement des rues; on Temploie aussi
comme pilotis et pour la construction de ponts, billes de voies ferrees, etc.
« *
Le meillenr Jardinier est celui qui commet le moins de fautes. Gette
v6rile k La Palisse imite le dire de Napoleon qui trouvait que les meilleurs
generaux etaient ceux qui commettaient le moins de fautes. Un bon jardinier
doit savoir qu'il contracte une association dans laquelle le partenaire le plus
age exerce la principale autorite et ce partenaire est la nature. Tout jardinier
doit etre humble, avoir le desir constant d'apprendre et etre dispose toujours
k reconnaitre ses erreurs. Quel est d'ailleurs le jardinier qui n'a pas fait de
perte ? Gelui qui ne supporte pas patiemment les revers, ne doit pas s'occuper
de jardinage.
*
« «
— 230 —
Pares publics. — Nulle part les pares et les jardins publics ne sont estim^
autantqu*cn Angleterre; nuUe parties particuliers ne s*y int6ressent davantage.
Nous voyons dans le Oarden du 7 juillet qu'un nouveau pare public a 6t6 ouvert
r^cemment a Chelmsford. 11 a une 6tendue de 27 acres pris k termes de difie-
rents proprietaires, par vole de souscription publique. Le mdme journal
renseigne que M. William Dunn, membre du Parlement, a offert k la ville de
Paisley, le 23 juin dernier, un pare public, situ6 au centre de la yille, et qui a
etc acquis par le donateur pour la somme de 225,000 francs. C'est ce qu'on peut
appeler une g6n6rosit6 royale. A Londres un comit6 s'est form6 pour acqu^rir
un pare a Deptford. Le terrain doit codter 900,000 francs. Le conseil de
Londres donnera 600,000 fr.; Tadministration des travaux 200,000 fr.; le
propri6taire du terrain donnera 50,000 fr. Reste k trouver encore 50,000 fr.
Des particuliei's ont d^ja fourni 10,000 francs.
* «
Paulownia imperialis. — Charles Morren a beaucoup fait pour r^pandre
ce bel arbre d*origine japonaise. L*exemplaire qu1l planta au Jardin botanique
de Li6ge et celui qui se trouve dans le square du Boulevard d'Avroy en cette
ville ont vivement excite I'attention par leurs remarquables inflorescences d'un
bleu lilace pale r^pandant une agr^able odeur de violette. Dans le principe,
on reconimandait le Paulownia pour la vigueur de sa premiere v^g^tation
atteignant jusqu*a trois metres de hauteur avec des feuilles de prds d*un demi
in6tre de diam^tre. Par la suite on a reconnu que Tesp^ce est r6ellement
orneinentale et si les boutons, qui se forment a la fin de r6t6, ne resistant pas
toujours k nos hivers, n6anmoins Tarbre fleurit assez souvent pour valoir
qu'on cherche k le r6pandre davantage.
« «
Aspidiotus perniciosus. — Les vergers de San-Jos6 en Galifomie ont ^t6
envahis depuis quelques ann6es par un insecte qui fut imports avec des
arbres venus du Chili. II a suffl d'une quinzaine d'ann^s pour r^pandre le
nouvel ennemi sur toute la c6te du Pacifique : pommiers, poiriers, pruniers,
p^chers, coignassiers, en un mot tous les arbres fruitiers sont expose k sa
voracity. Le d6partement de Tagriculture de Washington le signale comme trfts
dangereux. L' Aspidiotus perniciosus poss^de des faculty de migration qui le
rendent tr6s dangereux. Deji en Angleterre, afln de pr6vwiir Tinvasion, tous
les arrivages de plantes am6ricaines, m6me des ft'uits, sont soumis k une sur-
veillance s6v6re.
* •
Chftssis et serres sur roulettes. — A TExposition horticole de Tour-
coing, nous avons remarqu6 une serr6 mobile sur roulettes, expos6e par
— 231 —
M. Louis Delecceuillerie, de Blandain, pr^s de Tournai. Les journaux hor-
ticoles anglais signalent presque lous une construction analogue expos6e au
Temple Show, par des constructeurs anglais. II est assez curieux de constater
que la m^rae id6e, celle de produire des serres non seulement demontables
mals pouvant Mre d6plactes avec la plus grande facility, ait 6ie mise a execu-
tion pour ainsi dire au m^me moment en Angleterre et en Belgique. Le
sysl^me de M. Delecceuillerie a obtenu un brevet en Belgique, il y a quelques
mois; le syst6me anglais a 6t6 brevets de son c6t6. La serre mobile, a com-
partiments demontables, permet d'6tablir des abris complets, sur un terrain
en location; de plus par Tapplication de rails en fer ou en bois, ces serres
peuvent 6tre d6plac^s selon le besoin et servir successivement k deux ou
plusieurs cultures. Le m^me inventeur a expose a Tourcoing des couches
couvertes au moyeji de chassis 6galement k roulettes. Ges chassis se d^placent
k volonte sans qu'il soit n^cessaire de les soulever. On peut les faire glisser a
droite ou k gauche et ex6cuter ainsi sur la couche m6me tous les travaux
quels qu'ils soient. Les* chassis k roulettes n'excluent pas Temploi des cr6-
maill^res.
*
* •
Flo^wer Mission. — Notre confrere am^ricain Garden and Forest nous
apprend que la Soci6t6 « Flower Mission, » de New- York, a commence cetle
ann6e le 21 mai la distribution de bouquets de fleurs aux malades dans les
maisons hospitali^res et les hOpitaux de la ville. Des fleurs sont exp6di6es a
retat frais des villes et des villages de New Jersey, Long Island, Connecticut,
et de localit^s situ6es sur les rives de THudson. Les membres de la Soci6t6
transforment en petits bouquets les paquets de fleurs r6unies par esp^ces
separ^es ; elles ont et^ asperg^es 16g6rement et sont enveloppees de papier.
Les paquets n'exc^dant pas le poids de vingt livres et adresses a la Flower
Mission sont transport's gratuitement par les navires et les trains express.
Gette Soci6t6, 6minemment charitable, diverse avec I'^clat et le parfum des
fleurs un peu de joie dans la demeure du pauvre et au chevet des malades.
Elle est aid6e par de nombreux propri'taires de jardins qui contribuent k une
bonne oeuvre en dormant ce que, souvent, ils ont de trop. La Flower Mission
devrait trouver des imitateurs chez nous.
* «
Insecticide : feuilles de tomates. — Dans le volume precedent de
L* Illustration, nous avons parle de Tefflcacit' de I'infusion de feuilles de
tomates employee en seringages comme insecticide contre les pucerons qui
infestent les plantes. Get insecticide a 6t6 essay6 avec un succ6s complet sur
diverses plantes cultiv6es dans les serres. II sufflt de faire mac6rer simplement
une quantlte de feuilles dans de Teau pour preparer Tinsecticide. Dans la
r
f
— 232 —
plupart des cas, deux seringages ont suffl, k deux jours d'intenraUe, pour
obtenir un r6sultat complel.
« •
Adresse et sagacity. — On dit que le mMecin Boerhaye 6tait rhomme
le plus c^l^bre de son sifecle el qu'une lettre envoy6e d'Amirique avec la
suscription « k Boerhaye, en Europe » est parvenue promptement k sa
destination. II faut croire que M. Hartland, le cultivateur de Narcisses k
Cork, est plus c616bre encore, puisque une lettre d6pourvue de suscription,
empost6e a Liverpool, lui est parfaitement parvenue. L'enveloppe portait
simpleuient le dessin d'une plante fleurie, que les employes de la poste ont
reconnue comme ^tant un Narcisse. Ge dessin, avec ses feuilles, sortait d*un
morceau de li^ge et, en outre, un morceau de bouchon 6tait attach^ sur Tenve-
loppe. Le bois de li^ge signifie cork en anglais. L'administration des postes
a compris que la lettre 6tait en destination de Cork. La lettre parvenue dans
cette ville a t\k iinmMatement envoy^e k M. Hartland. Nous ne savons ce
qu'il faut admirer le plus dans ce fait racont6 par notre confrere le Gardeners^
Chronicle, ou Tadresse des uns ou la sagacity des autres.
* •
iftborgnage et yeux dormants. — M. Viviand Morel relate dans le
journal Lyon Horticole une experience qui donnera k r^flechir aux rosi6ristes.
Geux-ci envoient fr^quemment des roses couples plus ou moins nouvelles et
afin d'assurer Tinutilit^ du greffage, ils ont soin d'6borgner les rameaux qui
portent les fleurs ou, comme ils disent, de crever les yeux qui accompagnent
les roses. M. Viviand Morel a pris un 6glantier d'un an, plein de vigueur et
de sant6, et bien enracin^. Lorsque tous les yeux ou bourgeons fUrent bien
apparents, il eut soin d'enlever tous ces yeux avec un fragment d'6corce. A la
place de chaque oeil, il s*est d6velopp6 un, deux et mfime trois yeux adven-
tices. On pent done en conclure que le m^me ph6nom6ne se produira sur les
fragments de rosiers k Tendroit des 6borgnages. Les yeux dormants ou Intents
suflisent pour reproduire la vari6t6.
*
* •
Plantations dans les villes. — La resistance relative des arbres conve-
nant aux plantations publiques, k Londres, a 6t6 trait6e par Sir Herbert
Maxwell, dans le journal The New Review. Ge sont le Robinia pseudo Acacia
et le Platanus acerifolia qui, dans les conditions d'air atmosph6rique impur et
de terrains rapport^s, r6sistent le mieux; puis viennent Tailante, le peuplier
dltalie et le ScUisburia adiantifoUa. Les coniferes k feuilles persistantes et les
houx ne r6sistent pas du tout. Le tilleul, Torme et le Mne pr6sentent une cer-
taine resistance, mais les r^sultats au point de vue du feuillage ne justiflent
point leur extension. Em. Rodigas.
I
flLLUSTRATIDN HORTiCOLE
APIH:1\\M;\ ;- lUlilA iixn. d rod.
' .-.'int a •'. ••' <io v;.f ].wj-, ...-i.!. li«.rti»'o]e rioi3> r.'.'^ai -. 'jis
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' - All.' ■••.?.;. a ^ •!■.•• jj\' i'\ t»f "<^'i:).» :i'!.'iii iT.Mv.ii. ;.:
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— 233 —
PI. XV
APHELMDRA x DUBIA urn i rod.
En nous plagant k un point de vue purement horticole nous pourrions
signaler cette brillante Acantliacee comme etant destin^e k prendre une place
des plus enviables parmi ses cong^n^res. Au point de vue botanique, il s*agit
du produit d'un croisement op6r6 entre YAphdandra nitens Hook. var.
SinUzini et le Stenandrium lAndenL Aussi avons-nous Msit^ quelque temps
pour la denomination de la plante en question. Gelle-ci, par son origine, pou-
vait pr6tendre a une appellation bi-g6n6rique qui aurait pu Mre Aphelandrium;
nous aurions propose ce nom, rappelant la double origine, si, a nos yeux,
les caract^res des genres Aphelandra, Geissomeria et Stenandrium n^avaient
entre eux des differences trop minimes et si tous les trois ne pouvaient, sans
inconvenient, entrer dans le groupe unique des Aphelandra qui comprendrait
alors environ 80 esp^ces appartenant toutes aux regions chaudes de TAme-
rique y compris la Jamaique. Nous nous bornons k lui donner le nom speci-
fique de dubia pour pr^ciser notre hesitation.
n serait superflu de donner une longue description de la plante dont
Tinflorescence ne diflfere gu^re de celle de YAphdandra nitem var. SinUzini,
mais dont le port et le feuillage rappellent entierement ceux du Stenandrium
lAndeni. Les lobes de la corolle, leur coloris et leur forme sont les m^mes que
ceux de 1* Aphelandra.
Les feuilles sont amples et zebr6es de vert pale et de vert fonce en bandes
transversales paralieies varices, transversales. Le dessous des feuilles est
richement colore de rouge, les bractees sont brunes.
G*est une tres belle plante qui vient enrichir les collections des Acanthacees
de serre.
Em. Rodigas.
— 234 —
UN CATALOGUE JAPONAIS
De loin, nous avions pris cetie grande brochure de 112 pages pour un cata-
logue de la maison Vilmorin-Andrieux et G**. II s'agit en r^aliti du catalogue
de la Soci6t6 d'horticulture de Komagome Denchu, k Tokio, sous la direction
de M. F. Takaghi. L'horticulture japonaise prend done la forme de Thorticul-
ture europ6enne, commercialement parlant. Toutefois, les arbres nanises reste-
ront longtemps encore une sp6cialit6 de I'empire de Textrtoe Orient ; le prix
de ces spteimens, r^uits et laids, est relativement bas. Le catalogue est en
anglais ; presque chaque nom latin est fautif; cela nous fait m^me douter de la
correction orthographique des noms japonais. II renferme les bulbes : Lilium
auratum varies, L. longifiorum, L. speciosum varies, L. concolor, L. Kra-
meri, L. Hansoni; Amaryllis, Narcissus, Grinum et Hemerocallis ; les Acer
group^s par couleur du feuillage; les Bambusa et Phyllostachys ; les Hy-
drangea, les Paeonia Moutan les plus varies; les Paeonia officinalis en
groupes de coloris blanc, rose, cramoisi, panach6s, et quelles denominations !
En voici des echantillons : Hakuseiko (6toile blanche), Tagonoura (Rive du
Tage), Fujisumizome (Wistaria), Kesho (dame en toilette), Higurashi (cr6pus-
cule), Heianko (rose imp6riale), Yamatosangai (orgueil japonais) — cette der-
ni^re vari6t6 est figur6e en chromo sur la couverture et doit ^tre fort jolie,
si le dessin est fiddle — Kasanejishi (les deux lions)! Puis viennent les
Magnolia, quelques Orchid^es, les Gamellia, les Iris, Nelumbium, Lotus, les
Azaldes et Rhododendron, les Ghrysanth^mes. Ici nous 6prouvons une cer-
taine deception; nous nous attendions k des yari^t^s nouvelles, fort nom-
breuses ; le catalogue en mentionne k peine une cinquantaine, groupies par
couleur, et n'en figure qu'une seule. Les listes des arbres et arbustes k fleurs
et k feuillage offrent plus de variation. Les plantes vivaces sont peu nom-
breuses; les Grangers et les kakisle sont da vantage. Parmi les arbres fruitiers,
nous trouvons le Ginkgo bUoba, dont le fruit cuit est estim6, et le Myrica
rubra, dont les bales servent a faire des gel6es. Le catalogue nous apprend
aussi qu'il existe au Japon plus de cent vari6t6s du Prunus Mume foumissant
les premieres pot6es de petits arbres fleuris et parfum6s pour le jour de Fan,
en Ghine et au Japon, et des fruits a mettre en conserves. Les fruits du
Quercus cuspidata sont grilles et usit^s comme les noix-de-terre. Les lianes
sont assez nombreuses. Les Rohdea sont mis sur la m^me ligne que les Orchi-
d6es ; seulement les fleurs de celles-ci ne valent qu'en raison du parfum qu'elles
d^gagent et elles sont s^ch^s pour Mre utilis^es en tisane. Le catalogue men*
tionne encore des Foug^res, des plantes industrielles, des Gonif^res, et jusqu'au
— 235 —
Polygonum sakhalinenae autour duquel il a ^te fait tant de bruit en Europe
dans les derniers temps. II se termine par un prix-courant de lanternes en
granit, de vases en porcelaine et de fleurs stoh^ d^Eulalia.
Em. R.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Gastroehiltis albo-lutens Baker. — Gette petite Scitamin^e, k feuilles
panach6es est une nouvelle esp^ce qui, par son port, rappelle le G. ptUcherri-
mus; elle a 6i6 envoyte k Kew en 1889 et a fleuri dans cet 6tablissement pour
la premiere fois en juin dernier. La plante est acaule; les feuilles, r^unies par
deux, sont p6tiol6es, glabres, ayant la page sup^rieure car6n6e de blanc. Les
fleurs sont centrales et radicales ; le tube de la coroUe est blanc, cylindrique,
les lobes au nombre de trois sont lanc^ol6s, 6galement blancs. Les deux sta-
minodes sup6rieurs sont plus courts que les lobes de la corolle; Tinf^rieur ou
labelle est plat, large, oblong, blanc, ^ veines pourpres et car^nes jaunes.
Grevillea Banks!. — Gette magnifique Prot^c6e de serre iemp^r^e se
distingue autant par son feuillage que par ses inflorescences. G'est un des plus
robustes parmi les Grevillea. II acquiert les proportions d'un arbre; par des
tailles successives il peut 6tre tenu dans des dimensions moins 61ev6es. Les
feuilles rappellent celles d'un Lomatia ; elles ont de 0'"25 k 0^30 de long, sont
k divisions ^troites et lanc6ol6es, vert fonc6 au dessus, presque blanches et
flnement ciliees en dessous. Les fleurs sont dispos6es en 6pais racemes termi-
nauz, et sont d*un beau rose.
Rhododendron Jasminiflonun roseum. — Gette gracieuse vari^te a
fleuri r^cemment dans le jardin de Kew qui la regut en 1888. Elle se distingue
du type par le nombre plus considerable de ses fleurs dispos6es en ombelles et
par son colons d'une nuance rose carmine des plus d^licates. On sait que le .
type a les feuilles coriaces, ^paisses et ovales, dispose en verticilles avec des
ombelles de fleurs du nombre de trois k dix, d'un blanc pur. Dans la variety,
les lobes de la corolle, dit le Gardeners' Chronicle, sont pos6s difi'iSremment ;
dans le type, ces lobes sont ouverts, et forment un limbe de 0™02 a 0°*03 de
diam^tre.
Begonia President Garnot. — Le Garden du 7 juillet consacre k cette
ravissante fleur sa plancbe colorize. G'est un gain de M. Grozy qui Ta obtenu
du croisement du Begonia olbia, esp^ce br6silienne introduite il y a une dizaine
d'ann6es et du Begonia rubra. II est pourtant k pr6sumer qu*il s'agit du Begonia
coccinea, connu g^n^ralement dans les jardins sous le nom de corallina. En
— 236 —
effet, pour le port, le feuillage et les fleurs, il y a beaucoup d'afSnit^ entre le
jB. coccinea k feuilles persistanies et le B. Prisident Camot, II a les feuilles
obliquement cord6es-lobees, vert p&le, bord^es legftrement de rouge. Les fleurs
naissent en grands bouquets pendants, de 0™25 de large, les fleurs sont
d*un beau rose carmin. Les fleurs femelles, qui sont les plus remarquables,
conservent leur fralcheur et leur colons sur la plante pendant plus d'un mois.
PhysianthuB graveolens (Schubertia Grahami). — Un correspondant du
Gardeners' Chronicle signale k ce journal la floraison de cette belle Ascl6'
piad^e, aux tiges velues, aux feuilles obovales, ^hancr6es en coeur, pubescentes
en dessous, luisantes en dessus, qui Ait introduite du Br6sil en 1837. Les fleurs
ressemblent k celles du Stephanotis agrandies, elles sont dispose par six ou
sept en ombelles; la corolle est poilue; le tube est nu int^rieurement et les
lobes sont ovales. Le nom sp6ciflque ferait croire k une odeur peu agr^ble,
cependant celle-ci rappelle la senteur de la noix de coco et elle n'est pas aussi
forte que celle du Stephanotis. Les inflorescences se succ^dent durant six mois.
Clematis x Countess of Onslow. — Gette remarquable cl6matite fut
expos^e r6cemmenti un meeting de la Royal Horticultural Society, de Londres.
Elle a 6i^ obtenue par MM. G. Jackman and Son, du croisement de Cletnatis
Star of India et CL coccinea. Les fleurs, dit le Gardeners' Chronicle^ en forme
de trompette, sont d'un coloris pourpre rougeatre trte riche; le feuillage pour
les proportions et la forme ressemble k celui du CL coccinea, G'est probable-
ment le depart d'un type enti^rement nouveau.
Stigmaphyllon ciliatom. — Yoici une liane r6ellement charmante et de
culture facile qui devrait trouver place dans toute serre chaude oti Ton cultive
les plantes grimpantes. Un exemplaire croissant dans une des serres du Jardin
botanique de Birmingham est signal^ dans le Journal of Horticulture dont le
correspondant s'6tonne que Ton voie si rarement ce Stigmaphyllon dans les
collections. La plante a Taspect d'un Aristolochia. Les feuilles sont oppos^es,
en cceur, et portent une profusion de fleurs jaune brillant rappelant la fleur
des Oncidium.
Prostanthera lasianthos. — Le genre Prostanthera compte une quaran-
taine d'esp6ces appartenant toutes k TAustralie. L'esp^ce lasianthos fut intro-
duite en Europe en 1806. Ce n*est done pas une nouveaut6, mais ses jolies
fleurs blanches lav6es et ponctu6es de rose et dispos6es en grappes panicul6es
valent bien qu'on lui accorde une place dans la serre froide ou temp^ree. Les
feuilles sont persistantes ; la plante acquiert ais^ment un m^tre de hauteur et
porte alors une masse de fleurs laineuses. Apr^ la floraison on fera bien de
faire subir aux rameaux un pincement comme on fait aux Azal6es, afln de lui
donner une forme plus trapue.
Pteris ludens. — Les Foug^res se distinguent des autres plantes, non
— 237 —
seulement par le mode de formation du feuillage, mais ^galement par la
forme et la disposition des frondes de certains genres et m^nie des sections de
ceux-ci. Le Gardeners' Chronicle a donn6 dans son num^ro du 23 juin une
figure rMuite du Pteris ou Doryopteris ludens, esp^ce original re de la Malaisie
ofirant d*une fagon remarquable cette variability dans le feuillage. Le nom
sp6cifique ludens indique cette inconstance. G^n^ralement les frondes, au lieu
d'etre pinnatifldes, sont largement incis^es et k sinus tr^s ouvert. Le limbe est
le plus souvent sagitt^, profond6ment lob6 au sommet du petiole et les lobes
eux-m^mes sont obliquement ovales, lanc^l6s et mucron^s. Les petioles sont
noiratres et les frondes d*un beau vert.
Stylochiton maximos. — Cette Aroid^e, originaire de la baie de Lagoa, fut
d^uverte en 1822 par Forbes, explorant alors cette region pour compte de
la Soci6t6 royale d'horticulture de Londres. D'apr^s M. N. E. Brown
(Gardeners' Chronicle, 1894, p. 782), c'est la raeme plante d6crite en 1892 dans
les Botanische Jahrbilcher, vol. XV, p. 466. L'esp6ce a de grandes feuilles
p6tiol6es, sagitt6es, cord6es, ayant 0"25 k 0"30 de long et 0™20 de large ; les
lobes de la base ont 0^10 de long sur 0^07 de large, ils sont arrondis au
sommet et s6pares par un sinus large et profond. Les p^doncules sont beaucoup
plus courts que les petioles ; la spathe a un tube de 0'"07 de long, ovoide, renfl6
dans la moitie inf6rieure, cylindrique au dessus. Les bords sont connes et le
lirabe lanc6ol6 aigu est droit, long de 0"07 a 0™12, le spadice de la longueur
du tube de la spathe est couvert k la base de 5 ou 6 verticilles de fleurs
femelles, le reste portant les fleurs mkles et les 6tamines ayant les filaments
trte voyants.
Gienkowskia Kirki. — Cette plante, d6ja ancienne, — elle est flgur^e
dans le Botanical Magazine, de 1872, — est une jolie Scitamin6e, originaire
de Test de TAfrique tropicale. Elle fut envoy6e de Zanzibar par le D"^ Kirk,
Tann^e auparavant. Les fleurs qui rappellent quelque peu la forme d'un grand
Achymenes, sont rose pale vein6 de lilas avec une brillante macule jaune a la
gorge. La culture de la plante est facile. Elleabesoin, en hiver, d*une p6riode
de repos et doit Mre tenue alors dans un endroit sec assez chaud. Au printemps
on la remet en v6g6tation en la plagant dans une serre chaude quelque peu
humide. Cette plante m6rite d'etre r^pandue dans les cultures.
Tulipa Sprengeri. — Cette nouvelle tulipe a 6t6 introduite par la maison
Dammann et 0« de la province d'Amasie (Arm6nie). Par ses feuilles et I'aspect
g6n§ral de la fleur, Tesp^ce rappelle le Tulipa Haagei; toutefois, elle n'a pas
de macules noires k la base des segments du p^rianthe et le filament est
depourvu de la touffe de poils qui caract^rise le groupe dans lequel est class6e
cette demi^re. Le p6rianthe est campanula, k divisions oblongues, aigues,
cramoisi brillant, marqud de jaune k Tonglet [Gardeners* Chronicle, p. 716).
— 238 —
CSrIiiam Rooienlanuin. — Gette plante, originaire de la Jamaique, peut
Mre consid^rte comme ayant de Fafflnit^ avec le Grinum amdricain et avec le
C. erubescena. Gependant, d*apr^ M. J. O'Brien et Sir Gharles Strickland,
une autorit^ dans la mati^re, le tube plus fin du p^rianthe, qui est courb6 au
sommet, rapproche davantage le nouveau venu du Crinum purpurascens,
L'esp6ce s'est 6panouie cet hiver chez MM. A. Roozen et flls, k Overveen
(Hollande) ; elle exige la serre chaude avec chaleur de fond ; les fleurs sent
dispos^es en corymbes, elles sont blanches, le tube est cramoisi pourpr6.
Oasania braoteata. — Gette plante yivace, de la famille des Gompoato,
a feuilles lineaires, a ete figure et d^rite en fi^vrier dernier, dans la Wiener
Illustrirte Gartenzeitungf sous le noin de Gazania nivea. M. N. E. Brown
d^crit la plante sous le nom de Oazania bradeaia et en foumit dans le
Gardeners' Chronicle du 19 mai une diagnose complete. Les capitules floraux
ressemblent k de grandes p&querettes ayant les rayons blancs stri6s de pourpre
inf<grieurement. Le disque est jaune. Les feuilles sont lineaires, Tinvolucre est
muni de longues bract^s, de \k le nom speciflque. La plante provient proba-
blement de Natal.
Eugenia polypetala. — Gette esp^e, originaire de Vlnde, a fleuri r^cem-
ment dans la serre aux palmiers du Jardin botanique d*Edinbourg od ses
grandes inflorescences blanches ont 6te vivement admir6es. Le port de la
plante est compact et en toufTe, les feuilles sont persistantes, en verticilles de
trois ou de qualre, longues de 0"20, lin6aires, lanc6ol6es. Les fleurs sont soli-
taires et naissent sur le vieux bois aux cicatrices des feuilles tombees. Elles
ont 0"H)7 de diam^tre et comprennent de nombreuses dtamines et sont du blanc
leplus pur. Em. R.
Acole d'hortioulture de rAtat k (tend. — Les examens de sortie qui se
sont termines samedi 4 aoQt ont '^t^ des plus interessants. Le dipl6me de
capacity a et6 obtenu avec grandc distinction par MM. .Lejeune Etienne, de
Montzen, De Wilde Edmond, de Beirlegem ; avec distinction par MM. Van
Winsen Gharles, de Tourcoing, Pynaert Leon, de Gand ; et d'une mani^re
tr6s satisfaisante par MM. de Gottal Oscar, d'Anvers, Roosen Theodore,
d'Anvers, De Rudder Gharles, de Gendbrugge, Van Buylaere Eugene, de
Bruges, Lallemand Paul, de Nivelles, Stockmans Joseph, de Laekeu.
L'OMBRAGE DES 5ERRES
Un grand nombre de questions d'horticulture pratique sont trait^es dans
I'ouvrage Lea Orchidies exotiques, de M. Lucien Linden. Une de ces questions
est ronibrage des serres qui, ijvidemment, est d'ordre g^n^ral el n'interesse
pas les Orchid4es seulement. Les plantes culliv^e^, dit-il, doivent Mre pro-
t^gtos comme la rigueur du soleil qui, au milieu du jour et suptoiit i>endant
I'^id, brOlerait les feuilles et pourrait Taire le plus grand tort a I'aspect 616gant,
sinon m^me k I'existence des piantes. D'autre part, elles doivent recevoir
autant de lumidre que possible.
« Le soleil ast n^cessaire k la vie des plantes. La chaleup est eiiiinemment
Fig. 45. — Module de lattis a ombrer.
bienf^isante, et c'esi elle qui produit le travail m^canique de la croissance :
mais Ui v^g^tatioQ sans lumi^re ne serait pas possible: outre la chaleur, il Taut
la clart^ qui donne aux organes leur belle couleur verte, active I'^laboration a
la surface des feuiUes, ct uiArit les organes acheves. Les plantes qui n'ont pas
assez de Iuiiii6re pendant la vegetation pi'oduisent des organes Ivhs d^velopp^.
— 240 —
allonges, mais mous et sans force ; celles qui sont exposes au soleil sont beau-
coup plus trapues, plus courtes et aussi plus vigoureuses. Elles donnent une
floralson plus abondante et plus ricbement color^e. n convient done de lalsser
les plantes profiter autant que possible du soleil, et de ne les ombrer que
lorsqu'il est indispensable, c'est-^-dire lorsque les rayons trop ardents brtile-
raient les feuilles. »
Les claies en lattis conviennent admirablement pour ce double but, car elles
laissent passer assez de rajons pour ^tablir dans les serres une lumi^re diffuse
sufflsante, mai^ elles emp^hent les rayons de se poser longtemps k la m^me
place. Ck)mme Tombre de chaque baguette se d^place assez rapidement par
Teffet de la rotation de la terre sur elle-mdme, une par tie donn6e d*une feuille
est alternativement placte dans Tombre, puis ezpos6e au soleil, puis de nou-
veau abrit^ ; de sorte que les rayons les plus chauds n*ont pas le temps de
faire du tort aux organes.
II n*eziste ^yidemment pas de dimensions obligatoires pour ces sortes d'abris ;
mais voici un module qui donne de bons r^ultats : les lattes de bois ont une
largeur de 3 centimetres, et sont espac^s de 1 1/2 centimMres.
Ces lattes sont reli6es entre elles par des chalnettes de fll de fer, et articulees
de fagon k pouvoir se rouler facilement, k peu pr^s comme les jalousies des
fen^tresy au moyen d*une corde passant sur une poulie flx6e au sommet de
chaque serre.
On pent encore les disposer en claies rigides, clou^es entre elles au moyen
d'une ou deux lattes transversales ; on les pose alors sur la terre en les
accrochant k des crochets fix6s dans la charpente de la serre; toutefois les
jardiniers ont alors plus de peine k d^placer ces claies, et le premier proc^de
est plus commode.
II est utile de pouvoir ombrer ou desombrer rapidement, surtout k certaines
^poques du printemps et de Tautomne, od le temps change quelquefois d*une
faQon tr6s brusque. Un « coup de soleil » peut sufflre pour brtiler des feuilles
et donner aux plantes un aspect maladif.
Pour certaines plantes de serre chaude qui demandent une culture k
r^touffee, il est plus commode d'employer comme ombrage une gix)sse toile
lache que Ton a rarement k d^placer, et qui laisse encore passer suffisamment
de lumi^re.
(Les Orchidia exotiqueSy p. 342.)
PETITES NOTES DE CULTURE
SDppOFt & soQconpe. — Dans bien des cas particuliers il convient de
laissep circuler autour des plantes autant d'air et de chaleur que possible.
Autrefois on recouvrait toiyours les tablettes des serres de scories et d'autres
raaliftpes poreuses. Aujourd'hui ce systfenie est abandonne. On provoque n6an-
moins une production abondante de vapeur d'eau en arrosant ie sol au-dessous
des tablettes ainsi que les tablettes elies-mfimes et en placant les pots ou
fig. 46. — Support k aoucoupe.
quelqoes-uns de ceux-ci sur des supports A soucoupe comme celui represent*
par la flg. 46 que nous extrayons du livre Les Orchtd^es exotufues, de
M. L. Linden. La soucoupe est remplie d'eau qui s'^vapore contlnuellement.
Roella cUiata. — 11 est regrettable que Ton rencontre si rarement cette
belle espfice qui fut introduite du Gap de Bonne Esp6rance en iT74, et qui a
disparu presque partout, parce qu'on a n^ligS de iui donner un peu plus de
chaleur que celle de la serre fi-oide et un peu plus d'humidit^ qu'il n'en (kut aux
Erica. D'apr^s un correspondent du Gardeners' Chronicle, ie centre de la
plante doit 6tre tenu libre afln que I'liumidit^ n'y demeure pas trop. C'est une
Gampanulac^e, k fleurs erig^, d'un beau bleu pourpr4, fonc6, la base du tube
etant d'un blanc Jaun&tre.
— 242 —
Begonia corallina. — Ce Begonia, dont Tappellation correcte est Begonia
coccinea, est une des meilleures esp^ces pour la floraison bivernale et printa-
ni^re. Pour cela, le meilleur mode de culture est la couclie froide, ou bien une
bache oil Ton puisse les conduire pr^s du vitrage k environ 0™30 de la toiture.
Les fleurs, d^s le printemps, pendent au dessus de la tete du visiteur et pre-
sentent un superbe aspect. Les plantes sont taill6es en juillet, assez court; d6s
le mois doctobre, les boutons s'^panouissent et ne cessent plus jusqu*aux mois
de juin ou de juillet suivants. On donne un peu moins d*eau apr^s la talUe.
ClSillet Souvenir de la Malmaison. — Get oeillet, dont il existe actuelle-
ment plusieurs varietes nouvelles des plus remarquables, restera une des
meilleures plantes d'ornement et un des meilleurs 616ments de la confection des
bouquets. Gelui qui poss6de de forts exemplaires aurait tort de les supprimer.
II pourra les placer sur une planche expos6e k I'ouest et 6tendre les branches
sur un sol compos6 de terreau et de sable en enlevant quelques-unes des feuilles
inf^rieures. Ghaque ramification pourra etre raarcott6e; pour c^la on fait une
coupe longitudinale a travers le noeud inf^rieur en prolongeant la coupe un peu
en dessus. On fixe la branche a ce point au moyen d'un petit crochet en ayant
soin de ne pas les detacher. Bientot il se forraera des racines a Tendroit de la
coupe et les jeunes plantes pourront 6tre sevr6es k la fin d'aoilt ou au commen-
cement de septembre.
Engrais pour Glirysanth^mes. — Le D'' A. B. Grikfitiis a fait une serie
d*analyses completes d'un certain nombr'e de plantes existant dans les cultures
et entr*autres du Ghrysanth^me. La plante enti^re, parvenue a pJirfaite matu-
rit6, a donn6 sur cent parties de cendres :
Potasse 16.23
Soude 10.39
Chaux. 26.28
Magndsie 10.22
Acide phosphorique .... 19.52
Oxyde defer 3.66
Acide sulphurique 4.65
Silioe 5.99
Chlorine 3.06
Les plantes a Tetat frais contenaient 2.92 p. c. de nitrog^ne albuminoide. Le
Gardeners' Chronicle en conclut que le guano est pour le Ghr>'santh6me un
engrais utile avec addition de poudre d'os, et il recommande le melange
suivant : nitrate de potasse, une partie ; phosphate de soude, deux parties;
sulfate de fer, un quart de partie ; magn^sie, deux parties et superphosphate de
chaux, trois parties.
Cyclamen persicum. — Ceux qui s'occupent de la r^colte des graines de ce
Cyclamen savent que les capsules pendent vers le sol et qu'il importe de veiller
k ce que les graines soient cueillies avant que les capsules ne s'ouvrent. Pour
cette raison, il est n6cessaire de tenir les capsules au-dessus des feuilles afln
qu'on puisse conslamment les avoir sous les yeux. Ghez MM. Sutton et fils,
— 243 —
on emploie un support m^tallique auquel est attach^, dans une position hori-
zontale, un petit cerceau sur lequel viennent s'appuyer les capsules de graines.
De cette faoon celles-ci sont toujours en vue.
Plantes k feuillage. — Les plantes k feuillage dont il est possible de tirer
parti dans les jardins pendant T^t^ seraient plus utilement employees si on avait
soin de le9 preparer graduellement k cet usage. Lorsque certaines plantes,
jusque-l& tenues en serres plus ou moins cbaudes et plus ou moins humides,
sont expose brusquement k Tinfluence du vent et du soleil, elles se d6pouillent
presque toujours de leur feuillage et ont besoin de beaucoup de temps avant de
se refaire. Peu de v^g6taux contribuent mieux que le Mtisa Ensete a donner au
jardln un caract^re tropical ; mais il faut que la plante passe successivement
de la serre humide k une serre plus temp6r6e et plus s^che et bien ventil^e.
Les Groton eux-m^mes, nous dit Garden and Forest, peuvent 6tre employes
pour d^corer le jardin des contr6es situ^es k la latitude de Philadelphie, mais
pour cela il faut que les plantes soient expos6es en pleine lumi^re, dans une
serre otk la ventilation ait 6t6 particuli^rement soignee une quinzaine de jours
avant la mise en pleine terre.
Ficus eladtica. — C'est dans la serre a multi|)lication que sont plac^
actuellement les jeunes pieds de cette plante ornementale. Plus la v^g^tation
continue activement, une fois qu'elle a commence, et plus les exemplaires sont
beaux et r^guliers. Les feuilles doivent 6tre s6ringu6es fr6quemment. La pro-
pret^ de celles-ci est de rigueur; il en est du reste de tn^me d'un grand nombre
d*autres plantes k feuilles lisses.
Les boutures de t^tes sont les meilleures. En les faisant on a soin de cica-
triser d'abord la plaie ou tout au moins de la frotter avec de la poussi^re de
charbon de bois. Les boutures peuvent 6tre couchees et les feuilles li6es
ensemble, afln de prendre le moins de place. t)6s que les boutures sont bien
enracin6es, on les rempote dans des pots de 0"*10 de diam^tre. On pent leur
donner un melange d'un quart de terre forte; un quart de terre de bruy^re,
un quart de sable et un quart de charbon.
LoLgerstPoeiDiB, indica. — Encore une magnifique plante d*une vakor
ornementale considerable, quand elle montre ses fleurs pourpres disposes en
panicules terminales. Ge n'est certes pas une nouveaute, puisque son intro-
duction de Ghine date de 1759. Get arbrisseau, de la petite famille des Lythra-
ri^, pour donner une brillante floraison, a besoin d'etre plac6 en pleine
terre, en serre chaude, sinon il faut le rencaisser trop souvent ce qui nuit k
sa floraison. II est bon d*enlever les petites brindilles et de raccourcir les
rameaux sup6rieurs vers le mois de mai. La multiplication se fait par boutures
de rameaux de TannSe prec^dente qui r^ussissent d'autant mieux que le bois a
bien mdri ret6 pr^c^ent. Le Lageratroemia reghiae, aux fleurs rose pale, est
— 244 —
aussi une charmante plante m^ritant une place dans les meilleures collections.
Gleichenia. — On a tort d'abuser du rempotage pour ces foug^res, il vaut
infiniment mieuz de les surfacer et de faire usage autour de la motte de racines
d*un melange de terre fibreuse, de charbon et de sable blanc. Le collet devra
se trouver au-dessus du rebord. Au lieu de pots on fera bien d'employer des
terrines ; ces fougferes n'ont pas besoin d'un sol profond.
Opbiopogon Jaboran. — Cette belle esp6ce, k feuilles panach6es, doit
Mre s6par6e de bonne heure si Ton veut obtenir de bonnes plantes avant
rhiver. On peut la multiplier sur couche dans un sol assez riche. On a6re pour
6viter Texc^s d'humidit6. On peut arroser le matin et Tapr^s midi et fermer les
couches k partir de 2 beures. R. d'Eelen.
EXPOSITIONS FLORALES SANS CONCOURS
Le Journal des Orchidies a soulev6 dans son num6ro du 1®'' juin 1894,
une question hautement importante pour les floralies en Belgique. Parlant
de la Temple Show du 23 mai 1894, M. Lucien Linden disait : « Gomme
conclusion, quelques leqons se d^gagent de cette grande floralie. II n'y a pas
de competition ici, chacun expose ce qu*il a; le Jury juge la valeur du groupe
sans comparaison avec d'autres : il n'y a pas de premier ni de deuxi^me....
et tout le monde est content.
cc II faudra en venir la en Belgique, car nos expositions sont devenues
absoluraent ridicules et sans port6e, il faut bien oser le dire.
« Pourquoi cette ancienne manie d'6tablir des concours pour permettre k
une demi douzaine d'amateurs et d'horticulteurs de se prater des plantes et de
se liguer contre un seul? Ge spectacle, r66dit6 de Gand, Fannie derni^re, a 6t6
revu cette ann^e k Anvers. — Je n'en dirai pas davantage cette fois-ci —
mais il me semble qu^il est temps de r^glementer autrement les expositions
chez nous si Ton ne veut pas d6go<iter les exposants s6rieux. »
Le Journal des Orchidies revient sur cet objet dans son num^ro du 16 juin.
Un exposant des plus s6rieux y exprime vertement sa fecon de voir en cette
mati^re. Le syst6me anglais, dit-il, abolissant tout concours, introduit en
Belgique, constituerait une tr6s s6rieuse amelioration, et avec vous je le
demande k tous pour les floralies futures.
Nous partageons cette raani^re de voir et nous conseillons de suivre
Texemple de la Society royale d'horticulture de Londres qui laisse Tamateur
comme Thorticulteur exposer selon sa fantaisie les plantes qui lui appar-
tiennent et qui recompense les apports suivant leur merite et sans etablir de
classement. £m. Rodigas.
— 245 —
CHRONIQUE AGRICOLE
LES VERGERS
Importance de I'ezploitatioii dee finiita en Belglqne. — Souroe de rlchesse
pour ragriculture soufflrante
30 aoQt 1894.
Tout le monde est d'accord que Tagriculture doit subir une complete revo-
lution, et entre tous les remMes, la production fruiti^re (dans les vergers) est
appel^e principalement k lui prater ses tr^sors, en attendant le retour de
Tancienne prosp6rit6 des cultures ordinaires.
Voici quelques preuves, entre mille justifi^es par des faits acquis, de I'impor-
tance du grand revenu provoqu6 par les vergers plant6s au point de vue du
commerce des fruits.
Qui ne connalt ou n'a entendu parler de cette riche contr6e en vergers
silu6e aux environs de St-Trond, Loos, Tongres? II y a lA des villages, perdus
sous les d6mes des magnifiques pommiers, oti les Allemands, les Anglais et
les Russes acti6tent annuellement des fruits pour la somme de 400 k 500,000 fr.
Le commerce des fruits donne k ces parages, au temps des r6coltes, une
animation extraordinaire.
M. Blin d'Orimont, a Beaumont, r6gisseur de plusieurs grands domaines,
me signale, au moment oti j'^cris cet article, que parmi ses fermiers il y en
a qui recoltent, Tune ann6e dans Tautre, pour deux mille francs de fruits, sur
une superflcie de 2 hectares 25 ares.
A Toccasion d*une toum6e que j'ai faite dans la propri6t6 de M. H. ^ G.
(Anvers), j'ai pu voir, en juillet, environ deux mille cerisiers du nord en
toufies (culture facile et simplifi6e), qui lui ont rapporte par pied et en
moyenne une quinzaine de kilos. Evaluons ces cerises au bas prix de 0,30 le
kilo, et nous obtenons un produit de 6,000 francs!
J'ai inontr6 a M. Luycx, juge de paix k Hal, un verger k Waenrode qui a
rapports en une ann6e la belle somme de 4,300^ fr. G'est la recolte de
83 pommiers seulement qui n'occupent pas m^me un hectare de terrel
J'avoue que c'6tait une production exceptionnelle (en 1886), mais la fermiftre
a encore rep6t6 a M. Deudon d'Heysbroegk, grand planteur lui-m^me,
— 246 —
qu'en sept r^coltes successives, elle avait vendu des pommes pour 14,700 fr.
« Plus on plantera, nous disait IMntelligent cultivateur, et plus les fruits
augmenteront comme prix.
a Plus on produira de fruits, plus on les recherchera, et mieux on les
payera pourvu que les variiUs soient de bonne qualitS, car il existe malheu-
reusement trop d'esp^ces m6dlocres. »
i
Gette T^rite, pour 6tre admise par tous ceux qui me lisent, n*a besoin que
d*une explication fort simple : Questionnons nos vieux cultivateurs sur T^tat
de la culture fruiti^re d'il y a une cinquantaine d*ann6es, et tous yous assu-
reront qu*il y avait quinze fois moins de fruits qu*A present. On n*en obtenait
quand m^me qu'un prix insignifiant, on ne savait parfois qu*en faire. Comment
expliquer ce fait?
D'abord on a pris aujourd'hui du goOt pour les bons Aruits; tout*le
monde en mange. Puis les communications sont faciles de nos jours et les '
d^boucb^s innombrables; et enfln on est arrive & tirer parti des fruits, k T^tat
frais, pour la conserve, la dessication, la fabrication des confitures, des
g616es, du cidre, des sirops, etc. Tout est utilise, rien ne se perd, tout part,
pourvu que les esp^ces ne soient pas mMiocres.
Aujourd'hui que toutes les bonnes fermes sont entour6es de vastes vergers,
aujourd'hui qu'il y a infiniment plus de fhiits, leur prix, au lieu de diminuer,
n'a fait qu*augmenter, parce que la vente est plus courante; la Belgique
d'ailleurs a de grands d^bouch^s, et Texportation pour T^tranger se d^veloppe
chaque ann6e.
« Autrefois, me disait M. le baron Snoy, les fruits ^taient tout simplement
le produit d'un accessoire de culture; aiyourd'hui, nos propri^taires savent
s'entendre avec leurs fermiers et comprennent que, par ce temps de crise
agricole, il n*y a plus rien qui produise autant que la speculation des fruits,
et cela, tout en rendant k la propriety une valeur plus s^rieuse avec un aspect
bien plus riant I »
Nous pouvons montrer, un peu k travers toute la Belgique, des champs
feconds, de magnifiques prairies, garnis d'arbres fruitiers k haute tige,
exemples frappants qui flniront bien par ouvrir les yeux du moins clairvoyant.
II n'y a du reste pas un domaine, pas une ferme ot il ne soit facile d'appro-
prier k la nature du terrain des pommiers, des poiriers, des pruniers ou
des cerisiers, s^par^ment ou en melange. Un examen du terrain et du sous-sol
permet de determiner ce choix; c*est une question du domaine pratique que
nous examinerons k part.
Les climats froids et rudes se pr^tent ^galement k la culture fruiti^re en
grand, pourvu que Ton ait soin d'adopter des variet6s rustiques, k floraison
tardive, et des arbres k courte tige abrit^s par des haies d*6picea.
— 247 —
Plusieurs propri6taires, tout en comprenant rimportance des vergers, ont
le deplorable d6sir de faire beaucoup avec peu d'argent; c'est louable od cela
est possible. Mais cette fausse 6conomie conduit souvent k la grave erreur
d'ex^uter les travaux de plantation d'une fagon incomplete, et plusieurs se
contehtent de planter ce qu*on appelle en argot commercial des rebuts de
p6pini6re ou des rossignols. II en rfeulte que ces sortes de vergers ressemblent
tout bonnement k un hdpital d'infirmes! L*on perd du temps et de Targent :
mieux vaudrait ne pas faire de vergers.
Ayant assists k la plantation de milliers d'arbres dans les situations les
plus diverses, j'ai pens6 que je ferais oeuvre utile en d^crivant par la suite les
differents modes selon la nature des terrains et le climat des contr^es.
GUSTAVE MiCHIELS.
NECROLOGIE
Nous avons le regret d*annoncer la mort de M. Auguste Linden, d6c6d4 k
Luxembourg le 10 aotlt dernier, k Vkge de 44 ans.
M. Auguste Linden, raln6 des flls de M. J. Linden, avait d'abord servi
pendant dix ans comme offlcier dans Tarm^e beige; mais il donna sa demission
en 1885 pour entrer k son tour dans la carri6re ot le nom qu'il portait 6tait
si glorieusement connu, et entreprit dans TOc^n Indien, puis au Congo, une
sirie d*explorations qui furent malheureusement arr^tdes par un terrible
accident k la suite duquel il dut subir Tamputation d'une jambe et resta
paralyse de I'autre.
Depuis lors, sa vie avait 6t6 un veritable martyre, et n'avait pu se prolonger
pendant six ann^ que grSce k son 6nergie exceptionnelle et aux soins
afTectueux dont il 6tait entour^.
Ses voyages, quoiqu'interrompus pr6matur6ment d'une fagon si cruelle, ont
produit d'importantes d^couvertes, parmi lesquelles nous citerons principale-
ment des Orchid6es remarquables : Dendrobium stratiotes, streUoceras et
inauditum, Spathoglottis Augustorum, Vanda Lindeni, V, Massaiana, le bel
Aerides Augustianum, le c^l6bre lAssochilus giganteus, VAnsdlia congoen-
sis, etc., et des plantes omementales de valeur : Colocasia Villeneuvei,
Alocasia Augusti et Lindeni, Phrynum variegatum, et en dernier lieu le
superbe Haemanthus Lindeni.
M. Auguste Linden avait 6galement contribu6 k la litt^rature horticole
par la publication d'int^ressantes relations de ses d^couvertes, notamment
dans le Journal des OrchidSes. Max Garnier.
— 248 —
PI. XVI
LILIUM PHILIPPimSE
us DES ILES PHILIPPINES
Cette superbe esp^ce est d'introduction toute recente, mais elle a pris imm^
diatemcnt une place des plus ^minentes, et m^rite d*6tre cit^ parmi les plus
belles et les plus utiles qui figurent actuellement dans les collections.
Elle a le grand avantage d^occuper peu de place, avec sa tige gr61e, ses
feuilles courtes, sa taille modeste, ne d^passant gu^re 40 centimetres. A ce
point de vue, et aussi griice k son parAim moins violent, elle TempoTte sur le
L. longiflorum, dont la fleur est plus ample et fait certainement plus d*effet,
mais qui est un peu encombrant.
A ce propos, il est curieux de remarquer combien ce nom de longiflorum,
qui a pu etre appropri^ dans son temps, est peu distinctif aujourd^hui; eneffet
plusieurs autres esp^ces, L. Neilgherrense, L.giganteum, L. Wallichianufn.ei
enfin celle dont nous nous occupons ici, ont les fleurs plus allong^es et m^rite-
raient mieux cette denomination que Tesp^ce k laquelle elle a ^t^ donn6e.
Le L, philippinense a 6t6 decouvert par M. Roebelen, le collecteur k qui la
famille des Orchid6es doit de riches d6couvertes; il fleurit en plein 6t6.
II se cultive tr^s ais^ment en pots de petite taille, et donne des fleurs de
dimension remarquable en proportion de sa tige.
La culture des Lis est assez connue pour qu'il ne nous paraisse pas n6ces-
saire de Tindiquer ici ; nous aurons d'autres occasions d'en parler.
M. 0.
Distinctions honorifiques. — Nous relevons dans la liste des decorations
du m^rite agricole d6cern6es k la fin de juillet dernier les noms suivants :
Treyve, Fr., horticulteur k Yzeure pr6s Moulins, a obtenu la prime d'hon-
neur d'horticulture au concours regional de Moulins en 1885 et plusieurs m^-
dailles d'or dans d'autres concours et expositions, 25 ans de pratique agricole.
Bauer, Frederic, jardinier principal au service de la ville de Paris, attach^
au Fleuriste municipal de la Muette depuis 37 ans.
Yoil^ des distinctions hautement m6rit6es, et nous fSlicitons sinc^rement
les nouveaux chevaliers.
J.HJCM I'HlI.ll'liM N-I-:
P. De Fannemneker chrom.
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L'lLLUSTRATtON HOfiTICOLE
LILIUM PHILIPPINENSE
P. De PaHtitmntkrr ehre
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— 249
CULTURE DES AMARYLLIS
Beaucoup d*amateurs prennent int^r^t k produire des semis; rien n'est plus
aitrayant, et quoique des progr^s considerables aient d^jA ^16 obtenus dans
ram^lioration des Amaryllis, tant au point de vue de la couleur que de la
forme, il reste encore place pour la production de nouveaut^s int^ressantes.
La production des semis d' Amaryllis ne pr^sente pas de difflcultes particu-
litres, et offre k Tamateur un trds grand attrait.
On devra naturellement choisir pour la f^condation les vari6t6s les mieux
fornixes, les mieux color^es, et combiner les nuances en vue d*obtenir du
nouveau. Les plantes qui fleurissent le plus tardivement paraissent donner les
meilleurs resultats, et Ton aura avantage k attendre vers la fin de la saison.
Les graines Invent rapidement; d6s qu'elles ont une feuille bien d6velopp6e
et que la seconde commence k se montrer, on repique les jeunes semis
s^par^ment dans de petits pots, ou par dix ou douze dans des pots moyens ;
en Janvier ou fevrier, les plantes commencent a montrer assez de vigueur,
et on les rempote en n'en mettant plus que trois ensemble dans les memes
pots, ayant une douzaine de centimetres de diam^tre.
Enfln, lorsque les bulbes prennent un certain volume, on les rempote s6pa-
r^ment, et la plupart des plantes fieuriront la seconde ann6e.
En rempotant les anciennes plantes, il faut avoir soin de leur donner des
pots bien propres, avec un bon drainage, et de ne pas trop remplir les
recipients.
Le rempotage se fera de preference en Janvier ; puis les plantes ne rece-
vront pas d>au pendant un mois a six semaines.
Le compost se forme de trois parties de terre de bruy6re bien consomm^e,
d'une partie de terreau de feuilles, et d'une partie de fumier egalement bien
consomme ; on y ajoute generalement un peu de sable pour rendre le melange
assez poreux. On profitera de ces manipulations pour retrancher toutes les
parties qui seraient pourries et les vieilles feuilles dessecbees.
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Cultures sous verres colorto. — M. Villon a termine recemment une
serie d'etudes et d'experiences d'un grand interet sur la culture des plantes
sous verres de couleur.
— 850 —
Les plantes ^taient places sous des chassis dont les verres pouvalent fkcile-
ment hire remplac^ pour changer la couleur. Les yert*es employ^i ont ^16
les suivants :
10 Yerre colore d*orang6 par une couche de bichromate de potasse, et ne
laissant passer que les rayons jaunes et rouges;
2° Verre violet color6 au manganese, qui absorbe les rayons jaunes et
les bleues;
30 Verre bleu color6 au cobalt, et laissant passer les rayons rouges et
ultra violets ;
4® Verre bleu color6 au cuivre, ne laissant passer que les rayons ultra violets
et absorbant les rayons rouges de Textr^mit^ du spectre ;
50 Yerre reconvert d'une fine couche d*argent, ne laissant passer que lee
rayons bleus;
50 Yerre d'uranium, absorbant une forte proportion de la lumifere ;
70 Yerre dor6 ;
go Yerre rouge color6 au protoxyde de cuivre, absorbant tous les rayons
entre le rouge et le bleu ;
9^ Verre vert color6 au protoxyde de fer, absorbant les rayons rouges.
M. Villon a obtenu les r6sultats suivants, qui sont 6tablis sur la base de
100 repr^ntant la vegetation d'une plante sous verre incolore :
I** Culture BouB verre orang^ au bichromate 150
2^ > > violet au manganese 140
bleu au cobalt 140
bleu au cuivre 120
argents 60
d'uranium 40
dord 40
rouge au protoxyde de cuivre 15
vert au protoxyde de fer 10
3»
4»
5'
6«
7«
8«
9«
On voit que les quatre, et surtout les deux premiers genres de verre ont
6le tr6s favorables k la vegetation, et que par consequent les rayons rouges
et violets sont les plus propices au developpement des plantes; mais, cooime
le fait remarquer justement le Gardeners' Chronicle, le mieux est encore,
lorsqu'on le pent, de cultiver sans aucune espece de verre.
« •
La Banane. — Une collection des produits de la Banane, a ete expose k
Anvers cette annee par le « Stanley Syndicate. » On salt que M. Stanley,
dans son livre In Darkest Africa, avait signaie la haute valeur de ce fruit ;
M. Hartogh, ingenieur k Amsterdam, a fait des recherches sur ses diverses
utilisations.
— 251 —
Le principal m6rite de la banane reside dans sa haute teneur en amidon
(80 ®/o de la pulpe s6ch6e), et par suite elle peut servir k produire de I'alcool
en grande quantity, alcool qui, parait il, est d*assez bonne quality.
Elle se prMe aussi tout particuli^rement k la fabrication du glucose; et sa
farine, m^lang^e a un tiers de farine ordinaire de froment, constitue un
aliment tr^ nourrissant pour faire du pain, des g&teaux, etc.
On peut ^galement Tutiliser pour preparer du gruau, des puddings, des
confitures, des sirops, etc., et T^corce s6chee et r6duite en farine sert. k
engraisser les pores. Enfin, la fibre est employee k fabriquer du papier et
de la corde.
On peut obtenir de plus amples renseignements en s*adressant au Stanley
Syndicate, Avenue Copes, 24, & la Haye.
* •
La rteolte des flniits est tr^s abondante cette ann^e dans la Prusse
rh^nane, et d'apr^s les renseignements des journaux, les prix auxquels ils se
vendent sont tr6s bas. Les poires se vendent k Goblenz fr. 3-15 les 100 kilogr.,
les pommes de fr. 5-50 a 12 fr., les prunes fr. 1-25, les Reine-Claude fr. 3-75,
les abricots de 10 a 12 fr.
En Angleterre, d'apr^s le Gardeners' Chronicle, qui public chaque ann6e
un tableau tr^s complet des r6sultals de la r6colte dans les divers comt^, le
produit de cette annee peut etre appr6ci6 en bloc de la fagon suivante :
Pommes : rendement au-dessous de la moyenne; quality g^neralement
assez bonne.
Poires : tr^ bonne moyenne; quality satisfaisante.
Piches : quantity moyenne; quality bonne.
Prunes : rendement un peu au-dessous de la moyenne; quality g6n6rale-
ment bonne.
Cerises : rendement au-dessus de la moyenne ; quality g^n^ralement bonne.
Praises : rendement inf6rieur; qualite laissant k d^sirer.
Abricots .*• rendement moyen; quality g6n6ralement bonne.
Xoijc : bonne moyenne, sauf en Ecosse, en Irlande et dans le Pays de Galles;
quality bonne.
Petits fruits (groseilles, framboises, etc.) : rendement moyen comme quan-
tity et comme quality.
Le Dictionnaire pratique d*liorticulture et de Jardinage de Nichol-
son, traduit en frangais et adapts par S. Mottet, vient de publier sa
27« livraison, de sorte que ce vaste ouvrage a d6j^ plus d'un tiers achev6.
La nouvelle livraison va jusqu'au mot Gossypium, et renferme une belle
planche coloriee de deux formes d*Haemanthus, ainsi qu*un grand nombre de
— 25? —
gravures Teprteentant divers Gloxinia, Glai'euls, Girofl^, Godetia, GiUa,
Gnaphalium, Goodyera, etc.
Rappelons que cet ouvrage tr^s complet, et indispensable k toute personne
s'occupant de culture a un point de yue quelconque, est Mit6 chez M. O. Doin,
8, place de TOd^on, k Paris, et que cbaque livraison se vend separ6-
ment fr. 1-50.
» «
La Soci6t6 dipartementale dliortioultare de la Seine tiendra du 2 au
9 septembre procbain, place de la Mairie, k Saint-Maur-les-Fosste (Seine),
une exposition de tous les produits de Tborticulture, de la viticulture, de
Taviculture et de Tinsectologie borticole.
De nombreux prix d'honneur seront d^cemds aux laur^ats et les compagnies
de cbemins de fer ont accorde 50 % de reduction sur le transport des produits.
Les demandes d*admission devront 6tre adress^ a M. L. Ghaure, pr^ident
k la mairie de Saint-Maur (Seine).
• «
Une ezpositioa Internationale de culture fruiti^re et potag^re et des
d6riv6s aura lieu du 10-12 septembre au 31 octobre-12 novembre k Saint-
Pdtersbourg.
Gette exposition aura une grande importance. Le gouvernement frangais a
accord^ un cr6dit de 160,000 francs pour la participation de la France.
«
• *
Les porcs-6pics causent, parait-il, beaucoup de d^gkis aux p^chers en
Califomie; ils grimpent sur le tronc, attirent k eux les fruits, et en rongent
les parties les plus succulentes, en laissant le reste sur Tarbre. Les cultivateurs
sont obliges de faire la guerre k ces animaux et de les d^truire.
LES GLOXINIA DE M. KEGELJAN
Tous les amateurs des choses de Thorticulture connaissent au moins de
reputation le doyen des orchidophiles beiges, M. Ferd. Keoeuan, dont la
collection d'0rchid6es est si remarquablement choisie et cultivte, et dont la
haute competence n'est pas moins appr6ci6e que Texquise urbanite.
Mais M. Kegeuan ne reserve pas aux Orchid6es seules son admiration et
ses soins; et si elles occupent dans ses serres la place d'honneur, le reste
m^rite cependant d*6tre mentionn^.
La gravure ci-contre ne donnera qu'une id6e bien faible de la splendeur
— 263 —
d*une collection incomparable de Gloxinia que nous ayons adinir^ r^cemment
chez M. Kegbljan. Voici d'ailleurs un extrait d'un article qu'a public k ce
sijget M. Charles de Bosschere :
« Parlons d'abord du jardin situ6 en pleine ville. Au premier pas qu'on y
fait, on s'arrdte involontairement ; I'impression que Ton ressent k la yne de ce
coin privil6gi6, vous arrache des cris d'admiration. Tel fut le cas pour nous
tous et parmi nous, il y avait des amateurs ayant beaucoup vu, et du beau et
du selected!
La pelouse, sans aucune exag^ration, m6rite d'Mre appel6e un tapis : tr6s
court, ras6 en un mot, le gazon est d*un vert si frais, si sain, qu'en pleine
campagne, \k od le grand air exerce son influence. Ton ne saurait r^ver
mieux. Dans cette pelouse, nombre de corbeilles rayissantes, toutes au plus
joli. Vraiment, s'il entrait dans ma nature de chercher k critiquer quelque
d^faut, je perdrais mes peines ici.
Les corbeilles de Begonia tub6reux avec leurs masses de fleurs amples d'un
colons ^clatant, de Begonia Massangeana avec leurs* coroUes d'un rouge
brique et leur feuillage abondant et d^coratif, de Pelargonium zon6s avec les .
toujours jolis bouquets de fleurs si connues et appr6ci6es, m^me une corbeille
en mosaiculture plac6e juste devant rentr6e principale des serres, toutes sont
k louer et entretenues avec beaucoup de soin.
Les murs sont tapiss6s de lierre. Gontre celui de gauche, une large plate-
bande est garnie de grands pieds de Fuchsia k fleurs simples et k fleurs
doubles, de Pelargonium k feuilles zon6es de noir, de rouge, de jaune, de
Lobelia avec leur multitude de mignonnes fleurettes bleu ciel au centre
desquelles rit un petit oeilespiftgle; ces avalanches de fleurs, quoiquevulgaires
et peut-6tre parce que vulgaires, font le charme de cette bande de terre qui
est bord^e de plantes au feuillage menu et color6, tel que celui des Alternan-
thera, dont on fait de si artistiques dessins, quand le goCit du beau est suffl-
samment d^velopp^.
L'autre cdt6 du jardin est plantfe de Glematites qui tapissent les murs de
leur verdure et de leurs innombrables fleurs amples au coloris intense. Gitons
encore un enrochement envahi par la den telle des frondes de Foug^res, un
Prunus Pissardi qui m6rite de trouver place dans tous les jardins oft il pro-
duirait le meilleur effet, dans les pelouses surtout.
Gontre la serre principale occupant le fond du jardin, quelques centaines
de Begonia semperflorens Vernon, de belles plantes au feuillage bronze luisant
et couvertes de fleurs d'un beau rouge ros6 avec, au centi'e, une masse d'un
jaune intense tout k fait charmant. Gette orgie de petites coroUes est contenue
dans des limites raisonnables par une bordure de Lobelia bleu fonc6, coeur
blanc! Iraitez cela, ami lecteur, vous en serez satisfait.
Fig. 47. — Vue dans une serre de M. Kboeljan.
— 256 —
Tous les regards sont attires par les Gloxinia qui occupent une table de
forme ovale placte au milieu du corps central de la serre. L'on ne saurait se
faire une id4e de la richesse de tons qu*offrent ces fleurs, dont les dimensions
et la correction des formes 6tonnent et cbarment k la fois. Nulle part, pas
m^me en Angleterre — un des cultivateurs les plus renomriife de ces plantes,
M-bas, Ta affirm^ — nulle part Ton ne saurait trouver des fleurs aussi brillaktes
'que celles que nous avons tant admir6es chez M. Ferdinand Kegeljan.
n y a quinze ans que M. Kegeljan a commence Tbybridation de ces plantes,
jadis fort choy^es k Anvers aussi, quinze ans qu'il a eu le courage pers6v6rant
de faire une rigoureuse selection dans ses semis, de rejeter impitoyablement
tout ce qui n*6tait pas sup^rieur. Qrkce k ce courage bautement louable, la
collection de Gloxinia de Namur deUe toute comparaison.
Nous regrettons amdrement de ne pas pouvoir, en quelques traits, faire le
portrait de certaines des plus merveilleuses d^entre toutes ces beaut^s; nous
aimerions, notamment, d^peindre tout le charme in^dit du dernier gain, cette
magistrate fleur 4 gorge 6vas^e et dessin^, de baut en bas, de larges raies
de couleur fonc^e et qui donnent k la fleur quelque cbose de si nouveau, de,si
sup^rieurement beau qu'on ne cesse d'admirer et de louer. »
LA MALADIE DE LA POMME DE TERRE
Nous croyons utile de publier la traduction de la communication ci-apffes
du Ministre de TAgriculture de la Grande-Bretagne, dont les renseignements
trfes pratiques ofl'rent aux cultivateurs un r6el inter^t :
Descriptton' da champignon (Phytophthora inlbstans) ■
Le cbampignon qui cause cette maladie de la pomme de terre appartient k
la famiile d^sign^e sous le nom de Peronosporeae, et est design^ speciflquement
sous celui de Phytophthora infestam. II attaque les plants de pomme de terre
au moyen de conidies, ou spores microscopiques, transport6es par le vent, les
insectes, les chiens, les lapins, les li^vres, les renards ou les etres humains,
ou au moyen de spores des mycelium, ou centres v^g6tatifs, produits k Tint^-
rieur des plantes en v6g6tation, et provenant des tubercules infects. Pendant
les 6t6s tr^ cbauds, comme celui de 1893, il n'y a gen6ralement que tr^s peu
de maladie. Au contraire, il a 6t6 observe que le champignon a fait de rapides
progrfes sous Tinfluence d*une temperature variant entre S^ 1/2 et lO** G. pour
la nuit, entre 14® et 15® G. piour le jour. D'une fagon g6n6rale, on pent dire
— 256 —
que la maladie de la pomme de terre est produite, et cause des dommages plus
ou moins s^rieux, par un temps chaud et pluvieux, et surtout apr^ les pertur-
bations 61ectriques, et fait son apparition entre le 25 juin et le commencement
d*aotit.
Les premieres indications de la maladie aux yeux de Tobservateur super-
ficiel sont des taches brunes sur la face sup^rieure des feuilles. Ges taches sont
causes par Faction des spores du champignon qui ont p^n6tr6 les surfaces^
inf6rieures des feuilles et exerc^ leur action destructive k travers la masse de
la feuille. II s*est form6 sur les faces inf^rieures des groupes de fils blancs
soyeux qui engendrent rapidement des spores, lesquelles sont diss^min^ par
le vent ou par d*autres agents, et vont infecter d'autres pleds de pomme de
terre. II est done de la plus grande importance d'emp^ber, s*il est possible,
les spores de germer. Si Ton ne pent pas y parvenir, on s'efforcera d'arrfeter
leur d^veloppement, de les empdcher de former des centres v6g6tati£3 qui
produiraient des quantitds innombrables de spores, ainsi que les hyphae
analogues k des racines, qui envahissent le tissu des feuilles et les tiges, pro-
duisent une pourriture pr^maturee, et flnalement descendent jusqu*aux tuber-
cules qui se gfttent.
Moyenfl pr^ventlfii et remMes
En passant en revue les nombreux essais exdcut^ pendant ces derni^res
ann^s en Grande-Bretagne et en Irlande, ainsi que dans beaucoup de pays
strangers, on constate que le traitement des plantes par des compositions de
sulfate de cuivre et de chaux a 6te employ^ pr6ventivement avec de bons
r^sultats dans la plupart des cas, pendant les saisons de maladie; mais le
traitement n*a pas constamment 6t^ couronn^ de succ^s, et dans quelques cas
Tapplication de ces compositions aux plants de pomme de terre a mSme paru
avoir un effet nuisible sur le rendement.
N6anmoins, dans Tensemble, 11 est sufflsamment 6tabli que les plants de
pomme de terre trait^s au sulfate de cuivre offrent beaucoup plus de resis-
tance aux attaques du champignon de la maladie que les plants qui n'ont pas
subi ce traitement. II a 6i6 prouv6 6galement que quand les plants de pomme
de terre ont 6t6 attaques par ce champignon, le traitement aux compositions
de sulfate de cuivre produit une amelioration sensible, et a arrets les progr^
de la maladie dans beaucoup de cas.
M. GiRARD, la plus haute autorit6 en cette mati^re, fait remarquer qu*il est
tr^s imprudent d*attendre que la maladie ait fait son apparition pour appliquer
les compositions de sulfate de cuivre, car le champignon se d^veloppe, dans
des circonstances favorables, avec une telle rapidity que les cultivateurs n^ont
pas le temps d*organiser et d'ex^cuter des mesures defensives. Le traitement
— 25^ —
doit 6tre adopts comme moyen pr6ventif, m^me lorsqu'il n'y a pbs encore de
maladie. Bref, le traiiement est une assurance contre la maladie ; mais il ne
feut pas oublier que les resultats, tant comme prevention que comme defense,
dependent dans une tr^s grande mesure de T^poque et de la mani^re dont il
est applique, ainsi que de la nature, de la preparation et de la distribution des
compostiions.
Compositions
La composition la plus commun^ment adoptee est la suivante : sulfate de
cuivre, 9 kil. ; chaux, 4 1/2 kil.; eau 450 litres.
Gette composition a 6i6 reconnue suffisamment forte pour tous les cas, et
ne &it pas de tort aux feuilles si elle est convenablement et r6gulierement
distribute, et si on ne Tapplique pas aux plantes tr^s jeunes.
On emploie quelquefois une composition plus faible, faite de 6 3/4 kil. de
sulfate de cuivre, la moitie de chaux, et de 450 litres d'eau.
Certains exp^rimentateurs pr^ferent cette composition, particuli^rement
pour les plantes dont les feuilles sont jeunes et tendres. Dans des essais faits
en Irlande Tann^e derni^re, on a trouv^ que cette composition n*6tait pas aussi
efBcace pour traiter les pommes de terre Champion, dont le feuillage est
grossier, que celle contenant 2 ®/o de sulfate de cuivre.
M. GmARD pr^conise une autre composition, form6e de 9 kil. de sulfate de
cuivre, 9 kil. de chaux, 9 kil. de m61asse et 450 litres d'eau.
Les avantages de cette composition n'ont pas 6t6 constat6s en Angleterre,
mais dans les temps humides, la m^lasse ferait probablement mieux adherer le
sulfate de cuivre aux feuilles.
Pr^papation des compositions
On doit se servir de sulfate de cuivre pur. Le sulfate de cuivre ordinaire
du commerce renferme une forte proportion de sulfate de fer, qui diminue son
action, et donne k la composition une couleur vert sale.
La chaux doit fttre de la meilleure quality, bien cuite et non eteinte.
Le sulfate de cuivre, pes6 k peu pr6s, doit etre dissous dans de Feau froide,
dans un recipient en bois ou en cuivre. Un bon proc^de consiste k le mettre
dans un sac en toile grossi^re, et k le laisser pendre dans Teau sur le bord
du recipient.
La chaux doit etre eteinte dans Teau froide dans un recipient s^pare, et le
melange, une fois refroidi, est verse dans le recipient contenant le sulfate de
cuivre; on passe au tamis fln pour enlever les grumeaux et autres petits
morceaux ; puis on remue bien le tout. On obtient ainsi un liquide bleu vif,
quand le melange a ete bien prepare.
— 258 —
Les bassins, seaux et autres recipients dont on s*est servi pour le sulfate de
cuivre ne doivent pas 6tre employfe pour la nourriture des animaux, cette
substance 6tant v6n6neuse.
Application
Quand on op^re sur de petites surfaces, la distribution de la composition
pent ^tre effectu^e au moyen de machines portatives contenant environ
13 k 14 litres. II existe plusieurs sortes de machines de ce genre, qui se
vendent k des prix mod^res. Un homme pent r^pandre la composition sur
15 k 20 ares par jour avec ces machines.
Sur de grandes surfaces, il faut une machine trainee par un cheval. De
cette faQon, on peut traiter de 325 k 480 ares par jour.
La quantity de composition employ^ ordinairement varie entre 12 i/s et
17 litres par are.
On doit avoir soin d*6pandre la composition d*une &Qon r^guli^re, au moyen
de tuyaux de petit diam^tre flx^ a la machine et que Ton peut facilement
diriger dans divers sens, pour asperger ^galement la face sup^rieure et la face
inf(grieure des feuiiles. Quoique les avis soient tr^s partag^s sur la n6cessit6
d'asperger la face inf6rieure des feuiiles, il est certain que la maladie commence
la, et il semblerait m^me plus important d*appliquer les mesures preventives
k la face inf^rieure qu*^ la face sup^rieure.
La distribution sera plus facile si Ton emploie des machines pourvues de
filtres, et si Ton agite constamment le melange.
Lorsque le traitement a ete bien et reguli^rement applique, les feuiiles une
fois s^ches doivent etre couvertes, en dessus et en dessous, de taches bleu vif.
II peut etre n^cessaire d*asperger les plantes une seconde fois, lorsque de
fortes pluies surviennent et lavent la preparation depos^e sur les feuiiles.
Si la maladie s^etend encore apr^s le traitement, il sera bon de r^peter
Tepandage.
Co<kt da traitement
II a ete indique que le coClt du traitement varie ordinairement entre 10,60 fr.
et 13,75 fr. par 40 ares pour chaque application de la composition de 2 **/© de
sulfate de cuivre. La composition renfermant de la meiasse revient de 13 fir.
k 16,25 fr. pour 40 ares.
— 259 —
LES ROSES DE 1893 EN AN6LETERRE
Comme suite k Tarticle que nous publiions sous ce litre, il y a deux mois,
nous reproduisons ci-apr6s quelques notes descriptives donn6es par le GarcU"
ners' Magazine :
Marchioness of Londonderry. V6g6tation excellente, plante florifere et
robuste. Les fleurs se sont bien ouverles cette saison sur des pieds qui fleu-
rissaient pour la premiere fois, et mon impression leur a 6t6 beaucoup plus
Ikvorable que quand elle a remport6 la mMaille d'or Fannie derni^re, Ainsi je
craignais qu'elle ne flit trop double pour bien s'ouvrir a moins que la saison ne
flit exceptionnellement s6che et ensoleill6e, ce qui n'a pas et6 pr6cis6ment le
cas. La fleur est d'un beau blanc, mais non blanc pur; Wane d'ivoire traduit
bien sa nuance.
Princess May, de MM. W. Paul et fils, est une superbe rose k cultiver en
pot. Cette saison, elle a aussi tr6s bien r6ussi chez nous en pleine terre, mais le
coloris n'a pas 6t6 aussi net que nous Taurions d6sii'6. Je n'ai pas encore eu
d'aussi belles fleurs que celles que I'obtenteur a montr^es au Temple en 1892.
On Ta d6crite comme 6tant d'un « rose doux opaque, » mais je crois que cette
description ne lui rend pas justice. Geux qui n'ont pas vu combien le mot
« opaque » s'applique mal a cette ravissante nuance risqueraient de la
d6daigner. Elle a un port et une allure splendides ; ce n'est pas tout a fait une
rose grimpante, mais elle ressemble k la Gloire de Dijon comme feuillage et
comme bois, k part ce point.
Corinna, une vari6t6 parfum6e de Th6, de la m^me firme, est Tune des plus
distinctes des roses cultiv6es. Pousse bien, fleurit abondamment, et a une
excellente forme. Le coloris est particulier, et je crains qu*une description
^crite ne puisse pas traduire ses nuances d61icates ; on pourrait dire un rose
chair tendre, lav6 de rose fauve et cuivr6. II y a peu de vari6t6s plus flori-
l^res. G'est une rose qui deviendra certainement populaire parmi les amateurs
de coloris uniques.
BeauU inconstante est, comme son nom Findique, tr^s variable, autant que j'ai
pu en juger : carmin, jaune et cuivre m61ang6s parfois en une nuance, parfois
en une autre, quelquefois passant presque au blanc. Tr^s jolie ettr^s nouvelle.
Bridesmaid est consid6r6e comme un progr^s sur Catherine Mermet, mais
pas aussi fonc6e que Waban. Mais j*ai eu tant de fleurs qui pr^sentaient le
m^e coloris, notamment une forme vive de Catherine Mermet que j*ai depuis
des ann^es, que je ne vois pas \k une amelioration de couleur aussi marquee
que certains le disent.
— 260 —
Maman Cochet est de croissance excellente, les fleurs son! grandes, pleines,
et d*une forme exquise dans les premieres phases. Gomme couleur, un melange
de jaune saumon6 et de carmin.
Kaiserin Augusta- Victoria est une merveilleuse rose th6 hybride. Ge n'esl
pas une rose de 1893. mais quoique mise au commerce en 1891, elle paraissait
presque inconnue jusqu*a cette ann^e. Blanche, avec le centre jaune pale, plus
marqu6 quand la fleur est jeune; grande, pleine et de belle forme.
Crimson Rambler, la rose sensationnelle de M. Turner. II est inutile d*en
parler longuement, car tous ceux qui ont lu les journaux horticoles depuis
deux ans ont probablement lu une description d6taill6e de cette superbe nou-
veaut^. G*est une rose vraiment splendide k tous les points de Tue. Je n*en
connais pas de croissance plus robuste, et ce sera Tune des roses les plus
cultiv^s pendant la prochaine saison. Elle r^ussit bien en plein air et en serre.
Mrs Harkness est un jeu de Texcellente rose pr6coce Heinrich Schultheis.
Je remarque que d*apr^ MM. Paul et fils, c*est probablement la m&me que
leur Early Blush. Je n*ai pas yu cette dernidre, mais elle est aussi issue
d'un jeu de la m6me vari6t6. Mrs Harkness a 6t6 extrfemement belle chez moi
cette ann^e sur des pieds fleurissant pour la premiere fois ; c'est une des roses
les plus agr^ablement parfum^es, et tout k fait distincte, sauf la reserve pr6-
c6dente. Je crois bien que c'est le second cas d'une vari6t6 produisant le m^me
jeu k deux endroits diffferents, comme The Queen et Souvenir de S. A, Prince
issus de Souvenir d'un ami, J'ai vu Mrs. Harkness k Chester en 1892, et elle m'a
beaucoup impressionn^. Le colons est un rose lilac^ argents clair d*une extreme
4
d^lic^tesse, et le port, la floribondit^, la rusticity ne laissent rien k d^irer.
Charles Gater est tr6s distincte. Lors du Temple Show, k ce printemps, elle
6tait superbe. Au Crystal Palace, le mois dernier, nous Tavons revue plus
brillante qu'k Vordinaire, quoique pas aussi grande ni aussi pleine qu'k une
^poque moins avanc^e de Fannee. Le coloris est un cramoisi trte fonc^, avec
un reflet plus fonc^ de la m^me nuance, si fonc^ qu*on Ta d^rite comme
cramoisi-brun&tre.
Duke of Fife, un jeu de l^ienne Level, peut 6tre decrite bri6vement comme
une forme cramoisie k reflets fonc6s de son parent. J*en ai eu de belles fleurs
cette ann6e, et j*en ai vu de belles expos^es k la saison derni^re.
Spenser a 616 flgur6 dans le Gardeners' Magazine de 1892. C'est une superbe
forme de la Baroness Rothschild, plus fonc6e et tr6s double.
Captain Hayward est une des plus 6clatantes et des plus riches parmi les
Hybrides perp6tuels. Elle est particuli^rement floriffere, pas tr^s pleine, mais
elle a les p6tales longs et unis, conservant leur belle forme pendant longtemps.
Cest Tune des roses cramoisi carmin6 les plus brillantes que nous ayons, et
qui deviendra certainement une pr6cieuse acquisition pour les cultures.
A. Pjpbr.
— 261 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Septembre 1894.
Tamariz en Tunisie. — La Soci6t6 nationale d*acclimatation de France
poupsuit ses louaWes eflforls pour r^pandre en Tunisie des v6g6taux utiles
convenant a celte region. La culture du Tamarix y est faite actuellement avec
succ6s. Des terres consid6r6es comme n'ayant aucune valeur ont 6t6 plant6es
de Tamarix et offrent d^jA une tr6s belle vegetation. Le Tamarix cultiv6 dans
un sol tr^s humide atteint de grandes dimensions. Dans le domaine de la
colonic frangaise du Sud Tunisien on cite un ^chantillon, plante il y a 6 ans,
dont le tronc mesure plus d'un m6tre de circonf(§rence et qui a d6jA une
hauteur de pr6s de 7 metres. Le Tamarix est, de la part des Arabes de cette
region, Tobjet d'une grande v6n6ration. Ge serait un sacrilege de brtller une
branche de Tamarix ; de plus, le malheureux qui tenterait la chose serait
frapp6 de c6cit6 par la fum6e qui se rabattrait sur lui I Gela n'emp^che pas
que tous les Arabes ont leur baton de Tamarix : c'est leur porte-bonheur.
• ♦
M. Louis Fuchs, professeur d'architecture a I'Ecole d'horticulture de
TEtat, k Vilvorde, depuis plus de 35 ann6es, a 6t6 Tobjet d'une manifestation
des plus sympathiques. Les professeurs, les el6ves actuels et les anciens 616ves
de Tetablissement se sont r6unis pour feter I'estimable jubilaire. lis lui ont offert
un gracieux souvenir qui lui a 6t6 remis dans un banquet. Par arrets royal du
27 juillet dernier, la croix civique de l""® classe a 6t6 d^cern6e k M. Fuchs qui
est Offlcier de FOrdre de Leopold depuis 1885. M. Fuchs porte tr6s alldgrement
ses 76 ans. On salt qu'il est Fauteur d'une s6rie de squares de la capitale,
entr'autres ceux du palais ducal, de la place du Tr6ne, du pare du Ginquante-
naire, du Petit-Sablon, de la porte de Hal, etc. II a trace les jardins du Waux
Hall de Mons, les boulevards de Tournai, le pare Leopold d'Ostende et les
jolies promenades de Spa.
Le Bulletin de la Soci6t6 oentrale foresti^re de Belgique donne,
dans son num^ro d*aoClt 1894, des details int^ressants sur le pare de Long-
champs situ6 pr^s de Waremme et appartenant k M. le baron de Selys. On
— 202 —
y voit un grand nombre de beaux arbres, entr*autres un chfene, appel6 GMne
du marechal Jourdan, ayant 3™50 de circonf6rence et portaut, chaque annfe,
une centaine de nids de corbeaux/ Ge ch^ne est le seul qui fftt conserve lore
de rexploitation d'une futaie de chines appel^ bois des tombes, par allusion
aux deux tumulus qui s'y trouvent encore. Ge d6frichement eut lieu k T^poque
de la Revolution frangaise.
♦ •
Flore du Bas Congo. — M. Em. Laurent, professeur k Tlnstitut de
Gembloux, a donn^ en avril dernier, k la Soci6t6 royale de botanique, k
Bruxelles, une conference sur la vegetation du Gongo. G'est surtout le pays
des forets qui Ta frappe dans son rapide voyage. II a signaie les arbres qui
constituent ces forets tropicales, associes k des plantes epiphytes, Orchidees,
Foug^res, Gactees et Aroidees, puis k des lianes aux tiges de 80 metres, les
unes greies, les autres pareilles k des cfibles gigantesques, et, au-dessous des
etages plus eieves, des especes herbacees dignes de flgurer dans nos serres
chaudes. Ailleurs, c'est VElaeis guineensis, bien connu dans nos cultures;
ailleurs encore, un arbre de la famille des Legumineuses, le Pentaclethra
macrophylla, dont les graines sont riches en huile comestible ; puis les lianes
k caoutchouc. La conference s'est termin6e par un apergu des nombreux
vegetaux qui pourraient etre cultives dans le Bas Gongo.
* «
M. P. Henri Doucet, Gonseiller communal k Bruxelles, Administrateur
des Hospices de la capitale. President des Gommissions de haute surveillance
du Jardin botanique de TEtat et de TEcole d'horticulture de Vilvorde, est
decede le l®*" septembre 1894, k Fage de 71 ans, apres une courte maladie.
Tous ceux qui ont connu cet homme de bien garderont le souvenir de son
urbanite, de sa deiicatesse et de sa loyale franchise. II s'acquitta de toutes ses
fonctions avec ardeur et perseverance et se distingua toujours par Teievation
de son esprit et les nobles qualites du coeur.
• ♦
Tempdte k Utrecht. — La journee du 6 aoOt a ete marquee sur divers
points de la Hollande par une epouvantable tempete de pluie et de greie.
M. WiTTE, chef des cultures du Jardin botanique de Leyde, decrit dans le
journal Sempervirens quelques-uns des degats survenus dans ce jardin. Les
greions ont atteint un volume incroyable. Vers 5 ijt heures du soir, Vobscurite
etait celle de la nuit. Ge n'etait pas, dit-il, un orage ni une chute de grele,
mais une veritable chute de glace. Les glagons tombaient avec une telle force
qu'ils rebondissaient k un metre de hauteur. Ona mesure des greions ayant
de 3 & 4 centimetres de diametre. Naturellement toutes les vitres des serres,
— 263 —
bSches et couches, ont 6t6 bris6es. M. Witte insiste sur la forme diflgrente
des gr^lons qui 6taient de deux sortes. Les uns 6taient de forme nettement
ovoide, clairs comme des cristaux, ayant k rint^rieur un noyau blanc et mat ;
les autres 6taient des morceaux de glace tr6s irr^guliers et tels qu'on en
obtient, lorsqu'on brise un glagon en morceaux. II est Evident que ces derniers
ont caus6 le plus de mal. Les journaux politiques d'Utrecht mentionnent k la
m^me date des d^glits fort considerables chez les cultivateurs.
« *
Le Phylloxera en Champagne. — Les taches phyUox6riques s*6tendent
rapidement dans les vignobles champenois, malgr^ les efforts des agents du
syndicat anti-phyllox6rique. On signale les envahissements du redoutable
ennemi sur une dizaine de points, dans les arrondissements de Rheims, Epemay
et Gh&lons.
♦ »
Une carte postale d*un nouveau genre. — Un habitant de Strasbourg
a requ r6cemment une carte postale des plus curieuses envoy6e par Tartiste-
peintre Gronau qui voyage en ce moment au Canada. Gette carte 6tait faite
d'une 6corce d'arbre; d'une part 6tait coll6 un papier avec Tadresse, sur Tautre
face la communication ^tait taill^e tr^s lisiblement au couteau. L*estampille
postale du lieu d*origine n'est pas lisible.
« «
Soei6t6 pour Tavancement de Thortioulture dans les ]£tats prussiens.
— II r6sulte du rapport du Gomi*t6 de cette soci6t6 que celle-ci progresse
d'une faQon sensible. A la fin de juin 1894 elle comptait 700 membres effectifs.
Ind^pendamment des expositions et des meetings, la soci6t6 donne des confe-
rences mensuelles qui sont en g6n6ral tr6s suivies; de plus, elle a offert,
comme d'habitude, des m6dailles d'or, de vermeil, d'argent et de bronze k
d'autres soci^t^s et k des commissions jubilaires. La soci6t6 publie un organe
tr^s estim6, La Gartenflora, sous la direction savante du D"^ L. WirridACK. Elle
poss^de un jardin d'exp6riences dans lequel sont essay6es un grand nombre
de nouveaut^s, ainsi qu*une 6cole professionnelle de jardinage ; eUe ne neglige
rien pour r^liser le but de sa fondation.
• ♦
La Gasse, fort en usage autrefois en mMecine, dans les fi^vres inflamma-
toires, est moins utilis6e de nos jours. G'est la pulpe noire, ^paisse, douce,
sucr^e, quelque peu acidul^e, dont sont entour^es les semences contenues dans
la gousse ligneuse, ind^hiscente, de plusieurs esp^ces du genre Gassia, famille
des G^alpiniees. La m^me branche porte souvent une douzaine de gousses
divis^es en loges form^es par des cloisons transversales renfermant chacune
une semence de forme elliptique, plus ou moins aplatie, de couleur rouge&tre.
— 264 —
La gousse atteint quelquefois un demi m^irede longueur.GhimiquemeDt la casse
se compose de 237 parties d'eau, 5 parties de substance amfere, purgative,
8 parties de glutine, 15 parties de gomme, 31 de pectine et 148 parties de sucre.
« *
L*6t6 de 18M. — Le mois de juin a 6t6 plus chaud que la moyenne ordi-
naire. Gependant la temperature n*a atteint aucune fois 30<^ et la moyenne des
temperatures les plus 61ev6es n'a pas d6pass6 19**7. Depuis le 21, le ciel a 6t6
assez serein et il n*y a pas eu de precipitation d*eau. Le mois de juillet a donne
98'""4 d'eau k Tudom^tre de FEcole d'horticulture de Gand. Les orages ont 6te
frequents et la temperature a atteint 34^ le 7 et le 25 ; 35^ le 2 juillet, et
37<*1 le 3 du mois. La moyenne des temperatures les plus eievees a ete pour
le mois 24<*1. Le mois d*aoftt a ete relativement froid et tres humide, avec une
persistance marquante des vents de sud-ouest. La temperature n'a guere
depasse 32**9, relevee une seule fois, le 7 aotit. L'udometre a donne 73°*"5.
• •
Prodrome de la Monographie des Roses. — Le genre Rosa est le
groupe de plantes sur lequel on a le plus ecrit ; sa bibliographie compte plu-
sieurs centaines d'ouvrages. II semblerait que parmi tant de publications le
botaniste ou amateur pftt trouver un guide propre k lui faire connaitre ce
genre; il n'en est rien, ce guide fait defaut. M. Fr. Grepin, directeur du
Jardin botanique de TEtat, k Bruxelles, a consacre k retude du genre rosier
et k la classification des especes qui le composent plus de trente annees d'un
travail consciencieux. II a epuise toutes les sources d'information, il a mani6
successivement tous les types et flnalement il va livrer k la publicite le resultat
de ses longues investigations. Son Prodrome de la Monographie des Roses
sera publie Thiver prochain.
• •
Soci6t6 nierlandaise dhorticoltore. — Dans les meetings du 9 juin, du
14 juillet et du 11 aoftt 1894, des certificats de 1~ classe ont ete decern^s a
MM. Groenewegen et G»«, k Amsterdam, pour le Caladium Cassaruahy;
k MM. E. H. Krelage et fils, k Haarlem, pour le nouveau Richardia hyhrida
rturafa et pour de nouveaux Glayeuls; a MM. Zocher et G»«, a Haarlem, pour
les Nymphaea Marliacea chromatella et N, M. rosea; k M. Egb. Kloosterhuis,
a Veendam, pour de nouveaux Berberis et Sorbus Aria et argentea. Des
mentions speciales ont ete accordees k MM. E. H. Krelage et flls, pour des
collections d'lris germanica et hispanica et pour une collection de 95 vari6t6s
de Paeonia sinensis.
*
Bols de la Suisse. — La Bevue des Sciences naturelles appliquies eyalue a
deux millions de francs la valeur des bois qui ont ete exportes en 1893, du
— 265 —
seul canton de Fribourg. Malgr6 les nouveaux tarifs frangais, une grande
partie de ces bois a 6t6 dirig6e sur la France. Gela s'explique : les bois de ce
canton sont sup6rieurs par leur finesse a beaucoup d'autres.
« «
La Sandaracpie est une substance resineuse qui, rMuite en poudre tr^s
fine, 6tait pass6e autrefois sur le papier gratt6 et permettait ainsi d*6crire
ais^ment. La substance entre aussi dans la composition des vernis. EUe tombe
des rameaux de certains conifferes, tels que le Gen6vrier, le Thuya, le Cyprus.
Longtenips la Sandaraque d'Algerie a ete consid6r6e comme la meilleure. Au
point de vue chimique, la substance provenant actuellement de la Nouvelle
Galles du Sud et produite par plusieurs esp^ces de Gallitris et plus sp^ciale-
ment par les Gallitris verrucosa et calcarata, est identique avec la Sandaraque
alg^rienne.
• »
Un Pterocary& remarquable. — Get exemplaire est signal^ dans le
Gardeners' Chronicle comme a noble tree, II se trouve dans le pare de
Claremont, r^idence de S. A. R. la Duchesse d' Albany. G'est un Pterocarya
caucasica, au tronc tr^s massif, dont les branches s'6tendent sur une surface
de plus de 30 metres de diam^tre. Ges branches s'appuient sur de solides
^tanqons. Le feuillage rappelle celui de TAilante, et les fruits, tr6s nombreux,
pendent en longs racemes, contrastant par leur teinte vert pale avec le vert
plus fonc^ du feuillage.
» *
Verre colori6. — De temps k autre on refait les experiences concernant
Vemploi du verre colori6 et Tinfluence de celui-ci sur la v6g6tation. M. Villon
a fait des essais avec des plantes cultiv6es en pots et plac^es dans des bacs
recouverts de feuilles de verre, admettant seulement certains rayons lumineux.
La vegetation obtenue chez les plantes sous le verre blanc ou incolore a et6
representee par 100. D'apres le resume donne par le Gardeners' Chronicle,
Temploi du verre orange a produit 150; celui du verre violet, 150; celui du
verre bleu cobalt, laissant passer les rayons tres violets, 140; celui du
verre bleu colorie au 'cuivre, ne laissant passer que les rayons tres violets,
a donne 120; le verre argente, ne laissant passer que les rayons bleus, a
donne 60; le verre uranique et le verre dore n'ont donne que 40; le verre
rouge colorie au protoxyde de cuivre a donne 15; enfin le verre vert, au
protoxyde de fer, n'a donne que 10. II en resulte que la lumiere orangee et la
lumiere violette sont les plus favorables k la vegetation ; les verres de cette
couleur laissant passer les rayons rouges et violets, ce sont done ces rayons
qui favorisent le plus le developpement des plantes.
*
— 266 —
Trop de flenrs. — Toujours et partout il y aura des gens voulant &ire
autrement que les autres, des gens guides par un esprit mesquin ou leur
propre int6r6t. Quoi de plus touchant et de plus gracieux que d'honorer une
tombe ou un cercueil par des couronnes et des fleurs ! Un journal, que nous ne
voulons.pas citer, s'est 61ev6 maladroitement contre ce qu'il a appel6 rencom-
brement des fleurs amasses autour du cercueil du president Carnot. G'est
par millions, dit-il, que s'est chiffr6e la d6pense en couronnes de fleurs, et il
demande s'il n*aurait pas mieux valu d'emplojer ces sommes pour assurer le
sort de quelques malheureux. Gomme s1l 6tait possible d*arreter ces superbes
^lans de Temotion publique, dont Texpression a 6t6 universelle et unanimef
« «
Le Ghtoe tare. — Le jardin de Kew — nous avons eu bien des fois
I'occasion de le dire — n'est pas seulement un conservatoire de veg6taux ; il
comprend mieux son r61e et, grace k lui,beaucoup de plantes sont soumises a
des essais dintroduction dans les contr^ les plus di verses, partout od
TAngleterre a des colonies. G'est ainsi que le Qtiercus cerris ou chene turc se
trouve actuellement r^pandu dans la Golonie du Gap. Gette esp^e de chene
convient mieux que le ch^ne commun au climat de la region sud-africaine.
Des glands, en quantity considerable, ont ^t^ expMi^s, Tautomne dernier,
emball^ dans des caisses remplies de fibres de cocotier. Le transport en
barils contenant de Feau est consider^ comme moins bon.
• «
£eole d'horticulture de r^tat k Gand. — Les examens d'admission
auront lieu k TEcole le mardi 2 octobre, k 9 heures du matin. Les aspirants
doivent 6tre ag6s de 16 ans et se faire inscrire chez le Directeur de TEcole,
boulevard de I'Ecole normale, 15, k Gand ; ils doivent ^tre munis d'un extrait
de leur acte de naissance, d'un certiflcat de bonne conduile d61ivr6 par
Tadministration communale du lieu de leur domicile et d'un certiflcat de sante
legalise, d61ivr6 par un docteur en m^ecine. L'examen comporte une redac-
tion, des questions d'arithm^tique, Texplication d*un passage d'un auteur, la
geographie g^n^rale et I'histoire nationale.
» «
L'entretien des Jardins botaniques, d'apr^s Tit-Bibs, a cotite en 1893,
en Angleterre, les sommes suivantes : pour les jardins royaux de Kew
523,000 francs; pour le jardin d'Edinbourg, 100,000; pour le jardin d'biver
de Bumemouth, 220,000. Les jardins de Kensington cofttent annuellement
environ 170,000 francs; les pares publics de Londres exigent une depense
annuelle qui d6passe toujours 2,200,000 fr. On comprend que I'exemple de la
creation et de I'entretien de beaux jardins produit une influence salutaire
sur le particulier. Em. Rodigas.
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I—
— 267 —
PL XVII
TROPAEOLUM LIIVDENI g. wall
TROPAEOLUI DE 1. J. LIHDEH
R^pandu dans les regions chaudes des deux Am^riques, le genre Tropaeolum
compte aujourd'hui une quarantaine d'esp^ces d^crites, parmi lequelles
plusieurs ont acquis droit de cit6 dans nos serres. La plante qui nous occupe
est appel^, elle aussi, k la popularity; c'est, sans contredit, une des plus
brillantes par la panachure de son feuillage. Pour s'en convaincre, il sufflt de
Jeter un coup d'oeil sur la planche tr6s exactement reproduite par I'artiste,
d'apr^s Texemplaire cultiv6 dans une des serres de M. A. Van Imschoot,
rorchidophile bien connu de Mont-S'-Amand. G'est 1^ que Tesp^ce a fleuri pour
la premiere fois en Belgique depuis sa r6introduction faite par MM. Linden,
k r^tablissement de L'Horticulture Internationale, k Bruxelles. Nous en
avons des feuilles et des fleurs sous les yeux en ce moment, 6 septembre.
Le Tropaeolum Lindeni est une liane d'une vigueur extraordinaire; les
tiges sont grfeles, cylindriques , brunatres ou vert brunStre, couvertes de
nombreux poils blanchatres qui leur donnent un aspect duveteux. Les feuilles
sont glabres, k petioles filiformes, souvent tourn^s en spirales. Le limbe est
entier, de forme obcord6e, lyr6e, travers6 par 5 nervures principales et de
nombreuses veinures secondaires, irr6guli6res,»saillantes a la page inferieure,
rouge&tres ou simplement ros6es. L'ensemble de la nervation forme une
gracieuse reticulation panachee au-dessus et au-dessous de la feuille. Le dessus
du limbe a le fond vert sombre velout6 traverse par les veinures roses,
long^es par une fine bordure blanche. La page inf6rieure est maculae de
pourpre; les macules sont s6par6es par les lignes vertes de la nervation. Les
feuilles ont de 0™08 a 0™12 de long sur 0"07 a 0'"09 de large. Tant qu'elles
sont jeunes, le fond brun violac6 y pr6domine. Les fleurs se distinguent par
leur coloration multiple; elies sont solitaires, axillaires, k ^peron rose, conique,
presque droit, long de 0"H)3 k 0°H)4, k p^oncule filiforme, souvent tourn6 en
spirale, vert brun&tre. Les cinq divisions du calice sont presque 6gales,
enti^rement vertes. Les filets des ^tamines sont tr^s grMes. Le pistil est trifide
et port6 par un ovaire triloculaire.
— 268 —
Chez M. A. Van Imschoot la plante se trouve en terre ricbe, dans un
grand vase; elle y a pouss6 avec une extreme vigueur, s'6tendant dans tous
les sens; il faut done que les racines trouvent un espace suffisant et une nour-
riture assez abondante pour permettre k la plante I'enorrae d^veloppement de
ses branches. Notre estimable correspondant nous dit que « apr^ la floraison,
et en hiver, la plante doit Mre tenue relativement s^he; c'est la saison dAon
repos, bien qu'elle ne perde pas son feuillage. II convient de la maintenir
en serre temp6r6e , avec une chaleur de 10* a 12® G. G'est une plante tr^s
ornementale. »
Quant k Thistoire de cette espace, nous ne pouvons mieux faire que de
reproduire la note suivante que nous devons k Tobligeance de M. J. Linden :
« Le Tropaeolum Lindeni a 6t6 primitivement d^couvert par Gustave
Wallis, en 1873, mais il n'en envoya qu'une feuille dess6ch6e, qui me servit
plus tard k faire retrouver Tesp^e. J'envoyai cette feuille a mon excellent
correspondant le g^n^ral Braulio Enao a Sonson en lui indiquant que c«
Tropaeolum avait et6 trouv6 sur les versants temp6res froids, entre 6000 k
7000 pieds d*aKitude, dans les environs de Manizales (Golombie). Apr^ de
longues recherches, le brave g^n^ral m'envoya, par service postal, une boite
renfermant une vingtaine de graines, dont sont pro venues les plantes existant
aujourd'hui en Europe. » Em. Rodigas.
EMOCHEIERTS AU FORD DE U MLERIE CERTRALE A « L'HORTtCULTURE IRTER-
RATIORALE, » A BRUXELLES
Autant la nature varie ses conceptions, autant elle met d'harmonie et de
grandeur dans les paysages varies qu*elle deroule daiis toutes les regions aux
yeux de I'observateur, autant Vhorticulteur marchand semble s'efforcer de
produire dans ses serres une p^nible monotonie dont le premier effet est de
diminuer la valeur des v6g6taux qu'il cultive. Tout au plus trouve-t-on chez
quelques horticulteurs les t^tes des gradins ou milieux faisant face aux entrees,
disposes avec quelque grace, et encore le plus souvent doit-on constater trop
de r6gularit6 dans ces compositions dont L'Horticulture Internationale a
toigours fourni les plus 616gants modules.
Ges arrangements ont 6t6 beaucoup perfectionn6s par M. Lucien Linden,
dans ces derniers temps. L'entr6e de T^tablissement est compl^tement trans-
form^e ; avec ses enrochements garnis de toutes sortes de plantes, avec son
bassin, sa petite fen^lre-serre peupl6e de mignonnes Orchid6es fleuries, c'est un
— 270 —
veritable tableau qui doit produire sur les visiteurs Teffet le plus channant
et inspirer k beaucoup de personnes le vif d^ir de rimitation.
La galerie centrale a subi, a son tour, un changement complet : elle est
devenue un jardin d'hiver dans lequel se deroulent deux riants paysages qui
d6notent un gotit exquis. Au fond de cette galerie se trouvent stabiles des
roches constamment garnies de plantes d*61ite et dont la figure ci-confre,
dessmee d*apr6s une photographie, pent indiquer a peine la Yari6t6 et la
richesse. Des glaces refl^tent les grands exemplaires des y6g6taux group6s
dans la galerie, et un bassin dans lequel vivent quelques plantes aquatiques
recoit les eaux d'une fontaine qui contribue k viyifier Tensemble du tableau.
Nous ne pr^tendons pas qu*il faille partout et servilement imiter ces
modMes, mais nous tenons k constater que les lois de Testh^tique y sont bien
observes, que la vari6t6 surtout n'y est jamais perdue de vue et qu'on n'oublie
pas que la flore exotique fournit actuellement a nos serres des centaines
d*esp6ces toutes omementales a des degr^ divers, du moment que le bon
goti sait leur donner la place qui leur convient. On a 6vit6 avec le plus grand
soin tout feuillage raide, et les plantes fleuries qui surgissent Qa et la a travers
les gracieuses frondes des Foug^res sont comme des perles v^getales animant
un riant tableau. Eh. R.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Tillandsia Lelboldiana. — La Revue Horticde du 16 aotit donne la
figure colorize de cette belle esp6ce, qui est loin d'etre commune, bien qu'on la
rencontre qk et \k dans les bonnes collections de Brom^liac^. M. Andre, qui
d6crit la plante, dit qu'elle m^rite de conqu6rir la faveur des amateurs et mtoe
du grand public. Son port r6gulier, la forme et la coloration toutes particu-
li6res de ses inflorescences, k longues bract^es convolute et brillamment
colore, lui assurent une place choisie. D'ailleurs le TUlandsia Leiboldiana
est d'une culture facile. Une bonne serre temp^r^e lui suffira; il y fleurira
volontiers. L'esp^ce fut d^ouverte dans le Mexique central par Leibold et
d^rite par Schlechtendahl.
Lilium Browni var. leuoanthum. — Cette belle plante a ^t6 recue au
Jardin de Kew, de la Chine occidentale oti elle a 6t6 trouv6e par le D*" Henry.
La fleur diflRfere de celle des autres vari6t6s de Lilium Browni en ce que le
p^rianthe est d^pourvu, sur la face externe, de toute nuance brun rouge;
les segments sont blancs, moins ^troits k la base, et la moiti6 inf(§rieure est
d'un beau jaune pale. Pour la forme, la fleur ressemble au Lilium formo-
— 271 —
sum Franchet. II se peut, dit M. J. G. Baker, dans le Gardeners' Chronicle
qu'on se trouve en presence d*une esp6ce nouvelle.
Galochortas Weed! Wood. — L'introduction de cette esp^ce califor-
nienne remonte k plus d'un quart de siMe. EUe fut d6crite sous le nom de
Calochortus luteus var. Weedi dans le journal de la Soci6t6 Linn^enne de
Londres, tome XIV. La plante a 616 monlree r6cemment a un meeting de la
Royal Horticultural Society par MM. Wallace de Colchester et elle est flgur6e
dans le Gardeners' Chronicle. L'inflorescence se distingue par son riche
coloris jaune, alors que les autres esp^ces ont des fleurs tr6s nuanc6es. Les
petales ne sont pas converts de ponctuations et leur surface enti6re est munie
de longs poils brunlitres.
Magnolia Watsoni. — Cette. esp^ce, d'origine japonaise, est encore
nouvelle. Elle a 6t6 d^crite en 1891, dans le Botanical Magazine. Elle
eonstitue un petit arbre k feuilles caduques. Feuilles et fleurs se produisent en
m^me temps. La marge dps feuilles, dit le Gardeners' Chronicle, est bord6e
d*une bande 6troite d'un coloris jaune. Les fleurs, qui sont campanul6es, ont
0™12 de diam^tre, les petales sont blanc de cr^me; les filaments des 6tamines
sont d'un rouge cramoisi contrastant avec la nuance des segments du p6rianthe.
Gyrtanthas 0*Brieni Baker. — Cette nouvelle esp^ce est interm^diaire
entre les Cyrtanthus angustifolius et C. Mac Owani. Les fleurs sont d*un
6carlate p4le et brillant. La plante a 6t6 import^e du Drakenberg, Afrique
m^ridionale. Les feuilles sont lin^aires, se produisant en m6me temps que les
fleurs; elles ont 0"*30 de long sur 0°*07 k 0"^10 de large. Les fleurs, au nombre
de 7 ou 8, sont dispos6es en ombelles. L'esp^ce est d6crite par M. J. G. Baker,
dans le Gardeners' Chronicle.
GMffinia hyacinthina. — Nous avons vu r^cemment dans un modeste
jardin d'hiver un ravissant exemplaire de cette belle Amaryllid6e br^silienne.
Cette esp6ce n'est pas une nouveaut^ bien r^cente ; toutefois elle m^rite d'etre
rencontr^e plus fr^quemment dans les cultures, ba plante portait sept ombelles
de six a dix fleurs d'un joli bleu pourpr6 un peu rose; les inflorescences avaient
un demi mMre de hauteur, et leur 6panouissement successif durait A^]k plus
d'lm mois.
ABparagus sarmentosus. — C'est une esp^ce fort distincte, signal^ par
notre confrere 751^ Garden comme la plus marquante du genre et qui est
destin^e k se populariser. Elle fut expos^e par les jardins de Kew k un des
dernier s meetings de la Royal Horticultural Society. La plante forme une
toufle compacte, d'un beau vert fonce, qui se couvre de nombreuses fleurs
blanches agreablement parfum6es.
Begonia 'Paul Bmant. — Si le Begonia manicata et le B. phyllomanica
sont des esp^ces distinctes, le B. Paul Bruant, auquel son obtenteur a donn6
— 272 —
son propre nom, peut 6tre consid6r6 comme un hybride. II a en tout cas le
caract^re prolifique de ce dernier, dont les feuilles et les tiges se recouvrent
de milliers de petits bourgeons feuillus. D*un autre c6t^, son feuillage a un joli
reflet m^tallique et est port6 sur des tiges rouges ou roses ; la plante se d6ve-
loppe avec une grande facilite et donne d'abondantes fleurs roses. Le Garden
y a consacr6 sa planche colorize du 25 aoOt 1894.
•G.
LES SOLANUM GRIMPANTS
Le genre Solatium comprend environ 700 types sp^ciflques bien distincts,
quoique plus de 900 esp^ces aient 6t6 d6crites dans les ouvrages. Nombre
d'entr'elles fournissent a nos jardins des ressources pr^cieuses au point de vue
de rornementation. Ges 616gantes Solan6es sont confin^es pour la plupart
dans les regions chaudes du globe ; elles sont particuli^rement abondantes en
Am^rique.
S'il nous ^tait permis de classifier les Solanum au point de vue purement
horticole, nous les diviserions comme suit : 1** Solanum a port pUtoresque;
29 Solanum 4 fruits d'ornement; 3° Solanum cultivis pour leurs fleurs. Sous
la rubrique Solanum grimpants, nous d6sirons parler de quelques charmantes
esp^ces appartenant au dernier des groupes susmentionnes. Faisons pourtant
observer que la qualiflcation de « grimpants » appliqu^ k ces plantes est
peut-etre un peu os6e et que cette appellation vise surtout les esp^ces ram
pantes, sarmenteuses, qui ne peuvent se soutenir d'elles-memes et r^clament
un soutien, mur, tuteur, treillis ou flls m^talliques.
Les Solanum qui nous occupent sont d'une floribondit6 excessive et leur
traitement ne pr^sente aucune difficult^. Rien n'est plus charmant que leurs
fleurs oti domine le lilas, le rose violace, le bleu pSle ou le blanc ros^ et qui
tranchent agreablement sur le feuillage 16ger de ces gracieuses lianes.
Nous nous 6tonnons que des v^g^taux si accommodants, d*une si rare beauts,
soient si peu r^pandus. Bien peu de plantes peuvent lutter d'6clat avec eux et
lis m^ritent veritablement d*^tre admis dans toutes les cultures.
A Kew, on a parfaitement corapris tout le parti que Ton peut tirer de ces
Solanum aussi jolis qu'int^ressants. Leurs couleurs tendres et fralches ajoutent
une ravissante note a la gamme vari6e des nuances des parterres ou des
serres fleuries. lis font partie de cette categoric de plantes qui, une fois vues,
ne peuvent plus s'oublier. Aussi, les visiteurs ne manquent pas de leur payer
un juste tribut d'admiration.
— 273 —
Sous le rapport de la culture, nous envisagerons les esp^ces rustiques, celles
de serre froide et enfln celles de bonne serre temp6r^ ou de serre chaude.
Le Solanum Dulcamara {Botanical Magazine, t. 190), qui rentre dans le
premier groupe, se rencontre en Europe k I'^tat spontan6. Nous nous rappelons
avoir collects ses d^licieuses cymes panicul6es, aux fleurs violet plus ou moins
fonc£, auxquelles succMent des baies ^carlates, sur les talus, les haies et les
berges du ruisseau de notre village natal. II est connu sous le nom de Morelle
douce-am^re ; il en existe deux vari6t6s. L^une est le S. Dulcamara foliis
variegatis, tr^s brillamment panach^e de blanc cr^me ; Fautre est le S. Dulca-
mara var. marinum, qui est propre aux c6tes sud de TAngleterre.
On les utilise pour garnir les sous-bois, les massifs, les talus, les berges des
pieces d'eau. Ge Solanum y atteint rarement plus de deux metres et produit
un fort bel effet.
Le S. crispum (potato-tree des Anglais, Botanical Magazine, t. 3795), est
une superbe esp^ce du Chili, aux fleurs couleur de lavande, beaucoup plus
grandes que celles du S. Dulcamara. Gette Morelle, bien qu'acclimat^e chez
nous, reclame pourtant une exposition ensoleill^e et Tabri d*un mur expose
en plein midi. EUe est d'un rare m6rite ornemental et est tr6s cultivee en
Angleterre pour garnir les murailles, cldtures, pignons, etc., k bonne expo-
sition. On cultive cette Sojan^e en ^ventail, en pratiquant des tallies et des
pincements s^y^res. Ses fleurs exhalent un parfum suave et se montrent vers
la mi-Juin. On pent aussi en former, mais au detriment de la floraison, de
ravissantes petites boules, de jolis buissons, etc. Le S. crispum var. ligustrinum
est une vari6t6 chilienne moins florifere que le type. Les rameaux et les feuilles
sont enti^rement glabres.
Le S. jasminoides est une fort jolie esp^ce de ser^e froide, assez r^pandue
dans les cultures. Ses cymes de fleurs bleu p^le terminent les rameaux qui
retombent en v^ritables guirlandes fleuries. Elle aime la lumi^re k flots et
fleurit a profusion tout V6i^,
II en existe plusieurs vari6t6s. Gitons le d^licieux S. jasminoides foliis
variegatis, aux feuilles ^legamment marbr^ de blanc ivoire, et le S. jasmi-
noides floribundum, plus floriffere que le type et k feuilles plus petites et moins
divis^es. Gette derni^re vari6t6 a 6t6 obtenue, croyons-nous, par MM. Williams
et flls, de Londres, en 1886.
Les esp^ces de serre chaude excellent surlout en magnificence. Que peut-on
imaginer de plus gracieux que leurs cymes panicul^es portant un nuage de
fleurs lilas tendre? G'est un coup d'oeil magique et un spectacle inoubliable
que la floraison du S. Wendlandi dans la serre k nymph6as de Kew Gardens.
Les inflorescences terminent de longues branches pendantes et leurs fleurs
bleu p&le viennent se r^fl^ter dans Teau parfaitement pure du bassin, luttant
— 274 —
de grftce, de beaut6 et de d^Iicatesse avec celles des nymph^as. Trois esp^ces
appartiennent k la serre chaude; elles conviennent k merveille pour ganiir
les yitrages, et cette situation leur est particuli^rement favorable.
Le 8. Seaforthianum {Botanical Magazine, t. 1892), n'est pas. d*introduction
r^cente et il rappelle quelque peu le S. jasminoides, II est d*une floribondit6
peu commune et il est en fleurs presque toute Fannie. Celles-ci son! litas
tendre ou rose violac6; elles sont d'un fort joli effet et; comme tout chez la
plante est bien fait pour squire, on peut hardiment placer le S. Seaforthianum
parmi le high-life des lianes de nos serres.
Le S, venustum (Botanical Magazine, t. 5823), que Sir J. Hooker, par une
erreur inconcevable, a decrit comme une esp6ce totalement distincte, n'est
bien que le S. Seaforthianum, pur et simple.
Le S. Wendlandi (Botanical Magazine, t. 6914), introduit en 1892 des
regions froides de Costa-Rica par Wbndland, le fameux botanographe de
Herrenhausen (Hanovre), est une magnifique esp^ce, tr6s floriftre et qui
m6me remonte, d'apr^s ce que nous avons observe k Kew. Elle a fait beaucoup
de bruit dans la presse horticole anglaise et elle m^rite bien qu*on s'int^resse
k elle. Cette liane semble pr6f(^rer la serre chaude s^che, le sp^imen de la
serre aux plantes grasses fleurissant mieux et plus longtemps que ceiui situ6
k la partie inf6rieure de la serre k Nymph^as.
Le S. pensile (Botanical Magazine, t. 7062) est encore tr^s rare dans les
cultures. II ressemble au S. Dulcamara et son aire g6ographique est tr6s
6tendue : on Ta successivement d^couvert dans les Guin^es, sur les rives de
TAmazone, du Rio de Janeiro, etc. Ses fleurs bleu-lilas ou violac6es avec centre
blanc apparaissent de bonne heure. Un pied regu k Kew en 1887 fleurit dans
le courant du mois de T^nn^e suivante. II se comporte bien en serre chaude
humide.
Comme nous Tavons fait remarquer pr^Memment, les soins culturaux que
r6clament les Solanum sarmenteux ne sont ni bien nombreux ni surtout bien
difflciles. Le traitement suivi pour la g^n^ralite des plantes grimpantes, leur
convient parfaitement. lis aiment la lumi^re vive, un compost riche et per-
meable et de copieux arrosages durant la vegetation. Bien qu'on puisse tenir
les esp^ces de serre chaude en vegetation toute Fannee, 11 est inflniment
preferable de leur faire observer un repos bien marque. C'est d'ailleurs le cas
qui se presente pour les especes rustiques et le S. jasminoides. La plante mdrit
mieux son bois et lorsqu'en fevrier on fait sortir le sujet de sa lethargie en
augmentant graduellement la chaleur et les seringages, les pousses qui
apparaissent sont fortes, corsees et aptes k fleurir abondamment. La taille est
assez severe et se pratique en automne pour les especes de serre et au premier
printemps pour celles de plein air.
— 275 —
V^i^y on veillera k d^truire les insectes qui font parfois leur apparition : le
S. jasminoides et ses vari^tes sont assez sujets aux attaqiies de Faraign^
rouge. On ne n^gligera pas non plus les palissages non plus que le pincement
des rameaux gourmands. II arrive souvent que les rameaux k fleurs, en vertu
du mouyement d'h^liotropisme positif, se collent constamment au verre. U est
D^cessaire de les en Eloigner. Dans ce but, on enroule une lamelle de plomb
laming k Textr^mit^ du bourgeon. Gomme le poids sp6ciflque de ce m^tal est
considerable, les rameaux retombent gracieusement pour venir staler aux yeux
des visiteurs la magnificence de leurs fleurs.
Leur multiplication ne pr^sente en g6n6ral aucune difficult^, si elle est faite
en serre k multiplication k r^touff^e et sur chaleur de fond, le tout pr^ferable-
ment au printemps ou k la fin de T^t^. Le fameux S. Wendlandi fait pourtant
exception. A Kew le bouturage r^ussit difflcilement malgr^ des locaux bien
am^nag^s et les soins minutieux donn^ en pareille circonstance. A la suite
d*une demande que nous avions formulae k ce sujet au Gartenflora, dirig6 par
M. le D"^ WiTTMACK, de Berlin, un horticulteur de Breslau a fait k propos de
cette question une communication d*oti il ressort que le bouturage de pousses
demi-aoCitees k la fin d'aotit donne le meilleur r^sultat.
Le rdle des lianes dans les serres est trop peu compris et, pour ce motif,
Tusage de ces plantes n*est pas repandu comme elles le meritent. Et pourtant
quel parti ne peut-on pas en tirer, soit pour 6tablir des rideaux de verdure,
soit pour garm'r des parois enti^res de mur, soit pour former des guirlandes
parmi les feuillages de nos serres et de nos jardins d'hiver ! Parmi ces v6g6taux
qui constituent un des elements primordiaux du paysage dans les contr^s
tropicales, nos Solatium occupent une place distingu6e. Esp^rons que ces
incomparables lianes qui meritent bien leur regain de popularity, se repan-
dront davantage. Leandre Piret.
Kew Gkurdens, mars 1894.
PETITES NOTES DE CULTURE
Pleroma floribunda. — Les Pleroma forment avec les Lasiandra un petit
groupe de la famille des M^lastomac^es. Les espdces qui le composent sont
toutes fort jolies. Elles appartiennent aux regions cbaudes de TAm^rique et
ont besoin de la serre chaude. La terre de bruy6re pure ou un melange de
terra de bruy6re et d'un quart de bonne terre franche leur convient parfaite-
ment. La multiplication se &it le mieux de boutures plac^es sur couche chaude
et sous cloche ombragee.
— 276 —
Fuchsia. — La iloraison de ces plantes peut 6tre assez bien prolongee au
moyen d'engrais liquide et plus particuli^rement de purin.
Plantes de Nouvelle Hollande. — Ge n'est pas seulement au printemps
qu'il faul songer aux soins que r^clament les plantes de Nouvelle Hollande qui
r^compensent alors le jardinier des peines qu'il s'est donn^es. D6s la fin de
r^l6 on les rentre de plein air dans la serre froide ou la serre temp6r6e. On
doit 6viter soigneusement de leur donner de Tombre surtout lorsque d^ji
naturellement elles ont une v6g6tation plus ou moins gr^le. Tel est le cas pour
les Tetratheca, dont il existe plusieurs espies, les unes plus jolies que les
autres. Ainsi le Tetratheca verticUlata nous donne en avril et mai ses gracieuses
fleurs bleues, marquees d'une taclie plus fonc^e a la base. Tel encore le T. eri-
caefolia dont les fleurs d'un joli rose lilac6 s'^panouissent durant le mois de
juin. Le sol qui convient le mieux k ces plantes est la terre de bruy^re pure.
Sarracenia. — Ces plantes occupent une place parmi les espies curieuses.
Elles n*ont pas besoin d*une serre chaude, la serre temper6e leur sufflt; mais
il leur faut Thumidit^ et la lumi^re sans soleil. L'exposition du nord leur
convient parfaitement. Elles demandent un bon drainage. La terrine sera
remplie k moiti6 de tessons bien propres au-dessus desquels on place du
sphagnum, de la terre tourbeuse, du charbon, le tout surmont6 d'une couche
de sphagnum vivant.
Pelargonium. — Le bouturage des Pelargonium en g^n^ral et plus parti-
culi^rement de P. zonale a dft etre fait vers le milieu du mois d'aotit et les
jeunes boutures sont maintenant bien enracinees. II est inutile d'en forcer ou
activer leur d6velopi)ement. Les plantes tenues en reserve pour ^tre utilis6es
en automne doivent recevoir maintenant quelqne engrais tels que Tengrais
Thomson qui leur convient parfaitement. II sufflt de donner une cuiller^e de
cet engrais special pour un pot de 0'"iO de diam^tre. II peut ^tre m^l6 k de
la terre forte et servir ainsi de surfagage. Les plantes doivent ^tre exposees
en plein soleil afln que les pousses s'aofitent parfaitement.
Venidium calendulaceum. — Bien qu*elle soit annuelle, cette esp^e de
Gompos^e du Gap m^rite Tattention k cause de ses innombrables fleurs d'un
riche coloris orange. Rien n'emp^che de traiter la plante comme bisannuelle
en la tenant en serre temp^ree durant Thiver pour la faire fleurir au printemps.
Forsage du Reseda. — Le meilleur r^sultat est obtenu par le semis en
pots dans un melange de riche terreau de fumier et de sable, fait actuellement
sous chassis froid. Les fleurs de ce semis succMeront assez promptement aux
derni^res floraisons de plein air. Inutile d'insister sur la n^cessit^ de I'a^rage
et sur I'emploi des vari6t6s a inflorescences courtes et trapues.
R. d'Eelen.
— 277 —
CAUSERIE HORTICOLE
LES CONDITIONS DE LA GERMINATION
30 Septembre 1894.
Le traiteraent que Ton donne aux graines, les influences diverses auxquelles
elles se trouvent soumises, ont une grande importance au point de vue de la
reproduction du y^g6tal. La graine est une forme restreinte, rMuite de la
plante, une forme dans laquelle Tactivit^ vitale est tr^ ralentie, mais c*est
encore la plante, et son activity n*est pas suspendue. EUe respire, elle subit
certaines Evolutions et certaines reactions chimiques ; elle peut mourir si elle
est souniise k certaines influences funestes ; elle peut aussi rentrer en activity,
c'est-A-dire en v4g6tation, plus ou moins rapidement, sous Finfluence de la
chaleur, de Thumidite, de la lumi^re, qui coincide presque toujours avec une
oxygenation et une 616vation de temperature, etc.
II est indispensable de bien connaltre les efiets de ces diverses causes afln
de donner aux graines le traitement qui leur convient et de leur conserver
leur Anergic germinative jusqu'i TEpoque de la plantation ; car une graine qui
aura garde toute cette energie dans les conditions les plus favorables produira
naturellement une plante robuste, tandis qu'une graine qui aura langui et
degen6re ne produira qu*un rejeton faible et chetif, ou mfeme ne germera pas.
II ya sans dire qu*il existe dans les graines, comme dans les plantes, une
grande yari6te de temperaments; certaines sont beaucoup moins deiicates
que d'autres, et il y en a qui conseryent facilement leur faculte germinatiye
pendant de longues annees, tandis que d*autres la perdent rapidement.
Gette reserye indispensable une fois faite, examinons les circonstances qui
influent sur la qualite et la faculte de germination des graines.
La temperature est un des plus importants parmi ces facteurs. Une tempe-
rature constante fayorise beaucoup la rapidite de la germination. II faut de la
chaleur pour faire deyelopper le germe et les radicelles ; mais en outre, il est
bon que la quantite de chaleur soit k peu pres la mdme pendant tout le jour.
Ainsi, considerons deux journEes pendant lesquelles la temperature moyenne
aura et6 la m^me ; mais au cours de Tune de ces journees, le thermometre
_ 278 —
aura marqu6 k peu pr^s exactement 22^, tandis que pendant Tautre il aura
oscill6 de 14^ k 3(>», puis k 28^, k 24« et enfln k 20*^. Quoique la moyenne k la
fin du jour soit la mSme, la germination aura 6t6 sensiblement plus rapide
pendant la premiere joum6e que pendant la seconde.
L'humidit^ est aussi tr^ n^cessaire pour la germination ; mais si les graines
ne doivent jamais s6cher, elles ne doivent pas non plus 6tre trop mouillees.
II sufflt que la terre soit humide, et quand les graines sont noyees elles ne se
d^veloppent pas bien et risquent de pourrir. La quantity d'eau r^pandue sur
les pots ensemenc^ doit Stre moindre que celle donn^e aux pots qui contiennent
des plantes, et Ton constate que dans ces conditions, non seulement la germi-
nation est plus rapide, mais la proportion des graines germ^ aux non
germ^ est notablement plus 61ey6e.
Pour activer la germination, on a recours souvent k un proc^de qui donne
d'excellents r6sultats, et qui consiste k tremper les graines avant de les semer ;
de cette fagon les graines sont bien humectees sans cependant que Ton ait
besoin de trop arroser la terre. On obtient ainsi une germination beaucoup
plus rapide.
Ge fait est particuliftrement int6ressant, rapproch^ de ce que nous venons
de dire des arrosages trop abondants ; il prouve que les efiets mauvais obtenus
quand on mouille trop le sol ne doivent pas etre attribu6s uniquement a la
pourriture, et qu'il y a une autre cause qui intervient, peut-^tre le manque de
circulation d*air, et par suite la suffocation des graines.
II convient de remarquer cependant que si les graines qui ont 6t^ tremp^
poussent plus vite que celles non tremp^ et sem6es en mSme temps, il n*y
a pas Ik une comparaison rigoureuse, puisque la germination des graines
tremp^es a commence avant qu'elles fussent mises dans la terre ; en somme,
on pent dire qu'elles ont 6te sem6es avant les autres.
N^anmoins, il y a 1^ un proc6d6 qui peut ^tre commode et utile k employer
lorsqu'on a un motif quelconque de retarder Tensemencement, sans cependant
differer la mise en v^g^tation.
La nature du sol a aussi, comme on peut le penser, une grande importance
au point de vue de la germination.
II serait trop long d'entrer ici dans des considerations sur la composition
des differentes terres et leurs quality, et cette 6tude pourrait nous mener
fort loin. Mentionnons cependant qu*on obtient de bons r^sultats en m^langeant
du sable fln k la terre ; cette remarque peut sans doute 6tre rapproch^e de
celle faite plus haut relativement k Tabondance des arrosages. En effet, le
sable laisse mieux 6couler Feau et assure un drainage r^gulier, tandis que
dans une terre compacte les racines risquent plus aisement d'etre noy6es.
(Sera contin^*i.) MAX GaRNIER.
L'lLLUStRATION HORTICOLE
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— 279 —
PL XVIII
DAHLIA Mrs. A. PEART
Cette superbe vari6t6 a fait son apparition en Angleterre Tann^e derniftre ;
elle provient des semis d'un habile cultivateur dont nous avons eu plus d'une
fois Toccasion de signaler les gains remarquables, M. Thomas S. Ware, de
Tottenham. Exposee pour la premiere fois au meeting de la Soci6t6 nationale
de Dublin, au Palais de Gristal, le !«'' septembre, elle y a excit6 un vif int^r^t,
et a obtenu un Gertificat de i^ classe. Elle a obtenu la meme recompense k
TExposition du Royal Aquarium, et un Gertificat de m^rite a un meeting de la
Society Royale d'Horticulture de Londres.
C'6tait en effet le premier veritable Dahlia Gactus blanc qui 6tait pr^sente k
une exposition, de sorte que cette vari6t6 m^ritait d*exciter une grande atten-
tion, non seulenient par sa beauts, son 616gance et sa perfection, mais aussi
par son caract6re tout k fait distinct.
Ses fleurs sont grandes, d'une forme tr^s belle, avec les rayons 6troits,
allonge, pointus et replies sur les bords. G'est le vrai type du Gactus, mais
avec un coloris nouveau et tr6s attrayant. La fleur est blanche ou faiblement
nuanc^ de cr^me, avec le centre lave de jaune soufre au jaune citron p&le ;
cette nuance s'att^nue d'ailleurs lorsque la fleur avance en age.
Nous avons eu Toccasion de voir cette superbe vari6t6 en fleurs ces jours-ci,
chez M. Kersten, horticulteur k Bruxelles, et nous pouvons dire que les
eioges qui en ont 6t6 faits ne sont nullement exag^res.
M. G.
Une nouvelle k sensation. — L'Horticulture Internationale (Linden)
annonce la mise au commerce, a partir du l®*" octobre, de deux plantes nou-
velles hors de pair, le Geonoma decoratissima et le Begonia Lansbergiae, qui
ont tant fait parler d'elles. Voir les conditions d'6mission sur la 6® page de la
couverture de ce numero.
— 280 —
CULTURE DE LA POMME DE TERRE
G*est une opinion fort r6pandue que pour obtenir un bon rendement d'un
terrain plants de pommes de terres, il faut changer la semence de temps en
temps.
II est clair que si Ton ne laisse pas bien mftrir toutes les vari^t^ de tuber-
cules obtenues dans le champ, que Ton laisse entass^ les uns sur les autres, de
faQon k manquer d'air, et dans les locaux mal appropri6s, les tubercules en
question ne produiront pas grand'chose de bon rann6e suivante; mais des
considerations de ce genre ne sufflsent pas k baser une th6orie de culture.
Un des points impoj^tants pour obtenir un bon rendement, c'est de ne pas
laisser tous les yeux ou bourgeons aux tubercules ensemenc^. Beaucoup de
culiivateurs ne tiennent pas compte de cette particularity, surtout parmi ceux
qui cultivent sur une grande 6chelle.
A r^tat naturel, il est clair que tous les yeux k peu pr^s produisent des tiges,
et la r6colte souffre de cet exc6s de vegetation. Il est preferable de retrancher
tous les yeux, excepts deux ou trois au sommet. G'est ce que font, d'ailleurs, la
plupart des jardiniers qui cultivent les esp^ces hatives, mais par une singuliftre
inconsequence, ils negligent souvent de traiter de meme les autres esp^ces.
D'apres les experiences de M. le professeur Girard, on pent etablir la
comparaison suivante entre le rendement donne par les divers procedes :
Rendement 4 Tbectare
Tubercoles divis^s en deux dans la longaeur 12,600 kilos
» plant^s entiers 18,900 >
» divis^s en deux en travers (moiti^ sup^rieure) . . 24,530 >
> entiers, ayec les yeux enlevds en dehors de la couronne 28,930 >
Ges resultats sont tres remarquables, et meritent d*attirer Tattention de tous
les cultivateurs. L'arrachage commence, et Ton doit recommander de choisir
des tubercules bien sains, de moyenne grosseur, de les etaler dans un endroit
eclaire, sinon en plein air, et en couche mince, afin que la peau prenne bientdt
une teinte vert clair, puis de les mettre en reserve ulterieurement dans un
local frais et sec, k Tabri des geiees, et toujours en couche mince ; on ne doit
pas superposer plus de deux tubercules.
Pour conserver les tubercules d'especes tardives qui ne seront pas semes
avant avril, on les place dans des tranchees creusees k une profondeur de
15 k 20 centimetres; on peut les laisser k decouvert jusqu*en novembre, et a
cette epoque on les recouvre d'une couche de terre de 15 centimetres environ
d'epaisseur. On choisira le cdte expose au nord; dans ces conditions, les tuber-
cules ne commenceront k bourgeonner qu'k la fin de Thiver.
— 281 —
Dans le cas od des gel6es tr^s fortes se produiraient ou seraient pr6vues, il
serait prudent de recouvrir la provision d'une petite couche de fiimier ou de
feuilles mortes, que Ton enldverait apr^s le mauvais temps, car il ne faut pas
que la temperature s'616ve trop.
Par la mSme raison, 11 sera bon d'ouvrir la tranch^e une ou deux fois dans
le courant de Thiver, par un temps doux, pour verifier I'^tat des tubercules,
s'assurer qu'ils ne s*6chauffent pas a Texc^s, et enlever tous ceux qui commen-
cent k moisir. Gette precaution est surtout n^cessaire quand les pommes de
terre ont 6te attaqu6es k Tautomne par la maladie.
• ♦
En somme, 11 ne paralt nuUement certain q\jie telle ou telle variety soit affai-
blie par la culture r6p6t6e dans le mfime terrain; sous cette reserve toutefois
que cette culture doit naturellement 6tre altern6e avec d'autres; mais en
admettant que cette rotation ram^ne la pomme de terre dans la m^me partie de
terrain tous les trois ou quatre ans, elle pourra y 6tre cullivee pendant de
longues ann^es sans perdre rien de sa vigueur ni de sa quality.
Le point important, c*est que Ton plante les tubercules entiers, et que Ton
supprime un certain nombre d'yeux en dehors de la couronne ; en outre, les
pieds doivent 6tre sufflsamment espac6s entre eux pour pouvoir d6velopper
une abondance de racines et pour que celles-ci aient k leur disposition assez
de nourriture . Reader.
{Sera continue.)
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
JLa lumi^re Mectrique est, paralt-il, reguli^rement employee par un
certain nombre de cultivateurs aux Etats-Unis pour produire des Laitues et
divers legumes pour la consommation pendant I'hiver.
Le continent s'est ^galement occupy des experiences faites aux sujet de
rtnfluence de Veiectricite sur la culture, et les savants frangais notamment y
unt pris une part importante ; mais Tapplication des ddcouvertes scientifiques
dans la pratique industrielle ne se fait pas aussi rapidement dans Tancien
monde que dans le nouveau.
» «
Anachronisme au vieil Anvers. — On salt que les organisateurs de
I'Exposition du « Vieil Anvers » se sont efforces de faire une reconstitution
complete et dans laquelle tout fftt en parfaite concordance, costumes, mobi-
lier, etc. Mais ils ont oublie les plantes, car nous remarquions, lors d'une
r6cente visite, les facades moyennageuses orn^es de Goleus hybrides et de
— 282 —
diverses plantes, Iresine Lindeni et Verschaffdti, Phormium Veitdii et
Colensoei, etc., dont rintroduction ne remonte pas a vingt ans !
Signal^ k noire coUaborateur M. Gh. De Bosscher£.
« •
OaestionK de nomenolature. — Notre confV^re le Journal des Orchidies
rel^ye quelques incoherences amusantes de la nomenclature en ce qui conceme
les Orchid^es ; les autres parties ne pr^tent pas moins k la critique, et si Ton
voulait relever toutes les erreurs, les mauvaises formations de mots, les sol6-
cismes, les barbarismes (il faut bien se contenter d*en sourire, puisqu*on ne
peut songer a les reformer), la liste en serait interminable.
Le principal inconvenient de ces maladresses, c*est de d^router complete-
ment les personnes qui cherclieraient retymologie des noms pour en tirer une
indication utile.
Prenons le premier exemple venu, soit le mot Fagopyrum, le nom du
Sarrazin ; il provient des mots grecs phago, je mange, et pyros, le ble.
Or on peut remarquer : 1** que Tauteur aurait dft 6crire Phago..., et non
Fago.,..
2^ Que la terminaison devait etre os ou, au pis aller, us, mais jamais um,
3® Que le nom est d'ailleurs singulidrement choisi, car la phrase « je mange
le bl6 » ne presente rien de bien caract^ristique pour flxer dans Tesprit le
nom de la plante qui est le Sarrazin.
Mais il est probable que le lecteur n^aura jamais Tid^e de creuser celie
etymologie, car il ne pourra gufere la deviner s*il n'est pas pr^venu. En voyant
ce mot a tournure laline, on pense k Fagus (hetre) et a pyrus (poire), mais on
ne peut vraiment pas soupconner qu*il s^agit de Phago et depyros!
♦ •
Les racines privies d'oxyg^ne ne tardent pas, d'ordinaire, k mourir de
suffocation. Cependant, on sait que dans certaines regions du midi de la
France, on a recours, pour combattre le Phylloxera, a la submersion des
Yignes sous une couche d*eau pendant un ou deux mois, et les plantes ne
meurent pa^ de ce traitement.
L'explication de cette particularite anormale est donn6e dans les Annales
agronotniques par M. Muntz; d'aprfts lui, les racines peuvent se procurer
Toxyg^ne dont elles ont besoin aux d6pens du protoxyde d'azote, qui est forme
par Taction r6ductrice des bact^ries sur les nitrates du sol ; mais la presence
des bacteries n'est pas indispensable, et les racines peuvent puiser directement
dans les nitrates Toxyg^ne dont elles ont besoin; par suite, la submersion
peut ne pas produire la suffocation des racines, lorsque le sol contient suffl-
samment de nitrates.
*
— 283 —
Un nouvel Insecticide est actuellement employ 6 en Am^rique, sp^iale-
ment pour la protection des arbres fruitiers ; il est d6sign6 sous le nom de
Gjpsine, ce qui pourrait faire croire k une 6tymoIogie d^rivee de Gypse;
mais en r6alit6 ce nom proyient de Gipsy-moth, nom anglais donn6 k un des
parasites ail6s les plus dangereux. Le Minist^re de TAgriculture des Etats-
Unis Ta preconis^ particuli6rement et mis en application, et les r^sultats
obtenus ont 6t6 sup^rieurs, paralt-il, a ceux de tous les autres insecticides.
La Gypsine est de Tars^niate de plomb ; on emploie aussi beaucoup le me-
lange suivant : 3 i/£ parties d'ars^niate de plomb pour 1 partie d'arseniate de
sonde, que Ton dissout dans Feau. On y ajoute un peu de glucose pour faire
adherer le liquide aux feuilles, de sorte qu'il n*est enlev6 que par les pluies
un peu fortes.
On pent employer de fortes doses de cet insecticide sans nuire au feuillage ;
la proportion g6n6ralement adoptee est de 5 livres pour 150 gallons d'eau,
mais on est all6 jusqu'^ 30 litres sans inconvenient.
» *
La saison des Ghrysanthdmes s*annonce d'une fagon tr^s satisfaisante,
paralt-il. Les variations de I'^t^ ne leur ont pas port6 prejudice comme aux
Roses, et les boutons n'ont pas 616 grilles comme Tannic derni^re; en revanche,
dans quelques endroits les fleurs ne seront pas aussi grandes qu*en 1893, la
vegetation n^ayant pas 6te aussi bien mCirie. La section des Japonais a 6t6
Tobjet de soins particuliers, et promet beaucoup.
« »
Les Nepenthes sont actuellement plus en vogue que jamais, et plusieurs
nouveaux hybrides ont 6t6 pr6sentes derni^rement k des expositions, et y ont
obtenu des recompenses. Ges plantes donnent aux serres beaucoup d'attrait
par leur singularity, les formes si curieuses et souvent si elegantes de leurs
urnes, et leur coloris souvent tr6s beau.
II est curieux de rappeler que les Nepenthes, signal6s par les botanistes
europ^ens depuis trois slides, ne sont entr^s dans les cultures que depuis une
centaine d*ann6es; les communications tr^s lentes rendaient autrefois tr6s
difficile rintroduction de ces plantes, qui demandent de la chaleur et surtout
beaucoup d'humidit6. Actuellement, et depuis de longues annees, leur culture
en Europe ne laisse rien k d^sirer, et Ton en voit dans certaines collections,
notamment k L*Horticulture Internationale, k Bruxelles, de superbes
specimens converts d*urnes.
Ce chiffre de cent ans que nous venons de citer est d*ailleurs tr^s remar-
quable. 11 y a bien peu de plantes dont la faveur se soit prolong^e aussi
longtemps ; combien d'esp^ces et de genres ont et6 oubU6s dans ce laps de
— 284 —
temps! Goinbien de plantes, admires il y a vingt ans k peine, sont a^jou^d'hai
tomb^ dans Toubii et devenues introuvables! II n'y a que les beaut^s hors
Ijgne qui r^sistcnt au temps : les Orchid^s, les Roses, sont 6ternelles.
» •
Mastlo rteistant & la chaleur et & rhumidiM. — On obtient un mastic
de ce genre en m^langeant de la glyc<^rine ordinaire avec de la litharge bien
s^hee, de facon a faire une bouillie ou une pate plus ou moins ^paisse, qui
deyient rapidement dure en s^cliant. Ce mastic peut servir pour les machines
k vapeur.
Pour TappUquer sur le m^tal, on commence par nettoyer et d^caper
soigneusement celui-ci, puis on le frotte avec un peu de glycerine, et on place
ensuite le mastic.
* •
Les GliryMix^thAmes doivent Mre mis d^s maintenant k Tabri des atteintes
du froid ; les gel^ nocturnes, qui sont desormais k pr^voir, font beaucoup de
tort aux fleurs.
Une serre k vigne dont la cueillette est termin6e conyient parfaitement pour
rentrer les plantes ; on leur donnera beaucoup d'air tant que le thermom^tre
sera au-dessus de 4 ou S'', et des arrosages abondants. Pour favoriser la pro-
duction de grandes fleurs bien form^es, il conyient aussi de donner aux plantes
beaucoup d*engrais, soit enyiron deux fois par semaine ou trois fois en deux
semaines.
Si Ton yeut ayoir des fleurs pour la premiere ou la seconde semaine de
noyembre, il pourra 6tre utile de chauffer un peu la nuit et pendant les jour-
n6es sombres.
• «
Les chAAsis pourront Mre utilises ce mois-ci pour des laitues qui donneront
en d^cembre, ou pour des carottes hStiyes sem^es en aot^t, et qui seront bonnes
tout rhiyer. On pourra ^galement y planter des yiolettes, qui fleuriront une
partie de Thiyer. Enfln on pourra semer en octobre des radis qui, recouyerts
en noyembre, donneront jusqu'en Janvier, et on pourra conseryer tout I'hiver
sous chassis de Toseille et de la chicor^.
* *
Ganna. — D'apr^s le correspondant am^ricain du Gardeners' Chronide, le
Ganna Seine Charlotte fait actuellement fureur aux Etats-Unis. Rappelons que
cette belle forme a 6t6 flguree au commencement de la prdsente ann^ dans
L' Illustration Horticole,
Les Ganna en general sont beaucoup utilise aux Etats-Unis pour la for-
— 285 —
mation de parterres, et il paralt qu*un seul ^tablissement d'horticulture, celui
de MM. Dreer, en cultive jusqu'A 150 vari^t^.
• *
Les incendies qui ont consume au mois de septembre d'immenses 6tendues
de for^ts au Minnesota ont caus6 des ravages incalculables. Des milliers d'ani-
maux domestiques ont p^ri, des millions d'acres de bois de construction ont
61^ brOl^ (une acre ^quivaut k 40 ares) ; un millier de personnes ont ^galement
6t6 tu^s dans ces incendies. Rien de combustible n*a echapp^ au d^stre dans
un rayon de huit cents metres de la for^t ; les Tillages, les trains de chemin de
fer ont 6t6 d^truits.
» ♦
Un Begonia hermaphrodite. — Un correspondant du Gardeners' Chro-
nicle lui a envoys une fleur de Begonia r^guli^rement hermaphrodite. Ge
ph^nom^ne n*est nuUement rare depuis le d^veloppement de la production des
Begonia tub^reux.
Max Garnier.
LE « SALON ROYAL » A LEXPOSITION DANVERS
M. le directeur de L' Illustration Horticole ayant bien voulu nous demander
une description d6taill6e du « Salon Royal » dont il a entretenu ses lecteurs
dans le numero du 30 juillet, nous nous empressons de nous rendre k son
d^r. Passons-y sans prtembule :
Le fond de la salle des fStes, un espace mesurant plus de quinze cents metres,
a 6\A occupy entidrement par le « Salon Royal », dont le plan ^tait congu dans
le style r^gulier : au milieu, de grands parterres aux lignes harmonieuses, au
fond et sur les cdt6s, dimposants groupes de plantes diverses ; les chemins,
tr^ larges, permettaient k la foule de circuler k Taise et de saisir parfaitement
la beaut6 des diyers groupes.
A rentr6e, un 6norme parterre compost par le service des plantations de la
ville d*Anvers qui s'est associ^e avec la meilleure gr&ce k la manifestation.
Au milieu de ce parterre de quarante metres de superficie, se dressait un splen-
dide Latania borbonica plac6 sur un pi^destal entour6 de jolis Kentia For-
steriana et Balmoreana; le fond ^tait compos6 de centaines de Begonia
tub^reux k tleuvs rouges, tous de m^me nuance, entour^s d'une large bande
d*Ageratum nains converts de milliers de fleurs blanches, hordes, k leur tour,
d*une quintuple ligne de Sedum cameum blancs. Une large bande de gazon
bien frais, bien vert, courait autour de cette belle mosaique fleurie, dont le
ctaarmant aspect 4Uit rebaus86 par deux beaux bronzes artlstiques places sur
des socles.
Derri6re cette jolie cr^tion, ud groupe magistral attirait tous les regards,
entbousiasmait tous les visileurs, Le centre 6lait occup6 par un admirable
Kentia Forstertana, sortant de I'^tablissement de MM. Dk Smet, frtres; sa
base 6tait entourfe d'un cercle form* par des exemplaires de 3 mitres de haul
de Kentia Foraleriana et Baimormna d'un horticulteur gantois ; les palmes de
ceux-ci s'61ev6renl au-dessus de fori jolis Rkapis flabelliformis d'un horticul-
teur de Bnixelles. Tous ces Palmiers formaient une splendide couronne d'une
remarquable l^g^rel6.
Au-dessous de cette couronne couraient trois tablettes octi^onales, distantes
Fig. 49. - Vue
Salon Royal • a rExposition d'Anvers.
les unes des autres de vingt-cinq centimetres et couvertes de Cocoa Wediid-
liana, d'Adiantum, d'Asparagus et autres petites plantes vertes, servant de
fond aux eblouissantes Orchid^es esotiques. Ck et \&, entre les fiUes des tro-
piques, quelques Anthurittm Sckemerianum et RotksckUdianum, dans I'eclat
des spathes ressortissant sur la vaporeuse verdure des Fougfires et des Aspa-
ragus, produisait Teffet le plus gracieux, le plus inattendu.
Pos4s par terre maintenant et arrivant k bauteur des Orchids, de jolis
exemplaires d'un frais colons d'Opkwpogon jtxburan fol. var. faisant tout le
— 287 —
tour du groupe et entour^s de Nidulanum fulgens et Meyendorffii et d'Anthu-
rium Scherzerianum, dontle feuillage brillant et les nuances rouge vif contras-
taient k souhaii avec les tons clairs des Ophiopogon. L'ensemble de ces
ravissantes plantes formait le plus 616gant encadrement que Ton ptlt r6ver
pour les flots de fleurs d'0rchid6es.
Quatre petites corbeilles plac6es au bout des deux axes du massif ^taient
gamies de Dracaena Baptisti et striata entremM6s de Cocos Wedddliana et
bord6s de Saxifraga sarmentosa tricolor superba, dont Teffet 6tait ravissant.
Du centre de ces quatre corbeilles s'61evaient quatre colonnes supportant
des bronzes artistiques. Tout ce massif, dont rien ne saurait rendre la. presti-
gieuse beauts, 6tait entour^ d*une bordure de gazon.
Si cette creation d^passait tout ce qu'on a vu de r6ussi en Belgique en fait
d'arrangement artistique de plantes, la corbeille-parterre qui lui faisait suite
ne m^rite pas moins d'61oges. Elle mesure vingt-cinq metres carr4s et est
enti^rement remplie de fleurs couples d'Orchid^es provenant des serres
d'un borticulteur de Loochristy. Pendant tout un mois, cet horticulleur a
refus6 de vendre des fleurs, lorsqu'a Toccasion des ftin6railles de M. Garnot,
il auralt pu r6aliser de grands b^n^flces. Son oeuvre est admirable ; sur un
fond de verdure compost de petits Palmiers, d'Adiantum et d'Asparagus se
d^tachent des milliers de fleurs d'Odontoglossum, d'Oncidium, de Gattleya,
d'EpIdendrum , de Gypripedium, de Gochlioda, d'Aerides, d'Anguloa, de
Dendrobium, de Vanda, de Miltonia, de Masdevallia, etc. Au milieu de cet
id^l massif fleuri, un superbe Chatnaerops excelsa, en vrai prince du r^gne
v6g6tal, semble prot6ger toutes ces fleurs de reve, pendant que deux superbes
bronzes compl6tent de fagon charmante incomparable tableau fourni par les
milliers de curieuses et riches fleurs.
Quatre grands vases artistiquement gamis de fleurs de toutes esp^ces, par
M. Haumont, un des chefs de culture de KHorticulture Intern ationaj.e,
sont places autour du massif central et donnent a Fensemble un cachet
d*une supreme distinction.
Le fond du Salon royal est garni de plus de trois cents plantes ornemen-
tales appartenant aux diverses families cultiv6es actuellement. Gette colossale
masse de grandes et belles plantes a produit un eflet grandiose. Des deux c6tes
et entourds des plantes les plus riches, les bustes du Roi et de la Reine ; au
miheu, dans un h^micycle, un superbe vase en barbotine, dit « vase royal »
pos6 sur un socle k pehiche et garni de la fagon la plus charmante d'0rchid6es
et de plantes k feuillage color6.
Les deux c6t6s du « Salon Royal » sont, comme le fond, gamis de superbes
plantes, dont il serait trop long de vouloir 6num6rer les specimens les plus
remarquables. II suffira de dire que les grands etablissements horticoies du
— 288 —
pays ont presque tous fourni leurs plantes les plus m^ritantes pour qu*on se
fasse une id6e de la valeur intrins^ue et decorative des groupes.
Les grands massifs de plantes omementales 6taient bord^ de plantes fleuries
provenant, pour la plupart, des ^tablissements borticoles d^Anvers. Ges fleurs
donnaient aux masses de feuillages un aspect des plus riants. Les vases de fleurs
disposes ci et lA entre les plantes contribuaient k YMai de cette exposition
sp^ciale ot chacun a voulu faire grand et beau, sans aucun espoir de recom-
pense, sans m^me voir flgurer son nom sur les etiquettes indignant les noms
des plantes. G'6tait bien rhorticulture beige et non tel ou tel exposant qui
faisait bommage aux souverains des produits culturaux les plus distingu^s,
les plus meritants.
La famille rojale n*a pas pu rendre visite k TExposition, empftcbee qu*elle
etait par le deuil occasionne par la mort tragique du President de la R6pu-
blique frangaise. M. le Ministre de TAgriculture, Leon De Brutn, a exprime
son entiere satisfaction k la vue de Toeuvre accomplie, laquelle, h61as, a ete
aussi ephemdre que les fleurs : accessible au public depuis le dimanche,
l"'^ juillet, k midi, jusqu*au lundi soir, cette manifestation a vivement impres-
sionne le public. Gomme beaucoup de fleurs, dont le parfiim embaume Fair
pour longtemps, le « Salon royal » laissera, dans le coeur de ceux qui ont
contribue k sa creation, un souvenir agreable, le parfum d*une riche et ode-
rante fleur de gratitude et de symp&thie.
Gharles de Bosschere.
INFLUENCE DE LATMOSPH^RE DES VILLES SUR LA
VEGETATION
Des experiences faites recemment k Berlin et aux environs ont permis
d*etablir des comparaisons interessantes entre la vegetation dans les grandes
villes et celle qu*on obtient k la campagne.
Ges experiences etaient faites dans quatre stations simultanement, k Lich-
terfelde, k Spindlersfeld, et dans deux quartiers differents de Berlin.
Dans chaque station on a cultive 60 exemplaires A'Hydrangea hortensis,
dont cinquante ont recu de I'engrais. Tous ces exemplaires provenaient de
boutures d*un meme etablissement. On s*est attache k les placer dans des
conditions absdlument identiques, dans le mfime sol, avec la m^me quantite
d'engrais, etc.
Les 60 plantes cultivees k Lichterfelde ont donne 365 pousses, celles culti-
vees a Spindlerfeld en ont donne 334, et celles cultivees k Berlin W., seule-
raent 274,
— 289 —
Sur les 365 pousses formees k Lichterfelde, 287 ont produit des fleurs ; sur
les 334 de Spindlerfeld, 242 ont fleuri; enfln, sur les 274 de Berlin, 152 seu-
lement ont donn6 des fleurs.
Le diam^tre des inflorescences k Spindlerfeld 6tait de 24 k 33 cm., et k
Berlin il n'etait que de 9 ^ 12 cm.
On voit que la culture dans la capitale a donn6 des r^sultats beaucoup moins
brillants qu'aux environs.
Les experiences en question ^talent faites en vue de determiner Fengrais le
meilleur pour les Hydrangea; mais la conclusion accessoire qu'elles ont fournie
est tr6s interessante, parce que jusqu'i present on n'avait jamais d6montre
par des comparaisons bien 6tablies cette difference entre la vegetation des
villes et des campagnes.
CHRYSANTHEME AMOS PERRY
Nous donnons ci-contre la gravure d'une belle variete de Ghrysantheme
japonais, provenant de la maison Th. S. Ware, de Tottenham, qui a fait son
apparition a la fln de Tannee 1892, et a obtenu un tres grand succes en Angle-
terre. G'est une des plus belles formes jaunes qui aientete introduites.
La fleur tout entiere est d'un jaune d'or fonce et du plus bel effet. G'est une
excellente variete d'exposition.
PLANTES PRIM^ES
Dahlia Mrs. Francis Fell. — Nouvelle variete de Gactus, k grandes
fleurs Wane creme, presque blanc pur, d'une bonne forme; les ligules sont
allonges et etroits comme dans le vrai type Gactus. Exposee par M. T. S.
Ware, de Tottenham, k I'Exposition du 4 septembre k Londres, oft elle a
obtenu un Gertiflcat de 1™ classe.
« »
Glaleul Magnet. — Variete k grandes fleurs d*un rose saumone, strie et
lave de rouge ecarlate. Exposee k Londres le 4 septembre, par MM. J. Burrell
et G*«. Gertiflcat de 1" classe.
» «
Glaieul Frametta. — Fleurs d*un rose saumone plus vif que le precedent,
avec quelques legeres stries ecarlate. Expose par MM. Burrell et G^®. Gerti-
flcat de i^^ classe.
« «
— 291 —
Dahlia Fred Leslie. — Yari^t^ simple k fleurs amples, d*un rouge
cramoisi avec les pointes blanches, les deux couleurs 6iant nettement s6pa-
r6es. Eipos6e k Londres le 4 septembre, par MM. Gheal et flls, de Crawley.
Gertiflcat de i^ classe.
*
Dahlia Katie Parnham. — Nouvelle forme de Pompon, k fleurs de gran-
deur moyenne, d*une bonne forme,, bien plelne au centre. Les ligules sont
rose pourpre, avec la base presque blanche. Expos6e k Londres, le 4 sep-
tembre, par M. Th. S. Ware. Gertiflcat de 1** classe.
* •
Dahlia Cherub. — Fleurs de grandeur moyenne, k ligules serres d*un jaune
brunAtre fonc6, 16g6rement d6grad6 sur les bords. Expos6 par M. G. S* Pierre
Harris, d'Orpington, k I'Exposition de Londres, du 4 septembre. Gertiflcat
de i^ classe.
» «
Dahlia lona. — Pompon de grandeur moyenne, de forme gracieuse, k
fleurons serres, d'un jaune clair doux. Expose a Londres, le 4 septembre, par
M. G. Humphries, de Ghippenham. Gertiflcat de l'« classe.
♦ »
Dahlia Gannell's Gem. — Gette vari^t^ porte le nom de « Perle de
Gannell » et ce nom est signiflcatif, car on salt les nombreux succ^s obtenus
par cette importante maison, notamment dans la production des Dahlia.
La nouvelle forme est du type Cactus ; elle a les fleurs petites, mais tr6s
bien faites, a ligules compacts, ^troits, d'un coloris ecarlate. Le centre est
nuanc6 de pourpre. Gertiflcat de i^« classe k Londres, le 4 septembre.
« *
Dahlia Harmony. — Un Gactus de taille moyenne, k ligules longs et
aigus, d*un rouge saumon^, replies sur les bords. Quelques fleurons au centre
sont courts et jaunes. Expos6 par MM. Keynes, Williams et G*« a Londres,
le 4 septembre. Gertiflcat de m6rite.
* *
Dahlia Mayor Harkins. — Autre variety de Gactus, de grande dimen-
sion, d*un cramoisi ^arlate nuanc^ de violet. Expose par la m6me maison
que le pr6c6dent. Gertiflcat de m6rite.
* *
Dahlia Mrs Barnes. — Vari6t6 de Gactus de la m^me origine que les
pr6c6dentes; mais celle-ci a un coloris d^licat, rose avec quelques ligules
blanc cr^me au centre. Les fleurs sont de grande taille et tr^s agr^ables.
Gertiflcat de m^rite.
* «
— 292 —
Dahlia Psyche. — Autre vari^t^ simple expose par le m^me amateur
que la pr^^ente. EUe a un colons curieux, orange brundtre se rapprochant
de la couleur terre-cuite. Gertiflcat de 1" classe.
« »
Dahlia Phyllis. — Yari^t^ simple presque blanche, lav^e de pourpre au
centre et marbr^e irr^guli^rement de nuancee plus p&le. Expose a Londres,
le 4 septembre, par M. T. W. Girdlestone, de Sunningdale.
« »
Nepenthes mixta sanguinea. — Le Nepenthes mixta est un bel bybride
obtenu par MM. Veitch, entre le N. Curtisi et le N. Northiana. La nouvelle
vari6t6 est, paralt-il, bien sup6rieure un type, et poss^de un coloris rouge
sang remarquable. Elle a obtenu un Gertiflcat de i^^ classe, au Meeting de
Londres, du 11 septembre.
Certiiicats de l'^ classe, d^cernes k TExposition de la Soci^t^ Nationale
de Dahlia, de Londres, au Palais de Gristal, le 7 septembre :
Dahlia novelty
Dahlia Miss Irene Cannell
> Mabel Stantow
Mrs H. Cannell
> Mrs Francis Fell
Canneirs Velvet
> Canneirs (iem
Homiman
» Henry Dupresle
Puck
» Harmony
Psyche
> Mrs Barnes
Darling
> Mrs Harkins
Goldenlocks.
> lona
•
Ghrysanthime Lady Fit zwygr am. — Vari^t^ pr^oce, tr^s florif^re, ^
fleurs Wane perl6; les p^4ales sont etroits, et beaucoup d'entr'eux incurves.
Exposee par M. Jones, de Lewisham, au Meeting de Londres du 11 sep-
tembre. Gertiflcat de merite.
Dahlia Mrs Gk>rdon Shaw. — Belle vari^t6 de Cactus expose au Meeting
de Londres du 11 septembre, par MM. Giieal et flls, de Crawley. Elle a les
rayons du centre larges, et d'un rouge 6carlate-cramoisi, tandis que les
ligules ext^rieurs sont plus allonges et ont la vraie forme des Cactus. Gerti-
flcat de merite.
Max Garnier.
— 293 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Ociobre 1894.
Un bouquet d^Hydrangea hortensis. — R^cemment nous avons vu dans
un jardin de ville, k Lierre, un exemplaire A' Hydrangea hortensis dont les
inflorescences, au nombre de plus de cent quatre-vingts, formaient un seul et
immense bouquet. Gette richesse florale contrastait admirablement avec la
verdure de la pelouse sur laquelle THydrangea se trouvait plant6. Dans des
conditions pareilles, cette vieille esp^e constitue sans conteste un omement
des plus pr^cieux.
Visrnobles en Australie. — Les plantations de vignes, d'apr^s un des
derniers num6ros du Times, prennent un rapide d6veloppement en Australie.
La Nouvelle Galles du Sud compte d6jA actuellement plus de dix millions
de caps qui, 6tant en plein rapport, pourront produire annuellement plus de
quatre millions de gallons de yin. Actuellement d6j^ certains vignerons
recoltent plus de cent cinquante mille gallons par ann^e. La quality des
vins rouges d' Australie est presque aussi bonne que celle des vins de France;
toutefois, et c*est le cas pour les meiUeures marques, ils sont tr^s sensibles
aux variations de temperature et r^istent difflcilement k un long voyage.
* *
Agave americana. — Un des faits les plus remarquables de la biologie de
cette gigantesque Amaryllid^e est la rapidity avec laquelle se d^veloppe sa
hampe florale. Les amateurs de choses curieuses ont pu suivre une fois de
plus ce ph6nom^ne au Jardin botanique de Bruxelles. Les journaux de la
capitale ont fait revivre, k Toccasion de cette floraison, une s6rie d'histoires
erron^es, toutes 6galement fabuleuses. On a dit que cette plante ne d^veloppe
ses fleurs que lorsqu'elle a atteint un sifecle d'existence. Gette fable nous a
rappel6 le mot d'ALPHONSE Karr qui, 6tant conduit aupr^s d'un exemplaire
d* Agave et ^coutant cette fable, r^pondit simplement : a Ma tante a mieux que
cela; elle a des plantes qui ne fleurissent jamais ! » On a dit aussi que TAgave
annonce par une forte explosion T^panouissement de ses fleurs. Personne
n'a jamais entendu cette explosion. Mais ce qii'on a pu voir et constater,
— 294 —
c'est qu*il avail &llu k peine yingt-quatre heures k la hampe florale poar
s'allonger de 0"*60. D'ordinaire cependant celle-ci ne s*allonge que de 0"10
k 0'"15 par jour, ce qui est d^jk fort beau. Get allongement 6quiyaut k peu
pr^s a une augmentation de poids d*un kilogramme. L*exemplaire du Jardin
botanique, plac6 au bout de la grande terrasse, a eu un trte grand nombre
d*admirateurs.
• *
Soci6t6 ntorlandaise d'horticaltare. — Au meeting du 8 septembre, des
certificats de 1"" classe ont 6t6 d6cem^ entr*autres k des vari^lfe iK>UTdIes
de Dahlia de MM. E. H. Krelaoe et fils k Haarlem et de MM. GROEifKWB0Ell
et C® a Amsterdam; au Pteris ludens, k YAdiantum macropkffUum alho
striatum de MM. A. Olym Db Vos et G*« k Utrecht. Des certificats de m6rite
sont 6chus k plusieurs espies de Pteris des m6mes exposants; au Gloxinia
hybrida a feuilles panach^es de MM. Ter Brake et O*, k Bussum.
• »
Inflorescences de Stattce. — La famille des Plumbagin^es renferme un
groupe de plantes remarquables k la fois pour I'omementation des jardins et
de Torangerie, dont les inflorescences se conservent longtemps et peuvent
servir de repoussoir pour les bouquets. Ce sont les Statice. On pourrait se
demander si Linne, en leur donnant ce nom, n'a pas voulu indiquer la stabi-
lity des inflorescences plut6t que les propri^t^s astringentes dont on les croit
douses. Les Statice sinuata,' arborescens, frutescens, itnbricata et puberula
ont besoin de la serre ; une s6rie d'autres sont vivaces et rustiques sous nos
climats; d'autres encore doiVent 6tre rentr^es en hiver sur les tablettes d'une
serre temp^r^e. Toutes sont fort jolies et caract6ris6es par leurs hampes pani-
cul^es ou corymbiformes poirtant des fleurs dispos^es en 6pis, bleues, roses et
ra^me rouges, jaunes ou blanches. Les hampes 6tant coup^ apr^s Tepanouis-
sement des fleurs peuvent ^re conserv6es tr^s longtemps, presque tout Thiver,
6tant placees dans du sable qu'il est m^me inutile de mouiller. Parmi les 6pis
floraux on pent placer temporairement des fleurs plus 6ph6m6res ou mSme
des Helychrysum ou d*autres fleurs s^hes. L'eflet obtenu depend evidemment
du goOt du compositeur.
*
Victoria regia. — Bien que Tobservation ait compt^ cette annee peu de
jours d'une ser6nit6 absolue, le Victoria regia a donn^ au Jardin botanique de
Bruxelles une riche succession de colossales fleurs. Le bassin de la serre en a
6t6 k certains moments de T^t^, compl^tement rempli, k tel point que les
autres esp^ces aquatiques avaient du mal k se faire jour parmi les rares inter-
valles laiss^s par la royale nympheac^e.
• *
» 9
— 295 —
Sain^jiauUa ionantba. — La plupaft des connaisseurs qui visit^rent les
floralies gantoises de 1893 se souviennent sans doufe encore de cette charmante
nouveaut^ qui se trouvait Ik si soigneusement plac^e dans la serre chaude et
abrit^e sous une cloche de verre. Pour justifier une temperature aussi 61ev6e,
on s'est born6 a dire que Tespfece provient du Kilamandjaro, ce qui est vrai ;
seulement on a oubli6 d'ajouter Taltitude de cette provenance ; or, si celle-ci
est quelque peu considerable sur la montagne, il est Evident que la plante
pourra Mre cultiv6e en serre temp6r6e. EUe se multiplie ais6ment, et bient6t
on fera tels essais de culture que Von voudra.
*
Jje Karonba est un produit de la pulpe de Garoube qui est propose comme
succedane du cafe. Cette substance, comme le dit la Eevue des Sciences appli-
quies, porte son sucre avec elle, et constitue un aliment aussi sain qu'^cono-
mique. Le fruit du Garoubier, Garoube, pain de S* Jean, etc., est une silique
indeiiiscente, aplatie, un peu arqu^e, d*un gris brunMre ; les loges renferment
chacune une semence ovale, aplatie, dure et luisante, de couleur marron.
L'espace compris entre Vepicarpe et les loges est rempli par une pulpe rou-
geatre, d*une saveur sucr^e, qui est la partie la plus importante au point de
vue comestible.
« «
Floralia & Purmerend. — Gette utile association a continue cette annee
encore ses efforts en vue de stimuler chez le peuple le gotit de la culture. Au
printemps dernier, on avait distribue k ceux qui le desiraient des lots de six
plantes : deux Fuchsias, deux Pelargonium, un Aster et un Begonia. Le 14
et le 15 septembre suivants, 125 competiteurs ont rapporte leurs plantes k
Texposition. Le Begonia n*avait pu etre conserve que dans les deux tiers des
apports; un tiers de ceux-ci se composaient seulement de cinq plantes. La
plupart des plantes representees temoignaient des soins de culture dont elles
avaient ete Tobjet, aussi le Jury a pu decerner un grand nombre de recom-
penses.
♦ •
Kouveau taiif douanler amirlcain. — Entre en vigueur depuis un
mois et demi, le tarif vote par le Gongres de Washington adoucit considera-
blement les dispositions protectionnistes du fameux bill Mac Kinley. Les
plants de pepiniere, arbres, arbustes, vignes, sont admis en franchise de
droit. lis payaient auparavant 20 **/© ad valorem. Payeront un droit de 10 °/o,
les Orchidees, Muguets, Azal6es, Palmiers et autres plantes destinees au forqage
pour la fleur coupee et Tornementation. Les semences de plantes horticoles et
agricoles, au lieu de payer 20 ^/o sont soumises k un droit de 10 °/o. Les
— 296 —
graines de fleurs et de gramintes, les bulbes, les rhizomes non comestibles
jouiront, comme auparavanl, de la franchise de droit.
*
• 9
Fruotiflcatlon da Gacaoyer en Allemagne. — Pour la seconde fois le
Gacaoyer, Theobroma Cacao, a fhictifi^ au Jardin botanique de Tubingen. La
floraison du Gacaoyer est peut-^tre assez fr6quente dans les jardins europ^ns,
mats la fructification est certainement un &it rare et elle n*est obtenue
que par voie de fi&condation artiflcielle. Les plantes qui ont fructifie cette
ann^e comine Tann^ dernidre ont 2 metres de hauteur. Le fruit est suspendu
a la tige k une dizaine de centimetres seul^ment au-dessus du collet. II est a
esp^rer que Ton obtiendra des graines parfaites pour multiplier la plante dont
le bouturage ne r^ussit pas toiyours.
» »
Le Baume de Gopaha est une oltor^sine d'une saveur dcre, amdre,
poss6dant une odeur aromatique particuli^re, le plus souvent forte et
d^sagr^able. II est recueilli par les Indiens sur les bords des affluents sup^rieurs
de rOr^noque, de TAmazone et du Rio Negro. Pour Tobtenir, on se borne k
faire k la base de Tarbre une profonde incision par laquelle il s'^coule en
abondance. On dit m^me que le liquide s^accumule dans le Gopayer en telle
quantity que par sa pression il fait Plater les arbres; on dit aussi qu^un pied
de 27 m. de hauteur peut fournir jusqu'& cinquante litres de baume. Gelui-ci
se compose d'une r^sine amorphe, cassante, acide, et d*une huile essentielle
ayant la m^me composition et les m^mes propri^t^s chimiques que Tessence
de t^r^benthine. Le baume de Gopahu entre dans plusieurs preparations phar-
maceutiques; il a et6 essaye avec succ^ comme acc616rateur en photographie
et a permis d'obtenir des 6preuves parfaitement claires, ofihmt Tavantage de
donner toutes les nuances des couleui*s difflciles. Le baume de Gopahu le plus
estim^ vient du Br^sil.
•
La vigne an Vieil Anvers. — Abstraction faite de Tanachronisme signaie
k la page 281 de L' Illustration Horticole, ce qui a pu contribuer k rendre plus
complete I'illusion concernant Tantiquite des reconstructions du Vieil Anvers,
ca ete de voir une vieille vigne en pleine vegetation couvrir de son feuilbige
la facade d'un des batiments sur plusieurs metres de longueur. Voicr comment
on avait procede : un vieux cep etait plante au pied du mur parmi les paves;
contre ce cep etaient habilement conduits des sarments vigoureux appartenant
k des jeunes vignes cultivees en pots ; ceux-ci etaient dissimuies k Tinterieur
du b&timent.
£m. Rodigas.
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— 297 —
PI. XIX
DICHORISANDRA ACAULIS cogn.
0)
DICHORISANDRA ACAULE
Le genre Dichorisandra, qui fait partie de la famille des Gomm61inacees, fut
d6crit en 1820 par le botaniste autrichien Mikan, dans un ouvrage oti 11
d^crivit les plantes et les animaux les plus remarquables qu'il avail rapportes
d'un voyage d'exploration au Br^sil, effectu6 pendant les annees 1817 et 1818.
Le dernier relev6 des esp^ces de ce genre fut publie en 1881 par
M. C. B. Clarke, de Kew; il se trouve dans sa monographie des Gomm^li-
nac^es, comprise dans le volume III des' Monographiae Phanerogamarum de
DE Candolle. On comptait alors vingt-huit esp^ces de Dichorisandra, croissant
presque toutes au Br6sil, quelques-unes seulement se retrouvant dans les pays
voisins, uneseule s'enecartantjusqu'au Mexique.
La nouvelle esp^ce que nous d6crivons ici fut introduite du Br6sil il y a une
couple d'ann^es par KHorticulture Internationale de Bruxelles, et elle a
fleuri tout r^cemment dans ses serres. Elle semble a peu pr^s d^pourvue de
tige. Les feuilles, au nombre de sept ou huit, sont en rosette radicale, ^talees,
presque sessiles, 6troitement oblongues, un peu aigues au sommet, assez bri6-
vement r6tr6cies en coin a la base, munies sur les deux faces de poils tr6s fins,
espaces et peu visibles ; la face sup6rieure est luisante et d'un vert intense, avec
une foule de stries courtes et longitudinales, d'un blanc argents, tandis que la
face infi&rieure est fortement teint^e de pourpre violac^. La panicule, formee de
sept ou huit fleurs, est tr^ courte et sessile au centre de la rosette de feuilles ;
elle est munie k sa base de deux ou trois bract^es pourpr^es, obovales-oblongues,
longiies de 1-1 1/2 cm.; les p^dicelles, assez grMes, sont blanchatres et cou-
(<) Dichorisandra acaulis Coon., n. sp. — Gaule nt vide tar nullo; foliis majusculls, satis
nmnerosis, omnibus radicalibus, rosulatis, patulis subsessilibus, anguste oblongis, apice
actitiiiscalis, basi breviter cuneatis, utrinque sparse pilosulis ; paniculis terminalibus, sessi-
libua, foliis multo breyioribus, subcorymbiformibus, plurifloris; pedicellis longiusculis, villo-
sfdis; sepalis late oblongis, obtusis, extus vix pubemlis; petalis oboyatis, late onguicolatis;
Btaminibiifl 6, aeqnilongiB ; ovarii loculis 4-OYulatis. — Grescit in Brasilia.
— 298 —
Terts de polls fauves, tr^s fins. Les s^pales sont d*un blanc verd&tre k sommet
pourpr^, largeoient oblongs, obtus, trte concaves, 6tal6s, k peine pubescents
en dehors, longs de 11 mm. et larges de 5 mm. Les p^tales, d*un violet bieuatre
intense, plus pales k Tonglet, 6tal^s, obovales, k nervures assez nombreuses et
ondulees, sont longs de 12-13 mm. sur 8 mm. de largeur. Les diamines sont
^gales et au nombre de six; les filets, longs de 3 mm., sont blanchfitres, assez
^largis inf(6rieurement, surtout dans les ^tamines altemip^tales ; les anth^res,
longues de 4 mm., sont d*un jaune pale inf^rieurement et violettes au sommet ;
elles s*ouvrent par deux pores terminaux, ce qui est une des notes carac-
t^ristiques du genre Dichorisandra, au lieu de s*ouvrir par des fentes longitu-
dinales comme dans les genres voisins. L*ovaire, ovoide, comprend trois
cavit^s, qui contiennent chacune quatre ovules; le style, att^nu6 sup^rieure-
ment, est long de 7 a 8 mm.
Par sa tige nuUe et ses feuilles en rosette radicate, cette esp^ce tranche
fortement sur toutes les autres du genre et meme de la famille, qui ont g6n6-
ralement la tige plus ou moins allongde et souvent rameuse, parfois m^me
grimpante. Au premier abord, son port si special ferait croire qu'elle doit
constituer un genre nouveau, mais elle a exactement Torganisation fiorale des
autres Dichorisandra.
A. Ck)GNIAUX.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Neiine appendioulata. — Cette Amaryllid^ nouvelle a dt6 trouv^e a
Natal, Afrique australe, par M. Medley Wood, et d6crite par M. J. G. Baker
dans le Gardeners* Chronicle du 22 septembre dernier. Elle constitue un
nouveau type dans le genre. Les filaments ont chacun un prolongement en
forme de lani^re k leur base ext^rieurement ; ces prolongements sont munis
de deux k quatre longues dents. S'ils 6taient connes, lis formeraient une
couronne semblable a celle rfun Narcissus. Pour le port, les proportions et le
coloris des fleurs, ce Nerine rappelle le N. pulchella var. angustifolia, qui est
indubitablement une bonne esp^ce. Le bulbe est ovoide, les feuilles, au nombre
de trois, naissant avec les fleurs, sont lin6aires, vertes, longues de 0"30, pro-
fond^ment canaliculus au-dessus. Le p^doncule est solide, il a pr^ de (>°^60.
Les fleurs, au nombre de 10 k 15, sont dispos^es en ombelles centrip^tes. Les
p6dicelles sont pubescents ; le p6rianthe est rouge, long de 2 i/2 centimetres,
a segments lin^aires, car^nes, crisp^s sur leur moiti6 sup^rieure. Les etamines
sont plus courtes que le p^rianthe.
Faradaya splendida. — Le nom spteiflque de cette espdce dit assez com-
— 299 —
Men cette YerMnac^ est m^ritante. G*est one belle liane qui Ait introduite de
Queensland en 1879 et qui fleurit pour la premiere fois aux jardins royaux de
Kew en 1890, apr6s s'etre d6velopp^e le long dun fil de fer jusqu'au falte de la
serre aux palmiers. La elle obtenait la plus vive lumi^re, ce qui est n^cessaire
a la plante pour fleurir. En septembre dernier, Texeniplaire de Kew a fleuri
de nouveau abondamment. Les fleurs, dit le Gardeners' Chronicle, sont dispo-
se sur des clmes diyis^ses ; elles sont blanches, lubulaires a la base et munies
vers le haul de quatre segments ^tal^s ; a les voir de loin, on les prendrait
pour de grandes fleurs d'un ch^vrefeuille blanc. Les feuilles sont ovales,
longues de 0™30, vert brillant et persistantes. Gette derni^re quality augmente
la valeur de la plante, qui n'a pas besoin de ses fleurs pour Mre tr^s ornemen-
tale. Le genre Faradaya ne compte que trois esp^ces, appartenant a TAustralie
et aux lies Fidji.
Hedychiam x Wilkeanain. — Get hybride a tie obtenu au Jardin bota-
nique de Rotterdam par M. J. Wilke, chef des cultures. II est interm^diaire
entre les deux parents, qui sont Hedychium coronarium et H. Gartnerianum,
II existe a Kew, dit le Gardeners' Chronicle, on hybride obtenu il y a quatre
ans au Jardin botanique d*Edinbourg, par le croisement des m^mes esp^ces;
toutefois, le produit de ce croisement difll^re de celui de Rotterdam par ses tiges
plus courtes et sa l^vre a quatre lobes ainsi que par le coloris orang6 de I'^ta-
mine. Le H. Wilkeanum a un 6pi de O'^IS, les bract^es ont 0™04 de long, sont
pliss6es comme dans le H. GaHnerianum; les fleurs sont jaune pale avec une
16vre bilob^e; les autres segments sont lin^aires et T^tamine, longue de 0"^04,
est d'un coloris orang^ fonc6. A Kew les Hedychium sont largement espac6s
dans la serre aux Nymph^as; ils y fleurissent abondamment durant toute T^t^.
Lecanopteiis eamosa. — Gette remarquable Foug^re a 6t6 envoy^e a
Kew par M. GuRTis, chef du Jardin botanique de P^nang. G'est la premiere
fois que des exemplaires vivants paiTiennent en Europe. La singuli6re forma-
tion des rhizomes pr^sente un interet tout special au point de vue de la mor-
phologie. Ils sont disposes en croCltes autour des branches des arbres et on les
dirait gonfl^s comme la tige d'un Myrmecodia et, en effet, ils sont pourrus de
galeries comme chez ce dernier. II est probable que la plante a besoin de la
presence de fourmis pour bien v6g6ter. M. Curtis, comme le dit le Gardeners'
Chronicle du 29 septembre, a trouv^ dans et sur chaque exemplaire qu'il a
r^colte des myriades de fourmis. Le rhizome enveloppe enti^rement les
branches; a Kew Tun des specimens a forme aiiist une crodte de 0"^15 d'dpais-
seur. La surface du rhizome est verte dans le jeune age, elle devient d'un brun
noiratre par le temps et se recouvre enti^rement de petites bosses qui sont les
Testiges des anciennes frondes. Le genre Lecanopteris ayait 6te uni avec les
Polypodium ; mais M. Baker Ta repris et plac^ k proximite du genre Dicksonia.
— 800 —
Paaslflora VTatsoniana. — Gette gracieuse liane, dont Forigine n*est pas
connue et qui fleurit pour la premiere fois a Kew en 1886, m^rite d'etre
r^pandue davantage. G*est une esp^ce bien robuste, se d^veloppant largement
dans la serre chaude, et donnant une abondance de fleurs nchement par-
fum^es, qui sortent des aisselles des feuiiles, vert fonc^ et trilob6es. Les. fleurs
ont pr6s de 0™08 de diam^tre ; les s^pales sont blancs ayec une l^g^re teinte
vioiette; les p^tales sont lilaces; la couronne se compose de nombreux fila-
ments dont le coloris va du blanc au Tiolet. La floraison se succMe fort long-
temps en automne.
Haemanthas Candidas. — Gette nouvelle esp^ce a 6t^ d^crite en premier
lieu dans le dernier catalogue de M. W. Bull. Elle a fleuri au mois d'aoCit de
cette annte aux jardins royaux de Kew. Elle est originaire de Natal. Le Gofrde-
tiers' Chronich dit que c*est une. belle plante, de croissance vigoureuse, avec de
grandes inflorescences blanc pur, embeliies par le jaune d'or des anthdres.
La plante de Kew a donn^ des feuiiles de 0'"i2 de large, arrondies au sommet,
glabres au dessus, couvertes de petits poils blancs k la face inf^rieure et sur les
bords. Le p^doncule est dresse, solide, 6galement revMu de poils blancs; il a
0"25 de long et porte une inflorescence compacte, large de 0°^10 de diam^tre,
entour^e de bract^s rougeatres, membraneuses, spatbac6es.
Zephyranthes lilacina. — Gette plante fut d^crite dans le Handbook of
AmaryUideae sous le nom de Zephyranthes carinata, comme une espdce dou-
teuse. D'apr^s un nouvel examen de specimen regu du Jardin botanique de
Gopenhague ayant fleuri a Kew, M. Baker, auteur de cet ouvrage, reconnalt
que le Z. lilacina est enti^rement distinct du Z. carinaia. La fleur a les
m^mes proportions et le m^me coloris, mais le Z, lilacina a un tube au-dessus
de Fovaire aussi long que les lobes, tandis que le tube du Z. carinata est fort
court. Le nom speciflque de lilacina n'est peut-^tre pas heureux, attendu que
la fleur est rouge pale. Le bulbe est petit, ovoide, les tuniques ext^rieures sont
membraneuses et brunes, les feuiiles, au nombre de quatre, sont concomitantes
avec les fleurs; celles-ci s*^panouissent au mois d'aoCit. Ghaque pMoncule porte
une fleur ^rig^e aussi longue que les feuiiles. Le p^riantbe, en forme
d'entonnoir, est rose pale et long de 0"06 k 0"07. Le pollen est jaune.
Badlaia varial^ilis. — M. M. de Vilmorin a montr^ au meeting du
23 aoClt de la Soci^t^ nationale d'borticulture de France, un exemplaire du
BucUeia variabilis obtenu de graines enyoy^es Tan dernier par rabb6 Soulib ,
missionnaire au Thibet oriental. Les semis furent hivern^ sous chassis; mis
en pleine terre au mois de mai, ils ont fleuri parfaitement. Le Budieia varia-
bUis est Yoisin du B. Lindleyana; il a 6te d6crit dans le ButMin de la Soditd
Linnienne de Londres, volume de la pr6sente ann6e.
^M. R.
Fig. 51. — Harracettia crispaia.
— 302 —
SARRACENIA DRUMMONDI ET CRISPATA
La famille des Sarraceniac^ ne comprend qu'une dizaine d'espdces, dont
huit appartiennent au genre Sarracenia et dont deux autres constituent les
genres Darlingtonia et Heliamphora repr^sent^ chacun par une esp^ce unique.
Les Sarracenia croissent naturellement dansle Canada, la Caroline, la Floride
et quelques autres Etats de TUnion am^ricaine seplentrionale, a Test de la
chalne des Montagues Rocheuses. lis sont remarquables par la forme singu-
li^re de leurs feuilles dont quelques-unes sont munies d*une sorte d'bpercule ou
couvercle qui, a T^poque de la s6cheresse, pent fermer Toriflce tubuleux
foUaire et contrarier alors r6ya|)oration de Teau que ces feuilles peuvent
contenir.
• L'esp^ce cHspata est consid6ree par quelques botanistes comme un hybride
naturel entre deux esp^ces beaucoup plus anciennes, S. flava Linn, caract^-
ris^ par ses feuilles longues de 0'*>65, plus ^troites au sommet du tube od elles
souTrent en un large bord devenant un appendice, reley^, brunatre, et le
Sarracenia rubra Wildenow dont les fleurs sont rouges, tandis que celles du
S, flava sont jaunes. Le Sarracenia crispata a les ascidies ainsi que le milieu
du couvercle marqu^ par un r^seau de panachures rougeatres. Les fleurs ont
les petales blancs.
Le Sarracenia Drummondi fut d^couvert dans les mar6cages de la Floride
par le D' Ghapmann. Des exeu^plaires cultiv6s avec succ^ dans la galerie
centrale de L'Horticulture Internationale a Bruxelles font radmiration
des visiteurs. L'^trange beautfe qui caract^rise la plante provient moins de ses
grandes fleurs, d'un rouge terne, que de la forme gracieuse et de la curieuse
bigarrure de ses ascidies. CeUes-ci ont souvent un demi m^tre de hauteur.
On jugera ais^ment de Teffet que ces veg^taux produisent quand ils sont
groupes en touffes compactes et encadr^s d*autres plantes qui contrastent
avec eux.
Bien que leur station naturelle soit celle des mar^cages, ces plantes singu-
litres n'ont pas besoin, d'une mani^re absolue, d*un marais pour Tivre. En les
plantant dans une terre tourbeuse, mel6e de terre de bruy^re, recouverte d'une
couche de sphagnum, dans des bacs ou vases bien drains, mais pouvant Mre
inond^, on obtient une v^g^tation qui ne laisse rien a d^sirer. Pendant les
mois d'hiver, on leur donne la serre temp^r^e et on leur administre juste assez
d'eau pour emp^her le sol de se dess6cher.
Em. R.
Fig. 52. — Sarracenia Drummondi.
— 304 —
FEUILLAGES D'AUTOMNE
■
Dans une r^cente excursion k la campagne, nous nous sommes demand^ si
dans la cr^tion des pares ou jardins qui entourent les residence? d*£t^, on
^tudie sufflsamment les coloris qui ornent les feuillages de certains arbres,
arbustes ou plantes inoins ^lev^s, lorsque 1*616 commence a defaiUir et que la
saison qui nous conduit vers les froids de Thiver envahit tout ce qui nous
entoure. Gertes, le printemps, avec sa T6g6tation renaissante et sa pale
verdure, a le privilege du renouveau, et il serait superflu de vouloir comparer
impartialeinent une saison pass6e ou absente avec une saison qui va venir ou
qu*on a sous les yeux. Ne dit-on pas, d'ailleurs, que chaque kge a ses plaisirs
comme chaque saison a ses charmes? N6anmoins, pour Tobservateur , les
teintes jet^es par les nuits fratches de septembre sur les v^getaux en general
ont des tonalites qu*on chercherait vainement dans les autres saisons ; il y a
infiniment de Tari6t6 dans la nature automnale, comme si, avant de s^endormir,
la v6g6tation voulait se feire regretter davantage. Ge n'est pas sans ^prouyer
un charme r6el que nous voyons les chenes prendre des teintes roussatres
avant de se d^pouiller de leurs feuilles. Le sumac n*est-il pas bien plus beau
en septembre que pendant tout YH^l Faut-il parler de la vigne vierge ou
Ampelapsis quinquefolia, dont le feuillage passe maintenant par une octave
de couleurs jusqu*a ce que toutes les feuilles soient peintes d*un beau rouge
6carlate? Que dire encore de V Ampelapsis Veitchi? Le coloris eclatant de ses
luisantes feuilles ne rivalise-t-il pas avec bien des fleurs dont la dur6e est
plus 6ph6m6re?
Parmi les arbres, on peut citer plusieurs platanes dont les nuances varient
ou s'accentuent vers la fin de la saison. II en est de m6me d'une s6rie d'Acer.
Toutefois, quelques-uns de ceux-ci ont le d^faut de se depouiller pr6matur6-
ment de leurs feuilles. Le tilleul ordinaire, dont le port normal aflfecte la forme
d*une pyramide parfaite, prend convent k I'automne une couleur jaune orang^e
qui appelle de loin le regard. Ailleurs, c'est le peuplier dltalie dont la fl^che
6lanc6e domine les groupes arbores; la variety de Populus Looymansi aurea,
qui a 6t6 dedaignte a Torigine, est un arbre pr6cieux : son feuillage, vert
pSle dans le principe, flnit par prendre un coloris jaune d'or, d'un effet fort
pittoresque.
G'est surtout aux abords des lacs, des etangs et le long des rivieres que les
feuillages prennent a Tautomne les teintes les plus varices. Gette observation
devrait pr^occuper les architectes de jardins et les engager, ainsi que les
pfopri6taires, a cr6er en consequence des massifs et des groupes isol6s d'arbres
— 305 —
et d'autres arbustes. H6ceminent un de nos confreres am^ricains signalait,
dans ce m^me ordre d*id6es, le rdle que joue dans le paysage k Tautomne le
marronnier dlnde parmi les frondaisons des arbres constituant les for&ts sur
les rives des lacs canadiens. ' R. du Parc.
PETITES NOTES DE CULTURE
Gtuinera. — Les Gnnnera scabra et i^anicata sont toujours compt^ au
nombre des plantes qui, par leur grand d^veloppement, conviennent mieux
que d'autres A rornementation des pelouses., lis sont g6n6ralement consid6r4s
comme rustiques; toutefois, pour r^sister aux intemp^ries de Thiver et plus
encore pour reprendre activement leur v6g6tation printani6re, il est bon
que les pieds soient abrit^.
D'aprfts notre conifr^re n^erlandais Sempervirens, ce qu'on a de mieux k
faire lorsque, a la fin d'octobre, les feuilles s^ches ont 6t^ enlevees, c'est de
couvrir toute la plante d'une couche ^paisse de poussi^re de tourbe s^he et
d*6tendre au-dessus de celle-ci les feuilles qui emp^chent la pluie et la neige
de p6netrer plus avant. Lors de la reprise de la vegetation, les bourgeons
continuent k croltre r^guli^rement et k se d^velopper dans cette substance
demeur6e s^che. Gelle-ci doit alors 6tre enlev6e prudemment et k la main,
afin d'6viter de blesser ou m6me de casser les feuilleis naissantes. Apr6s cette
operation il est bon de placer au-dessus de la plante un panier renvers6, assez
16ger pour laisser passer Fair. Si la plante est trop grande, il sufflra de lui
donner un abri provisoire de branches de coniferes.
Glirysantbeiimm firatescens. — Son elegant feuillage et Tabondance de
ses fleurs ont valu k cette plante une r6elle popularity. On la multiplie fort
bien en ce moment au moyen de boutures piques contre les parois des pots,
dans un sol sablonneux et plac6 sous un chassis sur couche chaude. On arrose
les feuilles le matin et Tapr^s-midi ; on admet de Pair lorsque le developpement
des sommets indique que les racines se sont formees; ensuite on les place en
serre temp6r6e sur les tablettes, le plus prds possible du vitrage. On sait que
c'est sur le Chrysanthemum frutescens que Ton greffe avec succ^s les vari6t6s
de Chrysanth^mes d*automne dont on veut obtenir un tr^s grand deve-
loppement.
Echeveria quitensis (Cotyledon quitensis Baker). — Cette belle esp^ce a
6t6 flgur^e sur la planche 1396 de la Gartenfiora. L' Illustration Horticole en
a fait connaltre les m^rites k la page 47 du present volume. Sous le ciel de
ritalie, la plante se d^veloppe avec une vigueur extraordinaire et elle y a fleuri
\
— 306 —
sans interruption depuis octobre jusqu*^ la fin de mars. Pour TEurope m^ri-
dionale, c'est done une fleur hiTernale de premier ordre.
StrcMlanthM Dyerianos. — M. Treyve-Marie d^crit, dans la Revue
horticole du l**" octobre, le fraitement qu'il a donn^ k cette Acanthac6e encore
nouvelle, confix au plein air pendant r^t6. En mai dernier, il a mis quelques
exemplaires en place sur une pelouse k mi ombre. Ilsavaientde 0°15 a 0*^
de haut et furent plant^s k 0^25 les uns des autres, dans un melange de vieux
terreau de fumier et de feuiUes, de terre tourbeuse et de sable gras. lis ont
regu pendant F^t^ les soins que r^clament les plantes molles, isol6es sur les
pelouses, seulement les bassinages ont 6t6 frequents. Au commencement de
septembre, ilsavaient 0""80 de haut; les feuilles mesuraient plus.de0"30de
long et leur coloris etait aussi beau que sur les sujets cultiv^s en serre. En
plein soleil Tessai de cette culture n*a pas r^ussi, le coloris rouge violac^
disparaissant.
Voici comment M. Treyve-Marie multiplie la plante : celle-ci, rentr6e en
serre, est rabattue. Les jeunes pousses qui se d^veloppent k Taisselle des feuilles
sont bouturees dans la serre k nlultiplication ou dans une bAche chaufiee. La
reprise s'effectue en quelques jours.
Risidus & ditniire. — Les aides ou apprentis jardiniers, quand ils ne
sont pas surveill^s, et parfois les jardiniers eux-m^mes se g^nent fort peu
pour deverser n'importe oti les plantes parasites enlev^is des pots ou de la
surface du sol. Plus tard ils sont *6tonn6s de voir se reproduire rapidement et
en abondance ces parasites qu'ils ont Tintention de ditruire. Tous ces r^sidus
doivent 6tre, si non brftl^s, au rft'oins m^l^ a des composts pouTant entrer en
fermentation et par suite se decomposer d'une maniftre complete. Notre
confrere Sempervlrms fait remslrquer avec raison qu'il est tout aussi dange-
reux de r^pandre dans les serres, sur le sol, les eaux ayant servi au lavage
des pots. Les germes contenus dans ce liquide doivent etre d^truits; en les
jetant dans la serre meme, on ne fait que leur foumir de multiples elements
pour renaitre et se d^velopper activement.
Nertera depressa. — Cette jolie petite plante, au feuillage vert gal,
attire toujours Tattention quand elle est couverte de ses nombreuses petites
bales de corail. La culture n en pr6sente gu6re de difficult^. Vers la fin du mois
d'aoDt ou au commencement de septembre, lorsque les fruits ont disparu, on
divise les plantes pour les mettre dans des terrines bien drain^s et remplies
de terre leg^re, telle que terreau de feuilles ou terreau de fumier avec melange
de sable. Les petites divisions sont reparties sur le sol comme on ferait pour
des semis. Les terrines sont plac^es epsuite en serre cbaude et fr^quemment
seringu6es. On les garde ainsi jusqu'a ce que les bales commencent a se colorer.
A parti r de ce moment, les terrines ou pot6es peu?ent 6tre employees a la
— 307 —
d^corafloff de& apptrtements et ^tre plac^es aupr^s d*autres plantes dans la
jgHRMtt ott i la fenfire.
Tteea inteffrifblia. — Gette curieuse plante m^riterait d*6tre ren-
eotdr^e plus sou vent dans les serres chaudes, non seulement pour son feuillage,
qui a un cachet franchement ornemental, mais aussi pour ses fleurs dont
Torganisation est fort singuli^re. Elle se trouve le mieux dans une serre a
foug^res; la.terre qui lui convient est un melange de terre flbreuse et de
charbon avec addition de sphagnum et de sable blanc. On Tarrose abon-
damment, une fois qu'elle est bien ^tablie.
Cyclamen. — Bient6t ces gracieuses* plantes reprendront leur floraison.
Les exemplaires places sur couche peuvent ^tre expose aux ros^es de la nuit,
pourvu que celle-ci ne s'annonce pas comiiae trop froide; le feuillage en
profitera visiblement. Les fleurs, k mesure qu'elles se montrent, doivent Mre
d^barrass^es de leurs couronnes. On donne aux plantes un arrosement par
seoiaine avec addition d'un peu de suif.
La multiplication da Ghrysanth^me par drageons se pratique le
mieux k Tautomne, dans la premiere quinzaine de novembre, avant Tapparition
des grands froids. Voici comment le proced6 est d6crit par M. Gh. Grosde-
MANGE dans le dernier numero de la Revue horticole : Les jeunes drageons qui
se montrent au pied des touffes sont relev^s avec precaution, puis, mis en
godets de 0°»08, a raison de deux ou trois drageons par godet, places k 6gale
distance pr6s du bord de celui-ci. Au moment de Top^ration, les godets
reQoivent chacun le numero d'ordre de la vari6t6, ils sont ranges ensuite sous
chassis, a froid. Pendant Thiver. il sufflt d'entourer les coffres de simples
r^hauds de feuilles et de couvrir les chassis au moyen de paillassons. On a^re
toutes les fois que la temperature ext^rieure le permet.
Ge mode de multiplication pent ^galement se faire au printemps, vers la
fin d^avril. Mais alors Top^ration est plus hasardeuse; elle s*applique de
preference aux varietes rustiques, et notamment a celles cultivees pour massifs
et que Ton veut multiplier en assez grand nombre. Dans ce but, avant Tarrivee
des grands froids, les touffes sont mises en jauge pres k pres, en planches,
dans un sol sain. Gette operation a lieu aussitot apres la floraison, en
noiv^embre ou aux premiers jours de decembre, selon les annees. Avant la
geiee, les touffes, qui sont rabattues seulement k 0"25 k 0™30 du sol, sont
recouvertes d'une coucbe de feuilles ou de litierQ seche.
Dans les premiers jours de mars, on decouvre les plantes pour eviter retiole-
ment; elles restent en cet etat jusque fin d'avril. Alors les jeunes pousses sont
eclatees et repiquees en pots ou en pleine terre k 0"25 en tous sens. Deux
pincements sont necessaires : le premier au moment du repiquage, le second
vers le 15 juin. R. d'Eelen. .
308 —
VARIA
Jeuz de la nature. — Parmi les plantes cultiv^, la nature produit fr6-
quemment des Tariations de forme et de coloris, plus peut-^tre que parmi les
plantes sauvages, k moins que celles-ci n*^happent daTantage a Tobservation.
XJn grand nombre de vari6t^ produites de cette fagon ont 6t^ attributo aoz
horticulteurs eux-m^mes, et d^ign^es comme semis alors que ce ne sont en
r^lit^ que des jeux de la nature, des lust^ ou sports, qu*il a suffl de greffer
ou de bouturer pour les consei-ver ou les fixer d6flnitivement. Ne Toit-on pas
fr^quemment sur une m^me plante d^Axal^, Toire sur la m6me branche ou
rameau, des fleurs de coloris tout k fait diff(§rents? Nous avons spus les yeux,
en ce moment, un Gypripedium portant sur la m^me hampe deux fleurs. Tune
absolument normale, Tautre munie de deux labelles nettement s^par6s et bien
conformfe. Cest un phenom^ne de dimorphisme ou chorise. Le Gardeners'
Chronicle signale de son c6t^, num^ro du 29 septembre, une branche de
prunier portant k la fois des prunes bleues et des prunes jaunes; c*est evidem-
ment un jeu de la nature pouvant ^tre consid6r6 comme un ph^nom^ne
d'atavisme ou retour au type primitif.
« «
Un beaa Sequoia. — Le rigoureux hiver de 1879-1880 a d^truit les plus
beaux exemplaires de Sequoia ou Wellingtonia de notre pays. II s'en trouve
encore par ci par la quelques specimens ayant ^h^pp^ au d^sastre. Tel est
celui qu'on peut voir k Tilff (Li6ge) dans la propri6t6 de M. Charles Neef.
D'apr^s le Bulletin de la Sociiti centrale forestihre de Belgique, cet arbre
mesure actuellement 1"60 de circonf(§rence, k 1"50 au-dessus du sol. Sa hau-
teur totale d^passe 25 metres. II se trouve a environ 30 metres au-dessus du
niveau de TOurtlie. II perdit sa pousse terminale en 1879-1880, mais depuis
lors il a repris vigoureusement et est encore en voie de prosp6rit6.
Le Sequoia compte parmi les plus beaux coniferes d'ornement et si, par les
hivers rigoureux, il succombe parfois dans nos pares et jardins, n^nmoins
sa valeur ornementale vaut bien qu'on lui rouvre une nouvelle place, ne
dfit-il I'occuper que pendant une vingtaine d'ann^es. Au bout de ce temps, il
aura d6velopp6 un tronc de 12 a 20 metres de haut, et celui-ci, garni de
rameaux jusqu'a la base, formera la pyramide la plus r^guli^re et en mfime
temps la plus elegante qu'on puisse voir. Em. R.
309 —
CAUSERIE HORTICOLE
LES FLEURS ET LEUR CoLoRIS
30 Octobre 1894.
L*un des plus puissants 6I6ments de beauts de la nature, ce sont ses colons.
11 n*y a qu*une yingtaine d'ann^ que les fleuristes ont mis sous les yeux
du public les magniflques rouges purs des GSillets et les glorieux magenta des
Gin^raires. II n'est pas facile de dire quelle influence ces fleurs auront exercde
sur les habitants des yilles qui ne possMent pas de jardins; mais il est per mis
d'afflrmer que le fleuriste a 6t^ un puissant facteur du d^yeloppement de la
passion des couleurs.
Mais ce goM des couleurs, qui est de plus en plus r^pandu, n*est pas toujours
accompagn^ d'une connaissance suffisante de leur valeur. II n'existe pas de
nomenclature pratique des tons, et nous recourons k la nature pour cr^er des
noms de couleurs qui n*ont pas d*6quiyalent scientiflque, comme rouge cerise,
jaune soufre, bleu paon, fraise 6cras6e, vieil or. Nous parcourons ainsi tout
le domaine de la nature pour trouver des analogies de nuances, et nous ne
puisons pas nos couleurs dans Tarc-en-ciel.
Je voudrais done appeler Tattention sur les couleurs teUes que nous les
voyons en rapport entre elles dans le prisme. Je regrette que la peinture, le
seul point de comparaison auquel je puisse me rapporter directement, soit si
d^fectueuse au point de vue de la puret6 et de TSclat. Gependant il n.*y a
pas une nuance du prisme qui ne puisse pas kive traduite exactement par la
peinture.
L*el^ment le plus remarquable dans les coloris de la nature, c*est leur puret6.
Apr^s Tarc-en-ciel, c*est la fleur qui possMe des couleurs de la plus haute
quality, n faut citer quelques belles fleurs comme exemples frappants de cette
v6rit6 : le Calendula Prince of Orange, VCEiUet Portia, le Nasturtium Em-
press of India, le Canna Madame Crozy, les Cineraires pourpres, les Pivoines
Cardinal. Ges fleurs presentent T^clat le plus merveilleux. Les couleurs du
peintre qui portent les mSmes noms de couleur, orang^, rouge pur, vermilion,
jaune pur, pourpre pur, ne sauraient leur Stre compar6es. Si nous devions
— 310 —
employer des fragments de p^tales de fleurs diffiSrentes, en les r^unissant en-
semble, pour imiter les couleurs du prisme, nous n'aurions pas de peine a en
trouver d*assez brlUantes pour rivaliser avec le spectre solaire. L'6clat pour-
rait faire defaut, mais non la puret^.
On pourrait composer un disque avec seize couleurs dispos^es en i-ayons,
formes par des p^tales de fleurs ; il ne manquerait que le bleu pur, le bleu
paon et le vert. Ge sont des couleurs qu^il serait extr^mement difficile, sinon
impossible, de trouver dans le r^gne de Flore. On pourrait faire de ces seize
couleurs la liste suivanie :
Jaune pur — pourpre.
Vert jaune — magenta.
Vert pois — cramoisi.
Vert ^meraude — rouge pur.
Bleu paon — ^carlate.
Bleur pur — orang^ pur.
Bleu outremer — jaune orang^.
Violet — jaune d'or.
Les couleurs telles qu*elles sont dispose ci-dessus en face Tune de Tautre
sont ce qu*on appelle les couleurs compl^mentaires deux k deux, c'est-^-dire
que leur melange produit une couleur complete que Ton appelle le blanc.
En ciioisissant ce sujet de Texamen comparatif des couleurs, je me suis pro-
pose de montrer comment on pent distinguer les couleurs entre elles, et eviter
de confondre les noms. II va de soi que c'est une question d'education, d'entral-
nement de la vue, mais pourvu qu'un homme n*ait pas le sens des couleurs
d^fectueux, auquel cas il est plus ou moins aveugle k ce point de vue, il n*est
pas difficile de presenter quelques couleurs simples de telle fagon qu'il puisse
toujours les reconnaitre dans la suite.
L*6carlate est un rouge qui se caract^rise par une nuance de jaune. La
Pivoine ranunculus nous foumit un splendide 6carlate ; la nouvelle Pivoine
Cardinal est une fleur ^carlate avec une quantity minimum de jaune, et d*une
clart6, d'une purete de ton remarquables. Je ne connais pas d'autre fleur qui
puisse approcher de cette couleur lumineuse. J'ai depuis longtemps analyst la
couleur du Canna Madame Crozy, et je Tai trouv6e un 6carlate incomparable,
mais son caract^re est enti^rement different de celui que nous observons dans
la pivoine dont je viens de parler ; elle est lourde et a un 6clat superficiel qui
ne p6n6tre pas dans la masse. Une fleur tr^s diffferente est le Nasturtium Roi
des Tom Pouce; voilA une fleur d'un 6carlate feu, que je ne saurais reproduire
avec aucune des couleurs de ma boite de peintre ; le meilleur vermilion 6car-
late aurait un aspect terne de brique k cdt6 de la magnifique intensity du
p6tale de cette fleur. Poussons un peu plus loin cette intensity, el nous avons
— 311 —
le Nasturtium Empress of India, un rouge ^carlate trds puissant, impossible
k reproduire.
Voilk pour r^carlate ; mais ce n'est pas le rouge dans sa puret6.
J'ai parl6 des Pivoines comme renfermant des 6carlates splendides ; je pour-
rais aussi mentionner les Nasturtium, qui fournissent de T^carlate dans toutes
ses nuances intenses ou pSles ; mais la difference entre ces deux plantes au
point de Tue du rouge est grande. Les Pivoines nous donnent un rouge pur k
r^tat plus ou moins 6tendu, tandis que les Nasturtium ne sauraient nous
foumir du rouge pur. II ne faut pas croire que le Nasturtium rose soit un
example de rouge pur k un degr6 quelconque; c'est de T^carlate dilu6, tene-
ment eloign^ de la puret6 qu'il y a bien 20 ?/o de jaune dans sa composition.
Dans les Balsamines et les Phlox, il n'y a pas de rouges 6carlates, et k ma
connaissance, rien qui y ressemble de loin. Ge qu'on appelle le Phlox Drum-
mondi ecarlate est une fleur rouge pur sans trace de jaune. Je regrette tou-
jours Temploi maladroit du mot 6carlate; les catalogues des grainiers en sont
remplis, mais ce qu'il traduit, n'est qu'un rouge vif. L'6carlate, dans le spectre,
est si pr6s du jaune que c'est r6ellement un jaune rouge et non un rouge vif.
(Sera continui.)
Le Gongrto de floriculture qui s*est tenu recemment aux Etats-Unis a
pr6sent6 un grand int6r6t, et les m^moires qui y ont 6t6 lus, par des praticiens
d*une competence incontestable, m^ritent d'attirer Tattention de tous les ama-
teurs de fleurs aussi bien que des cultivateurs praticiens. L'excellent American
Florist, de Chicago, en a public un compte-rendu complet auquel nous ren-
voyons ceux de jios lecteurs qui savent I'anglais, et nous reproduisons ci-dessus
d'apr^s lui la premiere partie d'un des m^moires communiqu6s au Congr^s.
Un autre de ces m6moires, traitant de la valeur des Orchid6es pour la fleur
couple, a 6t6 traduit par le Journal des Orchidies; il offre un int6r6t d'autant
plus grand que la question y est envisag^e k un point de vue 6minemment
pratique, par un fleuriste parlant k des fleuristes.
— 312 —
PI. XX
DAHLIA BLANCHE KEITH
Voici encore une des nouveautte les plus remarquables de la saison, rentrant
dans le veritable type Cactus, et sup6rieure par son colons k tous les jaunes
obtenus jusqu*^ pr^nt.
La fleur est d*une forme excellente, d'un riche colons jaune uniforme ; les
p^tales sont longs et tordus, disposes d*une fagon r^guli^re et bien touMis ; la
plante est tr^s florif^re, et pr^sente bien ses fleurs au-dessus du feuillage. EUe
est de taille moyenne, et n*atteint pas un m^tre de hauteur, ce qui consiitue
une quality appr^iable, car il arrive trop souvent que les Cactus prennent un
d^veloppement excessif, qui emp6che d'en tirer parti pour la decoration de
certains locaux.
Le Dahlia Blanche Keith est, comme le D. Mrs Peart que nous flgurions le
mois dernier, un gain de la maison Th. S. Ware, dont les succ^ dans cetie
section sont si brillants. II a obtenu des certificats de i^^ classe k la Society
nationale de Chrysanth^mes de Londres et & la Forestry Exhibition. Nous
Tavons yu tout r^emment en fleui*s chez un horticulteur de 6ruxell<»,
M. Kerstbn, et nous avons pu nous rendre compte de visu de sa remarquable
beauts. M. G.
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
Les Lachenalia sont de petites plantes bulbeuses de la £amille des Liliac6es,
de culture facile, et qui donnent un produit tr6s satisfaisant pour peu de peine.
II sufflt d'avoir uii local pour les rentrer pendant les gel6es; la temperature
ne doit pas y d^passer 9 ou 10^, et moins on emploie de chauffage artificiel,
mieux les plantes prosp^rent. Lorsqu'on les force, le feuillage et les grappes
florales s*allongent k Texc^s, ce qui diminue leur beaut6, les fleurs durent
moins longtemps, et en outre les plantes sont attaqu6es par les insectes.
Les esp^ces les plus populaires sont le L. tricolor, k fleurs jaunes bordtes de
rouge pourpre, le L. L lutea, k fleurs jaunes, le L. NeUoni et le L, pendula, a
fleurs pourpres; leurs fleurs sont charmantes et d'un coloris tr6s attrayant.
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LULUSTRHION HOnTICOLE
DAHLIA BLANCHE KEITH
'f *
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•n.yzr*^^
— 313 —
Une fois que le feuillage est fan6, on met les plantes au repos absolu ; on les
rempote avant que la v6g6tation recommence. Les pots doivent fttre bien
draln^s, puis remplis d'un compost de bonne terre de bruy6re m61ang^e de
sable fin et d*engrais. Apr^ le rempotage, on donne un peu d'eau, juste assez
pour entretenir la terre humide, et lorsque les feullles ont commenc6 k se
d^velopper, on arrose et on a^re davantage. On pent aussi planter les bulbes
dans des terrines aussi profondes qu*un pot.
♦ ♦
Les choux hfttiflst qui doivent ^tre r6colt^s en avril et mai devront dtre
mis en place definitive du 15 novembre au 15 d^cembre, sur c6ti6re expos6e
au midi ; les choux seront plants avec un espace de 25 centimetres au moins
entre eux, dans de petites rigoles oix la neige pourra s'amonceler pendant
rhiver, ce qui constitue une protection pour les plants; au printemps on
comble ces rigoles.
Ges choux doivent avoir 6t6 sem6s au commencement de septembre, puis
repiqu^ en p^pini^re quand lis ont deux ou trois feuilles, espac6s de 10 k
15 centimetres. Lorsque les choux ne passent pas par la p^pini^re, beaucoup
de plants montent k graine.
La r^colte se fait k partir de la fin d'avril; trois ou quatre semaines avant,
on a eu soin de lier les feuilles pour attendrir la pomme. Le rendement est
d'environ 700 pommes, ou 700 kilogrammes, par are.
» •
La transplantation des grands arbres doit s'effectuer autant que pos-
sible dds que les feuilles commencent a tomber; on doit avoir soin de les fixer
au moyen de tuteurs apr^s la mise en place, afin que le vent ne puisse pas les
faire tomber. On verse au-dessus des racines une bonne couche de fumier de
cheval, d'une 6paisseur de 10 k 15 centimetres, ce qui les protege et facilite
leur rentree en activity au printemps.
* «
La rouille du G61eri, au sujet de laquelle un correspo ndant nous demande
des renseignements, est produite par un Gryptogame nomme Cercospora apii,
qui se developpe du milieu de juillet a la fin de ret^, et envahit le tissu des
feuilles.
Ce champignon paralt avorter dans les endroits firais et ombrag^s, de sorte
que le meilleur moyen de preserver le Geleri de ses attaques serait peut-etre
de le planter dans ces endroits. On sait d'ailleurs que le Geieri k retat sauvage
se rencontre toujours dans les fosses humides et frais.
En tons cas, il faut toiyours avoir soin d'enlever les feuilles attaquees sans
les secouer, afin de ne pas disperser les spores du champignon ; puis on brtlle
ces feuilles. Gelles qui sont legerement atteintes ou qui se trouvent k c6te des
— 314 —
feuilles attaqu^s pourront fttre lav^s avec une solution 6tendue de sal&te
de cuivre.
» •
Le G61eri est ^alement attaque quelquefois par une mouche sp6ciale dont
les larves, petits vers d*une couleur verdStre, d^yorent les feuilles et y creusent
des galeries, causant ainsi de grands dommages aux plantes. En guettant ces
vers et en les terasant, on arrivera k en d^barrasser k peu pr6s la plantation ;
on obtient aussi d'assez bons r^sultats avec moins de peine en seringuant sur
les feuilles une solution dilute de nicotine.
D^ que les froids vont commencer, il sera bon de couvrir les plantes de
G^leri avec de la liti^re ou de vieux paillassons.
« •
La dbouldtte. — On emploie les feuilles comme condiment k cause de leur
forte odeur alliac6e ; elle relive le go(it des mets sans lalsser Todeur persistante
de Tail ou de Toignon.
La Giboulette ne donne pas de graines fertiles; on la multiplie de caieux
que Ton separe en f6vrier-mars et k Tautomne pour les planter en bordures.
On pretend qu*elle a la propri6t^ d'^loigner les insectes des carr^ du potager
qu*elle entoure. La Giboulette pousse d*autant mieux qu'on la coupe plus
souvent. Quelques touffes sufflront dans un jardin potager.
• •
Plantes vintoeuses. — Parmi les plantes observdes il y en a quelques-unes
dont les propriet^s v6n^neuses sont g^n^ralement peu connues. On peut citer
le Narcisse des pr^ (pseudo-Narcisse) qui contient un poison irritant ; le iaux
eb6nier de nos jardins, possMant un sue narcotique et ftcre qui am^ne souvent
la mort; le colchique d'autoinne, qui cause une irritation intense a la gorge,
avec soif ardente, vomissements et d^voiements; le houx, qui donne les m^mes
symptdmes d*intoxication accompagn^s de douleurs.
Quant aux mesures a prendre contre ces divers empoisonnements, en atten-
dant rarriv6e du m^ecin, elles consistent k provoquer des vomissements et
k r6veiller le cerveau par tous les moyens possibles.
« *
Les Passiflores comme plantes omementales peuvent rendre de grands
services, et sont un peu m6connues k ce point de vue. Leur feuillage gracieux
et assez dense gamit tr^s 61^gamment, ainsi qu*on peut en juger notamment
dans la galerie d'entr6e de L'Horticulture Internationale.
En outre, ces plantes peuvent 6tre fort bien utilis6es pour la fleur couple,
et produisent un effet charmant; il est vrai que ces fleurs ne durent pas fort
longtemps, mais beaucoup d*autres, les Roses notamment, sont sujettes au
mfeme reproche.
— 315 —
Parmi les espies les plus remarquables, on peut citer le P. racemosa ou
P. princeps et le P. coerulea, toutes deux tr6s belles, Tune convenant pour la
serre chaude ou temp6r6e, Fautre pour la serre froide et la verandah; le
P. triloba, esp^e tr^s accotnmodante; le P. quadrangularis, d'une grande
beauW; le P. edulis, tr^s floriffere, dont les fleurs sont moins attrayantes que
celles des esp^ces pr^c6dentes, mais ,dont les fruits nombreux offrent un
coup-d'oeil Ir^s agreable; leur couleur est un pourpre fonc6, qui contraste
d'une faQon saisissante avec le jaune d*or des fruits du P. coerulea,
D'autres esp6ces k fleurs plus petites m^ritent ^galeraent une mention,
notamment le P. kermesina, le P. trifasciata, k fleurs blanches et k feuillage
trfts ornemental, P. amethystina ou onychina, de serre froide, ainsi que le
P. ImpSratHce Euginie,
* •
Les Abutllon peuvent facilement 6tre cultives en vue de la floraison hiver-
nale, et quoiqu'il ne manque pas de belles fleurs k grand effet en cette saison,
lis m^ritent cependant d'etre cit6s parmi les plantes qui rendent de grands
services. Leur culture est tr6s facile et demande tr6s peu de soins, et il existe
peu d'arbusles plus d6coratifs et plus florifferes; ils sont converts de fleurs
k partir de la saison actuelle jusqu'au mois de mai, et craignent peu les
attaques des insectes.
Presque tons les composts conviennent aux Abutilon, mais celui qui donne
les meilleurs r^sultats est form6 de terre de gazon, de terre de bruy^re et de
terreau de feuilles par parties 6gales, avec un peu de sable. Gultiv6es en pots,
ces plantes demandent beaucoup d'eau, et doivent par consequent recevoir un
bon drainage.
Elles r6clament beaucoup de chaleur, et r^ussissent parfaitement en serre
froide ; k partir du milieu ou de la fin de mai, on peut les transplanter en plein
air. A T^poque ot la v6g6tation est active, il est bon de leur donner une cer-
taine quantity d'engrais liquide.
Les Abutilon forment de charmants arbustes sur tige de 1 ^ 2 metres; on
peut aussi faire monter le long des charpenles les vari6t6s les plus sarmen-
teuses, A, Danoini, belle esp^ce qui a produit un grand nombre d'hybrides
dans les cultures, A. Boule de Neige, A. Fleur d'or, etc.
Parmi les plus beaux et les plus rustiques de ces arbustes, on peut citer
V Abutilon vitifolium, dont les fleurs sont d'un bleu pMe ; il en existe 6galement
une vari6t6 Wane pur. M. Gumbleton, dont on connalt la haute competence,
dit qu'il consid^re cette vari6t6 comme un jeu du type, car parmi les semis
quelques-uns produisent parfois des fleurs bleues, ce qui paraltrait constituer
un retour au type primitif.
En ce qui concerne la rusticity de cette esp^ce, M. Gumbleton 6crit dans le
— 316 —
Gardeners' Chronicle qu'elle a supports sans dommage les fortes geWes du
mois de Janvier de Tannic dernifere, qui ont tu6 ou gravement atteint un si
grand nombre d*autres arbustes.
« *
Le commerce des lleurs aux Etats-Unis repr^nte, d'apr^s les chiffres
du dernier recenseinent, un capital global de prfes de 40,000,000 de dollars,
soit 200 millions de francs.
« •
Le concours des balcons fleuids organist k Bruxelles le mois demier a
donn6 des r^sultats excellents, k tel point quUl a fellu augmenter le nombre des
prix ; en effet, il faut bien le constater, on a eu la quantity plus que la quality,
car si la bonne volont^ ne manquait pas, les resultals obtenus jusqu'i present
sont ordinaires. Mais on n'improvise pas en cette matifere, et il y a lieu de
croire que les amateurs, debutants cette ann6e pour la plupart, feront niieux
Fannie procbaine. II est aussi fort probable que le nombre des concurrents
sera beaucoup plus elev6 en 1895, car le concours de cette ann^ parait avoir
donn6 une grande impulsion; Fexposition des prix dans un magasin des
boulevards a fait son effet.
« «
Bxpositions d'Orchidtos. — Pendant Fannie ecoul^e de septembre 1893
k septembre 1894, la Soci6t6 L'Orchideenne, de Bruxelles, a r6uni k ses
meetings mensuels 35 exposants differents; le nombre des plantes expos6es a
6i& en moyenne de 85 par reunion. Ge sont la des cbiffres qui t^moignent
brillamment de la prosp6rit6 de la Soci6t6 et de Timpulsion qu'elle a donnee
dans ces derni^res ann^s au gotlt des Orchid^es en Belgique. Son influence,
d'ailleurs, n'est pas limit^e k la Belgique, car parmi les exposants ou les
membres qui ont pris part aux travaux du jury pendant cette ann^e, figurent
les noms de MM. Gahuzac, de la Devansaye, W. Thompson, O'Brien,
GiBEZ, Bleu, Boutemy-Barrois, etc.; et la manifestation organis^eau mois
de mars 1894 en Vhonneur de MM. J. Linden et Lucien Linden a fourni une
nouvelle occasion de constater les sympathies qui existent actuellement entre
les principaux orchidophiles de la plupart des pays d'Europe.
« •
Desslecation et emhallage du raisin de Moscatel k Malaga. Voici
comment s'effectuent ces operations : On prepare une sorte de pyramide en
terre, soutenue par des briques ou une magonnerie sommaire; on donne a
la surface une pente de 45 degr^s, et on la recouvre de gravier propre; puis
on coupe le raisin, que Ton apporte dans des paniers, et on T^tale sur le
gravier. On le retourne tous les Jours pendant huit jours, p6riode qui est
— 317 —
ordinairement suffisante pour- la dessiccation ; n^anmoins quand le temps
est tr^ sec ou tr^s humide, ce delai peut etre abr^ge ou augments.
On 6tend une toile gros^^re sur les fruits pendant la nuit, et au milieu de
la journ^e quand le soleil est tr6s chaud. Autant que possible, il faut que la
temperature soit r6guli^re.
Lorsque le fruit est sufflsamment sec, on constate au toucher qu'il garde la
forme qu'on lui donne en le pressant; en outre, les p6pins doivent avoir
perdu leur couleur verte, et 6tre enti^rement bruns comme des grains de cafe.
On examine alors les grappes, et on retranche avec des ciseaux tons les
grains suspects, puis on les range dans des boltes bien s6cbes, par couches
minces, entre des feuilles de papier blanc.
Les fruits ainsi pr6par6s sont export^s dans le monde entier, et conservent
leur excellente quality pendant trois ans dans des conditions convenables.
« V
Influence du sujet sur la ipreffe. — Le r6v6rend G. E. Jeans, de
Showell, ecrit au Gardeners' Magazine la curieuse communication suivante :
c< Je me demande si quelqu'un de vos collaborateurs pourra r6soudre un
probl^me qui m'intrigue beaucoup, k savoir si un greffon peut 6tre modifle
par le sujet au point de produire un fruit non d6crit, un m6tis ? J'ai deux
cas de ce genre dans mon verger en ce moment. Dans le premier, un vieux
pied de Jargonelle avait 6t6 greff6 avec un poirier Duchesse d'Angouleme, et
les deux arbres etaient pr6s Tun de Tautre, de sorte qu'il ne pouvait y avoir
aucune difll^rence causee par la situation. Le nouvel arbre a bien produit
depuis ses 3 ou 4 ans d'existence. Le fruit ne ressemble nullement k la poire
Duchesse d^AngovlSme, et il ne rappelle exactement aucune poire que nous
poss6dons, mon jardinier et moi. II a la forme de la Jargonelle, mais un peu
plus grande, d*une couleur brun pale, sans saveur bien distincte, et il mtlrit
environ deux semaines avant la Duchesse d'AngouWne,
S'il avait ressembl6 a un autre fruit de mon jardin, j*aurais suppose qu'on
avait fait une erreur dans les etiquettes, quoique mon jardinier soit certain
d'avoir ins6r6 la greffe directement apr6s I'avoir d6tach6e, mais dans les
circonstances pr6sentes je ne puis me repr^senter ce fruit autrement que
comme un m^tis.
L'autre cas se pr6sente sur un pommier, et il est encore plus 6trange. Mon
jardinier a greffe un vieux plant de pommes k cuire avec un Cox's Orange
Pippin. Le fruit, depuis 3 ans, n'a pr6sent6 aucune ressemblance avec aucune
pomme que nous connaissions, ni surtout avec le Cox's Orange. II est de
moyenne grosseur, k peu pr6s deux fois aussi grand que celui du Cox's Orange,
vert jaunfttre p&le, avec une faible coloration seulement sur un cdt6, et n*a
pas de saveur distincte ni de fruit de dessert, ni de pomme k cuire; en
— 318 —
somme il est absolument sans valeur, faute d*avoir un caract^re quelconque.
Get arbre a €t& transplants du jardin de mon jardinier dans le mien, dans le
vain espoir de le faire caract6riser tel qu'il devait fetre; mais il reste toujours
un mStis Svident. »
*
» *
Les ezportations de Belgiciae en Angteterre pendant Tannte 1893 en ce
qui concerne les graines de fleurs et de legumes se sont 61ev6es, d*apr^ les
documents offlciels du minist^re du commerce d*Angleterre, k une somme de
78,950 francs; les exportations de la France dans le m^me pays se sont
elevees pendant la m6me pSriode a une valeur de 1,208,850 francs. Ges sommes
correspondent respectivement k 4,823 et 603,741 kilos de graines export6es.
La Belgique a envoys en Angleterre, pendant Tannic 1893, pour une valeur
de 727,025 francs de graines fourrag^res; dans cette cat6gorie, les exporta-
tions de la France sont proportionnellement beaucoup moins fortes; elles
s'6l6vent k 2,598,325 francs. Ges sommes repr6sentent en poids 631,700 kilos
pour la Belgique, et 3,052,000 kilos de graines pour la France.
En bulbes, plantes, arbres et arbustes, TAngleterre a rcQu en 1893 une
valeur de 900,150 fr. de Belgique et 1,123,925 fir. de France.
« •
Les Amaryllis sont maintenant en plein repos, et les bulbes mtlris doivent
fetre mis en reserve dans une serre fralche a6r6e et bien sfeche, oti ils res-
teront jusqu'en Janvier; k cette 6poque on pourra procSder au rempotage.
Quant aux jeunes bulbes, k ceux qui proviennent de semis notamment, ils
devront 6tre entretenus en v^etation, et rempotSs lorsque ce sera nScessaire
par suite de la croissance.
• «
Maladies des arbres firaitiers. — Get excellent petit traits, public par
M. E. SraoDOT, prSparateur-adjoint au Mus6um d'histoire naturelle, k Paris,
rendra de grands services k toutes les personnes qui poss^dent un verger,
petit ou grand. Lies insectes et les principaux champignons y sont Studio
et d6crits, et Tauteur indique les meilleurs moyens de les d6truire ou de
rSduire leurs dSg^ts au minimum. Le prix modique de cet ouvrage le met
d*ailleurs k la portee de tous. II est Mit6 chez M. 0. Doin, place de FOd^on,
k Paris.
■ •
Les boutures ligneuses de Seringa, de Jasmin, de Deutzia, ainsi que de
groseiller et de vigne doivent 6tre pr^parees d6s apr^s la chOte des feuilles.
On choisira des rameaux bien aodt^s, et on les coupera au-dessus d'un oeil.
Le rameau doit avoir une longueur de 15 k 30 centimetres environ; son
sommet est talll6 en biseau juste au-dessus d'un oeil. On enterre ces boutures
— 319 —
dans le sable dans une cave, ou dans la terre du jardin; au printemps on les
enlfeve et on les plante en lignes.
Les Rosiers de la Malrnsison se bouturent bien aussi de cette fa^on.
Max Garnier.
POIRE TRIOMPHE DE JODOIGNE
Encore un fruit de toute beaut6, tr6s gros, A peau line d'un bean vert clair,
qui passe au jaune citron vers la maturity. La chair en est blanche, fondante,
tr^s juteuse et fort agr^ablement parfum^.
Pig. 53. — Poire Triompht de Jodoigne.
L'arbre est excessivement vigoureilx, surtout sur ffanc de semis; il convient
sp^alement k la culture en haul vent pour verger; il est moins vigoureux
— 320 —
sur cognassier et peut convenir k Toccasion k la culture en pyramide et en
fuseau. On en fait aussi des espaliers.
II est bon de planter cette vari^te dans un sol qui ne soit ni trop froid, ni
trop humide. Les fruits sont d'autant meilleurs que les arbres se trouvent
planles dans un terrain de consistance ordinaire, c'est-^-dire pas trop argi-
leux, dont on doit toujours modifier la nature trop compacte.
La maturity a lieu en novembre-d6cembre et le fruit se conserve jusqu*en
Janvier.
GUSTAVE MiCHIKLS,
Montaigo, octobre 1894. Autenr dee 50 poires d'dlite.
CHRYSANTHEME MISS ALICE LUCKMAN
Cette superbe vari6t6, dont on trouvera plus loin la reproduction (fig. 54),
est encore un des gains de Timportant ^tablissement de M. Thomas Ware,
de Tottenham (Angleterre). Elle rappelle beaucoup un autre japonais bien
connu, Avalanche, mais elle a les fleurs jaune primev6re, et non blanches.
Ges fleurs sont bien form6es, grandes, et ont les fleurons longs, pointus, et
tout k fait distincts.
Le C. Miss Alice Luckman est assur6ment destine k avoir beaucoup de
succ^s sur le continent, comme 11 en a eu en Angleterre pendant les deux
demi^res saisons.
PLANTES PRIM^ES
Ghrysanthimes. — Parmi les nouvelles vari6t6s qui ont obtenu des dis-
tinctions k Texposition de la Soci6t6 Nationale de Ghrysanth6mes de Londres,
les plus remarqu6es ont 6t6 les suivantes :
Miss E. G. HUL — Japonais incurv6 k belles fleurs d'un gris argents
bleuStre, k fleurons larges. Expos6 par M. Godfrey. Gertificat de 1" classe.
Gette vari6t6 a 6galement re^u un Gertificat de la Soci6t6 d*horticulture du
Massachusetts.
Madame Charles Molin. — Japonais Wane cr6me, k fleurons tr6s divis^s.
Tr6s gracieux. Expos6 par M. Godfrey. Gertificat de 1™ classe.
Madame Edouard Bey. — Japonais incurv6 ; fleur compacte, k larges
fleurons rouge argents lav6 de rose vif. Expos6 par M. Godfrey. Gertificat de
m6rite k la Soci6t6 royale d'horticulture^
Frank Wdls. — Japonais incurv6, de forme superbe et d'un beau coloris
Fig. 54, — CkryKinthime Minx Alia Luchimn.
— 322 ^
Wane peri6. Certiflcat de mirite k la Soci6t6 royale d'horticulture. Expos6 par
M. W. Wells.
Souvenir de Petite Amie. — Japonais a fleurons ^trqils, 16g6rement r6fl6chis
et tr^s gracieux ; le colons est un blanc de lait. Gertificat de m^rite a la Soci^t^
royale d'horticulture. Expose par M. W. Wells.
• *
Dahlia Grand Due Alexis de Rossie. — Nouvelle varl6t6 k p^tales tubu-
laires d'une forme tout k fait nouvelle, k fleurs tr6s grandes, mise au commerce
par la maison Gannell, de Swanley. Paralt appel6e k un grand succ^.
« •
Glaieul Gasilda. — Fleur jaune soufre ou jaune brunatre, avec des stries
longitudinales rose fonc6 au centre des segments.
» «
Glaieul Leonora. — Vari^t^ d*un rose saumon^ vif, passant au rouge k la
base des segments, avec des stries rouge pourpr6 fonc6 sur les segments.
« •
Gladiolus grandis. — Fleurs de grande taille, d'un rouge saumon clair
^atant, avec une strie fonc^ sur le p^tale impair. Ges trois vari^t^ ont
obtenu des Gertiflcats de m6rite a la Soci6t6 royale d'horticulture, oti ils etaient
exposes par MM. J. Burrell et G**, de Gambridge.
• •
Zephyrantites earinata. — Belle esp^ce tr^ florif^re k fleurs roses,
expos6e par le comte Gowper, de Hertford, au Meeting du 24 septembre k
Londres. Gertificat de 1" classe.
a »
Rose-Thi Maman Cochet. — Gertificat de m^rite au Meeting de Londres
du 24 septembre (MM. Geo. Paul et fils).
• •
Ghnrsantlitaie Rose Wells. — yari6t6 k floraison estivale expos6e par
M. W. Wells, de Redhill, au Meeting de Londres du 24 septembre. Trds
florifere; fleurs de moyenne grandeur, d'un coloris rose. Gertificat de mSrite.
« •
Ghrysantliime Miss Dorothy Frankland. — Japonais expose par le
m6me horticulteur que la pr6c6dente variety. Fleur jaune k p^tales ^troits,
16g6rement r6curves a leur OTtr6mit6. Gertificat de m6rite.
« »
Dahlia Gissie (simple). — Fleur rose lilac6, avec un cercle cramoisi autour
du centre. Gertificat de m6rite k Londres le 24 septembre (T. S. Ware).
*
* *
— 823 —
Glaieuls : LUUe Darrit. — Fleur liloc^e, avec des stries pourpres dans la
gorge, tr^s gracieuse.
Cygnet — Fleur blanche, 16g6rement nuanc^e de cr6me, tr6s belle.
Murid, — Fleur crambisie avec une strie blanche sur chaque segment et
une large trainee blanche dans la gorge.
Ges trois nouvelles varl6t6s ont obtenu des certificats de m^rite au Meeting
de Londres du 24 septembre, oti elles 6taient expos6es par MM. J. Burrell
et G»®, de Cambridge.
* *
Dahlia Cactus Harmony. — Rose saumone pale, avec le centre jaune;
Earl of Pembroke, cramoisi nuance de pourpre avec le centre marron (demi-
Gactus); The Bishop, orang6 pale. Ges trois vari6t6s ont obtenu des certificats
de merite au Meeting de Londres du 24 septembre, oti elles 6taient exposees
par MM. Keynes et O®, de Salisbury.
« *
Dahlia Cactus John Welch, ^carlate, tr^s beau et tr^s brillant. Gertiflcat
de m6rite au Meeting de Londres du 24 septeml)re, oti il etait expos6 par
M. George Humphries, de Ghippenham.
* »
Dahlia Cactus Mrs. Francis Fell. — Fleur blanche avec le centre jaune
pale. Certificat de merite k Londres le 24 septembre (M. T. S. Wahe, de
Tottenham).
• ♦
Dahlia Shottesham Hero. — Fleur analogue k un D. Lady Gladys
Herbert tr6s ameliore, dit le Gardeners' Chronicle; p^tales marques d'une
forte macule pourpre vif aux pointes sur fond pale. Gertiflcat de merite a
Londres le 24 septembre (Gharles Turner).
« »
Pelargonium parfUmte. — Une collection de fortes plantes 6tait exposee
au meeting de Londres du 24 septembre par M. James Hudson, chef chez
MM. DE Rothschild, a Acton. Ges plantes, admirablement cultiv6es, ont
excite un vif int^rM et obtenu la m^daille d'or de la Society. A citer dans le
nombre le P. radula et sa vari6t6 major, en specimens formant un demi-
cercle de plus de 2 metres de diam6tre; le P. quercifolia et sa vari6t6 minor;
le P. fragrans, a odeur de muscade; le P. capitatum, a odear de rose; le
P. crispum, k odeur de citron; le P. filicifolium odoratum; le P. tomen-
tosum, etc. M. G.
— 324
BIBLIOGRAPHIE . .
1
Un oatalogue de Ghrysantlitaies. — M. 0. De Mbulenaerb, qui avait
d^ja public en 1890 une Liste descriptive des Chrysanthimes d'hiver, vient
de publier recemment un supplement k cette liste, contenant la description
de la plupart des vari^t^s inises au commerce depuis quatre ans, et dans
lequel il a r6alis6 une r^forme de tabulation fort opportime. Afln de bien
faire saisir en quoi consiste cette r6forme, nous prendrons un exemple tir6 de
la preface de M. De Meulenaere : « H. F. Spaulding, d'Orange, est un des
plus grands semcurs am^ricains. II a obtenu dans ces derni^res ann6es des
gains etonnants, et tout naturellenient, plusieurs yari6t6s portent son nom.
G'est ainsi que nous avons aujourd*hui : Ada Spaulding, H. F. Spauldmg,
Master Bates Spaulding, Mrs. F, Spaulding, Mrs. H. F. Spaulding,
Mrs. T. H. Spaulding et enfln Spaulding* s Black Diamond. »
II est clair que si Ton classait tous ces noiQs suivant Tordre alphab^tique,
le premier k la lettre A, le second k la lettre H, le troisi6me k la lettre M, etc.,
ce proc6d6 pr6senterait beaucoup d'inconv^nients; les jardiniers retiennent
diffloitement des noms aussi longs, surtout dans une langue ^trang^re, et 11
arriyera fr^quemment qu*ils d^signeront en bloc sous le nom de Spaulding
plusieurs des vari6les ci-dessus; or un amateur qui chercherait dans un
catalogue alphab6tique le nom de Spaulding ne trouverait pas les yari^tes
en question ; tandis qu'il les trouyera dans le catalogue de M. De Meulenaere,
qui adopte le parti de classer les noms de yari^t^s au nom de famille, en
mettant entre parentheses les pr^noms, particules, etc. On a ainsi une liste
dans laquelle figurent, k la lettre S, les yari6t6s suiyantes :
Spaulding (Ada). Spaulding (Mrs. BL F.).
Spaulding (H. F.). Spaulding (Mrs. T. H.).
Spaulding (Master Bates). Spaulding's Black Diamond.
Spaulding (Mrs. F.).
II nous parait hors de doute qu*une liste ainsi 6tablie rendra beaucoup plus
de seryices qu'une simple et ordinaire classification par ordre alphab6tique ;
c'est le principe id^ologique appliqu6 aux noms, si Ton pent s'exprimer ainsi ;
et si quelqu*un fait remarquer que ce n'est pas une d^couyerte bien grande ni
bien difUcile, nous lui repondrons que cependant on ne Tayait pas faile
auparayant...
Et puis nous ajouterons que ce n'est \k que le moindre merite du catalogue
de M. De Meulenaere, qui est fort complet, fort bien fait comme descriptions
et comme references, et rendra certainement de grands seryices aux culti-
vateurs et amateurs de Ghrysantli^mes. Max Garnier.
— 325 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 Novembre 1894.
Le professeur Pringsheim. — Ge botaniste Eminent est mort k Berlin,
le 6 septerabre 1894, k Vkge de 70 ans. Aprds avoir 6tudi6 la m6decine, il
s*adonna exclusivement k la botanique et r^digeait depuis 1857 les Jahrbucher
.fur wissenschafUiche Botanik. II fut le cr&iteur du premier Institut de physio-
logie botanique, celui dl6na, qui servit de mod^e k tous les autres. II s'occupa
I
^p^ialement de la reproduction des Algues et de T^tude des Gr^togames
parasites. II fit de nombreuses recherches concernant la chlorophylle et
demontra que le protoplasmo assimile Facide carbonique pendant que la chloro-
phylle a la fonctioh de ptoteger le protoplasme contre la radiation d'une
lumi6re trop vive.
* «
Pare de Gand. — Le pare 6tabli a Gand, sur Templacement de Tancienne
citadelle, a regu cette ann^e de notables ameliorations. Un vallonnement
etendu a ^t^ chang6 en pi^ce d^eau et celle-ci a 6t6 reli^ k un bassin plus
elev^ dont elle regoit le surplus par une cascade artificielle du plus heureux
effet. Un large pont, de style classique, a 6t6 6tabli entre les deux grandes
pieces d'eau. Ge pont enti^rement construit en ciment et fll de fer semble 6tre
fait de granit. Le tablier n'a pas plus de 0"08 d'6paisseur. N6anmoins la
solidite' de cette construction, une des premieres du genre, oflfre toutes les
garanties de solidity et de s6curit6. Des charges de plusieurs milliers de kilo-
grammes peuvent y passer.
• •
Gracieuses corbeilles. — Les elements dont le jardinier dispose aujour-
d'hui pQur 6tablir des corbeilles de fleurs ou des mosaiques permettent de
cr€er encore des innovations. Nous pouvons citer le charmant effet que nous
avons vu produire par un melange de Begonias tub6reux entremfil^ de Mont-
bretia, le tout entour6 d'une bordure d'Ageratum nains. Un autre parterre non
moins beau est celui compos6 avec des Pelargonium Paul Louis Courier
entour6s d'H61iotropes de couleurs fonctes avec une bordure de Tagetespatula.
Tout demi^rement encore nous avons vu un parterre dH Hydrangea panicidata
— 326 —
eniour6 de Begonias tuMreux et bord^ de Pelargonium Mistress Pollock. Ges
diverses compositions pr^sentent Tavantage d'Mre d'une grande simplicity.
• •
CSe qui reste de la fbr6t de Soignee couvre encore actuellement one
surface de 4,200 hectares. EUe s'6tendait k Fouest, vers Waterloo, et allait
jusque pr^ de Braine TAlleud. On y trouve quelques rares chenes; Tun d*eux,
surnomm^ le ch^ne de Gharles-Quint, mesure S^'lo de tour ^ 1 m. au-dessus
du sol.
« «
Les troffes sont-elles des paraaites ? — Gette question a 6te agit^ de
nouveau k TAcad^mie des Sciences k Paris. La truffe de Smyrne Tient au pled
de VHelianthemum guttatum, dans une terre tr^s peu calcaire. Dans le P6ri-
gord, la truffe pousse surtout dans les terrains calcaires, bien qu'on la trouve
aussi ailleurs. En France, on croit volontiers que la truffe, pour se former, a
besoin du ch^ne. L*hypoth6se du parasitisme des truffes est inadmissible pour la
truffe de Smyrne, puisque YHdianthemum guttatum n'a qu^une dur^e ^ph^m^re
de deux ou trois mois et disparalt au moment oCi la truffe atteint sa maturity.
• «
Pomologie beige k St. Pitersbourg. — Une exposition fruiti^re a ^t6
organis6e vers la fin d'octobre k St. P^tersbourg. EUe a eu lieu au Man^^e
Michel qui, malgr6 son ^tendue de 6400 mMres, n'a pas suffi pour donner place
aux apports des treize cents exposants. La collectivity de Belgique, dirig^
par le Cercle d'arboriculture de Gand, a brill6 au premier rang avec des
collections de poires, de pommes et de raisins provenant des diverses regions
du pays. Les fruits du Toumaisis exposes par FEcole d'arboricullure de
Toumai, ceux du Gondroz r6unis par FEcole professionnelle de Li^e, les
raisins du Syndicat des Yiticulteurs beiges de Hoeilaert et Groenendael, les
fruits nouveaux ou peu r6pandus envoy^s par FEcole d'horticulture de TEtat,
k Gand, ont 6t6 hautement apprtei^s.
• •
Roses k fleurs simples. — Rien n*est plus beau que les superbes roses
pleines, k moins que les roses k fleurs simples ne soient plus belles encore. Par
le croiscunent de T^glantier ordinaire avec diverses vari6t6s appartenant k
d^autres esp^ces, on a obtenu dejA des formes fort remarquables, tant par le
coloris de leurs fleurs simples ou semi-doubles que par leur abondante floraison
et leur rusticity. L'lUustrirte Oartenzeitung de Vienne signale dans son
num6ro d'octobre 1894, les vari^t^ suivantes en ajoutant la remarque que les
fleurs simples trouveront un emploi tr^ effectif dans les bouquets :
Amy Robsart, rose fonc6; Annie of Gierstein^ carmin fonc6; Brenda, rouge
— 327 —
pMe: Flora Mc Ivor, Wane pur k reflets roses ; Lady Penzance, rouge cuivre,
jaune k la basti des p6tales; Lord Penzance, fauve, jaune au centre, nuanc6 de
rouge ; Lucy Ashton, blanc bord6 de rouge ; Meg Merilles, carmin vif ; Brad-
wardine, rose vif.
♦ •
Hybrides de Gliveia. — Depuis quelque temps les horticulteurs cherchent
a obtenir par voie de semis et plus particuli6rement par f^condation artiflcielle
et m^me par hybridation, d'autres coloris et des fleurs plus r6guli6res dans les
Cliveia. lis ont ainsi f6cond6 des meilleures fleurs avec le pollen d' Amaryllis
ou Hippeastrum. Nous nous demandons si ce n'est pas k ce croisement qu'il
convient d'attribuer le d^p^rissement que Ton constate k Gand dans les feuilles
de beaucoup de plantes de Gliveia. D'abord on remarque des taches jaunes sans
aucune trace de parasite; puis, les macules jaunes s*6tendent et les feuilles
jaunissent en entier ; or, les Gliveia sont k feuilles persistantes, tandis que les
plantes dont on a employ^ le pollen se d6pouillent naturellement de leur
feuillage; n'est-ce point ce dernier caractftre qui tend k se reproduire 6gale-
ment cliez les Gliveia au detriment de la stability des feuilles de ceux-ci ?
* »
Huile de tilleul. — Les graines de cet arbre contiennent une huile dont
I'excellence fut reconnue 11 y a plus d'un si^cle; mais il en a 6i6 si peu fait usage
que certains joumaux allemands la signalent comme une nouveaut^. Les
graines pourraient ^tre recueillies en abondance sous tons les tilleuls ; elles
tombent en automne et donnent 58 p. c. d'une huile qui se distingue par un
beau coloris clair et un goiit d61icat, sans aucune trace d'amertume ni odeur
sp^iale; elle pent 6tre compar6e k la meilleure huile d'olive et possMe la
pr6cieuse quality de ne jamais rancir. G*est k la fois une huile alimentaire et
industrielle qui se conserve parfaitement.
• »
Distribution gratuite de plantes. — Nos confreres anglais annoncent
que la classe ouvri^re et les pauvres de Londres pourront de nouveau cette
ann^e obtenir le surplus des plantes ayant garni les jardins publics, Hyde
Park, Regent's Park et Hampton Gourt. lis n*ont qw'k s'adresser au clerg6 de
leur paroisse, aux comit6s scolaires ou directement aux inspecteurs des pares,
et ils seront informes du nombre de plantes dont chacun pourra disposer.
« »
Caioux IHsfe d'omement. — Dans une des parties les plus fertiles de la
province d'Anvers, aux environs de Lierre, les choux fris6s ne sont d6sign6s
que sous Tappellation de c( feuilles d^coratives. » Gela ne les emp^he pas d*^tre
en mdme temps un tr^s bon legume que les premieres gel6es am^liorent
sensiblement. G'est k cetle §poque de Tannic que les vari^t^s les plus 416gantes
— 328 —
fournissent les rebords cloqu^s ou gaufr^ de leurs feuilles poiir omer cer-
tains mets froids et remplacer au besoin les feuilles de vignes ou celles du
cerfeuil et du persil. Actuellement, 10 novembre, un choix de cboux frises
varies forme, auprds de la grille d*entr6e de TEcdle d'liorticulture de I'Elat,
k Gand, un parterre d*un bel efiet.
« »
Le Tamarin est le fruit d*un bel arbre de la famille des G^Ipini^, k
feuilles enti^res, paripenn^s, qui atteint dans sa patrie jusque 20 metres de
hauteur et porte en juin-juillet de nombreuses grappes de fleurs jaunes. G'est
le Tamarindus indica. La pulpe contenue dans le fruit forme une pate
consistante, 6paisse et gluante, acidul6e et sucr6e, qui peut Mre mangle fralche
et dont on fait des confitures et des conserves. On en distingue trois sortes dans
le commerce : le Tamarin rouge des Indes occidentales, le Tamarin noir des
Indes orientales et le Tamarin d'Egypte, ce dernier g6n6ralement impur et
consomm6 sur place. Le Tamarin est consid6r6 comme un excellent laxatif.
• *
Noms de plantes. — Notre confrere Sempervirens proteste, dans un de
ses derniers num6ros, contre des appellations difflciles, devant conduire fata-
lement k des erreurs, comme celle par exemple de Quercus pedunculata
Ahlfvengreni donn^e par M. le D*" Bolle k une vari6t6 su6doise de chfene
p^doncul^. Quand on adopte des noms de personnes, la difficult^ est inevitable,
et pour des gens peu lettr^s, les noms Grangers k leur langue seroni toujoars
difflciles k prononcer et k ^rire. Le mal n*est peut-^tre pas grand quand il ne
s'agit que de vari^t^s. Mais ce qu'il faudrait ^viter, m^me pour celles-ci, c'est
de r^p^ter les m^mes noms propres comme Ta fait un semeur am^ricain, qui a
d6die des vari^t^s de Ghrysanthdmes k plusieurs membres de sa famille (voir
ci-dessus, p. 324). Ge qu'il faudrait 6viter encore, c'est Tinutile longueur des
titres accol6s aux noms; ce qu'il faudrait 6viter surtout, c'est de d6crire
des nouveautes sous des noms trop longs et en mSme temps trop fautifs, tels
que Prunus Pissardi diversifolius tricoloribus marginatus, qui est par trop
long et par trop incorrect; en tout cas, il aurait dft s*6crire Prunus Pissardi
diversifolia tricolor marginata.
*
titiguettes durables. — La question, Du Perkier, sera done 6ternelle !
Voici qu'un fabricant de Londres a invents des 6tiquettes imp6rlssables, impe-
rishable Garden Labels. EUes ressemblent k beaucoup d'autres 6tiquett^
inusables, seulement certaines parties sont fixes, tandis que la petite plaque sur
laquelle les noms sont inscrits, est mobile et peut Mre chang6e k volenti ; cette
petite plaque faite de bois ou de zinc est prise dans de petits tenons de cuivre.
La tige est faite en fer galvanise.
« «
— 329 —
Arnold Arboretum. — Gette utile institution ot Ton soumet k des essais
de culture tous les T6g6taux ligneux des regions temp6r6es, et d*oti ils sont
g6n6reusement propages dans le monde, fait partie de rUniverstte Harvakd et
est plac6e sous Thabile direction de M. le professeur Gh. Sargent. Un terrain
connu sous le nom de Whitney Hill, d'une 6tendue de plus de trente hectares,
vient d'Mre «gout6 k TArbbretum. Nous connaissons en Europe des jardins
botaniques qui n'ont pas m6me un demi hectare et qu'on voudrait r^duire
encore !
» «
Gongrte dliortieiiltare k Paris en 1895. — Ge Gongr^s, qui sera
tenu en mai procliain par les soins de la Soci6t6 nationale d*horticulture de
France, est appel6 k s*occuper des questions suivantes :
Rdle de la chlorophylle dans les plantes; remMes k la chlorose.
Culture forc6e des vignes sous verre, en Prance et k Tfitranger.
Aspect des fruits et des tubercules comme indice de leur quality.
De la chaleur du sol et de celle de Fair, quelle est celle qui influe le plus sur
la Y^g^tation ?
Appareils de chauffage des serres k employer suivant les combustibles.
Utility d*une unit6 de comparaison pour appr6cier les syst^mes de chauffage k
eau chaude.
A quoi attribuer la diversity du mode de v^g^tation des plantes obtenues de
semis, sp6cialement des Palmiers ?
♦ *
TVillesden Paper. — G'est un excellent papier imperm^ble que les
Anglais emploient pour confectionner des 6crans destine k prot^ger les
chlbssis vitr^, les plantes d61icates, les couches k champignons, a faire des
auvents, des 6tiquetteset mfeme despots provlsoires, que M. S. Mottet d6crit
et figure dans un r6cent fascicule de la Betme Horticole. Ges pots, dit-il, rem-
placent tr^ avantageusement la mousse pour Temballage et TexpSdition des
plantes ; ils donnent une grande 6conomie de temps et de peids.
» «
Opiiun en Chine. — L*usage de ce narcotique en Ghine et son importation
de rinde se d6veloppent consid6rablement. VIndian Agriculturist rapporte
qu'il y a un siftcle, la Ghine recevait environ 4000 caisses par an; jusqu'i 1820
ce nombre n'alla pas au-deli de 5000. Dix ans plus tard Timportation montait
a 16,000 caisses; en 1840 elle 6tait de 20,000. Depuis 1850 k 1892, les chiffres
fluctu6rent entre 53,000 et 75,000. M6me en 1880, Timportation atteignit
environ 97,000 caisses. A cet import il faut sgouter encore environ 13,000
caisses importtes annuellement des Straits. La population de neuf provinces
— 330 —
parmi les plus peupl6es du Celeste-Empire ne fume que Topium de Tlnde; les
neuf autres, moins peupl6es, emploient Topium indigene.
« »
Nicotiana oolossea. — Gette plante, dont rintroduction fut le fait du
hasard, a d^id^ment une valeur ornementale considerable. Pour la multiplier,
en Tabsence de graines, 11 suffit de garder en pot et d'hiyerner en serre tem-
per6e un exemplaire dont les rejets printaniers lat^raux foumiront d*excel-
lentes boutures, que Ton met sur couche chaude pour repiquer et empoter
ensuite. Le semis se fait k la surface sur de la terre de bruj^re bien mouill^,
contenue dans une terrine abrit6e sous une feuille de verre; les graines ne sont
pas recouvertes de terre.
M. Gh. Maron, jardinier au chdteau de St-Germain, prds Gorbeil, indique,
dans la Revue Harticole, un nouveau proc^de de multiplication qui consiste k
bouturer des trongons de racines, a I'instar de ce qu'on £ait pour les Dracaena.
• »
Roses tardives. — Parmi les roses les plus tardives, produites cette ann^e
k r^cole d*horticulture de TEtat, k Gand, nous citerons de trds belles fleurs de
Oloire de Dijon et de Jf"« Birard, fleurissant encore en plein air le 30 octobre.
Puis yiennent les roses de Bengale, que certains amateurs trouvent trop petites.
En melange avec d^autres fleurs de yarietes remontantes ou de th^s, elles font
toujours fort bel effet; au moment oCi paraissent ces lignes, 12 novembre 1894,
elles sont encore toutes ft*atches, jolies et abondantes.
• »
Exposition Internationale dliorticultare k Bordeaux en 1895. ^
La Soci6t6 philomathique de Bordeaux ouvrira, de mai k novembre 1895, sa
XIIP exposition g6n6rale qui aura un caract^re International pour tout ce qui
touche k Tenseignement, aux beaux-arts, k Tagriculture, k Thortlculture et
k rindustrie, et qui sera uniyerselle pour les vins et splritueux, T^lectricit^
et les sciences sociales. Dans le bureau de la Gommlsslon organisatrice de la
Section horticole, nous trouvons des noms bien connus en Belgique, ceux de
M. J. Daurel et de M. M. Gahuzac, vice-pr6sidents, et de M. D. Treyeran,
secretaire. La Section comprend quatre classes : Serres et materiel horticole,
Plantes d'ornement, Graines et plantes potag^res, Fruits et arbres de vergers.
L*exposition florale aura douze series de concours se succ^dant le 10 et le 25
de chaque mois, du 10 mai au 31 octobre. On pent obtenir le programme en
s'adressant k M. J. Avril, secretaire g6n6ral, cours du XXX juillet, 2,
Bordeaux.
^. RODIOAS.
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— 331
PI. XXI
^ MIGONIA YELUTINA l lind. a l rod.
■ICONIA VELOUT^
La grande famille des M6Iastomac^s compte environ 2500 espdces actuel-
lement d^crites (') et appartenant pour la plus large part aux regions chaudes
de TAm^rique; elle a fourni k nos serres les 616ments d*une fastueuse orne-
mentation et nous reserve encore bien des surprises. Le genre le plus nom-
breux de la famille est le Miconia R. et P. dans lequel sont comprises pr^s de
dnq cents esp^ces. Ge genre r6unit maintenant les trente-deux groupes
suiyants, dont les noms sont tous synonymes et dont plusieurs sont inconnus
dans le monde borticole.
Angnstinea S^-Ha. et Naud. Graffenrieda Mabt. non DC.
Gatachaenia Gbiseb. Hartigia Miq.
Chaenopleura Rich. Hypoxanthus Rich.
GhiloporoB Naud. Jncunda Chax.
Ghitonia D. Don. Leonicenia Scop.
Cremaninin D. Don. Melastoma Raddi non Lin.
Cyanophyllum Naud. Octomeris Naud.
Cyanopleura Space. Pleurochaenia Gbiseb.
C^athanthera Pohl. Pogonorhynchns QrQq.
Decarhaphe Miq. Pomereula Domb.
Diplochita DC. Schizanthera Tubcz.
Diplochiton Spbeno. Soltmannia El.
Eurychaenia Gbiseb. Tamonea Aublet.
Fothergilla Aublet non Lin. Truncaria DC.
Gallasia Mabt. Tschudya Gbiseb. non DC.
Glossocentmm CBt^o. Zulatia Neck.
Botaniquement les Miconia sont r^partis en onze sections, savoir :
Jncunda Naxtd. Glossocentmm Bbnth. et Hook.
Tamonea Cogn. Chaenanthera Naud.
Adenodesma Naud. Amblyarrhena Naud.
Octomeris Bbnth. et Hook. Cremaninm Benth. et Hook.
Lacerarla Naud. Chaenopleura Benth. et Hook.
Eumiconia Naud.
(1) Monographie des MSlattontac^es , par A. Cooniaux, in de Candolle^ Suites au
Prodramus,
— 382 —
Les Gyanophjllum ou Miconia occupent parmi leurs cong^ndres une place
trte distingu6e. Le C. spectandrum ou Miconia spectandra, belle esp^ce bresi-
lienne, est remarquable par son grand feuillage, d'un beau vert fono6, a
nervure m6diane bord6e de gris m6tallique; la page inCSrieure, d'un vert
pftle, est teint^ de rouge. Le C. tnoffnificum ou Miconia moffnifica est un de
ces v6g6taux devant lesquels le plus indiflSrent s'arrtte 6merveill6; la plante
a un port superbe rehauss6 par les dimensions considerables des feuilles,
d^passant souvent un demi mdtre de longueur, et par le brillant coloris de
celles-ci ; leur face sup6rieure vert fonc6 est richement marquee par le blanc
cireux des nervures, tandis que la face inf(grieure est d*un beau rouge violac^.
Tous ces caractdres sont encore plus marqu6s dans la plante dont la planche
ci-contre pent donner une idte. Tandis que le Miconia magnifica est de prove-
. nance mexicaine, la nouvelle venue a ^H trouv6e au Br6sil d*ofl elle a ^\&
import6e r6cemment par L'Horticulture Internationale, k BruxeUes.
Dans Texemplaire ayant servi de modMe k Tartiste peintre, les feuilles ne sont
pas arqu^ comme dans le M. magnifica, elles sont plus dress6es ; en outre, le
coloris vert bronz6 est plus fonc^ et plus velout6, d'oti le nom de Miconia vdu-
Una donn6 k titre provisoire. En effet, malgr^ la tr^ grande distance qui
s6pare les patries des deux plantes, la dernidre arriv6e pourrait fort bien
6tre une variation naturelle de la premiere, et deviendrait ainsi le Miconia
magnifica var. vdutina. Esp^ce ou vari6t6, elle n'en est pas moins recomman-
dable, avec sa tige d'un beau rouge brun&tre, ses petioles rouges portant des
feuilles superbes, sillonn^es par des nervures trds nettes; le limbe est entier,
bien que la marge en soit recoquill^; il est color6 k la face infi&rieure d*un beau
rouge pourpr6.
Culture. — Les Miconia ou Gyanophyllum — ces plantes garderont long-
temps leur nom primitif — se multiplient de boutures sans aucune difficult^,
comme c*est en g^n^ral le cas pour celles k feuilles opposees. On place les bou-
tures dans des cendres ou du sable sur une couche chaude, hors de Vatteinte des
rayons solaires. Quand elles sont enracin^s, soit apr6s quatre a six semaines,
on les empote dans un compost d'un quart terreau de fumier, un quart terreau
de feuilles, un quart terre de bruy^re et un quart sable blanc. Le fond des pots
sera pourvu d*un bon drainage. Les plantes se passent difflcilement de la serre
chaude. L*air sec des appartements ne leur convient pas; les feuilles s'y reco-
quillent promptement et mftme se d6forment ; pendant T^t^ les arrosements
doivent Stre abondants.
Em. Rodigas.
— 333 —
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Physalis Franctaeti Mast. — Gette nouvelle esp^ce de Goqueret, qui fut
d*abord consid6r6e par erreur comme une simple vari6t6 du Physalis Alkekengi,
a 6t6 d6crite r^cemment par le D*" Maxwell T. Masters, d*apr6s des speci-
mens sees r6colt6s par Bisset et Maximowigz et des exemplaires vivants
obtenus k r^tablissement Veitch de graines rapport^es du Japon par M. J. H.
Veitch. La plante est annuelle et non vivace comme ie P. Alkekengi; elle ne
se ramifle pas comme celui-ci; la racine est fibireuse; la tige est erig6e, les
p6tioles relativement courts, bien qu'ils aient 0™04 k 0^05 de longueur; la
plante est glabre et atteint 0™60 de hauteur; elle a un bel aspect, avec ses
fleurs Wane jaunfitre k anth^res jaunes et ses grands fruits oranges et comes-
tibles. La saveur aigrelette de ces bales devient agr6able quand le palais y est
quelque peu habitu6.
Grammatocarpus volubilis. — Gette plante fut introduite du Ghili 11 y
a bientdt trois quarts de si6cle, ce qui ne Temp^che pas d'Mre peu r6pandue.
G'est une esp^ce annuelle, k feuilles opposees, pinnatifldes, aux bords d^coup^s.
Les fleurs sont grandes, en forme de coupe, d'un beau coloris jaune vif.
G'est une excellente plante pour garnir un mur situ6 en plein midi, elle le
recouvrira jusqu'^ 3 metres de hauteur. La plante pent Mre plant^e en plein
air d^ le commencement de juin.
Fuchsia pendula. — Gette plante, dit M. E. A. Garriere, dans la Bevue
Horticole, « n'a pas seulement le m6rite de la beauty et de roriginalit6; elle a
encore celui de la nouveaut^. G'est un arbuste trfes floriffere, aux rameaux
brusquement r6fl6chis, ce qui donne k Tensemble un aspect des plus gracieux. »
Malgr6 son nom sp6ciflque, il s'agit probablement d'une vari6t6 obtenue de
semis, k moins que ce ne soit un sport ou lusus naturel, hx6 par la culture.
La disposition particulidre des rameaux, qui se terminent par des fleurs en
abondance, la rend particuli6rement propre pour en faire des corbeilles
suspendues.
Crataegus Lavalleei. — Gette forme du Crataegus Carrierei se rapproche
tellement de ce dernier qu'elle peut fetre confondue avec lui. G'est certainement
la plus belle jdes aub^pines. Ses fleurs sont disposees en grandes ombelles et
extr^mement nombreuses. Dans le principe, leur coloris est Wane pur; elles
acqui^rent ensuite une 16g6re teinte ros6e. Les feuilles, d'un vert fonc6, prennent
en automne un reflet bronze d'un bel effet. En outre, la plante se couvre
souvent d'une profusion de flruits d'un rouge brillant.
Elaeocarpus cyaneus. — Get arbuste fut introduit d'Australie au com-
— 334 —
mencement de ce sitele. Son apparition dans Tune ou Tautre serre est aujour-
d*hui salute comme celle d*une nouveaut^. L*^ dernier un exemplaire bien
fleuri a attir6 Fattention dans une des serres temp6r6es des jardins de Kew. La
plante ae charge, dit le Garden, d*une T^ritable proftision de racemes de fleurs
du blanc le plus pur. Par ci, par \k, on volt aussi quelques fruits, d*un pourpre
bleuAtre fonc6, contrastant d*une facon heureuse avec la blancheur des fleurs.
Dans une grande serre YElaeocarpua cyaneua, connu aussi sous le nom de
E. reticulatm, serait une tr^ belle acquisition.
Galattaea polytrioha. — Gette Jolie Scitaminte nouTelle est d6crite par
M. J. G. Baker, dans un des derniers num6ros du Gardeners' Chranide. Elle
se rapproche le plus du C. flaveacem (Phrynium grandiflorum) dont eUe se
distingue immMiatement par la yillosit6 des feuilles et des bracttes. La plante
est orlginaire de Tile de la Trinity ; elle est remarquable parses tubercules
globuleux et par ses fleurs r^unies en rosettes dans le centre d*une touflb de
feuilles. Le calice et la corolle sont blancs, ainsi que le tube de celle-ci. Les
divisions du calice sont lin^ires, celles de la corolle sont lanctol6es ; les stami-
nodes, un peu plus longs que les diyisions du calice, sont d'un colons jaune
citron. Les feuilles sont d^pourvues des stries et des macules que montrent
la plupart des espdces de Galathea et de Maranta.
Lapinas ftdlaz Greene. — Le seul habitat connu de cette plante est le
Mont Tamalpais, k Touest de la bale de San Francisco. La tige d6passe 1 mMre
de hauteur. Ses branches 6rigees, ainsi que ses feuilles et les inflorescences,
sont argent6es et recouvertes d*une pubescence veloutee, soyeuse ; les fleurs
sont disposes en racemes pMoncul^; les ailes sont violet fonc^; le pavilion
est blanc au milieu et passe au rouge; les feuilles ont de 7 & 9 folioles
linteires lanctoltes aigues.
Baaera mbiaefblia. — Get arbrisseau, de la famille des Saxifrages,
n*atteint gudre un demi-m^tre de hauteur. II fut introduit de Nouvelle HoUande
il y a un si^le et a eu le temps de disparattre complMement depuis lors. Ses
folioles oblongues sont un peu dentel6es; ses jolies fleurs, d*un beau rose, se
succMent durant quatre mois et font un agr6able contraste avec les rosettes de
feuilles. La plante vient fort bien en serre froide.
Rhododendron Fordi. — Gette nouvelle esp^ce provient de Tile Lampas^
Ghine, d'od elle a 6t6 envoy^e k Kew par M. Ford, directeur du Jardin bota-
nique de Hong Kong. EUe est alli6e au Rhododendron Fortunei; ses feuilles
coriaces, vert fonc6, ovales, ont 0^8 de longueur ; les branches portent k leur
sommet des bouquets de fleurs violac^, quinquelob6es, k dix ^tamines, et
ayant (W5 de diamMre.
Syringa Bmodi. — Bien que cette esp^ce de Lilas, originaire de THlmalaya,
ne puisse etre compart pour la beauts avec notre lilas commun, cependant
— 336 —
c'est un arbuste des plus recommandables , tant par son feuillage largement
oblong el blanch&tre en dessous que par la tardivet^ de sa floraison. G^est le
dernier lilas de la saison. II suit de pr6s au lilas de Hongrie (Syringa Josikaea).
Hedysanim multijugam. — Gette esp^ce, originaire de sud de la Mon-
golie, est connue depuis une dizaine d'ann6es. Elle forme une touffe de 1^50 de
hauteur avec des feuilles gris&tres de 0"*15 de long. Les fleurs, d*un rouge
magenta pourpr6 vif avec une macule jaunatre sur le p4tale principal, sont dis-
pos6es en racemes aux aisselles des feuilles. Le Garden cite un exemplaire qui,
Fan demier,a fleuri sans interruption depuis le mois de mai jusqu'en septembre.
Ramondia pyrenaioa. — Peu de plantes font un aussi joli effet dans les
rocailles dont elles couvrent les niches par leurs rosettes de feuilles 6tendues k
la surface du sol. Les fleurs sont d'un tr^s beau violet pourpr6. Nous nous
rappelons avoir vu dans le jardin attenant k notre maison paternelle, une
vari^t^ k fleurs enti^rement blanches dont on faisait alors le plus grand cas.
Dischidia Rafflesiana. — Gette int^ressante Ascl^piadee fut signal^e par
Wallich et flgur^e dans ses Plantae asiaticae rariores. Elle est Epiphyte
dans sa patrie, Borneo et Java. Le D^ Treub, directeur du Jardin botanique
de BuitenzoTg, en a envoy6 des exemplaires vivants k Kew. Les umes sont
port^es sur de courtes pousses munies de norabreuses racines adventices.
L'ume elle-m6me n'est qu'une feuille modifl6e dont la parol interne correspond
avecle dessous d*une feuille ordinaire. Les botanistes ne sont pas d'accord sur
la destination de ces ascidies. Gontrairement k Topinion de Beggari et de
Delpino, qui pensent qu'elles servent d'asile ou de prison aux fourmis ou k
d'autres insectes, M. Treub estime qu'elles sont destinies a recevoir et k
conserver de Teau de pluie.
Rubus phoenicolasius. — Gette esp^ce japonaise obtint un certiflcat de
1^« classe au meeting du 14 aotlt dernier de la Soci6t6 royale d'horticulture de
Londres. La plante 6tait expos6e par MM. Kelway et flls, de Longport. Elle
a Taspect d*un framboisier k feuilles vert fonc6 au-dessus, blanchAtres en
dessous. Les firuits se montrent en grappes assez serr6es aux extr6mit^s des
pousses de deux ans. Fr6quemment, dit Sempervirens, on en compte une
cinquantaine r6unis; ils sont un peu plus petits que les framboises, d'un beau
rouge fonce k la maturity. Le gotlt est sucr6 acidul6, franchement agr6able.
Pyrethnun parthenifolium glaucum. — Tout le monde connalt le
Pyrethrum dor6. Gelui-ci aura un concurrent dans la forme qui vient d'etre
cit^ et qui se distingue par un gracieux feuillage d*un vert blanchMre dont on
tirera parti pour la composition des mosajiques. Gette nouveaute ne fleurit pas
la premiere ann6e, ce qui en augmente le m6rite.
Delphiniuin Emiliae. — G'est une belle esp^ce d6crite dans Erythea, II,
120. Ses fleurs sont d'un bleu fonc6, la plante n'atteint que 0"60 de hauteur.
— 336 —
Dans sa patrie, la Galifornie centrale, la plante fleurit en mai; elle fait un
charmant contraste en BOci6t6 avec le grand et beau CcHochortm ItUeus var.
aculeatus.
Syringa pekinensis. — Le port de ce Syringa est trds 6l6gant; son
feuiUage, d*un agrtoble coloris vert clair, denote une bonne vigueur; les
fleurs, dispos6es en grappes assez compactes, s*6panouissent une dizaine de
jours plus t6t que le Syringa japanica et environ dix jours aprte le Syringa
amurensis, Notre confrere am6ricain Garden and Forest lui consacre une
bonne planche dans son num^ro du 26 septembre dernier. Jusqu*icl on avait
cru que cet arbuste n*6tait gu^re florif^re ; c*6tait Ik une erreur : une fois que
la plante a atteint un certain d^veloppement, elle fleurit en abondance. On en
parle conune d*un arbuste fort beau, extrAmement recommandable, d*une
rusticity absolue, aimant un sol humide et ayant besoin d*assez d*espace pour
d^velopper ses gracieuses branches.
Arenarla montana. — Gette jolie petite esp6ce vivace, k tige couchfe et
rouge&tre, k feuilles lintoires lanc6olfes, n*est pas assez connue, sinon elle trou-
verait place dans toutes les collections de plantes alpines. Plant6e dans le rock-
work de TEcole d'horticulture de Gand, elle a 6panoui pendant plUs de deux
mois ses grandes fleurs blanches. La plante se multiplie ais^ment de boutures.
Sparmannia afHoana. — Notre conft*^re anglais The Garden consacre
k cette belle Tiliac^ une de ses demi^res planches. Ge n*est pas cependant
qu*on puisse Tappeler une nouveaut^ : elle fut introduite du Gap de Bonne
Esp^rance il y a juste un si^cle. G*est un arbrisseau k rameaux un peu velus
dont les feuilles cordiformes, acumin^es, presque lob6es, sont couvertes d*un
duvet poilu. Ses grandes et belles fleurs blanches, dispos^es en ombelles, se
distinguent par les filets nombreux des 6tamines dont les int^rieurs sont
pourpr^, tandis que les ext^rieurs sont jaune orange. Les anth^res sont d'un
jaune d*or. On peut se demander pourquoi une plante aussi m^ritante ne se
rencontre pas plus fr^quemment. Les exemplaires d'une couple de metres de
hauteur d^passant des v^getaux d*autre nature, comme des Azaltes ou des
Gamellias rang^ tout autour, produisent un superbe efiet et peuvent omer
au premier printemps la serre froide ou Torangerie.
Maurandya Barckleyana. — Gette liane mexicaine fut introduite en
Europe en 1825. Elle est trop peu r^pandue. Un exemplaire qui a grimp6 le
long d*un Araucaria Cunninghami dans une serre temp^r^ des jardins
royaux de Kew, a ^i6 Tobjet de Tattention g^n6rale V6i^ dernier. La plante
avait atteint dix metres de hauteur et ses branches pendaient de toutes parts
de la mani^re la plus gracieuse. Le feuillage est abondant et d'un beau vert ;
les fleurs, tr^ nombreuses, sont grandes, d*un beau pourpre violac6 et
blanches au centre. Em. R.
— 337 —
LES BRUGMANSIA ET LEUR CULTURE
M. G. Nicholson, dans son excellent Dictionary of Gardening, dont la
traduction dirigte par M. S. Mottet, avec la collaboration de MM. Alluard,
Andre, Bellair, Vilmorin, etc., est en cours de publication, a 6mis Tid^e de
r^server le nom de Datura aux esp^ces annuelles, et celul de Brugmansia
aux esp^ces frutescentes. Les traducteurs de Touvrage de Nicholson n*ont pas
adopts cet avis et avec les auteurs du Oenera PlantarUm, Bentham et Hooker,
ils rangent dans un seul et m^me groupe, celui des Datura, les Brugmansia,
Stramonium, Dutra et Geratocaulis. Le genre ainsi constitu6 compte une dou-
zaine d*esp^ces, appartenant aux regions temp^r^es et chaudes des deux mondes.
Voici comment on traite les esp^ces frutescentes ou Brugmansia : On les tient
en pots de 0'^20 k 0™30 de diam^tre, dans un sol riche et dans une serre oh
Tatmosph^re est tenue relativement chaude pendant leur p^riode v^g^tative.
II ne faut pas oublier que le d^veloppement primitif doit 6tre rapide et pour
cela active au mojen d*engrais. Une fois que la plante a form^ une tige d'une
couple de metres de hauteur, ce qu'on obtient en enlevant toutes les pousses
lat^rales k mesure qu'elles se produisent, le bois sera bien ao0t6 et la floraison
pourra se produire avec abondance et r^gularit^. Bien que ces esp^ces soient
des plantes k feuilles persistantes, elles supportent d'etre taill^es court, apr^s
la floraison, et acceptent les formes qu'on veut leur donner. D*ordinaire on
en fait de petits arbres dont on rabat annuellement les pousses k peu de
centimetres au-dessus de leur empatement. Pendant la floraison, il sera bon
de donner quelques arrosements d'engrais liquide : les fleurs seront d*autant
plus grandes. Dans les contr6es m^ridionales de TEurope, les Brugmansia
sont une pr^cieuse. addition aux v6g6taux destines a orner les grands jardins.
Chez nous la serre temp6r6e leur sufflt; on doit les preserver des kermis.
On a le choix parmi les esp^ces et vari6t6s : Les Brugmansia arborea et
suaveolens ont des fleurs blanches; celles de ce dernier ont un parfum exquis.
Le B. Knighti donne en abondance des fleurs doubles et par suite de leur
duplicature, elles sont d'une plus grande dur^e. Le B, sanguinea est souvent
prefer^ k cause de son 616gance et de son coloris orang6. Le B. chlorantha
est ^galement k fleurs doubles, jaunes, odorantes etpendantes; le B. corni-
gera est d*un aspect singulier, les fleurs sont blanches ou jaune cr^me; enfln
le B, fastuosa a des fleurs blanc cr^meux k Tint^rieur, violac6 au dehors et
tr^ odorantes. II en existe des vari^t^s dans lesquelles les deux coloris sont
mieux d^flnis et presque s6par6s, et d'autres dont les fleurs sont semi-doubles.
R. DU PARC.
338
A QUEL MOMENT PEUT-ON TRANSPLANTER LES
ARBRES TOUJOURS VERTS V
Un abonn^ de L' Illustration Horticole nous pose la question qui pr6cMe ;
il se plaint d'avoir mal r^ussi dans les plantations qu*il a faites le printemps
dernier, alors que les arbres ^taient encore en repos. Voici notre r^ponse :
L*^^poque de la transplantation des espies k feuilles toujours vertes a fait
Tobjet de nombreuses experiences, sans que les praticiens aient pu se mettre
d'accord. M, Mkehan dit, dans ie Cowntry Gentleman, qu'il pr6f)fere trans-
planter la plupart des Gonif^res en aotlt et septembre. II est evident qu*^ ce
moment T^vaporation par les feuilles sera tout aussi rapide qu'a n'importe
quelle autre saison, mais les nouvelles racines fibreuses se formeront bien plus
vite dans le sol r^cbaufil^ qu*A un autre moment. En 6t^, le sol ressemble k
celui d'une serre k multiplication , et les arbres et arbustes devraient Mre
trait^s absolument comme des boutures. II faudrait leur donner de Tombre, si
possible; les racines doivent Mre tenues humides. Les trous sont b^hes a
la profondeur voulue et une bonne terre doit remplacer un sol pauvre ou
epuis6. En remplissant les vides parmi les racines, on doit 6viter soigneuse-
ment de blesser celles-ci. Quand les trous sont a moiti6 remplis, on y verse
quelques seaux d'eau jusqu*& ce que la terre soit bien tremp6e. On attend
que cette eau soit infiltree pour combler les trous. Le lendemain on mouille
de nouveau, et on ^galise le sol le troisi^me jour. Cette humidity sufflt poUr
une semaine enti^re, alors de nouvelles radicelles se seront foi*m6es. Gependant
on peut recourir k Tombrage et aux seringages; ces proc^d^s sont tr^
avantageux.
En general, quand il faut transplanter sans motte de terre des Ck)nif^res
ou autres arbres verts, le mieux sera d*attendre le temps qui pr6cMe la
reprise de la vegetation. Si les plantations du printemps dernier ont mal
r^ussi dans beaucoup de jardins, c*est que le vent du nord-est a amene une
longue periode de s^cheresse contre laquelle il aurait fallu pr^munir les arbres
par des abris et par des arrosements. Nous avons vu r6ussir des trans-
plantations de grands exemplaires en plein 6te, mais bien soign^s. Nous
ajouterons qu*on peut transplanter k toute epoque lorsque les racines sont
menagees, ce qui est possible en conservant une grande motte de terre k
chaque arbre. Ne voyons-nous pas actuellement transplanter ainsi avec
succ^s, au moyen d'une machine ad hoc, de grands arbres pendant que leur
frondaison est complete?
Em. R.
339
FUMURE DES BEGONIAS TUBEREUX
M. Dbsbois, amateur d'horticulture k Orleans, a adress^ k la Revue Hor-
ticole une note culturale pouvant intdresser tous ceux qui s*occupent de Bego-
nias : « J*avais pr6par6 pour la culture des Begonias doubles une plate bande
en la couvrant de 0°»30 de terreau de fumier de cheval bien m61ang6 avec du
sang dess^ch^, k raison d'un kilog. pour un m^tre cube de ce terreau. Dans
les premiers jours de juillet, j*arrosai mes plantes avec les engrais suivants :
le premier jour, j'employai du nitrate de soude; le deuxi^me jour, j'usai du
sulfate de fer; le troisi^me jour, j*eus recours au sulfate d*ammoniaque (trois
grammes de chacune de ces substances par litre d*eau). Je continual ce mode
d'arrosement pendant quinze jours, versant chaque jour au pied de chaque
plante un demi-litre d*engrais, puis je laissai alter, me bomant a arroser tr^s
abondamment avec de Teau pure. J'obtins ainsi une tr^s abondante floraison,
des fleurs superbes et d*une excellente tenue. II est bon n^anmoins de faire
observer que c*est la grande permeability de mon terrain qui m*a permis de
me servir de ces engrais sans inconvenient pour les tubercules. Le temps de
Tarrosage et la dose de Tengrais, surtout pour le sulfate d*ammoniaque,
devraient certainement dtre diminu^s dans un terrain plus consistant. »
II est inutile d'ajouter que Tengrais pr^conis^ pour les Begonias k fleurs
doubles convient ^galement bien aux fleurs simples. Gelles-ci acqui^rent, dans
ces conditions, un d6veloppement incroyable. Nous faisons la plantation dans
de la terre de feuilles en m61ange avec un tiers de terreau de ftimier ; nous
n*employons pas d*autres engrais et nous obtenons une floraison aussi parfaite
que possible.
PETITES NOTES DE CULTURE
Stephanotls floribonda. — Les plantes qui ont atteint leur complet d^ve-
loppement ont besoin d*un air moins chaud et plus sec, pour que le bois puisse
s*ao(lter. U sufflt que la serre demeure ferm^e la nuit, sans qu'elle soit particu-
li^rement cbaufllte Par les joum^es claires, Tadmission de I'air est indispen-
sable; Tarrosage sera de beaucoup diminue. II est bon d'enlever les rameaux
non aotltes, afin d*admettre le plus de lumi^re possible. II est important de
veiller k la destruction des pucerons qui se logent sur les feuilles et sur le bois.
On pent, dans ce but, iSBdre usage de bouillie cuprique.
Allamanda. — Si Ton a soin de donner k ces plantes une temperature de
>;
— 340 —
10 k 12 degr^ la nuit et de les arroser avec quelque engrais, la floraison se
produira dans de bonnes conditions les deux mois suivants, et Ton salt que ces
fleurs viennent bien A point en cette saison. L'aoiltement ou maturation du bois
est la condition la plus importante pour les v^g^taux qui ont besoin de quelques
semaines de repos pour 6tre mis en T^g^tation avant T^poque normale. Tel est
le cas pour les AUamanda ; on aura soin de les tenir dans un air plus sec et
moins cbaud pendant une couple de mois.
Surft^^aflTO de cbauz aux Fougdres. — La chaux est consid^r^ comme
nuisible aux Foug6res en g6n6ral ; elle en fait, dit-on, jaunir les frondes. Or, le
correspondant d'un journal horticole am6ricain 6crit que Texp^rience qu'il a eu
Toccasion de faire donne un dementi a cette opinion. Deux plancbes d'Adiantum
plant^s pour la cueillette des feuilles furent infest^es par une sorte de cbam-
pignon noir qui menagait de d^truire le tout. On eut beau gratter le parasite;
il ne fit que recroitre et les plantes rest6rent en arri^re. Alors on eut Tid^e
d'employer comme surfagage de la chaux fus6e ou ^teinte. On s*attendait a voir
p^rir le parasite de m^me que les Foug^res. On avait mis de la chaux par
dessus tout, et, chose curieuse, le champignon fut arr^t^ dans sa croissance
mais non tu6; de leur cdt6, les Foug^res reprirent une active v6g6tation et on
put r^colter en quantite considerable les plus longues et les plus belles frondes
d*Adiantum qu*on etlt jamais. Le correspondant ajoute qu'k Tavenir il ne
craindra plus de faire usage de la chaux pour les Foug^res.
Rose William Allen Richardson. — Gette belle rose, avec son chaud
«
coloris rouge orange entour^ de jaune, convient parfaitement au forcage on
tout au moins k la fioraison avanc^e. Cultiv^e contre un mur en plein air, elle
donne une abondante fioraison. Elle n*a pas m^me besoin du soleil du midi
pour r6ussir.
Lapageria. — Les deux vari^t^s de cette splendide liane sont maintenani
cultiv6es un peu partout et le mode de culture r6serv6 k ces plantes n'est plus
un secret comme il y a quelques ann^es. Qu*on les conduise k la falture de la
serre ou dans une couche peu ^lev^e; qu'on leur manage les rayons solaires du
matin ou ceux du midi, les plantes vont ais^ment leur train; pourvu qu'on leur
donne un sol riche, bien drains, beaucoup d'eau durant la v^g^tatipn et des
seringages copieux afln de tenir le feuillage propre, les plantes payeront par
une profusion de fieurs les soins qu'on leur accorde. Les Lapageria se multi-
plient de marcottes. On pent les rempoter ou d^placer en toute saison, pourvu
qu*ils ne soient pas en fieurs; cependant il vaut mieux y proc^der en autonme.
Un melange de terre flbreuse et de tourbe en 6gales quantites, avec addition de
petits morceaux de marne et d'une certaine quantity de sable blanc, convient le
mieux k leur d^veloppement.
R. D'EfiLEN.
— 341 —
CAUSERIE HORTICOLE
DES MOUSSES ET DES LICHENS
80 Novembre 1894.
II est bien peu d'6crivains horticoles qui n'aient tonn6 dans leurs Merits
contre les Mousses et les Lichens, ces pestes v^g^tales qui infestent les troncs
des Poiriers, des Pommiers, des Pruniers, etc., qui en sucent la s6ve, les font
languir, rabougrir et flnalement perir. De leur cdt6» aussi, les arboriculteurs
ont fait chorus avec les premiers et rench^ri sur eux, ou plutdt ils ont
commence d^s longtemps un branle-bas g§n6ral de combat contre ces funestes
engeances. Gent remMes, plus violents les uns que les autres, ont 6t6 proposes,
preconis^s contre elles : lavages r6iter^ avec divers acides plus ou moins
corrosifs, avec I'alcool, avec du savon noir, — et celui-ci encore 6tait le plus
anodin, etc. Le grattage continu, forcen^, a 6t6 surtout recommand6.
II est temps enfln qu'une plume compatissante et mue par la v6rit^ physio*
logique vienne au secours des tendres Mousses et des jolis Lichens I Non,
charmantes Mousses ; non, ^l^gants et curieux Lichens, vous n'^tes point
funestes aux arbres fruitiers de nos vergers; non, vous n'introduisez pas perfl-
dement vos racines (vous n*en avez pas?) dans leur 6piderme, pour en sucer le
sang, la s^ve voulons-nous dire; non, vous n'etes pas d*insatiables, d'in&mes
parasites, vivant aux depens d*autrui, ainsi que le pr^tendent tant de bons
esprits abuses I
Mais quittons le Ion de la plaisanterie et parlons s6rieusement. Nous nous
6tonnons que parmi tant de botanistes justement c^l^bres qui se sont exclusi-
vement occupy de Gryptogames, nul, que nous sachions, n*ait elev6 la voix
contre une telle ignorance, contre une telle absurdite! les Mousses et les
Lichens parasites I et comment ? Les premieres emettent k peine de fines radi-
celles, qui, en se groupant en faisceaux, puisent dans un milieu donne Thumi-
dite n^cessaire k leur existence ; aussi toute cavity abrit6e, prot^g6e contre les
rayons du soleil leur est bonne ; elles s'en emparent et y vivent en groupes
presses. Dans tous les pays humides, leurs imperceptibles spores, ballott^s sans
cesse par les vents, donnent naissance k de nouveaux individus, Ik oCi ils ont
trouv6 Tabri, le creux ombrag6 n6cessaire. Aussi, voyez les troncs d'arbres,
V
— 342 —
du cdte ot soufflent p^riodiquement les vents d*ouest (Europe), se peupler
dlndividus divers de cette curieuse et jolie famille.
Chez ceux du cdt6 oh vhgnent surtout les vents sees et froids du nord
pullulent divers Lichens. Plus innocents encore, ceux-ci se fixent, non dans
les anft*actuosit^, comme les Mousses, qui ont besoin d*humidit6, mais sur les
c6t4s plans de TScorce ext^rieure par leur expansion foliac^, et ne produisent,
eux, aucunes radicelles 1
Ges v^rit^ incontestables examin6es, admises cons6quemment, comment
done peut-on accuser ces petita v6g^taux de nuire aux arbres fruitiers? et de
quelle mani^re le feraient-ils ?
Dira-t-on maintenant que gr&ce k Thumidit^, sous les cachettes sourdes
form^ par les groupes de Mousses press^ les uns contre les autres, viennent
niclier les insectes qui vivent aux d^pens des arbres et les tuent? nous d^men-
tirions encore ce fait. Ainsi, tout d*abord les Mousses ne se groupent gu^re
qu*au pied des arbres; rarement elles s'6tevent sur les troncs otx y vivent
petites et diss^min^s dans les enfourchures des grosses branches. Sous leur
abri on ne trouve gu^re que des forflcules (pince-oreilles), des g^ocorices, qael-
ques petits camassiers ; et les premieres seules sont nuisibles aux fruits des
Poiriers, Abricotiers et P^hers. Quant aux insectes qui vivent du bois de ces
arbres, 11 en est fort peu, et ils ne s'attaquent jamais qu*aux troncs lisses et
sees. II est rare, tr^ rare de voir les arbres fruitiers attaqute par les larves de
ces insectes, qui pr^f^rent de beaucoup les arbres forestiers ; et les premiers
n*en sont infest^s que lorsqu*ils sont A T^tat voisin de la decrepitude.
Quant aux Lichens, par la nature 'de leur v^Station, ils ne sauraient ofirir
aucune retraite aux insectes, laissez-les vivre.
Avons-nous sufflsamment d6montr6 rinutilit6 du lavage et du raclage des
arbres fruitiers ? la routine sous ce rapport se rendra-t-elle k r^vidence? Que si,
malgr^ Tinnocuit^ parfaite des mousses, vous tenez k en d^barrasser vos arbres,
enlevez-les l^g^rement avee le dos de la serpette, et lavez les places nues avec
une brosse trempte d'eau pure; 6vitez Temploi du savon et des addes plus
fbnestes encore, en ce qu*ils corrodent Tteorce, et par ses interstices peuvent
p6n6trer dans les canaux du liber, s'inflltrer avec la s^ve dans les jeunes et
d^licates parties des arbres, et y causer des d^rdres qui, pour n*dtre pas
apparents, n*en sont pas moins r^els.
Mais entrez dans un verger, dont les arbres ont 6i6 soigneusement gratt^,
racl6s, purg^, lavte! quelle nudity I quel aspect triste, livide, moribond, ont
tous ces troncs, ces branches d^nud^es ! Ge ne sont plus que de bideux sque-
lettes, k r^piderme ^ros^, aux tons bla&rds, au lieu de cet aspect si gai k
Toeil, de ces verdures microscopiques, de ces couleurs m^lang^es qui les
ornaient nagu^re.
— 343 —
Si, sous r^quateur et les tropiques, la nature a repandu avec tant de prodi-
galite les tr6sors de la Flore, en rev^tant les arbres de brillantes Brom^liac6es,
de fantasques et superbes Orchid^es, d*Aroid^s, au vaste et yari6 feuillage,
qui toutes embellissent le tronc des arbres, Tenlacent de leur tiges et de Ten-
trelacis inextricable de leurs racines, sans aucunement vivre k leurs depens,
puisque toutes puisent dans Tair amblant et dans les fentes de T^corce Thumi-
dit^ seule n^cessaire k leur yie, la nature, qui sait bien ce qu'elle fait, n'a pas
voulu, sous nos rudes et brumeux climats, d6sh6riter enti^rement nos arbres
sous ce rapport ; aussi, sans les Mousses, les Lichens, une foule d'autres petits
Y^6taux, tout aussi inoffensifs, viennent y chercher un gite, entr'autres de
petites foug^res; mais nous dirons plus, dftt notre assertion ne sembler qu'un
paradoxe, la pr^ence de ces miniatures y^g^tales est un bienfait pour les
arbres; non seulement elles les parent, mais encore elles en abritent les
dechirures corticales, y entretiennent une 16g6re et salutaire humidit6, les
prot^gent contre les grandes gel6es et facilitent en leur temps Fascension des
sues s6reux, qui circulent imm6diatement sous Tenveloppe externe.
R6sumons-nous : laissez vivre sur vos arbres les petits v6g6taux, qui ne
peuvent leur causer aucun mal, mais les ornent et plaisent k Toeil; ce ne sont
pas des parasites, vivant aux d6pens d'autrui, mais des Epiphytes qui les
embellissent. Glaneur .
L*anirte qui finlt. — Yoici, d'apr^s les rapports offlciels des agronomes
de VEtat, la physiondmie des r6coltes :
La v6g6tation des c6r6ale$ est tr^s belle.
De nombreux champs de betterave sucri^re ont dft 6tre sem^s k nouveau k
cause de la germination d^fectueuse des graines.
La r^colte du foin est abondante et les produits ont pu 6tre rentr^s dans
d^excellentes conditions.
La production fruiti^re s'annonce sous les meilleurs auspices. Beaucoup de
jQruits se d^tachent cependant, ce qui est probablement dti k la s6cheresse de
Tan dernier.
Les pommes de terre promettent une r^colte avantageuse si la maladie ne
compromet pas les rendements.
— 344 —
PI. XXII
MUFLIER A FLEURS DOUBLES
Le Muflier des jardins ou gueule de loup (Antirrhinum majus) est une des
plantes les plus m^ritantes qui contribuent k rornementaiion des plates-bandes
et des massifs. II est tr^s peu exigeant et r^ussit presque sans soins ; aussi est-fl
a juste titre populaire parmi les possesseurs de petits jardins.
II produit de nombreuses vari6t6s que Ton obtient fr^quemment par le serais
et qui sont par consequent sufflsamment connues; deux races cependant
m6ritent une mention k part, la race naine dite Tom Pouce, qui convient tout
sp^cialement pour la confection des bordures et produit des colons tr^ yifs,
et la forme k fleurs doubles, beaucoup moins r6pandue, que nous figurons
ici d'aprfts des 6cliantilions qu'a bien voulu nous adresser M. du Trieu
DE Terdonck.
Gette vari616 n*est peut-fetre pas aussi appr6ci6e qu'elle devrait TStre ; une for-
mule fr^quemment usitee pour la caracteriser est celle-ci : « Plus curieuse que
belle. » La v6rit6 est que la forme des fleurs du Muflier n'est pas tr6s 616gante,
et pas plus dans le tj'pe ordinaire que dans la variety double. Si Ton veut les
examiner attentivement, d^tailler leurs traits, Timpression ne sera sans douf e
pas favorable ; mais ce n*est pas ainsi qu'il faut les juger. II faut les consid^rer
d'un peu loin, comme masse, et Ton ne pent manquer alors d'Mre charm6 par
les brillantes taches de leur coloris ; et la forme double, k ce point de vue, est
certainement bien sup6rieure au type ordinaire.
La lithographie elle-m6me traduit bien cette double impression. Ce serai t
peine perdue que de vouloir d6tailler chaque fleur, en delimiter tons les
organes; mais si Ton considftre seulement Fensemble, en eloignant un peu
rimage, on constate que le contraste de ces vives couleurs est tr6s attrayant,
et la planche ci-contre rend k merveille cette beaute. Ces fleurs, group^s
en bouquets touffus comme en fournit cette plante tr6s florifere, produit en
massifs un effet superbe.
Les vari6t6s se propagent par bouture ; ces boutures doivent fetre faites en
septembre sous cloche, ou au printemps sur une couche. Les semis ne repro-
duisent pas exactement le type original; on les eflectue en juillet-aodt en
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lULUSTflATION HORTICOLE
WUFHER A FLEURS DOUBLES
— 345 —
p6pini6re, pour mettre en place au printemps ou en f6vrier-mars sur couche,
ou enfin en pleine terre au mois de mars-avrll; la floraison a lieu plus ou
moins tdt, selon le cas, du commencement de r6t6 jusque vers la fin de
Tautomne.
LES FLEURS ET LEUR COLORIS
(Suite, voir page 809)
Mon Phlox Drummondi rose saumon6 a un coloris rose pur pSle ineffable,
ayecun soupQon de jaune; mais apr^s un examen attentif, j*ai 6t6 oblige de
constater qu'il n*y a pas une parcelle de jaune dans les p^tales. Ge que les
grainiers appelleraient certainement rose vif (d'oeillet) serait du rose cramoisi.
J'ai une fleur d'un rose d*(Eillet pur ravissant parmi mes pivoines, mais je n*ai
jamais vu aucune vari6t6 de cette fleur d'un rose cramoisi ou cramoisi pur. Le
mot cramoisi est trop souvent employ^ mal k propos ; il ne signifle pas rouge
sombre, ceci est du marron ; il ne signifle pas non plus rouge fonc^ intense,
eeci serait peut-etre du rouge pur, ou du rouge avec une nuance de jaune dans
sa composition ; il signifle un rouge fonc6 pr6s de la section bleue du spectre ;
et par consequent le cramoisi doit etre un rouge bleu. J*ai des Zinnia cramoisis,
des Petunia, des (Eillets de po^le et des Sil6nes cramoisis, mais je n'ai pas de
Pivoines cramoisies.
Je voudrais avoir assez de temps pour pouvoir parler en detail de la couleur
trop souvent d6pr6ciee qu'on appelle magenta ; je ne puis en dire que ceci :
Jusqu*au jour od les fleuristes ont d6couvert les Gin^raires a merveilleux
coloris fonc6s, et nous les ont foumis en une profusion de magniflques fleurs,
nous n'avons pas 6ie k m6me d*appr6cier ce que pouvait ^tre la magniflcence du
magenta. L'artiste coloriste qui ne trouverait rien k apprendre sur les rouges
pourpres a une exposition de Gineraires serait incapable d'appr^cier les cou-
leurs; et le fleuriste qui expose les fleurs pourrait lui en remontrer au point
de vue de la sensibility esthetique. Mais je suis certain que ce ne sont pas les
artistes qui ont des pr^jug^s contre le magenta. Je pourrais citer, pour le
prouver, une demi-douzaine de faits concernant des artistes c6l6bres. Les
fleuristes n'ont qu'^ pers6v6rer dans la production de leurs splendides magentas
jusqu'a ce qu'iis flnissent par remporter la victoire sur des pr^juges d6rai-
sonnables, et par convaincre le public, k Taide des Orcliid^es et des Gin6raires,
que le rouge pourpre est une superbe et noble couleur, sup^rieure aux d^dains
des personnes qui se plaisent k T^carlate grossier des geranium.
Le Magenta est le contralto et le baryton de la musique des couleurs ; il est
^
— 346 —
trop riche et trop chaud, quand on le volt dans toute sa puret^, pour Sire
appr^i6 d'autres personnes que les coloristes. Je crois que le fleurlste a com-
pris sa riche et rare musique longtemps avant qu*eUe ne produislt un effet
quelconque sur les jeunes dames qui aiment k peindre des Eglantines et des
Pivoines. Ge ne sont pas toujours les plus petites oreilles ni les yeux les plus
bleus qui savent le mieux distinguer le beau dans la nature complexe.
Gomme type de la fleur orang^e, je pourrais prendre le Souci Prince
d' Orange, Mais TorangE est une couleur que tout le monde sait reconnaitre
facilement; il y a peu de chances pour que Ton se trompe sur son nom. Ge ne
sont que les rouges oranges que Ton confond dans leur diyersitE. II y a des
pivoines rouge orangE, ainsi que des Geranium, des haricots d*£spagne et des
Zinnia. OrangE vermilion et orang6 6carlate sont deux noms pour une meme
couleur, Tun des deux sufflt parfaitement, mais Us ne sont pas employes aussi
souvent qu*elles devraient Titre dans les catalogues des grainiers.
Le jaune pur est une nuance qu'il n*est pas tr^s &cile de reconnaitre dans sa
valeur exacte. Le soufre est un jaune pur p&le. Mais les fleurs couleur jaune
soufre ne sont pas aussi nombreuses que les catalogues voudraient le taire
croire. II n'y a pas de jaune soufre dans les Soucis, les Phlox, les Nasturtium
ou les Glaieuls. La nuance tirant sur le fauve du Nasturtium Pearl est plut6t
paille. La Moutarde sauvage dans les teintes les plus pides est beaucoup plus
pr6s du jaune soufre. L'ext6rieur des p6tales du Bouton d'or est un jaune abso-
lument pur, mais la surface int6rieure brillante reproduit cette couleur avec
une intensity qui approche du jaune d*or. La primev^re sauvage est une fleur
jaune pur. Le Coreopsis est jaune d'or et n'approche jamais d'une teinte
jaune pur. Le Soleil ne pr^ente jamais une couleur jaune soufre; elle n*existe
pas non plus dans aucune Rose que je connaisse, sans excepter m^me la belle
rose jaune Scotch Base, qui nous offre un coloris jaune absolument pur.
(Sera continue.)
RENSEIGNEMENTS ET CULTURES
:. Alfred Goirniaux, Imminent botaniste de Yerviers, dont on connait les
savants travaux dans la Flora Brasiliensis, la Lindenia, le Journal des
OrchidSes, et qui figure ^galement parmi les coUaborateurs de L' Illustration
Horticole, vient d'&tre nomm6 k runanimit6 membre d'honneur du Torrey
Botanical Club, de NewYork.
On sait que le nombre des membres d*honneur de cette importante Soci6t6
est limits k cinq ; Tune des places est actuellement vacante ; les trois autres
titulaires sont M. Baillon, Sir J. D. Hooker et M. Julius Sachs.
*
— 347 —
Culture des Ghrysantlidmes. — Le moment est Tenu de s'occuper de la
multiplication de ces plantes. On coupera les tiges florales d^s que les fleurs
seront passes; on d^tachera les boutures, en les sectionnant juste au-dessous.
de la surface du sol, et on les plantera au centre d'un pot de petite taille. Ces
I pots seront places dans une couche froide, ou sur une tablette pr6s du vitrage
\ dans la serre froide.
n faut ^viter que les jeunes boutures puissent souffrir des gelfes qui peuvent
survenir d'un moment k Tautre ; si Ton veut obtenir de belles plantes, on doit
s*attacher k faire enraciner les boutures le plus promptement possible, quelle
que soit la Tari6t6 dont il s'agit.
Parmi les plantes qui ont 6t6 cultiv^s en hautes tiges, pour produire de
grandes fleurs, on trouvera que certaines produisent k la base des pousses
nouvelles, k des hauteurs variables au-dessus du sol. Ces plantes deyront Mre
rempot6es et mises en serre froide pour rester en v6g6tation mod6r6e.
Les Chrysanthfemes Pompons doivent toujours fitre multiplies par boutures
si Ton Teut obtenir de fortes plantes.
*
Le RidnuB Zanzibar ensis, dont U Illustration Horticole a annonc6 Fin-
troduction et donn6 une gravure au commencement de cette ann6e, a pu kite
jug6 maintenant dans les cultures, et Ton cite notamment un amateur anglais
qui a obtenu des plantes d'un d^veloppement remarquable ; les feuilles mesurent
de 60 A 88 centimetres de diam^tre.
« «
Les CEillets conservent toujours leur faveur, malgrS les variations de la
mode qui se porte parfois davantage sur d*autres fleurs ; ils ont, en effet, des
qualit^s des plus pr6cieuses : un parfUm trds agr6able, une Tari6t6 charmante
dans les coloris, et ils sont de culture facile.
On les reproduit surtout par marcottage ; pour cela on courbe un ou plu-
sieurs rameaux que Ton recouvre de terre sablonneuse, de fagon k provoquer
remission de racines k la base. Cette operation se pratique en juiUet ou aoClt,
d^ que la floraison est termin^e. Vers le 15 octobre, on d^tache ces marcottes
des plantes-m^res, on les enl^ve en ayant soin de prendre une bonne motte de
terre autour des racines, puis on les plante dans une plate-bande bien pr6par6e
et engraiss6e au prSalable, en laissant entre elles un espace de 15 centimetres
environ. On presse bien la terre autour des racines, puis on arrose pour faci-
liter la reprise. II est bon de r^pandre une couche de suie k la surface du sol,
ce qui a pour r6sultat d'^loigner beaucoup d'insectes, et en mfime temps
d'engraisser.
Lorsque la saison sera un peu plus avanc6e, on recouvrira la terre d'une
couche de cendres de 2 ou 3 centimetres, pour preserver les racines des gelees.
— 348 —
On peut aussi mettre un certain nombre de jeunes plantes en pots sous
chftssis, lorsqu*on ne dispose pas d*un endroit sufflsamment abrit£ pour leur
faire passer rtuyer en plein air.
« •
Biposltion de Bordeaux. — De grandes Expositions d*horticuIture
auront lieu k Bordeaux en 1895, k Toccasion de TExposition organist par la
Soci^te Philomathique de cette ville ; les concours se succ^deront du 1^ mat au
31 octobre, sur la grande place des Quinconces, od seront install^s des jardins,
une galerie et ^ventuellement un pavilion special. Le programme comprend
185 concours en tout.
« «
Salades dUver. — La grande ressource pendant Thiyer, c'est la chicorte
fris6e ; la Laitue cependant supporte mieux les gel^ que la chicorte et a
Tavantage de ne pas £tre am^re ; mais il est vrai que beaucoup d*amateurs de
salade recherchent cette amertume, pourvu qu'elle ne soit pas excessive.
D^ailleurs le plus ou moins d'amertume de la chicor6e depend du traitement
qu*on lui donne, et Ton peut la supprimer ou la diminuer en donnant aux
plantes une chaleur douce pendant le forgage.
Le local le mieux appropri6 pour le forgage est un hangar ou cave a cham-
pignons ; mais les personnes qui ne disposent pas d'un local de ce genre peu-
vent parfaitement y suppler en plagant la chicor^ avec ses racines dans un
sol humide, et en empaquetant les plantes serr^es les unes contre les autres
dans une bolte ou un bac, que Ton recouvre avec soin et que Ton soumet k une
chaleur mod6r6e; au bout d'une quinzaine de jours ou m6me moins, les plantes
sont bonnes k consommer.
Pour produire de la chicor^e en grandes quantites et selon les besoins, il est
n6cessaire de les rentrer dans une serre k legumes, dansun sous-sol ou sous
un chassis, car elles craignent beaucoup les gelees.
Les semis se font en d^cembre et Janvier, sur couche chaude; on repique au
bout de quinze jours, et on a6re sans cependant exposer les plants au froid trop
vif ; on les plante k demeure sur couche au commencement de mars.
« «
La chicorto Witloof, ou ce qu*on appelle Endive k Paris(*), rend ^alement
de grands services k cette saison. Pour faire blanchir les Witloof, on les plante
vers octobre ou novembre dans une tranch6e d'une quarantaine de centimetres
(') II n'est pas n^cessaire de faire remarquer que le sens donnd & ce mot a Paris est
tout different de celui qu'U a a Bruxelles et k Londres. La salade appelle Endive k Bruxelles
est la Scarole, et celle d^sign^e sous le nom de chicorie tout court est FEndiye des Parisiens.
— 349 —
de profondeur, garnie de terreau au fond, et on y range les plantes debout,
presque cdte k cdte; on comble ensuite la tranch^e avec de la terre s^che, et
on la recouvre de fumier neuf en fermentation.
Au bout d'une quinzaine de joure on peut enlever le fumier, mais pour 6viter
un refh)idissement brusque on recouvre le sol de liti6re.
Les pommes de Witloof sont bonnes au bout de Tingt k vingt-cinq jours.
*
* »
caiancre des arbres firuitlers. — La recette suivante a 6te communiqu^e
k la conference tenue k Londres k Toccasion de la grande Exposition de fruits
le 29 septembre :
Superphosphate de chanx 100 parties.
Nitrate de potasse 60 »
Nitrate de soude 80 »
Sulfate de chaux 80 >
Gette composition doit ^tre appliquee au printemps et a Tautomne, dans la
proportion de 280 grammes k Thectare.
Max Garnier.
LES CHRYSANTH&MES
L'Exposition de Ghrysanthfemes qui a clos la s6rie des concours interna-
tionaux d'horticulture organis6s k Toccasion de TExposition universelle d'An-
vers, a obtenu le succ6s le plus vif, d^passant de beaucoup celui de toutes les
expositions similaires qui ont eu lieu jusqu'ici en Belgique. La vaste salle n'a
pas desempli le jour ni le soir, qu'il fallflt payer un droit d'entrer, ou que
I'accSs fftt gratuit. G'est le soir surtout, quand des flots de lumi6re r6pandus
dans la vaste enceinte de la Salle des fetes, pretaient aux milliers de fleurs ce
quelque chose de fantastique que la clart6 de la lumifere artiflcielle seule peut
produire, que Taffluence fut considerable. Deux soirs de suite, le salon des
Chrysanth^mes a 6t6 litteralement envahi par la foule. Les 61oges ne furent
pas marchand^s k ces jolies fleurs automnales, dont les brillantes qualit^s
6taient relev^es par la presence de nombreuses collections de plantes ornemen-
tales et de plantes fleuries diverses. Les garnitures en fleurs de Ghrysanth6mes
ajoutaient encore k la seduction que cette derni^re floralie produisait sur les
visiteurs enthousiastes.
Gette exposition florale a 616 une superbe et digne fi^te de cl6ture de la
grandiose entreprise que fut le World's fair de 1894. Une profusion de
superbes fleurs ont couvert sa tombe et honor6 le courage et Tintelligence des
— 350 —
organisateurs de cette 6clatante manifestation de Tindustrie, du commerce et
des arts du monde entier.
A un point de vue plus spteial, Texposition de Ghrysanib^mes ayant r6ussi
k attirer une foule compacte, a contribu6 pour une large part k 61argir le
cercle des amateurs de la fleur d'or, k r^pandre le gotit des fleurs et k relever
aux yeux de tous r6clat de Fhorticulture nationale.
« •
Nous nous sommes efforc^, dans les entretiens que nous avons eus avec
des chrysantb^mistes et des chrysanth^mophiles comme dans T^tude que nous
avons faite des meilleures vari^t^s expos6es ou des exemplaires les mieux
cultiv^, k r^unir les 616ments qui devaient nous permettre de dresser une
liste de Chrysanth^mes qui pourrait ^tre utile aux amateurs de ces fleurs,
surtout aux jeunes, ainsi qu'aux cultivateurs dteireux de connaltre les yari^tte
les meilleures pour la fleur couple ou la culture de bonnes plantes. Nous
faisons suivre ici cette liste, qui n*a aucune pretention k Tinikillibilite, mais
qui pourra n^anmoins, croyons-nous, rendre quelques services, en attendant
qn*une plume plus comp^tente que la ndtre veuille bien reprendre et com-
pleter notre modeste essai.
Le public s'int^resse beaucoup aux grandes fleurs. Yoici quelques varietSs
qui peuvent dtre cultiv6es dans ce but :
Fleurs jaunes : Amiral Avdlan, Les Ecrins, M. Ph. Dewolfs, Souvenir
de Cronstcdt, Mr. Panckouke, M. W. E. Boyce, Triomphe de St-Laurent,
Mr. Jules Biron, Mrs. Libbie Alien, Lord Brooke, Mr. Charles Davis.
Fleurs blanches : Jf"»* J. de BeyliS, M^^ M. A. de Galbers, M^ Ad.
Moulin, Jf">» Ch. Molin, Jf«* Paquier, Jf »»• Thirise Panckouke, L'Isire,
Jf "• Thirise Bey, Bellem, 3f "• Jeanne Nonin, M^^ LeUanc.
Fleurs rouges : M. Benj. Giroud, M. Th. David, Docteur GachS,
M^ A. Roux, Jf™« Taulier, Prisident Carrihre, Vice-prisident Calvat, Edwyn
Molyneux, Lizzie Carttedge, B. C. Kingston.
Fleurs roses : MSphisto, M. Gruyer, C^^ de Galbert, M^ Charles
Capitant, Mrs. Irming Clarke, Lilian B. Bird, William Tricker.
Fleurs mauves : Baronne de Bufflhres, Boule de Nacre, 3P« L^ Lhique.
Fleurs lilas : Jf"** Adrien Armand, TaiUefer.
Fleurs couleur lavande : S^^ de V Exposition de GrenoUe, Exposition de
Grenoble,
Yoici maintenant une liste de vari6tes k grandes fleurs, mais appartenant k
ies plantes naines :
Fleurs jaunes : M. Ch. Molin, Mr. H. J. Jones, Noces d^or, Docteur
J. Grange, Enfant des Deux Mondes, W. H. Lincoln.
Fleurs blanches : 3f">« Carnot, Jlf"»« Ant. Cordonnier, M"^ Aug. GachS,
— 361 —
Mr, G. Montigny, S^^ de Petite Amie, Louise, M^^ Calvat, S^^ de Petite
Madeleine, Ada SpatUding (partie sup^rieure blanc de perles, moiti6 infii-
rieure, rouge fonc6), Florence Davis, M^ la Duchesse dUzis, M^ M. Hoste,
Mrs, Gladstone, Le Colosse grenoUois (blanc ros6), White Plume.
Fleurs rouqes : GSnSral Dodds, Mrs. Georges Biron, Prisident Artnand,
Jules ChrStien, M. Ad. Giroud, S^' de Jambon, President Bord, M. Freeman.
Fleurs roses : Georges Daniels, Mrs. H. F. Spaulding, Louise Debouiker.
Mrs. Harman Payne (mauve).
Nous croyons 6tre utile aux amateurs en leur signalant les vari^t^s les plus
recommandables comme culture facile, c'est-a-dire formant facilement de
bonnes plantes, et donnant en m£me temps de belles fleurs.
Fleurs jaunes : W. H. Lincoln, Avalanche, VEbouriffie, Sunset, Lord
Brooke, Enfant des Deux Mondes, Gloriosum, Mrs. Judge Benedict.
Fleurs blanches : M^^ Marie Hoste, White Plume, S*' de Petite Amie,
S*'" de Petite Madeleine, Florence Davis, International, M^ Anna David,
Jf«»« Calvat, Ada Spaulding, Ivory.
Fleurs rouges : Val d'Andorre, Mr. Freeman, Mr. J. Bozain, M. Jules
Toussaint, Mr. Ulrich Brunner, Louise Boehmer, M. Jules Chritien, Edwin
Molyneux, Commandant Blusset, Vice-prisiderd Calvat, Cullingfordii.
Fleurs roses : Ccsur magique, Leopold II, Mrs. Hickx Arnold, Mr. Jules
Capitant, Jf«« Ad. Giroud, M^^ Ed. Rey, Mrs. E. G. HUl, Irwing Clarke,
Mr. Ardenne.
Parmi les nouveautis les plus recommandables, il faut citer :
Fleurs jaunes : M. Georges Michel, La Folic, Les Ecrins, M. Ch. Molin,
Noces d'ar, Charles Davis, Eug. DaiUedouze, Marichal Avdlan, M. Ph. De-
trolfs, M. Georges Michd.
Fleurs blanches : Jf"»« Camot, Le Colosse grenoUois, M^ Anat. Cor-
donnier, AP^* M. A. De GaWert, La Meije.
Fleurs rouges : M. Benj. Giroud, Mr. Foumier, Dr. AJlard, Prisident
Armand, Deuil de Jules Ferry (violet fonc6), Miphisto, M. Georges Biron,
M. J. Blackburn.
Fleurs roses : Mad. G. Eymard Duvemay, M. H. J. Jones.
8^ de VEcposUion de Toulouse (lavande), ^^ de Toulon (lilas).
Charles De Bosschere.
— 352 —
POIRE BONNE LOUISE D'AVRANCHES
Les arboriculteurs-pomologues sont d'accord avec les amateurs de fruits
pour dire que la Bontie Louise d'Avranchea est une des plus recommandables,
la plus recommandable m^me,
des poires de septembre. Elle a
droit k une belle plac« dans
tous les jardins, car on en bit
sans peine de beaux arbrcs fer-
tiles, tant en pyramide qu'en
fuseau, en espalier eten contre-
espalier. Elle rtussit bien sur
cognassier pour les petites for-
mes k grand d^veloppement.
Elle se pr6te encore admirable-
meut en haut vent et beaucoup
de sptoulateurs plantent dans
leur verger un certain nombre
de sujets de Bonne Louise en les
alternant arec d'autres arbres
fpuiliers hautes liges.
C'est un beau fruit allong^,
ventru, jauno verdStre lav6 de
rouge camiin.Sa chair blanche
est trfes fine, Ms fondante, bien
juteuse (mouille-bouche), agr^-
btement acldul^e et parfumSe.
Nous en avons eu des fruits
dcpuis septembre jusqu'it la
mi-oclobre.
Elle porte encore le nom de Bonne de Longueval parce qu'elle a 6t6 obtenue,
il y a cent ans, par M. de Longueval, a Avranches.
GUSTAVE MicmBLS,
Montaigu, octobre IKM. Auteur dos 50 poirtt d'HiU.
■^®2E^
Fig. 55 -
e Louitt (t Armnrhn
353 —
PLANTES PRIMEES
Ghrysanthime Miss Dulcie Schroeter. — Japonais k fleur compacte,
d'un beau jaune, avec une trace de rouge sur les bords des p6tales. Expos6
par M. E. E. Shea, de Foot's Gray, au meeting de Londres du 13 novembre.
Certiflcat de in6rite.
« «
Clirysanth6me Ma^ggie Blenkiron. — Japonais incurve tr^s distinct,
expose par le m^me amateur que le pr6c6dent. Les fleurs sont bien pleines,
jaune fonc6, avec les p6tales larges, d'un rouge bronz^ inferieurement. Certi-
flcat de m6rite.
« «
Ghrysanthime Sir Edwin T. Smith. — Autre japonais expose par le
mfeme amateur. Fleurs tr6s compactes jaune fonce, k p^tales larges. Certiflcat
de merite.
¥ «
Ghry^anthdme Mrs. R. Filkins. — Tr^s belle fleur que le Garden
compare k une miniature de Ralph Brocklebank; petales jaune fonce tr^s
intense k la base, tr^s tronqu^s au sommet. Expose par MM. Cannell.
Certiflcat de m6rite.
* «
GhrysantMine Alice Seward. — Tr^s beau japonais incurve, ^alement
de MM. Cannell. Grandes fleurs rose carmin6 fonc6, avec le revers argente.
Certiflcat de m6rite.
* *
Ghrysanthdme J. Lightfoot. — Japonais r6curv6 expose par M. Owen.
de Maidenhead ; fleur tr6s pleine et tr^s gracieuse, d'un rose vif avec les bords
plus fonc6s. Certiflcat de merite.
* *
Cihrysanth6ine J. Bideneope. — Japonais k fleur tr^s grande, ^galement
expose par M. Owen. Les p6tales sont rose pourpr6 avec le revers argents.
Certiflcat de merite.
» ♦
Cbrysanth^me Owen*s Perfection. — Le Garden consid^re cette vari6t6
d'an^mome comme Tune des plus superbes additions k cette section qui aient
apparu depuis quelques ann6es. C'est une fleur ample et majestueuse, k petales
ros^s, avec le centre rose tendre, relev6 de jaune aux pointes. Elle 6tait
exposee k Londres le 13 novembre par M. Owen. Certiflcat de m6rite.
*
— 354 —
Ghrysanthtaie Mrs. W. J. Oodfit*ey. — Tr^ belle Tari6te hirsute k
fleurs d*un blanc pur, k p^tales larges. Ezpos6 k Londres le 13 novembre,
par M. Godfrey, d*Exmouth. Gertificat de mirite.
« •
Chrysanthtaie Gframet. — Tr^ beau japonais incurve, i p^tales cramoisi
fonc6 avec le revers argents. Le coloris est tr^s plaisant. Expose ^galement
par M. Godfrey. Gertificat de m6rite.
a •
Ghrysantlidme MM. D. Ward. — Autre Tari^t6 hirsute, k fleurs tr^
compactes, d*un coloris jaune brunatre bronze. Tr^ distincte. Exposes par
le mdme amateur que les deux prec6dentes. Gertificat de m^rite.
» *
CShrysanthtaie Princess Ena. — Yari^t^ tr^ distincte k fleur pleine,
compacte, k p^tales un peu ^troits, rose pourpr6, tr^ hirsutes. Expose par
Owen Thomas, de Frogmore, comme un jeu de Hairy Wander. Gertificat
de m^rite.
• «
Ghrysanthime Purity. — Beau Ghrysanth^me simple k grandes fieurs
d*un blanc pur, relev^ de jaune au centre. Expose par M. Wells, de Redhill,
Gertificat de m6rite. ^
9 «
Les vari6tte suivantes ont recu des certificats de I'* classe k TExposition
de la Soci6l6 Nationale de Ghrysanth^mes, k TAquarium, Westminster, le
7 novembre :
M. Panckoucke, Japonais jaune d*or.
J. Agate. Incurve blanc pur, k feuilles semi-globuleuses.
Wilfrid Marshall. Japonais incui*y6, jaune serin pftle.
Duchess of Wellington. Japonais k grande fleur jaune d*or.
Miss Maggie Blenkiron (voir plus haut).
Miss Rita Schroeter. Japonais k fleur 6norme, lilas pftle avec le centre lar6
de jaune.
W. 6. Netcitt. Japonais blanc tr6s grand.
Florence Carr. Pompon d'un beau marron bron26, tr^s gracieux. Obtenu
par M. W. E. Garr.
C. Curtis. Incurv6, jaane d'or fonce. (H. J. Jones).
Caledonia. Anemone blanc ou lilac^, avec le centre mauve lilacd.
Owen's Perfection (voir plus haut) .
Niveum. Japonais k fleur blanc pur. (H. J. Jones).
The Queen. Japonais blanc, trapu. (H. J. Jones).
— 355
N^CROLOGIE
La science frangaise vient de faire une perte considerable dans la personne
de M. DucHARTRE, Tun des plus grands noms de Thistoire d^ la botanique
dans ce si^le.
Auteur d'un traits de botanique qui est aujourd*hui classique, M. Duchartre
a contribu6, plus que personne, k mettre cette branche des sciences naturelles
k la portte de tous et k la faire bien saisir dans son ensemble, grSce k la
lucidity parfaite et k Tesprit m6thodique avec lequel cet ouvrage 6tait r6dig6 ;
il a grandement contribud aussi au progr^s des differentes parties de cette
science par des 6tudes approfondies et sagaces, dont il a public les fruits dans
un grand nombre de brochures, de mSmoires k TAcad^mie des sciences dont il
4tait membre, et de notices publi^es dans le Bulletin de la Sociiti botanique de
France, le Journal de la SociHi naiionale d'horticulture de France, etc.
M. Duchartre est d6ced6 a rUge de 83 ans, et beaucoup des personnes qui
ne le connaissaient pas personnellement seront surprises tout d*abord, ne
r6fl6chissant pas k ranciennet6 de certains de ses travaux et de sa reputation,
d'apprendre qu'il 6tait si &g6, car son activity intellectuelle ^tait infatigable,
et c'est en plein travail que la mort Ta surpris. Secr^taire-rMacteur de la
Soci£t6 nationale d*Horticulture de France depuis plus trente ans, il dirigeait
avec une autorit^ supreme les importantes publications de cette Soci^t^,
second^ d'ailleurs par un personnel de choiz, mais continuant toujours k
donner la haute impulsion et k mettre la main k la p&te. II est certain que la
Society fait une perte cruelle dans la personne de M. Duchartre, et c*est k
juste litre que son Eminent pr^ident, M. Leon Sat, tenait une des places
d'honneur aux obs^es, comme representant d'une des oeuvres auxquelles
M. Duchartre avait consacr^ la plus grande part de sa vie, toute de travail.
. r
BIBLIOGRAPHIE
Chrysanthdinds, par George Bellair et Victor Berat. 3^^ Edition
revue et augment6e (^).
Get excellent petit traits fait partie de la biblioth^que de vulgarisation hor-
ticole et scientiflque Mit6e par M. Doin, et qui est indispensable k tout
(^) 1 vol. in-12 de 115 pages avec figures, cartonn^, prix : 2 francs. Oct. Doin, ^ditenr;
8, place de FOd^on k Paris.
— 356 —
amateur. L^ouvrage de MM. Bellair et Berat est actuellement k sa troisi^me
Mition, ce qui indique sufBsamment le succ^s qu'il a obtenu; il rendra de tr^
grands services aux personnes du monde et aux cultivateurs debutants, en
d6brouiIlant pour eux la nomenclature si touffue et quelque peu compllqu^
des Clirysanth^mes, Tune des fleurs rustiques les plus en vogue depuis quelques
ann6es, mais si riche en vari6l6s qu'il est difficile de ne pas s'y perdre quand
on ne fr^quente pas assidument toutes les expositions — et Dieu salt si elles sont
nombreuses! L*ouvrage est expliqu^ et 6gay6 par de trds int^ressantes gravures.
« •
Les Engrais en Horticulture, par Joulib et Maxjme Desbordes (^).
Get ouvrage est divis6 en deux parties : la th6orie g6n6rale des engrais, par
M. Jodlie, et Temploi pratique des engrais, par M. Maxime Desbordes. La
premiere partie contient Texpos^ clair et complet des notions physiologiques
et chimiques que le cultivateur doit poss^der pour Mre k m^me d*appliquer
judicieusement les indications donn^es dans la seconde partie. Gelle-ci est
bien trait6e et prevoit tous les cas principaux.
M. Maxime Desbordes est d'ailleurs k une excellente 6cole pour 6tudier les
meilleurs proced6s de culture, car il est attach^ au Fleuriste du domaine de
Ferri^res en Brie, sous Thabile direction de MM. Bergman. II avait deji
soumis au Gongr^s tenu cette ann6e par la Soci^te Nationale d'horticulture de
France un m^moire sur les engrais, qui a 6t6 trfes appreci6.
« *
1 . Talks about the weather in its relation to plants and animals.
2. Talks about the soil in its relation to plants and basiness.
3. Talks about our useftil plants.
Trois volumes in-12, par Giiarles Barnard (Funk & Wagnalls Company,
44, Fleet street, Londres; New- York et Toronto).
Ges trois excellents petits ouvrages rendront de grands services k tous les
amateurs commencants et jardiniers qui d6sircnt s'instruire dans la partie
technique de I'horticulture; ils y trouveront un expos6 extrfimement clair et
judicieux des principes fondamentaux qu'ils doivent connaitre en ce qui
concerne la structure et la pliysiologie des plantes, les regies g6n6rales de la
culture, rinfluence du sol et du climat, etc. Tout cela est mis k la portee du
lecteur de la fagon la plus pratique et la plus intelligible; Tauteur ne se
contente pas de formuler des regies, il explique sur quoi elles sont fondees,
et Ton peut dire que la mati^re condens6e dans ces trois volumes est indispen-
sable k quiconque s'occupe d'Lorticulture.
(0 1 vol. iD-12 de 200 pages, carionn^, prix : 2 francs. Oct. Doin, ^ditenr, 8, place de
rOd6on, a Paris.
— 357 —
CHRONIQUE HORTICOLE
15 D^cembre 1894.
Battier & firuits noirs comestibles. — Ge Palmier, auquel M. Gh. Naudin,
de rinstitut, a donn6 le nom provisoire de Phosnix melanocarpa, pourrait 6tre
un hybride issu du P. dactylifera et du P. canariensis. Une autre hypoth6se
consisterait a le consid6rer comme une 7ari6t6 du P. dactylifera. Le D"' Sau-
VAiGO, conservateur du Mus6um de Nice, d6crit le nouveau dattier dans la
Revue Horticole, qui en donne une jolie gravure en m^me temps que les dessins
du regime et du fruit. Ge Phoenix fut plants k la villa Henry de Gessole, k Nice
en 1882; il comptait alors environ 10 ans; le stipe mesure actuellement
1 m6tre de hauteur sur 0™60 de diam6tre a la base. Le nombre des regimes
qu'il donne a chaque floraison est de 10 a 12; il fleurit en avril et mai; la
fructification s'ach6ve un an apr^s. Les dattes, tr6s nombreuses, sont mOres
en avril; la pulpe en est ferme, tr6s sucr6e, d^licieuse, 16g6rement parflim6e.
La peau d'abord jaune, puis rougelltre, devient noire k la maturity.
* «
Distinctions & Thorticulture. — A Toccasion de TExposition universelle
d'Anvers, S. M. le Roi a voulu honorer Thorticulture en nommant Ghevaliers
de rordre de Leopold : MM. Gloson, Jules, horticulteur, k Li6ge; Dk
BosscHERE, Gh., professeur, a Lierre; De Schryver, Paul, horticulteur,
k Gand; De Smet, Raphael, horticulteur, k Gand; Everaerts, Jean, vice-
president de la Soci6t6 royale d'horticulture, k Anvers; Massange de
Louvrex, Ferd., administrateur de la Society royale d'horticulture de Li^ge ;
Pauwels, Fl., administrateur de la Society royale d*horticulture d!Anvers,
a Deurne; Vander Linden, Gh., administrateur de la Soci6t6 d'horticulture,
k Anvei's.
Nous adressons nos vives felicitations aux nouveaux d6cor6s.
* «
"Washin^rtonia fllifera. — Ge superbe Palmier est tr^ r^pandu dans les
environs de Nice. II s'y d6veloppe d'une facon remarquable. A Gannes on pent
en compter jusqu*A soixanle-dix grands exemplaires dans un seul jardin. Un
sp^imen y a fleun Fannie demi^re. Beaucoup d'exemplaires mesurent d^ja
6 metres de hauteur.
• ♦
— 358 —
Bugenia Ugni. — Gette Myrtac^e est originaire du Chili. Elle donne un
petit fruit dont la forme rappelle celle d'un grand Cassis un peu aplati. II est
de couleur rouge brun. La pulpe est molle, juteuse, d'un goCit agr6able; le
jus, en melange avec de Feau, fournit une boisson tr^s rafralchissante.
« •
Gongr^B pomologique de France. — Dans sa derni^re session tenue a
Lyon en septembre 1894, le Congr^s pomologique de France a adopts les
fruits suivants :
Abricotdu Chancdier. — Belle Tari6t6 tr^ bonne, un peu tardive; arbre
aussi vigoureux que fertile.
Peche Blondeau. — Fruit depuis longtemps connu et estim6 k Paris.
Nectarine Pricoce de Croncels, — Fruit gros, bon, liatif. Gain de
M. Charles Baltet.
Poire Fondante Fougire. — Poire d'hiver, tr^s bonne.
Le Congr^ a prononc^ la radiation des fruits suivants :
Abricots : Corot, de Curis.
Peche Pourprie Josiphine.
Poire Bergatnotte de Jodoigne.
Pommes : If Arcy-Spice, Lawyer, Pearmain de Lamb-Abbey, Pierre Le
Grand, The Queen, Volay,
* «
Fleors vertes. — Nous avons eu Toccasion, bien des fois, de rencontrer
des fleurs vertes dans les cultures. La Rose verte est connue ; le Dahlia vert
est moins frequent; Tlxia vert est d'une Constance complete : c'est peut-^tre
la plus pr^cieuse des fleurs vertes. Nous avons vu aussi des Phlox de la
Caroline a panicules de fleurs enti6rement vertes. Voici venir un Chrysan-
th6rae 6galement vert, curieux successeur d'une forme provenue de la vari6t6
Baronne de PraUly, mais qui n'a gu6re laiss6 de trace. La nouvelle venue
a 6t6 trouv6e a la fois chez deux horticulteurs anglais, sur des exemplaires
de la vari6t6 Viviand Morel. II est peu probable que cette nouveaut6 devienne
jamais populaire.
« •
Arrowroot. — 11 est des noms, dit Sempervirens, qu*on emploie journelle-
ment sans en demander Texplication. Tel est le mot Arrowroot, d*origine
anglaise et qui signifle : Arrow, fl^che et root, racine. h' Arrowroot est une
sorte de fScule provenant d'une plante dont la racine est appliquee comme
remMe sur les blessures caus^es par les fl^ches empoisonnees dont se servant
les Indiens. La plante qui fournit X Arrowroot est plus particuli^rement le
Maranta indica.
♦ *
— 359 —
Bans le domaine de la paldontologie. — Une reunion de savants sous
la conduite du g6ologue D' Otonie s'est rendue pr6s de Lubbenau chez
M. Hoffmann et a admir6 des troncs d'arbres petrifies ayant jusque 4 metres
de diamMre, parfaiteraent conserves et debout dans le sol. II est probable que
Ton se trouve en presence d'exemplaires gigantesques de Taxodium distichum
pr61iistoriques.
M «
Champi^ons comestibles. — Le Minist^re de TAgriculture aux Etats-
Unis vient de publier une brochure contenant la description de douze cham-
pignons comestibles qui croissent naturellement aux Etats-Unis, avec Tindica-
tion de leur caract6re d^terminatif et de leur preparation. Ges esp^ces sont :
Lactarius ddiciosus^ Caniharellus cibarius, Marasmius Oreades, Hydnum
repandum, Agaricus campestris, Coprinus comatus, Morchdla esctdenta,
Clavaria cinerea, C. rugosa, Boletus edulis, Lycoperdon giganteum, Fistidina
hepatica. Ges esp6ces sont 6galement indigenes en Europe et nous avons tort
de ne pas en tirer parti dans Talimentation publique.
• ♦
L'61ectricit6 en horticulture. — M. H. G. Fyfe a r^sum^, dans un
dernier num6ro du Journal Science Gossip, les experiences qui ont 6t6 faites
depuis plus d*un si6cle concernant Tinfluence de r61ectricit6. Les choses ne
vont pas vite chez nous, dit le Gardeners^ Chronicle, et il faudra bien des
ann^es encore, k juger d'apr^s la lenteur de la marche des progr6s actuels,
pour faire comprendre aux horticulteurs qu'ils ont k leur disposition une force
nouvelle qui, jusqu'^ un certain point, les rend ind^pendants de la lumi^re
solaire. En Amerique, on fait d^ja usage de la lumi^re eiectrique pour la
culture des laitues et autres 16gumes k fournir au marche en hiver.
« *■
Maladies des violettes. — Des maladies de toute nature sont signal^es
chaque jour parmi les v6g6taux cultiv6s. Les violettes n'6chappent pas k la
r^gle commune, et d^j^ les petits bouquets chez les fleuristes sont c6tes k des
prix plus 61ev6s en raison de la diminution des fleurs. Les feuiUes des plantes
se dess^chent avant Theure et tombent; la floraison s'en trouve naturellement
atteinte. Dans les d^partements du Var et des Alpes maritimes, des champs
entiers sont infest^s. On conseille comme remade la bouillie bordelaise ou
telle autre solution cuprique; toutefois jusqu'ici ce remade nesemblepas avoir
donne un resultat tr6s efflcace.
« «
Grassulac6es. — Les plantes grasses en general sont rest^es depuis bientdt
un demi-si^cle, les d61aissees de la mode, et pourtant, leurs formes varices,
— 360 —
leurs inflorescences parfois ^tranges, souvent brillantcs et distinguees, sont
loin de m^riter le dMain ou Toubli qui les accable. Elles ont le seal tort
d*etre connues depuis trop longtemps et trop faciles k la culture. La Soci^t6
des amis des Gact6es ( Verein der Cadeen-Freunde), d'AUemagne, a ouvert en
octobre dernier sa premiere exposition a Berlin. Gette exposition a eu un
veritable succ^s ; on y a tu des Grusonia, Ehinocactus, Mamillaria, Cereus,
Euphorbia, Echeveria, Pilocereus, Grassula, Phyllocactus et bien d'autres, en
grands ou petits exemplaires. Pour beaucoup de visiteurs, la r6apparition de
ces plantes grasses a 6i6 une veritable surprise.
• •
L'Oranger et son histoire. — II est bon de rappeler de temps en temps
rinfluence de la culture dans le perfectionnement ou le d^veloppement de
certains produits. Sait-on que Torange Ait, k Torigine, un petit fhiit amer et
granuleux, de la grosseur d*une cerise moyenne? L*oranger passa successive-
ment de Tlnde en Arabic et en Perse. Les croises le rapportdrent de Palestine
vers la fln du XIP siMe ; il fellut encore quatre si^cles aupr6s avant que la
culture en prlt des proportions quelque peu considerables dans le sud de
TEurope. Depuis lors Torange a gagn6 constamment en volume, en saveur et
mSme en parfum.
« «
Adhatoda vasioa, ses m6rites vrais ou supposes. — Le Journal de la
Soci6t6 d'agriculture et d*horticulture de Tlnde renferme un article du D^ Watt
dans lequel V Adhatoda vasica est recommande comme fumure des terres
consacr^es k la culture du riz et en mdme temps comme remMe contre les
lentilles d'eau, Lemna et les charac^, Chara qui infestent les champs apr^
qu'ils ont 6t6 irrigu^. Sans Temploi des BdsuH les terres se couvrent com-
pl6tement de mauvaises herbes. Une fois Tirrigation terminee, les cultivateurs
s^ment sur le tout des boutures d*Adhatoda, de telle sorte que de loin on
croirait voir quelque plantation de tabac 6mergeant de Teau. Le D"" Watt fait
ressortir un autre usage des feuilles de la plante. Gelies-ci sont m^l^es aux
graines de riz afin d*en hater la germination, grkce a la chaleur ^mise durant
la decomposition de ces feuilles. En outre, la plante aurait des propri^tds anti-
septiques et pourrait servir a d^truire les petits organismes, tout en 6tant d'une
inocuite compile pour les organismes sup6rieurs. Le travail pr6cit6 renferme
des exemples tr^s curieux que nous regrettons de ne pouvoir reproduire. Une
decoction de feuilles d*Adhatoda serait tr6s efflcace pour detruire ou tout au
moins arr^ter le d6veloppement d'une s^rie de parasites des v6g6taux.
Em. Rodigas.
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361 —
PI. XXIII
GEONOMA DECORA l lind. & e. rod.
6E0N0MA 6RACIEUX
Les Palmiers, ces arbres des regions tropicales qu'on a Thabitude d'appeler
les princes du r^gne v6g6tal, semblent avoir et6, avec les Orchid6es, Tobjet
permanent des predilections de Tillustre botaniste M. J. Linden. Grftce k ses
recherches et k celles de ses coUecteurs dirig6es par lui, les cultures euro-
p^nnes se sont enrichies d'un nombre d'espfeces qui s'61evait en 1880, done il
y a quatorze ans, au chiffre tr^s considerable de 228. Parmi ces introductions,
pour lesquelles il a fallu sonder d'immenses forets-vierges et les yastes terri-
toires encore inexplor^s du Br6sil, de la Golombie, de TEcuador, du Mexique,
du Perou, du Venezuela et d'autres regions am6ricaines, le genre Geonoma, qui
comprend actuellement une centaine d'esp^ces, a fourni le plus grand nombre
de repr^sentants : nous comptons vingt-six esp^ces, la plupart reconnues par
Martius, Wendland et Karsten. A cette s6rie qui renferme les Geonoma
arundinacea, degans, Ghiesbrechti, gracilis (Rieddiana), irUerrupta, Lin-
deniana, magnifica, Porteana, pumUa, undata, qui font partie aujourd'hui des
plus riches collections, vient se joindre le Geonoma decora, nouveaut6 br6si-
lienne, introduite r6cemment par L'Hortigulture Internationale, k
Bruxelles, et qui sera accueillie avec empressement par les connaisseurs.
On sait que les Geonoma se distinguent bien plus par T^l^gance de leurs
proportions que par leur d6veloppement considerable. L'esp^ce qui nous occupe
poss^de ce caract^re a un liaut degr6 : ce n'est pas un Palmier majestueux,
mais de son stipe peu eiev6 et mince s^^l^ve un faisceau de petioles engalnants,
allonges, gracieusement recourb^s, d*un brun rougeMre, portant des divisions
ou pinnules lanc6ol6es, 6troites, mais non lin6aires, lisses et d'un beau vert
fonc6. La planche, Addlement reproduite par notre artiste, donne une id6e tr^s
exacte du module qu'il a eu sous les yeux. Toute description d6taill6e devien-
drait inutile tant qu'on n'aura pas vu Tinfiorescence. La plante se distingue,
en outre, k priori, par son port trapu des plus caract^ristiques.
Em. R.
— 362 —
DIPLADENIA CARISSIMA
DIFItASBNIA. TBi» FB^tdBUX
Le genre Dipladenia, de la famille des Apocyn^es, renferme une quarantaine
d'esp^ces plus ou moins r^pandues dans les regions chaudes de TAm^rique
m6ridionaIe. Ge sont en g^n^ral des plantes herbac^es, ligneuses k la base,
grimpantes, k feuilles opposes, enti^res, plus ou moins ^troites, garnies k la
base de soies ou glandes; les fleurs sont jaunes, pourpr^es ou roses, parfois
mdme cramoisies, disposes en grappes terrninales ou axillaires. Ges plantes
constituent un groupe d'61ite, d*une valeur ornementale de premier ordre ;
plusieurs existent dans les serres europ^nnes depuis plus d'un demi-si^cle;
tel est le* cas pour le Dipladenia splendens dont Tample corolle a un tube
enti^rement blanc, tandis que la partie dilat^e est pOurpre avec des lobes
roses; le D. atropurpurea dont la corolle est cramoisie; le D. crassinoda dont
les fleurs sont blanches; le D. rosa-campestris dont les fleurs tr^s amples, rose
p&le, sont marquees k la gorge de taches de couleur plus fonc^e formant une
large 6toile; Fint^rieur de ces fleurs est jaune; le D. nohUis (*) dont les nom-
breuses fleurs sont roses; le D, profu8a(^), probablement une variety du
D. splendens, dont les fleurs sont tr^ grandes et d'un rouge intense.
Le Dipladenia carissima (fig. 56) a la m^me grandeur, la meme distinction,
la m6me 616gance que ses cong6n6res. La corolle, en forme d*entonnoir, est
grande, k lobes bien 6tal§s, quelque peu triangulaires; chaque fleur mesure
plus de 0"*i2 de diam^tre. La couleur est d'un rose pale avec des stries plus
fonc^es vers la gorge du tube; les feuilles ont environ 0™10 de long sur 0*"03
k 0'"04 de large; leur coloris est d'un beau vert fonc6. Elles sont marquees
de veines nombreuses trans versales, k la ligne m6diane proeminente, acumi-
n6es au sommet et munies d'6cailles interp^tiolaires un peu dent^es. Les fleurs
ont un parflim agr^able.
Quant k la culture de ces lianes, elle ne presente aucune difllcultd : c*est
celle des plantes de serre chaude en g6n6ral, pourvu que la racine rbizomateuse
soit peu recouverte et n*ait pas k soutfrir de Tinfluence d'une eau stagnante.
La multiplication se fait de boutures, qui r^ussissent toujours.
L' Illustration a rapports, tome XXVII, 1880, p. 131, le fait du bouturage
d'un rameau de Dipladenia boliviensis qui fut d'abord conserve avec sa fleur
(«) Voir Illustration Horticole, tome XII, 1865, tab. 425.
(«) Voir Illustration Horticole, tome XXX, 1883, p. 107.
— 364 —
dans un verre d*eau pendant quelques jours et puis, d6pourvu de feuilles, et
pos6 sous une cloche, produisit une bonne tige k la base du p6doncule floral.
Gette bouture fleurit k son tour rann6e suivante.
6m. R.
PLANTES NOUVELLES OU RECOMMANDABLES
Butoca visoida. — Gette esp^ce, d'une croissance peu ^levee, se distingue
par ses corolles d*un bleu vif, marqu^ d*une tache circulaire centrale d'un
colons rouge. Elles sont dispose en racemes recourbes et s^^panouissent
plusieurs k la fois. Les feuilles sont obcord6es, irr6guii6rement d^coup^es sur
les bords; toute la plante est couyerte de polls dont les extr6mit^ portent
une mati^re visqueuse; de Ik le nom sp^ciflque de la plante. Les fleurs ont
Tavantage de se conserver assez longtemps dans Teau, pourTu qu*on leur
laisse une tige de quelque longueur. La plante est annuelle. Le Journal of
Horticulture en donne une figure noire, p. 183.
Polypodium dendricolum. — Rhizome ^rig6 flbreux, stipe court, mass^,
6rig6, brun, couvert d^abondants polls marron; frondes 6rig6es, lineaires,
simples, coriaces, vert brun&tre fonc^, plus pale en dessous. Cette foug^re est
originaire de la Jamaique, oti elle crolt sur les arbres des montagnes, pr^ de
Port Royal, a un altitude de plus de 1500 metres.
GomuB florida. — Le Gornouiller fleuri (Flowering Dogwood) est un des
plus beaux arbrisseaux des Etats-Unis. U a Taspect buissonneux dans le nord
de son aire g^ographique ; dans le sud, 11 montre un tronc court et rameux.
Ses feuilles, grandes, ovales, acumin^, prennent a Tautomne un coloris d'un
beau rouge. Ses capitules de fleurs sont entoures d'un involucre de quatre
larges 6cailles obcord6es, 6chancr6es, qui deviennent d'un blanc pur et
semblent constituer la fleur, bien qu*elles n*en soient que Taccompagnement.
Les fleurs elles-mftmes, d'un blanc verdatre ou jaunatre, peu apparentes, sont
reraplac6es plus tard par des fruits qui prennent k leur maturite un coloris
rouge vif. M. Ed. Andre d^crit la plante dans un des derniers numeros de la
Bevue Horticole et figure en m6me temps la vari6t6 rubra dont Tinvolucre des
fleurs, au lieu d'etre blanc, est teint6 d'un beau rose.
Aetinidia Kolomikta. — Derni^rement M. Graebener, de Garlsruhe,
signalait dans les termes les plus ^logieux cet Aetinidia, qui est originaire de la
Mandchourie et qui a fructifi6 pour la premiere fois dans Torangerie du
nouveau jardin k Potsdam. La Gartenflora, p. 78, Tappelle une plante fruiti6re
d'avenir et ne comprend pas pourquoi cette esp6ce, connue en Europe depuis
des ann^es, n'est pas r^pandue da vantage. G'est une liane k croissance rapide.
— 365 —
k beau feuillage, parfaitement rustique. Les inflorescences sont des panicules k
fleurs blanches, peu apparentes*; les fruits, rappelant ceux du groseillier
^pineux pour le volume, le colons et le godt, mtlrissent quand ils ont 6ik
atteints par la geI6e ; ils ont alors une douceur extraordinaire, un gotUt excel-
lent et un ardme comme celui de TAnanas.
Nerine appendieulata. — La plupart des espdces de ce genre d^Amaryl-
lid^ sont connues d6}k depuis longtemps; et pourtant on commence seulement
k en appr6cier la valeur florale. Le Nerine appendieulata est une nouveaut6
originaire de Natal. Le bulbe est de grosseur moyenne, ovale; les feuilles sont
lintoires, longues d*environ 0*"30 ; elles se produisent en mSme temps que la
tige florale, qui se termine par un bouquet d'une quinzaine de fleurs a p6rianthe
rouge. Les segments sont lin6aires et car6n6s, gaufr^ k la partie sup^rieure.
Nerine Dnparquetiana. — Le D*" Baillon, dans le Bulletin de la SociiU
Linnienne de Paris, adopte pour le genre Nerine le nom de Imhofia donn6
par Heister. Le Nerine Dnparquetiana est une remarquable nouveaut^,
trouv6e par M. Duparquet dans la region du Kalahari, d^rt du sud de
TAfrique. Les feuilles sont lories et atteignent une longueur de O'^SO; le p6don-
cule, lors de la floraison, a T^paisseur d*un petit doigt et porte une ombelle
d'une trentaine de fleurs sur des p^dicelles de 0™10 de long avec un p6rianthe
de 0"05, un tube tr6s court et des segments floraux blancs, 6troits et une
car^ne color6e de carmin. La plante n*existe pas encore dans les cultures; il
y a lieu d'esp6rer qu'elle sera bient6t introduite k r6tat vivant.
Spiraea astilboides. — On a raison de faire du cas de cette excellente
esp^ce. Son feuillage qui, dans le principe, prend une teinte cuivr6e est fort
gracieux. Les fleurs, d'un blanc pur, tr^s nombreuses, dispos^es en ^pis
ramifies , sont plus delicates que celles du Hoteja japonica. La plante est
rustique et peut trouver place parmi les meilleures espies vivaces de plein
air; elle convient ^galement k la culture hative en pots et donne alors de
bonne heure ses inflorescences, qui sont un 616ment pr6cieux des compositions
florales.
ScnteUaria formotsana. — Gette tr^s jolie Labile a 6t6 recue chez
MM. Veitch, du Jardin botanique de Hong-Kong. Elle est indigene dans Tile
Formose et forme une touffie d'environ 0^30 de hauteur; les branches se
terminent par des racemes de grandes fleurs bleues et blanches. Les feuilles
sont courtement p6tiol6es, ovales, sub-obtuses, obscur6ment dent6es sur les
marges; souvent la face int6rieure est lav^e de pourpre. Les fleurs sont op-
poses. La coroUe a de 0™02 k 0°^04 de long, elle est pubescente, bleu nuanc6
de violet; le tube est blanc ainsi que la 16vre infSrieure, Le Scutellaria formo-
Sana confine au 8. javanica, mais celui-ci est trois fois plus grand et les fleurs
sont bien moins apparentes.
— 366 —
Verbena Aobletia. — Gette vigoureuse esp^ce forme sur le sol un veri-
table tapis qui se recouvre de nombreux bouquets terminaux de fleurs d*un
rouge pourpre fonc6. La croissance vigoureuse de cette esp^ce, qui provient du
Missouri, fait ^mettre le d^ir de la voir croiser avec les verveines ordinaires
qui probablement k cause d^une multiplication effr^n^, se sont singuli^rement
afikiblies. Si par une hybridation soign^ on pouvait rendre k ces derni^res
quelque vigueur, on serait largement recompense.
Clematis moiuitrofla. — Notre confrere The Garden a regu cet ete des
fleurs de cette esp^ce qu^on ne rencontre plus dans les catalogues. Le corres-
pondant acheta sa plante il y a quelque trente-cinq ans de Timportateur
M. Hugh Low, alors c6l6bre. G'est une plante des plus curieuses, c'est k peine
si Ton trouve sur un pied deux fleurs pareilles et on pourrait les prendre
souvent pour un bouquet de feuilles. Elle donne rarement des graines, 11 faut
done la propager de boutures ou de marcottes. Elle n*est gu^re exigeante.
Bscholtzia cuoullata. — Gette esp^ce califomienne nouvelle est remar-
quable par ses feuilles cuculiees incurv^es. Ge caractere est surtout apparent
pendant leur jeune age, et donne k la plante un curieux aspect. Les fleurs
naissent sur des branches longues et inclinees et rappellent celles de VEscholtzia
califomica; elles sont d*un coloris jaune citron avec macules orang6es a la
base des p6tales. La plante, decrite par M. Greene dans Erythea, a ete rap-
portee de Fort Bragge (Galifornie septentrionale), par M. G. Michener.
Momordica mixta. — A un des derniers meetings de la Royal Horticul-
tural Society de Londres, le fruit d'un beau rouge cramoisi de cette esp6ce
attira vivement Tattention des visiteurs. Un fragment du rameau de la plante,
avec les fleurs et le fruit non colorie, en fut publie dans la Flore des Serres, de
1861, d*apres le Botanical Magazine. Les fleurs sont grandes ayant plus de
0™10 de diam^tre, les s6pales, au nombre de cinq, d'un jaune pale, sont strips
d'une teinte fonc^e, Toeil est pourpre. Les feuilles sont cordiformes, palma-
tilobees. Ge sont surtout les fruits dont la peau est entierement h^rissee et d'un
coloris 6clatant qui inspirent le plus d'interet.
Eohinopsis Decaisneana. — Le genre comprend une trentaine d*esp^es,
a moins qu*on ne le fasse rentrer dans le genre Gereus, comme le font certains
botanistes. Elles sont assez nettement caracterisees par leur tige courte, plus
ou moins spherique, regulidrement angulaire, leur courte toufle de piquants
et la longueur exceptionnelle de leur tube floral. VEchinopsis Decaisneana
est tr^s distingue ; quand la plante est fleurie, c'est une merveille, les fleurs
en sont nombreuses et chacune d'elles a 0"15 de diarafetre. Elles ont une
texture delicate comme du satin, un coloris blanc pur et un parfum deiicieux.
Malheureusement les fleurs sont des plus ephemeres.
Em. R.
— 367 —
UN GROUPE D'ODONTOGLOSSUM
« Ignoti nulla cupido, » disaient les latinistes, et ils avaient raison : on ne
dfeire gu^re ce dont on ne peut se faire une id6e. Aujourd*hui tout le monde
connalt au moins quelques-uns de ces Odontoglossum qui constituent un genre
des plus charmants dans cette riche famille des Orchid^es aux in6puisables
merveilles. A toutes les expositions florales, souvent chez le moindre horti-
culteur, m^me dans la serre cosmopolite du petit amateur, sans parler des
grandes collections qui comptent parfois au-deli de mille espfeces de ces
plantes ravissantes appartenant a des genres divers, on a vu de ces fleurs
d'elite qu'il sufflt d'avoir admir6es une fois pour les aimer et ne plus les oublier.
Qu'est-ce done, s'il vous a 6te donn6 de visiter une de ces expositions dans la
galerie de L'Hortigulture Internationale k Bruxelles, un jour de Meeting
de L'Orchideenne, alors qu'on y trouve r^unies comme en une pelouse teerique,
dont cbaque brin d'herbe serait une fieur, les esp^ces les plus brillantes, les
plus 616gantes, les plus varices? G'est la un spectacle encbanteur et inoubliable,
que nulle plume ne saurait d6crire, qu'aucun pinceau ne saurait rendre.
Le genre Odontoglossum comprend actuellement une centaine d'esp6ces,
r^pandues dans les regions tropicales de FAm^rique, depuis la Bolivie jusqu'au
Mexique. La plupart, sinon toutes, appartiennent aux latitudes elev6es, c'est-A-
dire que leurs repr^sentants n'ont besoin dans nos cultures que des conditions
d'une serre temp6r6e. Parmi ces esp^ces V Odontoglossum crispum (0. Alexan-
dras, O. Blufiti), occupe une place des plus importantes. Voici ce qui en est
dit dans les OrchidSes exotiques de M. Lugien Linden, ouvrage auquel nous
empruntons la gravure ci-jointe :
« Je n'ai plus a faire connaitre k mes lecteurs cette admirable esp6ce, la reine
du genre, gr^ce non seulement k sa beauts splendide, mais k la facility de sa
culture et k Tabondance avec laquelle elle produit ses longues grappes de
fleurs. G*est par excellence, TOrcbidee convenant k la grande culture.
« Les fleurs du meilleur type ont les segments larges, ovales, et se recou-
vrant Tun Tautre sur une longueur de pr6s de la moiti6 de leurs cdt^s. Les
p6tales et les s^pales sont blancs, parfois l^g^rement teint6s de rose lilacs pale,
surtout le long de la ligne m^diane dorsale, et fr^quemment marqu6s de
macules rondes plus ou moins grandes, de couleur brun clair ou rouge vif.
Le labelle, tr6s frang6 et dent6 sur les bords, est egalement blanc, macule,
comme les segments, de brun clair ou de rouge cramoisi plus ou moins vif, ou
parfois de jaune, et il a la base jaune. »
Voici comment M. Lugien Linden d6crit la vari6te Odontoglossum crispum
— 369 —
ferriermse, representee par la fig. 57 : « Magniflque variet6 qui a fleuri r6cem-
ment dans les serres de Ferri^res, propriety de M. le baron Alphonse de
Rothschild, si magistralement dirig^e par M. Bergman. Les s6pales et les
petales, d'une forme parfaite, d'un coloris rose lilac6 tr6s gracieux, portent de
larges macules brunes d'une extreme beaute. »
L'auteur d6crit encore une s6rie d'autres vari6tes, entr'autres : Od. c. apiatum,
magniflque vari6te qui en 1888 fut vendue au prix de 4,800 francs ; Od. c. can-
didissimumy Od. c. excdsius, Od. c. fastuosum, Od. c. gtUtatum, Od. c. leopar-
dinum, Od. c. Pollettianum, Od. c. Bex, Od. c. Thompsoniae, Od. c. wdUonense,
Od. c. Wolstenholmiae, Od. c. xanthotes. Ge que Tauteur oublie de rappeler,
c'est que VOdorUoglossum crispum, le type, fut decouvert par Hartweg et par
M. J. Linden, dans la province de Bogota, Nouvelle-Grenade.
Em. R.
PETITES NOTES DE CULTURE
Adiantum Farleyense. — Nous avons vu r^cemment dans une serre
chaude des exemplaires de cet Adiantum, les uns admirablement d^veloppes
sous tous les rapports, tandis que les autres pos^s sur la m6me tablette dans
les m6mes conditions de temperature, k 3 m^res des pr6cMents, ^talent
gravement endommag^s et avaient les frondes recoquillees. Ge dernier r6sultat
avait 6t6 caus6 par des seringages qui avaient atteint ces plantes.
Cterdenia. — U s'agit, k ce moment de Tann^, de procurer k ces plantes
une v6g6tation vigoureuse. Toutes les pousses faibles doivent 6tre enlev6es.
Afln que les feuilles restent propres, on peut, tous les quinze jours, les plonger
dans de Teau de tabac; c'est encore un des meilleurs rem6des contre les insectes.
On peut aussi donner aux plantes un surfagage k Tengrais. La vigueur de la
vegetation vient plus ais^ment a bout des parasites.
Gnltore des Gact6es. — La Retme Horticole rapporte une note d*un
journal n6erlandais qui traite cette question. Un amateur a observe que les
Gactees poussent mieux dans de petits pots, tandis qu^elles ballottent dans des
pots plus grands. Les Gactees croissent naturellement dans des endroits
pierreux, sees et tr6s chauds, od Teau des pluies s'ecoule facilement ; des
lors on conQoit que dans des grands pots les racines soient expos6es k rester
trop longtemps humides, et que la grande quantite de terre qui les recouvre
soit trop lourde et leur nuise beaucoup, surtout en empechant Fair de penetrer.
Les plantes viendront d'autant mieux qu'elles pourront developper plus facile-
ment leurs racines contre les parois interieures des pots. « Si Ton veut placer
les Cactees dans des pots assez grands, il faut les planter d*abord dans des
— 370 —
petits pots que Ton pose alors k Tint^rieur des grands en remplissant de mousse
rintervalle reste libre. »
Tetratheca erlcoides. — Le Garden a consacr6 k cette jolie esp^c^ une
planche qui doit donner k tous ceux qui Tout vue le d^sir de posseder la plante.
Ses fleurs, d*un riche coloris rouge pourpr^, sont si nombreuses et ^ la fois
dispos6es en thyrses d*une telle 616gance que bien peu d'autres esp^ces les
surpassent. Tous ceux qui possMent une serre temper^e doivent pouvolr
cultiver les Tetratheca. II feut ne pas les mettre k Tombre, afin d'evlter une
Y^g^tation trop herbac6e exigeant par suite l*usage de tuteurs. Quand les
plantes ont fieuri, il est bon de leur faire subir un pincement, mais mod^r6.
On donnera des seringages frequents durant les chaleurs de r^t6, et on les
tiendra alors a Fair libre dans un lieu abril^ contre les vents, mais ensoleill^ ;
on les laisse dehors jusque vers le milieu de septembre. Si les exemplaires sont
petits, dit The Garden, il vaut mieux les tenir sur couche froide oti on peut
recourir aux lattis ou a Tombrage si le temps est trop chaud. On pourra aussi
n'arroser que le soir, si cela est n6cessaire. Les pots doivent ^tre bien propor-
tionn6s k la plante ; on doit 6viter de les prendre trop grands. Le sol doit ^tre
bien lass6. On ^vitera les tessons trop grands. On fera usage de terre de
bruy^re ou mieux encore de tourbe en melange avec du sable pur. II feut 6viter
aussi Fair humide pendant Thiver.
Sciadophyllain pulohnim. — M. Georges Bellaik indique dans la
Bevue Hortkole, p. 529, un mode de multiplication pour le SciadophyUum
pvlchrum ou Aralia pulchra consider^ a juste titre comme s'6tant toujours
montre rebelle au bouturage. En effet, on multiplie g6n6ralement cet arbuste
par le marcottage en Tair. M. Bellair conseille le bouturage des racines. La
difficult^ de propagation de cette Araliac^ est cause de sa rarete. On la
conserve ais6ment en orangerie, comme on fait pour V Aralia Sieboldi.
Pontederia orassipes. — Cette esp^e passe pour ne pas prodiguer ses
fleurs. II paralt que rien n*est plus facile cependant que d*en obtenir une
floraison abondante et r6guli6re en lui donnant le traitement voulu. M. Daveau,
chef des cultures au Jardin botanique de Montpellier, dit, dans la Revue
Hortkole, « que cette plante fleurit en plein air depuis deux ans k Montpellier
avec une profusion remarquable. Hivern6e en serre chaude, on se borne a en
planter quelques pieds en terre substantielle dans le bassin aux Nelumbium,
Eur}'ale et autres plantes aquatiques, et le soleil fait le reste. Cette plante
passe rhiver dans les pieces d*eau du Jardin botanique de Lisbonne, od depuis
plus de dix ans sa floraison n'a jamais failli T^t^. »
Glirysanthdmes nains & grandes fleurs. — L'obtention de fleurs tr^
grandes sur des sujets peu 61ev6s semblait etre un probl6me de culture difficile
a r^soudre. M. A. Choulet, jardinier au Pare de la Tete d'Or, a Lyon, decrit
— 371 —
dans la Bef>ue JSorticole du l'*" novembre, le proc6d6 qu*il a suivi ayec une
r6ussite complete. Sur 400 pieds trait6s, 30 ne d6passent pas 0™65 et portent
chacun 3 A 4 fleurs 6normes; 200 atteignent 0"35, et le reste ne d6passe pas
1"20. Pour arriver k ce r^sultat on fait les boutures de bonne lieure, en avril ;
elles ont subi les deux pincements n^cessaires pour obtenir les tiges qui
doivent constituer la charpente et porter chacun une fleur. On 6bourgeonne
d61icatement surtout pr^s du sommet sans jamais blesser la tige principale,
afln d'assurer la conservation de la fleur terminale qui est oUigatoirement
n^cessaire. Jusqu'au troisi^me et dernier rempotage, aux premiers jours du
mois d*aot!it, on ne donne aucune fumure, sauf que les plantes ont 6t6 arros6es
une couple de fois avec une solution de sul£ate de fer, k la dose d*un gramme
par litre d'eau; mais k partir de ce moment, on les traite a Tengrais liquide
avec mati^res fi^cales ou autres analogues, afln d'activer la v6g6tation ; celle-ci
sera suffisamment contenue par la formation et le d^veloppement du bouton
central ou terminal qui, loin d'avorter, donnera une fleur tr6s grande.
Poinsettia. — G'est un tort de laisser trop longtemps les Poinsettia dans
une basse temperature; en ce cas, les racines dep^rissent, les plantes perdent
leurs feuilles inf(§rieures et les bract^es sont r6duites. La temperature de la
nuit devra Mre maintenant de 12 k 15 degr6s C; on leur donnera un peu d'air
par les journ6es claires. Le point capital est d'activer seulement leur crois-
sance lorsque les bractees deviennent visibles; d6s lors la temperature pourra
s'eiever k 18** G. Les plantes doivent Mre plac^es tr^s pr^s du vitrage. On
pent leur donner un peu d'engrais liquide.
Monstera dellciosa. — Cette plante a besoin d*etre cultivee en pleine terre
ou tout au moins dans de grands pots et tenue en serre chaude. II lui faut la
chaleur et le soleil, surtout si Ton tient a voir mtirir les fruits. On doit soigner
pour un bon drainage et lui donner une terre riche, un melange de terre de
feuilles ou de terreau de couche avec du sable Wane. En hiver Thumidite sera
moderee, mais en ete, pendant la periode vegetative, il faut beaucoup d'eau et
de temps en temps de Tengrais liquide.
Aristolochia. — La floraison de ces plantes doit etre maintenant terminee,
sinoh elles s*epuisent compietement ; naturellement on arrosera avec la plus
grande circonspection et juste assez pour que le bois ne se desseche eu ne se
ride pas.
Aspidistra panachte. — U Aspidistra datior est suflSsamment connu
pour que nous n'ayons pas besoin de rappeler que c'est une des meilleures
plantes d'appartement. G'est un souflfre-douleur qui resiste aux plus mauvais
traitements. II est bon cependant de mettre parfois la plante a Tinflrmerie ou
de la rentrer en serre pour qu'elle puisse se refaire et ne pas perdre toute sa
panachure. Les horticulteurs ne sont pas d'accord sur le mode de culture qu'il
— 372 —
convient de lui donner ; les uns conseillent une terre 16g6re, une exposition
fraiche et ombrag6e; d*autres pr^tendent que la serre chaude humide est de
rigueur pour augmenter la panachure. Nous nous trouvons le mieux de Tem-
ploi de terreau de couche bien m61ang6 k du sable blanc et nous tenons les
plantes en serre temp^ree chaude. Cest seulement apr^s la separation des
touffes qu'il est bon de les placer quelque temps dans la serre k multiplication.
Ce qui nuit le plus k ces plantes, c*est la poussi^re; il fout en tenir les feuilles
propres et les layer au moins tous les quinze jours.
<Sillet8. — Le meilleur procM6 de multiplication des oeillets destine k la
culture forc6e ou h&tive est, comme pour les autres, le marcottage et la saison
la plus propice pour le pratiquer est la fin de juillet ou le commencement
d*aotlt. Le marcottage se &it sur couche froide. Apr^s l*op6ration, on ferme les
ch&ssis pendant une dizaine de jours en ombrant durant les journ^es claires et
en admettant graduellement Fair et la lumi^re; aprto dix jours on d^couvre.
Apr^ six semaines les marcottes sont bien enracin6es et peuveut dtre empot^
en godets de 0™07, dans un compost d*une partie terre forte ou argileuse, deux
parties terreau de feuilles et une partie sable grossier. On les place sous ch&ssis
ou en serre froide ; les racines auront bientot tapiss6 les parois des iK)ts. Alors
on les rempote en pots de (V°15, dans un melange de deux parties terre argi-
leuse, une partie de fumier consomme et une partie terre de bruyftre avec
addition d*un peu de charbon et de sable. Les plantes fleuriront dans ces pots
rann6e suivante k moins qu*on ne veuilie en hater la floraison en les mettant
en serre ou sur couche. II vaut mieux cependant n*employer k cet usage que
des plantes de deux ans.
Begonias d*liiver. — Les Begonias offrent en cette saison une grande
ressource. lis peuvent fournir une abondance de fleurs. Dans le jardin d'hiver
ou dans la serre parmi les feuillages meme les plus d^licats ou encore dispos^es
en un groupe sur un fond de petites foug^res, ces plantes produisent k cette
saison un fort bel effet. II suffit de leur donner la nuit une temperature d'une
dizaine de degr^s. La chaleur du jour peut impunement s'^lever k 18 ou
20 degr^s sous Taction des rayons solaires.
Streptocarpus. — Ces plantes n'ont pas du tout besoin de la serre chaude.
Tenues en serre temp^r^e pendant la belle saison et un peu k Fombre, tout ea
ayant de Fair en abondance et beaucoup d^humidite, elles prennent sans peine
un grand d6veloppement. On voit alors se former des feuilles de plus de 0°*5O
de long et d*une largeur proportionnelle. Ce grand feuillage est accompagn^
d*epis charges de centaines de fleurs. Les Streptocarpus se trouvent le mieux
dans une terre argileuse.
R. d'Eelen.
— 373 —
ABONNEMENTS COMBINES
II est d*usage k la fin de Tannte, d'^changer des congratulations, des voeux
de prosp6rit6 et.... des 6trennes.
Les journaux ne doivent pas se soustraire k celte r6gle aimable, et a Tocca-
sion de la fin de Fannie 1894, nous croyons devoir nous y conformer.
Nous vous exprimons done, cher lecteur, nos cordiales felicitations pour
rint6rM 6clair6 que vous n'avez cess6 de t^moigner k Tliorticulture et pour les
succ^s que vous devez avoir obtenus, nos voeux sinc6res de succ6s plus grands
encore pendant Tann^e qui commence, et en m^me temps nos remerciments
pour votre bienveillante sympathie. Nous nous sommes eflbrc^s de rester
constamment k la hauteur des devoirs que cette bienveillance nous impose, et
notre r^gle sera toujours de nous conformer aux d6sirs que vous nous expri-
merez pour ameliorer encore le journal, quand il y aura lieu.
n nous reste k parler des 6trennes.
Quoique les sacrifices que nous avons d^jk fails pour vous satisfaire rendent
un peu difficile la tache de trouver encore quelque chose, nous tenions k
r6compenser votre fldelite, et voici ce que nous avons d^id6.
Un certain nombre de nos lecteurs ne sont pas encore abonn^s au Journal
des Orchidies; nous leur ofirons une combinaison nouvelle a prix tr6s r^duit
pour combler cette lacune :
Tout abonrU de ^Illustration Horticole, qui souscrira au commencement
de cette annie au Journal des Orchidees recevra les deux journaux pour le
prix de 20 francs par an,
Nos lecteurs pourront ainsi se tenir au courant de tout ce qui concerne
Thorticulture en general, moyennant une depense tr6s modeste. Nous n'avons
pas besoin d'ailleurs de leur rappeler que le Journal des Orchidies est actuel-
lement le seul journal paraissant sur le Continent qui soit consacre exclusi-
vement aux Orchidees, et que U Illustration Horticole^ dont le succ6s dans
sa nouvelle forme est si grand, est le moins coftteux et le plus soign6 de tous
les journaux consacr^s k I'horticulture en general, et publiant des planches
colorizes.
Disons a ce propos que nous avons d6cid6 egalement de publier k partir de
cette annee, dans U Illustration Horticole, des planches repr6sentant quelques-
— 374 —
unes des Orchid^es les plus c^l^bres et les plus populaires. Six planches par
an, sur vingt-quatre, seront r6serv6es pour les Orchid^es; les autres, comme
par le passi, repr^nteront des plantes de pleine lerre ou de serre choisies
parmi les plus remarquables ou les plus r^centes.
Nous pensons done avoir rtolis^ par cette combinaison d'abonnements une
s^rie absolument complete de journaux traitant de tout ce qui int6resse les
amateurs de rhorticulture — la part 6tant faite naturellement plus grande
pour les Orchid^es, qui sont par droit de conqu^te les Reines de la mode.
Nous esp^rons donner ainsi satisfaction au voeu de nos abonn^, et justifier
la confiance dont ils ne cessent pas de nous donner tant de preuves flatteuses.
LuciEN Linden.
LA CULTURE DES PLANTES PAR LA CLASSE OUVRIERE
Nous d^sirons completer les renseignements que nous avons publics dans la
4me livraison de L* Illustration horticole sur la culture des plantes par la classe
ouvri6re.
Nous avons d*abord Fessai fait par la section lierroise du Gercle botanique
Dodonaea. Au commencement de la belle saison, elle a distribu^ k cbacun des
vingt 616ves les plus m^ritants des quatre teoles gratuites de la ville de Lierre,
deux petites plantes de Fuchsia rempot^es une derni^re fois dans de la bonne
terre substantielle appropri6e. Les boutures provenaient de quelques amateurs
de la locality, les pots n^cessaires 6taient fournis par d'autres. Un des membres
a boutur6 les Fuchsia et les a fait rempoter. II s^agissait d'emp^cher les
enfants de presenter, k la fin de Tann^e, d'autres plantes que celles qui leur
avaient 6t6 remises. A cet effet, on passa par le trou du pot un fil de zinc
portant une petite plaque de m^me m^tal avec un num6ro ; les deux bouts de
fil furent enroul^s k Fint^rieur du pot, puis celui-ci fut rempli de terre.
Lors de la distribution, chaque enfant, fille ou gargon, remit deux centimes
par plante ; il les achelait ainsi de ses propres deniers. Le Pr&ident de la
section expliqua aux jeunes amateurs le mode de culture, les soins a prodiguer
aux plantes et les engagea k les repr^senter k la fin de la saison. Alors,
chaque enfant recevrait des bons pour de nouveaux sujets qui lui seraient
remis au commencement de Tannic prochaine.
Ge ne fut qu'au mois de novembre que la section put s'occuper de inspection
des produits culturaux des 6l6ves. Elle eut la satisfaction de pouvoir distribuer
cent six bons, consistant en une jolie image chromolithographi^, donnant
droit chacun k une petite plante k la saison prochaine. Pour ^viter que ces
— 375 —
chromos ne passent en d'autres mains ou soient pr^ent6s par d'autres que les
petits cullivateurs, il a 6t6 tenu note du num^ro de la plante prim6e; ce
num6ro, inscrit dans un regisire, renseigne le nora et Tadresse du porteur.
Au printemps prochain, outre les petites plantes k distribuer conform^ment
aux engagements pris, une seconde s6rie sera d61ivr6e k une nouvelle cat^gorie
d'616ves. Ce faisant, le nombre de maisons ot Ton cultivera des plantes augmen-
tera chaque ann^e ; bientdt, il faut resp6rer, il n'y aura plus de famille ouvri^re
a Lierre, od il n'y aura quelque fleur entour6e de soins tendres et d6vou6s.
« «
A Alost, il existe des habitations ouvri^res dont les locataires peuvent
devenir proprietaires. La commission directrice les engage a cultiver des
fleurs. En g6n6ral, elle n*6prouye aucune difflculte, nous apprend M. le
D^ MoNFiLS, de qui nous tenons ces renseignements, car les ouvriers aiment
les fleurs.
Plusieurs fois, au printemps, on a distribu^ des boutures en petits godets
et organist, r6t6 suivant, des concours dont les meilleures recompenses etaient
r6serv6es k ceux qui avaient le mieux r6ussi dans la culture des boutures
distributes.
Ges concours ont toujours 6te fort remarquables ; bien des plantes expos6es
n'auraient pas 6t6 mieux cultiv6es par des horticulteurs de profession. II est
vrai que quelques ouvriers, novices encore, interpr6tant mal les indications
qui leur avaient 6t6 fournies, avaient naivement plants leurs boutures avec
le godet dans de grands pots remplis de la terre la plus convenable. Pour ces
concours, toutes les dispositions avaient et6 prises pour garantir ridentit6
des plantes distribuees et la culture par I'ouvrier lui-m6me. Nous regrettons
que notre honorable correspondant ne nous les signale pas.
Par contre, il nous fournit quelques renseignements int6ressants sur Tin-
fluence que la culture des plantes exerce sur le moral de I'ouvrier : On s'est
attach^ k construire des habitations saines et agreables; toutes, k moins que
la disposition du terrain ne s'y oppose, ont un jardin de 2 ou 3 ares. Le locataire
s'y attache, il en est fler; il emploie avec bonheur tous ses moments de loisir
k d6corer sa maison : ses fen^tres sont orn^es de rideaux bien Wanes et de
fleurs bien cultiv6es; il cultive surtout avec amour son petit 16gumier dont les
produits lui fournissent, pendant une bonne partie de Fannie, des plats qu'il
n'avait pas Thabitude de voir flgurer sur sa table.
La culture des plantes par la classe ouvri6re m^rite assur6ment la tr6s
s6rieuse attention de tous ceux qui s'occupent de Tam^lioration du sort des
classes laborieuses ; nous nous proposons d*y revenir prochainement.
Charles De Bosschere.
— 376 —
PI. XXIV
(ilLLET LADY WANTAGE
Le superbe (Eillet dont on admirera la reproduction ci-contre est une
acquisition toute r^cente, mise au commerce par M. Kersten, Texcellent hor-
ticulieur bruxellois qui a d^}k introduit sur le Continent plusieurs nouTeaut^s
tr^s remarquables dont nous avons eu Toccasion de parler ici m^me.
Cette nouvelle vari6t6 sera vivement admir6e pour son colons Wane pur et
sa superbe forme, tr6s ample et tr6s pleine; les fleurs s'ouvrent d'une facon
parfaite; la plante est tr^s florifi^re et tr^s robuste. Ges qualit^s lui assurent
un avenir de premier ordre. M. G.
DUREE DE LA VITALITE DES GRAINES
Voil^ une question qui a donn6 lieu de tout temps, non pas a des contro-
verses, ce serait sans doute trop dire, mais k des l^gendes curieuses. Tout
r^cemment encore, un fait bien contr61^ a fait le tour de la presse anglaise,
horticole et politique, et raviv6 un int6r6t qui paralt in^puisable.
Lord Sheffield, revenant d'Egypte, avait donn^, il y a quelques mois,
k Lord WiNCHiLSEA une poign6e de froment qu'il avait lui-m^me recueilli
dans un sarcophage contenant une momie. Une centaine de ces graines furent
sem§es sur couche dans une ferme de Thonorable lord, mais, comme on pou-
vait s'y attendre, les graines ne germ^rent pas et ne tard^rent pas k pourrir.
Un journal politique anglais a rendu compte de cette experience, et de
nouveau les divers organes de la presse d'Outre-Manche ont exhum6 des r6cits
plus ou moins fantastiques d'essais ayant donne des r^sultats plus favorables.
II fSaut cependant une forte dose de cr^dulitfi pour ajouter foi a ces r6cits,
exploit^s probablement par les Arabes qui font le commerce des antiquit6s de
leur pays. M. O,
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— 379 —
LES FLEURS ET LEUR COLORIS
(Suite et fifty voii* pages 309 et 345)
Le vert vrai est exactement ce que, parmi les couleurs de la boite de pein-
ture, on appelle vert 6meraude ; il se rencontre rarement dans la nature, et je
ne puis pas en citer un exemple m^ritant d'etre mentionn^, k moins de se
reporter aux effets indirects de couleur dans les paysages printaniers.
II n'existe pas de fleur bleu-vert, ni m6me bleu pur ; la moiti6 des fleurs
d6sign6es comme bleues dans les catalogues ne m^ritent pas ce nom. Pour
copier ces fleurs, nous autres artistes nous devrions employer de la couleur
pourpre. Je ne connais pas d* Aster bleu. Les Bluets sont assez bien bleus, de
m^me que la chicoree sauvage; mais pour reproduire Addlement I'une ou
Tautre de ces fleurs, je serais oblige d'employer de Toutre-mer. Le bleu de
certaines formes de Convolvulus minor est d'un 6clat charmant et a peu de
pourpre dans sa composition. L'outre-mer de certains Volubilis de couleur
foncee est tr6s riche et conforme au type de cette nuance.
Je sais parfaitement qu'un fleuriste ou un grainier doit employer les noms
de couleur dans un sens g6n6rique, si Ton pent s'exprimer ainsi ; ainsi il est
admissible que Von dise : « TAster bleu » et « la rose jaune, » en parlant d'une
fagon g6n6rale ; mais il me semble que pour parler d'une facon specifique, le
Petunia bleu, le Nasturtium, le Souci, la Balsamine ou le Phlox couleur
soufre ; le Phlox ou la Balsamine 6carlate ; TAster bleu ciel, la Pivoine cra-
moisie et TAster ecarlate n'existent pas. Tout Tart des horticulteurs ne pourra
pas amener certaines families de plantes a rev^tir une certaine couleur donnee
qui leur est inconnue. Je crois qu'on pent sans crainte faire cette affirmation
g6n6rale. Je parle d'ailleurs de couleur specifique, et je suis certain que le
Nasturtium est, par exemple, incapable d*ofirir un jaune absolument pur.
Le P6tunia vert, que j'ai produit avec beaucoup de succ6s, est une fleur
bien nomm6e, quoique je ne puisse pas faire mieux que de montrer un module
qui n*a que 70 °/o de la surface des p^tales verte, et encore n'est-ce pas le vert
6meraude ou vert vrai, mais le vert g6n6rique. Personne ne pent Clever d*ob-
jections contre ce nom, et de m^me il n'y a rien k reprendre dans le nom de
Scabieuse noire. Ce sont deux noms de couleurs qui sont absolument exacts
pour I'effet de coloris produit. Mais le nom de Balsamine 6carlate n*a aucune
excuse possible, pour des raisons que j'ai dej^ indiqu6es.
En ce qui concerne les differents tons de rose et rouge dans les Roses,
je n'ai plus qu*un mot a dire. J'ai dejA 6crit beaucoup sur ce sujet a difl^Srentes
— 380 —
reprises, dans V American Florist. Les roses d'oeillet dans les Roses sont g6n6-
ralement des couleurs compos^es, c'est-4-dire qu'ils sont fails d'un melange
de nuances d^licates que Ton ne peut distinguer facilement qu'au microscope.
II y a des Roses qui sont rose d'oeillet pur, et des Roses qui sont rose d'oeillet
jaune. L*examen comparatif des petales de Roses avec certaines des fleurs
annuelles dont je viens de parler permet de classer la couleur d*une Rose
donn^e, sans erreur possible. La Rose triomphe dans les teintes cramoisi
fonc6 et cramoisi p&le, mais elle n*a rien a voir avec T^arlate.
Les beaux ?*ouges, roses et jaunes des oeillets seraient trop longs k d^crire
avec quelque exactitude. Je consid^re Toeillet comme la fleur modMe pour les
rouges purs et intenses. La fleur est faible dans les jaunes, mais ses roses
vifs sont d'un 6clat incomparable. Le coloris du Orace Wilder est pur et
uniforme; la meilleure de mes Pivoines ne pourrait soutenir la comparaison
avec lui, ni aucun de mes Phlox. Le rouge du Portia surpasse celui de toutes
les autres fleui*s de mon jardin, excepts celui d'un certain Glaieul.
En ce qui concerne les tons melanges dans les fleurs, je voudrais attirer
Tattention sur quelques-uns ; le Nasturtium Heinnemann, brun dor^; le
N. Edward Otto, brun pourpr6; le Cyclobothra flava, jaune roux gracieuse-
ment m61ang6. Puis viennent un grand nombre de Pivoines rouge-marron
dans le groupe ranunculus, que je cultive avec beaucoup de succ^; mais
je dois me plaindre des grainiers, qui ne les distinguent pas de la foule des
fleurs 6carlates et d'un rouge chaud, bien diflerentes des beaux tons rouge-
marron.
Le ChrysantMme Louis Boehmer a excit6 tant d'int^r^t, surtout par son
beau coloris, que je m*etonne que les grainiers ne fassent pas quelque effort
pour grouper ensemble ces Pivoines d'un coloris si particulier, et mettre les
cultivaleurs amateurs k m^me de bien les appr6cier. Le goftt des coloris
artistiques grandit, et le jour viendra o£i les magenta, les solfi§rino nuanc^,
les pourpres Prune et les bruns pourpr6s dans leurs nuances plus dflicates
seront pleinement apprecies et admires.
Mais la question des couleurs est inepuisable, et il faut bien limiter cette
^tude des coloris dans les fleurs. Je r^p^te que les couleurs des fleurs sont
tenement sup^rieures par leur ^clat aux couleurs des peintres, et que leur
vari6t6 est tellemenl 6tendue, qu'il faudrait des volumes pour d6crire les
diflferences, et une patience infinie pour 6tudier le sujet jusqu'i pouvoir en
tirer une conclusion g6nerale et utile. Nous avons encore beaucoup k apprendre
relativement aux coloris; Tartiste lui-m^me nepeut pas les appr^cier dans
toutes leurs variations; il est certain que c*est dans le jardin fleuriste qu'on
peut le mieux les ^tudier, et nous devons k nos fleuristes, horticulteurs et
jardiniei's beaucoup de gratitude pour nous avoir r6v616 les coloris les plus
— 377 —
FUCHSIA GLOBOSA VAR. « DUNROBIN BEDDER »
Les Fuchsia sont au premier rang des Y^g^taux qui decorent nos jardins
durant la p6riode estivale. Une charmante esp6ce chilienne, le Fuchsia
globosa, a fait ses preuves depuis longtemps. Depuis son apparition, on a
obtenu ou introduit bon nombre de vari^tes toutes plus m^ritantes les unes
que les autres; mais aucune n'est arriv6e jusqu'^ present k 6galer celle-ci
comme vigueur et comme floraison, si ce n'est pourtant une forme fix^ de
cette esp^e 6blouissante qui orne nos parterres tout r6t6. Nous voulons
parler du F. globosa vari6t6 « Dunrobin bedder, » dd a Thabile et Men connu
M. Melville, directeur des cultures de Dunrobin Castle Gardens (Ecosse).
Cette charmante nouveaut^ est appel6e k un grand avenir et bien qu*elle ne
soit au commerce que depuis 4 ans, elle est d^jA tr^s populaire dans tout le
Royaume-Uni. Ce Fuchsia lilliputien a pris ici rang de cit6, et dans nos nom-
breuses peregrinations a Hyde Park, Battersea Park, Hampton Court Gar-
dens, etc., nous avons pu nous rendre compte de ses m6rites varies. Nous nous
souvenons de Tavoir propag6 par centaines lorsque nous 6tions k Soiswick Gar-
dens, oti r^minent directeur M. Barron le consid^re, et non k tort, comme
Tune des meilleures acquisitions de ces derni^res ann^es.
Le F. globosa var, Dunrobin bedder atteint rarement plus d*un pied de
hauteur. Cette vari6te est k la fois naine, trapue, dense, fort buissonnante et
bien ramifl^e d6s la base. II forme une ravissante touffe dont le vert fonc6 des
feuilles disparalt sous les milliers de fleurs k calice rose, k corolle ample, d*un
rouge violac6 6blouissant. Cette onagrari^e « Tom Pouce » commence k
fleurir d6s les premiers jours de juin et les fleurs ne cessent de se montrer
qu'k Tapparition des gel6es. Un froid de plusieurs degres suffit k peine pour
tuer cette d^licieuse miniature.
Cultiv6 en pots, ce Fuchsia forme la plus ravissante pot6e qu'on puisse
r6ver, et comme ses cong6n6res des for^ts mexicaines ou chiliennes et des
plateaux peruviens, il est stir de faire sensation dans nos serres, verandahs et
appartements.
Nous pouvons done hardiment consid6rer notre Fuchsia comme une r6elle
acquisition. Fort, a la fois 616gant et trapu, rusticit6, floribondit6 excessive,
facies omemental, culture ais6e, multiplication facile et rapide, tout cela chez
lui est un desideratum r6alis6. II marche d6ji de pair avec d'autres vari^t^s
connues depuis de longues ann6es et comme les Fuchsias Rose de CastUle,
F. gracilis, etc., il sera bient6t cultiv6 « for the million » pour aUmenter les
march^ aux fleurs ou garnir les boutiques des fleuristes.
— 378 —
La multiplication se fait de boutures demi-aofit^s, en fevrier-mars, en serre
k multiplication, k r6touflr<§e et sur chaleur de fond 15*^ G. On pique sept k huit
rameaux dans des pots de 8 centimetres, en plagant ceux-ci pr^s des parois, le
tout en sol sableux, bien drain6. A la reprise, on empote en godets, on pince
les sujets k 10 centimetres de hauteur, et, lorsque les racines tapissent les
parois des vases, on les place dans des pots de 8 & 10 centim. de diametre en
employant un compost l^ger et substantiel. Pour la garniture des corbeilles.
plates-bandes, etc., on habitue graduellement k Tair libre pour op^rer la
plantation la seconde quinzaine de mai en espagant les pieds de 0,25 centim.
en tous sens.
Le nouveau Tenu pent s*obtenir en s'adressant chez MM. J. Veitch and Sons,
Exotic Nursery, Ring*s Road, Chelsea (Londres). Gomme la multiplication de
ce gracieux Fuchsia est aussi facile que rapide, on pourra le propager par
milliers et nous esp^rons que ses m^rites incontestables le feront bientdt mettre
k la mode par les dilettantes du culte des fleurs, les plantes fleuries predominant
de plus en plus dans nos parterres.
Leandre Piret.
BIBLIOGRAPHIE
Conspectus Florae AfHcanae ou ilnumiration des plantes d'Afrique,
par Th. Durand et Hans Schinz. Volume V : Monocotylidones et Oymna-
spermes; un vol. gr. in-8** de 977 pages. Bruxelles, 1895.
Get important ouvrage consacre k la flore de FAfrique, encore relativement
si peu connue, comprendra six volumes. Les auteurs ont cm bon de commencer
leur publication par le cinqui6me volume, comprenant surtout les Monocotyl6-
dones, par la raison que cette grande classe n'est pas traitee dans les Flores de
plusieurs grandes regions d'Afrique, ces flores 6tant rest^es inachev^es. G*est
done la partie qui 6tait la plus urgente ; c'est aussi celle qui int^resse le plus
rhorticulture, car elle comprend entre autres families les Orchid^es, les Zingi-
b^rac^es, les Musac^es, les Indies, les Amaryllid^es , les Liliac^es, les
Gomm61inac6es, les Palmiers, les Pandan6es, les Aroid^s, les Gycad6es, etc.
A chaque esp^ce et k chaque vari6t6, on trouve les renseignements g6ogra-
phiques complets, avec la dispersion geographique d^taill6e en Afrique et m^me
dans les autres parties du monde, s'ii y a lieu.
Gomme exemple de I'importance de Touvrage, citons la famille des Orchid6es
qui, en 116 pages, contient 1058 esp6ces (outre 9 esp^ces douteuses), reparties
en 74 genres. A. Gogniaux.
— 383 —
La plupart de ces ^tablissements, et notamment les plus considerables, son!
construits sur un terrain en pente assez raide, et tourn6s vers le Midi. Les
serres, disposes par longues s6ries contigues, sont h peu pr^s toutes orient^es
nord-sud ou est-ouest, le plus grand nombre de la premiere fagon. Elles sont
g^n^ralement k double versant; quelques-unes, de construction ancienne,
sont doubles, c'est-A-dire que d'un c6t6 la toiture vitr^e, un peu avant
d'atteindre le sol, se raccorde k Tun des versants d'une autre serre. Ge proc6d6
de construction est maintenant abandonn^. D*autres serres, enfln, sont a un
seul versant, et adoss^es k un mur tournS vers le Midi.
Les serres sont, je Tai dit, de construction tr6s simple et tr6s 6conomlque.
La ioiture vitr6e est soutenue par un ^chafaudage ^l^mentaire, sorte de
carcasse en bois qui sert d'ailleurs k fixer les rameaux des arbres cultiv6s. Cette
toiture seprolongejusqu'au sol, sur lequel elle repose directement. La largeur
des serres est en moyenne de 6 a 10 metres.
Sur Tun des cdt^s de la serre, celui qui est situ6 le plus bas, il y a une partie
maQonn6e peu 61ev6e, au-dessus de laquelle le vitrage commence; le niveau du
sol dans la serre est 6tabli de faQon k former une pente l^g^re. Les serres sont
chauff6es au moyen d'un foyer m6nag6 dans la magonnerie dont je viens de
parler, et de conduits en terre cuite qui emportent les gaz de la combustion
dans toute la longueur de la serre. Ces conduits passent g^n^ralement au
milieu de la largeur, ou sont ramifi6s en deux dans les serres les plus larges.
Ce modede chauffage donne, parait-il, des r^ultats excellents sans n6ces-
siter beaucoup de soins, car le foyer une fois bourr6 le soir, on ne s'en occupe
plus jusqu'au matin. Pas une vigne n'a 6t6 gel6e par les froids les plus rigou-
reux de ces derni^res ann6es.
Les serres ont juste la hauteur n6cessaire pour qu'un homme puisse y passer
sans toucher la charpente en bois du sommet. Les serres adoss^es ont environ
2"*20 de hauteur. La longueur des serres est en g6n6ral de 15 k 20 metres. Le
syst^me de chaufiage employ^ ne se pr^terait pas bien k une longueur plus
grande.
Culture. — Gontrairement k ce que pensent beaucoup de personnes, les
viticulteurs de Hoeylaert forcent peu de Raisin, et recourent surtout, depuis
quelques ann6es au moins, k la culture retardee. II n*en a pas toujours 6te
ainsi, sans aucun doute; mais on comprend aisSment les avantages de la
nouvelle m6thode. Les plants produisent r6guli^rement tous les ans, aux
6poques les plus favorables, et se conservent pour ainsi dire ind6flniment.
Les esp6ces cultiv6es sont principalement : le Frankenthal, le 6ro8 Colmar
et le Black Alicante, ainsi que le Gros Maroc, en quantity moindre. Enfin le
Gros GuiUaume a et6 introduit depuis quelque temps dans les serres d'Hoey-
laert. G'est surtout le Raisin noir qui fait Tobjet du commerce de la locality;
— 384 —
cependant, quelques serres sont planttes de Chassdas dorS et de Muscat
d'Alexandrie.
Les pieds sont plant^s assez rapprocb^, A 50 ou 60 centimetres environ
d'espacement, et form6s en cordon vertical, qui devient, dans Tespftce, un
cordon oblique k cause de la forme de la serre.
Le terrain est tr6s variable, et tr^s diflRSrent d'une serre k une autre peu
61oign6e. II m*a paru surtout sablo-argileux ; certaines parties sont franche-
ment argileuses; d*autres, au contraire, tout k fait sableuses. Le sol est d^fonc^
assez profond^ment avant la plantation, et enrichi k I'aide de fUmier. Les
viticulteurs de Hoeylaert n'emploient g^n^ralement pas d*autre engrais;
Tengrais humain, tr^s appr^ci^ et fort bien utilise en g4n6ral dans Tagricul-
ture beige, ne se vend pas ici, la plupart des habitants ^tant cultivateurs.
Les arrosages, ceci est k remarquer, sont rares. II est, en effet, tr^ difficile
aux propri^taires des grands ^tablissements dont je parle de se procurer la
grande quantity d*eau n^cessaire pour leurs serres; il faudrait une main-
d'ceuvre considerable. Toutefois, le pied des plants, tr6s rapproch6 du vitrage,
est assez f^6quemment humects par les pluies. Dans cbaque serre, un bassin
maQonn6 contient une provision d'eau pour les arrosages. Ge bassin est plac^
auprfts du foyer.
Les serres doubles, dont j'ai parl6 plus haut, pr^ntaient cet avantage que
les plants situ^s pr^s de intersection des deux toitures recevaient en abon-
dance Teau des pluies, grkce aux interstices que laissait une jointure quelque
peu imparfaite.
Ainsi que je Tai dit plus haut, le syst^me adopts le plus fr6quemment actuel-
lement est la culture retard^e ; aussi beaucoup de serres sont-elles recouvertes,
a la fin de Tbiver, d*une coucbe de chaux pour att6nuer la chaleur des rayons
du soleil, et ouvertes jour et nuit, k moins, bien entendu, que la gel6e ne
menace. S'il est n6cessaire de chauffer pendant la nuit, le chauffage est r^duit
au minimum indispensable pour maintenir le thermom^tre k ion 2 degr6s
au-dessus de 0.
La v6g6tation est ainsi retard6e jusqu'A la fln d'avril et m^me jusqu'a la
seconde moiti6 de mai, et les viticulteurs arrivent k obtenir ainsi une r^colte
en novembre sans demander aucun effort au plant. Une grande quantity des
fruits est conserv6e sur pied jusqu'en Janvier et f6vrier et mare. On ne com-
mence k r6colter le Black Alicante qu'au mois de Janvier.
D*autres pieds sont soumis k un 14ger forgage, une annee sur deux, et
produisent, n^anmoins, en abondance. Les plants entrent en v^g^tation vers
le mois de f6vrier, pr6par^ progressivement par un accroissement modere de
la temperature ; la r^colte se fait en juin. Enfln les diverses serres sont un peu
6chelonn6es d'apr^s Tage et la vigueur des plantes.
— 381 —
magnifiques que le monde ait jamais vus. Ge n*est pas sur la toile du peintrc,
mais dans la fieur du jardinier, que Ton trouve la plus grande richesse de
couleurs. F. Schuyler Matthews,
Boston (^tata-Unis).
CULTURE DE LA VIOLETTE
Gette fleur printani^re est connue et aim6e de tout le monde; nous 'croyons
done fetre agr^aWe aux lecteurs de U Illustration Horticole, en leur indiquant
le moyen d'en avoir beaucoup et de belles.
Pour bien eultiver la violette, il faut renouveler la plantation au moins
tous les deux ans. Void comment on s'y prend : au mois d^avril on enfouit
assez profond^ment un peu de ftimier bien consomm6 dans un sol assez 16ger,
et bien expose, soit au midi ou au levant ; on rend la terre bien meuble k Taide
du rateau, et on proc^de k la plantation.
On divise ordinairement les vieilles touffes; on choisit les divisions les mieux
enracin^es et on en met deux ou trois k chaque place en les espagant de
vingt-cinq centimetres en tous sens. La plantation faite, on arrose abondamment
et on entretient rhumidit6 jusqu'^ ce que les plantes soient parfaitement
reprises. Sarcler et biner sont les soins k leur donner pendant r6t6. Au prin-
temps suivant on aura une floraison abondante.
G6n6ralement on attend ces fleurs avec beaucoup d'impatience. Si Ton d6sire
b&ter la floraison et en jouir dans les appartements, il sufflt d'enlever les
plantes vers la fln de septembre ou le commencement d'octobre et de les rem-
poter dans des pots de 10 k 15 centimetres de diam^tre. On les laisse k Tair
libre aussi longtemps que les grands froids ne sont pas a craindre. Au mois de
d6cembre on les soumet k une temperature de 7 A 10** centigrades. II est indis-
pensable de leur donner beaucoup de lumiere, et de ne pas n^gliger les arrosages.
Ainsi traitees, les plantes ne tarderont pas a se couvrir de fleurs.
M. G.
LA CULTURE DES VIGNES SOUS VERRE DANS LE
BRABANT
(Notice communiqude au Congr^s d'horticulture de mai 1894, k Paris)
La Societe nationale d'Horticulture de France ayant Inscrit au programme
du Congres de cette ann^e retude du forcage des fruits, et notamment du
Raisin, il ne m*a pas paru hors de propos de consacrer une breve notice k la
— 382 —
culture de la Vigne sous verre dans le Brabant, et sp^cialement a Hoeylaert,
le berceau et le centre principal de cette culture.
Quoique les installations dont je veux parler aient d^jA pr^s de cinquante ans
d*ezistence, et que leurs produits leur aient fait une reputation m^ritee, tant
en France qu'en Angleterre, j*ai eu Voccasion de constater que beaucoup de
personnes, en situation cependant de s'interesser a cette Industrie, ignoraient
son fonctionnement et la remarquable extension qu*elle a prise. II y a la un
sujet d*etudes pratiques tr^s interessantcs, et, comme on va le voir, un exemple
qui m6rite d'etre m6dite.
La superflcie occup6e actuellement par les serres des viticulteurs du Brabant
s'616ve a 33 hectares 18 ares. Dans ce chiffre, le village d'Hoeylaert figure k
lui seul pour plus de 22 hectares. On pent estimer a environ 400,000 kilogr,
la quantity de Raisin produite annuellement par la province enti^re, et a
265,000 kilogr. au moins la production de Hoeylaert seul. Cest done une
Industrie tr^s importante que celle qui a pris naissance dans ce village, et qui
const! tue aujourd'hui, en meme temps que Tune des principales richesses. Tun
des titres de gloire industrielle du Brabant.
Les Francais, qui se rendent assez fr6quemment en Belgique, a Toccasion
des grandes Expositions horticoles, ne s'6cartent gu6re des grands centres,
Bruxelles ou Gand. Je leur conseillerais cependant beaucoup d'aller faire a
Hoeylaert une excursion qui serait aussi agr6able qu'instructive.
G'est une locality charmante, d'un cachet pittoresque assez rare dans la
Belgique centrale, et situ6e tout pr6s de Bruxelles, au coeur de la foret de
Soignes, le Bois de Boulogne brabangon, a deux pas du principal champ de
courses bruxellois. Le village d'Hoeylaert, coquet et propre comme toute la
Belgique, est doming par des hauteurs bois6es; le chateau de M. de la Rochet-
TERIE, au centre, et pr6s de lui, I'^glise, constituent les seuls monuments qu'il
renferme. En revanche, de tous c6t6s. Tail apergoit de longues files de serres,
sur les hauteurs comme dans le fond de la vall6e. Le succ^ des premiers
cultivateurs de Vigne, M. M. Sohie, a bient6t trouv6 des imitateurs. Actuel-
lement, sans parler des importants 6tablissements qui s*6tendent presque a
perte de vue, la serre k Vigne est I'annexe obligatoire, en quclque sorte, de
chaque habitation; plusieurs chaumi^res ont la leur.
Le nombre des 6tablissements de viticulteurs de Hoeylaert est d'environ
145 k 150; le nombre des habitants de la locaUt^ est de moins de 3,000.
J'ai visits plusieurs des plus importants 6tabhssements viticoles de Hoeylaert,
et j'ai 6t6 surtout vivement frapp6 du caract6re remarquablement pratique de
leur installation et de leur exploitation. Le contraste entre la grandeur,
r^norme activity de ces ^tablissements, et la simphcite de leur am6nagement,
otx tout luxe inutile est supprim^, est v6ritablement saisissant.
— 387 —
T^BIjE DES M^TllCI^ES
A
Abonnements combines .... 373
Abutilon (Los) 315
Acacia dealbata 179
Acalypha 113
Actinidia Kolomicta 364
Adhatoda vasica 360
Adiantum Claesii 137
— Farleyense 369
Adresse et sagacity 232
Agave americana .*.... 293
Allamanda (Les) 339
Aloe heteracantha 202
— striata oligospeila 170
Alstroemeria pelegi-ina alba ... 164
Alyssum Idaeum 189
Anachronisme au vieil Anvers . . 281
Amaryllis 144,318
— Le triomphe 169
— M"" Ch. De Bosschere ... 139
— Yvonne 217
Amorphophallus Elliotti .... 138
Ananas en Fioride 165
Andromeda speciosa pulverulenta . 7
Anoslecteurs 1
Ann^e qui finit 343
Antholyza Schweinfurthi .... 172
Anthurium Chamberlainianum . . 164
— hybrides 78
Anvers ou Chicago 133
A Paris 222
Aphelandra 50
— dubia 233
Aquilegia Stuarti 164
Aralia Sieboldi 183
Araucaria Bidwilli 135
Arboriculture. . . 33, 61, 157, 191, 223
— fruitiere en rapport avec I'agri-
culture 93
Arbres des plantations publiques. . 222
Arbustes en fleurs 59
— forces 17, 49
Architecture de jardins 39
Arenaria montana 336
Arisema Giraldii '^^
Aristolochia 146,371
— gigas Sturtevanti 171
Arnold arboretum 329
Ari'angement des expositions d*horti-
culture 127
Arrow root 358
Asparagus medeoloides 74
— sarmentosus 271
Asperges (Plantation d') . . . . 57
Aspidiotus perniciosus 230
Aspidistra panachiSs 371
— typica * • 203
Atmosphere des villes 288
B
Balantium cnlcita 15
Balcons fleuris 198
Banane 250
Barometres et thermomdtres . . . 165
Bauera rubiaefolia 334
Baume de Copahu 296
Beaumontia grandifiora super ba . . 163
Begonia Bexley white 45
— corallina 242
— d'hiver 372
— double Neatness 227
— Empress Frederick .... 194
— Erfordia 45, 130
— Flora 164
— Gloire de Lorraine 114
— hermaphrodites 285
— King of Italy 194
— Moravia 75
— Paul Bruant 271
— Picotee 47
— President Camot 235
— Queen of Denmark .... 194
— tub^reux (Culture des) . . 60, 339
Berberis et Mahonia 160
— 388 —
Bertolonift guttata Alfred Bleu . . 201
Bibliographie . 36, 121, 205, 324, 355, 378
Blanc des Chrysanth^mes. ... 51
Blancquaert (M. Philippe). ... 83
Boronia elatior 147
Botanique nouvelle 134
Bouquet coftteux 8
— d'Hydrangea hortensis . . . 293
Bouturage 188
— dans reau 212
Boutures ligneuses 318
Bouvardia 17,115
Brownea Crawford! 47
Brugmansia et leur culture. . . . 337
Buddleia Colyillei 151
— variabilis 300
Bulletin de la Soci(^t<$ centrale fores-
tiero de Bclgique 261
G
Calathea 211
— polystricha 334
Galc^olaires 189
Callipsyche 114
Calochortus yenustus Vesta . . . 227
— Weedi 271
Camoensia maxima 101
Canna 284
— Reine Charlotte 55
Cantua buxifolia 212
Caraguata conifera 204
Carte postale d'un nouveau genre. . 263
Casimiroa edulis 77
C&S8e(La) 263
Catalogue japonais (Un) 234
— do Chrysan themes 324
C^leri 314
Certificats de 1'* classe .... 292
Chamaepeuce afra 100
Champignons comestibles .... 359
Chancre chez les arbres fruitiers 157, 349
Chftssis 284
— et serres sur roulettes . . . 230
Ch^ne de Dahlen 133
— de Robechies 37
— turc 266
Chicor6e Witloof 348
Chiens hors des pares 70
Chironia peduncularis 47
Chlorose(La) 216
Choisya temata 126,180
Chou panache 187
Choux fleurs 187
— frisks d'ornement 327
— hfttifs 313
Chrysanth^me Alice Seward . . . 353
— Amos Perry 289
— Garnet 364
— J. Bidencope 853
— J.Lightfoot 353
— Lady Fitzwygram 292
— Maggie Blenkiron 353
— Miss Alice Luckman .... 320
— Miss Dorothy Frankland . . . 322
— Bliss Dolcie Schroeter . . . 353
— Mrs D.Ward 354
— Mrs R. Filkins 353
— Mrs W. J. Godfrey .... 354
— Owen*s Perfection 353
— Princess Ena 354
— Purity 354
— Rose Wells 322
— Sir Edvin T. Smith .... 353
Chrysanth^mes . . . 152,284,349,355
— (Culture des) 347, 65
— (Deux nouveaux) 65
— (Expositions de) 9
— greff^s 114
— (multiplication des) .... 307
— nains h grandes fleurs . . . 370
— primes 320, 354
— (prix des nouveaux) .... 40
— (Un catalogue de) 324
Chrysanthemum fhitescens . . . 305
Ciboulette 314
Cienkowskia kirki 237
Cin^raires 184
Cinquanti^me meeting de L'Orohi-
DiEincE 72
Clematis X Countess of Onslow . . 236
— monstrosa 366
Clematite de Modwena House. . . 184
Clerodendron splendens .... 115
— trichotomum 138
Cliveia 179
— hybrides 327
— odorants 101
CoGNiAUX (M. Alfred) 346
Coleus 179
Commerce des fleurs 316
— des lilas a Paris 155
Commission de pathologie veg^tale . 200
Conciliation des int^rftts du propri^-
taire et du fermier .... 149, 181
Concours de balcons fleuris . . . 316
Congr^s de floriculture 311
— d'horticulture a Paris en 1895 . 329
Conif^res (faut-il fumer les) ... 33
Conservatoire v^giStal 72
Coreopsis vivace k grandes fleurs. 131
Cornusflorida 364
- 385 —
Les temperatures des serres sont k peu pr^s les suivantes : 15 degr^s au
d^but de la vegetation, puis 20 et 25 degr^s k Tepoque de la formation du
fruit; d6s lors, un peu moins jusqu'A la maturation (21 degr^s environ), et
moins encore pendant la conservation (15 degres au plus). Pendant les heures
otx le soleii donne sur les serres, j*estime que ces chiffres sont sensiblement
depassfe. L'eflfeuillage est trfts peu pratique.
II y a quelques ann^es, la coutume 6tait de commencer le forcage en
decembre, pour avoir la r^colte en mai et juin; on donnait alors aux plantes
un repos artificiel en les tenant deux mois k Tombre et en seringuant les
feuilles, et Ton pouvait mSme arrlver k obtenir deux recoltes dans une ann6e
en remettant la vigne en vegetation apr^s ses deux mois de repos. L'adoption
du Gros Colmar et du Black Alicante a permis d'instituer le procede actuel,
beaucoup plus avantageux.
Ges superbes varietes donnent des grappes tres volumineuses, k grains tres
gros, surtout dans le Gros Colmar. II n'est pas rare que les grappes de ce
dernier pesent 1 kil. 500 chacune; j'ai pu recemment en admirer une qui
flgurera sans doute k TExposilion d'Hoeylaert au mois de juillet, et qui
promettait de peser de 3 kil. 500 k 4 kil. a cette epoque.
Les fruits de ces belles varietes tardives trouvent un ecdulement tres profi-
table, non seulement en Belgique, mais surtout k Londres, oti ils sont cotes
couramment de 4 A 6 francs le kilogramme en novembre, et de 18 k 24 francs
le kilogramme en mars-avril.
Ges fruits arrivaient egalement en assez grandes quantites sur le marche
parisien avant retablissement des nouveaux tarifs douaniers, qui les ont
frappes d'un droit de 1 fr. 50 par kilogramme. L'exportation vers la France
est tombee immediatement au-dessous de la moitie de ce qu'elle etait Tannee
precedente, et il y a lieu de prevoir que cette marche descendante ne fera que
s*accentuer au benefice de I'industrie francaise, qui tend k se developper de
plus en plus activement dans les departements du Nord.
La periode pendant laquelle Tactivite atteint son maximum dans les serres
des viticulteurs de Hoeylaert s'6tend de la seconde partie de mai ou du 1*' juin
au 15 ou 20 juillet. G'est alors que le ciselage s'opere dans presque toutes les
serres. Le Gros Colmar surtout exige un eclaircissage severe, atteignant
environ les deux tiers.
Les maladies qui attaquent la vigne cultivee en serre k Hoeylaert sont peu
nombreuses : ce sont surtout Votdium et ce qu*on appelle le queutage, ou des-
sication de la tige de la grappe ou du pedoncule du fruit. Le Gros GuUlaume
paralt etre specialement sujet k cette maladie.
Le mildew ne se montre pas dans la localite.
L'un des principaux viticulteurs de Hoeylaert, avec qui j'avais le plaisir de
— 386 —
faire ma visile, m*a dit que les vignes avaient un autre ennemi, k savoir un
GbaranQon particulier qui cause beaucoup de dotnmages aux racines, et qui se
rencontre ^galement, paralt-il, dans les cultures similaires 6tablies k Guemesey.
C*est k r^tat de larve que cet insecte est le plus dangereux, et Ton doit avoir
soin de le d^truire quand on le rencontre.
HiSTORiQUE. — Le premier cultivateur qui eut I'id^e f6conde d'^lablir des
serres k vignes k Hoeylaert fut M. Sohie, qui poss^de actuellement un 6tablis-
sement d'une ^tendue 6norme, et dont les flls sont eux-mSmes des cultivateurs
tr6s habiles et trfes 6clair&. G'est vers 1865 qu'il construisit sa premiere serre,
qui devait ^tre suivie de tant d*autres; k peu pr6s en m^me temps fut fond6
r^tablissement de M. Sghoonjans.
Gette habile initiative ne tarda pas k 6tre suivie par plusieurs autres culti-
vateurs, qui surent comprendre immWiatement le brillant avenir de la culture
de la vigne sous verre. Les principaux 6tablissements actuellement sont ceux
de MM. ScHOONJAiNS, Schimp, Carlier-Wouters, Keyaerts, Van Ophbm,
Vandervaeren, Wauters, Gillyns, Delcorde, etc.
Enfin, il existe plusieurs grands ^tablissements analogues dans d*autres
localit^s du Brabant, notamment ceux de MM. Forster et Couturier, k La
Hulpe, Deudon-Marchal, a Sempst, Houyoux-Richald, k Rhode-Saint-
Gen6se, Bambust, a Saventhem, Demol, Vandenbranden, Vandevelde et
Van Ryselberg, k Overyssche, etc., etc.
II est curieux de constater combien on parle peu de ce centre de production
si actif, le plus important sans doute de FEurope pour la culture des Vignes
sous verre. Ghacun de ces cultivateurs habiles est exclusivement absorb^ par
son travail, et personne ne recherche le bruit. Les produits excellents qui, de
Hoeylaert, sont exp^di6s a Londres et dans toute TEurope, se font valoir suffl-
samment par eux-roemes. Neanmoins, les viticulteurs brabanQons ont compris
la n6cessit6 de se grouper pour la defense de leurs int^r^ts communs. II y a
quelques anntes, un grand nombre d^entre eux avaient adh6r6 k la Chambre
du Commerce horticole bruxellois, fondle par M. Lucien Linden; tout rdcem-
ment une sp6cialisation nouvelle s'est effectuto par la creation du Syndicat des
Viticulteurs beiges, dont le si^ge est 6tabli k Hoeylaert.
Georges Grignan.
— 391 —
Hedysarttm multijugtim .... 335
Helianthns lenticularis 139
H^m^rocalles 187
H^patique 58
Hillia tetrandra 170
Hippeastmin brachyandrum . . . 107
Horticulture en N^erlande (iStat de V) 199
HonbloD du Japon k feuilles panaches 28
37
327
136
80
107
Houx (Le) ....
Huile de tillenl . . .
Hybrides (A propos d').
Hydrangea (For9age des)
Hymenocallis concinna
I
Imhofia Duparquetiana 203
Impatiens auricoma 140
Incendie de I'lScole d'horticulture
Amsterdam 69
Incendies 285
Inflorescences de Statice .... 294
Influence de Tatmosph^re des villes
sur la y^g^tation .... 288
— du sujet sur la greffe .... 317
Insecticide 231
— (Un nouvel) 283
Ipomea (Mina) sanguinea .... 1.59
IrisHelenae 163
— yariegata Prince of Orange . . 204
— xyphioides 47
Isoplexis canariensis 171
Ixora macrothyrsa 15
J
Jador fibre 155
Jardin de Sir Walter Raleigh . . . 37
— fleuriste 98, 130, 159
— potager
Jordinier (Le meilleur) 229
Jardins des gares 8
— Royaux de Kew 101
Jasminum gracile 49
Jeux de la nature 308
Justicia carnea 106
K
Kalanchoe grandiflora 107
Karouba 295
Kino(Le) 229
L
Lachenalia 312
Lagerstrdmia indica 243
Lapageria 42,179,340
Lasiosipbon antbylloides .... 107
Latania borbonica 180
Lathyrus odoratus c Bronze King > . 98
Lecanopteris carnosa 299
Le plus grand arbre connu ... 38
Leucadendron argenteum .... 199
Lianes dans les serres 42
Lichen du Japon 104
Lilas 154
— Madame Lemoine 163
— Souvenir de Louis Spath . . . 195
Lilium Browni leucanthum . . . 270
— croceo-elegans 140
— philippinense 248
— Thunbergianum Horsmanni . . 227
Limaces (Destruction des) .... 70
Linden (M. Jean) 108
Lobelia Gerardi 49
Loropetalum chinense 163
Lotus pelyorhynchus 140
Lourya campanulata 78
Lowla maxillarioides 140
Lumi^re ^lectrique (La) .... 281
Lupinus fallax 334
M
Magnolia Watsoni 271
Maladie de la pomme de terre. . . 255
— des arbres fruitiers .... 318
— des violettes 359
Manguier en Floride 198
Maranta fascinator 105
— majestica 10
Maurandya Barckleyana .... 336
Medinilla magnifica 146
M^fiez-vous des Scolopendrium . . 134
Meilleur jardinier (Le) 229
Miconia velutina 331
Mine de bois 70
Mois de mars 1894 (Le) .... 104
— de mai 168
Monstera deliciosa 371
Monument v^gc^tal au Japon . . . 102
— a J. Hildebrandt 200
Mormodica mixta
MosaYculture 26, 29
Mousses et lichens 341
Moyen d'arroser les plantes en pot
suspendues au vitrage . . . 209
— de hftter la germination de cer-
taines graines 229
Muflier a fleurs doubles .... 344
Multiplication des plantes pour cor-
beilles 29
— des Chrysanth^mes par dragoons 307
— 392 —
Masa anrantiaca 78
— Manni 138
Myroama nana 170
N
Napoleona imperialis 203
Necrologie .... 83,262,325,355
Nemesia strumosa 15
Nepenthes (Les) 142,283
— mixta sanguinea 292
Nephrodiuni bibrachiatum .... 78
Nepbthytis liberica 74
Nerine appendiculata .... 298, 365
— Duparquetiana 365
Nertera depressa 306
Nicotiana 187
— colossea 3iJ0
NiduLirium Innocenti fol. luteo-var. 73
Nomenclature (Questions de) . . . 282
Noma de plantos 328
Notes de culture (Petites) 16, 49, 79, 113
144, 179, 210, 241, 275, 305, 339, 369
Nouveau pare a Londres .... 70
Nouvelle a sensation (Une) . . . 279
Nuages artificiels 135
Nymphaea Laydekeri rosea . . . 203
O
Odontoglossum crispura Ferrierense 367
(Eillet Duchess of Fife 195
— Lady Wantage 376
— Pride of Great Britain ... 24
— Souvenir de la Malmaison . . 242
— Uriah Pike 194
(Eillets 347,372
Oignon 26, 59
Ombrage des serres 239
Oncidium Kramerianum .... 206
Ophiopogon Jaburan 244
Opium en Chine 329
Orage en Austral ie 134
Granger en Californie (Culture de 1') 28
— et son histoire 360
Orangerie 92
Orchid^s cxotiques (Los) et leur cul-
tui'e en Europe 205
Ormes 153
Osteomeles anthyllidifolia . . . 172
Ouragan en Ecosse 7
Pal^ntologie (Dans le domaine de la) 359
Palmiers (Les) dans les serres 81
Pancratium caribaeum 49
ParcdeGand 325
Pares publics 230
— squares et jardins k Londres . . 39
Parfiim des fleurs (Gen^se du) . . 6
Passiflora Watsoniana 300
Passiflores 49
— comme plantes ornementales . 314
Paulownia imperialis 230
Pavonia hastata 45, 75
Pavots et coquelicots 36
Pelargonium 276
— a feuilles de Lierre . . . . 116
— Duke of Fife 195
— Mrs J. Wright 194
— parfum^s 323
Pelouses de gazon 28
Pentstemon hybrida gloxiniaeflora . 131
— Jean Mac^ 227
Peperomia 114
Peuplier de Marie- Antoinette ... 6
Phlox canadensis 195
Phoenix canariensis 202
Phugnium sanguineum 210
Phyllagathis hirsuta 41
Phylloxera 40
— en Champagne 263
Physalis Francheti 333
Pfaysianthus graveolens .... 236
Pieris formosa 160
Pincement 191
Pivoine Mrs Manning 195
Pivoines herbac^es de Chine h fleurs
doubles 199
Plagianthus Lyalli 139
Plantation d'asperges 57
— de sapins 222
Plantations en Tunisie 39
— modeles 223
— publiques .... 101, 222, 232
Plantes a feuillage 243
— de Nouvelle Uollande .... 276
— d^coratives en hiver .... 79
— en appartement 31
— fleuries en decern bre k Kew . . 18
— grimpantes 125
— nouvelles on recommandables 13, 45,
74, 106, 138, 170, 202, 235, 270, 298,
333, 364
— prim6es 163, 194, 227, 289, 320, 353, 383
— sacr^s dans Tarchipel malais . 165
— V(§n^neu8es 314
Platycerium aethiopicum .... 13
Pleroma floribunda 275
— macrantha 15
Poinsettia 50, 167. 371
Poiriers pour pyramides .... 61
— 389 —
Conrs de botanique 172
Gourtilli^res (Pour ^carter les) . . 9
Crassulac^es 359
Crataegus Lavalleei 333
Grinum Roozenianum 238
Crocus 58
Croton Baroness James de Rothschild 75
— Carrierei 203
Culture de la pomme de terre. . . 280
— de I'asperge 67
— de lavigne sous verre. . . . 381
— de la violette 381
— de Toranger en Califomie . . 28
— de quelqnes plantes bisannuelles 224
— des Amaryllis 249
— des Begonia tubereux .... 60
— des Chrysanth^mes ... 65, 347
— des Cact^es 369
— des Ixora 212
— des Maranta 11
— des plantes par la classe ouvriere 374
— des Tomates pendant toutel'annee 185
— du melon 218
— du Strobilanthes 210
— maratch^re aux ^tats-Unis . . 71
— sous verres color^s .... 249
Cyclamen 146,307
— persicum 242
Cyrtanthus O'Brieni 271
D
Dahlia Blanche Keith 312
— Cannell's Gem 291
— Cherub 291
— Cissie 322
— Fred Leslie ....... 291
— Grand Due Alexis de Russie . . 322
— Harmony 291, 323
— lona 291
— John Welch 323
— Katie Pamham. ..... 291
— Mayor Harkins 291
— Mrs A. Peart 279
— Mrs Barnes 291
— Mrs Francis Fell .... 289, 323
— Mrs Gordon Shaw 292
— Phyllis 292
— Psyche 292
>- Shottesham Hero 323
Daphne indica 80
Dattier k fruits noirs comestibles . 357
Decoration des tables . . . .71, 137
Decorations indnstrielles .... 228
Delphinium Alfred Henderson . . 204
— EmUiae 335
Dessiccation et emballage du raisin . 316
Destruction des insectes .... 188
— des limaces 70
— des pucerons 7
Deutzia paryiflora 77
Dichorisandra acaulis 297
Dictionnaire pratique d*horticulture
et de jardinage 251
Dietes bicolor 114
Dipladenia boliviensis 106
— carissima 362
— eximia 106
Dischidia Rafaesiana 335
Distinctions honoriiiques . . . 152, 357
Distribution de graines 135
— gratuite de plantes 327
DoDWELL (M. E. S.) 83
DoucET (M. Henri) 262
Dracaena 50, 180
Dracophyllum gracile 211
Drainage 146
Duplicature des ileurs de Narcisses . 69
Duree de la vitality des graines . . 376
E
Eborgnage des yeux dormants . . 282
Echeveria quitensis 47, 305
Echiuopsis Decaisneana .... 366
l^cole d'horticulture de TJ^tat a Gand
238, 266
foorce d'Andira 72
Eglises a Pftques 133
Elaeocarpns cyaneus 333
Electricite en horticulture. . . . 359
Encre pour ^crire sur le zinc . . . 102
Engrais chiroiques 25
— en horticulture 356
— Jeannel 136
— pour Chrysanth^mes .... 242
Enrochements de la galerie centrale a
L'HORTICULTURB INTERNATIO-
NALE 268
Entretien des jardins botaniques . . 266
Epacris 17
Epiphyllum 16
Epoque des semis 59
Eschcholtzia cucullata 366
— maritima 99
Especes du monde vegetal. . . . 200
Etiquettes durables 328
Eucharis 16
— Lowi 77
Eugenia polypetala 2:^8
— Ugni 358
Eunya japonica 210
— 390 —
EutocA viscida S64
ExAcum macranthum 107
Explosion Vilmorin 71,103
Exportation des produits de Thorti-
culture -116
Exportations de Belgique . . . .318
Exposition d'Anvers de 1894 . . 39, 213
— beige en Suisse 38
— de Cherbourg l'^'^
— de Chicago 221
— de Chrysan themes 9
— de Tourcoing 9, 88
— de Jacinthes en fleurs. ... 92
— de la Society nationale d'horti-
culture de France .... 228
— universelle de 1900 a Paris . . 7
— intemationale 252
d*horticultnre a Bordeaux 130, 348
de Lille 87
Expositions annonc(^s . 6, 40, 84, 116, 16(>
— d'Orchidees 31(5
— florales sans concours. . . . 244
— (arrangement des) 127
P
Faradaya splendida 298
Fecondation des G^illets .... 61
Feuillages d'automne 304
Feuilles de tomates comme insecticide 231
Feve Tonka -^
Ficus elastica 243
Figuier de Lausanne 166
Fleurs aux funtJrailles de M. Camot . 208
— bleues en hiver 104
— dans la soci(^te niodeme . . 21,53
— de Poinsettia 167
— en serre froide 147
— en verre 167
— et feuillages en fer 200
— et leur coloris . . . 309, 345, 379
— et plantes aux villas maritimes . 51
Floraison appauvric des Dahlia doubles 38
— des Primevdres et Polyanthus . 28
— printaniere 56
Floralie a Purmerend 295
Flore du Bas-Congo 262
Flower mission 231
For^age des Hydrangea .... 80
— du Reseda 276
ForGt de cadres 197
— de Soignes (Co qui reste de la) . 326
Fourcroya albispina 106
Fourmis (moyen de se d^barrasser des) 23
Fraises anglaisea nouvelles . . . 190
Fraisiers 153, 186
Framboise Strappers* Coloasal . . 96
FraxinuB rhynchophylla .... 6
Fritillaria aurea 156
Fructification du cacaoyer en Alle-
magne 296
FucHS (M. Louis) 261
Fuchsia 276
— globosa Dunrobin Bedder. . . 377
— Madame Bruant 160
— pendula 333
— Princess May 194
Fumigations dans les serres . . . 197
Fumure des Begonias tubereux . . 339
Funckia cultives en pots .... 153
O
Gardeners* Orphan Fund .... 155
Gardenia 16, 369
— Stanleyana 75
Gastrochilus albo-Iuteus .... 235
(iazania bracteata 238
Genese du parfum des fleurs ... 6
Geonoma decora 361
Gerardia tenuifolia 159
Gerberia Jamesoni 14
Germination (Conditions de la) . . 277
— (Moyen de h&ter la) ... . 229
Gladiolus grandis 322
— platyphyllus 106
Glaleul Casilda 322
— Frametta 289
— Leonora 322
— Magnet 289
GlaYeuls primes 323
Gloxinia de M. Kegeljan .... 252
— hybrida grandiflora .... 45
— Jjadas 195
Gmelina hystrix 202
Gracieuses corbeilles 325
Grammatocarpus volubilis . . . 333
Grandes floralies de 1894 .... 85
Grevillea Banksi 235
— robusta 17, 156
Greyia Sutherlandi 170
Griffinia hyacinthina 271
Gu&pes(Les) 136
Gunnera 305
H
Haemanthus candidus 3(X)
— coccineus 15
— Lindeni 13
Hannetons 168
Hechtia argentea 14
Hedychium X Wilkeanum . . . 299
393 —
Poire Beurr6 Van den Hove ... 94
— Bonne Louise d'Avranches . . 852
— Marguerite Marillat .... 63
— Triomphe de Jodoigne. . . . 319
Poifl de senteur Countess of Powis . 227
— Salopian 227
Polypodium dendricolum .... 864
Pommes de terre 26, 58
— (Culture des) 280
— (Maladie des)
Pomologie beige k St-Petersbourg . 826
Pontederia crassipes 370
Pores ^pics 252
Preparation du sol 25
— des plates-bandes 125
Primev6res nouvelles 89
Pbinosheix (Le professeur) . . . 325
Printemps pr^coce 126
Prix A. P. de CandoUe 102
— des Orchid^es 197
— des nouveaux Chrysanthemes . 40
Prostanthera lasianthos .... 286
Protea rhodantha 139
Pterisludens 286
Ptychococcus paradoxus .... 138
Ptychosperma elegans 141
Pucerons (Destruction des) ... 7
Pyrethrum 125
— Alfred Henderson 195
— parthenifolium glaucum . . . 335
R
Racines(Les) 282
Ramondla pyrenaica 385
R4colteduLin 220
Remade centre la toile 103
Rempotage 115
— des plantes de serre .... 80
Renseignements et cultures 25, 56, 91, 122
152, 186, 220, 249, 281, 312, 346, 378
R^sidus k d^truire 306
R^sultats de TExposition de Chicago 221
Rhododendron Fordi
— jasminiflorum roseum. . . . 235
— Maddeni longiflorum .... 170
— racemosum 189
— Reine Marie Henriette . . . 138
— Schllppenbachi 141
Rhododendrons delHimalaya. . . 123
— rustiques 56
Richardia 210
— Lutwychei 15
Ricinus zanzibarensis .... 99, 347
Roella ciJiata 241
Jlose the Mamap Cpch^t . . r . 322
Rose William Allen Richardson . . 340
Roses a flcurs simples 326
— de 1893 195
— tardives 830
— tr^mi^res 25, 122
Rouille du Celeri 313
Rubus japonicus tricolor .... 227
— phoenicolasius 335
S
Saintpaulia ionantha 295
Saison des Chrysanthemes (La) . . 283
Salades d'hiver 848
Salon royal k I'Exposition d'Anvers . 285
Salvia leucantha 79
Sanseveria Eirki 204
Sarracenia Drummondi et crispata . 302
Scabiosa major atropurpurea ... 7
Sciadophyllum pulchrum .... 870
Scilla sibirica alba 181
Scutellaria formosana 865
Semis 27
— (Profondeur des) 35
Sequoia gigantea 9
— (Un beau) 308
Serre-chapelle de Laeken . . . . 174
— froide 147
Serviteurs modules 69
Smilax argyrea 18
Society departementalc d'horticulture
de la Seine 252
— n^erlandaise d^horticulture et de
botanique 167,294
— pour Tavancement de Thorticul-
ture dans les Etats prussiens 263
Sol (Preparation du) 25
Solanum 211
— crlspum 15
— grimpants 272
— Wendlandi 79
Sparmannia africana 836
Spiraea Anthony Watorer. . . . 121
— astilboides 365
— bracteata 204
Stangeria paradoxa 141
Stenandrium Lindeni 164
Stenospermatiummultiovulat'um. . 171
Stephanotis floribunda .... 16, 389
Stigmaphyllon ciliatum .... 236
Strelitzia 91
— Reginae 79
Strep tocarpus Wendlandi et S. X Dyeri 171
Streptosolen Jamesoni 116
Strobilanthes Dyerianus .... 306
— isophyllus 77
— 394 —
\
SulfaUige des bois 33
Stylochiion maximus 237
Support a soucoupe 241
Surfa^ge de chauz aax Foug^res . 340
SyringaEmodi 334
— pckinonsis 336
— pyramidalis 164
T
Tabac ct iabac 103
Tacca integrifolia 307
Tamarin 328
Tamarix en Tunisie 261
Tarif douanicr am^ricain (Nouveau) . 295
Temp^ratare 27
— interne des arbres 33
Temp6te k Utrecht 262
Temple Show 176
Tetratheca ericoides 370
Thibaudia macrantha 138
Thompsonia nepalensis .... 140
Thrinax graminifolia 173
Thunbergia grandiflora .... 15
— Harrisi 114
Tillandfiia Leiboldiana 270
TodeaMoorei 138
Tomate en arbre rouge lisse . . . 226
Toronia Foumieri grandiflora coeles-
tina 131
compacta alba .... 139
Toujours Chicago 198
Toxicophiaea spectabilis .... 210
Tradescantia repens fol. var. ... 8
— reginae 13
Trains chauff^s 71
Transplantation des grands arbres . 313
— des arbres toujours verts. . . 338
Travanx du jardin 34
— du potager 122
— de la petite serre 124
Trichopus Zeylanicus 141
Trochodendron aralioides .... 204
Truffes (sont-elles des parasites). . 326
Trois plus belles plantes nouvelles
(Les) 12
Tropdefleurs 266
Tropaeoium Lindeni 267
Tulipa Sprengeri 2^57
Tupistra squalida 45
Tydaea pyramidalis racemosa . . 47
Un superbe jardin d*agr^ment.
Une station entomologique. .
154
155
V
Vanille k La Reunion (La) .... 104
Vanidium calendulaceum .... 276
Vente des fleurs coupes d'Orchid^es. 117
Verbena Aubletia 366
Verger de pruniers en Galifomie (Le
plus grand) 102
Vergers (Les) 245
Victoria regia 294
Vigne(La) 221
— au Vieil Anvers 296
Vignobles en Australie 293
Vins et champignons 38
Visite princidre 197
— royale k Haarlem 135
Vitis Coignetiae 77
Vriesea brachystachys 113
VuesduCk>ngo 133
W
Washingtonia filifera .... 71, 357
Waterer (John) 40
WiddringtonialWhytei 197
Willesden paper 329
Y
Yucca gloriosa 147
Z
Zephyranthcs carinata 322
— lilacina 300
Zinnia dl^gant double compact . . 132
— 395 —
PLANCHES OOIL.ORi:&ES
Adiantum Claesii 137
Amaryllis Le Triompbe 169
— Yvonne 217
Aphelandra dubia 233
Berfcolonia guttata Alfred Bleu . . 201
Buddleia Colvlllei 151
Canna Reine Charlotte 55
Oin^raires 184
Dahlia Blanche Keith 312
— Mrs. A. Peart 279
Dichorisandra acaulis 297
Geonoma decora » 361
Lilium philippinense 248
Maranta fascinator 105
— majestica 10
Miconia velutina 331
Muflier h, flours doubles 344
Nidnlarium Innocenti fol. luteo var. 73
(Eillet Pride of Great Britain ... 24
— Lady Wantage 376
Phyllagathis hirsuta 41
Primeveres nouvelles 89
Spiraea Anthony Waterer .... 121
Tropaeolum Lindeni 267
GRAVURES NOIRES
Begonia Bexley white 46
— Erfordia 130
— Moravia 76
— Picotee 48
— platanaefolia decora .... 177
Chamaepeuce afra 100
Chrysanthdme Amos Perry . . . 290
— Robert Owen 58
— Rose Wynne 66
Coreopsis vivace a grande fleur . . 131
Coquelicots simples anglais ... 36
Dipladenia carissima 363
Enrochements de la galerie centrale k
L'HoRTicTJLTUBE Intebnationale. 269
Eschcholtzia maritima 99
Fraise noble 191
— Royal Sovereign 190
— sensation 190
Framboise Strappers colossal. . . 97
Fuchsia Madame Bruant .... 161
Gerardia tenuifolia 159
Haenulnthus Lindeni 18
Houblon a feuillage panache ... 28
Ipomea sanguinea 159
Lathyrus odoratus Bronze King . . 99
LiNDEK (M. Jean) 109
Licuala grandis 82
Module de lattis k ombrer .... 239
Moyen d'arroser les plantes en pot
suspendues au vitrage .... 209
Nepenthes coccinea 143
— Hookeriana 145
Odontogloasum crispum Ferrierense. 368
Oncidium Kramerianum .... 207
Pentstemon hybride gloxiniaeflora . 132
Plantation combin($e (Modcle de) . . 223
— en carr^s , . 223
— en triangles isoceles ou quinconce 223
Poire Beurre Van den Hove ... 95
— Bonne Louise d'Avranches . . 352
— Marguerite Marillat .... 64
— Triompbe de Jodoigne. . . . 319
Pyramide 62
Ricinus zanzibarensis 100
Sarracenia crispata 301
— Drummondi 303
Serre chapelle de Laeken . . . . 175
— de Lapageria 44
Smilax argyrea 12
Support a soucoupe 241
Thrinax graminifolia 173
Tomate en arbre rouge lisse . . . 226
Torenia Foumieri grandiflora coeles-
tina 131
Tradescantia reginae 14
Yue dans le Salon Royal k TExposi-
tion d'Anvers 286
— dans une serre de M. Kegeljan . 254
— prise k TExposition de Bordeaux 128
Zinnia ^l^gant double compact . . 132
3 2044 102 797 248
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