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CHERCHEURS ET CURIEUX 



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L'INTERMÉDIAIRE 



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CHERCHEURS ET CURIEUX 



PARIS. 



TYPOGRAPHIE DE CH. NOBLEr 



Rue Cujas, i3. 



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vou» trouv0rtK. k^SV» «ntr'a^dtr. 



L'INTERMÉDIAIRE 



DES 



CHERCHEURS ET CURIEUX 



(CORRESPONDANCE littéraire, fKOTES and QUERIES français) 

QUESTIONS ET RÉPONSES, COMMUNICATIONS DIVERSES 

A L'USAGE DE TOUS 



LITTÉRATEURS ET GENS DU MONDE, ARTISTES, BIBLIOPHILES, ARCHÉOLOGUES 

GÉNÉALOGISTES, ETC. 



9* ANNÉE — 1876 



/ 



PARIS 

SANDOZ ET FISCHBACHER, ÉDITEURS 

33, RUE UE SEINE 
1876 

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I. 



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TABLE DES MATIÈRES 

N. B. — Les questiont qui n*ont pas reçu de réponse dans ce volume étant accompagnées d'un 
seul chiffre de renvoi, il est facile de les distinguer dans la Table. 



 



A bon entendeur, salut. (I, loq.) 52 1. 
Abri de (AT). 65, 122. 
Abyssus abyssum... 97, 208. 
Accentuation grecque. 41. 
Achaintve le philologue. i35, ^17, 464. 
Actuaires français (Cercle* des). 3x, 207. 
Adultères (La peine des). 3 2^1, 38o, 409, 468. 
Affaires (les), c'est l'argent des autres. (VIII. 

753.J 56. 
Amnati. 201. 

Ah ! dame !... 577, 636, 662. 
« Ah ! qji'on est fier d'être Français... »» 546, 

625, 65q, 718. 
Aignan (Nlaistre). (VII, i5o.) i5. 
Aïssé (M»« Haydée, dite). (VIII, 768.) 28, 57. 
Albertypie. (VIII, 234.) 362. 
Albion (La perfide). 357, 4' 2* 44^- 
Alger et la Colonisation. (VIII, 762.) 82, 399. 
Allocution adressée aux élèves. 1 68, 248. 
Allumettes (Les) chez les Romains. 23 1. 
Almanach Caqueret. 264. 
Almanach de Gotha. (VIII, 759.) 366. 
Alphabet illustré, allemand et scatologiaue. 

(VIII, 732.) 270. 
Alsace et Cochinchine. i3q. 
Amour À Ecole (L'). i3q, 309. 
«( Amour, fiéau au mondfe... > 609, 696. 
Amours d'un pianiste. 26^. 
Anachronisme (Un) à expliquer. i3o, 3o8. 
Andilly (Sur un manuscrit d'Amauld d'). 40. 
Anglais (Les) et l'insurrection de l'Inde en 

i857. 127. 
Anguilles (Comment se reproduisent les). 552, 

0S3, 6q2, 752. 
Anneau de Venise. (VIII. 690 ) 2o5, 269. 
Anonymes anglais (Dictionnaire des). 745. 
Antimoine. 641, 700, 727, 758. 
Antonelli (Le cardinal). 676, 734, 760. 
« Après, » pour « avant. » 259. 
« Après-midi » (Le genre du mot : ). 546, 604, 

692, 750. 
Arènes (Les) de la rue Monçe. 32. 
Argand (Sur le mathématicien). (VIII, 424.) 

688. 715. 
Argot tudesque (Un mot d*). 197,251, 279, 

33o, 372. 
Armes des villes de France. 61 5, 670, 699, 

727. 
Armoiries à déterminer. (VIII, 758.) 48. 77. 
Article (L') devant les noms propres. 66,- 123. 
Astronomie populaire. 685. 
Attendu que... 166, 221. 278. 
Aubigné (Une descendante d'Agrippa d'). 3i. 
Autant en emporte... 449» 507. 
Auteur (Un) à découvrir. 65. 1 19, 240. 
Authentifier, authentiquer. 418. 474. 
Autodidactes (Les;. i3o, 212, 275. 
Autoritaire. 738. 
Aventures de la cour de Perse (Les) et le sieur 

du Piloust. 137. 



B 



Babylone (Paris, moderne). i3o. si t. 

Baccarat, Bézi^ue. (VIII, i^o.) 428. 

Bachet de Méziriac (Sur un livre de). i3, 89. 

Badestamier. (VIII, 18.) 55q. 

Bagneux » («Histoire de Mr» de). 296, 347, 



377j 403. 
aiiloi! 



Baillois (Vincent). 293-. 

Bain ( Un) de femmes en Turquie en 1 7 1 7. 3 5 1 . 

Balzac (Sur une épitaphe de Guez de). (VIII, 
727.) 17, 107. 

Balzac (Monographies et Notices sur H. de). 
(VI, 462.) 459. 

Balzac (La profession de foi de) en 1848. 
(VIII, 234.) 525. 

Balzac (Impnnierie de). (V, 537.) 685, 74S. 

Bancal des Issàrts en Angleterre et la société 
des Amis des noirs. i35. 

Bannière noire (La). 677, 734. 

Barillon, ou Bétoulaud. (VIII, i83.) 204. 

Baron de B. (Le). 489, 570. 

Baronius (Edition originale des « Annales >» dt). 
40. 

Barra (le jeune). Voy. Stendhal. 

Barthélémy (Mémoires historiques et diploma- 
tiques de). 486, 569. 

Bassompierre et le viiv allemand. 64. 

Bassompierre (La « Clef» de). 514. 

Battre à plate couture. 481. 

Baudéon (de). 326. 

Bazaine » (Un portrait « interdit » de « Mon- 
sieur). 740. 

Bazoche (La). 547. 

Beauharnais (Qjuel était le nom primitif des), 
loi, î56, 274. 

Beaumarchais (Deux). i35. 

Bellay (Deux vers attribués à Joachim du). 1 95, 
248. 

. Belle-Isle (Mademoiselle de). 201. 253. 

Benjamin, dessinateur. (VIII, 430.) 16. 

Béranger (Une édition rarissime des Œuvres 
de). 42, 43 1, 464, 652. 

Béranger (Photographies de). 198,. 281. 

Béranger (Un billet inédit de). 448, 477, 5o6, 
621. 

Béranger (Premières - chansons inconnues et 
retrouvées de). 572, 767. 

Bernardin de Saint-Pierre (Postérité de). (VIII, 
12.) 687. 

Bévues des biographies. Dervent. Claude Lor- 
rain. 95. 

Bévues professorales. 160. 

Bibelot (Un) à déterminer. i33. 

Bible de i56i. 711. 

Bibliographie des livres condamnés. 74, 127. 
i55. 

Bibliographie biographique universelle (Sup 
plément à la). 0^8. 

Bibliophile (Portrait du), 1 39. 

Bibliothèque bleue (Le Père Bouî?«ant tt la). 
517, 571, 601, 750. 



V) 



TABLE DES MATIERES. 



Bibliothèque de la rue Richelieu (E^oposition 

de brûler la). (VH, 3o3.) 687, 714. 
Bibliothèques imaginaires. (VU, bSq.) 679. 
Bicétre (La petite « Interne » mystérieuse de). 

294. 
Bienfaisance (Ordre de la). 100. 
Billets de faire part. (VIII, 589.) 49. 
Biographie statistique des membres de la 

Chambre des pairs. 1 3j. 
Bis ou à blanc (A). 196. 2^9. 
Blanc (L'exactitude de M. Louis). 606, 668. 
Blondel. (VIII, 689.) 716. 
Bonaparte (Objets curieux envoyés de Malte 

par). 35. 
Bonneau (Paul D.). 72. 
Bonnet « aux navets » (Un). i65, 277. 
Bonnet rouge (La Convention et le). 389, 504. 
Bonnet de coton (Le) des Normandes. 55 1, 

63o, 692, 720. 
Bonnets de coton (La région des). 55 1, 63o, 

692, 720. 
Bonnets de coton (La Société des). 68, 140. 
Borghèse (La statue de la princesse). (VIII, 

277.) 56i, 65o. 
Borghèse (Une lettre de la belle Pauline). 671. 
Bougeant (Le père). Voy. Bibliothèque bleue. 
Boui-boui. 546, 6o5. 
Bouille (Marquise de). 708. 
Boulevard. (Vlli, 58.) 492, 713. 
Boulingrin. 481. 
Bourboa (Chronique du bon duc Loys de). 

710. 
Bourde imprimée sous le nom d'un académi- 
cien. 224. 
Bretagne (Société d'agriculture des Etats de 

Bretagne). 452. 
Brissot (de Warville). 63. 
Britannicus (Louis XIV et Racine à propos de). 

766. 
Broglie. (VIII, 740.) 52, 172, 400. 
Broussais (Lettre inédite cle) à Azais. 
Brumaire (Un banquier de Paris et le coup 

d'Etat du 18). 3. 
Brune (L'assassin du maréchal). 743. 
bulletin de vote panaché (Un). 62. 
Byron (Lord) jugé par les témoins de sa vie. 

202, 282. 

G 

Cadenats. 293, 345. 

Cadransolairiana. (VI, 463.) 267. 

Cagnas (Courses de). Juego de Cannas. 5x4, 

599. 
Cal am bourg fBois de). (III, 21 5.) 141. 
Calculs sibylHns. (VIII, 746.) 36, 84, 462. 
Calotte du régiment » ( « La). 55o. 
Calypso (L'île de), décrite par Desaix. 700. 
Caman (Un). (VIII, 733.) 17. 
Cande (Armoiries de la ville de). 744. 
Cantates et chants politiques en 1 honneur des 

Bourbons. (VII, 04.) 556, 584. 
Capitoie « à dégraisser » (Le). 578, 663, 754. 
Cardinal des mers (Le). 197, 260, 372. 
Caricatures contre le Cnrist. 3o, 61, 92, 11 5, 

463,497, 56 1, 
Carnavalet (Un). 673, 732. 
Carporama. 9. 

Caites à jouer inventées par Saint-Simon. 71. 
Cartulaire à retrouver. 201. 
Cassagne (Le baron Pierre). 5i8, 572. 
Casseur d'assiettes. i65, 220, 247. 
Catalogues (Erreurs des Rédacteurs de). 736. 
Caus (Salomon de). 352, 520, 552, 713. 
Causes grasses. 129, 211, 53o, 589. 
Caveau (Un timbre du vieux). 358. 414. 
Ceci tuera cela. 5 14, 570, 6o3, 658. 




Célibataires (Impôt sur les). 483. 
Centre et circonférence. 104, 245. 
Cejtificats de noblesse délivrés par Chérin et 

) «4. 17'- 

Chameau (Un) et le trou de l'Aiguille. 5, 84, 

109, 172, 3o8. 
Chandelle (Tenir la). (VIII, 739.) 24, 2o5, 4^9, 
Chanson (Une) galante et historique. (IV, 375.) 

141. 
Chanson à compléter (Vieille). 196, 24.9. 
Chanson (Une) contre le clergé constitution-*- 

nel. 478. 
Chansons de l'ancienne Cour. i32. 
Chantelou (Le journal de M. de). 549. 
Chapelle (Copie ou exemplaire de). 5 18, 604» 

690, 718. 
Charge (Une) philosophique et grammaticale 

à fond de train. 225, 283, 3ii, 373. 
Charlatanerie et crédulité. 447, 477. 
Charles le Téméraire à Epinai. x3. 
Charras (Le colonel). 137, 218. 
Chartes de Mariage. (VIII, 5^0.) 47. 
Chartres (Pâtés de). 552, 660, 720. 



Chasse au tir » («La) (V, 527.) 52 1. 

A propos de l'abbé). 

ma (Le .faux m 
765.) 20. 



Chastelain (A propos cle l'abbé). (VIII, 721 045. 
Chateaubriand (Le .laux mariage de). (VIII, 



Chien (Les quatre fers d'un). 45o, 5o8. 
Chien mis au calendrier (Un). 675, 733. 
Chinki, histoire cochinchinoise. 454. 
Chio devenue Stanchio. Pourquoi r (II, 601.) 

746. 
ChodruC'Duclos, dessiné par Maurisset (Portrait 

de). 259. 376, 435. 
Choiseul (Mémoire du duc de). 14, 1 14- 
Chou, chouchou. (VIII, 763.) 5i, 83, 14^ 

270. 
Christianisme (Le) vient-il de l'Inde? (VIII, 

759.) 81, 429. 
Cnrysantème (Sur le mot). 8, 57, 3o8. 
Cifflé, Cyfflé ou ChifFet. 675, 733, 760. 
Citation tronquée (Une). o85. 
< Cléomène, ou Tableau abrégé des passions. » 

74. 
aêry, valet de chambre de Louis XVI. 6ia^ 

670. 
Clocher (Question de) (VI, 329.) ^59. 
Cochers (Faire une nn comme les). 99, 18.*). 
Coleoni (Armes des). 9, 58, 112, 206, 271, 

528, 652, 749. 
Colifichets (Les), ou Poésies badines et sé- 
rieuses. 104. 
Comédie au Boudoir» («La). 43, 93. 
Commune de 1871 (Les résultats officiels de 

la). 10. 
Concapitaine. (VIII, 432.) 65o. 
Condamnés à mort (Les listes des). (VIII, 63o») 

363, 525. 
Condorcet (Mémoires de). 488, 570. 
a Considérations sur les destinées humaines. » 

486. 
Consolations humaines et divines. 737. 
Constant (Lettre inédite de Benjamin). 94. 
Contemporaine (La). (VIII, 742.) 2 5, 83. 
Contes de paysans. (Vll, 649.J 144. 
Contrefacteurs des billets de la Banque en 

i832. 55i,6o6, 633. 
Coquatrix, poète rouennais. (VIII, 733.) 18. 
Coqueluche. 642^ 700, 729, 758. 
Coroière (Mémoires du comte), ministre sous 

la Restauration. 711. 
Corday (Lettres de Charlotte de) à retrouver. 

167. 
Cordelière, 38. 



TABLE DES MATIÈRES. 



VI 



Cornes. (VIII, 716O 73, 142, ilo3, 426. 

Cornichon. 430, 3^7, 396, 621. 

Corvin (Mathias). io3, 210. 

Coulanges (Chansons de). (V; 339.) 687. 

Courier (La veuve de Paul-Louis). 756, 766. 

Coutume nuptiale. 10. 

Crachats d'honneur (Les). 743. 

Création du monde » («La). 266, ^17» 342. 

Crédit public (Le) en 1848, 1866, 187 1. 483, 

568. 
« Credo quia àbsurâutn, » 97, 180, 333, 648. 
Croquiste. 107, 

Cro3rez-y et buvez de Peau. 387, 443, 471. 
Cuisine (Une question de). 673, 732. 
Cuppé (Le Génové£ûn Pierre)., 09» 126. 



Dartis de Marcillac (Jacques-Joseph). 1 1. 
Daru (Prendre le). (VIII, 606.) 364» 327. 
De Brosse, auteur comique. 61 3, 670. 
Décapité qui cherche sa tête (Le). 379. 
Decet Imperatorem stantem mort, yoS, 761. 
« Découvertes d'un bibliophile. » 104, 189. 
De Hodencq. 293. 
Delft au XVI- siècle (Le). Ecote de Ter-Fehn. 

706.. 
Delvau (Portrait d*Alfred|. 198, 252. 
Démocratie (La) coule à pleins bords. i3o, 21 1. 
Dempster (Thomas), Ecossais. 489, 370. 
Desaiz (La mort de), d'après J.-B. Regnault. 

23o, 333. 
Desaix (Comment mourut le général). (VIII, 9.) 

3o3, àû2, 
Desaix (La prononciation du nom de). 674, 

732. 

Descarsin (M"«). 338, 414, 567. 

Désorgues (Théod.) et Napoléon. 100, 274. 

DeTroy. 482. 

« Deucalion et Pyrrha. » 297, 347, 438. 

Dialogues philosophiques. 33o. 

Diana » (« D*où vient le nom de la). 741. 

Dictionnaire des Halles. 202, 234. 

Dictionnaire historique du iUX" siècle (Errata 

du). 344. 
Dictionnaire universel des Contemporains. 7 1 2. 
Dieu des bonnes gens (Le). 704, 761. 
Dimanche (La question du). 198, 232. 
Discourir sur la pointe d'une aiguille. 322,407, 

j 32. 

Distique : Jdem nolle, 65, 121. 178, 327. 

Distique de quatre mots (UnJ. 'i%%, 

Doctor in absentid, 232, 33d. 374, 36a. 

Dolomieu (Autographe de). (VIII, 6780 307, 

Domerçue (Un vers étrange de). 34, 1 15. 

« Dominique, » d'Eug. Fromentin. 573. - 

Douleurs (Les grandes) sont muettes. 738. 

Drôlesse. i63, 276. 

Du Bartas et la reine Elisabeth. 242. 

Du Cerceau (La maison d'André). (VIII, 332.) 

106. 
Dulaure (Notice sur), par E. Fournier. 298, 40^. 
Dumas Davy de la Pailleterie (Alexandre). 

262, 341, 377, 402, 435, 499, 589, 618',. 

657. 73o. 
Du Piloust. (Voy. Aventures de la Cour de 

Perse.) 
Dupont (Pierre) et ses Œuvres. 327, 440. 
Dutens (Mémoires de Louis). 677. 



Edit de Nantes (Tableau allégorique de la ré- 
vocation deT). 32 3t 



Egalité qui élève (L'). 609, 697. 

Eguilleté. 22^. 285, 332. 

Egypte (Bibliographie de la Correspondance de 

TArmée d'). (VIII, 685.) 36o, 524. 
Empérière.fVlII. 763.)i8. 
Enehien (L'amie du duc). (Voy. Rohan Ro- 

chefort.) 
En-tête officiel (Un) de l'an II de la R. F. 208,. 

348. 
Enveloppes des lettres. 69. 
Eolien nés (Trois). (VIII, 7i5). 22, 65 1. 
Epinal (Un livre introuvable : Journal du siége- 

d'). 293. 
Episode de la guerre des Balkans (Un). 607. 
« JËpisodes, etc. » Auteur à découvrir. 436. 
Epitaphe de Robespierre. 291. 
Ernou (Le chevalier). 483. 
Espérance (L*) est une grande lâcheté. 33. 
Esperlucat. 387, 472. 

Esprits forts (Les) et les Esprits faibles. 236. 
« Esquisses de la Nature. » 5 18, 572. 
Esther' (Evanouissement d'). 5x6, do3. 
« Etiamsi omneg, ego nom » 377, 636, 666/. 

694. 722. 
Etouffeur (L') du comte de Paris. (V, 595.) x3,, 

EtriCTS. (III, 3 1 5.) 686 

Eunuques. 379. 

Eutrapel (A propos des Contes d'). (VIII, 495. ) 

324. 
Evangélistes (Attributs des quatre). 69, 12 3,.. 

242. 
Eventails, 61 3. 
Evêque anglican (Un pasteur du Désert et un).^ 

451. 
Evêques (Ancien droit de certains). 324. 
Ex-Librts. (VIII, 652.) 168. 



Femmes (Apologie des). (V, 395.) 141. 
Femmes (Si les) ont une âme. (vIII, 742.) 54«v 

147. 
Femmes (Les) et les côtelettes. 35, 92, i i5j 
Femmes célèbres peu connues. 23o. 
Féronnière (La belle). (VIII, 728.) 17, 9t, 

398. 
« Férule'enlevée » (La). 617. 
Feuilles, de vigne (Les) dans la statuaire. 611, 

755. 
Février 1875 (Le 29). 2o3. 
Fiacre de la déchéance (Le). 49 1 . 
Figures de a Zémire et Azor, » et du « Huron. » 

Fin^du XVIII» siècle» («U). 297, 348, 378, 
438. 

Finances » (« Sur les). 266, 343. 

« Fleurs du mal » (Edition illustrée inédite 
des). 519. 

Fontaines (Le comte de) et Bossuen (VIII, 660.) 
46, 523. 

Fort comme un Turc. 292,. 345^ 

Fortunatus. 42 j 93. 

Fouiller (Pouvoir se); 66,. 121, 179, 207. 

Four (Un). 229, 3i3. 

France («La).et l'Allemagne awprintemps pro- 
chain. » 104. 

Francjuette (A la bonne), et : à la grosse mor- 
guienne. (V, 7.) 681. 

Freschwiller à Sedan » ( « De). 74. 

Frichti (Le). 609, 669, ègS. 

Frileux (Société des). 390. 

Frossard, pasteur protestant. 1 36, 2 1 7. 

Fulvy (Cahier du mar:juis de). 453. 



.vnj 



TABLE DES MATIERES. 



a 



Galerie de Florence. 55o. ' ; 

« Galerie de caractères prussiens, ^ C^III, 191.) 

Galerie universelle des peuples. 336, 3$2, 41 1> 

50i. 
Galîiera (Duché de). 677. . . 

Galon ( Quand on prend du). (IIÎ, 56 1 .) 748. 
* Gamiani » (Bibliographie de). 5S3, 638, 668.- 
Gânaché (Une vieille). 546, 6o5, 625. 
Garde nationale (Le désarmement de la). 102, 

157. 
Gargaillou (Les synonymes de). 291, 343» 438,. 

407, 390, 
Gargantua. 577, 661, 753. 
Gauche, droite? loo, i54, 186, 274. 
Gavroche. i3o, 212. 
Gazetier cuirassé (Le). i5, 91. 
Généraux (Les) de brigade Achille Duvigneau 

et baron Rousseau. 5 18. 
Gens singuliers > («Les). 583, 638. 
Gervaîsaià (Le marquis de la). 14, 60, 91, 237, 

368, 431, 56i. 
Gilbert (Une épigramme de). 640. 
Gillieron (Famille de). 7A4. 
Giunctade Florence (Les). 58i, 637. 
Godefroid (La fille de M»- Roland et le fils de 

M-«). 100, 188. 
Gonnord (Portraits.gravés par).,67. 
Gontaud-Biron (Mort d'Armand de). 39, 93 . 
Goulas (Mémoires de M. de). 14, 204. 
Grâce (Faire) de... i59, 336. 
Grands (Les) ne nous semblent grands. 673, 

73 1 . 
Gravures sur boîs (Les premières). 58i, 637. 
Gredin (Etymologie du mot). (I, x58.) 52o, 

712. 
GréHer. 420, 504. 
Gubbo (D'Ajaccio), graveur. 610. 
Guépin. 160, 222, 247,277, 329. 
Guernon-Ranvîlle (Lettre inédite du comte de) 

à Azaîs. 543. 
Guerre de Crimée (Combien la) a-t-elle coûté 



742. 



à l'Angleterre ? 61^, 756. 
Guillotine (Boucles a*oreiIles à la)..^ 
Guisarme.et guisarmier, porteur deguisarme. 

i32, 214, 275, 328, 370. 

H 

Habitations (Les) historiques de Paris. (VIII, 
62.) 267, 394, 495. 

Harlay (Nicolas C!habot, dit du). (VIII, 281.) 

■ 268. 

Henri IV (Le Masque de). (VIII, 753.) 3o6. 

Henri IV et Polichinelle. (VIII, 727.) 79. 

Henri IV à Marie de Médicîs, Lettré de ques- 
tion d'authenticité. (VU/ 628.) 289. 

Hère 98, i56, ï8o, 209, 244, 713. 

Hèrfiani, 5 18. 

Heure du berger (L'). 641,728, 757. 

* Heures fierdues... » et autres heùresi (VI. / 

139.) 44 104, 427.» 4^9, 494» 
« Histoire de M*** Brion. » 70. 
Hoche mourut-il empoisonné ? . (VIII, 687.) 

307. 
Hommage (La dernière prestation d'). 388u 
< Hortus Palatinm » ae Salomon de . Caus. 

582. 
Houdetot (L'hymne de M"* d*). (VIII. 669.) 

146.365,453. 
Houssaye (Arsène) et le Coran. 68, i5o. 
Hugo (Une méta'^noredeV.).(V, 225.)43, 423. 

713. 



Hugo ( Victor) j enfant sublime. (IV, 10.) 
Hugo (La nouce ^e Sainte-Beuve sur). 556. 
Hussites (les). 14,61,91. 
Hystérique inconnue (Une)» 58o^ 667, 



lan-Ioche. 489. 

« Imbre sumus peritvri! » i66. 

a Imitation de J.-C. » (L'auteur de V). 19S, 

252, 280, 3io, 330,401. . . 
«'Imitation du Sacré-Cœur de Jésus. »> 583, 638. 
Impéria (La belle). 36, 148, 207. 
Imprimerie {V) des entants aveugles. :(VIII,. 

75o.)27- 
Imprimeries imaginaires. (Vïïl, 525). 522. 

Ingénue (L'), 745. 
LN.R.I.(VIII^ 710.) 51.271. 
Intérieur de Samt-Acheul » (« L'). 677, 
Intermédiairiste, 5, 28, 528. 
Isabelle (La couleur). 199, 252, 33 1. . 
Issé (Le Dieu d'). (II, 54.) 75. 



«c Je vois d'illustres cavaliers. » 4S1, 6S9. 

« J'ons, » « j 'avons » (Les formes) du patois. 
7, 85, 112, 176, 271,430, 490. 

Jacques II (La tombe de); 612, ôq^, 753# 

Jamin du Fresnay (Famille). 295, 347. 

Jamin, en Poitou (Famille). 676, 734, 

Janin ( « Le Roi, » par J.). 42, 1 19, 568. 

« Je ne chante que pour Sylvie. » ^17 f.^^^- 

Jeanne d'Arc est-elle Lorraine ou Champe- 
noise? (VIII, 743.) 56, 236. 

Jenneval (L'acteur). 201, 253, 3ii, 332, 43^. 

Jephté et le Dieu Chamos. 419, 475, 5o3,-507. 

Jésuites (Procès contre les). 744. 

Jeu ancien (Un). 5 16, 571. 

Jeune moraliste («Le) de la Muse française. *• 
(1824.) 489, 685^, 75o. 

Jouets d'enfants. i:>2, 433. 

Jowgleur, Jowgler (Peut-on dire)? 35» 

Journal des Savants » ( « Le). 6 1 7, . 

Joursauvault (Catalogue analyti<nie d^ Archi- 
ves du baron de). 260, 340, 637. 

Judaïsme (Le) et rimmortalité de l'âmre. (VIU, 
759.) 80, 429. 

Jude. 450. 

Jupiter (La réponse de). 41 5. 

Jurons et imprécations de la langue française. 
(VlII. 724.) io5^ 363,396, 65 1. 

Justine, 36 1. 

K 

Karr ( « Des Cosaques, » par J.). 454, 622* 
Kharagheuz. (VIII, 758.) 77, 170, 396. 
Kléber (Une statue peu vêtue du général). 

(VIII, 675.) 82. 
Kléber (Une lettre du général). 640. 



La Fayette (Mémoires de la cour de Fraiwe^par 

la comtesse de). 326j S(|2. 
La Fayette (Les cheveux blancs de). 673. . 
La Fontaine et M. Guizot. (UI, 389e.) 457. 

— et Champmesl^ 26 1> 3 16*. 

— (Théâtre de). 2o3, 254, 

— (Fables de) en patois. 453, 5o8, 538, 597. 
Lagny (De l'orge et des habitants • de). 2,y^^ 

f^i, 467. 
Lamartine (Les « Entretiens » de). 454. 
Lambert Michel. 167. 



TABLE DES MATIERES. 



IX 



Lance 'Canet. 546. 

Landni (La). Si'i, Sçg, 624. 

La Ramée. 707, 

Larmes de crocodile. (VIH, 740.) «5, 53, 172.' 

— de sang. 229. 

La Roche-sur-Yon. (VIII, 585.) 2o5. 

Lassailly. 58o. 

Lateau (Louise). 12, 59. 

Latouche (Un port|^t de H- de). 36. 

La Vallière <Le Christ de M»»- de). i3 1. 

Lefebvrè (Famille). 744. 

Légende émgmatique. (VII, 555 ) 586. 

—'formules, rondes d^enfant. (VII l, 732.) 27, 

44, 140, 3oo, 423, C81. 
Légion d'honneur. 58o, 666, 724. 
Le Guay, gouachiste. i3i, 2i3. 
Leibnitz (Un opuscule de). 646. 
Lemaître (Fréciérick), sa vie, son oeuvre. 262, 

341. 
Lemierre « sacristain. » 134, 274. 
Lettre de M. le baron de *•' à M"* la marquise 

de **•. 202. 
H Lettre d*un ecclésiastique retiré du monde à 

un homme du monde. » 616. 
Lettres numérales (Les). 5 12. 
tt Lettres d'une dame champenoise. » 582. 
Libourne{Voîr la ville de), etc., etc. (VIT, 539.) 

558, 649. 
Linotte (Le ministre). 646, 701, 730. 
Lions de Hnstitut (Les). 449, ^o6. 
Livre Imprimé dans le format le plus exigu 

(Quel est lej? 298, 349, 378, 404. 532. 

— (Quel est le) imprimé aans le format le 
plus grand i 4S6, S09. 

— (Un) à retrouver. 326. 

Livre rouge (Le), 1700. (VIII, 456.) 65o. 
Livres expurgés. 408, 623. 

— imprimés a Orange avant i573. 549. 
Lloyd. 706, 764., 

Lorrain (Un tableau de Claude) au musée de 
Bordeaux. 707, 765. 

Lorraine (Les quatre grands chevaux de). 707. 

Loth (Les filles de). 99, 53 1. 589, 655, 716. 

Lotus (Le). 42, 588, 652. 

Louis (Une lettre du roi) à Grégoire XVI. 

Louis XI (Lieu de naissance dAin enfant de). 
388. 

Louis XI V (Jetons à l'effigie de). i3i. 

Louis XV (Fastes de). io3, 188. 

Louis XVI (L'évasion de) et de Marie-Antoi- 
nette. (VIII, 257.) I, 33. 

— (« Réflexions morales et politiques sur le 
procès de »). 455, $09. 

— et la guillotine. 612, '.97. 

Louis XVIII et la sœur de Robespierre. 168, 
562, 618. 



(Sur le sacre de). 456, 509, 567. 
ther. Holbein et rUniversité de 



Luther 



Paris. 484. 



Macaronique (Style). 129, 274, 328. 

Machabée (Un). 739. 

Machines curieuses. 460. 

Madame (Un page de). (VIII, 744.) 24. 

— duchesse d^Orléans (La corresponaance de). 

549- 
Mahomet second. 40, o3, 1 19, 148. 
Mahomet II à Sainte-Sophie. 2o3. 
Mai (Au mois de). 25S, 336. 
Maintenon (Mémoires sur M"*» de). 233. 
Maison rouge (La); 9. ^ 
Maistre Pin, gravure satirique. 610. 
Maîtresses chantées par les roëtcs modernes. 

(VIII, 760.) 461, 496. 



Malade Imaginaire (Le). 97, i35, 180. 

Malder. 38?, 657. 

Manches (Une autre paire de). 99, l85, 244. 

Manchot (Un héroïque). 452, 597. 

Mandarin (Tuerie). (III, 433.) 8^367, 56x,65i. 

Manne (Quel govit avait la)? 766. 

« Manon Lescaut, »> Arnould Frémy (VIII, 

715. 765) et de Courcelles. (VIII, 76O.) 399. 
Marat calomnié. 200. 
Marchand (Le « comte »). 58o. 
« Maria Stella : »• Anonjrme à découvrir. 265, 

317, 342. 
Mariage de Figaro. » (Edition originale de la 

a Folle Journée ou le). (V, 81.) 44. 

— d'un prêtre en 1792. 32o. 

Mariages morganatiques. 38, 116, 23^, 714. 
Marie- Antoinette (Drames et tragédies sur). 

(VIII. 714.) 22, 83, 147, 528. 
Mariez-moi, ma mère. 323. 
Marionnettes (La philosc^hie des théâtres des). 

3 lo. 
Marot (L'Isabeau de). 6, 57. 
Martin, sculpteur chargé ae la construction du 

tombeau cfe Marat. 67. 
Martyrologe ministériel. 711. 
Masque (Un vilain). i38. 
Mastro()uet. 481, 940. 
Matassins. .4^9, 507, 536, 596. 
Maubec (La oaroiinie de). 37. 
Maurevel ou Maurevert. 707- 
Mazarin (Où sont les restes du cardinal). 45 1. 
a Mélanges de littérature étrs^ngère. » 263, 3 17, 

341, 377, 402. 
Mémoires inédits de Viennet et de Barras. 7 1 , 

126. 
« Mémoires de la marquise de Créquy « (L^au> 

teur des). 65 1 . 
Mémoires publiés sous le nom de Madame Ro- 
land (Les) sont-ils authentiqués? (VI« 23o. 

556, 7^19. 
Ménager le temps. 704. 
Méprise (Une forte) à propos de bottes. 128. 
Mercier, avocat à Nîmes. 69. 
Mère aux gaines (La). 323, 379, 408. 
Mérimée a-t-il tué un Suisse aux journées de 

i83o? (VIL 238.) 142, 233. 
Merlinadea. 646. 

Mesure de Saint-Denis. 421, 476^ 504. 
« Millo. Le Bracelet. » i5, Q2, 114. 
Minerve (La) de l'Académie française. 38. 
Ministre dépouillé (Jeu du). 450, 538, 621. 
Ministrerie. Min. protestant. (VIII, 386.) 169. 
Mirabeau (I-a tombe de). 358, 470, 533. 620. 

— (La Réponse de) à M. de Dreux-Brézé. (IV . 
239.) 745. 

— (La mort de) et M"« Coulon. 455. 
Mirodée. 260, 338, 499, 567. 
Miroton. (VIII, 740.) 52. 

« Misanthrope » (La chanson du). (VIII, 707.) 
5o. 

« Misérables > (Les; illustrés par Alph. de Neu- 
ville. 740. 

Missel (Titre d*un) à l'usage des Chartreux. 
325. 

Mœurs » (« Du Gouvernement des). L'auteur? 
390, 446. 

Mogol (Le successeur du Grand). 572. 

Moi (Le) est haïssable. 97, 1 56. 

Moineau. 229, 2^5, 314, 53 r. 

Molière (Deux râles de). 386. 

— (Les autographes de). 641, 

Moltke (Une parole du feîd-maréchal). 20 1 . 
Moment psychologique (Le). 578, 663. 
Mondory (Le comédien). 134, 2i5, .i33. 
Moniteurs (Faux) imprimes par les Prussiens. 
456. 



TABLE DES MATIÈRES. 




Monnaie de cuir (La). 2S7. 

Monnier (Bibliographie de l'œuvre dessinée 

d'Henri). 5 18. 
Monogrammatique (Une marque). (VIII, 463.) 

î35. 
Monopole universitaire (Le). 648. 
Mons et merveilles. 5i5. 
Monsieur, Monsieur (A). io3, 189, 432. 
« Monsieur » devant les noms propres. i65, 

328, 434, J.66, 53o« 
Montagne (Cnasseurs de la). 422. 
Montalembert (Une réclamation posthume de 

M. de). (VIII, 705.) 353. 
Monte-Cristo (ExUnond Dantès, comte de). 

390, 445, 473, 5oi. 
Montgaulard (Les deux). 742. 
Montlyard (Jean de). 12, 80, 367. 
Montoron fConrart et). 5 18, 601, 624. 
Moore (L'Ode sur les funérailles de sir John). 

Un troisième larron allemand. 193. 

— Le dernier mot. 257. 

Morny (Duc de). (11^ 645.) 3qI| 457, 492, 522. 
Mort (La) n*a jamais tort« 787. 
Mot de prince (Un). 224. 

— historique ^Un). (VIII, 417.) 526. 
Moudre du poivre. 706. 

Mouette (La). 70, 529. 

Mourad V (Le nouveau sultan). 356. 

« Moyen de parvenir » (Le). 585. 

587. 

Musique (La) est le plus cher et le plus désa- 
gréable des bruits. (VIII, 764.) 19, 236. 

Musique militaire. 644, 729. 

Musset (Une poésie d'outre-tombe d'Alfred 
de). 6. 

— rUne strophe de). (VIII, 738.) 22. 

— (Dans une lettre de). i63. 

N 

Naïvetés sinistres de l'histoire (Les). 705, 762. 

Nantes (Une histoire manuscrite de) à recou- 
vrer. 4.52. 

Napoléon I*' (La non-existence de). (VIII, 468.) 
360. 

« Nécessité d'une dernière débâcle politique en 
France. » 616, 699. 

Néolo^smes. Bévues philolojgiques et gram- 
maticales. A propos de « Lme charge philo- 
logique à fond de train. » 32i, 404, 439, 
408. 

Neuilly (Plan de l'ancien parc de). 102, 210. 

M Noces d'or »{Les). 69, i25, 328, 36q. 

Nodier (Un billet de Charles) à Alexandre 
Dumas. 256, 3i6. 

— ^ (Lettre inédite de Charles) à Azais, 415. 

JVoé, opéra posthume d'Halévy. (II, 327.) 44. 

Nomdedeu. (VllI, 619.) 392. 

Noms de personnages a retrouver. 261. 

— patronymiques (Les). 293, 346, 377, 532. 

— des habitants de quelques villes. (11, 591.) 
168, 299, 400, 423, 492, 521. 

« Non sint » 519, 604, 625. 



« 

« O Père des humains!... » 705. 

Odeur (Une) de ravet. (VIlI, 745.) 26. 

Odyssée (La fîçure de 1'). ^83. 

Œuvres scientifiques et littéraires des rois. 

(III, 63o.) 553, 747. 
OUières, Oullières. 134, 214, 276, 433. 



Olympio (Une lettre à). 95. 
Omég^ et un autre anonyme à découvrir. 648* 
Omne solum forti patria, 418, 5oi, 596. 
On n'est jamais si bien servi. (VIII, 739.) 23, 

52. 

Opéra en prose (Un), 166, 277. 
Opportunisme. Intransigeant. Irréconciliable. 

Op|>osition (Une définition de 1'). 730. 
Oraison (L') funèbre de Marguerite de Navarre. 

296. 
Orangers, les vers à soie et les abeilles (Les). 

(Voy. Poèmes.) 
Ordre du 2 mal. 421. 476, 504. 
Orléans (Les) et les dvrléans. (VIII, 201.) 143, 

494* 
Orthographe (L'| de Duclos. 5 10, 598. 

« Oui, » dissyllabe. 66, 122, 179, 272, 529. 

Ouvrages imprimés sur papier extraordinaire. 

265. 342, 53 1. 
— (Prix payés à divers écrivains pour leurs). 

(VlIL 558.) 145. 234, 392, 402, 
Ovide (Un vers d ). 6. 
Ovilé. 009, 695. 



Pacho (La mort de). 61 3. 

Paméla d'Orléans. (VIIL 754,) 28, 107, 43o. 

Pamphlets du XVII* siècle (Deux). (U, 490.) 

*\ *% ^ 

Pantoufle (Et caetera—). 481, 568. 

Pantre. (VIII, 740.) 25, 400. 

Papavoine. 710, 766. 

Papesse Jeanne (La). 55o, 606. 

Papier égyptien (Un). 428. 

— (Pourquoi le) moderne se pique-t-il? 41. 

Papiers secrets du second Empire (Les). 745. 

Pâques (La Fête de). 261, 3 17, 340. 

Paradis des Sages (Le). i38. 

Paravey (Le chevalier de). 416. 

Paris vaut bien 8, 87. 

Parole (La) est d'argent, mais le silence est 

d'or. 258, 375. 
Parrains ou marraines (Les « Doubles»). 233, 

286, 335. 
Particule (La) nobiliaire DE. (VII, 595.) 143. 
Pas mal. 99. 
Pasquil de i568, imité en 1717 par Voltaire 

(Un). 638. 
Pays latin (Le). 293. 

Peignot (G.) réédité par M. Rathery. 490. 
Peintre (Un) français de 1628. (VIII, 741.) 5^^ 
Pensées philosophiques. 297, 378, 404. 
Père (Un bien bon). 384. 
tt Périssent les colonies plutôt qu'un principe! >^ 

673, 759. 
Perle (La) de l'Ue d'Ischia. 1 38. 
Perrine (M"* de La). 139, 218. 
Perronneau (J.-B.), peintre de portraits. 229,. 

285, 401. 
« Perroquet de Déjazet » (Le). 73, 273, 498. 
Perroquets (Sièges appelés). (III, 325.)39i,747. 
Perruques a la Louis XIV (Les). 5 1 6. 
Persigny (Comte de). A84, 56q, 598, 6^2. 
Pervenche (La), fleur de J.-i. Rousseau. (Vlil, 

704.) 18, 49, 170. 
« Petit raquin. » Epigramme. 417. 
Petit -Maître suranné (Le). 454. 
Peuples (Heureux les) qui n'ont pas d'histoire. 

(VIII, 739.) 24, 171. 
Philotanus et Sarcellades. 98, 182, 264, 342^ 

529. 
Physionotrace (Le). 36, 1 16, 2 37. 
Picot-Closrivière. 137. 



TABLE DES MATIÈIŒS. 



x> 



Piron (Une feble de). 545. 

PUgiût (Un) de Maucomble. 582, 667. 

« Plaidoyé Freydier. » 70, 126, 180, 27a, 370. 

Plan (Un) historique. (VIII, 748.) 26, 56. 

Plancey (Le baron dej. 3q. 

Pline (Un passage de]« 2S0. 

Plomb à vendre. 200, 253. 

« Plus » (Singulier emploi du mot). 197, 25o. 

Plus ça change, plus c'est la même chose. (VII, 

449.) 234, 3oo. 
Podex des chevaliers vainqueurs baisés par les 

vaincus. (VIII, 220.) 145, 235. 
Poèmes (« Les orangers, les vers à soie et les 

abeilles, »).^ 647, 730. 
Poètes-musiciens. 2^2, 344, 468, 5oo. 
— (Trois femmes) inconnues. (VIII, 259). 460. 
Polémophyle. (VIII, 453.) 145. 
Polignac. 264. 
Pommes (Les). 355, 453. 
Pompes funèbres (Les bénéficiaires des). 710, 

76Î. 
Ponctuation (Question de). 259, 337. 
Portraits travestis. 674, 732, 760. 
Postures (Le ballet des]. 5^7, 65q, 75 i. 
« Pot de chambre cassé. » (Le). 647, 702. 
Pots-pourris. (VIII, 68.) 523. 
a Présidence de la République. » 55o. 
Présidente cuite au four. 8. 
Prévost-Paradol. Prévost, par Hadol. 3i, 6i, 
Prince et Duc. (VIII, 710.) 20, 107, 236. 
Prince Italien., et son casque (Un); 200. 
Princesse infortunée » (« La). 3qi, 447. 
a Prisonnier de Ham » (Le). 678. 
•c Procès des trois Rois. » (II, 280.) 75, 493, 

553. 
Prolétaire. 449, 507, 537. 
Prononciation de certains noms de famille. 

260, 338, 401, 435. 
Prophète (Gagner le). 410. 
Prose piquée de vers. 385, 442. 
Protées de Londres (Les). 583. 
Proudhon (Œuvres~de P.-J.). 266. 
Prusse (Le titre des rois de). lOi. 
Pseudonymes contemporains. (VlII, 491.) ip5, 

S27. 
Puce à l'oreille. (VIII, 624.) 429. 
Pucelle (Un descendant de la). i32, 214. 
Pudeur. 323, 408. 
Puget (Les romances de Lolsa). 99. 
Pyat (Félix), sacristain. 3q, i 18. 
Pythie (La) philippise. 164, 276. 



Quanto va. 5i3. 

« Quart du carré » (Quid du mot :)? 643, 700. 

Quatrain de 18 14 (Un). (III, 83.) 746. 

— (Un) étymologique. 196, 278, 3io, 33o. 

— (Un) anonyme. 323. 

— (Des) S. \. P. 647- 
Quiproquo. 7o5, 764. 



568, 597, 658. 

lel). (VIII, 725.) 78. 

fn coup de). (VIII, 723.) io5. 



Racontar. 164, 276. 
Raffetaille. 481, 568, 597, 658. 
Rapatel (Le colonel). 
Rasoir céleste (Ui 

460, 526. 
Ratapoil (Types populaires). 357, 4x3, 440, 

470. 
Réalisme. 196. 

« Réflexions critiques sur divers sujets. » 299. 
— critiques d'un Allemand, etc. »423. 
Reliure à la fanfare. 139. 



Reliure à la toile d'araignée. 555. 

« Remarques sur la langue françoise, » 1659. 

259, 3i6. 
Remarques et étonnements saugrenus. 288. 
Remède héroïque (Un). (VIII^ 071.) 270, 366, 

399. 
« Réponse de ma femme à Monsieur Dupin. » 

i38. . 

Réservées (Fleurs). 325, 439. 
Réservistes de Tan 1000 av. J.-C. 702. 
Restif de la Bretonne. 190. 
Retz (Un passage des Mémoires du cardinal de)* 

199, 281, 3i I. 
Revalescière (La douce). 42, 93, 178,. 369. 
« Revue des Sociétés savantes. » 712. 
Revnolds (Marques de la collection J.). 198, 

310. 

Rhin (Le). (VIII, 524.) 493. 

Ribambelle. 292, 344. 467. 

« Rien ne réussit comme le succès. » 35, 92. 

Richelieu (La fontaine Richelieu ou de la rue). 

707. 
Rivarol (Une phrase de). 578, 636. 
Robbé de Beauvesent, le poète cynique. (VIII, 

5o5.) 307. 
Robespierre et Catherine Théot. 548, 718. 
— (La sœur de). (Voy. Louis XVIII.) 
Roger Bontemps ou les Œufs cassés. 233. 
Rohan Rochefort (M"* de), l'amie du duc d'En- 




, . (¥111,739.. 

Roland (La fille de M-) et le fils de M-« Gode- 
froid. 100, 188. 

— (M™). (Voy. Mémoires.) 
Roncin. 492, 713. 
Roqueplan (Camille). 419, 479. 

Rossignol » (« Le), opéra-comique en i acte. 

646, 702, 730. 
Roullet et sa célèbre brochure. 676, 734. 
Rousseau (Jean-Jacques) en Auvergne. i35. 

— (Huit mois de la vie de J.-J.). 25 5. 

— (Les restes de J.-J.). 388. 

— (La « Sara » de J.-J.). 57Q. 
Royomir (Le Prussien). (Vfll, 75 1.) 27. 

S 

Saconay (De), Louise Labé et Calvin. 12. 
Sade (Un joli trait du joli marquis de). 647, 

702. 
Saint du jour (Le), 419, 536. 



Saint (Un) de tabrique cas 
Saint-Clair (Suite de 1 hi 



asconne. 5x7, 600. 



i38. 



(Suite de 1 histoire du baron de). 



bai 



Saint-Cyr (Histoire de l'Ecole. militaire de). 73, 

154. 
Saint François de Sales (Faux autographes de). 

671, 759. 
Saint-Gratien (Famille ou fief de). 23o. 
Saint Jean-Baptiste (Les têtes de). (VU, 73o.)' 

56o. 
Saint-Marcelin, Saînt-Marcel. 202. 
Saint-Mesmin, graveur à Philadelphie et à New- 
York. 1872. 198, 280. 
Saint-Simoniens (Le costume des). 548, 626, 

75i. 
— (Chants). 735. 

Saint- Yves (La légende de). 45 1, 538. 
Sainte-Hélène (Le gardien de la tombe vide de 

Napoléon I«r à). 6t3, 698, 727. 
Saints (Observations d'un Jésuite sur les images 

des). 128. 
Salamandre (La) de François 1". (VIII, 458.) 

3o5, 395. 



»») 



TABLE DES MATIERES. 



Salerne (Préceptes de r£coler4o)< 377, 635» 

664, 721. 
Salon de 1876 (Un portrait du). 384. 
Same (Chansons et poésies de Pierre-Daniel). 

139, ' ' } 

Sand (Le salon de George). 266. 

— (La maison où est née George). 359. 

— (Ouvrages de George). 2o3, 283, 372. 

— (Ecrits perdus de George). 400, 670, 716. 
Santerre (La roulement de tambour de). (VU, 

276.) 3o3. 
Santolii (Claudii), 745. 
Santon, à la porte... 358, 441, 591. 
Sar, cerf en celtique. 706. 
Sarasin (François). 23oy 3i3, 466. 
a Satire du siècle » (La), par M** L. Colet, 490. 
Savoie (Une page à éclaircir de l'histoire intime 

de la maison de). 644, 700. 
Saynètes. 609, 670, 754. 
Scnaal (Le général). 389, 444, 473, 5oo, 534. 
Schelandre ( Jean de). 422, 476, 5o5. 
Selde. 326^ 532. 

« Senectutis encomium. 1» 487, 569, 598. 
Sentences révolutionnaires. 159. 
M Seringue mortelle »(Une statue de Louis XV 

convertie en). 708. 
Sérum, soie, sériculture. 164, 220, 246, 309, 

371, 465, 498, 653. 
Sévigné (Lettreslmédites de M— de). (VIII. 225). 

3o6. 688. 
Sexe (Les vertus du beau). io3, 157. 
Shakespeare (Le nom de). 385, 443, 689, 716. 

— et Ducis. 5 II. 

— en France. 741. 
Shampooing. j65, 221. 
Sjgillatée (Terre). 325, 38i, 410. 
Signe de la croix (Le). i3i, 214. 

Simon (Le cordonnier). 61 3, 670, 698, 726. 
752. 

Sirop-au-cul. 711. 

Sixte- Quint. 547, 626. 

Snob, Snobisme. 166, 221. 

Sobriquet. 66, 122, 149. 

Société badine (Une). 485, 689. 

« Sonnenaehren van naenruys. » 614, 699. 

Sonnet (Un) philosophique et... gras. 129, 210, 

— siçné V. H. 228, 3 12. 

— (lin vieux). 417, 567. 

— antérieur à i75q (Un). 545. 

— à George Sand. 5 1 4. 

Soufflet (D'une histoire du) — Colaphus. (VÎII, 

493.) 234. 
Soufflot (Voyage d'Italie de M.). 742. 
Soupers de Momus (La Société des). 233, 3 1 5. 
S. P. Q., R., 9, 29^ II 3, a3o, 499. 
Stendhal (Manuscrits posthumes de). 202. 

— et la légende du jeune Barra. 709, 765. 
Suirot (Le sculpteur Jacques). 707. 
Suppliciés au moyen âge (Nudité des). 387, 



Tabagie littéraire de Colmar. 422, 476. 
Tableaux de vieux maîtres : T. Doucet de 

Bresse, expert. 448. 
Tablettes d'un gentilhomme sous Louis XV. 

616. 
Talma en 1826. 584. 
Tapisseries en toile d'argent. 68, 1 5 1 . 
Tardieu (Assassinat du lieutenant criminel) et 

de sa femme. (I, o5.) 5 10. 
Tell (Guillaume) et M. Combes. (VlIIy 775.) 

lô, 269. 



Tesson (L.), artiste peintre. 426, S04, 6ao. 
Théâtre du Jardin des Capucines (Le). 134, 

2l5. 

Théot (Catherine). (Voy. Robespierre.) 

« Thérese phihosophe. )» 14, 91^ 

M. Thiers en i83i. Le duc de Reichstadt. a86^ 

Thuillier (E.)» paysagiste. 419.- 

Tibi, tibi, tibilff 612. 726. 

Tierce de Picardie. (VIII, 710.) 10. 

Tirer le Diable par la queue. 418, 474, 5o2. 

Tirer les vers du nez. (VIII, 656.) 327. 

Titreville (Le poète). 555. 

Toiles et j)anneaux a peindre (Mesures des). 

2o3, 285. 
Topique. 706, 764. 
Tours de force et enfantillages de rimeurs. 

672. 

« Tout commence ici-bas » 385, 443. 

Tout est bien ! 478. 

Tribunal révolutionnaire de Paris (Statistique 

du). 541. 
« Trois petits gorets. » 482. 
Tronchin (Lettre inédite du D') à Sénebier. 

319. 
Trou à la lune (Faire un). 421, 476, 504. 
Tuileries et le Palais-Royal (Les). 584. 
Turandot (L'ouverture de). 358, 41 3, 442. 



U 



Unique (L*), journal du Silence. 73, 273. 
Usage (De V) de se faire gratter les pieds« 9, 

87, 272. 
Utopiquement. 643, 729. 
Uxellodunum. 40. 



Vague à Tâme (Je brûle, j'ai du). (VIII, 122^) 

714. 
Vaillant (Lettre de Tantiquaire Foy). 157. 
Vallée de larmes (Une). (VIII, 725.) 48, 78. 

106, 397. 527. 
Vandales en 1876 (La nation des). 608. 
Vandalisme. 577, 093. 
Veau de Poissy. 260, 338. 
Veillée des Grands-Chênes (La) de George 

Sand. 355, 412. 
Vendôme (Encore la fraîcheur de M. de). (VIII,. 

65 1.) 146. 
Vénères et Priapi. (VIII, 714.) 21, 114. 
Vénus de Milo (Les bras de la). 7^9. 
« Ver rongeur » (Le). 457, 5 10, 540. 
Verne (Jules). (VllI, 746.) 26. 
Verrue (Portrait de la comtesse de). 739» 
Vers à l'enquerre. 355. 
Vers à retrouver (Deux). 290, 343. 
Vie (Qu'est-ce que la)r 737. 
Vienne (J.-B. M., de), traducteur de Krylof- 

552. 
Vierge (Le baiser de la). 420. 
« Vieux, » et non « Vieil. » (VU, 562.) 42-8.- 
Vigne (De la culture de la). i35, 217. 
Vignettistes (Les) du XVIII» siècle. 73q- 
Vilain, Villain ou Villein? 483^ 598. 
Village (Le plus grand) de l'Europe. 67, 124, 

241. 
Villain (M. Béchard et son). 389, 443, 5or. 
Villemin (Le chevalier). 299. 
Villeran (Un romantique :'Léon de). 41, 119. 
Villette (Le marquis de) 161, 219. 
Vogue-rançadc. 292, 341. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Xllj 



Volaire (Le chevalier). 67, 1 24. 

Voltaire (Quatre passages de) à indiquer. 

545. ' .'.;....• 

— (Orthographe de). (II, 514.) 204. 

« Vous qui pQ^rlei bonheur. » 3^5^ .. ■ - 

u Voyage aux Antipodes ffi»)* Aller et retour. » 

Vulgate (Un passage de.ik),(VUI, 59%.) 48. 



W 

Waterloo et Sedan. BS2. 
Wertmuller, peintre. 67, 124, 179. 

Y à la fin des noms de lieux. 197, 279, 466 
499- '^. 



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Wrl«. Typ. d« Cb. If oblet, la, rue Cujai. — 1877. 



ERRATA ET CORRIGENDA 



Pages. 



Tome IV. 



273, 1. 54, lisez : Etebonnaire, ou L. de Bon- 
naire {non Débonnaire). 

Tome V. 

287, 1. 46, — M"« {non M.) Camille Lebrun. 
A la table, p. xv, col. 2, Zot : ajoutez 5 16, après 
433. 

Tome Vil. 

243, 1. 18, Use^ : Wœstyn. 

Tome VIII. 

689, 1. 19,— yill, 589 (non 519)- 

690, 1. 14» — Martignier. 

— 1. i5, — Crousaz. 
725, L 55, — 641 {non 341). 

743, 1. 28, — Meurthe (non Moselle). 
757, 1. 5o, — 18x7 {non 1871). 
A la table, p. xiii, col. 2, — Robbé de Beau- 
veset (non Beauverset). 

— p. V, col. I, — Adry... (III, 616; V, 344) 
avant 752. 

— p. V, col. 2, — Balf... 225 {non 325). 

— p. XII, col. 2,— Partage de Montgommery... 
610, 664. 

A TErrata, 1. 3"2 — i3i, 1. 14 (non i5i). 

— 1. 33, — 1 59, 1. 21 [non i5i). 

— 1. 16, — 268 (non 368). 

— 1. 42, — 623 1. 53 et 54 {non 683). 

Tome IX. 

3, 1. 29. — : Quelle fatalité! 

18, après la ligne 58, ajouter la signature : 

G. V. A. 
43, 1. 19, — huitième (non septième). 

t6, 1. 10, — Gomery. 
6, 1. 16, — Bourmont. 
58, 1. 40, — Brunand. 

— 1. 58, — du chevalier de "**. 
80, 1. 20, "— ses motifs. 

88. 1. 18, — H. {non M.)de llsle. 

80, 1. I, — Rouen {non Rome). 

95, 1. 42, — IX {non IV) f 42. 

106, 1. 57, — topographique (non locale). 

1 12, 1. 44, — du XVII- siècle (non XIX«). 

114, 1. 32^ — Milla. 

1 15, reporter ici la réponse signée A. D. au bas 
de la col. 118, en ta complétant ainsi : et V, 
58, 160. 

118, reporter la réponse de cette colonne au 

bas de la col. 11 5. 
1 3o, 1. II, lise^ : VIII (non III), 480. 
i35, 1. 17, — hiver (non histoire). 
140, efiacez les quatre lignes 21 à 24. 

— 1. 38, /w£f ; Pour qui. 
^45, 1. 6, — Malafretaz. 

— 1. ^8, — Roussin (non Moussin). 
i53, 1. iô, •— trame de fond. 

154, 1. 4, — Canu. 

— 1. 21, — d'indiquer. 

— 1. 27, — changement du nom du tissu. 
167. L 33, — Champigny-sur-Veude. 

177, 1. 37, — effacez le français académique. 
180, 1. 25, — n'ai {non n'avais). 
182, 1. 59, — Arlequin. 
I 8q, 1. 8, — Laurent {non Laurens). 
198, 1. 5, — 1792 (non 1872). 
— 1. i3 et 14, — Bossuet... Saint-Simon. 
20 5, 1. 16, — Pretor (non Prêter). 



209, 1. ïo, lise^ : crier (non créer). 
219, 1. 38, — décoché {non décroché). 
'— 1. 39. Guyetand {non Gugeland). 
237, 1. jf "- au fiarrois. 
259, 1. 36, — 1659. 

— 1. 48, - IX (non IV), 233. 
266, 1. 60, — 181 5 {non 1825). 

267, 1. 4, — en faisant placer des inscriptions... 

270, 1. 3o, — - patois (non parties). 

285, 1. 4, ajoute^ : E. N. 

3o5, 1. 49, liseijf : Mult {non Malt). 

3i5, 1. 2^ — moineaux {non moines). 

324, 1. 49, — choix {non chose). 

— 1. 02, — nus {non mis). 
325, 1. 1 1, — cette (non une). 

328, 1. I, ajoutez le titre : Les Noces d'or 
(IX, 69, 125). 

338, 1. 1 1, ajoute:^ : Vpus allez à l'inconnu, 

Aigle, vautour ou colombe. 
(Voix intér. XVII.) 

33q, 1. 37-38, lisejjf : dans l'édition de Rouen, 
1 orthographe est : miraudée. 

342, 1. 36 et suiv. — 1786 (non 1762). 

3o5, 1. 56, — hymne, ainsi que l'a fait. 

369, 1. 24, — postérieurement (non particuliè- 
rement). 

— 1. 40, ajoutez : 328. 

371, 1. 45, lt8ej( : Sérum (non Sericum). 

379, 1. 5, — écourtées (non écartées). 

380, 1. 20, — conte (non comte). 

391, 1. 21. Cette réponse était plutôt un rappel 

de question, 
427, 1. 23, lise:f : Credeano... fosse... tolto. 

— 1. 27, — ffiornata (non giorno). 
433, 1. 37, — IX, 355 (non 54). 

436, 1. 57, -— La Pailleterie! (non La Paille- 
terie ?). 

— 1. §9, — tréteau {non tréteaux). 
440, 1. 61, — in-32 (non in-12). 

444, 1. 41, — Biographie (non Bibliographie). 

4.53, 1. 27, — 756,) indique. 

470, i. 53, — d'entre elles, en effet, sont. 




, 1. 65, — avouerai (non avancerai). 
68, 1. 62, — Goesbriand. 
5 17, 1. 3, — gr. in-i8 (non gr. in-8*). 
535, 1. 37, — non à (non mais à). 

— 1. 3q, — par où les, 

557, 1. 18, mettez une virgule, au lieu d'un 
^int, après la parenthèse. 
562, 1. 63, lisei( : table rase (non rose). 
570, 1. 40, — pourra élucider (non éluder). 
571, 1. 16, — à Castillon (non et Castillon). 
584, 1. 8, — Ch.-Man {non Ch. Max). 
610, 1. 25, — Errard {non Evrard). 
618, 1. 47, — Dufraisse {non Dufresse). 
635, 1. 21, — {fondant (non pendant). 
640, 1. 47, — sixain {non quatrain). 
668, 1. 56, — in-8- (non 8 vol.) 

— 1. 57, — 2 parties (non 2 pi.) 




Hippolyte. 
688, 1. 22, lisez : dételé (non détalé). 
702, 1. 25, — Nie. {non Hic). 
— 1. 33, — après Sandre : s. d. (sans date). 
707, 1. 34, — Héraut d'armes {non Armoriai 

au bibliophile). 
71 3, 1. 45, — Arnal {non Ravel). 
721, note, 1. 3. — Bliecastel, fief de l'électorat 

de Trêves, ciép. de la Sarre (non Duché des 

Deux-Ponts). 



Numéro 181 



Cherehe* et 
vous (rottotrvx. 






OVJtQVt 






/f M faut 
êtUr'aiier, 



10 juT. 1876 



£ 3nietmé}tiam 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, ff^COTES and QUERIES franfais.) 

QUESTIONS ET BËPONSES, COMMUNICATIONS DIVERSES 

A L'USAGE DE TOTJ3 WTTÊRA.TEXJRS ET GENS DU MONDE, ARTISTES, 

BIBLIOPHILES, ARCHÉOLOGUES, ETC. 



L'an IX et rAgnUanneuf de 1 INTERMEDIAIRE. 

Voici donc Tan Soixante-seize : 
Vivat, amis! vivat! Fêtons ï A guilanneuf! 

Un an encor — puis encor treize : 
Voici venir Tan MIL... huit cent 80 ! 

Qui vivra verra. 



SA 



Histoire de France. — Questions 
et réponses hors cadre. 

L'évasion de Louis XVI et de Marie- 
Antoinette, en 1791 (VIII, 267). — Je 
n'ai connu que tout récemment les trois 
pièces si importantes que vous a commu- 
niquées M. E. U. P., et, certes, je com- 
prends que vous ayez fait vos réserves en 
publiant des documents d'une telle nature 
et d'une si haute gravité. Vous le dirai-je ? 
j'ai éprouvé, en les lisant, la plus pénible 
sensation : je ne pouvais me résigner à les 
croire vraies, ces notes, apparaissant 
tout à coup, après quatre-vingt-quatre 
années, et qui, produites au procès du 
malheureux Louis XVI, auraient consti- 
tué, entre les mains de ses terribles accu- 
sateurs, la charge la plus accablante, la 
preuve même de leur accusation. Aussi, 
me suis-je mis à les étudier minutieuse- 
ment et à chercher ce qui pourrait Justi- 
fier le doute. J*ai lu et relu, à cet effet, ce 
qu'on a imprimé sur l'évasion du roi, 
notamment VHistoire de V événement de 
Varennes au 21 juin 1791, publiée par le 
comte de Sèze, en 1843 (in-8 de 25o p.), 
et le remarquable volume : Fuite de 
Louis XVI à Varennes^ d'après les docu^ 
ments judiciaires et administratifs dépo- 
sés au greffe de la Haute Cour nationale 
établie à Orléans^ par M. Eug. Bimbenet 
(2« édit, Paris, Diaier, 1868). Je me flat- 
tais de pouvoir vous adresser une réfuta- 
tion en règle, ou, du moins, de pouvoir 
opposer aux pièces de M. E. U. P. de 



graves objections et présomptions. Eh bien, 
il me faut l'avouer loyalement, je ne suis 
arrivé à aucun résultat qui me satisfît à 
cet égard. 

Les divers Mémoires sur l'afTaire de Va- 
rennes ne se sont occupés, en définitive, 
c^ue des détails matériels relatifs à l'éva- 
sion, au voyage, à l'arrestation et au retour 
à Paris. Naturellement, les instructions 
secrètes^ les mesures politiques^ les dispo- 
sitions intimes^ prises par le roi et la reine, 
en vue du 20 juin 91, échappaient, et je n'ai 
trouvé, en fait de documents, que la lettre 
laissée par le roi sur son bureau aux Tui- 
leries, pour déclarer les motifs de son 
départ et sa résolution de se rendre à 
Montmédy. C'est peut-être au chevalier 
d'Arneth, au savant archiviste de Vienne, 
qu'il faudrait demander si les faits révélés 
par vos trois documents se trouvent en 
conformité avec ceux qu'il a pu être à 
même de découvrir ou de vérifier. Je n'ai 
pas sa publication sous la main. 

Pour répondre au désir de M. E. U. P., 
j*a jouterai que, dans le livre de M. Bimbe- 
net (p. 63, 172 et 221), il est fait mention 
des deux frères d*Osmondj dont l'un, en 
garnison à Strasbourg, puisa Verdun, écrit 
à l'autre, ministre du roi en Russie et 
déjà en émigration. L'un, René-Eustache, 
général de brigade, fut, en 18 14, ambassa- 
deur de Louis XVIII à Londres, et est mort 
en i838; l'autre, Marie- Joseph, nommé gé- 
néral par Louis XVIII en 18 14, est mort 
en 1839. — Champcenets[ était, je crois, 
, l'oncle de l'ami de Rivarol, de celui qui 

TOME IX. — I 



N- 184.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



périt sur l'échafaud en 1794 et qui jeta 
a Fouquier-Tinville cette froide ironie : 
« Est-ce au tribunal révolutionnaire 
comme à la section ? Y a-t-il des remvla' 
çants ? ri — Il est question de lord /)or- 
cef (sic), p. 7 et 10; de ses dispositions 
favorables à la reine. — Barthélémy^ 
alors secrétaire de l'ambassade de France 
à Londres, était le neveu de Tauteur du 
Voyage d'Anacharsis, C'est lui qui, après 
avoir servi la République et négocié les 
traités de 1795, fut élu un des cinq Direc- 
teurs, puis jructidorisé et déporté à Sin- 
namari. Revenu à Paris, après le 18 Bru- 
maire, il devint vice- président du Sénat et 
fut fait comte de l'Empire. Ayant aban- 
donné Napoléon en 18 14, il fut un des 
rédacteurs de la Charte et fut créé pair 
de France et marquis. Il est mort à Paris 
en i83o. A-t-il laissé des Mémoires? 
A-t-il emporté dans la tombe le secret de 
la mission remplie auprès de lui par 
Champcenetz au 21 juin i79i> et qui a 
failli faire de lui une cheville ouvrière, 
dans un de ces épisodes qui auraient pu 
avoir (tout le monde est d accord là-des- 
sus) l'influence la plus considérable sur la 
marche des événements? 

Quelle fatalité ? Le trajet une fois accom- 
pli de Paris à Varennes, le plus difficile était 
tait. Si là on n'avait pas rencontré d'obsta- 
cle, ou si la résistance avait pu être vaincue, 
la famille royale, ainsi que le remarque 
M. Bimbenet, était préservée? La monar- 
chie l'eût-elie été ? ajoute-t-ii. La France 
eût-elle été sauvée de la Révolution ? Voici 
sa conclusion : « Dieu, qui n'a pas permis 
qu'elle le fût, tient encore la réponse à 
cette question dans la profondeur impéné- 
trable de ses décrets. » B. L. 

P. 5. Quand je dis ci-dessus que je n'ai 
trouvé que la déclaration de Louis AVI, je me 
trompe. Il y a, dans le livre de M. Bimbenet, 
p. 5o, cette lettre en chiffres : « La révolu- 
tion de France tend à faire de ce royaume 
une république mixte. Le roi n'est plus rien, 
1 50,000 hommes, » Mais M. Bimbenet constate 
que Ton ne sait où cette pièce a été saisie, de 
qui elle émanait, à qui elle était adressée. Seule- 
ment il ajoute cju'elle « atteste l'esprit qui di- 
rigeait Tentreprise et donne la mesure des vio- 
lences anti-nationales auxquelles on aurait eu 
recours pour essayer de reconquérir ce qu'on 
avait perdu de pouvoir et de grandeur. » 

Il faut aussi mentionner une lettre saisie, à 
Senlis, sur le médecin des écuries du roi, Erhart, 
et qu'il portait à Bruxelles . à M"« de Vaude- 
mont. M. Bimbenet (p. 188) admet qu'elle est 
de la main de la Reine et qu'elle a été jointe à la 
procédure pour prouver la résolution du Roi 
de ne pas s'arrêter à Montmédy et de passer à 
l'étranger. B. L. 

Un bancinier de Paris et le coap d'Etat 
du 18 Brumaire. — Lettre {de crédit l) 
inédite du fameux Ouvrard, — Dans 
les « Mémoires » très-instructifs, qu'il a 
publiés en 1826, a sur sa vie et ses diverses 
opérations financières » (Paris, Moutardier, 



3 vol. in-8), G.-J. Ouvrard, le célèbre 
fournisseur banquier, arrivé à la veille du 
18 brumaire, dit: « Le Directoire était 
parvenu à ce degré de faiblesse où un 
gouvernement perd jusqu'à la faculté de 
rien faire pour sa propre conservation..... 
Sans argent, sans crédit, comment pouvait- 
il résister à l'homme qui l'attaquait, sou- 
tenu par le génie, par l'audace, par l'a- 
mour du soldat, par des souvenirs glorieux 
et par les espérances de la nation ? » 

Et plus loin: a Le 18 brumaire, en 
entrant chez Barras, qui m'avait fait 
appeler de bon matin, je vis que les senti- 
nelles de la garde du Directoire avaient 
été relevées par des troupes aux ordres de 

Bonaparte Vers neuf heures, le général 

Moreau entra dans la cour du Luxem- 
bourg, à la tête d'une demi-brigade, tam- 
bour battant : je me trouvais, en ce mo- 
ment, auprès de Barras. L'aspect de sa 
demeure annonçait déjà un changement 
de fortune; son salon était désert. Lors- 
qu'on vint l'avertir que son déjeuner était 
prêt, la table de 3o couverts se trouva 
servie comme à l'ordinaire ; mais les con- 
vives n'y étaient pas; je m'y assis seul 
avec lui. Nous vîmes aussitôt entrer M. de 
Talleyrand et l'amiral Bruix, qui venaient 
demander à Barras sa démission, de la 
part de Bonaparte. Après quelques pour- 
parlers, on convint d'une lettre dont les 
formes conservaient l'empreinte de la pro- 
tection que, quatre ans auparavant. Barras 
avait prêtée à la fortune naissante du gé- 
néral de l'armée d'Italie. La Révolution 
du 18 brumaire était consommée » 

Ce qu'Ouvrard ne dit pas, c'est ce que 
constate le billet qu'on va lire (je copie 
l'autographe, heureusement conservé) et 
qu'il avait, ce semble, pris le temps 
d'écrire, après avoir observé les mouve- 
ments de troupes, et avant de se rendre 
chez Barras: 

L'amiral Bruix, 
l»Ottr iBl seiu. PARIS. 

Citoyen Amiral^ 

Le passage du général Buonaparte, se ren- 
dant au Conseil des Anciens^ quelques meuve- 
mens de troupes me font pressentir qu'il se 
prépare du changement dans les afEaires poli- 
tiques. Cette circonstance peut nécessiter des 
besoins de fonds. Je vous prie, mon cher Ami- 
ral, d'être mon interprète de l'offre que je fais 
d'en fournir de suitte. J'ai pensé que celui qui 
est chargé du service le plus important dans la 
partie que vous commandez pouvoit, sans in- 
discrétion, vous faire une pareille offre, et que 
vous n'y verriez qu'une preuve de mon dévoue- 
ment pour la chose publique, au succès de 
laquelle je chercherai toujours à coopérer. 

Salut et considération, 

J. Ouvrard. 

On est un peu surpris de voir ce que 
dit ensuite Ouvrard : « Quelques jours 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



{10 janv. iSyé. 



après le 18 brumaire, le premier consul me 
fit appeler pour me demander un prêt de 
douze millions. La position de mes affai- 
res me permettait d'acquiescer à sa 
demande; cependant je refusai, II convo- 
Qua une assemblée de banquiers, à qui il 
bt la même proposition, avec aussi peu de 

succès » 

Le vrai peut quelquefois Maisqu*est- 

ce à direr N'y a-t-il donc pas toujours 
eu, à Paris, des banquiers prêts à bailler 
la bagatelle de douze millions pour un 
coup d'Etat... fait ou à faire? P. A. T. 



fiiLLBt LETTftBS — PhILOLOGIB -^ BkaUX-ÂATS 

— HiSTOUtE — Archéologie — Numismatique 

— ëpigaaphus — b lographie — bibuographie 

— Divers. 

Intermédiaûriste. '— Je demande à con- 
naître lequel de nos confrères a le premier 
employé ce vocable, dont l'inventeur mé- 
rite la reconnaissance de tous les question- 
neurs de V Intermédiaire^ passés, présents 
et futurs. SAmuARiG. 

-A tout seigneur, tout honneur! Que ce- 
lui-là donc se lève, pour venir recevoir un bre- 
vet d'invention et une couronne de fleurs 
« d'sus sa tête »! Si sa modestie le porte à se 
cadier, nos colonnes sont là pour nous révéler 
sa gloire..*., sans trahir son incognito. 

Le Directeur de V Intermédiaire doit seule- 

BKnt déclarer ici que l'ingénieux coupable 

ce n'est pas lui. Un beau jour, le précieux 
vocabU lui est tombé du ciel — comme autre- 
fois le Saint-Esprit arrivait aux Conciles —par 
la poste t et il lui a ouvert son sein directorial. 
Ce doit être vers le milieu de Tan de grâce 
iti74, et de notre fondation le septième. On 
peut voir cela. 

Mais &i rheureux vocable a fait fortune, s'il 
triomphe, il faut qu*ll entende une voix oui, 
derrière son char, lui corne déjà à Toreille : 
Mémento,,, On trouvera plus lom (IX, 14) une 
sorte de question critique, que nous avons 
reçue — singulière coïncidence — presque en 
même temps que la question de M. S. et qui 
est comme une réponse anticipée. Réd, 

Un dumieân et le tren de l'aigmlle« — 
Un abonné de Paris-Journal s'est mis en 
frais d'exégèse biblique et lui a adressé une 
«spirituelle lettre contenant l'explication 
assez plausible d'un texte de l'évangile de 
saint Matthieu, demeuré jusqu'ici incom- 
préhensible pour la plupart des gens qui 
ont eu à le traduire. » Il s'agit de cette 
phrase : « Il est plus aisé à un chameau de 
passer par le trou d'une aiguille, qu'à un 
riche d entrer dans le cieL » 

a II y a dans ce passage, dit le spirituel 
abonne, une erreur de traduction, commise 
depuis bien longtemps, et toujours renou- 
velée. Dans le texte original, il est dit : 
« Il est plus &cile à un chameau de passer 



par le trou de V aiguille, » etc. Or, le Trou 
de V Aiguille était le nom d'une des portes 
de Jérusalem, porte si basse qu'un chameau 
chargé ne pouvait y passer, à moins qu'on 
ne le déchargeât, — et encore ne pou- 
vait-il y passer, même dans ces conditions, 
que baissé. En employant cette image du 
Trou de V Aiguille, Jésus-Christ n'a pas 
voulu dire qu il fût impossible au droma- 
daire d'y passer, et au riche d'entrer au 
ciel ; mais^ de même que l'animal en ques- 
tion devait être .déchareé pour y entrer, 
un riche est obligé de laisser ses biens à 
la porte et ne peut rien emporter dans 
l'autre monde. » 

Cette ingénieuse explication est-elle con- 
nue ? dit Paris-Journal, et il ajoute qu'en 
tout cas elle lui semble bonne à reproduire. 

Nos exégètes intermédiairistes sont-ils 
de cet avis f Et d'abord, toutes les versions 
de S. Mathieu traduisent-elles de même 
le verset, déclaré a incompréhensible » 7 

E. S. D. 

Un vers d'Ovide. — Celui que M. A. D. 
(VIII, 717) cite, sans le garantir, 

Atque maritorum capiti non cornua desunt, 

à quel ouvrage d'Ovide appartient-îl? Je 
ne pense pas qu'il faille le demander aux 
Métamorphoses ; et je l'ai inutilement cher- 
ché dans un volume qui contient les Hé- 
roides, les Elégies, VArt d'aimer, le Re» 
mède d*amour, les Cosmétiques, et quel- 
ques autres opuscules et fragments. Mais 
je n'ai ni les Tristes^ ni les Fastes. O, D, 

Llsabean de Marot. On connaît le ron* 
deau de Marot : De Vinconstance d'Isa^ 
beau (i523), «rondeau qui fut cause de sa 
prise. » 

Comme inconstante, et de cœur fausse et lâche, 

Elle me laisse. Or, puisqu'ainsi me lâche, 

A votre avis, ne la dois-je lâchera 

Certes oui ; mais autrement fâcher 

Je ne la veux, combien qu*elle me fâche. 

Il lui faudrait, au train qu'à mener tâche. 

Des serviteurs à journée et à tâche ; 

En trop de lieux veut son cœur attacher, 

Comme inconstante. 
Or, pour couvrir son grand vice et sa tache, 
Souvent ma plume à la louer s'attache; 
Mais à cela je ne veux plus tâcher ; 
Car je ne puis son mauvais bruit cacher 
Si sûrement, qu^elle ne se décache, 

Comme inconstante. 

Quelle est cette Isabeau ? Est-ce Diane 
de Poitiers? B. N. 

Une poésie d*oatre-tombe d*Âlfred de 

Musset. — Je lis dans les Tableaux de 

Siège, de Théophile Gautier, p. 2 5o ; « Ce 

charmant poète (A. de Musset) mort, qui, 

J de l'extra-monde nous envoya, à propos 

' deSpirite, des stances si ravissantes, etc.» 

! Quelque lecteur de V Intermédiaire pour- 



N« 184.1 



L'INTERMEDIAIRE 



8 



rait-il nous expliquer ce passage et trans- 
crire ces stances dont Th. Gautier fait un 
tel éloge ? Serait-il indiscret d'en deman- 
der l'auteur? Saiduarig. 

Les formes a J'ons, J'avons, » du patois. 
— Dans une lettre à J. Buzon, du 20 mai 
i863, Proudhon (Corresp., t. XIII, p, 79) 
critique ce solécisme avec autant de viva- 
cité que Bélise, des Femmes savantes : 

Je n'est qu'un singulier^ avons est pluriel. 
Veux-^Uy toute ta vie^ offenser la grammaire ! 

mais c'est pour soutenir que les pay- 
sans ne le commettent dans aucun des pa- 
tois de France. C'est pourtant tradition- 
nel et même classique pour les auteurs. 
Cet usage doit être bien ancien puisque 
Molière s'y est conformé, mais non pas 
cependant sans le délaisser quand le co- 
mique de situation suffisait (voir M, de 
PourceaugnaCy acte II, se. 9 et suiv.). Si 
Proudhon a raison, reste à chercher d'où 
vient ce prétendu patois. Voici une ori- 
gine que je trouve dans le fameux ouvrage 
de Béroalde de Verville, et que Je sou- 
mets aux critiques de V Intermédiaire : 
« Comme j 'étions ententifs : « Et qui 



ce que j'ons. — Ons-je en jeu? — Si je 
n'y ons, j'y fons. » Foin ! ces Parisiens-ci 
me troublent. y> (Le Moyen de parvenir^ 
XLV, Texte). Je partage l'opinion de 
M. P. Lacroix, que l'auteur critic^ue les 
mauvaises façons de parler des Parisiens ; 
mais il faut remarquer que l'on n'en trouve 

F as de trace dans les ouvrages sérieux de 
époque des derniers Valois. Ne peut-on 
pas croire que ce genre de faute fut une 
manière de parler prétentieuse, affectée 
par \ts gommeux à\i temps, une précioseté 
de langage, toute de fantaisie et sans expli- 
cation plausible, comme on en trouve, à 
d'autres époques, dans certains milieux 
parisiens où l'on veut se distinguer du vul- 
gaire ? Cela a duré ce que durent de sem- 
blables caprices ; puis cela passa dans les 
villes de second et de troisième ordre, où, 
après avoir fait les délices des singes des 
Parisiens, ce fut abandonné aux valets et 
laquais de province. Ceux-ci, en arrivant 
à Paris, avec leurs maîtres, s'imaginaient 
faire preuve, avec ce jargon, de la connais- 
sance des bonnes façons de parler; mais 
les Parisiens, qui avaient depuis longtemps 
oublié cette mode (s'ils l'avaient connue, 
car elle ne fut probablement pratiquée que 
dans un certain monde), se figurèrent, de 
leur côté, que ces fautes de grammaire 
étaient une des particularités caractéris- 
tiques du patois des provinces ; ce qui fît 
que les écrivains s'en servirent, cjuand ils 
en eurent l'occasion, et les rendirent tra- 
ditionnelles. C'est ainsi qu'aura été trouvée 
la recette d'un patois qui n'existe nulle 



part et qui n'exige pas de longues études. 
Au reste, ce patois de convention, facile à 
écrire et à comprendre, a l'avantage de ne 
pas froisser l'amour-propre d'un provin- 
cial, puisqu'il n'y retrouve pas le langage 
de la campagne où il a été élevé. Xi. G. 

Snr le mot Chrysanthème. — Le spiri- 
tuel auteur de la Chronique du journal le 
Temps a. rendu compte,danslen<>du8déc., 
du poëme intitulé Olivier psir M. François 
Coppée (Lemerre, 1875), et il a cité un 
passage de ce poëme, où se trouve ce vers : 

Juste en cette saison où meurt la Chrysanthème. 

lime semblait que le mot Chrysanthème 
était du genre masculin, comme l'indique 
l'étymologie. M. Coppée aurait-il, par inad- 
vertance, changé le sexe de cette fleur? 
Mais peut-être sommes-nous tout simple- 
ment en présence d'une coquille^ ce qui 
serait moins étonnant. Ah! les coquilles! 
Puissent-elle, mes chers collaborateurs^ 
devenir de plus en plus rares dans l'/w- 
termédiaire et dans nos autres bons re- 
cueils ! c'est, en cette nouvelle année, la 
grâce que je vous souhaite, et à moi aussi ! 

Ignotus. 

Paris vant bien.... — Quoi? Que vaut 
ce pauvre Paris ^ — Pas grand chose, as- 
surément, pour ceux qui souhaitent « que 
les peuples n'aient pas d'histoire ; » pour 
ceux qui n'ont pas eu assez de cœur ni 
assez d'esprit pour sentir qu'en 1870-71,18 
grand'ville a sauvé l'honneur de la France, 
en dépit des « ânes conduisant des lions !» 
— Paris valait bien une messe pourHenril V, 
à ce que dit la tradition. Mais cette tra- 
dition, que vaut-elle elle-même? Est-il vrai 
que ce fâcheux trait d'esprit ne soit pas du 
Béarnais, à qui il est toujours attribué, 
mais bien de son compère Sully? V. U. 

Tner le mandarin. — C'est là une ques« 
tion qui a été posée déjà, mais à laquelle 
il n'a pas été donné de solution complète- 
ment satisfaisante (Voir III, 259, 371,433). 
On en est resté au passage du Père Goriot y 
qui s'en réfère à Rousseau. De son côté, 
M. F. R. a prétendu qu'il fallait chercher 
dans Voltaire. Il paraît qu'on cherche en- 
core. 

Ah ! ça, voyons, est-ce que quelqu'un 
d'ici ne nous découvrira pas le fin mot ? 
Nom d'un petit bonhomme I Est-ce la faute 
à Rousseau ou à Voltaire? Qu'on nous le 
dise donc ! V. N. 

Présidente cuite au four. — Que peut 
bien signifier ceci ? Je lis dans le Philo- 
sophe cynique : a La dignité de Prési- 
« dente cuite au four, qu'avait feue M"« la 
a Présidente d'Aligre, vient d'être accor- 
a dée à une Présidente de la rue Saint- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo janv, 1876. 



10 



a Louis, qui a été obligée de faire ses 
« preuves avant d'être reçue ; ses titres ont 
« été déposés à Saint-Côme, avec l'acte de 
« réception et le certificat du sieur Nicolet.» 

En note, au bas de la page : a II n'y a 
a de Présidente cuite au four, dans la rue 
a Saint-Louis, que la voisine de Thôtel 
« d'Ecquevilly. » 

Il doit y avoir quelque légèreté là-des- 
sous. C'est le moment, l'époque où Tordre 
de la Félicité était /orf goûté, A. Nalis. 

Garporama. — En i83o, Balzac écrit : 
« C*est à ce modèle des antiquaires qui 
voudrait mettre sous verre toute une épo- 
que, qui se plaint de la petitesse des mé- 
dailles et souhaite vingt fois par jour un 
carporama des faits historiques, etc. » 
C'était alors la grande vogue des Diorama, 
des Géorama, qui donnèrent naissance à 
la langue rama des ateliers de rapins. Mais 
qui pourra dire l'origine d'un Carporama 
réel, ou la raison de l'invention au mot, 
par Balzac en joyeuse humeur? C.-y. 

Armes des Goleoni. — Etes-vous allé à 
Venise? Si oui, vous y avez vu, sur la 
Piazza de SS. Giovanne et Paolo, la sta- 
tue équestre, en bronze doré, de Bartolo- 
meo uoleoni, le fameux condottiere, géné- 
ralissime de la République, qui mourut 
richissime en 1475. On m'assure que sur 
le piédestal de sa statue s'étalent vaillam- 
ment les armes de Coleoni, qui seraient 
trois.... armes parlantes. Est-ce que cela 
est vrai, héraldiquement, historiquement, 
positivement, et graphiquement vrai? 

Ce fut pourtant un fier dur-à-cuire que 
ceColeoni ! C'est lui qui fit le premier usage 
de l'artillerie en campagne, et qui donna 
des afiûtsà ses canons. T. N. 

S. P. Q. R. — Un mauvais plaisant 
n'avait-il pas imaginé de lire ainsi cette 
formule : Si Peu Que Rien ? A quelle épo- 
que remonte cette pointe ? Saiduarig. 

La maison ronge. — a Cette dénomina- 
« tion se rencontre presque toujours dans 
a les localités où les Romains ont laissé 
« des traces importantes de leur occupa- 
« tion. » 

Cette affirmation de M. R. F. Le Men, 
archiviste du Finistère, que nous trou- 
vons, en note, dans sa brochure : u La ma- 
nufacture de faïence de Qu imper », est- 
elïe appuyée sur quelques faits connus ? 

Alf. D. 

De Tnsage de se faire gratter les pieds. 

— Yajnadatta, le fils d'un anachorète, 
étant mort, percé par la flèche de Dasa- 
ratha, le père désolé s'écrie : « Qui, après 
(c la prière du soir et du matin récitée. 



a après le bain, après l'oblation versée 
a dans le feu; qui, prenant mes pieds dans 
« ses mains, les touchera tout à Tentour, 
« afin de m'y procurer une sensation 
« agréable ? » Ramayana, traduct. Fauche, 
t. Il (Ayodhyakanaa), p. 382). 

D'autre part, on lit dans la Chronique 
de Jordan Faniosme, v. 1957-8: 

Li reis iert acuté e un poi sumeilla, 
Un vadlet à ses piez ki suef les grata. 

Connaît-on d'autres témoignages «le cet 
usage singulier? Marie Paul Hyacinthe. 



Gontnme nnptiale. — Je trouve, dans 
le protocole d'un notaire lyonnais, à la 
date du 6 mars i533, un certificat de ma- 
riage conçu en ces termes : « Certificat 
de mariage d'Andrye, nièce de feu Enne- 
mond Poncet, notaire, rue de la Lanterne, 
avec Jehan Burland, dit de la Plume. » Les 
témoins « certifient que ledit Poncet mena 
espouser la d. Andrye par soubz les bras, 
comme est de coustume en cestedite ville 
de Lion, de la maison de Perrin Lovât, 
marchand de Saint-Vincent, où elle estoit 
chambrière, jusqu'à l'esglise Saint-Nizier, 
où ils furent espousez, et despuis ont de- 
meuré ensemble, et lui parti, laissant sa 
femme avec deux petits. » Quel est le sens 
de ces mots : mener par soub^ les bras? 
Evidemment il ne s'agit pas de l'attitude 
ordinaire de l'homme qui mène à son bras 
une jeune fiancée, puisqu'il est ici ques- 
tion d'une coutume lyonnaise. Je crois 
me rappeler avoir lu quelque part une des- 
cription semblable d'une cérémonie nup- 
tiale, célébrée à Romans, dans la Drôme; 
que cette coutume ait été particulière à 
Lyon, ou qu'on l'ait observée également 
ailleurs, existe-t-il quelque dessin qui 
puisse en donner une idée plus nette ? Elle 
me paraît être une réminiscence des mœurs 
nuptiales des Romains, d'après lesquelles 
la nouvelle épouse, conduite jusqu'à la 
porte du domicile conjugal, refusait, par 
pudeur, d'en franchir le seuil. On la por- 
tait alors dans l'intérieur de la maison. 
Sous l'influence des idées religieuses mo- 
dernes, l'Eglise était, sans doute, parve* 
nue à faire considérer son sanctuaire 
comme le dernier asile de la timidité vir- 
ginale; c'était jusqu'au pied de ses au- 
tels seulement que la jeune fille devait, en 
quelque sorte, résister au sacrifice de son 
état d'innocence et de pureté. Le proto- 
cole ne dit pas, en effet, qu'il fût d'usage 
de l'aider à se rendre de l'église à la mai- 
son nuptiale. (Lyon.) Bourchonus. 



Lesrésnltats officiels de la Gommnne 
de 1871. — L'Assemblée de Versailles ne 
se séparera pas sans avoir reçu un docu- 
ment qui lui était dû : le travail d'ensem- 
ble sur les opérations judiciaires des 



N» 184.) 



LINTERMÉDIAIRE 



II 



12 



conseils de guerre, de 1871 jusqu'au 3 1 déc. 
1874. 

La formidable insurrection de juin 1848 
avait donné lieu à 11,000 arrestations : 
d'où, 261 renvois devant la justice mili- 
taire; 4,33o transportations ; 6,5oo mises 
en liberté. 

La Commune — ce monstre qu'enfanta 
une fièvre obsidionale (exaspérée, comme 
chacun sait* par d'ineptes médecins, du 
4 septembre 1870 au 18 mars 1871, et 
pousse enfin jusqu'au délire)— a motivé 
51,649 poursuites, lesquelles ont abouti à : 

1,090 mises en liberté avant instruction, 

0,291 refus d'informer, 
23,623 ordonnances de non-lieu, 
10,042 condamnations contradictoires, 

3,751 condamnations par contumace, 

2,452 acquittements. 

Les 10,042 condamnations se répartis- 
sent ainsi : 



Peine de mort 

Travaux forcés, déportation, etc. 

Emprisonnement 

Bannissement, etc 

(Enfants au-dessous de 16 ans en- 
voyés dans une maison de correction). 



270 

458 
58 



Parmi les individus arrêtés, on compte : 
22,807 simples gardes nationaux, 1,965 
sous-ofïiciers , 1,061 sous -lieutenants, 
1,268 lieutenants, 2,000 capitaines, 262 
commandants, 20 lieutenants-colonels, 
26 colonels, 2 généraux, i5 journalistes, 
I ministre ou délégué à la guerre, i secré- 
taire de la Commission de la guerre, i se- 
crétaire du Comité de salut public, 45 
membres du Comité central, et 2 7 membres 
de la Commune. 

Que de réflexions il y aurait à faire sur ces 
chiffres ofTiciels et sur cette matière ! L'his- 
toire saura-t-elle et dira-t-elle jamais toute 
la vérité? Il y eut tant d'autres coupables, 
aux yeux de la vraie justice!... En atten- 
dant, sait-on quels sont les membres delà 
Commune qui ont été tués, ceux qui ont pu 
s'échapper ? Y a-t-il eu un travail d'en- 
semble sur les incendies, sur les morts de 
la terrible semaine du 21 au 28 mai 1871, 
quand Paris était à feu et à sang?... 

Je n'oublie pas, d'ailleurs, que M. Dau- 
ban terminait, il v a deux ans, son livre 
si curieux tiré des dossiers mêmes des Con- 
seils de guerre {Le fond de la Société sous la 
Commune, Paris, 1873, in-S») par ces 
mots en grosses lettres : Justice pour la 
Commune! et justice pour tous ! 

M. N. 

Dartis de Marcillac (Jacqnea-Joseph). 

— Avocat au parlement de Paris, prévôt 
de la justice du grand et petit Charonne, 
)Uge de la capitainerie de Sénart, député 
suppléant à TAssemblée constituante ; vers 
la fin de 1788, il condamna le prince de 
Conti en 1,200 livres de dommages-inté- 1 
r^s, pour dégâts faits par ses lapins, et ^ 



dénonça dans une brochure les abus des 
capitaineries royales, qui étaient le fléau 
des cultivateurs. Cet écrit, qui avait pour 
épigraphe: Salus populi suprema lex 
esta, prépara le décret qui proscrivit les 
capitaineries et fit nommer Dartis député 
suppléant à la Constituante. N'ayant 
jamais pu me procurer cette brochure, je 
serais heureux d'en connaître le titre 
exact et le nombre des feuillets. Je ne 
dédaignerais pas non plus quelques ren- 
seignements biographiques sur l'auteur, 
qui avait la prétention d'être de la même 
famille que le doven de la Faculté de 
droit canon en l'Université de Paris, de 
ce nom, mort dans le milieu du XVI !• 
siècle. (Brioude.) P. Le B. 

Jean de MonUyard. — Pourrait-on me 
donner des renseignements sur cet écri- 
vain? Brun et. Barbier, Quérard, de 
Manne, sont muets. 

Il est auteur d'une Mythologie^ c'est- 
à'dire explication de fables ^ etc. i vol. 
pet. in-4«, de 1,066 pp. — Le titre et le 
faux-titre manquent au volume que je pos- 
sède. — Il commence par un extrait du 
f privilège, donné le 28* jour de juin de 
'an 1 597, signé de Baignaulty q^ui permet 
à lan (sic) de Montlyard de faire imprimer» 
où, par qui, et tant He fois que bon lui sem- 
blera, sa Mythologie, penaant dix ans. II 
transmet ce droit, pour la seconde édition 
(qui est celle que je possède L à Paul Fre- 
lon, marchand libraire , aemeurant à 
Lyon. 

Au dos du Privilège, est un portrait de 
Henri de Bourbon, prince de Condé, à 
l'âge de 12 ans, gravé par Thomas de Leu. 
L'auteur fait hommage de la première 
édition de son œuvre à ce prince (4 pages 
et demie). Paris, le 2 5 novembre iSgg. 
Puis vient un nouvel hommage de cette 
seconde édition, daté du i«' janvier 1604 
(2 pages), à M. le baron de Vignolles La 
H ire, très-sage et très-valeureux seigneur* 

A. Naus. 

Loniaa Lateaa. — Le Notes and Queries 
vient de recevoir une. question sur Louise 
Lateau, « la stigmatisée de Bois d'Haine. » 
On demande si ses extases et stigmates 
continuent toujours, ou s'il a été démon- 
tré qu'elle trompait. L'affaire de cette 
exaltée n'est pas sans intérêt, vu les bro« 
chures qui ont déjà paru sur son compte, 
tant en allemand qu'en français. Peut- 
être un des corres{>ondants de Vlntermé^ 
diaire répondra-t-il à la question du cher- 
cheur anglais. 

(Londres.) Apis, 

De Saconay, Louise Labé et GalTin. — 

Gabriel de Saconay, doyen du chapitre de 
l'Eglise de Lyon, a publié de nombreux 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[10 jai^v. 1876. 



i3 



14 



écrits de controverse religieuse. Il fut le 
plus fougueux adversaire de Calvin. 
Celui-ci dirigea, contre Saconay et la 
Belle Cordière, d*odieuses imputations, 
dans le but de les déconsidérer tous deux. 
(Voy. les Opuscules de J. Calvin, Genève, 
i36o, in-fol., p. 1822,) Dans son testa- 
ment inédit, que j*ai trouvé dans un des 
registres des insinuations, faites au greffe 
de la sénéchaussée de Lyon, Saconay a 
énuméré tous ses ouvrages, avec recom- 
mandation à son légataire de publier 
ceux qui n'auraient pas vu le jour avant 
sa mort. Parmi ces écrits, il en est un qui 
a pour titre : « Réfutation des blasphè- 
« mes contre J.-C, contenus au livre de 
a M, Jehan Calvin, intitulé : Congratula- 
« tion à messire Gabriel de Sacconay, 
« précenteur de Lion. » Saconay a proba- 
blement répondu, dans cet écrit, aux ac- 
cusations d'immoralité dirigées contre lui. 
C'est à ce titre que je désirerais connaître 
cet ouvrage. A-t-il été imprimé? Le ma- 
nuscrit en existe-t-il, au moins, quelque 
part? Saconay dit expressément qu'il 
entend que ce dernier livre, s'il n'estoit 
imprimé au temps de son décès, soit im- 
primé à part premièrement et ensemble- 
ment avec les autres. Il ajoute qu'il prie 
son héritier et exécuteur testamentaire 
d'accomplir fidèlement ce que dessus ; de 
quoy il charge son honneur et sa con- 
science. Si 1 impression isolée n'en a eu 
lieu, cet écrit figure-t-il dans une édition 
générale de ses œuvres? La Bibliothèque 
de L)ron avait acquis, en Tan XI, le ma- 
nuscrit du volume sur les troubles sur- 
venus à Lyon pendant les guerres de reli- 
gion (Voy. Âlmanach de Lyon pour 
l'an XII, p. 193). Elle ne le possède 
plus. Il aura probablement été dérobé par 
quelque collectionneur indélicat, qui aura 
peut-être réussi à compléter la collection 
des Mss. qui devaient servir pour la 
réimpression des ouvrages de Saconay. 
Quelque confrère pourrait-il donner quel- 
ques éclaircissements sur ces questions? 
(Lyon.) BouRCHONus. 

Charles la Téméraire à Epinal. — Che- 
vrier, au t. III, p. 198, de son Histoire 
civile de Lorraine et de Bar, cite en note, 
sans indication de format, un Journal du 
siège et prinse d'Epinal, imprimé à Pont- 
à^Mousson en 1682. M. Beaupré (Nouvel- 
les recherches de Bibliographie lorraine, 
p. 76), ni Brunet, n'ont vu cet ouvrage, 
dont aucun catalogue ne fait mention. 

Quelqu'un en aurait-il connaissance ? 

A. Bn. 

Snr un livre de Bachet de Héziriac. •— 
Quel est le livre de l'académicien Claude- 
Gaspard Bachet, sieur de Méziriac, qui 
parut en i635,et qui renferme des poésies 
en deux langues étrangères? Serait-ce 



là le recueil dont parle ainsi Pellisson 
{Hist, de VAcad, franc,, éd. Livet, t. I, 
p. 129) : « On voit de lui un petit livre de 
poésies italiennes, où il y a des imitations 
des plus belles comparaisons qui sont dans 
les huit premiers livres de 1 Enéide ; un 
autre de poésies latines, » etc.? On trouve-, 
rait peut-être le renseignement aup je de- 
mande, dans un livre qui malheureuse- 
ment manque à ma collection, les Eloges 
de quelques auteurs français, par Joly, o^l 
une ample et excellente notice (p. i-84) 
est consacrée à Bachet de Méziriac. 

T. DE L- 

Le marquis de la Gervaisais. -— Il y a 

eu, de par le monde, un certain marquis 
de la Gervaisais, — peu connu dans l'his- 
toire. 

Qui le connaît, parmi nos întermé- 
diairistes? Qui possède de ses œuvres? 
Que sait-on de sa biographie ? R. C» 

Mémoires du duc de Ghoisenl. — Je lis 

dans une note de La France sous 
Louis XV, par M. Jobez, t. VI, p. 422, 
un passage « extrait des Mémoires du duc 
de Choiseul, encore manuscrits. » Où se 
trouvent lesdits Mémoires manuscrits t 

Mémoires de M. de Coulas. — En mars 
1 861, on a vendu, à Paris, la Bibliothèque 
de M. de Monmerqué. Sous le n® 3976, 
figurait un manuscrit avec cette indica- 
tion : « MÉMOIRES DE M, DE GouLAs; ma- 
nuscrit sur papier, 3 voL in-^.; copie faite 
par M. de Monmerqué, sur le manuscrit 
original de la Bibliothèque impériale, 
avec nombreuses annotations de M. de 
Monmerqué. » Le n® 3976 a été adjugé, 
moyennant le prix de 95 fr., à M. Tross, 
libraire à Paris, rue Neuve-des-Petîts- 
Champs, par le ministère de M® Boulouze, 
commissaire-priseur, assisté de M. Léon 
Techener, expert. — On désirerait vive- 
ment retrouver la trace de ce manuscrit. 

Ch, C. 

Les Hnssites , etc. — Quels sont les 
principaux ouvrages à consulter sur Jean 
Huss, le Concile de Constance et les Hus- 
sites, ainsi que sur les premières tenta- 
tives de réformation en Allemagne? 

L. C. 

« Thérèse philosophe. » — Je possède 
un exemplaire de cet ouvrage, sous ce 
titre : « Thérèse philosophe, ou mémoires 
pour servir à Thistoire de D. Dirrag et de 
Mlle Eradice. A Londres, M.DCC.XCVI. » 
De qui est cette priapée, à laquelle a 
donné naissance le fameu:^ procès du 
Père Girard ? E. UEfORér, 



N- 184.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



i5 



— 16 



Le Gazetier cuirassé. — Que signifient 
les lettres majuscules entrelacées, Que Ton 
voit gravées au haut de la figure allégori- 
oue du volume de Théveneau de Morande 
(uB à gauche, SF au milieu, et DM à 
droite) T A. Nalis. 

« Mille. Le Bracelet. » — £xîste-t-il une 
édition, format Charpentier et Lemerre, 
de MillOy par Jules Sandeau, et du Bra- 
celet, par Paul de Musset? P. M. 

L'étovireiir du comte de Paris (V, SgS). 
— On ne peut douter du danger couru, à deux 
reprises, par la duchesse d'Orléans et ses 
emants, durant leur passage à la Chambre 
des députés, le 24 février 1848. Les rela- 
tions les plus autorisées relatent les faits: 
10 M. Dupin venait de lire l'abdication du 
roi Louis- Philippe, le comte de Paris était 
nommé roi ; tout à coup des hommes du 
peuple, des élèves de l'École Polytechni- 

2ue, des gardes nationaux, paraissent avec 
es drapeaux et causent une certaine 
frayeur. La duchesse d'Orléans et ses en- 
fants se réfugient sur les bancs du 
centre gauche, les gardes nationaux en- 
tourent et protègent ces personnages contre 
la pression de Ta foule ; — 2® L ordre est 
rétabli ; la séance recommence, plusieurs 
orateurs se succèdent. M. Ledru-RoUin 
est à la tribune ; grand bruit au dehors, 
les portes sont enfoncées, les émeutiers 
apparaissent, les députés sortent. — La 
duchesse d'Orléans est emportée, presque 
évanouie. Deux personnes prennent dans 
leurs bras les jeunes princes et les éloi- 
gnent de cette triste scène. — En 1872, 
l'ai rencontré à Versailles un nommé Das- 
tugue ou UAstugue^ garde national en 
1848, qui paraissait avoir joué, le 24 fé- 
vrier, un rôle assez important à l'égard du 
Comte de Paris. — J'ai oublié les détails 
du récit de Dastugue, mort en 1878; je 
ne sais si les faits dont il m'a parlé sont 
véridiques et s'ils se sont passés au début 
ou à la fin de la séance. Notre garde na- 
tional aurait protégé le Comte de Paris 
contre un danger quelconque, ou l'aurait 
sauvé du même danger. Dastugue aurait 
été remercié par le jeune prince. Le nar- 
rateur, connaissant son monde et sachant 
que d'autres sauveurs pouvaient se pré- 
senter, dit : « Monseigneur, regardez t:ette 
tache sur ma figure (un nevus). » — Le 
comte de Çaris aurait répondu : « Oui, 
monsieur, je ne vous oublierai jamais. » 

H. DE l'Isle. 

Maistre Aignan (VII, 1 5o). — Ce maître 
Aignan, Magister Anianus, est l'auteur du 
Compotus manualis magistri Aniani me- 
tricus cum commento, imprimé anno Pq^ 



mini 1488, 18 kal. decemM^ compost 
qui, d'après la mention du Cuer de philo- 
sophie (traité imprimé pour la première 
fois vers 1 504), aurait été traduit en fran- 
çais par Simon de Compiengne. A. D. 

Benjamin, dessinateur (VII, 555, 667; 
VIII, 480). — Benjamin, dont l'œuvre 
est très-incomplet à la Bibliothèque Na- 
tionale, ne fut pas seulement un dessina- 
teur de caricatures, et on doit le signaler 
aux auteurs et continuateurs de la Biblio' 
graphie romantique (feu Asselineau et 
Poulet-Malassis), comme digne de tenir la 
place à côté des Célestin Nanteuii, des 
Tony Johannot et desGigoux, dont aucun 
livre passionné de l'époque ne pouvait 
se passer. Benjamin a signé de son véri- 
table nom, B. Roubaud^ 1 eau-forte du 3« 
volume d'un roman historique de M. Lot- 
tin de Laval, les Truands et Enguerrand 
de Marignjr (Souverain, i833, gr. in- 12). 
La vignette du 2* vol. est d'Eug. Forest ; 
l'eau-forte non signée du i«' vol. doit être 
également de Roubaud. Mais cette édi- 
tion, que possèdent seuls les grands ama- 
teurs d'ouvrages romantiques, est fort 
rare. H. 

Gnillanme Tell et M. Combes (VIII, 
556, 63o, 775). — Je retire l'expression 
a mauvais plaisant, v puisqu'elle offusque 
à ce point le confrère E. M. ; mais, pour 
combler la lacune, je lui propose, à la 
place, cet argument ad hominem. Il pré- 
tend qu'il a existe des chroniques contem- 
poraines, qui ne disent absolument rien » 
de ce qui fait le fond de notre polémique. 
J'en tombe d'accord. Mais que répondrait- 
il si je lui objecte, à mon tour, qu'à Or- 
léans même, théâtre des étonnants ex- 
ploits de Jeanne d'Arc, le Registre capi' 
tulaire de l'église cathédrale ne soufHe pas 
un traître mot des choses prodigieuses 
accomplies par cette héroïne, quand un 
des propres chanoines de cette église était 
adjoint au comité des travaux de défense ? 
Devons-nous en conclure aue l'histoire de 
Jeanne d'Arc est controuvée, et qu'on nj 
croyait pas à Orléans? — M. E. B. sait 
aussi bien que moi que, pour peu que la 
plume de certains chroniqueurs ait été 
gênée, soit par la peur, soit par un intérêt 
quelconque, ils ont pu taire maints dé- 
tails, sans qu'on se croie autorisé à arguer 
de leur silence pour les révoquer en doute. 
Les contemporains ont souvent plus d'un 
motif, à eux connu, qui les empêche par- 
fois d'être aussi explicites que nous l'eus- 
sions souhaité. Ergo^ pour conclure^ je 
soutiens que le silence des historiens, ap- 
pliqué à certains faits, n'en est pas le dé- 
saveu. 

a Propter veritatem debent sibi philo- 
sophi contradicere. » G. V. At 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo js^nvi jStjÇ. 



17 



18 



« Uncaman» (VIII» 579,633, 658, 691, 
7 3 S). — Tallemant des Réaux dit en par- 
lant de Balzac : « Le cardinal n'avoit rien 
feit pour luy, il le trouvoit trop caymand. >» 
Il semble donc adopter Tétymologie indi- 
quée, VIII, 658. A. D. 

Sur une épitaphe de Guez de Balzac 
(VIII, 645, 737}. — M. V. de V. serait 
bien aimable si, précisant sa première ré- 
ponse, il m mdiouait le passage des His- 
toriettes, où Tallemant des Réaux men- 
tionne la pré tendue épi ta phe faite, en 1 633, 
pour l'écrivain célèbre, qui ne mourut que 
2 1 ans plus tard. Les Historiettes sont un 
des recueils que je connais le mieux, et 
pourtant je nV ai jamais vu ce que, trop 
vaguement, M. V. de V. me recommande 
d'y voir, — S'il m'était permis, à propos 
d'un fait particulier, de poser une règle 
générale (dont nous profiterions tous en 
1876 et années suivantes), je dirais que 
Ton ne devrait jamais se contenter de ren- 
voyer le questionneur à un ouvrage in 
Çlobo (surtout i un ouvrage en 9 vol. 
in-8<>); le plus possible, citons Tendroit 
même de 1 ouvrs^ge, c'est-à-dire le chapi- 
tre, voire la page. Que de temps gagné 
ainsi, et quel bietfait pour le journal et les 
journalistes ! T. de L. 

La belle Ferromière(VIII, 646, 728).— 
La Biogr. Didot, dont l'article est em- 

Srunté à V Encyclopédie des gens du 
ionde, débute p^r une notion toute nou- 
velle : « Suivant l'opinion générale, elle 
était née en Castille, et avait passé en 
France, mêlée à a troupe de vagabonds 
et de saltimbanqies qui suivirent Fran- 
çois I" à son retour de captivité. » En- 
suite, il est vrai, k même article revient à 
la vieille histoire 3u bourgeois Jean Fer- 
ron, et de sa vengeance maritale. Mais n'y 
a-t-il pas quelques raisons de soupçonner 
la belle Ferronniére d'être un mythe? 
(Voir Interméd. 17, 293, 378 : Un sin- 
gulier passage d'Al, Dumas,) Quant au 
célèbre portrait de Léonard de Vinci, 
n'est-on pas maixtenant d'accord que 
c'est celui de Lucrezia Crivelli, maîtresse 
du duc de Milan, Lutovic-le-Maure ? 

O. D. 

— Cétait fort probablement la femme 
de l'avocat Jean Le îeron, auteur de di- 
vers ouvrages sur les atmoirîes et dont un 
descendant, d'après M. Vallet de Viri- 
ville, existe encore dais les environs de 
Compiègne (V. Biog. Eidot). Les amours 
de la Belle Féronmère avec François I**" 
sont racontées par la soour du trop galant 
roi, dans la 25^^ soiréeie son JEieptamé*- 
ron. Il n'y est pas questim delà tradition, 
qui accuse la roturière tiaîtresse d'avoir 
involontairement causé la mort de son 
royal amant, victime de kvengeance d'uh 



mari jaloux : on sait comment. C'esl^ un 
ami de Guy Patin, le médecin Louis 
Guyon, sieur de la Nauche, qui, le pre- 
mier, a recueilli ce bruit, qu'il a consigné 
dans ses Diverses leçons, contenant plu- 
sieurs discours, histoires et faits mémo- 
rables (Lyon, 1604, 2 vol. in-80), et que 
Mézeray a répété dans son Abrégé Chro- 
nologique de l'Histoire de France: J^àvoue 
que cette assertion ne me paraît pas plÉs 
prouvée que l'attribution du portrait bien 
connu, qui, d'après les critiques les plus 
autorisés, représente une Italienne. 

A. D. 

Goqnairiz, poète rouennala (VII L 681, 
733). — Quelle plaisanterie que les doutes 
sur la réalité de ce nom! M. Emile Cp- 
quatrix est un honorable industriel de 
Rouen, qui, dans sa jeunesse, a été poëte 
romantique à ses heures, avec quel suc- 
cès, peu importe. F. Y.. ^ 

— Nous l'avons tous connu, nous àutiies 
Rouennais d'un certain âge, et nous le- 
vons même eu pour collègue à la Société 
d'émulation de Rouen. La partie du Ma- 
nuel du Bibliographe normand^ d'Ed. 
Frère, qui comprencf son nom, imprimée en 
i858, lui consacre dix articles et cite un 
certain nombre de pièces de théâtre, re- 
présentées tant à Paris qu'à Rouen. Le 
nombre de ses œuvres a dû s'accroKre 
depuis ces temps. Je rencontre justement 
dans le catalogue d'un libraire parisien : 
a 0919. — Normandie, par E. Coquati^x. 
« Nouvelle édition, avec le portr. deî^u- 
« teur. Rouen, i865. i vol..in-8>br, 2dfr. 
« Cet ouvrage n'a été tiré qu'à 5o exéto- 
a plaires numérotés. Celui-ci porte le ri.® 6 
a et contient un envoi d'auteur à Sairite- 
a Beuve. » Alf. D. ' 



)>> . 



La penrenche, fleur de J.-J. Reps- 
seau (VIII, 704), — Il serait difficile,: de 
dire ce qu'aimait J.-J. Rousseau, en^e- 
hors de l'impiété et du libertinaget; iin»ais 
s'il a accordé quelque attention à la per- 
venche, c'est assurément à titre de sq^ve- 
niry si tant est qu'un pareil homme pensât 
à autre chose qu'à jui-même, La perven- 
che (nous contestons qu'elle y g^gaebi^u- 
coup) demeurera à jamais accolée à. son 
nom, et fera, de concert avec lui, son che- 
min dans la postérité. Il me souviens 4'^- 
voir, dans mon enfance, entendu cha%ter 
à ma berceuse une romance où se trouvait 
ce couplet : >. 

A l'ombre d'un bois solitaire, 
Pour les amis du ban Roasse»!^' 
Je cultive le vert rameau 
Et la pervenche tutélaire. 




N- 184.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



'9 



20 



plaint de ce que les François de son temps 
quittoient le mot d*Emperière, qui lui pa- 
roissoit avoir une terminaison plus fran- 
çaise, pour dire impératrice, cjui étoit plus 
latin que françois, et qui avoit bien moins 
de rapport au masculin Empereur. Dans 
le style plaisant et burlesque, on dit en- 
core Emperière. » Jacques de Montardif. 

Ce mot, issu d'Imperator^ et générateur 
d'Empereur, a été français et ne Test 
plus : « L'on disoitque l'Impériêre Tavoit 
laict chevalier (Joinville); — Je viens de 
Prague en Bohême ; l'Empérière de Rome 
est mort (Froissard). » — Voir Littré au 
mot Empereur. — On appelait Emperière 
une sorte de rime qui répétait trois fois la 
syllabe finale. Thomas Sibilet, dans le 
dernier chapitre de son Art poétique, dit : 
• Reine emperière est une espèce de cou- 
ronnée, et est dite Emperière, parce qu'elle 
a trois couronnes : 
«|Ce grand remord, mort,mord,etc., etc.» 
Le sieur Des Accords dit la même chose 
dans son chapitre de VEcho. Voir Ménage, 
Vo Emperière. Le marquis d'ETVMO. 

— Question déjà posée par M. d'Erlar 
(IV, 289), et à laquelle répondirent (V, 16 
et s.) quatre intermédiainstes. N. M. 

Tierce de Picardie (VIII, 710). —Ainsi 
dite, à cause des maîtres picards, c'est-à- 
dire de Técole d'Ockeghem et Josquin des 
Prez, qui créèrent la musiaue moderne, 
au XV* siècle, à la cour des ducs de Bour- 
gogne. Ils avaient coutume, quand ils 
écrivaient un motet religieux sur un mode 
mineur, de le terminer par un accord de 
tierce majeure, en Thonneur, disait-on, 
de la très-sainte Trinité ! F. B. 

La mnsiqne est le plus cher, mais le 
pins désagréable des bruits (VIII, 710, 
764). — Je ne sais si Théophile Gautier 
l'a jamais écrit, mais je sais bien, pour 
l'avoir entendu plus d une fois, qu'il se 
plaisait à le dire. A ce propos, question 
pour question. Pourquoi la plupart des 
écrivams romantiques ont-ils conçu pour 
la musique une haine invincible? Non- 
seulement ils ne la comprennent pas, mais 
elle les exaspère et ils ne peuvent sans 
colère en entendre parler. Y a-t-il quel- 
que antinomie naturelle, quelque incom- 
patibilité entre Tart romantique et la mu- 
sique, qui rende compte de cette aver- 
sion ? F. B, 

— Théo riait lui-même de ce paradoxe, 
qu'il avait mis tout au long sur ce fameux 
Album- Nadar^ acheté 10,000 fr. par 
Millaud et qui a eu depuis ie ne sais quelle 
destinée. Sur ce même Album, le fils du 
grand Carnot avait modestement écrit : 
« Les hommes $e suivent et ne se ressem- 
blent pas. » Jules Rameau. 



Prince et dnc (VIII, 710). — Dans 1^ 
hiérarchie féodale, prince est moins qu^ 
duc. Voyez l'Almanach de Gotha, pour 
l'Allemagne. Le titre de prince était ex- 
ceptionnel en France. Il n'y avait ainsi 
qualifiés que de nombre de familles étran- 
gères, des princes du Saint-Empire, et des 
princes romains. Les Broglie sont Ita- 
I liens. Brieux. 

— Les familles où le chef du titre et 
des armes est qualifié de duc, tandis que 
son fils est prince, ont été anoblies en Ita- 
lie. Cet ordre hiérarchique est logique : 
Le fils du chef {dux) est le premier 
(princeps) après son père ; en ceci l'usage 
italien est supérieur à la coutume fran- 
çaise. SCUDETTO. 

— Si le fils aîné de la famille de Broglie 
est prince tandis que le chef ne porte que 
le titre de duc, est-on certain que le pre- 
mier ne soit pas prince de quelque 

chose et non de Broglie? II faut, ce nous 
semble, se reporter à l'ancien droit féodal 
qui ne voulait pas qu'il y eût de seigneur 
sans terre, ni d'ailleurs de terre sans sei- 
gneur. Or, le chef d'une famille qui pos- 
sédait plusieurs terres, pourvues ae titres 
difi*érents, en donnant /une d'elles à l'un 
de ses enfants, lui faisait prendre en même 
temps le titre dont elle était pourvue. 
C'est ainsi que le cadet ies Bourbons était 
duc d'Orléans ; que les Luynes sont alter- 
nativement Luynes et Chevreuse, et les 
Valençay, croyons- nous, alternativement 
Valençay et Périgord, Alf. F. 

Le faux mariage de Chateaubriand 

(VIII, 71 3, 765"). — Je'trouve dans un de 
mes recueils de notes, la suivante qui 
contient, sur le mariage de Chateaubriand, 
des renseignements qie je crois inédits. 
On verra par là que ce mariage se fit dans 
des conditions bien différentes que celles 
dontparle M. Viennei,dans ses Mémoires 
(inédits), et que Cha:éaubriand n'eut pas 
besoin, pour épouseï M^i" La Vigne, d'y 
être contraint, le pistolet de l'oncle Buisson 
sous la gorge. 

La famille Chateaulriand était nombreuse et 
pauvre, quoique M. di Chateaubriand, le père,. 
se fût moqué du préjigé qui ne voulait pas que 
les nobles pussent fare le commerce. Mais, il 
n'en put obtenir tout au plus que de pouvoir 
donnera ses enfants une aisance bourgeoise... 
Le plus jeune des fils, le chevalier de Cha- 
teauDriand, cherchsi sinon à faire fortune, du 
moins à raccommoder ses affaires, en épousant 
quelque fille de bor bourgeois, dont les parents 
se crussent honorais de voir leur fille entrer 
dans une famille d: grand nom. Il avait alors 
une sœur à Saint-vlalo, qui était comme une 
sentinelle, pour é»ier sur qui son frère pour- 
rait à cette fin jeter les yeux. Croyant avoir 
trouvé son afifeire dans la fille d'un négociant 
passablement ri(he, elle se lia avec elle, fit 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo janv. 1876. 



21 



— 22 



venir son frère, et la demoiselle se trouva assez 
de son goût pour qu'il approuvât la demande 
qu'on en ferait au père. Mais celui<i, imbu 
des maximes qui avaient cours alors (c'était au 
commencement de la Révolution^ envoya à 
tous les diables tous ces nobles de Bretagne et 
ne voulut jamais en entendre parler. Cepen- 
dant, la jeune demoiselle, assez éprise pour se 
conduire comme le voulaient le frère et la sœur, 
consentit à les suivre partout où ils voudraient. 
Le mariage fut fait clandestiment, tandis que 
le père, furieux, fit agir la justice; celle-ci 
déclara Chateaubriand relaps et voleur, et, 
comme tel, digne de mort, et prononça sa sen- 
tence, par coutumace. Pendant ce temps, ce 
chevalier eut le bonheur de trouver un vaisseau 
qui le transporta aux Etats-Unis d'Amérique, 
où il se soutint avec le peu de fonds qu*il avait 
obtenu de sa jeune épouse* Lorsqu il apprit 
que son père était mort et que le bouleverse- 
ment de TEtat avait permis à sa sœur d'ar- 
ranger son affaire, il repassa en France et vînt 
à Paris, avec sa femme et ses sœurs. 

Ayant négligé de noter, au bas de cet 
extrait, sa provenance, je regrette de ne 
pouvoir rindijcjuer sur le moment; je la 
retrouverai, s'il le faut. J'en demande 
humblement pardon à mes confrères in- 
termédiairisies ; mais ils peuvent avoir 
toute confiance dans Tauthenticité de ce 
fragment. Si je le donne sans plus tarder, 
c'est dans Tespoir que d'autres, mieux 
placés que moi pour une pareille recher- 
che, vérifieront si Ja sentence en cjuestion 
fut efTectivement prononcée, ou sî la sœur 
de Chateaubriand fut assez heureuse pour 
arrêter les poursuites avant tous leurs 
effets. Dans Tun bu l'autre cas, il serait 
bien extraordinaire que cette procédure 
n'eût laissé aucune trace. 

(Brioude.) P. Le B. 



«Vénères et Prlapi... «( VU I, 714). —Je 
possède les planches seulement, formant 
2 séries rel. en i vol. La première série 
contient 36 planches, la seconde, 32, en 
tout 68, le premier frontispice, en sus, ce 
qui porte le nombre total des pi. à 69. Le 
frontispice, en tête du volume, porte le 
titre : Vénères (Priapi manque) uti obser- 
vantur in gemmis aniiquis, Lugduni Ba- 
tavorum. S. D. ; il est composé d'un por- 
tique soutenu par deux Priapes en forme 
de cariatides ; 2 Amours au bas. Le second 
frontispice, qui compte dans les 32 plan- 
ches de la seconde série, représente : 
Vénus, l'Amour sur une roue et un satyre. 
Les planches sont numérotées de i à 36 et 
de I à 3a. Chacune, indépendamment de ce 
numéro d'ordre, placé en dedans du 
cadre, porte en dehors un autre numéro 

3ui paraît devoir correspondre à une page 
u texte absent. Ces numéros vont de 
Il à 149 ; ils se continuent dans les deux 
séries, de manière à faire supposer qu'il 
n'y a qu'un volume de texte. Les dessins 
(en forme de camée, sur fond noir, sauf le 
priape n» 27) sont la reproduction, peut- 
être la contrefaçon, de ceux qui compo- 



sent le second volume de d'Huncarville : 
Monuments du culte secret des Dames 
Romaines, (Nîmes.) Ch. L. 

Drames et tragédies sur Marie-Antoi- 
nette (VIII, 714). — Je puis offrir à 
M. Ulric plus, sinon mieux, qu'il ne de- 
mande, en lui indiquant la liste des ouvra- 
ges publiés pour et contre M.-A., ou à son 
propos; liste dressée en 1 856 par MM. Qué- 
rard et Ch. Brunet, complétée par 
MM. B*** et Paul Lacroix et insérée dans 
le Quérard^ p. 401 et suiv. du t. II. Cette 
liste offre assurément des lacunes, de 
même qu'elle ne peut contenir les nom- 
breux ouvrages parus sur le sujet depuis 
vingt ans ; elle n'en est pas moins pré- 
cieuse à consulter, et M. Ulric y verra 
notamment qu'Aignan eut un collabora- 
teur, Berthevin, pour la composition des 
trois pièces qu'il indique comme de lui. 

• A, D, 

Trois EoUennes (VIII, 715). — Si 
M. G. B. ne cite pas ces poésies aussi 
légères qu'harmonieuses dans son Antho*^ 
logie scatologique, c'est parce qu'elle n'est 
qu'un supplément à la Bibliotheca scato* 
logica, qui les mentionne, page 92, mais 
sans révéler le nom de l'auteur. A. D. 

Une strophe de Hnsset (VIII, 738). — 
a Le premier serment que se firent deujç 
êtres de chair, ce fut au pied d'un rocher 
qui tombait en poussière ; ils attestèrent 
de leur constance un ciel qui n'est pas un 
instant le même ; tout passait en eux et 
autour d'eux, et ils croyaient leurs cœurs 
affranchis de vicissitudes. O enfants! tou- 
jours enfants. » Jacques le fataliste^ par 
Diderot, t. VT, p. 117, de ledit. Garnier 
frères.) 

Oui^ les premiers baisers^ oui, les premier^ 

[serments 
Que deux êtres mortels échangèrent sur terre. 
Ce fut au.pied d*un arbre effeuillé par les vents. 
Sur un roc en poussière. 

Ils prirent à témoin de leur ioie éphémère 
Un ciel toujours voilé qui change a tout moment, 
£t ses astres sans nom que leur propre lumière 
Dévore incessamment. 

Tout mourait autour d'eux, Poiseau dans le 

[feuillage, 
La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs 

[pieds, 
La source desséchée où vacillait l'image 
De leurs traits oubliés; 

Et sous tous ces débris, joignant leurs mains 

[d'argile, 
Etourdis des éclairs d'un instant de plaisir, 
Ils croyaient échapper à cet être immobile 
Qui regarde mourir. 
Alfred de Musset. Souvenir, {Poésies, 
nouv. éd., 1867, t. Il, p. 206.) 

La pièce entière roule sur cette idée que 
Musset aura notée un jour, dont il ne se 
sera plus rappelé la source et qu'il aura 



N« 184-] 



L'INTERMEDIAIRE 



23 



24 



amplifiée à Toccasion. On peut imiter 
ainsi ; et Diderot, certes, n'y aurait pas 
trouvé à redire. Il a tant donné ; il s est 
tant laissé prendre ; il savait si bien qu'une 
seule chose importe : la diffusion, par tous 
les moyens et par toutes les voix et toutes 
les plumes, des idées philosophiques et 
des sentiments vrais. Aszt. 

— Même indic. M. L. E. D. 



Les rois sont ici-bas.. (VIII, 739). — 
L'original du vers cité est : 

Les sots sont ici-bas 

Ce vers très-connu manque effective- 
ment dans Y Esprit des autres d*Ed. Four- 
nier. — Maintenant, je demande aussi 
quel en est Tauteur et où se trouve, pour 
la première fois, la variante indiquée par 
M. V. G.? E. M. 

— Primitivement : « Les sots sont ici- 
bas » Telle est répigraphe de l'opus- 
cule intitulé : Le Pot- Pourri, étrennes 
aux gens de lettres. Londres, i777,in-i2. 
Un auteur, dont j'ai oublié le nom, et qui 
écrivait vers 1740, attribue ce vers à Mo- 
lière. H. DE l'Isle. 

— Je devrais me taire, puisque je ne sais 
pas d'où vient ce vers ; mais ne peut-on 
pas rappeler qu'il y en a un dont il n*est 
sans doute que la parodie : 

Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs ? 

Celui-ci, au moins, qui est de Gresset, 
dans le Méchant, a une apparence de jus- 
tesse^ sinon de générosité ; l'autre n est, 
ailleurs que dans les féeries, qu'une con- 
tre-vérité. Aszt. 

— Ce vers n'est qu'une parodie. Le vé- 
ritable, qu'il défigure par la substitution 
d'un mot, est celui-ci*: 

Les sots sont ici bas pour nos menus plaisirs. 

C'est, comme tant d'autres, Gresset qui l'a 
fourré dans sa comédie du Méchant^ qui 
n'a jamais mieux justifié son titre. Il s'y 
trouve à la scène i^ de l'acte II. Il a été 
oublié dans les premières éditions de rJE^^- 
prit des autres^ mais il ne le sera pas dans 
la prochaine, qui ne tardera guère. Ed. F. 

On n'est jamais si bien (VIII, 739). 

— Saiduarig m'a tout l'air d'un homme 
qui aurait, sans le savoir, perpétré le sus- 
dit vers. Ne serait-ce pas, d'ailleurs, une 
réminiscence variée de maître Jeannot de 
Lafontaine, lequel a dit : 

Il n'est meilleur ami ni parents que soi-même, 

Jacques D. 

— Collin d'Harleville fait dire à son 
Inconstant (acte II, se. 3) : 

\ Mon^ système 

Est qu'on serait heureux de se servir soi-même. 



C'est bien la même idée, mais pas assez 
le même vers. O. D. 

Henrenz les peuples qni n'ont pas 
d'histoire 1 (VIII, 739). — J'ai entendu 
dire que cette pensée, ainsi formulée, n'est 
pas la vraie. Fénelon, m'a-t-on dit, a écrit: 
Les peuples heureux n'ont pas d'histoire. 
Mais où i'a-t-il écrit ? Pierre Clauer. 

Tenir la chandelle (VIII, 739). —Cette 
expression est si bizarre ; la chandelle, si on 
ne la souffle pas, peut si bien rester sur quel- 
que meuble; et la présence d'un témoin est 
si peu requise alors, que je ne peux m'expli- 
quer le mot qu'en le supposant issu de 
quelaue excès, soit de la tyrannie féodale, 
soit ae la violence soldatesque. Cette idée 
pouvait bien venir à ceux qui enfermaient 
le mari dans un coffre, sur lequels ils fai- 
saient ensuite placer la femme. Et Pogge, 
en racontant l'histoire d'un mari et d'une 




_ peut-être donné naissance à rexpression 
a garder les manteaux », cousine de la 
nôtre. O. D. 



Un page de Madame (VIII, 744). — 
M. G. Brunet n'en dit mot. Il naquit à 
Metz, d'après Bégin {Biog, de la Moselle)^ 
et fut plus tard le roi Théodore. 

A. Benoit. 



Faire Chabrol (VIII, 



de pas bi 



. — Je crains 



aue M. P. le B. ne se rende pas bien compte 
de ce qu'il appelle faire chabrol. L'opé- 
ration consiste à verser, après avoir mangé 
la soupe, un peu de vin aans l'assiette, et 
à s'en servir comme d'un verre. Les pay- 
sans, fort économes comme chacun sait, 
n'avaient guère de verres autrefois... Même 
aujourd'hui, l'écuelle classique, inconnue 
dans les villes, remplace encore avanta- 
geusement l'assiette et le verre, et se rem- 
plit successivement de soupe, de bouillie, 
et de piquette, voire même d'eau claire. 
Dans les classes élevées ne sert-on pas, 
après le potage, du Barsac, du Sauterne, 
du Zucco, ou enfin l'éternel et peu authen- 
tique Madère? Je ne comprends pas l'ex- 
pression « affreux breuvage. » En ma qua- 
lité de Béarnais, j'ai assisté bien des fois 
à cette opération. Cela s'appelle en Gas- 
cogne, a faire la Goudale. » A Blaye, on 
dïi faire chabrok, et non chabrol. Je se- 
rais curieux (s'il n'y avait pas d'indiscré- 
tion) de savoir comment mon honorable 
collègue qualifie le a lièvre » ou le o che- 
vreuil aux confitures de groseille » de nos 
voisins d'outre-Rhin, et la tarte à la rhu- 
barbe anglaise. Qu'il y réfléchisse, et je 
crois qu'il conclura, avec moi, que l'usage 
du chabrol est fondé tout simplement sur 
la pauvreté. Garané. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



25 



[lo janv. 1876. 



26 



— Cet usage n*est pas seulement particu- 
lier aux Auvergnats et aux Limousins ; en 
Gascogne il est fort répandu chez les cul- 
tivateurs, ouvriers et domestiques (c'est 
chez ces aerniers que je Tai observé le plus 
souvent). Après avoir mangé la soupe, ils 
mêlent au bouillon, qui est la partie claire 
de celle-ci, quelle qu'elle soit, restée dans le 
fond de Técuelle, un peu de vin. Cette pré- 
paration, peu engageante, se boit à Fé- 
cuelle, et est appelée a boire au chabrot.» 
(je n'ai que l'orthographe phonique"!. Ceci 
paraîtrait donner, comme origine ae l'ex- 
pression, un terme désignant l'écuelle à 
soupe; reste à savoir si chabrot, dans ce 
sens, existe dans un dialecte quelconque. 

F. P. Mac-Rebo. 

Larmes de crocodile (VIII, 740). — 
Cette expression s'emploie dans le sens 
de larmes versées hypocritement et dans 
le but de duper quelqu'un (et non point, 
cher M. Said., dans le sens d' « attendrir 
une victime ». Voy. dans Florian, la jolie 
fable du Crocodile et de r Esturgeon 
(Livre V% fable 11) : 

Malheureux ! manger un enfant! 
Mon coeur en a frémi; j'entends gémir le vôtre... 
—Oui, répond Passassin, je pleure, en ce moment, 

De regret d'avoir manqué l'autre. 

Ulr. 

Pantre (VIII, 740). — Pantrcy ouPante, 
est un mot de l'argot des voleurs devenu 

i)opulaire et adopté, non-seulement par 
es maçons, mais par presque tous les ou- 
vriers de Paris. Il signifie a bourgeois » et, 
entre parenthèses, « facile à duper. » Voy. 
le Dictionnaire d'argot de L. Larchey, qui 
fait de Pante et de Pantre les formes 
abrégées de Pantinois, de Pantruchois, 
autrement dit Parisien de Pantin. — Paris. 

AszT. 

— Alfred Delvau (Dictionn. de la lan- 

f'uê verte, 2« édit., 1867), à la définition 
u mot Pantin, a nom de ville signifiant 
Paris », ajoutait ceci : — « On dit aussi 
Pantruche. » « Pantin, dit Gérard de 
Nerval, c'est le Paris obscur. Pantruche, 
c'est le Paris canaille » (p. 348). 

— Pourquoi cet autre mot Pantre 
(dans l'argot des susdits ouvriers maçons 
et terrassiers, — provinciaux pour la plu- 
part) ne serait-il pas une simple abrévia- 
tion de Pantruchois, c'est-à-dire Parisien, 
habitant de Pantruche (Paris) ? Ulr. 

La Contemporaine (VIII, 742). — Voici 
la légende qui accompagne la gravure au 
trait, par J.-M. Fontaine, du marbre de 
Lemot; La Contemporaine à 19 anSy 
marbre sculpté par Lemot, en 1797, à 
Chaillot, chez le général Moreau. Exposé au 
Salon de 181 2, sous le titre de la Femme 



endormie, — Cette gravure a fait partie 
d'une édition des Souvenirs de ladite^ 
ainsi qu'une autre, d'après Devéria, repré- 
sentant /a Cowfempor^iVie en 1829. Celle-ci 
est habillée. Quel chapeau! Aszt. 

— Je ne sais où se trouve la statue à 
demi couchée, et assez peu vêtue, d'Elze- 
lina Van Aylde Jonghe, dite Ida Saint- 
Edme, ou El me, dite la Contemporaine; 
mais il en existe un dessin au commence- 
ment d'un vol. de ses Mémoires. A. D. 

Une odeur de ravet (VIII, 745). — Ra- 
vet se trouve dans les anciens diction- 
naires. C'est le même insecte que le can- 
crelat, ou puant, trop commun, à ce qu'il 
paraît, sur les navires. O, D. 

— Les créoles d'Amérique ont l'habi- 
tude de désigner par ce nom le cancrelas, 
insecte noctambule qui est loin de parfu- 
mer les endroits qu'il fréquente. A. H. 

— Nom vulgaire du cancrelas (Littré). 
La blatte, ou cancrelas, est un insecte fort 
puant. E.-G. P. 

Jules Verne (VIII, 746). — Oui, Jules 
Verne est descendu des Olszuvic, comme 
Restif de la Bretonne est descendu de Per- 
tinax. — La vérité est que Jules Verne est 
né à Nantes, que son père y exerçait, avec 
honneur, la profession d'avoué, et demeu- 
rait rue Jean-Jacques. Lui-même, venu 
jeune à Paris, a fait, d'abord dans un ca- 
binet d'agent de change, et ensuite pour 
son compte, des affaires de bourse qu'il a 
abandonnées, puis reprises momentané- 
ment en 1871, alors que la littérature don- 
nait peu. Il s'est marié à Amiens avec 
Mme veuve Morel, née de Viane, et c'est 
là qu'il passe la plus grande partie de son 
temps, Quand il n'est pas sur son embar- 
cation, louvoyant et cabotant le long de 
nos côtes. Rien de plus français, on le voit, 
que sa vie, ses alliances, etc., et si un de 
ses frères (car je crois que M. Verne père 
avait trois, quatre ou cinq 'enfants) de- 
meure à Plock, soyez persuadé qu'il n'a 
pas renié le nom de l'honnête homme qui 
le portait, de l'honnête homme doublé 
d'un homme de cœur et de talent qui le 
porte encore. Mathanasius. 

— Malgré la prétention, plus ou moins 
ingénieuse, des journaux de Pologne, 
J. Verne, né à Nantes, est parfaitement 
français. Son frère, Paul, habite encore 
cette ville et n'a jamais mis les pieds à 
Plok (ou plutôt Piock). — La Vistule ne 
serait-elle qu'une Garonne du Nord? 

A. H. 

Un plan historique (VIII, 748). — Ce 
Plan a bien été publié, mais sous forme 
de complainte. C'est ainsi, du moins, que 
je l'ai vu en 1871, dans un supplément du 



N- 184.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



27 



28 



journal le Grelot (Poésie et Musique, 
in-fol. illust,) intitulé : Le Plan de Tro- 
chu, seule histoire vraie du siège de 
Paris, Cette complainte devint alors très- 
populaire. Voici l'un des premiers des 
trente couplets, qui la composaient : 

Quand sur du beau papier blanc. 
Il eut écrit son affaire, 
II courut porter son plan 
Chez Maître Ducloux, notaire. 
Ref*. C'est là qu'est Tplan de Trochu, 
Plan, plan, plan, plan, plan, 
Mon Dieu ! quel beau plan ! etc. 

L'une des Illustrations qui encadrent le 
texte, représente le Général, travesti en 
a lingère », debout, devant une carte 
étendue, un « fer à repasser » à la main, 
et... repassant la Marne. Ulr. 

L'Imprimerie des Enfants ÂTengles (VIII, 
75o), — Doctus cum libro optimo : « Ce- 
pendant l'espoir conçu par Valentin Haûy, 
que le roi prendrait 1 Institution (des jeunes 
aveugles) sous sa protection ne fut pas 
réalisé; elle restait toujours à la charge de 
la Société philanthropique, et avait été, 
pour cause d'agrandissement, transportée 
rue Notre-Dame-des- Victoires, dans l'es- 
pace qui s'étend aujourd'hui derrière la 
course. On y ouvrit une imprimerie ordi- 
naire, qu'il fallut bientôt fermer, car elle 
coûtait plus qu'elle ne rapportait, et l'on 
ne conserva que les ateliers où se faisait 
l'estampage des caractères en relief.... » 
(Maxime Du Camp, Paris, etc., t. V, p. 228 : 
Les Jeunes Aveugles. P. c, c, F, N. 

Le Prussien Royomir (VIII, jSi). — 
Faut-il être si vieux pour se souvenir que, 
vers 1860, il fut question comme d'un fait 
authentique de l'existence d'un certain 
Royaumir ou Royomir, qui faisait mûrir 
les raisins par la seule chaleur de son re- 
gard ? Z. 

— Cette légende d'outre-Rhin (qui est 
moderne) attribuait aux yeux de Royomir 
le merveilleux pouvoir de faire mûrir les 
raisins sous 1 action de leurs rayonne- 
ments. A. H. 

Légendes, formules, etc. (VIII, 752 ; II, 
322, 470, etc.).— Un instant, s'il vous plaît ! 
Dussé-je plaider jusqu'en cassation, je ré- 
clame aussi pour notre cité parisienne le... 
petit ciseau d'or et d'argent. Ce n'est pour- 
tant pas que bien des oreilles n'aient eu à se 
plaindre du mignon outil. L'entendez- 
vous d'ici : Do, ré, mi, fa, sol, fa, mi, ré... 

Heureux ceux qui ne connaissent pas 
cet exercice de doigté de bon nombre de 
nos bébés femelles 1 

Petit cîseau d'or et d'argent, 
Ta mèr' t'attend au bout du champ, 
Pour y manger du lait caillé 
Où les souris ont barbotté. 



C'est, on le voit, le peuple souriquois 
qui remplace la gent empennée dans son 
œuvre plus que louche. Jacques D. 

Paméla d'Orléans (VIII, 754). — Cette 
femme était fille du gouverneur des en- 
fants du duc d'Orléans et de Ph. Egalité. 
Rien d'étonnant que les Mémoires du 
temps en parlent, mais Bouillet ?... 

A. B. 

— Il est à peu près certain, malgré tout 
le mystère qu'on a fait autour de sa nais- 
sance, qu'elle était fille du duc d'Orléans 
et de M™« de Genlis. Lord Edward Fit2 
Gérald ne l'épousa même, dit- on, qu'à 
raison de cette origine. Ils se séparèrent 
assez vite ; et, quand il fut mort, Paméla 
se remaria avec un consul américain, 
M. Pitcairn. Ses derniers jours furent aaeez 
errants : elle vécut tantôt à l'Âbbaye-auz- 
Bois, tantôt chez M. Auber, père de l'il- 
lustre compositeur, et plus souvent à l'hô- 
tel garni. Elle y devait mourir. En nov. 
i83i, la mort la surprit à l'Hôtel du Da- 
nube, rue de la Sourdière. Eo. F* 



tfUé Haydée, dite Aissé (VIII, 768}. — 
Est-ce d'après une autorite bien compé- 
tente que M. C. D. S. propose ce 
changement d'un nom si connu? A la vé- 
rité, )e crois bien qu' Aïssé non plus n'est 
pas du turc bien pur, mais ce doit être, au 
fond, le même nom que portaient l'épouse 
favorite de Mahomet, la mère de Boabdil, 
et probablement beaucoup d'autres dames 
arabes, turques et mauresques. Peut-être 
même vient-il de celui que les Musulmans 
donnent à Jésus-Christ, que l'on sait 
qu'ils révèrent presque à l'égal de Maho- 
' met. Dans nos traductions de contes 
orientaux, on trouve Issa, Isa, Ica, et 
Pétis de la Croix, dans les Quarante visirs^ 
écrit Aysa. O. D. 

Intermédiairiste (IX, 5). — Sans pro* 
tester, en principe, contre ce néologisme 
(qui n'était peut-être pas indispensable, 
mais que Tusage restreint auquel il pent 
servir range presque dans la classe des 
termes techniques), j'y voudrais une petite 
modification : le retranchement d'une 
seule lettre, Intermédiariste, — Si je ne 
me trompe, les mots français dérivés d'un 
autre mot terminé en aire perdent la lettre 
i. Ainsi, littéraire fait littérature; notaire» 
notariat; séminaire, séminariste; salaire, 
salarié; solidaire, solidarité; pair, pa- 
rité, etc. Je sais bien qu'on peut m 'oppo- 
ser libraire et librairie, grammaire et fiTtf m- 
mairien ; mais je crois que le nombre, et 
surtout le génie de notre langue, est pour 
Tautre formation. U Intermédiaire a sou- 
vent prouvé qu'il tient à la correction du 
langage, et il a raison, bien que ce soit iâ 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



(lo janv. 1876. 



29 



3o 



une chose à peu près tombée hors d'usage. 
Sauvons-en, du moins, le plus possible, 
en donnant l'exemple ; quand nous hasar- 
dons un néologisme, tâchons de le faire 
aussi français qu'un néologisme peutTétre. 
A ce propos, constatons la naissance 
d'un petit nouveau, la Société des Colom- 
bophiles. Les fondateurs ont, sans doute, 
voulu dire qu'ils aiment les colombes, ils 
ont dit, en réalité, gu*ils sont aimés des 
colombes. A la vérité, ils ont pour eux 
l'exemple de la Société Œnophile, et ce 
qui est plus triste, celui de la Société des 
Bibliophiles, Ceux-là étaient peut-être 
excusables, mais ceux-ci devaient connaître 
le mot Philobiblion^ ami des livres. 

Frédéric Lock. 



S. P. Q. R. (IX, 9). — Elle ne date 
point d'hier, comme vous allez voir. Il 
arrive assez souvent qu'on pose ici des 
questions déjà posées et suivies de répon- 
ses; mais cela amène parfois des répli- 
ques complémentaires utiles. Or, la ques- 
tion de M. Saiduari^ se trouve avoir été 
posée, il y a cent soixante et onze ans, 
dans le n® de juin 1704, page 58, de r In- 
termédiaire df'alors, publié par Tabbé Bor- 
delon (voir ce que nous avons dit de cet 
arrière-grand-oncle, III, 386-388), et peut- 
être sera-t-il difficile d'ajouter quelque 
chose de neuf à la réponse qui s'y trouve 
jointe. Voici donc question et réponse : 

a QuEST. Quelles sont les différentes in- 
terprétations qu'on a données de ces quatre 
lettres S. P. Q. R. ? 

a Rép. Les Sabins les mirent sur leurs 
étendards, et elles signifiaient : Sabino 
Populo Quis Resistet ? Les Romains leur 
répondirent par cette interprétation : Se- 
natus Populus Que Romanus. Les sibylles 
les interprétoient ainsi de Dieu : Salva 
Populum Quem Redemisti. Les catholi- 
ques les ont interprétées en faveur du 
pape : Salus Papœ Quies Regni, On les 
mterpréta ainsi sous Henri VIII, roi d'An- 
gleterre, sur l'aversion qu'il avait pour le 
pape : Sublato Papa^ Quietus Rex, Quel- 
ques-uns les ont interprétées en se mo- 
quant des Goths, qui se rangeoient du 
côté des Romains : Stultus Populus Quœ- 
rit Romam. Un précepteur, parlant des 
enfants, disoit : Sapientes Pueri Quam 
RariJ Un régent de l'Université ayant ri 
dans sa classe, malgré sa gravité, de quel- 
que plaisanterie, et voyant que ses éco- 
liers faisoient grand bruit, en riant aussi 
bien que lui, leur dit : 5. P.Q,R. (Silete^ 
Pueri, Quando Rideo!) On les interpréta 
ainsi de la sainte Vierge, refuge des pé- 
cheurs : Scelera Punienti Quis Resistet ? 
Sancta ParenSy Quando Rogat. Un rail- 
leur les interpréta ainsi d'un jeune homme 
qui ne pouvait jamais rien faire sans être 
soufflé par quelc^ue pédant : Sine Pœda- 
gogo Quam Ridiculus ! Un rieur, entrant 



dans la chambre d'un pape nouvellement 
créé qu'il trouvoit fort gai, lui dit : Sancte 
Pater ^ Quare Rides? Le pape lui répon- 
dit, en rétrogradant les quatre lettres ; 
Rideo Quia Papa Sum, — Les François 
disaient : S. P. Q. R. iSi Peu Que Rien. 
— Un grand mangeur de soupe : Sans 
Potage Qui Riroit ? — Un dévot zélé, 
parlant contre l'impiété du siècle et se 
plaignant du petit nombre des personnes 
i véritablement attachées à la religion : 
Sunt Pauci Quam Religiosi ! — Quelques 
députés ayant harangué un roi pour le 

f)ner d'ôter les impôts qu'il avoit mis sur 
eur province, il leur répondit, en leur 
montrant les quatre lettres S, P, Q. R, 
dans un tableau : Sine Pecunia^ Quid 
Rex? — Le médecin anglais, ennemi de 
la saignée, disoit : Sang Perdu^ Quon Ré- 
pand! — On dit des cautions: S. P. Q. R. 
Souvent Paye Qui Répond. » 

%r0UDailU0 tt Cnrioeité^» 

Garicatnres contre le Christ. — Dans 
son Histoire de la Caricature {PsltïSj De- 
lahays, 1875), M. Wright, à la page 36, 
donne le dessin d'une caricature, trouvée 
à Rome, vers 1857, sur une maison du 
Mont Palatin, et qui représente un homme 
à tête d'âne attaché à la croix. Au bas, un 
personnage dans la posture de l'adoration. 
Le sujet est expliqué par cette inscription 
en grec : Alexamenos sebete (pour seoetai) 
Theon (Alexamenos adore Dieu). 

Dans le 16* paragraphe de VApologé" 
tique de Tertullien (trad. de l'aobé de 
Gourcy), je lis : « Depuis peu on a fait pa- 
raître notre Dieu dans cette ville, sous une 
forme nouvelle. Un de ces hommes qui se 
louent pour combattre contre les bêtes a 
exposé un tableau, avec cette inscription : 
Le Dieu des chrétiens, race d'ane. Il y 
étoit représenté avec des oreilles d'âne, un 
pied de corne, un livre à la main et vêtu 
de la toge. Nous avons ri et du nom et de , 
la figure ; mais;^ dans le vrai, ce monstre 
était le dieu qui convenait parfaitement à 
ceux qui adorent des divinités avec des 
têtes de lion et de chien, des cornes de 
chèvre et de bélier, boucs depuis les reins, 
serpents depuis les cuisses, portant des 
ailes au dos et aux pieds (i). 9 

( I ) Voici le texte : a Nova jam Dei nostri in 

ista proxima civitate editio publicata est, ex 

quo quidam frustrandis bestiis mercenarius 

noxius picturam proposait, cum ejusmodi 

inscriptione : deys christianorvm onochoetes. 

Is erat auribus asiniis^ altero pede ungulatus» 

librum gestans et togatus. Risimus et nomen 

et formam; sed illi debebant adorare statim 

biforme numen, quia et canino et leonino ca- 

pite commistos, et de capro et de ariete cor- 

i nutos, et a lumbis hircos, et cruribus ser- 

I pentes, et plantis vel tergo alites, deos rece- 

• perunt. » 



N» 184.] 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [10 janv. 1876. 

3i 32 

dol, on a rappelé qu'il avait dû sa première 
notoriété à la jolie charge qu'il avait inti- 
tulée ; Prévost, par Hadol. 

Ceci m'a rappelé un billet familier, auto- 
graphe curieux, qui a même son impor- 
tance officielle depuis que tout l'état civil 
parisien a été brûlé de lond en comble ea 
1871 et qu'il a été si mal restitué, car il 
s'agit d'une notification de naissance por- 
tant le timbre de la poste. Je copie : 

Mimi ! Mîmi ! Je t'attends, viens. Nous pour- 
rons causer de nos douleurs. Après quarante 
heures de souffrances, j*ai fait un garçon. Je 
f avais promis de décrire et tu vois que je 
tiens ma promesse. Bonjour à ton mari. 

Ce 12. L. Paradol. 

Adresse : 

Madame Menjaud^ 
Sociétaire du Théâtre français. 

Au TTiédtre, rue de Richelieu. 

Timbre de la poste : 12 août 1829. 
(Notre sotte coutume des enveloppes, qui 
ôte aux lettres toute date certaine, n'était 
pas encore établie.) 

On sait que le charmant et spirituel 
écrivain, mort si malheureusement à 
Washington en juillet 1870, était Prévost 
par son père, et Paradol par sa mère. 
M. Prévost, officier du génie, avait épousé 
Madame L. Paradol, sociétaire de la Co- 
médie-Française, qui a marqué dans la 
tragédie, surtout par sa beauté. S. D. 



Les détails de la caricature diffèrent de 
ceux du tableau ; mais l'idée est la même. 
Ce rapprochement m'a paru curieux. Le 
tableau ayant été exposé en Afrique, où 
TertuUien habitait, faut-il, dans le type 
de l'âne appliqué au Christ, voir uneVé- 
miniscence de la croix que forment, sur le 
dos de l'âne, des poils noirs, et qui, dans 
les hiéroglyphes, avait la double signi- 
fication de l'âne et de la divinité ou de 
l'âme? De l'Afrique, l'idée serait venue ai- 
sément à Rome. 

La traduction, donnée par l'abbé de 
Gourcy, des mots que j'ai soulignés dans 
le texte de TertuUien ne me satisfait pas. 
Le texte ne me semble pas indiquer que 
celui qui montrait ce tableau fût un de ces 
hommes qui se louaient pour combattre 
les bêtes féroces. Le mot/rustrare signifie 
tromtfer, abuser, et non pas combattre; 
et, s il faut prendre le mot bestiis dans le 
sens, propre, je ne vois pas quel rapport il 
peut y avoir entre les deux mots. Isoxius 
signine nuisible^ vaurien^ et n'a le sens de 
coupable^ d'ailleurs inapplicable ici, que 
lorsqu'il est accolé à un acte déterminé. 
Je crois donc qu'il faut traduire ainsi : Un 
misérable mercenaire^ pour abuser les 
^^fe5 (les niais, les imbéciles). TertuUien, 
qui joignait volontiers d'amères railleries 
aux accents indignés, a bien pu jouer sur 
les mots et prendre celui de bestiis au 
figuré, comme nous le faisons en français. 
Les dictionnaires donnent mala bestia 
(méchante bête) comme une injure, et 
citent Plante, mais sans indiquer dans 
quelle comédie se trouve le passage, que 
je n'ai pu rechercher. Quelque vraisembla- 
ole que me paraisse mon interprétation, je 
n'afnrme rien et la soumets aux latinistes 
de ï Intermédiaire. E.-G. P. 



Une descendante d'Agrippa d*Anbigné. 

— a En passant ensuite dans le village de 
Bevillara, on apprend avec plaisir que 
cette paroisse et son annexe Sorneton, qui 
en a été détachée dès lors, ont eu pour 
pasteur, au commencement de ce siècle, 
un cousin de Madame de Maintenon : il 
s'appelait Samuel d'Aubigné et était petit- 
fils au fameux Théodore-Agrippa. Sa cou- 
sine essaya, à diverses reprises, de le rame- 
ner en France, et dans la communion ca- 
tholique, par les plus brillantes promesses, 
mais la voix de l'honneur et de la con- 
science l'empêcha d'écouter celle de l'am- 
bition. Sa petite-fille vit encore dans la 
Prévôté (de Moutiers), et, dans sa vieil- 
lesse, elle est l'objet de la bienfaisance de 
l'Etat de Berne, qui lui a assigné une pen- 
sion. (BRmEL, Course de Bâle à Bienne 
par les vallées du Jura. Bâle, 1789, in-8, 
p. 143.) P, c. c. : A. Benoit. 

Prévost, par Ha^dol. — A propos de la 
ïnort récente du spirituel dessinateur Ha- 



Les Arènes de la me Honge. — On dé- 
molit en ce moment le carcer sud de ces 
Arènes, retrouvées en 1870, et perdues 
pour la ville de Paris, par suite de cette 
imbécillité administrative et gouverne- 
mentale, qui laissait alors aller à la dérive 
la nef municipale et politique, qu'elle 
devait bientôt, hélas! pousser aux abî- 
mes Le terrain en bordure sur la 

rue s'était trouvé réservé, lorsque la 
Compagnie générale des Omnibus éta-blit 
sur le reste des écuries et un dépôt; on va 
y monter une construction en façade. 

« C'est pourtant là (nous disait Prosper 
« Mérimée, en juin 1870) le berceau de 
« notre Lutèce et de son premier municipe ! 
a J'avais toujours pense qu'on ferait un 
« jour cette découverte, mais elle tombe 
a mal ! Allez donc essayer de faire corn- 
a prendre là l'intérêt réel qui s'y atta- 
a che ! » ajoutait-il, en désignant du geste 
les Tuileries. C. R. 



Le gérant, Fischbacheh. 



Paris.— Typ. de Ch. Meyrueîs, ï3, rue Cujas.— 1876. 



Noittéro 185 



Chêrthg»9t 
«OM IrotfvfTf*. 




n M faut 



iS jm. 1876 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, V^OTES and QUERIES français.) 



33 



34 



Histoire de France. — Questions 
et réponses hors cadre. 

L'éTasion de Louis XVI et de Marie- An- 
toinette, en 1791 JVIII, 257; IX, i).— 
Je ne crois pas que le moindre doute puisse 
être élevé contre les pièces que vous 
avez publiées. Elles dévoilent ce que Ton 
savait par induction et ce qui ressortait de 
toutes les preuves convergentes que Ton 
a réunies. La famille royale, ayant gagné 
Montmédy, se plaçait au milieu de Tarmée 
du marquis de Bouille, et le roi essayait 
de traiter, de puissance à puissance, avec 
TAssemblée. Si, comme tout le fait sup- 
poser, les négociations entamées parla 
souveraineté royale étaient reçousséespar 
Ja souveraineté nationale, le roi, sa famille. 
Bouille, Tarmée de Metz franchissaient la 
frontière, se réunissaient aux Impériaux 
rassemblés dans le Luxembourg, et péné- 
traient en France pour « étouffer la ré- 
volte et rétablir l'autorité. » Quelle eût 
été rissue de ce projet ? Nul ne peut le dire ; 
mais que ce projet ait existé, il est diffi- 
cile de ne pas le croire lorsque Ton se re- 
porte aux correspondances que Marie-An- 
toinette entretenait avec Mercy d'Ar- 
genteau et qui ont été publiées par le che- 
valier A. d'Ârneth. Dès le 26 mars 1792, 
elle livre le plan de campagne et le sort de 
la France : « M. Dumouriez, écrit-elle, ne 
doutant plus de l'accord des puissances 
par la marche des troupes, a le projet de 
commencer ici le premier par une attaque 
de Savoie et une autre par le pays de 
Liège; c'est l'armée de La Fayette (jui 
doit servir à cette dernière attaque. Voilà 
le résultat du Conseil d'hier ; il est bon de 
connaître ce projet pour se tenir sur ses 
gardes et prendre toutes les mesures con- 
venables, éelon toutes les apparences, cela 
se fera promptement. » Déjà elle avait 
écrit à Fersen et à Mercy : a La meilleure 
manière de nous servir est de bien nous 
tomber sur le corps. » Ceux qui étaient 
animés de sentiments pareils, allaient droit 
vers l'étranger, sans hésitation^ sans scru- 
pule, en vertu d'un droit qu'ils croyaient 
supérieur à tous les principes issus de la 
Révolution. 

Lorsque la tentative de Varennes eut 
échoué, grâce à la légèreté, à la folie pré- 



somptueuse, à l'incurie inexcusable de 
ceux qui la airi|èrent; lorsque ce voyage, 
qui peut-être eut sauvé la vieille royauté, 
et qui, en réalité, ne sauva que le coiffeur 
Léonard, vint aboutira son point de dé- 
part, Siu Château-Prison des Tuileries, la 
reine ne se fait plus illusion ; elle sent 
qu'elle ne peut échapper à un sort horri- 
ble que par un effort énergique des puis- 
sances étrangères, et elle écrit, le 4 juillet 
1792, une lettre qui ne doit pas être ou- 
bliée : « Tout est perdu, si on n'arrête les 
factieux par la crainte d une punition pro- 
chaine. Il serait nécessaire qu'un mani- 
feste rendît l'Assemblée Nationale et Pa- 
ris responsablesdes jours di^ roi et de ceux 
de sa famille. » Ici les dates ont une im- 
portance exceptionnelle. La lettre est du 
4 juillet ; elle fut adressée à Mercy, qui 
résidait à Bruxelles ; elle fut expédiée très- 
probablement au duc de Brunswick, qui se 
trouvait à Coblentz : le manifeste de ce- 
lui-ci est du 25 juillet et reproduit presque 
textuellement les expressions de ht lettre 
de Marie-Antoinette. Ce manifeste fut-il 
rédigé par Brunswick ? Fut-il simplement 
signé et approuvé par lui ? Il est bien diffi- 
cile de le savoir. Peut-être M. Albert So- 
rel, qui vient de publier de si curieuses 
révélations, dans le premier numéro de la 
Revue historique, sur la mission de Cus- 
tine près de Brunswick, pourrait-il éclair- 
cir ce point douteux. 

Quoi " 
présent, 
pour * 
au 

les correspondances secrètes, mises au 
jour depuis une vingtaine d'années, sem- 
ble prouver que, dans le fameux Voyage 
de Varennes y Montmédy pouvait être une 
étape, mais que le but réel, important et 
politique était ailleurs, — au delà des 
frontières. R. T. F. 

Belles-Lettres — Philologie — Beaux-Arts 

— Histoire — ARcnéoLOGiB — Numismatique 

— Epigraphie — Biographie — Bibliographie 

— Divers. 

Un vers étrange de Domergue. — Dans 

■ laquelle des traductions publiées par le 

TOME IX. — 2 




N« 185.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



35 



36 



grammairien Domergue, membre de l'In- 
stitut (i 745-1810), se trouve donc ce vers 
fameux, écrit en parlant de Scylla : 

Dont le pubis est ceint de monstres aboyants, 

vers que cite (à Tarticle Dombroue), mais 
sans lui assigner sa place, la Biogr, des 
Contemp. de Rabbe, Boisjolin et Sainte- 
Preuve (i836)? Ulr. 

L'eapôrance est une grande lâcheté. — 
C'est un mot que j'ai entendu attribuer à 
Chamfort, mais je ne l'ai pas rencontré 
dans ses Œuvres. Quelqu'un a-t-il été plus 
heureux que moi? P. R. 

lien ne rènssit comme le succès. — Ce 

mot est attribué à M«n« de Staël. Sait-on 
Tendroit où elle l'a dit? Chamfort a un 
mot analogue dans ses Maximes et Pen» 
sées, ch. VII. — « Les succès, dit-il, pro- 
duisent les succès, comme l'argent produit 
l'argent. » Ce passage était déjà très-heu- 
reux de concision; dans celui que je cite, 
on a trouvé moyen de surenchérir encore. 

P. R. 

Les femmes et les côtelettes. — Qui 

donc, le premier, a émis cet impertinent 
axiome : « Les femmes sont comme les 
côtelettes; plus on les bat, plus elles sont 
tendres? » Saiduarig. 

Peut- on dire jongleur, jongler?— Le 

traducteur de V Histoire de la caricature 
et du grotesque de Thomas Wright, 
M. Octave Sachot, écrit jougleur, au lieu de 
jongleur. J'ai cru d'abord à une faute d'im- 
pression; mais le mot est si souvent repro- 
duit, que c'est évidemment un parti pris 
de néologisme. Peut-être M. Sachot veut- 
il reproduire l'étymologie : jugler, vieux 
français; —jM^/or, provençal; — jugleor, 
anglo-saxon ; — gioccolatore^ italien, du 
latin joculator. Jougleors se trouve dans 
le Roman de la Rose, Mais, dès le XV® 
et le XVI« siècle, la forme jongleur — 
jongler, est adoptée (voir Littréj. Je ne 
vois pas ce que le mot gagnerait à ce néo- 
logisme archaïque, ou, plus proprement, à 
cette correction. Qu'en pense- t-on à ï In- 
termédiaire? E.-G. P. 

Objets cnrieux envoyés de Malte par 
Bonaparte. — En faisant au Directoire, le 
3o prairial an VI (19 juin 1798), son rap- 
port sur la prise et l'occupation de Malte, 
le général en chef Bonaparte lui écrivait : 
o Je vous envoie une galère en argent. 
C'est le modèle de la première galère qu'a 
çue l'Ordre de Rhodes; ainsi cela est cu- 
rieux par son ancienneté. — Je vous en- 
voie un surtout de table venant de Chine. 
Il servait ^u grand-maître dans les gran- 



des cérémonies ; il est assez bien travaillé. » 
Qu'est devenue cette galère ? Qu'est devenu 
ce surtout chinois? oWt-ils au Louvre? 

Lji» Cet 0> 

Un portrait de H. de Latonche. — Dans 
l'intéressante Notice sur la Vie de H. de 
' Latouche, publiée par son neveu M. Ch. 
de Comberousse, en tête de la nouv. édi- 
tion de Clément XIV et Carlo Bertina^i, 
I vol. in- 1 2 , Collection Michel Lévy^ 1 867, 
je lis la note suivante, au bas de la page xlv: 
« Dans le médaillon en bronze ae David, 
fait après la mort de M. de Latouche, je 
ne le retrouve pas tout à fait. Un seul por- 
trait reste de lui : un crayon aux trois cou- 
leurs, possédé par M™« De Latouche, et où 
l'artiste avait admirablement saisi la vive 
et mobile physionomie du poète; je ne 
sais en quelles mains se trouve aujourd'hui 
ce portrait. » 

rïos confrères de l'Intermédiaire ne le 
sauraient-ils pas mieux, et ne pourraient- 
ils pas aussi nous dire, si ce rare portrait 
de H. de Latouche , dessiné aux trois 
crayons, a jamais été reproduit par la gra- 
vure ou la lithographie? Ulr. 



LePhysionotraoe. — Au commencement 
de ce siècle, un M. Chrétien, rue Saint- 
Honoré, en face de l'Oratoire, n® j.5, à 
Paris, fabriquait, à l'aide d'un procédé de 
son invention auquel il avait donné le nom 
de PhysionotracCy des portraits fort déli- 
catement exécutés, toujours de profil et 
dans un entourage circulaire. Les minis- 
tres de l'Empire, les généraux, les préfets, 
les maires des principales villes, tous les 
hauts fonctionnaires y ont passé. Ce pro- 
cédé est-il perdu ? Sait-on, au moins, en 
quoi il consistait ? 

Baron P. J. O. T. de Vorst. 

La belle Impéria. — On Ut dans le Me- 
nagiana, édit. de 171 5, t. IV, p. 53, quel; 
ques lignes sur la courtisane Impéria, qui 
me paraissent bien curieuses : « C'étoit le 
règne des savans (il s'agit du pontificat de 
Léon X) et des courtisanes, entre autres 
delà belle Impéria, tant louée par le Ban- 
del, dans sa 42^ Nouvelle de la 3« partie. 
Elle aimoit la poésie et les poëtçs. Phi- 
lippe Béroalde le jeune, qui étoit un de 
ses galans, fait, dans'une de ses Odes La- 
tines imprimées in-40 à Rome, l'an i53o, 
le dénombrement des bçaux esprits qui 
soupiroient pour la donzelle. Jaques Sa- 
dolet, depuis évêque de Carpentras et car- 
dinal, étoit un des plus favorisez. Bé- 
roalde, dans une de ses odes, en témoigne 
sa jalousie. La belle Impéria mourut, en 
l'avril de son âge , l'an 1 5 1 1 , et, par pri- 
vilège spécial, fut inhumée en terre sainte, 
comme l'atteste Jean Nevizan, liv. iv de 
sa For est nuptiale, n® 33, en ces termes : 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



3? 



(25 janv. 1876, 



38 



Vidi Romae, in capella S. Gregorii, sepul- 
chrum Imperiae meretricis, pulcrum et ho- 
norlâcum etiam pro una Regina, cui hoc 
erat epitaphium : Jmperia, cortisana Ro- 
manûf quœ digna tanto nomine, rarce in- 
ter homines formœ svecitmen dédit, vixit 
annos 26, dies 12. Obiit i5ii, die ib Au- 
gusti. Je vous copie exprès cette inscrip- 
tion, afin que vous preniez soin, étant sur 
les lieux, de vous informer si elle existe 
encore. » 

Peut-on ajouter quelques détails à ces 
renseignements, fournis par La Monnoye, 
sur la belle Impéria? Le passage que je 
viens de piter est tiré d'une lettre écrite de 
Paris, le i5 janvier 1712, et adressée par 
le savant académicien à une personne qui 
se proposait de faire un voyage à Rojpe. 

E». T. 



Labaronnie de Maubec. — C'était uae 
des 4 grandes baronnies du Dauphiné, 
Sise près de Bourgoin (Isère), il n'en reste 
plus nen. La commune de Maubec n*en a 
retenu gue le nom, et cependant de grands 
souvenirs s'y rattachent. Depuis la première 
famille qui a possédé ce nef, et dont on 
ignore le nom patronymique, il a passé 
entre les mains aes Boczosel, cies de Mont- 
laur, des d'Ornano, des d'Harcourt, et de 
Planelli de la Valette. — Son château a été 
démoli en 1790. — Salvaing de Boissieu 
{De l'usage des fie f$^ ^i,^^0 cite quelques 
lignes de la charte d'affranchissement oc- 
troyée, en 1291, par le seigneur de Mau- 
bec aux habitants de la baronnie; d'autres 
chartes avaient été données, en i357, par 
Marguerite d'Anduze de la Voulte ; en 1 498, 
par Hugues de Maubec; en 1473, par Fran- 
çois de Maubec. Des lettres patentes des 
ducs de Savoie, de i3i4, i333, i334 et 
1346, leur auraient accordé quelques pri- 
vilèges. — Je ne connais qu'un sceau des 
seigneurs de Maubec; il est d'Humbert, 
mort en i3o9; ^^ '^st appendu à un traité, 
aux Archives royales, àTurin. — J.-J. Rous- 
seau y a séjourné pendant 18 mois; de 
1768 à 1770; il habitait ia maison forte de 
Montquia. — Les origines du fief de Mau- 
bec étantinconnues, et tout portant à croire 
qu'elles étaient déjà difficiles à détermi* 
ner sous lancien régime, puisque les Etats 
du Dauphiné donnèrent provisoirement le 
3« rang des grandes baronnies à Maubec et 
à Bressieu, pour en jouir alternativement, 
serait-ii possible de trouver, dans ce fait 
que la même dénomination a été donnée 
à d'autres fiefs ou localités, un indice de 
nature à éclairer ses origines? Il y a des 
Maubec dans les Basses-Pyrénées, com- 
mune de Sedze; dans la Drôme, commune 
de Montélimart; dans Je Tarn-et-Garonne, 
dans le Vaucluse, dans le Puy-de-Dôme, 
dans la Manche; dans la Drôme, commune 
de Mercurols. L'Etat de la noblesse en 
1782, t. Il», p. 482^ parle de la dispersion 



d'une famille noble de Malbec, en Gévau- 
dan : serait-ce un membre de cette famille 
oui serait venu créer le fief de Malbec, ou 
Maubec. en Dauphiné? — Je serais très* 
reconnaissant envers mes confrères qui 
pourraient me signaler l'existence de quel- 
ques documents inédits sur ces divers ob- 
jets; des manuscrits, des dessins, delà cor- 
respondance, etc., rQh%l(% à i^histpire de 
cette localité, me seraient d'un grand se- 
cours, pour poursuivre ^ne étud^ sur l'an* 
cienne Baronnie de Maubec. 
(Lyon). BoucHONUs. 

Cordelière. — Je trouve dans le Maga^- 
sin pittoresque, année 1837, p. 11 3, à pro- 
pos de ce mot ; .0 Jadis on appelaij: aipsi 
« une ceinture que les reines de France 
« donnaient, comme décoration, aux fem- 
« mes titrées dopt Ja conduite était irré- 
« prochable. » Les ceintures ont été, de 
tout temps, fort en usage pour les femmes, 
pxk ce qui tient aux mœurs. Sans parler de 
la ceinture, dont un .exemplaire est con- 
servé au musée de Clunj, et que certains 
maris défiants employaient, clit-on, pour 
assurer la fidélité de leurs. épouses; nou§ 
avons encore la ceinture dorée qui distin- 
guait, à certaines époques, les femmes 
comme il en/^uU D'où le proverbe. — Je 
demande l'origine ^q tous ces usages. 

Saidùarig. 

Mariages inerganatiçnus. — r Sont-ils re- 
connus par l'Eglise et par la juricprudeace 
des diverses nations? A quelle époque ea 
trouve-t-on des traces? Quels sont ceux 
qui tiennent dans l'histoire une place rer 
marquable? £^ M. 



et 
est 



Cercle de9 Actuaires fr/sinçais. — Quand 
par qui a été fondé ce cercle? Quel en 
: le but, Tobjet, le programme? Je crois 

3u'il s'agit de statistique, et que ce sont 
es mathématiciens, en général, qui en 
font partie. On pourrait, à Paris, pour 
avoir des renseignements, s'adresser chez 
Gauthier- Villars, libraire de l'Ecole poly- 
technique, quai des Apgustins, 5i. 
(La Flièche.) E. C. 

La ce Minerve "> de l'Académie frança^ise. 

— On a pu lire, dans tous les journaux, il 
y a quelques mois, la petite nouvelle sui- 
vante : « L'Académie française, dans sa 
séance du jeudi i^^ avril, présidée par 
M. le baron de Viel-Castel, s*est prononcée 
pour l'adoption d'un modèle unique de la 
figure de la Minerve, gravée d'ordinaire 
sur le frontispice des publications offi- 
cielles de l'Institut. En même temps elle a 
décidé qu'elle s'en rapporterait à r Acadé- 
mie des beaux-arts pour le dioîx de ce 
modèle, conformément à la proposition 
qui lui avait été faite par M. Camille Dpu- 



N» i85.1 



L'INTERMEDIAIRE 



39 



40 



cet, au nom de sa commission administra- 
tive. » 

Sait-on exactement depuis quelle époque 
TAcadémie française a commencé à déco- 
rer de cet emblème le frontispice de ses 
publications ? Truth. 

Le baron de Flancey. — Dans une lettre 
de Corneille Agrippa, il est question du 
supplice du Baron de Fiancer (de Plan^ 
ceio). victime de l'ingratitude du roi (Fran- 
çois I«0« Qu'est-ce que ce baron de Plan- 
cey? 

Serait-ce Samblançay? P. 

Mort d*Armand de Gontand-Biron. — 
Dans la Revue Britannique d'août i835, 
on lit p. 465, qu'Armand Gontaud de Bi- 
ron, père de celui dont il est question dans 
ce numéro, est décédé le 24 juillet iSgz, 
au siège d'Epernay. — Ce n'est pas la pre- 
mière fois qu'on nous a donné ces rensei- 
gnements qui contiennent une double er- 
reur : i ° en ce qui concerne la date du 2 4 j uil- 
let. Les Documents publiés pour servir à 
rhistoire de France nous font connaître, 
p. 645 du t. II des Lettres de Henri IV, une 
lettre datée de Mareuil-sur-Ay du 10 juil- 
let 1 592, et adressée à son ambassadeur en 
Angleterre. Il lui donne quelques détails 
sur la mort de Biron tué la veille à ses 
côtés : c'est donc le 9 juillet qu'il est mort 
et non le 24. — 20 Ce n'est pas au siège 
d'Epernay; ce siège n'a commencé que 
le 24. Voir la correspondance qui est à la 
suite de la lettre du 10 juillet. A cette 
date, le Roi quittait son camp de Damay, 
s'en allant vers le levant; ses lettres sont 
datées de Mareuil, de Suippes, Sonmepy. 
C'est vers le 24 qu'il revient vers Epernay. 

Existe-t-il quelque histoire qui soit dans 
le vrai, en ce qui concerne ce récit de la 
mort de Biron ? 

Il y a , ànotre Bibliothèque, un manuscrit, 
suivant lequel Biron a été tué sur le terri- 
toire de Diry (rive droite de la Marne) au 
lieu dit le pré Dimanche. Le boulet a été 
tiré d'une tour dite la Tour du Collège, 
distante du lieu où Biron a été atteint, de 
5 à 600 mètres. (Epernay.) Louis. 

Félix Pyat « sacristain. » — Je trouve, 
dans une Correspondance adressée de 
Vevey au journal le Petit Marseillais^ 
des renseignements curieux sur quelques 
personnalités de la Commune qui habi- 
tent cette ville. 

Dans un passage de cette Correspon- 
dance, consacré à M. Maurice Lachâtre, 
l'auteur des Crimes des PapeSy du Die- 
tionnaire universel^ etc., et l'ami intime 
de M. Félix Pyat, — je remarque la phrase 
suivante, relative à ce dernier : 

a Avant de fuir, Pyat resta quinze mois 
à Paris, sacristain à V église St-Eustache. 



Cela est tout à fait inédit et absolument 
authentique ». 

Au nom des Saints-Thomas de V Inter- 
médiaire, je demanderais à connaître les 
preuves d^une authenticité aussi absolu- 
ment garantie? Truth. 

Uxellodimnm. — Est-on d'accord au- 
jourd'hui pour placer à Capdenac (Lot) 
VUxellodunum des Commentaires de Cé- 
sar ? Quel est l'état actuel de la question? 

Saiduarig. 

Sur on manuscrit d'Arnauld d'AndiUy. 

— Sainte-Beuve (PorN/^cy^û/, t. II, p. 25 1), 
après avoir mentionné les « intéressants 
Mémoires » d'Arnauld d'Andiliy, ajoute 
en note : a II avait, de plus, écrit des 
journaux très-dètaillés sur les événe- 
ments politiaues auxquels il avait assisté. 
M. Achille Halphen a publié, en 1857, 
un Journal inédit d'Arnauld d'Andiliy, 
de 1614 à 1620, tiré des papiers Conrart 
(manuscrits de l'Arsenal). Un autre journal 
de lui, et beaucoup plus considérable, 
commençant au i<' rév. 161 5 et s'arrêtant 
au 14 déc. i652, que M. Varin avait re- 
trouvé également dans la Bibliothèque de 
rArsènal, et qui ne formait pas moms de 
huit volumes in-40, a été égaré, par suite 
de la mort subite de ce bibliothécaire, qui 
avait négligé de le classer et de le ranger 
en son lieu. » Ce manuscrit a-t-il été 
retrouvé? S'il l'a été, comme je l'espère 
bien, nul ne songe-t-il à lepubher? 

Jacques de Montardif. 

Edition originale des a Annales » de 
Baronius. — Les Bibliographies s'accor- 
dent avec les Histoires littéraires pour 
indiquer, comme édition primitive des 
Annales ecclesiastici du cardinal César 
Baronius, celle qui parut à Rome, de 1 588 
à 1607, aux frais du Pape, en 12 vol. in- 
fol. Je désirerais la date d'impression de 
chaque volume et l'indication des années 
dont l'histoire s'y trouve renfermée. La 
Bibliothèque Nationale ne possède qu'un 
exemplaire, formé par l'assemblage de 
volumes de réimpressions diverses. Celui 
de la Bibliothèque de Marseille, plus ré- 
gulier, est, pour les premiers volumes, de 
Home, iSpS; le i" et le 2« volume sont 
qualifiés (fe 4* réimpression. 

(Romans.) O. Chevalier. 

« Mahomet second. » — Tragédie en cinq 
actes et en vers. Paris, Prault, 1739, in-8. 
D'après G. Sénac de Meilhan, l'auteur 
serait un nommé Gayot, subdélégué gé- 
néral de l'Intendant d Alsace, ensuite pré- 
teur de Strasbourg, et quelques années 
après, Intendant de la Guerre; il n'osa 
point risquer cette tragédie sous son nom, 
crainte de porter attemte à sa considéra- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[a5 janv. 1876. 



4ï 



42 



tion dans les aifaires, et la fit passer sous 
le nom de J. Sauvé de Lanoue, acteur 
célèbre, l'auteur de la Coquette corrigée, 
(V. Le Gouvernement, les mœurs, les 
conditions en France avant la Révolution 
édition Lescure, j). 169, à la note.) — 
Quérard, France Litt., t. III, p. 297, avait 
quelque idée de cette attribution ; a-t-elle 
été confirmée depuis? Eugène MûUer, 
directeur de l'octroi de Strasbourg, en 
parle-t-il, dans son ouvrage intitulé : Le 
Magistrat de la ville de Strasbourg, les 
Stettmeisters et Ammeisters de 1674 à 
1790, les Préteurs royaux de i685 à 1790, 
et Notices généalogiaues des familles de 
l'ancienne noblesse d Alsace, etc., Stras- 
bourg, 1862, in-i2? — L'auteur, mort 
en i865, doit donner les prénoms de 
Gayot dans la traduction fantaisiste, dit-on, 
de répitaphe de ce préteur. H. de l'Isle. 

Un romantique : Léon de Villeran. — 
Quelqu'un pourrait-il me donner des dé- 
tails sur l'auteur d'un roman, du genre fré- 
nétique, intitulé Le Marchepied (2 vol. 
in-80, Fournier, i833, avec grav. de Ca- 
mille Rogier), roman signé L^om de Ville- 
ran et dédié à Jules Janin? Un envoi 
manuscrit porte, sur mon exemplaire, la 
signature de Mangot de Villeran, Quel 
était ce romantique peu connu ? 

Candide. 

Accentuation grecque. — Dans l'Aver- 
tissement du Traité , élémentaire théor, 
et prat. de V accentuation grecque, jîar 
E.-P.-M. Longueville, traité qui est tiré 
de son Cours de thèmes grecs en 3 vol., 
je trouve ce passage : a Ce traité élémen- 
taire sera suivi prochainement d'un tra- 
vail plus étendu et plus complet sur les 
accents grecs, et destiné aux élèves des 
hautes classes et aux jeunes maîtres. 
D'autres travaux en retardent seuls Tim- 
pression. » Ce travail a-t-il paru? 

E. Deforêt. 

Pourquoi le papier moderne se pique- 
t-il7 — Nos gravures modernes et nos 
livres sont presque tous piqués, après 
quelques années : pourquoi ? Avons-nous 
perdu les procédés des anciens papiers 
des XVI», XVIIe et XYIII» siècles, qui 
nous ont conservé les œuvres admirables 
des burins de Nanteuil, Masson, £de- 
linck, Drevet et de tant d'autres? Pour- 
quoi donc nos éditeurs ne sont-ils pas 
plus soucieux de faire vivre longtemps 
les estampes d'Henriquel-Dupont et de 
nos autres graveurs contemporains? Les 
œuvres de P. Delaroche, A. SchefFer, etc., 
reproduites par le burin, sont piquées, et 
après quelques années, complètement dé- 
truites. Il me semble que tous les ama- 
teurs devraient protester contre une telle 



négligence, si préjudiciable aux produc- 
tions de la gravure française. E. M. 

i 

La douce Révalescière. — On lit, depuis 
bien longtemps, sur les murailles et à la 
dernière page des journaux de toutes 
nuances : a Extrait des 75,000 cures, etc. » 
Il semblerait qu'une panacée aussi uni- 
verselle devrait produire des effets an- 
nuels assez considérables. Est-ce que la 
Révalescière ne guérirait plus ? 

Me sera-t-il permis de demander, par la 
même occasion, où a été pris ce doux vo- 
cable ? SAmUARIG. 

Le Lotus. — J'avais cru jusqu'à présent 
que le Lotus des poètes était une nym- 
phéacée à fleurs bleues. Cependant dans 
le roman de Lélia, dont l'action se passe 
évidemment en Italie, il est plusieurs fois 
question du Lotus qui étend sur le lac des 
montagnes ses larges feuilles. Or, on ne 
connaît en Europe que le nymphœa 
albay qui est blanc, avec de légères teintes 
rosées. Est-ce de cette belle plante qu'a 
voulu parler George Sand, qui est si exact 
généralement lorsqu'il parle des fleurs? 
Quelle est, au juste, l'espèce végétale dé- 
signée par les romanciers sous le nom de 
Lotus? Saiduarig. 



Une édition rarissime des Chansons de 
Béranger.— (Paris, Perrotin, i832;. i vol. 
in- 1 8, divisé en 3 parties, imprimerie de 
Dupuy. — Un chercheur ou un curieux 
me ferait un véritable plaisir, en me disant 
s'il connaît cette édition, et pourquoi elle 
est introuvable. Jules Brivois. 

« Fortunatus. » — Quel est l'auteur qui 
s*est caché sous ce nom de i838 à 1846? 
Quérard indique Fortuné Mesuré d'Or- 
léans (Supercheries, t. II , col. 65-67), 
Louandre et Bourquelot indiquent Gilles 
Fortuné, de Saint-Germain. M. A. Aubry 
dit : « C'est une double erreur que nous 
rectifions d'après une lettre autographe 
jointe au volume (le Procuste parlemen- 
taire) et signée A. Laisné. Bulletin du 
Bouauiniste, 1866, tome XX, p. 1189. » 
•— M. A. Laisné était-il d'Orléans? Fortu- 
natus était, je crois, un habitant de cette 
ville. H. I. 

« Le Roi, » par Jules Janin. -- J'ai rap- 
porté d'un récent voyage en Normandie, 
une petite plaquette gr. in-80, intitulée : 
« Le Roi y par M. Jules Janin (Extrait de 
la Publication des Français), Prix, yS c. 
Paris, L. Curmer, 49, Rue de Richelieu^ 
(sans date). » — Cette plaquette composée 
de trois feuilles et demie d'impression, 
signées de tome F« k, à t. 7«, w, et pagi- 
nées de Lxxxi à cvn, est imprimée suivant 



N« 185.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



43 



44 



Isi justification ordinaire des Français, de 
Curmer. 

Le texte est décoré d'un fleuron-tête de 
page, d'une lettre ornée, et de plus, de deux 
grandes gravures sur bois^ tirées séparé- 
ment : Le Buste du Roi et la Charte, Pau- 
quet, del; Gérard et Thiébaud, se. — La 
couverture imprimée sert de titre. — Cette 
Notice de J. Janin ne se retrouve pas re- 
produite dans un exemplaire, pourtant très- 
complet, de la grande Edition des Français 
peints par eux-mêmes^ que je possède, et 
Que j'ai reçu directement, par souscription, 
aans mon enfance. Les Tables des Matiè» 
res (texte et dessins), imprimées séparé- 
ment à la fin de chacun des volumes de la 
collection, de même que la Table générale 
des Matières (texte et dessins) de 1 ouvrage 
entier, imprimée à la fin du septième et 
dernier volume (Province, t. III«), ne la 
mentionnent absolument pas du tout. 

Cette notice n'aurait-elle donc jamais été 
tirée qu'à titre à^ Epreuve d'essai? — N 'au- 
rait-elle donc pas été distribuée aux sous- 
fcHpteurs ?— Auraît-elle donc été interdite 
par la Censure? — En quoi pouvaient con- 
sister alors les pa^és i à lxxx^ (jui, suivant 
l'ordre de la pagination mentionnée plus 
haut, devaient précéder immédiatement 
celles-ci, — et que je ne trouve pas davan- 
tage j ni reproduites dans mon tome V<*, 
ni indiquées dans les Tables de mon exem- 
plaire? Ulr. 

«LaComédieauBoiidoir,»— par Maurice 

de Podestat. Cette agréable Collection de 
saynètes a été attribuée à Jules de Saint- 
Félix (Félix d'Âmoreux), dans un article 
nécrologique le concernant... On désire- 
rait, sur ce point, obtenir une certitude 
complète. (Nîmes). Ch. L. 



Une métaphore âe ¥« Hugo (1, 266; II, 
1435 IIIj 270; V, 34, 223); — Nép. Le- 
merciér, avant V. Hugo, avait employé la 
même métaphore pour désigner les étoiles 
du ciel* Au i** chant de la Panhypocri" 
siade, -^ « poCme, a dit V. Hugo, qui est 
tout ensemble unç épopée, une comédie, 
et une satire, sorte de chimère littéraire, 
espèce de monstre à trois têtes, qui chante, 
qui rit et qui aboie, » Lemercier fait dire 
â la Terre s'adressa nt à Copernic : 

Ainsi, tu brises donc l'antique firmament, 
Cintre de crystal pur, voûte de diamant^ 
Dont les clous d'or 

(Marseille.) J. A. 

-^ Saint-Amant a dit (Œuvres, 2« par- 
tie, in-40, 1643, p. 128) : 

Tentreprendrois de supputer le rlombre 
Des doux de feu qui dor&tt la nuit sombre» 



Cette image est donc bien antérieure au 
« rutilant » répertoire phraséologique de 
l'un des plus illustres poètes du XIX« siècle? 

Ulric. 

Légendes, formulea, etc. (II, 322, 470, 
etc.; VIII, 75 1). — La seconde formule 
donnée par M. Saiduari^, est une variante 
de celle que j'ai apprise jadis d'une vieille 
grand'mère, d origine genevoise. D'après 
des souvenirs lointains et peu précis, ce ne 
serait qu'un recueil de noms connus de ci- 
toyens ayant joué un rôle dans les affaires 
de la République (ce qui serait curieux, si 
c'est exact). Je ne garantis pas l'orthogra- 
phe des noms ; c'est la reproduction d une 
tradition tout orale et sujette à modifica- 
tions : 

Ampro, 

Giraud, 

Carin, 

Dupuis, Simon, 

Carcail, Brififon, 

Piron» Labordoz, 

Tante (ou Tan Té) Feuille Meuille. 

Tante, etc. 

F. P. Mac-Rebo. 

« Noé, r* opéra posthume d'HaléTy (II, 

327}. — Si la curiosité de M* H. W. est 
encore éveillée, je puis la satisfaire d'a- 
près cet entre-filet récent du A/X« Siècle: 
a Avant de mourir, M. de Saint-Georges a 
remis, au nouveau directeur du Théâtre- 
Lyrique, l'opéra de Noé^ musique d*Ha- 
lévy. Il est donc probable que nous pour- 
rons entendre prochainement la partition 
du maestro français. » A. D. 

Edition originale de « la Folle Jonmée 
ott le Mariage de Figaro » (V, 81). -^ 
D'après M. L. Potier, l'édition originale 
est celle qui porte seulement le nom Ruault 

i Paris, de l'imprimerie de Ph.-D. Pierres), 
îrunet et Quérard sont d'un autre avis. 
Si j'osais donner le mien, je me mettrais 
avec MM. P. Lacroix et L. Potier. — Il y 
a des exemplaires sur papier fort dans les 
deux éditions. — Voyez Gîatàlogue L. Po- 
tier, 4 mars 1872, p. 219, n®» 1678-79. 

H. DE l'Islk. 

« Heures perdues...» et autres heures 

(VI, 139).^— Barbier ne parle pas des Heu- 
res perdues de R< D. M,, ni des suivantes : 
Heures perdues et divertissantes du Che^ 
valier 23e***. A Amsterdam, aux dépens 
de la Compagnie, 171 6, pet. in-12 de 8 fiF. 
prélim. contenant le titre, la dédicace en 
vers à M. Bontemps, conseiller, premier 
valet de chambre du Roi, gouverneur des 
Thuileries, l'Avertissement et un feuillet 
blanc; puis 461 pp. La Biographie des ou- 
vrages relatifs à l'Amour, etc., au tome IV, 
p. 20, indique le même ouvrage, d'après 



DES CHERCttEÛRS ET CURIEUX. 



[25 janv. 1876. 



- 46 



Nyon, n* 1 1495, mais avec trois astérisques. 
Ces Heures perdues ne sont-elles pas une 
contrefaçon de Les Heures peraues du 
Chevalier De*^* (Rior). [ParPabbé L. Bor- 
delon], Paris, iriS, ou Amsterdam, 1716, 
in-i2? — M. Charles Monselet^ qui s'est 
occupé de Taimable abbé Bordelon, nous 
donnera peut-être une réponse satisfaisante. 

H. DE lIsle. 

A proposde l'abbé Ghastelain (VII, lyS, 
3 10, 466; VIII, 721). — Ayant eu mes pe- 
tites entrées dans la Bibliothèque des Car- 
mes, j*ai pu constater qu'elle ne renfermait 
pas ce que M. Alph. Germain espère encore 

L trouver. J*ai fait plus, j*ai convié M. Paul 
acroix à y faire une visite, qui nous a fait 
reconnaître que les quelques volumes in- 
folio de Patrologie qui s y trouvent por- 
taient encore plus les traces d'une immer- 
sion plus ou moins prolongée que celles 
des baïonnettes citoyennes : ce sont les 
seules épaves de la bibliothèque particu- 
lière de M. de Quélen. Mais, indépendam- 
ment de cette collection imprimée, il 
y avait au Secrétariat de l'Archevêché 
qui se trouvait dans le bâtiment pillé, les 
Archives générales du diocèse, et un dépôt 
de manuscrits provenant de legs et de dons 
de chanoines. On semble s'être encore plus 
acharné contre les papiers que contre les 
volumes. Dans quel but. Ceux du prélat 
furent plus spécialement détruits; papiers 
de famille et autres. Plusieurs semaines 
plus tard, une bonne femme du faubourg 
Saint-Marceau lui fit remettre un cahier 
contenant ses impressions de première 
communion; par reconnaissance, M. de 
Quélen donna à cette personne, qui était 
pauvre, une rente qu'elle reçut jusqu'à sa 
mort. Voici maintenant les autorités aux- 
quelles j'ai emprunté ce qui précède, et 
qui, témoins oculaires, sont d'accord 
pour regarder comme perdus sans res- 
sources tous les papiers conservés au 
Secrétariat de l'Archevêché : MM. de 
Sambucy, précepteur de M. de Quélen; 
Tresvaux, son ami et son grand vicaire ; 
Surât, son secrétaire; Caron, longtemps 
maître de cérémonies, qui cite des extraits 
de Châtelain dont il a compulsé l'original ; 
Eglée, ancien grand vicaire, qui avait 
tenté, sous M. Affre, de reformer les an- 
ciennes archives; Morizot, archiprêtre de 
"Notre-Dame, tous morts aujourd'hui, 
mais qui ont eu directement connaissance 
des événements où ils avaient été mêlés 
comme acteurs. Que M. Alph. Germain 
fasse donc son deuil de la perte du Jour- 
nal de Tabbé Châtelain ; il n'est pas le pre- 
mier à là regretter, ainsi que celle de bien 
d'autres daeuments concernant l'histoire 
ecclésiastique de Paris, que j'ai vainement 
cherchés depuis. 

L'abbé Val. I^four. 



Le comte de Fontaines et Bossnet 




thographe 
taines? Maintenons Fontaines^ jusqu'à 
plus ample informé. 

Je ne vois pas trop non plus comment 
Paul-Bernard de Fontaines serait un aven- 
turier, même un « aventurier glorieux ». 
Il est gentilhomme, seigneur ae Comery 
en Luxembourg, proche Virton, partant 
noble sujet du roi d'Espagne : il a père et 
mère issus de bons lieux; il bataille pour 
son maître avec un certain éclat» quoique 
lorrain par iceux, — je vous l'accorde, à 
vous, confrère Mathanasius comme à 
M. Henri Martin. Mais j'ai demandé a un 
bout de généalogie » (VII, 686), parce que 
le comte de Fontaines est rien moiiis 
qu'aventurier, je le répète, et que j'avais 
encore lu, en 1869, le numéro d'avril de 
la Revue Britanniaue. 

Il m'a aussi fallu travailler plus que 
je ne le voulais d'abord, parce que la 
question était pendante depuis plus d'un 
an ; et si bien que je prouverai à feu Bo* 
cous, à ses copistes d hier, d'aujourd'hui 
et de demain, et à ceux qui ne manque- 
ront pas de naître in scecula sœculorum : 
lo que le comte de Fontaines, lorrain par 
la grâce de plusieurs générations d'ancê- 
tres, n'en était pas moins de souche bas- 
que par Tassin de Fontaines, compagnon 
de Gratian da Guerra, autre tige a'uné 
famille connue en Lorraine et Cham- 

Cagne, et que nos chroniqueurs ont 
aptisée de Guerre, Daguerre ou d'A- 
guerre; 2® Que ce Tassin de Fontaines, 
venu au secours et à l'appel de René II. 
conseiller, chambellan et maître d'hôtel 
du jeune vainqueur de Charles de Bour- 
gogne, est celui que ce prince gratifiait, 
le 12 juin 1477» a'une pension de cent 
francs « pour ses bons, grands, loyaux, 
notables et agréables services » ; — 3° Que 
La Chesnaye des Bois, dans sa généa- 
logie des Fontaines de la Neuville^ vieille 
maison féodale de Picardie, avait eu le 
tort de commettre une greffe, qui n'effa- 
roucha aucun Fontaines authentique (avis 
à M. le baron Edouard de Septenville) ; — 
40 Qu'il est permis à tout chercheur de 
lire avec fruit, dans l'un des quatre in- 
folios de cette précieuse collection informe 
qui s'appelle le Dom Pelletier de la Biblio- 
thèque de Nancy ^ à la lettre F, une dé- 
claration-minute^ faite devant le contrô- 
leur de Varenne, par Claude de Fontaines, 
veuve de Jean Le Danois, chevalier, sei- 
gneur de Regny, propre tante de Paul- 
Bernard. Ce document intitulé « Briefff 
description de la Généalogie de la maison 
de Fontayne », daté 8 déc. 1643, établit 
que les quatre filles de Jean le Danois 
sont, par leur mère, la vieille Claude ci»- 
dessus, * les vrays et légitimes héritiers 
^ d'iceluy » comte de Fontaines, « deceddé 



N- ï85J 



L'INTERMÉDIAIRE 



1 



47 



48 



depuis naguère ». C'est donc, enfin, dans 
les familles Le Danois^ de Sainctignon^ 
de Pavant, de Rémond ^ de Villers-le- 
Preudhomme, du Porcher^ de Condé, de 
Bou^onville, etc., qui ne sont pas toutes 
éteintes, qu'il faudra chercher les parents, 
alliés et héritiers naturels de Paul-Bernard 
de Fontaines, si bien enterré par trois 
orateurs chrétiens : du Jarry^ Bourdaloue 
et Bossuet. H. de S. 

Chartes de mariage (VIII, 486, 56q). 
— Communication intéressante, mais 1 u- 
sage signalé à Strasbourg diffère, sous beau- 
coup de rapports, de ce qui se pratiquait 
à Lyon. Les chartes de mariage chez 
nous étaient beaucoup plus simples de 
rédaction; elles n'offraient qu'une formule 
assez courte et uniforme, soit latine, soit 
française. En voici le texte français; les 
variantes sont insignifiantes : 

ft Au nom de la Saincte Trinité, Père 
u Fils et Saint'Esvrit, Amen, le {nom 
« de V époux) prena pour ma femme et 
« loyalte espouse vous (nom de la femme) 
a et vous reccommande mes bienfaicts et 
te aumosnes; ainsi que Dieu fa dict, 
« saint Paul Va escrit, la loy de Rome 
« le confirme : ce que Dieu a conjoinct 
o Vhomme ne peut séparer. Donné à 
« Lyon le... (Date et signature du prê- 
« tre) ». Le tout était encadré de figures 
pieuses et d'ornements. Parfois les sujets 
(au XVI» siècle seulement) ont un carac- 
tère profane, peu en rapport avec le sen- 
timent religieux de la légende et quel- 
quefois au delà même des bornes des 
convenances morales. De petits écussons 
en blanc étaient souvent ménagés dans 
l'encadrement pour recevoir les armoiries 
des deux époux, lors même qu'ils étaient 
roturiers, car la possession légale d'ar- 
moiries n'étant pas exclusivement réservée 
aux habitants de Strasbourg, chaque bour- 

feois français avait le droit de porter un 
lason. 

L'usage des chartes de mariage, dont 
l'origine remonte au XV« siècle, cesse 
brusquement à Lyon vers la fin du 
XVI I« siècle, et je voudrais bien savoir 
si ailleurs en France, à Paris notamment, 
ce même usage a existé. Si oui, il serait 
extraordinaire qu'il ne soit pas tombé 
entre les mains d'amateurs d'estampes 
quelques exemplaires de ces curieuses 
gravures. A Lyon, j'en ai recueilli ou 
noté 25 à 3o échantillons différents dont 
quelques-uns fort intéressants. Â. St. 

— Je ne connais pas, dans nos contrées 
du Nivernais, ce qu'on pourrait précisé- 
ment nommer des Chartes de mariage; 
mais je signalerai Tusage où Ton était de 
faire fabriquer des services de table en 
faïence de Nevers, ordinairement pour 
les riches, ou simplement des plats, as- 
:$iiçttes, vase$» sur lesquels on inscrivait 



le nom des mariés et la date de la consé- 
cration nuptiale. On y dessinait même les 
outils habituels au métier du mari; par- 
fois aussi, on y inscrivait certaines devises 
comme celle-ci : 

Le temps fait oublier les chagrins de la vie, 
Mais non le souvenir d'une ndelle amie. 

ou comme cette autre : 

Des grandeurs l'appareil ne m'éblouira pas. 
Car tout s'anéantit à l'heure du trépas. 

Les images de première Communion 
ne seraient-elles pas un souvenir de ces 
Chartes? Ln. G. 

Un passage de la Tnlgate (VIII, 5i3, 
592). — Il ressort de tout ce qui a été dit, 
aue saint Paul n'est en aucune manière 
1 auteur du passage, mais il n'est pas 
douteux qu'on le lui ait attribué. Ainsi 
M. Hauréau dit, dans la Revue des deux 
MondeSy du i5 janvier 1869 (p. 481) : 
« Dieu lui-même a, selon saint Paul, livré 
le monde à nos disputes. » P. R. 

Une vallée de lannes (VIII, 641, 725). 
— Il paraît bien que les larmes ou les 
pleurs du texte hébreu doivent s'entendre 
d'un phénomène de végétation, puisque 
la vallée des larmes équivaut à la vallée 
du mûrier^ et cette dernière expression 
éveille, selon les exégètes, l'idée d une val- 
lée rocailleuse ou pierreuse. Il paraît aussi 
qu'il s'agit d'une vallée bien aéterminée, 
dont les géographes indiquent nettement 
la situation. — Maintenant qui a assimilé 
le monde à une vallée de larmes? Per- 
sonne, car le premier qui Ta dit, et qui 
ne devait pas être un exégète, a cru voir 
cette assimilation dans le psaume, et ne 
l'aurait sans doute pas exprimée pour son 
propre compte; et, d'autre part, le Psal- 
miste, lui, n'y a pas songe. Il est trop 
tard aujourd'hui pour qu'on revienne sur 
cette comparaison, à notre sens, peu heu- 
reuse, car paraissant une manière exoti- 
que d'énoncer une banalité, elle fait suppo- 
ser que, dans les idées de certains peuples, 
le monde est une vallée, tandis que jamais 
peut-être une telle pensée n'est-elle venue 
à âme qui vive. 

N. B. — Y a-t-il deux éditions de la 
version de Saci? Voici ce que j'y trouve 
au verset en question : « Qui, dans cette 
« vallée de larmes, a résolu en son cœur 
« de monter et de s'élever jusqu'au lieu 
a que le Seigneur a établi. » P. R. 

Armoiries à déterminer (VIII, 548, 
758). — Milleville, p. 180, au mot Far- 
daillan, dit aue Antoine de Pardaillan, 
chevalier de l'Ordre du Roi, épousa^ en 
i52i, une héritière de la maison d'Es- 
pagne Montespan. Or, La . Chesnaye des 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 janv. 1876- 



49 



5o 



Pois (p. 366 du 7» vol. de la réimpres- 
sion, par Schlesinger), dit que « la Maison 
d'Espagne^ ancienne et illustre maison^ » 
a toujours porté pour armes a le lion de 
gueules au champ d'argent » (les six petits 
écussons qui bordent celui du lion étant 
une alliance), ce qui prouve qu'elle est 
issue des Rois de Léon qui portent les 
mêmes armes. Garané. 

Billets de faire part (VIII, 424, 476, 
536, 589). — Voir dans le Magasin pit- 
toresque ^ année 1842, p. 184, le fac-similé 
d'une lettre de faire part de mariage re- 
montant au XVIII* siècle. SAmuARiG. 

La peryenche, fleur de J.-J. Ronssean 
(VIII, 704; IX, 18). — On sait que Rous- 
seau ne cultivait pas les fleurs; il cultivait 
la botanique; il se plaisait, dans ses prome- 
nades, à herboriser, à collectionner, puis à 
classer les plantespar familles, à en former 
des herbiers, pour lui et quelques amis. 
Les plus simples fleurs, celles des champs, 
avaient sa préférence. « Ma longue habi- 
a tude de fureter dans la campagne, m'a 
« rendu familières la plupart aes plantes 
CI indigènes. Il n'}[ a que les jardins et 
« productions exotiques, où je me trouve 
« en pays perdu. » Et ailleurs : « Selon 
o moi, le plus grand agrément de la bota- 
« nique est de pouvoir étudier et connaître 
« la Nature autour de soi plutôt qu'aux 
« Indes. » (Lettres élém.) 

Sous ce rapport, comme sous celui du 
calme nécessaire à ses méditations, il goû- 
tait le charme de la campagne dans les 
nobles résidences qui Thébergeaient. 

Tel, chez son noble ami, dans sa belle vallée, 
S^emparant d'un bosquet, d'un berceau, d'une 

[allée. 
Sans soin^ sans gens d^afiaire, et, partant, sans 

[souci, 
Jean- Jacques fut souvent le vrai Montmorenci. 

On sait aussi que l^sConfessions^ écrites 
longtemps après les faits qu'elles mention- 
nent, ne sont plus l'exactitude même : 
on ne peut donc pas accepter, les yeux 
fermés, tout ce qu'elles contiennent. — 
Cela étant admis, et quand les contempo- 
rains parlent tous de la joie naïve qu'éprou- 
vait Kousseau chaque fois que la perven- 
che se rencontrait sur son chemin, com- 
ment pouvoir en douter et pourquoi vou- 
loir priver cette jolie petite fleur de sa pe- 
tite gloire? M. X. semble se plaindre de 
ce que ce fait n'ait été cité en vers qu'une 
seule fois, et par un poète inconnu ; je 
suis heureux de pouvoir apporter en té- 
moignage les vers d'un poète contempo- 
rain de J.-J., ceux de Jacques Delille. 
Après avoir dépeint une herborisation de 
M. de Jussieu avec ses élèves, il continue 
ainsi r 

Et quel plaisir encor, lorsque des objets rares. 
Dont la -sol, le cHmat et le ciel sont avares. 



Rendus par votre attente encor plus précieux. 
Par un heureux hasard se montrent à vos yeux ! 
Voyez, quand la pervenche, en nos champs 

[ignorée, 
Offre à Rousseau sa fleur si longtemps désirée ! 
La pervenche, grand Dieu ! la pervenche ! Sou- 

[dain 
Il la couve des yeux, il y porte la main. 
Saisit sa douce proie : avec moins de tendresse 
L'amant voit, reconnaît, adore sa maîtresse. 

{JUHomme des champs.) 

(Genève.) Olius. 

La chanson du « Misanthrope » (VIII, 
707). — Elle est bien d'Antoine de Bour- 
Don et fut faite, au château du Gué-du- 
Loir, par ce prince indécis, dont on a dit, 
après sa mort : 

Amis François, le Prince ici gissant 
Vécut sans gloire et mourut en pissant ! 

11 aimait mieux sa mie au gué! (et non 
pas 6 gué!) On trouvera toutes preuves 
à l'appui dans la circulaire adressée, le 
17 sept. i852, par M. Fortoul,aux recteurs 
des académies de province, pour la forma- 
tion d'un Recueil des poésies populaires de 
la France : idée excellente, qui n'a, mal- 
heureusement, reçu qu'un commencement 
d'exécution. A cette circulaire est annexé 
un rapport de J.-J. Ampère, qui est un 
chef-d'œuvre de critique et d'érudition. 

.Iean de Navarre. 

— Voir l'Intermédiaire y II, i36, 214, 

25l. 

— La terre patrimoniale de la famille 
d'Alfred de Musset, au Gué-du-Loir, se 
nommait la Bonne-Aventure, Ne fut-ce 
pas comme une prédestination de sa poé- 
sie si gaillardement aventureuse? Quand je 
songe que la Bonne Aventure au Gué est 
sortie du même coin.... Le poète de 
Mimi Pinson et de For/i/n/o aurait dû nous 
dire, dans une chanson nouvelle, l'histoire 
de ce vieux refrain, né pour ainsi dire dans 
le même berceau que lui, et qui était 
comme un lien entre son romantisme et 
celui de Ronsard. La chanson de laBonne 
Aventure au Gué n'a pas, en effet, s'il faut 
en croire M. de Musset- Pathay, père 
d'Alfred, en son Histoire de la vie mili- 
taire et privée de Henri IV^ d'autre auteur 
oue le grand Ronsard en personne. Il était 
des amis de la vaillante Jeanne d'Albret, 
qui, pour conserver à son fils Henri la 
couronne de Navarre, se faisait la vie aussi 
dure que son mari Henri de Bourbon se la 
faisait joueuse. Jeanne, fatiguée de cette 
royale faméantise, écrivit à Ronsard pour 
qu'il voulût bien aller, en voisin, prier son 
mari de songer un peu moins à la joie, un 
peu plus à son royaume. Ronsard se rendit 
à la Bonne- Aventure ; mais, tombé en 
pleine orgie, accablé par les rires, il ne 
trouva pas un seul mot de morale à dire à 
ces gens qui auraient pu lui renvoyer pour 
réplique quelques-uns de ses vers aune 



N» ï85.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



5i 



52 



moralité plus que douteuse. Il chanta et 
rit avec eux. Au départ, il chantait encore; 
mais cette fois c'était le récit même de ce 
qui venait de se passer au Gué-du-Loir^ à 
la Bonne- Aventure. Et, en cheminant, il 
avait fait la chanson dont on n'a plus que 
le refrain : 

La bonne aventure 
Au Gué! 

La bonne aventure ! 

J'emprunte ces lignes à un feuilleton 
dramatique de M. Ed* Fournier, dans la 
Patrie du 26 août 1866. Il ajoute que 
M. Desnoireterres a trouvé aux Archives 
un acte du 3o juillet i73o, contenant let* 
tre de rémission « à Louis de Musset-Pa- 
« tay de la Bonne-Aventure, escuyer, 
a lieutenant au régiment d'Etampes, pour 
a avoir, le 12 dernier, tué Jean Landon. » 
Il s'agissait d'un duel, auxpremiers temps 
du régne de Louis XV, lorsque la sévérité 
était un peu revenue^ comme à 1 époque 
de Richelieu. M. B. 

CîIlou, choQCliou (Vlïï, 709, 763.) — Ce 
n*est pas par caprice, ni sans raison qu*on 
dit vulgairement que les enfants naissent 
sous un chou^ et qu'on fait de ce mot un 
terme d'affection; cela vient de ce que le 
choux est l'emblème de la fécondité. Il se- 
rait trop long de résumer ici la légende 
berrichonne racontée, à ce sujet, par 
G. Sand, et qui, d'après l'illustre écrivain, 
remonte au culte rendu par le paganisme 
au dieu des jardins. Je renvoie donc le 
lecteur à la fin du volume, publié par 
Dentu : Autour de ta T'iiWtf, Cette plante, 
aux feuilles étroitement enlacées, n'offre- 
t-elle pas d'ailleurs un emblème facile à 
comprendre? — Quant à « bête comme 
chou, » je cfois que c'est une altération 
du dicton : « Bête comme tout, » qu'on 
applique communément à l'individu, dont 
tout est bête en luL A. D. 

— Cette expression ne nous viendrait- 
elle pas de l'Alsace ? Le schœn allemand, 
ne serait-il pas devenu le c/rou français? 
Mein schœn, ganz schœn, schœn schon : 
c'est le terme amical,^ de la nourrice alsa- 
cienne, à, je ne puis plus dire, hélas 1 
« son cher sapeur. » La nourrice mor- 
vandelle en a fait mon chou. — Pour 
ce qui est de a bête comme chou, » cela 
vad!e soi : qui dit chou^ dit.... croûte \ — 
Grâce! nous sommes au jour de Tan; 
n'allez pas dégainer contre moi votre 
coupe*choux ! Ln. G. 

I. N* R» I. (VIII, 710). — On me per- 
mettra de la trouver mauvaise — non pas 
la vieille plaisanterie rappelée par M . A. D., 
mais l'application qu'il en fait à l'Univer- 
sité catholique. Toutes les opinions sont 
libres ; mais celles qui peuvent blesser le 
sentiment des autres, il est bon de les gar- 



der pour Soi. Sans rendre pointe pour 
pointe, je dirai qu'on a souvent aussi for- 
mulé des jugements sévères sur plus d'un 
établissement qui n'avait rien de catholi- 
que et qui n'arborait pas, tant s'en faut, 
le monogramme I. N. R. I. N'y a-t-ilpas 
des imbéciles pat-tout? N'y en a-t-ilpas 
eu dans tous les temps? A. L. 

On n'est jamais si bien servi.... (VIII, 
739; IX, 23J.— C'est undecesvers-prose, 
qui se sont faits eux-mêmes, et qui se di- 



sent si bien partout, qu'ils pourraient bien 
n'avoir été écrits nulle part. Celui-ci l'a 
été pourtant, et même dans une fort jolie 
scène d'une très-jolie pièce, Bruis et Pa- 
laprat, d'Etienne. Voici le fragment de la 
scène II, où il se trouve enchâssé : 

Le Duc. 

Et vous n'avez personne, ici^ pour vous servir? 

Palaprat. 

Non, nous nous sommes fait là-dessus un 

[système : 
On n'est jamais si bien servi que par soi-même. 
J'ai chassé le valet que nous avions jadis; 
Il servait à lui seul presque aussi mal que dix. 

Ce dernier vers, qui mériterait aussi de 
passer proverbe, résume une réponse que 
Je vrai Palaprat fit réellement au Grand 
Prieur, dont il était, comme on sait, le 
secrétaire : a M. le Grand-Prieur trouve 
un jour Palaprat qui battait son domesti- 
que. Il lui en fit des repiaoches assez vifs, 
tt Comment, Monsieur, vous me blâmez, dit 
a le poëte; savez- vous bien, que, quoique 
« je n'aie qu'un laquais, je suis aussi mal 
tt servi que vous qui en avez trente.» J&«- 
cyclopedianay in-4*», p. 78 1. Ed. F. 

Miroton (VIII, 740). — Origine iiiconiiue 
d'après Littré. M. A. D. ne sera donc pas 
surpris que je ne la connaisse pas. Mais il 
pourra en trouver une plaisante dans 
y Histoire d'une famille pendant iSoo ans, 
par Creuzé de Lesser. C'est de la famille 
Othon qu'il s'agit : urt des descendants dû 
fameux courtisan de Néron, qui fut peu 
de temps empereur et se tua, est un cuisi-" 
nief, Miroton^ qui â donné son nom au 
ragoût en question. E.-G. P. 

Broglid (VIII, 740). — Strasbourg pos- 
sède une promenade, qui fut baptisée du 
nom du maréchal de Broglie, gouverneur 
de la ville au siècle dernier. J'ai toujours 
entendu prononcer le Breuil. Cette pro- 
nonciation viendrait peut-être de l*alle- 
mand-alsacien, dasBrœglie, Qu'enpensent 
nos confrères R. et M ? Pierre Clauer. 

— On doit prononcer Broille^ d'après 
Vapereau. A Strasbourg, on prononce ainsi 
le nom de la promenade du Broglie. -^ 
C'est dans le n<» du 3 juillet 1643 de la 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 janv. 1876. 



- 5â 



Galette de France^ qtac Von voit figurer 
pour la première fois un comte deBroglio, 
commandant le régiment des carabiniers 
du cardinal Mazarin. La Gazette écrit 
toujours ^ro^/fo ou Bro^lià» A partir de 
1742, elle francise complètement le nom. 
Pendant la Révolution, la Commune de 
Broglie dut reprendre son ancien nom de 
Chambrois; tous les noilQs imposés aux 
communautés et villages ayant été suppri- 
més par décret. On peut s'en assurer en 
consultant les Annuaires de TEure et 
XAÎmanach ecclésiastique de France pour 
1809 : cure de St-Martin, à Chambrois, 
Sous la Restauration, une ordonnance 
royale rétablit les noms féodaux^et Cham^ 
brois fut BroçUe comme avant. — D'après 
undictionn. itrilien (Genova, 1781), Bro- 
gliOy d'où far broglio^ briguer, cabaler, 
est synonyme d'un vieux mot florentin 
Ambito, cabale, brigue, et de Solleva- 
^ioney tumulte, révolution, etc. 

Le prince de Broglie ou Broglio, car on 
écrivait son nom, tantôt à la française, 
tantôt à rUalienne, fut en 1789 député à 
l'Assemblée nationale pour la noblesse 
d'Alsace. Méprisé à la fin par tous les par- 
tis, il ne fut dans cette belle province qu'un 
véritable brouillon. A. B. 

Larmes de crocodile (VIII, 740; IX, 
25). — Dans VHistoire générale des lar- 
rons^ par F. D. G. Lyonnoys, Lyon, i652, 
in-8°, il est ciuestion, dans la IIl« partie, 
page 208, d^une veuve inconsolable qui 
« n'estoit poinjt de celles qui ont des lar- 
mes de crocodille, et qui pleurent aujour- 
d'hui deuant le monde, et s'en vont de- 
main rire avec le premier qui se rencontre. » 
Notons que ce récit se trouve déjà dans 
uneédition antérieure, datée 1625. J'Ignore 
du reste si cet intéressant amphibie verse 
en effet des larmes en certames circon- 
stances : je n'ai jamais vu que des croco- 
diles empaillés. Don Bonart. 

^ Dans la dernière livraison du Cabinet 
historique, je lis, page 247, au sujet de la 
condamnation de Cazotte (27 sept. 1792): 
« Après le prononcé duciit jugement, 
M. Lavan, président, a adressé au con- 
damné ce discours plein de cette sensibi- 
lité révolutionnaire qui fait penser aux 
pleurs que le crocodile verse sur la proie 
qu'il va dévorer. » 

Je n'ai nullement la prétention, en citant 
cette phrase, d'éclaircir la question posée* 
Je constate une fois de plus que c'est un 
cliché fort usité dans le commerce litté* 
raire. S. D. 

— Ulric ne paraît pas avoir saisi le sens 
que j'attribuais dans ma question au mot 
attendrir. Cela prouve qu'il ne connaît 
pas la tradition à laquelle je faisais allu- 
sion. Le mot signifie ici rendre tendre, 
non pas comme u|i séducteur pourrait 



désirer sa victime, mais tendre comme 
mon honorable collaborateur doit aimer 
sa côtelette ou son entre-côte. SAmuARiG. 

Un peintre français de 1628 (VIII, 741). 

— Dans mes nombreuses notes sur l'Ecole 
française, je ne trouve aucun nom qui res- 
semelé à celui dont M. Clopinel offre le 
commencement et la fin. Cela ne prouve 
rien, car il doit y avoir bien des lacunes 
dans mes recherches; mais qu'est-ce qui a 
fait penser à notre collaborateur que le 
peintre à qui Otho Vœnius faisait présent 
de son travail, était français? Les dernières 
lettres ls[ me paraissent supposer plutôt 
une forme étrangère, et le prénom de Fran- 
çois était aussi bien belge que français. 

£.-G. P. 

Si les femmes ont une âme? (VIII, 742). 

— Deux questions analogues ont déjà été 
posées, III, 229 : « L'âme de la femme aii 
Concile de Nicée, » et « La femme a-t-elle 
failli être déclassée hors de l'espèce hu- 
maine? » Je dois ajouter qu'elles n'ont pas 
reçu de solution, M. Daclin, répondant à 
la seconde (III, 3i5), s'était borné à ren- 
voyer à la Petite Revue, qui a rejoint les 
nei§;es d'antan ! Ces deux questions déjà 
anciennes, et qui me paraissent ignorées 
de M. Ri., donnant déjà des indications 
utiles à consulter, j'ai cru devoir les rap* 
peler. A. D, 

— J'ignore si, dans un livre particulier, 
quelque théologien ou jurisconsulte a dis* 
cuté si les femmes ont une âme ; mais au 
moyen âge, dans un Concile tenu à Mâcon, 
on agita cette question : Si la femme avait 
une âme? Il est vrai que le Concile se mon^ 
tra galant (sérieusement il se montra juste 
et raisonnable), en reconnaissant, à la z^/u- 
ralité des voix, qu'elle en avait une. Mo- 
réri ne cite qu'un seul concile tenu à Ma- 
çon en 58i . Bien qu'il dise qu'il avait pour 
objet la discipline ecclésiastique, il est pro- 
baole que c'est celui où la question a été 
débattue, peut-être eu égard aux relations 
des ecclésiastiques avec les femmes. 

Ê.-G. P. 

^ M. Egger a mieux aimé accuser sa 
mémoire que de manquer d'urbanité en- 
vers un auditoire de dames, car il connaît 
trop bien l'histoire de France pour au'on 
vienne à son aide. Grégoire de Tours 
(Hist, eccles. Franc, VI 11, 20) çarle d'un 
évêque qu'il ne nomme pas, qui, au pre- 
mier concile de Mâcon (841) prétendait t 
Mulierem hominem non posse vocitari^ 
et que l'on réfuta par ces paroles de la Ge- 
nèse : « Masculum etfeminam creavit eos 
{Deus) : vocavitque nomen eorum^ Adam^ 
quod est homo terrenus. » 

L'abbé V. Dufour. 

— Voir l'opuscule intitulé : « Gedicci Si- 
I « monis Disputatio perjucunda^ perquam 



N» i85.] 



L'INTERMEDIAIRE 



55 



56 



a anonymus mulieres homines non esse 
a probare nititur, cum sexus muliebris 
a defensione. » (Hagse Comitum , j 644, 
pet. in-i2j. Le Manuel de Brunet donne 
quelques aétaîls sur l'ouvrage et sur son 
véritable auteur. E. B. 

— A la fin du XVI« siècle un auteur pro- 
testant publia sous le voile de l'anonyme 
la dissertation suivante : Dissertatio per^ 
jucunda qua anonymus probare nititur 
mulieres homines non esse y c'est-à-dire 
que les femmes ne sont pas des animaux 
raisonnables. Dans cette facétie (car ce 
n'est que cela) l'auteur voulait critiquer 
certains protestants, et en particulier les 
Anabaptistes, qui trouvaient dans l'Ecri- 
ture sainte des fondements pour les opi- 
nions les plus absurdes. Un luthérien, Si- 
mon Gediccus, s'y laissa prendre et réfuta 
sérieusement l'anonyme, en 1595. (Voirie 
Dictionnaire de Trévoux, art. Femme). 
Le dire de M. Egger a-t-il une autre source? 

Pierre Clauer 

— La question ne fut pas, croyons-nous, 
posée ainsi. On demanda seulement (ce 
qui, du reste, ne s'en éloigne guère) si les 
femmes sont de la même espèce que 
l'homme. Il se trouva quelqu'un, au com- 
mencement du XVII» siècle, pour soutenir 
qu'elles n'en sont pas, et insinuer, comme 
conclusion, que l'espèce où il faut les clas- 
ser n'est pas non plus celle des Anges. 
Leur place, dès lors, se devine, sans que 
nous ayons à l'indiquer davantage. Il va 
de soi que ce quelqu'un, dont nous par- 
lons, ne signa pas ces très-peu galantes 
conclusions, qu'il avait d'ailleurs, par sur- 
croît de prudence, formulées en latin. Je- 
han de Meung faillit être fustigé par ces 
dames, rien que pour un distique ; il eût 
été, lui, mis en pièces. — Qui était-ce? On 
ne le sait pas au juste, tant le secret de 
l'anonyme fut bien gardé. On suppose 
toutefois, non sans vraisemblance, que ce 
pourrait être Acidalius Valens. Il fut ré- 
futé, presque aussitôt, dans un petit livret 
in- 16, qui eut coup sur coup plusieurs édi- 
tions. La défense s'y trouve à la suite de 
l'attaque. Voici le titre de la deuxième édi- 
tion, d'après l'exemplaire que posséda 
G. Peignot. Le nom du galant contradic- 
teur qui n'avait pas, loin de là, de raisons 
pour rester inconnu, s'y trouve : Disputa- 
tio perjucunda, qua anonymus probare 
nititur mulieres homines non esse; cui ap- 
posita est Simonis Gedicci defensio sexus 
muliebris, editio secunda, 1641, in- 16. — 
Au XVIII« siècle, la question fut reprise, 
mais dans le sens des conclusions pre- 
mières. Meusnier de Querlonles traduisit 
sous ce titre : Problème sur les femmes. 
Il n'y ajouta pas la réfutation, ce qui, de 
la part surtout du bibliothécaire de M™«de 
Pompadpur, manquait de galanterie. Peu 
après, en 1766, une autre traduction parut 
encore, avec un titre plus explicite : Para- 



doxe sur les femmes y où Von tâche de prou- 
ver qu'elles ne sont pas de Vespèce hu- 
maine. Éd. F. 

Jeanne d'Arc est-elle Lorraine ou Cham- 
penoise? (VIII, 7^3). — A la naissance de 
Jeanne d'Arc, le village de Domremy était 
composé de aeux parties. La plus consi- 
dérable dépendait ae Vaucouleurs; l'autre, 
où est née Jeanne d'Arc, dépendait de 
Gondrecourt- le -Château, situé dans le 
Duché de Bar. Jeanne d'Arc est donc 
Barrisienne. H. de l'Isle. 

— La réponse me semble facile, Jeanne 
naquit en 1412, à Domremy; ce village 
appartenait à la prévôté de Gondrecourt, 
présidial de Chaumont, recette de Dour- 
mont, bailliage de la Motte, annexe de 
Greux en Champagne, mais, relevant au 
spirituel, de l'évêché de Toul. Domremy, 
comme Greux, est sur la rive gauche de la 
Meuse, enclavé dans la partie de la Cham- 
pagne comprise entre les limites tracées 
en 1299, par Philippe le Bel et l'empereur 
Albert, à leur entrevue de Quatre- Vaux. 
Les seigneuries de Vaucouleurs, Greux et 
Domremy appartinrent d'abord au sire de 
Joinville, et furent échangées par Phi- 
lippe de Valois, en 1 33 5, contre les prévôtés 
de Soudron et Villeseneux, au diocèse de 
Châlons-sur-Marne. Une ordonnance de 
i365 confirma cet échange, et à dater 
de ce moment ces seigneuries figurent 
comme parties intégrantes du domaine 
royal. 

Au XVI«» siècle seulement, les ducs de 
Lorraine formèrent de nombreuses récla- 
mations au sujet de la mouvance du Bar- 
rois, et un concordat du 25 janvier 1571, 
complété le 8 août i575, modifia les fron- 
tières et céda Domremy, au duc. 

De plus, le père de Jeanne était deCof- 
fonds, près Montierender en pleine Cham- 
pagne. COURCILLON. 

Calculs sibyllins (VIII, 746). — Voir 
sur Louis XVI et sur Napoléon, sur le 
nouveau règne des Bourbons , sur la 
mort du duc d'Orléans, le Livre de toutes 
les prophéties et prédictions, etc. Paris, 
Marion, 1848. G. D. 

Un plan historique (VIII, 748; IX, 26). 
— Le plan du général Trocnu a été am- 
plement exposé dans l'un des discours 
prononcés par lui à l'Assemblée de Ver- 
sailles, et mentionné dansle volume publié, 
chez Hetzel, sous le titre : La Politique et 
le siège de Paris, p. 280 et suiv. Il s'agis- 
sait « d'un grand effort dans la direction 
de la Basse-Seine. » H.-L.-P. de B. 

Les affaires c'est l'argent des antres 

(VIII, 753).— Une personne qui vivait 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 janv. 1876. 



58 



dans rintimité de M. de Talleyrand me 
racontait, il y a peu de temps, à ce propos, 
qu'un jour le prince, causant avec M. de 
Rothschild, si je ne me trompe, lui aurait 
dit : a Les affaires, Monsieur le Baron, c'est 
votre argent. » Et celui-ci aurait répliqué : 
C'est notre argent. » Ln. G. 

1CU6 Haydée, diteAîssé (VIJI, 768; IX; 
28). — Hayiée est un nom grec, appar- 
tenant au calendrier orthodoxe et formé 
du mot àfSta, qui signifie éternelle*, c'est 
la Perpétue des catholiques. Aissé est la 
corruption du nom musulman A'icha. Les 
Arabes disent A'icha^ àîchuna; les Turcs 
disent Aïchéy àichuné. (On sait que les 
voyelles sont sans valeur sérieuse en lan- 
gue scientifique, et que l'on dit indiffé- 
remment Abdel Kader^ ou Abdoul Kadir,) 
Circassienne, musulmane, M*'« Aïssé s'ap- 
pelait certainement Aïchée^ et non point 
Haydée. Capi-Ago. 

Llsabeaa de Marot (IX, 6). — Partout 
où Marot se plaint d'une femme, on songe 
volontiers à Diane de Poitiers. Je me sou- 
viens d'avoir assisté, il y a quelque cin- 
quante ans, à une séance de la Société 
philotechnique, où fut lue une notice sur 
Clément Marot. L'auteur, dont j'ai oublié 
le nom, faisait assez positivement de Diane, 
la maîtresse du poëte ; maîtresse infidèle, 
et disait à ce sujet (ou à peu près) : « Tout 
le temps qu'il était resté aux genoux de 
Diane, Marot avait cent fois chanté ses 
beaux yeux. Disgracié, il s'aperçut tout à 
coup qu'elle était louche 1 » £t c'est à cette 
malencontreuse découverte qu'il attribuait 
les persécutions que Marot eut à essuyer. 

O. D. 

— J'ai eu sous les yeux une feuille d'é- 
preuve d'un ouvrage de M. Douen, intitulé: 
Clément Marot et le Psautier hugue-- 
not, etc., qui se trouve actuellement sous 
presse à l'Imprimerie nationale. On y voit 
clairement démontré que cette cruelle Isa- 
beau, qui poursuit le poëte et s'acharne à 
sa perte, n est nullement Z)itf«e de Poitiers y 
mais bien l'Eglise^ laquelle demanda plu- 
sieurs fois son supplice. Cette question 
sera assurément une des plus curieuses du 
livre; mais M. B. N., s il sait l'anglais, 
peut se renseigner sur ce point dans l'ou- 
vrage du professeur Morley, publié récem- 
ment : Clément Mârot and other studies^ 
I, 175. R. G. 

Sur le mot chrysanthème (IX, 8). — - 
Ignotus a-t-il raison? Coppée est-il cou- 
pable? Quel est le sexe de Chrysanthème ? 
Littré les met d'accord : a Chrysanthème ^ 
s. m. » Et comme exemple : « Les Chrysan- 
thèmes cultivées font en automne l'orne- 
ment des parterres. «L'affaire est heureu- 



sement arrangée; Coppée et Ignotus peu- 
vent s'embrasser : l'honneur est satisfait. 

Vilmorin. 

Armes des Goleoni (IX, 9}. — Oui, la 
tradition veut que cette puissante famille 
italienne eût pour armes toutes autres cho- 
ses que des cœurs. Cependant je lis dans 
Rietstap, Armoriai de r Europe : « Co- 
^lïonc, — Lombardie, Venise, — D'argent à 
trois cœurs de gueules : au chef d'Anjou, 
qui est d'azur semé de fleurs de lis a'or, 
ou en chef d'un lambel de gueules. — Co- 
leoni, Coleone, Coglione, diverses formes 
d'un même nom patronymique, de même 
que la forme d'un cœur peut être inter- 
prétée diversement par un sculpteur, gra- 
veur, ou liseur plus ou moins versé dans 
le symbolisme héraldique. Que d'erreurs 
ou de scandales qui ont, pour point de dé- 
part, un mot mal lu, un signe mal com- 
pris 1... C. 

— Oui, ces armes sont bien parlantes et 
authentiques « héraldiquement, historique- 
ment, positivement et graphiquement. » 

Héraldiquement, car ce blason, bien 
connu, est classique. Seulement, par la 
suite des temps, le cant moderne a néces- 
sité un changement, non dans la forme, 
mais dans la désignation des pièces qui 
sont devenues des cœurs renversés (et 
c'était pourtant plus d'un siècle avant 
BoufBers). Ce changement a été très-gra- 
vement expliqué par un respectable ecclé- 
siastique du XVll» siècle, aussi recomman- 
dable par la pureté de ses mœurs que par 
son savoir, Le Laboureur, qui même n'a 
pas craint d'ajouter, dans son Traité $ur 
Vorigine des armes, une gravure à son 
commentaire; et comme, par surcroît, le 
graveur était une fille, Claudine Brunaud. 
Cette particularité devint une arme pour 
le P. Menestrier, son adversaire en érudi- 
tion héraldiaue. Les curieux pourront lire 
toutes les phases de cette querelle dans 
l'ouvrage de M. Allut sur la Vie et les Œu- 
vres du P, Menestrier. 

Historiquement, si Ion s'en rapporte à 
la tradition qui assure que le nom et les 
armes des Co//eo?ii leur venaient de ce qu'ils 
étaient « triorches » dans cette famille, 
avantage qui servait à expliquer leur valeur 
militaire. Leur blason n'était donc pas 
une marque injurieuse, comme le suppose 
M. T. N., mais, au contraire, très-flatteuse 
à tous les points de vue. 

Graphiquement; je ne suis pas allé à 
Venise, je ne connais la statue de Bar- 
thélémy Colleone que d'après des gra- 
vures où l'écusson de ses armes n'est pas 
distinct, mais je puis affirmer avoir vu ces 
armes, graphice depictce, comme aurait 
dit le médecin de M. de Pourceaugnac, 
dans plus d'un ouvrage de blason, notam- 
tamment dans le livre de Le Laboureur 
et dans un armoriai italien manuscrit que 
je possède. Elles sont dans le livre bla- 



N- i85.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



59 



60 



sonnées ; coupé de gueules et d'argent à 
trois cœurs renversés de Vun en Vautre^ 
mais il faut une bonne volonté toute spé- 
ciale pour voir, dans le dessin, des cœurs, 
même en les supposant dessinés le plus 
fantastiquement du monde. A. St. 

S. p. Q. R. (IX, 9, 29). — Si fournie que 
soit la réponse de l'abbé Bordelon, elle ne 
donne pas encore une interprétation que 
je trouve dans un Rabelcesiana^ qui ter- 
mine une édition Ledentu, 1837 : ^Sono 
Poltroni Questi Romani. » O. D. 

Louise Lateau( IX, la). — La maladie 
n'a point cessé, par la bonne raison qu'on 
ne la traite pas. Elle est bien plus un su* 
jet de curiosité pour l'ignorance supersti- 
tieuse, qu'un motif d'études sérieuses pour 
la science réfléchie. C'est simplement un 
cas de la grande névrose féminine, du mal 
protbée par expeljence, c'est un caç d'hys- 
térie, semblable à ceux de Marie de Mœrl 
(L'extatique de Kaldern)^ de Domenica 
hsiZZ3iri{lt(i patiente de Capriana)^ que les 
foules pieuses allaient visiter en pèlerinage, 
et qui, elle3 aussi^ étaient des stigmatisées. 
Il n'existe pas un asile d'aliénés oix de tels 
accident» np 3e produisent chez les femmes 
atteintes d'hystéro-épilepsie, d'hystéro- 
théomanie, d'hystéro-démonomanie, et 
même d'hystéro-méUncolie. Si les méde- 
cins la soignent, la maladie persiste ou 
s'éteint, mais le public n'a pas à s'en mêler. 
Si les prêtres s'en mêlent, le public inter- 
vient, on crie au miracle et l'on dit tant 
d'ipçptiçs que l'on se croirait revenu au 
bon temps des filles de Loudun, de Made- 
leipe Bavent et de la Cadière^ La récente 
épidéqaie d'hystéro-démonopathie de 
Morzines, calmée par la seule intervention 
de la gendarmerie, s'est exacerbée jusqu'au 
paroxysme, à la suite d'un seul exorcisme 
épiscopal. Ces maladies aervoso-mentales 
sont affaire de médecine, et non point af- 
faire de religion. — Si Louise Lateau 
trompe, c'est qu'elle se trompe elle-même, 
égarée par les sots discours qu'elle entend, 
entraînée par les besoins de théatralisme 
qui tourmentent toutes les hystériques, et 
forcée par son mal même à rechercher ce 
qu'elle croit être le surnaturel. Les hpma- 
lidroses (sueurs de sang) continuent, car 
on ne fait rien pour les arrêter ; les con- 
vulsions, accompagnées d'extases, persis- 
tent, car on n'emploie aucun moyen thé- 
ï"apeutique pour les faire cesser, ce qui est 
cependant moins difficile qu'on ne le croit 
généralement. Séquestrée dans un bon 
asile d'aliénés, Louise Lateau a quelques 
chances de guérir ; mainte^apt, dans \^s 
conditions actuelleis, elle est incurable. 
Dans le cas où votre correspondant de 
Londres ne connaîtrait pas : Louise La- 
Uau ou la stigmatisée Belge, par le 
D*" Bowrneville (Paris, Dejahaye), je m^ 



' permets de lui signaler cette brochure 
saine et raisonnable. 

Jean Weyer (Piscinarius). 

— Cette femme vient de mourir. Je re- 
commande au chercheur anglais deux ou 
trois articles qui ont paru dans le C/iris- 
tianisme au XlX^siècle^ (Paris, Grassart^ 
' 1875) sur ce cas bizarre d'hystérie. Cz. 

Le marquis de la Gervaisais (IX, 14). 
— Certainement il a vécu, souffert, 
écrit, Hervé Magon, marquis de la Ger- 
vaisais. — Il était Breton, d'une famille de 




Paris vers 1840, et George Sand et Sainte- 
Beuve, sinon le grand Victor, l'ont ac- 
cueilli et aidé de quelque préface : ce qui 
ne ji'a pas empêché de mourir dans le dé- 
nûment et l'abandon, vieilli avant l'âge, 
et inconnu à Vapereau. Si je retrouve, 
avant beaucoup d'autres collègues, mes 
notes sur ce poëte, je les enverrai à mon 
homonyme initialement parlant. 
(Lyon.) R. C. 

— lia écrit un grand nombre de brochures 
politiques, où u semble avoir pris pour 
modèle le comte de Maistre. Plusieurs 
d'entre elles ne sont pas indignes d'atten- 
tion. M. Damas-Hinard ^n a tiré des frag- 
ments dont il a formé un volume intitulé, 
autant que je me le rappelle (j'ai le regret 
d'être très-Loin de ma bibliothèque) : Un 
prophète inconnu. Dans un recueil de Let- 
tres inédites de Siivio Pellico, on trouve 
quelques mots sur M. de ia Gervaisais : 
a Jeri è venuto da Torino quel marchese 
« de la Gervaisais ch'era stato a c^ra no- 
a stra, e .$'è qui fermato lungamente, col- 
tt mandomi di gentilezze. Egli è stato di- 
« rettore dell' educazione dell' attuale prin- 
« cipe di Carignano., ed e venuto a vedere il 
« suo allievo , che l'ha accolto con grande 
a amore volezza. Quel buon vecchio è in 
« relazione con molti uomini distinti di 
« tutta Francia, e m 'ha porta to saluti ed 
« espressioni d'entusiasmo di tutti quelli. » 
(Lettere inédite di Siivio Pellico a suo 
fratello Luigi, Turin, iSyS, p. 7.) 

POGGIARIDO. 

— J'ouvre la Biographie Générale pu- 
bliée par Didot, pour me renseigner un 
peu sur votre question. A la page 33o du 
tome XX, je lis : Gervaisais (de la), voy- 
La Gervaisais. Je me reporte à ce nom, et 
là... je ne trouve que néant. Cela va avec 
les autres gentilles omissions et grosses 
bévues que j'ai déjà eu occasion de signa- 
ler (VI II, ...J FoNTANGES, absent, et An- 
TARCTiQxjE, rangé parmi Ics noms d'hommes 
célèbres. Et dire que la direction de cet 
ouvrage était confiée à un.,, docteur! 
Quand donc aurons-nous un Dictionnaire 
biographique sans ces renvois fallacieux ? 

E. M. 



6i 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



— Yoyez sur Nicolas - Louis Magon, 
marquis de la Gervaisais ; i» Un prophète 
inconnu. Prédictions, Jugements et Con- 
seils^ par le marquis de La Gervaisais, 
avec une préface et des notes par M. Da- 
mas- Hinard (Paris, Ledoyen, i85o,in-i8); 
20 Souvenir de la Tribune des Journa* 
listes (1848-1852), par Ph. Audebrand. 
(Pans, Dentu), 1867, in-12, p. 83 à m; 

— 3® /d! Littérature franc, contemp., etc., 
t. IV, p. 541. Ses ouvrages y sont presque 
tous indiqués. — Les brochures du mar- 
quis contre la baronne Duprat y sont bien 
décrites; elles sont très-rares, elles ont été 
détruites ; — 40 Les Supercheries littér. 
et /e Dictionn, des ouvrages anonymes; 

— 50 Lettres écrites en 1786 et 1787 (par 
Louise-Adélaïde de Bourbon, princesse de 
Gondé, au marquis de la Gervaisais). Pu- 
bliées par Ballanche. Paris, imp. de J. Di- 
dot, i838, in-So; — 60 D^ la publication 
des lettres écrites en 1786 et lySy (par le 
marq. de la Gervaisais). Paris, J. Didot, 
i835, in-12, brochure détruite par Tau- 
teur; — r^ Une âme de Bourbon (par le 
même). Paris, J. Didot, 1837, in-12 de 
96 p. H. DE l'Islk. 

- Même rép. G. D. 

LesHnssitos, etc. (IX, 14).— La Biogr. 
Didot indiquie à consulter sur Jean Hus; 
Hist. et Monogr. J. Hus (Nuremberg; 
2 V. in-iP), 1 5^8) ; Fleury, Hist. de r Eglise, - 
Labbe,' Collection des Conciles; Jacques 
Lenfant, Coracile de Constance, 2 v. in-40; 
les Histoires" de la Bohême , par Dubra- 
yius, par iEn-eas Sylvius Piccoloçnini^ et le 
jésuite Balbinus; Hist. de la guerre des 
Hussites, par Jean Cochlée et par Theo- 
baldus (Thil>ault, écrivain protestant); 
Collection du docteur Von der Hardt, et 
tous les auteurs, de l'Histoire de l'Eglise j 
Em. de Bonnechose, Les Réformateurs 
avant la Réforme^ Paris, 2 v. in-12, 1847. 

Mais,., es^ceque M. L. C. n'aurait pas 
pu trouver tout cela de luî-méme ? 

O. D. 

— M.çme rép. H. L 

Caricatures sur le Christ (IX, 3o}. — 
La locution mala bestia se rencontre, en 
effet, chez Plante, en ces termes : Tu es 
mala bestia^ dans la pièce des Bacçhis, au 
début, vers 2 1 . Quant à la citation de Ter- 
tullien, faite par M. E.-G. P., ne faudrait- 
ilpas y lire frustandis, au lieu de frustran- 
dis, ce qui donnerait un sens plus simple 
et plus conforme à la traduction de l'abbé 
deGourcy? A. St. 

PrevoBt-Paradol (IX, 3i). — Un détail 
curieux, à propos de ce malheureux écri- 
vain, si intempestivement rallié à TEmpire 
en juin 1870. Un riche Américain, qui ha- 



62 



[25 janv. 1876. 



bite Pans, M, G., lia connaissance avec 
lui, sur le navire qui emportait aux Etats- 
Unis le jeune diplomate, et il eut occasion 
de lui prêter, sur sa demande, un ouvrage 
qm fut sa dernière lecture. C'était 1'^^- 
totre de Louvois, en 4 vol., de M. Camille 
Rousset. -- Or, M. Camille Rousset est 
entre à 1 4»adémie française comme suc- 
cesseur de Prevost-Paradol. Aucuns se 
souviennent particulièrement que son dis- 
cours de réception est resté un peu au- 
dessous de ce qu'on en attendait, en ce 
qui concerne son prédécesseur. M. B. 

trwMtlUa et €nxmité^ 

Jfn bulletin ^^yote »wiachél— Et moi 

aussi, je sms collectionneur^ et. en bon 
confrère, ayant appris, par le Grwd-Off., 
que M. le député Baragnon collige jfes 
bulletins de vote, je lui offre le suivant, 
que j ai précieusement relevé,, tors du aé- 
pomllement, dans ma section, à Paris, dee 
élections pour l'Assemblée de Bordeaux 

?^"?i^^?f "^îl^^^^^^"®' çommerasi bien dit 
teu M; Beulé, en un jour de malheur, le 
a février 1871 I U va de soi que je ne le 
proposerais pas ai 'imitation 4es électews. 
SI le scrutin de département revenait sur 
ieau. Le voici, copie conforme : 

43. LoOTs NAPOLéoN, de Sedan. 
41. Guillaume àt Prusse. 
39, Thiers. 

37.. Jérôme Napoléoo. 

35. Trochu. 

33, Général Guiod. 

3i. Skefmer. 

29. Louis Veuiîlot. 

27. Cousin de Montauban. 

25. Emile de Girardin. 

2.3. Pierre Véroti^ 

^l, GJajs-Bizosimi. 

19. Hérold. 

17. Ricord. 

i5. PanalSeu. 

1 3. Félix Pyat. 

u. Clément Laurier. 
9. Louis Blanc. 

7. Victor Hugo. 
5. Gambon. 

3. Rasrail. 

1. CïAlIBETVA. 

2. Edgar Quinet. 

4. Gagne. 
0. Ranc. A, 

8. Ledru-Rollin. 
10. Jules Favre. 
12. Flourens. 

14, De Villenaessant. 
16. Cremer. 

iS» Henri Roçhefort^ 
20. Garibaldi. 
22. Clément Duvernoîs» 
24. Crémieux. 
26. Ducd'Aumale. 
28. Garnier-Pagès. 
3o. Victor Borie. 
32. Peyrat. 

\i' k??^? JourcUm, 
36. Piétri. 



N« i85.] 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [25 janv. 1876. 



63 



64 



38. De Moltke, de Prusse. 
40. Bazaine (de Metz). 
42. Bismarck, de Prusse. 

Eh bienlne riez pas trop. Sauf les grosses 
excentricités voulues de cet électeur origi- 
nal, mais pas si toqué qu'il en a l'air, com- 
bien de bulletins des sages d'alors ressem- 
blèrent plus oumoins à celui-là! Vous rap- 
pelez-vous l'embarras réel où l'on était 
pour trouver et écrire 43 noms? Moi, je 
m'en souviens 1 Après avoir mangé la va- 
che du siège, on aurait nommé... la va- 
che à Gambon 1 Ce bulletin si panaché est 
un bulletin savamment combiné, raisonné, 
prophétique. Peut-on dire qu'il n'a ni 
queue ni tête ? Non, voyez plutôt la tête, 
et voyez la queue ! L.-N. ouvre le défilé 
avec le n® 43, cédant Tépée de la France à 
son cousin Gros-Guillaume. Puis, Thiers 
et Trockuy et Veuillot^ et Ricord !,. et 
(in fine) cet homme de margue, Bazaine, 
entre ses chers amis de Moltke et Bis- 
marck,,, Mais il y aurait trop àremarquer 
dans cette remarquable liste d'enfants 
perdus. Notez seulement, au point culmi- 
nant, entre tous, le n« 1 : Gambetta. 

Ouvrez un dictionnaire italien-français, 
et vous y lirez ceci : « Gambetto, ta. Qui 
donne le croc en jamhe,r* 

Décidément, l'autéur'de ce bulletin (qui 
fut soigneusement réservé et annulé) était 
un drôle de corps, qui sait ? un Brutus, 
faisant la bête, maispas plus stupide peut- 
être que celui qui vengea Lucrèce, en ex- 
pulsant les Tarquins et en fondant la Ré- 
Îmblique romaine. Seulement ces temps 
égenaaires sont bien loin de nous! Il 
semble aujourd'hui aussi difficile de fon- 
der, que de restaurer quoi que ce soitl Le 
beau résultat de tant d'élucubrations sa- 
vantes, et de tant de séculaires intrigues ! 

O saint Ricord, tes chers compatriotes 
sont fièrement malades, et d'un mal bien 
invétéré ! Libéra eos a malo, H. E. 

P, 5.— L'urne des monVi/ri de Versail- 
les, vient de recevoir aussi quelques bul- 
letins folâtres pour la nomination des 
75 sénateurs. Abd-el-Kader y a eu d'a- 
bord une voix, puis cinq. Fra-Diavolo, 
et : « Mon Bottier » en ont eu chacun 
une; Vlan! en a eu deux. 

Brissot (de WarviUe). — Lorsque Bris- 
sot, le célèbre chef des Girondins, avocat 
à Chartres, se fit appeler Brissot de War- 
viUe, du nom d'un village de la Beauce 
où il est né, ce patriote républicain ne se 
doutait sans doute pas, q^u'en s'affublant 
d'une dénomination semi-aristocratique, 
il prenait en même temps un nom anglais. 
Warville n'esl^ en effet, que la corruption 
euphonique du mot Warvick^ laissé en 
France par Richard Nevil, comte de War- 
vick, favori de Henri V et gouverneur 
de Henri VI d'Angleterre, après un long 
séjour dans les environs de Paris, pendant 



l'invasion du XV* siècle. C'est ainsi que le 
général Salisbury laissa son nom, en So- 
logne, au bourg ae Salbris, E. B. 

BaMonipierre et le vin allemand. — 

Bassompierre, en ses Mémoires, à l'année 
1604, raconte ce qui suit : 

a Je m'en vins coucher à Saverne. Je 
me mis à table pour souper, avant que 
d'aller voir les chanoines au Chasteau ; 
mais comme je commençois, ils arrivèrent 
pour me prendre et me mener loger au 
Chasteau. C'estoient M. de Domdechent 
de Creange et les comtes de Quesle et de 
ReilSencheid. Ils avoint déjà souppé et 
estoient à demi-ivres. Je les priay que, 
puisqu'ils me trouvoient à table, ils s'y 
missent, plustost que de mener attendre 
le souper au Chasteau : ce qu'ils firent ; 
et en peu de temps de notre soif, Guittaut 
et un mien compère, maître de Monnoies 
de Lorraine, et moy, nous les achevasmes 
sjr bien d'ivrer^ qu'il les fallut remporter 
au Chasteau, et moy je demeuray à mon 
hostellerie, et, le lendemain à la pointe du 
jour, je montay à cheval, pensant partir; 
mais ils avoient, la nuit, envoyé deffendre 
que Ton ne me laissât pas sortir : car ils 
vouloient avoirleur revanche de ce que je 
les avois enivrés. Il me fallut donc de- 
meurer ce matin-là à disner^ dont je me 
trouvay bien mal ;car, affin de m'enivrer, 
ils me mirent de Veau de vie dans mon 
vin^ à mon avis, bien qu'ils m'ayent depuis 
assuré que non, et que c'estoît seulement 
d'un vin de Lebsberg, quy est sy fort et sy 
fumeux que je n'en eus pas beu dix ou 
dou![e verres que je ne perdisse toute con- 
noissance... n 

Tel est le gros du récit de Bassompierre. 
Or, il vient de paraître un recueil de Bal- 
lades^ par Gustav von Meyern (Stuttgart, 
Cotta, 1876), où ce n'est plus, le doyen 
du Chapitre de Strasbourg, François de 
Créange et les comtes de Quesle et de 
Reiffencheid, mais Tévêque Jean de Man- 
derscheidque Ton met en scène : il tient tête 
à Bassompierre, qui roule bientôt sous la 
table : esfallt s[u jBoden sckever. Remar- 
quons que Manderscheid était mort en 
1592 et que l'évêque de Strasbourg, en 
1604, s'appelait Charles de Lorraine. La 
ballade se termine ainsi : 

Français, restez chez vous : 
Aucun peuple de sang mêlé 
Ne peut vider notre corne d'unis! 

Sans contredit, ces Messieurs ont la 
palme de la beuverie ; mais il faut protes- 
ter contre la falsification de l'histoire. 
Cuique suum ! Ristelhuber. 



Le gérant, Fischbache». 



Paria.— Typ. de Ch. Mcyruci», i3, rue Cuju.— 1876. 



Numéro 186 



Ckertkes et 
voui tinwtên*. 



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Jt s* fatii 



(0 fén. 1876 



£2nietméhtattc 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, ^OTES and QUERIES français.) 



a 65 



66 



Belx.es Lettres — Philologis — BEAtn[-ARTS 
^ Histoire — Archéologie — Numismatique 
— - ËPiGRAPHiE -—Biographie — Bibuographib 
— Divers. 

Distique: « Idem noUe »... — Quel est 
l'auteur et le texte exact du distique dout 
le sens et les mots sont à peu près ceux- 
ci : 

Idem noile aut non sentire in rebus iisdem 
Incolumi licuit semper amicitia. 

L. B. 

Un antenr à découYrir. — On a souvent 
cité deux vers d'une atrocité révoltante : 

Et des boyaux du dernier prêtre 
Serrons le cou du dernier roi. 

Mais bien des gens (je suis du nombre) 
ignorent dans quelle pièce se trouvent ces 
expressions horribles. Où a-t-elle été im- 
primée? Connaît-on l'auteur? 

Diderot a été nommé, et il n'est que 
trop vrai qu'il a exprimé la même pensée, 
mais d'une façon différente : 

Et ses mains ourdiroient les entrailles du prêtre. 
Au défaut d'un cordon pour étrangler les rois. 

Voir, au t. IX de l'édition des œuvres 
de Diderot, publiée par M. Assezat, chez 
Garnier frères, ce qui concerne le dithy- 
rambe intitulé les Eleuthéromanes^ im- 
primé pour la première fois dans la Dé- 
cade^ 3o fructidor an IV, et reproduite, en 
1798, dans l'édition des écrits de Diderot 
donnée par Naigeon. 

C'est à l'auteur des Bijoux indiscrets et 
du Supplément au Voyage de Bougain- 
ville que revient l'honneur de la paternité 
de cette recommandation radicale. Mais, 
encore une fois, à qui attribuer le mérite 
de la rédaction nouvelle, et quel est le 
texte complet de ce chant révolutionnaire? 

CD. 



A Vabri de...-^ Je me souviens, qu'éi 
1 quatrième, je fus l'objet de mordai 



'étant 
en quatrième, je ms l'objet de mordantes 
épigrammes, pour avoir introduit, dans 
une narration, une maison à l'abri du so- 
leil. Je reconnais aujourd'hui ce que cette 
façon de dire a d'incorrect ; cependant il 
n'est pas rare de la rencontrer dans les au- 



1 



teurs du XIX<» siècle les plus réputés pour 
le st^rle : Georges Sand, Gautier, etc. Que 
faut-il penser ? SAm. 

Pouvoir se fouiller. — D'où diable est 
venue cette locution vulgaire jusqu'à 
la grossièreté : a II peut se fouiller 1... 
Vous pouvez vous fouiller I » Et que si- 
gnifîe-t-elle ? — Là où des gens même 
mal élevés auraient dit autrefois : « Ah ! 
bien oui! d ou a Ohl non, par exem- 
ple ! » des gens, même bien élevés, vous 
disent aujourdhui, d'un ton et avec un 
geste de voyou : « Il peut se fouiller! » 

Triste ! triste ! E. H. 



<c Oui », dissyllabe. — Clément Marot, 
dans son rondeau : De V Inconstance d^ Isa- 
beau (ci-dessus IX, 6), a écrit ce vers : 

Certes oui; mais autrement fascher 
Je ne la veux 

dans lequel l'adverbe oui, — ordinairement 
monosyllabe^ — est scandé comme étant 
dis^tlabe. 

Connaîtrait-on et pourrait-on m'indi- 
quer, dans les œuvres de nos vieux poètes. 
Quelque autre exemple semblable, dans 
remploi du mot oui? Truth. 

Sobriquet. — Quelle est donc l'étymolo- 
gie de ce mot, inséré, sans autre explica- 
tion qtie celle-ci : a Origine inconnue^ » 
dans le Dictionnaire étymologique d'Au- 
guste Brachet (gr. in- 12, Hetzel, 6« édi- 
tion). Truth. 



L'article devant les noms propres. — 
Cette question est, avant tout, une protes- 
tation. Je n'avais pas écrit (IX, 58) a Le 
Laboureur », mais « le Laboureur » ; a le 
livre de Le Laboureur », maisa le livre du 
Laboureur ». L'article précédant un nom 
propre ne doit-il pas être privé de la ma- 
juscule, de même que la particule nobi- 
liaire de? Ne se déciine-il pas tout aussi 
bien que lorsqu'il est joint à des noms de 
lieux? Je suis tout prêt à soutenir cette 
double thèse grammaticale, et ne me ren- 
drai que lorsque l'on m'aura prouvé le 

TOME IX. — 3 



N- i8.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



67 



68 



contraire par Tusage constant et unanime 
des bons auteurs et aussi par la logique. 

A. St. 

Le cheyalier Yolaire. — Il a peint dans 
la manière de J. Vernet ; on voit de ses ta- 
bleaux au Musée de Cherbourg, mais le 
Catalogue de ce musée, ainsi que les Die» 
tionnaires des peintres, n'apprendraient 
rien sur cet artiste, dont les œuvres, bien 
exécutées et pleines de mérite, sont enrichies 
de figures d'une distinction rare et spiri- 
tuellement touchées. Il a peint quelques 
éruptions du Vésuve ; il avait fait, par con- 
séquent, le voyage d'Italie. Un confrère 
pourrait-il m'indiquer Tannée de sa nais- 
sance et de sa mort, ainsi que quelques 
renseignements biographiques sur lui? 

£. Gandouin. 

Wertmnller, peintre. — Il a exposé, en 
1787, sous les D9* 128 et 129, des tableaux 
d enfants. Les biographies sont muettes 
au sujet de cet artiste. Quelque Intermé- 
diairiste pourra-t-il me fournir quelques 
renseignements sur la vie de ce peintre de 
mérite, si peu connu? Gandouin. 

Martin, sculpteur, chargé de la con- 
struction du tombeau de Harat. — Dans 
les mélanges de la Revue rétrospective 
(i836. 2« série, t. VI, p. 809) est publiée 
la note des frais des funérailles de Marat, 
qui s'élevèrent à 3, 608 liv. 2 s. 8 den., sans 
compter Tembaumement. En tête de ce 
mémoire figure un « Martiriypour la con- 
struction du tombeau, 2,400 liv.». Quel est 
ce sculpteur? Est-il connu par d'autres 
ouvrages? Reste-t*il encore quelque es* 
tampe qui permette d'apprécier le travail 
exécuté par lui, à l'occasion des funérail- 
les de Alarat? J.-V. G. 

Portraits gravés par Gonnord.— Je vois, 
dans un tout récent Catalogue d'Estam- 
pes et de Livres anciens à prix marqués, 
une série de trente-deux Portraits des 
Membres du Conseil des Cinq-cents, gra- 
vés en manière noire ^ par Gonnord 
{Haut, 0,78 mill., sur Lar^. o,56 mill.), 
dont la désignation est suivie de cette re- 
marque : « On connaît l'excessive rareté 
des portraits (profils, dans un médaillon) 
gravés par Gonnord, les plus introuvables, 
peut-être, des portraits gravés vers le com- 
mencement au siècle. » — Qu'était-ce 
donc que ce Gonnord, qui fut Fauteur de 
portraits, devenus, avec le temps, si « in- 
trouvables? » Tous les Dictionnaires bio- 
graphiques que j'ai sous la main, sont 
complètement muets à son sujet. Truth. 

Le plus grand yillage de TEurope. — Je 
trouve, sous ce titre, dans le Magasin pitto- 
resque de 1837, p. 207, la phrase suivante; 



qui me donne à penser : a Le village de 
€( Craba, situé à 18 milles allemands de 
« Pesth, en Hongrie, dans une vaste 
« plaine, renferme 20,187 habitants, tous 
« de race slave, et professant presque tous 
« la religion protestante. Il compte 1,923 
« maisons. Sa banlieue est de 7 milles 
a carrés. » Je demande si un village de 
cette importance n'a pas le droit de pren- 
dre le titre de ville, et quelle différence 
existe entre les deux expressions ville et 
village. Saiduarig. 

Arsène Houssaye et le Coran.— Arsène 
Houssaye, dans Les Femmes comme elles 
sont (Paris, Michel Lévy, gr. in-12, 1870, 
p. i33), a écrit ceci : a Le Coran du: 
Prêter, c'est perdre son argent et son ami. 
Le Coran a raison. Tant pis pour ceux 
qui ont de l'argent et des amis. » 

Quelque Orientaliste de ï Intermédiaire 
pourrait-il me dire : ï» En quel endroit du 
Coran se trouve cette judicieuse sentence, 
et 2® si la traduction d'Arsène Houssaye, 
citée plus haut, rend exactement le sens 
du texte arabe? Ulr. 

Tapisseries en toile d'argent. — Faut-il 

dire « en toile, » ou « sur toile d'argent ». 
Je ne saurais décider; mais ce dont je suis 
certain, c'est qu'il a été fabriqué, aux Go- 
belins, sous Louis XIV, des tapisseries en 
toile, ou sur toile d'argent; cest qu'une 
des pièces du palais de Versailles portait 
le nom de chambre des tapisseries en toile 
d'argent. Ni M. Lacordaire, ni aucun des 
auteurs qui se sont occupés des Gobelins, 
ne parle de ces tapisseries. Pourrait-on me 
dire en quoi consistaient particulièrement 
ces tapisseries? Connaît-on encore des 
spécimens de cette fabrication, qui doit 
avoir été de courte durée, à voir le peu de 
traces qu'elle a laissé? J.-V. G. 

La Société des Bonnets de coton. - 
Lancret a peint un tableau qui a été grave 
par P.-E. Moitte, sous le nom de la Partie 
de plaisir. Ce sont de joyeux viveurs, réu- 
nis dans un parc autour d'une table abon- 
damment servie, et coiffés de bonnets de 
coton. On dit que ce sont tous des por- 
traits (j'ai même entendu dire que c'était 
le Régent et ses Roués). Serait-il possible 
de connaître ces portraits? de savoir quel- 
que chose sur cette joyeuse société des 
Bonnets de coton, dont je n'ai trouvé au- 
cune trace dans les mémoires du temps, m 
dans l'intéressant ouvrage des Sociétés 
badines, bachiques, littéraires et chantan- 
tes, d'Arthur Dinaux, publié en 1867, par 
Gustave Brunet, à Paris, che» Bacnelin- 
Deflorenne; in-8«? Où se trouve le tableau 
de Lancret? E^ M. 

Attribnts des quatre Ëvangélistes. — 

Une simple question : quel est Tattnbut 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



(10 févr. 1876. 



09 



70 



officiel de saint Matthieu? Saint Marc a le 
lionf saint Luc, le bœuf; saint Jean, V ai- 
gle. Cela se trouve partout. Mais, sur 
d'anciens vitraux du aIV« siècle, on voit 
saint Matthieu, accosté d'un agneau paS' 
cal. Ailleurs, un ange. D'aucuns soutien- 
nent que son attribut est sa plume d'écri- 
vain sacré. R. s. v. p. Cz. 

Les a noces d'or ». — Plusieurs journaux 
du Berry publiaient récemment cette nou- 
velle : 

« Les noces d*or du vénérable curé de 
Saint-Benoît-du*Sault ont lieu aujourd'hui 
3 novembre. H y a cinquante ans que 
M. Tabbé Lamy exerce son ministère à 
Saint-Benoît. » 

D'où vient donc cette expression : No- 
ces d'or? Truth. 

Enveloppes des lettres. — En publiant 
dans Y Intermédiaire (IX, 33), le curieux 
billet de la mère de Prévost- ParadoJ, M. 
S. D., après avoir relevé la date du tim- 
bre de la poste apposé sur l'adresse, 
ajoute : « Notre sotte coutume des enve- 
loppes, (jui ôte aux lettres toute date cer- 
taine, n'était pas encore établie ». Les en- 
veloppes ne sont pourtant pas une inven- 
tion de nos jours. Elles étaient connues 
au XVII* siècle. Voici le Dictionnaire de 
Littré, (jui cite un tarif de 1676. Au 
XVI !!• siècle on expédiait un grand nom- 
bre de lettres sous enveloppes, et déjà à 
cette époque, d'après M™« de Genlis, citée 
par Liitré, il paraît qu'on en trouvait de 
toutes faites. L'usage des enveloppes est, 
on le voit, ancien; mais à quelle, époque 
remonte-t-il et pourrait-on citer la pre- 
mière enveloppe connue? 

(Brioude.) P. Le B. 



I*e génovefain Pierre Cnppé. — Où 

trouver quelques informations sur ce 
moine qui paraît avoir eu des opinions 
peu orthodoxes ? Il est l'auteur d'un livre 
devenu peu commun : Le Ciel ouvert à 
tous les hommes, publié en 1768, in-S». De 
Bure en fait mention dans sa Èibliogra" 
pnie instructive, n«>753. Quérard se borne 
â en transcrire le titre, et n'indique aucun 
ouvrage de Cuppé. Le Catalogue de la bi- 
bliothèque de 1 abbé Rive (Marseille, 1793, 
n* 254) dit que l'édition de 1768 a été 
« faite d'après une mauvaise copie, remplie 
de fautes énormes », et il indique un ma- 
nuscrit in-4« plus correct et plus aniple. 

E. R. 

ï^wcier, avocat à Nîmes. — Quel était 
cet avocat, grand amateur d'agriculture, 
possesseur d'un beau vignoble^ et l'auteur 
^un très-curieux mémoire, médit sans 
ûoute, sur la nature et les qualités des rai- 
sms cultivés dans le territoire de Nîmes> 



envoyé en 178a, à M. Dupré de Saint- 
Maur, intendant de Bordeaux? — UlnteT" 
médiaire possède à Nîmes un érudit cor- 
respondant. J'ai tout lieu d'espérer qu'il 
voudra bien me renseigner, et f en remer- 
cie d'avance. (Brioude.) P. Le B. 

La Monette. — Qui donc est la « grande 
dame » (cliché consacré), si assidue aux 
séances à sensation de feue l'Assemblée 
Nationale de 1871-76, qu'un député du 
Rhône. M. D..., autrefois membre du 
Conseil municipal de Lyon, avait baptisée 
de ce nom, si heureusement trouvé comme 
caractéristique des orages parlementaires, 
que la présence de cette jolie « femme po- 
litique » avait constamment le don de faire 
éclater, — à ce point qu'on pouvait en ti- 
rer l'augure, de sa seule présence à la 
Chambre? Cz. 

« Pleidôyé Freydier ». — Connaît-on 
le jugement de l^ffaire de la demoiselle 
Marie Lajon, accusatrice contre le sieur 
Pierre Berlhe, accusé, détenu dans les 
prisons de la Cour ? Le Plaidoyé {sic) de 
M. Freydier, avocat à Nismes, contre 
l'introduction des cadenas, ou ceintures de 
chasteté, a été publié à Montpellier, chez 
Augustin François Rochard, seul impri- 
meur du Roi en 1730, avec permission : 
Ce singulier plaidoyé a été souvent réim* 
primé, mais sans le jugement. £st-il resté 
inconnu? A Montpellier, où l'affaire a été 
plaidée, le jugement ne doit pas être 
ignoré. E^« M. 

ce Histoire de M^i* Brion. «—Je possède un 
volume, petit in-8»^ de 91 p., entièrement 
gravé, intitulé ; Histoire de AP'* de Brion ^ 
aitte comtesse ^e L^unaj^, imprimée aux 
dépens de la Société des filles du Bon 
Ton. S. 1. n. d. Mon exemplaire ne 
renferme pas de gravures, et rien n'indi- 
que qu'elles manquent. Cependant la 
Bibliographie spéciale du comte d'L*** 
en signale, et cite à l'appui de cette asser- 
tion 1 exemplaire de Leber (n® 253o). Je me 
suis reporté au Catalogue du célèbre bi- 
bliophile, qui mentionne l'ouvrage, mais 
sans indication de figures. Ce petit volume 
a-t-il des figures ou n'en a-t-il pas? Dans 
Tafiîrmative, combien ? sont-elles signées, 
et par qui ? Un Liseur. 

Figures de aZémire et Âzor » et du ex Hu- 
ron. » — M. Cohen, dans son Guide de 
V amateur de livres à vignettes (2® édit., 
p. 148), dit avoir vu de belles figures faites 
pour une des premières éditions du Huron^ 
et deux figures pour Zémire et A^or, opé- 
ras-comiques de Marmontel, mis en mu- 
sique par Grétry. Prière au lecteur de 
V Intermédiaire, qui posséderait ces deux 
volumes, de vouloir bien me faire connaître 



N» i86.] 



L'INTERMEDIAIRE 



71 



72 



de qui sont ces fîgiires et les noms des 
graveurs pour chacune d'elles. Un Liseur. 

Cartes à jouer inventées par Saint-Si- 
mon. — Voici ce que je trouve, dans la 
France mystique par A. Erdan (Edit. 
orig., 1854, 2 t. en un vol. in-8, p. 507), 
comme étant extrait des Souvenirs de la 
marquise de Créqui. Connaît-on l'original 
de cette pièce et une collection des cartes 
dont il est question? 

Prospectus des nouvelles Cartes françaises 
(par Brevet d'invention) envoyé à 3/"* de 
Créqui, avec une lettre en date du 3 nivôse 
an JJL 

Il n'est aucun républicain^ et l'on dira plus^ 
il n'est aucun citoyen français, qui puisse et 
qui veuille désormais faire usage, même en 
jouant, de figures et d'expressions qui rappel- 
lent sans cesse le Despotisme et Tinégalité dans 
les conditions sociales. Il n'était point d'homme 
de goût et de femme sensée, qui ne fût cho- 
que de la maussaderie des anciennes cartes à 
)ouer et de la plate insignifiance de leurs ap- 
pellations. 

Les observations présentes ont fait naître 
au citoyen Saint-Simon l'heureuse idée de créer 
de nouvelles cartes appropriées à l'état actuel 
des idées françaises^ et c'est dans un but moral 
qui devra les faire regarder comme le Manuel 
de la Révolution, puisqu'il n'est aucun des 
attributs qui les composent^ qui n'offre aux 
yeuXj et ne rappelle à l'esprit, le caractère et 
les bienfaits de la Liberté et de l'Egalité. 

C'est à la haute moralité de ce out que le 
citoyen Saint-Simon doit le brevet qu'il vient 
d'obtenir. Ainsi plus de KoiSy de Dames, de 
Valets : le Génie, la. Liberté, VÉgalité les rem- 
placent, et la Loi seule est au-dessus d'eux. 

Ainsi donc, quatre génies remplacent les 
rois; quatre libertés remplacent les dames; 
quatre égalités remplacent les valets; quatre 




galité, le Sans-culotte et le Nègre ^ ils aiment 
surtout à voir la Loi, seule et légitime souve- 
raine d'un peuple intelligent et vertueusement 
libre, environner l'As de toute sa puissance, 
l'As dont les faisceaux républicains forment 
l'emblème et à qui la loi vient conférer l'appui 
de son nom cher et sacré. 

Après avoir rendu compte de la réformation 
qu'imposait au citoyen Saint-Simon l'amour de 
nos institutions patriotiques, il est bon d'an- 
noncer aussi que la perfection dans les dessins 
et leur coloration ne laisse rien à désirer dans 
Texécution des nouvelles cartes à jouer, cartes 
qui sont destinées à remplacer les magots 
surannés du temps de Charles VI et de sa cri- 
minelle épouse (llnfâme Isabeau de Bavière). 

Les principaux dépôts des Cartes nationales : 
Rue ci-devant Saint-Nicaise^ n" 11, et rue de 
la Loi, ci-devant rue Richelieu, n® 147. 

P. c, c, : Ol. B. 

Mémoires inédits de Viennet et de 
Barras. — Où existent ces Mémoires, in- 
diqués dans l'article que le Figaro (5 sep. 
1875) a consacré à Chateaubriand (VI II, 
7i3) r Peut-on espérer de les voir publier, 



au moins par extraits, et en ce qu'ils con- 
tiennent de plus piquant? Durant sa longue 
carrière, Viennet, mort plus qu'octogé- 
naire, avait beaucoup vu, beaucoup re- 
tenu, et, observateur malicieux, il a dû 
consigner, dans ses Souvenirs, bien des 
anecdotes curieuses, bien des révélations 
indiscrètes. 

Dans une notice relative aux événements 
du 9 thermidor (Une journée révolution- 
naire), insérée dans le Correspondant, 
M. Ch. d'Héricault cite à diverses reprises 
les Mémoires de Barras (notamment dans 
la livraison du 25 nov., p. 684); il ne 
ne dit pas où il a pu les consulter. 

Il existe une plate rapsodie, un sot ro- 
man sur la vie de Barras, imprimé au 
commencement du siècle; cela ne compte 
pas. Mais les Mémoires authentiques de 
Barras auraient sans doute un prix réel, au 
point de vue historique. 

Il serait bien à désirer qu'il se créât une 
publication analogue à la première Revue 
rétrospective que dirigea M. Taschereau, 
et dont les vingt volumes contiennent une 
multitude de documents historiques, 
d'extraits de Mi^mofr^s jusqu'alors inédits; 
c'est une mine dont les travailleurs con- 
naissent bien tout le prix. C. Turben. 



Bonnean (Panl-D.)— Président de la Soc. 
d'agriculture et membre du collège électo- 
ral du dép. de l'Indre, correspondant de 
la Soc. roy. d'agriculture de la Seine, etc., 
il a publié, en 1823, un volume in-8 auquel 
il donnait pour titre : Considérations sur 
les destinées humaines et moyen de con* 
solider les institutions, et de remédiera 
leur imperfection, d'après les règles tra- 
cées par la Religion chrétienne, par k 
Restauration franc aise ^ les déclarations 
de Vienne, de la Sainte- Alliance et d! Aix- 
la-Chapelle. Ce volume n'a point de to- 
maison; après la p. 288 viennent, sous le 
titre de : (Considérations sur les destins du 
monde (sic) par M. Paul D. B,, deux mé- 
moires, l'un de 8 p. : Puissance de VEtaU 
harmonie etjfidélité des peuples, l'autre de 
7 p., qualifié de Second mémoire, adressé 
à S. M. le 12 juin 1823. En i83o, le même 
auteur publiait le tome XXI des Considé- 
rations sur les destinées humaines et se 
qualifiait ainsi : Par un auteur dont les 
assertions, suivant preuves irrécusables, 
sont confirmées par tes événements^ depuis 
iSo6 jusqu'en oct. i83o. Cette discrétion 
extrême a porté malheur à M, Bonneau, 
car M. Damas-Hinard, dans le volume 
qu'il a publié en i85o, sous le titre de: 
t/n prophète inconnu^ en l'honneur du 
marquis de laGervaisais (Interméd., IX, 
14 et 60), attribue à ce dernier le contenu 
du t. XXI des Considérations sur les des- 
tinées humaines, où Tauteur prophéuse : 
Ruine de Paris, démembrement de k 
France, Mort ou expulsion de Louis Phi' 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo févr. 1876. 



74 



lippe /®', Massacre d'un grand nombre 
dénommes, Conséquences forcées de î im- 
puissance ou du parjure y Moyens de pré- 
venir ces dangers. Ce volume commence 
par une table sommaire des livres CXXVIII 
à CXXXII, suivie d'une table (un feuillet) 
des sujets traités dans chaque livre du 
XXI« tome (xxxvi pp.). Vient ensuite 
l'introduction : Au roi des Français ^ 10 
août i83o, etc. 332 pp. après la page 232, 
qualifiée^n du XX/« tome. Ce volume est 
terminé par deux pièces, ayant ce titre 
d'entrée en matière : Considérations sur 
les destinées humaines, tome XX (sic), 
l'une ayant pour sous-titre : La royauté 
frappée au cœur (u pp.^, et l'autre, /«- 
troauction, Analyse de 1 ensemble de l'ou- 
vrage soumis au Roi très-chrétien le 3i 
mars i83o (28 pp.) 

Paul-D. Bonneau n'a d'article ni dans 
la Bio^. Didot, ni dans la Bibliographie 
d'Œttmger. Pourrait-on avoir le détail bi- 
bliographique de ce qui compose les tomes 
Il à XIX, ou livres XlàCXXXIl des Consi- 
dérations sur les destinées humaines ?D3Lns 
son tome I, Bonneau donne les titres de 
plusieurs de ses ouvrages qui sont anony- 
mes. On les retrouvera dans le Dictionn. 
des Anonymes. Je crois qu'on peut lui at- 
tribuer le ^N^uveau projet de paix perpé- 
tuelle ÇVoy, Interméd.y Wll, 2 ti). 

Ol. B. 



«L'Unique, journal du Silence.» — Paris, 
la grande ville, excentrique par excellence, 
a produit, en 1868 ou 60, un journal uni- 
que en cq bas-monde. C était V Unique. Le 
premier numéro fut aussi le dernier. Cette 
gazette avait pour but unique de recom- 
mander le stlenceaux grands journaux. — 
Taisons-nouSy disait-elle, « tout ce bavar- 
dage ne mène à rien ! » Je m'étais efforcé 
d'acheterce journal unique et mystérieux, 
mais il m'a échappé ! Quelque correspon- 
dant de l'Intermédiaire aurait-il l'obli- 
geance de me donner des détails sur l'exis- 
tence obscure et passagère de cet étrange 
Moniteur de la presse parisienne ? 

(Amsterdam.) H. Tiedeman. 

Histoire de l'Ecole militaire de Saint- 
Cyr. — - Dans son intéressante Histoire de 
la maison royale de Saint- Louis, Th. La- 
vallée parle d'une Histoire de l'école de 
Saint- Cyr qui doit faire suite à cet ou- 
vrage. Est-ce que cette Histoire a paru ? 
Un ANC. Saint-Cyrien. 



« Le Perroquet de Déjazet.» — Je pos- 
sède icwx livraisons, de chacune 86 pages, 
petit in- 12 (couvertures imprimées, pagi- 
nation séparée), d'une publication intitu- 
lée : Le Perroquet de Déja^ety Recueil 
authentique de oons mots^ réparties^ sail- 



lieSy etc, suivi de la Notice bibliographi- 
que de cette actrice. — Paris, chez Barba, 
1837. A la fin de la secondellivraison, l'au- 
teur annonce la publication prochaine 
d'une troisième /fv., que je n'ai pas. — 
Combien ce petit Recueil (anonyme), doit- 
il compter de livraisons pour être com- 
plet ? Sait-on qui en est l'auteur ou l'édi- 
teur? Ulr. 



Bfibliograpliie des liTres condamnés. -* 

M 'occupant de recherches sur cette portion 
curieuse de la science des livres, je désire- 
rais connaître quels sont les ouvrages spé- 
ciaux auxquels il faudrait recourir à cet 
égard. Je laisse de côté le Dictionnaire de 
Peignot (2 vol. in-S®) qui, publié en 1806, 
est nécessairement fort arriéré et qui, 
même pour l'époque antérieure à sa pu- 
blication, est loin d'être complet, loin de 
suffire à l'attente d'un travailleur. Les di- 
vers Catalogues des livres mis à ïindex à 
Rome, depuis le XI n« siècle, formeraient 
une collection considérable; ils ont été 
partie reproduits dans un volume intitulé : 
Le Propagateur^ t. V (Paris, Beaucé-Ru- 
sand, 1825, in-8°), et ils ont donné lieu à 
un livre anglais fort intéressant : The Li^ 
terary Policy of the Church of Rome^ 
exhibited in an Account of her Damna^ 
tory Catalogues or Indexes... by Joseph 
Mendham,2«édit. London, Duneau, i83o, 
in-80, XXXV1-371 p. Il a paru en 1874, à 
Paris, un Catalogue des ouvrages con^ 
damnés comme contraires à la morale pu^ 
blique, du i**" janvier 181^ au 3i décembre 
1873, in-8% 112 p. Mais il laisse fort à 
désirer; les titres sont souvent incomplets; 
les auteurs (lorsqu'ils sont connus) ne sont 
pas toujours nommés; les dates des juge- 
ments qui ont frappé telle ou telle produc- 
tion, ne sont pas mentionnées; il y a 
absence de recherches bibliographiques. 

Depuis assez longtemps il est question 
d'une édition nouvelle refondue et aug- 
mentée du Dictionnaire de Peignot, mais 
elle est encore en préparation et verra- 
t-elle jamais le jour? (Lyon.) F. D. 



« Gléomène ou Tableau abrégé des pa- 
sions. » — a Extrait d'un manuscrit trouvé 
chez les caloyers du Mont-Athos. C'était 
hier comme aujourd'hui , et demain ce 
sera de même. A Paris, de l'imprimerie 
de Monsieur. M.DCC.LXXXV ». in-i8 de 
161 p., les titres et i f. blanc. — Quel est 
l'auteur de ce roman ? H. de l'Isle. 



« De Freschwiller à Sedan, — Journal 
d'un officier supérieur du i*' corps. Avec 
documents authentiques, lettres inédites, 
notes et considérations militaires. » (Li- 
brairie Hachette, Tours, novembre ï 870.) 
L'auteur, s. v. p.? A. B. 



N« i86.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



Le Dien disse (I, 822 : II, 24, 34). — 
L'opéra d'Issé me rappelle une anecdote 
asse2 curieuse sur Antoine de Ferriol, 
comte de Pont de Veyle, cet ami de 
M«« Du DefTand, ce grand curieux de piè* 
ces de théâtre, quelque peu dramaturge et 
parodiste, qui devait entrer, d'après le dé- 
sir de ses parents, dans la magistrature : 
une charge de conseiller au Parlement de 
Metz lui était destinée. « Plus le terme de 
sa réception approchait, plus son dégoût 
augmentait, » ait M. Emmanuel Michel, à 
la p. 160 de sa « Biographie du Parlement 
de Metz? (Metz, chez Novian, i853, in-8«). 
« Il allait franchir le pas, quand une cir- 
constance due à la gaieté de son humeur, 
Tarrêta au seuil de la magistrature. En at- 
tendant une audience du procureur géné- 
ral, auquel il venait demander des conclu- 
sions favorables à sa réception, il se trouvait 
seul dans une chambre attenante au cabi- 
net de ce magistrat. Pour charmer l'ennui 
de l'attente, il se mit à répéter la danse du 
Chinois dans l'opéra dVf5^, qui était alors 
en vogue, et il l'accompagnait de toutes 
les contorsions et de toutes les grimaces 
qui pouvaient donner du piquant à ce rôle. 
Tout à coup, le cabinet s'ouvrit, et le 

Procureur général, qui était homme de 
onne compagnie, se mit à rire. Ce petit 
événement ouvrit les yeux aux parents 
d'Antoine de Ferriol ; ils n'insistèrent plus 
pour qu'il se fît recevoir dans la magistra- 
ture, et lui achetèrent une charge de lec- 
teur du roi, qui convenait beaucoup mieux 
à ses goûts et à son caractère. » 

H. DE l'Isle. 

a Procès des trois RoisD (II, 265, 280).-- 
Ce pamphlet est attribué à Pierre-Sylvain 
Maréchal, par B.-A. Cigongne, ou par Le 
Roux de Lincy (V. p. 460, et n® 2571 du 
Catalogue des livres de A. Cigongne, pré- 
cédé d une notice par Le Roux de Lincy. 
(Paris, Potier, 1861,1 vol. in-8°). — Le rédac- 
teur avait-il des preuves pour justifier son 
attribution, ou bien, a-t-il confondu le 
Procès des trois RoiSy attribué çénérale- 
mentàBoufFonidor, avec le Dermer juge- 
ment des Rois , par Sylvain Maréchal 
(Paris, an II, in-8'*); c'est ce que l'on peut 
supposer. H. de l'Isle. 

Cornes (V, 148, 229, 320; VII, 57; 
VIII, 549, 6o3, 65Ô, 716). — La (juestion 
cornue est loin d'être tranchée. J'ai Ju tout 
ce que l'on a dit, à ce sujet, dans Vlnter- 
médiaire, et les réponses n'ont fait que me 
confirmer dans l'opinion que j'ai émise et 
que je maintiens, que les cornes n^ont pas 
été prises dans un sens satirique avant le 
XVI® siècle. Pour me faire renoncer à cette 
conviction, qui repose sur des preuves so- 
lides et sur le concours unanime de tous 



76 



les documents écrits et figurés, il me fau- 
drait un texte, plusieurs textes bien authen- 
tiques, bien clairs, bien formels. Rien de 
tout cela ne se rencontre dans les objec- 
tions qui m'ont été opposées. 

J'ai déjà montré (et M. O. D. le recon- 
naît) que la citation des Cent Nouvelles 
Nouvelles est inexacte. A l'égard des textes 
latins reproduits par M. A. D., qui tient à 
l'antiquité des cornes conjugales, ils ne va- 
lent pas mieux. Je ne vois nulle part que 
les Romains aient appelé Vulcanus cor* 
neus un mari encornaillé^ d'autant mieux 
que corneus ne veut pas dire qui a des 
cornes^ mais qui est de come^ et qu'au 
figuré, ce mot signifiait imbécile, et non 
cornard. Dans le sens de cornu ils auraient 
dit cornutus ou corniger^ et ces qualifica- 
tifs avaient pour eux une signification, non 
pas injurieuse, mais, au contraire, hono- 
rable : ils indiquaient la puissance et la 
force, et on ne les trouve jamais employés 
en mauvaise part. Ainsi, je demeure per- 
suadé que ce prétendu vers d'Ovide : 

Atque maritorum capiti non cornua desunt^ 

est entièrement apocryphe. En effet, quand 
cet auteur emploie ce mot, il a pour lui 
un sens allégorique, tout à fait différent de 
celui qu'on lui prête dans la citation pré- 
cédente. En voici un exemple : 

Vicimus etdomitum pedibus calcamus Amorem ; 
Venerunt capiti cornua sera meo. 

{Amores, 3^ 11, 6.) 

Tout cela est confirmé parle langage des 
autres poëtes latins; je n ai donc pas â in- 
sister, et je maintiens que les Romains 
n'ont pas connu le sens moderne des cor^ 
nés, A l'appui de cette affirmation, j'ai le 
silence de Tauteur du Glossarium eroti- 
cum lin^ucB latince, cjui n'aurait pas man- 
qué de signaler cette mterprétation, si elle 
eût été connue des Anciens, et qui ne cite 
pas même le mot cornu, ni aucun de ses 
dérivés. 

Quant aux citations grecques, elles ne 
sont vraisemblablement pas de meilleur 
acabit, et Quitard, dont s'autorise M. A. D., 
et que j'avoue ne pas connaître, me paraît 
être un facétieux personnage, qui a forgé 
des textes pour duper les lecteurs béné- 
voles. 

Une allégation plus grave, mais oue je 
suppose également erronée, est celle ae cet 
intermédiairiste qui (V, 229) affirme qu'il 
est question de cornes maritales dans le 
Roman de la Table Ronde, à propos de la 
Cprnouaille et du roi Marc. J'en réclame 
la preuve, tout en Aiaintenant ma première 
thèse. Des textes, des textes! 

A. St. 



P.-5. Dans ma citation des Cent Nou- 
velles Nouvelles, il faut lire couj, et non 
cocu, comme on l'a imprimé par erreur. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



lo févr. 1876. 



77 



78 



Armoiries à déterminer (VIII, 54S, 
758; IX, 48). — On ne peut répondre que 

gar des conjectures, car les indications 
éraldiques {écartelé d'argent à trois 
fasces d'azur et d'argent au lion de 
gueules) fournies par notre confrère sont 
trop irrégulières pour être admises. Il 
faut ajouter aussi qu'à Tépoque indiquée, 
fin du XVIe ou commencement du XVI l« 
siècle , on ne connaissait pas, encore 
Tusage des hachures pour indiquer les 
émaux du blason, et que, par conséquent, 
les traits notés par M. H. E. sur Tem- 

greinte de ces armes n'ont aucun sens 
éraldique ; nous avons là deux quartiers, 
l'un à trois fasces ondées, l'autre à un 
lion, sans désignation de couleurs. Dans 
ces conditions, je signalerai à M. H. £. 
les d'Oraison de Provence, dont les armes 
(d'or à trois fasces ondées d'a:{ur) se trou- 
vent, à la fin du XVI« et au commence- 
ment du XVIIe siècle, écartelées d'un 
lion. Elles sont ainsi gravées {Culot inci- 
dit) en tête tie V Estât de V Eglise mili- 
tante avec les arrests ^énéravx svr les 
différens mev!{ en la religion.,. Ensemble 
le Catalogue uniuersel des Souverains 
Pontifes en VEglise de Dieu^ depuis la 
naissance du Monde. Par MM. El^ear 
DoRAisoN, S' de Thorame et d'Antragues^ 
conseiller et aduocat du Roy au Siège et 
ressort de Digne en Provence. Nouvelle- 
ment habité en la ville de Marseille. — 
Lyon. Cl. Morillon, 1619, in-4<». 

Les armes de l'auteur (où les émaux , 
comme sur la reliure précitée, sont in- 
exacts et pour la même raison), ces armes 
sont accompagnées de la devise: Labitur 
nec déficit^ et d'un chiffre de trois lettres 
enlacées EOD. La dernière de ces lettres 
est un D renversé par égard pour le bon 
effet du chiffre. Dans le chiffre décrit par 
M. H. E., si leC n'était également qu un 
D renver^, on pourrait y voir l'initiale du 
nom d'Oraison qui s'écrivait souvent Do- 
raison; N indiquant le prénom du per- 
sonnage, T et A seraient peut-être les initia- 
les des seigneuries de Thorame et d'An- 
tragues, ou bien celles d'une alliance. Mais 
le possesseur du livre est seul en état de 
vérifier toutes ces conjectures et, pour 
cela, il devra consulter les ouvrages d'Arte- 
feuille, Robert de Briançon, Pithon Curt. 

A. St. 

Kharagnenz (VIII, 610, 663, 692,758). 
— Théophile Gautier n'a pas oublié le 
polichinelle oriental dans Constantinojpte 
(chez Lévy). Il lui a consacré un chapitre 
entier. Ce serait la caricature d'un vizir 
de Saladin, connu par sa lubricité et ses 
déportements. Une origine si haute et si 
antique à la fois est bien faite pour don- 
ner un certain orgueil, et Ton ne peut 
s'étonner qu'un si grand personnage traite 
d'égal à égal M. le gouverneur général de 
l'Algérie. 



Mais, Théophile Gautier est-il un orien- 
taliste bien sérieux? SArouARiG. 



Le coloiiel Rapatel (VIII, 614, 669, 
725). — Je lis ceci, p. i79dela Vie politique^ 
militaire et privée au général Moreau 
par Alphonse de Beauchamp (Paris, Le 
Prieur, 459 p. in-8<>, 1814)2 — « Le 
colonel Rapatel, qui a recueilli les der- 
nières paroles et les derniers soupirs de 
Moreau, a péri aux portes de Paris, en 
s'avançant seul pour faire cesser la lutte 
^d'une troupe de braves qui, entourés par 
^^des forces supérieures et désespérant de 
vaincre, voulaient du moins mourir avec 
gloire. « Mes amis, mes compatriotes, 
a leur cria- t-il, cessez de combattre; vous 
a avez acquis l'honneur ; Alexandre vous 
« rendra de suite la liberté. » A peine 
il achève, que, frappé de deux balles, il 
meurt. Il a été honoré des regrets de 
l'empereur de Russie, dont il était devenu 
l'aide de camp, après la mort de Moreau: 
il combattit la tyrannie et mourut pour 
sauver des Français, — en combattant 
contre eux, ajoute une note au crayon, 
inscrite en marge, sur l'exemplaire que [e 
possède. Ulr. 

Une vallée de larmes (VIÏI, 641, 725; 
IX, 48). — Le psaume LXXXIV célèbre, 
d'un bout à l'autre, le bonheur de l'homme 
qui peut fréquenter le temple de Jéhovah, 
pour lui rendre son culte. Les versets 6 
à 8 peignent, sous une image vive et 
hardie, la joyeuse ardeur avec laquelle 
l'Israélite du nord de la Palestine, fatigué 
par une longue route et dévoré de soif, 
traverse, pour se rendre à Jérusalem, une 
vallée aride, desséchée, sans y trouver 
une goutte d*eau. Sous les pas au pèlerin, 
à qui rien ne coûte pour s'approcher 
du Temple, cette vallée de Baca ou des 
PleurSy ainsi nommée à cause de sa sté- 
rilité, semble se transformer en une val- 
lée ombreuse, où jaillissent des eaux cou- 
rantes et que fertilisent les pluies d'au- 
tomne. C'est sa foi, son zèle, qui opèrent 
ce miracle. Le psalmiste s'adressant à 
Jéhovah, s'écrie : 

6. Heureux les hommes dont tu es la force, 
et qui aiment lâs pèlerinages! 

7. Quand ils traversent la vallée de Baca, 
ils y font couler une fontaine 
et la pluie d'automne la revêt de bénédic- 

8. Les forces croissent à chaque pas, [tions. 
ils paraissent devant Dieu en Sion. 

Qu'y a-t-il là d'inintelligible? Et cette 
version protestante ne vaut-elle pas bien 
le latin de la Vulgate (i) ? Le charabias 
ne commence que du moment qu'on 
transforme platement une splendide image 
hébraïque en patois de Chanaan, et qu'on 

(i) Voir les Psaumes d'après V hébreu, par 
F. de La Jugie, traduction en vers qu'on ne 
saurait trop recommander. 



N« I86J 



L'INTERMÉDIAIRE 



79 



80 



fait dire an Psalmitre que la yiepn^enie 
est une r allée de larmes^ ce à quoi il ne 
pensait pas pins qu'aux antipodes ou 
aux lectean de Y Intermédiaire. 

O. DOUEN. 

Henri HT et PoHcbinelle (VIII, 643, 
608, 727^. -— Cette opinion, oui parait 
4^bord SI singulière, est aussi adoptée par 
M. Magnin. Après avoir signalé la diffé- 
rence du Polichinelle napolitain et du 
nôtre : « Polichinelle^ tel que nous l'avons 
l&it et re£dt, présente au plus haut degré, 
l'humeur et la physionomie gauloises. Je 
dirai même pour ne rien cacher de ma 
pensée, que, sous l'exagération obligée 
d'une loTale caricature. Polichinelle laisse 
percer le type populaire, je n'ose dire 
de Henri IV, mais tout au moins de l'offi- 
cier gascon imitant les allures du maître... 
Quant à la seconde bosse qui brille de 
surcroît sous le clinquant de son pour- 
point à paillettes, elle rappelle la cuirasse 
luisante et bombée des gens de guerre et 
les ventres à la poulaine, qui imitaient la 
courbure de la cuirasse. (Notez que les 
bosses de notre Polichinelle étaient alors 
bien moins proéminentes qu'aujourd'hui, 
comme le prouve la gravure du tomeV 
du Théâtre de la Foire.,.) Le feutre a 
bords retroussés, qu'il portait au XV II* siè- 
cle, était le chapeau à la Henri IV. Enfin, 
il n'y a pas jusqu'à certains traits carac- 
téristiques au visage, jusqu'à l'humeur 
hardie, joviale, amoureuse du bon drille, 
qui ne rappellent, en charge, les qualités 
avantageuses et les défauts du Béarnais. » 
Plus loin, Magnin rapporte quelques frag- 
ments de la chanson de Mignolet, jadis 
le principal adversaire de Polichinelle, qui 
Tassommait. 

Je suis le fameux Mignolet 
Général des Espagnolets. 
Quand je marcne, la terre tremble ! 
C'est moi qui conduis le soleil ! 
Et je ne crois pas qu'en ce monde 
On puisse trouver mon pareil ! 

Les murailles de mes palais 
Sont bâties des os des Anglais. 
Toutes mes salles sont dallées 
De têtes de sergent d'armées, 
Que dans les combats j'ai tués ! 

Je veux, avant qu'il soit minuit, 
A moi tout seul, prendre Paris! 
Par-dessus les tours Notre-Dame 
La Seine je ferai passer ! 
De langues de filles, de femmes, 
Saint-Omer je ferai paver l 

« Cette chanson, ajoute Magnin, rat- 
tache avec certitude Polichinelle au règne 
de Henri IV et à ses longs démêlés avec 
l'Espagne. » Ne pourrait-on pas même, 
dans ce nom de Mignolet chercher celui 
de Spinola, que les Espagnols devaient 
prononcer Spignola? O. D. 



La îwUSMmB et rnmatafité de l'âme 
(VIII, 642, 696, 759). — Voyex: l'Immor- 
talité de l'âme chez les Juifs. Traduit de 
l'allemand da docteur G. Brecher, et pré- 
cédé d'uie introduction par Isidore Cahen. 
Paris, 1857, in-ia. H. I. 

Que vent dire le renvoi de M. Br. 
(II, 5i3)? Il ne signifie rien (VIII, 
760). 

— Les Juifs ont certainement connu, 
dès les temps les plus reculés, le 
dogme de l'immortalité de l'âme, tel 
qn il est professé par l'orthodoxie chré- 
tienne ou à peu de chose près. Il est 
dit, dans la Genèse, ch. 5o, v. 2, 3 et 26, 
que les corps de Jacob et de Joseph fu- 
rent embaumés. Les Egyptiens, qui ne 
ressaient pas cette opération aux corps 
d'étrangers, ne durent pas Êdre aux Juifs 
un mystère de ces motifs qui étaient que 
l'âme, ne mourant pas, n'abandonnait le 
corps que pour un certain temps, et qu'au 
moment où elle viendrait en reprendre 
possession, elle serait bien aise de le 
trouver en bon état. Le dogme de l'im- 
mortalité de l'âme de chaque individu 
avait évidemment, chez les Egyptiens, une 
sanction nécessaire dans la résurrection 
de la chair; c'est encore un article de foi 
pour tous les bons chrétiens, comme on 
peut s'en assurer dans le Symbole des 
Ajjotres. Lorsque les rapports entre les 
Juifs et les Egyptiens furent devenus si 
mauvais, qu'il leur fut impossible de vivre 
ensemble et que les premiers abandon- 
nèrent le pays, de gré ou de force ; leur 
législateur, en conservant la pratique 
égyptienne de la circoncision dans un but 
d hygiène, n'adopta pas la croyance à 
rimmortalité de l'âme individuelle, il se 
rallia à l'ancienne doctrine sémitique qui 
faisait consister cette immortalité de l'âme, 
dans la perpétuité, sur la terre, de la pos- 
térité du patriarche souche de nation, à 
l'aide d'une transmission incessante de 
son principe vital à ses descendants ; de 
sorte que si la race est anéantie, ce prin- 
cipe vital est également anéanti ou au 
moins n'a pas de corps pour le recevoir, 
et se perd dans l'espace : c'est ce aue sup- 
pose la convention jurée entre Abraham 
et son dieu, où il n'est pas question du 
paradis à la fin de ses jours. Mais le 
do^me égyptien était d'une nature telle, 
quune fois connu, il devait rester dans 
les esprits et se transmettre en secret, s'il 
ne pouvait pas l'être autrement. Il a dû, 
dans ces conditions, fournir souvent un 
argument aux mécontents, qui n'ont ja- 
mais manqué chez les Juifs, et qui récla- 
maient en faveur de la liberté individuelle 
contre le despotisme sacerdotal et royal, 
exercé au nom de l'intérêt collectif et 
national, à l'aide du dogme sémitique de 
l'absorption de Tâme dans la race. Aussi, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



(10 févr. 1876. 



81 



82 



Qualifié d'hérésie impie et antipatriotique, 
'idée dangereuse, pernicieuse, subversive 
et désorganisatrice, il n'est pas indiqué 
dans les livres juifs qui nous sont par- 
venus, tous sans doute orthodoiCes et ap- 
prouvés. Il est donc fort admissible que 
les premiers chrétiens, qui demandaient 
une révision des lois de Moïse et leur 
mise en harmonie avec les changements 
et les besoins survenus depuis leur pro- 
mulgation, aient adopté, comme signe 
d'opposition et de ralliement, le dogme 
de rimmortalité de l'âme individuelle 
qu'ils trouvaient dans les traditions se- 
crètes juives en même temps qu'elle leur 
était apportée du dehors comme une in- 
novation philosophique conforme aux pro- 
grès de Thumanité. G. G. 

Le christianisme vient-il de l'Inde? 

(VIII, 642, 697, 736, 759). — Dans ma 
réponse à cette question, j avais raison de 
me méfier de ma mémoire. Ce n'est ni 
dans un journal, ni dans une revue que 
j'avais lu ce que j'ai dit de l'époque de 
Chrishnay c'est dans le livre de M. Mei- 
gnan, évêque de Chalon, intitulé : Le 
monde et r homme primitif selon la Bible, 
an chap. 12*. Ce n'est pas le docteur 
Parker, c'est Bentley qui a déterminé 
cette époque ; ce n'est pas au II I" ou I V« siè- 
cle de l'ère chrétienne, c'est à l'an 600 
qu'il la rapporte. Voici le texte : « Bentley 
a déterminé l'âge de la fameuse légende 
de Krishna, Cette légende a eu un grand 
retentissement, au commencement de ce 
siècle. Comme elle a une frappante res- 
semblance avec l'histoire de la vie du 
Christ, et que, d'ailleurs, Krishna en rap- 
pelle le nom, on supposa ni plus ni moins 
c}ue l'histoire de Jésus était une légende 
indienne. Krishna est l'ÂpoUon indien ; il 
est une incarnation de la divinité. A sa 
naissance, des chœurs de Devantas chan- 
tèrent des hymnes de louange, tandis que 
des bergers entourèrent son berceau. On 
est obligé de cacher sa naissance au tyran 
Causu^ à qui il avait été prédit que cet 
enfant causerait des pertes. Parvenu à 
Tâge d'homme, il protégeait les pauvres, 
lavait les pieds des brahmes et prêchait 
une doctrine parfaite. Il mourut cloué à 
un arbre par une flèche. — William Jones 
ne reporte pas cette légende au delà du 
temps d'Homère. Mais Bentley démontre, 
par la position des planètes, telle qu'elle 
est décrite à la naissance de ce demi-dieu, 
que celui-ci, mythique ou non, souvenir 
ou fiction, rappelle l'état du monde vers 
l'an 600 de notre ère; et ce savant conclut 
à un nastiche, à une positive falsification 
de l'Evangile. Les brahmes voulaient em- 
pêcher par là les naturels de leur pays 
d'embrasser le christianisme, que de cou- 
rageux et hardis missionnaires leur appor- 
taient de l'Asie occidentale. » E.-G. P. 



— Voir dans les Annales de philosophie 
chrétienne de 1869 : la Bible clans l'Inde : 
vie de Jezeus-Christna, et dans le volume 
de 1875 : Examen critique du livre Chris» 
tna et le Christ, par Jacolliot, où la ré- 
ponse a trop de développement pour être 
résumée ici. L'abbé V. Dufour. 

La Belle Ferrpnnière (VIII, 646, 728 ; 
IX, 17). — Mon édition de l'Heptamé- 
ron, différente sans doute de celle de 
M. A. D., met le conte dont il parle, le 
cinquième de la 3« journée. Mais peu 
importe , c'est bien le même, et je voulais 
seulement faire observer que la Reine de 
Navarre ne donne aucun nom. Ce n'est pas 
que je ne croie aussi que le prince dont elle 
parle ne soit son frère, mais fort jeune, 
et avant d'être roi. La maîtresse du prince 
est bien la femme d'un avocat ; mais au- 
cune circonstance du conte ne rappelle, 
même de loin, la légende de la Belle 
Ferronnière. En revanche, ce conte a pu 
ne pas être inutile à l'auteur d'Hernani. 
Charles-Quint surpris chez Dona Sol par 
Ruy-Gomez, et lui parlant aussitôt politi- 
que, ressemble fort à notre prince ren- 
contrant l'avocat au lieu de sa femme, et 
le consultant sur ses affaires. O. D. 



Une statnepen vêtne du généralKléber. 
(VIII, 675). — Ce dessin, tout soigné 
qu'il soit, n'est pas l'œuvre d'un biogra- 

f>he bien exact. Kléber serait-il mort à 
'âge du sans-culotte Jésus? 1766-1790... 
je lis 33 ans, la chose est claire; et c est 
aussi le cas d'ajouter vingt bonnes années 
à l'âge du héros, quîavaitservi en Bavière, 
et longtemps servi en Autriche, avant de 
se montrer tel que la postérité le connaît. 
N'incriminez pas non plus le premier Em- 
pire, à propos de « son œuvre perfide », 
id est la statue colossale de Desaix (plus 
exactement des Aix de Veygoux); car 
ici je vais m'adresser à l'influence prépon- 
dérante du citoyen baron David, peintre 
du roi Louis XV I et quelque chose de plus 
encore au regard dMcelui, ordonnateur 
en titre d'office de toutes ces pompes ré- 
volutionnaires où le modérantisme n'en- 
trait pour rien, peintre de S. M. l'Empe- 
reur, etc., etc., avant de vous demander si 
vous êtes assez jeune pour n'avoir pas 
aperçu, en pleine cour des Beaux-Arts, à 
Paris, en perspective du portier de l'éta- 
blissement, es années i835, i836, alors 
que la rue n'était pas encore baptisée rue 
Bonaparte, un Napoléon à la David, vêtu 
d'un glaive et feuille... d'une simple cou* 
ronne ? Perfidie ! perfidie ! — Qu'a-t-on 
fait de cet empereur authentique? 

H. DE S. 

«I Alger et la Colonisation i> (VIII, G^p, 
732, 762). — Avis à Doctus cum Annuariis, 



N- 186.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



' 



83 



84 



qu*Hervé du Penhoat, colonel d*artillerie, 
a perdu la vie avant d'atteindre son grade 
de général . Entre nous , Trochu , non 
moins breton, mais plus général effective- 
ment, ne fît rien à TafTaire, dont Jobert 
(de Lamballe), médecin consultant de 
S. M. l'Empereur, (troisième armoricain, 
s'il vous plaît), se chargea tout seul à son 
heure. 

Pour ce qui est de la petite satire colo- 
niale et militaire : Alger et la colonisa^ 
tiortf je répondrai au confrère Samled : si 
« feu le général d'Artillerie P*** » en est 
bien l'auteur, je corne : Rien de du Pen- 
hoat 1 H. DE S. 

Chon. Chonchoii (VIll, 709, 763; IX, 
5i). — L'origine du mot chou est très- 
ancienne. Dans un ouvrage, dont le titre 
m'échappe, mais qui traitait certainement 
des racines des mots allemands tirés du 
sanscrit, chou et joujou sont nettement 
indiqués comme dérivés du sanscrit. 

E.G. P. 



Drames sur Marie-Antoinette (VIII, 
7i<f, IX, 22. — Dans la Vraie Marie-An^ 
toinette^ de M. de Lescure, il y a une 
Bibliographie due à M. Léon de la Sico- 
tière. J'en détache le numéro suivant: 
Iscenea aus den lett^ten Fagen Mariea 
Antoinetteas^ von Alexis Wilhelm Schrei- 
berg. Offenbach, in-12. R. 

— On a retrouvé, dit-on, aux Archives 
d'Etat, le registre complet des ro^^5 portées 
par la reine pendant tout son temps de 
royauté. Ce n'est là ni tragédie, ni drame, 
mais ces robes enregistrées jour par jour, 
pour aboutir à la Conciergerie et à 
réchafaud, m'ont semblé dignes d'être 
signalées à notre confrère Ulnc. 

Cz. 

La Contemporaine (VIII, 742 ; IX, 25).— 
Je trouve dans mes cartons une lithogra- 
phie représentant Ida Saint-Elme, dessi- 
née par B. Grevedon, 1828, lith. par A. 
Chegère, rue Pierre-Sarrasin, n» 2, imp. 
Lemercier. En 1829 on s'écrie: « Quel 
chapeau! » En 1820, on pourrait s'excla- 
mer : a Quel turban! » Figure longue, 
beaux traits fatigués, bouche un peu ou- 
verte, et le costume du temps, turban, gi- 
gots et collerette à la Gabrielle. La pièce, 
2833, porte ces mots : a Ida Saint-Elme, 
auteur des Mémoires d'une Contempo* 
raine. Lithographie d'après nature à l'âge 
de 5o ans, époque de son départ pour 
l'Egypte. » 

Au-dessous, un fac-similé ainsi conçu : 
« J'ai assister aux victoires de la Républi- 
« que, j'ai traversée les saturnales du Di- 
te rectoire, j'ai vu la gloire du Consulat et 
« la grandeur de l'Empire, et, sans avoir 
« jamais affecté une force et des senti- 
« ments qui ne sont pas de mon sexe, j'ai 



I 



a été, à vingt-trois ans de distance , té- 
« moin des triomphes de Valmy et des ^- 
a nérailles de Waterloo. » Ida St Elme. 

xm c» c» r v^z. 

Calculs sibyllins (VIII, 746 ; IX, 56). - 
Ces calculs peuvent donner des aolutioas 
exactes, mais, en les prolongeant, on ne 
tombe que dans un à peu près... sans va- 
leur. Il faut vraiment trop de bonne vo- 
lonté pour que 1870 ne soit pas considéré 
comme le millésime fatal que les additions 
auraient dû amener, au heu de 1869. — 
Voici un autre calcul cabalistique portant 
sur trois grands événements politiques : 

On prend Tannée de la chute de Robes- 
pierre ... 1794 

En additionnant au-dessous \ 7 
ces mêmes chifiires . . . i g 

[ 4 

On arrive à Tannée de la chute de 
Napoléon !«' 181 5 

En faisant encore ainsi Tad- ( \ 
dition des chiffres de ce ] ^ 
premier total / ^ 

On trouve Tannée de la chute de 
Charles X i83o 

Pousser plus loin cette opération, ce se- 
rait chercher en vain des résultats cu- 
rieux... a Ne forçons point notre talent.» 

B. NOIRALIH. 

— M.Langlois, emplové de la maison Ha- 
chette, en a publié un feuillet in-4<> piano, 
plusieurs fois réimprimé, et qui se trouve 
chez Hachette au prix de 40 c. Ol. B. 

Un chameau et le tron de raiguille 
(IX, 5\— L*article du Paris-Journal a été 
reproduit par le Moniteur universel,- un 
abonné de celui-ci a riposté avec une dou- 
ceur édifiante. En résumé, les deux abon- 
nés auraient mieux fait de se taire. Le 
verset « incompréhensible » de saint Mat- 
thieu (XIX, 24) se retrouve dans saint 
Marc (X, 2 5) et dans saint Luc (XVIII, 25). 
Il n'en est pas de plus facile à expliquer, si 
on veut bien le lire en grec : ... eûîtoicti)- 
TEpiv èoTiv xdixYjXov tioL TpUTCT^iJLa'coç pa(j>(Soç 
îtsXBetv... Le latin a traduit : Facilius est 
camelum per for amen acus transire,.. 
Toute la confusion est venue de là. En 
latin, camelus n'a qu'un sens : chameau; 
en grec x,(3t[ji.Y3Xoç en a deux, parfaitement 
distincts. Le vocable signifie chameau, 
mais il signifie aussi câble, et c'est dans 
cette acception que les Synoptiques Tont 
employé : a II est plus facile à un câble 
de passer par le trou d'une aiguille... » On 
a traduit le latin camelus par chameau, 
sans même remonter au texte grec, ce qui 
a permis aux esprits ingénieux de faire 
beaucoup de suppositions divertissantes et 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo févr. 1876. 



85 



86 



superflues, KijxYjXo; n'est, du reste, que la 
transcription, presque lettre par lettre, du 
mot hébreu : chebel, au pluriel chebalim, 
oui a la signification exclusive a de gros cor- 
dage, » et dont le mot câble est dérivé par 
l'arabe qui en a fait h'hâbel, Vh très-as- 
pirée, à la façon de la 7 espagnole, se pro- 
nonce, en realité, k ; Chebel — kâbel — 
câble. Il n'y a pas le moindre chameau 
dans toute cette affaire; il n'y a qu'une 
bonne corde et une très^juste comparaison. 

Le marquis d'ETVMO. 

— L'explication donnée me paraît plus 

spirituelle qu'exacte ; si non è vero 

Mais alors même qu'il y aurait eu à Jéru* 
salem^une porte basse, appelée le Trou de 
l'aiguille (ce qui par analogie ferait suppo- 
ser une fenêtre plutôt qu'une porte), ce 
n'est point ainsi que les commentateurs 
expliquent ce verset 24 du chap. XIX de 
samt Matthieu. Le texte primitif, écrit en 
hébreu, contient un mot qui a été traduit 
en grec par KipLvjXoç ; survient un traduc- 
teur français (ô traduttore, traditore!) qui, 
comme moi, ignore la langue hébraïque et 
qui, sans s'apercevoir du double sens du 
mot xûtiJLYjXoç {chameau et câble) lui assi- 
gne la première signification qui est la 
plus commune, et Terreur se transmet 
d'âge en âge sous prétexte de respect en- 
vers le texte sacré. Par suite, la responsa- 
bilité d'une comparaison absurde remonte 
aux rédacteurs de l'Evangile selon saint 
Matthieu, et les commentateurs se conten- 
tent d'y joindre une explication qui rend 
très-plausible le sens véritable, qui devrait 
être ainsi rétabli : « Il est plus aisé à un 
« câble de passer par le. trou d'une ai- 
« guille, qu'à un riche d'entrer dans le 
« ciel (i). To Ce qui est parfaitement com- 
préhensible; tout en présentant même une 
antithèse, qui n'est pas sans élégance. — 
Pour donner une nouvelle force à son ar- 
gument, l'aunaônier du collège où j'ai fait 
mes études ajoutait que le mot hébreu 
traduit par xd^AïQXoi; présentait un pareil 
double sens. C'est ce que pourra nous dire 
quelque intermédiairiste hébraïsant, car il 
doit y en avoir, nul savant ne pouvant se 
dispenser d'être abonné à notre recueil. 

A. D. 

« J'ons, j'avons » (IX, 7). — Comment ! 
appuyé sur P.-J. Proudhon, vous préten- 
dez que « les paysans ne le commettent, 
ce solécisme, dans aucun des patois de 
France! » — Si la saison n'était pas si ri- 
goureuse, cher M. G. G., je vous engage- 
rais à venir faire un tour jusque dans le 
Berry. — a En wn ren de temps », le pre- 




entre dans le royaume des cîeux. » 



mier paysan venu vous convaincrait de 
votre erreur. Dans notre vieux langage 
populaire, en effet, — et personne, chez 
nous, a n'en est à V ignore », — le singu- 
lier du pronom de la première personne 
Je remplace le pluriel Nous, toutes les 
fois que celui-ci, dans le français actuel, se 
trouvant placé comme sujet, précède ou 
suit le verbe. Exemple : J'vous Vavions- 
t'Vben dit. que far ions d*Viau, à c'souer? 
(Ne vous l'avionS'«Ott5 pas bien dit, que 
nous aurions de la pluie, ce soir) ? 

Nos vignerons d'Issoudun disent donc : 
a J'ons^j avions, fsoumes y fêtions t», maïs 
seulement au pluriel, et en parlant au 
nom de plusieurs personnes. — Autre- 
ment, au singulier, et s'il ne s'agit que de 
l'un d'eux simplement, ils disent, a peu 
près comme tout le monde : « J'ai, j'avais, 
je seus (suis), Y tais (j'étais) ». 

Voici d'ailleurs, — si cela peut paraître 
intéressant, — dans la conjugaison berri- 
chonne de nos deux verbes auxiliaires, les 
personnes de chacun des temps qui diffè- 
rent le plus du français moderne : 

Indicat. Plur, : J'ons, ou j'avons, v'avez, 
iP avont. — Imparp. PJur. : J'avions, v' aviez, 
iP aviont. — - Futur. Sing. : J'arai, f aras, il' 
ara. Plur, : J'arons, v' arez, il' aront. — Condit. 
PRÉS. Sing. : J'arais, f ftrais, il' arait. Plur, : 
J'arions, v' ariez, iPariont, ou iPariaint. — 
Condit. passé. Plur. : J'arion'évu, il* arion' évu, 
ou iPariain'évu. — Subjonct. prés. Sing. : 
Qu' j'éye, qu' tu éyes, qu'il éve. Plur. : Qu* 
j*éyons, ou q^u' jMyains, qu'v'éyez, qu'il éyont, 
ou qu'il' éyamt. — Imparf. bubj. Plur. : Qu* 
j'eussions^ qu'il' eussiont. — Plus-que-parpait. 
Plur. : Qu' j'eussion'évu, etc. 

Indicat. Sing, : J' seus. Plur. : J'soumes, 
v' êtes, i' sont. — Imparf. Sing, : J' tais, f étais, 
iPtait. Plur, : J'étions, v' étiez, il' étiont. — 
Futur. Plur. : J' serons, i' seront. — Condit. 
prés. Plur, : J' serions, ou j'seriains, i'seriont, 
ou i'seriaint. — Condit, passé. Plur. ; J'au- 
rion' été, il' aurion' été. — Subjonct. prés. 
Sing, : Que j' séye, que tu séyes, qu'i' séye. 
Plur, : Que j'séyons, qu'vous séyez, qu'i' 
séyont, ou qu'i' séyaint. -« Subjonct. passé. 
Plur. : Q}r j'ayon' été, qu'iP ayain' été, — 
Plus-que-parfait. Plur.: Qju'j'eussion'été, etc. 

Cette prononciation, qui nous semble 
aujourd'hui si singulière, était pourtant 
celle des élégants de la Cour des Valois. 
Henri Estienne est là pour l'affirmer: 
a Ce sont les mieux parlants qui pronon- 
cent ainsi ; f allons^ je venons, je sau- 
vons. » — « Savons espérance, dit aussi 
la Reine Marguerite de Navarre, dans une 
de ses Lettres, qu'y fera beau temps, veu 
ce que disent les estoiles que j'avons eu le 
loysir de veoir. » (Edit. Génin, Paris, 
J. Renouard, 1S41). — Or, on sait que 
« la Marguerite des Marguerites », par 
suite de son premier mariage, était tout 
à la fois Duchesse d'Alencon et Duchesse 
de Berry : — Qu'y a-t-il aonc d'étonnant, 
d'après cela, que nos vignerons d'Issou* 
dun aient conservé l'usage d'une pronon- 



N» 186.) 



L'INTERMEDIAIRE 



87 



88 



dation, jadis 
Duchesse ? 



adoptée par leur bonne 

Ulric. 



— On peut ne pas appeler patois la 
manière dont s*expriment communément 
les paysans de la Touraine, mais du moins 
on ne peut nier qu*ils n'emploient tous 
cette forme : « j'avons, j'étions »... C'est 
mon pays et jamais je ne les entends par- 
ler autrement. Béroalde de Verville était 
chanoine de Saint-Gatien ; il a longtemps 
demeuré à Tours et y a souvent entendu 
ce jargon; c'est pourquoi il le reproduit, 
en le faisant critiquer par un Parisien, 
c'est-à-dire par lui-même, puisqu'il était 
de Paris. Quant à la négation de Prou- 
dhon, elle ne prouve cju'une chose, c'est 
qu'il n'avait pas habite le « jardin de la 
France ». A. D. 

Paris Tant bien (IX, 8). — Oui, 

c'est un mot prêté au roi Vert-galant ; de- 
mandez plutôt à M. Ed. Fournier, et sur- 
tout à l'une des commères des Caquets de 
r Accouchée, p. 172 del'édit. publ. dans la 
Biblioth. Elz. A. D. 

— Ed. Fournier (Esprit dans l'Histoire, 
5« édit., p. 240-242) attribue le mot au duc 
de Rosny : C'est un des babillards des 
Caquets ae VaccouchéCy qui va nous édifier 
à ce sujet et faire ainsi leçon à l'histoire, 
sa commère : ail est vray, dit-elle, la hare 
sent toujours le fagot ; et comme disoit un 
jour le duc de Rosny au feu roy Henry le 
Grand, que Dieu absolve, lorsqu'il lui de- 
mandoit pourquoy il n'alloit pas à la messe 
aussi bien que luy : a Sire^ sire^ la cou- 
ronne vaut tien une messe, » Saiduarig. 

De l'usage de se faire gratter les pieds 
(IX, 9). — Au temps de la Régence, on 
prétendit que le lieutenant de police, d'Ar- 
genson, renouvelait cet usage. Dumas, 
dans son Chevalier d'Harmental, accepte 
l'accusation. « Qu'hier votre Gran- 
deur avait passé la soirée à se faire gratter 
la plante aes pieds, et à se faire lire, par 
les épouses du Seigneur, les placets qu'elle 
a^ait reçus dans la journée? » Ces épouses 
du Seigneur étaient les religieuses du cou- 
vent de la Madeleine du Tresnel, dont, 
selon les mêmes on-dit, d'Argenson s'était 
fait un harem. O. D. 

— La sultane d es Bi7otfj: indiscrets a. une 
esclave qui n'a pas d'autre fonction que 
celle-là. Il semble, d'après cela, que ce soit 
un usage répandu en Orient. SAmuARic. 

— a Une sensation agréable » 1 oui, mais 
on en meurt ! Les Romantiques ne pou- 
vaient laisser passer cette situation émou- 
vante ; aussi, voyons-nous Lassailly, dans 
ses Roueries de TVij/p/r, notre contempo- 
rain avant son suicide (Paris, Silvestre, 
iS33, in-8«), inventer un monstre (Trialph) 
chatouillant les pieds de Nanine, qui en 



meurt. Le relieur-peintre Amand avait 
ajouté, à l'exemplaire de sa vente, un des- 
sm original au noir représentant cette 
scène (Voy. p. 3o et n® 262 du catalogue 
d'une belle et nombreuse collection de li- 
vres de l'Ecole romantique, Paris, Aubry, 
1871. — E. M. Saint-HiJaire et Alphonse 
Brot, firent paraître, la même année (i 83 3^ 
un roman, Entre On^e heures et Minuit 
(Paris, Hippolyte Souverain, 2 vol. in-S®). 
Le i^'vol. par E. M. Saînt-Hilaire, a un 
sous-titre, intitulé Devant lacheminéeAl est 
orné d'un frontispice d'Ed. May et d'une 
vignette de Lécurieux, gravée par Che- 
vrier; elle représente une temme étendue et 
emmaillottee, un homme lui chatouille les 

Î>ieds, une autre femme entre et surprend 
'assassin. M . de l'Isle. 

Jean de Montlyard (IX, 12). — Pour la 
liste de ses ouvrages, voir la Biog. Didot, 
t. XXVI, col. 328. Voici le complément 
demandé par M. A. Nalis : Extrait du 
latin de Noël le Comte; Lyon, 1 597, 2 vol. 
in-4», réimp. plusieurs fois, et en dernier 
lieu par J. Beaudouin: Paris, 1627, in-fol. 

H. L 

— La Biog. Didot, n'est pas tout à fait 
aussi muette, a ... né vers i53o. Il était 
seigneur de Melleray en Beauce. Réfugié 
à Genève, il fut reçu bourgeois de cette 
ville, et exerça dans le canton les fonc- 
tions de ministre, depuis 1554. L'époque 
de sa mort n'est pas connue ». Suit une 
liste de huit ouvrages, où la Mytholog'ie 
n'est pas oubliée; et l'article se termine 
par l'indication des Dictionn. de Prosper 
Marchand et d'Hofman, comme parlant 
aussi de Montlyard. O. D. 

— Je ne sais rien autre sur ce person- 
nage que certaines particularités très-mini- 
mes fournies par son livre, mais, comme 
elles paraissent avoir échappé à notre col- 
lègue A. Nalis, je dois les lui signaler 
d'autant mieux qu'elles suffisent pour di- 
riger les recherches. En effet, un nouveau 
privilège, daté de 1608, lui donne la qua- 
lité d'écuyer, « sieur de Melleray en 
« Beausse. » C'est donc à Chartres que 
doivent être dirigées les recherches et 
adressées les questions, car Melleray est 
vraisemblablement la commune de ce nom, 
située dans le département d'Eure-et- 
Loir, arrondissement de Chartres, canton 
de Janville, et qui dépendait de l'ancienne 
Beauce. La dédicace au prince de Condé 
donne à penser que l'auteur résidait ou a 
résidé à Paris, car elle est datée de cette 
ville et du 2 5 novembre 1599. 

Ce livre, qui n'est qu'une traduction plus 
ou moins complète d'un ouvrage latin sur 
le même sujet par Noèl le Comte, obtint 
cependant beaucoup de succès : de 1600 à 
16 12, il en fut publié quatre éditions à 
Lyon, chez Paul Frellon, sans compter 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo févr. 1876. 



89 



— 90 



les contrefaçons, dont une à Rome, cette ] 
même année 16 12. Cette quatrième édi- 
tion qui me fournit ces détails, a été augmen- 
tée, par l'éditeur lyonnais, de figures sur 
bois provenant des Images des Dieux de 
Vincent Cartari, dont il était propriétaire. 
Elle est de plus ornée d'un titre gravé en 
taiile-douce par Léonard Gaultier. Iln*y a 
pas de faux-utre. Je relève la mention de ce 
titre en faveur de cet Intermédiairis te ^ oui 
demandait (VII, 6..,) qu'on lui signalât les 
frontispices de ce maître. Si depuis plus 
d'un an qu'il l'a faite il maintient toujours 
sa demande, je pourrais lui indiquer un 
certain nombre d'autres estampes de ce 
genre et de cet artiste. A. St. 

N. B.—La Chesnaie des Bois fait mention 
d'une ifamille Monliard, dont il y a eu des 
marquis de Rumond au XVIII® siècle. 
L'identité paraît fort douteuse. 

Sur un livre de Bachet de Méziriac 
(IX, i3). — Dans un discours sur la vie et 
les ouvrages de Méziriac, placés en tête 
de ses Commentaires sur tesEpistres d^O" 
vide (La Haye, Henri Dusauzei, 1726), il y 
a une liste de ses ouvrages. J y vois : 
« V.Rime Toscane, etc., poésies italiennes 
« de M. de Méziriac. Elles contiennent di- 
a verses sortes de pièces de poésies et fi- 
« Dissent par une imitation dès plus belles 
a comparaisons qui se trouvent dans les 
« huit premiers livres de l'Enéide. » Mais il 
n'y a aucune indication de date, de lieu, ni 
de nom d'éditeur. E.-G. P. 

— Il existe, dans la bibliothèque de la 
ville de Boure-en- Bresse, un bouquin 
fort rare, dans l'opinion de son conserva- 
teur qui me l'a fait connaître. C'est un vo- 
lume in-80 couronne, relié en parchemin 
et rogné. Il contient deux ouvrages ayant 
chacun titre et pagination propres. — Le 
premier est intitulé : «Virginis deiparaead 
Christum filium epistola, necnon et alla 
quaedam poëmatia (sic: poëmatia), au- 
thore Claudio Gaspare Bacheto, Meze- 
riaco, Sebusiano, aci illustrissimum D. D. 
Guidonem Bentivolum, S. R. E. cardina- 
lem amplissimum. Burgi Sebusianorum, 
apud Joannem Tainturier, M.DC.XXVI.» 
Volume latin de 48 pp. — Le second est 
intitulé : « Rime di Claudio Gasparo Ba- 
cheto, signor di Méziriac. In Borgo in 
Bressa, appresso Gioanni Tainturiero. 
M.DC.XXVI. » Volume italien de 56 pp. 
Sous chaque titre, il y a, en vignette, les 
armes de Ëachet, ainsi blasonnées par Gui- 
chenon {Hist. de Bresse et de Bugey) : Ba- 
chet, seigneurs de Meyseria et de Vauluy- 
sant : de sable à un triangle d'or, au chef 
cousu d'azur, chargé de trois étoiles d'or. 
Dans les vignettes, les émaux ne sont pas 
indiqués et le triangle est remplacé par un 
tétraèdre. — Il est probable que ces deux 
ouvrages étaient séparés ou réunis, suivant 
le goût des amateurs. Il y a des poésies 
de toutes sortes dans Tun et l'autre, no- 



tamment, à la fin de l'italien, des traduc- 
tions de courts passages de Virale. Cela â 
tout l'air d'un recueil de poésies de jeu- 
nesse; quoique Bachet eût 45 ans en 1626. 
Méziriac est une orthographe vicieuse 
adoptée par l'auteur de ce volume pour 
donner à son nom une tournure gasconne 
qui était fort recherchée de son temps. 
L'orthographe actuelle est Méi^eriat, qui 
se prononce Misèria. C'est une bonne 
commune du canton de Chatillon-sur- 
Chalaronne (arr. de Trévoux, Ain), dont 
les habitants, tous cultivateurs, sont loin 
d'être dans la misère. 
(Borgo-in-Bressa.) G. G. 

— Les Eloges de quelques auteurs français 
(Dijon, 1742), par Joly, Michault et autres, 
mentionnent, p. 43, l'ouvrage suivant, qui 
doit être celui dont parle Pellisson et que 
désirerait connaître M. T. de L. « Rime 
Toscane di Claudio-Gasparo Bacheto^ 
signor di Méziriac. Bor^o in Bressa, Gio- 
van Tainturier, 1616, m-B», et plusieurs 
autres fois dans la suite. Ces poésies con* 
tiennent diverses sortes de pièces, plusieurs 
sonnets ; et finissent par une imitation des 
plus belles comparaisons qui se trouvent 
dans les huit premiers livres de l'Enéide. » 
(Brioude.) P. Le B. 

— La plupart de ces poésies sont sur des 
sujets sacrés. M. de Sallengre, qui a ignoré 
toutes ces éditions, excepté celle de 1626, 
aurait pu en connaître une partie, s'il eût 
consulté l'épître dédicatoire de la lettre de 
Notre-Dame à Jésus-Christ, où l'auteur 
parle ainsi au cardinal Bentivoglio, à qui 
elle est adressée : Vix duo anni elapsi 

sunt ex quoprimum in lucemprodiit 

poematium tstud (Virginis ad Christum 
filium Epistola) quod tanto studiosorum far 
vore^ nescio quoYato^ exceptum est^ utjam 
illiuSy nec apud me, nec apud tyfogra- 
phumy alia exstent exempiaria. Cum ta- 
men id à multis quotidie sedulo exquiri 
compertum haberem... facile adductus sum 
ut ulud denuo tyjpis mandari sinerem. 
Tuis igitur ausptciis... rursus in publia 
cum exit hœc Epistolay cui,., adjeci non 
nullapoemata.,,pluraque additurus eram^ 
sijper Diophantem (il parut pour la pre- 
mière fois en 1621) in quo edendo nunc 
totus sum, ea mihi ad unguem castigare 
licuisset,.. Tu quoque, quœ non pœni- 
tendo forte conatu in italica poesi lusit 
Thalia nostra (nous en parlerons dans le 
n® suivant), ut inlucemproferamtutoreris. 
Nous apprenons de cette épître qui n'est 
pas datée, qu'il y eut d'abord une édition 
de la Lettre de Notre-Dame à Jésus-Christ, 
c'est sans doute celle de 1616, puis une 
autre à laquelle il joignit quelques nouvel- 
les pièces de vers; enfin une troisième 
en 1626. 

6. Rime Toscane di Claudio-Gasparo 
Bacheto, signor di Méziriac. Borg^.in 



N- 186.) 



L'INTERMEDUIRE 



91 



92 



Bressdy Giovan Tainturiery 1616, in-S^^ 
et plusieurs autres fois dans la suite. Ces 
poésies contiennent diverses sortes de 
pièces, plusieurs sonnets, et finissent par 
une imitation des plus belles comparai- 
sons qui se trouvent dans les huit premiers 
livres de TEnéide. 

Inutile de faire observer à M. T. de L. 
que ces poésies avaient paru bien avant 
i635. L. B. 

Le mftrqaiB delà Gerraisais. -^(IX, 14, 

60). — Ce marquis n'est pas tout à fait in* 
connu dans la République des lettres, 
comme le prouvent les quatre réponses 
insérées ci-dessus. Aux renseignements 
donnés par M. H. de Tlsle, j'ajouterai, 
que la publication de M. Damas-Hinard 
commence par une notice intéressante, 
intitulée : m. de la Gervaisais^ sa vie et 
ses travaux, qui occupe les 37 premières 
pages. Ayant voulu relire cet écrit avant 
de répondre à la question du confrère 
R. C, je dois déclarer avoir fait une bien 
singulière découverte. M. Damas-Hinard, 
pp. 60, iBg et 147, attribue à M. de la 
Gervaisais un volume in-S^*, publié en 1 83o, 
sous le titre de : Considérations sur les 
destinées humaines. Cet ouvrage a pour 
auteur Paul*»D. Bonneau (voir la ques- 
tion ci-dessus^ col. 72). Voilà donc trois 
passages qui sont à supprimer dans l'écrit 
de M. Hinard. Enfin, je dirai que i5o en- 
viron des brochures de la Gervaisais ont 
été réunies en 20 volumes, à la Bibliothè*- 
que Nationale, avec ce titre spécial : Ecrits 
politiques et économiques de M. D, L. G. 

Ol. B. 

Les Hnasites, etc. (IX, 14). — C'est Jac- 
ques Lenfant qui a . écrit V Histoire du 
Concile de Constance, Dans le bel et sa- 
vant livre de Bàsnage : Histoire de la re~ 
ligion des Eglises Réformées^ Amster- 
dam, 1725, consulter le chapitre 3o, HiS' 
toire de Jacobel, de Jean Hus et de Je' 
rôme de Prague et leurs véritables senti- 
ments explique^, Jacques D. 

o Thérèse Philosophe » (IX, 14). — Par 
d'Arles de Monticny, commissaire des 
guerres, d'après Tabbé Sépher et Barbier ; 
et par Boyer, marquis d'Argens, d'après le 
marquis de Sade. Voy. Quérard, France 
Litt. t. VI, p. 259, et le t. VI delà Biblio- 
graphie des ouvrages relatifs à l'Amour, 
etc. p. 33o. H. I. 

aLeGazetier cuirassé» (IX, i6)^-*- Les 
lettres D. B., placées au haut du frontis- 
pice, au dessus du petit baril aux ordures, 
signifient : Comtesse Du Barry ; celles 
au-dessus de la tête de Méduse, 5. jP., 
Saint 'Florentin, le grand dispensateur 
des lettres de cachet et le courtisan le plus 



I empressé de la jolie comtesse. Enfin les 
lettres D. M,, placées au-dessus de la tête 
à perruque, peuvent se traduire par de 
Maupeou, le chancelier, l'homme au(}uel 
on doit les plus grandes réformes qui aient 
eu lieu sous le règne de Louis XV, et dont 
on disait cependant : 

Il comptait pour des jours perdus 
Tous ceux qu'il passait sans mal £ûre; 
Mais le coquin n^en perdait guère^ 

Un Liseur. 

« Millo. Le Bracelet » (IX, i5}. — Otto 
Lorenz indique deux éditions, in- 12 de 
Milla, (n'est-ce pas, en effet, MillaK 
Paris, Michel Lévy, i85i et iSSg. H. I. 

— J'ai réuni une collection à peu près 
complète des Œuvres de Jules Sandeau^ 
publiées jusqu'à ce jour chez divers édi- 
teurs. — Je n'y vois rien qui soit intitulé 
« Millo. » — Cette orthographe-là doit 
provenir, vraisemblablement, d'une faute 
d'impression : — Je vois, en effet, à la fin 
du volume de Nouvelles de J. Sandeau, 
(Paris y Michel Lévy y i85i, grand in-12, 
de 422 pages) une nouvelle intitulée 
« Mila » (pp. 3o5 à 42 1 .) — Ne serait-ce 
pas là le « Millo » demandé ? Ulr. 

Caricatures sur le Christ (IX, 3o, 61). 
— Je ne trouve, dans le Diction, lat. franc. 
de Quicherat, d'autres mots ressemblant 
à la version frustandis , proposée par 
M. A. St., que frustatim (par petits 
morceaux) et frustillum (petit morceau), 
ce qui, même en supposant le verbe 
frustare (mettre en petits morceaux) serait 
peu applicable aux bêtes féroces du Cir- 
que. On les tuait, mais on ne les réduisait 
pas en chair à pâté, comme le Chat botté 
menaçait de le faire des ennemis de son 
maître. E.-G. P. 

Rien ne réassit comme le snccès (IX, 
35). — Cette pensée n'appartient en pro- 
pre ni à M°'<> de Siaël, ni à Chamfort. C est, 
à vrai dire , un lieu commun , qui , à 
raison de son incontestable évidence, a 
dû être inventé bien des fois. On en trouve 
déjà la formule chez Virgile. Dans la 
description des jeux funéraires, qu*£née 
fait célébrer en l'honneur de son père 
Anchise (En. V. v. 2 3i), le grand poëte 
dit, en parlant des rameurs de Mnesthée 
qui, encouragés par un premier succès, 
s'efforcent de dépasser la trirème de 
Cloanthe : 

Hos successus alit : possunt quia posse videntur. 

Joc'h d'Indret. 

Les femmes et les côtelettes (IX, 33). 
—Voy. 10 V Intermédiaire, VII, 654, 728; 
VIII, 48, {Un mot du grand (}) Frédéric 
sur les femmes,' 2® le Mal quon dit des 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo févr. 1876. 



93 



94 



femmes^ par Emile Deschanel. Paris, 
Hetzel, io55, in-32. L'auteur parle, je 
crois, de ce proverbe donné , au mot 
« correction », à la j>. 73 de l'ouvrage 
intitulé: Les femmes jugées par les mé- 
chantes langues.., de L. Martin et Lar- 
cher, Paris, Hetzel, i858, in- 12. 

H. I. 

Mort d'Armand de Gontaud-Biron (IX, 
39). -*- Voici ce que je lis dans le Journal 
du règne de Henri IV ^ par Pierre de 
l'Etoile. (La Haye, chez les frères Vaissant, 
1743, t. I,p. 237) : a Le mardi 28de juillet 
1592, arriva la nouvelle de la mort du ma- 
réchal de Biron, tué d'un coup de faucon- 
neau devant Epernay qu'on avait assiégé 
le 26 de ce mois : lequel, s'étant avancé le 
lendemain sur le soir, pour reconnaître 
la place, eut la tête emportée. » Le maré- 
chal Biron aurait été tué le 27 juillet 1592. 

G. D. 

«Mahomet second » (IX, 40). — Cette 
tragédie est attribuée, par Barbier, à Cha- 
teaubrun, Paris, Ribou, ijiS^in-iS, 3 ff. 
limin. 57 p., et i f. de privilège. D'autre 
part, je possède le Catalogue des livres de 
G. (Gayot), disposé et mis en ordre par 
Guillaume de Bure fils, Paris , Guill. de 
Bure, 1770. A la p. 2o5, en trouve : Maho- 
met second^ tragédie par Chateaubrun, 
Paris, Ribou, 171 5, in- 12. Quant à 
Muller, il ne parle pas d'ouvrages de 
Gayot. Ri. 

« Fortimatiis » (IX, 42). — J'ai connu 
Fortunat Mesuré à Paris, de 1846 à 1849. 
Après avoir fait partie de la rédaction de 
la France y un des ancêtres de V Union, il 
publia Hic, Hœc, Hoc; puis, en 1848, 
travaille au journal le Drapeau national. 
— Cest bien lui qui signait Fortunatus. 
Je suis sûr de tout ce que je dis là ! 

Brioux. 

La douce Revalescière (IV, 42). — Hé 
quoi? Y a-t-il là une question douteuse? 
et cette dénomination ne vient-elle pas du 
latin revalescere; revenir en santé? N'est- 
il pas vrai aussi que cet aliment se com- 
pose de fécules de lentilles, et que son 
action, qui est bien réelle, provient de la 
richesse de cette graine en phosphate de 
chaux? A. St. 

« La Comédie au boudoir » (IX, 43). — 
Par Maurice Podestat Œdouard Delprat) 
sept eaux fortes, par MM. Feyen-Perrin, 
Lalanne, Martial» E. Morin, Beyle et 
E. D. (Ed. Duprat.) Quatorze vignettes 
sur bois par E. Morin et E. D. (Ed. Del- 
prat. Paris, Libr. Internationale... 1868, 
m- 12. La couverture du livre est à con- 
server, comme faisant partie des sept 



eaux-fortes. — Voy. sur Ed. Delprat, 
VIII, 162, 2jg (le Sonnet du bleu), H. I. 

— Maurice de Podestat, pseudonyme 
d*Ed. Delprat, avocat, c^ui fut secrétaire 
de M. Dufaure en même temps que 
M. Ferd. Duval, aujourd'hui préfet de la 
Seine. Il est devenu fou, avant la fin de 
l'Empire, et est mort, il y a deux ou trois 
ans, dans la Gironde. lia publié, en i863, 
avec M. F. Duval, une carte des circon- 
scriptions électorales du département de 
la Seine. J. R. et H. E. 



En temps d'éleotions. — Lettre inédite 
de Benjamin Constant. — Cette lettre est 
adressée à un Genevois distingué, 

A Monsieur Pictet-Diodati. 

Héricourtf ce 27 yendémiaire an VIL 

On dit que vous vous intéressez à moi! Je 
vous reconnois bien à cette manie de vous in- 
téresser aux autres. Elle paroît ici par trop 
bizarre; mais, comme vous m'avez appris à la 
partager, je vous en remercie. — Nous sommes 
ici absorbes par les Elections qui se préparent. 
J'espère que vous avez lu les proclamations de 
François de Neufchateau; sa dernière n'est pas 
équivoque ; et, si Ton ne comprend pas que le 
Gouvernement veut, à tout prix, écarter les 
anarchistes, ce ne sera pas sa faute» 

Toute la France est pour le moment dans sa 
fièvre annuelle. Il y a trois mois dans l'année 
pendant lesquels on ne gouverne ni n'admi- 
nistre : on ne fait qu'élire et examiner les élec- 
tions. Malheur alors à celui qui a des affaires 
un peu pressées ! J'avois obtenu, pour des 
affaires qui ne m'intéressoient pas personnelle- 
ment, mais qui ne m'en intéressoient que davan- 
tage, les promesses les plus positives; mais, 
quand tout était convenu et qu'il ne restoit 
plus qu'à faire exécuter la chose suivant les 
formes, le chef de division qui devait les rédi- 
ger était en congé dans sa commune ! Le mi- 
nistre, en m'écoutant (ou, pour mieux dire^ en 
ne m'écoutant pas), marmottoit une circulaire ! 
et le directeur^ auquel je rappelai sa promesse, 
avait la tête pleine d'un libelle anarchique, 
qu'il venoit de recevoir!— Je suis tellement fati- 
gué de voir toute une nation frappée ainsi d'une 
seule idée, et d'entendre répéter précisément 
ce que j'ai entendu dire les deux années précé- 
dentes, que je suis venu chercher dans mes 
bois d'autres idées que celles du scrutin secret 
et de la majorité absolue. Point du tout! Dans 
mon village, j'ai trouvé quinine compétiteurs 
pour trois places qui durent une décade, se 
dénonçant tous les uns les autres, et s'adres- 
sant tous à moi dans ce but, parce que, ne 
pouvant être électeur cette année, je ne suis 
point un rival. 

Vous vous amusez bien mieux dans votre 
excellente commune, la seule où la société soit 
encore un plaisir^ la seule où l'on trouve encor 
des opinions désintéressées, des lumières im- 




:quérir du pouvoir pour amasser de l'argent. 

Donnez-moi, je vous prie, des nouvelles de 

tout ce qui nous intéresse. Je dis nous, parce 

que tous mes amis sont les vôtres, et que c'est 



N» i86.] 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [lofévr. 1876. 
95 96 ' . 

qui apercevait une faute d'impression, crut 
faire merveille en écrivant Dervent^ au 
lieu de Derveur^ et ne chercha pas plus 
loin. S'il avait consulté la Bibliothèque 
Lorraine de dom Calmet, il aurait vu qu'il 
n'y a jamais eu à Nancy aucun peintre du 
nom de Dervent^ mais bien un Claude 
Deruet dont le nom s'écrivait autrefois 
Dervet. Sur ce, Villot ayant à placer une 
notice en tête de la description des tableaux 
de Claude qui sont au Musée du Louvre, 
copie Périès, — lequel avait copié Baldi- 
nucci, — lequel avait estropié le nom du 
pauvre Deruet, — et il inscrit bravement 
te nom de Charles Dervent au nombre des 
peintres dont le Musée du Louvre regrette 
de ne posséder aucun tableau. On peut être 
assuré que ces regrets serontéternels. Bien 
entendu que l'erreur se perpétue dans tou- 
tes les éditions du Catalogue de notre 
Musée. 

Ce n'est pas tout. Périès, traducteur de 
Machiavel, et qui, en cette qualité, était 
tenu de savoir à fond la langue italienne, 
avait à traduire cette phrase de Baldi- 
nucci, relative à la naissance de Claude 
Gellée : a Nacque in Chamagne^ castelîo 
di LorenOj » ce qu*il a rendu par : « Na- 
a quit au château de Chamagne en Lor- 
« raine. » C'est tout simplement un joli 
contre-sens dont l'ordre des mots aurait dû 
le préserver. Aucun Lorrain ne s'y serait 
trompé, par l'excellente raison que tous 
savent qu'il n'y a jamais eu aucun château 
à Chamagne, ce dont le traducteur aurait 
pu s'assurer en consultant la Notice de la 
Lorraine, de dom Calmet. Mais il s'en est 
bien garaé 1 II a persisté dans son contre- 
sens, sans chercner à expliquer l'invrai* 
semblance de la naissance d'un paysan 
dans un château seigneurial. Ce contre-sens 
vient de ce que, en italien, Castelîo signi- 
fie bourg, village, aussi bien que château. 
Le premier de ces deux sens est le seul 
bon dans le passage de Baldinucci, ainsi 
que nous l'avons démontré danis notre 
travail sur Cl. Gellée, inséré au tome IX 
du Peintre graveur y de Robert-Du- 
mesnil. 

Voilà donc deux erreurs bien formelles 
qui, s'étant une fois glissées dans un ou- 
vrage sérieux, ont été fidèlement repro- 
duites par tous les biographes de Cl. Gel- 
lée, jusqu'à nous, et qui s'^alent encore en 
1874, dans le Catalogue du Musée de La 
Haye, dont le rédacteur s'est contenté de 
copier notre regretté Villot. Voltaire serait 
encore fondé à répéter aujourd'hui ce qu'il 
disait il y a plus d'un siècle : 

Et voilà justement comme on écrit l'his- 
toire! E. M. 



en grande partie à vous que je les dois. — 
Vous devriez venir dans ce pays; vous auriez 
le choix d'assister à la fête de la Victoire, à 
Paris ou dans mon canton. Si vous vous décidez 
pour L.^ je vous placerai parmi les autorités 
constituées. — Adieu, répondez- moi, ^e vous 
prie, et surtout aimez-moi. B. C. 

Une lettre àOlympio. — Comment l'il- 
lustre barbon qui vient d'être porté au 
Sénat de la R. P., comment l'auteur des 
Orientales et des Châtiments^ n'aurait-il 
pas été un « enfant gâté, » alors qu'il était 
un « enfant prodige » ? Voici de quelle en- 
cre lui écrivait en 1824, lorsqu'il était âgé 
de 22 ans, le poëte Alexandre Soumet : 

A Monsieur Victor Hugo. 

Rue de Vaugirard, rv 90. 

Paris. 

Passy, vendredi. 

Je suis indigné, cher et immortel ami, de 
cette épithète de belle donnée froidement par 
le Journal des Débats à votre Ode sur la mort 
de Louis XVIII, à ce magnifique cantique qui 
nous rend la harpe de David. Crest un morceau 
de poésie admirable d'un bout à l'autre. Vous 
avez visité la tombe avec des lampes, comme 
parle l'Ecriture, et pour cette fois les plus 
aveugles ont été frappés de l'éclat de votre 
talent. Quant à moi, cher ami, vous connaissez 
la pieuse admiration que je vous ai vouée, et 
je crois que je vous donnerais le nom de Saint- 
Victor, 81 un Saint-Victor n'avait pas traduit 
Anacréon et fait le Voyage du Poète. 

Mille hommages respectueux à Madame Hugo 
et de tendres caresses pour votre enfant. 

Soumet. 

Si jeune, et déjà canonisé à bout por- 
tant par un immortel ! 

Cette lette porte le timbre de la poste du 
ler octobre 1824. Elle fut gagnée jadis, à 
une loterie en faveur de laquelle Victor 
Hugo l'avait abandonnée. D. £. 

BéTues des Biographies. — Dervent, 
Claude Lorrain. — J'ai plusieurs fois déjà 
signalé des erreurs biographiques. En voioi 
une très-curieuse, en ce qu on va voir à 
quel point elle peut se perpétuer. 

On lit dans la première édition de la 
Biographie Michaud, article Lorrain 
(Claude Gellée dit le) : « En 1625, Claude 
« revint dans sa patrie où Charles Der- 
« vent^ peintre du duc de Lorraine, se ser- 
tt vit de lui, pendant un an, pour peindre 
a l'architecture de l'église des Carmélites 
tt (lisez Carmes) à Nancy. » Ce même 
passage a été fiaèlement reproduit dans la 
seconde édition. Il est évident aue Périès, 
auteur de l'article, avait sous les }reux la 
vie de Claude Gellée par Baldinucci, dans 
laquelle on lit : « Lo focce abboccare con 
un tal Carlo Dervenr^ pure Lorenese, 
pittore del duca, » Ce passage est le même 
dans toutes les éditions de Baldinucci, y 
compris celle de Florence, 1847. Périès, 



Le gérant, Fischbacher. 



Paris.— Typ. de Ch. Meymeis, i3, rue Cujas.— 1876. 



Naméro 187 



Cherehêsêt 
votu tr<mo€rt*. 




Il t§ faut 
«ntr'oÂkr. 



« févr. 1876 



£2nUtméhïatvc 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, V^OTES and QUERIES français.) 



97 



= 98 



Belles Lettres — Philologie — Beaux-Arts 

— Histoire — Archéologie — Numismatique 

— Kpigraphie— Biographie— Bibliographie 

— Divers. 

Abyssns abyssnm... — Tout le monde 
connaît le proverbe : Abysius abyssum 
vocat. Où se trouve-t-il pour la première 
fois ? Quel en est le sens exact? Pris à la 
lettre, il offre une image médiocrement 
satisfaisante pour Tesprit, qui a quelque 
peine à se figurer un abîme attiré par un 
autre abîme. . Dicastès. 

Credo quia aljsnrdnm. — a Jonas a été 
avalé par la baleine, dit la Bible; si la 
Bible disait que c'est Jonas qui a avalé la 
baleine, je devrais le croire. » 

Ce propos est attribué à un Clergyman. 
Sait-on le nom de ce terrible croyant? 

Ol. B. 

« Le Malade imaginaire. » — Qui n'a vu, 

une ou plusieurs fois, représenter ce chef 
d'œuvre du bon sens et de la gaieté molié- 
resques appelé le Malade ima^inaire^ et 
qui n'a entendu, dans la Cérémonie, un 
des docteurs interrogeant Argan lui poser 
cette question finale : 

Et quando des feminis 
Les appas sont flétris i 

Ce qui amène une fois encore l'inévitable 
réponse : 

Clysterium donare, 
Postea seignare, etc. 

Comment se fait-il qu'on ne trouve pas 
ce passage dans les éditions diverses de 
Molière? Est-ce que c'est une addition 
gauloise autorisée par la tradition de la 
Comédie française? B. J. 

Le moi est haïssable. — Dans la 2<' édit. 
des Jeudis de Madame Charbonneau, 
page XXXI, je trouve la phrase suivante : 
« Afin d'élever un peu la question et d'é- 
chapper à ce moi, qui n'a pas cessé, de- 
puis Montaigne, d'être haïssable, laissez- 
moi, etc. » Sans doute, il y a longtemps 
que le moi est haïssable, et cela était ainsi 



bien avant Montaigne; mais j'avais tou- 
jours cru que l'auteur de la phrase était 
Pascal. Qui a raison? SAmuARiG. 

Philotanus et Sarcellades. •— Pourrait- 
on me fournir quelaues renseignements au 
sujet des œuvres de l'abbé de Grécourt, 
Philotanus et Sarcellades, que je possède 
en manuscrit et dont je donne ci-après les 
titres détaillés ? Ces pamphlets ont-ils été 
imprimés ? Sont-ils cités dans les ouvrages 
de polémique religieuse concernant la Con- 
stitution Unigenitus? Quelle allusion se 
cache sous le nom de Philotanus? 

j^ Philotanus, poëme par M. l'abbé de 
Grécourt, chanoine de Saint-Gatien de 
Tours. A Amsterdam, chez David Mortier, 
libraire, sur la Bourse, à l'Envie, 1729. 

20 Compliment des habitants de la pa- 
roisse de Sarcelles à Mgr de Vintimille^ 
archevêque de Paris, A Aix, chez Jean- 
Baptiste Girard, rue de Brest, à l'enseigne 
du Héraut, vis-à-vis le Tronc fleuri, lySo. 
(578 vers.) 

3® Les habitants de Sarcelles, au sujet 
de la Constitution Unigenitus, Seconde 
harangue à Mgr l'archevêque de Paris. 
(11 16 vers.) 

40 Troisième harangue des habitants de 
Sarcelles à Mgr l'archevêque de Paris^ au 
sujet des miracles, 1733. (i558 vers.) 

50 Harangue des habitants de Sarcelles 
au RoY' 17^4* (1142 vers). 

ô*» Compliment inespéré des habitants de 
Sarcelles à Mgr de Vintimillej au sujet 
de leur pèlerinage à Saint- Médard, \'jù2, 
(786 vers.) H. L. P. de B. 

N. B, Mon ms. porte partout Gricourt^ 
au lieu de Grécourt. 

Hère. — Ce mot ne vient-il pas à'herus 
(maître), plus directement qu* Alphana ne 
vient d'Èquus ? Comment donc se fait-il 
qu'il ait, sur sa route, ainsi changé de 
sens et d'application? Car, loin d'indiquer 
un maître, il indique maintenant un valet, 
un souffre-douleur, un pauvre diable, un 
Œ pauvre hère », en un mot; et comme on 
dit toujours : il n'a même pas, je crois, 
d'autre acception. A. A. 

TOME IX. — 4 



N»" 187.1 



L'INTERMEDIAIRE 



io3 



104 



empreinte d'un si beau patriotisme : 
« Pourquoi ne pas les avoir laissés faire? » 

J. Mt. 

A Monsieur, Monsieur. — On sait que 
pendant un certain temps chaque suscrip- 
tion de lettre portait deux fois le mot A 
Monsieur, ou A Madame, Pourquoi ce 
redoublement? En était-ce un de politesse ? 
A quelle époque cet usage avait-il com- 
mencé à s'introduire? Saiduarig. 

« Les vertus du beau sexe. » — Par 
F*** D*** D***. Ouvrage posthume. A la 
Haye, chez Jacques Wan Den Kieboom. 
MDCCXXXIII, in-i2, titre noir et rouge, 
vignette sur le titre. — Attribué par Ar- 
thur Dinaux (ou bien par le rédacteur de 
son !«' Catalogue, n» 3293) ^ François 
Bruys. C*est une réponse faite à l'auteur 
de lArt de connaître les femmes du che- 
valier Plante-Amour (Fr. Bruys, lui- 
même). — L*abbé Ph.-L. Joly, qui nous 
a donné les Mémoires historiques de feu 
Fr. Bruys (Paris, lySi; 2 vol. in- 12), 
n'admet point les deux ouvrages cités, 
dans le catalogue des œuvres de Bruys ; 
a*t-il raison à Tégard des a Vertus du beau 
sexe? » H. DE l^Isle. 

Mathias Gonrin. — J*ai lu quelque part, 
que l'auteur des Danicheffs descendait (?) 
de Mathias Corvin, roi de Hongrie... Et 
cela m'a fait penser à la bibliothèque de 
ce roi. sur laquelle il a couru bien des 
bruits r Où en est la question de cette 
bibliothèque ? Rr. 

a Fastes de Louis XV. » — Le Catalogue de 
la Bibliothèque communale d'Amiens at- 
tribue à Bouffonidor l'ouvrage intitulé : 
Les Fastes de Louis XV, de ses ministres, 
maîtresses, généraux et autres notables 
personnages de son règne, 2 vol. in- 12 (à 
Ville Franche, chez la veuve Liberté, 1782). 
Mon édition est de 1782, celle de la bi- 
bliothèque d'Amiens est de 1783 et le 
titre porte : Pour servir de suite à la Vie 
privée. Mais c'est bien le même ouvrage. 
Ce nom de Bouffonidor est-il un pseuclo- 
nymC; ainsi que la forme du nom et la 
précaution de mentionner une imprimerie 
future le font supposer? ou bien est-il sé- 
rieux ? Dans le premier cas, quel est l'au- 
teur qui s'est caché sous ce pseudonyme? 
Dans le deuxième, a-t-on quelques rensei- 
gnements sur le personnage? 

Je possède un autre livre intitulé : Jour- 
nal nistoriaue ou Fastes du règne de 
Louis XV, surnommé le Bien-aimé 
(i vol. in- 12. Paris, Prault et Saillant. 
MDCCLXVI), orné d'un très-beau por- 
trait de Louis XV, gravé par B.-L. Pré- 
vost, d'après Cochin fils, dessiné en 1765. 
C'est un ouvrage purement historique et 



non un libelle. En connaît-on l'auteur? 
serait-il, comme l'Esprit d'Henri IV ^ de 
Prault fils aîné? E.-G. P. 

«Les Colifichets, — on Poésies badines 
et sérieuses, » dédiées à M^>« Coraline, ac- 
trice du Théâtre-Italien. Par monsieur 
F. Gaud** (Fr. - Charlemagne Gaudet, 
de Paris, lieutenant en la prévôté de 
Weymars). 

Quidquid Amorjussitnon est contemnere fatum. 

A Amsterdam. M.DCC.XLVI, in-12 de 
48 p. 

La première pièce de vers est intitulée : 
Epitre à mademoiselle Coraline, et la 
dernière, le Dénicheur de Moineaux. Ces 
Colifichets ne doivent avoir aucun rapport 
avec les Colifichets poétiques, par M. Ri- 
comonolafacat (d'après la France litt., 
t. III, p. 277), Bicomonolofati (d'après 
les Superch. litt., I, c. 32 1 , e, masques de 
Gaudet. La Chine (Paris), 1 741-1746, 
in-12 de III p. Les chroniques parlent- 
elles de l'actrice Coraline? — Oîi doit-on 
placer la prévôté de Weymars ? 

H. DE l'Isle. 

« Déconvertes d'un bibliophile, — ou 

lettres sur différents points de morale en- 
seignés dans quelques séminaires de 
France. » Strasbourg. Impr. de G. Silber- 
mann, 1843, in-8®. Deux éditions. — Le 
procès intenté par l'auteur au journal 
V Univers religieux donna lieu à la pu- 
blication de plusieurs brochures, disent 
Quérard et Barbier, en indiquant Frédéric 
Busch, comme Tauteur anonyme de ces 
Découvertes : Sup. litt., t. i, c. 523-25.- 
Ûictionn. des ouvrages anonymes, t. i< 
c. 849. — Otto Lorenz ne cite point 
Fr. Busch et attribue, sans commentaires, 
cette brochure au comte Libri-Carrucci, 
surnommé Librimane par son enneini 
J. Taschereau le rétrospectif. Qui a rai- 
son? H. DE l'Isle. 

« La France et l'Allemagne au prin- 
temps prochain. » — Sous ce titre, a paru, 
chez Ghio, une brochure intéressante. En 
a-t-on fait l'attribution à quelqu'un? Rr- 



<c Heures perdues » et autres heures (VI, 

i3q; IX, 44). — J'ai toujours vu attribuer 
à Gayot de Pitaval les Heures perdues du 
chevalier de Rior, Sur quoi se fonde M. H. 
De Lisle pour les donner à l'abbé de Bor- 
delon ? Et, à ce propos, sait-on quel est le 
personnage nommé Damon, gui est re- 
gardé comme un héros d'esprit, et dont 
les vers, très -médiocres, sont cités con- 
stamment? J'ai toujours supposé que c'é- 
tait le Compilateur lui-même. Faut-il faire 
peser le fardeau sur les épaules de Gayot 
de Pitaval ou sur celles de Tabbé Borde- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 févr. 1876 



io5 



106 



Ion ? Ils sont, tous les deux, riches en ou- 
vrages plus que faibles. E.-G. P. 



l 



Un coup de rasoir céleste (VIII, 4B3, 
23). — Voici le titre exact du livret pu- 
lié parle P. Laniy et devenu aujourd'hui 
fort rare : Conjectures physiques sur deux 
colonnes de nue qui ont paru depuis quel- 
ques années^ et sur les plus extraordinai- 
res effets du tonnerre^ où Von verra de 
quelle manière la foudre^ nouvellement 
tombée à Lagny, a imprimé le canon de 
la messe sur une nappe d'autel, Paris, 
Cramoisy, 1689, petit in- 12. — Un exem- 
plaire de cet écrit figure au catalogue 
(n» 944) de la Bibliothèque Leber, achetée 
par la ville de Rouen. — Voir, au sujet 
de phénomènes du même genre, V Année 
scientifique, par M. Figuier, 1857, p. 274- 
278. G. B. 

Pseudonymes contemporains (VII 1, 49 1 }. 
Hans (Ludovic) est peut-être le pseudo- 
nyme de M. Armand Silvestre. — Voyez 
leno io3i du Catalogue de livres anciens 
et modernes... de la librairie Aug. Fon- 
taine, Paris, 1874, in-8. 

Il s'agit d'un ouvrage intitulé Second 
siège de Paris, etc. Par Ludovic Hans 
(Paris, Alph. Lemerre, passage Choiseul) 
i87i,in-i2, et de ïexdono suivant : « A 
Théophile Gautier, hommage très-respec- 
lueux. Armand Silvestre. » H, L 



Jnrons et imprécations de la langue 

française (VI II, 517, 592, 654, 724). — 
Nos vignerons d'Issoudun, qui sont, au 
demeurant, les gens les plus paisibles du 
monde , quoiqu'ils soient , d'ordinaire , 
assez mal endurants et souvent un peu 
vifs de langage, — jurent volontiers par 
le nom du Diable, lorsqu'ils sont emmali- 
cés, — c'est-à-dire fortement impatientés. 
C'est principalement alors sur le dos de 
leurs ânes, qu'ils appellent des Peccata^ 

— probablement parce qu'ils les chargent 
de tous leurs péchés^ ces pauvres bêtes ! 

— que retombe tout le poids de leur mau- 
vaise humeur. 

Voici ceux de leurs jurons qu'on entend, 
le soir, à la rentrée des vignes, et le plus 
fréquemment, dans nos faubourgs : — Diabe 
^enleuve! (enlève); — Diabe me creuve! 
(crève); — Diabe m'tzw-ni/ (m'ennuie); — 
Diabe me rompe! — Diabe me dégarsille! 
(m'abîme, me détruise) ; — Diabe m'es- 
tringole et Diabe m'étran-ille! (m'étran- 
gle, -// mouillés) ; — Diabe me coupe la 
gueule ; — Diabe me tortille la langue 1 
^ Diabe m'étripe (étriper, arracher les 
tripes); —. Diabe me vide mon char cois! 
fc est-à-dire me vide ma carcasse); — Le 
Diabe m'arrache mon fiel! (mes entrailles; 

— Le Diabe me brûle mon cadabe! ( ada- 
j^e);— Le Diabe me barre le lutril (le 
larynx) ; — Le Diabe me bréye moiin 
flwc/ (me broie mon âme) ; — Le Diabe me 



casse la barre du cou! (la nuque, le chi- 
gnon) ; — Le Diabe me travouille (me 
dévide) les tripes sur un travoué d^far! 
(dévidoir de fer), etc, Ulr. 

La maison d'André Du Cerceau (VIII, 

552). — Elle tombe, en ce moment, sous la 
pioche des démolisseurs, cette maison de 
la rue du Vieux-Colombier n° 24, avec ses 
deux pavillons aux toits aigus, qui ressem- 
blait tout à fait à un petit manoir du temps 
de Henri IV. On ne nous a pas dit encore 
si l'on devait voir, dans cet intéressant dé- 
bris du vieux Paris, la maison de Du 
Cerceau au Pré-aux- Clercs. H. E. 

Une vallée de larmes (VI II, 64i,725;IX, 
48. — M. P. R. se trompe : La vallée des 
larmes n'équivaut pas à la vallée du mû- 
rier. Cette double appellation provient 
d'une variante de texte, ou peut-être sim- 
plement d'une erreur des interprètes, d'au- 
tant plus facile que ces deux mots ne dif- 
fèrent que par la dernière lettre, qui est H 
(hé) dans 1 un, et î< (aleph) dans l'autre. 
La bible hébraïque que j'ai entre les mains, 
et qui est très-correcte, porte K33, mûrier, 
dans le passage en question. Mais les Sep- 
tante et saint Jérôme ont lu nD!3, xXauO[Ji.(î)v, 
lacrymce, a larmes ». C'est donc aux tra- 
ducteurs grecs qu'il faut faire remonter 
l'origine de cette interprétation qui a été 
admise par TEglise, grâce à l'autorité de 
saint Jérôme, et que 1 on retrouve dans le 
chant liturgique du Salve Regina. Les 
fidèles s'y disent proscrits sur la terre, 
•gémissant et pleurant dans cette vallée de 
larmes, in hac lacrymarum valle. — 
Toute la question roule d'ailleurs sur ce 
fait que les paroles du Psalmiste peuvent 
offrir deux sens : l'un, littéral ; l'autre, 
mystique. C'est ce dernier qui a été adopté 
parles Septante, saint Jérôme et Sacy. Le 
premier a été préféré par les traducteurs 
protestants, et le Juste y est dépeint fai- 
sant surgir des fontaines dans la vallée de 
a Baka » lorsqu'il la traverse. La position 
de cette vallée n'a pas été, que je sache, 
déterminée par aucun géographe ; cepen- 
dant elle pourrait bien se trouver près de 
l'ancien Gazer, au nord -ouest de Jérusa- 
lem. On retrouve, en effet, ce nom de 
Baka, mais au pluriel, mentionné à projDos 
de la victoire de David sur les Philistins, 
narrée au II» livre des Rois (ou de Samuel), 
c. V, à la fin. Les Septante l'ont encore 
rendu ici par pleurs, mais saint Jérôme a 
traduit « poiriers ». En résumé, il paraît 
que c'est là encore une dénomi'nation lo- 
cale qui doit désigner la même localité. Il 
est difficile de ne pas admettre en eff'et 
que le sommet, la colline, les hauteurs 
ûes mûriers n'aient pas existé au même en- 
droit que le vallon du mûrier. Quant aux 
variantes de traduction qui portent ici 
mûriers, là poiriers, elles n'ont aucune im- 



iV 187.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



107 



108 



portance, car en réalité on ne sait pas au 
juste quel était l'arbre appelé baka. 

Si Ton veut, d'ailleurs, approfondir cette 
question, il faut recourir aux commenta- 
teurs : pour moi j e ne me hasarderai pas d'en 
dire davantage, n'ayant pour guide que le 
texte hébreu et les deux versions, grecque 
et latine, des Septante et de la Vulgate. 

A. St. 

Sur nne épitaphe de Gnez de Balzac 

(VIII, 645, 727; IX). — C'est une grande 
imprudence que de citer de mémoire, j'en 
conviens avec mon honoré collaborateur, 
et je partage son opinion au sujet de la 
rigoureuse exactitude des citations. Mais 
on peut avoir des distractions ! Et c'est 
sous l'empire d'un acte de ce genre cjue 
j'ai commis l'énorme faute (mea maximâ 
culpâl) d'adresser une noix creuse. J'au- 
rai le soin, à l'avenir, d'ouvrir la coquille 
et de reconnaître si elle renferme un fruit 
savoureux. V. de V. 

Prince et Duc (VIII, 710). — La ques- 
tion me semble enfantme : tout gentil- 
homme sait qu'il n'y a pas de titre de 
Prince en France, sauf les Princes créés 
par Napoléon I»'. Les Princes du sang 
royal ont seuls le droit de porter cette 
qualification, tout en se nommant comte 
ou duc d'une province ou d'une ville quel- 
conque. Quant aux princes autres que ceux 
de la famille royale, ils sont princes du 
Saint- Empire romain germanique, prin- 
ces du pape, ou des Deux-Siciles, etc. 
Faut-il ajouter que la moitié des titres 
portés par les gentilshommes de nos jours 
sont des titres de courtoisie, auxquels 
manque l'enregistrement au Parlement ou 
la reconnaissance du sceau des titres. On 
ferait, de plus, une longue liste de noms 
de conventionnels, régicides, républicains 
de 1793, dont les descendants en ligne di- 
rectes sont comtes et marquis. 

Ils sont (signe particulier) plus légiti- 
mistes que le Roi et plus catholiques que 
le Pape. — Mais revenons à nos princes : 
Tous les descendants des princes au Saint- 
Empire germanique sont princes et il y en 
a une foule dans l'armée prussienne. 

Le Ch®'' du Garané. 



Paméla d'Orléans (VIII, 764; IX, 28). 
— Il y a, sans doute, de l'audace à signa- 
ler erreur en aucun détail portant la 
signature: Ed. F. Mais j'ai confiance 
qu'il ne m'en voudra point, si je fais une pe- 
tite rectification dans ce qui regarde le 
mariage de Paméla, la fille de M™« de 
Genlis et du duc d'Orléans (Egalité) , 
avec lord Edward Fitzgerald, qui, selon 
les termes de votre estimable contributor, 
a ne l'épousa même, dit -on, qu'à raison 
de cette origine. » 



Voici copie du certificat du mariage, 
célébré à Tournay, le 27 déc. 1702, entre 
a Edouard Fitzgerald, natif de Londres, 
a fils du feu duc de Leinster, âgé de 29 
« ans, et Stéphanie Caroline ÂnneSimms, 
tt connue sous le nom de Paméla^ âgée de 
« 19 ans, native de Londres, fille de Guil- 
a laume Berkley et de Marie Sitnms. » 
L'acte est signé par a Edouard Fitzge- 
a raid, Paméla Simms (1), L.-Philippe- 
tt Egalité » , et autres personnes. — Le 
père supposé, le pseudo-papa de Paméla 
est quelquefois nommé Berkeley^ et autre- 
ment 5e^moMr, rarement Simms. On parle 
beaucoup de cet individu, mais il ne pa- 
raît jamais — comme Madame Benoi- 
ton. 

En tout cas , lord Edward a peut-être 
connu la vérité, quoique la mariée ne se 
donnât pas comme nlle du duc. Mais 
M. Ed. F. ajoute : « ils se séparèrent assez 
vite. » Le fait est que, tant que lord 
Edward a vécu, mari et femme demeurè- 
rent inséparables et fiirent très-heureux 
avec leurs deux filles et un fils. Leur bon- 
heur prit fin en 1798, quand lord Edward, 
arrêté comme insurrectionnaire, mourut 
de ses blessures, en prison, à Dublin. 
L'année suivante, Paméla se sépara delà 
famille Fitzgerald et se rendit à Ham- 
bourg, où se trouvaient une nièce et une 
fille de M™« de Genlis, — mariée au gé- 
néral comte de Valence. C'est là que Pa- 
méla devint la femme du consul américain 
Pitcairn, de qui elle se sépara bientôt, et 
elle reprit alors le nom de son premier 
mari. Paméla termina sa triste et pénible 
vie en i83i, à Paris, consolée par les soins 
et la tendresse de M™* Georgette Ducresl, 
nièce de M™« de Genlis. 

On lisait dans les registres de l'état-ci- 
vil du i«' arrondissement de Paris: « Du 
a 8 novembre i83i, à trois heures du soir... 
a Acte de décès de dame Anne Caroline 
a Stéphanie Symes (jsic)^ rentière, âge de 
a 57 ans, veuve en premières noces de sieur 
a Edouard Fitzgerald, et mariée en secondes 
« noces à sieur Joseph Pitcairn. La dite 
« défuncte, née ù la Nouvelle- Angleterre, 
a est décédée à Paris, rue Richepanse, 
a no 7, aujpurd'hui à midi dix minutes. » 

Permettez-moi d'ajouter un mot. Il y a 
dix ou douze ans, étant dans la petite 
éçlise protestante à Stillorgan, près Du- 
blin, j'ai vu entrer une dame septuagé- 
naire, dont la belle figure, le maintien 
simple et noble, le tout ensemble plein de 
grâce et de dignité, me frappèrent vive- 
ment : je voyais là que tout âge peut avoir 
sa beauté. J'appris que cette dame était 
Paméla (fille aînée de Paméla, épouse de 
lord Edward), veuve de sir Guy Campbell. 
Leur fils aîné est le présent baronet, sir 
Edw'ird Fitzgerald Campbell, qui a plu- 
sieurs frères, sœurs, fils et filles. Ainsi, le 
sang de la première Paméla vit dans ses 
• descendants. Sa seconde fille , Lucy- 



J 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 févr. 1876. 



109 



IIO 



Louisa, épousa le capitaine Lyon, et son 
fils unique, Edward Fox Fitzgerald Lyon, 
s'est marié avec Jane, fille de sir John 
D.Paul. Ils ont laissé une enfant, Paméla, 
qui a épousé en i85o, M. Turner. Voilà 
le supplément de l'histoire de Paméla 
d'Orléans, que je suis heureux de pouvoir 
vous envoyer. (London.) John Doran. 

P. 5. Les deux actes de mariage et dé- 
cès sont tirés de The rise of great families^ 
par Sir Bernard Burke, dans le royaume 
d'Irlande, « Uster, Roi d'Armes. » 

Un chameau et le troii d'une aiguille 

(IX, 5, 84). — J'ai entendu expliquer le 
verset, de la manière suivante : En vieux 
français, on appelait chameau un menu 
ûl formé du poil de chameau, mais non si 
menu cependant qu'il passât aisément par 
le trou d'une aiguille. Mais il resterait à 
établir que le mot CameluSy employé par 
la Vulgate, ait signifié fil de chameau. 
Dans le Dictionnaire latin-franç. de Qui- 
cherat, je retrouve : Fort, (Venant ius For- 
tunatus) poil de chameau (pour étoffe), ce 
qui se rapproche du sens que je cherche. 
Mais je dois convenir qu'aucun des dic- 
tionnaires que 3*ai ne donne le vieux mot 
chameau. On pourrait chercher dans Ni- 
cot, Cotgrave, Trévoux, etc. On aurait 
aussi des chances d'élucider la question, en 
consultant le Glossaire de Ducange. Je ne 
possède aucun de ces livres E.-G. P. 

— Lalanne (Curios, Lz«^r.,p.2o5) avait 
déjà expliqué ce passage par une faute de 
traduction. « La comparaison du cha- 
meau passant par le trou d'une aiguille 
est plus qu'étrange, il le faut avouer; aussi 
n'cxiste-t-elle pas dans le texte original. 
L'ignorant qui a translaté cet évangile du 
grec en latin, a confondu les deux mots 
kamelos (chameau) et kamilos (câble). 
Chameau doit donc être remplacé par câ- 
ble, ce qui alors offre un sens tout à fait 
raisonnable. » Mais la nouvelle explication 
est certainement bien plus ingénieuse : 
surtout en établissant, d'autre part, qu'il y 
avait en effet à Jérusalem une porte nom- 
mée Le Trou de Vaiguille^ et que l'on ai* 
mait mieux y faire passer les chameaux 
avec tant de peine, de travail, et de perte 
de temps, que d'aller chercher une autre 
porte de la ville. O. D. 

—«C'est au onzième siècle que commença 
le relâchement de la discipline ecclésiasti- 
que,!relativement à la pénitence. Longtemps 
auparavant, les conciles avaient dû s'éle- 
ver contre des abus fort graves. Le 27» ca- 
non du concile de Cloweshow (Angleterre), 
en 747, condamne les personnes qui 
croyaient s'acquitter des pénitences qu'on 
leur avait imposées, en les faisant accom- 
plir par d'autres. « S'il était permis d'agir 
ainsi, y est-il dit, les riches se sauveraient 
plus aisément que les pauvres, malgré la 



parole expresse de l'Evangile : Il est plus 
difficile à un riche d'entrer dans le royaume 
du Ciel, que de faire passer un chameau 
(lisez Câble) par le trou d'une aiguille. » 
{Curiosités des Traditions^ des Mœurs et 
des Légendes^ par Ludovic Lalanne, 
p. 228 (Paris, Pauliq, 1847), in-12. 

H. I. 

— Dans une de ses chroniques du Soleil 
oudu Figaro, Rochefort exphquait,d'après 
une découverte récente, que le mot câble 
et le mot chameau se disent de même en hé- 
breu. Je ne sais pas l'hébreu, par consé- 
quent je ne puis dire si cette explication a 
quelque fondement ou si c'est une pure 
fantaisie de l'auteur de la Lanterne, Je la 
transcris à titre de simple note. 

Saiduarig. 

— PariS'Journal me semble avoir des 
abonnés beaucoup trop spirituels. Avant 
d'affirmer l'interprétation nouvelle, son 
inventeur aurait dû indiquer l'emplace- 
ment de sa porte du « Trou de l'aiguille », 
en donner le nom hébraïque et prouver 
enfin qu'elle existait du temps de Jésus- 
Christ. Tout cela serait à exiger d'un sa- 
vant, d'un érudit; à plus forte raison, a- 
t-on droit de le réclamer d'un écrivain qui, 
dans l'exposé de sa thèse, fait preuve d'une 
connaissance insuffisante de l'Ecriture 
sainte et de ses textes. 

Libre au correspondant de Paris-Jour- 
nal de trouver le passage incompréhensi- 
ble, mais qu'il permette de n'en pas juger 
ainsi à ceux qui savent qu'il y a là tout 
simplement une locution proverbiale. Oui, 
c'est un proverbe, si bien proverbe qu'il 
se trouve dans le Coran et apparaît fré- 
quemment dans le Talmud pour désigner, 
de même que dans l'Evangile, une chose 
extrêmement difficile ou impossible. Il 
est, dans le Talmud, employé avec une 
variante qui nuit à l'explication nouvelle : 
ce n'est plus un chameau, chargé ou non, 
mais un éléphant que l'on cite comme ne 
pouvant passer par un trou d'aiguille : 

i^ISnn^ NSnpT S^VT «S^S Elephas intrans 

foramen acus. Cet augmentatif aggrave 
singulièrement la difficulté et pourrait em- 
barrasser quelque peu le correspondant de 
Paris-Journal, 

Mais ce qui compromet encore plus son 
explication, c'est que le texte original ne 
porte pas « passer par /e trou de l'aiguille » 
mais par « un trou d'aiguille, » ce qui est 
tout autre chose. Quand je dis le texte, 
j'entends les textes, car il y a trois évan- 
gélistes qui ont rapporté ce mot : saint 
Matthieu, c. XIX, v. 24, saint Marc, X, 25, 
et saint Luc, XVIII, 25. C'est à ce der- 
nier qui a écrit en grec et non aux deux 
autres qu'il faut recourir pour obtenir le 
sens de cette locution dans toute la valeur 

grammaticale, li dit : Btà Tpu[JLaXia<; façfôoç 
et, s'il avait voulu non pas, comme il 



N" 187.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



III 



1 12 - 



s'agissait, indiquer un objet en général, 
mais spécifier un emplacement, il n'aurait 
pas manqué, ce me semble, de le déter- 
miner par l'article tîjç. Qu'en pensent les 
Hellénistes de r/«/erm^i/tf ire? A. St. 

P.'S. En voici bien une autre 1 Au mo- 
ment de jeter ma réponse à la poste, un 
Anglais de mes amis, qui ne connaît pas 
le moins du monde la note de Paris- 
Journal, me fournit, au premier mot que 
je lui dis, la même explication, et m'af- 
firme l'avoir lue, dans son enfance, dans 
les Illustrated London News; il y avait, 
de plus, une gravure à l'appui, qui lui est 
toujours restée dans la mémoire. Ainsi, ce 
texte tt demeuré jusqu'ici incompréhensi- 
ble, » avait été compris, il y a vingt à vingt- 
cinq ans, de la même façon, et le « spiri- 
tuel abonné » de Paris-Journal n'a fait 
que copier un vieux journal anglais; déci- 
aément, comme je disais en commençant, 
cet abonné a beaucoup trop d'esprit, il a 
même celui des autres. Il s'agit mainte- 
nant de retrouver le volume des Illustra- 
ted London News, où se trouve la version 
originale. Quelqu'un aurait-il la collection 
de ce journal ou les volumes d'il y a une 
vingtaine d'années? Ce serait une question 
pour les Notes and Queries, 

— Dans toutesles traductions qui me sont 
tombées sous la main, j'ai trouvé, en effet, 
au verset 24 du chapitre XIX de l'Evan- 
gile selon saint Matthieu, le chameau et 
l'aiguille dont parle Tabonné de Paris- 
Journal : a II est plus facile à un chameau 
de passer par le trou d'une aiguille qu'à 
un riche d'entrer dans le royaume des 
cieux. » Mais je ne soupçonnais pas qu'il 
fût besoin, pour éclairer cet étrange pas- 
sage, de l'ingénieuse trouvaille qu'on nous 
a signalée... Je croyais que la question 
était vidée depuis longtemps. Le fameux 
chameau est une erreur qui n'existe pas 
dans le texte original. En translatant 
l'Evangile de saint Matthieu du grec en 
latin, on a confondu les deux mots kame- 
los (chameau), et kamilos (cable). Tout 
s'explique ainsi de la façon la plus na- 
turelle du monde : c'est un câble qui ne 
peut passer par le trou d'une aiguille, ce 
n'est point un chameau» Anibus. 

— Là même phrase : per foramen acus 
transire, se trouve reproduite dans trois 
des évangélistes, Mattn. XIX, 24; Marc, 
X, 25; Luc, XVIII, 25, du texte de la 
Vulgate , et camelus se traduit générale- 
ment TioniÇ)?iT chameau f animal ; mais par 
chameau, gros câble. La version de l'exé- 
gète de Pjrw-Jowrwû/ est ingénieuse : c'est 
aux voyageurs de nous dire s'il existe à 
Jérusalem, ce Trou de V aiguille; et aux 
Hébraisans de nous apprendre si le texte 
original se prête au jeu de mots. 

L'abbé V. Dufour. 



Les fonnes « j*ons, j'avons » du pa- 
tois (IX, 7, 85). — J'en demande bien 
Cardon à feu P.-J. Proudhon. S'il eûtha- 
ité la Saintonge, il eût pu constater que 
cette façon dédire est d'un usage journa- 
lier chez les paysans. 11 me semble même 
avoir entendu, dans le Poitou, le singulier 
j 0*e) employé avec un pluriel. Mais je ne 
puis l'affirmer, et notre confrère J.-E. G., 
qui habite les Deux-Sèvres, pourrait ren- 
seigner sur ce point les lecteurs de lin- 
termédiaire. 

Il n*y a donc rien d'impossible à ce que 
Molière et Béroalde de Verville aient em- 
prunté ces formes au patois saintongeais 
ou poitevin. Saiduarig. 

— On peut y ajouter : « J'allions, je ve- 
nions, j 'étions, » et d'autres formes em- 
ployées par les personnes qui ne savent ni 
le français, ni le patois. — Les expressions 
« j'allions et je venions » étaient préconi- 
sées par les réformateurs de notre langue 
au XVIe siècle. Henri Estienne les blâme 
vertement dans ses o Deux dialogues du 
nouveau françois, etc. » (Paris, Pâtisson, 
1579, petit in-8.) On y lit les vers sui- 
vants : 

Qui lourdement barbarisant, 
Toujours /allions, je venions dites. 

h: I. 

— Voici la conjugaison du verbe Avoir, 
d'après la prononciation lilloise : 



J'avos ij' avons ), 
N. avimes, 
V. avites, 
IV avottent. 



J'aros ij'arons), 
N. arimes, 
V. arites, 
IP arottent, etc. 

(L. Vermesse, Dict, du Patois de la 
Flandre française et wallonne. In -8. 
Douai, 1867.) Truth. 

— Ce ne sont pas seulement les Berri- 
chons et les Tourangeaux qui disent : 
j'ons, je faisons, etc. Les Angevins, chez 
qui s'est conservée si pure la prononcia- 
tion de la l'e partie du XIX» siècle, le 
disent aussi: Hé! les gars là-loin, vene\- 
va donc! — J' allons qu'ri (quérir) les 
g'vaux ; j's'rons toujoux bein prêts pour 
partir ané (avec) le soulé (le soleil) 1 

Mathanasius. 

Armes des Goleoni (IX, 9, 58). — Pour- 
quoi n'a-t-on pas, dès l'abord, cité la Vie 
de Colleone? Quelqu'un des érudits colla- 
borateurs de V Intermédiaire a peut-être 
l'ouvrage mentionné par Brunet (V, 491, 
8°, Spino); pour moi, j'ai sous les yeux un 
volume in4^ qui vient de la Bibliothèque 
de Colbert. Le titre est: Historia délia 
vita et fatti delV ec client issimo capitano 
di guerra Bartolomeo Coglione, scritta 
per Pietro Spino, s. 1. n. d., et à la fin du 
vol.: in Vinetia, appresso Gratioso Per- 
caccino, 1569. Après le titre gravé, la dé- 
dicace et la table, se trouve un beau por- 
trait de B. Coglione, signé du mono- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



•»•■ 



ii3 - 



[25 févr. 1876 



gramme MAR, peut-être de Marc Antoine 
Raimondi). Le portrait est accompagné 
d'armoiries et l'écusson de la famille est 
double, l'un portant deux têtes de lion, 
l'autre les trois cœurs renversés dont on 
parle, d'argent à trois cœurs de gueules. 

Si l'on veut ne pas s'en tenir là et cher- 
cher l'origine du nom et des armes, les 
érudits ont le choix. La famille, raconte 
Spino, prétendait descendre d'Hercule et 
certains exploits donnaient à penser que 
le demi-dieu était aussi triorchide. Cepen- 
dant c'est simplement au souvenir du lion 
de Némée et àTusage, par quelque ancêtre, 
de porter deux têtes de lion brodées sur 
la casaque , que serait dû le nom de Co- 
ïeone. 

Et puis, à la longue et par un vicieux 
usage , Coleone serait devenu Coglione ; 
la signification aurait aussi change, et les 
armes auraient suivi. 

D'ailleurs, le seul défaut de son héros 
était, selon Spino, un amour immodéré 
des dames, passion entretenue par une 
certaine disposition corporelle. Quoi qu'il 
en ait été, s'il fallait renoncer à l'ctymo- 
logie si flatteuse pour les Coslioni, on peut 
regretter qu'une telle famille soit éteinte 
et que ce nom, si bien porté, soit devenu 
un nom commun qu'on ne puisse plus 
donner proprement à personne. E. M. 

- M. Charles Blanc a fait connaître, 
en 1862, dans la Gas[ette des Beaux-Arts, 
que M. Thiers avait dans son cabinet une 
réduction en bronze de la statue équestre 
de Colleone, réduction au 5® qu'il s'était 
fait autoriser personnellement à faire exé- 
cuter pel suo piacere. Il paraît que cette 
copie du cher-d'œuvre de Verocchio et 
du beau piédestal de Leopardo a été 
admirablement réussie, et que M. Thiers, 
amateur jaloux, après l'avoir fait couler 
en bronze, en a fait briser le moule. — On 
a appris, il y a quatre ou cinq ans, par les 
journaux (le Times ^ les Débats^ etc.) que 
le piédestal de cette statue de Colleone 
était une cachette recelant des papiers se- 
crets de la nature la plus grave, et que 
cette circonstance avait, lors du pillage 
de l'hôtel de la place Saint-Georges, en 
Mai 1871, occasionné à M. Thiers et à sa 
iamille de terribles alarmes. Bien des dé- 
marches occultes et bien des négociations 
ont alors eu lieu à ce sujet. J'ignore quel 
en a été le résultat final; je ne sais si 
M. Thiers est rentré en possession soit de 
la statue de Colleone, soit du piédestal 
et de son redoutable contenu. E. H. 

S. P. Q, R, (IX, 9, 29, 59). — Les 
amis de la dive bouteille ont traduit ce 
sigle, par : 5/ plein qu'il renverse, en pré- 
sentant leur verre à remplir. 

Aux environs de 1840, parut par livrai- 
sons une publication intitulée: Biogra- 
phie du Clergé contemporainy écrite avec 



114 



un esprit passionné qui la fit rechercher, 
et que l'on trouve rarement complète au- 
jourd'hui. L'auteur, simple diacre alors, 
ayant eu des difficultés avec son évêque 
et les Sulpiciens qui dirigeaient le grand 
séminaire d'Orléans, voulut quitter son 
diocèse et entrer dans celui de Paris : 
M. Dupanloup, qui en était grand vicaire, 
s'y étant opposé fut en butte aux sarcas- 
mes de l'auteur anonyme, qui ne pouvait 
prévoir que plus tard il retrouverait à 
Paris, où il exerçait des fonctions publi- 
ques, M. Morlot, ancien évêque d'Or- 
léans, puis cardinal-archevêque de Tours, 
et aujourd'hui de Paris, ni que M. Du- 
panloup deviendrait évêque d'Orléans. La 
Biographie du Clergé contemporain ne 
manquait aucune occasion de tomber à 
bras raccourcis sur l'autorité, spéciale- 
ment sur l'évêque d'Orléans et les Sulpi- 
ciens ses représentants: mais M. Dupan- 
loup eut les honneurs d'une biographie 
spéciale où il était rien moins que ménagé; 
des amis imprudents, ayant enlevé les 
exemplaires de la première édition, firent 
les affaires de l'éditeur Appert et de l'au- 
teur, qui s'empressèrent d'en faire paraî- 
tre une seconde édition, revue et augmen- 
tée^ ce qui se renouvela deux, trois, qua- 
tre fois, peut-être plus. On y lisait, entre 
autres choses aimables à l'adresse de 
M. Dupanloup, et par allusion à ses 
goûts littéraires , qu'il devrait prendre 
pour devise : 5. P. Q. R, que l'on tradui- 
rait à son intention par: si peu que rien. 
Mort aujourd'hui, l'auteur a dû regretter 
certains sarcasmes de sa jeunesse ; il ne 
manquait pas de verve, mais sa plume 
acérée, trempée trop souvent dans le fiel 
et le vinaigre du cru, se ressentait trop 
de l'esprit guépin. L'abbé V. Dufour. 

Mémoires du duc de Ghoiseul (IX, 14). 
— Est-ce que ces mémoires n'ont pas été 
publiés in-40 par le duc lui-même et im- 
primés sous ses yeux, à Chanteloup, en 
1788, puis réédités par Soulavie, en 1790 ? 
J ai sous les yeux un exemplaire de cette 
réimpression, 2 vol. in-S». A. D. 

tt Mille. Le bracelet » (IX, i3, 92). — 
D'après Otto Lorenz, t. II, p. 618, de son 
Catalogue, Millo a été composé par 
MM. Jules Sandeau (lisez: Léonard- 
Sylvain- Julien Sandeau) et Arsène Hous- 
saye. H. I. 

« Vénères et Priapi... » (IX^ 21). Les 
beaux exemplaires possèdent un double 
état des planches, dont un colorié, et un 
double titre. Le colorié est: Priapi (au 
lieu de Vénères) uti, etc., etc., 10 pages 
de préface, texte rouge encadré de noir. 
A chaque sujet, une page de texte rouge 
encadré de 3 filets rouges. T. I, 36 pi. 



N* 187.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



ii5 



116 



n* I à 36 (front, compris). T. II, 35 pi. 
n» I à 35 (front, non compris). En tout: 
71 pi. plus I, 72 (et non 69). — Une par- 
tie des dessins est la reproduction, mais 
en sens contraire, du t. II« de d'Hancar- 
ville. Deck. 

Caricatures sur le Christ (IX, 3o, 61, 
02). — Le verbe frustare peut manquer 
dans le Dictionnaire de Quicnerat, et quoi- 
que rarement usité, il n'en est pas 
moins latin, aussi bien que frustum , 
frustillum son diminutif, et^ustatim. On 
le rencontre chez un écrivain contempo- 
rain de Tertullien, l'historien Florus, et 
cette coïncidence est une probabilité de 
plus en faveur de Thypotnèse que j'ai 
émise. Au surplus je ne prétends pas la 
donner comme une certitude : pour pro- 
noncer à cet égard, en toute connaissance 
de cause, il faudrait lire en entier le pas- 
sage en litige et même qucl<}ues pages de 
l'auteur. Il n'est pas sûr de juger du sens 
d'une phrase douteuse, par la lecture d'un 
fragment. Je ferai seulement observer de 
plus que frustare ne veut pas dire mettre 
en petits morceaux, frustilUs, comme le 
prétend notre collègue, mais, d'une ma- 
nière plus générale , mettre en morceaux, 
frustis. Ce dernier mot est classique et 
si M. E.-G. P. l'avait connu, il lui aurait 
épargné le saut périlleux qu'il a fait, des 
cimes de la haute latinité, dans le bourbier 
des contes de Perrault. A. St. 

Un vers étrange de Domergne (IX, 34). 

— Il en a commis plus d'un, ce grammai- 
rien novateur, duquel Lebrun disait : 

Ce pauvre Urbain, que l'on taxe 
D'un pédantisme assommant, 
Joint l'esprit du Rudiment 
Aux grâces de la Syntaxe. 

Le vers cité, dont Lebrun s'est moqué 
dans une autre épigramme inédite, se 
trouve dans l'ouvrage ci-après : « Manuel 
a des étrangers amateurs de la langue 
a française; ouvrage utile aux Français, 
« contenant tout ce qui a rapport au genre 
« et à la prononciation, et dans lequel 
« l'auteur a prosodie, avec des caractères 
« dont il est l'inventeur, la traduction qu'il 
« a faite envers français de cent cinquante 
« distiqueslatinsdeVirgile, d'Horace, etc.» 

A. D. 

Les femmes et les côtelettes (IX, 35). j 

— Les côtelettes seraient peu succulentes 
si elles étaient trop battues. Mais, en 
i85i, G. Dargy avait, dans le journal 
VArlequirty dit, en deux modestes vers : 

La femme est comme la salade. 
Plus on la bat, meilleure elle est. 

Deck. 

r 

— Si l'on doit tourner sept fois sa langue j 
en sa bouche avant de l'ouvrir, il faudrait 1 



aussi feuilleter les huit volumes de Ylnter- 
médiairey avant de poser une question : 
Celle-ci a été résolue 1. 1"", p. 356. A. D. 

Le Physionotrace (IX, 36). — Le dessin 
au physionotrace était fait avec un ins- 
trument d'optique portant ce nom, ins- 
trument dont se servaient autrefois les 
miniaturistes, et fort peu connu depuis la 
découverte de Daguerre. Cet instrument 
consistait en un verre rapetissant monté 
et mobile sur une tige de cuivre. Ce verre, 
placé devant une chambre noire primitive, 
reproduisait sur une glace dépolie les 
traits de la personne que l'on voulait 
portraiturer; mais l'on ne pouvait obtenir 
que des portraits en profit. Les portraits 
essayés, vus de 3/4 et de face, ont tou- 
jours été d'une ressemblance inexacte, 
quelle que fût l'habilité du dessinateur. 

M. de Vorst pourra essayer avec un 
objectif et chambre de photographe, et 
aura les mêmes résultats. 

E. Gandouin. 

Mariages morganatiques (IX, 38). — Le 
mariage morganatique, dit aussi de la 
main gauche^ a tous les effets d'un ma- 
riage régulier, mais aux points de vue civil 
et religieux seulement ; aux points de vue 
politique etféodaly il n'en a aucun, il est 
comme s'il n'avait pas été contracté, il 
n'existe pas. Il n'y a donc lieu à mariage 
morganatique que dans certains cas, hors 
desquels ce ne serait qu'une ridicule pré- 
tention à se distinguer. Voici deux exem- 
ples des cas où il y a lieu à mariage mor- 
ganatique : 

i® Cas politique. Un prince souverain, 
devenu veuf avec suffisante lignée, est, 
d'une part, fort embarrassé pour trouver 
une épouse de son rang; ses opinions en 
morale peuvent, d'autre part, le faire ré- 
pugner au concubinat et lui faire désirer 
un second .mariage, difficile pourtant à 
contracter sans mésalliance, s'il tient à 
le faire comme souverain. Mais s'il ne 
tient pas essentiellement à une femnae de 
son rang, il trouve, dans le mariage mor- 
ganatique, un moyen de tourner la diffi- 
culté. En contractant ce genre d'union, il 
met de côté sa qualité de souverain pour 
ne garder que celle de simple particulier. 
Il peut prendre alors sa nouvelle épouse 
où il lui plaît ; et c'est nécessairement dans 
une classe inférieure à la sienne. S'il y a 
mésalliance, ce n'est qu'au point de vue 
social, mais nullement au point de vue 
politique, qui est écarté. L'épouse morga- 
natique est, à la Cour, sur le pied d'une 
dame en faveur particulière auprès du 
prince veuf; les enfants issus de ce ma- 
riage n'ont ni le rang, ni le titre de princes 
du sang; ils n'ont, ni pour eux, ni pour 
leur postérité, aucun droit à la succession 
au trône (héritage politique); s'ils pren- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 févr. 1876 



117 



118 



nent les armes de leur père, ils doivent les 
charger d'une marque analogue à la barre 
de sable; ils sont, en un mot, de simples 
sujets qui ne doivent compter que sur la 
fortune privée de leur père et sur sa pro- 
tection pour leur avenir ; aussi, en cas de 
déchéance de la dynastie, ils ne perdent 
presque rien, tandis que ceux issus d'un 
mariage politique perdent presque tout. 
Un mariage morganatique a lieu sans 
bruit, ce qui est fort naturel puisque ce 
n'est qu'une union entre particuliers ; ni 
les sujets, ni les confrères du souverain 
n'ont à s'en occuper, sans se mettre en 
contravention avec l'amendement Guillou- 
tet (le fameux mur de la vie privée). Si 
le roi Louis XIV n'a contracté avec la 
veuve Scarron qu'un mariage morganati* 
que, il était complètement dans son droit; 
et si cette union a été tenue secrète, au 
point qu'elle est mise en doute, ce n'a 
été évidemment que pour se soustraire 
aux plaisanteries des courtisans, qui n'au» 
raient pas manqué de s'égayer sur le ma- 
riage d'un vieux libertin avec sa gouver- 
nante. 

20 Cas féodal. La loi d'hérédité des fiefs, 
dans les pays où il en existe, varie suivant 
les fiefs et les familles. Dans certains cas, 
il y a exclusion des filles et de leur lignée 
(masculinité, loi salique^ appliquée aux 
majorais en France); dans certains autres, 
cette exclusion n'a lieu qu'autant qu'il y a 
des héritiers mâles au même degré. Dans 
ce dernier cas, il peut y avoir occasion à 
mariage morganatique pour le titulaire du 
fief, s'il est veuf avec enfants. Il peut, en 
effet, avoir une fille du premier lit, pour 
qui l'aptitude à hériter du fief, personnel- 
lement ou par ses descendants, constitue 
une éventualité plus ou moins sérieuse, 
plus ou moins prochaine, qui entre, à 
titre d'espérances, dans son apport dotal, 
et peut décider un mariage avantageux. 
Un second mariage du père de cette fille 
diminue la valeur de cette , éventualité, 
rien que par la perspective d'enfants mâles 
à naître. Un mariage morganatique tourne 
encore la difficulté, puisque les enfants 
qui peuvent en résulter ne diminuent en 
rien les chances d'hérédité de la fille du 
premier lit. Il y a encore presque inévita- 
blement mésalliance, mais ce mariage ne 
compte pas au point de vue féodal. Ses 
effets sont les mêmes que dans le cas po- 
litique, toutes proportions gardées. — Il 
arrive que des princes et des princesses ou 
des cadets de familles féodales veulent 
contracter, en secondes ou même en pre- 
mières noces, une union suivant leur goût, 
sans se soucier d'une mésalliance. L'auto- 
risation ne leur en est accordée par la fa- 
mille (il faut souvent celle du suzerain) 
qu'à la condition de renoncer, pour les en- 
fants à naître de cette union et leur des- 
cendance, à leurs droits de succession; il 
faut, en effet, se bien garder de laisser in- 



troduire dans la famille, des prétendants 
à l'hérédité issus d'un sang moins pur. 
C'est un mariage morganatique. L'Alma- 
nach de Gotha en contient de nombreux 
exemples. 

Tous ces exemples montrent que le ma- 
riage morganatique a sa raison d'être dans 
le droit cTaînesse féodal, dans la loi de 
primogéniture pour la succession au trône; 
ce qui est au fond la même raison d'être, 
puisque la loi de succession à tous les 
trônes de la chrétienté est calquée sur le 
droit d'aînesse féodal. En France, par con- 
séquent, où le fief n'est pas admis par la 
loi, le code civil n'a pas à s'occuper du 
mariage morganatique, pas même pour 
l'interdire ; ce serait un article superflu. 11 
pourrait y avoir, accidentellement pour 
un monarque à titre héréditaire (empereur 
ou roi), lieu à mariage morganatique; 
mais nous avons contracté, depuis un 
siècle, de si déplorables habitudes vis-à- 
vis de nos monarques, que les droits ré- 
sultant du mariage politique le plus régu- 
lier sont déjà fort problématiques. — Le 
mariage exclusivement religieux, dont il 
y a , paraît- il , quelques exemples en 
France, n'a qu'une ressemblance trom- 
peuse avec le mariage morganatique. Il 
suppose chez les singuliers dévots qui le 
contractent, par cas de conscience, la 
malthusienne prévision de sa stérilité, ce 
qui est condamné par la morale et par 
notre sainte mère l'Eglise. En cas de sur- 
venance d'enfants, il faut bien vite procé- 
der au mariage civil pour leur éviter la 
situation ambiguë de l'illégitimité devant 
l'Etat et de la légitimité devant l'Eglise. 
Le mariage morganatique ne suppose 
rien et ne nécessite rien de semblable; 
aussi l'Eglise n'aurait aucune raison pour 
lui refuser sa consécration, ce qui le ca- 
ractérise étant essentiellement du ressort 
du temporel. Il est bien entendu c^ue je 
ne parle pas de quelques cas de bigamie 
que Ton a essayé de dissimuler sous les 
apparences d'un mariage morganatique. 

G. G. 

— On trouve la fée Morgana dans 
l'Arioste, Orlando furioso, avec le person- 
nel des Chevaliers errants. Hyménée fan- 
tasque; fantasmagorie maritale. — On a 
pensé à Morgengabe, cadeau offert, le 
matin des noces, par le mari, sinon l'amant 
ou le pygmalion, à la soubrette, objet de 
ses soupirs. — Qui n'a, sous un ciel plu- 
vieux, à Naples ou ailleurs, sur une onde 
tranquille, jeté les yeux sur les fata mor- 
gana, ce phénomène si trompeur, le palais 
magique de quelque ondine ? 

W. P. Sh. 

— Voir cette question traitée et résolue 
VII, 654, et VIII, 49. A. D. 

Félix Pyat « sacristain » I (IX, 39). — 
En quelle année aurait-il donc été caché 



N- 187.] 



L'INTERMEDIAIRE 



1 



U9 



120 



sous les habits d'un obscur sacristain, à 
Saint-Eustache ? La date et le lieu ne sont 
pas indifférents. 

A ce propos, une question analogue. 
On lit dans les a Illustrations Litté- 
a raires de la France » , par Maigrot : 
« Son père fut ruiné par le système de 
« Law... et tel fût son dénûment, que, 
« pour subsister, il fut obligé de remplir 
a les fonctions de sacristain dans une 
a église de Paris. » (T. II. p. 3.) Sait -on 
dans cruelle paroisse le poëte remplit cet 
emploi? L*abbé Val. Dufour. 

[Il semble que notre correspondant a oublié 
d'edaîrer sa lanterne. De oui s'agit-il dans la 
question accessoire, qu'il eut fallu poser sépa- 
rément? a Son père... > Le père de qui? De 
Maigrot? Réd,] 

« Mahomet second » (IX, 40, 93). — Je 
remercie Ri. — Ma question ne regarde 
pas le Mahomet second de Chateauorun. 
Prière de me donner les prénoms de 
Gayot. H. de lIsle. 

Un romantique : Léon de Villeran(IX, 

41). — Voir dans la France littér., au nom 
V Hier an ^ la liste des ouvrages de cet écri- 
vain, Que Quérard appelle Léon Montbeau 
de Villeran. A. D. 

o Le Roi » par Jules Janin (IX, 42). — 
Cette notice fait partie de l'ouvrage : Les 
Français peints par eux-mêmes. Elle ap- 
partient à l'introduction du t. V qui com- 
mence par un article statistique sur « la 
f)opulation de la France, » (pp. i à lxxx, 
ivraisons40i à 410). Vient ensuite a Le 
Roi » (pp. Lxxxi à cvu, livr. 421 à 
423) avec 2 grav.) telles que l'indique 
M. Ulr. Ces oeux articles sont indiqués 
en tête de la Table de ce t. V; ils sont 
aussi désignés dans plusieurs des tables 
générales, pp. 6, 11, 25, 40. Ces tables 
forment un supplément, avec pagination 
spéciale de i à 40 ; elles portent le titre de 
a Tables des matières des Français , » 
n'ont point de vignettes dans le texte et 
sont divisées en six tables, classées de dif- 
férentes manières, ce qui rend les recher- 
ches faciles. L'exemplaire de M. Ulr. doit 
être incomplet, car le dernier vol. n'est 
pas le VI I« : il Y en a cinq pour les types 
généraux et trois pour la province et les 
colonies. Chacun de ces 8 vol. contient 
une Table, avec petites vignettes repro- 
duisant les types gravés et tirés à part. 

E. T X 

Un antenr à déconvrir (IX , 65). — 
N'oublions pas que , le 3o Fructidor 
an IX, Diderot était mort depuis douze 
ans, et que M. Génin, (Biogr. Didot] ' 
accuse nettement Naigeon d'avoir inter- ' 
polé, dans l'édition de son ami, « des 



I 



suppléments de sa façon » , et cela pour 
lui faire honneur. Ce dithyrambe ne se- 
rait-il pas un de ces suppléments ? Comme 
je ne connais pas cette pièce, je demande 
encore si les deux vers c^u'on en cite, 
semblent exprimer le sentiment de l'au- 
teur, quel qu'il soit, ou si ce n'est pas un 
trait qu'il prête ironiquement aux exagé- 
rés, qu'il appelle Eleuthéromanes. Ce nom 
même semblait favoriser cette seconde 
interprétation. O. D. 

— Je ne suis pas sûr qu'il y ait ici d'au- 
teur à découvrir. Il pourrait n'y avoir à 
rechercher que des falsificateurs. Il y en 
a eu d'innocents, mais qui ont fait autant 
de mal à Diderot que ceux qui étaient 
franchement ses ennemis. J'ai, en repro- 
duisant les Eleuthéromanes y pris le soin 
de donner à cette pièce la forme de scène 
lyrique que lui avait assignée Tauteur. 11 
y a là trois interlocuteurs; l'un parle, 
l'autre amplifie ; le troisième s'exalte ; le 
résultat doit être l'enthousiasme pinda- 
rique qui naît de l'expression de plus en 
plus accentuée d'une même idée. Il est 
sorti de ce procédé, dans le cas particu- 
lier qui nous occupe, un morceau admi- 
rable qui n'a pas d'équivalent dans notre 
langue, ni peut-être dans aucune autre. 
On comprend que, lorsque l'un des inter- 
terlocuteurs a commencé sur ce ton : 



L'enfant de la nature abhorre l'esclavage; 




le dernier en arrive à prononcer ces pa- 
roles : 

J'en atteste les temps, j'en appelle à tout âge; 

Jamais au public avantage 
L'homme n'a franchement sacrifié ses droits; 
S'il osait de son cœur n'écouter que la voix, 
Changeant tout à coup de langage, 
Il nous dirait, comme 1 hôte des bois : 
<c La nature n'a fait, ni serviteur ni maître; 
Je ne veux ni donner, ni recevoir de loix. » 
Et ses mains ourdiraient les entrailles du prêtre, 
A défaut d'un cordon, pour étrangler les rois. 

sans trop s'inquiéter s'il profère un vœu 
contraire aux habitudes polies des socié- 
tés civilisées. 

A ce point de vue donc, point de vue 
tout poétique, Diderot est absolument 
disculpé de l'accusation d'avoir donné le 
mot a'ordre aux Septembriseurs. Ajou- 
tons qu'il écrivait en 1772, sans se dou- 
ter plus que personne de ce qui advien- 
drait en 1703, et que ce quil écrivait 
alors, pour dfes amis, ne devait être pu- 
blié qu'en 1796, alors que ses objurgations 
ou ses conseils n'avaient plus aucune 
chance d'agir sur les événements. 

Mais, dit-on, si ce n'est lui, c'est donc 
son frère qui a endossé cette pensée con- 
ditionnelle dans cette formule impérative : 

Et des boyaux du dernier prêtre 
Serrons le cou du dernier roi? 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



(25 févr. 187O. 



121 



122 



C'est le frère ou plutôt c'est le faux 
frère La Harpe. Ah ! ce petit Psalterion 
était un bien triste sire, et comme tel, il 
avait bien tout ce qu'il lallait pour être le 
coryphée de la réaction ! Prudhomme en 
littérature, trembleur en politique, ne se 
préoccupant pas du choix des moyens de- 
vant la souveraineté du but, c'est lui qui, 
le premier a prétendu (contre l'évidence, 
mais qu'est-ce que cela fait, quand on 
sert la bonne cause) que ces deux derniers 
vers couraient depuis vingt ans sous le 
nom de Diderot et qu'ils venaient d'être 
réimpriméSy avec la pièce entière, quel- 
que temps avant l'époque oti lui, La 
Harpe, jugeait la philosophie et les phi- 
losophes du XVI II* siècle, au Lycée. On 
lui aurait mis le nez dans la Décade phi^ 
losophique qu'il aurait fait l'étonné et de- 
mandé où était la dififérencé ? 

J'espère qu'on la sent un peu mieux 
aujourd'hui. 

Mais j'ai dit qu'il y avait eu des criti- 
ques à la conscience moins large que celle 
de La Harpe, et qui cependant avaient 
été comme lui des falsificateurs. Ce sont 
ceux qui citent les deux vers de Diderot 
exactement, en leur faisant seulement 
subir un léger changement, oh 1 très-léger. 
Ce n'est plus l'homme de la nature qu'ils 
font parler, et ce ne sont pas ses mains qui 
ourdiraient les entrailles du prêtre; non, 
ils supposent un monologue de Diderot et 
c'est Diderot qui s'écrie : 

Et mes mains, etc. 

Ou peut croire ici à une inadvertance; 
mais elle est cruelle, cruelle surtout quand 
elle se présente sous l'autorité de M. Ville- 
main et qu'on la retrouve dans le dernier 
volume de M. Taine {les Origines de la 
France contemporaine, t. I, p. 288). 

Laissons cela; il y aurait trop à dire 
sur la manière dont se font les réputations 
et sur les sottises agglomérées qui for- 
ment ce qu'on appelle l'opinion. Nous 
n'ajouterons ici quune chose; c'est que 
nous souhaiterions qu'on nous montrât les 
deux petits vers imprimés dans quelque 
ouvrage antérieur à celui de La Harpe. 
Il nous semble les avoir entendus attri- 
buer à Sylvain Maréchal. Nous aimerions 
mieux .croire cela que de supposer La 
Harpe capable de les avoir inventés. Il 
suffit à sa gloire d'avoir su en tirer bon 
parti contre le sophiste Diderot. 

J. Assez AT. 

Distique: « idem noUe... » (IX, 65). — 
On me dit qu'il faut ainsi lire ce distique : 

Non sentire bonos eadem de rébus iisdem 
Incolumi (ou innocua) licuit semper amicitia. 

Pierre Clauer 

Pouvoir se fouiller (IX, 65). — L'ex- 
pression populaire Vous pouvej vous fouil- 



ler! signifie : vous êtes impuissant à faire 
telle chose, vous n'en avez pas les moyens, 
vous ne les trouverez pas. Or, la puis- 
sance par excellence, le grand ressort de 
ce monde, c'est l'argent, a Sans lui, tout 
est stérile. » Celui qui n'a pas, pour faire 
ce qu'il voudrait, cet argent toujours si 
nécessaire, fouille vainement dans ses 
poches. C'est alors qu'au lieu de lui dire : 
Vous avez beau chercher, vous ne trouve- 
rez rien, le populaire s'écrie, sur le ton 
énergique que l'on sait: Vous pouve^ 
vous fouiller ! — Il y a, dans le même 
vocabulaire, pour exprimer une idée ana- 
logue, et caractériser aussi l'état d'impuis- 
sance, une locution très en vogue égale- 
ment: Alle^ vous asseoir! Les jeunes 
gens que l'examinateur a renvoyés à leur 
place, comme répondant mal, savent ce 
qu'il y a d'amèrement signincatif dans 
ces trois mots. ânibus. 

A l'abri de... (IX, 65). — Ne soyez pas 
trop sévère pour vous-même, ô monsieur 
Said. Si vous avez péché, c'est en bonne 
compagnie, et vous êtes absous, non-seu- 
lement par le XTX« siècle, mais encore par 
le XVI K Lisez l'article Abri, dans le Dic- 
tionnaire de Littré ; vous v verrez que si 
à Vabri de,,, veut dire en sûreté sous, il ne 
signifie pas moins en sûreté contre. Après 
cette lecture, j'espère que vous aurez 
tout à fait la conscience en repos. 

Dicâstès* 

a Oui » dissyllabe (IX, 66). — Chez 
les poètes du moyen-âge, cfil était régu- 
lièrement dissyllaoe , comme beaucoup 
d'autres mots qui depuis se sont contrac- 
tés , tels que reine ^ haïne, etc. Au 
XVI« siècle, Littré cite ce vers des Tragi" 
ques de d'Aubigné : 

Son advis ne dit rien qu'un triste oui qui trem- 

[ble. 

dans lequel oui serait dissyllabe, s'il y 
avait élision de Ve de triste. Mais je 
crois plutôt que cette lettre n'est pas éli- 
dée, à cause de la demi-aspiration de oui. 

DiCASTÈS. 

— Ces exemples ne sont pas rares : 

02/, sire, bien par ma fei. (Benoist.) 

OU, ce répondit Raison. {Roman de la Rose.) 

Oui! certes, répondit-elle. {Guilleville.) 

L'ouy sera dans mon entendement 

Et le nenni sera dans mon silence. 

(Saint'Gelais.) 
Il ne faut qu*un ouy mêlé d'un doux sourire. 

(Desportes) 
Ri. 

Sobriquet (IX, 66). — Ménage, cité par 
N. Landais, fait venir ce mot de subridi- 
culum, un peu ridicule. Noël (Dict. fr.- 
lat.), indique l'étymologie grecque : Ybris- 
ticon^ trait injurieux, O. D. 



N« 187.Î 



L'INTERMEDIAIRE 



123 



124 



^- Du latin subridiculuniy selon Ménage. 
Du grec hubristikon, selon Moisant de 
Brieux. Du roman sobra^ sur, et quest^ 
acquis, selon Court de Gébelin, nom ac- 
quis par-dessus celui qu'on portait. De sot 
et du vieux français briquet, qui a un sens 
analogue, selon Diez; de supricus, sura- 
jouté, selon Scheler. « Choisis, si tu Toses ! » 

Ri. 

— Ménage, qui forge souvent de bien 
singulières étymologies, fait venir ce mot 
de subridiculum, que j*ai vainement cher- 
ché dans plusieurs dictionnaires latins; 
mais j*ai trouvé dans le dictionnaire (No- 
vitius), suivant la méthode de Schreve- 
lius : « Subridicule (adv.) Cic. d'une 
manière un peu ridicule. » Cènes, bien 
des étymologies sont plus mauvaises que 
celle-là. Littré dit, comme Brachet : ori- 
gine inconnue. Z. A. 

— D'après Ménage, sobriquet vient du 
motlaxinsubridiculuSt adjectif employé par 
saint Augustin et signifiant « un peu risi- 
ble ou ridicule, p N'est-ce pas, en effet, un 
surnom ou une épithète burlesque qu'on 
donne à quelqu'un pour le tourner en ri- 
dicule? A. D. 

L'article devant les noms propres (IX, 
66). — Soit un nom comme Lepetit. Il y 
a quatre autres manières de l'écrire : Le 
Petit — Le petit — le Petit — le petit. La 
dernière, qui tendrait à confondre le nom 
propre avec l'adjectif précédé de l'article, 
doit évidemment être rejetée. La troisième, 
(jui offrirait moins d'inconvénients, n'a 
jamais, que je sache, été employée. Quant 
aux trois autres formes, elles ont été et 
sont encore usitées concurremment. Le 
Petit a quelque chose de plus aristocrati- 
que que Lepetit j' mais le Petit passe pour 
le comble du bon ton. Il est certain que, 
dans les noms patronymiques de ce genre, 
tirés soit de la nationalité (Le/rançais, 
Lenormand) , soit de la profession {Le- 
sueur, Lecouturier) y soit des qualités 
physiques {Lenoir , Legrand), l'article 
n'a pas dû originairement faire corps avec 
l'épithète. Ce n'est que postérieurement 
qu'il s'est soudé avec elle. Une famille 
peut donc se targuer d'une certaine an- 
cienneté, quand ses titres et papiers lui 
donnent droit à l'orthographe archaïque. 
Pour savoir, au juste, comhient on doit 
écrire un nom de cette espèce, il faut con- 
sulter les actes de l'état civil. 

Quant au génitif iw Petit, il a certaine- 
ment été employé autrefois, mais je crois 
qu'il est tombé depuis longtemps en dé- 
suétude, au moins dans le langage litté- 
raire, et que celui qui parlerait des œuvres 
du Fébure de Fourcy ou du Maistre de 
Sacy exciterait le sourire des auditeurs. 
Les paysans disent très-bien : la maison 
au Fèvrey la femme au Moine, et cela est 



fort logique ; mais, à la ville, l'usage en a 
décidé autrement. Nous sommes forcés 
de dire, par exemple : le Rabelais de Le 
Duchat^ absolument comme j'ai entendu 
dire à un officier prussien : Je viens de le 
Mans. Les Italiens, plus conséquents que 
nous, déclinent : // Tasso, del Tasso^ al 
Tasso : et à leur imitation nous disons le 
Tasse, du Tasse, et aussi le Poussin, du 
Poussin, parce qu'il a été de mode de 
donner aux noms des peintres une phy- 
sionomie un peu italienne. Mais cette ma- 
nière de décliner ne peut pas être étendue 
aux autres noms. Dicastès. 

Le chevalier Volaire (IX, 67). — Siret, 
qui écrit Volère et le dit élève de Claude- 
Joseph Vernet, se contente d'ajouter: Ses 
travaux sont peu connus. Malgré son prix 
élevé, je trouve que Siret ne s'est pas 
donné grande peine pour composer son 
Dictionnaire. A. D. 



Wertmnller, peintre (IX, 67). -^ Cet 
artiste, d'origine suédoise, est nommé, par 
Siret, Wertmjrller : il était premier pein- 
tre en survivance du roi de Suède et cou- 
sin d'Alexandre Roslin, Suédois comme 
lui et peintre de portraits, dont Diderot 
parle avec éloge dans ses Salons. 

A. D. 

— Adolphe- Ulric Wertmuller, né à 
Stockholm vers 1751 , reçu membre de 
notre Académie royale le 3i juillet 1784, 
après avoir été agréé le 3o août 1783, fut 
principalement peintre de portraits. On 
lui doit ceux de Bachelier, de Caffiéri, de 
la reine Marie-Antoinette. Quand mourut 
Lundberg, ce fut lui qui le remplaça comme 
premier peintre de Gustave III, roi de 
Suède. Mort, après 1797, en Amérique, 
à ce que l'on doit croire. Je tire ces ren- 
seignements d'une notice de 10 pages que 
M. de Chennevières consacrait à notre 
artiste etqui fut insérée, en oct. 1 856, dans 
la Revue universelle des Arts. 

Jacques D. 

Le pins grand village de rEurope (IX, 
67). — L'ancienne géographie de NicoUe 
de la Croix disait de La Haye, en Hol- 
lande : c( Comme ce lieu est sans murs, il 
peut passer pour un bourg ou village; 
mais c'est le plus beau qui soit au monde... 
On y compte quatre mille maisons... » 
Probablement est-ce la même circonstance 
de Tabsence de murs, qui fait laisser à 
Craba le nom de village. O. D. 

— On appelle communément village, 
quelle qu'en soit la population, une agglo- 
mération d'habitants faisant partie d'une 
conamune, dont le chef-lieu est souvent 
moins peuplé que le village, compris dans 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 févr. 1876. 



125 - 



I25J 



sa circonscription; ce fait se présente sou- 
vent en France, mais non dans la propor- 
tion du village hongrois , et Craba fait 
involontairement songer à la réflexion de 
ce paysan, s'extasiant sur l'étendue de 
Pans et ajoutant : Si on Pavait placé au 
milieu de la Beauce, Paris eût fait un fier 
village! A. D. 

Attributs des quatre évangélistes (IX, 
68). — Je ne crois pas qu'aucun artiste du 
moyen âge ni même moderne ait commis 
la bévue de figurer l'attribut de saint Mat- 
thieu autrement que sous la forme d'un 
homme, ou, si Ton veut, d'un ange, sui- 
vant la désignation vulgaire qu'on lui 
donne è cause des ailes dont il est muni. 
Les animaux des évangélistes sont trop 
connus et Jeur origine est trop ancienne, 
trop certainôY trop grave, pour qu'il soit 
possible de s'y tromper. C'est à l'Apoca- 
lypse que ces symboles ont été empruntés. 
11 suffit de parcourir ce récit mystérieux 
pour y rencontrer, dès les premiers cha- 
pitres, la description de ces emblèmes et 
en comprendre le sens allégorique : a Jn 
a circuitu sedis quatuor animalia,.. Et 
« animal primum simile leoni^ et secun- 
« dum animal simile vitulo et tertium 
« animal habens /aciem quasi hominis^ et 
« (juartum animal simile aquilce volanti. 
« bit quatuor animalia singula eorum 
* hahebant alas senas. » (Apoc, IV, 7, 8 
etq.) 

Si donc M . Cz. a pu voir un agneau 
accompagnant l'image de saint Matthieu, 
ce n'était pas comme emblème de cet 
évangéliste; peut-être le vitrail cité était- 
il incomplet ou bien ne l'a-t-on pas assez 
minutieusement examiné. L'agneau a pu 
figurer au milieu d'une composition où 
auraient paru également les quatre ani- 
maux évangéliques, disposition tout à fait 
conforme à la suite de la description de 
l'Apocalypse : « Et vidi et ecce in medio 
« throni et quatuor animalium,.. Agnum 
« stantem.., » {Apoc, V, 6.) Il n'y a donc, 
je le répète, qu'une erreur d'observation 
dans le fait signalé par M. Cz. 

A. St. 

— L'attribut de saint Matthieu est un 
homme ailé^ comme celui de saint Marc 
est un lion ailé, et celui de saint Luc un 
bœuf ailé. Brieux. 

Les « noces d'or » (IX, 6j). — Le mot 
nous vient de l'étranger mais l'usage est 
bien français. Il se pratique pour célébrer 
le cinquantième anniversaire du mariage 
de deux époux ou, comme dans l'exemple 
cité, de la prêtrise d'un ecclésiastique. Les 
bons Français se contentent de dire sim- 
plement la cinquantaine^ et j'avoue que ce 
mot de noces appliqué au ministère sa- 
cerdotal me semole quelque peu déplacé. 



On dit de plus « noces d'argent », pour 
le vingt-cinquième anniversaire. A. St. 

Le génovéfain Pierre Cuppé (IX, 69).— 
La Biogr. Didot ajoute que Pierre Cuppé 
fut curé à Bois, dans le diocèse de Sain- 
tes, et indique comme source le Dict. 
univ. de Chaudon et Delandine. O. D. 

— D'après Chaudon et Delandine, 
Pierre Cuppé était curé à Bois dans le 
diocèse de Saintes. Cette indication, bien 
insufi&sante, servira peut-être à diriger les 
recherches. A. D. 

« Plaidoyé Freydier » (IX, 70). — Non- 
seulement on ne peut se passer de l'arrêt, 
mais il faut absolument reproduire le plai- 
doyer de l'avocat, répondante Freydier... 
pour le S' Berthe. Deck. 

Mémoires inédits de Vieimet et de 
Barras (IX, 71). — Celui qui disait de lui- 
même en 1834: a On a compté jusqu'à cinq 
« cents épigrammes par année contre ma 
« personne, ma figure, mes poésies, mes 
« discours de tribune, mon épi de che- 
« veux rebelles et ma redingote verte. 
« Tout échappé de collège qui entrait dans 
« un feuilleton essayait sa plume sur ma 
a friperie et croyait me devoir son pre- 
«^ mier coup de pied, » était autorisé à 
s'exprimer librenient et sans ménagement 
sur le compte de ses adversaires; il est 
certain qu'avec son esprit naturellement 
caustique, Viennet n'y aura pas manqué, 
et il serait aussi intéressant qu'amusant 
de lire ses Mémoires : mais je ne sais où 
ils se trouvent et je ne puis que me join- 
dre à M. Turben, pour eu ctemander la 
publication. 

Quant à ceux de Barras, ils sont entre 
lesmains de M. Hortensius de St-Albin, 
son parent, qui, à plusieurs reprises, a 
anrioncé l'intention de les faire paraître, 
mais sans y donner suite. Il en a commu- 
niqué des fragments à divers journaux, et 
la Kevue du XIX^ siècle (n®* i et 2 d'avril 
et mai 1866) en a publié un, fort intéres- 
sant, relatif à la journée du 9 thermidor, 
où Barras, notamment, d'accord avec 
Barrère, dans son Rapport fait le lende- 
main à la Convention, réfute les affirma- 
tions du gendarme Merda, qui n'en devint 
pas moins colonel et baron pour unîfait 
qu'il n'avait pas accompli, malgré la mo- 
tion de Léonard Bourdon et l'accolade de 
Collot d'Herbois. Les pièces officielles 
appellent ce prétendu héros : Meda; on a 
dit qu'il avait supprimé le mauvais r, pour 
purifier son nom. 

A la mort de Barras, arrivée, à Chaillot, 
le 29 janvier 1829, le gouvernement de 
Charles X fit briser les scellés et enlever 
les papiers; mais un procès s'en suivit et 
la Cour d'appel, infirmant la décision 



N- 187.J 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [25 févr. 1876. 



127 



128 



des premiers juges, ordonna leur restitu- 
tion. 

Que les détenteurs connus et inconnus 
de ces Mémoires se décident donc à les 
publier I II y a dans cette demande plus 
d'intérêt réel que de curiosité : enfin il 
n'est pas j^ermis de tenir ainsi la lumière 
sous le boisseau. A. D. 

Bibliographie des livres condamnés (IX, 
74). — On peut ajouter : Catalogue des 
ouvrages mis à l'index, etc. Paris^ Garnot, 
1826, in-8; — Catalogue des écrits, gra- 
vures et dessins condamnés depuis 18 14 
jusqu'au i" janvier i85o, etc. raris, Pil- 
let, i85o, in-i2. Ouvrage bien rédigé, 

— On trouve le catalogue des livres 
condamnés dans un appendice au Diction* 
naire des Hérésies, publié par feu l'ahbé 
Migne. Brieux. 



Les Anglais et l'insurrection de l'Inde 
anglaise en 1857. — Dans la i3« lettre 
adressée à \ Indépendance belge par son 
« correspondant particulier, » sur le 
voyage du Prince ae Galles aux Indes, je 
remarque ce passage oui me semble digne 
d'être relevé (n« du 9 tév.) : 

Lucknow-Cawnpore, 9 jaov. 1.87Ô. 

... Après avoir rappelé les émouvante souvenirs 
de rinsurrection de 1857 et l'admirable résis- 
tance du commissaire de Lucknow^ sir Henry 
Lawrence, et de la petite colonie européenne, 
investie dans le palais de la Résidence, et qui 
tint en échec pendant cinq mois derrière de 
frêles remparts un nombre d'assaillants dix fois 
plus considérable, le correspondant ajoute : 

« Aujourd'hui, à part quelques villas en ruine, 
les dégâts sont à peu près réparés partout, sauf 
à la Résidence, qu'on a laissée dans son état 
primitif pour servir à la fois de leçon et d'exem- 
ple. La leçon, c'est le châtiment de l'impré- 
voyance qui a seule rendu possible les succès de 
l'insurrection; l'exemple, c est le souvenir de la 
fermeté et de la vaillance qu'une poignée d'Eu- 
ropéens ont mises à résister, comme dans la 
grande journée des Thermopyles, à toute une 
armée d'Asiatiques. Sans doute l'Angleterre 
avait commis de grandes fautes dans les Indes, 
mais l'insurrection de iSSy les lui a fait chère~ 
ment payer, et le sang-froid, la persévérance, 
la vigueur qu'elle a su déployer alors, sous le 
coup des plus graves désastres et au milieu 
des circonstances les plus défavorables, l'ont 
rendue certainement aigne de ressaisir et de 

farder l'empire de l'Inde. Je ne connais pas 
ans toute l'histoire moderne un autre exemple 
d'une pareille crise 011 tous les personnages 
soient restés aussi à la hauteur de leur tâche, 
et le plus bel éloge qu'on puisse faire de la 
nation britannique, quelles qu'aient pu être les 
erreurs de ses gouvernants, c'est de rappeler 
comment tous les Anglais, mêlés aux événe- 
ments de 1857 dans l'Inde, semblent avoir in- 
dividuellement mérité la modeste, mais glo- 
rieuse épitaphe qui orne, dans le cimetière de 



la Résidence, la simple tombe de l'héroïque 
Lawrence : 

CY-GiT HENRY LAWRENCE 

Q.UI ESSAYA DE FAIRE SON DEVOIR. 

Puisse le Seigneur avoir merci de son dme! 
Né le 25 juillet 1806, mort le 4 juillet iSS;. 

Cette épitaphe est (chose remarquable) 
celle <jue le général Henry Lawrence avait 
lui-même demandé que l'on mît sur sa 
tombe, lorsqu'il succomba aux blessures 
qu'il avait reçues Tavant-veille d'un obus 
éclatant dans la chambre où il écrivait 
des ordres. E. H. 

Observations d'an Jésuite sur les ima- 
ges des Saints. — « Je voudrois même que 
les images des Saints exprimassent tou- 
jours quelque hommage d amour ou d'a- 
doration rendu à la Divinité. Cela nourri- 
roit la véritable piété, fermeroit la bouche 
aux hérétiques, et ressereroit l'unité de des- 
sin et du but, le simplex duntaxat et unum 
de Tarchitecture et des ornements des égli- 
sçscatholiques. Je voudrois, par exemple, 
que la sainte Vierge, au lieu d'être assise 
en Reine sur un trône, fût représentée 
dans les transports du Magnificat. „\ 
que S. Pierre lut dans une attitude où 
il parût dire : Tu scis^ Domine^ quia amo 
te; que S. Paul, appuyé sur le globe du 
'• monde et pensant profondément, s'écriât : 
O altitude deliciarum sapientiœ etscientiœ 
Dei! Alors, en révérant leurs images, et en 
. invoquant leur nom, l'esprit du Chrétiense 
porteroit nécessairement vers le grand Etre 
que nous honorons dans les Saints, comme 
le principeetle terme de toute sainteté. On 
; expliqueroit ainsi pittoresauement ces pa- 
roles du Te Deum : Te gtoriosus Aposto- 
lorutn chorus. Te Prophetarum lauaabilis 
numeruSy Te Martyr um candidatus laudeî 
exercitus, » (R. D. de Feller, S. S.) Itiné- 
raire ou Vwages en diverses parties de 
l'Europe... Paris, 1820, in-8, t. II, p. 3x6. 

P, c, c. A. B. 

Une forte méprise, à propos de bottes. 

— Dans une leçon philosophique que vient 
de publier la Revue politique et littéraire, 
M. Boutroux cite le passage du premier 
Faust où Méphistophélès sermonne l'étu- 
diant, et il lui fait dire : « On vous chaus- 
sera de larges bottes espagnoles. » L'al- 
lemand parle bien de bottes, mais ne les 
qualifie pas de larges. En effet, les bottes 
espagnoles équivalent aux brodequins, 
genre de torture où l'on presse les jambes 
contre des planchettes qui écrasent et 
font craquer les os des malheureux. 

RiSTELHUBER. 



Le gérant, Fischbacher. 



Paris.— Typ. de Ch. Meyraeis, i3, nie Cujas.— 1876. 



NuDéro 188 



Chênhtant 

90U$ tnWMTêX. 




Il tê faut 



4 mars 1876 



€ 2nUtmé^xattt 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, V^OTES and QUERIES français.) 



129 



i3o 



Belles Lettres •— Philologie — Beaux-Arts 

— Histoire — Archéologie — Numismatique 
— ËPIGRAPHIE •— Biographie -- Bibliographie 

— Divers. 

Un sonnet philosophique et... gras. — 

Nous sommes aux jours gras. Qu'on me 
le passe ! 

En ces derniers temps ont reparu grand 
nombre de sonnets. Vainement ai-je, 
parmi ces légions, cherché le suivant pour 
connaître le nom de son auteur et lui ren- 
dre hommage : 

Bécasses aux longs becs, nobles Coqs de bruyère, 
Faisans aux plumes d'or, chair rose des Saumons, 
Truffes du Périgord, Ananas frais et blonds, 
Et tout ce qu'inventa le grand art culinaire; 

Charcuterie ignoble, au parfum prolétaire ; 
Pain noir qu'assaisonna la sueur des Oignons; 
Tout devient ce produit que les chiens vagabonds 
Flairent, le long des murs, d'un nez égalitaire. 

Aujourd'hui, c'est la vie, un banquet général! 
Demain, c'est aujourd'hui digéré bien ou mal ! 
Demain, c'est le fumier, le ver, la pourriture ! 

Hommes, femmes et mets, tout, sans exception, 
Marche vers un seul but : Décomposition ! 
M.... est le dernier mot de toute la nature ! 

L'auteur! l'auteur! s'il vous plaît? 

Clop. 

Causes grasses. — Où trouverait-on 
quelques renseignements positifs, quel- 
ques exemples de ces causes amusantes 
qu'on plaidait autrefois dans certains siè- 
ges, et même dans divers parlements, l'un 
des derniers jours du Carnaval ? Guyot 
nous apprend, dans son Répertoire uni- 
versel et raisonné de jurisprudence j pu- 
blié en 1786, que « cet usage ne subsiste 
« plus que dans les basoches où les jeu- 

* nés gens, pour s'exercer à la plaidoirie, 

* imaginent des sujets plaisants fondés 
« sur des aventures galantes ou sur des 
« mécontentements entre le mari et la 
« femme. » A. C. 

Style macaroniqne. — Le mets si cher 
^ux Italiens a-t-il, sans conteste , donné 
naissance à cette appellation ? Comment 
etablit-on la filiation > J. Lt. 



La démocratie coule à pleins bords. — 

M. Amédée Gabourd (Histoire contem- 
poraine, t. III, p. 57), met celte phrase 
dans la bouche de M. Trélat, un des dé- 
fenseurs dans le procès d'Avril devant la 
chambre des pairs, en i835. N'était-ce 
déjà, chez ce défenseur, qu'une réminis- 
cence ? et dans ce cas, à qui attribuer la 
paternité de la métaphore? — Cette 
Question, déjà posée par M. Yezimat dans 
V Intermédiaire (III, 480), est restée sans 
réponse : je crois le moment venu de la 
renouveler. J. Lt. 

Paris, moderne Babylone. — Est-ce 
bien M. de Pontmartin qui, le premier, a 
ainsi désigné notre capitale ? On pourrait 
le croire, en lisant dans les Jeudis de 
M™« Charbonneau (2« édit. p. 281, 282) 
la phrase suivante : « Jurons de ne jamais 
remettre les pieds dans cet affreux Paris, 
que j'appellerais la moderne Babylone, si 
la nouveauté de cette expression ne me 
semblait un peu hardie, etc. » 

SAmUARIG. 

Gayroche. — Pourquoi appelle-t-on 
ainsi le gamin de Paris ? Saiduarig. 

Les autodidactes. — Restif de la Bre- 
tonne était un autodidacte^ c'est-à-dire 
que, parti de très-bas, il s*est fait son 
éducation à lui-même, il s'était fait lui- 
même. « Il avait, dit M. J. Soury, l'or- 
gueil de son état et le cynisme de sa gueu- 
serie? » 

Ce serait une liste intéressante à dres- 
ser Que celle des autodidactes» En existe- 
t-il déjà? L'ouvrage anglais Self help, de 
Smiles, n'a-t-it pas un peu cet objectif? 

J.-J. Rousseau ne doit-il pas être compté 
parmi les autodidactes? O. V. 

Un anachronisme à expliquer. — Lors 
de la réception de M. Mézières à l'Acadé- 
mie française (17 déc. 1874}, j'ai lu dans 
un journal de Paris le passage suivant, 
que je n'ai pu vérifier après la publication 
en brochure du discours de M. Mézières : 

« Pétrarque se confesse à saint Augus- 
m tin d'avoir été condamné par la vertu 

TOME IX. — 5 



N» 18Ô.J 



L'INTERMEDIAIRE 



3 



i:)i 



iMMh 



— l32 



a et par la rigueur de Laure à un plato- 
« nisme plus sévère qu'il ne Teût sou- 
a haité. » 

Comment Pétrarque, ésrivaot du XIV» 
siècle, a-t-il pu fte coàfesser à saint Au'- 
gustin, mort au comftieïlcenient du V<sîè- 
cle ? Serait-ce une allusion à un passage 
des poésies où le poète s^adresserait à 
saint Augustin? J. A. 

Le Christ de M"* de La VaUière. — Je 

lis la note suivante, au bas de la page 5i, 
d'une intéressante brochure intitulée : 
Essai historique sur le Christ d* ivoire de 
Jean Guillermin, par M. Amédée Désan- 
dré. Avignon^ J, JKoumaniUe, libr., i865, 
168 p. in- 16 : — « Une personne, se disant 
bien informée, nous assure que le Christ 
de François Girardon a été donné par 
Louis XIV à la duchesse de La Vallière, 
qu'il est aujourd'hui à l'Archevêché de 
Paris, et que celui de la cathédrale de 
Sens n'est qu'une copie. Nous laissons 
aux antiquaires et aux archéologues le 
soin de cette recherche, » — N'est-ce pas 
là dire aux savants de V Intermédiaire : 
a Messieurs, à vous la parole ? » Ulr. 

Le Cruay, gouacbiste. — Ces jours der- 
niers, à r Hôtel des Ventes, une gouache, 
signée d€ ce nom et datée de 1777, repré- 
sentant une chasse au c^f, ornée de figu- 
res assez bien exécutées et dont tout Fen- 
feemble était agréable, a été adjugée un 
assez grand prix. — Quelque Intermédiai- 
riste pourrait-il me fournir des renseigne- 
ments sur cet artiste? Connaît*on d'autres 
oeuvres de lui? E. GAT«>oum. 

. Jeton à Teffigie de Louis XIY. — U In- 
termédiaire a. à plusieurs reprises (l, 339; 
II, 86) parié de ces jetons de fabrique nu- 
rembergeoise. Ils sont fort nomoreux, 
surtout ceux frappés en l'honneur de 
Louis XIV, et portent des devises variées, 
en l'honneur de ce roi ou de sa maison. 
M. P. A. H. P., de Douai, pourrait-il me 
dire si ces devises ont été recueillies (elles 
font honneur à l'imagination de leurs in- 
venteurs), et si notamment elles ont déjà 
paru dans le Recueil de Monnaies et 
Médailles frappées en l'honneur du Grand 
Roi? F. P. Mac Rebo. 

Le signe de la croix. — Comment, lors- 
que l'on fait le signe de la croix, doit-on 
scander, suivant la position de la main, 
l'énumération des trois personnes de la 
Trinité ? iDoit-on dire : 



[Au nom du Père 
du Saint -}- Esprit 

du Fils 

en ajoutant « .ainsi soitMl » après que le 
«igné de la croix est achevé ? 
Ou bien dok-on dire : 



Au nom du Père 
du Saint-Esprit. -|- Ainsi soit-il. 

du Plis 

Les catéchismes ne sont point d'accord. 

Exista*- imI uàe régie îadis, ou si chacun 
est libre de faire comme on lui a enseigné 
et comme il lui plaît ? Devotus. 

Un descendant de la Pncelle 1 1 1 — Je 
trouve, dans le Temps du 12 février 1875, 
la phrase suivante qui se passe de com- 
mentaires : a Le Journal de Rouen an- 
« nonce en ces termes la mort de M. Re- 
« naudeau d'Arc, l'un des descendants de 
« Jeanne d'Arc, survenue 4 la suite d'un 
o terrible accident. » Saiduarig. 

Jonets d*enfants. — Existe>t-il des col- 
lections de iouets d'enfants en France ou 
à l'étranger r Sait-on si^ en Allemagne, il 
a été publié quelque ouvrage sur les jouets 
et leur fabrication, notamment à Nurem- 
berg? E. G. 

Chansons de l'ancienne conr. — Dans 
Rome, Naples et Florence, lorsqu'il est 
arrivé au 19 juin 181 7, Stendhal ajoute 
en note (cette note est de 1826} : « Voir 
dans la bibliothèque de M. le duc d'Or- 
léans le Recueil des chansons étonnantes 
chantées par les filles d'honneur de la 
reine Câtnerine de Médicis. Chaque vo- 
lume, magnifiquement relié, avec des fer- 
moirs d'argent, porte le nom imprimé de 
la jeune personne de qualité chargée de 
chanter de telles chansons. Leur incroya- 
ble indécence démontre toute la fausseté 
des mœurs peintes dans la Princesse de 
Clèves. Les Mémoires de madame la du- 
chesse d'Orléans.! oière du Régent, prou- 
vent que Ton était moins poli à la Cour 
de Louis XIV, que chez le plus petit fabri- 
cant de calicot de l'an 1826; mais on y 
avait plus d'esprit. » 

Qu'est devenu le Recueil de ces Chan- 
sons étonnantes et si magnUiquement re- 
liées dont parle ici Stendhal? Etait-il en- 
core en 1848 dans la Bibliothèque du 
Palais- Royal ou dans celle de Neuilly? 
A-t-il été sauvé ? Les quelques détails que 
donne Stendhal sont-4is confirmés ail- 
leurs? Les chansons de « l'Escadroa vo- 
lant » de Catherine de Médicis ont-elles 
été imprimées? H. E. 

Gnisarme et goisarmier, porteur dd 
gnisarme. — D'où vient. le nom de cei:c 
arme, en forme de lance, qui fut si fort en 
usage en France, au moyen âge, et dont 
le fer, finissant en pointe, portait, à sa 
douille, une hache tranchante ? 

Ce mot) comme celui de Guisards, par- 
tisans des Guises, — créé beaucoup plus 
lard, à l'époque de la Ligue, je crois, -^ 
aurait^il la même origine ? Truth. 



DES CHKRCHKURS ET CURIEUX. 



ï33 



i34 



(lo mars 1^76. 



Un bibelot à âéterminer. -— Je possède 
un petit bibelot en cuivre jaune dont voici 
la description : 

C'est une petite plaque de 9 cent, et 
demi de haut et 4 de large. Sur Te côté des 
fleurs de lis (que j'appellerai avers), on 
remarque dans le champ troi^ âeurs de 
lis, de style alourdi, comme on les trouve 
sur les monuments de la fin du règne de 
Louis XIV. La légende ; De PaR Le Roy, 
est en caractères de la même époque. — 
Le revers est lisse. Au bas se trouve, dans 
la largeur, une très-petite entaille, qui ne 
traverse pas la plaque» et il semble qu'on 
y aperçoive la trace d'une cassure, comme 
s'il y avait eu là une tige ep métal, en fer 
peut-être, aujourd'hui disparue» montant 
jusqu'au haut, — Les deujç bandes, for- 
mées au bas et en haut, ont un milieu. — 
EafiQ, une tige ronde, aussi en cuivre 
jaune, soud6e (solidement à la base de la 
plaque, et Ipnggç de 17 centim., se ter* 
mine en pas de vis. 

Quel est cet objet? Quel était son usage ? 
A quelle époque appartient-il? J'ai inter- 
rogé des amateurs, des curieux, des sa- 
vants; point de réponse. Quelques-uns 
m'ont ait: a Nous ne connaissons pas 
cela; ça n'est pas assez tIcuxI » 

Pour moi, je n'en connais pas d'autre 
eiemplaire; je n'ai rien vu de semblable 
dans aucun musée de France ou de l'Eu- 
rope. Je prends la liberté de m'adresser â 
vous, qui vous adressez à tout le monde. 

llya peu d'intérêt à fixer la date de 
l'objet en question, parce que cette date 
ne nous dira rien. C*est vraisemblable- 
ment un objet qui a été commun en son 
temps; la forme des lettres et des fleurs 
de lis s'était certainement immobilisée, 
en sorteque le fabricant du XV III« siècle le 
copiait sur la forme coniss^pr^ au siècle 
précédent. 

Quant à son objets j'y vois un symbole 
seryaot à manifester d ^ne manière ma^- 
térielle la mise fiOjus la main 4e Tautorité 
ou de la justice, d'objets, meubks ou 
immeubles dont ^ possesseur ou k pro- 
priétaire ne devait pas jrester en posses* 
sion. 

La sai^ie-brandoQ, pn le sait, est l'acte 
par lequel un créancier fait mettre sous la 
main de la justice les fruits pendants par 
racines, appartenant à son déoiteur. Dans 
cenaim payis, disent les auteur3 traitant 
de la procédure^ il était d'-usage de placer, 
sur le champ saisi, des faisceaux de paille 
appelé/5 brandons; mais cet usage de fais- 
ceaux de paille remontait à une époque 
bien reculée, «t il est fort possible x^ue, au 
XVIIle et mêmeauXVIJesièclejles huissiers 
ou sergents aient remplacé les brandons de 
paille par uae plaque semblable à celle 
dont il s'agit. Dans ce cas, cette plaque se 
sera» vissée au bout d'un long bâton fixé 
en terre, ^t V instrumentum de la saisie, 
copié sur une pet^e feuille de parchemin^ 



aurait été placé entre la plaque lisse (du 
revers) et la petite tige, que je suppose 
montant du bas au haut de la plaque. 

Peut-être cet ustensile était-il employé 
par les huissiers-priseurs , vendant les 
meubles saisis, et alors on le vissait sur la 
table, les fleurs de lis tournées vers le 
public qui pouvait lire la formule : De 
PaR le Rox> 

Peut-être aussi n'est-ce rien de tout 
cela. Mais alors, qu'est-ce donc? 

U. N. A. 

Olliéres. Osltiàvei. -»« Il exisi^eaFrance 
plusieurs localités dans le nom desquelles 
entre le mot Olliéres ou Oullières; ainsi, 
dans le département du Puy»de-Dôme, 
Saint-Jean des Oilières et Saint ^Martin 
des Olliéres j canton de Saint- Dier; ainsi 
encore, dans le Rhône, SainUGenis les 
Olliéres, canton de Vaugneray, et SainU 
Etienne des OuUèr^s, canton de Belle «> 
ville. 

Quelle peut être i'étymologie de ce motî 

Francisque Mègb. 

Le théâtre du Jardin des Capucines. — 
On lisait dans tous isi grands iournaux, 

le 3 déc. 1875 : Nécrologie, a Elle 

[Déjaret] avait débuté tout en&at, au 
théâtre du Jardin des Capucines, dans le 
rôle de Fanchon; elle avait cinq an*.,,.* » 

Qu'était-ce donc que ce petit théâtre 
des Capucines, qui paraît avoir vécu de 
1798 à 1802? UijR. 

Le comédien Mondory. -^ Dans le livre 
de M. Cousin sur Jacqueline Pascal, on 
lit l'extrait suivant àQs mémoires de Mar- 
guerite Périer : « Elle ijGilbertk Pas-^ 

« cd/) pria un comédien célèbre de ce temps, 
tt le nommé Mondory, qui était de Cler- 
tt mont, et qui avait pris le nom de Mon> 
tt dory, parce que son parrain qui était un 
a homme de condition de cette ville s'ap- 
« pelait M. de Mondory, à% l'instruire 
ft {Jacqueline Pascal) pour faire son pér- 
it sonnaçe. Il l'instruisit parfaitement... » 

Je désirerais avoir des détails sur ce go- 
roédiça Mondory et quel était son vérita- 
ble nom? Où ei à quelle époque est-il 
mort? Dans quelle troupe a-t-il figuré? 
quelles sont les pièces oii il a rempli des 
rôles, etc., etc.? Francjsc^e Miice. 

Lemière « sacristain ». — Je ne m'étais 
pas relu : voici ma question rectifiée flX, 
i ij9). On lit dans les « Illustrations litté- 
raires de la France », par Maigrot (t. ÏI^ 
p. 3), article Leivuère : « Son père fut ruiné 
par le système de Law..., et tel fut son dé- 
ûûment, que, pour subsister, il fut obligé 
de remplir les fonctions de sacristain dans 
une église de Paris. » Sait-on dans quelle 
^ paroisse le poëte remplit cet emploi? 



N» 188.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



i35 



i36 



Maintenant que la lanterne est éclairée, 
espérons que laiumière se fera. 

L'abbé Val. Dufour, 

Jean*Jacqaas Rousseau «H AuTergne. 

— II est dit, dans les Mémoires de Ba- 
chaumont, qu*au mois de juillet 1768 
Jean-Jacques Rousseau était en Auvei^ne, 
dans le château d*un homme de qualité. 
Quels étaient ce château et ce châtelain ? 

F. B. M. 

a De la oïdlnre de la Tijin». » -- Je lis, 
à la p. 2o3 du Dictionnaire néoloeique k 
l'usage des beaux esprits du siècle, etc. 
(par Tabbé Guyot Desfontaines) 7» édi- 
tion, 1756, article : Vigne. « M. le Chanoine 
« est dans les vignes dès le commence- 
« ment de l'histoire pour le partage. » 
(Mémoires de Trévoux, déc. 1724, p. 2142.) 
Voilà une bonne plaisanterie ! On a voulu 
dire que l'auteur, dans son livre de la Cul- 
ture des vignes, parle d'abord du Parage. y> 

Je demande le titre de cet ouvrage et le 
nom du chanoine. H. I. 

Denz Beaumarchais. -«-Quérard, au 1. 1, 
p. 289, de la France littéraire, nous donne 
un François-Joseph Beaumarchais, auteur 
de deux ouvrages : a Amusements litté- 
raires net « le HoHandois. » Ne faut-il pas 
nier l'existence de cet écrivain ? — Qui a 
pu tromper Quérard ? Les ouvrages cités 
ont pour auteur : Antoine de La Barre de 
Beaumarchais. *- Voyez Quérard, t. IV, 
p. 324, de la France littéraire. H. I. 

Bancal des Issarts en Angleterre et la 
Société des Amis des Noirs. — Au mois 
de novembre 1790, le futur conventionnel 
Bancal des Issarts fit un voyage en An- 
gleterre, pour établir, dit-on, des relations 
suivies entre la Société française des Amis 
des Noirs et la Société anglaise pour l'abo- 
lition de la Traite. Brissot, qui avait habité 
Londres, lui donna des lettres d'introduc- 
tion, notamment pour le libraire Philips. 

Connaît-on quelque ouvrage anglais 
renfermant des détails sur ce voyage de 
Bancal ? Francisq.ue Mège. 

Achaintre le philologue et nn Médecin 
bibliophile. — Le Musée des Familles de 
1839- 1840 a publié, p. 240, un article de 
Henry Bruneel, intitulé : le Bouquiniste. 
On y voit, en 181 1, sur les quais et par 
un froid très-vif, un étudiant marchandant 
un Juvénal à un vieux bouquiniste presque 
sourd. Ce dernier, pour justifier le prix 
qu'il a demandé du volume, disserte avec 
érudition sur les nombreuses éditions du 
poëte satirique latin. Frappé de respect 
devant tant de science chez un simple 
bouquiniste, l'étudiant le prie de lui dire l 



son opinion sur la nouvelle édition de Ju- 
vénal récemment publiée par Achaintre, 
le vieux marchana balbutie, se récuse et 
finit par répondre qu'il n'en peut rien 
dire, parce qu'il est Achaimne lui-même. 
L'article est charmant et j'engage les in- 
termédiairistes-bibliophiles (ne le sont- 
ils pas tous ?) à en faire la lecture. Seule- 
ment je leur demanderais si parmi eux il 
en est qui puissent me dire s'il est vrai 
que le savant Achaintre vendit des livres 
sur les parapets des quais, et à quelle 
époque ? Il n'était pas, dans tous les cas, 
aussi vieux que Técrivain du Musée des 
Familles le représente, car, né en 1771, 
il n'avait quej.oans en 181 1. Ce philo- 
logue estimé nabitait Evreux en 1834; 
quand mourut-il ? Se trouvc-t-îl quelque 
part une biographie de lui ? Au dire de 
Bruneel, l'étudiant bouquinant^ par un 
firoid de Sibérie, se fit recevoir médecin. 
Il était, en 1889, « un des savants et à 
coup sûr le plus modeste des archivistes 
de France », mais toujours bibliophile 
enragé. A quel archéologue appliquer cette 
anecdote ? Èr, Tk. 

Frossard, pasteur protestant. — Dans 
les Mémoires de^'abbé Guillon sur le 
siège de Lyon, il est question d'un prédi- 
cant Frossard, qui faisait, au grand Col- 
lège de Lyon. « les plus ridicules cours de 
politique et ae morale qu'il soit possible 
d'imaginer » et qui a donnait des leçons 
d'amour conjugal ». Ces cours et leçons 
de Frossard à Lyon ont-ils été imprimes ? 

Ce Frossard devint, en 1793,. par la pro- 
tection de Couthon, professeur de morale 
à l'Institut de Clermond-Ferraiid. F. B. M. 

« Chacun son rôle. » — * Sans titre, 
in- 12. C'est une réunion de comédies- 
proverbes, précédées d'un avcttissement 
mtitulé Chacun son r<5/e, lequel commeoce 
ainsi : « Quelques jeunes gens, qu'ooe 
« même voiture ramenait à la ville, le soir 
« d'un dimanche joyeusement passé à la 
(c campagne, dans la famille de l'uo 
oc d'eux, s'entretenaient ensemble de la 
(c bonté avec laquelle on s*était occupé de 
K leur rendre tous les moments agréables. » 
Ces réunions devant continuer, ces jeunes 
gens résolurent d'épargner à leurs hôtes 
le soin de s'occuper de leurs plaisirs, en 
cherchant à leur tour à contribuer à l'amu- 
sement de la société d'une manière qui 
fût agréable à tous. Après plusieurs pro- 
jets proposés, l'on convint de choisir une 
pièce amusante, de copier chacun son 
rôle, et d'en faire la lecture à la prochaine 
réunion. Des proverbes furent choisis, et 
le dimanche suivant, chacun s'acquitta à 
merveille de l'emploi dont il s'était chargé. 
— Le i«' proverbe est intitulé : Chacun 
son rôle. Le Médecin gourmand, corné- 
die-proverbe. Quatre rôles séparés; ac- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



.37 



[10 mars 1876. 



i38 



leurs ; Belronde; Br^miriy médecin; D«- 
monboiSy ami de Belronde; Catherine^ 
cuisinière de Belronde. — Le z® : Chacun 
son rôle. La MiprisCy comédie-proverbe. 
Trois rôles séparés ; acteurs : le marquis 
de Surmont, vêtu à la dernière mode; 
madame Vcàbery^ la duchesse d'Auvil- 
1er, Ces deux dames.en grande parure. — 
Le 3« Chacun son rôle. Dame Jeanne, 
comédie -proverbe. — Cinq rôles séparés; 
acteurs : M. de Rivière , principal; 
M. d'Avariny économe; Charles Alfred 
et Gustave^ grands écoliers. La scène se 
passe dans un collège, en Bourgogne. — 
Chaque rôle a été broché à part et le tout 
réuni dans un carton mobile ayant pour 
titre Chacun son rôle, — Ces comédies- 
proverbes ont été imprimées à Paris chez 
A. Pihan-Delaforest , rue des Noyers, 
n. 37. (1837-1840?) L*exemplaire cite est- 
il complet; ces comédies ont-elles été 
jouées et l'auteur est-il connu? 

H. DE l'Isle. 



a Biographie statistique des membres 
delà Cha]iâ)re des députés. » — Par deux 
hommes de lettres. Paris, Dauvin et Fon- 
taine, 1846, in-8. 

Un des auteurs se nommait Laurent. 
(Voyez Bulletin du Bouquiniste d'Aubry, 
n» 0^96, x«' nov. 1875}. Est-ce P. - M. 
Laurent» de TArdècher Connaît-on le 
collaborateur de ce biographe?. 

H. DE l'Isle. 

Picot-GlosriTière. — Quel est ce per- 
sonnage ? Je le trouve cité dans un Cata- 
logue de lettres autographes dont la vente 
aura lieu à Paris, rue des « Bons-Enfants, 
28, salle 2, le samedi 26 février 1876, » 
(Charavay), n^ 54, page 6 : « précieuse 
pièce (une lettre de Descartes) trouvée 
dans les papiers de Picot- Giosrivière, » Je 
connais bien le P. Picot de Clorivière, 
qui est mort jésuite; mais ce n'est pas 
lui. Pierre Clauer. 

Le colonel Gharras. — Existe-t-il une 
bio^aphie détaillée du colonel Charras, 
ancien député du Puy-de-Dôme, exilé 
après le coup d'Etat du 2 déc. i85i ? 

Francisque Mège. 

« Les Arentnres de la cour de Perse » (et 
le sieiur Du Piloust). — Divisées en sept 
journées, etc., par 1. B. (Jean Baudouin), 
Paris, Nicolas de Lavigne, 1629, in-8. — 
Ce roman allégorique a été composé par 
Louise-Marguerite de Lorraine, princesse 
deConti;Jean Baudouin en a été l'édi- 
teur. Voici du nouveau : « La princessç 
de Conti Louise de Lorraine, fille de 
Henry de Lorraine, duc de Guise, a com- 
posé un roman qui a pour titre : Les 
Aventures de la Cour, sous le nom de 



M. du Piloust. » P. 281-82 de Touvrage 
intitulé : Les Vertus du Beau Sexe, par 
M. F*** D*** C***. Ouvrage posthume. A 
la Haye, chez Jacques Van den Kieboom. 
MDGCXXXIII, in-i2. — Cet ouvrage est 
attribué à Fr . Bruys. — (Voir la question : 
Les Vertus du Beau Sexe^ IX, io3). — 
Connaît-on le sieur du Piloust? L'auteur 
n'indique aucune source et je ne trouve 
rien sur lui. H. de jl'Isls. 

Suite de Hdstoire du baron de Saint* 
Clair. — Charles- Ferdinand, baron de 
Saint-Clair> se nommant, en réalité, Mac* 
LeanCy d'après le 4^ considérant d'un juge- 
ment; auteur ds Aux Chambres^ Révéla^ 
fions sur l'assassinat du duc de Berry 
(Paris,. i83o, in-8®) a été fortement in- 
quiété à cause de la publication de cet ou- 
vrage, dont la destruction a été ordonnée; 
mais Saint-Clair en possédait des exem- 
plaires qu'il distribuait après la Révolu* 
tion de i83o. Ils étaient annotés, les noms 
en blanc complétés, et le roi Louis-Phi- 
lippe n'y était pas ménagé. Quelle a été la 
fin de la triste et misérable vie de Saint- 
Clair? Même question à l'égard de Buiema^ 
l'un des héros du livre, aussi dénomme 
/.-L. Brinck? H. dk l'Isle. 

« Le Paradis des Bages » — Rêveries 
philosophiques sur le monde intellectuel. 
Par M. P. J. (Poterlet) Paris, Delauna)r, 
1826, in-8. Avec VeX'^ono suivant : «Timi- 
dement offert à l'énergique auteur, au di- 
gne modèle de Marguerite. Poterlet. » 

Quel est cet auteur et quel est ce digne 
modèle? H. I. 

« La Perle de rUe d'Isehia. » — Pai 
Bénédict d'O. Paris, Delaunay, 1837, 
in- 16. A la fin, une notice sur Tîle d'Ischia, 
signée: J. B. H. G. D. Ces initiales ca- 
chent probablement le nom de l'auteur de 
ce roman. Benedict d'O» doit être un 
pseudonyme. H« I. 

a Un Vilain Masque. » — - Quel est donc 
l'auteur qui s'est modestement abrité sous 
le pseudonyme suivant : 

Physiologie de VOpéra, du Carnaval^ 
du Cancan y et de la Cachucha, par un 
Vilain Masque. Dessins de H. Emy, 1842. 
Paris f I vol. pet, in- 16. Truth. 

« Réponse de ma femme à Monsieur 
Dupin. » — Paris, Lebigre-Duquesne, 
i865, in-32. Signée a Une bourgeoise de 
Paris », pour copie conforme : Louise-Lau- 
rent Martin. A la suite, une lettre du mari 
à l'éditeur. Une note jointe au petit livre 
est ainsi conçue : o Par Gustave Huriot, de 
Chaumont-en-Bassigny, l'un des rédac- 
teurs du « Courrier français ». — Ce jour- 



«• i88.) 



L'INTERMÉDIAIRE 



i39 



140 



naliste serait-il Taoteur de « Les Dangers 
de l'Amour, de là Luxure et du Liberti- 
nage, etc., » Paris, i865, in- 12, cité à la 
page 400 du tome III* du Catalogue géné- 
ral de la librairie française, par Otto Lo- 
ren2, à l'article Martin (Laurent)? 



« L'Amour à TEcole, » — par Mvrten. 
Paris, Garnier frères, i865, in-32.J^r/^n 
est un pseudonyme. Quel est le nom de 
l'auteur? H. I. 

« Cliaiisoiis et poédes d« Pierre-Daiiial 
Sâme » *-- précédées d'une notice sur sa 
irie et ses œuvres par M. D. C. Paris, im- 
primerie de J. Claye, petit in-ia. Same' 
étant un pseudonyme, je demande le nom 
deTauteur? H. i. 

Reliure à la Fanfare. — Dans la « Des- 
cription raisonnée d'une jolie collection 
de livres » (Techener, 1844), Nodier cite 
ce genre de reliure, et, page 140, dit que 
le nom donné à ce genre de dorure et 
d'ornementation doit être attribué à ce 
qu'un volume, faisant partie de sa collec- 
tion, a été vendu 5oo francs, quand jus- 
qu'alors le prix n'avait pas dépassé 20 fr. 
pour Cet ouvrage. Il^vait pour titre : Fan- 
fares et courvees ahhadesques des RouU- 
Bontemps de la Basse-Coquaigne. Le 
premier mot du titre de ce volume, riche- 
ment relié par Thouvenin, servit depuis à 
désigner le même genre de reliure. 

A quels signes reconnaître ces reliures 
« à la Fanfare » ? Thouvenin a-t-il eu des 
imitateurs dans ce genre d'ornementation ? 

E. T X 



Portrait dn Biblloplifla. — M. Léon de 
Duranviile, dans sa brochure de la Biblio- 
philie (Rouen, Meterie, 1873. In-8, de 
45 p. Extrait du Précis ae l'Académie des 
sciences, belles-lettres et arts de Rouen, 
année 1 871- 1872 et tiré à part à 60 ex.), 
cite, page 4 et 5, la Revue européenne 
comme ayant donné le portrait du Blblio- 
phile, sans nommer l'auteur, ni le n^ de 
là Revue. Prière de vouloir me renseigner 
à ce sujet. A. M. 

Alsace et Gochinohine. — « Aujourd'hui 
l'Allemagne suit avec avidité les progrès 
de notre magnifique colonie de Cocnin- 
chîne, qui lui a été offerte en échange de 
l'Alsace et de la Lorraine... » (Revxje 
Britanniqpê, février 1876.) Connaît-on 
des détails sur cette offre d'échange? R. 

Mademoiaelle de la Perrine. -<• Qu'est 
devenue cette demoiselle qui vendait, 
vers la fin de 1868, des journaux dans 



un kiosque du boulevard des Italiens. 
et autour de laquelle il se fit un certain 
bruit dans le temps ? Saiouarig. 



I .^ 
I 



I 



RtpdiidfS. 

Légendes, formiiles (II, 3a2, 470, etc.; 
VIII, 75a ; IX, 27, 44. — Je croyais que 
ces formules, employées par les enfants 
dans leurs jeux, se perpétuaient pendant 
de nombreuses générations enfantines. Il 

I)araît qu'il n'en est rien et qu'elles suivent 
es destinées communes ici -bas, où tout 
change ; il y en a même plusieurs à la fois 
dans les mêmes lieux. D'activés recherches 
et l'heureuse mémoire d'une personne âgée 
me permettent d'en citer plusieurs, rien 
que pour la ville de Bourg-en^Bresse (Ain) : 

I. Une pommette, niclette, nicla^ 
Vir baguette, casta, rougna, 
Gnirg, gnarg, carbougni 
Mistagat un bon souflii. 

Uni, unelle, gasin, gazelle 
Du pied, etc. 

On dit aussi : 

Casin, Caselle, Gazîn, Caxin, Gazelle. 

J'écris sous la dictée, sans garantir l'or- 
thographe (ici gn est doux comme dans 
aligner, c'est Vn tilde espajgnole). •— Les 
mots de cette formule n'avaient déjà aucun 
sens, il y a soixante et dix ans ; c est sans 
doute ce qui l'a fait abandonner et rem- 
placer par celle-ci, usitée il y a quarante 
ans : 

II. Uni{ unelle, 
Gasin, fiazelle, 
Du pied, du jonc. 
Coquille, bourdon. 
Un loup passant par un désert fit un gros pet. 
— Pourquoi î ^ Pour toi ! 

Retire-toi loin de moi, gros vilain maladroit 
que tu es. 

Cette formule, sans être complètement 
oubliée, est délaissée pour les trois suivan- 
tes employées concurremment, dont l'or- 
dre d'ancienneté m'est inconnu : 

ni. Une, deux, trois. 
Je m'en vais au boîs; 
Quatre, cinq, six. 
Cueillir des cerises; 
Sept, huit, neuf. 
Dans un panier neuf; 
Dix, onze, douze, 
Elles Sont toutes rouges. 

IV. Cent un, cent deux, cent trois, 

Du bois; 
Cent quatre, cent cinq, cent six, 

Du buis; 
Cent sept, cent huit, cent neufi 

Du bo&uf. 

V. Ban un, ban deux, ban trois, ban quatre, 
ban cinq, ban six, ban sept, ban huit, ban neuf, 
ban dix (qui se prononce bandi). 



DES cherchb;«iis et curieux. 



[lo mars 1876, 



141 



14:% 



Bois de GalaiiL^oiurgfCIIIy 1 33, 204, %i^), 
— Vers et à la manière de Neufcermain » , 
sur la prise de Philisbourg, iô88 ; 

Le Dieu du Rhin en a dit : Fy ! 
Je sens les corps ensevelis. 
Et non le bols de Colambourg» 
Le long des murs de Philisbourg... 

Ces vers, où Neufgcpmain se trouve pa- 
rodié, sont de Lafontaine. Jacques D. 

Une cban^on galante et hisitoriqu^i (IV, 
i3o, 2 5a, 3q3, SjS), — Cette chanson est 
celle où Ton raconte qu'un jeune homme 
s'étant déclaré coupable d'une petite in- 
congruité qui venait d'échapper à sa dan- 
seuse, obtînt sa main en récompense de 
ce service. Nous essayâmes alors de rat- 
tacher ^ cette anecdote le mariage de Lau- 
zun avec M^^« de Montpensier, ou celui de 
Chabot avec M"« de Rohan. Mais si la 
chanson est effectivement historique, n'en 
retrouverait-on pas mieux l'origme dans 
ce passage de Samt-Simon (t. I*^, ch. II)? 
a Le duc de Montfort, fils aîné du duc de 
Chevreuse, épousa la elle unique de Dan- 
geau et de sa première femme, fille de 
Morin, dit le Juif. Elle passe pour très- 
riche, mais aussi pour ne pas retenir ses 
vents, dont on fit força de plaisanteries. » 

* O. D, 

a Apologie des Femmes. »(V, 120, 3 16, 
395).— Sîle moindre détail n]avait pas son 
importance en bibliographie, je me dispen- 
serais de répondre à une question déjà 
vieille et probablement oubliée. Je possèae 
un exemplaire de l'Apologie des Femmes, 
avec le carton ; seulement la feuille rem- 
placée, au lieti d'être supprimée, se trouve 
jointe à oes exemplaires. Les modifica- 
tions, les adoucissements, assez peu im- 
portants^ du reste, se rapportent aux pages 
21 et 12, où se trouve le portrait d'Ar- 
mande. Les vers qui suivent : 

Mais de' couleurs rechargeons mon pinceau 
Pour le portrait d'une beauté fameuse, 
Dont, quelque jour, la gloire scandaleuse 
Fera briller un Aretin nouveau. 

et plus bas : 

S'osa vanter d'un précocç adultère. 

sont remplacés par ceux*ci : 

Mais de couleurs rechargeons mes pinceaux 
Pour le portrait d*une beauté fameuse, 
Dont, quelque* JQUf^ la gloire scandaleuse 
Doit iUvistrer les fastes de Paphos. 

et le dernier, par celui qui suit : 

D'un fol amour révéla le mystère. 

Enfin, au npm de Guibert, qui figure à 
la page 2a, on a substitué le pseudonyme 
de Palygolos, 

Jean François Ps^ulin CrassQua, auteur 
de cette pseudo-Apologie, est le même, 
qui a composé un Eloge funèbre de Marat, 
martyr de 1^ Ljbcirté. $oa caractère diffi-. 



çUe. et satirique lui créa des ennemis qui> 
en 1809, publièrent, à son insu, une nou-^ 
velle édition de cette brochure, parue en 
1794. A. D. 

Cornes (V, 148, 229, 320; VIL 57; 
VIII, 549, 6o3, 656,' 716; IX, 75, —Je 
pense que M. A, St. pourrait bien avoir 
raison sur l'articje del^ Table-Roi?de. J'ai 
jpeur de m'en être un peu trop fié à'Tre^- 
san, très-capable d'avoir enjolivé son ex- 
trait de Tristan de Léonois d*uikQ nuance 
que ne présentait pas l'original. Le Maçon^ 
ordinairement plus exact, pourrait aussi 
induire en erreur; car il traduit: «lé 
cornu de mari », là ou le Decamerone 
avait mis: «. 11 saatoccio. v Qt qui e^tun 
tout autre mot-, et même une tout autre 
idée. (J. VII, Nouv. 3). Cependant vRac- 
cace parle bien de cornes, mais noji pas 
aussi nettement que cela. C'est dans la 
Nouv. 9, J. II, qu'un mauvais sujet d'A.m- 
broise soutient qu'il n'y a pas de femmes 
sages ; et, non content de répéter avec la 
Vieille d'Ovide : casta quam nemo rogavit^ 
il ajoute : « Véritablement si pour chaque 
fois qu'elles font ces folies, il leur v^noit 
une corne au front, qui rendist témoi- 
gnage de ce qu'elles auroient fait, ie croy 
qu'il y en auroit çeu qui le vouluss^ent 

faire. Mais » N 'est-il pas permis de 

croire que Boccace retourne là contre les 
femmes la plaisanteries des cornés, déjà, 
commune et usitée.'* Également, lorsque 
TArioste, dès les premières années du sei- 
zième siècle, lâchait, dans l'épisode de Jo- 
CondCf ce concetti que lui reproche Bbi- 
leau : « Ce n'était pas à Rome qull était 
allé, mais à Corneto , » ne fallait-il pas, 
pour qu'il se contentât d'un jeu de mots 
si peu accentué , que la plaisanterie fût 
bien généralement connue; et, par consé* 
quent, le fût depuis longtemps ? Mai§ 
pourtant ce ne sont là que des conjectu- 
res; et bien que je les crgie fondées, il 
faut bien convenir que des conjectures nç 
sont pas des preuves. O. D. 

— D'après les nouveaux documents que 
nous apporte M. A. D., faut-il donc voir 
aussi une allusion aux cornes et aux infi- 
délités conjugales dans ce passage de la 
Pai^^y d'Aristophane. Cette paij^^ qui fait 
la joie des laboureurs, désole au contraire 
quelques marchands qui vivaient de la 
guerre, les marchands de cuirasses, de 
trompettes, d'aigrettes, de javelots. Chacun 
d'eux vient faire ses plaintes sur la scène, 
et attrape en échange quelque quolibet 
du pacificateur Trygée, Il dit au marchand 
d'aigrettes : « Q^u'as-tu, pauvre malheu- 
reux? Est-ce qu'il te pousse des aigrettes à 
la tête? » (Trad. Artaud.) O. D. 

Wérimée a-t-il tué im Snisse ai» ionrr 
nàesde 1830? (VII, 238). —Je ne sais s'il 



Nm88,] 



L'INTERMÉDIAIRE 



— — * 14J 



144 



faut voir dans Mérimée le héros de cette 
anecdote. Elle a été publié par Jules Janin, 
dans ses Contes fantastiques et littéraires 
(Michel Lévy, i863, p. 258). 11 Tattribue 
à tt un homme, qui vit seul dans la foule et 
dans la fange. » Je ne pense pas <c)ue J. Ja- 
nin ait pu dire cela de TAcaciémicien dont 
il devait solliciter le sufiEragé. Ce portrait 
de bohème, «don Juan, mêlé de Diogène, 
vivant au jour le jour, ne parlant à per- 
sonne et s'occnpant peu des affaires, fil- 
mant sa pipe^ quancL il avait du tabac, 
prenant lair et le soleil, au soleil », ne 
peut s'appliquer non plus .à Tauteur de 
Colomba^ Saidôarig 



Les Orléans et les d'Orléans (VII, 463, 
595 ; Vlll, 19, 143, 201}. La particule 
nobiliaire DE (VII, 494,. 548, 572, S^S).'— 
A propos de cette question, posée il y a 
dé)à assez longtemps, j'ai soutenu le prin- 
cipe c)ue la particule DE, dite particule 
nobiliaire^ doit<,'sauf deux exceptions ri- 
goureusement déterminées, être précédée 
d'un prénom, d'une qualification ou d'un 
titre; et i'ài appuyé mon opinion de plu- 
sieurs exemples empruntés aux traités spé- 
ciaux de M. Beaune, substitut du Procu- 
reur impérial à ï)ijon {Des distinctions 
honorifiques et de la particule^ Paris-, 
René Muffât, 1862, in-12, a« édit.), efde 
M . L.Vian, référendaire au Sceiude France 
{La particule nobiliaire^ Paris, 1868, in-80), 
qui prépare une seconde édition; signée 
cette fois^ de son livre. 

Malgré la" cbmpétehce inciontestable de 
mes deux cautions, Topinioil contraire a 
conservé quelques partisans. G. A. V., no- 
tamment, m'a répondu par la déclar.atioii 
suivante (VIII, 201) : « Je me rappelle 
parfaitenïent avoir remarqué que J. dé 
Maistre place toujours la pâfiicule DE de- 
vant les nottis propres, 'monosyllabiques 
ou non, lorsque cette particule leur est 
afférente. N'ayant en ce moment sous la 
main aucun ouvrage de cet écrivaîtl, je ne 
puis citer d'exemple, rrraîs il s'en trouve 
plusieurs dans ses Considérations sur la 
France. Si tant est que ceux qui imitent 
son exemple ont tort, avouons qu'ils ne se 
trompent pas en trop mauvaise compa- 
gnie. » 

Cette affirmation était certainement faite 
pour ébranler les convictions les plus so^ 
lides. Le moyen, en effet, de récuser en 
pareille matière l'autorité du comte Joseph 
de Maistre, l'homme-tradition, l'homme- 
formule, l'homme-étiquette, le champion 
le plus énergique, j'allais dire le plus fa- 
natique, du cérémonial des Cours et du 
rituel des Chancelleries? Peu s'en fallut 
que, pour le coup, je ne considérasse la 
question comme définitivement jugée, et 
(plus prudent que plusieurs de nos co- 
intermédïAristes), je rentrai sous ma tente 
et ne pris plus part au débat. ~ Quel ne 



. 



fut donc pas mon étonnemént^ lorsqu'en 
parcourant, il y a -quelques jours, le Re- 
cueil des Lettres et Opuscules' du grand 
thésQsophiste (Paris, Kmile 'VatoB, 1873, 
p. 4O0K )e tombai &vff de passage suivant 
d'une lettc^ adressée par ma M; de Syon, 
oôiciec piémontbis, qui Itii avait envoyé 
un oUivrage de sa façon c iv Me prarmettez- 
K vou^i Monsieur, de vous faire m&e .petite 
« chicane grammaticale ? La particule DE, 
f en français» ne peut se joioxire; à un nom 
« propre commençant par une consonne, 
« à moins qu'elle ne suive un titre. Ainsi, 
« vous pouvez fort bien dire : Le, vicomte 
a' de Bonald a dit; mais non pas ; àe Bo- 
it nald a dit ; et, cependant on disait .M'i- 
« lembert a dit; ainsi Tordonne la gram- 
tc maire, a 

Voilà qtri est clair,^ ce ifae seinbîe, et suf- 
fisamment péremptoîre. La lettre en ques- 
tion, à la vérité, est du 14 novembre 
1820, tandis que les Considérations sur 
ta France ont été jjubliées en 1796. 
Il ne serait doncî pas impossible, au cas 
Où G. V. A. n'aurait pas été trahi par sa 
mémoire, que le comte de Maistrfe, à la fin 
de sa carrière diplomatique et littéraire, 
eût été mieux informé qu'à son début. Tou- 
jours est-il qu'une règle promulguée par 
lui ex cathedra^ a^prs qu'^n fait de style 
il était passé maître, a plus d'autorité 
que les quelques exeihples, même dûment 
constatas, que l'-on pourrait jtrourer dans 
son maiden-book, Joc'a/ifiNDRET. 



ConUs de pagr^ftns» ûtc. (V{Jr 6^}- -- 
Voici, ei;i réponse à cette question, une 
petite superstition bressanae : la j^ente des 
puces. — Lorsqu'une 'brav^ pa^saiine des 
epvirqns de Bourg (Ain) nmt par être 
exaspérée, des tr^icas^^ie^ de câ parasite 
et renonce à y mettre fin par des battues 
en . règle , voici commeot elle procède 
pour s^en débarrasser : le premier du mois 
d'avril, elle dépose, sur lia voie publique, 
à proximité de sa demeure, une pièce de 
cinq ou de dix centimes, suivanit le prix 
qu'elle y met^ sans aller pourtant jusqu'à 
la pièce blanche qui provoquerait des 
craintes sérieuses ; elle a le soin de l'en- 
tourer d'un peu de poussière sèche pour 
la mettre en évidence sur la terre humide. 
Si, dans la journée, quelque passant 
ignorant ou cupide s*est laissé tenter par 
cette aubaine et a empoché la pièce, les 
puces lui sont adjugées et ne manquent pas 
de le suivre en masse; mais si, à la nuit 
tombée, la pièce est encore sur le chemin, 
la fermière a beau se désoler, elle est con- 
damnée à garder ses puces jusqu'à l'an- 
née suivante où elle pourra tenter de 
nouveau le sort. Certains symptômes me 
font craindre la fin prochaine de cette 
superstition. Je ne parle pas de ceux et 
de celles qui se vantent (ravoir ramassé 
de ces pièces de monnaie sans en être 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo mars 1876. 



-. . 145 - 



davantage inquiétés des. puotf$ ; tant pis, 
si leur peaii coriace décourage oes insec- 
tes. Mais, ce qui est Yraiment gi^ve, il y 
a dissentiment .sur le vrai jour* d« la 
vente; telles communes ^ Micmtrevel , Fois- 
siat, Malafveta2, sont iîdôles au i»^ avril; 
telles autres, Montoet^ Buellas, préfèrent 
le i'' janvier; dans telles autres^ PoUiat, 
Confrançon, il; j' a partage* Quand de 
semblable» {schismes se. manifestent, on' 
peut s'attendre à la ruine'de lacroyânce. < 
.-- ,■'..-•■ -^ -■ G. G. 

Prix payés i diveri^ écrivains ponr leurs > 
ouvragés (Vni, 4S, 92, 148, 239, 296," 
533, 558). — J'ai le traite conclu entre le 
libraire Barrois et Henri Richer, avocat 
au Parlement, auteur des Fables. D'après . 
ce traité, signe lé 8 août 17^^, Barrois' 
s'engage à payer pour la propriété de l'ou- 
vrage : a 400 livres : sçavoir cerit livres, . 
en me fournissant le nianuscrit et la cession 
du privilège : cent livres, danç deux mois 
de la datte dudît traité,, et les deux cent 
livres restans, un mois après l'impression 
achevée dùdit ouvrage : en outre, je m'en- 
gage à donper cinquante exemplaires du 
sus-dit Recueil,] dont vingt cinq reliés en 
veau et vingtTçinq jbrochés. ». 

P. CXAUER. 

Podex dtB cheTBliQrsTainqnenrs, l)aisé 
par les Ttiaons (VIII, .r63, 22o).-^On 
retrouve des traces- 4e ce prétendu usage 
dans une chanson populaire, une de ces 
chansons que l'on sei lreâ«ynne* à Fôreillç. 
Un des :c0a!pldti dit que Napoléon I«^, 
vainqueur du roi de Prusse et des empe»- 
reurs de Rvssie et d'Autriche, leur imposa 
cette humiliante condition. Mais, au mo- 
ment où Tun des mionarques va s-exécuter : 



146 



Voilà ce grand ... qui p 
Turlurette! 



•♦•t 



Je me rappelle fort bien cette conclusion, 
qui forme le refrain; j'ai entendu chanter 
ces couplets à,un vigneron saiçtongeais, 

Saiduaiug. 

Polémophyle (VI lï, 455). — L'auteur 
du Dialogue du premier et au second Hon- 
neur^ imprimé in-40, Lyon, chez Mous* 
sin, en iSoî, est un ecclésiastique, An- 
toine d'Urfé, abbé de la Chaise-Dieu, qui 
le composa à l'âge de 21 ans. C'est une 
dissertation scolastique, de même que le 
Dialogue sur la vaillance, imprimé cette 
même année 1592. Ces compositions sont 
dédiées au duc de Nemours, lieutenant- 
général pour la Ligue à Lyon. Leurs fron- 
tispices portent les armes des d'Urfé avec 
les insignes de la dignité abbatiale. La Bio- 
graphie universelle de Michaud, 2« édit., 
attribue à tort ces deux ouvrages à Anne 
d'Urfé, frère aîné d'Antoine^ dit Polémo- 
phylcy et de l'auteur de VAstrée, dit Ura' 



nophyle. Aug. Bernard {Les d'Urfé) a 
analysé ces publications dont les exem- 
plaires sont rarissimes. V. de V, 

Enoare li^ firaicheur de M. de Vendôme 
(VIII, 493, 65 1). — Voici que je trouve 
cette nouvelle interprétation, dansle Jour- 
nal Grammatical de la langue française^ 
2* série, t, III, in-8', i836: m La fraîcheur 
de Af. de Vendôme. •— J'ai entendu des 
gens d'esprit pnéténdre que ce proverbe, 
qui a pris son. origine dans nos armées 
faisant la guerre en Espagne, venait de ce 
que ce M* de Vendôme profitait, du mo- 
ment où la brise de mer se faisait sentir 
sur les côtes d'Espagne, pour £aire mar- 
cher ou manœuvrer ses troupes. Cette 
explication ne vaut Tien; l'expression est 
ironique : la fraîcheur de M. de Vendôme 
était la chaleur du jour, M. de Vendôme 
faisant marcher ses troupes et marchant 
jui^tnéme à leur tête par tous les temps. 
Enfin, ce qui achève d'établir cette expli- 
cation, c'est; une autre expression prover- 
biale du même temps,! et ironic|ue dans le 
même sens , le brouillard de M, de Ven- 
dôme^ pour la, plme et la grosse pluie. Au 
rester le Vendôme du proverbe n'est pas 
celui qui a fait la guerre de la-Succession, 
car on trouve le proverbe dans les livres 
antérieurs au milieu du XVIl« siècle, 
comme le DicHonnaire de Nicot, » 

P. ۥ c, ; Truth. 

L'Hymne de M"« d'Houdatot (VIII, 61 5, 
609). — J.-J. Rousseau, on le sait, était 
un fin connaisseur en matière d'appas. 
Or, si l'on si'en rapporte à ce que dit, 
de M"»« d'Epinay et clés femmes qui n'ont 
point de gorge, l'auteur des Confessions: 
« ...iFort maigre; de la gorge comme sur 
tt ma main. Ce défaut seul eût suffi pour 
a me glacer : jamais mon cœur ni mes 
<i sens n'ont su trouver une femme dans 
« quelqu'un qui n'eût pas des tétons. » 
(CoNKESs., Il® Partie, Livre IX), et que 
d'autre part on se rappelle la passion que 
lui inspira, à ce même Jean-Jacques, Ma- 
dame d'Houdetot: a Passion la plus vive 
(( peut-être qu'aucun homme ait jamais 
tt sentie » (Confess., ibid.), on peut bien en 
conclure, sans trop de crainte de se trom- 
per, que ladite Madame d'Houdetot avait 
une des plus belles gorges qu'on pût voir ? 
— Il serait donc d'autant plus à regretter 
aujourd'hui oue ÏH^mne en question fût 
à jamais perau, qu'il est plus évident que 
cette pièce dut être inspirée à son auteur, 
par le plus parfait des modèles du genre... 
Mais if ne faut pas que je m'étende trop 
sur ce sujet. Ulric. 

Ghon, chonchon (VIII, 709, 763; IX, 
5i, 83). — « Je brûle alors décrire. » 
Comment, trompés par une prononciation, 



M* i88«) 



L'INTERMÉDIAIRE 



147 



X48 



nos coUaborateurt om-ilt pa trouver dans 
le ckou un petit mot d amitié? Si Ton 
disait à Tun d'eux que Couvent vient de 
cou et de vent^ il rappellerait aussitôt 
l'étymologie conventus^ et ajouterait peut- 
être que 1 n peu lisible a été pris pour un 
u / que, par suite, on a dit couvent ^ après 
voir dit convent. Pour ma part, je crois 
que Vo devant n ne se prononçait pas 
avec le son purement nasal que nous don- 
nons maintenant à on; o se prononçant 
ouy on, se prononçait de manière à rappe- 
ler ce son ouy tout en faisant sentir Vn. 
Pour adoucir, on a supprimé n^ et ou est 
resté : couvent. 

De même pour chou. Les Provençaux 
disent: Moun pichoun, mon petit, de 
l'ital. pîccio; par abréviation, n'a-t-on 
pas dit: Mon choun^ mon chou> On peut- 
être d'autant plus disposé à le croire, que 
chonchon se ait aussi bien que chouchou, 

CuRiosus. 

Oramas tnr Maria^Antoinette (VIII, 

714; IX, 22, 83). — Voici le titre exact 
de la pièce citée (83). Scenen aus den 
let^^ten Tagen Marien-AntoinettenSf Kœ-* 
nigin von Frankreinh ; von Aloys-Wil- 
hebn-Sckreiber, Offenb.^ 1794 in- 12. Je 
le trouve sous le n« 232 des Historiens 
apologistes et détracteurs de Marie^An' 
toinette d'Autriche^ reine de France, bi- 
bliographie insérée dans « le Quérard », 
t. Il, p. 401-439, 479-4^86; cette biblio- 
graphie n'occupe pas moins de 267 n»". 

Ol. B. 

Si les femmes ont une âme (VUI, 742; 
IX, 54). -^ Je ne voudrais pas me con- 
tenter de probabilités. Peut-on me citer 
les actes de ce concile de Maçon ot Ton 
agita la question: Si la femme avait une 
âme? Ri. 

— Dans le Mal et le bien ^u*on a dit des 
femmes, M. Deschanel dit, page 78 : a Un 
petit livre latin, imprimé en 1041 , prouve, 
par les Ecritures que, les femmes ne sont 
point hommes ; que , par conséquent, le 
Christ n'est pas mort pour elles et qu'elles 
ne peuvent être sauvées. Mulieres scilicet 
non esse homines, Christum ergo pro iis 
non esse passum nec cas salvari. C'est 
un petit pamphlet ironique sur la manière 
dont queloues sectes religieuses interpré- 
taient les Ecritures. Il est suivi d'une ré- 
futation, également en latin, par Simon 
Gédic, docteur en théologie, lequel, selon 
toute apparence, est l'auteur de l'un et 
de l'autre. (Je le croirais volontiers). Un 
autre théologien du XVII« siècle, prédica- 
teur des rois Henri IV et Louis XIII, dé- 
bita un sermon tout entier, où il com{>arait 
U fen^me et le diable de poii^t enppi^^ » 

E.-G. P. 



La bsile Impéria (IX, 3$). -*. Le type 
de c ceste noble courtizane » a inspiré à 
l'auteur des Contes drolatiques^ deux de 
ses meilleurs contei (Voy. le premier conte 
du premier dizain : La belle Impéria^ et le 
dernier du troisième : La beite Impéria 
mariée, Edit. illustrée par Gustave Dors, 
i855). 

a La belle Madame Impéria (dit H. de 
Balzac), laquelle ouvre glorieusement ces- 
dicts contes, pour ce que elle a esté la 
gloire de son temps » (loco citât, p. 583}. 
« Madame Impéria décéda sans être guas- 
tée, tant Dieu avoyt en cure de ung mo- 
dèle irréprouchable de femme. Elle avoyt, 
die t- on, une magni^cque couloration de 
tainct causée par le voisinage des aèsles 
flambantes du Plaisir qui plouroyt et gi- 
zoyt près d'elle » (page 012). Ul*. 

« Mabomet aeoond » (IX, 40, 93, 1 10).- 
La correspondance échangée entre MM^. H, 
de risle et Ri m'amène à poser, avant de 
l'avoir approfondie, une question de pla- 
giat qui me préoccupe depuis bien des an- 
nées. Et d'abord de qui le a Mahomet H, » 
imprimé à Paris en 1739? Puis, est-ce la 
tragédie que Quérard attribue à Gayot? 
Enfin quel est le véritable auteur du a Ma- 
homet II, » attribué à La Noue? 

I. N'ayant pas sous les yeux l'édition de 
1739 signalée par M. de l'Isle, je ne puis 
dire s'il a' agit de la .tr«igéiliç de Cbateaubrun , 
déjà imprimée en 1737 dana le Théâtre 
Français ou de celle de La Noue> qui a 
bien pu l'être en 1739, puisqu'elle fut re- 
présentée en février 1S39 à Rouen, Toutes 
deux portent le même titre, sont en cinq 
actes et en vers. 

a- 3. Quel que soit l'auteur du « Maho- 
met II, » de chez Prault, Paris, I73p, il est 
bien certain que l'attribution faite par 
Quérard à Gayot d'une tragédie de a Maho- 
met II, » concerne le « Mahomet II » de La 
Noue. Il n'a fait d'ailleurs que répéter une 
affirmation de Sénac de Meilhan qui a pu- 
blié des renseignements assez détaillés 
sur les Gayot de Strasbourg. Seulement 
Sénac de Meilhan n'a connu que la moitié 
de la vérité. Cette tragédie qu'il attribue 
à Gayot n'est, en effet, pas plus de cet au- 
teur qu'elle n'esç de La Noue. Tout me 
porte à croire que c'est là VIrène de Claude 
Basset, avocfit à Lyon, tragédie oui fut 
jouée par la troupe de Molière pendant le 
séjour que l'illustre comédien nt à Lyon 
en 1654 et i655» Basset ne la fît pas im- 
primer. Il mourut en 1688, laissant des 
enfants et une veuve qui ne décéda qu'en 
171 1. Basset était très-lié avec Gayot de 
Pitaval jurisconsulte lyonnais comme lui et 
homme de lettres très-versé dans l'histoire 
dramatique. Les compilations littéraires 
de Gayot de Pitaval sont assez nombreuses 
pour qu'il ne soit pas téméraire de les at- 
tribuer tant à lui qu'à son ami Claude 
Basset, Gayot de Pitaval éprouva, un jour, 



DES CHERCHEURd ET CURIEUX. 



[lo m^ 1876. 



149 - 



i5o 



des revers de fortune» En 1711, on a saisi 
contre lui une maison qu il possédait à 
Lyon, rue des Prêtres. C'est vers la môme 
époque qu'il se mit aux gages de libraires 
pour le compte desquels il continua à 
écrire. Il est allé mourir à Paris en 1743. 
A*t«il vendu les manuGcrits de Claude 
Basset à quelque bel esprit de sa famille 
et notamment à Gayot, de Strasbourg, 
son parent? Le fait n'est pas impos- 
sible. La Noue, qui a séjourné à Lyon 
pendant plusieurs années comme acteur 
vers 1720, s'était sans doute lié avec Gayot 
de Pitaval. Reçut-il de ce dernier le ma- 
nuscrit d*IrèneP Ce qui s'est passé à ce 
sujet est difficile à déterminer avec préci- 
sion. Mais l'accusation de plagiat àéjk 
Isncée contre La Noue par Sénac de Meil- 
han emprunte une singulière ressemblance 
aux faits ci-dessus. 

Il semble, en effet, qu'en lisant attentive- 
ment « le Mahomet 1 1 » de La Noue on trouve 
les preuves de ce plagiat dans les faibles 
changements apportés à l'œuvre de Basset. 
Ces changement sont ou insignifiants ou 
en désaccord avec la tradition historique. 
Dès lors on ne peut les expliquer autre- 
ment que par l'arrière-pensee de faire dis- 
paraître ce qui rappelait trop la pièce de 
Basset, carChorier nous en a tait connaître 
le titre et le dénoûment {De Pétri Boes- 
satii vitâ). Le fond de la tragédie d'Irène 
était d'ailleurs conforme aux récits que 
Gayot de Pitaval a insérés dans sa Biblio- 
thèque des Gens de cour et qu'il tenait 
sans doute de Basset .qui avait puisé ce 
sujet dans Matteo Bandello. 
(Lyon,) BotJTRCHONus. 

Sobriquet (IX, 66, 122). — M. J. Palma 
a répondu incidemment à cette question 
à^nsl Intermédiaire, vol. II, p. 474, art. 
Cul-Blanc : « Ce sobriquet, sau-friquet, 
mot piquant assaisonné de malice et de 
sel, selon les racines sal, en vieux français, 
sau, sel, et/ricare^ frotter. » 

Saîduarig. 

[M. J. Palnia (de son vrai noni Lapaume, an- 
ciep professeur à la Faculté des lettres de Gre- 
noble), a quitté ce bas monde en 1870. Sans 
(juoi ce fervent (et parfois trop fervent) ami de 
^Intermédiaire eût sans nul doute rappelé 
cette réponse anticipée, car il était, on s'en 
souvient, proche parent de ce bon M. Daube 

Qu'une ardeur de répondre éveillait avant l'aube. 

Réd.] 

La Société des Bonnets de coton (IX, 
68). — Le tableau de Lancret, gravé par 
E. Moiite, la Partie de plaisir^ connu 
sous le nom de la Société des Bonnets de 
coton^ appartient à M. le duc d'Aumale. 
11 a été exposé, en 1874, au palais Bour- 
bon, au profit des Alsaciens- Lorrains; il 
€st catalogué sous le no 876 : Le Déjeuner 
de Jambon^ Il avait déjà été exposé en An- 



gleterre, le 21 mai 1862, pour la vitiite du 
Tine-Arts Club, à Orléans^House, Twicken- 
ham; il est cataloguent 91 : a Le Déjeuner 
de Jambon de Laurent (Nicolas), ne ^ Pa- 
ris en i6go, mort en 1745. Provenant de 
la galerie du roi Louis* Philippe. » Sans 
nul doute, M. le duc d Aumale doit con* 
naître les portraits d«a joyeux convives, 
présidés par Tun de aes ancêtres, Condé 
ou Conti, mais qui, hélas 1 me sont in* 
connus. J'espère qu'un collègue plus avisé 
les indiquera à M« E^<> M. T. O. 

Arsène Houssave et le Coran (IX, 68). 
— Je ne sais si Mahomet a mis dans le 
Coran Tadage cité par M. A. Houssaye, 
mais, en tout cas, il ne Ta pas inventé ; îl 
est commun à diÔ'érentes nations et re- 
monte m$me à l'antiquité. Plante a dit 
dans son Trinummus, act. ÏV, se. 3 : 
a Quum répétas, inimîcum amïcum bene- 
ficio invenis tuo. » En France, on trouve 
ce même proverbe exprimé de diverses 
manières î 

I. Ami au prêter, ennemi au rendre, 
II. Au prêter Dieu, au rendre Diable. 

UI. Quiconque preste or ou argent, 
Deux choses perd entièrement, 
A sçavoir : l'ami et l'argent. 

IV. Qui prête non r*a 
Qjui r'a non tost. 
Qui tost non tout, 
Si tout non gré. 
Si gré non tel, 
Gaîde-toi donc de prêter; 
Car à l'emprunt cousin-gerçnain. 
Et au rendre fils de p 

Ce que les Espagnols ont ainsi imité : 
« Quien presta no cobra; y si cobra; no 
todo; y si todo, no tal;.y si tal, enemigo 
mortal. » 

Les Anglais disent : « He had lends to 
his friend losed doubb, » ou bien : a The 
way to lose a friend is to lend him mo* 
ney. ^ 

Pensée que le chevalier d'Aceilly a ren- 
fermée dans ce quatrain : 

En fait de prêt, le sort me traite 




On voit donc que, sans recourir au Co^ 
ran, A. Houssaye n'avait que l'embarras 
du choix ; on pourrait pourtant être em- 
barrassé en consultant les proverbes, car 
cette même sagesse des nations a proclamé 
la vérité contraire : 

En France : Les bons comptes font les 
bons amis. 

En Espagne : Cuento y razon sustenta 
amistad. 

En Italie : Conti chiari, amici cari. 

En Angleterre : Even reckoning makes 
long friends. A. D. 



iN» i88.] 



LUNTERMEDIAIRK 



i5i 



l52 



Tapisseries en toile d'argent (IX^ 68). 
-— La question est multiple et il «st néces- 
saire de la scinder. 

« Faut-il dire (tapisserie) en toile ou sur 
toile d'argent ?» Il n'y aurait pas lie^ de 
poser cette interrogation si la terminolo* 
gie des tissus n'était pas pleine de confu» 
sion. Si l'on avait pris l'habitude, en eifet^ 
de n'appeler tapisserie que l'étoffe de ten* 
ture ou d'ameublement, où le sujet, quel 
qu'il soit, se fait en même temps qne le 
tissu ; et de donner le nom de broderie à 
toute étoffe dont Tornement est appliqué 
sur un tissu préexistant^ une tapisserie où 
l'argent et l'or interviennent exclusive- 
ment devrait être dite tapisserie, en toile 
d'argent, ou en toile d'or. La broderie de 
son côté, quel qu'en soit le ^nre, au point 
carré, gros ou petit, au point couché, au 
plumetis, etc., pourrait|etre faite sur toile 
d'argent ou sur toile d'or. 

a Je ^uis certain, dit l'intermédiairiste 
J. V. G., ^ù'il a été fabriqué aux Gobelins, 
sous Louis XIV, des tapisseries en toile ou 
sur toile d'argent. » 

Nous avons sous les yeux les archives 
des Gobelins depuis leur fondation, et 
et quoiqu'il s'y trouve une lacune de vingt 
années, — • de 1700 à 1720, — qu'il est 
d'ailleurs assez facile de combler en grande 

Sartie, nous sommes moins certam que 
f . J.V. G.) d'une fabrication dont nous ne 
trouvons aucune trace. 

Si M. J. W. G. possède des documents 
certains pour appuyer son affirmation, 
nous lui serons très^econnaissant de vou- 
loir bien nous les communiquer. 

n Une des pièces du Palais de Versailles 
portait le nom de Chambre des tapisseries 
en toile d'argent. Pourrait-on me dire en 
quoi consistaientpartioulièrementces tapis- 
series? » 

D'abord, nous ne trouvons aucune men- 
tion de cette pièce dans l'excellente Notice 
du Musée àe Versailles de M. Eud. Soulié, 
l'homme qui connaît le mieux l'histoire de 
tous les appartements du palais. Puis, nous 
ne croyons pas qu'il en ait jamais entendu 
parler. C'est donc un second document à 
ajouter au précédent que nous serions 
heureux de recevoir de M. J. V. G. 

Enfin ces tapisseries devaient être des 
espèces de camaïeux dont l'argent fournit 
les clairs. Nous trouvons, en effet, dans l'in- 
ventaire des meubles du cardinal Mazarin 
dressé en i653 et publié par M. le duc 
d'Aumale pour la « Société des philobi- 
blion » {Inventaire de tous les meubles du 
cardinal Mas^arin. Imprimerie de Whit- 
tingham et Wilkins, Londres, 1861), la 
mention suivante (page 144) : 

« Tapisseries. — Deux pièces de tapis- 
series ae brocard d'or de Florence tout 
uny , représentant l'histoire de Debora, 
dessin de Pierre de Cortone et de Roma- 
nely, la peinture de clair obscur illuminée 
d'or, la frize d'un feston de broderie d'or 



entaillée à l'entour,' les dites pièces de qua- 
tre laiz chacune, hautes de crois aulnes ua 
quart et larges de trois aulnes, faisant six 
aulnes, ayant chacune une pièce de coton 
pour les conserver par dedans. » 

Nous croyons que ces deux pièces exis- 
tent encore, ce qui nous permettra de ré- 
pondre à la dernière question que nous 
avons transcrite, et enfin à celle que nous 
trouverions ici. 

« Connaît-on encore des spécimens de 
cette fabrication ? » Les deux tapisseries 
mentionnées dans l'Inventaire de Mazarin 
sont encastrées dans les anciennes boise- 
ries, de touteprovenance, dont le roi Louis- 
Philippe avait fait revêtir les murailles de 
trois des salies du Louvre, derrière la co- 
lonnade. On en peut trouver la description 
dans la Notice du Musée des souverains, 
par M. H. Barbet de Jouy. 

Il est possible d'abord que ces tentures 
que Louis XIV avait héritées de Mazarin, 
aient été placées à Versailles dans une 
pièce à laquelle elles auraient donné leur 
nom, et que de là elles fussent allées au 
Louvre, en passant par le garde-meuble. 

Maintenant voioi quel nous semble être 
leur mode de fabrication. 

Le tissu général est une serge de soie 
fort brillante, qrue ÏInventaire de Maza- 
rin appelle du orocart d'or de Florence, 
sur lequel le sujet a été peint en bistre, et 
rehaussée de broderies que nous croyons 
d'argent dans les clairs. Aujourd'hui l'ar- 
gent s'est sulfuré et est devenu noir, de 
brillant qu'il était. La bordure est égale- 
ment de serge de soie peinte en bistre, 
mais brodée d or qui a conservé sa cou- 
leur. Il est de plus possible que les ga- 
lons d'encadrement soient de broderie 
d'or sur fond d'argent. 

E^ tous cas, ces tentures ne doivent por- 
ter le nom ni de tapisseries ni de brode- 
ries e« ou sur toile d'argent, puisque la 
toile d'argent ne leur sert pas de fond. 
Cette remarque n'a peut-être point em- 
pêché de donner, jadis, de ces deux ten- 
tures, si ce sont elles qui décoraient une 
pièce de Versailles, la désignation qui a 
motivé la question de M. J. V. G. Les 
descripteurs^ cataloçueurs et mvENTORiEURS 
de jadis ne regardaient pas de si près, té- 
moin le passage de ÏInventaire de Maza- 
rin que nous avons cité. 

Enfin il est possible que la pièce en 
question ait été tendue de toile d'argent 
décorée de broderies, plus ou moins rap- 
portées. Uantependium ou devant d'autel 
de la chapelle du Saint-Esprit exposée ja- 
dis au musée des Souverains était ainsi 
fait, et beaucoup de vêtements épiscopaux 
sont décorés d'orfrois brodés sur toile d'or 
ou d'argent. 

Pour résumer, nous croyons qu'on ne 
peut pas dire : tapisserie sur toile d'argent. 
Quant à une tapisserie en toile d'argent, 
ou plutôt une tapisserie d'argent, nous 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo mars xSyô. 



i53 



n'en connaissons pas, qui mérîte entière- 
ment ce nom. Il existe cependant/ aux Go* 
belins, une .portière, d'après G. Audran, 
dont le fond est entièrement d'or, mais le 
sujet est fait de laine et de soie. Alf* û. 

— Si M. J. J.-V, G. avait passé seule- 
ment neuf mois à Lyon, à prendre des le- 
çons de théorie et pratique de fabrication 
de tissus f chez un bon professeur, il n'au- 
rait sans doute pas fait sa question. Mais 
comme il n'est pas nécessaire^ pour être 
un fort honnête nomme, d'avoir employé 
ainsi une partie de son existence; )e m'em- 
presse, enlo^al intermédiairiste, de mettre 
à sa disposition le peu que j'ai appris, en 
un an environ, sans j^rand profit. — D'a- 
bordy il faut dire tapisseries en toile d'ar- 
gent. La fabrication de la toile â'or ou 
d^ argent y du drap d'or ou d' argent ^ deux 
tissus qui ne diffèrent guère, est très-an- 
cienne et n'a jamais été abandonnée. Sans 
entrer dans des détails techniques, je di- 
rai que l'effet principal de ce tissu, celui 
qui lui a fait donner son nom, résulte d'une 
trame plus ou ou moins iine de matière 
textile (soie, fil ou coton) autour de la*- 
quelle est enroulée une mince et étroite 
lame d'or ou d'argent (c'est ce qui est em- 
ployé pour les broderies d'uniforme). Cette 
trame devant paraître beaucoup à Vendroit 
del'étoffe, on fait passer dessus,le moins que 
Ton peut des âls de chaîne, un dixième ou 
un vmgtième. lien résulterait une absence 
complète de solidité, si l'on n'y remédiait 
pas à l'aide d'une seconde trame d'une ma- 
tière moins précieuse dite trame du fond^ 
qui s'entrelace avec la chaîne d*une façon 
plus avantugeuse pour la solidité du tissu. 
En d'autres termes : l'étoffe (de soie par 
exemple) est constituée par la chaîne et 
la trame de fond; et le fil d'or repose des- 
sus, comme une trame supplémentaire re- 
liéeàrétoffe par la quantité strictement né- 
cessaire de fils de chaîna. — Cette étoffe 
s'emploie généralement pour ornements 
d'église, et pour habillements de théâ- 
tre; plus lourde dans le premier cas» plus 
légère dans le second où elle va jusqu'à 
ressembler à de la gaze. Pour en faire de 
l'étoffe à tapisserie et à tenture^ il suffit de 
lui donner assez de force et d'épaisseur, ce 
qui s'obtient en renforçant la chaîne ou la 
trame, ou toutes les deux. En tapisserie, ce 
tissu serait un luxe plus apparent que réel 
et d'un goût douteux, il faudrait le con- 
cours de circonstances locales bien favo- 
rables, ou des accessoires bien choisis, pour 
atténuer la crudité des reflets métalliques 
de la 'toile d'argent et encore plus de la 
toile d'or. Louis XIV a pu se passer la fan- 
taisie d'une chambre des tapisseries en toile 
d'argent à Versailles; il était assez puis- 
sant pour manquer de goût en pareille 
matières comme en d'autres. Cette toile 
d'argent a pu être tissée aux Gobelins, sans 
rendre cette manufacture plus fière; mais 



i54 



il eût été et il" serait encore meilleur,' à 
tous les points de vue, d'en confier l'exé- 
cution à un canut de Lyon. 

Je dois ajouter que, dans le tissage des 
étoffes, comme dans la plupart des mdus- 
tries, les modifications possibles^ dans un 
but ou dans un autre, sont rinnombrables 
et défient toute prévision^ grâce à l'esprit 
inventif des industriels : (Quelles qu'elles 
soient, elles sont bonnes^ si elles sont goû- 
tées. Il y a des toiles d or tissées avec oeux 
j51s d'or ; il y en a où le fil d'or est décom- 
posé en une lame d'or et une trame ordi- 
naire (dite d'acoompagnage) qui lui sert 
de support ; - en général, les fils de chaîne 
qui doivent relier la trame d'or au tissu 
sont ourdis à part. En outre, presque 
toutes les étoffes unies peuvent être fa" 
çonnées^ c'est-à-dire à dessins : la toile d'or 
ou d'argent ne fait pas exception. Mais 
comme dans un tissu réduit. aux éléments 
que je viens indiquer, le dessin serait peu 
apparent, on le fait ressortir^ ai ajoutant 
une ou deux trames de couleurs 4iffé- 
rentes, en compliquant la chaîne^ etc. On 
arrive alors à des changements, dont l'im- 
portance est signalée par le changement du 
tissu. Dans ma collection théorique, la 
toile d'areent est représentée par un échan- 
tillon à dessin tissé avec cinq trames : 
une trame de fond» une lame d'or, une 
trame d'accompagnage, deux trames dites 
de lancé pour le dessin; chacune de ces 
trames ne revient que lorsque les quatre 
autres ont passé une fois; il y a deux 
chaînes qui concourent au dessin; c'est 
un tissu i)our ornement d'église, assez fort 
pour tapisseries; on s'en sert aussi pour 
dessus de pantoufles; c'est une lustrine 
façonnée. Si les tapisseries en toile d'ar- 
gent du palais de Versailles étaient de la 
lustrine ou un autre dérivé de la toile 
d'argent, avec de beaux dessins, elles pou- 
vaient être fort riches et fort coûteuses, 
sans manquer de goût. Mais, à Lyon même, 
plus d'un fabricant de ce genre mettrait 
du temps pour entendre lustrine^ quand 
on lui oit toile d'or ou d'argent y le plus 
plus simple des tissus où entrent l'or et 



l'argent. 



G. G. 



Histoire de l'Ecole militaire de Saint- 

Cyr (IX, 73). — Il a été déjà répondu né- 
gativement à cette question; voir III, 71 5; 

IV, 114. SAmUARIG. 

Gauche ou droite? (IX, 100). — a ... En 
Angleterre, les deux partis (whigs et tories) 
changent de place à chaque changement 
de ministère, car, au fond, c'est tantôt 
l'un, tantôt Tautre de ces deux partis, qui 
gouverne et renvoie le parti adverse sur 
les bancs de l'opposition. » (Maurice Block, 
Dict. de la Politique, v® Droite.) 

P. c, c. ; Peph. 



N« i88.] 



L'lNTERMltDIAIR£ 



i55 



i56 - 



Bibliographie dei livres condannée 

(iX, 74,1 37). •- Dans la 3« édition du 
Dictionn. des Anonymes Çk larticie Con- 
grégation de VIndex mieux connue et 
vengée)^ F. D. trouvera des renseigne- 
ments qui pourront lui être utiles. Mais 
Ton ne saurait être trop sur ses gardes en 
consultant certaines bibliographies éma- 
nées du clergé catholique. L-ouvrage de 
Mendham est trc»*rare. U Intermédiaire 
a traité plusieurs fois la question de la 
condamnation de Galilée. On trouve, 
dans le « Quérard » (I, 177 - 179), une 
lettre de Tabbé Delacouture a au Journal 
des Débats, » 21 avril i835, sur Tusage 
que le parti ultramontain prétend faire en 
France des décrets de la Congrégation de 
rindex. C'est en valncfue Ton chercherait, 
dans rindex, a La Bible enfin expliquée 

far plusieurs aumôniers ae S. M, L, R, 
), p. ^^ 1776, ouvrage qui eut 5 éditions 
en quelques mois ; il n'y figure pas, mais, 
comme le dit M« Georges Avenel, dans 
sa consciencieuse édition de Voltaire pu- 
bliée par le Siècle : a Quant à savoir 
si cette « fiible » fut poursuivie, con- 
damnée on supprimée, c'est ià un pro- 
blème littéraire. Les uns disent non, les 
antres oui ; ces autres sont ies plus nam^ 
breux. « OL. B. 

— M. Jules Petzhoîdt, directeur de 
VAn^eiger fur îiteratur des Bibliotheca 
wissenschafiy a donné dans sa Bibliotek 
bibliographica (Leipzig, i855, gr. in-8% 
xij-939 p. ) l'itidication de tous les ou- 
vrages bibliographiques relatifs aux livres 
condamnés, « Verbotene Litteratur », p. 
1 3 3-5 5. Il avait préludé à ce travail par 
un spécimen de bibliographie sur les ca- 
talogues de l'Index romain (Dresde, 1859, 
în-S» de S4 p.). 

A f ouvrage de Mendham, cité par M. 
F, D,, il faut joindre un supplément de 
340. London, 1736, gr. in-8«). 

(Romans.) Olysse Chevalier. 

tt L« Malade imaginaire » (IX, 97). — On 
ne retrouve pas le passage en question, 
parce qu'il n'est pas de Molière. C'est une 
tradition ajoutée après coup. Par qui ? 
On l'ignore. Ce serait un travail intéres- 
sant à faire (jue l'étude des traditions 
non écrites qui se transmettent, d'époque 
en époque, et que rien n'indique dans le 
texte imprimé. 

Pour en revenir à notre « Malade ima- 
ginaire, >• il fout dire que jasw'à l'époque 
où M, Cfa. Magnin (ver$ 1846 je crois) 
publiait des parties nouvelles retrouvée^ 
dans son article intitulé : k Quelques 
pages à ajouter aux œuvres de Molière », 
ie nombre des docteurs interrogateurs 
était de quatre. C'est depuis cette pré- 
cieuse découverte qu'il est monté à huit : 
« OcftaTUS doctor ». Néanmoins, le 

Et quando des feminis, etc., 



ne s'y trouve pas : ce qui viendrait con- 
firmer notre assertion d'intercalation après 
coup. A. Naus. 

P. S. — Je ne saissî cette addition est 
admise par la Comédie-Française ; en tous 
cas, je me rappelle fort bien, à rOdéon, 
avoir entendu le joyeux Thîron, en 
Thomas Diaforus, faire cette question 
avec un sérieux bien comique, A. N. 

Le noi ett haïssable (IX. 97). — Lors- 
que Curmer publiait les Français^ û uti- 
lisait les couvertures des livraisons, en y 
imprimant toutes sortes de variétés. Je 
me rappelle y avoir vu une pièce qui 
commençait par ces deux vers : 

Le moi présomptueux de Montaigne et de Sterne 
E«t mal reçu, venant d'un auteur subuilceme. 

Montaigne, en effet, parle souvent de lui. 
Voilà sans doute d où provient l'erreur 
signalée. O. D; 

Jiàre (IX, 9B). -T Hire vient de i'alle- 
mand Herr^ bien qu'il signifie tout le 
contraire.) Il en est de même de rœse^ 
qui vient de Ross^ coursier ; bouquin^ qui 
vient de Buch, livre ; lande^ qui vient de 
Landf terre ; savate^ qui vient de Tespa- 
gnoi i^apato^ soulier, etc. . Biueox. 

— Cette demande avait déjà été faite 
(III, 6ïo) il y fut répondu la même année 
p. 692, avec l'observation que beaucoup 
d'autres mots d'origine étrangère ont, en 
passant dans notre langue, comme le mot 
hère^ pris nne acception différente, et, en 
général, de dénigrement. E. O. 

Qui était 1é aem priaiitil de& fiean* 
hamaû <IX, loi). — Ce nom était pro- 
bablement l'abréviation (envieux français) 
de Beauvisage^ et la fâcheuse conson^ 
naace aura plus lard engagé la famille à 
le changer ea Beauhamois. J'ai sous les 
yeux une vieille généalogie manuscrite 
portant en titre : Table généalogique de 
Beaiihamois alias Beauvis, en Bretagne, 
en Orléans, en Canada, en Amérique et à 
Paris. — Le premier en tête est Guiilaunie 
Beanavis, sans autre indication : vient en- 
suite 12... de Beauvis, écuyer Breton, 
ayant *uivi le parti de Charles de Biois 
contre Jean de Montfort et ayant épousé, 
le 20 janvier 1390, Jchanne, daxne de 
Miramion, en Beauce, et de la Chaussée* 
lès*-Orléans. li eat un fils unique, Guil<> 
iaume de Beaiojtiaraois, i^^da nom,narié 
à Marguerite de Bourges. A compter de 
ce dernier, il n'est plus question que du 
nom de Beauharnois, l'ancien aom aj^nx 
été délaissé. 
On peut donc affirmer que les Beau* 
, harnais n'oQl pas, pour dsjssimuier leur 
i nom primitif les mêmes raisons que les 
' Bonnechose, Z. A, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 

,57 

était sans 



[10 mar 1876. 



i58 



— Saint<>Sîmoa était sans doute fort 
caustique, mais on ne l'a jamais accusé 
d'être obscène, et je pense qu'il était in* 
capable d'inventer ce nom primitif. Il a 
pu l'accepter tï'op facilement, comme 
Baillet (car je croîs juste la déduction de 
M. X. de risle) a pu avancer Topinion 
contraire, ou pour plaire à la famille, ou 
seulement empressé de discréditer une 
notion aussi scabreuse. Cette notion se 
trouve aussi dans ïts Mémoires de Casa^ 
nova, qui ajoute oue le nom priontif 
rendait compte de la fortune faite par le 
fondateur de la maison. Casanova n'est 
pas une grande autorité, mais comme il 
n'a pu connaître les Mémoires de Saint* 
Simon, il prouve au moins que l'histo- 
riette avait cours dans le public» Balzac, 
dans ses Contea drolatiques (« D'une 
paouvre qui avoit nom le Vieulx-par^ 
chemins ») cite un changement analogue 
opéré dans le nom d'une aoble faokille 
de Normandie. O. û. 

Ledéaanaament de la garde nationale. 

{IX, 102). — Qu'on nous pardonne un 
souvenir excentrique : nous sommes en 
carnaval! N'est-ce pas Cham, le spirituel 
csu-icaturiste, qui a mis cette jolie saillie 
dans la bouche d'un çavroche quelcon- 
que, arrêté sur le quai des Saints-Pères, 
devant un gros tas de cornes de toutes 
sortes, que des mariniers sont occupés à 
charger sur un bateau : « Vlà V désar^ 
mement de la gardç nationak Qui cmn- 
mencet ulr. 

a Les Vertus du beau sexe. « (IX, io3)k 
— La Biogr. Didot, qui donne bien à 
François Bruys : « VArt de connaître les 
femmes, avec une dissertation siir l'adul- 
tère, sous le pseudonyme du chevalier 
Plante-Amour, » ne parle pas des Vertus 
du beau sexe. L'article indique . comme 
ses autorités Niceron (tome 42), Quérard, 
Barbier, et le Joitrnai des Savants>,)}i\VL et 
août 175*. O. D. 



I > 1| I I ■IN»- 



Lettre de Tantiquaire Foy VaBlant. — 

Les démolitions nécessitées, place Gozlin, 
par là trouée du boulevard Saint-Ger- 
main, et la découverte que l'on y a faite de 
plusieurs cercueils, rappellent qu'il y avait 
anciennement sur ce point un cimetière 
de l'Abbaye Saint- Germain-des- Prés et 
de l'église Saint-Benoît, et, entre autres 
morts célèbres qui y furent enterrés, on 
cite les deux Perrault, le comédien Baron, 
Jean Foy Vaillant, l'antiquaire renommé. 
C'est le cas de vous adresser une lettre 
que je possède de ce dernier, laquelle 
donne lieu de considérer : 1° qu'il vaut 
peut-être mieux être malade aujourd'hui 
qu'auuèfois; 2* qu'il vaut beaucoup mieu^ 



encore ne l'être :pa$ du tout* Cemlcttre 
est adressée à 

Monsieur^ 
Monsieur Toinard, 
rue Mas^arine, frès la Comédie dufawbourg^ 
Saint-Germain, proche un esperonnic, 

à Paris. 

Je vous BVoiÈ promis, Monsieur, à vous 
escrire quand je serois arrivé à MerscUe. Je 
m acquitte de ma promesse plus tard qie je ne 
pensois, et mesme |'ay couru grand risqu de ny 
pas tenir. Après estre débarqué en Avigxon, je 
sentis quelques douleurs dans le ventre^ui me 
firent mettre au lit. A peine f fus-je ju'une 
colHque extraordinaire me gonfla tellement le 
ventre que j'en soufiris lee deroières douleurs, 
L'apotiquaire, premier étant appelé, nse donna 
deux remèdes sans aucun soulagement, ei^ttea- 
dant le médecin qu*on ne put avoir de a soir, 

3uoy qu'on Tattendit tousjours. L'apotijuaire 
it qu'il me guériroit absolument par un'secret 
qu'il me donneroit danis un bouillon dont il me 
falsifia le nom. Mes douleurs en augmentèrent, 
au lieu de s'appaiser. Il ne fit aucun efifôt par 
hault ny par bas, comme il i'avoit piomis; seur 
lement un assoupissement qui mt fit moins 
sentir mon rnal. A la pointe du jou"^ le méde- 
cin vint, qui me fit saigner soir et nutîn, et l'on 
sçut çiu il m'avoit donné cinq dregnes de dia- 
pnénique, qui m'ont mis un tef feu dans le 
corps, qu'il m'en a coûté huit saigrées, à une 
l^re de sang par jour. Un demy bah à minuit 
m'emporta beaucoup de douleurs, et un remède^ 
le lendemain, que m'ordonna un médecin amy 
de celuy qui me traittoit, lequel estdt allé à la 
campagne, me déboucha et me fit ua peu res- 
pirer. Tout le monde croyoit que je ne devoîs 
pas sortir d'Avignon. Enfin, peu-à-peu, je me 
suis fait porter a Aulêde {quelques mots itlîsi*- 

blés) J'ay de la esté à Aix, où j'ay demeuré 

encore quatre jours, et me voicy enfin à Mar^- 
seille à délibérer quel chemin je prendray. Ce- 
luy du Levant, toutes les commodités en sont 
parties et je n'en suis pas en estât. Si j'en crois 
mon courage et qu'il me revienne un peu de 
force, je pourray passer en Italie, afin d'avoir 
l'hiver plus favorable au'en France. Cette sai- 
son seule m'empesche ae me mettre en chemin 
pour revenir à Paris, ou je ne différerois pas de 
retourner, si l'hiver ne m'estoit extrêmement 
contraire. Je n'ay pas laissé de veoir des curieux 
autant que j'ay pu en ramasser quelques mé- 
dailles. Je n'en trouve que très peu de syrien- 
nes. J'ay seulement acquis ANTIûXEûN 
EHI^AAK-K-OY avec son époque, et ArPinn, 
avec l'année et Je type d'une Victoire. Je vous 
promets que si je trouve quelque chose sur ces 
matières que j'aye, je le prendray pour vous. 
Vous sçaurez chez nous si je passe en Italie, 

âuel chemin j'auray pris, et vous pourrez m'ad- 
resser vos lettres cnez Monsieur Debru, ban- 
quier et expéditionnaire en Cour d'Eglize, à 
Rome. Faites un peu nos compliments à 
tous nos amis et me croyez de cœur et d'affec- 
tion, Monsieur, votre très humbie et très obâfi- 
•sant serviteur. VAiLtikNT. 

A Marseille, ce 24 octobre i685. 

On voit que notre illustre savant eut de 
la chance d'échapper à la maladie, ou plu- 
tôt à ses apothicaires et médecins! il vécut 
jusqu'au 23 oct. 1706, ayant atteint sa 
soixante-quinzième année et accompli 



N- 18^ 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [10 mars 1876. 



159 



160 



d'îmmnses travaux. Il fut de rAcadétnie 
des insriptionsy à la fondation, en 1701. 

Jacques D. 

Sentnces réTOlationnairfS. ^ Pour de 
la lu^rne. « .... H. -F. Michel» veuve du 
ci-devnt marquis de Marbœuf..... de- 
meurât à Champs, dép. de Seirie-et- 
Marn^ âgée de 55 ans, convaincue d'être 
auteui ou complice aune conspiration 
contrôla sûreté du Peuple français, en dé- 
naturait le produit d*un très-grand nom* ^ 
bre darpents de terre dans la commune 
de Chimps, et en faisant semer à cet effet 

de la luzerne au lieu de blé Et J.-J. 

Payei, âgé de 49 ans, cultivateur aussi 

convâncu de cette conspiration en ordon* 
nantît dirigeant les semences de luzerne... 
ont ôé condamnés à la peine de mort. » 
{Moniteur du 19 pluviôse, an II.) 

Podr des bougies. L'arrêt est du 6 ther- 
midor, a& II, et est inséré au A/oni/ewr 
du 19. Pirmi onze personnes qu'il con» 
damne, je remarque M™« Chalgrin, femme 
de Tarchicecte, fille de Joseph Vernetj 
M"« Filleul, concierge du château de la 
Muette, e: sa mère, M"» Boquet, ex-con- 
cierge. — Entre autres chefs d'accusation 
vagues et qui se retrouvent dans tous ces 
arrêts, cdui-ci articule le fait d'avoir « eij- 
levé furtivement des meubles du ci- devant 
château de la Muette, et cherché à cor- 
rompre des fonctionnaires publics, pour 
les engager à leur livrer des effets appar- 
tenant à la Nation. » Comme M"»« Filleul 
était peintre, i 'a vais pensé, d'après ce texte 
de l'arrêt, qu il s*agissait d'à voir enlevé du 
château de la Muette quelque objet d'art, 
tableau, portrait, voué à la destruction 
comme reproduisant les traits ou le souve- 
nir des anciens maîtres du château. Mais 
les Mémoires de M™« Lebrun^ amie intime 
de M»« Filleul, sont venus rectifier mon 
interprétation: il s'agissait de bougies. 
M»« Chalgrin marianc sa filie (bien jeune 
sans doute, puisqu'elle-méme n'avait pas 
34 ans), M»» Filleul, leur amie, mit à leur 
disposition, pour faire la noce, une salle 
de ce château, alors sans emploi, dont elle 
était concierge ; et Ton y brûla des bou- 
gies, reste de l'ancienne provision, ()ui, se 
trouvant là lors de la confiscation, y 
avaient en effet été comprimes et fiaisaient 

Ï)artie du domaine de l'Etat. Fut-ce bien 
à le crime ^ et n'y eut-il aucun grief caché? 
M. Eug. Asse, qui a fait l'article Vernet 
dans la biogr. Didot (pour l'art. Chalgrin, 
il n'a pas (Uiigné apercevoir cette insigni- 
fiante circonstance d'une épouse guilloti- 
née à 34 ans), M. Eug. Asse dit: « Mar- 
guerite-Emilie-FéKcite, née le 20 juillet 
1760, à Rayonne, morte sur l'échafaud le 
1 3 juillet 1794, à Paris, Elle avait épousé 
Chalgrin. Emprisonnée sous la Terreur, 
on a reproché au peintre David, que sa 
beauté ou celle de sa fille n'avait pas laissé 
insensible, de s'être refusé à son élargisse- 



ment. » M*»' Lebrun a aussi raconté que 
lorsqu'elle émigra, dès oct. 1789, elle alla 
dire adieu à M™<» Filleul cj^ui s efforça de la 
faire changer de résolution, ne compre- 
naflt pas queroè quittât la France au mo- 
ment où s Ouvrait pour «les beaux-arts une 
ère nouvelle de liberté, de gloire, de pros- 
périté, etc. La pauvre femme oubliait... et 
de guillotine» 

Pour la bonne renommée des assU 

gnats. -— J. Servin, âgé de 70 «ns, ex-no- 
taire, domicilié à Etampes, convaincu d'a- 
voir tenu des propos contre-révolution- 
naires tendant à l'avilissement des autori- 
tés constituées et au rétablissement de la 
royauté.*,. b et d' avoir cberobé 4 discréditer 
les assignats, en disant ^ue* la Nation fe- 
rait banqueroute, et de l'avoir fait dans des 
intentions contre-révolutionnaires, a été 
condamné à la peine de mort. » Ce der- 
nier arrêt est du x i froctidor, plus d'un 
mois après ce Neuf Thermidor, qui passe 
un peu trop absolument pour avoir terme 
le règne de la Terreur. Le cit. Servîn au- 
rait dû faire changer le proverbe : M 
n'est prophète en son pays, en celui-ci : Il 
ne fait pas bon être prophète en son pays. 

Et la- moralité? J^ai un peu peur que 
Boileau ne s'en soit chargé d'avance (à un 
mot près), lorsqu'il a dit : 

Et loin dans le passé regarde l'avenir. 

CD. 

Bévues professorales. — M. Gaston 
Feugère (Erasme ^ p. 55) dit : « LéonX 
donnait ce privilège à Aide Manuce pour 
l'impression des Epître^ des hommes ob- 
scurs. » Or, la première partie des Epitres 




qu'Aïae i avait impri- 
mée avec privilège. » Quant à la seconde 
partie, pour railler la condamnation pa- 
pale de la première, on la donx» comme 
imprimée en cour de Rome. — Le plai- 
sant est que M. Feugère a pris la plaisan- 
terie au sérieux. 

P. 379 du même ouvrage, on lit : « Ne 
doit-on pas honorer Erasme d*avoir, avec 
l'autorité d'une suprématie intellectuelle 
partout reconnue, protesté contre les tris- 
tes doctrines de 1 école italienne... Gui* 
Chardin proclamait le droit de la force. 
Sarpi déclarait à la seigneurie de Venise 
qu'elle pouvait traiter ses sujets du Levant 
comme des animaux féroces... » Or, Gui* 
Chardin commença son histoire en i343 
— c'est-à-dire sept ans après- la mort 
d'Erasme. Sajpi est né sei:^e ans après 
cette mort : en i552. Ristelhuber. 



Le gérant, Fischbacrek. 



ParU.—Typ, de Cb. Meynieis, i3, roetiuias,— iSjo- 



^O'QWt 



Noméfo 189 



Chtr^têt 




g 

M 



/l M fmtU 
mir*mtâtr. 



15 mars (876 



DES CHERCHEURS ET CORIEHX 

(CORRESPONDANCE littéraire, ;7<:or£S and QUERIES françait.) 

— ' — l6l ' ■ ' ' ■ ' ■ — 102 = 



inr L" ,■■.!'; 



Un noble révolutionnaire : le marquis de 

Viltotte. 

Q.UESTION-CAUSBRIE, 

Vous rappelez-vous certain procès civil 
qui fit du bruit, il y a une quinzaine d'an^ 
nées, celui de la succession du marquis 
Charles de Villette? Ce marquis» décédé 
le 3 juin 1859, avait, par testament dn 
16 mai i836^ laissé une petite fortune dÇv 
^ millions au comte de Dreux* Brézé, 
evêque de Moulins. En réalité, c*est au 
comte de Chambor^ que le legs était £ait*' 
Des intéressés (on Test à moins 1) s'em- 
pressèrent de dénoncer ce fidéicommis, 
tait au profit d*un incapable, devant le 
tribunarde Clermont (Oise) et la cour d'A- 
miens. L'arrêt qui intervint le i^i^août 1861 
porte que « le marquis de ViUetlç, aç^cfpn 
« écuyer du prince de Condé, était dominé 
«par une passion exclusive, Tamoar, 
« poussé jusqu'à Tldolâtrie, du principe de 
« la légitimité de la branche aînée des 
« Bourbons, et la haine implacable de la 
« famille d'Orléans. » Le même arrêt con- 
state que, dans un autre testament du 
8 avril 1859, le marquis de Villette avait 
consigné cette déclaration «. Je meurs en 
« disant hautement au monde entier : 
« Nonl Mgr le duc de Bourbon, mon cher 
« et malheureux prince, ne s'est pas sui* 
« cidé, etc. » 

Ce curieux procès, plein de contrastes, 
apprit au public que, par les dernières vo^ 
lontés du de cujus, lévéque de Moulins 
devait prendre en charge toute une col- 
lection d'objets recueillis par trois généra- 
tions et déposés au château de Villette, 
et notamment assumer la garde du cœur 
de VOLTAIREI 

C'est qu'en effet le de cujus était le pro- 

f)re fils du riche marquis de Villette, mort 
e 9 juillet 1793, celui qui avait eu la 
chance de plaire à Voltaire et à M"« Denis, 
et d'épouser en 1777, sous leurs auspices, 
la charmante M"« cleVaricourt, leur voisine 
de Ferney et leur protégée, celle qu'ils 
appelaient Belle et Bonne, Ce mariage fut 
célébré en présence de six oncles du mar- 
auis, tous chevaliers de Saint- Louis ^ et, 
1 année suivante, Voltaire, allant triom- 
pher et mourir au Capitole parisien, des- 



cendit chez les nouveaux époux, dans leur 
bel hôtel du quai des Théatihs, en face du 
Louvre. 
Voltaire mort, ce fut M. de Villette 

Sui dut le faire embaumer, et, M»« 
►enis lui ayant permis de garder le 
cœur, il le renferma dans une urne sur la- 
quelle il fit graver le fameux vers, qui est 
sans doute de lui : 

Son esprit est partout, et son cœur n'est qu*ici. 

C'est cette urne qui, après avoir été 
longtemps à Ferney, où tant de visiteurs 
l'ont vue, était en dernier lieu à Villette, et 
se trouvait ainsi confiée aux soins pieux 
de Mgr de Brézé. 

^ime (Je ViJlettc (Be//e et Bonne)y morte 
% Paris le i3 nov. 1822, a laissé une mé- 
moire irréprochable; elle- avait survécu 
vingt-neuf ans à son mari. Celui-ci n'avait 
certes pas été un seigneur exemplaire; il 
avait fait beaucoup de bruit, surtout dans 
les derniers temps de sa vie, en se jetant 
avec ardeur et emportement dans le mou- 
vement politique de 89 (1). On dut à sa 
plume les cahiers du bailliage de Senlis, 
qui ârent sensation, par la hardiesse des 
griefs et des voeux ou 'on y exprimait; 
et, au grand scandale des royalistes et des 
rédacteurs des Actes des Apôtres^ il publia 
avec éclat, le 17 fév. 1790, une lettre écrite 
à, son intendant, pour fui ordonner de re- 
noncer, en son nom, sans aucun délai, à 
tous ses droits féodaux, avant même que 
rAssemblée nationale eût statué. D'avril 
1789 à août 92, il inséra dans la Chro" 
nique de Paris un grand nombre de let- 
tres, frappant à coups redoublés sur l'an- 
cien régime; ses plus grands adversaires 
ne pouvaient s'empêcher de trouver ces 
dangereuses lettres fort remarquables. On 
a fait observer avec raison qu'elles étaient 
comme des espèces de prophéties, en ce 
sens que de nombreux décrets de l'Assem- 
blée nationale s'en inspirèrent, s'y trouvant 

(i) Il justifia ainsi, par avance, la donnée d'un 
livre intitulé : Histoire de l'Esprit révolution' 
naire des Nobles de France, qui parut en 18 18 
(2 vol. in-8«), disant aux nobles d'alors : « Vos 
pères, en 1789, ont été plus justes et plus 
désintéressés que vous! » — L'auteur de ce 
livre se vit, ait-il, accabler d'injures par la 
Qjiotidienne, les Annales et les Débats. 

TOME IX. — 6 



N- i8g.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



i63 



pour ainsi dire formulés à Tavânce. On 
comprend que les ennemis ne manquèrent 
point à un tel homme, jouant un tel rôle. 
Il s'en moquait bienl Disons, pOur achever 
de le faire connaître ici, que les massacres 
de Septembre le saisirent d'und vive indl-* 
gnation, et qu'il fit paraître contre leurs 
redoutables auteurs une protestation éner- 
gique. Il venait alors d'être élu membre de 
la Convention, pour Seine-et-Oise : son 
vote final) dans le procès du Roi, fut pour 
la réclusion et pour le sursis. C'est à peine 
si la maladie, à laauelle il succomba quel- 
ques mois après, lui pennettair d'assister 
aux séances, où il se taisait porter. 

Le marquis de Villette est, en somme, 
un type des plus curieux à envisager, dans 
les divers incidents de la vie militante qui 
Tentraîne et le dévore. Un choix est à 
faire parmi les échantillons multipliés de 
sa verve polémique, où se manifestent 
d'une manière très-origînale et sa propre 
individualité et le caractère général de la 
grande époque révolutionnaire, tl y a de 
ces choses qu'il est bon de replacer sous 
nos yeux, aujourd'hui que l'on est porté à 
« n'avoir rien appris, â avoir tout oublié, » 
et à « demanaer pardon à* Dieu et aux 

hommes u des insanités incessamment 

renouvelées de tous les partis 1 

P. -S. — A propos de ce cœur de Vol- 
taire, qu'est-if donc devenu? N'a-t-il pas 
fini par échoir (ou échouer) à la Bîbliotnè- 
que Richelieu ? L* Intermédiaire qui a mis 
en lumière la question des cendres et du 
cervelet du patriarche de Ferney (I, 56, 
62 ; III, 8), ne nous dira-t-il ce qu il en est 
de cet illustre « viscère »? E. H. 

fl^ m »■!■ *mt t III fii.i Mil iiM tJA*o . <tii>É... 

^tu0ttan0. 

BstLfis LËTTKfes — Philologxs — Beaux-Arts 

— HlSTOmiE — AltCHBOLOGlB — NUMISMATIQUE 
•^ ËPIORAPHIB -<*' BlOGtlAPRIE — BXBUOGKAPHIE 
-^ DlVBIlS. 

Dana QM Uttre de Muset. ^ Qui est 

le Monsieur Caron dont parle A. de Mus- 
set dans une de ses lettres (la première dans 
l'éditioa Charpentier, Œuvres posthumes), 
et chez qui le )eune poète aurait, paraît-il, 
obtenu les honneurs du triomphe? 

Pourrait-on me dire aussi ce qui aurait 
valu au chantre des Nuits^ a alors bache- 
lier de la veille^ » ce triomphe dont il 
parle? 

Chers Intermédiairistes (ou Iniermé* 
diaristeSf à votre choix!), une réponse, 
S.V. P^t quelque embarrassante que puisse 
être la question? M. L — E. D. 

« La pythie pbilippise. .. » -^ Que peuvent 
signifier ces trois mots qui terminent une 
phrase du dernier roman de M. Victor 
Cherbullie«, dans la Revue des Deux 
Mondes du i^ mars 1S76, p, 6, ligne 17, 



164 



^ " 1 » 



mots que rien n^amène ? Aucun des per- 
sonnages de ce roman (le Fiancé de M^ 
Saint'Maur) nç s'appelle Philippe; aussi, 
l'obscurité de l'allusion — car il doit y en 
avoir une -«^ ne se dissipe guère, lorsqu'on 
lit plus bas, ligne 23 : c< Soit! la pythie 
a pnilippise, cela prouve qu'en cette occur- 
v rence Philippe se conduit en homme 
a délicat. » 

Cela fait-il allusion à Philippe de Macé- 
doine, à son expédition de 353 contre les 
Phocidiens qui avaient pillé le temple de 
Delphes? 

S il en est ainsi, cela est tiré de loin! 

Quelqu'un. 

« Semm », la soie. — Dans une société 
scientifique, la Société des Sciences indus- 
trielles, de Lyon, on a longuement discuté 
pour savoir si l'on devait, en pariant de ce 
qui concerne la culture de la soie, dire 
sérieicole ou géficole, et Ton a concla en 
âiveur de ce dernier vocable, en se basant 
sur ce que soie en latin se dît sérum et 
non sericum» Cependant l'adjectif sericus 
a été employé par les auteurs anciens sub« 
stantivement dans serieum, étoffe de soie, 
et serica, vêtements de soie, à Texcmple 
des Grecs qui avaient le substantif 2Y)p'.y.iv, 
soie. D'un autre côté sérum, soie, ou ver 
à soie, donne lieu & un double sens, car il 
signifie proprement petit-lait, et le mot 
séricole devrait à première vue s'entendre 
dans ce dernier sens. 

Je demande donc si le grec Si^p, ver à 
soie, n'est pas un néologisme; si le latin 
sérum ne l'est pas également ? Et, dans le 
cas contraire, quels sont les anciens au- 
teurs qui l'ont employé ? Je n'en connais 
aucun. Ce serait le seul argument qui pût 
faire excuser le nouveau mot imaginé si 
malheureusement, sous le rapport de l'eu- 
phonie et de la clarté^ par la Société des 
Sciences industrielles. A. St. 

Centre et circonférence. — « Quant à la 
fameuse définition de Dieu : « C'est une 
sphère infinie dont le centre est partout, 
la circonférence nulle part ^, on sait aa- 
jourd'hui que Rabelais l'avait empruntée à 
la scolastique et que la scolastique l'avait 
tirée vraisemblablement de quelques au- 
teurs anciens, d'EmpédocIe, â ce qu'il pa- 
raît. » (Scherer, Etudes critiques.) Betzit- 
il possible de changer ces vraisemblances 
en certitudes? R. 

Racontar. — Un « racontar », des « ra- 
contars ». Voilà un mot qui a pris droit de 
cité dans la langue des Journaux, petits et 
grands, et dans les livres des journalistes. 
À-t-ilun acte de naissance? Le besoin de 
sa génération « boulevardièr e » se faisait-il 
bien sentir? N. M. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



- |65 



Casseur d'assiettes. — Je n*igûore pas 
qu'un casseur d'assiettes n'est pas seule- 
ment le maladroit qui prépare de la beso- 
gne aux raccommodeurs de faïences. Je 
sais que Ton appelle, aussi de ce nom un 
fôndanr, un pôSeùf, Un fanfaMfl, ew. Mais 
pourquoi cela? D'où vient qu'un chapeau, 
mis d'Uiie certaine fâ^on, fait dire qu'il 
donne l'air d'un « côSieur d'assiettes »? 

D, B. 

^' S.^ — M. John Leûioînne, le nouvel 
académicien, dans un parallèle entre Jo.- 
naihan et John Bull^ a écrit du premier r 
« 11 est un peu çassèur d'assiettes; il met 
les pieds dans le plat..»». » 

DrôUfse. -^ De quelle ^])ôque date ce 
qualificatif hautain <t ifiéprisadt, dont on 
use envers certaines femmes? Comment 
cet adjectif a-t-*!! ainsi passé du doux au 
grave, du plaisant au sévère? M. B. 



i60 



(25 mars 1876. 



Guépiiit — Un de nos coaboanéa a em" 
ployé ce mot comme synonyme d'Orléa- 
nais, si je ne me trompe (IX, 1 14). Je dé- 
sirerais savoir le séhs et l'origine de ce 
sobriquet.' DicaSïès. 

Attendu que... — Comment peut-on ex- 
pliquer grammaticaitméht c$tt# locution 
de basoche, employée par le» tribunaux, 
en tête de leurs «Onsidérams? Saiduario, 



•art, l'ai toujours soin de placer devant le les plus terri ble^s'êx^gTnTdu musiden'uA^ 

.n^S^!!^^^^^^^^ L^.P^^- ^^^i' ].f^'ff^ tons et une poésie ?ml 

menâe. Ce sujet est V Electre de Sophocle, 



« Monsieur. » devant les noms propres. 

- L'usage et lés convenances n'exigent-ils 
pas d'une manière absolue que l'on fasse 
précéder du mot Monsieur le nom d'une 
personne encore vivante, quelque illustre, 
quelque célèbre même que soit cette per- 
sonne? Ne doit-on pas écrire M. Victor 
Hugo, M. Thiers, M. Littré? S'il en est 
ainsi, pourquoi V Intermédiaire prend-il 

soin dé Supprimer cette M. que, pour ma 
part, î'^: ^-'--^ --Î- ^- ^-*-' ^ 

nom _ ^^ 

tenté seule a ïe droit d'opérer ce retran- 
chement. 

La suppression est-elle même de règle, 
quand on parlé d'auteurs ou de person- 
nages déçédés ? Par exemple^ ne dira-t-on 
pas encore longtemps M. Guii^oi^ 

DiCASTÈS. 

Shampsoing.—Qu'est-cedoncquecemot, 
ae physionomie anglo-chinoise, que l'on 
voiî, depuis un certain temps, aux vitrages 
et aux transparents dé MM. les coiffeurs 
^e bon tort } Il signifie, je le sais, lavage 
de la tête avec de Peau athénienne ou autre 
eau philocome. Mais d'où nous vient-il? 

D. B. 

Un bonnet « aux navets ».— Je lis, dans 
le Chevalier de Saint-Georges, de Roger 
ae Beauvoir (chap. xxxiv, les Endormeurs, 
PJgf 267, édii. Michel Lévy, grand in-12, 
^^7j), la phrase suivante r 

« Ici d«s biicchaiited écheveléés, le thyrse 
en maih, le front couronné de pampres 
verts , Là des abbés poudrés..., etc., plus 
loin des villageoises en bonnet aux navets 
et des comtesses coiffées en vergette.,. » 

Jusqu'ici^ je ne connaissais que les ca- 
nards... aux navets. — Mais,, un bonnet 
^^x navets, qu est-ce que cela peut bien 
"'^- Ula. 



Snob. Snobisme. — On applique souvent 
a de certains individus, surtout les per- 
sonnes qui Sont au courant des mœurs 
anglaises, la qualification de Snob. Que 
signifie-t-elle, au juste? Qu'est-ce que le 
Snobisme? Est-ce une certaine originalité 
de caractère et d'habitudes? M. B. 

Uû opéra eu prose. *- Dans k ootwtf 
que le Dictionnaire encyclopédique de là 
France, v^r Philippe Lebas, a consacrée 
(tome IV, page 457) au compositeur de 
musique Stanislas Champein, né à Mar-r 
seule le 29 novembre 1753^ mon à Paris 
le 19 septembre i83o, on lit : 

Ki^ ^^ ^-^^î^^^-^ ^^î^^^ ^^ premier lepro- 
blême Si difficile d'adapter de la musique 
â des paroles eu prose. Poat eette îfifleva- 
tion hardie j il avait choisi un sujet où les 
passions les plus véhémentes et les remords 



traduite littéralement du grec. Le premier 
acte de cette oeuvre extraordinaire fut ré- 
pété et enleva tous les suffrages. Cependant 
la représentation publique de VElectre fut 
côttstamment refusée, sans qUe l'Autoritd 
m connaître lés motift d'uti refus qui nuit 

Jf ^f "1,! ^1 ^l^^^^ î*" compositeur et â 
celle de l'école française. 1» 

En empruntant textuelletncnt ce récit 
à une publication antérieure (la Èio^ra- 
phte des Contemporaine, par Rabbe, Bois- 
john et Bamte-Preuve), le Dictionnaire 
encyclopédique n'7 a ajouté aucun détail 
nouveau. Quelque amateur de musique 
correspondant ^e \ Itttermédiaire, pdtir^ 
rait-il et voudrait-il bien donner quelques 
renseignements sur ÏElectrede Champein 
sur les causes qui ont fait interdire là re- 
présentation, et enfin. Sur ce point ; L'œu- 
vre existe-t-dlé encore, ô TOpéra ou âil- 
leurs, et ne ëefâit-ce pas une tentative 
curieuse, et peut -erre heureuse, de k pro- 
duire devant le public? F. L. 

«Imbrèsumusperlturifi.-^ En présence 

de la pfcie qui, depuis tant de jours, tombe 
chaque jour, et des inondations qui nous 
menacent, n'est-ce pas le cas de citer ce 
couplet, que lé recueil de Maurepas t^ête 
au pnfioe ût Condé s'adressent, en 1644 



N» 189.1 



LINTERMÉDIAIRB 



167 



168 



au marquis de la Moussaye, en descea- 
dant le Rhône, diaprés une note du temps : 

Carus amicus Musssus, 

Ah» Deus bone! quod tempus! 

Landerirette! 
Imbre sumus perituri! 

Landeriri! 

Le péril est d'autant plus grand pour 
nous, que nous n'avons pas. Dieu merci, 
les mêmes raisons que les nobles inter- 
locuteurs pour échapper au danger des 
grandes eaux. En effet le marquis rassure 
le prince en lui répondant : 

Securœ sunt nostrae vitae, 
Sumus enim s 

Landerirette ! 
Igné tantum perituri! 

Landeriri! 

Cette accusation, qui n'est pas sans fon- 
dement, puisqu elle est indiquée par Saint- 
Simon et confirmée par le comte de Coli- 
gny, est-elle historiquement admise? Tout 
en retranchant une partie des éloges ou- 
trés, prodigués au grand Condé par Bos- 
suet, n'y a-tnl pas lieu de se aéfier du 
dénierementhaineuz de ses détracteurs? 

A. D. 



Lambert MicheL — Où est né ce célèbre 
musicien, beau-père de Lulli? Dreux du 
Radier et Denne-Baron le font naître en 
1610 à Vivonne, près Poitiers, tandis que 
Tallemant des Réaux et Chalmel préten- 
dent qu'il naquit à Champigny-sur-Vende, 
près Chinon; Chalmel ajoute : en 161 1. 




coïncide avec la date tournie par 
Il me semble que l'indication de Talle- 
mant, son contemporain, doit être exacte, 
d'abord parce que le château des Réaux 
est situé à peu de distance de Chinon et 
de Champigny, ce qui l'avait mis à même 
d'être bien renseigné ; ensuite, parce qu*il 
raconte que Lambert était désigné corn* 
munément sous le nom de Champigny, ce 
qui même avait donné lieu à un quiproquo 
assez drôle. (Voir les Historiettes.) Qu'en 
pensent mes chers collabo...? A. D. 

Lettres de Charlotte de Corday à re- 

trcaver.— Bougon- Longrais, secrétaire gé- 
néral du département du Calvados en 
1791, avait été en relation avec Charlotte 
Corday. 11 en avait reçu dix-huit lettres, 
sur dinerents sujets ae littérature et de 
politique, qui ont disparu. Dans une col- 
lection d'autographes (sir Henri Hottin- 
fham) vendue à Londres aux enchères pu- 
liques, en 1868, figurait une lettre de 
Charlotte Corday à Bougon-Longrais. Sait- 
on qui a acquis cette lettre? Pourrait-on 
en connaître le texte? Sait*on ce qu'est 
devenu le reste de la correspondance pré- 



citée? (Voir Ch. Vatel : Charlotte Corday 
et les Girondins^ t. I, p. ccxii et seq.) 

R. Chail. 

Lonit X?III et la scsnr de Robespierre. 

— Je lis, dans les Mémoires du comte Beu* 
gnot (a« édit., t. II, p. 394J, le passage 
suivant : « Dès les premiers jours de son 
entrée en fonctions (comme directeur gé- 
néral de la police), Louis XVIII demanda 
à M. Beugnot l'état des secours accordés 
par l'Empereur sur les fonds du ministère 
de la police. Celui-ci s'empressa de lire 
au Roi les noms inscrits sur cette liste, et 
arrivé à la fin : « Il y a un nom que je 
n'ose lire au Roi tant il lui rappelle de dou- 
loureux souvenirs! — Et quel est ce nom? 

— C'est celui de la sœur de Robespierre. 

— Laissex-le sur la liste, dit le roi; elle 
est assez malheureuse du nom qu'elle 
porte I » Et pendant tout le temps qu elle 
vécut, la sœur de Robespierre continua 
de toucher, sur les fonds do ministère 
de la poHce, un secours accordé par le 
frère ae Louis XV L » Sait-on (]aelle 
est la raison de cette pension contmuée 

Î)ar Louis XVIII? Est-ce parce que — (je 
'ai ouï dire) -> Maximilien était un agent 
du comte de Provence? Il est à remarquer, 
en effet, qu'aucun des amis de ce dernier 
n'eut beaucoup à souffrir pendant la Ter- 
reur. Naturellement M. £. Hamcl, l'histo- 
rien de Robespierre, est muet sur ùe point. 
Un Intermédiairiste, ayant eu ses entrées 
aux Archives de la Préfecture de police 
avant l'exécrable incendie de 1871, n'au- 
rait-il rien trouvé à ce sujet dans les pa- 
piers de Courtois? La question me semble 
mtéressante et je pense qu'elle vaut la 
peine d'être élucidée. Montbonmin. 

Allocntion adressée aux élèTes ^ de 
Fécole primaire de la commune de Nazelles 
(Indre-et-Loire), le jour de la distribution 
des prix. Lyon, imprimerie Louis Perrin, 
i865, in-8» de 19 p., titre rouge et noir. 
Quel est l'auteur de cette allocution? 

H. I. 



Noms des habitants de quelques villef 
(II, 259, 317, 4o5, 440, 591). — A ajou- 
ter aux noms indiqués : Les habitants de 
Rode^ s'appellent Ruthénois; ceux de 
Cahors prennent le nom de Cadurciens. 

Saiduarig. 

Ex-Libris (Vlîl, 373, 440, 652). - 
M. P.-M., dans son excellente monogra- 
phie des Ex'Libris français^ 2«édit., 1875 
(p. 4}, dit : « En somme, on doit douterde 
1 existence d'un Ex-Libris, gravé en creux 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mars 1876. 



— 169 



X70 



ou en relief, antérieur à Vannée 1600, jjui 
puisse être dit français dans les limites 
géographiques de la France d'alors. » — 
uettedate de 1600 réclame un erratum, 

Jacques Thiboust seigneur de Quan- 
riLLY, Notaire et Secrétaire ordinaire du 
Roy et delà Reyne,né à Bourges en 1492, 
mort en x 355, a laissé des ex4ibris « im- 
primés à Faide d*un bois, et dont il se ser- 
vait pour en décorer tousles livres de sa bi- 
bliotoèque » : (Armoiries deThiboust, en 
abîme, sumn cartouche Renaissance sur- 
monté de la devise. Les et Regio et dé*' 
coré du nom anagrammatisé du biblio- 
phile : Qvi voYT sesbat). — M. P.-M. 
pourra trouver un fac-similé y très- exact, 
de cet ejr-/i>w, reproduit lithographique- 
ment, dans les Mémoires de la Commis^ 
sion historique du Cher : Un Ménage lit' 
ter aire en Berry^ par M. H. Boyer, tome I, 
2« partie, p. 148, et planche 2. — Bourges, 
Vermeil, in-8«, 1860. 

J'indiquerai encore les deux noms d*ar- 
tistes suivants, pour être ajoutés à la Liste 
de graveurs d'Ex^Libris : XVII I« siècle : 
Ex'Lïb, du Comte de Carvoisin. Devise : 
Buce non erramus olimpo. Signatures : 
Collin sculptor Régis; — Ex^Lib. de 
P.-L. FiLLiARD, avocat au Sénat de Sa- 
voye. Signât. : gravé par Téron, 

Ulric. 



Ministrerie, Min. prote8tant(VII 1,386). 

L'étymologie de ViUegagnon est tirée par 
les cheveux. Je citerai là-dessus Y Apologie 
delà Reformations etc, contre Maimbour g ^ 
parJuneu^t. I, p. 553 (Rotterdam, i683): 
« Si nous avions dessein de ne rien laisser 
eschaper à nostre historien ( ViUegagnon) 
nous lournerions en ridicule ^origine qu'il 
donne au nom de ministres. lia trouvé 
que le nom est venu de Poitiers, où il y 
avoitun lieu appelé la: Ministrerie^ dans 
lequel on enseignoit le droit. Je ne scay 
s'il fut jiimais rien de plus impertinent. 
Nos Pasteurs ont renoncé au nom de 
Prestres, que l'on avoit souillé par Tabus 
et ridée de sacrificateur du corps de 
J.-C, qu'on y avoit attachée. Nous avons 
retenu celuy de Pasteurs qui est un nom 
;<néral, et celuy de Ministres, dont nous 
isons gloire, mal gré toutes les meschan- 
:es plaisanteries que les papistes font là- 
'essus, et la peine que les prestres de 
Vance se sont donnée, pour le faire flétrir 
r arrest du Conseil, et Tidée de mespris 
e leurs écrivains y ont attachée, qui 
jfoyent nous faire bien du chagrin quand 
"appellent nos pasteurs « ministres » : le 
inisire tel^ le ministre dit. Encore une 
>is nous faisons un honneur d'estre les 
ttinisires et les serviteurs de J.-C. C'est 
i honneur que nous avons commun avec 
int Paul qui dit : Quç chacun nous 
nne comme ministres de J.-C. C'est de 
que nous ayons emprunté notre nom. 



Mais une révélation est venue au sieur 
Ma imbourg, que nous avons renoncé au 
plaisir de pouvoir tirer de l'Ecriture 
Sainte nostre nom de ministres pour l'al- 
ler prendre dans l'escole de Poictiers..... 
On est bien heureux d'avoir des historiens 
qui travaillent sur de si bons mémoires et 
qui nous apprennent de si belles choses... 
Il y a une multitude de fatras dans cette 
histoire de ViUegagnon.. ..& s> 
(Genève.) H. D. Rtr. 

KharaguenzCVTII, 610, etc.; IX, 77).— 
J'avais espéré trouver des renseignements 
sur ce pantin, auprès d'un compatriote, 
ancien élève de l'Ecole de Chalons-sur- 
Marne, revenu dans son pays natal, après 
un séjour de trente ans à Constantinople 
et dans les environs, où ses occupations 
l'avaient mis en contact avec toutes les 
classes de la société et lui avaient fourni 
l'occasion de connaître leur langue et leurs 
mœurs. Il m'a avoué qu'il avait eu la cu- 
riosité de voir ce spectacle,.mais que la 
première pièce qu'il avait vu jouer lui 
avait inspiré un tel dégoût, par sa brutale 
obscénité, qu'il y avait renoncé pour tou- 
lours. Kharagueu^ n'est, suivant lui, que 
le polichinelle napolitain ou le guignol 
lyonnais transporté dans les pays turcs et 
adapté aux goûts du public qu'il y trouve. 
Cette adaptation donne une triste idée des 
mœurs de ce public, composé d'hommes, 
de femmes et d'enfants, qui rient aux 
éclats aux scènes les plus immondes. Mais 
on ne s'en étonne plus, ajoutait-il, quand 
on comprend le chapelet d'injures ordu- 
rières qui sortent de la bouche des cens 
de ce pays, à tout propos et parfois à 
l'adresse d'un âne. — Mon compatriote 
m'a fait remarquer que l'on donnait le 
nom de Kharagueu^ à de grossières ébau- 
ches de comédies, jouées devant un public 
Elus ou moins choisi, où les pantins de 
ois étaient remplacés par des acteurs vi- 
vants, de race juive. Sur un thème qui est 
presque invariable, les acteurs brodent à 
leur tantaisie, suivant leur talent et suivant 
la composition de leur public. Le rôle 
principal est rempli par un Juif, dans le 
costume de sa race, objet des msultes de 
ses camarades déguisés en Turcs ^ et fina- 
lement roué de coups par eux. Celui quia 
le rôle de Juif se permet bien parfois des 
reparties piquantes qui font faire la gri- 
mace à plus d'un spectateur ; mais comme 
il est toujours battu pour le dénoûment, 
tout le monde est content. Ces acteurs 
sont généralement appelés à donner de 
l'animation aux fêtes, et il est de bon 
goût d'en donner le régal à ses invités, 
dans les grandes occasions. G. G. 

La pervenclie, fleur àe J.-J. Ronssean 

Bill, 704; IX, 18, 49). — A propos des 
erbiers de Rousseau, dont parle M. 01, 



N- 189.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



171 



172 



nX, 49), me perffiettra-t-on d'ajooter un 
détail, peut*étre intéressant et dont je 
pul$ certifier la vérité. J'ai bien souvent 
entendu dire à ma tante la comtesse Ar* 
thur Desâfx (fille aînée du marquis Ernest- 
Stanislas de Qirardin) que tous les Herbiers 
de Jean-Jacques étiquetés et annotés de sa 
main, -« en latin presque toujours, — ^ et 
très-soigneusement classés et reliés sous 
la forme de volumes, se trouvaient eonser» 
vés dans la grande bibliothèque du châ- 
teau d'Ermenonville. — La terre d'Er- 
menonville a . é té vendue récemment, après 
b mort du Marc^uis (2 janvier 1S74), mais 
n*est point 3ortie, pour cela, d'entre les 
mains de la famille de Cirardint II est donc 
probable que ces précieuses reliques re* 
trouveront çhc^ le npuvel acquéreur Ten* 
tQurage de soins pieux qui lc% a fait res^ 
pecter et conserver jusqu à nous. La vraie 
place» en effet, de ces Herbiers devenus 
nistoriques, est à Ermenonville, là-même 
où ils ont été créés, -^ dans cette admira* 
ble vallée que la grande ombre de Rous- 
seau a rendue ^ jamais imo^ortelle. 

La Dçrvençhe n'est pa$ seulement la 
fleur oe J.-J. Rousseau. Elle est aussi la 
fleur par excellence de tous les rêveurs, 
de tous les poëtes amis des bois et de la 
nature» A ce nom de pervenche, deux vers 
charmants me reviennent à la mémoire, 
L'un, de H. de Latouche, l'éditeur bien 
connu des poésies d*André Chénier : 

La pervenche aux yeux bleus rit dans les buis- 

[sons verts. 

(Adieux, voésies, $r. in-12, 1844, p. 24.) 
L'autre, cfe Victor Hugo : 

6t des pleurs souriaient dans Toeil bleu des 

(pervenches. 

(J^^S Contemplations. — - A André Ché' 
nifir^ t. I,p. ai, i856. Edition originale.) 

Ces deux beaux vers ne semblent-ils pas 
avoir, entre eux, çQmme un air de famille? 

Ulric, 

flentdttx les peuples qui..... (Vin, 739 ; 
IXf 24), — Je lis avec plaisir ces lignes 
dans le discours de réception de M. John 
Lemolnne à l'Académie française (2 mars) : 
« Mon prédécesseur (J. Janin) disait, quand 
on lui demandait les éléments de sa bio- 
graphie : a Je suis comme les peuples heu- 
«t reux, je n'ai pas d'histoire ! » Je demande 
à ne pas accepter ce proverbe pour les 
peuples, et je ais, au contraire : « Malheu- 
« reux les peuples qui n'ont pas d'histoire ! » 

A. P. 

. fair» chabroUVIÏI, 740; IX, 24). — De 
chabrçl^ nous avons déjà çhabrok et cha" 
hroty suivant la prononciation des provin- 
ces; aurons-nous cha-broc (cha, tête, et 
broc, c'est-à-dire la tête près du broc, ou 
dans le broc, suivant la position du bu- 
veur et suivant là forme de l'ustensile)? 



Par extension, boire à l'écuelle, c*est boire 
au chabroç^ « faire chabrop. » 

H. DE L'ÏSLE. 

Iiarmêi de orooodila (Vill, 740; IX, 
a 5, 33). -^r- Voir les communications pu- 
bliées dans le Courrier de VaueelaSi 4* et 
5* années. Un passage extrait d'une lettre 
adressée par M. Garnier (n* du i5 avril 
1874) dit : K Voici, jusqu'à plus ample io* 
a lormé, le plus ancien monument où je 
« le trouve inscrit dans une langue d'en* 
« fine aryenne x 

Parât Improbus ore cruento 
Perdere te, lacrymas dum crocodilus agit. 

« Ce passage est tiré d'un poëme du 
c moyen âge, intitulé : Pamphyli liber de 
« amore inter Pamphylum et Galatearriy 
o attribué à Pamphyle Maurélien, qui 
ft mourut vers i3oo...,. 

« Maurélien était contemporain des 
a deux dernières croisades; n'est-ce pas 
« dans les récits des vaillants pèlerins, 
a compagnons de captivité de leur saint 
a roi sur la terre d'Egypte, qu*îl aura re- 
« cueilli cette fable ? J. A. 

Brogli9 (VIIL740; IX, 5>, 107)» — La 
prononciation Broille Qu JBreuil, est de 
rigueur ; ce n'est pas à Strasbourg qu'on 
Pa inventée, par corruption, comme sem- 
ble le croire M. P. Clauer; c'est l'usage 
qui le veut tyrenniquonient ainsi. Au sur- 
plus, voici, à ce propos, un passage em- 
prunté à Dick Aioon en France^ par 
M. Franci« Wey, et qui trace des règles 
qui paraîtront sans doute intéressantes et 
curieuses à ceux qui les ignorent... faute 
de « frottement. » 

« Il est fâcheux, déclare Dick Moon, 
d'ignorer, quand on se frotte à la société 
d'autrefois, que le duc d'Eacars se pro- 
nonce. d'J^car^ et s'écrit aujourd'hui <^^ 
Cars; que Fénelon se prononce Fénlon; 
Coigny, Co^w^ ,♦ Talleyrand, Tallercnd; 
Duras', Dura,- d'Uzès, d'U^èç Saint-Pricst, 
Saint^Prif Broglie, Castries, Broille. Cas- 
tres; de Croy, de Crouïf Craon, Cm: 
Sully, Suilly.i^n mouillant les //); Larooi* , 
gnon, Lamognon; Coetlogon, Cotlogon; 
Béarn, Béar; Soyecourt, Secourt; Chas- 
tellux, Chdtelu; Bézenvel, Bé^vaU etc. U 
en faut laisser, et des plus autorises, pour 
piper les gens... » 

Quant au titre de prince porté parla 
branche cadette des dvc9 de Broglie, 1^ 
Choi* d^ Qarané en a indiqué la vraie rai- 
son, en « gentilhomme >• qui s'y connaît 



mieux que personne 



I 



Pei»h. 



Un cbamean et le troti de l'aiguille 

(IX, 5, 84, 109). — Je suis bien aise que 
{intermédiaire ait remis sur le tapis cette 
vieille erreur du chàmeau-câble : voilà 
douze cents ans qu'elle traîne dans \ti liè- 
vres, dans les école:, dans les chaires, et iJ 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mars 1876. 



173 



«74 



serait bien temps d'en finir avec cette ab- 
surdité. 

Je dis absurdité, car pour admettre cette 
confusion de deux sens d'un même mot 
grec, il faudrait supposer que Jésus-Christ 
parlait grec à ses apôtres qui^ on le sait, 
étaient de simples pêcheurs galiléens des 
plus igQoraAts et oui ne comprenaient 
que le dialecte de leur pays. Ainsi donc 
pour entendre le sens d'une phrase qui a 
été prononcée en syro-chaldéen il faut la 
lire en grec! La belle découverte ! et main- 
tenant, quand nous rencontrerons une dif- 
ficulté littéraire ou grammaticale dans nos 
auteurs français, il faudra consulter une 
traduction allemande 1 II y a cependant 
des malins qui ont flairé le aangerde cette 
méthode et qui, pour mieux faire, ont 
taxé les Evangélistes, saint Marc et saint 
Luc, d'inintelligence. L'argument est com- 
mode, mais encore fallait-il le démontrer 
lui-même; alors, sans s'arrêter en si beau 
chemin, Ils ont dit que le traducteur grec 
du texte hébraïque (qui est perdu depuis 
longtemps, M. A. D.) de saint Matthieu, 
était le premier auteur de la méprise, et 
Que, trouvant un mot qui en hébreu signi- 
fiait à la fois c^ble et chameau, il Tavait 
traduit par un root grec, qui, étrange 
coïncidence, aurait également le même 
double sens. C'est l'explication adoptée 
par Taumônier du collège de M. A. D. 
Malheureusement elle pèche par la base, 
attendu gu'en hébreu chameau se dit Ga- 
me! et cible Khebel, ce qui n'est pas du 
tout la même chose. Gamel a bien, il est 
vrai, trois sens différents : chameau, rétri- 
bution et nourrisson, mais il n*en a point 
d'autres, et dans tout cçla il n'y a pas la 
moindre analogie avec une corde, ni même 
une ficelle. Aussi, les interprètes oui ont 
cherché le seni du nom de Gamaléel ne 
l'ont rendu oue par rétribution de Dieu, 
nourrisson àe Dieu ou même chameau 
de Dieu, mai^ jamais par cordage de Dieu. 
M^is notre rusé mfirquis d'E^ymo, qui 
s'y connaît, n'a pas adopté un système 
aussi grossièrement faux, il a dit seule- 
ment que le grec Kocp.tjXôç est la transcrip- 
tion «presque m lettre pour lettre, de Thé- 
breu ChebeL Voilà qui est plus habile et 
bien capable de jeter de la poudre aux 
yeux de q^uiconque ne sait pas un peu d'hé- 
breu; mais, halte-là! cher marquis: per* 
mettes, jl faut toujours supposer, avec 
votre explication, que les apôtres compre- 
naient le grec avant la Pentecôte; et puis, 
pour tout dire, K«(4>iqXo(; n'est pas plus en grec 
qu'en hébreu la transcription de KkebeU 
Je reconnais qu'en arabe il y a, à l'œil, 
une ressçmblance fortuite entre Djemel, 
chameau et Khebel, câble, mais c'est 
^out, et celte ressemblance exclusive- 
ment figurative n'existe pas du tout en 
hébreu, pas plus à l'œil qu'à roreille. 

Gamel s'écrit Soa et Khebet f?3n, ce qui, 



sauf la dernière lettre, sans valeur étymo- 
logique, n'a pas la moindre analogie. Il en 
est de même avec le grec : les éléments 
phonétiques KaMêLos ne sont plus du 
tout ceux de KH.-B.-L; ils se rattachent 
exclusivement à G.-M.-L. Et en effet, 
KajjLYjXoç, qui a fait Çameîus^ et celui-ci 

chameau^ vient de l'hébreu Gamel^ et ç« 
dernier peut-être du sanscrit Kramaiias, 
De même, dans un ordre étymologique 
tout différent, le français eâble vient de 
l'hébreu Khebel^ et il n'y a pas plus d'a- 
nalogie entre Gam^l et Ki(JkiQXoç d'une 

part et Khebel^ qu'entre les deux mots 
français chamelle et câblé. 

Et si, après cela, il fallait de plus véri- 
fier si le grec Kdl[ii,Y)Xôç avait réellement en 
grec le double sens de chameau et de câ- 
ble, peut-être trouverions-nous, avec les 
anciens scoliastes, que c'est Ka|i.iXoç qu'il 

aurait fallu dire pour le dernier mot; et je 
ferai remarquer que saint Luc, gui était 
lettré, qui savait le. grec, lui, saint Luc, 
le même qui a reproduit le K<£(xy]Xoç du 

proverbe cité par Jésus-Christ , saint Luc, 
quand il a eu l'occasion de parler de câble 
de navire, a écrit exoivta (Act. XXVII, 32). 
Mais laissons toute cette fantasmagorie 
étymologique et venons au fond même de 
la question. 

J ai déjà dit précédemment, en citant le 
Coran et le Talmud (dont l'éléphant ne 

f)eut être confondu avec une ficelle), que 
a formule employée par Jésus-Christ 
était une locution proverbiale très^usitéd 
de son temps pour signifier une chose im* 
possible : ie ne me contenterai pas de l'a- 
voir établi par des rapprochements, des 
déductions philologiques; je vais le con-» 
stater par une déclaration formelle, expli<» 
cite, un témoignoge irréfragable, le témoin 
gnage de Jésus*Christ lui-^même. Eh, mon 
Dieu, oui, il l'a dit justement à cette oc- 
casion que la chose dont il parlait était 
une chose impossible, et si les commenta- 
teurs, ces chercheurs d'aiguille dans des 
bottes de foin, avaient posé leurs micros-» 
copes et avaient lu, à l'œil nu, cet épisode 
évangélique tout entier, ils n'auraient pas 
écrit tant de sottises inutiles et auraient 
épargné au Paris^-Journal et au grave 
Moniteur universel de rééditer une plai- 
santerie britannique vieille de quinze ans. 
Voici en quelle occasion cette phrase cé- 
lèbre a été prononcée : Un jeune hommt 
riche, mais vivant néanmoins suivant les 
strictes prescriptions de la loi, vint de- 
mander à Jésus-Christ ce qu'il devait faire 
pour être sauvé, lui apprenant en même 
temps qu'il obéissait parfaitement au Dé» 
calogue. « Ce n'est pas tout, lui répondit Jé- 
sus, si tu veux être sauvé, vends tout ce 
que tu possèdes, distribue le produit aux 
pauvres et suis-moi. » A cette terrible in- 
jonction, le jeune homme qui possédait 



N* 189.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



X75 



176 



de grands biens courba la tête tristement ]; 
et s'éloigna, en silence. Alors Jésus, se 
tournant vers ses disciples, s*écria : « Oh! 
comme il est difficile à ceux qui ont des 
richesses 9 d'entrer dans le royaume de 
Dieu! » (Marc X, 23; Luc XVIÏI, 24), et, 
comme ses disciples s'étonnaient de cette 
déclaration, il reprit avec cette insistance 
et cette 'énergie oui lui étaient habituelles : 
«• Oui, je vous 1 affirme en vérité, il est 
plus difficile à un riche d'entrer dans le 
royaume de Dieu qu'à un chameau d'en- 
trer, de passer par un trou d'ai^ille. 9 En 
entendant cette locution familière dont la 
portée, hyperbolique leur était bien con- 
nue, les disciples furent- encore plus sur« 
pris et s'écrièrent : « Mais qui donc alors 
pourra être sauvé 1 » D'après cela^ on ne 
croira pas que Jésus-Christ, voulant in- 
aister sur ce qu'il venait de dire, ait eu re- 
cours, non pas à une déclaration formelle, 
mais à une subtilité grotesque que ni la 
«ÎFConstance ni son caractère ne pouvaient 
justifier. 

Mais tl se trouvera peut-être des gens 
pour maintenir encore que les disciples en- 
tendirent mal«t qu'ils comprirent KdfAïQXoç 
en grec alors que lé Sauveur leur disait 
Khebel en hébreu; à cela c'est lui-même 
qui va répondre. Voyant la sprprise dou- 
loureuse de ses disciples, il ajoute : La 
comparaison dont je viens de me servir in- 
dique une chose humainement impossible, 
mais, rassurez-vous, tout est possible à 
Dieu, apud homines hoc uapossibile e^/, 
TOTTO AArNATON èrri, apud Deum au- 
tem omnia possibilia sunt (Matth. XIX, 
26). 

Je pense, après cela, que la cause est en- 
tendue et jugée; on conviendra, je l'es- 
père, avec moi, que tous les commenta- 
teurs, depuis Théophylacte, l'inventeur du 
chameau-câble, jusqu'à l'aumonier du col- 
lège de M. A. D., auraient mieux Oait de 
se taire que de chercher à corriger la pa- 
role du Maître. Tant pis pour les zélateurs 
de la religion facile, pour les prédicateurs 
à l'eau de rose qui laissent croire que l'on 
peut aller au paradis en carrosse, mais 
lésus-Christ l'a dit : il est plus difficile à 
un riche d'entrer dans le royaume de 
Dieu qu'à un chameau ou à un éléphant 
de passer par un trou d'aiguille. Il me res- 
terait maintenant à montrer que cette af- 
firmation n'est pas contraire à la doctrine 
du salut accordé à tous les hommes et 
qu'ailleurs le Sauveur a ouvert la porte du 
ciçl aux pauvres d'esprit ; mais je tombe- 
rais de l'exégèse dans la prédication, qui 
n'est pas de mon ressort, et puis j'entends 
mes collègues de l'Intermédiaire qui me 
prient de ne pas négliger le conseil que je 
viens de donner aux commentateurs, et je 
me tais... enfin! A. St. 

— Je ne saurais être de l'avis du mar- 
quis d'£tymo, de M. A. D., etc. Les di- 



verses suppositions qu'oo a bâties sur ce 
texte de Matthieu, XIX, 24, me paraissent 
bien ingénieuses,^ pour ne rien dire de 
plus ! A'quoi bon, je vous pcie, ô exégètes, 
venir me. gâter, par vos sumilités, ce para* 
doxe étincelant et tout oriental? Mais, 
c'est précisément à cette vivacité^. et si 
j'ose ainsi dire^ à cette crudité d'expres- 
sions, que les paroles du Nouveau Testa-* 
ment doivent toute leurorigioalesiivettrl 
Je n'éprouve donc pas le besoie- de. recou- 
rir à ces atténuations de casuisie aux 
abois, et je laisserai subsUter dans tome 
sa fraîcheur la forte pensée de Jéaua^ 

D'ailleurs, un coup d'œil jeté sur le 
contexte de ce passage et des parallèles 
(Marc X, 25; Luc XVIII, 25) prouvera 
encore mieux ma thèse. — Remarquons 
encore que le passage en question est . em- 
ployé souvent comme proverbe par les 
Arabes, qui, pour renforcer l'absurdité de 
la contradiction, remplacent même le 
chameau par un éléphant ! H. 0*. Rtr. 

— La Question, semblait-il, était tran- 
chée par le marquis d'Etymo^IX»,84), et, 
ainsi que le dit notre confrère Âni!>us (IX, 
ni), le fameux chameau est une erreur 
qui n'existe pas dans le texte Original. 
Alexandre^ dans son Dict. greC-français, 

après avoir traduit KAMHAOS par « cha- 
meau, » ajoute : a qfois câble, gjrps cor- 
dage. (R. hébr.) » et du Cange ::.« camk- 
LUS, in Gloss. Arabie, Funicuïus^ Cornél- 
ius. Papise, Funis nauticus, Vulgo Çhable 
(Vulg. Interpres Matthaei 19. 24. Fàcilius 
est camelum per for amen acus transire^ 
quam divitem intrare in regnum ccelO' 
rum. De rudenti, non de animali, dictum 
volunt, ad tollendam sermon is absurdita- 

tem. Grascum Kà(i.T)Xoç camelum animal 
et rudentem perinde significat. * Suidas 
xifAiXoc pro rudente scripsit, ad notandam 
dififerentiam. Hune imitantur receatibres 
Grammatici, qui cum plerunlque confan- 
dunt. » (Grenoble.) I4. M. 

« J'ona, J'aTons » (iX, 7, 85, 111). — 
Les deux réponses à ma question me font 
regretter, exiguïté du cadre de Vlntermé- 
diaire, car elles fourniraient matière à 
discussion (mais c'est peut-^;re un mérite 
de ce cadre d'y couper court). Cependant 
je ne me tiens pas pour battu. — Com- 
mençons par un mea culpa : J'ai mal in- 
terprété le passage de Proudhon, que 
voici : 

« Jamais bouche franc<omtoi8e ne pro- 
« nonça fons oyf avions : ce sont vieilles 
« formesde conjugaisons étrangères à no- 
« tre langue, laquelle a ses cooju^aisons 
« propres, telles que le paysan^ qui passe 
n d\x patois di\x français^ est conduit par 
«i le ^énie de son idiome à employer la 
(K conjugaison académique en remplace- 
« ment de la sienne ». 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mars 1876. 



177 ^ 



178 



Bien des pstovs, à ma connaksaYice, 
ignorent ces forniies^' satis citer les dialectes 
provençaux et languedociens qui ont eu 
lears beaux jours. 11 y a donc, en France, 
des patois qui adnâettent les formes j'ons, 
jjûfons; et d'autres qui les rejettent. Or, 
comme -totis ces patoiis dérivent du latin 
aussi bien que le français académique (ou 
si Ton préfère : comme je ne mets en 
cause que les patois de France dérivés du 
latin), il serait intéressant de chercher si 
ces formes sont antérieures au temps des 
Valois, chez ceux oui les admettent, car 
je ne crois pas, en dépit de Proudhbn^que 
ce sont vieilles formes de conjugaisons. 
Je peux citer à Tappui ce que je tiens d^an* 
Breton qui n'est sorti du Morbihan qu^à 
l'âge de vingt ans, et qui me soutenait 

3ue :es formes y étaient usitées. Sur ma 
emânde de ce qu'était devenu le breton 
d'origine celtique { il ^e répondit que 
c'était une langue et que le patois dont il 
me liarkit était une importation de 
France, ej, en réalité, du français cor^ 
rompu. Il n'est pas probable que les Bre- 
tons aient emprunte à la France un de ses 
patois, de préférence à la langue de la 
bonne société. La réunion définitive de la 
Bretagne à la couronne date de Louis XII : 
ses habitants ont donc eu leurs premiers 
rapports pacifiques avec les Français du 
temps des Valois ; ils n'ont pas cru mieux 
£aire que d'adopter le langage du beau 
monde, et l'ont gardé plus rehgieusement 
que les Parisiens le français académi- 
que. — Les extraits de la conjugaison des 
deux verbes auxiliaires donnés par M. Ul- 
ric, signalent ce fait remarquable que les 
fonncs fons y f avons t etc., sont du pluriel 
et doivent se traduire en français par nous 
avons^ etc. Et cependant dans la lettre de 
Marguerite de Navarre, elles sont évidem- 
ment du singulier, et ne peuvent se tra- 
duire que par/tfi. Martine, dans les Fem» 
mes savantes^ ne parle qu'au singulier, 
quand elle dit : 

Mon Dieu ! je n*avons pas étugué comme vous, 
£t je parlons tout droit comme on parle cheux 

[nous. 

J'y vois la preuve d'un sin^lier com- 
promis dans les patois où se fait cet accou- 
plemetit du pronom au singulier avec le 
verbe au pluriel, au moyen duquel ils sont 
restés plus fidèles qu'il ne paraît au génie 
de la langue latine dont ils dérivent. Le 
latin, langue synthétique, indique certains 
changements de relation par des change- 
ments dans la terminaison des mots, au 
point que le pronom est superflu devant 
le verbe; les patois indiquant, d'après les 
mêmes principes, les changements de re- 
lations dans les verbes, n ont à attacher 
d'importance au prOnom qu'autant qu'il 
est utile pour distinguer les personnes, si 
les nombres sont déjà indiqués par la ter- 
minaison. C'est ce qui a lieu dans le ber- 



richon qui, gardant pour. le pluriel (quoi- 
axi'elles soient employées au singulier 
aans le beau styl^ (du temps des Valois) 
les formes ons ou avons, ave^, avonU sou^ 
mes, êtes, sont, dérivées du latin habemus, 
habetisi babent, sutnus, estîs, sunt, permet 
d'employer je pour nous, il pour ils, et de 
réduire f^ou5 à v'(sanspour/tant leremplacer 
par tU'Ouf). Et l'emploi de j'o«5,/tfvon 5, 
au pluriel et non pas au singulier, est déjà 
ancien ; car, dans le Don Juan de Molière, 
le paysan Pierrot dit j'ai au singulier, et 
au pluriel y'flvons, en bon berrichon. — Je 
crois donc utile d'à prpeler l'attention des 
philologues, en position de s'en occuper 
par distraction, sur l'ancienneté de ces 
formes dans certains patois-; • et )e persiste 
dans I mon hypothèse jusqu'à plus ample 
informé. --- Quant à l'autorité 'du ' passage 
du Moyen de parvenir^ comme je partage 
Topinion de ceux qui l'ie^tribuent à Henri 
Estienne, bourgeois de Genève, qui s'y 
montre peu bienveillant pour les Patisiens, 
j'y vois une critique de ce jargon.^ En le 
citant, je me suis conformé. à l'opinion 
commune : sur de nom de i'auieor^ pour ne 
pas compliquer et embrouiller ma ques- 
tion. G^G, 

La douce Retralescière (IX, 42, 93}. — 
S'appelait d'abord Ervalescière. Poursui- 
vie à la requête de M. Warton, inventeur 
dL^VErvalenta^cx condanrinée pour concur- 
rence déloyale par confusion de dénomi- 
nation, V Ervalescière s'est faite Revales^ 
cière, sans changer, pour cela, de nature, 
(Rechercher ce procès dans les journaux 
judiciaires d'il y a i5 ou 20 ans.J ErvaleS' 
cière; Ervalentà, ou Revalesctère, il ne 
s'agit toujours que de farine de lentilles 
(erva lens, dans la nomenclature de Linné), 
additionnée d'autres féculeux, d'un usage 
quotidien dans les réfectoires des lycées. 
C'est probablement l'effet rubicond que ce 
régime produit sur les joues de nos col- 
légiens qui aura inspiré Tidée de convertir 
en panacée les lentilles et les haricots. 

Peph. 

— C'est VErvalenta^ ou Revalenta, déjà 
vantée par Fourcroy et par Braconnot, et 
qui n'est, en somme, qu une farine de len- 
tilles. En Grèce, et à. Rome, on en faisait 
grand cas. Caton, d'après Pythagore, n'y 
voyait pas moins qu'une panacée univer- 
selle, absolument comme aujourd'hui. 
V. Cazin, Traité pratique et raisonné des 
plantes médicinales indigènes, 1868, gr. 
in.8%p. 577. Ed. F. 

Distique : o Idem nolle » (IX, 65, 121}. 
— Idem^ dont 17 est bref, ne peut figurer 
au commencement d'un hexamètre. Quant 
à la pensée, elle est diamétralement con- 
traire à la définition que Saliuste donne 
de l'amitié dans Jugurtha (discours de 



N* 189.1 



LUNTERMÉDIAIRE 



179 



180 



Micipsa mourant, à ses fila), et sur laquelle 
paraît calqué, en la réfutant, le distique en 
question i « Eadem velle, eadem noUe, 
eadem êentirê, ea demumfirma amicitia 
est. » Je cite de mémoire, mais je crois 
m*écarter fort peu du texte. Dicastès. 

FouToir aa fouiller (ÏX, 65, 121). ^ 

L*e^pUcatîon fournie parAnibus ne donne 
pa$, à mes yeux, droit de cité à cette gros- 
sière locution. Hélas 1 je viens de la trou* 
ver dans le teuiUeton de V Indépendance 
belge du ^2 février, sous cette forme : «Tu 
peux te fouiller, ma vieille! » E. H. 

« Oui • dissyllabe (IX, 66, 122). — 
Th. Corneille, dans sa comédie deD. Ce- 
94r é^AvahSf acte I, se. i : 

truand il faut dire oui, ppur ne plus dire non,.. 

Peut-être cependam oui reste-t-il là 
monosyllabe, et est*ce dire qui ne s^élide 
pas; car, dans la même pièce» acte HI, 
se, 5 : 

Je suie sAp que le Oui se dirait da grand caur> 

Et La Fontaine avait déjà dit (eonte de 
Nicaise) : 

Le Oui fut dit à la chandelle. 

Voici un autre vers qui ne laisse aucun 
doute I 

Quand on a prononcé ce malheureux Qui. 

Mais je ne sais d'où il vient : il sert d'in* 
titulé à un air assez souvent employé par 
Lesage et ses collaborateurs ; par exemple, 
dans Pierrot Romulus, se. i5; Le Cor^ 
saire de Salléf se. 9; La Reine du Baros^ 
tau f se, 17. O. D. 

Vêrtmnller, peintra (IX, 67, 124). — 
Adolphe- Ulric Ver tmuller, premier peintre 
du roi de Suède, est né à Stockholm en 
17S1. Il a étudié fort jeune à l'Académie 
royale de peinture et de sculpture de 
Paris, où il a remporté, le &5 septembre 
1773, une 2^ médaille. Agréé à TAcadémie 
le 3o août 1783, il a été reçu académicien 
le 3i juillet 1784, sur les portraits de Ba- 
chelier, peintre, etde Caffieri, sculpteur. Il 
a exposé en i;;83 plusieurs portraits; en 
Î785, les portraits de la Reine, du Dauphin 
et de Maaamesepromenant dans le jardin 
anglais du Petit-Trianon, ceux de Bache- 
lier et Caffieri, plusieurs autres portraits 
non dénommés, un jeune Faune dansant, 
et une petite tète de l'Amour^ en 1787, 
un enfant jouant avec un dieu, hauteur 
3 pieds I pouce; largeur, 2 pieds et demi, 
et plusieurs portraits et têtes d'enfants. Il 
est mort le 25 juillet 1791. E.-Q» P. 

•^ Adolphe* Ulrio Vertmuller, premier 

Îieintre du roi de Suède, a été agréé à 
'Académie de peinture de Paris, le 3o août 
1783, et recule 3i juillet 1784. Ses mor- 
ceaux de réception furent les portraits de 



Bachelier et da Caffiery. (Anciennes Ar- 
chives de V art français, I, 3q6, et II, Soi. 

A. M. 

Flaidoyé Fraydier (IX, 70 ^ 126), - 
t>*après le Catalogue de la bibliothèque 
de M. Arthur Dinaux [U I, p. 307), voici 
k titre de l'ouvrage ; N® 3 104 « Plaidoyé 
de M. Freydier, avocat à Nîmes, contre 
l'introduction des cadenats ou ceintures 
de chasteté. A Montpellier, ï75o, ia-3.- 
Plaquette rare et curieuse. On 7 a ajouté 
une figure de Moreau relative au su et. n 

» 

« Cradoiiuia abiordwii 1» (IX, 97). — La 
Bible ne dit pas une baleine, mais un 
grand poisson^ sans spécifier l'espèce. 
Sans compter certains cétacés, autres que 
les baleines et ou'on confondait avec les 
poissons, il y a biep des aoimatix marins 
dont le gosier, plus large que celui de la 
baleine, peut araler un homme. Brisui. 

«Le Malade imaginaire n (IX, 97, i55). 
— J'ai plus d'une fois assisté à la représenta- 
tion de cette désopilante comédie et je 
n'avais pas entendu la question recueillie 
par M. B, J. Elle ne se trouve dans aucune 
des éditions de Molière que j'ai pu con- 
sulter, non plus que dans Topusculç relatif 
à la Cérémonie,^ exhumé par Magnien et 
reproduit en entier par O.Delepierre, dans 
son Macaronéana, Du reste, je ne m'ex- 
plique pas cette^ adjonction au texte de 
notre grand comique, et si on a voulu ré- 
sumer en ces deux vers la question qui 
concerne les femmes (très-developpée et 
bien autrement gauloise dans l'opuscule 
précité), cette rédaction, par son msigni- 
tîance, ne fait guère honneur à son auteur 
et me paraît indigne de la Cofaédie-Fran- 
çaise. A* D. 

Hère (IX, 98, i56). — Rien ne paraîi 
tolus rationnel que de faire dériver hère de 
nerus : c'est conforme aux règles les plus 
élémentaires suivies par les mots latins 
quand ils passent dans le français; et 
pourtant je ne suis pas de cet avis/ Le ffiot 
herus^ déjà peu employé dès la fin de la 
République, n'a pas cessé de céder la 
place à dominus. Il est probable qu'il 
n'était connu que des latinistes savants, à 
l'époque où se créaient, au sein du peu- 
ple, les divers dialectes d'où est sortie, en 
grande partie, la langue française. Je crois 
plutôt que hère vient de raliemand herr, 
meinherr^ sjrnonymes de sieur^ moniieur. 
L'immigration allemande en France, par 
filtration, n'a jamais discontinué; tous ces 
Allemands arrivent en se qualifiant de 
Herr, quand ils ne prétendent, pas au 
Freikerr (baron); mais la fortune du plus 
grand nombre de ces Herr n'étant pas 



DES CMEUdHSURS ET CURIEUX. 



[25 mars 1876. 



181 



181 



brillante, il en est résulté à leur égard une 
opinion coftimune qui est tout le contraire 
de celle faite au Mylord, Qu'en français 
on ait écrit de bonne heure hère et non 
Herr^ cela n'a rien d'étonnant, pas plus 
que le Qualificatif ajouté à ce monosyl- 
labe. — Il ne serait pas impossible néan- 
moins, que hère dérivât de herus : il est 
à remarquer, en effet, que 1^ plupart des 
mots qui tombent çri désuétude par suite 
de la création d'un synonyme de meilleur 
air parce qu'il est nouveau, sont pris dans 
un sens souvent diamétralement opposé à 
celui qu'ils avaient et sont tournés en ridi- 
cule par ceux qui les emploient. Le herus 
latin, si fier, a bien pu engendrer le j?aMvrtf 
hère; le &ire français, qui ne date pas de 
si loin, sans avoir été moins hautain, est 
devenu « le pauvre, le triste sire », lors- 
que monsieur a pf évalu. Au reste, cet em- 
ploi des mots dans un sens contraire est 
un tfope bien connu et qui a un nom. 

G. G. 

— D'après Brachet, origine inconnue ; 
origine douteuse, diaprés Littré, <^ui ce** 
pendant ne repousse pas l'opinion de 
Diez, d'après lequel hère viendrait de l'aU 
Icmand Herr, maître, Littré rappelle, à 
ce sujet, que certains mots ont passé dans 
le français avec un sens péjoratif, tels que 
ro55, cheval de guerre, qui a donné rosse» 
La même explication pourrait convenir à 
herus. N. M. 

— Littré ; Hère, terme de mépris. 
Homme sans considération, etc. Etymo^ 
logie. Haute Normandie; la hère, la 
dame. Origine douteuse. Diez pense qu'il 
vient de l'allemand herr, maître, seigneur, 
Il est sûr que certains roots étrangers ont 
passé dans le français avec un sens péjo-» 
raiif. Par exemple, l'allemand ross^ cheval 
de guerre, coursier, qui a donpé rosse. On 
peut mettre en avant le mot latin herus^ 
maître; il faudrait aussi admettre un sens 
péjoratif. Si ce mot est récent, il vient 
plutôt de l'allemand ; c'est l'inverse, s'il est 
ancien, et sa présence en Normandie, avec 
un sens honorable, fait croire qu'il est 
plus ancien qu'il ne paraît d'après le texte. 
Aux exemples donnés par Littré: j'ajou- 
terai le mot celtiûue blaghar (parler), oui 
est devenu trivial et injurieux dans les 
mots blague et blaguer — hpblar, qui en 
espagnol signifie parler et qui, en français 
est devenu ^i^/er, hâbleur^ mentir^ men** 
teur, etc., etc. E.-G. P. 

— Ne vient pas, du moins directement, 
^u latin heruSf mais de l'allemand /rerr, 
sieur ; Meinherr, ho!l. Myriher^ monsieur. 
C'est tout bonnement un sens péjoratif 
attribué au nom de Herr^ par lequel les 
Allemands s'interpellaient entre eux. On 
en a fait « pauvre hère », sans doute parce 
qu'au XVI» siècle, époque la plus ancienne 
a laquelle le mot semble remonter^ on le 



voyait appliquer à des hommes tnaigrea 
et faméhques, comme leurs chevaux dont 
on a fait les o rosses » françaises (AUem. 
Ross^ cheval). — Ce sont politesses inter- 
nationales, comme nous en avons échangé 
avec les Espagnols. En espagnol» « par- 
ler » se dit hablar, et « hâbler » se dit 
parlar. On voit que les deux peuples s'ac- 
cusent mutuellement de gasconnade. 

Le a pauvre hère », aétalt l'Allemand 
de ce temps-là (il s'est bien engraissé de- 
puis!) L'Anglais était considéré axitre- 
ment. Pour signifier un homme d'impor- 
tance,' on disait : a Un gros milord » 
(Rabelais). C. Y. 



«Fhilotanas^etvSarcelladesi) (IX, 98), 
— Oui» certes, ils ont été imprimés, ces 
pamphlets de Nicolas Jouin (Chartres, 
Ï684; Paris, Î757), à qui ils ont valu un 
emprisonnement à la Bastille, sur la dé- 
nonciation de son fils. Je possède un re- 
cueil factice ainsi composé : 

1° Les deux Harangues des habitants 
de la paroisse de Sarcelles à Monseigneur 
l'archevêque de Paris, et Philotanus revu 
et corrigé (avec notes) î à Aix, che« Jean- 
Baptiste Girard, rue du Bret, à l'enseigne 
du Hérault, vis-à-vis le Tronc fleuri, 
MDCCXXXI, in- 16 de 1731 pages, 

Entre la 2™» harangue et le Philota- 
nus se trouvent une épigramme contre le 
père Girard (que Ton indique comme édï^ 
teur, à cause du retentissement de son 
aventure alors récente avec M*'® Cadière), 
et une lettre du cardinal de Tournon à 
l'évêque de Copon. Entre les pages i36 
et i37 est intercalée une gravure sur bois, 
entourée d'emblèmes cornus, et représen- 
tant une Jésuite se disposant à prendre par 
la griffe dans un lacet le Diable endormi. 

20 Troisième harangue des habitants de 
la paroisse de Sarcelles à Monseigneur 
l'archevêque de Paris, au sujet des mira«> 
clés. Même indication d'éditeur, même 
année, in-i6 de ï56 pages. 

3<» Compliment inespéré des Sarcellois 
à M, de vent***, au sujet de leur pèleri- 
nage à St-Médard, Sans titre, in- 16 de 
24 pages. 

40 Les très-humbles et très-respectueu- 
ses remontrances des habitants du village 
de Sarcelles au Roy, au sujet des affaires 
présentes du Parlement de Paris, avec des 
notes critic|ues, historiques et politiques, 
Seconde édition* A Amsterdam, chez Ri- 
chard sans peur, à la Vérité, dans la place 
d'Erasme, MDCCXXXIL In-16 de 69 pa- 
ges, non compris le titre. 

5« Arliquin Esprit folèt, comédie, s. 1. 
MDCCXXXIL In-i6 de 72 pages. 

6» Les nouveaux Appellants, ou la Bi- 
bliothèque des damnés. Nouvelles de l'au- 
tre monde. Edit. pour la création d'une 
Chambre ardente dans le Régiment de la 
Calotte, ensemble d'une compagnie d'Af- 



N» 189.1 



L'INTERMEDIAIRE 



i83 



184 



chers et de bas officiers d*icelle. — Décla- 
ration du Dieu Momus sur la démission 
des charges du Parlement. (Ces trois piè- 
ces, sans titre et de même format, se sui- 
vent et sont paginées i à 33.^ 

70 Le Porte-teuille du Diable, ou suite 
du Philotanus : Poème dédié à Madame 
Galpin, à Paris, chez Alithophile, impri- 
meur, rue St-Jacques, vis-à-vis le collège 
de Louis -le- Grand , à Saint -Ignace. 
MDCCXXXIIL Aux dépens de la Société. 
In- 16 de xij et 62 pages, plus un errata 
de 2 pages. 

Toutes cet pièces se rapportent à la 
bulle Unigenitus, aux Jésuites et à la que- 
relle des Parlements; elles sont de Jouin, 
sauf le Philotanus^ qu'il s'est borné à re- 
produire en lui donnant une suite et qui 
est généralement attribué à Grécourt : 
cVst probablement à cause de cette cir« 
constance que Barbier semble pencher en 
faveur de Jouin. Quant à Tallusion du 
nom de Philotanus^ elle me semble assez 
diaphane pour n^avoir pas besoin d'expli- 
cation. 

Ce recueil, acheté 6 liv. 19 sols, par ce- 
lui qui Ta formé, puis « fait relier pour 
14 sols», ainsi qu'il le constate dans une 
note manuscrite, m*a coûté 5o cent, sur le 
quai, il y a quelques années. A. D. 

— Philotanus^ poème par Tabbé***, 
(Paris, 1720), in-i2de ^8 p., réimprimé 

Plusieurs fois, est attribué soit à l'abbé 
.-B.-Joseph Willart de Grécourt, soit à 
Nicolas Jouin. Ce poème satirique dirigé 
contre les Jésuites a été inséré dans les 
Œuvres de Grécourt (Lausanne etGenève^ 
1750) et dans les ouvrages anonymes, qui 
suivent de Nicolas Jouin : « Pièces et 
anecdotes intéressantes, etc., Aix en Pro- 
vence (Utrecht, i755), 2 vol. in-12. L'au- 
tepr }r donne «< Le Portefeuille du Diable, 
ou suite de Philotanus, » imprimé déjà en 
X735 ; le Vrai Recueil des Sarcellades, etc., 
Amsterdam, 1764, 2 vol. in-.i2. MM. O. 
Barbier et Lamoureux attribuent a Philo- 
taïuis» à Grécourt.. H. Jouin aurait été 
l'éditeur. Les autres pièces citées par 
M. H. L. P. de B., ont été composées par 
Nicolas Jouin, qui pouvait dire : a II m'en 
a cuit i j» . H, DB LTsLB. 

"^Philotanus est imprimé : je l'ai lu; 
mais je dois avouer que je Tai totalement 
oublié. La seule chose dont je croie me 
souvenir, c'est qu'aucun des traits de cette 
satire contre les Jésuites, ne répondait à 
soti titre indécent, litre que je n'ose ex- 
pliquer qu'en remarquant qu'il est écartelé 
de grec et de latin. M. Ourr^, dont la 
Biogr. Didot a emprunté l'article à XEn- 
cycL des gens du monde, nous apprend 
que u la table et les conquêtes faciles fu- 
rent toujours les deux muses de Grécourt. 
Ce fut pour obtenir les faveurs d'une belle 
chapelière de la place Maubert, qui se 
donnait les airs d'être janséniste, qu'il 



composa contre les Jésuites le petit po6me 
de Philotanus, badinage assez ingénieux, 
dont Voltaire n*eût pas désavoué certains 
vers. Quelques années après, épris de la 
femme d'un cordonnier, qui en voulait aux 
Jansénistes, notre poète-abbé, girouette 
littéraire et religieuse, attaquait ces der- 
niers à leur tour, « O. D. 

-7- Le Philotanus a été réimprimé sou- 
vent et on le trouve dans toutes les édi- 
tions des œuvres de Grécourt, Luxembourg 
(Paris), 1761, 4 vol. in-i2; Londres (Ca- 
zin), 1780,4 vol.; et Paris, Chaignieau, 
1796, 4 beaux vol. in-8*, avec fig. de Fra- 
gonard. Dans cette dernière édition, le 
poème figure en titre du i*' vol. L'édition 
originale remonte à 1720 : Philotanus, 
poème par M. l'abbé***, Paris, chez Louis- 
Antoine Le Gond, rue de Bissy, vis-à^vis 
de l'hôtel de Mailly, au cardinal de Rohan, 
1720, in-12 de 40 p. (un fleuron sur le 
titre.) 

Quant aux Sarcellades, elles ont tou- 
tes été publiées et plus tard réunies en 2 
volumes par leur principal auteur Nicolas 
Jouin, sous le titre : Pièces et anecdotes 
intéressantes, savoir : les harangues des 
habitants de Sarcelles, etc. Aix en 
Provence, aux dépens desJésuites, Tan de 
leur règne 120 (Utrecht, 1755), 2 vol. in- 
12. Une nouvelle édition, beaucoup plus 
complète, parut quelques années après la 
mort de Jouin, en i;r64 : Le vrai\recueil 
des Sarcelles, mémoires, notes et anecdo- 
tes intéressantes, le Philotanus et le por- 
tefeuille du Diable, etc. Amsterdam^ 2 vol. 
in-t2. 

Dans les éditions imprimées du Pki' 
lotanus, notamment dans celles de 1796, 
que )'ai sous la main, on trouve des notes 
biographiques assez nombreuses, — Bar- 
bier a attribué cette satire à Jouin, qui 
fut joaillier et banquier, et un vigoureux 
pamphlétaire janséniste ; mais lorsqu'elle 
parut, il avait à peine 20 ans; il vaut donc 
mieux en laisser la paternité à l'abbé Gré- 
court, dont la réputation ne saurait en 
souffrir davantage. Tout l'esprit de ce pe- 
tit poëme gît dans le titre, appliqué aux 
Jésuites en général, et composé du mot 
grec philos, ami et d*un mot latin que nous 
avons conservé pour n'avoir pas à le tra- 
duire, « le latin dans les mots bravant 
l'honnêteté. » 

M. Paul Lacroix a consacré une note à 
l'exemplaire du Philotanus de l'abbé Mer- 
cier Saint-Léger (Bulletin du bibliophile, 
année 1864, p. 1 1 1 ) : « J ai peine à croire, 
a dit-il, que les Jésuites, tout régents de 
« collège qu'ils fussent, aient jamais été 
« de la famille du vilain Philotanus, Je 
« n'en soupçonne pas même l'abbé Des- 
« fontaines. 9 

Toutes les autres satires indiquées par 
M. H. L. P. de B. sont également con- 
nues, et il suffirait de feuilleter les Nou- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mars 1876. 



i85 



186 



yelles ecelésiasttpies (il existe une table 
assez bien faite) .^|>our y trouver maintes 
allusions. j Un Liseor. 

— Même répoûse de M. G. D. 

— Il y a, à la Bibliothèque royale de 
Berlin, une édition de Philotanus, Poème 
par M. Vabbé Af***. A Paris, chez Louis- 
Antoine le Gond, rue de Bissy, vis^à«vis 
l'hôtel dé Mailly^ au cardinal de Rohan. 
1720. (Berlin.) G. B. 

Faire une fin comme les cochers (IX, 

99). — M**« de Luizbourg parvenant à se 
taire épouser par Des Alleurs, quoique peu 
digne d'y prétendre, et, par conséquent, 
ayant saisi le moment le plus favorable à 
la réussite de son projet, c'est-à-dire 
a l'heure du charretier, » Saint-Simon me 
paraît, avec son expression « comme les 
« cochers, » en substituant cocher à char- 
retier et en changeant les rôles, avoir fait 
allusion à l'histoire racontée par Mahiot 
d'Auquesnes, dans la LlV°^«des CentNou' 
yelles Nouvelles^ où une femme qui jus* 
qu alors a résisté à « un gentil chevalier de 
la conté de Flandres » se jette tout à coup 
à la tête d'un charretier, qui, du reste, 
tt estoit un très-beau compagnon, fort et 
viste. » Ce jeune gentilhomme lui en fai- 
sant des reproches, elle répond : « Je vous 
«dy bien que si vous fussiez venu à Theure 
« du charreton, que autant eusse- je fait 
« pour vous <;)ue je feiz pour lui. — * Est- 
-ce cela? (dit- il) Saint-Johan! il vint à 
» bonne heure 1 Le diable y ait part, que 
u je ne fus si eureux que de savoir votre 
a heure 1 — Vrayement, dit-elle, il vint à 
« l'heure qu'il falloit venir... » A. D. 

C'est une autre paire de manches (IX, 
99). — Vulgairement : c'est une autre 
affaire, c'est bien différent; Adrien de 
Moniluc, comte de Cramail, l'emploie en 
ce sens dans La Comédie des Proverbes, 

Voilà Torigine que lui donne Marchangy 
dansTrwMw le voyageur: C'était la mode, 
sous le règne de Charles V, de porter une 
espèce de tunique serrée à la taille, et nom- 
inée cotte-hardie, laquelle montait jus- 
qu'au cou, descendait jusqu'aux pieds et 
avait la queue traînante ; mais, pour les 
personnes de distinction seulement, outre 
les manches étroites de cette robe, on y 
avait adapté une autre paire de manches 
à la bomfcarde, qui étaient fendues pour 
laisser passer tout l'avant-bras, et oui 
floitaientà vide jusqu'à terre. Ces secondes 
manches coûtaient beaucoup plus cher que 
les véritables, peut-être parce qu'elles ne 
servaient à rien. On leur doit le proverbe : 
c'est une autre paire de manches. 

Quitard lui attribue une autre origine, 
Qui me paraît préférable : Les manches 
«aient autrefois des livrées d'amour que les 
nancés et les amants se donnaient récipro- 



quement et qu'ils promettaient de porteren 
témoignage de leur ten^jre engagement, 
ainsiqu'on le voit dans .une nouvelle du 
troubadour Vidal de Besaudun, où il est 
question de deux amants qui se jurèrentde 
« porter manches et anneaux l'un de l'au- 
tre. » Ces livrées, adoptées pour être le 
signe de la constance, devinrent en même, 
temps celui de l'infidélité. Quand on chan- 
geait à'amourf on changeait aussi de 
manches; souvent même il arrivait que 
celles qu'on avait prises la veille étaient 
mises au rebut le lendemain, et il y eut 
tant d'occasions de dire : « C'est une autre 
paire de manches, » que cette expression 
fut proverbiale en naissant. Un vieux dic- 
ton populaire confirme cetre explication: 
le voici : « On se fait l'amour, et quand 
l'amour est fait, c'est une autre paire de 
manches. » A. D. 

Gauche. i)roite (IX, loq, 5^).— Fran- 
cisque Sarcey répond ainsi à la question, 
dans le XIX^ siècle : 

La gauche se compose de tous les dépu- 
tés qui sont, comme on dit, dans l'opposi- 
tion; ils siègent, en effet, à la gauche du 
président et la place qu'ils occupent suffît 
à indiquer aux yeux qu'ils sont en désac- 
cord avec le gouvernement. A la droite^ 
au contraire, se massent les députés déci- 
dés à soutenir les ministres et à voter 
leurs propositions. 

Ces deux grands camps, opposés l'un à 
l'autre, se divisent en fractions moins im- 
portantes ; extrême droite^ extrême gau- 
che; centre droit, centre gauche.., 

Ainsi^ la gauche, c'est l'opposition; la 
droite^ c'est le parti du gouverneitoent. 

Mais voici ce qui est arrivé pour ces deux 
mots : gauche et droite. 

Depuis que le régime parlementaire s'est 
établi et fonctionne dans nôtre pays, la 
gauche s^est toujours composée des dépu- 
tés qui revendiquaient la forme répuoli- 
caine, et leur signe distlnctif était de ne 
pas accepter le principe du gouverne- 
ment. 

En Angleterre, il n'en est pas de même : 
tous les Anglais sans distinction affichent 
la même fidélité au principe monarchic|ue, 
le même loyalisme. Seulement, ils diffè- 
rent sur le degré de mouvement à impri- 
mer à la machme, et les mots de Whig et 
de Tory n'ont ou'une signification : les uns 
sont plus presses d'accomplir certaines ré- 
formes, de marcher en avant; les autres 
ont une tendance à enrayer la marche du 
progrès, dont la rapidité leur semble dan- 
gereuse. 

Chacun de ces deux grands partis aspire 
au pouvoir, se le dispute, et quand il y 
arrive, quand il peut y appliquer ses idées, 
c'est lejparti vaincu qui passe dans l'oppo- 
sition. Kien de plus simple que ce jeu de 
bascule. 

Mais en France, l'opposition, massée à 



N* 189.) 



L'INTERMÉDIAIRE 



- 187 



t88 



gauche, semblait avoir pour fonction prin- 
cipale, non de prendre en main le povvoir 
et de pousser le gouvernement dans une 
certaine voie, mais d'en abattre le principe 
même et d'en changer le titre : de rem- 
placer en un root le réjgime monarchique 
par le régime républicain* 

Qu'est*il arrivé? C'est que dans ce mot 
de gauche ïl y a eu deux idées confondues 
l'une dansTautrei mais que Ion ne se don- 
nait pas la peine de démêler, parce que 
Ton n'avait pas besoin de les distinguer 
dans Tusage de la vie ordinaire. La pre* 
mière, c'était celle d'opposition, et la se- 
conde celle de République. Républicain et 
opposant, c'était tout un, et cela s'expri- 
mait» en effet, d un seul mot : homme de 
la gauche. 

Et par contre, lorsqu'on faisait profes- 
sion aappartenir à la droite, on témoignai: 
d'abord que Ton admettait le principe mo- 
narchique, et en second lieu que l'on était 
dévoué au gouvernement actueL Ces deu3& 
idées étaient réunies sous la mdme éti^ 
quette* 

Or. il s'est produit une révolution telle 

Îue la France n'en avait point encore vu.- 
»a République s'est étabhe. 
Ce n'est pas que déjà nous n'eussions eu 
ches nous cette forme de gouvernement. 
Mais elle avait toujours passé pour une 

surprise. 

La République est maintenant l'expres- 
sion officielle de la volonté nationale» £ile 
a été faite par l'Assemblée qui vient de 
partir, et confirmée par le vote du pays. 
Elle devient donc^ sans contestation pos- 
sible, le gouvernement légal de la France. 
— De là une conséquence asses curieuse. 
Gauche signifiant à la fois opposition et 
République, comment se tirera-t-'On delà? 
Car la République étant devenue le gou- 
vernement du pays^ il est impossible que 
les républicains soient à la fois les maîtres 
de la situation et les opposants» C'est la 
gauche qui par le fait devrait siéger à 
droite. Et de fait, il semble que les répu- 
blicains agiraient, sagement, s'ils allaient 
choisir leurs places à la droite du prési- 
dent, là où siégeaient les monarchistes* 
On disait toujours : la gauche républicaine ; 
il faudrait, pour être conséquent, que Ton 
dit à cette neure 2 la droite républicaine^ 
puisque les partisans de la République sou- 
tiennent le gouvernement. 

Et par un chassé»croisé des plus curieux^ 
c'est la droite qui devra passer à gauche^ 
car c'est elle oui, par le fait de cette révo- 
lution légale, devient opposition et attaque 
le principe du gouvernement. 

Si cette réforme ne se fait pas, il faudra, 
datis la pratique, dépouiller ce mot d«i 
gauche de l'idée d'opposition dont il était 
)adis revêtu, et enlever au mot de droite 
son antique signification de fidélité au 
gouvernement établi. 

On s'embrouillera longtemps encore 



dans cote pknméolagit^MovfiUe* Voyez 
comme on a de la peioq « emplir les mats 
d'un sens.tiourean, et '^iominae les partis 
profitent de ces équivc^es de langage! 
Prenez lefrtot de conservateur. Il est évi- 
dent qu'aujourd'hui ïe% conservateurs^ ce 
sont les républicains, oui ont tout intérêt 
à consolider la République. Mais comme 
ce mot de conservateur s est fort longtemps 
appliqué aut gêna çiui prétendaient con- 
server la monarchie, alors existante, il 
semble aujourd'hui impossible de séparer 
ces deux idées, que le mot tient invinci- 
blement unies, de conservation et de mo- 
narchie. 

Et de la vient que le parti monarchiste 
se croit autorisé à toujours cfier à ses ad- 
versaires les républicains qu'ils sont des 
gens de désordre \ il garde en effet le nom 
de conservateur. Il ne s'aperçoit pas, ou 
du moins il feint de ne pas voir qu'il s'est 
opéré bien des changements. 

F. Sarcêy. 

La fille de Madame Belanâ (IX, too). -^ 
Si le questionneur de la Brie avait été 
aussi chercheur que curieuk, il aurait 
trouvé une réponse satisfaisante, VI, 3o3 
et 3 10. Eudora Roland, devenue femme, 
puis veuve, de M. de Champagneux, est 
morte en i858. C'est elle qui a légué à la 
Bibliothèque nationale le manuscrit des 
Mémoires de sa mère. A. D. 

« Pâstes de touisXV » (I3t. Iô3). - Mon 
édition des Fastes de Louis XV^ de ses mi- 
nistres, etc., est de 1787, Londres, chez 
lès libraires associés; mais elle fie porte 
pas : pour servir de suite à là Vie privée, 
(2 vol. in- 12.) L'édition de Villefranche, 
1782, n'est*eile pas în-^S? -« Quant à l'au- 
teur de l'ouvrage dont il s'agit il se nom- 
mait réellement Bduffonidor; il était atta- 
ché au chevalier Zéno, autrefois ambassa- 
deur de Veriise en France^ Voir les Mé- 
moires secrets, dits de Bachaumont, Lon- 
dres, John Adamson, t. XXI, p^ m, sous 
la date du 8 septembre 1782; ainsi que 
Touvrage du président ne Lévy « aui 
mots : Journal historique^ ou Fastes de 
Louis XV, G.D. 

— Bduffônîdor , auteur des Fastes de 
Louis XV, est le nom r^el d'un attaché à 
l'ambassade vénitienne du chevalier Zéno. 
Voir les Mémoires secrets de BachaumoM 
sous la date du 8 septembre 1782. 

Quant à rauteui'du/o«r«4/ HistoriQUe, 
c'est le président de Lévy, d*après Bar- 
bier. A. D. 

. — Bouffonidor était attaché au cheva- 
lier Zéno» autrefois anibassadeur de Ve- 
nise, en France, Barbier. Voy. i^VIntef' 
médiaire, II, 265, 280; IX, ^^S; --a<> Les 
Mémoires secrets, dits de Bachaumont. 
Londres, John Adamson» t* XXI, p. ni> 



DES CHËRCHEURd ET CURIEUX. 



-- 189 



[ib mars tByé* 



sous la date du 8 septembre 1782. Barbier, 
II, 435. — Le président X... de Lévy est 
l'auteur du Journal historique., La i'« édi- 
tion est de 1737, I vol. in-8. La a% citée 
par Ml Ë.-G. P., contient 2 parties in-8 et 
non in-i2. Il n*y a pas de titre pour la 
Impartie. L*Ésprit de Henri IV est ae Lau- 
rens Prault. H. L 



190 



a A Monsieur, Mô&ftleiir • (IX, loB). -- 
Ce serait, d'après Génin, tout sitnplement 
un superlatif. La manière primitive et la 
plus naturelle, dit-il, de former un super- 
latif, c'est de répéter le positif, et les en- 
fants n'y manquent pas : u C'est un grand, 
grand. grand... Ilétait petit, petit... j> Com- 
bien ae gens font un superlatif à out et à 
non, en les répétant plusieurs fois. « Le 
U compilait, compilait, compilait...; » de 
Voltaire, et le « J*ai parlé, parlé, parlé... ; » 
de Béranjef, sont des superlatifs de verbe, 
par répétition. - 

A Monsieur serait une simple déférence; 
A Monsieur, Monsieur^ une déférence plus 
grande. 

Cette formule daterait au moins du 
XV» siècle, puisque le Capucin Caracciolî, 
dédiant ses sermons (Î472) à Ferdinand, 
roi de Naples, et à Jean d'Aragon, fils du 
roi, — Rêver en disÉtmô patri et domino, 
liomm Joanni de Arragonia humiliter se 
commendat. (Grenoble.) N. M. 

« Les Déoouvertea d'un Bibliophilo » (IX, 
104). — M. Otto Lorenz s6 trompe. L'au- 
teur est M. Busch, ancien adjoint au maire 
de Strasbourg, bibliophile distingué, mort 
en i85i. 

Ces Découvertes fotmeût 4 lettres adres* 
sées à Un jeune abbé, professeur au Sémi- 
naire de Strasbourg (M. M***), sttrle Com-^ 
pendium theohgiée moral is ^ quod, ad 
usum theologiœ candidatorum^ ex variis 
auctoribus^ prcpSertim ex B» Liguorio 
^xcerpsit J. P. Moullet, olim professer 
theol. mor. Superiorum permissu , livre 
publié à Fribourg, en 1834. Elles ont eu 
deux éditions. La première, fort rare, n'a 
été tirée qu'à 84 exemplaires, dont un 
sur peauvélin, tous numérotés à la presse. 
C'est un grand in^d sur papier vélin, et le 
texte est encadré d un double filet vert. 
Cette brochure fit grande sensation. Aussi, 
une 2* édition, publiée en juin 1843, pro^ 
voqua-t-eUe une réplique anonyme^ rem- 
plie de personnalités et d'injures, sous le 
îure : Les Découvertes d'un Bibliophile 
réduites à leur juste valeuf, Strasboura. 
Imprimerie de Le Roux (imprimeur de 
I Evêché.) 

M. Busch y répondit par un Supplément 
^x Découvertes d'un Bibliophile (Stras- 
bourg, 1843, gr. in-8 de 1 54 pp., et non pas 
^ p., comtne l'indique le nouveau Barbier) 
ftui fut tiré à 600 exempl., dont 200 envi- 
ton sur papier vélin. Dana ce Supplément, 



il reproduit la brOCbure «le son adversaire 
anonjjrme et la réfute, alinéa par alinéa* 
Les journaux de la locAlité se mêlèrent à 
cette polémique t VJmvartial du Rhitif 
Y Abeille et le Courrier au Bas-Rhin, ainii 
que V Espérance, de Nancy, et V Univers 
religieux, de Paris. Au bureau de ce dcr^ 
nier journal, parutieû 184^, une brochure 
in-t8, ayant pour titre : V Enseignement 
des Séminaires de France^ vengé des at* 
taques du Bibliophile et du Courrier du 
Bas^Rhin^âUiPid un consultation de quatre 
avocats du barreau de Strasbourg^ 
M. Busçhnela laissa pas sans réponse; elle 
fut même tellement vaste, que MM. Esch-* 
boch, Thiriet, Mayer ût Aubry (ce dernier 
aujourd'hui conseiller à la Cour de cassa-* 
tion) crurent de leur honneur de demander 
une satisfaction judiciaire^ La consulta* 
tion pour M. Busch par W Marie, suivie 
des adhésions de MM. Dupin, Paillet, 
Baroche, Bethmont, Botnvilliers, Liou^ 
ville, Pinart, J. Favre, Odilon Barrot, etc.^ 
suivit la plainte en diffamation déposée 

Ear les quatre membres du barreau de Stras** 
ourg, et M« J« Favre vint peu après prêter 
l'appui de son talent oratoire au Biblicn 
phile strasbourgeoia^ Je ne me rappelle 
ni la date, ni le dispositif du jugement, 
maist si ma mémoire ne me fait pas trop 
défaut, M. Busch fut acquitté, et ce fut ua 
des rare$ procès gagnés par rillustr« 
avocat. 

M. Busch communiqua également de 
nombrettl: matériaux contre les Jésuites à 
Eugène Sue, qui publiait alors lé Juif 
Errant f une note du célèbre romaneier, 
qui se trouve, je crois, au i«' volume, lo 
constate. U« liseur. 



■^^^^^■^^^M^^^Mi^l^ 



■J^MM^^^ 



t tiT ItMamSétm 



Restif 4e la Bretonne. ^ M. Jules 
Soury vient de publier, dans le Temps i une 
curieuse et très-sagace étude^ comme U 
sait les faire, sur Restif de la Bretonne, 
d*après les récentes publications du biblio-* 
phile Jacob et de M. J^ Assézat» J*en ex- 
trais ces appréciations instructives : 

a Chez les censeurs royaux Pidansat 
de Mairobert et Tpustain de Richebourg, 
chez le comte de Clermont-Tonnerre et 
chez le duc de Gesvres, chez la présidente 
d'Ormoy, Sénac de Meilhan, Merdier, 
Beaumarchais, etc.^ Restif Uvait vU le 
« genre humain, » — h les btones gens 
a chez mon père ; — la petite bourgeoisie 
« à Auxerre ; — la canaille à Paris ; — la 
a bonne bourgeoisie ches ButeI*Dumont 
o (l'économiste); — la magistrature des 
a deux genres, et même la noblesse, chez 
a M. L. Pelletier de Morfontaine; — l'au- 
a teuraille, la médicaille, rintrigaille» Tac* 
a triçaillei la charlatanerie de tous les 
« genres, chez mon ami GuiUebert, qui se 
(k plaisait à me faire étudier ce monde-là ; 



N- 189.] 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [25 mars 1876. 



191 



192 - 



« — la finançaille chez M. de la Reynière 
« père ; — tout le inonde chez son fils. 

« Les Contemporaines de Restif sont une 
mine presque inépuisable de renseigne- 
ments précieux pour les peintres, les gra- 
veurs et les historiens. A dire vrai, c'est 
là tout le mérite de ses œuvres (du moins 
pour ceux qui n'étudient point Restif lui* 
même), mais c*en est un très-grand. Les 
Contes moraux de Marmontel, avec leurs 
fines et brillantes ciselures, seront oubliés 
depuis longtemps, lorsque Thistorien de 
la dviHsatton lira et rehra les deux cents 
volumes de Restif. C*est oue, à moins 
qu'on n'ait le génie d'un voltaire, d'un 
Montesquieu, d un Rousseau, on n'a guère 
la chance de se survivre quelques siècles 
qu'en livrant à la postérité des documents 
authentiques, des inventaires, des catalo- 
gues. Même dans l'œuvre d'un écrivain 
considérable comme Gustave Flaubert, 
on peut dire d'avance ce qui surnagera et 
sera porté par les flots passants jusqu'aui^ 
rives lointaines du vingtième siècle. Ma- 
dame Bovary restera, non pas parce que 
ce livre est mieux écrit que Salambô ou 
la Tentation de saint Antoine^ mais parce 
Que c'est un document, une copie fidèle 
cie la vie de province à notre époque, une 
médaille frappée au bon coin de la réalité 
et qui, dans la suite des âees, n'intéres- 
sera pas moins l'artiste que rarchéologue. 

« La Harpe n'a guère vu dans le « volu- 
mineux M. Restif » que « folies, ordures 
et galimatias » (Corresp. litt. II, ^oS). 
Mats Schiller, écrivant à Gœche (2 janv. 
1708}, après une lecture de Monsieur Ni' 
cotas, a mieux apprécié la nature du ta- 
lent et de l'œuvre de Restif. Deux choses 
surtout l'ont frappé : la frénésie sensuelle 
de l'auteur, sa caractéristique des mœurs 
d'une certaine classe du peuple en France. 
Ainsi, une étude de psychologie humaine 
et une étude d'histoirç de la civilisation, 
voilà ce qui , en somme, donne au livre de 
Restif une « valeur inappréciable ». {Cor- 
resp. de Schiller avec Gœthe, Stuttgart, 
i836.) 

Citant le choix des Contemporaines cju'a 
entrepris de publier a un fin et judicieux 
connaisseur de l'œuvre de Restii, » M. J. 
Soury loue le goût et la discrétion appor- 
tés à ce travail par l'éditeur de Diderot, 
M. J. Assézat, qui « sait son dix-huitième 
siècle avec une sûreté d'érudition et une 
intelligence de répoque*devenues bien rares 
en France depuis Sainte-Beuve ». 

C. R. 

Les titres des Rois de Prnsse.— Au mo- 
ment où il est question d'allonger, la liste 
de^ titres de la reine d'Angleterre, en lui 
attribuant celui d'Impératrice des Indes ^ 
il n'est pas sans intérêt de confier aux co- 
lonnes de l'Intermédiaire la garde d'un 
très^curieux échantillon de ce genre de 
nomenclature : c'est l'énumération com- 



plète des titres attachés à la Couronne de 
Prusse. Cette énumération est, je crois, 
peu connue. L'exact et respectueux Aima- 
nach de Gotha lui-même y supplée par 
un impertinent, < Etc., « placé après la 
première ligne, comme s'il pensait pou- 
voir faire de son papier un emploi plus 
utile. Je demande à n'être pas de son avis, 
car c'est, à vrai dire, un cours d'histoire 
que cette longue kyrielle de noms, que 
i emprunte à l'intitulé de l'acte déposé, le 
18 juin 1875, dans la pierre de fondation 
du monument élevé à 1 occasion du bicen- 
tenaire de la victoire que l'Electeur de 
Brandebourg, fondateur de la dynastie ac- 
tuelle, remporta sur les Suédois à Fehrbel- 
lin ; on y peut suivre pas à pas , à travers 
deux siècles, les effets de l'appétit et delà 
puissance d'absorption des HohenzoUern. 
— Voici la chose : 

a Nous, Guillaume, par la grâce de 
Dieu y Empereur allemand, roi de Prusse, 
margrave de Brandebouré, burgrave de 
Nuremberg, comte de HohenzoUern, duc 
souverain et suzerain de Silésie comme 
aussi du comté de Glatz, grand-duc du 
Bas- Rhin et de Posen, duc de Saxe, 
Westphalie et Engern, de Poméranie, Lii- 
nebourg, Holstein et Schleswig, de Mag- 
debourg, Brème, Gueldre, Clèves, Juliers 
et Berg, comme aussi des Wendes et Cas- 
su bes, de Crossen, Lauenbourg et Meck- 
lembourg, landgra ve de Hesse et Tbu- 
ringe, margrave de la Haute et Basse-Lu- 
sace, prince d'Orange, prince régnant de 
Rugen, de la Frise orientale, de Pader- 
born et Pyrmont, de Halberstadt, Mun- 
ster, Minden, Osnabruck, Hildesheim, de 
Verden, Cammin, Fulda, Nassau et Mœrs, 
comte princier de Henneberg, comte de 
la Marche et de Ravensberg, de Hohen- 
stein, Tecklembourg et Lingen, de Maos- 
feld, Sigmaringen et Veringen, seigneur 
de Francfort. » 

La nomenclature s'arrête là, c'est-à-dire 
à 1867. Quant à nos pauvres provinces 
d'au delà des Vosges, il n'en est point fait 
mention, sans doute parce que, ayant été 
érigées en pays d'Empire, elles ne relè- 
vent pas directement de la couronne de 
Prusse. Mais elles figurent héraldique- 
ment dans les pièces accessoires des ar- 
mes conférées, par ordre de cabinet du 
22 mars 1871, au comte Othon de Bis- 
marck-Schœnhausen, lors de son élévation 
au rang de prince. L'aigle noire de Prusse, 
à dextre de Técu, tient dans ses serres un 
étendard aux armes de Lorraine, et l'ai- 
gle rouge de Brandebourg, à senestre, un 
étendard aux armes d'Alsace... 

Certifié authentique : Peph. 



Le gérant, Fischbacher. 



Pari8.~Typ. de Ch. Mcynids, i5, rv» Qija5.-i87^' 



flWXQtt 



oméro 190 



90U9 trouvtrêM, 




H iê foui 
mtr'aidtr» 



10 avril 1S76 



£ 2ntetméhtaite 

m CHERCHEDRS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, t>COTESand QUERIES français,) 



193 



4— L. 



194 



ESBk 



'ode sur les Fanérailles de sir John 
Moore. — Un troisième larron... Alle- 
mand. 

Une question de littérature internatio- 
lale, qui a son importance et qui a déjà 
xroipé les lecteurs de Y Intermédiaire y 
nent d'être remise à l'ordre du jour par la 
Revutf Britannique, 
Le directeur de ce recueil, M. Amédée 
Pichot, a publié, dans son numéro de fé- 
vrier, un article intitulé : Un Problème 
littéraire: Quel est le premier auteur des 
Stances sur les funérailles de sir John 
Moore? C'est le problème dont MM. H.T. 
et P.-A. L., en 1869, réclamèrent instam- 
ment la solution (V, 693 ; VI, 20). 
la lumière nous vint du Nord. Un 
conespondant de Manchester, M.W.-E.-A. 
AîOD,nous fit savoir (VI, 33 1) que cette 
belle ode sur la mort de sir John Moore 
n'avait pu être imitée du français, par la 
raison que les stances françaises sur les 
bérailles de Beaumanoir avaient été 
écrites en 1 83 5, et que c'était tout bonne- 
ment un pastiche, une mystification du 
rév. Francis Mahoney, plus connu sous le 
pseudonyme de Father Prout. « Si M. 
H. T., a)outait-il, veut bien lire tke Reli- 
m of Father Prout, il y trouvera les 
Funérailles de Beaumanoir «et bien d'au- 
ires canards encore. » -— De son côté, le 
jVo/M and Queries s'égaya quelque peu à 
'a pensée que notre correspondant H. T. ' 
avait sérieusement posé la question de sa- 
voir si Wolfe était bien l'auteur de l'ode 
sur les funérailles de sif John Moore, ou 
s J n'était qu'un imitateur, un traducteur, * 
^^ plagiaire. 

Que va dire, cette fois, notre confrère 
aoutre-Manche? 
M. Amédée Pichot nous apprend d'a- 
bord que M»* d'Haussonville, dans la 
première édition de son ouvrage sur lord 
mii (1873), en était encore à la vieille 
[,^eur, qui fut celle de Gœthe, attribuant 
.ode de Wolfe à Byron lui-même; et que 
c est seulement dans une note de l'appen- 
J>cedesa2« édit. (1874) qu'elle déclare en 
t n^^*^"^'^* avoir été avertie de sa méprise : 
*^n m'a dit depuis, que cette magnifi- 
J^e poésie a été écrite par Wolfe, mi- 
^'stre protestant du nord de l'Irlande, 



I 



mort jeune, et dont on publia d'autres 
poésies fort peu remarquables. » 

<c Pendant trente ans, en effet, de 1791 
à 1823, le rév. Charles Wolfe n'a publié, 
ajoute M. Pichot, aucune pièce cfe vers 
qui réponde à l'attente des admirateurs de 
celle qui l'avait tout à coup placé au 
même rang que lord Byron... Au bout de 
trente autres années (en 1861), on corn* 
mençait à douter que le chef-d'œuvre 
unique fdt réellement du révérend cler- 

§yman, lorsqu'un critioue de l'autre côté 
u Rhin, en lisant les Mémoires publiés 
par le comte de Lally-Tollendal pour la 
réhabilitation de son père, jr a trouvée 
avec la relation du siège de Pondîchéry 
en 1749, huit stances en français: A la 

MÉMOIRE DU COLONEL COMTE OB BEAtJMA- 

NOIR, huit Stances qui sont la même des* 
cri|)tion des funérailles de sir John Moore, 
mais appliquées au colonel Beaumanoir 
que les Français, forcés de se rembarquer 
à la hâte (comme les Anglais à la Coro* 
gne), avaient eu à peine le temps d'enter- 
rer au pied d'un bastion... Mêmes détails 
matériels et mêmes sentiments, exprimés 
dans des vers qu'on dirait traduits mot à 
mot soit du français en anglais, soit de 
l'anglais en français, avec cette différence 
que le vers anglais observe toujours les rè- 
gles de la prosodie, et qu'il manque quel- 
quefois un pied au vers français, sans par- 
ler des fautes de grammaire et de syntaxe, 
par exemple le verbe fxer, employé dans 
le sens de re^^rier; etc.— Mieux vaudrait 
du bas breton que ce français qui a Tair 
de la traduction à côté de l'anglais, lequel 
a l'air de l'original. — Le fait est, selon 
moi, que ce français ne peut être, comme 
l'anglais, que la traduction d'une troi^ 
sième pièce originale. Aussi ne suis-je 
pas surpris que cette pièce originale soit 
réclamée par un Allemand, qui l'aurait 
composée en l'honneur d'un général tué 
au siège de Dantzig vers le milieu du 
XVI I« siècle. i> 

On voit qu'avec M. Pichot le problème 
tend à se compliquer. Non*seuIement lé 
voici qui semble révoquer en doute la pa- 
ternité de Wolfe, en présence des vers 
français, soi-disant découverts par le cri- 
tique d'outre-Rhin : — il n'est pas sur- 
pris qu'un Allemand vienne la revendi- 

TOME IX. — 7 



K* xgo.J 



L*tNT£RM60IAIR£ 



frr 



195 



tgô 



quer, sortant pour cela d'une tombe deux 
fois séculaire. 

Hâtons-nous toutefois d'ajouter qu'une 
chose ici emb^rfa^çe fgft i^. Pichotl 
C'est que la Revu? de Leipîig (l'EurQpfi\ 
qui s'est avisée d'exhumer cette version 
allemande, nomme ce général « le Sué- 
dois Torstenson ». Or, il s(8 trouvp qu^ 
les dictionnaires biographiques, consul- 
tés par M. Pichot, sont d'accord pour 
dire que le général Torstenson est mort 
dans son lit, et que son monument est 
dans une église de Stockholm. — Cette 
légère anicroche ne nous montre- t-elle 
pas dans le prétendant allemand un maître 
Aliboron bien conditionné ? 

î^os correspondants de 1870 nous avaient 
fait connaître le texte des stances français 
ses (VI, 107), bien qu'on ne les trouvât pas 
dans l'édition des Mémoires de Lally-Tol- 
lendal, publiés à Londres en 1766 (VI, 19, 
33 1). M. Pichot est bien sévère quand il 
dit que cette pièce « ne mérite pas exa- 
men ». Elle est sans doute très-incorrecte, 
par endroits, mais elle a parfois aussi un 
ger accent. Les incorrections n'ont, di9 
reste, rien d'étonnant, si c'est une tra- 
duction-pastiche de Father Prout, datant 
de i835; 

M. Pichot, bien qu'hésitant dans son 
opinion, puisqu^l admet que le dernier 
mot de l'énigme n'est pas encore dit, re- 
connaît d'ailleurs que les stances anglai- 
ses s'appliquent littéralement au héros 
dont elles racontent les funérailles, et 
qu'elles sont incomparablement supérieu- 
res aux •stances françaises et allemandes ; 
enfin, qu'elles ont seules la mâle simpli- 
cité dantesque qui les fit attribuer à lord 
Byron. 

Il nous semble que le dernier mot avait 
été dit. Nos Intermédi^iristes et le Notes 
and Queries sont-ils de cet avis? C. R. 

BBLLE9 LiCTTtFS ^ PHILOLOGIB — SfEAUX-A&Tf 

7^ ^içTo^EE 7— Archéologie ~ Npifisuf^riQuÉ 
^ ËpiQRApHis -r- Biographie -- Bibuogi^^hie 
^pxvÉRS. 

Deux verf attribués à Joachim dn Bel- 
tey. — Dans sa notice sur les frérès 'Ar- 
njduj et Simon Qresban. CoHetef citait ces 
deux verSj en les attribuant à Joachim dîi 
Bellay : ' 

Cesse, l,e Waij?, ceç^ç de prendre gloire 
En tes GrebanS; ces deux 4|yii^| esprits. 

M. Hauréau, dans la secoadj^ édition dfi 
$0^ ffistoire littéraire du M(iine (t. III, 
p. 244.), reproduit la citation et l'attribu-f 
tion. La potice de CoUetet n'existe plus 
quç dan$ une copie abrégée (Bibl.' Nat., 
mç. fr., nouy. acq. 3 07 3), qui ne pon^ienl 
pas ces deui^ yers. Or, ils ne se trouvent 
dans aucune éditipo à» Du Bellay, et ii^ 



n'ont pas l'air d'être de lui : comment le 
fougueux champion de la nouvelle école 
aurait-il qualifié de « clivins esprits » les 
auteurs deç mystères dp la Passion et des 
Apôtires) M. ^arty-][j§yeaux ne connaît 
pas ces vers et ne les croit pas non plus 
de Du Bellay. Je n'ai pu les retrouver 
nielle part : quelqu'un serait-il plus heu- 
reux ? G. P. 

Vieille chanson à compléter. — Oq 

m'a souvent endormi j au temps de ma 
petite enfance, en me chantant : 

Cavaliers, c^yali^rs, pour J)oifg 

On dit que vous avez renom, 

Mais pour combattre 

On dit que non! 

On dit que voi^s avez été 

A la bataille de Malplaquet, 

Sans tirer sabre ni mousquet ! 

Cette vieille chanson, dont l'air est char- 
mant, me revient aux heures de la vieil* 
lesse. Je voudrais l'avoir en son entier; un 
intermédia iris'te me pourra-t-il rendre le 
service de me la coinpléter? A. T. R. 

Un Quatrain étymologique. -- De qui 

donc le quatrain suivant, k Tadresse de 
fantaisies étymologiques dont on pourrait 
citer de nombreux exemples (même, soi! 
dit sans vous offenser^ chers confrères, 
dans V Intermédiaire) : 

Cheval vient d'Equus, san$ dqufe; 
Mais il faut avouer aussi 
(Jii^en venant de là jusqu'ici 
Il à bieii changé dans sia route! 

Saiouarig. 

* 

A bis ou à blanc. — Comment fauti 
entendre cette expression qui se rencofl- 
tre dans la Satire Mcnippée, aii (îisconrî 
de iiieux, cité par M. Viollet-le-Duc, dani 
sa Description du château de Pieff^ 
^«i5 ? Voici le passage : 

a J'ai bien occasion de vous suivre, 
M. lé Lieutenant, et faire service à la no- 
ble Assemblée, à bisou à blanc, à toutou 
à droit... etc. » 

(Nîmes.) Gh. L. 

Réalisme. — Je croyais que ce pap? était 
d|ç création très-récente, et qu'il ayait pris 
naisçançe Jprçque pgrprent Ips premiers 
rpmans de M^. Cnaropfleury et Gp5»^^ 
Flauberf, C'est là une erreprj je le îrouv« 
employé, dans le sens que nous lui auri- 
buQns aujdurd'hui, dès Je 8 décembre 
i835, par M. F. T. G,, en plein Cm/' 
vari, A propo$ 4'un rqman de M. LoitiJ 
de MvaJ, 1 ameur dit : « Entre le Scyiil 
du réalisme et le Ghgrybde dp ndéalisP^» 
il ser^ bien difficile à son Rpbfirtje »^ 
gniM^^ ^« gUfiSfir sans eiwftrobre. ? ^ 



DES CHERCHMWI» Wï CURIEUX. 



(!o âvrîl 187^ 



néologisme a-t-il ét^ empJQyé ay^nt la 
flate que }ç vi^p^ de citer? 

Cçi^te d^ NovBi^ç^, 

le Cardinal des ip^rs. — « Le H[omard 
ce cardinal des mers!» Cette superbe 
naïveté g-t-elle yn auteur cpnnu, un édi- 
teur responsable? Qù IVVPn vqp, s'étaler 
pour la première fois? ' 

Santiago. Sined de Edragal, 

T à la fin j|es noms de lieux. — Une 

quantité considérable de noms de lieux se 
terminent par un x- U est facile de le 
constater par l'Indicateur des Chemins de 
fer. Sur la route d'Orléans, nous voyons :- 
Vitry, Choisy, Juvisy, Savigny, Epinay, 
Bretïgny, Bouray, La^dy, Ëtréchy, tou- 
ry, Artenay, Chevilly; au delà: Beau- 
gency, Chouzy^ Limerav, Noisay, Vou- 
vray, etc.; sur la route dç Lyon : Bercy, 
Brunoy, Thomery, Champigny, Joigny, 
Flogny, Tanlay, Aisy, Darcey, Verrev; 
etc., etc. Quelle est rorigine de cet j/- fi- 
nal. Nossiop. 

■ 

Un mot 4'%îgpt tudesq^. — Quelle est 
létymplogie du mot capout^ bien connu 
de nos s^oldats prisonniers en Allemagne? 
Capout Francô^en, capqut Paris^ c'était 
la scie obligée dç l'aimable progéniture de 
nos vainqueurs. A ét-Germain-en-Laye,. 
quelques Bavarois désillusionnés disaient 
même : Capou.f $î$mark. 

Capout n'èsf, que je sache, ni du hav^t 
ni du bas allemand. Quant à la significa- 
tion, elle est claire. En bon français, c'est : 
<ï f..... ic^iu. » 

M. Cl^eruel, dans son ^ Dictionnaire 
des institutions de la Frainçe, » à l article 
Jeux, 4it, d'après Le Ber, qUe l'expres- 
sion du jeu" de piquet, cajpoi^ vient de 
ridiome celtique et signifie, dans cette 
langue : « frustré, décliu de son espé- 
rance, ii Capot et Capout, ces deux mots 
presque identiques et presque synonymes, 
auraient-ils la môme originel E. B. 

Groquiito? — Ce mot signifiant dessinar 
teur de croquis est-il français ? Je le ren- 
contre, pour la premiière fois, dans le der-î 
nier auiE^ra de la Gai^e^ta des Beaux- 
ans, Çon^mc i) est question d'un artiste 
belge, je ne serais pas éloigné de croire 
que c'est d\j fra^içais de Bruxelles. Prière, 
en tous cas, de me renseigner J. R. 

^^ 
8i99iilîo9 «mpioi iu mal « FH» 9 — 

Dans le ifi^ngage f^n^iUeç, en Quercy et 
dans le Rpuergue, plus^ se diV pour pas 
encore: ^ Vous ne l «viças; pbist vu... Vous 
nwaa plus e^teodu chanter cette ro-^ 
nuance ». C«^*ii|çon de parkpincoxrectç 



est-eUe particulière à ceaf^ieas? S'ex* 
plique-t-eJlei gramn^atiealement^ 

et a New-Yprk, 1872. - Il a gravé les por! 
traits à a manière noire, médaillons 
^ u"i ,^ i?^" ^^^ Lînclaen et de Théo- 
f.^. A DK^^^.^^^^t» personnages impor- 
tants à Philadelphie et New-.York. comme 
represent^at la Ccunpagme Hollandaise 
aux ptaîSrUms, à la fin d^ sièele dernier. 
A" trU grav^ dçs pièces plus considérables ) 
liSHl cpnnu douleurs? Cz, 

Coflection l Reynplds. - Jfe serais très-, 
reconnaissant à l'amateur qui voudrait 
bien me donner la deççrîptiou de Ja mar4 
que qu'on trouve sur tA de^siqs prove- 
nant de la collection de s,ir Jt. Reynold?,. ' 

_ Q. A- ^, 

Bhotoffvapàift do Béranfor.— A-t-ondes 
portraits, photographiés d'après nature, 
du chansonnier fiéranger? G. A. }l. 

Portrait CA^frod m^m. - PQurrait^ 

dîîvifr^ n't 'i ï ^ P^^sieursVortrail 
d Alfred Delyau? ^e ne connais que celui 
^caye par Valentin. q. à. R. * 



1 a«tew d» r« Imht^tioada J.-a. » — Je 

m sais. S.I cettç question a déjà éié exami- 
née jtanA 1 Intermédiaire. Eii tout cas il 
y a là matière à d'intéressantes investiga- 
tions pouj les çw^uj;, et pçm-êtreun Ls 
• ^'1 H?î ^I^ rçcherçhè *de cet' aSteut 
Ignoré. Il faudrait prendre pour point de 
départ une excellente dissertation de M. 
Arthur Loth (RevMe 4.ef. QuestiomJistô^ 
mues^ 1er avril 1873), qui dltnoiitre lia. 
bilement que l'on ne pevt auribuer 17ml- 
tatmnm à Gersqn, ni ^ Tt»omas 4' Kero, 
pis. Un manusçf^t plus ancien, çt récem- 
ment découvert^ d^té de 1406, dçnneuni 
singulière physipnopiie à Utgumémi^ 
tiori. Les conclusions 4e M^TotHoat 
celles-ci : « Ç'^ttaçher à la; tradition ou» 
attribue le livre à TboffiSS à Kempis.miw 
^monter, up pçu plus h?i^t"4a^s fe» 
temps. » * -i. n 

L Intermédiaire yeut-il aborder ce thè- 
me bien dign^ et de lui et de ses Qql\^\>(^ 
rateui^s? Quintiuus." 

La qfQoatioii du Bimanohe. ,- Cette 
«rave question qui, d'abor<J' religieuse, est 
devenue sociale\sous le nom de « repos 
du Uin^anche », substitué au mot de slnc^ 
tification), a-t-elle des origines histori- 
ques? Je ne parle pas du « sabbat », cela 
\ç^san? dire. Je demande si avant que sort 
moderne apôtre, M. Alexandre Lombard, 
de Genève, lait portée devant la con- 



N» igo.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



199 



-« 200 



science des gouvernements et des grandes 
administrations, il s'est trouvé, avant lui , 
avant 1789 et depuis, des hommes oui se 
soient préoccupés de cette question du re- 
pos dominical, et s'il a été publié quelque 
écrit sur la matière, avant 1840. 

R. DE C. 

La couleur Isabelle. — M. Siméon 
Luce vient dé publier une histoire de 
Bertrand Duguesclin et les extraits qu'en 
ont donnés les journaux ne justifient peut- 
être pas suffisamment l'éloge qu'ils en ont 
fait. Il est vrai que les journaux n'ont 
guère la main heureuse en fait d'érudition, 
et pour cause. Quoiqu'il en soit, dans une 
note de cet ouvrage où se trouve une his- 
toire peu exacte de la chemise, et qui fait 
trop songer à la rédaction d^'un journal de 
modes, Fauteur rappelle l'anecdote bien 
connue de la chemise d'Isabelle de Cas- 
tille qui, portée par elle pendant toute la 
durée du siège de Grenade, se trouve à la 
fin couleur de pain bis; d*où serait venu le 
terme de couleur Isabelle. Cette étymolo-; 
^ie est-elle bien authentique? J'avoue que 
|e n'en crois rien. Il est vrai, et ce sera 
mon excuse, que je suis d'un> scepticisme 
pyrrhonien à l'égard des étymolo^ies, 
mais je ne demande qu'à être convamcu 
et je serais reconnaissant à mes confrères 
de V Intermédiaire de me convertir à ce 
sujet : il me peine d'avoir à douter du sa- 
voir et de la critique de l'un des savants 
directeurs de la Bibliothèque de l'Ecole 
des Chartes. • A. St. 

Un passage des « Mémoires du cardinal 
de Retz. » — Dans le premier chapitre des 
Mémoires de Retz (édit. Charpentier, t. I, 
p. 10), on lit : 

a Mademoiselle de Retz avait les plus 
beaux yeux du monde, mais ils n'étaient 
jamais plus beaux que quand ils mouraient, 
et je n'en ai jamais vu à qui la langueur 
donnât tant de grâces. Un jour que nous 
dînions chez une dame du pays, à une 
lieue de Mâchecoul, en se regardant dans 
un miroir qui était dans la ruelle, elle 
montra tout ce que la morbidezza des Ita- 
liennes a de plus tendre, de plus animé et 
de plus touchant. Mais, par malheur, elle 
ne prit pas garde que Pallecan, qui, de- 
puis, a été maréchal de Clérambaut, était 
au point de vue du miroir. Il le remarqua, 
et, comme il était fort attaché à M^» de 
Retz, avec laquelle, étant fille, il avait eu 
beaucoup de commerce, il ne inanqua pas 
de lui en rendre un compte fidèle, et il 
m'assura même, à ce qu'il m'a dit depuis, 
que ce qu'il avait vu ne pouvait pas être 
un original. » 

, Qu'avait donc vu Pallecan?... Aucun 
commentateur n'a éclaire! ce passage énig- 
matique. F. L. 



« Plomb à vendre 1 » — Tallemant, par- 
lant de M"« Pilou, dans l'historiette qu'il 
lui consacre : « Elle a dit un million de 
choses de bon sens. « Quand je vois, n 4 
soit-elle, o ces nouvelles mariées qui vont 
« donnant du timon de leur carosse contre 
a les maisons, je me mets à crier : Qui 
« veut du plomb? Plomb à vendre! Qui 
« veut du plomb? Voicy des gens qui ai 
« vendent. Cependant il est certain qu'il 
« ne se fait pas la moitié des cocus qui 
« se devroient faire, tant il y a de sots 
a marys.» 

âue veut dire ce plomb? Est-ce qu'il y a 
^ que relation entre ce métal et les ma- 
ns malheureux? L'explication qu'en donne 
M. Paulin Paris me semble peu satisfai- 
sante, la voici : a C'est-à-dire, je pense: 
voilà des femmes qui vont avertir le monde 

âu'on peut les prendre et qu'elles sont à la 
isposition des galants. « Jeter son plomb 
a sur quelque chose, » dit le Dictionnaire 
comique de Le Roux, a c'est avoir dessein 
« sur quelque chose, former un dessein 
a pour parvenir à quelque chose, n F.-y. 

Un prince italien... et son cascpie. - 
C. de Méry, qu'il ne faut pas confondre 
avec l'ancien collaborateur de Barthélémy, 
a publié, en 1822, une édition des Pro- 
verbes de Carmontelle, avec un commen- 
taire assez étendu, où se trouve cette anec- 
dote (t. IV, p. 29) : «Ce prince italien, qui, 
trompé par sa femme, avait fait placer 
deux oreilles de Moïse en or sur son casque, 
et avait juré de les porter jusqu'à ce qu'il 
eût obtenu vengeance et lavé son affront.» 
Quel est ce prince italien ? Serait-ce le Mo- 
naco, contemporain de Louis XIV? On 
ne serait-ce pas plutôt Ezzelino le Moine, 
plusieurs fois marié, et plusieurs fois... vic- 
time ? Mais; avant tout, l'histoire est-elle 
bien authentique ? 0. D. 

Harat... calomnié?? — « Du 17 août 92 
au 17 juillet 93, jour de l'exécution de 
Charlotte Corday, dans Tespace de onz^ 
mois, on a décapité soixante-quatre indi- 
vidus et pas un que a TArai clu Peuple > 
ait désigné, dans son fameux journal, sur 
ses fameuses listes de proscription. 

a Du 17 juillet 93 au 28 juillet 94, jour 
de l'exécution de Maximilien, en l'espace 
d'un an et quelques jours, deux mille cm 
CENT SOIXANTE-DOUZE décapités ; voilà pour 
Robespierre. 

« Enfin, du 28 juillet 94 au 7 décembre 
de la même année, espace de quatre mois 
seulement : cent cinquante-deux décapi- 
tés ; c'est l'apport des Girondins. » 

J'ai relevé, il y a sept ou huit iwis, cette 
note qui était signé : Alf, Bougeart. 

Il en résulterait : ï<» que, du temps de 
Marat, le Tribunal révolutionnaire met- 
tait un peu plus de cinq j^ours entre cha- 
que condamnation; 2* que^ sous Robes- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo avril 1876. 



201 ' W l- 



202 



pierre, le même tribunal condamoait envi- 
ron SEPT individus par par jour; 3<> enfin, 
que, sous les Girondins eux-mêmes, le 
chiffre des condamnations était encore de 
beaucoup supérieur à celui que Ton attri- 
bue à Marat, puisqu'il s'élevait à peu près 
à TRENTE-SIX décapités par mois. 

Ces observations sont-elles donc exactes, 
et faut-il recoxmaître qu'on aurait fait une 
chose qui semblait impossible, — calomnié 
la mémoire de Marat? B. P. 



«Mademoiselle de Belle-Isle. »— Pourrait- 
OQ me dire où Alexandre Dumas a pris le 
sujet fort scabreux de la comédie qui porte 
ce nom? G. P. 



Affinati. — Existe-t-il un livre intitulé : 
Le monde sens sus-dessous (sic) par les me- 
nées du Diable f par le jacobin Affinati? — 
11 est cité par Beaumarchais, 4« Mémoire 
(édit. 1809, p. 4 12], à l'occasion du sens du 
verbe distinguer. <c Dieu aurait dit au pé- 
cheur Adam : De toutes mes créatures, 
vous seul avez forfait. Avancez, maraud, 
que je voua timbre au front, que. je vous 
distingue! 9 — Le livre. Fauteur et la 
phrase sont^ls réels ou n'ont-ils existé 
que dans Timamnation de Beaumarchais? 

E. M. 



Une parole du feld-maréchal Moltke. — 

Dans ua article fprt instructif de M. Max. 
Du Camp, sur «. les armées de TEurope en 
temps de paix et en temps de guerre » 
{Moniî. univ.y 14 mars), je remarque cette 
assertion : 

« Si le projet primitif du maréchal Niel 
{pour la réorganisation de notre armée en 
1867) eût été adopté {au lieu d'être mu- 
tilé et annulé par les sottes attaques de 
MM. J.Simon, J. Favre, Magnin, Picard, 
Garnier-Pa^ès, de Janine et Thiers ; 
voir leurs discours d'alors)^ nous aurions 
facilement réuni 700,000 hommes au mois 
de juillet 1870. C'était de quoi faire face à 
tout péril ; le résultat du premier choc eût 
pu être singulièrement modifié, si l'on s'en 
rapporte au feld-maréchal Moltke lui- 
même, qui, visitant le champ de bataille 
de Woerth, un an, jour pour jour, après 
notre défaite , disait à son état-major : 
« Si les Français avaient eu une réserve 

DE 5o,000 hommes, NOUS ÉTIONS PERDUS. » 

Où se trouve consignée authentiquè- 
rent cette parole, qui est si cruejle à lire 
aujourd'hui?... S. L. 

Ii'actenr JenneTel.— Qu'est devenu cet 
acteur qui jouait, dans le iftidi, il y a quel- 
que douze ou quinze ans, et avec succès, 
les rôles de Frederick Lemaître? 

(La Flèche.) E. C. 



SainVMarcelin. Saint-Marcel. — Pour- 
quoi, dans sa nouvelle : Un début dans la 
magistrature, M. J. Sandeau appelle-t-il 
Saint -Marcel le chef- lieu d'arrondisse- 
ment du département de l'Isère connu au- 
jourd'hui sous le nom de Saint-Marcelin? 
Cette ville a-t-elle en effet été appelée 
ainsi sous la Restauration? Saiduarig. 

Mannscrits posthumes de Stendhal. — 

Par une note bibliographique du premier 
numéro du Courrier littéraire, j'apprends 
qu'il vient d'être publié à Londres une 
Etude biographique et critique sur Sten- 
dhal (Henri Beyle), d'après des documents 
originaux, des lettres inédites et des pa- 
piers de famille. Je vois que l'auteur, 
A. Archibald Paton, a eu aussi commu- 
nication de « manuscrits de Stendhal, ap- 
partenant à la Bibliothèque de Grenoble, » 
manuscrits malheureusement presque illi- 
sibles et sténographiés ou chiffrés, pour 
ainsi dire. On cite, entre autres, une A w/o- 
biographie et une Vie de César, Pourrait- 
on avoir quelques renseignements circon- 
stanciés à ce sujet? H. E. 

« Lord Byron, jugé par les témoins de 
sa vie. » — (Paris, Amyot, 1867, 2 vol. 
in-8). Connaît-on l'auteur de l'ouvrage? 

E.-G. P. 

a Dictionnaire des Halles. » — Quel 
est l'auteur d'un volume intitulé : Le 
Dictionnaire des Halles, ou Extrait du 
Dictionnaire de V Académie française. 
A Bruxelles, chez François Foppens 
(A la Sphère), 1696, in- 12. Le Diction- 
naire des Anonymes, la Biographie uni- 
verselle, etc., attribuent la paternité de 
ce petit recueil satirique à Fabbé Fure- 
tière, qui eut des querelles avec l'Acadé- 
mie française dont il avait été membre, 
puis appelé à d'autres fonctions. L'exem- 
plaire que j'ai entre les mains porte cette 
mention manuscrite : Par Artaud. Quel 
est cet Artaud ? Le Dictionnaire des Halles 
démontre que la célèbre Compagnie d'im- 
mortels, vertueux et pudiques, n*a pas tou- 
jours été une réunion de prudes en cu- 
lottes et dément, pour un temps, les as- 
sertions trop générales et absolues de 
plusieurs pubiicistes amateurs de la langue 
verte. Voir la préface substantielle et for- 
tement colorée du Dictionnaire erotique 
moderne, attribué à M. D., professeur de 
langue verte (Bruxelles, 1864, in-12). Se 
voiler la face devant le frontispice. 

V. DE V. 

c< Lettre de M. le baron *** à M»« la 
marquise de ***, — angloise, mariée à Paris 
depuis six mois. » (S. I. n. d., in-12, 34 p.) 
Cat. de la vente Téchener, n» 10450. — 
Cette lettre ne serait-elle pas de 1 abbé. 



N» <9o*] 



L'iNtERMfitllÀlRfi 



SB 



- io3 



&04 



Coyér? Prièfi 4e k cdtht^i^éf âveè la 
t Lettre A Hfte daiHe anglaise » des « Ba- 

gatclled Morales * de cet abbé ! -^ Toutes 
îs plèèeâ de ce Tolume avaient déjà paru 
sur dé& feuilles volantes, à Texception de 
la ^remîèfe, intitulée t a Lé Siècle pré- 
sent. » H. DE L'ISLK. 



Théâtre de La Fontaine. — Notre fabu- 
liste n'a pas fait due des Fables et des 
ConteS; il est aussi l'auteur de plusieurs 
pièces de théâtre i le Florentin^ — Je 
vousptends sans vert, — PÉunuque, imité 
de Tereûcè, — la Coupe enchantée, et 
quèl()Ués autres encore. Ces œuvres dra- 
matiques ont été faites pour la plupart eâ 
collaboràtiôti et ont été rarement publiées. 
Voudrait-ûn nous indiquer les éditlohs 
connues du théâtre de Là Fontaine et 
joindre à ces renseignements bibliogrâ-* 
phiques, le6 notes pouvant servir â 1 his- 
toire des œuVrès dTfamatiques du fabu- 
liste ? Cit. C. 

Gedrge Sand. — La librairie Michel 
Lévy a>t-elle tiré des exemplaires sur pa- 
pier de Hollande de quelques-uns des ro- 
liians de George Sand? G. A. R. 

Mesol'âa deg toiles et panneaux à pein- 
dre. — La toile de i mesure 0.16 sur 21 ; 
celle de 6,Oi32 sur 0.40. lien est ainsi 
des autres; ces mesures ne se rapportent 
ni au poucs, ni au pied pour les toiles de 
plus grande dimensioQ. J'ai demandé à 
bien des artistes, lesquels n'ont rien ré- 
pendu de satisfaisant. Quid? 

£. GandOuin. 

{.6 2S féniot ISyStt — Tous les jour- 
naut viennent de publier la note suivante : 

Le Journal des Débat», publia le tableau 
comparatif des recette^ de l'octroi de la ville de 
Parj» dans les derniers jours de Février 1876 
éf aâB6 lès dëtliiefs jours de février 1875 ' 



21 

\% 

26 
2 
2 
29 



février! 



. * < 



1876 
148,676 2 
38o,3q8 2 
348,960 97 
3i 1,447 40 
1,284,862 88 
652,656 85 
243,106 44 
126,829 20 
276,134 97 



1875 
a52,to9 74 
942,439 57 
263,249 45 
766,842 09 
958,880 72 
280,686 70 
451,995 09 
242,420 iq 

I27«728 18 

3,771,073 3i 3,58o,36o 73 

Ces chiffres établissent, comme on voit, que 
les recettes de 1876 pour les derniers jours de 
février sont supérieures de 190,712 fr. 58 c. à 
celles de la période correspondante de 1875, 
1 augmentation totale pour les deux f)remiers 
xhôîs de 1876 étant de 623,923 fr. 76 c. 

Serâit-'il indiscret de demander où le 
Jûurnal des Dékats a trouvé la reeétte du 



20 fëvi-ief 18^5, ce ^ôiâ A'àjHint efi que 
b8 jours? Fi L. 

Mémoires de M. de Goulas. — Que mes 
collaborateurs intermédiairistes me peN 
mettent d'appeler de nouveau leur atten^ 
tion sur la question que, j'ai posée (ci- 
dessus, coL 14) au sujet de la copie ma« 
nuscrite de ces mémoiresi adjugée^ ei 
1 861, au libraire Trbss, à la vente Mont- 
merqué, et qui est allée on ne sait en quelles 
mains. Qui me rendra le bon service de 
a:ie mettre sur la tracé de ce manuscrit? 

Ch. c. 
■ " ' ■ ■■■' • '" ■ ■* 

Orthographe de Voltaire (II, 514). -| 
Laurent Joubeft, célèbre itiédecid ô'ft&fflisj 
d^s 1 579^ avait proposé l'orthographe ditj 
de Voltaire ; toyex son Traité de câcogra' 
phie,àlasuitedesOflTraitéduris;etc.(Pa 
fis, Chesneati^ 1579, in-8). — Tel estl'avil 
de Gh. Nodier^ p. iSS-iSg deaés Notiool 
élémentaires de Linguistique, etc. (Paris) 
Renduel, 1834, in^}. «^Honoré Rambaudi 
ee me temblej^ s'était occupé de cette ré< 
forme, en 1 376, dans un ouvrage intitulé f 
Déclaration des abus que l'on commet ej 
écrivant (Lyon, 1 578, iii'^i.)-*^ Etienne ?ii 
quief s'élève contre ce changement d'ortho- 
graphe. Voyez ses Lettres, livre 1 1, lettre 13, 
et livre 1 1 1 , lettre 4. — Henri Esiiennefait 
les mêmes reproches â ces novateurs, dao$ 
son ouvrage anonyme : Deux dialogues 
du nouveau langage françois, ^tc. (Paris, 
Pâtisson, 1579, p. in-8). On y remarque ce 
vers: 

Aimez mieux que français on die. 

En 1675^ Nicolas Bérain, avocat rouen- 
nais, reprend là même idée, mais il n'eut 

Cas de succès* Son ouvrage est intitulé : 
Nouvelles remarques Sur la lariguê fraû- 
çoise» Rouen, 1675» in-12. H^ de l'Isul 

BarillonT ou BétdiilàildT (VIII, io3, 
183). — Le Placet des amants aU Ror^ 
me paraît, en effet, devoir être attribué à 
Antoine de Barillon-Morançis , contrai» 
fement à l'ôpinionque j'ai émise en faveur 
de Paul de Barillon'Chastillon ; contraire- 
ment aussi à celle dé M. F.-y en faveur de 
Noël Bosquillori, età celle de M. Ed. Four- 
ûïet en faveur de Bétoulâud. Ceci résulte 
d'une note, mise aii bas du tôUplét ci; 
après, tiré du rectteil de Maurepaset cité 
pàt M. G. Brtlnet dans le Nouveau siècle 
de Louis XIV : 

Moi, Barillon, homme de grand mérite 

Et dont on parle tant| 
QjLii tous les jours les bucnesses visite 

Et fais tant l'important ; 
Sur le minuit, en finissant ma course^ 

J*ai perdu ma bourse. 
Moi! 

J'ai perdu ma l^eurse! - 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[10 avril 1876. 



so5 



- 206 



Voici \^ note^ qui est du temps : 
« Barilloh de Maurangis (sic) ne hantoit 
X que de bonnes compagnies. lise fît voler 
I par ses gensi un soir^ comme il sortoit 
t de l'hôtel d'Alhret, pour faire parler de 
I lui;, » C'est à la suite de ce vol simule 
}u'il avait rédigé son placet. A. D. 

Anneau de Venise (VIII, 58o, 634^ 660, 
igô). — Uti chirurgien de marine m'a 
Itirmé qU'à New- York, tous les coiffeurs 

la mode mettent publiquement en vente 
lesanneauxquin*ontrien decommunavec 
elui du Doge, et dont la description serait 
lien difficile à faire, même en latin. 

DiCASTÈS. 

La Roche-sur-Yon (VIII, 585). — L'au- 
eur du poëme latin, en huit cHants, ac- 
iompagdé d'une traduction française^ par 
h. Prêter Pérégrini^ qui n'est qu'un pseu- 
lon)rme et dont M. H. de l'ïsle aésire 
avoir le véritable nomj s*appelait Baillyi 
il était aloi*s professeur au collège de Cette 
Mlle. Son œiivre est une insigne rapsodie^ 
lui va de pair avec les Antiquités de 
luçon^ pat le chanoine Jean Bounin (Anti* 
mates urbis et ecclesice LucionensiSj etc, 
Pontenayle-Gomte , Gatien Petit*-Jean, 
1661, in-4»). Ce sont deux écrivains de 
même fbrce. Leurs vers sorit également en 
latin, et leurs notes en français. Nous ne 
croyons paà cepiendarit que le dernier venu 
ait pris lé premier efi date pour modèle ; 
:ar le voluirié de celui-ci est deveîlu exces- 
sivemetit fare^ et c'est sort seul méHte. En 
iaant les vers dé l'un et de l'autre on se 
lit avec un autre poëte qu'eux : 

'enpoiirfâis, par mâlheiit-^ faire d'aussi mé- 

[chants, 
Waisje mé garderais de Ifeâ montrer aux gens! 

D. M. 

Tenir la chandelle (Vilî, 789; IV, 24). 
- Il y a dans cette locution un souvenir 
le ce hranîe de la torche^ dont ont parlé 
Olivier De La Marche, Henry Estienne, et 
?ien d'autres. On y dansait en rond, avec 
brce baisers à chaque tour de la ronde, 
:ommc c'était l'ordinaire pour ces sortes 
le danses. Au .miiieu du cercle se tenait 
e patient du jeu, qui éclairait ronde et 
)aisers en tenant à la main une torche, 
>u plus souvent une simple chandelle, 
-•'origine de l'expression s'exprime ainsi, 
omme on voit, tout naturellement. 

Une autre étymologie s'y rattache. Le 
efrain de la chanson, sur 1 air de laquelle 
e dansait la ronde, était celui-ci, au com- 
mencement du XVII« siècle : 

O guéridon dâs guéridons 

Don, daine! 
gtiéridvoix des guéridonS 

Don, don! 

Par m\9y cooame ^n le yoit dans une 



anecdote de Tall&mant. (Historiette de 
Madame Pilou)* celui qui regardait s'em- 
brasser les autres en tenant le chande- 
lier, eut pour nom ce mot du refrain : il 
s'appela le guéridon. Enfin, par siiite en- 
core, lorsque» vers le même temps, bn mit 
en iisagé les petits ndeubles a iin seul 
pied, sur lesquels se posaient les fiam^ 
beaux, on ne lés nomma pas autrement; 
ils s'appelèrent des guéridqhs. . 

Sur tout cela, dont Iç Dictionnaire dé 
Littré ne dit mot, j'ai fait, dans les Varié- 
tés historiques éi littéraires^ t. VI ÎI. p. 
279-283, une note beaucoup plus détaillée, 
à laquelle 6h peut recourir pour les preu- 
ves. Eij. F. 



Ârtneb dés Côléônl {\X, o, 58, i li).^ SI 
i ri*a pàé cité la vie afe Colebhè pâf SpiflO, 



e^^^ê' 



c'est tout simplétoent parce qU*bii rie là 
connaissait pas. j'ajouterai que cet ou- 
vrage, écrit près. d'Un siêclf âprèà là mott 
du célèbre condottiere, h^ést pas d*uiié 
bien grande autorité dans k question. Et 
d'àbôi-d, qu'est-ce que cet « écussoti dbU- 
tt ble, l'un portant deux têtes de lion, 
tt l'autre les trois ccelirs renvetséà dont il 
tt s'agit »? Il est impossible de rien com- 
prendre à cette description d'arcàoiries^ et 
M; E. M. devait bien nous en donner une 
autre plus claire^ sinoh plus héraldique^ 
En tous cas il est certain que les armés 
véritablesde Colleone n'étaient pas, comme 
on le dit ici ^ d'argent à trois cœuH de 
gueulesi^maïs coîhme je les ai déci'Ites (IX^ 
59), coupé de gueules et d* argent^ etc. Cet 
écusson double est peut-être bien de l'iii- 
yention de Spino,qui l'aurait imaginé poui* 
justifier son étymologie du ribra de Co- 
leone. Déjà â cette époque les familles 
qui descendaient de Barthélémy, lequel 
n'avait laissé que des filles, ces familles 
avaient songé à modifier son blason 
trop parlant. Quant à Jui , personnage 
assez peu recommandablè^ il avait moii* 
tré trop peu de scrupules dans des cho- 
ses plus graves pour qu'il ait pu en avoir 
au sujet de ses armoiries, et il est fort pos- 
sible qu'elles figurent Sur le piédestal de 
sa statue. 

Une observation et urle question secon- 
daire à ce propos; M. T. N., en posant sa 
questioili â mal Ot-thogi^àphié le nom du 
persbnnagej cjui doit s'écrire avec deux // 
et non uii seul. Of, ces deux //, comme 
chez les Espagnols actuellement, ne se se- 
raient-ils pas prononcés mouillés et n'au- 
raient-ils pas eii le son de gl des Italiens 
actuels ? S'il en était ainsi, le rapport de 
Colleone à Coglione serait tout à fait 
exact et ne serait pas un simple à-peu- 
près. 

Encore un mot, quoique étranger à la 
question ! Le monogramme M AR, sur une 
gravure de 1 569, ne peut, contrairement à la 
supposition de M. £. M., être attribué à 



H> .90.1 



L'INTËRUdDIAIRB 



■ aoy - 



208 



Marc-Aotoine Raimonid, mort en 1 546 et 
dont la msniue habituelle était MAF. 
A. St. 
—Il a figuré, à l'Excosition organisée en 
i874,au Palais- Bourbon, au proât des Al- 
saciens-Lorrains une réduction tout a fait 
remarquable de l'œuvre de Verocchio : le 
Catalogue indiquait comme auteur de ce 
travail! moderne, en bronze rehaussé d'or 
et d'argent ■ M. G, Franzosi, et comme 
propriétaire M. Richard Vannier (Catal. 
spécial des objets d'art, p. 63, n" 34). 
Etait-ce l'exemplaire (unique?) dont 
M. Ch. Blanc parlait en i86î, pour l'avoir 
vu chez M. ThierS? Je ne sais, mais je me 
souviens que cette statuette, trËs-curieu- 
sement ciselée avec un soin et un fini pro- 
digieux, était exposée dans l'embrasure 
d'une fenfitre de la galerie des fftes de la 
Présidence du Corps législatif, tout juste 
en face du fameux Mercure de Rude, l'un 
désjoyaux de la galerie du collectionneur 
de la place Saint -Georges. — Quant aux 
iroîs cnfurs renversés... j'avoue nV avoir 
pas regardé de si près. ftpH. 

U beUe ImpérU (IX, 36, 148). — C'est 
le nom que porte, aux premières pages du 
Moyen de parvenir, u la courtisane de 
Rome *, qui nous y a valu un si bon conte, 
d'abord si « doux fleurant, n puis, à la fin, 
si x breneu se ment infect ». La dame exista 
vraimenL Valéry ne l'a pas oubliée dans 
ses Voyagea histariques et littéraires en 
Italie. T. IV, p. 84-S6. EUe et sa fille, qui 
iQourut presque saintement, ont leur coin 
d'histoire. Dans les Curiosités et anecdotes 
Italiennes, du même touriste historien, 
la biographie est plus complète : elle oc- 
cnpe, p. 234, etc., tout le chapitre XVll. 
Il commence par ces lignes, qui suffiront 
ici : n La célèbre courtisane romaine Im- 
péria,rAspa9ie du siècle de Léon X, l'amie 
de Beroalde le jeune, des Sadolet, des 
Campani, des Colocci, devait son nom de 
guerre à la supériorité de sa beauté, de ses 
talents, de ses manières et de sa conversa- 
tion. . Ed. F. 

Cercla desActnaires trançaiB (IX, 38). 
lit, en eflet, au Cata- 
Vitlars : « Journal des 
, publié par le Cercle 
ndé en 1872, pour Être 
le, qui s'est proposé de 
M l'application des Ma- 
mance, à la Statistique 
. Il est fermé à toute 
t à des intérêts privés, 
;s Actuaires Anglais, il 
est exclusivement scientifique. Y. 

FooTOir H touiller (IX, 65, 121, 179). 
— Pour aider â la recherche de la date de 
cette locution, je rappellerai qu'elle a paru, 
pour la. première fois peut-Stre, dans un 



drame de M.E. Brlsebarre, reoréseméïen ! 
1864 et intitulé Léonard. — Un repris d: l 
justice joue avec un collégien et le nidif, | 
Le collégien s'en aperçoit, se plaint et re- 
clame son argent. 

— Ton trgint? lui crie le coquin, Ti 
peux tefouttlerJ (bjintilivs. | 

U^soB abysetim (IX, 97). — J'ignort 
l'origine de ce dicton, mais il me semblt 
facile à comprendre au figuré. Il eiprim, 
bien l'effet du vertige physique ou moral. 
C'est dans le même sens que Boileaaadit: 
Vne chute toujours entraîne une auirt' 
chute. E.-G. P. 

-- Quant au sens du proverbe laiin, 
Larousse et Littré s'accordent â xtaàm 
par ; n Un malheur en appelle un ma,' 
une faute conduit à une autre làDie.>| 
Quant & l'origine de la locution, Laroussf 
déclare n cette belle expression tirée de kl 
Bible,! et Léon Gozlan et Balzac, qui 
s'en servent, disent bien qu'elle est tira! 
de l'Ecriture ; mais .aucun n'indique le 1 
passage où elle se trouve. Pour mQi,|t| 
n'ai pas su l'y découvrir. La Bible de Ro- 
bert Etienne, de 1 546, se complète par un 
Index trés-étendu qui signale dans uo 
certain nombre de passages l'emploi da 
mot abyssus, mais dans aucun il n'est 
question de i'Abystus abyssum. N. M. 

— Abyssus abyssum invocal se irome 
au Psaume XLI de la Vulgate (XUNî 
l'hébreu), verset 7. BwEtix. | 

— Abyssus abyssum invocat in voci I 
cataractarum tuarum. (Psalm. XLI, t.S.) j 
Tel est, d'après la version de saint Jérôme, | 
qui rend assez fidèlement les termes Jt; 
I original, le texte dont on demande l'in- 1 
terprétation. Le Psaume où il se Croa« ! 
fut composé par David, alors que, fuysMi 
Ï3 fureur de Saiil, il se cachait au fond des 
déserts rocheux du Jourdain. Lefiiturroi, 
dévoré par la nostalgie, y exprime sut 
désir de revoir le tabernacle du Dieu vi- 
vant ; « Quemadmodum desiderat cervvs 
ad fontes aqvarum, ita desiderat aniM 

tnea n II raconte ensuite ses trisiessei 

et en vient enfin â peindre le trouble« 
l'accablement de son ttme, par cette spleû- 
dide prosopopée que notre confrère Dicas- 
tes aurait trouvée admirable s'il l'eût cact 
nue autrement que par l'abus de citations 
qui en a été fait. 

Le mot abîme, en hébreu, impliqufj 
dans les divers passages de la Bible où il 
se rencontre, l'iaée d'une masse d'eau s^tis 
limites et sans fond.quelquechosecooin:' 
l'immensité de l'Océan (Gen. I, a; VU. 
11; Vlll, 3, etc.). Mais dansie versetà 
Psaume il t&iquestioaà'aa second abinit. 
puisque Tun appelle i'au/re; le poeiesaere 
a voulu évidemment désigner ainsi le voue 
épais de nuages, accumula par la tempe" 
et qui changent le ciel en une "'^ 



DES CHERCHEUKS ET CURIEUX. 



[lo avril 1876. 



209 



210 



aérienne. C'est cet Océan qui, rivalisant 
en immensité et en profondeur avec celui 
de la terre, l'appelle par le murmure gi- 
gantesque des torrents de pluie auquel 
l'autre répond par le grondement de ses 
vagues soulevées. L'image est d*autant plus 
énergique, que le terme hébreu rendu par 
invocat dans la Vulgate a un sens très- 
étendu : il signifie à la fois nommer, ap- 
peler, invoquer, créer, etc. D'ailleurs, cette 
mention de deux abîmes, terrestre et cé- 
leste, est mstifiée par la description du Dé- 
luge que l'on trouve dans la. Genèse (Vil, 
1 1). L'auteur sacré y montre les sources 
du grand abîme se rompant et les catarac- 
tes (littéralement les fenêtres) du ciel s'ou- 
vrant et unissant leurs eaux pour inonder 
la terre. La métaphore du Psalmiste est 
donc aussi satisfaisante pour la raison que 
saisissante pour l'imagination. Dans la 
suite de son chant, David complète son 
image, en s'écriant : a O Seigneur, toutes 
tes inondations, tous tes flots ont passé 
sur moi. » C'est donc bien une sorte de 
déluge qu'il a voulu dépeindre. Cette ma- 
nière d'exprimer ainsi ià tristesse, la déso- 
lation, le désespoir, est d'ailleurs fréquente 
dans les livres saints, et l'on doit recon- 
naître qu'aucune image ne peint mieux le 
trouble, la terreur et l'angoisse. Si donc 
David l'a eoiployée en cette circonstance, 
il a été très-heureusement inspiré : il lui a 
même donné une énergie particulière en 
y dépeignant, par un trait nouveau, le lan- 
gage gigantesque que parlent entre eux 
f Océan et la tempête. A. St. 

Hère (IX, 98, i56, 180). — Je n'ai jamais 
vu le mot Hère que précédé de Tépithète 
« pauvre, y» Il n'est donc pas passé dans 
notre . langue, avec l'acception . ironique 
donnée à rosse et à bouquin. N'est-ce pas le 
pendant du mot Sire^ dont on fait « triste 
et pauvre sire », sans préjudice pour le 
sentiment respectueux qu'exprime le mot 
isolé? E. B. 

— Chez les Germains, voire chez les 
néo-latins, chacun a compris, au vocable 
en question, Herr ou Hère, qu'il s'agit du 
maître, du monsieur ^ de Yherus : quand il 
ne mérite pas l'épijthète de « pauvre n, 
c'est toujours un personnage entre le com- 
mun des hommes. En fait, Vherus est un 
homme libre, plus ou moins propriétaire, 
quelque chose comme ce citoyen actifs 
moins inventé que classé par la première 
des nombreuses Constitutions issues de 
nos Principes de 89. — Guy de Rochefort 
ne le prenait point dans le sens péjoratif, 
quand il défendait la buvette, en face des 
Bourguignons indignes de son Parlement : 

Bibat herus, bîbat hera, 
Bibat servus cum ancilla 
Et pro papa et pro rege, 
Bibant vinum sine lege! 

H. BB S. 



^ La question avait déjà été posée (III, 
610, 692); mais elle a gagné à être posée 
de nouveau. N. 

— Le hère est le faon du cerf qui n'est 
pas encore daguet. Plutôt que de revenir 
« buisson creux », faute «r d'animaux 
coiffés », quatrième tête ou dix-cors jeu- 
nemenl, peu importe, on se réjouit parfois 
à lancer un a pauvre hère ». Lombardin. 

Plan de Tancien parc de Nenilly (IX, 
102). On trouve 24 plans ou vues de l'an- 
cien parc de Neuilly, dans le volume 
grand in-4<>, publié en i836 par M. Fon- 
taine, architecte du roi, sous le titre de 
Château de Neuilly ^Domaine privé du Roiy 
avec 22 pages de texte anonyme. Ouvrage 
non destiné à être mis en vente. On trouve 
d'autres plans du domaine de Neurlly, 
sur une bien plus grande échelle, dans 
V Atlas des Plans du Domaine de la Cou^ 
ronne, dressé quelques années après i83o, 
aux frais de la Liste civile du roi Louis- 
Philippe. Ces plans forment un recueil de 
cinq ou six volumes format gr. in-fol., 
tirés à un très-petit nombre d'exemplaires. 
Conformément à la loi sur la Liste civile,, un 
exemplaire de ce grand Atlas avait été dé- 
posé aux archives de la Chambre des 
Pairs et aux archives de la Chambre des 
Députés. Le comte de Montalivet, dans 
le livre dont il ?i fait paraître une nouvelle 
édition, en i85i, chez Michel Lévy, for- 
mat in-8, Louis-Philippe et sa Liste civile, 
a dorme un pian du château de Neuilly et 
d'une partie des dépendances. Ce plan 
forme le n9 3 du volume de M. Fontaine. 

_ L. B. 

Un sonnet philosophique et... gras (IX, 
129). — L'un des maîtres sonneurs de son- 
nets me dit que cette pièce — qui vaut 
un long poème — doit avoir pour père 
M. Charles Monselet, l'auteur du femeux 
sonnet sur le Cochon. 

Pater is est quem nuptice demonstrant : 
d'après l'appréciation dun simple ama- 
teur, on pourrait attribuer cette paternité 
à M. Pierre Lachambaudie, bien connu, 
en ce genre gras, par ^ne maîtresse-fable 
intitulée : Dame M... et le Cochon, 

V. DE V. 

— Certes, l'œuvre est de « haulte 
graisse » l M'est avis que le questionneur 
doit avoir rencontré ce sonnet au coin 
d'une rue, où quelqu'un l'aura déposé, à 
l'instar de Victor Hugo s'oubliant dans 
l'histoire et y déposant du sublime. 

^ D. A. 

La bibliothèque de Matbias Corvin (IX, 
io3). — J'en ai parlé assez longuement 
dans l'Art de la reliure en France, p. 
5o-55, en insistant parliouliôrement sur 
les manuscrits de -cette BibUothèque qui 
sont encore dans celie de Vienne, et sur 



N» 190.1 



L'INTERMÉDIAItlË 



211 



212 



léi quatre -^ . les plus beaux ^ possédés 
par notre Bibliothèque nationale. Le plus 
curieui y fut donné en 1688 par Tambas- 
sadçur de France à Constantinople, qui 
avait pU lé tirer dé la Bibliothèque du 
Sérail. Plusieurs autres s*y trouvent en- 
core. M. Miller, d^ns un ae ses Rapports 
sur une mission scientijfique en Orient, les 
a signalés ;«. Un certain nombre de ma- 
nuscrits latins, dit-il, y proviennent de la 
Bibliothèque de Mathias Corvin; ornés de 
blasons, de miniatures et adfnirdblemént 
écrits, ils ont presque tous été exécutés en 
Italie, pendant le XV* siècle. » Van-Praet, 
dans son très-intéressant travail : Cata^ 
logue des livres iniprimés sur véiirt {iSt3i 
ih-fol., p. 13-17) ^st c^l^i qui a le plus 
longuement et le mieux parlé de cette 
Bibliothèque^ Ed. F. 

Càuseâ tttdsses (tî^, 129)^ — M. Â. C. 
trouvera, dahs l'ouvrage sui^ les Clercs du 
Palais, par M. Ad. Adolphe Fabre(2«édit. 
1875. LJrôn, Schéuring, p. 162), quelques 
détails intéressants sur les Causes grasses. 

Le Vlli» plaidoyer d'Expilly offre un 
échahtilloii de ces sortes d*afïaires. Ce 
mâ^strat, alô'ràl qu*il était avocat général 
au Parlement de Grenoble, avait pris la 
parole; le mardi gras de Tannée i6o5, dans 
une cause grasse où il s'agissait de savoir 
si un enfant né six mois après le mariage 
consorîimé devait être tenu' pour légitime. 
Oii lie connaissait pas encore le prétendu 
article de la Couttime qui disait que : 

A Bulle en Bullois 
Les femmes accouchent au bdut de six mois 
Pour la première fois. 

On cite encore, pa;]mi les causes grasses, 
uh plaidoyer de Julien PéléuS pfdhortcé, 
le rilardi gras 1608, devant la grand*Chàm- 
bre du Parlement de PaHs, pout- le S^ 
d'Engoulevent, prince des Sots, doht le 
royaume {Une lt)ge) avait été saisi par ses 
créanciers. Un ancien avocat, 

^- A. C. trouvera une partie des ren- 
seignements qu'il demande en consultant 
les Plaidoyers de M'» Claude Expilhr, pré- 
sident au Parlement de GrenoblCi Cet ou- 
vrage a eu plusieurs éditions. A la page 87 
de mon exemplaire (3« édition, à Paris, 
chez la veuve Abel L'Angelier, 1619), on 
lit ce qui suit : * Plaidoyé huitième, sur 
une cause grasse : et si un ehîdnt nay six 
mois après le thariage consommé, estant 
viable, est tenu pour légitime. » 

(Grenoble.) Bazin-Barucla. 

La démocratie coule à pleins bords 
(IX, t3b ; VIIl^ 4^0). — Eh bien! disëris- 
étl nôtre mot \ si nous hé Tavons pas dit 
plus tôti c'est qtié nëtis noUI étionk ittià^ 
giiié, à rappaHtiori pi-eiilièfe de la qùeStioti, 
que Y Intermédiaire alkiic ployer soiis le 
fài^ des réponàeSs Doiio, depuis que 



l'existé, c'est. toujours â Royer-Collard due 
j'ai ouïcontéret* Tattribution de la célèbre 
phrase. C'était admis, reconnu, enregistré, 
et je n'aurais pas cru c^tit sa paternité à cet 
égard pût être méconnue ou contestée. Qu'a 
été M. Trélat ? Un répétiteur, un écho de 
plus. La tribune seule a de ces retentisse* 
raents heureux. Je vais plus loin, et je 
ne crois pas trop mal présumer, en insi- 
nuant c)ue ce mot si vrai, si juste, si expres- 
sif, doit dater de l'émouvante bataille libé- 
rale et du grand mouvement d'idées de la 
Restauratiod. Jacques D. 

(Savroche (IX, i3o). — Eh! quoi, con- 
frère Saiduarig, n'auriez-vpus donc pas lu, 
ne connaîtriez- vous pas les Misérables? 
Est-ce bien possible, Seigneur mon Dieu ! 
Héias I que va bien dire le père de Gavro- 
che^ son Altesse Sérénissime et Sénatoriale 
Victor Hugo? Cachons-lui bien, à ce pau- 
vre Olympio, cette amère tristesse. Nemo 
censetur ignorar Ci.., iLLXi M 1 0. L. 

— Saiduarig n'a donc pas lu les Misé- 
rables de Victor Hugo, dans lesquels le 
poëtfe a peint de main de maître le gamin 
de Paris, sous ce nom dei Gdviroche ? 

J. R. 

-^ On dit un Gavroche^ depuis la publi- 
catioti des Misérables, comme on dit un 
Don Juan, un Lovelace, un Fâublas, de- 
puis les types créés par Molière, Richardiofl 
et Louvet. Ej Ci 

Paris, moderne Babylone (IX. 1 3o]. — 
Cette expression n'est pas flouvelltfi mer- 
cier l'emploie dans son Tableau de Paris. 
J'ignore s'il l'a employée le plremief ; c'est 
probable. Je crois qu'il y a une quinzaine 
d'années M. Eugène Pelletan a publié un 
Vblume qui portait ce titi-e. J. R. 

Les autodidactes (IX, lâo). — Il y à 
quelque soixante ans, on mettait entre les 
mains des enfants un petit in- 18 contenant 
l'histoire des Enfants célèbres (oU stu- 
dieux.. ., je ne me rappelle pas bien le 
titre). Ce livfe devait certainement offrir 
plusieurs exemples à' autodidactes ^ mais 
je né tné souviens que de Jameray-Duvël, 
et de Pascal; ce dernier seulement pour la 
gédtnétrie. Mais si ce que raconte sa sœur 
est bieil exact, voilà le vrai autodidacte. 
Les autres ont bien toujours trouvé quel- 

?ue secours, quelques leçons. Par exemple, 
. J. Rousseau, que cite la question, a 
bien pu compléter lui-même une éducation 
imparfaite; mais il avait été à l'école et 
collège; Giotto avait Sans doute VU des 
peintres ou tout au moins des tableaux; 
et si M*i« Lefèvre (M"® Dacier) s'appro- 
priait des lefons qui n'étaient pas pour 
elle, c'étaient des le{9as trfts^«talplètes et 
très-doètei. 



DES CHÉRCHfeUtt'S ET CURIEUX. 



2l3 



Jio avril 1876. 



— Mi Oeorgeis d'Heilly a côinposé Un 
opuscule ^ui répdiid un peu à lia Iquestioh 
0. V.; il est intitulé : Lesfih de leurs œu^ 
vres (Paris, Rouquetie, iî«68, in-i8)» 
L'auteur indique la profession, très-sou- 
vent lucrative, des parents des person- 
nages porvçnus à une grande fortune et à 
de grands honneurs. 11 n'entrait pas non 
plus dans son plan de s'occuper des prp^ 
lecteurs, des protectrices 1 enfiri de la 
comédie humainei H. de lIsles 

— Il y a ûh bictîonnait-é dès Autodi- 
dactes en fcours db publication à Leipzig, 
chez Méntzél; auteur M. Wittstoçk. Fout 
ne pas trop in'étendrè ici, je me bornerai 
& glaner dans ce Lejâqué : 

t. Andersen, poè'tè et conteur danois, 
mort i-écénîmént, né le 2 avril i8o5. Ses 
œuvres forment 23 volumèë. Copetihaéuë, 
1853-5;. 

1. AràM (Eugène), né èrt 1704 daiis lé 
Yorksliire, peiidu le 6 août 1749, pou'r 
avoir fait disparaître le cordonnier Clark, 
« dani rihtérêt de rhumariitë »; Sa vie a 
fourni le sujet d*un poëme à Thbnias Hood 
(1819) ^^ c^\\j\ d'un romëîi à Bulwèn 
M. Louis Ratisbonne y à puisé lès éléments 
d'un dratfte non rfepréserité: 

3. UARéfiN^ hé le 20 mai 1492 ^ tiiort 
en 1557. Voyeg : Maziuchëlll^ 1/ità diPie» 
troAretinOy Padova^ 1741. 

4. AsTOR, Ji J., hé en I763, près d'Hei- 
delberg, mot-t à NeW-»York éri 1848 : il fit 
don à cette ville de 400,000 dollats, poUh 
la création d'une bibliothèque où chacùti 
pourrait pUlsér. 

5. AuDiiio^j ornithologue, ïié en 1786 
prèsdelàNoùvelle-Orléatis. Sa fanilllë était 
originaire de Frahcé. Il courut vitigt â.lis 
le^boi^et les thontagttëà, avant dé publier 
ses Birds of Atnefica, RiSTELHUBÈR. 

Le Gaay, gonaoliiste (tX, i^i). — N'au- 
rait-on pas pris la désignation d'un sujet 
pour un nom d'homme r « Le guay » (le 
gué)jc*est peut-être la gouache... et non 
le gouachiëte... Le plus g^i, ce serait la 
méprise. B. Noirauh. 

— Ètienné-Charles Leçuay, peintre et 
graveur, à fait des portraits et des îhihia- 
tufes. Il était élevé dé Vifen. Il travaillait 
déjà en 1768 et il a exposé en 1795, 96,97} 
1799, iBoij 1862, 1804, 1806, iSlë, i8i2j 
i^î^tt 1819. Dahs le catalogue délàcol-^ 
lectiôn léguée au Louvre pat- M. Ph. Lerioit-j 
au n» 232, il y a une ininiatufe sur ivoîr&j 
forme ronde (diaiu. o^oio) i-eprésfetitânt 
une Jeuflé fille dans un paysage^ signé i 
E. C. Leguày P». D'après le livret^ il serait 
ne à Sèvres ert 1762 et serait mort en 1840, 
Cette date de! naissance est douteuse. Si 
la date 1777, donnée {jat* M. Gëhdouin,- 
wt exacte, sa gouache est peut-être d'un 



214 



autre Leguëy (dànS mes notes, JàccjuêSi 
Leguay , peiâtre d'arabesques) 5 il 



vivait de 



174Î à 1787; mais je li'â! sûr ceë déu* 
artistes âucutt àutt'è rënâeignêmeiit c}uè ce 
qui précède. E.-Q; ï*. 

Le signe de la croix (IX, 1 3 1). — On le 

fait aussi de cette manière : 

Au nom du Père 
et du Saint' -|- Esprit^ 
et du Fils 

En tei-ftiiriàht par k afjïsi soii-il «j là ihâift 
placée ëur la poitrine, c*est-à-dire au nied 
de là croix que Ton a figurée. -^ Les trois 
ttianiêréS sdht également bonnes, j^ crois, 
|)our qui est;.. deVotijs. B; NoÎRALiii. 

OdisànUë^ët gnisàieiiiiér , pdftëûf de 
lûisàiriiiô (IX, i32). — Lé gûisarmiér 
était un frariti àrfcher àrhié de là guisarmé. 
Cette artiiè était pldtôt une fdUhche, ayéd 
Une branche drbite et l'autre recourbée 
en dehors, çttrahchàttteducôtédela cdhca- 
vké. — Au Xii« siècle, les cavaliers S'éhser- 
Vàîent (Voir le Rntndfi du Rou), mais aux 
XIV^ et XV*J feiècles, la guisârme était 
devenue arhie de piétbh. On en voit l'em- 
ploi ^ Tassâut du boulevard des Tburnelles, 
à Orléans, en 1440. — Dans la Conquête 
de JérusàleM^ publiée par M. Hippeau, 
on voit aussi le roi des tlibauds meUët* à 
i'assaut dés homtnes arhlés de la guisârme. 
^ fiu resté, on trouvera dans Vi«llet-lé- 
tiuc Un article sur cette arme, qu'on qua- 
lifiait indififéreniment de vouge ou dé gUU 
sarme , puisque les porteurs de vbuge 
étaient appelés guisarmiers. Ai Na.li8« 

— Littré i guisarmè, sorte d'atrtie dé 

tùéi-re dans le moyen âgé : c'était une 
ache k deut tranchants. Êtyniologie : 
provençal, jUsarma, gusàrmày artcien es- 
pagnaldisartnay italien giUsartHà. Origine 
inconnue. — En tous cîas l'ancienneté de 
cette àrrtie et Ses diverses orthographes 
en diverses larlgues ne perttiettént pas d'y 
voir une àllusiori àùx Guiseàei slux gUi- 
sards. E.-G. P. 

UndesôeiiâatitdeUPaeellôt (IX, i32); 
•^ Le Journal de Rouen est innocent de 
la chose dite par le TempSi Votoi, en 
effet, comme il terminait l'article dans le- 
quel il annonçait l'accident auquel M. Re- 
naudeau d'Arc succombait. « Nous devons 
ajouter que M. Rehaudead d'Arc était un 
pétit-nevèu de l'héroîrie d'Orléans. » 
{Journal de Rouen du 9 février 1676.) 

Un de ses Rédacteurs. 

OUièreft, Oûmèteft (IX, 1 34). ^ Les âdf* 
fixes latins arius^ ûria^ et les sUfiiices frdn-i 
çais ter, ière et iëres, qui y cerrespoHdéntj 
oiit SerVi^ dans le langage topbgraphique^ 
à former des substantifs qui indiquent le 
lieu danslequel ofl fait, c^tidaad lequel sont 



N» 190.1 



L'INTERMÉIMAïaB 



2l5 



216 



réunies les choses représentées par le radi- 
cal: ainsi Ferrariœ, FerrièreSy lieu où Ton 
forge le fer, Olearice^ Ollières^ lieu où l'on 
fabrique Thuile. Ri. 

Le Théâtre du Jardin des Capncines 

(IX, 134). — Le couvent des Capucines 
fut supprimé en 1790. Dans le jardin on 
établit une sorte de promenade publique 
où l'on voyait des jeux de toute sorte, un 
petit Théâtre et des Montagnes Russes. 
Là fut ouvert le premier Panorama que 
connut Paris. Tout cela disparut en 1806, 
lorsque Ton perça la rue Napoléon^ qui 
est aujourd'hui, et depuis 18 14, la rue de 
la Paix. Frémusson. 

— Le couvent des Capucines fut d'abord 
fondé par la duchesse de Mercœur, en 
1604» sur l'emplacement de la place Ven- 
dôme. Louis XIV, en 1688, pour faire 
construire cette place, ordonna la démo- 
lition du couvent, qui fut réédifié entre 
les rues actuelles des Petits-Champs et 
des Capucines. Supprimé en 17(^0, les bâ- 
timents furent destinés à la fabrication des 
assignats, et le jardin transformé en pro- 
menade publique; c'est là que fut éltvé 
un petit théâtre, âSl des Jeunes Comédiens, 
que Brazier se contente de citer sans lui 
consacrer de notice, probablement à cause 
de son peu de durée et d'importance. Il 
ajoute qu'il existait encore en 1807; mais 
couvent, jardin et théâtre disparurent 
alors pour faire place à la rue de la Paix, 
alors appelée rue de Napoléon. A. D. 

— On lit dans le Miroir de Paris de 
L. Prudhomme, édit. de 1807, t...y, 
p. 14^ : a Le Jardin'des Capucines, depuis 
1795 jusqu'en i8o5, a été loué à différens 
particuliers qui en avaient fait une Macé' 
doinè^ où l'on trouvait des spectacles de 
tous les genres : Fantasmagorie de Ro- 
bertson, Ombres chinoises, Marionnettes, 
Puce qui traînait un char, Ménageries, etc. 
Il né reste plus dans ce Jardin œielç théâtre 
des Jeunes Comédiens, un Panorama et 
Franconi ». 

Peut-être trouverait-on, dans les A/^- 
moires de Robertsony quelques détails sur 
ce théâtre, établi dans le voisinage de la 
salle où il donnait ses représentations de 
fantasmagorie. Don Bonart. 

Le comédien Hondory (IX, 134). — 
Mondory (dont le vrai nom était Mondoré) 
naquit à Orléans : il était attaché à la troupe 
du Marais, dont il devint le chef et l'ora- 
teur, au XVI I« siècle. Les efforts qu'il fit 
en déclamant le rôle à^Hérode^ dans la 
Mariamne de Tristan-l'H ermite , furent 
tels qu'il en résulta pour lui une attaque 
de paralysie* Il faisait des vers qui n'étaient 
pas plus mauvais que ceux des poètes de 
son temps. Il fut très-resrette comme 
comédien . Il çst mort en 1 65 1 . 



Ces détails sont donnéspar Le Mazurier. 
dans sa Galerie des coméaiens du Théâtre 
français^ où je les ai copiés pour satis- 
faire à la curiosité de M. Fr. Mège. 

E.-D. M. 

— Ce fameux comédien, l'orateur du 
théâtre du Marais, oui, comme Molière, 
mourut presque sur les planches, s'appe- 
lait, d'après Jal^ Guillaume Gilbert, et 
avait épousé Marie Berthelin. Il était né^ 
suivant Tallemant, à Tiers (sic) en Au- 
verane , et suivant la Biographie Didot, 
à Orléans vers i58o; il serait mort en 
i65i, mais ces dates ne sont nullement 
authentiques, et la note extraite des Mé- 
moires de Marguerite Perier prouverait 
qu'il était Auvergnat. Je renverrai 
M. Mége à l'histoire du Théâtre du Marais, 
insérée par V. Fournel dans le 3"« vol. des 
Contemporains de Molièrey ûidot, 1875 ; 
il y trouvera de nombreux renseignements, 
qu'il serait trop long de résumer ici. 

A. D. 

— Né à Orléans en i58o, mort en dé- 
cembre 1 65 1 , acteur de la troupe du Ma- 
rais. La réputation qu'il s'était acquise 
s'augmenta si fort à l'occasion de la tra- 
gédie de Mariamne, de Tristan, que le car- 
dinal de Richelieu voulut l'entendre et le 
fit venir. Mondoré joua son rôle devant le 
ministre et se surpassa de telle sorte que 
le cardinal ne put s'empêcher de verser 
des larmes aux endroits les plus touchants. 
Boisrobert, qui était présent, dit au cardi- 
nal qu'il ferait encore mieux et même en 
présence de Mondori. Le jour fut pris, 
Mondori arriva, et Boisrobert déçiama 
avec tant de force et entra si bien dans la 

Î>assion qu'il représentait,, que Mondori 
ui-même, tout comédien qu'il était, ne 
put lui refuser des larmes en l'entendant. 
Le prince de Guéméné disait, en parlant 
de Mondori dans le temps ou'ii vivait 
encore et ne paraissait plus sur le théâtre : 
Homo non periit, sedperiit artifex. Bois- 
robert reçut le surnom d'abbé Mondori, 
mais Costar le lui ayant appliqué dans sa 
Défense de Voiture, Boisrobert lui écrivit 
une lettre sanglante à laquelle Costar fit 
une réponse fort modeste où il s'excusa 
de son mieux. Voy. Menagiana. Ri. 

— La Biogr. Didot le fait naître à Orléans 
vers i58o, et mourir en décembre i65i. 
a On ne sait rien de sa famille dont il 
ne porta jamais le nom ; on suppose qu'il 
appartenait à la famille des Mondoré, 
honorablement connue à Orléans. » Tal- 
lemant des Réaux, au contraire, en parle 
comme si Mondory eut été le vrai nom. 
« Mondory étoit nis d'un juge ou dHm 

frocureur-fiscal de Thiers, en Auvergne... 
*our lui, il se disoit fils de juge. » Ce nom 
cependant rappelle assez celui du maître 
de Tabarln, pour suf>poserque c'était aussi 
un nom de théâtre. Tallemand inet Mon- 
dory au-dessus de tous les Acteurs de son 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo avril 1876- 



217 



218 



temps ; inais il ne cite que trois des ou- 
vrages où il ait joué : la Virginie^ de 
Mairet; les Visionnaires^ de Desmarests, 
où il irisait le Poëte; et Mariamne^ de 
Tristan, où 11 faisait Hérode. Ce fut dans 
ce dernier rôle qu'il fut frappé d'une apo- 
plexie qui le laissa presque paralysé de la 
langue. Cependant il essaya encore, à la 
prière de Richelieu, de jouer dans YAveu- 
^le de Smyrne, mais il fut obligé de s'ar- 
rêter au second acte. La Biogr. Didot, 
selon son habitude, joint à son article une 
liste de sources à consulter. O. D. 

De la culture de la vigne (IX, i35). — 
Voici le titre demandé : Manière de bien 
cultiver la vigne, défaire la vendange et 
le vin, 3« édition. Par M. Jacques BouU 
lay, prêtre, bachelier en droit, chanoine 
d'Orléans. A Orléans, ches( Jacques Mou^ 
reau, 1723, î«-8. — J'observerai que dans 
la citation, ou de Desfontaines, ou de 
M. H. !.. il y a deux erreurs. Le journa- 
liste de Trévoux dit : « ... Dès le commen- 
cement de r hiver y » et non de l'histoire ; 
puis : « parage, » et non fartage. De 
sorte que la remarque du critique me sem- 
ble aussi dénuée de justesse que possible. 
Qu'on en juge d'après la phrase entière : 
« M. le chanoine ne veut pas que Ton 
perde de temps; il est dans les vignes dès 
le commencement de l'hiver pour le pa« 
rage. ». Pierre Clauer. 

Achaintre le pliilologne et tm médecin 

bibliophile (IX, i35). — Je connaissais 
le charmant article signalé. — Voy. 
AcHAiNTRE {Nicolas-Louis), dans le « Dic- 
tionnaire de la conversation et de la lec- 
ture. » B. NOIRALIH. 

•7 Achaintre, le vieux libraire bouquiniste 
philologue, a laissé après lui un neveu, 
voyageur de commerce pour les caractères 
d'imprimerie ; j'ai eu l'occasion de le ren- 
contrer dans mes voyages. Il utilisait les 
siens, au point de vue intellectuel, en fai- 
sant de l'archéologie dans ses moments de 
loisir, et en étudiant à fond les monuments 
des villes où il portait son commerce. Il 
m'a confirmé les récits légendaires que 
rappelle M. Er. Th. 

On retrouverait facilement M. Achaintre 
neveu, en s'adressant à la maison anglaise 
qu'il représentait, et qui fournit surtout 
ces capitales de fantaisie dont font tout 
particulièrement usage les fabricants de 
cartes à la minute. Mathanasius. 

Frossard, pasteur protestant (IX, i36). 
*— Il faut se défier des notes de l'abbé 
Guillon, dit de Montléon, controversiste 
ardent, plus d'une fois condamné et em- 
prisonné pour ses écrits. Il me semble, du 
reste, tout naturel qu'un pasteur marie ait 
donné des leçons d amour conjugal^ puis* 



que cet amour 4oit constituer l'essence du 
mariage et contribuer à la félicité des 
époux. iMalgré la réaction de i$i5, la 
chaire de morale et d'éloquence, que Fros- 
sard occupait à la Faculté de Montauban, 
lui fut conservée, ce. qui prouverait qu'il 
ne s'était pas précédemment compromis 
par des leçons ridicules et excentriques, 
ainsi que Tabbé Guillon tenterait de le 
faire croire. A. D, 

— Benjamin- Sigismond Frossard, né 
à Nyon (canton de Vaud) en 1754, fut 
pasteur à Lyon et à Monta\iban, et doyen, 
depuis 1810, de la Faculté de théologie 
de cette dernière ville; destitué en 181 5, 
au retour des Bourbons, il mourut en i83o. 
On a de lui : lo « La cause des esclaves 
nègres et des habitants de la Guinée, por- 
tée au tribunal de la raison, de la poli- 
tique et de la religion » (Paris, 1788, 2 vol., 
in-8j. — 2* a Sermons du Rév. Hugn 
Blair, trad. eii français » (Lyon, 1782, 
3 vol. in-8); — nouV. édit. augm. (Paris, 
et Montauban, 1787-25, 5 vol. in-8). — 
30 Le Christianisme des gens du monde mis 
en opposition avec le véritable Christianisme 
(traduit de Wilberforce) ; Montauban, 
1821. 2 vol. in-8. — 4® Un Mémoire sur 
l'organisation des Ecoles centrales (In-8, 
s. d. Clermont-Ferrand), pourrait bien lui 
être attribué, mais sans beaucoup de cer- 
titude.' (Genève). H. d. Rtr. 

— Les Mémoires de Brissot (Paris, Lad- 
vocat, i83o. 2 vol. in-8), donnent quel- 
ques détails sur ce publiciste et sur ses 
ouvrages. L'opinion de Brissot n'est pas 
conforme à celle de l'abbé Guillon ; il ne 
mentionne ni l'œuvre ni la publication 
des Cours et des Leçons de ce pasteur, 
qui fut l'un des rédacteurs du Courrier de 
Ljron, et oui mourut à Montauban, le 
3 janvier i83o. — Une famille du même 
nom, dont le chef appartenait à la religion 
réformée, est honorablement établie à 
Lyon. — Voir la Biographie universelle de 
Michaud, 2«édit., t. aV, oûl il est dit que 
o le pasteur Frossard avait un genre de 
prédication digne et imposant. » 

V. DE V. 

Le colonel Gliarraa (IX, 1 37). — M . Fran- 
cisque Mège peut consulter 1 ouvrage sui- 
vant de M. Ambert : Portraits républicains: 
Armand Carrel, God. Cavaignac, Armand 
Marrâst, le colonel Charras. Paris, La- 
croix- Verboeckoven, 1870. In-i2. 

(Grenoble.) Bazin-Barucla. 

Mu^ de la Perrine (IX, 1 39). — Après 
avoir occupé le kiosque doré du Grand* 
Hôtel, cette élégante marchande de jour-* 
naux tomba malade. Puis, elle débuta au 
théâtre {Déjajet, je crois) sans aucun suc-* 
ces. Se souvenant alors de plusieurs (ïto** 
i positions qui lui avaicot été faites, eUeaila 



N» IQO.l 



LUHTSRMtolAXRC 



919 



. ■ ■■ — 



220 



à i'étranger. R^vfnu^ ^ Paris, «lie rentri^ 
daqs la lingerie, qu^jl^ eût mieux fait db 
ne pas quitter : mais, là mên)^» la fortune 
lui fî( un pied de nez. Elle tenta le com- 
merce des fleurs çt s'installa boulevard 
Haussmann, 27 qij 29: nouvelle déception, 
qui date des derniers mois de Tan pass^. 
Maintenant elle a redemandé à la lingerie 
le pain quotidien, que les événements con- 
traires lui ont si souvent ôté de la bouche. 

Emm. Issartier. 
— M. A. N. s'étonne que cette question 
ait été posée, à moins que ce ne soit pour 
les chercheurs de l'avenir. 

Le marqnia de YiUette et la e«Biir de Voir 
taire (IX, 161). — Après la mort de Voir 
taire Villette (juin iSSg), lils du marquis et 
marquis lui-même, spn testament fut cassé 
çt le cœur de Voltaire fut offert par les hé- 
ritiers à r Académie française, qui le refusa, 
puis au Gouvernement qui; ^n 1864, le fit 
placer dans une des salles de la Biblio- 
thèque alors impériale. Du moins, tiens-je 
ce fait de lun des héritiers. 

Quant au marquis de Vilette, le père, je 
ne sais trop s'il mérite les éloges que lui 
donne Mf E. H. S'il montra quelque vertu, 
s'il fit preuve de sagesse et prévoyance 
dan^ les dernières années de sa vie. ce 
doctepr in utroauç^ ainsi que l'appelait 
cyniquement Voltaire après son mariage, 
avait tenu pendani longues année^ une 
conduite scandaleuse, et devait, disait-on, 
ses meilleurs ouvragés, assez médiocres diî 
resté, à son secrétaire Gugeland. S^ répu- 
tation lui venait de sa liaison avec Vol- 
taire, qu'il prônait en tous lieux ; aussi lui 
avait-on décroché Tépigramme suivante : 

petit Yilïette, c'est ep vain 
Que vous prétendez à la gloire; 
Vous ne serez jaq^iais ou un qain 
Qui montre un géant a la' foire, 

A. D. 

7- J'ai vu, vers i855,3U château de ViU 
lette, ijne sorte de fût de colonne carr^, çn 
acajou, qrné' d'inscriptipps en lettres» 
d'or, dans lequel op me dit qu'était rcn- 
fernié le coeur de Voltaire. Je nie rappelle 
y avoir lu la devise : 

Son esprit est partout, x^%i^ çp]t^ çç^r, ç«| ici. 

Tout à côté, se voyait un large fauteuil 
à oreilles, recouvert ep velqurs vf rt, assez 
lustré, avec pupitre mobile, où le grand 
écrivain travaillait d'habitude dans sa vieil- 
lesse. C'était du bçï et bon autheiitiquel 

Quant à la destinée du Viscère , on pour- 
rait consulter MM. de Roissy et de Tou- 
ioneepn, héritiers du marquis de YilkUe, 
après )e procès gagné par eux. La famille 
de Rpissy habite la Normandie ; M. Chris-. 
tian de Roissy ftls habitait Paris il y a 
peu de tempsi encore et faisait partie du 
sporting-çlub. Quintilxûs. 



« Sttuni, » la eeie (iX» 164). -:- Ce mot, 
ta ce sens, ne se trouve pas dans le dic- 
tionnaire latin- français de Quicherat ; ce 
qui prouv-e qu'il n'existe dans aucun au- 
teur ancien, car Quicherat n'eût pas oublié 
de le mentionner. C'est sericum qui signifie 
soie et par suite Terreur de la Société des 
Sciences industrielles de Lyon me paraît 
évidente; il faut dire : séricicale, et non 
séricole, A. D. 

— Je pense que M. A. St. ^ raison de 
soupçonner de néologisme, soit en grec, 
soit en latin, l'application directe du mot 
Ser à la soie. Sères est un terme ^éogra* 
phique, un nom de peuple. On sait com- 
bien étaient vagues les notions géographi- 
ques des Grecs et des Romains, en dehors 
de leur voisinage. Ils avaient pourtant en- 
tendu dire que plus à l'orient encore que 
l'Inde, e^istaieât des peuples nommés 
Sères et que c'est de chez eux que venaient 
de précieuses étoffes, sans analogues dans 
les régions occidentales. A la manière dont 
Virgile en parle, il se pourrait qu'il ait cru 
ta soie un produit végétal, comme le coton 
dont il la rapproche : 

Q^id nemora ^tl^ippuni molli canenda lana; 
Velleràque ut foliis ciepéctant tenuia Serfs. 

Ce n'est pas que ce second vers ne 
puisse s'entendre de la cueillette des co- 
cons filés naturellement sur les mûriers 
par des bombyx libres. Mais il me semble 
que Delille Ta compris dans l'autre sens; 
et MçQ que Twe ftViWié 5?s ver^ je me wu- 
viens d'une ^ote où il éta^^ssau u.i^„ di^n 
tinction entre le tissu sericum et le tissu 
serica ma\^ieS( (bie^i autreme^it recher- 
ché), et soupçonnait ce dernier d'être le 
cachemire. En effet, l'adjectif sericus vou- 
lait dire seulement « qui vient ^u pays 
des Sères ». et nqême, plus vaguenient : 
a oriental ». lioràce a dit sericœ sapt- 
tœ^ que Noël traduit par « flèclies des 
Parthes ». O. B. 



Gassenr dl'ass^ettes (IX, i65). — Dans^ 
les campagnes de là Touraine et du Ven- 
dômois, il est ^'iisage immémorial, lors- 
qu'un père de famille njiarie sa dernière 
fille, de casser les assiettes qui ont servi 
au repas 'delà noce ; cette exécution, à la- 
quelle la ménagère S'oppose autant que 
possî ble,mais inutilènaent, est faîte bruyam- 
n^ent et tumultueusement par les jeunes 
convives qui ont largement mis \ contri- 
bution ces agapes rustiques où le vin du 
cru coule à flots. Il est rare, par suite, 
que les exéauteurs aiaat con$er»vé kur 
aplomb, et alors leur couvre-chef, chapeau 
ou casquette, se trouve placé de travers,. 

De là le nom de casseurs d'assiettes ap- 
pliqué 4 un fanfaron qui, mettant sa cas- 
quelle de cêté, fait heaucoup de bruit et 
i piètre bfif Qgne. A« D* 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[10 avril 1876. 



»ax -^ 



222 



<- Au résumé» f2« terme éauivaut à celui 
de querelleur, tapageur. G est souvent à 
table que ce$ caractères, encore échauffés 
par le vip, arrivent à leur explosion, et 
alors les assiettes se trouvent sous la main 
pour servir d'armes et de prpjeptileç. Bpi- 
leau nous en offre un exemple] il est vraj 
que l'assiette paraît n'ayqir point été cas- 
sée ; mais il en faut conclure qu'elle était 
en étain. Nôtre expression a dû s'accréditer 
à mesure que l'usage de la faïence s'est 
étendu. Autrefois on a dft aussi casseur 
de raquettes y parce que les ^nageurs 
allaient se donner carrière dans les jeux 
de paume et s'y battaient à coups de rar 
quettes. ' 0. 0, 

Shampooing (IX, 16^). — Shainpsoing? 
non paçl m^is Shampooings mot anglo- 
indien. Il s'agit d'une friction avec un 
certain liquide savonneux, pour nettoyer 
la chevelure. Les Anglais ont rapporté dp 
rinde la liqueur et la manière de s'en 
servir, et ils ont emprunté en même temps 
à la langue indoustanie le verbe Shampoo 
qui n'est autre que le sanscrit Sampû, pu* 
riûer, nettoyer. F. B, 

—Aïe ! Faute d'impression : c'est Sham- 
pooing que j'avais écrit ou voulu écrire. 
• D. B. 



Attan^Tl flUf»... (IX, ij56). rr Nap. Mnr 
dais prétend çiue c'est une conjonction : 
VugMe,... puisque.,. Destouçhes dit, dans 
sa comédie du Glorieux ': 

J'eus un maître autrefois que je regrette fort 
Et que je ne sers plus, attendu qu^il est mort. 

A. D. 

Snob, Snobisme (IX, 166). — Nous 
avons francisé le mot stiubted, snuh. Le 
roman de Thackeray nous l'a fait connaî-^ 
tre. 5/to6>5me désigne la suffisance, la sot* 
tise, l'importance, la vanité des gens du 
monde et des petits bourgeois. Etre 
inobbé, c'est éprouver une telle déconve- 
nue qu'on en reste a tout sot »; être snob^ 
c'est avoir de soi une opinion excessive et 
mal justifiée. Le marquis d'ExYMO* 

,— Terme inventé par Thumour britan- 
nique et bien difficile à traduire saris des 
circonlocutions considérables. La pose 
rendrait mieuî^ ce qui caractérise le snob 
<l'^e r originalité, ' C, Z. 

— Snoby dans sa signification primitive, 
se traduit par savetier. Dans l'argot an- 
glais, Snob se dit d*une personne de ma- 
nières vulgaires qui se met au-dessus de 
sa propre position sociale {ultra crepi^ 
dam)^ qui se montre sjrcopkante envers 
ceux d'un rang plus élevé et affecte le mé- 
pris pour ses égaux. Telle personne désire 
se faire passer pour \^ Heur du rosier, au 



lieu de se contenter de vivre modestement 
près d'elle. Pour la dérivation du' mot, 
c'est un peu çpmtpe poltron^ qui vient de 
pollex truncatuSf selon les djctionnàires, 
Snob (on le dit du napihs) n'fsp autre 
chose que S'Noby par abréviation, pour 
Sine Nobilitate, 

(London.) John Doran. 

— Quand on lit le Livre des Snobs ^ 
de Thackeray, on donne plutôt à ce rhot 
lé sëris de sot, de ridicule. Dé vieux djc- 
tionnàires anglais kie lé donnent pas; 
maïs bien le verbe sriub^ gourmander', rér 
primander : cette étymologie conviendrait 
aux articles de Thackeray, qui sont autant 
de censures appliquées à des travers fort 
variés. Je vois dans la Biogr. Didot, que, 
dès le collège, Thackeray inaugurait ççt 
ouvrage. « S'il quitta rU'niversite dé Cain- 
bridge sans prendre de diplôme, il y laissa 
du moins le souvenir 4 un journal facé- 
tieux, qui eut. en j32Qj vjnè existence 
éphén^èré sous le titre : 4 ne Stiok, v 

o.n. 

— : Le mpf 5^qft signifie originaire- 
ment pauvre sirç\ s'^i faut en crpii-e 
les étymologies (assez jfantaisistes, il est 
vrai) qu'en donnent certains lexicogra- 
phes anglais : sine obolo^ ou sine nobili^^ 
tate. Mais il est pris plus communément 
dans le sens de sot pfétçntiçux» Thacke- 
ray a décrit les différentes variétés de ce 
type dans son Liyrç des Snobs. On peut 
consulter à ce sujet un article de M. For* 
gués sur les excentricités du langage an- 
glais contemporain (Revue des Deux-Mon- 
des, i5 sept. 1864). DicASTÈs. 

G^épiii (IX, 166). — Guépin^ fprmé de 
gùêpey signifie naturellement piquant. 
C'est un défaut dpnt on accusait les Or- 
léanais. Bonaventure des Pepers com- 
mence ainsi sa Nouvelle 56 : « Une dame 
d'Orléans, gentille et honnête, encqre 
qu'elle fut guépine », et là note ajouté': 
M Médis£|nte : ffuépin était le sol^rique^ 
ordinaire des habitan;$ d'Ôflié^ps. » 

o. p, 

I ' - ■..,..., ^ 

Do Bartas 0t U roine EUs^b^tb. ~ U a 

des plus beauy passages de§ œuvre^ dfr 
Du Bartas est assurément çp début çîp 
V Hymne de la paix : 

Sainte fille du ciel, déesse qpi rameînes 
L'antique siècle d*on qui 'belle r^gsqreines 
L'air troublé dés François ;' qûî fais rire nos 

[champs. 

Unique espoir fies bon^« juste eflroy des mé- 

fchaq^, 

Vierge depuis vingt ans aiix Gaules incognue ; 

Ô Paix, heureuse Paix, tu sois la l)ien yenuQ î 

Voy comme, à ton retour, ceux qui déjà pous- 

[soyent 



N» 190.] 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [10 avril 1876. 



.23 



224 



Leurs écumeux chevaux, et forcenez baisso]rent 
Leurs bois pour se choquer, jettent aux pieds 

[leurs armes. 
Et d'aise transportez, s'entrebaignent de larmes. 
Voy comme derechef les trafiqueurs vaisseaux. 
Desancrez, vont glissans sur nos marchandes 

[eaux. 
Voy comme le Sénat, jà par toute la France, 
Reprend son escarlate, et la Loy sa puissance. 
• ••••• • • • ••«••• 

Non moins remarquable est le morceau 
suivant, qui contient un magnifique éloge 
d'Elisabeth, reine d'Angleterre. Il est de la 
Seconde Semaine {Babylone, 2°»« partie 
du second Jour) : 

Mais quel nouveau soleil me donne sur ks 3reux 1 
Suis-je fait tout d'un coup heureux bourjgeois 

[des cieuxr 
O quel auguste port! quelle royale grâce! 
Quels yeux doux foudroyans ! quelle angélique 

[face ! 

Filles du Souverain, doctes Sœurs, n'est-ce pas 
La grande Elizabeth, la prudente Pallas^ ^ 
Qui fait que le Breton dédaigneux, ne désire 
Changer au masle joug d'une femme l'Empire? 
Qui, tandis qu'Erinnys, lasse d'estre en enfer, 




Tient en heureuse paix sa province, où la Loy 
Vénérable fleurit avec la blanche Foy .' 
Qui n'a pas seulement l'opulence faconde 
Du maternel langage^ ains d'une bouche ronde 
Peut si bien sur le champ haranguer en Latm, 
Grec, François, Espagnol, Tudesque et Flo- 

[rentm, 

Que Rome l'emperiere, et la Grèce et là France, 
Le Rhin et l'Arne encor, plaident pour sa nais- 

[sance? 

Claire perle du Nort, guerrière dompte-Mars, 
Continue à chérir les Muses et les Arts, 
Et si jamais ces vers peuvent d'une aile agile, 
Franchissant l'Océan, voler jusqu'à ton Isle, 
Et tomber fortunez entre ces blanches mains 
Qui sous un juste frein régissent tant d'humains, 
Voy-les d'un œil bénin, et, favorable, pense . 
Qu'il faut, pour te louer, avoir ton éloquence. 

Ce morceau a été parodié sur les mêmes 
rimes en l'année 1 687, au moment où par- 
vinrent en France les nouvelles de Texé- 
cution de Marie Stuart. Sous la plume du 
poëte catholique, la grande Elisabeth se 
transforme en furie d'enfer, et devient un 
monstre affreux, plein de luxure et de 
cruauté. L'outrage et Tinjure abondent 
dans cette œuvre sauvage, et en font à peu 
près le seul mérite. Ajoutons aue la pièce 
est fort médiocre et ne peut nullement en- 
trer en comparaison avec Tétincelante 
poésie de Du Bartas. Qu'il nous suffise 
d'en citer ici quelques vers : 

Salle peste du Nort, Pandore enfante-Mars, 
Continue à chérir tes ruses et tes arts, 
Et si jamais ces vers peuvent d'une aisle agile, 
•Franchissant l'Océan, voler jusqu'à ton isle. 
Et tumber asseurez entre ces fieres mams 
Qui sous un joug cruel captivent tant d'hu- 

[malns, 
Voy-les d'un oe^il hideux, et, misérable, pense 
Q}yil faut, pour te punir, avoir ton chef en 

[France. 



Quant au texte complet^ le lecteur cu- 
rieux de le connaître pourra consulter la 
nouvelle édition de L'E^stoile, à la date de 
mars 1 587. Ed. T. 

Un mot de prince. — Le procès Goëz- 
man se termina, pour Beaumarchais, par 
un blâme de la Cour. Il paraît que cette 
peine n'était pas alors aussi fictive qu'elle 
pourrait le paraître, et emportait note 
d'infamie. Mais l'opinion publique releva 
Beaumarchais de cette note, et le prince 
de Cont! lui écrivit : a On dit que la Cour 
vous a blâmé : en conséquence, je vous 
attends à dîner. Si vous n êtes pas blâmé, 
venez de même. » 

Il paraît que le prince de Conti usait là 
d'un mot de famille. Du moins, voilà ce 
qu'avait déjà raconté Louis Racine, à pro- 
pos de la querelle des deux Phèdre et 
d'un sonnet injurieux au duc de Nevers, 
cjui en accusa Racine et Boileau. « Le duc 
irrité annonça une vengeance éclatante. 
Ils désavouèrent la parodie, dont, en effet, 
ils n'étaient point les auteurs ; et M. le 
duc Henri -Jules les prit tous deux sous sa 
protection, en leur offrant l'hôtel de 
Condé pour retraite. « Si vous êtes inno- 
cents, leur dit-il, venez-y ; et si vous êtes 
coupables, venez-y encore. » Henri-Jules, 
duc d'Enghien , était le fils du grand 
Condé. Il se rappelait sans doute : 

Enghien, de son hymen, le seul et diçne fruiti 
Par lui, dès son enfance, à la victoire mstruit. 

Mais, si l'on en croit Walckenaër, là ne 
se bornèrent pas ses hostilités contre le 
neveu de Mazarin ; car il fut l'amant de sa 
femme, la belle Mlle de Thianges, à qui 
Ton avait songé pour remplacer sa tante, 
M™e de Montespan, auprès de Louis XIV. 

O. D. 

Bourde imprimée sons le nom d'an aca- 
démiGien. — Une des dernières éditions 
des Contes de Perrault (Leclère, i865, 
édition revue et corrigée 'ipRT M. Giraud, 
de l'Institut) contient cette ligne, dans le 
conte de Cendrillon, à la page 79 : « Elle 
lui donna ensuite une pantouflBe de 
verre. » , 

Mais, cher académicien, c'est vflir quil 
fallait écrire ! Votre confrère Littré vous 
l'aurait bien dit, car il a écrit sous le mot 
VAiR : M C'est parce qu'on n'a pas compris 
ce mot, maintenant peu usité, qu'on a im- 
primé, dans plusieurs éditions du conte de 
Cendrillon^ souliers de verre (ce qui est 
absurde), au lieu de souliers de vair^ c'est- 
à-dire, souliers fourrés de vair. » Et nunc 
erudimini! E. M. 



Le gérant, Fischbacher. 
Paria.— Typ. de Ch. Meyrueis, i3, rue Cujas.-iB?*- 



QVAQOB 



Noméro i9( 



Cherche» et 
vou$ trotnerejs. 




Il se faut 
entr'aider. 



2S avril ig76 



£ 2ntetméiiatte 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, ^OTES and QUERJES françai».) 



22D 



= 226 



(Sinestiom. 

Belles Lettres — Philologie — Beaux-Arts 

— Histoire — Archéologie — Numismatique 
— ËPiGRAPHiE — Biographie — Bibliographie 

— Divers. 

Une charge philologiqne et grammati- 
cale à fond de train. — M. Edm. Scherer 
vient de faire, dans le Temps du 2 1 mars, 
une charge à fond de train contre « la dé- 
formation que subit, à Theure qu'il est, la 
langue française. » 

« Le principal agent de cette décompo- 
sition, c est, dit-il, le journalisme, c'est la 
presse périodique. » Il a vu, et sans hor- 
reur il ne peut le signaler, s'établir, même 
chez les plus purs, même dans les Débats 
et le Temps y une faute horrible, un gros 
sole'cisme « que l'Académie et Littré lui- 
même consacrent, hélas! mais qui n'en 
est pas moins criante pour cela : « une 
« proposition tendante à ceci, une mesure 
« tendante à cela... » — Le mot tendant ^ 
participe présent, ne peut être que cela, 
et doit, par conséquent, rester invariable. 
Naguère encore, dans les Débats^ cette 
phrase : « Nous attendons leur verdict 
« avec confiance, mais son importance est 
« trop grave pour que nous l'attendions 
« sans anxiété. « N'est-il pas évident qu'il 
fallait dire : « L'importance en est trop 
grande... » Cet emploi du pronom posses- 
sif, quand il ,est question de choses, est 
l'une des corruptions qui nous enva- 
hissent aujourd'hui, ajoute avec raison 
M. Scherer. 

Mais là où il voit surtout u l'obscurcis- 
sement de la tradition grammaticale, » 
c'est dans la a violation de l'accord entre 
les temps de l'indicatif ou du conditionnel 
dans la proposition principale, et les temps 
du conjonctif dans la proposition subor- 
donnée. » Exemples d'incorrection fré- 
quents et chez nos meilleurs auteurs con- 
temporains. — Dans une lettre à J.-J. Am- 
père, M. de Barante écrit : a Je voudrais 
que vous placies[ dans vos habitudes an- 
nuelles un séjour dans notre retraite. » — 
Dans une. lettre de Tocqueville, on lit : 
« Il ne serait pas absolument impossible 
que nous n* allions cet hiver vous voir à 
Rome. » (Double faute, puisque la néga- 



tion est de trop, et qu'il fallait l'imparfait 
du subjonctif). — Et tout dernièrement, 
dans la Revue des Deux Mondes y 1 5 nov. 
1875, M. Renan, lui aussi, n'écrivait-il 
pas : a Je voudrais que les nations civi- 
lisées lui assurent une pension alimen- 
taire. » — Sainte-Beuve enfin, Sainte- 
Beuve, ipse^ a été, dit M. Scherer, repris 
par un certain docteur Joulin, pour avoir 
dit : a Vous avez désiré que nous ne quit- 
tions pas » Sainte-Beuve allégua, pour 

se défendre, la dureté de quittassions^ et 
telle serait aussi l'excuse alléguée par tous 
ceux qui tombent dans le même crime de 
lèse-grammaire : ils reculent, préten- 
draient-ils, devant la pédanterie dont est 
le plus souvent entaché notre imparfait du 
subjonctif. Mais, répond notre aristarque, 
est-ce une raison pour sacrifier une règle 
de la correspondance des temps, qui repose 
sur d'excellentes, qiioique subtiles, raisons? 
N'a-t-on pas toujours la ressource de 
changer de tournure? 

M. Scherer ne se donne pas d'ailleurs 
pour impeccable, et il passe condamna- 
tion sur les fautes que l'on pourrait trouver 
chez lui, si Ton se mettait à éplucher ses 
articles. Il sait trop bien que les cen- 
seurs trop rigoureux risquent d'être pris 
en délit à leur tour et de donner à rire à 
la galerie. C'est ce que n'a pas assez com- 
pris un certain M. Veuillot, — maître 
d'école par excellence, aimant à relever 
les vices de langage chez ses adversaires 
et à distribuer les mauvais points aux plus 
illustres de nos écrivains. Voyez-le se 
rengorger, quand il a ainsi appliqué la 
férule, et inviter l'univers entier à voir la 
différence que la Grâce sait faire entre la 
prose du crojyant et celle de V impie! 
M. Veuillot, pédagogue, a-t-il donc, en 
effet, l'infaillibilité r Jugez-en. Il ne peut 
s'agir ici du latin, qu'il cite à tortet.à tra- 
vers : Atrocem animusCatoniSy par exem- 
ple, ou cet autre solécisme, qu'il a osé 
mettre dans la boucne de Dieu même : 
Quia non inveni pejor. M. Veuillot peut 
répondre que, n'ayant pas fait ses classes, 
Dieu merci ! il ne se pique que de savoir le 
français. Va donc pour le français, mais que 
dirait-il si c'était M. Littré qui se fût 
permis d'écrire que le but d'tin voyage a 
été parfaitement rempli , — ou s'il arrivait 

TOME IX. — 8 



N* 191.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



227 



228 



à M. Renan de commettre cette phrase, 
signée Veuillot dans un récent article de 
Y Univers : « Hier, la crise paraissant ter- 
« minée, nous osions conseiller au chef 
« du Gouvernement de la ropyrif. Il a pr^s 
« féré essayer ,de rendcwrxnir; pcu|»ê|r# 
a Test-elle ; il est possible qu'elle le soit, » 
— Faute qui n'est pas seulen^ent grossière^ 
ainsi que le remarquçM. Scherer, mais qui 
est inexplicable chez un écrivain dont le 
style, loin de sentir Timpro visa tion, est 
devenu aujourd'hui insupportable de re- 
cherche et de laborieux maniérisme. 

Comme causes de la déformation de la 
lapgue par la presse quotidienne, M. Sche- 
rer relève : i« Tignorance des stylistes du 
journalisme amusant, qui se $ont faits 
écrivains, parce qu'ils se sont senti un 
certain tempérament, une certaine verve 
d'expression, mais qui n'ont jaçiais su 
rortnographe, ni, à plus forte raison, la 
grammaire ; — ?? la hâte avec laquelle le 
journaliste est oblfgé d'écrire, le manque 
4u loisir nécessaire pour relire ^on ma- 
nuscrit avec attention ou corriger ses 
épreuves ayec soin. 

Mais la cause principale de cette déca- 
dence et de tputes nos fautes comme écri- 
vains, c'est que, « n'ayant rien de forte- 
ment pensé à dire , nous cherchons à y 
suppléer par l'inattendu de l'expression... 
On s'étudie à piquer et à aipuser; de là 
une recherche continuelle de tours et de 
mots nouveaux. Il faut faire autrement 
que le voisin, renchérir tous les jours sur 
le rédacteur de la feuille voisine, sur soi- 
même, s'il est possible. C'est à cette espèce 
de course au clocher, sur le terrain cfe la 
recherche, que le vocabulaire doit de s'être 
enrichi depuis quelque temps des plus gro- 
tesques conquêtes. 

a Une culture superficielle, qui a perdu 
le sentiment delà propriété des termes, et 
un besoin de raffinement qui veut innover 
à tout prix, tels sont les principaux agents 
dç la corruption de cette magnifique 
langue que trois siècles de grands écrivams 
avaient amenée à un degré de perfection 
incomparçible. Au compte de la grossièreté 
du goût, de l'oblitération du sens litté- 
raire, il faut mettre, soit des tautologies 
ridicules, comme : mais cependant»,,. -^ 
bref enfin.,, une panacée universelle^ un 
mirage décevant; soit l'argot emprunté 
au langagç des affaires : le i®*" courant, 
pour le i*«'(fM courant ; — par contre, pour 
au contraire; à, nouveaUy pour de nou- 
veau; soit enfin des mots conimodes, 
mais ;nal fait$, vulgaires, tçls que ces 
agissements^ qu'on retrouve aujourd'hui 
dans chaquç colonne de journal. 

« Mais la reçhçrchç, l'affectation, le be- 
soin de ne pas dirç les choses comme tout 
le monde, sont responsables de plus de 
méfaits encore. C'est au désir instinctif 

vo- 
'idée, 



que la presse a cédé lorsqu'elle nous a 
aotés de tant de néologismes qui ne sont 
que de ridicules^ quiproquo. On ne dit 
plus un /;>!/, fixais uq^ localité; une per- 
sqnnç, fnajs t^ne personnalité. On ne dit 
plus deux, mais double^ ni nombreux ^ 
mais multiples. On ne dit plus ;?rq/r/cr, 
mais bénéficier; clore, mais clôturer; 
distinguer, mais différencier. On ne dit 
plus un objet, mais un objectif; ni humain, 
mais humanitaire. Ou bien on détourne 
les mots de leur usage grammatical et l'on 
dit d'une chose qu'elle est réussie, et d'un 
homme qu'il est impossible. Quelquefois 
on fait des emprunts à une langue étran- 
gère, à l'anglais surtout, mais en prenant 
les mots dans un sens qui n'est nullement 
celui de l'original, comme lorsqu'on écrit 
humoristique pour spirituel^ et un snoh 
pour un sot, » 

Conclusion. Celle de M. Scherer est que 
« tout cela est pervers, tout cela est scan- 
daleux, tout cela ferait désirer que l'Aca- 
démie française eût un droit dé naute et 
basse justice sur les malfaiteurs qui at- 
tentent à cette çho5e sainte entre toutes, 
la langue maternelle. Eh bien! ij en est 
de plus malfaisants et de plus coupables 
encore. La manie de ne pas dire les choses 
simplement ne fait pas seulement créer des 
mots, elle fait inventer des circonlocutions, 
des tournures — et quelles tournures I On 
lisait dernièrement dans un journal qu'un 
crime « venait de s'accomplir dans des 
a conditions d'atrocité inouïe. » Vous re- 
présentez-v.ous l'état mental d'un homme 
qui peut écrire une pareille phrase ^ Faut- 
il, pour en arriver là, être assez abandonné 
de Dieu et des hommes? Et ne sommes- j 
nous pas en droit de nous écrier, dans le 
langage de Voltaire, qu'il n'y a point assez 
de camouflets en France, assez de bonnets 
d'âne, assez dç piloris, pour de pareils 
faquins ^ » 

Eh ! mais, nous voici, à force d'analyser 
et de citer, arrivés à une conclusion dia- 
blement sévère! Il est monté sur ses 
grands chevaux, monsieyr le sénateur et 
futur académicien Scherer 1 Nos confrères. 
tout en lui donnant raison sur bien des 
points, ne trouveront-ils pas qu'il y a bien 
certçiines objectioaç à lui faire? A. A. 



de paraîtrç d'autant plus ferrée sur le 
c^bul^^ire, qu'elle çst plus faible sur Vïi 



Uu sonnet signé V. H, — A" verso du 
litre de : Histoire et aventures de V illustra 
chevalier baron de Munchhausen, traduit 
de l'allemand de Burger (Paris, L. Cur- 
mer, sans date), il y a ce sonnet : 

iV l'A JléHOIHE DE l'iLLUSTILE BARON 
DE MUNCHHAUSBN. 

Cinquante ans ont passé sur ton nom radieuï. 

Sans que le temps jaloux «it rien pu sur ^ 

[gloire- 
Tout cède à son eâEbrt lent et victorieux. . 
Mais il s'vLse les dents à mordrç à ta mémoire 






I 



229 



On a beau t'appeler un mpnteur furieux. 
Nous n en cesserons pas, pour cela, de te croife 
Car tes nobles exploits et tes faits glorieux • 
Feront sonner toujours le clairon de l'histoire. 

A de moins grandç q^e toi si Van fait des 

Les siècles veilleront sur la tombe mueUe"!'"^': 
Ou Burger secoua, de sa main de poëte, 

F?^a.^''?l^t°'^"^ ^} *^s restes mortels. 
Et, Darant du laurier de sa musc ta cendré. 
Se fît ton Qumte-Curçe. ô toi son Alexandre! 

V. H. 
L'Histoire en question forme ^ne bro^ 
chure de 63 pages, imprimée sur papier 
bleu, et a dû être prise >armi les couier- 
tures des livraisons des : Français peints 
par eux-mêmes. ^ ^ 

tpS"f^ f.^i?'*^.^^^/ ^a sonnet et le traduc- 
leur de 1 Histoire ? F T v 

ÉguWeté. -^ On lit dans le tome I des 
ituvres de Sçarrçn, Amsterdam, Wets- 
^'°;/75a««Etil lui a prédit ^u'il ne 
eroit pas fortune, parcequ'jl ne Ijsoit pas 
la Bible, et qu ,1 n'éto t jamais éguiUetl. , 
Que signifie ce mot ? E M, 



DES CHERÇHKURS ET CURIEUX. 

■ 23o 



(25 avril 1876. 



ques renseignements complémentaires à 



Un four. — Pour signifier un insuccès 
conditionne, un fasco, on se ^ert souvent 
ûe cet énergiqûç et brutal idiotisme : 
« V est uçi four dq première classe I » Je Iç 
VOIS appliquer au nouvel opéra de Jeanne 
^Arc, qui vient d'être représenté. Com- 
ment un pareil idiotisme"^ puisque idio- 
/^m^il y a, a-t-il pu s^^ta^lfr dans notre 
Kue?Date.t-ilde}oin? ^ J. M. 

Moineau. --. D'où vient le nom de moi^ 

«eatt attribué m passereau, et quel rapt 
fw ^o^^rs^^e peut-il avoir avec le mot 
mine? Je ipe souviens d'avoir, étant en- 

5 ^"^^,ndu raconter une légende à ce 
su et. Quelque lecteur de V Intermédiaire 
pourrait^il venir au secours de ma mé- 

^^^* SAmUARiG. 

I-arweg 4^ 8^99. ^ M existe des sweurs 

l7rm?^'j ^^^^ ^;^'S"^ y^^^^^ Vil couler des 
iarmes de sang ? Cependant bien des ro- 
manciers emploient cette expression dans 
le sens propre ^Y a-t-il pas là un abus 

le'T,?. ' ^^» ^^""^^ ^^^^^^^ ^^^ terribles, 
es auteurs qui forcent ainsi la. note ne 

I7l3nu7ir™*',**' "^^^^ *» portraits. 

û nr.7i j • — •'^' "» très-beau portrait 
im?? u ^^ "' artiste, peint, en 1765, à 
\msterdam, où il est mort vingt an J plus 
ien« e * ""f*"™* ^ biograpiiie en deux 

6 ^S!:JAP°"™"„<»«.'°.9n b-'saïeul, il 



Pamille ou fief de Saint-Sratien. - Un 

Tvu, ^«!^'»« appartenait-Il, au milieu du 
XVJIo siècle? Elle était protestante et 

mi^^h*''*"^''*'' ^«""i" zurichoises dont les 

rrance. E. O. 

negnanu. — J ai remarqué, tout dernière- 
ment, au Musée de Riom,' en Auvergne 
un tableau original peint et s^ené Da^ 

(175^-1829), mutulé Mort 4e J)esaix et 
représentant le général, frappé au cœur 
à dem< rçnversé de cïieval. çt tombant 

de?amp.'"^ ^"^ '^""^ ^'""^^'^ ^«"S 

Uxembèui^r '"'' '° ''^"' '^^^^«^" 
Elle avait été (m'a-t-oa dit à Riom> 
exécutée par l'artiste, squs les yeùxè 
d après les souvenirs personnels du géné- 
ral Lebrun, duc de Plaisance, ^ autrefois 
''r ^^^'^P de Des^ix ^ Marenga 
(.M^f^Jr' • ' fP°'ï"-« ^« *<>» «pparitioa 
Ïnj2/<? ""■'""• P'*' ^'^ gravé Z lithor 

r.F^^'^} ^" nombreuses estampes qui font 
partie de mon '^ Mus4e Desailn KlplZ 

ce mL!T"'''3 '^f Î*°*P'' reproduisant 
ce même épisode de la mort du général 

rJHr^^^^?"^ P^^ï^e «ignaJer quelque 
reproduction dç ce tablçau f Ulric. 

François Sarasin. -^ Connaît-on des 

dîî'xvîw' •^'^?"'' *"'■ "f ^'«able poiSte 
du XVI }. siècle, et pourrait-on affirmer 
orthographe de son nom ? Sarasinm^l 
U deux r ou un seul? Les œuvres ^de ce 
^LfTw^"- *" «'"""scrits du temps va, 
nent si bien cette orthographe que c'est 
là un pomt difficile à juger. Oct U ' 



un 



Femmes célèbres nea coMuesL _ Dans 
1 discours en vers* sur iSlknce des 

Romieu loue, parmi d'autres femmes plus 
connues, i<> une noble dame : - 

Qui daigna Recevoir d'une honorable main 
Libérale sans plus, le grand 051 romain. ' 

2» Une autre dame, plus moderne celle- 
ST^^a ''9'^^^^rmiir àngosiol! 
Je voudrais bien avoir le nom de la pre- 

s^conde" '*"'^'*''1? renseignements su'î-îa 
seconde. Prospsr BukNCHïa*AiN. 

iiRne • B " *'"'"•"•■ '*" »""" i«»aicui, M — 



N« igi.l 



L1NTERMËDIAIRE 



23l 



232 



XXXVI, ch. 67) la phrase suivante : o Vi- 
trum sulphuri concoctumferruminatur in 
lapident. » M. Littré la traduit ainsi : 
« L>e verre fondu avec le soufre se durcit 
en pierre. » M. A. Deville (Histoire de 
Tart de la verrerie dans l'antiquité, p. 25) 
la traduit plus librement, en disant que 
« les morceaux de verre trop menus pour 
être recollés étaient fondus, mêlés au sou- 
fre, pour servir de soudure à la pierre. » 

L*interi>rétation littérale de M. Littré 
est implicitement comprise dans celle de 
M. A. Deville, car si le mélange dont il 
s'agit soude la pierre, c'est qu il devient 
aussi dur qu'elle. Mais la seconde se rap- 
proche-t-eue mieux, que la première, de 
fa pensée de Pline, et ne s'agit -il p^ 
ici de scellement plutôt que de soudure, 
ainsi qu'une note de M. A. Deville le laisse 
soupçonner? On ne soude guère, en cfiFet, 
la pierre avec elle-même, mais on scelle 
souvent dans la pierre. 

Ici se présentent plusieurs objections: 

lo Les degrés de fusion du soufre et du 
verre sont tellement distants l'un de l'au- 
tre qu'il y a tout lieu de croire que le pre*- 
mier serait évaporé avant que le second 
fût liquéfié. 

20 Le verre liquéfié, à cause du degré 
élevé de sa température, devrait désagré- 

§er la pierre, si elle est un calcaire, et ré- 
uire en chaux les parties avec lesquelles 
il aurait été mis en contact. 

D'où il est probable que, si l'on a jamais 
fait un scellement au verre fondu, — avec 
ou sans mélange de soufre, ^ c'a dû être 
dans le granit. 

Maintenant nous arrivons à la question 
principale qui motive le passage de Pline : 

Connaît-on quelque exemple antique de 
métal scellé dans la pierre à l'aide du 
verre? Nous disons « métal » et nous 
devrions dire : « bronze. » 

Le fer, en effet, si l'on a employé pour 
le sceller le mélange indiqué par Pline, a 
du être attaqué et détruit par le soufre 
ainsi qu'il est arrivé toutes les fois que 
Ton a employé le soufre fondu pour cet 
objet. Aussi le remplace-t-on, de nos 
jours, par un ciment. Alf. D* . 

Les allumettes ches les Romains. «^ 

Trois poètes latins, Juvéna), Martial et 
Stace, ont fait allusion au commerce du 
verre cassé, dans les passages suivants : 

Quassatum rupto poscentem sulphura vitro. 

(Juvênal.] 

Transtîberiaus ambulator. 
Qui pallentia sulfura fractis 
Permutât vitreis. 

{Martial.) 

Quœque (plebs) comminutis 
Permutât vitrais gregale sulphur. 

{Stace.) 

Tous les traducteurs ont pensé qu'il 
s'agissait ici de l'échange que les mar- 



chands ambulants de Rome faisaient du 
verre cassé contre des allumettes soufrées. 

Mais M. A. Deville, dans l'Histoire de 
l'art de la verrerie dans l'antiquité (p. 25), 
et à propos du passage de Pline qui fait 
l'objet de la question précédente, pense 
que les traducteurs se sont trompés et qu'il 
sagit des morceaux de verre que les col- 
porteurs recueillaient pour les vendre aux 
souifriers, dont l'industrie nous semble 
quelque peu imaginaire. 

Qui a raison, des traducteurs ou de 
M. A. Deville? ' A. D. 



Be l'orge et des haliitants de Lagny. - 
Le récit suivaiit emprunté à Dulaure, 
est-il absolument fabuleux? 

a La petite ville de Lagny s'étant rébel- 
lionnée en 1344, le capitaine de Lorges 
fut chargé de la réduire. Elle fut prise 
d'assaut, et. au lieu d'user des droits de 
la victoire, le capitaine fit organiser pour 
le soir même une fête où furent convoquées 
toutes les dames de la ville. Mais tandis 
que la joie et les plaisirs semblaient avoir 
banni toute inimitié, tout à coup les portes 
furent fermées^ les lumières éteintes, et 
dans l'instant, les bourgeoises de Lagny 
se trouvèrent livrées à l'impétueuse luxure 
des soldats. — Il en advint une fécon- 
dité générale, d'où l'on assure que la plu- 
S art des habitants de Lagny sont issus. 
lais cette source irrégulière les fait rougir 
et ils se regardent comme insultés joaiid 
on la leur rappelle. Les plaisants qui pour 
faire allusion au capitaine de Lorges, leur 
demandent : Combien vaut l'orge? sont 
donc fort mal reçus; on les saisit et sans 
miséricorde, on les plonge dans une fon- 
taine située au milieu £ la ville. Saint- 
Foix assure avoir été témoin d'une exécu- 
tion de ce genre. » F.-Y. 

Doctor in absentia. — Tel est le titre 
d'une réclame qui s'étale depuis quelque 
temps à la 4* page des journaux de la 
Basse- Normandie, et que voici : 

DOCTOR m ABSENTIA 

Les personnes désireuses d'obtenir sans dé- 
plarement le titre et le diplôme de docteur ou 
de bachelier, soit en médecine, en sciences, en 
lettres, en théologie, en philosophie, en droit 
qu en musique, peuvent s'adresser à MedicoSi 
rue du Roi, 46, a Jersey (Angleterre), qui don* 
nera gratuitement les informations nécessair^i 
qui enverra les statuts de TUniversité, indi- 
quant les moyens à employer pour être promu 
sans déplacement. 

Je serais curieux' de savoir, sans être 
obligé de m'adresser à Médicus, quelle 
peut être la valeur de semblables diplômes 
aux yeux des Anglais. 

La question me semble présenta* quel- 

2ue intérêt, au moment où la collation 
es grades va faire en France l'objet de 
nouveaux débats parlementaires. 

(Caen.) T. R. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 avril 1876. 



- 233 



234 



La Société des Soupers de Momun. — 

J'ai sous les yeux deux petits volumes, — 
Quelques Essais ^Paris, Pillet, imprimeur, 
in-i2j, et Ruse a Amour ^ comédie en un 
actey etc. (Châteauroux, Bayvet, impri- 
meur, in-8). — Publiés Tun et l'autre en 
1817 « par M, JoDSUN de Lasalle, Mem- 
bre de la Société des Soupers de Mo- 
mus, » 
En quoi consistait donc cette Société ? 

— Où se réunissait-elle? — Quels furent 
ses principaux Membres? — M, Arthxir 
Dinaux lui aurait-il consacré quelques 
pages dans son Histoire des Sociétés chan- 
tantes ou littéraires^ demeurée je crois 
inachevée et que je n*ai pas actuellement 
à ma disposition? Ulric. 

Les tt doubles » parrains on marraines. 

— Le Docteur Briois, dans une note de 
son roman sur la Tour Saint-Jacques^ de 
Paris (Paris, Dubuisson, imprimeur, 
3 in-8. 1864). imprime ceci : a Au quin- 
zième siècle, l'usage était encore de don- 
ner deux parrains et une marraine aux 
enfants du sexe masculin, et deux mar^ 
raines et un parrain aux enfants du sexe 
féminin. » (Tome I, p. 2 33.) 

Cette assertion se trouve-t-elle confirmée 
par les récits des historiens de l'époque? 

Truth. 

Roger-Bontemps on les œii& cassés. ~ 

Quel est Fauteur de ce conte? Il est le 
premier du recueil en 2 volumes Cazin : 
Le Fond du sac, La vignette qui est en 
tête a été reproduite dans la réimpression 
faite par Leclerc, mais le conte a été omis 
iians la nouvelle édition. E, T...,x. 

Mémoires sur Madame de Maintenon. 

— Connaît-on l'auteur, ou les auteurs, ou 
le collecteur des ikT^moire^ sur Madame de 
Maintenons recueillis par les dames de 
St-Cjrr? (Paris, Olivier- Fulgence, 1846.) 
Cela n'est pas sans importance pour sa- 
voir quel fondement on peut faire sur ces 
Mémoires. E,-G. P. 



Mérimée a-t-il tué un Suisse aux jour- 
nées de 18307 (VII, 238; IX, 142). — Le 
personnage de l'anecdote racontée par 
Janin : «nomme qui vit seul dans la foule, 
et dans la fange ; » n'est rien moins que 
Mérimée, c'est Chodruc-Duclos, le cyni- 
que du Palais-Royal. On peut lire^ dans 
toutes ses biographies, que cet ex-musca- 
nm de Bordeaux, qui s était mis en hail- 
tons pour faire- honte à son ancien ami, 
le ministre Peyronnet, qui l'oubliait, tua, 
«n effet, un Suisse, du haut de la barri- 
cade de la rue Pierre-Lescot. 



Il y logeait dans un bouge. Le bruit de 
la fusillade le fit descendre : — Maladroit ! 
dit-il à un homme du peuple, en lui pre- 
nant son arme, dont il se servait mal. Il 
visa, abattit un soldat, et rendit le fusil 
en disant : Ce n*est pas mon opinion. 

Ed. F. 



Plus ca ohange, plus c'est la même 
chose (VII, 362, 445). — « Trois jocris- 
sades que je ne suis pas honteux d'avoir 
trouvées : N'ayez pas de voisins, si vous 
voulez vivre en paix avec eux. — J'aime 
mieux ne pas avoir de meubles et qu'ils 
soient à moi. — En politique, plus ça 
diangliy plus c'est la même chose, » (Alph. 
Karr. En fumant. Lévy, 1 861, page 54.) 

Pour c. c, : SAmuARic. 



D'une histoire du soufflet. Colaphns 
(VII, 400, 482, 627; VI IL 47, 76,428, 
493). — M. J. de Montardif a promis un 
exemplaire de sa Monographie du Soufflet 
à celui de ses collaborateurs qui lui signa- 
lerait une dissertation sur cet objet. Point 
n'était besoin de ce stimulant ; les répon- 
ses n'ont point manqué, portant sur des 
faits particuliers plutôt que sur le sujet en 
général. Peut-être serai-je plus heureux 
en signalant à son attention VOrigine du 
Soumet qui se trouve dans les Nuits pa^ 
ristenneSy à l'imitation de celles d'Aulu- 
Gelle, ou recueil de traits singuliers, anec- 
dotes, usages remarquables, etc. 2 vol. 
in-i2, Londres, 1769. Le soufflet fieure 
dans la Passion, aussi bien que Barrabas. 
On s'étonne ici que G. Peignot n'ait pas 
abordé ce sujet, soit dans son Livre des 
singularités, soit dans ses Recherches 
sur la personne de Jésus-Christ. 

L'abbé Val. Dufoxjr. 



Prix payés à dirers auteurs pour leurs 
ouvrages (VlII,45, 558, etc.; IX, 145).— Les 
deux premiers chants du Pèlerinage de 
Childe Harold psiTurent en 18 12. Murray, 
un des plus grands éditeurs de Londres, 
en acquit la propriété au prix de 600 li- 
vres sterling. Lord Byron nt don de cette 
somme à son ami Dallas, en disant qu'il 
ne voulait jamais recevoir de ses écrits 
aucune rétribution; toutefois il changea 
d'avis, et son biographe Thomas Moore, 
cédant sans doute à un sentiment d'esprit 
de corps, dit qu'il fit très-sagement. 

On evahie à plus de 1 5, 000 livres sterling 
(375,000 fr.) ce que Murray paya successi- 
vement pour éditer les poésies de Biron. 

Cet homme célèbre avait écrit ses Mé- 
moires; il en donna le manuscrit à Moore, 
et Moore le vendit à Murray à un prix 
élevé : 2,000 guinées. La famille By- 
ron ayant manifesté le désir quecette auto- 
biographie ne vît pas le jour. Moore agis- 



N* tgii] 



L'INTERMEDIAIRE 



iSCUMl 



235 



- 236 



sant avec une générosité des plus dignes 
d'éloge, fompit le traité et détruisit le ma- ' 
nuscrit. Washington Irving, qui en avait 
pris connaissance, en a fait connaître 
quelques échantillons, et il pataît que la 
perte de ces Mémoires ne doit causer au- 
cun regret. 

J'emprunte ces détails au très-instructif 
ouvrage de S. Austin Allibone : À critical 
Dictiônàty of etigliBh literâtute (Phila- 
delphia, iSSg). A. R. 

Pqdex des cheyaliers yaiaqBanrs, baisé 
par îe vaincu (VIII, i63, 220; IX^ i45).-^ 

Slette cérémonie malpropre peut cepen- 
ant être considérée comme unfe ccftnmu- 
tation de la peine du vaineu dans Un duel 
judiciaire; car les assises de Jérusalem 
portent qu'il devait être pendu sans retard, 
lors même qu'il avait combattu pour le 
compte, d'un autre, auquel cas on pendait 
ayec liii celui ou ceux dont 11 était le cham- 
pioii. — Il paraît que la chose était assez 
dans le goût des gens du bon vieux temps, 
car voici un article de la loi des Burgondes 
qui n'en fait pas mystère : a Si quis eanem 
vèltraum, aut segutium, yel petrunculum 
praesumpsetit involare, jubemus ut con- 
victus coram otnhi populo posteriora ip- 
s'ius osculetur; avlt quinque solidos, illi 
canem cujus^involavit, cogaturexsolvere, et 
m^ulctae nomme solidos duos (Le^i^wr^ww-» 
dionum additamentum primurn, art. 10.) » 
L'érudit Louis Aubret, conseiller au par- 
lement de Bombes vers 1700, par les 
mains de qui a passé mon exemplaire du 
Codex legum antiqudrum de Linden- 
brog, a écrit en toutes lettres sur la marge : 
a baiser le cul du chien. » Il y voyait sans 
dpute une origine de cette locution popu- 
laire. G. G. 

Une marque monogrammatique (VIII, 

3 5 7, 437, 463.) — Pour- 
rait-on kvoif lé litre des 
ouvragés cités pal^ M. le 
baron dé Woorst, et savoir 
si c*est occasidnnfelktliènt 
qu'est faite rëxplicàtion de 
M. le professeur Van Put, 
ou si elle a d'autres déve- 
loppements ? Ces marques paraissent sur- 
tout aux quinzième et seizième siècle, sou- 
Vent avec des armoiries portées, en même 
tértî{)ë, par la même famille. C'est proba- 
bletîieilt une marque de hiâison de com- 
merce, mais il serait intéressant de savoir 
si des nonibreùses et bizarres figures sont 
tôiites nées dU caprice, ou si elles ont eu 
uti^ désignation quelcoridué. En feuîsse dt 
en Allemagne, les combinaisons de cro- 
chets (Woifsângels) remplacent les cœurs 
et les quatre; souvent une étoile, ou une 
initiale, les accohipagne comme ci-dessus. 

F. P., Mac REfeo. 




Ld musittuô Id t»làd cHér, etc., (VIII, 
710, 764 ; IX, ig). — A ceux qui préten- 
dent que Théophile Gautier n'a pu émettre 
ce paradoxe, je répondrai par la citation 
suivante, extraité des Grotesques^ page 
i58 de l'édition Lévy : a .... Victor 
Hugo fuit principalement l'opéra et même 
les orgues de Barbarie ; Lamartine s'en- 
fuit à toutes jambes quand il voit ouvrir 
un piano ; Alexandre Dumas chante à peu 
près aussi bien que Mademoiselle Mars, 
ou feu Louis XV, d'harmonieuse mémoire; 
et moi-même, s'il est permis de parler de 
l'hysope après avoir parlé du cèdre, je 
dois avouer que le grincement d'une scie 
ôU celui de la quatriènle corde du plus 
habile violoniste me font exactement le 
même effet. » La citation, tirée de VAuto- 
graphe, semble prouver que le fougueux 
romantique ne s était pas converti sur ses 
vieux jours» SAiDtiAftlG. 

Prince et Duc (VIII, yioj iX, 10, 107). 

— Je me suis trompé pour les titres de 
Prince s on plutôt> 1 exception conhriiie la 
règle* En 1701^ au mois d*avrii, Louis 
XIV unit la terre de Bouhers au comté 
de Rache, pour les ériger en Principauté^ 
en faveur de N. de Bereheà, seigneur de 
Bouhers. baron de Zétrud, comte de 
Rache, Borel d'Hauterive (1848, p. ici) 
ajoute : « Seule collation régulière du titre 
de prince par nos Rois. » Garane 

Jeaxitie d'Aro est-elle Lorràinei on 
Qhampeneifie (VIII, 743; IX, 56). -Mal- 
gré la réponse très-afarmative de M. Gour- 
cillon, M. Servais, 'auteur des* Annales 
historiques du Barrois, de i3b% à 141 1 
(Bar-le-Duc, 1865-67, 2 vol. in-8), con- 
tinue à être de l'avis de M. Henry Lepage: 
Jêànrié d*Arc est liée Bâfrièletifie; rtiâison 
peut dire qu'elle est dWigine champe- 
noise, cotnttie Victof Hbgb. Ëiâoiitin, est 
d'origine lorfâiriê. H. de L*ϧlb 

— Si l'on en croit le confrère a Cour- 
cillon », qui n*es,t plus Dangeaii en cette 
affaire, le Domremy de 14 12 serait une 
manière d'annexé pour quelque chef-lieu 
communal à l'instar de 1876. Arrière tous 
ceux qui s'imaginent^ titrés en mains, ré- 
colter le plus souvent, en un même village 
du .XV« siècle, diverses seigneuries et pas 
mal dé seigneurs I > 

Va-t-on nous changei* tout cela ? Jeanne 
d'Arc, en dépit de la peine qu'a prise 
Tabbé Riant en 1870, àurait-elle, elle- 
même, constamment radbté...., parce quil 
a piu, êri i6i2j ^Charles'.du Lys, con- 
seiller, avocat gênerai en la Cour des aides 
de Paris, et à . Luc du Ljrs, écuyer, sieur 
de Reinemoulin, frères issus. en ligne di- 
recte de son neveu Jean du Lys, échevin 
d'Arras, de ne pas être contents au plumi- 
tif des lettres patentes de décembre 1429- 
Et puis, ehfih, Jeanne d'Arc pourrait-elle 



DES CHÈRCtifeUkS et CbRIEUX, 



237 



238 



[25 avril iBj6. 



ressusciter Champenoise, parce qu'il est J cherché des reriàéigiiettièritsâ ce sujet dans 
adveilu à un ancien ïhiriistre de rafïirnier * ''*'• '*-•*'-'*'*— ^^^^i***, ,,>*«*, :^- -* ^>*>i 1.»^» 

â la légère, et à M. Ëd. de Barthélémy, 
un Champenois du Comité des travaux 
historiques) de l'enlever aux Barrois, avec 
proclamation au Journal Officiel, par ces 
mêmes arguments que « Courcillon », 
notre collabo, a rapportés après Charles 
et Luc du Lys, encore une fois ! — Ces 
arrière-petits-neveux de Jeanne d'Arc 
déclaraient, par un mémoire imprimé 
en 16 10, que Jacques, son père, était 
né à Sermaize: en 1612, ili mdiquaient 
Ceifonds près Montierender.... sans plus 
de preuves qù'Edmoild RÎchier, écrivain 
champenois, qui reproduisit cette alléga- 
tion en t628. — Mais, faisons la part belle 
aux disctiteurs opiiiiâlt-es : adiilettotis que 
Jacqiies d'Arc îsôit pur Champehois. — 
Que Feroiis-nous d'Isabelle Rottlée, qu'un 
ensemble de renseign^ements , plus véné- 
rables de deux siècles, contemporains en 
un mot de sa sainte fille, a dite Barri- 
sienhe? On ne raisonnera point, en sa pré- 
sence, en fils du code Napoléon ; car c'est 
elle gui fait la nationalité de Jeanne, par 
\ article V de la Coutume du bailliage de 
Chaumontf usitée à bon:irèn:îy comme à 
Ceffonds ; « eri tout ciedit bailliage le fruit 
ensuit lé venti-e, excepté si Turi des deux 
conjoints est rioble »... 

J'espère que le^. a.this posthumes de 
Charles et de LUc du LyS, rie itte soutien- 
dront point, comriie eux, <jue Jacques d'Arc 
était noble ?... et je dirai aUx incrédules, 
s'il en réstç : Voyez aux Archives des 
Vosges, le Càrtulaire ae Mur eau ^ p. 226 ; 
voyez au Trésor des Chartes^ à Nàrtcy, îçs 
dénombrements des seigneurs dé Boûrlé- 
Hîont, Gondrecourty I, n'» m, 112; et 
surtout lisez, si vous avez foi en là pro- 
bité des chercheurs : ^tude sur la i^éri- 
table nationalité de Jeanne d'Arc, pai* 
J.-Ch. Chapelliei* (Epiriàl, 1870^ 

Avant dé. finir, disons que M. M. Le- 
page, archiviste de Meùrthe-et-Mosellè 
depuis 1871, après avoir été archiviste de 
la Meurthe, n a îaniais été archiviste de 
la Moselle \ eri 1870, et bien avant 1^70, 
son collègue È. Sauër portait ce dernier 
litre; tî. DE S. 

Le marqtdft de la Gervaisais (IX^ 14, 60, 
91). —^ Prière à i'Intermédiairiste qui 
pourrait le faire, d'étudier et de comparer 
les b^ochures attribuées au baron, maré- 
chal de Èamp de Rouvrou (Voyez Quérard, 
Fr. Litt. T. VlIIi pi 248-45) avec celles 
du Marquis de la Gervaisais? C'est la 
même disposition^ le même imprimeur, le 
même style et le riiôme esprit de prophétie. 
— Donner son avis. H. de L'IsLEi 

Le Physîôtibtràcè (IX, 36, 116). — Où 
M. E. Gandouin a-t-il trouvé les détails 
qu'il fournit^ J*ai inoi-même autrefois 



les ouvrages contemporains et n'ai Héii 
découvert de certain. Une perSoiihe, dont 
liiiè parenté s'était fait faire soh portrait 
par ce procédé, m'assurait ^xi'il S'agissait 
d'utie brosse à fils rtiétaliiqùes riiôbilés 
qui, appliquée siir la figUrCj en J)renait le 
moule; mais c'était une mëpHië, cal: ce 
procédé à été employé pour la sculpture 
et non poiir la gravure. Les indicatiorls 
données par notre collègue me paraissent 
également beii authentiques. Il est à peu 
près aussi difficile de tracer, sur le verre 
dépoli de la chambre noire, Un poHrait de 
profil que de facie ou de trois quarts. La 
diiSiculté provient et de l'insuffisance des 
dimensions et du peu de netteté des con- 
tours de Tiniage projetée sur le verre dé- 
Eoli. Si Chrétien avait employé la châîn- 
re noire, il se serait servi de celle bù 
l'image est bbteiiué sur tine table horizon- 
tale que l'on recouvre d'une feuille de pa- 
pier. De cette façon on à des contours plus 
nets et on dessine beaucoup plus facile- 
ment. Néanmoins il faut être très-habile 
pour tirer bbtl pàtti de ce procédé. Uri au- 
tre système plus sÛr est celui qui estcbrihii 
dès le XVl*» siècle et qui consiste â dessiner^ 
sui^une whté ou glacé nbh dépolie, un mo- 
dèle placé â peu de distance ; les contoUf-s 
sont alors tdut â fait précis et les ditiiensiotis 
de rirhàge assez grandes pour ne pas bfïVir 
de difficulté^ trop gfafldes. Malgré cèla^ ni 
ce prbcédé,nl les précëdehts, m aucufa au- 
tre du même genre ne sont entrés dans la 
pratique, par la raison qu'ils donnent plus 
d'embarras qu'ils ne rendent de services 
aux dessinateurs ëkpéHfcnéiités et qu'ils 
sont impraticables pour les artistes médio- 
cres qu'ils devraient aîdfer. 

Tout cela biéri considëi-é, je crois que le 
Physionoîracè était tout simplértiént basé 
sur le dessin à la silhouette. Ce dernîéî* 
consiste, comme on sait, à. tracer le profil 
d'une personne en suivant les cbtitout-ë dé 
son bmbi*e, mode très-rapide et ti-ès-^firs 
Seuleiiient on â éhsuitë besoin du cdti- 
cours d'un dessinateur pour y àjbuter lès 
yeUx, les oreilles, les naHneS et la com- 
missure des lèvt-es. Leà pbt^traîts â là 
silhduettç étaient très en vogué à l'époque 
de Chrétien; on peut ddiit supposer qU'il 
aura inventé un appareil pour tenir le mo- 
dèle immobile, fixer Id lUriiièt-ë et en diri- 
ger les rayons, enfiti pi^ésenter Une surface 
plane et exactement perpendiculaire pour 
fecévbir l*ombrë. Voilà vraisemblabléihent 
en quoi consistait soti itiVention; Après 
avoir bbtenU la silhouetté, il la faisait 
compléter pdr un bon peinti^e, puis il ti*a* 
çaitce deésih en petit sut- le cuivre â l'aide 
d'un appareil à réduction, faisait moindre 
le trait à l'eaU-fortè et achevait par un tra- 
vail à la roulette et â l'aqua-tihte. 

Ces faits ressortant foi-cément dé Texd- 
men attentif des gravdres de Chrctiefi dont 
les portraits obtenus par soii procédé lii^ 



N» 191.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



- 239 



240 



portent pas seulement son nom comme 
graveur, mais aussi celui d'un dessinateur, 
particularité qui pourrait même faire sup- 
poser aussi que le Physionotrace était 
peut-être le nom de l'appareil à réduction 
dont il se servait. D'autre part, j'ai vu et 
j'ai sous les yeux deux épreuves du por- 
trait d'un personnage {m, Goudardj dé- 
puté de Lyon à t Assemblée nationale^ 
dess. p, Fouquet, gr,p. Chrétien înv. du 
physionotrace. Cloître St-Honoré^ à Pa- 
ris^ en 1791) dont les têtes sont tournées 
en sens contraires. Or les contours de ces 
deux profils sont absolument identiques, 
tandis que les détails intérieurs et le mo- 
delé de la figure offrent des différences 
sensibles , ce oui prouve péremptoire* 
ment que le modèle original n'était qu'ime 
silhouette. 

Je suis donc très-fondé à douter de l'ex- 
plication fournie par M. E. Gandouin, et 
très-excusable de lui demander des témoi- 
gnages et des preuves à l'appui. Il serait 
également à propos qu'il afiormât l'exis- 
tence de portraits de face et de trois quarts 
obtenus à l'aide du Physionotrace; de 
même que M. le baron P. J. O. T. de 
Vorst , qui a posé cette intéressante ques- 
tion, je n'en ai vu que de profil. Il n'est 
pas indîfiférent non plus d'ajouter que les 
considérations pratiques que je viens de 
développer ne sont pas de pures théories, 
mais ^ue je parle ex professo et que mes 
assertions sont celles d'un homme du mé- 
tier. A. St. 



MaxiageB moraanatiqaes. (IX, 38, ii6j 
VII, 658). — Il n'y a ni tromperie ni 
tt fantasmagorie maritale » (j'en demande 
pardon au co-répondant W. P. Sh.) dans 
un mariage morganatique. Et pourquoi y 
mêler la féodalité? En République, n'avons- 
nous point la raison d'Etat ; cette fameuse 
raison que M. Thiers, élu de Paris, invo- 
quait, il n'y a pas longtemps ? — Enfin, 
puisque Ton estime que la question a été 
traitée et résolue ci-dessus (Vil, 658, non 
654, et VIII, 49 (La Villa-Soleil; Ser- 
gent ; Un mot du grand (?) Frédéric sur 
les femmes; Second voyage de Jacques le 
Fataliste) , dispensons-nous désormais 
d'ajouter une traîne d'explications à 
« aame Morgan » du Canada ! 

Pourquoi donc ne pas dire simplement 
que le mariage morganatique, mariage 
parfait et religieux à coup sûr, est un ma- 
riage inégal quant aux effets civils seule- 
ment? La femme du monde moderne au- 
rait tort de se plaindre de ce que Jésus- 
Christ ait élevé son union avec l'homme, 
le maître par destination, à la dignité de 
sacrement; et comme riches et pauvres, 
forts et faibles, seniores ou pagani sont 
égaux devant les sacrements, il n'y a et il 
ne peut y avoir autre chose, je le répète, 
qu'un mariage parfait dans l'union mor- 



eanatique consacrée par l'Eglise. — Un 
loyal sujet de sa gracieuse Majesté Quem 
Victoria devrait savoir à quoi s'en tenir : 
le piince Albert, même prince époux, 
prince-consort si l'on veut, n'était-il pas, 
tout mari de la Reine qu'il ait encore été, 
l'inférieur politique de son aueuste com- 
pagne ? H. DE S. 

Un antenr à dôcouvrir (IX, 65, 1 19]. — 
Je ne crois pas que les deux vers : 

Et des bojrâux du dernier prêtre 
Serrons le cou du dernier roi, 

aient jamais fait partie d'un chant révolu- 
tionnaire. La concision de la forme, unie 
au cynisme de la pensée, a suffi pour 
conserver et transmettre cette dégoûtante 
imape. On la trouve quelquefois un peu 
difieremment habillée, et la variante : 

Des boyaux du dernier des prêtres 
Etranglons le dernier des rois, 

est plus près de sa forme originale, en 
prose, que nous allons donner tout à 
l'heure. 

On peut laisser à Diderot ou à Naigeon 
la paternité des vers tirés des Eleutéroma- 
nes {sic), La tournure lourde, embarrassée, 
traînante de ce distique est loin d'avoir 
l'allure dégagée d'une expression de pre- 
mier jet et montre que l'auteur n'a fait 
qu'accommoder comme il a pu une pensée 
qui lui plaisait et dont il connaissait cer- 
tainement le père. 

On sait qu un Jean Meslier, curé d'E- 
trépigni, en Champagne, mourait en 1733, 
laissant un testament scandaleux « triste 
et dangereux monument d'athéisme », 
comme le qualifie Voltaire, Voltaire qui 
en fit un abrégé, pour le répandre ! 

Naigeon donne un extrait àuTestament, 
dans son Dictionnaire de la Philosophie 
ancienne et moderne, et il ajoute : « Tout 
a ce que je pourrois extraire de la seconde 
(c partie de son Testament ne seroit ni 
a aussi instructif, ni d'une utilité aussi di- 
« recte, aussi générale, que les dernières 
c( lignes qui terminent l'ouvrage de ce di- 
te gne prêtre. Elles ne présentent pas seu- 
a lement un des résultats les plus impor- 
« tants qu'on puisse tirer de 1 étude de la 
a philosophie ; c'est encore, sous tous les 
a rapports, le vœu d'un vrai philosophe 
tt et qui a bien connu le seul moyen de 
« tarir partout, en un moment) la source 
a de la plupart des maux qui affligent, de- 
a puis si longtemps, l'espèce humaine. Je 
« voudrais^ dit-il, et ce sera le. dernier 
« comme le plus ardent de mes souhaits; 

<( JE VOUDRAIS QUE LE DERNIEH DES ROIS FUT 
« ÉTRANGLÉ AVEC» LES BOYAUX DU DERNIER 
« PRÊTRE. 

« On écrira dix mille ans, si l'on veut, 
« sur ce sujet, continue Naigeon, maison 
« ne produira jamais une pensée pluspro- 
a fonde, plus fortement conçue et dont le 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[23 avril 1876. 



241 



242 



« tour et rexpression aient plus de vivacité, 
« de précision et d*énergie. » 

Il faut peut-être désespérer aujourd'hui 
de rencontrer une des trois copies auto- 
graphes du Testament ; il serait difficile de 
trouver une des cent copies que Ton ven- 
dait dix louis la pièce ; il est plus aisé de 
se procurer l'abrégé fait par Voltaire ; Di- 
derot est sous la main. Cependant la vraie 
paternité peut rester douteuse. Mais ap- 
partînt-elle à J. Mesliër, à Voltaire, à Di- 
derot, ou à Naigepn lui-même, si nous te- 
nons compte des réserves de M. J . Assézatj 
on sera tout au moins d'accord avec ce 
dernier, pour reconnaître là un vœu con- 
traire aux habitudes polies des Sociétés 
civilisées. El, M. 

Le pins grand village de TEarope (IX, 
67, 124). — Il .y a là quelque erreur qui, 
dépassant les limites d'une faute typogra- 
phique, doit résulter de malentendu, con- 
fusion de termes ou explications insuffi- 
santes. — D'après le recensement' du 
3i décembre 1869, il y a, en Hongrie, 
78 communes dont la population civile est 
de plus de dix mille ânies, et le nam d'au- 
cune ne ressemble à Craba. Il faut pour- 
tant ne pas oublier que les con^mûnes de 
Hongrie ont ordinairement trois noms : 
l'un hongrois, un autre latin et le troi^*^ 
slème allemand; et je ne sais pas en 
queUe langue est la liste des communes de 
plus de deux mille habitants, publiée dans 
die Bevolkerung der Erde^ livraison de 
1872. Je ne trouve dans cette liste que 
Grabacs(^ avec 2,490 habitans, dans le co- 
mitat de Torontaf, qui se rapproche de 
Craba, mais c'est à bien plus de 18 milles 
allemands et même autrichiens de Pesth 
(le mille allemand, dit géographique, vaut 
7)420 mètres, et le mille autrichien en 
vaut 7,585). On peut bien supposer que 
cette commune a été divisée depuis 1837; 
mais son étendue et sa population excep- 
tionnelles n'en avaient pas moins été si- 
gnalées avant 1837. — Voici une explica- 
tion que je propose : Dans TAUemagne et 
les pays qui ont adopté ses institutions, la 
commune, urbaine ou rurale, n'est pas 
toujours seulement une circonscription 
administrative, c'est souvent aussi xme vé- 
ritable société capitaliste ayant en com- 
mun des ressources, biens-fonds ou autres, 
dont les revenus annuels sont partagés en- 
tre les ayants droit, d'après des règles qui 
ne sont pas partout les mêmes, en vertu 
de ce que Ton appelle droits de bourgeoi- 
sie (Buergerrecht). Le capital est inaliéna- 
ble et indivisible, mais au partage de ses 
fruits annuels^ dont les droits d'affouage 
dans certaines localités de France don- 
nent une idée, peut être appelée la popu- 
lation d'une étendue de pays qui excède 
de beaucoup les limites d'une administra- 
tion municipale en France et en Allema- 
gne. Ce capital n'en constitue pas moins 



un lien, une communauté d'intérêts entre 
ces habitans, qui se considèrent, à juste 
titre, comme participants à un même bien 
commun et donnent à leur société le nom 
(Gemeinde) que l'on traduit par commune, 
en français, et la désignent par le nom du 
lieu où se traitent ses affaires et qui est 
toujours dans la circonscription. Comme 
c'est surtout la psH-ticipation aux biens 
communs, où les limites de la société ca- 
pitaliste se confondent avec celles de la 
commirne administrative, qui donne du 
prix aux droits de bourgeoisie; les habi- 
tants d'un groupe de communes réunies 
par un semblable intérêt, loin de répugner 
a se dire participants aux biens d'une telle 
société, s'en font gloire, pour peu qu'ils 
soient importants, en se qualifiant de bour- 
geois de cette communauté, ce c^ui n'est 
pas* trop en contradiction avec l'idée vul- 
gaire des droits de bourgeoisie; et le nom 
de la commune administrative n'est donné 
que 'lors(]ue Von insiste.^ Un voyageur 
français, ignorant de ces particularités qui^ 
n'eici&tent plus che2 nous depuis 1789, a 
pu être firappé de la persistance à se dire 
ressortissant d'une m0me communauté ou 
commune (Craba)^ chéries habitants d'un 
pays presque aussi grand que le départe- 
ment de la Seine (7 milles carrés autri- 
chiens valent environ 403 kilom. carrés) : 
il y aura vu une seule commune dans le 
sens administratif français. Puis, comme 
20,187 habitants sur cette surface ne don- 
nent que 5o par kilom. carré, ce qui n'est 
pas, dans un pays fertile, un chiffre ex- 
cessif pour une population agricole, les 
habitations sont éparpillées pour la faci- 
lité des travaux : notre voyageur n'y a 
donc pas vu une ville, au sens ordinaire 
dû mot, mais quelque chose ressemblant 
plutôt à ce que nous appelons village, et 
il a employé ce terme à la place de celui 
dt commune, qu'il aurait mieux fait de 
conserver. Le soin avec lequel il a noté le 
nombre des maisons (v,g23) qu'il n'a pro- 
bablement pas comptées lui-même, doit 
faire penser que la division entre les 
ayants droit, des revenus de cette com- 
munauté se fait, suivant l'usage ordinaire, 
Î)âr feux, c'est-à-dire par ménages ; aussi 
e nombre des feux^ c'est-à-dire des parti- 
cipants, est-il toujours bien connu, malgré 
ses variations. Mais il y a encore là une 
confusion des termes feu et maison, et la 
substitution fautive de l'un à l'autre. 
(Bourg.) G. G. 

Attributs des C[iiatre Erangélistes (IX, 
68, 125). — L'attribut de saint Matthieu, 
aussi fréquent à rencontrer que ceux des 
trois autres évangélistes, est un homme. 
Seulement, comme cet homme est nimbé 
et ailé, ainsi que le sont le « veau » de 
saint Luc, le lion de saint Marc et l'aigle 
^ de saint Jean, on dit que c'est un ange. 



N- igi.l 



L*INtERMÉDIAIRË 



243 



244 



Tous les monuments où saint Matthieu 
est figuré depuis le VIII« siècle jusqu'à nos 
jours montrent constamment cet attribut. 
Nous croyons â une erreur de l'intermé- 
diairiste Cz,lorsqu'il dit avoir vu un agneau 
pascal accompagnant saint Matthieu sur 
un vitrail du XIV« siècle. Le vitrail était 
alors incomplet, et les trois autres évan-» 
gélistes devaient avoir été enlevés. Quant 
à la plume d'écrivain, elle se trouve, non 
comme attribut , mais comme instrument, 
dans la main de chacun d'eux, aussi loin 
que nous ayons pu remonter. 

Du reste, voici des inscriptions qui ac* 
compagnent les figures des évangélistes 
datis un £vangeliaire manuscrit du 
IX<^ siècle (Ancien fonds latin, u9 261) de 
la Bibliothèque nationale. 

Quattuor hic rutilarit uno die fonte flùentes. 
Hoc Mattheus agéns hominem generàliter îmJ- 

fplet. 
Marcus ut alta fi'emens vox per déserta leonum. 
Jure sac&rdotii Lucas tenet ore juveoci. 
More volans aquilse, verbum petit àd astrà Jo- 

[hannes. 

D^âutres inscriptions semblables et rou- 
lant touteâ sur la métne idée^ sont asses 
fréquentes dan$ les manuscrits des hautes 
époques du moyen âge* 

Enfin, c'est perce qu'il dOttimence sdft ré- 
cit pur la généalogie du Christ^ qu'il passé 
pt5ur avoir considéré surtout par le côté 
humain, que saint Matthieu a reçu 
l'homme pour attribut. AlI^. D* 

•^ Voici un passage de saint Jérôme 
qui ttie paraît de nature à lever tous les 
doutes, s'il ea existait encore dans l'esprit 
de M. Cz. tt Hase igitur quatuor evangelia 
multo ante praedicta^ Ezechieiis quoque 
volumen probat, in quo prima visio ita 
coûtexitur : Et in medio sicut simiiitudo 
quatuor animaliumi et vultus eorum fa-^ 
cies hominis et faciès leonis^ et faciès vi- 
tuli et faciès aquilœ. Prima hominis fàeies 
Matthasum significat} qui quasi de honiine 
exorsus est scribere .* Liber ^enerationis 
Jesu Ghristi^ filii David, filii Abraham^ 
Secunda Marcum, in quo vox leonis in 
ôremo rugientis auditur : Vox clamantis 
in deserto : Parate viam Domini^ rectas 
facile semitas ejus; Tertia vituli^ quâs 
evangelistam Lucam a Zacharia sacerdote 
sumpsisse initium preefigurat* Quarta Jo- 
hannem evangelistam, qui assumptis peig- 
nis aquilœ , et ad altiora festinans , de 
Verbo!Dei disputât. » (T. IV, impart. Col. 2 
et 3, Ed. des Bénédictins.) 

On peut encore «sonsulter à ce sujet tan 
curieux opuscule de M, de Charencey : 
Les animaux de la vision d^È^échiel et la 
symbolique chaldéenne^ Paris et Caen, 
1875. DicASTès,j 

. — Au n® .IV, du 44® chapitre du i* livre 
du Rational de Jacques Durand, éveque de 
Mehde, il est dit : « Matthieu a la ligure 



a d'un homme, parce que çon intention et 
« son but principal sont de décrire l'hu- 
« manité du Christ. C'est pourquoi son 
« livre commence à la naissance humaine 
« du Christ et il dit : a Livre de la Géné- 
tt ration, de Jésus-Christ» (traduction de 
M. Charies-Bartbelemy Vives. Paris, 1854, 
5« vol. p. 134). Voici le texte .• « Mathœus 
tt per hominem, eo quod ejus intentio prae- 
« cipue circa scribendam Christi humani- 
a tatem versatur. Unde ejus liber ab hu- 
tt mana Christi nativitate sumit exordlum. 
tt Liber, inquit, generaiionîs lesu-Christi, 
tt etc. ». Durand donne aux trois autres 
évangélistes les attributs consacrés sans 
contestation, du lion pour saint Marc, du 
bœuf pour saint Luc et de l'aigle pour 
saint Jean. G*est à regret et pour obéir au 
désir exprimé par le directeur de Pinter- 
médiaire que les réponses soieiit aussi 
courtes que possible^ que je ne donne pas 
tout le passage, très-curieux, du Rational 
sur les attributs des évangélistes. Le texte 
est tiré de l'édition de Lyon, apud haere- 
des Gvlielmi Rovellii, sumptibus Pétri 
Rovsselet, M.DCXIL E,-G. P. 

Hêté (IX, 98, i56, 180, îîb9). — ^ ^^ 
n'ai jamais Vu le ttlôt ^èr^^ 'que précédé 
de répithète pauvre, » dit M. E. B. Si 
M. E. B. veut f3rertdre là peine ou plutôt 
se donnée le plaisir de relire VSl fable ; k 
L'ôUp et le CMen (La Fontaine, t, -5), il y 
trouvera les quatre vel*s suivaiità i 

Quittez les bois, vous Ferez bien : 
Vos pareils y sont misérables, 
Cancres, hères, et pauvi-és diables 
Dbht la condition est de mourir de fkim. 

Joc'tt d*IfrbRBT< 

t'est une antre paire de manches (IX, 
90, 18 5). — A l'appui de Torigirie que 
M. A. b. préfère, voici un passage delà 
notice de M. Vallet de Viriville sur Jac- 
ques de Lalain, dit le Bon Chevaiier, dans 
la Nouvelle Biogr. générale de pidot : 
« Le jour du tournoi arrivé. Jacquet 
(de Lalain) se présenta dans la lice super- 
bement équipé, il avait sur son casgue une 
espèce de lambrequin appelé guimpe^ à 
franges d*or, bordée et enrichie de perles, 
traînant jusqu'à terre; c'était un présent 
secret de la première dame. Aii bras gau- 
che, il portait une riche manche^ toute 
ruisselante de perles et de pierreries, que la 
deuxième dame lui avait mystéiriëusement 
glissée. En passant devant la loge des da- 
mes. Jacquet fut fort remarqué. La pre- 
mière dame, qui était la duchesse d'Or- 
léans, témoigna d'une manière couverte à 
la deuxième dame, Marie de Ôourboa, sa 
voisine, l'étonnement que la manche por- 
tée par Jact^uet avait causé dans son esprit. 
La deuxièipe dame fit part discrètement à 
sa belle voisine^ d'iin sentimeiit semblable 
au sujet.de là guimpe. Peu â peu lés deux 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 avril iij6. 



245 



246 



dames dévoilèrent involontàîréiiient, sans 
se le dire, ce qu'elles cachaient Tune à 
Tautre et se sépârèf ent toutes deux secrè- 
tement « courroucées ». Le soir, au sou- 
per, Jacquet fut assis entre les deux du- 
chesses. « La première, très-secrètemetit 
a et saris que l*autfô s'en aperçust, donna 
à Jacquet un très-riche diamant; et pa- 
« reillement en fit la secondé d*un' moult 
a bel rubis assis en un annel d'or. » Une 
fois la rivalité ainsi allumée entre ces deux 
grandes dames^ la position de Jaèquet de- 
venait dé plus en plus difficile.... » 

G. G. 



Centre et éircdnfêrènce (IX, 164).— Il 
est bien difficile de faire Une tëpôtiSe com- 
plétemerit satiâfaisatite â la questiotl posée 
par M. îl... À l^occasloii de là Pensée de 
Pascal, où la définition dotit il s'agit est 
reproduite à tiôuyeau, « M. HaVet en â 
« recherché l'origine, et l'indication là 
« plus ancienne qu'il a rencontrée est celle 
« de Vincettt de Beauvaîs, qui l'attribue à 
(( Empédocle, d'après le moine Méliriand, 
« poëte et chroniqueur du Xll® siècle. » 
M. ChaHes Louandrè, ciui a aussi édité et 
annoté les Pensées de Pascal, tie semblé 
pas avoir fait à ce sujet des recherches 
personnelles, puisqu'il borne son commen** 
taire à la note qui précède. Quant à Ra- 
belais, ce n'est pas à Empédocle, mais 
bien à Hermès Trismégiste qu'il attribue 
la fameuse formule» On sait qu'il l'a tra- 
duite à deux reprises et en ternies un peu 
différents. (Pantagr. V, 17-47O Même at- 
îribuiioii de la part de Mlle de Gournay/ 
(Préface de V édition deMontaîgnede 1 635.) 
Enfin, selon Charles Nodier, la définition 
de Diea par le rapport du centre à la cir- 
conférence serait de Timée de Locres. 
Mais Nbdiéf n'est pas bieil sût de èon af- 
faire, car il ajoute aussitôt : « Je dois coh- 
« venir qUe je ne dohne cette pensée à 
Œ Timée de Locres que sur la foi des au- 
« teurs nombreux qui l'ont citée ; je ne 
« l'ai pas ffoùvée dans le i^xi^, » (i^uèS' 
lions de littérature légale). Il est donc 
bien vfàisethblable, amsi que l'bbëerve 
M. Ch. Louandre, que la définition eil 
question àValt été consignée, â une épôque 
plus ou moins reculée, dans un de cefe 
nombreux recueils de perisées ertipruntées 
à des philosophes grecs dont les ouvrages 
ne Sont pas venus jusqu'à nous. Pour ne 
parler que de celle qui nous occupe,^ â dé- 
faut du texte grec qu'on île trouverait saris 
doute nulle part, nous en possédons du 
moins la forme latine. Et, sans ren^onter 
jusqu*â Vincent de feeauvais, nous lisons 
dans les Contes et discours d'Eutrafél : 

« Dieu, lequel li'osà jamais contraire à 

soy, et cujus centrum est ubi^ue, circum- 
ferentia veronusquàm. » 

Joc'h D*lNDREt. 



Setûkh. Soie. Sèricttit1ii^é(IX, ï64^!22o). 

— Ser n'est point un néologisme. Paiiisâ- 
nias, dans une description du travail de la 
chenille à soie, où se rencontrent quelques 
détails inexacts trop facilement acceptés 
par la crédulité du voyageur, dit que les 
Hellènes appellent 5er le ver producteur de 
la soie. — Aristote, qui a parlé plus exac- 
tement du même sujetj se sert du mot 
bombycion (cocon); 

Du radical ser est dérivé le qualificatif 
sericus ; {sericum filum^ serica materies). 
Les anciens appelaient Sericum le pays 
compris dans la Chine (le pays des Sères), 
d'où s'exportait la soie, en grand usage 
dans l'Orient. — Ser est donc le ver; seri- 
cum, la soie ou le tissu de soie : d'où séri- 
culture, culture ou élevage du ver. On 
ddit dire sériculture, comme on dit très- 
bien pisciculture^ apiculture, yiticuhUre, 
arboriculture. 

Je ne m'alrête pas à l'espèce d'équivo- 
que ou de confusion que paraît redoutet 
M. A; St, et qui pourrait résulter de la 
ressemblance de €eri ver à soie^ avec se^ 
rum, petit-lait : ce n est pas là la question, 
et cela n'a pas d'importance. 

Une objection plus sérieuse serait cellç- 
cî i Est-il correct de dire sériée Ultu^e, pts- 
cicuiturCy comme bri dit arboriculture^ 
agriculture? — En d'iautres termes, peut- 
on dit-è : cultiver les Vei*s, les poissons, 
comme eultiVer la terhè et les végétaui:? 
Sans nul doute : colère (cultu^) se tifadûit 
par : cultiver, soigner, élevei* (les àriciens 
disaient coiére deos). En disant « cultivet* 
rintelligerice, » nous entendons : soigner, 
dirigët*, développer. Pout-quoi ne diràit-on 
pas <t cultiver >* ratiimàî, cbmmé « culti- 
ver « là plante ? 

Sériculîure Ustà dôiic, ^at' analogie àveô 
pisciculture, apiculture, viiiculture, etd., 
le ^oiri, l'éducation. Télevage du ver à 
soie, tommé ses analogues ext)rimeht l'é- 
ducation, la Culture dés abeilles, des i^ôis- 
sonè, de la Vigjne. — - Oii peut cultiver, 
élever le vet, Tabeille, hiais non la soie, lé 
mîél; ^ CuUivèl* l'ëlénièrit dé la produc- 
tion, non le produit. Dire ^j^nci-culturë àU 
lieu de i^rf-cultut-e, c'est comme si l'on 
disait nté//i-cùlture au lieu dé tf;?^culture, 

— Avant tout et surtout, soyons donc, en 
fait de langage, corrects, clairs, logiques ? 
Disons séri'cultute et non pas sérici-cUl^ 
ture, d'accord avec la Société des sciences 
iiidustrielleà de LVori, qui n'a pas été il 
mâlheureusernerit mspii-ée que le suppose 
M. A. St, et qui d-ailleurs estlbih d'aVoir 
innové en cette matière. 

Je renvoie, pouf plus ample infdrtiîé. â 
Une brochure très-substantiellé et très- 
concluante extraite des publicatibhs de la 
Société régionale d'Acclimatation et de 
Progrès siégeant à Nancy, et dont voici le 
titre : De la sèriculture (Bombyci-cul- 
turé, Sérotrophie, industrie séricole) abu- 
sivement nommée sér ici-culture^ pai: P. -G. 



N» 191.3 



L'INTERMEDIAIRE 



247 



248 



de Dumast, correspond, de l'Institut, 
Nancy, 1870, (Nîmes.) Ch. L. 

Gassear d'assiettes (IX, i65^ 220}. — 
Littré : Un casseur d'assiettes, un tapageur, 
un querelleur. Histoire, XVI« siècle. Il 
frappait comme un casseur é! acier (et non 
d'assiettes, qui est ce qui se dit aujour- 
d'hui). Desperriers, conte X. 

On sait que beaucoup de jeunes fous, 
croyant qu'il n'y a de plaisir que dans le 
tapage et dans le mépris de l'argent, bri» 
sent volontiers porcelaines et cristaux, 
après boire, dans les. restaurants, sauf à 

Î)ayer la casse. De même, les gens querell- 
eurs s'en prennent à ce qu'ils ont sous la 
main pour frapper, et, comme la plupart 
des querelles viennent du vin, c'est une 
assiette ou une bouteille qu'on jette à la 
tête. Voir, dans la troisième satire de Boi- 
leau, le récit d'un repas ridicule où l'un 
des convives se serr a'une assiette comme 
d'un projectile. — Du reste, d'après la ci- 
tation de Littré, casseur d'assiettes serait 
une corruption de casseur d'acier, 

E*-G. P. 

Gnêpin (IX, 166, 222). — Ce sobri- 
quet ne date pas d'hier. — On lit d^ns le 
Ménagiana (t. I, p. 179) : « L'inclination 
des Orléanais à la raillerie et leur naturel 
piquant les a fait surnommer Guêpins, » 

Une Mazarinade célèbre^ écrite entière- 
ment en patois Orléanais et que je me sou- 
viens d'avoir lue autrefois dans l'irrempla- 
çable collection des Mazarinades de la 
Bibliothèque de l'Hôtel de Ville — incen- 
diée, hélas 1 par qui vous savez ! -* est in- 
titulée : Dialogue entre deux Guêpins sur 
les Affaires du temps, 1649* (Sans lieu) 
sept pages petit in-4^. 

« Cette pièce, dit M, C. Morç^u {Biblio- 
graphie des Mai^arinades, in-8*», i85o, 
p. Ji 5), est du commencement du blocus. 
Elle a été, en i652, accommodée aux cir- 
constances et réimprimée sous le titre de : 
Dialogue Guêpinois sur les affaires (avec 
un z) aii temps qui cortf etc. » 

Le grand Diction, nation* de Besche- 
relie, ajoute à l'explication de ce mot celljp 
de l'adjectif : Guêpin, ine^et donne à l'ap- 
pui cette citation : a A ce trait de liberté 
guêpine, M. Colbert prit feu. » (âmelot.) 

Mais après tout, je vous le demande, 
qu'y a-t-il à cela d'étonnant que les indi- 
gènes de la ville d'Orléans^ — cette patrie 
du bon vinaigre ! — aient reçu, — mé- 
rité ou non, — un pareil sobriquet ? — 
Quelque piquant qu'il soit, ce nom l'est 
encore assurément moins que... la mar-, 
chandise qui fait leur gloire. Ulric. 

— Dans ses Proverbes et dictons popu* 
laires au XIII^ sièclCy Crapelet donne 
plusieurs explications de ce sobriquet, pris 
tantôt en bonne, tantôt en mauvaise part, 



p. io5-ioo. M. Du puis, conseiller à la 
Cour d'Orléans, a cionné, en i863, une 
Dissertation sur le nom de Guépin donné 
aux Orléanais (Orléans, Herluison, édi- 
teur). Cette brochure, in-S» de 14 pages, 
est devenue rare. 

L'abbé V. Dufour. 

— La réponse se trouve en tête des no- 
tes qui accompagnent la réimpression du 
pofime de Simon Rouzeau : UHercule 
Guépin^ publié par Herluison à Orléans 
(impr. de Perrin, de Lyon), en 1860. Je 
transcris :^ 

«c Guespin on Guépin , surnom des Orléa- 
nais, dont l'esprit est porté à la raillerie, 
et qui, au besoin, savent, comme les Guê- 
pesy se servir, pour se défendre, quelque- 
fois même pour attaquer^ de leur aiguil- 
lon. On voyait, sur les vitres d'une fenê- 
tre de l'ancien hôtel de ville, près de la 
tour de l'Horloge, les armes de la ville 
d'Orléans (trois cœurs de lis) entourées 
d'une branche d'ortie, et dessus, une 

fuëpe peinte» avec cette inscription : 
.poingt. » 

Dans le corps du poëme composé en 
l'honneur des vins d'Orléans, se rencontre 
plusieurs fois le qualificatif dont on de- 
mande le sens. Ainsi, pp. 3 1 , 33, 35 : 

Ainsi doibvent céder tous les plus rares vins 
aux vins qui sont cueillis sous les cousteaux 

[Guespins. 

forge-moi dans ta forge 

une grand'saqueboute, afin qu'à pleine gorge 
se résonne l'honneur de nostre moust Guespin. 

engloutir et la tombe et llionneur 

de ce docte Massac, ton antien seigneur, 
à qui nostre doux air et nostre humeur Guet- 

[pine 
fit changer son Clairac en ta source argentine. 

L'auteur suppose que le vin d'Orléans 
4onne la force d'Hercule à ceux qui en 
font usage. (Nîmes.) Ch. L. 



AJloçation adressée aux élèves (IX. 
168)^'— L'auteur se inoxnme H. Faré, s'il 
faut s'en rapporter au rédacteur du Cata- 
logue de la vente J. Taschereau (Paris, 
Labitte, 1875, in-8). V. le N*» 689, au der- 
nier |. — J ai trouvé ce renseignement de- 
puis renvoi de ma demande. H. I. 

-*- M. Henry Faré, alors secrétaire gé- 
néral de la préfecture du Rhône, et dont 
la famille habite Nazelles. A. D. 



Deux vers attribué! à Joachim da Bel- 
lay (IX, 1 96). — Voici les vers demandés. 
Ne se trouvaient-ils pas plutôt dans la 
notice de Colletet sur Peletier (du Mans), 
que dans celle des Frères Greban ? Je ne 
sais s'ils sont dans les œuvres de Du Bel- 
lay; mais ils se lisent, au fol. io3 v<* des 



DES CHERCHEURS ET j::URlEUX. 



[25 avril 1876. 



249 



25o 



CEuvres poétiques de Jacques Peletier du 
Mans (Paris, Michel Vascosan, 1647, 
in-8). Je transcris le dizain dans son en- 
tier : 

J. DUBELLAY A UL VILLE DU MaNS. 

Cesse, le Mans, cesse de prendre gloire 
En tes Grebans, ces deux diuins espritz : 
Trop plus sera durable la mémoire 
De ton renom, si tu donnes le prix 
A Peletier, sus tous le mieux appris 
A translater,^ et qui d'inuention 
N'a^ pas acquis moindre perfection. 
Mais si doutteuse en est la uérité 
Au temps présent, laissons l*affection, 
le m'en rapporte a la postérité. 

P, c. c. : Prosper Rlanchêmain. 



Vieille chanson à compléter (IX, 196).^ 
A cet unique couplet, je crois qu'il fautire- 
connaître celle dont A. Dumas parle ainsi 
(ch. VIII du Chevalier d'Harmental) t 

« cette fameuse chanson des Dragons 

de Malplaquet, qui fit peut*être couler 
autant de sang en duel qu'il y en avait eu 
de répandu sur le champ de bataille ». 

O. D. 

— Cette poésie de caporal a été ainsi 
modifiée par la tradition : 

Dragons, pour boire • 
On dit que vous avez renom, 

Mais pour combattre 

On dit que non. 
On dit que vous avez été 
Au combat, sans avoir tiré 

Ni coup de sabre 

Ni de pistolet. 

Elle se chantait sous le premier Empire et 
a été la cause de bien des duels dans Tar- 
mée; je tiens ce détail d*un oncle, ancien 
colonel des cuirassiers, qui fredonnait sou- 
vent cet unique couplet sur un air de valse 
bien connu. D'après lui, il ne remontait 
qu'aux premières campagnes de la Répu- 
blique et avait été composé à l'occasion 
d'un combat (dont j'ai oublié le nom), oii 
un régiment de dragons n'avait pas chargé 
l'ennemi avec l'entrain propre au courage 
français. J'ajouterai que les paroles citées 
dans la question s'adapteraient difficile- 
ment à l'air que je connais. . A. D. 

A bifl on à Blanc (IX, 196}. — On sait 
que la Satyre Ménippée est remplie d'al- 
lusions et de jeux de mots, dont le sens 
est difficile à déterminer, malgré les notes 
et les commentaires de Dupuy, Le Duchat, 
Ch. Nodier et Labiité. On . voit^ par la 
question ci-dessus, que leur travail est in- 
complet, puisqu'il y a encore des passages 
inexpliqués et embarrassants. — Consta- 
tons d'abord que Je propos cité est un an- 
cien proverbe, qui figure dans la comédie 
du comte de Cramau, postérieure, il est 
vrai, de quelques années à la publication 
de la Ménippée, et où il signifie « à tort 
ou à travers f>. 



Trois explications me paraissent admis- 
sibles : L'orateur étant un enragé ligueur, 
il proteste de son dévouement à la sainte 
cause, soit en faisant allusion aux proces- 
sions publiques, dont il a fait partie et où 
les assistants se couvraient de robes de 
moines de toutes les couleurs; soit en 
voulant dire qu'il y restera fidèle, quelle 
que soit la manière dont on le traitera, à 
pain bis pu à paiii blanc; soit enfin par 
son attachement à l'Espagne d'après le 
portrait de l'Infante, ainsi tracé dans la 
familière description des Estais de la Li- 
gue : « Le tableau ou pourtraict de.l'espou- 
sée de la Ligue, ou Infante d'Espagne, sise 
à haute veue, preste d'aller au moustier, 
et prendre à partie le premier qui sera 
pourveu, confirmé et recogneu par la 
Saincte Ligue pour roy de France ; au des- 
spubs dudict pourtraict estoit escrit ce qui 
s'ensuit : 

Pourtant, si je suis brunette, 
Amy, n'en prenez esmoy, 
Car autant aymer souhaite 
Qu*une plus olanche que moy. » 

Et maintenant, lecteur, décide si tu peux 
et choisis A. D. 

— Cette expression, qui se complète 
par la suivante : à tort ou à droit (car tout 
est une faute d'impression), signifie évi- 
demment que le sieur de Rieux est disposé 
à servir la « noble Assemblée » de toutes 
manières, perfas çt nef as ; mais, de plus, 
elle semble être une aflusion maligne au 
premier métier de l'orateur, « ancien petit 
commis des vivres », ainsi que le rappelle 
une note de Labitte. C'est comme s il di- 
sait : Je puis vous fournir, à votre gré, 
pain bis ou blanc, faire mopdre à bis ou à 
blanc. (Caen.) T, R. 

— Littré : a A bis, à blanc, de toute fa- 
çon... Tout ce qu'en ce temps, à bis, à 
blanc on veut au on croie {Harangue des 
gens de Sarcelle à M. de Vintimiïle, con- 
tre V Uni genitus^ 1732), E.-G. P. 

Singulier emploi du mot ^as (IX, 19^). 
-^ Je ne savais pas qu'on dît « Je ne 1 ai 
plus vu ii,.pour a Je ne Vzxpas encore vu », 
dans le Rooergue et le Quercy; mais j'ai 
souvent entendu cette locution en Auver- 
gne, entre Thiers et Clermont. 

Beaucoup de paysans remplacent, dans 
cette contrée, y«5^u'^ par depuis, — « Je 
suis allé depuis la Dore », veut dire « Je 
suis dXlé jusqu'à la Dore »« Brieux. 

Le cardinal des mers (IX^ 197). — J'ai 
toujours entendu attribuer, non pas cette 
naïveté, mais plutôt cette plaisanterie, à 
feu Alexandre Dumas, qui en a plus 
mangé de cuits qu'il n'en a vu de crus, v 
compris même son voyage à bord du Ve- 
loce, A. D. 



N- igi.} 



L'IxNTERMl^DtAIRB 



^Si 



252 



— Cette bourde a toujours été attribuée 
à Julea Janin, II aurait pu rexpliquer, en 
disant qu'oa ne P?iît pas cardinal, mais 
qu'on le devient, et que le homard reçoit 
la pourprç dans le court-bouillon où on Iç 
fait cuire. Epiphank Sidredoulx. 

— Cette jolie bévue a toujours été por- 
tée à ravoir de Jules Janin : Le Figaro 
bi'hebdomadaire d*il y a ^quinze ans, — 
Alfred Delvau {[Dictionn, de la Langue 
v^r/e, 2« Edit, 1867), ~ Eugène de Mire- 
court {Biographie de Jules Janin)^ la lui 
attribuent tous unanimement. — Elle peut 
du reste faire la paire avec celle de TAmeu- 
blement en bois de Boule, mise au jour, 
vers le même temps, par Amédée Achard. 

Ulr. 

» J*ai toujours entendu attribuer cette 
rutilante métaphore à Jules Janin , oui 
l'aurait employée dans Tun de ses feuille- 
tons, bien des années, il est vrai, avant de 
faire partie des quarante immortels. 

(Caen.) T. R. 

— C'est à J. Janin que j'ai souvent en- 
tendu attribuer cette plaisanterie. Je dis 
cette plaisanterie ; car d*abord, il est trop 
peu vraisemblable qu'un homme qui, en 
§e promenant, pouvait chaque jour passer 
devant l'étalage de Chevet, ignorât la dif- 
férence du homard cru ou cuit. Et en- 
suite, le mot me paraît assez juste, le car- 
dinal, qui a commencé par être prçtre, se 
trouvant avoir, comme le homard, passç 
du noir au rouge. O. D. 

— Cette métaphore risquée est, paraît- 
il, de Jules Janin. C'est ce que dit Eugène 
de Mirecourt dans la biographie du célè- 
bre critique : « Mais c'est en histoire na- 
turelle surtout que Jules est de première 
force : il nomme pompeusement le ho- 
mard le cardinal des mers, 3candialisé d^ 
la métaphore, Chevet a prié le critique dç 
vouloir bien passer devant sp^ (étalage, 
afin ^'e^^aminer une £ois pour toutes uu dç 

^ ces cardinaux^ av^aî son entrée dans le 
court-bouillon. » 

Jules Janin n'est pas le seul qui ait 
commis de ces peccadilles. Timoth.ée 
Trimm n'a-t-il pas appelé le cœur un ver* 
fè*re5^N'a-t-on pas trouvé dans des romans 
contemporains des fleurs fantastiques 
comme le camélia à l'odeur enivrante^ Va^ 
^alia grimpant? et l'Académie elle-même, 
la grave Académie, n'a-t-elle pas jadis dé- 
fini récrivisse un petit poisson rouge qui 
marche à reculons? SAmuAiiiG. 

«— Mêmes rép, H. I., Cz.y Br, 

Un mot d'argot tudqsqu^ (IX, 197). 
-^ Capout (capu(j ce dit presque tou- 
jours en fai^nt le signe de couper la tête. 
Ne nous vient^l pas des Romains ? Il e$t 
resté en Turquie. — Je ne saurais l'affir- 



mer : « capout Pt cQpime « bono » doit 
faire partie du çabjr. H. de ).'Isle. 

— Capot et capout viennent du vieux 
français capot^ diminutif de cj^e, signi- 
fiant manteau^ En allemand capout n'ap- 
paraît pas avant le XVU<> siècle. Il est em- 
ployé par Christophe de Grimmelshausen, 
dans son roman de Simplicis$imu$^ et par 
Bode, dans sa traduction de Tmtram 
Shandjr, 9 vol. Hambourg, 1774. Le mot 
propre et relevé est mattsch^ italien 
maccio. Quant à çape^ son prototype ca^a 
remonte peut-être à la langue pppiilaire 
de Rome : capay quia quasi totum capiat 
homwem, remarque Isidore, 19, 3i, j;il 
appelle aussi la capa capitis ornamenîum^ 
parce cjue la cape était tirée sur la tête. 
Cappa se trouve dens une charte de 660; 
voy. Bréquigny, n? 146. Mais il ne ùut 
pas le faire venir de /Captif ; ca^uMurait 
donné plutôt capo. Les substantif simples 
dérivent généralement de verbes, et cappa 
vient de capere^ il signifié : celui qui en- 
toure. Le double j7 ne fait rien à la chose; 
le renforcement de la consonne se Toit 
fréquemment. Il a des dérivés notables, et 
l'italien capeUa, manteau court, est spé- 
cialement le morceau du manteau de saint 
Martin, qui était conservé dans une petite 
église et qui a donné son nom au genre ^ 
a rchi tectonique de la chapelle. 

RiSTELHUBER, 

L*antear de « rimitation de J.-^. » {% 
198). — Dans une vente d'autographes, 
que M. Etienne Charavey doit fJaire au 
commençemeiit de mai, on yerra une 
Içttre écrite en italicQ, adressée à Mazarin 
par Gabriel Naudé, ok cçtte question se 
trouve a(}ûr4éet Jacques D. 

La question du dimanelie (IX, .198).- 
Au nombre des écrivains qui ont traité 




plus récemment, Proudhon, dans sonme- 
moire, présenté en 1839 à rAcadémiede 
Besançon, sur la « célébration du diman- 
che, considérée sous le rapport de l'hy- 
giène publique, delà morale, des relations 
dç faqiiUe et de cité, » A* ^* 

Portrait d'Alfred Delran (IX, 198). - 
Il y a çncore un portrait-médaillon de cet 
auteur, gravé par M. J. Chauvet ; il devait 
servir de frontispice à la réimpression du 
roman de Delvau, intitulé : Au bord delà 
Bièvre (Paris, Pincebourde, 14, rue de 
Beaune); 1873, in-8. En vente, . H. I. 

La couleur Isabelle (tX, 199J. — E^^:" 
bien à la grandç Isabiçllç que Ton prête 
cette constance, plus héroïque que propre • 
Je croyais qu'U s'agissait de son ^rrièrç- 



DES ÇHPRÇHEyRÇ ET CURIEUX. 



[25 avril 1876.. 



253 



254 



arrière-petite-fille , Isabelle-Claire-Eugé- 
nie, fille de Philippe II, çt investie par lui 
de la souveraineté des Pays-Bas. C'est 
d'elle que j'avais lu, qu'apprenant que son 
mari, l'arcniduc Albert, venait de mettre 
le siège devant Ostende, elle avait fait 
vœu de ne point quitter |a chemise blanche 
qu'elle venait de mettre, que la ville ne fût 
prise. Or, Ostende résista trois ans, au 
lieu de six ou sept mois que dura le siège 
de Grenade. O. D. 

— Je cherche en vain dans l'Histoire 
de Du Gye^clin de M. Siméon Luce, ce 
çiui a pu motiver la question de M. St. : 
je n'y trouve ni une assertion, ni la 
moindre allusion à l'anecdote d'IsabçUe 
la Catholique ou à l'étymologie du naot 
isabelle. Est-ce que M. St. aurait pris un 
article de journal — de « journal de 
modes » — ^ pour un extrait du livre d'his-^ 
toire dont il s'agit ? En tout cas, la lec- 
ture du livre me senjble de nature à légi- 
timer un tout autre jugement que celui 
que de prétendus extraits ont fait formu- 
ler à M. St. Je l'engage à vérifier son 
dire, en se procurant la satisfaction de lire 
l'ouvrage, et, puisqu'il ne demande qu'à 
être convaincu, il le sera. E. N. 

Plomb à vendre (IX, 200). Certaine ma- 
ladie, qui rentre dans le domaine des doc- 
teurs Charles-Albert et Giraudeau (de 
St-Gervais), s'appelle Vulgairement le 
plomb. Ceux qui en sont atteints sont 
plombés. Voyez, dans Littré, la 1 1« accep- 
tion du verbe Plomber Est-il besoin 

d'autres détails? et la gauloiserie de 
Mn»«PiiQu ne s'explique-t-^efle pasparfeite- 
inent, sans plus de commentairesr 

EpiPH. SlDEBPOULX. 

L'acteur Jenneval (IX, 201).— Le beau 
Jenneval (et non Jennevel), après avoir, 
pendant plusieurs années, ravagé tous les 
cœurs féminins du midi de la France, se 
montra à Paris, vers la fin de l'Empire, 
sur les théâtires de la Porte-Saint-Martin, 
tle la Gaieté et du Châielet. Il y obtint, 
dans quelques rôles de mélodrame, repris 
ou créés par lui, de véritables succès. En 
1874, Jenneval dirigeait le petit théâtre 
de Fontainebleau ► 11 venait ae céder cette 
entreprise, où il n'avait que médiocrement 
réussi, et il se disposait à reprendre le 
cours de ses triomphes d'outre-Loire, 
lorsqu'en descendant de wagon, à la gare 
de Paris, un revolver qu'il portait sur lui, 
partit spontanément et lui envoya dans le 
genou une balle qui, au bout d'un mois, 
n avait pu encore être extraite. Là s'ar- 
rêtent nos renseignements. 

Joc'h d'Indret. 

«Mademoiselle de Belle-Isle »(IX, 201). 
Il me semble facile de reconnaître dans çç 



drame le fond du Dépit amoureux. Il est 
vrai que Dumas a retranché les plus fortes 
invraisemblances, que Molière avait con- 
servées de son original italien : Y Intéresse, 
de Niccoio Secchi; mais nous retrp.uvoiî^ 
la situation capitale, la jeune fille accusée 
et déshonorée aux yeux de son amant par 
un homme qui croit sincèrement ne dire 
que la vérité. Oserai-je ajouter qu'en ti- 
rant de cette situation des effets tragiques, 
au lieu d'çffets comiques, Dumas me paraît 
plus près de la naturç que Molière? Mais, 
de son temps, Molière n'aurait pas eu le 
droit 4e tirer une tragédie de son sujet 
tout bourgeois. O. D. 

i 

« Diotionnaire des Halles » (IX, 202). ^ 
A. A. Barbier l'attribuait audit Artaud, 
n<»3775. M. O. Barbier, I, 96, f. i«idique 
le même auteur, en ajoutant : « Cet ou- 
vrage a été aussi attribué à Furetière. » 
— La nouvelle édition du Dictionnaire 
-erotique moderne (par A. Delvau et 
J. Choux), citée par M. O. Barbier, a-t- 
elleparu? H. L 

— Le Dictionnaire des Anonymes de 
Barbier attribue à Artaud, personnage 
d'ailleurs inconnu, cet extrait des façons 
de parler proverbiales et burlesques qui se 
trouvent dans la première édition du Dic" 
tionnaire de V Académie fr^isiçaise, et dpnt 
une grande partie a été supprimée dans 
-Içs éditions suivantes, surtout dans cellç 
de i835. En dépit de son peu de mérite, 
c'est un livre recherché et cher; il s'est, 
dans le cours de ces dernières années, payé 
55, et jusqu'à 70 fr., en vente publique. 

Puisque nous parlons du Dictionnaire 
de V Académie ^iign^loïi^ V Errata qu'a pu- 
blié M. B. Pautex, Paris^ 1862-G8, xxi et 
35 1 pages. C'est un livre curieux qui 
relève biei\ des erreurs et bien des prais" 
siona dans l'œuvre des c( Quarante. » Il en 
a été rendu compte dans la « Correspon- 
dance littéraire, d dirigée par M. Lalanne. 
Tome VII (i863), p. 67, T. B. 

• 

Théâtre Ao I>a Fontaine (IX, 208). — 
J'ai là les Œuvres diverses de M, de La 
Fontaine^ 3 vol. in-12, à Amsterdan^, 
chez Meinard Uytwerf, J'ouvre les tomes 
II et III, et j'y relève les pièces suivantes : 
Climènç^ comédie. — IJEuni^quCy comé- 
diç,. — Daphnéy opéra. — Astrée^ tragé- 
die, représentée par l'Académie royale de 
musique en 1691. — L,e Florentin^ comé- 
die^ attribuée à M., 4fi La Fontaine. — 
Fragmens dç Galatéé, h L'inconstance et 
a rinquiçtude qui me sont ^i naturelles 
« m'ont empêché d'achever les trois actes 
« à quoi je voulois» dit le Bonhomme, ré- 
« duire ce sujet. » Voilà de la belle fran- 
chise. Et enfin Je vous prens sans verd, 
comédie attribuée (?) à M. de La Fontaine. 
Attribuée deux fois. Jacques D, 



N- 191.] L1NTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [25 avril 1876. 



255 

— Je crois que M. Ch. G. trouvera tous les 
renseignements désirables, soit dans This- 
toire de La Fontaine par Walckenaer, soit 
dans les éditions annotées par cet éditeur. 
Mais Walckenaer ayant résisté longtemps à 
admettre son auteur, même comme colla- 
borateur de Champmeslé pour les cinq 
comédies de Ragotin, le Florentin, le 
Veau perduy la Coupe enchantée^ Je vous 
prends sans vert, il est bon de remarquer 
que, tout au contraire, les Tablettes dra- 
matiques, du chevalier de Mouhy (1752), 
• attribuent ces comédies en plem à La 
Fontaine; et ne veulent voir dans Champ- 
meslé qu'un prête-nom. Le Ragotin n'eut 
aucun succès, et pourtant il n'est pas im- 
possible qu'il ait été utile à Tauteur de la 
Métromanie: La Baguenaudière, man- 
dant à son château la troupe de Destin 
pour jouer une tragédie à sa façon, n'est- 
ce pas Francaleu ? Je crois aussi qu'en fai- 
sant, au dénoûment, reconnaître Destin 
pour un fils de famille, changé en nour- 
rice, La Fontaine et Champmeslé ont bien 
démêlé l'idée de Scarron, idée pourtant 
méconnue par ses continuateurs. 

O. D. 



'iromaillts et €ixno^itéfà. 

Huit mois de la vie de J.-J. Roassean. 

— On lit dans le !•' livre des Confessions, 
après que Jean-Jacques a parlé de son sé- 
jour au village de Bossey : u De retour à 
« Genève, je passai deux ou trois ans chez 
a mon oncle, en attendant <]u'on résolût 
a ce que l'on ferait de moi. » Il y a là 
une forte exagération à rectifier. 

Le séjour de Jean-Jacques à Bossey est 
postérieur à la querelle de son père Isaac 
Rousseau et du capitaine Gautier. Cette 
querelle — (et, pour le dire en passant, les 
pièces de l'enquête ouverte a ce sujet, 
conservées aux Archives de Genève, nous 
font voir les faits tout autrement que 
Rousseau ne les présente-, dans son récit 
sommaire et partial) — cette querelle eut 
lieu le '9 oct, 1722, et Isaac Rousseau 
quitta la ville le surlendemain. Son fils, 
resté à Genève sous la tutelle de son oncle 
Bernard, fut mis alors, avec son cousin, 
en pension chez M. Lambercier, pasteur 
de Bossey. 

Les Confessions nous aj)prennent que 
les deui enfants y demeuraient encore à 
la date du mercredi 2 3 août 1724, quand 
le roi de Sardaigne, accompagné du 
prince et de la princesse de Piémont, al- 
lant de Thonon à Pomiers, pour se diri- 
ger ensuite vers Annecy et Chambéry, 
passa le long de la montagne du Salève, 
salué par le canon de la place de Genève. 
— Huit mois après, le 26 avril 172 5, les 
parents de J.-J. Rousseau le plaçaient 
en apprentissage chez le graveur Ducom- 
mun. 






256 — 

C'est dans cet intervalle de huit mois 
qu'il faut loger la fin du séjour de Jean- 
Jacques à Bossey, le temps qu'il passa 
chez son oncle, sans occupation suivie, et 
un essai d'apprentissage chez M. Masse- 
ron, greffier de la ville. Les deux ou trois 
ans, pendant lesquels Rousseau prétend 
a avoir perdu en m'aiseries le temps le 
« plus précieux de son enfance, » se ré- 
duisent donc à quelques mois de l'hiver 
1724-25. Rr. 

Un billet de Charles Nodier à Alexandre 
Dumas. — Ce billet me revient en mé- 
moire, à propos d' a un mot de prince » 
(IX, 224). Il en fait le pendant. 

En i832 ou i833, des émeutes fréquen- 
tes bouleversaient, à Paris, ces pavés ; 

Que les larmes, le sang, ont trop souvent lavés. 

Alexandre Dumas, je le crois bien, ne se 
moiatra jamais derrière aucune barricade, 
mais ses opinions le rangeaient alors dans 
ce Qu'on appelait le parti du mouvement. 
Le lendemain de la triste affaire du Cloître 
Saint-Merry, Charles Nodier lui adressa 
le billet suivant, qui a passé sous mes 
yeux : 

« Mon cher Dumas, 

a Le bruit court que vous avez été saisi 
« parmi les rangs des émeutiers et passé 
•c par les armes. Si vous n'avez pas été fu- 
a sillé, venez ce soir dîner avec nous, et si 
a vous avez été fusillé, venez tout de 
« même. » p, c. c. : G. B. 

Les esprits forts et les esprits faibles. 
■— Feu Guizot et M. Bouchet. — Le dé- 
puté Emile Bouchet, rapporteur « sévère, 
mais juste », de l'élecuoji Chesnelong, 
nous a dit [Journal officiel, 8 avril, 
p. 2538] : « Non, les républicains ne sont 
pas les ennemis de la religion, parce que 
la religion est une liberté et que nous les 
voulons toutes. Soyez tolérants, de votre 
côté, et lorsqu'un homme a l'énergie de 
prendre corps à corps les réalités de l'exis- 
tence et de pratiquer la libre pensée, don- 
nez-luiren le droit, et nous reconnaîtrons 
de grand cœur la liberté aux esprits 
moms forts, aux volontés moins robustes 
et plus faibles, de songer à un autre monde, 
de chercher des consolations qui ne sont 
pas de cette terre». Belle tirade! mais 
feu Guizot, qui ne la prévoyait point, 
ayant écrit que la religion a pour fin pro- 
videntielle le règlement des libertés hu- 
maines, j'en conclus que l'esprit du dé- 
funt et celui de M, Bouchet ne sont pas 
de même trempe. H. de S. 



Le gérant, Fischbacher. 



Pari8.-.Tj|). dâ Ch. Meyrueis, i3, rue Cuja8.-i876. 



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10 mai »76 



C'JnterméMatte 

DES CHERCHEURS H CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, O^OTES and QUERIES franfais.) 



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2 58 



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L'Ode sur lea fnnéraillei de sir Jolin 
Hoore. — Le dernier mot (IX, i gS). — Sur 
un des murs de la Bibliothèque de TAca- 
demie royale d'Irlande (Kildare Street, 
Dublin) est suspendue, dans un cadre et 
sous verre, comme une gravure, une lettre 
duRev. Charles Wolfe. j£ile est adressée à 
M. J. Taylor, Clonoult^r, Cashel, et elle con- 
tient cesmots^ en anglais : — «Je viens d'en 
• finir avec les Funérailles de sir John 
« Moore^etjevais vous les infliger. Ne vous 
« en prenez qu'à vous-même, pour avoir 
« tant loué les deux stances aont je vous 
«ai parlé. » (Suit une copie de l'Ode.) 
La lettre est sans date, écrite par Wolfe, 
mais sur le pli, elle porte le timbre de la 
poste (post-mark) : « Sep. 9. 181 6. » 
Le docteur Luby (qui a fait cadeau de 
cette lettre à l'Académie^ Irlandaise), ex- 
plique, dans les « Transactions » (Comptes- 
rendus^ de cette Société, qu'il l'a trouvée 
parmi les papiers d'un frère décédé, ami 
de collège de "Wolfe et de Taylor, à qui 
l'épîtrefut adressée. — N'est-ce pas là le 
dernier mot demandé par les curieux ? 
(London.) John Doran. 

— Plusieurs correspondants nous ont 
fait observer que nous avions bien publié 
(VI, 107) les Stances françaises sur la mort 
de Beaumanoir, mais que la principale 
pièce de comparaison, l'Ode anglaise sur la 
mort de John Moore, qui ne se rencontre 
^s partout, manquait dans notre dossier. 
Elle ne nous avait pas été adressée et on 
h supposait connue des lecteurs, mais la 
Mclamation est fort juste et nous y fai- 

ns droit, en reproduisant ce texte dont 
caractère original, aussi bien que le 

érite littéraire, semble désormais hors de 

estion. 



THE BURIAL OF SIR JOHN MOORE. 

lot a drum was heard, net a funeral note, 
As his corse to the remparts we hurried ; 
»t a soldier discharg'd a farewell shot 
O'er the grave where our hero was buried. 

/e buricd him darkly at dead of night, 
■The turf with our bayonets turning, 
y the straçgling moonbeam's misty light, 
And ourTanterns dimly burning. 

tw and short were the prayers we said, 
I And we spoke not a word of sorrow; 



Butwe steadfflstly gazed on the fiace of the dead 
And we bitterly thought of the morrow. 

No useless coffin confîned his breast, 
Not in sheet nor in shroud we bound him; 

But he lay like a warrior taking his rest^ 
With his martial cloak around bita. 

We thought as we heaped his narrow bed. 

And smooth'd down his lonely pillow, 
That the foe and the stranser would treadon 

And we fer away on the oillowl [his^head, 

Lightly they'll talk of the spirît thas is gone, 
And o'er his cold ashes upbraid him ; 

But nothing he'il reck, if they lethim sieep on 
In the grave where a Briton bas laid him. 

But half our heavy task was done 
When the dock told the hour of retiring; 

And we heard by the distant and random gun, 
That the foe was sullenly firing. 

Slowly and sadly we laid him down, 
From the field of his famé firesh and gory 

We carved not a line, we raised not a stone, 
But we left him alone in his glory. 

Charles Wolfk. 



€tu^)0tt0n6. 

Belles Lettres — Philologie — BEAtn^-Aaxs 

— Histoire — Archéologie — Numiskatique 
•—ËPlGRAPHiE— Biographie-- Bibliographie 

— Divers. 

Au mois de mai. -^ « ... Ces jolies clo- 
chettes bleues qu'on cueille parmi les 
a prées, n comme dirait un poëte du bon 
vieux temps, au mois de mai : 

4 . . . . Quand les petits oiseaux, 
Voletant par les bois de rameaux en rameaux, 
Amassent la becquée et, parmi la verdure, 
pnt aoud, comme nous, de leur race future. » 

Pourrait- on me dire d'où est tirée cette 
citation de circonstance, que je trouve dans 
une correspondance de Berlin (Temps^ 
du 26 avril]? M. J. 

« La parole est d'argent, mais le silence 
est d'or. » Je serais reconnaissant à un 
intermédiairiste arabisant de vouloir bien 
me communiquer la représentation gra- 
phique de ce célèbre proverbe, trop insuf- 
fisamment connu en France, par malheur: 
Au besoin, m'indiquer dans quel ouvrage 

TOME IX. — 9 



N» 192.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



2S9 



Mk^ 



260 



)t pterrais trouver les caractères arabes 
qui ont cette signification mémorable. 
(Lyon.) R- de C. 

QnesUon de popetf^atippi. — D'qù iriep^ ; 
et comment a-inon bapcUé £e eoi^ea« ; 
signe de ponctuation, —, cette petite 
barre que Ton tire entre certains mem- 
bres de phrase, comme par exemple à 
la page 164 ci-dessus, ligne 4, dans cette 
phrase : «Aussi, robscuritéde Tallusion— - 
« car il doit en avoir une — ne se dissipe 
« guère ? » Est-ce un signe obligatoire, 
facultatif, y a-t-il des règles établies pour 
son emploi? Ln G. 

Faire fftise d«... — On jjft, ^ans încor- 
rjeptioa, je crois : faire grâce de la frison^ 
de V amende^ c'est-à-dire de la peine in- 
fligée; pourquoi alors dit-on : faire grâce 
de la vie, et non. pas : de la mort ? J. Lt- 

a Afrès » pour « avttnt. b -^ Dans le 
Quercy et le Rouergue. le mot après prend 
dans la conversation la place qui apfMff- 
tiendrait plus légitimenuent à «on con- 
traire. Dans ce sens, il est toujours ad- 
verbe. Ainsi, Pofl dira : « Qu'av€a-vous fait 
après? » sans que cette façon de parler 
présume des événements écoulés depuis. 
Sait-on si cette manière de <iire est propice 
aux contrées indiquées^ Saiduarig. 

a BemacqvM sn la laiifaa française. 
1650. » — Qu«l est l'auteur de ce volume 
anonyme : Kemarqves svr la langve fran- 
çoise^ utiles à cévx qui yevlent bien par- 
ler et bien escrire, QyéOrième édit, revevë 
et corrigée. Imprimées à Roven et se ven- 
dent à Paris ckêi( Avgvstin Covrbé, 1669. 
ivol. in-i2, 473 p., frontisp. grav.^ 
a Imprim. à jRLovenpar Lavjens Mawry,» 
et non indiqué dans QyéEuaD^ BARsuiRyni 
De Manne. 

La Dédicace a A Monseignevr Ségvier, 
chancelier de France, » et le Privilège du 
Roy, i^ portent que les initiales seules de 
Fauteur : G. F. D. V. —Quel peut être le 
véritable nom? Trxjth. 



Portrait ds (^bodruç-lteDlos, dessiné par 
MaïuiiMSOt. -T- La spirituelle anecdote ra- 
contée ci-dessus (ly, 233), par M. Ed. 
Fourhier et relative à' l'iîfomwe à la longue 
barbe^ me rappelle que je possède un pe- 
tit portrait original de cet prigihal san§ 
copie, dessiné à la plume et relevé de 
sépia, signé par Maurisset {Haut, 1 3 cen- 
im- 9ur Lar^. 1 1 joecmm^- 

Ghodruc-Ducios, dans mon dessin, ^e&. 
représenté en pied, de profil, *-- la barbe 
inculte, coiffé d'un chapeau à la Bolivar, 
vêtu d'une longue redingote et d'un pan- 
talon rapiécetés, et tout effilochés par le 



bas, chaussé de bottes éculées, retenues à 
ses pieds par des ficelles, et se promenam 
mélancoliquement la tête baissée et les 
mains croisées derrière Je dos, dans le^jar- 
4i& àxx f akis- Soyal. 
Pans lie yofbd, pf^s ^ arcades, on voit, 

— à gauche, — un gardien du Palais, qui 
lève sa canne devant des gamins gouail- 
leurs jqm <liécampent en ricanant, et - à 
droite, — trois ou quatre belles dames en 
erande toilette, manches 4 mot et coif- 
fures à grandes torsades à Ta dernière 
mode de ... i828-i83o, — lesquelles, par 
parenthèse, donnent aujourd'hui la date 
exacte de la composition de ce dessin. 

Je serais curieux de sàvotr, ^ et mafbil 
)e profite de ^occasion f>our le demander^ 

— si ce portrait de Maufisset a jamais étf 
gréivé ou lithographie? Ulric. 

S^talsgtie analytiqne d#0 «n^TSs t 
baron ^^JonrsaiiyanU. Tectieiaer, i838. 
2 vpl. 1^-8. — Je possédée ce icwteuxetifl- 
téressapt recueil de desx;riptions sop* 
maifes de plus de quM^e^ingi tdlt 
pièc,es^ 

U me semble ^ue la ^iUiothèque roytlc 
en acheta un bon nom brie iprs de k ye&^ 
faite par le libraire Tech^j^c^ et que le 
Cabinet des titres ^ la ^bJL.Qai.a^upoor 
noya^u des phaçtes et do^i«i»ents «utrefob 
cpliigés pjar le célèbre géaéslog^ ^ ^ 
pîomatiste de Beawie. 

Que sont devefiues ces ^to^ioo pièces^ 
Connaît-on un Catalogue annote, avec 
pri^ et adjudicataires. Pes renseigi^mei^ 
s. y. p.? .R.«bG. 

PtOBonçiation ^s eertains ipia^ dB^' 
mille. — Dans un des derniers numéros 
de ï Intermédiaire, k Pf,qpo$ d» nom de 
Broglie (ï^, 172), M, P^pli' cite çlusieuB 
noms de familles plus ou inoins iUustKs, 
qu'écprche le v^lgairÂy et .qu'il ^ à»Ji^ 
a^r de prononcer j^prs de tpute ^atxej^ 
qiie Tusage, deri^ière rai^qn cjp tant à M 
bien plus graves. Ppurr^ft^n poiW»eter 
cette liste? * P^- 

§ 

Hirodé©. — Veau d^ Vo^jt - Qae si- 
gnifient ces expreçsiot^s, ènaployées [tfi 
M«« de-Sévigne? Pour la nremière, il sa* 
^t de la BrinvJlliers:\«EUje fut, epoo 
quart d'heure, mirbdée, rasée, àc^^sést^ 
redressée par le bourreau » (Lettre du 
22 juillet J676). -TT « « y * *i veau de 
Poissy à la pluspart de ces sortes de pcfl* 
sées-là; mais chut, car j'aime très-ioït ce* 

lui dont je parle r> (Lettre d^ 1 6 j^iUej im 

J. K> 

Sta^A âes «ûif. -^ Esi-et qvfijf 
sait quelle était la tsiHe (a4i mètreMf 
rois Henri ÏV, Louis XIII, Louis XIV' 
Louis XV, Louis XVI, et ' làe f empereur 

Napoléon !«'? E**^*- 



■ a6i 



DES CHERPHICURS ET CURIEUX. 



• 263 - 



lai 1876. 



pourrqitril aie Hi^tfrp sitf la trace île deux 
cartulaires, rela(ifs au prieuré de Saint- 
Himer (diocèse de t^igieuii), dpfii: on 
ignare le sort actuel? 

D'après le savant m. Léûpol4 pdisle, 
le premier es; écr't sur P^rchepain, vers 
la fin du XV' fiîÈclp, pt faisaff parUe de la 
bibiiothèqHC dp M- A- LÇ Prevosi. (M- 14 
Prévost, né eç 1787, ^'eïf beaucpHp oc- 
cupé des guestion» d'bUtoire et d archéo- 
lo^it r^auyea ^la Horm^pdi^. A sa mort oh 
a Tendus^ bibliplhêqup : ppurraît-on sar 
voir qi^el a éîé 1 acçiuerei^r de ce eariur 
Uir??) 

Le Spçont} ear(u]aire ^tfiit tadiquÉ par 
Hxnei corome (^is^nt partie delà Bibno- 
thèqup'def'lRSfîttJt, resl-jl encore? J'ep 
douip. 

En tous cas, je serais fort reconnaissant 
du moindre renseignement pouvant me 
meure *Mr la tf-ace (1é 9^ '^^H^ cart^lgires. 
A- ï^^ùs. 

Latèté^eP^n^B. — Le jour de PSques 
a été filé par les conciles au premier di- 
manche qui fuit la première pleine lune 
après l'équiroxe du brin;einps. Or, cette 
innée, la prerriière pleine lune après le 
îo mars est arrivée le samedi 8 avr^l, et la 
fête de Pâques s'est célébrée, non pas Ip 
lendemaip dimanche 9, mais le dimanche 
suivant '6 avril. Comment eiplique-t-on 
celte dérogation à la règle? ' J.L7. 

Hnj de ^noanagea à EatroaveE. — 
Quels peuvent £tre les personnages célè- 
bres du XVII» «iècle, français et étrangers, 
roit, dames et seigneurs de la cour, qui 
avaient adopté pour leur correspondance 
privée les pseudonymes suivants : 

M' dt la Gringaudière. 1— La Btmté. — 
L'Esprit. — La Conjidante. — Le Sujet 
icautionf Nossiop. 

La Fontaine et Cfaampmeslê. — Deux co- 
médies : Je vous prends sans yerd, et la 
Coupe ettcbaptéf, sapt inséfées dans ]es 
œincfs dç La Eontamé, et figufcnt aussi, 
sans indice de collaboration, dans les deui 
volumes 4esCE)iyrpsdeChampn:)eslé. Po^ir- 
quoi ce dernier, fluî s'est déclaré nette- 
m cm plagia irp, pn publiant sous Cp titre : 
Les Fragments aa Molière, quelques 
scènes de Dov Jnefi, p'aurajt-il pas avoué 
avec la même franchise ses ^eux emprunts 
S La Fontainp? (Lés i^euï piècps sont iden- 
tiques dans les dpuj auteurs.) 

D'autre part, " dans les œuvres (Ju fa- 
uulisie, la Coupe enchantée est indiquée 
comme attribuée à La Fontaine. Celui-ci 
auraii-il, comme on dit, tiré d'un sac deux 
"nouturq^, selon la pratique si cqmmure 
aujourd'hui chez nos écrivains les plus rc- 
nommés, peorge Sand, Sandéau^ La 



Cotfpeeaçhqatév, coipédie, s'ij faut (s^pn- 
ner 1| Chsmpmes|é, appartiendrait, poiir 
le fondi â La F optaiiie, puisqu'elle pîj for- 
mée de deuï sujets prnpruntés â 'deux dp 
ses conte? : Les QUs aefrerç Pltilippç pt 
la Coupe : l'association, djns ce cas, 5e- 
raitjusïemei» celle -que f^pn rençqntre ajl- 
jpur^'ljni dgns les — — "~— — •- •"-- — 
mans fle Sanclçau < 
AHgier Me Ket^re 
Sqcs et Parchemin 
reprpa^isaqtladoqi 
Pflurr^itrpn fourni 
précisés queçellp 4e 
LaPprtp,d^nsleSi4 
(Nîmes.) ■ 

L'amie da dne d'BDgtaiaii. — Sait-os ce 

3UB devint, par la suîie, apràs l'exécutioa 
u malheureux duc d'Enghiea, la jeune 
princesse Charlotte de RoHAK-RoGMGroRT, 
nièce du fameux cardinal de Rohan, ma- 
riée, dit-oa, secrètement par lui au jeune 
duc d'Ënghien, — et deg bras de laquelle 
cet infortuné prince, plus amoureux que 
conspirateur «contre la sQreté de l'État, ■ 
fut violemment arraché par surprise, en 
pleine nuit, le iS mars i!'04, ei eurle ter- 
ritoire badoJE, à Ettenheim, par uns bande 
dé gendarmes et de dragons français, que 
guidaient deux généraux charges de le con- 
duire... — au fossi de Vincennes? 

£viste-t-i), et pourrait- on m'indiquer 
exactement des ~ portraits authentiques, 
peints, dessinés oiï gravés de la princesse 
Charlotte de Rohan? Ulr. 



AlAiondra Duol^b fiary de la PaillAteri*. 

T- Alexandre Dumas père ne l'avisa qu'as^ 
Bcz tard d'ajouter â son nom, depuis longr 
temps célèbre, ceux de Ûavy de la Paiil*' 
ttrie. et prêta alors beaucoup i la raille- 
rie. Cependant Alexandre Dumas fils prend 
danc les actes de la vie civile ces mjmes 
noms ; ce semblerait indiquer qu'il ne s'^t 
git plus MuUment d'une simple ^ntaisie 
littéraire et nobiliaire. Le fils et le petitr 
fils du raulâtre Dumas, général de la pre- 
mière République, se rat tachent -ils, et 
comment, à la famille normande ; les 
Davy de la Paiiltlerie, dont la généalo- 
~' à liio, et dont une branche 



transférée en Char 



ipagne, 



élec 



n de Se- 



laane, tut conSnsee dam ton état de no- 
blesse en J667, lors de tu Recherche de 
Caumartini Leur (ieussen était à'aifur 4 
trois aigles éployées d'or 2 tt i tenant un 
anneau d'or en eûsur. ,., 

Ffé4érick (.emîtltr^ , sa ^^^^ aon œuviç, 

•7- pn i8â5, stimulé par un niyepile en-? 
thousiasme, je publiai, sur rrédérick 
Leoiaître, (la petit (ivre que I^ critique 
qcçueillit avep indujgencp. I[ é|ait hutnblé 
cependant, nn^lhabile, pt rppro4uiiatt in- 



N« 192.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



263 



264 



génûment les dates fantaisistes et les faits 
controuvés édités par de précédents bio- 
graphes. Cette publication commença, 
entre le célèbre artiste et moi, des rela- 
tions que le temps rendit amicales. En 
apprenant à bien connaître Frederick, je 
conçus naturellement le projet de donner 
une édition corrigée de mon livre incor- 
rect. Frederick se prêta complaisamment 
à ce désir, en me contant maint chapitre 
de son histoire. Mon travail s'achevait, 
Quand le grand comédien me proposa 
a écrire, sous sa dictée, des Mémoires très- 
étendus et d*un vif intérêt. Dès lors, aban- 
donnant ma brochure, je m'occupai sans 
relâche de préparer les mnombrables ma- 
tériaux de ce monument littéraire. Un 
concours inouï de circonstances pénibles 
empêcha Frederick Lemaître d'accomplir 
son dessein. En présence des publications 
tronquées et peu sérieuses dont la mort 
de réminent artiste a été le signal, l'amitié 
qu'il me témoigna, pendant plus de dix 
années, me commande de suppléer à l'au- 
tobiographie perdue en écrivant, pour la 
première fois, l'histoire véridique de sa vie 
singulière et de ses glorieux travaux. Je la 
veux faire digne de lui, robuste et complète 
comme son génie. Mais si nombreux 
qu'aient été mes entretiens avec Frede- 
rick, si précieux que soient mes rensei- 
gnements personnels, il existe néanmoins 
dans mes notes des lacunes qu'il m'im- 
porte de combler. Je m'adresse donc à 
ceux qui ont bien connu Frederick Le- 
maître, aux dramaturges qu'il a servis^ 
aux journalistes qui l'ont jugé, aux cama- 
rades qu'U émerveillait, aux amateurs, à 
ses intimes des. époques joueuses ou 
tristes, et sollicite la communication de 
tout souvenir — document ou anecdote 
— se rattachant à l'une des divisions sui- 
vantes : Biographie, Critique, Bibliogra" 
phi€y Correspondance^ Iconographie. 

Mon pro^amme étant des plus vastes, 
j'aurai besoin, pour le remplir exactement, 
de bien des concours sympathiques : au- 
cun, je l'espère, ne fera dé£iut à cette 
œuvre de reconnaissance et de vérité, qui 
défendra contre le temps une mémoire 
honorée par les fidèles du grand art. 

L. Henry Lecoitte. 



f Mélanges do littérature étrangère. »— 

(Paris, Goçué et Née de la Rochelle, Belin 
et Hardoum, 1 785-1 786). L'auteur de ce re- 
cueil, en 6 vol. in-i2, ne se nomme pas; 
mais, dans une épître dédicatoire à Lenoir, 
ancien lieutenant général de police,nommé, 
après la démission de Jean- Frédéric Bi- 
gnon, en 1781, directeur de la Biblio- 
thèque du roi, il se dit attaché « au vaste 
dépôt de connoissances confié à vos soins. » 
Or, les traductions de l'italien que con- 
tiennent les six volumes sont signés de 
Lévrier de Champrion, ou Champ-Rionij 



de la Bibliothèque du roi* J'en tire conjec- 
turalement la conclusion que ce Lévrier 
était Fauteur du recueil. Cependant, 
comme l'ouvrage est cité dans le Cata- 
logue de la bibliothèque de M. Arthur Di- 
naux, sans nom d'auteur, et comme M. Di- 
naux avait coutume de rechercher, avec 
autant de soin que de sagace érudition^ 
les origines de ses livres, je doute de mon 
attribution. Peut - être V Intermédiaire 
saura -t-il la vérité. Dans le cas, il iie 
manquera pas de la dire et d'être plus gé- 
néreux que Fontenelle, s'il est vrai que ce 
spirituel égoïste ait dit : Eussé-je la maiû 
pleine de vérités, je ne l'ouvrirais pas. — 
L'a-t-il dit véritablement? Question subsi- 
diaire. Et Fontene}le ne pensait-il qu*aui 
vérités, si nombreuses, qui ne sont pas 
bonnes à dire ? E.-G. P. 

a Amours d*im pianiste. » — Il a été pu- 
blié, dans le courant de l'année dernière, 
une série de volumes sur les amours de 
l'abbé Liszt (avant sa prise de robe) et 
auxquels la mort de Daniel Stem a donné 
un regain de célébrité. Ce sont, dans Tor- 
dre de leur publication : Robert Franz. 
Souvenirs d^une Cosaque. — Souvenirs 
d'un Pianiste, en réponse aux Souvenirs 
d'une Cosaque. SilviaZorelli. Le rofn^zitiu 
Pianiste et de la Cosaque. — Amours d'une 
Cosaque y par un ami de Tabbé X***. — Je 
crois que le second volume est Foeuvre 
d'Alfred Asseline, et que Robert Franz est 
le pseudonyme d'une princesse russe. Quel- 
qu un des lecteurs de Vlntermédiairepour- 
rait-il me renseigner, en mUndiquant le 
vrai nom de Robert Franz et les auteurs 
des deux ouvrages anonymes ? V. G. 



PoUgnac. — Le ministre de la Restaura- 
tion est-il ])Our quelque chose dans l'in- 
vention du jeu qui porte ce nom? Un de 
nos coabonnés pourrait-il me dire d'où 
vient cette appellation? SAmuARic. 



Almanach Caqueret. -^ Ce titre appar- 
tient-il à une publication réelle ou imagi- 
naire ? 

Plusieurs amateurs lyonnais attribuent 
cet Almanach à l'illustre auteur de la tra- 
gédie de Caquire^ fort capable d'une pa- 
ternité de ce genre. Mais aucun d'eux n'a 
vu un exemplaire. Quelques ^ dlétails 
donnés de visu feraient bien plaisir aux 
fervents admirateurs du grand mysti- 
ficateur et scatologue Charles^Jean de 
Combles, dont il a été déjà parlé dans 
ï Intermédiaire (V, 509). Y. de V. 

Encore Philotanns. — Cette fois, une 
question. Personne ne mentionne, dans 
les réponses (IX, 182), Tédition latine 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo mai 1876. 



265 



266 



de ce poëme. Où et quand a-t-elle paru? 
Le vers 784 doit y être traduit par : 

Roma locuta est : causa finita est. 

Qui est le premier auteur de ce vers cé- 
lèbre? (Berfin.) G. B. 

OuYiages imprimés sur papier extraor- 
dinaire. — J*ai vu récemment y chez un 
bibliophile de mes amis, un curieux exem- 
plaire des Œuvres du marquis de VUlette. 
A LottdreSy 1786, i vol. pet. in-i 2, im- 
primé sur différents papiers de diverses 
couleurs, — papier de Guimauvey'^ d'Ortie^ 
— de Houblon, — de Mousse, — de JRo- 
seau,-— de Con/erve, — de Coudrier,^ de 
Peuplier, — de racine de Chiendent, etc. 
On a essayé aussi, plusieurs fois, de faire 
du papier avec des fibres minérales : 

« Le docteur Bruckmann, professeur à 
Brunswick (dit l'EncvcIopédie}, a imprimé 
une histoire naturelle de VAsbeste, et, ce 
qu'il y a de remarquable, il a fait tirer 
quatre exemplaires de son livre sur du pa- 
pier fait d*asbeste. Ils sont dans la Biblio- 
thèque de Wolfenbuttel..., etc. » 

A-t-on jamais publié la liste bibliogra- 
phique complète des divers ouvrages (]ui 
turent imprimés, vers la fin du XVl II« siè- 
cle, et à titre d'essai, sur du papier com- 
posé de matières relativement nouvelles, 
et, plus ou moins, extraordinaires? 

Ulr. 

« Maria Stella » : Anonymes à découvrir. 

-7 En i83o, il parut un volume in-S» in- 
titulé ; Maria Stella, ou Echange crimi- 
nel d'une demoiselle du plus haut rang 
contre un çarfon de la condition la plus 
vile. Il s'agissait tout simplement de Louis- 
Philippe, qui aurait été l'objet d'une de 
ces substitutions. 

A cet égard, qu'il nous soit permis de 
rappeler un quatrain faisant partie du 
Recueil Maurepas : 

A Jacques disait Louis : 
De Galles est-il votre fils ? 
— Oui dd, par sainte Thérèse ! 
Comme vous, de Louis treize. 

Sainte Thérèse ne figure ici qu'à raison 
des besoins de la rime. 

Quoi qu'il en soit, Maria Stella rtçMl un 
accueil fort empressé de la part des nom- 
breux ennemis du roi-citoyen; l'ouvrage 
fit sensation ; la Quotidienne et la Mode 
ne manouèrent pas d'en parler, en insis- 
tant sur la gravité de ces révélations inat- 
tendues. Aujourd'hui personne n'y pense. 
Quel est le nom de l'auteur de cet écrit? 
Le Dictionnaire des anonymes de Barbier 
3« édition, en voie de publication à la 
librairie Daffis, est muet à cet égard. 

A. Reader. 



Les œuvres de P.-J. Prondhon. — Si ma 

mémoire ne me trompe point, le philo- 
sophe P.-J. Proudhon s'est donné le 
luxe de six exécuteurs testamentaires : 
MM. Chaudey, Duchesne, Rolland, Lan- 
glois, Bergmann et Félix Delhasse? Ne 
raut-iî pas identifier au professeur de la 
défunte Faculté de Strasbourg Bergmann, 
le professeur de la nouvelle Université 
allemande du même lieu, Frédéric-G. Berg- 
mann', qui nous a récemment donné le 
« Cours de linguisticjue, » fait moyennant 
l'analyse glossolo^ique des mots de la 
fable de La Fontaine : le Rat de'ville et 
le Rat des champs? — Et alors, enfin, 
quelle est la part exacte de M. F.-G. Bere- 
mann dans la publication des Œuvres de 
a l'illustre défunt? » H. de S. 



Le Salon de George Sand. — L'Etude 
publiée en 1843, dans la Chronique, par 
M. Eugène Pelletan, sous le pseudonyme 
de La Genevais : « Les Salons des écri- 
vains célèbres : George Sand, » — étude 
citée dans le Dictionn. des Cont, de Va- 
pereau. Edit, de 1861, article Pelletan), — 
a-t-eile été, depuis lors, réimprimée dans 
les Œuvres d'Eug. Pelletan? Ulr. 



« Sur les finances. » — Ouvrage pos- 
thume de Pierre-André ***, fils d'un bon 
laboureur, misaujour par M. ***, curé D***. 
Ni ferme, ni régie rtun et Vautre font la 
perte des Etats. A Londres (Mons, chez 
Hoyois?) 1785, in-8», 3 pi. et 2 tableaux. 
— La i'* planche indique une nouvelle 
division de la France pour la perception 
des impôts; la 2^ indique le cadastre à 
faire. Cet ouvrage a dû servir à Sieyès, qui 
eut une si grande part à la division de la 
France (voyez sa biographie et Vlnterm., 
V, 56, 285), et au ministre des finances de 
cette époque, pour une nouvelle assiette 
des impôts. M. L. Dussieux, professeur 
d'histoire à Saint-Cyr, a été fi-appé du mé- 
rite de ce livre, lorsque je le lui ns voir en 
1868. Je n'ai pu découvrir le nom de l'au- 
teur : le connaît-on? H. de l'Isle. 



« La Création du monde, » — poème en 
sept chants. — Quel est l'auteur de cette 
déDauche d'esprit, commençant par ces 
vers : 

De la Création je chante les merveilles. 
Sujet neuf. Ecoutez, ouvrez bien les oreilles... 

Quérard et Barbier restent muets à son 
égard, peut-être à cause de son peu d'é- 
tendue, tout en signalant un pot-pourri de 
G. Peignot sur le même sujet. J'ai entendu 
attribuer ce soi-disant poème en trente 
vers à labbé, puis chevalier S.-J. de Bouf- 
flers (Nancy, 3i mai 1738.-^ Paris, 18 jan- 
vier- 182 5); cependant il ne figure pas clans 



N» 192.] 



L^iriTERMÉDIAlàfe 



267 



268 



lëè déuvreS î*6ftiblète§, féutiies ëti i vbl. 
îh-8«, Paris, Ful-ne, MBtÇCXXVÎt. Cette 
attribution ést-èllè exacte? A. t). 



* t' ti 



^ r T .r 



aadranBôlairiaùa (V. 53% ; VI, 27, 463). 
— M. Hi E; connaît-il le cadran solaire 
existant sur U façadâ latérale d'un hôtel 
portant le n^^j de la yieille rue do Temple^ 
à Paris ? 

La devise principale i Nsb uLTikA si 
i>RioR est accôm|)agnéé de deux préceptes 
de gnomonique* — Ce cadran solaire à été 
dispbsé pat ufa carme, le père Sébastien 
Trucheti et l'hôtiel ddns lequel il se 
trouve a appartenu à Louis Letelliei*^ âr* 
chitecte du roi, contrôleur des bâtiments 
de son domaine, de Versailles. (Lefeuve, 
Ancienàes mmiâéhs de Patois, Liv» 43, 
p. 8 6t g:} 

Ce ûiie L9f@bve n'ajouté pâs^ e'est ^u*â 
le fin au éïHÏè defniën Thôtei en question, 
stit-riommé alors hôtel Tarare, a été habité 
pài' Beaumarchais. H. L. P« nfe B. 

Les haliitationa kiatoriqués de Paris 

(Vîll, 62). — Il y à un an passé, ici même, 
M. Frédéric Lock formulait le désir de 
voir la municipalité de Paris imiter celle 
dé biion, en faisant dés inscriptions « sur 
« les nabitatiohs pon encore aémolies des 
M personnages cjui ont marqué dans This- 
u toire à des titres différents. » Il aUrait 
voulu « provoquer dans V Intermédiaire 
« une.petite enquête 9 à ce sujet. Personne 
jusqu'ici n'a répondu 4 soii désir ei cela se 




ralement pas été heureuse. Pour ne parler 
que de Molière, les Quatre plaques qui le 
concernent (rue /lu Pont-Neuf, rue Riché- 
iieU| à la fontaine Molière^ au Père-La- 
chaise) sdnt erronées dit affirment cies faits 
tout au moins douteux. 2^ Il h*est pas 
nécessaire,, en présehce de ce. qui s est 
passé à différentes époques, d'indiquer dans 
nos rues, sur les maisons particulières, 
sur les monuments, tel ou tel nom, tel ou 
tel fait* Nul ne tient à donner aliment « à 
la grande populace^ à la sainte canaille » 
qui, dans sa fureur soi-disant patriotiqtie, 
se hâte d'effacer les emblèmes, les inscrip- 
tions, les souvenirs queb qu'ils soient^ et 
se rue> cbmme une bôte fauve^ sut les pro- 
priétés deé autres et sur les monuments 
publics pour, les mutiler ou les incendier ! 
a C'est de l'histoire, ou, dd moins, une 
fc partie dé l*hisîoiré — dît M. L. — et il 
« n'y aurait à ëcàrtei- ni tel homme ni tel 
«fait, parce qu'il mérite réprobation. » 
tertes, nous serions grandement de son 
avis si la raison guidait Tespfit et les actes 
des masses ; mais il sait, aussi bien que 
nous, qu'il n'en est rien. 



A Tappui de sort défelr; U cîte trois in- 
scriptions ; il aurait pii en titkt plusieurs 
autres de différentes sortes^ qui existent 
encore (outre celles que nous ihaiquons 
plus haut). Mais il paraft qu'on n'a pas par- 
tagé son avis relativement à la maison du 
quai Conti, au coin de la rue de Ne vers. 
Le général Bonaparte en disponibilité j 
occupait liflë eHambrette i une pétitie pla- 
que, placée eflthé deux fetiêtl-es du i •^ étagfe, 
rappelait ce fkit. NôUs avouoriicfviè di ê'ést 
lé propt'iétaire qui â éli sl^ih d^ërilel^&r cette 
plaqué^ nous l'ap^fôuVoii^ ^bmpléttfdiënt 
édr, sans nul doute^ on âé ferait précipité 
sbr Sa maison, dans u uâe juste cdlere », 
et il n'en serait prdbableil!ëht pa& rteté 
pierre sur pieri-e. 

Que de itldnuttient& rappelant ét^ goti- 
VenirS bn A fait disparaître !..* Lâpyrainide 
à quatre faces, de ïÈb piedS de haiit^ élevée 
déVâht le Paldid de juifti^e, prbche l'église 
des Bai-ndbites et qui rdpt)elâit le cdine de 
Jean Chastél, disbaHie ëôtnnle l'église sa 
voisiné. Combien d'âUtlièâ ds tbùtes aortes : 
é^^ises, hôtels, fontaines, ëtûi^ qUe nous 
pourrions citer!... 

Non, vraiment, dariS ùfi ttfibpS OÙ Ton 
veut arriver à supprifcnef é jusqtilt un 
kt nommé Dieu >», il noUs îiefliblé peu dp- 
portuii de formuler uh pareil déSifi suf tout 
quand on lit encore^ int nos monuifieiits 
incendiés, ce mot db Fraternité, qui paraît 
une sinistre Jroilie; 

Félieitdns, de grand cœur, la viiJe de 
Dijon de posséder xme population assez 
raisonnable pour avoir le bonheur de res- 
pecter ses feonumeiltt hîstorlqtiéi (ee cjue 
nous iie pouvons, à bott droit, faire jiour 
celle de Paris). DlsdnS t(uë lé Didiiônnatre 
topo^taphique et hhtoriqïté de Pàhcîen 
Part^ de M. Lock (que hoils connaissons 
et qui est très-bieri fait) suffit pôuf le irio- 
ment, et, enfin, pour terminer par ses pro- 
pres paroles, disons que, a par lé téîôps 
et qui court, un livré a chaftcë de vivre 
« plus longtemps cjtt'une tnMboil, toire 
a même qu'une rue. » TbfeV DisdAîKruL. 

Nicolas Cilabbt, dit dtl Harlày (VIII, 
228,281). — Une note de M. ae Montai- 
glon, que je tire du 6® volume des Archives 
de V Art français^ se rapporte sans doute 
à notre peintre : a Je tf ouVe sur ce Darlay 
deux quatrains danà les œuvres du sieur 
de la Roque^ de Clermont en Beauvoisis. 
Paris i Claude de Moncréuil ^ 1609, in-12, 
p. 366.' 

Au sieur du Arley^ peintre de Madame. 

Ne pense pas tout seul repféiênter Icy 
Ceste grand' déité qui hostre esprit eaflame; 
Il faut, pour l'imiter, que je m'y trouve aussy. 
Car tu peindras le corps, moy les vertus de l'âme. 

Pour un portrait dé Madame. 
Qui voit ce beau portrait, ceste auguste appa- 



DES CHÊRCHÈijRS ET CURIEUX. 



[10 mai 1876, 



269 



270 



Voit fout rhonHeur dit moïlde et l'abrégé des 

[deux; 
C'est le mirouer de Taftie et U ptoîsif des yeux; 
Princesse des Vertus aussi bien que de France. 

« Ce dernier quatraia est même précisé^ 
ment celui qui se lit, mds sans nom d'au- 
teur, au bas du portrait^ gravé par Thomas 
de Leu, de Catherine de Bourbon , sœur 
unique du roy, avec la mention Darlav 
finxiu Vcdlà deux formés dîfFétentès du 
même nom^ I) y tn aurait une troisième 
s'il fallait voir encore la même personne 
dans le /ean'> Baptiste Darly, dté par Chai- 
mel (Histoire de Tourairie, IV, 12 g) comme 
fameuiE peintre de portraits à Tours. Il le 
fait vivre au commencement du XVI«siècle, 
mais il faadrait sur ce point, comme sur 
le prénom^ savoir qiselles autorités a eues 
ChalmeL » jACQ.ti£s D. 

GaiUauBle TeU et M. Combes (VIII, 
556, 63o, 775; IX, 16). — Permettez, 
cher confrère. Votre objection n'est pas 
topique; selon moi, elle porte à faux. Que 
le registre capitulaire d'Orléans soit muet 
sur les exploits de Jeanne d'Arc, cela ne 
prouve pas que Guillaume Tell ait existé. 
Quant à Jeanne^ si le capitulaire a gardé le 
silence sur elle, son rédacteur avait peut- 
être ses raisons. Si ce silence eût été imité 
par d'autres contemporains, et s'il se fût 
prolongé dans les chroniques pendant 
i5oans, de telle sorte que, après un siècle 
et demi, on fût venu raconter les exploits 
de l'héroïne, on serait certainement tonde 
à révoquer en doute son existence, comme 
on le fait à l'égard de Guillaume^ Mais, ce 

?ui prouve invinciblement l'existence de 
eanne et ses victoires, c'est le double 
procès de condamnation et de réhabilita- 
tion. Si nous avions tant seulement un 
petit bout de procès criminel commencé 
contre Guillaume par les gens de Gessler, 
est-ce qu'on pourrait nier l'existence de 
l'un et de l'autre? Or, j'ai dît que l'on 
n'avait jamais connu auciin bailli ou 
gouverneur du nom de Gessler et qu'il n'v 
avait jamais eu de château à AltorfF. Il 
n'est pas à ma connaissance que mon con- 
tradicteur ait prouvé le contraire. Par 
conséquent, je persiste dans mes conclu- 
sions, comme on dit au Palais. £. M. 



L'anneau de Venise (VIII, 58o, 634, 
660, 690). — Ignarus voit qu'il a été bien 
curieux, en effet ; il remercie %^i érudits 
confrères de ce qu'ils lui ont dit, et même 
de ce qu'ils ne lui ont pas dit, car il est 
d'éloquents silences. Ignarus s'étonne tou- 
tefois de ce que la seule répjonse perti- 
nente (peut-être même impertinente) à lui 
faire, qui serait de citer, si possible, la 
pièce même invoquée par Sainte-Palaye, ne 
lui ait pas été donnée encore. Ces Récréa- 
tions et Devis ^ etc, sont-ils donc en si peu 




de mains? Ërunet cependant en indique 
cinq édition^. Îqnarus^ 

^n remède héroïque (VIII, 671). — La 
a médecine par la fiente » était pratiquée 
autrefois ; Montatghe, comme le rappelle 
quelque part M. Maxime du Camp, se 
plaint des « crottes de rats it adÈhinistrées 
aux « coliqueux ». — M, Julien Travers 
(Bulletin du Bouquiniste, t. IX, p. 3o8) 
donne la descrj:ption du bouquiii surradt : 
<i Occq*Ut&ie, laquelle contient grans se- 
cretz sous choses domestiques et de ma! pris, 
recueillie des livres de Dioscoride, Galen, 
çt autres. Par Christophle Landré, docteur 
en médecine, et Lecteur de feu de bonne 
mémoire Monseigneur le duc d'Orléanà, 
A Lion, par lan de Tournes, i558. » Le 
format? H. I. 

àlphftbet illnàtfé, dllemaùj et scatoïe- 
giq[iie (VIII, 677, 732). — J'ai rencontré 
une copie, réduite et quelque peu modifiée, 
de la lettre signalée pat M. H. D. C. Les 
modifications de détail que 
l'on remarque dans cette re- 
production dont voici, ci- 
contre, un/<ie-5ifi«7tf scrupu- 
leux^ ne ls(issent néanmoins 

aucun doute sur l'origine de ., 

cette composition; elle est tout à fait con- 
forme, comme ensemble et disposition, à 
la première, et Fon y remarque également 
l'étrange convive qui s'avance furtivement 
pour jouer son rôle dans cette audacieuse 
scène* C'est bien d'aille\u*s une copie, car, 
par le fait même du travail de copie, le 
dessin se trouve reproduit à contre sens. 

Cette lettre se rencontre, et souvent ré- 
pétée, dans l'une de ces belles éditions 
lyonnaises de la Bible, ornées des figures 
d'Holbein. Elle fait partie 4l'un alphabet 
grotesque, mais (à Texception de cet E) iion 
scatologique. Ce qui caractérise cette suite, 
c'est que tous les personnages qui y figu- 
rent sont bossus, ne même que celui dont 
il s'agit. Cet alphabet très-usé, comme on 
peut en juger par l'échantillon, n'avait 
pas été dessmé potir la Bible pas plus que 
VS n*avait été gravé pour le Psautier de 
M. H. D. C. Il est vraisemblable que cette 
lettre était également la seule de ce genre 
de l'alphabet inconnu dont elle faisait par- 
tie et que l'artiste, conformément à un 
système très-fréquent, l'avait ainsi illustrée, 
parce qu'elle se trouvait être la première 
du mot l^ûn Stercus^ et l'on comprend dès 
lors avec quel à-propos le copiste français 
a fait choix, pour reproduire le même su- 
jet, de la lettre J?, qui est l'initiale d'un 
mol de notre langue plus facile à deviner 
qu'à écrire. A, St. 

Chou-Clion (VIII, 709, 763 ; IX, 5i, 83). 
•— Notre confrère Cunosus, qui fait une 
i excursion en Provence, voudrait-il, puis* 



N* 192.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



271 



272 



^»^W«W" 



Svl'ïï est sur les rivages de la Méditerranée, 
lire une descente en Egypte ? Peut-être 
trouverait- il, sans inversion, -dans la lan- 

5ue des Pliaraons, l'explication du mot 
emandé. Si mes souvenirs ne m'abusent, 
il pourrait prendre pour guide ChampolHon 
le jeune : ï Egypte sous les Pharaons y 
2 vol. gr. in-$, (jue je n'ai pas sous la 
main; sans quoi^je lui éviterais la peine 
de les feuilleter. L'abbé V. Dofour. 

I. N. R. I. (VIII, 710, 765; IX, 5i). 7- 
P.«J. Grosley fittnetire cette inscription 
au milieu du frontispice de ses « Mémoires 
pour servir de supplément aux antiquités 
de Troyes (Troyes, i75o et 57, in-12), » 
publiés sous le nom ae M. N. Camuzat. 
Grosley donnait à ce sujet l'interprétation 
suivante : Jésuite n'aura rien ici, H. I. 

Les formes « J'ons, TaTons », du patoû 

(IX, 7, 85, 112, 176). — Encore deux pro- 
vinces à ajouter à la liste de celles qui 
précèdent, et dans lesquelles est usitée 
cette forme de langage. 

i® La Normandie : « — Y-en-a d'pus 
malhureux qu' vous? — Où qu'y sont? 
Queu chance que fons ! Qu'en chavez- 
vous SX f sommes pomt malheureux ? J'ons- 
ty comité asambe ? », etc. — {JLes Fran^ 
çais peints par Eux-mêmes y Province, 
tome II. Le Normand^ p. 129. — Paris, 
Curmer, 1841. 

2« La PicARWE : 

« ... Et noûs^ sous vot' respect, ef sommes leu 

[filiale. 
Et v*la que tout-în aueup j'oifs fait enn' capriole 
Por afin d' vous baiUer ecn' brînot d'rouinarin ; 
Vons pris cheir libarté que d'y joindre enne rose. 
Et jns Dût* chœur avuc; mais cho n'est point 

[grind chose. » 

(Vers en patois picard. A une marquise 
qui venait visiter sa terre.) 
(Jbid, Le Picard, p. 346.) Ulr. 

Aimes dai Goleoni (IX, 9, 58, 1 12, 206). 
— Quelques mots en faveur de Spino. 
B. Coleone mourait le 3 novembre 1475; 
sa Vie paraissait en 1476. Cette première 
édition est rare ; celle de 1 569 ne Test 
point. Il serait à propos de se l.a procurer 
et M. Â. St. aurait le plaisir <iy voir le 
premier écusson de Coleone écartelé des 
plus belles armes. 

L'écu est uni et sans traits pour indi- 
quer les émaux, mais, avec un peu d'at* 
tention, j'aurais vu qu'il était coupé et je 
n'aurais pas dit qu'il était simple. 

Le second écussonest décrit, pour partie, 
en ces termes : a Egli è stato anchor voce 
« di non oscura fa m a che la sbarra ver- 
« miglia tra le due blanche liste che di 
a bocca aile teste de i duo Leoni par 
« ch'esca, in guisa di due lingue Che sian 
« congiunte in una , ella fusse insegna et 



« impresa la quale, in testiœoQla>0t pc^ 
« di consegnito amore, gli, douasse à por* 
a tare la Kelna Giovanna. » 

Quant au portrait, je souhaiterais^ pour 
le plaisir des amateurs, que ma conjecture 
fât fondée. Quoi qu'il en soit, je ne réussis 
pas à comprendre pourquoi une estampe 
gravée avant 1 546 ne peut pas figurer d^ 
un livre de i569. ^- ^* 

— Les cœurs, renversés ou non, ne re- 
présenteraient-ils pas bien mieux une 
pièce de fortification? Je lis dans la rela- 
tion du siège d'Autun par le maréchal 
d'Aumont (1591): « Et en même temps 
commencèrent à faire une mine pour aller 
sous le couillon (sic) de la jambe de bois, 
la<)uelle mine ils purent commodément 
faire, pour raison qu'il y avoit une guérite 
sur ledit couillon. » 

Nos faucheurs emploient joumeilemem 
ce terme, sans penser â mal, pour dési- 
gner une sorte ae poche de bots, creusée 
en forme d'entonnoir, et dans laquelle ils 

f>lacent la pierre qui leur sert à aiguiser 
eur dard. Cet étui se porte appendu i '| 
une ceinture et vient se placer juste entre 
tes deux jambes. Cela peut avoir une 
forme de cœur un peu allongé. Les Co- 
koni ne se seraient-ib pas emparés d'une 
pièce de fortification portant le nom sas- 
dit? Il y a peat'étre là quelque chose à 
démêler. Ln. O. 

* 

De l'nsage de se faire gratter les pisAs 
(IX, g, 87). -*- Voici une note et tWieù- 
taliste Lescallier, publiant en 180^ Quel- 
ques « contes indiens, extraits du Bahar- 
Danick. » Cette note est la première; 
p. 97. a Frotter la plante des pieds est lin 
usaçe général dans tout l'Orient, que Ton 
prétend, et que même l'expérience mon- 
tre, être très-propre à inviter au soàimefl. 
Ce sont ordinairement des esclaves feoiel- 
lesqui rendent ce service, comme ayant 
les mains plus douces et Tattouchement 
plus délicat. Ici le mari outragé eihploie 
sa femme à cette fonction^ comme pour 
l'humilier. » O. D. 

Dm, dissyUahe (IX, 66, 12», 179^. ^ 
Au seizième siècle on écrivait Ouy avec 
un tréma sur ïu: oUy. Exemple: a Oûf, 
brusquant aux femmes fines : » etc. « Oûy, 
elle en sera plus fine. » (Marot, Dialogue 
de deux amoureux.) Saiduarjo. 

a Plaidoyer de Preydier » (IX, 70, 126, 
180). — La description du livre, Jeqnel 
n'est pas si rare qu'on le dit, ne répond 
pas à la question. 

Le jugement a-t-il été rendu dans la ju- 
ridiction de Montpellier? D'aucuns croient 
(notamment M. Michel Nicolas, auteur 
d'un bon travail biographique et biblio- 
graphique sur le département du Gard) 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[10 mai 1876. 



273 



274 



que ce prétendu plaidoyer ne serait que 
matiàre à plaisanterie, et devrait être 
rangé, dans les catalogues, non à l'article 
Jurisprudence^ mais au chapitre : Facé^ 
lies ou dissertations singulières. 

Ce petic livre publié a Montpellier car 
rimprimeirr Rocnard, en i75o, a été réé- 
dité en i863, dans la Bibliotfièque curieuse 
de Gay, avec la reproduction de la figure de 
Tappareil comprise dans i'éditioa originale 
de 17S0, et dont on voit un joli spécimen 
au Biuséè de Çluny. 

Freydler, avocat à Nîmes, est inconnu 
parmi les personnes de la génération ac- 
tuelle de cette ville, et cependant son exis- 
tence ne remonterait pas à une date assez 
reculée pour qu'on ne pût pas rencontrer 
les traces de son existence ou de quelque 
membre de sa famille. 

La question reste donc entière: Que 
sait-on de Freydier? — Trouverait-on, 
aux Archives du Palais» à Montpellier, le 
texte d*un jugeixient et les traces d'une 
procédure relative à la plainte qui fait 
l'objet du plaidoyer? 

l'y ajoute ceci : l'exemplaire de la biblio- 
thèque de Nîmes contient la figure de la 
ceinture (de diverses formes). 

La lieure de Moreau, ajoutée à l'exem- 
plaire de la vente Dinaux, semble dési- 
gner un autre sujet. Peut-on savoir de 
quoi elle se compose ? 
(Nîmes.) Ch. L. 

«lUnifaa, journal du silènes » (IX, 73). 
—Aucun interrnédiairiste n'ayant donné à 
M. H. Tîedema]|i d'Amsterdam, les ren- 
seipements qu'il désirait obtenir sur 
« 1 existence obscure et passagère de cet 
étrange Moniteur de la presse parisienne, » 
il faut donc nous résigner à lui répondre 
nous-même que I'Unique, feuille de quatre 
pages, imprimé, en 1867. par J. Claye, 
n'a eu qu un numéro, comme l'y enga- 
geaient et son titre et le but où il visait. 
Signé Dixi^ il a pour auteur celui qui, 
dans le monde intermédiairiste, se signe 

Anibus. 

" Le Perrocraet de Déjazet » (IX, yS). -* 
La première livraison a 69 p. et un avis 
annonçant une seconde livraison» Le Bul- 
letin du Bouquiniste (t. 84, n<» 5046) indi- 
que deux livraisons de 69 p. et 87 p. Ce 
3 ni ne se rapporte pas à la pagination 
onnée par Ulr. — Il n'est pas question 
ou libraire Barba dans la i«» livraison, — 
Emile Vanderburch attribuait le Perro- 
?«et de Déjaj^et à Raucourt, sans doute 
Achille Raucourt, mort en 1 85 5. La for- 
mule « Tous les exemplaires non revêtus 
de cette signature seront réputés contre- 
faits » est paraphée A. R. — Voyez encore 
la Biographie générale, art. Deja^et. 

H. DE l'Isle. 



Candie. Droite (IX, 100, 154, 186). — 
Comme conclusion sur cette question assez 
embrouillée, en effet, j'offre le quatrain 
suivant, qui courut dans le temps sur les 
bancs des ultras de la Restauration ? 

Dans cette assemblée où Ton fauche 
Et le^ bon sens et le bon droit. 
Le côté droit est souvent gauche 
Et le gauche n'est jamais droit. 

B. X. 

Théodore DesorcmeB et Napoléon (IX, 
100). — Théod. Desorgues avait eu le 
malheur de naître, comme on dit prover- 
bialement, marqué au B. Le pauvre diable 
de poète était effroyablement bossu. Le- 
brun-Pindare, ce flatteur de tous les pou- 
voirs, avait, à ce sujet^ à Fépoque où De- 
sorgues fut arrêté et emprisonné par la 
police impériale, pour ce grand crime d'a- 
voir écrit une rime trop riche (Voy. In- 
temtéd, IX, 100), décoché contre lui cette 
épigramme : 

« Quand polichinelle Desorgue, 
Ce petit bossu rodomont. 
Sur la montagne au double front 
A voulu grimper avec morgue, 
On diroit que le double mont, 
Pour se venger de cet affirotit, 
Lui-même a grimpé sur Desorgue. » 

Tru^ti. 

Le nom primitif des Beanharnais (IX, 
loi, i56). — S'il y a des noms primitifis 
changés ou déguises, d'autres, tout aussi 
ânguliers, n'ont pas été dénaturés. Aussi, 
la famille Bouchaud , qui avait des 
armoiries cariantes où figurait comme 
pièce principale un bouc saillant, trans- 
formé depuis, au moyen d'une amputation 
complète, en bouc dressé, aurait sans doute 
altéré son nom s'il eut été renversé. Voir 
à' la Bibliothèque nationale le registre des 
armoiries de la généralité de Provence. 

Une publication de M. de Coston 
(Origine des noms et des armoiries) donne 
des détails fort curieux sur plusieurs faits 
de même nature. - - V. de V. 

Lemiére (5tV) sacristain (IX, iip, 134). 
— Il me semble, malgré la rectification 
du questionneur, que nous manquons dV 
et de lumière, d'abord parce que j'ai tou- 
jours vu le nom de Lemierre écrit par rr^ 
et ensuite parce que, d'après la phrase 
citée, la qualification de sacristain s appli- 
que au père, non au poète. Rien, du reste, 
ne fait supposer que ce dernier en ait été 
réduit à cette extrémité, d'après la notice 
(par René Perrin) qui précède ses œuvres 
complètes, Paris, 1810, 3 vol. in-S®. A. D. 

Style macaroniqae (IX, 129). —La no« 
tice de M. G. Brunet, placée en tête d'une 
traduction de Merlin Coccaic (A. Delà- 



H- l^i.l 



L'INTERMËblAIRE 



275 



276 



hays, 1839) doùne à ce ivt)et Topinlon de 
Folengo luî-inéitie. « Ars istapoetica non- 
ctlpatttr mncaroniùa, a fhaearonibus deri- 
yata, quia macarones sunt qnodam pul- 
mentum farina caseo botirô compàgidatutn 
grossum, rude et rusticum : ideo macaro- 
nices nil nisi grasseninem, roditatem et 
vocabulaczos débet id se continere. » 
Mais M. G. Brunet ajoute que dans le 
Carmen macaronicum^ d'Alione d'Asti, 
« Tun des plus anciens auteurs dans le 
genre macarooi<)ue, le principal .person- 
nage est Un fabricant de macaroni, ce qui 
explique suffisamment et le titre de ma- 
charonea que porte cette facétie, et le nom 
de macaronique donné au genre burlesaue 
dont cette même facétie paraît avoir été le 
modèle. » Je préférerais volontiers cette 
seconde explication ; car le macaroni est 
loin de me paraître un mets grossier, et il 
me semble que telle n'était pas non plus 
l'opinion de Ëoccace, quana il parlé des 
maccheronî, aans lanouv. i, liv. VIII, de 
son Décameron. CD. 

— Consulter, à ce sujet, le Mascurat de 
Naudé, les Mélanges de Ch. Nodier et 
surtout le Macaronéana d*0. Delepierre. 

A. D. 

— Littré : Macaronée. Titre du. poSme 
macaronique de Théophile Folengo.., 
pièce de vers en style macaronique. — 
Etymologie, macaroni. On a remarqué 
que le* caractère plaisaht, dans le popu- 
laire de plusieurs pajrs, a été désigné par 
le nom de Talitoent favori de la nation : 
ainsi les Italiens appellent les plaisants de 
cette espèce macaroni^ les Français, Jean 
Farina ; les Anglais, John Pudding. 

E.-G. P. 

Los Aniodidactes (IX, i3o> 21?). No- 
tions Çurtius Rufus. jibère disait de ce 
Romain : a II est né de lui-même. » (Tacite^ 
Annales, 1. II. — P. 79 de Bagatelles 
MoraleSt parTabbé Coyer* Londres, 1763, 
in-i2. H. I. 

Goisarme (IX, 1 32, 214). — Le nom de 
cette arme, dont l'origine serait inconnue, 
ne vienarait-il pas, parjune tradition gau- 
loise, de l'instrument sacré, vulgairement 
la faucille d^or des druides qui servait à 
couper le gui sacré, et qui aurait eu non la 
forme de cet instrument aratoire, mais 
qui se serait rapproché de celle du séca- 
teur armé d'un long manche dont se ser- 
vent Jes jardiniers pour émonder les hautes 
branches ? J'ai entendu exprimer cette opi- 
nion sans pouvoir citer de textes. Rien 
dans le Dictionnaire du Mobilier, de Viol- 
let-Le-Duc, I. V. Armes offensives et 
défensives (voy. Guisarme)^ ni dans le 
Dict. des institutions de la France, de 
Chéruel. L'abbé Dufour. 



GUières, OnUières (IX, 134, 214). -Je 
suis d'accord avec M. Ri, quslnt à l'inter- 
prétation générale qui lui fait considérer 
la terminaison fère, ières, comme l'indice 
d'un lieu de production ; mais, dani ïes- 
pèce^ je crois qu'il se trompe en ratta- 
chant Ollièreè^ au radical olea^ olive, 
oleum, huile; et Je le prouve r 

I* Tous les lieux cités ont deux /; 

2« Ils sont situés dans des régions eo 
dehors de la culture de Folivier, qui ne 
sont pas en France des départements mé* 
diterranéens, de Nice à Perpignan, et ne 
dépassent pas dans le bassin dû Rhône 
les arrondissements d'Uzès ëi d'Orange: 
Saint-Jean des Ollières et Saint-Martin 
des Ollières (Puy-de-Dôme), Saint-Denis 
des Ollières (Rhône), ne {Possèdent certai- 
nement pas un pied d'olivier. On n'en 
rencontre pas même dans l'Ardèche, où 
se trouve un bourg non cité : les Ollières, 
arrondissement de Privas. Tous ces noms 
doivent se rattacher plutôt d olla, pot, 
marmite, et indiquent probablement la 
fabrication des poteries, et non de Thuile. 
J'en dirai autant d'un village dû Gard, 
Saint- Victor des Ouïes, arrondissetoent 
d'Uzès, appelé au moyen âge: Sanctus 
Victor de Ollis. Le pot de teire s'appelle. 
dans les parties du midi de la France: 
Ouïe, oulle, (Nîmes.) Ctt. L 

tt Là PjTthie philippise » (IX, i63). - 
C'est un mot de Démosthènes, qui accu- 
sait ainsi l'oracle de Delphes d être tendu 
au roi de Macédoine. On l'a signalé comine 
une preuve de l'afifranchissement du senti- 
ment religieux â Athènes, où autrefois 
toute l'autorité de Périclès. toute la vogue 
d'Alcibiade, ne pouvaient résister à des 
accusations de sacrilège. O. D. 

Racontar (IX, 164). — Ce mot, dont le 
besoin ne se faisait guère sentir, non plas 
que l'emploi auquel il est destiné, ^^ 
paraît fabriqué pour suppléer à l'absence 
d'un substantif désignant particulièrement 
les cancans, les prétendues indiscrétions, 
les médisances, qui formant la spécialité 
de certains journaux spéculant sur le scan- 
dale et me paraît avoir été choisi, â cause 
de leurs analogies, pour remplacer awfl''«i 
devenu trop populaire. A. D- 

DrSlesse (IX, i65). — Je trouve déjà 
cet adjectif substantivé et ainsi amené 
dans un joli passage de : « Ep 

vous donc encore de ceux-là qui croient 
que les laides....? Vous aveas doncques 
vescu le nez pendu danS une bouteille- 
J'en sais une bonne troupe; il ne les faut 
pas nommer : on dirait que nous serions 

le m , ou qu'il y auroit du butinée 

departy. Je vous renvoie à Chloé, Galia, 
Lesbia, et autres drolesseSy qui, quoique 



DES CHËrtCttËUkS Et CURIEUX. 



[lo mai 1876. 



277 



278 



laides, ont trouvé des eètaîoris ; waià c'a 
esté à gages... » N. B. 

— Voir Je Dicti Littré^ où les articles 
drôle çtdrôlesse sonttrès-développés. Dès 
le XVI* siècle^ le mot drôlesse élSLit em- 
ployé dans le même sens qu'aujourd'hui. 

É.-G. P. 

tn bondet àtii îiàYèts (IX, î65). — Je 
ne connais pas non piiis ce gehré de bon- 
nets. Il faudrait consulter les recueils de 
dessins de modes; On û. mis sur la tête des 
femmes des papillons^ defe tours, des bas- 
tilleS) des guillotines, des fleurs naturelles 
et facticesj des légumes de toutes sortes. 
Il n'est pas étonnant qu'oii ait coiffé des 
villageoises avec des navets. La mode 
met toutes choses à toilte.â sauces. Et qui 
sait? Pourquoi un canaril lui-même n'au- 
rait'ilpas figuté atee des nav&ts, au milieu 
des cheveux ? E.-G. P* 

— On trouve, dans \èî Souvenirs de là 
Marquise dé Créquy^ des détails assez 
éteilduâ Sur cette itiode bizarre d*6rtier les 
CoifFui^es des femmes de légiltties naturels. 
Ces coiffures, on se le rappelle, avaient ac- 
quis, vers ia fiil du XvIII« siècle, des 
dimensions extravagantes ; et M"»^ de Cré- 
qui ajc5ilfcè que cette mode de légumes fit 
furelir, p'drce qUé Toh rémarqua fcjuè les 
légumes étalent plus naturels que leâ 
fleurs. Sihgulière préocctj patio il du natii- 
i*6l pbiir accbmpagner des chevetix que 
l'on déhàtiit-ait avec la poudre 1 O. D. 

Un opéra en prose (IX, 166). — Le cri- 
tique musical du Temps ^ M. J. Weber, 
admet fort bien la coniposition musicale 
sur un livret en prose; il préférerait même 
de beaucoup un tel livret à ceux qu'on fa- 
brique souvent en prétendus vers, surtout 
quand il s'agit d'oratorio^ bu cantates bi- 
bliques,,témoin celles du Déluge (2 1. nov.). 
Citant le texte latin du Psaun(ie XVIII, 
« y a-t-il là, dit-ilj des vers pu de la rime^ 
Ce sera un beaia jour^ celui où les musi- 
ciens, les littérateurs, les traducteurs et 
les éditeurs comprendront que la rime n[a 
que faire en musique» » C'est une théorie 
comme une autre; mais que faut-il en 
penser? V. M. 

Guèpin (IX) 166, 222 » 247). 

ife n© sais pluà qiifel biographe allègre 
A dit ceci : « Monseigneur d'Orléans, 
C'est un calice de vinaigre. » 
— L'esprit du mot « Guépin » n'est-il cas tout 

(leans.^ — 
Ulr. 

^ Léaniy là-dedans, adv. Vieux mot, l'opposé 
Je Céans. Ainsi, Mafot, dans son Epitaphe de 
hrere Jan Levesque, cordelier, natif d^ Orléans. 

Ci-gist, repose et dort léans 
Le feu Evesque d'Orléans... 

te Biographe, auquel fait allusion M. Ulr, 



ne serai t-11 pas M. Pierre Vérbn, du Charivari, 
le malin auteur du Panthéon di poche (1875)^ 

Réd» 

Âtténda que:.. (IX; 166). — Cette locu 
tioh, qui n'appartient pas ezdusivement 
au style judiciaire , s explique parfaites 
ment, si 1 on se reporte au sens primitif 
et étymologique du mot attendre: adten^ 
dere, tendre vers.., dirigei- son esprit 
vers... Attendu que veut donc dire littéra- 
lement: étant fait attention que^ étant 
considéré que. Ce participe absolu est 
bien à ^a place en tête de chaque motif 
d'une décision. Dicastès. 

— Cette locution est fort ancienne» 
puisque Littré cite un passage de Mons- 
trelet^ où elle se trouve^ et à\t plus, elle 
n'est pas exclusivement en usage dans la 
pratique, car on la trouve dans des écri- 
vains élé^aiits, Bërhët-dlri de Saint- Piferi-e, 
Destduches, etc.; citée âtisii par Littré. 
Elle èigiiifié vu que, tonàîdéré que. Elle 
ne vient pas dû véi-bë attèfidre , fclle Vient 
du verbe ktin attejidére\ rettiarcjuéf; d*oii, 
en français, attention. S. E. P. 

• . ■ - ' 

Un quatrain étymologique (IX^ 196)» — 

Le premier vers; de ce quatrain ne donné 

pas le te?tte exact : 

Aîfanâ vieilt d'equuS, satis doUte.J. 

Ce trait, dirigé contre Mérikgé et sôd 
Dictionnaire étymologique ,$& troute dâtis 
un recueil plusieurs fois réimprîrhé (tloiam- 
mëtlt dans la Collection des petits classi- 
ques français, publiée par Ch. Nodier, 
1823-27, é vol. ih-i6). Je veux parler des 
Diverses poésies du chevalier d'Aceilly 
(c'est-à-dlré P. de Cailly. Paris, 1667). Le 
quatrain dont il s'agit à été cité pâi- le P. 
Bouhours, dans la Manière de bien penser 
dans les ouvrages d'esprit ; il a été inséré 
dans les Biographies Michaud et Didot, 
art. Cailly. B. T; 

— Le quatrain cité se trouve dans les 
« Diverses poésies du chevalier d'Aceilly 
(De CaiUy). Paris^ cheai André Gramoisy, 
et se donnent au Palais. » 1667, in- 12, 
p. 47. En voici le véritable texte : Sur 
rétymologie du mot italien Al fana, qu'on 
soûtenblt vertlt db latitl Equus s 

Al/and vient d'Equus sans doute; 
Mais il faut avotler aussi. 
Qu'en venant de là jusqU Icy, 
Il a biân changé sur la route. 

P. BlanchëmaIn. 

— ... Revenant sur ce sujet, le podte 
Orléanais ajoute, dans son recueil, publié 
chez Ribou en 1667 : 

qu'on m'assure qu'Alfana vienne 
a Equus, d'Equa, de chien^ de chienne^ 
je ne m'en étonnerai pas. 
Ainsi, dans les métamorphoses, 
d*EuphorbUs vient Pythagoras, 
par d'étranges métempsycnoses. 



N» 192.] 



L'INTERMÉDIAIRE 



279 



280 



N'est-ce pas le cas 4e rappeler la plai- 
santerie de Voltaire faisant dériver Chopine 
de Socrate} A. D. 

^— Il est du chevalier de CaiUvy qui, par 
anagramme se faisait appeler aAeeilljr.., 

M. S. verra peut-être avec plaisir 

ces vers du même auteur, « sur Tétymolo- 
gie de chante-pleure : 

Depuis deux jours on m^entretient 
Pour sçftvoir d*où vient chante-pleure. 
Au chagrin que j'en ai^ je meure! 
Si. je sçavois d'où ce mot vient. 
Je l'y renverrois tout à l'heure! 

E.-G. P. 

— Ce quatrain se trouve cité tout fraî- 
chement et plus exactement à la paçe 44 
d'un nouveau petit livre qui a pour titre : 
A travers les mots.,,. Âmibus. 

Un mot d'argot tndesqpe (IX, 1 97, 25 x). 
-— Est-il bien tudesque/ Si j'ai bon sou* 
venir, il fut employé par les Français, 
lors des guerres au premier Empire, pour 
faire comprendre aux Allemands ce qu'ils 
ont voulu nous faire comprendre à leur 
tour. Us l'avaient conservé, ils nous Tont 
rapporté. Nous avons encore dans notre 
patois morvandiau, le vieux verbe chû" 
poutery employé surtout par les sabotiers 
etles charpentiers,lorsqu'il s'agit d 'amincir, 
d'équarrir une pièce de bois. La corpora- 
tion des susdits charpentiers se nommait 
encore, il y a à peine un siècle, corporation 
des Chapoutiers. — Ce qui est capout^ 
c'est, si je ne me trompe, ce qui est cha- 
pouté, coupé, tranché.«. 

Le chapon ne serait^il pas l'animal qui 
a été chapouté, coupé^ amoindri ? 

LnG. 

— Dans le Dict. comique de Leroux 

gLmsterdam, i75o), on lit : Capout-mac. 
icton que les François ont inventé de la 
langue allemande, qui signifie : tuer, cou- 
per la tête, mettre en désordre. 

E.-G. P. 

— Je me rappelle avoir entendu dire en 
Orient : capout-morto. Voilà bien du sabir. 

H. DE L*ISLE. 

T à la fin des noms de lieux (IX, 197). 
— Y représente dans les noms de lieux un 
I latin : Clichy, Clipi-acus, Savigny vient 
de Sabini-acum^ propriété de Sabinus. La 
tinale celtique ec servait, selon Houzé, à 
donner aux noois propres un sens de pro- 
priété. Les Romains, héritiers des Celtes, 
apportèrent des variantes, et ec se changea 
en è, en a, en y^ en e^, etc. 

Pouilly, c'est Pauli-acus, Le suffixe ac, 
dit encore Houzé, était représenté dans le 
dialecte cambriqueou gallois, ^?ivaweauc; 
dans le dialecte armoricain ou bas-breton, 
par ek; et dans la langue irlandaise, par 
ach ou ech^On se servait de cette finale 



toujours dans Tintention d'ajouter un 
qualificatif à un mot, mais avec des ouan- 
ces différentes. 

Maany a le sens de mansionile. Toute- 
fois, il y a un ma fus gaulois qui pourrait 
avoir quelque droit à la paternité des Ma- 
gny ;Magniacum est la latinisation du ro- 
man Magny ^ et peut-être du celtique 
magen ; en effet, le territoire de Megenum 
(Prusse-Rhénane) est nommé Comttatus 
Magnacensis en 926. Ri- 

L'anteur de 1' « ImlUtion d« J.-C. » (IX, 
108, a 52). — Il s'agirait de la solution 
d une question très-complexe et qui a 
donné lieu à plus de 5oo ouvrages, sans 

Sue personne ait encore pu rédaîrcir, 
I. Loth moins que tout autre. L.e pré- 
tendu manuscrit de 1406 n'est pas daté: 
de l'aveu de M. Loth, il faut chercher sa 
date entre 1394 et iii3 {Revue de l'art 
chrétien^ n^de déc. 1874 et de sept. i8;f5). 
Lors même que le manuscrit en question 
serait de 1406, Gerson, â^é de 43 ans, 
pourrait être l'auteur de Vlmitation^ et les 
raisons données par M. Loth pour sou- 
tenir qu*à cette époque, il n'avait pu faire 
ce livre, sont tellement faibles, qu'il n'est 
pas possible de s'y arrêter. Je conseillerais à 
(^uintilius de consulter : 1^ Etudes histo- 
riques et critiques sur Vlmitation de J.-C. 
(Paris, Bray, i855); 2» Gersoniana : 
limitation de J.-C. dans les œuvres de 
Gerson (Vers. Paris, Bray. i856) ; Z* Cause 
de Vlmitation ie/.-C, réplique et conclu- 
sions, par G. Ch. M. vers. (Toulouse, 
Abadie, 1861); 4^ Clé de F imitation de 
/.-C., par Jean Darcke (Thorim. Paris, 
1874). Ce dernier livre est une réfutation 
spéciale des articles de M. Loth. — Quant 
à l'attribution de l'Imitation à Thomas 
A-Kempîs« elle est insoutenable. Le seul 
titre d'A-Kempb est une copie signée de 
lui, non-seulement de l'Imitation, mais 
des Evangiles et des Epîtres de saint Paul, 
que nul ne s'est avisé de lui attribuer. 
A-Kempisn'aété que le copiste inintelligent 
de l'Imitation. Sa copie fourmille de £autes 
grossières que l'auteur n'aurait pas com* 
mises. (Voir, outre les ouvrages cités plus 
haut, la Revue de Vart chrétien^ n*** de 
janvier et février i858.) Il reste un pré- 
tendu abbé de Verceil, Gersen^ qui n'a 
jamais existé. Il a été surabondamment 
prouvé qu'il n'est autre aue Gerson nommé 
à tort Gersen. Ce qui l'établit, c'jsst que 
le nom de Gersen ^ donné par lesipaniis- 
crits portait : Cancelliarius^ c'est-â-dire 
Chancelier, ce qui était le titré dé Gerson, 
Chancelier de Paris. Pour moi, Gerson est 
le seul, parmi les auteurs dont les droits 
ont été discutés, qui puisse être Fauteur 
de Vlmitation de J.-C. E.-G. P. 

Saint -Mesmin, graveur à Philadel- 
phie, etc. 1792 (IX, 198). — A la vente 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[lo mai 1876. 



281 



282 



Curmer, faite le 10 mai 1874, par A. Labitte, 
j'ai acheté un charmant volume portant 
le n« 25o, intitulé : Gagne-jpain d'un exilé 
aux Etats-Unis (T Amérique ^ de iy^3 
à 18 14, par Fevret de Saint-Mémin. 
Dijon, 1842, in-8o,chàg.r., dent., dos orné, 
tr. dor. Recueil de 16 portraits dessinés 
en médaillons et parfaitement gravés à la 
manière noire, par Fevret de Saint-Mes- 
min. Au bas de chaque portrait se trouve 
le nom du personnage, écrit de la main 
du graveur, ainsi que le titre. Sur la garde, 
on lit un envoi autographe, signé de Fe- 
vret deSaintrMesmin, à Gabriel Peignot; 
puis une note de la même main. Le nom- 
bre des portraits de ce genre dessinés et 
gravés par M. de St-M. dans les princi- 
pales villes des Etats-Unis d'Amérique 
s'élève à 760. Mon recueil contient le 
portrait de Fevret de St-Mesmin. 

£!• M. 

Photographie de Béranger (IX, 198). — 
En 1859, l'éditeur Perrotin a publié, parmi 
les gravures destinées par lui à orner la 
première édition de Ma Biographie (in-8, 
1857), la photographie d'une tête de Dé- 
ranger mort, reposant sur un coussin 
qu'entoure une couronne de laurier. 
Cette photographie est la reproduction 
d'un marbre de Geoffroy Déchaume dont 
roriginal avait été moulé sur nature par 
l'artiste lui-même, a Personne autre que 
lui, dit une note de la première édit. de 
Ma Biographie (p. 322), pendant la der- 
nière veille, n'a été admis à dessiner ou à 
modeler le visage du poète, et aucune des 
images qu'on a répandues dans le public, 
soit en gravures, soit en épreuves photo- 
graphiques, ne présente le caractère ni 
même rapparence de la vérité. » Ulr. 

— Béranger s'est fait photographier 
en 1 85 5 : il est représenté assis, vêtu d'une 
robe de chambre, le bras droit appuyé sur 
une table. C'est d'après cette photographie, 
retouchée par Sandoz, qu'a été gravé sur 
acier par Massard, en 1860, un portrait 

3ui se place en tête de la Correspondance 
e Béranger. — Le portrait, qui est en 
tête de rédition in-^o des C/r^n50«5, publiée 
par Perrotin en 1806, a été copié sur cette 
photographie. — Il existe aussi un por- 
trait au daguerréotype, qui a servi de mo- 
dèle au grand portrait gravé par G. Lévy 
en i855. — On trouve des renseignements 
très-détaillés dans la Bibliographie de 
^ Œuvre de Béranger y qui vient de paraître 
chez L. Conquet, libraire à Paris. 

G. Brivois. 

Un passage des « Mémoires du cardinal 
de ReU » (IX, 199). — Quand Pallecan 
(lisez Palluau) assurait Retz « que ce qu'il 
avait vu ne pouvait pas être un original, » 
il voulait dire évidemment qu'il avait vu 



' une copie; quelle copie? une copie de 
M^ de Retz elle-même, d'un jeu ae co- 
quetterie qu'elle avait dû jouer plus d'une 
fois, soit devant son miroir, soit même et 
surtout ailleurs. Si les commentateurs 
n'ont pas fait de note à cet endroit, c'est 
sans doute qu'ils ne voyaient pas là 
d'énigme. H. R. 

— Un mot d'abord : Pattocan est une 
faute d'impression; il faut lire Palluau, 
Sur le fond de la question, il ne faut que 
lire attentivement le récit pour comprendre 
le texte, si obscur ou'il soit lorscju'îl est 
cité isolément. Gonaî raconte qu'il voulait 
échapper à l'état ecclésiastique par un 
riche mariage avec Mlle de Retz (alors 
nommée Mlle de Scepeaux) et qu'il avaitré* 
solu de la conduire à l'étranger» Aidé par 
une vieille fille de chambre de Mile de 
Scepeaux, il entame une intrigue avec 
celle-ci. Comme la jeune fille, jalouse de 
sa sœur et à laquelle il avait fait croire 
qu'on la voulait faire religieuse, ce à quoi 
elle répugnait, répondait a ses Vues, ses re- 
gards, naturellement langoureux, 1 étaient 
sans doute devenus davantage par suite 
de ses espérances amoureuses. Palluau, 
s'en étant aperçu lorsqu'elle se regarda au 
miroir, devina probablement que cette 
langueur venait d'une intrigue; il en aver- 
tit Madame de Retz, qui fit manquer le 
beau projet d'enlèvement du jeune et en- 
treprenant Gondi. Peut-être (ce que le der- 
nier ne dit pas) était-il dans la ruelle et ser- 
rait-il la miirL de Mlle de Scepeaux. Quoi 
qu'il en soit, la perspicacité de Palluau fut la 
cause de l'insuccès de l'intrigue, et l'amoù- 
reux^ forcé de rester dans la carrière ecclé- 
siastique, devint cardinal. E.-G. P. 

Lord Byron, Jugé par les témoins de sa 

vie riX, 202). — Cette véritable histoire 
psychologique et littéraire de lord Byron, 
d'après les témoins de sa vie, contrôlés et 
plus d'une fois redressés par un témoin de 
son cœur, a pour auteur une femme, qui 
a dû bien connaître le grand poète et 
Ta vengé des commérases du capitaine 
Medwin et de lady Blessington, de la 
trahison de l'infidèle dépositaire Thomas 
Moore et des pamphlets de Southey, de 
Leigh Hunt, de Trelawney et de lady 
Beecher-Stowe : Teresa Francesca Olim- 
pia Gaspara Gamba, veuve en premières 
noces du commandeur Alessandro Guic- 
cioli, comte de Monteleone; en deuxièmes, 
de l'ancien sénateur Hilaire">Etienne-Oc- 
tave Rouillé, marquis de Boissy du Cou- 
dray, et morte à Florence le 2 1 mars 1873. 
Quant aux Mémoires du spirituel mar- 
quis, si connu par ses sorties fantasques et 
par sa haine de TAngleterre, ils furent 
rédigés, d'après ses papiers, par M. de 
Lescure, et publiés sous le pseudonyme de 
Paul Breton, avocat, l'un de ses anciens 
secrétaires. A. D. 



Ns 19».) 



L'INT^EMÉmAI&E 



283 



284 



-rr L'auteur d^ ç€{ ouvrage e$t la mar- ] g^nç^ d^s courbe^; si qu néglige h ci 

t^is^de Bois$Y, la pi-dev|iQt célèbre coip- I cul, etc. » — Voltaire s'ça prend ici 

tfssé Gyjccipfi. Pour réditiqn anglaise, ' — " ^ ' ' -'* 

intitulé^ : ^y recqlleciiones çf Lord B^- 



cal 
au 




gleterir^ à Paris. 



John DpiUM. 



Mçsiire des toUea et paimpaïuc à pein- 
dre (IX, 2o3).— A laçage 5i5 àyx Diction- 
naire portatif de pei^ti^re, de dom Per- 
nety (Paris, 1757), se trx)uve au mpt (oj/^, 
l'ej^pUcation demandée, f On les trouve 
tput^ imprifpées chez les marchands dp 
cpuleursîil y ea ^ de toutes grandeurs; 
jpais ils qe préparent prdih^irem^^; que 
des toiles d^ mesur^y c^p^t-à-dirp qui POt 
qne grandeur fixe et déterminée ; pn ]^ur 
donne le app:i 4» prix qu'elles çouteqt. 
^nsi, on appelle foile de quatre, celle qui 
poû^e quatre sois , toute imprimée et 
çÏQUén siir $Qp çbassiç, Ùe^ toiles de 4 ont 
I pied sur 9 poucef * ¥ S^it la nomenclfi- 
tufe des toiles usitées alors, ep Ts^uteur 
^foute; ft A^-de)à, les grandeurs ne çoi^tp^ 
fixées, nop plM« qufi le prix. <» Les prix ont 
^l^apgé S4n$ doute; mais le POQ) est re^té 
le wêiçie, E.rC. P. 

ŒnTres de George Sand, papier de 
Hellànde (l^, 2p3). — J'âJ recueilli et 
choisi, avec yn soin de bibliophile, des 
exemplaires du pren^ier tiriage de presque 
tous ceux fies romans de M«»* Sand ^ui 
ont paru pour la pi'emière fois, sous la 
forme de yolumes dé "bibliothèque, à la 
susdite librairie ^iche! Lévy! Je ne pense 
pas — et pour cause ! — qu'il en ait été 
publié aucun en tirage à part sur papier de 
ijQjJaitide. 

Ah! la maison Michel Lévyl 
(il' faut bien le dire ici-cnêmc.) 
Le lu;fe, n'^st pas ç§ qu'elle aim^! 
Se^ m^i}leur§ fiyreii^ ^ l'envi, 
To^s, tjré^ s'pr papier ^ sucrç, 
Çpiî^ de'sj.. 4-di-ti-àt^ dç Ivcrf. 

_ ' VtRiP/ 

Une chtrge p]iilfilogi«iie i fond de Irai». 

<IX,225).r^ Le'chroniqueurdu r€W/?^,àqui 
M. Scherer avait adressé sa lettre philolo- 
gique, a riposté (20 mars) par la piquante 
exhumation d^un opuscule Ibct peu connu 
de Voltaire : Conseils aux journalistes^ Il 
paraît qu'alors la langue était déjà tr^s-gen- 
liment écorchée par eux. Ce qu*il y a de 
curieux, c'est que Voltaire se plaint, à tort 
ou à raison, de néologismes, d'abus, qui 
oat prévalu et qui valent plus ou moins, 
mais ne nous choquent plus du tout au- 
jourd'hui. Par exemple : « La nature fait 
Us fraisée cette dépense; — il faut n^ettre 
sur le compte du vitriol romain un mérite 
dont nous faisons honneur à l'antimoine ; 
— un ^stlme de mise, — adieu finteUir 



« mélange des styles ; 9 il remarque que l'on 
se laisse entraîner à cônfopqrç la langue 
de^ idées nouvelles, celle des sciences, avec 
le langage ordinaire, et réciprqquement. 
î^ 'est-ce pas, en effet, ce qi|j est arfivé de 



pl^s en plus: et dans une pçftaine mesure 
ét^if> il possible d'écHapper à ce va*et- vient 




et go;hique, » celui du Palais, c^es édits 



et des Ipjs ; « On di; que les assiégeants 
auraier^t battu en brèppe... (le pongition- 
qel pour le présent). On nousf^i/rii/r remon- 
tre... Lettres rojraujç... Voulons et nous 
plaît (formes surannée^ et antigrfimmati- 
cales). » Voltaire voudrait que Ton fît « ps|r- 
ler le langage ordinaire auf lois elles- 
mêmes,qui sont faites pour être entendues 
aisément. » Il impute surtout les abus si- 
gnalés aux gens de lettres et aux ^azetiers 
étrangers, c'èst-à-dire à ceux qui travail- 
lent en Hollande, où ils infectent leurs li- 
vres d^une autfe espèee de barbarie qui 
vient du langage des marchands. Et juste- 
ment il cite ici une des locutions relevées 
par M, Scherer : « ils commencent, dit-il 
à écrire par contre, pour au contraire; 
cette présenté, aii lieu de cette lettre; le 
change j au lieu de changement. » 

Tout ceci ne nous amène-t-il pas à re- 
connaître qu'on fait bien de crier gare, 
mais qu'on a beau ^ire, la corruption, ou, 
si .l'on veut, la transformation d oàe lan- 
gue va incessamment sqii train. En dépit des 
critiaues et des Académies, une langue vi- 
vante et courante est toujours, quoi qu'on 
fiasse... une « fille mal gardée. 9 S. D. 

— M. Scherer, amené à parler d'un 
« remarquable article posthume de M. de 
Montalembèrt, qui se pmblie en ce mpment 
dans la Bibliothèque universelle {de Lau- 
sai^he), vieiit d'écrire ce oui ^iiit : « On 
« comprend quel est Fintérpt de cet ardent 
« plaidoyer; c'est un croyant convaincu, 
tt mais en même teinps passionné de vé- 
o rite et de justice j qui, eh face de la mort, 
a veut exprimer une dernière fois les irré- 
« pressibles convictions de son ânie géné- 
« reuse; c'est le catholicisme Ijbtfral, qui, 
a ail moment où il va être condamné, pros- 
u crit, comme ie pire ennemi de l'ortho- 
« doxie, jette tme protestation sii'prJme en 
« faveur de ce qui rut, il faut bien lé recon- 
« naître, une illusion, mais une nofejç et 
« sainte illusion... » (Temps, 19 avril). 

C'est sur le mpt irrépressibles , on lé de- 
vine, que j'attire l'attention. Ce mot, je ne le 
trouve pas dans les lexiques ; je crois ne 
l'avoir jamais rç))ppptré; i) e^t#a|2s doute 
de création spontanée; mais e^ pst^'û 
moins bon français pour cela ? ap féppnd- 
il pas è un besoin ? Quel autre mot ppur? 
rait aus^i bien rendri^ l'iàé^ qufil exprime 



DES £;Hp;iicH£yR$ ET ciiflLfen/x. 



[lo m^î 1876* 



285 



3S6 



ici? Il nje ^f^mblp ^onc que M- Scherer a 
eu raisjQn d'e^^ (enrichir soi^ ypcabulaire ; 
et, en usant de ce néologisqie, nVtril pas 
un p,eu raison cpntre lui-mêipe? 

Moineaa (iX, 229). -^ N. Landais in- 
dique à ce mot deux étymoio^ies ; celle de 
Ménage, du grec momoSy solitaire « parce 
qu'il y a une espèce de moineaux qui ai- 
ment à vivre seuls; A et celle de Bélon, « de 
moine, à cause de la couieur ^rise de son 
plumage. » Mais d'autres, moms révéren- 
cieux, jont prétendu ^ue cet oiseau avait 
été nommé petit moine y à cause de son 
importunilé et de son avidité. O» D. 

lËmifM^ im,, w§). -r Çfi ^m pwt se 

traouu'e par débralll^, ipal ajust.é. Du 
temps de &carron,**ié haut-de-chausses 
était ferm4 £t spiitepu paf des aiguilkttes. 
Or, tput xiigliffei^t qui n'attachait pas avec 
soin ces iionaoreuse^ aj^i^iïlettes se trou- 
vait mal égiUlleté (ofL ^vcf^it ^.uio\irà'iim ' 
mal boutonné). Il est certain que les per- 
sonnes qui ne boutQnfient pas leur planta- 
Ion, soit pour soutenir ce vêtement iur 
dispensable , SQf^ pour ea dissipauler 
Touyerture, se doncyent un air ridicule qui 
ne leur attire pplnî^ les favieurs de dame 
Fortune. Cepei^dant cette Déesse a prodi- 
gua ses largesses à u^ tas jd^ saas-culottes. 
Peut-être vaut-Il jqai^ux être sans culotte 
que dfébrailjé q^ niai éguillfeté. Y, ps: V. 

— « Mais surtout elle sera charmée de 
votre haut-de-chausses, attaché au pour- 
point avec des aiguillettes. C'est pour la 
rendre foUe de vous ; et un amant aiguille té 
sera pour ^le ua ragoût merveilleux! *> 
Ainsi parle Frosine à Harpagon : entre 
l'ouvrage cité de Scarron, et V Avare de 
Molière^ il s'était écoulé assez de temps 
pour que la x&ode que paraît approuver 
le premier, fôt déjà surannée. O. D. 

J.-Ç. Perrpneau, Miîiltre 4e fjprtraits 
(IX, 229). ~ Ayons recours aux Arcî}îvek 
de V Art français. Pe^ recherche? faites p. 
l'Ecole des Beaux--^rt§ par M. L. pusr 
sieux Jious pnt valu U liste exacte et com- 
plète des naembres de TAipàdémie de pjeinr 
ture. P.erroneâu, peintre pastelliste, fut 
admis dans ï^ Compagnie le 28 juillet 1753. 
Il mourut âgé de 08 an§, ènnov. ijSd, Je 
ne puis a.dtfJ.etïre qu^'il ait été protes^nt, 
du moins à la fiate du 28 juillet 175 S. Il y 
avait à cela un obstacle absolu : r£gli;^js 
catholiq^ie (était alor^ n^aître^se 4^ terrain. 

JACQUES D. 

— JeaxirSaptis^e Perronneau, peintre de 
portrait à i'huile et au pastel et graveur, 
est né à Paris en 1705 ; agréé à l'Académie 
de peinture le 2^ août 1746, il a été aca- 
démicien le 28 juillet J753, sur les por- 
traits du sculpteur Adam aîné et du pein- 
tre Oudry. Ces deux tabl^eaux sont à 



r Ecole des Beaux- Arts. A|i LDuwe, il y a 
son portrait de Laurent Cars, graveur, au 
pastel. Perronneau a exposé en 1747, 1748^ 
1750J Ï753, Ï759, 1763, 1765, t86^, 1773, 
1777 et 5779« P est mort en ^pvemorp 
1782. ^ Crétait un hoiiime 4e beaucoup 
dé talent et le meilleur jél^ye de LatQur 
pour le pastel; mais sa touché est plus 
lourd,e que celle de soi^ maître. Les rpeil- 
ieurs graveurs du temps ont reproduit ses 
portraits. Son œuvre connue est trop nom- 
breuse pour que je puisse en donner ici la 
nomenclature. "E.-G. P. 

les « 4pi3})lf9 ?> pafjraliis 01^ ma^a)ipM 

(I3f, ?33). — Les archives 4,e l'état pivij 
de Lyon (anciens registres paroissiauic an- 
térieurs à 1 792} prouvent ^ue Pusage de 
donner plusieurs parrains ou marraines 




verç ;e commençeipisnt au a v 11°. r-r j ai yi| 
de^ i^Ptei^ de ^aptêfuè n^ei^tipnnafit jusqi;a 
trois marraine^^ur un enfant. 

Voici un extrait des registres de la pa? 
roisse de Saint-^Baui»de-Lyon i « Le vea? 
te dredi, premief jour du mois de décembre 
« (1564), a esté baptizé Gaspard^ fils de 
a noble Andr($ JVlorme]u. psleu pour le Roy 

îon^arraiii, le sirp Jaçqji^s Bruni^card, 
ic(marâ>agd; ^^ znarraiges^ Clguda Cla- 

[^ieçt T^y^ GroUier 9, J'ayais conservé 
cette Qotçi^ c£mse du souvenir de GroUier ^ 
si cher aux bibliophiles , et du nom dé 
Çlavel, femme d'Etienne Turquet^lé créa- 
teur de la fabrique des éfpffe^ 4^ yelourç 
d'ôr et d'arjgent à Lyon^ et je suis bieQ 
aise de tr<i>uver cette bpnpe .occasion de ÏQ 
produire, laquelle» outre son identité, dé^ 
montre le p;*oât que l'«n peut tirer de% 
vieux registres de nos bons ^et joyeux cures 
de l'ancien temps. ' y. pe V.' 



M. TU^S9 ra 183i. Le âw ÂB 

ta4i> — Ha paru à Londres, en 1874, un 
très^intéressant « Journal des règnes de 
George IV et de Guillaume IV (181 9- 
1837;, y^ L'aut^uj-, feu Ch.7C.rF. Greville, 
e^q.,secrétàire du Conseil sous ces deux 
rpis, .est mort iei^ i865. H ayait été 4 
même 4e voir 4)e ifè^rpfès $§^ cqntempo- 
rafn^ les plus éipi^je^ts* dont boqi npQjibre 
fuj-ent pieme seiç amis. Aii^si, }es tableau^ 
et les portràiu qulî a itSiçé^j de visu ft 0147 
ditù^ ont- ils une réëllè importance hist^qr 
riqùe. Voici un croquis dé M.' Thiers : 

jo sept^ i83 1 . — yeiî|4fi?cii f6^m à uu grf nd 
dîiier donné par Talleyrànîd (ambassadeur ^ 
L6n4res) en rhonnèùr dé m. Tliiérs, ministre 
du commerce en France. C'est un petjthommç, 
pas plus haut que Sheil^ tout aussi vulgaii^ 
{i^ulgar lookin^), portant limettes, et avec une 
petite vpi^ cnarde. U ^ 4té k^ directeur dv 
iffft(onalf il y avait ^crjt 4>¥^ll^l^ #;p|ic)^S 



N» 192.] 



LINTERMÉDUIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [10 mai 1876. 

— 287 288 

laaaeUe la forteresse de Carthage fut ap- 
pelée Byrsa, disant : « Alij dicunt pedQ- 
« niam tune ex corio bubulo fuisse, et inde 
« pecuniam dictam, quod ex peeore ori- 
« ginem duceret; tantum()ue fuisse inpre- 
« cio loci, quantum boTis unius conam 
« conficere potuisset. » Méziriac traduit 
ainsi : « Les autres disent ^u*en ce temps- 
là, la monnoje estoit faitte de cuir de 
bœuf, d'où vient qu'en latin ou rappelle 
pecunia^ pource que pecus signifie bes- 
tail ; et que la place que Didon achepta 
coustoit autant de ceste monnoye, qu'od 
en eust peu faire d'un cuir de bœut tout 
entier. » E.-G. P. 



et il fut un des prindpauz instigateurs de la 
révofaition de Juillet. On le dit tres-canible, et 
orateur, plutôt à la manière familière au Parle* 
ment anglais qu'avec l'emphase française. Tal- 
leyrand a de lui une haute opinion. Il a écrit 
une Histoire de la Révolution, ce gu'il regrette 
aujourd'hui : ouvrage bien Eût, mais où il émet 
une doctrine de fatalisme qui pourrait faire 
tort à sa réputation d'homme d'Etat. 

Voici quelques détails sur le fils de Na- 
poléon l*'.lls font voir sous un curieux jour 
ce prince gui fut assez « aimé des dieux » 
pour mourur jeune : 

Le prince Esterhazy m'entretint longue- 
ment au duc de Reichstadt, qui aurait proba- 
blement joué un grand rôle en ce monde^ s'il 
avait vécu. Il est mort d'un épuisement précoce 
causé par des excès de travail et de plaisirs. Il 
avait aes talents remarquables, il était « pétri 
d'ambition » (sic)^ adorait la mémoire de son 
père^ et pour la même raison il n'aima jamais sa 
mère. Ses pensées étaient constamment tour- 
nées vers ta France, et quand il apprit les 
journées de Juillet, il s'écria : « Qtie n'y étais-je, 
pour profiter de mes chances! » U témoignait 
oeaucoup d'affection et de reconnaissance a son 
grand-pere, et, de son côté, l'empereur Fran- 

C's, tout en remplissant ses obligations envers 
uis-Philippe, voyait avec une secrète com- 
Rlaisance les aspirations ambitieuses du fils de 
(apoléon. Il était instruit, méditait nuit et jour 
l'histoire de la glorieuse carrière de son père, 
faisait ses délices des exercices militaires, bril- 
lait à la tête de son régiment, et pratiquait 
déjà, comme par un don héréditaire, l'art de se 
faire aimer du soldat. Esterhazy me conta en 
particulier une anecdote qui montre à quel 
point la passion dominante du Jeune pnnce 
l'emportait sur les goûts de son âge. Il devait 
faire son entrée dans le monde, à un bal chez 
lady Cowley. Il avait montré un vif désir d'v 
aller, de danser et de flirter avec les beautés 
qu'il avait admirées au Prater. II y alla, mais il 
y rencontra deux maréchaux firançais^ Marmont 
et Maison, n'eut plus d'yeux et d'oreilles que 
pour eux, ne les quitta plus, ne s'entretint 

Su'avec eux. de neuf neures du soir à cinq heures 
u matin. Quoiqu'il n'ignorât pas ce que Napo- 
léon a écrit de Marmont, cela ne l'empêcha 
point de lui dire qu'il s'estimait heureux de 
faire la connaissance de l'un des plus anciens 
compagnons de son père, pouvant lui fournir 
de précieux détails sur les débuts de l'empe- 
reur. Marmont lui donna, ou devait lui donner, 
des leçons de stratégie. 

Le Journal de Greville contient bien des 
pages remarauables sur la haute société 
anglaise, sur lord HoIIand, John Russell, 
Melbourne, Macaulay, James Mackintosh, 
Sidney Herbert, Canning, Robert Peel, 
Graham, Grey, Lyndhurst, Stanley, 
0*Conhell, et par-dessus tout^ sur le duc de 
fer^ Wellington. L. T. 

La monnaie de cuir. — Après avoir cité 

Slusieurs opinions des auteurs sur le nom 
e Bjrrsa, donné à la forteresse de Car- 
thage, Méziriac, dans son Commentaire 
sur répître (d'Ovide) de Didon à Enée, 
ajoute : : « Do^iatus aussi, sur le i*' livre 
de r^Enéide, touche une autre raison pour 



Remaitpuis et étonnements saugrenu. 

« Q. Que remarquçz-vous sur les pois- 
sons? 

ff 1^ Je remarque sur les poissons, que 
« c'est une merveille qu'ils puissent naître 
« et vivre dans l'eau ne la mer, qui est sa- 
it lée^ et que leur race ne soit pas anéantie 
c depuis longtemps. » 

« Q. Que remarquez-vous sur les oi- 
seaux^ 

« R. Je remarque sur les oiseaux, qu'ils 
« changent de pays chaque année. ATap- 
« proche de l'hiver, ils vont dans des ré- 
« gions où ils trouvent la chaleur et la 
a nourriture qui leur manqueraient ail- 
« leurs. Us font ces voyages au temps con- 
a venable, sans guide, sans carte , sans 
« provisions , et cependant ils airifeot 
« tous à bon port. » 

Et vous, lecteur, que remarquez-vous 
sur ces deux questions et réponses? - 
Vous vous demandez sans doute à quel 
Manuel « d'Histoire naturelle, » à la fois 
si niais et si prétentieux, elles peuvent être 
empruntées. Vous êtes ébahi de ce su- 
perbe étonnement à propos de l'eau de 
mer, qui est salée et yû n'a pourtant pas 
encore anéanti les poissons de mer/ Vous 
êtes émerveillé de ces oiseaux qui, chose 
incroyable, voyagent si bien sans cartel 
Ce sans carte n'est-il pas une trouvaille 
dans son genre, même après le sans dot 
de notre grand comique? 

Eh bien, non, ce n'est pas de l'Histoire 
naturelle. Ce sont deux fleurettes cueillies 
dans tm bois très-touffu 2 V Abrégé du O' 
téchisme de persévérance y etc., etc., par 
Mgr Gaume, protonotaire apostolic^et 
docteur en théologie, etc. 29* édition, Pa- 
ris, Gaume frères, 1872. Petit in-i8 de 
5oi paeesl 

Et il paraît que le Catéchisme, non 
abrégé, n'a pas moins de huit volumes 
in-8, et qu'il était, en 1872, à sa huitième 
édition! O. B. R. 



Le gérant, Fiscrbaghsi. 



Paris.— Typ. de Ch. Meyrueis, i3, rue Caia.-i87^ 



NuDéro 193 



Chtrtke$ «t 
voui trûuv*r»M, 







Il M AW» 

9ntr*aidtr. 



IS mai 1876 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, ^OTES and QUERIES français.) 



289 



290 



RéPONSE-Q.UE8TION. 

Lettre de Henri lY à Marie de Médicîs. 

Question d'authenticité (VII, 681, 628}.-- 
Cette question, (^uien était restée là, m'est 
remise en mémoire par un très-joli volume 
qui vient de paraître et qui confirme pleine- 
ment Topinion émise par M. Démon. Il est 
intitulé : Lettres intimes de Henri IVy 
avec une introduction et des notes par 
L. Dussieux, professeur honoraire à 1 E- 
cole nlilitaire de Saint-Cyr (Paris et Ver- 
sailles, 1876, in-8 de 491 p.). Voici la note 
que je trouve, page 352, au sujet de la * 
tre citée par m. Brunton (VU, 6a8) 
battue en brèche par M. Démon : 



let- 
et 



« Je ne pouvais pas ne pas mettre cette 
lettre si connue dans mon recueil ; tout le 
monde l'aurait cherchée et, ne la trouvant 
pas, m^aurait reproché cette omission; 
mais je Timprime en petits caractères, 
parce qu'elle est fausse. Elle est fiabriquéet 
suivant le procédé mis en lumière par un 
célèbre procès, avec des phrases prises çà 
et là. 

^Plutarque me sourit toujours d'une 
^fraîche nouveauté, » Ceci est du Mon- 
taigne : « Les lieux et les livres que je 
« revois me rient toujours t^une fraîche 
« nouveauté, » (cité par M. Jung, henri iv 

ÉCRIVAIN, p, 248J. 

« Plutarque a été Vinstituteur de mon 
^ bas âge, » Ceci est de Tabbé Brizard, 
qui dit (p. 8) : « Aussi, Plutarque est-il, 
« de tous les auteurs, celui dont la lecture 
«Tattachoit davantage... Henri en avoit 
'^ été nourri dès sa jeunesse; c'est le pre- 
« mier livre qu'on lui avoit mi& entre les 
« mains. » 

« Jeanne d'Albret ne vouloit pas voir en 
« «on ûb un illustre ignoraitt. » C'est en- 




tgnorant. 

zard n'a. pas. pris ce qu'il écrit dans la let* 
tre de Henri iV; dans ce cas il aurait dit: 
« Henri IVrappeloit que... On voit dans 
une lettre... «Au contraire, il cfteune>nec- 
dote d'après laquelle oa a rédigé * cette 
phrase de la lettre : 
« Plutarque a été comme ma conscience 



a et m'a dicté à l'oreille beaucoup de 
« bonnes honnêtetés et maximes exceU 
a lentes pour ma conduite et pour le ^ou- 
o vernement des affaires. » Cest toujours 
l'abbé Brizard (p. 8) qui parle ni^il en 
a avoit^ pour ainsi dire^ exprimé la mo-^ 
« raie (cest ce qui. a forme la conscience 
« du Roi) ; il avoua depuis sur le trône 
a qu*il lui avoit les plus pondes ohliga- 
o tions et qi/iljr avoit puisé d'excellentes 
« maximes pour sa conduite et pour le 
« gouvernement, » 

a Le faussaire a eu d ailleurs sa besogne 
facilitée par l'abbé Brizard ; le bon abbé 
avait imprimé d'avance, en italique, et mis 
en reliet tous les traits avec lesquels on a 
composé la lettre, à laquelle on a ajouté 
une jolie expression de Montaigne. » 

Voilà donc une comparaison de textes, 
comme on la souhaitait, et assez con- 
cluante, ce me semble. C'est en 1785 que 
l'abbé Brizard a publié son petit volume 
de r amour de Henri IV pour les lettres^ 
auquel le pasticheur a fait les emprunts si- 
gnalés. Il s'agirait de retrouver à leur 
source les autres fragments de cette lettre 
fabriquée de toutes pièces et quia fait, tant 
de dupes, grâce à M. Berger de Xivrey et 
consorts. Ce M. 'Berger n'était donc pas 
un bien grand clerc , tout membre de 
r Académie des inscriptions qu'il était I 



E.L 



Bku.es Lettres — Philologie ^ Beaux-ârts 
— Histoire •— Archiêolooie — Numishatique 
•— ËptGRAPitiB — > Biographie — Bibliographie 
^ Divers. 

Deux Yen à retrouTet. — De qui sont- 
ils donc, ces deux vers : 

Les louanges sont d'un grand prix. 
Lorsque cest le cœur qui les donne. 

« 

Si c'étaient des alexandrins, je les au^» 
rais crus du a tendre » et galant Racine, 
et les aurais cherchés dans Bérénice.., ou 
ailleurs. Y. N. 



TOME IX. — 10 



N- 193. J 



L'INTERMÉDIAIRE 



291 



-mm 



292 



Epitaphe de Robespierre.— Je lis, dans 
l'Histoire de la Convention nationale, de 
Ch. Lacretelle (Paris, 1825, in-8, t. III, 
p. 128), cette epitaphe, rédigée gvec un 
terrible laconisme ; 



Passant 
Car 



sant, ne pleure point son s 
, s'il vivait, tu serais mort, 



sort; 



Si ce distique, à l'adresse de Robes- 
pierre^ p'a pa« ét^ imprimé pour la pre-r 
mière /ot5, dans cette Histoire de Lacre- 
telle,— où le trouve- t*on ailleurs? — à 
quel auteur Ta-t-on attribué? Truth. 

Lea f yBonymea de Gargailloii. — La pu- 
dibonde Académie^ 1— d'ordinaire si réser^ 
vée, -rrr u'a pas craint, dans son Dietiûn^ 
naire {Edition de germinal an X, 1802), 
d'appeler, du nom quHl porte, le fruit de 
la rose, de la reine des fleurs : Cç nom, 
faut-il le dire ? . . . a oratte-cu I n -^ 
a Cueillir des gratie'-çua^ » ditreUe, « De 
la conserve de grafte-^eus. » 

Elle ajouta même, et sans aucune ver-> 
gogne, cette honnête Académie 1 

« On dit proverbialement qu'il n^y a 
peint de si belle rose qui ne devienne 
gratte^Uj -«n pour dire qu'il n'y a point 
de si belle femme qui ne devienne laide en 
vieillissant. » 

Ce quQ Ronsard, bien avant elle, dana 
ses Amours de Marie^ avait déjà bel et 
hien exprimé en cea deux vers i 

La rofç ^ Is^ papfin (lev)eBt un gratte-cuJt 
Et tQWt ^vçcq le tçinpg jpar fp teinps ç$t viu^çg» 

(RowfiAM^t 4ç Fi?yw« dç Tour»,) 

Dans notre Berrjr, où FAçadiîmîe n'a 
que faire^ s^ns doute, -^ aux epvirena 
q'Issoudûn notamment, de Châteauroux 
et de La Châtre, le petit fruit rouge dç 
f églantier sauvage ou dft 1^ rose cultivée, 
SQ nomme tout bonnement gargaillou ? 
Oi) ne peut pas dire qu*il $ôit vilain çç. 
mot ; en tout cas, il n'a rien en soit qui le 
rende « inexprimable, » et c'est évidem- 
iQent un bien vieux mot. 

Je m'explique : 

Tous les enfa4)ts, pçUt^ ^t grands, con- 
naissent, par expérience, impression dé- 
sagréable que produit sur le gqsier le 
contait dçs pépia§ rudç$ çt velus du f^ir- 
gaUlç^' C«ne wgre^ipn» ^ çb^cuA le 
sait, — se propage jusqu'à Textréniité du 
tube intestmal, — de là, le nom français : 
gr^tte^uU (^Acai4mi¥*] 

Notre Gargadloi^ hçrrlcbo^ vienç, lui, 
s'il Vous plaît, du grec, — « il vient du 
grec, ma sçeur ! » de FdpYaXçç, chatouil- 
lement, ou rapvocXC^o), chatouiller. 

Gratte'Çulj quoioue approuvé et adopté 
par les cinq eqrps de l'Institut, n'a certes 
pas une aussi belle et antique origine \ 

Quels, sont donc, dans les divers patoia, 
encore actuellement en usage en nos an- ( 



çiennes provinces françaises, les syno- 
nymes de ce mot gargaillou ? Ulric. 

Tone^rfnçad^. — Gn consultant l'ar- 
ticle fâQmgoiifierU daiy Moréri, pour ré- 
pondre à Ta question de M. O. D., j'y ai 
prouyé vm extrait de Brantôme, où il est 
dit que Gabriel de Lorge, comte de Moot- 
gomeri, en se retirant vers le Havre, après 
le siège de Rouen, « renoontra ea cbçmiD, 
« à Caudebec, une palissade qui avait été 
c faite si forte pour engarder le secours 
« de la mer, qu'à vogue rançade ou ran- 
« cade il la faussa et se sauva bravement; 
« qui fut un efiFort. » Je ne trouve nulle 
part le mot rancade ou rançade. Je vois 
se^lemeii; dans Littré que vogi/^f se disait 
de l'allure d'une gal^rf qia d*yQ navire, 
Cela n^ sufi&t pas. L^ derpier ooembre de 
phrasQ dQ BrantPPQ : qui fut un effort^ 
indique biçq une açtipi^ de forçt, extraor- 
dinaire ; mais jç ne sais comment décotn- 
poser çx fçcQmposer ce tpq^, IJIn^&rwé' 
diaire doit le ^voir, G'ç^t, pourfluojjs 
ni*açlr«ssQ ^ l^U E,-G, P. 



lUbaffU^eUe, — SavraU-Pii me dire l'o- 
rigine de rihambçlley g. f., sygonyipç de 
kyrielle, IpngUÇ sultç. « Une rihmMi 
d enfants. » Ce mot ne dériverait-il pas de 
ribauds, — ces derniers ne s'étant jamais 
fait faute, aue )e sache, de semer un peu 
partout de Ungues spites de leur fro$é- 
niture. Trotp- 

PoêteiirmiiiieieBa. «m Th. Gautier, dans 
les Grotesques (p. i58 de rédition Urf), 
prétend qu'il y a incompatibilité à ^ 
près absolue entre le génie du poëie et 
Part du musicien. Il eite Saint^Amand 
comme une des rares exceptions à cette 
lettre. Ne fiaiut^l voir là qu'une boutade et 
un cri de révolte du romantique chevelu 
contre la tradition olassique, qui ne sépare 
pas le voëte de sa lyre? De nos jçxas, où 
pourrait citer quelques exemples de musi- 
ciens qui ont fait le poème de leurs ou- 
vrages lyriques; Berlioz, Waaner, et 
M. Mermet, dont la Jeanne iAn ^ 
jouée en ce moment à l'Opéra. Ici, ^^ 
dira-t->on, ce sont des musiciens qui fpo^ 
des vers. Mais ne peoirrait'^on pas citer 
aussi des poëtes qui font de la musique? 

Sai'ouario. 

Fait eeiuae m Twa. ^ O0 ^\ 

l'histoire de cet Anglais, peu &W4(<^ 
avec le génie éft HPtr^ langue, qtti ^,7^3 
l'aapect d'une pluie torr^tielte \ /*i^*^ 
eamme un rasoirl se figurait qije m^ 
expression voulait dire % bps^vtçsm* '^.^ 
fautdl pas attribuer l'^jjpresriw «/^ 
comme un Turc^ à une feetaj^fi JJ ''* 
genre? &i non, m qW. MM. le« ^^ 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



(25 mai 1876. 



293 



T^* 



294 



nt-ils mérité rhoimcur de passer pour un » 
^pe dç forçç i Saiduarig , 



Vincent Baillols. -^ Je possède une asses 
)lie râpe à tabac en bois, décorée d'ara-* 
esques çt portant les armes de France. 
?Ile est datée 1742, et le nom de Vincent 
Jaillois s'y lit, gravé en creux. Qu'est-ce 
ue Vincent Baillois ? Possède-t-on quel- 
ue document qui fournisse un peu de lu- 
nière à cet égard, ou quelque autre pièce 
ignée par cet artiste, <jui était loin d'être 
ans mérite? Jacqpes D. 

Le pays latin. — Victor Hugo dans 
Hntroduetion qu'il a publiée, en iôte de 
^arxB'G^ide. en 1S67, a écrit ceci, p. 49 s 

« La Sorbonno, calotte plutôt que 
i6me. dominait ce chaos de collèges qui 
Jiait r Université, et que le premier Bal- 
lac, dans sa querelle avec le père Golu, 
a appelé « le pays latin^ »» nom qui est 

reste. » 

Sans être des plus curieux je voudrais 
biçn connaître le texte même de la phrase 
du vieux Balzac, dans laquelle aurait été 
désigné sous ce nom, pour la première 
fois, le quartier des Ecoles. Truth. 

Mahomet II à Saînte-Sophie. — Qu'y 
a-Ml de fondé dans cette tradition que 
Mahomet II, entrant à cheval dans la 
cathédrale de ConstantinoplCj aurait ap- 
puyé contre la muraille sa mam sanglante, 
en signe de possession? SArouARio. 

Les noms patronymiquet. ^ Autant de 
familles, autant de noms patronymiques, 
poctés par un premier chef et transmis par 
lui aux descendants de son sang. Je ne vou- 
drais p3§ rendre ma question trop vaste, 
en l'appliquant à tous les tçmp§ et à toutes 
les races; îuals, pour la borner Ici à notre 
pays, cQimaient ont commencé à s'établir 
les QQni5, nouveaux ^ une certaine date, 
oui sont portés aujourd'hui, de père en 
Ws,par les représentants d'un auteur com- 
]pun? E§t-ce seuleiueut depuis les inscrip- 
fcns régulières d^actes d'éçat religieux ou 
îvil que les noms se transmettent inva- 
lables du père aux enfants, et qu'il ne 
fcutplus être donné ou pris arbitraire- 
lent de nouveaux noms patronymiques? 

V 1 i\. 

. Cadenats. •— Nous trouvons dans les 
iQuinances de peintres, sculpteurs et ar- 
ivistesfrtnçilis^ » publiées par M. Ulysse 
>bert, avee notes de M. A. de Montai- 
)n, dans les Nouvelles Archives de VArt 
tnçais^ le passage suivant : 
l« 1667 (a2 novembre). Jean Vagnard, 
intre du roi, reconnaît avoir reçu... la 
^me dedeuxmildtHY cens seise livres... 



pour fourniture de masques, jartières, 
ustancilles et cadenats, qu'il a faites pour 
le ballet des Muses, dansé par leurs Ma* 
jestés, au chasteau de Sainct*Germain en 
Laye, le deuxième jour de décembre de 
Tannée dernière. » 

On appelait cadenas^ dès la fin du XVI* 
siècle, le coffret où le roi et les princes en- 
fermaient leur cuiller et leur fourchette. 
Ântérieurepent, ce coffret, d une forme 
particulière, portait le nom de nef. C'était 
souvent une pièce d'orfèvrerie très-impor- 
tante. 

Mais, dans la chose fournie par le pein- 
tre Jean Vagnard, il ne peut être ques- 
tion, ce semble, d'aucun objet de même 
nature. Que sont donc ces cadenats^ qui 
ont servi pour un ballet? Alf, D, 



La petite « Interne » mystérieuse de 
Bicêtre. (i85i). — M. HIppolyte Babou, 
dans l'intéressante autobiographie qu'il 
vient de publier (mai 1876^, dans le feuil- 
leton du Temps^ sous ce titre : Les Case- 
mates de Bicêtre; Souvenirs de Décem- 
bre i85i, a écrit ces lignes : 

a ... Escorté par le directeur civil du 
fort, et par une deroi'douzainc d'internes 
flanqués d'infirmiers, le docteur X... vint, 
une après-midi, constater l'état sanitaire 
des détenus.,. 

« Dès cette première visite^ je remarque, 
au bras d'un taux infirmier, le plus invrai- 
semblable des internes. MaJ. à Taise dans 
ses habits, et d'une gaucherie charmante 
dans ses mouvements, ce petit être aux 
yeux bleus, aux cheveux blonds, à la taille 
mince et au pied d'enfant, se glisse rapU 
dement de groupe en groupe avec une fiè- 
vre de curiosité qui empourpre ses deux 
joues. 

a Qik va*t-il, le petit interne? Et qui 
cherche*t-il ? Il y a là un mystère doulou- 
reux, quelque roman de cœur peut-être. 
Le docteur X... ne sait qu'une chose, qu'il 
paraît ignorer : c*est qu'une courageuse 
)eune fiUe est entrée avec lui dans la case- 
mate, et qu'elle doit en sortir avec lui. 

« La visite a duré une demi-heure. 
L'état»maJQr, au complet, se ran^ autour 
de son chef. Je revois le petit interne assez 
pâle, les yeux baissés, calme en apparence, 
mais secrètement agité par de vivçs émo- 
tions. » (Ckap, VI.) 

Et plus loin (Çkap. VIII) : «... Je re- 
marque avec un véritable serrement de 
ccBur que le petit interne aux yeux bleus 
n'accompagne plus le docteur X. dans ses 
visites. 

« Pauvre petit interne, pauvre coura- 
geuse enfant ! Nous nous étions si vite ac- 
coutumés à son beau visage d'ange con- 
solateur 1 La foule s'écartait pour la laisser 
passer, toute tremblante de sa hardiesse, 
toute pâle ou toute rouge de son dévoue- 
ment. Il s'échappait de ses yeux bleus un 



N* 193.] 



L'INTERMÉDIAIRB 



295 



296 



regards! pur, et de ses cheveux blonds un 
narfumsi virginal 1 Oh 1 l'admirable vision 1 
Pour quelques-uns d'entre nous, cette 

I*eune nlle représentait à son insu Tâme et 
a pensée de ces chères absentes, qui moins 
heureuses qu'elle, n'avaient encore pu ap- 
procher de leurs captifs... etc, » 

A-t-on jamais soulevé le voile qui cou- 
vrait ce mystère? — Sait-on le nom de 
cette courageuse et touchante jeune fille? 

Ulr. 

De Hodencq. — D'où vient ce nom et 
quelle est la famille qui le porte? Il est je 
crois d'origine normande, et l'on connaît : 
i^ Raoul de HoudenCy auteur de MéraU" 
gis de Portlesguez, roman de la Table- 
Konde (publié par M. H. Michelant; libr. 
E. Tross, 1874) : et : 2**X. de Hodencq. 
vicaire général ae l'archevêque de Paris, 
cardinal de Retz. 

— Y a-t-il d'autres renseignements sur 
cette famille? En connaît-on d'autres 
membres? Charles de Hodic, seigneur 
d'Annoc, poëte, et Roger de Hoveden, 
annalistes, en sont-ils? A. D.-Z. 

Famille Jamin du Fresnay. — Où cette 
famille est-elle établie ? N 'y a-t-il pas un 
lieutenant-colonel de hussards de ce nom? 
Existe-t-il une généalogie de cette fa- 
mille ? Et quelles armoiries sont portées 
par elle? 
(Amsterdam.) J. G. de Groot Jamin Jr. 

Un livre intronvable : Journal dn siège 
d'Epinal. — 11 s'en faut de beaucoup que 
l'invention de l'imprimerie ait réussi à 
sauver de la destruction tous les ouvrages 
qu'elle semblait devoir perpétuer, en en 
multipliant les exemplaires, fion nombre 
de ces ouvrages ont disparu, même dans 
des temps voisins du nôtre, sans laisser 
d'autres traces que leurs titres, ou quel- 
ques extraits de leur contenu. 

Parmi les ouvrages ainsi disparus, est 
un livre imprimé à Pont-à-Mousson, en 
1 582, sous le titre de : Journal des siège et 
prinse dEpinal, fait d'armes qui a eu pour 
auteur Charles-le-Téméraire, et dont la 
date se rapporte à l'année 1474 (octobre). 
Les recherches faites dans les principales 
bibliothèques publiques de Paris, pour 
retrouver cet introuvable livre, n'ont pas 
abouti, et cependant il faut bien admettre 
qu'il a existé, puisqu'il est cité par Che- 
vrier. Voici en effet la note dans laquelle 
l'écrivain lorrain (Histoire de Lorraine^ 
t. III, p. 198) mentionne l'ouvrage en 

Question a journal du siège et prinse 
'Epinal, Pont-à-Mousson, i582 »), puis il 
en donne un extrait qui commence par 
ces lignes : « Le duc de Bourgogne dé- 
masqua le dix octobre ses batteries, dont 
le feu violent et bien nourri fut totale- 



ment dirigé sur la porte de la Fontaine, > 
et finit ainsi qu'il suit : « Leur artillerie, 
mieux servie encore que celle de Bourgo- 
gne, répondait par un feu suivi à celle des 
ennemis qu'elle détruisit plus d'une 
fois. » 

Le savant M. Beaupré, dans ses Nou- 
velles recherches de bibliographie lorraine 
(i vol. in-8, Paris, i836, chap. 11^ p. 76), 
mentionne aussi cet ouvrage, mais seule- 
ment d'après Chevrier, et comme un desi- 
deratum. « Chevrier, dit-il, cite, en son 
Histoire de Lorraine^ sans indication de 
format, un Journal des siège et prime 
d'Epinaly Pont-à-Mousson, i582. Sik 
date est exactement rapportée, c'est sans 
doute une impression de Martin Marchand; 
on sait que, l'année suivante, ce typogra- 
phe a pubhé à Pont-à-Mousson la bulle 
d'érection de l'Université: qu'il a travaillé 
dans cette ville jusqu'en 1 58^, et à Verdun 
jusqu'en i586, faisant ainsi marcher de 
front deux imprimeries. » 

Quant à Brunet et aux autres bibliogra- 
phes anciens ou modernes, aucannedit 
mot du Journal des siège et prinse d'Epi- 
nal. Si, comme il y a tout lieu de le croire, 
ce Journal n'est point un mythe, fiaut-ii 
donc se résigner à le mettre au nombre 
des livres définitivement perdus? 

NOLLAB. 

L'Oraigon funèbre de Marguerite dsNa 
varre. — L Oraison funèbre de ïlncom- 
parable Marguerite^ rovne de Navarre, 
composée en latin par Charles de Saincte- 
Marthe et tr admet e par luy en lanpie 
françoise {Paris, Regnault Chauldière, 
i55o, in-40, deux éditions : i» Texte latin, 
20 Traduction fi-ançaise), a-t-elle été réim- 
primée de nos jours? Ul. 



« Histoire de M»* de Bagnenx. > r 
(S. L, 1675, petit in-i2. Plusieurs édi- 
tions). — Je ne possède pas cet ouvrage; 
ce doit être un extrait de rHistoire amou- 
reuse des Gaules de Bussv-Rabutin. - 
Junonicy ou les amours ae M^ de m- 

êneux^ tel est le titre donné par Tauteur 
e roman est cité par M. J. Gay, à lap- 
43, du t. IV de la Bibliographie des ou- 
vrages relatifs à l'amour, aux femmes, etc. 
Les éditions y sont indiquées, le titre 
est complété entre parenthèses, avec rcfl- 
voi aux sources bibliographiques, sai» 
donner le nom de l'auteur. Pourquoi celar | 
Jules Janin disait : 

«Parmi les s^nts que célébra Bussy, 

il en est deux, les seuls, qui aient troui 
grâce aux yeux des honnêtes gens et dj 
esprits délicats, nous voulons P^^J^^'p 
chevalier de Fosseuse et de M"« de f^ . 

fneux. Leurs belles amours brillent d m 
clat inattendu, au milieu de ces chapitre 
où tant de jeunes gens et de jeunes Km- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



297 



mes se montrent à nous, odieux ou ridi- 
cules tour à tour. » Les amours du cheva- 
lier de Fosseuse. Paris, J. Miard, 1867, 
in- 12, p. 5 et 6.) H. de l'Isle. 

Pensées philosophiqnes. — * Je possède 
un petit manuscrit de 38 pages in-8<>, 
tracé d'une main fine et nette, et intitulé : 
« Pensées philosophiques. — Piscis hic 
non est omnium.— C. M. — A La Haye. Aux 
dépens delà Compagnie. M.DCCaLVI. » 
Au-dessous de la date, on lit : C. Milon^ 
1770. D'où je conclus qu'il s'agit d'un 
opuscule copié par ledit C. Milon, à la 
date de 1 770, et que c*est son monogramme 
qu'il a intercalé dans le titre ci-dessus. Ma 
conjecture est-elle plausible? Connaît-on 
un imprimé de 1746, sous la rubrique 
sus-indiquée ? Est-il anonyme? L'auteur 
en a-t-il été signalé? Touiours est- il que 
c'est l'ouvrage remarquable d'un libre- 
penseur, mais d'un libre-penseur religieux. 
Four mettre les amateurs à même de m'é- 
clairer, je dirai qu'il porte cette épigraphe : 
Quis leget hcec? et je citerai le début, qui 
est en ces termes : « J'écris de Dieu. Je 
compte sur peu de lecteurs, et n'aspire 
« qu'à (quelques suffrages. Si ces pensées 
« ne plaisent à personne, elles ne pourront 
«n'être aue mauvaises; mais je les tiens 
« pour détestables si elles plaisent |à tout 
« le monde. » Les pensées sont au nombre 
de 62 ; il y en a de fort développées, et la 
53^ traite des miracles du diacre Paris à 
Saint-Médard. S. D. 

« La fin du XYIII» siècle. v> — Quel est 
l'auteur de La fin du XVIII^ siècle^ satire 
(en vers), nouvelle édition, Paris, an VIII, 
24 p. in-i2 ? Cette pièce commence ainsi : 

Je ne puis plus garder un coupable silence; 
La sottise en personne au Louvre a pris séance.i^ 

Cette satire, fort grossière, invective les 
célébrités littéraires, scientifiques et politi- 
ques de ce temps. 

Les Dictionnaires d'Anonymes ne men- 
tionnent pas cette publication. V. de V. 

« Dencalion et P^ha ». — Quel est 
l'auteur d'un poëme intitulé : 

Deucalion et Pyrrha, ou le monde re- 
peuplé, Poëme très-court^ moitié pour 
rircy moitié pour pleurer^ à Vusage de 
tout le monde,:, A Lanternopolis, chez 
maître Abraham Parchemin, 1 an XXV de 
mes lunettes (in- 12 de 6 et 23 pages) ? — 
Cette composition dont le sujet est tiré 
des Métamorphoses d'Ovide, ne fait ni 
rire ni pleurer; elle m'a paru combattre 
avec efficacité l'insomnie la plus rebelle. 
On y trouve cependant quelques traits 
malins et plusieurs vers bien facturés. 
Voici les quatre derniers : 

Je lis, j'écris, je bois, je ris, je chante, 
Et si, beau sexe, arrivant à septante. 



298 



[25 mai 1876. 



Je n'aime plus, n'entrez point en courroux; 
J'en suis fâché plus pour moi que pour vous. 

Rien dans les Dictionnaires d'Anony- 
mes. V. DE V. 



Quel 98t le livre imprimé dans le format 
le plus exigu? — Les questions de biblio- 
graphie sont innombrables. Plusieurs, 
formulées dans V Intermédiaire^ sont res- 
tées sans réponse; celle-ci aura peut-être 
un meilleur sort. Le signalement du plus 
petit des livres imprimés attirera peut-être 
l'attention sur le plus grand. 

J'ai sous les yeux un volume de 8 cen- 
timètres sur 5 ; c'est le traité écrit par 
Meibomius, De flagrorum usu in re ve- 
neria^ Londini, i6o5. D'autres livres exis- 
tent dont les dimensions sont moindres. 
Je compte bien sur la complaisance et l'é- 
rudition des collaborateurs de notre pré- 
cieuse publication, tous plus ou moins 
amateurs de bibliographie. V. de V. 



Notice sur Dnlanre, par E. Foumier.— 

Broch. gr. in-8*», de 47 pages, (sans au- 
tre indication de nom d'éditeur ni de 
date). La couverture imprimée sert de 
titre. — Au bas de la dernière page : 
a Poiss^y typographie Arbieu, » 

En tête de a uelle "édition des Œuvres de 
DulaurCy ou dans quel Recueil littéraire a 
donc été originairement insérée cette in- 
téressante et rare Notice, dont je viens 
d'acquérir un exemplaire neuf, provenant 
d'un ancien tirage à part? Ulr. 



Un en-tête officiel de Tan II de la R. F. 

— J'ai sous les yeux une brochure in-80 de 
33 pages, dont la première, qui sert de 
titre, porte cet en-téte en neuf hgnes : 

Hôpitaux militaires, * Conseil de SANxé. 



LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ 

LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA FRANCE 
EST REVOLUTIONNAIRE JUSQU'a LA PAIX. 

L'inertie du gouvernement étant la cause des 
revers, les délais pour l'exécution des loix et 
des mesures de salut public seront fixes; la 
violation des délais sera punie comme un atten- 
tat à la liberté. 

Puis vient le titre de la brochure, qui 
est tout bonnement une INSTRUCTION 
sur les moyens d'entretenir la salubrité 
et de purifier Vair des salles dans les hô* 
vitaux militaires de la République^ déli- 
oérée au Conseil de santé, le 5 ventôse 
an II de la R. F. une et indivisible, et 
transmise aux Commissaires-ordonnateurs 
en chef des Armées par TAdjoint au mi- 
nistre de la ^erre, signé Gautier. 

L'en-téte ciKiessus etait-il, à ce moment. 



N« 193-1 



L*INTERMÉDlAIRe 



399 



3ôo 



une formule de rigueur, ffiéfflC pour des 
«irculflires ddttinlstràtives , comme celle 
dont il s'agit ici? Quelle autorité avait ainsi 
flétri V inertie du gouvernement^ cause des 
REVERS? Quelle autorité lui imposait Tobli» 
gation de placer ainsi cette flétrissure en 
tête de ses actesi à titre de rappel commi- 
natoire? M. &• 

« Réfiexiontf crttiqudâ fiur divers sujets. 
— Entremêlées de contes approûtiés aux 
mœurs du siècle présent y par M. L. C, 
D. S., officier de coosidéralion qui, par 
dégoût, s'est exilé du grand monde. » A 
Mons, aux dépens d^ne société de li- 
braires, M.DCc.Lvit, in-8o. S'il faut s'en rap- 
porter à son dire, l'auteur était Hollandais 
et ancien colonel, commandant un régi- 
ment de dragons, formé en 1672 par un 
nommé Brand. A la fin du volume, on 
remarque les « motifs de la disgrâce d'Er- 
nest-Jean de Biron, ci-devant duc de 
Couirlande, » d'après uû récit de cet homme 
d'Etat. — A la dernière page, Biron parle 
de son départ de la Sibérie et il ajoute : 
« Bismark et mes frères nous rejoignirent 
quelques mois après. *» *- Voilà un an- 
cêtre de « Notre excellent ami » , il était 
de la maison du duc de Courlande. — 
L'auteur de ces « Réflexions »» doit être 
connu? Les personnalités abondent dans 
ce livre. La femme de L. C. D. S. y est 
représentée; il dit ; « Dieu garde tout 
honnête homme d'une femme. 

Met een lange neuse en sj^itse Kin, 
Want daar zit de Dujrvel in. 

On peut m'en croire; je parle par expé- 
rience. » . . H. DE l'Isle. 

. < Le chevalier Villemin » écrivait vers 
la fin du XVI I« siècle* — Je connais un 
ouvrage anonyme dont il est l'auteur. Sa 
biographie est-elle quelque part ? 

H. L 



•■■rrT'f cia ag 



WA 'b"i'l T f;Ax ■■ t Tg ■ r a^sfc 



Noms des habitants dô qnelaiies villes 
(II, 259, 317, 4ô5, 440, 591 j Ia, 168). -*■ 
On peut ajouter encore, aux listes qui 
précèdent, les noms suivants : 

IssoldunoiSy habitants d'Issoudun (In- 
dre), (du latin Ëxoldunumy Issoldunum); 
— Àrçentondis, d'Argenton (Indre); — 
ChateYleràudais^ de CMteUcT3iUt(Lalanne : 
Hist. de Châtelîetaud et des Châtellerau- 
dais, i858); — Messin, de Metz, le pays 
MésSifi; — Malouin, de Saint-Malo; ~ 
Boulonnais, de Boulogne; *- Stéphanois^ 
de Saint-Etienne, en Forez ; — jTrouvil- 
lais, de Trouville (Calvados) ; — Villersaisy 
de Villers-sur*mer. « (La colonie Viller- 
saise...) » Chronique du Figaro, 1875); 



— HâvfàiB^ du Hàtï-é, — témoin les fa- 
meux vers ! 

Habitants du Havre, — Hmvraitf 

J*arrîve de Paris, exprès, 

Pour... déboulonner la statue 

D« Delavigne (Cariitnir;... 

Il est des morts qu^il faut qu'on tuel 

ULr. 



téffendet. fonaulés (II, 322, 470, etc., 
VIII, 752, iX, 27, 44, 140). — J*écrlssous 
la dictée d*un de mes enfants, qui k 
montre heureux d'Intervertir les rôles dans 
cette circonstance : 



Unîj^ uno, 
Depi, depo. 
Et sans sabot. 
Le loup pasiâ 
Par un désert, 
La trice, la trace« 
Sors de ta place. 



I. 

Unîj uno, 
Cani, Cano, 
Le loup passa 
Par Un fourreau* 
Il s'en prit Uû, 
Deux, trois et .quatre, 
Va les abattre* 

n. 



Menton rond. 
Bouche d'argent, 
Nez cancaHf 
Joue rôtie, 
Jôue brûlée, 



Petit tibillet, 
Grand œillet, 
Toque maiUeti 



Petit SdUfeil, 
Grand sourcil» 
Croque mailli* 



iir. 



Une poule sur un mur. 
Qui picote du pain dur, 
PicOti, picota. 
Lève la patte et puis s*en va. 

Mon enfant en sait bleu davantage, 
mais... j'en ai assez! Pardofl pour certains 
mots, pour l'orthographe, etc. Mon maître 
improvisé xi'y corrige rieti ! 

(Béarn.) B. Noiralth. 

— Deux de ces fortûules employées par 
les enfants, en Belinant , me revieonem 
à la mémoire : 



I. 



Un, deux, trois. 

Pèlerin mirois, 

Pèlerin bitoh. 
Sur le bord û*uh pont 
Il y avait une anéuille 
Qui coiffait sa fille; 

Un serpent 
Qui grinçait des dentS. 



2. 



l 



Je me suis levé 
De bon matin ; 
Trois ailles 
Bons drilles, 
Marchands de coquilles. 
De pimpinelle, 
De corniIIon$ 
Madame fait des bOtttottSr 
Jean Guillière^ 
Père Capuchon ', 
Madame va-t-elle 
EnRouàsîIIon? 
(Grenoble.) Bazin BarUcu. 



DES CHÉftdHÈÙAS ET CURIEUX. 



[25 mai 1876. 



3ôi 



302 



••MMMi 



-* Gès formulés èfifkntîiieê iiitiftdëfaient 
yintêffhédiaire. Eh voici deux qui m'ât* 
rivent du Morbihan, poUr prouver qtie 
tout chemin conduit à Rome : 

I. Uni, unélle^ 

Ma taftte Michellé» 
Des raves, des choux, du raisin doUx, 
Pour rajouter Marie Péroux, 
Trous, choux blancs, dehors. 

IL Belle pomme d'or à la révérence^ 
Il n'y a qu'un roi efa France^ 
Parteg, mes amis» la guerre est ânie. 

Gi G 3 

— La niine n'est pas épuisée» Voici pour 
aujourd'hui (cru de Pans) : 

A Paris, sur le..* 
Sur le... àUr le pavé, 
Oii faîra, îaïrettè, 
A Paris, but le pàVé, 
On falra dondé I 

Trois jeunes filles ont tant... 
Ont tant... ont tant dansé, 
„ Oh faïra,- faïretté, 
Trois jeunes filles Dût tant danSê, 
On faïra dondé! 

Elles ont usé tou6 ieUrs... 
Tous leurs* t« tous leurs souliers. 

On feïra, fâïrette, 
Elles ont usé tous leurs souliers. 

On faïra dondé ! 

Elles s'éh Vont cheiè le cor.** 
Le cori.. le cordoniliet) 

On faîra^ faïretté. 
Elles s'en vont chea le cordonnier^ 

On faïra dondé ! 

Bonjour, Monsieur le cor... 
Le tbf..é le cordonnierj 

On faïra« faïretté, 
fioiijour, Monsieur le cordonnier. 

On foïra dondé! 

Que nous prendrez-vous pour nos... 
Pour nos... pour nos souners. 

On taira, fairette, 
Que nous prehdrez^ous pour nôa aoulierè? 

On faïra donde. 

A chacune un doux...^ 
Un doux... un doux baiser. 

On faïra, faïretté, 
A chacune un doux baiser, 

Oh faïra dondé! 

Autre (Bourgogne). 

Mon père m^a mariée jeudi {bis,) 
Avec un mari si petit^ 

Ma tourlérivette. 

Ma tourlerivi, 



Ah ! i 'n'irai plus 
J'nMrai plus 



J'n'irai pas, 

Ah! j'nirai plus 

Solette au bois ! 



U 



La premier* huit ) ... 

Que jMous couchi f *"*• 
Je 1 e perdis dedans le 1 i t, 



} bis. 



I bis. 



} bis. 



Ma tourlôrlvette. 

Ma tourlerivii 

Ah! j'rt'iraiplus, etCi 

J'pris ma chandelle 
Et je r cherchi } 

Je V trouvai morH 

Au pied du îit^ 

Ma tourlérivette, etc< 

J'pris mon mouchoir 
Et jTensevelis : 
Sur la commode 
Je r boutîs. 
Ma tourlérivette, etc. 

Le chat y Vîiit 
Qui l'émportî. 
Au chat, au cnat, 
C'est mon maf i l 
Ma tourlérivette, etc. 

Autre (Paris). 



Ah ! tu ëortiraa^ 
Piquette, Piquette» 
Ah ! tu sortiras 
De ce chou-là! (Refrain.) 

On s'en va chercher \ »... 
Le. ckieri, J ^^*' 

Mais c'est poUi* hianger Pic^uette* (bis.) 
Le chien ne veut pas 

Manger Piquette, 
Piquette ne veut pas 

Sortir du chou : 
Ah ! tu sortiras, {bis.) 

On va chercher \ ±i^ 
Le loup, / *"• 

Mais c'est pour nàôrdré lé chien, (bis.) 
Le loup ne veut pas 

Mordre le chien, 
Le chien ne veut pas 

Manger Piquette, 
Piquette ne veut paà 

sortir du chou. 
Ah ! tu sortiras^ etCi 

On s'en va chercher bâton, i ;l . 
Maïs c*est pour battre le îoUp, ] ^^ 
Bâtort rie veut pas 

Battre le loup. 
Le loup ne veut paa 

Mordre le chien^ 
Le chien ne veut pas 

Manger Piquette, 
Piquette ne veut pas 

Sortir du choU. 
Ah ! tu sortiras, etc. 



On s'en va chercher le feu. 
Mais c'est pour brûler bâton» 
Le feu ne veut pas, etc. 

(On répète comme ci-dessus.) 

On s'en va chercher de l'e&u^ 
Mais c'est pour éteindre feù> 

L'eau he veut pas 

Eteindre feu^ etc. 



I bié. 



} bis. 



Oh s'en va cherohef* tàurfâiù, * 1;. 
Mais c'est pour boire l'éau. f *''*• 
Taureau ne veut pas, etc. 

On s'en va chercher boUfliéi", y t' 
Mais c'cat pour tuer taureau, .1 "^^ 



N»- tg3.\ 



L'INTERMÉDIAIRE 



3o3 



3o4 



Boucher veut bien 
Tuer taureau. 
Taureau veut bien 
Boire Teau. 
Eau veut bien 
Eteindre le feu. 
Le feu veut bien 
Brûler bâton. 
Bâton veut bien 
Battre le loup. 
Le loup veut bien 
Manger le chien. 
Le chien veut bien 
Manger Piquette. 
Piquette veut bien 
Sortir du chou. 
Ah ! tu es sorti. 
Piquette, Piquette, 
Ah ! tu es sorti 
De ce chou-ci ! 

En Boureogne, on chante cette ronde 
mais avec Ta variante suivante : Le re- 
frain est : 

O persingi, Buquin, Buquet, 
Sortiras-tu de notre toit? 

G. V. A. 

— Et celle-ci, qui me causait une fa- 
meuse peur, lorsque je portais encore des 
cottes (il y a longtemps !) : 

Un^ deux, trois, 
La culotte en bas; 
Quat', cinq, six, 
Levez la chemise; 
Sept, huit, neuf. 
Tapez comme un bœuf; 
Dix, onze, douze. 
J'ai le cul tout rouge. 

Le Faissé. 

Cornes (V, 148, 229, 32o; VII, 57, VIII, 
549, 6o3, 656, 716; IX, 75, 142). — 
Ainsi, que j*ai eu soin de le dire : « à 
M. Quitard incombe la responsabilité des 
textes que j'ai cités. » Que ne prend-il la 
parole, malgré son grand âge, pour avouer 
la supercherie dont il s'est rendu coupable 
ou soutenir l'exactitude des citations pro- 
duites à l'appui de sa thèse? Mais, en ad- 
mettant que le vers attribué à Ovide ne 
se trouve pas dans ses œuvres, que pense 
M. A. Et. des passages d'Artémidore et 
notamment de Nicetas? Cet historien me 
paraît assez affirmatif pour prouver le 
sens satirique donné aux cornes dans le 
XII« siècle. 

Sur Quitard, consulter Vapereau. 

A. D. 

Le Roulement de tambours de Santerre 

(VII, 48, 98, 157, 276). — Un dernier 
mot, avant de conclure : On lit dans la 
Vie politique et privée du général Santerre^ 
par A. Carro, Paris, Ledoyen^ 1847, III, 
399 pages in-8), le passage suivant : 

(c Des commissaires avaient été désignés 
par la Convention pour assurer et consta- 
ter *rexécution [du Roi] : dès le matin. 



ils s'étaient réunis à leur poste. La Con- 
vention siégeait dans un ancien manège 
sur l'emplacement ducjuel passe mainte-' 
nant la rue de Rivoli, à peu près où y 
aboutit la rue de Castiglione : une des 
salles avait des fenêtres d*où Ton voyait 
sur la place de la Révolution, et où ils 
s'étaient placés. L'exécution terminée, le 
ffénéral Berruyer accourut vers eux et 
leur dit ces paroles dont l'histoire doit 
s'emparer, et oui, rapportées en 1827, 
dans un journal célèbre ila Quotidienne] 
ne paraissent point ayoîr été démenties 
par leur auteur vivant alors : « Save^- 
tt vous qt^il a voulu parler au peuple; que 
a cet imbécile de Santerre a perdu la tête 
a et laissait /air e^ et que si je n avais pas 
« commande un roulement de tambours, 
• pour étouffer la voix du tyran, je ne 
« sais ce qiftl serait arrivé. » 

Cette dernière phrase, servant d'épi- 
graphe, est encore imprimée sur le titre 
et sur la couverture de brochure de cette 
même Vie de Santerre. 

Voici maintenant l'article textuel de le 
Quotidienne, du 27 janvier 1827, auquel 
sont empruntées ces lignes : 

« Le journal de Lille fait connaître à 
l'occasion du douloureux anniversaire du 
21 janvier, un fait qui nous semble pré- 
cieux à recueillir. 

a II n'est pas inutile, dit ce journal, de 
réparer ici une injustice que l'opinion pu- 
bliaue commet envers un homme trop 
malheureusement célèbre et né dans notre 
département. Il est question du brasseur 
Santerre, né à Cambrai et établi ensuite 
dans le faubourg Saint-Antoine à Paris. 
On a dit, on a imprimé et tout le monde 
croit que le roulement de tambours oui a 
empêché Louis XVI d'être entendu ae U 
multitude avait été ordonné par Santerre; 
il n'en est rien. Le roi ayant été condamné, 
des commissaires pris dans le sein delà 
Convention furent nommés par elle à 
l'effet d'assurer et de constater le jugement 
à mort. Cet acte était trop important pour 
que la Convention en laissât entièrement 
l'exécution à Santerre. On crut devoir lui 
adjoindre un homme de tête, un militaire 
expérimenté. Ce fut le général B*** [Ber- 
ruyer), il vit encore. Dès le matin du 
21 janvier, les commissaires étaient rendus 

à leur poste, c'est-à-dire réunis dans une 
des salles de la Convention, dont les bâti- 
ments comme on sait, touchaient à la 
f)lace de la Révolution, lieu désigné pour 
e supplice. Après l'exécution, le général 
B*** accourt vers eux et leur dit : « Save'x- 
vous qu'il a voulu parler au peuple; que 
cet imbécile de Santerre a perdu la tête 
et laissait /air e,..^ etc. » (Comme ci-des- ■ 
sus.) 

La Biographie universelle attribue aussi 
au général, supérieur à Santerre, le fameux 
roulement. 
« II paraît au reste, — ajoute encore 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mai 1876. 



3o5 



3o6 



M. A. CaiTO (p. 178, loc, citât. )^ — et 
c'est plus que vraisemblable que le cas 
où Louis Xvl aurait voulu parler au peu- 
ple avait été prévu dans les ordres donnés 
au commandant en chef de la force armée. 
Quelques personnes, existant encore sans 
doute. Font entendu affirmer par le maré- 
chal duc de Trcvise. Un jour, sous la 
Restauration, M. Frignet, chanoine de la 
cathédrale de Meaux, et oncle du maré- 
chal, rencontrant M. Augustin Santerre, 
fils aîné du général, lui dit : J*ai dîné hier, 
avec beaucoup de monde, chez mon neveu 
de Trévise, et il y a été question de votre 
père et du fameux roulement oui lui est 
attribué : C'est, a dit le maréchal, une 
inexactitude, car Santerre ne l'a âiit exé- 
cuter que d'après l'ordre qu'il en reçut du 
eénéral sous lequel il était placé, et c'était 
Berruyer, qui, lui-même, avait reçu du 
gouvernement des ordres très-positifs à 
cet égard. » 

Je n'ai pas ouï dire, ]us()u'ici, que ces 
paroles eussent été démenties. Truth. 

Comment monrat le général Desaixl 

(VI 11, 9.) — Puisque l'auteur de cette 
cjuestion soupçonne un assassinat, qu'il 
lise les . Mémoires de Bourrienne et les 
notes publiées dans V Intermédiaire, au 
sujet des dernières paroles de DesaiXy le 
vainqueur de Marengo (II, 454. 535). 

V. de V. 

La Salamandre de François !•' (VIII, 
68, 458). — M. F-y demande si quelque 
bestiaire fait mention de la propriété at- 
tribuée à la salamandre par le moyen âge. 
Oui, il en est question dans le bestiaire, 
écrit vers 12 12, par Guillaume, « clerc de 
« Normandie. » On peut en reproduire 
çinelques vers car, sauf avis contraire (et 
je voudrais être éclairé à cet égard), ce 
bestiaire est inédit. (Voir Brunet, t. i«', 
col. 83 1.) 

La salemande est une bieste 
Ki de la coue et de la tieste 
Et del cort raisamble laisarde : 
Si n^a paour que en feuz n'arde. 
De feu ne doute pas calour^ 
Malt est de divierse color. 
Se en feu vient par aventure 
Li feus estaindra à droiture 
Ja ne sera tant alumés 
Que tantost ne soit aclassés. 
Venin porte de grant viertu 
Ki mult tost a home abatu 
Et si fait si grant destorbier 
Que s^ele monte en i pumier 
Les pûmes envenime si 
Ki en mangue qu'il fenist, 
Et si en un grant put choit 
Tote Paighe envenimeroit 
Que nus n'en buveroit sans mort, 
Tant est H venins de li fort. 

Le texte est accompagné, sur le manus- 
crit (de la Bibliothèque de l'Académie de 



Lyon^ auquel je rem];)runte, d'une minia- 
ture aontje vous envoie la reproduction, et 
dans laquelle, par une étrange distraction de 
l'artiste, la salamandre est représentée sous 
la forme d'un oiseau et se confond ainsi 
avec le phénix. 

Quant à l'attribution de cet emblème à 
Charles VIII ou à Charles VII, elle est 
vraisemblablement erronée. La tapisserie 
citée par M. A. D. date des temps de 
François I«', comme notre collègue le re- 
connaît implicitement; les peintures du 
château de Blois, décrites par M. de la 
Saussaye, sont modernes ; elles n*ont, par 
conséquent, aucune autorité ; on sait, 
d'ailleurs, que la devise de Charles VII 
était un soleil, et non pas une salamandre. 

A. St. 



Plus çà change, plus c'est la même 
chose (Vu, 362, 445; XI, 234J. — Le 
même Alphonse Karr vient de publier, 
chez le même M^ Lévy (mars 1870), deux 
volumes de Menus-propos^ format grand 
in-x8, dont l'un est intitulé. « Plus ça 
change»,, » et l'autre... « Plus c'est la 
même chose, » Ul. 



Le masiine de Henri IV (VII, 633 ; VIII, 
171, 681, 753). — Dans le volume que 
vient de publier M. Dussieux {Lettres in- 
times de Henri IV) et que je vous signale, 
à proi)os de la fausse lettre à Marie de 
Médicis (IX, 289), on trouve un beau por- 
trait du Roi, gravé sur acier, d'après la 
peinture qui fait partie du musée ae Ver- 
sailles, et Mn fac-similé (héliogravure) du 
masque qui a occupé à plusieurs reprises 
les correspondants de Y Intermédiaire. 
M. Dussieux dit qu'il a fait reproduire le 
masque du Roi, tel qu'il a « été moulé sur 
a son beau et souriant visage, en 1793, 
tt après la violation des tombeaux de 
a Saint-Denis. » J'ai bien de la peine à 
admettre que le visage d'un cadavre em- 
baumé, d'une momie, ait pu être trouvé, 
après cent quatre-vingts ans, en assez bon 
état de conservation, pour donner lieu à 
un moulage ayant à ce point les appa- 
rences de la viC; ou du moins de la mort 
récente. E. I. 



Lettres inédites de ISj^ de Sévigné 
(VIII, 225). — Quoique le récent discours 
de M. Waddington réduise la trouvaille 
de M. Capmas à un recueil de lettres, 
parmi lesquelles il y en aurait plusieurs 
de M™« de Sévigné, il serait important de 
les connaître, de savoir si elles sont iné- 
dites et de s'assurer de leur authenticité. 
j Ces lettres, dont on ne soupçonnait pas 
l'existence, dit M. le ministre de l'instruc- 
tion publique, ont-elles été publiées de- 
puis 1 époque delà découverte qui remonte 



N» igB.] 



L^iNtERMËDiAike 



3oy 



308 



à plûi d'an an? Si dtil, quel est l'édi- 
teur? Si tiùfi^ l'heureux trovatore bunsen^ 
ttrait-il à le^coaiâiuiiiquer? A. D. 

Hoche 11100111141 empoiBonnéT (VIII, 
39a, 466, 5o3, 687). — Voir le Précis sur 
la maladie et la mort du général Hoche, 

λar Poussîelgu.e, chirurgien en chef de 
'armée du Rhin» Wetziar, le i^ vendé- 
miairei an VIII (1799)) in-4. H. l* 

Robbé de Beauveaet, le poète cyniçtue 
(Vlll, 423, 476, 5o5). — Voye^ ce que 
dit de cette satire de Robbé, * dédiée au 
comte de Bissi », la Correspondance titté' 
raire de Grimm et Diderot, III® partie, 
t. I*»*-, !77 {Paris y i8i3, in-S*») et les cita- 
tions qui en sont données, pages 178 et 
179 (Portraits de Dorât et de Voltaire). 
voy. encore, dans le même vol. p, 241, 
une mauvaise Ëpigratnme dé Robbe 
contre Saint-Foiîc, l'auteur des Essais Èur 
Paris i et t. lî, p. 187, lEpi^ramtne 
contre Robbé^ citée ci-dessus parVInterni. 
(VIlî, 476), sans Indication de nom d'au- 
teur, et gue là Corresp. tittér, avait pu- 
bliée précédemment en l'attribuant « à 
M. le marquis de (sic) 

On peut encore ajouter à la liste biblio- 
graphique des oeuvres de cet auteur le 
petit volume suivant également devenu 
fort rare : Robbé de Bèauvëzet. Mon 
Odyssée ou le Journal de mon retour de 
Saintonge, poème à Chtoé. Le Havre, 
1760, 1 vol. in-8°, orné d'un fleuron et 
de quatre vignettes, Ulr. 

— Suivant Bachaumont, Robbé s'était 
attaché au jansénisme et « avoit donné 
dans les convulsions, cotkime le genre le 
plus propre à alimenter son imagination 
jusqu'au fanatisme^ v ^^ Il avait entrepris 
un poëme religieux en 5 chants, qui pas- 
sait à l'époque (nov. 1 760) pour être achevé 
et comme devant être oientôt imprimé. 
Nous retrouvons, dans les Mémoires se- 
crets, Fépigramme suivante qui, quoique 
exprimant les mêmes idées, diffère de texte 
avec les vers cités par notre collaborateur 
Uln 

Tu croyais j o divin Sauveur! 

Avoir ou jusques à la lie 

Le calice de ta douleur : 

// manquait à ton infamie 

ô'a^df r Rôbé {sic) pour défeiièêuï' ï 

Lequel des deux textes est le vrai? Je 
préfère, pour mon compte, celui-ci. — Le 
poëme de Robbé a-t-il été imprimé? 

A. Nau8« 



Autographe de Bolomleu (VIII, 678). — 

Voici la réponse à la question posée par 
M. C. R. Cet autographe a passé des 
mains du libraire Aubry dans la collection 
Stassart, à Bruxelles. Peut-être quelque 



obligeant corrêë|>ondànt pourrAit-il lui en 
procurer la copie. 

Cette coUecuoû contient peut-être aussi 
d'autres autographe» dû même ^vant. 

A. Naus. 

Un chamoan et le trou de l'aiguille 
(IX, 5, 8^, 109). — M. Ernest Renan, 
dans sa Vie de Jésus (i^ ààït, p» 173], 
tient pour la version la plus ordinaire. Il 
y voit un proverbe, dont Jésus n'aurait 
fait qu^une application nouvelle : « Dans 
un moment. dit-iL où, moins exagéré, 
Jésus ne présente lobligation de vendre 
ses biens et de les donner aux pauvres 
que comme un conseil de p^factioa, il 
fait cette ^ déclaration terrible { « Il est 
a plus facile à un chameau de passer par 
« le trou d'une aiguille qu^à un riche d'en- 
« trer dans le royaume de Dieu. » Eâ aot£, 
après avoir cité, non- seulement les évan- 
giles de saint Matthieu et de saint Luc, 
mais le Talmud et le Coran, il ajoute: 
a Origène et les interprètes grecs, igno- 
rant le proverbe sémitique, ont cru qu'il 
s'agissait d'un câble, îtotyLDvô;. ^ 

Ed. F. 

—» J'admets l'explication de M. A. St.; 
)e veut bien croire même que plus rani- 
mai est gros plus Id cotnpâfaison est ad- 
mirable ; mais il me semble que Ift discus- 
sion ne perdrait rien à être moins agressive 
et moins personnelle. N'oublions pas que 
l'Intermédiaire est, non un club, mais un 
salon où lé directeur nous àccîuellle de la 
manière la plus affable et la plus coùRoise, 
et où Turbanité doit toujours présidera 
nos controverses. A. t>. 

Sur le mot Ghiysakithème (IX, 8, 57). 
-^ Littré l'indique comme un substaatii 
masculin, et cependant, il ajoute : « Les 
Chrysanthèmes cultivées font , en au- 
tomne, l'ornement des parterres. » Est- 
ce une faute d'impression? L'Académie, 
le Supplément à 1 Académie, Napoléon 
Landais, font aussi le mot masculin. 
Wailly le fait féminin* . Enfin le Com- 
plément à l'Académie donne ce mot 
comme adjectif des deux genres. Le Voca- 
bulaire de Wailly est de 1823. Le mot 
a-t-il été féminin et a-t-il changé de genre? 

E.G. P. 

— C'est une inadvertance ott liûe faute 
d'impression; elle a été récemment signa- 
lée à la librairie Hachette, et la correction 
a dû être opérée* N» G. 

Un anachronisme à expliquer t (IX, i3oj. 
— Pétrarque, si ma mémoire ne me trompa 
pas, a laissé plusieurs épîtres latines, 
adressées à divers personnages de l'anti- 
quité, dont il aimait ainsi à se filire leçon» 
temporain ; il y en a sans ddtte une a 



DES GMËRdHËUftâ ET CURIEUX. 



369 



[25 mai 18^6. 



- 3fo 



saltit Auguâtifi, 6t c'est âin^f que s'éipli- 
quérait la phrase dé M. Mé2ièreà : m Pé^ 
trafque âe Confesse à saint Augustin 
d'avoir été condâttiné, etc.» Poggiawgo» 

a L'Amour à r£col« » (IX, i36). — Ce 
nom de Afyrtert n'est pas un pseudonyme ; 
Tauteur qui le porte at>partient, par sa fa- 
mille du moins, à l'ancien département de 
la Moselle et pourrait retrouver des pa*- 
rents à Inglange, village des environs de 
Thionville. Il a paru en iSji (Paris, André 
Sagnier) une brochure de 108 p., sous ce 
titre : Centurie^ sonnets de Myrten; au 
dos de cette brochure on lit les titres de 
plusieurs ouvrages de rauteuf; tiYAmoUt 
à Œcôîè y figure. Le père de M. Myrten, 
attaché à la maison de la Dauphine, sui- 
vit, en ï83o, cette princesse en exil. 

POGGIARIDO. 

Séricaltnre et séricola, ou bien sôrici-^ 
cnlturô et sérioicole? (IX^ 164, a3o, 2.16). 
- Faut*il, ou non, continuer de tolérer 
les expressions fautive» sériciculture, séri^ 
cicole, Ou bien en revenir aux termes seuls 
corrects : sériculture, séricoU} 

La question posée (IX, 230), j'allais es-^ 
sayer de Téclaircir, lorsque je Ty trouve 
résolue, et dans le meilleur sens, par 
M. Ch. L., de qui la réponse est péremp- 
toire (IX, 246). — C'est faute de se re- 
porter aux véritables auteurs, qu'on pre^ 
Qaitpour innovation le redressement le 
plus nécessaire, et qu'on regardait commô 
loi déjà avérée un abus choquant, lequel 
n'avait eu aucune raison de naître. — 
Du reste, un savant très- judicieux, cor- 
respondant de rinstitut, écrivait, assez 
récemment, d*une grande ville du Midi, 
qu'il avait ûiît àVôUer à plusieurs person- 
nes le manque de justesse du mot séri- ci- 
culture, et obtenu d'elles la promesse de 
îieplus retomber dans cette faute; mais 
que le redressement formel se faisait en- 
core attendre, mon Dieu I Ne sait-on pas 
combien il est difficile, quand une sottise 
a pris pied quelque part, de l'en faire dé- 
guerpir! 

Certes, le bel esprit qui s'imagina d'in- 
troduire, à iïlTQdQ perfectionnement^ dans 
le mot sérîculturé^ la syllabe ci (addition 
non-seulement inutile mais impropre), 
doit s'applaudir du long succès qu'à ob- 
tenu son idée erronée. Quels motifs de 
préférence y avait-il pour que l'on adoptât 
sa bizarre variante? Aucune, ce semole, 
car en altérant ainsi un terme excellent, 
qui était à^ la fois rationnel et commode, 
on tombait dans tous les inconvénients 
reunis, on s'écartait de l'histoire, on bles- 
sait les analogies grammaticales j et tout 
j^eja, pour n'arriver qu'à fabriquer un vi- 
iam mot, traînant, ennuyeux à pro- 
noncer. 

Bah! qu'importe? On possédait une 



] chance de réussite; ^ Laquslld donc? — 

! Eh mais, c'est qu'on avait pour soi h 

1 fàu^. Se charger de combattre le vfal 

' n'est pas un rôle sans avantages. Ceéi a 

I beau paraître singulier; nous l'avons, dé 

) bonne heure, appris dans notre La {«"on* 

; taine : 

L'homme est de glace ayx vérités; 
Il est de feu pour les tAetiSonges. 




Une question étymologi^é (IX4 196, 
9^8). ^ ,,,,, Le chevalier de Gailly est 
aussi l'auteur d« cette épigramm» sur la 
réduction des rentes : 

De nos rentes, pour noS péchés, 
t^lusieurs quartiers sont retranchés. 

Nous allions à "l'Hôtel de ville, * 
Et nous irons à l'Hôtel-Dieu ! 

QUINTILIUS. 

— Ce quatrain, du chevalier Jacques de 
CaiUy, a été nûàixltes fois imprimé, et 
entre autres dans le Nouveau recueil dis 
épigrammatistes français (Amsterdam, 
1720, t. I, p. 179). Les vers de d'Aceilly 
sont spirituels et bien tournés. C'est de 
lui qu'est cette épigramme % 

Grâces au ciel, ils ne sont pas venus [maines; 
Ces maux dont vous craigniez les rigueurs inhu- 
Mais qu'ils Vous ont causé de peines* 
Ces maux que vous n'avez pas eus ! 

POGGIARIDO. 

Marque de collection de Joshua Rey-* 
nolds (IX, 198).— Elle est indiquée dans le 
Dictionnaire de Brulliot. C'est un petit 
carré de i centim. sur chaque côté, renfer- 
mant sur deux lignes les lettres SR IR 
(Sir Joshua Reynolds.) E. Gandquin. 

— La voici telle que îe l'ai trouvée 
sur un petit dessin d'Annibal^ Car- 
rache, évadé de mes cartons il n'y 
a pas bien longtemps. 

jACQtJES D. 

^■- L'atitetir de « rimitation de J.-<}.» (IX, 
îg8, 252j 280). — Lés Italiens prétendent 
que c*est Giovanni Gersen, abbe des béné* 
dictins de Saint- Etienne dé Verceil. On 

Îjeut lire sur ce personnage une assez 
ongue notice, placée en tête de l'édition 
de vlmitdtiûn, publiée à Turin, par la li- 
brairie de Saint* François-de-Sales, 1875* 
Les Allemands tiennent bon pour A- 
Kempis. Le docteur Nirsôhe a publié à 
BeHîn î Thômdà Kempetisis de Imitatione 
Christi, libri quatuor^ textufn exautO'^ 
grapho Thomce riUHc primum accuratis* 
sime redditum. Le Polybiblion (1875, 
t. 1, p. 186) a donné des détails sur ce 

livre. POGGIARIDO. 




N» 193.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



3ii 



3l2 



Un passage des Mémoires de- Rets (IX, 
200, 2»i). — Après avoir bien retourné ce 
passage, il n'est guère possible d'y trouver 
autre chose qu'une appréciation toute 
morale, puisqu il est clair que dans ce mi* 
roirPalluau ne pouvait voir autre chose que 
le visage de M*'« de Retz. On pourrait 
donc interpréter le mot « un original » 
dans le sens que voici : M^^ de Retz, en se 
regardant au miroir, v prit une expression 
si langoureuse, qu'elle dut y mettre une 
intention étudiée. Cette recherche, qui 
indiquait déjà une certaine corruption, 
pour ainsi dire, frappa Palluauqui dît à son 
tour : « Cette figure n'est plus une figure 
originale de jeune fille, mais plutôt une 
figure apprêtée^ étudiée^ en un mot un 
masque^ modelé sur un type qu'elle a déjà 
vu ailleurs. » — Je donne mon explication 
pour ce qu'elle vaut. Qunmuus. 

L'acteur Jenneval (IX, 201, 253])^ — 
Pendant la première semaine du mois de 
mai de la présente année 18^6, on lisait 
sur les murs du i3« arrondissement de 
Paris, l'affiche suivante : 

THÉÂTRE DES GOBELINS. 

Représentations de m. jenneval, 

LA TOUR DE NESLE 

Drame en 5 actes, de MM. Gaillard et 

A. Dumas. 

M. Jenneval, rôle de Buridan. 



Un Béni-Mouffetard. 

Une charge philologique à fond de 
train (IX, 225, 283). — Je suis de l'avis de 
M. S. D. On n'empêche pas une langue de 
marcher, de s'enrichir de néologismes 
souvent nécessaires; et on ne Tempêche 
pas non plus de se transformer, de se dé^ 
former, si vous aimez mieux. Et puis, ne 
se montre-t-on pas parfois trop vétilleux ? 
Il y a de la minutie dans la critique de 
Voltaire, dans celle de M. Scherer, et 
personne n'est, d'ailleurs, impeccable, en 
fait de style ; bien peu même, en fait de 
grammaire. Je vois que le Courrier litté- 
raire (l^ 36} a relevé un pléonasme dans 
la lettre de M. Scherer, parlant d'une 
faute que l'Académie et Littré consacrent, 
à la vérité, mais qui nen est pas moins 
criante, pour cela. « Je veux bien que ce 
pour cela soit redondant, mais c'est un 
pléonasme facultatif, vieux comme notre 
langue. J'en ai rencontré maint exemples, 
et, sans aller plus loin, je le remarque 
dans le sonnet cité ci-dessus, col. 229, et 
dans la réponse, col. 284. (Je ne veux pas, 
pour cela, prétendre a ue ce soit excellent, 
mais je ne m'en lamenterais pas comme 



d'une des preuves de la décadence de no- 
tre langue contemporaine. Il faut distin- 
guer entre les spécimens qui ont été si- 
gnalés : il en est qui ne me feraient pas 
jeter les hauts cris. Mais, je l'avoue, il ne 
faudrait pas laisser dire : une panacée 
universelle^ et je l'ai aperçu, jusque dans 
vos colonnes (IX, 178). 

En résumé, le grand maître des langues, 
c'est le caprice populaire. Tel mot, telle 
forme, tombe en désuétude; telle forme, 
tel mot s'introduit, on ne sait comment, 
dans la circulation. Horace ne Ta-t-il pas 
dit: 

Multa renascentur quae jam cecidere, cadentque 
Quae nunc sunt|in honore vocabula, si volet um, 
Quem pênes arbitrium est et jus et nonna lo- 

[quendl 
N.B. 

— La réponse de M. S. D. me remet en 
mémoire un livre curieux en ce qui con- 
cerne les phases successives de la forma- 
tion de la lan^e française : Le Diction- 
naire Néologique^ à lusa^e des beaux 
esprits du siècle^ etc., par François Guyot, 
abbé des Fontaines (Amsterdam, Lecène, 
1728, 1 vol. in- 12]. Plusieurs des locutions 
critiquées avec raison par l'auteur, ont ce- 
pendant passé dans le langage, ainsi que 
certains mots dont Molière s était moqué 
dans les Précieuses ridicules. Il n'en faut 
pas moins se méfier des hardiesses néolo- 
giques, dont le plus grand nombre viennent 
de la fantaisie et ne répondent pas à un 
besoin véritable. Il y a même souvent 
bien du caprice dans les lettres de natura- 
lité que l'usage leur donne à la longue. 

E.-G. P. 

Un sonnet signé V. H. (IX, 228). -Je 
ne pense pas que ce sonnet soit de Victor 
Hugo; mais il me semble fort possible 
que l'auteur, en le signant de ces initiales, 
ait voulu en faire venir l'idée. Il paraît 
que Munchhausen n'est pas un person- 
nage imaginaire. La Biogr. Didot le nomme 
Jérôme-Charles- Frédéric, baron de Mun- 
chhausen» « fameux hâbleur allemand », 
tout en convenant que Raspe et ensuite 
Burger, en recueillant les hâbleries du 
vieil officier, les avaient fort surchargées. 
Mais je dois avoir lu ailleurs (dans le Mag> ' 
• Pitt., selon mon souvenir) que le Mun- ; 
chhausen légendaire était le ministre de 
l'électeur de Hanovre, qui avait aussi 
exercé la fonction de curateur de l'Univer- 
sité de Gœttingue, et que c'était la mali- 
cieuse rancune de quelques étudiants 
contre un supérieur trop ami de la disci- 
pline, qui avait commencé à associer au 
nom de Munchhausen ces ébouriffantes 
histoires, en partie empruntées à Bebei, j 
à Philippe d'Alcrippe et consorts. l 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 mai 1876. 



3i3 



Un four (IX, 229). —: Cette locution 
remonte tout au moins au XVII*» siècle. 
La Grange, dans son Registre-Journal, 
l'emploie deux fois : la première, à propos 
des comédiens espagnols, et la seconde, 
à propos de la troupe de Molière : i^jutU 
îet 1660. « Il vint en ce temps une troupe 
tt de comédiens espagnols qui joua trois 
« fois à Bourbon, une fois à demye-pis- 
a tôle, une seconde fois à un escu, et la 
« troisième fois fit un four. » — 2» a mardi^ 
«23 may i6ô^. Four. » Ce jour-là, la 
recette fut si minime qu'on pria les rares 
spectateurs de s'en aller en leur rendant 
leur argent. Cette locution s'introduisit 
assurément en France avec les farceurs 
italiens et s'acclimata promptement dans 
les coulisses. En Italie /^r/wori signifie 
6/er, mettre dehors, et c'est en ce sens 
qu'elle a d'abord été adoptée pour indi- 
quer ensuite l'insuccès ou la chute d'une 
pièce de théâtre. Consulter à cet égard le 
Dictionnaire de l'Académie de 1772 et de 
i835. On connaît la naïve invitation de 
ce directeur de province à trois specta- 
teurs qui s'étaient fourvoyés dans sa salle 
déserte : « Messieurs, puisqu'il n'y a per- 
sonne ici, je vous renvoie tous. » A. D. 

— Faire four, être mal accueilli, se di- 
sait autrefois des comédiens qui ren- 
voyaient les spectateurs, parce qu'ils 
n'avaient pas assez de monde pour cou- 
vrir leurs irais. La salle^ privée de l'éclai- 
rage ordinaire, ressemblait alors à un vrai 
four. 

« Nous faisons four, dit Lousteau, en 
parlant à son compatriote la langue des 
coulisses. » (Balzac.) 

« 11 se jeta alors dans le théâtre et fit 
un modeste four. » (Commerson.) P. 157 
des Excentricités du langage, 4» éd., par 
Lorédan Larchey (Paris, 1862.) Voyez 
encore le Dict. comique, satirique, de 
P. J. Leroux. H. I. 

— Insuccès, chute, fiasco. — Littré 
donne l'origine de cet idiotisme, a Roche- 
fort, dans ses souvenirs d'un vaudevilliste, 
à l'article Théaulon, attribue l'origine de 
cette expression à ce que cet auteur comi- 
que avait voulu faire éclore des poulets 
dans des fours, à la manière des anciens 
Egyptiens, et que son père, s'étant chargé 
de surveiller l'opération, n'avait réussi 
qu'à avoir des œufs durs. Cette origine 
n'est pas exacte, puisque l'expression, 
dans le sens ancien, est antérieure à Théau- 
lon; mais c'est ailleurs q.u'il en faut cher- 
cher l'explication : les comédiens refusant 
de jouer et renvoyant les spectateurs 
(^uand la recette ne couvrait pas les frais), 
c est là le sens primitif, faisaient four^ 
c'est-à-dire rendaient la salle aussi noire 
qu'un four. » 

Cette explication paraît, du reste, avoir 
été adoptée sans conteste; ainsi, M. Al- 
fred Delvau, à l'article four de son Dic- 



' 3i4 — * 

tionnaire de la Langue Verte, transcrit 
tout au long, sans commentaires, le pas- 
sage de Littré. C. L. 

Moineau (IX, 229, 285). — Le passereau 
est représenté comme un emblème de la 
solitude. On a été amené à comparer le 
moine au passereau et le passereau égale- 
ment au moine, d'où, je pense, le nom de 
moineau donné au passereau. E.-G. P. 

— Le nom du moineau vient évidem- 
ment du mot Moine — un petit moine — 
et cette étymologie est pariaitement logi- 
que; le moineau n'est-il pas le plus glou- 
ton, le plus lascif et le plus hardi des oi- 
seaux? Sa couleur grise, l'espèce de capuce 

f)lus noire qui couvre sa tête, ajoutent 
a ressemblance physique à la ressem- 
blance morale. 

Baron P. J. O. T. de Vorst. 

— Cet oiseau fait partie de la famille des 
passereaux, et ce nom lui vient, suivant 
Ménage, du ^ec monios^ solitaire, parce 
qu'il aime à vivre seul, ainsi que l'énonce 
la Bible : passer solitarius in tecto; sui- 
vant le naturaliste Belon, de moine^ à 
cause de la couleur grise de son plumage. 
Quant à moi qui ai toujours vu ces pier- 
rots en nombreuse etjoyeuse troupe, pil- 
larde et piailleuse, affectionnant les lieux 
habités, je croirais, dussé-je y perdre et 
ma poudre et mon temps, que ce nom 
leur vient de Moine, parce qu'autre- 
fois où les campagnes étaient peu peu- 
plées, ils aimaient à vivre et à se reunir 
sous les toits des monastères, dont les 
paisibles habitants ne les effrayaient pas 
et dont les greniers, abondamment pour- 
vus, offraient large et facile pitance à leur 

floutonnerie : on sait, en effet, d'après 
tufibn, quelle énorme quantité de crains 
absorbe et gaspille un aussi petit oiseau. 

A. D. 

— Je ne connais pas la légende que ré- 
clame M. Saiduarig, mais en compulsant 
les gros livres, j'ai noté certaines mdica- 
tions qui peuvent aider les chercheurs à 
trouver le rapport d'origine entre les mots 
moineau et moine, a De moine, dit le 
P. Labbe, nous avons appelé moineau les 
passereaux, parce que, au psaume loi, il 
est dit : a sicut passer solitarius in tecto. » 

Ménage explique le nom par la couleur 
grise du vêtement de certains moines, et 
c'est dans ce sens plaisant, que l'enten- 
dait Gui- Patin, disant dans une de ses 
lettres : « Nous sommes ici tous obsédés 
de moines et moineaux de tout plumage. » 
D'après Littré, on disait dans l'ancien 
français moine pour moineau : « Chassant 
aux moineaux; Du Cange, moinus, » d'où 
le diminutif moinel^ moineau» 

Peut-être encore, nos ancêtres, nés 
malins, ont-ils de moine fait moineau^ 
par une association d'idées basée sur les 



N' 193.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



■wor""!" 



.--.- 3,5 



3iô 



qualités érotiqiies prêtées aux moines et 
ai» moiaes. « Paillard comme un moine «, 
disait le grave H. Estienne, cité par La- 
curne; lascif comme un moineau, ont dit 
et les anciens et les modernes, mais je 
m'arrête..,, ma conjecture est peut-être 
irrévérencieuse; en ces matières, nos 
pères avaient des privautés qui ne sont 
plus de mise aujourd'hui, et ]e me con- 
tente de laisser ma fantaisie étymologique 
à Pétat d'esquisse et d'aperçu. C. L. 

FraoçoU Sar^Qlji fIX, 23o). — Voir, au 

sujet de ce po^te, 1 intéressant article de 
M. A. Jal, dans son Dictionnaire critique 
de Biographie et d'Histoire, p. uoi. 
Il prétend g usqu'à preuve meilleure), que 
le nom de Jean-François Sarasln s'écrit 
avec un seul r, ce qu il prouve par l'ex- 
trait d'un acte; signé par ledit poète, à 
Paris, en date ae omercredy, 29 novembre 
164S. » (Amsterdam.) 

J. G. ns Groot-Jauin. 

— D'après Jal, l'orthographe exacte du 
nom de Jean- François Sarasin; c'est ainsi 
ou'il a lui-même signé son nom d'une 
écriture longue et fine et avec un paraphe 
a$se2 compliqué au bas d'un acte, daté 
du mercredi 29 novembre i64.5, et faisant 
partie du vieux minutier de M. Le Mon- 
nyer, notaire ^ Paris. La famille des Sa^ 
razin, artistes, peintres et sculpteurs^ écri« 
vait son nom par un Z. A. D. 



La Société dea soupers de Xomns (IX, 
a33).«^ A. Dinaux, dans son Histoire des 
sociétés badines, revue et éditée par 
M. G. Brunet, cite non-seulement cette 
Société mangeante, buvante et chan« 
tante, mais encore celles des Soirées de 
Momus et du Petit couvert de Momus, 
formées les deux premières à Paris et la 
dernière à Dunkerque. Le premier ban- 
quet des Soupers de Momus eut lieu chez 
Beauvilliers, le 6 mars x8i3, et Dinaux, 
sans indiquer la date de sa dissolution» 
constate qu'en 1822 l'improvisateur était 
membre correspondant de cette Société, 
oui réunit presque tous les chansonniers 
4e l'époque» surtout après la dispersion 
du Caveau moderne, Elle a publié, cha- 
que année, un Recueil de Chansons chez 
Béchet aîné» quai des Augustins, n^ ti. 
On sait que Jouslin de la Salle, mort le 
3o juin il863, était devenu, en )[$?2, di- 
recteur de l^ Comédie française, 

A. D. 

"^ EHe a compté, parmi ses membres 
plus ou moins connus, un M' P.-J. Char- 
rin, auteur d*un volume de chansons et 
poésies (Paris, 1820); Jacinthe Leclère, 

3ui fit une tragédie en 3 actes, la Mort 
e Kléber^ et un pot-pourri en 5 actes, 
Cadet Buteux à VEcole des vieillards 
(1824); Mayeur de Saint- Paul, acteur et 



auteur dramatique, créateur du rôle de Da- 
nières dans le Sourd ou V Auberge pleine; 
Eugène de Pradel, le fameux improvisa- 
teur. De Piis, Masson de Morvilliers, Fran- 
çois de Neutchâteau, Pons de Verdun, 
Millevoye, de Jouy paraissent avoir ap* 
partenu à la Société des Soupers. Il n'eit 
pas fait mention de Jouslin de Lasalh. 

C. L. 

Un biUet de Ch. Nodier (IX, 2;6]. Du^ 
mas a rapporté ce billet dans la pre'facç 
de ses Impressions de voyage,- mais je ne 
sais pourquoi il en a altéré le texte. « Mon 
cher Alexandre, je lis à l'instant, dans 
un journal, que vous avez été fusillé hier 
à trois heures du matin ; ayez la bonté 
de me faire savoir si cela vous empêchera 
de venir demain, à l'Arsenal, dîaer avec 
Taylor. » Cela est spirituel sans doute; 
mais j'aime mieux le billet rapporté par 
votre correspondant. 0. D, 

Remarquas sur la langui fraoç«i99 [^ 
a59), -^ Le véritable nom est Claude Fa>Te 
de Vaugelas, qu'indiquent les initialesC.F, 
D. V. Barbier, Quérard» n'ont ps$ QQP^déré 
cet ouvraee assez connu comme anocyme. 
Je possède l'édition in-4» de 1647, et celle 
de 1698, 2 vol. in- 12, avec les notes de 
Thomas Corneille. Je vois d'Ici, à côté des 
initiales C. F. D.V., en bonne grosse éai- 
ture du siècle dernier, l'annotation : i^ 
Vaugelas, sur le titre de mon in-4*. 

E.B. 

La Fontaine et ChampiO^slé (IX, 261) 
--. La Coupe enchantée et le Veau f^^f 
(trop réellement perdu) ont été représentés 
sous le seul nom de Champmeslé^ quoique 
rien n'empêchât La Fontaine, comme le» 
abbés Abeille, La Rue, Brueys, de donner 
des comédies sous son nom. Et cependant 
elles ont été dès longtemps réclamées pour 
La Fontaine, et Mouhy les lui attrilwe 
exclusivement. Si c'était seulement à cause 
de ses contes, qui en auraient fourni i« 
sujet, ce serait à tort: car ce sujet ne lui 
appartenait pas non plus, et Champmesle 
avait le même droit que lui sur Ariosie, 
Boccace, la reine de Navarre, les Cent 
Nouvelles Nouvelles. Ne serait-ce pas que 
La Fontaine avait travaillé effectivement 
à ces comédies, et qu'il en abandonnait sa 
partjô,titrededon,aumarideM»^«dcChanap- 

meslé ? Walcfcenaer, dans une vie abrégée, 
placée en tête d'une édition compacte 
(1840), parle d'une édition des Contes, qui 
« ne purent paraître avec privilège du roi. 
La Champmeslé les débitait en secret; et 
il est probable, ainsi que le dit Furetière, 
que La Fontaine lui en abandonnait le 
profit et payait ainsi ses faveurs. « Ses ^ 
médies ont bien pu recevoir la même des- 
tination. Ceux qui ont lu la relation de w 
conversion de La Fontaine, pubhec par 



D)E3 CHÇRÇHEUR^ i^T CUHïEUX, 



3x7 



[25 ms^i i^j$. 



— 3i8 



son confessqur Pouget, pourraient dire si 
cette cQmé4iç, toute prête à être jouée, 
que Pouget lui fit brûler ad majortm Dei 
gloriam^ y est indiquée comme faîte en 
collaboration avec Champmeslé. Comme 
La Fontaine défçndi^ longterops sa pauvre 
comédie, si Cb^ropme^lé y eut eu part, il 
me semble qu'il v^'vxv^ pçi§ manqué de 
faire valoir cette raison assez bonne de 
n'en paa disposer tout seul. O. D. 

U fête da F&qaea (IX, a6i).^CestIe 

Concile de Nioée qui a posé en règle que 
(ï la fête de Pâques serait célébrée le pre-« 
« Plier dimancne après la pleine lune qui 
« suit réquinoxe du printemps. » U résulte 
de là que lorsque la pleine lune paraît un 
dimanche, il faut reculer d'une lunaisoa 
entière la célébration de la fête de Pâques. 
Or, cette année, la première pleine lune 
après le ao mars est arrivée (comme le re- 
marque très-bien l'auteur de la question] 
le samedi 8 avril; mais cette lune, qui 
s'est levée à 6 h, 41 m. du soir, ?'eçt cou- 
çhée seulement à 5 h. 5 m. du matin, c'est- 
à-dire lorsque la journée du dimanche 
g avril était déjà commencée. C'est donc à 
bon droit que, conformément à la règle 
rappelée ci-dessus, la fête de Pâques a été 
reculée à la lunaison suivante, soit au di- 
manche 16 avril. Joc'h d'Indret. 

«Mélanges da littératare étrangèra» 

flX, 263). -^ Publiés par Âubin-Louis 
MiUin, dit M. O. Barbier. (Dict., III, 
c. 114. d.) H. I. 

Maria Stella « Anonyma à décQuvrûr » 

(IX, 5>65). — Ce n'est pas dans le Diction^ 
nairedes Anot\jrni€SdQ Barbier, que À (qu 
plutôt Th^) Reader trouvera son rensei- 
gnement j c'est aux Supercheries litté- 
raires dévoilées de Quéràrd, qu'il doit se 
reporter. 

Il verra (t, ÏI, p. 1054) que Maria SteJlci 
était lady Maria Stella Newboroug, ba- 
ronne de Sternberg, d'après elle, née de 
Joinville. Il y lira une note d'une quinzaine 
de lignes relative à cette plaquette, Qué- 
rard indique 4 éditions ; la i^ de i83o avec 
portrait, la dernière de 1839. ^^ possède 
la 3« édition imprimée en i838 par Gui- 
raudetet Jouaust, 3x5, rue Saint-Houpré, 
(222 pages et pas de portrait.) 

A. Naus, 

« LaCràatioB du Monde » (IX, 266). ^ 
Cette pièce se trouve dans une édition de 
^799) 2 vol. in- 18. Si elle n'a pas reparu 
dans une édition de 1827, l'époque, peu 
favorable à de semblables badinages, ne 
l'explique-t-elle pas? La date du 18 jan- 
vier i8a5, donnée par la question, indique 
probablement le jour de la mort de l'au- 
teur. Sç\qi}^ la. Biog, ÎJidpt; et une notice 



placée en tête d'une édition Barba (TSjiSJ, 
Boufflers serait mort e» janvier ï8i5, 

0. D. 

la plûloaçpUe in V^éhu^ daa Karion'- 
n^ttaa. — ^ En ïS?^» le ip juillet, à. Ja veille 
çie nos folies et 4e nos désastres, VJnter^ 
médiaire insérait (YI, 385) une pag0 ex* 
qvise, qui l'est, en effet, et que je relis 
toujours avec plaisir. N'est-ce pas aussi 
une page vrainie»t exquise que celle que 
vieqt dp tracer la plume de George 5and, 
et cjue je transcris ici, pçyr que Yintermé'' 
diatre nous la çopserve, si vous le juge? à 
proçQB ? 

C'est à propos 4e Marionnettes qu'elle 
arrive, eu manière de conclusion. Mais 
vous vous rappeler la légende du montreur 
de lanterne magloue 4e Gavarui : ». Faut 
Ven faire voir à rhQmme 4es images.,., 
p'is qu'il s'embête I » 

« Nous vivons à une époque ennuyeuse 
et triste. Au lendemain de nos grands mal» 
beurs publics, nous nous agitons dans la 
lutte des partis, beaucoup trop préoccu- 
pés de nos intérêts particuliers ou de nos 
théories personnelles, Nous passons les 
trois quarts de notre vie à essayer desavoir 
comment nous vivrons le lendemain, sous 
quel régime et dans quelles qon4itions, La 
politique nous rend véritablement assom- 
mants, surtout au fond des provinces, où 
l'on parle d'autant plus que la. §phère 
d'action est plus étroite j paroles per4ue5, 
prévisions inutiles, craintes chimériques, 
espérances vaines, théories incomplètes ou 
fausses, problèmes insoluWea et toujours 
mal posés, sotte importance 4e la plupart 
de ceux qui parlent, crédulité funeste de 
la plupart de ceux qui écoutent, temp? 
gaspillé San? résultat, voilà la vie intellec»- 
tuelle de ces temps troublés, d'oii la sa- 
gesse de l'avenir se dégagera quand même, 
nous l'espérons bien, et npus l'espérons 
même sérieusement aujourd'hui I Mais 
combien nous marcherions plus vite vers 
la solution, si nous nous occupions dix fois 
moins de la définir chacun à notre point 
de vue ! Sans doute la conversation, à son 
heure et en son lieu, est intéressante et 
profitable. On compren4 une certaine dé* 
pense de temps i^our se renseigner et 
commenter les événements qui se succè- 
dent^ afin de les comprendre autiant que 
possible. Mais comme il serait bon d'être 
sobre de discussion et avare de dispute i 
Que d'assertions fausses et de prédictions 
absurdes, que de vain orgueil et de niaise- 
ries oiseuses on s'épargnerait! Que de 
bonnes lectures et de sages réflexions on 
porterait au profit de sa cause I Rien ne 
s'arrangera plus en ce mon4e quç par la 
raison et l'équité, I4 patience^ Je savoir. 



N- 193.} L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [25 mai 1876. 



319 



■^^ 



ltfd€V(mism'ënt et la modestie. Onditqu'au- 
trefois-Fesprit français était charmant et 
on se demande pourquoi la conversation 
est devenue chez nous un pugilat. Uesprit 
de jadis était trop léger taos doute, puis^ 
que l'art du conteur était d>fBeurer sans 
approfondir, mais l'esprit d'aujourd'hui 
est tombé dans l'excès contraire. Il est 
lourd comme le pas de l'éléphant ou me- 
naçant comme celui du cheval de bataille. 
Tout ce que l'on évitait autrefois pour 
maintenir la bonne harmonie, on se le 
jette à la tête à présent avec une âpreté 
grossière. C'est que nous sommes une 
race d'artistes et que quand notre cer- 
vitau n'est pas rempli de la recherche de 
l'idéal, beau ou joli, gai ou dramatique, il 
s^^mballe dans le noir, l'incongru, le bête 
ou le- laid. Voilà pourquoi je prêche le 
l^flisir aux gens de ma race ; oui, le plaisir; 
tous les hommes y ont droit et tous les 
hommes en ont besoin : le plaisir honnête, 
désintéressé en ce sens qu il doit être une 
c<>mmunion des intelligences ; le plaisir 
vrai avec son sens naïf et sympathique, 
son modeste enseignement caché sous le 
rire ou la fantaisie. Toutes les autres oc- 
cupations utiles de l'esprit sont plus sé- 
rieuses et s'appellent étude, recherche, tra- 
vail, production. Les grands divertisse- 
ments publics sont émouvants ou fatigants. 
L'amusement proprement dit est pour 
chacun de nous un joli petit idéal à cher- 
cher et à réaliser eu com de son feu, à la 
place du feu où l'on* s'étiole et de la cau- 
serie où l'on se dispute quand on ne dit 
pas du mal de tous ses amis. Trouvons 
autre chose pour nos enfants, n'importe ' 
quoi, des comédies, des charades, des 
lectures plaisantes et douces, des marion- 
nettes, des récits, des contes, tout ce que 
vous voudrez, mais quelque chose qui 
nous enlève à nos passions, à nos intérêts 
matériels, à nos rancunes, à ces tristes 
hàihès de famille qu'on appelle questions 
politiques, religieuses et philosophiques, 
et qui ne devraient jamais être abordées 
légèrement, ni traitées sans compétence 
suffisante...» 

Bonnes et sages pensées, n'est-ce pas? 
Eç quelle plume 1 E. H. 

Lettre inédite du D' Tronchin à Séne- 
bier. — Cette lettre autographe de l'illus- 
tre médecin et ami de Voltaire, est con- 
servée au British muséum (Fonds addi- 
tionnel). 

A Monsieur Sénébiery 

Bibliothécaire à Genève. 

Je vous rends bien des grâces, Monsieur, pour 
r^O^ 4e M* de HaUer, que M. Necker a eu la 
bçmsé de me remettre de votre part. Les secré- 
taires petpétuels de l'Académie royale des 
Sciences, et de celle de Chirurgie ^ui.en feront 
atiissi Moge^ à la rentrée prochaine, n'auront ' 



. 320 ■ » ■ fli r— , 

^ *'.l O*!. ■ f 

ilfcB à y ajouter. Depuis la dernière lettre que 
j'ai eu l'honneur de vous écrire, j'ai reçu et lu 
votre excellente traduction des Opuscules de 
physique de M. I^bb^fi^lanzani, et l'intro- 
duction si bien, faite, dont asbus l'avez enrichie. 
Personne he tal^ un meilledP usage que vous de 
son temps, personne ne TÎre un meilleur parti 
que vous de son repos philosophique, de son 
amour pour les «ciences, et de ses talents. Si je 
menois une vie oisive, tout ce que vous me 
dites d'honnête seroit bien fait pour m'en cor- 
riger, etpçur me faire rqngir.de ixsion dîdhreté. 
On m'a tait sans doute beaucoup plus d'non- 
neiu* que je ne mérite, et si je n'en étois pas à 
mes jours de grâce, cet honneur aeroit bicn-à» 
pour m'encourager, currenti calcar adderet; 
mais je suis hors d'haleine, à x^a dernière poste, 
très-près de la fin de ma* éémère. bien plus 
occupé de défiaiire les nœuds qui m attachoient 
à la vie qu'à en faire de nouveaux:.-St a tout»; 
les grâces que Dieu m'a accordées pendant ma 
vie^ il eut ajouté celle de voir la paix renaître 
dans ma cnère patrie, et mes contemporains 
devenir meilleurs à mesure qu'ils deviennent 
plus éclairés, ma fin auroit été ceUe^d'ua Jp^ 
)our; mais les troubles de ma patne afimôt^ 
mon âme, et les abus de la science n'abouQh' 
sent qu'à rendre mes contemporains plustoà^- 
pables; ils ne deviennent pas meilleurs. Je vou- 
drois ne pas le sentir aussi vivement que-je-Ie 
sens, et n avoir à vous parler. Monsieur, que de 
ma reconnaissance et de mon fidelle attsche- 
ment. TaoNcauf. 

Au Palais-Royal, i*' mars (ijSS^, 

P..C. c. : GiM. 

Mariage d'un prêtre en 1792. — l'ex- 
évéque de Blois, Grégoire, dans son cu- 
rieux ouvrage, « l'Histoire du mariage des 
prêtres en France, particulièremèûi de- 
puis 1789 » (Paris, în-8«, 1826), rapportî 
le fait suivant : 

Le 21 octobre an ï«* (^1702), à l'issue de 
de vêpres, Pierre Dolivier, curé de Mau- 
champ, annonce en ces termes' son t&ï* 
jriage à ses paroissiens : a L'œtitrelaplus 
a sainte de la nature est celle ^ùi nous 
a donne la naissance. La vifginité ne 
« nous a pas été donnée pour' être ton- ; 
a jours gardée. C'est la fleur de laquelle 
a doivent sortir des fruits. Aux charmes ' 
a du printemps doit succéder la ri- 
o chesse de l'automne. Pierre Ddîivier a ' 
a la confiance qu'il sera bon époux, bon 
a père, bon citoyen. Quel diemin de ^t 
« pour être bon curé! » (Extrait da dis- 
cours du curé deMauchamp à des parois- 
siens, etc., in-8*>, Etampes, 22 p*)\^ 

L'ex-évêque de Blois ne se tncttitre pai 
indulgent pour ce « bon ctrtré» ûi.pP^r 
ceux qui firent comme lui. Partisan de; 
bien des réformes dans les lâoëtirs du 
clergé et les pratiques du cuhèV il ém 
tout à fait hostile au mariage dès pr^pcs.. 

- '' B. ffi.»' 



H I I I I " 



Le gérant; FîSctiBACHER. 



1 y > 

— ; j ■ ir .. 



jiParis.— Typ. dç Ch. Mcyrue^i ^3, T^f^W^^^ 



•.f-l*. 



QIJtQfft 



Dinéro iOi 



«Otit lro«r«r«s. 




i^IsÀ 



S 



91 
9 



•Ntr'<i<d«r. 



10 join 1876 



DES CHEBCHEURS ET CURIEUX 

(CORRESPONDANCE littéraire, V^OTES and QUERIES franfais.) 



ass 



321 



322 



(elles LtiTTSES — Philologis — Beaux-<Arts 

— HiSToms — Archéologie — Numismatique 
— Epioraprix o— Biographie — Bibliographie 

- Divers. 

Néologismes. Bévues pkilologiqnes et 
irammaticales. A propos de « Une charge 
pliilologiqae à fond de train. » (IX, 225, 
283, 193). — Parce que Taltération de la 
langue est un mal inévitable, faudrait-il 
rester indifférent, ne pas essayer de réa- 
eir contre des tendances fôcheuses ? Une 
langue ne s'immobilise pas, il est vrai ; 
mais il est possible, dans une certaine me- 
sure, d'empêcher qu'elle ne se déforme 
complètement sous Taction combinée des 
relations internationales, du journalisme, 
des littératures scientifiques, industrielles 
et administratives, et de toutes les variétés 
de Xargou C'est à ceux qui ont souci 
d'élégance, de correction, de justesse dans 
l'expression, et surtout de propriété dans 
les termes, qu'il appartient ae signaler im- 
pitoyablement toutes les énormités contre 
la langue qui se multiplient chaque jour. 
^'Intermédiaire en a déjà relevé beau- 
coup; mais elles sont enterrées dans la 
collection sous différents titres où on ne 
^a guère les rechercher. Pourquoi ne pas 
les réunir désormais sous une rubrique gé- 
nérale, telle que celle-ci, par exemple : 
^éologismes. Bévues philologiques et 
irammaticales ? Les abonnés de Vlnter^ 
Salaire seraient invités à noter et à en- 
voyer tout ce que leurs lectures leur four- 
iraient en ce çenre. Ils seraient les pre- 
miers à applaudir, si quelques péchés com- 
'w.par eux-mêmes étaient relevés, sans 
^ice et pour l'édification générale. 
Pour commencer, ne serait-il pas à pro- 
)s d'inscrire, en tête d'une liste qui serait 
Qgue et souvent piquante, les fameux 
^wpendieux et compéndieusement, que 
■^a persiste toujours à employer en leur 
mnantune signification absolum.ent con- 
tre à leur véritable sens, qui est celui 
obrégéf le mot émérite^ non moins 
Dnnu (qui n'a jamais signifié que en re- 
t^Uej en s'appliquant aux professeurs de 
ancienne université, et, au figuré, vieilli)^ 
mt cependant on s'obstine à ^ort à faire 



le synonyme de : passé maître en son art 
et faisant autorité? 

Il est un mot employé dans le langage 
scientifioue, où il a un sens précis, deter* 
miné : c est le mot congénère. Depuis plu* 
sieurs années il a été mis à la mode dans 
le petit journalisme par des littérateurs (?) 
qui ne paraissent pas en avoir une idée 
bien nette, et qui se croient Ingénieux en 
l'appliquant avec une forte nuance de mé- 
pris à toutes les catégories d'individus qui 
ne leur plaisent pas. Peut-il se faire un 
.plus grand abus des termes (toute politique 
à part) que de dire oue les hommes du 
centre gauche sont lés congénères des 
communards? 

Pour terminer cette trop longue note, 
voici une bévue des plus réjouissantes ti- 
rée de la Galette des Amateurs («• du 
20 mai 1876, article sur le salon de 1S76» 
signé: Eugène Montrosier) : « La Source 
« à Yport, de M. Pierre Billet, met en scène 
ft des lavandières d'un caractère superbe, 
« de vraies paysannes,brunies par le soleil, 
a couperosées par le hâle, émasculées (sic) 
« par les rudes travaux manuels 11! » Il est 
inutile d'insister. Meticulosus. 



Disconrir sur la pointe d'une aiguille. 
— M. Taschereau, dans la Vie de Pierre 
Corneille (Paris, 1829), et dans l'analyse 
qu'il fait du ClitandrCy après avoir parlé 
ae la scène aussi étrange que hardie dans 
laquelle Dorise, à qui Py mante veut faire 
violence, lui crève rœil d'un coup d'une 
aiguille à cheveux, ^cjte une tirade assez 
longue et bien mal placée de Pvmante, 
qui surmonte la douleur d'un œil crevé, 

{)Our faire des pointes sur la pointe de 
'aiguille. « Un des éditeurs de Corneille, 
a a)Oute M. Taschereau, a pensé que cette 
« longue apostrophe avait bien pu donner 
« naissance au proverbe : Discourir sur la 
« pointe d'une aiguille. Nous sommes 
« portés à croire qu'elle n'a pas même ce 
« singulier avantage. » Cet éditeur se nom- 
mait Joly. 

Dans une note, l'auteur semble dire que 
cette locution est un souvenir de celle-ci 
dont usaient les Grecs : Dispute sur Vom» 
bre d'un âne^ et dont il attribue l'origine à 
une anecdote racontée par Démostnène. 

TOME IX. — - 1 1 



N« 194,] 



L'INTERMÉDIAIRE 



323 



324 



Littré rapporte la locution française, sans 
en donner l'époque et sans faire aucune 
citation historique. La trouvç-t-on dans 
des auteurs plus ancien^ aue Iç C^it(fndre 
de Corneille, qui $st de io33? 

E.-O. P. 

La mère aux gaines. — Voltaire dit, dans 
une lettre à M. aArgental, dufg mars 1763: 
a Admirez dans quel çmbarras me jette 
« Pierre Corneille. Ce n*est pas assez pour 
a lui d'avoir fait Pertharite, Théodore^ 
« Agésiias, Attilay Suréna, Pulchérie^ 
ft Othorij Bérénice : il faut encore (}u'un 
« arrière-*petit-»fils de tous ces gens4à vienne 
a du pays de la mère aux games me reian- 
« cer aux Délices. » 

Qu'est-ce que c'est que la « mère aux 
gaînes », et quel est son pays ? Rr. 

Un quatrata anonyme. — 

Toujours le beau pluipage et le ioli caquet 
Ont fait fortune chez les belles; 

Et souvent il ne faut, pour briller auprès d'elles^ 
Qu'un mérite ae perroquet. 

Ce quatrain, inscrit au bas d'une gravure 
intitulée : Loiseau à bonne fortune^ et re- 
présentant une femme qui s'amuse avec un 
perroquet, est reproduit, sans nom d'au- 
teur, dans La femme jugée par Ihommej 
de C.-J. Lgrçher (Garniçr, i858, p. 346)- 
ëait-on de qui il est ? Saiduarig. 

•^Pndénr. — Vaugelas dit que Desportes 
est le premier qui ait employé le mot de 
fudeuf, Pourrait-oa me dire le passage de 
ce poCtc où ce mot se rencontre ? Kr. 

Mulier, mollis. — Ly-Chao-Pee, lettré 
chinois, vient de faire une conférence au 
boulevard des Capucines, à Paris, sur la 
condition de la femme en Chine, et il 
s'est servi de l'expression de « sexe faible », 
en ajoutant que l'idée qui y est contenue 
se retrouve dans Tétymologie de mulier^ 
mollis. Est-ce que cette étymoîogie est 
approuvée par nos philologues? P. Ri. 

KarioHnoi, ma mise* -^ J'ai une chan«< 
son qui est indiquée comme étant faite 
sur l'air : Marie^-moiy ma mère. Quelle est 
la chanson qui commence par ces mots ? 
&n connaît-on l'auteur ? -— Une autre est 
indiquée comme étant faite sur l'air de 
V Aimable vainqueur. Même Question. Où 
trouverait-on ces chansons de ï Aimable 
vainqueur et Marief^-moi ma mère ? Rr. 

Tableau allégorique de la réTOcationde 
rSditde Nantes. — J'ai acheté ce tableau 
à l'hôtel Drouot, le 8 mai dernier, pour le 
comipte d'un ami qui le destine à la biblio- 



thèque de la Société de V Histoire du pro- 
testantisme français. 

Le cataloguât rédigé par M. Geoffroy, 
omert, 's8, rpe RocheQhbuart, indique ce 
tableau comme peint à {.ondres en 1686, 
par le peintre félFugié, Louis Chéron, au- 
quel les auteurs de la France protestante 
ont consacré quelques li^es. Ce tableaa 
aurait fait partie du cabmet du maréchal 
duc de Richelieu, mais un ex-librisài 
XVIII« siècle, d'allure slave plus que fran- 
çaise, ne donne pas les armes bien connues 
du maréchal. Louis XIV y est représenté 
avec des oreilles d'âne; M»« de Mainte- 
non, en bacchante ; la comtesse de Mar- 
san, en furie; Letellîer, en triton; Lou- 
vois, en harpie ; Boufflers, un bandeau sur 
les yeux, est enchaîné près du trône et 
n'attend que l'ordre du Roi pour sortir de 
ses fers et se ruer sur les réformés, sym- 
bolisés par un jeune couple nu, qui s'éloi- 
gne, protégé par Mercure. Il y a i5 ou 
90 personnages, et le tableau a 126 cent. 
sur 80. Les armoiries de Vex-libris sont : 
d'azur, à une fasce d'argent, ace. de 3 croi* 
settesrecroisettées d'or, au chef d'or chargé 
d'un lion de gueules issant. Devise : E 
Cruce leo. S. Deux lions tenant des éten» 
dards timbrés d'armes royales (Castilit 
et Léon?) 

Ce tableau a-t-il été gravé ? Est-il connu 
d'ailleurs? Serait-ce à Louis Chéron, que 
l'on devrait la curieuse série de earicata- 
res anti-catboliques, connue sons le nom 
de le Procession monacale^ ou les Héros 
de la Ligue y 26 médaillons satiriques de 
Louis-le- Grand et des persécuteurs des ré- 
formés? R. DE C. 

Ancien droit de certains évêques. - 
Quelle est l'origine du droit, qu'avaient 
certains évêques, de se faire porter par 
leurs barons, lors de leur première entrée 
dans la ville épisconale ? Ainsi, par exem- 
ple, pour l'évêque a'Autun, qui était porté 
Ear les barons de Luzy, de Couches, de 
la Motte-St-Jean et de Montperroux* 

Ln.G. 

La peine des adultères. •» Les journaux 
illustrés ont reproduit (chose assez éqai- 
voque) un tableau du Salon, d'un goût et 
d'une exactitude au moins douteux. Dans 
cette composition fausse et triviale, le peiB* 
tre a cru trouver une tdée ingénieuse, enre- 
présentant les deux principaux personna- 
ges, deux adultères, d'un moyen âge d'o* 
péra-comiquC) entièrement nus, suivantle 
texte littéral de certaines lôisancicnaes ^ 
les condamnaient à courir nus. Autant Que 
ma mémoire a gardé le souvenir des do; 
cuments contemporains, ce terme ne doit 
pas être pris à la lettre ; mais il doit être 
entendu : mis en chemise ou en « l^u^ 
petits drapSy » comme l'expliquent certains 
textes» Quelque lotermédiairiste n'^»' 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[10 jui9 1676. 



3a5 «r 



««Mvn* 



326 



^aitril 098 fait Hne étude spéciale de cette 
ormufe et ne pourrait-il pas apporter de$ 
)reuves à Taçpui de Topiaion que j eqaets 
m contradiction avec elle ? A. St. 

Tçrrç sigillatée.. — Que veut dire ce 
not, qui se trouve dans le passage suivait 
l'une lettre de Marie Stuart à M. O. 
jlascow, son ambassadeur en France, en 
îaie du 8 niai 1 574 : « Je vous prie de 
D'envoyer de la yrajye terre sigillatée, si 
^ous la pouvez recouvrer pour argent, si- 
aon en demander à M- le cardinal, mon 
jncle; ou, s'il n'en a, pjut^t que n en re- 
:ourriezà la Reine, ma beUe-z^ère, et au 
Roi, un morceau de fine licorne, car elle 
m'est bien nécessaire, » — Cette lettre a 
été publiée, avec d'autref 4fi Marie Stuart, 
^insh Revujer^trospect}v,ey 2p série, t. IX, 

1837, p, 189. 

Je rappellerai, à ce propos, que les potiers 
de terre, à la fin du XVl« et au commen- 
cement du ^Vlle siècle, prenaient volon- 
tiers le nom de fotiers en terre sigillée. 

Voye? à ce sujet l'important a;rticle sur 
Antoine Cléricy publié par M. Ambroise 
Milet, chef des fours à la manufacture na- 
tionale de Sèvres, dans les Nouvelles ar- 
chives de V Art français (année 1876). Y 
aurait-il quelque rapport entre ia « terre 
sigillée » em|Moyée par les potiers, et no- 
tamment par Antoine Cléricy, ce conti- 
nuateur du grand inventeur des rustiques 
figuiines, et la « terre sigiHatée p deman- 
dée par Marie Stuart à son correspondant? 

J.-5. G. 

Fleus réserrée3. -- Lors de ia distribu- 
tion ai^nuelle dee pri^ gagnés aux Jeux 
Floraux, j'eateods toujours parler de sou- 
cis réserréSy de violettes réservées^ d'ér 
glantines réservées. Je voudrais savoir au 
lusie quel est ici le sens de ce participe. 
Impli^He-t-il une supériorité sur les au- 
tres fleurs, comme la qualification de ré- 
servées^ donnée dans les théâtres forains 
aux places plus chères que les premières ? 

DiÇASTÈS. 

^tre d^«i MïiEHiel à l'usage Aas Char- 
treux. — Je serais fort reconnaissant à ce- 
lui de vos nombreux lecteurs qui me don- 
nerait la description exacte du titre d'un 
missel que )e crois fort rare , car il n'est 
cité ni dans le Manuel du Libraire ni daps 
aucun des nombreux Catalogues que j'ai 
pu consulter. Au recto du dernier feumet, 
on lit ce qui suit : « Missale juxta morem 
et consuet^idinem Garthu^ensium, cum 
Qon nullis missis de novo supadditis^ feli- 
citer expUcit. in aima Venetorum Civitate 
(iz diligentissime arte, «umptibus ac ex* 
pensis nobiiiis viri Domiai L^ce Antonii 
de Giuta, Florentini, impressum. Annoa 
salutiferaiacàraatioacquiogetitesimo aofio 



supra miliesimum, Die 5 apriiis, Ducaste 
Leonardo Lauretana sérenissimo priais 
cipe. » 

(Grenoble.) Bazin- Baritcla. 



« Mémoires de la Cpur de Franee, )? 94^^ )b( 
cpmtease de Lafayette. — Qpelle i^st \^ 
véritable édition originale ? J'ai deux exep^ir 
plaires^ chacun de 284 p^geç, ef porr? 
tant tous deux : à Amsterdam, chez Jean 
Frédéric Bernard, 1731» 

L'un a un frontispice, ^ayeç uq titr^ 
rouge et noir. L'autre, pas 4e fronti^&içe» 
ug titre noir^ et quelqu^es lignes de.pluç k 
la dernière page. C. Ç, G. 

Un livre à retrouver. — On a vu figurer 
à la vente de la marquise de Pompadoi^ 
un Office de la Sainte Vierge {Parïs^ 
impr. royale, lybô, 2 vol. m- 12). Cet 
exempl. était prné de hvû.t dessin^ de Bou- 
cher, ^ Tencre de Ol^iine; il ^ut adjugé h 
25o livres, prix élevé pour l'époque, e| 
bien supérieur ^ ceux qu'çitteignirexit la 
plupart des livres de la séduisante niar- 
qm&e , lesquels - obtiennent ai^o«ird'imi 
cinquante à cent fois ce qu'ils furent payés 
en 1764. 

Pourrait-on savoir ce qu'est devenue cette 
relique? Boucher^ le peintre de Véi^u^ et 
des nymphes, avait-irréussî aaijis ses ifl^a;? 
ges dé la Vierge ? Ê. D, 

a l>e Baculéon. » — « Mémoires pour 
servir à l'histoire de l'année dernière »• 
Strasbourg, 1786. In-12. — Quérard, Fr. 
Litî. T. î*^, p. 219. — C'est une contrefa- 
çon du roman intitulé : « Mémoires de 
M. de B..., pour servir à l'îiistoire de l'an- 
née dernière. (Par J.-P.-Louis de la Roche 
du Maine, marquis de Luchet.) 1786, 
in- 12. Réimpression de la Comtesse de 
Tessan et des Mémoires de Mademoisel]^ 
^e Baudéon, » 

Quérard a été trompé par un biblîograr 
phe qui m'est inconnu, H. de l'Isle. 

« Séide. » — (Nouvelle). Au Mans, l'au- 
teur, 1816 (in-8 de 2a p.). — Cette bro- 
chure anonyme est de Jacques-Rigpmer 
Bazin. (Quérard, Fr, Litt., t. I, p. 232\— 
Autre : Séide (s. 1. n, d., in-^ de 3? p.).— 
même époque. — Est-ce une édition augr 
me.ntéç ? H, L 

OMerie «BiTeFSeUe des peuples. — J'at ^ 
sous ce titre général, un volume in-4 com- 
posé de 18 planches photographiques ac- 
compagnées d'un texte explicatif, le tout 
réuni sous un sous-titre : I, Syrie, Je dé- 
sirerais savoir si ce recueil a eu une suite 
ou s'il s'est borné à cette première partie. 
Outre les photographies, le volume, pour 



W* 194-1 



L'INTERMÉDIAIRE 



327 



3a8 



être complet, ne doit-il |>as avoir des plan- 
ches gravées? 

L'auteur de cette publication, commen- 
cée en 186 5 et éditée à Strasbourg, rue 
des Grandes-Arcades, 16, et à Paris, rue 
de Seine, Sy, était Charles Lallemand,qui 
m*est connu comme collaborateur de 17/- 
lustration. Il a publié également dans le 
même genre : Les Paysans Badois (Stras- 
bourg, Salomon, rue des Serruriers, Zi\ 
Mais cet ouvrage ne fait pas partie de la 
suite précédente. Il est sans date et )e vou- 
drais savoir s'il l'a précédée ou suivie ; de 
même si, en dehors des photographies et 
des gravures sur bois dans le texte, il ne 
devait pas être accompagné de planches 
gravées et coloriées. Ces planches, men- 
tionnées dans l'ouvrage, manquent à mon 
exemplaire qui est pourtant dans sa re- 
liure primitive. A. St. 

Pierre Dupont et tes œuvres. — Pour- 
rait-on et voudrait-on bien m'indiquer les 
articles et ouvrages qui ont paru sur Pierre 
Dupont, le célèbre chansonnier ? Cz. 



Tirer les vers dn nés (VIII, 547, 599, 
656). — Cette locution proverbiale est 
bien plus ancienne encore que 1640; car 
on la trouve dans les Contes de B. des 
Périers (61), et M. P. Lacroix a mis en 
note : « Ce proverbe vient des charlatans, 
qui, en voyant quelqu'un atteint de folie, 
disaient qu'il avait un ver dans la tête, et 
offraient de l'en tirer. C'est là ce qu'an- 
ciennement on appelait le vercoquin, » 

O. D. 

Disti^e :« Idem nolle » (IX, 65, 121, 
178). — Puisque personne n'a relevé 
Terreur dans laquelle je suis tombé, pour 
avoir trop présumé de ma mémoire, c'est 
à moi de prendre la férule et de me corri- 
ger moi-même. La définition de Tamitié, 
que j'ai citée, est bien de Salluste, mais 
elle se trouve dans Catilina et non dans 
Jugurtha. En voici le texte exact : a Nam 
idem velle atque nolle, ea demum firma 
amicitia est v (chap. 20, Discours de Cati- 
lina à ses amis). La même pensée est ex- 
f>rimée en termes presque identiques dans 
e discours du tribun Memmius (Jugurtha, 
Si), c Quos omnés eadem cupere, eadem 
os odisse, eadem metuere, in unum cogit; 
sied hœc inter bonos amicitia, inter malos 
fàçtio. » Enfin, voici une phrase de Cicé- 
ront où une idée analogue se retrouve : 
«..Neque est ullum certius amicitia vincu- 
li^'m quam consensus et societas consilio- 
ruqa et voluntatum. » (JPro Plancioy 2.) 

l,f- . . DiÇASTÈS. 



— Il est d'usage dans rille*-et-VilaiQ€ 
et les Côtes-du-Nord , et probablement 
dans d'autres départements, de célébrer, 
par un grand repas de famille, qu^on ap- 
pelle repas de noces, la première messe 
d'un nouveau prêtre. Le nom de ce repas 
est une collation au mariage du prêtre 
avec l'Eglise. Dès lors, de même que des 
époux célèbrent, après 25 ans de mariage, 
leurs noces d'argent y et après 5o ans leurs 
noces d'or, le prêtre ne célèbre-t-il pas, 
après 5o ans de sacerdoce, ses noces ifx 
avec l'Eglise? Mais pourquoi quelque in- 
termédiairiste berrichon n*a-t-il pas ré- 
pondu, et plus complètement que mol, à 
une question qui concerne son pays? 

(St-Malo.) _ A. G.-J. 

Style macaroniqne (IX, 129, 275].' 
Le nom du farceur Jean Farine doit plu- 
tôt venir de \^ farine dont il se couvrait 
le visage; mais on peut substituer à cet 
exemple celui de Hans Wt/r/^, le policbi» 
nelle allemand, que M. Magnin explique 
par Jean Boudin; et peut-être celui même 
de Pulcinella^ puisqu'il voudrait dire pu- 
let. O. D. 

Gniiarme (IX, 1 32, 2 14, 275). — J'igoore 
d'où vient le mot, mais ce que je pois 
dire, c'est qu'à l'heure présente elle est 
devenue, sous le nom de gouge, voug: 
Royard, etc., un instrument dont 00s u* 
boureurs se servent pour ples^er ki 
bayes, « faire les plans », comme iU disetiv 
et qu'ils ne manquent guère d'emporter 
avec eux, pour leur servir d'arme défen- 
sive lorsqu ils doivent voyager de nuit. 0& 
racontait autrefois que, lors de la prC' 
mière invasion, les Cosaques avaient grand'* 
peur de voir arriver nos paysans avec leurs 
gouges. Ln. g. 

Monsieur devant les noms proprii 
(IX, i65^. — On raconte que, Louis XIV 
ayant témoigné au peintre Mignard soQ 
déplaisir de ce oue les courtisans le nom- 
maient Mignard tout court, et non Mot 
sieur Mignard, celui-ci dit au roi : 
« Laissez-les faire. Sire, il y a quarante ans 
que je travaille à perdre le monsieur: i^ 
anticipent sur la postérité ». Louis XlV 
avait raison, parce que les courtisans 
croyaient rabaisser un roturier en lui re^ 
fusant le monsieur, et Mignard s'est tire 
d*a£faire en homme de cœur et d'esprit. 
Assurément aucun de ceux des collabora- 
teurs de l'Intermédiaire, en disant: Littrif 
et non monsieur Littré, ne songe à man* 
quer aux convenances à son égard. Mais, 
autant, en parlant de l'homme, on se gar- 
derait bien de dire : Littré, Thiers ou 
Victor Hugo, autant, en citant l'urj de 
leurs ouvrages, on peut abréger et dire : 
Littré, Thiers, etc. C'est ainsi que cela se 
fait dans les notes au bas des pages, lors- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



329 



33o 



[10 juin iSjô. 



u'on cite un auteur même vivant. Je 
rois cette nuance très-bien fondée. 

E.-G. P. 

6Tiépin(lX, 166, 222, 247, 277). — Les 
Irléanais sont riches en sobriquets : au 
1II« siècle, le dit de l'Âpostoile parle des 
lamus d'Orléans; on lésa nommés aussi 
ossus, Guépins et Chiens. Dom Pelluche 
écrit au sujet de ces qualifications trois 
ittres, imprimées dans le Mercure des 
lois de mars 1732, janvier 1733 et 
lai 1735. Il y prouve que Guépins vient 
e guêpe et| que les Orléanais ont mérité 
î sobriquet par leur esprit caustique et 
nlleur. Il cite à ce propos Bonaventure 
lesperiers et les Mémoires de la Ligue, 
ù on lit : « le naturel des Guespins, j'en 
prends Orléans pour exemple, esid'estre 
hagard, noiseux et mutin ». Bèze avait 
onstaté cette inclination des Orléanais 
la raillerie dans une épigramme in Phi' 
isnum : 

Aurelias vocare vespas suevimus, 

Ut dixere olim mes eras nasum atticum. 

Enfin un autre proverbe : a La Glose 
l'Orléans est pire que le texte », paraît en 
provenir ; ce qui fait remonter loin l'épi- 
hète de Guépins, puisqu'il est mentionné 
lans le livre IV des Institutes, titre VI 
ie actionibuSt de Pierre De Belleperche, 
urisconsulte célèbre, docteur régent en 
iroit civil à Orléans, qui devint évêque 
l'Auxerre et chancelier de France et mou- 
ut le 17 janvier 1307 : « glossa Aurelia- 
lensis est quse destruit textum. » 
On dit les Bossus spirituels et railleurs, 
e surnom ne viendrait-il pas aux Orléanais 
le la qualification Guépins, que tout le 
Qonde leur accorde, car il faut reléguer 
•armi les fables une vieille tradition, vér- 
ifiée par Lafontaine, et qui prétend que 
i Beauce a été nivelée au préjudice de 
&ur dos. 

Enfin Dom Pelluche explique l'origine 
u surnom de Chiens d'après Matnieu 
^arjs^ qui raconte qu'en i25i, pendant la 
aptivité de saint Louis, les Pastoureaux, 
tant arrivés à Orléans, prirent querelle 
vec quelques écoliers. Une rixe s'engagea 
t plusieurs personnes, notamment du 
lergé, furent tuées, sans que les habitants 
ussent cherché à s'y opposer : a Dissimu* 
inte populo, et venus consentiente, unde 
•aninus meruit appellari. » N'est-ce pas 
len là le Guespin noiseux et mutin? 
Enfin, Dom Pelluche s'efforce d'établir 
ne^ similitude d'origine entre Chiens et 
^"êçins, en en supposant une nouvelle au 
ernier surnom, mais c'est à tort et je 
roirais plutôt qu'en employant le mot 
^ninuSy l'auteur, qui connaissait le ba- 
ardage railleur des Orléanais, a voulu 
ire que comme les chiens, ils étaient 
Jus enclins à aboyer qu'à mordre. 

A. D. 



Une question étymologiqne (IX, 196, 
278, 3 10). — Dans un recueil de pièces 
manuscrites de l'époque, conservé dans 
ma femille, je trouve le quatrain, que 
cite M. Poggiarido (IX, 3 10), termmé 
ainsi : 

Ouy, vous devez changer de lieu, 
Vous ne pouvez mieux faire, et rien n^est plus 
On languit à THôtel-de- Ville, [fecile : 
On nous dépêche à l'Hôtel-Dieu. 

Je ne sais s'il faut attribuer au même 
auteur les parallèles de Clément XI et de 
Louis XIV, que je trouve à la suite : 

Louis, en voyant que Clément 
Retranche si facilement 
La doctrine de TEvangile^ 
Pour imiter Sa Sainteté, 
A retranché, de son côté. 
Les rentes de THôtel-de-Ville. 

Quand Louis nous réduit à la mendicité 
Par le retranchement des rentres de la Ville, 

Clément^ laisse-nous TËvangile, 
Pour y prendre, du moins, l'esprit de pauvreté ! 

E. O. 

Un mot d'argot tndesqne (IX, 197, 25 r, 
279). — Il n'est pas tudesque, mais doit 
appartenir à la langue franque, ce dialecte 
international du bassin de la Méditerra- 
née. J'ai connu à Lyon, dans mon enfance» 
un réfugié grec qui vendait, dans les pro- 
menades et dans les cafés, de menus ob- 
jets de l'industrie orientale. Il comprenait 
assez bien le français, mais n'en savait 
qu'un très-petit nombre de mots. Or, oa 
se plaisait à lui demander pourquoi il 
avait quitté son pays, et il répondait inva- 
riablement : capoutj en accompagnant ce 
mot d'un geste qui signifiait décapiter. 
Cela voulait dire qu'il avait été condamné 
à mort et s'était expatrié pour échapper à 
l'exécution. Pourquoi donc ce terme ne 
viendrait-il pas du latin caput^ que tous 
les peuples (excepté nous) prononcent ca-^ 
pout? L'application de ce mot par les 
Orientaux ne serait-elle pas très-bien jus- 
tifiée chez un peuple pour lequel la déca- 
pitation est l'un des supplices et l'un des 
procédés de mort violente les plus usités ? 

A. St, 

L'antenrde* rimitationde Jésna-Christ» 

(IX, 198, 2 52, 280). — Je remercie parti- 
.culièrement M. E.-G. P. des désignations 
. bibliographiques qu'il veut bien me donner, 
et desquelles je profiterai, tout en décla» 
rant mon infériorité notoire sur le terrain 
où il se place en commentateur ferré. Sans 
prendre parti pour Gerson ou Thomas 
A-Kempis, j'avais un peu incliné pour l'avis 
de M. Lotn, qui les écarte l'un et l'autre. 
De plus, sans pouvoir donner moi-même " 
un document bibliologique valable dans- 
cette question ardue, je me suis toujouné' 
appuyé sur d'intimes impressions littéral* 



Wi94i) 



L'INTBIIMÉOIAIRB 



33 1 



- 332 



res qtii m'ont 6iit cotteidérer V Imitation 
comme émanant d'nn Religieux. 

Quand on parcourt cette œuyre, il est 
impossible de n'y pas reconnaître un es- 
prit Msoùpli à la règle monastique, une 
ferveur cloîtrée, une abnégation éthérée 
totalement étrangère aux choses d'ici-bas. 
C'est uiie impression, — ce n'est pas une 
preuve. Je voudrais pouvoir rétablir 
mieux i>ar des citations^ mais elles m'en- 
traîneraient trop loin. Je me bornerai 
donc, par de simples renvois aux chapi- 
tres eil question, à rappeler les textes où 
notre auteur parle en religieux, en prêtre, 

— où il dit : « notre état » d'une manière 
si catégorique, qu'il semble difficile d'ajus- 
ter ces tournures à une oeuvre écrite par 
un laïque, un professeur tomme Gerson, 
dont la vie, plus entrecoupée de visées 
terrestres, se prêterait moins au langage 
idéal de \ Imitation é 

Voici lei textes que je soumets à l'at- 
tention du commentateur î Livre I. Cha- 
pitre XI, verset 5, — ch. XVII, en entier, 

— cK.XVIII, vers. 5, — ch. XIX, en en- 
tier, — ch. XXV, vers. 5 et suivants ; — 
— i Livre JH, chap. K^ vers. 5 et 6» — cha- 
pitre XIII, vers. I, — chap. XIX, vers. 5, 

— Livre IV, chap. IX, vers. 5 : « Sei^ 
gneurl Je vous offre les pieux désirs de 
,çeux. d'entre les miens qui ont demandé 
que f offrisse I0 saint sacrifice pour eux, 
«te., » Liv. IV, chap* XI, vers. 8 : « Que 
Votre grâce nous aide^ 6 Seigneur^ nous 
qui avons été revêtus du sacerdoce,, ^ » 

Encore^ une fois, ces passages, ces paro- 
iet semblent tracées pat* une main mona- 
cale. — Quant à les donner comme preuve 
certaine, loin de nous cette pensée. Mon 
sentiment intime est qu'avant d'attribuer 
ce lîvre à Gerson> faute d'un autre titu- 




* chercheurs) je n'ai voulu qu'invoquer, en 
passant, ces considérations purement mo- 
rales et d'induction. Quintilius. 

Gottleor Isabelle (IX, 199, 252). — La 
réponse de M, T. N. me procure un vé- 
ritable soulagement. C'est bien, en effet, 
dans un journal, que j'ai trouvé cette niai- 
set-iéi et citée de telle sorte qu'elle sem- 
blait empruntée au savant ouvrage de 
M. Siméon Luce» Seiilement, ce n'est pas 
uh journal démodes, mais uti grand jour- 
nal d'une dès plus grandes villes de 
Frattcej un grand joUrtial républicain, 

i)réchaîit, sinon pratiquant la diffusion des 
Umlèresi A ce pWpos, lors de là discus- 
sion sur le Dt-apeau français, le même 
•JôUrnâl avançait que l'étendard de Jeanne 
d'Arc était rouge^ et reprochait, en ter- 
mes passablement grossiers, au comte de 
- Chambord d'ignbfer sa propre histoire : 
lé montrai alors ft l'un de mes amis^ ^épu- 



blicain fervent^ ponir lequel le sam, 
comme la loyauté, des écrivains républi- 
cains est article de foi, je lui montrai les 
documents et les textes contemporains 

2Ui prouvent que l'étendard de Jeanne 
'Arc était blanc^ ainsi que l'avait dit le 
eomte de Chambord; je pariai ensuite 
que je démontrerais ce lait aii journal en 
question et qu'il ne rectifierait pas son as- 
sertion erronée et garderait le silence 
sur une réclamation. J'écrivis ma rectifi- 
cation en l'accompagnant de mon nom et 
de mon adresse. Mon ami la lut, la trouva 
décisive, en approuva les termes, la porta 
lui-même, la remit entre les mains du ré- 
dacteur et... je gagnai mon pari! 

Voilà le journal qui prête son éruditioa 
à M. Siméoh Luce! J'en ai le titre an 
bout de ma plume, dans le cas où quel- 
qu'un douterait de ces deux faits. A. St. 

L'acteur Jenneval (IX, 201, 253). - 
Voici un complément de renseienements 

Eour notre collaborateur dé la Flèche. Le 
eau Jenneval, comme l'appelle M. JocT)- 
d'Indret (et c'est réellement sdus ceguali- 
ficatif qu'il était aésigné, quand il jouait 
dans la Prise de PékiH, au Châtelet), iài^ 
je pense, les délices de là population de 
Mont-Parnasse. Je Vienâ de voir une affi- 
che, rue de Rennes (Mai 1876), sur laquelle 
j'ai vu son nom en lettres ae 6 Doucesaa 
moins, et l'indication de feuriaanfflata- 
rellement). Avec le temps que nous avom 
c'est le cas de s'écrier comme le person- 
nage de la pièce : « Une belle nuit poar 
une ol-gie à la Tour ! » A. Naus 

BgniUeté (IX. 229, a85). — Le seigneu 
Arnolphe était Sien « aiguilleté », loi li^' 
voulait que sa femme ne pût distinguent) 
pourpoint d'avec un haut-de-chausse. 

L'aiguillette servait, en effet, à réunir 
ces deux parties du vêtement, et nii 
homme qui n'était jamais aiguilleté était 
un homme mal tenu, laissant voir sa cp 
mise à la hauteur de là ceinture. Le Dk* 
tionnaire de Furetière (t. I, p. 3;) doflDf 
cette explication; 

Quant à la question d'orthographe, ^ 
est résolue par Ménage ^ui de Ep^ 
renvoie à Aiguille^ 

— Le Dic/io;i«tfir^deLiîtré,auxiDf= 
Aiguilleter et Aiguillette^ donne larneot 
explication. Plusieurs. 

— On écrivait autrefois indifféremmeal 
aiguille ou éguilley aiguilleter ou ep^' 
leter, D'ëprès Littré : uii homme flip^w"; 
leté, Littré ne donne aucune explication. 
mais il me paraît évident que cela signi- 
fie un homme bien mis, un tiom 
comme il faut. Quant au rapport qu"j 
a entre ne pas lire la Bible et êtte Diîi 
mis, il rie faut pas *'en inquiéter. Scai 



DES CHEItGHEUM BT CURIEUX. 



333 



avait une teile habitude du burlesque et de 
la grossière plaisanterie, qu'il mêlait sans 
choix les choses les plus disparates; mais 
00 comprend qu'un homme mal ficelé^ 
comme on dit actuellement dans la langue 
de l'argot, repousse la fortune, qui est 
femme i et a peu de chances de s'enrichir. 

E.-Q. P. 

— Suivant rexplîcàtiôn fournie ddns le 
dernier numéro, je vois, d'apirôs un fait ré- 
cent, que certain député est inculpé de n'a- 
voir pas été suffisamment f aiguilleté » \ 
mais est-ce bien là le sens que lui donnait 
Scarron dans la phrase citée, en présence 
surtout de l'orthographe par lui adoptée? 
J'en doute et je croirais plutôt qu'il a 
voulu désigner un niais, une personne fa- 
cile à guillerj à tromper, et que cette locu* 
tion vient du vieux mot français guille^ 
qui signifie « tromperie » et est employé 
dans cet ancien dicton : Qui croit guiller 
ûuiilot, Guillot le guille. A. D* 

— M. E. M. trouvera Texplicâtion de 
ce mot, dans le gratid Dfctionn, dé Fùrè- 
•nèRE, édit. in-fol. de Là Haye, 1727 ; 
« Aiguilleter, Attacher son haut-dé- 
chausse avec une ou plusieurs aiguillettes 
(cordon de laine ou de soie ferré par les 
deux bouts). — AigUilktéj ée^ part, passé 
et adject. Autrefois on était toujours ai- 
guilleté; pour dire, qu'on âvoit le haut- 
de-chau^se attaché au pourpoint avec 
plusieurs aiguillettes, a Un artiàtit aiguiU 
hé sera pour elle un ragoût merveilleux 
{Molière). » Ut. 

« La Mort de Dosait,» d'après l.*B. Re«* 

giiattlt (IX, 23ô)i — J'ignore absolument 
si ce tableau du Musée de Riom a jamais 
élé gravé ou lithographie, mais ce que je 
sais parfaitement c'est qtiè ce tableau , 
quoique signé par l'auteur et parfaitement 
authentique, doit lui-même être une re- 
production. Le véritable Original fait partie 
des collections du Musée de Versailles. 
Cette peinture est désignée comnle il suit, 
dans la Notice spéciale de ce Musée, ré- 
digée par M. Eùdoré Soulié. 2""« édlt., 
2 forts vol. gr. in- 12. 1860-61 . (Tome h', 
page 496) : a -* No i56g. — ^ Mort dé De- 
fiiix à MarengOy u^jùin 1800; — Peint 
par Regnault, haut, 3^22, sur larg, 2,60. 
(Frappé par une balle au milieu de la poi-* 
trine, Desaix tombe dans le$ bras du fils 
du consul Lebirun, en s'écriant : « Alle!( 
dire au premier consul que je meurs,.. ^ 
etc.). -^ thalle n« 8oj dite de Marengo.] » 

Truth. 

De Vdtge et dds habitants de Lagny (IX, 
232). -^ 11 paraît que le récit de Dulaure 
est historique de tout point. D'autres 
même ont ajouté que les habitants mâles 
ûe Lagny avaient en même temps été 
massacrés; ea torts que ce serait bieû 



334 



[10 ;uin lS76« 



toute la population qt)! aérait issue du bal 
donné par le capitaine de Lorges. Ce n'est 
pas que Lagny, depuis ce temps, ait re- 
noncé à l'usaffe de l'orge; on en apporté 
et on en vend au marché : mais ^our eii 
parler et la marchander, il faut^ dit-on « 
placer d'abord sa main dans le sac. UÈs-' 
pion angîois raconte qu'une dadae qui 
traversait Lagny en voyageant^ et ignd<> 
rait toute cette histoire, tut poussée pa^ 
une rivale envieuse à faire la question fd-^ 
taie; et, qu'aussitôt saisie et plongée dans 
la fontaine , malgré ses excuses et sed 
prières^ elle mourut de ce bain administré 
dans un moment inopportun* On peut sahà 
doute regarder cette histoire comme une 
Invention de ce recueil; mais il n'y a pas 
longtemps qu'une personne, qui a une 
campagne aux environs de Lagny, m'as-» 
suralt qu'aujourd'hui encore il fallait se 
garder d'y faire la question interdite; ef 
que le bain en question pourrait bien 
n'être pas la seule correction que s'attire-» 
rait Un tailleur malavisée O. D< 

— L'article eonsacré & Lagny, danà Id 
2« édition de \*Hist. des Environs de Pa^ 
Hss de t)ulaure, augmentée de flûtes HoU^ 
pelles par J»-L. Belin, avocat (Paris, Fume, 
i838, 6 vol. in-8<*), comprend douée pages 
(t/Ve, page 39 à 5i). Dans cette édition, 
le texte du passage relatif au» exploits du 
capitaine de Lorgéfc à Lagny, n'est pas 
exactement le même que celui que cite 
(IX, 232) d'après le même auteur, M. F«y. 

a L'abbé de Lagnjr, alors nommé Jac*» 
ques Brouillard, obtint du roi la permis- 
sion de faire marcher des troupes contre 
les habitants et les moines révoltés. Le 
capitaine de Lorges, qui se trouvait dans 
les environs avec quelques troupes, assisté 
du capitaine M outre vain, fut chargé de 
soumettre les rebelles. Au mois de no* 
vembre 1544, il commença le siège de 
La^ny... » « ... Le peuple se défendit vi- 
vement, et poussa la fureur jusqu'à insuU 
ter au capitaine de Lorges, en jetant du 
haut des murs, des sacs pleins d'orge 
pour lui et sa troupe. Ce capitaine inoi- 
gné pressa ses attaques, donna assaut sur 
assaut, et parvint enfin dans la ville, bien 
résolu d'User pleinement de sdn dhoit de 
vainqueur; Aussi tous les hommes en état 
de porter les armes furent-ils massacrés, et 
toutes les femmes livrées à la brutalité dee 
soldats... « <K .,. Lagny fut dépeuplé 
d'hommes. Les femmes, fécondées par les 
éaresses brutales des Soldats, produisirent 
bientôt Une nouvelle génération qui repeu* 
pla la ville... )» 

Les habitants de Lagny, auxquels, dans 
la suite, on reprocha souvent leur origine 
illégitime, ne peuvent encore aujourd'hui 
souffrir qu'on la leur rappelle. Ils entrent 
alors en fureur, et prouveht leur excessive 
sensibilité au reprocha d'uh événement 
dont ile furent les malheureuses victimes, 



N* '194.1 



UlhTQMMiùUMÊÏ 



335 



- 336— 



reproche que leurs pèred et eux n'ont ja- fi prochtsde TenÊint, làaîs/flUtâÀtcMiçliire 



mais mérité. 

. Celui qui, pour faire allusion au capi- 
taine de LorgeSy demanderait à Lagny, 
combien vaut Vorge^ serait très-mai ac- < 
cueilli par les haoitants. Dulaure cite, 
comme exemple, deux exécutions popu- 
laires dont furent les victimes, à leur pas- 1 
sage à Lagny, d'indiscrets questionneurs : \ 
la nièce d un curé des environs,.en 1766, 
et M. Borel de Sugny, en octobre 1779. • 
« Le ministère public, — ajoute Thisto- • 
ripn, en terminant, — a dû plus d'une fois 
s'o{]rposer à ces désordres; mais Tusage a 
toujours prévalu. En 1739, une sentence 
de police faisait défense à toute personne 
dé demander combien valait torge^ à 
peine de trente livres d'amende ; et aux 
nabitants de Laeny, d'user de toute vio- 
lence et voie de fait, pour tremper dans la 
" fehtaine les passants qui auraient demandé 
combien valait l'orge, sous peine de pa- 
reille amende. Mais cette sage sentence ne 
fût guère respectée, puisqu'il est arrivé 
' depuis plusieurs contraventions notables, 
et qu'on a été obligé de la faire renouveler 
' le 27 juin 1783, et de la faire homologuer 
au Parlement, le 4 juin 1785. Il faut dire 
tcmteibis quexes scènes de désordres ne se 
sont point renouvelées depuis la Révolu- 
, 4fong.rfi^qu# C9C .usage barbare peut .être 
. j^gardé comme tombe en désuétude. » 
...... P. c. c. ; Ulr. 

Sbiptor U àbsentla (IX, a32). — Cette 

éti^aitg& réclame va bien plus loin que la 

' Bassi-'Normandte : elle se montre parfois 

à Montpellier et aurait été en Allemagne 

^ et autres lieux. Elle émanera de l'officine 

< d^tîri petit apothicaire de Kîle de Jersey 

(mais non un Anglais). En Angleterre, tout 

difilôme étranger, fût-il de Paris même et 

des mieUx établis, est sans valeur légale. 

'Uà' médecin, avec un tel diplôme, q'est 

" qû'tt^' empirique; il ne peut exiger une 

rémunération ni signer aucun certincat. — 

' 'Quelque lecteur intermédiariste saurait-i| 

'^ Vil est quelque dupe qui se laisse prendra 

àdetcisffluaux? H. T. 

^'. <: Lea doubles parrains et marraines (IX, 
..-^J3)., — Cet usage a existé à Luzy (Nièvre), 

i'u^qu'en 161 5 environ, comme le prouvent 
es registres de l'état civil. J'y lis, en effet : 
i)f.« ;.Au mois de mai, veille de la Pentecôte, 
t mil six cent et dix, a été baptisé Charles, 
^y^U d'honorable homme Jean Tiériat et 
^,; 4'hanneste femme Jehannie Baraudun; 
ixj§t furent ses parrains Charles Ballard^ 

Greffier pour le Roy à Luzy, et Charles 
Jgll^rdffilç de maître Jehan Ballard, 
bourgeois à Luzy, et sa marraine Jac-^ 
quet^e Renard, femme de Jehan Luzard, 
-^fàbriéièn 'dt^ ë]^fis«ti d& Lûzy. i^u. Oh re-^ 
"^àài'^era^ dé plus, que les parraihs et 



se pouvait, parmi les geos efei |Aairey Us 
seigneurs, etc., tous ceux qui pouvaient 
donner à l'enfiEint aide et proUictbii. ûs 
parrains et marraines ne commencnt 
guère à signer aux registras que i^erstûS. 
La /areté des signatures, la fa^doàt 
elles sont écrites, permettent, jusqu'à un 
certain point, desewdçfi Q^mM^' 
struction à cette époque. . t^N-d. 

-*- Les précautions que l'on-éuititiihâ^ 
de prendre dans les preraien^tâèdes de 
l'Eglise pour ne pas initier dans Ja reltgioD 
chrétienne des gens de mauvaiseioiiOQde 
perfide intention, firent étaMir que ta 
néophyte serait accompagné d'un-f iPTAin 
lorsqu'il se présenterait pour le baptême. 
Les femmes devaient avoir une marrcm. 
En quelques diocèses, aux ba{)têmes des 
garçons, il y avait deux panains et une 
marraine ; à celui des filles, deux marrai- 
nes et un parrain ; mais l'usage a préTfth 
de donner à chaque enfant un parraia 6t uae 
marraine. Chez les grecs les garçons ont 
un parrîiin et une marraine^ mais les filles 
n'ont qu'une marraine. La charge di:s par- 
rains entraînait à beaucoup de &ais, oaps 
de certains pays, puisqu'à cayse de. ces 
dépenses, il y a eu des enfants privés du 
baptême, parce qu'on n'avait pu trouver 
des parrains et marraines. I^our reiiié4iff 
à cet inconvénient, un concile de Liile,^Q 
XII !• siècle, ordonne auç c^x^çi^M^- 
vront fournir que la robe blahcii^de leur 
ûlleul ou filleule. 

Le fait est bien établi, mai^ entrer daiis 
des détails entraînerait trop lois, «t^ass 
grand intérêt, peut-être. 

L'abbé Val. Dufow. 

Au mois de mai (IX, 258). — Lé$Bèatix 
vers cités par M. J., d'après l'ùndcsctir- 
respondants berlinois du journal le Tt^^) 
sont des vers de Ronsard [Afnouirs itm- 
rie. Voyage de Tours). — Je le dîs tout 
de suite, pour éviter à notre confrère ei 
ami M. Prosp. Blanchemain, ïtrabitti^ 
d'avoir à se citer soi-même. UlR' 

Faire grâce de... (IX, aSg). — La ré- 
flexion de M.J.L. T. est fort juste etlalo- 
gique voudrait que l'on dît : faire ^9^°^ 
la mort c'est-à-dire de la condajliitatiûnà 
mort. Faire grâce de la vie est ui^'e 01^" 
de rhétorique pour dire : faire |râcc «J* 
privation de la vie ; l'abrévîanoû doiitic 
plus de vivacité au discours et l'èllipse^^t 
fort acceptable. Pour tout concilier, i es- 
time quon çeut dire également va""^ 
grâce de la vie et/aire grâce de h mùrt- 

E*.*G. * • 

— Il me semble que cette expression 
équivaixt à cc^ç de accorder. tme grice. 
'Quelle .est: la gtàce que: l'on, «xorde au 
condamné ? CertaineçcUt tiest/hl^^ ^^ 



OES CHlâRGHÈUI» ET CURIEUX. 



[lo j>in iSfê. 



.3^7 



33g 



•:90« pq:s 1 tai ^mort. J*en conclus x^ faire r 
. gr$ceAf i4i.vre<8efait la locution primitive 
' fit régiaitère. Mais» par la syxxtt, faire grâce 
.a $i hien pris k sena de remettre une peine 
ypri^imcée^ qH'on a pu sans choquer To- 
. reille^^ire : faire grâce de la prison^ de 
Vaineméeà O. D. 



QTi08ti6tt de ponctuation (IX, 259). Ce 
pént signe s'appelle tirtt. Il s'emploie 
depuis ml longtemps pour éviter certai- 
nes répétitions (ii'f-i/, réponditriî)^ et en- 
- <ore pour indiquer le changement d'inter- 
locuteur. 

A notre époque, il est fort employé, par 
certains de nos écrivains, pour séparer des 
phrases qui devraient être à la ligne ; et, 
par d'autres,^ pour indiquer des phrases 
incidente^. Il en est même qui en abusent 
un peu trop. Ce signe est, je crois, faculta-. 
tif mais pour les écrivains dont je parle, il 
est> par le fait, obligatoire; sans cela, ils ne 
se sortiraient pas de leurs longues phrases. 

A. Nalis. 

— C'est un tiret. Voici ce Qu'en dit Lit- 
tré. Terme de typographie, digne oui in- 
dîqfue '^tt nouvel interlocuteur dans le dia- 
Icgoe otr une susptension dans le discours. 
— Il indique aussi une parenthèse, mais la 
parenthèse () est préférable. Je ne pense 
pss qu*il y ait aucune rèsle positive sur 
l'emploi du tiret. Le Dictionnaire de VA'i 
cadenHe^^ t[m donne pleine acception da 
mot ftW/ ne donne pas celle-là. Le Corn -i 
vlément au Dictionnaire de F Académie 

' réxpH^û^ ainsi : (Typogr.). Signe oui indi- 
que un nouvel mteriocuteur dans le dialo- 
gue ou une suspension dans le discours. 
Quant à ce dernier emploi, le tiret rem^ 
place, dans quelques éclitions modernes et 

. ^urtou^ dans les livres anglais, les points 
suspensifs.— C'est, en effet, des Anglais 
qa'e^t .venue cette forme nouvelle, et je 
Hfe crois pas^ non plus que pour la paren* 
thèse, cette mnovation soit fort heureuse, 
mais du moment qu'elle vient de l'étran* 
aer» oa s^est empressé de l'adopter. 

E.-G. P. 

— Voici la réponse que je trouve dans 
la « Grammaire française philosophique 
et pratique de Léger Noël » (Pans, 'Ph. 
Cordier, édit. in-S». VIII, 335 et 696 pa- 

Ëes, $.482) : a Le tiret consiste en un trait 
orizontal plus long que le trait d'union 
( — ) ; il sert à rendre plus sensiblesila vir* 
gule, le point- virgule, les deux points, le 
point, à distin|[uer certaines parties de 

{>hrase$ susceptibles de se confondre par 
eur contact immédiat, des pensées déta- 
chées, des maximes, qu'on juge à propos 
d'écrire de suite, etc. » — § 4o3 : Le tiret 
remplace les dit-il, reprit-ily reprit-elle ; 
etc., ou même le nom des interlocuteurs, 
dans le dialogue vif et pressé. Exemples. 
Je me. contenterais ae reproduire ces 
v^adetVJctQriliigo.z 



. Hélas î hélas ! tout travaille , , ... 
Sous tes yeux, ô Jéhovah,! 
De quelque côté qu'on aillé. 
Partout un flot qui tressaille. 
Partout un homme qui va. 

Où vas-tu ? — Vers la nuit nçirè. 
Où vas-tu i — Vers le grand jour. 
Toi? — Je cherche s'il faut croire, 
Et toi? — Je vais à la gloire, 
Et toi ? — Je vais à Tamour. 

Vous allez tous à la tombe ; 
Vous allez où tout retombe. 
Et d'où rien n'est revenu. 

$ 484 : Lorsque chaque reprise du dia- 
logue forme un alinéa, le tiret doit être au 
commencement de l'alinéa. — $485 : Jl 
se met au commencement de la phrase et 
non pas à la fin. — § 486 : Remarque : Ce 
signe vient au secours des autres signes, 
mais ne saurait les remplacer; il ne fait, je 
lai dit, que les rendre plus sensibles, etc., 
etc. » 

L'auteur et l'éditeur de cette très-inté- 
ressante Grammaire sont morts il y a quel- 
ques années, et les derniers exemplaires 
qui en restaient, tous plus ou moms ta- 
chés de rouille, ont été vendus par les 
frères Garnier au prix dérisoire de i fr. 5o. 
Avis aux amateurs. P. c« c. Ou. B.^ 

Prononciation de certains mots (IX, 

260). — Sans avoir la prétention dé^ co»fc- 
pléter la liste dés noms propres qui se 
prononcent autrement qu'ils ne s'écrivent, 
on peut y ajouter les suivants.;. Mmta- 
gne^ pour Montaigne; — Sàint-Agnarty 
pour Saint- Aignan ; -- Béar^ pour Béarn ; 

— de Cœur^ pour Cœuvres ; — d'Olian- 
çony pour d'Oeuillançon ; Pa^wier, pour 
Pasquier; Semoncel, pour Septmoncel, 

etc* 

Les écrivains du XVII* siècle ont été 
prodigues de ces altérations. Madame de 
Mottevilie et ses contemporains n'écri- 
vent-ils pas Bouquinauantt pour Buckin* 
gham? Et Brantôme? Et Tallemant? 

En Lorraine, on prononce el commei^. 
Ainsi, on écrit Châtel^ on prononce 
Châté; Padozel, Padoré ; du moms était- 
ce un usage plus constant jadis. Ajoutons 
à la nomenclature la termmaison xange^ 
qui se dit changé^ comme dans Gondre- 
xange, que l'on prononce Gondrechange, 
— Xirxange, Sirchange,— Laxou, Lachou, 
Nomesy, pour Nomexy, etc. 

On prononce aussi Luxeû^ au lieu de 
Luxeuil. Ceci est un usage ancien, et, 
chose remarquable, adopté de préférence 
par les Parisiens, qui dans leur pays se 
garderaient de prononcer Argenteu, pour 
Argentéuil. Sic volet usus 

QyiNTiLlUS. . 

Mirodée — Veau de Poissy? (IX, 260). 

— L'édition de Lefèvre, i843,.seç9n|e»te 
.d'4çi?«:«;mirfl^rf^ ftAiïaliâ»fiSfc sa^Sr^^s^ayer 



»• 194.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



339 



de TexpliqUer. Mais je trouve dans un 
Dictionnaire de 1700, de Wailly d'après 
Richelet: a Mirauder, v. act. Regarder 
avec attention. » Quant à veau de Poissy^ 
ce n*est qil'une application de l'idée ordi- 
naire de regarder le veau comme utt type 
de bêtise. Poissy étant dès longtemps le 
grand marché de la boucherie parisienne, 
le veau de Poissy y était, en 1667, cité 
comme un veau par excellence. O. D. 

— Littré : Miroder ou mirauder; ajus- 
ter, faire la toilette. A Tappui, est citée 
la phrase de Madame de Sévigné. — Ety- 
mologie, sans doute de mirer. Au Mans, 
miroder, enjoliver une surface de lignes 
droites ou courbes ; mirodeUre^ ligne 
droite ou courbe destinée à faire un orne- 
ment. Miroder paraît aussi être un mot 
de Rennes et des environs. Le patois nor- 
mand a ;wirofer, ajuster avec soin. Le Dic- 
tionnaire de V Académie et le Complé- 
ment ne donnent pas le mot, mais le Com- 
plément donne mirauder^ dans le sens de 
regarder avec admiration; vieux mot. — 
Quant aux veaux de Poissy, je ne trouve 
rien; mais, comme il y avait, et il y a en- 
core, un fort marché de bestiaux à Poissy, 
le mot de M»» de Sévigné semble indi- 
quer une allusion à ce marché. 

E.-G. P. 

— Mif-odér est tin mot qui se dit à 
Reftnes et aux environs, et qui paraît si- 
gnifier ici : a ajuster avec soin, » sens q\ié 
donne à rhifotef (par un t) le Glossaire du 
Patois normand, de M. du Bois, aug- 
menté par M. Julieti Travers, Gâen, i856. 
•»- Dans réditiori de Rouen, Tortho- 
graphe du mot. » Lettres de M"** de Sé- 
vigné. (Edit. Hachette) t. IV, p. 533.— 
Veau de Poissy. Rieh, au t. V, p. 217. 

H. L 

— La première locution s'emploie en- 
core en Touraine, pour désigner une 
femme en toilette, qui se fait belle (mi^ 
randal). Quant à la seconde, on sait que 
veau a toujours désigné un sot, un niais; 
ainsi Pierre Troterel, sieur d*Aves, a dit, 
dans sa comédie des Corrivaux : 

Almerin, par ma foy ! tu ressetnble à nos veaux 
Qui^ tant plus que le temps passe dessus leurs 

[têtes 
Tant plus deviennent-ils grandes et grosses 

[ De tes... 

et que c'est à Poissy que se tient le prift- 
eipal marché du bétail (grandes et grosses 
bêtes), destiné à Tapprovisionnement dé 
Paris. Par suite, les expressions employées 
par Madame dû Sévigné me semblent 
faciles à expliquer* A. D. 

Stature des rois (IX, 260). — • Alexan- 
dre LE Grand était petit de taille. » 
Napoléon élait tiil peu conifne Alexandre. 
Voici les mesures exactes du corps de 
r Empereur, diaprés le relevé transcrit 



346 



par le docteur Aotoωrchi, lorsqu'il pro- 
céda à son autopsie, à Sainté»Hélène 
« ... 49 La hauteur totale, du sotnmetde 
la tête au talon^ était de cinq pieds deui 
pouces et quatre lignes. — 5» L'étendue 
comprise entre ses deux bras, en partant 
des extrémités des deux points du milieu, 
était de cinq pieds deux pouces. — 6° De 
la symphise du pubis au sommet de la 
tôte, il y avait deux pieds sept pouces 
quatre lignes. — 7° Du pubis au calca- 
neum, deux pieds sept pouces. —8" Du 
sommet de la tête au menton, sept pouces 
et six lignes. — 90 La tête avait vingt 
pouces et dix lignes de circonférence; le 
front était haut, les temfjes légèrement dé- 
primées, les rçgions sincipitales très-fortes 
et très-évaàéeâ: » 

. (Mémorial de Sainte-Hélène. Edition 
illust. par Charlet, 1842, gr. in-S**, t. II, 
page 839. — Derniers moments de Napo- 
léon.) P. ce: Ulr. 

Catalogue analytique des archives du 
baron de JonrsanTattIt (IX» 260).— La Bi- 
bliothèque du Louvre contenait un grand 
nombre de pièces provenant de cette col- 
lection» et un catalogue spécial en avait 
été dressé* Le tout a disparu dans l'iQ- 
cendie de mai 1871» Le Cabinet historique, 
publié par M. Louis Paris, doit contenir, 
à ce sujets quelques renseignements. Le 
Dictionnaire des Anonymes (3« édit., h 
5 II), relate le très-curieux détail. des né- 
gociations qui eurent lieu eptre le baron 
de Joursanvault et le British Muséum, 
pour la cession de tette collection. 

Ol» B. 

— il y avait, â là Bibliothèque de k 
Ville de Paris, un certain nombre dépite 
Sur parchemin, acquises à la vente Jour- 
sanvault. On avait projeté d'en faire l'ob- 
jet d'un échange avec la Bibliothèque Na- 
tionale. Elles ont été anéanties avec les 
cent vitigt-ciiiq mille volumes de là Biblio- 
thèque de là Ville, dans l'incendie qui a 
couronné l'œuvre du 18 mars 1871. A quoi 
a-t-il tenu qtie la Bibliothèque Nationale 
elle-même et tout le festë ne pérît dans 
tes (lammes infernales 1 On ne peut atnnis- 
tier ni ceux qui otit brûlé et assassiné, au 
2 5 mai, ni ceux qui ont lâché tout aii 
18 itiarsi Ci R. 

La fête de f â^es (1% 261, 317). - M 
réponse à cette question a été traitée in- 
extenso dans le Journal du Cielf de M. Vi- 
not, nos 276, 277 (du 21 février au 5 mars 
1876), pages 9g3 et suivantes. Cette ré- 
ponse occuperait cinq à six colonnes de 
'Intermédiaire. Mieux vaut se procurer 
e n® en question moyennant vingt centi- 
mesj che2 M» Vinot^ Cour de Rohan, à 
Paris. D' L» 



DES CIISK.QHEUR8 ET CURIEUX. 



[lo juift l87f. 



341 



342 



Al«xflxulre Dqbm» Jhry de la Paîlleterie 

(IX, 262). — Alex. Dumas II a parfaite- 
ment raison de prendre, dans les actes de 
la vîe civile, ces noms qu'il a le droit de 
porter. On trouvera dans les Mémoires 
d'Alex. Dumas la transcription de son acte 
de naissance, extrait des Registres de Tétat 
civil de Villers-Cotterets (5« jour de ther- 
midor, an X); plus loin, l'extrait mor- 
tuaire de son gi*ând-père, consigné dans 
les registres de l'état civil de Saint-Ger- 
main en Laye « le vendredi 16 juin 1786, 
« le corps de très-haut et très-puissant sei- 
« gneur messire Alexandre-Antoine Davy 
a de la Pailleterîç. écuyer, seigneur et pa- 
« tron de Biellevifle, etc., etc.. » 

Quelques lignes plus haut, on voit com- 
ment le jeune comte Davy delà Pailleterie 
s'engagea, comme simple soldat, sous le 
tiom d'Alex. Dumas, pbiit satisfaire àon 
père, qui lui avait dit : « Je suis marquis 
tt dé la Pailleterie, je siiis colonel, com*- 
« missaire général d'artillerie; je n'entends 
« pas que vous traîniez mon nom dans les 
tt derniers rangs de l'artnée. » 

Quant aux ârtnes, Dumas indique les 
taêmeë que M***, avec cette différence que 
l'anneau est d'af^entj au lifcii d'être d'or. 
Il se peut doriç lort bierl qli'il se rattache 
à cette famille de Normandie dont il est 
question, et dont une btanche a été trahs- 
léréé en Champagne. 

A pt-opbs dé cet éciision, ce sefait.le cas 
de rappeler ce mot spirituel attribué k Du- 
mas nls, au temps de sa jeunesse. On par- 
lait devant lui des armoiries de son père 
et il répondit^ en riant, dit-on : « Oui, les 
« armoiries de mon père, je les connais ; 
« Peu d'or et beaucoup de gueules. » 
Maintenant qu'il est immortel, sérieux, 
humanitaire, il ne se rappelle peut-être 
plus ce mot, que nous ne garantissons pas 
et qu'à tort ou à raison, on lui a attribué, 
^nais qui est d'un comique de bon aloi. 

A. Nalis. 

Frederick Lemaitrè, sa vie, son cbutto 

(IX, 262). — Une promenade dramatique. 
Pourquoi? (Paris, imp. de David, fau- 
bourg Poissonnière^ i) i833, in-S», 40 p. 
et un tableau. — Cette brochure donne 
quelques renseignements sur Frederick 
Lemaître; c'est la réunion de plusieurs 
articles des journaux de province. H* I. 

« Mélanges de littérature étrangère y» 

(IX, 263).— Si j'en crois Quérard (France 
littéraire, VI, iSy), « le nom de Millih de 
Grand-Maison se trouve mentionné dans 
les approbations des censeurs des derniers 
volumes. » Ol. B. 

— Barbier dit que ces Mélanges furent 
publiés par Aubin-Louis Millin (19 juil- 
let 1733-14 août 1818), mais la Biogra- 
phie Didot plus explicite énonce que Mil- 



lin débuta dans la carrière des lettres par 
les traductions de T allemand eià^ F anglais 
qui composent ces six volumes. On sait 
quef ifort jeune encore, Millin entra comme 
simple employé surnutîléraire à la Biblio- 
thèque du roi et qu'il devint ehsiiite, en 
1795, comme successeur de l'abbé Bar- 
thélémy, conset-Vateur du Cabinet des an- 
tiques et des médailles. Il s'est donc dési- 
gné lui-même comme auteur de ces Mé-^ 
langes dans sa dédicacé à Lenolt ; cepen- 
dant, d'après les indications qui précècfent, 
il est probable que les traductiohs de VitA^ 
lien tiç sont pas de lui, mais sont dues à 
Lévrier de Champ-rion (Guillaume-benis* 
Thomas, 21 déc. 1749-10 mars i825), au- 
teur de plusieurs pièces de théâtre, repré- 
sentées de 1792 à iSoo* A. D» 

Encore Philôtànus (IX, 264). — Cette 
traduction e3t d'un nommé Larchant, 
principal du collège de Bayeux. Quérard, 
Fr. Litt., IV, p. 535, indique Tannée 1720. 
— £d^ Frèrô est»U plus explieite? 

H. DB l'Isue. 

« ttàriâ Stella. » Anonyme â découvrir 

(IX, 265, 317).— Un des catalogues « des 
livres faisant partie de la bibliothèque de 
M. de Monmerqué » (1861, n® 285 1) dé- 
signe Olinde Rodrigue comme l'auteur de 
Maria Stellai C'est ce qui mérite confir- 
Iriation. T« B. 

Oûvrâgod imprïméà sur fiàpiêi' ezttaét- 
dinaire (iX, 265). — Il existe un petit vo« 
lurne, recherdhé deà amateurs, imprimé 
sur divers papiers fabriqués avec des her- 
bes, d'après lin procédé inventé par Lé- 
vrier de risle : iJss Loisir$ dés bords du 
Loingy ou Recueil de pièées fugitives 
{Montârgis, 1784, iil"i2). L'auteur, qui ne 
s'est point nommé, eSt M. J.-H. Pdec de 
Varetines, au dire du Manuel du Libraire, 
mais c'est une erreul". Ces poésies très- 
médiocres, d*aiilèurs, sont de Lévrier et dé 
quelques-uns de ses amis. 

LeÈulletin du bibliophile^ publié par le 
librait-e Techenét-, à doriné en 186 3 (pa- 
ges 481-483) Une notice sur LéVMer de 
risle et sur ses travaux. Les Œuvres du 
chevalier ^de Boùfflers fsous la rubrique 
de Londres) 1762, 2 vol. in- 18, sortent 
de la inéme omcine et sur papier d'herbës. 

Ajoutons qu'il existe des livrée impri- 
més sur soie ou sur satin. M, Francisque 
Michel ëh a indidUé quelques-uns dans ses 
Recherches sur le commerce, la fabrica- 
tion et V usage des étoffes de soie (Paris, 
1859, 2 vol, in-40). Voir t. Il, p. ii8, et 
notes, p. 464, 465. T. B. 

f< La Création du monde,» poËme en 
sept chants (IX, 266). -^ Dans quel recueil 
se trouvQ ce soi^disapt po^me ca 3o vers, 



^ 194-1 



L'INTERMÉDIAIRE 



343 



344 



attribué an sémillant chevalier de Bouf- 
flcrs? (Lyon.) E. S. 

-r Dans les « Mémoires de Condorcet 
sur le règne de Louis XVI » (Paris, 1824, 
in>8*) il est question de la Société de Mon- 
sieur, le comte de Provence) et je lis, au 
1. 1»', p. 2 1 1 : o C'est pour cette Société un 
peu gaie, il faut en convenir, que M. de 
Montesquiou composa ce qu'il nommait 
ses chansons dévotes; c'était la parodie de 
la Messe et les Noëls les plus plaisants. 
Cest ce que le chevalier de Boufflers 
imita assez heureusement, lorsqu'il fit son 
poème de la Création du Monde ^ en 
douze chants. » £. H. 

« Snr les finances» (IX, 266). •— Qué- 
rard, Fr. Litt., IX, p. 577, à l'article Tur- 

fot^ dit en parlant de cet ouvrage : « Autre 
crit que nous n'avons pas trouvé dans 
ses CEuvres. » H. de l'Isle. 

Denx rers à retrovrer (IX, 290). — Ils 
n'étaient pas perdus. Ils sont de M»* Des 
Houilliéres et terminent une épître à 
Mme de Maintenon, faite en i683 (Œuvres 
dç M"»« et de M^^ Des Houillières. Paris, 
v« Dabo, 1821, t. I«', pages 225-228). 

E.-G. P. 

Kess^onymes de Gargaillon (IX, 291). 
— La torme du mot églantier^ rapproché 
de ceux de prunier, de cerisier, pourrait in- 
dh]uer l'existence d'un mot, estante ou ai- 
glante^ oublié depuis pour le synonyme plus 
di-ôlatique que repousse M. Ulric. Bomare 
nomme conserve de cynorrhodon une con- 
fiture de ce fruit ; mais ce mot, aussi sa- 
vant et aussi grec que gargaillou même, 
désigne plutôt l'arbuste que le fruit. 

Comme je ne me' souviens pas d'avoir 
jamais mangé des â{^/ânfe5, je ne puis 
Claire, faute sans doute d'expérience, que 
la propriété que possède ce poil végétal, 
d'exciter des démangeaisons, propriété 
toute mécanique, résiste à l'action de la 
digestion et s'exerce encore à la sortie du 
tube intestinal. J'attribue au contraire le 
nom incriminé, à l'usage qu'autrefois (j'es- 
père que Ton peut dire autrefois) faisaient 
de la poudre d'églantier des gens qui se 
croyaient bien spirituels, en en parsemant 
les lits des sociétés oii ils se trouvaient, 
sansi en excepter bien entendu ceux des 
damds. Au lit les chemises se dérangent 
factiejlient, mais non pas d'ordinaire plus 
haiit ^que les reins : voilà pourquoi le truit 
en questtion ne s'appelle pas gratte-dos. 

Pourquoi M. Ulnc dit-il : « Dans notre 
Berry, où l'Académie n'a que faire, sans 
do,ute » ? J'ai vu que les Berrichons prê- 
teraient hautement à parler mieux et 
plus purement le français que dans au- 
cune autdre; partie du pays, disputant aux 
Tourangeaux cette prér-ogative, que du 



reste les uns et les autres s'accordaient à 
refuser tout net aux Parisiens. 0. D. 

— Au lieu devenir du grec, gargaillouxA 
serait-il pas une façon locale de prononcer 
carcaillot, petite caille? Dans certains vil- 
lages picards, les enfants nomment car- 
caillots ces ravissantes fleurs dont on leur 
façonne des sortes de balles, je veux dire 
les primevères de prairie. Ailleurs, on peut 
bien nommer ainsi la baie, très-jolie aussi, 
de l'églantier. 

Je puis aussi donner à M. Ulric un ren- 
seignement. En Picardie, on nomme des 
bletSy biais ou blés (j'abandonne à de plus 
savants la détermination de l'orthographe 
du mot), ces fruits du sauvage rosier. 

Jacques D. 

Poëtes-mnsicieiis (IX, 292). — Aux 
noms indic)ués, on peut joindre celui de 
Berton, qui se fit lui-même le libretto de 
son opéra -comique de Ponce dé Léon. 
Regnard fit la musioue de sa petite co- 
médie de la Sérénade ; mais il la fit re- 
toucher par Gillier. Mais un véritable 
poëte-musicien fut d'Assouc>[. Il ne passe 
pas pour fort ^and poëte, et je ne sais s'il 
fut grand musicien. Mais cette réflexionest 
d'une application générale. Il est très- 
rare de voir un homme réunir deux arts 
à un degré éminent ; et comment en se- 
rait-il autrement, quand il est déjà si diffi- 
cile d'exceller dans un seul ? O* D. 

Ribambelle (IX, 292). — Littré : « Il 
est possible que ce mot provienne, par 
une dérivation fantasque, de ribariy qui 
s'est dit pour ruban. » — Heu ! heu?... 
mais rien n'est impossible, après tout! 

E.-G. P. 

Yogne-rançade flX, 292). — C'est pro- 
bablement à un Dictionnaire de marioe 
qu'il faut demander la signification de ce 
mot. Mais si on lit rancade^ sans cédille, 
ne pourrait-on pas le faire venir de ranSy 
et comprendre qu'à la vogue-rancade^ 
plusieurs vaisseaux s'avancent de front, en 
formant un rang. La palissade, ainsi heur- 
tée sur plusieurs points à la fois, pouvait 
plus aisément céder. O. D. 

— Brantôme emploie une autre fois 
cette locution, à propos d'une neummackie 
ou combat de gallères tout à l'antique, 
qui eut lieu devant Henry II, lors de son 
entrée à Lyon en septembre 1 548 : « Et 
a soudain, à toute force de rames et vogue 
« rancade, vint à investir... » P. Mérimée 
ajoute en note : C'est, je crois, le mot de 
commandement du comité d'une galère à 
ses rameurs, pour qu'ils fassent efrort à la 
fois. Rancade est la rangée ou le banc de 
rameurs. (Œuvres de Brantôme, éditées 
par Daffis, t. IV, p. 86). — Cette explica- 
tion s'applique exactement au fait coacer- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX, 



[lojqin 1^7^* 



345 



^^r^ 



346 



nant le comte de Montgomery. En effet, 
après la prise de Rouen par l'armée catho- 
lique (26 oct. i562), il se retira avec les 
Anglais sur une galère qu'il tenait prête, 
franchit par une manœuvre hardie (vo- 
gue-rancade) Testacade du Caudebec et 
gagna le Havre. A. D. 

Fort comme un Turc (IX, 292). •—• Ce 
proverbe date sans doute de Teffroi que 
répandit en Europe le bruit des rapides 
progrès de la puissance ottomane. Mais 
peut-être aussi faut-il y entendre malice 
et y voir une allusion à l'idée qu'on se 
faisait de ces possesseurs de harems. Je 
me souviens cl'avoir lu qu'en Turquie, au 
contraire, on disait : « Fort comme un 
Franc. » O. D. 

— Ne devraît-on pas plutôt dire : Insol- 
vable comme un Turc. Mais ce proverbe 
date d'hier, tandis que le premier remonte 
au temps des Croisades, où avaient échoué 
contre eux les efforts successifs de toute la 
chrétienté. Peut-être aussi est-ce une al- 
lusion à la pluralité des femmes, ainsi 
qu'il résulte de ce conte de Themiseul : 

Un voyageur, revenu de Turquie, 
Parlait des mœurs de ce pays : 
Il racontait que les maris [taisîe 

Pouvaient quitter, choisir^ prendre à leur fan- 
Blanche, blonde, brunette ; en avoir tout autant 
Qu'il leur plaidait. Un de la compagnie 

S'écria : < Quel beau règlement .' 
Si j'étais là, je ferais bonne vie : 
Que j'en aurais!... » Alors, le regardant 
Tout de travers, sa femme Péronnelle : 
«Ah! Taisez-vous; vous seriez, lui dit-elle. 
Un mauvais Turc assurément. » 

A. D. 

Gadenats (IX, 293). — Il faudrait con- 
naître le ballet pour savoir ce que veut 
dire le mot cadenats. S'il y avait un festin 
royal ou princier représenté dans ce ballet, 
le sens serait tout trouvé. Autrement, je 
donne ma langue aux chiens. Au figuré, 
s'entend; je serais fort embarrassé s'ils me 
prenaient au mot. Mais cadenas ne serait- 
il pas là pour cadenette? Cela n'irait pas 
mal avec des masques et des jarretières. 
S'il y avait un exemple de l'emploi de ces 
mots l'un pour l'autre, l'explication 
rait bien être vraie. 



pour- 
E.-G. P. 



— Le Ballet des Muses, paroles de Ben- 
serade, musique de Lulli, fut représenté 
pour la première fois à Saint-Germain en 
Laye, où la cour avait passé l'hiver, le 
2 décembre 1666. Robinet, dans sa lettre 
du 12, donne de longs détails sur la ma- 
gnificence qui fut déployée en cette cir- 
constance, et indique postérieurement 
qu'il subit plusieurs transformations. On 
peut juger de son importance par ce fait, 
qu'il donna naissance à trois pièces de 
Molière. . 

Au notobre de9 accessoires fournis par 



le peintre Vagnard pour ces représenta- 
tions figurent des cadenats : Or, si l'on se 
reporte à l'étymologie de ce mot (catena^ 
chaîne, et même, d'après Pline, ceinture 
de femme), on doit admettre, que, par cette 
locution, le rédacteur de la Quittance a 
voulu indiquer des ceintures. N'est-ce pas 
en effet un des ustancilles obligés des neuf 
sœurs? Comme il s'agissait des neuf Pu« 
celles, peut-être même est-ce par une ré- 
miniscence des ceintures de chasteté que 
le mot cadenas a été employé? A. D. 

Les noms patronymiqaes (IX, 293). -— 
Les premiers noms n'ont été primitive<^ 
ment que des prénoms ou des désignations 
tirées des qualités, ou défauts de la -|>er- 
sonne, de sa profession, de son habitation, 
de son lieu d'origine (qui, précédé de la 
particule de^ les a fait souvent confondre 
avec les familles seigneuriales). MM. Fors- 
temann et Pott, pour l'Allemagne, M. de 
Coston, en France, ont écrit des livres cu- 
rieux sur ce sujet, l'origine des noms. Mais 
on admet que les noms n'ont commencé à 
devenir généralement (il existe de rares 
exceptions antérieures) héréditaires, qu'à 
partir du XI« siècle, avec Fémancipation 
des serfs, des communes, et le développe- 
ment de l'individualité. Au i6« siècle, une • 
ordonnance de François I«^ ordonna l'é- 
tablissement des registres de l'état-ciWl 
dans toutes les paroisses, et c'est de cette 
époque que date la réelle fixité. Cepen- 
dant l'usage de prendre les noms de ses 
fiefs persista, amenant des confusions aux- 
quelles les édits de i555, de 1667, ou de 
1692, ne purent porter remède; l'usage 
fut plus fort que la loi. 

Les familles juives n'ont pris qu'au 
siècle dernier, un nom patronymique, et 
dans le grand duché d'Oldenbourg, une 
ordonnance de 1826 imposa, à ceux qui 
n'en avaient pas encore, Tobligation d'un 
nom de famille. F. P. Mac Rebo. 

— Ouvrages à consulter : Dictionnaire 
historique des personnages célèbres de 
l'antiquité, etc., avec l'étymologie et la 
valeur de leurs noms et surnoms, précédé 
d'un Essai sur les noms propres chez les 
peuples anciens et modernes, par Fr. N06I. 
(Paris, x8o6 et 1824, in-S®). — Essai his- 
torique et philosophique sur les noms 
d'hommes, de peuples et de lieux, consi- 
dérés principalement dans leurs rapports 
avec la civilisation, par Eusèbe de Sal- 
verte. (Paris, 1824, 2 vol. in-S*»). — Let- 
tres sur l'histoire de France, par Augustin 
Thierry (les notes et les deux dernières 
pages). — Les noms de baptême et les pré* 
noms, par Edouard- Léon Scott (de Mar«> 
tinville). Paris, A. Houssiaux, i %Sj et i853, • 
in-i6. — Encyclopédie des noms propres^ 
par J. Sabatier. (Paris, i865, in-ia.> 

H-L 



N* 1^41 



L^INTERMÉOIAIRÊ 



347 



348 



Funille lamin ta Fresnay (IX, 2q§). — 
li y a en France plusieurs familles Jamin. 
Le général Jamin du Fresnay, titré marquis 
de Bermuy en Espagne par Joseph Bona- 
parte, au commencement du siècle, a eu 
pbur fils le brave colonel Jamin du Fres- 
nay, tué à Sedan, à la tête de son régiment 
de dragons, en 1870; il avait épousé une 
D^^ de Saint-Mars et en a eu, je crois, des 
enfants. Sa sœur, la baronne douairière de 
Maucler, veuve de l'ancien président du 
Conseil des ministres du feu roi de Wur* 
temberg, habite Stuttgart, et pourrait 
probablement donner à M. de Groot Ja- 
min d'autres détails que ceux qui précè- 
dent» t«es Jamin sont de Paris et portent : 
4e gueules, au vont de trois piles d'ar- 
gent^ maçonné de sable, Cz. 

-r- Le lieutenant-çolpnel de hussards 
Au^ste-André-Mar^e Jamin du Fresnay, 
était devenu, quelque peu avant la guerre^ 
colonel du 8« rjégiment de chasseurs à che- 
valy et c*e5t à la tête de ce régiment qu'il 
fut tué, le 20 août 1870, au combat de 
Beaumont. Il laissa^ une veuve, née de 
,Saint-Marc, si je ne me trompe, et un fils 
du nom de Henri, qui doit être en ce 
montent en voie d'entrer dans Tarmée. 
s'il n'y est déjà (ce fils doit être le seul 
représentant dç cette famille). — Cette 
famille était alliée aux de la Bunière, 
de Mauclerc, d'Astorg. Je n'ai pas be- 
soin de dire que le colonel Jamin était 
brave, il Ta prouvé; mais ce qu'on doit 
dire; et ce qui le distinguait de bien d'au- 
tres, c'était l'ardent désir qu'il ayait de 
développer l'instruction dans son régi- 
ment; c'est assez dire qu'il était lui-mêm.9 
érudit et homme de gou^ Ln G. 

tf Aiiitoire de M<"® dç Bagnaip: » (IX, 
^96).-^ On à pris l'habitude d'inapripjer, 
avec y Histoire amoureuse des Gaules^ un 
certain nombre d'opuscules, lesquels en- 
suite ont été attribués à Bussy-Rabutin, 
qui n'y était pour rien. M .Aug. Poitevin, 
en reproduisant Junonie dans son édition 
de VHistoire amoureuse des Gaules^ rac- 
compagne de cette note : « Cette petite 
nouvelle, pleine de grâce, de fraîcheur et 
de délicatesse, semble fourvoyée au milieu 

de ces pamphlets Junonie est un roman 

d'un intérêt touchant, mais ce n'est abso- 

lutaent qu'un roman Nous le publions 

uniquement parce qu'on a coutume de le 
lire à la suite de VHistoire amoureuse des 

Gaules Mais ce n'est qu'une fiction., 

nous le repérons; et M™« de Bagneux. le 
chevalier de Fosseus^e, le baron de Vine- 
franche, n'ont ni réalité ni signification 
au point de vue historique, » O. D. 

Beneallon et Pjrrrha (IX, 297),— Je ne 
connais sur ce sujet qu'un monologue en 



trois actes de Piron, intitulé Arlequin- 
Deucalion (1722). N'est-ce pas de cette 
pièce comique, en vers et en prose, que le 
poème indiqué aurait été tiré? À. D. 

-r Germain- François PouUain de Saint- 
Foix est l'auteur de Deucalion et Pirrha^ 
comédie (Paris, 1741 et 1764, in-8°), et 
d'un ballet, sous le même titris, en un 
acte et en vers libres (Paris, i753, iii-4»)' 
Saint- Foix aurait-il composé le poëme 
cité par M. V. de V. ? H. de lIsle. 

« La fin da XVIII* siècle » (IX, 297).- Je 
n'ai rien trouvé pour le titre, mais dans la 
notice de VÀlmanach des Muses de Van Ils 
il est parlé d'une satire intitulée Le XVIIi' 
siècle. (Paris, Mollet, imprimeur, rue des 
Filles-Saipt-Thomas, 18, Marchands de 
nouveauté^. Brochure in-B^ <ie 16 pages). 
La satire dont parle M. V. de V. est in-12 
et contient 24 pa^es ; mai$, comme c'est 
une noifVelle édition, il est possible que 
l'auteur ait changé le titre et le formai. 
Voici ce qp'ep dit le rédacteur de la notice: 
tt Quelque^» v^ers spirituels ; le ipUis grand 
nombre empruptés d'auteurs connus. An- 
drieux, Demoustiér, Lâcha baussière, Lan- 
tier, Lebrun, Palissot, Piis, etc., traités de 
sots et 4'iu3béciUes. 

Ici le signalement réfiond à la grossier 
reté reprochée par M. V. d€ V. à sa bro- 
chure. Il l'y reconnaîtra peut-être. La no- 
tice ajoute : a Cette satire a été suivie de 
deux autres, intitulées : La guerre des 
petits dieux et Mon apologie. On les avait 
faussement attribuées au libraire Colne\<, 
qui n',en était que l'éditeur et les vendait 
pour le compte du C. Duplaquetj qui sous 
le voile de l'anonyme, en ^ recueilli la 
gloire et leprotit. » Le profit, soiti mais la 
gloire ! 

Dusausoir a publié une réponse à cette 
satire, également en vers. E.-G. P. 

-*- Charies-Jean-Auguste-Maximilien de 
Colnet de Ravel fit paraître, eà 1709, ou 
en 1800, un opuscule intitulé ? La m 
d^ XF///« siècle. Satire. Paris, in-12; il 
y attaquait les réputations littéraires de 
l'époque, en ne faisant grâce qu'à Bernar- 
din de Saint-Pierre et à Lemercier. « La 
police en enleva les exemplaires, dit 
M . Guyot de Fère, au t. XI*, col. 20 b. de la 
Biogr. Dîdot. » Quelques exemplaires sont 
peut-être anonymes. H. de l'Isle. 



1! 



Uh en-tête oifieiel de Fan II de U R. f • 

IX, 298). — L'cn-tête cité par M. B. est 
_a reproduction textuelle des articles i^ 
6 du décret de la Convention du 19 vendé- 
miaire, an II (10 octobre i^gSJ, « portant 
« que le gouvernement français est révo- 
« lutionnaire jusqu'à ta paix. » (T^l ^?^ 
l'intitulé même du décret), On se troavan 
alors en plein dans l'époque enfiévré* ou 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX* 



340 



[10 juin f 876» 



35o 



Carnot organisait la victoire contre U 
coalition européenne et où la Convention 
rendait chaque jour une vingtaine de dé* 
crets sur les sujets les plus variés, tels, par 
exemple, que ce décret du 21 vendémiaire 
aa II, « qui ordonne de faire retourner les 
tt plaques de cheminée ou contre-feux, 
a portant des signes de féodalité. » 

Il n'est pas impossible que Ten-tête ré- 
vélé par M. B. ait été à ce moment une 
a formule de rigueur », bien que les dé- 
crets du 5 brumaire et du 14 frimaire 
an II, sur l'intitulé des arrêtés et actes, 
n'y fassent aucune allusion. Peut-être 
cet en- tête a«t-il été rendu obligatoire par 
circulaire émanée du Ministère de la 
Guerre, pour les services relevant de 1 ad- 
ministration des armées. _Peph. 

Quel est I9 livre imprimé dans le format 
le plus exigu? (IX, 298). — En effet, un 
format de huit centimètres sur cinq HI 
mais c'est un in-folio, yn atlas I En voici 
un de vingt-huit millimètres sur dix*neuf : 
« Le petit Paroissien de V enfance^ Paris, 
Marcilly aîné; imprimerie de Fjrmin Di- 
dot. » Quatre-vingts pages, cinq images. — 
Et le caractère n'est vraiment pas micros- 
copique, O. D. 

-;- M. V. de V. signale comme un Jvre 
à dimensions minuscules l'édition suivante 
du traité de Meibomius : De fiagrorum 
usu in re venerea (Londini, i665). Ce vo- 
lume a 8 centimètres de lon^ sur 5 de 
large. — J'ai en ma possession un ou- 
vrage de dimensions plus petites encore. 
C'est un Gresset^ïm^nmé à Paris en i855, 
à la Fonderie Typographique, 17, rue des 
Marais-Saint-Germain. Ce volume minus- 
cule contient le Vert'Verty la Chartreuse^ 
l^s Ombres, V Abbaye, des fragments d'é- 
pîtres et plusieurs pièces diverses. Il a 
7 centimètres de long sur 5 de large- Les 
caractères sont microscopiques, mais très- 
clairs, très-nets. De l'avis des connais- 
seurs, ce petit livre est un vrai bijou typo- 
graphique. La justification des lignes (il y 
en a 33 à la jwge) est de 3 centimètres 
millimètres. — Il existe des livres de 
même genre. On cite entre autres les 
Maximes de Larochefoucauld, imprimées 
en caractères microscopiques, chez Didot 
^e jeune, en 1829, et renfermant 26 lignes 
de 44 lettres par page de qSi millimètres 
carrés. 

Cicéron rapporte avoir vu V Iliade écrite 
sur parchemin, renfermée dans une co- 
quille de noix. Mais l'affirmation du prince 
aes orateurs iatina n'est point ici parole 
^ t-vangilç. F. Boissm. 

. *^ Le livre de 8 centimètres sur 5, que 
signale M. V. deV. fait tout reflfet d'un 

n-tolio auprès de celui-ci, qui ne mesure 
que p millimètres sur 84 : 
^LoïdoroSf petit livre de médisances* 



Paris, Béthune et Pion^ imprimeurs, 
S. d. (1841 ou 1842). Se vend chez Royer, 
libraire, place du Palais^ Royal, 241, et 
chez Aubert et C*, place de la Bourse, 29. » 
xxxni-145 pages, illustré de 35 vignet- 
tes, ombres chinoises, culs-de-«Iampe. 

Peph. 

— Voici les dimensions du pltis exigu 
de mes livres : 5i millimètres sur 36. 
C'est un recueil de prose et de vers, inti- 
tulé : Enfantines, édité par Marcilly, H-, 
braire, rue Sainte Jacques, lo, imprimé par 
Firmin Didot frères, illustré de 6 gravu- 
res par Montant, non compris celle placée 
au bas du titre; sans date, Â. D. 

— On peut citer : Vert-Vert^ suivi de 
la Chartreuse, VAbbave, et autres pièces. 
Par Gresset. Paris, Laurent et Deberny, 
i855, in-64, 58 mill. sur 40.. à toutes 
marges. H. L 



%r0U]iailU0 tt Ctiri00ite0» 

« Dialogues plLilosûpfaiqaea. «—-J'ouvre le 
nouveau livre de M. Ernest Renan, qui 
vient de paraître sous ce titre, et j'y cueille 
ce qui suit : 

a Toute la nature trahit le mépris de 
l'individu. L'éclat d'une capitale sort d'un 
vaste fumier provincial, oti des millions 
d'hommes mènent une vie obscure pour 
faire éclore quelques brillants papillons, 
qui viennent se brûler à la lumière. Il faut, 
au moins dans nos lourdes races modernes, 
le drainage de trente ou quarante millions 
d'hommes pour produire un grand poôte, 
un génie de premier ordre ; une société de 
cinq ou six millions arrive difl^cilement à 
cela, la sélection ne s'y opérant pas sur 
une masse assez grande. Le génie résulte 
d'une portion d'humanité brassée, mise au 
pressoir, épurée, distillée, concentrée. Une 
petite planète n'aurait pas de génie. En 
un kilomètre cube d'eau de mer, il y a une 
petite masse d'argent appréciable; en un 
mètre cube, cette quantité est tout à fait 
insaisissable. 

a De même que la force utile n'est, dans 
une machine, qu'une partie de la force dé- 
pensée, de même en l'univers. Mais l'uni- 
vers, comme toutes les machines de la 
nature, se fait remarquer par la petitesse 
de l'effet utile, eu égard à la masse. En 
général, la mécanique de l'univers est très- 
imparfaite au point de vue de l'économie. 
L'univers est comme une usine où, sur 
cent mille quintaux de charbon brûlé, un 
quintal servirait. L'homme utile est à peine 
un sur un million. On est tenté d'en con- 
clure l'infériorité de la Terre. Une planète' 
où il n'y aurait ni sots ni méchants paraî- 
trait meilleure. C'est là une illusion. Le 
travail qui a le vrai pour objet est peu de 
chose en apparence ; mais seul il demeure ; 
tout le reste coule ; en sorte que le capital 



N- 194.] 



du vrai, quoique résultant de très-petites 
économies, augmente toujours. Les erreurs 
et les sottises se détruisent réciproque- 
ment; au contraire, la vérité est tout le 




L1NTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX. [10 juin 1876. 

— 35i 352 

que Milton attribue à notre mère com- 
mune. Leurs membres admirablement 
proportionnés, leurs chairs d'un blanc na- 
cré, leurs opulentes chevelures, entremê- 
lées de ru Dans éclata ns ou de torsades 
de perles, me rapi>elaient les nudités su- 
perbes de l'école vénitienne, et semblaient 
copiées sur l'image même des Grâces. Le 
plaisir avec lequel mon regard se posait 
sur ces corps de déesse me permit de véri- 
fier la justesse d*une remarque déjà an- 
cienne. Je me disais que la perfection des 
formes l'emporterait sur la beauté du 
visage, si la mode revenait d'aller nue, et 
que les personnes les plus admirées se- 
raient, non pas les plus jolies, mais les 
mieux faites. • 

Qui a vu et décrit ce qui précède? C'est 
une Anglaise, s'il vous plaît, la célèbre 
lady Mary Wortley Montagu, ambassa- 
drice de la Grande-Bretagne à Constanti- 
npple en 1717. 

Eh bien! je préfère de beaucoup son ta- 
bleau à celui de M. Gérôme (de l'Institut 
et grande médaille de 1874), que l'on voit 
exposé au Salon de 1676, sous le n«884: 
Femmes au bain, S. D. 



vent purement et simplement éliminées. 
Le sot et le méchant meurent tout entiers. 
« Grand assurément est le nombre des 
existences purement égoïstes, matérialistes, 
irréligieuses, totalement perdues pour le 
but idéal de Tunivers. Mais il suffit qu'il 




à la grosseur de l'arbre. Un arbre immense 
donne un fruit gros comme le doigt; celte 
ramure énorme a pour mission la produc- 
tion de ce petit corps. La philosophie, qui 
est le but de la création, vécut autrefois 
des miettes de la table des princes, qui la 
défendaient contre l'universelle sottise; 
elle vit aujourd'hui des miettes de la table 
du monde. Cette condition, tout humble 
qu'elle est, vaut mieux que si les philoso- 

Ehes étaient dans le monde ce qu'il sem- 
le qu'ils devraient être. Deux expériences 
montrent quel danger il y a dans les trop 
grandes richesses attribuées à des œuvres 
spirituelles. Les biens accumulés, au moyen 
âge, entre les mains de l'Eglise furent 
perdus en grande partie pour l'objet au- 
quel on les destinait. Les immenses dota- 
tions des Universités anglaises sont ainsi 
administrées, qu'une petite fraction seule- 
ment en est appliquée à des fins scientifi- 
ques... I» P. c. c. : A. A. 



Un bain de femmes en Turquie, en 1717. 

— Voici un tableau exotique qui date de 
cent cinquante ans et que je trouve exquis. 
Il s'agit des bains de Sopnia : 

« On voyait là pour le moins deux cents 
femmes, toutes se conduisant avec un tact 
parfait, et comme ne le feraient guère des 
Européennes appartenant aux cours les 
plus civilisées du monde. Nulle marque de 
curiosité indiscrète, aucun de ces sourires 
impertinens ou dédaigneux, de ces chu- 
chotemens railleurs, qui chez nous accueil- 
lent l'apparition d'une pei^sonne étrangère 
à nos coutumes ou à nos modes. Elles me 
regardaient avec intérêt, mais sans curio- 
sité déplacée, me saluant tour à tour des 
mots de gracieuse et d'aimable. Je visitai 
d'abord la salle des bains chauds, qui est 
entourée de gradins en marbre. Les pre- 
miers, recouverts de riches coussins et 
d'étoffes précieuses, étaient occupés par 
les dames, les autres par leurs esclaves, 
toutes parfaitement nues et dans toute la 
sincérité du déshabillé. Pourtant la mo- 
destie de leurs gestes n'en souffrait point. 
Bien au contraire, elles marchaient avec 
ce port de déesse et ces grâces pudiques ' 



Salomon de Caua et H. Raspail père. -* 
Il y a quarante-deux ans tout à l'heure, 
M. Sam.-H. Berthoud s'est fait des gorges 
chaudes, en son particulier comme en plein 
Musée des Familles ^ de la crédulité do 
gros public. Mais il y en a bientôt quatorze 
qu'il n'est plus permis à un chimiste poli- 
tique, même octogénaire, et déjà célèbre 
pour avoir signalé la présence de l'arsenic 
dans tous les bâtons de chaise, d'ignorer 
l'arrêt de l'Académie des sciences {Compte 
rendu j 21 juillet 1862). Donc ajouter, pour 
l'avenir, aux détails critiques dont llnter- 
médiaire a régalé ses fidèles (I, 5, 181 ; Il 
166, 297, 572, 609, 641^, ce témoignage 
d'ineptie à outrance, qui s'étale aux f^' 




ne pas voir uniquement, dans l'auteur de 
la Galerie formée à Heidelberg, un vieil 
artiste français qu'il faut appeler M. de 
Gruimberg (I, 181), mais tout à la foisuo 
artiste d'instinct et un vénérable ci-devant, 
jadis émigré, qui sera : Louis-Charles- 
François, comte de Graimbert, ancien offi- 
cier d'infanterie, mort à Heidelberg en 
1864, fils de Gilles-François, comte de 
Graimbert, syndic des Ordres du clergé 
et de la noblesse en l'élection de Château- 
Thierry, puis député de la Noblesse aui 
Etats-généraux de 1789. H. de S. 



Le gérant, FiacmACH». 



Pari8.^Typ. de Ql Meyrîieis, i3, roc Goiîo,-iS7t>. 



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nttr'aiâtr. 



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— ♦••- 



OntetméMaite 

DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

(CORIIESPONDANCE littéraire, V^OTES and QUERIES français.) 



.^4- 



353 



Oie 



Lbs « Cyniques »• 

:ïïn0 réclamation posthume de M. de 

Hontalembert (VIII, 7o3; II, 58i, 662, 
705, 723), — 

I. 

Et voilà justement . 
comme on écrit l'histoire ! 

Un de nos correspondants nous envoie 
l'Estafette du 9 juin 1876, en appelant 
notre attention sur rarticie suivant^ sur la 
citation qui y est contenue et sur le vœu 
qui le termine : . . . 

tt M. Jules Ferry avait attribué, dans 
son dernier .discours, la phrase suivante 
à M. Louis VeuiUot : Quand les libé^ 
rwx sont au pouvoir^ nous leur de^ 
nandons la Hinrté parce que c'est leur 
f^incipet etj quand nous sommes au poU" 
voir, nous la leur refusons parce que c^-est'^ 
le nôtre. M. Louis VeuiUot se défend -— 
tout mauvais cas est niable — d'avoir 
prononcé cette phrase, d'abord parce 
qu'elle esty. dît-il, d'un français douteux, 
ensuite parce qu'elle est, toujours au dire 
de M, VeuiUot, de M. de Montalembert : 

« Si Je païufre Montalembert avait su qu'il 
fournissait 4c» couperets pour M. Ferry, il en 
aurait eu quelque cnagrin. Dans ce temps-là il 
accusait encore les catholiques de vouloir étran- 
f)icrU liberté entre le corps de garde et la 
^cristie. VEmpire me tenait alors au violon et 
)e ne pouvais dire que j'avais eu d'autres des- 
seins, de sorte que )e me trouvai convaincu. 
. * l'ai écrit quarante ans, et il ne restera poux» 

être Ma »v»^: _.._ *^_ i_ :« _i-^ 



T—^.. j en serais racne, si j eiais ac ceux qui 
'ispïrent à rAcadémie ; mais je sais m'accom- 
nioder des aventures que notre temps ménage 
^»ori espèce, et je pense que je finirai par 
njourir tout de même, quoique charcé d'une 
pnrasede Montalembert plombée par M. Jules 
h 7' / P^^^ste uniquement pour l'amour de 

« C'est 'égal, on aîmeraît à entendre les 
^^Pucationa de M. de Montalembert. » 

car' ^®*^«ctcurs les ont reçues, ces expli- 
:J^^^,et^ils savent à quoi s'ea tenir sur 
«eUi€.Qrifi<les cyniques xaue M* de Mon*? 

^'^'«nibert a si bien formulée et... flétrie. 



I 

II. 

P. 'S. — Notre correspondant avant, 
donné satisfaction à ce dernier souhait, , 
par l'envoi de la lettre de M, de Monta-r. 
lembert que nous avons reproduite, /*^5r , 
tafette vient de publier les lignes qui sui-. 
vent, dans son numéro du 1 5 juin : 

« V Intermédiaire des Chercheurs et Cu^y 
rieux nous apporte la solution du débat 
pendant entre M. Louis VeuiUot et M. Ju- 
les Ferry, à propos d'une phrase que le • 
'dernier attribuait au premier çt dont 
•M. Louis VeuiUot repoussait la paternité, ; 
pour l'attribuer à M. de Montalembert, 
La phrase est bien, en effet, de M. de 
Montalembert. C'est bien le grand prâ- . 
teur catholique qui a dit : QUandnous 
sommes les plus faibles^ nous voiis de-^' 
mandons la liberté, au nom de vo^ prin- ' 
cipes; quand nous sommes les plus forts^i 
•nous vous là refusçms^ au tioWi des nôtres, ' 
Ces paroles se rencontrent, en efiiet, dans 
jun écrit de M. de Montalembert; mais 
loin d'exprimer son ppinipn perspnï^ejk, 
elles avaient p)Oiif'oDJeti au contraire, de 
résumer celle qu'il a combattue toute's.a 
vie. C'est M. de Montalembert lui-même . 
■quj a fourni ces explications à Vlntermé- * 
diaire, dans une lettre datée du 29 nô- . 
vembre 186 5 et écrite à la Rôche-en-Breny * 
'(Côte-d*Or). La phrase est donc de M. de ^' 
Montalembert, et M. Louis Veuillbta raî- 
son sur ce point ; mais ropinio^ qiiî s'y 
trouve exprimée est celle de M. ' Louis ' 
VeuiUot, et c'est en cela peut-être que 
M. Jules Ferry n'a pas ton. » 

Ainsi la longue et verbeuse lettre de « ce 
pauvre » M. VeuiUot (il dit tout le temps 
ft le pauvre Montalembert ») n'^st qu*une' 
équivoque. Il se garda bien de 'souffler' 
noot sur les nombreuses citations caracté- 
ristiques tirées de VUniverS'Veuillôtj'ëîy^ 
parce que M. de Montalembert a fésomé'- 
en une vive formule l'argument 'cbriteriu- 
dans lesdites citations, il s'écrie : ^' La 
phrase n'est pas de moi, ellfeeët du;« péii^ 
vre » Montalembert! » ' N" est-ce' pas, tii 
vérité, comme nous récrit ûàtte iioffès- 
jpondarif, trn trait digne Am Tartuffe? ' 
^ On v^it que îe'q«eîâli<S«tieur «1865 
fut bien inspiré, en fournissant à M. de 

TOMS IX. — 12 



N- 195.J 



L'INTERMÉDIAIRE 



355 



356 



Montalembert roccasion de s*expliquer ici 
même sur la théorie des cyniques et de la 
répudier avec indignation. Mais les cyni- 
Ques lui joueront longtemps encore le tour 
de lui imputer à lui^^mime leur théorie. 
Basile a toujours Tespoir de faire croire 
que ce n'est pas lui qui a reçu la volée de 
bois vert, vou'e même q^ue c est lui qui l'a 
administrée!... Calomniesf, calomnie:^.,. 



Belles Lettres — Philologie — Beauï-Aats 

— Histoire -* archéologie — Numismatique 

— Epigraphie — Biographie — Bibuographie 

•^ Dl7KRS. 

« Vous 40! portes bonhenr... » ^ Au 

Saloil de cette année, dans le jardin du 
Palais de l'Exposition, non loin du La- 
HiartiHe, de Falguière, on voit une statue 
en plâtre de jeune fille (par A.-J. Pfeiflfer), 
candeur naturelle, à demi nue, qui se 
tient coi, afin de ne pas effra]^'^er deux pe- 
tits oiseaux voltigeant à ses pieds. Au so- 
cle, on lit ces quatre vers, que reproduit 
Ielivtet(no 3532) : 

Vous qui portez bonheur» mes jolies ($ic) hiron- 
Ne craignes pas de m'approcher, [délies. 

Car plus que vous j'ai peur, voyez, mes toutes 
Tai peut de vous effaroucher ! (belles, 

Je suppose que jolies est un lapsus ^ et 
que le texte doit porter gentilles. Quant 
aux vers, ils sont et jolis et gentils, comme 
les hirondelles, mais de qui sont-ils? 
Quelqu'un pourra-t-il me le dire ? £. H. 

Vers à l'encpierrd. *- Peut-on m'indi- 
quer l'auteur dé ce vers : 

Parlez, je vous écoute en un calme profond. 

et de cet atitre qui^ pas plus que le ptécé- 
denti il'est débofdënt de poésie : 

Vôtre avis est fort sage; aussi, )e m V conforme. 

PEPri. 

« Les Pommeê v. ^- Je demande, plus 
loin (IX« 366), à propos de l'Hymne de 
M"« d'Houdetot et de l'ouvrage de Ducoffl- 
raun, si Ton peut médire quel est l'auteur 
de la pièce intitulée : Les Pommes, qu'on 
trouve dans l'édition de Barraud (1873), 
en remplacement de l'épître dédicatoire 
de 1720? A. D. 

a La yeilléa des Qrands-Chénes » de 
George Sand. — Après la mort du grand 
écrivain que la France vient de perdre 
(Nohant, 8 juin), ÏËcho terminait ainsi 
son intéressante notice nécrologique (n» 
du 10 juin) I tt ... Tant qu'on gardera une 
étincelle de poésie on se souviendra 
d'Edméede Mauprat^ et de la Veillée sous 
les Grands-Chênes ». 

Dans quel ouvragé de George Sand, je 



vous prie, se trouve cette Veillée sous les 
' GrandS'Chênes? Merci à qui me le dira. 
(La Flèche.) E. C. 



Le ttottyeaU ftiiltaii Monrad V. - Â-t-il 

donc de la chance, ce journal la France! 
Il a trouvé un informateur (?), à qui son 
sexe ouvre les portes de tous les harems, 
et qui a quitté le nouveau sultan Mou- 
rad y. il y a huit jours. En sorte qu'il a le 
privilège de donner à ses lecteurs des ren- 
seignements précieux sur la grande ques- 
tion qui, depuis le détrônement d'Abd-ul- 
Aziz, préoccupe le monde d'une façon si 
anxieuse. On croit peut-être qu'il s'agit 
de la question de l'Herzégovine ou des 
emprunts ottomans? Non pas! il s'agit du 
sérail, du harem de Mourad V. 

Nous apprenons ainsi que la mère du 
nouveau Sultan est une Circas5Îenne,et 
plus probablement une Cosaque, une Chré- 
tienne, en tout cas, car « en vertu des rè- 
cléments impériaux de Mahomet II, ajoute 
r in formateur (â qui son sexe ouvre tous 
les harems), un Sultan doit toujours êtn 
fils de Chrétienne, 

Est-ce que cette singulière prescription 
des règlements impériaux est bien authen- 
tique ? A coup sûr, elle était peu conoue 
de nous autres Occidentaux et soi-disant 
chrétiens ! 

Comme a indiscrétions constantinopoli- 
taines », l'Adrien Marx de la Franceiï 
qui son sexe...) nous apprend encore que 
Mourad V a aujourd'hui trois femmes. 
La première suïtane a environ 26 ans et 
n'est point belle, mais éminemment iW- 
ressante et distinguée, Mourad n'est nul- 
lement porté à la polygamie; il n'a pris 
ses deux autres femmes que parce que la 
première était stérile. En ce cas, C'est tou- 
jours celle-ci qui choisit, et elle les choisit 
toujours belles, mais insignifiantes. C'est 
tout ce qu'il y a à dire des délit autres 
sultanes, dont Tune est mère dii prioM 
Salâ-Eddin, âgé de dix anS, ti rautrj 
d'une petite princesâè de quatre ans, M 
vive et fort gentillette, dont on ne nous dî 
malheureusement pas le nom« Contre l'ha^ 
bitude, l'harmonie la plus parfaite rcqne 
dans ce petit monde, composé d'un hoŒj 
me, sa mère Jla sultane Validé, laquelU 
adore ses belles-filles), trois femmes el 
deux enfants, séparés du reste de l'uni* 
vers par des barrières de préjugés inirafl* 
chissables. 

Sans cette union si l'are, ajoute le phn 
loàophique auteur dé eetté lettre persâni| 
(et il s'y connaît), il n'est pas de ba^nî 
qui ne soit un lieu de délices auprès d un 
hârem. Et d'abord le mépris de io\xi^^^^^ 
lois de l'hygiène physique et morale en 
fait autant d'hôpitaux de phthisiques, dans 
lesquels la mort fauche si largement qu^ 
les victimes du crime ne passent que trop 
aisément inaperçues. Après la phthisie « 



DES CHBRCHKURS ET CURIEUX. 



357 



(25 juin 1876 



353 



la strychnine, le premier ministre de la 
camarde est, dans les harems, Son Excel- 
lence Âlcool-pacha. C*estle seul des vices 
nationaux qui ait eu çiuelque prise sur la 
nature un peu féminine du nouveau Sul- 
tan. Il lui est arrivé de boire, non par 
goût pour le rakL mais, pour se soustraire, 
comme un simple meurt^de-faim ^ aux 
soucis d*une existence qUi n'a été jusqu'ici 
que le plus intolérable des martyres. 

Mourad V, contrairement aux nouvelles 
qu'ont données des gens mal informés, ns 
sait pas un mot de français ni aucune lan- 
gue européenne. Son digne oncle Âbd-ul- 
Aziz Tempécha d'apprendre grand'chose. 
C'e$t Un Ignorant, mais un esprit essen- 
tiellement jbienveillant et ouvert à toutes 
les idées justes et généreuses. Il a du 
goût pour le travail et se fait faire en turc 
un résumé hebdomadaire de tous les jour- 
naux européens, qu'il lit consciencieuse- 
ment. 

Ce dernier trait ne vous rassure-t-il pas 
sur les destinées du nouveau Sultan et,.. 
des porteurs d'obligations ottomanes? 

11 paraît qu'au moment du départ de 
l'informateur si bien informé de la 
France, Mourad n^était pas dans le secret 
du complot qui a éclaté le 29 mai, séques- 
tré ^u'il était par l'ex-sultane Valiaé. Il 
paraît aussi que dans la tragédie qui vient 
d'ensanglanter les dalles du palais de 
Tchéragan, le hasard pourrait bien avoir 
été aidé, comme à Salonique, par quelque 
main intelligente que tout le monde dési- 
gne à Constantinople. S. D. 

La • pe]^fto iibion »; — Plus perfide 

gue jamais! disent des politiques pro- 
fonds, qui se prétendent bien informés. 
C'est elle qui aurait : i® renversé le sultan 
Abd^ui-A2U| pour s'être fait le lieutenant 
de la Russie; 2* prié qu'on ne l'étranglât 
pas, iioilobstant les* usages du pays et de 
la femille ; 3o suicidé ledit Sultan, après 
s être assuré de la discrétion traditionnelle 
des muets du Sérail. Horreur ! Qui nous 
dévoilera les Mystères de Stamboul ? Ce 
°c bera sans doute point un correspondant 
de l'Intermédiaire^ mais peut-être qu'il y 
^ aura parmi eus pour me dire d'oti 
vient le cliché : la perfide Albion? N'est- 
pe pas du premier Empire? M. B. 



^y^es popiteirfts s ftaUpoil* -^ Robert 
tciaire fut inventé^ ainsi que son fidèle 
rtmttdy par Daumier et Frederick Le- 
iîtrci 

^ayeux fut créé par Travlès> 
\ Joseph Prudhomme^ par Henry Mon- 
Mer, ainsi que Jean Hiroux. 

Gavroeke, p4r Vtotor Hugo. 
^i Ratapoil? Quis pater fuit? J'espère 
p on ne me répondra point ; Inconnu au 



Santon, à la porte... — Je suis tout à 
fait de l'avis de M. S. D. (IX, 352) et pré^ 
fère le tableau qu'il nous a cité^ de uidy 
Montagu, aux Femmes au bain de M. Gé*» 
rôme. Mais j'aime encore moins l'autre 
toile exposée par lui^ sous le n» 683. 
Quelle devanture de savetier que son 
premier plan i Que de babouches lourde** 
ment peintes! Et puis, qu'est<-c6 que ces 
mains, tracées au crayon rouge sur la mv^ 
raille, à droite? Qu'est-ce que oe grand 
fiandrin debout, à gaucher Et surtout^ 
qu'est-ce que cette légende, écrite an li*» 
vret du Salon : Santon^ à la porte d*une 
mosquée? Que veut dire ce Santon? — 
La peinture a beau être sur jolie porce* 
laiae, je n'y comprends rien, et bien d'au*> 
très n y ont pas compris davantage. 

JVl. N» 

Mile Besca^sin. — Je possède uû trè^- 
cUrieux portrait, in-fol., gravé en trait de 
plume et rehaussé d^un ton de carmiû 
dans les chairs, qui porte ce nom. Ce doit 
être une actrice. La gravure, outre \t 
hota, est accompagnée des indications sui- 
vantes '.Petit se. JS. (Bernard)/.? il Paris 
che!( Chereàu, rue Saint- Jacques, aux 
deux Cotones. 

Pourrait-on nie renseigner sur cette 
jeune persoliné, qui devait jouir alors 
d'iine grande céléorité, car elle a obtenu 
la même distinction que Necker, dont J^ai 
également le portrait dans le même for- 
mat et gravé dans la même manière et la 
même année ? A, St. 

Un timbra du yidux GairBâtt. — On a re* 

marqué avec raison tmû^ dân6 cet absurde 
opéra de Jeanne vArc qui a si malen- 
contreusement inauguré « l'escalier • de 
Charles Garnier^ il n'y avait, en fait de 
musique, et pour tout potage, qu'un 
vieux refiràin, qui brille au ballet du tl*oi' 
sième acte, comme une paillette d'or dans 
de la tourbe. C'est tout bonnement le vieil 
air sur lequel Bi^anger a mis VAyeugle 
de BagnopBt et le Pèlerinagre de Lisette. 
Peut-on me dii'e quel est cet air et. à 
quelle époque il remonte ? D. F. 

L'i^uTôttiife de TurâUdbt. — Oa â an- 
noncé que là musique du nouveau ballet 
introduit dans la reprise dX>bërôn^ qui 
vient d'avoir lieu au Théâtre-Lyrique, 
était l'ouvertufe de Turàndot, de 1 auteur 
même d'03ero«, . Charles-Marie Wéber. 
Quelle est donc cette ouverture? Ouel est 
ce nom? Quel est ce sujet? Les biogra- 
phies et bibliographies Weberiennes n'in- 
diquent rien à cet égard. H. A. 



La tombe de Urabean. -* Au tome VI 
et dernier de son bel ouvrage : Paris y ses 
organes, ses/onctions et sa vie^ M. Maxime 



N» 193.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



359 



36o 



du Camp, parlant de l'ancien cime- 
tière Sainte-Catherine, écrit (page 180): 
a ... C'est à Sainte-Catherine que Mira- 
beau entra, en sortant du Panthéon. En- 
foui à deux mètres de profondeur, son 
cercueil y est encore, et on pourra le re- 
connaître à la pla(}ue de cuivre rouge sur 
laquelle sont inscrits les noms et titres du 
grand tribun. C'est à Sainte -Catherine 
que les suppliciés de Nivôse sont inhu- 
més; une grille de fer, placée dans la fosse 
même, autour de leurs corps, permettra de 
les retrouver... » 

Il n'y a pas grand intérêt à retrouver les 
restes des suppliciés de Nivôse, auteurs 
de la Machine infernale. Mais, quelque 
jugement qu'on porte sur certains actes 
de la vie de Mirabeau, on ne peut nier la 
grande et utile influence qu'il exerça' aux 
débuts de la Révolution française et les 
services éminents qu'il lui a rendus. Tout 
compensé on pourra trouver qu'il a fait 
beaucoup de bien à la cause des réformes, 
et n'a guère fait de tort qu'à sa propre re- 
nommée. Peui-étre, dès lors, serait-il dé- 
cent que la ville de Paris ne laissât pas 
ses restes enfouis dans un coin perdu , 
qui sera, un jour ou l'autre, livré à la spé- 
culation. On n'a pas osé rendre le nom de 
Mirabeau à la rue qui s'appelle si ridicule- 
ment rue de la Chaussée d'Antin ; on l'a 
rélégué à une rue déserte d'un quartier 
excentrique. Si Mirabeau ne mérite pas 
d'être réintégré au Panthéon, 'il a droit au 
moins à une sépulture convenable dans un 
de nos cimetières. 

M. Maxime du Camp se trompe en di- 
sant que le cimetière Sainte-Catherine est, 
en partie, occupé par le boulevard Saint- 
Marcel ; c'est la place Scipion qui a été 
formée d'une portion de Sainte-Cathe- 
rine. 

Le Panthéon n'avait pas été la première 
sépulture de Mirabeau. \]n Nécrologe de 
l'abbaye Sainte-Geneviève, qui fait partie 
aujourd'hui de la Bibliothèque Sainte-Ge- 
neviève, se termine par l'article suivant : 

« 1791 — Le 4 avril 1791, a été déposé, 
dans le caveau sous la Chapitre, le corps 
de M. Honoré-Gabriel Riquetti de Mira- 
beau, député à TÂssemblée Nationale et 
membre du Directoire du département de 
Paris. Il était décédé, le 2 du même mois, 
à la Chaussée-d'Antin, paroisse Saint- 
Eustache, dans la 43® année de son âge. 
D'après un décret de l'Assemblée, il sera 
transféré à la nouvelle église de Sainte- 
Geneviève, devenue aujourd'hui la sépul- 
ture des grands hommes qui ont bien mé- 
rités (sic) de la patrie. » Fréd. Lock. 

La maison où est née George Sand. — 
U Intermédiaire nous donnait Je 2 5 mai 
(IX, 3 18) une page exquise de George 
Sand. Qui eût prévu, à lire cet article si 
plein de bonne humeur, de douce philoso- 



phie et de sereine sagesse, que ce dût être 
la dernière page du grand écrivain, qui, 
pendant plus oe quarante années, a ému 
nos cœurs, enchanté nos âmes, séduit nos 
esprits, sans jamais les abaisser et en 
cherchant toujours à les élever. Mais je ne 
veux pas faire ici Toraison funèbre de cette 
vie SI bien employée; je ne voudrais que 
fixer un point, le preinier, dans la biogra- 
phie de cette femme illustre. 

D'après VHistoire de ma vie, George 
Sand est née , le 12 messidor an XII 
{i" juillet 1804) à Paris, rue Meslay,dans 
la maison portant alors le n<> 1 5. 

Le système actuel de numérotage des 
rues parisiennes date de 1806. Antérieu- 
rement, on en a essayé plusieurs, dontui> 
consistait à donner une série de numéros 
à tout un district, en sorte qu'on trouvait 
des numéros très-élevés dans des rues 
composées de quelques maisons seule- 
ment. 11 n'y a peut-être plus un seul de 
ces anciens numéros dans tout Paris, ce 
qui rend impossibles les recherches de con- 
cordance. 

Il est vraisemblable que, dans des en- 
tretiens de famille, ou d'amis, George 
Sand a dû désigner très-précisément la 
maison où elle est née. Quelque lecteur 
possède-t-il ce renseignement et voudrait- 
il bien nous le communiquer? L Intermé- 
diaire le conserverait au moins pour les 
historiens futurs de Paris et les biographes 
à venir de George Sand ; car Fédilité pari- 
sienne se montre peu soucieuse de ce ^ui 
concerne la mémoire des personnages il- 
lustres nés à Paris. Fred. Lock. 



Bibliographie de la « Correspondance de 
l'Armée d'Bgypte » (VII I, 72, 154, 1741 
685). — L'édition citée par M. E. V. T. 
(Vlil, 154) est incomplète de la carte et 
du fac-similé. Voici le titre en anglais: 
Copies of original lettersfrom the army 
of gênerai Bonaparte in Egypte inter- 
cepted hy the command of aamiral lori 
Nelson. London, 1798, 3 vol. in-8. Carte 
et fac-similé , texte français et anglais. 
Bulletin du Bouquiniste, t. X, n^ 2818. 

H. !• 

La non-ezisteiice de Napoléon I^^CVIII, 

104, 468, etc.). — E. L. a demandé (VIII, 
104) des i-enseignements sur Touvragedc 
l'archevêque de Dublin, Richard Whately: 
Historical Doubts relative to Napoléon 
Bonaparte. J'en possède une. copie, quejç 
me ferai un plaisir d'envoyer à E. L., sa 
veut bien me faire connaître son adresse, 
par carte postale. 

Rev. Thomas W. Carson. 
(Beaumont, Terenurè Road, Dublin.)- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 juin 1876. 



- 36i 



362 



Justine (VIII, 199, 253). — Nous avons 
reçu la lettre suivante, datée de Paris, le 
10 juin 1876 ; 

Monsieur le Directeur, 

Une personne s'est récemment présentée 
chez moi, et m'a fait part du désir, manifesté 
par un de ses amis, amateur de bibliographie, 
de voir « un bel exemplaire de Justine, sur 
papier vélin *, que l'on supposait être entre 
mes mains. Ayant répondu que je ne savais ce 
que l'on voulait me dire, cette personne m'a 
communiqué aussitôt le n* de VJntermédiaire 
du 23 avril 1875, où j'ai lu le passage suivant : 

« Avant Jules Janin, la Biographie Univer^ 
« selle avait avancé que l'auteur de cette pro- 
€ duction monstrueuse en avait adressé un bel 
« exemplaire à chacun des cinq Directeurs, qui 
« le reçurent sans rougir. L'exactitude de cette 
' « assertion se trouve confirmée par le témoi- 
« gnage d'un bibliographe fort instruit^ qui, 
« dans une note dsLtée de 1866, et que j'ai sous 
« les yeux, s'exprime ainsi : Un exemplaire 
« sur papier vélin fut offert à chacun des Di- 
« recteurs. Celui de Gohier, passa entre les 
« mains du comte Abrialj celui de Barras de- 
, « vint la propriété de M. Pierre Grand, qui a été 
« conseiller à la Cour de Metz, etc. » 

Je n'ai jamais vu ce livre dans la bibliothèque 
de l'ex-Directeur, ai-je répondu aussitôt, et 
j'afl&rme que je n'en ai jamais eu la possession 
ni la propriété. Je n'ai d'autre ouvrage, ayant 
appartenu à Barras, que la collection complète 
des Œuvres de l'abbé de Mably qu'il m'a lé- 
guée. Cet esprit austère n'a, à coup sûr, rien 
de commun avec le marquis de Sade. 

Voilà ma réponse, et je n'aurais rien à y 
ajouter, si je n'étais frappé d'une erreur com- 
mise par le « bibliographe fort instruit. » C'est 
dans sa note de 1806, reproduite par V Inter- 
médiaire^ qu'on apprend que l'exemplaire de 
Barras devint la propriété cfe M. Grand, ^ui a 
été conseiller à fa Cour de Metz. — Mais re- 
marquez bien qu'en 1866, comme en 1867, ^^ 
1868, en 1869, en 1870^ j'ai continué à remplir 
mes fonctions de conseiller à la Cour de Metz ; 
que je suis resté à mon poste, pendant toute 
la durée du siège, et que ce n'est qu'en juin 
187 1, que j'ai quitté Metz, après avoir fait va- 
loir mes droits à la retraite. Ce bibliographe, 
quoique très-versé dans la connaissance des li- 
vres, était donc très-mal renseigné sur ma bio- 
graphie, puisqu'il croyait, en 1866, que j'avais 
cessé d'exercer mes fonctions, ce qui était 
inexact. Comment donc aurait-il été mieux ren- 
seigné sur mes richesses bibliographiques? 

Passons à un autre ordre de faits : 

L'auteur de l'article, reproduit dans V Inter- 
médiaire, ayant, par quelques mots, incidem- 
ment placés dans son récit, attribué à mon père 
une situation tout à fait erronée dans ses rela- 
tions avec Barras, il m'importe de rétablir les 
choses et de les placer sous leur véritable jour. 
Je le ferai en peu de mots : 

Mon père, encore fort jeune, capitaine au 
21* de chasseurs, aide de camp du président 
du Directoire, son compatriote, a renoncé à la 
carrière militaire après le i8 Brumaire, et, du 
palais du Luxembourg où il résidait pour son 
service, il a transporté son domicile dans une 
maison située au quartier du Marais, qui lui 
appartenait, depuis le 1 9 frimaire an VI, ainsi 
que l'établit un acte authentique, passé devant 
M« Larcher, notaire à Paris. 

En l'an VIII, il se mariait. Le général Barras, 
qui habitait son château de Grosbois, depuis 



la chute du Directoire, est venu une première 
fois, en 1801, dans cette maison, pour servir 
de témoin, lors de la naissance de mon frère 
aîné, auquel il a donné son prénom de Paul, 
comme plus tard dans la même circonstance, 
son cousin le chevalier Pierre de Barras m*a 
donné le sien. 

En 1814, l'ex-Directeur, qui avait été exilé à 
Rome par l'Empereur, est rentré en France en 
même temps que les Bourbons, et a accepté 
l'asile provisoire que lui offrait, chez lui, son 
ancien aide de camp et son ami. Il en a profité 
encore, après les Cent-Jours, pendant quelques 
mois. Il a demeuré, rue Bleue, rue Neuve-Saint- 
Augustin et s'est retiré enfin à Chaillot, où il 
est mort, le 20 janvier 1829, dans une pro- 
priété acquise depuis douze ans, qu'il a laissée 
par testament à sa veuve. 

L'immeuble du Marais appartient aujourd'hui 
à mon frère aîné, en vertu d'un acte de partage 
anticipé, en date du 29 septembre 1837. D'où 
il résulte que depuis 1798, c'est-à-dire depuis 
soixante-dix-huit ans, la propriété de cette mai- 
son n'a reposé que sur deux têtes. 

Inutile d'ajouter, ce qui est d'ailleurs de no- 
toriété publique, que rex-président du Direc- 
toire, M. le comte de. Barras, dont la famille 
était réputée, suivant un vieux dicton bien 
connu oans le Midi, aussi ancienne que les 
rochers de la Provence, est mort sans postérité 
et que sa noble femille s'est éteinte avec lui. 



Il me paraît superflu d'entrer dans de plus 




que la nombreuse correspondance de mon père 
avec l'ex-Directeur, et un grand nombre de 
personnages de l'époque, et particulièrement de 
généraux devenus célèbres, qui vivaient avec 
le jeune aide de camp sur le pied de la plus 
affectueuse intimité. 

Je ne doute pas^ Monsieur, de votre empres- 
sement à concourir, en publiant cette lettre, à 
une réparation à laquelle j'ai un droit, que 
votre loyauté a reconnu, et je vous prie d'agréer 
l'assurance de ma considération la plus dis^ 
tinguée. Pierre Grand. 

Ancien conseiller à la Cour de Metz» 
conseiller honor. à la Cour de Nancy. 

Nous ne pouvions qu'accueillir avec 
empressement la double réclamation de 
M. Pierre Grand, qui nous a donné con- 
naissance de diverses correspondances de 
famille tout à fait concluantes et fort in- 
téressantes. Nous avons remarqué, entre 
autres, des lettres de Barras à son aide 
de camp et ami, et une lettre curieuse du 
général Murât, écrite d'Italie. G. de R. 

Albertypie (VIII, 234). — Voilà une 

Question bien simple et que je m'étonne 
e trouver sans réponse, depuis plus d'un 
an qu'elle a été posée par notre confrère 
Truth. N'y a-t-il donc, à V Intermédiaire^ 
ni graveur ni même photographe amateur? 
V Albertypie^ ainsi nommée du nom de 
son inventeur, M . Albert, de Munich, n'es; 
qu'un perfectionnement du procédé litho- 
photographique de Poitevin. On sait que 
ce procédé, découvert en ï855, a pour 
point de départ l'emploi de la gélatine bi- 
chromatée; on n'ignore pas non plus que 



N« 19W 



L'INTERMÉDIAIRE 



363 



cette flubitance, appliquée d'abord à la li- 
tho^aphie, a été transportée par le même 
inventeur français aux procéaés en taille- 
douce, grâce à la propriété qu*a la gélatine 
de se gonfler inégalement suivant ses iné- 
galités d'altération par la lumière* C'est 
cette dernière méthode (fournissant des 
plaques identiques à des planches gravées 
à Taqvia- tinte) dont M. Albert s'est em- 
paré, et qu'il a perfectionnée de manière à 
fouvoir suffire & des tirages consîdéra- 
le», A. St. 

JuvoHs et impréci^tiQttt de la langue 
française (VIII, 317; IX, io5}. — Dans 
les nombreuses locutions citées par Ulric, 
où le diable joue un rôle $i divers, je ne 
trouve pas l'imprécation : « Qiie le Diable 
t'emporte! » familière aux habitants du 
Lot, qui la substituent au vulgaire : le Dia- 
ble m'emporte ! Le paysan quercynois est, 
on le yoit, prudent jusque dans ses mo- 
ments d'impatience. Il est bien trop fin 
pour formuler un souhait dont les consé- 
quences p'awraient rien d'agréable pour 
lui, si le Diable venait à accepter l'invita^ 
tion. Dévot, sans être trop pieux, il est 
soigneux surtout des apparences et tient 
ftTestiipe de son curé. N Vt-il pas pris au 
presbytère son inoffensive variante? 

Saiduar(Q. 

La Lille des oondamnés à mort. 1793 
(Vllï, 554, 606, 63o). — J'ai vu récem- 
ment, chez un libraire, la curieuse bro- 
chure, dpnt le titre suit j « Compte-Rendu 
^ux San^'Culottes d^ la République frm- 
faise^ par très-haute, très^puissante et 
très^expéditive Dàmb Guillotine, conte- 
nant le nom et le surnom de ceux à qui 
elle a accordé des passe-ports pour l'autre 
inondCi le lieu de leur naissance, leur âge 
et quahtés, le jour de leur jugement, de- 
puis son étabhssement en juillet 1792 jus- 
?u'à ce jour. Paris, De V Imprimerie du 
^calculateur patriote^ au Corps sans tête, 
l'An Deuxième, i vol, in-»8 en deux par- 
ties, avec fig. — J'indiquerai aussi ces 
deux autres plaquettes, publiées ultérieu- 
rement sous la Restauration : « Liste des 
Personnes qui ont péri par jugement du 
Tribunal révolutionnaire, du 26 août 
1792 jusqu'au i3 juin 1794, et dont les 

corps ont été inhumés dans ie terrain de 
l'ancien cinaetière de la Madeleine; — 
«1 I^i^te des Victimes immolées à la Barrière 
4u Trôn^ et inhumées au cimetière Pic- 
pus, Péris, Lottin, 18 14 ». 2 broch. de 5i 
et 79 p. in'8. Ulr. 

— Autres ; « Liste générale et très- 
exacte de tous les conspirateurs qui ont 
été condamnés à être guillotinés, fusillés et 
foudroyés à la bouche du canon, par les 
commissions établies à Lyon, Marseille, 
Bordeaux, Fleurs-aux-Sables et autres 
villes de la Vendée (i«' numéro) ». Paris, 



364 



s. d., in-8. Y a-l-il une suite? —« Liste 
des contre-révolutionnaires et révoltés de 
la ci-devant ville de Lyon, condamnés à 
être fusillés et guillotinés, par Tisset » : 
i» partie, Paris, An II , in-8, Cgnnaît-on 
la suite de cet ouvrage de feu Barnabe 
Tisset ? L'Histoire générale et impartiale..., 
etc., citée par M. S. P. Mac-Rebo (VIII, 
63o) est de Louis Prudhomme ; il faut Wx 
volumes et non trois. H. de l'Isle. 

-m II faut un supplément au n*» 9 de 
cette liste (VIII, 006) • Autre ouvrage: 
« Liste générale des individus eondamnés 
par jugements, ou mis hors la loi par dé- 
crets, et dont les biens ont été aéçlarés 
confisqués au profit de la république, 
<c Paris, imprimerie de# domaine* natio^ 
navi)(« on II; a vol. in^St P. 328 du tomeV 
du Bulletin du Bouquiniste, Paris, Au- 
bry, 1859, in-8. H. I. 

Prendre le dam (VIII, 606). ir^ Sur la 
Meuse, aux environs de Verdun, par eita- 
pie, les péeheurs ou chasseurs nomment 
encore petit daruy Vardea minute, un hé- 
ron qui n'est pas plus gros qu'un râle, et 
qu'ailleurs on appelle BlongiQ^, C'eçt un 
oiseau farouche, solitaire, dont le cri, au 
moment de la pariade, ressemble en dépit 
de la taille du soupirant à Tappel d'unis 
chien. Le petit daru implique, par sa dé- 
signation même, un i^ruplus sérieux: c'est 
Vardea stellaris ou butor^ robuste échao- 
tillon de la famille, sauvage riverai» de 
nos marais et cours d'eau a voisines de bois, 
qu'il exploite six mois durant (avril-octo- 
bre). On ne l'approche qu'avec peine, mais 
on peut déjà l'entendre chaoue soir, dès 
qu'il n a plus faim et quitte le fourre des 
joncs, pour s'élever en spirale à perte de 
vue, jetant aux échos ses notes les plus 
graves : côb^ côb J An mois d'avril, sa 
plainte amoureuse, sonore et puissante 
comme celle du taureau, s'exhale parl^^ 
dessous assombris de son domaine : elle y 
surprend le petit garçon crédule ou la fille 
en train de s'attendrir. S'ils sont classés 
parmi les çc innocepts », et ponfçççent, au 
retour, leur naïve émotion aux plaisantins 
du village, on leur affirmera peui^^tre 
(dans le Barrois, c'est fort possible !) qu'ils 
la doivent au daru. --" Comme ils ne de- 
mandent qu'à s'instruire, les doctes se 
donnent carrière. On parle, sans congé de 
rinstitut, d'un animal quasi sorcier, qu?*^ 
est heureux de voir une fois dans w v^^» 
et plus heureux encore de posséder : on se 
chuchote à l'oreille de mystérieuses con- 
fidences ; et si parfois la curiosité et la 
convoitise semblent avoir fait leyr chepiin^ 
un plus hardi propose, sous réserves cal- 
culées, d'aller prendre le daru! »— On ny 
parvient que par une expédition discrète 
et nocturne en forêt, avec traqueurs ini- 
tiés, dévoués à leur besogne, travestis au 
besoin. Inutile d'ajouter que la place d*hon- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[a 5 juin 1876. 



365 



— f 366 



neur, au centre de leur cercle grandissant, f 
appartient au novice. On Tinstalle avec 
force recommandations ; car dès que nos 
rabatteurs donnent du bâton et de la voix, 
en un mot lèvent le daru, il doit entre- 
bâiller un sac, dernier refuge de la béte, 
et Ty amener, en répétant sans trêve ni 
merci, jusqu'à extinction s'il le faut, la 
formule cabalistique : daru dans m' sec ! 
daru dans m* sec! — La solitude, la peur 
et la fatigue font enfin leur office et termi- 
nent la mascarade, parce que chacun s'est 
adroitement éclipsé ; puis le novice, allégé 
d*une illusion et savant à son tour, rega- 
gne penaud sa maison et son lit. 

Cette vénérable mystification se restaure 
de loin en loin dans notre siècle de lumiè^ 
res .* les pages de Henri III (L'Estoile Tat- 
teste) la connaissaient en i583; mais ils 
eurent le tort, en tant que pages, de man- 
quer de respect à la confrérie de S. M. On 
les fessa, et Ton fit bien. H. de S. 

L'hymne de lI<»od'Houdetot(VIII, 61 5, 

669; IX, 146). — A propos des « globes 
charmants, » je rappelle aux amateurs la 
publication d'un traité spécialement con- 
sacré à célébrer et à chanter le sein fémi- 
nin « et ses lis et ses roses » ; a Les Té- 
a tons, ouvrage curieux, galant et badin, 
« composé pour le divertissement d'une 
« dame de qualité, par ***, avec les poësiçs 
a diverses du sieur du Commun. » (Amster- 
dam, chez Jean Pauli, 1734, petit in-8° 
de i3? p. avec frontispice gravé.) On y 
trouve aussi des épigrammcs énergiques 
contre les tétasses, entrç autres ceux de 
Benserade^ de M^rotp etc. V. de V. 

— Il faut renoncer, je le crains bien, à 
retrouver cet hymne, d'après ce que dit 
Musset-Pathay dans ses Anecdotes pour 
faire suite aux Mémoires de Madame d'E- 
pinal », (Paris, Baudouin frères et Ey- 
mery, 1818) : « Madame d'Houdetot a fait 
« de très-jolis vers, mais elle n'a jamais 
tt voulu les donner par écrit; ce qui est 
« causç que quelques-uns ne sont connus 
« gue des personnes qui vivaient dans son 
« intimité et qui, pour les conserver, n'a- 
« valent d'autre ressource que leur mé- 
« n^oire, » Et il cite trois pièces de vers, 
qui ont été souvent reproduites, et dont la 
première est le sujet d'une charmante anec- 
dote avec Voltaire. Cependant il faut en- 
core espérer, et continuer les recherches ; 
quelque autre auditeur aurait pu retenir et 
écrire cet hymne, que l'a fait d'un huitair;, 
adressé à Saint-Lambert, Madame la vi- 
comtesse d'Allard, qui a' beaucoup connu 
Madame d'Houdetot et a fourni sur elle à 
Musset-Pathay une notice qu'il a insérée 
dans l'ouvrage ci-dessus indiqué. Ces jolis 
vers nous font d'autant plus regretter ceux 
que le timide Diderot n'avait pas osé de- 
mander : 



Jeune^ j'aimais le temps de mon bel Ig^: 
Ce temps si court, l'amour seul le remplit. 
Quand j'atteignis la saison d'être sage. 
Toujours j'aimai, la raison me le dit. 
Mais VêigQ vient et le plaisir s'envole; 
Mais mon bonheur ne s'envole aujourd'hui, 
Car j*aime encore et l'amour me console; 
Rien n'aurait pu me consoler de lui* 

Une question en amène une autre. Pen- 
dant que nous sommes sur cet attrayant 
sujet, et à propos de l'ouvrage de Duçom- 
mun, réédité par Barraud, en 1873, d'a- 
près Mercier de Compiègne, je deman- 
derai quel est l'auteur de la pièce intitu- 
lée : Les Pommes^ mise en remplacement 
de répître dédicatoire de 1720? A. D. 

Almanacb dQ Ootjha (Vlll, 616, 695, 
759). — Il existe, à Paris, au mpins deux 
collections de cet Almanach : Tune, à la 
Bibliothèque nationale, et l'autre, à la Bi- 
bliothèque de l'Arsenal. H, B, 

Un remède héroïque (VIII, 671 ; IX, 
270). — Je ne voudrais pas jurer que la 
fiente de bétail ait complètement disparu 
de notre pharmacopée. D'où tire-t-elle son 
ammoniaoue ? Et il n'y a pas si longtemps 
que des livres d^histoire naturelle signa- 
laient encore l'emploi médical de l'urine 
de vache, sous le nom d'Eau de mille 
fleurs; et, sous celui à^ Album grcecum^ 
l'emploi de ces crottes de chiens dont la 
blancheur indiqye que l'animal n'a mangé 
que des os depuis (quelque temps. Mais 
pour la fiente humaine, mon seul souve- 
nir remonte au Baron de Fœneste (L. III, 
ch. i) ; a II est demie heure à se frotter 
les dents. Un matin, estant à Paris au le- 
ver de M^*« Caboche, en fouillant toutes 
ses hardes de nuit, il arriva à une boëte 
d'ivoire. Lui, demandant ce qu'il y avoit 
dedans, et elle, ne voulant pas dire que 
c'étoit de la fiente d'enfant qu'elle avoit 
toujours pour remède à la matrice, aima 
mieux feindre que ce fust pour blanchir 
les dents : aussitôt notre baron l'emporte 
dans le degré, pour c'en frotter, à san aise ; 
et elle lui terma la porte, de peur qu'il ne 
labatist. d O. D, 

— M. H. I. désire savoir quel est le 
format de 1' « Œcoïatrie de Christophe 
Landré » dont M. Julien Travera a donné 
le titre. J'ai entrepris, il y a une vingtaine 
d'années, une Bibliograpnie des ouvrages 
publiés par les libraires de Tournes, au 
XVI^' siècle. J'ai consulté bien des biblio- 
graphies de tous temps et de tous pays, 
je n'ai rencontré qu'une seule fois le titre 
de VŒcoiatriç \ c'est dans le Catalogue 
de livres choisis de la librairie L. Potier, » 
i863, part. I, page 97, n*» 806. La fiche 
que j'en ai faite n'indique pas de format. 
Il est probable cju'il n'y en avait pas sur 
Je catnlogue Potier. Ol. B. 



N* 195.] 



L'INTERMEDIAIRE 



^ 367 



368 



Tner le mandarin (IX, S; III, 259, 371, 
433). — Et moi aussi, je voudrais bien sa- 
voir au juste à quoi m*en tenir sur la vé- 
ritable provenance de cette formule. Je 
viens de rencontrer, dans un roman an- 
glais contemporain, une analogie de se- 
conde main, qui me semble ne pas faire 
avancer la question d'un pas, la compli- 
auer peut-être, mais qu'il est bon pourtant 
d'enregistrer. C'est dans Ought we to visit 
^^r? (Devrions-nous la voir ?), par M"« An- 
nie Edwards (New-York, Sheldon and ۥ. 
Sans date). C'est au chapitre XXVII, inti- 
tulé : Blackballed. Il s'agit d'une jeune et 
jolie personne que des motifs tout féminins 
vont faire blackbouler^ à un Croquet- 
Club où elle se porte candidate. Le crime 
se prépare dans l'ombre. « Who would 
not sooner, dit l'auteur, despatch an ene- 
my by Sidney Smith's plan, — ring a nice, 
clean-handled little bill, which shall cause 
him to drop down dead in lapan, — than 
by such disgusting, openhanded means of 
destruction as a pîstol 'or poison ? n (Qui 
n'aimerait cent fois mieux se défaire d'un 
ennemi par l'expédient de Sidney-Smith, 
— c'est-à-dire en sonnant une petite son- 
nette, joliment emmanchée, qui vous le 
fera subitement mourir au Japon, — plu- 
tôt qu'en employant des moyens de des- 
truction aussi répugnants et aussi gros- 
siers qu'un pistolet ou du poison ?) 

Ainsi, voilà ce que nous appellerions, 
en français, le procédé d'assassinat raf- 
finé et irresponsable de Rousseau ^s'il faut 
en croire l'attribution de Balzac, jusqu'ici 
non justifiée par une citation précise), qua; 
lifié, en anglais, d'expédient Sidney-Smith. 
C'est bien à peu près la même idée : tuer 
un mandarin, tout là-bas en Chine, rien 
qu'en levant le doigt. Où Sidney-Smith a- 
t-il formulé cette idée ? En quels termes ? 
L'a-t;-ilrdopnée comme sienne ? 

Peut-être que votre aimable correspon- 
dant) l'éditeur du Notes and Queries, 
M. John Doran, pourra et voudra bien 
nous édifier là-dessus. £. H. 

■— C'est peu vraisemblable, j'en con- 
viens, mais enfin, j'ai entendu attribuer ce 
mot, de tuer le mandarin^ à Chateaubriand. 
Est demonstrandum. N. G. 

Jean de Montlyard (IX, 12, 88). — Voici 
quelques nouveaux renseignements biblio- 
graphic^ues sur la Mythologie publiée par 
cet écrivain. J'ai acquis récemment la troi- 
sième édition lyonnaise de cet ouvrage, 
son examen me permet de restituer avec 
assez de certitude l'exemplaire incomplet 
de la seconde que possède M. A. Nalis. 
Cette troisième édition, publiée en 1604 
par le même éditeur, Paul Frellon, et en 
vertu du même privilège décennal de 1 597, 
se compose aussi de 1066 pages, plus la 
table de 14 feuillets et les pièces prélimi- 
naires de 6 feuillets. Il n'y a pas de faux 



titre et il ne devait pas y en avoir non plus 
dans la seconde édition, comme M. Nalis 
peut s'en convaincre en vérifiant la réclame 
du premier feuillet de son exemplaire, qui 
doit être A. 2. Le titre était un frontispice 
gravé par Thomas de Len. D'après la troi- 
sième édition, on constate que cette gra- 
vure a dû servir à une édition antérieure, 
car elle est un peu fati^ée et le millésime 
a été complété de III, sinon même delIII. 
Au verso du 2<» feuillet se trouve égale- 
ment un portrait du prince de Condé, mais 
à l'âge de seize ans, et gravé par un ar- 
tiste lyonnais, Jacques Granthomme. La 
première édition de la Mythologie doit 
donc avoir été publiée en 1597 ou 98, la 
seconde en 1600 ou 160 1, la troisième en 
1604, et la quatrième en 161 2. Dans cette 
dernière, le portrait du prince de Condé ne 
figure plus, et le titre gravé dejThomas de 
Leu, trop usé vraisemblablement, est rem- 

?lacé par la gravure de Léonard Gaultier. 
1 est à remarquer d'ailleurs que la planche 
de celui-ci est une imitation non dissimu- 
lée de la première, sauf que, à l'exception 
de Vénus, toutes les figures nues de Tho- 
mas de Leu sont vêtues dans l'estampe de 
Léonard Gaultier. A. St. 

Le marquis de la GervaisaiA (IX, 14, 60, 
91, 287). — Il suffira, je crois, de donner, 
dans leur entier, les titres de deux ouvra- 
ges du baron de Rouvrou, pour faire voir 
que les écrits de cet auteur n'ont rien de 
commun avec ceux de La Gervaisais. Qué- 
rard (France littéraire, t. VIII, p. 246), a 
donné en deux mots un titre qui pouvait 
faire croire à un travail sérieux, mais au 
lieu de : « Vues politiques » il faut lire : 
(( Des vols politiques, ou des proscriptions, 
a des confiscations, des spoliations, faites 
« par les usurpateurs et les rebelles, du- 
« rant le renversement du Gouvernement 
a et de l'Autorité légitime et l'envahisse- 
« ment de la Souveraineté : Fragments 
« historiques, Maximes, Pensées diverses, 
a morales et politiques, tirées de différents 
tt auteurs tant anciens que modernes. » 
(Paris, imp. d'Everat, 1825, in-8<».) Deux 
ans plus tard, Rouvrou publiait : « His- 
a toire abrégée et chronologique du réta- 
a blissement des Gouvernements renver- 
« ses par des sujets révoltés ou par des 
« usurpateurs, montrant la conduite inva- 
« riablement tenue par les Souverains lé- 
a gitimes, lorsqu'ils ont ressaisi leur au- 
« torité et repris possession des pays 
tt soumis à leur puissance. » (Paris, Pihan 
de la Forest, 1827, br. in-8®.) Rouvrou qui 
avait émigré est mort maréchal de camp 
honoraire. C'est à tort que quelques biblio- 
graphes écrivent son nom Rouvron. 

Ol. B. 



a Le Roi, » par Jules Janin (1x^42, iip)- 
^- Tout en remerciant M. E. T. de «w 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



369 



[25 juin 1876* 



370 



obligeance, je me permettrai de lui dire 
qu'il n'a peut-être pas lu avec assez d'at- 
tention ma question. J'af&rmais que les 
Tables de mon exemplaire des Français 
de Curmer, ne mentionnaient absolument 
pas cette notice du Roi, par Jules Janin. 

— M. E. T. dit, lui, que cette même no- 
tice est indiquée en tête de la Table du 
tome V« et en plusieurs endroits de la 
Table générale d un exemplaire qu'il pos- 
sède. — Je viens de parcourir très-atten- 
tivement la table de mon tome V« (consa- 
cré à VArmée) et les tables générales de 
l'ouvrage, imprimées à part à la fin du 
VIII« et dernier volume. Aucune de ces 
diverses Tables ne donne le titre de cette 
Notice du a Roi. » 

Ceci, sans doute, n'est qu'un détail, 
mais qui prouve bien, si je ne me trompe 
pas, que cette livraison, tout spéciale- 
ment consacrée au Souverain^ a dû, lors 
de la première publication, sinon être re- 
tranchée de quelques exemplaires, tout au 
moins être ajoutée dans l'ouvrage, parti- 
culièrement à la distribution des volumes 
chez les souscripteurs de l'origine. Les 
différences signalées ci-dessus, dans rioi- 
pression des Tables, en font foi. Ulr. 

La donoe Revalescière (IX, 42 , 93 , 1 78). 

— Analeptique farineux, qui coûte fort 
cher et qu'on pourrait remplacer par d'au- 
tre farine (celle de châtaigne cuite, par 
exemple, additionnée de crème de riz et 
de salep). Ce n'est donc pas une panacée. 

Ce qui guérit, dans la Revalescière, c'est 
k régime prescrit dans le prospectus, et 
rédigé assurément par un hygiéniste fort 
habile et des plus savants. 

Baron de Saint-Frusquin. 

Les « noces d'or » (IX, 69, 12 5). — 
M. Littré cite les noces d'argent^ « fête 
« pour la célébration de la 2S^ année de 
« mariage. Le 26 mai, les noces d'argent 
« du roi et de la reine de Danemark ont 
( été célébrées avec éclat à Copenhague. 
« Moniteur universel^ 4 juin 1807, p. 073, 
« 4« col. » Il ne donne pas le mot : noces 
<^'or. Mais si, après 2$ ans de mariage, 
on célèbre les noces d'argent^ il n'est pas 
étonnant que l'on ait dit noces d'or^ pour . 
5o ans de mariage, ou 5o ans de ministère 
sacerdotal, ce mmistère étant un mariage 
mystique du prêtre avec l'Eglise. Les mots 
noces émargent et noces â!or ne se trouvent 
ni dans VAcadémie, ni dans le Complé- 
ment j ni dans Napoléon- Landais, ni dans 
le Vocabulaire de Wailly, seuls diction- 
naires que je possède. La conjecture que 
j'ai hasardée plus haut est confirmée par 
un passage de Guillaume Durand, dans 




comme lui-même l'Eglise de Dieu, qui 



oc lui a été confiée comme une fiancée, et 
a qu'il la garde prudente et chaste au ce- 
« leste époux... Or, l'évêque est le repré- 
« sentant et l'ami de l'époux, et s'il est son 
a représentant, il est en quelque sorte 
« répoux de la fiancée de son ami, » (Trad. 
de M. Charles Barthele.) E.-G. P. 



Plaidoyer Freydier (IX, 70, 126, 180). 
— Croirait-on qu'en plein XIX« siècle, il 
s'est trouvé des industriels assez... naïfs 
pour ressusciter ces appareils contre les- 
quels l'éloquent Freydier s'éleva justement. 
J'ai à la disposition des curieux un pros 
pectus que la police des mœurs a dû sai- 
sir, imprimé il y peu d'années à... chez*.., 
et où le ridicule le dispute à Fimmonde, au 
point que je me garderais bien d'en salir 
les colonnes de notre Intermédiaire, La 
gauloiserie a ses limites. Cz. 

•— Je ne connais pas plus rexem})laire 
de la vente Dinaux, auquel jon a ajouté 
une figure de Moreau, que le livre lui- 
même, mais je ne doute pas, malgré la 
supposition de M. Ch. L., que la figure 
dont il s'agit ne désigne le sujet traité 
par Freydier, et je puis affirmer qu'elle 
ne saurait être autre que la vignette 
gravée par Simonet, pour le conte du 
CadenaSy et faisant partie de - la suite 
des gravures in-S», d'après Moreau le* jeune, 
publiée par Renouard pour orner les œu- 
vres de Voltaire. Elle représente Plutoa 
mettant à Proserpine le mystérieux cade- 
nas. Au bas, on ht : 

Que je vous plains ! vous allez être sage ! 

Maher. 



Les formes u j'ons, j'avons, j'allons » 

(IX, 85, 112, 176). — Elles sont du plus 
pur français- morvandiau, aussi bien 
qu'aga-lu (le vois-tu) ? va le queri{va le cher- 
cher), etc. Pour s'en assurer point n'est 
besoin, du reste, de venir en Morvan. 
Promenez-vous aux Champs-Elysées, à 
l'heure où les nourrices vont faire prendre 
Tair à leurs bébés et faire la causette avec 
leuTspays,yous reconnaîtrez facilement nos 
Morvandelles à leur coquette coiffe et au 
a j'ons, j'avons, » qui ne manquera pas de 
revenir plus d'une fois dans leur conversa- 
tion. Ln. g. 



Guisarme, Goisarmier (IX, i32, 214, 
2 70). — « Guisarme se disait autrefois 
d une lance dont le fer, finissant en pointe, 
portait, en outre, à sa douille, une hache 
tranchante. Louis XII avait armé plusieurs 
corps de francs-archers de la guisarme, qui 
était entre leurs mains une arme redouta* 
ble. 

<c Guisarmier, soldat franc-archer, qui 



N* 195.1 



L'INTERMÉDIAIRE 



3yi 



372 



^tait armé de la guisarme. » (Encyçlopé^ 
4ie militaire et maritime^ par le comte de 
Chesnel, lieutenant-coloael.) 

Le premier des deux articles ci-dessus 
e$t accompagné d'upe gravure sur bois 
représentant une guisarme, 4 d^pr^s un 
manuscrit du XV* siècle. » F. L. 

tenmi sQif (IX, 164, %%% 246; 3û9.) — 
N'en déplaise ^ h Société deM sciences in^ 
dustriçlUs de Lyoq, en général, et à 
Al. Gb. L., de Nîmes, en particulier, 2^p 
eat bien un néologisme. Il suffit, pour s'en 
convaincre, d'ouvrir le moindre diction- 
naire grec classique. L'emploi de ce terme 
par Pausanias, auteur du second siècle de 
notre ère, ne saurait infirmer ce fait, et, si 
l'on se donne la peine de lire en entier le 
passage invoqué, on reconnaît que Ser est 
pis eneore qu'un néologisme. Fausanias, 
en effet, rapporte, (L. Vl, c. 26), que les 
Orecs de son temps donnaient au ver à 
•oie élevé chez les aères, le même nom de 
$er^ mais il ajoute que ce nom ne ressem» 
blait nullement à celui sous lequel les 
gens du pays le désignalent. Il résulte de 
oette observation que les Grecs, ignorant 
le nom du ver en question, lui donnèrent 
le nom même du peuple chez lequel on 
pensait qu'il se trouvait. Le terme de Ser^ 
applique au ver à soie, n'est donc pas seu* 
lemeQt un néologisme, ce qui est admis 

gar tous les hellénistes \ mais un véritable 
arbarisme. 

M. Ch* L. ne veut pas s'arrêter à l'équi* 
voque et à la confusion que j'ai signalée 
entre^en^ni, soiç des Latiqsf (et noi^pas ser\ 
et sérum, petit-lait; lia tort, car c est bien 
une des races de la question, et qui a son 
importance. 

Il faudrait d'ailleurs savoir si la Société 
des sciences industrielles a formé le mot 
sériculture de sérum ^ latin, ou de ser^ 

Î;rec. Dans le premier cas, il y a, comme 
e Tai dit, équivoque et confusion, et puis 
sericutfi^ soie, me paraît être d'une latinité 
bien médiocre. Dans le second cas, l'éty- 
mologie serait vicieuse, car on ne peut pas 
former un terme nouveau en le composant 
d-un mot grec et d'un mot latin : c'est là 
une règle élémentaire, oue Ton ne devrait 

Ï)as ignorer, quand on s^ingère de faire de 
a réforme étymologique. 

Donc, pour être, comme le dit justement 
notre confrère, pour être, « en fait de lan- 
« gage, corrects, elairs et logiques, 1» di- 
sons, comme on l'a toujours dit. Sérici- 
culture de Sericum^ soie, et eultura^ et 
non Sériculture^ qui ne serait, — ni cor- 
rect, car il proviendrait d'un barbarisme, 
et d'un vice étymologique, — ni clair, car 
il prêterait à l'équivoque, — ni logiaue, 
puisque il n'y a aucune parité entre Âjpi- 
culture^ Agriculture^ etc., de formation 
régulière, et Sériculture^ mot barb^^re, ir- 
regulier et d'un sens douteux. 



Je profite de cette discussion pour ajou* 
ter, ce qui surprendra encore plus la So- 
ciété def sciences industrielles, c'est qoç, 

de même que Zi^p n'était pas le vrai nom 
du ver à soie, Sérum Qu Sericum n'était 
pas le vrai nom de la soie chez les Anciens, 
si ce n'ef t parfois par suite de confusion et 
d'erreuri et oue certainement les Sères 
p'ont jamais été les Chinois. Je sais que 
]*attaque-|à unç opinion admise gomme 
indubitable, mais je n'en persiste pas moim 
d^ns cette opinion, que je me prépare à 
développer oans une courte étude, et je 
serais obligé 4 nos confrères de Vlntermé- 
diaire de me communiquer tous les docu- 
ments contraires à mon opinion qu'ils 
pourraient conq^itre. A. St. 

Va mot d'ergot trtiewfae (IX, 197, 25i, 

279, 33o). -^ Ckapoto, chapouta, sont des 
expressions du patois lyonnais-forésien, 
qui signifient frapper, briser. Chapelon, 
ancien rimeur forésien, dit : 

Voudria Tqu par voutre zoureille 
Que qu^aucu^n Tessiant chapQuter? 

Le mot a passé, avec le même sens, 
dans le langage 'qui était particulier aoi 
çannts de («yqn, il y » qmiNiite %nh , 

V. PB y. 
1,0 cardinal des mers (IX, 1 97, 2q3, 23 i) 

— La « grave Académie » n'» pourtant 
jamais donné la définition que reproduit 
notre co-intermédiariste Saidyarlg. ^ 
première édition de son dictionnaire (1694;, 
dit tout simplement : « Escheviss;:, s. f- 

Poisçpn dn genre de ceux qui sont coii- 
verts d'une escalUe fort dure. » — Et l'é- 
dition de 1772 : « EcREvissE, s. f Poisson 
qui, selon ropinion vulgaire, va presque 
toujours à reculons, et qui est du genre 
des testacées (sic). » '^ Il y a loin de là au 
petit poisson rouge qui marche à reculons.' 
Ajoutons qu'on fait figurer Cuvierdans 
cette historiette si souvent racontée. Or 
rillustre dassifiçateur ne fit partie àt 
TAoadémie française qu'à partir de 181S. 
(Gr.) N. M. 

--. Le mot de « cardinal des mers «a 
toujours été attribué à Jules Janin. On 
voudrait y voir une plaisanterie; mais 
Janin, qui faisait sérieusement débarquer 
Napoléon sur le « champ de bataille de 
Cannes, » a bien pu errer dans un ^f 
comn^e dans Tautre. Il y aurait bien da 
temps a mal employer, si l'on voulait re- 
lever toutes ses bourdes I E-^G. P* 

Ouvrages de George Sand, papier 4«Hol 
lande (IX. ao3, 283). —Je puis indiquer, 
en fait d'exemplaires de cette sorte :/^ 
Marquisde Villemer, comédie, M. i)l^^àf 
^ Lévy, frères, 1864, gr.,in-8». (J'en possède 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



[25 /uîn 1876. 



373 



374 



un que )e tiens de George Sand eUe^même, 
avec ez-dono. Je Tai reçu d'elle la veille 
du jour où le grand écrivain a pris le lit, 
dans I4 maUoie qui viçnt; dç m^% l'enle- 
ver!... (Nîmes.) Ch. s. 

Uue charge pbilolQglqat à fond dt irrâ 

(IX, ?25, ^83, 3ii, hih'^ Ù^ siijçt traité 
par M. Schérçr, dans sa lettre au chroni- 
queur dp TemJMS^ e3t un 4e ç^u% qui ont 
fourni et fourniront encore le plus ae mfi- 
tière à tou9 les écrivains tenant quelque 
peu à la pureté dp la langue. Sftns dout«, 
une langue vivante çst en progrès continu, 
ce qui veut dire qu'elle augmente inces- 
samment son vocabulaire» pqur exprimer 
soit des idées, sçix 4es çho^eç nouvelles. 
Sans doute, aussi, en pafeilJe matière, 
c'est l'usage qui fait la loi définitive, Mai9> 
sans entrer en révolte contre ce juge su- 
prême, sans exclure abwlumf nu le néolo- 
gisme, ne peut-on désirer que les gens qui 
se hasardent à créer une expression iné- 
dite s'inspirent du ^énie natii de la langue 
sur laquelle fis travaillent et n'y Introdui- 
sent pas de véritables barbarismes ? 

Nous avons vu mettre en circulation, à 
une époque récente, les mots Ornementa' 
/l'on, Ornemaniste on Ornemçntiste (on em- 
ploie l'un et l'autre). Des architectes très- 
français, de la meilleure époque de l'ar- 
chitecture française, disaient les m^mes 
choses avec les mots Décoration y Décora- 
teur^ qui sont plus corrects et, en même 
temps plus courts. Si Ton voulait, à toute 
force et três-inutilement, donner des déri- 
vés à Orner, il fallait, au moins, dire Or- 
nation et Ornateur. 

Il n'y a pas bien longtemps non plus 
qu'on dit un tableau réussi, un livre 
RÉUSSI ; cela s'écrit couramment, comme 
SI ce n'était pas un solécisme des mieux 
conditionnés. Je trouve, dans des écrivains 
faisant autorité : les événements qui se 
sont succédé^, — leurs voix se nonttues^-^ 
amonestationyaixilieu de admonition, etc. 

Fonctionnement est d'invention nou-, 

velleet ne devrait s'entendre que delà 

manière dont un fonctionnaire remplit sa 

fonction. C'est justement dans ce sens 

qu'oQ l'emploie le moins; on dit surtout le 

fonctionnement d'une loi. Quelle logoma- 
chie! 

Tout récemment, un journal, pour dési- 
gner des signataires a'une protestation, 
n osant pas les appeler |7ro/ew«/s, a ima- 
giné le mot protestataires! un autre, men- 
tionnant une ascension faite par un aéro- 
"^"te, dit : M. X. a ascensionnel tel jour, 

M. Schérer accuse le journalisme de 
cette corruption de la langue; il n*a pas 
tout à fait tort, en ce temps où certains 
journaux sont rédigés par les refusés du 
oaccalauréai ; mais il aurait pu étendre 
son reproche à nos législateurs, qui ne se 
ront pas faute de logomachies. La dernière 



assemblée nous a donné, entre autres, le 
Septennat y puis le Septennat personnel et 
le Septennat impersonnel ^ la constitution 
révisable (au lieu de révisible). Il est vrai 
que rÂca4émie des sciences admet brave- 
ment les ballons dirigeables (au lieu de 
diriffible^^. Nos lois, nos actes officiels, 
sont farcis de fautes pour lesquelles pn 
tancerait sévèrement un écolier de sixième. 
Pourquoi n'y a-t-il 045, à la Chambre et 
au Sénat, une commission chargée de met- 
tre les lois en français, une fois qn'éf^çs 
sont votées? M. Schérer n'a-t«il pas toute 
la compétence nécessaire ippur prendre 
l'Initiative d'une telle proposition r 

FRinéHic LpcK. 



Boctor in ajisêntla (IX, 232, 995], — 
C'est, dit-on, de l'Université de Philadel- 
phie que M. Medicu8,de Jersey^ ^e charge 
de vous taire ainsi promouvoir docteur, 
sans déplacement, maie moyennant A- 



aussi (proh pudorl) dans certaines Uni- 
versités de la savante Allemagne, notam- 
ment dans celles de Gœttingue, de Halle 
et de Rostock. Mais tandis qu'aux Etats- 
Unis il suffit d'avoir de quoi payer| — 
par Pobligeant intermédiaire de M. Afitfii- 
cus^ qui retient sans doute son courtage, 
on exige d'habitude en Allemagne que le 
candidat prenne au moins la peine d'en- 
voyer par la poste à ses )uçes une disser- 
tation qu'il est censé avoir feite* Je dis 
censé, car ce sont généralement àt% fabri- 
cants de thèses qui se chargent de ce dé- 
tail. Une même dissertation peut ainsi 
servir à plusieurs candidats dans des Uni- 
versités différentes, à moins que, par un 
malheureux hasard qui s'est produit il n'y 
a pas bien longtemps, dans une Univer- 
sité allemande dont le nom m'échappe, 
les professeurs ahuris ne reçoivent en 
môme temps de deux aspirants-concur- 
rents un môme travail ne différant que 
par l'écriture : cela s'appelle n'avoir pas 
de chance ! — A Rostock, Il est arrivé 
mieux encore, si possible, dans le courant 
de 1873. Un candidat « in absentia » en- 
voya sous le titre de « Essai sur la chrono- 
logie romaine et chrétienne » une thèse 
qui fut reconnue, mais trop tard (en 1875 
seulement, après qu'elle eût été répandue 
dans la librairie) pour n'(tre oue la repro- 
duction littérale a'un cours f^it en 18Ç6 à 
l'Université de Berlin par un professeur 
mort en 1870. L,e diplôme ainsi escamoté 
n^en est pas moins resté acquis k Pingé- 
nieux docteur, qu'on a eu cependant le 
mauvais goût de condamner à l'amende 
pour plagiat. 

Quelle est la morale de tout ceci ? C'est 
que les grades académiques ont fusqu'ici 
conserve en France une valeur Infiniment 



N« jgS.] 



L'INTERMEDIAIRE 



375 



370 



plus sérieuse et de meilleur aloi que nulle 
part, même dans la docte Allemagne : il 
serait facile de le démontrer par A4-B, 
mais ce u*est pas ici le lieu. Une des cau- 
ses principales en est que c'est de ces 
grades que dépend chez nous Tadmission 
aux fonctions, tandis qu'en Amérique les 
professions sont libres et qu'en Allemagne 
elles ne deviennent accessibles qu'après 
examens spéciaux {examens d'Etat)^ en- 
tièrement indépendants des diplômés de 
docteur, lesquels sont souvent plus faciles 
à obtenir que notre modeste titre de ba- 
chelier en quoi que ce soit. — Tout Alle- 
mand achevé doit pouvoir mettre un D^ 
devant son nom (et on sait qu'ils ne s'en 
font pas faute I), comme l'ambition de tout 
Français qui se respecte est de fleurir sa 
boutonnière de quelque bout de ruban : 
cela ne tire pas autrement à conséquence. 

En voilà assez, je pense, pour éclairer 
M. T. R. sur la valeur scientinoue des di- 

glômes si gracieusement offerts par 
l, Medicus de Jersey. Ce sont des par- 
chemins qui s'achètent, tout comme cer- 
tains brevets de chevaleries étrangères, à 
des prix aussi invariables que celui des 
petits pâtés. 

Un Docteur pour de bon. 

La parole est d'argent, mais le silence 
est d'or (IX, 258j.— Je n'ai pas le bon- 
heur d'arabiser y mais je me suis adressé à 
un très-aimable professeur du Collège de 
France et je transcris littéralement la ré- 
ponse : « Le proverbe dont vous me de- 
« mandez la transcription est, en effet, 
« bien connu en Orient, et je crois qu'on 
tt le trouve dans les principales langues de 
« l'Asie. Je n'oserais affirmer qu'il est de 
tt provenance arabe, ou du moins il ne 
a nous est parvenu, dans sa rédaction 
« arabe, que sous une forme assez mo- 
« derne. On le chercherait vainement dans 
« le grand recueil de proverbes où un écri- 
tt vam arabe Meïdani a réuni tous les dic- 
. « tons populaires des premiers siècles de 
tt l'hégire. 

« Voulez-vous le proverbe, en arabe, 
K tel que je l'ai entendu maintes fois, en 
« Syrie et en Egypte ? 

a Les Turcs font aussi traduit mot à 
a mot et j'en tiens le texte à votre dispo- 
« sition. 

Je pense que mon aimable correspondant 
a mis écrivain arabe, parce qu'il composa 
en arabe le Livre des Proverbes^ que 
Edouard Pocok traduisit en latin. Car 
Meïdani (Aboul Fadhl Ahmed Ben Mo- 
hammed, surnommé Al-Nischabouri-Al- 
Meïdani), était persan, né dans le XI I« siè- 
cle de notre ère à Nischabour, dans le 
quartier de Meïdan, d'où son double sur- 
nom. 

Telle est la réponse demandée par M. R. 
detC; nous la donnons à l'obligeance de 



M. B. de M., dont je ne suis que le copiste 
indigne. A. Naus. 

Portrait de Ghodmc-Dnclos, dessiné par 
Manrisflet (IX, 259 et 2 33). — Il existe 
une plaquette in-8 qui m'a passé sous les 
yeux dans le temps, et qu'on rencontre en- 
core quelquefois. EDe est intitulée : Cho- 
druc Duclos, Vhomme à la longue barbe, 
sans nom d'auteur, je crois. Elle est 
accompagnée d'une lithographie représen- 
tant notre personnage, en pied et de pro- 
fil, comme l'indique notre collabo Ulric; 
seulement je ne me rappelle pas si lefoni 
de la planche est complet comme il ledit, 
et si elle est signée Maurisset. Autant que 
je puis me souvenir, c'est une plaquette 
de 40 ou 5o pages au plus, qui a dû être 
publiée par Barba et qui, cataloguée ac- 
tuellement (lorsqu'elle passe par hasard 
dans les ventes), se paye de 2 à 3 fr., 
quand elle a la lithographie dont je parle. 

A. Nalis. 

Statnre des rois (IX, 260, 339). - 1! 
est peu probable que ce renseignemeot 
existe, surtout en mètres. Les rois sont si 

frands, tant qu'ils régnent I Pour Henri IV, 
,ouis XIII, Louis XIV, on pourrait arri- 
ver à un résultat très-approximatif, au 
moyen de leurs armures en fer, que con- 
serve le Musée d'artillerie, à Paris. 

Quant à Napoléon, on aurait quelques 
éléments, approximatifs aussi, si Ton re- 
trouvait la garde-robe qui était exhibée au 
Musée des Souverains. Peut-être aussi l'a- 
t-on mesuré, quand son cercueil fut ou- 
vert à Saint- Hélène, en 1840. F. L. 

— Taille et poids des héros et des rois, 
selon les portes et les philosophes, lesquels 
sont, comme on sait, de fameux toiseurs 
et balanceurs. Ainsi, 

Poids d'Annibal, après crémation, selon 
Ju vénal : 

Perpende Annibalem : quot libras in duce 
Invenies i Isummo 

Taille de Napoléon, sous le saule, à 
Sainte-Hélène, d'après Lamartine : 

Il est là ! sous trois pas un enfant le mesure. 

Apol. 

L'amie du duc d'Enghien (IX, 262). - 
M. Ed. Garnier, dans ses Tableaux 
synoptiques des Souverains de la Francj 
(tableau XXXIV), après le paragraphe 
consacré au duc d'Enghien, ajoute le sni- 

vant * 
« Êp.? 1794, Clémentine-Caroline-Hen- 

« nette, fille de Claude-Jules, prince df 
« Rohan-Rochefort, née le 20 octobre 
« 1780, + i85o. » .,. ^ 

Epouse ou amie du fusillé de Vmcen- 
nés, cette personne doit avoir été, à 1 épo- 
que de sa mort, époque relativement re- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX. 



377 



[25;um 1876. 



cente (i85o), Tobjet de notices dans les 
journaux légitimistes. On pouvait encore, 
à cette époque, parler librement des actes 
du premier Empire : le second n'était pas 
fait, et il n*y avait pas, alors, alliance entre 
le parti de l'ancienne royauté et les bona- 
partistes. Fréd. Lock. 

Alexandre Damas Davy de la Pailleterie 

(IX, 262, 341). — La réponse me semble 
peu concluante. M. Â. Nalis a, sans doute, 
formé son opinion sur le vu des actes 
de naissance du général Dumas, et de 
M. Alexandre Dumas, son petit-fils, notre 
contemporain. Je le prierais de produire 
le texte de ces documents. 

Trois étoiles. 

Mélanges de littérature étrangère (IX, 
263, 341J. — Quérard a raison; Tappro- 
bation des tomes V et VI, signée Sélis, 
donne le nom de Miîlin de Grand-Maison . 
Et je suis dans mon tort, n'ayant pas suf- 
fisamment examiné le livre, avant de faire 
une question inutile. Je demanderai tou- 
tefois à M. 01. B. si Millin de Grand- 
Maison est le même que Aubin Louis Mil- 
lin. E.-G. P. 

Les noms patronymigues (IX, 293, 346). 

— Ce n'est pas au siècle dernier, comme 
paraît le dire M. Mac Rebo, mais seule- 
ment au commencement de celui-ci, en 
vertu du décret du 20 juillet i8o8, que 
toutes les familles juives (celles-là du moins 
qui voulaient séjourner en France, dont 
le territoire s'étendait loin, à cette épo- 
que!) furent tenues de choisir un nom pa- 
tronymique, avec défense de l'emprunter 
à l'Ancien Testament ou aux noms de vil- 
les. Ce décret, qui était motivé sur la faci- 
lite avec laquelle les Israélites connus sous 
la dénomination de juifs allemands chan- 
geaient de noms pour échapper à la fois 
aux charges publiques et à Paccomplisse- 
ment des obligations privées, portait que 
ceux d'entre eux qui ne se seraient pas 
conformés aux formalités prescrites se- 
raient renvoyés du territoire de l'Empire. 
Un délai de trois mois leur était accordé 
pour adopter un nom et en faire la décla- 
ration devant l'officier de l'état civil de la 
commune où ils étaient doniiciliés. Des 
décrets analogues, mais moins sévères, 
furent également rendus les 18 août 181 1 
et 12 janvier 181 3, relativement aux ha- 
bitants de plusieurs départements réunis à 
l'empire et notamment de la Hollande. » 
(Dalloz, Rép. deLégisl.y y ^ Nom y n9 9.) 

Peph. 

Histoire de M»» de Bagnent (IX, 296). 

— Cette histoire commence, en effet, le 
tome m de V Histoire amoureuse des 
Gaules^ pzt ie comte de Bussi-Rabutin 



378 



(sans lieu ni nom d'éditeur, 1754). Le titre 
des 5 volumes est gravé par ChofFart. Je 
n'ai pas besoin de dire qu'il n'y a que le 
premier volume qui soit de Bussi-Rabutin, 
Cette histoire contient 86 pages. Elle est 
intitulée : Junonie^ ou les amours de Ma^ 
dame de Bagneux, Elle n'est pas signée, 
non plus que les autres pamphlets, impri- 
més à la suite du livre de Bussy. On en 
attribue la plus grande partie à Courtilz de 
Sandras. Barbier cite l'édition de 1754-, 
comme la meilleure et la plus recherchée 




renseignements dans les notices qui ac- 
compagnent les éditions modernes, que 
je n ai pas. E.-G. P. 

a Pensées philosophiqnes » (IX, 297). 
— Le manuscrit de M. S. D. est une co- 
pie d'un petit livre assez rare, bien connu 
pour être de Diderot, et qui fut en son 
temps condamné au feu par le Parlement 
de Paris. — J'en possède un exemplaire 
(i vol. petit in-i2, de i36 pages, plus le 
titre et la table des matières non {)aginés). 
Ce petit volume fort élégamment imprimé 
est orné d'un charmant frontispice, 
épreuve avant toute lettre, sans aucune 
désignation d'auteur ni de graveur, ipais 
dont la composition rappelle tout à fait la 
manière de Ch. Eisen. (La Vérité, repré- 
sentée sous les traits d'une belle jeune 
femme nue, renverse l'Hypocrisie et lui 
arrache son masque). — « Diderot (dit 
Barbier, Dict. des Anonymes), se trouvant 
dans rimpossibilité de prêter 600 livres à 
une femme qui en avait besoin et qu'il dé- 
sirait obliger, s'enferma dans sa chambre, 
travailla de toutes ses forces, composa en 
quatre jours les Pensées philosophiques y 
et, les ayant présentées à son libraire, il 
en reçut la somme qu'il désirait prêter. » 

Ulr. 

— Cet ouvrage est de Diderot. Il en 
existe plusieurs éditions; la dernière, 
jointe à plusieurs écrits du même auteur, 
forme le 143* vol. de Isl Bibliothèque Na- 
tionale (n92, rue de Valois, Palais-Koyal). 
Prix: 2 5 cent., et 40 rendu franco. Ce 
n'est pas cher 1 Ol. B. 

« La Fin du XVni« siècle » (IX, 297).- 
Apour auteur le libraire Colnet, qui plus 
tard a été l'éditeur des Satiriques du 
XVIII'' siècle, 7 vol. in-8. Il est à remar- 
quer que le poète J. Despaze a publié : les 
Quatre Satires {les Arts, les Lettres^ les 
Mœurs et les Partis) ou La fin du 
XVI 11^ Siècle^ avec beaucoup de notes, 
1800, in-8: cinquième édition, i8of, in-8. 

Ol. D. 

Quel est le livre imprimé dans le format 
le plus exigu? (IX, 298, 349). —.Je pos- 



N- igb.} 



L'INTKRMÉDUIRË 



379 



380 



sède treis livres d'offices, imprimés en ca- 
factèrèê nébt-aïques, dont deux de 7 cen- 
timètres sur 4 1/2 et l'autre de 6 sur 4 ; 
cp dernier, dont j*