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Full text of "L'Intermédiaire des chercheurs et curieux"

QU^QUF 




LINTERMEDIAIRE 



DES 



CHERCHEURS ET CJRIECjX 

FONDÉ EN 1864 

CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE, HISTORIQ.UE ET ARTISTIQUE 
QUESTIONS ET REPONSES, LETTRES ET DOCUMENTS INÉDITS 

COMMUNICATIONS DIVERSES A L'USAGE DE TOUS 

LITTERATEURS ET GENS DU MONDE, PROFESSEURS, ARTISTES, AMATEURS, . 
BIBLIOPHII ES, ERUDITS, COLLECTIONNEURS, ARCHEOLOGUES, GENEALOGISTES, NUMISMATES, ETC. 



Sf annp:e — 1921 

Premier semestre 






VOLUME LXX 






^^^•v-'*^--^ h 



'^U/i^' 



PARIS / 
l'iNÎERMEDIAlRE DES CHERCHEURS El CURŒUa 

31 bi^•, RUE VICTOR MASSÉ, 3I bis 



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I S h 



LXXXIII« Volume Haratssant les lo. 20 et Je jo chaque mou 



10 Janvier 1921, 






Bureaux : de 'd à 6 heures 



Cherchez et j 
VOUS trouverez * 




fff II se faut 

K tnlr'aiiier 

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N' 1531 

:ii''.r. Viciur-MaHBé 

PARIS (l\«) 

Bureaux : de 3 èi 6 heures 



DtS CHEHCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



— ■ > — » «wt-»- 



(jUliSTlUNS liT 



RKI'ONSKS LITTKKAIRKS, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 
riiOUVAII.I.ES ET CURIOSITÉS 



A nos Lecteurs 



(âueôManô 



Nous rappelous l'avis inséré dans nos 
précédents numéros : 

La diminution du prix du papier et la sta~ 
bilisation des salaires nous avalent donné 
à penser que les conditions d'impression de 
r n Intermédiaire », plus favorables, nous 
permettraient de revenir, c^tte année, à une 
périodicité supérieure, sans augmentation de 
prix 

C'est le contraire qui se produit L'impri- 
meur nous annonce qu'il augmente de 5o 0/0, 
le prix payé l'année dernière. 

A I heure actuelle, les charges d'impres- 
sion de r ■■i Intermédiaire » sont écrasantes. 

Les 36 numéros qui, avec gravures hors 
texte, nous revenaient, avant la gut-rre, 
comme impression, à environ 5 000 francs, 
nous reviendraient aujourd'hui, sans gravures, 
à plus de 28 000 francs. 

Il faut ou disparaître ou subir de nouveaux 
sacritices Nous avons assumé les plus lourds 
et nous continuerons. 

.Mais nous devons demander à nos collabo- 
rateurs et abonnés de consentir encore à une 
au>;mentation, cette année. On nous donne 
l'assurance que ce sera la dernière. 

L'abonnement pour 1 \^'î\ est 
porté à 30 francs par an pouk" la 
IT-^rance. (Six mcis 16 francts). 

Pour l'étrai!^ger: un an 32 frasées. 
(Six moils IS Trancs). 

Prix du numéro : 1 fr. 50. 

Les dates de publications resteront celles 
de l'année dernière. 

Nous ne doutons pas que nos abonnés et 
collaborateurs comprendront quels sacrifices 
il nous a fallu faire, pour ne pas même 
doubler le prix de l'abonnement, quand les 
frais ont quintuplé, et qu'ils resteront fidèles 
à un journal entièrement ^ leur service et qui 
ne tire profit d'aucune spéculati'^n. 



I .La duchesse d'Etampos. — Quelle 
! a été la fin de la duchesse d'Etampes, 

* maîtresse de François 1''. On lisait der- 
'. nicrement qu'elle s'était orientée vers le 
; parti protestant, mais sur quels docu- 
ments se fonde-t-on ? V. 

I La fontaine de Napoléon T'=' à 
: Bliescastel. — Pourquoi Bliescastel 
! (ville de Bavière, dans la Sarre tnainte- 
t nant) possède-t-elle une fontaine sur la- 
quelle est gravée une inscription à la 
;• louange de Napoléon I" ? Et pourquoi, 
> au château, dont il ne reste plus que des 
I ruines, j- a-t-.l, sur une des portes, un 
\ médaillon de Napoléon .? Ce château a-t-il 
I appartenu à Napoléon "ï Peut-on me dire 
i où j'en trouverai l'historique ? 
, Une Curieuse. 

Un manifeste de Pie VI. — Le 

; 13 janvier 1793, une émeute éclata dans 
! Rome. Blessé au cours de ce tumulte, 

• Hugon da Bassville. diplomate français, 
; mourut le lendemain dans le corps de 
! garde où il avait été transporté. A l'occa- 
i sion de cette mort, le Pape Pie VI adressa 
; une manifeste à toutes les Cours d'Eu- 
j rope, disant, entre autres choses, qu'a- 
vant de mourir, Hugon avait rétracté les 
serments prêté:, en vertu des décrets du 
17 novembre 1790, 26 décembre 1790 et 
14 août 1792. Dans ses Diplomates de la 

i Révolution, Frédéric Masson ne parle pas 

LXXXIII-i. 



L'INTERMÉDIAIRE 



N» 153 1. Vol.LXXXIlI 

3 

de ce document pontifical. Quel est la 
date et quelle est la teneur de ce « ma- 
nifeste >» ? F. IJZUREAU. 

Le Journal Historique du Régi- j 
ment d'Auvergne. — On sait que i 
l'acte héroïque du ch.evalier d'Assas à la j 
b:)taille de la Clostercamp (1760) a été ' 
contesté par plusieurs historiens qui ont \ 
voulu attribuer cet acte à d'autres officiers [ 
ou bien à des sergents du régiment. 

Voltaire est le premier qui ait révélé la ' 
conduite héroïque de d'Assas, vers la fin | 
de l'année 176^. Mais avant cette époque, : 
avait paru le Journal historique du régi- \ 
meut d' Auvergne, écnx par M. de Roussel, 
in-i2, »76;'. Cet ouvrage raconte en dé- ■ 
tails le dévouement du chevalier viga- \ 
nais. \ 

Or. on ne trouve pas cet ouvrage à la I 
Bibliothèque Nationale. Brunet n'en parle | 
pas. ] 

Un lecteur obligeant pourrait il nous ; 
dire si les autres bibliothèques de Paris J 
en possèdent des exemplaires, ou bien s'il ] 
se trouve Jans une des bibliothèques de i 
province ? Prosper F. \ 



Les curés de l'ancien Poitou. — 

Connaît-on un ouvrage ou un manus- 
crit donnant les noms des curés de Tan- 
cien Poitou (diocèses de Poitiers, de Lu- 
çon et de Maillezais, depuis la Rochelle) 
principalement à la fin du xvii* siècle et 
au début du xv!)!" ? Léon Maur B. 

L'île d'Oléans. — Dans le tomt 
dixième des Ltltres Edifiantes et Cu- 
t ternes, écrites des Missions étrangères 
(Nouvelle édition, ornée de cinquante 
belles gr; vures. Mémoire sur la Chine. 
M. DCCC. XIX) se trouve, page 41.;, une 
lettre du père Jacques, missionnaire de la 
Compagnie de Jésus, à M. l'Abbé Ra- 
phaehs, datée de Canton, le i*^' novem- 
bre 1722, dans laquelle il raconte en dé- 
tail les péripéties de son voyage de 
France en Chine. Au cours de cette let- 
tre, le missionnaire décrit la longue escale 
qu'il fit à l'iie de Poulo Condore, qu'il 
appelle /'île d'O'lcans, et dans laquelle il 
devait s'y trouvci Jejà une compagnie de 
soldats français, qu'une autre compagnie, 
qui était à bord de la frégate du mission- 
naire, venait renforcer. 



( 



Malgré mes recherches, je n'ai pu trou- 
ver l'origine, ni la date de l'appellation 
à.' Me d'Orléans pour Poulo Condore 

De plus, en vertu de quel traité y 
avions-nous, en r722, une garnison fran- 
çaise, et à quelle date y mîmes-nous cette 
garnison .? Enfin, à quelle époque, et pour 
quelles raisons, cessâmes- nous d'occuper 
cette île ? 

Lalos. 

D'Arragon, seigneur de Pas-y. 
— Le Bulletin Je la Société de l'hiifoirc 
d' Auteuil mentionne, d'après un acte no- 
tarié, un Sr d'Arraj^on, seigneur de Pas- 
sy, à la fin du xvi« siècle. L'un de nos 
collaborateurs pourrait il me donner quel- 
ques renseignements sur ce personnage, 
ses origines, sa famille, sa descendraice, 
sa fortune ? 

Madel. 

Copie manuscrite des Poésieg de 
Charles Baudelaire. - Asselineau 
écrit dans son ouvrage Charles Bmddnje, 
sa vie et ion œuvre {p 36) : 

Je ne le [Baudelaire] rejoignit qu'en iSso,.. 
c'est alors qu'il me moiitia chez lui, dans un 
logement proche du boulevard Poissonnière, 
le m.-)riusc!it de ses poésies magnifi .uement 
copié par un calligraphe, et qui formait deux 
volumes in-40 cartonnés et doiés C'est ce 
manuscrit qui a servi pour l'impression des 
Fleurs du Af.l. 

Peut-on mr dire ce qu'est devenue cette 
précieuse cof qui n'est pas mentinnnéf; 
dans le- cata^gue de la vente de 1^ bib 
iheqiie de Poulet Malassis, et que ce der- 
nier a peut être restituée à Baudelaire, une 
fois l'impression tei minée ? 

Un bibliophile comtois. 

Bouquié de Sainte Hermine. — 
|e serais très reconnaissante de quel- 
ques rcnscikinements sur un Bouquié ou 
Bouquié de Sle Hermine chirurgien des 
armées du Roi (Louis XV), auteur d'un 
ouvrage sur les eaux de St-Amand. Sait- 
on quelque chose de son mariage ou du 
mariage de l'un de ses proches avec une 
duchesse de Brunswick légitime ou bâ- 
tarde, et de sa descendance ? 

Marguerite Durand. 

Famille de Boardeai. — Rensei- 
gnements sur cette famille et armoireis 



DES CHEKCHliURS ETCURIEUX lo Janvier 1991 



de Charles de Bourdeau, S' des Essarts, 
Sénéchal de la Principauté de Marcillac, 
Avocat en Parle;iient de Paris ( 1672-1718) 
habitait Villejésiis (Qas Poitou) 

M. M. 

F. A. de Chateaubiiand. — Je pose 
une question à laquelle le^ fervents de 
(Chateaubriand répondront bien aisément. 

j'ai sous les yeux la fameuse brochure 
de Chaleaubria^ d : De Buotuparte, des 
Bourbons, édit. in-8°, à Dijon, de l'impri- 
merie Bernard-Defay, 181 4, 64 p. 

Or, la couverture porte : par F. A. de 
Chateaubriand. 

Chacun sait que Chateaubriand s'appe- 
lait et signait François René. 

Alors, pourquoi A ? 

Saint-Mai. o. 

Famille du Cluzsau d'Echôrac. —• 

Un aimable confrère pourrait-il me don- 
ner quelques renseignements sur cette 
famille ; d'où est-elle originaire et quelles 
sont ses armoiries ? 

P. C. 

Le Dohat. — Le premier registre de 
la série dite : Registres Consulaires de la 
ville de Limoges (Archives de la Mairie) 
offre plusieurs dessins, contemporains 
des textes qu'ils accompagnent. 

Le premier est un croquis de la fon- 
taine qui se dressait autrefois au carre- 
four Saint-Pierre. Il représente une vas- 
que, surmontant une colonne torse. Cette 
vasque portnit en son pourtour, une sé- 
rie d'ouvertures, par où l'eau s'échappait 
pour retomber dans un bassin cyfindrique 
inférieur. 

Ce curieux dessin est placé en marge 
d'un texte se rapportant à une sentence 
rendue en 1 934 par le juge civil des Con- 
suls de la ville de Limoges, dans le but 
d'obliger certains propriétaires à nettoyer 
les oseraies, au dessus du conduit des 
eaux qui alimentaient cette fontaine. 

Le dessin est accompagné de la légende 
suivante : Le Dohat de la Fontaine de 
Saint Pierre-de-Queyroy. 

Quelle est la signidcation exacte et 
l'etyiTiologie du terme Dobat ? 

Sept. 



Jean Pierre Pagas. 



Qy. buiton 



de Jean-Pierre Pages de Seix, exécuteur 
testamentaire de Benjamin-Constant ? 

V. 

L'abbé Prévost, parricide. — 

L'nbbé Prévost racontait, parait-il, qu'il 
avait assassiné son père, ou que tout au 
moins il avait provoqué sa mort en le 
précipitant dans un escalier. Les biogra- 
phies se taisent sur cet if>cident drama- 
tique de la vie très agitée du célèbre abbé. 
En est-il question quelque part .-* 

Anceps Imago. 

Manon Lescaut à Paris. — J'ai lu 

autrefois, dans le Bulletin de la Société 
Historique du 6® arrondissement, une 
note de M. Fromageot, dans laquelle il 
.'îffirme que Manon Lescaut, lors de son 
arrivée à Paris, descendit a l'auberge du 
Cheval Blanc, récemment démolie, qui se 
trouvait rue Mayet, ancienne rue Contres- 
carpe-St André. Rien, dans le roman, ne 
confirme ce renseignement ; est-il exact ? 

Anceps Imago. 

Paul Pharès,critiqae d'art franc- 
comtois. — je possède une plaquette 
intitulée L'Exposition Franc Comtoise des 
Beaux-Arts à Lons-lc Saunier ^ par Paul 
Phares (Lons-le Saunier, impr. et lithogr. 
de Victor Damelet, 1876, in S"). 

Je désirerais connaître le nom du cri- 
tique d'art qui se cache sous le pseudo- 
nyme de Paul Phares. 

Un bibliophile comtois. 

Taraisier, inventeur du canon 
rayé. — Où trouver de cet ancien poly- 
technicien, mort sénateur du Jura, une 
biographie, et une élude sur son * in- 
vention >* ? 

Lhd. 

Jeân-"Victor de Traverse, ou Tra- 
versay. — Un de nos amis possède deux 
portraits en pied de la fin du xviii" re- 
présentant, semble-t-il, le même person- 
nage, un garçonnet de cinq ans environ. 
L'un de ces portraits le montre debout 
en habit de soie gris, et présentant les 
armes avec un mousqueton. L'autre le 
montre à genoux, dans un uniforme 
blanc, soutaché de rouge, qui était celui 
du régiment de Rohan-Infanterie. Un pla- 



h 



L'INTERMEDIAIRE 



NOI53I. Vol.LXXXlII 

7 

cet que l'enfant tient à la main, et qu'il 
présente è Marie-Antoinette, alors Dau- 
phine, nous indique qu'il s'agit de jean- 
VtctoT de Trjvt'rse. 
Voici ce qu'on lit sur le placet : 
Placet à Madame la Dauphiiie, Jean Victor 
de Traverse, âgé de quatre ans et neuf mois, 
se jette ï vos pieJs pour obter ir, à U faveur 
de son jeune âge et de sa bonne volonté, la 
permission de vout-r sa vie à votre service 
espérant que vous auuz soin de sa vieillesse 
lorsqu'elle le mettra hors d'état de remplir 
les uevoirs de soldat. 

Stokach. le a mai 1770. 

Au-dessus des personnap^es dans le 
coin droit du tableau, on voit un autre- 
libellé décoré de deux torches enflammées 
et posées au dessous d'un cœur également 
enflammé ; à droite et à gauche , une aigle 
noire retient dans ses serres les coins 
d'un petit cartouche au dessous duquel se 
lisent les mots suivants : 

Né fil» de soldat, j'aspire à l'être. Daignez 
Auguste princesse, me permettre de vous 
présenter ce pt;tit placet. Mes désirs se réu- 
nissent, en ct moniti;t d'allégresse généralle, 
au bonheur de me piosterner devant vous et 
de vous lendre un hommage bien faible, il 
est vray, mais pur et sincère. 

Qiii était ce Jean Victor de Traverse ou 
Traversé ? De qui était-il fils ? Ne s'agi 
rait-il pas plutôt de la famille de Tra- 
versay ? 

T. 

"W et V en néerlandais. — Le w se 
prononce t il comme en anglais ou comme 
en allemand dans la langue néerlandaise P 
Ainsi doit-on dire Ouaterloo ou Vater- 
loo ? 

D'autre part, dans la même langue, le 
V se prononv:e-t-i[ v comme en français 
ou f comme en allemand ? Faut il dire 
Vanloo ou Fanloo ? 

j'ai interrogé, au sujet de la prononcia- 
tion correcte de ces deux consonnes, des 
hollandais et des flamands, sans jamais 
avoir pu obtenir d'eux des réponses uni- 
formes. 

ClNQ.DtNlRRS. 

Armoiries à déterminer ; étoile 
naissante. -■ Sur une plai|ue de che- 
minée, laquc rongée par le feu et venue 



8 



du côté de l'Indre, on voit encore dans 
une ovale qui forme écu : 

Dans le bas : un croissant montant, 
Dans le haut, a gjuche, une étoile nais- 
sante. 

A quel personnage appartenait cet 
écusson .'' J. C. 

Distique à compléter : « Taurino 
nobis... » — Sur le linteau de la porte 
d'un ancien collège de jésuites j'ai lu et 
copié les vers suivants : 

Taurino nobis virtus titane revivens 

inaque venit 

(ou ilaqL,e) 
Qyelque confrère plus lettré pourrait- il 
compléter le 2' vers? 

J. C. 

Devises à identifier : ad alfa. - 

QiteUes sont les deiix familles alliées 
avoir eu ces cris ou devises : 
Ad alla 
Battons et A Fitustate 

abritions robus. 

Entre ces trois devises, une couronne 
de comte. Les deux écussons ont été pas- 
sés au marteau. 

Un de mes amis, qui n'est pas de \'In- 
termédiaire et qui attache beaucoup de 
prix au temps, sollicite une réponse ur- 
gente à cette question. 

Ch. Ad. c. 

Définition de deux médail es : 
Patte, Permiseux. — Danb l'héritage 
d'un petit collectionneur de province ont 
été trouvées les deux médailles ci-après 

1'^ Médaille de 51 millimètres. 

Dans une couronne de laurier : 

A PERMISEUX SES .V.ALADhS RE- 
CONNAISSANTS. 1857. 

Rev. Dans une .Tulre couronne de lau 
rier : 

1600 SOUSCRIPTEURS. 

AUX BIENFAITEURS DE L'HUMA 
NIIE S\LUr ! 

2" Médaille de 46 millimètres : 

Au droit, la tète de la République de 
Vauthier Galle ; 

Au revers, dans une couronne de lau 
rier : 

GARDE N.VTIONAl E DE PARIS, AL 
DOCTEUR PATTE, SOUVENIR Dt RE 
CONNAISSANCE. 1851. 



DRS CHERCHEURS ET CURIEUX ,o Janvier 1921 

10 



Qyels étaient les personnages que ces 
■ médailles ont voulu honorer ? 
f Pour la i"»,Permist'ux était-il un médecin 
! qualifié, un médecin de la Faculté, ou un 
guérisseur d'occasion ayant fait la ré 
clame par quelque spécialité « comme on 
en voit tant de nos jours à la 4° page des 
journaux politiques». 

Pour la 2", quel était ce Patte (sans 
doute un médecin régulier de l'armée) et 
pour qu 1 motif cette médaille spéciale de 



reconnaissance r 



Y at il eu une cérémonie régimen- 
taiie ou publique pour la remise ..e ce 



souvenir 



H. H. 



^"ensée sur la mort. — De qui est 

cette pensée ; 

< Mourir, n'est pas finir, c'est le matin 
suprême. Non ! je ne donne pas à la mort 
ceux que j'aime ! Je les garde ». 

Miss M. 

« Lui qui voit tout en Dieu.n'y voit 
pas qu il est fou >\ — Ce vers irréven- 
cieux contre le P. Malebranohe e5t-il de 
Voltaire, comme la affirmé Vapereau 
dans son Dictwnnaite des LittJratnres ? 
Ne serait-il pas plutôt du doux abbé Fav- 
dit P Pourrait-on me dire exactement où 
il se trouve, dans l'œuvre du satirique 
qui Ta lancé ? 

D'' Friend. 

Se lever tôt. -— « Pavis, (ou la 
France) est à celui qui se lève de 

bon matin». — Ce mot a tou ours été 
attribué à Emile de Girardin, même avant 
184S. 

Girardin commençait son article quo- 
tidien dès 5 heures, chaque matin. 

11 a été aussi attribué à Thiers, et 
même à Napoléon ^^ 

Quelle est l'origine de cette locution 

overbiale .'' P. 

« Il n'y a plus une faute à com- 
me'tre ». — Le Conespoudant ^n 10 jan- 
vier dernier (chronique politique) attribue 
ce mot fameux à Gambetta. N'a-t-il pas 
été plutôt prononcé par M. Thiers, dans 
une séance du Corps Législatif, sous le 
Second Empire ? Un de nos confrères 
pourrait-il nous fixer sur ce point en 



. nous rappelant les circonstances dans 
lesquelles ce mot fut prononcé ? 

j. W. 

Lettres de souhaits des Cardi- 
naux. - Depuis... (il serait intéressant 
de savoir depuis quand l'usage), les car- 
dinaux de tous pays s'envoient fin no- 
vembre de chaque année, des souhaits de 
Bon Noél et Bonne Année, par lettres 
soit entièrement manuscrites, soit dacty- 
lographiées, soit en latin, srit en italien. 

Comment pendant la guerre ont-ils 
agi ? Car toutes les nations, où il y a des 
membres du Sacré Collège (sauf un mem- 
bre en Hollande — et il demeure à Rome 
— et ^ en Espagne), étaient en guerre. 
Et depuis .f' Leurs Eminenccsont elles, avec 
esprit chrétien et l'oubli de bien tr'stcs 
choses, repris cette vieille tradition de 
haute courtoisie? Saint-Saud. 

L'âge militaire. — On s'est beau- 
coup préoccupé, ces dernières années, de 
la santé des jeunes gen ; arrivant au régi- 
ment, ne les considérant pas, à i8 ou à 21 
ans, comme sutfisamment faits, pour la 
plupart pour supporter sans dommage 
les fatigues du service militaire. 

Y avait ii, aux deux siècles précédents, un 
âge minimum pour entrer dans la car- 
rière militaire et faire campagne ? Je ne 
parle pas de l'instruction des armes qui 
commençait fort tôt pour les gentilshom- 
mes, mais de Page auquel ils entraient 
habituellement, du service public, j'en- 
tends par là dans les régiments appelés à 
faijc campagne. 

Y avait-il aussi une limite d'âge pour 
quitter le service? Capitaine T. .. 

Comparaison : « Beaucoup de 
m.'<l quand je m'observe ; b aucoup 
de bien quana je me oompctre ». — 

On lit dans le Temps : 

II faut, en pareille matière, se hâter de rire 
des fautes des autres, de peur d'être oblige 
de rougir des siennes, et se dire mais "a re- 
hour.s, ce mot de l'abbé Maurv à qui quelque 
indisciet ou quelque naïf demandait ce qu'il 
pensait de lui-même : « Beaucoup de mai 
quand je m'observe, beaucoup de bien quand 
je me compare ». 

Ce mot a été prêté à divers person 
nages : de qui est-il exactement. V. 



N» 1531. Vol. LXXXMl 



L'INTERMEDIAIRE 



12 



Kipouecô 



Duc de Bourgogne (LXXXIL 3330). 
— Je comprends pluiôt mal la question 
posée et ne pense pas que Louis XIV eut 
des raisons bien particulières, profondes 
et politiques pour donner au fils aine du 
Dauphin, le titre de duc de Bourgogne. 

H donna successivement à ses trois pe- 
tits fils les titres de trois anciens duchés 
qui avaient été sous les Valois les apana- 
ges de fils de roi, Bourgogne, Anjou, 
Berry : rien de plus naturel. Et si louis 
l'ainé, fut titré duc de Bougogne, c'est 
sans doute parce que la Bourgogne avait 
la possession d'élat d'être le premier du- 
ché-pairie du royaume. 

Je n'ai vu nulle part que la collation 
de ce titre au fils aîné du Dauphin ait 
donné lieu à des protestations ; sur quoi 
auraient-elles été fondées? Est-ce que des 
traités formels n'avaient pas reconnu les 
droits incommutablesde la France sur la 
Bourgogne ? Qii'est ce que la Hollande 
surtout viendrait faire ici ? Elle n'avait 
été unie autrefois à la Bourgogne que par 
un lien personnel. 

H. C. M. 

Les mémoires de Barras. Qu'est- 
ce que son prétendu 'i mémoire jus- 
tificatif » Oii est l'original ? (LXXXI, 
377 ; LXXXIl, 339). — On lit dans la Rr- 
vûluiion françatse (octobre-novcmbiedé- 
cembre 1920) sous la signature de M. Au- 
lard : 

Il n'est pas dans nos habitudes de publier 
des documents dont nous ne pouvons gai.-;n- 
tir absolument rautheiiticité. Je ne donne 
que sous toutes re'serves les pages sur Siexes 
et sur Taileyraiid qu'on va lire, et qui m'ont 
été communiquées comme étant de Beiij.!- 
min Constant plus ou moins inspiré par 
Barras. 

Voici comment cette communication m'a 
été faito : 

J'ai reçu, il y quelques mois, la visite de 
M. Do, cy. licencié ès-kttres, ancien lédac- 
teur du Petit Niçois. 

Il me dit avoir pris copie d'un mémoire 
justificatif de Barras chez M. de F. ., de- 
meurant en Italie, près de Pisloia. Les F... 
tont de la faniillc maternelle de Barras dont 
\i blanche fran«;3irc seinble Cleinle. Ils ont 
pcrniiv j M. Doncy de copier, ils lui ont 



permis de publier, mais ils ne veulent pas, 
dit-il, que leur no ii soit prononcé 

Ce ménioire ne fait pas du t 'ut double em- 
ploi avec les mémoires de Barras, dont feu 
Georges Duruy a publié naguère la rédaction 
qu'en avait faite Rousselin de Saint-Albin. 
Les notes originales de la inain de Barras sur 
lesquelles Samt Albin travailla , et que 
M. Georges Duruy n'a pas publiées, ont été 
récemment vendues avec la magnifique col- 
lection Saint-Albin par la veuve de Georges 
Duruy qui est, je crois, une descendante de 
Rousselin. Soit dittn passant, il y avait dîins 
cette collection des lettres officielles de di- 
vers personnages du temps de la Révolution 
et de l'Empire, notamment de Hocho et de 
Brune, un dossier de l'affaire Mallct. Ce 
sont papiers d'Etat qui auraient dû laire re- 
tour aux Archives Nationales ou aux archives 
de la Guerre. Tout cela est malheureusement 
dispersé et j'ignoie quelles sont les posses- 
seurs actuels. 

Le manuscrit qu'a copié M. Doney n est 
pas, m'a-t-il dit, de la main de Barras. La 
piemièie partie est, en général, de la main 
de son secrétaire Botot. La seconde est en 
général de la main de Blanc, son dernier se- 
crétaire. Il y a çà et là, presque à chaque 
page, surtout dans la seconde paitie, des an- 
notations de la rnai.i de Barras ; il appose 
fréquemment sa signature en marge pour au- 
thenlifier. 

Quelques parties, me olit encore M. Do- 
ney, sont de la main .e Benjamin Constant, 
d'autres de la main de Mme de Staël, d'autres 
de la main de Réa!, d'autres de la main de 
Sicyès. d'autres, enfin, de la main de l'ex- 
conventionnel Bréard. 

Je lépète textuelle'nent ce que m'a dit 
M. Doney, dont j'ai noté les paroles aussitôt. 
Il m'a dit que, pou; cette question des 
écrits posthumes de Barras, il était intéres- 
sant de lire dans la Gaeeite dss Tribunaux, 
année 183s ou 1S36, le compte rendu d'un 
procès que Mme Barras eut alors avec Rous- 
;.c!in de Saint-Albin, Mais mes recherches 
dans la Gaseite des 'Trthunaux ont été 
vaines. 

Barras eut donc, pour la rédaction de ses 
mémoires, des cjllaboiateurs illustres. Il 
scnibie, au premier abord, peu vraifemblable 
qu'ils se soient abaissés à l'humble besogne 
de secrétaires qui écrivent sous la dictée, ou 
même de r*:dactenrs qui mettent en bon style 
dos notes d'autrui. Il s-iinble a priori, plus 
probable, qu'ajoutant leurs souvenirs aux, 
siens, leurs impress'ons aux siennes ils ont, 
quand ils tmrenl la plu.nc,frit œuvre h demi 
originale. 

Je me suis dit d'abord que ce devait être 
le cas de Benjamin Constant, dont M. Doney 
a copié, «vec tout l'ouvrage, les pages qu'il 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



lo Janvier 1931 



lî 



M 



croit auto^rraphes sur Sieyès et sur Talley- 
rand. 

Ce mémoire justificatif de Rarras, 
d'après lequel M. Aulard public dans la 
Révolution /rançaist, des pages inédites 
de Benjamin Constant, est celui d'où la 
Revue hifloiiqu.^, a tiré le procès-verbal 
d'une séance secrète du Directoire, au 
cours de laquelle Barras s'entretint avec 
ses collègues de l'enlèvement du dauphin 
— dont ses mémoires authentiques ne 
soufflent mot. C'est également de ce mé- 
moire justificatif qu'est sortie la déposi- 
tion de la femme Sir-on, publiée par la 
Connais'iance, et dans laquelle la femme 
Simon parle également de l'enlèvement 
du dauphin 

Ces déclarations auraient une inipor- 
•ance considérable puisqu'elles détrui- 
laienl.si ellesétaient dém')ntrées aulhenti- 
lues, la version officielle historique de 
la mon au Temple. 

L'une et l'autre ont été apportées, en 
copies, d'après le mémoire original, qui 
appartient à M. de F., en Italie. Qui est 
M. de F... ^. Un descendant de la famille 
Barras par la branche maternelle nous 
dit-on. Mais il faut nous en tenir à l'ini- 
tiale. On ne peut pas révéler le nom. 
Pourquoi ce mystère ? Pourquoi est-il in 
terdit de voir ce manuscrit, ignoré jus 
qu'ici, qui apporte, avec une précision 
déconcertante^ autant que répétée des 
preuves que, dans une controverse ar- 
dente, les adversaires ont cherchées v-^ine- 
ment partout depuis plus de cinqi'.antc 
ans. 

Cette queîlion, M. Aulard se la pose, 
sivèie quant aux sources, il fait ses ré- 
serves sur les documents que M. Doney 
lui fournit. Néanmoins, il leur fait le très 
grand crédit de les accueillir et le très 
grand honneur de les discuter. 

Ce mémoire offre une particularité 
vraiment singulière : il est fait en colla- 
lioration avec Benjamin Constant, avec 
Mme de Staël, avec Real, avec Sieyès. 
avec le conventionnel Bréard. Tantôt, ces 
personnages illustres écrivent, tantôt ils 
dictent. Où se réunissent-ils pour faire 
cette œuvre collective, et dans quel but ? 
Quel intérêt avaient-ils à écrire, avec Bar- 
ras, un mémoire pour la défense de celui- 
ci, qui ne devait d'ailleurs jamais le pro- 
duire ? 



Il parait que si on lisait la Galette dei 
TrihunaiX, année 1855 ou iSjb, le 
compte rendu d'un procès que Mme Bar- 
ras eut avec Rousselin de Saint Albin, on 
aurait la clef de tout cela. Malheureuse- 
ment la Gabelle des Tttbunaux, à laquelle 
M. Doney renvoya M. Aulard, a été con- 
sultée par cet historien qui déclare n'avoir 
rien trouvé. 

Cependant, il a écouté le récit de son 
fournisseur de textes, a qui les partisans 
delà survivance avaient prêté, avant lui, 
une oreille infiniment complaisante. Il a 
retenu ses portraits de Sieyès et de Tal- 
leyrand par Benjamin Constant qui n'a 
fait, dit il pour Talleyrand, que ramas- 
ser en un portrait les traits épars dans 
les mém'iires connus de Barras Ainsi ce 
portrait inédit de Talleyrand n'a d'inédit 
que sa re.laclion. 

G Lenôtre dans son bcrau livre, Lg Roi 
Louis XVII, tout en étayant, entre autres 
arguments, son hypothèse de la survi- 
vivance sur la copie du manuscrit du 
procès-verbal de la séance secrète du Di- 
rectoire, écrit ; « Pourquoi ne pas nous 
indiquer l'origine de ce manuscrit, sa 
transmission régulière de main en main, 
avec pièces à l'appui ^ » M. Aulard, dont 
la critique est, l'ordinaire, si rigoureuse- 
ment scientifique, s'associe, évidemment, à 
ce vœu. 

Nous ne sommes sans doute pas au 
bout de ces révélations documentaires 
sensationnelles. Mais ne conviendrait-il 
pas, maintenant que l'on sait que cette 
source italienne est remarquablement 
abondante, de s'en tenir là jusqu'à ce qu'il 
soit démontré qu'elle est également au- 
thentique .'' 

Et, à ce propos, un de nos collabora- 
teurs, très intéressé par les papiers révé- 
lés, et qui sont appelés à révolutionner 
l'histoire, nous demande qui est M. Do- 
ney. Nous aurions pu lui répondre qu'il 
est un homme heureux puisqu'il jouit 
d'une faveur insigne refusée à tout le 
monde. Mais M. Doney répondra plus 
exactciiient lui même, s'il le juge conve- 
nable, soit sous son nom, .soit sous le 
nom de Lachambaudie ou de tel pseudo- 
nyme dont il lui plaira d'user. 

G. M. 

I J'ai lu comme beaucoup d'autres et avec 



ïb 



N« 1531. Vol. LXXXIII L'INTERMEDIAIRE 

— i"? 

un réfl intérêt anecdotique le dernier 
volume de M. G. Lenôtre, mais avoue 
n'avoir été nullement convaincu delà sur- 
vie de l'enfant roi et martyr. Reste tou- 
jours intacte pour moi cette objection: la 
disparition complète absolue, définitive de 
l'enfant, qu'on a certainement fait évader î tain nombre d'anoblies 



montaient au xvi* siècle et 15 0/0 au 
xv (en estimant les exiinctions à ^8 0/0 
pour le xvj« siècle et 40 0/0 pour chacun 
des suivants) Cela nous ferait donc, en te- 
nant compte aussi du xix* siècle, 1800 
familles remontant à 1499, dont un cer- 



pour en faire un drapea-i et d'mt personne 
ne se sert. Des témoins comme la veuve 
Simon, sénile et radoteuse, qui d'ailleurs 
avait quitté le Temple avant la date don- 
née comme éiant celle de la mort, ont 
bien peu de poids. Et je trouve fort sage 
la conclusion de M. G. M. Pour moi 
comme pour lui,lamortau Temple paraît 
jusqu à nouvel ordre, la solution la plus 
acceptable du point de vue documentaire 
et historique. 

H. CM. 

Le nombre dyt nobles avant 
1789 (LXXVIl ; LXXVIII ; LXXIX ; 
LXXXI, 360). — Il est impossible de ré- 
pondre exactement aux deux premières 
questions de M de C. En tablant sur 
des bases sérieuses, on peut évaluer qu'il 
y avait en 1789, en France, 50.000 foyers 
nobles se rapportant s environ 20.000 fa- 
milles difTérentes, dont 12.000 environ 
n'ayant qu'un membre de 25 à 60 ans, 
marié, et les autres en ayant 2 ou plu 
sieurs. 

Le coefficient d'extinction est d'environ 
40 0/0 par siècle pour les familles n'ayant 
alors qu'un membre, et 40 0/0 divisé par 
le nombre des membres, pour celles en 
ayant plusieurs. fLa proportion mathé- 
matique des extinctions serait de 58 0/0 
pour les familles n'a)'ant qu'un membre, 
en supposant qu'en moyenne cent mé- 
nages auraient en total 100 garçons et 100 
filles, et en tenant compte des piobabi- 
lHéf : un ménage ayant 2 garçons, 2 
ayant un garçon et une fille, un ayant 2 
filles. Notre chiffre de 40 0/0 est peut- 
être suffisant, malgré la guerre de 1914, 

qui a occasionné la fin de beaucoup de [ jai tenté pour le Forez : cet essai serait 
familles (nous supposons une moyenne ' publi? si je n'avais cru nécessaire de l'ac- 
de 5 enfants productifs). 1 compagner des volumineux rôles des 

Au nonbrc des 30.000 feux indiqués i vingtièmes, de la capit.Uion, de la taille 
ci dessus, il faut ajouter un certain nom i des ci-devants en 89 ; rôles qui fournis 
brt de familles qui étaient en passe d'ac- 1 sent des précisions extrêmement utiles 
quérir la noblesse graduelle, et les fa- I sur les privilégiés, leurs biens ; la répar 
milles clrimf,'crcs naturalisées. Sur les ! tition de la fortune entre les classes so 
ao.oeo familles citées, j6 00 au plus re ' ciales et l'elcndue des privilèges respec 



Ours d'Acluitaine . 

* « 

Je me permets d'affirmer : i" Il sera 
absolument impossible de savoir le nom- 
bre des familles nobles d'^exU action en 
1789. jamais un semblant même de cata- 
logue n'en fut essayé. 2"* impossible de sa- 
voir combien en 1789 il y en avait jouis- 
sant ngulièrement de la noblesse. 

Les catalogues des votants aux Etats- 
Généraux sont un peu incomplets, puis 
mentionnent des noms patronymiques 
avec des variantes d'orthographes, ou 
bien ne donnent quelquefois que le nom 
terrien, ou bien encore mentionnent des 
femmes dernières de leur nom. — Quant 
au 3*, les ouvrages du Vicomte Révérend, 
qui sont aussi complets que possible, 
donnèrent pour le xix* siècle les détails 
très suffisants. Ce ne sera qu'une affaire 
de patience pour les y relever. 

Saint-Saud. 

* » 

Depuis que la questions été posée, il y 
a deux ans, j'ai essayé de la résoudre. En 
l'état actuel de la documentation il me 
parait impossible d'obtenir un résultat 
satisfaisant pour un travail d'ensemble, 
tant les causes d'erreur abondent, il faut 
déterminer les chiffres par provinces, et 
lorsqu'il s'agit de vastes provinces, par 
bailliages, ou élections si la documenta- 
tion se présente mieux au point de vue 
fiscal. 

Comme nul ne peut connaître conve- 
nablement toutes les provinces, il fau- 
drait qu'en chacune d'elles un chercheur 
accomplit cette tache locale. C'est ce que 



DES CHERCHEURS BJ t^URIEUX 



10 Janvier i^îi 



,7 

tifs des divers ordres ., et sous ordres ; 
clergé, gentilshommes, anoblis, bour 
geois jouissant de la noblesse personnelle 
ou de privilèges identiques. 

l.cs sources sont dispersées dans les 
archives départementales, 'ocales, pri- 
vées, et à Paris aux Archives, à la Biblio- 
thèque, etc. Si M di C désire entrepren- 
dre une recherche analogue, je pourrai 
lui communiquer mon travail : les im- 
perfections du plan, les erreurs déjà re- 
connues, les longs tâtonnements sont des 
exemples à ne pas suivre. J'avais à faire à 
une petite provmce assez riche en publi- 
cations d'histoire locale ; cependant j'ai 
eu quelque peine à dresser le catalogue 
raisonné, encore qu'imparfait sans doute, 
des familles nobles foréziennes, parce 
que 



18 



de la q-ialité d'écuyer et même de cheva- 
lier de très nombreux roturiers à privi 
lèges temporaires ou viagers, sans comp- 
ter les usurpateurs, afin de ne pas ac 
croître faussement la liste des noms no- 
bles ; c'est une méticuleuse recherche 
qui (icmande du temps et des déplace- 
ments. 

Ceci dit, je puis donner à titre d'exem- 
ple les résultats suivants, que je crois 
justes, à 5 0/0 près au moins : 

La population du Forez représentait 
environ le centième de celle de la France ; 
mais la densité relative de la noblesse 
était beaucoup plus grande, pour plusieurs 
raisons, en Bretagne par exemple qu'en 
Forez. J'ai compté 104 familles nobles fo- 
réziennes en 89, dont 17 chevaleresques, 
23 d'extraction, 64 anoblies, ]>resque 
1) Les listes de convocation aux assem- ! toutes au xvni* siècle; il subsiste, sur 

■ _^i. ■ . .' j . '1 ! 1 _- _:ii - : -I I 



place ou ailleurs, 3 maisons chevaleres- 
! ques, 6 d'extraction, 2Ç familles ano- 
i blies. Ces familles nobles comptaient en 
\ 89 en moyenne 4 mâles 1/2 ; en 1919, il 
; y « b mâles par nom. Cela tient à ce 
I qu'on fait branche plus souvent : Telle 
l famille qui comptait un père et deux fils 
I en 89, a 33 mâles aujourd'hui en 12 ou 
i I 5 ménages. 

î Néanmoins la dépopulation de la no- 
blesse s accentue : les deux tiers des 
noms, plus de la moitié de l'effectif, en 
130 ans. le crois que la proportion d'ex- 
tinction est un peu moindre pour la pé- 
ric de 1666 .1789 : il subsistait en 1789 un 
peij plus du tiers des noms nobles cons- 
tatés en 1666. 

Quelques-unes des familles subsistantes 
ont perdu le souvenir de leur qualité 
dans l'obscure pauvreté où il faut les dé- 
couvrir. 

Comme les listas de comparution aux 
assemblées sont des instruments insuffi- 
sants d'appréciation, on ne peut dire en 
core, même au quart près, combien il y 
avait de noms, de foyers de mâles nobles 



blées ont occasionné des erreurs a leurs 
commentateurs qui y ont vu des noms 
alors éteints, ou ceux de gentilshommes 
pauvres perdus d'oubli qu'on a confondu 
avec des homonymes roturiers. 

2) Ces listes comportent des noms 
d'officiers à noblesse personnelle non vé- 
térans, officiers qui furent légalement 
privés de l'anoblissement espéré, et ja^ 
mais rétablis en corps ni en principe. 

3) Les listes de comparution, sur les 
quelles on s'est fondé, omettent plusieurs 
familles à noblesse prouvée, issues de vé- 
térans non révoqués, de gentilshommes 
maintenus définitivement, voir de mai- 
sons chevaleresques ; familles ayant joui 
du privilège jusqu'au bout. 

4) Nombre de comparants en Forez 
(puisque ce bailliage nous sert d'exemple) 
comparurent aussi, ou quelqu'un des 
leurs, dans d'autres provinces . il faut 
vérifier et ne conserver en Forez que les 
noms loreziens. afin d'éviter un double 
emploi ; on indique séparément ces fa 
milles étr.^n^èrc>, avec leur bailliage 
principal où elles seront comptées. 

■;) Le nombre des représentants mâles ! et anoblis en 1789. 
et femelles de chaque nom, ou de chaque î Comme l'admirable Dictionnaire de 
noblesse si un même nom compte plu- | C. d'E. A. n'est qu'à moitié fait encore, 
sieurs branches tiv;.nt leur qualité de | on ne peut dire que par à peu près coni- 

noblcs et ano- 
is d'un maîtr* 
pots indiquent ceux qui étaient en me- ■■ incomparable en la matière qu'il y aurait 
*ure de jouir du privilège. ' encore au moins 750 maisons chevaleres- 

6) 11 faut distinguer avec soin l'origine l ques dont près de "50 sont absolument 



sources dilTérentes, est laborieux à établir ! bien il restait de familles ni 
avi.'C quelque précision; les roîes d'im- ; blies en 1900 1920. Je tiens 



I/lNTËRMÊDlAiRE 



N'o 1531. Vol. LXXXIII 
,9 

obscures, j'ajoute, à mon avis moins 
autorise, qu'il reste, de plus, 1000 à 1200 
noblesses d'extraction, et 4 à çcnio fa- 
milles anoblies avant 1789, mais, encore 
ur.j fois, CCS résultats généraux sont très 
doiiteux. 

Hnfin M. de C. trouvera la réponse à j 
5a 5' question en dépouillant avec discer- 
nement les ouvrages de Révérend sur les 
dignitaires de l'empire et les anoblisse- 
ments postérieurs à 1814. Les erreurs y 
sont négligeables au point de vue du ré- 
sultat demandé. Soulgé. 

Napoléon III; une Egérie impé- 
ri c-'.e(LXXX II, ■;3û). — Du chapitre con- 
sacré par Augusun Filon au rôle attribué 
à 1 Impératrice dans la politique, il ne 
semble pas ressortir qje l'amie de Napo 
léon III, à laquelle M. le D'' L., fait allu- 
sion, ait suggéré au souverain sa politi- 
que italienne. Cette politique, qui fut la 
grande pensée du règne, l'Empereur l'avait 
depuis longtempsfaite sienne, et pratiquée 
dans une certaine mesure, et. lorsqu'il 
faisait mine de l'oublier, les attentats îles 
carbonari se chargeaient de la lui rappe- 
ler. La personne en question aurait seule- 
ment réussi à persuader à son impérial 
amant que l'Impératrice était à la tête 
d'une camarilla, composée de partisans 
fanatiques du pouvoir temporel du Pape 
et. par suite, opposés à îoute politique 
tendant à favoriser -l'unification complète 
de l'Italie. Augustin Filon assure, d'ail- 
leurs. qu° rien n'était plus ' faux et que 
'f. \> parti de l'Impératrice » n'a jaiiiais 
existé que dans l'imagination des ennemis 
du régime. 

l'armi les beautés diverses qui ont 
réussi à captiver, plus ou moins long- 
temps, le cœur du souverain, je n'en 
vois guère qu'une qui remplirait les con- 
ditions dit 'cment indiquées par l'an- 
cien percepteur du Prince Impérial. Mais 
comme cette femme a laissé des enfants 
encore vivants, notre conficre me par- 
donnera si je m'abstiens de la nommer. 
Un bibliophile comtois. 



Dans son très intéressant ouvrage en 
trois volumes : Ma Souvcmri (chez Plon- 
Nourrit (.tCic).lc comte de Reiset raconte 
que pendant la traversée d'un pctitlac, dans 



20 



les Romagnes, lé batelier lui montra, à mi- 
côte, une modeste villa, dans laquelle, vers 
18}), Louis Napoléon avait prêté serment 
comme carbonaro. Le prince avait juré 
de travailler à l'unité de l'Italie, en 
échange de quoi les carbonari travaille- 
raient a sdn accession au trône de France. 

Napoléon 111 ayant oublié sa promesse 
de prétendant, Orsini se chargea de lui 
rafraîchir la mémoire en jetant en 1858, 
trois bombes sur son carrosse, pendant 
qu'il se rendait à l'Opéra avec l'impéra- 
trice. 

L'empereur entendit la semonce, et, 
gravement, le i*"" janvier 1859, il décla- 
rait à l'ambassadeur d'Autriche stupéfait 
qu'il regrettait « que les relations entre 
les deux pays ne fussent pas aussi cor- 
diales que par le passé » 

La paix de Villafranca accordait la 
Lombardie à la France pour qu'elle la 
transmit au Piémont. 

Vint la guerre entre la Prusse et l'Au- 
triche, en 1866. Le roi de SarJaigne y 
prit part en qualité d'c llié de la Prusse. 
Battue à Sadowa, l'Autriche, pour nous 
décider à venir à son secours, nous offre 
la Vénétie, non pour la rétrocéder au 
Piémont, mais pour la garder. 

Que fait l'Empereur des Français ? Il 
donne la Vénéiie à Victor-Emmanuel, 
dont les troupes avaient été défaites, sur 
terre et sur mer, à Custozza et à Lissa et 
s'associe, par une lettre personnelle, à 
son ancien ministre .M. Waleski, que pu- 
blie l\l. de Reiset {'J Unité de l'Italie et 
de V Allemagne, page 487) aux conclu- 
sions d'un article de John Lemoinne dans 
le fournit des Débais qui exalte la Prusse, 
la met au pinacle, et d'autre part, dit de 
l'Autriche : 

Elle a la face tournée vers le passé ; par 
ses lois, pu ses mœurs, par ses concordats, 
elle est vouée à la contre-révolution ; elle ne 
peut pas changer pas plus que la cour de 
Rome, st, pour ell;, tout mouvement est un 
péiil. 

Le bon et charmant Augustin Filon 
parle d'une maîtresse il.Tliennc qui rappe- 
lait à notre voluptueux empereur vx le pays 
où fleurit l'oranger. » Mais notre humble 
avis c'cft que si. sur le trône de France 
Napoléon III a été surtout un carbonaro 
couronne, c'est par crainte des coups. ■-] 

Eue Peyron 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 janvier 1921 



21 



22 



Messes célébrées à l'instigation 
des francs-maçons (LXXXh, 235, 
29s. 340). — Comment expliquc-t-on la 
présence si nombreuse de prêtre et de re- 
ligieuses dans certaines loges de francs- 
rnuyons à la veille de la Révolution, dont 
piirle V Inieviucdidire dans le dernier nu- 



méro ? LXXX11,3Ç0. 



E. P. 



Le drapeau tricolore (LXXXll, 91, 
3^0). — La cocarde tricolore a précédé le 
drapeau tricolore. 

Les premières cocardes furent des 
(cuilles d'arbre attachées à la boutonnière 
et Camille Desnioulins les remplaça p^jr 
Jos rubans verts ; la cocarde verte était la 
couleur de la livrée du comte d'Artois. 
Le comte d'Artois, émigré, n'était pas en 
faveur, aussi la couleur verte fut rempla- 
cée par la cocarde rouge et bleue, con- 
forme aux couleur? de la ville de Paris et 
chacun la portait. 

Après la prise de la Bastille, la cocarde 
nationale subit une nouvelle transforma- 
tion : verte, elle avait figuré la livrée 
d'Artois : rouge et bleue, elle s'accordait 
avec la livrée du duc d'Orléans ; funeste 
rapprochement d'après les bruits qui cou- 
raient sur l'Tmbition de ce prince. La 
Fayette s'en aperçut et proposa au comité 
des électeurs de nationaliser la couleur 
blanche; de là, 1 origine du drapeau tri- 
colore. 

Le bleu, disait-on, indiquait la justice, 
le rouge îa vaillance, le blanc la pureté et 
la charité ; et aux cocardes à la naiion, 
se joignirent les signes des trois ordres ; 
la bêche, lépée et la crosse avec des 
branches d'olivier de soie verte 

Albero. 

La Salîe des Machines aux Tuile- 
ries (LXXXll, 234, 34}). - Une inadver- 
tance de plumesemble faire- dire à M. Ar- 
thur Pouginquo le jugement de Louis XVI 
a eu lieu dans la salle des Machines alors 
que ce fut dans la salle du Manège. 

H. C. M. 



Chaux 



(LXXX, 237, 
a précisant, sur 



La terre de 

347). — je reviens en 
cette question qui m'intéresse particu- 
lièrement. 

je remercie tout d'abord M. Montebras 



de sa communication, malheureusement 
clic ne m''apprend rien de nouveau. J'ai 
même lieu de la croire extraite d'un 
ouvrage de M. Le Briiri, intitulé ' Le 
Veurdre ■}>, dans lequel ce qui concerne 
les Bochard de Châtcauhodeau est tiré 
de mes notes et de mes archives person- 
nelles. Si toutefois je me trompe, et si 
M. Montebras , possède d'autres docu 
ments sur cette famille, je lui serais très 
reconnaissant de m'en faire part. 

je n'ignore donc pas que Guillemette 
de Chaux épousa, vers 1420, Louis Bo- 
chard, seigneur de Châteaubodeau, mais 
je ne connais, en Bourbonnais, aucune 
lamille ayant porté, à cette époque, le 
nom de Chaux ; les de Châteaubodeau 
ont porté ce nom, mais plus tard de 
1500 a 1627 environ. Je suppose donc 
que Guillemette de Chaux devait appar- 
tenir à une branche, sans doute cadette, 
d'une famille qui posséda la baronnie de 
Chaux et en porta le nom, vraisemblable- 
ment pendant peu de temps. Guillemette 
aurait été la dernière représentante de 
cette branche. 

Certains indices, assez vagues d ail- 
leurs, me font croiie qu'elle appartenait 
à la maison de Malleret, considérable en 
Marche, et dont les membres étaient fort 
nombreux au xv" siècle. 

La Thaumassière en effet, dans son 
« Histoire de Berry (T. IV, p, 104;, dit 
que Guy de Chambarant épousa (dans la 
deuxième moitié du xiv* siècle) *< Brunis- 
sant de Maleret, de la maison de Chau ». 

D'autre part, dans un procès entre les 
deux frères Jacques et Philibert de Malle- 
ret, plaidé devant le Parlement de Poi- 
tiers en avril 1627, je trouve que ]acques 

s:eut que mesaire Philibert eslf.it à Clias- 
teauboudeau et pour ce i'i transporta en me- 
naçant de feu et de sai^g la dame >. 

(Antoine Thomas, le Comté de îa Mar- 
che et le Parlement de Poiiien p. 152). 
Or, à cette époque, la dame de Château- 
bodeau était précisément Guillemette de 
Chaux. 11 est donc siipposablc que les 
Malleret étaient assez proches parents de 
cette dernière puisqu'ils venaient chez 
elle vider leurs querelles de lamille. 
Mais tout ceci ne constitue pas une 
preuve. 

je serais donc très désireux de savoir a 
quellejfamille appartenait Guillemette de 



N« 1S51, Vol. 



LXXXIII 



L'INTERMÉDIAIRE 



24 



Chaux. Si l'on pouvait trouver I3 maison 
qui po.-sédait la baronnie de Chaux iui 
commencement du xv» siècle, avaat 
qu'elle ne passât aux Bochard de Château- 
bodeau, la question serait tranchée. 



lias ; je crois même que la question a été 
traitée dans les colonnes de Vlntermédiaii e 
il y a quinze ou vingt ans, 

Voici, du reste, l'acte de naissance 
d'Alexandre Dumas fils tel qu'il est donné 



Un aimable collègue me donnera-t-il j par Ch. Nauroy (Le Curieux. T. l*', p. 



la solution que je cherche en vain depuis 
de nombreuses années ? 

M. DE C. 

Madame Slavatsky dévoilée 
(XXXXU, 1871. — Il n'existe à ma con- 
naissance aucune traduction française du 
rapport Hodgson paru dans les Procee- 
dings de la S. P. R. Hodgson, du reste, 
semble avoir fait preuve d'un parti pris 
regrettable. Il avoua, plus tard que, s'il 
avait en, au moment où il rédigeait son 
rapport, l'expérience des phénomènes 
psychiques qu'il devait acquérir par la 
suite, il l'aurait écrit dans un esprit pas- 
sablement différent. Ce rapport a été re- 
fusé par Mme Besant dans un opuscule 
intitulé : H . F. Blavatsky and the M aster 
ofv'is dont qui n'est pas traduit. Voir à ce 
sujet Ollcott : Histoire authentique de la So- 
ciété Thèosophique, vol. 5 et Sinnet : Le 
Mcndf Occulte (Edition Rhèce, 4 Square 
Rapp. Paris). 

Un Théosophe. 

Familltt de Châteauneuf (LXXXI ; 
LXXXH. 45, 164,206,304). — M Gustave 
Bord fait erreur en disant que le marquisat 
de Châ'.eauneuf paroisse de ce nom (arron- 
dissement de St-.Malo), ait été possédé 
par la famille Coz Kaer ou Cosker, la 
Vieuville. 

Cette importante seigneurie passa par 
acquisition en i68i des des Rieux à Henri 
de Beringhen, dont les descendants la re- 
vendirent en '740 à Etienne-Auguste 
Baude, seigne' ; Je la Vieuville, colonel 
d'inf/tnterie, lieuunant aux gardes fran- 
çaises, chevalier de Saint-Louis, d'une fa- 
mille de St-iMalo, enrichie par les arme- 
ments. 

R. G. 

La mère d'Alexandre Dumas fiU 
(LXXXil, 333). - La discrétion observée 
par M Lenr.trcà ce sujet est tout au moin,-; 
exagérée, car la plupart des biographes 
des d^-ux Dumas ont divulgué le nom de 
la mcre de l'auteur de la Dame aux Camé 



3 19) et par L. Henry Leçomte {Alexandre 
j Diimaf. 1802-1870. p. 230J : 

De jeudi vingt-neuf juillet mil huit cent 
vingt-quatre une heure de relevée. 

Acte de naissance de Aloxan Ire que nous 
avons reconnu être du sexe masculin, né le 
vingt-sept du courant à six heures du soir, 
au domicile de sa mère, place des Italiens, 
n' 1, (I) fils natuiel de mademoiselle Marie- 
Caroline Labay, couturière, âgée de trente 
ans, née à Bruxelles. 

Les témoins ont été M.M. Louis André 
Desmaiais, chirurgien-dentiste, âgé de tiente- 
deux ans, demeurant susdite place des ita- 
liens, II** 1, et Jean-Hippolyte Daidoux, tail- 
leur, âgé de quarantô-huit ans, demeurant 
à Paris, rue de Buffaut, n° i . 

Sur la déclaration à nous lait© par M. Jcan- 
Baptiste-Hilarion-Claude-Adrien Pront, doc- 
teur en médecine et accoucheur, demeurant 
à Paris, rue du Monceau St-Gervais, 17 Je- 
que! a signé avec les témoins et svec nous 
André-Jean Baptiste Bequet, maire adjoint, 
a^Jiès lecture faite. 

Ainsi signé au registre : Pront, Desrnarais, 
Darioux et Bequét . 

Henry Lecomte ajoute : 

Le 17 mars de cette année (1831) Dumas 
reconnut pour son fils l'Alexandre inscrit à 
la mairie du 2^ arrondissement, (2) comme 
né de père inconnu, et, foit d • son droit, 
leprit l'enfant , il y eut un procès que Du- 
mas gagni.. . 

D'autre part, M. Charles Glinel (Alexan- 
dre Dumas et sot œuvre. Reims. 1884. 
grd. in 8» p. 132) écrit à ce sujet : 

Si le lecleiu- a la curiosité d être renseigné 
sur la mère de M. Alexandre Dumas fi!ï, 
nous le renverrons à un livre de M. Gabriel 
Ferry que nous aurons jjIus d'une tois l'oc- 
casion de citer. (5) Il va sans due que nous 
laissons à leur auteur la responsabilité de 
ses renseignements. D'après M. Gabriel Fer- 
ry, la mère du futur académicien, peu à peu 
délaissée pjr le père de celui-ci, éleva elle- 
même son fils avec le produit de son travail 

(i) Depuis 1852 p'ace Roïfldieu. 

(a) lin 1831, c'était le io« arrondissement. 

^3) Les dernières onnàes. d' Alexsndre Du- 
mas. 1S04-1870, par Gabriel Keiry, 1 vol. 
gid. ii>-i8. Pans. Cilm.inn-I.évy. 1S83, 
I pages 3;^ à s6i. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1911 



25 



26 



juequ'à l'accomplissement de sa huitième an- I de la Paiileterio homme de lettres, demeu 



née, lui inspirant le goût et l'habitude det 
qualités sérieuses. Elle le reprit après la fer- 
meture du Théâtre Historiqie et vécut trois 
ans avec lui jusqu'au grand succès de Lu 
Dame avx C màltas^ cette pièce qui fut le 
commencement de sa célébrité. Enfin, ré- 
conciliée avec le père dans les dernières an- 
nées de son existence, elle mourut en octo- 
bic 1868, apiès une courte maladie, dans les 
bras de ce fils qui avuit été toute sa vie. 

Un bibliophile comtois. 

* 
* * 

La mère d'Alexandre Dumas fils ne 
s'appelait pas, comme on l'a dit, Laure 
Persigal, mais portait bien le prénom de 
Catherine comme l'indique G. Lenôtre. 
En réalité, elle s'appelait Marie Cathe- 
rine Labay, ainsi qu'en font foi les actes 
suivants : 

Extraits du registre des actes de nais- 
sance du 2" arrondissement de Paris pour 
Vannée 182^. 

Du jeudi vingt-neuf juillet mil huit cent 
vingt quatre une heure de relevéa Acte de 
naissance de Alexandre que nous avons re- 
connu du sexe masculin, né le vingt-sept 
du courant à six heures du soir, au domicile 
de sa rr.ère, place des Italiens n» i.fils naturel 
de Mlle Marie Catherine Labay, couturière, 
:\oée de trente ans, née à Bruxelles. 

Les t<^moins ont été MM. Louis And.é 
Ucsmarais, chirurgien dentiste âgé de trente 
deux ans, demeurant susdite plare des Ita- 
liens n° I et Jean Hip,.^olyte Dardoua, tail- 
leur âgé de quarante huit ans demeuiant à 
Paris, lue de Bufïaut n" 1 . 

Sur la déclaration à nous faite par M. Jean 
Baptiste Hilanon Claude Adrien Front doc- 
teur en médecine et accoucheur demeurant à 
Paris, rue du Monceau s'" Gervins 17 lequel 
a signé avec les témoins et avec nous André 
Jean Baptiste Béquet, maire adjoint, après 
lecture faite. 

Ainsi signé au registre : Pront, Desma- 
rais, Dardoux et Béquet. 

Ce fils a été reconnu par sa mère. 

Par acte reçu à la ma-rie du 5' anondisse- 
icent de Paris le 21 avril dernier Marie Ca- 
therine Labay a reconnu poar son fils natu- 
rel Aexandre inscrit ci-rontre comme fils de 
Marie Catherine Labay. La présente mention 
faite sur l'avis de M. le Maire du susdit 
arrondissement par nous greffier en chef 
soussigné, u Paris, le 6 mai 1831. 

Par devant M* Jean Bapiiste Merlin Moreau 
et son collègue notaire à Pans soussigné. 

Tous présents. M. Alexandre Dumas Davy 



rant à Pans rue de l'Université 25 faubourg 
Si-Gerniain. 

Lequi.l a reconnu reconnaître volontaire- 
ment pour ion fils naturel l'en'ant né 
à Paris le vingt sent juillet mil huit cent 
vingt quatre issu de lui et de mademoiselio 
Marie Catherine Labay célibataire majeure 
inscrit sous le prénom d'Alexandre aux re- 
gistres d^ l'Etat-civil de la mairie du deuxième 
arrondissement de la dite ville à la date du 
vingt neuf du dit mois de juillet, comme 
étant né de la dite demoiselle Labay et de 
père inconnu. 

Consentant que dorénavant le dit Alexan- 
dre porte son nom et qu'il soit lait niention 
des présentes sur toute? pièces que besoin 
sera par tous officiers publics sur ce requis. 

Dont acte. 

Fait et passé à Paris en l'étude dudit 
M* Moreau. L'an mil huit cent trente et un 
le 17 mars. Et le comparant a si^né avec las 
notaires, après lecture faite. Moreau. 

La mère d'Alexandre Dumas fils, Mlle 
Marie Catherine Labay, couturière en 
chambre, Place des Italiens, oii son père, 
maître cordonnier, était concierge, eat 
morte à Neuilly en octobre 1868. 

Georges Dubosc, 

♦ * 
En réponse à la question posée au su- 
jet de la mère d'Alexandre Dumas fils, 
dont Lenôtre a fait mention dans son ar- 
ticle de la Revue des Deux Monde4, voici in 
extenso la copie, légalisée par le maire 
de Neuilly, de son acte de décès, que je 
me suis fait délivrer. 

Mairie de Neuiliy-sur-Seine 

Extrait du Registre des actes de décès 

de la Ville de Neuilly sur-Seine pour 

l'année 1868. 

L'an mil huit cent soixante-huit, le vingt- 
trois octobre à dix heures du matin. Acte de 
décès de Catherine-Lauie Labay, sans pro- 
fession, née à Bruxelles (Belgique), céliba- 
taire âgée de soixante quatorze ans, décé- 
dée hier à dix heures du soir en son domi- 
cile rue d'Orléans n" i*', fille de (Les noms 
et prénoms de ses père 1 1 mère n'ont pu 
nous être donnés) ; sur la déclaration de 
Alexandre Dumas Davy de la Pailleterie, âgé 
de quarante quatre ans, homme de lettre; 
demeurant à Paris avenue de 'Wagram n» 1 ao 
fils de la défunte, et de Henri Lavoix âgé 
de quarante-huit ans, conservateur dr: la 
Bibliothèque Impériale, demeurant à Paris 
rue Colbert n» 12, son parent, lesquels ont 
signé avec nous après lecture et constatation 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1531. Vol.LXXXIll 

I 2-' — — 

ê 

faites par nous Narcisse Désiré Ancelle, 
maiie officier de l'état-civi! de la ville de 
Neuiliy, chevalier de la Légion d'honneur. 
Suivent les signatures. 

Pour ex'.rait conforme délivré à Neuilly. 
Le sept janvier mil neuf cent vingt-un . 
L'officier de rEtat-civil, 
Villeneuve. 
LerouxCesbron. 

Geoffroy ou Godefroy de Roche- 
taillée, évêque de Langres (LXXXII, 
142,262). —La famille Hbaudy de Roche- 
taillée parait être fi anc comtoise, et non 
champenoise, d'origine. Ses ancêtres vi- 
vaient, au xvu'= siècle, à Besnans (Haute- 
Saône, canton de Montbozon) ; ils étaient 
sujets mainmortables de rabba}e de 
Saint-Vincent de Besançon. L'un d'eux, 
Nicolas EbauJy. alla se fixer, vers 1690 
ou 1700, au bourg d'Arnance (Haute- 
Saône, chef lieu de canton) où il fit le 
commerce avec succès. Son fils,. Charles- 
Antoine, prit la suite des affaires pater- 
nelles r,uis fut notaire royal au Mont (pa 
roisse d Amance) et fermier général des 
domaines de l'abbave de Cherlieu ; enfin, 
ayant amiissé une belle fortune et acquis 
diverses terres féodales, il acheta une 
charge anoblissante de Secrétaire du Roi 
en la chancellerie du Parlement de Besan- 
çon. Il mourut en 1783. 

Le plus jeune de ses fils, Vincent, né 
à Langres, en 17 ;4, mort en 1832. ajouta 
au nom d' hbaudy celui du petit fief de 
Rochetaillée. dépendant de la seigneurie 
de Bricon en Bourgogne (Haute Marne, 
canton de Châteauvillain) que Charles- 
Antoine avait achetée. Vincent Ebaudy 
de Rochetaillée, d'abord officier de dra- 
gons, devintli?utenant général au bailliage 
d'Amont iVesoul), en 1770, député de la 
Haute Saône sous rhmpire, et receveur 
principal des r^ontribuiions indirectes à 
Gray, sous la Restauration. 

D'un autre fils de Charles-Antoine, 
François Ebaudy de Fresne, auteur de 
quelques ouviages d'économie rurale, est 
issue d'une branche dont le dernier re- 
présentant màle est mort en 1^9^ : Il se 



28 



saint Bernard, ni avec le cardinal Jean de 
Rochetaillée, mort en 1437, "^ ^^'^"^ '^^ 
Rochetaillée, seigneurs de la Ville-au- 
Bois, Chaumesnil, Petit-Mesnil et autres 
lieux, en Champagne, ni avec la famille 
forésienne Bernou de Rochetaillée, ano- 
blie, elle aussi, par une charge de secré- 
taire du Roi. 

Saint-Valbert. 



Familles Hérier (LXXXU, 333). — 
On trouvera dant; les ouvrages suivantsdes 
renseignements généalogiques Ils sont si 
importants qu'ils excéderaient la place que 
nous accorde ^c\.\i&\\tm^n\.\' Uiterviediait e\ 
aussi j'offre volontiers à l'auteur de la 
question de lui en envoyer directement 
un résumé, s'il le désire, au cas où il ne 
pourrait se procurer les volumes. 

1° Anmiane adtninisi>'atif... de V Eure, 
2* série. 7^ année, 1868, in-12, publié 
par l'abbé Lebcurier, archiviste départe- 
mental >, qui contient une notice histo- 
rique sur la commune d'Ambenay. Elle 
se trouve aussi dans « (Quelques notices 
historiques, Evreux*. 1900, gros in-S' 
où l'on a réuni les onze monographies 
du même auteur parues dans ses alma- 
nachs. 

2° Documents tirés du tahellionna ge de 
Rugle( par M. Le Maréchal, publiés par 
M. Louis Régnier, Rouen 1901, in-8°. 
C'est le tirage à part à ^o exemplaires 
d'un important travail réparti dans le Re- 
cueil dei travaux de la Société libie de 
l Eure, volumes 5 à 8 de la 5® série, 
années 1897 à 1900, p;jrus en 1898- 
1901, qui sont beaucoup moins rares. 

Quant aux armoiries, je n'en trouve 
d'autre mention que dans Lebeurier, qui 
dit, page 198, en parlant du manoir 
des Seaules : 

... Les deux blasons sur la porte de la 
cour portent : l'un un chevron acco'npa^né 
de ^ fcui les de houx et l'autre un chevron 
accompagné de ) trèfles. Le premier repro- 
duit évidemnieiit les armes des Le Forestier 
. , , brisées d'un clijvron, e; c la concorde avec 

nommait Eu-ene-Jules hbaudy de Fresne; j |a date de 1617 à laquelle Jacob Le F habi- 
c'ctait un homme dt finance. ! tait le manoir des Seaules. Le second nous 

Selon toute apparence, la famille j donne probablenuiil les armes de Renée Le 
Ebaudy de Rochetaillée n'a aucun lien de j Hérier, sn femme que nous n'avons trouvées 
parenté avec l'évèque de Lnngres, Gode- dans aucun amiorial. 
froy de Roclietaillée, cousin et disciple de 1 En effet, elles ne sont pas dans la Re- 



DES CHERc>HBURS ET CURIEUX 



lo Janvier 1931 



- 29 

cheiche de la twbtesse de 1666 ni dans 
Vy^rtnoiial de Normandie de de Magny. 

rE. GlMLLEMARr., 
Secrétaire de section, Soc. libre de 
l'Eure, à Evreux. 

* 

On trouve plusieurs mentions des Her- 
rier dans l'Eure. A Ambenay, commune 
de 821 habitants dans le canton de R.u- 
gles sur la Risle, oîi il existait un grand 
noml re de fiefs, on trouve que le fieffé 
des Seaules, en 1562 était possédé par 
Guillaume Hcrier, écuyer. On attribue à 



30 



) Sainte Beuve et la princesse Ma- 
1 thilde . Une correspondance à ce 
sujet iLXXXll, 371;. — Nous avons lu 
avec le plus vif intérêt les 3 missives de 
Joachim Kiihn à feu Troubat. Il est seule- 
ment dommage que celui ci n'ait pas con- 
servé également un double des « rensei- 
gnement-; fort curieux » envoyés le 22 
février 1910 à l'historiographe de la prin- 
cesse Mathilde Comme \' Intermédiaire du 
10 décembre dernier semble, à ce sujet, 
j être quelque peu oublieux, nous permet- 
j trs t il de lui rafraîchir la mémoire en 
transcrivant pour notre usage à tous, la 



la famille Herier, qui était d'origine écos- j petite note suivante, que le cher baron Al- 



saise, la création du château fortifié de 
Maiirry, dans la Seine-lr.férieure. 

Les Landes et Beaurepaire étaient deux 
fiefs de Cheronvilliers dans le canton de 
Rugles sur le ruisseau du Lesme : ils au- 
raient appartenu à Guillaume Herier, qua- 
trième fils d'Esmond Herier, seigneur des 
Seaules et dos Fieffés ou La Roche à Am- 
benay, aurait été seigneur des Landes ou 
de Beaurepaire. fVoir /4mbenay, notice 
par M. Lebeurier). 

11 est certain qu'en 1615 la terre des 
Landes à Cheronvilliers, avec plusieurs 
maisons, le tout sujet à 50 s. de rente en- 
vers le seigneur de Rugles avait été vendu 
par Robert Herier, écuyer à N. H. Le fo- 
restier. 

Georges Dubosc. 

Familles Kurel et H'jrtrelle 

(LXXXll, 333). - M« Hurtrelle. notaire à 



S 



berto Lunibroso mettait, dans le n° de dé- 
cembre 1911, de sa Revue Napoléonienne, 
comme illustration à Die Jugend der 
Prin^essin Mathilde Napoléon, qu'y pu- 
bliait le dit Kiihn, p. 141 et suivantes ? 
Oui, sans doute, et la voici : 

(( Nous publions aujourd'hui un intéres- 
sant travail sur la jeunesse de la princesse 
Mathilde ; c'est le premier chapitre de la bio- 
graphie inédite, documentée et fort conscien- 
cieuse, que notre éminent colUborateur, 
M. J. Kuehn {sic), piépare et où il ajoutera 
bon nombre de détails inédits aux esquisses 
que Sainte Beuve et que MM. Lavisse, Mas- 
son, Bapst, Clarelie, Th. Gautier, Fréd. Lo- 
liée, Troubat et tant d'autres ont tracé {sic) 
de la fille du roi Jérône. Cet ouvrage, que 
V Intel méiiaire des Chercheurs ci Curieux a 
déjà annoncé, n'est pas encore fini ; M Kiihn 
serait donc très heureux si nos lecteurs vou- 
laient bien lui adresser, par notre entremise, 
toutes les indications biographiques, biblio- 



Paris, finit mal, ayant fait en 1756 une j graphiques et iconographiques qu'ils jugeront 
faillite retentissante et qui ruina sa clien- 
tèle. Son successeur était en 1914 M" Ro- 



cogel, 182 rue de Rivoli ; le titulaire ac 
tuel de cette charge est M'' Louis Guérin, 
qui en a les minutes et qui pourrait 
éclaircir la généalogie Hurtrelle. 

NOLLIACUS. 

Jallard (Mlle de) (LXXVI. 144). — 
En réponse à votre collaborateur <. Si- 
mon » qui demande un portrait de Mlle 
jaliard, je vous envoie une photographie 
d'après un dessin dans ma collection. 

Ce dessin est une copie de l'époque, 
plus ou moins exacte, d'après le dessin à 
Chantilly n° 31b Madame d'Uzès, Made- 
moiselle )allard. 

J. P. H. 



pouvoir lui être utiles ». 

M. A. Lumbroso semble avoir renoncé 
à continuer sa Revue Napoléonienne, dont 
le dernier fascicule (vol. XIII, janvier-juin 
1914) portant la mention : Publie en oc~ 
tobte ICI y, nous a été envoyé par M. A. 
Lumbroso le i»'' janvier 1916, à l'hôpital 
maritime de Saint Mandrier,près Toulon, 
où nous avions été,eni9i4-i9i 5. Mais il 
s'occupe d'une bibliographie de la Grande 
Guerre. Sans doute est il reste en rela- 
tions avec M. Kûhn et pourrait il dire ce 
qu'il en est, actuellement, de son ouvrage 
sur la princesse Mathilde. Toujours est-il 
que, dans le chapitre publié en 191 1 — 
en réalité en 1912 — il nous semblerait 
voir, dans les renvois à de mystérieuses 
Notes sur les dernières années de la prin- 



No 1531. Vol. LXXXIll 

31 

case AfjtbilJe {p. 147 ; p. 148 ces H0//5 
sont qualifiées d' « inédites y) et dont il 
est dit qu'elles furent mises à la disposition 
de l'auteur par « un ami rapproché delà 
princesse >,une discrète allusion aux ren- 
seignements envoyés par Troubat et que 
M. Kùhn jugeait « très importants pour 
l'histoire >v Camu.lh Pitollet. 

Noblessa du Bas-Maine (LXXXI). 
— L'Annuaire de la Sarlhe de 1840 
contenait un Essai sur /'Armoriai du Dio- 
cèse du Man>, par M. Cauvin. Je possède 
une Suite' à l'essai par A. de Maude, avec 
une couverture factice, ce qui m'empêche 
de donner une référence exacte. Cepen- 
dant quelques détails indiquent qu'elle fut 
publiée dans le même Annuaire, par par- 
ties, entre 1860 et 1863. Cette suite con- 
tient des noies biographiques et généalo- 
giques, peut être utiles à H.-B.-D., qui 
pourrait aussi consulter le Dict. de la 
Mayenne de l'abbé Angot. 

LÉox Maur. 

♦ * 
M. Desormoaux pourrait, à la biblio- 
thèque de Laval consulter les : 

** Certificats religieux de la noblesse du 
Bas Maine i- en 1^77, par M. l'abbé Poin- 
teau. 

T. M. 

Reliures aui armes des Condé 

fLXXXU. 336;. — Ces reliures bien con- 
nues à Dijon appartiennent non à un 
Condé mais à 1 Université de Dijon fon- 
dée par lettres patentes du 6 juillet 
1722. 

Les armes se blasonnent ainsi : Parti : 
au premier. écartelè de Boutgo/rfte moderne 
tt ancien ; au deuxième^ de gueules plein, au 
chef de Boni gagne moderne et ancien, qui 
est d* la villt de Dijon ; sur le tout, de 
Condé, '.UTiiiontâ de la coût onne fleur delisce 
det princes du saug,entûuré des colliers des 
ordres tovaux ; l ensemble de l'ècu sur- 
monté de la couronne/et niée indiquant l'ori- 
gine royale de r Univei site de Dijon. 

Dans le fer dont il s'agit cl que je con- 
nais bien, le bandé d'or cl d'azur de six 
pièces, Bourgogne anc'on, n'est donné 
qu'une seule fois rcgulièrement. Le « sur 
le tout f, des Condé vient de ce que les 
princes de ConJe étaienl les prolecti.urs 
de l'Université en tant que gouverneurs 



L'INTKRMEDIAIRE 



32 -~- 



J héréditaires de Bourgogne. L'Université 
actuelle de Dijon a repris les armes de 
1722, mais n'a pas cru devoir mêler aux 
meubles héraldiques primitifs la croix de 
la Légion d'honnetir dont, depuis 1899, 
est chargé le champ de gueules de la 
ville, en commémoration de la belle ré- 
sistance que Dijon opposa le 30 octobre 
1870 à l'envahisseur allemand. Du moins, 
j la croix nationale française ne figure- 
j t-elle pas sur les cens armoriés que l'onj 

!' voit à la façade du nouveau palais univer- 
sitaire. 
H. C. M. 
i — 

I L'Etoile de la x^fativité (LXXX ; 
j LXXXI ; LXXXIl). - La légende del 'étoile 
I des .Mages ne semble pas être uniquement 
chrétienne, si j'en crois ce passage de 
Varron, cité par Servius Aen. 11 801. : 
* Varron rapporte que l'étoile Lucifer^qui 
est dite aussi de Vénus, fut toujours vue 
par Enée jusqu'à ce qu'il parvint à Lau- 
rentum. Après qu'il fut parvenu en cet 
endroit il cessa de la voir. 11 reconnut à 
cela qu'il était arrivé. » 

M. G. 



Portrait au physionotraoe . . . 

(LXXXIl, 193). — En réponse à la fin de 
la question, je possède la plaque et quel- 
ques épreuves originales du portrait de 
mon bisaïeul (i*"' avril 1753, et 30 juin 
1814) dessiné par Quennedey, gravé par 
Chrétien, inventeur du physionotrace sous 
les cotes (Lettre) H ('numéro) 3, sans doute 
1788. 

ç. 

Les femmes et Tart de la oarica 
ture (LXXIV ; LXXV ; LXXXIl, 167). - 
Je remercie infiniment M. Ulric-Richard 
Desaix de l'obligeance qu'il a de signaler 
à mon atlention, dans Un* course à Chi 
nwnix. les trois portraits charges exécu 
tés par George Sand, qui y sont lepro 
duits. l'ai, d'ailleurs, dans ma biblio 
thèque, depuis plusieurs années, l'opuscule 
du major-fédéral Pictet ; je n'ignoraiî 
donc point cette vignette lorsqu'il y s 
trois ou quatre ans j'ai pose ma question 

Mais que l'aimable et érudit doyen des 
abonnés de 1' Intermédiaire me pardonna 
si je lui avoue franchement qu'à mor 
humble avis, cette fantaisie de l'auteur d« 






DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 janvier 1991 



33 



34 



Lèlia ne justifie pas d'une façon suffisante 
le brevet de caricaturiste qu'il veut bien 
lui octroyer. C'est, je le reconnais, une 
scène amusante, curieuse, qui présente un 
intérêt documentaire indéniable, mais qui 
n'a pas un grand mérite artistique. Et 
George S^nd elle-même, qui n"avait, 
d'ailleurs, pas de prétentions à cet égard, 
parait avoir eu tellement le sentiment de 
son insuffisance, qu'en composant cette 
charge, elle a cru devoir indiquer par des 
notes explicatives, afin que nul ne s'y 
trompe, les dilTérentes pièces du mobilier 
qu'elle avait tant bien que mal essayé de 
représenter. Le fait de dessiner une cari- 
cature quelconque ne confère pas par cela 
même la qualité de caricaturiste à son au- 
teur; il e.-t facile à n'importe qui d'es- 
quisser des \< bonshommes » plus ou moins 
bien exécutés, et les grafitli que les éco- 
liers charbonnent sur les murs le prou- 
vent suffisamment. 

Le portrait de M. Duris-Dufresne au- 
quel fait.^ allusion M. Ulric Richard-De- 
saix,mais que je n'ai pas l'avantage d avoir 
vu, est peut-être une œuvre estimable, 
mais;,n''est pas, dans tous les cas, une ca- 
ricature, — je l'espère, du moins pour cet 
honorable représentant — et démontre 
seulement que, dans sa jeunesse, George 
Sand avait appris le dessin, particularité 
qu'elle partage avec une foule de jeunes 
personnes de sa génération et de la nôtre ; 
il suffit, hélas ! de visiter nos nombreux 
\i salons » pour s'en convaincre. 

Ainsi donc, au risque de contrislef" 
notre excellent confrère, je ne puis accor- 
der à la châtelaine de Nohant le talent 
pour U) caricature que lui reconnaît son 
indulgente libéralité, et persiste à soute- 
nir qu'à part trois ou quatre exceptions, 
parmi lesquellesje citerai Mmes Guillaume 
Lami et Frank-Nohain, il n'existe poinl, 
l'aijle regret de le dire, de femmes prati 
quant'avec succès l'art de la caricature ; 
cela tient, je crois, à ce que ce talent un 
peu spécial exige certaines qualités d'ob- 
servation, et parliculièrement la faculté 
de saisir le cote pittoresque des choses, 
qui manquent à la plupart d'entre elles ; 
mais c'est une infériorité qu'elles rachè- 
tent, je me hâte d'ajouter, par d'autres 
qualités appréciables. 

Un bibliophile comtois. 



La coUectiion de feu Gaston Mé" 
licg-ue (LXXXll. jj^). — Gaston Mé" 
lingue se souvenant que son père vers 
1850 avait débuté comme acteur au 
Théâtre de^ Arts de Rouen, avait donné 
de son vivant au Musée de peinture de 
Rouen, la maquette originale d'une sta- 
tue de Pierre Corneille par son père, 
esquisse fort bien venue, comme celle 
qu'improvisait sur la scène l'acteur sta- 
tuaire qu.^nd il jouait Benvenuto Cellini. 

En 1Q12, il avait aussi ofïert au Musée 
de la Tour, Jeanne d Arc, à Rouen, la pe- 
tite maquette haute de 45 c. de l.i Jeanne 
d'Atc sur le bûcher du statuaire Jean Jac- 
ques Feuclière, qui était allié à la famille 
Mélingue. Cette esquisse datait de 1855, 
mais la statue en marbre, que possède la 
ville de Rouen et qu'elle a placée sous le 
péristyle de l'rlôtel de Ville, lui fut don- 
née après qu'elle eut été exposée au Sa- 
lon de 184^. 

Gaston Mélingue avait encore offert en 
1910 à la ville de Rouen, un portrait de 
son père par le peintre Gustave Morin qui 
fut directeur au Musée de TAcadémie de 
peinture ; un autre par Gavarni, admi- 
rable lithographie faite à Londres en 
1848 Gaston Mélingue avait joint à ce 
don différentes aquarelles de coins rouen- 
nais exécutés pendant des séjours à Rouen , 
lorsqu'il se rendait à sa maison de cam- 
pagne à Veulette, au bord de la mer. 

Georges Dubosc. 



Imprimeurs parisiens du temps 
de 1& Restauration (LXXli, 242, 363;. 
— Merci à i'éJé ; la seule chose qui m'in- 
téresse c'est de suivre Constant-Chantpie, 
condamne, brevet retiré etc., etc. J'ai 
tous renseignements sur la législation de 
\\\ Restc-uration. Mais qu'est devenu ce 
Chantpie, dont les autres furent les asso- 
ciés ou les successeurs ? 

H. Baguenier-Desormeaux. 

Mœurs au XVI" siècle (L.XXXll, 
538;. — Un confrère demande s'il existe, 
sur cette question, un ouvrage sérieuse- 
ment documenté. Nous serions tentés de 
répondre : toute une bibliothèque. 

Nous croyons préférable de renvoyer 
notre confrère aux études si savoureuses, 
SI attrayantes, et en même temps si sa- 



L'INTKRMIiDlAlRE 



N« 153 I. Vol. LXXXIII 

vantes, publiées par Edmond BonnafFé sur ' 
la Vie Prhée de la Renaissance, les 

Voynges et hs Voyageurs de la R. : iu- \ 

saucc'. et h' nieiibh en Fiance an XVI'^ sii- ; 

de. Os ouvrages fourmillent de rensei- ; 

gncmenls inédits cl d'aperçus nouveaux ; 

sur les moeurs de l'époque. Ils sont, en i 
outre, une mine inépuisable où M. ivla 



- 36 



Ce qui, traduit en français, dit : 

La poule qui chante comme un coq, 
Ne la vends, ni ne ia donne; 
Fais l.À cuire pouc la iaiie mangeraux enfants 
(Proverbe du St-Givonnais). 

H. H. 

Les gen.s s'embra «aient dans les 



sont également à consulter. 



E. X. B. 



del irouvera beaucoup des documents et t rues (LXXXl ; LXXXII, 133). — Je ne 

des références qu'il recherche, en parti- ' crois pas que la vignette que j'ai eu jadis 

culiec sur les Livres do Civilité . j l'occasion de voir dans une publication 

Les ouvrages de M. Albert Babeau \ illustrée soit une reproduction de la gra- 

? vure dont notre confrère G. L. donne la 
description. 

Autant (jue je m'en souviens^ dans cette 

; illustration, les enfants, vus de face, font 

] irruption dan? le vaste hall d'un haut 

docîciii Baudouin apprendra avec plaisir • édifice ,'ublic. Leur costume moderne ne 

que, dans toute la France, des noms de | rappelle en rien les modes assez singu- 

paroisses, devenues communes lors de la j Hères qiie j'ai eu l'occasion de remarquer 

formation (déformation, disent des ma- | dans les compositions de Troost ; armés 



Le lieux dits biz rre'> d'origine 
polit. que (LXXXII. 351^. — L'crudit 



linï^) c'u territoire, ont été transformés à 
la mode du jour, surtout lorsque le mot 
Saint y était incorporé. Ainsi certaine 
partij de la paroisse de Saint-Aigulin 
(Ch.Trente-Inféneure) devint VAmie-des- 



de trompettes, de tambours et de cré- 
celles, ils sont conduits par un général 
d'une douzaine d'années, coiffé d'un bi- 
corne en papier, et paraissant crier très 
fort tout en brandissant un sabre de bois 



Lois formant une section de commune, in- « ou un drapeau. Entin la scène ne co 



m 



corporée à la Dordogne. 



S.'Mnt-Saud. 



1! existe en Ardèche, aux environs de 
Vcrnoux, un hameau qui s'appelle Lx 
Justice. 

R. DE BOYER DE STE SuZANNE. 



Acteurs morts en scène. (T.G.)— A 
l'Opéra de Nice, le 28 décembre 1920, au 
cours de la représentation du « Jongleur 
de XolrcDamc »>, le baryton Bus>ato est 
tombé foudroyé par une congestion céré- 
bral- et a expiré. Tabac. 



prend aucun personnage adulte. 

Cependant, il se pourrait que l'estampe 
possédée par notre confrère soit égale- 
ment un souvenir de cette fête patriotique 
à laquelle les enfants — cet âge est sans 
pitié — auraient un jour ajouté, aux dé- 
pens de la bourgeoisie hollandaise, un 
intermède non compris dans le pro- 
gramme traditionnel. 

Un bibliophile comtois. 



Chanter !•■ coq (LXXXII, 244, 366). 
— Dans l'.Ar . comme dans d'autres 
départements, i occurcnce d'une poule 
chantant le coq est relevée comme un in- 
cident regrettable ou suspect, de plus ou 
moins mauvaise augure, et la croyance 
générale est que la bctc dévoyée doit èlrc 
luéc sans ret. rd pour l'immunité de la 
maison qui 1' 'u naitre. D'où le dicton 
populaire : 

La Gëllino che canio counio pouch 

Ne la bcndosj'ni la douncs ; 

Faï la coirc au mas'ipon!:. 



Musique (L'amour de la) chez les 
\ poètes et chfz les peintres (LXXXII, 
51). — Dans une étincelante chronique, 
publiée à VHclaitenr de Nice (4 décem- 
bre 1920), M. Georges Maurevert parle 
de l'éloignement des grands poètes pour 
la musique et cite quelques exemples. 

De Théophile Gautier dans l'étude qu'il 
consacre à Saint-Amand dans Les Groies- 
qiici : 

La poésie et la musique, que l'on croirait 
sœurs, sont plus anlipathiques qu'on ne le 
pense communément. Victor Hugo hait 
piincipalement rop<fra et les orgues de Bar- 
barie. Lamartine s'enfuil .î toutes jambes 
quand i! voit ouvir un piano... et moi- 
même, s'il est permis de parler de l'hysope 
'< après avoir parlé du cèdre, je dois avouer que 



DES CHSaCHHURS fil CURIEUX 



10 janvier 192 t 



le grincement d'une îcie ou celai de la qua- 
trième corde >iu plus habile violoniste me 
I font exactement le mémo efïet. » 

Dans l'étude qu'il consacre à Victor 
Hugo (Revue universelle). M Léon Dau- 
det écrit : 

D'ailleurs il n'entendait rien à la musique, 

] chose paradoxale chez un auditif, aussi spte 

à recueillir et interpréter les bruits naturels 

de la mer et de l'ouragan qu'à savoiirer les 

timbres de voix de la femme amoureuse et 

I de l'enfant qui joue... Ce iju'il dit de Bee- 

I ihûven, dans sot: William Shuktspe re, 

prête à rire. . . » 

Dans \t Journal des Goncoutt (t. H), 
on trouve une confirmation des paroles 
de Gautier, au cours d'une conversation 
avec l'auteur d'Emaux d Cunces. : 

Comme nous lui avouons notre complète 
infirmité, notre surdité musicale, nous >jui 
n'aimons tout au plus que la musique mili- 
taire : « Eh bien ! ça me fait grand plai- 
sir, ce que vous me dites ià ! Je suis comme 
vous. Je préfère le silence à la musique. Je 
SUIS seulement parvenu, ayant vécu une 
partie de ma vie avec une cantatrice, à dis- 
cerner la bonne et la mauvaise musique, mais 
ça m'est absolument ég»l .. C'est tout de 
même curieux que tous les écrivains de et 
temps-ci soient con me cela. Balzac ! exé- 
crait, Hugo ne peut la souffrir, Lamartine 
lui-même, qui est un piano à vendre ou à 
acheter, l'a en horteur.. » 

Au sujet des Concourt, d'Edmond 
tout au moins, Alphonse Daudet con- 
firme sa détestation de la musique dans 
ses Notet sur la vie. 

M. George Maurevert conclut ainsi : 

On ne sail pas exactement de qui est la 
boutade fangeuse :« la musiqueestleplus dé- 
sagréable et le plus cher de fous les bruits )^ 
— mais on voit qu'on n'a que le choix de l'at- 
tribution en're Balzac, Hugo. Lamartine, 
Théophile Gautier, Alpho.-.se Karr, Ldmond 
et Jules de Concourt, voiie Stendhal, 
Alexandre Dumas et Kmile Zola. 

Et j'ai de bonnes, d'excellentes raisons de 
penser, que s'il était possible de l'attribuer à 
mon glorie'jx ami Maurice Maeterlinck, le 
gr;'.:-.d écrivain de Monno Vannati de Pelléas 
et Mélisantie n'hésiterait pas un seul instant 
à la prendre à son compte. . 

I. 

Oùestl'œildeGambetta?(LXXXlI, 
234. 368,. La tête de Gambetta — 
L'œil de Gambetta. extirpe par le doc- 
teur allemand VecKer,)e pluscélebre des 1 



3? 



I oculistes du Second Empire, à Paris, en 
avril i8ùy , n'est ni en Allemagne, ni en 
Russie, ni en Amérique. 

11 est à Paris, che^ le docteur Borsch, 
10, rue Je la Paix. L'excellent oculiste, 
qui a rendu tant de services, pendant la 
guerre, à l'ambulance du Grand-Palais 
(Champs-lilysées) est citoyen américain 
et a reçu, Tan dernier, le ruban rouge. 

Il fut élève de Vecker en Amérique : 
le célèbre praticien y est mort très vieux 
et le D'' Borsch a reçu de son maître cet 
œil ossifié et tout noir, dans un petit lla- 
con trapu, bouché à l émeri et totalement 
asséché, avec un lot de laboratoire des- 
tiné à des études au bistouri. 

Le docteur Borsch. avant d'ouvrir le 
flacon, en déchilTra l'inscription pâlie, écrite 
de la main de Vecker, et eut In surprise 
d'y lire le nom de Gambetta, avec la date 
de l'opération. Il l'a donc gardé comme 
une relique et me l'a montré souvent — 
il y a deux ans encore. 

Il est surprenant que l'on fasse tant de 
conjectures savantes sur cet œil, que fu- 
lesClaretie lui-mêmedécrit comme « pen- 
dant et tout sanguinolent sur la face ar- 
dente du tribun » au procès Baudin, en 
novembre 1868 ! Il a confondu ses souve- 
nirs et sa vision du procès Delécluze avec 
une autre^ très antérieure, au café Pro- 
cope. 

— Gambetta — comme Osirir. — a été, 
après sa mort, disséqué et découpé par 
ses pieux disciples. Que reste-t-il exacte- 
ment de lui dans le caveau municipal du 
cimetière de Nice ? 

Quand nous avons, le i"" avril 1909, 
procédé à la translation de ses cendres et 
de celles de sa famille, en présence de 
MM. Jouinot-Gambetta, de Joly, Sauvan, 
St-Germain. Sémeria et trois membres de 
la municipalité niçoise^ nous avons, 
avant de faire placer dans la bière neuve 
le ceicueil de 1883. fait ouvrir celui-ci. 

La couverture ouatée et piquée de sa- 
tin blanc qui couvrait le corps était in- 
tacte et immaculée. L'oreiller, seul, était 
creux et marbré de taches brunes. La tête 
avait totalement disparu, rongée et dé- 
truite entièrement — sans doute, nous 
dit le conservateur du cimetière, chimiste 
très compétent, parce que la chape de 
plomb, fissurée, avait dij laisserpénétrcr 
l'air. 



N" 1531 Vol. LXXXUI 

39 



l. INTERMEDIAIRE 



40 



La nature du sol du cimetière du Châ- 
teau et l'action du sublimé corrosif, qui 
servait, en 1883. a embaumer les corps, 
avaient pu achever cette destruction. 

— Même celle des os de la tête ? nous 
demande M. Clemenceau sceptique, quanJ, 
le soir, nous lui contâmes notre décou- 
verte 

— Ils ont disparu aussi. 

Nous n'avons pas eu le courage, ni 
Jouinot, ni moi, de soulever l'éJrcdon 
blanc que renlîait encore la cage thoraci- 
que et nous avons donné l'ordre de re- 
fermer la bière et de souder le nouveau 
couvercle de plomb. 

Depuis, j'ai essayé de savoir ce qui pou- 
vait manquer à ce corps et j'ai fait parler 
l.aniieloigue. Il nous avoua qu'outre le» 
cerveau, le cœur 'remis à Paul Bert) la 
main droite devait aussi manquer dans le 
cercueil. Nous comprîmes qu'il l'avait 
gardée... 

— En résumé. l'œil extirpé (énucléé dit 
la science) fut opéré en avril i86y, 
comme en fait foi la let'.rc particulière- 
ment citée par M. L. Capet, dans Vlntei- 
mi.îiaire du 10 décembre dernier. Elle 
figure à son rang, dans mon volume 
Gamhetta par Gambetta (Ollendorff, 1909) 
et est datée du 26 mai 1887. Elle com- 
mence ainsi : 

Mon cher père, depuis deux mois, 
voici le premier jour où je recoins la permis- 
sion d'écrire qiselques lignes, je n'ai pas 
voulu te mettre au courant de ma situation 
avant d'avoir des résultats entiers à l'annon- 
cer. J'ai été très ma'ade des doux yeux : 
mon œil malade s'était décompose,... 
etc., etc.. et grâce à mon ami, le linctcur 
Fieuzal . . . etc. 

Ht le bon Fieuzal avait, lui-même, écrit, 
le 11 juin 1867, à Joseph Gambetta : 

— Léon souffrait depuis longtemps de 
l'œil qu'il a si malheuieusement perdu, il y 
a une quinzaine d'années 1 11 y avait dix-huit 
ans ; l'accident chez le coutelier Galtié da- 
ta l de l'été 1849 . Mais les douleurs n'a- 
vaient point encore le caractère qu'elles 
avaient pris il y a un mois et demi ; de 
sorte que, bien qu<' je fusse persuadé depuis 
longtemps déjà qu'il faudrait en venir à l'ex- 
tirp<ition de l'œil perdu pour conserver ^ 
l'autre son intégrité, j'atlenduN toujours que 
l'opération, qui n'est pas sans ilanger par 
elle-même, fut devenue tout à fait urgente 
Ctitcequi est arrivé il y aun mois et demi. 

Les douleurs de l'œil perdu ve transmet- 



taient à l'œil 'vauche et empêchaient Léon 
de se livrer sans grands dangers à la lecture, 
môme pour très peu de temps. Comme il est 
d'une activité dévorante et que je savais bien 
que je n'obtiendrais pas de lui le repos qui 
lui était absolument u>''Cossaire pour ne pas 
devenir aveugle, je n'ai pas hésité à lui faire 
1 art de ce que je croyais qu'il y avait à faire 
et je l'ai conduit immédiatement chez un 
des meilleurs oculistes de Paris, le docteur 
Vecker, qui, ayant examiné l'œil, a déclaré 
qu'il n'y avait pas de temps à perdre et qu'il 
fallait pratiquer l'extirpation de i œil. 

Léon voulait atte.uire les vaoar.cts de la 
Pentecôte pour que son travail n'eut pas à 
en souffrir ; mais Vecker ne l'a pas permis 
et il a bien fait : il est venu, le lendf.main, 
chez Léon, faire l'opération. Il était assisté 
de trois aides, qu'il avait amené.^, Péphau, 
notre ami, qui avait voulu rester là, et moi 
qui surveillais le pouls pendant que la pau- 
vre Léon était sous l'inlluencedu chloroforme. 
L'opération a été faite avec une habileté 
vraiment extraordinaire et M. Vecker lui a 
donné les soins les plus assidus et aussi les 
plus affec'ueux. 

'Votro fils est resté condamnéau lit et à la 
chambre obscure pendant une dizaine de 
jouis ; après quoi il 3 été autorisé à passer 
dans son cabinet, tout en conservant un ré- 
gime très sévère et grâce auquel l'opération 
a réussi. Il y a quinze jours qu'il a com- 
mencé à sortu' avec Péphau qui l'accompa- 
gnait chez M. Vecker et, depuis quelque 
temps déjà, la cicstrice est assez insensible 
pour qu'on ait pu lui appliquer un œil de 
verre qu'il remplacera, dans une dizaine de 
jours, j'.- crois, par l'œil définitif. 

En somme, tout a marché à merveille e 
nous sommes tous enchantés, Léon le pre- 
mier, du résultat obtenu. Il a besoin encore 
au moins d'un mois de repos ; car l'œil sain 
se fatigue très rapidement et il ne lui est pis 
encore permis de lire, ni, à plus forte rai- 
son, d'écrire, ce qu'il a fait néanmoins 
quelquefois, mais avec une fatigue extrême. 
C'est une question de temps et, désormais, il 
est à l'abri de la crainte de devenir aveugle. . 
etc., etc. Docteur i-iEuZAL. 

Telles sont l'histoire et la destinée 
réelles de l'œil malade de Léon Gambetta, 
qui le détourna de sa vocation de marin 
— celle de tous les Gambetta et de tous 
les Ghersi. nés sujets de Napoléon, au- 
tour de 1810, dans le département de 
Gênes en Ligurie. P. B. Gheusi. 



Le Dit ecteur gérant : 
Georges MONTORGUEIL 

!■■-■--■ ~1 II 

Inip.CXKRC-DANiBL, Saint-Amaiid-Moutrond , 



LXXXIII« Volume Paraissant les lo, 20 et de )o chaque mots 20-30 Janvier 1921 



N" 1532 

8*'l*.r. VUtwr .>lAn9é 
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Buieiui : (le 3 à 8 heures 



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N" 153: 



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Rureaux : de 3 à 6 heures 



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Fondé en «864 



iJUESTIONà KT Rli:('ON.SIi:s LITTÉSAIRKS, HISTOSIQURS, Sf'.lRNTIKIQURS l£T ARTISTigUKS 

TROUVAILLES KT CURIOSITES 



41 



42 



l\ous prions nos correspondants de \ fléchissemeni de la r« armée allemande 

vouloir bien répéter leur nom au-de:>soui ] vers l'Est, aux confins du Camp retranché 

de leur pseudonyme et de n'écrire que \ 

d'un côté de la feuille. Les articles ano- \ 

nymes ou signés de pseudonymes inconnus \ 
ne. seront pas insérés 



de Paris 

Il avait, dit il, trouvé l'ordre de ce 
glissement dans la sacoche d'un officier 
i prussien tué. 

Ce détail — qui contredit les pren^iers 



Four la précision des rubriques, une | récits officiels des quatre premiers moi 



question ne peut vtser qu un seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. 

Quand la question sollicite la connais- 
mnce dUme liste, la liste, sauf exception, 
nest pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion le 
nom ou le titre d^une famille non éteinte. 

L'dbonnament pour 1921 est 
porté à 30 Ifrancs par an pour la 
France. ;Six mois 16 francs). 

Poar l'étranger : un an 32 francs. 
(Six moisis francs). 

Prix du numéro 1 1 fr. 50. 



ueôtioîîô 



de la Guerre — fut-il connu à temps de 
j l'armée de Paris ? 

) Qyi a prévenu l'Armée de Paris que 
j Von Klùck, au lieu de marcher sur la ca- 
j pitale. se dirigeait brusquement sur 
t Meaux, par la région de l'Ourcq? 

C. Iv. G. M. P. 

Buoaaparte et Bonaparte . — En 

feuilletant la Fiance Eeclésiastique de 
1783, vénérable annuaire si précieux 
pour qui veut connaître l'organisation re- 
ligieuse avant la Révolution, je trouve au 
chapitre sur le diocèse d'Ajaccio dont 
l'évèque était un Doria de l'illustre famille 
génoise : 

Chapeiin de la Cathédrale (St-Eufrase) Ar- 
chid. Bonaparte. 

Il y a bien « Bonaparte » et non Buona- 
parte. Le nom avait donc été francisé 
fort avant qu'il fût devenu célèbre entre 
tous. 

A-t-on déjà signalé ce détail ? 

Ard. D. 



Qui a prévenu l'armée de Paris 
de l'infléchissement de l'armée de 
Von Kluck? — Un officier anglais vient 



Louis XVIII et la cocarde trico- 

>. w.. V....W.W. c.ç,....^ ..^... lore. — Commentant; dans ses Souve- 

de faire, à Londres, une conférence où il nifs (T. Ill p. 418) la répugnance mani- 
afîirm.e qu'il a prévenu, le premier, notre { festée par le comte de Chambord à ac- 
G. 0. G. le !«' septembre 1914, de l'in- ' ccpter en 1875 le drapeau tricolore, Ig 

LXXXIII-2 



No 



'3?2, 



Vol. 



l.XXXKI 
— 43 



L'INTERMEDIAIRE 



général Du B:irail iap>porte, à cette occa- 
sion, l'anecdoie suivante : 

Elevé sur les genoax i\e la Dauphine, fille 
infoitunée de I.cuis X'^1, nourri des souve- 
nirs des deux premières Restai' allons, il [le 
comte de Chambord] se rappelait sans doute 
la scène historique et piquante qui marqua !a 
première entrevue de son grand-oncle, le roi 
Louis XV II et des maréchaux du premier 
Empire, venant de «air.er au chàtea'i de St- 
Oucn I le général viut dire Compiègiic] 
Louis XVIll croyait, probablement, que la 
France ne voudrait jamais abandonner le 
drjpeau tricolore qu'elle venait de prome- 
lier, victorieux, à travers l'Europe, et il avait 
déjà fait son deuil du drapeau blanc, puisque, 
pour recevoir les maréchaux, il avait arboré 
L son chipeau une coc;!rde Incolore qu"il se 
hâia de faire di paraître lorsqu'il vit la co- 
corde blanche au chapeau des maiéchaux. 

Le N< Dé.siré » a-t-il vraiment eu l'in- 
tention et esqui.-sc le geste quo lui attri- 
bue le général DuBarailet que je n'ai pas 
trouvés mentionnés dans les ouvrages sur 
la première Restaurât on que j'ai été à 
même de consulter ? 

Un bibliophile comtois. 

Projet de mariage du duc de 
Berry. — Quelles furent les raisons, en 
dehors de la difFéience de religion, qui 
empêcheront le mariage du duc de Berry 
avec !a grande duchc:~se Anne, sœur du 
tzar Alexandre, — mariage dont les cor» 
séquences politiques eussent été considé- 
rables vis-à-vis des prétentions des alliés ? 
le projet d'union a-t-il fait l'objet d'une 
étude historique r 

Capitaine de Guenyveau. 



44 



1809, qui donne une idée exacte de U 
profonde affection de l'ex Reine pour l'ex- 
Roi. Le diplomate espagnol, ex-Ambassa- 
deur à Paris — poste que des incidents, 
non oubliés, le forcèrent de quitter peu 
après la déclaration de guerre pour, après 
un stage à Madrid où !e journal ^/ Pa;- 
lamentario mena contre lui une rude cam- 
pagne, celui d'ambassadeur de son pays 
auprès du Quirinal — M. 'W. Ramirez de 
Villa Urrutia, qui est l'auteur de trois 
précieux volumes d'hislo're diplomati 
que : RtLuionrs entre Espana è Inglatena 
datante la guerra de la hidcpendencia, 
parus à Madrid en 191 1, 191:2 et 1914, 
déclare, au t. Il de cet ouvrage, page 
227, note I , avoir vainement recherché, 
lorsqu'il était ambassadeur à Londres, en 
1908, le lieu où pourraient se trouver ces 
lettres (i). Ne. js adressons, par l'Inter- 
médiaire, la question à notre collègue de 
Londres, Nofe^ and Qjicriei^ auquel vient 
d'être infusée une vie nouvelle, et qui 
peut être, s'il voulait la repren- 
même de lui donner une solu- 



serait 
dre, à 
tion. . 



Camille Phollei . 



I La Roche-.sur-Yon. La Rocbe- 
! sur- Yonne. — Ces deuxlocalités situées, 
! la première en Vendée, la seconde dans 
1 l'Yonne, tirent leurs noms de deux ri- 
I vières l'Yon et l'Yonne, et ces noms pa- 
! raissent avoir un grand air de parenti'-. 
I Quelle est l'étymologie des mots Yon 
\ et Yonne ? 

Dehermann-Roy. 



Où se cachent, à Londres, les 
lettres de Julie Bonaparte ? - On 

sait que la principale avocate du roi Jo { 
seph auprès de N;ipoléon durant l'exer- ! 
cice de son épliémère souveraineté en J 
Espagne fut sa femme. On sait aussi que I 
des lettres d'elle, très curieuses, que Jo- ' 
scph avait avec lui, dans sa voiture, tom- 
bèrent aux mains des Anglais lors de la 
bataille deVitoria, ainsi que les archives 
de S. M. et tout un très riche butin. De 
ces lettres. The EJinhuigh Review en a 
donné quelques-unes dans l'article qu'en 
octobre 1855, M. Greville y dédia aux 
Mimoirciàe. Joseph, publiés par le baron 
Du Casse. Le Bniish Muicum n'en pos- 
sède qu'une unité, datée du 1" février 



Ambenay (Eure). — Existe - 1 il 

; quelques notices et vues de cette com- 

{ mune, de l'église et du manoir des Seau- 

les ou de Mauny, à part l'ouvrage de 

M. l'abbé Lebeurier.? 

A. Herrier 



(i}M. W. Ramirez de VillaUrrutia a ra- 
conté, dans un intéressant article de la dé- 
funte Rêvuc de MaJrid : Cu! titra Espiinola 
I (n° de février 1907), v Comment furent ie- 
i cou.rè^ et sauvés d'une rut>te certjine IfS 
I tahlenux de Riphaiel emportés p ir Joseph 
j Bonaparte et rederenus aujourd'hui des 
I /oYJux du Musée du Prado. » D'autits des 
tnbleaux ainsi emportés se trouvent — avec 
l'assentiment de Ferdinand Vil — à Aapley 
House, palais de Wellington, à Londres. 



DES CHERCHEURS k; cUKIEUX 



20-3C) Janvier l(^2i 



45 



46 



Familles de Contay de Mai'ly, de 
Mets et de Vauliacourt — L'Histoire 
généalogique des Comtes de Ponthieii et 
tjiaiitirs d'Abbfvi/lc' publiée à Paris, en 
1657, mentionne (p. 801) au sujft de l'al- 
liance (antérieure a 1452) de Pierre Rii- 
niet, ce. sgr. de Bu^c<1mp, bourgeois 
d'Hesdin, avec Marie le Maire, dite de 



Madame J.cques Lafflttô. — Un 

obliii^i'ant confrère pourrait-il me dire le 
nom de jeune fille de Mme Jacques Laf- 
fittc, la femme du banquier qui fut un 
instant ministre après la révolution de 
1830, et me donner en même temps les 
dates de son mariage et de sa mort ? 
le ne trouve son nom mentioi.né — et 



Trésencourt {au lion chargé d'un bâton i très brièvement — que dans [ajournai 



brochant) lllle de Philippe, sgr. de Waillv, 
de Lannay -j- 1438, avocat et co:-iiei'k'r 
de la ville d'Amiens, receveur et lieute- 
nant du bailli, lieutenant du ma3'eur,etc. 
et d'Honorée d'Ippre.que ladite Marie de 
Trésencourt est « proche parente et alliée 
« des. nobles maisons de Contay, de Mail- 
\< ly, de iMets, de Vaulincourt et autres 
»\ illustres familles > . \ 

Pourrait-on me donner (avec indica- ' 
tion des sources) des détails sur ces | 
alliances, antérieures au milieu du xv^ siè- ' 
clc de la famille; le Mf-iie? Elles me sont 
inconnues. O. lk Maire. 



du maréchal de Castellane, le 21 novem- 
bre 1830, à l'occasion dune réception 
donnée quelques jours auparaviint dans 
les salons du ministère des finances 

G. P. 



Ls général A. Mellinpt et la fa- 
mille Thiers. — Le général Anne Mel- 
linet, né à Corbeil en 1768, fils du con- 
vcntioni-.el Pierre, S'- maria à Nantes en 
thermidor an III, avec une demoiselle 
Malassi.s, fille d'un imprimeur, de laquelle 
il eut deux fils : Emile, également géné- 
j rai, quf" Nantes a honoré d'une statue ; 
j et l'historien, Camille, personnage nantais 
Famille Desjoyes. — [Claude Des- le plus intéressant des premières décades 
joycs (ou des joyes), sicur des Bordes, ^^^ ^iede dernier. 

conseiller du roy, demeurant a Mailly- H a été écrit, plus ou moins vraiscm- 

le Château, baptise le 4 septembre 1635, blablement, qu'à la suite de divergences 
inhume le 17 février 1699, ayant omis de | politiquesavec saremme,royalistcardente, 
faire enregistrer ses armoiries en cunfor- | un divorce survint. Par c'etto raison ou 
mite de l'edit de 1696, se vit imposer po^r une autre, à la suite de cette sépara- 
d'office des armes qui sont de pure fan- ] tion Mellinct quitta Nantes, vint habiter 



3 

fa- ? 



r 



taisie 

Je désirerais connaître : 

i" les armoiries portées par celte 
mille ; 

2'' le degré de parenté existant entre : 

Claude Dcsjoyes, déjà cité. 

Françoise Desjoyes, qui épousa le 13 
novembre 1671 Nicolas Bargédé, con- 
seiller au baillage d'Auxerre. 

Jeanne Desjoyes, qui épousa vers 1660 
Jean Boulard, cont^ciller au baillage d'. A. - 
vallon. 

Edme Desjoyes, baptisé a Mailly le 10 
août 161 I et qui iTKnirul dans les pre- 
mières années du xviii' siècle. 

U.-; Bellifontain. 

Grc.nier, évoque de Genève. — 
Claudj de Granier, évêque de Genève en 
1591, n'était-il pas d'origine française? 
|e défilerais connaître ses armes et avoir 
quel [lies renseignements biographiques. 

Dksmartys. 



Paris où il se remaria avec une demoiselle 
Eulalie Aglae Dosnc, née vers 1786, qui 
mourut le 4 avril 1850, habitant 98 rue 
de la Chaussée d'Antin, dont il eut éjzale- 
ment deux fils, dont un devint consul. 

La famille Mellinet Dosne l'est-elle 
perpétuée? 

Cette union fit devenir Mellinct oncle 
de M. Thiers, le futur président de la Ré- 
publique, écrit M. G. Bastard, dans une 
suite de curieuse? notes sur cette loncirue 
et remarquable lignée des Mellinet. (Le 
général E. Mellmet en Afrique, chez 
E. Flammarion). 

hxiste t-il une généalogie de la famille 
Dosni', permettant de picciser la parenté 
des Thiers et d'Anne Mellinet ? 

L'existc'Ke d'Anne Mellinet fut des plus 
agitées. Militaire et lancé dans le mouve- 
ment politique du début même de la Ré- 
volution, il partit comme capitaine en 
juillet 1793 pour les Pyrénées ; blessé au 
Pont de Céret, 1793 le -trouva adjudant- 



L'INTERMÉDIAIRE 



N« 1532. Vol. LXXXIII 

47 

général, et décembre de la même année, 
suspendu comme girondin. Revenu à 
Nantes_, il se mit à la tète de la réaction 
thermidorienne locale- En l'an Vlll il fut 
remis en activité ; comme général il com- 
manda en Italie, où une afiaire de contre- 
bande lui valut une comparution en Con» 
seil de guerre. Acquitté, il resta dans l'ar- 
mée, et, comme chef d état-major de la 
jeune garde, Waterloo vit en France la 
fin de sa carrière militaire. 

Banni en 1816, xMellinet se fixa défini- 
tivement en Belgique, où. esprit aussi re- 
muant que distingué, ses avantages comme 
poëte, musicien et dramaturge disparu- 
rent devant son action comme chef du 
parti radical. 

Sa femme, demoiselle Dosne, le suivit- 
elle en exil? J'ai des raisons — des raisons 
peut-être insuffisantes — pour croire 
qu'aucune intimité n'exista entre Mellinet 
et la famille Thicrs. 

Pourtant Anne Wellinet prit une part 
très active à la révolution belge de 1830 
et, d'après le peu que j'en sais, recruta 
alors un corps df volontaires. Au même 
moment (1832-1854) Thiers appartenait 
au cabinet Soult où se décida Tinterven- 
tion française en Belgique ; la politique 
ne put-elle pas ramener ou établir cer- 
taines relations entre l'oncle et le neveu : 
Si oncle et neveu ces deux personnages 
furent. 

La fureur politique poursuivit Mellinet 
jusqu'à l'extrémité de l'âge ; ayant 80 ans 
il fut compromis dans une affaire de con- 
juration républicaine, arrêté et interné à 
Anvers où il mourut en 1852. 

A. Vei.asque. 

, Mérimée, inspecteur des monu 
meots historiques. - Puisqu on re- 
cherche, depuis quelques mois, tous les 
inédits de Mérimée, a-t-on songe à ses 
rapports d'inspecteur' Les a-t-on classés ? 
Ou peut-on prendre connaissance de ses 
appréciations sur tel ou tel monument ? 

Lei). 

M. Ch. Nauroy. — Ce très assidu, 
très ancien tt très intéressant collabora- 
teur a disparu de la scène de Ylnlcimé- 
diaire vf.rs 1904 : j'ai vamement cherché 
quelques lignée de nécrologie indiquant 
son décès. 



48 



Pourrait-on m'apprendre s'il est mort, 
où et quand ? 

NlESOC. 

La comtesse Pszewuska. — Une 

lettre du Prince de Sayn-VVittgenstein 
contient les lignes suivantes : 

La Comtesse Pszewuska, âgée de quatre- 
vingts ans, est morte ici ia semaine dernière 
(Fév. 1865)... Le début de sa vie était un 
véritable roman. En 1793 elle se trouvait à 
Paris, enfermée au Temple av3C sa mère, la 
princesse Lubomirska, qi i fut guillotinée. 
Qi_iant à la pauvre enfant, elle resta ignorée 
plus d'un an. Enfin, un de ses parents, le 
comte Pszewuski, ia recueillit. Elle avait 
vécu dans une des cours du Tjmpie, s'abri- 
tantdansun chenil vide, et se nourrissant 
de ce qu'elle ramassait dans la rue. 

Je ne croyais pas qu'il y eût eu au 
Temple d'autres prisonniers que la famille 
royale. 

Pourrait-on bien vouloir me dire si 
quelque texte français, officiel ou particu- 
lier, confirme le récit du Prince de Sayn "^ 

Bénédicte. 

Famille de Rouvroy. — Dans le 
n°5 des« Feuilles d'histoire », année 1911, 
I" semestre, page 407 : La bataille de 
Watlignies, par Arthur Chuquet, on lit 
que la gauche de l'armée française, « char- 
gée par les hussards de Barco et les chc- 
vau légers de Kinsky, battue en tlanc 
par le canon que le lieutenant-colonel ba- 
ron de Rouvroy dirigeait sur elle, s'en- 
fuit en laissant huit pièces sur le ter- 
rain. . . » 

Pourrait-on donner quelques renseigne- 
ment ;sur le lieutenant colonel baron de 
Rouvroy cité ci-dessus, ses origines, sa 
famille, ses armoiries. Les de Kouvroy ne 
•oont-ils pas originaires de la Lorraine : 
Etait-il apparente aux de Rouvroy, mar- 
quis et comtes de Saint-Simon, de la fa- 
mille du fameux auteur des Mémoires? 

Lalos. 



Noblôî^se de Berry. — Les inven 
taires scellés des recherches de 1066 e 
1714 furent reliés; ils étaient conservé: 
à l'Intendance, a Bourges. Trois registre, 
furent égarés. Les autres firent, parait-il 
sous la Révolution, partie du grand -au 
toddfe de la Place Vendôme. On a re 






DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



io-)a Janvier 193! 



49 



50 



trouvé les registres égares. Ils sont à la j par >'" 
Bibliothèque Nationale. po" '^^^ 



)thèq 

Un éminent particulier a. d'autre part, 
le registre des comparutions pour la re- 
cherche de 1666-69. Mais ils ne compor- 
tent aucun détail généalogique ; les re- 
gistres de la Nationale ne concernent 
même pas la moitié des familles mainte- 
nues. Pourrait-on trouver quelque part 
une copie dos inventaires brûlés ? J'en ai 
vu quelques uns, en original, dans des 
familles. Mais la masse.'' 

Olrs d'Aq.uitaine. 

Terre d'Espagny. — Où se trou- 
vait située la terre d'Espagny qui avait 
pour seigneur ou propriétaire h la fin du 
xvii' siècle Jacques Raiîard, commissaire 
provincial de l'artillerie, demeurant à 
Paris, qui y fit enregistrer ses armes à 
l'Armoriai général : ii'or à la bande de 
gueules^ cbargéc d'un lion d'or, ou lambcl 
d'azur en chef. Quels ont été après lui les 
possesseurs de celte terre jusqu'en 1789 ? 

Mkreuil. 

Quieta non niovere. - Sait-on 
quelle est l'origine de cette formule? 

A. M. Z. 

Orequomelius loquebatur. Elé- 
gante périphrase. — De quel person- 
nage, sans doute lingua imprompius^ un 
auteur latin (lequel?) a t il dit plaisam- 
ment qu'il s'exprima dans certaine 

circonstance ore ijiio nielins loquebatur ? 

Fraval. 

Marques sur un meuble, S. X. A. 

— [e serais très reconnaissant au lecteur de 
V Intermédiaire qui pourrait me renseigner 
sur les particularités qi;e présente un buf- 
fet de salle à manger en bois sculpté. La 
partie intérieure de ce buffet se compose 
de trois armoires. Au centre de celle de 
droite se voient en relief une tour avec la 
date 1560 en dessous. 

Au centre de celle de gauche nn S et 
un A séparés par un grand X. 

D. Y. 

StatUcS d'actrices en talc, XVIIP 
siècle. — Le 1" juin 1780, paraissait 
l'annonce suivante : 

u Le sieuf Merchd, sculpteur, sollicité 



grand nombre d'amateurs, se pro- 
meltieaujour cinq statues représen- 
tant : Mlle Guirnard, sous la figure de Tcrp- 
sicfiore ; Mlle Hcinel, sous celle d'une 
nymphe; Mlles Atlard et Pesim, sous celles 
de bacchantes, et Mlle Théodore, ious celle 
d'une bergère. Ces statues faites au talque 
{su) soigneusement réparées (sic), auront 
dix-huit pouces de hauteur. Le pri.x de la 
souscription, fixée Jusqu'au i"'' juillet inclu- 
sivement, sera de cinq louis pour les cinq 
figures On piycia un louis d'avance, et le 
reste à la livraisorj, qui se fera le ip septem- 
bre prochain. Passé le mois de juin, les 
collections Si.ront de six louis et demi. On 
souscrira chez l'auteur, place du Louvre. » 

Ces « statues en talque » ont-elles été 
« mises au jour » par Merclié, et en con- 
naît on quelques exemplaires ? 

Anceps Imago. 

La forme catalane des noms de 
lieux. — - Il m'est tombé sous la main 
un annuaire otTiciel du département des 
Pyrénées Orientales pour 1B34. j'y trouve 
beaucoup de noms de communes sous 
une forme catalane : Villanova pour Vil- 
leneuve, Montesqiu pour Montesquieu, 
Villalonga pour Villelongue, Saillagosa 
pour SiUagouse, Cornellà pour Corneilla, 
Boula pour Boule, Bula - Ternéra pour 
Bouleternère, Oléta pour 01ette,etc., etc. 

A quelle époque ont été francisés tous 
ces noms ? 

A-t on jamais tenté de franciser les 
noms de lieux en Corse, d'appeler San 
Pitre, Saint Pierre, Santa Maria, Sainte 
Marie ? Je ne connais de forme française 
qu'Ile Rousse et Saint-Florent. Lors de la 
réunion à la France, Bastia devint La Bas- 
tie, mais cela n'a pas prévalu. On peut le 
regretter. Ardouin-Dumazet. 

Le prénom Savary. — je serais dé- 
sireux de connaître létymologie et l'his- 
toire de ce prénom. Répandu au moyen 
âge dans la haute féodalité poitevine, j'en 
trouve quelques spécimens plus récents 
en Gascogne. D'anciens textes écrivent 
« Savarix»,le mot \at\n\sé éXah Savaricus, 
je trouve un Saviricu^ ou Saveiicm, abbé 
de Saint-Sulpice de Bourges, en 1140- 
1142 (Soc. anliq. Centre XXXV); j'ai 
cherché en vain un Saint Savary. 

Ours d'Aq.uitaine. 

Ronronner. — Quels sont les plus 



L'INTERMEDIAIRE 



NM538. Vol.LXXXIII 

,j, — j 

anciens exemples de l'emploi des mots 
rottrofi, tontonver dans la lanp;ue ccritc ? 
Litlré, qui cite Rousseau et Theuiiet, ne 
dopne pas rcnronvemetit qui se trouve 
aussi chez certains auteurs. 

Quels sont les animaux susceptibles de 
ronronner ? Le chat, surlout le chat gàlé 
par ses maitreî»^ ronronne volontiers 
quand on 1". caresse, ou encore d;!ns un 
but intéressé; le fait-il spontanément en 
dehors de ces cas où l'homme joue un 
rôle r Peut être la chatte qui a des petits. 

Existe- t-i! une description scientifique 
du mécanisme qui produit le ronron t 

E. W. Nancy. 

« Arioviste » est-il le nom déna- 
turé d'« Ernt^st »? — Dans sa Brevif 
ac diliuidii super iou<i B'jrgujirlœ qu<x covii 
tatus nomine ceiisalur D^sctiptio. Gilbert 
Cousin, de Nozeroy, écrit ceci : 

Personne, après C<îsar, n'a mieux pailé 
que ce dernier de la ville de Besançon ... C'c^t 
là [^Jant les Cumnicnlaira] que le loi des 
Suèves est appelé anns nul doute par corrup- 
tion, et je pense par suite de liguorance de 
la langue parlée par les germains, Arioviste, 
ou bien Ernest le mot F.rnst signifiant sé- 
rieux, habile, attentif 

{Description de la franche Comté 
Année 1 ^^0, trad. par A. Cliereau. Lons- 
le-Saunier. 1863, in-i2, p. 2). 

Et il cite, à ce propos, un passage du 
livre V de la sixième Ennéade de Sabelli- 
cus, dans lequel l'historiographe italien 
désigne, en etïet, sous le nom d'Ernest, 
le guerrier barbare que César empêcha 
de s'emparer de Besançon. 

Ernst, qui signifie en allemand mo- 
derne sérieux, grave, sévère, vient du 
mot vieux haut allemand Einust, c'est-à- 
dire < celui qui combat », et a pu déjà 
être porté par des Germains du i**" siècle 
avant notre ère. Mais j'avoue ne pouvoir 
découvrir, en dépit de Cousin et de Sa- 
bellicus, aucun rapport étymologique 
entre ces deux noms, et. d'ailleurs, en 
allemand, le roi des Sueves s est toujours 
appelé Arioviit, et jamais Ernst. 

Que pensent de cette prétendue identité 
les linguistes de \'Jntiirnédi<iire^ 

Un BibLioPHiLE comtois. 

La protection des animaux de- 
vant la religion — Existe-t-il un 
ouvrage émanant d'une haute autorité 



— 52 



ecclésiastique, établissant la doctrine 
de 1 Eglise sur I1 protection à accorder 
aux anirnau.K ? 

D'L. 

Archives dauphinoises de Mo- 
rin-Pons. — Un premier volume (dos- 
siers généalogiques. A. C) de Tinventaire 
analytique de cette très importante collec- 
tion a été publié a Lyon, chez Perrin, en 
1878, C'est le seul que je connaisse. La 
publication est-elle en voie de continua- 
tion ? Où sont actuellement les pièces des 
Archives Dauphinoises de iVl. Henry Mo- 
rin-Pons? Peut-on en consulter l'inven- 
taire manuscrit ? 

NOLLIACUS. 

Faire le diable à quatre. — D'où 

vient cette expression ? 

Le Picard. 
I^La question a déjà été posée (tome 111). 
Les réponses sont contradictoires et im- 
précises. On n'a pas donné de sources ; à 
peine si on a donné un sens. 11 n'y a 
qu'avantage à poser la question à nou- 
veau . 

Le nombre « Trois » dans les in- 
cendies. — De VEcho de la Loiic, 14 
décembre 1920 : sods la signature Michel 
de Lerdre. 

A n.opos de l'incendie de la Biscuiterie 
Du"usse etGuibil, il a été fait allusion à ce 
dicton naîilais qui veut que les incendies 
aillent pi<'rsérie de trois. Le feu, à Nantes, 
comme le dieu antique, « se réjouit du nom- 
bre impair ». 

J'av.iis cru longtemps qu'il s'agissait là 
d'une croyance, ou plutôt d'une supersti- 
tion, spécialement naniaise. 

Or, il m'a été donné — très fortuitement 
d'ailleuts — de constater que le dicton a 
cours, au Nord, à l'Est, au Midi, partout en 
un mot, où il y a de grandes agglomérations 
urbaines et industrielles, où le risque d'in- 
cendie se trouve porté à son maiitnum. 

Il serait intéressant, pour une publication 
telle que V Intermédiaire des Chercheurs èl 
Curieux d'ouvrir une enquête sur lés condi 
tiens dans lesquelles pareil aphorisrrie a pris 

naiisance. 

Nous répondons volontiers au désir de 
notre confrère : la question est posée. 

I. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

53 ; 



20-30 Janvier 1921 



54 



Eéponeee 



Robespierre e t Mademoiselle 
anhove ^LXXXIl, 378). — C'est Mlle 
inhû\e elle même qui a lancé la pre- 
ière cette histoire dans le livre qu'elle a 
iblié en 1836 sous le nom de veuve 
jlina et le titre de : Etudes sur l'arl 
\''.àiral suivi d''anecdoies inédites sur Talma 
de la correspondance de Diicis avec cet 
\tiste, etc. Voici, du reste, le passage 
j question : 

Robespierre venait presque tous les jours 

tiieiltre [La Coméilie Iraiiçaise devenue le 

^atredc la Nation] ; la jeune personne [la 

jyerine Vanhove] ne fut pas longtemps h. 

percevoir qu'elle était l'objet de celte as- 

uitè. Elle frémit, et craignant les niani- 

tations d'un amour si fatal, elle chercha 

moyens de retarder au moins une décla- 

on qu'elle craignait de ne pouvoir long- 

jips éviter. Elle se dit malade et s'abstint 

la scène. 



tilhac, dans son beau livre sur l^ergniaud 
(Paris, Hache/le. 1920) cite plusieurs jour- 
naux de cette époque et que le nom de 
Louvet se présente une/douzaine de fois 
sous sa plume, au cours de ce volume, il 
est étonnant qu'il n'ait pas songé à re- 
courir à cet organe de la Gironde L'au- 
tre Seiilinelle, de format in-4^, commen- 
cée le sextidi 6 messidor an IIl (mercredi 
34 juin 1795), se compose de ii vol., 
dont nous n'avons pas à faire'l'historique 
et que nous avons pu aisément consulter, 
à la Nationale — oti il$!sK.sO"t cotés 
Le-) 6ç4 — grâce à l'inépuisable (obli- 
geance de cette Providence des lecteurs 
qu'est^^M. le bibliothécaire Blanchet, qui 
connait sa matière et applique'^ la lettre 
la devise de tout vrai bibliothécaire : 
Aliis inserviendo consumor . 

La Sentinelle de 1795 contient, sur 
Quiberon, maints détails qu'on n'a pas 
songé à utiliser. Dans son n° XL (2 août 
1795) et son n° XLI (3 août 1795) elle 
donne de curieux extraits des feuilles an- 



*uiselle fait le récit d'un accès de fu- I glaises The Courier et Tbe Sun. Puis 
r dont Robespierre aurait été pris en sont aux n"' XLllI (5 août 1795), XL 
sence de son tailleur qui lui avait in- 



-.emment, mais imprudemment, offert 
lui faire « une petite redingote à la 
ma », ce nom ayant réveillé chez 
Incorruptible » les sentiments de ja- 
jSie qu'il nourrissait à l'égard du grand 
Ijédien, son rival heureux auprès de la 
e. 

convient d'ajouter que la plupart des 
oriens qui ont reproduit les dires de 
rlotte Vanhove, n'ont pas paru beau- 
p ajouter créance à cet amour qu'elle 
end avoir inspiré à Robespierre. 

Un bibliophile comtois. 



louget de l'Isle et Phigtorique de 

iberon (LXXXl,LXXXII,i2, 117, 204, 

). — Oui, tâchons de chercher s< la 

Mvraie, sans formules désobligeantes 

rpersonne > , y compris pour M. A. 

ibour, n'est-ce pas, M. B.-D. .'' 

oyons, d'abord, La Sentinelle, de 

. Louvet. On sait, par Hatin, co!. 

■238, qu'il y eut deux journaux de ce 

i rédigés par ce Girondin. Un exem- 

:e de la Sentinelle, affiche et in-P, de 

«-1793, est à la Nationale ~ sauf le 

nier numéro — dans ses 73 numéros, 

:Lc^, 6çj. Bien que feu M. E. Lin- 



ce 
XLVl 



(8 août 1795), XLIX (11 août 1795) et 
LXVll (29 août 1795) d'édifiantes lettres 
trouvées sur les émigrés à Q.uiberon « et 
apportées à Paris par Tallien.» Au n^XLlI, 
septidi 17 thermidor (mardi 4 août 1795), 
nous y trouvons un Tableau des départe- 
tnens de ï Ouest et des cruautés des Chouans 
par Rouget Delisle, p. 167. Il est daté du 
i<; thermidor et affecte la forme d'une 
lettre Au rédacteur de la Sentinelle. 

La signature : J[osepk\ R. Delisle ne per- 
met aucun doute sur l'auteur, qui n'est pas 
tendre pour les Chouans. <■, On ne peut se 
faire une idée — écrit-il — de la couardise 
de ces coquins-là. . . Ils ne se montrent ja- 
mais qu'ils ne soient dix contre un ; autre- 
ment, ils assassineiit à coups de fusils de 
derrière les haies et les bois dont ce pays est 
couvert, et à la faveur desquels ils disparais- 
sent dès qu'ils sont poursuivis. Le jour, ils 
se répandent dans les campagnes, où ils 
travaillent à la terre, fe, leurs armes cachées 
près d'eux et d'où ils épient ce qui se passe 
sur les grandes routes. La nuit, ils se por- 
tent en force sur les communes, pour y 
surprendre nos canto;.pemens et les égorger, 
pour piller et massacrer tous ceux des habi- 
tans qui sont désignés comme patriotes. Au- 
jourd'hui que ces malheureux patriotes ont 
presque tous péri^et que le peu qui reste est 
réfugié dans les cités, les brigands se jettent 



N« 1532. Vol. LXXXIll 



L'INTiiRMHDIAlRE 



56 



sur ceux tnime de leur parti, sans autre rai- 
son déterminante que l'espoir d'un pillage 
pluf ou mo'tts cofisidériibU (1). 

Celte première lettre se complète d'une 
seconde et d'une troisième partie, qui pa- 
rurent aux n*' XLV (décadi 20 thermidor, 
vendredi 7 août) et Ll (scxtiJi 2b ther- 
midor, mercredi 12 août 1795), pp. 175 
174 et pp. 198-199. De l'extrait qui a vu 
le jour au n» XLV, nous citeronb le pas- 
sage suivant, qui nous signale rexislence 
d'une perle bibliographique malheureuse- 
ment introuvable : 

J'ai dans ce moment so'is les yeux un al- 
manach loyaliste pour 1793, dont le titre an- 
nonce qu'il % été imprimé et se trouve à 
Nantes ainsi que Jans toutes l s villes de la 
Normandie, de la Bretagvt, du Poitou, du 
Maitte,(lu Perche, de l'Anjou, etc., et hien- 
lôt dam toute la Fruncf, tandis que le pa- 
pier et le caractère attestent qu'il a été im- 
prim..' en Ai;gleterre. Le saint chatlatan qui . 
fabriqua la sainte an>poule ; les lidicules 
imposteurs qui ont écrit la vie des saints ; 
les moinos crapuieux qui, après los avoir 
fondées, vivaient des reliques de saint Gui- 
gnolet, du saint Suaiie de Besançon, du han 
de saint Joseph, etc., étaient des prodiges 
d'hu-nanité, de raison et de philosophie 
aupiès des rédacteuis de cet almanach : les 
détails suivants suffiront pour vous en faire 
juger. A la tète du calendrier de chaque 
mois se trouve un niattyrologe consacré 
aux héros vendéens qui ont péri pour la 
sainte cause du roi et d 1 pape, des annales 
et de la féod-lité. . A côté de chique cnlen- 
drier est une légende où sont consignés les 
inirsoles que Dieu opéra tous les jouis en 
faveur de seselua persécutés : miiacles dont 
l'ange exterminateur fait tous le» frais ; 
tantôt ce sent des p'^ètres seimenlés qui 
meurent en faute et subitement pour avoir 
posé leuri pieds sacrilèges sur lei marches 
du lainl autel ; tantôt c'est un libraire de 
N.inle» qui, ayant osé imprimer de faux 
brefs du pape, voit si maison incendiée par 
lesfiuilUs d« ces brefs qu'un enfant faisait 
sécher auprès d'un potle et ce qui rend 
l'exemple bien plus terrible, c'est que sa fille, 
qui cevaitse maiier consiitulionnellement le 
Undemain, lut < touffée dans les flammes.. . . 
«le , etc. 

On aimerait à avoir cette perle dans sa 
bibiiothcqiic (2). 

(I) Souligoé dans le texte original. 

(•) La Senttnr-fU' de loctidi 28 thermidor 
an III ^«aruedi 15 août 1795) en signale une 
• utrt, dan» une lettre de Vannes, i6germi- 



De la même partie, extrayons encore 
quelques savoureux détails. Rouget y 
exalte le zèle républicain de certains Bre- 
lonsctmet pariiculieremcnt en valeur celui 
des t 50 jeunes gens de la Légion Nantaise, 
« tous fils de négociants ou de riches pro- 
priétaires »^, que commandait c le biave 
Lenormand ». 11 nous les montre chan- 
tant, en roule pour Q.uiberon,des hymnes 
patriotiques : « Le soir, à la chute du 
jour, ils ne manquoient jamais de chan- 
ter en chœur quelques-uns de nos hymnes 
patriotiques ; leur chant favori est celui 
qui a pour refrain : 

Mourir pour la Patrie, 
C'est le sort le plus beau, le plus di^ne d'en- 

[vie ». 

11 déclare avoir vu entre les mains de 
Hoche, qui l'apportera à Paris, la copie 
d'une lettre écrite en lettres d'or, de la 
f/iain même du bon Dieu, apportée en Pro- 
vence par un Archange ei qui, quoiquWcriîe 
en français, n'a pu être expliquée que par 
un enfant de dix ans, sourd et muet de 
naissance... (i). Enfin, voici sa conclu- 
sion : « Telles sont les armes avec les- 
quelles les apôtres de la vérité combat- 
tent la doctrine mensongère des Droitsl 
de l'Homme ; telle est la carrière lumi-î 
neuse qu'ils ouvrent à leurs prosélytes] 
pour les détourner de l'abime oij ils tom- 
beroient en suivant les principes de la Lij 
berté » 

Celle curieuse pièce était-elle oubliée 
de son auteur en 1819 ? Toujours est-iij 
qu'il n'y fait pas allusion dans la lettrêf 
que, le jeudi 29 septembre 1819,11 adresse 
au rédacteur du Constitutionnel, qui l'in-l 
sera le même jour, p. 3, et dont nousl 
transcrivons le texte intégral : 

Monsieur, vingt cinq ans se sont écoulé! 
depuis la catastrophe de Quiberon. L'esprrt| 
de parti s'en empara dès le principe et mi 
en œuvre tous ses moyens pour la dénaturerj 



nal (p. 3o6) : c 0;î a trouvé un catéchismil 
très curieux : ensemble le tableau de leur 
opérations , qui tendoient à faire péri 
le Convention et ceux qui la soutiennent » 
La lettre dit aussi : « M. i'évêque de D»l 
son t;ère, son grand-vicaire, Sombrcuil fils 
âgé de 23 ans, Broglie Charles fils cadet d) 
Maréchal, ont été fusillés ici. Ils n'ont pi 
nrontré cette feimelé qu'on devoit atlen 
dre... » 

(j) Souligné dans lo texte original. 



■r!e 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX ,0-30 J*nv.f r .9» 

57 ^g 



la calomnier et vouer h ranimadversion publi- 
cu« les honif.ics que le malheur des temps 
avrtit appelés à y jouer un lôle. Tonioiu de 
cet evéïieiDent, d>?plordbIe sans doiile, nuis 
provoqué par ceux-là mêmes qui en furent 
les victimes, et que n'aggravèrent ni la per- 
fidie, ni la viol,itii)n du droit des gens — 
comme on se plail encore à \o publier — je 
'ne suis toujours proposé d'en écrire les d.- 
fails. L'acharnement avec lequel on renou- 
velle aujourd'hui des fables absurdes et 
d'alroces assertion^, me détermine enfin à 
meitic la dernière main à mon ouvrage. Pei- 
melk'Z moi d'à pren ire dite dans votre feuille 
et il'annoncer à vos iecteuis que toute la 
vciilc leur sera Jémontrce dans un écrit 
intitulé : Qtn'beron, qui p:iraitra inci'ssam- 
ment chez le libraire Delaunay, 
Agiéez et: . 

RoUGEr IJE LlSI,E. 

Nous n'avons pas à rechercher pour 
quels motifs la publication ainsi annoncée 
ne vit pas le jour sous la Restauration. 
Mais cette phrase de Chasle de la Touche, 
dès la p. i de la Relation — où, en 1858, 
soit deux ans après la mort de Rouget, il 
réfute celui-ci — est, en sa concision 
même, assez éloquente, pour qui connaît 
l'histoire de cette période : < Ce n'est 
qu'après quarante ans et à l'appui d'une 
seconds révolution, qu'un seul des acteurs 
de ce drame sanglant s'est hasardé à le 
légaliser, si ce n'est à le justifier.. >» En 
tous cas, V Historique et Souvenirs de Qui- 
bsron, qu\ occupe les pp. 1-130 des Mé- 
moires de Tous, collection de Souvenirs con- 
tfmpuiai'ns tendant à clahlir la vérité dans 
V Histoire (i) t. II (1834), n'a pas une 
ligne de commune avec la lettre de 1795 
à la Sentinelle, mais, la référence la plus 
récente qui s y lit (p. 129) étant celle des 
Mcinoi'ûs de Yauban, « édition de i8i6 », 
il semblerait (jue ce texte soit celui qui 
eût dû paraître en 1819. Maintenant, pour 
en revenir à R. Bittard des Portes, nous 
ne nierons pas que son Cliaictte et la 
Guerre de Vendée (Paris. 1902) ne soit do- 
cumenté — tout de. même, sur Q.uiberon, 
(^/', ?■ 47"- ""'« I et p. 471, »o'^ 1, - Mais 
cet historien aux tendances chouano- 
philes si manifestes eût-il écrit, s'il 
eût lu Rougot de Lisle, ceci à la page 5 1 , 



{\) Deuxième édition {sic). Paris, A, Le- 
vavasseur, libraire, Place Ven.iôme, 16. Bi- 
bliothèque Nationale : G. 2662g. 



n" 209, de son Ftude de b'bltograpbie bis- 
toiiquj <t critique des guerres de Vendée 
et de la Chouannerie (Vannes. 190c) : 

« RouoF.T DE LiSLE, Hutorique et sou- 
venin Je Quiberon (dans les Mémoires de 
Tous, Paris, 1884 (sic), in-8»), cf. t. Il, 
une centaine (sic) de pa^cs sur Qyibc- 
ron L'auteur, frcrc de l'aulcur de la Mjt. 
seillaise et officier républicain qui prit 
part aux combats de Qyibcron (!) csi 
absolument nripartial ; ses appréciations 
militaires manquent un peu trop (!; de 
personnalité ». 

En voici suffisamment sur une ques- 
tion désormais résolue. Espérons que 
M. A. Velasque reconnaîtra que Bittard 
n'a pas < raison contre tous y> et que 
M. H. Bagiicnier-Désormeaux retirera, 
devant ce qui précède, su thèse de la pro 
duction du « manuscrit authentique et 
auihographe de celui des Rouget qui a 
écrit la Relation sur Qyibcron > , thèse 
parfaitement superflue dans un cas comme 
celui-ci, 

Camille Pitollbt. 



Je possède dans ma bibliothèque, un 
petit volume dont voici la description : 

Cartonnage Bradel, papier moiré — 
une feuille de garde — carte de la pres- 
qu'île Je Quiberon, page i ,au recto, t Mé- 
moire de Rouget de Lisle > ; en bas, à gau- 
che en chiffres romains : 1 1 ; à droite : 
I. verso en blanc. Page 3 : M. Rouget de 
Liste, historique et souvenirs de Quiberon. 
Le texte finit à la page 130 11 est certam 
que ce texte est postérieur à 18 16. Pas de 
nom d'imprimeur. 

Sur la feuille de garde, en haut à 
droite, un envoi ainsi rédigé : Monsieur Bé ■ 
rard., membic de la chambre des députés, de 
la part de Vûutenr^ Rouget de Liste. 

Ecriture tellement particulière que si 
l'on possède un autographe de Rouget de 
Lisle il ne pourra rester aucun doute. 

Cependant, grâce aux quatre mots : 
de la part de, il est possible encore de 
faire rebondir la discussion. 

DUCOURTIODX. 

La colonne coramémorative "Ven- 
déenne (LXXXll, 186. 293. 393). — 
Deux gravures de ce monument par M. 



L'INTERMEDIAIRE 



N« 1538. Vol. LXXXIll 

59 

de Rochebrune figurent dans les Chants 
du Bocage, par Guéraud, 1860. 

Léon-Maur B. 

* • 

I» Ch. Massel Isidore {La Gaulée poé- 
tique, t. II, 1829, p 107), a décrit aussi, 
de Corfou, même, cm 1828, la célèbre 
« Colonne Vendéenne >\ qui n'est pas 
d'ailleurs de Vendée administrative : 

a Voici h Ctp/^e funèbre de Corfou. Avan- 
çons dans ce bois de pin?, de cyprès et de 
sapins. Dans cet endroit, quatre grandes 
routes co'jpent ce bois lugubre er. quatre 
portions égales ; h l'embranchement de ces 
route», dans une enceinte sablonneuse et cir- 
culaire, s'élève une colonne de granit. Au- 
tour de Wntahlement du chapiteau, on lit, 
en / ttrt^ de brome, ce souvenir immortel : 
Corfou, tç septembre l']9$ 

Vers le milieu de la Coonne, faisant face 
aux quatre grandes routes, des couronnes de 
<:A^/i^, également en tron-^, entourent les noms 
des héros que la victoire couronna dans cette 
journée : BoncbntnpT-, Cha>rctlc, D'Elbée 
et Lcscure ^. Chaque nom fait face au côté 
où les illustres chefs arrivèrent sui le champ 
de bataille. Je socle n'est point encore revêtu 
de ses marbres et de ses inscriptions ( 1) . ■ . 
Le chapiteau lui-même attend son urne fu- 
néraire. . . » 

2° Une lilbogtaphie, hors texte, repré- 
sente (p. 106) cette colonne ; elle est de 
Chatpenticr père et fils, Nantes. — Celte 
image est reproduite en frontispice sur le 
titre du tome 1 de cet ouvrage. On lit, 
au dessous, les initiales J C. et le mot 
H. J. Picon (sans doute le dessinateur). 

On aperçoit les couronnes de bronze au 
wr77fHdu fût, et on distingue, deVinsciip 
iion citée, tout le haut de la colonne. 

5" On trouve partout (Guide Jeanne, 
etc.) que ce monument date de 1814. 
D' Marcel Baudouin. 

Les Mémoires de Barras. Qu'est- 
ce que son prétendu « Mémoire 
justificatif ? )) Où est l'original 
(LXXXl ; LXXXII, 339 ; LXXXllI, n ). — 
l'ai connu autrefois un baron Ciiabrit^r 
de Lafonl, qui mourut à Avignon au mois 
de novembre 1897, presque centenaire. 

(n II e:t probable qu'on ne les a pas p!.i- 
c • depuis 1838 ! J'ai vu cette colonne en 
1904, lors d'ini voyage en voiture de Paris à 
Croix-dc-Vic (V( nd(!i'\ (Rev mcn.s. T. C T., 

i90>. P- 74] 



60 



Il se disait le neveu, par sa mère, « 
Barras et prétendait posséder des « m 
moires manuscrits » de son oncle, air. 
qu'une grande partie de ses papiers 
sa mort, en efïet, il laissa un paquet v 
lumineux scellé par lui. qu'il léguait 
un de ses amis avec la mission de l 
brûler sans les lire, « bien qu'il contî 
des documents de la plus haute impc 
tance ». Cet ami, le capitaine Schaedeli 
mon oncle, respecta scrupuleuseme 
bien qu'à regrel.la volonté de M.Chabrh 
et je l'ai entendu raconter bien souvc 
que jamais sa curiosité n'avait été mist 
une si dure épreuve. 

SCHAEDELIN. 

Le journal historique du Rég 
ment d'Auvergne (LXXXIII, 3). 
Ce titre n'est pas absolument exact. 

Les Eisais historiques sut les Hégime. 
d'infanterie, ceivalerie et dragons, \ 
M. de Roussel, publiés en »o volun- 
in-i2°en 1767, sont des monograph 
recherchées et rares, mais non introu\ 
blés — celle du régiment d'Auverg 
(iq6 p.) est une des plus importantes 
cet ouvrage, demeuré inachevé. 

Il serait bien étrange qu'elle manqi 
à la riche bibliothèque du ministère de 
Guerre, accessible a tous les cherchât 
sérieux ~ et même à la bibliothèqt 
moins importante, ir.ais composée de ( 
cuments de collection, du Musée his 
riqucde l'Armée, également accessible. 

On peut encore signaler à notre col 
gue l'ouvrage de Lamy : Pyccis histon^ 
sut /' régiment d'Auvergne depuis 
création jusqu'à présent, précédé d'i 
Epitre aux mânes du bra.e chevalier d'. 
uî.Clostercamp. 1783,10-8°, 51 p. 

Enfin, VFlis/ûriqnc manuscrit Jii 
Régiment d'Infanterie, par le capita 
Pages Xotart. conservé aux Archives 1 
toriques du ministère de la Guerre (( 
pages). 

NpLLIACUi 

Mme de Kersabiec — Duché 
de Berry (LXXXl, LXXXII, 394)- 
J'ai beaucoup connudans ma jeunesse, ^ 
Mathilde de Kersabicc Jontle uévouem 
à la cause de S. A. II. Madame la 
chessc de Berry est un glorieux ipana 
Aussi, sans vouloir porter atteinte à 



6. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



mémoire de celle héroïne de la Vendée, 
il faut bien pourtant, pour éclaircir là 
question posée par M. Henri de Biumo, 
reconnaître que Mlle de Kersabicc était 
beaucoup plus faite pour l'action que 
pour la vie des cours ou même la vie 
contemplative. 

Après les événements de 1832, Mma la 
duchesse de Berry, dont le cœur était 
aussi délicat que généreux, avait voulu 
donner un témoignage de reconnaissance 
à la famille de Kersabicc, et particulière- 
ment à Mlle Mathilde, en attachant 
à sa personne celle-cicommedjme d'hon- 
neur à Briinséo (près de (iratz). Mais 
bientôt l'esprit d'agitation, pour ne pas 
dire d'intrigue, de Mlle de Kersabiec a 
lassé la duchesse de Berry et avec elle la 
famille royale exilée. 

Puis, par deux fois, elle s'est tournée 
vers le cU/itre, essayarît de trouver sa 



guerre de 
ligion ». 



ao-îo Janvier loai 

1870 fût € une guerre de re- 

I. W. 



Qui ft, le premier, appelé Clé- 
monceau « le Tigre n I.XXXII, H(j, 
|,^ . 252, 400;. — Jusqu a présent la question 
. n'a pas reçu de réponse cl M. Clemenceau 
I serait peut-être le seul qui serait en mesure 
, de nous renseigner sur ce point d'histoire 
;' contemporaine. Attendons donc palicm- 
j ment, pour que notre curiosité scit salis 
; faite, que « le Tigre » ait achevé dcxtcr- 
I miner ses homonymes dans les jungles cl 
t soit revenu dans son ingrate pHtric, 
I Puisque aussi bien, faute de pouvoir 
résoudre ce problème historique, on a fait 
I dévier le débat, et s'est contenté de mon 
j tionner certains personnages notoires qui, 
dans notre pays, ont également clé affri 



voie dans le calme qui faisait défaut à I ?" " surnom, qu':l me soit permis 



cette nature chevaleresque. 



! de rappeler que, dans les soirées artisli- 



L'Empereur Napoléon III, dont la bonté ' J^^^s du CbatNotr, vers 1888, le gentil- 
est légendaire, avait fait admettre Mlle de I "^mme Rodolphe Salis ne manquait ja- 
Kersabiec, et l'une des charmantes nièces I '^^'^' ^" ^^^^^ ^"-' "^ boniments étourdi.s- 
de celie-ci, Mlle de B., à la linaerie- de ' j sanls dont il avait le secret, de traiter pnr 

" 'Impératrice Hugénie. Cependant ! antiphrase le débonnaire préràdenl Sadi- 
ûêtre remerciée pour les mêmes i' ^^'"^t de . ligie à face humaine », a la 



) 



grande joie des spectateurs. 



ClNQDENIERS. 



* 
* * 



d 

s. M. 1 

elle a d 

causes qui lui avaient aliéné les sympa 

thies royales, et celles du monastère. 

ECHARPE. 

L'Impératrice Eugénie a^t-elle 
dit : * C'est ma guerre » ? (LXXXII, 
I, 105 , 280, 342,396). — Maurice Bush, 
l'homme de confiance de Bismarck, est 
une singulière autorité à citer en la ma- 
tière cl son témoignage est sujet à eau- ...,..,, ., . , 
tion ! Il parait prouvé que l'Impératrice m'fre/ois .fut attribue au fougueux 
Eugénie n'a jamais dit : <( C'est ma ' Polémiste de L //omw. Libre. 
guerre ». mais il est non moins certain 
' ue, partageant l'illusjoH'd'c'; beaucoup 
de Fi'àhi;ais d'alors '(il' n'y a pour s'en 
cOnV'aincre 'ffii'à consulter les journaux 
de l'époque) et moins coupable en cela 
que fanl d'autres qui auraient du être 
mieux informés, elle a cru à la victoire^ 
certaine de la France sur la Prusse et a 
poussé à une guerre qu'elle jugeait né- 
cessaire et profitable à noire p<jys (Napo- 
léon III ne partageait pas ces illusions). 

En tout cas, ni celle que Busch qualifie 
de *< bigote l'.spagnole ^^ ni les Jésuites, 
ni personne en France, na ciuj qucj ta | 



; Il me semble établi que le surnom de 
I Tigre donné à Clemenceau possède son 
i registre de baptême au Cri de Paris. 
\ A plusieurs reprises, j'ai retrouvé, dans 
t le Cri, des allusions à celle appellation 
avec un rapp:l des dates où, pour la pre- 
miè 
poh 

|e ne puis fournir des références doci' 
mcntaires rigoureuses sur les origines de 
cc'surnom. je crois me' souvenir que Cle- 
menceau lui-même reconnut le parrainage 
incontestable du Cii de Paris. 

C'est à ce spirituel recueil hebdoma- 
daire qu'il appartient de précisièr les dates 
cl de fournir les texte*. 

Ce serait s'égarer que de chercher dans 
une autre directive. -- Que les curieux 
s'adressent au Directeur, M . Armand 
Ephraim, qui s'empressera de les rensei- 
gner. 

Octave Uzannh, 



N« 155J. Vol.LXXXlIl 
63 



L'INTERMÉDIAIRE 



64 



Rue des Boulangers fLXXXIl, 579). tel Louis XIV. à haute porte cochère sur" 

— Le numérotage du coté pair de celle i montée d'un mascaron de bon style. Le- 

rue ne se suit pas d'une façon constante | feuve écrit que c'est dans cet hôtel que 

dans toutes SCS parties. Dans les premières 1 Louis XIV mit en nourrice les enfants 

maisons à partir de la rue Linnec (ci-de- • qu'il eut de Mme de Montespan, et c'est 

vant Saint-Vic'or), les numéros se succè- i fort possible, car bien que M. le marquis 

denl sans interruption du a au 26 inclu- | de Kochegude prétende que ce n'en est 

sivement, mais ensuite sautent au n^jo. ! que remplacement, la maison date bien 

Il n'y a pas de n° 32 ; l'immeuble sui- j de l'époque du grand roi. En résumé, 

li inté- 1 sauf preuve contraire, on peut ce 



vant, portant le n° 34, est celui qui 



peut considérer 



{ 



la maison portant le n" 34 de la rue des 
Boulangers comme portant le même nu- 
méro qu'en 1892. 

Un Bibliophile comtois. 



La maison qui porto actuellement le 
n" 34 de la ruti des Boulangers est la 
même qui portait ce numéro en 1892. 

Pour pUis de renseignements s'adresser 
à.M Challame!, libraire éditeur, rue )a- 
bob, 17, qui est, ou a été propriétaire du 
30-32, que sa famille possédait et habi- 
tait depuis nlus d'un siècle. 

L. P. 
« » 

Le plan dressé vers 1865 pour l'ouver- 



resse notre collaborateur Memor. Puis le 
numérotage r prend jans discontinuer 
jusqu'au n" 44 qui forme l'angle avec les 
rues Monge et du Cardinal Lemoine. 

Si l'on consulte les dictionnaires des 
rues de Paris publiés depuis le commen- 
cement du xi.K* siècle, on remarque que 
le nombre des numéros pour le côté pair 
de la rue des Boulangers, a subi des vicis- 
situdes singulières En 1812, La Tynna dit j 
que le dernier pair ''maison tombant dans ! 
la partie de la rue des Foisés-Saint-Victor 1 
absorbée depuis par la rue Monge) est 38 ; | 
le Dictionnaire dt'i frères Lazare de 1844 ■ 
indique comme dernier pair le n" 42 ; la j 
Nomeuclatii) c dei Voies Je Pans (ouvrage ! 
officiel de la Ville) donne en 1881 46 nu- \ 

mcros, augmentation qui parait bizarre j ture de la rue Monge, confronté avec 

quand on considère que, depuis 1860, j le plan cadastral actuel, permet de cons- 

l'extrémité de la rue a été raccourcie par ! fatcr que le numérotage des numéros 

le passage de la rue Monge. Par contre, j pairs, et en particulier du 34, n'a pas 

la même publication pour 191 1 n'indique r changé depuis cette époque. 

plus que 3b numéros, ce qui ne p?ut être î '^ Gomboust 

qu'une erreur, la longueur de la rue ' 

n'ayant pas subi de modifications pendant j Boulevard des Filles-du-Calvaire 

celle période trentcnaire. En présence de J (LXXXII, 379). ~ Memor trouvera, sans 

cette confusion, l'incertitude de notre con [doute, le renseignement qu'il cherche 

frère s'explique aisément. \ ^3^5 la série lithographique publiée vers 

Et pourtant je sciais assez tenté de [ 1850, par Arnout, sous le titre i^' Paris en 

croire que le numérotage du n" 34 actuel • miniature. Le Boulevard des Filles du 

n'a pas été modifié depuis trente ans, | Calvaire y forme deux vues panoramiques 

Dans sa description de la rue qui nous ; animées, qui représentent probablement 

occupe, écrite en 1858, Lefeuve donne a 5 les deux côtés du boulevard, dessinés 

l'immeuble qui porte actuellement les n<" ;■ maison par maison, tous les arbres y 

38 et 40, les deux mêmes numéros que i compris. Sur l'un de ses dessins, Arnout 

ceux qu'il porte aujourd'hui. D'autre i indique la rue du Pont aux choux et la 

part, nous voyons que le pan coupé qui • rue de Ménilmontant sur le même côté 

exis'e encore au droit du n° 30, a été cxé- ! du boulevard ; le second s'étend de la rue 

cutc en vertu d'un décret du 18 février \ de Saintonge à la rue des Fillesdu-Cal- 

1884. Par conséquent, les maisons n's 30, I vaire, ce qui semblerait indiquer le Bou- 

38 et 40 portant actuellement les mêmes ( levard du Temple. |e laisse à Memor le 

numéros, on peut en conclure que ces i soin de se diriger dans ce labyrinthe je 

numéros devaient cire les mêmes en 1892. | connais deux réimpressions de la suite 

Rien donc ne fait supposer qu'il en est j Arnout, d'après les originaux du cabinet 

difTcrcmment de la maison n* 34, bel hô- l des Estampes : l'une publiée par feuilles 



DES CHERv^HEURS Kl CURIEUX 



65 - - -- 

contenant chacune cinq vues panorami- 
ques imprimées en bistre, et dont les 
maisonï atteignent à la hauteur de trois 
centimètres ; l'autre, plus réduite encve, 
se trou'/e dans un ouvrage de Louis lîar- 
ron, Paris Pittor sque, pages 202-20S. 
(Paris, Henri May, s. d. petit in f"). 

La représentation de l'attentat Ficschi. 
parLami, qui se trouve au Musée de Ver- 
sailles, (reproduite par Neurdein) ne sau- 
rait être, je crois, utile à fùemor. car elle 
concerne le côté des boulevard'* des Filles 
du Calvaire et du Temple ou se trou- 
vaient les spectacles, c'est-à-dire le côté 
pair nctuel. 

Ed. M. M. 

• 
» * 

L' I II usi ratio», de 1845, a fait paraMre 
une suite complète, côté pair et côté im- 
pair, des Boulevards, depuis la Madeleine 
jusqu'à la Bastille. Memor y trouvera la 
vue d'ensemble du boulevard des Filles 
du Calvaire, côté impair, maison par 
maison. 

Jacciues Deloziéres. 

f 

* * 

Voir la vue panoramique des boule- 
vards, côté droit et côté gauche, par Ar- 
nout. 

GOMBOUST. 

Les Lieux-dits bizarres, d'origiae 

politique (LXXX1I;LXXX11I, 35). - Hans 
llndre, entre La Champenoise et Mtné- 
trcols-sousVatan, le général comte Ber- 
trand, dans sa grande et paisible terre des 
LagnySjCréa trois domaines auxquels, en 
souvenir de sa participation à la campagne 
du général en chef Bonaparte en Egypte, 
il donna les noms fulgurants suivants, qui 
leur ont été conservés : Les Pyiaftiida, — 
Le Caire, — et Le Nil. 

Aussi bien, de ce même général Ber- 
trand, alors tout jeime, existe-t-il un gen- 
til petit profil, d^ns la célèbre collection 
des Portraits de Du Tertre, des Membres 
de celte même Expédition. 

Ulric Richard-Desaix, 

A la Révolution de 1789, bien des gens 
ont perdu le bon sens ou ont voulu ic 
signaler par quelques bizarreries. 

A Caen, rue de Geole, est venu s'éta- 



îo-îo Janvier 1911 
66 



blir un prêtre qui s'était marie et qui 
ouvrit un magasin de i>otcrie ; dans le 
public on l'appelait K- cure des plats. 

11 .1 eu plusieurs enfants dont deux 
filles, il prénomma l'une lihcr/fct l'autre 

Al.BERO. 

Famille Berruyer (LXXI, ^37, j,j.. 
Les archives du Cogner (série H. ^2) 
po sèdcnt un document date du ç mai 
17.12. qui nous donne le nom de dam" 
Marie-Thércsc-Anne-Day de la Chapelle, 
veuve de Maurice Berruyer. ccuyer. sei- 
gneur de Chanteloup, demeurant à Ven- 
dôme, paroisse Saint-Martin. 

J. (^HAPPP.I . 

Musée Dantan. Béihune-Siiily 

(LXXXl, 18.110). — Sur la maifondv Bc- 
thune,il suffit. pour être renseigné avec cer- 
titude, de lire l'art icleBét h une, dans!' Alm.i- 
nach Gotha de 1BS9. complété par l'art. 
Béthune,du dit almanach en 1891 .Les deux 
articles exposent, en quelques lignes. l'étal 
présent des deux senla branches de la 
maison de Bcthune. existant aufourd but 
d'après des documents émanant : 

de la Cour de Vienne, 6 septembre 
1781. 

du Gouvernement français, 18 octobre 
1781 et 16 octobre 1816. 

du Gouvernement royal de Be!cri"ii?. 
10 juin 1888. 

Comte DE josAôE. 

Famille de Bompar (Hte-Auver- 
gne) (LXXXIl, 380). — De Bompar ou 
Bonpar, seigneurs d'Atizers et de Cus>ac. 
prés de Mauriac. Noblesse connue de 
128s a 1478. hteinte dans la maison de 
Douhet. Armes : de gueules à la licotn 
d'argent > (A. Tardieu, Dictionnaireld^^ 
Ancienne: Familles de l'Auvergne, art. 
Bompar). A l'article de Douhet, le même 
auteur relate la double alliance Bompar 
de Douhet, qui apporta aux de Douhet le • 
terres de Cussac et d'Auzcrs. cette dci- 
nière érigée en baronnie en i S78 au pro 
fit de Pierre de Douhet. 11 ajoute : « c'est 
d'eux que descendent toutes les branches 
de leur maison ; c'est aussi de cette dou- 
ble alliance que provient récartelemcnt 
des armoiries des Bompart {sic) et des û>.- 
Douhet ». Et il donne pour armes aux de 



N» 153». Vol.LXXXllI 
6-^ 



L'INTERMEDIAIRE 



68 



Dôuhct : EarUlé : aux i* et ^« J'a^ur à la ' nay en Chablais, parce qu'Am^dée d 
Tour d'argent mjçonnc'e de sable {qui es i Blonay figure dans une charte de liberté 



lie Doubet ) ; aux j' et j" de gueules à la 
licorne passant d'argent (qui est de Boni- 
part). 

M. DE C. 

Pierra.Buffière (LXXXIi, 380). 
La ChesnaycDesbois ne contient qu'une 
colonne sur cette maison. M. Hubert, 
archiviste de l'Indre, qui a eu à sa dispo- 
sition le chartrier de Chabenet a dressé, 
dans le Bas-Berry, p. 336,1a filiation 
suivante : 

I. .Anne de Fons, dame de Chabenet, 
née en 1564, épouse en secondes noces 
Abel de Pierre Buffière, baron de Cham- 
bre t dont : 

II. Charles de P. B., seigneur de Prungé 
et Chabenet, marié le 23 juillet 1O16 à 
Jeanne d'Har^nbure, dont : 

m Charles II. de P. B., marié le i i no- 
vembre 1644 à Marie Lcbreton, dont : 

IV. Charles-Abel de P. B., marié le 
13 décembre 1673 à Catherine Couraud, 
dont : 

V. Charles Benjamin de P. B., marie 
rn 1695 à Anne Marthe de Renard, dont 
1 1 f nfanls : l'aîné fut : 

VI. Charles Aymar de P. B., marié en 
\'/</ à Marie Agnès de Machault, dont 
3 11 i les : 

»" Marthe, morte célibataire en l'an XI ; 

2*> Marie Charlotte, mariée au comte de 
ï\ ix : 

3^ Charlotte Agnès, mariée à M. Guyot 
d'A' nières. 

lUns V Inventaire imprituè des Archives 
de l It'.drc f: supplément, p. 84 à 88, il y 
a mention de plusieurs actes d'étatcivil 
d • Pierre Biflicre. 

OfRS D'AdUITAINE. 

Famille i ^ Blonay (LXXXII, 237, 
3=;iJ. — Oui, i.i famille de Blonay est 
bien une des plus anciennes et des plus 
illustres de la noblesse de la bnvoie et 
du pays de Vaud en Suisse. Ainii que le 
dit notre correspondant, elle possédait 
deux châlcaiix de Blonay^ l'un aux envi- 
rons de Vevc\', dans le pays de Vaud, 
l'autre prés d'Bvian en Chablais, mais on 
Ignore duquel de ces châteaux elle tire 
son.originr. On serait cependant porté a 



donnée en 1 108 à l'abbaye d'Abondance 
au nombre des principaux seigneurs au 
tour d'Evian. Cet Amédée de Blonay éta 
fils d'Amédée de Faucigny, mentionn 
dans une charte de 1084 et lui-même fil 
de Louis, seigneur de Faucigny. Celui-c 
était avoué de St-Maurice en 1080 etavai 
épousé Cécile de Grandson. 

Son fils Amédce de Blonay continuels 
descendance. Aymon l" de Blonay, mari* 
à Béairix de Gruyères, seigneur des deuj 
Blonay, fait construire en 1216 le chàteai 
de St-Paul. Ses deux fils furent : i" jear 
I'% co seigneur des deux Blonay, vidame 
de Vevey en 1288, bailli du pays de Vaud 
en :2g2, puis 2° : Pierre 11, coseigneur 
des deux Blonay, seigneur du château 
St-Paul, pour lequel il rend hommage le 
I 3 juillet 1 306, marié à Agnès de la Scr 
ratz. Ces deux seigneurs furent les fon 
dateurs des deux branches encore exis- 
tantes de la maison de Blonay. 

Le chef de \\\ branche aînée porte le 
titre de baron, titre ancien très honoré. Il 
vit en Suisse. Philippe, baron de Blonay, 
né en 1705, vendit son château de famille 
à la famille des Gratïeuried. Il fut racheté 
en 1810 par Jean Henry, baron de Blonay, 
né en 1776. 

Pierre II, auteur de la branche fixée sur 
la rive méridionale du lac de Genève, fut 
père de Rodolphe de Blonay, seigneur de 
StPaul Bcrvey et Maxilly, co seigneur 
de Bex figurant dans de nombreuses 
pièces du xiv* siècle. 11 fut le père de Jean 
de Blonay qui épousa Péronne d'Haute- 
ville, et continua la lignée. Dans cette 
descendance, on notera : Jacques de Blonay 
baron d'Avize, le premier connu sous ce 
titre; son petit-fils Louis, ne en 1676, 
mort à Eviah 1755, célibataire, marécli.il 
de camp, vice roi de Sardaigne 1742, gé- 
néral de cavalerie, grand maître de Lar- 
tilleric, chevalier del'Annbnciadè en 1750 : 
son frère Claude de Blonay, né en 1664, 
chevalier de l'Ordre de Malte, qui épou.^a 
Marie d'Alinges et continua la descen- 
dance. 

11 fut père de Claude Louis, baron de 
Blonay. né en 1711, qui fut ambassadeur 
en Espagne puis en Saxe et demeura céli- 
bataire et de François de Blonay, marquis 



cro;rc que la/amillc tire^son nom de Blo- \ d'Hcrmiaux,,nc en 1712, qui épousa en 



DES CHERCHIUJRS ETCURIEUX 



69 



1763, Mlle de Virieu. C'est de ce dernier 
Blonay que descendent les différents des 
membres de cette br.;nche, devenue fran- 
çaise par l'annexion. 

Les armes de Blonay sont : de sahle s.- 
uU Je crobette'i, tecrot\etlées, au pied ftchi- 
d'argent ; au lion d'or, armé et lampa\<c 
de gueules, brochant sur le tout. La branciie 
de Chablais porte simplement de sable au 
lion d'or atniê et lampassé de gueules. 

Devises : Pio aris et folis. Croix sans 
fin. Pur tonne d'or. Cri de Guerre « Blo- 
nay ». Dicton Antiquités de Blonay. 

Voir VÂrnwriol de Savoie du comte de 
Foras. Les barons de Blonay habitent ac- 
tuellement Paris et le château des Co- 
lonnes à Bellevue (Seinc-et-Oise). 

Georges Dubosc. 

Chenu, rois d'Yvetot (LXXXll, .n, 
■^^6). — Je ne sais si la famille Chenu e?t 
originaire du Maine, toutefois la plupart 
deslerres qu'ellea possédées étaient situées 
dans les Mauges (arrondissement actuel 
de Cholet). 

Elle a formé plusieurs branches : 
1° celle d'Yvetot, propriétaire en Anjou 
de Putille (Montjean), du Pontreau (Saint 
Léger du May), du Plessis-Rougebec 
(Montigné les Rairies). Jeanne Crespin 
femme de Jean Chenu roi d'Yvetot se re- 
maria à Robert de Chazé sr. de la B'an- 
chaie, dont elle était veuve en 1347. ^e 
mss. 992 de la Bibl. d'Angers (Notes sur 
la famille du Bellay) donne parmi les en- 
fants de Guillaume t.henu et de Clémence 
du Dresnay : Jeanne, Louise, mariée à 
Jean Le Clerc, et fait Catherine, la fenmio 
de François de Pontbriand. C'est sans 
doute à cette branche qu'il faut rattacher 
Jean Chenu, taxé entre les nobles de 
.Viontjean en 1360 pour la rançon du roi 
Ican. '^ ■ ' ' 

2*5 cellç de TOrchère (Montjean) dont 
Philippe.'chevalier, sr. de TOrchère en 
1407, éteinte, semble-t-il, dans Jeanne 
Chenu, épouse de Louis de Clermont, sei- 
gneur de MontrevauU et de Bohardy, 
veuve en 1439 ; 

3^ celle de la Bernardicre i^St-Macairc 
en Mauges) et du Bas Plessis (Chaudron, 
connue depuis Guillaume qui eut un pro- 
cès avec la dame de Cholet en 1350. Une 
généalogie à rectitler sur quelques points, 



io-îo Janvier ion • 
„ yo 

en acte donnée dans le Dict. des h'atttilles 
I du Poitou. 

4° celle de l'Andormicre (Fief-Sauvin) 
et de S. Phi'.beri (commu'hc de ce nom) 
dont Pierre viv.mt en i4<jH, qui eut po:ir 
dernière héritière Françoise Chenu fcmm; 
de Claude de G^slines, sr. de la Prcuillc. 

5» celle de Clairmont et du Bois Gar- 
nier (La Boissicrt-StFlorent) sortie de 
celle de l'Andormiére par François Chenu 
qui tua en duel son frère René, en 1681. 
I-He prit fin dans Anne Chenu qui épousa 
vers 1712 Joseph de Lescu, sr. de H-." 
vais 

Je suis à la disposition de H. j. pour 
d'autres détails. 

A propos des Chenu, il conviendr.iit 
peut être de reprendre la question que je 
posais (LXXXl, 288; au sujet d'une fille 
de Jean Pouillet « mariée avec le seigneur 
d'îvetot issue {sic) de la maison de Langes 
(Langei) dont est venue Mme du Plcssi'^- 
Macc. dame d'Ivetôt». (Généalogie du 
xvii« siècle). 

Léon-Maur. B. 

Famille Huiel et Hurtrelle 
(LXXXll, 333). - Il y eut. à Issoudun 
(Indre), de 1839a iSsi. un Contrôleur 
dos Finances de ce nom, M. Hurtrelle, 
qui était fort estimé. J'étais moi mèm.- 
alors bien jeune, mais comme le susdit 
M Hurtrelle habitait notre quartier des 
r/linimes, je me souviens encore parf^itc- 
n-.ent de lui. Il était très affable et avait 
toujours, quand il nous rencontrait, mo-^ 
frère ou moi, quelques gentillesses à nous 
dire. Les enfants, tout en grandissant. 
gardent bien leur mémoire du cœur. 

Ui.Ric Richard.-Dejaix. 

Marcellin Desboutin (LXXX 

LXXXI; LXXXllj.— le ne puis direqucll: 
était Madame B. de la G. qui était liée 
avec Desboutin. 

H parlait de ses séjours chez elle en 
Bourbonnais ; c'est tout ce que j'en sai>. 

NlSIAR. 

Famille Harpodeue ou Hfipe- 
daue (LXXXll. 382). — Il existe en ^ain 
tongeune famille Harpedane de Bellevillc, 
dont la généalogie a été publiée dans le 
Nobiliaire de Guyenne par O' Gilvs . 
(1, I i4'>. Elle V est dite issue d'un pcison- 



N« 



s>«. Vol. LXXXIl 

'- 7' 



L'INTERMhDlAlRE 



72 



nage anglais de l'époque de la Guerre de 
Cent Ans. Cette ascendance ayi>nt été 
discutée, je propose, pour me conformer 
à une des règles de prudence et de cour- 
toisie, en vigueur à V/ftlcin:cdijiie, à M. 
le docteur Mignen de lui envoyer des 
notes personnelles s'il le ilésirc, mais déjà 
le Nobiliiiite de Guvritnr peut éclairer. 

Saint-Saud. 






Lorsque j'étais en garnison à Niort 
(1888 1892) s'y trouvait une famiUc 
HarpeJane de Bclleville (rue St-Gelais, je 
croisj. 11 serait facile de s'assurer si cette | 

famille y existe toujours. C. L. 

* 
* • 

Le M^f cure de France du i^^Juillct 1920 
(n" 550) a publié un article intitulé : 
« Essai sur une très vieille énigme, le vol 
à voile >, signé Robert Harpedanne de 
BellcviUc. lieutenant, pilote-aviateur. 

/V. le D"^ Mignen pourrait tenter de lu; 
écrire au M.-rcure, 26, rue de Cordé. 

Olis. 

Lien de nais5ancede Mgr Pierre- 
Paul Lacroix (LXXXl, 38^. — La 
Scniûiiie religieuse de... la Loi raine, dans 
son n» du 13 juin 1869, publie une notice 
nécrologique sur Mgr P. P. Lacroix, né à 
Paris en 1791 et mort à Rome le 6 juin 
ibtig. Ces pages, parues quelques jours 
après sa mort, semblent avoir été dictées, 
si non rédigées, par le neveu du prélat, 
L'Hjis Lacroix, alors professeur à la Fa- 
culté des lettres de Nancy, chez qui il 
était venu passer quelques semaines peu 
de temps avant sa mort. 

J. F. 

Portraits de Mlle de La "Vallière 
fLXXXl ; LXXXIl, 334). — L'ouvrage de 
M.J.Lair..U<7..'''wc)i5^//^ de La Vallière et la 
jeutieae de L ■ "> Xiy, contient une icono 
grapiiie assez étendue de la favorite. Son 
pjrtrait en Marie-Magdeleine, qui aurait 
existé il v a une dizaine d'années dans 
l'éjilise de Vaucresson, n'y figure pas, 
mais cette nomenclature mentionne un 
tableau de sainteté, peint par Lebrun pour 
le couvent d •; Carmélites, et représentant 
une Magdektnc. que la tradition donne 
comme un portrait de la belle repentie. 
Ce tableau est actuellement au musfe du 



Louvre. Comme l'indication donnée par 
M. Lair date de 1881, il ne p3ut s'agir ici 
du portrait de Vaucresson. 

La mcrne liste mentionne deux portraits 
de Mlle de La Vallière en religieuse, l'un 
qui se trouvait encore il y a quarante ans 
au couvent des Carmélites de la rue Saint- 
Jacques, l'autre qui, à la même époque, 
était conservé à l'hospice de Château La- 
vallière, en Indre-et-Ljire. 

Du reste, la plupart des dix-neuf por- 
traits énumércs dans l'ouvrage de M. Lair 
ne sont rien moins qu'authentiques Le 
seul dont l'authenticité soit incontestable, 
est celui dans lequel Mignard a peint vêts 
1074 Mlle de La Vallière avec ses enfants 
et qui se trouve au châtieau du marquis 
d'Oilliamson, à Saint-Germain Langot, 
près de Falaise. Il avait été donné par le 
Régent à M. d'Oilliamson, son capitaine 
des gardes. 

Le marquis de Chennevières avait si- 
gnalé ce portrait à Eudore Soulié qui en 
fit Jaire une copie pour le musée de Ver- 
sailles par un vieil élève de David, du 
nom de Schmitz. On peut lire, d'ailleurs, 
au sujet de ce portrait, ce que rapportent 
Chennevières dans ses Souvenirs et Soulié 
dans une notice publiée à Versailles, chez 
Aubert, en 1866, sur le Portrait authen- 
tique de Mlle de la Vallière. 

Un bibliophile comtois. 



de 



Léodepar (LXXXIl 334)- — J^ 
sais si « Léodepar » existe comme nom 
lieu dans le midi, en tout cas je ne pense 
pas qu'il faille aller chercher là-bas l'ori- 
gine de la famille de ce nom qui a donné 
naissance à la femme de Jacques Cœur. 
Cette famille, dont les armes étaient : 
d'argent à trois hanles de sable, li pre- 
mière chargée en chef d'une étoile (alias 
Comète) d'or, semble bien être du Berry, 
ou du moins s'y être implantée longtemps 
avant son alliance avec celle des Cœur. 
Dès 1357 o" troi've un Lambert de Léo- 
depard.élu en Berry et sans doute l'aïeul du 
Lambertde Léodepard, valet do chambrcdu 
l,»uc Jean de Berry, prévôt de Bourges, élu 
en Berry, mari de Jeanne Ronssart, fille (île 
Jea i Ron<;sart, maître de la monnaie de 
Bourges, et veuve en i''»'' noces de Jean 
Cottercau, S'^ de Hauteville. Ce Lambert 
Il vivait encore en 14^7. C'est de celte 
union que naquit Macée de Léodepard. 



73 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX ao-jo Janvier igsi, 



épouse de Jacques Cœur en 1420, morte 
en 1453 et inhumée dans l'églist- de 
Saint-Aoustrillet de Bourges. Le musée 
de cette ville conserve d'elle un très cu- 
rieux portrait qui a été reproduit dans le 
fascicule de la « Revue du Bcrry » de 
juillet 1910. 

Quant à la famille Cœur, Ctienr ou 
Cuer. elle était originaire de Saint l'our- 
çain en Bourbonnais, 

Pierre. 

Famille de Lyonne (LXXXil, 188, 
358). — Charles de Lyonne de Lessein, 
conseiller et aumônier du roi, abbé com- 
mandataire de l'abbaye de Saint-Calais, 
au diocèse du Mans en 1690. 

Les archives du Cogner (Série H. 181) 
conservent un acte du 14 juillet 1 583, re- 
latant les partages de la succession de 
Matthieu de Longueil où nous trouvons, 
comme débiteur d'une rente de 50 écus, 
noble Claude Lyonne, conseiller du roi, 
trésorier général des îinances du Duc de 
Guise, et époux de Mlle Marie de Brage- 
lonne. 

J. Chappér. 

Madame de Païva. - Le livre do 
Frédéric Loliée. — Un peu avant sa 
mort, Frédéric Loliée avait achevé une 
étude sur Mme de Païva. Elle vient de 
paraître, et son succès est très grand. 
« La Païva > , La légende et l'hisloire de la 
marquise de Païva, d'après les pages re- 
trouvées de sa vie ). fcdition Jules Tal- 
landier. 

Nous nous étions entretenu de cet ou- 
vrage avec l'attachant écrivain, qui a 
publié de si remarquables pages sur les 
femmes du Second Empire et de la fête 
impériale. La plus énigmatique de toutes 
devait l'attirer et le retenir. II nous en 
parla à l'Intermédiaire qui a inséré de 
nombreuses notes sur cette femme, et 
qui mit, avec empressement, à la disposi- 
tion de Loliée, les dossiers originaux dans 
lesquels il a pu trouver beaucoup de do- 
cuments qu'il » mis en lumière avec une 
ingénieuse prestesse. 

Tout ce qu'on sait de cette parvenue 
— qui n'a pas craint de battre les sen- 
tiers de la galanterie pour atteindre à 
son but - est dans ce livre : ses humbles 
origines n'ont plus rien d'obscur. Le 



74 

chapitre de sa liai.son avec Hertz la mon- 
tre à l'époque où, semblable à Marie 
l'bgyptionne, elle paie de son corps au 
nautunier le pasjagc sur la barque qui 
porte sa fortune. Puis c'est le mariage 
avec Paiva qui met sur le front de la 
Juive russe, femme du tailleur Villoing, 
une couronne de marquise, et la fin la- 
meiiiabledc ce mari ba(0(ié.l'ni.s la liaison 
fructueuse avc-c l'Allemand Hmckcl de 
Donnesmark et l'hôtel insolent des 
Champs Eiysées, où le Paris du siège 
croit devin» r unprotil d'espionne, ctoù le 
Paris d'après guerre, ne voit plus qu'une 
émissaire de la politique bismarkiinnc. 
Aux poètes, ses commensaux des jours 
d autrefois, succèdent les politi.^uc^ ; 
Gambetta s'y égare. 

M. Frédéric Loliée traite longuement 
cet épisovle qui relèvera lon^^lciups en- 
core de la polémique et que, pour cette 
raison, nous écartons. Il plaide, pour le 
tribun, la U'gitimité de ces traclaiions. 
Quant à la rencontre, si elle fut préparée, 
il ne croit pas qu'elle ait eu lieu. 

Rendons hommage à M. Emile Le 
Senne, qui a consacre une étude à celte 
femme et produit des pièces que M. Fré- 
déric Loliée a judicieusement employées. 
En somme, dans ce livre qui a tout 
l'attrait d'un roman — sans s'écarter 
de l'histoire, car il n'est pas d histoire 
plus romanesque que cette vie, qui fut 
un remarquable exemple de volonté- 
féminine — M. Frédéric Lolite se mon- 
tre indulgent à son héroïne ; « à dé- 
faut dit-il, du sentiment de tendresse, de 
la générosité véritable qui sont le luxe 
de l'àme, elle avait eu l'intelligence de 
jouer un rôle et, ce rôle, elle le joua su- 
périeurement. » 

La guerre aurait peut être modifié, sur 
quelques points, le jugement de l'écri- 
vain ; elle aurait apporté à ce portrait 
quelques retouches, mais si vivant, et si 
animé dans Icnsemble. il reste ressem- 
blant et digne de l'histoire. 

L'intermcdiairt a trop souvent parlé de 
cette femme ; il a trop contribué à la faire 
connaître, M. Frédéric Loliée a trop fait 
d'emprunt à nos discussions documen- 
taires, pour que nous ne signalions pas 
cette œuvre sous la rubrique ou elle a ti 
bien sa place. 



k 



N« 1533. Vol. LXXXll 



L'INTERMEDIAIRE 



75 



76 



Une lettre inédite de Fachel 

(LXXXll, 327, 407). — Rachcl, née de 
parents juifs étrangers, n'était venue en 
France qu'à l'âge de dix ans et n'avait 
.lonc pu apprendre le français qu'assez 
lard. Aussi n"est-il pas étonnant que, 
malgré les leçons qu'elle avait reçues de 
Mlle Bronzet, la maîtresse des filles de 
Samson, elle éprouvât encore, à ses dé- 
buts dans la carrière théâtrale, quelque 
ditTicultc à écrire correctement notre lan- 
gue ; de là les fautes d'orthographe et de 
syntaxe qui émaillent ses premières let- 
tres. 

11 est donc naturel que son coréligion- 
iiaire Crémieux, qui avait pour elle la 
plus grande affection, l'ait aidée, dans 
les commencements, à composer les ré- 
ponses, les remerciements qu'elle devait 
adresser à des personnages haut pla- 
cés : « De là — écrit Mlle Valentine 
Thomson dans son livre, La yie senlimen- 
tille de Rachel — les demandes incessantes 
de brouillons qu'elle réclame de Cré- 
mieux. qu'elle soit a Paris ou en voyage... 
Mais » — ajoute Mlle Thomson, après 
avoir reproduit quelques passages fort 
bien tournés d'une lettre de Rachel, — 

L'élève de Cidmieux faisait de rapides 
progrès ; les citations que l'on vietU de lire 
prouvent qu'elle mettait à p.ofit les leçons 
de son professeur et que, si au début, il lui 
servit de secrétaire, elle acquit peu à peu un 
réel talent ëpjstolaire. Quelques-unes de ses 
lettres «ont exquises et le grand nombre des 
correspondances retrouvées montre combien 
lui plaisait cet échange de pensées amies. 

Du reste, en 1838, — elle avait alors 
dix sept ans — Rachel se brouilla avec ses 
amis Crémieux qui s'étaient permis de 
lui adresser quelques représentations pa- 
ternelles l-rsqu'ils avaient appris la liai- 
son de leur protégée avec le fameux doc- 
teur Vcron, ce « Trimalcion obèse et mal- 
sain», comme l'appelait Edouard Thierry. 
A partir de ce moment, elle dut comp >■ 
ser elle même ses lettres, et il faut recon- 
naître qu'elle ne s'en tirait pas trop mal. 

U.\ BIBLIOPHILE COMTOIS. 

* * 

Notre crudit colla boratetjr, M. Henri de 

Biumo, est bien aimable de me rappeler 
que Rachel a eu pour maître d'écriture 
et professeur de Irançais son coreligion- 
naire Adolphe Crémieux. Mais ce n'est 
pas cela que j'ai voulu oublier en disant 



son 
prepa- 



que Rachel écrivait ses lettres elle-même 
et n'a pas toujours eu derrière elle quel- 
qu'un qui les lui « blanchît» . 

Rachel connut Crémieux en 1838 ; elle 
reçut ses leçons aussitôt, mais dès le 
mois de septembre 1839, elle écrit à dé' 
viieux : s< Cela va beaucoup mieux, mais 
je suis encore bien faible, l^oici les pre- 
ittiêies lignes que je puis tracer Jepuis que 
je suis debout*. Peu après slle écrit, à 
Ciéf.:ieux, pour lui demander d'oublier 
leurs torts réciproques, (i) La lettre est 
charmante ; est ce Crémieux qui l'a 
« blanchie ? >^ — Le 18 janvier 1840 
elle reproche à M. et Mme Crémieux leur 
indilTérence ; il y a longtemps qu'elle ne 
les a vus. Dans l'intervalle il y a de 
nombreuses lettres de Rachel notamment 
aux demoiselles Samson, filles de 
maître Est-ce Crémieux qui les 
rait ? Il y a aussi les 'lettres îau marquis 
de Custine, pleines de barbarismes et de 
naïvetés. Aucun « blanchisseur » n'y^était 
passé, puisque [Rachel demandait au 
marquis de lui corriger ses -fautes. Dès 
1839-1840 Rachel tenait la fplume 
toute seule. 11 peut se faire que, pour 
écrire des lettres très soignées, elle 
ait demandé la collaboration de Crémieux 
ou d'un autre ; c'est sûr. Mais pour les 
circonstances ordinaires de la vie, pour 
les lettres intimes — et il en existe que 
lo vertueux Crémieux se serait refusé à 
lire — il est certain que Rachel se passait 
de tout secours (2). C'est cp que j'ai voulu 

(i) A ce moment il y eut, je crois, une 
rupture dont on retrouverait les échos dans 
les colonnes de V Intermédiaire^ à propos 
d'une correspondance avec le D"" Véron que, 
certes, Crémieux n'avait pas écrite, ni inspi- 
rée I 

(2) Un passage du livre cité par M. H. de 
Biumo vient ; ^confirmer cette assertion 
Dans une lettre é.crite par Rachel, de J,ondres, 
à Adolphe Crémieu.x, elle le prie de lui pré- 
parer quelques i^brouillons qu'elle recopiera 
pour écrire à des personnes distinguées eu 
pour soigrer sa publicité, puis elle ajoute, 
p. 184. < A qui ai-je à écrire ? Cherchons. 
Vous me parlez de Gavé, j'y ai pensé et, 
comme il connaît mon style ; je lui en ai 
envoyé des nouvelles sans crainte ; il m'a 
répondu une petite lettre charmante ». Ce pas- 
sage indique que R.'chel écrivait sans le se- 
cours d'un secrétaire quand elle s'adressait à 
des intimes. C'est tout ce que je voulais dé- 
montrer. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX aojo Janvier 1931 . 

77 



ire et protester en même temps contre 
i légende qui prétend que Rachcl n'écri- 
ait pas ses lettres elle-même. Elle n eu 
n professeur, mettons Crémieux, et 
'autres à l'occasion, car elle tenait à se 
erfecticnner. Mais pour qui a pu voir 
- par centaines — des lettres do Ra- 
hel depuis 18^9 jusqu'à la fin, écrites de 
ondrcs, Berlin, Saint-Pétersbourg, Le 
aire ou New-York, pour qui a pu lire 
is lettres aux demoiselles Samson, à Mi 
lel Lévy, à ses frère et sœurs, à Wa- 
|;wski, à Artliur Bertrand et à combien 
'autres amants, les brouillons qu'elle 
idigeait pour ses enfants, — car elle 
jssi se fit professeur, — pour qui a pu 
livre la progression de l'écriture, de 
orthographe et du style, c'est faire injure 
l'intelligence de Rachel que de dire 
u'elle eut toujours besoin d'un rédac- 
!ur et d'un correcteur. Un jour vint où 
le se rendit'compte qu'elle était très ca- 
ible de bien" tourner une lettre. S'il res- 
lit quelques'^ fautes, elle passait outre, 
livant, en cela, l'exemple d'illustres 

rrivains. 

R. B. 

■ Généalogie de Rochecliouart 

LXXXIII, 239, 406).— Voici l'analyse 

ïtnandée par M. de Saint-Saud : 

« Octobre 121,4. Transaction passée 

itre Aimeri, Vicomte de Rochechouart 

Jeanne de Mauléon, sa femme, d'une 

iit, et Aimeri, vicomte de Thouars de 

lutre, par laquelle Aimeri et Jeanne 

)andonncnt au vicomte de Thouars, 

moyennant certaines rentes, toute la suc- 

:ssion de feu Savari de Mauléon, frère 

né de Jeanne et celle de Raoul de Mau- 

on, fils de Savary. Don Fonteneau, T. 

5. p. 249, d'après le chartrier de 

houars > . 

M. le duc de La Trémoille doit possé- 
ïr l'original. 11 semble qu'un personnage, 
té en 1180, ne peut plus transiger en 
254. Que de généalogies anciennes bont 
icomplètes et ont été recopiées. Aimeri 
l a pu se marier deux fois. 

Ours d'Aquitaine. 

(Correspondance de George Sand 

dressée à M. T. R.(XLVet LXXXII ; 
57). — 11 est, en effet, exact que le D' 
lui Regnault a communiqué la plus 



78 

grande partie de la correspondance, 
échangée entre son père et George Sand, 
à M. Kené Doumic, qui en a tiré le 
meilleur parti dans son benu livre sur 
George Sand. Et ce qu'il y a de piquant, 
c'est qu'au moment même où le docteur 
précité fitisait cette communication à un 
membre île l'Académie, il la rclusait 
- oh I en termes très courtois — à un de 
Ses confrères! 

Voici, en effet, ce que m'écrivit le 21 
février 191 1, M. le D' Regnault : 

« Monsieur et très honoté conlièr«. 

J'aurais ét«i très heureux de vous èiie 
agréable, je dois vous dire ccpeiiibuf qiHj 
j'ai eu leileitieiU d'ennuis, à propos des lettre» 
du Ci. Sand ù nion p -re, avec les descen- 
dautâ de Mme Sand qui s'opposent à toute 
publication et à toute divulgation que je suit 
contr.iint de ne pas me rendre a votre de- 
sir. J'ai niènie dans cet temps diirnieis fait 
ïOMiiDation par huissier à un grand journal 
quotidien. 

« Dès que j'aurai repris ma vie ordinaire, 
je me f?rai un plaisir d'aller vous voir et de 
vous renouveler, avec tous mes rcj^rels, l'ex- 
pression de mes sentiments confraternels les 
urs. 

D' RlCNAULT. 



meilleurs. 



je n'oserais l'affirmer, mais il me sem- 
ble bien que le signataire de cette lettre 
est mort, il y a peu de temps. Ou seraient 
allés ses papiers, je l'ignore ; mais je 
crois que M. Doumic les a fortement 
écrémés, et qu'il ne reste guère d'inédit. 

D' Cabanks. 

Deux amies de Stendhal : Mes- 
dames Martin et Sophie Gaulthier. 

(LXXXU) 384. — Sophie Gaulthier, née 
Rougier de la Borderie, était la fcmmt- 
d'un percepteur des finances à Saint-De- 
nis, nommé Jules Gaulthier. 

Elle fut la dernière passion de Sten- 
dhal ; comme lui elle était de Grenoble 
et ils se connaissaient de longue date. 
Cependant leur intimité ne commença' 
guère qu'en 1829. Stendhal écrivait sou- • 
vent à Mme Gaulthier qu'il appelait habi- 
tuellement Mme Jules, ou Jules, ou même 
Giulia, jamais Sophie. Leur liaison, qui 
paraît avoir revêtu la forme d'une soTtc 
d'amitié amoureuse, dura jusqu'à la mort 
de Stendhal, en 1842. Mme Gaulthier lui 
survécut jusqu'au 6 avril 1855. 

Notre confrère Aquila trouvera, d'ail- 



N* 1532. Vol. LXXXIII 

79 

leurs, sur Mme Gaulthier et sur cette liai- 
son toutes les indications qui pourraient 
l'intéfesser dans La vie tj/nourfuse de SUn- 
JA/î/par M. Jean Mclia (Edition du Mer- 
cure Je Fiiiiice-. ic;oy, in -18) et dans la 
Contipondauce de Sleuahal. 

l'ignore qui était Mme Martini. Son 
nom n'est mentionné qu'une fois, et 
encore incidemment, dans le passage sui- 
vant d'une lettre adressée de Paris par 
Stendhal au comte Cini à Rome, le 
29 mars 1857 : 

Mes amours ressemblent beuicoup à 
Mme Martini qui était à Rome il y a deux 
ans et nie coûtent 120 U, p.ir mois. Il est 
vfii que je ne prétends pas à une fidélité mi- 
raculeuse. 

Le subtil Beyle est parfois d'un laco- 
nisme déconcertant. 

Un bibliophile comtois. 

Famille Suzanne de Bréauté 

(LXXXU. 145, 239). - Tous mes renier 
ciements au collaborateur qui signe 
« Saint Valbert » pour les renseignements 
fournis ici même 

Mais puisque cette famille s'est perpé- 
tuée jusqu'à nos jours, pourrait-il me 
fournir l'adresse de ses représentants ac- 
tuels que je ne trouve dans aucun an- 
nuaire ? 

Un Bellifontain. 

Villiers de l'Isle Adam (LXXXll. 
3S9J. — Entre 1871 et 187c (je ne sais 
plus exactement l'année) j'ai connu au 
collège de Sainte-Croix, du ."Vlans, tenu 
alors par les R. P. Jésuites, où j'étais pen- 
sionnaire, deux élèves externes ou demi- 
pensionnaires qui s'appelaient : de 
Villiers de l'Isle-Adam. Je pourrais, sans 
doute, en cherchant bien, retrouver un 
annuaire, de cette époque, dudil collège, 
où ils seraient inscrits. 

Il y avait à la même époque, un Louis 
Richard de Villiers, mais celui ci, de lu 
Mayenne, si je me souviens bien, ne de- 
vait pas être de la même famille. 

L. 13. 

Narcisse Vaillard (LXXXll, 190). 
-- Qii'on veuille bien me permettre de 
reposer la question au sujet de Narcisse 
Vuillard dont je possède plusieurs lettres 
intéressantes. 



L'INTERMEDIAIRE 



80 



Je sais qu'il était l'ami du comte La- 
valletle. du comte de Montlozier, de De- 
lacroix, de Ûagnan . . . mais je ne possède 
aucun renseignement biographique le con- 
cernant. Je m'adresse tout particulière- 
ment au savant Bibliophile Comtois et 
l'en remercie d'avance. 

Arsène Kersaudv 

Armoiries à déterminer : « Ch')- 
vron et têtes de Maures > fLXXVlI, 5, 
405). — Jean Morizot, contrôleur au gre- 
nier à sel d'Avallon.fit enregistrer comme 
ar-noiries en 1696 : d'argent au chevron 
i/t' gueules^ accompagné de 9 têtes de 
Maure'i de sable, posées de profil. 

De son mariage avec Jeanne Moricard, 
il eut entr'autres enfants : Jean Moiizot, 
écuyer, lieutenant particulier et premier 
conseiller au baillage d'Avallon, qui 
acheta en 17041a terre et seigneurie de 
Pancy et épousa le 18 février 17 10 Marie- 
Jeanne de Clugny dont il eut au moins 
six enfants. 

La famille avallonnaise des Séguenot, 
anoblie au xviiia siècle, porte. .. d'argent à 
^ taus de sable, qu'il est aisé de cotifondn 
avec des maillets. 

Une autre famille avallonnaise, celle 
des Laureau, anoblie par charges au 
xvui' siècle, portait : d'argent an laurier 
terrassé et accosté de 2 troncs d'arbre, le 
tout de sinople. 

Ces quelques indications sans preten- 

i dre résoudre la question, sont données à 

j titre de simple suggestion. 

! U.N Bellifontain. 



Pièce d'argenterie signée Le- 
fèvre (LXXVII, 191). — Monsieur B. de 
C. demande de qui sont les armoiries de 
France accompagnées de la devise : /4u 
rov m nuis mais Bourbon suis. 

Je n-î puis répondre à cette question, 
mais peut-être pourrais-je aider les cher- 
cheurs en leur disant que je possède éga- 
1 lement une pièce d'argenterie Louis XVI 
j portant la même devise Mais l'écusson 
' de France est bordé de gueule (qui est 
' celui des Bourbon de la branche d'Anjou 
} ou Bourbon Sicile) est accompagné d'un 
• aulre écusson. 

I Voici le blasonnemenl de ces armoiries 
I accolées : 
j Le premier blason est : d'a^iii à fleurs 



DES CHERCJÎEIJRS ET CUPJKUX 



ao-30 Janvier 19^1. 



81 



82 



ae lys J'or, au bâton péri en bande, à la 
bordure de gueules qui est de Bouibon-St- 
cile. 

Le second blason porte : de gueula au 
senesirockèrc d'or (?) armé d'une badelave 
d'argent. 

Supports : à dextre, un ange (Maison 
de Franco) , à senestre, un lion. 

Couronne de marquis 

Devise : celle donnée. 

O. N. 

Costume du pape (LXXX1I,236, 349, 
410). — 11 eut sufii naguère d'une visite au 
séminaire de St-Sulpice (aujourd'hui pris 
par l'Etat) qui possédait une galerie com- 
plète des portraits des Papes, pour se coii- 
vaincro que, selon l'indication du Dr. A. 
B. , la couleur du vêtement d'extérieur du 
Souverain Pontife est rouge, de même que 
son chapeau. Je possède, pour ma pnrt, 
un portrait du célèbre réformateur, le 
Pape |ules III, portrait q.ie des liens de 
famille me rendent fort précieux, et le 
costume, de même que la coiffure, ser- 
vent d'affirmation à ce qui précède. 

ECHARPE. 

Costumes masculins au XVÏII' 
siècle : attaches dans le devant du 

coi (LXXXII, 337;. — Le détail d'ajus- 
tement, que relate Cheverny dans ses 
Mémoires et dont parle M. G. Lenôtre 
dans son article du Temps, est tout siir.- 
plcment ce qu'on appelait une rcoence, 
et je possède plusieurs portraits de fa- 
mille qui portent le même ornement. 
Il s'agit en réalité d'un simple ruban de 
soie noire nouant le catogan, derrière la 
tête et dont on ramenait négligeamment 
les extrémités des deux côtés du col pour 
les perdre dans le jabot. C'est un ornement 
qui se retrouve fréquemment dans les 
portraits du xvui* siècle. 

Le vicomte de Reiset 

Alexandre Dumas père : « Le Pape 
devant les Evangiles» (LXX.Xll, ite.). 
— On nous a communiqué un exemplaire 
peut-être unique, de ce livre, imprimé 
a Naples, en iSbi, et qui valut alors, a 
son auteur, Alexandre Dumas, de nom- 
breux ennuis. 

Sous forme de réponse à une lettre de 
Monseigneur Dupanloup, qui répondait a 



une lettre de M. de laGuéronnicrc, conseil 
1er d'Etat, Dumas, tour à tour, railleur' 
agressif, attaque les i'apîs, critique leur 
intervention ili*ns les affaires italienne--, 
donne des aperçus de la situation politiqu..- 
et religieuse de ce pays. puis, en quelques 
p.iges vibrantes, fait revivre l'cpopcc de 
tlaribaldi. Il revient à Pic IX, fail une 
incursion dans l'histoire, et termine son 
ouvrage par une biographie du cardin.il 
Anlonelii et une étude sur lus mœurs c 
l'époque. 

Ce livre (i iH pages; qui n-; tigurc p.is 
dans les œuvres complètes de Dumas, qui 
n'est' pas a la Nationale, que Icdilcur dt: 
Dumas n'a jamais connu, porte ce litre : 
'i Le Pape devant le$ Hcingila, suivi d'une 
biographie du cardinal Antonelli, sa vie 
et son œuvre par Alexandre Dumas. Im- 
primerie de And.'osio, i8bi ». 

L'ouvrage a été saisi des son apparitio;-. 
et détruit, ce qui explique sa rareté. 

L'exemplaire que nous avons vu est 
entre les mains de Mme Mcracus qui le 
tient de son perc, qui fut une personnalité 
consulaire en Italie. 

C. M. 

• * 
M. André Maurel, dans les Trois Du- 
mas (Librairie illustrée) cite cet ouvrage 
t[ui n'est donc pas inconnu. 

Ddsîique à complète i' : v< Tauiino 
r obis » (LXXXlll, 8).— Dan; quelle ville 
se trouve l'inscription en question r Le v*rbc 

tn'ivo étant inusité dans le latin antique, 
ou il ne se rencontre que dans un vers de 
Sénequc et un autre, au iv" siècle, de 
St-Paulin de Noie, il y a bicn'des chances 
pour qu'un vers qui le renferme set 
l'œuvre d'un moderne, et probablement 
composé tout exprès pour être graxc 
sur la pierre oùJ.-C. l'a déchitTré. S'il en 
est sinsi, on ne voit pas comment pour 
rait être retrouvé le second vers. (^ 
qu'on en peut dire, c'est qu'il ne se ter- 
minait certainement pas par itaque vcnil, 
qui, //^(^Mt? donnant trois brèves, ne peut 
être une fin de vers hexamètre ; i»iii, ter- 
minaison d'un adjectif ou d'un sub.-- 
tantif comme doct/ina, à pénultiènr: 
longue, fait au [contraire l'affaire. Ma- 
l'inscription ne, contenait-elle que ces 
deux vers? et,' encore une fois, où so 



1333. Vol LXXXIII 
83 



LINTERMEDIAIRE 



84 



trouve telle ? Sans cette indication tout 
en reste inintelligible. Qu'est-ce que le 
Titan Taurin ? 

Ibère. 



naud, cet écrivain famélique dont Monse- 
let a tracé le curieux portrait dans les Ou- 
bliés et les Dc'i/.iipvés. 

Il V a eu, toutefois^ à la même époque, 
— ' un litlératour >< aussi médiocre que fé- 

Les Mémoire- de John Ev- lyn et i cond », dit Quénrd dans la France h'f té- 



lés Mémoii'. sdeGrammont' LXXXli, 
194. 418). -- J'ai pris, en elfet, la citation 



tjire, qui se noiiimait L. Idme Billardon 
(et non Billardin) de Sauvigny, et qui a 



d'Evelyn dans un vieil article de revue ( écrit, au sujet de l'attentat de Damiens, 
an;;laise sur les bains d'autrefois et d'au- j un poème en 4 chants, intitulé La France 
jourd'hui (< Balhs and Bathing Places. ! t','»^^^, paru en 1757, c'est-à-dire la même 
Ancient and Modem >», Quatterly Revicu\ \ année que le poème de Baculard d'Arnaud 
juillet 1870 ; p. ih8) .Mais il s'agit bien 
des Mémoires dEvelyn. et point d un 
autre. On rappelle qu'il conduisit sa fa- 
mille aux eaux de Tunbridge en 1652, | 
que la cour s'y transporta tout entière en I 
1663 ; et l'on ajoute que sa description 
est la plus vivante de toutes : « hi 166 j, i 
Ibe court visited TinihriJgi Wells ; no- \ 
tbing can be livelier than Evilyn's a: 
count » Il semble bien que ce soit à ce 



qui devait avoir été inspiré par \c même 
événement. 

Un BlBLlOrHiLE COMTOIS. 



♦ * 



Le pobme intitulé La Fiance s^uivée, 
publié en 17='7, après l'attentat de Da- 
miens, est généralement attribué à Bacu- 
lard d'Arnaud. 

Quant à Louis Edme Billardon de Sau- 
séjour que se rapporte' la description ! ^'g"y. * littc'rateur aussi médiocre que 
d'Evelvn. Le nom de Gram.norl n'e -t pas i f"^"^^ *• «^^'""^^ ^'^ Qucrard, il est ne a 



mentionné : aucune confusion possible. 

11 existe doux éditions récentes d'Eve- 
lyn. toutes les deux de 1906 : l'une, celle 
d'Austin Dobson, en 5 volumes, pour les 
Mémoires seuls; l'autre, du professeur 
Henrv B. Whealley, en 4 volumes, qui 
contient en outre la correspondance. ]e 
ne les connais pas directement. 

On annonçait, l'automne dernier, à 
Londres, une biographie du Ch''' de Ha 
miîton. qui devait paraître incessamment ; 
jo ne Cl ois pas qu'elle ait encore vu le 
jour. 

Depuis renvoi de ma question à Vhiter- 
midiaiie, le supplément littéraire du 
Tim^s a publié, le 29 octobre, un !on(^ 
. rticle sur John Evelyn à l'occasion de 
>nn centenaire. La question, qui reste 
entière, pa- it donc assez bien d'actualité. 
<-'est d'ailL .::■ un simple hasard de re- 
cherches qui m'a montré le rapproche- 
ment, puis l'identité absolue des deux 
{)assages. dont l'un est véritablement co- 
pie sur l'autre. 

Old NoLi.. 

Bill.'«rciou de Sauvigny. - ■ La 
France Sauvée >> (.LXXXII, 380). — 
D'après Barbier {Dicliotmaire des Ouvrages 
.itinuvtnrs), la Fiance sa!ii>/r aurait pour 
auteur Fr.-Th.-Mar. de B.u-ulard d".\r- 



La 'r^ochelle le 13 mars 1736, d'après 
M. Tdurneux, qui lui lui a consacré un 
long article d.ms la Gronde. EniycJopi'Jie. 

S.mnt-Valbert. 

* • 
Mêmes références : M. R. 

Qui a maiîjon à Uzerchâ (LXXXII. 
387). — Uzerche est une curieuse petite 
\ille où abondent les vjijux logis à tour 
iiurcs de manoirs. |e retrouve dans des 
notes prises par moi en 1911, au cours 
d'un voyage dans le contre-^nd, la des- 
cription suivante : 

lîïerche est ^bàlic ]eii pyramide sur une 
colluie qu'encercle une boucle de la "Vézère 
Tout au >ominet, c'est le magnifique et sé- 
vère clocher de .l'égliso rom me ; à co;é, les 
loiis cla;jcés d'une école qu'o 1 a eu le bon 
g lit de construire dans le sty!? ancien ; 
puis une dégiingolade de maisons, dont ui 
grand nombre sont munies de touis cl di 
louielles. ,De leur aspect féoda', a pris nais 
sauce lo vieux dicton : < Qui a maison i 
Uzerche|[a ch.ileau en Limousm ». Toules on 
des jardins en terrasses, dont les mirs di 
;,outéiiement sont les anciens remparts. E 
bis, colle li Véière, rapide et sombre. 

C L. 

* • 
A château en Limousin, parre que presj 

quj touies les maisons d'Uzerche on! 



DRS CHKRCHEURS ET CURIKUX 



85 



ao-^o janvier 1911 



B6 



forme de castels, avec pignons et pavil- | « kou-li hou > et un peu partout : *. tauii 



Ions. 



B. C. 



Uzerche est une des plus pittoresques 
\iiles de France, par le nombre de ses 
hôtels flanqués de tourelles où résidail.en 
ville, la noblesse limonsine qui s'ennuyait 
dans les manoirs. Ces antiques demeures 
ont donc toutes allures seigneuriales, de 
là le dicton. 

Ard. D. 

* Vloo » vLXXXil, 384). — < Vloo » 
est un terme de vénerie empldvé dans 
les grands équipages, pour ameuter, exci- 
ter, flalter, encourager les chiens. \< Vloo », 
« vloo D, à cause de cela, a été parfois 
pris comme devise sur les boutons de vé 
nerie. 

ECHAHPE. 

♦ ♦ 
C'est l'encouragement aux chiens de 



l Cil II 



C'« «t un jeune t»uo\, 
Vlau ! 
Vluu I 
Qu'a d«fl>usquô Ramoncau 
Paroles de la faiilarc du «anj^licr. 



Il ne doit pas être très malaise de dé- 
terminer à .juel (îquipa^^c de vén(;iic ap- 
partient le bouton que nous décrit M. Ar- 
sène Kersaudy. 

Cet équipage est sans conteste un xau- 
iiaii, c'est-à dire qu'il est spécialement 
de>liné à chasser le sanglier, comme l'in- 
dique la tête de l'animal et le mot Vux.. 
qui est le cri Ju veneur qui voiî le san- 
j glier. (De même qucTAiAor ci.l le cri qui 
j signale la vue de la bêle de chasse dans 
j les équipages s'adressant aux cerfs, ch-. 
i vrruils, lièvres, etc.). 
I U?ns la l^éneiie de |acques du Fouil- 



\ ^ , ,-° T < I ' loux imprmiée en 1 561 . nous lisons 

sanglier et de lièvre, comme : Tayaut ! ' ^ ^ ' 



aux chiens de cerf. 



»< Vloo * est évidemment pour vlau. 
Qiiand on cha>se le sanglier et qu'on | 
aperçoit la bête, on crie : vlau ! vlau ! j 
Pour le cerf, le daim et le chevreuil on 
clame : tayaut 1 j 

A. Harmand. 



les hai:tains et plaisinr. cris sont Je- 
diez poui la cluisfc Ji: cerf et les ba>, rudr» 
et furieux, pour I.1 ch.Tsse du sanglier. 

F. 1.. 
Même réponse '• V j . 

Fêteduaoltil à Andiieux(l.XXXIl, 
289,420). ■ Je supposais que Ion aurait 
répondu à la question posée par M. AI 
bert Hugues. Puisqu'on ne le fait pas, je 



H. D\ 



* 



* ♦ j me permets de signaler que dans le lo* 

Le mot : « vloo > est le cri du chas- j volume de mon ï^ovage en France {Lei 
seur annonçant la vue du sanglier ou du | Alpes, du Léman à la Dutanc<) je signa- 
loup ; de même que » tayaut » annonce * lais en y ajoutant foi — en ma qualité de 
la vue du cerf, du daim ou du chevreuil. J Dauphinois — la cérémonie racontée par 

le baron de Ladoucctte. Mais quand j'eus 
à mettre au point la 3* édition de ce livre. 
i9io,je venais d'approndie que c'était une 
mystification, et je le signal.iis en note à 
la fin du chapitre. Voici cette rote : 

Le fils d'un notaiie du Va'godemarJ der- 
nièrement r:vélé ^ 190Q] que la céTéi\ on le des 
Arnauds n'aurait jamais existe. Son ; ère, sol- 
licité par le baron de l.adou;elte préfet des 
Basfes-Alpei, de lui envoyer quelques tradi- 
tions populaires, aurait forgi celle ci de 
toutes piècus. Et la m>stifiealion aurait 
pris lecaactèie d'un fjit histoiique. 

Ardouis Dlmazet. 



En chasse à courre, lorsque les chasseurs 

voient passer l'animal de chasse, ils 

crient : »< Taïaut > si c'est un cerf ou 

un chevreuil, et « vlo » ou « vloo » si 

, c'est un sanglier. 

Un veneur de l'Ile deFrawce. 



« Vloo » s'écrit aussi t vlau ». Terme 
de vénerie ; sans doute contraction pour 
\<voù-Us>. Cri poussé, particulièrement 
à la chasse à courre, pour annoncer la 
présence du sanglier. A la chasse à t'r, 
dans le même cas, on crie en Lorraine ] 



î 



Tartaria de Tarascon (XXIV ; XXV). 
- Le hasard m'apporte une réponse to- 



L'hNTERMEDIAlRii 



N« 1^33 Vol. LXXXIII 

87 — 

pique à une question posée en 1891 et à j 
laquelle il (ut répondu, un peu à côté, en [ 
iSq2. _ \ 
Tartarin, de Tarascon, a vécu, si ce | 
n'est au pays du soleil, du moins à Ar- | 
j^enteuil. Vhiieinit'Jtaire avait déjà si- 
gnalé un Tartarin à Bezons, commune f 
v'oisine, mais il n'était pas de Taras- i 



88 



con 



Voici le texte d'une affiche électorale. ; 
déposée à 1;» préfecture de Seine-et-Oise, | 
le 10 janvier (1881 r). le millésime n'est 
pas très lisible, et recueillie sur les murs 
de la commune d'Argenteuil par un eu- | 
rieux : 

Aux ÉLECTEURS 

Citoyens, 

M. Fautier qui, en 1870, n'était rien dans 
l'administration est resté à Argenteuil, et 

Tartaris, de Tarascon, qui était conseiller 
et adj'Mnt, à l'approche du Prussien qu'a-t il 
fait ? Il lui a tourné le sien (ïiV /), après 
avoir eu le soin de cacher son fils dans la fa- 
lire. 

Un groupe de démocrates. 
Argcîitewil . Irtiprimetie Worms. 

Les aventures merxeiUnises de Tartartn 
Je l^arascon soni dt 1872, Daudet a pu 
rencontrer le nom de son héros dans une 
promenade aux environs de Paris. 11 peut 
se faire encore que l'homme d'Argenteuil 
s'appelât Tartarin, et que la m?.lice élec- 
torale, par iicnie, ait ajouté ; Je Tarascon. 
Cette supposition prouverait, dans ce cas, 
qu'un type avait été créé et que l'on s'en 
servait pour combattre un adversaire po- 
litique. 

R. B. 

« 
• * 

Le Mercure Je F>a«.:£?,(i 5 janvier 1921), 

publie une lettre de M. Henri Mazel sur 

l'original de lartarm. 11 écrit : 

J'ai toujours entendu dire à Nîmes, que 
l'original de Tartarin était un propre cousin 
d'Alphonse Daudet, M. Renaud, qu'on appe- 
lait Renaud lou casssire. Renaud le chasseur, 
et qui était, sinon de Nîmes, du moins des 
environs de Morifrin, un gros village des 
bords du Rhône. 

Jlest d'ailleurs assez curieux que tous les 
personnages soi-disant proveiiçaux de Dauiet 
s-inten iéalilé des Languedociens, des Nî- 
mois : les protestants de \ Fvangéliste copiés 
d jprè» tels habitants du riche quartier de la 
B<juquerie, conime les royalistes des Rois en 
'x%l, d'aprci tels autres d'un quartier plé- 
béien de l'Hnclos-rcy. Le Nabab reproduit 



l'histoire d'un nommé Bravais qui avait été 
fairs fortune en Egypte, comme Numa 
Roumestan rappelle, par bien des traits, 
Numa Baragnon, qui joua un certain rôle à 
l'époque du 16 mai. 

ii[ouuaiUcb et Oj/Uî^iositéa 



Lettre de Victorien Sardou sur 
Sainte-Beuve. — Notre ami le docteur 
Cabanes, pour une de ses études docu- 
mcniaires, avait sollicité l'opinion de l'au- 
teur de Patrie sur le critique des Lvndis. 
Il en résulta cette lettre qui est restée 
inédile et qu il veut bien nous commu- 
niquer. Hlle est a verser aux débats tou- 
jours ouverts sur la critique : 

Marly 
Mon cher Docteur, 

Je n'ai jamais connu Ste-Beuve, parce que 
je n'ai pas voulu le connaître. Et voici pour- 
quoi. Champtleury m'av.ut fait part du désir 
exprimi par Sainte-Beuve, que je lui fusse 
présenté, che:[ lui. — Ht j'avais parfaite- 
ment compris que 1 inîention de Sainte- 
Beuve était de me laire poser, suivant son 
habitude, pour quelque étude qu'il projetait 
sur votre serviteur. C'était au lendemain de 
Sèrapliine et de Patrie, et mon succès me 
dé?ig;.ait à son att'-;:ition. Or, il ne me con- 
venait pas d'être pourtraicturé par un bomme 
à qui j'accordais une grande valeur comme 
critique ; — (et à parler franchement j'ai 
plus d'estime pour l« plus mince créateur 
que pour le plus remarquable critique) ; — 
mais à qui je refusais totalement la moindre 
connaissance de l'art dramatique, et de qui 
je me méfiais h Cvt égard, comme de tous les 
pédants !... — Je me dérobai donc avec joie 
à l'invitation de Champfleury et aux ins- 
tnnces lé'térées d'une très aimable dame 
des amies de Sainte-Beuve et des miennes, 
qui me proposa, à mai;ites reprifes, de me 
faire dîner avec lui. — Je me félicite au- 
jourd'hui de n'avoir pas donné à ce grand 
critique l'occasion de débiter à propos de 
mon théâtre une foule de sottises, qui ne me 
feraient aucun tort; mais ne lui feraient au- 
cun honneur ! — Voilà tout ce que je puis 
vcus dire de mes rapports avec ce faux 
grand hotime que Bilzac qui, lui, en était 
un vrai, appelait Sainte-Bévue ! 

V. Sardou. 

Le Direcieuvgérant : 
Georges MONIORGUEIL 



I:n('.CLEKr:-DAKjai.. Saint -Amand-Montrond 



LXXXIII* Volume Paraissant les lo, 20 et de ju chaque mots 



16 Février i^ai 



N» 1533 

Sl'i'.r. Victor-!lla«)i*é 
PARIS (iX*) 

Bnreaux : de 3 è 6 heures 



auytauE 



VOMI trourerezo 



iWÉ 



a«' vr Victor Mm««« 
Il 3e faut PARU* (IX.) 



i! ■ inlr'ai^er 



Kurtiui : d« 3 i ij baurot 



€^ 3nUxmcbiaixc 



DKS 



C H F R n H E U R S ET C U R 
Fondé en 1864 



EUX 



QUKSTIONS KC RÉI'ONSRS LITFÉRAIRRS, HISTORIQURS, Si.lKNTIFigiJKS KT ARTISTIQUWJ 

TKOUVAII.I.ES KT CU'UOSITKS 

89 ■ ' 90 —————— 

Nous prions nos correspondants de 



vouloir bien répéter leur nom au-dessoui 
de leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes OH signés de pseudonymes inconnus 
ne seront pas insérés. 

Pour la précision des rubriques, une 
question ne peut viser qu'un seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. 

Quand la question sollicite la connaii- 
mnce d^une liste ^ la liste, sauf exception, 
nest pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion le 
nom ou le titre d'une famille non éteinte. 

L'dbonnement pour 19^1 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France. (Six mois 16 francs'. 

Pour l'étranger : un an 32 francs. 
(Six mois 18 francs). 

Prix du numéro 1 1 fr. 50. 



OSlucôtiane 



La tète de La Môle. — Dans les 
Fragments inédits du Journal d'un Poète, 
publié par: M. Femand Gregh, dans la 
Revue des Deux-Mondes du 15 décembre 
1920, Alfred de Vigny note le fait sui- 
vant : 



10 Avril (1838 ?). 

La tète Je La Môle, l'amant du Margue- 
rite de Valois, vient d'être retrouvée dan* la 
rivière, près de l'île des Cygnes, dans une 
cassette où elle l'avait fail rnformer. 

Vendue à uu historien, Jiîeiil les jour- 
naux sans le nommer. 

Sait on le nom de cet historien? 
Entre quelles mains se trouve actuelle- 
ment cette épave ? 

Orfrcmont, 

Les hôpitaux russes en 1814. — 

On avait créé des hôpitaux pour les bles- 
sés russes lors de l'invasion en 1814 à Pa- 
ris. 

A-ton public un historique de cette 
installation .'' A. B. X. 

<La Varsovieane : »Quel en est 
l'auteur ? — Dans un article de- 
V Eclair, (7 février 1931), M. Albert Mon- 
niot parle de la Varsoviennc : 
Polonais, à la baïonnette I 
C'est le cri par nous adopté, 
Qu'en roulant, I: tainbour rëpèto : 
A la baïonnette ! Vive l.i liberté ! 
M. Monniot écrit : 

D'où vient ce chant ? En quîlles ciroon»- 
tances est-il né ? Quel en «st l'auteurF L'£ii- 
cyelopédie Larousse elle-même ne fournit 
aucune réponse à ces questions, que Vlnter- 
méJtaire des chercheurs voudra peut-être 
soumettre à son crudité clientèle : 

A ce désir de noire confrère, nous nous 
empressons de répondre. Nous soumet- 
tons à nos collaborateurs celte intéres- 
sante question : D'où vient La f^ano- 
vienne ? '• 

LXXXIll-3 



N» I5J3. Vol. LXXXIII 

: 9, 

Un tableau sur la duchesse de 
Berry. — En 1822, fui exposé à Paris 
un tableau de Pierre Lacroix, élève de 
David, représcr:lanl la Ducliessede Berry, 
agenouillée devant le busle de son mari, 
et accompagnée de deux enfants. 



L'INTERMÉDIAIRK 



92 



Province de Normandie 485. Généralité 
de Rouen 17. 

A-t il lait,sé des descendants? 

L. Cai-et. 

Famille Horail de Brisis. — Où 



tJn marchand de tableaux, légiiiniiste j pourrais-je trouver des renseignements 



fidèle, Sauvaignat, en fit faire des photo- 
graphies en 1^*57. 

je voudrais savoir ce qu'est devenu 
l'original, etsi je pourrais acquérir une des 
photographies. 

Memor. 

Les refus de combattre pour mo- 
tifs de cousci^uce pendant la der- 
nière guerre. - On sait le succès dont 
les doctrines de non résistance au mal 
ont joue, surtout grâce à Tolstoï, au de 
but de notre siècle. Des cas isolé comme 
celui de Grasselin en France etdeN.une 
en Suisse, qui refusèrent de faire leur 
instruction militaire en raison de leurs 
Cioyances ; la proposition de M. Allégret 
au Congrès de la Paix de Rouen, deman- 
da nt déverser dans les services au>iliai- 
ns les soîdats qui refuseraient de verser 
le sang pour motif de conscience ; la 
vitalité de groupes tels que ceux des 
QiK'kers, des Doukhobors. et la création 
en .Amérique de la Société de « non- 
résislsnce ;/ attestent la réalité de ces 
croyances. 

Peut-on savoir comment ont été réali- 
sées CCS doctrines pendant la guerre ? Y 
a t-il eu beaucoup d'isolés refi;sant de se 
battre pour motif de conscience ? ïii 
comment se sont comportés les groupes 
constitués .^Les Quakers se son! consacrés 
aux hôpitaux. Mai.s les autres ? Tous les 
renseignements que Ton voudra bien me 
faire parvenir sur cette question seront 
les bienvenus. 

R. DE BOYER DE SaJNTE SuzANNE. 



ongi- 



Famille de Boni sent. - Un inter- 
mcdiairiïtç pourraii-il donner quelques 
ren&cigntmenis sur lierre H' bert de 
Bonisicnt, tscuyer et châtelain Je Boissy- 
Puchy et autres lieuT ?Ses arm<.s étaient : 
de un cor de chasse Je table evguiclc Je 
gueulet, posé eu rceui , a.umfagtié df Uni'' 
moltltei, auSii de gueula. 

Document enregistré le 29 août 1698, 



sur la famille d'Horail Je Briis 
j naire probablement du Haut-Languedoc 
Cette famille est-elle encore représentée 
de nos jours ? 

Capitaine P, 

Fantin-Latour. — Je possède un por- 
trait de religieux, signé Fantin-Laiour. 
On me dit que ce portrait serait celui 
d'un frère du peintre. 

La cliuse est-elle vraisemblable ? Fan- 
tin-Latour avait-il un frère religieux, et 
de quel ordre ? 

Olis. 

Famille Leydet. — Quelles sont les 
armes de la famille Leydet, noblesse de 
robe .' Plusieurs membres au Parlement 
de Bordeaux. Guyenne, (Péri;j;ord). 

Di:SMXRTYS. 

Famille Martinet de Brunot. — 

Quelles étaient les armes de c:lte famille 
qui a fourni plusieurs officiers au xviiie 
siècle, et des chevaliers de StLouis. 
Notre aimable confrère, M de St-Saud 
qui est documenté sur les familles d ! Pé- 
rigord, pourrait peut-être me ren eiî<ner. 

Desmartys. 

Portrû.it du marquis de S "de. — 
Existe t-il un portrait autlientique du mar- 
quis de Sade ? 

M. H. 

Les poésies cîe Seigneret. ancien 
normalien — L'auteur de la notice sur 
Seigneret, publiée dans un des .Annuaires 
de la Société des anciens élèves de l'école 
normale supérieure, avait cité quelques- 
uns de ses vers ; ils étaient très beaux. 
Pourquoi n'ont ils pas élé édité.- ? Ces 
poésiessoiit-elles possédées par sa famille, 
ou par un de ses camarades ? 

Un sait que le professeur Seigneret 
était le fierc du séminariste fusillé sous la 
Commune. 

LSD. 



DES CHERCHEURS KT CURIEUX 



13 Février iqti 



93 



Corre'^pondance de Vauvonar- 
gues. — On a mis en douk l'iiuthenti- 
cité des lettres de Joubert ; on lient pour 
à peu près certain qu'elles furent au 
moins expurgées. Pareilles questions se 
sont-elles jamais posées au sujet de la 
correspondance de Vauvenargiies, procu- 
rée, on le sait, par Gilbert, en 18=57 '"■ 

A-til été, depuis cette date, publié do 
nouvelles lettres écrites par Vauvcnar- 
gues ou à lui adressées? 

At-on des raisons particulières — au- 
tres que l'existence incontestable de la- 
cunes dans la publication de Gilbert — 
de croire qu'il puisse se trouver encore 
des pièces inédites ? Et peut-on conjtc 
turer en quels lieux ? 

G. S. 



94 



iU ilmphin, soitienne de deux hrjuch'^ Jt 
lys au naturel nouées d'un itihin de ^utnlti, 

BeI VALETTI. 

Du Biiiiion : armoiries. — Un In- 
ternicdiairistc connaitrailil les armoirle» 
do : 

1" Jean Pierre Du Bignon ou Dubignon. 
seij^ncur de Talbot 

2" Anne Charles Alexandre Du Bignon 
ou Dubignon, seigneur d Hon. 

Frères et lous deux Receveurs des Fer- 
mes du Koy ati bureau d'entrée et de 
sortie de Bordeaux, demeurant à l'Holcl 
des dites fermes, paroisse St-Pierre, de 
174Î à 17O5. 

R. D. 



I 



Unson. — Le fief d'Unson, situe pa- ; Quia posé pour la « Psyché » du 
roisse de Samt Farj^eol, en Bourbonnais i tableau de Gérard ? — Le maréchal 

(actuellement canton de Marcillal, arron- ; de Castellane prétend dans son journal 
dissement de Montluçon), fut vendu par \ (tome III, p 401, note), que pour la tét* 
julien et Annet d.: Fournoux, le 24 juillet ' ' d. ..l.- /-^_-^j , ... 

1601, à René de Châteaubodeau, cheva 
lier, seigneur de Saint-Fargeol ; il resta î général Despans Cubicres. Si, comme 



de sa Psyché, Gérard a emprunté le vi- 
saj^e de Mme de 5 impavo. belle-saur du 



dans la maison de Châteaubodeau jusqu'à 
la Révolution. Kn 1789, il appartenait à 
Sébastien, comte de Châteaubodeau, capi- 
taine au régiment de Royalla-Marine, 
chevalier de St-Louis, époux de Magde- 
leine de Mayet de la Villatelle : on ne le 
trouve plus en la possession de son fils 



l'écrit le légendaire maréchal, cette per- 
sonne avait une cinquantaine d .innées a 
la date où elle vint la prier d'intercéder 
en faveur de son beau-frère, c'est à-dire 
le 16 juillet 1847,11 parait difficile qu'elle 
ait pu poser pour le tableau en question 
i qui fut exposé en 1797, à une époque ou 



Une petite partie de la terre seulement, { ladite dame était à peine au monde, 
appelée le Petit Labourage de St Fargeol, j " 
fut vendue nationalement, ayant été con- ; 
fisquée sur Jean Baptiste de Châteaubo- 
deau. frère de Sébastien, ancien Garde du 



De son côté, dans ses Souvenin de 
pieinière jeuneise (p. 201), Feuillet de 
Conchcs assure que Gérard a pris conmic 
modèle de sa Psyché la baronne Pichon, 



Corps du Roi, chevalier de St-Louis, émi- | sœur du naturaliste Alexandre Bron- 



Un collègue bourbonnais pourrait-il 
médire comment et à quelle époque Un- 
son est sorti de la maison de Château- 
bodeau et quels en ont été les possesseurs 
jusqu'à nos jours ? 

M, DE C. 

Armoii'ie à identifier: Dauphin. 

Dextre : Ecu du dauphin : au 1" ccdt- 
telc ; aux j-' et 4", d'à ut , à ; ftenn'dc l\s 
d'or, posées 2 et i ; aux z et ^* d'or, ou dan- 
^bin d''a{ttr, beaupré Je (gueules. 

Senestre : écU de Fh.ince d'azur, à ) 
fleurs de Ivi d'or surmontées de la coiironne 



gniart. Ce serait plus vraisemblable ; ce- 
pendant Delécluze, dans son ouvrage 
Louis David, son école et son temps, nous 
apprend que Gérnrd, après avoir peint en 
1795 un portrait de Mlle Brongniart, en 
avait fait en 1797 un second qu'il avait 
exposé en môme temps que l,i Psyché, 
mais il ne fait aucune allusion au fait 
re^^té par Feuillet de Conches. Quelle est 
Jonc la belle personne qui a posé pour le 
délicieux visage de la Psyché de Gérard ? 
A propos de Mme de S.impayo, sait-on 
quels liens de parenté elle pouvait avoir 
avec le comte de Sanipayo, ce jeune por- 
tugais qui fut le premier amant d"Hor- 
tense Allart, alors gouvernante de U fille 



N' 1533. Vol. 



LXXXllI 
95 



L'INTERMEDIAIRE 



96 



du général Bertrand, et le père de son 
fils Marcus ? 

Un bibliophile comtois. 



Tours isolées — Qyelques-unes de 
nos catlu'dralci ou églises provinciales se 
distinguent par cette particularité que les 
tours ou sont placées les cloches se dres- 
sent, isolées, à"quelque distance du corps 
principal de l'éditice religieux : telles les 
tours de St-André et de St-Michel, Bor- | 
deaux : de St-Paul (et jadis de St Paterne- j Connaitrait-on le nom authentique de 



D Dasta (?) (i) la muerte. 
Je sens mon cueur se consumer 
D'un tel feu que je ne désire 
Rien esfacer de mon martire, 
Tant il me plaist de vous aymer. 

Olis. 



La dédicace « d'Andromède y>, de 
Corneille. — Les trop discrètes quatre 
« A. M. M. M. M. » en grosses majuscules 
de la Dédicace de la tragédie d' Andromède 
de P. Corneille. 



celle-ci, on s'en souvient, jetée bas ' la Dame, si insuffisamment ainsi dénom 



par M. Rabicr, alors maire de la ville), a 
Orléans ; dt St-Martin (ancienne basili- 
que) à Tours ; etc., etc. 

Quelle est la raison de cet isolement ? 

A. D'E. 



Famille de Croy. — Je trouve en 
marge d'un curieux missel, imprimé en 
1565, des vers manuscrits assez joliment 
tournés, adressés par un gentilhomme du 
nom illustre de Croy à une dame qu'il 
courtisait. Ce missel lui servait sans doute 
de boite aux lettres. 

Pourrait-on savoir si, vers l'époque où 
ces vers ont été écrits, (1572-73), vivait 
un Croy ayant laissé une réputation lit- 
téraire ou galante digne de mémoire ? 
^\ titre documentaire, voici ces billets 
doux ; ils sont datés. 

A mon (mot effacé) 
Je resanible au papillon 
Qui faict de tours un million 
Pour se bruller à la chandelle; 
D'un seul point luy suis différant . 
C'c&f qu'il meurt un coup seullcment, 
Et je vis à mort éternelle. 
1572 
J'y parviendray 
Croy 

Cette devise, qui est l'une de celles de 
la maison de Croy, est éloquente. 
Plus loin : 

Ce mien escrit sera pour vous prier, 
Durant le tamps de votre absance, 
Qu'aies de ma parfettc souvenance, 
Ne me voulant nullemant oublier. 

R. L. V. 
Il I. H. 75 

Et pour finir, dans une note doucement 
mélancolique : 

'573 



mée, bien qu'avec toutes les formules 
possibles du plus profond respect, en 
tête de l'Epitre dédicatoire qui lui est 
adressée, dans les deux éditions origi- 
nales de cette célèbre pièce^ Rouen, petit- 
in-i3 et in-4°, 1651 . 

M. Emile Picot, dans sa si conscien- 
cieuse Bibliographie Cornélienne la cite, à 
diverses reprises, cette Epitre, mais sans 
ajouter aux collat-ons qu'il en donne la 
moindre note explicative. 

Ulric RichardDesaix. 

Le felse. — Dans sa pièce, la Der- 
mhc nuit de Don Juan, récemment pu- 
bliée par V Illustration, Edmond Rostand 
a écrit : 



Laquelle, se levant des coussins 
Fels^ en allemand, 



noirs du 
[felse, 
veut dire rocher ; 
felse, en arabe est une monnaie. Mais en 
français ? Le mot ne se trouve ni dans le 
dictionnaire de l'Académie, ni dans Littré, 
ni dans Bachelet, ni dans la Grande Ency- 
clopédie, ni dans Larousse, ni dans le Dic- 
tionnaire de Trévoux, ni dans les Glossai- 
res de du Cange et de Godefroy. 

Ce n'est donc ni un mot ancien, ni un 
mot de la langue française officielle. Si 
c'est de l'argot, non est fric locui. Si c'est 
un mot que Rostand a forgé pour donner 
une rime à * Paracelse », le procédé est 
indigne de son grand talent. )e résume : 
qu'est-ce qu'un fehe .? Quand, à quel 
propos, dans quels ouvrages ce mot a-t- 
il été employé '<: A. V. 

(1) Deux D majuscules en forme de mo" 
nogramme, bien encastré l'un dans l'autre ; 
ce qui les fait ressembler au chifïre de Henri 
Deux 



DBS CHERCHEURS ET CURIKUX 






!• févùêt 



liépanseô 



98 



lyii 



Qui a prévenu l'armée de Paris 
de l'infléchissement de l'armée de 
Von Kluck ? (LXXXIIl, 41). — Fin sep- 
tembre 1914, un personnage des mieux 
informés et pour cause, me raconta qu'une 
troupe allemande revêtue du nouvel uni- 
forme, conduite par un sous-officier, se 
présenta au château de Royaumont, en se 
faisant passer pour soldat anglais, vers la 
fin d'août. 

Quelques jours plus tard, on retrouva la 
copie dun ordre de sous-officier adressé 
à i'Etat-major allemand qu'il avertissait 
de la concentration des troupes françaises 
au S. E. de Paris. 

Comme nous le fit remarquer notre in- 
terlocuteur, ceci pourrait avoir fait déci- 
der la marche de Von Kluck de ce côié. 
Toutefois, ajoutait-il, nous n'en aurons la 
confirmation qu'après la guerre. 

D'autre part, le général Galliéni fut tout 
d'abord prévenu par un aviateur, Brinde- 
jonc des Moulmais 

Celui-ci, s'étant aperçu de l'infléchisse- 
ment des allemands vers l'Est, vint, de 
son propre mouvement, avertir Galliéni. 
Ce général était en inspection, Brindejonc 
l'attendit très longtemps, il réussit fort 
tard à lui faire part de ce qu'il avait vu. 

Galliéni, comprenant l'importance du 
renseignement, engagea l'aviateur à re 
partir pour venir dès le lendemain matin 
lui confirmer si ses premiers avis étaient 
exacts. 

Galliéni envoya le 4 septembre, avant 
le jour, dans le camp retranché de Paris, 
des reconnaissances de cavalerie qui, à leur 
tour, venaient apporter des renseignements 
conformes à ceux que Brindejonc avait don- 
nés. 

A la dale du 3 septembre, et même du 
4, dans la matinée, le généralissime fran- 
çais avait donné l'ordre formel du repli 
de toute l'armée derrière la Seine et cela 
devait être exécuté le plus rapidement 
possible. Galliéni avisa le généralissime 
de l'ordre que lui-même donnait à l'ar- 
mée de Paris de sa mettre en marche vers 
l'Est {Mém. de Galliéni, p. 11 7). Le 4, 
Galliéni va trouver le iVlaréchal French, 
et sur les vives instances de Galliéni.JofTre 



finit par se rallier à l'otlensivc, mais tout 
en restant opposé à l'action par le nord 
de la Marne. (Gj///V«;, p. 134). 

B. 



• * 



Infléchissement de la i" armée alle- 
mande vers le S Est, délaissant la direc- 
tion de Paris et se dirigeant sur Coni- 
piègne : 

Ce renseignement a été donné \e}i août 
1914, vers midi, par le Capitaine Lepic, 
du 5' Rég. de chasseurs, -lors en service 
de découverte avec son escadron vers St- 
Maur (N. d'Estrées St Denis). - Le gé- 
néral Corn', la Division d: Cavalerie Pro 
visoirc à qui ce renseignement a été 
adressé, le transiuet aussitôt au général 
Maunoury, Corn' la 6* armée, lequel le 
transmet au G. Q.. G. qui en avise le Mi- 
nistre de la guerre, qui n'a pu manquer 
d'en avertir le général Galliéni, des le 
31 août. Le Capitaine Lepic a été cité à 
l'ordre de la D. C. P. et a été proposé 
pour le grade supérieur pour ce fait. 

Les documents officiels sont à la Sec- 
tion Historique de l'armée. 

CURIOSUS. 

La dette de 1 Amérique LXXXl ; 
381 ; LXXXll, 393;. — C'est des Etats- 
Unis que devraient affluer les réponses. 
Je n'ai pu trouver jusqu'ici trace d'aucun 
payement relatif à cette afi"aire ni dans 
les dépôts publics français ni dans la cor- 
responiiance du général Turreau, ambas- 
sadeur à Washington, sous le premier 
Empire. 

Aucune trace non plus du règlement 
de la cession de la Louisiane. 

tn 1764, la France avait cédé cette co- 
lonie à l'Espagne par un traité secret. 

En 1802, par le traité de St Ildefonse, 
l'Espagne nous la rendit. Le Premier 
Consul la vendit !^o millions aux Etats- 
Unis. 

Les 3^5 million^: dus en 1790, joints aux 
80 millions du^ en 1803, représentent au- 
jourd'hui une somme de près de un 
milliard de dollars soil 17 milliards de 
francs. Gustavf Bord. 

Lt-s Mémoires de Barrss (rte qui 
sont les prétendus mémoires com- 
plémentaires (LXXXI; LXXXll, 389; 



N» 153^. Vol. LXXXIll 

99 

LXXXllI. I ij. — Parmi les papiers en 
débris que je possède du confidcnl. de 
Pallié, du scoliaste de Barras, — de Saint 
Albin, celui-ci nie semble assez curieux 
pour être livré à la publicité des zélés... 
Pas un mot ne s'y trouve sur Louis XVII; 
— et cela à l'époque la plus critique des 
craintes bourboniennes... 

Danj la Tourmente de L'Avènement de 
L'Empiie Joseph Buonapaite jouoit le rôle 
d'intriguant et de Policier .^u'il avoit tou- 
jours joui jusqu'alors pour sou frère Le gé- 
néral. 11 réunissoit donc chez lui tous les 
hommes dissolus qui avoient connu L'an- 
cien Régime et que leurs vices avoient portés 
dans le nouveau. A L'une de ses réunions 
noclurnes se liouvoient cxtraordinaiteinent 
convoqués Jaticourt, RoeJerer, Stanislas 
Girardin, Talievrand. La conversation por- 
tée par Joseph Mji le moment présent auquel 
Tous CCS messieurs prétendoieni s'intéie?ser 
vivement Joseph (île (demande ?) à tous 
comme les Bourbons oroyent qu'aucun d'eux 
pût être l'antagoniste de son fière Njpolëon. 
Jancourt que [uc) Louis 18 Le Comte D'Ar- 
tois et tout le rc-sle ne vaut pas la moindre 
estime, qu'aucun n'est capable d'entrer en 
Lifi;ne' ave: Le Généra! ; Roederer et tous Les 
.lutres noiammentTalleyrand applauJissentet 
renchôrissent Joseph satisfait ajoute n'y a- 
t-il pas encore un duc ci' Enghien ? — pour 
celui-là répond Stanislas Girardin cela f^t 
une autre paire lic manche .. Talleyrand qui 
n'avoit applaudi jusqu'alois que par incii- 
n'ii^OM renforcée (?) de léle prend La parole 
et dit : c'est fort peu de chose que le Duc 
d Liighien quoique ce roit quelque chose de 
mieux que Le reste cependant c est celui-là 
duquel il est urgent de ^e d-îfaire... qui 
avoit entendu cette douce ^dernière?) parole 
Joseph dde (demanje) les chevaux :i ?3 voi- 
ture et part rendre compte aux Thuileiies. 
C'est à celte circonstance (illisible) plus qu'à 
tant d'autres racoiiti'es pai les parties inté- 
ressées qu'on peut laire très [iliisible) re- 
monter La mort du duc D'Knghien. 

Pas un mot du joli Dauphin ; — si 
possible alors. Sans prendre parti pour la 
thèse Lcnôire ni pour la conviction Mon- 
torgueil, je reste persuadé que la vérité 
sur Louis XVII jaillira tout à coup de la 
pierre ignorée qu'un inconnu frappera par 
hasard ; il ne faut pas désespérer, surtout 
dans les causes désespérées. 

Chari.es-Adolphe Cantacuibne, 

La duchesse d'Ltampos (LXXXIll, 
a). - Maigre le silence prudent de Théo- 
dore de Bè7c cl les dénégations violentes 



I.INTERMEDIAIRH 



100 



de Rayle, il est certain que la duchesse 
d'Elampes, si elle n'était pas protestante, 
favorisait la cause des réformés On s'en 
convaincra en lisant un passage des Mé- 
moitts de la Huguerye (édition du baron 
de Ruble, t. 1. p. 388) et les téiTioignages 
de Jean Crespin et de Florimond de Rai- 
mond, cités par les frères Haag (La ■ 
Ftance protestante^diXÙcXt Pisseleii). 

Saint-Valbert. 

Quelle est cette comtesse ?(LXXV1, 

330). — Je n'en sais rien, mais très cer- 
tainement, elle ne peut être Marie-Louise. 
Eu premier lieu, celle-ci, qui était du- 
chesse de Parme, n'a jamais porté le nom 
ni le titre de son premier époux morga- 
natio'ie. D'autre part le prince de Metter- 
nich ctait trop au courant des moindres 
détails du proto:ole monarchique pour 
traiter simplement de « madame la com- 
tesse » une souveraine qui était, par sur- 
croît, archiduchesse autrichienne et la 
propre fille de son auguste maître, et il 
n'aurait pas manqué, en lui écrivant, de 
lui donner au tnoins le titre d'Altesse im-; 
périale. 

En outre, dans le cas où Marie Louise 
aurait eu une communication de cette na- 
ture à adresser à son père, elle aurait 
vraisemblablement écrit directement à ce 
dernier, sans recourir à l'intermédiaire du 
chancelier. Enfin, le cardinal Fesch, qui 
depuis qu'en 1811, il avait encouru la 
disgrâce de Napoléon, vivait à Rome, et 
n'avait que peu ou point connu sa seconde 
épouse, ne se serait pas adressé a celle-ci 
pour faire connaître au duc de Reichs- 
tadt ses intentions généreuses à son 
égard, d'autant plus qu'il ne devait pas 
ignorer combien Marie Louise se désinté- 
ressait de son fils, ainsi que des intérêts 
de ce dernier, dont elle avait abandonné 
la gestion a la Cour de Vienne. 

Puisque nous en sommes réduits aux 
hypothèses, la destinataire de la lettre en 
question ne serait-elle pas plutôt Caro 
lire Murât, Pex-reine de Naples, retirée 
à Trieste sous le nom de comtesse de Li 
pana et qui devait avoir conservé des re- 
lations avec son oncle Fesch ? Ce serait 
d'autant plus vraisemblable que Metter 
nich, alors qu'il représentait l'Autriche à 
Paris en 1808, avait été du dernier biei 
avec la belle Caroline qui, non content 



DRS CHERCHEURS KT CURIEUX 



10 Févritr 19*1 



lOt 



102 



d'avoir ravi à la générale Junot le cœur 
de son mari, s'était donne la satisfaction 
bien féminine de lui enlever également 
l'amour du brillant ambassadeur. Elle 
avait, d'ailleurs, toujours trouvé, depuis 
ses malheurs, beaucoup de bienveillance 
auprès de Metternich. 

Mais, d'un autre côté, il semble que 
Caroline avait le cœur trop sec pour se 
donner autant de peine en faveur d'un 
neveu qu'elle ne connaissait guère, sur- 
tout au détriment de ses propres intérêts. 
Alors quelle serait cette comtesse (|ui s'in- 
téressait si fort à l'Aiglon?... La com- 
tesse Camerata? 

Un bibliophile comtois. 

Louis XVI et M. Sauce (LXX.Xl, 
185, 241). — Notre confrère L. C. trou- 
vera sur M. Sauce des renseignements 
intéressants et détaillés dans le récit 
émouvant que, dans son livre Pottraits 
frnnçaii (Sansat, 1904, in-18), M. Kd- 
mond Pilon a fait du séjour de la famille 
royale dans la boutique du petit épicier 
de Varennes. Un bibliophile comtois. 

Projet de mariage du duc de 
Berry (LXXXlli, 44). — je ne sais s'il 
existe une étude sur le protêt de mariage 
du duc de Berry avec la grande Duchesse 
Anne, sœur de l'Empereur Alexandre ; 
mais la correspondance du Prince de Tal- 
leyrand avec le Roi Louis XVIII pendant 
le Congrès de Vienne, contient sur ce 
sujet des détails fort intéressants. 

BÉNÉDICTK. 

Excès commis par les insurgés 
aux journées de juin 1848 (LXXXII, 
3, 103, 205, 393). — Evidemment, dans 
tout récit d'événements contemporains, 
il convient de faire la part de l'imagina- 
tion, de la crédulité ou de la peur. 11 
semble bien, pourtant, que pendant ces 
quatre sanglantes journées, quelques cas 
isolés de sauvagerie se soient produits, 
car Mérimée, qui n'est pas suspect d'exa- 
gération et qui devait être bien renseigné 
puisqu'il avait participé à la répression de 
l'insurrection, écrivait à Mlle Dacquin le 
27 juin 1848 : 

Je rentre chez moi ce matin après une pe- 
tite campagne de quatre jours où je n'ai couru 
aucun danger, mais où j'ai pu voir toutes les 



horreurs de ce temps et de te payj-ci... 
Croyez peu à tout ce que di»ent le» journaux 
sur les morts, les de>lroclion», etc. 

Puis, après avoir reconnu que, dans le 
faubourg Saint-Antoine, qu'il a parcouru, 
le ravage n'était pas si grand v^u'on le di- 
sait et que, pendant la bataille, on n'aviit 
rien volé, il ajoute : 

J'.ii conduit \ l'Abbaye une femme qui 
coupait la lête aux mobiles avec son couteau 
de cuisina et un homme qui avait les doux 
bras rouges de sang pour avoir fendu le 
ventre à un blesse et s'étrt lavé le* mains 
dans la plaie . 

Un bibliophile comtois. 

Roiiget dà risle et rhistorique 
de Quiberon (LXXXl ;LXXXI1. 12, 1 17. 
204. 292 ; LXXXlli, ^î). — Je ne connais 
ni M. Pitollet, ni M. Volasquc. je liens ce 
dernier pour un bon serviteur de l'histoire 
Vendéenne.J'ai connu et respccl(5 dans ses 
travaux considérables, feu Billard des Por- 
tes, l'un deshommesles plusconsciencieui 
et lioniiêtes qui aient existé Je n^ai iten à 
letiier de ce que j'ai dit précédemment, je 
n'ai pas attaqué M. Pitollet. 11 prouve ce- 
pendant, par sa réplique, qu'il a été touché 
;»u point sensible. Rien de mieux. Dans une 
controverse historique, point n'est besoin 
de mêler des discus-ions de personnes. 
Produisez courtoisement, comme il con- 
vient entre lntermi'di,ivistcs,\'ox\g\x\a\ et 
je reconnaîtrai, sans aucun embarras, que 
Bittard des Portes s'est trompé. Jusque 
là je refuse toute discussion. 

H. Baguenier-Desormeaux. 

JLa Terre de Chaux (LXXX ; 

LXXXlli, 21) . — Deux notes recueillies 

au cours des lectures pourraient peut-être 

rendre service au collaborateur M. deC. 

« Bertrand de Chaux est a Clepsie avec 
la Duchesse d'Orléans, Anne Dauph'ne » 
Janvier 1412. Lamure, Forez, il p. 104. 

«Hélion de Ch.iux, capitaine châtelain 
de Bellegarde, remplacé 1 sept 1441, 
(Gaingniens 2 rep) Hélion de Ch.Tux ce 
29 loi de Segondat et Péronnelle Bon- 
rignone, sa femme ; tailles d'une paroisse. 
Neris Colombia St-Geny, et Hcrisson 
Montluçon 1443. » Bethemann 11 p. 27. 

La Bruyère. 

Quelques notes pour éviter d'orienter 
les recherches sur de fausses pistes : 



N* 



^t>33 



Vol. 



LXXXIII 
- 103 - 



L'INTERMEDIAIRE 



104 



Les archives publiques renlerment peu 
de documents généalogiques concernant 
les Chateaubodeau : Archives nationales, 
01.968, p. 281 et Archives du Rîiône, 
H, 91, f° 88;. Il est par suite peu aisé 
d'établir une filiation complète de cette 
famille. Elle a cependant été dressée par 
le Capitaine de Chateaubodeau auquel 
il y aurait lieu de s'adresser et dont on 
trouvera facilement l'adresse dans l'an- 
nuaire de la Cavalerie. — 11 y a peu de 
probabilité que la terre de Chaux appar- 
tint aux de Brandon : ces derniers étaient 
possessionnés non en Combrailles mais 
à Molompisc et Chalagnat dans l'élec- 
tion d'issoire. Quant aux Malleret, nous 
ne les trouvons nulle part indiqués comme 
seigneurs de Chaux, tant dans les ar 
chivcs du Cabinet (!cs titres que dans le 
Nobiliaire de M. de Quirielle. La pre 
mière alliance qu'ils loniractent avec les 
Chateaubodeau est en 1512 par le ma- 
riage de Gilbert de Chateaubodeau, petit- 
fils de Guillemetto de Chaux avec Calhe- 
rir.L* de .Vlallerct. En 1622, Charles de 
Chateaubodeau, gentilhomme ordinaire 
du duc d'Anjou, était seigneur de Chaux 
et d« Malleret. Aucun de ses descendants 
n'est plus indiqué comme seigneur de 
ces deux terres : ce qui tiendrait à in 
firmcr l'indication donnée par notre col- 
labcr;-.tcur Montebras que la terre de 
Chaux resta dans la maison de Chateau- 
bodeau jusqu'au début du xviiie siècle. 
Par ailleurs, c'est en 1469 que nous 
trouvons pour la première fois un Cha 
teaubodeau qualifié seigneur de Chaux, 
Antoine fils de Guillemette et marié à Ali- 
rode de Forges La terre de Chaux ne 
serait donc pas forcément entrée dans la 
famille par le mariage de Guillemette 
D'autre part, la date de 1627 donnée 
comme extraite d'Antoine Thomas est- 
elle exacte (ou fautil lire 1427) r Si oui, 
en 1627. Guillemette de Chaux était sans 
doute trépassée depuis longtemps et la 
parente de jacque. et Gili ert de Malleret 
avec la dame de Chateaubodeau résulterait 
de l'alliance iic 162a. Si l'indication re- 
levée dans la Thaumassière est vérifiée, 
il faudrait en conclure que la maison de 
Chaux cl celle de Malleret ne sont qu'une 
même famille. Ce fait d'une même fa- 
mille connue sous deux noms différents 



témoin la famille de Lestang, laquelle a 
contracté deux ou trois alliances avec les 
Chateaubodeau, qui passé en Auvergne et 
Bretagne est connue dans ces deux pro- 
vinces sous le nom de Lauzanne. 

Henri D. d'A. 

L'île de Césembre (LXXXII, 236). 
— Etablir l'étymolugie d'un mot est tou- 
jours chose délicate, qui exige une mé- 
thode rigoureuse et une sagacité toute 
professionnelle ; mais s'il s'agit d'un nom 
de lieu, les difficultés s'accroissent encofe. 
Voici un mot : Césembre qui ne se trouve 
dans aucun texte antérieur au x® siècle ; 
rien ne prouve, cependant, qu'il ne fût 
pas usité quinze ou vingt siècles plus tôt. 
A quel parler appartient-il .'' Est-il gau- 
lois, ligure, ibère ? Est ce un débris dune 
langue totalement disparue ? Nous n'en 
savons rien. Tout au plus, pourrait on 
tenter d'établir l'orthographe la plus ra- 
tionnelle possible de ce mot. 

Le olus ancien monument où l'on 
trouve mentionnée 1 île de Césembre, 
c'est la vie de S. Malo par Bili, qui date 
de il fin du IX* siècle ou du commence- 
ment du x' [Cf. Mélanges d'histoire Bie- 
tonni', par Ferd Lot ; H. Champion, Pa- 
ris 1907] ; malheureusement le texte la- 
tin de Bili. qui transcrit les formes ro- 
manes de nombreux noms de notre ré- 
gion : Machu, Alet, Rctic, Raus, etc., ne 
donne qu'une seule fois [C. XXVIII, éd. F. 
Lotj le nom de notre ile, et sous une 
forme évidemment fautive : Septembet . 
Comme Tile ne s'est jamais appelée Sep- 
tember, il est indubitable que nous nous 
trouvons en présence d'une faute de co- 
piste ; le scribe, sans doute, n'aura pas 
su identifier la lettre, peu usitée^ du mi- 
lieu du mot, que j'estime devoir être un 
Z, et, voulant,-- lui aussi, déjà ! — trou- 
ver une étymologie à ce vocable bizarre 
et unique, il l'aura remplacé par les ca- 
ractères p, t, qui se rapprochent /orte- 
ment du z dans l'écriture cursive du 
XI* siècle. La plus ancienne notation du 
nom de notre ile serait donc Sc^ember, 
Se;((mbte. 

Cette hypothèse est corroborée par le 
seul texte un peu ancien où figure notre 
mot! it chanson d' Aquin^ou la Conquête 



ne serait pas nouveau dans la Marche, i i/^ /^ 5><?/<;^«<',poème de la fin du xii» siè 



DES CHERCHEURS ETCURIEUX 



105 



106 



10 Février 191 1 . 



cle [cf. l'édition Joiion des Longrais], Ce 
semble y est écrit quatre fois, et de deux 
manièics différentes ; Chambre, vers 
1461 et 1852; Sesanihre, vers 1502 et 
1549 ; mais il faut remarquer que le 
vers 1461. qui n'a ni rythme ni asso- 
nance correcte « [Césambre estoit celle 
ysle appelé m], présente tous les carac- 
tères d'une interpolation ; le vers 1952 
semble bien aussi pro\enir d'un rema- 
niement plus moderne. L'orthographe 
Sesambte. des vers 1502 et 1549, qui se 
trouvent dans le plein cours du récit, pa- 
rait bien devoir être l'écriture du rédac- 
teur primitif. M. Joùon des Longrais si 
gnale qu'au haut du folio 26, peu avant 
le vers 1461, il existe une annotation, 
d'une écriture du xvi» siècle : Niirratio 
Cescmbrii ; ce qui dénote que les posses- 
seurs d'alors du manuscrit attachaient 
une importance toute particulière à cet 
épisode, et ce qui expliquerait qu'ils lui 
eussent fait stibir quelques remaniements 
postérieurs à la rédaction primitive. 

Le nom de notre île ne figure aux ar- 
chives municipales qu'à partir du début 
du xv« siècle, sous les formes Céienib;e 
[1415]; puis Ct':^aiiibie, S.n^ainbre, Cé- 
semb'e, Césambre &X même [H. B. 4I Saint- 
Zambie.. . ! 

Celte canonisation imprévue d'un Zam 
hre absolument inédilne serait que drôle; 
malheureusement, ce sont les choses les 
plus absurdes qui séduisent certaines 
âmes compliquées — ou trop simples : 
l'abbé Prampain, qui avait des qualités 
d'historien, mais un esprit peu gramma- 
lical, affirme [p. 113, de son Saint-Malo 
historique], avec une sérénité effarante, 
que le mot « s'écrivit d'ABORD Saint-Zem- 
hre., puis Cé^embre, et Céscmbre ». 11 
n'avait pas remarqué que Saint-Zembre 
ne se trouve que dans un texte de 1^72, 
alors que Sè^embre et Césembre figurent 
dans des écrits des xi" et x' siècles !... 

De la confrontation de ces ditTérents 
textes et de divers autres, qu'il serait 
inutile de citer tous, une conclusion 
semble bien s'imposer : c'est que la forme 
primitive de notre mot, c'était Se^embre 
qui est devenu assez logiquement, Cé- 
sembre ; telle doit donc être l'orthographe 
à adopter définitivement. 

Qyant à l'étymologie proprement dite 
du mot, résignons-nous à T ignorer ; ce 



sera beaucoup plus scientifique que de 
chercher des dérivations faniaisisles, 
comme celles que ciic joijon des Longrai.s 
dans son Jacques Dorerttet, (A'scmbrc, par 
exemple, venant de numbra siaa ou de 
Ctzsis membris ! 

GKoaGF.s Saint Mleux. 
y^gtégt' df granininire. 

Balz ic est il ou non, l'.iu >ur du 
s< Petit Dictionnairocntiquy dos en 
seit^nes de P.iris * (LXXXII, 97). — Je 
crois pouvoir répondre non bien qjc le 
bibliophile |acob et M. Fournicr se soient 
prononcés pour l'affirmative. Balzac s'est 
t (ujours intéressé aux enseignes, et s'il 
faut croire ce qu'en dit Léon Gozlan, il 
leur demand:^ parfois des inspirations 
pour l'établissement de ses titres et le 
baptême de ses héros (Ex. : La Maison 
du cbat qui pelole ; Marcas). Mais, si Bal- 
zac aimait les enseignes au point de fon- 
der ?a fameuse et éphémère association 
littéraire du c cheval Rouge», il resta ce- 
pendant tout à fait étranger à l'élabora- 
tion du 'i Petit Dictionnaire • en ques- 
tion. Il n'y collabora qu'en qualité d'im- 
primeur, ce qu'établit la nicnlion sui- 
vante, placée à la dernière page du livre : 
< Imprimerie H. Balzac, rue des Ma- 
rais S. G. n'' 17 » C'est la rue Visconti 
actuelle. r.»éjà en 1866, dans son numéro 
du 9 juin, la Petite Revue dévoilait l'ano - 
nymat du a Batteur dépavé » ; elle attri- 
buait la paternité de l'ouvrage à Maxime 
de Villemarest et Horace Raisson, attribu- 
tion qui ne fut jamais démentie C'est 
également l'opinion du très érudit M. 
GrandCarteret, pour qui les enseignes et 
leurs historiens ne conservent aucun se- 
cret. L'erreur fut heureuse qui fît joindre 
ce Petit Dictionnaire des Enseignes aux 
œuvres de Balzac, car l'édition originale 
de ce curieux petit livre (2826), est au- 
jourd'hui introuvable. 

Ei>. M. M. 

Don Benito PérezGaldos (LXXXII, 
,83) — Comment un hispaniste aussi 
érudit que M. Alfred Morcl Fatio a-t-il 
pu croire un instant que le père de D. Be- 
nito Pérez Galdos put signer un docu- 
ment quelconque — et, en l'espcce, il 
sa'git u'un interrogatoire de police! — 
du patronymique Galdos ? Est il besoin 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1533. Vol. LXXXIII 

._._.—> ic —————— 

de rappeler que, si les Espagnols ont cou- 
tume de réunir, par la conjonction y, la 
préposition de, ou sans conjonction ni 
préposition aucunes, leur patronymique 
paternel à leur patronymique maternel ; 
que si, même, il arrive, par incorrec- 
tion, que Ion dise : Galdôs, au lieu de 
PJte{ Galdôs — licence qui, déjà, se pro- 
duisait au xvr.« siècle et faut-il citer, à ce 
propos, la fameuse épigramme de Que- 
vedo, qui s'adresse à Juan Pércz de Mon- 
talbàn : 

El doctor tii le lo pones, 

El Montalbàn no lo tienes : 

Con que, en quit.indote el « don >, 

Vicncs a qiicdar : < Juan Pérez » ? 

Il n'est que trop avéré que, dans un 
document officiel, seul, le patronymique 
paternel fait loi et que c'est aussi le pre- 
mier, et, souvent. Je seul qui y figure, 
11 n'y a donc pas lieu d'épiloguer là-des- 
sus . . 

D'autre part, M. Alfred Morel-Fatio est 
allé se documenter sur les origines de 
Pérez Galdôs dans R. de Mesa. Pourquoi 
ne pas avoir recouru à Pérez Galdôs lui- 
même ? Celui ci a publié en 1916 dans 
La Eiftra de Madrid une série d'ar- 
ticles, en grande partie autobiographi- 
ques, selon que l'indique leur seul titre : 
Memcrias de un dennemoriado. Or, au der- 
nier de ces articles, inséré dans La Eifera 
n* 146, l'auteur, racontant son voyage 
dans les pays basques en 1896 pour s'y 
documenter à propos de son episodio na- 
fiona/ intitulé Zurnnlacarregui^d'il être allé 
de Cegama — localité célèbre dans l'his- 
toire du grand gucrrillero basque — à Az- 
pcitia. El ce lieu, réveillant les souvenirs 
du vieux maître, nous valut la précieuse 
confession suivante, de ce Pérez Galdôs 
si discret : 

Azpeida, lugai famoso de cuyo nombre 
era deber mio acordarme siempie, por(|uc 
allé naciô mi abcelo materiio. Don Domingo 
Galdôs y Alcorts, varôn digiio y virtunso, 
con«emporàneo (segûn creo) de la Revolu- 
ciôn francesa (i;. 

D'autre part, M. O. de A., dans une 
note insérée au n" de janvier 1920, delà 



108 



(1) Azpeilia, fameuse localité, du nom de 
laquelle c'était mou devoir de me souvenir 
toujours, parce que c'est là que naqi..'» mon 
grand-père maternel, M. Dominique Galdôs 
Alcorta, homme digne ef vertueux, contem- 



revue de Bilbao ; Hermès, p. 36 : La 
Aicende>:ca Vasca de Pêre^ Gjldos, fait 
très justement remarquer que le patrony- 
mique Galdôs — soit avec l'accent tonique 
sur'l'fl, soit avec l'accent tonique sur l'<?, 
comme c'est le cas du romancier défunt 
— est im patronymique basque et qu'il 
abonde dans la province de Guipùzcoa 
plus particulièrement. 

Et Galdôs, enfin, a eu soin de nous ex- 
pliquer que D. Domingo, son aïeul ma- 
ternel, était passé aux Canaries, et qu'au 
xviii* siècle, il avait été secrétaire de l'In- 
quisition à Las Palmas. En voilà assez 
pour détruire l'hypothèse de M. Morel- 
F.'lio. Le Galdôs qu'il signale ne pouvait, 
en tout état de cause, qu'appartenir à la 
branche maternelle... 

Camille Pitollet. 

Madame Blavatsky dévoilée 

fLXXXIl ; LXXXIII, 23). — je prends la 
liberté de rectifier la note parue dans le 
numéro du 10 janvier. 

L'opuscule de Madame Besant, intitulé : 
H. F.Blavdlsky and tbe Maters o/wisdom, 
a paru, traduit en français, en 1908 : (Pu- 
blications théosophiques. 10 rue Saint - 
Lazare) //. P. Blavatsky et les Maîtres de 
la Sagesse. On doit pouvoir le trouver, 
maintenant, 4 square Rapp, à la librairie 
Rhéa. K. 



Bonne, vicaire général (LXXXIl. 
140, 301. — M. Joseph Roman, le grand 
érudit Dauphinois pourrait être en mesuie 
de résoudre les questions que soulève la 
généalogie des diverses Maisons de Bonne 
et la biographie de leurs descendants. H 
a ses dossiers au château de Picomtal, les 
Crottes, par Embrun (Hautes Alpes) où il 
réside l'été. Jamais je ne me suis adressé 
en vain à lui ; en 1913,1! m'a précisé 
quelques détails sur l'existence actuelle de 
certaines branches de cette vieille famille 
que beaucoup prétendent à tort éteinte 
dans les Alpes ; mais l'origine commune 
des Bonne-Savardin et des Bonne Lesdi- 
gnières, probable, doit être difficile à éta- 
blir. 

Mereuil. 



Pierre Bufflèrô(LXXXll ; LXXXlII.ô;). 

— Il est très difficile de répondre à cette 



Aicoria, nomme aigne e^ vertueux, coniem- — " ^^^ »'t.-« u.un-in- «<- ,^^.^>.^.y. • *-^'*^ 
porair. jî le cro.s, do la hévolution fiançaise. ? question. Le Nohiîiatre du Limousin, d'où 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

109 — 



10 Février 1911 



Mû 



je tire ce qui va suivre ; donne des notes 
sur cette famille, d'autant plus diffuses, que 
de ses membres se mariaient entre eux. 
Elles ne dépassent pas le xvii« siècle. 
Bien plus il confond Chabenet avec 
Chamberet qui est du canton de Treignac 
(Corrèze)^ car citant simplement un 
Charles, seigneur de Chabanet,il met entre 
parenthèses « ou mieux Chamberet ». De 
ce Charles il dit : 

< Charles de P , seigneur de Chabenet 
(mieux Chamberet), 1615, éporsa Jeinnc 
d'Harambure, fille de Jenn, gentilhomme de 
la Chambre, gouverneur de Vendôme et du 
Vendomois et de .Vlarie Secondât. » 

Jean- Geoffroy, de P. marié en 1551 à 
M. de Bourbon-Busset n'eut qu'un fils, 
Philippe, marié en 1581 à Anne de Pons 
remariée à Aboi de Pierre Buffière. Il 
mourut. 1582, ne laissant qu'une fille 
Marguerite, mariée à Charles de Pierre 
Buffière, marquis de Chamberet, dont Jean, 
fils unique marié, n'eut qu'une fille, dame 
de la Baume morte en 1720. 

Abel de P. ci dessus et Anne de Pons 
eurent Henri, marié à Françoise de P. 
fille de Charles et de Philippe de Gon- 
taut 

Si avec les notes des pages 326 a 343 
(très importantes références in fine) au 
tome m du Nobiliaire (rare) du Limousin 
M. de C. peut arriver à établir un ta- 
bleau des Pierre Buffière, il aura du mé- 
rite. 

P. 331 ligne 11. qu'il change Mothe- 
Fcnélon en Matbefélon. — P. 334 ligne 
4, ce Louis semble avoir épousé M. de la 
Roche-Aymon et une M. de La Chas- 

P 



saigne, veuve 



Ségur. 



1533 au lieu de 1523. 



337 ligne 16 ; 
Saint-Saud. 



F. A de Chateaubriand /LXXXIIl, 
ç). — Atala et Le Génie du Christia- 
nisme portent comme nom d'auteur : 
François Auguste Chateaubriand ; L" Iti- 
néraire et Le^ Martyrs : F. A. de Chateau- 
briand. Plus titrd Chateaubriand a écrit, 
dans les Mémoires d'Oui* e-Tomb? , après 
avoir reproduit son extrait de baptême : 
« On voit que je m'étais trompé dans mes 
ouvrages : je me fais naître le 4 octobre et 
non le 4 septembre allusion à un pas- 
sage de V Itinéraire) ; mes prénoms sont 
François René, et non pas François Au- 



guste ». On a émis l'hypothèse que Ter- 
reur, sur ce dernier point, aurait été vo- 
lontaire, et que Chateaubriand aurait 
vouluéviterainsi qu'on prit pour une con- 
fession peisoanelle son roman de René. 
Qiie cette explication soit bonne, ou qu'il 
ait simplement, pendant longtemps, 
François étant son pronom usuel, ignoré 
quel était l'autre, on peut remarquer que 
René était le prénom de son père, et que 
celui d'Auguste avait été donné à deux 
de ses frères, Jean-Baptiste Auguste, né 
en 1759 et qui épousa une petite-fille de 
Malesherbcs, et Auguste, né en 1766 el 
mort tout enfant. 

IBF.RK . 



Chateaubriand s'appelait FrançoisKenc. 
L'état civil de Saint Ma!o en fait 
foi (Rcg. Bapt 1768, p 20 V"). Il était 
né le 4 septembre. Saufl orthographe, Ld. 
Biré la reproduit exactement dans son 
édition des Mémoires d' Outre-tombe (l. 
22). 

Néanmoins il parait certain que jusqu'en 
1825 au moins Chateaubriand se fait ap- 
peler François Auguste René ou Françoif 
Auguste. 

Je ne sais sous quel nom il fut nomme 
sous-lieutenant au régiment de Navarre 
en 1787, mais la lettre de tonsure qui lui 
fut donnée par l'Evèque de St-Malo pour 
son ajirégation à l'Ordre de iVîaltc est 
accordée à Franciscus Augustus Renatus. 

Sa première œuvre imprimée, l'idvlle. 
L'amour de la campagne {Almànacb d<i 
Muses 1790 p. 20>) est signée le Cheva- 
lier de C. 

Son acte de mariage devant le cure 
constitutionnel de St-Malo, le 19 mars 
1792 (Reg. Mar. 1792, p. 13 V") porte 
François Auguste René. Il le signe Fran- 
çois de Chateaubriand. 

Son Essai sur l?s Révolutions est sans 
nom d'auteur (1797). 

rUala, René, Le Génie du Chnstiantune, 
1801 et 14 avril 1802 portent François 
Auguste, L' Itinéraire^ Buonaparte et la 
Bourbons^ F. -A. et François Auguste. 

11 n'y a donc pas lieu d'admettre avec 
Edmond Biré que Chateaubriand <*. a voulu 
éviter les fau ses interprétations de ceux 
qui auraient été tentés de le reconnaître 
dans l'immoitel épisode de ses auvre» 



N» 1533- Vol. LXXXIII 

1 1 1 ■ 

qui ne porte d'autre titre que ce nom 
de René. 

Du reste, dans cette hypothèse il eut été 
beaucoup plus simple de changer le nom 
de René dans son œuvre que de fausser 
son état civil. On peut même ajouter que 
cette supercherie aurait rendu son inten- 
tion suspecte. 

La supposition qui me parait la plus 
rationnelle est aussi la plus simple. 
Comme la plupart des gens, Chateau- 
briand n'a jamais vu son acte de bap- 
tême et il n'en a connu que la copie qu'il 
a du réclamer pour entrer dans l'armée, 
monter dans k-s carosses du Roi, entrer 
dans l'Ordre de Malte, etc.. Or son père 
s'appelait René Auguste, il est naturelle- 
ment nommé dans lacté, et le copiste en 
le tran«crivant s'est trompé. 

L'erreur lui a survécu et bien d'autres 
encore. Ainsi l'édition de ses œuvres com- 
plètes publiéeen s vol. grand in-S'^jen 1849 
chez Didot, est précédée d'un essai bio- 
graphique, signé D. de St-H., dans lequel 
on le prénomme François Auguste, né à 
Combourg en février 1768. Trois erreurs 
en peu de mots. 

Pour le transfert de son corps à Saint- 
Malo (4-19 juillet 1848) on a dû produire 
une copie de son acte de décès dont l'ori- 
ginal fut brûlé en 1871. Sous quel nom 
fut-il déclaré : 

Si, en fait, il nest pas douteux que 
François René fut le même être que Fran- 
çois Auguste René, il n'en est pas moins 
vrai que légalement, jusqu'à nouvel ordre, 
François René ne s'est pas marié, n'est 
pas l'auteur des ouvrages qu'on lui attri- 
bue. Peut être même n'est-il pas mort, si 
l'on a enterré au Grand Bé, François Au- 
guste René de Chateaubriand ! 

Gustave Bord. 



La brochure signalée par notre confrère 
Saint-Malo ne constitue pas un cas excep- 
tionnel : un grand nombre de publica- 
tions de Chateaubriand sont signées Fran 
çois-Augiiste de Chateaubriand (Voir 
Georges Vicaire. Manuel de l'Amateur Je 
livrti du XfX" siècle, tome II). et beau- 
coup de bibliographes, d'encyclopédistes, 
se fiant à l'mdicaiion, ont attribué ces 
prénoms au grand écrivain. 

Mais l'acte de baptême de celui ci a 



L'INTERMEDIAIRE 



1 12 



été publié in-exienso par Biré, dans son 
édition des Mémoires d'outre-tombe : il 
appelle l'enfant né le 4 septembre 1768 
François-René. Et dans les Mémoires, 
Chateaubriand, après avoir reproduit 
quelques lignes du même acte, écrit : 

On voit que je m'étuis trompé dans mes 
ouvrages : Je me fais naître le 4 octobre et 
non le 4 septembre ; mas prénoms sont 
François-René et njn François-Auguste. 

La note, assurément, est déconcertante,.. 
A. Boghaert-Vaché. 

Dohat (LXXXIII, 5). — Douet et dou- 
hft (Hvec les formes dohe et douelle, qui 
signifient fossé) est un vieux mot français, 
usité encore dans le langage ponu- 
laire poitevin, qui signifie : canal, cou- 
duHe d'eau, petit fossé d'irrigation des- 
tiné à former un lavoir, à arroser un jar- 
din. Nul doute que dohat ^ qui d'après le 
texte de l'inscription, a le sens susdit, ne 
soit une forme de ce vieux mot. 

Saint-Saud. 

L'œil de Gambetta. Les restes de 

Gambetta (LXXXIl 234,368; LXXXIII, 
37). — Un artiste peintre, M. Leuba, fut 
chargé, en 188}. par Lannelongue, de re« 
produire, en aquarelle^ le morceau per- 
foré du bas ventre du tribun que le chi- 
rurgien avait découpé à dessein. D'après 
cet artiste, la pièce anatomique, accom- 
pagnée de cette reproduction, devait être 
déposée au Musée Dupuytren. Il est per- 
mis de supposer qu'elle y est encore con- 
servée. 

P. LE Vayer. 
* « 

Les détails donnés par M. P.-B. Gheusi, 
sont fort intéressants. En somme, la 
tête de Gambetta n'était pas dans la 
bière, quand fut faite l'inhumation à Nice, 
c'est-à-dire qu'elle n'y était plus ; on a 
supposé qu'elle avait été dissoute par les 
aromates, dont le rcle était précisément 
delà conserver : ce qui supposerait qu'on 
s'est complètement trompé dans le choix 
des antiseptiques. Clemenceau n'a pas 
voulu admettre que le sublimé corrosif 
ait pu dévorer la tête du tribun, jusqu'au 
dernier des ossements. Tous les méde- 
cins seront de son avis. 

Conclusion : Si la tète n'était plus dans 
la bière : ou on ne l'y avait jamais mise, 



'«3 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

114 



>o Fcvrier 1931 , 



OU on avait violé la bière pour l'y déro- 
ber. 

Etait-ce l'acte d'un malfaiteur, ou plus 
vraisemblablement d'un disciple ? 

Qye ce fût le fait de l'un ou de l'autre, 
la tête n'est plus dans le cercueil. 

Cette nouvelle révélation nous est faite 
par la piété d'un témoin digne de foi, 
M. Gheusi. 

L'InterméJiaite, qui en a eu la primeur, 
se doit de poser cette question : « Qui a 
pris la tête de Gambetta ? » Ce n'est pro- 
bablement pas une question insoluble. 

D'L. 

Guenaud(LXXXlI,283). — Et tout 
d'abord, il faudrait peut-être réformer 
forthographe du nom du célèbre mé- 
decin, qui a été défigurée par Boileau dans 
sa Satire 1V« : 

Il compterait plutôt combien en un prin- 

j^lenips 
Guënaud et l'antimoine ont fait mourir de 

[gens. 

Boileau et ses commentateurs ont écrit 
Guénaud avec un d final, quand le nom 
du docteur à l'antimoine, se terminait vrai- 
semblablement par //. 

Pour preuves, oii peut recourir aux 
portraits publiés du temps même de Gué- 
nault. En 1658, Gilles Rousselet a donné 
d'après Gilbert de Sève, un portrait de 
Ftanciscus Guénaud. En 1664. le portrait 
gravé <?</ livum par Robert Nanteuil, porte 
le même titre en latin : Franciscus Gué- 
nault Un autre petit portrait publié chez 
Mariette porte aussi comme indication : 
François Guenauli, médecin célèbre d« la 
/acuité de Paris, aagé de 6"] ans 1657. De 
cette inscription, on peut conclure que le 
premier médecin de la reine Marie-Thé- 
rèse d'Autriche était né vers 1590. 

Son père avait aussi été médecin. Dans 
les Etats de la Maison du Roy, 1641 à 
\b^%^{Arcb. nation. Z 1342), on trouve en 
effet Pierre Guenault, médecin de Mon- 
sieur et médecm anatomiste du Roy et 
son fils en survivance pour cette dernière 
charge. Il était premier médecin de la 
Reine aux gages, depuis 1661 environ, 
aux appointements de 9.000 livres. 

Le commentateur de Boileau, Charles 
Hugues Lefebvre de St Marc dit que Gue- 
nault mourut, le i6mai 1667. C'est exact 



si on s'en rapporte au registre de St Be» 
noit :« M* François Guenault, ancien doc- 
teur, professeur en médecine et premier 
médecin de la Reyr.e, fut enterré en celte 
église, le 17» may mil six ccnl soixante ». 
François Guemult avait donc 77 ans lors- 
qu'il rendit l'àmc. 

François Guenault s'était marié et avait 
eu trois filles, d'après ce que constate 
Guy Patin, q-ii écrit le 11; novembre 
1653 : X Lt troisième fille de Guenault 
fut enlevée, le 13 de ce mois âgée de 
21 ans (par conséquent née vers 1632). 
< Elle est morte en couches de son deuxième 
enfant. Son bourreau de père est si mé- 
chant qu'en celte dernière maladie, elle a, 
par ses ordres, pris six fois du vin ëmé- 
tique ». 

Guenault avait un frère, qui toujour» 
d'aprcs Guy Patin, en 1640, serait mori, 
toujours victime lui aussi du vin émé- 
tique, d'après l'aveu même de son oncle. 
Cet oncle serait un nommé Jacques Gue- 
nault figurant dans les Etats de la maison 
du Roi. 1643 10,7 (Arcb. nul. Z. 1342), 
comme apothicaire et distillateur du Roi 
et de Mgr le Prince. Il était protestant, mais 
abjura à St-Sulpice 11 avait épousé, le 
18 novembre 1649, Anne Marie Desmicr, 
fille d'Antoine Desmier, médecin du Roi. 
François Guenault parut au mariage de 
son oncle et signa avec tous les parents 
des deux côtés. 

Guenault est demeuré célèbre, non pas 
seulement par les épigrammes de son en- 
nemi Guy Patin, qui critiquait surtout 
chez lui, le partisan de l'emploi de l'an- 
timoine, mais aussi par deux vers de 
Boileau que nous avons cités et enfin par 
cet autre : 

Guenault, sur son cheval en passant m'écla- 

|boi]sse. 
Ce *< docteur à cheval » qui court la 
ville pendant que se.s collègues vont en 
chaise, en carrosse ou à pied, pourrait 
bien aussi avoir servi de type à quelque 
médecin de Molière : Monsieur Tommet , 
de V Amour médecin, enchanté de sa mule; 
à Monsieur Desfonandrès *< qui a fait tout 
Paris sur son cheval et de plus a été à 
Rueil voir un malade ». Monsieur De- 
fonandrès, qui conclut à donner de l'émé 
tique ou autrement de raniimome à Lu- 
cinde Desfonandrès, «le tueur d'hommes* 
semble avoir été dans cette querelle de 



N« 1553. Vol. LXXXIl. 

_- , , ç 

l'antimoine, la caricature outrée du méde- 
cin excentrique et original qu'était Fran 
Cuis Guenault, toujours tlanqué de son pe- 
tit cheval. Chose curieuse, dans la se- 
conde édition des Satires de Boileau, en 
1674. dans la Satire IV, on a changé. 
Gnenaud et l'antimoine en Desnaud et 
rantimoine. Boileau a craint qu'en 1674 
quelques parents de Guenaiilt puissent se 
fâcher d'une ditTamation. Par contre, il 
n'a pas modifié le vers 

Gdenault sur son cheval, en passant m'écla- 

[bousse 
parce qu'il n'y avait là qu'une simple 
plaisanterie, constatant un fait connu de 
tout Paris, 1 habitude qu'avait le fameux 
docteur d'aller à cheval, visiter les ma- 
lades. 

Georges Duiosc. 

Princesse d'Rônin (LXXXII, 38a). 
— A défaut de \a date ex?cte de la mort 
de la princesse d'Hénin. je puis indiquer 
à notre confrère E. W. un passage du 
Joutn,il d'une Femme de cinquanle ans, qui 
lui donnera l'année probable de so > décès. 
Voici ce qu'écrit, à la page 99 du tome 
i*» de son Journal, la marquise de La 
Tour du Pin à l'occasion de son union 
prochaine avec le comte de Gouvernet, 
propre neveu de la princesse : 

Le contrat >ignë, je lui fis visile Fà sa fu- 
ture belle-mère], iiccompagnëe de ma grand- 
mère, ainsi qu'à Mme d Hénin. (^ette der- 
nière visite fut celle qui m'intimida le plus. 
Mme d'Hénin était un peu malade. Elle 
avait des crachements de sang très violents, 
premiers symptômes, j-; crois, de l'atïévrisiiTe 
liont elle esi m»rte trenié-sept ans plus Urd. 

Le mariage de Mme de La Tour du Pin 
ayant eu lieu le 21 mai 1787, la princesse 
d'Hénin a dû mourir en 1824. 

Un bibliophile comtois. 

Claude de Negle, abbé de Regny 

fLXXXI,239).-- La réponse se trouve dans 
le * Gallia Christania » tome XII, co- 
lonne 455, où on lit : 

« XLV. Cliudius II de Nesvre, Aballo- 
nensis eccksiac S. Lazari canonicus, V non.-'s 
Aprili< 1597 abbatiam adipiscitur a legato 
par obitum Francisci de Beaucaire, eamque 
tcriuit aniiis 1600 et 1608». 

Nul doute qu'en se repcjîant à la 
pièce originale, on y trouv? «- de Nts- 



L'INTERMEDIAIRE 



116 



vre > au lieu de < de Nesle ». La famille 
*< d? Nesvre », phi? souvent « de Denes- 
vre, o connues Avallon, en Boi:rgogne, 
dés 134R, joua un rôle important dans 
cette ville, pendant les xvi», xvii« et xviu* 



siècles. 



Mo.NS. 



L'abbé Prévost, parricide 

(LXXXIII, 6). — Sainte Beuve a déjà, il y 
a bien des années, dans un article sur 
Prévost et les Bénédictins, recueilli dans 
le dernier volume des Portraits littéraires, 
indiqué le peu de compte qu'il faut tenir 
de ce racont.ir. Les derniers bio^'raphes 
do l'auteur de Manon Lescnii, M. Harisse 
et M. V. SchroFder dans son excellent 
ouvrage L'abbé Prévost ^sa vie, ses romans, 
en ont dit aussi le peu de sérieux. Mon- 
sieur Schrœder rappelle, comme le faisait 
déjà Sainte Beuve, à propos de ce qu'il 
appelle une « calomnie ridicule », que 
dès le 20 thermidor an XI un petit neveu 
de l'abbé, M. L. Prévost d'Exilés, en avait 
fait justice dans un numéro de la Décade 
philosophique. Le père de Prévost est mort 
en 1739, alors que son fils, âgé de qua- 
rante deux ans, avait pour quelques 
années trouvé un abri, en qualité d'au- 
mônier, dans la maison du prince de 
Conti. 

Ibère. 

La comtesse Rszes-wuska (LXXXIII, 
47). — Une faute d'impression dans mon 
volume contenant les lettres du Prince de 
Sayia-Wittgenstein m'a fait écrire Psze- 
wuska et c'est /?szewuska qu'il faut lire. 

BÉNÉDICTE. 

Tftmisier, inventeur du cauou 
rayé (LXXXIII. 6). - On trouve une 
longue biographie de François-Laurent- 
Alphonse Tamisier, au t. V, p. 364 du 
Dictionnaire des Parlementaires français, 
publié sous la direction de MM. A. Ro- 
bert, E. Bourloton et G. Cougny (Paris, 
Bourloton, 1891, in-S", 5 vol.). 

MÉJANES. 

Même réponse : SaintValbert. 

• • 

On trouve une notice biogr^phique'sur 
Tamisier dans le Dictionnaire Larousse 
(tome 14). 

Tamisier né à Lons-le-Saunieren 1809, 






bÉS CHERCHEURS Kl CURIKUX 



10 Février igii 



117 



itS 



entra en 1828 à l'Ecole Polytechnique ; 
Capitaine d'Artillerie en 1858. il entreprit 
avec Treuille de Bejiulleii, vers 1840, 
\ pour l'amélioration des armes à feu, 
des éludes dont les conséquences peuvent 
justement être appelées effrayantes, et 
qui placeront un jour très haut, à l'ins- 
tant où la postérité devient impartiale cl 
équitable, le nom de 'l'reuille de Beaulicu ; 
un peu moins haut celui de Tamisier, qui 
malheureusement pour nous et pour lui, 
n'a pas cru pouvoir continuer une car- 
rière si utilement et si brillamment com- 
mencée » (Général Susane, Histoire de 
V Artillerie Française, «874). 

Voir aussi le Livte du Genttnaire Je 
l'Ecole Polytechnique, (tome II), 

Tamisier ne peut pas être considéré 
comme l'inventeur unique du canon rayd, 
mais c'est avec ses études que s'ouvrit, 
pour rArlillerie, une période de dix an- 
nées de laborieux efforts, d'essais persé- 
vérants, de tentatives sans nombre dont 
il fut l'àme jusqu'en 1852 

A cette époque, la politique enleva Ta- 
misier à ses études militaires. Représen- 
tant du peuple à l'Assemblée Constituante 
de 1848 et à l'Assemblée Législative de 
1849, il appartenait au parti républicain. 
11 prit part à la séance du 2 décembre 
18^1, tenue à la Mauio du io« arrondis- 
sement, dans laquelle les Représentants 
prolestèrent contre le Coup d'Etat. 11 fut 
envoyé en exil, dut donner sa démission 
de Capitaine d'Artillerie, et ne rentra en 
France qu'après l'amnistie de 1859. 

Le 5 septembre 1870, Tamisier fut ap- 
pelé au commandement de la Garde Na- 
tionale de Paris. Après la journée du 51 
octobre, on lui adjoignit Clément Thomas: 
Tamisier se démit de son commande- 
ment. 

Il fut élu député du Jura à l'Assemblée 
Nationale, le 8 février 1871, et fut ensuite 
sénateur du même département. 

Tamisier mourut à Paris, le 20 mai 

1880. R. TOURNAIRE. 

Le nombre des nobles avant 1789 

iLXXVIl ; LXXVIII ; LXXIX ; LXXXll : 
LXXXllI, 15). — A l'appui du chiffre de 
30.000 foyers nobles, indiqué par Ours 
d'Aquitaine (n" du lojanvier 1921), il peut 
être intéressant de noter ce début médit 
d'un manuscrit du marquis de Sade, Ju- 



tant Je i-jSj : «♦ Au lemp* où les sei- 
gneurs vivaient despotiqucmenl dsns 
leurs terres ; dans ces temps glorieux 
où \.\ France comptait dans son enceinte 
une foiilc de souverains, au lieu de trcnt* 
mille esclaves b.is rampants devant un 
seul... >. 

M. H. 

Nobiliaire complet dos Croisades 

(LXXXll, 95, îi<>). — La rcponsv; d»; 
M. Auribat est très intëressanic. Qu'est 
devenu le manuscrit de M. de Thézan ? 
— Qu est devenue la suite du manuscrit 
de la Revue d' Aauitaine ? — On dit qu« 
feii le comte de Poli, président du Cx)n$eil 
Héraldique, avait réuni lui aussi de gros 
documents sur ce sujet 11 en a public de» 
fragments dans son Annuaire. Qyc sont 
devenus ses m<<nuscrits sur ce su;ct, n'cn- 
a-t-il pas publié une partie ailleurs, et 
dans quel ordre (alphabétique ?j 

U. A. 

Noblesse Lorraine. Ses tùres 
(LXXX). — La question du port des 
titres lorrains a c^té posée, peu de temps 
avant la guerre, par un procès intéres- 
sant la famille de Martimprey ; » notre 
connaissance elle n'a pas encore été ré- 
solue. 

Le chef de cette illustre maison aviit 
voulu interdire à l'un de ses cousins de 
porter le titre de comte, j.arce qu'il n'était 
pas l'ainé de la famille. Celui ci avait 
répondu en invoquant les règles eu usage 
dans le Saint-Empire qui autorisaient tous 
les descendants en ligne masculine du 
premier possesseur d'un titre à prendre 
légitimement celui-ci. Réplique du de- 
mandeur : Ipso facto, l'annexion avait 
imposé les règles de la législation fran- 
çaise. 

Le tribunal de la Seine saisi, sursit à 
statuer jusqu'à interprétation adminis- 
trative du titre primitif et des modes de 
dévolution qu'il pouvait poser. 

Le Conseil d'administration du Minis- 
tère de la justice se prononça en faveur 
de l'application des règles françaises. 
Mais le Conseil d'Etat annula la décision 
en 191 î, admettant la recevabilité des 
pourvois contre les décisions de la chan- 
cellerie, en cette matière et affirmant une 
fois de plus que lorsque Icxistfoce d un 



N» 1533, Vol. I.XXXIll 

,,9 

titre n'est pas lOntestée et que seule sa 
dévolution fait difficulté, les tribunaux 
ordinaires sont compétents. 

La question a dû être à nouveau sou 
mise au Tribunal de la Seine, puis la 
guerre survint., le procès fut-il pour- 
suivi, nous l'ignorons. En s'adressant à la 
Ga{eiU du Palais, M. N[. connaîtrait l'état 
actuel de l'affaire Un arrêt définitif se- 
rait bien intéressant au point de vue nobi- 
liaire ; outre les titres lorrains, ceux de 
Flandres et d'Alsace seraient atteints. 



L'INTERMÉDIAIRE 



130 



savoir (si le chifïre est bien celui de Choi- 
seul), comment ce souvenir de son ri- 
val et successeur se trouvait entre les 
mains du Cardinal. 

Le Vicomte de Reiset. 

(( La Dame au manchon » de Mme 
Vigée Lebrun (LXXXIl, 192, 328V — 
M. Henry Lyonnet, toujours si exacte- 
ment renseigné sur les chos2s et les gens 
du théâtre, aurait-il l'obligeance de nous 
dire à quelle date a été exécutée « la 



Cependant la question semble résolue î jeune Femme au manchon », de Mme Vi- 
pour ceux de Basse .Alsace, une ordonnance | gée-Lcbrun, et si ce portrait a été exposé ? 



de mai 1779 ayant autorisé les nobles de 
ce pavs à suivre les anciennes règles ger- 



11 ne figure pas sur la liste des œuvres de 
la célèbre artiste, placée à la fin de ses 



maniques. L'existence de ce texte est plutôt | Souvetiiis. Il y a bien, à l'année 1781, le 

portrait d'une < Dlle Dumolay »>, mais, 



favorable à \a thèse de la chancellerie, 
puisqu'il a fallu une disposition légale 
pour écarter les règles de la dévolution 
française, bien que cdles-ci fussent et en 
fait violées d'une manière générale dans 
le royau.ne depuis i^ouis XIV. 

Mereuil. 



j en dépit de la similitude de nom, rien 
I n'indique que ce soit celui de la fille du 
I comédien Mole, qui, d'ailleurs, était déjà 
mariée au S' Reymond. Je croirais plutôt 
qu'il représente la fille du comte Lecou- 
leiix du Molay. 



\ 



Par la même occasion, je me permet- 
Ad alta (LXXXIII ; 8). — Devise des trai de soumettre à notre érudit confrère 



familles Batton, Guthrie, Bartholomew- 
Cairnie, Chapelain. Chapellier. Mongrille, 
Strother, Struther, Le Cler, Le Cler de 
luigné. 

Ad alta avec cri de guerre : Battons et 
abattons ! famille Le Cler de Juigné 
(Maine) 

A vetustate robur familles Gagarin 
(Russie), de Beauvoir de Grimoard du 
Roure. 

Les deux écussons appartiennent aux 
familles Le Cler de luigno et du Roure. 

D' Raeymaekers. 

Marque C. P. sur un meuble 

(LXXXI, 119, 167. 218). — je possède 
également un tabouret qui porte, marqué 
au feu le même monogramme C. P. avec 
une ancre surmonté de la couronne fer- 
mée); ce meuble se trouve au Château de 
Vic-sur-Aisne, et passe pour être au nom- 
bre de ceux qui ont appartenu au Cardi- 
nal de Bernis. On sait, en effet que le cé- 
lèbre ministre de Louis XV fut envovo en 
exil à Vic-sur-Aisne où il passa tout le 
icmps de sa disgrâce (1758 à 1764) On 
conserve dsns le Château sa chambre et 
un certain nombre d'objt-t^ et souvenirs 
lui ayant appartenu. Il serait curieux de 



une légère observation. Est ce bien la 
Dame au manchon qui est morte en 1782? 
Ne serait-ce pas plutôt sa mère? 

Voici, en effet, ce qu'écrit Jal dans son 
Dictionnaire critique : 

El -Félicité était au couvent de la Présen- 
tation. ., lorsque le aq janvier 1780, Rey- 
mond la conduisit «u pied de l'autel de St- 
Médard Mme MoIé, gravement malade, ne 
put assister à la cérémonie. On dit qu'elle 
mourut à la fin de 1782; je n'ai peint re- 
trouvé l'acte de son inhumation 

Etvidemment le passage présente une 
certaine amphibologie; mais, grammati- 
calement, le mot « elle » ne patyit-il pas 
s'appliquer à la mère plutôt qu'à la fille? 
Un bibliophile comtois. 

Clochette romane (LXXXII, 385). 
— La clochette de Reims a figuré en 
1900 à l'Exposition rétrospective au Petit 
Palais et est reproduite dans le « Pano- 
rama » publié par L Baschet, avec la 
mention : clochette bronze xii« siècle (Sé- 
minaire de Reims). Elle se termine par 
une anse, un peu dans le genre des clo- 
chettes suisses. Un dessin de cette clo- 
chette existe également dans le Nouveau 
Larousse illustré sous le titre de clochette 



DES CHKRCHEUR8.KT CURIEUX 



lo VivrltT 1931 



121 



— 122 



liturgique, époque romane ; mais elle se 
termine par un manche droit cannelé sur- 
monté d'une sorte de fleuiOn. 

Des reproductions ont été faites de 
cette clochette, j'en possède une mesu- 
rant 8 centimètres à la base et 6 de hau- 
teur non compris l'appendice qui est sans 
ornement ; elle est marquée sur le battant 
des lettres A. D. surmontées d'une étoile. 

J'ai vu également des encriers, je crois 
même une pendule et ses flambeaux, dont 
le motif décoratif de la clochette en ques- 
tion avait fourni le dessin. 

A. Herrier. 

Port-Royal de Dom Clémenoet 

(LXXXl ; 23b, 366). - La fiche dont il a 
été question ne fait que reproduire, à peu 
près textuellement, une note de M. Gazier 
lorsqu'il signale, dans un Essai de biblio- 
graphie de Port Royal, l'ouvrage de Dom 
Clémeiicet. (Voir Racine, Abiégé de l'His- 
toire de Port Roval, réimpression Gazier, 
Paris, Boivin p. 30^- 

Notre confrère s'adresserait donc peut- 
être utilement au maître pnri-;cn si savant 
en tout ce qui touche à Port-Royal ou au 
Jansénisme. 

G. S. 

La Codaqui (LXXXIl, 196, 418). - 
En Artois et en Picardie, Codaquer se dit, 
couramment, du coq qui chante. Cest 
une onomatopée. 

Par extension, Codaquer peut se dire 
de quelqu'un qui crie eu parlant et qui 
imite le coq. 

(V . abbé Corblet. Glossaire du Patois 
Picard, iSçi, p. 344). 

Hector Hogier. 

Pensée sur la mort (LXXXlll, 9).— 
Cette pensée est dans la Légende des siè- 
cles, LV, aux vers 299 300 de la pièce 
que V. Hugo a intitulée : « Ire, non am- 
bire >, 

D*' Friend 

Les lieux dits bizarres d'origine 

^ politique (LXXXIl ;LXXXlll, 35,65)- — 
Je suis étonné que M. Boyer de Ste-Su- 
zanne range sous cette rubrique un ha 
meau du nom de la Justice 

Les hameaux ou lieux dits du nom de 
la Justice sont innombrables en France. 



Ils ont tous pour origine l'emplacement 
du gibet élevé sur les terres des seigneur» 
haut justicier:.. Ce gibet était générale- 
ment situé à une extrémité de la seigncu- 
rerie de façon à bien préciser la limite 
territoriale de la justice du îc'gneur 

C. N. 



• * 



Bien entendu, je nai jamais voulu 
parler des noms de paroissi 5 changées, 
pour une raison politique, a la Révolu- 
tion ! Ils sont trop..., «t trop connus. 

— Sans cela, je pourrais donner toute la 
Vendée, comme modelé. 

En ce qui concerne les lieux dits L.i 
ou Les Justices, je ne les considère pas 
comme bizarres. En ciTet, souvent, Lt^ 
Justices correspondent à des Monuments 
mégalitliiques , comme des Poiencts 
(Menhirs). 

Je citerai la Pierre desjmtices, à St- 
Mcsmin le-Vieux (Vendée), qui est un 
magnifique Rocher à sculptures préhisto- 
riques. Les Bois de Justices sont com- 
muns ; et ce sont des Menhirs surmontés 
d'une croix très souvent, etc. Il y a, en 
Vendée, àti Justices aux Herbiers, à S(- 
Michel en l'Herm, à St Gervais. 

D' Marcel Baudouin. 

Rhin — Rhône — Ru — Rue — 
Aar — Bahr — ReiteniLXXXll, 386). 

— )e crois intéressant de signaler, a pro- 
pos de cette question, un ouvrage singu- 
lier dont je suspecte fort la valeur scienti- 
fique mais dans le fatras duquel on ren- 
contre certains aperçus originaux. C'est 
îe Romattcium occidental ou iitudes et Re- 
cherches historiques et philologiques sur nos 
origines par Etienne-Michel Masse (Mar- 
seille, Olive, 1848, 2 vol. in-8*). L'ou- 
vrage porte en exergue la version, latine 
du io« verset de la genèse : « Ht vocavit 
Deiis ARiDAM, lerram, congrégation/ sque 
aquatuin appellavit MAiUA».Dans « ce radi- 
cal merveilleux » qu'est la syllade ar, on 
nous invite à voir la montagne, la hauteur, 
d'où découle le mouvement des eaux, le /or- 
rent, et par oppo>ition le «iD^aM dans le 
radical mar, où la lettre m exercerait une 
fonction négative. Partant de là, l'auteur 
consacre ses deux in-octavos à passer en 
revue, à travers une infinité d'idiômes et 
de pays, et d'ailleurs dans le plus b«au 



N» S33. Vol. I.XXXI! 
123 



L'INTERMEDIAIRE 



134 



désordre, les termes dérives de ces no- y dans ripio flexion de rapio j'arrache), en 
tions de hauteur et de mouvemfnt. Les ac- 
ceptions dont il fait étal sont si diver- 
ses et parfois si inattendues qu'on est 
tcnlë de se demander si M. E.-M. Masse ne 
possédait pas beaucoup plus d'imagina- 
tion que de rigueur scientifique ; mais 
tn nous limitant à la question présente, 
il est certain que le radical at se retrouve 
avec une fréquence vraiment remarqua- 
ble dans les dénominations topographi- 
ques, et surtout orographiques, de toutes 
les contrées. Il serait trop long de don- 
ner ici la liste de toutes celles qu'on re- 
lève dans le Romancium occiJciilal, au- 
quel je renvoie, à défaut de mieux, notre 
confrère. 

Albert Ritt. 



M. P. de Monlzaigle aurait tort de 
généraliser. 

Rien n'est moins sûr que l'étude des 
racines des langues indo-européennes. 

Cependant on peut admettre quelques 
principes généraux bases sur des proba- 
bilités généralement considérées comme 
axiomes. ..jusqu'à preuve du contraire. 

Distinguons donc entre les différents 
mots soumis m notre examen. 

Rhemai (le Rhinj pour la majorité des 
étymologistes aurait pour racine le sans- 
crit itu (couler) d'oii le Grec '?^w (m. 
sens). Mais il ne faut pas oublier que le 
Rhin est un fleuve celto-germani(]iie et 
que l'on trouve en celt. ran (pur), en V. 
allemand hreiu. hrain (pur), explication 
parfaitement acceptable. 

Rhodanus (le Rhône) présente la même 
incertitude. Les unsle rattachent à la racine 
sanscrite thaJ (creuser) comme le latin 
rodtre (ronger). Mais il faut tenir compte 
que le Rhône est un fleuve gaulois et 
qu'en gallois on a thaxud (voyage, course), 
rbodiaw (voyager) cf. rôder ; en celtique 
ruiib-an signifie l'eau qui court. 

Qyant au mot /« qu'on peut rappro- 
cher du sanscrit î;m (couler), il est proba 
blc que par l'une de ses formes riu ou 
/lOM.en espagnol rio, il se rapporte au 
latin fit-Mî (cours d'eau), dont la racine 
serait et mmc plus haut, dans le grec 
'fifu ^couler) Mais on peut considérer 
que rivifte est de même origine que rive ; 
or rive, représente le latin ripa, d'oii il 
>uit que le radical serait le môme que 



grec "piTTT'ij (même sens) : nouvelle incer- 
titude. 

Nous arrivons au mot rue, en baslatin 
iim et fula qui correspond au gaulois rut 
(chemin, pass.ige, gué) d'où mouvement 
qu'on retrouve comme le pense M. de 
Monl7.:iiglc dans l'allemand rciseti (voya- 
ger), 7eiieu (chevaucher primitivement 
aller, \oyager). Car il ne faut considérer 
que comme une exception le baslatin 
rupta qui s'applique à des chemins de 
montagne ou de marais et dérivé du la- 
tin rumpere (rompre). 

Le nom de rivière /^.rr très répandu 
dans les pays de langue gauloise présente 
moins d'obscurité. Il se rattache évidem- 
ment au sanscrit .ira (rapide), ai (aller, 
courir), au grec et au latin erro (courir, 
errer). Il représente l'allemand /}ar 
(aigle). 

Reste le mol bahr, qui, en germanique, 
signifie porteur, du radical sanscrit hhar 
(porter); c'est a dire de même origine 
que le grec «pépw (porter) d'où p.^o; (pas- 
sage). _ 

Ce simple rapprochement indique bien 
qu'il y a sens de mouvement ; mais on 
ne peut affirmer que bhar ou par (à tra- 
vers) soit un développement de la racine 
ar ou inversement a/ une réduction de 
hha> ou par. 

Enfin M. de M . demande s'il existe un 
ouvrage de philologie à l'usage des pro- 
fanes (au nombre desquels il a le tort 
de vouloir se compter, car sa question 
dénote un esprit singulièrement averti). 
Il en existe de nombreux. Je lui recom 
mand" particulièrement le vocabulaire 
étymologique de D. Laurent et G. Hart- 
mann, chez Ch. Delagrave, qui sous un 
format très portatif renferme les dernières 
données de la science des racines. 

L. Abet. 

* * 
11 est certain que le son re ou ra cons- 
titue la racine des mots qui signifient 
eau qui coule. Le son de cette syllabe est 
une vibration, une oscillation, et il y a 
une remarquable analogie entre le son 
re et celui que fait entendre l'eau qui 
coule. Re exprime l'idée primordiale de 
couler, courir. Beaucoup de langues pos- 
sèdent le radical re pour exprimer la 
même idée 



ia5 



DES CHliRCHEURSjîIiT CURIBUX lo Févri.r 19a'. 
— ■ ■ ia6 



En assyrien ; rabaser, inonder. 

En français : rivtèie, m/sicau, torrent, 
Rbin, Rhône, etc. 

En p;itois : reit, err^n, ri, t if,iu^ etc. 

En latin : fluere, cuirete, couler ; rivus, 
rivilus, Rhodamis, elc. (On retrouve en- 
core la racine re dans le mot Aiar, la 
Saône. — a privatif, qui ne coule pas - 
la rivière dormante). 

En grec : p^''^ couler fstOoov, ruisseau, 
poou, f£u(xa, torrent. 

En allemand : rinnen, couler ; rinne, 
ruisseau, itrani:is, torrent. 

En anglais: iorun, couler. 

En espagnol : MO ; rio de Janeiro, rio 
Colorado, etc. 

En italien : rttscello, etc. 

Le Picard. 



« 



La présence de « r » dans un mot n'im- 
plique -t-elle pas l'idée de mouvement? 
je crois bien que si, et qu'on peut l'y dé- 
couvrir en cherchant plus ou moins pro- 
fondément ; mais, faute de science, je ne 
puis que manifester Uion sentiment, sur- 
tout basé sur des souvenirs d'atelier : 
/oue, tour, courroie, rabot, ma/teau, 
cric, grue, grattoir, pt-rçoir.Les sèches 
nomenclatures d'outillage m'inspirèrent, 
il y a longtemps déjà, des réflexions ana- 
logues à celles de Paul de Montzaigle 
(LXXXIl, 386) et une multitude de mots 
se prêteraient, je crois, à la même ana- 
yse. — En un autre genre, le question- 
lueur aurait peut-être plaisir a relire une 
fable de La Fontaine que la multiplication 
des « r » me parait « mouvemenler heu- 
reusement : « La ligue des rats » me 
semble peindre fort bien les allures de 
ces mobiles rongeurs; et leur déroule, à 
la fin n'est-elle pas supérieurement dé- 
crite? 

A ce bruit nos très prudents r.its 

Craignant mauvaise destinée 

Font, sans pousser plus loin leur prétendu 

[fracas, 
Une retraite fortunée, 

Chaque rai rezlre dans son trou : 

Et si quelqu'un en sort, gare «ncor le matou. 

Rrr !... Rrr!... Rrrl...: n'est ce pas 
bien le mouvement, les galopades, les 
randonnées, les tours, détours, retours. 
U précipitation? Reprenez la fable 



d'un bout à l'autre : elle n'a peut-être pas 
quatre vers sans ces Rrr ! Rrr ! Le son 
* re » revient au moins quatre vingt 
fois ! Comme si La Fontaine l'avait pensé 
éminemment propre à exprimer les mou- 
vements de ses remuants personnages ! — 
Et l'auteur réussit à provoquer en moi 

l'envie de tire, du mouvement 

enco'rtrre ! du remuement ! 

Sgi.pn. 

Mouilleron (LXXXIl, î«7j. — f On 
connaît les dénominations suivantes pour 
Mouilleron le-Captif (Vendée) ( 1) : 

« MolUrone ( 1 260) ; de Moylltron 
(xiv* siècle) ; De Moillerore CafttiiK» 

On a, pour Mouilleron-en-Parcds (Ven- 
dée) : 

* Di MoîUronc igpaiedo ; Moleron 
( 1 087 ) ; M olli tum i 1 2 I l ) . Moi lier on 
(13^0) ; De MoUerio (xi'^ siècle) ; Mttille- 
rum (10561. » Il résulte de ces noms an- 
ciens que MonilUton a certainement pour 
étymologie un terme gaulois, dérivé du 
radical MolUr ou Mutiler, et du suffixe 
ona qui signifie 'c ruisseau s» ou « fon- 
taine », souvent. 

Qye veut dire Mollet : le l'ignore. <^ni 
ne trouve, en Vendée, aucune indication 
spéciale sur le sens de ce terme, pas plus 
que sur Muillcr. 

20 M^'ialleton, tout court, s'applique, 
indifféremment, aux deux Mouilleron, dés 
le XI' siècle, en Vendée. 

■)" Ne pas oublier : le Mouilleron de la 
Haute-Marne ; les Mouillac (de Gironde 
et du Tarn-ct Garonne) ; puis Mouille- 
pied (Charente-Inférieure), d étymologie 
sûrement différente ; et Li Momlle ^\uxdi)\ 
sans parler de Mouillv (Meuse), etc., etc. 

Par conséquent Moller doit dériver de 
Mail ou Mouill, termes dont j'ignore 
aussi la signification d'origine. — Je n'ac 
cepte pas l'étymologie Mollis (latin) pour 
le verbe français i^f(^M»//£•r, au demeurant. 

Marckl Baudouin. 

* 
• • 

Il ne peut s'agir que de l'Viouilleron-en- 
Pareds. parce que Mouilleron-le-Captif ap- 
partenait au diocèse de Luçon.On sait que 



(i) Cf. La Vendée historique, i9o%, to 
Juillet. 



N» 153;. Vol.LXXXlM 
^2^ 

le diocèse de Maillezais devint celui de 
la KoclicUe, lequel taisait pointe au 
xvni« siècle vers le Nord-Est, pointe 
aiguë entre ceux de Luçon et de Poitiers, 
jusqu'à l'Anjou. 

Parcds. qui m'intrigue autant que notre 
collaborateur, est un pays ou plutôt une 
région du Bas-Poitou, où l'on trouve aussi 
St-Sulpice-en- Parcds et Bazogescn-Pareds. 
Près de cette dernière commune, sur les 
bords du Loing.il y a le village de Paredi. 
commune de la Jaudonnière, avec les 
sub-structions du vieux château, siège de 
la chàlellenie (?) de Pareds. 

iout auprès sont les retranchements 
celtiques (?) du Plcssis-Bouchard. 

Saint-Saud. 



Mouillcron-cn Parcds — bourg natal 
de Clemenceau, soit dit en passant — tire 
son suffixe du petit pays de Pareds qui fut 
le Pagus Alpericnsis. 11 y a encore 
Bazoches en-Parcds, Saint-Sulpice en Pa- 
reds et Saint Paul-cn Pareds. Cette an- 
tique circonscription (orme aujourd'hui le 
canton vendéen de Pouzauges et une par- 
tic de celui de St-Hermine. Le Pareds ap- 
partenait avant la Révolution et appar- 
tient encore au diocèse de Luçon qui, en 
1648, hérita du territoire de l'cvêché de 
Maillezais, transféré à la Rochelle. 

11 faudrait connaître les limites des 
deux diocèses avant 1648 pour savoir de 
quel Mouilleron il est question dans la 
note de T. G. 11 semble que Mouilleron- 
le-Captif étant le plus proche de Luçon, 
devait lui appartenir, le Pareds aurait 
alors relevé de IVlaillezois. 

Qyant à l'épilhète le Captif, quelque 
érudit vendéen nous l'expliquera sans 
doute. iM. iViarcel Baudouin par exemple? 
Ardouin Dumazet. 



Hun (Origine du mot) appliqué 
aux Boches (LXXIll ; LXXV ; LXXVll ; 
LXXIX ; LXXX ; LXXXll). — Il est cu- 
rieux de constater que, dans les Notes and 
Q_ueriei une rubrique ayant aussi éié ou- 
verte sur l'origine du mot Hun appliqué 
aux Boches (XII tb Seiies [1920], Vil, p. 
33°) "M^t 43S et 492). un collaborateur 
de Philadelphie, M. Henry LefTmann, y 
aboutisse fmalement . et après nous, aux 
mêmes conclusions que nous-même, à 



L'INTERMÉDIAIRE 



- 128 — 



savoir que le premier emploi de Hun 
dans le sens que Ton sait en Angleterre 
remonte à Hohenlinden de Thomas Camp- 
bell, qui est de 1800, et qu'en 1902, Ki- 
pling reprit à son compte l'txpression, 
dans le poème The Rowers,qut l'on pourra 
retrouver dans le recueil récent du dit Ki- 
pling : Thr Years Between. Il nous plaît 
de signa'er cette rencontre, tout en ré- 
clamant peur nous la priorité, car l'ar- 
ticle de M. Lcfïmann, inséré dans le n° du 
18 décembre 1920 de Notes and Querics 
et paru après cette date, est sensible- 
ment postérieur aux nôtres. — Cuique 
suut/i , comme on lisait, à Berlin, à l'entrée 
des écuries de l'ex-Guiliaume 11. 

Camille Pitollet. 



Les femmes et la caricature 

^ (LXXIV ; LXXV ; LXXXll). — Au mo- 
i ment du centenaire de George Sand, à 
l'exposition organisée au foyer du théâtre 
de l'Odéon, figura un éventail qui atteste 
le sens de caricaturiste de la bonne dame 
deNohant. 

Dans un site champêtre fantaisiste, sont 
groupés les amis qui se trouvaient réunis 
chez elle, Delacroix, Planche, Chopin, 
etc., etc. Elle même s'est représentée, coif- 
fée d'unénorme chapeau de paille, assise au 
pied d'un arbre. L'ensemble est fort amu- 
sant. 

Cet éventail a dû être donné par Mme 
Lauth au musée Carnavalet avec les autres 
souvenirs de George Sand H fut repro- 
duit dans le catalogue de lExposition de 
rOdéon (1904) édité par l'Illustratien. 

Paul Ginisty. 

(( Il n'y a plus une faute à com- 
mettre » (LXXXllI, 9). — Le 14 mars 
1867, Thiers prononça un grand discours 
à l'occasion d'un débat sur les affaires 
extérieures. 

C'était l'annule qui suivait Sadowa. 
l'année de l'afTaire du Luxembourg. Le 
clairvoyant patriote rappela les fautes ac- 
cumulées depuis un an, prédit que 
l'amoindrissement de la France viendrait 
de la grandeur de la Prusse et quitta ta 
tribune en lançant cette parole découra- 
gée:* Il n'ya plus.dc fauteà commettre », 
Un bibliophile comtois. 



139 

« 



La phrase fut prononcée par Thiers, au 
Corps législatif, le 14 mars 1867. Avec 
quatre de ses collègues, il interpellait le 
gouvernement « sur les affaires extérieu- 
res de la France, spécialement en ce qui 
concerne l'Allemagne et l'Italie », insis- 
tait sur l'isolement de la France en Eu- 
rope, blâmait la politique du cabinet, t 11 
n'y a plus, achevait-il, une seule faute à 
commettre ». (Voir le Moniteur Univer- 
sel, 15 mars 1867, p. 295 ; Roger Alexan- 
dre, Le Musée dt la Conversation, x" édi- 
tion, p 133; Giuseppc Fumagalli.C'.'j /'/)ii 
Jeito ? page 109). 

A. Boghaert-Vack.é. 

* 
* » 

Cette phrase célèbre termine le discours 
prononcé par Thiers au Corps Législatif, 
le 14 mars 1867, en fin de séance. 

Dans cette séance s'ouvrait, avec le dis- 
cours de Thiers, un grand débat sur la 
politique extérieure du Second Empire, et 
c'est pour repondre à Thiers que le mi- 
nistre de l'Etat Rouher représenta l'Alle- 
magne comme divisée en trois tronçons. 

Voir VHiitoite du Second Empire, par 
M. de la Gorce, tome V. 

R. TOURNAIRE. 



W et V on néorlaiidais (LXXXlll, 
7). - Tant en hollandais qu'en flamand 
le W a le son ou. Quant au îj il a en 
Hollande celui de / (comme en allemand) 
généralement ; ainsi vaart se prononce 
fert. On n'est pas encore arrivé à régula- 
riser la prononciation du flamand ;chaque 
province belge prononce à sa manière et à 
Furnes, par exemple, certaines lettres ne 
se prononcent pas comme à Thielt (pour 
ne pas sortir de la Flandre occidentale). 
Le f a généralement la prononciation 
frafnçaise en Belgique. 

J'ai beaucoup fréquenté les Flamands, 
ces dernières années, et n'ai pas vu chez 
eux d'accord parfait au sujet de la pro- 
nonciation. Je dis un jour à l'aumônier 
belge, qui venait chez moi : « Mais pour- 
quoi prononcez vous telle lettre ainsi ? 
Vous savez bien que les inspecteurs des 
écoles primaires veulent maintenant 
telle prononciation. — Oui, oui, me ré- 
pondit-il, c'est possible que ces Bruxellois 
(sic) aient raison. Mais si en préchant. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 10 Février igai 

,30 

quand j'étais vicaire à C. j'avais aint 
prononcé, on se serait moqué de moi. »» 

Saint-Saud. 



Le \\ se prononce comme en an 
giais : Waterloo = Ouatcilô. Et le ,V 
comme en franç-iis : Vanloo = Vannlô. 
A. Boghaert-Vaché, 



Le w en nôtilandais et aussi en fla- 
mand — le flamand qui n'est qu'un patois 
du néerlandais — se prononce ou. Wcse 
macl, nom d'une commune de l'arron 
disscment de Louvain, se prononce Ouc- 
zemâl (et non Vczemacl), \'e suivant un a 
allongeant simplement cet <:, Le V se pro- 
nonce comme en français, et il n'y a 
qu'un Boche qui puisse faire de Vanloo 
Fanloo. 

Mais le W est prononcé on bien ailleurs 
qu'en pays flamand. C'est le cas pour 
Waterloo (prononcez Ouaterloo), comme 
Wallonne (dites ouallonne), pour Wellin 
(dites Ouellin), en Luxembourg belge, en 
Wallonnie, Longwy se prononce non pas 
Long vy. mais bien Long oui. 

Pour être tout à fait précis, disons que 
le néerlandais et le flamand prononcent 
ti comme on mais un ou qui se rapproche 
beaucoup de Vu ils diront plutôt Uéze- 
mâl que Ouézemâl. 

Lebioe. 

La protection desanimaux devant 

lareligion(LXXXIll, 31/— Je ne reponds 
pas à la question même, mais je me per- 
mets de signaler un document qui jus- 
qu'à un certain point, apporte une con- 
tribution satisfaisante. C'est une lettre du 
cardinal Gasparri, secrétaire de S. S, Be- 
noit XV à une zélatrice de la Société pro- 
tectrice de Toulon. 

Vatican, 23 octobre 19*0. 

Madame, 
Ce que vot'c lettre a sollicite du Saint- 
Père en la fête de l'aimable saint qui a ap- 
pelé les animaux ses trères et soeurs est 
tout à fait dans l'esprit de nos Saints Livre» 
qui invitent jusqu'aux betes sauvages ï bénir 
le bon Dieu et convient .ibsolumeiit à la 
douce loi de Celui qui a daigné se faire ap- 
deler l'Agneau de Dieu et s'est intéressé 
aux reiiards qui ont une tanière et aux petits 
oiseaux du ciel, que le Père Céleste n'oubh'e 
pas de nourri'-. Que si, malgré cft esprit 



N» i!i33. VoJ. LXXXIII 

1 ^ 1 

d'humanité répandue dans la Loi nouvelle, 
la bifb.irie humaine se retranche encore d.ins 
les combats de taureaux, il n'est pas douteux 
i|ue l'Egîiie coalin^e à contla urier haule- 
iiu-i.t, ainsi qu'elle Ta fait par ie passé, ces 
sp.'ciicies sanglants et ho it.-ux 

C'est vo'.is dire, Madame, combien aussi 
Elle encourage toutes les nobles à.nes qui 
travaillent à effacer cette honte et approuve 
d-; i^ranJ cœ.ir, toutes les œuvres étab'ici 
dms ce but et dirigeant leu-^s effoits à déve- 
lopper, d.insnos paya civilisés, le sentiment 
de !a pitié envers les animaux 

Puisque voue Société de Toulon a déjà si 
bien trs«vaillc sur ce terrain, et eil décidée à 
pourfuivrc Si là:he sans t',r!>les3e et sans 
peur, le Saititrére e-t tout à (>.it heureux de 
lui expriirer sa haute satisfaction et de for- 
mer des vœux pour le plein su.cès da ses 
iiutiatives a issi dignes que nécessaires. Ser- 
vant une cause de si grande humanité, eîle 
reste fiJele aux plus noblas traditions de h 
France et lend aus-i ur. t rvice bien précieux 
à la cause de la bonté et de la douceur chré- 
tiennes. 

Avec la bénédiction paternolla de Sa Sain- 
teté, pour vous, Madame, et pour tous vos 
co'.liborateurs tt associés, je m'empresse ie 
vous présenter mes félicitations personnel!-s, 
ainii que l'hommage resp-rctucux de mes 
sfntiments bien distingués en Notre Sei- 
gneur. 

Cardinal Gasparri. 

La Ligue de Protection du cheval, que 
préside le marquis de Riencourt, a en- 
voyé récemment au cardinal Gasp.uri 
une adresse en le priant Je la transmet- 
tre au Souverain Pontife, à l'occasion de 
celte lettre émouvante. 

La Ligue y a vu un démenti donné à 
certaineopinion qui .> cours, que l'Eglise se 
désintéressait de ce devoir de protection. 
On voit, qu'au contraire, elle lencou 
rage. 

Quant à un ouvrage spécial sur Cvjttc 
question, au point de vue doctrinal, il 
y en a, mais je ne les connais pas. 

Alphonse Bi.ondel. 
Vice- président de la Ligue de 
protection du cheval . 



Age mililoire (LXX.XIll, lo). — 
Dans mes papi ms de famille j'ai la copie 
d'un placet adiessé sans doute au Minis 
ire de la Guerre en 1757 par mon tri 
sateul. |e transcris ce placet en maint ?- 
nant l'orthngraphe qu'on y trouve, de 



L'INTERMEDIAIRE 



132 



ne donner du nom de famille (que je tiens 
d'ailleurs à la disposition de l'intermé- 
diairiste qu'il pourrait intéresser) que les 
initiales Dans celte pièce on trouvera des 
indications précises sur l'âge auquel, au 
xvii* siècle, on commençait à servir, et 
aussi cette preuve que : malgré les fati- 
gues de campagnes subies à un âge peu 
avancé, on arrivait,parfois,à une vieillesse 

raisonnable : »< Brigadier il s'est 

retiré pensionné, vit encore et demeure 
en Poitou, au château de jutreau. âgé de 
près de 100 ans >v 

l'UYMATOUX. 

Copia du Placet 

£f.it dcs s:iv ces militatyes dis pay/nts 
de monsitur le chevalier de M .. de L.., 
depuis le règne d; S. M. Lmh XIV jus- 
'jti'à l'année iy^T- 

Mon Grand Oncie : M. de .M ... écuyer 
demeurant au château du Loire a été fait 
colonel du légiment des fusiliers ; il avait 
i]uatre neveux de son n»m, tous capitaines 
au.lit régiment et un cinquième qui a été fait 
lieutenant de moi (?) au fort de Y,.ellc : iis 
sont tous morts garçons au service de sa 
Majesté. 

Mon gr.Tîid on.le Louis de M ... écuyer, 
seigneur de Vareiuie a commencé à servir le 
Roi aux cadets à Besançon De suite il entra à 
l'âge de 14 ans d ns la compagnie des mous- 
quetaires gris où il resta six mois et quitta pour 
entrer dans l'aitiilerie. Si première campagn-î 
(ut l'incendie du Paiatinat ; au siège d'Ulfn 
où il commandait une batterie, il fut blessé à 
l'épaule. A la bataille de Nerwinde le 20 
juillet 1693 il eut une jambe emportée 
d un boulet de canon ; il fut fait ihevalierde 
Siint Louis à la création de l'ordre ; au siège 
.i^; Turin il eut sa jambe de bois emporico 
I d'un coup de canon et o^itii.t une pei.sion <;t 
j le grade de lieutenant co'onei d'ariillerie. 

IAu commencement de la régen.e il fit fait 
brigadier des a mées du Roi \ on lui donna 
j ie département lie Bretagne, et il obniit en- 
suiie celui de Guyenne dans lequel il est 
moit sans enfii«5 inâLs. 

Le chevalier de M., son fière est entré 
aux c^.dets à làife de 13 ans et y e:-t 'esté 
jusqu'à 17 et, de là, entra dans les gardes du 
corps, compagnie de Lorge ; sa première 
campagne fut celle de l'injendie du Paati- 
n.it ; il s'est t. ouvé à l'affaire de Len <?, à la 
bataille de St/''ink«que, en 1692, au siège de 
Njtuur, à la bataille de WeU\se.\n^Q en 1693, 
et '-'Ut son cheval tuo sous l.i. Deux ans 
at>iès il fu'. fa l sous-Bugadier et devenu 
briiiadier il s'est retiré pensionné ; il vit en- 
lore et deueure en Poitou au châtea ; de 



quelques lieux historiques, m», bornant à \ jutieau âgé de prés de cent ans. 



DIÎS CHERCHEURS JÎT CURIEUX 



lo Février lyii 



n3 



Mon oncle Pierre c'e M.. CluiivciiéiC entra 
aux cadets à U création do ,684 ; de là dans 
le régiment de Béarn ; il f t iait chevalier de 
S:<int l (Uiis et il est mo:t Lieutenant-Colonel 
dudit Régiment le 14 av ii 174-) F.iinçojs 
Louis de M ... a servi tn qualiié de lieute- 
nant ddns ledit Régiment. 

?lon cousin germ.in Louis de M... son 
fils a commci'.cc a seivir le Roi le 18 Juillet 
1745 :i l'âge de 13 ans et 3 mois di^^ns le Ré- 
giment Royal Infanterie et s'est trouvé, pour 
sa première campagne à la bataille de Rau • 
cour, au siège de Bergup^om et ensuite à 
celui de Mwslrick 11 s'est tiouvé à la con- 
quête de l'île de Minnque et ?.u siège du 
l'ort Saint Philippe et est actuellement en 
garnison h MalK-n 

Le vicomte de G aide maréciial dts 

Logis de l'armée, chevalier ce Saint-Louis, 
le i;rand-pèrc du sieur de M ,.de L.. du 
côté maternel vient de nu inir, il y a un an 
environ aide majrr de la Rochelle. il se noni- 
nuiit : des Hozieis. 

Gabriel, chevalier de M . sc'gtieur de 

L ... est celui qui a rhoniieur de présent r 
ses I e-^pects à 

Votre Exceileni-e. 
(Et en une sorte i.! - / ■ .' ^niptum) 

Je.in de M . .. mon cousin germain, Ecnj^er, 
seigneur de ia Maii-onneuve est lieutci ant 
dans le Régiment Royal qui esten garnison à 
Mahon, 



^ilouuailUs et CliU'iobîles 



L'Etat, des esprits, en octobre 
1815. Cadet-Gassicourt (1) — Lettre 

inédite. 

Pa-.is, 22 oc'obre 1815. 

Si tu attends, mo.T cher Pau! que je me 
plaigi.e de la longuenr de tes lettres, pour j 
les ab éger, lu peux !T;ettie en réqui:?it!on 
toutes Its mmes de papier de D jon et iieux | 
circonvoisins . Il faut que cette ville soit bien 
changée depuis vingt ci: q ans que je ne l'ai 
vue, si les hoi.mes n'y «ont plus spirituels 

(i) Chsrles-Louis C:-det, de Gaj.sicourt 
naquit à Paris le 23 janvier 1760 et mourut 
le 21 novembre 1821, On a supposé que 
Louis XV ne fut pas étranger à sa naissance 
(Mémoires du t-aon Thitb.- ud), avocat, au- 
teur drania'ique et, à la mort de son père, 
pharmacien comme lui — et pharmacien de 
Napoléon — il n'a cessé ni de s'occupei de 
politique, ri de s'intéresser à la littérature. 
Cette lettre spirituelle en perte le double té- 
moignage, 



n4 

et les l..mmcs jolies. Au m'.ini le* écre- 
visses y soni-cltcs magnifiqucN et tn»illcuics 
que p.ir out ailleurs, à moins que cellcsfi 
n'ayant aussi rëtrograd<^.cc qui ne •.< 
étonnant peur des écievivs.M. il n 
donc phis que la moutarde? \A elle j dû plus 
d'une t'ois te monter au nez d-.-puis que nos 
ihersanii Kj! iffr (se fi/en hnivcnt » ta b.nbc 
le Vin >'.c Sf^ rieorgo, el du Clo-. Vougcot . .. 
En pailaiu de vin, je vient de voir à la cam- 
pagne un phénomène avsez cuiieux ; c'eat 
un (.eps de vigne qui porte des grappe» moi- 
tié blanches moitié noiies, le^ grains de co 
raisin sont coupés par deux ou tiois zones de 
ces deux couleurs. Cela vient, je ciois, de 
ce qu'on a gieffé par .ipproche un ceps de 
vigne noire à un ceps Je rais'n blanc. De- 
mande aux bourguignons s'ils connjissent 
cette espèce laio et qu'il faudioil multiplier 
p.ur le desseit des girouettes C'est aux Ca- 
maldules que je I ai trouvée et ce» moines 
m'ont ''.lit penser à la quft'on h laquelle tu 
n'as pas répondu relativement aux tombeaux 
en porcelaine quiétoieiità la chartreuse. 

Si tu bornes ta poli'ique à la lecture de* 
journaux, mon cher l'aul, iu iois vivre clan» 
une parfaite ignorance de ce qui se passe : 
or il se passe beaucoup de choses qui pré- 
parent de grands événements Lts jacobins 
blancs ont ctabli leur club rue Thérèse, lis 
y ont organisé une police iiès malévole et 
très inqui.iitorale, à la tète de laquelle est, 
dit-on, un certain Mortn q';e tu connais et 
qui, je crois, a limé le «Siège de Gènes.» On 
y dénonce, dénonce, à cœur joie et c'est à 
cei dénonciateuis aliarmisies que .^lellil;et et 
plusiciKS autres officiers doivent Tordre nou- 
veau de s'exiler. Il y a dix mille espions \ 
Paiis qui éclairent si bien qu'on n y voit 
goutte, ils sont ccm.i e les réverbè.es neuf» 
qui pldcJj au milieu des rues cbi-^uis-^ent les 
cochers et les empécticnt de voir la tète de 
leurs chevaux On avoue cinq grandes pol'Ces 
et il y en a peut-être quinze p;ti es qui se 
croisent, boirdonnenf. se contrarii-nt et fa- 
vorisent, lans le vou :ir, toules les gobe- 
moucheiies. Si l'on en croit \t% effrayés, 
Lyon a arboré le drapeau tricolore et le 
gouvcinement provisoire y est organisé, 
Toulon a repiisde même lei couleurs natio- 
nales, .Murât est dans l'Auvergne, Poitiers et 
Montluçon ont levé l'étendart do la révolte. 
Quinze mille h.imines marchent sur Hor- 
deaux. Lefebvre-D. ?nouettes commande dans 
les Cévennes, Foii hé est à Londres cii il 
traite pour le duc d Oiléans D'un ?utre côté, 
ils disent Carnot et Vanda urne aiictés, ils 
iMir oncent l'arrivée très pror-haine du Pir-ct 
Eugène autorisé par l'Autriche et ta Bavière 
à prendre le comm;in.ieinent de l'armée de 
la Loire. Les Prussiens courent en hàtc ap- 
paiser la Saxe qui ^e «oulève et deffendr» la 



N» 153?. Vol.LXXXIIl 

. _- ,35 

Pomcranie que Bernadottc attaque, enfin 
Wellington à qui la cour et la ville or.t dé- 
cerné un brevet de bètise et d'impertinence, 
favorise selon res messieurs, tous les partis 
i]ui se forment contre les Bourbons. 

Tout cela est absurde et tout cela circule. 
Qu'en conclure? ou que le mécontentement 
est général et qu'il esttems de l'appaiser p:ir 
des mesures sages et constitutionnelles, ou 
que l'on répand ces faux bruits pour avoir 
lin prétexte d'exercer de plus grandes ven- 
geances. Mauvais calcul. Beaucoup de geis 
ctaigncnt très prochainement un soulèvement 
général et moi je soutiens qu'on ne fait pas 
de révolutions populaires en hyver et que 
la cour a tout le tems nécessaire pour se 
rallier les esprits ; mais ce n'est peut-être 
pas on faisant ce qu'ell» fait. C'est donc en 
vain qu'on a écrit aux gardes du corps : Ache- 
tez des mitatnès car vous n'aure^ pa^ cet 
iiyvtr vore paire de gants Jusqu'au piin- 
tems, le midi «Jeul est à craindre Voilh mon 
avis. 

Salafou était parti quand j'ai été lui porter 
ta réponse. 

Salverte se dit très heuieux de respirer 
l'air que respirait Guillaume Tell. Si tu lui 
écris, voici son adresse : A M . E. Salverle 
chez M. Hentsch, banquier à l'erney-Voltaire, 
Département de l'Ain. 

J'ai remis les 100 francs à l'officier réformé 
qui lésa reçus tristement en me chargeant de 
te dire qu'il espéroit bientôt te revoir à Paris 
et le remercier. Quant au poète ambitieux, je 
vaii lui écrire pour lui faire connaître tes 
intentions et régler avec lui les émolumens 
da sa plume. 

Il est une autre plume dont tu n'as pas 
encore réglé les honoraires, c'est celle du 
petit Bailly. Avant de partir pour occuper 
une place de commis dans une fabrique de 
draps, il est venu me voir et m'a dit que 
lorsque j aurais occasion de t'écrire, il me 
priait de te rappeler sa petite créance 

Je vais te chercher U:i libraire pour ton 
roman, mais je suis bien fâché de ne pouvoir 
pas même lui en dire le titre ou le sujet. 
Four l'amadouer il serait bon que je fusse au 
fait. Donne moi donc au moins un article 
de journal qui forme mon opinion. 

J'embrasse tendrement Adolphe et son 
père. 

Charles. 

Qyand le tems te permettra de faire des 
promenades un peu lointaines dans les Dé- 
pariemens qui composent ta division, je 
l'engage à viiiter les grottes d'Arcy, celles 
de Fraisant et la Glacière de la Grâce de 
Dieu. Ce sont de beaux phénomènes d'his- 
toire naturelle. 



L'INTERMÉDIAIRE 



136 



Nécrologie 
Le comte de Caix de Saint-Aymour 

Nous avons le vif regret d'annoncer la 
mort d'un de nos plus fidèles et de nos 
plus distingués collaborateurs le comte 
de Cai.K de Saint Ayniour, décédé subi- 
tement à Paris, le 3 janvier dernier dans 
sa yS» année. 

Historien, archéologue et généalogiste, de 
vieille famille picarde, il avait une particu- 
lière prédilection pour l'Ih-de-France, qu'il 
a étudiée soustousses aspects, et notam- 
ment Senlis. Il a publié Mànoiie sur le 
nom de Srnîis, la Grande voie romaine de 
Senlis à Beauvais^ Mémoiies et documents 
pour servir à l'histoire du département de 
l'Oise. Ses Cause} ie s du Bes acier, — pseu- 
donyme qu'il avait adopté — sont consa- 
crées à cette région. Elle lui aura inspiré 
."^on dernier très beau livre d'un patrio- 
tisme ardent et d'une hante tenue litté- 
raire : Autour de Nojon, sur la tract des 
barbares. C'est un récit poignant, et tel 
que pouvait l'écrire un historien averti 
du passé, des crimes de l'invasion dans 
le noyonnais « dans la vallée dorée >», 
« Triste promenade, dira-t-il, à travers ce 
qui fut un des plus jolis coins de notre 
France bien-aimée ». Mais quel témoi- 
gnage il nous laisse, dans ce style à la 
fois irrité et châtié, d'un grand Français 
qui sait sa langue. 

Il faudrait citer encore : ses études sur 
la France en Ethiopie au xvii* siècle, sur 
Anne de Russie, comtesse de Valois, sur 
la Société romaine, sur les Vieux manoirs 
et genlilshotnmes normands, ses col- 
laborations archéologiques, et tant d'au- 
tres travaux qui témoignent de la va- 
riété, de la richesse et de la profondeur de 
son érudition. 

Nous adressons, en cette douloureuse 
circonstance, à son fils, le vicomte Caix de 
Saint-Aymour, au comte de Brossard, au 
lieutenant -colonel de Thomasson , ses 
gendres, nos condoléances émues. 



Le Directeur-gérant : 
Georges MONTORGUEIL 



[Communique par le docteur Cabanes;, | Imp.CuRc-DAMiHL, Saint-Amand-Montrond . 



LXXX11I« Volume Faratuant Les lû, 20 et lU ^o c/iii,jUt mou 20-28 Féviitr tyai 



N" 1334 
a-l'ivr. Vi>*o» tJîiKHié 



PAIitS (-Xe) 



Lherchez et 3 

__ , , , vous trouverez o k- 

Buieaux : de 3 à 6 heures « -^^_j,, ,., . ^^_ ^ 



N" i',î4 

aUi€auE 

^ ^" 81' '.r. VlMor Mamé 

S // se laut |«AUIH (IX») 

f'urctui : lie 3 k 6 li«urf< 



€^ 3nicxmcb%axxc 



DtS CHERCHEURS ET CURltUX 
Fondé en 1864 



QUESTIONS ET- RFJ'ONSKS LITTKIUIHKS, niST()RI(.»lJK.S, SCIHNTII'IQIJKS KT 

TKOUVAK.LKS l'.T CUlUOSiTKS 



AHTlsnyUKM 



•37 



OiHucettonâ 



,38 — 



i\ous plions nos correspondants de 
vouloir bien répéter leur nom au-de.^soni 
de. leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un calé de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne seront pas insérés. 

Pour la précision des rubriques., une 
question ne peut viser qu'un seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et Id^rs cotes. 

Quand la queslicu sollicite la connais- 

mnce dhme lisîe^ la liste, sauj exception, 

n'est pas insérée mais envoyée directement 

à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mitre en discussion le 
nom ou le titre d'une famille non éteinte. 

L'aboansnaent pour 1921 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France, (Six mois 16 francs). 

Pour l'étranger : «n an 32 îraiics 
(Six moisis îraisca). 

?rix du numéro : 1 fr. 50. 



juin fut appelé par l'Empereur qui lui 
dem.inda un poison pouvant se loger dans 
une breloque. 11 exécuta cet ordre. Dans 
la nuit du 20 au 22 juin 1S15, on vint 
chercher, en hâte, Cadet de Gassicourt. 
L'empereur avait avalé la pilule fatale, 
mais il avait changé d'avis. Le pharma- 
cien lui administra un contre-poifon. 
«Il n'avait jamais cessé de penser, dit 
son biographe (i) que la cause initiale de 
la mort de l'Empereur était peut être la 
pilule empoisonnée qu'il avait jadis pré- 
'■■ parée. » 

j Ces remords n'ont pas dû tourmenter 
beaucoup Cadet de Gassicourt, à moins 
'; qu'ils ne l'aient conduit au tombeau, 
i car il est mort cinq mois après l'Empe- 
! reur. 

i D'autre part, on sait que Napoléon est 
f mort d'une tumeur cancéreuse, et l'on ne 
i voit pas trop quel rôle a pu jouer la fatale 

• pilule dans la formation du cancer. 

i Mais a-t-on tiré au clair celte histoire 

! d'empoisonnement ? 

\ A-t-elle fait l'objet d'une étude parli- 

* culière ? 



i 



Napoléon a-t-il voulu s'empoi- 
sonner (T. G.). — La date du 5 mars 
1921, marquera le centenaire de la 
mort de Napoléon. Cadet de Gassicourt, 
d'après le baron Thabaud {Méntnres, p. 
373-374), dans les premiers jours de 



Y. 



Droit de bourgeoisie. — Dans une 
étude historique sur Jeanne du Bueil, par 
Georges Lioret, je lis à la page 97 : 

Le 16 novembre suivant le même Godin 
(receveur du domaine de Moiet) donne à 
bail, pour 6 années, à Charles Le Blaye, mar- 
chand, la fusltce,drotct{ de B urgeoyiie,<.ens. 



(0 L.-G. Taraude : Les Cadft. 

LXXXIII-3. 



Ni* 1534. Vol. LXXXlll 

139 

rentes, loLz et ventes, deffaulx saisines et 
amendes jusqu'à la somn:ie de 75 solz au lieu 
de Montmachou, le tout moyennant 100 li- 
vres par an » . 

En quel consistaient exactement ces 
droits de justice et de bouigeoysie dont on 
trafiquait ainsi à terme ? L. B. 

La duchesse de Berry en Pro- 
vence. — Je recherche le point précis 
où débarqua, en Provence, la duchesse 
de Berry lors du soulèvement de 1852. 
Je ne le trouve dans aucun des ouvrages 
traitant ce sujet. Un seul, (( Récits de M. 
Kersabiec », paile de * la côte escarpée 
de Carry >. Mais où est-elle située ? 

Memor. 

La Frégate <• la Maine-et-Loire ». 

— Une prochtir.ation du « Préfet de 
Maine et-Loire a ses Administrés >>, signée 
« Nardon » et datée «< La Préfecture, à An- 
gers, le 6 prairial an Xi, de la République 
française», luxueusement imprimée et illus- 
trée en rouge et noir, invite les citoyens du 
déparlement à souscrire. « pour la cons- 
truction d'une Fi égale ap[)e]QQ < Maine et- 
Loire >" et dont il sera fait don au Gouver- 
nement » Q.uelle suite fut donnée à cette 
proclamation ?Ou'est devenue la Frégate, 
si tant est qu'elle ait jamais été cons 
truite? H. Baguenier-Desormeaux. 

La livrée consulaire. - Dans les 
registres de jurade des xvii* et xviii" siè- 
cles, il est souvent fait mention de la 
< livrée ». des consuls, livrée qu'ils re- 
mettaient à la fin de leurs fonctions. 

En quoi consistait cette livrée ? Etait- 
elle uniforme pour loutela France? Dans ce 
dernier cas, pourrait-on me signaler quel- 
ques gravures du temps. Desmartys. 

Un prince de Bourbon, commis- 
saire à Toulouse. — On a pu lire dans 
les journaux (vers la fin de l'année 1919) 
un entrefilet racontant que l'on pouvait 
voir, dans une gare de Toulouse, coiffé de 
la casquette que les règlements imposent 
aux commissionnaires cl mettant ses ser- 
vices à la disposition des voyageurs, un 
prince de la Maison de France que des 
revers de fortune avaient obligé à accep- 
ter ces modestes fonctions. 

On ajoutait que l'on avait vu des per- 



L'INTERMÈDIAIRE 



140 



sonnes appartenant à la haute aristocratie 
lui adresser la parole avec la plus ex- 
trême déférence. C'est même là ce qui avait 
appelé l'attention sur lui. S'il y a quelque 
a|)parence de réalité dans ce récit extraor- 
dinaire, de quel prince peut il bien s'agir.? 

G. DE Massas. 

Bourdon, de l'Oise. — Je possède 
un lot important de documents sur une 
famille Bourdon, habitant Beauvais et les 
environs, de 1760 a 1785. Je désire sa- 
voir si cette famille est celle du conven- 
tionnel François-Louis Bourdon de l'Oise. 
Les biographies le disent né à Rémy, 
mais elles ne donnent pas la date de sa 
naissance et n'indiquent pas les noms de 
ses père et mère. Débuta-t il dans la vie 
publique comme procureur au parle- 
ment ? 

Je vois, en 1780, un François Bourdon 
contrôleur de la romaine au Havre. Est- 
ce le futur conventionnel. Je serai très 
reconnaissant de tous les renseignements 
qui me seront donnes sur l'origine et 
la jeunesse de Bourdon de l'Oise. 

j. Chappée. 

Hippolyte Clairon et l'Ordre du 

« Médaillon \>. — Edm. de Concourt, 
dans son livre sur « Mademoiselle Clai- 
ron 2-, ne parle pas du tout de V Oidre du 
MédaUlon fondé en janvier ou février 
1/65 par les appréciateurs de cette célèbre 
actrice. Arthur Dinaux, qui rapporte ce 
fait, ajoute que les membres de l'Ordre 
portaient ostensiblement une médaille en 
bronze exécutée d'après le portrait qui 
avait été inspiré à Gravelot par l'acteur 
Carrier, et gravé par Le Mire. ;^ Il est pro- 
bable que si une médaille à l'effigie de 
« Mlle Clairon » fut ainsi arborée par ses 
admirateurs, ce fut celle gravée par Lund- 
bergcr, puis frappée à la monnaie du Lou- 
vre par les tendres soins de M.M. de Val- 
belle et de Villepointe. L'avers reproduit 
le profil de .l'actrice et le revers la lé- 
gende suivante : 

L'AMITIÉ 

ET MhLPOMENE 

ONT FAIT FRAPPER 

CETTE 

MÉDAILLE 

En 1764. 

Il exista de cette médaille, dont le coin 



DES CHKRCHEUr^S ET CURIEUX 



90-98 Février 199 1 



141 



142 



est conservé dans les archives de la Co- 
médie Française, des exemplaires en or, 
en argent, et en bronze. 

S'il est incontestable qu'une médaille à 
reffiffie d'HippoIytc Clairon de La Tude 
fut offerte au public, l'existence de l'ordre 
très sentimental Jn Mclaillon n'en reste 
pas moins fort problématique. 

C2vi'en pensent nos collègues de Vltiter- 
méJ l'ait e f 

Vetelus de Monte. 

Courbet. « Le retour de la Con- 
férence ». — Qu'est devenu ce tableau 
refusé au salon de 1862 ? 

L. T. T. 

Les Pazzi.dans le Dante. — Uante 
Alighieri, dans son Eujir, chant XXXll, 
parle d'un certain Carlino, et son traduc- 
teur A. Brizeux, dit en note que « Carlino 
di Pazzi d'rirîes, partisan des Blancs ou 
Gibelins, livra aux Noirs, aux Guelfes, pour 
une somme d'argent, le château du Piano 
dei Vigne, situé dans le val d'Arno. 

Dante mentionne encore un autre Pazzi 
(Camiccione di Pazzi). 

Quelque obligeant intermédiairiste 
pourrait- il me fournir quelques détails 
biographiques sur ces Pazzi dont je ne 
trouve aucune trace dans nos historiens 
ou nos annalistes provençaux ? 

A. L. 

Le vieil Allard,dans le Dante. — 

Au chant XXV 111 du même poëme de 
Dante, il est question d'un vieil AUard 
qui, dans le val de Tagliacozzo, « vain- 
quit sans armes ». Le traducteur dit en 
note que ce vieil AUard était un chevalier 
français revenant de la Terre Sainte, et 
que le duc d'.'Knjou lui dut la victoire 
qu'il remporta sur Conradin. 

Sait-on quelque chose de plus sur ce 
vieil Allard ? D'où était-il ? Provençal ? 
Angevin ? Il vainquit sous la bannière de 
notre comte de Provence. 

A. L. 

"Victor Hugo. Ses descendants 

— Quels sont les descendants vivants de 
Victor Hugo ? 

Quelle a été sa dernière photogra- 
phie ? 

P. A. 



Evasion du comte La Valette. — 

Dans ses ménioirc:>, La Valette parle avec 
reconnaissance de .Madame Brcsson, nce 
Fi.rges, qui lui oflrit rhospilalitc, le soir 
même de son évasion, au Ministère dcj 
Relations Extérieures. 

Le ménage Brcsson avait une propriété 
située h Fleury (Meudon) Est-ce à Mcu- 
don qu'est décédée Madame Brcsson ? 
En quelle année ? Comment ce domaine 
est il sorti de cette famille ^ A qui appar- 
tient-il de nos jours .'' 

je possède un certain nombre de let- 
tres de cette aimable femme qui. sortie de 
la province et d'un milieu peu turbulent, 
joua son petit rôle à Paris. 

QUAMOIS. 

Le prince Achille Murât. — Existc- 
t il une étude sur la vie, les œuvres et la 
correspondance du Prince Achille Murât, 
fils aine du roi de Naples, qui vécut en 
Amérique de i8ji, enviion jusqu'à sa 
mort en 1847 ? 

M. L. B. 



— Qiii était une dame 
peinte avec son fils sur 
par juste van Egmond, 
peintre Flamand (1602-1674). 

Baron de B. 



Mme Paget 

Paget qui a été 
une même toile 



Peintures de Solange Sand-Clé- 
singer, rue Taitbout. — Dans l'une 
des anciennes maisons de la rue Taitbout, 
portant alors le n° jo.et remplacée depuis 
quelques années par une maison nouvelle, 
il y avait un petit salon rond dont les 
murs avaient été peints par Solange Sand- 
Clésinger. 

Lors de la démolition de la maison en 
question ces peintures ont-elles été con- 
servées ? 

Marguerite Durand. 

Russillion, compagnon de Ca- 
doudal. — Un voisin qui. près de ma 
table à écrire, parcourt, avec intérêt, Vin- 
tennêdiairc dont j'espère en faire un 
fidèle, me prie de poser une question. Du 
nom de Russillion, il désirerait connaître 
l'origine et, si possiiMe, ce qu'on sait 
du Russillion qui, lors du procès Ca- 
doudal, fut le 9 juin 1804 au nombre des 
19 condamnés à mort dont la peine lut 



N» 1534. Vol. LXXXIII 

Mî ' " 

commuée en 4 années de détention dans 
une prison d'Etal. 

L. B. 

Vigny et les synthèses — Où 
Alfred de Vigny a-l il dit ; « les syn- 
thèses, CCS magnifiques sottes > ? Ce mot 
est cité, sans références, par Joseph Bé- 
dier, dans son Hommage à Gaston Paris. 
(Paris, 1904). 

V. B. R. 

Armoiries à c'ôtermiuer : fleur de 
lis de gueules. — Sur un portrait an- 
cien figurent les armoiries suivantes : 

D'or à un chcvton d'a:^tir accompagne en 
cbtf de deux iotirteaux d'a^ui et en pointe 
d'une Jîeiir de lis Je gueules. 

Cts armes sont celles d'une famille de 
Chenncs étalMie en Angleterre. 

A quelle famille française ont-elles ap- 
partenu ? 

M. J. S. 

Ouvrage anonyme sur Pnris : 
a Le Voyageur fidèle, 1716 ». — je 
possède un petit volume in- 12 intitulé Le 
Voyageur fiJcle ou le Guide des FAran- 
gers dans la ville de Paris, etc., (à Paris, 
chez Pierre Ribou. Quay des Augustins.à 
la descente du Pont Neuf, à l'Image de 
S. Louis. M.DCC.XVl). Le titre porte que 
le prix est de quarante-cinq sols. 

Un confrère à la fois érudit et obli- 
geant pourrait-il me donner le nom de 
l'auteur de ce guide que je n'ai trouvé 
mentionné ni dans les dictionnaires d'ou- 
vrages anonymes ni dans les catalogues 
de livres sur l'histoire de Paris? 

Un bibliophile comtois. 

Hugo : »« A un rich?» ». — Est-ce 
à un personnage fictif que s'adresse la 
pièce de vers de V. Hugo intitulée < A 
\in riche » {î^oix fntéiicuies)? S\ c'est un 
personnage réel, qui est ce jeune homme 
que le poète interpelle si rudement ? Et 
quelle est la propriété à laquelle il est 
fait allusion dans ces vers : 

. ... J'admire 
Ton grand parc enchanta qui semble nous 

[sourire, 
Qui faH, vu de ton seuil, le tour de l'horizon. 
Grave ou joyeux, suivant le jour on la sai- 

[son, 



L'INTERMEDIAIRE 



144 



Coupé d'herbe et d'eau vive, et rem f>lissa ni 

[huit Iteues 
De ses vagues ma.ssifs et de ses ombres 

[bioucf.. 

Cal. 



La collection Poirrier. — La col- 
lection Poirrier, 1860 1865, comprenant 
les premiers résultats de la fouille de la 
Grotte des Pics (Allier) — silex et ivoire 
— appartenant à l'étage aurignacien, a 
été vendue en Amérique. Quelqu'un de 
nos coliaboraleurs pourrait il en retrouver 
la trace .? On la dit à Philadelphie. 

Labruyère. 



« Gaufriers ». — Je lis dans une 
brocliure d'Henry Houssaye, intitulée 
La Littérature d\unateur (i) : 

Il manqi>e à ceux qui n'ont pss l'habi- 
tude d'ccrire pour èlre imprimés une cer- 
taine pr^Ltique qui s'appelle en style noble la 
rhétorique et en terme technique, « les gau- 
friers » . 

D'où vient ce Jernier terme que je 
rencontre pour la premiers fois et à quelle 
branche de l'argot appartient il ? 

ClNdDENIERS. 



Le plus ancien titulaire d'une di- 
gnité dans la Légion d Honneur. -- 

Pourrait on répondre à la question sui- 
vante : quel est actnellemenf.^ vivant, le 
plus ancien dignitaire dans la légion 
d'honneur ? 

On a parlé ("parmi les militaires seule- 
ment) de membres de la légion d'honneur 
encore vivants qui seraient chevaliers de 
l'ordre depuis la campagne de Crimée, ce 
qui constitue déili une ancienneté de plus 
de 65 ans. 

Avant la Révolution, le doyen des Che- 
valiers de St-Louis jouissait d'une pension 
de 1000 livres, ce qui était un joli revenu 
pour l'époque. Son nom figurait sur Y Etat 
militaire chaque année 

G. DE Massas 



^1) ,'\ix Achille Mikairc. 1874. in 8'. 



DES CHERCHEURS RT CUKIKUX 



ao-i8 Février imi 



145 



146 



Qui a prévenu l'Armée de Paris 
de l'infléchissement de l'arm'^e de 
Von Klûck? (LXXXlll, 41, 97). - 
Le lieutenant colonel Fagolde, officier de 
liaison entre les armées française et bri- 
tannique en septembre 1914, vient, en 
eff^t, de faire à 1 Institut français de Lon- 
dres une conférence intéres'-ante ; mais 
elle démontre, une fois de plus, que le 
meilleur des témoins peut parfois se 
tromper, avec une éclati«nte bonne foi, 
quand il déduit de ses actes personnels 
une conclusion rigoureuse, même logi 
que. 

Le colonel — alors capitaine — Fagolde 
a raconté qu'il trouva (dans le hâvresac 
d'un officier d'état-major allemand, de 
Von .Marwit2, tué le « /«*■ srptcmhre tn 
automobile par une patrouille française) 
l'ordre de Von Klùck d'intléchir l'armée 
envahissante vers l'est, au lieu de conti- 
nuer à la faire descendre droit sur Pa- 
ris 

— *< Otte découverte, conclut l'officier 
« français, a décidé la manœuvre exécu- 
« tée, avec l'assentiment du général 
« Joffre. par le Général Gallieni et qui 
« devait être le prélude de l'immortelle 
« victoire de la Marne » 

— Oui, cette découverte a provoqué 
l'éclair de génie qui, frappant Gallieni 
d'une lueur soudaine, lui fit jeter l'armée 
de Paris dans le flanc de Von Klùck. 

Mais il ne fut point avisé de ce change- 
ment d'itinéraire par le G. Q. G qui 
semble l'avoir totalement ignoré lui- 
même ou, tout au moins, n'avoir pas cru 
à sa réalité. 

Le capitaine Fagolde, cependant avait 
trouvé le document surpris et l'avait 
transmis au G. Q. G. ic 2 septembre au 
matin. 11 a fait son devoir et ne peut se 
tromper sur la date. 

Comment expliquer alors que le lende- 
main, ^ septembre, le G, Q. G. ait tr.ms 
mis au G. M. P. cette note textuelle: 

— La \^* armée allemande est à Com- 
piègne ; elle ne pourra pas être devant Pa- 
ris avant quelques jours î 

-~ Ce sont les avions dn Camp Retran- 
ché de Paris, dans la matinée du jeudis ^ 



septembre, qnx découvrirent, i<s premien, 
rinflcchisscincnt brusque des têtes de co- 
lonnes ennemies vers le sud-est (Meaux 
et non plus vers le sudoue3t (Pans). 

Je revois encore le capitaine Louis de 
Faucompré, alors chef de nos services 
d'aviation du C. R. réduits, d'ailleurs, à 
quelques avions peu rapides, surtout ci- 
vils, arrivant, haletant, exténue, boitant 
sur ses jambes brisées cl mal guéries en- 
core. 

Il apportait la nouvelle de ce change- 
ment de direction inattendu et personne 
— pas même Gallieni -- n'osait y croire. 

On renvoyait, le soir, et, surtout, le 
lendemain matin, le capitaine L. de Fau- 
compré aux nouvelles, que la cavalerie, 
de plus loin, commençait aussi a trans- 
mettre, mais avec moins de précision. 

Au point du jour, le 7 septembre, cinq 
de nos avions survolent Creil, Chantilly, 
Senlis, Nanteuil, Lizy sur-Ourcq, Chà 
teau-Thierry, Betz, l'Oise jusqu'à Villers- 
Cctterets, la Marne jusqu'à Meaux, 
l'Aisne jusqu'à Soissons. 

Et le capitaine L. de Faucompré rap- 
porte, avant 1 1 heures, au Gouverneur de 
Paris, ses témoignages ^< oculaires » et 
ceux de ses pilotes, dont le plus précis 
et le plus sûr est celui du sergent Lack- 
man. 

— Or, le 4, le G. Q. G. ne nous a pas 
encore avertis de ce fléchissement capi- 
tal. C'est de nous qu'il l'apprend officiel- 
lement. 

Au moment où ces suprêines recon- 
naissances d'avions signalent que les Bo- 
ches marchent « sur Eirépilly et vers le 
sud est > et même qu ils ■< passent déjà la 
Marne à Trilport », le ^ septembre^ avant 
midi, la décision de Gallieni est prise, ses 
ordres sont donnés à ses deux armées (Mau- 
noury et garnison de Parisj et le G. Q. G. 
n'a pas encore révoqué ses instructions 
et son ordre (de la veille) de replier nos 
armées derrière la Seine, 

- Gallieni a donc, seul, résolu, à ce 
moment, la manœuvre hardie qui devait 
sauver Paris et déclancher la bataille 
delà Marne. Et c'est l'aviation du capi- 
taine Louis de Faucompré — aujourd'hui 
toujours capitaine et toujours, comme 
alors, simple chevalier de la Légion 
d'honneur — qui lui a apporté la nou- 



N« 1534 Vol. I.XXXllI 

_ 147 

velle et les preuves de l'imprudente ma- 
nœuvre de Von Klûck. 

Les conséquences de cette initiative fu- 
rent immenses. Le général Bonnal n'a 
pas hésite à écriie, le 1 ^ juin 1917, quel- 
ques jours avant sa mort : 

l'ai con.=eivc un gtand culte pour ce chef, 
trop lot disparu et qui. s'il eût vécu, nous 
aurai!, depuis, longtemps, débarrassés des 
hordct, allemandes . . . Car je reste couvaincu 
qu'en livrant la bataille de l'Ourcq, Gallicni 
a sauvé la France. 

P.-B. Gheusi. 

P. S. — Je reçois le dernier numéro 
(1533) de l'itileimêdiaire. Il m'apporte 
les intéressantes réponses B et Curiosus. 
Objections : 

i" L'aviateur BmiJejonc des fvioulinais 
n'est devenu pilote militaire au G. M. P. 
qu'après la bataille de l Ourcq ; 

a* Le capitaine Lepic a n vu, le ^i août, 
les armées de Von Kliick se diriger sur 
Compiêgne. y> Et Curiosus en déduit que le 
glissement vers le sud-est était commencé. 

jVi.us Conipiégne était, pour les armées 
de Von Klùck, sur la route même de Paris, 
Aptes Qompxeone seulement et aux 
débouchés de sa forêt, la déviation vers 
Meaux (droit au sud, au lieu de continuer, 
sur Paris, en direction du sud ouest) 
dévoilait, le ^ au matw, l'infléchissement 
brusque de Von Kliick. 

Comment le renseignement Lepic (p 
août^ au Nord Je Compîègue) aurait il pu 
révéler cet infléchissement du j septembre, 
commencé trois jours après, à 25 Kilo- 
mètres plus au sud ? 

C'est une erreur et une confusion 
involontaires de dates et de lieux. 

P.-B G. 



Cagliostro et la Révolution 

(LXXXll). 

[M. Henri Beraldi, le bibliophile écrivain, 
est aussi un pyrénéophile. Il publie une 
histoire du lassé du Pyréneisme, actuelle- 
ment en cinq volumes. Le^ deux derniers 
int'il\x\és /^amofifi de Cai ' onntèr. s II sagit 
ici de Ramond, l'homme du Moni-Perdu,en 
180a, futii préfet, Conseiller d'Etat et mem- 
bre de l'Acadéiiiie dus Sciences. Dans sa 
jeunesse, de 1781 à 1787, il a»ait été, tn sa 
qua ité de stiasboirgeois, secrétaire du car- 
dinal de Rohan . (^oiTime tel il tut I observa- 
teur qui connut de plus près Cagliostro. Ce 



L'INTERMÉDIAIRE 



14$ 



qui a smené M Heni Beraldi à saisir loc- 
cjsion d'étudier k l'ond le singulier person- 
nage du thaumaturji[e ; dansses deux volumes 
surRnmond. intitulés l'un : Le Cardinal 
Je Uolian Cagli stro 5 l'autre : l'.-oces du. 
Coll.er ; la Débâcle df Cagliostro . Il a 
repris de fond en comble ce sujC;. compliqué 
et obscur, et l'a ramené. — sans toutefois 
omettre un détail — à une synthèse saisis- 
5ante_ qui le renouvelle. La lumière est fuite 
sur Cagliostro-Balsamo. La légende est rui- 
née au piofit de IHistoire, M. Henri Beraldi 
répond lui-même à la question posée. Sa ré- 
ponse épuise le sujet. Elle dépasse, il est 
vrai, la place dont nous disposons habituelle- 
ment — surtout en temps de restrictions — 
Mais cet exposé, fixé dans nos colonnes, doit 
rcndie aux chercheurs de tels services, que 
V Intermédiaire accepte comme une bonne 
fortune sa i-ublication intégrale, si exception- 
nelle qu'elle soit. Elle sera faite en trois 
fois] 

Vf 

Vf * 

Un correspondant de \ Inteimcdiaite a 
posé cette question : 

Cagliostro a-t-il vraiment montré, à la 
dauphine Marie - Antoinette arrivant en 
France, la guillotine dins une carafe ? et il 
l'a aussitôt résolue : anecdote apocryphe. 
Puis, sfns s'attarder à la question ; Caglios- 
tio fut il l'envoyé de Dieu sur la Terre, le 
Messie, comme l'ont ciu ses dévots ? il a 
posé la question décisive : oui ow non Ca- 
gliostro a-t- il été le chef Secret de la Ma- 
çonnerie universelle, chargé de déclencher 
en France la Révolution en 1789, ou n'est- 
il qu'un simple charlatan ? Est- il un per- 
sonnage énorme ? ou rien du tout ? 

Cagliostro n'est rien du tout 

11 fut un charlatan, un piètre charla- 
tan, à l'existence et à la fin lamentables, 

D'oLi lui est donc venue sa célébrité ? 
Dès 1791 le traducteur français de la Vie 
de Joseph Balsamo.^ a donné la réponse: de 
ce qu'il a été impliqué (à tort) dans 
raft'aiie du Collier. 

Pour démonstration rien n'est tel que de 
suivre l'ordre chronologique absolu, la 
vie même de Cagliostro, du Cagliostro 
vrai. 



Cagliostro n'a jamais voulu avouer son 
identité et raconter sa jeunesse. Voyons 
sans Uii 

Au commencement du xviii* siècle vit 
à Palerme un Charles Mariello. 

11 a deux filles : 



DES CHERCHEURS ET CUKIBUX 



10 38 Février 1921 . 



149 



ISO 



L'une mariée à un Joseph CACuiObTRO. 

L'autre à Joseph Bracconicri. Celle ci a 
une fille, Félicie, mariée à Pierre Bal- 
samo. 

Et de ce dernier mariage naît en 1743 
JOSEPH Balsamo, baptisé dans la cathé- 
drale de Palermc. 

Renseignements fournis :'.u procès 
de Cagliostro par la police de NapLs (et 
qu'on ne peut pas contrôler) : le jeune 
Balsamo aurait été un criminel : pares- 
seux, ignorant, bon dessinatenr à la 
plume, faussaire, magicien, assassin d'un 
chanoine (??) , escroquant vingt onces 
d'or à un orfèvre nommé Maraiio, obligé 
uo quitter Palerme, employant le produit 
de son vol à voyager (Alexandrie), puis 
se fixant à Rome. 

A vingt cinq ans, :i Rome le 20 avril 
1768, dans l'église Santa-Maria de Mor.- 
ticelli. Balsamo éi ouse Laurence Fcliciani, 
fille d'un fondeur, de g^MU)lle figure, 
illettrée et passive. 

Un jour, le jeune ménage quitte Rome 
en compagnie d'un Sicilien escroc et 
faussaire se faisant appeler le marquis 
d'Alliat et se disant colonel prussien. A 
la suite de quelque méfait Alliât se sauve, 
Balsamo est arrête en Vcnétie, puis relâ- 
ché. Les Balsamo passent en lispagne. 

Xasanova dit avoir rencontré à Aix-en- 
Frovence les jeunes Cagliostro, ayant des 
passe-ports au nom de Balsamo. Malheu 
reusement ceci n'est pas sûr, étant écrit 
après coup). 

Les Balsamo séjournent quatre mois à 
Barcelone, un an à Madrid. C'est l'année 
1770. 

(Avec .Alexandre Dumas, en 1770, Jo- 
seph Balsamo est le chef mystérieux de 
toutes les sociétés secrètes, il leur promet 
à Mayence de faire dans dix-neuf ans la 
révolution en France, en déshonorant la 
reine par un procès - et, ^ur le chemin 
de Strasbourg 3 Paris, il montre à la dau- 
phine la guillotine dans la carafe. Dumas 
est homme de théâtre et cherche des <♦ si- 
tuations » et des « effets ». Mais ici, 
comme historien, son idée directrice est 
que la maçonnerie universelle a voulu le 
renversement de la monarchie française). 

Puis un séjour à Lisbonne, 

Fin 177 1 les Balsamo sont à Londres, 
misérables; le m^ri arrêté pour dettes, 
dégagé par un riche anglais, s< sir De 



f hels » [sic), emmené par lui quatre mois 
1 a Cantorbéry. chasbc pour une histoire de 
jeune fille séduite, A Londres, Balsdmo 
essaie de pratiquer un chantage, sur un 
tiuaker attiré en un rcndc/.vous par les 
charmes de Laurence. Et puis il intente 
un procès à un nomme Benamore, agent 
du roi de Maroc (!) auquel il réclame 47 
livres sterling. Son procurunr, dans cette 
affaire, s'appelle Avi.ErT, homme d'ail- 
! leurs véreux, El Bal>amo quitte l'Angle- 
terre sans le payer. 

Ici des faits certains. Pendant la tra- 
versée, on lie connaissance avec un Fran- 
çais nomme Dui^lcssis. intendant du mar- 
quis de Prie. A Paris, Duplessis persuade 
à Laurence de quitter « son ignoble 
mari » ; il l'enlevé et ta cache. Le < m«r- 
I quis de Balsame, dessinateur a l.i plume » 
i se plaint au lieutenant de Police. Le 
{ commissaire Fontaine découvre Laurence 
j dans un cinquième de la rue Saint- Ho- 
noré, la met au couvent de Sainie-Pela- 
gic, l'interroge, et elle dit tout le passé. 
(Et tout le dossier Balsame est aux Ar- 
chives. Campardon l'a publié en 186 j 
dans son P ocèi du Collier). 

Les époux se réconcilient. On les ex- 
pulse, lis vont à Palermc. à Malte, au 
Maroc (?), à Marseille, Barcelone, Va- 
lence, Cadix... 

ht ici Balsamo disparait, se volatilise : 
mais en même temps parait Cagliostro. 

A Cadix, au commencement de 177*), 
est un mén ige Cagliostro. La femme est 
née Féliciani et son mari la prénomme 
Séraphine Ce mari se donne pour lieute- 
nant napolitain. Qii'cst-il en réalité ? Un 
charlatan. 

Prestidigitateur nomade. Son pro- 
gramme? Consultations médicales gra- 
tuites (ce qui n'exclut pas les cadeaux des 
riches clients reconnaissants). Et puis 
I divination par la carafe au moyen d'un 
1 ou d'une enfant de six ou sept ans, pu- 
''■■ pille ou colombe, adroitement intcTOgés. 
j Ramollir le marbre, changer la toile en 
j soie, et autres escamotages, hnfin, comme 
I au xvni* siècle 1 alchimie lait rage. Ca- 
! glostro transmute, et ceci est un tour à 
\ l'usage des naïfs riches, et qui rapporte 
• gros, ht, les diamants qu on lui confie, il 
\ les rend grossis et w valant le centuple >. 
i Opération très lucrative, qui confine a 
. l'escroquerie. 



N» 1554. Vol.LXXXlII 

1 Ç 1 



LINTRRMRDIAIRE 



152 



Or à Cadix, Cagliostro soutire à un . et dans le merveilleux, le swedenbor- 
amateur d'alchimie nommé sylvestre j gisme ; en un mot, dans le spiritisme, 
mille écus et une canne ayant dans son 
pommeau une montre à répétiiicn. Ceci 
est à retenir. 

Fin juillet 177b le ménage est à Lon- 
dres. Cagliostro, trente-trois ans, se dit 
capitaine prussien. C'est à Londres, dit on 
qu il trouve le plan et les cahiers d'une 
maçonnerie toute prêle, il se fait recevoir 
franc maçon dans la lo^e V E^réiance, te- 
nue par le tapissier français Hardiviiliers, 
obtient d'un seul coup les trois giades, 
apprenti, cotnpag'Wii et maître, et au re- 
gistre signe JuSfph Caglioiito, colonel au 
^e réoiwent Je BtMiJebout g. 

Ici une mauvaise affaire : une demoi- 
selle Fry, à laquelle Caglio.^tro donne des 
pronostics sur les numéros sortants de la 
loterie, calcules, dit-il, d'après la Kab- 
bale, veut le faire :uréter, deniandant la 
restitution d'un collier de brillants qu'elle 
lui a confié (pour le grossir). C.:gliostro 
accepte un arbitre, qui le condamne à 
rendre le collier. Mais en attendant la 
publication de la sentence, il est en pri- 
son au Kings-Bench. 

Or. dans la rue le procureur Aylett a 
croise et cru reconnaître son Baisamo de 
1772; il l'a suivi, a enquèié ; finalement 
il le trouve au Kings Bench, et le fait 
dcrouer encore pour ^on compte, pour 
30 livres sterling, et sous le nom de Bal- 
samo. Et Cagliostro pa'e. 

Le voici libre. 11 part ruiné, maudissant 
lAngleterre. 

A Bruxelles, reprenant ses prestidigita- 
tions, il refait, dit-il, c l'édifice de sa 
fortune j.. Et il se propose d'agrandir 
son programme, sa fortune et sa position 
en ayitnt sa franc m;-çonnerie à lui, la 
franc maçonnerie égyptienne 11 s'était 
créé colonel, il sebombarde Grand-Cophte. 

( D-ins ceci rien d'extraordinaire. Créer 
une maçonnerie était alors un fait cou- 
rant. Cagliostro n'est qu'un anneau dans 
la longue chaîne des « fondateurs de 
rites ». Les titres maçonniques étaient 
ronflants. Et les exploiteurs de maçonne- 
rie ou les imposteurs abondaient. Kosa, 
Johnson Gugomos, Schrepfer, etc. ctc.^. 

Kcapissant contre l'excès du matéria- 
lisme philosophique, la société de la fin 
du xviii' siècle, à la fois incrédule et su- 
perstitieuse, donnait dans les théosophes, 



h'.n France les fameux martiiiistes cher- 
! chaient la réintégkation, la reintégration 
! dans les pouvoirs surnaturels que le pé- 
ché originel avait fait perdre, faculté 
d'évoquer les Invisibles ou les Anges. 
Cagliostro mit à son programme la régé- 
nération^ permettant de récupérer la con- 
naissance universelle, le don des lan- 
gues et la communication avec les Anges; 
il y mit même la régénération physiq.ue, 
retraite de quarante jours dans un pa- 
villon ad hoc, où, après absorption de la 
« matière première », on perd sa peau, 
ses cheveux et ses dents, pour les retrou- 
ver trois jours après, mais en jeunesse : 
opération qui peut se recommencer tous 
les cinqi.ante ans. 

L'originalité de la maçonnerie de Ca- 
gliostro est d'être carafiste. Les séances 
de loge ne commencent que lorsqu'une 
enfant a vu dans la carafe apparaître 
Moïse, lequel Moïse donne la permission 
de commencer les travaux. 

La maçonnerie égyptienne n'est pas 
pour les masses, elle s'adressera à un pe- 
tit nombre de croyants fervents et riches. 
Cagliostro compose son personnage. II 
se fabrique une jeunesse présentable : 
Acharat, Médine, le Sage Althotas, la 
Mecque, le Chérif, les pyramides d'Egypte 
et les principaux royaumes de l'Afrique et 
de l'Asie. 

Et puis il se fait une tête de Grand 
Cophte. Renversée en arrière, les yeux 
fixés au ciel, un jargon prophétique, et 
toujours le mot Dieu à la bouche. 

Sainte-Beuve résumera: « Colorant 
l'impudence sous des airs inspirés ». 

Au début, en 1778, la nouvelle église 
n'a que deux affiliés, le Grand Cophte et 
la Grande-Maîtresse d'adoption, mais 
cela suffit, c'est une position de chefs. 

Et la grande tournée européenne com- 
mence : La Haye, Liège, Venise, l'Alle- 
magne infestée d'illuminés, de rose croix 
et d alchimistes, Cagliostro se fait appe- 
ler marquis Pellegrini, ou comte Harat, 
ou marquis d'Anna, ou comte Fénix. 
Surtout et définitivement : le comte 
Ale.xandre de Cagliostro. A Berlin, Dant- 
zig, Kœnigsberg, c'est l'insuccès com- 
plet. 

Tout à coup, en février 1779, dans la 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30-38 Février 1911 . 



'■53 



'54 



société aristocratique et spiriiede Mittau, 
le thaumaturge a un succès délirant La 
mystique baronne de Rccko désire revoir 
un frère qu'elle a perdu, la « colombe » 
dit le voir dans la carafe. Merveille. 

Après trois mois Cagliostro grisé part, 
ne doutant pas de conquciir Pelcrshoiirg 
et de subjuguer la grande Catherine. Il 
arrive avec une lettre de recommandation 
pour un jeune officier, le baron Hayking. 
Et Hayking demeure stupéfait. Voilà donc 
l'homme qui à Mittau a tourné toutes les 
tètes ! Farceur de tréteaux, fanfaron et 
ignorant ! Il est ignoble ! Sa lemmc moins, 
mais elle semble passée, ses yeux rouges 
montrent la trace de ses larmes : elle a 
Vair d'une de ces jongleuses que l'on f nt 
danser malgtc elles. (Et voilà la femme 
que la légende fait < belle d'une beauté 
qui n'appartint jamais à aucune autre 
femme», et dont le roman fait l'intrépide 
amazone qui monte « Djerid »). 

Cagliostro est habillé en colonel espa- 
gnol. L'ambassadeur d'Espagne lui notifie 
d'avoir à cesser ce port illégal d'uni- 
forme. Mauvais début. 

Voyons la fin. Avant un an, Cagliostro 
à Pétersbourg, est usé, brûlé, combattu. 
Et il s'en va. 

A Varsovie, les illuminés et alchimistes 
de distinction l'accueillent comme un 
prophète. Le prince Poninski loge chez 
lui le comte et la comtesse, prête au 
comte son laboratoire, et lui donne le 
comte Moszinski pour aide préparateur. 
Cagliostro présente son répertoire, r^m.j.'J- 
riahse un papier brûlé, change une livre 
de mercure en nrgent et interroge des 
colombes. Poninski et Moszinski tombent 
de leur haut. Comment, c'est çà, l'homme 
aux miracles ! Mais c'est un petit presti- 
digitateur de rien, et un imposteur à dé- 
masquer. Et Ponmski écrit à Mme de 
Recke : les Uansmulalions de Cagliostro, 
supercherie; ses évocations, comédie; ses 
prophéties, utilisati/>n de ce quUlp ut ap- 
prendie t/è< natnrelletiient sur les g,ns et 
les choses. Mme de Recke est désabusée. 

Eliminé par Poninski, Cagliostro va 
gîter trois mois chez une cliente croyante. 
La rumeur publique dit qu'il y engra'sse 
des diamants et sa bourse, et qu'il est un 
escroc 

Après quoi, ayant vrai«emblablement 



refait ses ressources, il part, avec de» 
fonds pour aller quelque temps. 

11 passe à Fiancfort. 

Plus tard ( djns son procès) il racontera 
des histoires abracadabrantes (le f.imcux 
souterrain, etc ) sur ses relation» avec la 
Stricte Observance, dont il ilira avoir reçu 
une subvention : six cent» louis. 

Avec ce hâbleur de Cagliostro il faut 
être sceptique sur le chiffre, et même sur 
le fait. 

Mais enfin si Cagliostro a été subven- 
tionné par la Stricte Observance, mavon- 
nerie tcmplière, a quelles fins.** Quelques- 
uns, aujourd'hui, répondent ; pour servir 
en France la Stricte Observance, alors en 
pleine décadence ; pour défendre la cause 
des « Templiers d'AUemagnc ", contre 
leurs adversaires français victorieux, les 
Martinistes C???) 

tt voici Cagliostro à Strasbourg. 

Henri Beraldi. 

La duohesre d'Estampes fLXXXIll, 

2, i.)L)) — )e possède un livres d heures 
manuscrit sur parchemin qui contient 
9 miniatures représentant la vie de Ste- 
Anne et de Marie. 

Les amoiries de Pisseleux d'Heilly et 
de < Sanguin » se trouvent au bas des 
encadrements de fleurs. 

Ce dernier nom de Sanguin fut célèbre 
par l'oncle maternel de la duchesse d Es- 
tampes, Antoine Sanjïuin, évèque d'Or- 
léans et créé grand aumônier de France 
sous François 1" par la protection de sa 
nièce. 

Il semble bien d'après ce manuscrit, 
qu'un coin du voile qui cache la fin de la 
duchesse d'Estainpes est soulevé : après 
son exil de l.i cour, el e est vraisem- 
1 blablement revenue dans un couvent près 
d'Orléans et selon toutes probabilités à 
Fleury-sur Loire. Il est possible qu'elle y 
soit morte. On pourrait suivre celte piste, 
elle livrera vraisemblablement la clef de 
l'énigme. Mme Bblin. 

Masque de fer. Bibliographie (T. 
G. S71 ; XXXV ; XLL a XI.IV ; XLVll ; 
XLIX ; LV ; LXI à LXIll ; LXV ; LXVI ,. — 
L'Interm^diaiii dvi 10 octobre 1896, col. 
443, reproduisait une information de la 
Libre Parole du 16 juin 189», rcpctco le 
34 du même mois dans la Légitiimir 



L'INTBRMÈDIAIRE 



N« 1554. Val. LXXXIll 

'^5 

Il était question «l'une brochure nou , 
vcllement parue à Vienne en Autriche 
sous le titre : Loui<; XIl^. Louis XV III. 
Le Maique de fer. Louis XVU. L'auteur, 
le comte de Liwernstein protendait que 
Louis XIV et Louis XVllI avaient eu un 
intérêt dynastique à faire disparaître un 
descendant de leur famille, lequel aurait 
divisé l'ordre de successibilité au trône 
de France. La Libre Par oie ajoutait que 
cette brochure était en cours de traduc- 
tion française. 

Malgré mes recherches dans la Biblio- 
graphie de la bratice^ dans Loreti^ et 
d'autres publications spéciales, je n'ai pu 
découvrir la trace de cette traduction. 

Un collègue Je V Inieni.édiaire en au- 
rait-il eu connaissance ? 

Il me serait agréable de savoir si cet 
ouvrage existe et où je pourrais le con- 
sulter. Cela me permettrait de terminer 
un travail commencé il y a quinze ans en 
vue de dresser aussi exactement que pos- 
sible, la Bibliographie analytique et chro- 
nologique de tout ce qui a été publié en 
France et à l'étranger sur le Masque de 
Fer, y compris articles de journaux et 
Revues, Romans, Théâtre, Poésies, Chan- 
sons, Fantaisies, etc.. Il a jadis été de- 
mandé dans ces colonnes si semblable 
travail existait. 

Comme actuellement les frais d'impres- 
sion sont inabordables, j'ignore à quelle 
époque je ferai paraître mon livre, mais 
si quelques chercheurs ou amateurs, s'in- 
teressant à cette curiosité historique, dé- 
siraient se renseigner sur une date d'édi 
tion, ou établir une comparaison de 
textes, ou bien encore savoir quels au- 
teurs ont préconisé tel système, je serais 
très heureux de mettre, à leur disposition, 
mon répertoire bibliographique, complété 
de dates, cotes de bibliothèques pari- 
siennes et provinciales, indication de dé- 
tenteurs particuliers, etc, ainsi que mes 
collections d'imprimés et copies formant 
la réunion complète des sept cents pro 
ductions de toute nature se rapportant au 
prisonnier masqué et parmi lesquelles se 
trouvent quelques rares pièces n'existant 
dans aucun dépôt public. 

Il n'est pas sans intérêt de rappeler 
qu'en l'espace de deux cents ans, trente 
neuf identifications sérieuses comme fan- 
taisistes ont été proposées pour établir la 



156 



personnalité de l'homme au m«sque de 
fer. 

Henri Maurice. 

Buonaparteet Bonaparte (LXXXllI, 
42). — Le nom Bonaparte existait bien 
antérieurement à 1783. 

Ceux à qui la langue italienne est fami- 
lièie savent qu'on écrit ad libitum, Buona 
ou Bona Les membies de la famille Bo- 
naparte oiit employé indifféremment l'une 
ou i'autie orthographe .• des frères ont écrit 
leur nom avec u et sans u (tantôt avec parti- 
cule, tantôt sans pailicule). II paraît q\;e la 
suppression de Tu était en usage dans des 
temps fort reculés. On voit dans l'église 
Sf-François des frères mineurs de San Miniato, 
à droite de l'autel principal, un tombeau 
dont l'inscription porte; ]sicquiiàt Bonaparti, 
mort en 1421. la 33 septembre. Nicolas 
Bonaparte fil e'îever ce monument à son 
pète. 

(Tome Vide la bibliothèque historique 
et militaire, dédiée à l'Armée et à la Garde 
nationale par MM. Liskenne et Sauvan, 

l8ç2).' 

Pendant longtemps^Napoléon lui-même 
attacha peu d'importance à fixer l'ortho- 
graphe de son nom (LIX, 803 : LXX, i-j, 
1 10, 1 52^ et M Vieilles maisons, vieux pa- 
piers » G. Lenôtre, i*"" série, p. 184. Parti 
culièrement instructive à cet égard est la 
lettre reproduite dans le i*' numéro de 
Ylnternédiaire des Chercheurs et Curieux 
Année 1864, p. 8). 

Le 27 mars 1796, le futur empereur 
arrivait à Nice pour prendre, en rempla- 
cement de bcherer, le commandement 
suprême de l'armée des Alpes. Et ce 
jour là, il signa Bonaparte, adoptant défi- 
nitivement, semble-t-il, ce nom tel ortho- 
graphié. 

G. Ab. 



Les Hôpitaux russes à Paris en 

1814 (LXXXIll, 90J — Je me souviens 
avoir eu entre les mains autrefois, aux 
Archives de l'Assistance publique, une 
publication du Conseil Général des Hos- 
pices, appelée ordinairement Rapport 
Camus, dans lequel on trouve une multi- 
tude de détails circonstanciés sur l'arri- 
vée à Paris des blessés français et étran- 
gers, après la débâcle qui suivit les ba- 
tailles malheureuses de 1814. Il y a dans 
cet ouvrage des statistiques détaillées sur 



DES CHERCHKURS ETCURIRUX 



ae-*l Ftvricr 1911 . 



- 157 



>S8 



le nombre des blessés et leur nationalité, 
ainsi que sur les actes de dévouement ac 
com^;!is par la population parisienne pour 
recueillir et soigner Iss malades et les 
blessés dont la plupait étaient épuisés 
p.ir de longs voyages sur les routes ou 
les transports par bateau dans les condi- 
tions les plus aftligcantcs. 

Il est possible que le renseignement re- 
cherché se trouve dans ce rapport. 

L. Tesson, 

Projet de mariage du duc de 
Herry (LXXXlll, 43,101.) - Dès 1800. le 
duc de Berry avait fait plusieurs tentatives 
matrimoniales auprès des cours euro- 
péennes sans avoir pu rencontrer une 
princesse qui consentît à unir sa desti- 
née à la sienne ; les souverams, succes- 
sivement pressentis, ne se souciaient 
guère de confier le bonheur d'une de 
leurs filles à ce prince exilé et pauvre, qui 
passait, en outre, pour être brutal et dé- 
bauché. 

En 1813, Louis XVIII, voyant pâlir 
l'étoile de Napoléon, avait envoyé le 
comte de La Ferronays à Saint-Heters 
bourg avec la mission de sonder les dis- 
positions d'Alexandre au sujet d'une res- 
tauration éventuelle des Bourbons. Il 
l'avait chargé, en même temps, de sol 
liciter pour un de ses neveux un com- 
mandement dans l'armée russe, et chose 
plus délicate encore, de pressentir la 
cour de Russie sur un mariage possible 
entre le duc de Berry et la sœur du tsar, 
la grande-duchesse Anna, la même qui 
avait été refusée à Napoléon en 1810 et 
qui fut plus tard reine des Pays-Bas. 

Le comte de La Ferronnays fut très 
aimablement reçu par les deux impéra- 
trices, et vit la jeune princesse qu'il eût 
désirée « plus belle, plus animée, et 
ayant l'air plus intelligent » (1) Mais 
il se heurta à l'hostilité de la Cour con 
tre les Bourbons et principalement, chez 
le chancelier Romanzoff, en dépit de 
1812, à un « incurable accès de b.->na- 
partisme ». A Dresde, où se trouvait le 
quartier général des souverains alliés, il 



(1) M'» Costa de Beaiiregard. En émigra- 
tion Souvenirs tirés des papiers ou comte 
de la Ferronnays. Pans. Pion, 1900, in. 8". 
p. 378. 



reçut d'Alexandre le meilleur accueil, 
mais lempcrcur, désireux de ménager 
l'Autriche dont l'alliance toute récente 
1(11 était précieuse, lui fit entendre que la 
crainte de mécontenter cette puissance, 
s'il paraissait favoriser, en h pcrsionnc 
d'un membre de la maison de France, de» 
projets de restauration qui ne pouvaient 
qu'être pré udiciablcs a 1 impératrice Ma- 
rie Louise, ne lui permettait pas de rcpon« 
dre, p()ur le moment, aux ouvertures 
qui lui étaient faites. L'cnvi>yé de Louis 
-XVIll dut donc revenir à Hartwell sans 
avoir réussi dans sa triple mission. 

Rn 1814, ce projet d'union aurait été 
repris par Alexandre. Mais, maintenant 
qu'il était remonté sur le trône de set 
pères, Louis XVIll ne s'en souciait plus ; 
il trouva %< la maison de Rus!ie trop peu 
ancienne pour donner une mère aux fils 
de France » (i) et repoussa l'alliance 
qu'il avait recherchée lui-même avec em- 
pressement quelques mois auparavant. 

La question de différence de religion 
ne parait pas avoir joué un rôle prépon- 
dérant dans l'avortemcnt de cette tcn 
tative de mariage. Et si, comme il est 
possible, elle a été invoqi.ée, elle n'a 
été qu'un prétexte pour dissimuler les 
raisons d'ordre politique qui s'opposaient 
de part et d'autre à une pareille combi- 
naison. 

Un bibliophile co.mtois. 

Les Mémoires de Barras (i-XXXl ; 
LXXXI; LXXXlll, 11,98; — A propos de 
certains documents produits dans la ques- 
tion Louis XVll,et auxquels il ne manque 
pour être probants que d'être authentiques, 
on a parlé d'un collectionnenr Avignonais 
qui aurait possédé et aurait fait détruire 
à sa mort des Mémoires de Barras, l'ai pu 
avoir sur place quelques renseignements 
sur ce M. Chabrier de Lafont, qui était 
photographe à Avignon, et qui mourut en 

1897. 

11 avait des autographes assez curieux 
(notamment sur la période révolution- 
naire), autographes qui ont été disperses, 
après sa mort, mais comme beaucoup de 
collectionneurs, il s'exagérait la valeur 



{^\^ Mémoires de la comtesse de hoirie. 
Paiis. Pion. 1907. in. 8» tom». 11, p. t4^- 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1534. Vol. LXXXIII 

159 

de ses collections, et, en tout cas, il n'est 
dans le pays aucune trace, aucun souve- 
nir de documents importants relatifs à 
Barras, qui lui auraient appartenu. 

Henri d Almeras. 

La terre de Chaux (LXXX ; LXXXIII, 
21, 102). — C'est xvii« et non xviii* siè- 
cle que j'ai entendu indiquer, comme 
époque terminale de la possession de la 
terre de Chaux par les Chôteaubodeau, 
dans la réponse LXXX, 347. 

Les renseignements sont, en effet,, tirés 
2 la fois de l'ouvrage de M. Lebrun sur 
Le Feurdre et de la Généalogie des Boire- 
don par Anibroise Tardieu. 

A titre d'indication et sans avoir la 
prétention. je le regrette, de pouvoir solu- 
tionner la question posée par IVl de C , je 
note au passage parmi les sources impri- 
mées que j'ai pu consulter : 

Chaux ou Chault, p-roisse de Mazeirat. 
Fief qualifié Baronnic. Les de Chaîeaubo- 
deau fjrcnt seigneurs de Chault dès I4<'9 et 
jusqu'à Charles de Chateaubodeau, en 1617. 
On crcit même que les Chateaubodeai! por- 
tèrent à l'originf, le nom patronymique de 
Chault. 

(A. Tardieu, Dictionnaire de la Haute- 
Marche), 

De^haux (Gabriel)... Vieille maison de 
nobL'Sse qui prit son nom de la tene de 
Chaux, paroisse de M:.zirat. . Elle s'éteignit 
dès le commencement du xvi^ siècle, fort 
peu de temps après la confection du Ter- 
rier 

(Des Gozis, Les Mcntluçonnais d'après 
le Terrier de i ^ço- i^çy). 

MONTEBRAS. 



le crois utile, « pour éviter d'orienter 
les recherches sur de fausses pistes », de 
rectifier et compléter la communication 
de M. Henri D. d'A. 

Il est exact que les archives publiques 
renferment peu de documents sur les 
Chateaubodeau. je signalerai pourtant un 
chartrier considérable, légué, il y a une 
quinzaine d'années, aux Archives de 
l'Yonne, par le vicomte de Montjoye. 
D'autre part je possède des archives de 
famille fort importantes. Ces documents 
m'ont permis en effet d'établir une gé- 
néalogie de ma famille basée sur des 



160 



pièces authentiques (Voir Intomidiair* 
du 20 janvier 1921, col 22). 
l'en extrais les notes suivantes : 

j« le dernier Chateaubodeau qui possède 
Chaux et Malleretu (piroisse de Saint-Cha- 
brais, Creuse) fut Charles de Chateaubodeau, 
chambelan du duc d'Alençon en 1576, Il 
vendit Malleret le 19 septembre 1626 et, par 
acte du 34 février 1637, il fit donation du 
château et de la terre de Chiux au prieuré 
de Charly (Cher), dont sa fille Marie était 
prieure ; (ces deux actes existent hux Archi- 
ves de l'Yonne). 

Il ne faut pas le confondre avec son neveu, 
appelé également Charles, qui était gen- 
tilhomme ordinaire du duc d'Anjou en 1622, 
mais ne posséda jamais ni Chaux, ni Malle- 
ret ; 

2» Le premier qui posséda Chaux fut, non 
pas Antoin*" de Chateaubodeau, mais scn 
pèie, Louis Bochard, seigneur de Chateau- 
bodeau, époux de Guillemette de Chaux; il 
ne peut y avc<ir aucun doute à cet égard. 
Antoine épousa par contrat du 14 janvier 
1469, non pas Miracle de Forj^jes, mais bien 
Fiançoise de Peiraciet : leur postérité s'étei- 
gnit au siècle suivant dans les maisons de 
Monestay et du Proche, Antoine épousa en 
2® noces, avant 1488, Miracle de Forges, 
dont sont issus les Chateaubodeau actuels, 
et en 3' noces, veis 1490, Catherine de Bon- 
neval. Antoine abandonna son nom patro- 
nymique de Bochard pour ne conserver que 
celui de Chateaubodeau ; 



3' 



La date du procès entre Jacques et 
Philibert de Malleret est bien 1427 ; une co- 
quille, que je n'avais d ailleurs, pas leniar- 
quée, a fait écrire dans V InUrmé iiaire : 
1627 ; 

4" Il est évident que si l'assertion de la 
Ihauinassière est exacte, les de Chaux et les 
Malleret ne sont qu'une même famille ; mais 
je n'ai pu vérifier cette assertion et c'est jus- 
tement ce qui m'a fait poser la question si- 
gnée M. de C A ce propos, une autre c< quille 
m'a fait écrire que Brunissant de Malleret 
avait épousé Guy de << Chambarant » ; il 
faut lire « Cham.borant ». 

Comte DE Chateaubodeal'. 

Balzac et Victor Hugo (LXXXII, 
237;. — A propos de la candidature de 
Balzac à l'Académie, voici une lettre, que 
je retrouve, du célèbre romancier, dans 
une collection d'autographes appartenant 
au département des Manuscrits de la Bi- 
bliothèque nationale : 

.Moi cher Nodier, je sais maintenant trop 
sûrement que ma situation de fottune est 



DES CHERCHEURS KT CURIEUX 



une raison qui m'est opposée au sciii de 
l'Académie, pour ne pas vous dire, avec une 
profonde douleur, que je voua prie de dispo- 
ser de voire influence autrement qu'en ma 
faveur. Si je ne puis paivenir h l'Académie 
à cause de la plus honorable des pauvretés, je 
ne me présenterai jamais aux jours où la 
prospérité m'accordera ses faveur-'. J'écris en 
ce sens à notre ami commun Victor Hugo 
qui s'intéresse à moi . 

Dieu vous donne la santé, mon bon No 
dier. 

De Balzac. 
d'E. 

Archives dauphinoises de Morin- 
Pons (LXXXlll. 52) — 11 existe un 
descendant du collectionneur, M. P. Mo 
fin Pons, rue Michel- Ange. 15, à Paris, 
auquel on po-irrait s'adresser pour la 
solution de la question. B. 

Familles de Bompar et de Dou- 

het (LXXXil ; LXXXlll, 66;. - L'affir- 
mation de Tardieu, reproduite par M.dcC. 
est partiellement inexacte. La généalogie 
des premiers de Douhet s'établit ainsi : 

\. — Antoine de Douhet, seigneur de 
Marlat-la-Tour, chancelier du comte 
d'Auvergne, épouse i"> en 1464 Margue- 
rite de Durât ; 2° le 23 juin 1470 H^iips 
Bompart. Du premier lit : Jean Douhet 
auteur de la branche du Puy- MoltHier en 
Limousin, Du 2® lit : Gabriel de Douhet, 
tige des seigneurs de Romanange^i et 
J Angers, — et Pierre de Douhet, tige des 
seigneurs d' Esteaux. 

I. — Jacques de Douhet. frère d'An- 
toine ci-dessus, épouse Hélips Bompart. 
deuxième du nom. 11 est la tige des sei- 
gneurs de Cnssdc, Cbameytac et Lespi- 
nasse. 

Toutes les autres branches descendent 
bien d Antoine et Hélips Bompart. 

(Ci Manuscrits de M. de Fortia, Inten- 
dant d' Auvergne, Bibliothèque de Cler- 
mont-Ferrand, ms. fr. 553). 

Henri D. d'A. 

Pierre - Bufflère (I.XXXIl , 380; 
LXXXlll. 67, 108) — Un joli portrait 
de Marie-Charlotte de Pierre Buffiere, 
comtesse de Poix, existe à Paris. 17, rue 
de Belzunce, chez le comte de la Bour- 
donnaye-Coëtcandec, son arrière petit- 
fils, A. Harmand. 



30-38 Février 1911. 



162 



La filiation dunnée par Ours d'Aquitaine 
m'est un précieux jalon el je I en reoKr- 
cic bien vivement Llle rcinonlc l'a'- 
danccdc Marie «Lharloltc de Pierre Bull. .i ■_ 
jusqu'à I époque voulue el, d'après les 
dates, Abcl d' Pierre Bufîiérc, époux 
d'Anne de Pons, peut parfaitement être 
lils (ou petit fils) de Jean de Pierre BufTiere 
et de Marguerite de Bourbon-Bussct, ma- 
riés en I 5S I- 

Pour être complètement éclairé, il fiu- 
d ait savoir quels furent les enfants de 
ces derniers. 

je n'ai sous 1;> main ou à proximité au- 
cun document à ce sujet ; peut être le 
renseignemen* se trou\e-t il dans Na- 
daud, Nobiliaire du Limousin, qui donne, 
parait-il, une assez vague généalogie de 
Pierre Buffiere ; mais je ne puis le véri- 
fier. Un aimi-blc collègue pourrait-il me 
trouver ce renseign»'.ment dans Nadaud 
ou ailleurs. 

M, DR G 

Chenu, rois d'Yvetot iLXXXll. 44, 
346 ; LXXXlll. 69 . — Je remercie tous nos 
aimables collègues des précieux renseigne- 
ments qu'ils ont bien voulu apporter a la 
connaissance de l'histoire d'Y\ etot, et en 
particulier à M. Geoiges Dubosc pour 
les détails très compleis qu'il a eu l'obli- 
geance de communiquer. 

11 semblerait donc que cette fariiillc 
soit éteinte, pourtant on n'a jamais parle 
de la descendance lies enfants de Jehan 
Chenu, 3* fils de Guillaume. 

Au sujet de Jehan fljr/<:/;^r, roi d'Yvc- 
tot, il existe une p'aquettc d'Aug. Guil- 
nieth intitulée : Notice sur wessiie /chatt 
Baucher. roi d'Yveiot, Rouen, i8s4. qui 
doit contenir d'intéressants détails sur ce 
personnage et sur son mariage (1479 ?) 
avec Clémence du Dresnav, veuve de 
Guillaume Chenu. 

D'autre part, le P. Anselme mcntiuODc 
(tome 2, page 78) N .. Chenu, prince 
d'Yvetot qui épousa Perrine Malbeibe, 
veuve de Jean Balu. Ne serait-ce pas Jac- 
ques Chenu, prince d'Yvetot, mort en 
1498 '* Au tome 7, p. 434. on trouve éga- 
lement Jean Cbenu, seigneur du Bellay en 
Vexin, mort en IS03, loqtipl épousa, 
après 1487, Marie de l'Hospital, dame de 



N» 1534. Vol. LXXXlil 

î6? 

Grand Mesnil et de Linendy, morte après 
1 S 1 1, veuve de... de l'Estendard, seigneur 
de Couvert. 

A ce propos, il serait curieux desavoir 
si les Cbcnu, seigneurs du Bellay en 
Vexin et les Chenu, seigneurs de Mont- 
chevreuil en Vexin ne descendraient pas 
des rois d'Yvetot r et si Robert Chenu, 
bàtiifd d'Yvetot » n'aurait pas laissé de 
traces ^ 

Au XVII* siècle, il existait dans le Va- 
loir, une famille de ce nom qui était is- 
sue, parait-il, des Chenu d'Yvetot, soit 
de Robert, soit de Jehan, seigneur de 
Saint-Aignan sur Ry. 

Je recevrais avec gratitude les détails 
que M. Léon-Maur. B... veut bien met- 
tre à ma disposition. D après la généalo- 
gie des familles qui ont possédé Yveiot, 
je ne vois pas de seigneur d'Yvetot issu 
de la maison de Langes (Langei), sans 
doute un du Bellay, qui se soit marié à la 
fille de JeanPouillet. Mais peut être n'est- 
elle pas complète ? 

|e serais heureux de tous détails com- 
plémentaires que nos érudits collègues 
voudraient bien me signaler. 

H. Y. 

Duranty (LXXVIII ; LXXIX). — L'au 
teur du Malheur d'Henriette Gérard ^m^M 
revenir à la mode ; on se met à réimpri- 
mer ses œuvres et la critique s'empare 
de lui. A l'occasion d'une nouvelle édi- 
tion de son roman !m Came du beau 
Guillaume (édition de » la Sirène »), 
M. Paul Souday consacre à Durantv,dans 
le feuilleton du Temps du 13 janvier der- 
nier, une chronique très documentée dans 
laquelle il fait une allusion discrète au 
mystère de sa naissance : 

Il était né en 183^ de père et de mère in- 
connu.-. Le balzacien j l(s Christophe, un 
des rares critiques qui se soient occupés de 
lui, croit qu'il était (ils 'e Prosper Mérimée 
et d'une grande da'-.ie, amie particulière de 
rimpératrice Eugénie. C'était, paraît-il, un 
petit homme sec, brun, barbu, très poli et 
tics réseivé. qui cachait avec -oin sa vie. Le 
pottr.iit de Deg,is lui prête un a.'sp'îct dur et 
hérissé Je fanglier méditatif. 

l 'uranty étant né l'année où la future 
impératrice des Français n'avait guère 
que douze ars, il doit plutôt s'agir ici 
d'uiiC amie de la comtessf' de Montijo. Il 
n'y aurait rien de surprenant que Méri- 



L'INTIsRMEI3IAlRr. 



164 



mée, qui fréquentait depuis quelques an- 
nées chez cette dernière personne, y ait 
rencontré la belle dame en question et ait 
euavec celle-ci une liaison qui aurait eu des 
suites A cette époque Mérimée n'était p s 
encore dans les liens de la grande passion 
qui devait durer de 18)7 à 1852, et menait, 
suivant l'expression d'Augustin Filon, 
une existence de di.ssipation. Qiii était 
donc cette nouvelle « inconnue » que n'a 
mentionnée aucun des biographes de l'au- 
teur de Colomba ? 

Dans tous les cas, si Duranty est le fils 
de Mérimée, on ne retrouve guère dans 
le portrait qu'a fait de lui Degas les traits 
caractéristiques de son père supposé. Il 
lui res.-emblerait plutôt au moral, car s'il 
est vrai qu il était « très poli et très ré- 
servé, et cachait avec soin sa vie », ce 
sont là des particularités que tous ceux 
qui ont connu ou étudié Mérimée s'accor- 
dent à reconnaître à ce dernier. 

Un bibliophile comtois. 

Granier, évêque de Genève 

(LXXXlil, 45). — Claude de Granier, 

évêque de Genève, résidait à Annecy, 

Saint-François de Sales, à peine entré 

dans les ordres, fut prévôt de son église. 

Sainte-Beuve le mentionne dans son 

Poit Royal (tome I", p, 258 . — On doit 

trouver des renseignements dans le Saint 

irtinçoi'i de Sales de M. de Margene, 

(Paris, Leciffre). Je n'ai pas cet ouvrage 

sous la main. 

Henri D, d'A. 

* 
* * 

Le saint prélat qui a occupé, avant 
Si Fiançois de Sales, le siège épiscopal 
de Genève, appartenait à une famille de 
.Savoie. Son |)ère. Bernardin de Gra- 
nier, fut d'abord premier commis du 
trésorier de la duchés e de Nemours, 
puis maître d'hôtel et écuyer du duc de 
Nemours ; il épousa Antoinette du Châ- 
telard, d'Yenne, dont il eut deux fils : 
Claude et François , et deux filles : 
Marie, femme de Jean de Chissé, seigneur 
de Pollinge, et Charlotte, femme de 
François de Baillans, seigneur de Verbos. 
François de Gr;mier seigneur du Noyer 
et du Châtelard. continua la famille dont 
les descendants ont disparu au milieu du 
xvn* siècle. 



DBS CHEKCHBUKb hl CUKIIUX 



ao-iS Février ifti . 



165 



- 166 



Claude de Granier, relijçieux bénédic- 
tin, prieur de Talloire et de Saint-jeoire, 
évêque de Genève de 1579 à 1602, por- 
tait un blason Je sinopU à trois cioix ire- 
fiées au pied fiché d'argent. 

Voir : Besson Mémoires p.tur l'histoire 
ecclésiastique des diocèses de Genève, Ta- 
rantaise, ncuv. éd. (Moutiers, 1871), p. 
71 ; Cte de Foras, Armoriai et uohiliaiie 
de l'ancien duché de Savoie, t. III, p. 140. 

Saint-Valbert. 

Harpedane ou Harpedene (LXXXII : 
LXXXlll, 70). — je suis probablement 
devancé pour la réponse à la question po- 
sée dans le dernier numéro Je janvier de 
V Intermédiaire au sujet de la famille Har- 
pedane ou Harpedene. 

je n'en indique pas moins que cette fa- 
mille est d'origine anglaise et remonte à 
une très haute antiquité. On rencontre un 
Harpedane de belleville à la bataille de 
Taillebourg, et l'un d'eux était sénéchal 
de Saintonge au xv* siècle. 

L'histoire de la Saintongo fourmille de 
ce nom qui est encore porté par ses des- 
cendants. L'un d'eux habite Niort, où il 
exerce la profession de banquier, rue du 
Petit Banc. 

On peut s'adresser à lui directement si 
ce n'est déjà fait;c st un homme très ai- 
mable qui se fera, ;•: n'en doute pas, un 
plaisir de répondre à la question. 

L. T.T. 



Le chef de la famille Harpedanne de 
Belleville, habite Niort, 11, rue Dupin. 

Son fils aine |ehan, lieutenant au ç« 
tirailleurs algériens (le seul officier du 
nom au commencement de la guerre) est 
tombé près de Tracy-le-Mont (Oise) le 
21 décembre 1914. 

Cité à l'ordre de l'armée, il a été dé- i 
coré à titre posthume de la Croix de 
guerre avec palme et de la Croix de che- 
valier de la Légion d'honneur. ! 

Son fils André, jeune engagé, caporal I 
au 1 as* Régiment d'infanterie est tombé j 
à Réméréville 'Meurthe-et-Moselle) le 24 | 
août 1714. • 

Cité lui aussi à l'ordre de l'armée, il a ! 
été décoré, à titre posthume, de la Croix de ' 
guerre avec palme et de la Médaille mili- 
taire. 



Ce sont bien des descendants des an- 
ciens châtelains de Montaigu . 

Au xiv" sièolc, un gouverneur de Niort 
signait : Harpedene, ainsi que le cons- 
tate Bjnjamin Fillnn dans un ouvrage où 
il reproduit cette sign.ilurc ainsi qu'un 
sceau aux armes de la famille qui r.r-nt 
toujours les mêmes. 

• 

• • 

« Au comiiicncement de la guerre der- 
nière, j'ai t!.)iivc dans un journal la 
désignation d'un Harpedene ^on écrit 
aussi Harpedane), comme officier de l'ar- 
mée française. Quclqiif aimable corres- 
pondant pourrait-il me faire savoir si la 
famille Harpedene ou Harpedane a encore 
des représentants et où ils habitent ? 

« (]ettc famille a possédé la chàtellcnie 
de Montaigu, en Bas-Poitou au xv* siècle, 
et je serais heureuxd'obtenir ce renseigne- 
ment )). 

Docteur Mignbn. 

• * 

Il existe comme représentants de la fa 
mille Harpedane ou Harpedene 

Mme V'.iive Harpedane de Belleville 
demeurant à Lugon (Gironde), et ses 
deux enfants demeurant avec elle : 

i" Mme veuve Trécolle ; 

2" Et .M. Koger H. de R. ., docteur en 
médecine, qui a fait en effet toute la cam- 
pagne 

R. D. 

Ma cousine issue de germaine. Made- 
moiselle de Beaucorps, a épousé Mon- 
sieur Anselme Harpedane de Belleville. 
Ils habitent Niort (Deux-Sèvres). Leurs 
deux fils ont été glorieusement tués a 
l'ennemi. 

!La 2« édition du Dictionnaire généalo- 
gique des familles du Poitou contient une 
i notice sur les Harpedane. 
i Capitaine uf. Guenyvfau 



Famille du baron d'Hugon 

(LXXXII) — Le pcjsonnage en question 
appartient probablement à la famille 
Dugon, ou d'Hugon. établie en Bourgogne 
dès I S7S et qni portail comme armes .. : 
d'' argent à trois met telles de sabif. 

Jules François, mnrquis d'Hugon. Louis 
Charles Henri, chevalier d'Hugon. Henr 
Charles Louis, comte d'Hugon, priren 



N» 1534. Vol. LXXXllI 

167 

part aux états généraux de 1789 dans le 
baillage d'Autun. 

je crois, sans pouvoir Taffirmcr, que 
cette famille existe encore de nos jours. 

Pour plus amples renseignements, con- 
sulter les ouvrages relatifs à la Bourgo- 
gne, où cette famille a possédé de nom- 
breuses seigneuries. 

Un Bellifontain. 

Jules Janin, descendant de Eas- 
sorapierre (LXXXIl, 382). — Si je ne 
puis répondre à la question du Bibliophile 
comtois, il m'est facile du moins de lui 
indiquer quelqu'un qualifié mieux que 
personne pour lui donner satisfaction : 
c'est un descendant de |ules Janin, le dis 
tingué critique d'art, M. Clément-Janin, 
qui est en possession de la majeure par- 
tie des papiers de l'illustre critique des 
Débats 

d'E. 

Famille Martinet de Brunot 

(LXXXIII, 91) — Je suis très honoré 
que M. Desmartys ait fui en moi. Il va 
hélas ! déchanter. Parmi m:s milliers de 
fiches sur les familles du Périgord, je n'en 
ai pas une sur la famille Martinet de 
Brunot. Elle ne figure, du reste, ni dans 
V Armoriai du Pé'igod ni dans le grand 
Armoriai général de France^ manuscrit, 
registre Gujeiwe. 

^aint-Saud. 

Une lettre inédite de Rachel 
fLXXXIi, 32 , 407 ; LXXXIII. 7=;). -Je 
demande la permission de rectifier une 
erreur de date que je relève dans ma der- 
nière notice à l'occasion de la brouillé 
survenue entre Rachel et le ménage Cré- 
mieux. 

Ce n'est pas en 1838, m.iis au mois 
d'octobre 1841 que la tragédienne, froissée 
des remontrances que lui avaient adres- 
sées ses amis rompit net avec eux. Il 
faut convenir que ces reproches arri- 
vaient peut-être un peu tard, et il a fallu 
tout le bruit causé par le chantage tenté 
par l'odieux Véron sur sa maiiresse au 
moyen de certaines lettres écrites par 
celle ci, — sans l'aide de Trcîmieux cette 
fois, — pour amener ces excellenles gens 
à se scandaliser d'une liaiâon qui durait 



L'INTERMEDIAIRE 



16g 



déjà depuis trois ans au vu et au su de 
tout Paris. 

Il est vrai que Rachel et les Crémieux 
se raccommodèrent par la suite 

Un bibliophile comtois. 

La prénom Savary (LXXXill, 45). 
— je me méfie de la forme Savanx. 
Quels textes et quelle époque .f* Jai grand 
peur que ce ne soit une déformation de 
Savary ou une mauvaise traduction de 
Savatinis. Si havarix est réellement une 
forme originelle on ne saurait douter que 
la racine rix ou rie ne soit d'origine ger- 
manique. Elle évoque l'idée de richesse 
puissante. Reich, riche ou puissant, de- 
vient rix : Ambiorix, Vercingétorix, — 
riche en France, — ricos bombies en Es- 
pagne... 

Henri D. d'A 

Portrait du marquis de t<ade 

(LXXXI, 92). — C'est dans la Bihlw- 
Biographie de M. de Sade (1834), qu'on 
pourrait peut-être se satisfaire : le portrait 
est de la collection de M. de la Porte ; et 
rare assez. 

Ch. Ad. C. 

Jean Victor de Traverse ou Tra- 
versay (LXXXIII, 6) - S'il s'agit d'un 
membre de l'illustre maison poitevine des 
Prévost Sansac de Iraversay, .M. T peut 
retrouver le personnage en q estion dans 
la 1'' édition du Dictionnaire généalogique 
des familles du Poitou par M. Bcauchet- 
Filleau, la 2' édition n'étant pas encore 
parvenue à la lettre P. 

A défaut, M T pourrait s'adre.=ser à 
M. Beauchet - Filleau à Chef - Boutonne 
(Deux-Sèvres). 

Capitaine de Guenyveau. 

Villiers de l'Isle-Adam fLXXXII, 
3^9; LXXXIII, 79). — D'Auriac, dans 
V Armoiial de la noblesse de France, tome 
Vill, donne très sérieusement une généa- 
logie des Villiers de i'Isle Adnm russes. Un 
simple examen l.« rend suspecte. Un petit 
neveu du grand maître de Malte aurait 
embrassé le protestantisme, se serait ré- 
fugié en 1579 à la Rochelle, puis en 
Suisse ; son fils se serait fait appeler Be- 
nedict Adam, sa postéri'é aurait mo ii en 
Améiique et en Suisse sous ce nom de 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 9«.i8 Février içai. 

169 ijû 



Adam, et serait arrivée avant 1794 en 
Russie, où elle reprit, ^/rr deux cinh am 
d'interruption, le nom Je l^iUiers de l'Isle 
Adam. On cite comme références les 
abondjnles archives de la famille, mais 
elles sont insuffisantes pour donner les 
précisions d'usage sur les 4 degrés réu- 
nissant Bénédict Adam au maréchal de 
Villiers de l'isle Adam. Ces Russes sont 
authenliquement des Adam. Plus loin 
j'altsnds leurs preuves si abondantes. 

Ours d'Aq.uitaine. 

Armoiries à l'enquerre conférées 
par la maison de Lor. aine a Jtsiian 
Cloûet d'Autrécoart (LXIV, 764 ; 
LXV, 71, \b^, 327, 42); LVii, 410; 
LXXXl 143, 260) — Les armoiries con 
férées par le Duc de Lorraine a Jehan 
Cloiiet d'Autrécourt portent bien dans 
l'acte d'anoblissement du 28 février i s i 1 , 
dont l'original est aux archives départe- 
mentales de Meiirthe et-Moselle ^B 12 fol. 
165) : « d'azur à quatre tesses de gueules 
« et dessus une lozenge partie d argent et 
« d'or et sur le tout un torteau de sable » . 

Le Nobiliaire du duché de Lorraine et 
de Bar par le duc René mentionne sim- 
plement p. 19 : « Jean Cloiiet de 'gueules 
à quatre bandes d azur *. J. B. Rietstap 
(2"= édition) cite : « Cloïiet d'Autrécourt : 
« fasce d'azur et de gueules à une rustre 
« partie d'argent et d or posée en cœur et 
« brochant sur le tout »•. 

Le Nobiliaire ou Armoriai Général de 
la Lorraine et du Barrois par le R. P. 
Dom Ambroi>e Pelletier tome 1 p. i-{5 
cite : « Clou' t . Jean) d'Autrécourt fasce 
« d'azur et de gueules de 6 pièces à i 
« rustre partie d'argent et d'or brochant 
« sur le tout et mis en cœur et pour ci- 
*< mier 2 pennes à lécu < (fol. 165 regist. 
« 15 10 15 14) D'autres disent : «d'azur à 
« 4 fasces de gueules surmontées d'une 
n lozange partie d'argent et d'or chargée 
t d'un tourteau de sable ■» . 

Ce sont ces dernières mentionnées, les j 
plus authentiques parceque conformes à | 
l'acte danoLlissement, que porte la j 
branche endette des Cloùet dont le seul 
ît dernier représentant est actuellement 
M. Louis Cloùet, marié à Henriette Vimal 
du Bouchet, arriére petit-fi's de J. B. P. 
A, Cloùet secrétaire du Roi Louis XVI. j 
Toutefois la branche aînée représentée /' 



! par le Baron Henri Cloùet marié à Marie 
j de l Epinois et petilliU du général, bla- 
scnnc, ainsi que le fait observer * ficharpc » 
dans sa communicalion fl.XXXI. 260) : 
* fasce de gueules et d'argent de 6 pièces 
« charge en abyme d'un losange pauic 
« d'or et d'argent » . 

Les lettres patentes du 10 août 1813 
n'ont pas octroyé de nouvelles armoiries 
au général Cloùet mais elles lui ont mam- 
tenu à peu près cclKs ilc l'acte d'anoblis- 
sement de 151 1 en en modifiant les 
émaux, ce qui les mettait en concordance 
avec les règles de l'héraldique, auxquelles 
délogeaient les premières qui son! .n. ii| 
sur émail. 

Il est à remarquer d'ailleurs qu un 
grand nombre d'armoiries conférct-s par 
la Maison de Lorraine sont a l'enquerre, 
telles par exemple : 

Hans Colmes 147s : « de saule à i 
chevron brisé de gueules. .. . » 

Clément 1496 : « d'azur à 1 tête cou- 
ronnée au milieu de sàble > 

Jean de Chàteauneuf : »< d'or à 2 bandes 
d'argent » 

Pierron 1 15 10 « d'azur a i bande dente- 
lée de gueules » 

Bertrand i 5 10 « d'or à 2 barres en sau- 
toir d'argent » 

Molnet 15 14 « d'azur à i lion atTronté 
de gueules.. 2. etc.. etc.. 

A quelle époque les règles de l'héraldi- 
que ont elles été édictées ou codifiées? 
N'étaient-elles observées qu'en France eu 
bien les ducs de Lorraine ne voulaient-ils 
pas s'y soumettre ? L. de Souilly. 

Le nombre des nobles avant 
1789 LXXVllàLXXlX;LXXXll;LXXXllL 
15. , 17) — L'ouvrage de M le chanoine 
Le Paige, *< dictionnaire historique etc. , 
de la province du Maine» au Mans, chez 
Toiitain, libraire, XCIlLXXVll commence 
par un extrait des « iVlémoires de M. de 
Miromesnil, intendant do Tours, dressé 
par ûfdre de la Cour en 1697 *. Si un mé- 
moire analogue a été dressé par ordre 
dans toutes les généralités on peut y pui- 
ser des renseignements précieux et faciles 
sur le nombre des nobles non pas en 1789 
mais à une époque relativement voisine de 
cette date. 

On lit dans ce mémoire (pages 1 et a). 

Les feux Je la g««nëralité de Tours, tant en 



N» 1534. Vol. LXXXII. 

171 

franchise que taillable sont au nombre de 
a66s34 qu'on met, par estimai ou à 1.066493 
âmes dont 57,0 prélats, «bbés, etc , 52)0 re- 
ligieux et religieuses et 1700 (liix sept cents) 

gentilshommes 13 duchis dont il y a 12 

pallies et un qui n'est qu'un simpio duclié, 
30 Comtés, iloiit il y a a p.;iries, plus de ao 
nurquisals dont il y a un de pairie, plus de 
60 ba.onies dont il v a 2 de pairies. 

T. M. 

Noblesse du Bas- Maine (LXXXII ; 
LXXXlll, 31.. — M. Desoimeaux puise- 
rait sans doute des renseignements pré- 
cieux dans un niémoire, sans norn d'au- 
teur, indiqué « Reinontrance envoyée au 
Roi par la noblesse de la Religion réformée 
du pays et Comté du Maine, sur les excès 
commis depuis la publication de Tcdit de 
pacification dans ledit Comté et présenté 
à S. M. à Rossillon le 10 août i5b4,etc>». 

Cette ptèce est imprimée dans les 'mé- 
moires de Condé 1365 Tome III, pages 
719 a 764 ; cl dans lédition de 1746, Tome 
V pages 277 à 301 ; dans la bibliothèque 
historique de France, Tome II, art. 17970. 

T. .M. 

Les inscriptions des cadrans so- 
laire.^ ^T. G.. 158 ; XLVI à XLVIII ; L à 
LU ; LIV à LXV). 

Toutes laissent leur trace au corps comme à 

[l'esprit, 
Toutes blessent, hélas I — ta deiniertf gué- 

[r;t. 

j'ai lu ces beaux vers sur une horloge 
datant de 1870- 187s. 

Qui a bien pu avoir une telle inspira- 
tion .? L. V. 

Tableaux de Raphaël à retrou- 
ver (LXXXII, 192 . — Cette question 
fut traitée, en partie, il y a nombre d'an- 
nées, dans la Correspondance historique et 
arcbéologique, aujourd'hui disparue. Un 
des collaborateurs de cz périodique avait 
découvert des lettres de Saint-Simon si- 
gnalant au lieutenant de police un vol qui 
venait de lui être fait, de tableaux de 
Raphaël, cntr'autres, la mort de Gaston 
de Foix à la bataille de Ravenne. 

Un mois après cette plainte, Saint-Si- 
mon annonçait au lieutenant de police 
que les tableaux lui avaient été restitués 
par le voleur. 

D'E. 



L'INTERMEDIAIRE 



172 



Statues d'actrices en talc, XVIIl* 

siècle (LXXXlll, 49). — 11 s'agit des 
œuvres du Sculpteur Mcrchi, et non 
Merché, élève de l'Académie en 1774, 
qui obtint une 3' médaille au concours 
de l'AcadéiTiie de peinture et de sculpture 
en 1776. Son nom ne se retrouve pas 
dans la t;;b!e des Salons du xvni* siècle ; 
je ne le vois cité que dans la table des 
Protès verbaux Je V Aiadétnic de peinture 
et de sculpture. 

La question a été déjà traitée, sans so- 
lution, dans ]' Intermédiaire., '879, col. 
SÔQ ; 1H92, I*'' semestre col. 343 Le 
Musée Carnavalet possède un buste de la 



Guimard par Merchi, 



K B. 



Tours isolées (LXXXlll, 95) — De 
nombreuses raisons, vuriables avec les 
temps et les lieux peuvent avoir motivé 
l'érection de tours isolées des églises, j'en 
citerai deux principales. 

La première est l'insuffisance de cer- 
tains clochers surmontant les transepts 
ou les narthex pour supporter l'ébranle- 
ment occasionné par la sonnerie de 
grosses cloches données ou acquises après 
leur construction. 

Pour en citer un exemple très moderne, 
on sait que la flèche sur lanter.ie de 
l'église Notre-Dame de Dijon fut recons 
truite en 1866 par l'architecte Millet, 
mais les anciennes cloches ayant été dé- 
posées dans les caves de l'église, on n'osa, 
à cause de leur poids, les suspendre dans 
le nouveau clocher; et l'on décida qu'une 
tour latérale et isolée, dessinée par l'ar- 
chitecte Charles Suisse, dans le style du 
xi!i* siècle, recevrait les cloches. 

Depuis longtemps déjà le projet dort 
dans un carton, et les fonds recueillis 
avant la guerre sont maintenant insuffi- 
sants pour réaliser le projet. 

Ce qui se produit aujourd'hui pour 
Notre Dame de IJ jon eut autrefois sou- 
vent sa ra'son d'être. 

Mais toutes les tours séparées des 
églises ne furent pas destinées principale- 
ment à recevoir des cloches 

Telles d'entre elles, coinme celles de 
Moissac ou de St Benoit-sur-Loire sont 
manifestement, par leur puissance, en 
disproportion avec ce but restreint. 

11 faut voir, en réalité, dans leur cons- 



DES CHKKCHEURS ET CURIEUX 



173 

truction, une sorte de donjon religieux, 
une affirmation des droits seigneuriaux 
des églises et des abbayes assimilables à 
ceux des châteaux. 

En Italie, beaucoup de clochers se trou- 
vent ainsi isolés des églises parce qu'au 
moyen âge les cités ayant conservé l'es- 
sence do leur constitution romaine, les 
clochers étaient un monument municipal 
autant que religieux. 

E. Fyot. 



Au nombre de ces tours., il faut citer 
celle de l'église de Villemaur Aubej" cons- 
truite en bois et recouverte en guise d'ar- 
doises, de bardeaux de bois 

L'église ayant été incendiée en 1446 et 
reconstruite en 1540, il semble que la rai- 
son de cet isolement est que la tour cons- 
truite en 1543, tût été trop lourde et trop 
volumineuse pour l'édifice. 

Lucien Morel-Payen, 

Clochette romane (I.XXXII, 385 ; 
LXXXlll. 120). — Il y avait a Si-Etienne- 
du-Mont, il y a une trentaine d'années, 
une clochette qui semble répondre, si 
mes souvenirs sont exacts, à la descrip- 
tion de hi clochette de Reims, ce devait 
être une reproduction, y est-elle encore.'^ 
c'est très probable. 

E. P. 

Marques sur un meuble S. X. A. 

(LXXXlll, 49). — Il existe, a la Roche- 
sur Yon un superbe buffet à deux 
corps, de style flamboyant, si l'on peut 
dire, quoi qu'il n'y ait rien là de gothique, 
qui est date de lyj^. Sculptures superbes. 

Le meuble a une histoire. Il a été de 
longues années enfoui dans le milieu d'un 
étang, voisin de la rivière La Smagv.e (1) 
et n'en a été extrait (2) qu'il y a une cin- 
quantaine d'années ! 

Il a une importance considérable pour 
l'histoire de l'Art et de l'ébénisterie dans 
l'ouest de la France au xvi« siècle. Mais 



(1) On sait qu'en Vendée on trouve par- 
fois des meubles ancjens dans les 5" uteriiiins 
Réfutées, réutilisés en 1793 179=;. 

(2) Ce meuble ?. clé fab:iqué à Dissais 
(Vendée), d'après une inscription. 



t«-«8 Février 1911 . 



'74 



aucun spécialiste n'en connaît Icxistencc. 
Il méritait de celui de 1560. cite. 

iVâARc.EL Baudouin. 

Q lieta non movore (LXXXlll. 49). 
Quicla movere, « troubler la tranquillité 
publique », est un mot de Sallustc {C<\- 
tiltna, XXI. i'« phrase), a propos de Cali- 
lina haranguant des hommes qui trou- 
vaient un grand profit à bouleverser 
l'Etat. L'idée "St si claire qu'il n'y a, ce 
sernble, aucun mystère à chercher sur 
« l'origine » de la formule. 

D' Frip.nd. 

* 
• * 

Dans SCS GefiugeUe /i^ or/t-.Ccorg Buch- 
mann prétend que ce précepte se trouve 
pour la première fois cité dans Sal- 
luste qui, dans son ouvrage, De con 
jurjlione (^titilittu:, 21, 1, dit des compa- 
gnons du conspirateur que pour eux 
« qiiieta moverc magna mcrces videba 
tur. > 

Un BIULIOPHU.B COMTOIS. 



« Tametsi illis quitta movere magna 
merces videbatur ». 

Saliuste, Catilitta, chap. XXI, aux pre- 
mières lignes. 

< C'était pour eux un grand avantage 
de troubler la paix publique y> 

D' G. MiGNEN. 



Tartan n de Tarascon (XXIV ; XXV ; 
LXXXlll, 86). ~ Tai tarin n'est pas de 
1872. Il serait plutôt de 1861-02. 

D'abord, précisons. La lettre de M. Ma- 
zel au Mercure parle d'un cousin de Dau- 
det, qui s'appelait « M. Renaud ». \ un 
erratum près, c'est exact. 

La mère d'Alphonse Daudet était née 
Reynatid ; elle était cousine gcrm.iine du 
célèbre tueur de perdreaux dont la mai- 
son est aujourd'hui devenue l'hôtel fer- 
minus, à la sortie de la gare de Nimes, au 
coin de l'avenue Feucheres. tout à fait en 
conformité avec rin.lication de Daudet, 
que son héros habitait * à l'entrée de la 
yUle » . Ce n'est donc pas, comme le veut 
M. Mazel, d'un personnage « da environs 
Je Mo--tfrin »» qu'il S agit. D autre part, 
M. G Bruguier fait remarquer, dans 1 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1534. Vol. LXXXIM 

,75 

Débécbf de Toulouse (n» du 13 février) (1) 
que Daudet s'est chargé lui-même, dans 
ses Trentcans de Pjris.de nous confier que 
Tarascon n avait été, pour lui, »< qu'un 
pseudonyme ramassé sur la voie de Paris 
à Marseille, parce qu'il ronllait bien dans 
l'accent du Midi. En réalité, le pays de 
Tartarin est un peu plus loin, à cinq ou 
six lieues de l'autre main du Rhône». 
Pouvait-on indiquer de plus graphique 
sorlc Nimes — qui se trouve à cette dis- 
tance de Tarascon -- comme étant le ber- 
ceau du héros de ce célèbre roman ? 

Le voyage de Daudet en Algérie en 
compagnie du cousin Reynaud est de no- 
vembre i86i et c est sans doute le brave 
philistin nimois qui en paya tous les frais 
— on sait que ce voyage avait pour but 
de permettre au jeune homme, alors âgé 
de 21 ans et dans l'impécuniosité la jjlus 
absolue, de « calfater an soleil ses pou- 
mons ». En 1862. Daudet était de retour \ 
en France. Le 18 juin 1863 peu de mois : 
après que Paris le comptait paimi ses 



légendaire Barbât i de la chanson... ? 
Or, le hastrd voulut qu'il y eût à Taras- 
con des Barbarins, qui s'opposèrent cner- 
giquemenl à ce qu'on employât facétieu- 
5'.'mont leur patronymique. Lhiiermà- 
diaire a signalé autrefois l'existence d'un 
Tartarin à Bezons. Nous avons connu 
ncus-mème, pendant la guerre, à l'hôpi- 
tal maritinie de baint Mandricr, près Tou- 
lon, un v'octeur Tartarin, qui était, au sur- 
plus, un charmant homme et qui, sans 
doute, vit encore Daudet opéra-t-il donc 
la métamorphose de Barbarin en Tartarin 
sous l'effet d'une autre réminiscence ono- 
nuistique non suivie, cette fois, de protes- 
tation ? Il y aurait à continuer, dans le 
Midi, cette curieuse enquête, déjà si fruc- 
tueuse .. Et voici, certes, de quoi étoffer, 
pour une seconde édition^ le chapitre : La 
ville d' Alphonse Da4det, inséré aux pages 
39 44 de la plaquette MemansanJo (NimQS, 
iq2i), première œuvre d'un de nos an- 
ciens élèves du lycée de Nimes, qui pré- 
pare actuellement rngrégalion d'espagnol 



hôtes avides de gloire littéraire, il donnait j à Madrid, le Nimois Marcel Carayon. En 
■' 1( ■ ■ 

q 



dans le Figaro de Villemessant une éhau- tout cas, il reste d'ores et déjà acquis à 
che de son 7",7f/<?r««, qu'ilintitulait : ''"/ifl- l'histoire littérair 



paitn le tuent de Itons. Ce conte n est pas 
dans l'édition complète. Pourquoi ? 

Le cousin nimois « rude homme » et, 
de plus, « homme d'esprit », dut sans doute., 
doute aucun mettre le hola ! quand il se 
vit ainsi caricaturé Daudet a prétendu ! 
qu'il avait été « le premier à rire de cette 
galéjade » que fut Tartarin, qui e>t de ' 
1869. Ce n'est point si certain et M. G. j 
Bruguier, qui connaît son Nimes sur le | 
bout du doigt, i;'hésite pas. à affirmer ; 
que le cousin « manifesta de a mauvaise ' 
humeur ». Car a il était trop exce.^sif pour : 
ne point voir une effrontée polissonnerie 
là où nous ne voyons qu'une espièglerie ; 
malicieuse Ce qu'il avait le moins par- ' 
donné, rapporte-t-on, à son génial carica- \ 
turiste, c'est la manière de lui faire pro- 
noncer le mot Preinre ! » ; 

Dans son conte de 1863 Daudet a déjà ' 
choisi Tarascon pour berceau de Chapa- ; 
tin, quoique dit-il malicieusement, les ' 
gens de Reancaire en seront fâchés. Mais 
comment Chapatin est-il devenu Tarta- 
rin ? Par l'intermédiaire de Barbarin^ qui 
semblerait découler tout naturellement du 



e que Tartarin ne s'ap- 
pelle p;is Tartarin, mais Keynaud, et qu'il 
n'est pas de Tarascon, mais de Nîmes. Et 
cette leçon vaut bien un fromage, sans 



Camille Pitollet. 



(i) Edition du Gard. 



Encore un i-cd/rf', mais faudrait-il laisser 
un mensonge se perpétuer impunément, 
si mince qu'en puisse être l'objet, si 
fortuite qu'en ait été l'occasion ? 

De très bonne foi certainement, no- 
tre collaborateur A. de R a cité comme 
l'un des premiers Tartarin de l'his- 
toire , « un gentilhomme dauphinois 
de la maison de Salvaing, connu sous le 
nom de Tartarin à cause de sa vaillance » 
et ainsi désigné dans VHistoiie du gentil 
chevalier Bayard, d'Aimar (Lyon 1699). 

Malheureusement ledit Aimar a eu 
pour guide le yray thédt>e d' Jionneur et de 
Chevalerie (Paris 1648) par Vulson de la 
Colombière, lequel, confident et complice 
des rêveries généalogiques du Président 
Salvaing de Boissieu, lui avait tout sim- 
plement inventé là un ancêtre de pre- 
mière classe ; cette supercherie a été dé- 
voilée en iSçoparM. A de Tcrrebasse, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10-98 Février igsf 



publicateur du manuscrit de Philibert Le- 
brun (bibl. de Lyon) d'où résulte que le 
vrai Tartarin de V Histoire Je Pierre Ter- 
rail, ieigneur de BayarJ, désigne dans les 
anciennes éditions de 1527, 1616, 161g, 
— non pas nominativement, mais seule- 
ment comme < un sien voisin du D.iu 
phiné, fort rudr homme d'aimes » — 
n'était pas un Salvaing (cette fan>iile étant 
alors fort obscure) mais bien Thierry 
d'Urres, seigneur de Portes en I)au 
phiflé. 

Ainsi, de Tartarin, les Salvaing n'au- 
ront eu que l'audace. 

Ilssont étcinlsdepuis longtemps, comme 
aussi les familles ayant relevé le nom et 
les prétentions du vaniteux Président de la 
Cliambredes (^lomptes du Dauphiné. Rien 
ne peut donc aujourd'hui nous empêcher 
de rendre à César ce qui appartient à Cé- 
sar — et à Thierry de Portes son surnom 
historique de Tartarin, qui a été celui d'un 
brave. 

NOLLIACUS. 

« 

Voici une réponse topiijue relative à ce 
nom de 'artarin : elle émane d'Alphonse 
Daudet lui-même et se trouve dans ses 
Souvenirs, Trente am de Paris, p 1^5 ; 
Marpon et Flammarion, 1888. 

A l'origine, Tartarin se nommait « Bar- 
barin » ; Alphonse Daudet dut modifier 
le nom de son héros peur éviter des ré 
clamations. — ime croisade qui s'annon- 
çait contre lui. 

si 11 y avait justement à Tarascon une 
vieille famille de Barbarin qui me menaça 
de papier timbré, si je n'enlevais son nom 
au plus vite de cette outrageante bouffon- 
nerie. Ayant des tribunaux et de la jus- 
tice une sainte épouvante, je consentis à 
remplacer Barbarin par Tartarin sur le, 
épreuves déjà tirées, qu'il fallut reprendre 
ligne à ligne dans une minutieuse chasse 
aux B ». 

Donc, lïs suppositions faites sur c^ 
nom de Tartarin, rencontré par Daude 
dans une de ces promenades, etc., tom" 
bent d'elles-mêmes : c'est à Barbarin que 
Daudet avait pensé t.>ut d'abord, et il n'a 
imaginé Tartarin que comme échnpp l'iire 
ou pis aller. 

Albert Cim. 



- 178 
tôt. a 



Se lever tôt. a Paris (ou la 
France) est à celui qui se lève de 
bon matin » ■LX.'^Mll y) — Ce pro- 
verbe me semble paraphraser celui plus 
ancien, certainement antérieur à 184g: 
s< L'avenir est a ceux qui se lèvent loi » . 
j'ignore les origines de l'un et de l'autre. 
Thomas L'agnelet. 



« Arioviste « est il le nom déna- 
turé .i» « Ernest » ^LXXXllI. ^i ). -- 
L'eîymologie du nom latinise Artovishn 
est incertaine ; on ne sait trop .si c'est un 
mot germanique ou un mot celtique. Voir 
E. Fœrstcmann, /Hileulschfs Nanunbucb, 
38 édit . t. l {Penoiienn amen], col. 78}, 
162s Mais il est certain que l'identifica- 
tion d'L'rnestits ( /irnustus / ist d' Arinviilm 
est fantai'^iste Sabellicus ne mérite pas 
plus de confiance comme philologue que 
comme historien, et Cousin n'avait guère 
plus de critique que lui. 

Le Bibliophile Comtois sait-il que l'opi- 
nion de ces humanistes s'est conservée 
jusqu'à nos jours? 11 lira avec intérêt (s'il 
ne l'a déjà lu) un article d'A. Delacroix, 
intitulé : Une tradition siqu-inain concer- 
nant Aiioviste, dans les Mémoires de la 
Sotiétc d'émulation du Doub^, 1876. p 
442 et suiv. 

Saint-Valbert. 



Le curé Meslier (LXXXI, 289. 398, 
455). — Dans sonder nier ouvrage, M^-'/rtM^ts, 
(chez Champion) 1920, M. Frédéric La- 
chèvre consacre à ce su)et un important 
chapitre : Vollaire et le curé Malier. 
M. Lansm ayant émis des doutes sur 
l'attribution de V Abrfgè de la vie de Jean 
Meslter à Voltaire, M Frédéric Lachcvrc 
démontre que le doute est impossM 
Mais Voltaire a commis quelques inc <^ 
litudes dans cette notice parce qu'il est 
renseigné de seconde ou de troisième 
main. 

La conclusion de 
vre est celle-ci : 



M. Frédéric Lachè 



Jean Meslier n'a pas clé psn.iant touto s. 
vie l'athée et l'anarchiste qui se sont dëmas 
qués au lenJc-ni.Tin de sa mort. Le cëlibil qui 
; lui ëta.t impose par ses vœux, son ogiicil 
1 froisse, le sentiment de son impuissance à 



L'INTERMEDIAIRE 



N» S34. Vol. I.XXXII 

'79 - — ] — ; 

se venger des injustices dont it s'est cru 
victime en ont fait un révolté. Ce n'est pas 
la conviction qui a guidé sa plume, mais 
bien la haine. L'esprit philosophique n'a 
rien eu à vo'r dans son évolution. Meslier 
reste un isolé, il a voulu suitout frapper, î 
nous le répétons, ses deux ennemies : la 
Noblesse et l'Eglise, et cette dernière parce 
Qu'elle soutenait la Noblesse, 
^ 1. 



180 



Raspoutine et la famille impériale 
de Russie (LXXXl, 3, 109). — Voici, 
en réponse aux qu-stions posées par M. ). 
H., quelques renseignements que je dois 
à l'obligeance d'une personne apparte- 
nant p?r sa naissance à la haute société 
russe et, par conséquent, peut-être mieux 
en situation que les auteurs cités par 
notre confrère, de connaître les dessous 
de l'ancienne cour iiTipérialc. 

i^ Le jensheu est, parait-il, la racine 
d une plante qui croît dans la Chine sep- 
tentrionale et que les Chinois emploient 
couramment comme médicament ; ce se- 
rait donc plutôt un remède qu'un poison. 
Mais, en admettant même que cette ra- 
cine possède des propriétés toxiques, et 
que, — ce qui n'est pas prouvé, — le 
général Orloff soit mort empoisonne dans 
la Haute- Egypte, est il admissible que 
ses meurtriers aient précisément choisi 
pour accomplir leur dessein criminel, un 
produit qui ne se rencontre que dans une 
région aussi éloignée des rives du Nil que 
la Mandchourie ? 

2'' et 3° Comme l'a dit notre confrère 
R..., le général O... et l'officier dont 
parle M Charles Rivet ne font qu'un. Le 
général Orloff appartenait à une famille 
cosaque qui n'a rien de commun avec 
celle des princes du même nom. Il est 
exact que l'iiv , ratrice Alexandra Fédo- 
rovna l'honorait d'une profonde amitié, 
voire même d'une très grande affection, 
et, lorsqu'il mourut, elle l'a pleuré très 
ouvertement. Il avait été introduit chez 
la tsaritza par la favorite de celle-ci, la 
Wyrouboff, que la souveraine projetait 
de faire épouser au général ; c'est une 
des raisons pour lesquelles elle aimait à 
les réunir dans ses appartements. 

11 n'est nullement prouvé que le général 
OrlofTait été le père du tsésaréviich, ni 



qu'il ait manqué d'égards à l'impératrice 
à Assouan. Ce sont là des bruits sans 
fondement, répandus sur le compte de 
l'infortunée souveraine qui n'était pas ai- 
j iTiée,et dont le caractère excentrique don- 
nait facilement prise à la calomnie. 

I 4» On a fait courir également les bruits 
1 les plus divers et les plus ridicules sur 
I l'origine de l'infirmité survenue au grand- 
duc Alexis ; c'était la conséquence d'une 
î affection de la nature la plus délicatet 
mais nullement le résultat d'un attenta- 
criminel, ainsi qu'on l'a parfois raconté. 
La vérité est que le tsésarévitch souffrait 
d'une disposition rare et bizarre, hérédi- 
taire, non dans la famille de Hesse, mais 
dans la branche de la maison de Saxe- 
Cobourg qui règne actuellement en An- 
gleterre. Cette affection, que l'on nomme, 
je crois, hémophilie, se rencontre chez les 
personnes qui ont la peau d'une finesse 
telle que la moindre déchirure surve- 
nue au tégument externe produit chez 
elles des hémorragies trèi abondan- 
tes. L'un des fils de la reiie Victoria, le 
duc d'Albany, était atteint, au suprême 
degré de celle infirmité, et est mort, à 
peine âgé de trente ans, après une exis- 
tence uniquement prolongée par les soins 
incessants auxquels il devait se soumet- 
tre, A Berlin, j'ai entendu dire que l'un 
des fils du prince Henri de Prusse et de 
la princesse Irène de Hesse était sujet à 
la même affection ; son père et sa mère 
étaient, en effet, respectivement les en- 
fants des princesses Victoria et Alice, filles 
toutes deux de la reine d'Angleterre, De 
même, le grand-duc héritier, fils d'une 
sœur de la princesse Irène de Hesse, 
était affligé de celte tare congénitale, 
mais celle ci était chez lui si malheureu- 
ment placée qu'à la suite d'un coup reçu 
au cours d'une hçon de gymnastique à 
bord du yacht impérial Svetlana, il de- 
meura estropié pour la vi<», sans espoir 
pour lui d'avoir jamais postérité. 

Un bibliophile comtois. 



L'amour de la musique chez les 
poètes et les peintres (LXXXII ; 
LXXXlll, 36). — La «boutade fameuse > 
à laquelle '.1 est fait allusion, au bas de la 



DES CHERCHEUKλ HT CUKIKUX 



ao 98 Février 1911 



181 



182 



colonne 37 du n" du lo janvier ( i), émane 
sûrement de Théophile Gautier, qui eut 
le front d'inscrire, propria manu, celte 
impertinence anti-musicale sur V* Album 
Nadar », et de la signer. Il a dû. lors- 
qu'il est mort, être condamné à entendre 
de la musique à perpétuité ! 

D^ F. 



Je crois pouvoir alTirmer que la phrase : 
< Le piano est le plus désagréable et le 
plus cher de tous les bruits », émane de 
Théophile Gautier. Son fils, qui fut mon 
père, me la répéta bien souvent, dans 
mon enfance, en taquinerie, pendant mes 
études de piano. Il avait eu, maintes fois, 
l'occasion d'entendre son père émettre 
cette opinion. 

Mathilde Léon-Dufour, 
née Th. Gautier. 



Le felse (LXXXlll, 96). — M. Ros- 
tand n'a pas forgé ce mot ; felse est le 
mot en patois vénitien qui désigne le ca- 
pot central de la gondole, capot qui est 
amovible et qui a une porte sur le devant 
et des petites fenêtre de chaque côté. Mais 
ce mot, en vénilien, n'a pas un e muet à 
la fin, il est prononcé ainsi : felsé. — 
Rostand est inexact quand il dit : « se 
levant des coussins noir du felse», il 
aurait dû dire : coussins noirs de la gon- 
dole! 

Un vénitien de Paris. 

Mêmes réponses,* Ch-ad.C. ; A. D. A ; 
Lucien Morel-Payen ; CiNaoENiERs; H. G. 
M.; R. 1.; M. R. 



Chanter le coq (LXXXII, 244, 366 ; 
LXXXlll ; 35), — En Vendée, on dit 
Chanter Jaudais, ou Jaudet {dspud, coq), 
pour « chanter le coq » . 

Je reçois une lettre de Mexico, me ci- 
tant un nouveau de Paonne devenu Paon 
et chantant le Paon. Le fait a été observé 
en 1917 par un savant de Monterrey 
(Nuevo Léon, Mexique). 

D"" Marcel Baudouin. 



(i) «La musique est le plus désagréable 
et le plus cher de tons les bruit<* ^> . 



La protection des animaux devant 
la religion 'LXXXlll, 52). -- On trou- 
vera un excellent choix de textes sur ce 
sujet dans le volume inlitiile : /.'Fglne et 
lii pitié envers le» anitiiMixJi'Xtes originaux 
puisés à des souices fieu^et, premier recueil, 
édition I évite et conigée, et \econJ recueil, 
sens la direction de la nuïiijuise de Ram- 
bures, avec une préface par Robrrt de la Si- 
leranne (Paris, LccofTrc, Londres, l'urns 
et OjIcs, 1903). SaiiU Thomas d'Aquin, 
Somme, Piima setundct. qiiaest 102, re- 
commande la miséricorde à l'endroit des 
animaux, qui prédispose à la miséricorde 
à l'égard des hommes, et rappelle les 
piescriptions de la loi judaïque contre les 
cruels traitements infligés aux hétcs. La 
théologie morale de Scavini, écrite au temps 
de Pie IX, professe qu'il faut éviter, à 
l'égard des animaux, 1 l'attachement in- 
digne et l'inhumaine cruauté, indigna af- 
fectio et inhuinana saevitus »». Le caté- 
chisme publié en 189^ pour le diocèse de 
Mayence, le catéchisme de famille public 
à Hinsiedeln c i 1897 par le docteur Roi- 
fus, contiennent des paragraphes spéciaux 
sur la protection due aux animaux. Le 
cardinal Uonnct, archevêque de Bordeaux, 
prononçait en 1806, à la fête du comice 
agricole de Blaye, une curieuse allocu- 
tion sur la compassion qui leur est due. 
On consultera utilement, dans le livre de 
Mme de Rambures, les documents épisco- 
j paux relatifs aux couiscs de taureaux et à 
I la vivisection, et les nombreux passages 
j des Vies de Saints dans lesquels apparaît 
! leur bienveillance pour l'espèce animale. 

Georges Govau. 



ouDaiUcs et (ï|uiiioBitfs 



Emile Ollivier et son élection à 
; l'Académie française. — On sait que 
1 l'Académie bouda Napoléon III, après 
1 la publication de La vie de César, presque 
■ jusqu'à la fin du règne. Quand le souve- 
rain fit comprendre qu'il serait volon- 
tiers l'un des membres de l'illustre com- 
pagnie, celle-ci fit la sourde oreille. Les 
rapports se tendirent ; les élections furent 
de plus en plus anti gouvernementales, si 
bien que le souverain en était arrivé à 
dispenser les élus de la visite habituelle. 
Mais quand l'empire aiguilla vers le libc- 



IN" 1534. VOl.LAAAlll 



I_ 11^ I CIMnCL/lAlIVE 



183 



184 



ralisme, l'Académie, ou, du moins, quel- 
ques académiciens se montrèrent moins 
rétjfs : Prévost - Paradol accepta une 
place dans Li diplomatie, M. M. Guizot, 
de Broglie et de Rémusat entrèrent dans 
les grandes commissions 11 n'y avait 
plus qu'à jeter un pont entre l'Académie 
et le gouvernement. Comment cela se fit- 
il ? Emile Ollivier le raconte dans une 
lettre dont l'original figurera au Bulletin 
d'avril de M. Noël Charavay. 

Saint-Tropez, 2<5 p.ovembre 1879. 

Monsieur, vous irouverez tous les rensei- 
gnements désirables dans mes opu-cules 
Lamariitu et 7"/»! ers publiés chez Gamier 
fières et dans lesquels je vous autorise à 
puiser autant qu'il vous ronviendra. 

La première idée de ma candidature vint 
à M. Jules Sandcau, C'était à un diner chez 
le Prince Napoléon auquel assistait égale- 
men( Emile Augier. On pailait de l'Acadé- 
mie et de l'élection prochaine d'un succes- 
seur à Lamartine. Voilà quel devrait êlr:: le 
successeur, dit Jules bandeau en me dési- 
gnant. Je n'attachai pas d'importance à ce 
propos, car je n'avais nullement l'ambition 
d'entrer dans la célèbre Lompagnie. Mais 
d'autres eurent l'idée qu'avait exprimée le 
premier, M. Sandeau. L'Académie était con- 
trariée de ce que l'Empereur, enfin poussée 
au delà de son humecr endurante, iivait 
refusé de re>:evoir son bureau après chaque 
élection. Elle pensait que ma nomination 
amènerait un rapprochement. Ou me fit 
donc des ouvertures de divers côtés, j'hési- 
tai cependant, brs qu'une démarche faite 
par M. de Montalembert la veille de si 
mort, me décida. J'ai raconté cette entrevue 
dans mon livre sur l'Eglise et l'Etat au 
concile du Vatican T. 2 p. 172. Après, je 
fis la plupart de mes visites par caite, n'ayant 
pas le temps de les faire autrement, l'his- 
toire de ma non réception est racontée dans 
mon Lamartine. 

Mo considérant comme élu, je vins 
prendre part aux travaux et i'Académie vou- 
lant me faire oublier son inqualifiable pro- 
cède ordonna l'insertion de mon discours et 
de celui d'Augier dans ses publications et 
me nomma spontanément son directeur. De 
là est né un nouvel incident dont les détads 
sont dans mon opuscule sur Thiers. Depuis 
cette dernière affaire, je ne prends plus part 
aux travaux do l'Académie. 

Je dësire que ces renseignenients som- 
maires vous soient utiles et je vous prie 
d'agréer mes salutations empressées 

Emilk Ollivier. 
Dans mon opuscule sur Tbiers, je raconte 



qu'il vint m'annoncer ma nomination : 
avec lui se trouvait M de Falloux. 

Guizot fut pour moi, m = is mollement. Il 
y eut deux abstentions, M. de Noailles est un 
des deux, je ciois que l'autre est Dufaure : 
Jules Favre ne vint pas voter (1). 

Nécrologie 

M. Paul Lacombe 

Un nouveau deuil, qui sera très sensi- 
ble à tous nos collaborateurs, frappe \ lu- 
iermèdiaire : M. Paul Lacombe - qui si- 
gnait P. l'^^ — est décédé à Paris. Il fut 
un maître en bibliographie. Sa Bibliogra- 
phie parisienne est un m.onument On ne 
peut s'aventurer à écrire .sur '.Paris, sans 
passer p:ir elle. 

Il était participant dans une charge 
d'agent de change, mais tous ses loisirs, 
il les consacrait à la Bibliothèque natio- 
nale ; M, Léopold Delisle appréciait ce 
dévoué et désintéressé collaborateur, qui 
rendait aux lettres, avec autant de mo- 
desiie que de discrétion, d'inappréciables 
services. 

Son désir d'obliger égalait sa profonde 
érudition : V hiterméJiaiie des Chei cbeurs, 
dont il a été un collaborateur si fidèle et 
si attentif, en garde le témoignage. Ceux 
qui l'ont connu savent quelle bonne 
grâce était la sienne, et combien la qua- 
lité deson amitié était précieuse et rare. 



M. LÉON POTTIER 

Nous avons le regret d'annoncer égale- 
ment la mort de M. Léon Pottier qui 
était l'un de nos plus fidèles et de nos plus 
anciens collaborateurs. Il signait Pietro, 
ses courtes et précises références. 

(i) Emile Ollivier fut élu, le 7 avril 1870, 
pai 26 voix sur aii votants M. Albert Rouxel 
dans ses Chroniques des élections à l' Acadé- 
mie française, Paris, 1888, in-S», n'a pas 
connu tous ces détails et présente l'affaire 
d'une manière assez différente. 



Le Directeur g éranl ; 
Georges MONTORGUEIL 

I inp .Clhkc Danibu, Saint-Amand-Moulrond 



LXXXIII» Volum! 



Paraissant les lo, 30 et Jt jo c/iaijut mats 



10 Marii m2 I 



N» 1535 

IMftIH (IX«) 

itiUAsni : dfi H ii fi heure? 



aUy€0_UE 



N' isîS 



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•OHM trouverez ^_^ ^r^--^-- " ,nlr',ù<ler 



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; .ii^àW-'^K'v^' s 



Huretut : >l" 3 » 6 baurr. 



ntS CHERCHEURS ET CURIfUX 

Fondé en 1864 



gClRSTiONS liT RKI'ONSKS LITTÉRAlUliS, HISFORiOUES, Srjl-NTIKiyUKS KT ARTISTIQUR» 

TMOUVAILLES KT CUIUOSITKS 
,85 ,86 

Keating ? Les Anglais en parlent quel- 
quefois, mais je n'en possède qu'un ex- 
trait sans référence ; Scwton ne les men- 
tionne pas dans sa Bibliographie, ou 
d'ailleurs il néglige aussi les capitaines 
B;isil Hull et Meynell, malgré l'impor- 
tance de leurs souvenirs. 

Mais, à l'égard de Keating, il y a ceci 
de particulier. L'Einpcrcur ;Mirail exprimé 
devant lui des opinions assez curieuses 
sur les Franç.ii? et sur la façon de con- 
duire ce peuple « infatué, qui aime mieux 
sa vanité que son pain », ainsi qu'il disait 
au cours d'autres confidei.ccs à l'amiral 
Malcolm chef de la station navale {A 
ûiany ûf St-Hclena, p 101). Or, les pro- 
pos de Napoléon turent rapportés, dit- 
on, par le colonel au Piince-Régent qui 
les communiqua au duc d'Orléans, et 
celui-ci les nota dans son journal, peut- 
être comme ma.Mme de gouvernement 
national. 

Que sait-on, si le fait est vrai, de ce 
journal de Louis-Philippe ? Existe t-il en- 



Nous plions nos correspondants tic 
vouloir bien répéter leur nom nu-dessou:» 
de leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne. seront pas insérés. 

Pour la précision des rubiiques., une 
question ne peut viser qu'un seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. 

Quand la question sollicite la connais- 
mnce d'aune liste, la liste, sauf exception, 
n'est pas insérée mais envoyée directe?nent 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédinire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion le 
nom ou h titre d'une famille non éteinte. 

L'abonnement pour 1921 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France. (Six mois 16 francsi. 

Pour rétraiiger : un an 32 francs 
(Six mois 18 francs). 

Prix du numéro 1 1 fr. 50. 



Jlueôttons 



Napoléon et le colonel Keating. 

— Puisque le grand souvenir centenaire 
de la présente année reporte l'esprit des 
Français sur Ste Hélène, un confrère ■. 
pourrait-il me dire où parurent les con- 
versations de Napoléon avec le colonel j 



core f 

En a-l-on publié des extraits dans 
quelque revue rétrospective ? 11 aurait 
été pris aux Tuileries, en 184?, 

Old Noll. 

Nourrice de Louis XVII. — Où 

trouverait-on des renseignements sur 
Marie Marthe Julie Rousseau, épouse 
d'Etienne Laurent, néeà Angerville(Scine- 
et-Oise; le 3 Février 17S2, et qui aurait 
été nourrice de Louis XVII? 

P. 

LXXXlII->. 



N* i>35..*yol LXXXllI 

. — 187 

Affiche préparée pour l'entrée 
des Allemands à Pans en 1914. — 

Au moincnt de la marche des Allemands 
sur Paris, avant la bataille de l'Ourcq, le 
préfet de police fil imprimer des affiches 
pour exhorter les habitants à conserver 
leur sang froid. Ces affiches furent de- 
truites, m.iis à ma connaissance, un exem- 
plaire avait été sauvé et il serait entre les 
mains d'un fonctionnaire de la Préfecture. 
Pourrait-on avoir quelques détails sur ce 
sujet - 

Gendarmes Ecossais. — Existe -t-il 
des documents concernant les anoblis- 
sements concédés aux gendarmes écossais 
au service de la France sous les rois 
Charles VU, Louis XI, et Charles Vill? 

Personnage recherché, Edmond He- 
rier, qualifié écuyer, tu 1482. 

A. Herrier. 

Henry Arrauld, évoque d'An- 
gers. — Claude Cochin, dont on con- 
naît l'intéressante étude sur la chapelle 
des Amauld dans l'église Saint-Mcii y, de 
Patis, soutint, en 1907, à l'Ecole des 
Chartes, une thèse sur Henry Arnauld 
dans ses rapports avec le Jansénisme. Le 
député du Nord mourut, fin 191b, sans 
avoir publié cet ouvrage auquel il mettait 
la dernière main. Peut-on savoir si ses 
héritiers comptent livrer cet ouvrage à 
l'imprimerie ? Telle qu'elle est, cette 
étude dont le sommaire fut publié dans 
les positions de thèses de 1907 ne peut 
qu'être une très importante contribution 
à l'histoire du Jansénisme 

HtNRl D. D'A, 



L'INTERMEDIAIRE 



i88 



Famille d- Chszal. 



Un aimable 



conlrere pourrait il me donner quelques 
renseignements généalogiques sur l'as- 
cendance de noble Aimé Chazal ou de 
Chazal, conseiller du Koi, élu en l'élection 
do Montbrison (Forez), marié en 1727 à 
Marie-Marguerite Baillard du Pinet ? Je 
possède une généalogie assez complète 
de cette famille étahlieavant la Révolution 
à i lie Maurice où elle est encore repré- 
sentée de nos jours, je serais heureux 
d'avoir aussi quelques détails sur cette 
famille Bdillaid du Pmet a laquelle de- 
vait appartenir la comtesse de Meaux, 



née Marie Marguerite Baillard de St-Me- 
ras. M. Soulge, l'auteur de l'intéressante 
étude sur la Noblesse du Forez (Bul.etin 
du 10 janvier, col. 16) pourrait sans doute 
répondre à ces deux questions. 

C, DE R 

Nicolas de Coulonge, peintre du 
roi. — Le 22 juillet 1704, fut baptisée 
dans rdglise de la Couture, au Mans, 
Anne Françoise, fille de Nicolas de Cou- 
longe, sieur du Château, peintre du roi 
et bourgeois de Paris, de présent au Mans 
paroisse de la Couture, it de Mlle Anne 
Henné, son épouse. 

Nous serions reconnaissant de quelques 
renseignements biographiques sur cet 
artiste. 

J. Chappée. 

De la Garde de Fages. — Margue- 
rite Françoise de la Garde de Fages, dé- 
cédée le 24 avril 1B54, avait épousé 
Christophe Thiébault, comte d'Hoffelize, 
né à Nancy le 20 septembre 1767, décédé 
en la même ville le 2 juin 1842. 

l'ignore les prénoms des parents de la 
cjiiitesse d'Hoffelize ; je sais seulement 
que sa mère était une d'Autrecy (ou Hau- 
trecy) et qu'elle avait une sœur qui 
épousa le comte Je Brunet. 

je serais reconnaissant de tous rensei- 
gnements sur les de la Garde de Fages et 
sur les d'Autrecy ; armoiries, origines, 
filiation, représentants actuels, etc. 

M. DE C. 

Louis-César-Joseph Ducornet, le 
peintre né «ans bras. — Né a Lille 
en janvier 1806, mort a Paris en avril 
1856, ce malheureux et valeureux artiste 
put mériter d'avoir, dans les deux pre 
mières éditions du Dictionnaire des Corn- 
lemporaitis, de Vapereau, une bonne et 
intéressante notice 

Saurait-on s'il existe aussi de lui uni 
portrait, bien authentique, le représen- 
tant assis, en son plein travail de pein 
ture ? 

Dantan jeune, par pure courtoisie sanf 
doute, ne le fit pas figurer parmi les sta 
luettes de sa Galerie di Contempoiains, er 
portraits charges. 

La mort, fort lointaine déjà, de ce vail 
lant Lillpis si vraiment à plaindre, nou: 



DES CHKRCHRURS ET CURIKUX 



10 Mifs i9«» 



l8q 



190 



permet à nous autres indiscrets curieux de ! 
ne point partager, à son cgaid.cci mêmes , 
scrupules. j 

Et tenez : dans un p^-tit livre hollan- j 
dais, Francofurti, 1609, in-4'* de n5 P-P', 
avec 98 (\\X- ' Moiistroi uin historia meuioia- 
bi lis monstroia hiittLi iior util pj r tunm ftitraru- 
la.. e\c.,te/i'n-ns.nJoaiiiieGtoi gio Schetukio, 
nous trouvons justement, p. p. 31 et 3s, 
fig. 26 et 27 deux portraits d'un même 
personnage, l'un debout, marchant, ; 
l'autre assis à terre et écrivant: « Thomas { 
Schuweickerus, scriptor. sine brachiis ' 
natus », que, sans malveillance aucune, ; 
on pourrait regarder comme un ancêtre 
de notre artiste. 

Ce serait donc un portrait de ce même 
genre, du bon Ducornet, c'est-à dire, pei- 
gnant, que nous voudrions voir. 

De plus, connaîtrait-on encore, à Paris, 
quelque bonne œuvre de lui, qui soit di- 
gne d'être signalée ^ 

Le Louvre en posséderait une, que le 
motif s'expliquerait par lui-même d'un 
pareil honneur, 

Ulric Richard-Dbsaix. 



Mgr Amelot — Même question pour 
Mgr Amclot, ové.]iie de Vannes. 

Um curieux'. 

Portr^iL J'u'igén'^ral à identifier. 

— Cluel est le nom d'un général i' • Jivi 
sion avec imc jambe de bois, (la g.iuche) 
grand-croix de la Légion d linnneiir, <)iie 
représente une gravure avant au bK les 
armoiries suivantes : 

Eiartelè : au 1", de.,., à ? cbcitont d'cw 
cl 2 étoiles de. . . en chef • au 3' .j» sig'i/f Jt 
bâton Jt' l'Empire (de gueules, à iipèe 

j haute d'argent) ; au y, de gueula à trois 
iouts d'ai genl posét'\ 3 et 1 : au .f*, d'azur, 

J au bu te de femme d'argetil, la Irl'- 1 iv>ii- 
née d'or, couronne de baron ? 

PiF.RRB Ub G. 

CoUegium marchiantim. — Je po;- 
sede un petit volume relié en basane 
portant sur le plat supérieur dan» un 
ovale enguirlandé ces mots poussés au 
fer doré : 

CoUegium marcbianum schola 2 da an» 
XL 

Quel était ce collège r 

Francopolitanus. 



menis généalogiques sur ces M:>s- ic, ori- 
ginaires de l'Agenais (ceux la je les con- 
nais) mais fixés un peu partout depuis le 
xvii« siècle, particulièrement à Orléans? 
la Chesnaye Desbois donne d'eux une 
gér.éalogie peu en rapport avec leur 
importance. 

QUAMOIS. 

Mgr de Thémines. — Où Mgr de 

Théniines, évêque de Blois, célèbre par le 
schisme de la Petite- Eglise, a-t-il fait ses 
études théologiques ? 

Un curieux. 



Mariu Liberge : date de sa mort. | 
— Dans son Histoire littéraire du Maine, | 
tome VIL page 264. B. Haureau dit que | versonnafees figurant dan^ un 

ce célèbre jurisconsulte mourut a Angers, j ^j^^i^au représent nt « les Remords 

et fut enterré dans l'église des Cordeliers, | ^.qj,^^^^ ,; _ Le Louvre possède un 

en 1599 O" en 1600. Ne -erait-il pas pos- 1 ^^^^^^^^ .^^ Hennequin en -Soi et 

sible de savoir la date exacte de la mort j ^^ ^^^^^tant : Les remords d'Oreste pour- 

de M. Liberge? , r ' \ sniti pa> les Furies. Le fils d'Agamem- 

). CiiAPPEE. 1 ^^^^^ ^^j ^jç^^ j^ mettre à mort Egisthc 

"" . I et Clytenmcstrc, se tient hagard au cen- 

Famdle de Massac. — Cette famille j trc du tableau, appuyé sur une larmoyante 

est-elle encore représentée ? • Electre, tandis que les Furies (ou plutôt les 

Qui pourrait me donner des renseigne- Erinnyes), reconnaissables aux serpents 

qu'elles brandissent au-dessu- de leurs 
têtes, se précipitent sur le parricide. 

Mais ce qu'il y a de singulier c'est qiif 
ce dernier est assailli également pnr trois 
autres personnages, du sexe masculin 
ceux-là, qui[, armés de verges et interpo- 
sés entre lui et les Euménides. voient, 
comme celles-ci, dans les airs. 

Qiielles peuvent être ces trois divinités 
mâles dont je ne trouve mentionnes ni 
les noms ni les fonctions dans les divers 
traites de mythologie que j'ai consul- 
tés ? 

CmoDVMER». 



No 



»53' 



Vol.LXXXIlI 



L'INTERMEDIAIRE 



IQI 



- 192 



La selle de femme moderne.— 
Jusqu'au xvi*^ siècle, les dames ne mon 
taient à cheval que sur une sorte de selle 
appelée < sambue », disposée en forme 
de fauteuil, où elles étaient assises de 
côté, les pieds appuyés sur une plan- 
chette. Aussi, par cette position à cheval 
plus confortable que solide, les dames 
devaient avoir des montures, dénommées 
haquenées, dont l'allure de l'amble, fort 
peu déplaçante, ne risquait pas de leur 
faire perdre la fragilité de leurs assiettes. 

11 y a loin de cette époque à celle de 
nos jours où nos hardies amazones, as- 
sises sur une selle de Beck, le pied gauche 
dans un étrier à bascule, la partie supé- 
rieure de cette jambe appuyée dans une 
fourche renversée, tandis que la jambe 
droite repose sur une seconde fourche 
fixée, comme la précédente, au côté 
gauche de l'arçon de la selle. 

Celte position (la seule élégante et 
pratique pour une femme que le califour- 
chon dépoétise sans lui donner une action 
meilleure), lui permet de tenir une place 
excellente dans les épreuves sportives les 
plus dures. 

Je désirerais savoir de quelle époque 
date la selle dite anglaise pour dames, 
naguère à trois fourches, aujourd'hui à 
deux fourches ? 

Certains auteurs font présumer que 
l'usage de la selle à fourches a pris nais 
sance en Italie au moment des grandes 
chasses à courre du pape Léon X. Ca- 
therine de Médicis qui prenait part à ces 
récréations aurait transporté l'avantage 
de celte selle en France, et le sens prati- 
que de nos alliés d'Outre-Manche aurait 
mis au point cette innovation. 

Il est probable que des auteurs hippi- 
ques, dont j'aimerais à connaitre les con- 
clusions, doivent répondre à celte ques 
tion qui touche de près à l'évolution de 
l'éducation des femmes et à celle de leur 
costume. 

ECHARPE. 

a Orphée ». — La partie d'Orphée, 
de Gluck fut elle écrite pour castrat ou 
pour ténor ? 

Dans une de ses critiques au Temps, 
Pierre Lalo racontait, il y a quelques an- 
nées, que Gluck écrivit Orphée pour cas- 
trat, ce qui est du reste assez connu, et 



que plus tard, lorsque la castration fut 
interdite, Berlioz fut chargé de trouver un 
remède à l'abolition de cette coutume et 
fit, assez maladroitement, dit toujours 
Lalo, d'Orphée un contralto. 

Mais, de son côté, Larousse, dans sa 
grande édition, soutient qu'Orphc'e fut 
écrit pour ténor et ne dit pas un mot de 
la transposition de Berlioz. Qiii faut-il 



croire; 



Valcarlos. 



Dédicace. « Bonus saue vicinus ». 

— Je possède un exemplaire de V Hn- 
toire de la tuaison de Roch'choiiatt par le 
général comte de Rochechouart (Emile 
Allard, Paris^ 18^9) donné à mon père 
par le comte Louis de Mortemart, son 
voisin de campagne. Sur la feuille de 
garde est écrit : « A son jeune ami et bon 

voisin, ctc - Bonus sane victnus amabi- 

lis hospes ». De quel auteur ancien sont 
ces mots et en quel endroit de ses œu- 
vres i Horace .? 

X. 

L'esprit de Racine. — Je possède 
une brochure in-8 ayant pour litre : V I- 
phigénie de Racine, tragédie en 5 actes, re- 
vue par le biron de Séne:(, avec le concours 
de Vespnt de Racine. (Aix, Remondet-Au- 
bin, libraire-éditeur, sur le Cours 53, 
1864), 

Ce revuiste, pardon ce réviseur qui 
signe un avis liminaire ; « Gautier-Sé 
nez » ne manque pas, de courage ou 
même de toupet : 

« Il m'av.tit semblé, dit-il, que les œu- 
vres de ceux qu'on appelle nos grands 
maitres laissaient à désirer sous bien des 
rapports. » 

Aussi, désireux de perfection et décidé 
à ne pas laisser tranquilles ceux que la 
mort avait semblé devoir mettre à l'abri 
du travail, le baron de Sénez a-t-il exigé 
que Racine revint refaire son Ipbigénie. Ei 
le poète est revenu ; dès lors, son esprit 
a dicté les modifications et les 'correc- 
tions, il a même exigé que la pièce amen- 
dée fût imprimée. 

Et le baron de Sénez'-a obéi. 

Quel était cet homme d'esprits ? A-t-il 
écrit d'autres ouvrages, seul ou en colla- 
boration ? 

J. L. Croïe. 



DES CHKRCHKURS ET LURIRUX 



'93 



id Mitra 19)1 



« Je prie Dieu de lui ouvrir les 
yeux ou de les lui fermer ». -- J'ai 
entendu attribuer cette phrase au comte 
de Falloux parlant de Pic IX et à Mgr 
d'Hulst parlant du comte de Chumbord. 
Quelqu'un, dont le nom m'cchappc au- 
jourd'hui, l'a répétée au sujet de Pie X. 

Pourrait-on savoir si cette formule pieu- 
sement irrévérencieuse n'est pas anté- 
rieure au XIX* siècle ou, du moins, qui 
Ta prononcée le premier? 

F. G. 

« Un pur trouve toujours un plus 
pur qui l'épure. » — De qui est-ce 

ce vers ? 

P. M. 

TenneroUes. — 11 y a à St-Cloud 
une rue dire des TenneroUes. Est-ce la 
déformation de tonnelle ? est ce un nom 
de plante, Insecte ? etc. 

j. R. de M. 

Septante, Octante, Nonante. — A 

quelle date ont disparu ces expressions, 
cependant si rationnelles, pour être rem- 
placées par celles si compliquées, si illo- 
giques et si profondément ridicules qui 
leur succédèrent {ioixanle dix, quatre- 
vingts, etc..) et qui constituent un objet 
d'élonnemcnt pour les étrangers ? Quelles 
raisons ont pu motiver un changement 
de cette nature et Jans quels documents 
ont-elles apparu pour la première fois ? 

G. DE Massas. 

« Pandore » désignation du gen- 
darme. — Une lithographie anonyme, 
exécutée en 1826 chez Feillet, montre 
des masques grimpés sur le faîte d'un 
« char numéroté », tandis qu'un gen- 
darme à cheval, le sabre au port c^'armes, 
parait les considérer avec stupéfaction. 
Sous le gendarme ce simple mot, « Pan- 
dore ». 

je croyais que ce dernier sobriquet, 
appliqué aux soldats de ce corps d'élite, 
était de l'invention de Nadaud qui l'avait 
choisi pour la rime, et ne datait guère 
que de 1857. Ainsi qu'on le voit, cette 
appellation était déjà populaire trente 
ans auparavant ; peut être remonte-t-elie 
plus haut. 



194 



Sait on pour quelle raison et à quelle 
date les gendarmes ont été afiublcs d'un 
nom féminin réservé jusqu'alors dans la 
mythologie à lEvc païenne ? 

Un BIBI.IOI'HILK COMTOIS. 

Société Olympiquo — Club Gallo 
Américain. Réunion des étrangers. Club 
des colons. 

Date de fondation et principaux mem 
bres de ces sociétés. 

Bibliographie d'ouvrages où il est p«rlc 
de ces sociétés. 

Nènaos. 

Illustrations de deux, ouvragés 
de Champfleury. - 1 ' Le Catabj^ue Je 
la Bibliothèque Cbampfteury annonce une 
des œuvres de cet écrivain, I.'HôUl du 
Co>nn,ii'iMrei - rti'icurs (Pans, Dcntu, 
1867, in-i8) comme étant ornée de « vi- 
gnettes » Mon exemplaire n'en possède 
qu'uno seule, placée en tiontispicc et non 
signée, mais qui est certainement d Ed- 
mond Morin. D'ailleurs, M. Georges Vi- 
caire, dans son Manuel, n'en indique 
qu'une également 

2^ Le même Calilo(;ue donne à la page 
147 une vignette sur bois, du même Ed- 
mond Morin, représentant, courbé sur un 
pupitre, et écrivant à l'aide d'une longue 
plume d'oie, un personnage myope, le 
nez orné d'un binocle et le chef simulant 
une tête de chat aux oreilles pointues, 
dans lequel on reconnaît aisément Champ- 
fleury. Sous la vignette : Les Chats, p. 326. 

L'exemplaire des Chats {Pans,] Roths- 
child, 1869, in-18) que je f>ossede, con- 
tient un certain nombre d'illustrations, 
parmi lesquelles plusieurs petits portraits 
d'amateurs de chats par Edmond Morin. 
Celui de Champfleury, donné dans le Ca- 
talogue, ne s'y trouve pas, pas plus 
d'ailleurs que la page 326, l'ouvrage ne 
comptant que 287 pages. Il y a bien à 
la fin du volume un portrait de Champ- 
fleury, avec une tète de chat, mais dilTe- 
rant totalement de celui du (,'atalogue. 

Comment expliquer ces anomalies? 
Champfleury aurait il donc fait tirer, 
pour son usage personnel, des exemplaires 
de ces deux ouvrages, diflérents de ceux 
qui étaient mis en vente par les éditeurs? 
Un bibliophile comtois. 



N« i^^5. Vol. LXXXII 



L'INTERMhDlAIRE 



,9, -,- 



1 (^ ,=.,-..««> 



Héponecô 



La dette de l'Amérique (LXXXI ; 
LXXXll ; LXXXllI, 98). — M. jcan-Ber- 
nard, s'appuyant sur les chiffres donnés 
par M.Gustave Bord, a poité celte contro- 
verse à V Eclair, 20 mars 1921, dans une 
i.hronique documentée, comme le sont 
toutes SCS chroniques. Son article a fait 
impression et le Chicago-Tribune a ré- 
pondu en ces termes que résume un télé- 
gramme à Paris Midi : 

\Va.shington, 21 mars. 

Réponilaiit à l'.irticle de M. Jean Bernatd 
paru dimanche dins VEilair, au s.ujet ai la 
i!'''te de quatre vingt-dix millivuis de dol- 
lars que l'Amérique devrait à la France depuis 
i7Q;, et que l'autti'.r prétendait n'avoir pas 
été payée, les foni i:>iinaires des linjuces 
déclarent que cette dttte a été réglée inté- 
gralement, intérêts compris, en 1795. 

Le paiement, ainsi que le montrent les 
livres du liésor, avait ^'-lé commencé en 
1793. Des avances, à l'échéance, furent 
niême faites pour perniettie d'éviter la famine 
4ui alors luenaçait la France. 

Louis XVÎII et la cocarde trico- 
lore (LXXXllI, .,^2) — J'ai parfaitemetn 
dans la mémoire d'avoir lu, bien avant la 
publication des Souvenirs du généra' Du 
Barail, le fait suivant. Louis XVill aurait 
exprimé son regret de s'être trouvé si en- 
gagé dans la question du drapeau blanc 
que la conservation des couleurs natio- 
nales fut devenue impossible. Sa haute 
sagesse lui monirait tout le parti que l'on 
allaii tirer du drapeau de la Révolution et 
de 1 Empire comme signe de ralliement de 
l'opposition libérale ; et on le vil bien en 
1850 quand les trois couleurs furent ar- 
borées sur les tours de Notre-Dame et que 
la sonnerie du bourdon appela tout Paris 
à les saluer. Je ne dis pas que le drape^iu 
tricolore arboré par l'armée royale aurait 
alors sauvé la monarchie des Bourbons ; 
cependant, qui sait : La Bruyère ne dit il 
pas que l'on peut tout contre un peuple, 
hormis changer ses enseignes ; ce que j'ai 
toujours entendu non des enseignes com- 
merciales, mais des enseignes militaires et 
nationales. 

Mon souvenir de lecture est très net 
sans qu'il me soit possible de le préciser 
et de discuter l'autorité du renseignement 



donné en réponse à mon grand ami le 
Bibliophile Comtois. 

H. C. M. 

Le bain de sang de la duchesse 
d'Angoulêmc (LXXXllI, 422). — Cette 
abominable calomnie n'est pas nouvelle : 
elle avait déjà visé, au xviii" siècle, les 
Bourbons, à commencer par Louis XV. 
Les curieux s'en rendront facilement 
compte par \^ Journal de Barbier ; et. pour 
recourir à des sources officielles, indiscu- 
tables, en consultant à la Bibliothèque de 
l'Arsenal, les papiers de la Bastille, à plu- 
sieurs dates différentes, surtout celles 
qu'indique Barbier. 

Ce Iv uit, qui se répandait dans le popu- 
laire, qu'on volait les enfants et qu'on les 
égorgeait pour donner des bains de sang 
à d'illustres personnages, circulait à Paris 
dans la seconde moitié du xviii» siècle. 

Alpha. 

Oagliostro et la Révolution 

(LXXXll ;LXXX11I, 147).— Arrivé à Stras- 
bourg fin septembre 1780, descendu à 
l hôtel, Cagliostro loue un local chez un 
marchand de tabac et ouvre des consulta- 
tions médicales gratuites. Il se trouve que 
le succès de M. le comte de Cagliostro, 
médecin philanthrope, est énorme, Ca- 
gliostro s'adapte à ce succès, se fixe à 
Strasbourg — dans un appartement d'une 
maison qui existe encore rue des Ecri- 
vains. -- Que vaut sa médecine ? Il n'en 
sait pas beaucoup moins que les méde- 
cins d'alors, qui ne savent rien ; il fait de 
l'expectation, donnant ses gouttes forti- 
fiantes, sa poudre rafraîchissante et son 
vin d'Egypte , et surtout il fait du récon- 
fort moral. 

En même temps que médecin il est 
(pour quelques-uns) Grand-Cophte, et 
Prophète envosé par Dieu. Il ouvre une 
loge égyptienne, après trois jours d'ado- 
ration, au chant de psaumes, Veni Crea- 
tor et Te Deum. Moise, Elie, E lOch se 
montrent dans la carafe. Et des gens 
taxent Cagliostro de profanateur et de 
chevalier d'industrie 

Le cardinal de Rohan, Grand-Aumônier 
de France, évèque de Strasbourg, désire 
connaître l'hommedu jour et le fait venir, 
I le 7 novembre suivant Mme d'Oberkirch 
i (témoin peu sîtr, qui en matière de Ca. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

»97 



gliostro arrange après coup en 1789). Et 
c'est tout pour un temps, le cardinal rcn 
tranl à Paris pour six moi^. 

Ces six mois, le début de 1781, sont le 
grand moment de Caglioslro : une oasis 
dans sa carrière lamentable. Les clients 
de toute classe affluent. 11 soigne la gar- 
nison et a pour lui les autorilés. Succès 
bruyant et Cagliostro aime surtout le 
bruit autour de son nom; il n'est pas un 
rapace réaliste comme Mesmer ; en quoi 
il est pour nous plus amusant qu'antipa- 
thique. 

Q.uel est son budget P Celui d'un homme 
suffisamment rente, payant tout exacte- 
ment (la moindre dette le perdrait). D'où 
vient l'argent r Des adeptes et des riches 
clients reconnaissants. Exemple déci- 
sif : Cagliostro guérit la femme ilu 
banquier Sarrasin, de Bàle. Sarrasin lui 
ouvre sa caisse, pour toujours la vache à 
lait. C'est une fortune Et Sarrasin, croyant 
du cagliostrisme, fait construire, dans sa 
campagne, un pavillon selon la formule, 
pour la régénération physique. 

Autre note : Mme de Chanière vient de 
Lausanne consulter Cagliostro. Elle fait 
une découverte : le ménage Cagliostro ne 
va pas; Séraphine, femme désagréable, 
commune, empalée — plutôt l'air d'une 
danseuse que d'i:ne daine - hait son 
mari, et le déconsidère en extorquant {sic) 
des présents. Mme de Charrière n'a pas 
l'idée que Cagliostro puisse être de conni- 
vence. Averti, il a, ou prend, l'air mal- 
heureux, disant : a 11 faut lui pardonner, 
elle s'ennuie; jamais je n'ai été moins 
riche, jamais je n'ai pu lui fournir moins 
de parure et d'amusements >.''ragliostro, 
alors, ne se vante pas d'avoir cent mille 
livres à dépenser par an). 

Maintenant voici un point capital, peu 
connu. L'énorme insuccès final de Ca- 
gliostro à Strasbourg 

Pour comprendre toute l'histoire de 
Cagliostro il faut retenir le mot de Mme 
d'Oberkirch : « On pourrait faire de lui 
deux portraits opposés », Gleichen les 
trace en trois traits : * belle tète d'ins- 
piré ;sa conversation courante, agréable »; 
et puis a les manières, le ton ei la jac- 
tance d'un charlatan prétentieux et im- 
n^rîinrnt. •• La tète d'inspiré lui faisait 
une [tincée de croyants aveuglés, le calé 



ii^ti 



'o Mari iga 1 . 



agréable une poignée d'amis fidèles et 
beaucoup de clients affectueusement re- 
connaissants ; mais le charlatan impu- 
dent, bateleur ignoble, le bavard et son 
galimatias, ayant toujours Jchovah à la 
bouche, écœurait tout un public. Des juin 
I7«i. La liorde venu à Strasbourg, et re- 
parti cagl.ostri ,t(: ému, fervent, et pa 
yant — jusqu'au jour de la désillusion 
— , La Borde le voit aimé et adoré, mais 
auGsi « hai, calomnie, persécuté » Et 
moqué. On le qualille Sum ^ai sum, 
l'homme qui était aux noces de Can«) 
juif-errant, antcchrist, soi-disant faiseur 
dor, mais faiseur de dupes escroc, cl es- 
pion 

A la demande de la Facullc de Medc 
cine de Strasbourg, un inspecteur de po 
lice est envoyé de Paris. Il ne trouve rien 
de coupable Cagliostro triomphe. Cet 
inspecteur s'appelle de Brugniercs. Ca 
gliostro le reverra .. 

le cardinal revient à Strasbourg en 
juin. Lin fait se produit, qui va le mettre 
en amitié suivie avec Cagliostro. La nou 
vellc arrive que Soubise est mourant : 
Scarlatine et g.ingrènc. Le cardinal de- 
inandj à C<ig!iostro, comme un immense 
service, de partir avec lui pour Pans. 
Qiiand on arrive Soubise est hors d'af 
faire, convalescent. Cagliostro n'a pas a 
le scigMcr (ainsi dit Griiv.m, ainsi décla- 
rei.-i Cagliostro, mais au xix* la légende 
racontera en détail la cure de Soubise par 
Cagliostro). Et le cardiiial admet Caglios 
tro dans son intimité avec plus de cccur 
que de bon sens. Cagliostro devic nt un 
habitué de Saverne, essayant dans le la- 
boratoire du cardinal, devant son secré- 
taire, le sceptique Ramond, (futur mem- 
bre de l'Académie des Sciences) qui n'est 
pas dupe, son éternel tour de prestidigi- 
tateur, la transmutation ; 8 août. (On a 
les notes de Ramond. Uans le Temps du 
2 août 1912). 

Le cardinal appuie une pétition de '.a- 
glio>tro, qui demande au Roi de l'autori- 
riscr à cvercer à Strasbourg la médecine 
de jilein droit, à avoir sa pharmacie, son 
lîopital, et à former des élèves qui exerce- 
ront la médecine de plein droit. Bref, 
d'être à lui seul une Fiiculté de Médecine, 
par lettre de cachet '.Mais le roi n'accorde 
pas.. . 



N» I5J5. Vol. LXXXIII 
199 - 

Un jour de septembre, à Strasbourg, 
se présente à Cagliostro une petite jeu^ e 
femme, en costume de voyage, c'est-à- 
dire habillée en homme, qui lui demande 
si Mme de Boulamviiliers est à baverne. 
Réponse affirmative, bi Cagliostro était 
prophète il dirait : « Voici celle qui me 
perdra >». C'est Mme de La Motte, pour 
qui tout à l'heure Mme de Boulainvilliers 
demandera au cardinal sa bienveillance. 
Rohan fera «< une réponse honnête », 
sans plus ; — mais virtuellement — le 
yoici perdu... 

A Strasbourg l'intimité du Grand-Au- 
mônier et du GrandCoph.te fait scandale, 
et aussi la présence à Saverne de la « pe- 
tite comtesse ». Mme d'Oberkirch dit au 
cardinal qu'il passe pour « exploité ». 
Le cardinal, qui ne manque pas" d'esprii, 
mystifie Mme d'Oberku h en lui ra- 
contant que Cagliostro lui a fabriqué 
des diamants et va lui fabriquer des 
trésors. Mme d'Oberkirch accepte ceci 
argent comptant, et l'écrira, (De là, la 
légende du cardinal complètement imbé- 
cile et dupe de Cagliostro). 

Les avanies se multiplient. A Saverne, 
le jeune Narboniie renverse exprès une 
saucière sur la robe de la comtesse ; Ca- 
gliostro se lâche, Narbonne se met à sa 
disposition, Cagliostro se calme, Nar- 
bonne dit : f^oilà ce que c'est que de rece 
vor des gens de cette espèce, et bientôt, à 
Strasbourg, une affiche est apposée, qui 
porte : Cagliostro,j... f. .. à Saverne. 

Dès la fia de 1781, les affaires de Ca- 
gliostro se gâtent. 

Hn 1782 elles vont très mal. A Caglios- 
tro se présente, comme aide chirurgien 
ou comme garçon de courses, un drôle 
nommé bachi, qui dit être une ancienne 
connaissance d'Espagne. Ht Cagliostro le 
prend. Peu après il le chasse comme 
improbe. Sachi clabaude dans Strasbourg, 
fait du scandale ; les autorités l'expul- 
sent ; il passe à Kehl et lance un pam- 
phlet centre Cagliostro, qu'il dit être le 
napolitain Tiscio, fils du cocher du duc 
de Castropignani, etc. 

Cagliostro est fini. Il raréfie ses con- 
suliauons, multiplie ses séjours chez Sar- 
rasin 

Au commencement de 1783, il se retire 
à Bàle. Le cardinal entreprend de le re 



L'INTERMEDIAIRE 



200 



par trois ministres — Vergennes, Miro- 
mesnil et ségur — trois lettres qui re- 
commandent aux autorités de Strasbourg 

— le commandant militaire et le préteur 
royal — l'étranger bienfaisant. Vains 
efforts Cagliostro. revenu à Strasbourg, 
y est décidément impossible. 

Et en aoîjt il s'en va définitivement, en 
complète déroute. 

Reprise de la vie d'aventurier, igno- 
rant, Cagliostro est à Naples, Regardé 
par les francs maçons comme un impos- 
teur, dira le gouvernement napolitain, il 
en repart bientôt. Le 8 novembre il arriva 
à Bordeaux Ici la même chose qu'à Stras- 
bourg, en réduction : médecine, succès, 
aftluence, lc,re égyptienne et quelques 
cagliostristes aveuglénicnt croyants. Puis 
réaction, et hostilité du public. 

Pendant ce temps, à Pans, au mois de 
mai 1764. Mme de La Motte persuade au 
cardinal qu'elle est Tanue intime et se- 
crète de la reine (qu'elle n'a jamais appro- 
chée), que la reine (à qui les libelles et 
les manques de tenue ont fait la réputa- 
tion d'une femme facile) a du goijt pour 
lui. Le Giand-.\umônier écrit à sa sou- 
veraine des billets doux et reçoit des 
réponses fabriquées par Réteaux de Vil- 
lette sous la dictée de Mme de La Motte. 
Le 12 août a lieu la fameuse scène du 
bosquet de Versailles, l'entrevue nocturne 
avec la reine, soi-disant ; laquelle reine 
est une fille du Palais-Royal : Nicole Le- 
guay, baptisée pour la circonstance la 
baronne d Olisva, anagramme de Valois. 
El le cardinal se voit amant de la reine 
et premier ministre Et Madame de La 
Motte, exploitant le succès, se fait donner 

— soi-disant demandées par la reine pour 
une famille infortunée — cent soixante 
mille livres. Le coup a réussi (et en 
somme la farce est drôle). 

A tout ceci Cagliostro est étranger. 

Ses affaires vont de mal en pis Son 
ennemi Sachi vient s'établir à Bordeaux 
pour le persécuter. La situation est inte- 
nable. Et le ménage Cagliostro part en 
déroute. 

Cagliostro arrive le 20 octobre à Lyon, 
OLi l'on compte une trentaine de loges 
maçonniques, de quinze à trente mem- 
bres chacune ; Lyon, vrai chef lieu du 
martinisme spirite. Laissant de côté, cette 
inettre en bonne situation : il fait signer | fois, la médecine, il cherche des prosélytes 



DES CHHKCHEURSK1 CUKIHUX 



lo Mars i(>ai. 



201 



2oa 



pour sa maçonnerie égyptienne. II échoue 
auprès de la loge du Pcn/ait Stlencc. Il 
s'adresse à la loge la Sag sse, fait appa- 
ri^ilre par la carafe un niai;on décédé, 
Prost de Royer, et rc^coUc sa douzaine 
d'adeptes, spirites et riches, notamment 
Sain-Costar, qui devient pour lui un se- 
cond Sarrasin. Les frais du nouveau culte 
sont fortement assurés. Caglioslro a ce 
qu'il veut. Il a sa loge, la Sagesse Tiiom- 
pkante ; il \\ qualifie Loge-Mcre du Rite 
Egyptien ; avec l'enflure maçonnique, il 
sintitule : Nous, Grand Co()hte, fondateur 
et Grand M>ittre de la haute maçonnerie 
Egyptienne dans toules les parties orien- 
tales et occidentales du globe ; il fait mettre 
en français par une plume experte ses 
rituels et ses cahiers de grades, ses caté- 
chismes d'apprenti, compagnons et maî- 
tres. Le 26 décembre grande loge d'ins- 
tallation de douze maîtres égyptiens. Ca 
gliostro leur donne à entendre qu'il est 
le Grand Maîtte secret de la Maçonnetie 
véritable (ce qui ne précise rienj. 

Pendant ce temps, à Paris, le fameux 
Savalette, des Philalètes ou des Amis Réu- 
nis, prépare pour 1785 un convent, pour 
étudier, dit-il, la science maçonnique et 
l'occultisme. On y invite iVlesmer. Ca- 
gliostro est blackboulé. Mal coté : char- 
latan et imposteur. 

Et pendant ce temps, à Paris, Mme de 
La Motte voit le Collier, et décide de se 
l'approprier. 

Cagliostro poursuit son succès. Il va 
faire construire aux Brotteaux un temple 
égyptien. Il va aller implanter la maçon- 
nerie égyptienneà Paris. Elisant deux fidèles 
pour le remplacer en son absence .-^ous les 
noms d'Alexandre 11 et d'Alexandre III il 
part, et les douze Cagliostristes pensent 
qu'il est le Messie, le chef de la Maçon- 
nerie universelle, et qu'il va conquérir 
le monde. 

Henri Beraldi. 

Les hôpitaux russes en 1814 

(LXXXlll. 90, 156;. — A défaut de docu- 
ments sur ce qui se fit à Paris je crois inté- 
ressantes pour la question posée les deux ! 
lettres suivantes, dont les originaux font ■ 
partie d'un petit dossier que je tiens d'un } 
fils du destinataire, M. Jules PauUet, mort : 
en 1894 (Voir ce nom dans Georgel, /4r- I 
morial de Lorraine au XIX* s., page 524). ': 



Nancy, le 6 Juillet 1815. 

A ,^lol-siçllr PduHcl, médecin chiiurgien 
en chef de l'hôpital mililairo. 

Cot)f.Jim<?mei)t à mon ariété, j'ai l'hon- 
neur (!■• vous pri'venir que le» mililarre» 
russes qui entreront dans l'hôpital militaiie 
de St-Jean dont vous dtea Iê chef, »eiont con- 
fiés à vos soins et sou» votre '• lit* 
perjonndle ; cet hôpital cm eut 
destine pour recevoir nos mililiiire». Il fera 
simplement nomnid un de 110& comuiiiiaire» 
pour surveiller h re que l'ordre rc^gne daD« 
votre administration. 

Vous pourrez vous ronci.rt<rr ivec M. le 
Préfet afin de no négliger aucun moyen de 
prendre les mesures qui vous seront conve- 
nables dans vos fonction». 

Connaissant, Monsieur, les qualités et le* 
talents qui vous diitinguent, j aime à croire 
que vous employerez tous vos soirs pour mi- 
rit'r la C'^iifi mce que vous m'avez inspirée. 

Rec-ivez, Monsieur, l'aisurauce de ma con- 
sidération distinguée. 

L'Or>1onnateur en chef do S. M. l'Empe- 
reur de Russie. 

(Signé) d'Abakoumofp. 

Nancy, 14 Juin 1816. 

cavallerie Baron de Sasz, 
troupes russes k Nancy, 
Chevalier de plusieurs ordres, 

A Monsieur Paullet, Médecin en chef des 
hôpitaux de Nincy, chevalier (lise{ officier) 
de la Légiou d'Honneur. 

Monsieur, le moment où je dois quitter la 
ville d-î Nancy rappelle plus vivement i mon 
souvenir tout ce que je dois à un grand nom- 
bre de ses habitants : parmi eux vous vous 
èies toujours distingué par les services impor- 
tanti qucj vous avez rend > pendant long- 
temps aux malades russes qui se trouva-ent 
ici dans les t ôpitaux dont vous êtes le chef, 
et par l'ordre qui régna dans ces lieux par 
vos soins assidus. Permettez donc, Monsieur, 
que je sois 1 interprète de la reconnaissance 
de ceux de nos compatriotes qui vous doivent 
de si grands [sic) obligations, et soyez assuré 
que je ferai à mon arrivée au quarf.cr ^éné- 
la! russe h S. Exe. le Lieutenant Général 
Comte de Woronzow le 1 apport le plus favo- 
rable des services que vous avez lendu aux 
malades de l'armée russe. 

Agréez en m«*me temps l'assurance de 
mon attachement particulier et des senti- 
ments distingués et durables que je vous ai 
voués. 

Votre très humble et très obéissant servi- 
teur. 

(ftgnt) Le Bâton ot Sa«z 



Le Colonel de 
commandant les 



L'INTBRMfiDlAIRK 



N» 1J35. Vol. LXXXIll 

«— . aoj —_—__.>—_ 

M. Dominique Nicolas PauUet était, lors 
de la chute de l'Empire, chirurgien en 
chef adjoint de la Garde Impériale. 

Margeville. 

Rouget de Lisle et l'historique de 
Quiberon (LXXXl; LXXXli, 12, 117, 
204. 292 ;LXXXU1, 53,102,156).— Voici 
le texte d'une lettre de Rouget de Lisle 
que je trouve dans le fonds de M. Noël 
Chsravay. Bile est adressée à M. Tastu, 
imprimeur, le mari de l'aimable poétesse. 
La lettre n'est pas datée mais le lieu où 
elle fut écrite, Choisy-le-Roi, et son 
écriture tremblée indiquent qu'elle est 
des dernières années de la vie de Rouget 
de Lisle. 

Le passage sur Qyiberon contient peu 
de détails, mais, enfin, il prouve que Qui- 
beron est de Rouget de Lisle ; c'est, je 
crois, ce que demandait l'auteur de la 
question. 

R. B. 

Choisy, 
Vendredi 14 8bre. 

Demain, cher Monsieur Tastu, je lemeltrai 
à notre bureau des Colombes le paquet dont 
nous ïonimcs convenus, recommandé à Du- 
mas qu'on nie dit être votie commiôsiciinaire 
atlitré et qui vous !»■ portera port payé, 
comme de raison. 

Quiberon n est pas fin-i, il y manque en- 
core un mot. Grâce aux chicanes que vous 
et d'sutres vous m'avez faites ; et ce mot, 
c'est le titre. Mais j'espère que cela n'empê- 
chera pas votre Monsieur de s-c; décider pojr 
ou contre, il m'impo'terait par plusieurs rai- 
sons que ce futbientôt. 

A tout événement, je recueille et mets en 
ordre les chants nationaux avec quelques 
notes qui expliqueront la cause et le pour- 
quoi. 

Le reste est tout ordonné, sauf le choix 
qui le réduit à trois ou quatre morceaux, 
dont un, le plus considérable, est, je crois, 
de quelqu'intérêt, l'exiguité de ce nombre 
me rend plus nécessaire U discours de 
Schimnutpenning^ pu'squc vous pensez qv 'il 
peut entrer en ligne, lâchez de me déterrer 
le Moniteur où il est enfoui et j'irai le copier 
sur le champ. 

Et p'jis, si vous avez quelques minutes 
disponible», j'en réclame la préférence pour 
Roia dont vous me direz votre avis en temps 
•t lieu, pourvu toutefois qu'elle en vaille la 
peine. 



204 



F 



acmi a-1 il refuic l'opération de mes 



p«nt-neuf< inédits ? Je serai» aurpris si Moys 



sonnier était plus facile. En conscience pour- 
tant ces messieurs ne devraient-ils pas se 
piquer d'un peu de condescendance à mon 
ég^rd ? 

Comb'en je suis honteux de tout l'ennui, 
de tous les embarras que je vous donne et 
dont ne me justifie pas l'extrême obligeance 
avec laquelle vous vous c.i êtes chargé, 

H me m.inqii.iit de les aggraver par une 
lettre qui n'en finit pas. Aussi m'enipressé-je 
de la terminer en vous offrant l'impression 
bien Sincère de mon amitié et de ma recon- 
naissance, 

Mes hommages admiratifs à M"°' Tastu. 
Quant aux autres, ]o les dépose à ses pieds 
péle-mèle avec tous les compliments, toutes 
les tendresses dont on me charge ici pour 
vous et pour elle, ici où chacun se porte 
bien. 

M"' Tastu a-t-elle arraché de ma part le» 
yeux ï Béranger ? 

Rouget lu Lisle. 
à Monsieur 
Monsieur Tastu 
rue de Vaugirard n' 22 

à Paris. 



11 serait intéressant de consulter un ou- 
vrage paru en 1904 chez Dujarric, 50, 
rue des Saints Pères et intitulé : Le MyS' 
tère de Quiberon j-jg^ lygij avec préfitce 
de M. Henry Céard, par Ad. Lanne. )"ai 
lu cet ouvrage il y a nombre d'années et 
je ne puis me rappeler s'il était question 
de Rouget de Tlsle. 

Un confrère ayant du temps à dépen- 
ser pourrait peut être lire cet ouvrage 
assez volumineux, plus de 400 pages 
in-12. 

A titre de renseignement, l'auteur est 
un partisan convaincu de la survivance 
de Louis XVII. 

Georges Billard. 



Le pantalon rouge d&ns l'armée 

(LXX ; LXXIj. — Le maréchal de Cas- 
telUne écrit dans son/oz/rwa/jen juin 1809 : 
Fezensac, aide de camp du ministre de la 
guerre et son gendre, servait en patalon bleu 
pendant cette campagne, auprès dr prince 
de Neufchâtel ; le majorgcnéial [Berthiei; 
ne souffrait le pantalon rouge qu'à ses aides 
de camp en pied, privilège auquel il tenait 
exe usivement . Dans un village d'Espagne, 
un aide de camp du maréchal Ney lui pré- 
senta des déflèches en pantalon rouge ; la 
colère du major général fut des plus comi- 
ques. Il ne voulut expédier l'officier qu'avec 



DES CHEKCHIÎURS EÏCURIEUX 



I* Mars 1911. 



ao5 



306 



un autre pantalon. Celui'Ci parvint tiès diffi- 
cilement à s'en procurer un :iUtrc, iluns le 
méchant bojrg où l'on était. 

Je croyais que le pantalon rouge 
n'avait été introduit dans l'armée fran- 
çaise que vers 1827 par le gouvernement 
deCharli-sX, qui désirait encourager en 
France la culture de la garance. Avait-il 
été porté également dans les corps de 
troupe du premier Empire ? 

ClNQDENIERS. 

Les mémoires de Bi:>rrss. Qu'est- 
er que son prétendu mémoire jus- 
tificatif ? vu est longioal? » (LXXXl; 
LXXXlI,3î9 ; LXXXlll, 11.59, 158). - ^" 
Connaissance, dans son numéro de février 
1921 revient sur « le prétendu mémoire 
justificatif de Barras ». 

Barras a su, niais quoi ? Quelle Tonfiance 
fiire à res témoignages ? Et qu'est-ce que 
son prétendu mémoire jmtifi alil ? 

Ici nous (.levons un celait cissemcnt, car 
nous avons publié un extrait de ce p-éteiulu 
Mémoire : Lows XV If au Teinl>le (La 
Connaissance , n" du 5 mai 20). 

Voilà ce que nous pensons de ce pré- 
tendu document. Barras a laissé des pièces, 
notes, projets de souvenirs, j locès-verbaux, 
analyses, etc., qui transmis de main en 
main, firent en partie l'objet de la première 



appétits, piquer les curio»ii«s, angoitMr le» 
uns et probablement faire rendre aux autre* ; 
il voulait f.iie fructifier si déc-juverle L» 
Reiuc historique pjblii en iiyoJJ un compte 
rendu d'une sJince socreta du Dircctoiie 
9 floré.il fln IV (j8 .ivril 1796). VEuftpt 
nou'dti' donna de prudents extrait». «1 l'on 
va lir« plus loin un oxtr.iii fort curieux sur 
le petit clnntaf»e aut|ucl or s? iivii'i -.i! ,iif 
du petit raptif. 

Miis divers histoiiom s c:nL:rt::ii , on 
avoua que ces documents étaient sinon in- 
ventés du moins accommodas ; on deni.iiida 
la minute de ce piéteiulu mémoire, la jus- 
tification de ces extraits ; naundoilTute>,laux- 
bourbons, vrais, tous dem-iiident ce qu'«»t 
M. Doney, ce que vjlent le» documents : 
celui-ci nous a même priés, par lettre recum* 
mandée, Je ne point publier 1 extrait qu'on 
va lire. Nous obéissons en l'insérant ; c« 
livre intéressant, les aveux inccrtams de M. 
G Lenôtre lui-mdme, un peu capiif de cette 
possible supercherie, nous conduisent ï met- 
tie publiqnMii -Mit à jour le prohlémo du 
Mé-noirc justificatif de Barras. Or, ce mé- 
m ire existe, et qu'on nous le montre, ou ce 
mémoire est un faux et.iueM. Doney dé- 
masqué aille à tous les diables. 

Nous avons dit la même chose : si ce 
mémoire existe qu'on nous le montre ; 
mais nous, nous n'avons rien public Si le 
mémoire est authentique, les pièces qu'il 
contient ont une valeur documentaire ; 



édition de ses tiiémoires et en partie, pas- ^. ^^ j^^moire est faux ou n'existe pas : 
serentchez quelques-uns de ses descenda'its , . ^ 

, r. ■ . .. - j: 1. j 4„„ .,0 comment en laire état r 



et finirent par être disper-és dans des pa 
piers de famille en provinie, chez certain 
notaire, à Paris dans quelque famille. Un 
M. Doney, homme très habile et averti, fut 
largement pensionné par un naundorfitc 
convaincu, pour rechercher ces documents, 
les mettre en ordre ei r. constituer, s'il était 
possible la justification ùe Barras d'abord et 
l'h'stoire du dauphin, M Doney se mit en 
campagne très habilement, il souleva beau- 
coup de poussière à droite et à gauche, tou- 
cha assez d'argent, n>>us pouvons dire beau- 
coup, trouva peut être (1) pi> mal de vétiiés, 
en prit les minutes, les accommoda, en fit 
accroire aux historiens d'aujourd'hui, vit 
MM. Frédéric Masson, M. G. Lenôtre, etc., 
leur parla de sa merveilleuse découverte : le 
témoign.Tge indéniable que le dauphin itait 
mort à Berlin dans sa vingtième année, 
épuisé, abêti, inconscient. Du coup on avait 
la preuve que Louis XViI, évadé, n'avait pas 
de descendance et que tous ses sosies étaient 
des aventuriers. Avant de produire cett.; 
pièce capitale, M. Doney entendait attiser les 

1^1) Souligné dans le texte. 



comt 

Le nouvel extrait du prc'tcndu mémoire 
justificatif de Barras — dont celui qui Ta 
coi.'muniqué a interdit par lettre recom- 
mandée la publication et qu'on publie 
cependant — porte évidemment la même 
j marque que les précédents. Barras se dit 
avoir été invité p;ir Tort de la Sonde, à en- 
trer dans un complot pour l'évasion du 
diuphin. On répand à ce dessein des 
sommes énormes autour de lui, il cite 
des noms, il donne des chiffres : Ko- 
pespierre lui mén.c est donné comme 
étant du complot. < Cambon affirmait 
même que dans les archives du Gjniitc 
de Saint Public se trouvait un registre 
secret où plusieurs pages étaient consa- 
crées au récit détaille de la conspira- 
tion .. » . « Les registres du temps, ajou- 
terait Barras dans ses prétendus mémoires, 
constatent que le fils de Louis XVI a été 
enlevé de la prison dans la nuit du 2j au 
24 mai, et semble y avoir été ramené le 
25, vers tes 4 heures. » 



N» 1535. Vol. LXXXllI 
207 



L'INTERMÉDIAIRE 



ao8 



On a enlevé le dauphin le soir pour le | si la réalité ne suffisait pas largement, la 
ramener le lendemain matin ; c'est écrit j légende s'y ajouta, et tlest tiès difficile au- 
dans les registres du temps. 11 est bien î jouid'hui de les Jtstivouer . » 
entendu qu'il s'agit de registres que per- j Trop niés par les uns. exagérés parles 
sonne n'a vus, mais dont Barras parle ! nutres, ces excès furent très réels et ils 
dans les mémoires que l'on n'a pas vus ' n'étonneront pas ceux qui savent à quel 
davantage que les registres. 

Si quelqu'un a vu les mémoires et y a 
puisé, c'est M. Doney dont la revue La 
Connaissance, qui a tenu île lui ces do- 
cuments secrets, vient d'expliquer dans 
les termes qu'on vient de lire, le rôle en 
toute cette affaire. 11 s'est mis en campa 
gne € largement pensionné par un naun- 
dorffiste convaincu m ; il n'est pas revenu 
bredouille, et ses inspirateurs se flattent 
de publier le document même, d'origine 
mystérieuse. Mais que s'est il passé que 
le vent a tourné et le sens des documents ! 



déchaînement de haine^ à quel degré de 
férocité, poussé, dans certains cas, jus 
qu"à l'anthropophagie , entraînent les 
guerres civiles. Sans doute, l'antagonisme 
de classe n'était pas aussi accentué en 
1898 qu'en 1921 — comme nous aurons, 
je crois, l'occasion de nous en aperce- 
voir — mais la vague religiosité et l'hu- 
manitarisme décla.Tiatoire dont il se voi- 
lait discrètement ne l'empêcheront pas 
d'aller, par un penchant tout naturel, 
jusqu'au pillage et au meurtre. 

C'est ce côté de la Révolution de 1848 



aussi .'* Le dauphin est bien évadé, mais j qui a été très bien saisi par Maxime du 



c'est pour aller mourir à Berlin à l'âge de 
vingt ans ! 

Les évasionnistes y trouvent encore 
leur compte : les naundorffistes n'y trou- 
vent plus le leur, tt ces derniers re- 
grettant des sacrifices aussi lourds qu'iro- 
niques demandent qui trompe-t on ^ 

En attendant la source mystérieuse 
(« quelques papiers de famille en pro- 
vince, chez certain notaire, à Paris dans 
quelque famille ») coule toujours. Elle 
n'arrose plus les régions maintenant brû- 
lées pour elle de la question Louis XVll, 
mais son débit est inépuisable, et le Bar- 
ras inconnu n'a pas qu'un sujet de con- 
versation . 

Mais entre sa parole écrite, et nous, il • 
y a toujours M. Doney, et nous ne savons ! 
toujours rien de ce fécond intermédiaire, | 
sinon quo le métier de fournisseur de do- • 
cuments aussi inconnus qu'incroyables^ 
nourrit son homme. Vrain-Lucasen savait ; 
quelque chose. 1 

G. M. 

Excès commis par les insursrés i 
aux journées de juin 1848 (LXXXIl; \ 

LXXXlli, 101). — Ayant eu a me docu- < 
menter, pour un de mes livres, sur les | 
journées de juin, je puis en parler avec \ 
quelque compétence. On me permettra de [ 
citer les quelques lignes qui m'ont servi ! 
de conclusion : «< La lutte, sans aucun 
doute, fut atroce (et, des deux côt s. on 
fit preuve d'une égale fureur) mais comme 



Camp, pour lequel j'éprouve, soit dit en 

passant, une vive admiration. Sans par- 

I 1er de ses Convuhions de Paris dont un 

1 admirateur de la Commune m'attestait 

naguère, avec quelque dépit, la valeur his- 

torique, sa méthode positive fqui est celle 

de Taine), son parti pris de se garder 

, des idées préconçues et de l'illusion hu- 

i manitaire, et à n'accorder de confiance et 

•; de crédit qu'aux faits, lui ont permis, en 

ce qui concerne les journées de juin, de 

j se rapprocher autant que possible, de la 

j vérité. Je dois, d'aillours, reconnaître que 

• cette vérité n'est pas très encourageante 
\ pour ceux qui passent leur temps à ad- 
! mirer la beauté de l'âme humaine et de 

• Tâme prolétarienne. 

Heniu d'Almeras. 



Ambenay (Eure) LXXXII, 44). - 
Voici ce que dit, au sujet de cette paroisse^ 
Charpillou dans son Dictionnaire historique 
de VEuie (Delcroix, Les Andelys, 1868;. 

La paroisse d'Ambenay était couverte de 
fiefs. . . 

Les Siatiles ~ En 1247, les frères du 
Désert ou de Notre-Dame du Lesmc pos- 
sédaient un fief, et y avaient un moulin. 
En 1562 Guillaume Herier, écuyer, était 
seigneur de Siaules. 

On attribue à la famille Hérier, qui 
était d'origine écossaise, la création du 
manoir fortifié de Mauny. 

BÉNBAUVILLE. 



DKS CHERCHEURS RT CUIUEUX 



309 

« 
• * 

M. Armand Desloges, ancien boulan' 
ger, propriétaire à Rugles.rue des Forges» 
a recueilli sur Kugles et les environs une 
assez grande quantité de documents qui 
lui ont servi à composer l'histoire de 
Rugles, 

Il a, je crois, fait imprimer son œuvre, 
que j'ai lue en manuscrit il y a une tren- 
taine d'années. 

M. Desloges serait sans doute heureux 
de renseigner M. Herrier. 

M. Koos. 

La (Jescendance de Samuel Ber- 
nard (LXIII, 10, 319). - En feuilletant 
un ancien numéro de Vlntermétiiaire, je 



m Mars igti. 



210 



Adolphe Chenu auteurdes M Cons- 
pirateurs » «1816 ^fc84) LXXXI, 
1H7). — l.a question posée n'était ni 
assez complète ni siiftls.immcnt précise. 
Ses démêlés avec Caussidiorc, préfet de 
police en 1848, ont provoqué la publica- 
tion do plusieurs brochures. Dans ses 
mémcircs, publiés en 1849, Marc Caussi- 
dière avait annoncé qu'il avait été con- 
damné à huit ans de travaux forcés pour 
vol et assa sinal commis dans son réfçi- 
ment^ ce qui est notoirement faux. C'est 
pourquoi Cbenu lui répondit par « Lei 
Compitateurs » parus en France et en 
Belgique en février 18150 (une traduction 
anglaise a été faite en i8ç 1). 

Plus tard, il y eut des réponses de la 
vois que l'on s'y est occupé de la descen- \ P^*"' ^"^ ^^^'^ H"' figuraient dans ce livre 



dance naturelle du grand financier. 

Mais on ne parait pas savoir que Pelle- 
tan, le professeur de la Faculté de Méde- 
cine, qui fit l'autopsie de Louis XVII, 
épousa la maîtresse du Président de Bou- 
la'nvilliers, c'est à-dire d'Ange-Gabriel- 
Henri Bernard, et reconnut les deux en- 
fants qu'elle avait eus de cette liaison, dont 
Gabriel Pelletan qui, lui aussi, fut profes- 
seur à la Faculté de Médecine. 

Nf.mor. 

Pamillede Bonissent (LXXXII, 91). 

— Pierre Hubert de Bonissent, chevalier 
Baron de Buch\ , Boxbordel, SteCroix, 
St-Martin du Plessis ; conseiller au par- 
lement de Normandie, épousa Marie Cres- 
pin de Pierrcval et il en eut une fille uni- 
que : Louise Suzanne de Bonissent, la- 
quelle épousa [acques Alphonse de Civille, 
chevalier, seigneur de Saint-Mards ; con- 
seiller au parlement de Normandie et par 
son mariage, Baron de Buchy . 

Pierre Hubert de Bonissent était fils de 
Pierre de Bonissent, chevalier seigneur 
de Buchy etc.. conseiller au parlement 
de Normandie en 1621 et de Marguerite 
Bouchard, des Vicomtes de Blosseville. 
Des renseignements manuscrits sur la fa- 
mille de Bonissent existent aux archives 
du château de Merlemont, près Beauvais. 
Comte DE Meri.emont. 

Un prince de Bourbon commis- 
sionnaire à Toulouse (LXXXlll 139). 

— 11 a été par erreur imprimé comniis- 
iairf au lieu de commissionnaire. 



ce qui provoqua encore trois nouvelles 
; brochures faisant suite aux Conspira- 
teurs. 
: Né a Paris en i8i6, et orphelin de 
i bonne heure (son père étant décédé à 
' l'ancien Hôtel-Dieu de Paris, le 9 octobre 
t 1819, à l âge de 33 ans et demi), il se 
• trouva mêlé très jeune au mouvement 
I politique. C'est ainsi qu'en 1833 (à 16 
, ans) comme il le raconte lui-même, il fut 
, arrêté lors de la manifestation provo- 
I quée par l'enterrement du général La- 
\ marque, ce qui lui valut d'être renvoyé 
i des bureaux du génie militaire de la place 
' de Paris où il était employé. Passa en 
: Cour d'assises, où, grâce à sa grande 
' jeunesse, il fut acquitté. 
« Lors de l'affaire dite de la rue Pastou- 
; relie, il fut condamné, le iq décembre 

■ 1845, à 2 ans de prison pour association 
: illicite, mais profita de l'amnistie du 17 
] septembre 1844. Enfin, le 16 octobre 
i 1847, il fut condamné par contumace à 
; 4 ans de pri-on, 16 fr. d'amende et 4 ans 
( de surveillance dans l'afTaire dite det 
\ bombes incendiaires. 

] Réfugié en Hollande, où il avait des 
i parents, il ne revint à Paris que le 21 fé- 
vrier 1848. Nommé capitaine des gardes 

■ montagnards le 24 février 1848. il prit 
' part à l'expédition de Risquons Tout (29 
' mars 1848) et à celle de Pologne où 

Caussidière l'avait envoyé pour se débar- 
! rasser d<^ lui On le retrouve dans l'insur- 
' rection de Juin 1848 et dans l'armée in- 
; surrectionnelle du grand-duché de Bade 

oùj il défendit le passage de ^la Murg 



L'INTERMEDIAIRE 



N* 1535. V»l. LXXXII. 

21 1 

(juin 18491. Après li chute de l'empire, | 
il publia le Mémorial de Napoléon III, ' 
ouvrage qui fut étoufté 

Il existe, parait-il, une biographie assez 
complète le concernant, mais je ne sais 
dans quel ouvrage je pourrais la trouver. 
En tous cas. je serais très reconnaissant 
de tous détails inédits que des spécia- 
listes de la Révolution de 
raient me donner. 



212 



1848 pour- 
H. Y. 



Famille de t roy fLXXXlll, 95). -- 
La devise : *J'y p.iivUndrnv » me parait 
avoir été particulière à Philippe 111 de 
Croy. duc d Aerschot, qui épousa en pre- 
mières noces joanne-Henriette d'HaIwin, 
morte en 1^81. De lui est une medaill'^, 
datée de 1554, qui porte : J'vparviendray, 
Ctov ; un jeton de 1 ^62 oflVe d'un côté 
ses armoiries avec le même texte ; au re- 
vers, l ècu de sa femme et la Icgendo : 
Raison le veult . Hâllcwin. Ces deux noms 
ne doivent pas être considérés comme 
faisant partie des devises, choisies sans 
doute durant les fiançailles et se rappor- 
tant au mariage : Philippe entend y par- 
venir et Jeanne Henriette répond modeste- 
ment que la raison le veut 



L'œl de Ga nbetta. Les rest^'sde 
Gftmbeita (LXXXlll,234,368 : LXXXlll, 
37,42,1 12). — Le cerveau de Gambetta a 
été remis à lEcole d'anthropologie. Son 
cerveau pesait dans les 1 350 gr , il était 
plutôt au dessous de la moyenne comme 
poids mais il présentait un développe- 
ment exagéré du pied delà 3* circonvolu- 
tion frontale gauche. 

Voilà les renseignementsque m'a donnés 
j à l'époque, le professeur Mathias Duval, 
professeur d'histologie à la Faculté de 
médecine en même temps que profes- 
seur d'anatomie à l'école des Beaux-Arts 
qui fit l'autopsie du cerveau. 

].; travaillais avec M. Mathias Duval au 
laboratoire de physiologie de la Faculté. 
Le moulage du ceiveau est au musée 
de Ihcole d'anthropologie, 

1- 



Famille Leydei (LXXXlll, 92) — 
La famille Leydet eut des lettres de bour 
geoisie de Bordeaux en 1661. Elle a don- 
né à cette ville deux conseillers an parle- 
ment, un aux Aides. Ses armes sont : 
A^a{itr à une ieimirc d'argent iommc'e de ) 
étoiles d'or. — La question dit qu'elle ap- 
! nartenait aussi au Périgord. J'en doute. 



On attribue à la maison de Croy, d'une j il y eut bien, à la vérité, un chanoine ré- 



manieie générale, un grand nombre de 
devises qui, pour la plupart, me semblent 
avoir été individuelles, adoptées d'habi- 
tude avant le maria^^e et ayant trait à cet 
événement ; elles étaient ordinairement 
conservées pendant toute la durée de 
l'union conjugale. — C'est à propos de 
recherches sur les devises matrimoniales, 
que j'ai pris note de celle de Philippe III 
de Croy, sans plus ample enquête sur ce 
personnage, et je ne sais s'il a fait œuvre 
littéraire. 

L Germain de Maidy. 



* • 



gulier de ce nom à l'abbaye de Chance- 
iade, à la fin du xviii» siècle, mais c'est 
tout. La mémoire de celui-ci serait un peu 
entachée par sa contribution à la destruc- 
tion des archives diocésaines, mais moins 
que celle de son confrère, le triste cha- 
noine Prunis, qui, chargé par Bertin et 
les évèques de recueillir les archives du 
diocèse, des abbayes'et des communautés, 
se fit une joie, à la Révolution, de les bru 
1er sur la place publique de Périgueux, 
en disant : « Les générations futures en 
pleureront, Qjrimpnrle ' ■^ 



S.mnt-Saud 



Ne faudrait il pas lire en tète de la der- 
nière citation, col. ç6, une sorte d^envoi 
en langue espagnole? 
Hasta i:i muertc 

c'est à dire, jusqu'à la mort ! 

ou A la vie a i.i mort ! 

En ce cas, il se pourrait que les deux D ! 
majuscules, ne soient qu'une lettre H, un 
peu enjolivée peut-être 

r. Bargallo. 



* 



Bour;.;eois de Bordeaux ; deux conseil- 
lers au Parlemen! rie Bordeaux (1728 et 
1764J ungrcflicr en chef à la Cour des 
Aides; un avocat syndic (1762), un con- 
seiller à la Cour des Aides, un consul 
d'Agen(ib7o) un conseiller auprésidial, 
deux jurats de Bordeaux (1687, 1691). 

Alliances : 'Vilardi, ViJal, Denis, de 
Labat de Savignac, Ferran. 



DES CHERCHEURS ET CURIEl X 

a, 3 



le Mart 1911 



Armes : d'ai^ur à une hermine d'argent ' 
sommée de ^ étoiles d'or (Arm. de 1696). 

(V. Pierre Meller, Armoriai du Borde- 
lais, T. Il, p. 357). 

P. C. C. NlSIAR. 

Famille Martinet de Bruuot 

(LXXXlll, 93, 167;). — Notre collègue, 
M. Desmarlys, nie fait vraiment trop 
d'honneur et me couvre de confusion parce 
que je suis au regret de lui répondre que 
je n'aijamaisrtnconlrécenom enPerigord. 
Je serais heureux de connaître les raisons 
pour lesquelles il le croit de notre pro- 
vince. 

Saint Saud. 



Le général Meilinet et la famille 
Thiers (LXXXlll, 46). — Jean-Pierre 
DoMie, notaire au Châtelet de Paris, eut 2 
filles et 3 fils ; 

i — Mme Baucheron-Saint-Ange. 

i — Mme Meilinet, mèie du général. 

1 — Adrien j sans postérité. 

I — Charles f sans postérité. 

1 — N... aîné, agent de change à Pa- 
ris, puis trésorier général sous la restau- 
ration et Charles X. Epousa Sophie- Eu- 
rydice Leroux dont il eut a filles ; 

2 — Elise née en 1818, épousa Adol- 
phe Thiers 

2 — Félicie, morto célibataire laissant 
à LInstitut de Franc.: la plus grande par- 
tie de sa grosse fortmie. 

Madame Meilinet, née Dosne, était 
donc tante de Madame Adolphe Thiers. 

{Dictionnaire des familles fra^yçaiset .. 
par C. d'E. A. Tome XIV, page 166. 

L. LÉON DUPOUR. 



Mérim^^e, inspaoteur des Monu- 
ments historiques (LXXXlll, 47). — 
Aommé en avril 1834, inspecteur des 
Monuments historiques a la place de Vi- 
tet, Mérimée prit très au sérieux ses nou- 
velles fonctions. Pendant plusieurs années 
de suite, il parcourut la France dans tous 
les sens et contribua à sauver nombre de 
monuments anciens, religieux ou civils, à 
la cupidité de la bande noire et aussi au 
vandalisme des municipalités, des curés 
et de certains propriétaires. Ses tournées 
d'inspection nous valurent, comme l'écrit 



M. Félix Chambon fi;, » des lettre» 
charmantes et amusantes à ses ami», de» 
rapports mtércs<;ants et remplis de cu- 
rieux détails arcl!éolo^;i(|ues ,ti\\ ministres 
ou au président de la Commissioii *>. 

Notre confrère Lcd. trouvera mention- 
n'^s les rapports archéologiqijcs de Méri- 
mée dans le livre de M Chambon, ainsi 
que dans la bibliographie de ses œuvres 
donnée par le vicomte de Spoclberch de 
Loveiijoul dans -n pi iquctle Rihlto/^rêpbit 
et Lillér.H'ire ! Parts. Daragon. Mi(<\. pet. 
in 18 carré). 

Ces rapport? se trouvent consignés 
dans les Archivi^f d^ la Conitnnuon dei 
Monuments historiques. Mérimée a, en 
outre, pris soin le puMicr chez Fournier, 
sous le titre de '-'oies d'un voyage dans... 
une série de volumes reproduisant tout 
ou partie des rapports concernant se» 
tournées dms le Midi, dans l Ouest Je U 
France, en Auvergne .t\ tn Cois*. de 
183s à 1840. 

Tous les rapports rédigés par Merimce, 
comme membre, de la Commission de» 
.Monuments historiques, ont été réuni» 
en 1876 dans un volume petit in-4* de 
M. E. Du Sommerard, imprimé à l'im 
primerie nationale et intitulé : Les Monu- 
ment< historiques à l' Exposition universelle 
de (^ienne. 

Enfin on lira également avec intérêt le» 
notices publiées par Mérimée dans diver- 
ses revues archéologiques dans la Revue 
■ hs Deux-Mondes et dans certains grands 
journaux, notamment dans le Constitution- 
nel et le Moniteur, ainsi que ses commu- 
nications à la .Société des Antiquaires. 
Un bibliophile comtois. 

M. Ch. Nauroy XXXXlli, Al,- - 
Charles Nauroy est mort il y a deux 
ans. 

Voici, du reste, son acte de drces, tel 
qu'il m'a été délivre par la mairie du 
Vl« arrondissement : 

Fxtrati des minutes des attts dt dicés 

Le vingt-six ]aiivier Mil neuf cant dix- 
neuf, à une h lue du iratin, Charles Nau- 
roy, né à Meiz le six Décembre mil huit 
ceiit quarante six (Lonaiii»;). homme de let- 
trev, fils lie père e» mère dccéJés. jan» au- 



(1) Note sur Vrc^pcr Mérimée Pan*, 
Dorboii aitié, 1002^ 



N« 1^35 Vol. I.XXXIII 

i,5 _ 

très renseignemfnts ; célibataire, est décédé, 
en son domicile, rue de l'Abbé Grégoire, 
I). Dressii l: vingt-neuf Janvier mil ncut 
cent dixne.if, à dix lieuies du matin «ir la 
déclaration de deux tën:oins qui, lecture 
f<iite, oiit î.g'ié ave Nous, Ernest Builoz, 
chevalier de la Légion d'Honneur, adjoint au 
Maire du 6" arrondissen^ent de Paris. 

Suivent les signatures ./ 

I^our copie conforme 

Paris, le quatorze Février mil neuf cent 
vingt-un, 

Piuf le Maire, 

[signé] BuLLOz. 

P. c. c. Un bibliophile comtois. 



Paul Phares, critique d'art franc- 
comtois iLXXXIll, 6). Sous ce pseu- 
donyme se cachait Bernard Prot, à cette 
époque archiviste du Jura. 

Le *« Bibliophile comtois > sait mieux 
que moi ce qu'a laissé d'études sur i'his- 
toire de l'art, sur l'histoire de la Franche- 
Comté, réminent archiviste. De nom- 
breuses générations pourront encore uli 
User, développer les «études ébauchées, 
les fiches nombreuses que l'on a retrou- 
vées dans ses papier?. 

L. 



L'INTERMÉDIAIRE 



ai6 



La comtesse Rzewuska (LXXXllI, 
48, 1 16). >- M. Bénédicte trouvera tous les 
renseignements qui pourraient l'intéres- 
ser sur la comtesse Rzevvusha (et non 



barrière du Trône renversé (t). Le 2 
fructidor (i<) août), la petite fille fut re- 
mise à une servante polonai.-e de la feue 
princesse, Isabcl Lezanska et quitta avec 
elle Paris le 5» jour des sans culottides 
(21 septembre) pour aller retrouver en 
Pologne son ['ère, le prince Alexandre 

Plus tard, Alexandrine Lubomirska 
épousa, dit Stryienski, l'émir (t) Rzewuski. 

11 ne parait pas, en dépit de l'affirma- 
tion du prince de Sayn-Wittgenstein, que 
la princesse et sa fille aient été, à un mo- 
ment donné, incarcérées au Temple. Sous 
la Terreur, cet édifice n'a jamais reçu, 
comme prisonniers, que Louis XVI et sa 
famille, et c est seulement sons le Direc- 
toire et pendant la période consulaire que 
le Temple servit de prison d'état aux dé- 
putés fructidorisés et à plusieurs person- 
narres tels que Tamiral anglais Sydney 
Smith, Pichegru, Moreau et Cadoudal. 

Un bibliophile comtois. 
* 

Il s'agit d'Alexandra-/?o.?ij//'i? princeâse 
Lubominka, née en France ? en 178b 
(91 ?), morte à Varsovie le 11 janvier 
(février ?) 186^. Elle était fille d'Alexan- 
dre prince Lnbomirski et du baint Em- 
pire , -f« 1^7!. maréchal de camp au 
service de France, Castellan de Kiew et de 
Rosalie comtesse Chodkiewic^, née à 
Czarnobyl en Ukraine, le 16 septembre 
1768, guillotinée à Paris en 1793 Pour 
plus de détails, consulter le livre que 
M. Casimir Str)'enski a consacré à la 



Pszewuska^), ainsi que sur sa mè,e,dans la j princesse Lubomirska On y apprend 

1 comment sa fille Rosalie finit par retrou- 
ver sa famille. En 1809 (o^ ?), à Vienne, 
elle épousa Wenceslas Krzywda comte 
R{ewnski, né en 1785 orientaliste ■\- en 
i&ji. H. Y. 



plaquette devenue assez rare que leur a 
consacrée Casimir Stryienski Deux vie- 
timei de Li Terreur : La princesse Rosalie 
Lubomirska ; Madame Cha/grin. Paris. 
Girard et Villerelle [1899I, p<ît. m 8" 
carré. 

Notre confrère y verra que le 26 bru- 
maire an II (19 novembre 1793), jour où 
fut arrêtée et écrouéea la Petite-Force la 
princesse Rosalie Lubomirska, née com- 
tesse Chodkiewicz, sn fille, âgée seule- 
ment de ç ans, fut séparée d'elle et en- 
fermée, d'abord dans la prison des .an- 
glaises, rue des Fossés-Saint-Viclor, puis ! 
dans une maison de santé de la rue j 
Notre Dame-des Champs , dite maison j 
Montprin. L'enfant demeura dans cet asile 
jusqu'après la mort de sa mère, guillo- 
tinée le 13 messidor (3-" juin 1774) à la 



Le nombre des nobles avant 1789. 

(LXXVll ; LXXVlll ; LXXIX ; LaXXU ; 
LXXXlll, i^, 117, 170). — Sur cette 
question, M. Georges Maurevert a écrit 
quatre importants articles dans V Avenir 

I (février et 9 mars) 1921. 

« 

(i) Le nom d: la princesse l.ubomisrka ne 
se trouve cependant pas menlionné sur la 
j liste des personne? exécutées le ;2 mes- 
1 s dor an II, donnée da s l'ouvrjge de M. 
' Ralhelol, Lisle de- victimes iiu tnb <nal ré- 
■ volutionnaire à Parts (P.tris. A. Picard, 
I iQi 1, in-8*). 



DES CHERCHEURS ET CURIKUX 



lo Mart lyai. 



3 1 7 



ai8 



Armoiries de la France (T. G. ; 
LXXXl ; LXXXll). — La manière Je 
procéder, suggérée pour l'étiiJe de cette 
question, n'est certes pas pratique. Notre 
proposition, à cet égard, était basée sur 
le fait que le sujet semble n'intéresser 
qu'un nombre fort restreiiU de personnes, 
— et qu'en l'absence d'indications sur les 
causes de celte indifférence (apalhiquf ou 
hostile 'r'), un échange de correspondance 
privée ménagerait des susceptibilités et 
éviterait des froissements. 

Cela dit, nous partageons l'avis — que 
nous croyons être celui de notredislingué 
confrère intermédiairisto — qu'un débat 
dans ces colonnes oflrirait plus dintcrèt 
qu'en dehors de notre Revue, il aurait en 
outre cet avantage d'élargir la discus 
sion en permettant à tous les lecteurs de 
V I nier nié J illire d'y prendre part. 

Si tous les correspondants font preuve 
d'autant de conciliation et de largeur de 
vues que M. Bord, la discussion demeu- 
rera aussi objective que court ,ise. 

Tout en appréci:mt l'ordre d idées de 
notre éminentcollaborateur, nous devons 
dire que son projet ne satisfera guère les 
bons héraldistes II n'arrive, en elTet, a 
représenter les trois régimes historiques 
de la France, qu'en faisant appel à tous 
les attributs accessoires de l'écu : casque, 
cimiers, lambrequins (les touffes de plu- 
mes ?) et supports. M. Bord voudrait 
même placer au-dessous de Técu, une 
aigle « éployéc » (celle de Ttimpire est au 
vol * abaissé » ). Malgré la bonne volonté 
de leur auteur, de telles armoiries ne sont 
pas héraldiques. De plus, elles sont trop 
compliquées ; elles ne deviendraient 
point populaires, alors qu'il est essentiel 
qu'elles le soient et qu'elles aient un ca- 
ractère éminemment national. Des armoi- 
ries doivent être aussi simples que po.'^si 
ble. Pour un Etat, pour une République 
surtout, le casque et les autres accessoi- 
res sont superflus. L'écu seul devrait 
symboliser la France (et à la rigueur, les 
grandes phases de son Histoire : la Ro- 
yauté, l'Empire et la République). 

11 doit se composer d'une ou de plu- 
sieurs couleurs, chargées d'une ou de 
plusieurs figures. Veut on s'en tenir à 
un seul émail, c'est le bleu que l'on doit 
en premier lieu prendre en considération 



placées les Heurs de lis, l'aigle, cl. Je nos 
jours, les initiales (si peu héraldiques et 
si peu esthétiques) K. F. ou le faiscciu 
de licteur. 

Passons;! la ligure. Si l'accord pouvail 
se (aire sur les fleurs de lis, en ce sens 
que d'or s-.ir Jond d'azur, elles seraient 
reconnues comme cmblcnic et armoiries 
de la France — en dehors et abstraction 
faite de toute signification politique, — 
dans ce c.is alors, la question se trouve- 
rail résolue. Mais nous sommes scepti- 
que. Les tleursdc lis nous semblent être 
si intimement liées a la royauté et évo- 
quer celle-ci à un degré ie|, qu'il nous 
parait douteux que le peuple français, 
dans sa grande majorité, les accepte 
comme symbole de I Etat de la Républi- 
que. Il y a, là, des considérations dont il 
est nécessaire de tenir compte, si l'on 
veut ne pas compromettre le sort du pro- 
blème. 

D'autres solutions, piévoyaul le fond 
d'azur pour l écu, pourraient, fort bien 
intervenir. Néanmoins, nous en propo- 
serons une autre Puisque le drapeau 
bleu blanc rouge n'est plus conteste, ne 
pourrait-on former de ses trois couleurs 
le champ des armoiries à créer ? Le bleu 
représenterait, ici, l'Empire, — le blanc, 
la Royauté, - et le rouge, la Républi- 
que. 

Resterait la figure. Supposons que 
pour les raisons énoncées p!u.s haut, les 
fleurs de lis doivetit être écartées, quel 
autre emblème pourrait prendre leur 
place .'' Nous suggérerions de les rempla- 
cer, par exemple, par des feuilles de chêne 
(du chêne gaulois), d'or. Leur adop- 
tion équivaudrait, il est vrai, à la créa- 
tion d'armes nouvelles, sauf pour ce qui 
est du champ. En revanche, la rivalité 
entre les fleurs de lis royales et l'aigle 
impériale se verrait éliminée. Cette solu- 
tion politiquement neutre, pourrait faire 
l'objet d'une entente générale et être ad- 
mise par tous les partis. 

Sur le tiercé en pal, d'azur d'argent et 
de gueules. les feuilles de chêne d'or se- 
raient soit semées (sans nombic), soit 
en nombre déterminé, tel que 3 (2 et i) 
ou davantage, posées en sautoi , ou en 
orle. 

Cette composifon ne nous temble pas 
c'est, en efïet, en champ d'azur que sont 1 faire trop accroc à la simplicité préconi. 



5ï«i535- Vol.LXXXlII 
___ 219 



L'INTERMEDIAIRE 



320 



sée plus haut Toutes les idées y compris 1 pliquée à la tour voisine, dite de Pey-Ber 
celle de la conciliation, peuvent être en- land. J'ajoute q 



visagées comme groupées et exprimées 
dans l'écu seul. 

Le côté délicat du projet est celui que 
soulève l'observation de la loi du Blason, 
qui interdit de placer métal sur métal, soit 
or sur argent (et couleur sur couleur). 
Or, dans le cas des 3 feuilles de chêne 
(posées 2 et I), la troisième; au moins, se 
trouve sur largenl uniquement, ce qui 
constitue une infraction a la règle héraldi- 
que sus-mentionnée. 

La difficulté pourrait être tournée par 
le remplacement des 3 feuilles simples 
par 3 rameaux de 3 (i et 2) feuilles cha- 
cun, mis (2 el i), ce qui permeUrait de 
faire brocher les branches sur couleur et 
métal simultanément, h troisième même 
sur métal et 2 couleurs. (On s;ut que, par 
exceptionàsa première loi, le Blason auto- 
rise de poser métal ou couleur sur métal 
et couleur à la foU). Le semé et, éven- 
tuellement un nombre de feuilles supé- 
rieur à trois — suivant leur disposition, 
— bénéficieraient aussi de l'exception 
sus-dite. 

D'autre part, on pourrait encore exa- 
miner un projet blasonné comme suit : 

Parti J'a^tii et de (seules, semé de 
feuilles de chêne d'or, et an pal d'argent 
brochant sut le tout. 

Les combinaisons, dans le même ordre, 
peuvent être variées à 1 infini. Nous lais- 
sons ces différentes propositions (qui ne 
sont que des bases d étude) à Tapprécia- 
tion de meilleurs héralJistcs que nous. 

D. P. 

Les inscriptions des oacL ans so- 
laires (T. G. i^8,XLVl àXLMll ; L à 
LU à LIV LXV ; LXXXIl, 171)- — l'ai vu 
l'inscription d'-ni parle M. L. V . , sur un 
cadran solaire d.ir.s un jardin de la Cha- 
pelle-sur-Erdre (L.-lnf.j. Elle était en la- 
tin : 

« Omn«8 vulnerant ; iiltima necal ». 
Dehermann-Roy. 

Tours isolées (LXXXIll, 95, 172). — 
Les deux tours a flèches de Saint André, 
cathédrale de Bordeaux, ne ' .it pas isolées 
•Je l'église, mais se dressent au pignon 
d'un des transe[)t8, celui du Noid, je 
crois. Mais l'observation sera exacte ap- 



ue ce campanile isolé a 
reçu, voila quelque soixante ans, une 
grande statue de la Vierge en bronze doré, 
amplification d ime statuette du xiv" siècle 
dont le branchement élevé au colonal de- 
vient 1.1 disgrâce même. Le clergé français 
a eu. a encore une bien fâcheuse passion 
pour Ici statues colossales, el il a gâté 
nombre de beaux sites par des géants de 
pierre ou de fonte dont le moindre défaut 
est de rapetisser fatalement toutes choses 
autour d'eux p;ir un rappel inévitable à la 
stature humaine. 

H. C. M. 

Portes de cimetières (LXXX). — 
ISne fâcheuse inadvertance d'un com- 
positeur lui a fait laisser sur le marbre la 
finale de cet article. 

Nous la rétablissons ici même, intégra- 
lement, pour mémoire : 

« La gloire que remporta le fils en Italie, 
ne vengea-t-elle pas bien l'ignoble sacri- 
lège ainsi commis, en Auvergne, envers 
le père ? » 

Truth. 

Ouvrages anonymes à identifier 

(LXXXl, 192. 27^, 316) --^ La publica- 
tion de VAhnanach dédié aux Demoiselles 
parait avoir été continuée postérieurement 
à l'îinnée 1826. Le dernier catalogue de 
la librairie Petitot annonce, en effet, trois 
exemplaires de cet almanach, sans date 
au titre, mais qui sont, avec quelque vrai- 
semblance, indiqués comme appartenant 
respectivement aux années 182b, 18^7 et 
i8i8. L'un deux contient, d ailleurs un 
calendrier pour l'année 1827. 

Un Bibliophile comtois. 

Balzac est-il, ou non l'autour du 
« Petit Dictionnaire critique des 
enseignes de Paris » fl XXXll, 97 ; 
LXXXlll, lob). — En prenant connais- 
sance à la Bibliothèque nationale de 
l'arti'^le de la Petite Re ne signalé par 
notre confrère Ed. M M., je m attendais 
à y trouver la preuve certaine de la colla- 
boration exclusive de Villemarest et de 
Kaisson à cet ouvrage. .Mon espoir a été 
déçu ; je n'ai rencontré dans cet article, 
du reste anonyme, que quelques lignes 
déniant à Balzac la paternité de l'opus- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



2ii 



lo Mars lyat 



cule en question, sans étayer cette déné- 
gation par un argument quelconque en 
(aveur de la thèse contraire. Cela n'est 
point suftisant, à mon avis, pour détruire 
une attribution admii^c p;.r tous les bi- 
bliographes D'ailleurs, le fait que cette 
thèse n'a jamais élé combattue, ne dé- 
montre nullement que celle-ci doive être 
nécessairement acceptée comme telle ; 
ce silence prouve simplement que l'arti- 
cle de /a Petite Ri vue aura passé ina- 
perçu. 

D'un autre côté, j'apprécie infiniment 
l'érudition de M, |ohn Grand-Carteret et 
j'ai même, dans ma bibliothèque. In pres- 
que totalité de ses œuvres. Je reconnais 
volontiers que cet auteur possède, au 
point de vue iconographique une com- 
pétence spéciale, dont, pour ma part, j'ai 
fréquemmvrnt tiré profit. Ccpendcmt quel 
que soit, tiaiis ce domaine pariicuUtr, son 
incontestable mérite, M Grand Carteret. 
qui, d ailleurs, en fait d'enseigner,, a 
principalement étudié celles de Lyon, ne 
me semble pas, si j'oro dire, jouir en 
matière bibliographique, d'une égale au- 
torité ; et je ne crois pas que, dans le cas 
actuel, on puisse opposer son affirmation 
à celles de bibliographes professionnels 
aussi avertis que Qiiérard, Paul Lacroix 
ou Lovenjoul. ni d un polygraphe comme 
Edouard Fournier, qui sont unanimes à 
considérer Balzac comme l'auteur de 
l'opuscule dont il s'agit ; au demeu- 
rant, cet le dernière opinion est aussi pro- 
fessée par les bibliographes Parran et 
Thieme. QuarK à M. Geoiges Vicaire, il 
ne se prononce pas et se borne à noter 
dans son Manuel que, « d'après une note 
inscrite sur l'exemplaire de la Bibliothè- 
que nationale, Balzac serait l'auteur de ce 
petit livre » . 

je regrette donc de ne pouvoir m'as- 
socier à l'opinion soutenue par notre 
honorable confière. Toutefois je lui con- 
cède volontiers que la question peut être 
considérée comme douteuse ; c'est pour- 



Quel ea «tt 

|e suis UB 



322 

« La Vargovieuû» ». 
l'auteur? (LXXXll, 90). 
l)cu eif.nne du cri d'inquiétude pousjc à 
propos de cc chant, que j.- l'avoue, je ne 
croyais pas si complctcmeni ignrrë. 
«D'où vient ce chant .«' demande M Mon- 
niot ; en quelles cifconstanccs est- il né? 
Quel en est l'i-uteur i >» A cela, la réponse 
n'est pas bien difficile. Mais voyons 
d'abord ce qu'il est, car ^; . Monniot n'en 
a donné que le refrain. En voici le pre- 
mier couplet : 

II s'est lev<5, voici le jour san«l«ni ; 
(^)u"il>oit pour nous le jour de délivrance I 
IJans son essor voyc?. noire .lijçle blanc, 
Les yeux fixés sur l'-i .-en-i ici do France. 
Au soleil «II- Juillet, doni 1 éclat fut si betu, 
Il i repris son vol. il fend L>s air», il cria : 

Pour ma noble patr'c. 
Liberté : ton soleil ou la i uil du tombeau ! 
l'oloruis, à la b..ïonnelte ' 
C'est le cri par nous adopté ; 
Qu'en roulant, le tambour répète : 
A la baïonnette ! 
Vive la liberté ! 

Le soleil de juillet et l'j.rc-en ciel de 
France indiquent suffisamment que ces 
vers furent écrits à 1 époque de la révolu- 
tion de 1830, qui fut aussitôt suivie de la 
grande insurrection de Pologne, où les 
pauvres insurges, n'ayant pas asser de 
fusils, combattirent héroïquement à l'aide 
Je faulx, ce qui leur fit donner le nom de 
fj.ucheurs polonais. Et c'est quand ils 
eurent été écrasés soiis ,e nombre, que le 
général Sébar-liani, alors ministre des af- 
faires étrangères, prononça a la tribune 
française, ce m il qui est resté tristement 
célèbre : « l'ordre règne a Varsovie! > 

On voit donc d'où vient le chant de 
La Vanovienne et dans quelles circons- 
tances il est né Maintenant, quel en est 
l'auteur ? le même que celui de La Pan- 
sienne, Casimir Delavigne en personne. 
Pauvre ('asimir Delavigne ! il faut donc 
qu il soit bien oublié aujourd'hui, pour 
que nul ne se «iouvienne qu'il a inséré ce 
chant dans le volume de ses Mes^énunnu^ 



quoi il me semble qu'il serait téméraire, i chants populaira et poèue: dnersiS (édi- 
en l'état actuel des choses, de retirera I tion Charpentier). Celui-ci a dû, sur le 



Balzac, en faveur de deux écrivains obs- 
curs, le mérite d'avoir composé une 
étude pleine d'intérêt et qui rentre bien 
dans le talent d'obseï vateur que chacun 
reconnaît à l'auteur de h Cofii/ lie hu- 
maine. Un bibliophile co.mtois. 



moment, paraitie d'autre façon, et peut- 
être isolement, sous forme de brochure. 
On le trouve encore dans un recueil pu- 
blié quelques années plus tard sous ce 
titre : Poésies nationales de li Révolution 



r française^ ou recueil complet de chants, 



N» 153s. VoI.LXXXIlI 

— 233 

hymnes, couplets, odes, chansons patrio- 
tiques (Paris, Michel et Bailly, 183D, in- 
8"). La ydT.'OVtentie se trouve tout à la fin 
de ce volume, accompagnée d'une gra- 
vure bymbolique de Delalaisse. 

La k'.ir scviinne at elle été mise en mu- 
sique r Rien n'est plus probable, peut-ctie 
mcme plusieurs fois. Mais je n'ui rien de 
ccriain à ce, sujet. 

Arthur Pougin. 

Mêmes réponses : Ulric Richard-Dfsaix ; 
H. D .S ; Mnemosymb. 



Les Mémoires de John Evelynet 
les Mémoires deGrammont;(LXXXll, 
04. 418 ; LXXXIII, 83;. — j ose encore 
l'affirmer : Evelyn n'a jamais écrit la des- 
cription de Tunbridge citée par Oid 
Noll. C'est tout simplement une'erreur de 
Tauteur anonyme de l'article dans le 
Qjiarietly Review. La citation faussement 
attribuée à hvelyn dans cet [aiticle se 
trouve effectivement, mot à mot, dans la 
traduction anglaise des Mémoires de 
Gramniùi t. publiée par la librairie H. G. 
Boh, il y a quelques années avant 1870. 

Celte traduction est d'Abel Boyer 
(1714), mais revue et corrigée à cause de 
sa grande négligence. 11 existait austi, en 
1870, une édition des Mémoires d EveUyn, 
du même format, et publiée chez le 
même libraire. C'est ainsi, je pense, que 
la confusion peut s'expliquer. 

E. Bensly. 



L'INTERMÉDIAIRE 



224 



Ex-libris : Chevaliers pleuveut 
(LXXXl). — La signification de hi 
devise « Chevaliers-Pleuvent * appartient 
je crois, a la famille de Chauvigny 
qui floribsait au moyen âge du xi® au xui* 
siècle à Chauvigny (Vienne) où le châ- 
teau en ruines grandioses existe encore. 
Cette devise se rattache à la bataille de 
Poitiers en 1356, si j'ai bonne mémoire. 

On pourrait à ce sujet consulter : 

1° Dictiottvaire des ancienne familles 
du Poitou par Bauchet Filleau t. Il, 1892. 

2° Les Mèmoties des amiquaiies de 
l'Ouest de Huiliers, propriétaires des rui- 
nes de Chauvigny. 

B. DE ROLLIÈRH. 



Billets inédits à Brifaut (T. G. 

VI). — Nous avons dit que le docteur 
Cabanes vient de rééditer les très intéres- 
sants mémoires de Brifaut, devenus in- 
trouvables (Souvenirs d' un académicien 
stir la Révolution, le Premier Empire et la 
Resiauralicti. avec introduction et notes 
du docteur Cabanes, et suivis de la Cor- 
respondance de l'auteur Albin Michel, 
éditeur, 2 volumes illustrés). Le docteur 
Cabanes nous communique une lettre iné- 
dile de la comtesse de Feletz à Brifaut 
qui montre avec ^uel enthousiasme cet 
immortel, injustement oublié, était goûté 
par ses contemporains et même par ses 
contemporaines. 



je suis pénétrée de reconnaissance, Mon- 
sieur, du chaimant cadeau que vous avez bien 
voulu me faire et les expressions du plaisir 
qu'i! m'a fait éprouver vous seraient parve- 
nues depuis quelques jours sans une rechute 
dans des souffrances qui mettent souvent 
obstacle h mes projets m'ont dans ce moment 
ci doublement contiariie, me privant de la 
jouissance de vous dire , Monsieur, à quel 
point les deux jolis volumes que vous 
mavez adressas avec tant de gice me lou- 
chent et m'intéressent. Il est si rare de réu- 
nir un talent élevé à une touchante simpli- 
cité : le parfait accord de ces qu.ilités donne 
à chacune de vos lignes un charme inexpri- 
mable. Que de noblesse dans la peinture 
du siècle du grand roi 1 Que de sentiments 
aimables et tendres dans le Retour ! Vous 
faites passer ces sensations diverses dans les 
cœurs de vos lecteurs qui vous en savent un 
gré infini. Quoi de plus sérieux et de plus 
plaisant à U fois que la rencontre et les re- 
proches mutuels des deux personnages pla- 
cés dans un lieu ou tôt ou tard ils devaient 
aboutir ? Cherchant à s'excuser sur les hor- 
reurs d'une révolution que l'on n'avait qut 
trop préparée et dans laquelle le second a 
occupé une bonnu place Je ne peux mieux 
vous convaincre Monsieur, de l'attention et 
de l'attrait avec lequel j'ai lu votre spirituel 
ouvrage, qu'en confessant que, peu brave de 
mon naturel, j'ai grand peur du peuple sou- 
verain livré à lui même. 

Périgueux a voulu célébrer aussi ses glo- 
rieuses journées, en choisissant à la vérité 
les ténèbres pour de si glorieux exploits : vos 
deux volumes venaient de m'arriver ; je pas- 
sai la piemièro nuit du désor ire à les lire, la 
seconde à les relire encore me faisant ainsi 
une douce illusion ; ce charmant passe- 



DES CHERCHEURS l£T CURil-UX .0 Mâts 1921 
22 s , „6 

autant au musicien, l.cs dix rrprésrnta- 



temps me tient à l'abri de toute frayeur tii 
fixant mon imagination entière. 

Jugez Monsieur si des remerciements vous 
sont dus ! Mais convenez aussi, s"il vous 
plaît, que ce scntjnicnt peut s. ul faiic par- 
donner le conte oij une lanterne à la main 
vous cherchez une fenuue ! la plaisait. no 
est si ingénieuse que j'aurais m; uv^ise giice 
de m'en offenser : il vaut infiniment mieux 
chercher à vous prouver, Monsieur, ()ue si je 
ne suis pas de celle qui vous ferait éteindre 
le flambeau, je me flute d'approcher un peu 
de ce modèle, par une venu facile et douce 
à la vérité, mais rare dans ce siècle, qui est 
la reconnaissance. A lu véritable jouissance 
d'une lecture si attrayante, succède un grand 
regret c'est d'en voir sitôt le terme : vous 
le dirai-je. Monsieur ? je m'étais flattée de 
trouver joints aux deux jolis volumes un 
petit recueil de vers patriotiques do'U mon 
frère m'a parié avec cntousiasme {sic) il y 
aurait de l'indiscrétion à les réclamer et je 
ne me sens aucun droit à faire une pareille 
demande du moins, si le projet d'un \ov»ae 



à Paris s'exécute, 
de vous entendre 
réunions intimes a 



vous ne me 
réciter ce 
fait le bonheur 



refuserez pas 

qui dans des 

de vos 



amis ; de bons et nobles sentimens, des 
larmes données à de hautes infortunes, tout 
cela exprimé en beaux vers est d'un mérite 
inappréciable ; quoique les dépôt de Raison 
ne soient pas en Fiance, croyez .^lonsieur, 
qu'il en existe encore dans une province re- 
culée où on vous lit, on vous admire comme 
modèle de bon goût, de talent et de grâce. 
En vous offrant iaisu'iiice de ces sentiments 
bien sentis, je vous d -mande en faveur de 
mon nom qui est ceh.i d'un ami qui vous 
est sincèrement atlach'.une place dans votre 
aimable souvenir et l'autorisation de vous 
parler quelques fois { ic) moi-même de ma 
bien véritable estime. 

(Signé :) Mabtin, Comtesse de Feletz. 



Prix payés à divers écrivains 
pour leurs ouvrages ^XIII, 742). — 
Il est intéressant de comparer aux mon- 
ceaux d'or que rapportaient à Massenet 
ses discutables et trop appréciés flonflons 
à ce que gagnaient au xviii° siècle les 
auteurs d'un opéra favorablement ac- 
cueilli. Le règlement du 30 mars 177g 
régissait ainsi cette matière en ce qui 
concerne l'opéra. 

Lorsqu'une oeuvre, employant toute la 
durée du spectacle, était jouée vingt fois 
sans interruption, chacune des représen- 
tations rapportait 200 livres au poète, et 



tions suivantes, toujours consécutive», 
n'étaient plus payces qje 1 so livt... i 
chacun des collaborateur». 

.'^i le succès se coitinuait jusqu'à l.i 
« quarantième >«. les auteurs ne tou- 
chaient plus, pour ccn dix dernière» re- 
présentations que 100 livres cnacun par 
soirée. Il fallait dépasser iiuari»nlc repré- 
sentations pour quf l'afTairc devint un 
[leu productive ; dans ce cas, l'indemnité 
sautait i!c ico a 600 livres pour chacun 
des auteurs, cl sans limilatinn du nombre 
des représentations 

Donc, en joiii<s,int d'in îrailcincnt pri- 
vilégié, et dans des conditions exception- 
nelles de succès, un opéra qui obtenait 
cinquante représenialions ininterrompue», 
rapportait à chacun des auteurs la somme 
de 12.500 livres. De nos jours, une valse 
bleue ou rose rapporte infiniment plu». 
On ne faisait alors aucune diflérence en- 
tre le librettiste 't le compositeur 

Ce que l'on appelait la * protection 
royale », poussait plus loin encore l'en- 
couragement au succès Librettistes et 
compositeurs qui avaient fait représenter 
a l'Opéra, trois grands ouvrages dont le 
succès avait été assez grand pour en jus- 
tifier la reprise, pouvaient obtenir de ce 
fait une pension viagère de i.ooo livres. 
Si ces auteurs étaient des récidivistes du 
succès, ayant à leur actif cinq grands ou- 
vrages « repris ». la pension obtenue 
était de i.îjoo livres, et pouvait aller jus- 
qu'à 2.500 livres, dans le cas oii un si- 
xième ouvrage venait s'ajouter aux cinq 
précédents. 

Il est présumable, 1789 étant proche, 
que les bénéficiaires de ces pensions fu- 
rent peu nombreux 

Ed. m. m. 

La oolleciion Poirrier (LXXXIIL 
144). — Erreur d'impression : il faut lire 
la (jrotte des Fus et non la grotte des Pici. 
col. 144LXXXIII. 

Le Dohat (LXXXIII, s. 112) — L'or- 
thographe du mot varii ceitainement avec 
la région, quant à sa signification, c'est : 

Un aqueduc pour l'écoulement des eaux, 
c'est un égout. un conduit, un fossé cou- 
vert, un drain. 

De ces diverses significations on trouve 



N» j 535.. Vol. LXXXIII 

227 • 

les origines dan? les mots : dulcere, la- 
tin ; dugale. bas latin et du roman : toai ; 
venant lui-même de tutus. 

Dans la région on dit et écrit : 

Uouat, Dougat, Tcniat. 

Rhin Khône Ru — Rue — 
Aaar - Bahr --^ Reiten (l.XXXll : 
LXXXIII, 122). -le signale à ce sujet 
Touvrage suivant du docteur Bascoul : 
Nos ètymologifs rtccfiqu:.<'<rs. Il est seule- 
Iment à regretter que l'auteur n'ait réussi 
à faire imprimer que le quart de son œu- 
vre (120 pages), ceia en raison des diffi- 
cultés que tout le monde connait. 

|e renvoie donc M. de Montzaigle pour 
tous renseignements étymologiques à iVi. 
le docteui Bascoul, savant philologue 

Arsène Kersaudv . 

La JRoohe-sur-Yon. La ' oche- 
sur-Yonne (LXXXIII 44^ — La ques- 
tion a déjà été traitéi.- ici-même. On n'a 
qu'à se rapporter à ma noto sur l'étymo- 
logie du mot yeu (/«/., 1908, LVIl, 10 
avril, p. S22) 

Je rappelle seulement, pour la Roche- 
sur-Yon ! i), que !e plus ancien nom con- 
nu est Rupfs tout court (q8.>) ; que Rocha 
suter Otonis fliivinm apparaît en 1035 ; 
que Oïoiui devient Oïnm (logo, 1092, 
1096, 1099J ; qu'voN se montre pour la 
première fois dès 1099 (Caitulaire du Bas- 
Poitou'l ; qu'en l 1 28 on rctiouve A/c/jh/w ; 
que de i i 50 à 1^30 on connaît une foule 
de séries d'OiON, et enfin qu'en 1335 °" 
trouve La Roche-sui Yon ! — Le terme 
actuel n'est donc pas connu avant cette 
date. — Par suite, l'origine d'voN est 010- 
NA ; de oiA, qui a donné toutes les Oies de 
Vendée (sans calembourg) et les Yeu, et 
d'oNA). ruisseau en ccltiquei. 

En Vendée, Ona est devenu Yon, par 
une exception ! Ce mot aurait du donner 
régulièrement Yonne, comme dans La j 
Roche sur-Yonne. j 

Quant au sens du radical oiA, ça c'est ! 
une autre affaire, trop longue à exposer 
ici. 

D' Marcel Baudouin. 



L'INTERMEfJlAIRH. 



-3a8 



•i) Butbo Vetideemis, traduction latine i!e 
Pourbn-Vei^dèe (1815I, se trouve fians le 
t'>lyptiq t'd'lrminord.p. 577. Ce fait doit 
*tre peu cornu. 



Yvelines (LXXXIII. 000). -- La sta- 
I tion terminus de la ligne de 5cv=aux-0r- 
say est Limour<. m Hurepotx. A 8 ou 10 
km au sud se trouve Rochefott en Yve 
Unes. Une partie de la forêt dite de 
Ran-.bouillet est désignée tous le nom de 
foie! lies Yvelines. Elle nest pas tout près 
de Rochefort ; elle n'est pas bien loin de 
Si Léger- en Yve liftes. Bien plus au nord, au 
norddela ligne de Granville, on trouve /ti 
Queue-les- Yvflines. Un confrère géographe 
aurait-il l'obligeance de me dire : Quelles 
étaient les limites du pays d'Yveliries ? 
S'il formait une circonscription adminis- 
trative? S'il y r! pénétration entre le Hu- 
repoix et les Yvelines ou sinon quelle en 
est la limite commune 'f 

J.L. 

Les î I fus fie combattre pour mo- 
tif de conscience, pendai.-t la der- 
nière guerre (LXXXlIl. 91). — L'An- 
gleterre a, du moins, incarcéré certains 
récusants de cet ordre; et l'un d'eux, qui 
a passé quatre mois de sa peine dans 
une grande prison de Londres, ensuite 
huit mois dans une prison de province, 
avant d'être relâché pour motif de santé, 
a profité de son expérience pour dresser 
un réquisitoire coritre le réaime cellu- 
laire (Stephen Hobhouse, -■< Une prison 
anglaise vue de l'intérieur ^v Ounrterlv 
Review, juillet 1918). 

On peut joindre ses doléances à celles 
que publiait, vers le même temps, un au- 
tre Anglais. prisonnier de guerre c.;!ui-là, 
mis en cellule à Berlin pour une évasion 
manquée. Le pasteur luthérien, chape- 
lain de la prison, lui disait ingénucment : 
« On s'en tire parfois ; j'ai connu un 
prifonnier qui, au bout de sept ans. 
n était pas encore devenu fou. » (Black- 
vood's Mag-i:^iue. juin iq'.S ; pp 797). 

Bref, pacifiste ou belliqueux, on finit 
par subir le piême traitement. Mais la 
philanthropie qui préconise le régime cel- 
lulaire pour améliorer le sort du délin- 
quant est une belle chose. 

Old Noll. 



L'amour de la musique chez les 
poètes et les peintres (LXXXIII; 
LXXXUI, 3b, 180). — Si les peintres ai- 



DBS tHKKCKFURS ET ClJkIKUX 



229 



10 Mart ivn 



nient la musique ? Je le crois bien, et ils 
l'ont prouvé depuis tanlol cinq siècles, à 
commencer par le giand Léonard, l'im- 
mortel auteur de la Joconde. Léonard de 
Vinci, qui ne Fe contentait pas d"ètre 
peintre, était aussi sculpteur, architecte, 
poète, ingénieur, et par dessus tout, mu- 
sicien. Non seulement, il écrivait des son- 
nets qu'il chantait lui-même en s'accom- 
pagnant sur le luth, mais il passe pour 
avoir été très habile sur le violon, et cer- 
tains ont cru même pouvoir décrire l'ins- 
trument dont il se servait, lequel inbliu- 
ment avait un manche d argent surmonté 
d'une tète de cheval, ce qui ne laissait 
pas dé Ire assez singulier (1). 

Mais, après Léonard, nous avons un 
document précieux et singulièrement in- 
téressant, qui nous donne une preuve 
convaincante de l'amour que ks grands 
peintres italiens de la Renaissance por- 
taient à la musique, et particulièrement 
aux instruments alors en usag^\ Ce d(>cu- 
menl, c'est le superbe tableau de Paul 
Véronèse, du Musée du Iri^vre, Les Noces 
de Cnna, où l'on sait que le grand peintre 
a traiié à sa guise la légende chrétienne 
en en faisant une fantaisie somptueuse et 
de caractère quasi historique. Dans ce ta- 
bleau, Véronèse s'est représenté lui-même 
avec quelques-uns de ses confrères, tous 
jouant des différentes espèces de violes 
alors en usage. On les voii groupés, au 
premier plan, danr. l'espace laissé libre 
par le demi-ceuio de la table où sont ras- 
semblés les hôtes illustres réunis pour le 
festin. Us semblent prendre part a l'exé- 
cution d'un madrigal. A gauche, bien en 
vue et en grand apparat, est Véronèse 
lui-même, jouant de la taille de viole qu'il 
tient sur ses genoux ; en face de lui, le 
Titien, debout et paraissant fort préoccupe 
de la tâche qui lui est dévolue, fait sa 
partie sur le violone ou contrebasse de 
viole ; derrière Véronèse, se tient le Tinto- 
ret, jouant de la viole de gambe, et non 
|oin de celui-ci se trouve le Bassan jouant 



aji, 



(i) M VI sans dire qu'on ne doit pas, mal- 
gré l'homonymie, confoi dre l'auteur de la 
Jocon./e avec Léon:ird de Vinci, compositeur, 
coiidisciplc de Pergolè';e au Conservatoire de 
Naples, auteur de p us de trente opéras re- 
présentés sur les scènes italiennes. 



du pardessus de viole. On voit que nos 
; P; mires, dilettantes ra/lincs, fornuâient 
ainsi a eux seul-» un pt tu orchestre 
d'insirumcnis a cordes, cl pouvaient jc 
donner le plaisir de f-^irc de la musique 
dans d'excellentes conditions. 

Ils ne sont pas les seuls a signaler hn 
Angleterre, Gainshorough .«.c dclatsaii de 
j ses tr.iv.ujx orduiaires en jouant du vio- 
lon. Beaucoup de peintres llamanJ* culti- 
vaiei.t la musique, rt Tcnicrs, dans un de 
ses tableaux de famille, s'csl lepréjcnté 
lui-mcme jouant de la bas:c de viole. En 
France, l'aimable peintre Le Prince, donl 
Diderot ne dédaignait pas le talent, était, 
dit-on, habile \ iol()ni-.te. 

Chez nous, dailkuis, l'alliance de la 
peinture est devenue presque une tradition. 
De nos jours, qui n'a entendu 1 aricr du 
violon d'Ingres, dont certains prétendaient 
sottement qu il le préférait a ses pinceaux? 

Dans son petit livre sur Ingres, Olivier 
Merson, après avoir constate que son père 
était a la fois sculpteur, ai ihitecte, peintre 
et musicien (tout comme Léonard; nous 
apprend qu en 1793, dans une fétc don- 
née sur le théâtre de Toulouse a l'occafion 
de la mort de Louis XVI, <• le jeune In- 
gres put exécuter avec succès un concerto 
de Viotti pour violon >. il avait a peine 
treize ans. El M. baint-Saëns, dans ton 
Ecole buissonnihe, nous parle aussi de 
l'auteur de h Source : — ** Et le violon 
d'Ingres? dit-il. Et bien, ce fameux vio- 
lon, je l'ai vu pour la première fois au 
musée de Monlauhan ; Ingres ne m'en 
avait jamais parle. On disait bien, dans 
son entourage, qu'il en avait joué (du vio- 
lon) dans sa jeunesse ; mais jamais je n'ai 
pu obtenir qu'il exécutât avec moi la 
moindre sonate. « j'ai fait autrefoi.s, me 
dit-il pour repondre à mes instances, le 
second violon d.ms des quatuors, mais 
c'est tout. i> 

Mais Ingres n'étail pas le seul ; il y 
avait aussi l'excellent Hébert, le peintre 
de la Mal'aria, et c est encore M. baint- 
Saëns qui nous renseigne sur ses qualités 
de violoniste, car lui aussi jouait du vio- 
lon : « Le pins iérieux, dit-il, des violo- 
nistes peintres fut Hébert. Jusqu'à ses der- 
niers jours il se délectait à jouer des so- 
nates de Mozart et de Reelhoven, et il les 
jouait, parait il, d une façon remarquable. 
, )e n'en puis parler que par ouî-dire, ne 



^o ,535. Vol. LXXXIll 



231 



[.'INTERMEDIAIRE 



232 



l'ayant jamais entendu. Dins rna jeunesse, 
les rares fois qu'il m'a été donné de le 
voir chez lui, je l'ai toujours trouvé le 
pinceau à la main ; depuis, je ne le voyais 
qu'à l'Académie (des Beaux-Arts), où 
nous siégions l'un près de l'autre, et où il 
me faisait toujours un excellent accueil. 
Nous parlions musique, et il (mi parlait en 
connaisseur. » 

Et l'on pourrait citer encore un peintre 
violoniste. Gustave Doré, 1res habile, pa- 
rait-il, mais que l'on disait un peu trop 
prétentieux sous ce rapport. Mais en voilà 
assez pour prouver que les peintres sont 
loin d'être ennemis de la musique, comme 
on le dit des poètes, ce qui ne m'est pas 
démontré, au moins en ce qui concerne 
Musset. 

Akthur POUGIN. 

8îî|ouvaiHr!-: ei (i;\\\toi\ié^ 

Alphonse Daudet : La clef des 
€ Rois en exil-. — Llntermédiaiie a 
déjà d^nné la clef de plusieurs romans 
d'Alphonse Daudet : L'Immortel^ Rose et 
Niiiette,Le Nabiib, vo\c'\ une lettre de Dau- 
det, extraite du bulletin d'avril 1921 de 
M. Noël Charavay, qui contient quelques 
détails sur les personnages des Rois en 
exil : 

Monsieur, 

Le roi, la reine et le peiit Zara sont ùe 
pure invention. Quelques détsils que j'av.iis 
sur \d vie intinu^ du roi et de !a reine de 
Naples à Saiiit-Mandé, rue Heibilion, m'ont 
permis de iiC point trop commettre d'hérésies 
dans la fiction de mon ménage royal. 

Sous les masques très transparenis des : 
K.iis ii'e Paleriiie.duc de Patina roi de West- 
phalie, reine de Galice, prince d'Axel^ on 
reconnaît i:isément le vrai roi de NapLs, don 
Carlos, le vieu.x roi de Hanovre, la reine 
d'Espagne, le prince d'Oraiige. Le marquis 
de Hezeta est imagi-.aiîe. 

Un bal auquel j'ai assisté il y a longtemps 
chez les Czartoryski à la veille d'un départ 
armé pour la l'oiogne m'a donné l'idée de 
ma fête aux guzlas. 

Je reste votre obligé, Monsieur, pour la 
conférence que vous allez faire sur nion oeuvre 
cl vous souhaite, nous souhaite, un vif suc- 
cès. 

Alphonse DAUObx. 

k M. J. I.emoi, secrétaire particulier de 
M. le Préfet de la Loire-Inférieure à Nantes, 



La loge de Scribe aux Italiens. 

— Nous avons reçu la lettre et le docu- 
ment qui suivent ; 

Monsieur 

Les hasards des vieux papiers ont mis en- 
tre mes mains le document suivant. Je ne 
veux p-Ks '0 détruire, car peut-être il peut in- 
téresser i:;i écrivain taisant une monographie 
de Scribe, puisqu'il y est fait mention de sa 
loge aux Italiens, en damas de laine blanc. 
J'ignore le nom de son tapissier, n'ayant eu 
que quelques feuilles de ce livre décomp- 
tes sous les yeux. 

Agréez, 

Mme Gabriel Bertrand. 



Voici le document annoncé dont nous 
remercions notre correspondante. 

1841 M. ^CRIBE 

Décembre 

Avoir tendu sa loge aux Italiens 
en damas de laine blai;c, en- 
cadré de crête et câblé 

Fourni 15 m. 50 de damas de 
laine blanc à 

13 m. so de câblé pour le? 
angles à 

20 m. 20 crête en laines à 
biltoiis à 

6 patères pour mettre dans les 
coins à 

5 greffes pour mettre dans 
coins à 

Portièie 

3 m. 80 de damas de laine "j , 

3 m. 60 de crête. 1 . 

I bâton, 

1 pomme. 

6 anneaux à 0.45 
Façon et pose de la portière 
Façon et pose de la tentuie 
Plier unegenouillère, façon 8. » 
1 m. 90 de damas de laine 5.15 
3 ni. 50 toile pour ledessous 1 25 



10. 



les 



25 

15 



■5.25 81-37 
.87 

,40 



;s 35, 



0.40 



I .30 8. > 



3 m de rrin a 1 .75 
Fourni pour un tapis 

3 m . t.ipis à 10. » 

2 ni . 50 tibaude à ' -75 

Façon et pose 5. » 



'9-95 
11.55 
1.50 
2.70 
2.70 
6. » 
25. » 
8. > 

9-97 
4-37 

^■25 



68.70 



30. " 
4-37 
4. » 



27. S9 



38.37 



Le Directeur ^éfint : 
Georges MONTORGUEIL 



linp. ( >LfcK(.-l.)*NiHL, Saint-Amand-Montrond , 



LXXXllI» Volume Faratssant les ,o. 20 et de }o chaque mou 30 )o Mars iqai. 

N» 1536 
31 'l'.r. Victor-Mftsné 



aUytOUE 



N* i5î6 



PAUss (:.\») 






('OUI houneiYZ o 



Buronux : do 3 à 6 heures 



5 <n(r'ai(j«r 



Vvïi^i^^d" 



Karotut : d« 3 k 6 bcor* 



DtS CHERCHEURS ET CURItUX 
Fondé en 1864 



UUKSTlOiNS ET RKl'ONSKS MTIKRAIIUÎS, l||Sr..ai(^UKS, SCIK.NTIKlyllKS KT AUnsriOUKH 

THOUVAII.LKS KT CL'RIOSITKS 



2)3 



Nous prions nos Lorrespomlants de 
vouloir bien répeter leur nom au-de>sou:, 
de leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne. seront pas insérés. 

Pour- la précision des rubriques, une 
question ne peut viser qu'un seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. 

Quand la question sollicite la connais- 
mnce d'une liste, la liste, sauf exception, 
n'est pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à ni' tire en discussion le 
nom ou le titre d'une famille non éteinte. 

L'abonnement pour 1921 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France. (Six mois 16 francs). 

I?our l'étranger : un an 32 traucs. 
(Six mois 18 francs). 

Prix du numéro: 1 fr. 50. 



(Éim^tiom 



La guerre dite des Rustauds. - 
Le 20 mai 1523, l'armée du Duc de Lor- 
raine battit et extermina les bandes de 
Rustauds, paysans lutiiériens, qui s'étaient 
jetés sur la Lorraine. 

Existe-t-il des documents sur cette 



^5> 



bataille permettant de connaître la com- 
position de l'armcc du Duc de Lorraine 
ainsi que les noms des officiers de tous 
ordres qui commandaient ? 

Les contemporains de cette guerre 
Volcyr, du l'-oulay, Pilladius. Boucher et 
Herculan en font-ils mention ? 

L. DE SOUILLY. 

Une prescription médicale du 
général Bonaparte à l'un de ses 
Offlciors, — Dans une lettre originale 
du général en chef Bonaparte «< au géné- 
ral de division Desaix », datée du Caire 
7 Prairial An Vil, je lis ce I est scrip- 
tum (le général Desaix s'était plaint à lui 
d'être incommodé par le reflet du soleil 
sur le sable) ; « Portez donc un gilet de 
flanelle ; c'est le seul moycti de vous 
mettre à l'abri des maux d'yeux ». 

Q.ue pensent, en la circonstance, nos 
savants et crudits docteurs, collabora- 
teurs habituels de V Intermidiatre. de l'ef- 
ficacité d'un tel remède? 

Ulric Richard-Desaix. 

Les « Mémoires » de Pipe-en- 
Bois. - Charavay a mis récemment en 
vente une lettre de G. Cavalier, dit Pipe- 
en-Bois qui fut secrétaire de Gambetta en 
1870, ingénieur de la Commune en 1871. 
Georges Cavalier, écrivait le 10 octobre 
1873 au directeur du Caiiirier dts Hiuls- 
Unis |>our lui proposer la publication, en 
teuilleton, des « Mémoires anecdotiques 
du Cabinet de Gambctla», et il ajoutait : 

La situation exceptionnelle que j'occupais 

i,xxxni-6. 



N« 1536. Vol.LXXXIlI 
235 — 



LMNTRRMEDIAIRE 



236 



près de ce Ministre pendant toute la durée | Barbie du Bocage se trouvait à Constan- 
de la lutte m"a permis de suivre au jour le \ tinople en 1^07. 



Paul de Montzaigi.e 



Terre etchâteau desBois-Francs. 

Nous serions reconnaissïint à l'un Je 



jour toutes impressions successivement res 

senties au centie de la résistance. ; 

Il serait intéressafit de savoir, d'abord ? 

si ces « Mémoires « ont élé publiés ou, si j 

non, si le manuscrit existe quelque part, \ nos confrères documenté sur l'origine 

soit dans les archives du Court tct des \ des châteaux du département de TÈure 

i^\'ti/s-^"n soit ailleurs. J \ de vouloir bien nous renseigner sur les 

origines de la terre et du château des 



La «Belle Poule ».— La frégate em- 
barqua le 4 mars 1780, à Brest, un déta- 
chement de BresbC-infanteric, Lieui. Dcr- 
vieu. 

Dans la nuit du 15 au 16 juillet, com- 
bat contre le Sans Pareil, anglais de 72 
canons. Kcrgaiiou,comm.indant la « Bclie- 
Poule»\est tué La Motîe Tabourel le rem 
place. Le détacheincnt perd 19 hommes. 

Le 8 août, La MoUc délivre un rcrtifi- 
cal daté d Helstone, Angleterre. 

i" Combien de canons avait la frégate .? 

2° Qiic tlt-elle du 4 mars au 1 5 juillet : 

y Ciijelï; officiers y furent tues .'' 

4» Que devint-elle le 16 juillet ? 

SouLGÉ. 

Louis - Philippe W. Thiers et 
« papa d'01ib*ii ». Dans son Livre 
de Bord. Alphonse Karr prétend que M. 
Thiers appelait ordinairement Louis 
Philippe € papa d'Oliban >,ce qui n'était 
guère respectueux envers un souverain de 
la part d'un homme quiavait été plusieui s 
fois son ministre Mais le « petit foutri 
quet » n'avait pns plus la bosse du res- 
pect que celle des convenances, témoin sa 
fameuse facétie labelaisienne du château 
de GranJvaux. 

Qu'était ce que « papa d'Oliban » ? 11 
me semblait que c'était le héros d'un ro- 
man de Pigault-Lebrun, mais je n'ai rien 
truiivc de ce coté Ne serait ce pas plutôt 
un personnage de vaudeville ? 

Un bibliophile comtois 



Bois-Francs, près de Bourth, qui doit ap- 
partenir actuellement à Madame Valpui- 
son, née de Gournay. 

La terre des Bois Francs était précc- 
demment possédée par Madame "V'euve 
Corbin, née L huillier. qui la tenait de son 
père. A quelle date fut elle vendue par 
son fils, M. Honri Corbin, lui même pro- 
priétaire de la terre de Morfontaine. un- 
cien apanage du Prince de ConJé, terre 
aujourd'hui, croyons nous, morcelée? A 
quelle époque les Bois Francs furent-ils 
acquis par la famille L huillier ? Qyels 
étaient ses possesseurs antérieurement 'f 

Nous désirerions connaître aussi la date 
de la mort de M. Henri Corbin et sa des 
cendance actuelle. 

MoNTMOREL 

Les Arnaud (RibérHcVierzon). — 

Pierre Arnaud, fils d'un rnéde.;in des 
princes de Condé et de Conli, épousa à 
Vierzon le 21 déc 1795 E. M Brunct de 
la Moranderie. Il mourut à Vieizon le 14 
août 1834, 3 61 ans, laissant Mmes De la- 
malle, de Charlet, Co*' in de Manjifoux. 
Ce P. Arnaud serait d'une famille de 
Riliérac, Périgord qui fournit des gardes 
du Corps N'était-il pas plutôt auvergnat ? 
Il nomma une de ses filles ; Angélique... 
(avec intention ?). 

SOULÔB. 



Une statuette de Berruyer. — 

Quelqu'un parmi les collaboiaieurs de 

tV Intermédiaire, pourrait il m'indiquer 

Cirte dras-ée par Barbie du Bo- qui, actuellement. a le droit et les moyens 



CSge. — Un uimable intcrmédiairiste 
saurait il m'indiquer où l'on pouirait con- 
sulter la Carie ou lableau de l'arrivée 
de la flotte angi.ise devant Constantino 
pie et du retour de cette même flotte, 
gravée à Paris en 1807 ». 

11 mintércssf-rail en outre de savoir 
par qui cette carte a clé gravée, et si 



de reproduire en terre cuite ou en bronze, 
la délicieuse statuette de Berryer. le 
grand orateur, statuette exécutée par 
Barre. 

Je rappelle que Berryer a une main 
appuyée à la tribune, et l'autre placée 
entre les boutons de son habit fermé. 

VULTUR. 



DKS CHRRCHl- 



'37 



Houtiu de la ^aletto. — En lan 

XII, Chaleaubri.ind qui avait les iiitcréis 
de sa femme à faire représenter à St Malo 
chargea de celte mission Jacques Houtin 
de la Valette, propriétaire, demeurant à 
Paris. Division de l'unité, rue des Saints 
Pères, n"'^ 6t et 65. 

K-.tce que ce La Valette était parent 
du P. de la Valette dont 1 .^ failiittc lit tant 
de bruit au moment de l'expulsion des 
Jésuites sous Louis XV P 

Gustave Bord. 

Du Joi cquoy. — Existe til actuelle- 
ment une ou plusieurs familles Du Jonc- 
quoy ou Dujonquoy .? On délirerait con- 
naître les origines de J. J. Du |oncquoy 
qui fui sous-lieutenant an régiment de 
Storft(?) C Sanderlm ou Vandcriin.et se 
fixa à Landrccies en 1712, où il se ma- 
ria. 

Origine probable : Picardie ou Flandre. 
Connaît-on quelque chose sur ce rc'gi- 
ment de Storlf ou la famille de Storff .? ou 
sur la famille Sanderlin ? 

^ Le général Susane dit que ce régiment, 
d'abord Peyrela wallon, passa le i*"" fé- 
vrier 1707 du service Je l'Espagne à celui 
de la France. Donné en 1710 a N... de 
Storff, il fut licencié en 1712. 

Caromarthr. 

Famille du Mayet de la Villatelle. 
— La dernière représentante de cette fa- 
mille épousa le (ils de l'amiral Baudin et 
moi^rut en 1882. QLiels étaient ses pa 
rents .? Oiicllc est sa parenté et par quels 
personnages avec iMaxime du Mavet, fils 
d'Hypolithe, comte de la Villatelle et de 
Mademoiselle Baron de Fontaine? 

Henri D. d'A. 

Abbé de Fénelon. - L'abbé Fran- 
çois de Salignac de la Moihe Kcnelon, 
appartenant au clergé de la paioisse de 
S.iinlc- Mondane, au diocèse de Cahots {;) 
fut nomn^é par Louis XV, en 1723. doyen 
royal du chapitre de hainle- Marthe de 
Tarascon. Il fut aussi archidiacre de No- 
tre-Dame des Doms, égbsc mclropoli- 
taine d'Avignon, et vivait encore dans 
celle ville en 1748. 

A t-on quelques rf-nscignements sur 
les dates de sa naissance et de sa mort et 
sur son niricitlum vilœ ? Il était évidcm- 



UKS ETCURIKU.X .o-,o Mar, ,9,,. 

238 

ment parent de Pillu.<iire archevêque de 
Cambrai. 

Adrien March. 

Duchesse de Les jjguière^ 

M;«nc Viifoon, femme d Htr i Aij. 

tel, marchand de soie de Gre:; : . , Jui la 
maiiresse, juis l'épouse du duc de Le»di- 
guicrcs. gouverneur du D;«uphiric. qui se 
del)3rra>S3 du mari. e:i «biy. en le faj. 
sant assassiner. Le duc. devenu connéta- 
ble de France, mourut en 162b. 
Je désire savoir ce que devint sa veuve. 

Adkikn March.. 

Les lettres manuscrites d« Maine 
de Biran. — Un iiiteriiicdiaifi%tc pour- 
rait il m'indiqucr où se tionvent les 
letires manuscrites de Maine de Biran x 
MM. De Gcrando, Desttilt de Tracv i* 
Cela permettrait a la publication des œu 
Vies de M. de Biran par M. Tisserand 
d'être plus complètes. 

S'il existe encore quelqu'un des fa- 
milles de MM. Lamé, ancien ministre, de 
Gerando, Dcstutt de Tracv, Cabanis. 

Jean de Viu.ars. 

La famille de Mua. -—Ayant à si- 
gnaler dans un volume le vill.4ge de Mun 
(Htes Pyrénées), je désirerais .savoir si la 
famille de notre grand Albert de Mun 
descend des seigneurs qui donnèrent à 
Mun une curieuse charte interdisant à ces 
seigneurs « de battre en public un habi 
tant et même de lui manq'^er. » 

Ard d. 

Thabaud de Boislareine. — On 
semble peu éclaire sur le mariage et la 
postérité du Convenli.^nnel Thabaud Bois- 
lareine, Le Vie Kévérend lui a donné une 
descendance tout t fait erronée dans son 
Armoriai du i" f:mpire. 

je savais seulement, jusqu'à présent 
qu'il avait épousé N... Divid et qu'il 
avait eu un cnf.^nt, sans savoir si c'était 
fils ou fille, et que je supposais mort en 
bas-à^e, n'en ayant pas trouvé trace ul- 
térieure. 

Or une note de M. des Gozis aux Ar 
O ives de 1 Allier, m'apprend que Le ■ 
J an des Aix, baron de l'Empire, né 17^. • 
mort 184Î a Auxcrrc, Maréchal de Camp, 



N« 1556. Vol. LXXXIH 
239 

et propre neveu du Généra! Desaix, avait 
épousé ('en premières ncces). en 1813, 
Marie Françoise I habaud de Boislareine, 
dont un fils, (1813- 1843 > ^^ """^ fî"^ ^n^- 
riée à Pierre Richard de Lisle. 

Si cette note est exacte, je ne vois pas 
que Marie-Françoise Thabaud de Boisla- 
reine, puisse être autre que 1' *< enfant «> 
du Conventionnel. 

Il y avait bien eu, en effet, au xviii» siè- 
cle, un rameau des Thabaud qui avait porté 
le surnom de Roislareinc, mais j'ai tou- 
jours entendu dire que ce rameau, dont la 
place est imprécise dans la généalogie des 
Thabaud, était éteint, quand le Conven- 
tionnel, qui appartenait d'une façon sûre 
à la branche des Thabaud de Chaiitôme 
et de la Touche, l'avait repris pour son 
propre compte, par euphonie sans doute, 
et sans autre titre que sa fantaisie. 

Puis-je avoir confirmation de ma pré- 
somption ? — Accessoirement, quel était 
le prénom de Mlle David, et quels étaient 
ces David .'' 

MONTEBRAS. 

Famille de Veulle' : armoiries. — 

Pourrait-on me dire quelles sont les ar- 
moiries de la famille de Vcuîlc ? 

Comte A. de B. 



Armoiries à déterminer : Quatre 
burelles. —: Sur une niasse en bronze, 
supposée être un poids, d'une ville du 
Midi, figurent les armoiries qui seraient : 

« D à quatre but elles d... ; an 

chef de à /rois fleurs de lys d , . » 

A quelle ville appartiennent ces ar- 
mes .? 

Le Berguantinier. 



La'première distribution des Croix 
de guerre. — La Croix de guerre fran- 
çaise a été instituée par la loi du 8 avril 
1915, mise en vigueur conformément au 
décret du 23 du même mois et de l'ins- 
truction miniïlériclle du 13 mai suivant. 
Un lecteur pourrait-il nous dire la date 
et le lieu de l'inauguration de la Croix de 
guerre, c'est-à-dire la date et le lieu de sa 
première distribution officielle .? 

M 1'. 



L'INTERMEDIAIRE 



Î40 — 



La Vierge habillant l'Enfant Jé- 
sus. — je pos>cdc un groupe en marbre 
tendre que j'estime être du xv» siècle. Il 
est formé de la Vierge voilée assise sur 
un banc et tenant l'Enfant Jésus sur ses 
genoux La Vierge est proportionnelle- 
ment plus grande que le personnage qui 
se penche vers l'enfant ; et semble mettre 
ou enlever une chemise à l'enfant qui n'a 
qu'un bras couvert Le personnage res- 
semble à un artisan du moyen âge. 

]e connais une autre Vierge dont l'en- 
fant a, en partie, le même geste que celui 
décrit ci-dessus, mais il .Ty a pas de per- 
sonnage supplémentaire. 

Connaît on d'autres groupes traités 
d'une manière analogue et quelle explica- 
tion peut-on avoir du geste indiqué? 

Le second groupe est du xvi» siècle. 

M. T. 

Le commerce et l'industrie de 
Paris. — Existe-til un ouvrage d'en- 
semble sur l'industrie parisienne et le 
grand commerce de la ville .^ 

Ard-D. 

« Qui cous délivrera des Grecs et 
des Romains? » T. G,, 743. — E, Four 
r\\cr. [Esprit des autres^ 5'' édition, page i 32) 
a logé, avec sa précision coutumiére, cet 
alexandrin fameux dans a une Epitre de 
Clément» ! Pourrait on m'en donner une 
référence un peu moins approximative ? 
Levers ne se trouve pas dans les cinq vo- 
lumes in-octavo (i773-i784J« des Lettres 
de M. Clément à Voltaire », où l'on est 
tenté de le chercher. 

iJ"' Friènd. 

< Les Thugs ou Eirangieurs >% 
roman. — Ceux de ma génération, c'est- 
à-dire ceux qui sont nés vers 1856, se 
souviennent })cut-étre d'un roman feuille- 
ton émouvant publié sous ce titre, entre 
1860 et 1870, dans un quotidien répandu. 
Le suict était le récit des forf.nits d'une 
bande de meurtriers rituels de l'Inde, sec- 
tateurs de la déesse Kali, dont la spécia- 
lité était d'étrangler leurs victimes à 
l'aide d'un n.ouchuir. 11 y avait surtout 
dans ce roman un certain personnage si- 
lencieux, qui jouait un rôle mystérieux 
et terrifiant et se distinguait par cette par- 



241 



ticularité qu'il n'ouvrait la bouche que 
dans les grandes occasions. C'est pour- 
quoi, de temps à autre, les murs de Paris 
se couvraient de bandes multicolores, 
portant ces mots énigmatiques: Ferinohea 

A PARLÉ ! ! ! 

Je désirerais savoir : 

1" Quel était l'auteur de ce roman ; 

2" dans quel journal il a paru ; 

y s'il a été publié en volume et dans 
quelle maison d'édition. 

G. P. 

Los Manui-crits normands de 
Dom Le Noir. - M. Hippeau, au vol. 
V de son ouviaf^e Le Gouvcmement de 
Noimandie aux Xl^Ih et X(^/II° siècles 
(ibôij) p. 480, rappelle l'i-xistencc, dans 
un château voisin de Caen, de la collec- 
tion des manuscrits lais^és i)ar dom l,e- 
noir, bénédictin du xvui' siècle. Ce pré- 
cieux recueil, de bo volumes in-4" conte- 
nant plus de 100 000 titres intéressant 
l'histoire des famillesde Normandie, existc- 
til encore, peui-on en obtenir communi 
cation, et par quelles voies ? 

NOLLIACUS. 

Renan. — « Solliciter doucement 

les texies ». — I.'ans un article récent 
de La Revue de la Semaine sur « L'Ecole 
des Charles et des Chartistes », M. Ch. 
Samaran écrit ceci : 

Elle fi Ecole des Clurtes] n'a pu empêcher 
Renan, venu cependant à l'histoire par l'éru- 
dition, de « solliciter doucement les textes» 
et d'envelopper beaucoup d'à peu près dans 
le souple et chatoyant manteau d'un style 
incomparable. 

D autre part, je trouve dans le dernier 
numéro du Bulletin de la $ociélé générale 
d' éducation et d'emcigiienient, sous la si 
gnaiure de M. Paul Ueslandres, une ana- 
lyse de Z'iî'i/);77 de Renan, par iNI. Pierre 
Guiiloux, d'oii je détache ce passage re- 
latif a la yie de Jésus : 

Ce n'est pas une œuvre de bonne foi. Il 
[Renan] sollicite doucemerd les textes, il 
peint un « Jésus souriant de son œuvre ", il 
escamote les miracles qui le gênent. 

Les deux auteurs ne s étant évidem- 
mei.l pas concertes dans l'euiploi simul- 
tané de cette expression « solliciter dou- 
cement les textes», celle-ci doit avoir été 
empruntée par eux à quelque critique qui 
l'aura vraisemblablement créée tout ex- 



DES CHERCHEURS ET CUHIEUX .0-30 Mar. .9. 
ap 



prés pour Renan. Je crois bien cumpren- 
die qu'elle fait allusifin à une tendance 
fréquemment constatée chez l'illustre 
écrivain àdénaturcr habilement les texte* 
de façon à les faire servir au tr ' ' 

SCS conceptions particulières 1 

ainsi qu'il convient d'expliquer le terme 
« solliciter V» que je n'ai jamais rencontré 
dans une acception aussi détotirncc de 
son sens habituel ? 

G. P. 

Uecherches historiqu-^s sur Bar- 
sur-Seine. — Hn i8«o,rundescatal<)(çues 
vie la librairie Ch. Lefebvre, de Bordeaux, 
contenait l'indication suivante : 

« 97î. Ch impartie. Recherche» hitlorî- 
queâ, générales et particulicret sur Ij viHe et 
comté de ^ar-sui-Soiiic, ^orWenant l'hiilotre 
n.«turelle du pays, les rivières, fontaines, 
mines ei siiigul.intés qui peuvent s'y trou- 
ver ; l'histoire des églis.'s. mona^léfes et 
autres liifu.x de dév >tioii ; l'histoire civile et 
paiticu ic'e du pays ; l'histoire de chaque 
villag'! ou bourg, etc , etc. In-S", demi rcl. 
ch. (^bel exemplaire), — 40 francs, .^lanu»» 
cril d'une très belle ccriluro molerne, avec 
b asoiis On y a ajoutai une vus ancienne 
de Bar-siir-Seine » . 

Pourrait-on savoir ce que ce manus- 
crit est devenu et quel est son possesseur 
actuel ^ 

S. A. 

L*originô des agences et bu- 
reaux d'affiires. — UjieUe est l'origine 
des agences et bureaux d'affaires sur les- 
quels les travaux préparatoires du code 
de cotnmcrce sont muets ? Ce doit être 
vraisemblablement à l'époque du Direc- 
toire : c est a dire à une époque pleine 
d'intérêt pour un historien. Les auteurs 
du Code de Commerce ont eu en vue, 
lorsqu ils ont rédigé l article ôp, une 
forme d'activité bien déterminée sous le 
terme générique ^< agence et bureaux 
d'affaires ". 

J. B. 

Les poulardes du Mans. — De 

quelle époque date la renonn ee des pou- 
lardes du Mans, qui, en réalité, provien- 
nent de la Flèche. 

Qui pourrait me donner des renseigne- 
nienlô historiques a ce sujet ? 

H. B. 



N* 1536. Vol. LXXXlll 

243 



L'INTERMEDIAIRE 



HéponôCô 



Napoléon a-t-il voulu s'empoi- 

sonnerCT G. .LXXXlll, 137;. —Dans les 
mémoires de Constant (t. IV, p. 236J 
(seu e personne qui, au dire de Bour- 
rienne, pourrait fouruir des renseigne- 
ments) on peut lire le récit de Tempoi- 
sonnement de Napoléon I" : 

« Lempereur a délayé quelque chose 
dans un vtrre et il l'a bu », lui dit Pelard 
qui était de service cette nuit-là. 

On fit appeler Yvan qui arrive avec le 
duc de Vicence auquel ?\apoleon dit : « Je 
n'ai pas longtemps à vivre», et lui re 
commande sa femme et .'■on enfant. 

L'empereur dit à Yvan : \< Croyez vous 
que la dose soit assez forte ? » Ces paroles 
étaient onigmatiques pour Yvan qui ne 
connaissait pas l'existence du sachet de 
peau et de tatîetas noir, contenant le poi- 
son, dont Constant avait trouvé les débris 
devant la cheminée. 

« je ne sais ce que votre majesté veut 
dire », réponse à laquelle l'Empereur ne 
répliqua rien. 

On donna une tasse de thé à l'Empe- 
reur qui parut plus calme et s'assoupit. 

Yvan craignant qu'il eut donné à Napo- 
léon un moyen d'attenter à ses jours, per- 
dit la têle 11 descendit rapidement d^ 
chez l'Empereur et trouva un cheval tout 
sellé dans une des cours du palais de 
Fontainebleau, suivit en toute hâte la 
route de Paris. Dans la matinée. Roustan 
quitta aussi le service de l'Empereur. 

L'Empereur portait constomment entre 
le gilet et la chemise ce petit sichet gros 
comme une grosse noisette à revers de 
taffetas noir . Il étrtit suspendu à son cou 
par un ruban Ce sachet sentait fort bon. 
Sous l'enveloppe de soie, était une autre 
enveloppe en peau (Constant, t. III, p. 
80). 

Dans les mémoires de Roustan, celui-ci 
dit que le bruit courait au château que 
l'Empereur avait voulu se détruire avec 
du charbon. Un ami de Roustan lui dit : 
cbavez-vous, mon cher Koustan, que ^i le 
malheur arrivait la nuit, on m'acci;serait 
d'avoir été gagné par les puissances 
étrangcics pour commettre ce meurtre.^ » 

B 



* * 

Une erreurtypojiraphique qui se corrige 
d'elle même, a faitdiie dans la commu- 
nication signée Y. ., que Napoléon est 
mort le 5 mars ; simple inadvertance du 
correcteur que je note et passe au fond 
même de l'atfirmation produite 

La tentat've de suicide attribuée à l'Em 
pereur semble bien historique, mais le 
collaborateur Y... se trompe sur la date. 

On a raconté, en effet, qu'en partant 
pour la campagne de Russie, Napoléon 
s était fait préparer un sachet contenant 
une pastille d'opium concentré pour le 
cas où la fortune désarmes le ferait tom- 
ber entre les mains d'un parti de co-aques. 
Il aurait rappo.-'té en France le poison li- 
bérateur et ne le quitta plus.lVais ce n'est 
pas en 1815 que ce fataliste indomptable 
qui ne connut jamais, si ce n'est cette 
fois^ le renoncement et la complète déses- 
pérance, eut une défaillance de la volonlé 
et voulut mourir ; la tentative de suicide 
eut lieu à Fontainebleau, entre l'abdica- 
tion et la scène des adieux. Soit que !a 
dose fut insuitisante, soit que le poison 
eut perdu de sa force, l'absorption pro- 
duisit seulement une évacuation natu- 
relle ou non, qui sauva le malade. 

Je suis certain que les choses se sont 
passées ainsi, à cette date et en ce lieu, 
SI toutefois elles se sont vraiment passées. 
Quoi qu'il en soit, 1 incident^de 1814 n'a 
évidemment aucune assimilation de cause 
à eftet avec la moit de l'Empereur sept 
ans plus tard. 

H. C. M. 

* * 

Il paraît résulter du récit fait par Saint- 
Hilaire, en 1846, de l'événement du 1213 
avril 1814 que Napoléon a voulu s empoi- 
sonner. 

En effet, quand le duc de Vicence entra 
à Fontainebleau, à une heure du matin, 
dans l'appartement occupé par l'Empe- 
reur, il le trouva en proie à d'affreuses 
convulsions, la figure altérée, et quand le 
duc c'e Vicence voulut appekr au se- 
cours l'Empereur l'en empêcha et lui dit 
que n'ayant pu faire triompher la Fiance 
de ses ennemis, il ne regrettait pas la vie, 
qu'il entendait terminer lon existence, 
que ses compagnons d'armes 1 avaient 
abandonné. 



DBS CHERCHEURS KT CUKIKUX 



ao-90 Mjr» loai 



345 



Puis des vomissements l'ayant sou'agc, 
il dit qu'il regrettait que la mort ne vou 
lui pas de lui. 

Samt - Hilaire contiiuie ainsi son ré- 
cit : 

Le voile sur ce mystère ne fut soulevé 
que longtemps après ; avant de p.irtir 
pour la campagne de Russie, Napoléon 
avait fait préparer par (>)rvisart. son mé- 
decin, un poison lui pcrmellant do rester 
toujours maître de sa personne ; or, ce 
poison très >;ubtil était p:ir sa nature sus- 
ceptible de s'altérer. 

(Vestce qui était arrivé. 

Napoléon eut des nausées, des convul- 
sions, mais la mort ne vint pas. 

La tentative de suicide à Fontainebleau 
et la mort à Sainte Hélène sont des évé- 
nements qui n'ont pas de rapport. 

Napoléon est mort d'un squirrc à l'es- 
tomac. 

Son père était mort à 39 ans de la 
même maladie. 

Cette maladie était dans la famille. Le 
prince Napoléon, époux de la princesse 
Clotilde, n'est il pas mort 
maladie ? 



346 



de la même 
Albero. 



* » 



La tentative d'empoisonnement attri- 
buée à Napoléon en 1815 par Cadet de 
Ga-sicourt et rapportée par le général 
Tliicbaiilt, ne figure dans aucune histoire 
de Napoléon 

l'y semble bien, toutefois, que l'Empe- 
reur aurait essayé une fois de prendre du 
poison ; seulement cette tentative aurait 
eut lieu, non à l'hlysée après Waterloo^ 
mais l'année d'avant, à Fontaineb'eau, à 
la suite de son abdication. Voici, en effet, 
ce qu'écrit -^aus^et, à la date du 1 1 avril 
1814. dans ses Mém')ires anecdoiiques sur 
Vintétiem du palais impérial. 

On a dit que, quelques j lurs avant celui 
dont je pa le, Napoléon fit une tentative sur 
lui-même, pour mettre un terme aux douleurs 
de son âme, mais que des secours lui furent 
Administrés à temps, et presque malgré lui. 
Ce prince depuis quelques années, portait 
un petit sachet fermé, et suspendu pif un 
rub.in sur sa poitrine. On trouva dans une 
tasse de son nécessane, ce sachet ouveit et 
vide ; on put supposer qu'il avait faii u^age 
de ce qu'il renferm.iit ., Au reste ; je ne ga- 
rantis point le fait en lui niên?e. 

(T. Il, p. 246, note). 



je trouve cette histoire confirmée dans 
une Histoire de France anonyme publiée 
sous le second tinpirc ; mais le (ail se se- 
rait passé le 1 1 avril, c'est-à-dire le jour 
même de la signature du traité d'abdica- 
tion. Ce soir-là, N.<polcon aurait avalé 
une portion d'opiun» qu'il avait ijctnait- 
dce au docteur Ivan dans la crainte de 
tomber vivant entre les mains des Rus- 
ses; mais ayant ressenti de violentes dou- 
leurs, il aurait été forcé de rejeter presque 
toute la potion. Celte crise I aurait sauvé. 
Le ilocleur Ivan aurait refuse de renouve- 
ler la dose. Puis Napoléon serait tombé 
dans un assoupis*ement profond qui au- 
rait duré plusieurs heures, et serait re- 
venu à la vie 

Le baron de Vitrollcs, dans ses Mémoi- 
res, fait une très brève allusion ;i la 
« scène du poison > mais ne parait pas 
la considérer comme une tentative se- 
rieuse. 

G. P. 

* 
* • 

On Ta dit ; on Ta nié. La tentative, à 
Fontainebleau, aurait eu lieu suivant les 
Mniioites de' Constant (son valet de cham- 
bre) dans la nuit du 11 au 12 avril 1814 ; 
selon le baron Fain {Manuscrit de 1S14) 
dans celle du 12 au 13 ; selon Cati- 
laincourt (dans ses pseudo-5oMiY///ri) à 
la même date (mais Fnin est ici copié ; 
selonThiers, qui s'appuie sur les Mimoirti 
alors inédits du duc de Tarcnte, dan> la 
même nuii ; mais ces écrits, dans l'édi- 
tion , 1888) contredisent Thiers. 

Sans doute, le 11 et le 12, Napoléon 
était agité ; le 12, vers 6 heures, il re- 
çoit Caulaincourt et MacdonalJ qui vien- 
nent de P.tris pour chercher les ratifica- 
tions par lui du traité signé à Paris le 1 1 . 
Il les accueille doucement, les retient à 
dîner, mais ne parait pas à table. Une in- 
disposition, feinte ou réelle, on ne sait, le 
1 confine dans sa chambre ou il reçoit Cau- 
laincourt seul ; lenlretien ne fut qu'un 
long monologue de l'Empereur qui parla 
de sa famille, de ses mmislrej, de lui- 
même, sans passion, presque d'un air dé- 
taché ; mais il se coucha a 10 heures sans 
avoir signé les ratifications, à quoi il ne 
se résigna que le lendemain matin i;. 
Or elles som du 12 ; ce qui miltc en fa- 
veur de la date fixée par Constant. Mais 
Mâcdonald indique à cette date le relar- 



N» 1536. Vol. LXXXllI 

— 247 

dément du dîner pour préparer Usii.iitî- 
cations 

11 semble donc que la tentative aurait 
eu lieu dans la nuit du 12 au 13. Mais 
eut elle lieu ? 

Le bruit de cet événement dramatique 
prend naissance assez tard. Benjamin 
Constant note le 20 avril que Napoléon 
<t a tiouve que lespccc humame ne valait 
pas qu'il lui donnât le plaisir d'une mort 
héroïque *{LetUes, p. 517) Un almanach, 
en i82«5, blâme Napoléon de n'avoir pas 
mis fin lui-même à ses jours; et le 21 
janvier ibib l'archevêque de Bordeaux 
blâme les gens qui expriment un tel re- 
gret (Charav<iy, Bn./eljn d autographes, 
avril 1904, n» 51480;. Aptes la monde 
1 Empereur, le> recils du suicide se mul- 
tiplient jusqu'en 18^5 a le docteur An- 
tommarthi défend alors la grande mé- 
moire contre une telle accusation. 

Si la tentative eut lieu, les gens au 
couiant étaient assez nombreux pour que 
le secret transpirât bien vile : le docteur 
Yvan qui intervienldc suite, Bertrand que 
l'on réveille, Caulaincourl que l'on ap- 
pelle, Bassano que l'on court chercher, 
Constant qui peu de jcurs après lâche son 
maître ; Pelard. valet de chambre de ser- 
vice, qui est couché devant la porte et 
perçoit le premier les gémissements ; 
quelques hommes de service qui sont la, 
ou tout près, et ne se retirent qu'après le 
réveil de Napoléon. 

Que vaut le lémoignage de Constant, 
déjà disposé a lâcher son maître ? et ce- 
lui de Fain, qui déclare répéter un racon- 
tar (peut-être de Caulaincourt) ? Ils ne 
s'accordent pas sur Ja date d un tel évé- 
nement. Constant, effrayé par les vomis- 
sements de Napoléon, prétend lui avoir 
fait prendre une lasse de thé qui amena 
un repos réparateur ; Caulaincourt pré- 
tend être reste longtemps seul avec TEm- 
pereur, et suivant thieis (d'après 'es Mé- 
moires du duc de \'\ctncc) aurait, malgré 
la défense du malade, mandé le ducteur 
Yvan ; celui aurait été prie par 1 Empe 
reur, a liuc de «« dirnicr service », « de 
tenouveter la dose d opium, craignant que 
celle qui restait dans son estomac ne suf- 
fit pas. 

Le docicur Yvan se montra rc\olté 
d'une semblable proposition.., et Napu- 



L'INTERMÈDIAIRE 



348 



f léon insistant, il s'enfuit de sa chambre où 
il ne reparut plus. 

En admettant la tentative de suicide, 
l'Empereur aurait absorbe de l'opium, ou 
plulôt le poison fourni i ar Cabanis à 
Condorcet. Alors, il ne s'agirait plus de 
poison préparé en 1812 par Yvan, perdu 
deux fois, et non remplacé, lequel était 
une poudre vénéneuse composée de bel 
ladime et d'ellébore blanc. 

Mais, serrons encore de près les faits. 
D'après Constant, Napoléon était mou- 
rant à minuit ; d'après Tuiers, « presque 
éteint » entre 3 et 4 h. du matin, ce qui 
ne l'empêche pas, le matin même de dé- 
jeuner comme à son ordinaire, quoique 
« un peu i^lus tard » selon Constant. Et 
le dévoué docteur Foureau de Beaure- 
i gardqui loge dans le palais de Fontaine- 
bleau, n'est même pas appelé après la 
fuite d Yvan ! 

Notons que le suicide, en quelque nuit 
qu'il ait eu lieu, aurait pr cédé et rendu 
impossible la ratification par Napoléon 
du traité du Maine qui renfermait des sti- 
puia'.ions en faveur de la famille impériale 
et des derniers fidèles. 

Pourtant, le 20, dans la scène des 
Adieux, il a dit : « j'aurais pu mourir ; 
rien ne m'était plus facile » ; Joséphine 
en mars, avait exprimé que Napoléon ai- 
Miiait trop la vie pour oser terminer vo- 
lontairement sa vie (Li mbroso. Bibliogra- 
fia... Napa'eotjica, fasc 111, p. 33; ; et 
nul n'ignore que l'abandon par Marie- 
Louise elle-même lui fit tendre « la main 
vers le poison ;; (F. Masson, Marie-Louise, 

P-387)- 

11 se passa certainement des choses anor- 
males dans la chambre de l'Empereur, 
dans la nuit du 12 au 13 avril. 

le D''Yvan, ôppeié, constata toutefois 
« le manque absolu des symptômes d'em- 
poisonnement >, mais prit peur au mot 
de poison prononcé par le malade, et 
quitta en hâte le palais. Il y eut donc une 
indisposition et, le 13, à g h. du matin, il 
le dit à Macdonald {Souvenirs ■ u duc de 
Torente^ p. 300). Celui-ci le note sans 
plus ; or, ses sentiments pour Napoléon 
lui auraient dicté davantage dans son écrit 
s'il avait eu lieu. 

Un modeste écrivain fon'ainebleaudien, 
Alexis Duiand, simple menuisier, qui fré- 
qutiitait alors journellement le palais et 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



J49 



3o-3« M«r% igti 



causait avec tous les gens de service, note 
que l'Empereur avait depuis huit jours 
fréquemment des iiccès de colère furieuse 
« et c'est l'un d'eux qu on aura pris pour ) 
un symptôme d'empoisonnement. » Nd- ' 
poison à honlainehlfiiu , p. 142). \ 

On sait aussi d'après C.onsta.it, l'ex- 
traordinaire violence des colères Je Napo- 
léon. 

Le D'' Yvan fils exprime que son père 
« reconnut l'approche d'une de ces crises 
nerveuses auxquelles Sa Majesté était su- 
jette n (Muiée dts familles, 1846). 

Le D' Antommarchi parled'nn «débor- 
dement de bile affreux », lui qui savait 
que Napoléon mourut d'une hc(>atile C!>\i- 
sée par le chagrin et aggravée par le cli- 
mat de Sainte Hélène. 



aço 



En tout cas, on n'.i qu'a se reporter • 



s ;in;i^r 1,-in f s 



'■'Tt 



voie' 



mes publication 
les tilres 

l" M. le D' Stokoe et U malaJie df Nj- 
polfon /•", _ Ga^rtU miluaU Je Pant , 
1901. i2« s.. \. hy 70. I poftr.iil ; a« Re. 
mnques cii lifuea iur la Jnntire mal.iJie, 
et la niinf le Napoléon /*'. — Gt{ftte mi- 
1 dicalf Je Parti, 1901. I2»«.. I. p. Hi Hj ; 
3° IntermèJi.tire JesCbercbeun el Cnrieux, 
1901, XLIIL 42c, 607 et 957, 

En les lisant, à l;< manière mcdicUo, on 
sera vite convaincu que si la p Iule de 
Cadet de Gassicourt était séruu%e, et si 
elle a été av,j/éf, elle a suffi à dcclanchc r 
tous les désordres gastriques, qui se sont 
terminés le s mai 1821 par la mort 



aue conclure de cet exposé d'éléments '^'"". ^^^ P'"^ grands cerveaux de Ihu 
nlradictoires? L histoire est fort em- ! "■'^'^"^. 



co 

barrassée. iMais je termine par une ré- \ 

flexion, > 

Napoléon eut bien, au moins, une indis- j 
position due aux causes habituelles signa- i 
lées. ! 

Le docteur Yvan le soigna; mais pour- 
quoi cette fuite précipitée ? Un médecin 
qui soigne un malade n'agit pas ainsi, 
mais devant une demande pressante de 
l'Empereur de lui faire, comme autre- 
fois, un poison, le médecin a pu prendre 
peur et marquer par un brusque départ sa 
volonté de ne pas aider celui qui, dans 
l'abandon de tout et de tous, * tendait la 
main vers le poison», suivant le mot d'un 
historien passionné de Napoléon. 

Il put y avoir ainsi intention de recou- 
rir au poison. 

Maurice Lecomte. 



Y. affirme que Napoléon est mort d'une 
tumeur caMcciense. il m'es! impossible de 
dire ici pourquoi je suis d'un avis con- 
traire, malgré toutes les affirmations mé- 
dicales et autres 

Mais on me permettra sans doute de 
donner ici les indications bibIiographi(]ues 
précises des articles techniques où j ai 
soutenu la thèse d'une malaJie béiiioue 
de l'estomac, devenue grave par l'interne 
ment à Sainte-Hélène Or cela a une rédle 
importance, dans l'hypothese d'une tent% 
tive d'empoisonnement en 181 5, quoi qu'en 
pense Y... 



Je suis donc de l'avis de Cadet de Gassi- 
court. 

Mais qu'en pense le *< médecin » de la 
j Bibliothèque nationale, qui porte le nom 
! de l'illustre savant? Il sait peut être quel- 
que chose de plus i^ue nous, là-dessus. 
Df Marcel Baudouin. 

Cagliostro et la RÔTolution 

(LXXXll ; LXXXIII, 147, 19b). — 
Le 30 janvier 1785 le comte et la com- 
tesse de Fénix arrivent a Parii, modeste- 
ment, et descendent dans u 1 hôtel du 
Palais Royal, pour quinze louis par mois. 
Cagliostro se tient pru>'emmenl caché, ne 
sachant s'il sera toléré. Le cardmal qui 
précisément vient d'être escroqué du 
collier le !•'' février, revoit son ami Ca- 
gliostro après dix huit mois, lui annonce 
le formidable achat, pour le compte de la 
reine. Cagliostro flaire le vol, ce qui n'est 
pas difficile. 11 veut essayer de raisonner 
avec le cardinal, sur le marché et sur 
Mmf de La Motte. (Qye le cardinal ré- 
ponde, et par Cagliostro l'Atlairc du Col- 
lier avorte) Mais il ne veut rier, entendre. 
y4/ots ce n est pas la peine de m'en patler, 
dit Cagliostro, et il demeure hostile a 
Mme de La Motte. (Au contraire de ce 
que raconte l'abbé Georgel, témoin à 
récuser radicalement, et de ce qu'ont dit 
tant d'autres après et d'après \\i\). 

Le cardinal fa t installer Cagliostro par 
RamonJ, dans un appartement d'une 
maison de la rue Saint-Claude (qui existe 



Ntij^ô. VoL LXXXIIl 
151 - 



L'INTERMEDIAIRE 



252 



toujours^ Il y y^ souvent dîner avecRa- 
mond et Planta, et ces jours-là fait en- 
vo\er un ou deux plats de chez lui. 
Cagliostro s'occupe de sa in.içonnnerie 
trouve quelques sectateurs distingués et 
riches 11 a dEprcménil, déjà fougueux 
mesmérien. Sainte Jsmes, passionné mes- 
mérien qui devient Grand Chancelier de 
la loge Égvptienne. La Borde, Grand Ins- 
pecteur ; de Vismes (beau frère de La 
Borde) Grand Secrétaire. Ft le maçon des 
maçons. Montmorency -Luxembourg 
accepte d être Protecteur. 

En mars, une aft'aire minime, qui pura 
des suites icrribles. Le cardinal voulant 
aboucher Caglioslro avec Mme de la 
Motte, propose une séance de carafe 
au Palais de Rohan (rue vieille du Tem- 
ple : l'Imprimerie Nationale), Mme de la 
Motte mystifie Cagliostro en lui amenant 
pour colombe une nièce, grande fille de 
quinze ans. Tout s'arrange sur le mo- 
ment, mais Cagliostro et Mme de la 
Motte deviennent ennemis intimes. Ca- 
gliostro voudrait mettre en défiance le 
cardinal. Cctle femme- la vous trompe, lui 
répète-t-il rageusement. 

En avril c'est le convent (le fameux 
convent où la légende veut que Ca- 
gliostro ait commandé Ja révolution pour 
1789). On s'eit ravisé : puisque Caglios- 
tro est à Paris il faut l'inviter « pour 
démasquer l'imposture > dit Savalette. 
Cagliostro n'a nulle envie d'aller se faire 
démasquer, il multiplie les exigences, 
pour arriver à se faire refuser ; le con- 
vent multiplie les concessions pour ar- 
river à le tenir, Cagliostro perd patience 
le premier ; le 30 avril, prenant la plume 
et son ton de messie, il envoie promener 
le convent et l'anathématise : Vous êtes 
satis foi dam Us pt omessa du gtanJ Dieu 
ou de son Ministre sur la terrt^ etc. Les 
quelques cagliosirislesle trouvent sublime 
et vainqueur. Tous les autres maçons le 
jugent un imposteur. Caglioslro est mis au 
ban de la maçonnerie, et il y restera. 
Voir les écrivains maçonniques du xix* 
siècle: Ihory, Bézuchct, Clavel, Ragon, 
Rehold. Jouaust. - (Toutes les pièces de 
l'alTaire du convent sont dans les Acia 
Latoii.orum de Thory ) 



une vie très calme et discrète. II s'occupe 
de mettre sur pied sa maçonnerie de 
femmes Pour le temple de Lyon, Houdon, 
franc ma(;on, lui tait son buste (h plâ- 
tre vient d'être vendu en mars 192 1, col- 
lection Georges Petit, 47 000 francs, et 
17. 50 pour cent.) De ce buste naîtra une 
légende : des bustes de Cagliostro dans 
tous les palais des grands seigneurs, Ca- 
gliostro roi de Paris (sic), idolâtré, etc. 
La réalité : il n'était connu que de quel- 
ques cercles oisifs >> ; il n'alla jamais à 
Versailles, lui-même le dit ; le peuple l'i- 
gnorait, — et le libraire Hardy a noté ce 
que du ménage Cagliostro disait les Pari- 
siens; « Elle, la maitresse du cardinal ; 
lui, un espion » 

Au commencement d'août, les écailles 
tombent des yeux du cardinal, il n'a plus 
de doute, pour le collier il est volé. Dans 
son angoisse il parle enfin à Cagliostro, 
qui lui dit ; « Vous êtes trompé ». — Qiie 
faire ? — »< Livrer Mme de la Motte à la 
police ». — Le cardinal ne peut déchaî- 
ner une telle affaire. — * Eh bien ! aHc:( 
vous jeter aux pieds du Roi. > (Interroga- 
toire de Cagliostro). Il ajoute: y Si c'est 
trop pénible, envoyez un ami. » Conseil 
sauveur. 

(Et voilà le Cagliostro que la légende 
donne comme chargé par une puissance 
occulte de s'emparer de l'esprit du cardi- 
nal et de lier partie avec Mme de la 
Motte pour susciter l'Affaire du Collier et 
faire ainsi naître la Révolution). 

Le cardinal aime mieux payer. S'il s'ar- 
rangeait séance tenante avec Icî joailliers 
tout serait évité. Mais il prend son temps. 

Le 7, rue Verte (aujourd'hui de Pen- 
thièvre), ouverture de la Loge d'his. 
Mme de Cagliostro est Maîtresse-Agis- 
sante et Reme de Saba (On a donné une 
liste des < grandes dames » affiliées, elle 
n'est pas authentique.) 

Des Parisiens vont considérer les nia- 
çonnes égyptiennes comme des détra- 
quées, au milieu desquelles .V.oïse-Ca- 
gliostro s'est promené sans costuine. 
Tout à l'heure ce sera le pamphlet ordu- 
rier. 

Cagliostro va partir pour Lyon : une 
grande [lompe doit avoir lieu le 20 à la 
Sagesse Triowphante. Huit ou dix adeptes 
de Paris y seront . 
Mais Cagliostro est heureux. Menant *» Mais entre la coupe et les lèvres, en- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



253 -.. 



«0-3» Mars lyti. 



254 



tre le 7 et le 20 ! Loge disis, Lyon, Paris, } gliostro, possesseur occulte d'une forîu 



et tout, — tout e-t fini 

Si Ca^iiostro mour.iil le 8 août 1785, 
que resterait il de lui ? rien Qu aurait il 
été ? moins que rien. Pourquoi donc est- 
il célèbre ? Ptirce quj mêle à un procès 
formidablement célèbre. 

Le 15 août le cardinal est arrêté, le 18 
Mme do la Motte, et la harpie dénonce 
Cajiliostro comme instigateur et bénéfi- 
ciaire du vol. Le 23 le commissaire Ches- 
non et l'inspecteur de Brugnières arrêtent 
Cagiiostro ne trouvent aucune valeur dans 
son secrétaire let Caglios ro n'en signale 
aucune), arrêtent Mme de Cagiiostro, 
trou\ent chez elle cinquante bijoux ou 
objets divers et cent louis, mettent le 
tout dans un carton scellé, a|)res avoir 
dresïîé procès-verbal (qui est aux Archi- 
ves). 

Le lendemain^ à la Bast'lle, le Lieute- 
naiit de Police Thiroux de Crosne fait 
ouvrir le carton, n'y trouve ni richesses 
ni diamants, et fait refermer. Hxamen très 
favorable : rien n indique un bénéfice 
provenant du vol du collier. Et la corres- 
pondance saisie montre Cagiiostro peu à 
l'aise, et en constantes demandes d'ar- 
gent à ses amis 

Cagiiostro est victime d'une erreur 
d'accusation, mais non de «< l'aibitraire 
ministériel > ou d'une lettre de cachet. 
Des le 15 septembre il est déféré à la justice 
régulière, au Parlement. Le jour même, 
nouvel inventaire du carton : cinquante 
objets, cent louis. La jviinute du procès- 
vE'^BAL est déposée AU GRfcFFE. Il en est 
fait une copie certifiée. 

Paris, la France, l'Europe se deman- 
dent : qu'est-ce que ce Cagiiostro ^ Faute 
de mieux on se jette sur les Mémoires au- 
thentiques, le pamphlet du m:irquis de La- 
chet. inauthentique, rempli d'anecdotes 
fausses, dit Grimm, d'obscénités, dit le 
Bachaumont. (Et voici jetées dans la cir- 
culation, pour longtemps, les légendes : 
les Cagiiostro initiés à l'occultisme, et de 
façon infâme, par Saint Germain ; les 
aventures de Mme de Cagiiostro à Péters- 
bourg ; sa liaison avec Mme de la Motte, 
le chevalier d'Oisemont ; l'orgie de h 
loge d Isis ; et surtout le fameux souper 
des morts). 

Fin novembre, le premier mémoire de 
Mme de La Motte accuse le magicien Ca- 



ne 
j inouïe (la légende) d'avoir suggéré au car- 
dinal le v')l du collier, et de lui avoir en- 
suite suggéré dans une scène de profana- 
lion iciiue au palais de Rohan (c'est la ri- 
dicu'j petit, séance de carafe et aussi le 
Python sur son trépied de l'abbé Gcorgel) 
et faire vendre les di.iinants à Londres 
par le Comte de La Motte. Et voilà « U 
grand.' scène d'illusion si ' ' ■ ,. 

ces». La curiosité curop , .c. 

Apogée de la célébrité de Caglioslro. Pour 
trois mois. 

Fin janvier son grand iiu- rrogatoire 
par le conseiller rapporteur (publié par 
Campardon) le met en bonne situation. Il 
apparaît innocent II était 1 ennemi de Mme 
de La Motte, il n'a donné au car.linal i^ue 
de sages avis. Ses ressources lui viennent. 
il n'ose pas dire de ses adept< ' crtj, 

mais de ses «banquiers», n et 

Sain-Costard. Mais pour la carafe il est 
mis au pied du mur : magie réelle ? ou 
supercherie ^ t 1 xpérienccs de physique » 
dit-il. Le cardinal, lui, dit « simagrées ». 
Fin février, la situation de Cagiiostro 
devient excellente, mais combien dimi- 
nuée, devant le public, par la mémoire 
de Thilorier (et d'Epréménil), roman qui 
intéresse et innocente le Comte de Cagiios- 
tro accusé de vol, et boniment de salliin* 
banque qui ridiculise le prétendu thauma- 
turge, .Acharat, " le fils infortuné de la 
Nature », l'homme de la Mecque et des 
Pyramides, réduit à qualifier lui même la 
carafe de « plaisanterie de société *. 

Cagiiostro sera acquitte. Mais l'avocat 
de Mme de La Motte dissèque sa vie pas- 
sée, et le fils infortuné de la Nature est 
malmené. (Et ce mémoire introduit la lé- 
gende d'un Cagiiostro sybarite, ayant 
des tables servies avec un luxe oriental, 
et même donnant des bals !) 

Cagiiostro. donc, est sauvé ? Non. il 
va se perdre définitivement. 5>e «entant 
sauvé, il reprend son naturt '. vantard ; le 
besoin d'occuper de lui Depuis six mois 
il a mené grand bruit, et fait marcher 
Montmorency Luxembourg pour quatre 
Hacons de baume emportés p.u la police. 
Mais c'est tout. En voilà qu'en mars la 
mémoire lui revient : il avait cent mille 
livres dans son secrétaire, et des bijoux en 
tel nombre qu'il ne les peut décrire. Il a 
peur d'avoir été volé. D'Epréménil, ca- 



L'INTERMEDIAIRE 



N* 1536. Vol. LXXXIII 

255 

glio5triste fougueux, le croit. (D'Epré- 
ménil parlementaire infatué et d'opposi- 
tion, qui veut écraser la Bastille, symbole 
du pouvoii royal, obtenir des Etats Géné- 
raux, et par eux une révolution toute en 
douceur, qui retirera le pouvoir au Roi 
pour le donner au Parlement de Paris. 
Mettre la Couronne au Greffe). 

Fin mars, Mme de Cagliostro est mise 
en liberté. Mais son carton est prudem- 
ment conservé à la Bastille. D'Epréménil 
pense : « la fortune est là ». Pour vérifier 
il veut voir, au greffe, l'inventaire. La fa 
talilé fait que le greffier cherche mal, ne 
trouve pas, et garantit que cet inventaire 
n'existe pas. D'Epréménil pense . « il a 
été détruit pour permettre le vol par le 
gouverneur de la Bastille et le commis- 
saire Chaenon », 

La Bastille et la Police coupables de 
vol, et de destruction de pièce. Qiielle au- 
baine 1 Quel merveilleux scandale ! Quelle 
affaire ! Quel procès ! 

Et au lieu de retenir Cagliostro. d'Epré- 
ménil le pousse. En le poussant il se trouve 
lui inoculer le germe d'une mort lente, 
longue et atroce. 

Fatalité Au même moment, à Londr-^s, 
Morande — le fameux pamphlétaire, le 
Garetier Cuirassé — Morande, devenu 
chef du service de police de l'Ambassade 
de France, et rédacteur en chef d'un jour- 
nal à gros tirage, le Courrier de l'Eittope, 
qui a quatre mille abonnés en France, 
Morande découvre le passage dans une 
loge maçonnique d'un colonel Cagliostro. 
Et il se met à suivre cette piste. 

Elle va le mener au procès Fry, au 
Kings-Bench, au procureur Aylett, à Bal- 
samo. 

Henri Beraldi. 



2^6 



du Planicr, ayant revêtu un costume de 
marin. Echarpe. 



* • 



Berry en Pro- 
139). - S A. R. 



La duchesse de 
vence. - ^LXXXlll, 
Mme la duchesse de Berry accompagnée 
de 14 personnes, dont : les Comtesses 
de Brissac, de Mesnard, le Vicomte de 
Saint Priest, le Maréchal de Bourmont, 
Comte et Vicomte de Kergolay, s'em- 
barquait nuitamment le 25 avril 1832, 
sous le nom de Rosa Itagliano sur le 
« Carlo Alberto», loue par M. de Saint- 
Priest, sous le nom de Duc d'Almazan. 
Le 28,elle débarquait à Marseille au phare 



C'est près du petit port de Carry, des- 
servi aujourd'hui par le nouveau chemin 
de fer de Marseille-l'Estaque à Marti- 
gues, Port de Bouc et Mir^mas que la du 
chesse de Berry débarqua ; elle prit pied 
à la pointe de Ste-Croix, à trois kilomè- 
tres à l'ouest du petit port de Sausset. 
Elle alla aussitôt se caclier au hameau de 
la Folie, 

Ce renseignement est puisé dans la 
grande publication du Ministère des Tra- 
vaux Publics ; Ports mariitmgs de la 
hra nce. 

Qiiand la duchesse de Berry débarqua 
sur celte côle rocheuse celle-ci était fort 
sauvage, presqu'inhabitée ; le port de 
j Sausset n'a été construit qu'en ib68. on 
venait 'seulement de faire un embryon de 
port à Carri, la navigation à vapeur a 
amené peu à peu des habitants en per- 
mettant de créer un service quotidien sur 
Marseille desservant Rouet, Carry, Saus- 
set et Carro, port du village de la Cou- 
ronne qui fait partie de la commune de 
Martigues. 

La ferme de la Folie est sur le chemin 
conduisant de Sausset à Martigues. 

Ardouin Dumazet. 

* 
* » 

Notre confrère pourrait consulter uti- 
lement le Compte-Rendu exact et littéral 
des débats qui ont eu lieu devant la cour 
d'assises de Montbtison à l'occasion du 
procès diiigé contre MM. de St Priest... 
etc.. (Marseille, Olive, 1833, 3 vol. in-8). 

Albert Ritt. 

» • 

Mêmes réponses : Un bibliophile com- 
tois ; D'^J. C^ ; Georges Billard ; Albert 
Hugues. 

Le nombre desnobles avantl789. 

(LXXVll a LXXIX ; LaXXH ; LXXXlll, 1 s, 
1 17,170,216). — Il n'en est pas moins vrai 
quo, en Bretagne, puisqu'on cite fréquem- 
ment a ce propos la noblesse bretonne, le 
chiffre de 10.000 gentilshommes pjrais- 
sait accepté pour servir de base à la per- 
ception de l'impôt, — ce qui n'est pas 
inutile à rappeler, puisque tant de gen- 



DES CHERCHEURS RT CURIRUX 



so-30 Mart 19*1. 



357 

en France, et même de graves professeurs 
universit, lires à l'étranger, je le sais pciti 
nemment, sont persuadés qu'ils n'en 
payaient a peu près pas du tout. 

En 17H9, l'abbé de Talliouët, curé 
d'Hennebont, écrit à un membre du Tiers 
une note fort intéressante sur la réforme 
de l'impôt, où se trouve le paragraphe 
suivant : 

3» On a dit qu'il y a 10.000 geiitilshom- 
n-.es t. Il Bretagne et deux n'illions de per- 
soiiiies de rOidie du Tiers. La noblesse paie 
195 000 livres de capit.Ttion ; c'est l'un dans 
l'autre, sauf erreur, 12 livres 10 suis par tète. 
La capiiation du Tiers et ses droits y jimls, 
monlenl-ils à deux million^ ? C est 20 sols 
par téie. (Geoffiov d Grand maison, f^« Cw»? 
W Autre ois ; L'Abbé de Talliouèi.iyyy-iSo'i, 
Paris, Poussielgue, 1894 ; p. lia). 

On sait que le Tiers, après avoir âpre- 
ment disj'Uté contre la noblesse le chiffre 
de la capitation, aux Etats de Bretagne de 
1776 et 1778, avait fini par se déclarer 
satisfait du chiffre de i2t 000 livres, au 
lieu de 100 000, impose aux gentilshom- 
mes, après arbitrage du clergé, i Barthélé- 
my Pocquet, Hist. de Bretagne, VI, 344- 

353)- 

Old Noll. 

La frégate « de Maine-et-Loire » 

(LXXXlll, 129). — l.onformément a 1 ar- 
rêté du 6 prairial nn XI, un registre fut 



2SR 



7a fr ; Vcrsillé. notaire à Brissac. sofr. 

Dalivon, ^O fr. ; F'mrlrr Miii- ti. (r 



etc., etc. 



F. U^URfAU. 



Qui a prévenu l'année do P».riii 
de l'iufléchissHmont do 1 armée d« 
Von Kluck (LXXXlll, 41, 97, 145). - 
Des recherches faites a la section hiNtori- 
que de l'armée il ressort qu'il n'y a aucune 
trace écrite du renseignement fourni par 
lecapitainc Lepic m au ccrps d'armée, ni 
au G. Q. G. ni à l'armée de Pans. 

Il est vrai que dans la citation du capi* 
tame Lepic il est question du renseigne- 
ment donné. — ce n'est qu'un renseigne- 
ment verbal qui n'a pu être produit le )l 
août IQ14 par la raison toute simple que 
laimée allemande ne s'est dirigée vers le 
Sud Est que le 3 septembre. 

Le général Gallicni n'a pas eu connais- 
sance du renseignement fourni par le ca- 
pitaine Lepic le 31 aoiJt 1914. 

En etiet Gheusi rapporte dans l'article 
paru dans la Renaissance : <Dans l'ombre 
de Galiiéni j^ : 

3 sept. Tout à coup du nouveau. Nos 

avions et nos officiers de li«ison an.noncent 

que les tè'es Je colonne» ennemies •embicnt 

! brusquement s'it fléchir vers l'Est, comme 

• pour y fçlisser sur notre droite, courir sus • 

! l'armée anglaise, nous couper de la V* armée . 

Je demande au chef s'il croit à la rca- 



ouvert à la préfecture du Maine-et-Loire, | Hié de ce glissement vers la masse 



pour recevoir les souscriptions dont le 
produit devait être employé à la cons- 
truction d'ur.c frégate dite Je Maitu-et- 
Loire Voici les premières et principales 
souscriptions : Quatre tribunaux d'An- 
gers, 5 400 fr. ; Joubert Bonnaire et as- 
sociés, 2 400 fr. ; de Cossé, conseiller gé- 
néral, 1.200 fr. : Chambault, conseiller 
général, 1.200 fr. ; de Maillé, conseiller \ 
général, i 000 fr. ; Nardon, préfet du dé 
parlement, 600 fr. ; Deurbroucq, conseil- i 
1er général, 600 fr ; Benoist, juriscon- | 
suite, 6'-o fr. ; Monseigneur Montault, \ 
évèque d'Angers, 400 fr. ; Letourneux de 
la Perraudiere, conseillergéncral, 400 fr ; 
Dupuy de Briace, conseiller général, | 
300 fr.; Mame et fils,imprimeur5,îOO fr. ; 
Bidon, juge de paix au Louroux, 1 ço fr. ; ^ 
BoJin, receveur particulier à Saiimur, 
100 fr. ; Bancelin, contrôK^ur à Segré. 
100 fr. ; Ouvriers de l'imprimerie Mame . 



«Je n'ose pas, reponditil, les yeux sur 
I la carte. > 

I 11 s'est enfermé deux heures avec le gé- 
néral Clergerie et le colonel Guidon, 
j quand le chef reparait... son plan est tout 
I fait. 

Ça doit réussir... conclut le général. 

Dans la bataille de l'Ourcq, le général 

i Bonnal dit aussi qu il est fort important 

de constater que le 3 septembre, à midi un 

document officiel émanant du général 

; Gallieni montre l'aimée von Kliick mar- 

: chant vers le Sud Est en abandonnant la 

i direction de Paris. 

Le 4 sept, à 9 h. du matin un ordre 
particulier au général Maunoury conte- 
nait les indications suivantes : 

En raison du mouvement des armée» alle- 
mandes qui paraiss nt gliss<-i en ivani de 
notre fiont daat la direction du Sud Eit. 



N» i53<. Vol.LXXXIlI 
• 259 



L'INTERMÉDIAIRE 



260 



lit 



Enfin dans les Mémoires d-. Galliéni, on 



Jetais il-i re'our au quartier gënéral à 



h. 30 (le j) Des rcnse gnements de la j gée. Nous avons fait appel 



18 

plus grande importance m"étaient aussitôt | 
communiqués : v rs midi les renseigneuKnts 
de nos avions et de nos reconnaissances de 
cavalerie étaient formel? La première armée 
allemande, abandonnant la marche dansia di- 
rection de Paris, s'infléchissait vers le Sud 
Est 



Fi«millesdeBompartetde Douhet 
(LXXXl. ; LXXXiii, b6. ibi), — M. Henri 
D. D'A. ne répond pas à la question po- 



D'oii, le général Galliéni n'a pas eu 
connaissance de ce rense gnement par la 
voie du ministère de la guerre, puisqu'il 
n'a fait aucune mention. 

En lout cas si le G. Q. G. a reçu cet 
avis le 31 aotjt, il parait fort étrange que 
le géné'al Jnfïre ait lancé sa note aux 
ccinmandants d'armée, le 2 septembre, 
leur ordonnant de se retirer sur la ligne 
Pont de- Yonne, Nogent-sur-Seine, Brienne 
el Joinville 

B. 

Henry .^rnauld,évêque d'Angers 

(LXXXlll, 187J. — Clnude Cocliin avait 
encore donné im Supplèminl à la Cones- 
pondatice du Cardinal de Ret^. Rendant 
compte de cet ouvrago i /ouiiml des Débats 
20 aoiit 1920) M. L^nzac de Laborie, 
amené à mentionner le travail sur Hemy 
Àtnaiild, évfqne d' Ange s, nous donne, 
en note, l'indication suivante ; Cette 
thèse, remaniée et complétée par l'auteur 
en vue du doctorat es-lettres, doit prochai- 
nement paraître en librairie ». 

Cela dénote un projet ferme de publi- 
cation que les difficultés actuelles de 
l'édition doivent seules avoir pu retarder 
jusqu'à présent. 

G S. 

« « 
Claude Cochin soutint, eu tgf^y, à 
l'Ecole des Chartes, une thèse sur Henry 
Arnauld, frère dii grand ArnauUi. 11 vou- 
lut ensuite traiter le même sujet pour sa 
thèse de docteur es lettres. Tout le plan 
du premier ouvrage fut mod fié en vue 
de la soutenance en Sorbonne, qui devait 
avoir lieu vers 1915. Ou apprendra avec 
plaisir que la famille du regretté député 
et conseiller général du Nord va publier 
tout prochîiinenient le volume en ques- 
tion, dont la rédaction était presque ache- 
vée quand éclata la guerre. 

F. UZURHAU. 



ppel aux connais- 
sances de nos collègues, dans le but de 
déterminer 1 origine des armoiries de la 
famille de Douhet. 

Ambroise Tardieu, qui faisait suivre 
son nom du titre pompeux d' « Historio- 
graphe d'Auvergne » a écrit dans son Dic- 
tionnaire des Anciennes Familles de l'Au- 
vergne (Desrosiers à Moulins, 1884) in- 
fine de l'article « de Douhet » p. i 33 : 
« Armes : Ecarlelé aux i et ^. d'a:(ur à 
la .'our d^argent, maçonnée de sable [qui est 
de Douhet) aux 2 et ^ de gueules, à la li- 
corne passant d'aioent qui est Bottipart » 
et il fait suivre cette assertion de la men- 
tion '< Archiva de famille » sans aucune 
indication permettant de contrôler les 
sources de sa documentation. 

Or il n'est pas. à notre connaissance, 
de document véritable, permettant d'affir- 
mer qu'a un moment quelconque, les ar- 
mes de la famille de Douhet, ont été seu- 
lement d'août à la Tour d argtfit. 

Nous n'avons pas trouvé trace, en 
France, d'autres fa mi les de Bompart, que 
celle originaire du Languedoc, et qui eut 
par la suite des établissements en Daii- 
phiné et en Provence. 11 en est l'ait men- 
tion dans le Dictionnaire de Rietstap,dont 
l'autorité ne saurait être contestée. 

Rietstap indique : Bompart ou Bompar 
en Lavouedoc : d'ahtr à trois tout terellet 

o 

d'argetit, au chef de gnedes. changé de 
il ois éfoiles d'or — Bompar, en Daubhiné : 
Coupé de gueules sur argent, au gii/fon de 
l nue en l antre — Bompar en Provence : 
D a^ur à deux colombes affrontées d'atgeiit, 

perchées sur un t>onc écote J'or, posé en 

jasce. 

D'autre part, il ne paraît y avoir eu, 
en France, qu'une seule famille portant : 
de gueules d une licotne d' a rgent , armowlts 
qu'Ambroise Tardieu attribue à Blardin 
de Bompart, Sgr d'Auzcrs, vivant en 
1460. Ces ar.Ties sont celles de la famille 
Courtot de Cissey, originaire de Franche- 
Comté, (voir Armoriaux divers et notam- 
ment Annuaire Général Héraldique Uni- 
versel, P.-iris igi:)!). 

Cette famille n'a eu aucune alliance 
avec la famille de Douhet, permettant 
d'expliquer la formation des armoiries ac- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



261 



îo-3» M»r» lyai. 



tuelles de cette dernière, par l'écartèle 
ment des armes des de Doiihel el de c-.-llcs 
des Courtot de Cissey. 

Il apparaît donc à peu près certain que 
les explications données jusqu'à ce jour, 
de la formation des armoiries de la famille 
de Douhet, sont inexactes, et qu'en parti- 
culier il convient de rejeter, comme con- 
traire aux faits, tels qu'ils sont établis par 
les documents, l'explication fournie par 
rHistorioo;raphe de l'Auvergne, qui fixe 
au double mariage qui unit les f.imiUes 
de Douhet et de Rompart, l'origine des 
armoiiies de la famille Je Doul et. 

Mais nos collègues Intermédiairistis. en 
particulier ceux dont les recherches se 
sont portées sur le centre de la France, 
n'auraient ils pas dans leurs archives, la 
preuve irréfutable du bien ou du mal 
fondé de nos déductions ? 

Sept . 



Bourdon de l'Oise (LXXXllI, 140). 



uu est son contrat de ni.irla',' ^ ' '' 
liquidé sa :UCCcj>ion quaii I il 

en Guyane f 

Cakolusi IUkmk. 

Falc^.n de Cimier — (LXXXII. ajS, 
ÎÇS). — M. Charles l-alcon de Cimier, 
50U préfet à Bayonne, puis préfet â 
Dij^ne sous le second cinpire, ot .Madame 
Falcon de Cimier, née Sophie Koviuuftki, 
n'ont pas laissé ^'enfants, m»i* deux 
nièces, Mes.lemoisellcs Falcon de Cimier, 
habitant à Paris. 40 rue Grcure. — C'est 
à elles qu'est restée la correspondance de 
leurs oncle et tante, cl elles serau-ni lré< 
heureuses d'entrer en relations avec les 
personnes qui ont connu leur famille. 

S. DE G. 



"Victor Hugo. S«8 descendauts 
(LXXXllI, 141; — Des quatre cnfanls 
qu'a eus Victor Hugo, et qui tous sont 
iriorts, Charles est le seul qui ait laissé 

-^ , . ^ I . . u- < postérité ; de son mariage avec celle qui 

— Qiioi qu en disent plusieurs de ses bio- j ■ . , . j .. . j . , ^ 

L r I • D 1 j* j lv^■ ' devint plus tard Mme 1 douard Lo^krov, 
efr.^iihes Fr. Louis Bourbon dit de 1 Oise ; ., U . , . -^ 

il a eu G"orges et Jeanne a propos des- 
quels Victor Hugo a écrit en 1877 \'Àtt 
d'êhi' p;rand-père. 

M. Georges Hiigo a été mariée à Mlle 
Ménard Dorian. dont il est divorcé. Mlle 
Jeanne Hugo a épousé successivement 
M. Li on Daudet et M. Jean Charct. dont 
elle est également divorcée Elle est ac- 
tuellement Mme Michel Ncgrcpontc. 
l'ignore si le frère et la sœur ont des en 
fants. 

Notre confrère trouvera au musée Vic- 
tor-Hugo de la place Royale (vulfô : des 
Vosge>), au milieu de la salle de la biblio- 
thèque et des e*tamnes. un grand cadre 
qui confient toutes les photographies de 
Victor Hugo de 1868 a ibSç. l année de 
sa mort ; la dernière de toutes y figure 
certainement. 

Je puis également lui signaler l'une des 
dernières ph itographies de Victor Hugo, 
qui se trouve reproduite à la page ^02 de 
VHisinite illmtrfe de la littéuiture fian- 
çaisf par MM. E. Abry. C. Audic e: P. 
Crouzet (Paris. H Didier ; 4 et 6, rue de 



gr.^pt 

n'est pas né à Kéiny J'ai cherché en 
vain son acie de baptême dans les re- 
gistres de l'Etat civil de ce village. 

Je groupe moi même les documents 
concernant la famille de Bourdon de 
l'Oise et serais heureux d'entrer ren rela- 
tion avec mon honorable confière. 

Je crois que le «Dictionnaire historique 
et biographique ï' de la Révolution et de 
l'Empire, de Robinet Robert et le Cha- 
plain doit être dans le vrai en disant que 
B de l'Oise serait né le 12 janvier 1758 
à Rony le Petit (Somme). 

Malheureusement — j'ai écrit à Rouy 
le Petit, (les actes ne commencent qu'en 
I7gjj, et au greffe de Péronne dont les 
archives ont été détruites pendant la 
guerre. 

D'autre part l'Almanach Koyal men- 
tionne parmi les Procureurs au Parle 
ment de Paris dès la date de 1783 un 
« Bourdon » successeur de Chevalier Dul- 
gaud, rue des Noyers près Sl-Yves, du 
Petit Rouy en Picardie. 

Quelle était cette rue des Noyers, près 
St-Yves ^ et que sont devenus après la 
révolution les études, et les archives des 
procureurs au Parlement ? 

Bourdon de l'Oise s est marié à Paris, 



la Sorbonne, 1912, in-S" car'é). Dans 
celte photographie, prise par M. Collot 
en quatre épreuves diderentes, le poète 
est représenté en b iste. la chevelure et la 
barbe d'un blanc de neige, contrastant 



N« 1536. Vol. LXXXIII 

265 

avec la couleur sombre de son vêtement. 
11 devait être alors en deuil de Mme 
Drouet ; la photographie en question doit 
donc dater de i88î ou 1884. 

G. P. 

Famille da Baron d'Hugon 

(LXXXll. 284 et LXXXlll, 166). — L'ou- 
vrage du V" Révérend : Titra, anobluse- 
tnenii et pairies de li Restauration, qui 
donne la filiation moderne delà famille 
Dugon fanciennement d Hugon), devrait 
permettre didentifier le personnage en 
question. 

On pourrait peut être encore s'adres- 
ser à la famille qui existe toujours Le 
Dictionnaire des famille'^ françaises de C. 
d'E. A, donne un aperçu d'ensemble sur 
l'histoire de celte famille, mais ne per- 
met pas de résoudre la question posée. 

MONS. 

» « 
J'ignore si. comme le suggère Un Bel- 

li/ontain, les d''Hi<g'ni et les Dugon cons 
tituent deux branches d'une même fa 
mille. ni surtout si elles se rattachent au 
personnage qui intéresse notre collabora- 
teur Boisljmv. 

Dans tous les cas, il existe toujours des 
représentants de deux familles portant 
ces deux noms auxquels il pourrait 
s'adresser. 

1° le Comte d'Hugon. château de Tart 
le Bas, par Genlis (Cà\e d'Or). 

2' le Comte Charles Dugon, château 
de iMoidière, par la Verpillière (Isère). 

3« le Vicomte Dugon château d'An- 
delarre, par Vesoul (Hte Saône) 

G. de Massas. 
« 

S'adresser à M. le Comte d'Hugon, 
château de Modiere par la Verpillère 
(Isère). 



Le curé MesU^r (LXXXl ; LXXXIII, 
178). — Sur celte question on consultera 
avec fruit le Cabtml historique (tomes 2 
et 10 (le tome X surtout), où l'on voit que 
cet apostat vulgaire passe un mauvais 
quart d'heure, et d'où l'on conclut que 
Voltaire eut été mieuK inspiré de n'en 
rien dire. 

AURIBAT. 



L'INTERMÉDIAIRE 



264 



Porry (LXXXll. 144, 267) — M. Ed- 
mond Gras, trésorier payeur de l'Annam, 
nous écrit que sa grand'mère maternelle. 
Rosalie. était fille unique de Porry et avait 
épousé Joseph Arnaud. Elle eut un tlls et 
deux filles, dont une. mariée à Louis 
Gras, fut la mère de notre correspondant. 
Elle est décédée âgée de 86 ans, il y a en- 
viron 30 ans. 

11 a toujours ouï-dire que la famille 
était depuis fort longtemps dans le pays, 
mais les registres de la paroisse et de 
l'état-civil de la ville d'Aubagnc (Bou- 
ches-du-Rhône) pourront donner des in- 
dications précises. 

1. 

Horace Ra sson et Palzac. « Le 

Code des gens honnêtej » (LXXIV, 
^94 ; LXXXll. 145, 400). — • Dans son 
Manuel de l" Amateur de Livres, M. Geor- 
ges Vicaire attribue également à la colla- 
boration de Balzac et d'Horace Kaisson le 
roman publié par ce dernier en 1833 sous 
le titre d Une Blonde, bistotre romanesque 
précédée d'une notice nècwloffique sur un 
homme qui n' est pas mort Et l'érudit bi- 
bliographe cite a l'appui de son assertion 
un passage de ladite notice dans laquelle 
Raisson, (aisant allusion aux divers pseu- 
donymes (Horace de Saint-Aubin, Viel- 
lerglé, lord Rhoone. etc ) qu'avait adop- 
tés Balzac à ses débuts littéraires, avoue 
implicitement la part prise par celui-ci 
dans l'ouvrage i.n question. 

Cette collaboration de Balzac à Une 
Blonde n'est pas indiquée par Barbier ni 
par Q.uérard, mais elle est confirmée par 
Champfleury dans la bibliographie placée 
à la fin de son étude sur les Vignettes ro- 
mantiques . 

Un BIBLIQPHILH COMTOIS. 

Le prénom Savary (LXXXlll, 45, 
i68j. — l.a forme Sav.iitx se trouve au 
vers 4q6 de la Prise de Damiette en 
12 ip, relation en provençal, rue de l'Ar- 
senal, relation de l'ép «que, publiée par 
M. Paul Mo ver dans la Bibliothèque de 
l'Ecole des Chartes, tome XXXVIll tet ti- 
rage à part) p. 53<; Dans le sommaire, 
p. S2 1, M. Meyer traduit Savaiix par 
Savaiii. 

O. A. 



DES CHERCHEURS ET CURIBUX 

265 a66 



»o-)v Mart 1911. 



M. Eudore Souiiô (LXXXIl, 336;. — 
Eudore boulié elail un eiudil double d'un 
aru^te, injuslemenl oublie aujourd luii, 
car ce n'eiait pas le pieniier \eiui ci il 
est surprenant qu'aucun diclio. naire bio- 
graphique ne donne même son nom. 

Le marquis de Clienneviercs lui a heu 
reusement consacre, dans ses inleiessanis 
SouvenifS d'un duccteur des Beanx-Atts 
[L/lilnic. 1853-1509, gr. in 8"), une no- 
tice asscz étendue que je me fais un plai- 
sir de résumer a [intention de noire ai- 
mable coiilrere M. Ulric Richard UcSdix. 

hudore boulié, né a Toulouse le 2 dé- 
cembre 1817, était le lils d un Bordelais, 
ami de Mariignac et de Feyronnet ; 1res- 
royaliblc et rédacteur a la Q^uolniunne de 
Marlainville et de iVlichauu, boulie peie 
devinf. plus tard conservateur à la biblio- 
thèque de 1 Arsenal, du temps de Lhdrles 
Nodier. Ce dernier sinlercssa au j«une 
Eudore et reconmianda ctlui-ci a Alph. 
de Lailleux, directeur des musées royaux 
qui le prit comme commis dans sea bu- 
reaux le 2ft janvier ib^o. *-'ejt la que 
vint le rejoindre en 184b Philippe de 
Chcnnevieres ; la communauie de leurs 
goùis en iitieraiure et en ail créa rapide- 
ment entre eux une amilie qui duia jus- 
qu a la mort de Souiie, survenue le 29 
mai 187b. 

t.n 1848, Eudore Soulié fut nommé 
conservateur de la chalcographie au Lou- 
vre, et, en deccmb:c de la même année, 
conservateur adjoint a ce musée, tn le 
vrier le^o, Nieuweikerke le pourvut des 
mêmes lonctions au musée de Versailles, 
ou 11 devint coMSeï valeur en titre en i8t>7 
et ou 11 resla jusqu a sa moil, c'est a-dire 
pendant vingl-six ans. 

Mais son iranstcrl a Versailles ne l'em- 
pêchait pdS de commuer a entretenir a 
Paiib des relations suivies avec tout ce 
qui louchait a l'art et a la lilterature. 11 
trequen'ait volontiers dans l'atelier de Ce- 
Icilia Nanteuil, ou il retrouvait les artistes 
de la nouvelle école, et chez Pierret, l ami 
d Eugène Delacroix, qui parle de lui dans 
sou loin liai, lise rciicoiiirail aux diners 
Magny avec Tlieophue Gautier, laine^ 
Paul de Saint-Vicior, bainic Bcuve et les 
Goiitouil. Ceux-ci le reirouvaiciu a baint 



de Viel-Castel, qui ne l'aimait pis et dit 
nalurcllcmcnl pis que pendre de lui dans 
ses Menivtrti. hnliii il cUil reste lié .. 
SCS conirercs Chcnnevieres, Rciset et Ck; 
ment de Kis. 

Soulie ne se bornait pas aux devoirs de 
sa charge et ■* laisse un ccrUin nombre 
d'ouvragts d'ail et d érudition d un mé- 
rite réel, kn dehors de son énorme cata- 
logue en trois volumes du Musée de Ver- 
sailles, il a publie : une Sottce Jti ftin- 
lûtes et iculpiuiti Je Ittanon (185 1) ; une 
noiiit iut ^t-WLi/j/, modeleur en cire et lau- 
leui d un médaillon uc l.ouis XlV.qui a f^it 
paille de la colkciion hcuillel de Cor.che» 
^i8^b; ; 1 averlisttcniciil Ucs éditeurs dans 
les Meinotrt> mtJils d i' Académie royélt 
Je ptinture el ae iLul[luie^ recueil C'>m- 
pose en colUboralloii avec L. Dussieux, 
Ph do Lhcnncvieics, l'.uil Manlr et Ana- 
tole de Monlaigion ( 18^4;. Il j participé 
a la première édition coiuplele du Journal 
Je uangcju ^ibt)4;, ainsi qu a la publica- 
tion des McmuiiCi ae Luynt. { i^OO) el du 
Juin nul a htruaid lui l tujance d la jeu 
neae de Louti Xlll (i808^. Chercheur in- 
iaiigablc. boulie a découvert sur ololiére 
une toute de documents inédits cl pré- 
cieux, qu 11 a reunis el dont il a composé 
en i8b3, sous le litre Recbitctei iut Mo- 
litre el iui iajamtlie, un ouvrage dedie a 
la princesse ivi<ithiide 

hudoie boulie s elait niarie fort jeune 
et avait piubicuis cnlanlb : sa seconde 
lille, Anne, est devenue Mme Victor en 
Sardou ^voir y^Mr/idi des Goncourl, lundi 
20 mal 1872;. 

La notice du marquis de Chennevicres 
se termine par un pusl-scriplum dans le- 
quel boulie lail un lecil cuiieux des rela- 
tions qu il cut l occasion U avoir en 1871 
avec Ki-gnicr, Ce pcisonnage enigmalique 
qui joua auprès de oazaine et de Dl marck 
le rôle que I on sait el détermina la mis- 
sion du geneial Bourbaki en Angleterre 
auprès de l'cx-imperalrice. 

hudore boulie, maigre la simunujc de 
noms, n avait aucuns liens de patenté 
avec 1 auteur des Mitnotrei Ju Utabte. 
Un bibliophile Comtois. 

Vigny et les syntùèses (LX\.\I1I, 



Ciaiien, chez la princesse Malhilue. en | 143;-- Cesl»e>^M.u< a un i'oele ^é<i. 
compagnie de NieuWeikeikc, desdeux Gi- j Kalisbonne, p. 8y; qui nous a transmis la 
raud, de Hébert et du venimeux Horace , boutade de Vigny : 



N« 1536. Vol. LXXXIl. 
— 267 



L'INTERMEDIATRE 



268 



synthèses sont de ' 
Ce serait mal 



Comme quoi toutes les 
magnifiques — sottes. 

Boutade seulement ? 
comprendre la pensée de Vigny que s'en 
tenir à une telle qualification. C'est en 
1834 que le poète aurait ainsi formulé une 
idée qu'il convient de rapprocher de l'ou- 
vr><ge qui occupe surtout son esprit à ce 
moment-là : Slello et sa contmualion 
possible. 

Or, c'est à Stella qu'il faut demander 
la clef de l'inquiétude sociale du poète. 
Sv)it au chapitre XX de ce livre, où il dé- 
plore les systèmes trop faciles des politi- 
ciens niveleurs, « l'habitude des synthèses 
a été prise dès longtemps par eux sur les 
bancs », — soit au chapitre X.XXII, où la 
prétention des socioliiguesthéocr tiques est 
semblablemcnt dénoncée, « violente pas- 
sion de tout rattacher, à tout prix, à une 
cause, à une synthèse, de laquelle on 
descend à tout, et par laquelle tout 
s'explique », l'inquiétude du poète s'en 
prend pareillement à ces empiétements de 
la pensée systén>atique sur la vie réelle. 
Et c'est à l'analyse comme il la conçoit 
que Vii^ny demande de restituer ses droits 
à la multiplicité du vrai. 

Fernand Baldensperger. 
« 

* * 
C'est dans ces notes intimes d'Alfred 

de Vigny, dont Louis Ratisbonne a pu- 
blié quelques lambeaux sous le titre de 
Journal d'uv poète, à l'année 1834 îles 
dates données par Ratisbonne paraissent 
parfois douteuses, mais ici cela importe 
peu) que se trouve cette simple ligne, à 
l'état de fragment isolé :. 

Comme quoi toutes les synth bses sont Je 
magnifiques — sottes. 

Ainsi qu'il arrive d'habitude dans ces 
publications fragmentaires où l'on ne sait, 
ni si tel fragment n'a pas été isolé par la 
fantaisie de l'éditeur d'un contexte qui 
l'eclairerait, ni si l'on a atTaire à une for- 
mule réfléchie, à une boutade passagère, 
à l'écho instantané ou au résumé d'une 



Devises des évêqnes (LXXXII, 
286) — Les devises des évèques appa- 
raissetit, en effet, au xix« siècle mais à des 
dates bien variables suivant les diocèses. 
Dès 1802 l'évêque d'Ajaccio, Sebastiani, 
a la sienne : Spes in Deo, et tous les suc- 
cesseurs eurent la leur. Dès la même an- 
née, on trouve les devises à Cambrai 
(Belmas: Sive pervilam^s've per mortem). 
Par contre, Fontanges qui fut successive- 
ment évèqiie de Nancy en 1783, arche 
vèque de Bourges en 1787, de Toulouse 
en 1788, fut nommé au .'oncordat évo- 
que d'Autun, supprima dès lors la devise 
qui l'avait accompagné sur les autres siè- 
ges ; Ainsi font anges. 

De même Dubourg, évêque concorda- 
taire de Limoges, ne prit une devise (Li- 
lium inter spinas) qu'à l'aurore de la Res- 
tauration. 

11 semble que l'usage des devises se 
généralisa entre 1840 et 18150. On les 
voit apparaître, en effet, en 1840 à Auch, 
Quimper, Keims, Valence ; en 1841 à 
Evreux, Fréjus, Rennes ; en 1842 à Bor- 
deaux, Agen. Bourges, Cahors, Tulle ; 

en 1843 ^ ^'^' 5 ^" ''^44 ^ ^^P ^^ Mon- 
tauban ; en 1846 à Luçon et Pami;rrs ; 
en 1847 à Aix ; en 1849 à Amiens, Nan- 
tes. Orléans ; en 1851 à Arras, etc.. 

11 faut également remarquer que sur 
certains sièges, tel évêque eut une devi- 
se, alors que son successeur n'en usa 
point. A Paris, pour ne citer qu'un exem- 
ple, monseigneur de Quclen avait une de- 
vise bretonne : lui mort, la devise ne 
reparaît qu'en 1848 avec Monseigneur 
Sibour. 

De 1842 à 1867. l'évêque d'Agen, de 
Levezou de Vezins, ancien sous préfet de 
Millau, eut une devise: Gratia Dei sum id 
quoi sum. Son successeur monseigneur 
d'Oullrem.ont n'en eut pas. 

Il semble également possible de formu- 
ler cette règle générale — qui eut des ex- 



ceptions. Les évêques « roturiers » s'em- 
pressèrent plus que ceux issus de noble 
lecture, il est impossible, pour ce bout de j famille de se donner une devise. 



phrase comme pour plus d un autre pas- 
sage du Journal d'un poète, de savoir 
quelle a ete 1 occasion, et quelle est la 
portée exacte, de l'idée qu il exprime. 
Puissent les éditeurs de posthumes renon- 
cer, enfin, a les arranger, a les extraire, 
ou à les mutikrl Ibère. 



Quant aux doubles devises auxquelles 
fait allusion notre confrèro M. Chappée, 
elles sont relativement rares et l'on n'en 
rencontre guère avant 187"). Le cardinal 
Guibert, de Paris, eut deux devises; ivion- 
seigneiir Perraud en prit une seconde à 
l'occasion de son cardinalat. Actuelle- 



ihg 



DES CHERCHKURS ETCUKIEUX 



30>^a ^'alt luti 



ment, Monseigneur Touchet, d'Orléans, a 
encore une devise et un »* cri », — le 
mênie que Jeanne d'Arc, /ibc-twi M^nij ! 

Et puisqu'on a cité Mon^cixncMir l^af- 
bier de Montauit, rappelons que ce docte 
écrivain professe que « c'est un droit et 
un devoir pour tout ecclésiastique pourvu 
d'un bénéfice de se constituer des armoi- 
ries. » Aussi bien, au temps où l'actuel 
archevêque de Paris, le cardinal Dubois, 
était évêque de Verdun, un mouvement 
avait eu lieu en ce sens dans son diocèse. 
Plusieurs ecclésiastiques usaient d'armoi- 
ries qu'ils s'étaient constitués conformé 
ment aux règles. 

RsNÉ Kœnig. 

Dédicace « Bonus «ane vicinus > 

(LXXXUl. 192) — C e^t en cllet un vers 
d'Horace, le 1 ^2* de la deuxième i'pitrc 
du second Livre. Le poète parle là h Flo- 
rus d'un Argien chez qui de singulières 
bizarreries voisinaient lamilièremcnl avec 
les qualités les plus estim 'hl «s. Voici le 
texte complet de l'hexamètre : 

[More], bonui sane vicinus, amabilis 
bospes. 

D' FrIend. 

Même réponse : Bensly, Dehermann- 

ROY. 

Tours isolées (^LXXXllI, 95, 172) — 
Sans doute les temps cl les lieux ont mo 
livé des tours isolées devant servir de 
clochers près des églises ; mais ce qui 
fut une exception voulue ou contrainte 
pour certaines, devint une règle obliga- 
toire pour d'autres, (elle que les consti- 
tutions de certains ordres religieux 
l'avaient prescrite et ordonnée 

]e crois pouvoir y inscrire l'ordre des 
Frères mineur> qui plaçait le clocher près 
du chœur à gauche de l'abside et dont 
nous relevons pour exemples l'église de 
Saint-Bonaventure à Lyon [■^2^ 14"]} et 
celle de Chambéry devenue la Métropole 
1430-1522 

Cela ne pourrait il s'expliquer par la 
proximité du chœur et la facilité d'accès 
pour la concordance avec les cérémonies 
du culte donnée aux Frères chargés des 
sonneries, tandis que la distance et lélo - 
gnement des cloches de portails contra- 
rient la simultanéité au point d'interrom- 



270 



pre parfois les serttions, cl laissant au 
carillonnciir indépendance et jibcrti- ? 

Si •;. 

Dans les mon.isicrcs I • n^ J4 

lourde l'abbé ou de l'abbai ._ ijit sou- 
vent séparée de l'église et isolée. par exem- 
ple à Saint Aut^in d'Anppr». a Si Nicolas- 
lcs-/*ngers, etc. La première de ces 
tours sert aujourd'hui de musce inJutltttl 
t\ \:i poMdnh c est installée dans la se- 
conde. 

F. U. 

Port-Hoyal du Dom Clém*nc»t 

(LXXXI 2)8). AlamoddeM l'ros- 
per Faugèrc. tciis les manuscrits de la bi- 
bliothèque furent versés, suivant sa vo- 
lonté, aux archives de Bergerac, où on 
peut les consulter. 

Jeam de Vii.larj. 

Ouvrage anonyme sur Paris : 
«Le voyageur fidèle » (LXXXlll. 14^), 
— De cel ouvra^re, il existe une édition 
de 171 s. publiée également chez. Pierr^- 
Aibou ; le titre indique comme auteur le 
sieur L. Ltg,r. C'est sans doute le même 
personnage qui est cité « incidemment » 
a l'article VIII, ^u/ regatJe la patisriie, 
l'épicerit et les liqutuis potabUi. 

Il y a des cafés d'établis en plusieurs quar- 
tiers tic Patis, cl qui se fini t plu« 
ou moins ende eux par la . „ eiice. il 
serait à soiihaiicr que l'oti y but les liqueurf 
sans être altérios. Les niiîin'S <\c ce» caffez 
prennent le titre de Disiillaleurs, piirce que 
la plupart disillent cux-mèmci ei composent 
les liqueurs qu'ils vendent : et je ('Uis dire 
qu entre ceux qui y travaillent, Ligtr est 
.^lui qiii y excelle. Il demeure rue de la 
Huch-itte. 

Aucun autre nom n'étant mentionné 
dans l'ouvrage, il est présumable qu'il 
s'agit bien de l'auteur du f^^oyjgrur FidiU 
et que la publication du susdit guide avait 
surtout pour objet cette petite reclame 
dissimulée dans !e texte, j'aimetais savoir 
SI elle subsiste dans l'édition de 1716. 

Ed. M. M. 

La danse aux Chansons LXIX , 

LXXIX ; LXXX — Signalons la Crandc- 

I Lande comme un antique foyer de la 

! t( danse aux chansons * et l'ouvrage de 



.\« i^)ê. vol. LXXXIl 

271 

M. Félix Arnaudin : Chants populaires de 
la Grande-Lande, 1912, t. le^. Champion, 
éditeur a Paris, comme le manuel descrip 
tif de cetancicn ébat chorégraphique. 

(T On danse le rondeau soit simplement 
en chantant, au claquement des sabots 
aidant à marquer la mesure — aou truc de 
l'eschp c à pous de cantes — soit au son 
des instruments. . . 

Il y a à distinguer deux sortes princi- 
pales (le rondeau : le rondeau ferme 
[tounde bariade ou bougglade) et le ron- 
deau ouvert tounde aoubcite ou trencade). 

Le piemier, qui est la danse en rond 
ordmaire connue en tous pays, ne s exé- 
cute presque jamais qu'à l'aide des chan- 
sons. Le second s'accommode indiffé- 
remment des chansons et du son des ins- 
truments. . . 

ABiscarrosse, et rien que là, il n'y a 
pas encore cinquante ans, on n'employait 
que les chansons dans une ronde bouclée 
dont la gracieuse évolution rappelait les 
danses de la Biscaye. » 

C est donc M. Arnaudin qui répond, 
et non pas moi. H entre d ailleurs dans 
les plus minutieux détails sur la techni- 
que de ces amusements traditionnels, et 
l'auteur de la question aura lout à gagner 
en consultant son recueil 11 se joindra 
sans doute a moi et a tous les passionnés 
du Jûlkloré pour demander a M. Arnau- 
din de ne pas s'arrêter à moitié route et de 
nous donner au plus tôt au moins les 
deux autres volumes qui étaient déjà sur 
le métier en 1912. 

AURIUAT. 

Rhin — Rhône — Ru — Rue — 
Aaar — Bahr — Heiien (LXXXIl, 
368 ; LXXXIU, 122,227;.— je suis réelle- 
ment très reconnaissant aux quatre con- 
frères qui ont bien voulu repondre à ma 
question et je les remercie sincèrement de 
leur intéressante documentation. Habitant 
l'Egypte, il me serait difficile de consul- 
ter le R<tnianciuni Occidental que me si 
gnale M Albert Ritt. Mais il me sera fa- 
cile de me procurer le vocabulaire étymo- 
logique inJique par M. L. Abet. Je dois 
avouer que , maigre la bonne opinion 
qu a de moi M. Abet, je suis tout de même 
loin d èire un véritable philologue, mais 
j'ai toujours «prouvé pour l'élude et 



L'INTERMEDIAIRE 



272 



l'origine des mots une sympathie et une 
attraction que 1 érudition des spécialistes 
de V Intermédiaire mt permettra de satis- 
faire, le cas échéant. 

J'ai relu avec plaisir la fable de la Fon- 
taine que cite linterméJiairiste S. G. L. 
P. N. avec tant d'humour et je trouve 
que celte avalanche d'r dans presque tous 
les vers de la ligue des rats fait penser 
non seulement a une idée de mouvement, 
mais aussi au bruit caractéristique que 
produit avec ses dents un tongeut ron- 
geant un 10 galon. 

Paul de Montzaigle. 

La Roche sur- Yon. La Roche sur- 
Yonne (^LXXXiU, 44,227). — l'ignore si 
1 Yonne vendéenne a quelque parenté 
avec l'Yonne nivernaise, mais le nom la- 
tin de celle-ci est Icanna [Dicttonnatte de 
Boutllet) et on lit à la page 2 de la mo- 
nographie de la caiheJrale de Nevers par 
l'abbe Crosnier(Ncvers,chezNoret, 1834) : 

Cependant saint Déterin faisait tomber 
par sa parole puissante les auiels de la 
dsesst Icanna, élevés sur les boids du fleuve 
qui porte iou nom. 

P. DE Marin. 

Césembre (LXXXIl; LXXXllI, 104). 
— En posant la question j avais adopte 
l'orlhjgiaphe Césembre parce que le z 
était inutile, l's étant toujours doux dans 
les syllabes similaires : César, Césure, 
besame, saisir, saison 

De même fai élude la diphiongne an à 
cause du b qui suit. 

Qiiant a l'etymoiogie du mot, je crois 
avec M. St-Mieux qu elle est dllhcile a 
déterminer. 

Je crois cependant qu'on peut faire les 
remarques suivantes : 

La terminaison ai/ibre ou embre me pa- 
rait essentiellement latine ; nous la trou- 
vons dans iiambre, bambre et Ambre 
(rivières du lyrol et de la Westphaliej. 
Sambre est le nom latin donne a la 6^- 
mara et Sicambre le nom donne aux ri- 
verains de la Sica. 

On peut aussi expliquer Sicambre par 
les mots Secg ainbien ^^anglo baxon) ou 
Seggr ambren (Scandinave; qui veulent 
dire hommes vaillants. 

Alors Lcsembre devrait peut-être son 



273 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX ao-jo Mars 1921 



nom à une colonie de Sicambres : Sec- 
gambren, nom qui aurait du reste rem- 
placé un nom primitif inconnu, à moins 
que le territoire de Césembre faisant par- 
tie du continent voisin, n';ut pas eu de 
nom spécial. 

En cherchant à bretonniser on trouve- 
rait l'ctymologie par trop fantaisiste : 
Kc\^ ainbtcn misérable rêverie, qu'on 
pourrait appliquer à beaucoup de re- 
cherches étymologiques. 

Gustave Bokd. 

Les lieux dits bizarres d'origiuo 
politique (LXXXil ; LXXXlll, 3=,, 6s, 
121). — A Mager-cq. dans les Landes, on 
fatiguait les oreilles des visiteurs en leur 
parlrint du fameux passage de Welling- 
ton sous le Premier Empire, et on leur 
citait à l'appui le nom authentique de 
H'cUingion que portait une maison de la 
campagne sise à peu près sur le bord de 
la grand route de Bordeaux à Bayome. 
Hélas ! il a suffi d'un vieux papier du 
xvin® siècle portant en toutes lettres le 
mot Bidentonn appliqué tout juste à la 
même maison, qui plus anciennement en- 
core s'appelait BaUv, pour détruire cette 
légende. Après cela je reste persuadé que 
la légende existe et persiste encore, mais 
enfin les spécialistes sauront à quoi s'en 
tenir. 

A Seignosse, dans le canton de Sous- 
tons (LandesJ une vaste pièce de pins qui 
borde l'aricien cours de l'Adour a con- 
servé le nom remarquable dons Arma- 

gHiliS. 

Si j'étais Bourguignon, je voudrais sa- 
voir pourquoi ce nom fatidique a été se 
perdre sur ces plages désolées. Mais je ne 
suis que 

AURIBAT. 

Hippolyte Clairon et « l'Ordre du 
Médaillon » (LXXXlll, 140), 
M. Vetulus de Monte me permettra -t il 
de lui demander pour quel motif il croit 
devoir révoquer en doute l'existence de 
VOrdre du Médaillon, qu'Arthur Dinaux 
assure avoir été institué, à la suite de 
Garrick, par les admirateurs de la Clai- 
ron ? Cet ordre, il est vr;Hi, n'aurait eu 
qu'une durée éphémère, n^ais Dinaux a 
toujours passé pour un écrivain fort bien 
renseigné sur les sociétés badines et au- 



tres, et le livre qu'il leur a consacré fait 
autorité en la matière Uc ce qu'Edmond 
de Concourt, dans son ctuJc biographique 
sur la célèbre artiste, a passe sous silence 
VOrdre du Mfdaillon, il ne s'ensuit pas 
que cet ordre n ait point existe, cl, dan» 
tous les cas, Dinaux mérite, au point de 
vue de la conndissance des f;iils. une (liu-» 
grande confiance tjue l'auteur de M.hir 
monclle Clairon, chez qui la pr:oc<:upati<>ii 
de l' i< écriture artiste » l'eni|>ortait ordi- 
nairement de beaucoup 5ur le souci de 
l'exactitude historique. 

Un Bini.ioPHii.E co.MTots. 

Le nombre trois 'LXXXlll, 5^1 
La svipcrstiiion du nombre trois ne se rap- 
porte pas aux seuls incendies : 

1° <* Un malheur ne vient jamais 
seul... > ; 2° dans le Berry et alUcuf^, 
l'on rencontre des gens fort inquiets 
jusqu'à ce que le « 3* malheur » soit ar- 
rivé. Le « malheur consiste aussi bien en 
un verre brisé (".in miroir est le plus né- 
faste) que dans le décès d'un être cher. 
Pendant la guerre une domestique berri- 
chonne était très troublée non seulement 
de la mort au front des parents de la fa- 
mille mais de ce que dmx ayant été tués 
« 2 malheurs dans la famille a, la mai- 
« son, elle-même pouv;iit fort bien être le 
*» 3" malheur > ; mourir ou être victime 
d'un accident. La }• *< Mort pour la 
France » ne s'est pas fait attendre. Elle 
aurait pu être rassurée, mais biei) d'au- 
tres ont suivi... |e crois vraiment que si 
l'on cassait bol ou assiette elle auiait plu- 
tôt facilité le ;' malheur pour éviter un 
danger à sa vie. . . et aussi à celle de son 
prochain, car c'était une bonne fille de 45 
ans environ. 

N. de P. G. 

Mondial aXXVI, 3^9; LXXVH, 30. 
6q, lybj. — Un de nos collaborateur* 
ayant demandé pourquoi le mot u^.wtrstl 
avait été remplacé par le mol tuonJial. 
j'avais cru devoir critiquer l'introduction, 
à mon sens inutile, dans la langue fran- 
çaise, d'un néologisme inélégant de forme 
et, en outre, particulièrement atTc, 
par les Boches. Certains de mes co...* w . 
m'ont objecté <.\\\ universel et montHal 
n'étaient pas synonymes et. partant, ne 
pouvaient être employés l'un pour l'autre ; 



L'INIERMEDIAIRE 



N« 1536. Vol.LXXXIII 

27> — 

il est vrai qu'ils néglijjcaient de m'cxpii- 5 
qucr co'nment on [)arvenail à exprimer la 
nviance qu'ils attribuaicnl ;mi mot mondial 
avant i8y8, date à laquelle cet adjectif 
aurait pris place dans notre vocabulaire. 1 

Je dois avo'.icr que les raisons que 
m'avaient données liicsconfières à l'appui 
de leur dntingno, ne m'avaient pas abso- 
lument convaincu de la nécessité ti'adop- 
tcr un vocable aussi aniipalhique ; mais 
je n'avais pas cru devoir insister. Si je me 
pcimets aujourd'hui de revenir sur cette 
question, c est que je viens d'avoir ta sa- 
tisfaction de trouver mon opinion parta- 
gée par M. Raymond Poincnré lui-même 
qui. dans sa conférence du 7 février sur les 
oiiRines de la jj;uerrc, a dit : « La Weltpo- 
lit'k, on pour employer le barbarisme 
courant, la polilique mondiale... » 

Je n'avais pas été aussi sévère. 

Un bibliophile comtois. 



LaCodaqui (LXXXI! ; LX.XXIH. 121) 
— (>et air a été plusieurs fois emi;)loyc 
par Déranger, entre autres dans sa chan- 
son bien connut : 

Bohjout , >i!on rmi yincent 

C'est également sur l'air de la codaqu' 
que, dans mon enf;ince, nous cnantions 
la célèbre chanson du Peltt Cbapnon 
Rouge dont le n'ai pu trouver ni l'auieur 
ni la date et qui commençait ainsi : 

Un pâtissier demeuiant 
Daîis la plaine de Mont'Oiige 
Avait un' charn-ante eiifanl 
Nonir.ié : !e P'tiî Chaperon rouffc. 
C'est, me dircz-vous, un nom singulier, 
|e n'Iai jamais vu dans l'calendrier. 
i.tc. . 

Adrien Varloy. 

a Gdufriôrs » (LXXXlll, 144). — iVîé- 
la|>ho c d'hommes de lettres. 

Un '• iraufrier v est un < poncif». 
Coniti.c luit d'autres républicains,.... il 
p;end notre pensée de royalistes français 
c<-mme uiie sorte de gaufrier qui seiviraii à 
foutîs les opérations, nous nitéresscrait à 
l'internatior.ale des tiôncs. Rien n'est plus 
oppose à la vraie tradirioii loyaliste. 

Mourras, .-Ic/ion /rançane^ 8, 4, 1917, 
p. I , c j. 

Lecatdmal du Richeden, le roi Henii...., 
noiîs ont li'ss • d'^uJrH•^ traditions, d'autres 
mo j.;:es po.itiqnis ; ali ! ce ne font pis des 
giii'.iiers, m <.lfs selles à tous chev.nux ! ah ! 



276 



ce !.c sont pas des formules à la portée du 
premier .sauvage venu ' Il f.iut iaisir, il fiut 
comprendre. 

Maurras, ibid., 14. 4, 1918, p. i , c. i . 
Gaston Esnault. 

Les femme?! et la sacerdoce 

(LX.XX à LXXXll). — Je ne sais pas si on 
a repondu qu'une femme pouvait porter la 
Sairite-Eucb.aristie à un archevêque de 
Paris pri>onnicr, sans faire un acte abso- 
lument sacerdotal : dans ce cas^ du reste, 
l'archevêque se serait communié lui- 
même. Dans la primitive église, les fidè- 
les recevaient le pain consacré dans la 
main et se communiaient eu.x-mêmes. 
Plusieurs fois sans doute, pendant la 
guerre, à défaut de prêtres, des militaires 
ont eu l'occasion d'emprunter le ^'aint 
Ciboire pour soustraire la Sainte-Eucha- 
ristie au bombardement. 

I.e diacre qui, par conséquent, n'est pas 
encore prêtre, est ministre extraordinaire 
de la communion, L'acte exclus! veiTient 
sacerdotal est celui de la consécration eu- 
charistique. 

Jean de Villars. 



Le refas de oombattro pour mo- 
tifs de conscience pendant la der 
mère gaerro (i.XXXlIi,yi ,228 . - Je ne 
Uîe trouve un peu informe que sur les 
quakers. iVUis alors j'estime qu'il est in 
suffisant do dire qu'ils « se sont consa- 
crés aux hôpitaux y pendant la guerre. 
Cela est vrai de ceux que leur âge ou 
leur sexe dispensait d'une autre tâche : 
mais il y eut aussi les « purs » (plus de 
5 000, assure-t on) qui plutôt que dt 
combattre ont mieux aimé se laisser con- 
damner aux travaux forcés. M 

Cf. Elisabetli Fox Howard, Comment^ 
let quakeis ont n'ivi ('endani la guerre 
bro:h. in- 16 de 48 p. (Société des Amis 
20 avenue Victoria, Paris); H. Rullière 
Z,/i secle des quiken et Li guerre, in Revue 
I actuelle Revue mondiale) de fin 1918. 

G. S. 



• » 



Des renseignements pourraient être uti- 
lement recueillis dans « le paysde Montbé- 
liard »,où l'on nota même avant la guerre, 
certains refus de « porter les arincs v> (Les 
Anabaptistes). 

Lku. 



277 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX >o jo M.rt 19a, . 



Messes célébrées à l'instigation 
des Francs Maçons (LXXXli, 25^, 
297, 349; LXXXIil, 21). — Le 24 juin 
1778, 9 religieux bénédictins fondérenl a 
Fecamj) la ioj:^^ maçonnique la Titp'e 
Uniiê. A la veille de la Révolution les 
quatre religieux n^.iniincs de Dieppe fai- 
saient partie de la loge des Cœurs Uni^ 
de la même ville. Ce sont ces minimes 
qui cHrirent uii jour de faire leur cli 1 
peUc du F." Hamcl, auquel le cuié de 
St Jacques refusait la sépulture chiélicnne 
Edes y furent célébrées en effet en pré- 
sence des F.F. • . et de la famille. Voir a ce 
sujet de Lowcellc Ht^totre gcnétiih df l.i 
Frarc- Maçonnerie de Normandie di l'j)g u 
iS-]^, Dieppe, 187^ : julien Lotli, ///>■■ 
tcire du Cardinal de La Rochejoucauld , 
Rouen, 1893, p. 269, etc.. 

René Kcemig. 

L'amour de la musique chez les 
poètar, et les peintre» (LXXXll ; 
LXXXUI, 36,180. 228j —11 est à lemar 
quer que Judith Gautier, la fille dj Théo- 
phile Gautier déclare dans ses a Souve- 
nirs », Le Second lano du collier^ parus 
ori(j;inairement dans la Rtvne de Paris (cf. 
numéro du i»' janvier 1903, p. 180), que 
son père n a jamais dit que « la musiqu'.* 
est le plus désagréable et le plus cher de 
tous les bruits 2> El > le nie formelle- 
ment. En écrivant cette phrase, ajoulc- 
t-elle, « il n"a fait que citer (dans Capri- 
ces et Zi^^ags) s< les paroles d'un gconiè- 
tre qui n'était pas mélomane assuré- 
ment » . 

Tous les contemporains du gran.l Théo, 
tous ceux qui l'ont ap[)roché de près les 
Concourt, par exemple, ont toujours 
affirmé qu'il exécrait cl abominait la mu- 
sique ; Judith, au contraire était une pas- 
sionnée mélomane. 

Albert Cim. 

Les hôpitaux russes en 1814 

(LXXXllI, 90, 1^6]. — Le docteur Ca- 
banis nous communique la lettre sui- 
var.te, dont il possède l'original : 

A Monsieur le JJtron Chabrol, 
consiilier JEtit et Prét-t du départe- 
ment de la Seine. 

Monsieur le Baron, 

Les hôpitaux russes établis à Paris sont 
sur le point d'être entièrement évacués : et 



c'est avec sitiifaciiofi q.i-: jo vois ar '. 
mome.it de voj« témoigner mi (c 
sai ce relalivemciit à l.i «,ga et hcuicuM 
admiiiistiaijuo Je ^cat le n,.N '''■«■nuxque 
vous avci créés. 

'louies les Jifri:ui: 
blisicmcnt do no» 

eues. Des bitimcnt*, .ians le« expositions lt« 
plus jvantjkjeiises ont oli préparcs pour r«. 
ccvoir nos malades avec toute U célcnté .j jt 
réclament Icî circonstance» 

L'enlèvement des blessén dei chimps '- 
bataille son^ les murs Je Paris • été ei 
avec tons I.^s soin» et tout !• xela ,|je 
mamté commande dans ce» triste» et 
o\ci opîratioin. 

L'entretien de nos hùpiLiux de» Us pre- 
miers jours da l«ur /oriDition a et • i--.ii,. 
plet Le règlement relitd au régime aiinien- 
ture et sanitaire de ;ios m.iiadcs y * eu unt 
pleine exécniion. Le typhu» dont on devait 
M'douter l'entrée dins les salle» de t. . " " 
tjiix n'y a en aucun accès, et le n j t 

morts a toujours élé dans la piopoition la 
moms funertc. Nos militaires ont retrouvé 11 
Paris le secours de ces bains do vapeur do.u 
l'usage leur est si avantigeux en Riu<iie et 
qui ont concouru avac 1rs soins q 1' <n leur a 
P'od;guév Ji hàtcr leur guéii»on. 

De nombreuses évacuations de cm..". 
conts ont été li preuve de l'excelLnla .. 
nis3t!0.> de nos hôpitau.'. de Pans, (^es évi- 
cuat'.LHi ont été faites .ivcc tous les soins 
nécesiaires. Nos i»ueriiei» invalide* so.il 
tr.iii5por!és pa- mer jijsqu Ji Rgj. i.ur navi- 
gation sur la SeiiiL-, depuis Pa-is jusqn'ik 
Rouen, a été dirigée par vous, monsieur le 
Baio.i, a. ce toute la prudence et '1 sagicité 
que demandait l'état de ces mililaire», et il 
i.-st sans doute ag'éablo d'obsorver que ce» 
iîivalides lois vie leur arrivée à Cher-^ourg ont 
paru en meilleur état qu'au momint de l.:ur 
dépatt le Paiis. Anjsi, les prép..ratifs que 
vous avez ordonner sur les baie.mx qui 'le- 
vaierU les ttansportur à Kouen. ne laissaient- 
ils rien i désirer sous le r4pport s«n tair.-, et 
n^s militaires en ont témoigné souvent liur 
reconnaissance aux fonctionnaires dont vous 
les avez fait accompagner. 

Qi^ieiqucs malades chroniques resteio.it 
encore dans les hôpitaux de Paris ; ils tr.>u- 
veiont dans le beau lo.al que vous leur 
avez destiné les soins et le zèle qui leur ont 
fiit souvent douter s'ils étaient -ous le >':cl 
de leur Patrie 

j'ose espérer, Monsieur le Biron.quc . 
voudiez bii-n être 1 organe de ma re<onn-._ 
sance auprès de messieurs les admmistratears 
des hôpaaux et hospices civi's do Paii». Ces 
hab les et respi;ct.ibles adminislrateuri trou- 
veront sans doute dans leur propie cour et 
dans la considératisn de leurs concitoyens la 



N- 1536. Vel. LXXXni 

37Q 

récompense de leur dévouement à l'huma* 

Ilité. 

On doit aussi des éloges particuliers à 
messieurs les employés supérieurs de votre 
administration qui a toujouis agi confor- 
mément à vos vues et de concert avec nos 
employés supérieurs pour perfectionner toutes 
les parties du service. 

C'est à vous, monsieiir le Bar.in, qui avez 
été à niéoie d'apprécier le mérite de tous les 
fonctionnaires dont vous avez dirigé les tra- 
vaux de leur ùistribuor les éloges qu'ils mé- 
ritent. Quant à moi, j'emporte la persuasion 
que le zèle le plus louable pour le bien de 
l'humanité n'a cessé d'animer jusqu'aux 
moindres employés de nos hôpitaux de 
Paris. 

Agréiz, monsieur le Baron, los hommages 
de ma haute considération. 

Là dtr cteur çàfiéml des hôpitaux 
russes eUbhs rn France, 

Général major Bilagrodsky. 

Paris, le 16 septembre 1814. 



Etuvei au XVIî' siècla (LXXIX, 
4Î4). — Notre confrère C. F. trouvera 
sur les étuvcs parisiennes tous les ren- 
seignements désirables dans l'étude très 
complète qu'a faite de ces établissements 
M. le D' Cabanes dans son ouvrage 
Mxtus intimes du Passé (2* série. La vie 
aux bains. Paris, s. d. in-12) 

Un BIBLOPHILE COMTOIS. 



Tartarin (XXIV ; XXV ; LXXXflI, 86, 
174). - Les hasards de la carrière pa- 
ternelle ont fait qu'une partie de mon 
adolescence s'est écoulée à Tarascon, et 
ils me permettent d'appoiter une modeste 
contribution au débat sur Tartarin. 

Il est bien exact — et l'extrait des 
«r Trente ans d« Paris », cité par M. Al- 
bert Cim, dans V Intermédiaire du 20 28 
février 1921, ne peut laisser aucim doute 
a cet égard — que Tartarin se nommait, 
à l'origine, Barbarin. 

Voici très exactement le nom de la 
* vieille famille » Tarasconnaise dont il 
est question dans les Souvenirs d'Alph. 
Daudet : de Barberin-Barberini, se ratta- 
chant ainsi à l'illustre maison italienne du 
Pape Urbnin VIll. J'en ai connu le chef, 
homme d une haute vertu, jouissant de la 
considération unanime. 



L'INIERMÈDIAIRE 



280 " 



Il était de notoriété publique qu'Al- 
phonse Daudet avait pris pour tête de 
a Teur >, si Ton peut dire, et en lui attri- 
buant ce noiu à peine modifié de Barbe- 
rin, entendu et retenu par lui, un person- 
nage réel dont on se plaisait à rappeler 
les aventures. On montrait encore, vers 
1875, en un faubourg de la petite ville, la 
fameuse maison au « baobab », et on 
allait même jusqu'à désigner le « cha- 
meau » qui, dans l'étincelante fantaisie, 
se jette à l'eau pour s'attacher aux pas du 
« chasseurs de lions >. 

J'ai connu un ecclésiastique, vicaire à 
l'une des paroisses, qui avait été chargé 
par la famille de Barberin, de demander 
au grand romancier, et qui avait obtenu 
sans l'ombie d'une difficulté, que le nom 
de son héros fut modifié. 

Les Tarasconnais, gens charmants et le 
cœur sur la main, parfaitement incapables 
d'une méchanceté, manifestaient en ces 
temps déjà lointains, du moins en paroles, 
leur hostilité au persifleur de Tartarin : 

« - Ah ! ce Daudet, si jamais il vieintit 
ici ! »..,. Et, quand un « étranger » — 
ainsi se trouvait désigné celui qui n'était 
point né à Tarascon ou à Beaucaire, de 
l'autre côté du Rhône — confessait timi- 
dement, pour ne pas éveiller de suscepti- 
bilités, s'être diverti aux aventures du 
tueur de fauves : 

— t Qu'est ce que vous trouvez donc 
là de si drôle } ». lui demandait-on d'un 
ton sec. 

Au demeurant, si Daudet était venu à 
Tarascon, on lui eut fait fête ; garçons et 
filles, autour de lui, sur le Coursse, au- 
raient joint les tnains pour une joyeuse 
farandole : Digue li que viiigué f ... 

Car si les Tarasconnais avaient quelque 
dépit qu'on eut <* blagué » d'ailleurs sans 
malignité, les « chasseurs de casquettes ». 
ils n'étaient point sans tirer vanité que le 
héros d'un roman à succès — et à clef — 
fut bien des leurs. 

R. DE La Tour du Villard. 



Le Directeur-gérant : 
Georges MONTORGUEIL 

Imp, CuBRc-DANiBL.Saint-Amand-MonlronJ 



LXXXIII* Volume Farcissant les lo, 20 n de fo (huifite mou 10-30-30 Avril iqai 



N» 1537 

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N' 15J7 

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Mureiui : de .1 1 o lioun* 



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DtS CM EliCHEURS ET CURIEUX 
Fondé en 1864 



giESTIONS I:T RKPONSRS I.ITTRRAIRES, historiques, .Sr.IHNTIKIiJliKS KT ARTISTlQLKfJ 

TROUVAILLES ET CURIOSITES 

2 81 — -»_ 282 



Nous prions nos correspomiants de 
vouloir bien répéter leur nom nii dessous 
de leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne seront pas insérés. 

Pour la précision des rubriques^ une 
question ne peut viser quun seul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. 

Quand la question sollicite la connais- 
mnce dhtne liste, la liste, sauf exception, 
nest pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion Ig 
nom ou le titre d'une famille non éteinte^ 



L'abonnement pour 1921 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France. (Six mois 16 francs). 

Pour l'étranger: un an 32 francs 
(Six moisis francs). 

Prix du numéro: I fr. 50. 



(âueôttonô 



Le « Mémorial de Sainte-Hé- 
lène ». Saurait on dire où est le ma- 
nuscrit de Las Cases.? A-til été jamais 
vu .'' 

V. 



Le registre de l'Ile d'Aix. - Dans 
la chambre où Napoléon avait passe la 
dernièienuitsurlesol français, à l'iled'Aix, 
avant de se confier à la générosité an- 
glaise, il y avait autrefois un registre sur 
lequel les visiteurs apposaient leur sit!;na- 
ture accompagnée d'ime phrase à l'hon- 
neur de l'Empereur ; depuis vingt-cinq 
ans, ce registre a été supprimé par ordre. 

En juin 189^, une délégation de la 
Marine de guerre française fut désignée 
pour aller assister aux fêtes allemandes 
de l'inauguration du canal de Kicl, pré- 
sidée par le Kaiser. Au retour de cette 
mission, qu'ils avaient remplie à contre 
cœur, les officiers qui la composaient se 
rendirent à l'île d'Ai.x dans la chambre de 
celui qui avait vaincu la Prusse et inscri- 
virent sur le registre l'hommage de leur 
respectueuse admiration qui fut en quel- 
que sorte une amende honnorable : 

Les officiers du « Surcouf », à leur retour 
de Kiel, sont venus sîluer le vainqueur 
d'iéna. 

8 juillet iSo";, 
(suivent les signatures). 

Le journal Le Temps ayant parlé de 
I cette manifestation patriotique et reprD- 
i duit l'Inscription, il s'ensuivit un inci- 
j dent diplomatique. Le résultat de tout 
' cela fut que. par ordre, l'amiral Beaudin, 
préfet maritime à Rochefort, et le général 
commandant la subdivision à La Rochelle, 
s'entendirent pour faire enlever le registre 
et prescrivirent même sa destruction ainsi 
que celle du précédent. 

Ces registres furent sauvés de l.» des- 

LXXXIII-7. 



N» 1537. Vol. LXXXUI 

283 

truction par un garde du génie intelli- 
gent qui les tenait soigneusement cachés. 
Je les ai vus et parcourus quelques 
années avant la ç;ucrro. Parmi quelques 
signatures connues de Français (combien 
peu !) beaucoup de noms étrangers accom- 
pagnés de témoignage d'admiration. Il y 
en avait dans toutes les langues même en 
japonais et en chinois. On lit des phrases 
solennelles et pompeuses, des exclama- 
tion naïves comme celles ci : 

Je t'.Tilore grand homme — car tu fus zdmi- 

[ rable, 
Jamais dans l'Univers tu n'as eu Ion sem- 

f blable, 

11 faut avouer aussi que bon nombre de 
ces inscriptions toute.- spontanées n'étaient 
pas toujours à la louatige du gouvc-^ne- 
ment de la troisième ^c; iiblique, et cela a 
également motivé l'ordre stupide de la 
destruction. 

Que sont devenus les registres des visi- 
teurs de la chambre de Napoléon à l'île 
d'Aix ? ht pourquoi, enfm, ne les rétabli- 
rait-on pas à l'occasion du centenaire, de 
ce centenaire qui devrait voir s'élever un 
monument sur le sol français que l'exilé 
de Sainte-Hélèi)e foula pour la dernière 
fois. 

Lhonce Grasilif.r. 

Visite de Mesdames à Dieppe. — 

Mesdames, filles de Louis XV, ont dû 
faire an moins un voyage à Dieppe. A 
quelle date ? Une relation de cette visite 
existe-t-elle .? Des ivoires sculptés, spé- 
cialité de la ville, ne leur ont-ils pas été 
offerts en cette occasion ? 

Sameuse. 

Guillaume II et Struensée . — 

L'Impératrice d'Allemagne vient de mou- 
rir ; et tous les j -urnaux rappellent que, 
fille du Duc de Slesvig-llolstein-Sonder- 
bourg-Auguslenbourg, ce fut un trait gé- 
nial du Pnnce de Bismaik d'avoir éteint, 
par le mariage de cette princesse avec 
Guillaume II, d'anciennes querelles parti- 
cularistes et dynastiques. Mais on sait 
moins que, derrière cette application de 
la formule mairimoniale autriciiienne. 
Félix Bo'U'siii nube, suivie plus tard en- 
core par Guillaume, lor^qu il maria sa 
fille a l'hériiier royal du Hanovre, il y 
auraif eu — raconte le ministre dts Etals- 



L'INTERMEDIAIRE 



284 



Unis à Copenhague, M. Maurice Egan — 
une malice un peu verte de Bismarck, qui 
souhaitait, disait il, améliorer le sang des 
Hohenzollern par celui de Struensée, l'ami 
de la Reine Caroline Maihildc, sœur du 
Roi d'Angleterre, Georges II. Et ce propos 
fut, paraît il, un des griefs secrets, mais 
intenses, du « Seigneur de la guerre » 
contre le chancelier (Egan,7TS« Years near 
ihe Gaman /•/<>«/<>/-, Londres, Hodder and 
Stonughton, 1919 ; pp. 7 8). 

Quelle est au juste la filiation de la Kai- 
serin Augusta par rapport au médecin 
Struensée ^ 

Old Noll. 

Les révélations d'un écrivain 
Anglais sur le Kronprinz. - M Wil- 
liam Le Qiieux, l'auteur anglais d'un 
ouvrage retentissant sur Raspoutine et 
qui se dit attaché au service anglais du 
contre espionnante pendant la guerre, 
vient de faire paraître un nouveau li- 
vre dont la traduction françaisa porte ce 
titre ; Le secret de PotSilam. M. Le Queux 
fait parler un comte Ernest de Heltzen- 
dorlî, qui aurait été attaché à la personnne 
du Kronprinz en qualité d'officier d'or- 
donnance. La déposition d'Heltzendorflf 
constitue le plus effroyable acte d accusa- 
tion contre le fils du Kaiser et lui impute 
entr'autrcs une demi-douraine d'assas- 
sinats, conçus etexécutésavec un cynisme 
et une cruauté qui défient l'imagination. 

La plupart des faits sont accompagnés 
de citations de personnages précis, dont 
beaucoup ont certainement vécu et défrayé 
la chronique contemporaine, dans les 
années qui précédèrent la guerre, comme 
la princesse Louise de Toscane, le comte 
Zeppelin, le comte d'Eulcmbourg, etc. 

On voudrait savoir : 

i°Si cet ouvrage a un fonds histori- 
que quelconque ou si son auteur est un 
romancier qui a donné libre cours à 
son imagination. 

2» S'il a, existé un officier d'ordonnance 
du Kronprinz du nom de Heltzendorff. 

3° Si les « révélations » de M. Le 
Queux ont provoqué des réclamations ou 
des protestations jusqu'ici, et en général 
les jugements portés sur son œuvre par 
la critique, 

NÉRAC. 



DES CHERCHK 



285 



URS ET CURIEUX lo-ao-jo Avril i^ti 

286 



Régiments d'Autel, de Vaubé- 
court et de Feuquièrcs — Qiiolle 
est l'origine de la créalion de ces régi- 
ments. Autel (xvio siècle), Vaiibécoiirt 
(xvi<= siècle), Fciiquières (xvii« siècle) ? 

Qiiello était leur composition : ellec- 
tifs, compagnies, officiers, noms des ca- 
taines ? 

Quels sont leurs faits d'armes? 

A quelle époque furent-ils dissous ? 

S'il existe des ouvrages ou des docu 
ments sur ces régiments, je serais très 
heureux qu'un érudit * Intermédiairiste », 
voulût bien me les indiquer, 

L. DE SOUILLY. 

Un émigré. — Dans l'église anglicane 
de Saint-Georges d'hdgbaston, à Birmin- 
gham, on lit en anglais, au dessous d'un 
buste, cette épilaphe : 

A la mémoire de Gabriel Jean-Marie de 
Lys, né 1784, tr.ort 1S34, Du rang noble 
et exalté, il se :éfugia clans notre ville an 
renverï' des lois de civilisai' dans un 
état piochiin ''t pendant vingt deux années 
pratiqua le métier du médecin et pai ses 
œuvies charitables s'est lendu cher aux ha- 
bitants, aux frais lesquels ce buste a été érigé. 
Il est enterré près de cet endroit. Il naquit 
à St-Malo en Bretagne. > 

Que sait-on de ses descendants ? 

Edward West. 

Un cardinal à retrouver. — 

M Georges Blondeau écrit, dai^s une no- 
tice intitulée : La F armlUJf Mollahs et ses 
portraits peints par IVyrsch [Bulletin delà 
société d'agiicultine... de la Hautc-Saâne^ 
1918, p. 53), que de la famille Damedor, 
de Vesoul, 

est sortie une btanche qui s'établit en 
Italie et à laquelle parait se rattacher Dom 
Vincent Damedor, dominicain, maître du 
Sacré Palais, et créé cardinal par Urbain 
VIII. 

Je ne trouve pas le nom de ce prélat 
dans les li^tes de cardinaux que j'ai à ma 
disposition, je désirerais savoir s'il a 
existé réellement, 

Saint-Valbert. 

Famille Du Chesn<?.( Armoiries). — 
Les divers armoriaux ou dictionnaires des 
familles françaises attribuent un écusson 
uniforme /"/ro/i^/aK^s de chêne, sunnonlii 
d'une étoile) à plusieurs familles Du 



Chesne ou Duchesne d( nt la communauté 
d'origine n'y apparaît luillcmcnt. 

Par exemple, h.'s Duchesne de Gillc- 
voisin et les Du Chesne de la Sicotiere 
- ces deux familles sorliraicnt-elles de 
la même souche normande :y\ perche- 
ronne ? C'est ce que j'ai va-ncmcnt de- 
mandé à Rielstap— à C d'E.A. u Cous> 
tant d'Yan\ille {Cbambie des c "uptes de 
Paris et même à la Société ark-iiOologique 
de l'Orne (Origines de M . de la Sicotièie, 
par le Vicomte du Moley.A qui recourir, 
SI ce n'est à I Intermédiaire '1 

Baissey. 

Jean Le Ghartier. — Je cherche 
tous renseignements possibles sur Jean 
le Chartier, né à St IVlartin-des-Bcsaccs, 
ancien recteur de l'Université de Cacn, 
et qui mourut curé de bt-Ouen-du-Breuil, 
, le l'f Novembre 17^7. lia publié, pa- 
\ rait-il, une Disseitalion sur la vraie 
cause de l'exil d'Ovide, et une autre sur 
les mots TabernacHlum viiio cupere. On 
lui attribue également une traduction 
des œuvres d'Ovide, 

P, Edouard. 

Augustin le Juge, Seigneur de 
Nanteuil. — Puurrait on me donner 
quelques renseignements sur ce person- 
nage qui était en 1645 trésorier des 
gardes écossaises du roi .'' 

Sait-on s'il se maria tt eut descen- 
dance? 

Pour le situer, je dirai qu'il était fils de 
Claude le Juge, avocat au Parlement de 
Paris et de Marguerite Baussan. Une de 
ses sœurs, Marguerite le Juge, avait 
épousé en 1628, Ange de Massac, conseil- 
ler du roi en ses conseils, et banquier 
expéditionnaire en cour de Rome. 

L J. 

Anthoino de Mascarel de. la Cor- 
bière, gendarme du Foi, — je dé- 
sirerais savor l-' lieu et la Jate do nais- 
sance d'Anthoine de Mascarel, écuyer, 
sieur de la Corbière, reçu, le ?o décem- 
bre 1660, gendarme des ordonnances du 
Roi, dan? la compagnie « La Retnt » 
commandée par le capitaine-lieutenant 
René de Kcrmeno, marquis du Garo, en 
remplacement de Jacques de Marny, de 
la Touche, capitaine, décédé. Anihoinc de 



N'ijjy Vol. LXXXIII 

287 

iMascarel est lui même décédé à Saint- 
Berthcvin-la-Tannicre, au Maine, le 16 
mars 1689. Il avait épousé, au même 
lieu : i*", le 10 janvier ibôg, Françoise 
Chardon, qui mourut le 17 février 
1680 : 2", le 22 août 1680, Julienne Cous- 
tard de la Touchardière, 

Tous renseignements sur son acte de 
Baptême, que je n'ai pas retrouvé à 
Saint Berthcvin et sur son ascendance, 
seraient reçus avec gratitude. 

H. Baguenier désormeaux. 



Iconographie de Mirabeau. — 

Existe-t il uuo iconographie de Mirabeau? 

D'E. 

Le prince Achille Murât. — Existe- 
t-il une étude sur la vie, les œuvres et la 
correspondance du Prince Achille Murât, 
fils aine du roi de Naplcs, qui vécut en 
Amérique de 1821, environ jusqu'à sa 
mort en 1847 ? 

M. L. B. 

Pierre Pie, maître-chirurgien pri- 
vilégié du Roi. Il habitait Paris en 
1787^ rue des FossésSaint-Bernard,. pa- 
roisse Saint Nicolas du-Chardonnet. 

Un aimable intermédiairiste parisien 
pourrait-il me donner quelques détails 
biographiques sur ce personnage ? Où 
était né ? Où s'esl-il marié ? Où est-il 
mort .''A-t-il laissé des descendants? 

L. L. D. 

Marquis de Raliac. — En 1667, un 
certain marquis de Raliac, marié en se- 
condes noces avec la fille du premier 
président du parlement de Bordeaux, 
vint se fixer à Avignon. Il fut arrêté dans 
celte ville par ordre du roi^ le 9 février 
1669, sous l'inculpation d'assassinat de 
sa première femme. On le conduisit à Tou- 
louse et, son procès ayant été instruit et 
sa culpabilité établie, il fut décapité. 

Pourrait on me donner quelques dé- 
tails sur ce Raliac et sur son procès, la 
date de son exécution, les noms de ses 
deux femmes, etc. ? 

Adrien Marcel. 

Villèle-Montbel. — Y-a-t-il eu ma- 
riage entre la famille de Villèle et de 



L'INTERMEDIAIRE 



288 



Montbel — (toutes deux originaires de 
Toulouse) — depuis la Restauration .-* 

Sameuse. 

Armoiries à déterminer : de 
gueules plein. — Sur "une pièce d'ar- 
genterie, je relève les armoiries suivantes : 

Deux écussons accolés, de forme ovaje 
d ms un cartouche de style rocaille. 

Le !«■■ '.Je gueules plein f'un écusson d'ar- 
gent à la croix ale:(ée de gueules, en abîme. 

Le 2° :d'a{ur à tiois fasca échiquetèa 
d'argent et de gueules de deux tires. 

Couronne de Marquis. 

Ordre du St-hsprit, 

A qui appartiennent ces armoiries ? 

H. D* 

Gravure « épidermée )>. — je re- 
lève sur un catalogue de gravures an- 
ciennes, à propos d'une estampe, cette 
indication : 

Bonne épreuve, épidermée Que signi- 
fie ce dernier qualificatif que je ne trouve 
pas dans le Lexique Jes termes d'art, 
d'Adeline ^ 

ClNQDENlERS, 



Iconographie de profanes dans 
les églises. — Nous connaissons tous 
la statue de Lex-empereur d'Allemagne, 
Guillaume H, en prophète Daniel, du por- 
tail de la cathédrale de Metz. 

Dans la petite église moderne de 
Chevry-enSelème (Seine et Marne), on 
peut voir, peints à fresque par Alexan- 
dre Hesse, les portraits de M. et Ma- 
dame Brisson (bienfaiteurs de cette 
église), représentés sous les figures de 
Saint-Simon et de Sainte-Hélène. 

Il serait intéressant de continuer cet 
embryon de liste. 

Et, d'autre part, est-il possible de se 
documenter aux fins de savoir dans quel 
esprit l'Eglise voit et accepte ces mani- 
festations de l'orgueil himiain et pour- 
quoi elle ne les condamne pas. La ques- 
tion a déjà dû être posée en Cour de 
Rome — Car, en réalité, c'est une usur- 
pation de titre :d'honneur et de per- 
sonne et même d'un sacrilège quand il 
s'agit d'un Guillaume II. 

RoiERT Geral. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX .0 90-30 Avril iqj. 



289 



390 



Paul Bonaparte : Dates de sa 
naissance et de sa mort. — Décidé- 
ment l'état civil de la famille de Lucien 
fk)naparte est diffîîcile à établir avec exac- 
titude 11 y a un an, une notice de 17*/- 
termédiaire faisait ressortir l'incertitude 
qui régnait sur le lieu et la date de la 
mort de sa tille L;etitia, épouse de M. 
Wyse. 

Dans un article paru le 7 avril dernier 
dans le Temps, M. René Puaux constate 
que la même incertitude se retrouve au 
sujet de la date de naissance de son se- 
cond fils, Paul Bonaparte, ce philhéllcnc 
de 18 ans, qui alla combattre en 1H27 
pour l'indépendance hellénique et mourut 
par accident dans le golfe de Nauplie. 

Tandis que VAhnanach Impérial de 
iSjt; fait naître Paul Marie le 3 novem- 
bre 1809, l'auteur anonyme [M. Roger 
de Beauvoir ?] de Lucien Bonaparte tt sa 
famille dit qu'il est né à Rome en iSob, 
et AI René Puaux affirme — mais sans 
donner de référence, — qu'il est né à Ca- 
nine le 3 novembre 1808. 

)^ me suis reporté à l'ouvrage de 
Léonce de Brotonne, Les Bonaparte et 
leurs alliances, où j'ai trouvé ceci : 

Pr, Paul-Marie, né J» Caiiino le iq fé- 
vrier 1809 -[- à Nauplie par accident, le 5 
décembre 1827, à bord de la HelUie, lieute- 
nant de vaisseau de \i marine anglaise. 

Puis en note : 

Ltit-civil de la co iimune de Canine. — 
l.' Ahnanach Impéricil de 1815 à\t z tort : le 
5 r\ovembie 1809, Le 4 novembre 180S, Lu- 
cien écrit de Caiiiiio à sa mère, Maie Laeti- 
tia : « Ma fenme, dans deux mois, augmen- 
tera ma famille d'un septième enfant et j'es- 
père que tôt ou tard mon frère me rendra 
justice... » Et. Charav.iy, Lettres aulog a- 
plies et documents historiques, bulletin 359, 
novembre 1894, n° 36, 806. 

Enfin, Hiort-Lorenzen, dont j'ai égale- 
ment consulté le Livre d' or des Souverains 
(1895), fait naître Paul-Marie le 3 novem 
bre 1808, et le fait mourir le 5 décembre 
1827. 

On peut remarquer que la date de la 
mort du jeune Napoléonide est aussi su- 
jette à controverse. Brotonne et Hiort- 
Lorenzen la placent au s décembre 1827, 
M. René Puaux, au 7 septembre de cette 
même année, et l'auteur anonyme précité 



en décembre 1826 ; cette dernière indica- 
tion est maniloslcmcnt inexacte. 

Bien que les'rcnseigncmcnts fournis par 
Brotonne paraissent se rapprocher le pujs 
de la vérité, ne'scrait il pas possible de dé- 
terminer d'une façon certaine la date de \» 
naissance et celle de la mort de ce jeune 
émule de Byron, qui, moins heureux que 
le poète anglais, mo>)r;it victiriic'd'un vul 
gaire accident avant d'avoir eu roccasiori 
de combattre pour In cause qu'il avait em- 
brassée i 

Un bibliophile comtois. 



L'Edition originale de la « Satire 
contre les Maris », de Regnard. - 

Dans la première édition semi-anonymc 
des Discours satiriques en vers |de Fran 
çois Gacon, de Lyon], à Cologne, 169b, 
I vol. petit in- 12 de viii-188 p. p. orné 
de ce frontispice gravé : « Le Poète Sitns 
fard ou Discours saliiiques par Le S' G. » 
se trouve imprimée, pour la première 
fois, croyons nous, la célèbre Satire con- 
tre les Maris de j F. Regnard. « Qyoy 
que Gac-on (dit la fin de sa préface) n'ait 
eu de part dans cet ouvrage qu'autant 
que l'illustre M. Regnard qui l'a composé, 
lui en a bien voulu donner, en suivant 
quelques-uns de ses avis ». 

Connaîtrait on une autre édition de 
cette iriême Satire, antérieure de date à 
celle-ci, de 1696, qui d'ailleurs ne fut 
point la définitive r 

Aussi bien, en etïet, dans une bonne 
édition des Œuvres de Regnard, (Paris, 
Pierre Didot. Stéréotype Firmin-Didot, 
ç vol. grand in-12, .\n X, 1801), pour le 
texte de cette dite Satire (tome IV. p. p. 
156 a 165), n'y comptc-t-on pas moins de 
vingt-deux corrections de l'édition F. 
Gacon, et, qui, toutes là ne sont autres 
quedes améliorations, tant du sens propre 
que du style lui-même. 

Ulric Richard Dfsaix, 



« L'Arbre de Science v», par Ar- 
sène Houssaye, roman à l'instar 
de Voltaire — Dans la Galette anec- 
Jotiqu^ du 31 janvier 1878, Georges 
d'Heylli prétend qu'à unt époque qu'il 
ne précise point, roais qui doit être an- 
térieure à 1851, Arsène Houssaye com- 



Ne 1537. Vol.LXXXIll 

" ■■-■ - ■ 291 

posa pour un éditeur un roman à la fa- 
çon de Voltaire, intitulé L'Aibte de 
Science, Houssaye avait si parfaitement 
imité la manière de l'auteur de Candide^ 
que Bulûz, à qui 1 éditeur avait porté 
lœuvre, ainsi que Beuchot e» Gustave 
Planche à qui le manuscrit tut aussi 
soumis, s'y laissèrent prendre. 

D'Heylli assure que le roman parut, 
mais sans dire où ni dans ouelles con- 
ditions, et ajoute que « c'est aujourd'hui 
une curiosité à rechercher p^x les collec- 
tionneurs. >* 

Les bibliographies que j'ai consultée?, 
n'indiquent pas L^Atbre de Science au 
nombre des œuvres d'Arsène Houssaye 
Ce pastiche a l-il été réellement publié ? 
Un bibliophile comtois. 

Album d'autographes romanti- 
ques E. C. — M. hmilc Henriot fait 
connaître, dans le Temps, un album d'au- 
tographes, aujourd'hui en la possession 
d'un véritable ami des vieux bouquins, 
M. Delonier, réparateur de reliures. 

Cet album, marqué aux initiales E. C, 
a appartenu à une jeune fille : il contient 
des autographes de Lamartine, Hugo, 
Stendhal, Michelet, Sainte-Beuve, Bri- 
zeiix, Vigny. 

Lamartine a écrit : 

Ton cœur sonore de poète 
Est semblable à cesurries d'or, 
Où !a moindre obole qu'on jette 
Résonne co time un grand trésor. 

A qui cet album appartient il ? 
M. Emile Henriot termine ainsi : 

Nous livrons ce menu mystère à Vlnfer- 
màdia^re des chercheurs et curieux Y eut-il 
vers 1S30 une demoiselle Carlier doit la fa- 
mille était liée avec Stendhal, Lamaitine, 
Sainte-Beuve, Hugo, Vigny, Michelet? 
Cette famille habitait Versailles, oij, sous le 
règne de Charles X, un certain Carlier 
(d'après Sainte Beuve) enseignait la littéra- 
ture à t'école des Pages et, par la suite, pu- 
blia, un recueil, Psyché. Ne serait-ce pas ce- 
lui-là r 

V Intel médiaire obéit à la suggestion du 
charmant auteur des Temps innocents. 

I. 

Le bon Dieu de Marchémoret. - 

Une octogénaire, briaruc d'origine, que 
je connais, ne manque pas de dire d'un 



L'INTERMEDIAIRE 



192 



poulet ou d'un gigot qui résiste au cou- 
teau et à la dent « : Il est coriace 
comme le bon Dieu de Marchémoret. « 
Elle n'a pu me dire d'où venait cette 
locution. Quelle légende y a t-il là-des- 
sous .i* 

Saint- V ALBERT. 

Le Picard d'après Emile Faguet. 

— Dans quel ouvrage Faguet parle t-il du 
Picard comme un gascon du Nord ? 

I. DE F. 

L'Association des Veilleurs •- — 

Qu'était cette association ? 



r*6S3ervants, curés, recteurs. — 

D'après le Concordat et, du reste en- 
core, d'après la terminologie ecclésias- 
tique actuelle, l'on donne le titre de 
« Desservant » aux prêtres catholiques 
tnis à la tête des paroisses ordinaires, 
tandis que celui de « Curé » est réservé 
à ceux auxquels sont confiées les plus 
importantes paroisses ainsi que les com- 
munes-chefs-lieux de canton, Or, en 
Bretagne, le titre de « Desservant > est 
remplacé par celui de « Recteur », qui 
y est d'un usage exclusif. 

On désirerait savoir : 

1° L'origine de cette appellation et 
ses causes. 

20) L'époque où elle a été adoptée. 

3°) S il existe en France d'autres ré- 
gions, en dehors de la Bretagne, où elle 
est aussi en usage. 

J. D. R 

La petite ville de La Bruyère. — 

Sait-on quelle est la petite ville dont 
parle La Bruyère dans le passage célèbre : 

«J'approche d'une petite ville, et je suis 
déjà rur une hauteur d'où je la découvre.,, ? 

Le croquis est assurément d'une éton- 
nante vérité générale et éternelle. Mais 
certains traits, en prouvant qu'un écri- 
vain savait, au xvu* siècle, dessiner un 
paysage, laissent supposer que l'auteur 
avait un modè'e devant les yeux. 

Comme pour les personnages der. « Ca- 
ractères », a t-on soulevé le voile qui 
cache le nom de la « Petite Ville » .? 

QUISETTI. 



293 



DES CHERCHliUUS K r CURIEUX lo-ao 30 Avril 19a. 

294 



Képon6C0 



La dette de l'Améiiq-ie (LXXXI ; 
LXXXll ; LXXXIII ; 98, 19s). — M. Sté- 
phane Lauzanne écrit dans le Matin : 

Un séinteur aurait affirmé, sans qu'au- 
cun ministre ait reievii ses paroles, quo 
l'Amérique n'avait jamais rcmbouisé l'ar- 
gent que la France iiii prêta jidis pour coi\- 
quérir son indépe;iclaiice. il est l'iclieux 
que ce sénateur it'^it pas regardé son his- 
loire de France 01 consulté les artliives dtj 
Quii d Orsay, Il aurait vu quo la vioillo mi>- 
narchic française avait avancé exactemsnt 
trente million» de francs à l'Amérique, m is 
qu'en 1704, la Convention n.Uionalc, par un 
ordn* du jour motivé, demanda à l'A-iiéii- 
que de procéder au remboursement des 
avances françaises. Elle rappela, non sans 
éloquence, que cet argent avait ét^ pièté pour 
assurer le tnompno de la cause do la libeité, 
mais que la France, luttant pour cette même 
cause, avait impérieusement b>'soin qu'on 
lui rendît soi argent Et l'Amérique nous a 
reu;bo!irsé tous les millions que noLis lui 
avions avancés, sauf un q le Ver^etines, r"i- 
nistre des affaires étrangères, avait formelle - 
mont spécifié être un don. 

I. 

Nourrice de Louis XVII (LXXXIII, 
iHô). — Mme Laurent, née Rousseau, 
n'était pas la nourrice de Louis XVII, 
mais celle de Madame Royale. 

La nourrice de Louis XVII était Mme 
de ^te-Marie, née Cécile Talon. 

La nourrice du premier dauphin, Louis 
jos<iph, mort le 4 juin 1789, s'appelait 
Mme Poitrine, née Geneviève Barbier. De 
quel pays était-elle originaire .'' 

Gustave Bord. 

Napoléon et le colonel 'Keating 

(LXXXIII, i8t). — J'ignore où ont pu pa- 
raître les conversa toiis de Napoléon avec 
le colonel Keating à SteHélène, tnais il 
semble bien que, si les propos peu flat- 
teurs tenus par l'ex-empereur sur ses an- 
ciens sujets ont été confiés pM le Prince- 
Régent au duc d'Orléans, ce n'est pas 
dans l.-s Mémoires de ce dernier, qui n'em- 
brassent que la partie comi-ri=e entre s.i 
naîssaiîce et 1814 qu'ils ont pu trouver 
place. 

La question de l'existence et du sort de 



ces Mémoirtt a été soulevée et résolue dans 
VlnlttmiJiaire Qn 1886 (XIX, 100, 208). 
A cette occasion on a public une lettre, 
en d.ite du 10 j.invicr 1870. de M, Pros 
pcr Bailly, bibliothécaire de la bibliothèque 
impériale, qui assure que ces M^moirti, 
consistant en 3 volumes in 4' reliés m 
veliMirs rouge, auraient été déposés à la 
Bibliothèque après la Révolution de 184H, 
et peu après remis à M. Vavin, liquida- 
teur de ht liste civile, qui a dû les ren- 
voyer à la famille d OrUans. 

D'après Q_'érard \Lâi Snpercherus lil'é' 
raires ./t'vuiUes; II, 9}s), < Loui* Philippe 
av.iit commence une seconde ••'ne de ses d\té- 
hioir,s, écrits, dit-on, sous sa dictée, par un 
général. Lors de sa fuite des Tuileries, au «4 
février 1848, la reine recommandait vivement 
aux gens qui renièrent après h famille royale, 
de siiiver les Mémoires du roi. Que sont-iU 
devenus dans le sac du paluis ? > 

Q.uand il écrivait ces lignes, en i8t>»), 
Q.i!érard ne pouvait cr)nnailrc la lettre di- 
M. Bailly, parue l'année suivante, qui ré- 
pond à son interrogation. 

La Revue télio'pcctive, de Taschcrcau, 
a publié en 1848 des Notet-/titHiiUi, trou- 
vées danf les portefeuilles laissés par 
Louis Philippe et qui constituent une sorte 
d'autobiographie de ce souverain, mais 
qui ne peuvent passer pour des mémoi- 
res : elles ne font, d'ailleurs, aucune allu- 
sion au.K confidences sur N.Tpoléon faites 
par le Prince-Régent. 

Un bibliophile comtois. 



'j • 



agliostro et la Révolution 
(LXXXII ; LXXXIII. 147, 196). — En 
fait le procès du Collier est une succes- 
sion de trois procès. Procès du collier. 
Procès du bosquet. Procès du carton de 
Caglioitro. 

Le procès du collier proprement dit est 
celui du Cardinal cru sept tno s coupable 
de fiux et de vol. Puis le vrai faussaire, 
Villette, arrêté, avoue tout. Et il déclare 
Cagliostro complètement étranger à l'al- 
faire. 

Alors il ne reste plus que le procès du 
Bosquet. Le scandaleux prélat sera-t il 
acquitté pleinement, ou avec une nuance 
de blâme ? C'est tout, et c'est énorme, 
étant politii]ue. 

Ici se grefi'e Cagliostro. Il demande au 
Parlement de déclarer qu'on a soustrait 
de son secrétaire une somme considéra- 



N» 1537. Vol 



LXXXIll 
- 295 



L'INTERMÉDIAIRE 



296 



ble, et que le gouverneur de la Bastille 
détient des valeurs à lui Cagliostro pour 
une somme très considérable. C'est le 
point de départ du procès du Carton. 

L'affaire du Collier vient les 30 et 31 
mai devant la Grand-Chambre du P^irle- 
ment. Le 31 au matin Cagliostro est mis 
sur la sellette. En habit vert et or, tous 
les cheveux en petites nattes, il a l'air 
d'un charlatan. (Récit célèbre du Bachau- 
mont.) Il se dit < un noble voyageur >. 
Rire général. Son jargon, ses gestes, sa 
vivacité amusent. Il sort, riant de faire 
rire, (Pour 1 umas : * rayonnant de splen 
deur mystique » ) — Et il est devenu dan- 
gereu.x. — Il est acqu-itté, mais pour sa 
réclamation mis hors de Cour. Qu'il fasse 
un procès s'il le veut. 

Le i^"^ juin au soir, il va quitter la Bas- 
tille. On inventorie encore le carton : 
cinquante objets, cent louis. Cagliosiio 
signe le piocèiverbal sans y mettre aucune 
observation . (Cette pièce décisive est aux 
Archives ; publiée par Campardon.) Le 
commissaire Chesnon lui fait remarquer 
très sec qu'il n'est pas volé ; et Caglios- 
tro emporte le carton et ses cent louis. Le 
bruit se répand dans Paris que l'affaire 
est arrangée et qu'il n'y a plus de plainte. 

Le 2. au matin, l'inspecteur de Bru- 



Paris dans les vingt-quatre heures, et de 
France dans les trois semaines. Caglios- 
tro — qui n'a pas le tonrépublicain — ré- 
pond qu'il est habitué à se soumettre sans 
murmure aux volontés des Rois. Il quitte 
Paris, qu'il a habité en tout deux cents 
jours libre et obscur, — et neuf mois cé- 
lèbre mais prisonnier.il s'installe à Passy, 
choyé, (inancièrement remis à flot et ex- 
cité par ses amis. Et sachant que bientôt 
il sera à l'abri, s'excitant, avec d'Epré- 
ménil et Thilorierqui croient tout ce qu'il 
dit, il prépare le procès. 

Le 17 il est à Londres. Morande vient 
Tinter A'iever et lui parle comme à un re- 
pris de justice ; c'est une collision. 

Contrairement à ce que d'.ra une lé- 
gende, Cagliostro à Londres, n'imprime 
rien. Le 20 il écrit à d'Epréniénil, se plai- 
gnant longuement de la Bastille, et sur- 
tout des lettres de cachet en tant qu'or- 
dres d'exil — ou arrêtés d'expulsion. 

A Paris, le ai — Cagliostro étant à 



l'abri en Angleterre — d'Epréménil et 
Thiloricr font exploser la mine. Assigna- 
tion, au Chàtelet du gouverneur et du 
commissaire : demande de 100.000 livres 
de restitution, et — généreusement ap- 
plicables au pain des pauvres prisonniers 
— de 100 000 livres de dommages-inté- 
rêts pour les papiers perdus et la bruta- 
lité du commissaire. Puis lancement du 
Mémoire contre Chesnon et de Lannav, 
Cagliostro entend ne fournir aucune 
preuve : « En France, dit-il, j'ai dépensé 
visiblement cent mille livres par an ; or 
un homme prudent a toujours devant lui 
une année de son revenu ; donc j'avais 
cent mille livres chez moi ; je ne puis 
donner aucune preu'e, mais je prêterai 
serment : le Comte de Cagliostro vou- 
drait-il se parjurer pour cent mille livres 
aux yeux de l'Europe entière .f'>^ Et en- 
core : « Je DEFIE le commissaire de repré- 
senter LA minute de l'inventaire du car- 
ton. > 

Les passions politiques, ou caglios- 
tristes, n'y regardent pas de si près. On 
se jette sur le mémoire. Forte sensation. 
L'affaire va devenir énorme : un procès 
machine de guerre Mais cette fois le Roi 
évoque l'affaire à lui, au Conseil des Dé- 
pêches. Et il décide que Cagliostro sera 



nières signifie au charlatan un ordre du autorisé à rentrer. L'opposition, dépitée, 
Roi — un arrêté d'expulsion :— sortir de crie a qu'on veut sauver l'Administra- 
tion», (Journal du libraire Hardy). 



De Launay et Chesnon se gardent de 
fournir aliment à la polémique en pu- 
bliant officiellement des mémoires. Mais 
: un factum anonyme somme le jongleur 
de tréteaux et le plus lourbe des charla- 
tans d'apporter des preuves. Et de Lau- 
nay fait pressentir Morande à Londres' 
pour des justifications dans le Courrier. 
Morande, journaliste expérimenté, hausse 
les épaules. Une campagne défensive ! 
Persuader des Cagliostristes ou des Fran- 
çais d'opposition ! Non : tout le système 
de Cagliostro repose sur ce qu'il est le 
comte de Cagliostro : il faut pouvoir lui 
arracher son masque et lui dire : Vous 
n'êtes pas le Comte de Cagliostro. Et il 
se prépare. 

Cagliostro à Londres n'a que peu de 
disciples. Deux sont connus : l'extrava- 
gant lord George Gordon (l'homme des 
émeutes Gordon) et le peintre alsacien 
Louthcrbourg, spirite. 



397 



DES CHERCHEURS KT CURIEUX 10-30-30 Avril içji. 

398 



A Lyon le 25 juillet, inauguration du f 
temple des Biottenux. Vingt-sept assis- 
tants. Le grand -inspecteur dit : * Abra- 
ham fit à rntrc Suprême le sacrifice de 
son fils, faisons-lui celui de notre père : 
diso.is comme Job : Dieu nous l'avait 
donné et il nous l'a ôté. » La co'ombe 
se surpasse ; elle voit le Grand Cophtc 
dans les airs, commandant à Moise, Elie, 
Enoch et « au premier philosophe du Nou- 
veau Testament » Le vénérable l'écrit à 
Cagliostro, au Maître, en disant : s< L Eu- 
rope n'a jamais vu de cérémonie plus au- 
guste ni plus sainte. » 



Cagliostro et la Révolution. Voici main- 
tenant la f.imeuse légende, si tenace au 
XIX' siècle : Cagliostro lançant une « Lettre 
au Peuple Français » imprimée dans tou- 
tes les langues, tellement vendue qu'elle 
lui est une fortune : manifeste violent qui 
prédit la Révolution en trois termes lapi- 
daires, — Lei lettre Je cachet seront sitp- 
piimées, les Etats Généianx seront convo- 
qués, la Bastille sera détruite — et par 
suite la détermine. 

El voici la réalité : le 8 août, d'Epré- 
ménil, utilisant pour présenter ses idées 
le nom bruyant de Cagliostro, reprenant 
la lettre de celui ci du 20 avril, et l'ar- 
rangeant, fait circuler clandestinement 
(voir Bachaumonl) quelques copies ma- 
nuscrites (une est à la Bibl'othèque de 
l'Arsenal) d'une Lettre de Cagliostro à 
AV Pour la Bastille le texte est : je re- 
tournerai en France *< pourvu que la Bas- 
tille soit devenue une promenade publi- 
que : Dieu le veuille ! » Désir avec doute, 
le contraire d'une prophétie. Le texte 
dit : il viendra un prince qui mettra sa 
gloire à l'abolition des lettres de cachet, 
à la convocation des Etats-Gcnéraux, et 
surtout au rétablissement de la vraie reli- 
gion. (!)Et le contexte annonce que les 
Français mériteront la liberté par !a rai- 
son, que les Parlements travailleront à 
cette heureuse révolution, qui devra être 
faite avec le temps et sans rien brusquer. 
« Du courage, de la patience, la foroe du 
lion, la prudence de l'éléphant, la simpli- 
cité de la colombe, et cette révolution si 
nécessaire sera pacifique, condition sans 
laquelle il n'y faut pas penser >♦ Cette ré- 
volution de d'Epréménil, en douceur, par -' 



et pour les Parlements, est ce la Révolu- 
tion - celle qui supprimera les Parle- 
ments cl coupera la tèle à d'Epréménil — 
ou est-ce exactement le contraire ? Un 
point curieux est que Cagliostro, lui, 
pense surtout à l'abolition des l<?tlrcs de 
cachet en tant qu'arrêtes d'expulsion. Or, 
sous ce nom elles subsisteront. Pas pro- 
phète, Cagliostro. (La Lettre à M.,.3l fini 
par être imprimée Mais après la Révolu- 
tioncn 1789). 

Morande, à travers Caglioslro va rail- 
ler d'Eprcmtnil, séditieux qui prend des 
airs républicains. D'Epréménil fera ré- 
pondre par Cagliostro : < j'ai épanché 
mon cœur avec une franchise peut-être un 
peu républicaine ». De là la légende d'un 
Cagliostro rude républicain préparant la 
république universelle). 

Le 20 août l'Ambassade de France (Bar- 
thélémy) convoque Caglioslro pour lui 
dire que le ministre l'autorise à rentier 
en France. Cagliostro fait une scène vio- 
lente et calculée : Brcteuil ! un picge ! 
Pour rentrer, Cagliostro exige un ordre 
du Roi ! (On va le prendre au mot et faire 
venir cet ordre. Mais il trouvera une autre 
raison pour ne'pas revenir en France... ) 

Le scandale de la scène décide Morande 
à ouvrir la campagne. Morande, de bra- 
connier devenu garde-chasse, dit son ami 
Beaumarchais. Campagne de garde-chasse, 
de détective, et de journaliste subven- 
tionné. Une de ces campagnes « bien mo- 
dernes 7>, longues, continues, massives, 
par lesquelles on friture un indésirable. 
11 faut la suivre en entier dans le CouTier 
de V Europe (Bibliothc(|ue Nationale). Po- 
sition de la question : le docteur arabe 
n'est ni colonel, ni comte, et il a un passé 
en Angleterre : l'aflaire Fry « l'affaire du 
collier de Londres ». Railleries prémoni- 
toires : un miracle, nourrir des cochons à 
l'arsenic, etc. Cagliostro conlrc attaque, 
propose à Morande le déjeuner-duel au 
cochon arscniqué : « Je parie cinq mille 
<yuinées que c'est vous qui mourrez ». Le 
Trait a un considérable succès, les caglios- 
tristes voient Morande fini. Oiiellc erreur ! 
les choses ne font que commencer. Le s 
.septembre Morande répond : < Et moi je 
parie cinq mille guinées que je vous dé- 
masquerai. . .) Et il adresse sa réponse: A 
Joseph Balsamo, soi-disant comte Je Caglioi- 
tro, Colonel au service de toutes les puis- 



No 1537. Vol. LXXXllI 

299 

sancet de VEutope ». tt tout septembre il 
décortique le charlatan, le comte d'Arse- 
nic. Et recevant de Paris copie du dos.'^icr 
du commissaire Fontaine, il dévoile en 
un pamphlet spécial {Suite de ma Concs" 
pondartce) le passé du couple balsamique 
et les frasques de la comtesse, femme d'ai! 
leurs victime et dominée : l'atlaire Du- 
pîessis. 

Et Morandc n'est pis seul : le comte 
Moszinski publi" son Cagliosiio démasqué 
à Vanovie. A Berlin Mme de Rccke dit 
les impostures de Mittau. 

Cagliostro, le fil$ infortuné de la « Na- 
toure » est bas En octobre Morande fonce, 
lui donna huit jours pour prouver qu'il est 
comte, puis lui dit : « Allons, avouez- 
vous vaincu et je vous laisse. Sinon il 
faut que vous soyez occis ». Et il accable 
« le prince de Trébizondc né en Sicile », 
le maître fourbe, par le terrible défilé de 
documents, procès Fry, etc. Et puis c'est 
le faux-frèro maçon qui s'est fait lui- 
même GrandCophte et Colonel. Et puis 
Morande lait venir à Londres Sachi. Et, 
sur l'indication de Sachi vraisemblable- 
ment, il se met en rapport avec le Syl- 
vestre de Cadix escroqué en 1776. Guerre 
implacable. 

Henri Béraldi. 



Napoléon a-i-il voulu s'empoi-» 
sonner? (T. G., LXXXlll, 137, 243). - 
Celle question qui, dans ic numéro du 20 
mars, parait avoir reçu une réponse pé- 
remptoire de la part de quelques collègues 
a amtné une autre question qui t-A celle 
de la cause de la mort de Napoléon ? 

Presque tous les médecins ont conclu 
au cancer de l'estomac compliqué d'une 
poussée de tuberculose pulmonaire du 
coté gauche et d'une pleurésie du même 
côté. Le cancer est absolument hérédi- 
taire, tt Napoléon prévoyait et répctctit 
souvent qu'il avait hérité du squirre 
stomacal dont mourut son père à Mont- 
pellier. 

L'opinion du docteur Marcel Baudouin 
attribuant la mort de Napoléon a une 
affection gastrique est réfutée très splri 
tuellement par le D' Witkowski dans 
son oiivmee : Comment moururent les rois 
dt France ? 

Voici les dernières phrases de l'arCcIc 



L'INTERMBDIAIRR 



300 



très élogieux d'ailleurs pour le docteur 
Marcel Baudouin. 

N'otre laborieux et encyclopédique confrère 
est convaincu que Napoléon a rtû succomber 
h une affection ga trique, mais non pas à un 
(.•ancer,^et nous inclineiioiis volontieis, écrit- 
il, pour des accidents graves de gastrite d'ori- 
gine neurasthénique, ayant provoqué à la lan- 
gue un ulcère perforé do l'estomac. C'est là 
en effet la ainladie qui tue d'ordinaire les 
gens nerveux qui pensent et travaillent trop. 

Ceci estécrit en mars 1901 et noussomints 
en 1920. Nous constatons avec satisfaction 
que notre crudit confrère continue à se li- 
vrer infatigablement à son surmenage in- 
lellecluel q;ii le condiiira à h centauie, cs- 
péionsle, sans ulcère stomacal. 

Georges Billard. 

La comtesse Rzewuska (LXXXllL 
48, 116. 215). — Dans ses intéres- 
sants Souvenirs, la baronne du Mon- 
tel cite souvent la comtesse- Rzewuska 
qu'elle avait connue à Vienne de 1813 à 
1822, Elle la représente comme une 
femme distinguée, d'une beauté majes- 
tueuse, assez dévole et, en même teni{is 
très mondaine. La comtesse avait un ."ia- 
lon OLi elle recevait la cour et la ville, et 
aussi les étrangers de passage ; Mme du 
Montet prétend même qu'elle accueillait 
ces derniers avec trop peu de choix. 

La comtesse Rzewuska avait la paîsion 
des loteries et ne se gênait pas pour tri- 
cher ouvertement quand elle voulait la- 
foriser ses amis et les « grandes puissan 
ces » ; les ambassadeurs ne manquaient 
jamais, paraît-il, de gagner les plus gros 
lots. 

Elle n'était pas ennemie d'une douce 
gaité, ainsi que le témoigne l'anecdote 
suivante rapportée par la baro ine du 
\ Montet à la date du 26 mai 1813: 

PIlIc dînait ici, il y a quelques jours, avrc 
mon oncle (M. delà Fare, évéqne de Nancy , 
l'austère Père Antonin (Augustin l, le grave 
vi:omte de Beaufort et plusieurs autres pei- 
fOMties. Elle a bu six petits verres de vins 
étrangers ; Bourgogne, Champagne, Tokay, 
etc., etc.. après lesquels elle a entonné la 
petite chanson que voici : 

(^and je bois du vin. 
Je me ravigote. 
Comme une dévote, 
Près d'un capucin. 

Mon oncle, qui est très gii, ri^it franche- 
] ment, mai? je nosais lever les yeux sur le 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX io-ao-30 Avril 1911 

J02 -— 



301 



Père Antoiiin, dont la mai[,'rciir,ltf teint hlvc, 
la voix creuse et la conversation ang^'liqiie no 
paraissaient pas de natuie à lavigoier .«ème 
une dévote. La comtesse Rosalie est Irè;. dé- 
vole. Apiès le dincr, je nu suis approclWe 
d'elle pour lui fai'e nie> éton.iemenls sur sa 
chanson, que j'ai fait s ii;b!ant d'.ivoii re- 
tenue ainsi : 

Quand je bois du vin, 
Je me ravigote, 
Comme un capucin, 
Près d'une dévote. 
Le départ de la comtesse l<^ewuska, en 
avril 1822, tlt un grand vide dans la so- 
ciété viennoise. Qviant au comte K^ewu^ki, 
son époux, ce devait être un personnage 
assez: cfÏAcé, bien qu'onentalisle, car je 
n'ai rien pu recueillir sur son compte. 
Un bibliophile comtois. 

Henty Araauld,evêqued'A.ngers 

(LXXXIU, 187, 259; — M. Henry Co- 
cliin nous adresse la note suivante : 

Le livre de Claude Cochin sur Henry Ar- 
nauld est inachevé, Miis les fragments en 
sont assez importants pour qu'il ait paru né- 
cessaire de les réunir en un volume, actuelle- 
ment sous presse, et qui paraîtra à la librai- 
rie Picard, avec un portrait, un {ac-similc et 
de très copieuses pièces justificatives (dans 
deux mois environ). 

Henry Cochin. 

Familles d.^ Contay, de Mailly, 
de Humières, do Mets et de Vau- 
lincourt (LXXXIU, 45)- — A" l'^u de : 
Trésencourt, lisez : Frésencourt. 

Après : de Mailly, intercalez : de Hu- 
mières. 

O. LE Maire. 






De La G irde de Fages (LXXXIU, 
,88).— La comtesse d'Hoffelize avait effec- 
tivementune sœur ainée : Françoise Rosa- 
lie de La Garde de Fages, née à Herbe- 
viller, le 8 octobre 1783, morte en ce 
même lieu, le 19 août 1874, elle avait 
épousé Louis Charles-Hyacinthe, comte de 

Brunet. 

Toutes deux étaient filles de Nicolas 
Hyacinthe-Joseph^ de La Garde de Fages, 
ancien brigadier des armées du roi et de 
Marie Françoise d'Arras d'Haudrecy de 
Fages (Languedoc) : D'or a la montague 
de trois coupeaux de gueules, celui du mi 
lieu plus élevé et sut monté d'une colombe 
d'argent tenant en son bec un rameau d'vlt- 



vier de sinoblt ; au chef d'azur cbatgé 
j /leurs de lys d'or. 

Arrab d Hmdrecy (Champagne) : 

D'arpent au chevion d'azur d< 
en chef de deux hlairien ajfrorh 
becqui'i et membres de gueuler 

Le réd.«ctcur de cette réponse donnera 
à M. de C. les indications lui pcnncltanl 
de se procurer tous les renseignements 
supplémentaires. 

h. l.KS K. 

Louis -Cèsar-Jos^ph Ducorntt, 

le peintre né sans bras (1 G., LXXlll, 
ittHj. - On trouve au Musée de la ville de 
St Orner, sous le iv^ is8, un portrait à 
l'aquarelle du peintie Ducornct par lui- 
même. L'artiste s'est représenté, le pin- 
ceau au pit-d, devant un chevalet, et il a 
signé < Dticornet. ne sans bras, dessiné 
par lui-même» Ce tableau a 0,36 c. de 
hauteur sur o,2=j c. de l.irgcur. Il a été 
donné à la ville de St Qmcr par l'au- 
teur en 1834. 

Du même peintre, co Musée contient 
encore [n" 42) un tableau peint à l'huile 
de 0.41 c. sur o 31 c, représentant une 
baigneuse, au lord d'un ruisseau, dans un 
bois, signé : < C. Ducornct, né sans brjs, 
1839. » Comme le précédent, ce tableau 

est un don de l'auteur. 

Olis. 



LemusJcde Dijon possède le portrait 
authentique et très estimable, style 
Louis-Philippe, du peintre Ducornet, 
no 377 du catalogue de 1883. L artiste 
est représenté assis à son chevalet, tra- 
vaillant à un tableau, ou plutôt ne tra- 
vaillant pas. En elTet, le pinceau qu il tient 
de son pied droit, est pour l'instant, 
inaciif, et la tète se détourne de la toile a 
en devenir comme sollicitée par l'entrée 
d'un visiteur. La figure encadrée par une 
chevelure épaisse et de courts favoris 
noirs, est intelligente, vive et n'a rien 
d'un anormal. L'auteur de ce portrait, 
jacqucs-Joscph Lécurieux, né a Dijon en 
1801, élevé d'Anatole Devosge a l ccole 
de sa ville natale, puis à Paris, de Le- 
thière, est mort à Paris après 1870. 
L'hôtel de vill^. de Dijon a emprunte au 
musée un bien désob'igeant Françots J* . 
fjiSiUit ouvrir le tomb.au dr 



N« 1537. Vol. LXXXIII 

303 

Peur^ €t un non moins fâcheux Prin- 
temps, métallique et sec. 

Enfin, voici à la cathédrale six grands 
tableaux historiques, légende de saint 
Bénigne, l'apôtre de la Bourgogne, et vie 
de saint Bernard, grandes machines 
d'une exécution boueuse et lourde mais 
qui témoignent d'un sincère effort pour 
atteindre au style. 

Lécurieux a aussi collaboré à l'édition 
illustrée en hors texte sur bois deVHis- 
ioire des ducs Je Bourgogne de Barante. 
1839. Ses compositions sont d'un ro- 
mantisme incroyablement maniéré. 

Le Ducornet de Dijon est ce .^ue je con- 
nais de meilleur de Lécurieux, mais, 
comme tant d'autres peintures du même 
temps, il a un peu poussé au noir, la 
tête cependant a été épargnée par les 
ombres et. à tout prendre, le tableau est 
d'une belle tenue ;,il a i m. 29 de haut 
sur o m. 97 de large. 

je ne pense pas qu'il ait été photogia- 
phié, ni qu'il soit aisé d'en obtenir une 
bonne reproduction. Cependant, un ha- 
bile homme obtiendrait une épreuve 
passable et sinon artistique, du moins do- 
cumentaire. 

H. C. M. 



Ducornet, né à Lille le 10 janvier 1806, 
mort à Paris le 27 avril 1856, signait 
tous ses tableaux' : C. Ducornet, né sans 
bias^ Llèvc de "Wattcau de Lille et de i,e- 
thière, se consacra surtout aux genres his- 
torique et religieux. Beaucoup de ses 
œuvres décorent des églises : on en 
compte trois dans l'église Saint Louis- 
en l'Ile à Paris, une à Auxy-le-Châleau 
(Pas-de Calais) , une à Saint Riquier 
(Somme) , une autre au château de 
•Compiègne^ etc. Six tableaux de cet ar- 
tiste sont au musée de Lille, un à 
Amiens, ainsi qu'à Arras et^à Bagnères, 
deux à Montpellier, à Reims," à St-Omer. 
On en trouvera les sujets dans tous les 
Dictionnaires, principalement dans celui 
de Bénézit. 

il s'est peint lui-même au nioins deux 
fois, et le musée de Lille po.scde -son 
portrait à 1 huile, celui de St-Omer son 
portrait à raquarelie. 

Je possède une belle lithographie 
extraite de VALhiim cosmopohtt dessinée 



L'INTERMÉDIAIRE 



304 



d'après nature par Ht» Robillard et gra' 
vée par C. Adrien. Ducornet est repré" 
sente assis dans son atelier, devant une 
toile commencée posée sur un chevalet ; 
il tient le pinceau entre les deux premiers 
orteils droits, tandis que le gros orteil 
gauche soutient la palette. 

Si Dantan jeune ne Ta pas fait figurer 
dans sa Galeiie de contcmpoi ains. il en 
avait peut être eu l'intention car il des- 
sina à la plume Ducornec peignant. Ce 
dessin a été reproduit in Oironique vie- 
dicale (1907 p. 128) et doit appartenir 
au D' Cabanes.- M. Arthur Pougin qui, 
je crois, a vu travailler Ducornet, pour- 
rait, peut-être, donner sur lui des détails 
savoureux. 

Je signalerai enfin que le moulage du 
pied de Ducornet tenant une plume 
d'or (.?) est au Muséum d'histoire natu- 
relle (vitrine des Ectroméliens). 

Quant aux < ancêtres de notre ar- 
tiste >» et à... ses descendants, ils sont 
nombreux car, chose singulière, les ec- 
troméliens, bithoraciques, se sont sou- 
vent consacrés à la peinture et au dessin. 
Beaucoup peignent à l'aide du pied 
comme Ducornet, quelques-uns avec le 
moignon, d'autres enfin le pinceau en- 
tre les dents. 

Parmi les premiers on peut signaler 
le peintre poitevin Sêbasl/en Coi //et, 
(i8o6-i8s6) né sans bras, de qui on a 
une toile peinte avec le pied droit en 
1840 et placée au palais de justice de 
Poitiers. 

Le peintre belge de Heuau qui exposa 
au salon de Bruxelles de ibSi. Mlle Ai- 
mée Rapiti , «. dessinateur, peintre et 
sculpteur, née sans bras > , portraitri.s'.e 
d'un certain talent d'origine vaudoise. 
Je possède une gravure sur bois datée de 
1889, la représentant devant son cheva- 
let, peignant à l'aide du pied droit. 
Le peintre Charles Félu mort en 1900. 
Dans le second groupe peut se ranger 
le graveur Noël Manon amputé des deux 
bras à la suite d'un éclatement d'obus 
pendant la Commune et qui gravait à 
l'aide d'un appareil prcthélique assez ru- 
dimentaire. 

J'ai dans mes carions une jolie gravure 
sur cuivre, malheureusement émargée, 
représentant une dame un peu mûre, 
munie de deux courts moignons bra- 



30= 



Ut£S CHERCHEURS KT CURIEUX ,o ao-io Avril i.fU 



chiaux et vêtue du plus pur costume ro- 
mantique. Assise devant un petit che- 
valet, elle se pré[jare à peindre à l'aqua- 
relle, le pnceau fixé au moignon droit. 
J'ignore quel est ce personnage. 

Qiielques années avant la guerre, on 
rencontrait sous les arceaux delà rue de 
Rivoli un pauvre hère, aux longs che- 
veux poisseux, peintre sans bras, qui 
bâclait prestement des aqiiarclles à TaiJe 
d'un pinceau passe sous le moignon 
droit. 

Los !):intres. . buccaux semblent 
rares. Cependant r.4i:/Mfl///^' du 19 oc- 
tobre 1913 donne le portrait du peintre 
allemand Karl Schuldei au travail. Sans 
bras aussi, il est en train do r^^produire 
un tableau, le pinceau fixé entre les dents. 

Cette gravure a été reproduite par la 
Chronique médicale (igi^, n° 22). 

Labéda. 



* » 



Le cabinet des estampes de Carnava- 
let possède un portrait de César Ducor- 
net, le peintre « né sans bras », dessiné 
et lithographie par Robillard. en 
1838. Celle pièce de qualiié médiocre 
représente l'artiste à mi corps, en train de 
brosser un tableau. 

Dans la réserve des dessins du même 
musée figure, sous le n° 626, une œu- 
vre originale de Ducornet assez curieuse : 
portrait de je une homme, dessin aux deux 
cravons (1834). 

Faut-il rappeler enfin qu'une toile 
importante du peintre en question dé- 
core l'une des chapelles de l'église Saint- 
Louis en l'Ile ? Elle a pour sujet Saint- 
Denis prêchant dans les Gaules et fut 
exposée au salon de 1846. 

Jkan R0BIQ.UET. 



Vlnlcnnediâiee a eu l'occasion, il y a 
une trentaine d'années, de s'occuper de 
cet artiste singulier ; M. Ulric Richard 
Desaix pourra se reporter aux notices 
qui ont été données à son sujet, et parti- 



naire des artistes de l'EcoU ftanç.iiu, par 
Bcllicr de la Chavigncrie, le Pi. lion 
ttjtre de la Conversation et la liiogrj- 
phie géni'itile de Didot. 

Ducoinei a luujours vécu dans le quar- 
tier St-Gcrmain. il a habité d'abord ruo 
de Lille, 11, puis quai Voltaire, 7, f 
rue des Marais StGernuin (actucllciu. ,,. 
Visconti), 14, où il est mort. Ma mtrc, 
dont les parenis habitaient, vers J840, 
la rue jacob, m'a plus d'une fois racf ' 
conmicnt, lorsqu'elle était petite h 
clic avait souvent, dans ses promenades, 
rencontré l'artiste infirme, porté comnv. 
un enfant sur les épaules de Ducornet 
père, soucieux de ménager le plus pos- 
sible les précieuses extrémités inférieures 
de son (ils. 

Un Bibliopmii.r comtois. 



M. Ulric Richard Desaix trouvera ce 
qu'il désire dans l'ouvrage suivant : 

Coups de Pinceaux par O. Charlct 
(Paris, Madame Charles Béchet, iH^î in- 
8"). 

Le frontispice est une cau-lortc de 
A. I. Lallcment, d'après le portrait de 
Ducornet né sans bras, dessiné par lui- 
même. 

Ce curieux portrait représenie Dr • ••■ 
net travaillant dans son atelier, . 
dans un fauteuil, tenant sa palette avec 
le pouce du i>ied gauche et son pinceau 
avec le pied droit. 

Demos. 

fvlcmes réponses: A. B.X. ; D' L ; Baron 

V : ACHILIE M; SOLARNIFR ; H. LeG'ANL). — 

Nous nous excusons de n'avoir, contrai 
rement à nos habitudes, pris dans la plu- 
î part des réponses que le passage esscn- 
J ti 1 pour éviter les redites : plus de vingt 
j réponses nous étant arrivées sur ce même 
! sujet déjà traité dans Y Intermédiaire. 

Famille du baron d'Hugon^LXXXlI, 
LXXXlll, lôb, 263', —La ramilieDugon 
existe toujours — Le marquis -Dugon ou 
dHugon. chevalier de Malte, celui uonton 



cuiièrement à un article très complet, j |)arle probablement dans V Intermédiaire 

signé Marc de la Bricole, dans le numéro j du 20 28 février qui pnl part .lux Etats 

du 25 août i8yo (XXIII, 1047. Il pourra . généraux d^ 178g avait cpousé Mlle d'Ar- 

aussi consulter utilement sur Ducornet le ! genleuil, lîlle du marquis Le Bascle d'.Ar- 

Dictionvaire Larousse, l'Essai de bio^ra- \ genteuil. sœur de la marquise d'Hcrbou- 

phie lilloise, par H. 'Verly, le Diction- [ ville (mcrc de laMarquiiede Crillon et 



N« \^)T. vol. I.XXXIl 

307 



grand mère de la Duchesse de Polignacj 
et du marquis d'Argenteuil (père, je cro's, 
de la duchesse de Maillé). Le marquis 
Dugon eut de ce mariage N. marquis 
Dugon marié à Mlle de Moncrif. d où 
Henri, marquis Dugon, marié à Eiodic de 
Grossolles - Flamarens, nièce par les 
Caraman, du maréchal de Mac-Mahon duc 
de Magenta et fille du marquis de Flama- 
rens et de Mallhilde de Tilly-Blaru, d'où 
trois enfants : la Comtesse de Wares- 
quiel, la marquise de Montmarin et Gas- 
ton, marquis Dugon, mort en Amérique 
il y a peu de mois ; le titre de marquis 
fut repris par une branche cadette et le 
comte Dugon, f:ls du marquis Dugon, 
vient de se fiancer, d'après les journaux, à 
Mlle Costa de Beauregard. 

Cte DE W. 

Les logis de J.-K. Huysmans 
' LXXVIl, 494 ; LXXVlli;. - Dans l'arti- 
cle fort intéressant qu'il a consacré aux 
dilîérents logis de l'auteur d' A Rebours, 
M. Pierre Dufay a écrit que ce fut en 
1899, à I igugé. que Huysmans composa 
et publia son étude sur Gilles de Rais, 
sous la forme d'une plaquette de 27 pa- 
ges, tirée à cent exemplaires. 

Je ne connais pas cet opuscule, mais je 
possède le même ouvrage, antérieur de 
deux ou trois années à l'entrée de Huys- 
mans à l'abbaye bénédictine. C'est éga- 
lement une plaquette très-mince, revêtue 
d'une couverture chamois clair, de for- 
mat in-8° carré (24 c. X 13c); le titre 
est le même, mais est surmonté de cette 
mention : Société d'ethnographie nationale 
et <ïart populaire — Congrès de Niort 
'.Sq6 ; au bas on lit : Paris. Librairie de 
U Tradition nationale, 24, rue Visconti 
(A Niort, 25, rue Saint [ean), 1897). Le 
faux-titre porte uniquement : Gilles de 
Rais. Au verso du faux-titre : Lcture 
faite au Congrès d'eih'wgt aphte et d'art 
populaire^ à Nioit, le 6 juin i8ç6 ; puis : 
Tiré à cent exemplaires 

La plaquette ne compte que 21 pages. 
Au bas de la dernière page, on lit : Li- 
gugé Impr. de la Tradition nationale. 

Ainsi la j-laquette signalée par M. 
Pierre Dufay ne serait pas la première, 
mais seulement la seconde édition de 
l'étude de Huysmans. Celui ci l'aurait 
composée à Paris, mais en aurait donné 



L'INTERMEDIAIRE 

lecture à un Congrès réuni à 



Niort en 
juin 1896 ; puis il en aurait confié la pu- 
blication à une maison d'édition de cette 
ville qui l'aurait fait imprimer à son 
établissement de Ligugé. C'est ce qui ex- 
plique, sans doule^ comment l'auteur, 
appelé dans cette localité à l'occasion du 
tirage de son œuvre, aurait noué là avec 
les religieux de l'abbaye des relations qui 
l'ont amené deux ans plus tard à choisir 
leur monastère comme lieu de retraite. 
Un bibliophile comtois. 

Marin Liberge (LXXXllI, 180). — 
Marin Liberge mourut le 26 novembre 
1599, ^ Angers, et il fut inhumé dans 
l'église des Cordcliers. 

F. UZUREAU. 

• # 

< Marin Liberge mourut le dimanche 
XXVlll* novembre 1599 au matin ». 

Note inscrite au 1" feuillet d'un re- 
gistre formulaire rédigé par un clerc de- 
meurant chez M^Jean Le Mercier, avocat 
à Angers, niss. petit in-folio, format agen- 
da, d'? mon cabinet. 

Note inédite laissée par M. l'abbé 
G. Esnault. 

J. Chappée. 

Russillion, oompagnon de Cadou- 

dal (LXXXlll, 142). — Conspiration de 
Cadoudal, acte d accusation, extrait de la 
liste des accusés ; François, Louis Rus- 
sillion [sic), âgé de cinquante deux ans, 
natif d'Yverdon, canton de Lcman, ex- 
militaire, demeurant à Yverdon. et logé 
lors de son arrestation, à Paris, rue du 
Murier-Saint-Victor, n" 12. 

A, Herrier. 

• * 

On trouvera tous les renseignements 
désirés sur le major suisse Rusillion (et 
non Russillion) dans l'ouvrage de Frédé- 
ric Barbey, La mort de Pichegru, Paris, 
Perrin, 1909 ainsi que dans celui de 
Caudrillier,Z.a trahison de Pichegru, Paris, 
Alcan, 1908. 

NÉRAC. 

• » 

Mieux vaudrait dire compagnon de 
Pichegru. Lire le Procès instruit par la 
Cour de justice criminelle contre Georges 
Moreau et autres, recueilli par des sté- 



DES CHERCHRURS 

. ^09 

nographes. Paris, chezPatris, 1804, 2 vol. 
in 8. 

Le Tome I dans l'acte d'acciisatioii, 
pa;_;e i, le qualifia François Louis Rusil 
lion,âj<é de 52 ans, natif d'Yverdoii, can- 
ton (sic) de Léman, ex militaire, demeu- 
rant à Yverdon et logé à Paris lors de son 
arrestation. 

Son interrogatoire, page 1 1 ij, le renvoie 
à sa déclaration devant le conseiller Real 
et reconnaît ses entretiens -.wvc l'ichegru, 
Rochelle, Polignac, Lajolais pour renver- 
ser le gouvernement actuel d'après leur 
entente avec le comte d'Artois à qui il 
avait été présenté pir le baron de Ro'l en 
1800; qu'il avait eu à se plaindre du 
général Brune pour l'avoir fait enfcrm-jr 
au Temple et que relâché en 1800 il s'était 
retiré à Londres, fait divers voyages en 
Allemagne et en Souabe et enfin qu'il avait 
débarqué le 16 janvier 1804 dan> la pres- 
qu'île de Biville avec Rochelle, Pichegtu, 
Pûlignac et Lajolais pour être arrêté le 14 
ventôse m Xll . 

A compléter dans les écrits du temps 
par le Recueil des infcrroy.ifoires subis 
par le général Moreau et quelques uns 
de ses coaccusés. Paris. Imprimerie Impé- 
riale an Xll et par Notice ;4brégéc sur la 
vie, le caractère et les crimes des princi- 
paux assassins aux g'ages de l'Angleterre, 
tra.kiits devant le Tribunal de la Seine, 
i'aris. Imprimerie Impériale 1804. Page 

5-1- 

Le Tome second donne page 17 le plai 

Joyer en sa faveur par M. Lebon et son 
portrait de face par Hubert d'après Du- 
montier. 

Cette dcf-snse assez courte s'appuie en 
3 pages sur sa loyauté, sa bonhommie 
d'ancien militaire, sa fidélité au passé, sa 
rentrée en Suisse où ses services patrioti- 
ques furent appréciés et contrebattus par 
une dénonciation qui le ramena en France 
pour y être incarcéré, sa reconnaissance 
pour un prince prescrit, son entrée en re- 
lations avec Pichegru qui connaissait des 
membres de sa famille et enfin par sa 
sincérité dans la franchise de ses aveux 
et sa qualité d'étranger. )'cslimc que ce 
plaidoyer contribua plus à sa grâce que la 
notice où il est jugé sévèrement sous le 
titre Ruzilion dit le Major ou le Gros 
Major, au nom de guerre de Libertin, 
intermédiaire entre Pichegru et Winckam, 



KT CIJRIRUX .0 ao-jo Avril 1931. 

ami de Fauche Borel. compagnon de Tin- 
seau avec lequel il aurait préparé un coup 
de main sur la citadelle Je Besançon d'V 
couvert par une ctourderic de ce dernier 
iilL- lui reproche aussi d'avoir facilité, par 
son boau frère qui possédait des forges .i 
|iMgny, d'avoir facilite la contrebmde foie 
réc pur le gouvernement helvétique avc^: 
la Francho-Comié. Lnfin elle sijj;nale qu il 
avait un neveu Pillichodi airété avec lui 
et un fils du faux nom de Rodolphe au 
service d'Angleterre. 

Sa biographie peut se résumer aioM : 
Suisse de nation, calviniste quoique che- 
valier de St-Louis, il était venu en France 
en 1785 ou 1786, pasvé capitaine et ensuit-- 
major dans le régiment d'Erlach portant 
des cicatri'-.es cl llessures honorables, 
ayant élé sous les ordres du comte d'Ar 
lois, colonel général des Suisses et Gri- 
sons, revenu dans son pays au temps do 
la Révolution. Ses gaines de patriotisme 
lui avaient fait conférer le litre de bour- 
geois de Berne, mais dénoncé au ^(éner^l 
Ikune pour avoir donné l'hospitalité à de 
émigré:, Iransfc.é à Paris dans la tour du 
Temple, puis rentré en S lissc et passé en 
Angleterre en 1800 pour être moins sur 
veillé. Débarqué avec Pichegru le 16 jan- 
vier 1804, il se cachait à Paris où il cou- 
chait avec des filles pour mieux se dibsi- 
mulcr ou justifier son sobriquet; condam- 
né à la peine capitale, il fut gracié tl 
commué en quatre années de détention le 
4 messidor an .Xll. 

Sus. 



Dans h i Pièces du Procès de Georges et 
dans la Notice abrégée sur 11 vielle caiacthf 
et les crimes Jes principaux isiasiim jiix 
gjgesde l' A.ngleterre (P.trii — Je l'lm('it- 
mcrie Niitioiiale — An X//), ouvrages dans 
lesquels j'ai puisé les renseignements qui 
vont suivre, l; nom du Conspirateur en 
question est orthographié Russillion et 
Ruzilion. Peut èlrc n'esl-il pas téméraire 
dépenser que ce nom n'est qu'un dimi- 
nutif de Roux — Roiis-;-.!!!, Roussillnn, 
Russillion. 

Qyoi qu'il en soit, au inoinent ou éclate 
la Révolutio 1, François-Louis Russillion a 
le grade de major dans l'armée suisse. Il 
est installe avec sa femme et ses enfants 
dans le canton de Léman, à Yverdon, sa 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1J37. Vol. LXXXIIl 

ville natale. Une estampe de Dumontier, 
gravée par Hubert, le représente doué 
d"un embonpoint qui lui vaut de la part 
de ses amis le surnom de Gros Major. Il 
est âgé de quarante ans à peine. Il jouit 
d'une belle fortune. Il n'a qu'à se laisser 
vivre. Mais comme son compatriote Fau- 
ciic Borel, et comme beaucoup de ses 
contemporains, il est persuadé que la 
République succombera prochainement 
sous les coups de la coalition et il es- 
compte par ambition la restauration de 
la Monarchie. 

*» La position de sa terre des Rachats, 

♦ sur la frontière de France, le mit de 
« bonne heure à même de favoriser la 
« rentrée et la sortie des émigrés et par 
< suite des espions... Le Conseil Seciet de 
€ Berne le nomma commissaire pour les 
»> sels. Chargé en cette qualité de traiter 

* avec le gouvernement et les Chefs de 
« Salines françaises, il avait un passe- 
« port du Comité de Salut public pour 
« passer d'un pays à l'autre en tout 
*< temps. Cette commission, qu'il a con- 
« servée plusieurs années, a parfaitement 
«facilité ses intrigues et sa correspon 
« dance » . 

C'est alors qu'il devint l'agent de 
Teyssonnet, de Dorthès, de Tinseau, de 
Bndonville dit Coco, et de Danican dit 
Bécave, agents eux mêmes du Prince de 
Condé et chargés par ce dernier de soule- 
ver la Franche-Comté, la Bresse et le 
Lyonnais. Il conduit lui même dans les 
sentiers montagneux de la frontière Ju- 
rassienne CCS aventuriers, qui lui promet- 
tent de la part du Prince le grade de 
colonel d'une Légion française après le 
rétablissement des Bourbons. Son zèle 
pour la cause roy;<le l'incite à acheter et 
à cacher chez lui des armes et de la 
poudre pour un coup de main contre la 
citadelle de Besançon. Mais une mala- 
dresse de Tinseau fait bientôt découvrir 
le complot qui échoue. 

En 1796 il devint l'agent de Wickham 
auprès du général Pichegru, dont l'ar- 
mée est cantonnée aux environs de Ve- 
• soul. 

En 1797 Pichegru est député et Wic- 
kam envoie Russillion à Paris auprès de 
ce personnage, « sous le prétexte de trai- 
ter la nartie des sels avec le gouverne- 
ment français » . 



312 — 



Mais après le 18 fructidor, à Lentrée 
du général Brune en Suisse, il est dénoncé, 
avec Pillichodi son neveu, comme l'en- 
nem.i des deux nations. Arrêté et conduit 
au Temple, il est mis en liberté après 
quelques mois de détention, grâce aux 
démarches des plénipotentiaires suisses. 
Il revient alors à Yverdon et renoue ses 
intrigues avec Pichegru. Il fmit même 
par s'attacher à sa personne et ne quitte 
plus ce général. 11 l'accompagne avec 
d'autant plus d'empressement en Alle- 
magne et en Angleterre, qu'au mois de 
mars 1799 le gouvernement Helvétique 
s'aperçoit d'un déficit de 22 000 couron- 
nes (66.000 livres) dans la caisse des 
sels qui lui était confiée. 

A Londres, où sa fortune lui permet 
de mener une existence agréable, « il est 
présenté par le baron de Roll au ci de- 
vant comte d'Artois, qui l'encourage ». 
Plus que jamais âme damnée de Piche- 
gru, il se lie avec Rochelle, Lajolais et 
l'aîné des Polignac.Des réunions ont lieu, 
la suppression du Premier Consul est 
décidée. Au commencement de l'année 
1804, les conjurés s'embarquent sur un 
entier Anglais commandé par le capitaine 
Thomas Right (ou Wright) et débar- 
quent le 16 janvier à la falaise de Biville 
en Normandie, « lieu où l'on était dans 
l'usage de faire tous les débarquements 
de ce genre. » 

A Paris les conjurés ont de fréquentes 
entrevues avec Cadoudal, Moreau et leurs 
complices. Le Gros Major, se sentant 
traqué, change de domicile presque tous 
les soirs. Tantôt il loge chez Cadoudal à 
Chaillot, tantôt chez des filles ; « jamais 
deux nuits de suite chez la même »,yvoue- 
t-il ingénument dans son interrogatoire, 
hnfin Rochelle et lui, signalés à la police, 
sont arrêtés le 15 ventôse an xn, rue du 
Mûrier StVictor, chez la Dame veuve 
Avril,, ancienne gouvernante de l'Abbé 
de Bourbon 

Russillion est do nouveau incarcéré à 
la prison du Temple. Traduit devant le 
Tribunal criminel et spécial de la Seine 
et accusé de conspiration contre la vie 
du Premier Consul et contre la sûreté de 
l'Elat, il avou'^ sa complicité dans le com- 
plot, s'explique nettement sur les inten- 
tions des conjurés et assure que Moreau 
ne désirait que renverser Bonaparte avec 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX lo-ao-jo Avril 1911 



31Î 



)14 



l'aide de Georges el de Pichegru. Malgré { ment ses élude? à l'Université d' * 
franchise de ses aveux, il s'entend ' 



la 

condamner à mort ; mais il obtient sa 
grâce peu de jours après et voit sa peine 
commuée en quatre années de détention. 
J'ignore si le Gros Major, une fois 
sa peine purgée, eut la sagesse d'aller 
planter ses choux à YverJon ou aux Ro- 
chats. L'auteur anonyme de la notice 
consacré à Russillion, nous appiend 
toutefois que cet homme a un iils « que 
linfortune de son père ramènera peut 
être de la mauvaise direction qu'il en a 
reçue. Ce jeuiic homme est au service 
de l'Angleterre. Ce service consistait, il 
y a quelques mois à souscrire du faux 
nom de Rodolphe des traites destinées à 
payer les brigands et de vils espions >. 

Orfkémont. 

Deux amies de Stendhal : Mes- 
dames Martini et Sophie Gaulthier 

(LXXXli, 384 ; LXXXllI, 78). — Si notre 
confrère Aquila désire être complètement 
renseigné sur les relations de Stendhal et 
de Mme Gaulthier, je lui recommande- 
rai la lecture dune intéressante notice 
publiée par M. Félix Bouvier, sous le 
titre de « Monsieur Jules >, dans le n" 3 
àt V Amateur d'aiitoomphei du 15 mars 
1905 et dont je n'ai eu connaissance 
qu'après la publication de ma réponse 
dans le dernier numéro de Vlntetmédiaire. 
|e saisis cette occasion pour lui signa- 
ler également l'ouvrage de M, Auguste 
Cordier, Stendhal raconté par ses amis et 
ses amies (Paris, A. Laisney, 1893, petit 
in 4° carré, page 44), ainsi que le livre 
de M. Arthur (. huquet, Stendhal- Bey h 
(Paris, Pion 1902 in-80 page 201), 

Un bibliophile comtois, 

Mgr de Thémines,et Mgr Araelot 

(LXXXllI, 189), — Mgr de Thémi- 
nes, évêque de Blois, fit ses études théo- 
logiques a l'Université d'Angers. C'est le 
22 novembre 1766 que lui fut imposé le 
bonnet de docteur en théologie, par le 
chanoine Pierre-François-André Guillon, 
au nom de la Faculté de Théologie. .Mon- 
sieur Alexandre Amédée de Lauzières de 
Thémines était alors 4 prêtre du diocèse 
de Montpellier », 

Mgr Sébastien Michel Amelot, évêque 
de Vannes, origmaire d'Anjou, fit égale- 



' et 
reçut le bonnet de docteur en .i», 

le 12 décembre 1765, des mains du 
même chanoine, 

J ai pris ces renseignements d^ns le 
Registre des conclusions de Im Faculté 
de théologie d'Angrrs, qui app.irticn- 
ncnt à Mgr Pasquior. recteur des F.icmI - 
tés catholiques de l'Ouest. 

1'. U/.URH.\t;. 



* 
• « 



Notre collègue trouvera peut cire la :c 
ponse à sa question dans les dossiers qui 
doivent se trouver, au nom de ce préi.;t 
aux Archives Nationales, dans le fonds de 
la Police : F'649(> dossier 6ço ; l*'0v'9 
dossier 1081 ; F'b5()3 dossier 24:;^, 

H. H, 

CoUegium Marchianum (LXXXllI, 
190) — Sans doute, le Collège de Mar- 
chiennes (Nord), dit Matciatice (H77), Afar- 
chianis \i 184J.OLI un monastère béncdictin 
célèbre a existé longtemps, 

G, S, -M. 

« * 

11 s'agit je crois, du collège de la Marche, 
fondé à Paris, en 1 362-1374, par [ean «t 
Guillaume de la Marche, qui tiraient leur 
nom du bourg de Lamarchc (Vos^jes), C'; 
collège a été très prospère au xvn* sicck* 
et a périclité au xvin*. Les bâtiments ont 
été démohs en i866. 

Au mois de février dernier, M. Pierre 
Lévy a soutenu, à 1 Ecole des Chartes, une 
thèse intitulée ; Histoire Jn Collège de I1 
Marche et de IV inville, en l' Université de 
Paris. Ce travail est encore inédit Un 
résumé en a été publié dans les Positions 
des thJses soutenues par les élèves (de l'Fcole 
des chartes) de la piomotion de içai (Pa- 
ris, A. Picard, 1921), p. 7i-77. 

Saint-Valbert. 

* 
« • 

Le Collège de la Marche, fonde en 1401 
par Guillaume de la Marche, était avant 
la Révolution un des dix collèges de plein 
exercice de l'Université de Pari-. Il était 
situé rue de la Montagne Ste Geneviève, 
n" 37 en 1816, date a laquelle les bâti- 
ments, appartenant à l'btat, étaient occu- 
pés par une institution que dirigeait 
un M. Watier, 



N» 1537. Vol.LXXXllI 



L'INTERMEDIAIRE 



316 



Les inscriptions des cadrans so- ? naturelle et à plus forte raison dans un 



laires (T. G. ; LXXXlll. 219). — Dans 
un article sur les cadrans solaires (.4 n- 
uu.:ne du Bureau des Longiiudes, pour 



1921, pp. 265-266), 
écrit : 



•VI. 



Bigourdan 



Souvent les anciens cadrans solaires 
étai'.nt ornes de motifs intéressa'n.s et de de- 
vises ; pour celles-ci, il en a été formé des 
tocueils, dont le plus complet, relativemeut 
aux Cndrans de France, parait être celui, qua 
le baro.i de R;vièresa publié sou» le titre 
A' Inscriptions et devises ho^ai'es, dans les 
tomes 43 {i»77) tt 44 (18781 d'i Bullel'n 
AIi'Ht>nienlal jU Coliaction de Mémoires et 
renseignements sur la statistique monumen- 
tale de la France, dirigé pai L. Palustre. Un 
petit supplément ajouté par M. de Marsy, 
se trouve dans le Bulletin de la Sociétt: de 
VHl-foire de Paris et de C Ile de France, 
t. Vlir (1881, 8« année) p. 26 27, 

En tnême temps, il signale des Notes 
sur ie même sujet, par J.-A.-F. Léré 
(1787), relatives aux devises des Ca- 
drans solaires de Paris. On peut voir 
aussi sur ce sujet un volume récent : 
«Jad.irt, Cadrans solaires, légendes et de- 
vises horaires. >» 

Geo. 



1 



Sur la façade de la maison natale de 
Mistral , à Mailiane , un Avignonais , 
M. Decohorne, a dessiné, il y a quelque 
vingt ans, un cadran solaire, surmonté 
d'un lézard, avec ces vers du poète (dont 
je ne garantis pas l'orthographe car je 
les cite de mémoire) : 

Gai le:^ert^ b ouloun fouleou 
i." nuro passa que trop le ou 
E deman plaouro beleou 

fjoyeux lézard, bois ton soleil, l'heure 
ne passe que trop vite, et demain, il pleu- 
vra peut-être). 

Henri d'Almeras. 

Tours isolées rLXXXlil, 95. 172. 220, 
269) -— Ligne t>« ou lieu de : dont h bran- 
cbement éLvé au coIomjI, lire dont le 
kanchemcnt élevé au colossal. 



colosse. La statue dorée de la tour de 
Pey Berland est donc une erreur com- 
plète de présentation, de plus une tour 
gothique n'est pas un piédestal, j'ai en- 
tendu dire autrefois à Bordeaux, voiià 
plus de 50 ans, que le cardinal archevê- 
que, Mgr Donnet, s'était hien aperçu de 
la bévue, mais n'avait pas osé suppri- 
mer la malencontreuse image. 

H. C. M. 

Le vieil Allard, dans PJ^nfer de 

Dantd (LXXXlll, 141). — Le vieil Al- 
lard qtii vainquit sans armes à Ta<:;lia- 
cozzo, est appelé par Giovanni Villani 
{Cronica, 1. V!l, ch. 26) « il buono mas- 
ser Alardo de Valleri, cavalière francesco 
di grande seimo a prodezza. » 

C'est Era«J, seigneur de Valéry et de 
Marolles, chambrier de France, c«nnétable 
de Champagne, personnage bien connu 
qui n'avait rien de provençal. 

Charles d'Anjou était comte, et non duc 
d'Anjou. 

Saint-Vai.bf.rt. 

Los azzi dans l'Eîifer da Dante 

LXXXIII, 141). — Carlino et Camiscione 
de Pazzi étaient toscans et non proven- 
çaux. Ils appartenaient à une branche des 
Pazzi florentins, celle du Val d'Arno. Je 
ne comprends pas comment Brizeux a 
pu croire que l'un d'eux était d'Arles. 

Saint-Valbert. 



L'Eurydice de Gluck rLXXXlIl. 
191). — L'orfeo d'E'.iridice, de Gluck lut 
représenté pour la f» fois à Vienne en 
1764. Le texte italien avait été écrit par 
Calzabigi. Le rôle d'orfco était créé, par 
Gaetano Guadaqui, célèbre contralto cas- 
trat. 

Plus tard, Gluck, étant venu en France 
j pour reproduire Orpliée sur la ^■chnQ de 
l'Académie royale de musique, fit traduire 
i la libretto de Calzabigi par M. Malines, 
i transposa ou fit transposer le rôle princi- 
, pal pour la voix de haute contre (ténor 

- - j haut) du chanteur Legros. 

j\.joute que si dans une figurine d'i- | Au mois de novembre 1859, M. ^^^ ' 
voire, le hancheinent épouse peut être j valho remit en scène l'Orphée au Théâtre 
dune certaine grâce la courbure de la dé- j lyrique. Et Berlioz fut chargé de rétablir 
fens- il est presque une difîormité :• le texte de la partition primitive en ita- 
eslhétiquc dans une statue de grandeur [ lien et le rôle d'orphée en voix de cow- 



DES CHERCHEURS El 



V7 



tralto, cette fois féminine et le rôle fut 
confié à Mme Pauline Viardot qui y tut 
le plus grand succès. 

La partition parut chez Escudier selon 
la version du Théâtre Lyrique .(Voir À 
travers champs^da H.Berlioz p.ioS. Michel 
Lévy, 1862). 

L. Lambert des Cilleuls. 

L'esprit de Racine (LXXXlll, 192), 
— Charles Udairic-Pacifique de Gautier, 
baron de Séncr, est né à Aix en Provence 
en 179b 11 a publié : Quatre Jp que^ de 
Rome (1864) ; La science du Monde et 
Théogonie universelle (186=.). 

Saint-Valbert. 

Ouvrage anonyme fcur Paris : 
« Le voyageur fidèle » ( LXXXlll, 14}, 
270). — Je remercie notre confrère Ed. 
MM. de son obligeante communication. 
Mon édition de 1716 contient également 
à la page 356, le même paragraphe et la 
même réclame que celle de 1715 en fa- 
veur du cafetier Liger, de la rue de la 
Huchette. Cet honnête industriel et 
l'auteur du Voyageur fidèle ne peuvent 
donc être qu'un seul et même person- 
nage. 

Un bibliophile comtois. 

Stendhal : Une note du « Rouge 
et Noir » fLXXXll, 287), - La fin de la 
note doit sûrement être lue : Avril, 2 
{ou II) 1830. C'est l'époque à laquelle 
Stendhal corrigeait les premières épreuves 
de son roman. Quant aux quatre mots 
qui précèdent cette date, je propose de 
lire : Esprit per[sifîeur'\, pré[tentieux'], 
gui[nde\. Ce sont trois épithètes dont 
Stendhal aurait appris qu'on l'avait gra- 
tifié quelque part, et qu'il aurait, distrai- 
tement ou à dessein, consignées en marge 
de son épreuve. 

Dans plusieurs livres de Stendhal, on 
remarque des notes de ce genre, qui n'ont 
en réalité rien à faire dans louvrage, et 
qui sont sans doute le résultat d'une er- 
reur de l'imprimeur ; Stendhal, en re- 
voyant une deuxième épreuve, s'en amu- 
sait et les laissait subsister : rien de ce 
qui pouvait avoir l'air d'une fantaisie et 
même d'une mystification n'était fait pour 

lui déplaire. 

Daniel Muller. 



CURIEUX 10-30-30 Avril 1911 . 

318 .1 , - 

Prix payôs à divorn écrivaina à 
leurs ouvrages 1'. u. 730) - 
Grâce à Beaumarchais d'abord, a ^crib:: 
ensuite, la création de la Société des au- 
teurs et compositeurs dramatiques, dcvc 
nue très puissante, oblige aujourd'hui Ici 
théâtres à reconnaître les justes exigence» 
de ses membres quint à la rcmuniîration 
due à la représentation de it-urs œiivres. 

Nous ne sommes plus au temps ou une 
actrice de la Comédie Française, Mlle Beau 
pré, se plaignant de quelques exigences 
manifestées à ce sujet p.ir Corneille, 
s'écriait ingénuemciit : u II nous a fait 
grand tort ; nous avions ci-devant des 
pièces de théâtres pour trois écus : «-n une 
nuit elles étoient faites ; on y éloit accou- 
tumé, et nous gagnions beaucoup. Main- 
ten;int les pièces de .M. Corneille noui 
coûtent bien de l'argent, et nous gagnons 
peu de chose. Il est vrai quej ces vieilles 
pièces étoient mauvaises, mais les comé 
diens éloient excellons, car ils les fais<^itp; 
valoir par la représentation ». 

Néanmoins il n'y avait encore rien de 
régulier en ce qui concerne les « hono 
raires > d'auteur (ce qu'on appelle aujour- 
d'hui droits d'auteur) à payer à ceux-ci 
pour les ouvrages qu'ils faisaient repré- 
senter soit aux Comédies F-rançaise ou Ita 
lienne, soit à l'Opéra. Pour ce dernier, on 
sait qu'elle était la situation sous la direc 
tion de Lully. I.ully s'était arrange avec 
duinault, lequel, pour une somme fixe 
annuelle de 4.000 livres, devait lui four 
nir chaque année un poème à mettre er. 
musique, en dehors de quoi il n'avait plus 
rien à réclamer. Que fit il, nul ne le sait, 
lorsque Q.r,inault, hanté par ses idées rc 
ligieuses, renonça tout à coup à travailler 
pour l'Opéra, en exprimant ses regrets de 
l'avoir fait si longtemps dans le qu.itraio 
que voici : 

Je n'ai que trop chanta les Jeux et le» 

(Aniourj : 
Sur un ton plus sublime il faul me taire «n- 

' tendre, 
Je vous dis adieu. Muse teniirc, 
Je vous dis ailieu pour toujours. 

Qiielle rémunralion Lully otfiit ilalov 
à Campistron pour le poème d'i4<:tf et Ga- 
latbèe, qui devait être son dernier ou- 
vrage ? Et comment, après sa mort, ses 
successeurs s'arrangèrent-ils à l'égard dis 
poètes et des compositeurs nouveaux ' 



N« 1537. Vol. 



LXXXlll 

3,9 — .^ 



L'INTERMEDIAIRE 



Nous n'avons aucun renseignetrient à ce 
sujet. Mais, C'^. que nous savons du moins, 
c'est que c'est à La Motte et à Campra 
que l'on dut, sous ce rapport^ le premier 
règlement qui fut constitué à l'Opéra. 
Cotait lors de l'apparition de l'opcra-bal- 
let VEiirope-galaMte, le premier ouvrage 
de l'un et de l'autre, représenté le 24 oc- 
tobre 1097. La Motte et Campra étaient 
deux nouveaux venus, deux inconnus ; 
on voulut en profiter, et les traiter un peu 
trop légèrement ; mais ils n'étaient pas 
gens à se laisser faire, ils réclamèrent 
contre les conditions qu'on prétendait 
leur imposer, et réussirent à faire admettra 
les leurs. C'est ce que nous font connaître 
les frères Parfait dans leur Histoire (ma- 
nuscrite) de l'Académie royale de musi- 
que, où ils s'expriment ainsi — c Ce bal- 
let [\ Euicpc gdlantf)^ qui est le modèle 
et le chef d'oeuvre des ouvrages de ce 
genre, le coup d'essai de la muse lyrique 
de La Motte ei la première musique sur 
des paroles françaises de Campra, occa- 
sionne un usage qui a été depuis toujours 
observé au sujet des honoraires des poètes 
et des musiciens. L'usage était alors qu'on 
donnât aux auteurs des paroles et de la 
musique une certaine somme qui était plus 
ou moins forte, selon lo mérite de leur 
ouvrage. La Motte et Campra furent trai- 
tés en inconnus, et on leur offrit une 
somme très modique, qu'ils refusèrent. 
Quelques personnes proposèrent des ar- 
rangements à ce sujet, et on s'en tient à 
celui qui est devenu depuis une espèce de 
loi, ce fut d'accorder au poète et au mu- 
sicien, chacun en particulier, cent livres 
par jour des dix représentations de leur 
j ièce, et cinquante livres de même plar 
jour, jusqu'à la vingtième, après laquelle 
l'opéra appartient à l'Académieroyale de 
musique. A l'égard des tragédies (lyri- 
ques), on étendit la recette de cinquante 
livres jusqu'à la trentième ». 

On voit de quelle époque date le pre 
mier règlement des droits des auteurs sur 
les ouvrages lyriques ; il remonte à deux 
cent vingt quatre ans, et était encore fort 
modeste. Si les choses se sont améliorées 
depuis lors, il reste néanmoins que c'est à 
Campra et à son collaborateur que l'on 
doit ce premier résultat, et si Massenet a 
recudlli, comme le dit noire confiere Ed. 
M. M. des monceaux d'or avec ses flon- 



320 



fions fies flonllons du JVerlher^ét Manon, 
à'hiérodiaJe ou de Marie Magdelène), il 
doit être reconnaissant tout d'abord à ceux 
de Campra et de Y Eui ope galante. 

Arthur PouGiN. 



La Roche-sur- Yon. La Roche- 
sur- Yonne (LXXXlll, 44, 227). — Les 
formes anciennes que cite M. le docteur 
Marcel Baudouin (Oionis fluvium, Oiiini, 
Hohium), pas plus que la forme actuelle 
Yon, ne supposent un primitif Oioni. Ce 
mot aurait donné quelque chose comme 
Yonne ; aussi bien en Vendée qu'en Bour- 
gogne, Va final de la première déclinai- 
son devient e muet. 

Je crois que la syllabe — on de Yon 
représente le mot gaulois onno que le glos- 
saire d'Endlicher traduit par flumtn. Onno 
est entré dans la composition dts noms 
de plusieurs cours d'eau, appelés Beuvron 
et Brevon. Ces noms paraissent bien être 
svnonymes de Benvronne et Brevonne et 
signifier « ruisseau des castor ». Onno ne 
diffère de onna que par le genre et, en 
conséquence, par la terminaison. 

Voir A. Longnon, Les noms de lieu de 
la France, i«'" fascicule (Paris, Champion, 
1920 p. 54, 55). 

Saint-Valbert. 

Moailleron (LXXXl. 387 ; LXXXlll, 
126). — r Puisqu'on s'intéresse au pays 
de Pareds — sans doute à cause de mon 
vieux maitre Clemenceau ! — je suis 
obligé de rectifier un peu ce qu'on a écrit 
à ce sujet. 

Le Pagus de Pareds dépend actuelle- 
ment, surtout, non pas du canton de 
Pouzauges, mais de celui de La Châtai- 
gneraie {\). Il comprenait aussi le Talud 
Ste-Gemme. Seul, StPaul en Pareds est 
du canton des Heibiers, et non de Ste- 
Hermine. 

Une inscription, du xvi* siècle, qui est 
au Musée de la Roche-sur-Yon, a été 
mise au jour dans des fouilles impor- 

(1) Les cé\hhxQs rfiranchemrnti du Plessj.^^ 
Bouchard, que je n'ai pas pu encore fouiller, 
dépendent de Bazoges en Pareds, et non de 
Moiiilleron en Pareds, quoi qu'ils en yoient 
très pioches. On connaît Plaiseium Bochar- 
di en 1229, (Cait. de Sigournais). 



321 



DBS CHERCHEURS ETCURIRUX lo-jo-j» Avril i9ti 
323 



tantes de l'abbé Baudry, au village de 
Pareds, en 1874 {Les y {cilles L' g lises) ; 
c'est une ancienne paroisse, dédiée à St- 
Pierre. 

Pour elle on a Alperius, qui est devenu 
AuPAREDS, Auparensis est connu en i 135 
[Charte du Bois-Groland] ; de 1140, on a 
Alperusii, et, de 1217, Alpetusiemis . Il y 
a aussi Alparediii/i et Paredum (xvi» siè- 
cle). 

Je me suis demandé souvent si cet 
Alperius, d'une part, n'a pas quelque 
relation avec les Paradis, qui, on le sait, 
sont des lieux à cimetières mérovingiens, 
car ^/ ne parait être qu'un préfixe. On 
connaît Paradas, en provençal, autre 
part (de para, défendre) (i). 11 faut son- 
ger enfin au vieux patron mégalithique 
de Pareds, Saint Pierre, car il n'y a pas 
loin de Pariim à Petium, par Perum. 

2<5 Et, puisque mon très distingué con- 
frère Ardouin Dumazet me prie de conti- 
nuer la séance sur Mouilleron, n'ayant 
rien de plus à dire sur le pays de Pareds, 
qui est bien le vieux Pagiis Alpcriensis, 
je cite les lieux dits suivants, pour la 
Vendée^ se rapportant au mot Mouillb- 

RON. 

Mouille-bec^ Commequiers et St-Gilles- 
sur-Vie. - 

Mouille-pieds, Champagne, Luçon fvil- 
les du marais poitevin). 

Mouille-sac, Si Médard des Prés (d°) (2). 

3" Mouilleron i e Captif relevait jadis, 
pour une partie, de la châtellenie de Ve- 
nansault et, pour l'autre, de la paroisse de 
la Roche- sur-Yon. Avant 1790, il y avait 
un prieuré, du doyenné de Mareuiî sur le 
Lay. Il avait pour patron de paroisse 
St-Martin. Au commencement du xiv« 



(1) Il y a un Pareds à Ouiadour sur Va- 
gré ^Drôme) Ce terme a donc des chances 
d'être un mot dérivé du latin, sinon du 
roman. 

^. (2) Les lieux dits Mouillonnirre (de Motiil- 
P Ion ; c'est-à-dire du radical Mouill ou Moll, 
et onn, rivière), en St-Sulpice de 'Verdoii et 
la Verrie ; Msutllière (en Poiroux, Comme- 
quiers, L'Hermeuault, St-Georges de Poi 
lindoux), etc., prouvent bien l'existence du 

I radical que j'ai admis. 
Ces « Moulliere », ou lieux dit , à Mouill, 
sont donc à l'origine même des Mouilleron ; 
forcement dès lors des relations avec un 
ruisseau (Ona) ou une source. 



siècle, il dépendait de l'abbaye de Nicul 
sur l'Autisc (O. S A.). 

D'après le Pouillii d'Aillcry, on trouve 
p;<rfois dans les chartes la dénomination 
de u Mouilleron le Ijiétif »», quoique 
M. de Ciptivc soil connu depuis IÇ33. 

Cj/^///dcrivc-t-il réellement de Cbélif? 
Je ne puis l'affirnicr. 

S'il en était ainsi, le Ci/'/i/ voudrait 
dire le Petit. On aurait sans doute voulu 
alors oppoior un Movlleron tout petit, au 
Moyllcron i!u Pngus Alperiemts, qui des 
lors aurait été U Grand ! C'est bien pos- 
sible. 

J'ai oublié de résu.ner l'élymologic 
légendaire de Captif, d'après la Vendée 
historique du 20 juillet 1903. citée ; je la 
donne ci dessous, rélléchissant que cette 
revue doit être peu connue a Paris. 

w Deux seigneurs se faisaient la guerre. 
L'un fit l'autre prisonnier et l'enferma 
dans un moulin, en le condamnant a 
tourner la meule Le moulin se trouvait, 
dit-on, au lieu dit Mollerie ou Mâlerie (i). 
Ce serait donc en souvenir de la meule 
{viola) que le nom de Mouilleron (a) au- 
rait été donné au chef-lieu » ! 

|e n'ai pas besoin de dire que cette 
dernière explication (mola), qui sent son 
savant curé de fort loin, ne tient pas de- 
bout. En tout cas, elle ne peut pas expli- 
quer le Moutlleion du Pagus de Pareds, 
quoique les moulins à vent de ce pay5(3^ 
soient fort célèbres et bien connus de 
M. Clemenceau, qui les visite à chacun 
de ses voyages... 

De plus, elle ne permet pas de com- 
prendre les Mouillé) es (4) et les Mouille- 
ber.^ etc., car jamais Mola, qui a donné 
meule, n'a pu se transformer en Moutlt, 
puisqu'on fait dériver mouiller de mollis 
(mol, mou). 



(I) Lieu dit, situé au N. E. du Hourg. à 
500 m. 

U) Moutlleion le Captif t%\. sur le Ruis- 
seau L'Amboise (d'où \'Ona\. 

(î) Il est bien évident que Mollerie et 
Mouilet, Molleron, ne dérivent pas du lali.i 
viora, nuis d'un r.idical Rauiois. sans rela- 
tion, je pense, avec l'idée de moudre. 

(4) Le moulin à vent de la iiolUrte s'jp- 
pelle en réalité Moulin Roux. 



L'INTERMEDIAIRE 



N« 1537. VoJ. LXXXII 

323 

A noter que le « Captif » MouilUron ; 

est devenu, à la Révolution, Mouilleron ' 

LE Libre ! La Réveillère-Lépeaux (i) lui ' 
devait bien cela. .. 

Marcel Baudouin. 

i 

Yveline» (LXXXlll, 328). — Le Hu- | 

repoix est une région, autrefois très vaste : ! 

elle comprenait, aux premiers temps de î 

la royauté capétienne, tous les piys situés : 

entre la Seine et la Loire. Plus tard, le ; 

nom de Hurepoix n'a désigné que les pays i 

situés au sud de Paris, entre la Seine, ' 

l'Yonne et la Loire >. 

Yveline {y^Equalina, Acqiiilina, Evlitta) \ 
est l'ancien nom de la forêt de Rambouil 

let. ! 

Ce vocable a désigné la forêt elle même ; 

(jadis très étendue) avec les territoires qui ' 

y sont enclavés et ceux qui ont été déboi- ; 
ses 



324 



faubourg de Regret. Ce faubourg existe 
encore à 3 kilomètres à l'est de Verdun ; 
sur la crête voi.-ine on construisit après 
1874 le fort de Regret (et non du Regret 
comme quelques correspondants militaires 
l'écrivirent durant la guerre). 

René Kœnig. 

Les refus ds combattre pour mo- 
tifs de conscience pendant la der- 
nière guerre fLXXXllI. 91,228, 277). — 
La question que j ai posée de VI 11 leniié- 
Jiaire à ce sujet m'a déjà valu une inté- 
ressante réponse. Depuis j'ai trouvé à la 
Bibliothèqne de la guerre, 39, rue du Co- 
lisée, un remarquable travail de M. Cal- 
mette sur la question. 

D'après ce document - d'ailleurs inédit, 
- il résulte que le mouvement de «non- 
résistance au mal » a été particulièrement 
ample dans les pays Anglo-Saxons. En 



Le même lieu peut donc être en Hure- | Angleterre, 30.000 quakers, ne voulant 



poix et en Yveline 

'loutefois,les géographes modernes (de- 
puis le xvP siècle) ont parfois divisé la 
région située au sud de Paris en pays 
d'Yveline, à l'ouest, et Hurepoix, à l'est. 
La limite serait vers Rambouillet, Dour- 
dan, Palaiseau. 

Voir L. Gallois, Régions naturelles et 
noms de pays ; étude sur la région pari- 
sienne (Paris, A. Colin, 1908), p. 83, 121. 

Saint-Valbert. 



* 
* * 



Notre confrère Pierre Lelong nous en- 
voie une carte postale qu'il fit éditer en ^ 
1910, sur les indications de feu M. le | ^jç^ j 
comte de Dion, alors président de la So- 
ciété archéologique de Rambouillet, et dont 
les ouvrages, ainsi que les manuscrits, 
conservés aux Archives de Versailles, 
achèvent de nous renseigner. 

Les lieux-dits bizarres d'origine 
politique (LXXXll, 331 ; LXXXlll, 3^). 
— Au xviii' siècle, qunnd Marillac cons- 
truisit la citadelle de Verdun, de 1624 à 
1629, les Verdunois durent consentir à 
raser tout un quartier de la ville. Les ha- 
bitants reconstruisirent leurs maisons à 
quelque distance de la ville : ce lut le 

(1) de Montaigu, comme les .. viiux Cle- 
menceau. 



pas verser le sang, s'engagèrent dans les 
! hôpitaux : d'ailleurs lors de la conscrip- 
1 tion, en 1916, beaucoup furent affectés 

• à des services civils, conformément aux 
; dispositions du miliiary Ad. Néanmoins 
j 5.596 d'entre eux se refusèrent, non seu- 
: lement à entrer dans des unités combat- 
; tantes, mais encore à travailler dans des 
i services civils, estimant qu'ils ne pou- 
1 valent, en conscience, collaborer à la 
\ guerre de quelque façon que ce soit, di- 
I recte ou indirecte Aux Etats-Unis, il y 
\ eut 3.900 réfractaircs par conscience, re- 
j crûtes surtout parmi les Mennonites. 

Un tribunal spéci.il fut créé pour appré- 
cier leur sincérité et prononcer leurs 
! affectations en conséquence, 
j Les « non-résistants» furent infiniment 
j moins nombreux dans les autres pays, 
i Pour ce qui est de la Russie, M. Cal- 
I mette se borne à signaler le manifeste des 
'-. Tolstoïens contre la guerre < contraire à 
\ la morale Evangélique >> , et, pour la 

• France, le cas de l'instituteur Paul Savi- 
! gny. En Allemagne, les Mennonites, dis- 
i pensés du service actif par décret du 3 
. mars 1868 auraient pris part à la guerre 
' volontairement. M. Calmette donne éga- 
lement d'intéressants renseignements sur 
le mouvement des réfractaires par cons- 
cience chez lesneutres, notamment en pa- 
nemark, en Hollande et en Sui.'-se. où le 

1 pasteur J. H. Droz a porté à ses plus ex- 



3- 



trêmes limites dans sa pensée et dans sa 
vie le pacifisme intégral et la « non-résis- 
tance au mal. » 

De mon côté j'ai pu recueillir quelques 
renseignements. En France, ces iilées de 
« non-résistance » et cette répugnance à 
tuer se sont retrouvées chez deslibertaires 
qui éprouvèrent des scrupules à ne pas 
traiter les Allemands comme des compa- 
gnons de misère et s'appliquèrent à ne 
pas éprouver de haine à leur égard. Cer- 
taines âmes religieuses (notamment chez 
les clercs) subirent également de grandes 
souffrances à 1 idée de tuer. C'est le cas du 
P. Rivet, de la Compagnie dejésus, qui, ré- 
solu à donner son sang s'il le fallait, 
mais à n'en pas verser, fut tué au cours 
d'un assaut, sans avoir seulement essayé 
de tirer sur ses adversaires. Pour ce qui 
est des Allemands, j'ai lu, entre autres 
documents, les notes d'un prisonnier 
qui, après avoir constaté l'absurdité et 
l'immoralité de la guerre, se demandait 
ironiquement s'il accomplisait bien la vo- 
lonté divine en enfonçant sa baïonnette 
dans le ventre d'un homme et concluait 
en déclarant qu'il « ne pouvait plus appar 
lenir à une religion (?) qui approuvait la 
guerre ». 

... Mais bien des documents me man 
quent encore sur tous les pays dont je 
viens de parler, et je n'ai toujours absolu 
ment rien ni sur les Nazorems Serbes 
chers à Tolstoï, ni sur les Donchobors. Je 
compte sur robligcar.te érudition des col- 
laborateurs de \'Intern:édiaire pour m'é- 
clairer. 

R. DK BOYER DE SaINTE-SuZANNE. 

Le mariage de Victor Hugo, ra- 
conté par ton beau père. — Il y a 

quelques années, notre excellent confrère 
le D' Ancelet, que des liens très étroits 
rattachent à la famille de V. Hugo, vou- 
lait bien nous confier les Mémoires iné- 
dits de M. Victor Foucher, dont le poète 
épousa, comme on sait, la fille Nous avons, 
à maintes reprises, donné des fragments 
de ces Souvenirs à Vlntermédiaire Celui 
que nous publions aujourd'hui, quoi que 
n'iipportant aucune révélation bien sen- 
sationnelle, nous a paru contenir cepcu 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX lo-jo-jo Avril 

326 --, 



19J 1. 



dant quelques détail;, quelques traits de 
psychologie ([ui serviront à mi-.-ux faire 
connaître ce personnage très cfîjccquc fut 
le beau père de Viclor-HuKo ; c'est pour 
cette raison que nous le livron:: .1 la publi- 
cité Docteur Cabank». 

< Seize à dix sept annéci l'étaiant 

écoulées depuis iroii rct.;ur de l'iulic, mon 
fils aîné avait terminé son coit» de droit et 
venait de prendre rang dans la Magiitraliiie, 
comme substitut du Procureur du Ri>i Ma 
fille Adèle était une société pour sa mcic • 
mon deuxième garçon suivait les couri du 
collège; enfin ma famille s'était accrue d'un 
quatiicme enfant, de ma petite Julie, qui a 
maintenant dix ans. 

La santé cjtanlée de ma femme ine faisant 
chercher à lui procurer dedouces distractions, 
nous nous tenions tout l'été hors de l'aris 
mais non loin de la ville i cause du burenu. 
Nous regrett(jns encore nos séjours à luy «i 
à Genlilly, car nous avons passé dans ces 
deux endroils des instants bien agréables. 

l.e jeune Victor Hugo était des nôtres ï 
Geiitilly. Nous avions établi son quartier 
dans une tourelle où il fît sa petite od<:: de la 
chauve-souris et une partie d'un do ses re- 
cueils lyriques. Je l'avais vu, dans sa pre- 
mière enfance, malingre, rechigné et ne pa- 
raissant pas vouloir de la vie. 

A Gentilly, c'était un jeune homme flo- 
rissant de santé et vivant dans la plénitude 
des hautes facultés intellectuelles. Déjà les 
poésies l'avaient porté aux premiers rangs de 
la liuërature ; déjà Monsieur de Chaleau- 
brianct l'avait proclamé : L'enfant sublime; 
pour nous, nous attachions plus particulière- 
ment du prix à la droiture de son ciractère et 
à l'innocence de ses goûts Nous attiignions 
le jour où le sort de ma fuie A Ic'e devait 
être lié au sien. Ce projet avait eu ses vicis- 
situdes. Pour mon compte, une carrière toute 
littéraire m'avait elTtayé d'abord ; j'y vovats 
beaucoup ae tribulations et peu d'argent. 
Madamt Hugo, sans doute par une raison 
contraire à la mienne, n'était pas diiposée 
plus favorablement, lille avait une grande 
COI fiance dans l'avenir de son fils, qui, sui- 
vant elle, je suppose, pou\ait mieux que le 
surintendant Fouquet,se donner pour devise 
le quo non ascendiim (i). Elle sentait plus que 
moi tout ce qu'il valait. On était donc con- 
venu, de part et d'autre, que le pour uivant 
serait catéchisé, écarté et surveillé, mais 
que sont de pareilles déterminations contre 
une volonté du coeur en 
contre une volonté de Victor Hugo ! 



eigiqje, surtout 



(i) Où ne monter: i-je pas. C/foie du m» 
nuscrtt). 



N« 1537. Vol. LXXXIII 
327 

Lorsque je le croyais tranquille à Paris, le 
ieune poète s'était dirigé à pied vers Dreux, 
où nous étions pour quelques jours, mar- 
quant son passage sur cette route, par son 
ode touchante de Nalton de Cerisy. Nous 
l'avions aperçu rôdant autour de la maison 
(1) que nous occupions dans l.t petite ville, il 
m'avait fallu avoir là une explication avec 
lui, il y avait montré une résolution profon 
dément arrêtée ; il avait opposé argument à 
argument ; il répondait de sa destinée ; sa 
nièie était morte, son pèie était pour lui : 
en effet, une lettre du Général Hugo n'avait 
pas tardé à nous être adressée, et les choses 
en étaient là quand Victor fut reçu à Gen- 
tilly. La demande formelle du Général nous 
fut remise et l'amant descendit de sa tou- 
relle, pour partager, comme mari, 5e loge- 
ment de notre fille. 

11 y a neuf à dix ans de cola; Adèle est 
mère de quatre enfants charmants. Victor 
Hugo dans un état de fotlune rassurant, est 
une des grandes célébrités du «iècle, pOHt" 
tant je ne suis pas tranquille. Sa gloire im- 
portune bien du monde, il a cootie lui les 
académiciens et tout une école littéraire. 
Ses ennemis sont parvenus à le commettre 
même avec le gouvernement, ils ne recui«- 
ront devant aucun moyen, ils veulent le 
perdre dans le public et jusque parmi les 
amis 

L'hypocrisie de ces hommes me fait peur 
autant que leur ciédii, il faudra toute la 
force, tout le sang-fioid de Victor Hugo 
pour qu'il ne succombe pas dans cctie lutte, 
puissent les chances du combat le bien con- 
vaincre que le plus beau triomphe pour lui 
serait celui qui le rattacheiait à l'empire des 
sentiments religieux, il sait si bien les ex- 
primer.. . 

'V. FoUCHtR. 



Proclamation de Napoléon 

(1812; — Le baron de Baye.rhistorien et 
l'archéologue bien connu, rentré de Russie, 
où il a eu tant à soufîrir sous le régime 
soviétique el qui a été, comme on s.iit, 
l'organisateur, pour la partie française du 
musée de 1812. à Moscou, nous commu- 
nique ce document : 

I^rançais ! 

Vous avez été battus ! Vous vous êtes 
laissés couvrir d'opprobre et d'ignominie ! 
C'est dans le sang russe seul que vous pov,- 
vez vous laver de cette tache I 

Dans deux jours, je donnerai une nouvelle 
bataille plus sanglante encore que celle 

(1) Maison de Monsieur Feslait, frère de 
notre bellc-sœ'ir Asseline, 



L'INTERMEDIAIRE 



338 



d'hier ; que les lâches y périssent, je ne veux 
commander qu'à des braves. 

Napoléon. 
Bataille de Moscova 1812, 

Cette proclamation a été trouvée 
dans la voiture du maréchal Berthier qui 
fut prise par les cosaques, lors du passage 
de la Bérésina. Elle était dans le por- 
tefeuille du maréchal. 

La veuve du général Dragomiroff, qui 
recuillit ce document dans les papiers de 
son mari, — on ne nous dit pas s'il était 
imprimé ou manuscrit — le livra à la pu- 
blicité en Russie. 

A. B. X. 

Vers Utin pour et contre Bona- 
parte. 

(A) 
Vaticinor tibi quod navalis laurea cingct 

Tempora me magnas spes mare destituet. 
De jiciet tua gens cunctos, nec Gallia victrix 

Denique frangetur littus ad Albionum 
Sors bona, non mal.ï, sors concludet praelia ; 

[ qiure 
Tempora te dicent : « Pars bona non mala 

[ pars » . 
Ces vers doivent être retournés ainsi : 

(B) 
Pars mala, non bona pars dic«nt te tempora, 

f quare 

Praelia concludet sors mala, non bona sors 
Albionum ad littus frangetur denique victii:: 

Galiia, nec cunctos gens tua dejiciet. 
Destituet mare spes magnas nex tempora 

[ cinget 

Laurea navalis, quod tibi Viticinor. 

Ces vers ont été trouvés dans un vieux 
monastère allemand. 

La curiosité de ces distiques est que, lus 
dans un sens (A;, ils font l'apologie de 
Bonaparte, — et que, retournés, mot 
pour mot, ils forment encore des vers 
(B) constituant, cette fois, un horoscope 
défavorable. A noter le calembour sur le 
nom de Bonaparte : Bona pars. 

Ces vers pourraient être assez vraisem- 
blablement l'œuvre de quelque moine — 
car les jeux prosodiques de ce genre, en 
latin de cuisine, ont toujours été fort en 
honneur dans les monastères, 

N. 

Le Directeur- gérant : 
Georges MONTORGUEIL 

Imp, Clerc-Daniel. Saint-Amand-Montrond. 



LXXXIlI» Volume Paraissant tes lo, 20 et de jo chaque mou 



10 Mai 1931, 



N* 1538 

3i'''.r. Victor-Manfté 
PAItl«i (IX«) 

Bnroaui : de 3 à 6 heures 



Cherchez el 5 
vaut trouverez o 



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DES 



CHERCHEURS 
Fondé en 



ET CUR 

1864 



EUX 



i > — I ■■< I 



QIJKSTIONS ET RKl'ONSRS LITTKKAIRES, HISTORIQUKS, SdlKNTIKIQIJKS KT AHTISTlyUKS 

TKOnVAILLES KT CUIUOSITKS 



Nous prions nos corresponclaiili de 
vouloir bien répJter leur nom au -dessous 
de leur pseudonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne. seront pas insérés. 

Pour la précision des rubriques, une 
question ne peut viser qu'un seul nom ou 
un seul objet. 

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Quand la question sollicite la coiinaii- 
mnce d'une liste, la liste, sauf exception, 
nest pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chcrciieurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion le 
nom ou k titre d'une famille non éteinte. 

L'abonnement pour 1921 est 
porté à 30 francs par an pour la 
France. (Six mois 16 francs). 

Pour l'étranqer j un an 32 francs. 
(Six mois IS francs^. 

Prix du numéroi 1 fr.50. 



Î30 



(âueôtianô 



Les « Mémoires » de Richelieu. 

— Dans un article de la Revue des Deux- 
Mondes, 15 avril 1921, M. Louis Batiffol 
soutient que les « Mémoires » de Riche- 
lieu publiés après sa mort, sont l'œuvre 
d'un compilateur ; que le véritable au- 



i teur est Achille de Harlay de bancy, 
\ cvêque de Saint-Malo, qui n'a jamais 
figuré parmi les secrétaires de Kicliclieu. 
Les documents ont été fournis a Achille 
de Harlay par Charpentier, l'un de ses an- 
ciens secrétaires, qui lésa coirigés, clas- 
sés et révisés. 

Ces « Mémoires »> sont donc sans au- 
cune autorité. M. Ernest Daudet, dans 
un article du Figaro {i^ avril), Z,<j faux 
Mémoires de Rtcbelien, se range à cette 
opinion. 

D'autre part, M. Maximin Deloche 
vient de publier un ouvrage important 
(Société française d'imprimerie et de li- 
brairie, 15, rue de Cluny) Autour de ta 
plume de kùljelteu, ûins Uquel les écrits 
plus ou moins avoues de Kiciielieu ou 
inspirés par lui, sont passés au crible 
d'une critique sévère. 11 n'y traite, il est 
vrai^ que des ouvrages publiés du vivant 
de Richelieu, et dans la plupart desquels 
ce dernier a cherché a dissimuler sa per- 
sonnalité, ce qui a rendu ce travail parti- 
culièrement délicat. Après l'avoir lu, il 
semble que le problème est plus com- 
plexe qu'il n'apparait au premier abord. 
Nous signalons ces études critiques fouil- 
lées pour l'intérêt qu'elles présentent, à 
un point de vue dilterent, sur un docu- 
ment aussi considérable, et pour les dis- 
cussions auxquelles elles pourraient don- 
ner lieu, M. 

Les canons célèbres du siège de 
Paris. — Qyc sont-ils devenus ? 

V. V. 

LXXXlli-8. 



N«i5jt. Vol.LXXXlîI 

■ 331 

Le poignard de àtabbs. — Le 

Monde illustré (2 3 avril 1921) a publié un 
numéro d'un intérêt exceptionnel sur 
Napoléon. C'est une mine de documents 
aussi bien ciioisis que remarquablement 
présentés, et qui constitue un véritable 
musée napoléonien à portée de la main. 

Portraits de Napoléon, de sa famille, 
des personnages de l'époque, croquis de 
batailles, de cérémonies, reproduction 
de dessins des maîtres sur l'épopée, vues 
historiques, meubles, bibelots, armes, au- 
tographes. 11 y a là un effort d'art et 
d'histoire, largement payé par la réussite, 
Parmi les armes ayant servi aux atten- 
tats contre Napoléon, nous voyons figu- 
rer le « couteau de Stabbs. l'étudiant 
allemand qui tenta d'assassiner l'Empe- 
reur à Schœnbrunn en 1809. Provientdu 
général Rapp, charÉ;é de l'interrogatoire 
de Stabbs et du baron Larrey (collection 
de M. Bernard Franck»). 

Un poignard qui était resté dans la fa- 
r;ille Rapp a donné lieu, un peu avant la 
guerre, à un litige. Georges Gain, à Car- 
navalet, en avait été nommé séquestre. 11 
y était encore il y a quelques mois. Le 
croquis que nous en a fait Georges Cain, et 
que nous avons sous les yeux, ressemble 
a l'arme du Monde illustré, mais cette 
dernière porte une dédicace, qui n'exis- 
tait pas, nous semble-t-il, sur le couteau 
que possédait Kapp. 

Le poignard de Stabbs est-il à Carna- 
valet ou dans la collection Franck? Ou y 
aurait-il deux poignards, et en ce cas, 
quel serait le vrai ? 

I. 

Le commandant de la Maréchaus- 
sée de Lunéville en 1782. — Com- 
ment se nommait-il ? 

G. M. 

Commissaires des guôrres à l'ar- 
mée d'Egyte sous Bonaparte. — 

Et-il possible de savoir les noms des 
commissaires des guerres en Egypte pen- 
dant cette période ? L'un d'eux fut fait 
prisonnier par l'escadre de Sydricy Smith, 
son nom est-il connu ? 

Jhan Henri. 

Légion de Limbourg-Holstein au 
seryicede la Hollande. — Un lecteur 



L'INTERMEDIAIRI 



332 



de V Intel médiaire ptut-\\ me donner quel- 
que renseignements sur cette légion et 
sur Winand Moureau ou Moreau, capi- 
taine-lieutenant, vers 1788 ? Quel était 
l'uniforme de capitaine-lieutenant ? 

Jean Henri. 

Un château de la reine Blanche. 
— La tradition veut que le château de la 
Roucautc (dit de la reine Blanche), dont 
les ruines se voient sur le territoire de la 
commune de Bragassargues (Gard) servit 
de demeure à Blanche de Castille. Elle y 
aurait accouché d'un fils. 

Un auteur moderne a fait évoluer dans 
le cadre du château de la Roucaute les 
personnpgcs d'un roman historique et 
fait allu;>iûn à la tradition. 

F'endant les guerres qu'elle eut à sou- 
tenir en Languedoc la mère de saint Louis 
séjourna-t-elle dans le Gard ? 

Albert Hugues, 

Argent (Famille d'). — Armoiries 
et tous renseignements se lapportant à la 
famille d'Henri d'Argent, écuyer, sei- 
gneur de Vinery, lieutenant au Régiment 
de Vexin (1730), fils de feu François 
d'Argent, écuyer, seigneur de l'Etang, 
un des 400 chevau-légers de la Garde du 
Roi et de Marie Poupardin.de la paroisse 
de Sainte-Croix de La Charité ^ diocèse 
d'Auxerre. 

Cette famille dont le nom s'écrivit d'Ar 
gens, d'Argent et Dargent ne semble pas 
se confondre avec celle du même nom 
en Bourgogne et en Champagne. 

Une famille du Berry de ce nom por- 
tait : d'a:(ur au chevron d'argent accom- 
pagné de trois étoiles d'or. 

E. DES R, 

La duchesse d' Au mont, née 
Klein. — Louis Marie Guy, duc d'Au- 
monl (1732-1799; qui mourut général 
en retraite des Armées de la République, 
avait épousé en 1447 Louise Jeanne de 
Durfort-Duras, duchesse de Mazar!n,dont 
on connait le joli jeton de mariage, et qui 
était morte en 1781, laissant pour fille la 
fameuse princesse de Monaco. 

Sous la Révolution, on trouve le même 
général d'Aumont, remarié à la citoyenne 
Marie-Louise Klein. 

Celle ci vivait encore lors du retour des 



¥ 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mai if«i. 



333 



334 



Bourbons, où elle leprit le titre de Du- [ vent se trouver actuellement les papier» 

chesse d'Aumont, alors que son neveu, i de ce savant? 

l'agitateur royalisme, n'était encore connu j A. I '^ 

que sous le titre de duc de Piennes. — 

Qiielle est l'origine de celte Duchesse ! 
d'Aumont, quelles ont été sa vie et sa 



I 



fin ? 

On ne peut demander ces renseigne- 
ments à la postérité de son mari, car la 
Princesse de Monaco, divorcée en 179), 
remariée, puis à nouveau divorcée en 
180?, n'a laissé qu'une fille naturelle, 
Erodore, sans descendance actuelle et 
sans collatéraux. 

Dont ckkk 

Bathéon de Vertrien. — Nous rc 
marquons, d'après la notice consacrée 
dans le catalogue du Louvre au peintre 
graveur Boissieu, qu'un dessin de lui payé 
1000 écus à la vente de la collection de 
M. Léonard Bathéon de Vertrien provo- 
qua le début de la réputation de cet ar- 
tiste Lyonnais. 

Nous possédons un portrait fort gra- 
cieux de M. de Vertrien, oeuvre de Charles 
Giraudon {^i*' maître de Greuze) peintre 
de la ville de Lyon, qui le représente 



Louis-Michel Dumesnil, peintre. 
Date de sa mort. - Dans un .«cic 
passé, à Paris, le 21 avril 1747, nous 
vo\ons Denise Aveline, veuve de Louis- 
Michel Dumesnil, directeur perpétuel de 
l'Académie de Si Luc (a Paris^ relier la 
succession de son ir.ari avec Louis Claude, 
Dumesnil adjoint et professeur de la dite 
acadérr^ie, Louis-Pierre Dumesnil. aussi 
adjoint et professeur de ladite académie 
et Michel Fromaget, Bourgeois de F*aris, 
époux de Marie Louise Dumesnil. Les 
dits sieurs Dumesnil et Mlle Fromaget, 
enfants dudit Louis, Michel et de ladite 
Denise Aveline. 

Les biographies que nous possédons ne 
donnent aucun détail sur ces artistes. 

Pourrait-on nous faire connaître, tout 
au moins, la date de la mort de Louis- 
Michel Dumesnil ? 

J. Chappée. 

Mlle Ferrand, modèle de La 
Tour. — La Tour a exposé au Salon de 



assis à côté d'un bureau Louis XV, les i 1752 un pastel représentant une jeune 
jambes croisées contemplant un petit ta- i fille, avec cette légende : 



bleau reposant sur son genou droit et 
soutenu par un amour. 

C'est là certainement une allusion à ses 
goûts artistiques et cependant nous igno- 
rions qu'il eut constitué une collection. 

Grande serait notre satisfaction de sa- 
voir à quelle date cette collection fut ven- 
due, quelles étaient les toiles principales 
la composant et s'il en existe dans nos 
musées, dans celui de Lyon en particu- 
lier. 

MONTMOREL. 

Famille de Cools. — La famille à 
laquelle appartenait le général de ce nom 
ne portait -elle pas comme armoiries : 
d'azur au lion d'argent courenné d'or ? 

En existe-t-il une généalogie ? 

E. DES R. 

Le physicien Nicolas Desmarest. 

— ^Pourrait on savoir si Nicolas Desmarest, 
physicien et géologue, né en 172s, mort 
à Paris le 28 septembre t8i^, a laissé des 
descendants, ou en quelles mains peu- 



Mile Ferrand nicJitant sur Newton, 
Que sait-on de cette femme savante du 
xMii« siècle? 

Les iconographes de La Tour semblent 
i avoir vainement poursuivi cette identifi- 
cation. 

Y. 

DeGamaches, — Je possède un bon 
portrait au pastel signé ^> Naudin >, de 
Denis-Michel-Eléonor de Gamaches. Je 
désirerais savoir : 

1° S'il est issu du premier ou du se- 
cond mariage de son père. Il ctiiit fils de 
Charles de Gamaches, comte de- llémond. 
qui épousa : i" Annc-jeanne H glet ; 2» 
Marie Françoise-Alexandre de Beausson ; 

2" Où pourrais-je me procurer des dé- 
tails sur sa vie el sur sa mort ? Je crois 
qu'il a été guillotiné à Paris en 1793. 

C. R. C. 

, Langloia de SÀzanne. — Quel est 
1 ce peintre qui s'intitulait « artiste peintre 



N» 1538. Vol. LXXXIII 

— 335 

des généraux, ex-directeur d'une école de 
dessin rue Geofroi-Langevin n" 328 à 
Paris y- — (\q n" 328 doit être un numéro 
de l'époque de la Révolution) 

Cette indication m'est donnée par une 
étiquette fixée au dos d'un pastel, 1/4 na- 
ture, vieille femme coiffée d'u.» bonnet, 
forme d'une ancienne coitïurc d'Anjou. 

Geo. 

De Launay. — A quelle famille de 
Launay appartenait *< M. de St-Valléry >», 
receveur général desfinances en Flandres, 
Hainaut et Artois ? 11 s'appelait si je ne 
me trompe, Pierre-François de Launay et 
avait épousé vers 1740 Marie-Anne Le 
Noir, fille de Pierre-Etienne Le Noir, 
seigneur de Cindré (en Bourbonnais). 

De qui Pierre François de Launa) était- 
il fils .'' Avait-il des frères et sœurs ? 

Où pourrais-je me procurer la généalo- 
gie de cette famille.'' 

G. R. G. 

Lorraine-Elbœuf (Branche bâ- 
tarde). — 11 y a quelques années un 
amateur achetait, aux environs d'Elbœuf 
un cachet de style Louis XVI. 

Ce cachet nous fut soumis pour iden- 
tification, nous avons reconnu à dextre : 
d'ajout à ^ channes ou mat mites de... ; 
armes portées par les familles Ghénart, 
Gaulthier de Kerfus, de La Sauldraye, du 
Tronchay et Verloo.A senestre : les armes 
de Lorraine-Elbœuf. L'écu sur le tout brisé 
d'une barre sur laquelle broche U bande 
aux alertons. 

Il serait intéressant d'identifier les 
époux dont l'alliance est relatée par ce 
cachet. 

Rappelons la descendance bâtarde de 
Charles 111 de Lorraine Elbœuf : Alexis 
de Lorraine ; Charles de Lorraine, cheva- 
lier de Quatremares ; Charlotte de Lor- 
raine, mariée à Léonor de Bredcvent, sei- 
gneur d'Oisel et de Betencourt. 

H. DES R. 

Piet de BoiBncuf, Saunmrois (?) 

— Je m'excuse de poser ici une question 
qui m'est personnelle. Mon bisaïeul, Louis- 
Jean Baptiste Baguenier Desormeaux, chi- 
rurgien en chef de l'armée de Stofllet, (ut 
pris, le 31 avril 1795, par les soldats de 
l'âdjudant-géncral Mathclon. Enfermé au 



L'INTERMEDIAIRE 



336 -. 



château de Saumur en attendant d'être 
fusillé, il réussit à s'évader, grâce à la 
présence d'esprit de l'un de ses amis, Piet 
de Boisneuf, qui habitait Saumur et qui, 
peut-être, y exerçait la profession de méde» 
cin ou de chirurgien. 

Je désirerais avoir tous les renseigne- 
ments possibles sur ce Piet de Boisneuf, 
que je crois appartenir à la famille Piet de 
Beaurepaire. 

H. Baguenier Desormeaux. 

Perducat d'Albret. — Ce trop fa 
meux routier de la fin du xiv" siècle, de 
qui était-il fils .-' 11 était cousin du sire 
d'Albret : mais qui nous précisera ce cou- 
sinage ? 

[D'après Froissart il y eut deux Perdu- 
cat, l'oncle et le neveu : double embarras 
pour les généalogistes, mais aussi double 
satisfaction si l'on parvient à débrouiller 
cet imbroglio]. 

AURIBAT. 

Pra-Balaysaux (famille de). — 
Cette famille comtoise est-elle éteinte ? 
Elle figure habituellement dans les armo- 
riaux avec un écusson : écartelé de Balay 
et de Choiseul — sur le tout de Pra. — 
Or je possède un cachet à l'écusson de 
fille (en losange) de l'époque du xviii» siè- 
cle, simplement écartelé de Pra (de gl. à 
la bande d'ot ace. de 2 huchets) et de Balay 
(de s. au lion d'or). Il s'agit donc d'une 
branche non alliée aux Choiseul. La- 
quelle : Et qui était la dernière, ou l'une 
des dernières représentantes de cette 
vieille race ? 

Baissey. 

Ramonet de Sort. — Connaîtrait- 
on quelque document se rapportant à ce 
routier du moyen-âge qui traitait de puis- 
sance à puissance avec les comtes d'Ar- 
magnac ? On voudrait savoir aussi com- 
ment finit ce capitaine gascon. 

Ya-t-ileuà Figeac ou ailleurs des an- 
nalistes ou des historiens locaux qui ont 
détaillé ses faits et gestes ? 

AURlBAT. 

La descendaucs américaine de 
Real. — L'ennemi des Girondins, de 
Real (Pierre François) substitut du Procu- 
reur de la Commune, qui fut Conseiller 



DES CHERCHEURS HT CUKIEUX 



10 Mai ifsl 



337 



33B 



d'Etat après le 18 brumaire et Prcfct de 1 facei djt^cut^ à une bordure d'azur, 



police pendant les cent jours, fut exilé 
après la Restauration. Il se rendit aux 
Etats-Unis où il installa une fabrique de 
liqueurs. Real était marié el père de deux 
enfants. 

dueiqu'intermédiairiste pourrait-il indi- 
quer si les enfants de Real restèrent en 
Amérique et s'ils y ont fait souche ? 

J... 

Le Chevalier de Vaurr::al. - Un 
obligeant confrère pourrait-il me fournir 
des documents sur le Cheva'icr de Vau- 
rcal, fils de Louis François de Bourbon, 
prince de Conti, grand Prieur de France 
en 1749. On parle de lui dans la corres- 
pondance Lcscure, mais on voudrait des 
détails plus circonstanciés sur sa vie. Il 
portait les noms de Louis François^ et la 
terre de Vaureal lui fut doni.ée par son 
frère le prince de Conti , il mourut vers 
1785. 

Vicomte de RErsET. 

Armoiries à retrouver : Gaboré 
ou Caborô. — Les armes de la famille 
Gaboré ou Gaboré ne figurent pas à l'Ar- 
moriai Général et cependant elles exis- 
tent. Oùserait-il possible de les retrouver ? 
Cette famille a donne un échevin d'Auxerre 
à la fin du xvin* siècle. Un procureur au 
bailliage de celte même ville vers la même 
époque. Elle était originaire de St-Armand 
en Puisaye. 

Jean-Henri. 

Eymerk. en Brabant. Arme^> et 
généalogie. — On désirerait connaitre 
lies armoiries de la famille Eymerk, à la- 
quelle appartenait Sébastienne Eymerk, 
dame de Ryskle en Brabant, dame qui con- 
tracta (vers 172";^ un mariage clandestin 
avec le comte Hugues de Créquy Cana- 
ples, B'^" de Frohen en Artois. 

Ce mari3ge est-il connu des généalo- 
gistes, et en a-ton donné la descen 
dance ? 

B\ISSEY. 



Armoirirs: d'argent au «aureau 
de gueules. — Sur une chaise à por- 
teur on voit les armoiries suivantes : 

Blasons accolés : 

Premier blason : De gueules à trois 



cbatgée Je on^e besam d'or, posés tn orU . 

Deuxième blason : D'argent au taureau 
de gueules, soutenu par un chien du même, 
au chef d'azur chargé d'une gir.l^ d't-f^èe 
d or. Couronne de marquis. 

Sur la chaise à porteur sont le> lettres 
entrelacées : L. N. I". 

Bai.icouri . 

Ex libris à retrouver : Qaboré de 
Piéfontaioe — Quel ctait l'cx libris de 
Charles Prix Alexandre Gaboré de Prc- 

fontainc, échevin d'Auxerre à la fin du 
xvui» siècle ^ 

Jean Henri. 

Médaille des trois Ordres. — Cette 
médaille commémorativc, en zinc, de 
40 mm, de diamètre, porte : 

«< Entre un Chevalier et un Prélat, un 
homme courbé sous le poids de l'écu de 
France tinibrc d'une couronne royale >». 

Au revers: « 1789 LbS TKOIS OR- 
DRES ». Et au dessous. « Un triangle 
équilatéral numérote aux angles 1, 2, 3 
et sur les côtés 3,41;; dans l'intérieur 
un grand b» Le tout entouré de deux 
branches de lys. 

Quelle peut bien être la signification de 
ces chiffres accompagnant le symbole Je 
la Trinité, chiffres reliant probablement 
entr'eux les Trois Ordres ' 

G. Al. 

Horloge comtoise. — Peut-on, et 
dans quel ouvrage, suivre l'histoire de 
ces horloges c de parquet » dont la 
« caisse » a été ornée aussi bien aux 
temps modtrnes, qu'aux siècles précé- 
dents, par lie grands artistes ? On vou- 
drait suivre l'évolution de ce « meuble » 
de Boule, au genre < Westminster », 
("ainsi dénommé par les fabriques de l'Eu- 
rope centrale). Led. 

Hérondas. 

Les vrais réalistes sont Hérondat, l'étrone, 
Alain Lesage. Leur dis^'osition d'espiit ett 
ladicâlonient aotichrétienne. 

(Jules Lemaitre, Les Conttmporêins, 
tome Vil. article sur J.-K Huysmans). 

Qyel est cet Hérondas, inconnu à La- 
rousse ? 

A. C. 



N« 1538. Vol. 



LXXXIII 
339 

L'Apéritif. — A quelle époque re- 
monte en France l'usage, c'est -à-dire 
l'abus de l'c apéritif» ? Le silence à cet 
égard des Français peit\ti par eux mêmes 
(1840-1842), semble indiquer qu'il ne se 
répandit guère avant la fin du règne de 
Louis-Philippe ou mémo le commence- 
ment du Second Empire. La Troisième 
République ne fit rien — au contraire — 
pour combattre cet empoisonnement. 

Subsidiairement, à quelle époque l'ab 
sinthe fit-elle son apparition dans les ca- 
fés et estaminets ? 

Tout en fournissant au sujet du bou- 
con vert des données historiques, citant 
le Deuinonotiie et V Apocalypse (XLVl, 
LXXl), V Intermédiaire n'a pas répondu à 
cette question. 

Dès 1819, le père de Rachel en possé 
dait une bouteille dans son armoire, ainsi 
qu'en témoigne le texte d'Un souper che^ 
Mlle Racbel^ où, par erreur, elle fut ap- 
portée sur la table, à la place de kirsch, 
pour faire du punch : 

— Un instant, c'est mon affaire, don- 
nez-m'en un peu, ne peut retenir Alfred 
de Musset. 

— On dit que l'absinthe est très saine? 
risque la mère de la tragédienne. 

— Du tout, riposte le poète. C'est mal- 
sain et détestable ; mais je ne l'en aime 
pas moins. 

Passage tripatouillé, comme on sait, 
par Paul de Musset, ange gardien de la 
réputation fraternelle, quand il publia ce 
dialogue dans les Œuvres posthumes : ne 
s'agissait-il pas de faire remonter moins 
haut l'intoxication de Fortunio. M. Paul 
Mariéton, félibre lyonnais, a suivi l'exeni 
pie et fixé, on ne .sait pourquoi, Tannée 
1842. 

La date de 1839 a donc son impor- 
tance. 

Vii>gt ans plus tard, des établissements 
avaient la spécialité de l'absinthe, c'était 
même la seule « consommation » que 
l'on y servit, telle V Acadi^mie de la rue 
Saint-Jacques qui eut ses poctçs et ses 
déclassés ; tel encore, au coin de la rue 
de l'Arbre -Sec, l'estaminet de Giraidot, 
que, en 1861 Alfred d'Aunay (Alfred Dcs- 
cudié, XL, Vlll, XL1L,L ) signalait en ces 
termes dans ses Bouts-bouts, bastringues et 
cabouhts Je Pans : *< une maison loyale, 
que la police devrait pourtant fermer, 



L'INTERMÉDIAIRE 



340 



attendu qu'on n'y boit que de l'absinthe. 

« Cette mortelle spécialité est une 
grande pourvoyeuse d'hôpitaux, de mai- 
sons de fous et de cimetières. Le bazar ou 
l'on débite cette eau qui brûle les entrailles 
est d'autant plus un lieu infâme, que, 
sous prétexte de probité, on vous y fait 
bonne mesure, » ("p. 87J. 

1839-1861 : entre ces deux dates, quel- 
ques précisions seraient les bienvenues, 
sans qu'il soit besoin de parler de l'ab- 
sinthe de Musset. A son sujet, la docu- 
mentation es* vraiment par trop facile et 
ce serait inutilement encombrer les co- 
lonnes de V Intel wéJiaire, où Ton peut 
juger que le Dictionnaire Jes Anonymes 
de Barbier tient déjà beaucoup de place. 

Pierre Dufay. 

Ingres. Projet de tombeau pour 
Napoléon. — Une lettre du fonds Paul 
Bonnefon, 25 juillet 1040, citée par 
M. Boyer d'Agen, (Ingres d'après sa cor- 
respondance inédite) H. Daragon, Paris, 
1909), contient ce passage (p. 280) : 

Je me '■ils mêlé, mon bien cher, moi 
aussi, de firo un |)rojet pour le tombeau de 
Napoléoîi, dont il ne sera encore rien fait, 
et cependant il n'est peut-être pas plus bêle 
qu'un autie. 

Ce projet, le connaît-on ? A. B. X. 

Dictons singuliers anglais à pro- 
pos de certains animaux. — Je lis 

dans un ouvrage anglais que dans la 
Grande-Bretagne nombre de gens sont 
persuadés et répètent couramment qu' « il 
n'y a pas de serpents en Irlande, ni de 
hibous en Islande, ni enfin de chats cités 
dans la Bible ». 

Ne me souciant pas, pour vérifier ces 
dires, d'aflronter, à 1 heure actuelle, les 
hasards d'un voyage dans l'une et 
l'autre des deux îles précitées, et ne 
me sentant pas la patience d'éplucher 
un à un les nombreux versets des deux 
lestaments, je serais reconnaissant à ceux 
de mes conirères mieux informés que moi 
de vouloir bien me renseigner sur la part 
de vérité que peuvent renfermer les trois 
assertions sus-énoncées, assertions que 
l'auteur parait, il est vrai, considérer 
comme reposant sur de simples légende?, 
acceptées par la crédulité populaire. 

G.P, 



Eép 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

341 _ 



10 Mai If ai 



Larrey. Lettres inédites (LXi ; 
LXII ; LXV à LXVII ; LXXV). — Le 
centenaire de Napoléon l'' nous a fait 
rouvrir le recueil manuscrit (copies) de 
centaines de lettres que, durant sa vie, le 
baron Dominique Larrey adressa a sa 
femme ou à ses enfants. Les plus impor- 
tantes sont celles qui naturellement sont 
datées de la Grande-Armée, à laquelle l'il- 
lustrechirurgien était attaché et qu'ilsuivit 
sur tous les champs de bataille. Le recueil 
des letircs originales que nous avons eu, 
autrefois, entre les mains, à Bievrcs, chez 
Mlle )ulielle Uodu, a passé depuis à l'é- 
tranger. Heureusement qu'une copie de 
toutes ces lettres avait été commaniiéc 
par la filleule dans la Légion d honneur 
du baron Hippolyte Larrey, fils du grand 
Larrey. Nous la tcnonsde sa liijiralité. En 
sorte que si cet ensemble précieux (con- 
sulté par deux historiens des Larrey j 
n'existe plus à l'état d'originaux, il est 
encore complet à l'état de copies manus- 
crites, entre nos mains. 

Nous publions celte note pour l'inté- 
rêt qu'elle peut olTrir aux chercheurs. 

Nous détachons de ce recueil — à l'occa- 
sion du centenaire de Napoléon — la let- 
tre qu'on va lire — qui ne nous apporte 
d'ailleurs rien d'ignoré. 

Georges Montorgueil. 

A Tiisitt le 27 juin 1807 

Je viens d'être témoin, ma tendre amie, 
du spectacle le plus beau et le plus «ton- 
nant ; les deux Émpeieu.s, après avoir eu 
deux entrevues sous un poitique préparé a 
cet effet et placé sur un ponton au milieu du 
fleuve, où chacun accompagné des grands 
officiers de sa cour s'est rendu de son côté en 
présence des deux armées ; ils sont descen- 
dus ensuite à Tilsitt, ville a jamais mémo- 
rable. Notre Empereur arrivé le premier l'a 
reçu à la tête de sa garde dont le brillant 
des armures et l'air guerrier des soldats lui 
donnait un caractère imposant. Je les ai vus 
de si près que je leur aurai touché la main ; 
leur rencontre a été on ne peut plus gra- 
cieuse et plus aimable. Jamais Napoléon n'a 
leçu ni accueilli une maitrebse avec autant de 
grâce et de dignité qu'il l'a fait en donnant 



342 - 

dîné avec 



Napoléon où il a dîné avec lui et les deux 
princes des deux cours Constantin et Murât. 
Le roi de Prusse qui a été à la seconde con- 
férence des empereurs n'est point venu, il 
a signé son armistice et piraît très disposé 
c»mme l'empereur Moscovite à faire la paix 
dont les bases dit-on sont dé).i arrêtées. 
Nous nous attendons à les voir paraître au 
premier jour . Ainsi, ma chère amie, la paix 
est assurée au moins avec les puissjncei du 
continent. Je ciois bien, par exemple, que 
l'Anglais payera les frais de la guerre et 
i'cspe:o qu'il î"-n reviendra quelque chose. 
J»i serais hi..*n content si avec la part de nos 
victoires je pouvais vous acheter une métai- 
rie et des jolis joyaux pour Isaurc. L'Empe- 
reur AlexMidrc reste ici avec r'ous, je ferai 
mon possible pour le voir, je lui recomman- 
der.ii mon ancien élève et lui demanderai 
s'il en a reç 1 mon ouvr.ic,";. 

Mqu bonheur est extrême, chère amie, en 
songeant qu'apr'ès 20 ans de peine et de fa- 
tigues, je vais enfin jnuir du repos et des dé- 
lices de la société. Maintenant tu peux re- 
garder mon retour comme certain, pr^^nds 
patience encore quelques semaines et jo vo- 
lerai vers mes tendres amies, recevoir leurs 
embrassements. 

Fais appeler ce pauvre Belloc et dis-lui 
que sa place est assurée, je compte lui en- 
voyer sous peu son brevet. Mon petit neveu 
jouira de la même faveur, j en suis fort con- 
tent et j'espère qu'il se rendra- digne de ton 
amitié. — Mon onch m'a c:rit plusieurs 
lettres et il ne cesse de me dire dans cha- 
cune d'elles qu'il a eu soin de toi, qu'il ne 
l'a laissi manquer de rien et qvril ne te 
laissera point manquer. Je lui a'\ répondu que 
je ne t'avais recommaniée à lui qu'en cas de 
malheur mais que tu n'avais besoin de rien ; 
il semble qu'il veut me faire payer tôt ou 
tard ses laigesses. Tâche de lui avoir le 
: oins d'obligation possible car je n'aime 
guère ces reproches; il me dit aussi qu'il a 
envoyé de l'argent à son fils et que depuis 
ses voyag s de Toulouse il avait reçu plus 
de 40 louis 

Nous nous anêterons sans ù<nite à Kcenigs- 
berg car j'ai reçu l'ordie d'y envoyer former 
un hôpital pour la garde qui doit y passer. 

T:\cha de rétablir ta santé, chère et bo:ine 
amie, que mon cœur puisse, en arrivant, rece- 
voir tous les etïets d'un bonheur complet. 
Embrasse mon aimable Isaure pour moi 't 
dis-lui que je la verrai bientôt, que surtout 
elle ait bien soin de mes petit oiseaux 

Console notre bonne Henriette et dis-lui 
que je l'aime toujours comme la meilleure 
des soeurs. Je ne te dis plus adieu Charlotte, 



la main au bel Alexandre qui après avoir par- 
couru la ligne des beaux régiments delà ! c'est le nec plus ultra de mes courses ioin- 
garde est tuouté au palais de l'Empereur . taines. Maintenant je vais me rapprocher de 



L'INTERMEDIAIRE 



N* 1538. Vol LXXXIII 

343 

l'objet dt toutes mes affections pour ne plus 
m'en eloignei. 

Bonjour, bonne amie, éciis moi toujours 
comme à ton Jigne et sincère ami. 

Larrey. 

Cagliostro et la Révolution. 

(LXXX11,LXXX1I1, 147,190,230, 294).— 
Cagliostro essaie de reprendre la ma- 
çonnerie, s'étant montre à la loge r^nii- 
quitè il y est bafoué. Gillray le carica- 
ture. Cagliostro adresse pour le 3 novem- 
bre une convocation, aux maçons vérita- 
bles ; il ne vient personne Morande, sur 
ces faits, le broie. 

Pour réagir, Cagliostro. fin novembre, 
publie une vaste Lettre au Peuple Anglais 
(de d'Eprémcnil cl Thilorier). Défensive 
pénible et qui ennuie (Bachaumont). Mais 
sur le point capital c'est l'aveu. Caglios- 
tro convient qu'il n'tbi ni marquis, ni co- 
lonel, ni comte. Suis je moins, suis-je 
plus? — ajoute t-il — c'est ce que le pu- 
blic apprendra peut-être un jour . Et il nie 
èif'î Balsamo. Morande réplique : Si vous 
n'êtes pas Balsamo, allez le faire dire par 
« Sir Dehcls », c'est-à-dire par le cheva- 
lier Haies, 48 Albemarle Street, qui vous 
a chassé en 1772. Ht Cagliostro n'y va 
pas. 

Morande a vaincu. Le prétendu comte 
de Cagliostro est démasqué. Le 29 décem- 
bre Morande arrête la campagne. Eile a 
pris, en quatre mois, dans ving-trois nu- 
méros, cent colonnes du Courrier. 

Mais le procès du Carton subsiste. 
L'imposteur est-il un imposteur volé par 
la Basiille ou la Police ? 

En février 1787 d'Epréménil et Thilo- 
rier publie pour Cagliostro une Requête 
au Roi dont la thèse est de toute violence, 
le carton contenait cent mille livres de 
valeurs et deux cent mille da bijoux, la 
minute de l'inventaire l'établissait ; le 
gouverneur, au lieu de rendre le carton à 
.Mme de Cagliostro, la conservé, ouvert, 
pillé, rescellé, il a supprimé la minute 
accusatrice ; la soi-disant copie .certifiée 
et le SOI disant procès-verbal du 23 août 
sontdes pièces decomplaisance fabriquées 
après coup par la police. 

De Launay riposte en coup droit. Il fait 
encore rechercher au greffe la fameuse 
minute, et on la trouve I Et il la publie 



M4 



(Pièce importante, etc). Et elle dit cin- 
quante objets et cent louis. L'effet est dé- 
cisif. D Epréménil essaie de lutter ; encore 
une pièce fabriquée, il faut une enquête, 
ah ! si nous étions devant la justice ordi- 
naire ! etc. En vain l'opposition se reprend 
à espérer (Bachaumont), le procès du 
Carton est virtuellement terminé. Et 
nombre de gens tiennent Cagliostro 
comme digne du carcan (Besenval). 

A Londres, Cagliostro est en débâcle. 
Morando a fait venir de Cadix, Sylvestre, 
qui poursuit son escroc. Cagliostro va se 
cacher chez Loutherbourg. A Paris le 
doute prend les cagliostristcs, La Borde 
et de Vi;ines partent pour Londres. Aussi 
un jeune adepte, Rey, ami de Ramond ; 
il est décidé à avoir la vérité. A Londres, 
Cagliostro qui en est encore à la sempi- 
ternelle transmutation, demande à Rey 
de lui apporter la poudre indispensable à 
l'opération. Au lieu de cette poudre, Rey 
lui donne un mélange de cendre et de 
tabac. Cagliostro n'en change pas moins 
en argent, pour une vieille arij^laise, des 
l.iccts de cuivre, — en les frottant de 
mercure, dit Morande. Rey « casse la 
glace » dans une scène de la dernière vio- 
lence. Et Cagliostro confondu se sauve de 
Londres, y iai'.sant sa femme pour vendre 
le mobilier. 

Morande, dans le Courrier du 3 avril, 
sonne l'hallali. Comme nous dirions : il 
amis Cagliostro à son tableau de chasse. 

La Borde, de Vismes, Rey vont trouver 
Séraphine, qui vide son cœur, dit la peine 
et l'écrastment de sa vie, la fausseté de 
la réclamation des cent mille livres, et le 
nom de son mari : Balsamo. 

La Borde et de Vismes, rentrés à Paris, 
avertissent ie marquis de Launay, et 
d'Epréménil mystifié , (Bachaumont), et 
Ihilorier. — Et Rey écrit à Ramond : 

« Notre très cher et tiès respectable Maître 
M. le comte de Cagliostro n'est qu'un im- 
posteur et un escroc... « Il est vraiment Bal- 
sarno, Peregriiii; il est enlin cent fois pire 
que tout ce que l'on a dit de pire. C'est un 
monstre d'hypocrisie, de fourberie et de bas- 
sesse. » (Le Temps du 2 août 1912). 

Cagliostro est arrivé le 5 Avril à Bàle. 
11 y a quelques jours assez bons, parce que 
pour Sarrasin et les fidèles il est toujours 



DES CHEKCHEUKS ET CURIEUX 



345 



le Messie et « M. le Comte ». Lavatcr 
dit : c'est un saint. — .Morande qui ne le 
lâche pas, l'appelle « le liriocho des em- 
piriques ».— Caglioslro, citoyen de Baie, 
ouvre une loge mère des Pays Helvéïi- 
ques. Le 14 juillet il perd 'e procès du 
Carton. 11 s'installe à Bicnnc. Sa femme 
est venue le retrouver. Et aussi I.ouilict- 
bourg. Mais Loutherbourg dé.>abusé, en- 
nemi et réclamant de l'argent. Cagliostro 
crie que Loutherbourg veut l'assassiner 
et demande contre lui un arrêté d'expul- 
sion (c'est un comble). Loutherbourg ri- 
poste par une saisie : les huissiers chez 
l'envoyé de Dieu, scandale horrible. Sar- 
rasin l'apaise, en payant. Mais Caglios- 
lro quitte la Suisse, juillet 1788. 

Dès lors c'est une vie d'épave tour- 
noyant dans un remous. Aix les Bains, 
Turin (expulsion immédiate, dit-on), 
Gènes, Vérone Le 24 septembre il arrive 
a Roveredo. Ici une réduction minuscule 
de Strasbourg : médecin, aftîuence, loge 
égyptienne, réaction, violente hostilité 
du peuple contre ce « nuitre des Illumi- 
nes !• . S. démenti Vanneli, Liber Meirio- 
rialis (eu P Evangile de Cagliostro) i-jBi.). 
Document de seconde main. 

Le grand cophte est naturellement le 
maître des quelques illuminés égyptiens. 
Il n'est pas un grand maitre des illuminés 
mystiques et spirites à la Schripfer, illu- 
minés combattus par Mirabeau et son ami 
le marquis de Luchet. Le piètre Cagliostro 
n'est pas un grand maître de la Maçonne- 
rie en général. 

Et dès 1790, Bode, illuminé politiq'je 
de Weishaupt, très agissant, dira que Ca- 
gliostro n a jamais rien eu à faire avec 
les illuminés de Bavière ou de Weishaupt 
(ceux ci, approuvés par .^lirabea'.l). Voir 
L'S Illumines de Bjvière, par Le Fores- 
tier. (Hachette, 1915). 

Le quarante sixième jour de Rove- 
redo Caglioslro est expulsé. Il va à Tren- 
te, bien accueilli par le prince évêque, 
fait de la médecine, prend l'extérieur 
d'un bon catholique qui voudrait mettre 
la maçonnerie égyptienne sous la protec- 
tion du pape comme un ordie de cheva- 
lerie chrétienne Le sixième mois il est 
expulsé. Où aller r Toute l'Europe lui est 
fermée. Moins Rome, pays débonnaire a 
condition de n'y faire nulle maçonnerie. 



346 



10 Mai 1911 



A la fin de mai Cagliostro arrive à Rome, 
fait de la médecine et se tient circons- 
pect. En France, événements formidables, 
les Etats -Généraux se substituant à la 
monarchie, d'Eprémcnil dépassé, la Bas- 
tille prise, de Launay massacré. (Un récit 
de l'abbé BL-ncdclti qui montre Cnglios- 
tro, le i s septembre dans une superbe 
soirée alchimique, en présence du cardi- 
nal de Bernis, prodisant par la c.trafc les 
journées d'octobre, est le type de lar- 
rangement fait après coup) l'uis le na- 
turel revient : Caglioslro parle trop, il 
commencer faire deux maçons cgypticnj. 
Et on découvre à Komc une loge maçon- 
nique, les lirais amis (où Cagliostro est 
tenu pour un imposteur). Le gouverne- 
ment prend peur, croit à un grand com- 
plot mené par Cagliostro, jugé person- 
nage maçonnique énorme. Le pape inter- 
vient en personne. Le 27 décembre Ca- 
gliostro est arrêté. On trouve chez lui 
tout un dossier de Grand Cophte : rilutl, 
catéchismes, une pièce marquée L. P. D... 
ou L. D. P, (liberté de passage), et d«s 
lettres de ses croyants qui lui parlent 
comme au .Messie : « Mon maitre éternel, 
mon tout, après Dieu vous faites ma féli- 
cité, je m'humilie devant Dieu et devant 
vous » etc.. Cagliostro est mis au châ- 
teau Saint-Ange. 11 avait toujours pensé à 
se garer de la Bastille. 

La débâcle devient catastrophe. Et la 
catastrophe de Cagliostro est d'obtenir ce 
qu'il a voulu. Il s'est dit l'homme qui 
commande aux Esprits, le Ministre de 
Dieu sur la Terre, et le Grand-i^laitre se- 
cret de la Maçonnerie véritable. Rome le 
prend pour tel. 

Le procès est fait à Joseph Balsamo, il 
dure quinze moir, dans toutes les for- 
mes, qui sont en somme celles du Parle- 
ment de Paris en plus sévère. Séraphine 
est contre lui et l'accable. Les grands 
interrogatoires commencent en avril 
1790. Balsamo va parler un an. On lui 
fait des interiogations de catéchismes, il 
fait des cours de maçonnerie comparée. 
Il en donne au juge d'instruction jusqu'à 
l'étourdir, il raconte le souterrain de 
Francfort 11 explique peut-être le grade 
maçonnique qui représente «la Vengeance 
des Templiers » sur les successeurs de 
Philippe le Bel et de Clément V, sur le 
roi de France et le pape. Et dans le sou- 



• 1538. V«l. LXXXIll 
347 



L'INTERMEDIAIRE 



terrain il a découvert qu'il était un Grand- 
Maitre d^s Templiers sans le savoir. (On 
voit l'efifet de ceci ) Il persiste à affirmer 
son pouvoir d'évocation : sa femme dit 
la supercherie de Is carafe, il nie tout sa- 
tanisme. Il reconnaît qu'il n'a jamais cru 
à ses invraisemblables régénérations mo- 
rale et physique ; mais elles étaient, di- 
sait-il. pour complaire à certaines imagi- 
nations. L'instruction terminée il peut 
choisir un avocat, le comte Bernardini ; 
on en ajoute un second, Mgr Constantini. 
Romains ayant les idées de Rome, et la 
prétention d'être plus sérieux que des 
avocats de Paris. Mojennant quoi ils 
n'ont pas le coup d'œil, ne voient pas que 
le piètre personnage n'est rien du tout et 
qu'il n'y a qu'à l'envoyer se faire pendre 
ailleurs. En fait de défense ils ne savent 
que conseiller l'aveu et le repentir. Ca- 
gliostro, épuisé, hébété, en perdition, fait 
tout ce qu'on veut. Le 7 avril 1791, Jo- 
seph Balsamo est condamné pour hérésie- 
magiemaçonnerie à la peine de mort 
aussitôt commuée en détention perpé- 
tuelle. Après amende honorable publique 
il est mis dans la forteresse de Saint- 
Léon. 

L'Inquisition voulut rendre le procès 
public et en publia une analyse. Si nous 
l'intitulons Procès Je Joseph Balsamo^ do- 
cument des plus curieux. Mais elle est 
intitulée y^ie de Joseph Balsamo, 1791 (par 
le P. Marcello); alors, document inexact 
et dangereux ; les faits les plus connus y 
sont méconnaissables : Cagliostro, par 
exemple, n'est pas simplement acquitté 
pour le Collier, mais après avoir « enlacé 
sa victime » il « parvient à se faire dé- 
clarer innocent >> : le convent est tout à 
fait ignoré ; Balsamo a dit descendre du 
grand Charles-Martel, comprenez d'un 
arriére grand-père nommé ("harlcs Mar- 
tello. Et nul livre ne va plus contribuer à 
la légende : le luxe, le grand train de 
voyage, les coureurs, les laquais, la célé- 
brité à Paris, ses bustes partout, Qtvo Ca- 
gliostro, la « Lettre au Peuple Français >\ 
la prophétie, le Souterrain de Francfort, 
Lilia pedibus destrue, leprojct dcconqucle 
du cardinal : Je vais m'etnparer de sa tête, 
Serafina fera le reste. Etc., etc. L'Inquisi- 
tion a préparé le Balsamo du romantisme. 
Dumas peut venir. 



— - 348 - 



Cagliostro passa quatre ans enfermé. 
Reclus, ce sanguin agité et loquace dut 
souffrir atrocement. Il mourut d'apo- 
plexie, « impénitent » le 26 août 1795. 
D'Epréménil, en le poussant, l'avait tué. 
Neuf ans de déroute et d'agonie à dater 
de la réclamation des cent mille livres. 

Sa femme — sa victime en somme — 
avait été mise dans un couvent. On la 
suppose morte vers 1794. 

L'opinion française condamna et la 
condamnation et Cagliostro. « Condamna- 
tion cruelle et absurde, hérésie-magie- 
apostasie-frénésie » disait Cerutti dans 
la Feuille {Villageoise. Mais il ajoutait : 
« Il aurait fallu abandonner à sa mauvaise 
réputation ce charlatan insigne, qui 
avait trré de contrée en contrée ET de 
TRÉTEAUX EN TRÉTEAUX, fait quelque bien 
et encore plus de dupes ». 

Henri Beraldi. 

Napoléon a-t-il voulu s'empoi- 
sonner (T. G. LXXXIU. 137, 24V). — 
Je signale comme contribution à l'étude 
de cette question un ouvrage que je crois 
devenu rare ; il est mtitulé : 

« Napoléon à Sainte-Hélène, opinion 
« d'un médecin sur la maladie de l'Em- 
« pereur Napoléon et sur les causes de sa 
« mort ; offerte à son lils au jour de sa 
« majorité. Par J. Héreau, ancien chirur- 
« gien de Madame Mère, et premier chi- 
< rurgien de l'impératrice Marie-Louise. 

« Paris,!. Louis, Libraire, rue du Paon, 
ff N° 2. Strasbourg, Londres. Bruxelles, 
« et Librairie parisienne, rue de la Made- 
« Icine, n« 438. « MDCCCXXIX » 

Thix. 

MariHge de Marie-Louise et du 
Comte de Neipperg (LXXV, 507 ; 
LXXVl, 59. ICI, 195). — Dans une chro- 
nique de Y Eclair du 1 i avril dernier, re- 
lative aux mariages morganatiques de 
Marie-Louise, M. Jtan-Bernard revient sur 
la question de savoir comment ont été 
célébrées ses unions successives avec 
Neipperg et avec Bombelles, et ajoute à 
ce propos : 

M. Brieux s'est occupé, il y a une tren- 
taine d'années, de cette question ; il a 
silhouetté le fils de Marie-Louise et du comte 
de Neippeig. le comte de Moiitenuovo, que 
l'empereur François-Joseph créa prince héré- 



DES CHKKCHEURS ET CURIEUX 



10 Mai i^ai . 



349 



ditaire le lo juillet 1864 6t qui devint suc- 
cessivement chambellan, général de cavalerie. 
Il me semblait que l'auteur de BLm- 
chelie et des <4v^/iVî avait consacré exclu- 
sivement son talent à des œuvres drama- 
tiques roulant sur des thèses philosophi- 
ques ou sociales^ et n'avait jamais traite 
de sujets historiques. M }can Bernard, 
qui compte, si je ne me trompe, au nom- 
bre de ros collaborateurs, serait bien 
aimable de nous donner le titre de l'ou- 
vrage dan.< leqvicl M. Brieux aurait mis 
en scène le fruit des amours du sédui- 
sant hussard borgne et de la (illo des 
Césars. 

Un bibliophile comtois. 

La guerre dite des Rustauds 
(LXXXIII, 333). — Volcyre en a cent 
l'histoire. 

Voir à ce sujet le Cat.ilogue du fou l 
lottaiu par M. ]. Favier, sous les numé- 
ros 330 et suivants, ainsi que la Table 
nlfyh.ibéttqite des publications de la Société 
d'archéologie lotraine, par Ch. Sadoul, p. 

E. R. 

L'Armure de Jeanne d'Arc (T. G.) 

« L'armure et l'épie do Jeanne d'Arc se 
trouvaient, depuis trente ans, la propriété de 
M. Régnier de Bourbon qui habite à Mer- 
ton, dan» le Suriey en Angleterre. 

L'année dernibre, l'armure et l'épée furent 
exposées h la cathéJr.iIe de Westminster de 
Londres, et une statistique nous apprend que 
1^000 personnes vinrent s'agenouiller de- 
vant l'épée pour y f^ire dévotement la 
garde ». 

De quelle épée et de quelle armure 
s'agit-il puisqu'il y en avait plusieurs ? 
Ce n'est certainement pas de l'épée de 
Ste-Catherine de Fierbois ? 

Baron de BoussacCorrèze. 

Le pantalon rouge dans l'armée 
(LXX ; LXXl ; LXXX11I,204). — Le pan- 
talon rouge était porté, 50115 le premier 
Empire^ par les Lanciers rouges (1804), 
les Gardes d'honneur, 2^ régiment (1B13) 
et les Mameluks de la Garde (1804 à 
1814), large pantalon flottant pour ces 
derniers). 

En 1B07, la culotte rouge faisait partie 
de l'uniforme des Commandants de 



- 350 



grande tenue de l'aide de camb d^ Maré- 
chal. 

(Collection des costumes de l'armée 
française depuis Louis XIV. S. d. impr. 
Aubert, Place de la Bourse). 

D'après les planches de cet album, le 
;0M^f était la couleur des hauts-dc chausse 
ou des culottes (suivant les époques) de 
difTéronls Corps de troupe s >us la royauté 
(Louis XIV, Louis XV et Louis XVI) ; 
Infanterie de ligne. Compagnie du Centre 
(1660) ; Cuirassiers (16S0, 17SO) ; Cara- 
biniers fi68o) ; Chcvau légers de la 
Garde (1090, 1770, 1786) ; G.irdes Fran- 
çaises (1690, 1740) : Gardes du Corps du 
Roi (1690, 1760 a 17^9) ; Invalides ; 1700 
1730J; 1'" compagnie des Mousquetaires 
de la maison di: lloi (1727) ; !'• compagnie 
des Moiisquetaircsgris de la maison du Roi 
et 2 Compagnie de Mousquetaires noirs 
de la maison du Roi (1772) ; Gardes de 
la porte, int'interie, maison du Roi (1786). 

On y voit aus?i qu'en 1678. l'officier 
de marine était en haut de chausse rouge 
et que la culotte rouge était portée par 
l'Ingénieur militaire (1744, «780), par la 
Compagnie des Gentils-hommes Gardes 
du pavil'on amiral (1758), enfin par les 
officiers de marine (1793) 

G. Ab. 



* > 



Dans le tome de 1914 et dans les années 
suivantes il a été question dansl7»«/<rr;«c-- 
dtairc du pantalon rouge et des réponses, 
particulièrement envoyées par M. Cot- 
treau, donnent des indications relatives 
à l'usage de cette couleur dans l'armée 
de la Restauration avant 1829. Dans le 
numéro du 10 janvier 1919, j'ai nioi- 
mème à propos du mot *< bleu >» relevé 
l'usage de la culotte bleue et de la culotte 
et du pantalon rouge, dans l'armée dès 
le xviu' siècle, et j'ai indiqué rapidement 
certains corps, parmi ces derniers, les 
brillants aides de camp du n^ajor général 
de Napoléon l". 

Dans sa 53* scrie des u.i;iormes de 
l'Empire (aides de camp des maréchaux) 
lo. capitaine Bucquoy, cite dans le texte 
qui accompagne ces dessins l'incident de 
l'aide de camp de Ney. Par décision du 
30 mars 1807, la culotte des aides de 
camp des maréchaux était bleue, et ceux 
uc lu.iu... u.t UC3 v.w..,,M«..^c..., w^ . du major-général portaient seuls, la cu- 
Place ; en 1809, elle existait dans la ' lotte rouge avec le dolman bleu galonné 



N» )5j8. Vol. LXXXIW 

351 

d'or et la pelisse noire. Mais peu à peu au 
grand nicconteniement de Berthicr, Mes- 
sieurs les Maréchaux violaient les pres- 
criptions de \Hoj et donnaient à leurs 
aides de camp des culottes écarlatcs, 
amaranlhe, etc., d'où l'incident rapporté 
par Castellane. 

Pellrport. 

* * 

L'uniforme des aides de camp du maré- 
chal Berthier se composait d'un dolman 
blanc à tresoes d'or, shako rouge à plu- 
met blanc, pantalon long louge à bande 
noire. C'est probablement l'uniforme nu- 
quel tait allusion le maréchal de Castcl- 
>ane. Cependant Job (Tenue lies tioupes 
frtinçatses T. i) cite une lettre du maré- 
chal Berthier, datée du 28 août 1807 qui 
donne a ses aides de camp l'uniforme sui- 
vant : « frac écarlate à la Hussarde, col- 
let droit de velours noir, parement et 
revers blanc liseré de noir, le tout souta- 
ché d'une broderie de petites feuilles de 
chêne; veste et culoUe blanches : chapeau 
noir. 

Mais la culotte ou le pantalon rouge 
avaient été portées dans l'armée française 
longtc'.nps avant 1827. 

La gendarmerie de France la porta jus- 
qu'en 1764. 

La maison du roi jusque vers 1776 ou 
1786 suivant les corps. Les cent suisses 
et les gardes de la porte jusqu'en 1786. 
Les gardes suisses et les gardes fran- 
çai»es jusqu'en 1757. 

Dans l'infanterie 36 régimcnls portè- 
rent la culotte rouge jusqu'en 1720 date 
de 1 adoption de la culotte blanche. Royal 
Italien et les régiments irlandais de Bul- 
keley, Clare et Uillon jusqu'en 1757. Le 
régiment des galères la portait en 1748. 

La grosse cavalerie ne semble pas 
l'avoir portée sous les cuirassiers du roi 
(1762). Par contre presque tous les régi- 
ments de dragons portèrent la culotle 
rouge jusqu'en 1762, date de ladoption 
de l'uniforme vert à culotte blanche. Dans 
l'armée des hussaids un ce-. tain nombre 
de régimcnls portèrent la culottJ rouge : 
Ralllay en 1735, Bercheig 1735- 1775, 
Chamborant, Royal - Nassau, Esterhazy 
bis 1763 i77ç,Connans 1786,7'= hussards 
1793 7*husssrds 1796-1813,8' 1802 1812, 
6» 1803 et 1819, I" 1807, 1815-1819, 



L'INTERMEDIAIRE 



352 



Ç 



3' 1813-1819 ; 14» 1813 ; 4» 1815 ; 2* 
3* 5», 1819 ; trompette du 5* (iSo}} du 
g" (1603, 1812) du 8- V 1806). Dans les 
troupes légères dont sont issus les rcgi- 
uieuts d'infanterie légère et les régiments 
de chasseurs à cheval, je trouve portant 
la culotte rouge dans les troupes à pied : 
les volontaires de la Morlière (1745 49), 
les volontaires de Geschraye (1757-59), 
et les grenadiers des volontaires de Cler- 
mont (1758) et dans les troupes à cheval : 
les chasseurs achevai de Fischer 1744- 
1753. Enfin un corps de volontaires de 
1793, la légion de Paris, portait l'habit 
blanc et la culotte rouge. 

Le Royal-arlillerie semble avoir porté 
la culotte rouge jusqu'en 1772. Sous 
l'Empire elle était en usoge dans l'artille- 
rie à cheval pour ses trompettes. 

Les officiers ingénieurs la portaient jus- 
que vers 1776. 

Les majors généraux, aide majors gé- 
néiaux (1775) aide maréchaux des Icgis, 
aides de camp (1775, «786) commissaires 
des guerres (1746, 1788) chirurgiens ma- 
jors (1757, 1786) semblent l'avoir égale- 
ment portée ainsi que les invalides (1700, 
1730) et les cadets gentilhommes (1776). 

Les gardes de la connétablie la portè- 
rent également au xviii* siècle. 

Dans la garde impériale dcNapoléon I" 
la culotte rouge était portée par le 
2» régiment de lanciers, les chasseurs à 
cheval de la jeune garde, les trompettes 
des chasseurs à cheval de la vieille garde 
et les gardes d'honneur. 

Dans la garde royale les cent-suisses la 
portaient en 1815 et l'infanterie de la 
garde la prit en 1829 ce qui nous ramène 
a peu près à la date indiquée par le col- 
laborateur Ci.nqdcniers. 

Sources : L. Rouillard. c Les régiments 
sous Louis XV », ~ Lienart et Humbert. 
«Les uniformes de l'armée française». — 
|ob. « Tenues des troupes de France » , — 
Falluo. «Nos hussards». Fallou «La garde 
impériale» . - KnœleUUniformenkundey». 

C. N. 



* 
« « 



Dans son Journal (Tome I),lc Maréchal 
de Castellane dit que le pantalon garance 
fut accordé à la cavalerie en 1818 et lé- 
clamé par lui, Castellane, pour l'infante- 
rie, en 1826, 11 fut effectivement donné à 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mii ifii 



355 



)54 



I 



l'infanterie un peu avant i8)0, ajoute le 

Maréchal. 

h. H 



* • 



Le pantalon rouge existait déjà sous 
l'hmpire, les 7* et 8' régiments de hus- 
sards portaient la culotte écarlate (comme 
en témoigne le règlement sur l'habille- 
ment, manuscrit officiel de l'époque). Il 
semble que déjà avant le i«' Empire cer- 
tains régiments ou du moins certains offi- 
ciers la portaient. En tout cas, sous ce 
régime quelques officiers généraux y 
avaient droit, et,Jaillcurs, il est possible 
qu'ils aient mis la culotte rouge simple- 
ment par élégance et par fantaisie. En 
effet la très grande variété d'uniformes 
pouvait le leur permettre. 

J. Baratte. 






A part les aides de camp de Berthier, 
qui portaient la culotte rouge et le dol- 
man blanc, le pantalon garance a été 
porté sous le premier Empire par les 
gardes d'honneur de 1814, dont V Inter- 
m^i</'a«^ a maintes fois décrit l'uniforme. 
Rétabli et généralisé par l'ordonnance 
du 26 juillet 1829, le pantalon rouge a 
été adopté depuis, dans une plus ou moins 
large mesure et pour plus ou moins long- 
temps, par plusieurs armées étrangères : 
Espagne, Autriche, Etats romains, Ro- 
marne (tout au début), Chili, d'autres 
peut-être, car certaines républiques de 
l'Amérique du Sud s'accommodaient 
volontiers des draps refusés par notre in- 
tendance. 

P. J. Henry. 



Les Arnrtud (Ribèrac, Vierzonj 

(LXXXIII, 236). — Les Arnauld d'Auver- 
gne ne paraissent pas avoir eu de bran- 
ches en Berry. Je crois pouvoir l'affirmer 
à notre sympathique et honoré collègue, 
M. Soulgé, ayant dressé une généalogie 
très complète des Arnauld d'Auvergne. 
j'ai cru longtemps que les Arnauld de 
Périgord se rattachaient aux Arnauld 
d'Auvergne. C'était une erreur. Grâce à 
diverses lettres personnelles de collabora- 
teurs de V Intel médiaire,)^\ pu dresser 
une généalogie des Arnauld de Périgord 
(Arnauld de la Borie et Arnauld de Saint- 
Bonnet). Malheureusement, elle ne va 
pas au-delà de 1739: elle est d'ailleurs 



fragmentaire. Telle qu'elle est. je la tien» 
à la disposition de .M. Soulgé q'ïi parvien- 
dra pcui-cire à lui rattacher les Arnaud 
qui l'occupent. Il est a icmarqucr que 
diverses familles Arnauld portent dans 
leurs armes les chevrons et les palmes 
adossées des Arnauld d'Auvergne sans 
avoir aucun lien de parente avec eux. 

Est-Ce un emprunt ou y a t il là q*icl' 
que motif d'armrs parlantes ? 

Mkvri 1). li'A. 

Bourdon d« l'Oine (LXXXIII. 140 ; 
2bij. — La rue des Noyers, qulnbitait 
Bourdon de l'Oise, exi.'.tc cncure, du 
moins en partie, et n'a perdu son nom 
I que le 26 décembre 1893 pour prendre 
celui de boulevard Saint Germain En 
1783, elle allait de la place Maubcrt à la 
rue Saint-Jacques. Le roté des numéros 
pairs est tombé puur faire place au nou • 
veau boulevard, entraînant dans ^a cliutc 
une chapelle située à l'angle de la rue St- 
Jacques et dédiée à St-Yves. patron des 
avocats. Le côté des numéros impairs, 
qui subsiste encore, est situé en contre- 
bas du boulevard Saint Germain ; sur la 
maison n"» ^3 'maintenant n'^ S7 "" ^^^ 
levard) une plaque rappelle qu'Alficd de 
Musset y est né en 1810 

Un bibuophile comths. 



Famille Ceullin (LXXXI, 145)- — I« 
reprends ma question qui, au surplus, est 

double. 

!• je désirerais connaître le pa\s d'ori- 
gine de cette famille que je suppose venir 
des anciens Pays-Bas espagnols (Belgique . 

En efTet, on trouve '2 Gand, a Anver.-^, 
àts Seulîin ou Seulm. Il existe en H(l 
lande également une famille Seullm, Seu- 
lin et Sixillyn venue d Aix-la-Lhapelle qu» 
serait originaire de Maéstricht et qui 
porte : d'atur à j pigeons d'argnd, 2 et 
/, becquéi et pattes de guciihs. 

Il se pourrait aussi que le nom de (.enl- 
lin porté par la famille de Picpus dérive 
de {van) Cettlen qui signille de Cologm 
au'en pensent nos é.udils collègues bel- 
ges ^ Vers quelle époque (lO..?) cette 
famille aurait elle été naturalisée en 
France ? 

2* Les CeuUtn de Picpus <-t de RcutUy 
appartiennent à l'enseignement. 



N» 1538. Vol 



LXXXII, 

355 



L'INTERMEDIAIRE 



356 



Des spécialistes de l'histoire de l'ensei- 
gnement en France au xviii' siècle pour- 
raient ils me donner quelques détails me 
permettant de reconstituer la vie de celte 
famille et des indications au sujet des ar- 
chives où il y aurait chance de retrouver 
des documents les concernant ? 

A titre d'indication, voici la généalogie 
des Ceuïlin de Picpus (actuellement Pa- 
ris). 

I. — François ? ou Joseph ? Cfullin, né 
problabicment dari'î les Pays-Bas espjgnols 
vers i6so, peut-être maître de pension ? à 
Picpus ? mort probablement à Picpus Pavant 
1712 ? eiiterri au cimetière de Picpus ? où 
la famille avait un caveau, père de : 

1" François, qui suit ; 

2" Louise, née à... vers 1690 ? demeurait 
à Reuiliy avec son frère ; le 30 novembre 
:7Î5, entre 11 heures et midi, elle fut enle- 
vée comme convulsionnaire et conduite à la 
Bastille le 13 décembre et en sortit le 26 sui- 
vant sur ordre du comte de Maurepas ; 

II. — François Ceuïlin, ne à Picpus ? pa- 
roissi de St-Mandé ? vers 1680, maître de 
pension à Picpus en 1712, ancien maître en 
charge des Petites Ecoles (1734) et maître 
titulaire du 7» quartier de la paroisse Ste- 
Marguerile ; il était en procès, de 1730 à 
1734, contre Jean-Jacques Poiret, tenant ci- 
d-ivant une pension par delà la barrière de 
Reu'lly, 7 à Reuiliy ? après 1765, enterré au 
cimetière de Picpus ? ; marié i" 170. à W, 
W. ; 2° vers 1705 à Jeanne Chateisrttc , 3° 
vers 1710 à Marie Aubry, morte après 1765, 
dont : 

Du r lit : 

i" Joseph, né à Picpus vers 1705, baptisé 
paro'sse de St-Mandé ? conseiller du roi, 
lieutenînt-ginéral de police à Moulins en 
Bourbonnais (174.), f à... avant 1759 '■< ^^~ 
rié 174. à W. W., dont une fille unique : 

i" Marie-Anne-Vaientine, née à... 1744, 
héritière de la moitié de la maison de la rue 
de Reuiliy n' 10, elle touchait depuis 1780, 
un« pension de 800 livres ; inscrite sur la 
liste des iu^pects de Moulins ? après 1792 ; 
mariée (1" ?j à... vers 17S9 (émancipée par 
mariagcj à Jacques de Sainl-Mesmin.écnycr, 
prévôt général de la Martchdussée du Bour- 
bonnais 7 avant 1780 (2" à Moulins ? 17S. 
à... Brénèt), dont du i" lit, au moins 2 
enfants ; 

Du j* Ut : > 

2" Pi-irre François Ceuïlin, né à Picpus, 
21 janvier 1712. b.iptisé le lendemain, pa- 
roisse Ste-Marguerite, maître es arts (173 ?) 
et de pension, demeurant rue de Reuiliy en 



174^, 7 av*nt 1774 ? (1786 
cimetière de Picpus ? ; 



?), enterré au 



3° Marie-Françoise, la dernière des Ceul- 
Itn, née à Picpus ? entre 1725 et 1730, maî- 
tresse de pension rue de Reuiliy, morte avant 
1790 ? ; mariée à Paiis ? 1° vers 1750 à 
Pierre-Nicolas Caftier, maître de pension, 7 
vers 1760, fils de Pierre ? Cartier, bourgeois 
de Paris en 1712 ; 2* vêts 1764 à Pierre-An- 
toine Cauchois, né en Normandie ? vers 1730, 
maître de pension, fermier de la ferme de 
Ville-Evrard (1772), morte à .. avant 1785, 
dont : 

Du 2' lit, un fils unique : 

I" Pierre-Jean Baptiste-Félix Cauchois, né 
à Reuiliy, au faubourg St-Antoine, le 10 no- 
vembre 1764. baptisé le lendemain p.iroisse 
Ste-Marguerite, professeur de violon, il de- 
meurait, en 1790, rue du chemin de Masnil- 
montant no 6 (act. rue Oberkatiipf, f à Paris 
vers 1832. 

En 1785, il eut une idylle avec une élève 
de la pension maternelle, une dame mariée 
venue de l'Isle Bourbon pour perfectionner 
son éd'jcation. Madame des Tournelles, + à 
l'Ile Bourbon après 1830. De cette liaison, il 
eut une fille naturelle qu'il reconnut, Marie- 
Anne-Félix-Françoise-Justine- Agathe Cau- 
cheis, née à Paris, chez une sage-femme de 
la rue du Maine, en 1786 ; elle était fort 
brune de peau et mourut à Paris le 2 sep- 
tembre 1834. 

Où pourrait-on consulter les registres du 
cimetière de Picpus ? 

H J. 

Hyppolyte Clairon et « l'Ordre 
du Médaillon » (LXXXIII, 140, 273).— 
Je permets, M. le Bibliophile Comtois, je 
permets : toutefois, je vous ferai remar- 
quer, oh bien gentiment, que défendre 
l'opiniondArilur Dinaux n'est pas m'ap- 
porter la preuve que je demande. Je ne 
conteste nullement la probité historique 
de Dinaux, mais on doit reconnaître que 
dans son ouvrage sur les Sociétés badines, 
il accueille sans contrôle tous les rensei- 
gnements se rattachant de près ou de loin 
à son sujet, et ce, sans aucune critique, 
sans indiquer les sources. En outre, il 
cite jusqu'aux sociétés purement imagi- 
naires, comme par exemple Vacadèmie 
Pélté Laconique cl BjiHbaraxale,du comte 
de Fortsas, en indiquant il est vrai leur 
qualité. Je persiste donc a croire que 
VOrdre du Médaillon fut moins encore 
qu'éphémère. Il est d'ailleurs surprenant 
que la comédienne n'ait pas cru devoir 
parler dans ses Mémoires d'un fait qui ne 
pouvait lui être qu'agréable. 

Vetulus de Monte, 



DBS CHERCHEURS ETCURIEUX 



lo Mai 1911 



3^7 



3,8 



Famille de Ghazal (LXXXIII, 187). 
— Je savais qu'un Ghazal de i'ilc Mau- 
rice était venu, il y a quelques années, à 
Montbrison, chercher les traces de sa 
famille. Je pensais qu'il se trompait, et 
que les Ghazal de Maurice, et de Paris 
aclucUement, étaient des Ghazal de Cha- 
marelle : J'ai vu un faire part du 26 de 
cembre 1912. de la mort à Paris de Char- 
les A.ntoine Rodolphe de Ghazal où tlgu 
rent nombre de noms de l'Ile, et même 
un Chamaiel (prénom) de la Gcneste Je 
Chacal. Je serais reconnaissant à M. G. 
de R. si, en échange des notes que je lui 
adresse directement, il voulait bien me 
communiquer la généalogie depuis Aimé. 
Je n'ai pas eu à compter Ghazal parmi les 
noms nobles Foréziens parce que, s'il 
comporte un*? branche anoblie, cette 
branche avait quitte le Forez en 1789 

Les ancêtres d'Aimé sont de la région 
nord de Montbrison, où le nom est fré- 
quent au xvii% et encore représenté. Je 
ne crois pas avoir trouvé de Ghazal avant 
1600, ce qui est étonnant : mais peut- 
être alors la forme était elle • Ghazeau ; 
ou bien ne trouverait-on le nom que dans 
les Terriers? Les Ghazal ont pu aussi pro 
vigner des provinces voisines où leurs 
homonymes existent, j'omets ici les col- 
latéraux non rattachés, nombreux dès le 
début : 

I. _ |ean ChazaI, substitut du procureur 
du roi en la chatellenie de MarcilIy-le-Cha- 
teau, 1624 : mort Piocureur avant 1665 ; 
marié dès 163? à Marie Valézy, d'une famille 
de laboureurs et de notaires du pays d'où : 
I. Marie, marraine en 1048. 2. Pierrette, 
tpous» en 1665. Claude Dalmais, bourgeois ; 
«n 1670 ou 1671, Philibert Ferjird, aussi 
bourgeois et 

II. — J^an ChazaI, capitaine châtelain de 
Marcilly ; mort avant 1696 ; marié à Emé- 
rancienne Gayot,de famille bourgeoise, morte 
en 1710. 1. Claude, 1678-1741 , avocat, a. 
Marguerite, épouse 169 Pierre Lhéritier de 
la Bastie, avocat. 3. N... mariée à M« Claude 
Coupât du Ché. et 

III. — M. M. j B. ChazaI, conseiller du 
toi, élu en l'élection de Montbrison dès 
1700, marié en 1700 a Jeanne Brun, fille de 
feu Aymé Brun, Président au grenier a sel de 
Montbrisson. Il mourut en 1723, laissant : 

I. Marie Emerautienne, épouse en 1728 
Anne Dumont, avocat, puis conseiller au 
bailliage ; morte avant 1772. ■ 

3. Antoine; chanoine de Montbrison de 
1745 à 1781. M. Beyssac Tui donne : de 



gueulis il un chevron d'argent charmé d'un 
tuslre f'itc) de .«/'«'/>/•, ce qui îent l'aUribu- 
tion d'office (à son père probiblcnient, en 
1700) et 

IV. -- Aymé ChazaI, du apte* son père ; 
niaiié h Moiiund le n octubro I737 11 Marie 
Marg , fille da nobl.i Pierre HailLiid, avocat 
en parli-ment, sgr. ùe b GranKe,et do damo 
Marie Granjon. Il étnit ancien clu, honoraiie, 
en 17S9 el 1765, d'où : 

1. Peut être Antoine Rcgis, moil avant 
1793? 

2. Pierre, baptisé le 10 février 1729, tenu 
pnr PJL-rrc B.iillard du Pincy, rcccvcuf du 
grenier à sel de Montbrison, et pir Marg. 
Chezal. L'héritier do la Balic. 

Il y a apparence q'ie c'ost le Pierre Chatal, 
reçu conseiller à la Cour des Aides du Pari» 
le 27 mars 1734,3 2S ans juste. Steyert l'a 
évidemment pensé. D'.Xbsicr {Ftt/r) a dû le 
croire conseiller au Parlement, en disant que 
« Chazjl, conseiller aii Parlement », vend 
une rente à Mornand vers 17S0, La question 
est celle-ci : Hst-ce bien ce Pierre qui fut 
conseiller des aides? Est-ce de lui que vien- 
nent les ChazaI do Maurice ? 

Certes d'autres Ghazal ont émigré : en 
17 10, à Trelins, le parrain d'une Ghazal 
est André Ghazal, lieutenant de maire 
d'Ahun dans la Marche. Mais l'émigra- 
tion à rile a pu se faire en plusieurs gé- 
nérations : En 1793, Madame de Meaux 
hérita d'une de ses tantes Baillard, par 
moitié ; l'autre part échut à Pierre ChazaI 
Chacal Lageiieste (Voir le faire part de 
1912) Ant. Toussaint ChazaI et Gharles- 
Ant. ChazaI co-hériticrs de feu Antoine 
Régis Ghazal et de dame B.ùllard du Pinet 
sœur .'' de la défunte. (Une autre alliance 
Ghazal Baillard ?). 

Les Baillard sont notables en Velay 
dès le xvi« siècle. Le beau- père d Aymé 
ChazaI, Pierre Baillard du Pinet. mourut 
en 1757 Secrétaire du roi : C'est l'ayeul 
de Madame de Meaux, dont le fils (et 
non le mari) reçut un titre personnel de 
Vicomte les 29 mai et 7 décembre 1830. 
Les archives du Vicomte de Meaux, à 
Montbrison, contiennent des documents 
Baillard, et, peut-être, Ghazal 

On trouvera des notices Baillard dans 
les armoriaux Vclaves.lls ont fait branche 
en Forez ; outre .Montbrison. a Pénj^nicu : 
I Madeleine B. du Senoux, veuve en 1759 
I de P. Chabane. notaire, et parente de 
I )can Joseph Baillard de Lantoye, ecuyer. 
I etc. (Registres paroissiaux ; inventaires 



N« i^^8. vol. LXXXII 

3^9 

Archives Loire; Archives Nationales. Z.ia 
Arch. privées). 

SOULGÉ. 

Du Joncquoy (LXXXIII, 257). - Fn 
1824, une famille Dujoncquoy exerçait le 
commerce de bonneterie. 

Madame Veuve Dujoncquoy céda son 
commerce à ses deux fils, Dujoncquoy- 
Rousseau et Alexandre Dujoncquoy. Le 
premier était établi a M(5zonville, le se- 
cond à Pussay (Seine-et Oise). Tous deux 
avaient formé une société sous la raison 
Dujoncquoy ficrcs. En septembre 1824, 
cette société fut dissoute. L'aine continua 
à Pussay * !e même genre de fabrication, 
dans le même local où existait l'ancien 
établissement fondé par ses père et 
mère »», après avoir pendant vingt cinq 
ans. travaillé dans la maison. 

Je ne puis rien dire de plus sur cette fa- 
mille 

Louis Calendini. 

Madame Jacqu«8 Laffltte (LXXXIII, 
46). — Dans la Revuf des Deux-Mondes 
du !«' novembre 1907, M. André Liesse 
(Jacques Laffitte. « ba vie et ses idées 
financières >J nous appre-id que le célèbre 
financier, épousa à Paris le 3 prairial an 
IX Marie Françoise Lacut, fille d'un né- 
gociant du Havre. Deux de ses frères 
Pierre, négociant à SainlQucntin et Mar- 
tin, marin au Port-Liberté (Morbihan), 
lui servirent de témoins. 

Jacques Laffitte était alors âgé de 35 
ans et demi ; il occupait déjà une situa- 
tion importante chez le banquier Perre- 
gaux. Sa fiancée, beaucoup plus jeune 
que lui, n'avait que 16 ans et demi. Elle 
vivait encore, lorsqu'il mourut a l'âge 
de 76 ans le 26 mai 1844. 

Quelques biographes de Laffitte, ajoute 
l'auteur de lartiole, l'ont f.iit à t^rt gtnde 
de l'errcgeaux. S'il en avait été ainsi, Perre- 
j<aux aurait eu moins de mérite à iadésgnïr 
dans son testament comme directeur de sa 
maison de banque. 

La tombe de la famille LaflTitte est si- 
tuée au cimetière du Pèrc-Lachaise (iS» 
Division, Avenue des .Acacias) auprès de 
celle de Kellcrmann. Au centre du mo- 
nument se lit l'inscription suivante : 



L'INTERMEDIAIRE 



360 — 



Ce terrain a été acquis à perpétuité 

par Pierre, Jacques, Martin et 

Jean-Baptiste 

LAFFITTE FRiiRES, 

qui ont fait ériger ce monument 

pour la sépulture de leurs familles 

AN 1817 

De chaque côté de cette inscription, 
sont gravées les épitaphes de 6 des mem- 
bres de cette famille. Celles de Jacques 
et de sa femme n'y figurent pas. 

11 me parait certain cependant que 
Pancien Ministre du Gouvernement de 
juillet est inhumé dans cette sépulture ; 
car il existe une gravure de l'époque re- 
présentant la cérémonie de ses obsèques 
au Père L.achaise, 

On sait que sa fille unique Albine Laffitte 
épousa à l'église Samt-Roch en janvier 
1828, le prince de la Moskawa, fils du 
maréchal Ney. 

D'après Castellane, c'est le chansonnier 
Béranger qui aurait arrangé ce mariage. 

Orfrémunt. 



Le comte Léon (LXXXl, 166, 253, 
454; LXXXll, 68). — D'après M. le 
comte de Roulave, un comte Léon, qui 
avait le grade de sergent, serait mort à 
l'ennemi, au Chemin des Dames, en sep- 
tembre 1917. 

D'autre part, dans une fort intéressante 
chronique, parue dans le Temps du 3 mai 
dernier, noire aiuiablo et !érudit directeur 
écrit que la famille d ; comte Léon ne se 
compose plus actu. lement que de sa 
fille, Mme Mesnard, institutrice à Paris, 
de son dernier fils, Àl. Gaston Léon, re- 
présentant en eaux de vie à Remircmont, 
et du fils de celui ci, commis libr.iire à 
Paris ; mais il ne fait aucune allusion a 
un comte Léon qui aurait succombe en 
Champagne. Le seul descen^iant de Napo- 
léon l"' et d'Eléonore Dcnuelle de la Plai- 
gne qui aurait trouvé la mort dans la der- 
nière guerre, serait le fils de Mme Mes- 
nard < glorieustmenl tombé, en 19 16, sur 
un de c^?: champs de bat.iille, illustrés 
déjà par les prodiges de la campagne de 
France. » 

Notre confrère n'aurait-il pas confondu 
un des deux petits-fils du comte Léon 
avec son cousin germain ? 

Un bibliophile comtois. 



DRS CHERCHEURS RT CURIEUX 

361 ___ j^^ 



10 Mii igai 



Le comte Léon, fils «Je Napoléon !•', eut 
trois fils, Fernand, Charles et G:Jston, et 
une fille Charlotte. 

Gaston, qui vit toujours, eut deux fils : 
Fernand et Gaston. 

Fernand qui avait été officier a repris 
du service et est mort pend.mt la guerre, 
mais de maladie en 1914. 

Gaston, 2» fils a été réformé. 

Il n'y a eu de Léon tombé sur le champ 
de bataille que le sergent Mcsnard : des.si- 
nateur attaché au service géographi.|ue 
du général Bourgeois, mort au Chemin 
des Dames, à la veille de passer lieute- 
nant. Il était le fils de Mme Charlotte 
Mesnard, laquelle est la fille du comte 
Léon et par conséquent la petite-fille di- 
recte de Napoléon 1"'. Elle a une fille 
mariée. 

M. 

Mérimée, inspecteur de^ Moi»u- 
ments historiques (LXXXlll, 47, 2 ; 3). 
— On me fait écrire : 

II. .. contribua à sauver nombre de 
monuments anciens... i la cupidité de 
la bande noire et aussi au vandalisme des 
municipalités. 

Ma minute porte : du la cupidité et du 
vandalisme. 

J'aime à croire que cette modification 
fâcheuse apportée à mon texte est plutôt 
une faute d'impression qu'une inadver- 
tance du correcteur. 

Un bibliophile comtois. 

Montereau ou Montreuil. — Du 
Figaro, 23 avril 1921 : 

Un petit problème parisien. 

Un des plus purs joyaux de Paris, la Ste 
Chapelle, a pour auteur un architecte sur le 
nom duquel on discutait depuis des siè- 
cles. 

Cet architecte, qui avait aussi bâti l'ab- 
baye de Sauit-Denis et collaboté à la coiis- 
truclion de JNotre-Djine, s'appelait-il Pierre 
de Montereau, comme on L soutenait gé- 
néraUment, ou Pierre de Montreuil ? 

On sait les recherches difficiles auxquelles 
se sont livrés les archéologues et les histo- 
riens d'art pour découvrir l'identité vérita- 
ble de l'auteur de ces chefs d'œuvres. 

M. de Mély vient de résoudre ce petit pro- 
blème parisien en ap^'Ortant à la Société des 
antiquaires de France une séiio de docu- 



ments d'archives et la pierre tombale de It 
IcuimeJc « mai^ilro Pierre de Monircuil », 
qui neUisscnt plus aucun dout.; : le grand 
artiste auquel nousdevons la Saiolif-Chape.ie 
Saint Denis et Notre Dame de Paris >'..ppe' 
lait Pieirode Montreuil, nom que sa faiiiillc 
avait emprunté h Montreml-sous-Boi», J où 
elle ël.iit ori^jinairc. 

Fàmilli do Rouvroy H. XXXIII. 4b). 
— Deux familles de ce nom ont existe en 
Lorraine. L'une, anoblie le ç mai 1715, 
avait pour armoiries : tfnr à trou fascti 
de gutulet ; à un lévnn rampant J'atgint, 
collfté et boucL' d'or, brochant sur le tout. 

Elle ne parait pas s'être perpétuée jiuis- 
que le petit fils de l'anobli, nomme Henri 
Cosserat, obtint, en 1747. de reprendre 
la noblesse et les armes de son aïeul ma- 
ternel. 

L'autre tirait son ori^^inc de jean-l-ran- 
çois Rouvrois, avocat et notaire à Saint- 
Mihiel au milieu du xviii" siècle, lequel 
avait acheté une charge conférant la no- 
blesse et s'était attribue des armes par- 
lantes : coupé d'argent et de sinople, en 
chef en chêne [t ouvre) en pointe une oie, de 
lun et l'autre. 

L'officier d'artillerie cité ne se rattache 
probablement pas à la première des fa- 
mille ci dessus mentionnées et certaine- 
ment pas à la seconde Aucime des deux 
ne tenait, de près ou de loin, à celle de 
Rouvroy, duc deSt-Simon. 

E. DES R. 

M. Eudore Soulié (LXXXll, 3^6 ; 
LXXXlll, 265J.— Dans la biographie écrite 
par le marquis de Chennevières qui cite 
M. le Bibliophile Comtois, il est dit : 

c ... La seconde tille, Anne, est devenue 
Mme Victorien SirJou (voir Journal in 
Gjncourt, lundi 20 mai 1872). 

Or, dans la préface d; Tournebut, par G. 
Lenôtre (é.lition Peirin, iwj) Sardou com- 
mence ainM : <« Un soir d'hiver, en 1868 ou 
69, mon beau -père. Moisson, avec qui je de- 
visais au coin du feu. . » 

Est-ce à dire que Sardou ou sa mère se 
sont mariés deux fois ? 

Edmond l'Hommedé. 

Araioirio^ à déterminer : Quatre 
burelles (LXXXlll, 2^9). — Il s'agit 
d'un poids aux armes de la ville de Bé- 
ziers, qui se listni ; d'aigent aux quatre 



N* i5i7. Vol. LXXXIII 
363 - 



L'INTERMEDIAIRE 



364 



fasces de gueules^ au chef d^a:(ur chargé de 
tt ois fleuri de lys d'or ». 

La Société d'Archéologie de Montpellier 
possède une riche collection de poids des 
villes du midi. 

RODEROT. 

La selle de femme moderne 

(LXXXlll,i9i). — Se reporter au volume 
de M. Jules Pellier : I. a selle et le costume 
de Vama:^onr, étude historique ei piatiquc 
de l'équitation des dames. Pans, Rotschild, 
1897 ; in 8, orné de 100 vignettes par 
MM. Gavarni, F. Régamey, Tavernier, 
etc., etc. 

P. D. 

Les manuscrits normands de don 
Lenoir (LXXXlll, 241). — La Société des 
arts et belles lettres de Caen ayant refusé 
de les conserver, ces manuscrits ont été 
partagésentre trois personnes; l'une d'elles 
doit être >L julien Travers, ancien profes 
seur à la Faculté des lettres de Caen lequel 
est décédé ainsi que son fils M. Emile Tra- 
vers. Ils sont représentés aujourd'hui par 
M. Sénécal, gendre de M .EmileTravers.qui 
habite à Paris, mais pour la belle saison 
à Bagneux (Calvados) au château de Belle- - 
fontaine. 

Albero, 

a Les Thugs ou Etrangleurs», ro- 
man (^LXXXlll, 240). — Ce n'est pas en 
réalité, un roman, mais la relation, fort 
délayée et dramatisée d'ailleurs, d'un 
procès d'étrangleurs hindous. 

Elle commença le 27 août 1866 dans 
le Fetit Journal, la feuille à un sou fon- 
dée trois ans auparavant par Moïse Millaud, 
et se continua jusqu'au 16 octobre, sous 
la signature de René de Pont-)est. 

Quand on arriva à l'interrogatoire du 
« grand chef des étrangleurs », Millaud 
couvrit Paris d'alfichcs portant ces seuls 
mots : Feringkca a pat lé. Et l'expression 
devint proverbe. 

M. Roger Alexandre, dans son Musée 
de la Conversation, note combien le suc- 
cès fut populaire : Grange et Wolff, dit- 
il, donnèrent pour titre à leur revue de 
fin d'année, jouée aux Variétés le 20 no- 
vembre 1866, LesThugsà Pari<i. 

D'après la notice consacrée à René de 



Pont-Jest par le Larousse, le Procès des 
7"/iM^5 aurait plus tard paru en volume. 

Le renseignement est exact, et je puis 
le préciser : une édition in-quarto, illus- 
trée, du Procès des Thugi, a été publiée 
chez Bunel, à Paris, en 1877. 

A. BoGHAERT Vaché. 

[Mêmes réponses : P. M. ; P. D. ; De- 
HERMANN Roy. 

Césembie (LXXXÎI ; LXXXlll, 104, 
272). — Je ne vois pas bien ce qu'entend 
M. G. Bord en disant que la terminaison 
ambre ou embie (ce serait en tout cas am- 
ber ou ember) est essentiellement latine. 
Sanibrc est la déformation romane du la- 
tin Samara, transcription lui-même plus 
ou moins exacte du nom, d'origine cel- 
tique ou préceltique, que donnaient les 
gaulois à diverses rivières. Siambre et 
Ambre ne sont pas des formes latines non 
plus, et le nom des Sicambri, Sigambri, 
Sugamhri, en gruc'^jyai.'xôooi ou HojYaaÇpoi, 
n'est évidemment que le nom germanique 
de cette peuplade, plus ou moins déformé 
par la prononciation latine. Il est impos- 
sible de démêler, d'autre part, par quelle 
transformation phonétique admissible on 
aurait passé de ce nom à la forme Cézem- 
bre, ou Césembre, ou Cézambre, ou Cé- 
zambre, ou encore Sezembre, etc. (l'ortho- 
graphe n'a ici aucune importance au point 
de vue de la recherche étymologique, 
étant donné la fantaisie orthographique 
des scribes administratifs de tous les 
temps et de tous les pays). Sigambri au- 
rait donné en français, en formation popu- 
laire : Sîambre. 

Mais un fait au moins curieux, c'est 
l'existence d'un nom à peu près identique 
en Portugal, où se trouve dans 1 Estrama 
dure la petite ville maritime deCézimbra. 
Les deux noms n'auraient-ils pas tous 
deux une même origine, dans une de ces 
langues à nous inconnues dont parlait 
M. Saint Mieux, et qui nous ont laissé 
tant de noms, aujourd'hui incompréhen- 
sibles, dans la nomenclature géographi- 
que ? 

Ibère. 

Tenneiol'es (LXXXlll, 193), — Ce 
mot est une déformation du mot de Tcn- 
deroUes pluriel de Tenderolle qui signifie 
petite tente, tendelet, banne, marquise de 



DES CHERCHEURS ET CUKIKUX 



10 Mai 194 1 



165 



yjti 



toile. La rue des Tenmrollu à St-Cloutl 
est donc la rue des tendekis. 

L. Abet. 



Deshabitants de M-Cloud donnent cette 
explication: ilya surle coteau deSt-Cloiid 
une région de terres dures, une des terres 
tendres ; celle-ci s'appelle les Tenne- 
rolles, ce qui serait alors une délormation 
de TendroUes, rapprochant ce mot hy- 
pothétique de sa racine latine : tener, tc- 
ncra, tenerum. Je ne me porte pas garant 
de cette étymologie. 11 y aurait lieu sans 
doute, comme toujours en pareil cas. de 
chercher dabord quelques indications his- 
toriques sur le passé de cetie dénomina- 
tion. Qyelle en est la mention la plus an- 
cienne P et a-t-elie toujours eu sa forme 
actuelle ? 

Ibère. 

Mondial (LXXVI, 339 ; LXXVII, 30, 
bi.), 178 ; LXXXllI, 274).— Evidemment 
le nombre et l'audace des néologi?mcs de 
ces derniers temps a notablement dépassé 
les vœux du » Cygne de Cambrai >- dan? 
sa Lllie à l Académie Française ; mais 
parmi ces ncologismes, il est bon de faire 
une sélection, pour retenir ceux qui joi- 
gnent à une signification spéciale et utile 
une formation suffisamment logique et 
euphonique. 

L'aA]zc\\\ mondial a-t-il un sens parti- 
culier qui le différencie d'universel ? 

Je le crois. Le terme universel est syno- 
nyme de général 11 comprend tout ce qui 
existe, aussi bien le suprasensibie que la 
matière. Un esprit universel a des apti- 
tudes à toute espèce de connaissances. 11 
étudiera avec autant de succès le système 
planétaire que la métaphysique ou l'his- 
toire des peuples. 

Je sais bien qu'on emploie souvent le 
mot univers ou universel dans un sens qui 
le restreint aux choses de la terre, mais 
c'est une acception déviée du sens primi- 
tif. 

Le terme mondial est né de ce manque 
de précision. Il vise spécialement ce qui 
intéresse le monde terrestre et les nations 
qui le composent. On ne dira pas d'une 
intelligence encyclopédique : « C'est un 
esprit mondial ». Mais on concevra « une 
politique mçndiale > entre les nations sus- 



ceptibles d'en avoir une, beaucoup mieux 
qu' « une politique universelle » d'une 
conception trop va(i[ue rn sa j^cnéralit-i. 

Envisageons mamtcnant la forme du 
mot. At il vraiment l'apparence d'un 
odieux barbarisme ? 

Notre langue dérive du latin, ne l'ou- 
blions pas ; et l'adjcclif mundialtt s'il ne 
se trouve pas dans Virgile ou dans Cicé- 
ron, se rencontre chez. Prudence et chez 
Tertullicn avec la même signification 
qu'on donne aujourd'hui à mondial. 

Or, mondial nécorchc pas plus la bou- 
che que facial ou cordial. C'est une ques- 
tion d'habitude. 

11 semble donc que l'utilité de morJtil 
existe et que sa formation ne viole aucune 
des règles habituelles de la langue. Dés 
lors pourquoi l'en bannir puisqu'il l'enri- 
chit sans la déflorer ? 

E. Fyot. 

Les lettres manuscrites de Maine 
de Biran (LXXXlll, 23S). - J'ai eu en 
1873 comme condisciple de rhétorique au 
collège Stanislas un élève du nom d'E- 
douard de LaCoste, qui était par sa mère 
petit fils d'un baron de Gérando ; celui-ci 
était, je crois, fils du philosophe. J'ai eu 
u;ie ou deux fois l'occasion de l'entrevoir 
et ai conservé de lui le souvenir d'un beau 
vieillard, à l'air affable et distingué. Mon 
camarade est devenu dans la suite rédac- 
teur au ministère de la marine et des colo- 
nies, puis je l'ai perdu de vue tt ne sais ce 
qu'il estdevenu. Samèreavaitelle un frère, 
je l'ignore. Tout ce que je puis dire c'est 
que dans le Toiit-Patts de 1921, figure un 
baron de Gérando, marié à une princesse 
Baratotïet habitant avenue Kléber, 39. 

Destutt de Tracy a eu un li^s, Victor, 
père lui-même d'une fille, Marie-Elisa- 
beth-Claudine de Tracy, née à Paris le 
18 juin 1817, qui a époufé d'abord, le 27 
octobre 1835, Césaire-Flavien Henrion 
Staal de Magnoncour, pair de France, puis 
le 22 avril 1877, Victor Gabriel de Bray, 
qui a été trésorier-payeur général. Du 
premier mariage est né le 7 juin 1838, rue 
d'Astorg, n" 6, un fils du nom de Jacques- 
Victor Flavien de Magnoncour, qui a été 
autorisé, par décret du 14 juin 1861, à 
prendre le nom de Tracy. D'abord officier 
dans la garde impériale, ce dernier mar- 
quis de Tracy a été préfet dans plusieurs 



N» 1538. Vol. LXXXlll 

367 

départemenls sous les présidences de 
Thiers et du maréchal de Mac-Mahon. Il 
avait épousé le 29 novembre 1866 Made- 
moiselle Marie-Thérèse Baylin de Mon- 
bel dont il a eu tiois fils : 1° Gauthier 
Victor-Rayrnond, né le 8 novembre 1867; 
2° Victor-Léonel Eliené le 21 juin 1869 ; 
3» Jules-Raymond, né le 29 juillet 1878. 
L'un d'eux, prénommé Raymond, figure 
seul dans le Tout-Paris de cette année ; 
il est indiqué comme habitant le domicile 
de SCS père et mère, rue La Boétie, 37. 

La plupart de ces renseignements sur la 
famille de Tracy sont tirés du Curieux, 
tome II, page 206, de Ch. Nauroy. 11 con- 
vient d ajouter que les journaux d'avril 
1921 ont annoncé le décès d'un marquis 
de Tracy, sans autres indications. 

De son mariage avec Charlotte de Grou- 
chy, sœur de Mme de Condorcet, Caba- 
nis a eu au moins une fille, Annette-Fa- 
méla, qui naquit le 2^ mars 1800 et eut 
pour parrain DcstuttdcTracy (i).nn 1823, 
elle épousa son cousin Charles Dupaty, le 
sculpteur, membre de l'Institut. Celui ci 
étant mort deux ans après, en 1825, elle 
se remaria avec un M. joubert. Je ne sais 
si, de ses deux mariages, elle a laissé pos- 
térité. G. P. 

• 

La vente faite par Etienne Chavaray, le 
20 février 1886, contenait, sous le n' 59, 
22 lettres autographes signées de Maine de 
Biran au baron de Gérando. L'ensemble 
de ces 22 lettres formait 68 pages in-4 ou 
in-8'. Elles ont été adjugées à M. Eugène 
Charavay. 

R. B. 

Jean Gouin (LXXVill ; LXXXlXi. - 
C'est le surnom donné aux marins 
comme on K; sait d'après la polémique 
ouverte dans nos colonnes. Charles Le 
Goflîc, l'admirable historien de Dixmude^ 
revient sur le problème des origines de 
ce ïurnom dans la Démocratie nouvelle. 
Le premier texte à sa connaissance où se 
rencontrerait ce surnom, est dans la 
France martitme, t. I", 1852, dans un ar- 
ticle de Garneray et celui ci renvoie au 
« Dictionnaire du Port des Barques ». 



L'INTHUMBDIÀIRË 



368 



( I ) Ellj était haute de six pieds et « malgré 
cela fort aimable » (Stendal. Souvenirs d'é^o- 
tiime, p. 48;. 



Hélas c'est un dictionnaire oral, c'est ce- 
lui des mots inventés p;tr les marins de ce 
petit village. 

En résumé, le mot existe, mais il se 
perd dans la brume des temps. 

I. 

Nobiliaire complet des croisades 

(I.XXXll, 1 18). — J'avais vu chez le fei 
vicomte de Poli plus de 80 cartons conte 
nani environ 120.000 fiches, accompa 
gnés de 20 volumes de répertoire alpha 
betiquc, dont 4 uniquement consacrés 
aux Croisés. La succession de ce travail- 
leur acharné n'eut pas connaissance de 
cet important fonds. Grâce aux indica- 
tions d'aimables érudits, j'ai retrouve 
cartons et répertoires, empoussiérés de- 
puis 15 ans, et je les ai acquis. 

Je vois que M. de Poli poursuivait deux 
grands ouvrages que sa mort interrom- 
pit : La recherchs des Croisés, et VHii- 
toire de la tiohU s.e . Il considérait son re- 
marquable £'5Sfl/ (i't/;//û^w^ //oh à l'histoire 
ginétlogique comme un simple plan que 
ces notes devaient développer infini- 
ment. 

Les matériaux de ce monument exis- 
tent ; mais il me semble difficile à un 
seul homme d'élever 1 édifice je serais 
reconnaissant de leurs conseils aux an- 
ciens amis du Vicomte de Poli ou aux 
jeunes et vaillants chartisles comme MM. 
de Gastines, Meurgey, et à tous ceux qui 
s'intéressent à l'étude de la condition des 
personnes. 

SouLGÉ. 



Septante, octants et nonant© (T. 
G. 652, 644,832; LXXXlll, 195). -- La 
question posée par M. G. de Massas a 
déjà été soulevée en 1896 et a provoqué 
quelques réponses desquelles il semble 
ressortir qu'au moyen âge, les deux for- 
mes « septante» et « soixante-dix », etc. 
étaient simultanément employées; mais 
ces réponses ne disent pas pour quelles 
raisons, ni à quelle époque, la forme an- 
cienne, qui est en somme la seule logique, 
a définitivement disparu de notre vocabu- 
laire. Je m'associe dau'ant plus volon- 
tiers à la curiosité manifestée par notre 
confrère que j'ai été tout dernièrement, à 
l'occasion d'un de ces vocables, victime 
d'une petite mésaventure. 



369 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mai 19a I . 



Ayant eu à expédier à un libraire de 
province un mandat-poste d'une certaine 
somme, plus 95 centimes, j'avais cru 
pouvoir employer, au lieu du chiiïre 
« quatre vingt quinze », le mot plus bref 
« nonante-cinq ». Mon mandat n'a pas été 
accepté au bureau de poste sous prétexte 
que « nonante » était (( un terme inconnu 
dans la langue administrative française et 
que son emploi pouvait donner lieu à des 
erreurs susceptibles d'engager la respon- 
sabilité des employés des postes qui l'au- 
raient laissé passer. » 

Je n'ignore pas que « nonante >•> a vieilli 
et que, s'il est encore usité en Belgique et 
en Suisse, il est communément rem- 
placé chez nous par « quatre-vingt-dix *. 
Cependant, je l'ai lu. imprime dans un 
projet de budget présente à la Chambre 
des députés par M. Jules Roche dans ces 
,. temps heureux, que nous ne reverrons 
plus jamais, où nos dépenses se montaient 
à la modeste somme de trois milliards 
neuf cent nonanle millions et quelques 
centaines de mille francs. J'ai moi-même 
parfois employé « nonante » et je l'ai vu 
accepter sans difficulté par des maisons 
de banque françaises. M. Lebureau ne 
s'est-il pas montré un peu trop poin- 
tilleux dans la circonstance, étant donné 
qu'il n'aurait pas vraisemblement refusé 
de me payer, s'il avait porté le chiffre 
« nonante», le montant d'un mandat ve- 
nant d'un des pays où il est encore en 



370 



ussge 



Un BIILIOPHILE COMTOIS. 



* • 



Les expressions soixante-dix, quatre- 
vingts, quatre-vingt dix se rencontrent au 
XIV» siècle déjà. Les Archives de l'Htat de 
Fribourg (Suisse) possèdent maints ma- 
nuscrits de 1380, 1390, 1403, 1415 etc., 
paginés de la façon suivante : LX. X. =: 

X X 

soixante.. . dix ; i i i i 

XX 
4 X 20 = 80 ; i i i i, 

XX 
vingt... trois ; i i i i. 
vingt... dix ; on ne peut pas lire autre- 
ment cette manière d'écrire ces chiffres, 

XX 

on écrivait de même V i. V i i i. pour 128 : 
six... vingt... huit 6 X 20 -|- 8. 

T. DE Rœmy. 



= quatre vingts, 

, i i i = quatre... 

X- =^ quatre 



« 



C est au cours du xvm* siècle, semble- 
t il, que ces mots ont f<4it à peu près défi- 
nitivement place aux expressions actuelle- 
ment en usage ; car le dictionnaire de Fu- 
retiére noie que octantc est moins em- 
ployé que quatre-vingts, indique que no- 
nante est la même chosr que quatre vin;»t- 
dix ; Bossuet, dans le Dncuut <: sur l'bis- 
toite univ/'iselU, parlant de la Bible des 
Septante, écrit : « les septante interprètes, 
les soixante-dix interprètes », ce qui in- 
dique qu'il juge utile de joindre l'expres- 
sion devenue usuelle a l'expression tradi- 
tionnelle. Quant a quatre-vingts, il se 
rattache à une tendance ancienne ilans la 
langue à compter par vingtaines, dont le 
nom de l'hospice des CLuinzc Vingts, fonde 
par Saint-Louis, est un autre reste ; au xvii' 
siècle on disait couramment six-vingts, 
sept-vingts, etc., pour cent vingt, cent 
quarante ; Littré en fournit des exemples 
au mot vingt. 

Iberr. 

c< Vloo » (LXXXI1,384 ; LXXXIII, 85). 
— Je remercie les aimables correspon- 
dants qui ont répondu à ma question (n* 
1532 de V Intermédiaire). 

La collection de boutons que je possède 
porte la devise VLAOO. La lettre A ou- 
bliée dans l'insertion doit être le lait d'une 
étourderie de ma part. 

Je constate avec reconnaissance que 
cette lacune a été réparée d'office par les 
sympathiques chercheurs. 

Arsène Kersaudy. 



LaCodaqui(LXXXll ; LXXXIU, 121. 
275). — C'est sur l'air de la Codaqui dont 
le rythme est net et bien scande, que Bc- 
ranger a mis sa chanson Les bomnin 
noirs, dirigée contre les Jésuites rentres 
en France sous la Restauration. Cette 
chanson est un pamphlet féroce en vers, 
passe encore pour les couplets eux mêmes, 
m;<is le refrain vilainement cynique dé- 
passe toutes les bornes de la polémique 
permise. Je ne connais de pire, si possi- 
ble, dans l'œuvre poétique du chanson- 
nier, que le Fils du Pape. De t^^lles œuvres 
oflfenseni tellement le goût qu'elles justi- 



L'INTERMÉDIAIRE 



N» 1538 Vol.LXXXIlI 

57' 

fieraient toutes les accusations de cynisme 
portées contre l'auteur du Roi d'Yvctot. 
Les moins croyants, les adversaires les 
plus déclarés de la p-jlitique des R. P., 
ne peuvent qu'être altristéâ de rencontrer 
de tels morceaux dans le voisinage des 
Sonveniti du Peuple, et de quelques au- 
tres pièces, rares, il est vrai, mais dignes 
de toutes les anthologies. 

H. C. M. 

« Qui nous délivrera des Grecs 
f.t des Romains » (LXXXllI, 240). — 
J avais toujours cru jusquiri que ce vers 
célèbre était de Berchoux, l'auteur de la 
Ga:tionomie, — et cela, sur la foi de 
Stendhal, qui le cite plusieurs fois dans 
sa Coi rc pondaiice et dans ses ouvrages. 
Le Larousse attribue également le vers à 
Berchoux Ce serait à vérifier. 
, Daniel Muller. 

* 

Roger Alexandre, dans son ouvrage * Le 
Muiée de la conversation (Bouillon, 1892), 
écrit, p. 94 : 
Qui me délivrera des Grecs et des Romains ? 

« Ce cri désespéré est le pretnier vers d'une 
« pièce de Birchoux (1765 — 1839) intitulée 
" Elégie, dont la première édition est de 1801 ! 
« et que l'on trouva réunie à ses œuvres (Mi- 
« chauJ. 1829, tome IV, p. 107). < 

« L'aofeur s'y révolte sur un ton plaisant 
contre le rudiinei.t. les études classiques, 
etc., efc : 

« Ce fut bien pis encore quand je fus au 
« théâtres . . . 

« Il y entend, Fhédre, Cléôpâtre et d'au- 
tres : 

fl huilant comme des loups ; 

« Et toi, triste famille, à qui Dieu fasse 

[prix] 
(( Race d'Agamemnon, qui ne finis jamais, 
€ Dont je voyais partout les querelles anti- 

[ques] 
« Et !js assasinats mis en vers héroïques * 

< D'après M. Edouard Fournier (/.£5^/i7 
« des autres), Berchoux aurait emprunté ce 
vers à une épiire de Bernard Clémeiit, de Di- 
« jon, qui avait écrit : 

< Qui nous délivreta des Grecs et des Ro- 

[ main s ? »] 
« Ici du re5te il ne saurait être question de 
plagiat niais seiileinentd'uiie alluùon comme 
« Berchoux en a fait plus d'une fois ». 

On voit que Roger .Alexandre ne résoud 
pas la question de savoir si ce vers célè- 
bre est réellement dans Clément. 

P. M. 



372 



Edouard Fournier est, comme docu- 
ment.ition, à peu près aussi fantaisiste, 
souvent, que le Bibliophile Jacob. Le vers 
j *< Qjii me délivrera des Grecs et des Ro- 
mains » est le premier d'une élégie sati- 
I rique qui fut, en 1797,1e début littéraire de 
j Berchoux, l'auteur de la Gastronomie. 

Ibère. 



Tartarin (XXIV ; XXV ; LXXXtl, 
86; 174; LXXXUl, 279). ~ Ce nom 
existe en Belgique dans le village de Silly^ 
arrondissement de Mons. Province de Hai- 
naut. 

L'Almanach du Commerce mentionne : 

J. lartarin, coiffeur. 

J , Tartarin-Dufour, cabaretier. 

A. Tartarin, négociant en denrées colo- 
niales. 

A. Tartarin, bourrelier. 

J. Tartarin, tailleur. 

A. Tartarin, négociant en vins et li- 
queurs. 

F. A. O. L. 

Age militaire (LXXXIII, 10, i^i), 
— Le vicomte d'Avenel (la Noblesse 
Française. . ■) rapporte qu'au xvii® siècle 
Feuquièreset Cinq-Mars servaient à treize 
ans, Turenne à quatorze, La Rochefou- 
cauld à seize, Théminc-s à dix-sept. Il 
ajoute : « un gentilhom;;ie de dix-sept à 
dix-huit ans, qui ai li'ge militaire, dit 
.Savary, est réputé maj. -r par le fait de 
la guerre >. Et ailleurs : « la vie militaire 
commençait pour le ncble à quinze ou 
seize ans, au sortir de page >. L'âge mi- 
litaire dont parle Savary, c'est, je pense, 
non celui qui correspond à l'entrée au 
service mais à l'aptitude à faire cam- 
pagne. 

Henri D. d'A. 

Meises célébrées à l'instigation 
des Francs Maçons (LXXXll, 235, 
295, 349; LXXXIU, 21,277).— Aux 
faits déjà signalés on peut i^jouter les 
suivants : 

1770. — Un curé des environs de Lu- 
néville, membre de la loge de Plom- 
bières, étant décédé, les Francs-Maçons 
de Lunévillc veulent faire célébrer un of- 
fice pour lui dans une des paroisses de la 



DBS CHHRChBURS El CURIEUX 



375 



lo Mai i^si 



ville. Le curé auquel ils s'adressent, 
M. Jadot, s'y refuse. L'évèquc de Toul, 
saisi de l'alTaire, approuve le curé et in- 
terdit aux prêtres de son diocèse de célé- 
brer l'office demandé. Les Francs Maçons 
assignent évèque et curé devant le tribu- 
nal qui impose silence aux deux partis, 
défend à l'évêquc d'inquiéter les F.". M.*., 
ordonne à ceux-ci de cesser leurs pour- 
suites et à l'abbé Jadot de célébrer l'of- 
tice. 

1777. — A Paris, le i«' novembre, la 
Grande Loge fait chanter un Te Deum 
dans l'église des R. R. P. P. de Nazareth, 
rue du Temple, pour fêter la convales- 
cence du grand maitre, le duc de Char- 
tres. 

1781. — Le 26 novembre, la Mère 
Loge du rite écossais fait célébrer, à 
l'église St-Eustache, une messe en musi- 
que en Ihonneur de la naissance du Dau- 
phin. 

1783, — Te Deum chanté dans l'église 
des Petits Pères, place des Victoires, le 10 
décembre, à la demande de diflerentes 
loges de Paris et de Versailles. 

1786. — Dans la même église, la Mère 
Loge fait chanter une messe en musique, 
le 15 novembre, et célébrer un office en 
l'honneur d'un de ses membres décédé, 

1811. — Une loge fait célébrer, dans 
une église de Paris, un service pour le re- 
pos de l'âme d'un des frères ; elle exige 
du clergé le mélange aux cérémonies reli- 
gieuses de rites tt d'emblèmes inaçonni- 
ques, ce qui provoque une ciiculaire par 
laquelle le Grand Orient rappelle aux 
F,'. M,-, qu'ils ne doivent jamais divul- 
guer les mystères maçonniques «etencore 
« moins se croire autorisés à déranger en 
« aucune manière les usages religieux de 
« quelqueculte que ce soit, » 

tRNEST d'HaUTERIVE. 

Agences et bureaux d'affaires : 
leur origiue (LXX.Xlll, 242) — La 
question a déjà été posée : LXXXl, 50. 

P. D. 

Les poulardes du Mans (LXXXUI, 
24a). — En 1779, les Affiches de Li Ton- 
raine et pays Saumuron publièrent des 
< notices » sur le commerce et lindustric 
des principales villes de la Généralité de 
Tours. Voici les renseignements tournis 



MA 



par la feuille tourangelle sur la ville de 
La l-'lèche : 

< Il y a quslre foire» I.i.kucs pour tome 
espèce de marchand., qui .tirent chacu.m 
nuit )ourv l.o marché se tient aus»i tout les 
mercrelisdu i'jimoe avec le» inéuiet privi- 
lèges. Il s'y fait un débit immense de pou- 
laides, dont la délica-esso et la réputation 
sont cornues sous le nom de pouLirdts du 
Ma»-, i|iioiqu 'elles Eoicnt ronrriet et en- 
graissée» dans les maisons de l.a I lèche etc 

F. Û. 
• * 

Le temps me manque pour repondre à 
la question posée par le collaborateur 
H. B. ; je veux tout simplcni..ni lui signa- 
ler ici deux livres oij il lui sera facile de 
se documenter : 

I" Frédéric Lachèvre, Pcelti <•/ Goinfres 
du XyW siècle. La chronique dei Chapom 
et des Géhn^ltes du Afatn, d' Elittiue Mat ■ 
lin de Finchcsne. Paris Lib. Henri Leclerc, 
1907, in-8 de LXXl, 265 pages, 

2' Abbé Ch. Trillon de l.i Bigottiere. 
La Légende des Pon/ardes du Mam, Ma- 
mcrs, G. Fleuryet A. Dangin, lyoi', in-8 
carré XII-15 1 pages. 

Louis Calendini. 

ii[ouiiailles ti (ï.iii[io8itfs 

Balzac et la famille Valmore. — 
Voici une lettre non datée adressée par 
Balzac à l'éditeur Het/'.cl, lettre que j'ai 
trouvée reliée en tète d un exemplaire de 
Bertbe /,? Repenti,-, réimpression par Sou- 
verain en 1859 uu « Troisiesme Dixain » 
des Cent contes drôlattquet : 

Mon cher Ileizel, M. Valmore n'a pas 
accepté la place aux messageries à cause du 
noviciat. 

Faites faire je vcus prie un spèamen 
d'une page avec le caractère qui sert aux 
premiers paris de la Prese ; c'est un petit 
romain, qu'il soit uiUriigné d'un point et 
nous aurons le même nombre de lettres 
qu'avec le caractère qui a servi à la page 
d'essai, 

hnvoye/.-moi cette page parlefwote Ion par 
la f ostej, tirée sur le papier que vous pren- 
driez. 

Tout à vous. 

De Bc. 

Cette lettre a dil être écrite à la fin de 
l'année 1845, a une époque ou Valmore, 
devenu sans emploi depuis la faillite de 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1538.V0I.LXXXIII 

375 — 

rOdéon, avait un instant songé à entrer 
dans l'administration du chemin de fer 
de Bordeaux à Orléans qui était en irain 
de se créer. Mais 1" *< illustre Valmore », 
comédien sans talent, se croyait un au- 
tre Talma et ne voyait rien au-des- 
sus de la carrière théâtrale. 11 n'est Jonc 
pas surprenant qu'il ait renoncé à la- 
carrière administrative qui s'otTrail à lui 
et ait préféré aller diriger à Bruxelles le 
théâtre de la Monnaie. 

En 1845, Balzac connaissait depuis plu- 
sieurs années la famille Valmore ; le 
mari avait notamment créé en mars 1842, 
à rOdéon, le rôle du grand inquisiteur, 
le cardinal Cienfuegos dans Le^ Reisoiir- 
ces de Qjiinola. Honoré demeura jusqu'à 
sa mort en très bons termes avec la 
pauvre Marceline, dont la situation et les 
épreuves excitaient sa pitie, et lui prou- 
vait, à loccasion.l intérêt qu'ellelui inspi- 
rait. Le 18 novembre 1846, donnant à son 
mari, alors à Bruxelles, des nouvelles de 
leur seconde fille, Inès, très malade de 
l'afTection de poitrine qui devait bientôt 
l'emporter, elle lui mande que Balzac 
a écrit une lettre pleine de cœur à la 
petite malade et lui a envoyé des fruits, 
du vin et des fleurs ; et, lorsque la jeune 
fille mourut trois st'maines plus tard, 
Balzac fut un des premiers à venir appor- 
ter des consolations à l'infortunée mère. 
Je ne sais de quelle œuvre il peut être 
question dans la lettre de Balzac à Hetzel. 
A cette époque, l'auteur du Père Goiiot 
faisait publier en édition collective chez 
cet éditeur, associé, à Furne et à Uubo- 
chet, les Scènes de La y te parisienne, celles 
de La Vie militaire et les Etudes philoso- 
phiques .W s agiiprobAblemenl de l'épreuve 
de l'une de ces réimpressions. 

Un bibliophile comtois. 

Letlre de Gounod à Ingres. — 

L'aimable exposition des œuvres d'In- 
gres, qui est un triomphe pour le maî- 
tre français, donne un caractère d'ac- 
tualité à cette lettre de l'auteur de Faust 
jugeant le peintre de la Source comme la 
postérité le jugera. 

R. B. 
Lundi, 19 janvier 1854. 

Cher Monsieur Ingres, 
Je ne sais comment vous exprimer le bon- 
heur que m'a fait épiouver votre admnable 



376 



peinture, devant laquelle, grâce à votre pré- 
cieuse permission, nous avons eu ce matin, 
ma femme et moi, le privilège de passer 
près d'une heure. Nous ne pouvions nous 
détacher de cette page qui aurait été peinte 
par Homère lui-même, si Homère eut été 
peintre et s'il eut vécu parmi nous. Vous 
cte< véritablement l'Homère de la peinture 
des tems modernes, et il semble en regar- 
gardaiit votre œuvre, que nous l'ayiez faite 
en compagnie de ces éternels géants de 
l'antiquité que votre pinceau fait revivre de- 
vant nous. Je vous l'ai dit quelquefois, 
cher Monsieur Ingres, je l'ai pensé bien plus 
souvent encore, et ie puis le répéter aujour- 
d'hui plus que jamais, votre personne et 
votre art ont jeté plus de lumière dans mon 
intelligence que bien des partitions célèbres, 
et si j'ai le bonhtur d'en aimer passionné- 
ment et d'en comprendre un peu quelques- 
unes de celles que r.ous aimons tous deux, 
c'est peut-être encore à ce lumineux contact 
de mes années de Rome passées auprès de 
vous que j en suis redevable: vous m'êtes 
sans cesse présent par le souvenir et par 
I autorité lorsque je iiavaille, et je serais 
trop heureux si je pouvais un jour vous ren- 
voyer un petit layon de ces joies si vives 
que vous m'avez dévoilées. 

Ma femme qui été comme me' pénétrée 
d'admiration pour votre peinture me cha-ge 
de vous expiimer toute sa reconnaissance de 
la faveur que vous nous avez faite et se 
rappelle à votre affectueux souvenir ainsi 
qu'à celui de Madame Ingres. Si nous ne 
craignions d'être indiscrets, nous ' ous de- 
manderions comme un privilège bien ai- 
mable et bien apprécié, une petite carte 
d introduction, dont nous serions si heu- 
reux de pouvoir profiter encore quelquefois 
avant ic départ de ce chef-d'œuvre qu'on 
voit si bien aujourd'hui et qu'on peut regar- 
der et étudier tout à l'aise : je %ûus assure 
que nous la méritons un peu par noire pro- 
londe sympathie pour la personne et pour 
l'œuvre. 

Crevez, Cher Monsieur Ingres, à ma vive 
et respectueuse affection, et veuillez faire 
agréer à Madame Ingres mes très hunibles 
hommages. 

Votre bien dévoué, 

Ch. Gounod. 
Rue Pigale 49. 



Le Dit ecteurgcrutit : 
Georges MONTORGUEIL 

Imp. CLERr.,-DANiHL.Saint-Amand-MoDtrond, 



I 



LXXXHl* Volume Paraissant tes lo, 20 it de jo chaque mou ag-30 Mai iqsi 



N" 1539 

Si'i'.r. Victitr-Maaiié 
l'AII?8 (IX») 

Bar^AUX ; Je 3 à 6 heures 



au^auE 



CJicieUez el 2 « v4è' > , Su , , 

p ~->\îKc UiU:. m H se faut 

vous tror.vtres O jSf^^lfSmt' ' . • j 

X rusS^P^Bs. o cn(r aider 




8i' '.r. V«rl.ir MaHftè 
■•AIIIH (IX*| 

Rurttui do i o tiaur'i 



DbS CHERCHEURS El CURIEUX 
Fondé en 1864 



(JUKSTION^ KT RKfON'îKS LITTÉUAIRE^, HISrORIQL'ES, Sr.IRNTIKK^L'KS f.T 

TaonVAII.l.ES ET CUI'.lOSITîS 



ARTISTtOL'ES 



3,7 



)7« 



iVoMj prions nos correspondanh de 
vouloir bien répéter leur nom au-dessous 
de leur pseudonyme et de nécrire que 
d'un côté de la feuille. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
m seront pas insérés. 

Pour la précision des rubriques, une 
question ne peut viser qu\n .u-ul nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques el leurs cotes. 

Quand la questioi sollicite la connais- 
mnce d'une liste, la liste, sauj exception, 
n'est pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute question ou ré- 
ponse tendant à mettre en discussion le 
noin ou k titre d'une famille non éteinte. 

OlHueôtionô 

Une lettre de M. Louis- Viardot. 
~ Un prétendu décret de i-.-N. Bo- 
naparte. — Notre collaborateur M. 
Maxirne Deloche, nous communique la 
lettre médite suivante de M. Louis Viar- 
dot, adressée à Etienne Arago. 

Bade, le «8 avril 69. 

Mon cher ami, 
Vous m'avez fait un si cordial accueil, 
quand nous nous sommes revus à la vente 
Dalessert, et vous m'avez demandé avec tant 
d'empressement des nouvelles de ma femane, 
que je crois ne pas ^tre indiscret en vous 



! adressant la tradiictio:i d'un article qui vient 
\ de paraître dans la Weimarische Ztitung. Il 
, s'agit de la i*^»; représentatio.i d'une opcrctle 
\ en 2 actes : Le Dernier sorcier, parole» 
d'Ivan Tourguenet, musique de Mme Pau- 
line Viardot, donnée pour la fè(e de la grande 
duchesse de Saxe-Weimai 

]'8Jûuterai à cet article qu'il est pariait*- 
inent vrai, conme l'a mande au Guide musi- 
cil de Bruxelles un de ses correspondants, 
que 1 dès le lendemain le grand duc e;t venu 
- féliciter Mme P. Viardot, et lui a de- 
« mandé un autre opéra, mettant à sa di$- 
« positi-jn toutes les ressources du théâtre 
« de Weimar, et se félicitnnt de ce que cette 
<\ petite capit4le,déjà célèbre par le séjour de 
« Gœlle, de Schiller, de Wieland, etc., ait 
< été la première à rcvdler h l'Allemagne une 
« femme compositeur. » 

D'occas on, voulez-vous mon cher ami ra- 
conter à M Kred. Morin une anecdote qui 
lui fournira une nouvelle preuve des diposi- 
tions envers la Belgique. C'était peu après 
le coup d'Etat du 2 décembre et avant le dé- 
cret qui dépouillait les princes d'Orléans. M. 
de Morny était ministre de l'intérieur. Un 
soir sans doute après quelque dîner au vin 
de Champagne, le président dictateur en- 
voya au Moniteur, un décret ainsi conçu : 

Article premier. — La Belgique est te- 
nue à la France ; 

Art. 2. - Le ministre de la guerre est 
chargé de l'exécution du présent décret. 

M. GruM (alors directeur du Moniteur) 
épouvanté d'avoir refusé une telle publica- 
t.on, «e rendit en toute hûie chez M, de 
Morny pour lui toumeltre la question. M de 
Morny qui n'était pas ivre, courut à son 
tour à l'HIyséeet obtint q.ie la publication 
fut ajournée au lendemain. C'était en obtenir 
l'ajournement indétîni. 

Vous avez connu Paulin, le libuire-edi- 

LXXXlll-y. 






H* 1539. Vol. LXXXIII 

— 379 — 

leur ; vous savez que c'était un homme vé- 
lidique, incapable d'un mensonge sérieux // 
»;'a donné sa parole d'honneur qu'il avait 
vu le décrit dans les mains de M. Griin, 
l'un de ses amis. 

Voyez s'il serait possible de faire quelque 
allusion à cette aventure. 

Recevez, mon cher ami, avec les bons 
souvenirs de ma femme l'expression de mes 
sentiments les plus affectueux. 

Louis VlAROOT. 

Je serais charmé d'apprendre que ce bil- 
let vous est parvenu, sans s'être arrêté au 
cabinet noir. 

Les papiers des Tuileries ont révélé sur 
ce point, cjque fut un instant l'orienta- 
tion de la politique présidentielle ou im- 
périale et le parti qu'en tira Bismarck, 
mais, sous cette forme le fait est inadmis- 
sible. 

Louis-Bonaparte n'a jamais passé pour 
s'enivrer, et surtout pour s'oublier dans 
l'ivresse jusqu'à vouloir imposer la publi- 
cation à V Officiel^ d'un pareil décret, dont 
la fantaisie n'est digne que de l'opérette. 

Cette anecdote a-t-elle d'autres répon- 
dants que M. Louis Viardot, qui parait 
l'avoir recueillie avec l'empressement 
d'un opposant dont l'hostilité au régime 
a oblitéré le .sens critique. 

1. 



L'INTERMEDIAIRE 



380 



Hudson Lowe. — L' llluUr ai ion, d&ns 
son numéro du centenaire de Napoléon, 
fascicule fort beau, je rencontre avec 
quelque surprise un assez agréable portrait 
de sir Hudson Lowe, qui montre une phy- 
sionomie singulièrement sympathique et 
même aimable, celle d'un parfait gentle- 
man britannique. 

Sans croire que le gouverneur de 
Sainte-Hélène fut l'hyène méchante et bas- 
sement tortionnaire, que nous présentent 
les écrits venus ou inspirés de Longwood, 
c'était, semble-t-il, un agité, un homme 
éperdu de sa responsabilité, sans tact, 
croyant, sans doute sincèrement, à une 
maladie simulée de l'Empereur, surtout à 
des rêves constants, a des possibilités 
d'évasion dont il supposait le captif hanté, 
ce dont maladroitement ne le depre- 
naient pas, au contraire, certains compa- 
gnons d'exil comme Gourgaud 11 y avait 
assurément du sot chez Lov/e, de l'An- 
glais hautain, dur et sans générosité, mais 



' après tout il ne faisait qu'exécuter sans 
intelligence une consigne donnée de loin. 
Etj'ai leregret d'avoir à dire, que dans ma 
manière de voir, cette consigne était, les 
Anglais en sont plutôt honteux aujour- 
d'hui, de faire le plus possible souffrir 
l'Empereur prisonnier. je veux bien croire 
que le gouverneur demeurait en deçà de 
ses instructions plutôt qu'il ne les outre- 
passait ; mais chez cet homme tout d'une 
pièce, orgueilleux, médiocre d'ailleurs, 
les défauts de la caste et de la race s'exa- 
cerbèrent au pire. Quoi qu'on puisse 
donc plaider en faveur de sir Hudson 
Lovv'e, je crois, tout pesé et contrepesé, 
que sa mémoire a été justement condam- 
née. 1 1 pourtant, en voyant dans Vlllus- 
tratioii cette belle et sereine figure d'aris- 
tocrate, jo me demande comment l'homme 
extérieur a pu être si ditïérent de celui 
qu'ont vu les prisonniers de Sainte-Hé- 
lène, si les Français, l'Empereur lui même 
ont pu se méprendre ainsi, enfin si nous 
avons bien là une image du geôlier qu'a 
liliéré la n^ort de l'Empereur. Qy'en 
pense-t-on à V Intermédiaire'': 

H.C. M. 



Les Ecossais eu France. — 1" Il 

existe à Edimbourg (Ecosse) une colline 
appelée Calton-Hill, qui porte le monu- 
ment national de l'Ecosse. 

Ce nom de Calton a-t-il une significa- 
tion 't et laquelle ? 

2» Qiielles sont les différentes époques 
où les Ecossais ont été appelés en Fran- 
ce ? 

3» Trouverait-on en Vendée vers Gho- 
let ; — en Bretagne, vers Nantes — ; des 
traces de séjour d'Ecossais, ou du nom 
cité plus haut f 

G. C. 

Grand Café Alexandre. — On ne 

trouve pas de détails sur le Grand Café 
Alexandre qui était sur les boulevards au 
xviii* siècle. En existe-t-il ? 

V. 

Artois. — Lesgrands Armoriaux don- 
nent la filiation suivie suivante : 

1, — Charles de France Comte deVa- 
lois^ fils de Philippe 111 le Hardi, épousa 
Catherine de Courtenay. Dont ; 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX go-jo Mai 1911 
381 3gj 



II. (eanne de Valois, épousa (1318) 
Robert III d'Artois. Dont : 

III. — Catherine d'Artois épousa (vers 
1320 ?) Jean de Ponthieu, Comte d'Au- 
male. 

Cette filiation est-elle rigoureusement 
exacte ? Peut-on indiquer des dates plau- 
sibles pour les mariages? 

G. DE M. 

Nicolas François Xavier Baltazar, 
peintre. — On demande des renseigne- 
ments sur Nicolas-François Xavier Balta- 
zar, peintre, (ou Balta7ard) de l'Acadé- 
mie de Rome, première moitié du xvni' 
siècle. Est-ce celui qui est dénommé Fran 
çois-Savary dans le dictionnaire de Bc- 
nezit ? 

NiSlAR. 

L'amiral Bruix. — Existe t-il des 
documents dans des dépôts publics ou 
privés relatifs à l'amiral Bruix , et en 
particulier des renseignements concer 
nant la campagne maritime de 1775 qui 
fut dirigée par cet amiral ? 

Paul de Monizaigle. 

Le Conventionnel Chasset au 
siège de Toulon. — Dans les Régi- 
cides, de Belhomme, on peut lire, page 
38, que Chasset, député de Rhône et 
Loire, et régicide, obtint grâce entière en 
faisant valoir sa conduite au siège de 
Toulon. 

A quelles sources peut on recourir 
pour apprécier cette conduite ? 

Framcopoi.itanus. 

Jules David, peintre. — Quelque 
intermédiairiste obligeant, — de ceux 
surtout qui sont pami les fer\cnts de 
l'époque romantique, — pourrait-il me 
donner quelques indications sur un artiste, 
fort oublié aujourd'hui, Jules David .? 11 
n'était pas sans quelque mérite, et tra- 
vaillait dans la phalange des Daubigny, 
Devéria, Penguilly-Lharidon, et autres. 
Il a illustré, entre autres, les %< Fables de 
La Fontaine >. Sait-on où il vivait, ou et 
quand il est mort ? 

B^raldi, si abondant d'ordinaire, ne lui 
consacre, dans ses Graveurs du XIX', 
que deux lignes, ce qui est peu tout de 
même. O. N. j. 



Oustavft Flaubert : a Le ohAteau 
das Fleurs » ou a Le ChÂteau d»t 
Cœurs.» — SoLis la sijijnatiirc de M. Ch. 
Gortic,jelis dans la Giande Encychptdi* : 

«La même annce, Flaubeit abordait !• Ihei 
tre avec une pièce d'aMuahté Cmhddt qu' 
fut jouée au Vaudeville et tomba uct. Ce 
n'était point sa première tentative dramati- 
que, Flaubert avait écrit une m.iitiere de (éc- 
rie lyrique, le Château dis Pleun k\\\'\\ <»• 
saya vainement de faire accepter d'un direc- 
teur de théâtre. 

Et plus loin : 

Les œuvres posthumeidugrand romancier 
comprennent Candidat et le Chittau dts 

FUurs publiés danala • Vie Moderne» (188^), 

Le Grand Dictionnaiie du xix» Siècle, 
à la même rubrique, dit ; 

On prétend aussi'que M. Flaubert a depuis 

longtemps en portefeuille une féerie intitulée 
Le Château des Cœurs qui n'a pu être jouée 
sur aucun théâtre. 

Dans les éditions successives des œu- 
vres de Flaubert on trouve Le Château des 
Cceuts seulement. 

Un intermédiairiste pourrait-il me con- 
firmer qu'il y a dans la Grande Encyclo- 
pédie une coquille typographique répétée, 
et qu'il faut bien lire Le Château Je* 
Cœurs ? 

Paul Dubois. 

Laus de Boissy. — On demande 
des renseignements sur Louis de Laus de 
Boissy, auteur dramatique et poète, la 
plupart des dictionnaires ne disant rien 
de lui. 

Enji782,il avait encore sa merc. Au dé- 
but de 1783, il perdit son frère. A la 
même époque, il avait une maison de 
campagne aux environs de Villeneuve- St- 
Georges. 

Où trouver plus de renseignements? 

C. M. 



Legrand de Beauvaii. — Dans son 
ouvrage sur Ca^a^iova et son temps, M. E. 
Maynial nous dit que P. Loùys a décou- 
vert < le secret du manuscrit mystérieux 
de Legrand de Beauvais ♦v Histoire des 
femmes que ]' ai connue<i . 

Nous désirerions avoir sur l'auteur de 
ces * Méiyioircs énigmatiqucs > tous les 



N» i^^9. vol. LXXXII L'INTERMEDIAIRE 

renseignements possibles concernant sa 
vie et son œuvre. 

A quelle époque vivait l'auteur? Qyi 
était-il r 

D' J. C. 



584 



Robert M^ingarnaud. - Un des 

aimables lecteurs de l'Intermédiaire pour- 
rait-il m'éclairer sur le point suivant : Ro- 
bert Maingarnaud étant mort comme co- 
lonel du 8* de ligne, à Lille, le 19 mai 
1832, son décès fut otïiciellement an- 
noncé, en ces termes, au Ministre de la 
Guerre, le maréchal Soult, duc de Dalma- 
tie, par le chef de l'Etat-Major Général de 
l'Armée du Nord, à Cambrai, le 22 mai 
1832 : 

Monsieur le Maréchal, Conformément aux 
ordres de M. le Mar chai (^omte Gérard, j'ai 
rhonncur de vous infi-imer que M. le baron 
Maingarnaud, Colonel du Se de ligne, est 
décédé à Lille, le 19 de ce mois, à la suite de 
deux mois de souffrance^, 

Or je n'ai pu trouver nulle part trace de 
l'octroi du titre de Baron fait à Maingar- 
naud. ni à la Chancellerie, ni aux Archi- 
ves Nationales, ni dans les ouvrages de 
Révérend, qui ne mentionne que Jean 
Maingarnaud, créé Chevalier de l'Empire 
et qui était un cousin du susnommcr 

Comme Maingarnaud, Robert était à la 
fois militaire et écrivain, il est mentionné 
dans la Biographie générale de Firmin-Di- 
dot, dans le grand Laiomse et dans la Bio- 
giijphie IJniverseUe de Michaud, comme 
« R. V. Baron de Maingarnaud » et, dans 
le Dictionnaire historique de F. de Feller, 
comme »< Baron Maingarnaud >, etc. 

Je puis ajouter, à titre de renseigne- 
ment documentaire, que Napoléon 1"% 
pendant les Cent Jours, a apposé sa signa- 
ture, le 28 mars 181 5, au bas du contrat 
de mariage de Robert Maingarnaud, qui 
épousait une DUe H. Marquette de la Vié- 
ville, de Laon. Aurait-il été créé Baron, à 
cette occasion, pendant les Cent- jours .'' 

Ph. DE BUR. 

M. de Redon. — Quelque mtermé- 
diairistepeut il me donner des renseigne- 
ments sur un M. de Redon, ingénieur des 
ponts et chaussées qui a dirigé les tra 
vaux du pont d'Alger sous le Second 
Empire • 

Quels étaient ses nom, prénoms, &es 



grades, son origine ? A quelle famille de ' 
Redon appartenait-il? 

(Il y a 5 familles de ce nom d'après 
Rietstap). 

Qjiand et où est-il mort ? Cette ques- 
tion est faite chose étrange, au nom de 
l'un de SCS desce idants qui est établi en 
Amérique. 

NlSIAR, 

Portrait de Jeaa Second. - H y 

a une centaine d'années, dans la préface 
de ses Baisers et Elégies de Jean Second, 
Tissot écrivait : 

On conserve paimi les portraits des hom- 
mes célèares celui Je ce jeune favori des 
Muses, qui fut donné, il y a plus de deux 
siècles, par le stathouder Maurice à U bi- 
bliothèque de Leyde. L'original de tous les 
portraits de Jean Second, peint d'après na- 
ture avec beaucoup de succès, par Shorcll, 
ornait autrefois i'hote! de ville de La Haye ; 
il est maintenant entre les mains de M. Ba- 
gelaar. 

Sait on ce qu'est devenu ce portrait r 

C. M. 

La marquise de Silly. — Prière 
d'indiquer, en dehors de tout ce qui a été 
imprimé sur elle, les renseignements et 
documents concernant Anne Marine Véro- 
nèze, dite la Coraline, qui fut actrice au 
xvin« siècle et devint, en 1760,1a maîtresse 
du comte de La Marche devenu Prince de 
Conti en 1776 et le dernier du nom, dont 
elle eut plusieurs enfants. Elle porta le 
titre de marquise de Silly et eut plusieurs 
protecteurs avant le Prince de Conti qui 
fut son héritier. 

Alex. Thomas. 



Problème héraldique. — Un écus- 
son écartelé porte les quartiers 2 et 3 
semblables entre eux — les quartiers t et 
4 dissemblables entre eux. Quel est, dans 
ce cas, le quartier qui représente les ar- 
moiries originales de la famille ? Si c'est 
le n^ 1, pourquoi n'est il pas reproduit 
deux fois (1 et -5) comme étant le plus 
important, les deux autres représentent 
les armoiries d'alliances et pouvant 
n'occuper que les quartiers 2 et 4? 

L'écusson en question, gravé au xvm' 
siècle, a-t-il été établi conformément aux 
règles du blason, ou contrairement à ses 
règles, et par de mauvais héraldistes r 



DKS CHKKCHKURS ET CURIHUX lo-^o M.i 19a 1 
385 j86 



S'il est correct, n'est il pas à enquerre ' 
Voici l'exemple concret : éc. au /*' de 
g. à un chien panant , d'argent. — aux 2 
et ) de s au huchet d arg., ace. de ) éioilfs 
d'or 2 et I . — au ^ de g. à la cioix cn- 
gt esJée d'arg. chargée Je 5 étoiles de g. 

BOISSAY, 

Armoiries à déterminer : coquil- 
les et gerbes. — Chevron cliargc de 
■j coquilles, accompagné de trois gerbes. 
.\rmoiries au dessus d'une porte Louis 
XIII, provenant do rcnccintc du Château- 
Raoul, à Châtcauroux ; De... au chevron 
de... chargé de ^coquilles et accompagné 
de î gerbes de.. . 

MONïr.BRAS. 

Armoiries de F. Th. deL'Horme. 

— Un obligeant confrère pourrait-il me 
donner 'es armes de François Théodore 
de L'Horme, général de brigade décédé à 
Paris, le 2^ mars iSyj, à l'âge de 76 
ans' 

Henri XIII. 

Armoiries à déterminer : trois 
sceptres. — De..., au chevron d'or ac- 
compagné de tfois sceptre! sommés d'une 
fleur de lys (?) et posés, V un en barre au 
flanc dextre, l'autre en bande au flanc se- 
neslre, le itoisièwe en pointe et en pal. 
Couronne de comte. Reliure du xviu* 
siècle. 

ViLMHUX, 



Armoiries abbatiales : crosses et 
trèfles. — Voici les armoiries que j'ai 
tout lieu de croire être celles d'un abbé 
mitre (écu non posé sur une croix ; vo- 
lute de la crosse extérieure tournée vers 
lintérieurj : Ecartelc en sautoir de sitiople 
d'argent à la crosse de . , . posée en pal, ac- 
costée de 2 trèfles de sinople. lieu sur- 
monté d'une mitre très basse, d'une crosse 
et d'un chapeau Devise ; piodc^se niagis 
quam proesse. La facture du scel à cire, 
que j'ai sous les veux, me parait du xix" 
ou du XX* siècle. Je suis à peu prés cer- 
tain qu'il ne s'agit pas d'un abbé fran- 
çais. Quel abbé, décédé, pouvait porter 
ces armes ? Ne serait i! pas Bénédictin ? 

SaintSaud. 



*( Dulce et décorum...» : auteur à 
retrouver. - Connaît on l'auteur du 
toxtc suivant P Dulc* tt decoium est pro 
pair ta moti. 

JEAN DB VlLLARS. 

Jouruaux de province centenai- 
res. Une liste. - Qiiels sont nos plu* 
vieux journaux de province a l'heure 
actuelle? Il semble intéressant de le fixer, 
dans les mcsi:rcs d'une évaluation ou 
quelque discontinuité momentanée, telle 
transformation de litre itussi - ainsi le 
Journal d' Alsace et de Lorraine s'appela 
d'abord Courrier du Bas-Rhin, puis, et 
jusqu'à sa réapparition d'après-guerre : 
Joittnal d' Alsace- Lorraine — n'entreront 
pas en ligne de compte. Ceci dit, voici 
les premiers résultats de cette enquête. 

journal du Havr<\ 170 ans ; Journal d<r 
Rouen, ii;8 ; Courrier de Maine- et- Loin. 
1 46 ; f^urnal d' A Isace et de Lorraine, i 34 ; 
Courrier du Loiret, 131 ; Journal Je Lot- 
et Garonne, 12^ , Journal de Meuitheel 
Moselle, 123 ; Journal d'Indre-et-Loire, 
121. 

Tels seraient les ancêtres. Mais il en va 
ici comme de ces maisons de commerce 
qui affichent orgueilleusement sur leurs 

faç ides : Maison fondée en fj S'il l.il- 

lait évaluer exactement toutes les trans- 
formations par lesquelles elles «ont pas- 
sées, l'on s'apercevrait vite que cela veut 
a peine dire qu'elles ont duré, puisque ce 
n'a été qu'au prix — sauf de rarissimes 
exceptions — de bouleversements aux- 
quels n'a échappé — et point toujours — 
que l'enseigne. Les journaux simplement 
centenaires seraient : Le Courrier du Pas- 
de-Calais, Les Tablettes des^Deux Cbaren- 
tes — que l'on aimait tant à citer, na- 
guère, dans la Revue de Presse Je L'Ac- 
tion Française, — . Le Journal Je Toulouse, 
dont le Directeur, M. Lespine, vient de 
recevoir la plaque de Commandeur d'Isa- 
belle la Catholique, avec d'autres illustres 
personnages, parce que deux professeurs 
de Madrid sont venus à Toulouse assister 
à la soutenance doctorale de notre excel- 
lent ami, .M. Gavel, professeur au lycée 
de Bayonne. Le Journal du Cher et L'Echo 
Je l'Est. Il y en a certainement d'autres, 
1 qui voudront se faire connaitre. Mais 
combien, dans leurs archives, possèdent-ils 
I leur collection complète ? L'on ne saurait, 



N* 1539. Vol. LXXXIII 

387 ■ 

à moins de l'avoir pratiqué, connaître le 
charme et le plaisir que l'on ressent à 
parcourir les collections de nos vieux et 
honnêtes journaux de province. Alors, le 
métier de journaliste était un sacerdoce. 
Avec quelle circonspection ne rédigeait- 
on pas le moindre bout de chronique lo- 
cale r Qiielle apologie dévotieuse des auto- 
rités ! Quelle critique de principes ! 
Comme l'on sent, à travers ces proses 
vieillottes, la conscience du cautionne- 
ment et autres entraves à la liberté de 
publier '. Et comme, sur chaque numéro, le 
timbre de la préfecture est éloquent ! Et 
enfin, combien sont .«savoureuses les quel- 
ques rares — oh ! si rares ! — annonces ! 
vieille France, où t'en es-tu allée ? 

Camille Pitoli et. 



Entretien des vieilles reliures. — 

je serais heureux de connaître une recette 
pour remettre en bon état les anciennes 
reliures pleines, en veau, pâlies et dessé- 
chées. Je sais qu'un peu de vaseline leur 
redonne de la vie. Mais n'y a-til pas une 
recette de cire ou autre produit dont l'ef- 
fetsoitsu trijur pour ranimer ces vieilles 
compagnes des livres d'autrefois ? 

Ours D'AauiTAtNE. 

Meubles Libercier. — Un billard 
en marqueterie, qui, d'après la tradition, 
daterait de la fin du xviii» siècle, mais qui 
pourrait être Restauration, est signé : Li- 
bercier, rue Sainte Elisabeth, Roanne. 

Que sait on de ce Libercier ? 

Soulgé. 

a La Louange du muliebre et fé- 
minin sexe.» — Sous ce titre, à l'occa- 
sion du mariage de .M. André D... et de 
Mademoiselle Louise K... célébré le 8 avril 
1896, M. Henri Courtcault a publié, im- 
primé à 50 exemplaires, chez Protat frè 
res. (in- 12, de 38 p ), un poème alors iné- 
dit du xvi« siècle. 

La plaquette est devenue rare et cons- 
titue un numéro amusant et peu connu à 
joindre a la Bibliographie des ouvrages te- 
lati/s à l'amour, aux Jertimes et au ma- 
'^"i', qui ne la mentionne point. 

L'IntenuéJiaite pourrait-il fournir quel- 



L'INTERMÈDIAIRÉ 



388 



ques indications sur l'auteur resté ano- 
nyme de ce poème ? 

P. D. 

Girouette politique. — Je possède 
une petite estampe, gravée par Giraldon 
Bovinet, sous la Restaur.ition,et représen- 
tant un personnage debout, l'air satisfait 
de lui même, et comptant des pièces d'ar- 
gent. Il est coiffé d'un chdpcau à pl-imes, 
au-Jessus duquel est écrit : « Ma cou'eur 
est changeante >* ; vêtu d'un habit brodé 
tantôt d'aigles, tantôt de fleurs de lys. — 
Sur sa ceinture on lit : \< Vive qui m'en- 
graisse ! » Sa jambe droite porte une cu- 
lotte courte, sa jambe gauche une grosse 
botte. Près de son épée est écrit : *< Comme 
le tournebroche, je ne tourne que bien 
garni ». De ses poches sortent des rou- 
leaux auxquels correspondent des ins- 
criptions : <^ Gloire à la République. 
Fournisseur sous le Directoire, Obéissance 
à l'Empereur. Préfet. Souveraineté du 
peuple. Maître des requêtes au 20 mars. 
La presse libre en 1819, mais sans réduc- 
tion au budget. Conseiller d'Etat. Censure 
préalable, 1820. Direction générale, 
100.000 francs *. 

Quelqu'un pourrait-il indiquer le per- 
sonnage désigné par ce type de girouette 
politique ? 

FONTANIÈRES. 

L'apostrophe entre deux con- 
sonnes d'un nom propre. — Que 

signifie l'apostrophe que je vois parfois à 
certains noms propres dans le corps du 
mot, entre deux consonnes : exemple : 
La Motte M'Hervé (l'un des chefs de la 
chouannerie) et, plus près de nous, notre 
actuel ministre de la marine M. Guis- 
t'hau ? 

L. B, 

Le pluriel de a lire »>. — Chaque 
fuis que le Petit Dauphinois enregistre 
une nouvelle financière d'origine italienne 
il orthographie « lire » invariable (230.000 
lire). 

Ni Littré ni Darmcsteter n'ont accueilli 
le mot € lire » et Larousse l'enregistre, 
nom féminin sans mention spéciale quarit 
au pluriel. 

Je doute que le journal dauphinois ait 



DHS CHERCHEURS ET CURIEUX jo )o Mii 19*1 

389 390 - 



adopté cette orthographe aberrante pto- 
ptrio motu. Y a-t-il une règle ? Surell. 

Malniaisou ou la Malmaison P 

duclqu'un des nôtres pourrailil nio faire 
savoir pourquoi on trouve de nos jours 
une quantité d'auteursqui disent Malmai- 
so.i pour la Malmaison ?Le signal de cette 
amputation semble avoir été donné par 
quelqu'un devant avoir une certaine auto 
rite dans la matière, je veux dire M. Ajal- 
bert, qui, dans un volume paru l'année 
dernière, écrit tantôt Malmaison, tantôt 
ta Malmaison, pour désigner le château 
historique dont il a été le conservateur 
pendant dix ans. 

Sommes nous exposés à voir un jour 
le Havre, le Mans, le Puy et cent autres 
noms de même nature subir la même dé- 
sarticulation ? j. l^ 

Massacre, en terme de vénerie. — 

Je lis au bas de la page 7 du roinan de 
Tiistan et Iseult de M. Joseph Bédier : 

Tristan achevait de défaire le cerf", il donna 
aux chiei\s le cœur, le massûcre et les en-' 
trailies, et enseigna aux chasseurs comment 
se doivent t'jire U curée et le foihi:. Puis il 
planta sur des fourches les morceaux bien di- 
visés et les confia aux différents veneurs : à 
l'nn la tête, à l'autre le cimier, etc.. 

Massacre est le nom de la tête du cen 
défait que l'on place sur la peau pour la 
curée. Si on la donne aux chiens, com- 
ment peut-on la donner ensuite à d'au- 
tres ? Et donner dans le premier cas n'a 
pas le sens de présenter seulement, puisque 
« le massacre » est suivi « des entrail- 
les!» qui sont effectivement mangées. 

' A. P. L. 

Manceaux ou Manseaux. ? M. Du 
chemin-Despeaux, Térudit historien de la 

chouannerie du Maine, écrit toujours 
« Manseaux », alors que partout, à l'heure 
actuelle, je vois écrire « Manceaux » 
Quelle est l'orthographe vraie ? Il sem- 
ble bien que, contrairement à l'usage ac- 
tuel <* Manseaux » serait plus régulier 
poui qualifier les habitants de l'ancien 
diocèse du Mans. L- B. 

Un vers de Stace. — Le Grand Dic- 
tionnaire de Larousse à l'article Macfe, at- 



tribue à Stace ce vers bien connu, mais 
sans en indi(|ucr la source précise : 
Aficle animo, gtreiofepmer^ ne itur aJ »itra, 
qui ressemble si bien au vers de Virgile 

{EHiiie, IX, 641) : 

MiCti! novi virtutc, pu<-r ; ne itur aii *slra. 

|c désirerais savoir dans quel endroit 

de Slacc se trouve le premier de ces vers. 

A. C. 

« Dors en paix.ô ma Pologne... •. 
— De qui est cette phrase: »< Dorscnpaix 
ô ma Pologne, dans ce qu'ils appellent ta 
tombe , moi je dis que c'est ton ber- 
ceau ♦ .^ AS. 

Trau, Sbau "Wem. Aux dernières 
lignes de la chronique de la quinzaine 
des Deux Mondes du 1 ; mars dernier, nous 
liso.is : 

Rappelons- nous le proverbe allemand : 
Trau, schau wem ! C'est ainsi, ou à peu pré* 
qu'on prononce au delà du Rhin notre viel 
adage :Défiancc est mère de «ûreté . 

Il s'agit certainement là d'allemand 
populaire. Quelle serait la reconstitution 
en langue courante ? je crois conn:iîtrc 
assez bieii l'allemand, mais dans le cas 
présent je suis dérouté. A. P. L. 

Delacroix. La barque de Don 
Juan — Le musée du Louvre, dont les 
remaniements sont si heureux, a suppri- 
mé le cartouche qui était au bas du ma- 
gnifique tableau de Delacroix, montrant 
des naufragés dans une barque Ce ta- 
bleau fut longtemps désigné sous le titre 
La barque de don Ji4Jn,ti c'est ce nom que 
l'historien de Delacroix, le précis et cons- 
ciencieux Maurice Tourneux, lui donne. 

On a observé qu'il faut lire : « La barque 
le Dante » ,qui serait, en eflet,lc nom d'une 
barque naufragée, à cette époque (1841). 

Ce doit être l'exacte version; mais d'où 
vient le titre donné au tableau, qui ne 
saurait l'avoir été par Delacroix lui- 
même ? L'illustre artiste dans sa corres- 
pondance, fait il allusion au simple fait- 
divers que lui inspira ce chef-d'oeuvre? 
Car, n'est ce pas, l'homme aux mille et 
trois n'y est pour rien? Et le Louvre a été 
bien inspiré de faire cesser une aussi sin- 
gulière déformation 

A. B, X. 



«• I539- Vol. LXXXÎIl 
_ . 391 



L'INTERMEDIAIRE 



392 



Héponees 



Mariage de Marie-Louise et du 
comte de Neipperg (^LXXV, -,07 ; 
LXXVl, ',9. 15'-. «9S ;LXXX11I, 348). - 
L'infatigable chercheur qu'est le .< Bihl'o 
phile Comtois ». à qui nous devons de 
précieusescontributions.n'apasà aller bien 
loin pour trouver l'ouvrage où M.Bricux, 
alors rédacteur du Nouvelliste de Rouen a 
parlé du mariage de Marie-Louise et de 
Neipperg. Il ii'a qu'à prendre la table de 
Vlntetmèdiaire des Ckercbeurs et Curieux 
auquel M. Brieux collaborait autrefois 
assez régulièrement, et il aura tous les 
renseignements qu'il désire à ce sujet. 
C'est-là que jai pris mon indication, celle- 
là et bien d'autres, car on me permettra 
de le dire à nos confrères, VlnUrmkiiaire 
est la source mepuisable. où on trouve 
tout ce qu'on peut désirer pour documen- 
ter une chronique ; avec lui, on n'est j ■- 
mais à court. Qyelle reconnaissance ne 
lui devons-nous pas ? jf an-Bf.rnaf<u. 

Guillaume II etStruensée (LXXXIU, 
283). — On sait par l'histoire que la 
reine de Danemark, Caroline-Mathilde, 
sœur de George 111 d'Angleterre, eut 
comme amant le médecin et favori du roi 
Christian VII, un Saxon de Halle, nommé 
Struensée. Ce dernier, devenu comte par 
la faveur de son incapable maître, gou- 
verna pendant quelque temps le royaume ; 
mais, avant voulu mettre fin à certains 
abus, il'mécontenta la noblesse, fut ren- 
versé en 1772, par une conspiration de 
seigneurs de la cour, accusé d'adultère 
avecja reine et décapité. Caroline-Mathilde 
ayant avoué sa faute, son mariage fut dé- 
claré nul ; elle-même fut d'abord enfer- 
mée^au château de Kronborg, puis trans- 
férée à celui de Celle, en Hanovre, où elle 
mourut en 1775. 

Elle laissait deux enfants, un fils, né en 
1768, qui lut le roi Frédéric VI, et une 
fjlle, Louise-Auguste, née le 7 juillet 1^771, 
qui épousa en 1786 le duc Frédéric-Chris- 
tian de Schleswig-HolsleinSonderbourg 
Augustenbourg. 

C'est de cette fille de Caroline-Mathilde 
que descend en droite li»ne la dernière 
impératrice allemande. Ce fait que la prin - 



cesse Louise-Auguste est née tandis que 
sa mère entretenait des relations coupa- 
pables avec Struensée, a permis de suppo- 
ser, non sans apparence de raison, qu'elle 
était la fille de ce dernier. Mais comme 
la légimité de sa naissance n'a fait l'objet 
d'aucun désaveu de la part du roi, il n'y 
a pas lieu de s'arrêter à une pareille hy- 
pothèse, et il est plus prudent de s'en te- 
tenir à la maxime célèbre : h est Patei . .. 
Quant à Bismarck, s'il a inventé ou 
simplement favorisé le mariage de l'héri- 
tier présomptif de la couronne de Prusse 
avec la fiile du duc d'Augustenbourg, 
c'est qu'il voyait dans cette alliance, peu 
reluisante en somme — car la princesse 
n'avait ni beauté, ni fortune, — le moyen 
de régler une fois pour toutes cette ques- 
tion des Duchés qui avait fait couler en 
Allemagne tant d'encre et tant de sang, 
et qu'il espérait, en outre, trouver dans la 
princesse la « jument poulinière » capa- 
ble de régénérer le sang appauvri des 
Hohenzollern et de donner beaucoup de 
princes à la Prusse et à l'Empire De ce 
côté, il n'a que trop bien réussi. Mais ac- 
cuser le chancelier de fer d'avoir voulu 
se donner la satisfaction intime et puérile 
de faire épouser à son futur souverain 
une arrière petite-fille d'un roturier mort 
sur l'échafaud, c'est en vérité lui prêter un 
machiavélisme excessif.Lcs points de fric- 
tion ne manquaient pas entre Bismarck et 
Guillaume 11, et il n'était pas besoin des 
« griefs secrets » énoncés par M' Maurice 
Egan pour faire éclater la rupture qui de- 
vait fatalement se produire un jour. 

Un bibliophile comtois. 

Commissaires des'^guerres à l'ar- 
mée d'Egypte sous Bonaparte 

(LXXXlll,33i). ~- I-e baron de Vitrolles, 
dans ses Souvenirs d'émigration, encore 
inédits, répond à la question posée par 
M. Jean Henri. Il raconte la fin tragique 
de son jeune cousin, M. de Bozas, qui 
avait émigré comme lui, et qui cherchait 
à rentrer en France pour y contracter un 
mariage avantageux. 

Un de ses amis, M. de Sussy, qui partait 
avec le général Bonaparte en qualité d'inten- 
dant général de l'armée d'Egypte, proposas 
M. de Bozas de l'accompagner en lui dori- 
naiit l'espoir; qu'après quelques mois de se- 
jour en Airique, il obtiendrait sa radiation de 



i 



DESCHERCHRURS ET CURIEUX 



an )o Mii 1931 



393 



1.1 liste des émigrés pai le crédit du général. 
Mon cousin accepta cette chance... et fut 
employé dans les carrières civiles de l'admi- 
nistration française en ligypte. Il y pass.i 
quinze ou dix-huit mois après lesquels le gé. 
néral Bonaparte expédia M. de Sussy en 
France, sur une frégate qui fut chargée de 
précieuses antiquités M. de Uozas, muni 
des IcUres les plu- favorables du généial... 
s'embarqua sur la frég.'le avec son ami. Lcj 
vents contraires les forcèrent à aborder !\ 
Augusta, petit poit situé sur la côte niéiidio 
iiale de la Sicile, internés au U/aret, ils ju- 
gèrent convenable de laire débarquer les 
caisses qui renferm'ienl les objets précicu-x 
que l'humidité du bâtiment aurait pu dété- 
riorer. Ils ignoraient que dans le même 
temps le roi de Naples avait fait une levée de 
boucliers contre la faible armée françaiie qui 
occupait une partie de ses états, l'avait atta- 
quée, et repoussée jusqu'aux portes da 
Kome. Cet événement avait cause une grande 
fermentation dans le loyaume des Dcux-Si- 
ciles et elle avait g-igné le port d'Augusta. 
1 e pj-'uple de cette ville s'émut à l'idée que 
de* français débarquaient djs caisses qui 
pouvaient contenir des armes ou des trésors. 
I.a faible garnison napolitaine, incapable de 
résister au mouvement populaire, et peu 
disposée d'ailleurs à s'y opposer, fut rapide- 
ment investie. Les Français, eiil"erm.*s sans 
aucun moyen de défense, furent massacrés. 
On a dit que M. de Sussy fut tué sous le lit 
où il s'était cjché, et mon malheureux cou- 
sin poignardé dans les rideaux où il cher- 



chait à se dissimuler. 



O. N, J. 



Bonap arte 

(LXXXIII, 42, 156). 



ou Buonajîarte 

— Le journril des De- 
kits qui a ouvert une controverse sur ce 
sujet publie cette lettre d'un de ses corres- 
pondants : 

« Saint-Cézaire-lez-Cattere. 
le s8 mars 1921. 

« Tre^ honore Monsieur. 

'- Vous avez inséré, ers temps derniers, 
dans le Journal <h<: Dibats, une lettre de 
M. Giaziani, aîchiv'-t.' départemental de la 
Corse, de laquelle li lesulte que, bien avant 
l'occupation de cette ile par la l'iance, lei 
ascendants de Napoléon écrivaient indiffé- 
remment leur nom avec ou sans U. Sa lettsc 
donne tort, par consécpient, à ceux qui | re- 
tendent que l'empereur et sesfières ne sa 
sont dits /)onaparie, et non 5«"napaite. 
qu'après avoir acquis la qualilé de Hrançais. 

• Notre distingué compatriote s'est lu sur 
les raison? probab'es qui ont pousse les 
membres de cette famille a se servir de: deux 



- Î94 

orthographe5, tandis que leurs coutins tos' 

cans ont toujours conservé l'U primitif. Le 
mot de l'énigme n'était cependant paj diffi- 
cile À trouver pour un Corie. 

« lin effet, les Italitins disent Buonc et 
Buona et paitant Huonaparte. Nous Corie», 
au contraire, nous avons lai».sé sa foune pri- 
mitive au radical de nombre de vocables qui 
a été défiguré en passant du latin i l'ita- 
lien. Nous écrivons Bono et Bonn, Paiu* et 
I\u{Uiino, Pt'ru et l'etra, auxquels les III- 
lieii-: ont substitué liuotio et Buoua, Padova 
et Piidovano, Pielro et ['ietra. L'infinitif la- 
tin e^sr est res'.é chez nous, les Ilalions l'ont 
remplacé par esscrt. Chez nous, paysans de 
lintérieur de l'île, demain soii » se dit 
classera comme en latin ; les italiens ne 
connaissent que dtmane (Jie man*, ioxit-tn- 
tendu postera a sera. 

Nous écrivons par conséqnent Bonaparte 
et lîs membres de celte famille ont fait 
comme nous. Quelques-uns d'entre eux ce- 
pendant, pour se pousser dins le monde, 
avaient sjnti le besoin de faiie leurs preuves, 
(Je bien établir que leur famille était un ra- 
meau détaché des Duonaparte de Toscane 
et comme conséquence, ils avaient orthogra- 
phié leur nom à l'italienne. 

« Parmi eux, il convient de citer notam- 
ment le tics ambitieux père de rtmpeicur, 
qui signait Carlo Bu^naparte (V. En fana 
Je S' ipoléon, par A. Chuquet, 1. 1. p. 368, 
Lettie à Lauieiit Linbeg) 

Recevez, Monsieur le Directeur... 
*: L'Ermite de Santa MAscHïPtTTA. > 

Un autre abonné écrit : 

« Pour savoir a quelle époque Napoléon a 
cessé de signer Buonaparlc, il suffit de con- 
sulte:' sa coriespondancc, doni la publication 
a comiriencé en 1838. 

H Les quatre-vingt-neuf prcmieies pièces 
publiées d.ins ie tome I sont des lettres, rap- 
ports, mémoires, instructions; colles qui 
sont signées (et c'est U presijue totalité) por- 
tent la signature « Buonapaitc > ; la première 
est du 4 brumaire an II (33 octobre 1793) i 
la dernière du 21 ventôse an IV (ii mars 
1796; ; c est une lettre adressée au -< Citoyen 
Leiourneur, président du Directoire exfîcu- 
l,f >; elle est datée «le Paris, quartier géné- 
ral et signée : ^ le -énéral en chef de l'ar- 
mée d'Italie • Buonapartc ^ . 

« La première lettre signée < Bonaparte » 
(et la signatutc ne s'est plus modifiée), est 
datée du quartier général ie loulou, le 4 
germinal an IV (34 mars 179O) «t adressées 
l'administration municipale de Marseille 
(pièce n" 90 du tome I). 

« Parmi les quauc-vingl-ncut piemicie 
pièces, il y a vingt-cinq lettres adressées ' 
son frère * loseph Buonapartc •. 



L'INTERMÉDIAIRE 



N» 1530 Vol. LXXXIII 

395 

Le « Mémorial de Sainte-Hélène » 

(LXXXIII, 281). — Un des descendants 
de l'auleur de Afr'mcrw/, que j'ai interrogé 
sur le sort du manuscrit de cet ouvrage, 
m'a obligeamment répondu que la fa- 
mille Las Cases ne possédait pas ce do- 
cument et ignorait mêtne ou il se trou- 
vait actuellement. 

Un bibliophile comtois. 



« L'Arbre de science )), par Ar- 
sène Houssaye (LXXXIII, 290). — Le 
pastiche d .Arsène Houssaye a été publié à 
Paris, chez P. Delavigne, en 1845 ; il 
(orme un in-32 de 92 pages, intitulé : 
l.' arbre de science, roman posthume de Vol- 
iiife, tnipritné sur un manuscrit de Mme 
Duchatelet. 

Saint-Valbert. 



Louis Philippe, M. Thiersbtpipa 
d'Oliban (LXXXIll,23sj.— M. d'OUhan 
est un personnagne de comédie qu'un au- 
tre personnage - son futur gendre, si je 
ne me trompe, — appelle facétieusement 
le papa d Olihan. Cette pièce s'intitule: 
Le Sourd ou l Auberge pleine \ elle a pour 
auteur Desforges, mort en 1806. Llle fut 
jouée au théâtre Monlansier , a/ec un 
grand succès, en 1790 ; on l'a souvent 
reprise, et dans ma jeunesse, 1 Odéon 
l'affichait parfois à ses spectacles classi- 
ques. 

Ad. Adam en a tiré un opéra comique 
( 1853), que j'ai vu jouer il y a quelque 
trente ans, quand le théâtre de l'Opéra- 
Comique était place du Châtelet, je n'en 
ai conservé qu'un très vague souvenir, 
mais je me rappelle fort bien les plaisante- 
lies sur le papa d'Oliban (que son futur 
gendre appelle aussi /)a/»j beau père). » 

Cab. 

* * 
J'ai noté en 1889, àBresl, qu'une fenmie, 
— âgée de t^T ans, domestique, originaire 
de Quintin (C.-du N.), disait de n'im- 
porte quel hommo un fieu âgé, un peu 
obc?c, un peu grotesque : « C est un papa 
Dalibon ». Je n'ai rencontré, depuis lors, 
ducunc confirmation de cet usage. Et tout 
ce que j'ai trouvé a en approcher, c'est, 
d'une part le nom de fainille Dalibon, 



396 



; 



1900, et aussi en 1832 par un éditeur pa 
isiMi qui était « libraire de S. A. R. Mgr 
le duc de Nemours» ; — d'autre part, 
le mot morvandiau ialtpou, Masse confus, 
Tas, (voir Chambube), qui a pu servir de 
sobriquet. — Je ne doute guère, malgré 
l'échange de place des voyelles a et 0, 
qu'il y ait identité sémantique de mon 
papa Dalibon avec Louis-Philippe tel que 
le voyait M. Thiers. Je ne conteste pas 
qu'Alphonse Karr puisse être supposé d'o- 
reille plus fidèle que la femme ci dessus 
évoquée. 

Gaston Esnault, 






Papa d'Oliban est un personnage du 
Souid ou l'Auberge pleine, comédie de 
Desforges. Au i"^ acte, scène première 
M. d'Oliban, père d'une charmante jeune 
fille à marier, et son futur gendre D'as- 
nières sont en train de faire une partie de 
piquet dans l'auberge de St Orner à Avi- 
gnon en attendant l'arrivée de Mlhi José- 
phine, la jeune fille en question. .Au cours 
de cette partie de piquet les deux acteurs 
qui jouent la pièce ont le droit à un mo- 
mentdu dialogue, de seli\ rer à un assautef- 
frénédecalembourslesplusabracadabrants 
que puisse leur fournir leur imagination. 
Puis le dialogue reprend et le futur gen- 
dre raconte qu'après avoir séjourné à Pa- 
ris, où il a gagné de l'esprit d'un côté et 
perdu de l'argent de l'autre, il a dit : 

€ Voilà assez J'csprit à présent... mais 
comme on n'a jamais assez d'argent, dispo- 
sons le papa d'Oliban à me donner sa fille et 
allons f^iie la noce d:ins mon pays. » 

Quelques lignes plus loin, le même D'As- 
nières s'écrie encore, à propos de l'arrivée 
de Mlle Joséphine, qui ignore tout des 
projets matrimoniaux de son père a son 
endroit : 

< Oh ! le bon papa d'Oliban, qui pense à 
tout ! Comme elle va élre contente, la pauvre 
petite, » 

Dans la pici.c de f^csforges le person 
nage de d'Asnières est celui d'un imbécile 
présomptueux qu'on mystifie ; celui du 
papa d Oliban rentre un peu dans la caté- 
gorie des aimables ganaches. M, Thiers, 
en appelant Louis Philippe « papa d'Oli- 
ban », ne lui manquait p.TS absolument de 
respect, néanmoins il traitait son souve 



porte par un vitrier — ^peintre à Vanvcs, I rain avec une aimable désinvolture. 



DES CHERCHRURS ET CURIEUX 



90-J0 Mii i9>i . 



^97 



,9K - 



Lt Sourd ou l' A itberge pleine icprcsen- ' 

léc, pour la première fois sur le Théâtre • 

Montansier en 1790, eut un énorme suc- , 

ces. Baptiste Cadet y remplissait le rôle [ 

de d'Asnières La pièce était en ) actes. ' 

Elle a été réduite depuis à un acte et | 

jouée sur le Théâtre de Madame en 1824, i 

avec Dormeuil dans le rôle de d'Oliban et J 

Lcgrand dans celui de d'Asnières. ' 

Je me souviens l'avoir vus jouer, agré- . 
mcntée de musique, en 1877 à la Gailé ; 
Christian jouait le rôle de d'Oliban et Gri- 

vot celui de d'Asnières. Dans la fameuse ; 

première scène des calembours, Christian j 

et Grivot s'en donnaient à cœur joie. { 

11 y en eut un, notamment, qui enthou- ' 

siasma toute la salle, c'est lorsque Chris- : 

tian posa à son camarade cette question : ! 

<s Qviel est le plat préféré des chasseurs?)) ^ 
< Vous ne savez pas ? Eh bien, ce sont des 

« grives au rôti, (des Grivot rôtis).?/ ; 

Ce fut du délire. Leroux-Cesbron. ; 

f 

Mêmes réponses ; d' L ; Y ; d'E, Léon- 
l.ouis SuRviLLF. ; H. C. M. Henry Lyon- 
net. 

Qui a prévenu l'armée de Paris 
de l'infléchissement de l'armée de 
VonKluok? (LXXXlll, 41, 97, 145, 
258). — Dans l'historique sommaire du 
S* régiment de chasseurs à cheval pen- 
dant la guerre 1914-18, on lit que l'on 
rassemble les. éléments divers pour for- 
mer une division provisoire sous les 
ordres liu général Cornulier-Lucinière. La 
valeur d'un escadron du 5* chasseurs 
en fait partie. 

Cette division doit relier l'armée du 
général Maunoury à l'armée anglaise qui 
est à sa droite ; entre les deux il existe 
un trou, c'est à elle qu'il appartient de 
le combler. On se bat à Vesbein ('31 août) 
à Senlis(i"' sept.) le 5 1 on avait passé la 
Marne ; mais enfin c'est l'arrêt. 

A Panchard, point capital de la bataille 
de la Marne, la division prussienne qui 
opère vers l'infanterie a devant elle l'ar- 
mée de Von Kluck, alors à l'extrême 
pointe de son avance sur Paris. 

Le commandant de Mauduit, le capi- 
taine Lepic,\Q sous-lieutenant Fustier sont 
cités à l'ordre de la division pour leur 
brillante conduite durant ces jour? pé- 
nibles. .. 



î 



Il n'est nullement question du rensei- 
gnement donné par le capitiiine Lepic au 
sujet de l'inllochisscmcnt de la i" armée 
allemande vers Pari.". Ce tait aurait cté 
signalé dans cet historique du régiment 

GiBÉ. 

Régiments d Autel, Vaubécourt. 
Feuquières (LXXXlll. 2H5) — Le meil- 
leur ouvrage à consulter pour toutes les 
recherches sur les régiments de l'ancienne 
monarchie est l'Histoire de rinf.tnl''nc du 
général Susane et Y Histoire Je ta cavalene. 

Au tome V il donne une table ren- 
voyant a une chronologie, laquelle ren- 
voie aux volumes. 

hoiis le nom d'Autel, je ne trouve rien ; 
c'est peut-ère un régiment de cavalerie. 
Vaubécourt est abondamment documenté, 
en 70 pages sous les titres : « Guyenne » , 
« Aunis », < Dauphiné » (tome 3). 

Feuquières ne l'est pas moins sous les 
titres: « Béarn » (tome 3). « Bourgogne»» 
(tome 4) « Royal marine * (tome 4/. 

En outre, au tonno ç, p. 271 on trouve 
un régiment de Feuquières levé en 1636 
et licencié en 1658. 

Enfin, au tome 5, p. 363, on trouve un 
régiment do Canillac, corps espagnol 
passé au service de France en 1707, com- 
mandé en 1710 par un chevalier de Feu- 
quières. 

FXT. 

• > 

L'histoire de l'Infanterie françane, du 
Général Susanne, donne des indications 
sur les régiments qi i portèrent à difTé- 
rentes époques les noms de Vaubécourt cl 
de Feuquières. Consulter d'abord la table 
des matières du tome cinquième. Le ré- 
giment d'Autel ne serait-il pas^d'^Vu- 

trey » ? 

P. 



Dans la chonologic des corps de troupe 
il n'existe p.is de régiment d'Autel, mais 
il y a un d'Antin, ne serait-ce pas une er- 
reur de nom !* 

Régiment de Vau!?écourt. — Amené de 
Lorraine en 1589 par Henri de Netlan- 
court, comte de Vaubécourt, a été con- 
gédié le 6 mai i^i)8. mais est devenu ré- 
giment de Guyenne, est actuellement le 
2i« régiment d'infanterie. 



N* 1539. Vol. I.XXXIII 
399 - 



L'INTERMEDIAIRE 



400 



Régiment de Feuquières. — D'abord | Lys. avait épousé en 1826 M. de Cahouét 
de Béarn formé le 9 octobre \<yij^ par Jean 1 de Fourneau : je ne sais si elle a laissé 
de Montluq de Balagny passé au Royal- | postérité. 



Marine le 24 décembre 1669, c'est le 6o« 
régiment d'infanterie ifctuel. 

Ouvrages à consulter : Hutoirc de 
l'infanterie française par le général Su- 
sanc. Dumaine^ éditeur 1875 ; Hislori- 
que df.i cotps de troupe, édite en 1900 par 
Bcrger-Levrault. 

ClI. PlNAUD. 

« Un émigré « — Jean-Marie de 
Lys (LXXX111,285)).— Gabriel Jean Ma- 
rie de Tys naquit à Saint Malo le 7 février 
1784, fils de Gabriel-François Cyrille, 
comte de Lys^ chevalier, seigneur de la 
Villeder, près de Ploèrmcl (Morbihan), 
qui avait épousé à Saint-Malo, par con- 
trat du 16 juillet 1778, Adélaïde Fournicr 
de Varennes, née à SaintMalo le 19 avril 
1752, fille de Jacques, comte de Va- 
rennes, capitaine de Milice à Saint-Do- 
mingue (Antilles), mort à Saint-Alalo le 
17 décembre 17515 , et de Marie-Anne 
Bourder, morte a Saint Malo le 13 dé- 
cembre 1791. Le frère d'Adélaide Four- 
nier de Varennes, Jean -Jacques-Julien, 
Comte de Varennes, mousquetaire du 
Roi, volontaire à la bataille de Saint- 
Caste, commandant de Milice à Saint- 
Domingue, époux de sa cousine germaine 
Marie-lhércse Fournier de Bcllcrivc, fut 
impliqué avec ba sœur, la comtesse Ga- 
briel de Tys, dans la conspiration Ma- 
gon et guillotinée avec elle à Paris le 20 
juin 1794. 

Gabriel-Jean-Marie de L\'S émigra en 
Angleterre avec son père en 1790, et était 
élève au Collège de Penn en 1796. Son 
pcre revint on Bretagne en 1802 et iriou- 
rut à Saint-Malo le 8 juin 1807. 

Gabriel alla se fixer a Birmingham, où 
il fut médecin, et où il mourut, sans pos- 
térité et dernier du nom en 1834. 

Trois de ses rœurs s'étaient mariées : 
hugénic de Lys avait épousé en 1S08 
M. Mathieu Dorn, originaire de Stras- 
bourg, et eut un filï. mort sans postérité 
en 1885 3 Châleaubriant, ex Président 
du tribunal civil de celle ville. Hortcnse 
de Lys avait épousé en 1810 Louis de 
Gouyon dt Bcaucorps, cl elle mourut à 
Nantes en 1873, ayant eu trois fils morts 
sans postérité. La troisième, Amélie de 



M'' DE Bellevùe. 

» ♦ 

M. le Chef de bataillon en retraite, Geor- 
ges Fontaine de Bonnerivc, en littérature 
Georges de Lys, compte parmi ses ascen- 
dants, un de Lys dont il possède le por- 
trait. 

M de Bonnerive a dû se retirer dans 
les environs de Lannion. il )• a une dou- 
zaine d'années. 

Vers la même époque, sa fille, Gilberte, 
a épousé un lieutenant au us* Régiment 
d'Infanterie, à Mamers.^ 

Edmond L'Hommedé. 

Batheon deVertrieu(LXXXIl, 33 V). 

— Le portrait de M. de Vertrieu auquel 
se rapporte la demande formulée dans le 
numéro âe V Intermédiaire à\i 10 mai der- 
nier est non du peintre Giraudon mais de 
Charles Giandon, dont lo niuséc de Lyon 
possède plusieurs œuvres. 



Famille d'Argent iLXXXlIl, 332). 
— Il est possible qu'une famille d'Ar- 
gent, du Berry. ait porté d'azur au che- 
vron d'argent accompagné de trois étoiles 
d'or. 

Cç. sont les armes de ma famille, con 
nues depuis le xiv' siècle (Notice généa- 
log ques sur les familles genevoises, par 
Galiffe). 

Arnold Naville. 

Familles de Bompart et de Dou- 

het(LXXXllI, 66,161,260). — Comme le 
remarque notre collègue Sept, je n'ai pas 
ré|)ondu à la question posée cl n'aurai 
pas l'heur d'y répondre aujourd'hui. 
Mais comme les questions et les réponses 
de \' întcrriiédiaitc sont d'intérêt général 
et non purement privé, j'ai relevé un point 
qui me paraissait inexact dans la note de 
M. de C. (LXXXIII, 66/ Je fais de même 
aujourd'hui. 11 ne faut pas attribuer à 
Tardieu la paterni'.c de l'affirmation que 
Iccartelure de gueules à la licor*ie passant 
d'argent provient des Bompart. Celte 
affirmation prend une v.-ilcur de ce que 
Tardieu la lire du Nobiliaire d Auvei gue 
de Bouillct, ouvrage très sérieux dans son 



DES CHERCHEURS KT CURIEUX 



ao-30 Mii 1^1 1 



401 



402 



ensemble Le docteur de Ribier, à Aii- 
rillac, a «ne parfaite connaissance de 
toutes les familles du r.antal : c'est à lui 
qu'il y aurait lieu de s'adresser. De même, 
M . Henri de Doulict d'Auzers, au château 
de Mural la Rabbc ((Cantal i, actuellement 
détenteur du chartrier d'Auzers, doit être 
à même de produire, s'ils «xistent, des 
papiers de famille donnant aux Douhet les 
seules armes d'a^ui à la tour Jars^cnt . 
D'autre part, Rictstap est loin d'être 
l'Evangile de l'histoire nobiliaire. D.'.ns 
une aussi vaste compilation, il lui est per- 
mis d'ignorer qu'à Auzcrs même, il y eut 
ime (amillc Bompar. Hn 154S, Jehan 
Bompar est recteur d'Auzers, hn 1426, 
Jehan Bompar, neveu du précédent, est 
lieutenant du bailli des Montagnes en 
même temps que cure d'Auzers. Le 28 
Juin 1470, Bertrand Bompar est témoin 
au contrat de mariage d'Hélips Bompar 
dame d'Auzers avec Antoine de Douhcl 
auquel elle <ipporta la seigneurie d'Auzers 
(Cf.. René de Ribier : Les pavoisscs de 
raichif-tclé de Mauriac, Paris, Champion, 
1920). En consultant le Diclivinairc hé- 
raldique de l'Auvcrgttc (de Bouillel), on 
pourra se rendre compte que le blason 
de gueules à une licotne d ni gent n'est pas 
l'apanage des seuls (^ourtot de Cissey, l.a 
branche de Douhet du l'uy-MoIinier a 
même porté ces armes, franches de toute 
ecartelure. L'alliance des Douhcl avec les 
Bompar d'Auvergne est donc bien acquise 
et la seule chose qui resterait à prouver, 
le cas échéant, ce serait l'affirmation de 
Bouillct reproduite par Tardieu. L'alliance 
est de 1470 : les blasons des Douhet se- 
raient donc fort anciens qui ne porteraient 
pas l'écartelure des Bompar. Il faudrait 
revoir à la Nationale l'Armoriai de 
Guillaume Revel en H 50 : si le blason 
primitif des Douhet ne figure pas là, on 
le trouvera difficilement ailleurs. On con- 
sultera utilement sur les Douhet l'ou- 
vrage ci-après qui contient une généalo- 
gie des Douhet de Cussac ; Mgr Baldus, 
cvcque de Joare, vicaire cipo.^toJiquc du Ho 
Niin et du Kiang Si. 

)c n'ai certes pas élucide, à mon grand 
rcgr°t, le problème héraldique, mais il 
était cependant utile de signaler que les 
Bompar d'Auvergne ne sont pas un my- 
the, malgré Rietstap. 

Henri D. d à. 



Bourdon de l'Oise (LXXXlll, 140, i6i, 
J54). — Nos deux collaborateurs qui sin- 
téressent à Bourdon de l'Oise, connaissent- 
ils rexcellciitc notice que lui a consacrée 
Kuscin.ski dans son Dictionnaire des Con- 
vnilionnels. Paris, 1919, in-8", au siège 
de la Société de l histoire delà Kcvohilion 
frai"","aise, 3 rue Furstcnbcrg ? 

Kuîcinsl'.i le dit né au Rouy le Petit 
(Somme), le 1 i janvier i-js^^. et il cj-l in- 
tiniment probable qu'il a vérifié, car il 
n'émet aucun doute sur la date m sur le 
lieu d'j naissance. Qyand on connait t» 
manière de travailler, on peut en déduire 
qu'il avait la certitude que son renseigne- 
ment était exact. 

R. B. 



îc ne puis renseigner iûî\\. J. Chappée 
cl Carolus Barré sur les origines de Bour- 
don de rOise, mais je puis indiquer à 
M. Carolus Barré où se trouvaient l'église 
St-Yves et la rue des Noyers. Cette der- 
nière, qui fut absorbée par le Bd St-Gcr- 
main, commençait rue Si Jacques, en face 
la rue du Foin, et se terminait à la place 
Maubert. Le côté méridional subsiste pres- 
que intact, entre les rues St-Jacqucs et 
des Carmes ; c'est la partie du Bd St-Ger- 
inain qui se trouve en contre bas, et à la- 
quelle on accède par deux escaliers. Quant 
a l'église St-Yvcs, elle était située à l'an- 
gle nord ouest des mes Si-Jacqucs et des 
Noyers ; c'était l'église en laquelle on 
accrochait, en manière d'ex-voto, les sacs 
de procédure. 

Bourdon de lOise, qui habitait encore 
rue des Noyers en 1791, eut trois autres 
domiciles parisiens pendant sa courte vie 
politique. A lépoquc (frimaire an II) où 
le général Ross'gnol lui taisait une visite, 
accompagné d'une jeune femme déguisée 
en aide de camp. Bourdon habitait le 
Pneuic St-Martin des Champi ; il y sé- 
journa peu, car en Lan Itl. alors que, rc 
gicide farouche, il Jcclarait pendant une 
séance de la Convention : w qu^tl r.c met- 
il ait jamais d'aulie limite qu'un poignard, 
à ïautorili d'uti loi », son domicile était 
rue des SaintsPtres (au n" is de cette 
époque). Lorsqu'cn septembre 1795, il 
faisait décréter par la Convention quelles 
déportés subiraient le même sort que les 
emigrcs, iusqucs cl v compris la conl'isca- 



N« 1539. Vol. LXXXII. 

403 

tion de leurs biens, il ne pensait certes 
pas qu'il subirait lui-même les rigueurs 
de ce décret, et que le 9 vendémiaire, an 
VI, il quitterait Rochefort à bord de la 
Sêmil/anti, frégate qui devait le conduire, 
en compaj^nic de Lalïon de Ladébat, Bar- 
bc-Maillebois, Pichegru et quelques autres, 
à Sinnamari. 

Au 18 fructidor, an V, Bourdon était 
logé rue StNicaise ^20. C'est là sans 
doute qu'il fut arrêté pour être conduit au 
Temple, il n'en devait sortir que pour 
connaître les joies de la guillotine sèche. 

Du prieuré St Martin, il existe encore 
quelques vestiges ; la rue St-Nicaise, qui 
conduisait de la rue StHonoré à celle des 
Orties du Louvre, fut supprimée en partie 
sous le premier Empire Le tronçon qui 
subsistait disparut lorsque lut formée la 
place du Théâtre Français. 

Ancefs Imago. 

Du Joncquoy (LXXXllI, 237, 3^9,. 

— M. Dujoncquoy, à Paris, a adressé à 
l'auteur de la question la note suivante : 

Les Dujonquoy ou du Joncquoy sont, sui- 
vant les tiaditions de ma famille, originaires 
de Valenciennes où l'on retiouve leurs tra- 
ces de 1452 h 1764. 

A partir de 1773, date du mariage de mon 
arriére gtand-pèie, j'ai la généalogie exacte 
de cette branche, dont nous sommes, tnon fils 
et moi, les seuls représentants masculins. 

.Mais je connais d'autres Dujoncquoy, d'où 
on peut conclure qu'il y a plusieurs familles 
portani ce nom. 

Quant au J.-l, du Jon:quoy et à la question 
Storff, je u'e I ai jamais entendu parler. 

M. DujONCtiUOY. 

Armoiries à retrouver : Gaboré 

ou Caboré (LXXXllI, 337). —En 1713, 
Etienne Gaboré était juge de la Maison 
Fort (St-Amand en-Puisayc) ; il était ma- 
rié à MiJclcinc Pouillot. 

Leur (iU, Pierre Gaboré, bourgeois (\c 
St-Amand, épousa le i" août 1713, Ed- 
méc de Fmance, fille de Joseph de Fi- 
nance, gentilhominc verrier, et de Pom- 
ponne Violet. 

Il mourut â^é de 75 ans, en 1768 ; sa 
femme était morte, à 57 ans, en 1752. 

Pierre Gaboré et Edmée de Finance eu 
rcnl au moins 4 enfants : Léonard, mort 
à 17 ans en 1742 ; Charles et Pierre, 
présents en 1752 au décès de leur mère ; 



L'INTERMEDIAIRE 



. 404 



et Camille, mariée, le 14 novembre 1764' 
à Pierre Belliard, arpenteur royal à la 
maîtrise des eaux et forêts de Montargis, 
fils de Pierre Achille Belliard, aussi arpen- 
teur en ladite maîtrise, et de Marie-.Mar- 
the Catalal. MoiiENNES. 

La Comtesse C. Hugo (LXXXU). 
Clémentine Sollier, comtesse Hugo, était 
la femme de Léopold et par conséquent 
nièce de Victor Hugo. Elle est morte le 
19 mars 1910 dans une pension de fa- 
mille aux BaMgnolles. Le comte Léopold 
Hugo liabitait Paris vers 1880 et fré- 
quentait les milieux littéraires. Il ne man- 
quait pas d'esprit et sa conversation était 
originale. 

H Tx. 

Les manuscrits uormands de don 
Lenoir (LXXXIll, 241, 363). — Lire 
Bayeux et non Bagncux. 

Le château de Belfontainc est à un kilo- 
mètre environ de la gare de l'Ouest à 
Bayeux. 

Albero. 

Langlois de Sézanne (LXXXIll, 
334). — Claude-Louis-Langlois de Sézan- 
ne, né à Sézanne (Marne) en 1757, était — 
d'après le Dictionniiie des Artistes^ de Ga- 
bet — un peintre de portraits. 

Elene de Beaufort, ancien directeur de 
l'école de dessin à Sens, il avait à Paris, 
en 1851, rue Geoffroyl'Angevin, 7, un 
atelier d'élèves et donnait aussi des le- 
çons particulières. 

Outre un grand nombre de portraits 
des généraux français les plus célèbres, 
les principales productions de cet artiste, 
maintenant oublié, sont : le portrait du 
naturaliste Sonnini de Manoncourt. plu- 
sieurs sujets pourle frontispiced'unc bible, 
gravés par Voissart ; une Nativité, 
d'après Raphaël, exposée en 181 9 et des 
tableaux de f;imille. 

Langlois a dii mourir dans le cours du 
règne de Louis Philippe, car son nom ne 
figure sur plus \' Annuaire des Lettres, des 
aris et des Théâtres de 1846. 

Un bibliophile comtois. 

Jean Le Chartier (LXXXIll. 286^. — 
Dans sa Biographie Normande (lome 11. 
p. 431) Lcbreton dit que l'éloge de Le 



4o^ 



DES CHERCHRURS ET CURIEUX lo-jo M», i^ti 



Charticr a été prononcé à l'académie de 
Caen, dont il était membre, et se trouve 
dans les /4nnale$ littéraires de Caen 'N'dii 
19 septembre 1807). 

Etant donné que Le Chartier est mort 
le !•'■ novembre iSîy.Lebrcton a du faire 
un lapsus et l'cloge en question doit se 
trouver à une date postérieure. 

E. H. 

Duohesse de Leadiguières 

(LXXXVIU, 238). — On trouvera quel- 
ques détails sur Marie Vi^non et la 
mort de son premier mari d.tns Vi{ille et 
les environ <i, par M. Auguste Bourne, ou- 
vrage dont les sources sont les archives 
du superbe château élevé à Vizillc par Les- 
diguièrcs, Ces archives étaient conservées 
par la famille Casimir-Perier, propri^itaire 
du grandiose édifice. Elles renfermaient de 
nombreux manuscrits de M. Augustin 
Pcrier. 

Enncmond Matel.mari de Marie Vigr.on, 
devenue marquise de Moiranspar la grâce 
de Lesdiguièrcs, fut tue par un certain 
Araldi soudoyé par le 'colonel Allard qui 
voulait se rendre le connétable favorable. 
Après cette mort, la marquise de Moirans 
reçut par l'influence de son amant le litre 
de duchesse de TretTort et, peu après, fut 
épousée. 

Lesdiguicres, en mourant, lui laissa 
une partie de .ses biens. Mario Vignon pa- 
rait en avoir joui tranquillement, elle 
mourut à Grenoble sans avoir été inquié- 
tée et fut inhumée dans la chapelle dite 
du Connétable au couvent de Sainte- 
Claire. Son mausolée, sculpté par Jacob 
Richer, passait pour un chef-d'œuvre. La 
duchesse et sa fille étaient représentées à 
genou, de grandeur naturelle. En 1793 la 
populace brisa le tombeau, les débris en 
furent dispersés. 

Des deux filles quo Marie Vignon avait 
eu du Connétable : Françoise, mariée à huit 
ans au marquis de Montbrun, petit fils du 
fameux partisan, vit 5on mariage cassé ; 
elle épousa le maréchal de Créqui veuf 
d'une autre fille de Lesdiguièrcs - du pre- 
mierlit. L'autre enfant de Marie Vignon, 
Catherine, devint comtesse de SauU.Le li- 
vre de M. Bournc auquel j'emprunte ces 
faits s'étend assez longuement sur cette 
famille. 

Ardouin-Dumazet. 



M. Adrien Marcel trouvera dans r//n- 
lorielte que Tallemant des Kcaux consacre 
au connétable de Lesdiguièrcs. le récit de 
son mariage avec la veuve d'Aymon Ma- 
thcl ; celle ci était la iille d'un fourreur, 
et, d'après 1 allemand, son mari était 
marchand-drapier. 

Suivant le rncmc auteur, ce n'est pas 
le connétable, mais un des galants de la 
dame, un certain colonel piémontais du 
nom d'Alard, qui aurait, à l'instigation de 
celle-ci, assassiné l'infortuné inan. 

Apres la mort de lesdiguièrcs, sa veuve 
parait avoir eu des démêlés assez sérieux 
avec le maréchal de Ocqui, mari de sa 
seconde fille ; ce dernier, qui vivait en 
mauvais termes avec sa femme, avait 
tenté de se débarrasser d'elle en la com- 
promettant dans une afl'airc de supposi- 
tion d'enfant Mais la connétable ayant 
déjoué cette mamtuvre, le maréchal, 
pour se venger, fit enlever sa belle-mérc 
et la tint longtemps prisonnière au fort 
des Barreaux, l'accusant faussement de 
crime de lèse majesté, et d'avoir des in- 
telligences avec le duc de Savoie ; 
Lou'.s Xlll et le cardinal de Richelieu, 
passant à Lyon, la mirent en liberté. 

Le P. Anselme, qui cite la duchesse de 
Lesdiguièrcs dans son /iiitoiie gènéilogi- 
qut:, ne donne pas la, date de sa mort. 
Un bibliophile comtois. 

Les lettres^ et maausorits de 
Maine de Biran (LXXXIII, 3^8, 366). 
— Ecrire à .M. Maine de Bit an, château 
des Guichards, par Mouleydier (Dordo- 
gnc) et à M. Dujarric-Descombes à 
Celles cDordogne), Vice Présidents et 
tous les deux de la Société Archéologique 
du Périgord. Us renseigneront certaine- 
ment. On trouvera l'adresse du mar- 
quis de Tracy 'descendant des Estutt') 
dans le Bottin Mondain. 

Saint S.M'i). 



Le marquis d'Estude de Tracy (dccedc) 
a laissé un fils au château do Paraw par 
Chevagnes, Allier. 

Une famille Cabanis"* habite Valese- 
ville. par Lanta, Hte Garonne 

Un iNTRR.MÉDIAIRlSTfc. 



N« IS39. Vol. LXXXIll 
407 

Famille Martinet de Brunot 

(LXXXUI, 92, 167), Apres une longue 
absence, je lis la réponse de M. de bamt- 
Saud. J'ai lait erreur en effet. Les Marti- 
net de Brunot n'étaient pas du Périgord. 
Ils n'étaient que sur la lisière, en 
Gu} ennc. 

Desmartys. 

Claude de Nesle abbé de Réguy 

(LXXXII, 259). - L'abbé de Régny-sur- 
Cure (ou Rcigny-lesVermanton) qui gou- 
verna le 'nonastcrc à la tin du xvi> siècle, 
ne s'appelait pas Claude de Nesle. La 
Gallia christiania le nomme Claude de 
Ncsurect Courtépée, Claude de Nesvrc : 
et sont deux lectures d'un même mot. 

L'abbé avait été chanoine de Saint- 
Lazare d'Avallon. D'après V Inventaire 
des litres de celte église, conservés aux 
Afchives départementales de l'Yonne (G. 
3084, 2089, 2090), le nom est Claude de 
Uenesvre. 

On trouverait, sans doute, des rensei- 
gnements concernant ce personnage ; 
dans les notes biographiques sur les abbés 
de Reigny, rédigées par Noël Dainy, qui 
sont aux Archives de V Yonne (H. 1^162). 

Saint-'Valbert. 

Louis-César Joseph Ducornet, le 
peintre né sans bras (LXXXIII, 188, 
}02). — Hélas ! oui, j'ai connu César Du- 
cornet, et je n'en suis pas plus fier, car 
cela ne me rajeunit pas. Je réponds sim- 
plement à l'appel qui m'est fait par notre 
collaborateur Labéda, sans croire que je 
puisse ajouter quelque chose d'intéressant 
à ce qui a été dit sur cet artiste original 
et curieux. J'étais adolescent lorsque j'ex- 
primai a une aiViie de ma famille, qui 
était avec lui en relations presque inti- 
mes, le désir de le voir. feUc me ménagea 
un rende? vous avec lui, et j'allai le trou- 
ver un jour en effet, dans son atelier de 
la rue des Marais-Saint-Ger.Tiain qui 
est actuellement !a rue Visconti, où je 
trouvais le peintre travaillant a un de ses 
tableaux. A l'annonce de mon nom, il se 
leva fort obligeamment et vint à ma ren- 
contre avec beaucoup d'affabilité, sans 
d'ailleurs me tendre la main. Il était de 
très petite taille, replet et d'apparence 
robuste, avec une tèie énorme, d'où sor- 
tait une voix vigoureuse, mais aux ac- 



I/INTERMEDIAIRE 



408 



cents pleins d'aménité cl d'une sorte de 
gaité cordiale. Tout en causant avec moi 
et quelques personnes présentes, il se re- 
mit au travail et je pus le voir tout à 
mon aise. Ce qu'il me semble me rappe- 
ler très bien, c'est qu'il avait aux pieds, 
comment dirai-je ? un appareil analogue 
à celui que les femmes, sous le nom de 
mitaines, portaient alors \olontiers à la 
maison : c'est à-dire que ses pieds étaient 
enveloppés d'un corps d'éioffe légère qui 
s'arrêtait aux doigts, laissant a ceux-ci 
toute leur liberté. 11 y avait vraiment 
iniérêt à le voir travailler ainsi, te- 
nant sa palette du pied gauche, et du 
pied droit faisant courir avec agilité ses 
pinceaux sur la toile. Pour moi, artiste 
d'un autre genre et dont la curiosité était 
singulièrement éveillée, j'y prenais un 
plaisir extrême, je n'ai pas vu Ducornet 
écrire, comme je l'ai vu travailler, mais 
j'ai eu de ses lettres entre les mains, et 
je puis dire qu'il avait une très bonne 
écriture, très lisible et d'une régulante 
parfaite. Voilà tout ce que je me rappelle 
de cet excellent homme qui était, en dépit 
de sa terrible infirmité, un artiste habile 
et distingué. Arihur Pougin. 

M. Kudore Soulié (LXXXll 336 
LXX.XIU 2t>5 362) — Lorsque Sardou 
épousa Mlle Anne Soulié il était veuf. — 
Vers 1860 k 65 environ, un de mes on- 
cles possédait une petite maison de cam- 
pagne dans le magnifique parc du Raincy 
qu'on venait de vendre par lots. — Sar- 
dou était son locataire, sa femme était 
modiste; ménage plus que simple a cette 
époque. J'ignore Cil quelle année il perdit 
sa femme. Ceci est mon souvenir person- 
nel, mais il y a un point obscur dans le 
passage cite par Edmond l'Hommedé, 
Sardou y parle de son beau père Moisson. 
Or je viens d'ouvrir le grand Larousse et 
j'y vois que Sardou avait épousé en i8ç8. 
une Mlle Je fîr^'£:o«^/, laquelle l'avait admi- 
blement soigné et encouragé d;ms une 
période de détresse morale physique. 

Alors comment son beau père se nom- 
mait il Moisson ."* J. V. P. 

Le Chevalier de Vauréal (LXXXlll. 
337). — On voit à Melun. dans le cime- 
tière du sud, la tombe, en bon étal d'en- 
tretien, du chevalier de Vauréal. 



DES CHERivHEURS KT CURIEUX 



3o-_jo Mai 19a I. 



409 



410 - 



La pierre est surmontée d'une longue 
inscription elogieuse, dont je n'ai pas re- 
levé le texte intégral, mais seulement les 
indications essentielles suivantes : 

Très illustie el noble Franvois Louis de 
Vaurëal ficre militaire dejustice de l'ordre 
de Saint Jean-de Jérusalem, fils naliiicl de 
très haut, Uà^ puissant et très excellent 
prince Louis- Fiançois - Joseph de Bourhon 
prince de Conty prince du sang, pair de 
France, décédé à Melun le 3 août l'j'i^, 
âgé de 24 ans, mestre de camp en stcond du 
régiment ds dragons de S. Altesse Sérénis- 



"o 

sime.. 



Prf.-Chambi.ain. 



Uu cardinal à retrouver (LXXXIU, 
285). — Il a bien existé un dominicain, 
appelé Vincent, de son nom de bnptème, 
qui fut cardinal et maître du Sacré Palais, 
sous le pontificat d'Urbain Vlll, mais 
son nom de famille était Macolani et non 
pas Damedor. 

Né à Fiorenzuola (Emilie) en 1Ç78, il 
reçut le chapeau en 1O41, fut quelque 
temps archevêque de Bénévent. et mou- 
rut à Rome en 1667. 



11 s'agit évidemment de Vincent Macu- 
lano, de Fiorenzola, dominicain, maître 
du Sacré palais, prêtre cardinal de Saint- 
Clément, promotion de décembre 164 1, 
mort achevêqiie de Bénévent, en 1667. 

J. Chappée. 



Les Pazzis dans le Dante (LXXXIII, 
141). — Personne n'ayant encore répondu 
je donne pour ce qu'ils peuvent valoir ces 
quelques détails : 

S'ils étaient originaires d'Arles, Ri)nctc 
Pa{{0, ou dfi Pa^xi et son homonyme 
Riniere de Conielo,dtu\ simples voleurs de 
grand chemin du xm» siècle, étaient alors 
connus pour, le premier au Valdarnese 
et l'autre comme étant de Corneto, dans 
les Etats de l'Ei^lise. Dfnteles place dans 
le septième cercle, celui des violents 
contre autrui : 

La divina giustizia di qua .. 
.... ed in eterno muiige 
Le lagiune, clie col bollor disserra, 
A Rinier da Corneto, a Rinier Pazro, 
Che fecero aile strade tante guerrk 



Alberto Camicione de Pa/zi, autre Val- 
darnese, d'une époque un peu posicrieure, 
tue par trahison son parent Ijlbcrlino, et 
pour ce fait est mis par Dante dans le 
cercle des traîtres à leurs proches ; cet 
ancien dit avec hauteur ; 

Sappi ch'io sono il Camicion di Pa2zi ; 
Hd aspetto Carlin, cho mi scagioni. 

C'est-à-dire que le crime de celui qui va 
venir fen cnferj est tcllemenl abominable 
que le sien propre en semblera peu de 
chose, qu'il sen s.agionoto, purgé, pres- 
que de son crime. 

Carlin, en etlct, avait vendu aux Noirs, 
faction contraire à la sienne, Castel di 
Piano di Trévigne, qu'il tonait pour les 
Blancs, abandonnant à l'ennemi tous ceux 
de sa faction qui se trouvaient dans la 
place et qui furent massacres. 

Qiiantà Allard, ilveccbio AlaiJa je ne 
trouve rien de plus que ce qu'en dit le 
collègue A. !.. C'est en conseillant à 
Charles d'Anjou de s'cngiigcr dans la ba- 
taille de Tagliocozro que les deux tiers 
de ses forces et de conserver l'autre tiers 
en réserve pour l'attaque finale, qu'il lui 
assura cette victoire signalée sur Conra- 
diii, neveu de Manfredi. 

L'américain Longfellow est utile à con- 
sulter pour les notes étendues qu'il a don- 
nées avec sa remarquable traduction, ter- 
zine par terzine, de la Divine Comédie. 
Il appelle Allard, le Comte Alardo de Val- 
leri. 

NUNOT. 



Armoiries à identifier : Dauphin 

(LXXXIII, 93). — Le libellé de la ques- 
tion est peu clair, La faute en est, sans 
doute, à l'imprimeur qui aura brouillé 
l'accord des participes et des substantifs, 
et qui aura mal disposé typographique- 
ment les alinéas. 

Toutefois, je crois pouvoir dire que, si 
l'objet armorié date du commencement 
du xix* siècle, les blasons sont ceux du duc 
et de la duchesse d'Angoulême, dau- 
phin et dauphine de France. 

Saint- Valbert. 



Médaille des Trois Ordres 

(LX.\.\lll_ 338). — Par suite dune erreur 
d'impression, il y a lieu de lire ; ... dans 



N* 1539 



Vol.LXXXHI 
411 



L'INTERMÈDlAIRlt 



412 



l'intérieur un grand 6 (six) ; 
dans l'intérieur un grand 



au lieu de 
b(b). 
G. Ab. 



Hippolyte Clairon et l'Ordre du 
« Médaillon » (LXXXUl, 140, 27)). — 

Dans un acte du 26 juillet 1783, dé- 
posé au rang des minutes de M^ Labalut, 
notaire à Villeréal (Lot-et-Garonne), je 
trouve l'indication suivante : 

.< S. François Borde, ancien sergent au 
régiment de Bourbon Infanterie, ayant h 
lécompime mililaùe du Médaillon h. 

Il y avait donc deux ordres du Médail- 
lon, l'un pour Vénus, l'autre pour Mars ? 

Desmartys. 

Iconographie de profanes dans 
les églises (LXXXlll, 288). — Dans la 
chapelle du beau château de josselin 
(Morbihan), on peut voir un vitrail où 
figurent tous les membres Je la famille 
Rohan, certains encore vivants. 

ASH. 

* 
* « 

L'usage est très répandu de donner 
aux saints, figurés sur les vitraux, les 
traits des donateurs. Ainsi, on peut voir, 
aux verrières de l'église Saint-Séverin de 
Paris, plusieurs bourgeois du quartier, nos 
contemporains, déguisés en martyrs et 
en confesseurs. 

La liste de ces travestissements serait 
bien longue. Quelques personnes la trou- 
veraient indiscrète. 

Saint-Valbert. 



Au cours d'un déplacement dans le 
Berry. j'ai pu constater la coutume men- 
tionnée par Robert Gérai. 

Dans l'église de Graçay (Cher) la plu- 
part des vitraux représentent des dona- 
teurs et des habitants du village, et entre 
autres les filles de l'architecte du mo- 
nument. 

Dans l'église de Sainl-Christophe-en 
BazcUe (Indre), le vitrail du fond du 
chœur représenteSaint-Christophe portant 
l'Enfant jcsus, dont les traits sont ceux 
du châtelain du pays, aujourd'hui décédé, 
et d'autres vitraux représentent ses pa- 
rents. 

X X.X. X X. 



le ne pense pas que M. Robert Gérai ait 
\\y, dans des cartouches, sous les images 
de S. Simon et de sainte Hélène à l'église 
de Chevryen-Seléme, les noms mêmes de 
M. ei Mme Brisson ? 11 ne pourrait donc 
y avoir là (à mon sens), usurpation de 
personnalité, même pas manifestation 'de 
l'orgueil humain. Je soutiens avec bien 
d'autres, que l'artiste a le droit de prendre 
ses modèles où il lui plait. 

Et que m'importe, s'il compose un 
chef-d œuvre 1 Je ne dis pas que les fres- 
ques de Chevry et que le prophète de 
.Metz soient des chefs-d'œuvres, à d'autres 
de juger 1 Mais je constate que l'art est 
rempli d'exemples. Au surplus, l'Eglise a 
toujours reconnu à l'artiste le droit d'in- 
terpréter, de transposer, pour traduire son 
émotion, le visage humain. L'œuvre d'art 
ne se peut créer d'après un modèle type 
inexistant. Cette largeur d'esprit nous a 
valu les chefs d'œuvre du Moyen-Age etde 
la Renaissance. Griinewald et Holbein ont 
peint des Christs d'après des cadavres Fus, 
leurs œuvres n'en sont pas moins d'essence 
spirituelle. Et les Vierges de Raphaël ? 

On pourrait reconnaître le portrait de 
M. Clemenceau dans une peinture du Pan- 
théon 1 On sait que chaque fois qu'il s'est 
agi de portraiturer Louis IX, les imagiers 
se sont attachés au profil de Charles V. Une 
dernière citation. 11 y a au Musée d'An- 
vers, un tableau de Jehan Fouquet (qui 
jusqu'en 1793, appartint à une église de 
Melun) lequel représente une yierge a 
rEn/ant.Y a-t-il là sacrilège .''Cette Vierge 
c'est Agnès Sorel ! Les artistes romanti- 
ques ont reproduit cent fois ces traits. 
C'est peut-être le plus sijr portrait de 
cette grande femme si décriée du xv* siè- 
cle. C'est une belle œuvre, ce portrait. Je 
souhaite une aussi belle destinée aux 
fresques de Chevry-cn Sélème. Car dans 
quelques siècles, si l'on a oublié les noms 
révélés par la sagacité de M. Gérai, tant 
mieux si l'on ne voit plus dans les figures 
sacrées, interprétées par l'artiste que deux 
belles œuvres En art, l'anecdote est d'un 
intérêt tout relatif. 

Gabriel Ursin Lanok. 



Album 
quea E. 



d'autographes romanti- 
C. (LXXXlll, 291;. — Les 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30-30 Mai 1931 



413 



annuaires et almanachs de Versailles, du 
temps de la Restauration, ne contiennent 
pas les noms des professeurs des Pa^cs. 
Toutefois dans P A Imattach 1 ovitl de 1829, 
figure un sieur Carlier au nombre des 
« chefs d'études, prof. » desdits Pages, 
sans désignation de spécialité. Ce fonc- 
tionnaire est vraisemblahlement le même 
que le Théodore Cirlier, fignalé par Ste- 
Beuve, auteur de recueils de vers intitulés 
Voyages poétiques (i^)o) et oj/.t,', /tudi^ 
(1838J (Voir la Bibliographie de Ut France 
de CCS deux années). 

Il ne doit pas être confondu avec un 
homonyme, j M. Carlier, qui habitait 
également Versailles, à la même époque 
et était professeur de mathématiques au 
collège de cette ville. 

Dans un passag*' de son long article du 
Temps, qui n'a pas été reproduit dans 
nos colonnes, M. Emile Hînriot cite 
assez dédaif^neusement parmi les écri- 
vains plus ou moins connus qui ont ré- 
pondu à l'ir.vitation de la propriétaire de 
l'album, « un M. Tampucci », qui rimait 
pour Mlle E. C. <» des vers entlammés i.ur 
la valse ♦. Ce Tampucci n'était pas un 
rimeur vulgaire, un poète pour album de 
jeunes tilles ; il a eu son instant de 
célébrité et son souvenir nous a été con- 
servé grâce à Champtleury qui lui a con 
sacré tout un chapitre dans Les Vigneties 
romantiques, 

Hippol)te Tampucci, qui exerçait la 
profession modeste de garçon de classe 
au collège Charlemagne, s'était senti 
l'âme et le tempérament d'un poète, et. 
en 185J, faisait paraître chez Paulin un 
volume de Poésies orné d'une eau-forte du 
plus pur romantisme due à CélestinNan- 
teuil. Mais le pauvre Tampucci n'était 
rien moins que romantique ; bien que lié 
avec Théophile Gautier, Gérard de Ner- 
val et autres anciens élèves de Charle 
magne, à qui il a dédié certaines pièces 
de son volume, il n'éprouvait d'xdmira- 
tion que pour Casimir Delavigne, et cet 
enthousiasme — dit Champtleury, — 
« équivalait vers 1833 à un brevet de 
cuistrerie impardonnable. > De fait, ses 
vers sont d'un poète bien sage, sauf, ce 
pendant, sa pièce sur « la Walse » {sic) 
qui figure à la page 195 du recueil, sous 
la date de juillet 1852, et dont les stances 



4,4 

sont elTcctivemcnt assez cnllammces. 
Tampucci finit, à un moment donné, par 
jeter son balai aux orties pour rntrer 
dans l'administration. En 1841, devenu 
chef de bureau de la préfecture de la 
Marne, il publiait encore un volume de 
poésies intilulé : Quelques fleurs pour une 
couronne ; mais Ce fui ;on chant du cygne. 
Tampucci est mon. à une date inconnue, 
complètement oublié. 

Un BIIU.IOPHIl.fc COMTOIS. 

La petite ville de La Bruyère 

(LXXXIII, 292). — L'édition des Carac- 
tèies donnée par Didot en 1819 indique 
en note (vol. I, p. i )6) : c La vdic de 
Richelieu >». Le souvenir assez 1 >intain 
que jai conservé de celle ville ne con- 
corde pas très exactement avec la des- 
cription de La Bruyère, et il faudrait qu'il 
eût visé les tours et clochers du château 
séparé de la ville et qui a disparu, car la 
ville, qui n'a guère changé, en compor- 
tait certainement fort peu. 

P. DE Mariv. 



« 



La clef de 1 édition des frères Wets- 
teins (1720) et les suivantes disent qu'il 
i'agit de la ville de Richelieu. 

Mais la description ne convient pas 
exactement à cette localité. Une clef 
marginale indique Sain t-Germain-enLaye, 
sans plus de vraisemblance. 

11 est probable que La Bruyère a 
voulu représenter la petite ville en géné- 
ral et non une certaine petite ville. 

SAlNT-VALiBRT. 



Le nom de la petite ville décrite au 
Chapitre V des Catactèta a varié avec 
l'humeur et la fantaisie des faiseurs de 
clefs : les uns l'ont appelée Richelieu. 
probablement en souvenir du château, et 
ils la localisent dans l'indre-et Loire ; 
les autres, sans doute à cause de la forêt, 
y ont vu Saint-Germain en-Laye, et ils la 
placent en Seinc-et-Uise. Mais si ingé- 
nieuse qu'elles puissent paraître, ces hy- 
pothèses sont gratuites ; et il semble 
bien, pour employer un mot familier à 
La Bruyère, que le vrai nom de la « pe- 
tite ville » reste encore à découvrir. 

D' Frihnd. 



N» 1539. Vol. 



LXXXIII 
-- 4'5 - 



L'INTERMÉDIAIRE 



416 



» * 



Tous les éditeurs sérieux de La Bruyère 
se sont piéoccupés, comme notre con- 
frère ij^iiisetti, de savoir quelle était la pe- 
iiic ville dont parle La Bruyère dans le 
passage célèbre -. « j'approche d'une pe- 
tite ville », etc. 

On a proposé Rouen. Saint-Germain et 
Richelieu. 

Aucune de ces trois villes ne se rap- 
porte sulTisamment à la description de La 
Bruyère. 

A la page 8 de son ouvrage sur Loys le 
Rov. de Coutances (in-S", chez Le:ène et 
Oudin, Paris 1896). l'auteur, A, Henri 
Beckcr, suggère Coutances. 

Il est positif q.ie la vue de Coutances 
répond assez bien au paysage peiiii par 
La Bruyère. En tous cas, beaucoup mieux 
que Rouen, St-Gerinain ou Richelieu — 
qui ne V ont pas du tout. 

Et puis, il est a noter que La Bruyère a 
été trésorier de la généralité de Caen, 
dont Coutances est une élection. La 
Bruyère, « en tournée d'inspection ». 
aura eu sous les yeux le paysage qu'il 
décrit. 

Ne pas oublier enfin que Coulances est 
et était un évêchc, ce qui, par ailleurs, 
répond très bien à la fme satire de La 
Bruyère. 

jusqu'à plus ample inlormé, notre 
confrère Quisetti devra admettre que la 
petite ville est Coutances. 

Saint-Malo. 

Rônan « Solliciter doucement les 
textes » (LXXXIII, 241}. — Chacun se- 
lon son indice particulier de réfraction 
mentale, jugera la f^ie de Jéuis et son 
auteur, mais selon moi l'on dépasse les 
bornes de la critique en déclarant que 
< ce n'est pas une œuvre de bonne foi » 
Je suis convaincu, pour ma part, que 
Renan n'a jamais écrit un livre, une page, 
une phrase qui ne fussent au moment où 
il écrivait l'expression sincère d'une pen- 
sée un peu ondoyante peut-être en appa- 
rence plus qu'en réalité, mais loyale, je 
ne sais si l'expression « solliciter douce- 
ment les textes » est de lui, en tout cas 
elle lui ressemble bien. Mais je n'y vois 
nullement un sens péjoratif et n'accuse 
pas le maître d'avoir dénaturé sciemment 
Ici textes pour la plus grande gloire de 



ses opinions personnelles. Un texte est 
un fait humain ; et on sait ce que pèsent les 
faits humains, l'interprétation est donc 
ici un droit absolu, je dirais volontiers 
un devoir; tout ce qui est authentique n'est 
pas nécessairement sincère et il se peut 
que tel document certain ne contienne 
qu'une part infinitésimale de vérité ou 
même n'en contienne pas du tout. 

Qiiant aux miracles, comme Renan n'y 
croit pas, peut on dire qu'il les escompte? 
je ne le pense pas. 

A bien voir les choses, Renan fait ce 
que fait tout écrivain qui compulse et 
étudie les textes, il les interprète à sa 
man'ièrc ; et si cette interprétation s'o- 
riente volontiei s dans son sens particulier, 
il est en cela de l'innombrable famille 
des historiens. Et ce n'est pas cela qui 
m'inclinerait à douter de son entière 
bonne foi. 

H. C. M. 



La rencontre dont s'étonne notre con- 
frère G. P... s'explique le plus aisément 
du monde. MM. Samaran et Deslandres 
ont trouvé l'expression dans l'œuvre la 
plus célèbre de Renan lui même. Il suffit 
de rappeler ce passage de la Vie de Jésus ; 

... Ce qu'il faut rechercher, ce n'est pas la 
petite certitude des minuties, c'est la justesse 
du sentiment général, la vérité de la couleur. 
Chaque trait qui sort des règles de la narra- 
tion classique doit avertir de prendre garde ; 
car le fait qu'il s'agit de raconter a été vi- 
vant, naturel, harmonieux. Si on ne réussit 
pas à le rendre tel par le récit, c'est que sû- 
rement ou n'est pas arrivé à le bien voir. 
Supposons qu'en restaurant la .Minerve de 
Phidias selon les textes, on produisît un en- 
semble sec, heurté, artificiel ; que faudrait-il 
en coiiciuie ? 

Une seule chose : c'est que les textes ont 
besoin de l'interprétation du goùi.qu'il faul 
les solliciter doucement ']\iS(\\i"k ce qu'ils ar- 
rivent à se rapprocher et à former un ensem- 
ble où toutes les données soient heureuse- 
ment fondues. Serait-on sûr alors d'avoir la 
•îtatue grecque ? Non ; mais on n'en .lurait 
pas du moins la caricatu e : on aurait l'es- 
prit général de l'œuvre, une des façons dont 
elle a pu exister. 

Je cite la 7» édition, Paris 1863, intro- 
duction, page LVl. 

A. Boohaert-Vachh. 
Même réponse : D"" M. D. 



DBS CHERCHFJÎRR Kî CUHiKUX ao.,o Mii .911. 
4,7 ^,j5 

disparu â la suite des cvcncment^ de ces 
dernières années. Mais je crois que les 
révélations sensationnelles qu'il nous 
donne, soit sur la cour de S^int Péfers- 
bourfç, soit sur celle de Potsdam, ne 
doivent être accueillies qu'avec un ex 
trctne prudence. 

Knfin. il ne m'apparlicnl pas et je n'^i 
aucunement le désir de dcfenJre le Kron- 
prinr contre les accusations de son an- 
cien aidc-decamp, mais les airocilés que 
celui-ci lui attribue seraient-elles prou- 
yces, ce n'était pas au sire de Heltzendorll 
à les révéler. En outre, il convient tou- 
jours de se défier îles doincfstiques qui 
disent du mal de leurs anciens maîtres. 
Un wbliophile comtois. 



L'emploi du mot »< solliciter » ainsi 
compris est courant. Notre confrère, 
grâce au contexte, en a d'ailleurs aisé- 
ment démêlé la signitication. Toutefois il 
conviendrait qu'il atténuât sensiblement 
les termes de sa définition : « solliciter > 
n'est tout de même pas proprement « dé- 
figurer ». 

Je m'en tiendrais plutôt au sens impli- 
citement et clairement contenu dans la ci- 
tation suivante d'un original et fin criti- 
ti(iue disparu il y a peu d'années : 

M. Ernest Lichteiiber^çer. ,. m'aveitit que... 
j'ai dû solliciter un peu les textes. Je le crois 
humblement, et je n'en ai guère de repentir. 
J'aurai appliqué d'instinct une doctrine qui 
m'est chère sur le ministère de la critique, 
qui est d'éclaircir et de mettre en ordre les 
inventions plus ou moins confuses du génie. 

(Paul Stapfer : Etudes sur Gcethe, Paris, 
1906^ p. 278, note). 

S. G. 



Lôg révélations d'un écrivriin an- 
glais sur le Kronprinz (LXXX11I,284) 
— l'ignore si, pendant la dernière guerre, 
le kronprinz a eu un officier d'ordonnance 
appelé le comte Hrncst de Hcltzendorff. 
mais ce que je puis attester, c'est qu'avant 
1917, on ne trou\c attaché à sa personne 
aucun officier de ce nom. D'ailleurs, je 
necroispasqu'unefamillecomtale Heltzen- 
dorfT existe en Allemagne ; en revanche, 
dans Gothaisckci grcefliches Taschenhucb, 
figure une famille Holtzendorff (jui peut 
être celle à laquelle appartiendrait l'offi- 
cier en question, mais aucun des mem- 
bres de cette famille ne porte le prénom 
d'Ernest. 

Mr. William Le Qjjeux est l'auteur de 
plusieurs romans qui, sans avoir grande 
valeur littéraire, jouissent d'une certame 
vogue de l'autre côté du détroit . je n'ai 
lu de lui qu'un seul ouvrage : The indis- 
crétions 0/ a ladyh maid, et n'ai point 
été tenté de connaître ses autres œuvres. 

Depuis quelque temps, Mr. Le Queux 
parait vouloir s'adonner à un nouveau 
genre ; il fait éditer et traduire en fran- 
çais de temps à autre des publications re- 
latant l'histoire secrète et scandaleuse 
de certaines cours européennes qui ont 



J'ai dernièrement, chez un libraire, hé- 
sité longtemps devant Le Sectet de Poli- 
dam. Sur la couverture, je découvris ces 
mots : « Commandeur de Ai(le Noir v>. 
Or cet ordre, si fort rare, n'a jamais eu 
(telle la Toiwi: d'or) qu'uu degré. [L'Aigle 
Rouge, lui, en a des tas, de grades et de 
degrés). 

Ch.-Ad. C. 



Un pur trouve toujours un plus 
pur qui l'épure (LXXVIII. 193;). - Ce 
vers n'est que l'adaptation spirituelle a un 
fait d'observation courante dans la vie po- 
litique actuelle du vers bien connu de 
Boileau dans V Art poétique : 

tJn sot trouve toujours un plus sot qui l*ad- 

(mlre. 

Il faudrait sans doute compulser long- 
temps des collections de journaux avant 
de découvrir quel est le journaliste qui a 
le premier trouvé l'ingénieuse transposi- 
tion — ou peut-être, l'ayant recueillie 
dans une conversation, l'a le premier sim- 
plement utilisée. 

Ib^re. 



Le mot était courant dans les milieux 
et les journaux conservateurs, aux envi- 
rons de 1880, alors que «l'épuration des 
fonctionnaires » était a l'ordre du jour du 
parti républicain triomphant, j'ai connu 
un collaborateur du Moniteur Onivtntl. 
qui disait avoir la paternité de ce mot. 



N» 1539. Vol. LXXXIll 

4 ' 

Mais ne s'illusionnait-il pas : Probable- 
ment la trouvaille a été anonyme, collec- 
tive. 

Elle était dans l'air, et d'ailleurs facile 
pour quiconque se rappelait son Boileau : 
i. Un sot trouve toujours un plus sot qui 
l'admire > . 

V. B. 

Septante , ootante et nonante 

(LXXXIU, 19s, 368). — A mon premier 
diner dans le monde en Belgique, en 191 1 , 
j'ai été curieusement attrapé par cette ex- 
pression de mon voisin ; « lors de la 
guerre de septante. ^ . 

Ch.-Ad. C. 



L'INTERMEDIAIRE 



420 



« Dans ce jardin près d'un colosse de Jupi- 
ter est le tombeau d'un chien d'André Doria, 
j à qui il donna cent pistoles de pension pour 
I son culrelien. L'Epitaphe est des plus cu- 
i rieuses : « Qui giace il gran Rolando, cane 
I « de! principe Giov Andréa Doria, il quale 
l « per la sua fede ebenevolenzia, lu merite- 
I « vole di questa memoria e penché servo in 
o vita si grandemente ainbidue le leggi, fu 
« anrora giudicato in morte doversi collo- 
< care il suo cenere presse del sunmoGiove, 
« conie veramente degno délia real custodia. 
« Visse XI anni e X misi, mori, in set- 
tcmbre del 1615, giorno 8,ora 8 délia notte.> 

Une note de R. Colomb nous renséigno 
sur l'origine de ce fidèle serviteur : 

« CharlesQ_uint l'avait donné à André Do- 

iria en assignant pour le chien cinq cents écus 
de pension. > 



sur- Yonne (LXXXIll, 14, 227, 320). 
11 est facile de prouver que je ne me suis 
pas avancé sans raison en parlant de 
OioNA (oNA ou ONNA), au lieu de Oionno 



J'avoue que cette date de 1615 me 
laisse rêveur. Charles-Quint (1500-1558) 
et André Doria (1468-1560) étaient morts 



En efïêt, on a : Rocba suber Yonam en î «^^P^'/ P^"' ^/ cinquante ans. lorsque le 
120:) (Archives de la Vendée) ; ^o^fca su- \ gra'^d Roland pa.<^sa lui menie de vie a 



pet Eonam (dito). On retrouve Yonam en 1 
1249 (Aveu Archives nationales) ; en 
1250). On a Yona en 1250. 

J'ai trouvé OyoKom en 1502 ; et Gallia 
Christtanti donne Oionam, en 1533 (A, 2, 
366). — Que faut-il de plus ? 

Donc OiONA est bien plus probable 
qu'OioNN'o, que je n'ai jamais pu décou- 
vrir encore ! 

Marcel Baudouin. 

Horeau , Bihoreau , Trihoreau 

(LXXXll, 208). — Il existait, en vieux 
français, un substantif boreau (boureau, 
houreî. borel) qui signifiait fascine, fa- 
got. 

D'autre part, hiboreati (btborel) est le 
nom français, encore usité aujourd'hui, 
d'un oiseau, une sorte de héron {atàea 
nycticorax). 

Voir les dictionnaires d'Oudin de Cot- 
grave, de Saintc-Palaye et de Godefroy et 
les traités d'ornithologie. 

bAlNT-VALBERT. 

TombeBd'animaux (LXV1II;LXXVI11 
a LXXX). — Le Président de Brosses, 
écrivant de Gênes a son ami de Quintin, 
le I*» Juillet 1739, raconte sa visite au 



trépas. De Brosses ne se serait-il pas, en 
copiant l'inscription, trompé d'un siècle .' 
N'oublions pas non plus la tombe d'un 
griffon, attribuée à Clodion et comman- 
dée, dit-on, à cet artiste par la Dubarry. 
. Ce petit monument d'une proportion ex- 
* quise faisait partie en 1896 de la collec- 
\ tion particulière de M. Gaston Le Breton, 
Directeur du Musée Céramique de Rouen. 
Deux chiens formant cariatides suppor- 
tent un entablement surmonté d'une urne 
drapée ; au pied de cette urne git inanimé 
le toutou de la favorite. Entre les deux 
chiens se dresse la place vide de l'inscrip- 
tion. 

Ce tombeau du griffon inconnu a été 
reproduit dans r/Z/Mj/rfl/jo»; du 18 juillet 
1896 . 

Orfrémont. 

Les armes d'honneur (T. G, 59). — 
Sur décision du i" Consul, la République 
décernait des sabres d'konneur aux offi- 
ciers qui s'étaient distingués par une 
action d'éclat. 

Ces armes d'honneurfétaient-elles d'un 
modèle unique pour ,,tous les Corps 
(Guerre et Marine) ? 
\ Où pourrais-je trouver leur description 



Palais Doria (Colomb, lettres familières, \ détaillée (lame, poignée, fourreau) ? 
'S38) : G. An. 



DfiS CHERCHEURS El CURIHUX 



io-)o Mai 1911 



431 



Plumes qui ont c$igné des traités 
(LXXIX, 139, 247, 294 ; LXXX, 135. - 
je lis dans une Kevue de 1899 : 

... La plume, avec laquelle Bismark signa 
le traité de Francfort le 10 mai 1871, est en 
or massif et sertie de diamants. Elle est dé- 
posée au niuséo Bismark, dans le chùteau 
seigneurial de Schœnhausen, propriété pri- 
mitive de Bismarck, mais qu'ils avaient dû 
vendre au moment de leur décadence et que 
le vieux chancelier avait rachetée... 

G. Ab. 

Tartarin (XXLV ; XXV ; LXXXll ; 
LXXXlil, 279, 372). — L'année dernière 
je faisais un séjour en Provence, dans la 
si méridionale ville de B... célèbre par 
ses foires d'antan, qui se cache coquette- 
ment dans un tournant du Khône, au 
pied d une coUme sur laquelle se dres- 
sent, encore majestueuses, les ruines d'un 
château, construit par une famille dont 
le chei fut un connétable qui entra sou- 
vent en lutte avec le cardinal de Riche- 
lieu. 

C'était au mois de Juillet. Vers la fin 
d'une après-midi qui avait été particu- 
lièrement chaude, j'étais allé avec un ami 
chercher un peu de fraîcheur, sous les 
platanes superbes qui ombragent l'ancien 
champ de loire, situé en bordure du plus 
grand de nos îleuves. Devant nous, de 
1 autre côté s'élevait la masse imposante 
du château du roi René transformé en 
prison. Les rayons du soleil qui allait se 
coucher, la-bas dans les oseraies, doraient 
les cimes de ses tours. 

« Tartarin devait monter souvent là- 
haut, dis-je, en le désignant à mon com- 
pagnon, pour admirer sa bonne ville de 
larascon. » El je m'attirai cette réponse : 
si Vous êtes donc aussi de ceux qui croient 
que c'est en face qu'Alphonse Daudet a 
trouvé son héros ? Je vais vous détromper. 
Venez donc jusque chez moi. Chemin 
faisant vous ferez connaissance avec celui 
qui servit de modèle à Daudet et je vous 
montrerai ensuite sa photographie ». — 
« Vraiment:' > — « Mais oui, ma famille 
était 1res liée avec un M. Henri Keynaud 
de Nîmes, qui habitait boulevard Gam- 
bctta, dans l'immeuble où se trouve ac- 
tuellement la Chambre de Commerce, et 
qui lui appartenait. Très riche, il se plai- 
sait à faire du bien autour de lui, sans 
ostentation et n'était pas du tout le hà- 



432 



bleur du roman d'Alphonse Daudet. Ex- 
cellent tireur, quoique j^auchcr, il aimait 
bien faire montre de la justesse de son 
coup d'oeil. On cite de lui ce trait. 

Un jour, il pria un visiteur qui se trou- 
vait dans SOT cabinet de travail, de lui 
designer une victime parmi quatre moi- 
neaux perches sur un arbre éloigne de son 
jardin, et il l'abattit avec une carabine 
Flaubert. On l'a vu aussi souvent, d'un 
coup de pistolet, enlever une épingle 
fixée au bout de son soulier. Très cultivé, 
lin causeur, il professait des idées assez 
avancées. Cela fut, parail-il, une cause 
de brouille dans son ménage. Il allait 
souvent rendre visite à son cousin Mon- 
tegut, (Bézuqutt), pharmacien place du 
Temple. 11 y rencontrait larmurier Win- 
disch (Costecalde) et le capitaine d'habil- 
lement en retraite Fitiii. Alphonse Dau- 
det était son petit parent. Un oncle com- 
mun, l'abbé Reynaud lui avait trouvé 
une petite situation a Paris. En 1861 les 
médecins ordonnèrent au jeune Alphonse 
une cure de soleil. Il vint à Nimes et son 
parent Henri Reynaud le prit auprès de 
lui comme secrétaire. Il fit mieux II dé- 
cida de l'emmener dans un pays du soleil 
OLi il n'aurait pas à souffrir des rigueurs 
du mistral et au mois de février de celte 
année-là ils partaient [vus deux pour la 
Tunisie. Au retour de ce voyage, Reynaud 
habita dans l'immeuble devenu depuis 
l'hôtel Terminus, place de l'Esplanade. 
Dans une cour intérieure il planta, pa- 
rait-il, le fameux baobab. Sur !a fin de 
ses jours il se retira dans le village de 
Montfrin,pay3 natal de sa femme. 

Une question particulière l'avait brouillé 
avec Daudet qui écrivit à quelque temps 
de là son livre. Henri Reynaud, qui ne 
pouvait point ne pas s'y reconnaître, en 
lut profondément allligé ; on en a retrouvé 
les preuves dans un., coriespondance re- 
cueillie par son liis, et souvent amere a 
l'endroit de fauteur de Tartarin. Il ne lui 
pardonnait pas de l'avoir ainsi ridiculisé 
bien que Daudet eut placé le cadre dans 
lequel se mouvaient les personnages, à 
trente kilomètres de Nime?. Il avait 
d'abord donné comme titre à son ou- 
vrage : Bar bar in. Mais on lui fit remar- 
quer qu'il risquait de troisser une famille 
de ce nom habitant justement Tarascon. 
Il modifia alors une lettre > . 



NMjsy. Vol.LXXXllI 
42) 

A la fin de cette conversation 



L'INTERJMEDIAIRI 



434 



qui 



m'ava't intéressé autant que diverti, nous 
entrions chez mon aimable compagnon. 
< Je vous présente notre héros national, 
me dit-il en riant » . En même temps, il 
prenait sur un meuble une photographie 
ou l'on retrouvait les traits du personnage 
maintenant légendaire. «^ Et voici celui 
qui la fait connaître au monde >». ajouta- 
t il, en me montrant une photographie 
de l'auteur de Tar tarin, avec cette 
dédicace : u A mon matelot, souve- 
nir d'Afrique, Alphonse D. Alger, fé- 
vrier 61 . > 

Au mur, il y avait une panoplie com- 
prenant répieu du célèbre chasseur de 
lions, des pistolets d'arçon, une rapière 
et plusieurs couteaux arabes. Henri Rey- 
naud a laissé d'autres armes dans une 
caisse blindée conservée par son fil.^ qui 
a fait cadeau à un musée de Paris d'un 
carquois de flèches empoisonnées. 

Louis GlORGI. 



• # 



Il existe aux Echelles (chef-lieu de can- 
ton du département de la Savoie) un vil- 
lage de ce nom, autrefois (156s) c des 
Tartarins > . 

Nécrologies 

Mgr Battandif-r 

Nos collaborateurs apprendront avec le 
plus profond regret, la mort de Mgr B;it- 
tandier. 11 était depuis de très longues 
années un collaborateur assidu à Vlnier- 
m^rfiai -Y. Cet esprit d'un savoir si étendu 
n'interrogeait à peu près jamais. Mais 
avec une bonne grâce spontanée, il ré- 
pondait toujours et souvent, 

Il signait ses réponses D'' A, B. 

Il dirigeait V Annuaire pontifical catholi- 
que qui contient tous les renseignements 
désirables sur l'église, dans le monde 
entier. Rien ne lui était étranger de 
l'histoire ecclésiastique depuis les pre- 
miers siech. Son Annuaire était un ou- 
vrage attendu avec impatience, et qui 
loué par tous les pontifes depuis 
Léon XIII, est devenu le livre indispensa- 
ble pour qui veut être informé sur les 
institutions et les hommes du clergé. 

Mai? d:»ns cet Annuaire il insérait aussi 
des étude*; substantielles qui sont parmi 



les plus intéressants chapitres de l'his- 
toire de l'église et dont il serait utile 
qu'une table fût publiée. 

Mgr Battandier était né à Saint-Féli- 
cien, le 1 1 avril 1850, ordonné prêtre en 
1875, il alla à Rome où il conquit les ti- 
tres de docteur en théologie et en droit 
canon. Le cardinal Petra se l'attacha 
comme vicaire-général. Il était consul- 
teur de plusieurs congrégations romaines. 

Volontiers et pour l'unique amour de 
servir la vérité, il se mêlait dans nos co- 
lonnes à toute controverse à la(|ueUe il 
pensait pouvoir apporter quelque lumière; 
ses interventions étaient aussi appréciées 
que courtoises. Sa discrétion et sa modes- 
tie égalaient son immense érudition. 
Nous perdons, en Mgr Battandier, un de 
nos maîtres. 

Gustave Fustier 

Nous avons été frappé d'un autre deuil, 
également bien douloureux : la mort 
nous a enlevé un des premiers ouvriers 
de V Intermédiaire, un de ceux qui ont 
assis sa réputation : Gustave Fustier. 

Bibliophile averti, il a donné au Livr- 
as, nombreux articles. 11 a publié une 
nouvelle édition du Dictionnatre d'aigot 
de Ûelvau, qu'il a complété et mis à jour. 
11 avait préparé un considérable Diction- 
naire, sur le même objet, mais la mort l'a 
surpris avant qu'il ait pu en assurer la 
publication. 

Nos collaborateurs savent qu'il se spé- 
cialisait dans la genèse des formes du 
langage. Il avait accumulé dans un ordre 
parfait, toutes les références lUtéraires 
propres à suivre la métamorphose des mots 
et l'origine des locutions. 

Nous exprimons le vœu que les maté- 
riaux amassés pas notre cher et regretté 
collaborateur, ne restent point inutilisés, 
car nous n'ignorons pas ce qu'ils ont de 
précieux et d unique pour cette histoire de 
la langue dans laquelle il a tenu une 
place que seule sa modestie l'empêchait 
de savoir si grande. 



Le Direcieur-gérant '. 
Georges MONTORGUEIL 



Saint-Amantl-Montrond . Irop.CLB«c-DA»ieL 



LXXXIH» Volume Paraissant les lo, io et de )0 chaque moii to juin ig^i 



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QUESTIONS Kr Klil'O.NSKS LlTrÉRAlRËS, HlsrORIOUES, SClKNTIKKjUKS liT ARTISTIQUKS 

TROUVAILLES liT CURIUSITRS 

425 — 426 

1\'0US prions nos correspOnJantS dt ' Depuis trois siècles, le secret de la tombe 

-.«..;^;„ u:,.. -/. -j ; .» . » J„ .^.. ^- Cnivin était connu de la se'ile famille de 

vouloir bten répéter leur nom au-ae.^soui ç . ^ . ^ ^,, ;. , • ^ , 

/ ... Sp^y^) qui se transmettiit de père en fils, 

de leur pseudonyme et de n écrire que : avec pro.nesse de ne pas le divulguer tant 

d un côi'J de la feuille. Les articles ano- ■ qu'il y aurait des desce:idants. 

nymes ou signés de pseudonymes inconnus . M. Eugène de Speyr, étant le dernier des- 
ne seront bas insérés ■ i^^ndant, a décidé île faire connaître le secret 

n 1 1. ■ ■ ■ j L ' .'à l'Ecrlise protestante. 

Pour la précision des rubriques, une i ^^ . . ,■ ■ . 

question ne peut viser qu'un seul nom ou \ . ^ep^'s la publication de cette informa- 

^ j t-, ' I tion il n a rien ete écrit bur ces recher- 

un seul objet. \ ^^^^^ 

Indiquer les rubriques et leurs cotes. \ ^' , . ,. ^ . . ^ t ■ • 

r\ ^ j 1 ,■ ji- -^ t • Quel crédit, a brion. peut-on faire a 

Quand la question sollicite la connais- \ ^^^^ révélation - 

sance d'une liste, la liste, sauf exception, \ y 

nest pas insérée mais envoyée directement \ 

à l'auteur de la question. «,..■,,„ 

T 'T.,^^^.,,A,i;.,;..^ loo r^,^r-k«■,.-c «f Victime de la Terreur sauvée par 

L Intermeaiaiie des L.rieri.neurs et ! _, , „^ ... „ 1 T. 

^ . ' ■. J-. . . ,• ^ ' '• Mme de Staël. - Dans une lettre 

Curieux sinterdii toute qucswn ou re- ^^^^^^^^ ,^ septembre, de Lausanne, à 

ponse tendant a mettre en discussion le \ ^^^ ^^ Charrière, Benjamin-Constant 

nom ou le titre d'une famille non étenite. | rend compte à sa vieille amie de son 



premier voya^^e à Coppet et lui fait un 

1^ . i vif éloge de la baronne de Stacl, qui de- 

QlIlU0$ttOn$ ' vait bientôt la supplanter dans son affec- 

J tion. 11 loue principalement son esprit de 

i dévouement et écrit à ce propos : 

La tombe de Calvin. — On lit dans ! Elle vient de réussir, après trois tentatives 

le Matin : ; coûteuses et inutiles i sauver des prison^ et 

Le dernier descendant d'une vieille fa- ' à faire sortir de France, une femme, son 

m-lle genevoise, M. Eugène de Speyr, âgé i ennemie, pendant qu'elle était à Paris, et 

de 7' ans, qui habiieactuelleiu nt Avignon, • qui avait pris à tache de faire éclater sa haine 

vient de révéler au consistoire de l'Eglise pro- i pour elle de toutes les manières, 

testante de Genève l'endroit exact où k- i Sajt-on qui était cette personne, dont 

grand r.?fovmateur Jean Calvin fut enterréau i j^ ,^..,i trouvé le nom mentionné 

cimetière de Piiinpala.s, le 24 ma. 1304. > dans letude pourtant si approfondie de 

Dans a crainte que sa tombe ne tut prota- , , ni u * n j j a 1 1 

' r \ ■ / . * A ■ ^.«-.Aflrr,».,! i ladv B cu nerhassct , Madame de Stad et 

née, l^alvin fut enterré, presque secietement j "»"/'' _^ » 

et aucune indication ne marquait le lieu de ^"^^ temps \ 

sa sépulture i ^ "• 

LXXXlll- .0. 



N« i^j9. Vol. LXXXIl 

427 

Arrière-ban de 1758. - A-t on 

dfs renseignements sur l'iirriére ban con- 
voqué, en i7bH, pour défendre les côtes 
de Poitou, de Saintonge et d'Aunis ? 

QUŒRENS 

Ecole royale militaire, - Quelles 
formaliles fallait il lemplir pour entrer a 
une Ecole rovale militaire ou au collège 
de la Flcche comme un boursier noble ? 

Un Manceau. 

Séances de l'aréopage. — Au dire 
de RoUin, l'aiéopage tenait ses séances 
dans l'ombre de la nuit. 

Le molif en ét:iit de ne point se laisser 
attendrir par la vue des coupables et de 
)uger selon la justice. 

Faut-il ajouter foi à cette affirinalion 
que démentirait dan? tous les cas l'exem- 
ple célèbre de Pliryné ? — Il semble en 
i'occurence que la vue de la coupable ne 
fut pas étrangère à son acquittement. 

G. DE Massas. 

Famille Chaplet. — Où trouver des 
renseignements sur Pierre Chaplet, sol- 
dat de la Milice, né à Andouillé, au 
Maine, qui épousa, le 3 octobre 1766, à 
Montrun, Mathurine Provost, née au dit 
lieu de Montrun, le 4 juin 1741 ? 

H. Baguenier-Desokmeaux. 

Famille de Coigny. — i" Quel est 
le membre de cet e famille, qu', à la fm 
de l'année 1796, ou au début de 1797, se 
trouvait à Paris, retour d'émigration, et 
y épousait la veuve d'un administrateur 
général des postes? 

2"» Qui est le Coigny qui. à l'âge de 13 
ans, fut enlevé à sa famille par un parent, 
et rendu grâce à l'intervention d'un 
tiers ' 

Marc. 

OlivarusCor.— Jcfcrais très désireux 
d avoir le plus de renseignements possible 
sur Olivarius Cor qui fut graveur de la 
Monnaie, à Nantes au xvni" siècle Je sais 
qu'il fut nommé en 1723 0) graveur de 
I9 Monnaie à Lisbonne (Portugal;. Puis 
je perds sa trace. 

M. Perpot. 



L'INTERMEDIAIRE 



428 



Ferrari. — Une annonce judiciaire 
parue dans divers journaux annonce la 
vente, en vertu d'ordonnance ayant fait 
l'objet d'une mesure de séquestre de 
guerre, de la collection de timbres pos- 
taux rarissimes appartenant à M. Ferrari. 

Qu'étnit ce M. Ferrari P Avant la guerre 
on le donnait comme italien, fils du duc 
de Galliera, dont il avait refusé la fortune 
par scrupule ! On ajoutait qu'il avait vécu, 
sinon de ses mains, du moins de son cer- 
veau, ayant été professeur. 

Me.mor. 

Louis Guiard, chirurgien. — Je 

cheiche tous renseignements biographi- 
ques concernant ce chirurgien, ancien 
élève de l'Ecole de chirurgie d'Angers et 
exerçant plus tard à la Chapelle Raisouin 
(Mayenne). 

H. Baguenier-Desormfaux. 

Famille Ha lé ou Halay. - Un 

aimable confrère pourrait-il me donner 
quelques renseignements sur cette fa- 
mille ; les principaux faits remarquables 
de ses membres, et surtout, son nom 
entier avec titres et armoiries ? 

S. I. 

Famille Lyard. — Un érudit nor- 
mand pourrait il me donner les armoi- 
ries de celte famille et quelques détails 
sur ses faits, getes et alliances au 
xiv siècle ? 

G. DE LA VeRONNE. 



Famille Corbel 

Mèiric question. 



Corbeil. 

G. DE LA V. 



Martin (du Nord) . — Y a-t-il in- 
convénient à dire aujourd'hui pour quelles 
raisons Martin (du Nord), étant ministre, 
dut démissionner ? 

V. 

"Worms élu deux fois sociétaire 
delà Comédie française. — J'ai lu, 
je ne sais plus où, qu'en 1S63, Gustave 
Worms. qui était depuis cinq ans pen- 
sionnaire de la Comédie française, avait 
été élu sociétaire par le comité, en même 
temps que son camarade Coquelin aîné, 
mais que sa nomination n'avait pas ob- 



DBS CHERCHKUKS ET tUKIliUX 



10 Juin '.<fi\ , 



429 



tenu la sanction ministérielle Maltrrc la 
résistance du comité sa place fut d-^nnco 
à une autre personne plus en faveur en 
haut lieu, et ce ne fut qu'une quinzaine 
d'années plus tard, en 1878, que Worms 
fut définitivement élu sociétaire. 

je croyais que le décret de Moscou, qui 
est la charte de la Comédie française, et 
qui. à part quelques modifications secon- 
daires, a subsisté, jusqu'à l'heure pré- 
sente, tel qu'il est sorti du cerveau do 
Napoléon I'', avail réglé d'une façon im- 
muable la question du sociétariat, et par- 
ticulièrement son mode de recrutement. 
Comment alors le fait du prince a-til pu 
intervenir dans cette affaire et donner une 
entorse aussi caractérisée à un règlement 
formel que son origine aurait dii préser- 
ver de toute atteinte, piincipaLiiicnt de 
la part de ceux qui avaient recueilli la 
succession du grand homme et se pi- 
quaient de conserver religieusement ses 
institutions? Sait-on, en outre, qui a bé- 
néficié di cette faveur exceptionnelle au 
préjudice du pauvre Worms? 

CiNaniHNitRS. 

Ex-libris à déterminer. — Aux 

initiales : j. M. ]. L. C. dans un cartouche 
Louis XV. Couronne de marquis. Signé 
Dieu f. Francopolitanus. 

Ex-libris à détertiîiner : ancre 
d'argent — £cu ovale : de sable à 
l'ancre d'argent surmontée de 2 étoiles 
de même 

Couronne de comte. L'écu est supporté 
par deux lions, une sorte de croix de 
.V.altc se trouve au bas de la figure. 

D^ A. L. 

Fer de reliure à détermiaer. — 

Deux cens dccoU'i : le prcmcr : de... à 
une bande d'or chargée de trois tourteaux 
de gueules, accompagnée de deux croissants 
Je... \ le second : de Joly de Fleury. 
Couronne de marquis. Epoque xviii* siè- 
cle. 

pRANCOFOLlTANUi. 

Reliure aux armes ; tô'.e de hi- 
bou. — Couronne ducale surmontée 
d'une tête de hibou (?) — sur l'écu : six 
tours ; trois, deux, une. 

D^ A. C. 



450 — 

Ch>*valier dftla Couroine.— Dans 
un Extrait du *< Registre muituairc de 
l'hospice de l'Armée du S. A. S. Mons«i 
gncur le Prince de Condé ». je lis que : 
\< L'an .... le ctc , est décédé Mon- 
sieur Deschamp. Chevalier de la Cou- 
roune ùc] ». 

Qu'était l'ordre de la Couronne ? l'ar 
qui a-t il été institué ? 

P.C. 

Le télégraphe électrique a-t-il 
été inventé par un fils naturel de 
J J R jusseau du nom d'Alexan- 
dre? — je trouve dans une publication 
éphémère, intitulée Le Jounial de% Cu- 
rieux (Iksa içon 1881, in-S") un article 
tendant à établir que le télcj^raphe élec- 
trique aurait été inventé, des la lin du 
xviii' siècle, par un ouvrier doreur de 
Poitiers, nommé Alexandre, « qui passait 
pour un fils naturel de | j Rousseau ». 

Cet Aio.xuidre, d'a'oord doreur, ensuite 
chantre h Saint-Su'pice de P.>r:s puit prési- 
dent de la section dj Luxembjuri(, puis 
commissaire généial des guerres à Poitiers, 
avait établi dans sa maison de vciitablcj ap- 
pareils de télégiaphie électrique, qui furent 
visités en 1802, sur l'ordre de Ch.iptal, par 
le prdet de U Vienne et plusieurs ingé- 
nieurs. 

Suivent quelques extraits du rapport 
qui fut adressé à Chaptal à cette occa- 
sion ; après avoir décrit l'appareil, ce 
rapport rend compte des expériences qui 
furent efTecluces et permirent d'obtenir 
des communications à une quinzaine de 
mèiresde distance. 

Plus tard, d autres, expériences curent 
lieu. L'inv-'ntion fut soumise au premier 
consul qui traita Alexandre de chirlatan et 
le repoussa comme il avail repous-é FuUon. 

Aie.x.Midrc rnoorutdans la misère. 

Je n'ai trouvé aucune trace de cet Alexan- 
dre ni de son invertion dans les divers 
ouvrages techniques que j'ai consultés. 
Dans tous les cas, le soi-disant fils natu- 
rel de Iean-|acque> ne pourrait il pas être 
un de ces enfants que le philosophe ge- 
nevois abandonnait froidement a l'hospice 
des Enfants Trouvés à mesure que Thé- 
rèse Levasseur les mettait au monde? 

G P. 

J. B. Bosquet et le feu sacré de 
corrections.— Chez cet ilustre et grand 



L'INTERMEDIAIRE 



N» 1539. Vol. LXXXIll 

— 431 

prélat, le désir d'atteindre une plus haute 
perfection l'incitait à remanier son style 
jusque sur le texte même des éditions les 
plus soignées do ses oeuvres. Irrespect de 
la chose imprimée, peut être, mais immé- 
diate satisfaction de donner à l'expression 
de sa pensée toute sa valeur. 

De ce fait, nous avons sous la main 
deux preuves llagrantes. dans deux exem- 
plaires, identiques, acquis par nous, — 
l'un à Paris, l'autre à Clermont-Ferrand, 
— de l'édition originale de son Hiiloire 
des variation i des Eglises protestantes. 
Paris, Veuve S. Mabre-Cramoisy, 1788. 

Livres sérieux s'il en fût : gros carac- 
tères neufs, bon papier, grandes marges, 
belles vignettes de départ, culsde-lam- 
pcî finaux gravés, lettres ornées, typo- 
graphiquement rien n'y manque à ces 
grands et bc^ux volumes, et pourtant, 
tous les quaire, sans scrupule, ils sont 
pollués de ratures, de corrections et de 
taches d'encre noire qui les déparent. 
Bien exactement et semblabîement répé- 
tées aux mêmes passages de chacun des 
volumes des deux exemplaires, nous les 
avons comptées : 9 pour le tome 1*', 12 
pour le 1 1* tome. N'est-ce paslà, un peu 
par trop d'e.''cès } 

Toute l'édition aurait-elle été ainsi... 
rhahihochée^ 

Ulric-Richard-Desaix. 

Viograpbie. — Au commencement 
du xix«sièclc,Bernadau,auteurde plusieurs 
ouvrages de topographie bordelaise, a 
fait pour l'ancienne capitale de la Guyenne 
ce que La Tynna avait établi à Paris avec 
son Dictionnaire des lues de Paris, et avait 
intitulé son ouvrage le biographe Borde- 
lais. Ce nouveau terme (de via, rue en 
latin, et ypacoj , j'écris) est donc dérivé 
d'une mère latine et d'un père grec, et 
Félon certaines personnes, serait, comme 
le dit M. Maurice Ferrus dans la Petite Gi 
ronde un < bâtard malvenu ». Néanmoins 
à Bordeaux, le mot est entré dans 
1 usage courant ; les comptes rendus des 
séances du Conseil municipal l'emploient 
constamment ; la Revue historique de Bor- 
deaux égilcment. Dans la table de ces 
publications, on trouve facilement à ce 
mot tout ce qu'on cherche relativement à 
1 histoire d'une rue et à sa dénomination. 
A Paris, cherchez dans les tables du Bul- j 



432 



letin municipal, ce qui concerne la rue est 
tantôt a Voirie, à Rues, à Voie publique, 
ou a Dénomination ; c'est une cacophonie 
épouvantable. 

Un professcvir du lycée de Bordeaux 
M. Rochelle, voudrait lui voir substituer 
le mot : « Odographie » formé de deux 
mots grecs et ayaiit la n-.ème signification 
M. PaulCourteaull, professeur à la Faculté 
des lettres de la même ville, voudrait au 
contraire voir conserver le terme de « vio- 
graphie » consacré par l'usage. 

Il n est dans aucun dictionnaire et ce- 
pendant, comme on le voit par l'exem- 
ple du Bulletin municipal de la ville de 
Paris, il répond à un véiitahle besoin. 
Q..1 en pensent nos inlerméJiairistes ? 
L'Académie est loin d'être à la lettre V ; 
mais en attendant, ne pourrait-on pas 
arriver à une solution de la question, 
fût-elle provisoire.'' Gomboust. 



Le p de certains noms. — Oyelle 
est l'origine étymologique de la lettre p 
qui figure, sans intluence sur la pronon- 
ciation usuelle, dans un assez grand nom- 
bre de noms de personnes et de lieux en 
Basse Auvergne ? Tels : 

Chaptuzol qui se prononce Chatuzol 
Chapdes — Chades 

Lempdes — Lendes 

Lemply — ' Lenty 

Prompsat — Pronssat 

Pour Lempdes, Audigier donnait au 
xvii* siècle l'étymologie suivante : 

« Lempde (sic) : C'est un gros bourg 
situé à l'extrémité d'une grande plaine 
dont il a été tiré son nom, car Jamp en 
vieux celtique signifie plaine et campa- 
gne > 

(Voir Audigier, Hislone d' Auvergne 
(manuscrit) T. 4, p. 25. Biblioth. Nat. 
Vol. 11478, fond français). 

Que vaut l'assertion d'après laquelle 
plaine, en celtique, se serait exprime par 
le mot îamp sans doute par corruption 
de la racine germanique land ? 

L'explication parait a prioii un peu 
fantaisiste, car si Lempdes borde la 
plaine, il n'est pas dans cotte plaine d'où 
l'on voudrait tirer son nom. 

En tout cas, la question sur le p reste 
entière pour les autres noms cités. 

V. R. L. 



DES CHERCHEURS KT CURIEUX 



4}3 



10 Juin I9i< 



4Î4 



Hcpoiiôcs 



I 



Jeanne d'Arc — Le procès de 
condamnation (T. G. 53). — Nous 
croyons devoir placer dans le corps du re- 
cueil non dans les pages bibliographiques, 
la présentation du dernier ouvrage de 
M.Pierre Ciiampion {Procès de conJam 
nation de feattne d'Arc, texte, introJuc- 
tion et notes, 2 volumes, chez Edouard 
Champion, 1921), Nous pensons ainsi 
rendre service à ceux qui consultent nos 
tables pour se documenter, et qui doivent 
y trouver la référence relative à un tel 
ouvrage. Et, en outr^.-, une analyse, 
même succincte, des matières de ce tra- 
vail co'^sidérable, répond à de si nombreu- 
ses questions posées dans nos colonnes, 
qu'il est logique de la rencontrer à cette 
place. 

Quicherat a donné une édition du Pro 
ces qui reste un modèle de clairvoyance 
et d'érudition ; mais elle est devenue rare, 
et après 79 ans une connaissance nou- 
velle des faits nous perm.et d'ajouter aux 
documents ou de les interpréter dans un 
sens plus précis. C'est ce que fait 
M. Pierre Champion qui apporte une 
traduction du texte latm, qu'il publie 
in- extenso, et que des notes eclaircissent 
bans jamais l'inulilemcnt surcharger. 

Quelle est la source du procès de con 
damnation mis dans la forme où nous la 
possédons aujourd'hui ? C était une cer- 
taine minute française, que le notaire 
Guillaume Manchon avait écrite de sa 
main((iépo5ilion de Guillaume Manchon) 
avec se^ collègues Pierre Taquel et Bois- 
guillaume. Manchon recueillait les inter- 
rogations et les réponses de Jeanne. Après 
déjeuner, les trois notaires travaillaient 
tour à tour aux collations. « Ils devaient 
(aire, dit M Pierre Champion, leur tra- 
vail soigneusement, car Jeanne répondait 
avec prudence ». Cette minute en fran- 
çais formait un manuscrit de papier écrit 
tout entier de la main de Manchon qui 
la montra aux juges de la réhabilitation. 
Sur cette minute française, a été faite la 
traduction latine que nous possédons au- 
jourd'hui ; mais la minute française pro- 
duite devant les juges Je la réhabilitation, 
nous ne la possédons plus. Et c'est grand 



dommage commeM.Q.uichcrat l'a [>rouvé, 
nous en possédons du moins un fragment 
dans le manuscrit de d'Urfc. 

Ce manu'icrit d'Urfc est à la Nationale 
(Bihlioth. nal. mss. latin myH). On y 
dislingue deux écritures, lune dite du 
temps de Louis Xli, et l autre est con- 
temporaine du règne de Charles VII. 

Les morceaux dont se composent ce 
manuscrit forment un ensemble chaotique, 
au milieu duquel Qviichcrat a jelé une 
pleine lumière. Il n'est pas douteux pour 
M. Pierre Champion — comme pour 
Qiiicherat, — que la version irançaisc du 
mss. de d'Urfé est bien un fragment de la 
minute originale, sur laquelle à été cal- 
quée la version latine délinitive. Il re- 
produit cette langue perlée. lapiJc et 
franche^autant qu on la dégage d'un pro- 
cès-verbal déjà mis en forme par un gref- 
fier. 

« Nous y entendons l'écho de la parole 
de [canne. .. C'est dansla minute française, 
et là, seulement, que nous tr^juvons le 
mouvement la phrase française. de sesinci- 
dentes rapides, les mots de la campagne 
et de l'armée, qui étaient bien ceux de 
Jeanne, ses propres exclamations *. Les 
exemples abondent. 

Ce manuscrit a été précieux pour la 
traduction que M Pierre Champion entre- 
prenait. 11 s'en explique ainsi : 

j'ai estimé qu'il convenait de publier en 
même temps que le texte latin, une traduction 
complète du procès. Plus encore qu'au temps 
de Vallet do Viiiville. celte version est de 
venue nécessaire. J'ai tait ce travail en 
m'inspirant des fragments en français du 
procès qui nous ont été cooservës par le ms. 
de d'Urfé. Les lecteurs les connaissent bien 
et ils sont hahitu-îs à les considérer comme 
la parole même de Jeanne ; ces mots nous 
sont sacrés, ces fragments de la minute Iran- 
yaise, je les ai reproduits intégr.ilement dans 
mes variantes et les ai rajeunis très peu 
quand ils entraient dans ma traduction. Il 
m'a fallu un certain courage pour (aire pas- 
ser en français cette redondante phraséologie 
latine, où une mauvase cause, une convic- 
tion peu sincère, se parait des artifices d'une 
vide rhétorique J'ai tà:hd d'en épouser les 
lormes enfintines et enflées. Cette traduc- 
tion (ranyMise est enfin la seule comrléte . 

On comprend dès lors ce que nous 
apporte de neuf et de frais cettctraduction 
d'un texte connu : elle nous rapproche 
davantage de Jeanne dont la merveilleuse 



H» 1539- Vol.LXXXIII 

415 

et claire intelligence, nous est révélée, au- 
tant que possible, par sa propre voix et 
dans la langue qu'elle parlait 

Jeanne d'Arc a-t-el!e abjuré à Rouen r 
Jeanne dArc savait t-elle écrire : Cette 
double controverse a été suivie dans nos 
colonnes M. Pierre Chiimpioii apporte sa 
solution ; il retrace la scène du cimetière 
Saint-Ou^•n. 

Jean Massicu, dit-il, lit !a court.- cédule 
[d'abjuration]. Et con me Jeanne ne sait ni 
lire, ni écrire, elle y met une croix. (Déposi- 
tion de Guillaume Collesi cela ne pa aîi pas 
suffire à Ma>5ieu qui prend ia main dcjearne 
avec une plume et lui fait écrire son nom . 



L'INTERMEDIAIRE 



436 



études sur Villon et Charles d'Orléans 
sont des résurrections L'âme de Jeanne 
n'a pius pour nous rien de mystérieux ; 
il nous reste à conn;iitre l'âme de ses ju- 

es Le procès de Jeanne d'Arcest le leur. 

ous ne nous lassons pas de l'entendre 
plaider. Mais avec .M Pierre Champion, 
qui a dépensé dans cette œuvre magis- 
trale, le meilleur de son solide et bril- 
lant talent d'historien, nous assistons 
bien à, ce jugement définitif, qui se ter- 
mint;, par l'apothéose de Jeanne mise 
sur les autels de l'église et sur 1 autel de 
la Patrie. G. M. 



Cag'iostro et la Révolution 



Pierre Csuchon lit alors la sentence adou- | 

cie et Jeanne tst reconduite dai'S s* prison, à î ivvvi, ivvviii ,^ -^ ,.,\ 

la fu.cur des Anglais .^éços. ^ 1 I^XXXU ; LXXX 11, 147, '96 250,29^^34?). 

Possédons nous la lo.mnle d'abjuration | " Notre excellent coUaboraleur M. H. 

que signa Jeanne ? Je ne le crois pas. Cette Beraldi.dans ses recherches sur Caglios- 

fotmnie que in t en laiin Nicolasdo Vende- \ tro avant la Révolution n'a pas manqué 

lès, (Déposition de Thomas deCourcelles), est | de signaler (10 mc<rs 192 i, col. 199) que 

assez longue, et ne saurait tenir dans cii^q | le fameux aventurier avait fini par se 

ou SIX gio'scs lignes d'une feuille de pa- j rendre impossible à Strasbourg, qu'il 

p.er, mais avons-rous,ed.oit de dire qu'elle î ^tait pa. ti pour Bâle et que le cardinal 

était dmerente r Non pas. i 1 r> 1 •. • ■ . - ■ j » • 

n„ ^ Ait A ■ „ . 4. •■ ! de Kohan avait intercède auprès des trois 

... Un a oit dernièrement quccetfe pièce. | . . ,, ,,• -, c- ■ 

Jeanne l'avait désavouée à l'Mv:.nre en y i n-inistres, Vergennes, Miromesnil et Se- 

mettanl une croix (ainsi elle avait agi par- 
fois dans Ics letties qu'elle écrivait, contre 
son désir, à ses bons amis de France, afin 
de les avertir qu'ils n'eussent pas à tenir 

compte des teitnfrs de ta lettre). Mais ici 

nous sommes en pays ennemi ; Jeanne ne sa- 
vait pas écrire, tt, sans doute, «Ile nr- savait 

pas tracer son nom Elle a lait une croix ; un 

témoin Ain-ond de Macy, dit même un rond 

Elle n'eut fait que toucher laccdule dv la plume 

que la retractation était valable pour ses 

juges. Mais en gens so gneux et form.Tlistes, 

ils iinie:;t à avoir îon nom écrit de sa main. 

Ils lui condjjsirent donc I.1 main. 

Et l'historien ajoute : 

C'est sur le bûcher, au milieu des flammes, 
que Jeanne devait se retrouver tout entère, 
purifiée. Là, on l'entendit bien s'écrier que 
les voix qu elle avait eues lui venaient- de 
Dieu, qa'tlles ne l'avaient pas trompée. Cela 
frère Mari in 1. advenu put l'entendre comnie 
le matin même, il avait recueilli l'aveu j 
contraire dans sa bouche (information pos- 
thume et dij osition dcLadvenu au procès de 
réhabilitation). 

La traduction est précédée d'une intro- 
duction de plus de cent pages, qui met le 
If cteur de plain pied avec l'époque où ces 
événements se déroulent. Cette époque est 
familière à l'historien dont les admirables 



gur.pour l'en faire revenir 

Les lecicurs de Vlr.hrniéJiaite pourront 
reconnaître dans quels termes le cardinal 
intercédait en faveur de Caghoslro, 
glace à la copie d'une lettre dont l'ori- 
ginal a fait partie du fonds de M. Noël 
Charavay.La lettre inédite est vraisembla- 
blement adressée au comte de Vergennes: 

Je vous ferais excuse, monsieur le comte, 
de vous interrompre en vous entretenant une 
seconde fois de l'inîérèt d un particulier, si 
ce particulier n'avjit pas droit à toutes les 
nuances de votre bienfaisance. Sous le rap- 
port de son honnêteté et de son attachement 
singulier à tout ce qui prend dar.sson esp it 
le car-ictére d'utiiité pour l'homme souffrant ; 
ajoutez à ces motifs les avantages que pro- 
cure son sdjour à la ville de Strasbourg ; le 
chagrin et le malheur déplus de 200 mala- 
des dont be;iu oup d'étrangers qui se trou- 
vent ab.<ndonnés. 

L'objet intéressant pour le moment serait 
donc de ramener M. lie C^gliostro dans sa 
ville et le dé ourn.r de l'idée de fixer son 
5éjour à Basie, en éprouvant la petite salis- 
faction de s'y vuir suivre de tous ceux qui 
it confiance en lui. D. ux ou trois jours de 
plus ou de moiii.s peuvent f.iiie manquer ce 
but. Je n'ai pu voir hier M. le maïquis de 
Ségur ; comme je lui demandai une lettre 
plus moiivée que celle que j'ai l'honneur de 



DBS CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Juin l^ti 



437 



4)8 



vous proposer ci-jointe, il voudra probable- 
ment se concerter avec M le Gaule lies 
Sceaux, ainsi que je le désire iiioi-riiéme,pour 
donner plus de force encore à ce qu'i' ju- 
gera à propos de faire, mai*: les démarolics et 
les précautions ndcessilent des délais e( je 
les redoute. 

Si vous croyez donc, Monsieur le comte, 
pouvoir donner la simple lettre de recom- 
mandation pour M. de Cagliosfro comme 
Etran,i:er, en letianchant inèiue de la lett.e 
projetée les deux lignes soulignées. Si vous 
les trouvez inp siguificilives, je voua prie- 
rais de m'tnvoyar de suite celte lettre h ca 
chet volant, et je suis inoralcnient sûr de 
ramener cet homme utile dans la ville, en 
attendant les autres marques de protection et 
de sûreté. 

J^ ne vous réitère p^s, Monsieur le comte, 
l'expresiion de mon excuse de vous parler 
une seconde fois du même objet, mais je ne 
puis tair« celle de fitlcle et mviolahle attache- 
ment que je vous ai voué pour h vie. 

Le Gard, de Rohan. 

de Versailles, ce 13 janvier 1783 

Bonaparte ouBuonapirte(LXXXIlI, 
42, 1 ç6, 393;. — Je possède une lettre du 
général Brune au général Boivin, son 
ami, datée de Lyon, 26 vendémiaire an 
IV, (18 octobre 179S>'. Le post-scriptum 
est ainsi libellé : 

Le Clerc se réunit à moi pour vous dem- 
ner l'accolade de l'amitié ainsi qu'à Boni. a 
Parte, 

Henri Saffroy. 

Roug-it da Lisle et Napoléon 

(LXXXll, 39), — La pièce de vers (de 
style du reste assez médiocre) que Ton a 
lue. a pu surprendre quelques esprits 
non prévenus. Il est avéré que Rouget 
de Lisle, qui devait finir royaliste, haïs- 
sait le césarisme. On signale dans le ca- 
talogue Charavay (mai 1920) cette lettre 
minute écrite par Kouget de Lisle à Napo- 
léon [^' 19 pluviôse an XII (9 février 1804'!. 
« 8 Images, que le catalogue analyse ainsi : 
Précieuse pièce de» plus curieuses dans la- 
quelle Rouget de Lisle proteste à i'.iv.it ce 
contre l'établissement de l'Empire. Il fait un 
tableau plutôt noir Je la France après le dix- 
huit brumaire ; il demande au premier con- 
sul si c'est pour un pareil lésultiit qu'elle est 
tombée dans ses bras. 11 lui dit que c'est se 
diminuer que d'aspirer à l'Empire et lui 
rappelle le sort des républiques anciennes 
qui 'ont tombées dans la seivitude et dans 



la niisire quand elles ont remit leur destin 
aux main» d'un ho me. c«r il fjut prévoir 
ce que seront sc« succesieurj. Puiï il termina 
en lui piédisant la catastrophe: € Honaparte, 
vous vous perdez ! Quel que loit vo'ie plan, 
il vous égare. Quels que «oient vos projeta, 
il vous traînent à une catastrophe <{'4tilint 
plus humiliante qu'elle sera plut fam«ui*, 
d'autant plus terrible qu'elle scia inérité». m 
Pour lui il aura accompli a lùche en lui 
éciivanl avec la fr.iM hise « d'un hoiniue 
qui sent profon. liment que nos devoirs sont 
indépendants des conjoiicturet où nom avons 
à les remplir et qui s'en fait un de vous pré- 
senter le miroir de la véiité, parce que s'il 
dessillait vos yeux vous seriez plus quo tout 
autre à même de réaliser le peu de chance* 
qui restent encore au salut de la Ucpuuli- 
quc. » 

Ce qui milite en faveur du poète, dans 
la circonstance, c'est sa franchise. Com- 
bien peu nombreux étaient ceux qui 
osaient, avec cette crànerie, parler au 
niaiire ? 

Le même catalogue annonce de l'au- 
teur de la Matuilhise, ce manuscrit: 
L'aurore d''un bfiiujour ou Henti Je fiour- 
boii, prince de Navarrif, t-omédie en un 
acte, en prose, manuscrit, 68 pages. 

Le rapprochement de ces deux f^ocu- 
mcnts autographes est suggestif. 

A. B, X. 



Messes célébrées à linsligation 
des Francs-Maçons LXXX III, 235,29:;, 
349 ; LXXXllI, 21, 277, 372).— Puisque 
la question a été posée, on peut répondre, 
ce semble, qu'il n'est peut-èlre pas très 
surprenant de découvrir dos alliances 
plus ou moins sensibles entre le clergé in- 
férieur et la Franc-Maçonneri'.-, au cours 
de certaines révolutions, pendant les xviii» 
et \\\' siècles. L'un etl'autre se donnaient, 
en somme, le même but politique, l'éta- 
blissement de la démocratie égalitaire. 
Dans son livre récent, peu favorable à 
l'Ancien Ri^gime, la Noblesfr Je Irance et 
r Opinion Publique au XVHI* iicclei^z- 
ris, Champion, 1920), M. Henri Carré 
inontre les Francs Maçons et les curés 
inanœuvrant dans le même sens contre le 
clan des gentilshommes (pp. 310 31 1; 
317-318). Sans doute, Aristoie avait note 
dzns "iji Politique , que l'or, ne fait pas 
longtemps route ensemble quand on ne 



N» 153Q. Vof. LXXXIII 

439 

va pas dans la même direction. — ceci à 
l'adresse de toutes les « Unions Sacrées », 
présentes ou futures ; — mais, par contre, 
on se rapproche, au moins momentané- 
ment, quand on (ait voile vers le même 
port d'atterrage. 

Aujourd'hui, par exemple, — soit dit 
sans discuter, et pour constater simple- 
ment le cas, — les problèmes d'alors, 
devant rinsuffisance des solutions politi- 
ques, «'étant é! -rgis en questions sociales, 
ItS ditTerents clergés témoignent d'une 
tendresse à demi fraternelle pour le so 
cialisme. Chez les Anglicans, ainsi que 
le remarque avec une spirituelle m;ilice 
l'évêque de Durham, plus d'un clergy- 
man transformerait volontiers, sous l'œil 
paternel de ses deux archevêques, l'Evan- 
gile en manuel de bolchévisme. — Ciicz 
les catholiques tomains le cardinal Gib 
bons et l'archevêque Ireland empécl.èrent 
le Pape de condamner les doctrines de 
Henri George, malgré les instances du car- 
dinal Taschereau et de son clergé cana 
dien.En revanche, le démocratisme intense 
de l'archevêque Irtland lui valut l'antipa 
thie de Guillaume II, jusqu'à empêcher 
le Pape de lui conférer le cardinalat. 

Pour revenir aux Francs- Maçons, il 
parait que l'on retrouve leur main dans 
les Révolulions d'Outre Atlantique, aux- 
quelles le clergé ne prit pas moins départ. 
Si la guerre d'Insurgencc contre l'Angle- 
terre fut une guerre maçonnique, d'après 
l'opinion de M. Andier, — Washington 
était franc-maçon, — ses amis et frères 
intervinrent dans les soulèvements de 
l'Amérique espagnole. Au Mexique tandis 
qu'opéraient les Yorkitiof, fils d'une loge 
de New-York les curés Hidalgo et More- 
los se faisaient prendre et fusiller par les 
troupes métropolitaines. Plus générale- 
ment et par la suite, il y eut un temps 
où dans certains pays du Sud Amérique, 
les évoques éprouvaient de la peine à re- 
cruter des prêtres qui ne fussent pas tein- 
tés de maçonr.isme. Au Brésil, notam- 
ment les violences de Pomba! avaient laissé 
des traces. On peut lire dans ks souve- 
nirs récents d'un bénédictin, le Rév. Sir 
David Blair, chargé de ressusciter avec 
quelques uns de ses frères, l'abbaje ruinée 
d'Olinda, la découverte inopinée, en 1896, 
du trésor conventuel enfoui et muré à 
l'époque du fameux ministre A Medley of 



L'iNTERMEDIAtRÈ 



440 



Menioiies, Londres, AffiolJ, i^og ; p, 
22 j). — Naturellement, le désarroi n'était 
pas moindre dans les esprits que dans 
les églises en ruines 

Mais voici un trait curieux et précis 
de maçonnerie au couvent, qui ne fut très 
prob'blement qu'un entre plusieurs au- 
tres, dissimulés à jamais. 

Le 3 juin 1811, une colonne détachée 
de la division du général Foy, poursui- 
vant une guérilla dans le^ environs de 
Truxillo, en Hstiamadur.", arrivait à l'ab- 
baye de Guadalupe où n'avaient pas en- 
core pénétré les Français. Un moine, le P. 
Philippe, chargé d accteillir nos troupes, 
— un bataillon aux ordres du comman- 
dant Castillon. - cantonna les soldats 
dans le village, prit note des réquisitions, 
puis s'occupa des otTiciers. 

« Le moine,, fit dresser une grande 
table qui fut lestement couverte de mets 
froids^ et nous prîmes place. Le moine 
était en face de moi ; il se fit apporter le 
vin qu'il goûta ; il en fit autant du pain 
et des viandes, et, debout, étendant la 
main devant le crucifix: «Je jure que 
« tous ces aliments sont aussi purs que le 
« sang du Christ. » — |e m'inclinai en si- 
gne de remerciement, et le moine, comme 
nous, fit honneur au repas pendant lequel 
il dardait sur moi des regards interroga- 
teurs, ie crus remarquer qu'il buvait à la 
manière des Francs-Maçnns j'en fis au- 
tant. Il répondit à mon appel, j'avais 
trouvé un frère. J'abrégeai le repas et j'en- 
trai avec le moine dans la chambre qui 
m'était destinée ; il parlait peu le français, 
mais le comprenait parfaitement. Là, 
après m'avoir demandé le secret sur son 
affiliation à la Maçonnerie, regardée en 
Espagne comme un crime, il m'assura 
que toutes mes demandes seraient satis- 
faites ; il m'avoua que le couvent recelait 
des malades appartenant à la bande des 
guérillas. — « |e les ferai so'gner par 
«mes chirurgiens, mais j'exige que vos 
« guérillas passent sur la rive gauche de 
« la Guadiana et qu'ils ne rôdent plus 
(( autour de nous ». — Ce qui fut fait. » 

Quelques jours plus lard, au départ de 
la colonie, après une collation abondante 
avec les moines, arrr.sée gracieusement 
des vins les plus généreux, < l'abbé, en 
nous adressant se- remerci::ments, otTrit 
à chacun de nous une petite médaille en 



DES CHKRCHEUKS ET CURIEUX 



lo juin 1931 



441 



442 



argent qui devait nous proléger, si nous 
tombions dans les mains des bandes es- 
pagnoles. J'avais pus goût à la société 
du P. Philippe, et nous éprouvâmes l'un 
et l'autre beaucoup de peine en nous quit- 
tant. » 

Mémoiial MilHaiie du Colonel Casiile- 
lon, publiée par son arrière petit-fils, 
Henii Duméril. — hUm. Je l AcaJémie de 
Toulouse, 1889 ; pp. 2^25 du tirage à 
part. Oiu Noi.L. 

Le Général A. Mellinet et la fa- 
mille Thiers (LXXXIll, 46, 213). — A 
propos du général MelUnet et de son rôle 
en Belgique, voici ce qu'er, dit De Bavay 
dans son histoire de la Révolution Belge 
de 1830. 

< Toute Tarinëe hollandaise s'ëtant retirée 
sous les murs d'Anvers elle fut attaquée à 
Berckei les 24 et 25 (septembre 1830) par les 
volontaires de Nielion et par une deuxiè.iie 
colonne qui arrivait de Bruxelles et qui était 
entrée le 20 à Matines ap(és la retraite de 
l'eniienii . . . 

Cette co'otine se composait de volontaires 
luxembourgeois, org.inisés et comniaiidés 
par le futur g-.'iiéral Claisse, et des chasseurs 
volontaires de B'uxellcs ayant à leur tête un 
officier de cuirassiers et comptant parmi eux 
le célèbre peintre d'animaux Verbotckho- 
ven... 

Elle était concl lite par un ancien officier 
français Anne Fra.içois Mellinet, réfugié à 
Bruxelles à la suite des événements de 181 =i 
et qui ét.iil depuis longtimps à la recherche 
d'une position sociale. Ne l'ayant pas obte- 
nue du gouvernemeKt provisoire, il se la fit à 
lui-mènie en s'attribuant le commandement 
do notre deux'ène colonne de volontaires et 
cette usurpauon a eu pour const^quencc le 
bonib-^rdcment d'Anvers dont Mellinet a été 
la première cause ». 

En effet le général hollandais Chasse qui 
commandait la place d'Anvers sentant la 
positiondfvenir intenable était entré en né- 
gociations avec un délégué civil du Cou- 
\ernemcnt Provisoire. 11 avait offert les 
clefs de la ville et devait secantonner dans 
lacitadelle avec ses troupes jusqu'à réponse 
d'une députation à envoyer à La Haye. 

Mais Mellinet, sans qualité aucune, en- 
Vi'ya au général Chas-é un parlementaire 
chargé de rcmoltre d'insolentes proposi- 
tions qui violaient ouvertement la con- 
vention connue avec le délégué du Gou- 
vernement Provisoire belge. 



Le général Chassé protesta immédiate- 
m nt et durement accusant les chefs de 
l'armée beige de manqiu* de foi. de con- 
duite odieuse et Mellinet se hàla de com- 
mander l'attaque de la citadelle qui bom- 
barda la ville... 

Néanmoins Mellinet fut nommé gcnc- 
ral major par un arrêté du 3 novembre 
1^30 pour être mis en non activité, pour 
une cause ignorée, au mois d'août i8ji. 
11 conserva cependant son traitement an- 
nuel de ç 500 frs jusqu'en 1848 époque 
uLi il fut poursuivi et condamné à mort 
comme complice de l'attaque à main ar- 
mée de Risquons Tout. 

On se souvient de cette ridicule échauf- 
fourée 1400 belges et français ayant à 
leur tète six élèves de l'rcole polytechni- 
que étaient partis de Paris le 26 mars 
1848 pour envahir la Belgique et y pro- 
clamer la République. Ce mouvement 
avait été organisé avec la bienveillante 
protection de Ledru-RoUin. de Delescluse 
et de son secrétaire Bculé Delescluse, an- 
cien journaliste, avait habité quelqt.cs an- 
nées Charleroi puis avait été nommé com- 
missaire général de la République fran- 
çaise pour le Nord et le Pas-de-Calais. 

Delescluse fit fournir du pain et des fu" 
sils à CCS 1400 hommes qui furent divisés 
en deux colonnes " l'une devait entrer par 
Blanc Misseron, l'autre par Mouscron. 

La première s'embarqua dans un train 
à Valtnciennes qui était conduit par l'in- 
génieur belge Auguste Gobert — plus 
tard Directeur — déguit-é en mécanicien 
Peu avant d'arriver à la frontière Gobert 
força la vapeur et le train arriva à Q.uié- 
vraiu où il fut entouré par les troupes 
belges massées en conséquence. 11 n'y eut 
pas de lutte. Tous les voyageurs furent 
laits prisonniers. 

L'autre groupe se diiigta a pied vers 
Tourcoing et Mouscion, et arrivé au ha- 
meau de Risquons-Toul fut également 
enveloppé par des troupes belges. Mais 
ici il y eut des coups de fusil .'t même de 
canon et il y eut quelques blessés. 

Entre temps, le Gouvernement provj. 
soire de 1 * Ré[)ublique française, présidé 
par La'nartine, avait décl;«ré ne vouloir ni 
\ioler ni aider à violer la frontière belge. 
Il avait donné ordre aux polytechniciens 
de regagner P.ms et au Commissaire de la 



N» 1^39- Vol. LXXXlll 
443 - 



L'INTERMEDIAIRE 



444 



République de reprendre les fusils trop 
hâlivement distribués. 

L'affaire de Risquon?-Tout se termina 
par le procès de ses or^^anisMleurs qui eut 
lieu à Anvers devant la Cour d'Assises. 

Le général Mellinct, âgé alors de 8o 
ans, était parmi les inculpés. 

En fait, des débats il résulte qu il n'avait 
fait que répondre à une lettre de l'organi- 
sateur Je l'expédition, un Je «es anciens 
officiers. 

A l'appel que ce personnage, peu re- 
commandable d'ailleurs, adiessait au gé- 
néral, celui-ci lui avait répondu par une 
lettre dithyrambique qui fut saisie. Elle 
exaltait l'esprit républicain et se terminait 
par ces strophes : 

Démocrales, h ros morti pour la libeité, 
Sur vos tombeaux le peu^'le à ses serments 

[fiJèle 
Foulant aux pieds le joug d'un pouvoir dé- 

[testé, 
Jure, à fous Its tyrans, une haine éternelle. 

Ces implacables rois minant 1 humanité, 
Un jour on doutera qu'il en ait existé, 
Et des libérateurs le sublime courage, 
En exemple, transmis d'âge en âge. 
S'élève et plane au sein de l'immortalité. 

Le général fut condamné à mort par 7 
voix contre 5 et la Cour se ralliant à la 
majorité le condamna à mort — ce qui 
était vraiment excessif. 

Le général doit être décédé en 1852, 
mais noiis n'avons encore pu savoir oii 
il mourut ni otj il fut inhumé. 

A. Lemonnier. 

Suzanne de Bréauté. Gén:alogie 
(LXXXII ; LXXXIII, 79). 

JACatjES SUSANNE — MaRIE Rf.VEI. I^ÇO 

i 

Michel Susanne 

receveur des tailles a Arques, anobli 
sous Henri IV en nov. 1593. Lettres de 
noblesse vérifiées le dernier de février 
1602 et maintenues le 10 avril 1668. 
Avait épousé Marguerite Dycl . 

Une demoiselle Catherine de Susanne, 
sa soeur probablement épousa vers 16,0 
Charles de iVioy, vice amiral de Picardif, 

I 
jAcauEs Susanne 
écuyer, lieutenant général au bailliage 
de Longueville, épousa Catherine Faucon. 

I 



Jacûues Susanne 
écuvcr, S' d'Epinay, de Bois l'abbé et 
autres lieux, lieutenant général au bail- 
liage de Longueville, mort en 1660. Il 
avait épousé Marie Baudry, fi'le de lean 
Baudiy, écuyer, S' de la Cour Qi'esnel et 
du Buse, et de Catherine de Quintana- 
doine. 

I 

Jean Susanne 
écuyer ?gr du Bosc-l'abbé, patron de la 
Chapelle, épousa Catherine de Masquerel. 
Grani maître des eaux et forêts à Longue- 
ville (1650). 

f 
Louis Pierre Susanne de Bréauté 
capitame au Régiment de la Reine en 
1 1697. Epousa en i'' noces D'** de la 
Cour du Bois en 1724 et en 2* noces D'** 
Anne Caulier mort en 1765. 

i 
Pierre Jean Laurent Susanne de Bréauté 
Sgr de Bréauié et de la Chapelle. Con- 
seiller au Parlement de Normandie ne en 
1732, mort à Paris le 3 nov. 1775. Avait 
épousé Anne Marie de Guillebon. 

I 

Iean Susanne de Bréauté 

décédé a Paris le 29 août 1847 avait 
épousé Françoise -Eléonore - Josephe Le 
Tellier. 

Sa sœur Catherine née à Rouen 13 
avril 1767 épousa l'^mai 1787, Nicolas- 
Guillai.'me Grenier d'Erneniont, chevalier 
de St I.ouis, officier de dragons, puis ca- 
pitaine à l'armée de Condé. 



Eléonore Néel Susanne te Bréauté 
né à Rouen le 29 juin 1794, décédé le 
3 lévrier i8^s. avait épousé le n, juin 
1813 Adélaïde Marie Alexandrine de 
Beaunay, et a été inhumé dans le cime- 
tière de la Chapelle, célèbre astronome, 
auteur de plusieurs mémoires remarqua- 
bles. 

I 
Gaston de Susanne de Bréauté 
né le 28 juillet 1814, décédé en 1890 
sans postérité 

Abbé P. Ldouard. 

A. Colette, lithograph-î (LXXXI, 
286, 445). — A son aciif : la Danse des 
Morts d'après Kcthel, 1849. 

X. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Juin 1911. 



- 445 



446 



Le pèro de Paul Louia-Courier 
et le duc d'O... (XLli ; LXXh. — Je 
m'aperçois que cette question a déjà rté 
posée en 1900 ; mais comme elle n'a pas 
alors obtenu de réponse, il n'y a pas 
d'inconvénient à la reprendre. 

Or, je trouve dans la Revue des Deux- 
Mondes du 15 octobre 191 1, une let- 
tre adressée en 1777 par Condorcet à 
Madame Suard et citée par M. René 
Doumic, dans Inquelle le philosophe, 
fulminant contre le Parlement, reproche 
entre autres choses à celte compagnie 
« de n'avoir pas sévi contre le duc 
d'Olonne^ prévenu d' assassinat >\ 

Si l'on considère le petit nombre des 
duchés français, ainsi que la rareté de 
l'initiale O dans les noms propres, on est 
amené à supposer avec quelque raison 
que c'est bien le duc d'Olonne qu'ont 
voulu désigner les biographes de Paul 
Louis Courier sous le nom abrégé de duc 
d'O.. 

Dans quel recueil de *< Causes célèbres » 
dans quels mémoires ou annales du temps 
pourrait-on trouver le récit de ce trag'quc 
événement ? 

Un bibliophile comtois. 

Legrand de Bcauvais (LXXXIII, 
382). — Question pour laquelle la col- 
lection de V Intermédiaire est plus que 
jamais précieuse. En dehors de la Table 
générale, on peut se reporter avec fruit 
aux tomes LV et LVI (c ibi, 433-440. 
474 et 59, 61). Monsieur Pierre Louys y 
donne lui-même de précieux renseigne- 
ments sjr sa découverte et sur Legrand 
de Beauvais. Ils sont trop 'longs et trop 
circonstanciés pour que l'on puisse les 
résumer. Mieux vaut s'y reporter. 

Pierre Dufay. 

* 

Ce Legrand et son curieux manuscrit 
ont déjà occupé Vlvterm^diaiie. Dans le 
numéro du 10 septembre 1870 ''XII, 544). 
un de nos confrères, qui signait Doct. By, 
reproduisait un article consacré par Char- 
les Monselet. dans VEvénement,z\i\ qua- 
rante cinq volumes dont se compose ce 
mystérieux ouvrage ; le D'' J C. retrou- 
vera cet article intégralement publié dans 
Les Livres à Clef^ de Drujon (Tome i«', 
col. Ç72). 

Plus tard, M. Pierre Louys, l'heureux 



acquéreur du fameux manuî^crit, fit pa- 
raître dans V F.clait du 28 février 1Q07 un 
article dans Icqiel il faisait connaître les 
circonstances grâce auxquelles il était par- 
venu à en déchiffrer les caractères cryptv 
graphiques et qui fut reproduit dansl'A:- 
tcimcJniie du 20 mars 1907 (LV, 4})). 

Notre confrère trouvcia, d'ailleurs, sur 
le manuscrit et sur son auteur, tous les 
renseignements désirables dans une no- 
tire fort bien faite et très complète de 
M. Maurice Dumoulin dans le numéro du 
Tcmpi du II juillet 1907. 

Voici, en deux mots, la biographie 
d'Henri Legrand : 

Fils d'un maçon de Saint-Just-dcs-M.i- 
rais, près de Beauvais, il naquit en 1814, 
et suivit, en 1835. à Paris, les cours de 
l'atelier Leclère. Il habita Paris quelque 
temps, voyagea en Italie et en Espagn'.-, 
où il épousa en i8.|7 une jeune fille de ce 
pays, et revint se fixer à Beauvais en 
186c. Attaché au service des travaux his- 
toriques de la ville de Paris, il h.ibita ave- 
nue des Ternes, n"» 91 , avec sa fille Rlena. 
On perd ensuite sa trace et on pense qu'il 
mourut en 1878 ou 1879. 

Un Bibliophile Comtois. 

Montei"-auou ^îontreuil (LXXXIII, 
361). — Nous pourrons, sans doute, ap- 
précier la valeur des arguments de M. de 
Mély, lorsque les antiquaires de France 
auront publié leur Bulletin du 2* trimes- 
tre de cette année. Nous trouverons, dans 
ce même Bulletin, la réponse que M. H. 
Stein a faite à la communication de son 
confrère. 

Dès maintemant, nous constatons que 
les documents qui, d'après le Figaro, ne 
* laissent plus aucun doute », ne sont pas 
tous nouveaux. Le seul texte que le jour- 
naliste indique avec quelque précision est 
l'épitaphe de la femme de Pierre de 
« Montreuil » ou de « Montereau ». Cette 
inscription est connue des érudits depuis 
fort longtemps. Elle nous a été conser- 
vée par dom Jacques Bouillart {Histoiie de 
l'abbaye royale de SaintGermaindetPrei 
(1724, p. 133) qui l'a transcrite comme il 

suit : 

Icil gist Anne? fanme j»dis feu mestrc 
de Pierre de Montereuil. Priez Dieu pour 
l'ainc d'e'ile. 

Les historiens de Paris lont reproduite 



L'INTERMEPIAIRR 



N» 1539. Vol. LXXXIM 

447 

plusieurs fois. Elle a été invoquée, en 
1908. par M. labbéde Launay (Bourg, on 
Je Pans nuiom tiu n,oyiu âge, p. \K)) 
préciscivieni pour soutenir la thère que 
vient de reprendre M de Mély. 

Notons par souci de l'cxoctitude, que 
le texte de dom ]. Bouillart porte « Mon- 
tcreul ». Cela, d'ailleurs, est sans impor- 
tance pour la solution du « petit pro- 
blème parisien ». 

Saint-Valbêrt. 

Les lettres msnusoritesde Maine 
de Biran (LXXXIll, 238. 3^9). — 
Four compk^ter les notes géncalogii]ues 
que donne notre collègue G. P. sur la fa- 
mille de Tracy, je peu^ lui dire que le 
marquis de Tracy dont les journaux ont 
rècemmtnt aiincncc \.\ mort, éînit bien 
l'ancien prc-tel de M. Thiers et du Maré- 
chal de Mac-Mahon. Des trois enfants is- 
sus de son mariage avec Mlle de Moiitbel, 
le dernier seul, Raymond, vil encore ; il 
habile bien 37, rue La Boétic. 

E. H 

* « 
Voici, sur la descendance de Destutt de 

Tracy. de nouveaux renseignements des 

tinés à compléter ceux qui ont fait l'ob- 

jel de ma derriière notice : 

Outre son fils Victor, Destutt de Tracy 
a eu deux filles : 

1" Françoise Emilie, née à Paris le 5 oc- 
tobre 1780 morte à Paris le 16 décembre 
1860, mariée le 18 prairial an X (9 juin 
1802) à Georges Louis Gi'bert Washing- 
ton du .Motierde La Fayette, fils du mai- 
quis et de la marquise, née Noaillcs, 
d'où : 

a) Oscar-Thomas-Gilbert, né à Paris le 
20 août 181 5, mort à Paris le 26 mars 
ib8i, capitaine d'artillerie, représentant 
du peuple en 1848, député à l'assemblée 
nationale en 1871, sénateur inamovible 
en 1881, marié à Paris le 3 août 1848 à 
Geneviève Natl alie Bureaux de Pusy. 
Sans postérité ; 

b) Edmond François, né à La Grange- 
Ble«;neau (Seine-et Marne) le 11 juillet 
1818, mort È Paris en 1890, représentant 
du peuple en 1H48, sénateur de la Haute- 
Loire ; 

£■) Nathalie Renée-Emilie, née à Au- 
teuil le 2 prairial an Xl (22 mai 1803), 
moric le i6 mai 1878, mariée à Pans le 9 



448 



janvier 1828 à A lolphs Julien Scipion 
Périer, négociant, puis conseiller référen- 
daiic'à la Cour des Comptes, d où : 1* 
Marie-Henrietie-Octavie. née à Grenoble, 
le 26 îiovemlTe 1828, mariée à Paris le 
17 mars 1847 à Sigismond Joseph Marie- 
Louis l'ourcft de Sahune, inspecteur des 
finances. De ce m.-uiage sont nos sept en- 
fants, dont M. Jean de Vil'ars pourra 
trouver la lii^te dans la C'néaloçie de la 
vhiiion de Sltitt, par le marquis de la 
Guère (Bourges, 1884, in 4°) ; 2" Emilie, 
née le 26 février 1830. morte le 4 mai 
.878; 

(/) Charlotte Marguerite (Mathilde .'';, 
née à Paris le 17 fioréal an Xlll (7 mai 
180s), morte à Paris en uvril i8!;6, mariée 
à Paris le 12 janvier 1832 à Maurice 
Poivre Bureaux de Pusy. préfet de Vau- 
cUise, d"( ù : i" Octave Gilbert, né le 16 
novembre 1832, colonel commandant en 
second Je l'Ecole polytechnique, marié 
le 12 juillet 1870 a Marie Caroline Le- 
fcbvre de Plinval, d'où quatre enfants 
dont les noms se trouvent dans la gé- 
néalogie sus mentionnée; 2" Sarah An- 
toinelte, née le 12 août 1835 ; 

e) Adrienne Clémentine, née en 1809. 
mariée en 1836 a Gustave Auguste de la 
Bonninière de Bcaumont (de l'Institut), 
d'où : 1* Emile-Jules-Antoine, né le 24 
juillet 1838, commandant supérieur du 
cercle de Boghar ; 2^ Paul, né le 28 
juillet i85i,mort le 13 juin 1883, chef 
du Cabinet Ju minisire Dufaure ; 3" Alix, 
née en 1846, morte en i8çi. 

20 Augustine-Emilie Victorine Destutt 
de Tracy, née le 29 auùt 1787, morie le 
17 février 18150, mariée à Emmanuel, 
Mouchet de Battefcrt, comte de 1. aubes 
pin, d'où Léonel, comte de l.aubespin, né 
le II septembre 1810, marié en 18^6 a 
Juliette Syeyès,d'ou Antoine, né en i8ti2, 
mort en 1870 

D'autre part, il convient de noter que 
M.-irie-EIisabeth Claudine de Tracy a eu 
de son mari;ige avec Césaire-Enunanuel 
Henrion de Staal de Magnoncour. un 
autre fils,Ra)monJ. ne le 31 août 1836, 
mort célibataire en 186;. 

G. P. 

Pra Balaysaux ( Famille de ) 

(LXXXIIl 536). — Les Pra B.ilaysaux ont 
subsisté jusqu'au XIX* siècle. L'un d'eux, 



DKSCHERCHKURS KT 



449 



CUKIEUX 

450 



10 Juin 193! . 



VI 



Claude Charles, marquis de Peseux 
vail sous le premier Empire. 

GabriclleLouise de Pra Peseux fut 
nommée abiu-sse de Lotis le Saunier par 
Louis XIV, le 10 décembre 1(374 ; clic 
mourut le 6 juin 172";. Louise Gasparinc 
de Pra-Baiaisaux, qui était sa coadjutiice 
depuis le 31 mai 1718, lui succcda sur le 
siège abbatial et mourut le 26 tuai 1751. 

Il se peut que le cachet ait été fait 
pour l'une de ces dames. Fji ce cas. les 
armoiries devraient être accompagnées de 
quelque emblème religieux. 

Un bibliophile comtois. 

Famille Murât (LXXX, 190, 307 ; 
LXXXl. 24) - j ai consulté de nouveau 
la collection des Almatiachide Golha pour 
i86o cl les années suivantes : la présence 
du prince Louis-Napoléon Murât à l'Ecole 
navale n'y est mentionnée j)c)ur la prc 
mière fois que dans 1 édition de 1869 et 
s'y trouve encore indiquée dans les édi- 
tions de 1870 et de 1871 ; dans celle de 
1872, cette mention a di.'^paru. Ces indi- 
cations sont-elles absolument exactes ? 
C'est ce qu'il serait téméraire d'affirmer, 
la guerre de 1870-71 ayant diù apporter 
quelque perturbation dans les moyens 
d'investigations de la publication alle- 
mande au point de vue des choses fran- 
çaises. D'aulre part, le Meyers h'onveisa- 
ticns-Lcxicon, à l'arlicle Mtiicit, dit que le 
prince Louis Napoléon entra dans la ma- 
rine impériale et fut pendant un certain 
temps officier d ordonnance du roi Char- 
les XV de Suède ; or ce souverain est dé- 
cédé en 1872. Qiioi qu'il en soit, si, 
comme l'affirme l'olficier de marine dont 
le collaborateur G. A. invoque le témoi- 
gnage, le jeune prince était déjà en 1866 
à l'Ecole navale où ks élèves ne passent 
que deux ans, comment aurait-il pu s'y 
trouver encore en 1869 et en 1870? 

Au surplus, notre confrère pourrait vé- 
rifier h fait qui l'intéresse en faisant des 
recherches dans les Annuair s Je la Ma 
line de l'époque. H y trouvera vraisembla- 
blement la date de l'entrée du prince 
Louis Napoléon .Murât a lEcolc Navale et 
peut être aussi la présence à la même 
école de ce Pierre François du Villet, 
dont l'existence est inconnue à Léonce de 

Brolonne. 

Un bibliophile cOiMTois. 



Famille Prosnot. au M<ine. — Li 

f.imill'j Pfunost est très répandu'! dans le 
Aiainc, aux environs d'Evron cl de Ste- 
Suzanne.à la fin du xviii* .siècle, je trouve 
1 un de ses membres dénommé Piovjit 
de Bréc, avocat, d'autres sont papetiers. 
Tous renseignements concernant cette fa- 
mille seraient reçus avec reconnaissance. 

H RaGUP.NIKK l'HSOK.MEAUX. 



Silhouette (M de) (LXXXl, 46). — 
Etienne de bilhuuctle, ancien contrôleur 
desfinances, a épousé le 1 i mai 174s Annc- 
jeanne Antoitutle Astruc qui était la fille 
du célèbre Ican Astruc, docteur en méde- 
cine, consultant du Roi, frère de Pierre- 
François Astruc, qui fut président en la 
Gourdes Aides. Ce |ean A.stiuc, originaire 
du L ingiicdoc était né, le 19 mars 1684 et 
mourut en 1766. Il avait remplacé Chi- 
rac dans la chaire de Montpellier, fut en- 
suite, en 1710, professeur d'anatomic à 
Toulouse, médecin inspecteur des eaux, 
puis premier médecin du Roi, 

Il a écrit un très grand nombre d'ou- 
vrages médicaux Lorry a écrit sa l^ie et 
on trouve son Autobiographie dan.s IfS 
Mémoires de la Faculté de Montpellier. 
Mme de Silhouette mourut avant son 
mari. Les arrres des Silhouette étaient : 
de sinoplc à un vaineau d' ai gent, voguant 
sur nue mer du inétite. nwuvaule de U 
pot'ite de Vécu et au chef parti, au 1 de 



oueules, à une croix ancrée d'or et au 2, 
d'or, à un lion de gueules. 

Geokges Dubosc. 



M. Eudore Soulié LXXXll, 33O ; 
LXXXlll, -:6s. 3^2. 408). — Le souvenir 
personnel de. M. ). V. P. sur le premier 
ménage SarJou est des plus intéressants 
et le nom de la première Mme Sardoii 
étant connu, il est possible de répondre a 
la question dciniere posée. 

Mlle de Brécourt s'appelait Moi^JO^. 
Son père lui-même se charge de nous 
l'apprendre dans la préface déjà citée. 

La mère de M. Mois.son était une Bré- 
court, descendant de Gaston d'Orléans 
par la main gauche. Après la ruine con- 
sécutive a la Révolution, elle épousa le 
graveur et p«inlrc Moisson, roturier mai» 
fervent royaliste ; avec l'espoir, d'ailleurs, 



N» 1539. Vol. LXXXIll 

4=51 

que la royauté une fois rétablie, relèverait 
le nom tombé en quenouille. 

« Aussi, ajoute M. Moisson se fai- 
sait elle appeler Moisson de Brécourt et 
m'a-t-elle su toujours mauvais gré de 
m'en tenir modestement au nom de mon 
père >*. 

tOiMONU l'Hommeué. 



L'INTERMEDIAIRE 



452 - 



M. Eudore Soulié fut le second beau- 
père de Victorien Sardou. I.o premier 
avait été le Comte Léon Moisson de 
Brécourt, dont je me suis occupé dans j lieu en 1726 



et fit recevoir au Gymnase les Pattes de 
mouche. Elle mourut prématurément vers 
la quarantaine, ne laissant que des re- 
grets. 

Henry Lyonnet. 

Villèle-Montbel (^LXXXlil, 287). 
— 11 n'y a pas eu de mariage depuis le 
xv!!!" siècle entre les familles de Villèlc 
et de Montbel. 

Le père du Comte de Montbel ministre 
du roi Charles X, était fils d'imc Villèle. 
Ce premier mariage Villèle-Montbel eut 



mon Dictionnaire des Comédiens Français, 
.1 l'article Léon (t. 11 p. 3^1 C. i) — 
Trial a l'Opéra-comique sous le nom de 
Léon, régisseur de la scène à TOdéon en 
1845 et années suivantes, directeur de 
l'Ecole lyrique, régisseur aux Folies Dra- 
matiques du Boulevard du Temple 1855- 
b2. Moisson de Brécourt était le père de 
Mlle Laurentinc qui devint Madame Sar- 
d-.u l'ô. — Bien que devenu veuf vers 
1868-69, Victorien Sardou entoura de j 
soins les derniers jours de cet homme de \ 
bonne éducation qui mourut à plus de 85 
ans, vers 1884. Déjà en 1876, âgé de 77 
ans, il avait obtenu la pension de 500 fr. 
de la Société des artistes dramatiques 
pour ses 48 ans de théâtre. 

Mlle Laurentine, 5a filie, avait débuté 
en 1847 ^ rOdéon, dans l'emploi des sou- 
brettes et des rôles de genre. C'é ait une 
comédienne aimable et utile. J'ai cité dans 
sa biographie (T. Il Article Laurentine, p. 
îio, C. 2) les pièces où elle créa des rô- 
les de 1847 à 185^. Jacques Arago fit 
pour elle ce quatrain ; 

De l'esprit à plein bord, une allure mutine, 
De l'aisance, du goût, de la g<àce, du tact, 
Toute chose qu'on aime, à l'œil comme un 

[contact,] 
y M nomme Laurentinc. 

Un autre critique, Darthena) , écrit en 
18^} : *< Une d^s plus ch.irmantes actrices 
du second théâtre français. Elle a de la 
grâce, de la vivacité, de la coquetterie ; 
dans les comédies de genre, comme dans 
le répertoire de Picard, elle est sûre d'en- 
lever tous les suffrages ». 

Retirée du théâtre, Mlle Laurentine se 
fit modiste et épousa Victorien Sardou, 
alors inconnu. Ce fut elle, assure M. Eu- 
gène Hugot, qui alla trouver Rose Chéri, 



Une fille née de cette union et sa demi- 
j sœur, fille d'une Villeneuve, épousèrent 
en 1755 et 1760 deux frères Villèle. 

Voir : Souvenirs du Comte de Montbel, 
Pion, 1913. 

Et la généalogie de ces deux familles 
dans la Fiance Moderne. T. III. Hte Ga- 
ronne et Ariege de ]. Villain. 

Montpellier, Firmin, Montane et Si- 
cardi, 191 1 . 

L. A. S. 



Arnioirieo de la France (LXXXl ; 
LXAXII ; 31;, 54). — La question des 
anroiries de la France peut se résumer 
en deux points : 1° la France a telle des 
armes historiques ? ; 2° faut il lui créer 
des armes nouvelles "? 

i* La France a t elle des armes histo- 
riques r Notre pays poisède des armes 
historiques, qui sont les fleurs de lis, il 
ne peut y avoir aucun doute à ce sujet. 
Le Roi de France portait lui aussi l'écus- 
son d'azur à 3 fleurs de lis d'or, non 
comme armes de famille, mais parce 
qu'il était Roi de France, et pou de mem- 
bres de 11 fatnille royale avaient le droit 
de porter les armes de France sans bri- 
sures. L'étude de la maison d*- Bourbon 
démontrera que les dilTércntes branches 
de cette maison portaient des armoiries 
parfaitement distinctes et que les fleurs 
de lis sur fond d'azur, appelées en héral- 
dique < de France v> n'y figuraient que 
pour rappeler la communauté d'origine. 
Lors de l'avènement au trône d'une nou- 
velle branche de la maison de Bourbon, 
le nouveau roi prenait comme armes les 
trois fleurs de lis, abandonnant ;iinsi ses 
armes personnelles ; le fait se passa sous 
François l", Louis Xll, Henri IV ; rien 



DKS CHERCHEURS ET CURIEUX 



lo Juin \cji t . 



455 



454 



n'était changé pour les armes îles autres 
membres de la fiimille La descendance 
du Roi ne portait pas toujeurs l-.s fleurs 
de lis sans brisures, les princes Je la fa- 
mille royale recevaient des apanages et 



coq, urne du suffrage universel, gerbe 
de blé. etc. C'est encore le sceau actuel de 
France, c'est celui qui a scellé l'exem- 
plaire de la ratification du traité de Ver- 
sailles ; la reliure de cet exemplaire du 



moditiaicnt leurs armes, c'est ainsi | traité porté sur son plat un faisceau de 

qu'Henri W eut deux fils: l'ainé fut Louis j licteur posé en pal derrière un cartouche 

Xlll, le second duc d'Orléans, celui-ci ' charge des lettres K. K, 
brisa ses armes d'un lambel d'argent à A titre documentaire, l'on peut aussi 

trois pendants, posé en chef. | relever sur un timbre émis pour les Nou- 

Ces difTérents exemples montrent bien, 1 velles Hébrides en 1911 it)i2 et portant 

à mon avis, que le Roi de France ne por- \ d'un coté les armes dAngleterre et cclUs 

tait l'écusson fleurdelisé que comme Koi I du Roi George V ; de l'autre, un écus- 

et qu'en montant sur le trône il prenait | son tiercé en pal, d'azur, d'argent et de 

bien les armes du pays sur lequel il ré- gueules, aux deux lettres R. F. (d'or ou 

gnait. j d'argent) brochant sur le tout, ainsi qu'un 

Sous l'fmpire 'Napoléon T' et Napoléon j faisceau de licteur accosté à dcxtre de l.i 

III) l'aigle remplaça les fleurs de lis, mais | lettre R. à seneslie di la lettre F. 
l'Empire n'a pas duré un demi siècle et la 1 En résumé, la France possède des armes, 

vie de l'aigle ne peut se comparer aux : historiques incontestables, les fleurs de 



siècles nombreux où vécut le lis français. 
11 a été parlé beaucoup du coq gaulois, 
mais il n'a jamais figuré sur les armes 
de France. Pendant les i8 ans du règne 
de Louis Philippe, on le trouve sur la 
hampe de nos drapeaux et comme sup- 
port des armes qui figurent sur le grand 
sceau de France en usage sous le règne 
de ce "Souverain. Pendant la monarchie de 
juillet les fleurs de lis disparaissent des 
armes de France et sont remplacées par 
les tables de la Constitution. Le coq gau- 
lois ne se trouve sur le sceau de France 
que comme accessoire secondaire et non 



lis, qui sont non pas le symbole d'une 
famille régnante ni d'un régime, mais 
bien le .symbole de plusieurs siècles d'his- 
toire pendant lesquels s'est formée notre 
unité iKitionale et pendant lesquels la 
France était une des premières, pour ne 
pas dire la première nation du monde. 
Notre gloire, entre 1870 et 1914a pu être 
moins brillante, mais 1918 en ramenant 
la victoire de notre côté, nous maintient 
incontestablement à la place que nous 
avions toujours occupée. Nous reprenons 
nos traditions d'autrefois, pourquoi ne 
pas reprendre nos fleurs de lis, qui tigu- 



comme symbole ; on le voit aussi figurer { raient aulr fois sur le pavillon des ga- 
sur le sceau de la République de 1848 au ! leres du règne de Louis XIV et qui ne sa- 



mème titre que l'urne du sufFraj^e uni 
versel, la gerbe de blé qui symbolise 
l'agriculture ou la machine qui nous fait 
penser à l'industrie. 

Sous le régime républicain, deux sym- 
boles dominent : une femme représentant 
la liberté et le faisceau de licteur surmonté 
ou non du bonnet phrygien Lors de la 
I*' République nos drapeaux portent dans 
leurs broderies un faisceau de licteur sur- 
monté du bonnet phrygien ; le grand 
sceau de l'état représente une femme, 
symbole de la liberté, tenant de sa dexlre 
une pique surmontée d'un bonnet phry- 
gien et s'appuie de la senestrc sur un 
faisceau de licceur. En 1848 le grand 
sceau de France représente une liberté 
assise tenant de la dextre un faisceau de 
licteur, autour d'elle difTérents attributs : 



luait jamais en premier le pavillon d'une 
autre nation, excepté le pavillon des ga- 
lères de Malte. 

Les armoiries de France peuvent donc 
i se composer de la façon suivante ." 

F^a^ur à trois Jienn de lis d'or. 

L'écusson entouré du collier de la Lé- 
gion d'honneur. Comme ornement exté- 
rieur, deux branches de laurier. 

2" Faut il li'i créer des armes nou- 
velles ? La France possédant des armes 
historiques il n'y a donc pas à s'occuper 
de créer de nouvelles armoiries si l'on 
n'envisage que le point de vue histoire, et 
les fleurs de lis seront donc bien à Itur 
place sur le sceau ifc l'htat. Il n'y aurait 
que dans le cas où l'on envisagerait, non 
pas la symbolisation de notre histoire 
par des armoiries, mais la forme de gou- 



V» 1539- Vol. LXXXIII 
455 .- 

vcrnement sous lequel nous nous trou- 
vons. Dans ce cas, il me semble que le 
faisceau de licteur serait tout indiqué, 
les armoiries devraient se blasonner 
ainsi : 

D'azur au faisceau de lui fur d'or, posé 
ru pal. 

L'écusson entouré du collier de la Lé- 
gion d'honneur. Comme ornement exté- 
rieur, deux branches de laurier. 

Jean Henry. 

Figuration conventionnelle des 
Emaux de blason (LXXX ; l.XXXl; — 
L'origine de la question de la gravure re- 
présentative et conventionnelle des émaux 
du blason, a été l'objet de nombreuses 
controverses. La question se posa quand les 
manuscrits avec figures coloriées furent 
remplacés par les livres iinprimcs. On est 
a peu prés d'accord — à peu près — pour 
penser que le premier em[)loi de la gra 
vure conventionnelle des couleurs,! nsii tuée 
d'après une méthode fixe. serait due à l'an- 
naliste belge, Christophe Butkens dans la 
publication de son ouvrage Annales généa- 
logiques Je la maison de LyetiJen^ divisé en 
XV livres. . embellies de figures de divers 
portraits, châteaux, à Anvers, chez Jean 
Cnobfait 1626, in folio, avec au commence- 
ment i-'u 5' livre, une grande fleurette 
pliée, représentant L'Aibre généalogique 
Je la maison de Lyenden. 

Or le graveur qui aida Christophe But- 
kens, dans la public.ition de son ou\ rage 
produisit au folio qui suit la table et pré- 
cède le livre I, un dessin dans lequel les 
métaux sont représentés comme actuelle- 
ment, alors que le gueula. Va^ur, le sa- 
ble, le iinoplc, sont figurés par des dispo- 
sitions et combinaisons de hachures, qui 
conviendraient aujourd'hui respectivement 
a l'azur, au sinople, au gueules et au 
pourpre. Celte première planche, spéci- 
men d'un système complet, appliqué au 
corps de l'ouvrage, porte le titre : Mè- 
IhoJc pour recognoistic les couleurs Jts 
ai mon ici coKtcnues en ce:, annales. 

L'un des premiers ouvrages dans lequel 
on aurait suivi le système actuel de gra- 
vure héraldique aurait été impriiné à 
Douai. C'est le livre de Phil. de l'Espi- 
noy,vico:r.tc de Therouanne./?t.Vi!jc;»cfc<: des 
A nttquités et noblesse de Flandre contenant 
l'ûistctte généalogique des Comtes de Flan- 



L'INTERMEDIAIRE 



456 



die. Douay.Vve Marc Wyon. 1631. (Nou" 
veau titre 1652) in folio. 

On a revendiqué pour d'autres l'emploi 
des hachures dans le blason. Dans les 
« Annales du Bibliophile belge et hollan- 
dais » ( i8vT5)le Comte deLemburg Stirum, 
réclame pour un autre généalogiste belge, 
auquel reviendrait celte invention. 11 cite 
à l'appui de son assertion, une carte armo- 
riasé, intitulée Briève description du très 
ancien, noble et riche duché de. Brabant .. 
portant à la fin le nom de A. Rinclt et 
la mention suivante : ExcuJebat Jo. Bap- 
tiste Langrius ,(um graiia et privilégia. 
Auuo, j6<?o. Signavit : J. Je Busschère. 
En tête de la planche : armoiries du duché 
de Brabant avec date : 1600. Ln dessous ; 
titre et légende des émaux et couleurs 
avec explications, « les marques représen- 
tées de cet ovale, y est il dit, démontrent 
la définition des métaux et des couleurs 
des armoiries ». 

L'invention du système des points et 
des hachures pour indiquer les émaux, a 
été aussi attribuée à unéciivain italien ro- 
main le ?■ Petra Sancta. dans son ouvrage 
Di sYinlolii heroicis libri IX. Anvers. 
Ballv. Moretus, 1634, in 4°, avec deu.x 
cent quatre vingt fcix planches gravées 
par Théodore Galle (frontispice de Ru- 
beni). Le privilège porte la date du 24 
mars 16^3. Le même système de gravure 
a été aussi employé par le P. Petra Sancta 
dans son traité ; Jesseici gentililiœ, ex le- 
gibus feciilum Jcscrtptœ, publiées à Rome, 
imprimées chez les héritiers de Fr. Corbel- 
leti. 1638, in-folio avec figures. L'appro- 
bation ecclésiastique est du 17 avril 1636. 

Vulson de la Conbière en France, dans 
l'avertissement joint à son Recueil de plu- 
sieurs pièces et figures d'armjiries obniiscs 
par Jes auiheurs qui oui esiript jusque icy 
Je cette science, imprimé à Paris, in folio, 
en 1639 a donné l'explication d'un tableau 
où est présenté le système représentatif 
des gravures. 11 y ajoute : « Invention 
dont je m'asseure que les généalogistes 
me sauront gré, > ce qui l'a fait prendre 
pour l'inventeur du système. Dans l'/n- 
Iroduclion an blason des //rmo/ViVs, publiée 
à Paris, chez BiUaine, 16)1, in 4" il n'y a 
pas apparence de gravures systémati 
qucs. 

D'après l'héraldiste Joannus Guigî.rd, 
l'auteur de la Bibliothèque héraldique de la 



DES CHRRCHEURS 

457 



ET CURIKUX 



10 Juin 1991 . 



458 



France. Paris, Dontu 1861, ce serait Petra 
Sancta, l'autour du système des hachures 
dans une première édition de son ouvrage, 
en 1628. Gourdon de Gcnouilhac,Uii,dans 
son Art hérnlJi'jue, tiei\t pour Bulkens. 
Entïn, I. R Rietstap, dans son Armonnl 
ghierii! Explication des phuiches. Plan- 
che I, p. XVll, n° 32, donne untabKau des 
méthodes anciennes pour indiquer les 
émaux par la gravure. Selon lui, le pre- 
mier système aurait été celui du belge 
Franquart en 1623 : il cite encore celui de 
Gelenius, à Cologne en 1645 ; celui de 
Lobkwilz, en Espagne. en 1639 1642 et celui 
de Rouck, en Hollande, 164^. 

11 faut remarquer que les Anglais ajou- 
tent quelques couleurs héraldiques fran- 
çaises : le tanné ou orangé. Tt-nny, repré- 
senté par des diagonales, de sene-lrc à 
dcxtre, croisé par des horizontales ; le 
blood-colûur. sanguine, représenté par des 
diagonales, de dextre, à senestre, coupées 
par de^s diagonales, de senestre à dextre : 
les Allemands emploient la même cou 
leur : FAicu (couleur de fer), représentée 
de même. La couleur naturelle, de carna- 
tion n est pas représentée en France ; les 
Allemands la représentent par des lignes 
en zig zag de dextre à senestre, qu'ils ap- 
pelaient natur-farb. Comme on le voit, on 
n'a que rembarras du choix pour trouver 
le créateur de la gravure héraldique, dont 
l'invention ne semble p-^s remonter avant 
1600. 

Georges Dubosc. 

Armoiries de F. Th de THorme 

(LXXXlll, 385). - Le général de 1 Horme 
(François-Théodore, dit < Edouard » : 
1796 1873) portait les armes conférées en 
1816 à son père : d'a:^ut à la banîe d\^r 
chargée de t/ois fetiillcs cVorme de sinople, 
accompagnée en chc'f d'une épée d' argent po- 
sée en pal et, en poirite, d'un lévrier aussi 
d'aigcnt, contourné. 

Primitivement, la famille portait : d'ar- 
gent à Vorvieiiu arraché de sinople accosté 
de deux étoiles de oueitles. 

Baron A. H. 

Delacroix. — La « Barque de Don 
Juan » (T. G. 266, LXXX,Il,39o. — Il y 
a au sujet de ce tableau une confusion de 
nom et de dates. 

Delacroix exposa pour la première fois 



au salon de 1822, Dante et Vttgiie dans 
une barque. C'est au «.ujet de cette toiic 
que Gros aurait dit au débutant : c Oil 
vous, le jeune homme de la barque , 
vous peignez bien mais vous dessine/ 
comme un cochon »». 

Le tableau du Louvre qu'on appelle, on 
ne sait trop pouiquoi, tantôt Ai Barque de 
Don Juan., tantôt la li.irque du Dante (rm 
aurait dû dire de Dante) lui expose au 
Salon de 1841, sous le simple lit^c de : 
Un naufrage^ en même temps que La pri\e 
de Constantinople p.tr tes latins et Une 
noce juive au Maroc. 

Gi'sTAvn Bord. 

* 
» * 

Dans l'ouvrage qu'a consacré, en 187^. 
à l'œuvre de Delacroix son intime aini, 
Adolphe Moreaii, nous trouvons ceci : 
Sal.>n (le 1841, 

N" «;io. — Un naufrage, ou la Birqiie Je 
Don juan (Loril Byron, Don Juan Ch. II). 

Aujoufii'hi i à M Ad. Moreau. 

11 serait étonnant que celui ci n cul pas 
connu le titre exact du tableau de son 
ami, — tableau qu'il avait en sa posses- 
sion 

Il est vrai que, sur le livret du Salon de 
1841, il figure seuleinent sous le titre de 
Un naufrage, mais, à l'Exposition uni- 
v rselle de 185c, c est-à dire du vivant 
même du peintie, qui aurait certainement 
protesté si son intention avait été mé- 
connue, il paraît comme l.e naufrage de 
Don Juan . 

Il ne s'agirait donc pas du rappel d'un 
fait divers, mais bien d'une allusion au 
naufrage du héros dans le poème an^lal^. 
L'œuvre de Byron a, d'ailleurs, inspiré à 
Delacroix trois auires de ses tableaux : 
Le prisonnier de Chillon.La fiancée d'Abv- 
dos et Combat du Giaour et du Pacba. 

M R. 

• * 

J'ai vu et admiré pour la première loii> a 
l'Exposition universelle de i8!;5,le tableau 
de 1841 qui est donné au catalogue 
comme appartenant à M. Adam Moreau 
— ne serait ce pas plutôt Adolphe M. — 
et ne crois pas qu'il y ait erreur sur le 
titre qui a été certainement donné par De- 
lacroix lui même. 

Il ne s'agit nullement d'une barque 
naufragée, mais, cela est visible par la 
composition des personnages sauvés, de 



N* 1539. Vol. LXXXllI 
459 



L'INTERMEDIAIRE 



460 



gens qui ont dû abandonner pcle-mèle ' absolument justifiée, la question fut agi 



un navire coulé, d.^ns l'espèce, la Tiinidad 
Le Pon juan de Tirso de Molina, de Mo- | 
lière, de Mozart et d'Hoffmann n'a rien à 
voir ici pas plus que celui de Mérimée ; il 
s'agit du Don Juan, de Lord Byron, ce 
Chérubin romantique^ aimable et genti- 
ment sensuel, plutôt que pervers, dont le 
naufrage en pleine Méditerranée est ra- 
conté, avec le terrible humour britan- 
nique, au chant 2" du poème. 

Le tableau du Louvre me paraît être 
un des plus beaux du maitre, le plus pa- 
thélique, selon moi, de l'école française, 
un des plus puissants coloristes qui furent 
jamais, et j'ajoute un peintre sans supé- 
rieur de la mer. 

Parlant dans ses Giiépa de ce Naufrage 
de Don Juan, Alphonse Karr y voit ut^e 
mer non horizontale et qui l'étonné et le 
gêne. Si le spirituel chroniqueur avait 
mieux regardé, il aurait reconnu que 
pour accentuer davantage l'impression 
de l'étendue dans laquelle se perd, sous le 
ciel implacablement bas et sombre, l'em- 
barcation chargée de ces pauvres gens, 
Delacroix a pris sa perspective de haut. 
Puis cette apparence de perpendicularité 
est un effet d'optique bien connu ; dans 
son l^oyage aux Pyrénées, Taine parle de 
Tapparition soudaine d'un *< mur bleu» 
qui est la mer, 

H. C. M. 



Cette question de la dénomination du 
tableau d'Eugène Delacroix représentant 
une barque de naufragés, et exposé au 
salon de 1842, a été «soulevée une pre- 
mière fois, il y a une quarantaine d'années 
dans les colonnes de V Intermédiaire. Le 
peintre Charles jacque avait prétendu, 
dans une lettre adressée au Figaio et au 
Temps \e 7 avril 1883, qu'il fallait lire: «la 
Barque du don juan », du nom d'un bâti- 
ment sinistré l'année où le tableau fut 
fait, et non < de don Juan > , ainsi que le 
portait l'inscription mise sur le tal leau. 

Malgré une protestation d'Anatole de 
Montaiglon publiée sous la signature M.D. 
A. dans V Itjtertnédiatie (\u 23 avril 1885 
(XVI, col. 255;, qui démontrait d'une fa 



tée de nouveau la même année (XVI, 454, 
506, S91; et reprise encore en 1888 (XXi, 
14, 88). 

Que M. A B. X. veuille bien se repor- 
ter au chant deuxième du poème anglais, 
il y trouvera décrite, dans la strophe 75 
la scène représentée dans le tableau du 
Louvre et pourra se convaincre que Mau- 
rice Tourneux, de même que Montaiglon 
et tous les iconographes de l'œuvre de 
Delacroix, ont eu raison de conserver le 
nom que l'administration du Musée aurait, 
parait-il. fait récemment enlever. 

duant à la Bai que du Danfs, dont le 
sujet est tiré de la Divine Comédie^ c'est 
une autre toile exécutée par Delacroix 
une vingtaine d'années auparavant et qui 
n'a rien à voir avec celle qui nous occupe. 
Un bibliophile comtois. 

Journaux de province centenai- 
res (LXXXIll, 38b). — C'est le 3 juillet 
1773 que parut le premier numéro des 
Affiches d'Angers. En 1812, le titre fut 
changé pour celui de Journal de Mairie et- 
Loire. Ce périodique entreia donc le 3 juil- 
let 1921 dans sa 149* année. La collection 
complète est conservée aux bureaux du 
journal et à la Bibliothèque d'Angers. 

F. UZUREAU. 

L'architecte de l'église Sainte- 
Wai-dru, à Mons (T. G. ; XLIV : 
XLVl;. — Est-ce Mathieu de Layens, 
le glorieux bâtisseur de l'hôtel de ville de 
Louvain .'' Ou Michel de Rains, maître 
maçon de Valenciennes ? Ou Jean Huelin, 
maître maçon du Hainaut ? Ou Jean 
Spiskin, un artiste de haute réputation ré- 
sidant à Mons en 1450 ? 

Depuis quelques jours, le problème 
peut être considéré comme définitive- 
ment résolu. Un érudit connu par ses re- 
marquables travaux sur le Hainaut, qui 
acheva pour la Commission rovale d'his- 
toire de Belgique les Charles du chapitre 
de S(iinte]Vandr u et vientd'entreprendre 
une œuvre magistrale, Mons à traveis les 
dfies, M. l rnest Malthitu, a publié dans 
la livraison du 30 avril 1921 de la Terre 
çon pér< mptoire que la scène représentée J wallonne, revue catholique et régionaliste 



était tirée du Don Juan de Byron et que 
l'inscription primitive était, par suite. 



de Charleroi, un article intitulé L'Ar- 
chitecte dt Sainte-Waudru et où il écrit ; 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



461 



462 



10 Juin îÇi\ 



Nous nous rencontrons avec un publiciste f 
or dist npiié, M hoghaeit Vacht', pjur resli- 
? tuer à Jeun Spiskiii le mérite d'avoir dres>é le 
pl.n de la collégiale de SainteWaudru De- 
puis nombre d'années, M. Boghaeit-Vaché, le 
prcviier, a, dans la presse et des discussions 
archéologiques, mis en évidence les argu- 
ments qui justifient ses déJuclions. 

Ses contradicteurs n'ont apporté que des 
présomptions assez vygues et non probantes 
î l'appui de leurs allégations. 

Il est int ressant, pour la bibliographie 
delà question de marquer les éliipcs de 
cette découverte confirmée et solidement 
étayée par M Matthieu (cf. la Province, 
de Mons^ 17 18 mai 1921 ; le Bitiinent, 
de Bruxelles, 20 mai 1921) : 

Une étude de M. Joseph Hubert, Des At- 
chilecifs de l'é^^ltse dllêi^iale Je Satntc- 
Wauiiru, publiée en 1889 d^ns VEmulahoti, 
organe mensuel de la Société centrale d'ar- 
chitecture de Br^lgique, avait provoqué dans 
les journaux une vive polémique (voir sur- \ 
tout la Gii{fite de Mo n s di.-s 18 septen^bre, '• 
10 novembie, 12 novembre et 16 novembre 
1889, et VOffice de Publicité, de Bruxelles, 
des 99 seprembieet 6 octobre 1S89, 20 avril, 

137 avril et 4 mai 1890). M A. Boghaert Va- 
ché y intervint : puis ses recherches, se 
Ci:ntinuant aux Archves départementales du 
Nord, lui fournirent des pièces inédites con- 
cernant Michel de Rains, Jean Huelin et 
Jean Spiskin. 
11 ne f ubliî intégralement ces pièces des 
Archives de Lille — quatre, dont une avec 
le sceau du maître d'œuvre, émaneiit de 
Spisk'n — qu'en 1902, dans 1 Intermédiaire 
des Ch.rchfurs et Cu^teux. de Paris (tome 
XLVI, col. 704 à 712), et dans son étude 
Nos Vieux Architectes {^n Revue des indus- 
tries du daliment^ de Biuxelles). Mais d»ns 
l'entre-temps, il avait exposé et développé sa 
thèse de « Spiskin architecte de Sainte- 
Waudru » : 

|0 Dans V Indépendance belge, de Bruxel- 
les, le 8 noût 1898, — où il rappela le nom 
de Louis Delhuin, un obscur commissaire- 
voye-, dépourvu de connaissances historiques 
sérieuses, de sens ciitique et de méthode, 
mais qui avait cependant dès, 1863 deviné la 
vérité ; 

2° D^ns VAlmanach Hachette-lcbègue 
pour i8()Q Paris et Biuxellcs 1898, pages 
380 à 322 ; 

30 Au Congrès archéolog'que et histoii- 
que d'Arlon, en 1899, {Compte rendu, Ailon, 
1900, pages 160 à 167) ; 

40 Dins la Verveine, de Mons, le 6 août 
1899 fvoir aussi les numéios des 17 et 24 
décembre 1899) , 



f)" Dans le Devoir, de Bruxelles, les 10-17 
et 19 .loût, 1901, où il répondit aux objcr- 
tions que deux auteuis s< ulemenl, aujotn- 
d'hui décédés tous deux, MM Joseph Hu- 
bert e! Gûiizjlès DL'c.ir.^p"!, lui avaient oppo- 
sées. 

Un peu plus laril, au Congres archéoloci- 
que et historique dn Bruges, auquel n'assis- 
tait pas M B ghacrt Vaché, M Hubert re- 
nouvela pour U dernière fois son argumenta- 
tion {Conif>lr rendu, Bruges, 1903). Mai» la 
tlicse de l'hislorien péruweizien — M. Bo- 
ghaeit appaitient lui aussi au Hainaul, — le- 
produite ou analysée pur une foule de jour- 
naux et do icvues, était déjà génëraleinenl 
adoptée ; et à la veille l'e la g'ierre, M. Ri- 
chard Dupierriux, le délicat écrivain devenu 
chef du cabinet du ministre actuel des Scien- 
ces et des Art», répétait encore dans son beau 
livre La Siu'f'Iure wallonne, que l'égiiso 
Sainte-Waudru fut « coriuntiiccc en 1450 
sur les plans de l'architecte Jehan Spiskin > 
(Bruxelles, 1914. page I7 1 ). 

Au moment où j'achève cette copie, je 
reçois de M. Fernand de Moly un tiré a 
part de ses articles d une si belle énidi- 
tion:M7S yieilles Oithédi ilesel/iurs Mailles 
d'ieiivic, publiés dans la Revue artbéolo 
giqne de Paris, et j'y vois cité à la page 

77 : 

... Michel de Reims, maître maçon de 
Valenciennes, l'auteur présumé de Sainte- 
Waudiu de Mons, qui présente aux échevins 
de Mons, pour leur église, deux plans, au- 
jourd'hui aux Archives de Mons, qu'on a tout 
lieu de croire les plans de la cathédrale 
d'Amiens de Robert de Luzaiches. 

Mais c'est tout incidemment que M. de 
Mély a écrit cette phrase et, certes il n'en 
a point vérifié les multiples énonciations. 
J'attends avec confiance l'apparition du 
tome m (Architectes et Sculpteurs) de ses 
admirables Ptimiti/s où, mieux docu- 
menté, il rendra sans doute à Jean Spiskin 
la justice qui lui est due. 

A. Boghaert-Vacme. 

p s. — M. de Mély m'écrit : « Mon 
article était composé quand j'ai reçu vo- 
tre renseignement. Mais pour les fiches 
du volume, il est soigneusement repéré, 
avec votre référence. )'ai depuis, relevé 
le Spiskin dans une église du nord de la 
France ou il travaillait ». 

B. 

Héroudas (LXXXllI.îjS).— Hérondas 
ou Hérodas est un auteur grec du m' sic- 



L'INTERMÉDIAIRE 



N» I5Î9. Vol.LXXXIlI 

46) 

de avant] -C. sur lequel, jusqu'à il y | 
a une trentaine d'années, on n'avait que . 
de très vagues indications dans trois ou 
quatre écrivains anciens. Un est encore, 
sur son pays d'ori}»ine, le moment exact 
où il a vécu et la forme précise de son 
nom, aussi mul informé iV.ais les cita- 
tions insignilianles qu'on possédait de 
son œuvre ont permis de lui attribuer 
quelques morceaux retrouvés dans les pa- 
pyrus grecs que lesciierchcursanglais ont 
recueillis en Egypte depuis un certain 
nombre dannees dans des fouilles mélh :- t 
diquement poursuivies et souvent 'neu- { 
reuses. 



464 



i 



Gustave Flaubert : « Le ChàteaU: 
des Fleurs» ou «^ Le Château desl 
Cœurs » (LXXXIU, 382) — Le vrai 
tiUe est Le Château des Cœurs. 

M. Paul Dubois trouvera le récit com- 
plet des tribulations qu'eut à supporter 
Flaubert au sujet de cette féerie dans 
l'élude très documentée de MM. René 
Descharmes et René Dumesnil, Autour de 
Flaubert (Pans, Metcuic' de France. 1912. 
2 vol. in- 12 Tome i" pp. 329-349). 
Un Bibliophile Comtois. 






Il suffit de s'en rapportera la Vie Mo- 
I derne, fondée par Bergerat, dans laquelle 
I a paru, du vivant de Flaubert, cette féerie, 
avec des illustrations de Courboin. 

Maurice Guillemot. 






Il est vraiment trop facile de prouver 
que la Giande Encyclupédie imprime et 
répète une erreur typographique, 

Flaubert avait écrit le Château des Cœurs 
pour le Châtelct. Il n'a jamais été joué. 
Le Candidat, sa comédie en 4 actes, fut 
représentée au Vaudeville le 1 1 mars 1874 
et quitta l'affiche après la 4"= représenta- 
tion 

Cette double mésaventure prouve, une 
fois de plus, que le théâtre est un métier, 
souvent interdit à d?s écrivains de génie, 
alors que de mévliocres littérateurs y réus- 
sissent à merveille. 

Et le Cbâtiau dei Cceurs e.st si bien le 



C'est en 1H91 que Ihelléniste Kenyon, 
chargé par le Brilibh Muséum de faire con- 
naître au public le contenu de ces papyrus, 
a editépour laprcmière fois les écrits ainsi 
recouvrés d'Hérondas : sept mimes ou 
petites saynètes cotmques en vers à peu 
près au complet , et quelques frag- 
ments. 

De nombreuses éditions et traductions, 
notamment deux traductions françaises 
de MM. Dalmeyda et Ristelhueber et une 
traduction partielle de M. l'abbé Kagon, 
ont paru depuis. Ces mimes sont de pe- 
tits tableaux dialogues, très simples, 
qu'on scnltres bien observés, des esquisses 
rapides de la vie bourgeoise ou popu- 
laire : une femme du peuple qui ne peut 
venir à bout de son voyou de fils, et le 
fait fouetter par le maître d'école ; deux | titre unique de la « féerie » injouable de 
autres, venues offrir un coq à Esculape, j Flaubert que la recherche et la conquête 
et qui en profitent pour visiter le temple j des cœurs perdus, emprisonnés au « Châ- 
et en admirer le? statues et les peintures; j teau des Cœurs > par les Gnomes, est le 
une entremetteuse apportant des proposi- j fond même du sujet. 

tiens à une jeune femme qui les repous-e ; j L.'un des derniers tableaux met en scène 
une dame qui fait à un bel esclave une i un décor dont les guirlandes Je fête sont 

constituées — non pas par des fleurs — 
par des chaînes où sont ^nspetidus « des 
cents tout louges ». 

Au derni^ir tableau, le héros de la pièci 
— très imprégnée de ce que Bourget ap- 
pelle « le nihilisme » de Flaubert — dis- 
tribue aux hommes d:'s cœurs en sucrerie, 
enveloppés de papier doré ; dès qu'ils les 
ont gobés, ils redeviennent purs, honnêtes 
et généreux 

Les fleurs ne jouent aucun rôle dans le 
texte étrange de Flaubert — qui n'ajoute 
rien à sa gloire. 

P. B. Gheusi. 



scène de jaloubie, le fait battre et lui par- ; 
donne, etc. Ça et là. des détails assez i 
crus, un des mimes même nettement obs- 
cène, mais sans que l'auteur s'y com- i 
plaise : il ne songe qu'à être vrai. Il l'est i 
avec aisance et esprit, dans un langage ! 
dont la familiarité ou la vulgarité ne ! 
manque pas de saveur. i 

Ibère 

[Mêmes renseignements et références : 1 

Un bibliophile comtois, Saint Malo Bo- ! 
ohaert - Vachk , Deheiî MANN - Roy , F. 

Katz j 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



lo Juin iQti 



465 



î 



Le « Château des (Coeurs », (cerie qu'a- 
cheva Gustave Flaubert en i86j, ne fut, 
en efîet jamais joué, et ce fut uu des 
« chagrins liuéraires » du maitre, i|ui au- 
rait aimé à « voir sur les planches le ta- 
bleau du cabaret et celui du Pot au Feu ». 

Au début, il avait accepte la collabora- 
tion de Louis Houilhetet de Charles d'Os- 
moy; après la mort du fidèle Bouilhtt sur- 
venue en i8t)Q, il remania sa iccric, espé- 
rant, mais en vain, la faire accepter par 
un directeur. Tout ce que put faire Geor- 
ges Charpentier, qui, alors présidait aux 
destinées de la Vie Moderne, fut de lui 
donner des illustrations à défaut de décor, 
et ces illustrations furent loin de réjouir 
je ccEiir de Flaubert, lui causant, au con- 
traire, une « rage hebdomadaire ». 

Ainsi, écrivait il, le 15 février i88o, à 
Georges Charpentier : 

« Bergerat a dû vous communiquer mon 
peu d'enthousiasme pour la manière dont 
ma pauvre téerie est publiée dans la yte 
Moderne. Le numéro d'hier ne change 
pas mon opinion. Ces petits bonshommes 
sont imbéciles et leurs physionomies a'v 
solument contraires à l'esprit du texte ! 
— Deux pages de texte en tout I de sorte 
qu'un seul tableau demandera plusieurs 
numéros. Et encore si ce n'était pas coupé 
par d'autres dessins, n'ayant aucun rap- 
port avec l'œuvre, mais il paraît qu'il le 
faut ; ça dépasse le raisonnement ! C'est 
mystique ! je m'incline. 

« O illustration ! invention moderne faite 
pour déshonorer toute littérature... > (i) 

a O illustration ! » qu'aurait-il dit des 
« bois » qui sévissent actuellement et qui 
pour les amateurs (?) à la page, rempla- 
cent dessin, composition et eaux-fortes ? 

Qyant au Château des fleur %, il semble 
devoir prendre vraisemblablement place 
dans la longue rubrique consacrée jadis 
par V Intermédiaire aux errata des grands 
dictionnaires. Encore que la Bretagne 
compte plus de calvaires que de paradis, 
fussent-ils artificiels, monsieur Charles Le 
Goflfic, n'aurait point, j'imagine, confondu 
la féerie de Flaubert, avec les - promena- 
des et concerts » de l'avenue des Champs- 
Elysées. PlEKKK DUF.W. 



a Dors en paix, ô mu Pologne » 

(L.X.KXIII îQo). — C'est le refrain de 
\ H \mne à la Pologne, de Lamennais, im- 
primé pour la promiorc fois à la suite du 
Livie du prier lit po'onais. traduit par 
Montalcmbert du polonais d'Adam Mie 
kicvvic/, Paris Renduel, 183^, in iH 

O. N. |.. 

Septante, Nouante (IXXXllI, 193, 
3O8, .\ ly). — Ces expressions sont encore 
lort employées en Fiance, dans le com- 
merce et la banque. Il est courant qu'un 
employé dicte des chiffres relevés sur un 
livre, à un collègue qui les transcrit sur 
un autre Qyand celui qui dicte corn 
mcnce, par cxeinplo, par dire < quatre 
vin^t... ». celui qui écrit met un 8, mais 
le dicteur finit par »< ...dix sept » . Ce qui 
oblige le scribe à surcharger son 8 pour 
le changer en q. 

P. 

Antiquité du diamant comme 
pierre précieuse LXXXl, 42). — Les 
anciens regardaient le diamant comme 
pierre très précieuse 

< Miximutn in rebu-» hanii'.i3, njn so'ijn 
inler gemmas, pret.um hibit j.la:nas. 

Pline, /V<j/. Hist. xxxvii, 4 (15), 55 . 

Le diamant fut utilisé che?. les anciens 
par les graveurs. Comme pierre précieuse 
on l'employait dans les bagues mais trè> 
rarement Voir la Sittcnge chichte de FrieJ - 
laender, t. iii. p. 79 (1890 1. juvcnal, sa/, 
vi. 156, fait mention d'un 

Ada-uas notissimas et Bérénices du di- 
gito (acliispretiosior. 

Bérénice c'est la sœur 
de Judée 



d'Agrippa II, roi 
E. Benslv 



(1) Correspondanc, édition Conard, 1V« 
série, p. 41?. 



Les poulardes du Mans (LXXXlll, 

_2^- j. _. Do tous les coqs français, le coq 
de la Flèche est le plus élevé, il a beau 
coup de rapports avec l'Espagnol dont il 
est issu par suite de croisement avec le 
Crèvecœur ; quelque^ personnes croient 
qiio. cette race descend du Br.^da avec 1< • 
quel il a du reste certains points de res- 
semblance. 

A l'âge adulte, il pèse quatre kilogs cl 
a soixante cinq centimètres de hauteur 
quand il marche. 



N« 15)0. Vol. LXXXIll 

467 

C'est une espèce particulière au pays 
du Maine, son type est resté pur surtout 
dans les environs de La Mèche. L'origine 
des lléchoises est inconnue, cependant 
leur renommée peut prendre date au 
x\* siècle, peut-être leur origine est-elle 
plus ancienne. C'est au Mans qu'on fai- 
sait primitivement les belles poulardespuis 
à Mezeray, puis à La Flèclie. Cette indus- 
trie a depuis longtemps cessé au Mans, 
elle déchoit à Mezeray, et elle ne s'est 
conservée qu'à I.? Flèche et dans les com- 
munes contigucs. 

On engraisse les coqs sans les chapon- 
nes, leur engraissement commence à sept 
mois et dure cinq mois : d'octobre au 
Carnaval ; les plus belles poulardes attei 
gncnt quatre kilogs. les coqs six kilogs. 

Le procédé pour l'engraissement n'est 
pas un secret dans la contrée : les vo- 
lailles sont maintenues dans l'obscurité, 
dans un local où l'air n'est pas renouvelé, 
et leurs déjections ne sont jamais enle- 
vées. On leur donne deux repas par jour. 
Ces repas sont composés de patons de fa- 
rine mêlés à du lait. Albero. 

L'amour de la musique chez les 
poètes et che« les p«?intres(LXXXll, 
Si ; LXXXllI, 36, 180, 228, 277). - De- 
puis que j'ai posé cette question, j'ai ren- 
contré deux nouveaux exemples de l'anti- 
pathie professée par des poètes à l'égard 
de la musique. 

Voici d'abord ce qu'écrit au sujet de 
losé-Maria de Heredia M. Antoine Albalal 
à la page 81 de ses Souienirs de la vie 
littéraire (Paris, A. Fayard, [1920) in- 18) : 

Il mépri&ait franchement la musique : 
«» C'est, disait-il, en parodiant un mot célè- 
bre, le plus chtr et le plus imprécis de tous 
les bruits. Le même air peut-être à la fois un 
air de fête ou une marche funèbre. La mu- 
sique n'a que l'expression qu'on lui donne 
et dépend de la îensation de chacun. C'est 
un art inférieur, parce qu'il est informulé 
Voyez le Lac de Lamartine La poésie est 
belle. La musique en a fait une romance ba- 
nale ». 

Il n'y avait rien à objîcter. Ceux qui ne 
corr.prennent pas la musique ont dts raisons 
de ne pas la comprendre que notre raison ne 
comprend pas. 11 fa-jt renoncer à les convain- 
cre, tanî qu'on seia obligé de convenir que 
la valte de Madame Angot commence 
comme V Ave Verum de Mozart et quj J'at 



L'INTERMÉDIAIRE 



468 



j f'erdu mon Eurydice est un air de mirliton 
qui n"a qu'une valeur expressive 

D'autre part dans sa très intéressante 
étudî sir Henri Heine (Paris. Bloud-1913, 
in- 16). M. Pierre Gauthiez s'exprime ain- 
\ si (p. 9 et ic) : 

i Li mère de Heine... prélendit lui faire 
apprendre le violon ; le petit Heiiii se cou- 
; chait sur le divan et faisait jouer son profes- 
\ seur à sa place . . Henri Heine n'a jamais pu 
i faire une gamme ; et il dirait : a Vraiment, 
I j'aurais grand'peinc à letenir longtemps une 
mélodie >v De même, il ne parvint jamais à 
danser. Le poète le plus rhythmique et le 
plus musical de la lango.e allemande est ré- 
fractaire, dès lenfinco, à toute autre cadence 
qu'à la cadencî littéraire .. Cette horreur 
àe la musique, beaucoup de littérateurs, et 
surtout hi poètes, Vont témoignée ; faut-il 
donc croire que musique et poésie tout deux 
arts non pas seulement différents, non pas 
seulement éloignés, tn;.is ho.'tiles dans leur 
essence même, chez certains génies? puisque 
l'un d'eux, la poésie, contient sa musique 
propre, et l'autie, la musique, exprime une 
poésie aus.i large, aussi intense, mais toute 
différente de la poésie précise, synthétique et 
telle enfin que h contiennent les œuvres 
vraiment éternelles ? 

La réponse à la question posée se trouve 
peut-être dans l'explication ingénieuse 
proposée par M. Pierre Gauthiez. 

Un bibliophile comtois. 

* • 

L'auteur de « Une nuit de la garde natto- 
nale », — Dans la 4* série de Paris à 
la Fourchette : Curiosités parisiennes, 
M. Hector Hogier cite à la page 153 un 
couplet de Une nuit de la garde nationale 
qu'il donne comme étant de Casimir Dela- 
vigne. 

je n'ai jamais entendu dire que l'auteur 
des Messéniennes et des Enjanl s d' Edouard 
ait ou aussi le talent de composer des 
joyeux ponts-neufs et j'avais toujours en- 
tendu attribuer le vaudeville précité à 
Scribe. Casimir Delavigne y aurait-il ano- 
nymement collaboré ? 

Un bibliophile comtois. 

Les anciens théâtres de la ban- 
lieue (LXIX ; LXX) ; Chotel, direc- 
teur de théâtres (LXIll ; LXXIV). — 
Du Moniteiii de la Mode (10 août 1847), 
qui, pas plus que le Journal des Dames et 
des Modes ne ménageait ses encourage- 
ments aux artistes de la banlieue : 



DES CHERCHHURS ET CURIEUX 



10 juin içt I 



469 



4;o 



Il y a quelques jours, le théâtre des Bati- 
gnolles jouait un petit chef-d'œuvre de 
M. Scribe : La Femme qut se jette par la 
fenêtre, et ^^uelques journalistes, pousser, par 
la pliiie dans ce petit théâtre inconnu, ont 
pu s'étonner d'un grand phénomène : les 
deux principaux rôles de la pièce étaient 
joués par de ravissantes femmes, dont I une 
mademoiselle Martin, a tait un court séjour 
au Vaudeville et aux Variétés. Quant à Ma- 
demoiselle Marie Deschamps, qui jouait Jane 
Shopen, nous croyons bien que c'rtait son 
premier début, et, en vérité, c'est un début 
d'heureux augure. Avec de la voix, de h 
tenue, de la tinesse, une diction peu étudiée, 
mais naïve et juste, Mademoiselle Deschamps 
tiendrait honorablement sa place sur un 
théâtre parisien Une très jolie femme qui 
ptoriict une comtdienne, c'est chose rare ! 

Chatel avait tout, d'ailleursdu«directeur 
intelligent ». Pour être sûr que les éloges 
soient distribués a bon c-cient à ses deux 
troupes, il prenait soin d'indiquer par un 
« papier *» imprimé, aux * courriéristes » 
de l'époque le bien qu'il y avait à dire de 
SCS pensionnaires, et en « artiste distingué ♦ 
qu'il était, commençait par ne point s'ou- 
blier. 

A chacun sa création : Taglioni avait 
créé la 5>7/>/j/i^, lui, semble s'être contenté 
du « papillon ». A sa façon, un peu un 
précurseur. 

C'étaient là, toutefois, des mœurs nou- 
velles dont, avec une certaine ingénuité, 
n'était point sans s'étonner la Revue anec- 
dotique : 

Le Directeur d'une Revue recevait, il n'y a 
pas longtemps, la note suivante, émanant 
d un de ses ariciens amis, grand amateur des 
théâtres de bjnlioue. Le théâtre de Montmar- 
tre avait monié/-^r/>M.vC.)/or<i/,et il s'agissait 
de soigner l'apparition de cette pièco. Aussi 
avait on préparé d'avance une pancarte, sorte 
de canevas élogieux, destinée à soutenir la 
mémoire du rédacteur qui serait chargé de 
l'appréciation. 

Ce document est authentique et fort com- 
plet en son genre. Nous le donnons tel 
quel, avec son apostille. 

« M. Choiel (caporal Simon), trus les éloges 
possibles. — M. Gibeau (Froissard), talent, 
intell gence, avenir. — Gaston (Lucien), âme 
distinction, tenue. — Huart (Picard), con- 
venance, propieié. — Vifrid comique vrai, 
consciencieux — Antonin (Taverny), bonne 
tenue, convenance - Eugénie (Geneviève), 
sensibilité, âme, ingénuité, distinction, très 
jolie, — Félicie, jolie paysanne, très fine, in- 
telligente. — Marie Boutin (de Ransberg), 
bonne tenue, convenance. 



Mise en scène des plus complètes. 

N.B.— Mon cher F***, je vous recom- 
mande d'en futre quelque ch se de chique, 
vous à qui tout est possible. 

(Jfevw anecdo.tque, 8 ariûl 1855). 

La besogne ainsi simplifiée, l'on peut 
penser si les encouragements ne faillaient 
point : 

Enfin, les théâtres de la banlieue ont aussi 
leuis succès. Depuis qu'il a quitté le Vaude- 
ville, où il a crîé le rôle de Pommeau, des 
Lionnes pauvres, avec beaucoup de talent, 
M. Choiel s'occupe exclusivement de ses 
deux théfilres de Montmartre et des Biti- 
gnolles,où il se montre en môme temps admi- 
nistrateur intelligent et artiste distingué. C'est 
ainsi qu'il joue dans /^ Vieux Caporal, aux 
H at'gnolles, le beau rôle créé par Frédérii. 
Lemaîii», et ne paraît pas indig.ie de son 
illustre modèle. On vient du monter aussi 
au morne théùtie Risette, le spirituti vaude- 
ville de M. F.dmond About. M. Fabien y 
joue le lùle du commis bon enfant avec une 
gaieté vraiment communicative, sans cesser 
pourtant d'être de bonne compagnie. On 
sent qu'il y a en lui un artiste intelligent et 
bien doué qui a sa pUce rnar.juéc d'avance 
sur une tle nos scènes de genre : il est, du 
reste, merveilleusement secondé dans cette 
pièce par Mademoiselle Pommier, jeune per- 
sonne fraîche et élégante, et par Mademoi- 
selle Follet, qui proniet ne piquante comé- 
dienne aux auieurs de pièces légères et gri- 
voises. 

(Julien Lemer : Moniteur de la Mode, 
novembre 1859 ; p. 288). 

Chotel, artiste, tenait décidément à ce 
rôle du Vieux Caporal, pour lequel il ne 
craignait point de se comparer à Frederick 
Lemaitre. L'annexion proche qui allait 
porter le coup de grâce aux théâtres de 
la banlieue, ne le fit point désarmer : 

En attendant qu'il ait été statué sur la 
nouvelle situation faite aux théâtres de la 
banlieue, aujourd'hui compris dans Paris, 
ceux de Montmartre et des BatignoUes, pla- 
cés sous la direction intelligente de M. Cho- 
tel, continuent à rendre de grands services à 
l'art dramatique. C'est toujours, comme par 
le passé, dans ces troupes, formées avec le 
plus grand soin que nos scènes de premier 
ordre doivent chercher à se recruter ; là, les 
directeurs trouvent déjeunes artistes, animés 
du feu sacré de l'art, poussés par une vocation 
ardente, qui s'exercent tous ks jours dans les 
rûles et les emplois les plus variés, et réali- 
sent des progrès constants. C'est ainsi qu'on 
a pu signaler au théâtre même de Montmar- 
tre les aptitudes remarquables de MM .Couder, 
Grivot, Fabien, de Mesdemoiselles Maria et 
Follet. Il y ■ peu de jours encore, M.Fabien 



N" 1S39. Vol. LXXXIÏ. 

47' 

vient de se distinguer dans la Ferme de Pri- 
merose et dans '.a Petite couiiitf, deux ou- 
vrages qui lui ort permis l'occasion de piou- 
ver qu'il sait concilier uno sympathique cha- 
leur de diction avec une rare élégance de 
tcaue et une charmante aisance d'homme de 
bonne compagnie. Ces deux rôles lui oat 
vjIu de légitimes applaudissements. 

(J. V. — Moniteur de la Mo Je. mars 
iS6o, p. 4^2). 

Pourquoi fa»it il que ces éloges tiennent 
du « couimuniqué > et de la « prière d in- 
sérer », dont le jargon du jour cherche 
vainement à n^aquiller les douces récla- 
ma qui s'épanouissent en première page 
des papiers publics ? 

Sir Richard Wallace a laissé, par con- 
tre, un récit qu'on ne saurait attribuer à 
la direction, de la singulière représenta- 
tion du Roi s'amuse à laquelle il lui fut 
donné d'assister en novembre «870, au 
théâtre de Montmartre. 

Grâce à la campagne menée par Fran- 
cisque Sarcey, les théâtres de Paris, fer- 
més par arrêté du préfet de police en date 
du 9 septembre 1870, venaient d'entr'ou- 
vrir leurs portes — jouant surtout au bé- 
néfice d'oeuvres patriotiques — et l'af- 
lluence était énorme : n'était ce pas, au 
bout de trente-huit ans, la seconde repré- 
sentation du drame de Victor Hugo, qui, 
joué pour la première fois le 22 novembre 
183a, avait été suspendu le lendemain par 
ordre du gouvernement, sans que l'éphé- 
mère République de 1848, ait songea en 
autoriser la reprise, 

A l'issue de la représentation, on cou- 
ronna bien, au milieu des applaudisse- 
ments, un buste d'Hippocrale, rcmpla- 
Çiint pour la circonstance celui introuva- 
ble alors du poète, cependant qu'un des 
acteurs — Triboulet, sans doute — s'ap- 
prochait de la rampe et déclamait la pièce 
de ri_'ueur des »< Châtiments », mais le 
renom de l'auteur n'avait rien eu à gagner 
à cette manifestation. Joué ainsi qu'il 
l'avait été ce soir-là, le Roi s'amuse sem- 
blait tenir de la parodie (1). 

Les beaux temps du théâtre de Mont- 
martre étaient depuis longtemps finis. 

Pierre Dufay. 

(1) Un Angrlais à Paiis, Il : ,00-303.-— 
Pour Us débuis J'Aithut F'oihey au théâtre 
d Montmartre, cf. : Fh. Audebrand : Les 
dcrmère^ annéet de la Bohême, p. 174. 



LMNTERMBDIAIRR 



472 



Lettre inédite de Hoche. — Le 

10 avril 1796(21 germinal an IV), Hoche 
écrivait de son quartier général de Van- 
nes au citoyen Vial, ancien membre du 
Comité révolutionnaire d'Angers, ancien 
maire de Chalonnes - sur-Loire, ancien 
procureur général syndic du département 
de Maine-et-Loire : 

Les quatie exemplaires de votre lettre, ci- 
toyen, me parviennent en ce moment. J'ai 
beaucoup trop d'occupations pour y répon- 
dre. Je le ferai dans un autre moment. Je me 
borne à vous inviter à relire ma lettre au 
■Vlinistre de l'Intérieur. Vous y verrez que 
j'y ai reconnu solennellement qu'il était de 
bons patriotis, d'excellents réfugiés. Pour- 
quoi voulez-vous que sur soixante mille ré- 
fugiés quinze ou vingt individus qui pren- 
nent ce nom, lesquels ont été de la com- 
pagnie Marat (ce que vous ne pouvez nier), 
n'aient pas provoqué les mesures dont nous 
nous plaignons l'un <.t l'autre ? 

Pensez-vous que k-s osseinents que j'ai 
annoncé être à la Tiuffièie, aux Qi_iatre-Che- 
mins. etc., etc.. appaitii nnent seulement 
aux Venaéens ? Vous vous êtes trompé. J'ai 
dit que sixcent mille pyançats éXiM.v\i morts 
pendant le cours de la guene civile et qu'il 
fallait en finir. Et on en finira, à la gloire 
des patriotes parmi lesquels je fais nombre 
depuis longteir ps (i). Ce qui vous sera dé- 
montré un jour. 

Ma réplique, si je la fais, ne sera point 
imprimée ; vous voyez que je bannis l'amour- 
propre. Je me suis aperçu que les querelles 
de ce genre diveitissaieiit les ennemis de la 
République, et c'est à quoi je ne saurais 
constntii . Ceci ne vous engage à rien. Adres- 
sez-moi seulement ce que vous ferez sur cette 
guene. Croyez que je le recevrai avec recon- 
l'.aissance Je vous assure que je suis l'homme 
du monde qui jette le moins de voile sur 
les opérations, en tant cependant que le se- 
cret convenable soit gardé. 

Adieu, citoyen, je me réserve une plus 
longue explication, pourvu q^e je croie 
qu'elle puisse tourner à l'avantage de la Ré- 
publique. 

Le citoyen Jean Antoine Vial mourut à 
Angers le 21 mar.s 1811. 

F. UZUREAU. 

fi) Ainsi que d'autres, un de vos impri- 
meurs fut injuste à mon égard ; c'était sous 
un :»ulre jour. Bone Deus ! 



Le Dit ecteuy-gérant : 
Georges MONTORGUCIL 



I Saint-Amand-Montrond. Inip.CLERc-DANUi, 



LXXX1H« Volume FarJiatnt la lo, 20 et Je jo chaque mon 20-}o juin 102 



N" 1541 
BureMM : de 'i ï 6 heure* 



Q.U/€aUE 



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PARJS (IX«) 



Xuremix : de .'{ t li hoiirc 



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CHF. RCHEUnS ET 
Fondé en 1864 



CURIEUX 



-» > ■■ » ■»}« 



QUESTIONS HT RK(»ON.SKS LITTKRAIRKS. H 

THOUVAIMES 



ISiORlOUCS, SCIKNTIKIOUKS KT ARTISTiyilK.> 
l'T CCIUOSITKS 



- 473 



474 



A'ous prions jios lO/n'ipondanls dt 
vouloir bien répJter leur nom ai4-dtisoui 
de leur psetidonyme et de n'écrire que 
d'un côté de la feuiln'. Les articles ano- 
nymes ou signés de pseudonymes inconnus 
ne seront pas insérés. 

Four la précision des rubiiques, une 
question ne peut viser qu'un sud nom ou 
un seul objet. 

Indiquer les rubriques et leurs cote!. 

Quand la question sollicite la connais- 
mnce d''une liste, la liste, sauf exception, 
n'est pas insérée mais envoyée directement 
à l'auteur de la question. 

L'Intermédiaire des Chercheurs et 
Curieux s'interdit toute queslion ou ré- 
ponse tendant à mJtre en discussion le 
nom ou le ttire d'une famille non éteinte. 



Exhumation du soldât incouuu. 

— Exisle-t-il un procès-verbal officiel et 
détaillé des recherches qui ont élé faites 
pour l'exhumaiion du soldat inconnu ou 
des huit corps parmi lesquels il a été 
choisi ? 

Où pourrait-on le consulter et se le 
procurer ' H ne s'agit pas, bien enicndu, 
des articles de journaux plus ou moins 
fantaisistes qui ont relaté le fait, mais 
d'un document officiel qui a dû être dressé 
et tel que le comporte un acte de cette 



; importance qui intéresse toute la Fiance 
î et particulièrement tous ceux qui pleurtnt 
leurs enfants disparus. G. des Arcis. 

Les Observations tur le discours 
de lord Baihurst. — Il ne se.nblc pas 
douteux que ces ' Observations > , pa- 
rues en France sous le titre : Recueil de 
pièces ofticielles iut le pi isonnier de Sainte - 
Hélène, soient l'œuvre de Napoléon lui- 
même, au coniineiijcment de juin 1817, 
et qu'elles aient eie publiées par son or- 
dre. 

On voudrait savoir : 1" quel est celui 
de ses compagnons d'exil qui les écrivit 
sous sa dictée, cotriiiie a l habitude ? 2*" 
qui les a apportées et les a fait imprimer ? 

X. 

Incendie du théâtre du Marais en 
1634. — Voici une histoire bien obscure. 
Notre excellent confrère .M. Arihur Pou- 
gin a reproduit dans son Duiionnaire du 
théâtre, p. 370, une gravure rej résen- 
tant « Jodelet fuyant les llammes », allu- 
sion à l'incendie du Théâtre du Mirais. 
1534. De quel théâtre du Marais s'agit-il r 
La troupe de Mondory avait été expulsée 
du Jeu de Paume de la Fontaine, rue Mi- 
chel-le Comte, le 23 mars 1035, sur les 
réclamations des habitants du voisinage 
qui se plaignaient du tapage et de l'en 
combremtnt des carrosses D'autre part, 
dans sa Galette, Kenaudot annonce lou 
verlure du théâtre du iVlarais rue VieiUe- 
du-Temple le dimanche précédant le 
6 ianvier 1635. 

LXXXm-ii. 



N« 1S41. Vol. 



LXXXII. 

-' 475 
La question se pose 



L'INTERMEDIAIRE 



476 



:e pose donc ainsi : d'où 
provient la gravure citée plus haut r De 
quel théâtre du Marais s'agit il? j'incline- 
rais volontiers pour «^^l"» ^^ ^'^ ^"^ ^'" 
chel-le-Comtc, en admettant que la 
troupe de Mondory s'y tût encore trouvée 
en 1634. Connaît-on des détails relatifs à 

cet incendie ? 

Hknrv Lyonnf.t. 

Les représentations dramatiques 
à rArs.nal vers 1634. — Qvic sait on 
des représentations dramatiques données 
a l'Arsenal vers 1634 ? Dans quelles con- 
ditions avaient-elles lieu ? La Troupe du 
Marais dirigée par Mondory y joua, et 
c'est là que le Cardinal fit représenter sa 
pièce des TbutlUrics dont il avait fait 
versifier les 5 actes par cinq poètes, dont 
Pierre Corneille. 

Henry Lyonnet. 

La place de Peschiera en 1859. 
— Quel était en 1859. le commandant 
supérieur autrichien qui exerçait le com- 
mandement de la place de Peschiera lors- 
qu'elle fut investie après la bataille de 
Solférino ? 

Qiiclle était la force de la' garnison, 
liifanteiie, Cavalerie, Artillerie et Gé- 
nie, quand la place de Peschiera dût 
être évacuée par les Autrichipns ? 

Ai.ix. 

Conoressault (Cher). — Origine, 
histoire de cette ville, actuellement une 
commune du canton de Vailly (Cher). 
Elle possède les ruines d'un château fort, 
une église classée dont les stalles sont 
curieusement sculptées. 

Les opinions sont diverses. La com- 
mune, qui fut ville royale, possède encore 
de vieilles chartes. 

SOMMF.RKRE. 

Boiîi-Pxéau ou Eeaupreaux — 

Pourrait-on me rcnscign-.r sur un M. 
(de?; Hoii'Préau mentionné par certains 
mémoriali^tes sous le Directoire et le 
(.onsulat? 

Faudrait-il le confondre eu ne pas le 
confondre avec un M. de Beaupréau ? Et 
qui était ce dernier ? 

G. DE B. 



Famille de Beaumout de Vergy, 

— 11 )a une cinquantaine d'années, vivait 
à Bourdons fHaute-Marne), une dame 
Beugnoct, née Catherine de Beaumonî de 
Vergy ; son mari était scieur de long. 

Les premiers seigneurs connus de 
Bcauiuont - sur - Verigeanne (Côte d'Or, 
arrondissement de Dijon, canton de Mi- 
rebeau) se sont éteints au xii* siècle, 
dans la maison de Vergy, dont une bran- 
che a possédé Beaumont, au moins jus- 
qu'au milieu du xiii" siècle. Jean de Vergy, 
seigneur de Beaumont-sur-Verigeanne, 
vivait, en 1252 ; je ne sais s'il a eu pos- 
térité. 

Plus tard, Beaumont appartint aux La 
Palu, et François de La Palu-Varembon 
le vendit, en 144s, à Jean, bâtard de 
Vergy. 

Est-ce d'un rameau obscur de l'illustre 
maison de Vergy qu'est issue Mme Beu- 
gnot ? 

Saint-Valbert, 

ChuUiot de Plooser. - Cette fa- 
mille, originaire d'Avallon, portait-elle 
.'trmoiri'îs ? Lesquelles ? D'où vient le 
nom de Ploosen, porté par Jean- NicoLis-Ju- 
lien Chulliot de Ploosen, maréchal de 
camp, mort à Langres le 26 avril 1845 ? 
Celui-ci a-t-il laissé des descendants ? 

Baron A. -H. 

Couët du Vivier de Lorry (Ba- 
ron dej. — Jacques Philibert, né à Metz 
en i7b2, ancien capitaine de la garde 
constitutionnelle de Louis XVI est dé- 
cédé à Paris en 1829, en son hôtel, 31 
rue de Richelieu. 11 avait trois enfants dont 
un fils qui devait entrer en 1814 dans les 
gardes françaises. 

Pourait-on savoir ce que sont devenus 
ses descendants ? 

Carolus Barré. 

Famille Coulon, de Besançon. — 

M'occiipant de la recherche de renseigne- 
ments, afin de publier une étude, sur les 
origines de la généalogie de cette famille, 
je serais reconnaissant pour tout ce que 
je pourrais apprendre sur son histoire. 

Armes : D'azur à troi^ colombes d'at- 
gtut, Iftiant un rameau d'olivier^ de siuo- 
pie. Le Lièvre, 



477 



DES CHKRCHRURS ET CURiEUX ao-jo Juin 1911 

4; 8 



L'abbé Deguerry à S;iiaie-Hé 
léue. — Le cinquantenaire du massacre 
des otages de la Commune et le cente- 
naire de la mort de l'Empereur ont fourni 
à plusieurs écrivains et prédicateurs l'oc- 
casion de parler de l'abbé Degueriy et du 
projet qu'on aurait formé de l'envoyer à 
Sainte Hélène pour assister Napoléon à 
ses derniers moments. 

Il paraît démontré que, vers la fin de 
1820, monseigneur dcQuelcn, alors coad- 
juteur de l'archevêque de Paris, s'était 
otîert pour cette mission ; on ajoute qu'il 
fut question de lui substituer l'abbé De- 
guerry. 

Jean Gaspard Deguerry, né à Lyon, rue 
Désirée, le 2'= jour complémentaire de 
l'an V (i8 septembre 1796), fils de Tho- 
mas Deguerry, menuisier^ avait été or- 
donné prêtre à Lyon le m avril 1820. Il 
faisait alors partie de la Société dite des 
Chartreux ; il fut d'abord chargé d'ensei- 
gner la philosophie, puis la théologie, ce 
qui était un moyen de les lui faire ap- 
prendre. 

Ce n'est qu'en 1825, que M. Deguerry 
abandonne Lyon pour Paris ; il n'est pas 
encore admis dans le clergé de la Capitale, 
mais est nommé chapelain de l'Hospice 
Royal des Qpinze-Vingts, qui dépendait, 
non pas de l'Archevêché, mais de la 
Grande Aumônerie, dont monseigneur de 
Quelen était vicaire général. C'est par la 
Grande Aumônerie qu'il est nommé, en 
1827, aumônier du 6« régiment d'Infante- 
rie de la Garde royale. 

En 1851^ au retour d'Edimbourg, où il 
avait suivi la famille royale, M. Deguerry 
est attaché à la paroisse de St-Roch. 

Il y a lieu de se demander comment 
l'ob.'cur professeur de philosophie de la 
communauté des Chartreux aurait pu être 
appelé en 1820 à une mission qui récla- 
mait une autorité dont était dépourvu un 
jeune homme de 24 ans, prêtre depuis 
quelques mois à peine. Quels sont les té- 
moignages, plus ou moins contemporains 
et plus ou moins dignes de foi, sur les- 
quels repose cette légende? Quelle en est 
la valeur ? P. J. 

Mme Dorral, George Sand et Mé- 
rimée. — Dans l'ouvrage si documenté 
qu'il a consacré à George Sand, M. Wla- 
dimir Karénine (i) raconte les circons- 



tances dans lesquelles l'auteur de Ulia fit 
en i8î3 la connaissance de Mme Dorval 
et se lia avec elle d'un étroite amitié, qui 
ne devait s'éteindre qu'avec la mort de 
l'actrice en 1849. 

L'auteur prélendquétant donné le tem- 
pérament passionné de cell^-ci et la li- 
berté de ses mœurs, c'était une amie dan- 
gereuse pour une jeune femme de 37 ans, 
et qu'elle eut »< une influence i.\ perni- 
cieuse sur Aurore Dudevant que nous 
n'avons pas à l'approfondir ». 

Un peu plus loin, M. Karénine, rappor- 
tant les péripéties de la liaison passagère 
de George Sand avec Prosper Mérimée, 
qui eut lieu précisément à l'époque ou les 
deux femmes se connurent, reproduit la 
lettre douloureuse dans laquelle l'amante 
éphémère fait à Sainte-Beuve l'aveu de 
son erreur, et où se trouve se passage : 

Au lieu de trouver une affection capable de 
me plaindre et de me dédommager [de sa 
rupture avec Sandeau] , je ne trouvai 
[chez Mérimée] qu'une raillsrie amère et 
itivole. Cc/ut lout, et l'on a résumé ceitt 
histoire en deux mots qm^ je ri ai pas dit*, 
que Mme Ditval n'a m trahis, nt inventés, 
et qui font peu d'honneur .1 l'imagination 
de M. Dumas. 

A cet endroit le biographe fait la re- 
marque suivante : 

Cette dernière phrase semble ne pas s'ac- 
corder avec la page inédite que nous trou- 
vons dans les Sketches and Hints {2), album 
où George Sand notait ses impressions et ses 
pensées. 

Et il donne cette page qui se termine 
ainsi. 

Vous dites qu'elle m'a trahie, je le saig 
bie.-j ; mais vous, me5 bons amis, quel est 
celui d'entre vous qui ne m'a pas trahie ? Elle 
ne ra'a encore trahie qu'une fois et vous, 
vous m'avez tral'iie tous les jourb de votre vie. 
Elle a répété un mot que je lui avais dit. 
Vous m'avez tous fait rvip.Uer des mots que 
je n'avais pas dits. 

Puis l'auteur en tire cette conclusion : 

On voit bien que Marie Uorval l'avait bien 
« trahie >, mais George Sand ne lui avait 
réellement pas gardé rancune comme oa le 



(1) Wladimir Karérine [Mme Komaroff 
Géorge Sand, sa vie, ses œuvres. Paris. 5 
vol. in-80, 1899-1913. 

,2) Collection Spoelberch de Lovenjoul 
(Chantilly). Manuscrit H, 8^2, 



N« 1541. Vol. LXXXII 

■■ 479 

volt par cet ajoute, écnt en 1847, lorsque 
George Smâ aviit lelu et annote tout son 
iournal intime : « ... Mjis Elle, elle est tou- 
jours la même, et je l'aime toujouis. C'est 
une ."une admirabiemcit belle, généreuse et 
tendre, une intelligence d'élite, avec une 
vie pleine d'égarement et de misères. Je t'en 
aime et l'en respectif d'autant plus, o Marie 
Dorval. » 

Quelle est cette trahison dont l'actrice 
i-c serait rendue coupable à l'égard de 
George Sand, et qu'est-ce qu'Alexan- 
dre Dumas vient faire dans cette histoire ? 
J'ai cherche v?inement à cclaircir ce 
point obscur, dont je n'ai trouvé trace ni 
dans la biographie de MatU Dorval, par 
Coupy, ni dans les ouvrages de Mme 
Vincent et autres auteurs sur l'existence 
sentimentale de i'illubtrc romancière. 

Un BIHLIOrHILE COMTOIS. 

Famille Jacobé. — je désirerais 
savoir par qui descend la famille ♦* Ja- 
cobé », si c'est par un frère ou un oncle 
de Jeanne d'Arc et lequel ? 

Je crois cette famille originaire d'Autri- 
court (Côte d'Or). A telle des armoiries ? 

P. R. 

Labbé Nicolas Jennat. ~ Pour- 
rait-on me dire s'il existe actuellement 
des personnes descendant de collatéraux 
de l'abbé Nicolas Jennat, né à Vého (Lor- 
raine, présentement au département de 
Mturthe-et-Moselle), le 28 juillet 1756, 
décédé a Lunévillc le 1 1 août 1844 "r 

Cet ecclésiastique était un compa- 
triote et un ami intime de l'évèque cons- 
titutionnel Gré^joire. 

Un bibliophile comtois. 

La Trenûo'Ue de la Brèche. — 

Qyi est Hannibal Je la Tiintonlle, écuyer, 
sieur de la Brèche, habitant en 1638 
Charlicu, chez Jeanne Coignet, veuve de 
Philibert de Thurin, cons. au Parlement ? 

SOULGÉ. 

Le chocolatier Millerant. — Est- 
ce un ancêtre qui était fournisseur du roi 
au xvni» siècle .'' 

On lit dans les Petifrs affichas du 2 août 
1807 : 

CoNsiRvr, c\étvint Areane eHeiti de feu 
•M. le Chevalier Je la Jutais, médecin et pri- 



l/INTERMbDlAlRE 

. . 4?o 

vilégié du roi, contre les 



maladies conta- 
gieuses, les empoisonnemtnts, indigestions, 
maux de poitrine et autres, exposé dans une 
instruction qui se délivre gratis. 

Cette conserve, très agréable au goiil, se 
vend à Paris, chez M. Millerant, fabricant de 
chocolat, tue du Lycée, près la rue Sainf- 
Honoré. 

S'adresser aussi à "Versailles, à M. Fa- 
ming de la Jutais, médecin-naturaliste des 
Etats-Unis de l'Amérique, lue St-Méderic, 
n" 13. 

P. c. c. Léonce Grasilier. 

Lemot contre Bélanger. — Dans 
le catalogue Noël Charavay (mai 1920) 
on mentionne cet autographe : 

Lemot (François-Frédéric, baron, sculpteur 
auteur de la décoration du fronton du Lou- 
vre et de la statue de Louis XIV de la place 
Bellccour, né à Lyon. — L. à. s. à l'archi- 
tecte Bvlanger ; Paris, 28 février 1815, l p. 
1/2 in-4«. 

Il lui reproche la lettre qu'il a fait insérer 
contre lai dans la Quotidienne ; c'est une 
lâ:he et infâme diatribe dont il demande 
l'explication. « Fn conséquence, je vous 
attendrai demain i" mars, à 10 heures pré- 
cises du matin, à la grilie du bois de Bou- 
logne porte Maillot. L'on m'a dit que vous 
étiez décoré de la Légion d'honneur ; c'est 
une raison de plus pour ctre persuadé que je 
ne vous attendiai pas en vain. 

A quoi fait allusion cette lettre ? V. 

Mazières en Gascogne. — Renaud 
de Mazières était capitaine de Gimont en 
1 •j66 (Sceaux Gascons) ; — Gandiette de 
.Mazières, épouse en 1424 Thibaud de 
Maulton-^Barbazan ; — Mari^-Anne de 
Mazières épouse vers 16915 François de 
Séjour, seigneur du Grand-Puch. Connait- 
on les pères et mères de ces trois person- 
nes? Cette famille, éteinte, est, par ses ar- 
moiries, distincte d'autres de même nom 
ayant existé ou existant dans plusieurs 
autres provinces ; on serait reconnaissant 
de toutes indications sur elle, la famille 
gasconne nous intéressant seule. 

Ours o'AauiTAiNE. 

Alfred de Musset à Menton. — 
V t clair eur de Nice (22 juin 1921) parle 
du bois de citronniers de la vallée du Ca- 
rei (près Menton), »< ou erra Musset ». 

A quelle époque et dans quelles cir- 
constances le poète y est il venu '1 C'est 



DES CHERCHUU 

481 



RS ET CUKIEUX iO)o Juin 19^1. 
482 •■ 



vraisemblab'ement lors du voyage en 
Italie, puisque de Paris Musscl et George 
Sand se rendirent à L>on, descendirent le 
Rhône et gagneront Marseille, puis Cîênes. 
Mais quelqu'une de leurs œuvres luit-elle 
allusion au bois du Carei ? 

Je serais en outre désireux d'avoir quel- 
ques détails sur le passage des « Amants 
de Venise » dans la région que nous appe- 
lons aujourd hui la « Côle d'Azur » . 

QuiShTTI. 

Famille Outhenin. ~ Qyelles sont 
les origines de cette famille comtoise, 
;!ctuellement représentée par les grands 
papetiers Outhenin Chalandre, sauf 
> 1 reur ' 

Quels rapports de ce nom avec le nom 
dOthenin, porté par la famille d'Haus- 
sonville ? 

Une rue de Lons le Saunier devait, dit- 
on, ce même nom au palais qu'y possé- 
dai! Olhon IV ou V, dit (Jttenin, d'abord 
sire de Salins, puis gouverneur du comté 
de Rourgdgue (An», du Jui\i. iSOc;" Da- 
melet, édit) Led. 

Famille Patry. -- La famille Patry 
est une ancienne famille i.lu Ras- Maine. 
Plusieurs Patry de l'Autrinière, ou de 
Laubrinière furent des fonctionnaires des 
linances de h monarchie, à Château Gon- 
tier, au Maine, à Paris et ailleurs, pen- 
dant le xviii" siècle. Un autre Patry, a 
laissé, plus récemment une mémoire res 
pectée en Mayenne où il fut aumônier 
des Mobiles de 1870 et décoré de la Lé- 
gion d'Honneur.., 30 ans après 1 Un 
autre, peut-être le même, fut curé de 
l'une des paroisses de la ville de Mayenne. 
Je serais reconnaissant de tous renseigne- 
ments concernant cette famille et ses 
alliances 

H. BaguenierDf.sormeaux. 

Etienne Santou. — Il était peinlte 
et valet de chambre ordinaire du roi. 

Cet artiste est il connu .'' Sa veuve Ca- 
therine de Challons, — elle signe ainsi — 
résidait au château royal de Fontaine- 
bleau en 1630. 

J. Chappee. 

Sairazin (Famille de). — Y a-t-il 
parenté entre les Sarrazin de Valade, ori- 



ginaires d'Agcnais, et les Sarrazin de 
Nozieres d'Auvergne et encore représen- 
tés dans cette province ? 

Hbnim l). D'A. 

Talfloni dauseuso. — Vers 18^ ^ 
vivait à Nantes Mademoiselle Taldoni, 
danseuse, retirée du théâtre cjui, par ses 
allui es cxenlriques intriguait fi.>rt et même 
scandalisait un peu les braves Nantais, 
ses voisins dans le quartier très dé\ôt de 
St Donatien. 

Klle s habillait même, disait-on, quel- 
que''ois en homme. A t elle laissé comme 
la Taglicni, sa compatriote, trace d'étoile 
même filante, dans l'histoire de la choré- 
graphie ^ 

Deher.ma.sn-Koy. 

Famille "Vereul. -- Parmi les famil- 
les protestantes françaises qui s'ex[)a- 
trièrent à la Kévocaiion de l'Edit de Nan- 
tes figure une famille Vereul ; elle était, 
je crois, originaire du Péri'-ord et se fixa 
en Hollande. L'un de ses membres. 
Abraham Vereul, était bourgtiemestre 
d'Amsterdam à l'époque de Napoléon : il 
j était le mari de Susanne Godcfroy, le 
père d'un fils qui avait épousé une Dllc 
de Carrion de Nisas et le frère de N. . 
Vereul qui avait pour femme une Dlle Be- 
nel. 

Je serais heureux de réunir des notes 
généalogiques sur cette famille. 

Vilmel'x. 



Chanoinesse de Saint-Augustiu . 
Portrait. — Nous possédons une pein- 
ture originale qui peut, sans trop de pré- 
somption, être attribuée à Nattier. Elle 
représente une jeune femme portant l'au- 
musse et très certainement revêtue de 
l'habit de chanoinesse de Saint-Augus- 
tin. 

Existerait-il quelque part une liste des 
chanoinesses de cet ordre et un catalo- 
gue des œuvres de Nattier. qui permet- 
traient peut-être d'identifier à la fois le 
personnage et son peintre r 

Ex-libris à identifier : Trois co- 
lombe?.-- A dextre. trois colombes d'ar- 
gent, volant la \'* en chrf portant un ra- 
meau sut champ d'azur. D'a{t*r au chevron 



N» 1541. Vol. Lxxxni 

483 

d'or surmonté d'une fleur d