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LITURG lE
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FO RM ULAI RE
DES
PRIERES PUBLIQUES
SELON L'USAGE Dp
L'EGLISE ANGLICANE.
NOUVELLE EDITION,
Revue, Corrigée, et Augment]£e
DES FORMULAIRES POUR L'ORDINATION
DES DIACRES ET DES PRETRES,
ET
POUR LA- CONSECRATION DES ARCHEVEQIJES
ET EVEQUES.
ALONDRES,
ChezP.DUNOYER, & N. PREVOST & Comp,
M.DCC.XXIX.
7r-
(iU)
PREFACE.
Epuis que TEglife Anglicane a compilé û
Liturgie elle a toujours eu la prudence de te-
nir un jufte milieu, entre unetrop grande ri-
gueur à refufer d'y admettre aucune forte
de changement, ôc une trop grande facilité
à confentir d'y en admettre fans raifon.
En effet, puifque l'expérience nous apprend, que lorfque
fans une néceffité évidente, on a fait des changemens
en des chofes qui avoient été établies après une mûre
délibération, il s'en efl: enfuivi des inconveniens, &
plus grands ôc en plus grand nombre, que ne l'étoient
ceux, auxquels on s'étoit propofé de remédier : & que
d'un autre côté, on convient que les Formulaires par-
ticuliers du Service Divin, aullî bien que les Rits &
les Cérémonies, qui y font prefcrites, font de leur na-
ture indifférentes & altérables, il efl: raifonnable, que
ceux qui en ont l'autorité, y faifent les changemens,.
qui leur paroiffent néceffaires & convenables, toutes les
fois que des confidérations importantes, & que les di-
verfes circonfl:ances des temps le demandent. C'cft
fuivant cette maxime, que fous les Règnes de divers
Rois, d'heureufe mémoire, que nous avons eu depuis
la Réformation, l'Eglife a bien voulu, par de juflies ôc
graves confidérations, aporter quelques changemens en
T PREFACE.
certaines chofcs particulières, qui dans leurs temps ref-
pedifs avoicnt paru convenables : Mais elle la fait de
telle manière, que le Corps & la Subftancc de fon Ser-
vice, tant à regard des chofes principales, que de fa
forme ôc de fon ordre, ont été jufquici toujours les
mêmes, & qu'elles demeurent fermes & inébranlables 5
malgré les ataques ôc les afTauts violens de certaines
gens inconftans & légers, qui ont toujours fait paroi-
tre, qu ils avoient plus d'atachement à leurs fentimens
particuliers & à leurs propres intérêts, qu ils n avoient
d'inclination à s'aquiter de ce qu'ils doivent au public.
Tout le monde fait allez, fans que nous en rapelions
ici la mémoire, par quelles mauvaifes pratiques, & par
quels motifs pernicieux, l'ufage de la Liturgie fut dif-
continué, pendant nos derniers troubles : quoi qu'il fut
prefcrit par les Loix de TEtat, qui étoient alors, comme
elles le font encore, dans toute leur force. Et lors
qu'à Toccafion du rétablilTement du Roi, il y avoit
grande aparence, qu'entre autres chofes, Tufage de la
Liturgie, qui n avoit jamais été légalement aboli, re-
prendroit de lui même fon ancien cours 5 à moins qu'on
n'y oposât promptemcnt quelque puiiTant obftacle : ces
mêmes gens, qui dans le temps de l'ufurpation, s'etoient
acharnez à décrier la Liturgie dans Tefprit du peuple,
& à la lui rendre odieufe, fe trouvèrent engagez par
leur intérêt, & en même temps pour conferver leur
réputation, à faire tous leurs efforts pour en prévenir
le rétabliflement ; parce qu'autrement il leur auroit fa-
lu reconnoître qu'ils avoient failli : or c'cft ce qu'il
n'eft prefque pas poflibie de faire avouer à des gens
de leur forte. Dans cette vue ils publièrent divers pe-
tits livres contre le Livre ^es 'Prières Tubliques : ils
y étalèrent non feulement les vieilles objedions 5 mais
ils y en ajoutèrent de nouvelles, pour en augmenter le
nombre. Ils s'adrelférent même, jufqu'au Roi, pour
lui d<bmandcr inftaaiiment que ja Liturgie fut revue, &
qu'on
P R E F A C E. V
qu'on y fit de tels changemens & de telles âditîons
que Ton trouveroit néceflaires pour le foulagement des
confciences tendres. A quoi fa Majefté, dont les pieu-
fes inclinations le portent à ne rien refufer de raifon-
nable à aucun de fes Sujets, quels que foient leurs
fentimens en matière de Religion, voulut bien charita-
blement aquiefcer.
^ Dans cette revifion nous avons tâché de garder la
même modération, qu il nous paroit qu'on a ci-devant
obfcrvée en pareil cas. C'eft pourquoi entre les divers
changemens qui nous ont été propofez, nous avons re*
jette; 1°. tous ceux qui étoient dune dangereufe con-
féquencc, comme par exemple ; ceux qui tendoient à
faper fourdement quelque point de doftrine, ou quel-
que louable pratique de l'Eglife Anglicane, ou même
de TEglife univerlelle : & z"". tous ceux qui bien loin
d'être de quelque conlequence, étoient tout-à-fait vains
6c frivoles. Mais quant à ceux qui nous ont paru en
quelque façon requis, ou convenables, nous y avons
aquiefcé avec plaifir, & de nôtre propre mouvement,
fous quelque prétexte, dans quelque vue, & par qui que
ce foit qu'ils nous ayent été propofez. Car ce n'eft
pas, au rcfte, que nous nous y foyons crû obligez par
la force d'aucun argument, qui nous ait convaincu que
ces chan2;emens étoient abfolument néceflaires. En ef-
fet nous fommes pleinement perfuadez en nos confci-
ences, & nous le proteftons ici à toute la terre, que la
Liturgie, telle qu'elle étoit auparavant établie par les
loix, ne contient rien qui foit contraire à la parole de
Dieu i ni à la faine dodrine 5 ni dont un vrai Chrétien
ne puifle fe fervir en bonne confcience, & à quoi il ne
puifle fe foûmettre i ni rien enfin qu'on ne puiiTe fort
bien défendre contre toute forte de contredifans 5 fi
on y alloue les juftes & favorables interprétations, que
l'Equité naturelle nous oblige d'allouer à tous les écrits
des hommes > & particulièrement à ceux qui font pu-
bliez
vî P R E F A C E.
bliez par autorité } & même aux meilleures traduûions
qu'on ait jamais fait de FEcriture Sainte.
Aufli n avons-nous pas eu deflein dans cet ouvrage,
de favorifer aucun des partis préférablement aux autres,
dans leurs demandes déraifonnables ; mais de faire, au-
tant que nous en avons été capables, ce qui nous a
paru le plus propre à conferver la paix &c Tunité de
TEglife 5 a infpirer le refped j à exciter la pieté & la
dévption dans le Service public , ôc à ôter toute occa-
iîon de chicaner de de pointiller contre la Liturgie de
TEglife, à ceux qui ne cherchent que des prétextes pour
le faire. Et pour ce qui regarde les changemens, les
aditions & les autres chofes, en quoi ce Livre-ci diffère
du précédent, il fuffira d'en rendre cette raifon géné-
rale. Ceft que la plupart des changemens ont été
faits; i^.pour Tinftrudion de ceux qui doivent officier
dans les divcrfcs parties du Service Divin : & c'eft par-
ticulièrement dans le Calendriei; & dans les Rubriques,
que fe trouvent ces changemens. 2 «.Pour corriger
quelques vieux mots & quelques phrâfes fur-années, en
leur fubftituant d'autres expreflîons plus énergiques ôc
plus propres, & qui font préfcntement en ufage : ou
pour expliquer plus clairement des mots &: des phrâ-
fcs, qui avoient une fignification douteufe, ou qui pou-
voient recevoir un mauvais fens. 3^. Pour rendre plus
corredement les parties de l'Ecriture, qui fe trouvent
inférées dans la Liturgie ; lefquelles fe doivent lire
maintenant félon la dernière verfion de la Sainte Bible.
Outre cela ; On a jugé à propos d'y ajouter en leurs
propres lieux, des Prières & des Adions de grâces con-
venables à certaines occafions, particulièrement pour
ceux qui font fur la mer; aufli bien qu:un Office
pour le Baptême des Adultes. En effet, quoique cet
Office ne fut pas néceflaire, lors qu'on compila la
précédente Liturgie ; il efl devenu d'une néceffité ab-
iolue depuis que par la licence des derniers temps, l'A-
nabaptifme
PREFACE: Vlî
SâbaptLTmê s'cft gliffé & s'eft fi fort répandu parmi nous.'
Outre qu'il ne peut être qu'extrêmement utile dans
nos Colonies, pour y bâtifer ceux qui y naiflent, &
les autres qui fe convertiffent à la foi. Au refte, Si
quelcun fouhaitoit qu'on lui rendît un compte exad de
chaque changement particulior, qu'on a fait dans la Li-
turgie, nous ne doutons point, que s'il fe donne la
peine de comparer ce Livre-ci avec le précédent, il ne
s'aperçoive aifément lui-même, des raifons qu'on a eues
de le faire.
Enfin, nous avons tâché de nous aquiter de nôtre
devoir comme en la préfencedeDieu, dans une affaire lî
importante 5 & de rendre en cela, autant qu'en nous a
été, nôtre fincérité aprouvée aux confciences de tous les
hommes ; bien que nous n'ignorions pas qu'il eft im-
pollible de les fatisfaire tous 5 vu la grande diverfité
de fentimens, d'humeurs, & d'intérêts qu'on voit au-
jourd'hui dans le monde. Mais lî nous ne devons pas
nous promettre que des gens faftieux, de mauvaife hu-
meur, ôc qui ont l'efprit de travers, veuillent, ou puif-
fent fe contenter d'aucune chofe en ce genre, qui ait
été faite par d'autres que par eux-mêmes 5 Nous fom-
mes, au moins, perfuadez que ce que nous préfentons
ici, & qui a été examiné avec un grand foin, & qui a
été aprouvé par les Synodes des deux Provinces, fera
auffi aprouvé & favorablement reçu de tous les Mem-
bres de l'Eglife Anglicane^ qui ont de la modération,
qui aiment la paix, & qui véritablement ont une bonne
confcicnce.
Dtt
Jl/
t vUi )
Du Service de l'Eglife.
P^ L n'y eut jamais rien de fi bien conçu, ni de
M fi fagcment établi par les hommes, que par la
fucceflîon des temps, il ne s'y foit gliffé de la
corruption & du défordre. Nous en avons,
entre autres, un exemple bien évident dans les Prières
de TEglife, qu on apelle communément le Service
^ivin. En effet, fi Ion en recherche lorigine & le
fondement dans les anciens Pères, on trouvera que ce
Service fut très-fagement inftitué poar Tavancement
de la pieté. Car ils le réglèrent de telle forte, que
dans le cours de Tannée, on lifoit toute la Bible, ou
que du rnoins on en lifoit la plus grande partie 5 afin
que la fréquente ledure & la méditation affiduë de la
Parole de Dieu incitât le Clergé, & particulièrement
les Miniftres qui olRcioient dans chaque affcmblée, à
vivre faintement eux-mêmes ; & qu elle les rendît plus
propres à inftruirc les autres par une faine doûrine, &
à confondre les ennemis de la vérité 5 & qu en même
temps, louïe des faintcs Ecritures fournît le moyen au
Peuple de faire inccflamment de nouveaux progrès en la
connoiffancc de Dieu, & de s'enflamer de plus en plus
de Tamour de la vraie Rclision.
Mais
DU Service de l'Eglise. ix
Mais ce Saint & bel ordre des anciens Pércs a été
tellement négligé, altéré, <5c perverti depuis bien du
temps, par Tinfertion de contes ôc de légendes fabu-
leufcs, èc de quantité de répons, de verfets, de vaines
répétitions, de commémorations, Ôc de fynodales, que
lors qu'on avoit commencé la lefture d'un livre de la
Bible, on fe contentoit, d ordinaire, d'en lire . trois ou
quatre chapitres, fans en lire jamais davantage. C'eft
ainfi quon lifoit le commencement d'Efaïe dans TA-
vent, ôc celui de la Genèfe dans la Septuagéfime, fans
jamais achever de les lire : Et on en ufoit de même a
regard des autres livres de TEcriture Sainte. Déplus,
bienque S. Paul ait ordonné de parler toujours au Peu-
ple dans TEglife en langue vuJgaire, afin qu'il puifle
être édifié s il cil arrivé que pendant bien des années,
le Service s'cft fait dans TEglife d'Angleterre en lan-
gue latine, qui n'eft point du tout entendue du peu-
ple 5 de forte que comme ils n'entcndoient que de leurs
oreilles, leurs coeurs, leurs efprits, ni leurs entende-
mens n'en poir/oient point recevoir d'édification. De-
plus, au lieu que les anciens Pères avoient divifé les
Pfeaumes en fept parties, dont chacune étoit appellée
une NoEîurne ; on fe contentoit, depuis quelque temps,
d'en dire feulement un petit nombre, & on omettoit
entièrement le refte. Outre que la multitude & la
difficulté des Règles, apellées la P/>, & les divers
changemens du Service, faifoient qu'il y avoit plus
de peine & d'embarras à tourner feulement les feuil-
lets du Livre, pour trouver ce qui devoit être lu, qu'il
n'y en avoit' à le lire, quand on Tavoit trouvé.
Après avoir confideré tputes ces défeduofitcz, on a
infl-it' cet Ordre-ci, qui remédie à toutes. Et pour
y aporter d'autant plus de facilité, on a fait un Ca-
lendrier, qui eft clair & fort aifé à comprendre : dans
lequel on a difpofé la ledure de l'Ecriture Sainte,
d'une telle manière, qu elle fe fera, autant qu'il eil pof-
b fible.
X duService DE l' Eglise.
fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron-
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,-
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem-
blables, qui interrompoient le cours de la leélure des
Livres Sacrez.
Cependant comme il n'eft pas poflible de fc pafTer
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes;
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre
pour les Prières, & pour la ledure de l'Ecriture Sainte,
qui répond parfaitement à l'intention des anciens Pè-
res j ôz qui cft certainement beaucoup plus utile, &
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui
qu'on obfervoit auparavant. IJ eft plus utile ; parce
qu'on en a retranché beaucoup , de chofes dont les
unes étoient fauflcs, les autres incertaines, & les au-
tres vaines & fupcrftiticules : Outre qu'il n y eft or-
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui ny
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au-
diteurs: Il eft en même temps plus commode,- tant
a cauie de fa brièveté, que parce que les Règles y font
faciles, & en petit nombre.
Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de
chanter dans les Eglifcs de ce Rovaume etoit fort di-
ferente; les unes ie conformant à Wii^rc de Salisbury,
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui dzBanjror,
dautrc-s a celui àTork, & d'autres enfin, a celui de
Lmcohi, il ne doit plus y avoir déformais qu un feul
uiage dans tout le Royaume.
Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement
exprimées, qu'il ne s'y rencontre des difficultcz par
TTu •" A^'t^^ ^ V^' P'^'^^^^' '^ ^^''^'"^ pour lever
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am-
biguitcz touchant la manière dont il faut entendre.
D U s i; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt
6c mettre en pratique ce qui eft contenu dans ce Li-
vre, que les perfonnes qui pourront avoir là deflus des
doutes, s'adrçilent toujours à FEvêque de leur Diocèfe,
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio-
cèfe avoit lui même quelque doute là deifus, il pour-
. roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a-
voir la foiution.
j4u refte bien qu'il foit ordonne-, que tout ce qui fe
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit
lu & chanté en langue njulgaire^ afinque toute laffem-
blèe en puijfe recevoir de l'édification : On 71e prétend
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs Prier es ^
le foir c^ le matin en leur particulier, de le faire en
telle langue quil leur flaira j pourvu qu'ils le fajfent
erh une langue qu'ils entendent.
Tous les Tr êtres-, & tous les 'Diacres doivent dire
tous les jours les Prières du Matin & du Soir, ou
en particulier, ou en public j a moins qu'ils nen foient
empêchez par quelque maladie, ou par quelque autre
caufe légitime.
Le Miniftre dune Eglife Paroiffiale, ou d'une Cha-
pelle, s'il efl fur les lieux, & qu'il nait point de rat-
fan qui len empêche, dira les Prières dans l Eglife
Paroifîale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a-
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve-
nir entendre la Parole de Dieu, &^ ajfîfter avec lui
aux Prières publiques,
^',2. ■
b 2 • . . De*
X duService DE l' Eglise.
fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron-
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,-
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem-
blables, qui interronipoient le cours de la leélure des
Livres Sacrez.
Cependant comme il n'eft pas pofîlblc de fc pafler
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes;
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre
pour les Prières, & pour la ledure de TEcriture Sainte,
qui répond parfaitement a l'intention des anciens Pè-
res 5 ^ qui cfl certainement beaucoup plus utile, &
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui
qu'on obfervoit auparavant. Il eft plus utile 5 parce
qu'on ^ en a retranché beaucoup , de chofcs dont les
unes étoient faufles, les autres incertaines, & les au-
tres vaines & fuperftiticules : Outre qu'il n y eft or-
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui n'y
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au-
diteurs: 11 eft en même temps plus commode j tant
a caule de fa brièveté, que parce que les Règles y font
faciles, & en petit nombre.
Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de
chanter dans les Eglifes de ce Royaume etoit fort di-
fvTcnte; les unes ie conformant à Tufaçrc de Salisbury,
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui à^cBanjror,
dautrc-sa celui àTork, & d'autres enfin, a celui de
Lincoln, il ne doit plus y avoir déformais qu'un fcui
uiage dans tout le Royaume.
Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement
exprimées, qu'il ne s^ rencontre des difficultcz par
raport a luiage & a la pratique, il faudra pour lever
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am-
bi^iutcz touchant la manière dont il faut entendre.
D U s E; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt
& mettre en pratique ce qui cft contenu dans ce Li-
vre, que les pcrfonnes qui pourront avoir là deflus des
doutes, s'adreffent toujours à TEvêque de leur Diocèfe,
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio-
cèfe avoit lui même quelque doute là deflus, il pour-
roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a-
voir la folution.
j4u refie bien qu'il foit or donnée que tout ce qui fe
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit
lu ér chanté en langue 'vulgaire^ afinque toute lajf em-
blée en fuijfe recevoir de l'édification : On ne prétend
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs TriéreSj
le foir & le matin en leur particulier, de le faire en
telle langue qu il leur flaira j pour^uû qu'ils le fajfent
en une langue qu'ils entendent.
Tous les '^Prêtres, & tous les "Diacres doivent dire
tous les jours les Trières du Matin & du Soir y ou
en particulier y ou en public i a moins quils nen foient
empêchez par quelque maladie :, ou par quelque autre
caufe légitime.
Le Miniftre dune Eglife Taroiffiale, ou dune Cha-
pelle, s'il eft fur les lieux, & qu'il nait point de rat-
fon qui l'en empêche-, dira les Prières dans lEglife
Paroifftale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a--
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve-
nir entendre la Parole de Dieu, &^ affifler avec lui
aux Prières publiques.
b 2 _ ^ Dcîl
XII DesCeremonies.
Des Cérémonies.
Pourquoi les unes ont été abolies, & les
autres retenues.
p
^^Armi les Cérémonies qui font en ufage dans TE-
JJ S^ifc, 6c qui doivent leuï origine à Tinflitution
des hommes, il y en a qui furent d'abord inftituées
dans une bonne ôc faine intention; mais qui néan-
moins ont dégénéré, par la Succelfion des temps, en
fuperftition & en vanité : 11 y en a d'autres qu une dé-
votion indifcrcte & une zèle fans connoiflancc ont
introduit dans l'Eglife ; & qui ayant été tolérées dans
Jeur commencement, ont dans la fuite produit tous
les^ jours de nouveaux abus ; & qui par confequent
méritent d'ctrc rejcttées & entièrement abolies ; non
feulement parce quelles font inutiles, mais auflî, par-
ce qu'elles ont aveuglé le Peuple, & extrêmement
obfcurci la gloire de Dieu : Enfin, il y en a d'autres,
qu'on a jugé à propos de retenir, quoi qu elles foient
d'inftitution humaine ; tant pour conferver toujours
l'ordre & la bienfcance dans l'Eglife, qui eft le but
qu'on fe propofa en les inllituant, que parce qu elles
font propres a édifier ; & que c^cft à l'édification, que
tout ce qui fe fait dans l'Eglife doit fc raporter, félon
l3i doctrine de l'Apôtre.
Et bien que ce ne foit pas de grande importance,
que dobferver, ou de ne pas obferver une Cérémonie,
a h confiderer en elle même; ce n'eft pas néanmoins
une légère oftente devant Dieu, que d'enfreindre &de
violer volontairement & avec mépris un Ordre, &une
Diiciplme rcguherement établie, ^ue toutes chofes.
^ir 5. Paul, fejaj[em entre ^-cous honnêtement &far
ordre.
D^ES C ERE MON I ES. Xlir
trdre. Cependant ce n eft point à de fimples particuliers*
& à des perfonnes privées, qu'il appartient d'établir cet
Ordre. Il n'y apcrfonne qui doive entreprendre d'établir,
ou de changer aucun Ordre commun & public dans
TEglife de jéfus-Chrift, à moins qu'il n'y Toit légitime-»
ment apellé, & qu'il n'ait l'autorité de le faire.
Et comme nous fommes dans un fiècle, où les fcn-
timens des hommes font très difFerens j enfortc que
les uns font tellement atachcz à leur ancienne cou-
tume, qu'ils font confcicnce de fe départir le moins
du monde de leurs cérémonies 5 & que les autres
au contraire, ont une telle paillon pour les nou-
veautez, & un tel mépris pour tout ce qui fent
l'antiquité, qu'ils voudroient innover généralement
toutes chofes j on a crû qu'il valoir mieux tâcher
déplaire à Dieu, & de faire en même temps ce qui
pouvoit leur être utile, aux uns & aux autres, que
de fonger à leur plaire & à les contenter. Cepen-
dant pour ne pas donner lieu à ceux qui écoutent la
raifon de fe plaindre, on a bien voulu raporter ici
quelques unes des raifons qu'on a eu de rcjetter quel-
ques unes des anciennes Cérémonies, <3c d'en retenir
encore d'autres.
On a jugé à propos d'en abolir plufieurs; parce
que dans ces derniers temps, le nombre s'en étoit tel-
lement accru ôc multiplié, que le fardeau en étoit in-
fuportable. C'eft de quoi St. AugMJlin fe plaignoit
auffi de fon temps, jufqu'à dire que les Cérémonies
étoient alors montées à un noml3re fi exceffif, que
l'Eglife Chrétienne étoit, à cet égard-là, dans un pire
état, que l'Eglife Judaïque 5 & qull en faloit nécef-
fairement fecouër le joug, dès que les circonftances
des temps fourniroient l'occafion de le faire paifible-
ment. Mais que n'eut pas dit S. Attgujliny s'il avoit
vu les Cérémonies, qui étoient en ufage parmi nous ;
puis que nous en avions, £ans comparaifon bien davan-
b 3 tage
Xiv D E s C E R E M O N I E s
tagc qu'il n'y en avoit de fon temps i ôc qu'outre que
Ic'nombrc en étoit prodigieux 5 ii y en avoit plu-
fieurs, qui étoient plus propres à écUpfer & à confon-
dre les bienfiitsde ]efus-Chrift envers nous, quà nous
les repréfcnter, & a nous en donner la connoiffancc?
Déplus, l'Evangile de jéfus-Chrifl: n'eft pas une Loi
ccrémonielle, comme letoit la Loi de Moïie : c'eilune
Religion qui confiik, non en fervitude d'ombres &
de figures, mais en une liberté d'efprit, & qui fe con-
tente d'admettre les cérémonies qui fervent à établir
un bon ordre èc une Sainte Difcipline, & qui font
propres à exciter & à réveiller la flupidité des hom-
mes, & à les faire fouvenir de leur devoir envers Dieu,
par quelque figniiication fuiguliérc & remarquable, qui
foit capable de les édifier. Mais la principale caufe,
pour laquelle on a aboli plufieurs anciennes Cérémo-
nies, c'eft que l'abus s'en multiplioit fi étrangement i
d'un coté, par l'aveuglement & par la fupcrftition des
perfonnes ignorantes ôc groflîéresi & de l'autre, par
l'avarice infatiabie de ceux qui recherchoient leur pro-
pre intérêt préférablement à la gloire de Dieu, qu'il
eût été trcs mal-aifé d'en corriger les abus, fi on en a-
voit confervé l'ufage.
Pour ce qui eft de ceux, qui pourroient trouver
mauvais, que l'on ait confervé quelque unes des an-
ciennes Cérémonies 5 on ne doute pas qu'ils ne chan-
gent de fentiment, s'ils confidèrent que fans lobfer-
vation de certaines Cérémonies, il neft pas pofiîble
de conferver aucun ordre, aucune difcipline ; ni au-
cune paix dans l'Eglife. Que s'ils fe formalifoient, de
ce qu'au heu de conferver les anciennes, on ne lem* en
a pas fubftitué de nouvelles, ce feroit tomber d'accord
qu il eft convenable d'avoir des Cérémonies ; or s'il eft
convenable d'en avoir, ne feroit-ce pas une efpèce de
fohe que d'en rejetter d'utiles, par cette feule raifon
quelles font anciennes? Ne devroient-ils pas plutôt
les
T) ES C ERE M ON I ES XV
les révérer, à caufe de leur ancienneté 5 s'il cft vrai
qu'ils ayent plus d'amour pour l'union & pour la con-
corde, que pour des inventions nouvelles, lefquelles il
faut toujours éviter, autant que l'intérêt de la Religi-
on Chrétienne le peut permettre > Déplus, ces mêmes
perfonnes n'auront pas railbn d'être choquées des Cé-
rémonies qu'on a retenues 5 s'ils confidèrent, que com-
me on a rejette celles dont on abufoit le plus, 6c qui
chargeoient les coniciences fans aucune raiibn 5 on n'a
retenu les autres, que pour conferver quelque ordre &
quelque ditcipline 5 & que d'ailleurs on convient qu'el-
les peuvent même être changées, lors qu'on aura de
bonnes raifons de le faire i bien loin qu'on prétende
les mettre au nivxau de la Loi de Dieu. Enfin, ce
ne font point des Cérémonies muettes & obfcures, que
celles qu'on a retenues : Elles font telles que chacun
peut aifément comprendre ce qu'elles fignifient, & à
quoi elles fervent ; deforte qu'il n'eft pas vrai-fembla-
ble qu'on puifle en abufer à l'avenir, comme on a
auparavant abufé des autres. Au rcfte, nous ne pré-
tendons point par là condamner les autres Nations, ni
prefcrire rien à qui que ce foit qu'à nôtre peuple.
Car nous croyons qu'il eft trcs-raifonnable que dans
chaque Pais on fe ferve des Cérémonies, que Ion y
.croit les plus propres à avancer l'honneur & la gloire
de Dieu j ôc à porter le peuple à vivre de la manière
la plus parfaite & la plus fainte, fans erreur ôc fans
fuperftition : & que l'on y rejette ce qui leur pa-
roit de temps en temps, avoir dégénéré en abus; com-
me il arrive fouvent qu'il fe glille des abus dans les
Conftitutions humaines, tantôt d une manière, 6c tantôt
d'une autre, félon la diverfité dçs pais.
b 4. L'OR-
( XVI )
L' O R D R E
^jtil faut fui'vre en la Leâure
DES PSEAVMES.
LE livre des Pfcaumcs fera lii tout entier une fois
tous les mois, félon Tordre qui efl: marqué, tant
pour les Prières du Matin, que pour les Prières du
Soir : Mais il ne fera lu en Février que jufques au
tingt-huitiéme, ou vingt-neuvième jour du mois.
Et parce que Janvier, Mars, May, Juillet, Août,
Octobre, & Dccen-ibre ont chacun trente & un jours 5
il eft ordonné que le dernier jour on lira les mêmes
Pfeaumes qui auront été lus le jour précédent : en
forte que l'on puiffe recommencer Je Pfautier le pre-
mier jour du mois fuivant.
Et parce que le Pfeaume cxix. eft divifé en 22
parties, & qu'il eft trop long pour être tout lu en une
tois; il eft ordonné qu'il n'en fera lu que quatre ou
cinq parties à la fois.
Ht à la fin de chaque Pfeaume, & de chaque partie
du Pfeaume cxix. fera répété cette Hymne,
Gloire foit au Ter e, &auFtls, & au Saint Eff rit.
Comme il et oit au commencement ; comme il efl
maintenant-, 6- comme tl fera éternellement. Amen,
^ Remarquez que le Plau- {a) Ceci s'entend du Pfau^
tier [a) fuit la Divifion des ^^'^^ dans la Liturgie en An-
Hébreux, & la Verfion de à^'-^ » ^^r dans celle-ci, l'on
la grande Bible Angloife, ^'P^'^^ ^^ ^^^'^^^ verfion des
qui fut publiée & mHe en ^I^^'^^^^> qui fe trouve dans
ufage ious les Réi;ues de ^"^ ?'^^^' ^^ ^^''- ^"^^^^^n, qui
Henri huitième, ôc d'E- ^ '^'^ff ^,^^t^^^ ^^^ «^P^^^
DOUARDfaiém, ^-W-»...J..P.>'.-
^ /^^j, t5f qui eft la plus en ufage
parmi ksFroteftans François.
UOR.
( XVII )
L' O R D R E
Glm hn doit tenir en la LeBure du re(îi
"DE LA SAINTE ECRITURE.
G'Eft du Vieux Teftamcnt que fe doivent prendre
les premières Leçons aux Prières du Matin ôc du
Soir 5 de forte qu il s'en lira la plus grande partie une
fois Tannée félon Tordre de ce Calendrier.
C'eft du Nouveau Teftament que fe prennent les fé-
condes Leçons aux Prières du Matin & du Soir ; &
on les lira par ordre, trois fois Tannée, outre les Epî-
trcs & les Evangiles ; excepté TApocalypfe, d'où il fe
tire feulement certaines Leçons propres pour diverfes
Fêtes.
Et pour favoir quelles Leçons fe doivent lire chaque
jour, cherchez le jour du mois dans le Calendrier fui-
vant j là vous trouverez les Chapitres, qui doivent ê-
tre lus pour les Leçons, tant des Prières du Matin que
du Soir 5 excepté feulement les Fêtes Mobiles, qui ne
font point dans le Calendrier, & les Immobiles où il
y a une efpace en blanc dans la Colonne des Leçons,
pour tous lefquels jours Ton trouvera les Leçons pro-
pres dans la Table des Leçons. propres.
Et remarquez que quand il y a des Pfeaumes ou des
Leçons propres prcfcrites, alors les Pfeaumes & les
Leçons marquées à Tordinaire dans le Pfautier, ou dans
le Calendrier, fi elles font différentes, feront ômifcs
pour cette fois-là.
Remarquez auflî que la CoUede, TEpître, & TEvan-
gile du Dimanche ferviront pour toute la femaine fui-
vante ; à moins qu il ïizïi foit autrement ordonné dans
ce Livre.
Leçons
XVI iT Leçons pour les Jours de Dimanches,
LeçonsPropres,
Qui doivent être lues toute l'Année aux Prières du Matin
& aux Prières du Soir, les Dimanches^ & hs autres jours
de Fêtes.
Leçons Propres pour, les Dimanches.
Dimanches de
lAvent .
Le Premier.
1
3
4-
Dimanches
aptes Noël.
Le Premier.
2
Dimanches
aprh l'Epi-
phanie.
Le Premier.
2
5
4
f
6
Septuagefime
Sexsgé/ime.
^inquagef.
Carême.
Dimanche i
4
6
I Leçon.
1 Le^on.
Paque.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanches
après Vaque
Dimanche i
2
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Au Matin.
Au Soir.
Efaïe I
Efaïe 2
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Exod. 3
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Matth. 26.
Hebr. 5-.J.
V.I I.
Exod. 12
Exod. 14
Rom. 6
M\ 2. V. .
22.
Nomb. 16
Nomb. 22
23&24
^)"
Deut. 4
Deut. y
6
7
8
9
Dimanche a
près l'AJcen,
Pentecôte.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanche de
la Trinité.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanches a-
près laTrinité
Dimanche i
2
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4
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Au Matin.
Deut. 12.
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V. 18
A<5t. lo. V. 34
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2 Sam. 12
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16
19
Leçons
Leçons Prch'RI
:s POUR
FETES.
Au Matin.
^« 5oir.
S, André.
Prov.2o
?rov. 21
S. Thom. Afot.
^3
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Noël.
Eia. 7. v.ic
I Leçon.
Efaïep.j.v.S.
(j.v. 17
2 Leçon.
Luc. 2.j. V.
rite 3. V.4
S. Etienne .
{^5
j.v. 9
I Leçon.
Prov. 28.
Ecclef. 4.
2 Leçon.
Aa.6.v.8.&
A6i:.7.v.3o
S. Jean.
(c.7,j.v.3c
(j-v-n
I Leçon.
Ecclef. s
Ecclef 6
2 Leçon.
Apoc. I
Apoc. 22
Les Innocens.
Jer.3 i.j.v.iS
Sap. I.
LaCircomcifion
(■^
I Leçon.
r}en. 17
Deut. 10. v
2 Leçon.
Rom. 2
Colof 2
Epiphanie.
I Leçon.
Efàïe 60
£fa.49
2 Leçon.
Luc. 3. j.v
Jean 2, juf
ConvJeS.Paut
('3
(V.Il
I Leçon.
Sapîen. f
Sapien. 6
2 Leçon.
A6t. 22. jul
\li.x6
Purificat.de U
(v. 22
V. Marie.
Sapien. 9
Sapien. 12
S. Matthias.
19
Ecclef I
Anonciat.de la
V. Marie.
Ecclef. 2.
Ecclef 3.
Mecredi avant
Faque.
I Leçon.
Ofée 1 3
Ofée 14
2 Leçon.
Jean.ii.v.45
Jeudi avant
Vaque.
I Leçon.
Daniel 9
Jer. 31
2 Leçon.
Jean, i 3
Vendredi Saint
I Leçon.
Gen. 22. j.
(V. 2C
Efa. sî
2 Leçon.
Jean 18.
I Pier. 2
Veille de Pâque
I Leçon.
'Z<acha.9.
Exod. 13
2 Leçon.
LUC.23.V.J0
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Hebr. 4
PsEAUMES Propres p
Ah Matin \ Au Soir.
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NOEL.
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Mecredi des
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Vendredi
40
Si^
LES JOURS DE FeTES. XIX
Lundi de Taqu.
Ah Matin.
Au Soir.
1 Leçon.
Exod . I 6
Exod. 17
2 Leçon.
Mac. 28
Act. 3
M^r^/i dePâqu
I Leçon.
Exod. 20
âxod. 32
2 Leçon.
LU.24.J.V.13
[ Cor. ij-
6\ Marc.
Ecclef. 4
icclefj-
S.Philipfes ô
S. Jaques.
I Leçon.
7
9
2 Leçon.
Jean 1 . v. 43
Ascension.
I Leçon.
Dent. 10
2 Rois 2
2 L<eçon.
LUC24. V.44
Epacf 4.J V.
L«r/<:/i de lii
(17
Pentecôte.
(10
(16.J.V.3C
I Leçon.
Gen. 1 1. J.v.
Nom.i i.v.
2 Leçon.
I Cor. 12
iCor. 14. j.
Mardi de la
(v.26
Pentecôte.
(ib
1 Leçon.
I Sam. 19. V
Deur. 30
2 Leçon.
iThef 5-. V
I Jean 4. J.
S.B^rna^é.
(I2.j .V.24
(V.14
1 Leçon.
Ecclei". 10
Ecclef 1 2
2 Leçon.
Aa. 14
A6t.i;-.j.v.
S.J.Ba}tiJie.
(36
I Leçon.
Malac. 3
Malac. 4
2 Leçon.
iVlatth. 3
Matth.i4.j.
S.Pierre.
(v.13
1 Leçon.
Ecclef 15-
Ecclef 19
2 Leçon.
Aa, 3
Act. 4
S. Jaques.
Ecclef 21
iicclef 22
S.Barthelemi.
Ecclef 24
Ecclef 29
S. Matthieu.
IS
3«
S.Michel.
I Leçon.
Gen. 32 (2c
Dan. 10.V.5
2 Leçon.
Acl.i2. j.v.
Judcv.6.j.
S. Luc.
Ecclef c I
Jobi (V.16
S.Sim.i^S.Jud Job 24 & 2 j
Job 42
/L/j Toujfaint.
1 Leçon.
Sap. 3.J.V.IC
Sap. 5. j.v.
( \ 7
2 Leçon.
Heb.i 1.V.33
Apoc. 19.].
&:ch.i2.j.v.7
(v.1'7
OUR DE CERTAINS JoURS. |
Au Matin.
Au Soir.
Pi. 2
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Ascension.
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j Pentecôte.
68
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XX
Table des Jours
Tables et Règles
Pour les Fêtes Mobiles & Immobiles : Comme auffi pour les
jours de Jeûne & d'Abftinence pour toute l'Année.
Règles pour connoitre quand commencent
LES Fêtes Mobiles.
P A QUE, dont dépend tout le refte, eft toujours le premier Dimanche
après la pleine Lune, qui vient la première après le vingt & unième de
Mars Et fi la pleine Lune arrive un Dimanche, le Dimanche fuivant eft le
jour de Paque.
Le Dimanche de l'Avent eft toujours le plusproche de la Fête de S André
foit devant, foit après. ' *
ÇSeptuagéfîme
Le Dimanche jSexagéJme
^c j^dnqmgéfm{
K^adrftgéjime^
Le Dimanche des Rogations
Le jour de I'Ascension
La Pentecôte
Le Dimanche de la Trinité
eft tou-
jours
icmaines avant
Paque.
:] '» {
cinq ièmaines*J
quarante jours (_ après
fept femainesr Paque.
huit femainesj
T A B
L E
De toutes les Fêtes qui fe doivent obferver
Anglicane pendant l'Année*
•p O us les Dimanches de l'Année.
en
PEglife
fLa CiRcoMcisiON de nôtre Sei-
gneur jéfus Chrift.
L'Epiphanie.
La Conversion de S. Fetul Apôtre
La Purification delaBien-heu-
reufc Vierge.
S,. Matthias Apôtre.
< L'Annonciation de la Bien-heu-
re u le Vierge.
S. M^j-c Evangeliflre.
S. P^/7i/>;„ Se S.>^«., Apôtres.
L Ascension de notre Seigneur
Jeius Chrift. ^
S. Barnabe,
ILa NAissANCEde S.Jean Baptijle.
de la fcmaine
tie Paque.
S. Pierre Apôtre.
S. Jaques Apôtre.
S. Barthélémy Apôtre.
S. Matthieu, Apôtre.
S. Michel 8c tous les Anges.
S. L«cEvangelifte.
S.Simon 8c S.fude Apôtres.
La Toussaint.
S. André Apôtre.
S. Thomas Apôtre.
UNAissANCEde nôtre Seigneur.
S. Etienne Martir.
S. Jean Evangeliftc
Les Saints Innocens.
Lund
8c
iVIard
' ?de /a
^^dela
ièmaine
la Pentecôte.
Table
De Fêtes. xxi
Table
pes Vigiles -, des Jours de Jeune ; &d' Abstinence qui fe
doivent obferver pendant l'Année.
* Les Vigiles ou Veilles avant
La Naiflànce de nôtre Seigneur.
La Purification de la Bien-heureufè
V. Marie.
L'Annonciation de la Bien-heureufe
Vierge.
Pâques.
L'Ascension.
La Pentecôte.
S. Matthias.
S. Jean Baptifte.
S. Pierre.
S. Jaques.
S. Barthélémy.
S. Matthieu.
S. Simon & S. Jude.
S. André.
S. Thomas.
La Touflàint.
Remarquez^ que fi quelqu'une de ces Têtes fe rencontre le Lundis alors la Vîgih
OH le jour de Jeune fera le Samedi^ & non le Dimanche,
! Les Jours de Jeune, ou d'Abstinence.
L T E s Quarante Jours du Carême.
-*-' II. Les jours de Jeûne des Quatre- tempsj
l C^^ Premier Dimanche du Carême.
QuifbntleMecredi,leVen-3La Fête de la Pentecôte,
dredi, 6c le Samedi après ^Le 14 de Septembre,
CLe i^de Décembre.
in. Les trois jours des Rogations, qui font le Lundi, le Mardi, & le Me-
crcdi avant le Jeudi Saint, ou l'Afcenlion de nôtre Seigneur,
IV. Tous les Vendredis de l'Année, excepté le Jour de Noël.
• JoursSolemnels
j Pour lefquelâ iJ y a des Services particuliers.
I. r E Cinquième de Novembre, qui cîl le jour de la Conffiration des Pa-
. -*-' pi fies.
I II. Le Trentième de Janvier ^ qui efl le jour du Marîire du Roi Charles
Premier.
lïL Le Vingt-neuvième de May, qui cil le jour du Retour du Roi Charles
Second.
IV. Le Onzième de Juin, qui efl le jour auquel ià Majesté' a commencé
fcn heureux Rèjçne.
^ V. Le Deuziême de Septembre, qui s'obferve dans la ViHc de Londre:, pour
l'affreux embrafemenc qu'il y eut le 2 de Septcmlre en 1666.
Ta-
XXII Table d e s F e t e s Mobiles,
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SEPTEMBRES XXX JOURS.
LA LUNE EN A XXX.
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LA LUNE EN A XXX.
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XXXIV
Le Calendrier,
NOVEMBRE J XXX JOURS,
LA LUNE EN A XXIX.
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(a) Remarquez que le 2,-. Je VEcclefîallique ne fe doit lire que jufquez. au
V. 13. £/ {h) le chap. 30. quejiifques au v. iS. Et (c) le chap. 46. que
DE
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ques au V.
Avec la Table des Leçons. xxxv
DECEMBRE A XXXI JOURS.
LA LUNE EN A XXX.
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Table perpétuelle pour trouver le jour de Paque.
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XII
XIII
XIV
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XVI
XVII
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Aî*^«/ trouvé la lettre Dominicale en la première ligne, vous defcendrez.
jufques à ce que vous foyez. vîs-a-vîs du Nombre d'Or de l'Année que
%oui cherchez.. Et là vous trouverez, le mois, ^ le jour de Paque pour
cette Année là. Mais remarquez, que le nom du mois ejl marqué à. la main
gauche, ou auprès du nombre qui marque le jour du mois, ^ ne fuit point en
décendant, comme dans d'autres Tables j mais eji en li^ne collatérale.
Remarquez que l'Eglife Anglicane commence la fupputation de l'an de nôtre
Seigneur au vingt- cinquième jour de Mars.
TABLE
XXXVIÎ
TABLE
De ce qui eft contenu dans ce Livre-
ÏA Préface. — page 1 1 1
j Du Service de l'Eglife. — — viii
s Cérémonies. xii
L'Ordre qu'il faut fuivre en la Ledlure des Pfeaumes & du refte
de l'Ecriture Sainte. xvi
Table des Leçons & des Pfeaumes propres pour les Dimanches,
& Jours de Fêtes. — — xviii
Le Calendrier. — xxiv
L'Ordre pour les Prières du Matin. — pag.i
L'Ordre pour les Prières du Soir. — — 14
Le Simboled'Athanafe. . . — 24
La Litanie. — — 26
Prières, pour diverfes occafions. — ^ •— o^'i,
Actions de grâces générales. — '^']
LesColledes, les Epitres & lesEvangiles pour toute l'Année. 41
Pour le premier Dimanche de l'A vent. 41
Pour le jour de Noël. — 47
Pour le jour de l'Epiphanie. p^G
Pour le premier jour du Carême, ou Mécredi des cendres. 73
Pour le Vendredi Saint. — — 105
Pour le jour de Pâque. — ■ 1 1 2
Pour le jour de l' Afcenfion. — — 125
Pour le jour de la Pentecôte. 128
Pour le Dimanche de la Trinité. 133
Pour les jours de S. André, de S. Thomas, de S. Paul, &c. 1 73
L'Adminiftration de la Sainte Cène. 203-
L'Adminiftration du Bateme en public. — . 229
L'A dminiftration du Bateme en particulier, 237
L'Admis
5cxxviit Table.
L' Adminiftration du Batéme des Adultes. — — 244
Le Catéchifme. ■ 253
La Confirmation. 261
La Célébration du Mariage. — — 265
La Vifite des Malades. — 275
La Communion des Malades. — — — 286
L'Ordre pour la Sépulture des Morts. ■ 289
■Alitions de Grâces pour les femmes qui relèvent de couches.
297
La Commination. ■ — — « . 301
Le Pfautier. 309
Prières dont on doit fe lervir fur mer. ■ — 469
La Forme de rOrdination des Diacres. — 481
La Forme de l'Ordination des Prêtres. 49 1
La Forme de la Confécration des Archevêques & Evêques. 502
Prières, & Adlions de grâces pour le 5 de Novembre, jour de
la Confpiration des Papilles. - — 512
Prièrespour le 30 de Janvier, jour du martire du Roi Charles
premier. ~^ 51^
Prières, & Adions de grâces pour le 29 de Mai, jour de
]'hcurcux rctablilTement du Roi Charles fécond. 529
La Confefîion de Foi de l'Eglife Anglicane. ~ p,^j
Le Canon du Sinode de la Province de Cantorbery pour Pex-
plication du Ic^gitime ufage du figne de la Croix au Ba-
téme. ^^i
Pneres, & Adionsde grâces pour le 11 de Juin, jour auquel
_ ^ fil Ma j EST £ ' a commence fon heureux Règne. SS 5
Prières, & Aidions de grâces pour le 2 de Septembre, jour du
funeile embrafement de la Ville de Londres. 562
CoUede pour les tems de Perfecution. ^p^dG
L'OR-
L'ORDRE
Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières
DU Matin durant toute l'Année.
^ Au commencement des Prières
du Matin, le Miïiiflre récitera
à haute voix quelqurnie^ ou
plaffeurs de ces Sentences de
l'Ecriture : & enfiite il dira
ce qui fuit lej dites Sentences,
" J AND le me-
chant fe dé-
tournera de
a niéchan-
etcqu il au-
ra commife,
& qu il fera ce qui eft jufte &
droit, il fera vivre fon ame.
Ezech, c. i8. V. 27.
J e connois mes tranfgref-
fions, & mon péché eft con-
tinuellement devant moi.
y/si. V. 5.
Détourne ta face de mes
péchez, & efface toutes
mes iniquitez, !P/? 5 1 , v.
II.
Les Sacrifices de Dieu,
fontlefprit froiffé, ôDieu,
tu ne meprifes point lefprit
froiffé(5cbrifé,îy:5t.v. 19.
Rompez vos ca.-ur5> &
non pas vos vetemens, &
retournez à rEtcrncl vôtre
Dieu i car il eft mifcricor-
dieux & pitoiabic, tardif
à colcre, & abondant en
gratuité, & qui fe repent
d'avoir aflîigé. Joël c. z.
V. I^
Les tnifericordcs & les
pardons font du Seigneur
nôtre Dieu : car nous nous
fommes rebellez contre lui;
& nous n avons point écou-
té la voix de l'Eternel nôtre
Dieu, pour marcher dans iz^
Loix, qu il a mifes devant
nous. i>an, c.9. v. 9? 10.
O Eternel, châtie moi;
mais que ce foie par
niefure, & non en ta co-»
1ère; de peur que tu ne me
reduifes à néant. Jerem. i p»
V. 24,
Amendez- vous : car le
Roiaumc des Qivax eft pro-
che. Matt.cz.v.z, •
Je me lèverai, ôc m'en
irai vers mon Père, 6c lui
B dirai ;
i PRÎERES DU
dirai; A^onP'êre, j'ay péché
contre le Ciel, & devant
toi 5 & je ne (iiis plus digne
d être appelle ton fils. Luc,
c. 15. V. 18, 19.
N'entre point en juge-
ment avec ton ferviteur,
car nul homme vivant ne
fera juftifié devant toi. Tf,
143. V. 2.
Si nous difons que nous
n'avons point de péché,
nous nous fcduifons nous-
mêmes, & la vérité n efl:
point en nous. Si nous con-
feffons nos péchez, il efl
fidèle & jufte pour nous
pardonner nos péchez, &
nous nettoier de toute ini-
quité, I S.Jean, ci. v.8, 9.
TRcs-chers Frères, l'E-
criture fainte nous ex-
horte en plufieurs endroits,
à reconnoitre & à confcflcr
la multitude de nos péchez,
& de nos iniquitez 5 & elle
nous avertit que nous ne
devons point les dillimuler,
ni les cacher devant la face
de notre Dieu & Pêrc ce-
lefie : mais que nous devons
les confefler d un cœur hu-
milié, contrit, & obéïfiant,
pour en obtenir la remiinon
par fa mifericorde infinie :
M A T I N«
Et bien qu'en tout tems
nous devions reconnoitre &
confefler nos péchez devant
Dieu, nous y fommes plus
particulièrement obligez ,
lorfque nous nous aflcm-
blons pour lui rendre grâ-
ces des grands bien-faits
que nous avons reçus de fa
main, pour annoncer fes
Loiiangcs, pour écouter fa
fainte Parole, ôc pour lui
demander les chofes qui
nous font neceflaires tant
pour le corps que pour l'a-
me. C'eft pourquoi je vous
prie, vous tous qui êtes ici
préfents, de m'accompagner
d'un cœur pur, & d'une voix
humble, au Trône de la
grâce celcfte, diiants après
moi :
5 Co'rifefftnn ghéraïe^ que toute
rjjf emblée doit dire à genoux
après le Miniftre.
PEre Tout-puifTant, &
très miiericordieux ,
nous nous fommes éearez,
6 détournez de tes fentiers,
comme des brebis perdues :
Nous avons trop fuivi les
imaginations &c lesconvoi-
tifes de nos cœurs : Nous
avons tranfgrefle tes faints
commaadcmens : Nous
n'avons
Prières du Mâtiné
n'avons poiiit fait les chofcs
que nous devions avoir
faites 5 ôc nous avons fait
celles que nous ne devions
point faire : & il n y a rien
d entier en nous. Mais, Toi^
Seigneur, aie pitié de nous,
mi ferablcs pécheurs. O Dieu,
la remiilion de fes péchez %
pardonne à tous ceux qui fe
repentent en vérité, & qui
croient fans feinte à fon S*
Evangile, & il les abfout
tous5 C'efl pourquoi prions
le qu il lui plaife de nous
donner une vraie repen-
pardonne à ceux qui confef- i tance, & fon S. Efprit j aha
fent leurs fautes } fai grâce i que le culte que nous lui
à ceux qui fe repentent^ | rendons préfentement lui
fui vaut tes promefles faites { Ibit agréable, & que toute
au genre humain, en Jcfus | nôtre vie foit pure & faintc
Ghrift nôtre Seigneur : & | à l'avenir j tellement que
iious accorde, ô Père très- i nous parvenions enfin à fa
mifcricordicux , pour la- 'gloire étcrnelle,^ par Jcfus
inour de lui, qu'à l'avenir j Chrift nôtre Seigneur,
nous puiinons vivre fobre- ! j 1^- /^^^/^/^ répondra ici, &à
ment, juftement, & reli-
gieufement, à la gloire de
ton faint Nom. Amen.
% V Atfotutîon ou remiffion des
pechez..^qui fe doit prononcer par
le Prêtre feul étant debout , le
peuple demeurant à genoux.
LE DieuTout-puiffant, le
Père de nôtre Seigneur
Jcfus Chrîft, qui ne défire
point la mort du pécheur,
mais plutôt qu'il fe con-
vertiffe de fon iniquité &
qu'il vive h qui auflî a donné
pouvoir & commandement
à fes Miniflres de déclarer
6c de prononcef à fori peu*
pie pénitent ïé^iéiwàôû &
la pïi de toutes
Prières, Amen.
les autres
5 Alors le Miniflre fe mettra à
genoux, & dira r Or ai fon Do^
mi ni cale à haute voix, le peu*
pie s^ agenouillant auffi, & la
repétant ici de même cjiie pav
tout où eUe fe trowvè dam le
Service Divin.
Otre Père qui es ûuX
Cieux, Ton Nom
foit fandifié. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite:
en la terre comme au CieU
Donne nous aujourd'hui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos offenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
B z qui
N
éj^ Prières d
qui nous ont ofFcnfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5 Mais délivre nous du
malin : Car à toi cft le
Règne, la Puîfîance, & la
Gloire aux fiéclcs des fiécles.
Amen*
%îl dira aufjî,
O Seigneur, ouvre nos
lèvres.
Réponfe,
Et nôtre bouche annon-
cera ta louange.
Le Minifire. \
Eternel, hâte toi de ve-
nir à notre aide.
Réponfe.
Hâte toi de venir à nô-
tre aide. Seigneur.
J Icy chacun fe levant^ & Je te-
nant debout^ le Miniflre dira^
Gloire foit au Père, ôc au
Fils, & au Saint Efprit.
Réponfe,
Comme il étoit au com-
mencement, comme ii eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
Le Miniftre,
I-oiiez le Seigneur.
Réponfe.
Le Nom du Seigneur foit
loiié.
5 Apres Von dira, ou Von chan^
' leva le Pfeaume qui fuit: ex-
:■: cejpté le jour de Pâ^ue, pour la
u Matin*
folèmnité duquel il y a une
autre Antienne. Et il ne fe
doit point lire en ce lieu le 19,
jour de chaque mois y mais feu--
lement dans la fuite ordinaire
des Pfeaumes.
Venite Exuîtemus, PfpS-
VEnés, chantons à TE-
ternel, jcttons des cris
de réjouïilancc au rocher de
nôtre falut.
Avançons nous devant fa
face en lui prefentant nos
louanges; & jcttons devant
lui des cris de réjouïiîance
en chantant des Pfeaumes.
Car l'Eternel eft un 2)/>«
Fort & Grand, & il eft un
Grand Roi par dcfliis tous
les Dieux;
Les lieux les plus profonds
de la terre font en fa main,
& les forces des montagnes
font à lui.
C'eft à lui qu appartient la
mer 5 car lui même Ta faites
&fes mains ont formé le fcc.
Venés, profternons nous^
inclinons nous, & mettons
nous à genoux devant l'E-
ternel qui nous a faits :
Car il eft nôtre Dieu 5 &
nousfommes le peuple de fa
pâture & les brebis de fa
conduite.
Si vous entendez aujour-
Trières du Matin7
E^huyfa voix, nendurcifles
point vôtre cœur, comme
en Mériba, & comme à la
journée de Mafla au defcrt :
Là où vos Pères m ont
tenté & éprouvé j & aulîl
ont-ils vu mes œuvres.
J'ai été ennuie de cette
génération durant quarante
ans, & j ai dit i C'cft un peu-
pie dont le cœur s'égare j &
ils n'ont point connu mes
voies :
C'eft pourquoi j'ai juré
en ma colère, qu'ils n'cntre-
roknt point dans mon repos.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Elprit.
Réponfe,
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eit
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen,
'on
î Après fuivYOnt les Pfeatimes feh
l'Ordre prefcrit : & à la fin
de chaque Pfeaume^ com'me
au[rt à la fin- du Bencdicite,
du Benediélus, <//^ Magnifi-
cat, .& du Nunç dimitns
fera toujours répété^
Gloire foit au Père, é^c.
Comme il étoit au com-
mencement, ^c^
*Ç Après fera Ue diftinEiement à
haute voix la première Leçon
^uiferaprife du Vieu% Tefia-
ment^ félon TOrdre prefcrit aU
Calendrier : fi ce nefl aux
jours cjui ont leurs Leçons prO"
près. Celui qui fait la leBure
fe tiendra debout^ fe tournant
de telle for je ^ quilpuifje mieux
être entendu de tous les ajfi[îans.
Et après cela fera dit ou chanté
chaque jour en langue vulgaire
p^endant toute l*ann-'ej* Hymne
appellée Te Deum laudanjus.
Remarquez, que devant chaque
Leçon le Miniftre diray Ici
commence un tel Chapitre,
ou un tel Ver le t d^.m tel
Livre : & après chaque Leçoa^
ici f-init la première, ou îa
fecoiîde Leçon.
NOus célébrons tes
loiiangcs, ô Dieu : ôç.
nous reconnoiflbils que tu
es le Seigneur 5
Toute la terre t'adore, ô
d'étcrnitc ;
A toi les Anges élèvent
leurs voix : le Ciel & toutes
les Puifiknces qui y font ^
A toi les Chérubins & les
Séraphins crient fanscefle^
Saint, Saint, Saint, Sei-
gneur Dieu des armées y
Les CicLix & la Terre
font remplis de la Majcûé
de ta Gloires
La Compagnie glorieufè
des Apôtres, célèbre tes
louanges i-
L ' AlïeniJblèe excelleiate
Père
^ IPrieres
des Prophètes cclcbre tes
loiiangcs ;
La triomphante armée
des Martyrs célèbre tes lou-
anges ;
La Sainte Eglife Uni-
Verfelle te reconnoit & te
confeffe.
Le Père, d'une Majeftc
infinie 5
Ton Fils unique, vrai &
vénérable ,
Auffi le Saint Elprit, le
Confolateur.
. Tu es le Roi de Gloire, ô
Chrift;
Tu es le Fils éternel du
JPêre;
Quand il t'a plu d'entre-
prendre nôtre Rédemption,
tu n'as pas dédaigné le fein
de la Vierge ;
Aiant furmônté les dou-
leurs de la mort, tu as ou-
vert le PvOiaume des Cicux
à tous les croians 5
Tu es aflls à la droite de
Dieu, dans la gloire du Père.
Nous croions que tu vien-
dras pour être nôtre Juges
C'ell pourquoi nous te
prions de fecourir tes fervi-
teurs, que tu as rachetez
par ton fang précieux.
Fai qu'ils Ibient du nom-
bre de tes Saints dans la
gloire éternelle.
DU M A T I K^
Seigneur Dieu, fauve ton
peuple, & béni tonhéritagei
Gouvcrne-le ôc le foutica
à jamais 5
De jour en jour nous te
magnifions $
Et nous honorons ton
Nom éternellement.
Seigneur, veuille nous
prefcrvcr de tout péché pen-
dant ce jour.
O Seigneur, aie pitié de
nous, aie pitié de nous.
O Seigneur, que ta mife-
ricordc foit fiu' nous, comme
nous nous fommes attendus
ci toi.
Seigneur Dieu, je me fuis
attendu à toi : ne permet
pasqueje lois jamais confus.
Ou ce Cantique, Benedicite,
omnia optra.
VOus toutes les œuvres
du Seigneur, beniffez
le Seigneurs loiiez le, &
l'exaltez par defllis toutes
chofes à jamais.
Vous Cieux, beniffez le
Seigneur; loiiez-lc, & l'exal-
tez par deilus toutes chofes
à jamais.
Vous, Anges du Seigneur,
beniffez le Seigneur 5 louez-
le, & l'exaltez par deilus
toutes chofes à jamais.
Vous,toutes les Eaux qui
êtes fur les Cieux, beniffez le
Sei-
Prières
Seigneur, loiicz-lc & Icxal-
tez par dcffus toutes chofes
à jamais.
Vous, toutes les Vertus du
Seigneur bcnillezleSei^neur
l loùez-le, & i'exaltez par dei^
{ fiis toutes chofes à jamais.
Vous, Soleil & Lune,
beniffez le Seigneur ; loiiez-
Ic, & Texaltcz par deflus
toutes choies à jamais.
Vous, Etoiles du Ciel,
beniffez le Seigneur j loiiez-
le, & Texaltez par dcffus
toutes choies à jamais.
Vous, toute Pluye 6c Ro-
fée, beniffez le Seigneur;
loiiez-le, & lexaltez par
deffus toutes chofes à jamais.
Vous, tous les Vents, be-
niffez le Seigneur 5 loiiez-
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Feu & Chaleur,
beniffez le Seigneur ; loiiez-
le, & l'exaltez par deffus
toutes cho(es à jamais.
Vous, Hyver & Eté, be-
niffez le Seigneur ; loiiez-»
le, & Tcxaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Rofées &Bruines,
beniffez le Seigneur, loiiez-
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Nuits & Jours, be-
niffez k Sçignçuri louez,-
DU Matin.' 7
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Lumière & Ténè-
bres, beniffez le Seigneur;
loiiez-ie, & lexaltez par
ài:.Si\s toutes chofes à jamais.
Vous, Gelée & Froidure,
beniffez le Seigneur 5 loiiez-
le, ôc lexaltez par deffus
tontes chofes d jamais.
Voiis, Glaces & Neiges,
beniffez le Seigneur j loiiez-
le, & Texalrez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Eclairs & Nuées,
beniffez le Seigneur 5 loiiez-
le, & l'exaltez par deflus
toutes chofes à jamais.
Qiie la Terre beniffe le
Seigneur 5 qu elle le loiie, &
Texalte par deffus toutes
chofes d jamais.
Vous, Montagnes & Co-
lin es, beniffez le Seigneur j
loùez-le, 6c Texaltez par
deffustoutes chofes a jamais.
Vous, toutes les chofes
qui germez dans la Terre,
beniffez le Seigneur : loiiez-
le, 6c fexaltez par deflus
toutes chofes à jamais.
Vous, Fontaines, beniffez
le Seigneur; loùez-le, 6c
Texaltez par deflus toutes
chofes à jamais.
VquS;, Mer 6c Fleuves,,
E 4 bénit
s Prières n
bemilcz le Scigaciir 5 loiiez-'
le, & Texaltcz par dcilus
toutes choies à jamais.
Vous, Baleines, & toutes
les chqfcs qui fe remuent
dr.ns les Eaux, beniiiezi le
Seigneur 5 ioùez-lc; Se Texal-
tez par defius toutes chofes
a jamais.
VouS; tous les Oifeaujc du
Ciel, beniffez le Seigneur i
louez-le, (Se Texaltcz par
deflus toutes chofes à jamais.
Vous, touics les Bêtes &
les Troupeaux, beniuez le
Seigneuri loùez-le, &rex-
altez par defius toutes
chofes à jamais.
Vous, Fils des hommes,
beniflez le Seigneur 5 louez-
le, & Fcxaltez par deiliis
toutes chofes à jamais.
Qu'lfrael bcnide le Sei-
gneur j qu'il le loue, & quil
lexalte^ par deffus toutes
chofes à jamais.
Vous, Sacrificateurs duSei-
gneur, beniffez le Seigneur ;
loucz-le, ôc lexaltez par
deflus toutes chofes à jamais.
Vous, Serviteurs du Sei-
gneur, benifiez le Seigneur 5
loLiez-le, & lexaltez par
deiïus tomes chofes à jamais,
Vous,Efprits ôc Ames des
Juftes, beniflez le Seigneuri
ioiiez-le, & Texaltez par
u Matin.*
deflus toutes chofes à jamaisJ
Vous, Saints qui êtes hum-
bles de cœur, beniflez le Sei-
gneur ; Ioiiez-le, & Texaltcz
par deflus toutes chofes à
jamais.
Vous, Ananias, Azarias, &
Mifaëi, bcniiiez le Seigneur^
îoiicz-le, & Texaltez par
dcfllis toutes cliofcsà jamais.
Gloire foit au Pêrc, 5c au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il çfl:
maintenant, ôc comme il
fera éternellement. Amen.
% Alors fera lue en la. mhne
manière la féconde Leçon^ qui
fe pend du Nouveau 'Tejîa-^
ment: Et après, l'Hymne fui-
vante: excepté quand il arri^
ver a qu'elle jer a lue dans te
Chapitre marqué pour te "J'^ur^
eu pour r Evangile^ le jour de
Saint "Jean Baptjfie,
Benediélus. Ltic,c> i.v. (58.
BEnifoitle Seigneur^ le
Dieu d'Ifiac'l, de ce
quil a vifité <3c délivré fon
peuple 5
Et qu'il nous a élevé la
corne du falut daqs la mai-
fon de David, fon ferviteur:
Selon ce qu il avoit dit
par la bouche de fes Saints
Prophètes, qui ont été de
tout temps i Que
Prières du
Que nous ferions fauvez
tle la main de nos ennemis,
& de la main de tous ceux
qui nous haïfTent,
Pour exercer mifericorde
envers nos Pêrcs, & avoir
mémoire dç fa fainte Al-
liance 5
Qui eft le ferment qu il a
fait à Abraham nôtre Père :
Sàvoify qu il nous don-
neroit, quêtant délivrez de
la main de nosennemis,nous
ie fervirions fans crainte,
En fainteté & en juftice
4evant lui, tous les jours
de nôtre vie.
Et toi, petit enfant, tu
feras appelle le Prophète
du Souverain : car tu iras
devant la face du Seigneur,
pour préparer fcs voies :
Et pour donner la con-
noiilance du falut à fon peu-
ple, dans la remilhon de
leurs péchez.
Par les entrailles de la
mifericorde de nôtre Dieu>
dcfquelles l'Orient d'enhaut
nous a vifitez :
Afin de reluire à ceux qui
fontaiîis dans les ténèbres
& dans l'ombre de la morts
& pour adreffer nos pieds
au chemin de la paix.
Gloire foit au Père, & au
ïils, & au Saint Efprit.
Matin!; >3I
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
% Ou ce Pfeaume^ Jubilate Deo.
Pf, lOO.
VOus tous les habitans
de la terre, jettezdes
cris de réjouïifance à TE-
ternel: fervez TEternel avec
ailégrelle, venez devant lui
avec un chant de joie.
Connoiflez que rEternel
eft Dieu 5 c'eftlui qui nous
a faits, & ce n eft pas nous
qui nous fommes faits: nous
fommes fon peuple, de le
troupeau de fa pâture.
Entrez dans fes portes avec
adions des grâces, & dans
fes parvis avec des loiianges :
célébrez-le , beniifez fon
Nom :
Car rEternel eft bon, fa
gratuité demeure à toujours,
& fa fidélité d âge en âge..
Gloire foit au Père, é^c. "
Comme il étoit, i^c.
% Alors fera chanté ou recité le
Sjmbole des Apôtres par le
Miniftrs Ù par le Peuple étant
debout: excepté feulement les
jours au/quels le Symbole d'A-
tkariafi doit être ht
£ croi en Dieu le Pêrç
Tout-puiiiant;, Créateur
du
J
Yo Prières
du cîcl, & de la terre. Et en
Jefus Chrift fon Fils unique
notre Seigneur, qui a été
conçu du Saint Efprit, ell
né de la Vierge Marie, a
foufFert fous Ponce Pilate,
a été crucifié, cft mort, ôc
a été enfevelii II eft de-
iccnduaux enfers, Letroi-
lîémc jour il eft reffufcité
des morts i II eft monté
aux cieux s H eft aftîs à la
droite de Dieu le PêreTout-
puilfant j Et de là il vien-
dra juger les vivans, & les
morts. Jecroi au S.Eiprit.
Je croi la Sainte Eglife uni-
verfclki La communion des
Saints i La remiffion des
pechezj La réfurredion de
la chair, & la vie éternel-
le. Amen.
% Et après cela, les Prières fui-
•vantes; tous étant dévotement
à genoux, le Minifîre pronon-
çant premièrement à haute voix.
Le Seigneur foit avec vous.
Réponfe.
Et avec ton Efprit.
Le Miniftre.
irions Dieu,
Seigneur, aie pitié de nous.
Chrift aie pitié ete nmis.
Seigneur aie pitié de nous.
f Ahïs le Mmifire, les Clercs, &
tout le Peuple diront rOraifon j
DU Matik;'
Dominicale en langue vulgaire
à haute voix:
Notre Père qui es aux
cieux. Ton Nom foit
fandifié. Ton Règne vienne.
Ta Volonté foit faite en la
terre comme au ciel. Don-
ne nous aujourd'hui nôtre
pain quotidien. Et nous par-
donne nos oftenfes, comme
nous pardonnons à ceux qui
nous ont offenfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion y mais délivre nous du
malin. Amen,
% Apres le Miniflrefe tenant de^
bout, dira,
O Seigneur, fai luire fur
nous ta mifcricorde.
Réponfe,
Et nous accorde ton falut.
Le Miniftre,
O Seigneur fauve le Roi.
Répofzfe.
Et nous exauce par ta grâce
quand nous t'invoquons.
Le Miniftre,
Revêt dejuftice tes Mi-.
niftres.
Réponfe.
Et réjoui ton peuple élu.
Le Miniftre,
Seigneur Diçu, délivre
ton peuple.
Réponfe.
Et béni ton héritage.
u
Prières
Le Miniftre.
Donne-nous paix en nos
jours, ô Seigneur.
Réponfe.
Car il n y a que toi feul,
o Dieu, qui combatte pour
nous.
Le Minijire.
O Dieu, crée en nous des
coeurs nets.
Réponfe,
Et ne nous ôte point TEf-
prit de ta Sainteté.
fl* Alors fuîVYont trois ColkEles.
La première fera cette du jour,
qui fera la même qui efl or-
donnée pour la Communion* La
féconde pour la paix. La troi-
fiéme pour la grâce de bien
vivre. Les deux dernières ne
fe changeront jamais ; mais fe
diront chaque jour de Vannée
aux Prières du Matin , en la
manière qui fuit^ chacun étant
à genoux :
% La féconde Collège pour la
Paix.
ODieu, qui es lauteur
de la Paix, & qui ai-
mes la concorde , en la con-
noiilance duquel confiftc nô-
tre vie éternelle, & dont le
fcrvicc cft une liberté par-
faite 5 défen-nous, tes hum-
bles ferviteurs, contre tous
les affauts de nos ennemis,
afin que nous confiant en-
DU Mâtiné xi
tiérement en ta proteûion,
nous n'aïons à craindre la
puiffance d'aucun adver-
faire ; par Jefus Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
% La troifième ColleSle pour âf^
mander à Dieu fa Grâce,
SEigneur nôtre Père ce-
lefte. Dieu Eternel &
Tout-puiffant, qui nous as
fait arriver heureufemçftt
au commencement de ce
jour 5 conferve nous pendant
fa durée par ta puiffance ; &
nous fai la grâce qu*aujour-
d'huy nous ne tombions
dans aucun péché, & que
nous ne courions aucun
danger : mais dirige & con-
dui tellement toutes nos ac-
tions, que nous ne faffions
rien qui ne foit jufte, '&
droit en ta préfencej paç
Jefus Chrift nôtre Seigneur,
Amen.
ir Dans les Chœurs & aux lieux
où il y a des Chantres^ ici fuit
l'Antienne,
Après fe doivent lire les cinq
Prières fuivantes : excepté
quand on lit la Litanie ; &
alors on ne lira que les deux
dernières en V ordre où elles fe
trouvent placées,
^ Prière pour leK oi,
O Seigneur, & Père celc-
fte, Haut (3c Puiffant,
Roi
îi
Prières du Matin.'
Roi des Rois, Seigneur des
Seigneurs, feul Gouverneur
desPrinces,qui de ton Trône
celeftc contemples tous les
habitans de la terre; nous te
fuplions de tout nôtre cœur,
qu'il te plaife de regarder
d un œuil propice, nôtre lé-
gitime Souverain, le Roi
George, & de le remplir
tellement des grâces de ton
Saint Efprit, qu'il fe porte
toujours à faire ta volonté,&
à marcher dans tes voies :
Répan fur lui abondamment
tes dons celeftes : Fai-lui la
grâce de vivre long tems, en
fanté&çn profperité: For-
tifie-le, afin qu il puifTe vain-
cre, & furmonter tous fcs
ennemis : & qu enfin après
cette vie, il parvienne à la
gloire, & à la félicité éter-
nelle; par Jefus Chrift nôtre
Seigneur. Amen, ^
^Prière pour //ïFamilleRoiale.
Dieu Tout-puiflant, qui
es la fource de tout
bien, nous te prions très
humblement de bénir fa
Majefté la Reine Caro-
line, leurs Alteffes Roi-
ales FREDERIC Prince de
Galles, le Duc, les Princes-
ses, & toute la Famille
RoiALE : donne-leur ton
Saint Efprit j rempli-les de
ta Grâce celefte ; comble-les
de toute forte de bonheur ;
& les çondui à ton Roïaume
éternel; par Jéfus Chrift
notre Seigneur.
Amen.
% Prière four le Clergé & pour
le Peuple.
Dieu Eternel, & Tout-
puiffant, qui feul fais
de grandes merveilles; fai
defcendre fur nos Evêques,
& fur nos Miniftres, & fur
tous les Troupeaux qui leur
font commis, TEfprit falu-
taire de ta Grâce ; & afin
qu ils te puiflent être agré-
ables, 'répan continuelle-
ment fur eux la rofée de
ta bénédiftion. Seigneur,
exauce nous pour Tamour
de nôtre Avocat & Médi-
ateur ]efus Chrift. Amen.
% Prière de S. Chrysostome.
SEigneur, Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
fait la grâce de t'adrcifer
maintenant nos Prières d un
commun accordy & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront ailcm-
blcz en ton Nom, tu leur
accorderas leurs requêtes ;
ac-
Prières
accompli maintenant les
fouhaits, & les demandes
de tes ferviteurs, félon que
tu connois qu il eft le plus
expédient, & le plus falu-
taire; nous accordant dans
ce monde la connoiflance
de ta vérité, & au fiécle à
venir la vie éternelle. A-
DU Matin.' tj
f 2 CoYinth, xiiî. Verf. 15.
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus Chrift, &
la diledion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen.
hifiniffent les Prières du Ma-
tin durant toute l* Année,
L'OR
U O R D R E
Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières
DU Soir durant toute TAnnée.
% Au commencement des Prières
du Soir^ le Miniftre recitera
à haute voix quelqu'une, ou
plujîeurs de ces Sentences de
l'Ecriture j & il dira enfuite
ce qui fuit lef dites Sentences,
QUAND le méchant
,,fe détournera de fa
méchanceté qu il aura com-
mife, & qu'il fera ce qui eft
jufte & droitjil fera vivre fon
ame. Ezech.z, 1 8. v. 27.
Je connois mes tranfgref-
lîons, & mon péché eft con-
tinuellement devant moi.
y/si.v.i.
Détourne ta face de mes
péchez, & efface toutes
mes iniquitez, Tf, 5 1 . v.
II.
Les Sacrifices de Dieu,
font refprit froiffé ; ô Dieu,
tu ne méprifes point Tefprit
froifle & brifé. Tf^ i . v. 1 9.
Rompez vos cœurs, &
non pas vos vétemcns, &
retournez à l'Eternel vôtre
Dieu 5 car il eft mifericor-
dicux & pitoïable, tardif à
colère, & abondant en gra-
tuité, 6c qui fe repent
d'avoir affligé. Joël c. 2.
V. 13.
Les mifericordes, &_lcs
pardons font du Seigneur
nôtre Dieu : car nous nous
fommes rebellez contre lui 5
& nous n avons point écou-
té la voix de l'Eternel nôtre
Dieu : pour marcher dans
fes Loix, qu'il a mifes de-
vant nous. 2)^;/.c.9.v.9,io.
O Eternel châtie-moi ;
mais que ce foit par mefure,
& non en ta colère ; de
peur que tu ne me réduifes
à néant. Jerem, c. i o. v.24.
Amendez-vous : car le
Roïaume des Cieux eft pro-
che. Mat. c. 3. V. 2.
Je me lèverai, & m'en
irai vers mon Père, & lui
dirai 5 Mon Père, j'ai péché
contre le Ciel, & devant
toi 5 & je ne fuis plus digne
d'être apellé ton f;ls. Luc.
C.15. v.18,19.
N'entre point en juge-
ment avec ton ferviteur :
car nul homme vivant ne
ferajuftifié devant toi. Tf,
143.V.2.
Si
Prières t)
Si nous difons que nous
navons point de pechc,
nous nous féduifons nous-
mêmes, de la vérité nefl:
point en nous. Si nous con-
feflbns nos péchez, il eft
jfîdele & jufte pour nous
pardonner nos péchez, &
nous nettoier de toute ini-
quité, iS.jfeancA,Y.s,9'
TRès-chcrs Frères, TE-
criture fainte nous ex-
horte en plufieurs endroits,
à reconnoître & à confeffer
la multitude de nos péchez,
& de nos iniquitcz i &elle
nous avertit que nous ne
devons point les dillîmuler,
ni les cacher devant la face
de notre Dieu, 6c Père ce-
lefte : mais que nous devons
les confeffer d un cœur hu-
milié, contrit, & obéïffant,
pour en obtenir la remiffion
par fa mifericorde infinie :
Et bien quen tout tems,
nous devions reconnoitre, Ôc
confeffer nos péchez devant
Dieu, nous y fommes plus
particulièrement obligez ,
lorfque nous nous affem-
blons pour lui rendre grâ-
ces des grands bien-faits
que nous avons reçus de fa
main, pour annoncer ics
V Soir: ij
Louanges, pour écouter fa
fainte Parole, ôc pour lui
demander les chofes qui
nous font neceffaires, tant
pour le corps, que pour fa-
mé. Cefl: pourquoi je vous
prie, vous tous qui êtes ici
préfents, de m'accompagner
d'un cœur pur, & d une Voix
humble, au trône de la
grâce celefte, difants après
moi :
% Confefjîon générale^ que toute
VAjfemhlée doit dire à genoux
après le Minifire,
PEre Tout-puiffant , &
très mifericordieux ,
nous nous fommes égarez,
& détournez de tes fentiers,
comme des brebis perdues:
Nous avons trop fuivi les
imaginations, & les convoi-
tifes de nos cœurs : Nous
avons trangreffé tes faints
commandemens : Nous n a-
vons point fait les chofes
que nous devions avoir
faites j & nous avons fait
celles que nous ne devions
point faire : & il n y a rien
d entier en nous» Mais, Toi,
Seigneur,* aie pitié de nous,
miferables pecheurs.O Dieu,
pardonne à ceux qui confef-
fent leurs fautes 5 fai grâce
à ceux qui fe repentent,
, fuivant
l(§ PuîÊkES
fuivant tes promcffcs faites
ait genre humain, en Jeiùs
Chriil nôtre Seigneur : &
nous accorde, 6 Père très-
iiiifericordicux, pour Ta-
niour de lui, qu'à Tavenir
nous puifllons vivre fobre-
iiient, juftement, & rcli-
gicufement, à la gloire de
ton faint Nom. Amen,
% V Ahfolumn ou remiffion des
pechc-Zj qui fe doit prononcer
' par le Prêtre feul étant deù&ut •
■ le peuple dejneurant à genoux.
LE DieuTout-puillant, le
Père de nôtre Seigneur
Jelus Chrift, qui ne défire
point la mort du pécheur,
mais plutôt qu'il fe con-
vertiflc de fon iniquité &
qu'il vive; qui auiîî adonné
pouvoir & commandement
à fes Miniftrcs de déclarer
& de prononcer à fon peu-
ple pénitent Tabfolution
& la remiffion de fcs pé-
chez ; pardonne à tous ceux
qui fe repentent en véri-
té, ôc qui croient fins
feinte à fon Saint Evangile,
&: il les abfout tous 5 C'eft
pourquoi prions-le qu'il lui
plaife de nous donner une
vraie repentance, & fon
S. Efprit; afin que le culte
que nous lui rendons pré-
DU Soiit.^
fentement lui foît agréa-
ble, &que toute nôtre vie
foit pure, & fainte à l'ave-
nir, tellement que nous
parvenions enfin à fa gloire-
éternelle, par Jcfus Chrift
nôtre Seigneur.
% Le peuple répondra îci^ & â la
fin de toutes tes autres Prières ^
Amen.
% Alors le Miniftre fe mettra à
genoux^ & dira l'Oraifon Do-
minicale à haute voix : le peu-
ple s^ agenouillant aujjt, & la
repétant ici, de même que par
tout où elle fe trouve dans le
Service Divin,
Notre Père qui es aux
Cicux, Ton Nom
foit fandifîé. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos ofFenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
qui nous ont ofFenfcz. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5- Mais délivre nous du
malin : Car à toi cft le
Règne, la PuiiTance, & la
Gloire aux fiécles dcsfiécles»
Amen,
Ç II dira anfft.
O Seigneur; ouvre nos lè-
vres.
Ré^
Prières bTj Soir;
ti
Réponfe,
Et nôtre bouche annon-
cera ta louange.
Le Mmijire*
Eternel, hâte toi de ve-
kiir à nôtre aide.
Réponfe.
Hâte toi de venir à nô-
tre aide. Seigneur.
% îci chacun fe levant y & fe te-
nant debout y le Miniftre dira :
Gloire foit au Père, & au
Eils, & au Saint Efptit,
Réponfe.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
Le Miniftre.
Loiiez le Seigneur.
Réponfe.
Le N6m du Seigneur foit
loiié.
% Puis Von dira, ou Von chan-
tera les Pfeaumeu filon l'ordre
prefcrit : après fuivra la Le-
çott du Vieux Te (îament félon
f ordre : Puis le Magnificat
en langue vulgaire, en la
manière qui fuit.
Magnificat. Luc. i. 4^.
M On ame magnifie le
Seigneur : & mon
efprit s'eft égaie en Dieu,
qui eft mon Sauveiit.
Car il a regardé la pe-
titelTe de fa fervante : voici,
certes d orenavant tous les
âges me diront bien-heu*
reufe.
Car le Puiffant m'a fait
de grandes chofes, & fon
Nom eft laint.
Et fa mifericorde eft de
génération eii génération,
en faveur de ceux qui le
craignent.
il a puifTamment opé-
ré par fon bras : il a dif-
lîpé les orgueilleux dans la
penféc de leur cœur.
Il a mis bas de leurs
trônes les puiflans, & il
a élevé les petits.
Il a rempli de biens ceux
qui avoient faim : il a ren-
voie les riches vuides.
Il a pris en fa protcdion
Ifraël fon ferviteur, pour fe
fouvenir de fa mifericorde ;
(Selon qu'il en a parlé
à nos Pères, favoir à Abra-
ham, ôc à fa poftérité) à
jamais.
Gloire foit au Père, ^c.
Comme il étoit, &c.
% Ou lien ce Pfeaume : excepté 1$
iç. jour du mois y quand il fe
litfehn V ordre delaLeBure des
Pfeaumes,' .
"^^^
\ - C '•'- Cm-.
x$ Prières
Cantate Domîno. Pfeautm 98.
C Hantez à rEternel un
nouveau cantique , car
il a fait des chofes rncrveil-
leufes : Sa droite, & le bras
de fa Sainteté l'ont délivré.
UEternel a fait connoi-
tre fa délivrance : il a révélé
fa juftice devant les yeux
des nations. ""V
Il s'eft fouvenu- de fa gra-
tuité, & de fa fidélité envers
îamaifon dlfrael : tous les
bouts de la terre ont vu le
falut de nôtre Dieu.
Vous tous les habitans de
la terre, jettez des cris de ré-
jouïffance à rEternel : faites
retentir vos cris, ôc chantez
de joie, & pfalmodiez.
Pfclmodiez à TEternel a-
Vcc le violon, : avec le vio-
lon^ &L avec unvoix de mu-
fique,
Jettez des cris de réjouïf
fance avec les trompettes,
& le fon du cor devant le
Roi, l'Eternel.
Que la mer bruie avec tout
ce qu'elle contient: & que
la terre & ceux qui y habi-
tent faffcnt éclater leurs cris.
Que les fleuves frapent
des mains : ôc que les mon-
tagnes chantent de joie, au
dcvruit de TEtcmel:
Car il vient pour juger la
terre: Il jugera en juftice le
monde habitable, 6c les peu-
ples en équité.
Gloire foit au Père, &c.
Comme il étoit, &c, ,
Alors on lira tme Leçon du NoU"
veau Tefiamem félon l'Ordre
prefcrit : & hn dira enfuite le
Nunc Dimittis, ou le Canti^
^ que de Simeon, en langue vul-
gairûy en la manière qui fuit,
Nunc dimittis, Luc 2. 29.
O Eigneur, tu laiffes main^
^ tenant aller ton fervi^
teur en paix, félon ta pro*
mefle.
Car mes yeux ojnt vu tont
falut.
Lequel tu as préparc de-
vant la face de tous les peu-
ples.
La lumière pour éclairer
les nations, & pour être la
gloire de ton peuple dlfraëL
Gloire foit au Père, ^f.
Comme il étoit, ^c,
^ Ou bien ce Pfeaume: excepté h
douz>iéme jour du moism
Deus Mifereatur.
Pfeaume 6j,
Dieu aie pitié de nous^
& nous benifle, &
faffe luire fa face fur nous^
Afin
t^RiÉRÊS lôxi Soir*
t^
Afin que ta voie foit con- 1 enfeveli
iiué en la terre, & ta déli-
vrahce parmi toutes les na-
tions.
Les peuples te eélébre-
i-ont, 6 Dieu : tous les peu-
ples te célébreront.
Les peuples fe réjouiront
& chanteront de joie : par-
ce que tu jugeras les peuples
en équité , & que tu condui-
ras les nations fur la terre.
Les peuples te célébre-
ront, ô Dieu : tous les peu-
ples te célébreront.
La terre produira fon
fruit : Dieu, nôtre Dieu nous
bénira.
Dieu nous bénira : & tous
les bouts de la terre le crain-
dront.
Gloire foit au Père, ô'C.
Comme il étoit, ô'f,
% Aï or s fera dit ou chanté îe Sym-
bole des ApotreSy par îe Minif-
tre & par le peuple fe tenant
debout.
JE croi en Dieu le Père
Tout-puiffant, Créateur
du ciel & de la terre : Et en
Jefus Chrift fon Fils unique
laôtre Seigneur, qui a été
conçu du Saint Efprit, eft né
de la Vierge Marie, a fouf-
fcrt fous Ponce Pilate, a été
crucifié, eft mort, ôc ^ été
Il eft defcendu
aux enfers ; Le troifiéme
jour il eft relTufcité des
morts > Il eft monté aux
cieux i 11 eft aflîs à la droite
de Dieu le Père Tout-puif-
fant 5 Et de là il viendra
juger les vivans & les morts.
Je croi au Saint Efprit. Je
croi la Sainte Eglifc univer-
felle ; La communion des
Saints 5 La remiflîon des
péchez ; La réfurredion de
la chair, & la vie éternelle.
Amen.
^ Et après cela les Prières fui^
'Vantes ; tous étant dévotement
à genoux : le Minière pronon-
çant premièrement à haute
voix.
Le Seigneur foit avec vous^
Réponfe.
Et av ec ton Efprit.
Le Minijire.
VrionsDi eu.
Seigneur, aie pitié de nous.
Chrift aie pitié de nous.
Seigneur aie pitié de nous.
f Alors le Miniflre, les Clercs, &
tout le Peuple diront l'Oraifon
Dominicale, en langue uulgaire
à haute voix.
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanaific- Ton Règne vienne.
C z : Ta
txà Prières
l'a Volonté foit faite en la
terre comme au Ciel. Don-
ne nous aujourd'hui notre
pain quotidien. Et nous par-
donne nos offenfes, comme
nous pardonnons à ceux qui
nous ont oifenfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5 mais délivre nous du
malin. Amen,
% Après le Miniftrefs tenant de-
bout^ dira,
O Seigneur, fai luire fur
nous ta mii'ericorde.
Réponfe,
Et nous accorde ton falut.
Le Minijire,
O Seigneur fauve le Roi.
Réfonfe,
Et nous exauce par ta grâce
quand nous t'invoquons.
Le Minijire.
Revêts, de juftice tes Mi-
niûres.
Réponfe,
Et réjoui" ton peuple élu.
Le Minijire,
Seigneur Dieu, délivre
ton peuple.
Réponfe.
Et benl ton héritage.
Le Minijire.
Donne nous paix en nos
jours, ô Seigneur.
Réponfe,
Car il n'y a que toi fcuJ,
DU SOIR^
Ô Dieu, qui combatte pQut
nous.
Le Minijire.
O Dieu, crée en nous des
cœurs nets.
Réponfe.
Et ne nous ôte point TEf-
prit de ta Sainteté.
•T Alors fuivront trois CoUeBes :
La première fera celle du jour y
qui fera la même qui efi ordon-
née four la Communion : La fe--
condepourla paix: Lairoîfiéme
pour être fecouru contre tous
Dangers. Les deux dernières ne
fe changeront jamais : mais fe-
diront chaque jour de tannée
aux Prières du Soir, en la
manière qui fuit -, chacun étant
à genou,:,
^ La féconde CvlleSîe pour h
Soir,
ODieu, duquel tous les
faints deftrs, tous les
bons confcils, & toutes les
œuvres juftes procèdent ,
donne à tes ferviteurs la paix
que le monde ne peut don-
ner r afin que nos cœurs
foient appliquez à obeïr à
tes commandemens 5 & qu é-
tant délivrez par toi de la
crainte de nos ennemis,nous
paflions nôtre vie en repos,
& en tranquilitéi par les
mérites de Jefus Chrift nôtre
Sauveur, Amen^
Prières
La mtjteme CoSeSîe pour être
fecouru contre tous dangers,
ILlumine nos ténèbres, ô
Seigneur: & par ta gran-
de mifericorde,garanti-nous
de tous lesdangers,&de tous
les accidens de cette nuit 5
pour Tamour de ton Fils
unique nôtre Sauveur Jefus
Chrift. Jmen.
fl" Dans les Chœurs & aux lieux
où il y a des Chantres^ ici fuit
TAntienne.
f Prière pour /^ R o i,
O Seigneur, & Père celef-
te, Haut & Puiffant,
Roi des Rois, Seigneur des
Seigneurs, feul Gouverneur
desPrinces,qui de tonTrône
cekfte contemples tous les
habitans de la terre 5 nous te
fuplions de tout nôtre cœur,
qu il te plaife de regarder
d'un œuil propice, nôtre lé-
gitime Souverain, le Roi
GEORGEjôcde le remplir
tellement des grâces de ton
Saint Efprit, qu'il fe porte
toujours à faire ta volonté,&
à marcher dans tes voies :
Répan fur lui abondamment
tes dons celeftes : Fai-lui la
grâce de vivre long tems, en
fanté & en profpérité : For-
tifie-le, afin qu il puille vain-
cre,ôc furmonter tous fesen-
DU Soir:
-xx
nemis : & qu'enfin aptes cet-
te vie,il parvienne à la gloire,
& à la félicité éternelle 5 par
Jefiis Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
^Prière pour laFAUiLLiRoiALE,
Dieu Tout-puiffant, qui
es la fource de toute
bonté ; nous te prions très-
humblement de bénir fa
Majefté la Reine Caro-
L I NE, leurs Alteffes Roïales
Frédéric Prince de Galles,
leDuc, les Princesses, ôc
toute la Famille Roiale :
donne-leur ton Saint Efprit :
rempli-les de ta Grâce ce-
lefte : comble-les de toute
forte de bonheur: & les
condui à ton Roïaume éter-
nel 5 par Jefus Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
% Prière pour /^ Clergé dT pour,
le Peuple.
Dieu Eternel, & Tout-
puiflant, qui feul fais
de grandes merveilles 5 fai
dcfccndre fur nos Evêques,
& fur nos Miniftres, ôc fur
tous les Troupeaux qui leur
font commis, fEfprit faiu-
taire de ta Grâce : & afin
qu'ils te puiffent êtix agré-
ables, r>:pan conrinuelle-
C 3 incnt
22 Prières
ment fur eux la rofée de
ta bénédiûion. Seigneur,
exauce nous pour Tamour
de nôtre Avocat 6c Médi-
ateur Jefus Chrift. Amen.
Ç CoUeBe ou 'Prière pur toutes
fortes de perfonnes de quelque
condition que ce fcit,
ODieu, Créateur &
Confervateur du gen-
re humain ; nous te prions
très humblement pour tou-
tes fortes de perfonnes de
quelque condition quelles
Ibient: quil te plaifc leur
faire connoitre tes voies, &
manifefter ton falut à toutes
les Nations. Nous te prions
particuliércnicnt pour la
profpérité de l'EglifeUniver-
felle : qu elle foit tellement
conduite «5c gouvernée par
ton Efprit, que tous ceux
qui font profeffion d'être
Chrétiens, & qui en pren-
nent le Nom, puiifent être
amenez au chemin de la vé-
rité 5 6c qu ils gardent la foi
dans l'unité de TEfprit par le
lien de la paix en fainteté de
vie. Enfin nous recomman-
dons à ta bonté paternelle
toutes les perfonnes affli-
gées dans leur efprit, dans
leur corps, ou dans leurs
DU Soir.
biens: {^Tartiai- *cenfedoh
liérement ceux qui ^^^\ ^^^^i
Je recommandent a recommandé
nos Trières) veuil- '««^r vnéres
lelesconfoler&les ^'^'^^^^f'-
fecourir félon leurs diverfes
néceffitez 5 leur donnant la
patience dans leurs foufFran-
ces, 6c une heureufe iffuë
de toutes leurs affliftions.
Nous te demandons ces grâ-
ces pour l'amour de Jefus
Chrift. Amen.
ABîons de grâces générales.
Dieu Tout-puiffant, Pè-
re de toute miferi-
corde 5 nous tes indignes
ferviteurs, te remercions
très-humblement 6c de tout
nôtre cœur, de toutes tes
bontez, 6c de toutes tes fa-
veurs envers nous, 6c en-
vers tous les hommes :
( * 'Particulière-'
ment envers ceux ^ffjifj
qui défirent de ceux c^ui ont
fofrir mainte- '^' \''''^'
•^-' , , .. mandez, aux
nant leurs loiian- prières de
ges & leurs avions v^UfiJ^fi'
j j rent de ren-
de grâces, pour les 4re grâces k
gratuites dont tu -d?>«.
as depuis peu ufé
envers eux.) Nous te benif
fons pour nôtre création
pour nôtre confervation
pour
Prteïies du Soir.
n
pour toutes les bénédidions
de la vie préfente : mais fur
tout,pour f ineftimabk Cha-
rité que tu nous as mon-
trée dans la Rédemption du
Monde par nôtre Seigneur
Jefus Chrift : pour les affi-
ftançes de ta grâce : & pour
Tefpérance de ta Gloire. Et
nous te fuplions de nous
donner le fentiment que
nous devons avoir de toutes
tes faveurs : afin que nos
coeurs en aient une vérita-
ble & fincère reconnoif-
fance; & que nous publions
tes louanges non feulement
de bouche, mais fur tout
par la conduite de nôtre vie :
en nous attachant à ton fer-
vice, & en cheminant de-
vant toi en juftice & en
fainteté, jufques à la fin de
nos jours 5 par Jefus Chrift
nôtre Seigneur5auquel com-
me à toi, &au Saint Efprit,
foit tout honneur & toute
gloire, aux fiécles des fié-
çles. Amen, i
f Priera de St, Chuysostome,
SEigneur, Dieu Tout*
puiflant, qui nous as
fait la grâce de t'addreffer
maintenant nos Prières d'un
commun accord, & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront alTem-
blez en ton Nom^ tu leur
accorderas leurs requêtes :
accompli maintenant les
fouhaits, & les demandes
de tes ferviteurs, feion que
tu connois qu il eft le plus
expédient, & le plus falu-
taire ; nous accordant dans
ce monde la connoiffance
de ta vérité 5 & au fiéclc
à venir la vie éternellen
Amen,
f 2 Corinth. xiii. Verf. i|.
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus ChriH:, &
la dileftion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellemeijt. Amen,
hi finit V Ordre des PRiERES DV
Soir durant toute rAnnéç.
C4
Ati^
u
ILe Symbole d'Athanase.
j4ux Fêtes de Noël, ^é- /Epiphanie, de St. Matthias, J<? Paquet;
de /'Afcenfîon, de la Pentecôte, de St. Jean Baptifte, de Sr. Jac-
ques, de St. Barthelemi, ^6? St. Matthieu, de St. Simon & de
St.Jude, de St. André, & le Dimanche ^^ la Trinité, cette Con-
fejjion de notre Foi Chrétienne^ appellée communément le Symbole
^'Athanafej/fr/z chantée ou récitée aux Prières du Matin^ au lieu
du Symbole des Apôtres, far le Minifire, & par le Peuple étant
debout.
QuiCUNQUE VuLT.
Quiconque veut être
fauve, avant toutes
chofes doit maintenir la
Foi Catholique.
Laquelle Foi quiconque
ne gardera pure & entière,
fans doute il périra éternel-
lement.
Or la Foi Catholique eft,
que nous adorions un Dieu
dans la Trinité, & la Trinité
dans rUnité,
Sans confondre les Per-
fonnesj ou divifer rEffence.
Car autre eft la Perfonne
du Père : autre celle du Fils :
autre celle du Saint Efprit.
Mais la Divinité du Père,
du Fils, & du Saint Efprit
n'efl: qu une : leur Gloire
eft égale 5 & leur Majefté
coëternelle.
Tel queft le Père, tel
eft le Fils 5 & tel le Saint
£fprit.
Le Père non créé : le Fils
non créé : & le Saint Efprit
non créé.
Le Père incompréhenfi-
ble : le Fils incompréhen-
fible : & le Saint Efprit in-
compréhenfible.
Le Père éternel : le Fils
éternel : & le Saint Efprit
éternel.
Toutefois ils ne font
point trois éternels: mais
un éternel.
Comme aufll il ny a
point trois incompréhenfi-
bles;ni trois non créez -.mais
un non créé 5 & un incom-
préhenfible.
Ainfi aufli le Père eft
Tout-puiifant : le Fils Tout-
puiffant : & le Saint Efprit
Tout-puiiîant.
Et cependant ils ne font
point trois Tout-puiffants :
mais un Tout-puiiîant.
De même le Père eft
Dieu: le Fils eft -Dieu: &
le Saint Efprit eft Dieu.
Et cependant ils ne font
point trois Dieux : mais un
Dieu.
Sem-
Le Symbox^e
^ SembUblcment le Père
efl: Seigneur: lePiis eft Sei-
gneur : & le Saint Efprit eft
Seigneur.
Et cependant ils ne font
point trois Seigneurs : mais
un Seigneur.
Car comme la Vérité
Chrétienne nous oblige de
reconnoitre, que chacune
des Perfonnçs, prifes à part,
eft Dieu & Seigneur 5
Auffi la Religion Catho-
lique nous défend de dire
qu'il y a trois Dieux, ou
trois Seigneurs.
Le Père n eft fait d'aucun :
il n'éft ni créé , ni engendré.
Le Fils eft du Père feul:
non fait 3 ni créé : mais en-
gendré.
Le Saint Efprit eft du
Père, & du Pils : étant non |
fait ; ni créé j ni engendré :
mais procédant.
Aufli il y a un Père : non
trois Pères, un Fils : non
trois Fils, un Saint Efprit :
& non trois Saints Efprits.
Et dans cctteTrinité,il n'y
a ni priorité, ni poftériorité :
l'un n'cft pas plus grand, ni
moindre que l'autre.
Mais toutes les trois Per-
fonnes font cnfcmble de
même éternité :& égales en
toutes chofcs.
nôtre Seigneur
d'At^ànase^ 25
Tellement qu'en toutes
chofes, comme il a été dit
ci-devant, il faut adorer
rUnité dans la Trinité i &
la Trinité dans l'Unité.
Donc, quiconque veut
être fauve, doit avoir ces
fentimens de la Trinité.
Déplus, il eft néceftaire
pour obtenir le falut éter-
nel, qu'il ait une vraie &
droite croiance de l'Incar-
nation de
Jefus Chrift
Caria vraie Foi confifte
en ce que nous croïons, &
que nous confeftîons, que
nôtre Seigneur Jefus Chrift,
le Fils de Dieu, eft Dieu ôc
Homme.
Dieu engendré de la fub-
ftance du Père avant tous
les fiécles : & Homme de la
fubftance de fa Mère, né au
monde.
Dieu parfait, & Homme
parfait : fubfiftant d'une amc
raifonnablc, 6c de chair hu-
maine.
Egal au Père félon fa Di-
vinité ; & inférieur au Père
félon fon Humanité.
Lequel, quoi qu'il foit
Dieu & Homme; toutefois
il n'cft pas deux : mais un
Chrift,
Un,
^6
Va Litanie.
Un, non. par converfion
de la Divinité en chair : mais
par raiTomption de THuma-
nité à la Divinité.
Un totalement, non par
confufion de fubftance: mais
par Unité de Perfonne.
Car comme Tame raifon-
nable, & la chair font un
homme ; ainfi Dieu &
l'Homme eft un Chrift.
Lequel a fouffert pour
nôtre falut ; eft defcendu
aux enfers 5 & le troifiéme
jour eft reffufcité des morts :
Il eft monté aux cieux 5 il
eft aflis à la droite de Dieu
le Père Tout-puiflant 5 d'où
il viendra pour juger les
vivans & les mort^.
A la venue duquel tou^
les hommes reflufciteront
avec leurs corps, ôc ren-
dront compte de leurs pro-
pres œuvres.
Et ceux qui auront bien
fait, iront à la vie éternelle:
& ceux qui auront mal fait^
iront au feu éternel.
Ceft ici la Foi Catho-
lique, laquelle quiconque
ne croira fidèlement, ne
pourra être fauve.
Gloire foit au Père, &c.
Comme il étoit,^^.
^ Ici finit r Ordre des Prières
DU Matin©* du Soir d^
chaque jour de rAmé^.
% Ici fuit la Litanie ou SupUcation Générale qui doit être chan^
tée ou récitée après les Prières du Matin^ les Dimanches, les
Mecredis, les Vendredis, & les autres jour Sy félon quil fera
enjoint par rOrdinaire,
O Dieu Père Celefte, aie
pitié de nous, mife-
râbles pécheurs.
OT>ieuTêreC€lefle,aie
pitié de nous, miferables pé-
cheurs.
O Dieu le Fils, Redemp-
tcur du monde, aie pitié de
nous, miferables pécheurs.
O "Dieu le Fils, Rédemp-
teur du monde, aie pitié de
nous, miferables pécheurs,
O Dieu le Saint Efprit,
qui procèdes dû Père & à\\
Fils, aie pitié de nous, mi-
ferables pécheurs.
O T>i€U le Saint Efprit,
qui procèdes du 7 ère S' du
Fik,
glo-
Là L I t a n
Fitsy aie pitié de nous, mife-
râbles pécheurs.
O Sainte, bénite, &
rieufe Trinité, Trois Per-
fonnes & un Dieu, aie pitié
denous,miferablespecheurs.
O Sainte^ bénite, & glo-
rieufe Trinitè^TroisTP er fau-
ne s (^ un T)ieu, aie pitié de
nous, miferables pécheurs.
O Seigneur,ne te fouvien
point de nos péchez, ni des
péchez de nos Pères : ne
pren point vengeance de
nos iniquitez : pardonne-
nous, ô bon Dieu : pardonne
à ton peuple que tu as ra-
cheté par ton fang précieux 5
& ne fois point irité contre
nous à jamais.
Tar donne -nous y bon
^ieu.
De tout mal ; & de toute
méchanceté: de péché 5 des
rufes, & des affauts du Dia-
ble : de ta colère j & de la
damnation éternelle.
Bon T)ieu^ délivre-nous.
D'aveuglement de cœur ;
d'orgueil 5 de vaine gloire ^
^d'hypocrifie: d'envie 5 de
haine 5 de malice; & de toute
afFeftion contraire à la cha-
rité.
BonT)ieu, délivre-nous.
De paiUardife 5 & de tout
autre péché mortel: & de
toutes les tromperies du
monde, de la chair, ôc du
Diable.
Bon T^ieu, délivre-nous.
Des foudres 5 & ^ts> ora-
ges : de pefte $ ôc de famine :
de guerre j de meurtre^ & de
mort foudàine.
Bon T>ieUy délivre-nous.
De toute fédition; de tou-
te confpiration fecrète, & de
rébellion : de toute faufTe
dodlrines d'héréfie; & de
Ifchifme : d'endurciffement
de cœur; du mépris de ta
Parole 5 & de tes Comnian-
demens.
BonT>ieUy délivre-nousl
Par le Myftère de ton
Incarnation fainte : par ta
fainte NaiiTance ; & ta Cir-
concifion : par ton Batême :
par ton Jeûne ; & par ta Ten-
tation.
Bon T>ieu, délivre-nous.
Par ton Agonie 5 & ta
Sueur fanglante : par ta
Croix5&taPaflion:par ta pré-
cieufe Mort, & ta Sépulture:
par ta Réfurreûion 5 & ton
Afcenfion glorieufc : & par
la venue du Saint Efprit,
Bon T>ieu, délivre-nous.
En tout tems d'adverfité :
en tout tems de profpérité :
à
2Î L A L ï T
à rhcurc de la mort : ôc au
jour du jugement.
Bon^ieu, délivre-nous,
O bon Dieu, nous qui
fommes de pauvrespecheurs,
te fuplions d'exaucer nos
prières : & qu il te plaife de
conduire & gouverner ta
Sainte Eglife Univcrfellc
dans la droite voie.
Nous te fuplions de nous
exattcefy o bon "Dieu,
Qu'il te plaife de confcr-
ver & d'affermir dans ton
vrai fcrvice, en toute juftice
& en toute Sainteté de vie>
ton Serviteur, George
nôtre Roi & nôtre Gou-
verneur très- débonnaire.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon "Dieu,
Qu'il te pi aile d'adreflcr
fon cœur dans ta foi, dans
ta crainte, & dans ton a-
mour : afin qu'il ait toujours
fa confiance en toi j & qu'il
cherche toujours ton hon-
neur & ta gloire.
Nous te fuplions de nous
exaucer^ o bon T)ieu.
Qu'il te plaife de le gar-
der, de le défendre, & de lui
donner la victoire fur tous
fes ennemis.
Nous te fuplions de nous
exaucer, o bon T>ieu.
Qu'il te pîaiic de bénir.
& de conferver fa Majefté la;
Reine Caroline, leurs
Alteffes Roïales, Frédéric
Prince de Galles, le Duc,
les Princesses, & toute la
Famille RoiALE.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon ^ieu.
Qu'il te plaife d'éclairer
tous les Evêques, les Prêtres
& les Diacres, par la vraie
connoiffance & intelligence
de ta Parole : afin qu'ils l'an-
noncent dignement, par
leur prédication, & par leur
bonne vie.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon 'Dieu.
Qu'il te plaife de remplir
les Seigneurs du Confeil, &
toute la Noblefle, de grâce 5
de fageffe 5 & d'intelligence.
Nous te fuplions de nous
exaucer-, bon Dieu,
Qu'il te plaife de bénir &
de conferver les Magiftrats 5
leur faifant la grâce d'exer-
cer la juftice 5 & de mainte-
nir la vérité.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon Dieu.
Qu'il te plaife de bénir &
de protéger tout ton peuple.
Nous te fuplions de nous
exaucer t ô bon Dieu,
Quii te plaife d'infpirer
jîoiîtcs les nations lunion;
la paix, & la concorde.
Mcuste fuplions de nous
exaucer:, ô bon "Dieu,
Qli'U te plaife de nous
donner un cœur enclin à
t aimer: & à te craindre 5 &
à vivre foigneufement félon
tes commandemens.
Notis te fuplions de nous
exaucer^ ê bon "Dieu.
Qu'il te plaife de donner
à tout ton peuple de croître
en grâce : d ouïr humble-
ment ta Parole : de la rece-
voir d une affedion pure :
j& de produire les fruits de
rEfprit.
Nous te fuplions de nous
exaucer y è bon T>ieu.
Qu'il te plaife d'amener
au chemin de la vérité tous
ceux qui font dans Terreur
& qui ont été féduits.
Nous te fupUons denous
exaucer y ôbonDieu.
Qull te plaife d'affermir
ceux qui font debout : de re-
lever ceux qui font tombez :
de confoler & d'aflîfter ceux
qui ont le cœur froiffé : 6r^
enfin d'abatre Satan fous
nos pies.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon T>ieu.
Qu'il te plaifç de fçcou-
rir, & de confoler tous ceux
qui font en danger : en tribu-
lation : & en néceffité.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon 'Dieu,
QLillte plaife de confcr-
ver tous ceux qui voiagent
par mer ou par terre : toutes
les femmes qui font en tra-
vail d'enfant : toutes les per-
fonnes malades 5 & tous les
petits enfans : & d'avoir com-
palîîon de tous les prifoniers
& de tous les captifs.
Nous te fuplions de nous
exaucer y à bon T)ieu.
Qii'il te plaife de prendre
ladeffenfedes orphelins: des
veuves : & de tous ceux qui
font defolez & opprimez :
& de pourvoir à tous leurs
befoins.
Nous te fuplions de nous
exaucer y èbonDleu,
Q^fil te plaife d'étendre
ta mifericorde fur tous les
iiommes.
Nous te fuplions denous
exaucer, 6 bon Dieu,
Qi^i'il te plaife de pardon-
ner à nos ennemis : à ceux
qui nous calomnient ôcnous
pcrfecutent : & de convertir
leurs cœurs.
Nous te fuplions de nous
exaucer^ a bon Dieu.
Qu'il
"3^
Qii'il te plaife de nous
donner & de nous conferver
les fruits de la terre: afin que
nous en puilîîons jouir dans
leur faifon.
Nous îe fupUons de nous
exaucer y obonT>ieu,
Qu'il te plaife de nous
donner à tous une vraie re-
pentance:de nouspardonner
tous nos péchez, toutes nos
négligences & nos ignoran-
ces: nous accordant la grâce
de ton Saint Efprit; afin que
nous reformions nôtre vie
félon ta Sainte Parole.
N.0US te fupUons de nous
exaucer y o bon T>ieu.
O Fils de Dieu, nous te
fuplions de nous exaucer.
O Fils de T^ieUy nous te
fuplions de nous exaucer,
O Agneau de Dieu, qui
ôtes les péchez du monde.
Accorde nous ta paix,
O Agneau de Dieu, qui
ôtes les péchez de monde.
Aie pitié de nous.
O Chrift, exauce nous.
OChriJt, exauce nous.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Seigneur, aie pitié de
nous,
Chrift, aie pitié de nous.
Chrijt^ aie pitié de nQHS,
La L I t a n f è.
Seigneur, aïe pîtîé dé
nous.
Seigneur i aie pitié de
nous,
J Alors le Prêtre & le Peuple^
en même tems^ diront l'Orai-
fin Dominicale,
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom
foit fandifié. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au CieL
Donne nous aujourdliui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos ofFenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
qui nous ont offenfez. Et ne
nous indui point en tenta-*
tion 5 Mais délivre nous du
malin. Amen.
LeVrêtre.
O Seigneur, ne nous fai
point félon nos péchez.
Réponfe.
Et ne nous rend pas fé-
lon nos iniquitez.
TrionsDiEU,
Dieu, & Père miferî-
cordieux, quinemé-
prifes point les foupirs duti
cœur contrit, ni les gémifle-
mens de ceux qui font en
angoiife : écoute en ta mifé-
ricorde les prières que nous
te préfentoas dans toutes
I nos
o
TW
Sos calâmîtez,& dans toutes
nos mifères i & nous exauce
par ta grâce : afin que les
maux que le Diabk, ou les
hommes machinent contre
nous par leur malice & par
leurs rufes, foient réduits à
néant : & tellement diffipez
par ta providence, que nous
tes fcrviteurs, étant affran-
chis de toutes perfécutions,
te puiffions glorifier conti-
nuellement au milieu de ton
Eglife^par JefusChrift nôtre
Seigneur.
- O Seigneur ylève-toiy aide^
nous y & nous délivre four
(amour de ton Nom.
O Dieu, nous avons ouï
de nos oreilles, ôc nos Pères
nous ont raconté les exploits
que tu as faits en leurs jours :
Ôcaux jours d'auparavant.
O Seigneur Jève-toi.aide-
nous, é^ nous délivre pour
t amour de ta gloire.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il fe-
ra éternellement. Amen.
r Garanti nous de nos en-
nemis, ô Chrift.
Et jette les yeux de ta
mifericord^ fur nos afflic-
iions^
La Lit an î t. '$%]
Confidérc en tes compaf-
fions les foupirs de nos
coeurs.
Et pardonne félon ta mi-
fer ic or de ^ lespechez de ton
Peuple.
Ecoute nos prières favo-
rablement & mifericordi-^
eufcment.
O Fils de "David^ aiepi-
tié de nous.
Daigne nous écouter
maintenant & à jamais, ô
Chrift.
Ecoute nous favorable-
ment-, o Chrift : écoute nous
favorablement j ô Seigneur
JefusChrift.
Le Trëtre.
Que ta mifericorde foît
fur nous, ô Eternel^
Réponfe.
Selon que nous nous (oiry
mes attendus à toi.
N
Trions Dieu.
Ous te prions très
humblement, ô Pè-
re, de jetter les yeux de ta
mifericorde fur nos infirmi-
tez : & pour la gloire de ton
Nom, détourne de nous
tous les maux que nous a-
vous méritez très-juftement:
& nous fai la grâce, qu'en
toutes nos afflictions, nous
met-
32
nicttions entièrement nôtre
confiance en ta miféricorde:
ôc que nous te fervions
toujours en fainteté, & en
pureté de vie, à ton hon-
neur &à ta gloircj par nô-
tre feul Médiateur & Avo-
cat, Jefus Chrift, nôtre
Seigneur. Amen,
5 Prière de Saint C h r y-
S O s T O M E.
SEigneur, Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
fait la grace> de t'addreffer
maintenant nos Prières d un
commun accord, & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront affem-
blez en ton Nom, tu leur
accorderas leurs requêtes:
accompli maintenant k^'
fouhaits, & les deman-
des de tes ferviteurs, félon
que tu connois qu il eft le
plus expédient & le plus
falutaire 5 nous accordant
dans ce monde la connoif-
fance de ta vérité, & au
fiécle à venir la vie étcrnelleii
Amen.
J 2 CoYinth, XIII. Verf. 13; 1
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus Chrift, &
la diledion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen.
Ici finit la Litanie} *
PRIERES
P R I E R E sr
?1
PRIERESa'ACTIONS DE GRACES;
pour diverfes occajïons particulières ^ au il faut dire
avant les deux dernières Trières de la Litanie, <
des Trières du Matin ô* du Soir^
Ole
Prières.
Vour demander de la Pluie,
ODieu Père ccleftc,
qui par ton Fils Je-
fus Ghrift, as promis à tous
ceux qui cherchent ton
Roiaume & fa jtifticc, toutes
les chofes néceilaircs pour
leur nourriture corporelle :
Nous te prions que dans la
nécclîité où nous fommes,
il te plaife de nous envoler
des pluies ^\ douces & fi
modérées, que nous puif-
fions recueillir les fruits de
la terre à nôtre confola-
tion, pour ten glorifier j
par notre Seigneur Jefus
Chrift. Amen,
Pour demander le Beau-îems.
O Seigneur Dieu Tout-
puiilant, qui pour les
péchez du genre-humain, as
\xi\(:: fois fubmcrgé tout le
monde, excepté huit per-
fonnes j 6c qui promis en-
'fuite dans ta grande mife-
ïicoxdcquc tu;ic le déti;ui-
rois plus ainfi : nous fecon-
noiifons que nos péchez
n ont que trop mérité ces
débordemens d'eaux, dont
tu nous vifites : mais nous
te fuplions qu alant égard
à nôtre repentance , tu
veuilles nous envoier le
temps propre à nous faire
recueillir les fruits de la
terre dans leur faifon : &
nous fai la grâce que nous
aprenions à profiter de tes
châtimens pour nôtre a-
mendemcnti & à te bénir
pom* ce nouvel effed de ta
paternelle bonté i parjefus
Chrift nôtre Seigneur. A*
men.
En tenu de Cherté & dé Fa-^,
mine,
ODieu Père Celcfte,
puis que c'eft par toi
que la pluie defcend j qUe
la terre cft fertile j que les
animaux croifTcntî ôc que
les poiiTons multiplient :
Nous te fuplions d'avoir
D égard
u
PRIERES.
cgard à raffliaion de ton
peuple 5 & de nous accor-
der par ta bonté,^ que la
difette & la cherté des vi-
vres que nous foufFrons
très-jufteinent pour nos ini-
quitez, Ibient changées en
profpérité & en abondance,
pour Taniour de Jefus
Chrift nôtre Seigneur j au-
quel avec toi, ôc avec le
Saint Efprit, foit tout hon-
neur & toute gloire, dès
maintenant ôc à jamais.
Amen.
& pour nôtre propre con-
folation, par Jefus Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
Eh tems de Guerre^ & de Tji-^
muhes.
O
Ou ceïk'ct.
ODicu, Père de mife-
ricorde, qui au tems
du Prophète Elifée, chan-
geas en un moment, dans
la ville de Samarie, la di-
fette en abondance i aie
pitié de nous, qui pour
nos péchez fommes affli-
gez de la mcmc adverfitc :
& nous accorde le même
foulagcmcnt dans un pareil
befoin. Pvépan ta béné-
didion celeftc fur les fruits
de la terre, pour leur don-
ner raccroiilement : afin
que recevant ces biens de
ta pure bonté, nous en u-
fions pour ta gloire -, pour
Dieu, Tout-puiffant,
Roi des Rois, & Gou-
verneur de toutes chofes ; à
la puiffance duquel nulle
créature ne peut réfifter ; &
à qui il apartient de punir
les pécheurs en ta juftice^
ôc de faire grâce a ceux qui
font véritablement rep en-
tans : fauve nous, ôc nous
délivre de la main de nos
ennemis j quil te plaife de
rabatre leur orgueil 5 de
dompter leur malice; &de
confondre leurs deifeins :
afin qu'étant couverts de ta
protedion, nous foions dé-
fojrmais garantis de tout
danger, pour te glorifier, ô
Dieu, qui feul donnes les
vidoires ; par les mérites
de ton Fils unique, ]efus
Chrift nôtre
Amen.
Seigneur,
En temps de Pefle^ ou d^ autre
maladie contagieufe.
Dieu, Tout-puifTant;,
qui dans ta colère
O
le foulagemcnt des pauvres j | frapas ton peuple d'une
plaie
Prie
plaie terrible, à caufc de fa
Rébellion obflinée dans
le défert, contre Moïfe
ôc Aaron : & qui au tems
du Roi David fis mourir
foixante & dix mille hom-
mes par la pefle; & puis
dans tes eompallions déli-
vras ceux qui reftoient : aie
pitié de nous, 6 Dieu: aie
•pitié de nous miferables pé-
cheurs, qui fommes main-
tenant viilrez de maladies
& de mortalité. Et comme
alors il te plu de te 1 ailler
fléchir & de dire à l'Ange
deftrudeur, c'eil allez : O
Dieu de miiericorde , retire
de deP.iis nous cet épouvan-
table flcau i afin que nous
t'en glorifiions continuelle-
ment, en ton Fils Jefus
Chrill nôtre Sauveur.
^ Prière qui fi dira chaque jour
des Semaines des quatre tems,
pour ceux qui doivent être ad-
mis aux Saints Ordres,
DleuTout-piûlTantj nô-
tre Père celcfte, qui
par le fang précieux de ton
Fils bien aimé t'es acquis
trEglife unlverfelle ; regarde
sla iîavorablement : & dans
Hce tems condui rcfprit dejpréience; à la gloire de ton
:t€s ieryiteurs icr> Evêques grand Nom, 6c à rédifica«
I D â tion
R E s. 5^
& les Pafteuîs de ton trou-*'
peau ^ afin qu ils n impofent
pas les mains avec précipi-
tation pour l'œuvre du Sacré
Miniflère : mais qu'ils faC-
lent un jufte & légitime
choix. Favorife auffi, Seig-^
neur, de ta grâce ôc de ta;
bénédiftion celcfte, ceux
qui feront ordonnez à cette
lainte charge : & fai que
par leur vie & par leur do-
clrine, ils avancent ta gloire^
&le falutdes hommes i pat
jefus Chrift nôtre Seigneur*.;
Amen.
Ou celk'cL
Dieu Tout-puifîant, dii^
quel deicend toute
bonne donnation j & qui
par ta Divine Providence,
as établi divers Ordres
dans ton Èglife : nous te
fuplions très humblement
qu'il te plaife d'accorder
ta grâce à tous ceux qui
doivent y être apellez à
quelque office, ou admini-
ftration. Rempli- les de la
vérité de ta Dodrine, ôc les
revêts d'innocence : afia
qu'ils puiffent exercer fidèle-
ment leur Miniftère en ta
3(5 Prie
tion de ton Eglife ; par
Jefus Chrift notre Seigneur.
Amen*
f Vrme pour la grande Cour
DU Parlemeî^t, qui doit être
Ue pendant f es Séances.
ODieu très-bon, nous
te préfentons nos
très-humbles Prières, pour
ce Roiaume en général,
& particulièrement pour
la grande Cour du
Parlement, qui eft
maintenant aflemblée, fous
nôtre ROI très-pieux, &
très-débonnaire. Qu'il te
plaife de diriger & de faire
réiiflir toutes leurs délibé-
rations à ravancement de
ta gloire 5 au bien de ton
Eglife ; à la feureté, à Hion-
neur, & a lavantage du ROI
& de fes Roiaumes. Que
toutes chofcs foient telle-
ment réglées, & établies par
leurs foins & par leurs tra-
vaux, fur les meilleurs &
les plus fûrs fondemcns 3
que la Paix & le Bonheur,
la Vérité & la Juftice, la
Religion & la Piété, puif-
fçnt être affermies au mi-
lieu de nous, de généra-
tion en génération.^ Nous
te demandons ces gra-
R E 5.
ces, & les autres qui font
néceilaires, à eux & à nous,
& à toute ton Eglife, au
Nom & par la Médiation
de Jefus Chrift, nôtre très-
bénin Seigneur & Sauveur,
Amen.
^ ColleEîe, ou Pnére pour toutes
fortes de perfotines de quelque
condition que ce foi t ; qui fe
doit faire lors que la Litanie
ne fe dit pas félon l'Ordre
prefcrit.
O
Dieu, Créateur ôC
Confervateur du gen-
re-humain, nous te prions
très humblement , pout
toutes fortes de perfonnes,
de quelque qualité 6c con-
dition qu'elles foient : qu il
te plaife leur faire connoitre
tes voies, ôc manifefter ton
falut à toutes les Nations.
Nous te prions particu-
lièrement pour la profpéri-
té de TEglife Univerfelle ;
qu elle foit tellement con-
duite 6c gouvernée par
ton Efprit, que tous ceux
qui font profellîon d'être
Chrétiens, 6c qui en pren-
nent le Nom, puiflentctre
n.menczau chemin de lai
Vérité i 6c quils gardent
la foi d^ns lunité de VEC-
prit,,
Actions de Grâces. 3 jf^j.,
mour de Jefus Êfcift.
Amen.
prit, par le lien de la paix
en fainteté de vie. Enfin
nous recommandons à ta
bonté paternelle, toutes les
perfonnes affligées dans
leur eiprit, dans leur
corps, ou dans leurs biens*'.
(* Particulière-
ment ceux qui fe
recommandent à
nosTriéres)Vc\uX'
le les confoler &
les fecourir félon
leurs diverfes néceflitez ; leur
donnant la patience dans
leurs foufFrances, & une heu-
rcufe iffuë de toutes leurs af-
fliftions. Nous te deman-
dons ces grâces pour Ta-
* Cecîfe doit
dire quand
quelqu'un efi
recommandé
Mux Trières
del'Eglife.
% Prière qui fe peut dire aprh
quelle qufi ce foit des préce^
dentés^
ODieu, duquel la na-
ture ôc le propre eft
d'être toujours enclin à
avoir pitié, & à p rdonner ;
reçoi nos très-huiLbles pri-
ères. Et comme nous
fommes liez des chaînes de
nos pecheZ;; fai que par ta
miferiçprde, & par ta grande?
bonté, nous en foions dé^
livrez ; pour Tamour dç
Jefus Clirift nôtre Médi^-^
teur & Avocat. Amen^
-ù
^^)^^^^,}%.)%.^.}%.'^'^}^)%^)%.^?^)%.
ACTIONS DE GRACES GENERALES,
lEU Tout-puiirant,j ( * Particulière-
ment envers ceux
nous tes indignes qui défirent de
f offrir mainte-
nant leurs loUan-
ges c^ leurs ac-
tions de- graceSy
pour lesgr-atuitez^-
dont tu as depuis
ï>5
X^ Père de toute mife-
corde ;
ferviteurs te remerc;ons
très-humblement & de tout
nôtre cœur, de toutes tes
bonteZj & de toutes tes
faveurs envers nous, &
envçrs tou$ lç$ hoi^imçs.
*Cecl fe doit
dire quand
ceux qui ont-
été recom-^
mandez aux
Friér-es d&
k'EgliJe, déJU
rent de ren^
dre grâce i à
Vieu^
peur up
lî^. Actions d
en'vers eux) Nous te bc-
jiiffons pour nôtre créa-
tion î pour notre confer-
vmons pour toutes les
bénédidions de la vie
préfente : mais fut tout
pour rineftimable charité
que tu nous as montrée
dans la Rédemption du
ïiionde, par nôtre Seigneur
JefuS Chrift 5 pour les af-
fiftances de ta grâce; &
pour refperance de ta Gloi-
re. Et nous te fuplions
de nous donner le fcn-
timent que nous devons
avoir de toutes tes fa-
veurs : afin que nos cœurs
en aient une véritable &
fuicère reconnoiilance 5 &
que nous publiions tes loii-
snges non feulement de
bouche, maïs fur tout par
la conduite de nôtre vie :
en nous attachant à ton
fervice y & en cheminant
devant toi en juftice &
en fainteté, jufqucs à la
fin de nos jours \ par Je-
fus Chrift nôtre Seigneur :
auquel comme à toi ôc
nu Saint Efprit, foit tout
honneur, & toute gloire,
aux fiécles des fiécles, A-
Tnen.
5 ^^^'^ ^^^ Vliile.
ODieu nôtre Père ce-^
lefte^ qui par ta
providence, fais defcendrc
fur la terre la pluie de la
première & de la dernière
i faifons afin qu elle produife
fes fruits, pour Tufage des
hommes : nous te remer-
cions très-humblement, de
ce que dans nôtre grande
néceffité, il t'a plù d'cavoier
enfin une pluie favorable fur
la terre altérée : à la grande
confolation de nous tes in-
dignes lervitcurs 5 & à la
gloire de ton Saint Nom j,
par Jefus Chrift nôtre Sau-
veur. Amen,
5 Voiir h Beaii-tems,
SEigneur Dieu , qui
nous avois Juftement
humiliez par les Pluies
continuelles 5c les inon-
dations dont tu nous as
vifitez ; & qui nous as
confolez en nous envoiant
ce changement de tems,
fi convenable a la Saifou
& à nos befoins : nous
louons & nous glorifions
ton Saint Nom, de ce
nouveau témoignage de,
ton amour paternel. Qiie
la
Actions de Grace5.
%9
la lôiiange, ô Dieu, ^t'cn
foit rendue d âge en âge 5
par Jefus Chrift nôtre Seig-
neur. Jlm^n.
^ Pour r Abondance,
PEre très - mifericor-
dieux, qui as exaucé
par ta grâce les Prières de
ton Egliie, en changeant
nôtre difette en abon-
dance : nous te rendons
2;races très-humblement de
ce nouveau témoignage
de ta bonté i te fupliant
vrez en proie a nos enne-
mis : & nous te fuplions
de nous continuer ta Pro-
tedionj afin que tout le
monde connoiffe que tu
es nôtre Sauveur & nôtre
puiilant Libérateur 5 par je-
fus Chrift nôtre Seigneur,
Amen,
3" Pour le Rétahlijjemeni de la
Paix publique au milieu de
nous,
ODieu Eternel, & nô-
tre Père celefle, qui
de vouloir nous continuer ^^^^ f^-^ j^^^^.^^^ ^^^ j^^^^.
ta faveur : afin que la terre k^^^ ^^^ p^i^ ^ ^^^ ^^^^^^^^
nous rende fes fruits abon
damment à ta gloire, & à
nôtre confolation 5 par
nôtre Seigneur Jefus Chrift.
Amen-
% Pour la Paix, & lors que
l'on a été délivré de la
main des Ennemis.
ODieu Tout-puilTant,
qui es une forte tour
pour la défcnfc de ton peu
pic contre fes ennemis
nous te beniflbns, & nous
te rendons grâces de ce
que tu nous as délivrez
àzs grands dangers qui
nous nicnaçoient. Nous
reconnoiilcns que c'eft, un
effet de ta bonté, que
itiQus naions pas été U-
de dans un même lieu;
& qui calmes les orages
d'un peuple violent & em-
porté : nous beniilbns ton
Saint Nom, de ce qu il ta
plu d'apaifer les féditions
6c les tumultes, qui s'étoi-
ent depuis quelque tems
élevez au milieu de nous :
te fupliant très-humble-
ment de nous faire la grâce
à tous d obéir déformais à
tes Saints Commandc-
mcns : de forte que me-
nant une vie paifîblc &
tranquille en toute piété, &
honnêteté, nous puiiîions
t offrir continuellement le
facrificç de nos louanges &
dç îios aftioa.3 d;ç grâces >
D 4* f^^
46
Actions de
la
maladie
par Jefus Chrift nôtre Sei
gneur. Amen.
;f Apres être délivrez, de
Pefle, ou d'au
Ontagieufe.
SEigneur Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
frapez pour nos péchez,
& Gonfumez pour nos ini-
quitez, par Taccablante &
terrible maladie, dont tu
nous as vifitcz depuis peu ;
& qui te fouvenant de ta
mifericorde au milieu
tes jugemcns , viens
tacheter nôtre vie de
' puiffance de la mort : nous
offrons à ta bonté pater-
nelle nos perfonnes, qu il
t;a plu d'épargner j & nous
tepréfentons nos corps, &
nos âmes en facrifice vi-
vant : louant & magnifiant
à jarnais ta mifericorde au
milieu de ton Eglife; par
Jefus Chrift nôtre Seigneur.
Amen,
f 0^ celle-ci,
PERE mifericordieux,
nous reconnoiiTons en
de
de
la
G R A C E S.^
toute humilité devant t\
face, que toutes les malé-
dirions dénoncées dans ta
Loi, pouvoient juftement
tomber fur nous, à caufe
de nos tranfgrcfîions fans
nombre, ôcde rendurciffe-
ment de nos cœurs: mais
puis quil t'a plu dans tes
grandes compallîons, d'a-
vou*
égard
notre humi-
liation, quoi qu'imparfaite;
en appaifant la fureur de
cette Contagion mortelle,
qui ravageoit ton héritage :
& de faire ouïr de nouveau
parmi nous les cris de joie,.
& la voix de Texultation :
nous préfentons à ta Divine
Majefté, ce facrifice de
louanges & dadions de
grâces i exaltant, & mag-.*
nifiant ton Nom glo-
rieux, de ce que par ta
providence tu nous as fî
mifericordieufement garan-.
tis de ce fléau 5 par Jefus
Chrift nôtre Seigneur. A^^
men.
ILis^
Le t. Dimanche de l^Avent? 4^
LES COLLECTES, LES EPITRES ET LES
EVANGILES, pour toute rAnnée.
^ Remarquez^ que la CotîeEîe de chaque Dimanche^ ou de quelque
Fête que ce foit, qui a une Vigile ou Veille^ fe dira au Service
du Soir, qui précède immédiatement.
Le Tremier dimanche de
TAvent.
La Collecte.
ODieu Tout-puiffant,
fai nous la grâce que
rcjettant les oeuvres de té
nébres, nous foions revê-
tus des armes de lumière,
•durant cette vie mortelle 5
en laquelle tonPilsJefus
Chrift nous eft venu vifiter
en grande humilité ; afin
qu'au dernier jour quand
il reviendra dans fa Ma-
jefté glorieufe, pour juger
les vivants & lés mort,
nous refîufcitions à la vie
immortelle; par ce même
Jefus Chrift ; qui vit, &
qui règne avec toi, 6c
avec le Saint Efprit, main-
tenant & à jamais. A-
f Cette ColleBe fe doit dire
chaque jour^ avec les autres
Colletles durant l'A vent, juf-*
que s à la Veille de Noël.
L' E p I T R E:, Rom. 1 3.8.
NE devez rien à per-
fonne, fmon que
vous vous aimiez lun lau-
tre : car celui qui aime les
autres, a accompli la Loi»
Parce que ce qui eft dit.
Tu ne commettras point
adultère j Tu ne tueras,
point i Tu ne déroberas
point i Tu ne diras point
faux témoignage 5 Tu ne
convoiteras point i & tel
autre commandement, eft
lomm^irement compris dans
cette parole 5 Tu aimeras
ton Prochain comme toi-
même. La charité ne fait
point de mal ^u Prochain :
raçcompliflement donc de
la Loi caft la charité.
Mçmç
^:^ I.E li P IMANCHK DE l'AveNT*
Même vu la faifon, parce
qiulcft déjà temps de nous
xéveiller du fommeil : car
maintenant le falut cftplus
près de nous, que lors que
nous avons crû. La nuit
cft paffée 6c le jour eft
aproché : rejettons donc
les oeuvres de ténèbres,
ôc foions revêtus des armes
^de lumière. Conduifons-
nous honnêtement &
comme en plein jour : non
point en gourniandifes, ni
en yvrogneries j non point
en couches, ni en info-
lences 5 non point en que-
relles, ni en envie. Mais
foiez revêtus du Seigneur
'lefusChrift, & n aicz point
-loin de la chair pour aç-
. complir fes convoitiics,
: L'Evangile, S. Matt. 21.1.
OR quand ils furent
près de Jérulalem,
<Sc qu'ils furent venus à
Bcthphagé au mont des O-
liviers, jéfus envola alors
deux Difciples; en leur
difant : Allez à ce village
qui eft vis-à-vis de. vous, ôc
d'abord vous trouverez une
âneffe atachée, 6c fon
poulain avec elle : déta-
chez-les, ôc amenez-les
moi, Et fi quelqu'un VOUS
dit quelque chofcj vous
direz que le Seigneur en a t
affaire : & auffi-tôt il les
laiifera aller. Or tout cela
fe fit afin que fut accom-
pli ce dont il avoit été
parlé par le Prophète, en
difant s Dites à la jSUe de
Sion j voici, ton Roi vient
à toi, débonnaire, Remon-
té fur une âneffe, & fur
le poulain de celle qui eft
fous le joug. Les Difci-
ples donc s'en allèrent, ôc
firent comme Jéfus leur
avoit ordonné. Et ils a-
menerent Tâneffc ôc Ta-
non, & mirent leurs véte-
mens deffus, & l'y firent
afleoir. Alors de grandes
troupes étendirent leurs
vétemens par le chemin ^
&c les autres coupoient
des rameaux des arbres, &
les étendoient par le che-
min. Et les troupes qui
alloient devant, & celles
qui fuivoient , crioient,
en difant 3 Hofanna, au
Fils de David, béni foit
celui qui vient
du Seigneur :
dans les lieux
Et quand il fut entré dana
Jéi'ufalçm^ toute la ville
5 * ïilt:
au Nom
Hofanna
très- hauts»
T'Ë 2. DlMAÎÏCHE DE l'AvENT.
43^
Fiit cmiië, difant , Qui eft
celui-ci ? Et les troupes
diibient : C'cft Jcfus le
Prophète; qui eft de Na-
zareth en Galilée. Et Jé-
fus entra dans le Temple
de Dieu 5 & chalîa dehors
tous ceux qui vendoient &
qui achetoient dans le
Temple 5 & renverla les
tables des changeurs, &
les fiéges de ceux qui ven-
doient des pigeons j & il
leur dit : Il eft écrit, ma
Maifon fera appellée Mai-
fon de prière j mais vous
en avez fait une caverne de
voleurs.
[Ijû fécond "Dimanche de
/■Avent.
La Collecte.
O Seigneur très-bon &
très - mifericordieux ,
qui nous as donné toute
TEcriture S'"" pour nôtre in-
ftrudion , fai nous la grâce
defécouter, de la lire, de
la méditer, de l'apprendre,
& de la digérer intérieure-
ment i de telle forte que par
la patience, & par la con-
folation de ta Parole, nous
foions affermis pour tou-
jours dans fefperance de 1^
vie éternelle, que tu nous
accordes en jefus Chrift
nôtre Sauveur. Amen.rnJi
UEpitre, Rom. 15.4.^
TOutes les chofes qui
ont été écrites au«
paravant, ont été écrites
pour nôtre . inftrudion :
afin que par la patience &
la confolation des Ecri-
tures nous aions efperancCo
Or le Dieu de patience &
de confolation, vous faiïe
la grâce davoir tous u.a
même fentiment, félon Je-
fus Chrift: Afin que tous
d'un même cœur, & d'une
même bouche vous glori-
fiiez Dieu, qui eft lePcre de
nôtre Seigneur jefus Chrift.
C'eft pourquoi recevez- vous
l'un l'autre, comme aulîi
Chrift nous a reçus à lui,
pour la gloire de Dieu.
Or je dis que jefus Chrift a
été Miniftre de la Circon-
cifion, pour la vérité de
Dieui afin de ratifier les
promeffes faites aux Pères :
Et afin que les Gentils ho-
norent Dieu pour fa mife-
ricorde : félon ce qui eft
écrit 5 Je célébrerai à caufe
de cela ta louange parmi
les
j7f Le 3~' DiMAîTC
ks Gentils; & je pfalmo-
dierai à ton Nom. Et il
cft dit encore: Gentils,
jéjouïffez-vous avec fon
peuple. Et encore: Toutes
Nations, loiiez le Seig-
neur : & vous tous peuples
célébrez-le. Et aulîî Efaïe
a dit : Il y aura une ra-
cine de Jeffé, & un qui
s'élèvera pour gouverner
les Gentils, & les Gentils
auront efperance en lui.
Le Dieu d'efperance donc
vous veuille remplir de
toute joie & de toute paix,
en croiant : afin que vous
abondiez en efperance par
la puiflance du Saint E^f.
prit.
L'Evangile,, S.Luc. 21.250
ET il y aura des fignes
dans le folcil & dans la
lune, & dans les étoiles; &
une telle détrefle des na-
tions, qu on ne faura que
devenir fur la terre; la
mer bruiant ôc les ondes.
De forte que les hommes
feront comme rendant
rame de pcu^^, & à caufe
de Tatcnre des chofes qui
furviendront dans toute la
terre : car les vertus des
çiçux feront ébranlées. Et
HE DE L'AVEKT?
alors on verra le Fils àê
rhomme venant fur une
nuée, avec puilfance &
grande gloire. Or quand
ces chofes commenceront
d'arriver 5 regardez en haut,
& levez vos têtes ; parce
que vôtre délivrance ap-
proche. Et il leur propo-
fa cette comparaifon >
voiez le figuier, & tous
les autres arbres : Quand
ils commencent à poufîcr^
vous connoiflez de vous-
mêmes en regardant, que
TE té eu déjà près. Vous
aufli pareillement, quand
vous verrez arriver ces
chofes; fâchez quç le Règne-
de Dieu eft près. En vérité;
je vous dis, que cette gé-.
nération, ne paflera çoint,^
que toutes ces chofes ncv
foient arrivées. Le ciel &
la terre pafferont; mai^
mes paroles i\e palTeront
point
Le Troifiéme dimanche de
/'Avent,
La C0H.ECTE.
OSeignçuïJefus Chrift,,
qui à ton* premier
avenenient, envolas ton
Meflager pour préparer ton.
chemin dçvant toi 5. fti quQ
Iqs
Le 3. D I
îcs Miniftres ôc Difpenfa-
tcurs de tes miftères pré-
parent auffi, & aplanif-
fent fi bien tes voies, en
convertiflant le cœur des
rebelles à la prudence des
juftes, que lorfquà ton fé-
cond avènement tu vien-
dras pour juger le monde,
nous foions trouvez un peu-
ple agréable à tes yeux, ô
qui vis, & qui
avec le Père & le
Saint Efprit, un feul
béni éternellement. Amen
MANCHE DE l'A V E N T.' 45
mettra en lumière les chofes
cachées dans les ténèbres 5
& qui manifeftera les con-
feils des coeurs: & alorsDieu
rendra à chacun fa louange.
Seigneur
règnes
L'Epitre, I Cor. 4. i.
QUe chacun nous tienne
, pour Miniftres de
Chrift, & pour Dilpenfa-
teurs des miftères de Dieu.
Mais, au refte, il eft requis
entre les Difpenfateurs que
chacun foit trouvé fidèle.
Pour moi, je me foucie fort
peu d'être jugé de vous, ou
de jugement d'homme : &
aullî je ne me juge point
moi-même. Car je ne me
fens coupable de rien : mais
pour cela je ne fuis pas jufti-
tié : mais celui qui me juge,
c'eft le Seigneur. C'eft pour-
quoi ne jugez de rien avant
le temps, jufquà ce que le
Seigneur vienne 5 qui aufli
L'Evangile, S.Matth.i 1.2,
OR Jean aiant ouï par-
ler dans la prifon
des faits de Chrift, envoia
deux de fes Difciples pour
lui dire : Es-tu celui qut
I devoit venir,, ou fi nous de-
Dieu I vous en atendre un autre ?
Et Jéfus répondant, leur
dit 5 Allez, & raportez à
Jean les chofes que vous
entendez & que vous vol-
ez. Les aveugles recou-
vrent la vue; les boiteux
marchent; les lépreux font
nettoiez ; & les fourds oi-
ent ; les morts font reiTuf-
citez ; & l'Evangile eft an-
noncé aux pauvres. Mais
bien-heureux eft celui qui
n'aur apoint été fcandalifé
en moi. Et comme ils s'en
alloient ; Jefus fe mit à dire
de Jean aux troupes : Qu'ê-
tes- vous allé voir au défert?
Un rofcau agité du vent ?
Mais qu'êtes-vous allé voir- \
Un homme vêtu de précieux
vétemens? voici, ceux qui
portçfit des habits précieux,
font
"4t> Le 4. DiMANCH
font dans les maifons des
Rois. 2viaisquetcs-vous al-
lé voir ? Un Prophète ?
oui, vous dis-jc, & plus
qu un Prophète. Car il cft
celui duquel il a été ainfi
écrit : Voici, j'envoie mon
nieilager devant ta face, le-
quel préparera ton chemin
devant toi.
Le ^latriéme T)hnanche
de /'Avcnt.
La Collecte*
\TEuillc Seigneur, nous
' foutcnir par la vertu
de ton Efprit, & par la force
toute puilTante de ta grâce ;
afin que nonobftant les pé-
chez & les tentations qui
nous retardent, nous puif-
fions heureufemcnt achever
la courfe qui nous eft pro-
pofée, a la louange de ta
mifcricorde ; & par les mé-
rites de ton Fils notre Seig-
neur 5 auquel, avec toi, &
avec le Saint Elprit, foit
honneur & gloire ctcrneilc-
ment. Amen.
LTpitre, Phil. 4. 4."
RE j ouïiTez - vous tou-
jours eu nôtre Seig-
neur : je vous le dis encore.
È DÉ l'Avant^.
réjouïiTez-vous. Qtie vôtre
douceur foit connue de tous
les hommes. Le Seigneur
eft près. Ne vous inquié-
tez de rien ^ mais en toutes
chofcs préfentez vos de-
mandes à Dieu par des priè-
res & des fuplications, a-
vec des actions de grâces*
Et la paix de Dieu, laquelle
furpafle tout entendement^
gardera vos cœurs & vos
fentimens enJéfus-Chrift.
LTvANGïLE, S.Jean i. i^l
C'Eft ici le témoignage
de Jean, lors que les
|uifs envoicrcnt de Jérufa-
lem des Sacrificateurs & des
Lévites pour finterroger,
& lui dire ; Toi qui es-tu ?
Car il Tavoua, & ne le nia
point : il l'avoua, dis -je, en
difant. Ce n'eft pas moi qui
fuis le Chrift. Sur quoi ils
lui demandèrent i Qui es-
tu donc? Es-tu Elic? Et il
dit 5 ]e ne le fuis point.
Es-tale Prophète? Etilré-^
pondit 5 Non. Ils lui di-
rent donc i Qiii es-tu ? afin
que nous donnions réponfc
à ceux qui nous ont en-
voiez : que dis- tu de toi-
même? Il dit; Je fuis la
voix de celui qui cric dans
k
LEjaUR DE Noel\ I7
le défcrt : Aplanifîcz le jfaits tes enfans par adoption
chemin du Seigneur, com- &par grâce, nous foions de
nie aditEfaie le Prophète
Or ceux qui avoient été en
voiez vers lui étoient d'entre
les Pharifiens. Ils Tinterro-
gerent encore, & lui dirent 5
Pourquoi donc baptifes-tu,
Il tu n es point le Chrift, ni
Elle, ni le Prophète?- Jean
leur répondit, & leur dit 5
Pour moi, jebaptiic d'eau :
mais il y en a un au milieu
<lcvous, que vous ne con-
noiflez point : C'eft celui
qui vient après moi, qui eft
préféré à moi, ôc duquel
je ne fuis pas digne de dé-
lier la courroie du foulier.
Ces chofes arrivèrent à Be-
thabara, au delà du Jour-
dain, où Jean baptifoit.
Le Jour de la Y^ Kl'^-
NEUR appelle Jso'éL
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
as donné ton Pils
Unique, afin qu il prit notre
nature, & qu'il naquit d'une
chafte Vierge, dans un temps
pareil à celui-ci : accorde
iious quêtant régéncrez, &
jour en jour renouveliez par
ton faint Efprit i par Jefus
Chrift nôtre Seigneur, qui
vit & qui règne avec toi,.
& avec le Saint Efprit, vux
feul même Dieu béni éter-
nellement. Amen.
L'Epitre, Heb. i. i.
Dieu aiant ancienne-
ment parlé à nos pè-
res par les Prophètes, à plu-
fieurs fois, & en plufieurs
manières, a parlé à nous
en ces derniers jours par
fon Fils, qu'il a établi héri-
tier de toutes chofes : &
par lequel il a fait les fié-
clés : Et qui étant la fplen-
deur de fa gloire, & la mar-
que engravée de fa Perfon-
ne, & foutenant toutes cho-
fes par fa parole puiiTante,
aiant fait par foi-même la
purification de nos péchez,
s'eft aiïis à la droite de la
Majcfté dans les lieux très-
hauts: Etant fait d'autant
plus excellent que les An-
ges, qu'il a hérité un Nom
plus excellent, au defTus
d'eux. Car auquel des An-
ges a-t-il jamais dit > Tu es
mon Fils, je t'ai aujour-
d'hui engendré? Et ailleurs;
Y
48 Le Jour d
Je lui ferai Pêrc, ôc il me fc-
ja Fils? Et encore, quand
il introduit dans le monde
fon Fils premier-né, il eft
diti Et que tous les An-
ges de Dieu Tadorent.
Car quant aux Anges,
il eft dit ; Faifant les
vents fes Anges, & la
flamme de feu fes Minif-
tres. Mais il eft dit quant
au Fils 5 O Dieu, ton trône
demeure aux fiéclcs des fié-
cles, & le fceptre de ton
Roiaume eft un fceptre de
droiture : Tu as aimé la
jufticc, & tu as haï Tiniqui-
té : c'cft pourquoi, ô Dieu,
ton Dieu ta oint d'une
huile de joie par deflus tes
compagnons. Et dans un
autre endroit : Toi, Seig-
neur, as fondé la terre des
le commencement 5 & les
deux font les ouvrages de
tes mains : Ils périront, mais
tu es permanent : ôc ils
s envieilliront tous comme
un vêtement 5 Et tu les
plieras en rouleau comme
un habit, & ils feront chan-
gez : mais Toi, tu es le
même, & tes ans ne fini-
-ront point.
E Noël. *
LTvANGiLE, S.Jean r . i^
AU commencement
étoit la Parole, 6c la
Parole étoit avec Dieu, &
cette Parole étoit Dieu*
Elle étoit au Commence-
ment avec Dieu. Toutes
chofes ont été faites par
elle, & fans elle, rien de ce
qui a été fait n'a été fait.
En elle étoit la vie ; & la
vie étoit la Lumière des
hommes. Et la Lumière
luit dans les ténèbres, mais
les ténèbres ne Tont point
comprife. Il y eut un hom-
me appelle Jean, qui fut en-
voie de Dieu. Il vint pour
rendre témoignage 5 pour
rendre, dis-je, témoignage
à la Lumière, afin que tous
cruflent par lui. Il n'étoit
pas la Lmiiiére s mais il étoit
envoie pour rendre té-
moignage à la Lumière.
Cette Lumière étoit la vé-
ritable, qui illumine tout
homme venant au monde.
Elle étoit au monde, & le
monde a été fait par elle :
mais le monde ne l'a point
connue. 11 eft* venu chez,
foi, & les ficns ne l'ont
point reçu 5 Mais à tous
ceux qui Tont reçu, il leur
Le Jour de
a donné le droit d'être faits
enfans de Dieu, favoir à
ceux qui croient en fon
Nom: Lefquels ne font
point nez de fang, ni de
la volonté de la cihair, ni
de la volonté de Thomme :
mais ils font nez de Dieu,
Et la Parole a été faite chair,
& a habité parmi nous 5 ôc
nous avons contemplé fa
gfoire, qui a été une gloire
comme la gfoire du Fils
Unique du Père, pleine de
grâce ëc de vérité.
Le Jour de S. Etienne.
La Collecte.
FAI nous la grâce,
Seigneur, que dans
toutes les foufrances aux-
quelles nous pouvons être
expofez fur la terre, pour le
témoignage de ta Vérité 5
nous regardions toujours
fixement au Ciel, & que
nousvoifons par la foi la
gloire qui doit être révélée 5
& qu'étant remplis du Saint
Efprit, nous apprenions à
aimer & à bénir nos pcrfe-
cuteurs ^ à f exemple de
Saint Etienne ton premier
Martyr, qui te pria pour
ceux qui lefaifoicnt mou-
rir, O Seigneur jefus, qui
S. ETIENNÉr 4^
te tiens à la droite de Dieu*
pour fecourir ceux qui fou-
frent pour toi, nôtre feul
Médiateur 6c KvoQdt.Amen^
% Puis Suivra la ColleEle de là
Naijfance^ qui fe dira toû-*
jours jufquesà la veille du pre-*
mier jour de /'An.
Tour L'Epitre, Ad. 7. 55^
E Tienne étant rempli du
Saint Efprit, & aiant
les yeux atachez au Ciel, Vit
la gloire de Dieii, & Jéfus
étant à la droite de Dieu.'
Et il dit $ Voici, je vois
les Cieux ouverts, & le Fils
de f honime étant à la droite
de Dieu. Alors ils s'écrie-^
rent à haute voix, & bou-
chèrent leurs oreilles> &
tous d'un accord fe jette-
rent fur lui. Et Taiant ti-
ré hors delà ville, ils le la-»
piderent : & les témoin^
mirent leurs vétemens aux
pieds dun jeune homme
nommé SauL Et ils lapi^
doient Etienne, qui prîoit
& difoit : Seigneur jéfus,
reçoi mon efprit- Et se^
tant mis à genoux, il CnA
à haute voix 5 Seigneur, ne
leur impute point ce péché :
àc quand il eut dit cela> il
s'endormit.
5© Le Jour de S. Jean UEvangelistè;
L'Evangile, S. Matth.
23. 34-
Voici, je vous envoie
des Prophètes, & des
Sages, ëc des Scribes, &
vous en tuerez, ôt en cru-
cifierez, & en foueterez
dans vos Synagogues; &
les perlecuterez de Ville en
ville. Afin que vienne fur
vous tout le fang jufte qui
a été répandu fur la terre,
depuis le fang d'Abel le
jufte jufquesau fang de Za-
charie, fils de Barachie, que
vous avez tué entre le Tem-
ple & l'Autel. En vérité je
Vous dis, que toutes ces cho-
fes viendront fur cette gé-
nération. Jérufalem, Jé-
rufaiem, qui tues les Pro-
phètes, & qui lapides ceux
qui te font envolez, com-
bien de fois ai- je voulu raf-
fembler tes enfans, comme
la poule raflemble fespouf-
fms fous fes ailes ? & vous
ne Tavcz point voulu. Voi-
ci, vôtre maifon va être
laiffée défcrtc. Car je vous
dis, que déformais vous ne
me verrez plus jufqua-ce
que vous difiez : Bcni foit
celui qui vient au Nom du
Seigneur,
Le jour de S.Jean l'Evan-
gélifie.
La Collecte.
Mlfericordieux Seig-
neur, nous te fu-
plions de répandre les ce-
leftes raions de ta lumière
fur ton Eglife ; afin quê-
tant éclairée par la dodrine
de ton bien-heureux Apô-
tre, & Evangelifl:e St. Jean,
elle chemine dans la lu-
mière de ta Véritéj & par-
vienne enfin à la lumière
de la gloire éternelle, par
Jefus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, I S.Jean 1. 1,
CE qui étoit dès le com-
mencement, ce que
nous avons ouï, ce que
nous avons vu de nos pro-
pres yeux, ce que nous a-
vons contemplé, & que nos
propres mains ont touché
de la Parole de vie ; (Car
la vie a été manifeftée, &
nous lavons vue, 6c auilî
nous le témoignons, & nous
vous anonçons la vie éter-
nelle, qui étoit avec le Père,
& qui nous â été manife-
ftée) Ce, dis-jq, que nous
avons
Le Jour de SJean L'EVANGËLisTur s'î\
avons vu & ouï, nous vous
ranonçonsj afin que vous
aiez connnunion avec nous,
& que nôtre communion
foit avec le Père, & avec
fon Fils Jcfus Chrift. Et
nous vous écrivons ces cho-
fcs, afin que vôtre joie (bit
rendue parfaite. Or c'eft ici
la promede que nous avons
entendue de lui, & que
nous vous anonçons, fa-
Voir, que Dieu eft lumière,
& qu il nV a en lui nul-
les ténèbres. Si nous di-
fons que nous avons com-
munion avec liii, & que
nous marchions dans les
ténèbres, nous mentons, &
nous n agitions pas félon la
vérité. Mais fi nous mar-
chons dans la lumière,
comme Dieu eft en la lu-
mière, nous avons commu-
nion Tun avec Tautte, 6c
le fang de fon Fils Jèfus
Chrift nous purifie de tout
péché. Si nous difons que
nous n'avons point de pé-
ché, nous nous féduifons
nous-mêmes, & la 'vérité
neft point en nous. Si
nous confeirons nos pé-
chez, il eft fidèle & jufte
pour nous pardonner nos
péchez^ le nous netoier de
J
toute iniquité. Si nous dî-
fons que nous n'avons point
de péché, nous le faifbh^
menteur, & fa parole neft
point en nous.
UE VANGiLE;^ S. Jeatl i I . î pi
Efus dit à Pierre ; fui-'
moi* Et Pierre fe re-
tournant vit venir après
eux le Difciple que JéfiiS
aimoit; & qui dutant le foU-
per s'étoit panché fur le
fein de Jefus, & avoit dit 5
Seigneur, qui eft celui à
qui il arrivera de te trahir t
Quand donc Pierre le vit^^'
il dit à Jéfus 5 Seigneur, Se
celui-ci, quoi > Jéfus luï
dit 5 Si je veux qu'il de-
meure jufqua ce que jà
vienne, qu'en as-tu aff*aire ?
toi, fui-moi : Or cette pa-
role courut entre les Frères^;
que ce Difciple là ne mour-
roit point: cependant Jéi
fus ne lui avoit pas dit s It
ne mourra point : mais^ Si
je veux qu'il demeure juft,
qu'a ce que je vienne 5 qu'eit
as-tu affaire? Ceft ce DiC-
ciple-lâ qui rend témoig-
nage de ces chofes^ & qui
a écrit ces chofes^ ôc nous
favons que fon témoignage
eft digne de foi^ Il y à
auffi plufieurs autres ehd-
E â fês
<^ Le ] OUR
fes que Jéfus a faites, lef-
quellcs étant écrites de
point en point, je ne penfc
pas que le monde même put
contenir les livres qu on en
écriroit.
Le Jour des Innocens.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
de la bouche des pe-
tits Ênfans & de ceux qui
tètent as tiré ta force, & qui
as fait que ces petits enfans
t ont glorifiez par leur mort,
mortifie & detrui tous nos
vices 5 & fortifie nous telle-
ment par ta grâce, que par
Tinnocence de nôtre vie,
& par la confiance de nô-
tre Foi, nous puiffions te
glorifier jufqucs à la mort 5
par Jefus Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
5P(?//rU£piTRE,Apoc.i4.i.
JE regardai, ôc voici, TA-
gncau fe tenoit fur la
montagne deSionj & il y
avoit avec lui cent quaran-
te-quatre mille pcrfonnes,
qui avoient le Nom de fon
Père écrit fur leurs fronts.
DES iNNOCENSi!
Et j'entendis une voix dii
ciel comme le bruit des
G;randes eaux, & comme le
bruit d'un grand tonnerre :
& j'entendis une voix de
joiieurs de harpes, qui joii-
oient de leurs harpes. Et
qui chantoicnt comme ua
cantique nouveau devant le
trône; & devant les quatre
animaux ; & devant les An-
ciens : & perfonne ne pou-
voir aprendre le cantique,
que les cent quarante-qua-
tre mille qui ont été ache-
tez d'entre ceux de la terre.
Ce font ceux qui ne fe font
point fouillez avec les fem-
mes, car ils font vierges : ce
font ceux qui fuivent l'Ag-
neau quelque part qu'il ail-
le : & ce font ceux qui ont
été achetez d'entre les
hommes pour être des pré-
mices à Dieu, & à l'Agneau.
Et il n'a été trouvé aucune
fraude en leur bouche : car
ils font fans tache devant
le trône de Dieu.
L'Evangile, S, Matth.2. 1 3 ;
L'Ange du Stigneur a-
parut en fonge à Jo-
feph, difant ; Lève toi, 6c
pren le petit enfant, & fa
mère.
Le D I m a n"c h e
mère, & t'enfui en Egypte,
& demure là, jufqu à ce que
je te le dife : car Hé rode
cherchera le petit enfant
pour le faire mourir. Jo-
leph donc étant réveillé,
prit de nuit le petit enfant
Ôc fa mère, & fe retira en
Egypte. Et il demeura là
jufques à la mort d'Hé-
rode : afin que fut acom-
pli ce dont le Seigneur a-
voit parlé par le Prophète,
difant 5 J'ai apellé mon
Fils hors d'Egypte. Alors
Hérode voiant que les Sa-
ges s'étoient moquez de lui,
fut fort en colère 5 ôc il en-
vola tuer tous les enfans
qui étoient à Bethléhem, &
dans tout fon territoire, de-
puis l'âge de deux ans, &
au deffousj félon le temps
dont il s'étoit exadement
enquis des Sages. Alors
fut acompli ce dont a-
voit parlé Jérémie le Pro-
phète, en difant 5 On a
oui à Rama un cri, une la-
mentation, des plaintes, &
un grand gémiffement : Ra-
chel pleurant fes çnfans, &c
n'aiant point voulu être
confolée de ce c^uils lie
font plu^.
APRES NôElT 53;
Le T>manche aprh Noël,
La Coll ect e.
Dieu Tout-puiffant, qui
as donné ton Fils
Unique, afin qu'il prit nôtre
nature, & qu il naquit d'une
chafte Vierge 5 accorde nous
qu étant régénérez, 6c faits
tes enfans par adoption &
par grâce, nous foion^ de
jour en jour renouvelle2i-
par ton Saint Efprit 5 par
Jefus-Chrifl: nôtre Seigneur^
qui vit & qui règne avec
toi & avec le Saint Efprit;
un feul & même Dieu bé-
ni éternellement. Amen^
L'Epitre, Ga.L 4. i.
R je dis que durant
tout le temps que
rhéritier eft un enfant, il
neft en rien différent du
ferviteur, quoi qu'il foit Sei-
gneur de tout : Mais il eft
fous àiZ^ tuteurs & des cura--
teurs, jufqu au temps déter^
miné par le père. Nous
auffi pareillement, lors que
nous étions des enfans^
nous étions affqrvis fous les
rudimexis du monde. Mais
quand racomplillçment du
temps eft venu, Dieu a en-
voie fon Fils, fait de f^m-
me, ôc fait fujct à la Loi::
o
54
La Circoncision^
'Afin quH rachetât ceux qui
étoient fous la Loi, & que
îious rcçuflîons Tadoption
des enfans. Et parce que
vous êtes enfans, Dieu a en-
voie TEfprit de fou Pils
dans vos cœurs, criant A b-
ba;, PèrCv Maintenant donc
tu n es plus ferviteur, mais
fils : or fi tu es fijs, tu es
auffi héritier de Dieu par
Chrift.
L'Evangile, S.Matth. i . 1 8 .
LA naiffance de Jcfus-
Chrifl arriva en ccttç
manière : Comme Marie fa
mère çut été fiancée à Jo-^
feph, avant qu'ils fuffent
enfemblc, elle fc trouva
enceinte du Saint Efprit.
Et Jofeph fon mari, parce
quil étoit jufte, ôc quil
ne la vouloit point dif-
famer, la voulut laiifer
fecrètement. Mais comme
il penfoit à ces chofcs 5
voici, TAnge du Seigneur
lui aparut dans un fonge, &
lui dit 5 Jofeph fils dç'Da-
vid, ne crain point de re-
cevoir Marie ta femme :
car ce qui eft engendré en
elle eft du Saint Efprit. Et
elle enfantera un Pilsi &
tu apellcras fon nom Jefus:
car il fauvera fon peuple
de leurs péchez. Or tout
ceci eft arrivé, afin que fut
acompli ce dont le Seig-
neur avoir parlé par le Pro-
phète, en difanti Voici la
Vierge fera enceinte, &
elle enfantera un Fils; ôc
on apellera fon nom Em-
manuel, qui veut dire,
DIEU AVEC NOUS,
Jofeph étant donc réveillé
de fon dormir, fit comme
l'Ange du Seigneur lui a-
voit commandé, ôc reçut
fa femme, Mais il ne la
connut point jufquà ce
qu elle eut enfanté fon fils
premier-né 5 & il apella
fon nom JESUS,
Le Jour ^^ /^ Cirçonçifion.
La Collect e.
Dieu Tout-puiiTant, qui
pour famour des
hommes as voulu que ton
Fils béni à jamais, fut cir-
concis & rendu fujet à la
Loi s accorde-nous la vraie
circoncifion de TEfprit : afin
qu «tant mortifiez à toutes
les convoitifes mondaines
ôc charnelles, nous te ren-
dions
La C I r c o
^ dions obéïflance en toutes
çhofcs, félon ta fainte volon-
té y par Jefus-Chhft ton
Fils, nôtre Seigneur.
UEpitre, Rom. 4, 8.
Bien-heureux eft Thom-
me à qui le Seigneur
n aura point imputé fon pé-
ché. Cette déclaration donc
de la béatitude eft-elle feule-
ment pour la Circoncifion,
ou auflî pour le Prépuce?
car nous difons que la foi
a été imputée à Abraham à
juftice. Comment donc
lui a-t-elle été imputée? a-
ce été lors quil étoit déjà
circoncis, ou lors qu il étoit
encore dans le prépuce ? Ce
n'a point été dans la Cir-
concifion, mais dans le pré-
puce. Puis il reçut le fig-
XiQ. de la Circoncifion pour
un feau de la juftiçe de la
foi, laquelle il avoit reçue
étant dans le prépuce ; afin
quil fut le père de tous
ceux qui croient étant dans
le prépuce, & que la juf-
tiçe leur fut auflî imputée.
Et qu'il fut auflî le père de
la Circoncifion; c'eft-a-dire,
de ceux qui ne font pas
jfeulcment de la Circonci-
fion j mais qui auflî fuivçat
N CI s ION. 55
les traces de la foi de nô-
tre père Abraham, laquelle
il a eue dans le prépuce.
Car la promefle d'être hé-
ritier du monde, na pas
été faite à Abraham, ou à
fa femence, par la Loi : mais
par la jufl:ice de la foi.
Or fi ceux qui font de la
Loi font héritiers, la foi eft
anéantie, ôc la promçfle a-
bolie.
UEvANGiLE, s. Luc. 2.15,
ET il arriva qu'après
que les Anges s*en fu-
rent allez d'avec eux au
Ciel : les bergers dirent en^
tr'eux ; Allons donc jufqu à
Bethléhem, & voions cette
chofe qui y efl: arrivée, ôc
que le Seigneur nous a dé-
couverte. Ils allèrent donc
à grand' hâte 5 & ils trou-
vèrent Marie & ]ofeph, &.
le petit enfant couché dans
une crèche, Et quand ils
Teurent vu, ils divulguèrent
ce qui leur avoit été diç
touchant ce petit enfant.
Et tous ceux qui les ouï-
rent, s'étonnèrent des cho-
fes qui leur étoient dites
par les bergers.. Et Marie
gardoit foigneufement toii-
tes ççs chofes, les runiiaaut
£4 €1»
ij5
en foncœur.
L'E PIPHANIE.
Puis les ber-
gers s'en retournèrent, glo-
rifiant ôc louant Dieu de
toutes les chofes quils a-
voient ouïes & vues, félon
qu'il leur en avoit été par-
lé. Et quand les huit jours
furent acomplis pour cir-
concire Tenfant, alors fon
nom fut apellé J E ^ U S,^
lequel avoit été nommé
par TAngc avant qu'il fut
conçu dans le ventre de fa
Mère.
5 La même CoIleBe, h même
Epître^ & le même Evan^le
ferviront pour tous les jours
fuivans jufques à V Epiphanie.
UEPIPHANIE,
Ou la manifeftation de
Jésus Christ aux Gen-
tils,
La Collecte.
ODieu, qui par la di-
redion d une Etoile
manifcftas ton Pils Unique
aux Gentils 5 accorde nous
par ta milcricorde, que
nous qui maintenant te con-
noillons par la foi, nous
puiffions après cette vie
jouïr de ta Divinité 3 par
]éfus-Chrift ton Fils notre
Sei2;neur. Amen,
L'Epitre, Eph. 3. I.'
C'Eft pour cela que moî
Paul fuis prifonnicr
de. ]éfus-Chrift pour vous.
Gentils : Si toutefois vous
avez entendu la difpçnfa-
tion de la grâce de Dieu,
qui m'a été donnée envers
vous: Comment par ré-
vélation le miftère m'a été
donné à connoitre (ainfi
que je Tai écrit ci-defllisen
peu de mots : D'où vous
pouvez voir en le lifant,
quelle eft rintelligence que
j'ai dans le miftère de
Chrift.) Lequel n'a point
été donné à connoitre aux
enfans des hommes dans
les autres âges, comme il
à été maintenant révélé par
l'Efprit à fes faints Apo-
ftres, & à fes Prophètes 5
Savoir que les Gentils font
cohéritiers, & d'un même
corps, & qu'ils participent
enfemble à fa promefle en
Chrift, par l'Evangile : Du-
quel j'ai été fait. Miniftre,
félon le don de la grâce
de Dieu, qui m'a été don-
née fuivant l'efficace d-e fa
puiûance. Cette grace^ dis-
L'E iPIPHANIE
je, m'a été donnée à moi
qui fuis le moindre de tous
les Saints, pour anoncer
entre les Gentils les richef-
fes incompréhenfibles de
Chrift. Et pour mettre en
évidence devant tous, quelle
cft la communication du
miftère qui étoit caché de
tout temps en Dieu, lequel
a créé toutes cliofes par Jé-
fus- Chrift : Afin que la
fageffe de Dieu, qui eft di-
ycrfe en toutes fortes, foit
maintenant donnée a con-
S7
venus radoter. Ce que le
Roi Hérode, aiant enten-
du, il en fut troublé, & tout
Jérufalem avec lui. Et ai-
ant aflemblé tous les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Scribes du peuple, il s'in-
forma d'eux où le Chrift
devoir naitre. Et ils lui
dirent 5 A Bethléhem ville
de Judée : car il eft ainfi
écrit par le Prophète : Et
toi Bethléhem, terre de Ju-
da, tu n'es nullement la
plus petite entre les Gou-
noitre aux Principautez &'verneurs de Juda^ car de
aux Puiflances, dans les
lieux celeftes par l'Eglife :
Suivant le propos arrêté
dès les fiécles, lequel il a é-
tabli en Jéfus-Chrift notre
Seigneur : Par lequel nous
avons hardiefie & accès en
confiance, par la foi que
nous avons en lui.
L'Evangile, S.Matth.2.1.
OR Jefus étant né à
Bethléhem ville de
Judée, au temps du Pvoi
Hérode ; voici arriver des
Sages d'Orient à Jérufalem,
en difant 5 Où "^eft le Roi
des Juifs qui eft né? Car
nous avons vu fon étoile
toi iortira le Condudeur
qui paitra mon peuple d'If-
raël. Alors Hérode aiant
apellé en fecret les Sages,
s'enquit d'eux foigneufe-
ment du temps que l'étoile
leur étoit apparue. Et les
envolant à Bethléhem, il
leur dit ; Allez^ & vous en-
querez foigncufcmcnt tou-
chant le petit enfant i 6c
quand vous l'aurez trouvé,
faites-le moi favoir : afin
que j'y aille auffi, & que
je l'adore. Eux donc aiant
ouï le Roi, s'en allèrent : &
voici, rétoile qu'ils avoicnt
vue en Orient alloit devant
eux, jufqu'à ce qu'elle vint
CA Orient;, &nousfommes|& s'arrêta fur le lieu où
étoit
58 L'Epiphani e
ctoit le petit enfant. Et
quand ils virent 1 étoile, ils
fe réjouirent d'une fort
grande joie. Et étant en-
trez dans la mailbn, ils
trouvèrent le petit enfant
avec Marie fa mère, lequel
ils adorèrent, en fe pros-
ternant en terre : ôc après
avoir déploie leurs tréfors,
ils lui préfcnterent des dons 5
favoir, de l'or, de l'encens,
& de la mirrhe. Puis é-
tant divinement avertis dans
un fonge, de ne retourner
point vers Hérode, ils fe
retirèrent en leur pais par
un autre chemin.
Le premier "Dimanche
après l'Epiphanie.
La Collecte.
Eigneur, nous te fupli-
c
iJ ons de recevoir par ta
clémence les prières de ton
peuple i lui accordant, avec
la connoiffance & le fenti-
ment de fcs devoirs, la
grâce & le pouvoir de les
acomplir fidèlement; par
Jefus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, Rom. 12. i.
JE vous exhorte donc,
mes frères, par les çom-
paflîons de Dieu, que vous
D I M A N c H E I r
préfentiez vos corps en fa-
crifice vivant, faint, agré-
able à Dieu, qui eft vôtre
raifonnable fervice. Et ne
vous conformez point à ce
préfent fiécle : rnais foiez
transformez par le renou-
vellement de vôtre entende-
ment j afin que vous éprou-
viez quelle eft la volonté
de Dieu, bonne, & agré-
able, & parfaite. Or par
la grâce qui nVeft donnée, je
dis à chacun d'entre vous,
que nul ne préfume d'être
fage par delfus ce qu'il faut
être fage: mais qu'il foit
fage à fobrieté, félon que
Dieu a départi à chacun la
mefure de la foi. Car
comme nous avons plu-
fieurs membres en un feul
corps, & que tous les mem-
bres n'ont pas une même
fonftion : Ainfl nous qui
fommes plufieurs, fommea
un feul corps en Chrift:
& chacun réciproquement
membres Tun de l'autre.
L'Evangile, S.Luc. 2.41^
OR fon père & fa mèro
alloicnt tous les ans
à Jérufalem, à la fête de
Pâque. Et quand il eut
atteint l'âge de douze ans >
fon
L'Epiphanie
ïbn père & fa mère étant
montez à Jérufalem fclon
la coutume de la fêtcj &
s'en retournant après avoir
acompli les jours de la
fête ; Tenfant Jcfus demeu^
ra dans Jérufalem 5 & ]o-
feph & fa mère ne s'en
aperçurent point : Mais,
croiant qu'il étoit en la
compagnie, ils marchèrent
une journée ; puis ils le
çliercherent entre leurs pa-
rens & ceux de leur con-
noiffance ; & ne le trou-
vant point, ils s'en retour-
nèrent à Jérufalem, en le
cherchant. Or il arriva que
trois jours après ils le trou-
vèrent dans le temple, aflîs
au milieu des Dodeurs, les
écoutant, & les interro-
geant. Et tous ceux qui
l'entendoient, s'étonnoient
de fa fagefle & de fes ré-
ponfes. Et quand ils le
virent, ils en furent éton-
nez, & fa mère lui ditj
Mon enfant, pourquoi nous
as-tu fait ainfi > Voici, ton
père ôc moi te cherchions
étant en grand' peine. Et
il leur diti Pourquoi me
cherchiez-vous ? ne faviez-
vous pas qu'il me faut être
ocupé aux affaires de mon
Dimanche u: sp
Père? Mais ils n'entendi-
rent point ce qu'il leur di-
foit. Alors il defcendit a-
vec eux, & vint à Naza-
reth i & il leur étoit fujet :
& fa mère çonfervoit tou-
tes ces paroles-là dans fon
cœur. Et Jefus s'avançoit
en fageffc, & en ftature, &
en grâce, envers Dieu ôç
envers les hommes.
Le fécond "Dimanche afres
l'Epiphanie.
La Collecte.
Dieu Eternel & Tout^
puiffant, qui gouver-
nes toutes chofes au ciel &
fur la terre 5 exauce par ta
mifericorde les fuplications
de ton peuple , & nous ac-
corde ta paix durant tout le
cours de notre vie 5 par J é-
fus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, Rom. 12. (5.
OR aiant des dons dife-
rens félon la grâce
qui nous cft donnée j foit
de prophétie, prophétifons
félon l'analogie de la foi :
Soit de miniftère, que ce
foit en adminiftration : foit
que quelqu'un cnfeigne,
qu'il 4onne enfeignemçnt :
Soit
éO L'EPIPHANIE
Soit que quelqu'un exhorte,
que ce loit en exhortation:
foit que quelqu'un diftri-
bue, qu'il le falfe en fimpli-
cité : foit que quelqu'un pré-
fide, qu'il le faffe foigneufe-
ment : foit que quelqu'un
exerce miforicorde, qu'il le
faile joieufoment. Que
la charité foit fans feinte.
Aiez en horreur le mal,
vous tenant colez au bien:
Etant enclins par la charité
fraternelle à montrer de
l'afFedion Tun envers l'au-
tre : vous prévenant Tun
l'autre par honneur. N'é-
tant point parefleux à vous
emploier pour autrui : é-
tant fervcns d'efprit : fcr-
vans le Seigneur: joicux
dans l'cfpérance : patiens
d;^ns la tribulation : perfé-
vérans dans l'oraifon : com-
muniquant aux néceffitcz
des Saints : exerçant l'hof-
pitalité. Bcniflez ceux qui
vous pcrlccutent : beniffcz-
les, ôc ne les maudiffez
point. Soiez en joie avec
ceux qui font en joie : &
pleurez avec ceux qui pleu-
rent. Aiant un même fen-
timent les uns envers les
autres: naffcclant point des
çliofes hautes 5 mai$ vous
Dimanche ii7
acommodant aux chofes
bafles.
L'Evangile, S. Jean. 2. i;
OR trois jours après ou
faifoit des noces à
Cana de Galilée $ & la
mère de Jefus étoit là. Et
Jéfus fut^aulïï convié aux
noces, avec fes difciples.
Et le vin étant venu à
manquer 5 la mère de Jefus
lui dit, ils n'ont point de vin.
Mais Jéfus lui répondit. Qu'y
a-t'-il entre moi & toi, fem-
me > mon heure n'efl: point
encore venue : Sa mère dit
aux ferviteurs 5 Faites tout
ce qu'il vous dira. Or il
Y avoir là fix vaifleaux de
pierre, mis félon l'ufage de
la purification des Juifs,
dont chacun tenoit deux
ou trois mefures. Et Jé-
fus leur dit ; Empliffez d'eau
ces vaiffeaux, & ils les em-
plirent jufques au haut.
Puis il leur dit 5 Verfez-en
maintenant, & portez-en
au maitre-d'hôtel : & ils
lui en portèrent. Quand
le maitre-d'hôtel jcut goûté
l'eau, qui avoit été chan^
gée en vin : (or il ne fa-
voit pas d'où cela venoit,
mais les JfQrviteurs qui a--
voiQnl
i: L'Epiphanie D
Voient puifé Teau, le favoi-
ent bien) il apella le ma-
rié, ôc lui dit y Tout hom-
me fert le bon vin le pre-
mier, & puis le moindre
après qu on a bii largement 5
mais toi, tu as gardé le bon
vin jufques à maintenant.
Jefus fit ce commencement
de fignes à Cana de Galilée,
& il manifefta fa gloire, &
fes difciples crurent en lui.
Le troijîéme "Dimanche
après TEpiphanie.
La Collecte.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, jette les
yeux de ta mifericorde fur
nos infirmitez : & éten ton
bras puiiTant pour nous ai-
der & pour nous défendre
dans toutes nos tribulations,
& dans toutes nos néceffi-
tezi par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen,
UEpitre, Rom. 12. 16.
NE foiez point fages en
vous mêmes. Ne
rendez à perfonne mal
pour mal. Recherchez les
chofes honnêtes devant
tous les hommes. SU fe
peut faire, autant qu il dé-
pend de vous, aiez la paix
avec tous les hommes. Ne
IMANCHEE m. 61
vous vengez point vous-
mêmes, mes bien-aimez i
mais donnez lieu à la co*
1ère: car il eft écrit; A'
moi apartient la vengeance :
je la rendrai, dit le Sei-
gneur. Si donc ton enne-
mi a faim, donne lui à
manger : s'il a foif, donne-
lui à boire ; car en faifant
cela tu lui affembleras des
charbons de feu fur fa tête :
Ne fois point furmonté dix
mal, mais furmonté le mal
par le bien.
UEvANGiLE, S. Matth. S.i.
ET quand il fut defcen-'
du de la montagne, de
grandes troupes le faivirent.
Et voici, un lépreux vint &
feprofterna devant lui, en
lui difanti Seigneur, fi tu
veux, tu peux me rendre
net. Et Jéfus étendant la
main, le toucha, endifant;
Je le veux, fois net : & in-
continent fa lèpre fut gué-
rie. Puis Jéfus lui dit i
Pren garde de ne le dire à
perfonne : mais va, & te
montre au Sacrificateur, &
offre le don que Moïfe a
ordonné, pour leur être ea
témoignage. Et quand Jé-
fus fut entré dans Caper-
' naùm.
6t
L'EPIPHANIE Dimanche iVe
naiim, unCentenier vint à
lui, le priant. Et difant :
Seigneur, mon ferviteur eft
paralitique dans ma mai-
Ibn, ôc il foufFre extrême-
ment. J élus lui dit; j'irai,
& le guérirai. Mais leCen-
tcnier lui repondit 5 Seig-
neur, je ne luis pas digne
que tu entres fous mon
toit: mais di feulement la
parole, & mon ferviteur
fera guéri. Car moi-même
qui fuis un homme confli-
tué fous la puiiTance d'au-
trui, j'ai fous moi des gens
de guerre, & je dis à Tun;
Va, & il va : & à un autre;
Vien, & il vient : & à mon
ferviteur i Fai cela, & il le
fait. Ge que Jéfus aiant
entendu, il s'en étonna, &
dit à ceux qui le fuivoient ;
En vérité, je vous dis que
je n'ai pas trouvé, même
en Ifraël, une fi grande foi.
Mais je vous dis que plu-
fieurs viendront d'Orient &
d'Occident, & feront à ta-
ble dans le Roiaume des
Cieux, avec Abraham, Ifaac,
& Jacob. Etlesenfans du
Roiaume feront jettezdans
les ténèbres de dehors, ou
il y aura des pleurs & des
grincemens de dents. Alors
Jéfus dit au Centenier ; V%
& qu'il te foit fait félon
que tu as crû. Et à l'heure
même fou ferviteur fut
guéri.
Le quatrième dimanche
après TEpiphanie.
La Collecte.
ODieu, qui fais que les
dangers qui nous en*
vironnent, font fi grands &
en fi grand nombre, qu'à
caufe de la ftagilité de nô-
tre nature, nous ne faurions
demeurer fermes j revêts-
nous de la force, & nous
couvre de la protedion
dont nous avons befoin>
pour nous foutenir dans
tous les périls, & pour fur-
monter toutes les tenta-
tions; par Jefus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
UEpitre> Rom. 13. 1,
QUE toute perfonne foit
m fujette aux Puiilances
fupérieures : car il n'y a
point de Puiffance qui ne
vienne de Dieuj & les
Puiilances qui font en é-
tat font ordonnées de Dieu.
C'eft pourquoi celui qui ré~
fîftc à la Puiflance^ réfiftd
L'Epiphanïe Dimanche iV.
6^
à i ordonnance de Dieu:
& ceux qui y réfiftent, fe-
ront venir la condamna-
tion fur eux-mêmes. Car
les Princes ne font point à
craindre pour de bonnes
aûions, mais pour de mau-
vaifes. Or veux-tu ne crain-
dre point la Puiflance ? fai
bien, & tu en recevras de la
louange. Car le Prince eft
ferviteur de Dieu pour ton
bien : mais fi tu fais mal,
Grain : parce qu il ne porte
point répée fans caufe : car
il eft ferviteur de Dieu, or-
donné pour faire juftice, en
punition de celui qui fait
mal. C'eft pourquoi il faut
être fujet, non feulement
à caufe de la punition j mais
auiïï à caufe delaconfcience.
Car ceft auflî pour cela
que vous leur paiez les tri-
buts 5 parce qu'ils font les
Miniftres de Dieu, s'em-
ploiant à cela. Rendez
donc à tous ce qui leur eft
dû : à qui le tribut, le tribut :
à qui le péage, le péage :
à qui crainte, la crainte :
à qui honneur, Thonneur.
L'EVANGILE,S.Matth.8.2 3 .
ET quand il fut entré
dans la nacelle, fes
diXciples le fuivircnti &
voici, il s'éleva fur la mer
une fi grande tempête, que
la nacelle étoit couverte de
flots : & lui il dormoit. Et
fes difciples vinrent ôc ré-
veillèrent, en lui difant ;
Seigneur, fauve-nous, nous
périffons. Et il leur dit^
Pourquoi avez-vous peur,
gens de petite foi? Alors
s'étant levé, il tança les
vents & la mer : & il fe fit
un grand calme. Et les
gens qui étoient là s'en é-
tonnerent, & dirent : Qui
eft celui-ci, que les vents
mêmes & la mer lui obéïf-
fent? Et quand il fut paf-
(e à Tautre côté, dans le
païs des Gergéfcniens 5 deux
démoniaques étant fortis
des fépulcres, le vinrent
rencontrer 5 & ils étoient
fi dangereux que perfonne
ne pouvoit pafîer par ce
chemin-là. Et voici, ils
s'écrièrent, en difant ; Qu'y
a-t'il entre nous 6c toi, Té-
fus Fils de Dieu? es-tu ve-
nu ici nous tourmenter a-
vant le temps ? Or il y a-
voit un peu loin d'eux un
grand troupeau de pourceaux
qui paiftbit. Et les démons
le prioient, en difant i Si
tu nous jettes dehors, per-
z met-
54 L'Epiphanie
mets-nous de nous en aller
dans ce troupeau de pour-
ceaux. Et il leur dit 5 Al-
lez. Et eux étant Ibrtis,
s'en allèrent dans le trou-
peau de pourceaux: & voi-
là, tout ce troupeau de
pourceaux fc précipita dans
la nier, Ôc ils moururent
dans les eaux. Et ceux
qui les eardoient s'énfui-
xent : & étant venus dans
la vil' c, ils racontèrent tou-
tes ces chofes, ôc ce qui
étoit arrivé aux démoni-
aques. Et voilà toute la
ville alla au devant de Jé-
fus : ôc Taiant vu, ils le
prièrent de fc retirer de leur
pais.
Le cinqtiiéme dimanche
ap-ès l'Epiphanie.
La Collecte.
SEigneur nous te fupli-
ons de maintenir con-
tinuellement dans la vraie
Religion, ton Eglife qui efi
ta famille : afin que ceux
qui s'apuicnt uniquement
fur refperance de ta grâce
celefle, foient toujours fou-
tenus par la puitiance de ta
force 5 par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
Dimanche v.
L'EpIT RE, Col. ^.lïZ
SOiez donc, comme é-
tant des élus de Dieu,
laints & bien-aimez, revê-
tus des entrailles de mife-
ricorde, de bénignité, d'hu-
milité, de douceur, d'ef
prit patient : Vous fupor-
tant les uns les autres, &
vous pardonnant les uns
aux autres : & fi l'un a que-
relle contre Fautre, comme
'^^.hrift vous a pardonné,
i.s auflî faites en de mê-
n. Et outre tout cela,
foi ':vttas de la charité,
qui . e lien de la per-
fedioi . Et que la paix de
Dieu, à laquelle vous êtes
apcllez pour être un feul
corps, tienne le principal
lieu dans vos cœurs i &c
foiez reconnoilfans. Qtie
la parole de Chrift habite
en vous abondamment en
toute fageffe 5 vous enfeig-
nant, & vous exhortant l'un
l'autre par des Pfeaumes,
des hymnes, & des canti-
ques fpirituels, avec grâce,
chantant de vôtre cœur au
Seigneur. Et quelque chofe
que vous faffiez, foit par
parole ou par œuvre, fai-
tes tout au Nom du Seig-
neur
L'Epiï^haniè
heur Jefus, rendant grâces
par lui à nôtre Dieu 6c
Père.
Matth.
o
L*£VANGILÉ, S
13.24.
IL leur propofa une au-
tre fimilitude, en di-
fant ; Le Roiaume des
deux reflemble â un hom-
me qui a femé de bonne
femence dans Ion champ.
Mais pendant que les hom-
mes dormoient, fon enne-
mi eft venu, qui a femé de
Tivraie parmi le blé, puis
s'en efl: aie. Et après que
la femence fut venue en
herbe, & qu elle eut porté
du fruit, alors auiîî parut
] 'ivraie. Et les ferviteurs du
père de famille vinrent à
lai, & lui dirent ; Seigneur,
n as-tu pas femé de bonne
femence dans ton champ?
d'où vient donc qu il y a de
rivraie? Mais il leur dit 5
C'eft l'ennemi qui a fait
cela. Et les ferviteurs lui
dirent j Veux-tu donc que
nous y aillons, & que nous \ ricux : où
cueillions Tivraie? Et il
leur dit 5 Non: de peur
qu'il narrivc qu'en cueil-
lant l'ivraie, vous n'arra-
chiez le blé en même temps.
Dimanche vf. 'èp
Laiffez-les croître tous deux
enfemble, Jufquà la moif-
fon : & au temps de U
moiffon, je dirai aux moit
fonneurs 5 Cueillez pre-
mièrement l'ivraie, & la
liez en fàiffeâux pour la
brûler : mais aflemblez le
blé dans mon grenier.
Le Sixième ^Dimanche
après l'Epiphanie.
La Collecte.'
Dieu, dont le Fils bé-
ni à jamais a été ma*
nifeflé pour détruire les
oeuvres du Diable, & nous
faire les enfans de Dieu 6c
les héritiers de la vie éter-
nelle : nous te fuplions de
nous faire la grâce qu'aiant
cette efperance, nous-nous
purifiions, comme auflî il
eft pur i afin que, quand il
aparoitra avec puiilance &
grande gloire, nous lui foi-
ons faits femblables dans
fon Roiaume éternel & glo-
il vit & règne
avec toi, & le Saint E-
fprit, un feul Dieui aux
fiéclcs des fiécles. Amen.
F L'Epi-
£f
L'Epiphanie
LÎPiTRE, I S.Jean 3.1.
VOicz, quelle charité
le Père a eue pour
nous que nous foions apel-
lez enfans de Dieu : mais
le monde ne nous con-
noit point, parce qu il ne
Ta point connu. Mes bien-
aimcz, nous fommcs main-
tenant enfans de Dieu j mais
ce que nous ferons n eft
pas encore manifefté: or
nous favons que lorfque le
Fils de Dieu fera aparu,
nous ferons femblables à
lui : car nous le verrons tel
qu il eft. Et quiconque a
cette efperance en lui, fe
purifie, comme lui auflî eft
pur. Quiconque fait pé-
ché, fait aufli contre la
Loi : car le péché eft ce
qui eft contre la Loi. Or
vous favez qu'il eft aparu,
afin qu il otât nos péchez :
& il n y a point de péché
en lui. Qiiiconque de-
meure en lui, ne pèche
point : quiconque pèche,
ne la point vu, ni ne l'a
point connu. Mes petits
enfans, que perfonne ne
vous féduife. Celui qui
fait Juftice, eft jufte comme
Jéfus Chrift eft jufte. Ce-
DlMANCHE VÏ.
lui qui fait péché, eft di|
Diable; car le Diable pè-
che dès le commencement.
Or le Fils de Dieu eft apa-
ru pour détruire les oeuvres
du Diable.
A'
L'Evangile, S. Matth^
24.23.
Lors fi quelqu'un vous
dit 5 Voici, le Chrift
eft ici 5 ou, il eft là s ne le
croiez point. Car il s'é-
lèvera de faux Chrifts & de
faux prophètes qui feront
de grands fignes & des mi-
racles, pour féduire même
les élus, s'il étoit poflîble.
Voici, je vous l'ai prédit.
Si donc on vous dit : Voi-
ci, il eft au défert, ne for-
tez point : voici, il eft dans
les cabinets, ne le croiez
point. Car comme l'éclair
fort de l'Orient, & fe fait
voir jufqu'à TOccident, il
en fera de même de l' avène-
ment du Fils de l'homme.
Car où fera le corps mort,
la s'aflembleront les aigles.
Et incontinent après l'afflic-
tion de ces jours-là, le fo-
leil deviendra obfcur; & la
lune ne donnera point fa
lumière; & les étoiles tom-
beront du ciel 5 ôc les ver-
tus
s E P T U
tus des cieux feront ébran-
lées. Et alors le figne du
Pils de rhomme paroitra
dans le ciel : alors aufîl
toutes les Tribus de la
terre fe lamenteront en fc
frapant la poitrine, & ver-
ront le Fils de Thomme ve-
nant dans les nuées du ciel,
avec une grande puiflance,
& une 2;rande 2;loire. Et il
envolera fcs Anges, qui a-
vcc un grand fon de trom-
pette aiïcmbleront fes élus
des quatre vents, depuis Tun
des bouts des cieux jufques
,à l'autre boutp
Le T>îmanche apellé Septu-
agéfime, qui efi le troi-
Jieme T^imanche avant le
Carême.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions d'écouter fa-
vorablement les prières de
ton peuple : afin que nous
qui fommes juftement châ-
tiez pour nos ofFcnces, puif-
fions en être délivrez par ta
mifcricorde, à la gloire de
ton Nom j par Jéfus-Chrift
nôtre Sauveur, qui vit & qui
règne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
eterineliemcnt. Amen.
A G E s I M E*
n
L'Epi TREj i Cor. 9, %â^
NE favez-vous pas que
quand on court dans
la lice, tous courent bien ;
mais un feul remporte le
prix ? Courez donc telle»
ment que vous le rempor«-
tiez, Or quiconque lutte,
vit entièrement de régime ;
& quant à ceux-là, ils le
font pour avoir une cou-
ronne corruptible : mais
nous, pour en avoir une
incorruptible. Je çcm^
donc 5 mais non pas fân^
favoir comment. Je com-
bats 5 mais non pas commç
battant Tair, Maisjemor^
tifie mon corps, 6c jelere«
duis en fervitude, de-peur
qu'après avoir prêché aux
autres. Je ne fois trouvé
moi-même en quelque forte
non recevabljS,
LEvANGiLE, S. Matt, 20. la
LE Roiaume des Cieux
eft femblable à un père
de famille, qui fortit dès le
point du jour afin de loiier
des ouvriers pour fa vigne^
Et quand il eut accordé avec
Içs ouvriers à un denier pac
jour, il les cnvoia à fa vigne,
Puis étant forti fur lestrpis
s E X A
6n
heures, il en vit d'autres
qui étoient au marché, fans
rien faire: Aufquels il dit 5
Alez-vous-en auflî à ma
VignC) & je vous donnerai
ce qui fera raifonnable.
Et ils y alerent. Puis il
fortit encore environ fur les
fîx heures, 6c fur les neuf
heures, & il en fit de même.
Et étant forti fur les onze
heures, il en trouva d'au-
tres qui étoient fans rien
faire, aufquels il dit : Pour-
quoi vous tenez-vous ici
tout le jour fans rien faire ?
Ils lui répondirent j Parce
que perfonne ne nous a
loiiez. Et il leur dit s A-
lez-vous-en auili à ma vig-
ne, & vous recevrez ce qui
fera raifonnable. Et le
foir étant venu, le maître
de la vigne dit à celui qui
avoit la charge de fes af-
faires : Apelle les ouvriers,
ôc leur paie leur falaire, en
commençant depuis les der-
niers jufqucs aux premiers.
Alors ceux qui avoient été
loiiez vers les onze heures
étant venus, ils reçurent
chacun un denier. Or quand
les premiers furent venus
ils croioient recevoir davan-
tage : mais ils reçurent auf-
G E s I M E.
fi chacun un denier. Et Taî-
ant reçu, ils murmuroient
contre le père de famille,
en difant 5 Ces derniers
n'ont travaillé qu'une heure,
& tu les as faits égaux à
nous, qui avons porté le
faix du jour, & la chaleur.
Et il répondit à l'un d'eux,
&lui dit 5 Compagnon, je
ne te fais point de tort,
n'as- tu pas accordé avec moi
à un denier ? Pren ce
qui eft à toi, ôc t'en va :
mais fi je veux donner à ce
dernier autant qu à toij Ne
m'eft-il pas permis de faire
ce que je veux de mes
biens ? Ton œil eft-il malin
de ce que je fuis bon ? Ain-
fi les derniers feront les
premiers: & les premiers fe-
ront les derniers : car il y a
beaucoup d'apellez, mais
peu d'élus.
Le "Dimanche apellé Sexa-
géfime, qui eft le fécond
Dimanche devant le Ca-
rême.
La Collecte.
eur Dieu, qui vois
que nous ne mettons
ponit notre confiance en
aucune chofc que nous faf-
fionsi
SI
Sexagesimé.
iSg.
fions ; accorde nous dans
ta mifcricordc, que nous
foions garantis de toute
adverfité par ta puiiîance,
pour Tamour de Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. ^-
men.
LTpitre, z Cor. 1 1. 19.
VOus foufFrez volon-
tiers les imprudens,
parce que vous êtes fages.
Même, fi quelqu'un vous
aflervit; Ç\. quelqu'un vous
mange i fi quelqu'un prend
de votre bien -, fi quelqu'un
s'élève fur vous h fi quelqu'un
vous frape au vifage ; vous
le foufFrez. Je le dis avec
honte, même comme fi
nous avions été fans aucune
force : mais en quelque
chofe que quelqu'un foit
hardi (je parle en impru-
dent) je fuis hardi aulfi.
Sont-ils Hébreux > je le fuis
aulîî. Sont-ils Ifraëlites?
je le fuis aulîL Sont-ils de
la femence d'Abraham? je
le fuis auffi. Sont-ils Mi-
niftres de Chrift? (je parle
comme imprudent) je le
fuis plus qu'eux : en tra-
vaux davantage 5 en blclTù-
res plus qu'eux, en prifon
davantage 5 eu morts plu-
fieurs fois. J ai reçu des
Juifs par cinq fois quaran-
te coups moins un. J'ai
été batu de verges trois
foisj j'ai été lapidé une
foisi j'ai fait naufrage trois
fois 5 j'ai paflé un jour &
une nuit en la profonde
mer. En volages fôuvent;
en périls des fleuves 3 eu
périls des brigands j en pé-
rils de ma nations en pé-
rils des Gentils 5 en périls
dans les villes; en périls
dans les déferts j en périls
en mer; en périls parmi de
taux frères : en peine & en
travail j en veilles fouvent;
en faim & en foif ; en jeu-
nes fouvent j en froidure &
en nudité. Outre les cho-
ies de dehors, ce qui me
tient ailiégç de jour en
jour, c'cft le foin que j'ai
de toutes les Eglifes. Qui
efl-cc qui eft afFoibli, que
je ne fois aifoibli? Qui
cft-ce qui efl: fcandalifé, que
je n'en fois aufiî brûlé?
S'il faut fe glorifier, je. me
glorifierai des chofes qui
font de mon infirmité.
Dieu, qui eft le Pèje de no-
tre Seigneur ]efus-Chrift, &
qui eft béni éternellement
fait que je ne mcnspoini.
F i L'Eyan
70
l^EVANGILE, S.Luc. 8.4.
ET comme une grande
troupe s'affembloit, &
que plufieurs aloient à lui
déroutes les villes, il leur
dit cette parabole. Un fe-
jïieur fortit pour femer fa
fèmence: & en feniant,
une partie de la femence
tomba auprès du chemin,
& fut foulée aux pieds, &
les oifeaux du ciel la man-
S È X A C E s I M Ê.
autres qu'en fimilitudes: û-^
fin qu en voiant ils ne voi-*
cnt point; & quen oiant
ils n entendent point. Voi-
ci donc ce que fignifie cet-'
te parabole : La femence,
c'eft la parole de Dieu. Et
ceux qui ont reçu la fe-
mence auprès du chemin,
ce font ceux qui oient la
parole; mais cnfuite vient
le démon, qui ôte de leur
cœur la parole; de peut
gèrent toute. Et une autrejquen croiant ils ne foient
partie tombïi dans un lieu'
pierreux : & quand elle fut
Icvéç, elle fe fécha 5 parce
qu elle n avoit point d'hu-
midité. Et un autre partie
tomba entre des épines 5 &
les épines fe levèrent en-
femble avec elle, & l'étouf
ferent. Et une autre par
tie tomba dans une bonne
terre: & quand elle fut le-
vée, elle rendit du fruit cent
fois autant. En difant ces
chofes, il crioit j Qiù a des
oreilles pour ouïr, quil
oie. Et fes Difciples Im-
tcrrogerent, pour favoir ce
que fignifioit cette parabole.
Et il repondit 5 II vous cft
donné de connoitre les fe-
crets du Roiaume de Dieu 5
inais il n'en eft parlé aux
fauvez. Et ceux qui ont
reçu la femence dans un
lieu pierreux, ce font ceux
qui aiant ouï la parole, la
reçoivent avec joie : mais
ils n ont point de racine :
ils croient pour un temps j
mais au temps de la ten-
tation ils fe retirent. Et
ce qui eft tombé entre
des épines, ce font ceux qui
aiant ouï la parole, & s'en
:tant alez, font étouifez par
les foucis, par les richeiles,
& par les voluptez de cette
vie i ôc ils ne raportent
point de fruit à maturité.
Mais ce qui eft tombé dans
une bonne terre, ce font
ceux qui aiant ouï la pa-
role, la retiennent dans
un cœur honnête & bon^
&
IQ^U I N Q^ U A G E S I M eT 7X
& raportent du fruit avcclmiftères, & que j^aurois
patience.
Le ^Dimanche apellé Quin-
qua; éfime , qtii eji le
dimanche avant le Ca-
rême.
La Collecte.
O Seigneur, qui nous as
enfeigné que tout ce
que nous faifons fans cha-
rité n eft d'aucune valeur j
envoie nous ton Saint Ef-
prit : & répan dans nos
cœurs ce don excellent de
la charité, qui eft le lien
de la paix & de toutes les
vertus i fans lequel, tout
homme qui vit eft réputé
mort en ta préfence. Fai
nous cette grâce, pour Ta-
mour de ton Fils Unique
Jéfus-Chrift. Amen.
UEpitre, I Cor. 13. i
QUand je parlerois les
I, langages des hommes,
& même des Anges, ft je
n ai pas la charité, je fuis
comme Tairain qui refonne,
ou comme la cimbale re-
tentiflante. Et quand j'au-
rois le don de prophétie.
toute forte de fciencci &
quand j'aurois toute la foi
qu on puifle avoir, en forte
que je tranfportafle les mon-
tagnes ; fi je n ai pas la
charité, je ne fuis rien. Et
quand je diftribuerois tout
mon bien pour la nourri-
ture des pauvres, & que je
livrerois mon corps pour
être brûlé, fi je n ai pas la
charité, cela ne me fert de
rien. La charité eft d'un
efprit patient : elle eft bé-
nigne : la charité n eft point
envieufe : la charité n ufe
point dlnfolence : elle ne
s'enfle point : elle ne fe
porte point des-honnête-
ment : elle ne cherche point
fon propre profit : elle ne
s'aigrit point: ellenepenfe
point à mal : Elle ne fe ré-
jouît point de llnjurticè:
mais elle fe réjouît de la
vérité. Elle endure tout :
elle croit tout : elle efpère
tout : elle fuporte tout.
La charité ne périt jamais;
au lieu que quant aux pro-
phéties, elles feront abolies:
& quant aux Langues, elles
cefîeront : & quant à la con-
noiflance, elle fera abolie,
que je connoitrois tous leslCar nous connoiflbns en
1 F 4 par-
Q^ U I N Q^ U A G E s I M eI
7^
partie, & nous prophéti-
fons en partie. Mais quand
laperfcftion fera venue, a-
lors ce qui eft en partie fera
aboli. Qiiand j'étois enfant 5
je parlois comme enfant 5 je
jugeois comme enfant 5 je
penfois comme enfant: mais
quand je fuis devenu hom-
me, j'ai aboli ce qui étoit
de l'enfance. Car nous vol-
ons maintenant par un
jniroir obfcurément 3 mais
alors nous verrons face à
face : maintenant je connois
en pattici mais alors je
connoitrai félon que j'ai
été auflî connu. Or main-
tenant ces trois chofes de-
meurent, la Foi, TEfpérance,
<5c la Charité : mais la plus
grande d'elles, c eft la Cha-
rité,
L'Evangile, S. Luc. 18.31.
PUis Jéfus prit à part
les douze, ôc il leur
dit 5 Voici, nous montons
i Jérufalem; & toutes les
çhofes qui font écrites par
les Prophètes touchant le
Fils de l'homme, feront ac-
complies. Car il fera li-
vré^ aux Gentils, & fera mo-
qué & injurié, & on lui cra-
chera au vifa^e. Et après
qu'ils l'auront fouëté, ils
le feront mourir : mais il
reffufcitera le troificmc jour.
Mais ils n entendirent rien
de ces chofes, & ce dif-
cours leur étoit caché, ôc
ils ncntendoient point ce
qu'il leur dîfoit. Or il ar-
riva comme il apro choit
de Jérico, qu'il y avoit un
aveugle affis près du che-
min, ôc qui mendioit. Et
entendant la multitude qui
paffoit, il demanda ce que
c'étoit. Et on lui dit, que
]éfus le Nazarien paffoit.
Alors il cria, difant; jé-
fus, Fils de David, aie pi-
tié de moi. Et ceux qui
aioient devant le tançoient,
afin qu'il fe tut : mais il
crioit beaucoup plus fort ;
Fils de David, aie pitié de
moi. Et ]éfus s'étant ar-
rêté commanda qu'on le lui
amena : & quand il fe fut
aproché, il l'interrogea,
difant 5 Qiie veux-tu que
je te fafle: Et il répondit;
Seigneur, que je recouvre
la vue. Et Jéfus lui dit ;
Recouvre la vue : ta foi ta
fauve. Et à l'inftant il re-
couvra la vue : ôc il fuivoit
Jéfus, glorifiant Dieu. Et
tout le peuple voiant cela
donna loiiange à Dieu.
Le
LeMecreoi des Cendres.
71
JLej?remier jour du CzrèmcAcolhcy & abondant en gra-
apel/é communément, Le
Mccredi des Cendres.
La Colle CT E.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, qui ne haïs
rien de ce que tu as créé,
& qui pardonnes les pé-
chez de tous ceux qui fe
repentent i crée en nous
des coeurs nouveaux & con-
trits : afin que reconnoiffant
nôtre misère, & déplorant
nos péchez comme nous de-
vons, nous en obtenions de
toi, qui es le Dieu de toute
mifericorde, le pardon & la
remiflîon très parfaite 5 par
ton Fils nôtre
Amen,
Seigneur.
Cette CoIleBe fe doit lire chaque
jour du Carême aprh la Col-
lège du 'Jour,
Tour UEpiTRE,Joël 2. 12.
REtournez vous jufques
à moi, dit rEtcrnel, de
tout vôtre cœur, & avec jeû-
ne, &avec larmes, 6c lamen-
tation. Et rompez vos cœurs,
& non pas vos vétemens : &
retournez à rEtcrnel vôtre
Dieu : car il eft mifericor-
dieux & pitoiable, tardif à
tuite, 6c qui fe repent d a
voir affligé. Qui fait li
rEtcrnel vôtre Dieu ne vi-,
endra point à fe repentir ;
6c s'il ne laiflera point après
foi bénédiûion, gâteau, 6c
afperfion ? Sonnez du cor
en Sion ; fanûifiez le jeûne 5
publiez rafiemblée folem-
nelle. Aflemblez le peuplej
fanûifiez la congrégation :;
amaflez les anciens i afienv-
blez les enfans, 6c ceux qui
fucent les mammelles. Que
le nouveau marié forte de
fon cabinet, 6c la nouvelle
mariée de fa chambre nup-
tiale. Que les Sacrificateurs
qui font le fervice de l'E-
ternel, pleurent entre le
porche 6c Tautel, 6c qu ils
difentj Eternel, pardonne
à ton peuple, 6c n expofc
point ton héritage à opro-
bre, tellement que les na-
tions en faflent leurs dic-
tons. Pourquoi diroit-on
entre les peuples i Où eft
leur Dieu )
L'EvANGILE,S.Matth.6. 1 6.
ET quand vous jeûne-
rez, ne prenez point
un air tnfte, comme les hi-
pocrites : car ils fc rendent
tous
7J|:: i^E T. Dimanche DU Carême^
tous défaits de vifagc 5 afin I grâce que nous vivions dans
quil paroiflc aux hommes lune telle abflinence, que
quils jeûnent: en vente )e
vous dis, qu'ils reçoivent
leur recompenfe. Mais toi,
quand tu jeûnes, oins ta
tête, & lave ton vifagei
afin qu il ne paroifTe point
aux hommes que tu jeûnes;
mais à ton Père qui eft pré-
fent dans ton lieu fecret :
Et ton Père qui te voit dans
ton lieu fecret, te le ren-
dra à découvert. Ne vous
amaflez point des tréfors fur
la terre, où la tigne & la
rouille gâtent tout 5 & où
les larrons percent & dé-
robent. Mais amaflez vous
des tréfors dans le ciel, où
ni la tigne ni la rouille ne
gâtent rien 5 & où les lar-
rons ne percent ni ne dé-
robent: Car où cft vôtre
tréfor, là fera auflî votre
cœur.
Le premier "Dimanche du
Carême.
La Collecte.
O Seigneur, qui pour
l'amour de nous, as
jeûné quarante jours & qua-
rante nuits; fai nous la
notre chair étant aflujetic
à Tefprit, nous fuivions
toujours les faints mouve-
mens de ta grâce, en juf-
tice & en vraie fainteté ;pour
te glorifier, toi Seigneur,
qui vis & qui règnes avec
le Père, ôc le Saint Efprit,
un feul Dieu béni éternelle-
ment. Amen.
L'Epitre, 2 Cor. 6. \.
AInfi donc étant ou-
vriers avec lui, nous
vous prions auflî, que vous
n aiez point reçu la grâce
de Dieu en vain. Car il
dit 5 Je t'ai exaucé au temps
agréable, & fai fecouru au
jour du falut : Voici main-
tenant le temps agréable i
voici maintenant le jour du
falut. Ne donnant aucun
fcandale en quoi que ce
foit, afin que nôtre mini-
ftère ne foit point blâmé.
Mais nous rendant recom-
mandables en toutes chofes,
comme Minifl:res de Dieu,
en grande patience i en af-
fligions 5 en néceflitczj en
angoifles5 en bleflùresj en
prifons j en troubles ; en
travaux; en veilles; en jeû-
nes.
tÊî. Dimanche
ïics ; en pureté : par la con-
tioiffance; par un efprit pa-
tient 5 par bénignité; par
le Saint Efprit 5 par une
charité fans feinte 5 par la
parole de vérité 5 par la
puiflance de Dieu j par les
armes de juftice à droit &
à gauche : parmi Thonneur,
ôc Tignominie: parmi la
calomnie, & la bonne ré-
putation : comme féduc-
teurs, & toutefois étant vé-
ritables; comme inconnus,
& toutefois étant recon-
nus : comme mourant, &
voici nous vivons; com-
me châtiez, & toutefois
non mis à mort ; comme
contriftez, & toutefois tou-
jours joieux j comme pau-
vres, & toutefois enrichif-
fant plufieurs; comme nai-
ant rien, & toutefois poiTc-
dant toutes chofes.
UEvANGiLÉ, S. Matth.
4.1.
A Lors Jefus fut emme-
né par TEfprit au dé-
fert, pour être tenté par le
diable. Et quand il eut
jeûné quarante jours, &
quarante nuits, finalement
il eut faim. Et le Tenta-
teur s'aprochant, lui dit ;
t) U C A ïl E M Êy YS
Si tu es le Fils de Dieu, di
que ces pierres deviennent
des pains. Mais Jéfus ré-
pondit, & dit : Il eft écrit 5
Uhomme ne vivra point de
pain feulement, mais de
toute parole qui fort de la
bouche de Dieu. Alors le
diable le tranfporta dans la
fainte ville^ ôc le mit fur
les créneaux du Temple:
Et lui dit ; Si tu es le Fils
de Dieu, jette-toi en bas:
car il eft écrit. Il donnera,
charge de toi à fes Anges,
& ils te porteront en leurs
mains ; de peur que tu ne
heurtes ton pied contre
quelque pierre. Jéfus lui
dit, il eft auffi écrit ; Tu ne
tenteras point le Seigneur
ton Dieu. Le diable le
tranfporta encore fur une
fort haute montagne, ôc
lui montra tous les Roi-
aumes du monde, ôl leur
gloire: Et lui dit; Je te
donnerai toutes ces chofes,
fi en te profternant en terre,
tu nVadores. Mais Jéfus
lui dit ; Va Satan : car il
eft écrit. Tu adoreras le
Seigneur ton Dieu, ôc tu le
ferviras lui feul. Alors le
diable le laifla : & voilà,
les Anges s'aprocherent,
&c le fervirent. Le
7(5
Le ir. Dimanche du Caremh;^
Le fécond T>manche du
Carême.
La Collecte.
Dîeu Tout-puiflant, qui
vois que de nous
mêmes nous n'avons aucun
pouvoir de nous aider ; gar-
de nous extérieurement dans
nos corps, & intérieure-
ment dans nos âmes: afin
que nous loionsgarentisde
toutes les adverfitez qui
pourroient arriver à nos
corps; & de toutes lesmau-
vaiies penfées, qui pour-
raint nuire à nos âmes. Ex-
auce nous pour l'amour de
Jéfus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
UEpitre, I Theff. 4. i.
FRères, nous vous prions
donc, & vous conju-
rons par le Seigneur jélus
que comme vous avez ap-
pris de nous, de quelle ma-
nière on doit fc conduire,
& plaire à Dieu, vous abon-
diez en cela de plus en
plus. Car vous favcz quels
préceptes nous vous avons
donnez de la part du Sei-
gneur Jéfus. Parce que ceft
ici !a volonté de Dieu, fa-
voit vôtre fandification, &
que vous vous abftenicz de
la paillardife : Afin que cha-
cun de vous fâche poflcder
fon vailTeau en fanclifica-
tion&en honneur: Et non
avec pafllonde convoitifci
comme les Gentils qui ne
connoiffent point Dieu.
Que perfonne ne foule fou
frère, ou ne faflc fon pro-
fit au dommage de fon
frère eu aucune affaire :
parce que le Seigneur eft
le vengeur de toutes ces cho-
iz% j comme nous vous l'a-
vons dit auparavant, & af-
furé. Car Dieu ne nous a
point apellez à la fouillure,
mais à la fanctificatiou.
Ceft pourquoi celui qui re-
jette ceci, ne rejette point
un hommcj mais il rejette
Dieu, qui a auflî mis fou
Saint Efprit en nous.
L'Evangile, S. Matth.
15. 21.
Jéfus partant delà, fe re-
tira vers les quartiers
de Tyr & de Sidon. Et
voici, un femme Cana-
néenne, qui étoit partie de
ces quartiers-là, s'écria, en
lui difant : Seigneur, Fils
de David, aie pitié de moi :
ma fille cfl mifcrablçmen;
tour-
Le III. Dimanche du Carême.
^:
tourmentée du diable. Mais
il ne lui répondit mot : &:
fcs Difciples s'aprochant le
prièrent, difant 5 Renvoie-
la : car elle crie après nous.
Et il répondit, & dit; Je
ne fuis envoie quaux bre-
bis perdues de la maifon
d'ifrael. Mais elle vint, &
l'adora, difant : Seigneur,
afllfte moi. Et il lui ré-
pondit, & dit 5 II n ed pas
bon de prendre le pain des
enfans, & de le jetter aux
petits chiens. Mais elle dit j
Il eft vrai, Seigneur : cepen-
dant les petits chiens man-
gent des miettes qui tom-
bent de la table de leurs maî-
tres. Alors ]éfus répondant
lui dit 5 O femme, ta foi eft
grande: qu'il te foit fait com-
me tu veux : & des ce mo-
ment la fa fille fut guérie.
Le troijîeme T)ima7iche du
Carême.
La Coll ect e.
E Coûte, ô Dieu Tout-
puiifant, l'ardente pri-
ère de tes humbles fervi-
teurs, nous t'en fuplions :
& déploie la force de ton
bras, pour nous défendre
contre tous nos ennemis par
Jéfus Chrift ton Fils nôtre^
Seigneur. Amen,
L'Epitre, Eph. 5.1. .
SOiez donc imitateurs
de Dieu, comme fes
chers enfans : Et cheminez
dans la charité, ainfi que
Chrift auflî nous a aimez,
& s'eft donné lui-même
pour nous en oblation ôc
facrifîce â Dieu, en odeur
de bonne fenteur. Qiie ni
la paillardife, ni aucune
fouillure, ni l'avarice, ne
foient pas même nommées
parmi vous; ainlî qu'il eft
convenable à des Saints j ni
aucune chofe des-honnête,
ni parole foie, ni plaifan-
terie : car ce font là des
chofesqui ne font pasbien-
féantcs: mais plutôt des
actions de grâces. Car vous
favez ceci, que ni aucun
paillard, ni aucun immon-
de, ni aucun avare, qui eft
un idolâtre, n'a point d'hé-
ritage au Roiaumc de Chrift,
5c de Dieu. Que perfonne
ne vous féduife par de vains
difcours; car à caufe de ces
chofes la colère de Dieu
vient fur les enfans de ré-
bellion. Ne foiez donc
point leurs compagnons.
% Car
L E III. Dimanche du Carême.
Car vous étiez autrefois té-
nèbres; mais maintenant
vous êtes lumière au Sei-
gneur : conduife^-vous donc
comme des enfans de lu-
mière: (Car le fruit de
TEfprit confifte en toute dé-
bonnaireté, juftice, & vé-
rité :) Eprouvant ce qui eft
agréable au Seigneur. Et
ne communiquez point aux
oeuvres infrudueufes des té-
nèbres; mais au contraire
ireprencz-les. Car il eft
même des-honnête de dire
les chofes qui font faites
par eux en cachette. Mais
toutes chofes étant mifes
en évidence par la lumière,
font rendues manifeftes : car
la lumière eft celle qui mani-
fefte tout. C'cft pourquoi il
eft dit 5 Réveille toi, toi qui
4ors, &te relève d'entre les
morts, & Chrift t'èclairera.
X'EvANGiLE, S.Luc. II. 14.
JEfus jetta dehors un dé-
mon, qui étoit muet :
& il arriva que quand le
démon fut forti, le muet
parla : & les troupes s'en é-
tonncrent. Et quelques-
uns d'entr'eux dirent : C'cft
par Bèelzebul, Prince des
diables, quil jette les dia-
bles dehors. Mais les au-
tres, pour réprouver, lui de-
mandoient un figne du
ciel. Mais lui connoiifant
leurs penfées,leur dit : Tout
Roiaume divifé contre foi-
même fera réduit en dé-
fert; & toute maifon di-
vifée contr'elle-même tom-
be en ruine. Qiie fi Satan
eft auflî divifé contre lui-
même, comment fubfiftcra
fon règne? car vous dites
que je jette hors les diables
par Bèelzebul. Que fi je
jette les diables dehors par
Bèelzebul, vos fils par qui
les jettent-ils dehors ? c'eft
pourquoi ils feront eux-
mêmes vos juges. Mais R
je jette les diables dehors,
par le doigt de Dieu, certes
le Règne de Dieu eft par-
venu à vous. Quand un
fort homme bien armé
garde fon hôtel, les chofes
qu il a font en fureté. Mais
s*il en furvient un autre
plus fort que lui, qui le
furmontc; il lui ôte toutes
fcs armes aufquelles il fe
confioit, & fiiit le partage
de fcs dépouilles. Celui
qui n'eft point avec moi,
eft contre moi; & celui
qui naflemblc point avec
Le IV. Dimanche du Carême,
7^
înoî, difperfe. Quand Tef-
prit immonde eft forti d'un
homme, il va par des lieux
fecs, cherchant du repos,
& n'en trouvant point il
dit 5 je retournerai dans
ma maifon, d'où je fuis for-
ti. Et y étant venu, il la
trouve belaiée & parée. A-
lors il s'en va, & prend a-
vcc foi fept autres efprits
plus méchans que lui, &
ils entrent & demeurent
là : de forte que la der-
nière condition de cet hom-
me-là eft pire que la pre-
mière. Or il arriva, com-
me il difoit ces chofes,
qu'une femme d'entre les
troupes éleva fa voix, &
lui dit i Bien-heureux eft
le ventre qui t'a porté, &
les mamelles que tu as tet-
tées. Et il dit 5 Mais plu-
tôt, bien-heureux font ceux
qui écoutent la parole de
Dieu, & qui la gardent !
Le quatrième dimanche
du Carême.
La Collecte.
N
te
Ous te fuplions, Dieu
Tout-puiffant, qu'il
plaifc de
nous garantir>
par l'alllftance de ta grace,^
de toutes les peines que
nous avons méritées par nos
péchez i pour l'amour de
nôtre Seigneur & Sauveur
J éfus-Chrift. Amen.
L'Epitre, Gai. 4. 21.
Dites-moi, vous qui
voulez être fous la
Loi, n'entendez vous point
la Loi \ Car il eft écrit qu'A-
braham a eu deux fils 5 l'un
de la fervante, & l'autre de
la libre. Mais celui qui
étoit de la fervante, naquit
félon la chaire & celui qui
étoit de la libre, naquit par
la promelfe. Or ces cho-
fes doivent être entendues
par allégorie : car ce font
les deux alliances 5 Tune au
mont de Sina, engendrant
à fervitude, qui eft Agar :
Car ce nom d'Agar veut
dire Sina : qui eft une mon-
tagne en Arabie, & corref-
pondante à lajérufalem de
maintenant, laquelle ferta-
vec fes enfans. Mais lajé-
rufalem d'enhaut eft libre,
& elle eft la mère de nous
tous. Car il eft écrit 5 Ré-
jouïs-toi, ftérile, qui n'en-
fantois point : efforce toi,
& t'écrie, toi qui n'étois
% point
$o Le iv^ D iM AN c
point en travail d'enfant :
car il y a beaucoup plus
ci enfans de celle qui avoit
été laiflee, que de celle qui
avoit un mari. Or pour
nous, mes frères, nous fonv
mes enfans de la promeflc,
ainfi quifaac. Mais com-
me alors celui qui étoit né
félon la chair, perfecutoit ce-
lui qui étoit né félon TEfprit,
il en eft de même auili main-
tenant. Mais que dit TEcri-
ture? Chafle lafervante &
fon fils : car le fils de la fer-
rante ne fera point héritier
avec le fils de la libre. Or
mes frères, nous ne fommes
point enfans de la fervan-
te, mais delà libre.
L'Evangile, S. Jean 6. i .
JEfus s'en alla au delà
de la mer de Gali-
lée, qui cft la mer de Ti-
bériadc. Et de grandes
troupes le fuivoient, àcaufe
qu'ils voioient les miracles
qu'il faifoit en ceux qui é-
toicnt malades. Mais ]é-
fus monta fur une montag-
ne, & il s'afllt là avec fcs
Difciples. Or le jour de
Faque, qui étoit la Fête
des juifs, étoit proche. Et
Jéfus aiant levé fcs yeux.
HE D U C A R E M E^
& voiant que de grande^
troupes venoient à lui, dit
à Philippe i D'où achette-
rons-nous des pains, afin
que ceux-ci aient à man-
ger ? Or il difoit cela pour
l'éprouver : car il favoit bien
ce qu'il devoit faire. Phi-
lippe lui répondit s Qiiand
nous aurions pour deux
cent deniers de pain, cela
ne leur fuffiroit pas, quoi
que chacun d'eux n'en prit
que tant foit peu. Et l'un
de fes Difciples, favoir An*
dré, frère de Simon Pierre,
lui dit 5 II y a ici un petit
garçon qui a cinq pains
d'orge, ôc deux poiflbns:
mais qu'eft-ce que cela pour
tant de gens? Alors jéfus
diti Faites afleoir les gens :
(or il y avoit beaucoup
d'herbe en ce lieu-là) les
gens doncs'aflirentau nom-
bre d'environ cinq mille. ,
Et ]éfus prit les pains 5 &
après avoir rendu grâces, il
les diftribua aux Difciples;
& les Diiciplcs à ceux qui
étoient afiîs : ôc pareillement
des poiflbns, autant qu'ils
en vouloicnt. Et après qu'ils
furent raflafiez, il dit à fcs
Difciples; Amaflez les piè-
ces qui font de rcfte, afin
que
Le V. Dimanche du Caremè; tï
îjuerîen ne foit perdu. Us 'de cette flruficure, eft en-
les amalferent donc j 6c ils tré une fois dans les lieux
^remplirent douze corbeilles; Saints par Ion propre fang^
de pièces de cinq pains & non par le lang des
d orge, qui étoient demeu- veaux ou des boucs : après
rées de refte à ceux qui en avoir obtenu une redcmp-
avoient mangé. Or ces tion éternelle. Car fi le
gens aiant vu le miracle fang des taureaux & des
que Jéfus avoir fait, di-
foienti Celui-ci eft vérita-
blement le Prophète qui
devoit venir au monde.
Le cinquième dimanche
du Carême.
La Collecte.
NOus te fuplions. Dieu
tout puiflant, de re-
garder ton peuple en ta mi-
fericorde ; afin que par ta
bonté il foit toujours gou-
verné, & confervé tant pour
le corps que pour Tame ;
par Jefus-Chrifl: ton Fils
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Heb. 9. n.
CHrift étant venu pour
être fouverain Sacri-
ficateur des biens à venir,
par un plus excellent 6c plus
parfait tabernacle, qui nefl:
boucs, 6c la cendre de îa
geniile, de laquelle oï\ lait
afperfion, iandifie quant à la
pureté de la chair, clu> qui
font fouillez : coîuiicn
plus le fang de Chrift, qui
par TEfprit éternel s eft of-
fert lui-même à Dieu fans
nulle tache , puriftera-t-il
votre confcience des œu-
vres mortes, pour fervir le
Dieu vivant > C'eft pour-
quoi il eft: Médiateur du
Nouveau ïeftament ; afin
que la mort intcivcnant
pour la ran(jOn des tranf-
greflions qui étoient fous le
premier Teftament, ceux
qui font apellez reçoivent
racompllflement de la pro-
mefte, qui leur a été faite
de rhériiao:e éternel.
L'Evangile, S. Jean 8.45.
Efus leur dit 5 Qui cil
celui d'entre vous qui
J
pas un tabernacle fait de j me reprendra de péché ? 6c
main, ceft-a-dixe, qui foit fi je dis la vérité 5 pourquoi
ne
iz Li Dimanche
ne me croiez-vous point?
Celui qui eft de Dieu, en-
tend les paroles de Dieu :
mais vous ne les entendez
point-, parce que Vous né-
tcs point de Dieu. Alors
les Juifs répondirent, & lui
dirent i Ne difons-nouspas
bien que tu es un Samari-
tain, & que tu as le dia-
ble? ]éius répondit j "fen'ai
point je dia&le: mais i1io-
nore mon Père, Ôc vous me
déshonorez. Or je ne cher-
che point ma gloire : il y
en a un qui la cherche, &
qui en juge. En vérité, en
vérité Je vous dis," que fi
quelqu'un garde ma parole,
il ne verra jamais la mort.
Les ]uifs donc lui dirent;
Maintenant nous connoif-
fons que tu as le diable :
Abraham eft mort> & les
Prophètes aufli-5 6c tu disj
Si quelqu'un garde ma pa-
role, il ne goûtera jamais
la mort. Es-tu plus grand
que nôtre père Abraham
qui eft mort ^ les Prophètes \
aufli font morts 5 qui te fais- 1
tu toi-même ? ] éfus répon- ;
dit 5 Si je me glorifie moi-
même,' ma gloire n eft rien : :
mon Père eft celui qui me!
glorifie; celui duquel vous'
AVANT PaCLUÉ?
dites qu il eft vôtre Diétfii
Toutefois vous ne Favez
point connu : mais moi je
le connoiSi & fi je dis que je^
ne le connois point, je feraii
menteur, fembiablcàvous^:
mais je le connois^ ôc je
garde fa parole. Abraham,
vôtre père a treiïailÙde joid
de voir cette mienne jour-
née 5 & il Ta vue, & s'en eft
réjoui. Sur cela les Juifs
lui dirent ; Tu n as pas en-
core cinquante ans, 6c tu
as vu Abraham! Et ]éfus
leur dit; En vérité, envéX
rite je vous dis , avant qu A-
braham fut, je fuis. Alors
ils levèrent des pierres pour
les jetter contre lui :' mais
Jéfus fe cachai & fortit du
Temple, aiant pafle au tra-
vers d'eux ; 6c ainfi il s'en
ala. •'- P^'w--" i>- -: -'•■^-v
Le TO>manche avant
Pâque. I; -
La Collecte.
Dieu Tout-puifîant &
Eternel, qui as fi tcii-
dremcnt aimé le genre hu-
main, que tu as envoie ton
Fils Jéfus-Chrift nôtre Sau-
veur, pour prendre à foi nô-
tre chair^ 6c pour foufrir
Le Dj^Â n che a van t P aq^u e T^ *|
là mort de la croix ; afin [que jéfus-Ghrift efl: le Sel-
P
ijue tous les hommes lui-
vent rexemple de la pro-
fonde humilité: fai nous
la grâce que nous imitions fa
patience; & que nous aions
part à fatéfurredipni.par Je
même Jéfus Cteift notre
Seigneur, ^memii /
UEpitre, Phil. 2. 5.
QUll y ait donc en vous
m un même fentiment
qui a été en Jéfus-Chrift :
Lequel étant en forme de
Dieu, n'a point réputé ra-
pine d être égal à Dieu. Ce-
pendant il s'efl: anéanti lui-
même; aiânt pris la forme
de ferviteur, fait à la ref-
femblance des hommes : Et
étant trouvé en figure com-
me un homme, il s'eft a-
baifle lui-même, & a été
obéïffant jufquesà la mort;
à la mort même de la croix.
C'eil pourquoi aulli. Dieu
Ta fouverainement élevé; &
lui a donné un Nom, qui
xil au deffus de tout Nom :
^fin quau Nom de Jéfus
4out genou fe ploie j tant de
ceux qui font aux cieux, que
de ceux qui font en la terre,
&: au defîbus de la terre j Et
^^ue toute langue confeiTei potier, pour la fcpultune
G z de5
gneiu% à la gloire de DicU
^ "^VANGTLE, S.Matth.27.î;
Uis quand le matin hit
venuj tous les princi-
paux Sacrilicateur5 & les An-
ciens du peuple tinrent coiî-
Ici] contre féius pour le taire
mourir. Et Taiant lié, ils
l'amenèrent <Sc le livrèrent
à Ponce PilatCj: ^^'ii étoit le
Gouverneur. Alors judas
qui Tavoit trahi, voiant qu il
étoit condamné, fe repen-
tit ; & reporta les trente
pièces d'argent aux princi-
paux Sacriticateurs, & aux
Anciens, en leur difant/ Jai
péché en trahiilant: le^ fang
innocent : wah ils mi di-
rent r Que nous importe ? ta
y aviieras. Et après avorr
jette les pièces d'ar^îciitd^ns
le Temple, il fe reiltu^ &
s'en étant aie, il s'étrangia.
Mais les principaux -Sacrifi-
cateurs aiant pris, les pièces
d'ar- ent, dirent; îjn'eilpas
permis de les mettre dans
le Tréfor: car cefi un prix
de fang. Et après qu'ils eu-
rent confulté entr'eux, ils en
achetèrent le champ d un
54 Le Dimanche avant Paque.'
des étrangers. C'eft pour-
quoi ce champ-là a été a-
pelié jufquM aujourd'hui, le
champ du fang. Alors fut
acompli ce dont il avoir
été parlé par jérémie le
Prophète, difant , Et ils
ont pris trente pièces d'ar-
gent ; le prix de celui qui a
été apréciéj lequel ceux
d'entre les enfans d'Ifraël
ont aprécié : Et ils les
ont données pour en ache-
ter le champ d'un potier }
félon ce que le Seigneur
m'avoit ordonné. Or ]é-
fus fut prélenté devant le
Gouverneur 5 ôc le Gouver-
neur l'interrogea , difant ;
Es-tu le Roi des Juifs ? Jé-
fus lui répondit 5 Tu le dis.
Et étant acule par les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Anciens, il ne répondoit
rien. Alors Pilate lui dit,-
N'cntends-tu pas combien
ils portent de témoignages
contre toi? Mais il ne lui
répondit pas un mot fur
quoi que ce fut : de forte
que le Gouverneur s'en é-
tonnoit extrêmement. Or
le Gouverneur avoir acou-
tumé de relâcher au peu-
ple le jour de la Fête un
prifonnier, quel que ce fut
qu'on demandât- Et îl f
avoit alors un prîfonnier
notable, nommé Barrabas.
Qiiand donc ils furent af-
fcmblez, Pilate leur dit;
Lequel voulez-vous que )e
vous relâche t Barrabas 5 ou
jéfus qu'on apelle ChriftJ
Car il favoit bien qu'ils l'a-
voient livré par envie. Et
comme il étoit affis au fiége
judicial, fa femme envoia
lui dire 5 N'entre point dans
l'affaire de ce jufte ; car j'ai
aujourd'hui beaucoup fou-
fert à fon fujet en fongeant.
Et les principaux Sacrifica-
teurs, 6c les Anciens per-
fuaderent à la multitude du
peuple de demander Barra-
bas, & de faire périr Jéfus.
Et le Gouverneur prenant
la parole, leur dit $ Lequel
des deux voulez-vous que
je vous relâche? Ils dirent,
Barrabas. Pilate leur dit 5
Que ferai- je donc de Jéfus
qu'on apelle Chrift > Us lui
dirent tous s Qu'il foît cru-
cifié. Et le Gouverneur leur
dit 5 Mais quel mal a-t-il
fait ? & ils crièrent encore
plus fort, en difant 5 Qu'il
foit crucifié. Alors Pilate
voiant qu'il ne gagnoitrienj
mais que le tumulte s'ang-
I iiientoir^
LeDimanche avant Paque;
mentoit: prit de Teau^ &'
lava fes mains devant le
peuple, en difantj Je fuis
innocent du fang de ce juf-
te : vous y penferez. Et
tout le peuple répondant,
dit 5 Que fon fang foit fur
nous, & fur nos enfans.
Alors il leur relâcha Barra-
bas: & après avoir faitfou-
ëtcr Jéfus, il le leur livra
peur être crucifié. Et les
foldats du Gouverneur a-
menerçnt Jéfus au Prétoire,
& afTemblerent devant lui
toute la bande. Et après
ravoir dépouillé, ils mirent
fur lui un manteau d'écarla-
te. Et aiant fait une cou-
ronne d'épines entrelaffées,
ils la mirent fur fa tête, avec
un rofeau dans fa main
droite : puis s'agenouillant
devant lui, ils fe moquoient
de lui, en difant 5 Bien te
foit, Roi des Juifs. Et après
avoir craché contre lui,- ils
prirent le rofeau, & ils en
frapoifnt fa tête. Et après
s'être moquez de lui 5 ils lui
ôterent le manteau, & le
vêtirent de fes vétemens, &
ramenèrent pour le cruci-
fier. Et comme ils fortoi-
çnt, ils rencontrèrent un
Cyréniçn^ npmmç Simou;
S 5
lequel ils contraignirent de
porter la croix de Jéfus. Et
étant arrivez au lieu apellé
Golgotha, c'eft-à-dire , le
lieu du Teft; Ils lui don-
nèrent à boire du vinaigre
mêlé avec du fiel : m_ais
quand il en eut goûté, il
nen voulut point boire.
Et après Tavoir crucifié, ils
partagèrent fes vétemens, en
les jettant au fort; afin que
ce qui avoit été dit par le
Prophète, fut acompli: Ils
ont partagé entr'eux mes
vétemens, & ont jette au
fort mon faie. Puis s'étant
afiis, ils le gardoient-là. Ils
mirent auflî au deflus de fa
tête unEcriteau, où la caufe
de fa condamnation étoit
marquée en ces mots. Ce-
lui-ci EST ]eSUS LE
ROI DES Juifs. Et deux
brigands furent crucifiez avec
lui: Tun à fa droites ôcTau-
tre à fa gauche. Et ceux
qui paffoicnt par là, lui di-
foient des outrages, en bran-
lant la tête, & difantj Toi
qui détruis le Temple, ôc
qui le rebâtis en trois jours>
fauve-toi toi-même : fi tu
es le Fils de Dieu, de-'cen
de la croix. Pareillement
auiïi les principaux Sacrifi-
Q 3 cateurs
$ê
Ee Lundi avant Paq^ue.
cateurs avec les Scribes &
les Anciens, le moquant,
difoient 5 U a fauve les au-
tres 5 il n,ç fe peut fauver
lui-n-îème : s'il eil le Roi
dlfraël, qu il delccnde main-
tenant de la croix, Ôc nous
croirons en lui. Il fe con-
fie en picu;5 mais fi Dieu
raime> qull le délivre
maintenant: car il a ditj
Je (vis le Fils de Dieu. Les
brigands auffi qui étoient
crucifiez avec lui, lui repro-
>:hoient la même c'.'ofe.
Or depuis fix heures il y
eut des ténèbres fir tout le
païs, jufqua neuf heures.
Et environ les neuf heures,
Jéfus s'écria à haute voix,
<:n difant; Eli;, Hh? lamma
iabaçlithani ? c'eft-d-dire j
Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi nras-tu abandon-
ne? Et quelques-uns de
ceux qui étoient là préfens,
îiiant entendu cela, difoient,
P apclie 51ie. Et auffi-tôt
uri^ d'cntr'eux courut, <Sc
prit une éponge 5 & f àiant
remplie de vinaigre, la mit
p. fcnrour d'un rofeau, 6c
lui en donna à boire. Mais
les autres difoienti Laiiîe,
voions fi Elle viendra le
Alc;;s Jçfus aiant
fauver.
crié encore à haute voÎ5^
rendit Tefprit. Et voici,
le voile du Temple fe dé-
chira en deux, depuis lô
haut jufquen bas: & la terre
trembla: &c les pierres fe
fendirent. Et les fépulcrcs
s'ouvrirentj&plufieurs corps
des Saints, qui étoient en-
dormisj fe levèrent. Eté^
tant fortis des fépulcres a-
près fa réfurredion, ils en-
trèrent dans la fainte Citéj
& fe montrèrent à pkifieurs.'
Or le Centenier, & ceux
cl avec lui gardoientjé-
tus, aiant vu le tremble-
ment de terrç, & tout ce
qui venoii" d arriver/ eurent
une fort grande peur, Redi-
rent 3, Véritablement celui-
ci étoit le Pils de Dieu.
Le Lundi avant V2LC[\it.
Tour\JEinxKY.y Efi. 65. i,
QUI eft celui ci qiïi
vient d'Edoni,de Botf-
rn, allant les habits teints
en rouge ; ceky-ci qui cft
magnifiquement paré en fon
vctemciit; marchant félon
la grandeur àx^ ik fcrcc?
C'cll: moi qui parle en juf-
tiçc^ ^ qui ai îovit pgu-'
Lé Lundi a
^dk fde fauvef. Pourquoi
y a-t-il du TOUgé eriton vé
tcmcnt ? & pourquoi tes
habits font-ils comme les
habits de ceux qui foulent
gu preflbir ? ]'ai été tout
feul à f-uler ai preiToir, &
perfoni: d'entre les peu-
pics n^ ci avec moi: ce-
pcnd^nr: ;'ai marché iur eux
en ma colère 5 & je les ai
foukz en ma fureur, &
leur ftng a rcjaiiù iur mes
■Véternens, ôc j'ai fouillé tous
jp' es habits. Car le jour
de la vengeance eft dan^
mon cœur: & Tannée en
Jaquelle je dois racheter
les miens, eft venue. J'ai
donc regardé, & il n'y a
eu perfonne qui mL*aidât :
6c j'ai été étonné, & il n'y
a eu perfonne qui me fou-
tint : mais mon bras nVa
fauve i & ma fureur m'a
foutenu. Ainfi j'ai foulé
les peuples en ma colère 5
^ je les ai enivrez en ma
fureur 5 & j'ai abatu leur
force par terre. Je ferai
mention des gratuitez de
7'Eternel, qui font les loii-
^anges de l'EterneU à caufe
^dc tous les bienfaits que
"TEtcrnel nous a faits: car
^ grand eft ic bien de la mai-
VAN T PAQ^UEr' ^7
Ton d'Ifraël, lequei îl leur
t tait félon fes compaflîoris,
6c félon la grandeur de fes
gratuitez. car il a diti
Qiioi qu'il en foitj ils font
mon peuple, des enfans qui
ne dégénéreront point ; &
il leur a été Sauveur. Et
dans toute leur angoiffe il
a été en angoifle s & l'Ange
de fa face les a délivrez :
lui-même les a rachetez
par fon amour & fa clér
mence^ & il les a portez,
& les a élevez en tout
temps: Mais ils ont été
rebelles, & ils ont contrif-
té TEfprit de fa fainteté :
c'eft pourquoi il leur a été
tourné en ennemi 5 & il a
lui-même combatu con-
tr'eux. Et on s'eft fouvenu
des jours anciens de Moïfe,
& de fon peuple. Où eft
celui, a-t-on dit, qui les
faifoit remonter hors de la
mer, avec les pafteurs de
fon troupeau? où eft celui
qui mettoit au milieu d'eux
TEfprit de fa fainteté ? Qui
les menoit étant à la niâui
droite de Moïfe, par le bras
de fa gloire? qui fendoit
les eaux devant eux 5 afin
qu'il s'aquit un renom é-
ternci.^ Qn\ les menoit
G 4 par
SÏ Le Lundi av
par les abimcs, & Us n y
ont point bronché 5 non
plus que le cheval dans un
lieu de pâturage ? L'Elprit
de TEternel les a menez
tout doucement, comme on
mené une bête quidefcend
dans une plame : tu as ainfi
conduit ton peuple i afin de
taquerir un renom glo-
rieux. Regarde des Cieux,
ôc voi de la demeure de ta
fainteté & de ta gloire. Où
cft ta jaloufie, & ta f nxc,
& réniotion bruiantc de tes
entrailles 5c de tescompaf-
fions, lefquelles fe font re-
tenues envers moi? Cer-
tes tu es nôtre Père; enco-
ire qu Abraham ne nous re-
connût point, & qulfraël
ne nous avouât point : E~
ternel, ç eft toi qui es nôtre
Père; & ton Nom eft nô-
tre Rédempteur de tout
temps. Pourquoi nous as-
tu fait fourvoier, ô Eter-
nel, hors des tes voies? &:
pourquoi as-tu aliéné nôtre
cœur de ta crainte? Rc
tourne-toi en faveur dç tc^
fcrviteursj en faveur des
Tribus de ton héritage.
Le peuple de ta fainteté a
été en pblleflion bien peu
iîe tçiiips; nos c;imcmis
ANT PaQ^UE."
ont foulé ton SanStuairé^
Nous avons été comme
ceux fur lefquels tu ne do-
mines point depuis long-
temps; & fur lefquels ton
Nom n eft point reclamé. ;
L'Evangile, S.Marc 14.1*^
OR la fête de Pâque
6c des pains fans le-
I vain étoit deux jours après ;
& ^cs principaux Sacrifica-
icuis & les Scribes cher-
choient comment ils pour-
roient fe faifir de Jéfus par
fincffe, ôc le faire mourir.
Mais ils difoient : Non
point durant la fête, de
peur qu'il ne fe faife du tu-
multe parmi le peuple. Et
comme il étoit à Béthanie
dans la maifon de Simon
le lépreux, ôc qu il étoit à
table; il vint là une femme
qui avoit une boite de par-
fum d'afpic, pur, ôc de
grand prix : ôc elle rompit
la boite ; ôc répandit ie par-
fum fur la tête de |élus.
Et quelques-uns en furent
indignez en eux-mêmes, ôc
ils difoient : A quoi fert Id,
perte de ce parfum ? Car il
pouvoir être vendu plus de
trois cent deniers, ôc être
donné aux pauvres. Ainfi
il$
Le Lundi avant Paq^ue.'
ils en frémiffoient contr'el-
le. Mais Jéfus dit 5 Laif-
fez-la: pourquoi lui don
nez-vous du déplaifir > die
a fait une bonne adion en-
vers moi. Parce que vous
aurez toujours des pauvres
avec vous, & vous leur
pourrez faire du bien tou-
tes les fois que vous vou-
drez: mais vous ne m'au-
rez pas toujours. Elle a
fait ce qui étoit en fon pou-
voir; elle a anticipé d'oin-
dre mon corps pour Tapa-
reil de ma fépulture. En
vérité je vous dis 5 qu en
quelque lieu que cet Evan-
gile fera prêché dans tout
le monde, ceci auffi qu el-
le a fait fera récité en mé-
moire d'elle. Alors Judas
Ifcariot, l'un des douze,
s'en alla vers les princi-
paux Sacrificateurs pour le
leur livrer. Quil'aiantoui
s'en réjouirent 5 & lui pro-
mirent de lui donner de
l'argent : & il cherchoit
comment il le livreroit
commodément. Or le pre-
mier jour des pains fans le-
vain, auquel on facrifioit
l'agneau de Pâque, fes Dif
ciples lui dirent: Oùvcux-
89
prêter à manger l'agneau de
. âque? Et il envoiadeux
de fes Difciples, & leur dit;
Alez en la ville j & un
homme vous viendra à la
rencontre, portant une cru-
:he d'eau, fuivez-le. Et en
quelque lieu qu'il entre, di-
res au maitre de la maifon^
Le Maitre dit; Où eft le
iogis, où je mangerai l'ag-
neau de Pâque avec mes
Difciples ? Et il vous mon-
trera une grande chambre
ornée & préparée : aprêtez-
nous là l'agneau de Pâque.
Ses Difciples donc s'en ale-
rent 5 & étant arrivez dans
la ville, ils trouvèrent tout
comme il leur avoit dit: &
ils aprêterent l'agneau de
Pâque. Et fur le loir jé-
fus vint lui-même avec les
douze. Et comme ils é-
toient à table, & qu'ils man-
geoient, Jéfus leur dit; En
vérité je vous dis, que l'un
de vous, qui mange avec
moi, me trahira. Et ils
commencèrent à s'atrifter:
& ils lui dirent l'un après
l'autre; Eft-cemoi? & l'au-
tre 5 Eft-ce moi? Mais il
répondit, & leur dit ; C'cft
i'un des douze, qui trempe
tu que nous t'aillon$ a-lavec moi au plat. Certes
' V le
90 Le LuN'Di avant Paq^uêT^'
le Fils de rhomme s'en va^
fclon qu'il efl: écrit de lui :
mais malheur à rhomme
par qui le Pils de Thomme
cft trahi: il eut été bon à
cet homme-là de n'être
point né. Et comme ils
mangeoient 5 Jéfus prit le
pain : &c après avoir rendu
grâces, il le rompit 5 àc le
leur donna:, 6c leur dit 5
feroient fcandalifez ; je ne
le ferai pourtant point. Et
Jéfus lui dit : En vérité je
te dis, qu'aujourd'hui en
cette propre nuit, avant
que le coq ait chanté deux
fois, tu me renieras trois
fois. Mais Pierre difoit en-
core plus fortement : Quand
même il me faudroi^ mou-
rir avec toi, je xw ; :. renie-
Prenez 5 mangez: ceci efl: | rai point: àc ils lui dirent
mun corps. Piiis aiant pris \ tous la même chofe. Puis
la coupci ii rendit grâces,! ils vinrent en un lieu nom-
^-.'Pi leur donna : & ils en
burci t Lous. £1 il leur dit 5
mé Gethlémané : & il dit
à tes Difciples 5 AKckz-
Ceci eft mon fangi lefang vous ici jufqua re quej^aie
du Kouvcau Teihment,
qui eu répandu pour plu-
ficurs. En vérité je vous
dis5 que je ne boirai plus
prie.
PiciT
vante
Et 1; pat avec lui
- .y; jaques, & fcan,
ujmmença à s'époa-
& à être fort an-
ciu fruit de la vigne julqu au Igoilïé. Et il leur viit 5 Uoxx
jour que je le boirai nou-
veau dans le Roiaume de
Dieu.^ Et quand ils curent
chanté le Cantique, ils s en
alcrent à la montagne des
Oiivkrs. Et jéfus leur dit,-
Vous ferez tous cette nuit
fcandalilcz en moi : car il
cfr écrite Je fraperai le
Berger, & les brebis feront
djlperfées. Mais après que
je ferai refTufcitc, j^irai de-
vant vous en Galilcc. Et
ame efl: faiiic de triiicile
jufques à la :iiort: demeu-
rez ici, & veilicz. Puis
s'en alant un peu plus ou-
tre, ilfe jetta en terre, &
il prioit; Qlic sii étoit pof-
ftble, rhcurc paflat arriére
de lui. Et il difoitj Ab-
ba. Père, toutes chofes te
font poflibies5 trahfporte
cette coupe arriére de moi :
toutefois non point ce que
"e veux j mai^îCô que tu
Licri-c iui,^itj Qiiaud tous jveus. Puis iiVreviiit-,
X'C^
L^ Lundi a
les trouva dormant : & il
dit à Pierre 5 Simon dors-
tu? n as-tu pu veiller une
heure? Veillez, ôc priez
que vous n entriez point
en tentation : car quant à
i'efprit, il eft prompt; mais
la chair eft foible. £t il
s'en ala encore, & il pria,
difant les mêmes paroles.
Puis étant retourné 5 il les
trouva encore dormant : car
leurs yeux étoient apefan-
tis : & ils ne iavoient que
lui répondre. Il vint en-
core pour la troifiéme fois,
& leur dit , Dormez d'or-
chavant^ & vous repofez:
il luiit, l'heure eft venue :
voici le Fils de l'homme
sen va être livré entre les
mains des méchans. Le-
vez-vous, alons : voici, ce-
lui qui me trahit s'aproche.
Et aulTi-tot, comme il par-
loit encore 5 judas, qui é-
toit Tun des^ douze, vint ;
6c avec lui une grande trou-
pt, aiant ;de$ épécs & des
bâtons, de la part des prin-
cipaux Sacriiicateurs, des
Scribes, & des Anciens. Or
celui qui le trahiflbit avoit^
donné un fienal enti*'eux,-
difant 5 Celui que je baife-j
rai^ ç'eft lui, Caififf^z-k,
VA NT PaQ^UE^ 91
& emmenez-le fûrement-
Qiiand donc il fut venu, il
s'aprocha auflî-tôt de lui,
& dit; Maître, Maître, &
il le baifa. Alors ils mi-
rent les mains fur lui, & le
faifirent. Et quelqu'un de
ceux qui étoient là préfens
tira fon épée 5 & en fra-
pa le ferviteur du fouverain
Sacrificateur, & lui empor-
ta loreille. Alors Jéfus
prit la parole, ôc leur dit 5
Etes-vous fortis comme a-
près un brigand, avec des
épées & des bâtons, pour
mo prendre? ]'étois tous
les jours parmi vous, enfeig-
nant dans le Temple 5 &
vous ne m'avez point faifi :
mais tout ceci eft arrivé, a-
fin que les Ecritures foient
acomplies. Alors tous fes
Difciples rabandonnerent,-;
& s'enfuirent. Et un cer-
tain jeune homme le liii-'
voit, envelopé d'un lin-
ceul fur le corps nud : &
quelques jc-unes gens le fai-
firent. Mais abandonnant
fon linceul, il s'enfuit d'eux'
tout nud-. Et ils emmenè-
rent jéfus au fouverain Sa-
crificateur 5 chez qui s'aC
femblercnt tous les princi*
paux Saaificateurs, les An-
çiensa
92 tE Lundi avant Paq^ue?
cicns, & les Scribes. Etldit; Es-tu le Chrift, le Fils
Pierre le fuivoit de loin du Dieu béni? Et Jéfus
Jufqucs dans la cour du fou
verain Sacrificateur: & il
étoit affis avec les ferviteurs,
& fc chaufFoit près du feu.
Or les principaux Sacrifica-
teurs, & tout le Confiftoire
cherchoient quelque témoi-
gnagjC contre Jéfus, pour le
faire moujtir : mais ils n en
trouvoient point. Car plu-
fîeurs difoicnt de faux té-
moignages contre lui: mais
les témoignages n'étoient
point conformes. Alors
quelques uns s'élevèrent, &
portèrent de faux témoigna-
ges contre lui, difant ; Nous
avons ouï quildifoitj Je
détruirai ce Temple qui efi
fait de main 5 & en trois
jours j'en rebâtirai un au-
tre, qui ne fera point fait
de main. Mais encore a-
vec tout cela leurs témoi-
gnages n étoient point con-
formes. Alors le fouve-
rain Sacrificateur fe levant
-au milieu, interrogea Jéfus,
difant ; Ne répons-tu rien ?
qu eft-ce que ceux-ci témoi-
gnent contre toi? Mais il
ie tût, & ne répondit rien.
Le fouvcrain Sacrificateur
Tinterrogca encore, 6c lui
lui dit 5 Je le fuis : & vous
verrez le Fils de Thomme
aflîs à la droite de la puif-
fance de Dieu, & venant
fur les nuées du cieL A-
iors le fouverain Sacrifica-
teur déchira fes vétemens>
ôc diti Qu avons-nous en^
core affaire de témoins?
Vous avez ouï le blaf-
phème 5 que vous en fem-
ble ? Alors tous ie condam-
nèrent comme étant digne
de mort. Et quelques-uns
fe mirent à cracher contre
lui; & à lui couvrir le vi-
fage 5 & à lui donner des
fouflets : & ils lui difoient 5
Prophétife : & les fergeans
lui donnoient des coups
avec leurs verges. Or com-
me Pierre étoit en bas dans
la cour; une des fervantes
du fouverain Sacrificateur
vint. Et quand elle eut
aperçu Pierre qui fe chau-
toit, elle le regarda en fa-
ce, & lui dit 5 Et toi, tu
étois avec Jéfus le Nazarien,
Mais il le nia, difant; Je
ne le connois point, & je
ne fai ce que tu dis : puis
il fortit dehors au portail;
& le coq chanta. Et la
fer-
LÉ Mardi avant Paque:
9i
fervante Taiant regardé en- In ai point cachié mon vi-
core, elle fe mit à dire à fage arriére des oprobre^
ceux qui étoient là pré-
fensj Celui-ci eft de ces
gens-là. Mais il le nia une
féconde fois. Et encore
un peu après, ceux qui é-
toient là préfens, dirent à
Pierre i Certainement tu
es de ceux-là: car tu es Ga-
liléen, & ton langage s'y
raporte. Alors il fe mit à
fe maudire, & à jurer, di-
fant î Je ne connois point
cet homme-là que vous di-
tes. Et le coq chanta pour
la féconde fois : & Pierre
fe reffouvint de cette parole
que Jéfus lui avoir dite;
Avant que le coq ait chan-
té deux fois ; tu me renie-
ras trois fois. Et
jette dehors il pleura
s'étant
Le Mardi avant Pâque.
7 ont UEpitre, Efa. 50. 5
Seigneur l'Eternel
l_i m'a ouvert loreille,
& je n ai point été rebelle,
& ne me fuis point tiré en
arriére. J'ai expofé mon
dos à ceux qui me frapoi-
çnt, & mes joues à ceux
qui me tiroient le poil : je
ni des crachats. Mais le
Seigneur TEternel nVa ai-
dé : c'eft pourquoi je n'ai
point été confus : & aihfi,
j'ai rendu mon vifage fem-
blable à un caillou : car je
fai que je ne ferai point
rendu honteux. Celui qui
me juftifie eft près : qui eft-
ce qui débatra contre moiif
comparoiflbns enfemble i
qui eft-ce qui eft mon a-
verfe partie? quil aproche
de moi. Voilà, le Seig-
neur , TEternel m'aiderai
qui fera-ce qui me condam-
nera? voilà, eux tous fe-
ront ufez comme un vê-
tement; la tigneles ronge-
ra. Qui eft celui d entre
vous qui craigne l'Eternel,
& qui écoute la voix de
fon fervitcur? Que celui
qui a marché dans les ténè-
bres, & qui n avoit point
de clarté, ait confiance au
Nom de l'Eternel, & qu'il
s'apuie fur fon Dieu. Voi-
là, vous tous qui aiumez
le feu, & qui vous ceignez
d'étincelles, marchez à la
lueur de vôtre feu ; & dans
les étincelles que vous avez
embraiées ; ceci vous a été
I fait
P4. I'* Mardi av
fait de ma main, vous ferez
gifant dans les. toumiens.
t'EvANGiLE^ S. Marc 15.1-
ET incontinent au ma-
tin les principaux vSa-
erilicateurs avec les Anciens
& les Scribes, & tout le
Confiftoire, aiant tenu con-
feil, firent lier Jéfus, &
remmenèrent, & le livrè-
rent à Pilate. Et Pilate
Tinterrogea, difant ; Es-tu
le Roi des Juifs > & Jéfus
répondant, lui dit ; Tu le
dis. Or les principaux Sa
crificateurs Tacufoient de
plufieurs chofes : mais il ne
répondoit rien. Et Pilate
l'interrogea encore, difant 5
Ne répons-tu rien ? voi
combien de chofes ils dé-
pofent contre toi. Mais
Jéfus ne répondit rien non
plus; de forte que Pilate
s'en étonnoit. Or il leur
relâchoit à la fête un pri-
fonnier, lequel que ce fut
qu'ils dcmandalTent. Et il
y en avoit un, nommé Bar-
rabas, qui étoit prifonnier
avec fcs complices pour une
fédition, dans laquelle ils
avoient commis un meur-
tre. Et le peuple criant
ANT PaQ^UE;
tout haut, fe mit à demari^
der à Pilate qu il fit com-
me il leur -avoit toujours
fait. Mais Pilate leur ré-
pondit, en difant 5 Voulez-
vous que je vous relâche le
Roi des Juifs > (Car il fa-
voit bien que les princi-
paux Sacrificateurs Favoient
livré par envie.) Mais les
principaux Sacrificateurs ex-
citèrent le peuple à deman-
der que plutôt il relâchât
Barrabas. Et Pilate leur
repondant, leur dit encore;
Que voulez-vous donc que
je faffe de celui que vous
apellez Roi des Juifs > Et
ils s'écrièrent encore 5 Cru-
cifie-le. Alors Pilate leur
dit > Mais quel mal a-t-il
fait? Et ils s'écrièrent en-
core plus fort 5 Crucifie-le.
Pilate donc voulant con-
tenter le peuple, leur relâ-
cha Barrabas 5 6c après avoir
fait fouëter Jéfus , il le
livra pour être crucifié.
Alors les foldats l'emmenè-
rent dans la cour, qui eft
le Prétoire: & toute la Ban-
de s'étant là affemblée, ils
le vêtirent d'une robe de
pourpres & aiant fait une
couronne d'épines entre-
laffées l'une dans l'autrC;, ils
la
t'É^^MTRMwrmir^ i> i Qu t:
îâlm mirent fur la tête:
Puis ils commencèrent à le
faluër, en lui difant ; Bien
te foit, Roi des Juifs : Et
ils lui frapoient la tête avec
un rofeau 5 & crachoient
contre lui : & fe mettant
à genoux, ils lui faifoient
la révérence. Et après sê-
tre ainfi moquez de lui, iJs
le dépouillèrent de la robe
de pourpre 5 & le revêtirent
de fcs habits r& remme-
nèrent dehors pour le cru-
cifier. Et ils ' contraigni-
rent un certain homme,-
nommé Simon, Cyrénieh,
père d'Alexandre & de Ru-
fus, qui paflbit par là, re-
venant- des champs, dépor-
ter fa croix. Et ils le me-
nèrent au lieu apellé Gol-
gotha, c'eft-a-dire, le lieu
du Teft. -Et iJs lui donnè-
rent à boire du vin mix^
tionné avec de la mirrhe :
mais il ne le prit point.
Et quand ils Feurent cruti-
fié y ils partagèrent fes vé-
temcns, en .les jettant au
fort DDur.faToir ce que cha-
cun en aurôit.j: Gril étoit
trois heures quand ils le
crucifièrent. Et fécriteau
contenant la caufeii.de fa
condamnation étoit ^ L e
1
9S
ROI D Ë S J Û I F S. Ils
crucifièrent aufli avec lui
deux brigands : Tun à fa
main droite 5 & Fautre à fa
gauche. Et ainfi fut a-
complie FEcriture, qui dit 5
Et il a été mis au rang des
malfaiteurs. Et ceux qui
paffoient près de là, lui dî-
foient des outrages, bran-
lant la tête, 6c difant 5 Hé î
Toi, qui détruis le Temple,
& qui le rebâtis en trois
jours y Sauve-toi toi-mêmci
6c defcen delà croix. Pa-
reillement les principaux
Sacrificateurs eux-mêmes fe
moquant- avec les Scribes,
difoient entr'eux ; Il a fau-
ve les autres, il ne fe peut
fauver lui-même. Que le
Chrift, le Roi dlfraei, def-
cende maintenant de .la
croix 5 afin que nousle\X)i-
ions & que nous croiïons!
Ceux aujQî qui étoient cru-
cifiez avec lui, lui difoient
des outrages. Mais quand
il fut fix heures,! iUyjeut
des ténèbres fur tout Je
pais jufqua neuf heures. Et
à neuf heures ) éfus aria à
haute voix, diiant; Eloï,
Eloï, lamnia fabachthani?
c eft-à-dire; MoaDicu, mon
Dieu, pourquoi nVas-tu ,a-
bandonné.^
pé Le Mecredi avantPa (jtr b/
bandoiiné > Ce que quel-
ques-uns de ceux quiétoient
là préfens, aiant entendu,
ils dirent; Voilà, il apelle
Elle. Et quelqu'un acou-
rut, qui emplit une éponge
de vinaigre, & qui Taiant
mile autour d'un rofeau,
lui en donna à boire, en
difant; Laiflez, voions Jî
Elle viendra pour loter.
Et Jéfus aiant jette un grand
cri, rendit refprit. Et le
voile du Temple fe déchi-
ra en deux, depuis le haut
jufquen bas. Et le Cen-
tenier qui étoit là vis-a-vis
de lui, voiant qu il avoit
rendu Tefprit en criant ain-
fi, dit 5 Véritablement cet
homme étoit le Pils de
Dieu.
Le Mecredi avant Pâque.
LTpitre, Heb. 9. 16.
CAR où il y a un tef-
tament, il eft nécef-
faire que la mort du tefta
teur intervienne. Parce
que c eft par la mort du tef-
tateur quun teftament eft
rendu ferme ; vu qu il n a
point encore de vertu du-
rant que le teftatcur eft en
vie. C'eft pourquoi le prc5
mier teftament lui-même
n'a point été établi fans du
fang. Car après que Moïfe
eut récité à tout le peuple
tous les commandemens
félon la Loi, aiant pris le
fang des veaux & des boucs,
avec de Teau & de la laine
teinte en pourpre, & de
rhyfope, il en fit afperfion
fur le Livre, & fur tout le
peuple: En difant 5 Ceft
ici le fang du Teftament,
lequel Dieu vous a établi.
Il fit aullî afperfion du fang
femblablement fur le Ta-
bernacle; & fur tous les
vaifîeaux du fervice. Ef
prefque toutes chofes félon
la Loi font purifiées par le
fangi & fans effufion de
fang il ne fe fait point de
remiffion. Il a donc falu
que les chofes qui repré-
fentoient celles qui font aux
Cieux, fuflent purifiées par
de telles chofes 5 mais que
les celeftes le foient par des
facrifices plus excellens que
ceux-là. Car Chrift n'eft
point entré dans les lieux
Saints faits de main, qui
étoient des figures corref-
pondantes aux vrais : mais
il eft entré au Ciel même;
afin
Le Mègredî avaïtt Paq^ùe/ §f€
sfin de comparoitre main-
tenant pour nous devant
la face de Dieu. Non qu il
s'ofre plufieurs fois lui-
même;, ainfi que le Souve-
rain Sacrificateur entre
dans les lieux faints cha
que année, avec un autre
fang : (Autrement il au
roit falu quil eut foufert
plufieurs fois depuis lafon
dation du monde) mais
maintenant en la confom-
mation des fiécles, il eft
comparu une feule fois
pour labolition du péché,
par le facrifice de foi-même
Et comme il eft ordonné
aux hommes de mourir une
feule fois, & qu'après cela
fuit le jugement : Pareille-
ment auflî Chrift aiant été
ofert une feule fois, pour
ôter les péchez de plufieurs,
aparoitra une féconde fois
fans péché à ceux qui Ta-
tendent à falut.
L'Evangile, S. Luc. 22. i.
OR la fête des pains
fans levain, qu'on a-
pelle Pâque, aprochoit. Et
les principaux Sacrificateurs
& les Scribes cherchoient
comment ils le pourroient
faire mourir : car ils craig-
noient le peuple. Maïs S-âr
tan entra dans Judas, fur-
nommé Kcariot', qui étoit
du nombre des douze. Le-
quel s'en ala, & parla avec
les principaux Sacrificateurs
& les Capitaines, de la ma-
nière dont il le leur livrc-
roit. Et ils en furent ; di-
eux, & convinrent quils
lui donneroient de l'argent.
Et il le leur promit : & il
cherchoit le temps propre
pour le leur livrer fans tu-
multe. Or le jour des
pains fans levain, auquel il
taloit facrifier l'Agneau de
Pâque, arriva. Et félus
envola Pierre ôc Jean, en
leur difantj Alez, & a-
prêtez-nous l'Agneau de
Pâque, afin que nous le
mangions. Et ils lui di-
rent 5 Où veux-tu que nous
Taprêtions? Et il leur dit ^
Voici, quand vous ferez en-
trez dans la ville vous ren-
contrerez un homme por-
tant une cruche d'eau, im-
vez-le en la maifon où il
entrera. Et dites au maî-
tre de la maifon 5 Le Maî-
tre t'envoie dire^ Ou di
logis où je mangerai
l'Agneau de Pâque avec
mes Difçiples > Et il vous
H mon-
9^ Le Mecredî avant Paq^uEo
montrera une grande cham-
bre haute, parce : aprctez-
là TAgneau de Pâque. S'en
étant donc alcz, ils trou-
vèrent félon qu'il leur avoit
dit; & ils aprêterent l'Ag-
neau de Pâque. Et quand
rheure fut venue, il le mit
à table, & les douze Apô-
tres avec lui. Et il leur
dît; j'ai fort défîré de
manger cet Agneau de Pâ-
que avec vous avant que je
foufrc. Car je vous dis,
que je n'en mangerai plus
jufqu'à-ce qu'il foit acom-
pli dans le Roiaume de
Dieu. Et aiant pris la cou-
pe, il rendit grâces, & il
dit 5 Prenez-la, & la diftri-
buez entre vous. Car je
vous dis; que je ne boirai
plus du fruit de la vigne,
jufqua-ce que le Règne de
Dieu foit venu. Puis pre-
nant le pain, & aiant ren-
du grâces ; il le rompit i &
le leur donna, en difant ;
Ceci cft mon corps, qui
eft donné pour vous : faites
ceci en mémoire de moi.
Pareillement auill il leur
donna la coupe après le
fouper, en difant ^ Cette
coupe eft le Nouveau Tef-
tamcnt en mon fang, qui
eft répandu pour vous. Ce-
pendant voici, la main de
celui qui me trahit cft avec
moi à table. Et certes le
Fils de l'homme s'en va,
félon ce qui eft déterminé :
toutes-fois malheur a cet
homme par qui il eft trahi.
Alors ils fe mirent à s'en-
tredemander l'un à Tautrci^
qui feroit celui d'entr'eux
à qui il arriveroit de com-
mettre cette adion. Il ar-
riva auffi une conteftation
entr'eux, pour favoir le-
quel d'entr'eux feroit eftimé
le plus grand. Mais il leur-
dit i Les Rois des nations
les maîtrifent : & ceux qui
ufent d'autorité fur elles
font nommez bienfaiteurs.
Mais il n en fera pas ainfi
de vous : au contraire, que
le plus grand entre vous
foit comme le moindre :
& celui qui gouverne, com-
me celui qui fert. Car le-
quel eft le plus grand s ce-
lui qui eft à table, ou celui
qui fert? ncft-cc pas celui
qui cft a table ? or je fuis
au milieu de vous comme
celui qui fert. Or vous é-
tes ceux qui avez pcrfévéré
avec moi dans mes tenta-
tions. C'eft pourquoi je
vous
Le Mecredi avant Paque. 9P
vous difpofe le Roiaume
comme mon Père me l'a
difpofe. Afin que vous
mangiez <5c que vous beu-
viez à ma table dans mon
Roiaume i & que vous foi-
ez allîs fur des trônes, ju-
geant les douze Tribus dlf-
raël. Le Seigneur dit auflîj
Simon, Simon, voici, Satan
a demandé inftamment à
vous cribler comme le bléj
Mais j'ai prié pour toi que
ta foi ne défaille point :
toi donc quand tu feras un
jour converti, fortifie tes
frères. Et Pierre lui dit;
Seigneur, je fuis tout prêt
dealer avec toi, foit en
prifon, foit à la mort. Mais
Jéfus lui dit 5 Pierre, je te
dis, que le coq ne chantera
point aujourd'hui, que pre-
mièrement tu ne renies par
trois fois de m'avoir con-
nu. Puis il leur dit : Quand
je vous ai envolez fans
bourfe, fans malette, &
fans fouliers, avez-vous
manqué de quelque chofe:
Et ils répondirent j De
rien. Et il leur ditj Mais
maintenant que celui qui
a une bourfe, la prenne : ôc
de même celui qui a une
jnalette : de que celui qui
n a point d'épée, vende fa
robe, & achète une épécw
Car je vous dis? quil faut
que ceci aullî qui eifl: écrit,
foit acompli en moi. Et
il a été mis au rang des
iniques. Car certainement
les chofes qui ont été pré-
dites de moi, s'en vont
être acomplies. Et ils di-
rent ; Seigneur, voici deux
épées. Er il leur dit ; C'eft
allez. Puis il partit, & s'en
ala, félon fa coutume, au
mont des Oliviers : ôc fes
Difciples le fuivirent. Et
quand il fut arrivé en ce
lieu là, il leur dit 5 Priez
que vous n'entriez point en
tentation. Puis s'étant é-
loigné d'eux environ un
jet de pierre 5 & s'étant
mis à genoux, il prioit,
Difant ; Père, fi tu voulois
tranfporter cette coupe loin
de moi; toutefois que ma
volonté ne foit point faite i
mais la tienne. Et un An-
ge lui aparut du eiel, le
fortifiant. Et lui étant en
agonie, prioit plus inftam-
ment : & fa fueur devint
comme des grumeaux de
fang découlant en terre.
Puis s'étant levé de fa pri-
ère, il revint à fes Difci-
H 2 pies.
Le Mecredi avant Paqu h:
pies, kfquels il trouva dor-
mant de triftcfle : Et il
leur dit s Pourquoi dor-
mez-vous? levez-vous, &
priez que vous n'entriez
point en tentation. Et
comme il parloit encore j
voici une troupe, êc celui
qui avoir nom judas, Tun
des douze, vint "devant eux,
ôc s'aprocha de jéfuspour
le baifer. Et jéfus lui ditj
Judas, trahis-tu le Fils de
l'homme par un baifer?
Alors ceux qui étoient au-
tour de lui, voiant ce qui
aloit arriver", lur dirent :
Seigneur, fraperons-nous de
répée ? Et Tmi d'eux fra-
pa le ferviteur du fouverain
Sacrificateur, & lui empor-
ta Toreille droite. Mais
Jéfus prenant la parole dit 5
Laifïez-les faire jufques ici.
Et lui aiant touché loreil-
le, il le guérit. Puis Jé-
liis dit aux principaux Sa-
crificateurs, ôi aux Capi-
taines du Temple, êc aux
Anciens qui étoient venus
contre lui s Etes-vous for-
tis comme après un bri-
gand avec des épées & des
bâtons ? Qtioi que j'aie été
tous les jours avec vous au
Tcmpkj vous navez pas
mis la main fur moi : mais
c.d\ ici vôtre heure, & la
puiilance des ténèbres. Se
faififfant donc de lui, ils
remmenèrent; & le firent
entrer dans la maifon du
fouverain Sacrificateur: ôc
Pierre fiiivoit de loin. Or
ces gens aiant alumé du
feu pxx milieu de la cour,
& étant alTis cnfcmble,Pier-
re s'afllt auflî parmi eux.
Et une fervante le voiant
affis auprès du feu, & aiant
rœil arrêté fur lui, dit 5
Celui-ci aufiî étoit avec lui :
Mais il le nia, difànt 5 Fem-
me, je ne le connois point.
Et un peu après, un autre
le voiant, dit 5 ^u es aufiî
de ceux-là : mais Pierre dit^
O homme! je n'en fuis
point. Et environ Telpace
d'une heure après ; quelque
autre afiîrmoit, & difoit ;
Certainement celui-ci aufli
étoit avec luij car il efliGa-
liléen. Et Pierre dit 5 O
homme ! ;e ne fai ce que
tu dis. Et dans ce moment,
comme il parloit encore,
le coq chanta. *Et le Sei-
gneur fe tournant, regarda
Pierre; & Pierre fe reffou-
vint de la parole du Sei-
gneur, qui lui avoir dit;
Avaat
Le Jeudi avant PAQ^UEr lot*
moignage ? car nous-mêmes
Tavons ouï de fa bouche.
IjC Jeudi avant Pâque.
'Avant que le coq chante,
tu nie renieras trois fois.
Alors Pierre étant forti de-
hors, pleura amèrement.
Or ceux qui tenoient jéfuS;,
fe moquoient de lui, & le
frapoient. Et Taiant ban-
dé lui donnoient des coups
fur le vifàge, & rinterro-
geoient, difant; Prophctifc
qui efl celui qui t'a frapé r
L'Epitre, I Cor. II. 17:
en ceci que je vais
/ous dire Je ne vous
loiic point j c'eft que vous
ne vous aficmblez pas en
lieux, mais en pis. Car
o\
Et ils difoient plulieurs au- j premièrement quand Vous
très chofes contre lui, en vous aiîcmblcz dans l'Eglifc,
loutrageant de paroles. Erh'aprens qu'il y a des par-
quand le jour fut venu, les tialitez parmi vous: &j''en
Anciens du peuple, & les
principaux Sacrificateurs, &
les Scribes saffemblcrent,
& remmenèrent dans le
Confeil 5 Et lui dirent : Si
tu es le Chrift, di-le nous.
Et il leur répondit j Si je
vous le dis, vous ne le croi-
rez pomt. Qiie fi auffi je
vous interroge, vous ne
crois une partie ; Car il
faut qu il y ait même des
hcréfies parmi vous 5 afin
c^\\z ceux qui font dignes
d'aprobation, foient mani-
feftez parmi vous. Qiiand
donc vous vous alîcmblcz
ainfi tous cnfcmble, ce n'eft
pas manger la Cène du Sei-
imeur. Car lors quil s'adt
me repondrez pomt 5 m ne de prendre le repas, chacun
me laifferez point alcr.
Déformais le Fils de f hom-
me fera affis à la droite de
la pui (Tance de Dieu. A-
lors ils dirent tous; Es-tu
donc le Pils de Dieu ? Il
leur dit s Vous le dites
prend par avance fon lou-
per particulier i en forte
que Tun a faim, & Pautre
fait bonne chère. N'avcz-
vous donc pas de maifons
pour manger & pour boire?
Ou mèprifez-vous i'Egli (e de
vous-mêmes que je le fuis. | Dieu >& faites-vous honte à
Et ils dirent 5 Qu'avons | ceux qui n ont rien ? Que.
lious befoin encore de té- ï vous dirai-je ? Vous louerai-
^ H 3 )ç|
102 Le Jeudi avant Paq^ue;
je? je ne vous loue point jnant point le corps duSeî-
en ceci. Car j'ai reçu dujgneur. Et ceft pour cela
Seigneur ce quauffi je vous queplufieurs font foibles&
ai donné : c eft que le Sei- malades parmi vous, & que
gneur jéfus la nuit qu il pluficurs dorment. Car fi
fut tralîi, prit du pain: Et nous nous jugions nous-
après avoir rendu grâces il
le rompit, & dit 5 Prenez,
mangez : ceci eft mon corps
qui eft rompu pour vous:
faites ceci en mémoire^ de
moi. De même auflî a-
près le fouper, il prit la
coupe, en difant 5 Cette
coupe eft la nouvelle alli-
ance en mon fang : faites
ceci toutes les fois que vous
en boirez, en mémoire de
moi. Car toutes les fois
que vous boirez de cette
coupe, vous annoncerez la
mort du Seigneur jufques
à ce qu'il vienne. Ceft
pourquoi quiconque man-
gera de ce pain, ou boira
de la coupe du Seigneur
indignement , fera coupa-
ble du corps & du fang du
Seigneur. Qiie chacun
donc s'éprouve foi-même :
& ainfi qu'il mange de ce
pain 5 & qu'il boive de cet-
te coupe : Car celui qui en
mange, & qui en boit in-
dignement, man2;e & boit
fon jugement ; ne difccr-
mêmes, nous ne ferions
point jugez. Mais quand
nous fommes jugez, nous
fommes enfeignez par le
Seigneur 5 afin que nous ne
foions point condamnez a-
vec le monde. Ceft pour-
quoi, mes frères, quand
vous vous aflemblez pour
manger, atendez-vous l'un
l'autre. Et fi quelqu'un a
faim, qu'il mange en fa
maifouj afin que vous ne
vous affembliez point en
jugement. Touchant les
autres points, j'en ordonne-
rai, quand je ferai arrivé.
L'Evangile, S.Luc. 23.1.
Uis ils le levèrent tous,
& le menèrent à Pi-
latc. Et ils fe mirent à
l'acufcr, difant 5 Nous a-
vous trouve cet homme
pervertifîant la nation i &
défendant de donner le tri-
but à Céfar ; & » fe difant
être le Chrift, le Roi, Et
Pilate l'interrogea, difant $
Es-tu le Pvoi des Juifs > Et
Jéfus répondant, lui ditj?
Tu
p
Le Jeudi avant Paq^ue.
10
Tu le dis. Alors Pilatc
dit aux principaux Sacriii-
catcurs, & à la troupe du
peuple 3 Je ne trouve au-
cun crime en cet honime.
Mais ils infilloient encore
davantage, allant s 11 émeut
le peuple;, enfeignant par
toute la Judée, & aiant
lui, après qu il Teut revêtu
d'un vêtement blanc, le
renvoia à Pilate, Et en ce
même jour Pilate & Hé-
rode devinrent amis entr'-
eux : car auparavant ils é-
toient en inimitié enfem-
ble. Alors Pilate aiant a-
pellé les principaux Sacri-
commencé depuis la Gali-jficareurs, & les Gouver-
léc jufques ici. Or quand jneurs, & le peuple, il leur
Pilatc entendit parler de _ dit 5 Vous niavez préfenté
la Galilée, il demanda, fi cet homm\r comme perver-
cet homme étoit Galiléen.'tiffant le peuple: & voici,
Et aiant apris qu il étoit de
la jurifdiûion d'Hérode, il
le renvoia à Hérode, qui
en ces jours-là étoit aufii à
Jérufalem. Et lors quTîé-
3:ode vit Jêius, il en fut
fort joieuxi car il y avoir
Ten aiant fait répondre de-
vant vous, je iVai trouvé
en cet homme aucun de
ces crimes dont vous lacu-
fez. Ni Hérode non plus :
car je vous ai renvoiez à
lui 5 & voici, rien ne lui a
long-temps qu'il défiroit de été fait qui marque qu'il foit
le voir ; à caufe qu'il en-
tendoit dire plufieurs cho-
fes de lui; & il efpéroit
qu'il lui verroit faire quel-
que miracle. Il Tin^terro-
gea donc par divers dif-
<:ours: mais Jéfus ne lui
répondit rien. Et les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Scribes comparurent, Tacu-
fant avec une grande vé-
hémence. Mais Hérode a-
vec ces gens Taiant mé-
prifé, (5c s'étant moqué de
digne de mort. QLiand
donc je Taurai iaii foucter
je le relâcherai. Or il fa-
loit qu'il leur relâchât quel-
qu'un à la Fcte. Et toutes
les troupes s'écrièrent en-
femble, difantj Ote celui-
ci, & relâche nous Barra-
bas 3 qui avoir été mis en
prifon pour quelque fédi-
tion faite dans la ville avec
meurtre. Pilate donc leur
parla encore, voulant relâ-
cher Jéfus. Mais ilss'écri-
H 4 oient.
io4^ Le Jeudi av
oient, difant ; Crucifie, cru-
cific-lc. Et il leur dit pour
la troifiéme fois 5 Mais quel
mal a fait cet homme ? Je
ne trouve rien eu lui qui
foit digne de mort : Taiant
donc fait fouëter, je le re-
lâcherai. Mais ils infiftoi-
ent à grands cris, deman-
dant qu'il fut crucifié : &
leurs cris & ceux des prin-
cipaux Sacrificateurs fe ren-
forçoient. Alors Pilatc pro-
nonça que ce quils de-
niandoient, fut fait. Et il
leur relâcha celui qui pour
fédition & pour meurtre a-
voit été mis en prifon, &
lequels ils demandoient :
6c il abandonna ]éfi.is a leur
volonté. Et comme ils
Tcmmenoient, ils prirent
un certain Simon, Cyré-
nien, qui venoit des champs,
<5c le chargèrent de la croix
pour la porter après Jéius.
Or il étoit fuivi d'une
grande multitude de peuple
Se de femmes, qui fe fra-
poient la poitrine, & le
pleuroient. Mais Jeliis fe
tournant vers elles, leur
dit 5 Filles de jérufalem,
ne pleurez poinf fjr moi j
mais pleurez fur vous-
^nemcs, ôi fiu: vos cnfans.
ANT VaQV'E^.
Car voici, les jours vien-
dront aufquels on dira^
Bienheureufes font les fté-
riles5 <5c bienheureux les ven-
tres qui n'ont point enfan-
té, & les mammelles qui
n'ont point alaité. Alors
ils fe mettront à dire aux
montagnes s Tombez fur
nous : & aux coteaux s
Couvrez-nous. Car s'ils
font ces chofes au bois
verd, que fera-t-il fait au
bois fec? Deux autres aulli
qui étoient des malfaiteurs,
furent menez pour les faire
mourir avec lui. Et quand ils
furent venus au lieu qui eft
apellé le Tefti ils le cruci-
fièrent là, & les malfai-
teurs auflî : l'un a la droite,
& l'autre à la gauche. Mais
jéfus difoit ; Père, pardon-
ne leur, car ils ne favent
ce qu'ils font. Ils firent
enfuitc le partage de fcs
vétemens, & ils les jette-
rent au fort. Et le peuple
fe tenoit là regardant : &
les Gouverneurs auflî fe
moquoient de lui avec eux,
difant5 11 a fauve, les au-
tres, qu'il fe fauve lui-
même, s'il eft le Chrift,
l'élu de Dieu. Les foldats
aufli fe moquoient de lui,
s'apro-
LÉ Vendredi Saint
s^aprochant, & lui préfen-
tant du vinaigre : Etdifant^
Si tu es le Roi des JuifS;,
fauve-toi toi-même. Or il
y avoit au deffus de lui un
écriteau en lettres Grec-
ques, ôc Romaines, & Hé-
braïques, en ces mots :
Celui-ci est le roi des
Juifs. Et Tun des mal-
faiteurs qui étoient pendus,
loutrageoit, difant s Si tu
çs le Chrift, fauve-toi toi-
inême, & nous aullî. Mais
l'autre prenant la parole le
tançoit, difant 5 Au moins
ne crains-tu point Dieu,
puis que tu es dans la
même condamnation? Et
pour nous, nous y fommes
juftement : car nous rece-
vons des chofes dignes de
nos forfaits : mais celui-ci
if a rien fait qui ne fe dut
faire. Puis il difoit à Jé-
fus; Seigneur, fouvien-toi
de moi quand tu viendras
en ton Règne. Et Jéfus
lui dit 5 En vérité je te dis,
quaujourd'iiuitu feras avec
moi en paradis. Or il é-
toit environ fix heures, &
il fe fit des ténèbres par
tout le païs jufqua neuf
heures. Et le foleil fut
obfcurciA le voile duTem-
105
pie fe déchira par le milieu.
Et Jéfus criant à haute voix
diti Père, je remets mon
efprit entre tes mains. Et
aiant dit cela, il rendit YcC-
prit. Or le Centenier vol-
ant ce qui étoit arrivé, glo-
rifia Dieu, difant i Certes
cet homme étoit jufte. Ef:
toutes les troupes qui s 'étoi-
ent affemblées â ce fpeda-
cle, voiant les chofes qui
étoient arrivées, sqïï re-
tournoient frapant leurs
poitrines. Et tous ceux de
fa connoiffance, & les fem-
mes qui lavoient fuivi de
Galilée, fe tenoient loin^
regardant ces chofes.
Le Vendredi Saint.
TTEui
Les Collectes.
Euille, Seigneur, rc-
der favorabiernent
cette tienne famille, pour
laquelle nôtre Seigneur |é-
fus Chrift a bien voulu
être trahi, & livré entre
les mains des méclaiis,
pour foufrir la mort de la
croix i lequel maintenant
vit & règne avec toi, ôc a-
vec le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement.
Amen.
Dieu
£0(5 Le
Tr\Ieu ToLit-puiflant &
J-^ Eternel, qui con-
duis & fandifies par ton
Saint Efprit tout le Corps de
TEglife^ reçoi les prières, &
les fuplications que nous
te prélentons pour toutes
les diférentes conditions de
ceux qui le compofenti
afin que chacun de fes
membres te puifle fervir en
toute fuicérité, & en toute
piété, félon fa charge &
fa^ vocation; par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur ôc Sauveur.
Amen..
Ç\ Dieu mifcricordieux ,
^^ qui as créé tous les
hommes, & qui ne haïs
rien dc^ ce que tu as fait 5
qui aulîi ne demandes point
la mort du pécheur, mais
A I N T.
Vendredi
troupeau fous un fcul Pa-
yeur Jefus Chrift nôtre
Sauveur 5 qui vit 6c qui règ-
ne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
béni étcrnelkment. Amen.
L
piULOt qu il fe convernflc & ! chez réitérée d'année
L'Epitre, Heb. 10. i.
A Loi aiant lombre
des biens à venir, ôc
non la vive image des cho-
ies, ne peut jamais par les
mêmes facrifices, que Ion
ofre continuellement cha-
qu année, fandifier ceux qui
s y adreffent. Autrement
n euffent ils pas ceiTé d^ctrc
oferts ? puis que les facri-
fians étant une fois purifiez,
ils neulfent plus eu aucune
confcience de péché? Or
il y a dans ces facrifices u-
ne commémoration des pe-
qu il vive: Aie pitié de tous
Icsjuift; de touslesTurcs5 de
tous Ics^ Infidcics 5 & de tous
les Hérétiques; ôte leur tou-
te ignorance, tout endur-
Cifiemenr de cœur, & tout
rnepris de ta Parole. Veuil-
ie, ô nôtre bon Dieu, les
ramener a ta bergerie 5 afin
qulls foicnt fauvez avec le
refc des véritables Ifraëlites,
ne i^ifaiit plus quYm fc^j
en
année. Car il cft impof-
fible que le fang des tau-
reaux & àz^ boucs ôte les
péchez.' C^eft pourquoi Jé-
lus-Chrift en entrant au
monde a dit s Tu n as point
voulu de facrifice, ni d'of-
frande; mais tu m'as aproprié
un corps : Tu n as point
pris plaifir aux holocauftes,
ni à loblation pour le pé-
ché. Alors j'ai diti Me
voici,
Le Vendre
^oîci, je viens : il eft écrit
de moi au commencement
du Livre i Que je fafîc, 6
Dieu, ta volonté. Aiant
dit auparavant 5 Tu n'as
point voulu de facrifice, ni
d offrande, ni dliolocauftes,
ni d'oblation pour le pé-
ché, & tu n'y as point pris
plaifir:lcfquelles chofes font
pourtant ofertes félon la
Loi, alorsiladit5 Me voi-
ci, je viens afin de faire, ô
Dieu, ta volonté. II otc
donc le premier, afin d'éta-
blir le fécond. Or c cft par
cette volonté que nous
fommes fanûifiez ; favoir
par loblation qui a été faite
une feule fois du corps de
Jéfus-Chrift. Tout Sacri-
ficateur donc afiifle chaque
jour, adminiftrant, & of-
frant fouvent les mêmes fa-
crifices, qui ne peuvent ja-
mais ôter les peciiez : Mais
celui-ci aiant ofert un feul
facrifice pour les péchez,
s'eft aflîs pour toujours à
la droite de Dieu : Atcn-
dant ce qui reftc, favoir
que fes ennemis foient mis
pour le marchepied de fes
pieds. Car par une feule
oblation il a confacré pour
toujours ceux qui ibnt fanc-
D I S A 1 N T* 107
tifiez. Et ceftauffi ce que
le Saint Efprit nous témoi-
gne i car après avoir dit
premièrement i C'eft ici le
Teftament que je difpofe-
rai envers eux après ces
jours-là, dit le Seigneur i
c'eft que je mettrai mes
loix dans leurs cœurs, &
les écrirai dans leurs enten-
demens : & je ne me fou-
viendrai plus de leurs pé-
chez, ni de leurs iniquitez.
Or où il y a remiflîon de ces
chofes, il n'y a plus d'obla-
tion pour le péché. Puis
donc, mes frères, que nous
avons la liberté d'entrer
dans les lieux Saints par le
fang de Jéfus 5 qui cft le
chemin nouveau & vivant
qu'il nous a confacré i que
nous avons, dis-je, la liber-
té d'y entrer par le voile,
c'eft-a-dire, par fa propre
chair j & que nous avons ,
un grand Sacrificateur éta-
bli fur la maifon de Dieu :
Alons avec un vrai cœur,
ôc avec une pleine certitude
de foi, aiant les cœurs pu-
rifiez de mauvaife con-
fcience, ôc le corps lavé
d'eau nette. Retenons la
profeflîon de nôtre cfpé-
rance fans varier ; car celui
qui
ïos Le Vend k e b ï S a ï n î;
qui nous a fait les promef-
fcs cfl fidèle. Et prenons
^arde lun à Tautre ; afin de
nous inciter i la charité &
aux bonnes -oeuvres : Ne
quitant point nôtre affem-
blée^, comme quelques-uns
ont acoûtumé de faire,
mais nous exhortant Tun
l'autre : & cela d autant
plus que vous voiez apro-
cher le jouro
L'Evangile, S. Jean, 19. i.
Pllate fit donc alors
prendre Jéfus, & le
lit fouetcr: Et les foldats
plièrent une couronne d'é-
pines, quils mirent fur fa
tête, & le vêtirent d'un vê-
tement de pourpre. Puis
ils lui difoients Roi des
Juifs, bien te foit : & ils
lui donnoient des coups a-
vec leurs verges. Et Pi-
late fortit encore dehors,
& leur dit 5 Voici, je vous
i amené dehors, afin que
vous fâchiez que je ne
trouve aucun crime en lui.
Jéfus donc fortit portant la
couronne d'épines, & k
vêtement de pourpre: &
Pilate leur dit 5 Voici l'hom-
me. Mais quand les prin-
cipaux Sacrificateurs & ks
fergens le virent, ilssecri:'
crent, en difant ; Crucifie,
crucifie. Pilate leur dit:
Prenez-le vous mêmes, 6c
le crucifiez: car je ne trou-
ve point de crime en lui.
Les Juifs lui répondirent 5 '
Nous avons une loi 5 &fe-
jon nôtre loi, il doit mou-
rir : car il s'eft fait Fils de
Dieu. Or quand Pilate eut
ouï cette parole, il craig-
nit encore davantage. Et
il r'entra dans le P'rétoire,
& dit à Jéfus i D où es-tu?
Mais Jéfiis ne lui donna
point de réponfe. Et Pi-
Jate lui dits Ne parles-tu
point à moi> ne fais-tu pas
que j'ai le pouvoir de te
crucifier, & le pouvoir de
te délivrer? Jéfus lui ré-
pondit j Tu n'aurois au-
cun pouvoir fur moi, s'il
ne t'étoit donné d'cnhaut :
c'efl: pourquoi celui qui
m'a livré à toi, a fait un
plus grand péché. De-
puis cela Pilate tâchoit à
le délivrer : mais les Juifs
crioient, en difant 5 Si tu
délivres celui-ci, » tu n'es
point ami de Céfar : car
quiconque fe fait Roi, eft
contraire à Céfar. Qiiand
Pilate eut ouï cette parole,
U
Le Vendredi Saiî^t.'
l®^
U amena Jéfus dehors^, ôc
s'aiiît au Siège judicial, dans
le lieu qui eft apellé Pave-
ment, & en Hébreu Gab-
batha. Or c'étoit la pré-
paration de la Pâque, &
il étoit environ fix heures :
Se Pilate dit aux Juifs;
Voilà vôtre Roi. Mais ils
crioient; Ote, ôte, cruci-
fie-le. Pilate leur dit i Cru-
cifierai-) e vôtre Roi? Les
Principaux Sacrificateurs ré-
pondirent 5 Nous n'avons
point d'autre Roi que Cé-
îàr. Alors donc il le leur
livra pour être crucifié. Ils
prirent donc Jéûis, de rem-
menèrent. Et Jéfiis por-
tant fa croix, vint au lieu
apellé le Teft, ôc en Hé-
breu Golgotha 5 Où ils le
crucifièrent, & deux autres
avec lui 5 Tun deçà, 6c l'au-
tre delà, & Jéfus au milieu.
Dr Pilate fit un écriteau,
qu il mit fur la croix, où
étoient écrits ces mots : Jé-
sus Nazarien le roi des
Juifs. Et plufieurs des
juifs lurent cet écriteau,
parce que le lieu, où jefus é-
toit crucifié, étoit près de la
ville, 6c que cet écriteau
étoit en Hébreu, en Grec,
quoi les principaux Saorifi-
cateurs des Juifs dirent à
Pilate i N'écri point, le
Roi des Juifs : mais, que
celui-ci a dit 5 Je fuis le Roi
des Juifs. Pilate répondit >
Ce que j'ai écrit, je Tai é-
crit. Or quand les foldats
eurent crucifié Jéfus, ils pri-
rent fes vctemens 6c en
firent quatre parts, une pars
pour chaque foldat : ils pri-
rent auflî le faie; mais le
faie étoit fans couture, tif-
fu depuis le haut jufqu en
bas. Et ils dirent entr'eux >
Ne le mettons point eix
pièces : mais jettons-le au
fort, pour favoir à qui iî
fera. Et cela arriva ainfi, a-
fin que TEcriture fut acom-
plie,. difant 5 Ils ont partagé
entr'eux mes vétemens,6c ils
ont jette au fort ma robe :
les foldats donc firent ces
chofes. Or près de la croix
de Jéfus étoit fa mère, 6c la
fœur de fa mère, qui étoit
Marie femme de CléopaS;,
6c Marie Magdelainc. Et
jéfus voiant fa mère, 6c au-
près d'elle le Difciple qu'il
aimoit, il dit a fa mères
Femme, voilà ton Pils.
Puis il dit au Difciple : Voi-
6c en Latin. Ceft pour- là ta JMère ; 6c dès cette
l '^ " heure-
L E V E I L L E D E P A Q^U E.'
lia
heure-là ce Difciple la re-
çut chez lui. Après cela
Jéfus fâchant que toutes
chofes étoient déjà acom-
plies, il dit 5 afin que TE cri-
ture fut acomplie 5 J'ai foif
Et il y avoit là un vafe
plein de vinaigre s ils em-
plirent donc de vinaigre
une éponge, & la mirent à
Tentour de Thyfope, & la
lui préfenterent à la bou-
che. Et quand Jefus eut
pris le vinaigre, il dit 5
Tout eft acompli : & aiant
baiifé la tête, il rendit Tef
prit. Alors les Juifs, afin
que les corps ne demeu-
raflent point en croix au
jour du Sabat, parce que
cétoit la préparation, (or
cetoit un grand jour de
Sabat) prièrent Pilate qu on
leur rompit les jambes, &
qu on les otât. Les foldats
donc vinrent, & rompi-
rent les jambes au premier,
ôc de même à l'autre qui
étoit crucifié avec lui. Puis
étant venus à Jefias, & vol-
ant qu'il étoit déjà mort,
ils ne lui rompirent point
les jambes : Mais un des
foldats lui perça le côté a-
vcc une lance, Ôc inconti-
nent il en fortit du fang
& de Teau. Et celui qui
fa vu, la témoigné ôc fon
témoignage eft digne de
foi : & celui-là fait qu'il dit
vrai, afin que vous le croi-
ïez. Car ces chofes-là font
arrivées afin que cette Ecri-
ture fut acomplie i Pas un
de fes os ne fera caffé : Et
encore une autre Ecriture,
qui dit > Us verront celui
qu ils ont percé.
La Veille de Paquet
La Collecte.
F
AI, Seigneur, que
comme nous fommes
batifez en la mort de ton.
Fils Jéfus- Chrift nôtre Sau*
veur, nous foions en-
fevelis avec lui par une
continuelle mortification de
nos afFedions corrompu-
es: & quau travers du
fépulcre & de la porte
de la mort, nous pallions à
la joie de nôtre réfurredion;
par les mérites de celui qui
eft mort, qui a été enfeve-
li, & qui eft reffufcité pour
nous, Jéfus Chrift ton Fils
Amen,
notre Seigneur.
UEpi^
Le Veillé dé P a q^ u e. î i î
L'EpiTRE, I S. PierrC;, 3. 17. 1 Anges, &lcs Dommations>
IL vaut mieux que vous
foufriezen faifant bien,
fi la volonté de Dieu eft
que vous foufricz, qu'en
faifant mal. Car auffi
Chrift a foufert une fois
pour les péchez, lui jufte
pour les injuftes, afin de
nous amener a Dieu; étant
mort en la chair, mais vi-
vifié par l'Efprit : Par le-
quel auflî étant aie, il a
prêché aux efprits qui font
dans la prifon : Et qui a-
voient été autrefois incré-
dules, quand la patience de
Dieu les atendoit une fois,
durant les jours de Noé ;
tandis que TArche fe pré-
paroit : dans laquelle un
petit nombre, favoir huit
perfonnes, furent fauvées
par Teau. A quoi auffi
6c les Puiffances.
L
L'Evangile, S. Mat. 27. 57,
E foir étant venu, un
homme riche d'Ari-
mathée, nommé jofeph,,
qui même avoit été difci--
pie de Jéfus, vint à Pilate,
& demanda le corps de jé-
fus. Et en même tcms
Pilate commanda que le
corps fut rendu. Ainfi ]o-
feph prit le corps 5 ôc Ycii"
velopa d'un linceul net 5 de
le mit dans fon fépulcre
neuf, qu'il avoit taillé dans
le roc : & après avoir roulé
une grande pierre à la por-
te du fépulcre, il s'en al^..
Et là etoient Marie Mag-
deleine, & Tautre Marie af-
fifes vis-à-vis du fépulcre.
Or le lendemain qui eft a-
maintenant répond à l'op-iprès la préparation du Sa-
pofite la figure qui nous ■ bat ; les principaux Sacri-
fauve , c'eft-a-dire , le Ba- ficateurs ôc les Pharifiens
tême: non point celui par , s'affemblerent vers Pilate, &
lequel les ordures de la
chair font nettoiées,- mais
l'ateftation d'une bonne
confcience devant Dieu, par
la réfurreClion de ]éfus-
Chrift : qui eft à la droite
de Dieu, étant aie au ciel :
& auquel font affujettis les
lui dirent 5 Seigneur, il nous
fouvient que ce féduûeur
difoit, quand il étoit en-
core en vie 5 Dans trois
jours je refTufciterai. Com-
mande donc que le fépul-
cre foit gardé fùrcment
jufques au troifiéme jour;
de»
112 L E J O U R D
depeur que fcs diiciplcs ne
viennent de nuit, ôc ne le
dérobent, & quiis ne di-
fent au peuple 5 II eft ref-
fufcité des morts : car ce
dernier abus feroit pire que
le ' premier. Mais Piiate
leur dit ; Vous avez la gar-
de, alez & affurez-le com-
me vous Tentcndrez. Ils
s en alerent donc, & affu-
rerent le fépulcre, féelant
la pierre, & y mettant des
gardes.
»A^ "^l*^ ""îV^ •■*§" '^î^* "^ '^■* J^'^ "^
LE JOUR. DE PAQUE.
'Aux Prières du Matin ^ au lieu
du Pfeaume ^ Venez, chantons
à rÉternel, &c, feront chan-
tées, ou récitées ces Antiennes.
CHrift nôtre Pâque a été
facrifié pour nous.
C'cft pourquoi faifons la
fête; non point avec k
vieux levain, ni avec un
levain de méchanceté & de
malice : mais avec les pains
fans levain de la fincérité,
& de la vérité, i Cor, <^,j,
Ç^ Hrifl: étant reffufcité
^*^ des morts, ne meurt
plus ; & la mort n'a plus
de domination fur lui ; car
E P A (^ TJ E."
ce qu il eft mort, il èft mort
pour une fois au pèche ;
mais ce quil eft vivant, il
eft vivant à Dieu. Vous
auftî tout de même faites
votre compte que vous êtes
morts au péché ; mais vi-
vant à Dieu en Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. Rom.
6. 9.
/^Hrift eft refTufcité des
^^-^ morts, & il a été fait
les prémices de ceux qui
dorment. Car puis que la
mort eft par un feul hom-
me, la réfurreûion des
morts eft aufli par un feul
homme. Car comme tous
meurent en Adam, pareil-
lement aulïi tous font vi-
vifiez en Chrift. i Cor.
15. 20.
Gloire foit au Père, ôc
au Fils, ôc au Saint Efprit.
Réponfe.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
par yéfus-Chrift ton
Fils Unique, as vaincu la
i mort;
t E J ô ù r: D
mort, & nous as ouvert la
porte de la vie éternelle j
fai nous reffufciter en lui
en nouveauté de vie. Et
comme par ta grâce pré-
venante tu nous infpires de
bons défirs; fais aullî que
par un continuel fecours de
cette même grâce, nous
pui.ffions les mettre en effet,
par Jéfus-Chrift notre Sei-
gneur, qui vit & qui règne
avec toi, & avec le Saint
Efprit, un feul Dieu béni
éternellement. Amen.
L'Epitre, Col. 3.1*
SI donc vous êtes reflu-
fcitez avec Chrift 3
ciierchez les chofes qui
font en haut, où Clirift eft
aflîs à la droite de Dieu :
Penfcz aux chofes qui font
en haut, & non point à
celles qui font fur la terre.
Car vous êtes morts, &
vôtre vie eft cachée avec
Chrift en Dieu. Quand
Chrift, qui eft vôtre vie, a-
paroitra, vous paroitrez auf-
fi alors avec lui en gloire.
Mortifiez donc vos mem-
bres qui font fur la terre 5
la paillardife, la fouillure,
les aff'edions déréglées, la
inauvaife convoitife, & la-
E P À Q^U Ed 113'
varice, qui eft line idolâtrie^
Pour lefquelles chofes la
colère de Dieu vient fur
\z^ enfans de rébellion 5
& dans lefquelles vous a*
vez cheminé autrefois ,,
quand vous viviez en el-
les.
UEvaNgilè, S.Jean, 20. u
LE premier jour de la
femaine, Marie Mag-
daleine vint le matin au
fépulcre, comme il faifoit
encore obfcur : & elle vit
que la pierre étoit ôtée du
fépulcre. Et elle courut,
& vint à Simon Pierre, &
à l'autre difciple que Jéfus
aimoit, & elle leur dit 5 Ou
a enlevé le Seisincur hors
du fépulcre ; mais nous ne
favons point où on la mis.
Alors Pierre partit avec l'au-
tre difciple, & ils s'en aie-
rent au fépulcre ; & ils cou-
roicnt tous deux enfemble ;
mais l'autre difciple couroit
plus Vite que Pierre, & il
arriva le premier au fépul-
cre. Et s'étant baiilé, il
vit bien les linges mis à
côté ; mais il n'y entra point.
Alors Simon Pierre qui le
fuivoit, arriva, & entra dans
\ le
'iT4 ^^ Lundi de la S
le répulcre, & vit les linges
mis à côté, & le couvre-
chef qui avoit été fur la tcte
de ]éfus, lequel n étoit point
mis avec les linges, mais
étoit envelopé en un lieu
à part. Alors Tautre dif-
ciplc qui étoit arrivé le pre-
mier au fépulcre, y entra
auffi, & il vit, &crut: car
ils ne favoient pas encore
r£criture, qui porte qu'il
devoît refllifciter des morts.
Et les difciples s'en retour-
nèrent chez eux.
Le Lundi de la Semaine
de Pâque.
La CaLLECT e.
D
leu Tout-puiflant, qui
par Jéfus Chriftton
"Fils Unique, as vaincu la
:a; nous as ouvert la
, ^ de là vie éternelle 5
(ai nous reiTufciter en lui
en nouveauté de vie. Et
comme par ta grâce pré-
venante tu nous infpiresde
bons défirs $ fais âulli que
par un continuel fecours
de cette même grâce, nous
puiflions les mettre en ef-
fet ; par Jéfus Chrift nôtre
Seigneur, qui vit & qui
É M A Ilî E DE 1? Â Q^U Ê.
règne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
béni éternellement^ A'^
men,
î^^//rUEpiTRE,Aa:. 10.34J
Pierre prenant la parole>^
dit h En vérité je re-
connois que Dieu n a point
d'égard à Taparence des
perfonnes: mais qu'en toute
nation celui qui le craint,,
ôc qui s'adonne à la juftice,
lui eft ai2;réable. C'cft ce
qu'il a envoie fignifier aux
enfans d'ifraël, en anon-
çant la paix par Jéfus-Chrift,
qui eft le Seigneur de tous.
Vous favez ce qui eft arri-*
vé dans toute la ]udée ea
commençant par la Galilée,,
après le Batême que Jean
a prêché : Savoir, Com-
ment Dieu a oint du Saint
Efprit & de force Jéfus le
Nazarien ; qui a pafle de
lieu en lieu, en faifant du:
bien 5 & guériftant tous ceux
qui étoicnt opreflez du
Diable : car Dieu étoit avec
lui. Et nous fommes té-
moins de toutes Iès chofes
iqu'il a faites, tant au pais
des Juifs, qu'à Jérufalem:
cSc comment ils l'ont fait
mourir le pendant au bois.
Mais
I Le Lundi de là Se
Mais Dieu Ta reflufcité le
troifiéme jour, & Ta donné
pour être manifefté : non
à tout le peuple ; mais aux
témoins auparavant ordon-
nez de Dieuj à nous, dis-
je, qui avons mangé & bu
avec lui après quil a été
reflufcité des morts. Et il
nous a commandé de prê-
cher au peuple, & de té-
moigner que c'efl: lui qui
cil ordonné de Dieu pour
être le Juge des vivans &
des morts. Tous les Pro-
phètes lui rendent témoig-
nage, que quiconque croira
en lui, recevra la remilîi on
de les péchez par fon
Nom.
L'EvANGiLÊ, S. Luc, 24. 1 3 .
Voici, deux d'entr'eux
étoientce jour là en
chemin pour aler à une
bourgade nommée Em-
maùs, qui étoit loin de ]é-
rufalem environ foixante
ftades : & ils s'entretenoient
cnfemble de toutes ces cho-
fes qui étoicnt arrivées. Et
il arriva que comme ils par-
loient, & conferoient cn-
tr eux, Jéfus lui-même s'é-
tant aproché, fe mit à mar-
cher avec eux : mais leurs
MAINE DE PaQUE. Il/
yeux étoient retenus: afin
qu ils ne le puflent recon-
noitre : & il leur dit ; Qiiels
font ces difcours que vous
tenez entre vous en mar-
chant ? & pourquoi êtes-
vous tout triftcs ? Et l'un
d'eux, qui avoit nom Cléo-
pas, répondit, & lui dit^
Es-tu feul étranger dans] é-
rufalem, qui ne fâches point
les chofes qui y font arri-
vées ces jours-ci? Et il
leur dit ; QLielles ? Ils ré-
pondirent, C'efl: touchant
Jéfus le Nazarien, qui a
été homme Prophète, puif-
fant en oeuvres & en pa-
roles devant Dieu, & de-
vant tout le peuple : ôc
comment les principaux Sa-
crificateurs, & nos Gou-
verneurs font livré pour
être condamné à mort, &
font crucifié. Or nous ef-
périons que ce feroit lui
qui délivreroit Ifraël : mais
avec tout cela, ceftaujour-
dliui le troifiéme jour que
ces choies font arrivées.
Toutefois quelques femmes
des nôtres nous ont fort
étonnez s car elles ont été
de grand matin au fépul-
cre: & naiant point trou-
vé fon corps, eil'es font re-
I 2 venueS;,
ïi6 Le Mardi de la Semaine £>è Paqjl^e:;
venues, en difantj que
même elles avoient vu une
aparition d'Ailges, qui di-
foicnt, qu'il eft vivant. Et
quelques-uns des nôtres font
alez au fépulcre ; 6c ont
trouvé ainli que les fem-
mes avoient dit : mais pour
lui, ils ne lont point vu.
Alors il leur dit 5 O gens
dépourvus de fens, & tar-
difs de cœur à croire tou-
tes les chofes que les Pro-
phètes ont prononcées ! Ne
faloit-il pas que le Chrift
foufrit ces chofes, & qu'il
entrât en fa gloire ? Puis
commençant par Moïfe, &
continuant par tous les Pro-
phètes, il leur expliquoit
dans toutes les Ecritures les
chofes qui le regardoient.
Et comme ils furent près de
la bourgade où ils aloicnt^
il faifoit femblant dealer plus
loin. Mais ils le forcèrent,
en lui difant; Demeure a-
vcc nous : car le foir apro-
che, & le jour eft déjà dé-
cliné. 11 entra donc pour
demeurer avec eux. Et il
arriva, que comme il étoit
à table avec eux, il prit
le pain, & rendit grâces;
& Taiant rompu, il le leur
diftribua. Alors leurs yeux
furent ouverts, enforte qu ils
le reconnurent : mais il dit
parut de devant eux. Et
ils dirent entr'euxj Nôtre
cœur ne bruloit-il pas au
dedans de nous, lors qu il
parloit à nous par le che-
min, & qu'il nous expli-
quoit les Ecritures > Et fc
levant dans ce moment ils
s'en retournèrent â Jérufa-
km, où ils trouvèrent les
onze afîemblez, 6c ceux
qui étoient avec eux 5 qui
difoient } Le Seigneur eft
véritablement reffufcité, &
il eft aparu à Simon. Et
ceux-ci auflî racontèrent
les chofes qui leur étoient
arrivées en chemin 5 &
comment il avoit été re-
connu d'eux^ en rompant
le pain.
Le Mardi de la Semaine
de Paque.
La Collecte.^
Dieu Tout-puiffant, qui
par )éllis-Chrift ton
Fils Unique, as * vaincu la
mort, & nous as ouvert la
porte de la vie éternelle;
fai nous reiliifciter en lui
eu nouveauté de vie. Et
comme
Le Mardi de i;.a Sç
comme par ta grâce pré-
venante, tu nous infpires
de bons défirs, fais auffi
que par un continuel fe-
cours de cette même grâce,
nous puiiîîons les mettre
en effet i par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur, qui vit &
qui règne avec toi, &'^ avec
le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement.
Amen.
5P^//rL'EpiTRE,Ad. 13.26.
Hommes Frères, en-
fans de la race d'A-
braham, & ceux d'entre
vous qui craignez Dieu, c'eft
à vous que la parole de ce
falut a été envolée. Car
les habitans de Jérufalem
& leurs Gouverneurs ne
l'aiant point connu, ont
même en le condamnant
acompli les paroles des
Propliètcs, qui fe iifcnt cha-
que Sabat. Et quoi qu'ils
ne trouvaifent rien en lui
qui fut digne de mort, ils
prièrent Pilate de le faire
mourh'. Et après qu'ils cu-
rent acompli toutes les
chofcs qui avoient été écri-
tes de lui, on Iota du bois,
^L on le mit dans un fé-
nilcre.. Mais Dieu fa rcf-
MAINE DE PaQIXE. llj
fufcité des morts. Et il a
été vu durant plufieurs jours
par ceux qui étoient mon-
tez avec lui de GaUlée à jé-
rufalem, qui font fes 'té-
moins devant le peuple.
Et nous vous anonçons
quant à la promeife qui a
été faite à nos pères 5 que
Dieu l'a acomplie envers
nous qui fommes leurs en-
fans, aiant fufcité ]éfus, fé-
lon qu il eft écrit auPfeaume
fécond i Tues mon Fils, je
t'ai aujourd'hui engendré.
Et pour montrer qu'il l'a
reffufcité des morts, pour
ne devoir plus retourner au
fépulcre, il a dit ainfi j Je
vous donnerai les faintetez
de David aifûrées. C'efl
pourquoi il dit auflî dans
un autre endroits Tu ne
permettras point que ton
Saint fente la corruption.
Car certes David, après a-
voir fervi en fon temps au
confeil de Dieu, s'efl en-
dormi, & a été mis avec
fes pères, & a fenti la cor-
ruption. Mais celui que
Dieu a reilufcité n'a point
fenti de corruption, Sa-
chez donc, Hommes Frères,
que c'eft par lui que vous
eft anonçée la rcmiUioa
I3 des
jîS LÉ L
des péchez : Et que de tout
ce dont vous n avez pu ê-
tre juftifiez par la Loi de
Moïfc, quiconque croit cft
juftifié par lui. Prenez donc
garde qu il ne vous arrive
ce qui cft dit dans les Pro-
phètes ; Voiez, contemp-
teurs, ôc vous en étonnez,
ôc foicz diffipez : car je
iii'cn vais faire une œuvre
en vôtre temps, un oeuvre
que vous ne croirez point fi
quelqu'un vous la raconte.
L'Evangile, S. Luc, 24.3 6.
JEfus fe prétenta lui-
même au milieu d'eux,
&" Içur dit 5 que la paix Ibit
avec vous. Mais eux tout
troublez & épouvantez croi-
oicnt voir un efprit. Et il
leur dit y Pourquoi vous
troublez-vous > &c pourquoi
monte- t'ril des penfées dans
vos cœurs ? Voiez mes
mains & mes pieds : car
c'cft moi-même : touchez
moi, & me confiderez bien:
car un efprit n'a ni chair,
in os i comme vous voicz
que j'ai. Et en difant ce-
la, il leur montra fcs mains,
&: fes'pieds. Mais comme
cncorcde joie, ils ne croioi-
ent point, ôc qu'ils s'éton-
DlMANCHE APRES P A Q^U E.^
noient, il leur dit; Avez-
vous ici quelque chofe à
manger ? Et ils lui prcfente-
rent une pièce de poiflbn
rôti, & d'un raiondemiël.
Et Taiant pris, il mangea
devant eux. Puis il leur
dit j Ce font ici les dif-
cours que je vous tenois,
quand j'étois encore avec
vous ; qu'il faloit que tou-
tt^s les chofes qui font écri-
tes de moi dans la Loi de
Moife, & dans les Prophè-
tes, & dans les Pfcaumes,
fuffent acomplies. Alors
il leur ouvrit l'entendement
pour entendre les Ecritures :
Et il leur dit 5 II cft ainfi
écrit, & ainfi il faloit que
le Chrift foufrit, & qu'il ref-
fufcitât des morts le troi-
fiéme jour : Et qu'on prê-
chât en fon Nom la re-
pentance, & la remilïîon
des péchez parmi toutes les
nations, en commençant
par ]érufalem. Et vous ê-
tes témoins de ces chofes.
Le premier dimanche
après Pâque.
o
La Collecte.
Dieu & Pcre Cclefie
qui as voulu que ton
Fils
Le I. Dimanche après Paq^iie.
Tils bien aimé mourut pour
nos ofFenlcs, 6c qu i. rei-
fufcitât pour nôtre juf^iii-
cation 5 foi par ta grâce que
nous renoncions à tout le-
vain de malice & de mé-
chanceté, pour te fcrvii
conftammcnt en fincérité,
& en pureté de vie ; par les
mérites de Jéfus-Chrift ton
fils nôtre Seii^neur» Amen.
UEpitre, I S.Jean, 5-4.
TOut ce qui eft né de
Dieu furmonte le
monde : & ce qui nous fait
remporter la viftoire fur
le monde, c'cft nôtre foL
Qui eft celui qui furmonte
le monde, iinon celui qui
croit que ]éfus eft le Fils de
Dieu? Ceft ce Jéfus qui
eft venu par eau & par
fang : & non feulement par
eau; mais par Teau & le
fang: & ccft TEfprit qui
en témoigne; or TEfpritlmier delà femaine,
ÎI9
portent à un. Si nous re-
cevons le témoignage des
hommes, le témoignage de
Dieu eft plus grand: or
ceft là le témoignage de
Dieu, lequel il a rendu de
fon Fils. Celui qui croit
au Fils de Dieu, il a au de-
dans de lui même le té*
moic;nnse de Dieu: mais
celui qui ne croit point
Dieu, il Ta fait men-
teur : car il n'a point
cru au témoignage que
Dien a rendu de Ion Fils.
Et c'eft ici le témoignage^
favoir, que Dieu nous a
donné la vie éternelle : 6c
cette vie eft en fon Fils.
Celui qui a le Fils, a la
vie : celui qui if a point le
Fils de Dieu, n a point la vie.
UEvANGiLE,SJean, 20.19.
QUand le foir de ce jour^
. là, qui étoit le pre-
eft la vérité. Car il y en
a trois dans le Ciel qui ren-
dent témoignage; le Père,
la Parole, & leSaint Efprit :
6c ces trois-là ne font qu'un.
Il y en a aufli trois qui ren-
dent témoignage en la terre;
favoir l'Efprit, l'eau, & le
ianir: & ces trois-là fe ra-
fut
venu, 6c que les portes du
lieu, où les Difciples é-
toient aflcmblez, à caufe
de la crainte qu'ils avoicnt
des juifs, étoient fermées y
héfus vint, & fut là au mi-
' lieu d'eux, 6c il leur dit ^
Paix vous foit. Et quand
il Içut ^ut dit cela, il leur
J4 mon-
126 Le II. Dimanche après Paq^ue,
montra fes mains & fon
côté. Et les difcipks eu-
rent une grande joie, quand
ils virent le Seigneur. Et
Jéfus leur dit encore; Paix
vous fo^t: comme mon
Père m'a envoie; ainfi je
vous envoie. Et quand il
eut dit cela, il foufla fur
eux, & leur dits Recevez
le Saint Efprit. A qui-
conque vous pardonnerez
les péchez, ils feront par-
donnez : & à quiconque
vous les retiendrez, ils fe-
ront retenus.
Le fécond dimanche
après Pâquç.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
nous as donné ton
ïils Unique, en facrifîce
pour le péché, & en exem-
ple dune fainte vie; fai
nous la grâce que nous re-
cevions avec une parfaite
reconnoiiTance un fi inefti-
mablc bienfait, & que nous
puiffions conftammcnt mar-
cher fur fcs traces 5 par le
même Jcfus-Chrift nôtre
S ç igncur . Anum . '
UEpitre, I S.Pierre, 2,ip;
C'Eft une çhpfe agréable,
fi quelqu'un à caufe de
la confçience qu il a en-
vers Dieu, endure des af-
fligions, foufrant injufle-
ment. Autrement, quel
honneur vous fera-ce, fi re-
cevant des fouflets pour
avoir mal-fait, vous le fou-
frez patiemment ? mais fi en
faifant bien, vous êtes pour-
tant afligez, & que vous
le foufriez patiemment, voi-
là où Dieu prend plaifir.
Car auflî vous êtes apellez
à cela : vu même que Chrift
a foufert pour nous ; nous
laiffant un patron, afin que
vous fuiviez fes traces : Lui
qui na point commis de
péché, ôc dans la bouche
duquel il n'a point été
trouvé de fraude. Qiii lors
qu'on lui difoit des outra-
ges, n'en rendoit point; ôc
quand on lui faifoit du mal,
n ufoit point de menaces :
mais il fe remettoit à celui
qui juge juftemcnt. Le-
quel même a porté »nos pé-
chez en fon corps fur le
bois 5 afin qu étant morts au
pcchc, nous vivions à la
jufdçc : & par la nicuvtrif-
furc
Lé III. Dimanche après Paq^ue;
fûf p duquel même vous a
vez été guéris. Car vous
étiez comme des brebis er-
rantes: mais maintenant vous
êtes convertis au Pafteur de
Eyefque de vos âmes.
Ï2I
L'Evangile, S. Jean,io.ii.
JE fuis le bon berger : le
bon berger met fa vie
pour fes brebis: mais le
meircçnaire, & celui qui
n'efl: point berger, à qui n a-
partiennent point les brebis,
voiant venir le loup, aban-
donne Içs brebis, & s'enfuit :
§c le loup ravit & difperfe
^es brebis. Ainfi le merce-
naire s'enfuit, parce qu'il
eft mercenaire, & qu'il ne
fe foucie point des brebis.
Je fuis le bon berger, & je
connois mes brebis; &
mes brebis me connoiffent.
Comme le Père me con-
noit, je connois aulïï le
Père : & je mets ma vie
pour mes brebis. J'ai en-
core d'autres brebis qui ne
font pas de cette bergerie 5
ôc il mêles faut auffi ame-
ner j & elles entendront ma
voix : ôc il y aura un feijl
troupeau, &ç un feul ber-
Le troifiéme T)imanche
après Pâque.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
montres la lumière
de ta vérité à ceux qui font
dans les ténèbres de l'er-
reur, afin qu'ils rentrent dans
les voies de la juftice ; fai
la grâce à tous ceux qui
font dans la focieté de l'E-
glife de ton Fils, de vivre
conformément à la profef-
fion qu'ils font d'être Chré-
tiens 5 & d'éviter tout ce
qui eft contraire à leur
fainte vocation ; par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
B
L'Epitre,!. S. Pierre, 2.11.^
len-aimez, je vous ex-
horte, que comme é-
trangers & voiageurs, vous-
vous abfteniez des convoi-
tifes charnelles, qui font la
guerre à famé : Aiant unç
converfation honnête avec
les Gentils 5 afin qu'au lieu
qu'ils médifent de vous
comme de malfaiteurs, ils
glorifient Dieu au jour de
la vifitation, pour vos bon-
nes oeuvres qu'ils auron,t
vues.
îi2 Le in. Dimanche après Jaque:
vues
Rendez-vous donc
fujets à tout ordre humain,
pour l'amour de Dieu : foit
au Roi, comme à celui qui
€11 par delTus les autres :
foit aux Gouverneurs, com-
nie à ceux qui font envoi
icz par lui pour exercer ven-;
geance fur les malfaiteurs j
& à la louange de ceux qui-
font bien. Car c'eft là la
volonté de Dieu, quenfai-
fant bien, vous fermiez la
bouche à l'ignorance des
hommes fous. Comme li-
bres, ôc non pas comme ai-
iint la liberté pour couver-
ture de malice 5 mais com-
me ferviteurs de Dieu,. Por-
tez honneur à tous. Ai-
mez la fraternité
nez Dieu. Honorez
Roi
Craig-
k
L'Evangile, S Jcan^ 1 6. 1 6.
JEfus dit à {es difciples,
Un peu de temps, &
vous ne me verrez point :
& encore un peu de temps,
& vous me verrez : car je
m'en vais à mon Père. Et
quelques-uns de fcs Difci-
ples dirent entr^aix : Qif cft-
ce quil nous dit? Un peu
de temps, & vous ne me
.verrez point j ôc encore
un peu de temps, & vous
me verrez: car je m'en vais
à mon Père. Ils difoient
donc; Qu'eft-ce qu'il dit?
Un peu de temps : Nous
ne favons ce qu'il dit. Et
]éfus connoiffant qu^'ils le
vouloient interroger, leuji:
dit j Vous demandez entre
vous touchant ce que j'ai
dit i Un peu de temps, & .
vous ne me verrez plus : ôc
puis encore un peu de tempsj
ôc vous me verrez, JBn vé-
rité, en vérité je vous dis^
que vous pleurerez & la-
menterez, & le monde fe
réjouira : vous ferez, dis-jc^
contriftez : mais vôtre trif-
tfffe fera diangée en joie.
Qiiand la femme enfante,
elle fcnt des douleurs ; par-
ce que fon terme eft venu :
mais après qu'elle a fait un
petit enfant, il ne lui fou-
vient plus de l'angoiffe, à
caufe de la joie qu'elle a de
ce qu'une créature humaine
eft née au monde. Vous a-
vez donc aufli maintenant
de la triftefle : mais je vous
reverrai encore ; ôc vôtre
cœur fe réjouirai & per-
fonne ne vops ôtera vôtre
joico
x#
Le IV.
JuC quatrième T)manche
après Pâque.
La Collecte.
Dieu Tout-pLiiffant, qui
Jx^ul peux reprimer les
volontéz & les afFeaions
déréglées des pécheurs $ fai
la grâce à ton peuple d'ai-
mer ce que tu commandes,
& de défirer ce que tu
Dimanche après Paq^ue^ I2§
colère : car la colère de
riiomme n'acomplit point
la juftice deDieu. Ceft pour-
quoi rejettant toute ordure ôc
toute fuperfluité de malice,
recevez avec douceur la pa-
role plantée en vous, laquée
le peut fauvervos âmes.
L'Evangile, S. Jean, 1 6. 5.
Efus dit à fes difciples
je m'en vais ^ celui qui
J
promets 5 afin que parmi les m'a envoie, & aucun de
diverfes viciffitudes de ce vous ne me demande. Où
monde, nos cœurs s'ata-
client où fe trouve le vé-
ritable bonheur i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men,
L'Epitre, Jaq. I. 17.
TOute bonne donation,
& tout don parfait
cft d'enhaut, defcendant du
Père des lumières ; par de-
vers lequel il n y a point
de variation, ni d'ombre
de changement. 11 nous a
de fa propre volonté, en-
gendrez par la parole de la
vérité ; afin que nous fuf-
fions comme les prémices
de fes créatures. Ainfi, mes-
frèrcs bien-amez, que tout
homme foit prompt à écou-
ter;) lentà parlçr, ôc lent à la
vas-tu? Mais parce que je
vous ai dit ces chofes, la
trifteife a rempli vôtre cœur.
Toutefois je vous dis la vé-
rité 5 il vous eft expédient
que je m'en aille: car fi je
ne m'en vais, le Confola-
teur ne viendra point à
vous: mais fi je m'en vais,
je vous l'envoierai. Et quand
il fera venu, il convaincra
le monde de péché, de juf-
tice, & de jugement. De
péché, parce qu'ils ne croi-
ent point en moi. De juf-
tice 3 parce que je m'en vais
à mon Père, &que vous ne
me verrez plus. De juge-
ment 5 parce que le Prince
de ce monde efl: déjà jugé.
]'ai à vous dire encore plu-
ïieurs chofes? mais vous ne
124 Le V. Dimanche après Paq^ue.'
ks pouvez point porter
maintenant. Mais quand
celui-là, favoir l'Eiprit de
vérité, fera venu, il vous
conduira en toute vérité :
car il ne parlera point de
foi-niçme > mais il dira tout
cequil aura ouï: & ii vous
anoncera les chofes à ve-
nir. Celui-là me glorifie-
ra : car il prendra du mien,
6c ii vous Tanoncera. Tout
ce que mon Père a, eft mien j
c'eft pourquoi j'ai dit, qu'il
prendra du mien, 6c qu'il
vous Tanoncera.
Le cinquième dimanche
après Pâque.
La Collecte.
ODieu, de qui dcfcend
tout don parfait; fai
nous la grâce que par tes
faintes inipirations, nous
aions toujours de bonnes
peniéesj &: que Ibus ta di-
rcdion nous puiffions les
mettre en effet j par Jé-
fus-Clirift nôtre
Amen,
Seigneur.
UEpitre, s. Jaq. i. 22.
MEttez en exécution la
Parole, & ne fé-
I
coûtez pas feulement cri
vous décevant vous-mêmes
par de vains difcours. Car
fi quelqu'un écoute la Pa-
role, & ne la met point en
exécution, il efl: femblable
â un liomme qui confidere
dans un miroir fa face na-
turelle : Car après s'être
confidéré foi- même, ôc s'en
être aie, il a au fil- tôt ou-
blié quel il étoit. Mais ce-
lui qui aura regardé au de-
dans de la Loi parfaite, qui
efl: la Loi de la liberté; &
qui aura perfévéré, n'étant
point un auditeur oublieux,
mais mettant en effet l'œu-
vre, celui-là fera heureujç
dans ce qu'il aura fait. Si
quelqu'un entre vouspenfe
être religieux, Ôc il ne tient
point en bride fa langue,
mais feduit fon coeur, la Re-
ligion d'un tel homme eft;
vaine. La Religion pure
& lans tache envers nôtre
Dieu & nôtrePére,c'eft de vi-
fiter les orphelins ôc les veu-
ves dans leurs tribulations,
& de fe conferver fans être
entaché de ce monde.
L'Evangile, S.Jean, 1 15.2 3 .
EN vérité, en vérité je
vous dis, que tputeç
les
LeJour de
les chofes que vous deman-
derez au Père en mon Nom,
il vous les donnera. Juf-
qua préfent vous iVavez
rien demandé en mon Nom :
demandez, & vous rece-
vrez, afin que votre joie
foit acomplie. Je vous ai
dit ces chofes par des fimili-
tudes: mais Theure vient
que je ne parlerai plus
à vous par des parabo-
les i mais je vous parlerai
ouvertement de mon Père.
En ce jour-là vous deman-
derez en mon Nom, & je
ne vous dis pas que je prie-
rai le Père pour vous : car
le Père lui-même vous
aime 5 parce que vous m'a-
vez aimé, & que vous
avez crû que je fuis iffu
de Dieu* Je fuis iffu du
Tère, & fuis venu au monde:
ôc encore, je laiffe le monde,
6c je m'en vais au Père.
Ses difciples lui dirent ;
Voici, maintenant tu par-
les ouvertement, & tu n ufes
plus de paraboles. Main-
tenant nous connoiffonsque
tu fais toutes chofes, & que
tu n'as pas bcfoin que pcr-
fonne t'interroge : par cela
nous croions que tu es iffu
de Dieu. Jéfus leur ré-
l'A s € e n s î on, I2jr
pondit ; Croiez-vous main-
tenant? Voici l'heure vient,
& elle eft déjà venue, que
vous ferez difperfez l'un de-
çà & l'autre delà, & vous
me laifferez feul : mais je
ne fuis point feul, car le
Père eft avec moi. Je vous
ai dit ces chofes, afin que
vous aiez la paix en moi.
Vous aurez de Tangoiffe au
mais aicz bon
>'ai vaincu le
monde :
courage
monde.
Le Jour de l'Ascension,'
La Collecte.
F
Ai nous la grâce, ô
Dieu Tout-puiffant,
que comme nous croions
que ton Fils Unique Jéfus
Chrift nôtre Seigneur eft
monté aux Cieux, nous y
montions auffi du cœur 6c
de la penféc, pour habiter
continuellement avec lui,
qui vit & qui règne avec
toi, & avec le Saint Efprit,
un feul Dieu béni éter-
nellement. Amen^
Tout
Î26 Le Jour de l'Ascensîo>î;
^ûur LTpiTRE,Aa. I. I.
NOlis avons fait le pre-
mier traité, ô Thco-
pliiie, touchant toutes les
choies que j élus s'elt mis à
faire & à enicigner, julqu au
jour qu il fut reçu en haut j
après avoir donné par le
Saint Efprit, les ordres aux
Apôtres qu'il avoit élus.
A qui auffi, après avoir
Ibufert, il fe préfenta foi-
même vivant, avec plu-
fieurs preuves alTûrées, é-
tant vil par eux durant qua-
rante jours 5 & parlant des
chofes qui regardent le Roi-
aume de Dieu. Et les aiant
allcmblez, il leur comman-
da de ne partir point de
Jérufalem; mais dy atten-
dre leffet de la promefle du
Père, laquelle, dit-il, vous
avez ouïe de moi. Car
Jean a bâtizé d'eau 5 mais
vous ferez bâtizez du Saint
Efprit, dans peu de jours.
Eux donc étant allemblez
Tintcrrogerent, difant 5 Sei-
gneur, fcra-ce en ce temps-
ci que tu rétabliras le Roi-
aume à Ifracl? Mais il
leur dit s Ce n'clt point à
vous de connoitre les temps
ou les faifons, que le Père
a réfervées en fa propre
puilîance. Mais vous re-
cevrez la vertu du Saint Ef*
prit qui viendra fur vous :
& vous me ferez témoins
tant à Jérufalem, qu'en tou-
te la Judée, & dans la Sa-'
marie, ôc jufqu'au bout de
la terre. Et quand il eut
dit ces chofes, il fut élevé,
eux le regardant : & une
nuée le foutenant, l'empor-
ta de devant leurs yeux.
Et comme ils avoient les
yeux arrêtez vers le Ciel,
a mefure qu'il s'en aloit, voi-
ci, deux hommes en vête-
ment blancs fe préfenterent
devant eux, qui leur dirent;
Hommes Galiléens, pour-
quoi vous arrêtez-vous à
regarder au Ciel? Cejéfus
qui a été élevé d'avec vou^
au Ciel, viendra ainfi que
vous l'avez contemplé mon-
tant au Ciel.
L'Evangile, S. Marc>
16. 14.
JEfus le montra aux onzc>
qui étoient alîls enfcm-
ble, & il leur reprocha leur
incrédulité & leur dureté
de cœur, en ce qu'ils n'a-
I voient point crû ceux qui
l'avoicnt vu refllifcité. Et
C il
1.E DlMAI^CHE APR
il leur dit ; Alez par tout
le monde^ & prêchez TEvan-
giie à toute créature» Ce-
lui qui aura crû, &qui au-
ra été bâtizé, fera fauve:
mais celui qui n'aura point
crû, fera condamné. Et
ce font ici les iîgnes qui
acompagneront ceux: qui
auront crû 5 ils jetteront
hors les diables en mon
Nom : ils parleront de nou-
veaux langages: ils chaf-
feront les ferpens : & quand
ils auront bu quelque chofe
mortelle, elle ne leur nui-
ra point : ils poferont les
mains fur les malades, &
ils fe porteront bien. Or
le Seigneur, après leur a-
voir parlé, fut élevé en haut
au Ciel : & s'affit à la droite
de Dieu. Et eux étant par-
tis prêchèrent par toutj ôc
4e Seigneur coopéroit avec
eux, & confirmoit la parole
par les prodiges qui Tacom-
pagnoient.
Le dimanche après
TAfcenfion.
La Collecte.
o
Dieu, le Roi de gloi-
re, qui as élevé en
ES l'As CE î^ S ION". 127
grand triomphe Jéfus-Chrift
ton Fils Unique dans toa
Roiaume celeftes nous te
fuplions de ne nous laiflcr
pas fans confolation 5 mais
de nous envoler ton faint
Efprit, qui nous confole, &
nous élève au lieu où nô-
tre Sauveur Jéfus-Chrift efi:
aie avant nous j & où il
vit & règne avec toi, & a-
vec le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement*
Amen.
L'Epitre, I S.Pierre 4. 7J
LA fin de toutes chofes
eft proche : Soiez donc
fobres & vigilans à prier»
Mais fur tout aiez entre vous
une ardente charité : car la
charité couvrira une mul-
titude de péchez. Soiez;
hofpitaliers les uns envers
les autres fans murmures.
Que chacun, félon le don
qu il a reçu, l'emploie pour
le fervice des autres, comme
bonsdifpenfateurs delà dife-
rente grâce de Dieu. Si quel-
qu'un parle, qu'il parle
comme anonçant les pa-
roles de Dieu : fi quelqu'un
adminiftre, qu'il adminiftrc
comme par la puillance que
Dieu lui a fournie : afin
qu'en
128 Le Jour de la PentegoT ft
qu'en toutes chofes Dieu
Ibit glorifié par Jéfus-Chrift,
auquel apartient la gloire
& la force aux fiécles des
fiécles. Amen.
UEvANGiLEjS.Jean 15.26.
& S.Jean 16. i.
QUand le Confolateur
^fera venu, lequel je
vous envolerai de la part
de mon Père, favoir FEf-
prit de vérité, qui procède
de mon Père, celui-là ren-
dra témoignage de moi.
Et vous aullî en rendrez té-
moignage: car vous êtes
dès le commencement a-
vcc moi. Je vous ai dit
ces chofes; afin que vous
ne ne foiez point fcandali-
fez. Ils vous chafferont
des Synagogues : même le
temps vient, que quicon-
que vous fera mourir croi-
ra faire fervice à Dieu. Et
ils vous feront ces chofes 5
parce qu'ils n'ont point con-
nu le Père ni moi. Mais
je vous ai dit ces chofes 5
afin que quand l'heure fera
venue, il vous fouvienne
que je vous lésai dites.
Le Jour de la Pente-
côte*
La Collecte.'
/^ Dieu, qui dans "uri
\J jour pareil à celui-ci
éclairas ton peuple fidèle
par renvoi, & par la lu-
mière de ton Saint Eiprit i
fai nous la grâce que par ce
même efprit nous puifllons
juger fainement de toutes
chofes, & nous réjouir tou-
jours dans le fentiment de
tes confolations i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-^
men.
Tour L'Epitre, Ad. 2, i?
COmme le jour de la
Pentecôte s'acomplif.
foit, ils étoient tous d'un
accord dans un même lieu.
Et il fe fit tout à coup un
fon du ciel, comme eft le
fon d'un vent qui foufle a-
vec véhémence, & il rem-
plit toute la maifon où ils
étoient aflîs. Et il leur a-
parut des langues divifées
comme de feu, qui fe pofe-
rent fur chacun d'eux. Et
ils
Le Jour de la Peîttecoti^. ïzîS
ils furent tous remplis du
Saint Efprit ; & commencè-
rent à parler des Langues
étrangères, félon que TEf-
prit leur donnoit à parler.
Or il y avoir à Jérufalem
des Juifs qui y féjournoient,
hommes dévots, de toute
nation qui eft fous le ciel.
Et ce bruit aiant été fait,
une multitude vint enfem-
ble, qui fut toute émue de
ce que chacun les entendoit
parler en fa propre Langue.
Ils en étoient donc tout
furpris, & s'en étonnoient,
J
parler chacun en nôtre Lan-
gue, les chofes magnifi-
ques de Dieu.
L'EvANGTLE,S. Jean 14.15.
^Efus dit à fes difciplesî
Si vous m'aimez, gar-
dez mes commandemens.
Et je prierai le Père, & il
vous donnera un autre
Confolateur, pour denieu-
-rer avec vous éternellement.
Savoir TEfprit de vérité, le-
quel le monde ne peut
point recevoir j parce qu il
ne le voit point, & qu'il
ne le connoit point : mais
difant Tun à l'autre 5 Voici, vous le connoiifcz; car il
tous ceux-ci qui parlent
ne font-ils pas Galiléens ?
Comment donc chacun de
nous les entendons-nous
parler la propre Langue du
pais où nous fommes nez ?
Parthes, Medes, Elamites,
& nous qui habitons, les
uns dans la Méfopotamie,
les autres en Judée, & en
Cappadoce, au pais du Pont,
& en Afie, en Phrygie,
en Pamphylie, en Egypte,
& dans les quartiers de la
Libye qui eft près de Cy-
rené, & nous qui demeu-
rons à Rome : Tant Juifs
que Profélites: Cretois, &
demeure avec vous, ôc il
fera en vous. Je ne vous
lailîcrai point orphelins :
je viendrai vers Vous. En-
core un peu de temps, ôc
le monde ne me verra plus,
mais vous me verrez : &
parce que je vis, vous auflî
vivrez. En ce jour-là vous
connoitrez que je fuis en
mon Père, 6c vous en moi,
ôc moi en vous. Celui qui
a mes commandemens, ôc
qui les garde, c'eft celui
qui m'aime ; & celui qui
m'aime, fera aimé de mon
Père, & je l'aimerai, & me
déclarerai à lui. jude (non
Arabes, npus les entendons pas Ifcariot) li i dit; Sei-
K gneur.
130 Le Lundi de la semaine de la Pentecôte.'
grand que moi. Et main-
gncur, d où vient que tu^
te déclareras à nous, & non
pas au monde? Jéfus ré-
pondit, &lui dit 5 Si quel-
qu'un m'aime il gardera
ma parole, & mon Père
l'aimera, 6c nous vien-
drons à lui, & nous ferons
nôtre demeure chez lui.
Celui qui ne m'aime point,
ne garde point mes paroles.
Et la parole que vous oiez
n'eft point ma parole ; mais
c'eft la parole du Père qui
m'a envoie. Je vous ai dit ces
chofcs demeurant avec vous.
Mais le Confolateur, qui
eft le Saint Efprit, que le
Père envolera en mon Nom,
vous enfcignera toutes cho-
fes, & vous réduira en mé-
moire toutes les choies que
je vous ai dites. Je vous
laiffe la paix: je vous don-
ne ma paix : je ne vous la
donne point comme le
monde la donne : que vô-
tre cœur ne foit point trou-
blé, & ne foit point crain-
tif. Vous avez entendu
que je vous ai dit ; ]e m'en
vais, & je reviens à vous :
fi vous m'aimiez, vous fe-
riez certes joieux de ce que
i'ai dit 5 Je nVen vais au
,J?èrc5 car le Père eft plus
tenant je vous l'ai dit avant
que cela foit arrivé, afin
que quand il fera arrivé,
vous croiïez. Je ne parle-
rai plus guères avec vous :
car le Prince de ce monde
vient 5 mais il n'a rien en
moi. Mais afin que le
monde connoiflc que j'aime
le Père, ôc que je fais com-
me le Père m'a com-
mandé.
Le Lundi de la femaine
de la Pentecôte.
La Collecte.
o
jour pareil a
éclairas ton peuple
Dieu, qui dans un
celui-ci
fidèle
par l'envoi, & par la lu-
mière de ton Saint Efprit;
fai nous la grâce que par
ce même Efprit nous puif-
fions juger faincment de
toutes chofcs, & nous ré-
jouir toujours dans le fen-
timent de tes confolationsi
par ]éfus-Chrift nôtre oci-
gneur. Amen, "
Tour L'EpiTRE,Ad, 10.34.
A Lors Pierre prenant la
parolC;, dit 3 En vé-
rité
Le Lundi de la semaine de la Pentecôte, lii
rite je reconnois que Dieu
n'a point d'égard a lapa
rence des perfonnes : mais
qu'en toute nation, celui
qui le craint, & qui s'adon-
ne à la juftice, lui eft agré-
able. C'eft ce qu il a en-
voie fignifier aux enfans
d'Ifraël, en anonçant la
paix par Jéfus-Chrift, qui
eft le Seigneur de tous.
Vous favez ce qui eft ar-
rivé dans toute la Judée,
en commençant par la Ga-
lilée, après le Batême que
Jean a prêclié ; Savoir;
comment Dieu a oint du
Saint Efprit & de force
Jéfus le Nazarien, qui a
palfé de lieu en lieu, en
faifant du bien ; & en gué-
riilant tous ceux qui étoient
opreffez du Diable : car
Dieu étoit avec lui. Et
nous fommes témoins de
toutes les chofes qu il a
faites 5 tant au pais des
Juifs quà Jérufalem : &
comment ils Tont fait mou-
rir, le pendant au bois.
Mais Dieu Ta reffufcité le
troifiéme jour 5 & la don-
né pour être manifefté :
non à tout le peuple 5 mais
dis- je, qui avons mange ôc
bu avec lui, après qu il a
été refîufcité des morts.
Et il nous a commandé de
prêcher au peuple, 6c de
témoigner que c'cft lui qui
eft ordonné de Dieu pout
être le Juge des vivans &
des morts. Tous les Pro-
phètes lui rendent témoi-
gnage, que quiconque croi-
ra en lui, recevra la re-
miffion de fes péchez par
fon Nom. Comme Pierre
tenoit encore ce difcours,
le Saint Efprit defcendit
fur tous ceux qui écoutoient
la parole. Mais les fidèles
de la Circonciiîon, qui é-
toient venus avec Pierre,
s'étonnèrent de ce que le
don du Saint Efprit étoit
aulïï répandu fur les Gen-
tils : Car ils les entendoi-
ent parler diverfes langues,
& glorifier Dieu. Alors
Pierre prenant la parole,
dit 5 Qu'cft ce qui pourroit,
s opofer à ce que ceux-ci,
qui ont reçiî comme nous
le Saint Efprit, ne foient
bât ifez d'eau. 11 comman-f
da donc qu'ils fuficnt bâ-
; tifez au Nom du SeiLmeur.
aux témoins auparavant or- Alors ils le prièrent de de-
; donnez de Dieu : à nous, meurer là quelques jours.
l K2 LEVAN-
132 Le Mardi de la Semaine de la Pentecôte.
L'EvA.NGiLE, S.Jean, 3.16.
Dieu a tant aimé le
monde, qu'il a don-
né ion Fils Unique 5 afin
que quiconque croit en lui
ne périffe point 5 mais qu'il
ait la vie éternelle. Car
Dieu n'a point envoie fon
Fils au monde, pour con-
damner le monde ; mais afin
que le monde foit fauve par
lui. Celui qui croit en lui
ne fera point condamné :
mais celui qui ne croit point
eft déjà condamné i parce
qu'il na point crû au Nom
du Fils Unique de Dieu.
Or c'eft ici la condamnation,
que la lumière jeftv^nuë au
monde, ôc que les hommes
ont mieux aimé les t(^né-
bres que la lumière 3 parce
que leurs œuvres étoicnt
mauvaifes. Car quiconque
s adonne à des chofes mau-
vaifes, hait la lumière, <Sc
ne vient point à la lumière 5
de peur que fes oeuvres ne
foient redorguècs. Mais
celui qui s'adonne à la vérité
vient à la lumière j afin que
fes oeuvres foient mani-
feitées: parce quelles font
faites félon Dieu.
Le Mardi de la femaine
de la Pentecôte.
La Collecte.
ODieu, qui dans un jour
pareil a celui-ci, éclai-
ras ton peuple fidèle par
f envoi, 6c par la lumière de
ton Saint Efprit 5 fai nous
la grâce que par ce même
Efprit, nous puiiïïons juger
fainement de toutes chofes,
ôcnous réjouir toujours dans
le fcntiment de tes confo-
ations 5 par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur.
Amen.
Tour VE^iTREy Ad. 8.14.
QUand les Apôtres, qui
étoient à Jérufalem,
eurent entendu que la Sa-
marie avoit reçu la parole de
Dieu, ils leur envolèrent
Pierre ôcjean: qui y étant
defcendus prièrent pour
eux i afin qu'ils reçuifent le
Saint Efprit. Car ilnétoit
pas encore defcendu fur
aucun deux 5 mais feule-
ment ils étoient bâtifez au
Nom du Seigiteur jéfus.
Puis ils leur impoferent les
mains ; ôc ils reçurent le
Saint Efprit.
3 UEvan-
Le Dimanche
L'Evangile, S. Jean lo. i.
EN vérité, en vérité, je
vous dis, que celui qui
n entre point par la porte
dans la bergerie des brebis 5
mais y monte par ailleurs,
cft un larron & un voleur.
Mais celui qui entre par la
porte, eft le berger des bre-
bis. Le portier ouvre à
celui-là 5 &les brebis enten-
dent fa voix 5 ôc il apelle Tes
propres brebis par leur nom,
& les mène dehors. Et quand
il a mis Ces brebis dehors, il
va devant elles, & les brebis le
fuivcnt; parce quelles con-
noiffent fa voix. Mais elles
ne fuivront point un étran-
ger 5 au contraire elles le fui-
ront ; parce qu elles ne con-
noiflcnt point la voix des
étrangers. Jéfus leur dit
cette parabole > mais ils ne
comprirent point ce qu'il
leur difoit. Jcfus donc leur
dit encore } En vérité, en
vérité, je vous dis, que je
fuis la porte des brebis.
Tout autant qu'il en eft
venu avant moi , font
des larrons & des voleurs:
mais les brebis ne les ont
point écoutez. Je fuis la
porte : fi quelqu'un entre
DE LA Trinité. 1^5^
par moi, il fera fauve : &
il entrera, & fortira, & il
trouvera de la pâture. Le
larron ne vient que pour dé-
rober, & pour tuer, 6c dé-
truire. Je fuis venu afin
qu'elles aient la vie, & qu el-
les raient même en abon-
dance.
LeT>manche de la Trinité»
La Collecte.
Dieu Tout-puiiTant & E-
ternel, qui as fait la
grâce à tes ferviteurs, de
reconnoitrepar laconfeflîon
d'une foi véritable la gloire
de réternelle Trinité, & d'a-
dorer rUnitédans la puif-
fince & dans laMajefté de
rEllcnce Divine $ Nous te
fuplions de nous affermir
dans cette foi, & de nous
défendre pour jamais de
toute adverfité, ô Toi qui
vis & qui règnes à toujours
un fcul Dieu béni éternelle^»
ment. Amen,
Tour L'Epitre, Apoc. 4. i T
Près ces chofcs j e regar-
dai, & voici un porte
fut ouverte au Ciel: & la
K 3 pie-
A'
Le Dimanche de la Trinité;
lion : & le fécond animal,
femblable à un veau : & le
troifiéme animal avoit la
face comme un homme:
& le quatrième animal é-
première voix que j'avois
ouïe comme d'une trompet-
te^ & qui parloit avec moi,
me dit 5 Monte ici, &jete
montrerai leschofes qui doi-
vent arriver à Tavenir. Et
incontinent je fus ravi en
cfprit : & voici, un trône
étoit pofé au Ciel, & quel-
qu'un étoit alîÎ3 fur le trône.
Et celui qui y étoit affis,
paroiflbit femblable à une
pierre de jafpe, & de far-
doine : & autour du trône
paroiffoit un arc-en-ciel,
femblable à une émeraude.
Et il y avoit autour du
trône vingt-quatre fiéges :
& je vis fur les Jfîéges vingt-
quatre Anciens aflîs, vêtus
d'habillemens blancs, &
aiant fur leurs têtes des cou-
ronnes d'or. Et du trône
fortoient des éclairs, & des
tonnerres, & des voix : &
il y avoit devant le trône
fept lampes de feu ardentes,
qui font les fept Efprits de
Dieu. Et au devant du trône
il y avoit une mer de verre,
femblable à du cryftal : &
^u milieu du trône, & au-
tour du trône quatre ani-
maux, pleins d'yeux devant
ôc derrière. Et le premier
animal étoit fernblable à un
toit femblable a une aigle
volante. Et les quatre a-
nimaux avoicnt chacun à
part foi fix ailes à Tentour :
& par dedans ils étoient
pleins d'yeux: & ils n'ont
point de ceffe ni jour ni
nuit, difanti Saint, Saint,
jSaint, le Seigneur Dieu
Tout-puiffant, Q^u i e-
TOIT, & QUI EST, &
Q^U I EST A VENIR.
Or quand les animaux don-
noient gloire & honneur,
& adion de grâces, à celui
qui étoit afïis fur le trône, à
celui qui eft vivant aux fié-
cles des fiécles j les vingt-
quatre Anciens fe profter-
noient devant celui qui é^
toit aflîs fur le trônej & a-
doroient celui qui eft vivant
aux fiécles des fiécles 5 & ils
jettoient leurs couronnes
devant le trône, en difant 5
Seigneur, tu es digne de re-
cevoir gloire, ôc honneur,,
& puiffance : car tu as créé
toutes chofes, & à ta vo-
lonté elles font, ôc elles onç
été créées.
L'EVAN^,
Le Dimanche de la Trinité.' ris
tu ne fais d' où il vient, ni
où il va : il en eft ainfi de
tout homme qui eft né de
rEfprit. Nicodème répon-
dit, & lui dit 5 Comment
fe peuvent faire ces chofes >
Jéfus répondit, & lui dit;
Tu es Dofteur d'ifraël, &
tu ne connois point ces cho-
fes! En vérité, en vérité je
te disj Que ce que nous fa-
vous, nous le difons : & ce
que nous avons vu, nous
le témoignons : mais vous
ne recevez point nôtre té^
moignage. Si j e vous ai dit
des choies terreftres, & vous
ne les croiez point, com-
ment croirez-vous fi je vous
dis des chofes celeftes > Car
perfonne ncft monté au
Ciel, finon celui qui eft def-
cendu du Ciel, favoir le
L'Evangile, S. Jean, 3.1.
IL y avoit un homme
d'entre les Pharifiens ,
nommé Nicodème, qui é-
toit un des principaux d'en-
tre les Juifs: lequel vint
de nuit à Jéfus, & lui dit 5
Maître, nous favons que tu
es unDodeur venu de Dieu :
car perfonne ne peut faire
ces fignes que tu fais, fi Dieu
n eft avec lui. Jéfus répon-
dit, & lui dit 5 En vérité, en
vérité je te dis, fi quelqu'un
neft né^de nouveau, il ne
peut point voir le Roiaume
de Dieu. Nicodème lui
dit 5 Comment peut naitre
un homme quand il eft
vieux? peut-il encore en-
trer au ventre de fa mère.
ôc naitre? Jéfus répondit j Fils de l'homme qui eft au
En vérité, en vérité je te; Ciel. Or comme Moïfe
éleva le ferpent au défert,
ainfi il faut que le Fils de
rhomme foit élevé : Afin
que quiconque croit en lui
ne périfle point ; mais qu'il
ait la vie éternelle.
dis; fi quelqu'un neft né
d'eau & d'Efprit, il ne peut
point entrer dans le Roi-
aume de Dieu. Ce qui eft
né de la chair, eft chair:
& ce qui eft né de l'Efprit,
eft efprit. Ne t'étonne pas
de ce que je t'ai dit ; Il vous
faut être nez de nouveau.
Le vent foufle où il veut,
&; tu en entens le fon : mais
Ké
Le
Ï3<5 Le î. Dimaîîche
Le premier dimanche
après la Trinité.
La Collbcte.
ODicu, qui es la force
de tous ceux qui met-
tent leur confiance en toi 5
exauce nos prières par ta nii-
fericorde. Et puis qu a caufe
delà foibleiie de nôtre na-
ture, nous ne (aurions faire
aucun bien fans toi 5 acorde
nous le fcçours de ta grâce :
afin qu'obfervant tes faints
commandemens, nous te
foions agréables dans nos
pcnfées & dans nos adions 5
par Jéfus Chrift nôtre Scig-
ueiu*- Amen,
L'Epitre, I S. Jean, 4, 7.
Bien aimez, aimons-
nous Tun Fautre : car
la charité cft de Dieu : &
quiconque aime eft né de
Djeu, & çonnoit Dieu. Ce-
lui qui n'aime point, n'a
point connu Dieu : Car
Dieu cft charité, En ceci
cfl: manifeftée la charité de
Dieu envers nous, que Diçu
^ envoie fon Fils unique au
inonde, afin que nous vi-
vions par luip En ceci efl
APRES LA TrIKITE,^
fia charité i non que nous
I aions aimé Dieu : mais en
ce que lui nous a aimez, &
qu'il a. envoie fon Fils poujr
être la propitiation pour nos
péchez. Mes bien-aimez,
fi Dieu nous a ainfi aimez,
nous devons auffi nous ai-
mer l'un l'autre. Perfonne
n a jamais vu Dieu: fi nous
nous aimons l'un l'autre.
Dieu demeure en nous, ôc
fa charité cft acomplie en
nous. A ceci nous connoif-
fons que nous demeurons
en lui, &lui en nous, qu'il
nous a donné de fon Efprit.
Et nous l'avons vu, & nous
témoignons que le Pcre a
envoie le Fils pour être le
Sauveur du monde. Qui-
conque confefleraque]éfus
eft le Fils de Dieu, Dieu de-
meure en lui, & lui en Dieu.
Et nous avons connu & crû
la charité que Dieu a pour
nous. Dieu eft charité 5 &
celui qui demeure en la cha-
rité, demeure en Dieu, &
Dieu en lui. En ceci eft
acomplie la charité envers
nous, afin que nous aions
affiirance pour le jour du
jugement, que tel qu'il eft,
nous fommes tels en ce
monde, Il n'y a point de
peur
Le I- Dimanche après la Trinité.
peur dans la charité 5 mais la
parfaite charité chafle de-
hors la peur: car la peur
aporte de la peine ; or ce-
lui qui a peur, n eft pas a-
conipli dans la charité.
Nous Taimons, parce qu il
nous a aimez le premier. Si
quelqu'un dit 5 J'aime Dieu,
& cependant il hait fon
frère, il eft menteur : car
comment celui qui n aime
point Xon frère, lequel il
voit, peut-il aimer Dieu, le-
quel il ne voit point ? Et
nous avons ce commande-
ment de fa part, Qiie celui
qui aime Dieu, aime aulîi
fon frère.
L'Evangile, S.Luc,i6.i9.
IL y avoit un homme
riche, qui fe vétoit de
pourpre, & de fin lin, & qui
tous les jours fe traittoit
bien & magnifiquement. Il
y avoit auflî un pauvre,
nommé Lazare, couché à
la porte du riche, & tout
plein d\ilcères : Et qui dé-
firoit d'être raffafié des miet-
tes qui tomboicnt de la ta-
ble du riche: & même les
chiens vcnoicnt, & lui lé-
choicnt fcs ulcères. Et il
arriva que le priuvrç mou-
137
rut, & il fut porté par les
Anges au fein d'Abraham :
le riche mourut auflî, & fut
enfeveli. Et étant en en-
fer, & élevant fes yeux,
comme il étoit dans les tour-
mens, il vit de loin Abra-
ham & Lazare dans fon fein.
Et s'écriant, il dit 5 Père A-
braham, aie pitié de moi,
& envoie Lazare, qui mouil-
lant dans Tcau le bout de
fon doigt, vienne rafraîchir
ma langue : car je fuis griève-
ment tourmenté dans cette
flamme. Et Abraham ré-
pondit 5 Mon fils, fouviens-
toi que tu as reçu tes biens
en ta vie, & que Lazare y a
eu fes maux : mais il cfl:
maintenant confolé, & tu es
grièvement tourmenté. Et
outre tout cela, il y a un
grand abime entre nous &
vous: tellement que ceux
qui veulent pafîcr d'ici vers
vous, ne le peuvent ; ni de
là, paflcr ici. Et il dit ; Je
te prie donc, Père, de l'en-
voier en la mai fon de mon
père ; car j'ai cinq frères :
afin qu'il leur rende témoi-
gnage de rétat où je fuis ; de
peur qu eux aufli ne vien-
nent dans ce lieu de tour-
ment. Abraham lui répon-
dit ^
138 Le II. Dimanche
dit ; Us ont Moïfe & les
Prophètes i qu ils les écou-
tent. Mais il dit; Non, Pè-
re Abraham : mais fi quel-
qu'un des morts va vers eux,
ils fe repentiront. Et A-
braham lui dit , Slls n écou-
tent point Moïfe & les
Prophètes, ils ne feront pas
non plus perfuadez, quand
quelqu'un des morts refluf-
citeroit.
Le fécond T^ manche
afres la Trinité.
La Coll ect e.
O Seigneur, qui ne man-
ques point de condui-
re, & d'allîllcr ceux à qui
tu as fait la grâce de f aimer
& de te craindre 5 garde nous
fous la puidante Protection
de ta Providence : & nous
affermi pour jamais dans la
crainte, & dans l'amour de
ton faint Nom 5 par Jéfus-
Chrifl notre Seigneur. A-
men,
UEpitre, I Jean, 3. 13.
M Es frères, ne vous é-
tonnez point fi le
monde vous hait. En ce
que nous aimons nos frères,
APRES LA Trinité.'
nousfavons que nous fom*
mes transférez de la mort à
la vie : celui qui n aime point
fon frère demeure en la
mort. Quiconque hait fon
frère efl: meurtrier : & vous
favez qu'aucun meurtrier n a
la vie éternelle demeurante
en lui. A ceci nous avons
connu la charité, c'eft qu'il
a mis fa vie pour nous : nous
devons donc aullî mettre
nos vies pour nos frères. Or
celui qui aura àcs biens de
ce monde, & qui voiant fon
frère avoir néceflité, lui fer-
mera fes entrailles, com-
ment eft-ce que la charité
de Dieu demeure en lui ?
Mes petits enfans, n aimons
pas de parole, ni de la lan-
gue5 mais par des effets, &
en vérité. Car c efl par là
que nous connoilfons quç
nous fommes de la vérité :
& nous aflurons ainfi nos
cœurs devant lui. Que fi
nôtre cœur nous condamne,
certes Dieu cil plus grand
que nôtre cœur, & il con-
noit toutes cho fes. Mes
bien-aimez, fi nôtre cœur
ne nous condamne point,
nous avons aillirance envers
Dieu. Et quoi que nous
demandions, nous Iç rece-
vons
Lb III. Dimanche après la Trinité. 135>
vais les éprouver : je te prie,
tien-moi pour excufé. Et
un autre dit ; J'ai pris une
femme en mariage, c'eft
vons de lui : parce que nous
gardons fes commande-
mens, & que nous faifons
les chofes qui lui font agré-
ables. Et c'eft ici fon com-
mandement, Que nous croi-
ïons au Nom de fon Fils Jé-
fus-Chrift, & que nous nous
aimions Tun l'autre, comme
il nous en a donné le com-
mandement. Et celui qui
garde fes commandemens
demeure en ]éfus-Chrift, &
Jéfus-Chrift demeure en lui :
& par ceci nous connoifTons
qu'il demeure en nous, fa-
voir par TEfprit qu il nous a
donné.
L'Evangile, S.Luc, 14. 16.
JEfus dit 5 Un homme
fit un grand fouper, &
y convia beaucoup de gens.
Et à rheure du fouper il en-
voia fon fervitcur pour dire
aux conviez i Venez, car
tout eft déjà prêt. Mais
ils commencèrent tous una-
nimement à s'excufer. Le
premier lui dit; J'ai ache-
té un héritage j & il me
faut nécelTairement partir
pour l'akr voir : je te prie,
tien-moi pour excufé. Un
^utredit; ]'ai acheté cinq
couples dç bœufs, 6c jç m'en
pourquoi je n'y puis aler.
Ainfi le ferviteur s'en re-
tourna, ôcraporta ces cho-
fes à fon maître. Alors le
père de famille tout en co-
lère, dit à fon ferviteur 5
Va-t-en vitement dans les
places & dans les rues de la
ville, & amène ici les pau-
vres, & les impotens, & les
boiteux, Ôc les avçugles.
Puis le ferviteur dit 5 Maî-
tre, il a été fait ainfi que
tu as commandé $ & il y a
encore de la place. Et le
maître dit au ferviteur 5 Va
dans les chemins & le long
des haies, ôc ceux que tu
trouveras, contrain-les d'en-
trer, afin que ma maifon
foit remplie. Car je vous
dis qu'aucun de ces hommes
qui avoient été conviez ne
goûtera de mon fouper.
Le troifiéme T>imanche^
après la Trinité.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions de nous exau-
3 cçr
140 Le III. Dimanche
cer par ta mifericorde : Et
puis que tu nous as donné
une ardente affedion à te
prier; acorde nous auflî ton
fecours puiiïant, pour nous
confolcr,. 6c nous défendre
au milieu de toutes fortes de
dangers, & de Ûifgraces 5 par
Jéfus-Chrift notre Seigneur.
Amen,
UEpitre, I S. Pierre, 5.5.
Aiant tous de la fou-
miflion Tun pour l'au-
tre, foiez parez par dedans
d'humilité: parce que Dieu
réfiftc aux orgueilleux ; mais
il fait grâce aux humbles.
Humiliez vous donc fous
la puiflante main de Dieu 5
afin qu'il vous élève quand
il en fera temps : Déchar-
geant tout votre fouci fur
lui: car il a foin de vous.
Soicz fobres, & veillez : car
le Diable, vôtre advcrfaire
tourne autour de vous com-
me un lion russifiant, cher-
chant qui il pourra dévorer.
Réfiftez lui donc, en de-
meurant fermes dans la
foi, fâchant que les mêmes
foufranccs s'acomplillcnt
en la compagnie de vos
frères, qui efr dans le mon-
de. Or Iç Dieu de toute
APRES LA Trinité.'
grâce, qui nous a apellez à
fa gloire éternelle en Jéfus-
Chrift, après que vous au-
rez foufert un peu de temps,
vous rende acomplis, vous
affcrmiile, vous fortifie, &
vous établiflc. A lui foit
gloire, & force, aux fiécles
des fiécles. Amen.
L'Evangile, S. Luc 15. i.
OR tous les péagers, &
les gens de mauvaife
vie s'aprochoient de lui pour
l'entendre. Mais les Pha-
rifiens & les Scribes mur-
muroient, difant ; Celui-ci
reçoit les gens de mauvaife
vie, & mange avec eux.
Mais il leur propofa cette
parabole, difant , Qui eft
l'homme d'entre vous qui
aiant cent brebis, s'il en
perd une, ne laiffe les qua-
tre- vinL^t dix-neuf au déferr,
& ne s'en aille après celle
qui cft perdue, jufqu'à ce
qu'il l'ait trouvée; & qui
i'aiant trouvée, ne la mette
fur fes épaules bien joieux :
Et étant de retour en fa
maifon n'apelle fes amis &
fes voifins, & ne leur dife
RéjouïHcz-vous avec moi
car j'ai trouvé ma brebis qui
étoit perdue ? Je vous dis,
qu'aiafi
Le IV. Dimanche après
qu'ainfi il y aura joie au Ciel
pour un feul pécheur qui
vient à fe repentir, plus que
pour quatre-vingt dix-neuf
juftes, qui n ont pas befoin
de repentance. Ou qui eft
la femme qui aiant dix
drachmes, fi elle perd une
drachme, n alume la chan-
dèle, & ne balaie la maifon,
& ne la cherche diligem-
ment, jufqu à ce qu elle Tait
trouvée ? Et qui après l'a-
voir trouvée, napelle fesa-
mies & fes voifines, en leur
difant; Réjouïflez-vous a-
vec moi : car j'ai trouvé la
drachme que j'avois perdue >
Ainfi je vous dis 5 Qu'il y a
de la joie devant les Anges
de Dieu pour un feul pé-
cheur qui vient à fe re-
pentir.
Le quatrième dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
ODieu, qui es le Pro-
tedeur de tous ceux
qui mettent leur confiance
en toi, fans lequel il n'y a
rien de fort, & il n y a rien
de faint i augmente ôc mul-
tiplie tes mifericordcs fur
LA Trinité.' 141
nous : afin que gouvernez
par ta Providence, & con-
duis par ton Efprit, nous
ufions de telle forte des bi-
ens de la vie préfente, que
nous ne perdions point les
biens de leternité. Exauce
nous, ôPère Celeftc, pour
famour de Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
L'Epitre, Rom. 8. 18.
J'Eftime que les foufran-
ces du temps préfent
ne font point à contrepefer
à la gloire à venir qui doit
être révélée en nous. Car
le grand 6c ardent défit des
créatures, eft qu elles aten-
dent que les enfans de Dieu
foient révélez 5 (Parce que
les créatures font fujettcs à
la vanité, non de leur vo-
lonté : mais à caufe de ce-
lui qui les y a afliijcttics)
elles ratendent,dis-je, dans
Tcfpérance qu'elles feront
auflî délivrées de la fervi-
tude de la corruption, pour
être en la liberté de la gloi-
re des enfans de Dieu. Car
nous favons que toutes les
créatures foupircnt, 6c font
en travail enfemble jufqucs
à maintenant. Et non feu-
lement ellcs,mais nous auiîi,
qui
1425 Le V. Dimanche après la Trinité;
qui avons les prémices de
rEfprit; nous-mêmes, dis- je,
foupirons en nous mêmes,
en atendant Tadoption ,
ceft-a-dire, la rédemption
de nôtre corps.
L'Evangile, S. Luc, 6. 3 6.
Oiez donc mifericordi-
frère, & tu n'aperçois pas
un chevron dans ton pro-
pre œil > Ou comment peux-
tu dire à ton frères Mon
frère, permets que j ote le
fétu qui eft dans ton œil,
toi qui ne vois point un
chevron qui eft dans ton
S Oiez donc mifericordi- œil? Hypocrite, ôtepremié-
eux, comme vôtre Père 1 rement le chevron de ton
eft mifericordieux. Et ne œil, & après cela tu verras
jugez point, & vous ne fe-
rez point jugez : ne con-
damnez point, & vous ne
ferez point condamnez :
quitez, & il vous fera quité :
Donnez, & il vous fera
donné : on vous donne-
ra dans le fein bonne me-
fure, preflee & entafîee, &
qui s'en ira par delTus : car
de la mefure que vous me-
furerez, on vous mefurera
réciproquement. Il leur di-
foit aulli cette fimilitude;
Eft-il poffible qu'un aveugle
puifle mener un autre aveu-
gle? ne tomberont-ils pas
tous deux dans la foffe ? Le
difciple n eft point par def-
fus Ton maître: mais tout
difciple qui fera bien a-
compli, fera rendu confor-
me à fon maître. Et pour-
quoi regardes-tu le fétu
qui eft dans Tœil de ton
comment tu oteras le fétu
qui eft dans Tœil de ton
frère.
Le cinquième T)manche
après la Trinité.
s
La Collecte.
Eigneur, nous te fupli-
ons, que le cours des
affaires de ce monde foit
tellement réglé & mainte-
nu en paix par ta Provi-
dence, que ton Eglife puif-
fe toujours te fervir avec
joie dans une fainte tran-
quilité, par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
L'Epitre, I S. Pierre, 3. S-
S Oiez tous d'un confente-
ment, & pleins de corn-
paflîon l'un envers l'autre,
vous entr'aimant fraternelle-
ment^
. Le V. Dimanche
ment, mifericordicux ,
doux. Ne rendant point mal
pour mal $ ni outrage pour
outrage : mais au contraire,
beniflant : fâchant que vous
êtes apellez à cela, afin que
vous héritiez la bénédidion.
Car celui qui veut aimer fa
vie,&voir ks jours bien-heu-
reux, qu il garde fa langue
de mal, & fcs lèvres de
APRES
LA Trinité. 14I
I
UEVANGILE, S.Luc, 5. I.
L arriva, comme la foule
fe jettoit toute fur lui
pour entendre la parole de
Dieu, qu il fe tenoit fur le
bord du lac de Génézareth.
Et voiant deux nacelles qui
étoient au bord du lac, &
dont les pêcheurs étoient
defcendus, & lavoient leurs
prononcer aucune fraude, rets : il monta dans lune
Qu'il fe détourne du mal, de ces nacelles qui étoit à
& quil faife le bien : qu il j Simon. Et il le pria delà
recherche la paix,& qu il tâ-
che de fe la procurer. Car
les yeux du Seigneur font
fur les juftes, & Ces oreilles
font atentives à leurs priè-
res : mais la face du Sei-
gneur eft contre ceux qui
font les maux. Or qui eft-
ce qui vous fera du mal,
fî vous fuivezle bien? Que
fi toutefois vous foufrcz
quelque chofe pour la juf-
tice, vous êtes bien-heureux :
mais ne craignez point les
maux dont ils veulent vous
faire peur, & n'en foiez
point troublez. Mais fanc-
tifiez
cœurs.
le Seigneur dans vos
mener un peu loin de terre :
puis s'étant aflîs il enfeig-
noit de deifus la nacelle les
troupes du peuple. Et quand
il eut achevé de parler, ii
dit à Simon; Mène en
pleine eau, & lâchez vos
filets pour pêcher. Et Si-
mon répondant, lui dits
Maître, nous avons travail-
lé toute la nuit, & nous
n'avons rien pris : toutefois
à ta parole je lâcherai les
filets. Ce qu'aiant fait, ils
enfermèrent une fi grande
quantité de poifTons, que
leurs filets fe rompoicnt. Et
ils firent figne à leurs com-
pagnons qui étoient dans
l'autre nacelle, de venir les
aider: & étant venus ils
rem-
"144 l'E VI. Dimanche
remplirent les deux nacel-
les, tellement qu'elles s'en-
fonçoient. Et quand Simon
Pierre eut vu cela, il fe jct-
ta aux genoux de Jéfus, en
lui difant 5 Seigneur, retire-
toi de moi : car je fuis un
homme pécheur. Parce que
la fraieur Tavoit faifi, lui
& tous ceux qui étoient a-
vcc lui, à caufc de cette
grande prife de poiflbns
qu'ils venoient de faire : de
même que Jaques &Jean,
fils deZébédée, qui étoient
compagnons de Simon. A-
lors Jéfus dit à Simon 5
N'aie point de peur : d or-
enavant tu feras preneur
d'hommes vivans. Et quand
ils eurent amené les nacel-
les à terre ,• ils quiterent
tout, & le fuivirent.
Le Jixième dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
ODicu qui as préparé à
ceux qui t'aiment,
des biens qui furpaffent Tcn-
tendcmcnt humain 5 fai
qu'en t'aimant de notre cô-
té par dcffus toutes chofes,
nous obtenions l'effet de tes
APRES LA Trinité^
promeifes, qui font audef-
fus de nos penfées, & de
nos défirsj par Jéfus- Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Rom. 6. 5.
NE favez-vous pas que
nous tous qui avons
été bâtifez en jéfus- Chrift,a-
vous été bâtifez en fa mort \
Nous fommes donc enfe-
velis avec lui en fa mort
par le Batême : afin que
comme Chrift eft reflufcité
des morts par la gloire du
Père, nous auflî pareille-
ment cheminions en nou-
veauté de vie. Car fi nous
avons été faits une même
plante avec lui par la con-
formité de fa mort, nous
le ferons aufli par la con-
formité de fa réfurrcdion.
Sachant ccci,que nôtre vieil-
homme a été crucifié avec
lui, afin que le corps du pé-
ché foit réduit à néant: a-
fin que nous ne fcrvions
plus le pcché. Car celui
qui eft mort, eft quite du
pcché. Or fi nous fommes
morts avec Chrill, nous
croions que nous vivrons
au fil avec lui : Sachant que
Chrift étant reflufcité des
mortj ne meurt plus, <5c que
la
Ie VII. Dimanche après la Trinité- i4j^
la mort n a plus de domi-
nation fur lui. Car ce qu'il
eft mort, il eft mort pour
une fois au péché : mais ce
qu il eft vivant, il eft vivant à
Dieu. Vous auiïî tout de
même faites vôtre compte
que vous êtes morts au
péché, mais vivans à Dieu
en Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur.
L'Evangile, S. Matt. 5 . 20.
JEfus dit à fes difciples; Si
vôtre juftice ne furpafte
celle des Scribes & des Pha-
rilîens, vous n entrerez point
dans le Roiaume des Cieux.
Vous avez entendu qu'il a
été dit aux anciens 5 Tu ne
tueras point : & qui tuera
fera puniffable par juge-
ment. Mais moi je vous
dis 5 Que quiconque fe met
en colère fans caufe contre
fon frère, fera puniiTable par
jugement : & celui qui di-
ra à fon frère, Racha, fera
puniflable par le Confeil:^
& celui qui lui dira. Fou,
fera puniflable par la gé-
henne du feu. Si donc tu
aportes ton ofrande à TAu-
tel, & que là il tç fouvi
cnne que ton frère a quel
que chofe contre toi : Laif-
fe-Ià ton ofrande devant
rAutel,& va te reconcilier
premièrement avec tor^
frère i puis vicn, & otre
ton ofrande. Sois bien-tôt
d acord avec ta partie aver-
fe, tandis que tu es en che-
min avec elle : depeur que
ta partie averfe ne te livre
au Juge, & que le Juge ne
te livre au fergent, ôc que
tu ne fois mis en prifon.
En vérité je te dis 5 que tu
ne fortiras point de là, jus-
qu'à ce que tu aies ^rendu
le dernier quadrain.
Le feptiéme dimanche
a}rès la Trmité.
La Collecte.
Dieu Tout-puilfant à
qui apartient la force,
& qui es l'Authcur de tout
bien, & de tout don par-
fait; imprime dans nos
cœurs Tamour de ton Nom :
augmente en nous la véri-
table piétés rempli nous
de toutes les vertus, & nous
y affermi i par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L L'Epi-
1L4.6 JLe VII. Dimanche après la Trinité:
L'Epitre, Rom. 6, 19.
JE parle à la façon des
hommes, à caufe de Tin-
firmité de vôtre chair. Com-
me donc vous avez apliqué
Vos membres pour fervir à
la fouillurc & à l'iniquité,
pour commettre Tiniquité :
ainfi apliquez maintenant
vos membres pour fervir à
lâjuftice, enfainteté. Car
lors que vous étiez efclaves
du péché, vous étiez libres,
quant à la juftice. Q^iel
fruit donc aviez-vous alors
des chofes dont maintenant
vous avez honte? certes
leur fin eft la mort. Mais
maintenant que vous êtes
afranchis du péché, & affer-
vis à Dieu, vous avez vô-
tre fruit dans la fandifica-
. tion 5 & pour fin la vie é-
ternelle. Car les gages du
péché, c eft la mort : mais
le don de Dieu, c'eft la vie
éternelle, par Jéius-Chrift
nôtre Seigneur.
L'Evangile, S.Marc, 8. i.
EN ces jours-là, comme
il y avoir U une fort
grande multitude, & qulls
navoient rien à manger 5
Jcfus apella les Difciples,
ôcleur dit; Je fuis ému de
compafiîon envers cette
multitude : car il y a déjà
trois jours qu ils ne bougent
d'avec moi, & ils n ont rien
à manger. Et fi je les ren-
voie à jeun en leurs mai-
fons, ils tomberont en dé-
faillance par le chemin; car
quelques-uns d'eux font ve-
nus de loin. Et fes Difci-
ples lui répondirent ; D où
les pourra-t-on raffafier de
pain, ici dans un défert?
Et il leur demanda 5 Com-
bien avez vous de pains? Ils
lui dirent i Sept. Albrs il
commanda aux troupes de
s'afleoif par terre 5 & il prit
les fept pains, & après avoir
rendu grâces, il les rompit;
& les donna à fes Diiciples
pour les mettre devant les
troupes : ôc ils les mirent
devant elles. Ils avoient
aufll quelque peu de petits
poiilbns : ôc après qu il eut
rendu grâces, il commanda
qu ils les leur miiîent auflî
devant. Et ils en mangè-
rent, & furent raflafiez : &
on remporta du* refte des
pièces de pain, fcpt corbeil-
les : (Or ceux qui en avoi-
ent mangé étoient environ
- >. ... qua-
>;
Le VIII. Dimanche a
quatre mille) & enfuite il
leur donna congé.
Le huitième T^imanche
après la Trinité.
La Collec te.
ODieu, dont la Provi-
dence infaillible règle
tout fur la terre & dans le
ciel i éloigne de nous, nous
t'en fuplions, les chofes qui
pourroient nous nuire; &
nous acorde celles qui nous
font véritablement utiles j
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
L'Epitre, Rom. S. 12.
M Es frères, nous fom-
mes débiteurs non
point à la chair, pour vivre
félon la chair. Car fi vous
vivez félon la chair, vous
mourrez : mais fi par Tefprit
vous mortifiez les faits du
corps, vous vivrez. Or tous
ceux qui font conduits par
TEfprit de Dieu, font en-
fans de Dieu. Car vous
n avez point reçu un Efprit
de fervitude, pour ctre en-
core dans la crainte : mais
vous avez reçu TEfprit d'a-
doption, par lequel nous
PRES LA Trinité. ïjÇ^
crions Abba, Père. C'eft ce
même Efprit qui rend té-
moignage avec nôtre efprit
que nous fommes enfans de
Dieu. Et fi nous fommes
enfans, nous fommes doiic
héritiers: héritiers, dis-jc.
de Dieu 5 & cohéritiers de
Chrifl: : fi nous foufrôns a-
vcc lui, afin que nous loir
ons auflî glorifiez avec lui,
UEvANGiLE, s. Matt. 7.1 5;
Donnez- vous garde des
faux prophètes qui
viennent à vous en habit
de brebis 5 mais qui au de-
dans font des loups ravil-
fans. Vous les connoitrez
à leurs fruits: cueille-t-on
les raifins des épines ; ou les
figues des chardons? Auifi
tout bon arbre fait de bon
fruit: mais le mauvais ar-
bre fait de mauvais fruit. Le
bon arbre ne peut point
faire de mauvais fruit j ni le
mauvais arbre faire de bon
fruit. Tout arbre qui ne
fait point de bon fruit, cfl:
coupé & jette au feu. Vous
les connoitrez donc à leurs
fruits. Tous ceux qui me
difcnt 5 Seigneur, Seigneur,
n entreront pas dansleRoi-
aume des Cicux : mai$ celui
L 2. qui
I4S Le IX. Dimanche après la Trinité.
qui fait la volonté de mon rituelle qui les fuivoit j &
père qui eft aux Cieux.
Le neuviémeT^imanche
afrès la Trinité.
La Collecte.
DOnnc nous Seigneur
nous t'en fuplions
TEiprit de difcernement
pour ne rien penfer, & ne
rien faire qui ne foit jufte
& droit i afin que, comme
fans toi, nous ne pouvons
faire aucun bien, nous re-
cevions de toi la grâce, &
la force de vivre félon ta
volonté fainte 5 par Jéius-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
UEpitre, I Cor. 10. i.
ME s frères, je ne veux
pas que vous igno-
riez, que nos Pères ont tous
été fous la nuée $ & qu'ils
ont tous palTé par la mer :
& qu'ils ont tous été bâtifcz
par Moifc, eu la nuée, &
en la mer: & qu'ils ont
tous mangé d'une même
viande fpiritucllei & qu'ils
ont tous bu d'un même
.^breuvage fpirituel: car ils
beiivoicnt de la pierre fpi-
la pierre étoit Chrift. Mais
Dieu n'a point pris plaifir
en plufieurs d'eux: car ils
ont été acablez au défert.
Or ces chofes ont été des
exemples pour nous^ afin
que nous ne convoitions
point des chofes mauvaifes,
comme eux-mêmes les ont
convoitées. Et que vous
ne deveniez point idolâtres,
comme quelques-uns d'eux :
ainfi qu'il eft écrit i Le peu-
ple s'eft affis pour manger
& pour boire; & puis ils
fe font levez pour joiier.
Et afin que nous ne pail-
lardions point, comme quel-
ques-uns d'eux ont paillar-
de 5 & il en eft tombé en
un jour vingt trois mille.
Et que nous ne tentions
point Chrift, comme quel-
ques-uns d'eux l'ont tentée
& ont été détruits par les
ferpens. Et que vous ne
murmuriez point, comme
quelques-uns d'eux ont
murmuré; & font péris par
le deftruclcur. Or toutes ces
chofes leur arrivoient en
exemple; & elles font écri-
tes pour notre inftruclion,
comme étant ceux aufquels
les derniers> temps font par-
venus.
Le IX. Dimanche après la Trinité
venus. Que celui donc
qui croit demeurer debout,
prenne garde qu il ne tom-
be. Aucune tentation ne
vous a faifis, qui nait été
une tentation humaine: &
Dieu eft fidèle qui ne per-
mettra point que vous foiez
tentez au delà de vos forces:
mais avec la tentation il
vous donnera riffuëj afin
que vous la puiffiez fou-
tenir.
L'Evangile, S. Luc, i5. i.
JEfus dit à fes difciples ;
Il y avoit un homme
riche, qui avoit un maître-
d'hôtel, lequel fut acufé de-
vant lui comme dilîîpateur
de fes biens. Sur quoi Tai-
ant apellé, il lui dit 5 Qu'eftr
ce que j'entensdire de toi?
Ren compte de ton admi-
niftration : car tu n auras
plus la puiffancc d'adminif-
trer mes biens. Alors le
maître-d'hôtel dit en lui-
même i Que fer ai- je, puis-
que mon maître nVôte Tad-
miniftration ? je ne puis pas
fouir la terre, & j'ai honte
de mendier, je fai ce que
je ferai i afin que quand
mçi^ adai^'ï^ifti-ation nie fe-
I4$)r
ra otée, quelques-uns me
reçoivent dans leurs mai-
fons. Alors il apella cha-
cun des débiteurs de fon
maître, & il dit au pre-
mier; Combien dois-tu à
mon maître? Il' dit; Cent
mcfures d'huile. Et il lui
dit j Pren ton obligation,
& t'aflîcds vite, & n'en écri
que cinquante. Puis il dit
à un autre ; Et toi, combien
dois-tu? Et il dit; Cent
mefures de froment. Et
il lui dit s Pren ton obli-
gation, & n'en écri que qua-
tre-vingt. Et le maître loîia
le maître-d'hôtel inique, de
ce qu'il avoit fait pruden-
ment. Ainfi les enfans de
ce fiéclc font plus prudens
en leur génération, que les
enfans de lumière, Et moi
aufiî je vous dis; Eaites-
vous des amis, des richefles
iniques : afin que quand
vous défraudez, ils vous
reçoivent dans les taberna-
cles éternels.
L 3
Le
^
;î50 Le X. Dimanche
Le dixième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
OMifcricordicux Sei-
gneur 5 prête 1 oreille
aux prières de tes humbles
ferviteurs : Et afin qu ils
puiffent obtenir ce quils
demandent ; fai leur la
grâce de ne demander que
àzs chofes qui te Ibicnt a-
gréables 5 par Jélus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L^Epitre, I Cor. 12. i.
POur ce qui regarde les
dons fpirituels, je ne
veux point, mes frères, que
vous en foiez ignorans.Vous
favez que vous étiez Gen-
tils, tranfportez après les I-
doles muettes, félon que
vous étiez menez. C'cft
pourquoi je vous fais fa-
voir; que nul parlant par
TEfprit de Dieu, ne dit
que Jéfus eft malédidion :
& que nul ne peut dire
que par le Saint Efprit, que
Jéfus eft le Seigneur. Or
il y a diverilté de dons :
jnais il n'y a qu un même
'Efprit, 11 y a auffi divçr-
APRES LA Trinité.
fité de miniftères : mais il
n y a qu un même Seigneur.
Il y a pareillement diverfi-
té d'opérations : mais il n'y
a qu'un même Dieu, qui
opère toutes chofes en tous.
Or à chacun eft donnée la
manifeftation de l'Efprit,
pour ce qui eft expédient.
Car à l'un eft donnée par
l'Efprit, la parole de fa-
pience 5 & à l'autre, par le |
même Efprit, la parole de
connoiffance 5 & à un au-
tre, la foi, par ce même
Efprit; à un autre, les dons
de guérifon, par ce même
Efprit 5 & à un autre, les
opérations des miracles j
à un autre, la prophétie;
à un autre, le don de dif-
cerner les Efprits ; à un
autre, la diverfité de lan-
gues i & à un autre, le don
d'interpréter les langues»
Mais un feul, & même Ef-
prit fait toutes ces chofes,
diftribuant particulièrement
a chacun félon qu'il veut,
L'Evangile, S.Luc,i9.4I.
ET quand il fut proche,
voiant la ville, il pleu-
ra lur elle, difant j O fi toi
auffi eufles connu, au moins
en cette tienne journée.
f
Le XI. Dimanche après la Trinité. 151
les chofes qui apartiennent
à ta paix ! mais mainte-
nant elles font cachées de-
vant tes yeux. Car les
jours viendront fur toi que
tes ennemis t'afliégçront de
tranchées, & t'environne-
ront;, Ôc t'enferreront de
tous cotez : & te raferont
toi, & tes enfans qui font
au dedans de toi ; & ils ne
laifferont en toi pierre fur
pierre 5 parce que tu nas
point connu le temps de ta
vifitation. Puis étant entré
au Temple, il commença
à jetter dehors ceux qui y
vendoient, 6c qui y achc-
toient. Leur difant ; Il eft
écrit; Ma Maifon eft la
Maifon de prière : mais
vous en avez fait une ca-
verne de voleurs. Et il
étoit tous les jours enfei-
gnant dans le Temple.
L'onzième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
fur nous abondamment ta
grâce : afin que marchant
dans les fentiers de tes
commandemens, nous puif^
fions obtenir l'effet de tes
promefles gratuites, & être
faits participants de tes
tréfors celeftes; par Jéfus^
Chrift nôtre Seigneur, -/f-
men.
LTpitre, i Cor. 15. iJ
M Es frères, je vous
fais favoir l'Evan-
gile que je vous ai annoncé,
& que vous avez reçu, &
auquel vous vous tenez
fermes : & par lequel vous
êtes fauvez, fi vous retenez
en quelle manière je vous
l'ai annoncé : à moins que
vous n'aiez cru en vain.
Car avant toutes chofes, je
vous ai donné ce que j'a-
vois auffi reçu, favoir $ que
Chrift eft mort pour nos
péchez, félon les Ecritures:
& qu'il a été enféveli, &
qu'il eft reftufcité le troi*
fiéme jour, félon les Ecri-
ODieu, qui manifcftcs la turcs : & qu'il à été vu de
Toute-puiflance de ta Céphas , & enfuite des
force, principalement lors Douze. Depuis il a été
•que tu fais mifericorde, &jvû de plus de cinq cent
que tu as compalîionj répn^ frères a une fois 5 dont plu-
L 4 ficur
n
Isi l'S xiï. Dimanche
fleurs font encore vi-
vans, & quelques uns dor-
ment. Enfuite il a été vu
de jaques, & puis de tous
les Apôtres. Et après tous,
il a été vu auffi de moi,
comme d'un avorton. Car
je fuis le moiiuire des A-
pôtres, qui ne fuis pas dig-
ne d'être apellé Apôtre j
parce que j'ai pcrfécuté
TEglife de Dieu. Mais par
la grâce de Dieu, je fuis
ce que je fuis; & fa grâce
envers moi n'a point été
vaine i mais j'ai travaillé
beaucoup plus qu'eux tous :
toutefois non point moi^
mais la grâce de Dieu qui
cft avec moi. Soit donc
moi, foit cm, nous prê-
chons ainfii & vous l'avez
cru ^infi.
L'EvAî?Gii.E, S, Luc, 18.9.
JEfu§ dit cette parabole,
à quelques uns qui fe
çonfipicnt en eux-mêmes
d'çtre juftes, & qui tenoi-
cnt Içs autres pour rien.
Deux hommes rnontcrent
au Temple pour prier :
Tun, Pharifien 5 & l'autre,
Péager. Le Pharifien jfe
te|iai,it à l'écart prioit çn
APRES LA Trinité?
lui-même, difant de telles:
chofesj ODieu! je terens
grâces, de ce que je ne
fuis point comme le refte
des hommes, qui font ra-
vilTeurs, injuftes, adultères,
ni même comme ce Péager.
Je jeune deux fois la fe-
maine : & je donne la dîme
de tout ce que je pollède.
Mais le Péager fe tenant
loin, n'ofoit pas même le-
ver les yeux vers le Ciel:
mais frapoit fa poitrine, en
difant; O Dieu! fois apai-
fé envers moi qui fuis pé-
cheur. Je vous dis que ce^
lui-ci defcendit en fa mai.
fon juftifié, plutôt que l'au-
tre. Car quiconque s'élè^
ve, fera abaifle ; & quicon-
que s'abaifle, fera élevé.
Le douzième T>manche
après la Trinité.
La Collect
E.
D
leu Eternel & Tout-
puiffant, qui es tou-
jours plus prompt à nous
exaucer que nous ne le
fommes à te prier j & qui
as acoutumé de nous don-
ner plus que nous ne mé-
ritons, & que nous ne de*-
maa^
r
w
I Le XII. Dimanche après la Trinité.
'mandons 5 Répan abon-
damment tes grâces fur
^ous s nous pardonnant
tout ce qui pourroit trou-
bler nôtre confcience 5
nous donnant les biens que
nous ne fommes pas dignes
de demander i finon par
les mérites, & par Tinter-
cefllon de Jéfus-Chrift ton
Fils, nôtre Seigneur. Jl-
men.
L'Epitre, 2 Cor. 3- 4-
NOus avons une telle
confiance en Dieu
par Chrift. Non que nous
foions capables de nous-
mêmes de penfer quelque
çhofe y comme de nous-
mêmes; mais nôtre capacité
eft de Dieu 5 qui nous a
aufli rendus capables d'ctre
Miniftres du Nouveau Tcf-
tament; non de la lettre,
mais de TEfprit: caria let-
tre tuë; mais TETprit vivi-
fie. Or fi le Miniftcrc de
mort écrit avec des lettres,
& gravé fur des pierres, a
été glorieux, tellement que
les enfans dlfraél ne pou-
voient regarder le vifage de
Moife j à caufe de la gloire
d>? fon vifagC; laquelle dc-
153
voit prendre fin: comment
le Miniftère de TEfprit ne
fera-t-il pas plus glorieux ?^
Car fi le Miniftère de la
condamnation a été glori-
eux, le Miniftère de la juf-
tice le furpafîe de beau-
coup en gloire.
UEvangile, s. Marc, 7. 31;
j
Efus étant encore parti
des frontières de Tyr&
de Sidon, il vint à la mer
de Galilée par le milieu du
païs de Décapolis. Et on
lui amena un fourd, qui a-
voit la parole empêchée^
& on le pria de pofer les
mains fur lui. Et Jéfus
l'aiant tiré à part, hors de
la foule, lui mit les doigts
dans les oreilles 3 & aiant
craché, lui toucha la langue.
Puis regardant vers le ciel,
il foupira, & lui dit j Heph-
phatah , c'eft-a-dire, Ou-
vre-toi. Et auflî-tôt fes
oreilles s ouvrirent j & le
lien de fa lani^ue fe délia :
& il parla aifément. Et
]éfas leur commanda de ne
le dire à pcrfonne : mais
plus il le défendoit, plus
lis le publioient. Et ils en
étoicnt extrêmement éton-
ne?,
^1
154 Le XIII. Dimanche après la Trinité;
nez, difant 5 H a tout bien
fait : il fait ouïr les fourds.
& parler les muets.
Le treiziéme^ïmanche
a^rès la Trinité.
La Collecte,
o
Dieu Tout-puiflant &
tout mifericordieux.
qui a ete auparavant con-
firmée par Dieu en Chrift,
la Loi qui eft venue quatre
cent trente ans après, ne
la peut point anuler pour
abolir la promeffe. Car fi
rhéritage eft par la Loi, il
n eft point par la promeffe :
or Dieu Ta donné à Abra-
ham par la promeffe. A
quoi donc fert la Loi ?
qui feul donnes a ton peu- Elle a été ajoutée à caufe
pie fidèle de te rendre un des tranfgreflîons,jufqu ace
jiifte & louable fervice^ fai
nous la grâce, nous t'en fu-
plions, de te fervir ft fidè-
lement fur la terre, que
nous ne manquions point
d'obtenir enfin dans le ciel
l'effet de tes promeffes 5
par les mérites de Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
LTpitre, Gai. 3- i<^.
LEs promeffes ont été
faites a Abraham, &
à ta fcmcnce. 11 n eft pas
dit, & aux fcmences, com-
me s'il avoit parlé de plu-
fieursj mais comme parlant
d'une feule, & à fa fe-
mence 5 qui eft Chrift. Voi-
ci donc ce que je dis;
c'cft que quant à Faliance
que vint la femence à l'é-
gard de laquelle la pro-
meffe avoit été faite : &
elle a été ordonée par les
Anges, par le miniftère d'un
Médiateur. Or le Média-
teur n'eft pas d'un feul :
mais Dieu eft un feul. La-
Loi donc a-t-elle été ajou-
tée contre les promeffes de
Dieu? ainfi n'avienne! car
fi la Loi eut été donnée
pour pouvoir vivifier, véri-
tablement la juftice feroit
de la Loi. Mais l'Ecri-
ture a tout enclos fous le
péché 5 afin que la promeffe
par la foi en Jéfus-Chrift;^
fut donnée à ceux qui
croient.
L^EVAN-
Le XIII. Dimanche a
L'Evangile, S.Luc, io. 2 3 .
Bienheureux font les
yeux qui voient ce
que vous voiez. Car je
vous dis, que plufieurs Pro-
phètes & plufieurs Rois ont
défiré de voir les chofes
que vous voiez, & ils ne
les ont point veuës^ &
d'ouïr les chofes que vous
ciez, ôc ils ne les ont point
ouïes. Alors voici un Doc-
teur de la Loi s étant levé
pour réprouver lui dit 5
Maître, que dois- je faire
pour avoir la vie éternelle r
Et il lui dit j Qif c(t-il é-
crit dans la Loi ? Comment
lis-tu ? Et il répondit , &
dit; Tu aimeras le Sei-
gneur ton Dieu de tout ton
cœur, & de toute ton amc,
& de toute ta force, & de
toute ta penfée : & tu ai-
meras ton prochain comme
toi-même. Et Jéiiis lui
dit ; Tu as droitemcnt ré-
pondu: fai cela, & tu vi-
vras. Mais lui fc voulant
juftifier, dit à ]éfuSi Et
qui eft mon prochain ? Et
]éfus répondant, lui dit ;
Un homme defccndoit de
Jérufalçm à Jérico, & il
PRES LA TrINITEJ 1$^
tomba entre les mains des
voleurs, qui le dépouille-
rent, & qui après l'avoir
bleifé de plufieurs coups,
s'en alerent, le laiffant à
demi-mort. Or par rencon-
tre, un Sacrificateur defccn-
doit par le même cheminj
& quand il le vit, il palfa
de Tautre côté. Un Lé-
vite aufli étant arrivé en
cet endroit-là, & volant cet
homme, paffa tout de même
de l'autre côté. Mais un
Samaritain faifant fon che-
min, vint à lui ; & le vol-
ant, il fut touché de com-
paillon. Et s'aprochant
lui banda fes plaies, 6c y
verfa de l'huile & du vin :
puis le mit fur fa bête, &
le mena dans Thotellerie,
& eut foin de lui. Et le
lendemain en partant, il ti-
ra deux deniers, «5c les don-
na à rhôte, en lui difant 5
Aie foin de lui : & tout
ce que tu dépcnferas de
plus, je te le rendrai à mon
retour. Lequel donc de
ces trois, te fcmblc-t-il a-
voir été le prochain de ce-
lui, qui étoit tombé entre
les nriains des voleurs? 11
répondit j C'eil celui qui a
ufc de mifcricorde envers
lui
!^ V
ij6 Le XIV. Dimanche après la Trinité,
lui. Jéfus donc lui dit;
Va, & toi auffi fai de même.
Le quatorzième T) manche
' après la Trinité.
• La Collecte.
Dieu Tout-puiflant &:
Eternel, augmente
nous la foi, refpérance &
la charité : & afin que nous
obtenions ce que tu nous
promets, fai que nous ai-
mions ce que tu nous com-
mandes ; par Jéfus-Chrift
nôtre Seiineur. Amen,
L'Epitre, Gai. 5. i(5.
j
E vous dis donc ; Che-
minez félon TÊfprit^
paillardife, la fouillure. Fin-
folence, Tidolatrie, Tem-
poifonnement, les inimi-
tiez, les querelles, les dé-
pits, les colères, les diffen-
fions, les divifions, les hé-
réfies, les envies, lesmeur-
très, les ivrogneries, les
gourmandifes, & les chofes
femblables à celles-là : au
fujct defquelles je vous pré-
dis, comme je vous lai dé-
jà dit, que ceux qui com-
mettent de telles chofes
n hériteront point le Roi-
aume de Dieu, Mais le
fruit de TEfprit eft la cha-
rité, la joie, la paix, un
efprit patient, la bénigni-
té, la bonté, la fidélité, la
douceur, la tempérance. La
Loi ne s'adreffe point con-
Ôc vous nacomplirez point tre de telles chofes. Or
les convoitilcs de la chair: 'ceux qui font de Chrift,
Car la chair convoite con-'ont crucifié la chair avec
tre l'efprit, & i'cfprit con-
tre la chair : & ces chofes
font opolces l'iine à l'au-
tre : tellement que vous ne
faites point les chofes que
vous voudriez. Or fi vous
ères conduits par TEfprit,
vous n'êtes point fous la
Loi. Car les œuvres de la
chair font manifefles, \z{-
quellcs font l'adultère, la
fes afFeclions,
voitifcs.
6c fes con-
UEvANGiLE,S.Luc, 17.11,
ALant à Jérufalem, il
paflbit par le milieu
de la Samarie & de la Ga-
lilée. Et comme il entroit
dans une bourgade, dix
hommes lépreux le rencon-
trèrent^
Le XV. Dimanche après la Trinité? 157
trerent, & ils s'arrêtèrent
de loin: ôc élevant leurs
voix, ils lui dirent i Jéfus,
Maître, aie pitié de nous.
Et quand il les eut vus, il
leur dit , Alcz, niontrez-
vous aux Sacrificateurs. Et
il arriva quen s'en alant
ils furent rendus nets. Et
Tun deux voiant qu il étoit
guéri, s'en retourna, glori-
fiant Dieu à haute voix :
Et fe jetta en terre fur fa
face aux pieds de Jéfus, lui
rendant grâces: or c'étoit
un Samaritain. Alors Jé-
fus prenant la parole ditj
Les dix n'ont-ils pas été
rendus nets? & les neuf où
font-ils ? Il n y a eu que cet
étranger qui foit retourné
pour rendre gloire à Dieu.
Alors il lui dit 5 Levé- toi j
va-t-en; ta foi t'a fauve.
Le quinzième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
VEuilles, ô Seigneur par
ta mifcricorde, pro-
téger continuellement ton
Eglife : Et puis que la fra-
gilité de l'homme eft telle
que nous ne pouvons de-
meurer fermes fans ton fe-
cours, garenti nous de tout
ce qui peut nous nuire i &
condui nous à celles qui
peuvent avancer nôtre Sa«
lut 5 par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
L'Epitre, Gai. 6. 11.
T TOus voiez quelle gran-
Y de lettre je vous ai
écrite de ma propre main.
Tous ceux qui cherchent
une belle aparence en la
chair, font ceux qui vous
contraignent d'être circon-
cis 5 afin feulement qu'ils
ne foufrent point perfécu-
tion pour la croix de Chrift-
Car ceux-là mêmes qui
font circoncis ne gardent
point la Loi : mais ils veu-
lent que vous foiez circon-
cis 5 afin de fe glorifier en
vôtre chair. Mais pour
moi, à Dieu ne plaife que
je me glorifie, fuion en la
croix de nôtre Seigneur
jéfus-Chrift, par lequel le
monde nVeft crucifié, &
moi au monde. Car en
yéfus-Chrift, ni la circonci-
fion, ni le prépuce n'ont au-
cune vertu; mais la nou-
velle créature. Et â l'égard
de
^
Ys^ l'E XV. Dimanche
de tous ceux qui marche-
ront félon cette règle; que
la paix ôc la mifericordc
foient fur eux, & fur Tlf
raël de Dieu. Au refte,
que perfonne ne me don-
ne de la fâcherie : car je
porte en mon corps les
flétriffures du Seigneur Jé-
fus. Mes frères, la grâce
de nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift foit avec vôtre efprit.
yimen.
L'Evangile, S. Matt.6.24.
NUI ne peut fervir deux
maîtres : car ou il
haïra Tun, & aimera l'au-
tre : ou il s'atachera à Tun,
& méprifera Fautre: vous
ne pouvez fervir Dieu, &
Mammon. C'eft pourquoi
;e vous dis 5 Ne foiez point
en fouci pour vôtre vie,
de ce que vous mangerez^
& de ce que vous boirez 5 ni
pour vôtre corps, dequoi
vous ferez vêtus. La vie
n'eft-elle pas plus que la
nourriture, & le corps plus
que le vêtement? Regardez
les oifeaux du Ciel: car
ils ne fement ni ne moif-
fonnent, ni naiTemblcnt
dans des greniers; & ce-
pendant vôtre Père celcfte
APRES LaTrINITEÏ 1
les nourrit: n'êtes- vous pas
beaucoup plus excellens
queux? Et qui eft celui
d'entre vous, qui puiffe par
fon fouci ajouter une cou-
dée à fa ftature? Et pour-
quoi étes-vous en fouci du
vêtement? Aprenez com-
ment croiffcnt les lis des
champs; ils ne travaillent,
ni ne filent. Cependant .
je vous dis, que Salomon I
même, dans toute fa gloire,
n'a pas été vêtu comme
l'un d'eux. Si donc Dieu
revêt ainfi l'herbe des
champs, qui eft aujour-
d'hui, & qui demain fera
mife au four, ne vous vé-
tira-t-il pas beaucoup plu-
tôt, ô gens de petite foi?
Ne foiez donc point en
fouci, difant; C^tie mange-
rons nous ? ou que boirons-
nous? ou dequoi ferons-
nous vêtus? Vu que les
Païens recherchent toutes
ces chofcs; car vôtre Père
celefte connoit que vous a-
vez befoin de toutes ces
chofes. Mais cherchez pre-
mièrement le Roiaume de
Dieu, & fa juftice; & toutes
ces chofes vous feront don-
nées par dedus. Ne foiez
donc point en fouci pour
le
Xe XVI, Dimanche après là Trinité^ 159
le lendemain: car le lende-
main fe fouciera de ce qui
le concerne. A chaque jour
fufit fa peine.
Lefeiziéme T>imanche
après la Trinité.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions de purifier &
détendre continuellement
tonEglife: & parce quelle
ne peut fubfifter fans ton
fecours 5 conferve la tou-
jours par ta bonté, & par
ton affiftance^pour l'amour
de Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 3.13.
JE vous prie de ne vous
point relâcher à caufe
de mes aflidions que je
foufre pour Tamour de
vous, ce qui eft vôtre gloire.
A caufe de cela je fléchis
mes genoux devant le Père
de nôtre Seigneur ]éfus-
Chrift : duquel toute la pa-
renté eft nommée dans les
Cieux & fur la terre. A-
fin que félon les richeifes
de fa gloire, il vous donne
d'être puiffamment fortifiez
par fon Efprit, en Thomme
intérieur: Tellement que
Chrift habite dan5 vos coeurs
par la foi : afin qu étant
enracinez, & fondez dans
la charité, vous puiflîcz
comprendre avec tous les
Saints, quelle eft la lar-
geur & la longueur, la pro-
fondeur, & la hauteur: &
connoitre la charité de
Chrift, laquelle furpafîe tou-
te connoilfancci afin que
vous foiez remplis de toute
plénitude de Dieu. Or à
celui qui, par la puiffance
qui agit en nous avec éfi-
cace, peut faire en toute
abondance au delà de tout
ce que nous demandons &
penfons : à lui foit gloire
dans TEglife, en Jéfus-
Chrift, dans tous les âges
du fiécles des fiécles. Amen.
L'Evangile, S. Luc, 7. 11.
ET le jour d'après il ar-
riva que ]éfus aloit
à une ville nommée Nain,
& plufieurs de iz^ difciplcs
& une groifc troupe aloi-
ent avec lui. Et comme il
aprochoit de la porte de la
ville, voici, on portoit de-
hor
il
i<5o Le xvir. Dimanche après la Trinité^
hors un mort, fils unique
de fa mère, qui étoit veu-
ve: & une grande troupe
de la ville étoit avec elle.
Et quand le Seigneur Teut
vue, il fut touché de com-
paflîon envers elle : & il
lui diti Ne pleure point.
Puis s'étant aproché, il tou-
cha la bière i & ceux qui
portoient le corps s'arrêtè-
rent, & il dit 5 Jeune hom-
me, je te dis, leve-toi. Et
le mort fe leva en fon fé-
ant, & commença à parler :
& Jéfus le rendit à fa mère.
Et ils furent tous faifis de
crainte, & ils glorifioient
Dieu, difantj Certainement
un grand Prophète s'eft le-,
vé parmi nous, & certaine-
ment Dieu a vifité fon peu-
ple. Et le bruit de ce mi-
racle fe répandit dans toute
la Judée, & dans tout le
pais circonvoifîn.
Le dix-feptiéme dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
SEigneur, nous te prions
que ta grâce nous pré-
vienne, & nous acom-
pagne fans ceflcj & quelle
nous porte continuellement
à toutes fortes de bonnes
oeuvres 5 par Jéfus-Chrift
Amen.
notre Seigneur.
j
L'Epitre, Eph. 4. r.'
E vous prie donc moî
qui fuis prifonnier pour
le Seigneur, de vous con-
duire d une manière digne
de la vocation, à laquelle |
vous êtes apellez5 avec |
toute humilité, & douceur 5 '
avec un efprit patient 5 vous
fuportant l'un lautre en
charité : étant foigneux de
garder l'unité de TEfprit
par le lien de la paix. II
y a un feul corps, & un ,
feul Efprit: comme aufli
vous êtes apellez à une feule
efpérance de vôtre voca-
tion. Il y a un feul Sei-
gneur, une feule foi, un
feul batême, un feul Dieu,
& Père de tous, qui eft fur
tous, & parmi tous, & en
vous tous.
L'Evangile, S.Luc, 14. i.
IL arriva auffi que Jéfus
étant entré un jour de
Sabat dans la maifon d'un
des principaux des Phari-
l fiens.
Le XVIII. Dimanche a
fiens, pour prendre fon re-
pas, ils robfervoient. Et
voici, un homme hydropi-
que étoit là devant lui. Et
Jéfus prenant la parole, par-
la aux Dofteurs de la Loi,
& aux Pharifiens, difant 5
Eft-il permis de guérir au
jour du Sabat ? Et ils ne
dirent mot: alors aiantpris
le malade, il le guérit, &
le renvoia. Puis s'adreffant
à eux, il leur dit 5 Qiii fera
celui d'entre vous, qui aiant
un âne ou un bœuf lequel
vienne à tomber dans un
puits, ne fen retire incon-
tinent le jour du Sabat?
Et ils ne pouvoient répli-
quer à ces chofes. Il pro-
pofoit auffi aux conviez une
îîmilitude, prenant garde
comment ils choififlbient
les premières places à table,
& il leur difoit 3 Quand tu
feras convié par quelqu'un
à des noces, ne te mets
point à table au plus haut
lieu, depcur qu'il n'arrive
qu'un plus honorable que
toi foit convié par lui :
Et que celui qui aura con-
vié & toi & lui, ne vienne,
& ne te dife ; Donne ta
place à celui-ci : & qu a-
\: lors tu ne commences avec
PRES LA Trinité. i6t
honte de te mettre au plus
bas lieu. Mais quand tu
feras convié, va, & te mets
au plus bas lieu s afin que
quand celui qui t'a convié
viendra, il te dife 5 Mon
ami, m.onte plus haut : ôc
alors cela te tournera à
honneur devant tous ceux
qui feront à table avec toi*
Car cjuiconque s'élève, fera
abaifle : & quiconque s a-
baifle, fera élevé-
Le dix-huitième T)intanche^
après la Trinité»
La Collecte*
O Seigneur, nous te
fupiions de faire la
grâce à ton peuple de réfif-
ter aux tentations du mon-
de, de la chair, & du dia-
ble 5 & de te fuivrc en
pureté de cœur & d' Ef-
prit, toi qui es le feul
vrai Dieu j par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen>
L'Epiti^E, T. Cor. î. 4«
JE rens toujours grâces à
mon Dieu à caufe de
vous, pour la grâce de Dieu
qui vous a été donnée en
Jéfus-Chrill:: de ce qu'en
toutes chof^^s, vous êtes en-
M tichis
tôz Le xviiT. Dimanche après la Trinité,
richis en lui de tout don
de parole, & de toute con*
noiffance : félon que le té-
moignage de Jéfus-Chrifta
été confirmé en vous. Telle-
ment qu il ne vous manque
aucun don 5 pendant que
vous atendez la manifcfta-
tion de nôtre Seigneur
Jéfus-Chrift, qui auflî vous
afermira jufqucs à la fin 5
pour être irrépréhenfibles
en la journée de nôtre Seig-
neur Jéius-Chrift.
L'Evangile, S. Matth.
22. 34-
QUand les Pharificns
eurent aprisqu il avoit
fermé la bouche aux Saddu-
céens, ils s'aflcmblerent d'un
acord. Et l'un d'eux qui
étoit Doftcur de la Loi,
Tinterrogea pour réprouver,
en ditant 5 JMaitrc, lequel
cft le grand Commande-
ment de la Loi? ]éius lui
dit 5 Tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton cœur,
& de toute ton ame, &
de toute ta pcnice. Celui-
ci ell: le premier & le grand
Commandement : & le fé-
cond, iemblablc à celui-là,
cftj Tu aimeras ton pro-
chain comme toi même.
De ces deux Commande-
mens dépendent toute la
Loi & les Prophètes. Et
les Pharifiens étant affem-
blez5 Jéfus les interrogea,
difant ; Que vous femble-
t-il du Chrift? De qui cft-
il Fils ? Ils lui répondirent 5
De David. Et il leur dit >
Comment donc David par-
lant par TEfprit, Tapelle-t-il
fon Seigneur ? difant ; Le
Seigneur a dit à mon Seig-
neur; Aflied-toi à ma droite,
jufquà ce que j 'aie mis tes
ennemis pour le marche-
pied de tes pieds. Si donc
David Tapelle fon Seigneur,
comment eft-il fon Fils ?
Et petfonne n£ lui pouvoit
répondre un feul mot : ni
perfonne n ofa plus l'inter-
roger depuis ce jour-là.
Le diX'7ieuviéme'^'Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
o
Dieu, puifque fans
toi nous ne faurions
t'ëtre agréables, fai nous la
grâce que ton Saint Efprit
nous diriiie & nous conduife
dans toutes nos voies j par
jéfus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'I-
£e XIX. Dimanche après la Trinité. 163
pourquoi aiant dépouillé
' TL'Epitré, Eph. 4*I7-
JE vous dis donc, & je
vous conjure de la part
du Seigneur, de ne vous
conduire plus comme k
rcfte des Gentils, qui fuivent
la vanité de leurs penfées :
Aiant leur entendement
obfcurci de ténèbres, ôc
étant éloignez de la vie de
Dieu, àcaufederignorance
qui eft en eux par Tendur-
ciflement de leur cœur.
Lefquels aiant perdu tout
fentîment, fe font aban-
donnez à la diffolution,
pour commettra toute ibuil-
iure, à qui en feroit pis.
Mais vous n'avez pas ainfi
apris Chrift : Si toutefois
vous favez écouté, & fi
vous avez été enfeigncz
par lui, félon que la vérité
eft en Jéfus : Savoir, que
vous dépouilliez le vieil-
homme, quant à la con-
vcrfation précédente, lequel
fe corrompt par les con-
voitifes qui féduifent : Et
que vous foiez renouveliez
dans refprit de vôtre enten-
dement : Et que vous foiez
revêtus du nouvel-homme,
créé félon Dieu en juftice
& en vraie fainteté. C/eft
le menfonge, parlez en
vérité chacun avec fon pro-
chain : car nous fommes
membres les uns des autres.
Courroucez-vous, & ne pé-
chez point. Que le foieil
ne fe couche point fur vôtre
courroux ; Et ne donnez
point lieu au diable.. Que
celui qui déroboit, ne déro-
be plus j mais que plutôt il
travaille en faifant de fes
mains ce qui eft bon : afia
qu il ait pour départir à ce-
lui qui en a befoin. QiT'au-
cundifcours mal-honnête ne
forte de vôtre bouche,- mais
feulement celui qui eft bon
à Tufage de ledification, afin
qu il donne grâce à ceux
qui 1 oient. Et ne con-
triftez point le Saint Efprit
de Dieu, par lequel vous
avez été féellez pour le jour
de la Rédemption. Que
toute amertume, & colère,
ôc corroux, 6c cricrie, &
médifance, foient ôtées du
milieu de vous, avec toute
malice. Mais foiez bénins
les uns envers les autres,
pleins de compailîon, &
vous pardonnant les uns
aux autres, ainfi que Dieu
vous a pardonné par Chrift,
M z L'EvAN'
5S4 Le XX. Dimanche après l a Trinité^.
L'Evangile, S.Matth.9.i.|^^ wntiéme Dimanche
après la Trinité.
La ColI/ECTe.
Efus étant entré dans la
J nacelle, il repafla la mer,
& vint en fa ville. Et voici,
on lui préfenta un paraly-
tique couché dans un lit.
Et Jéfus voiant leur foi,
dit au paralytique 5 Aie bon
courage, mon fils, tes péchez
te font pardonnez. Et voici,
quelques-uns des Scribes di-
foient en eux-mêmes 5 Ce-
lui-ci blafphème. Mais Jéfus
voiant. leurs penfées, leur
dit 5 Pourquoi penfez-vous
du mal dans vos cœurs?
Car lequel eft le plus aifé,
ou de dire ? Tes péchez te
font pardonnez : ou de dire ?
Leve-toi, & marche. Or
afin que vous fâchiez que
le Fils de l'homme a le
pouvoir fur la terre de par-
donner les péchez, il dit
alors au paralytique ; Leve-
toi, charge ton lit, 6c t'en
va en ta maifon. Et il fe
leva, & s'en ala en fa mai-
fon. Ce que les troupes
aiant vu, elles s'en étonnè-
rent; & elles glorifièrent
Dieu de ce qu'il avoit don-
né une telle puiifancc aux
hommes.
Dieu Tout-puifTant &
très- mifericordieux ,
préferve nous par ta grande
bonté de tout ce qui nous
pourroitnuircj afin quêtant
bien difpofez de corps &
d'efprit, nous te fervions
avec joie félon ta faintc
volonté; par Jéfus -Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 5. 15.
PRenez donc garde com-
ment vous vous con-
duirez foigneufcment ; non
point comme étant dépour-
vus de fagcife, mais comme
étant fages : Rachetant le
temps; car les jours font
mauvais. C'eft pourquoi ne
foiez point fans prudence ;
mais entendez bien quelle
eft la volonté du Seigneur.
Et ne vous enyvrez point
du vin, auquel il y a de la
diiTolution : mais foiez rem-
plis de TEfprit : vous entre-
tenant par à.zs> Pfeaumcs,
des Cantiques, & des Chan-
fons fpirituelles : cliantant
& pialmodiant de vôtre
cœur
Le XX. Dimanche après la Trinité
cœur au Seigneur. Ren-
dant toujours grâces pour
toutes chofes, au Nom de
nôtre Seigneur Jéfus-Chrift,
à nôtre Dieu, & Père. Vous
foumettant les uns aux au-
tres, en la crainte de Dieu.
L'Evangile, S.Matt. 22. i.
A Lors Jéfus prenant la
parole , leur parla
encore par fimilitudes, di-
fanti LeRoiaume des Cieux
cft femblable à un Roi qui
fit les noces de fon Fils. Et
il envoia fes ferviteurs, pour
apeller ceux qui avoient été
conviez aux noces: mais
ils n'y voulurent point venir.
Il envoia encore dautres
ferviteurs, difant 5 Dites à
ceux qui étoient conviez j
Voici, j'ai aprêté mon di-
ner: mes taureaux & mes
bêtes grafles font tuées, &
tout eft prêt 5 venez aux
noces. Mais eux n'en te-
nant point de compte s'en
alerent, l'un à fa métairie,
& l'autre à fon trafic. Et
les autres prirent fes fervi-
teurs, & les outragèrent, &
les tuèrent. Quand le Roi
l'entendit ; il fe mit en co-
lère : & y aiant envoie fes
troupes, il fit périr ces
1^5,
meurtriers-là ; & brûla leur
ville. Puis il dit à fes fer-
viteursi Eh bien! les noces
font aprêtées i mais ceux
qui y étoient conviez, n'en
étoient pas dignes. Alez
donc aux carrefours des
chemins ; & autant de gens
que vous trouverez, conviez-
les aux noces. Alors fes
ferviteurs fortirent vers les
chemins; & affemblerent
tous ceux qu'ils trouvèrent,
tant mauvais que bons : tel-
lement que le lieu des no-
ces fut rempli de gens qui
étoient à table. Et le Roî
étant entré pour voir ceux
qui étoient à table, y vit
un homme qui n'étoit pas
vêtu d'une robe de noces :
Et il lui dit i Compagnon,
comment es-tu entré ici,
fans avoir une robe de no-
ces? Et il eut la bouche
clofe. Alors le Roi dit aux
ferviteurs; Liez-le pieds &
mains, emportez-le, ôc le
jettez dans les ténèbres de
dehors : là il y aura des
pleurs, ôc des grincemens
de dents. Car il y a beau-
coup d'apellez; mais peu
d'élus.
M 3
L^
i66 Le XXI. Dimanche après la Trinité.
r ' ^ " cT\'^.^^^ho vais jour, & après avoir tout
U 'vmt-untemeT)manche f^J^^^'é, demeurer fermes.
ai>res la Trinitt, ^^.^^ ^^^^ ^^^^^^^ ^.^^^
T,/^^Trr-/-TT7 VOS reins ceints de la vérité,
& étant revêtus de la cui-
A Corde à ton peuple
fidèle, ô mifcricor-
dieux Seigneur, ton pardon
& ta paix 5 afin qu étant
piu'ifié de tous les peche^
il te ferve en tranquilité
d'efprit; par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen-
UE PITRE, Eph. (5. lo.
M Es frères, fortifiez-
vous en nôtre Sei-
gneur, & en la puifTancc
de fa force, Soiez revê-
tus de toutes les armes de
Dieu, afin que vous puif
fiez réfifter aux embûches
du Diable. Car nous n a-
vons point la lutte contre
le fang ôc la chairs mais
contre les principautez, con-
tre les puiffances, contre
les feigneurs du monde,
gouverneurs des ténèbres
de ce fiéele, contre les ma-
lices fpirituelles qui font
dans \^^ lieux ccleftes. C'cfl
pourquoi prenez toutes lej
armes de Dieu; afin que
youspuifîicz rcfi|teraa mau-
raffc de la juftice : Et aiant
les pieds chauliez de la pré-
paration de TEvangile de
paix : Prenant fur tout le
bouclier de la foi, par lequel
vous puifficz éteindre tous
les dards enflammez du ma- |
lin. Prenez ai fil le cafque
du falut, & répée de TEf-
prit, qui cft la Parole de
Dieu. Priant en vôtre ef-
prit par toutes fortes de
prières & de fuplications
en tout temps, veillant 4
cela avec une entière per-
févérance, & priant pour
tous les Saints; Et pour
moi aulTi : afin qu'il me foit
donné de parler à bouche
ouverte, & avec hardieflc,
pour donner à connoitre le
myftère de FEvangilc, pour
lequel je fuis Ambafladcur
en la chaîne; afin, dis- je,
que je parle librement, ainfî
quil faut que je parle.
UEvANGiLE, S.Jean, 4.46.
IL y avoir à Capernaùm,
un Seigneur de Cour,
duquel Iç fils étoit malade :
qui
Le XXII. Dimanche après la^ Trinité
qui aiant entendu que Jé-
fus étoit venu de Judée en
Galilée, s'en al a vers lui 5
& le pria de defcendre pour
guérir fon fils : car il s'en
aloit mourir. Mais Jélus
lui dit 5 fi vous ne voicz
des prodiges & des mira
I<S7
Le vint - deuxième 2)i-
manche après la Trinité.
La Collecte.
VEuille, Seigneur, en-
tretenir TEgliie, qui
cft ta famille,dans Texcrcice
clés, vous ne croiez point, j d'une piété continuelle ; a-
Et ce Seigneur de Cour lui fin qu'exempte d'adverfité
ditj Seigneur, defcens avant j fous ta puiffante proteûion,
que mon fils meure. Je- .elle s'adonne à ton fervice,
fus lui dit5 Va-t-en, ton fils & à la pratique des bon-
vit. Cet homme crut à la|
parole que Jéfus lui avoir
dite? & il s'en ala. Et
comme déjà il defcendoit ,
fcs fcrviteurs vinrent au de-
vant de lui, & lui aporterent
Acs nouvelles, difant 5 Ton
fils vit. Et il leur demanda à
nés œuvres, pour glorifier
ton Saint Nom ; par Jéfus-
Chrift notre Seigneur. A-
men.
J
L'Epitre, Phil. i. ^.
E rcns grâces à mon
Dieu, toutes les fois
quelle heure il s'étoit trouvé j que je fais mention de vous :
mieux : Et ils lui dirent j ! en priant toujours pour vous
hier fur les fept heures la tous avec joie, dans toutes
fièvre le quita. Le père mes prières : à caufe devô-
donc connut que c'étoit à ^ tre atachcmcnt à l'Evangile,
cette même heure-là que j depuis le premier jour jut
lèfus lui avoir dit 5 Ton fils qu'à maintenant: étant af-
Vit. Et il crut, avec toute
fa maifon. Jéfus fit encore
ce fécond miracle, quai^
il fut venu de Judée en Ga-
Ulèç.
fuue de cela même, que ce-
lui qui a commencé cette
bonne oeuvre en vous, l'a-
chevcra jufqu'à la journée
de ]éfus-Chrift : comme il
m'cil: raifonnable de penfer
cela de vous tous 5 parce
que je retiens dans mon
M ^, cœur
ï^S Le XXII. Dimanche après la Trinité.
cœur que vous avez tous
été participans de la grâce
avec moi dans mes liens 5
êç dans la défcnic, & la
confirmation de TEvangile.
Car Dieu m'eft témoin que
je vous aime tous d'une
cordiale afedion en Jéfus-
Chrift, Et je le prie de
ceci, que vôtre charité a-
bpnde encore de plus en
plus, avec connoiflance &
toute intelligence : afin que
vous difcernicz les chofes
contraires, pour être purs &
fans achopement jufqua la
journée de Chrift : étant
remplis de fruits de Juftice,
qui font par ]éfus Chrift 5 à
la gloire 6c à la louange de
Pieu.
UEvANGiLE , s, Matth.
18. 21.
Pierre dit à Jéfus 5 Sei-
gneur, jufques à com-
bien de fois mon frère pe-
chcra-t-il contre moi, & je
lui pardonnerai ? Sera - ce
jufqua fcpt fois? jéfus lui
répondit i je ne te dis pas
jufqua fept fois; mais juf-
qu'à fept fois feptante fois.
C'eft pourquoi le Roiaume
des Cieux cft femblable à
un K,oi, qui voulut comp-
ter avec fes ferviteurs. Et
quand il eut commencé à
compter, on lui en préfen-
ta un qui lui dcvoit dix
mille talens. Et parce qu il
navoit pas dequoi paier,
ion Seigneur commanda
qu il fut vendu, lui, & fa
femme, ôcfes enfans, & tout
ce qu il avoit, & que la det-
te fut paiée. Mais ce fer-
viteur fe jettant à fes pieds,
le fuplioit, en difantj Sei-
gneur, aie patience, & je te
rendrai tout. Alors le Sei-
gneur de ce ferviteur tou-
ché de compaffion, le re-
lâcha, & lui quita la dette.
Mais ce ferviteur étant for-
ti, rencontra un de fes com-
pagnons de fervice, qui lui
devoir cent deniers : & Tai-
ant pris, il Tétrangloit, en
lui difant ; Paie moi ce que
tu me dois. Mais fon com-
pagnon de fervice fe jet-
tant à fes pieds, le prioit,
en difant i Aie patience, &
je te rendrai tout. Mais il
n en voulut rien faire : &
il s'en ala, & le mit en
prifon, jufqua cequil eut
paie la dette. Or fes au-
tres compagnon? de fervice
volant ce qui étoit arrivé,
en furent extrêmement tou-
chezj,
Le XXIII. Dimanche a
chez; & ils s'en vinrent, &
déclarèrent à leur Seigneur
tout ce qui s'étoit pafle. A-
lors fon Seigneur le fit ve-
nir, & lui dit 5 Méchant fer-
Viteur, je t'ai quité toute
cette dette, parce que tu
m'en as prié : Ne te faloit-
11 pas aulïi avoir pitié de
ton compagnon de fervice,
comme j'avois eu pitié de
toi ? Et fon Seigneur étant
en colère le livra aux fer-
geans, jufqu'à ce qu'il lui
eut paie tout ce qui lui é-
toit dû. C'eft ainfi que
vous fera mon Père celefte,
Il vous ne pardonnez de
tout vôtre cœur chacun à
fon frère fes fautes.
IjC 'vint'troijiéme T>iman-
çhe après la Trinité.
La Collecte,
ODieu nôtre retraite &
nôtre force, qui es
TAutcur dç toute pieté 5
prête loreille aux prières
ardentes de ton Eglife : &
fai que les chofes que nous
demandons avec foi, nous
les obtenions en effet s par
Jéfus-Chrifl: nôtre Seigneur.
PRES LA Trinité, i^^
L'Epitre, Phil. 3.17.
SOiez tous enfemble mes
imitateurs, mes frères ^
ôc confiderez ceux qui mar-
chent comme vous nous a-
vez pour modèle. Car il
y en a plufîeurs qui marchent
de telle manière que je vous
ai fouvent dit, & mainte-
nànt je vous le dis encore
en pleurant, qu'ils font en-
nemis de la croix de Chrift :
defquels la fin eft la perdi-
tion : defquels le Dieu eft le
ventre : & defquels la gloire
eft dans la confufion ; n'ai-
ant d'afeftion que pour les
chofes de la terre. Mais
nôtre converfation eft celle
des bourgeois des çieux ;
d'où auflî nous atendons le
Sauveur, Seigneur Jéfus-
Chrift : Qui transformera
nôtre corps vil : afin qu'il
foit rendu conforme à fon
corps glorieux > félon cette
efficace, par laquelle il peut
même s'affujetu- toutes cho-
fes.
L'EVANGILE,S.Matt.22.I 5.
A Lors les Pharifiens s'é-
tant retirez, confiil-
tcrent enfemble comment
ils Iç furprendoieut çn pa-
roles.
f
170 Le XXIV
rôles. Et lui envolèrent
leurs dîfciples avec des Hé-
rodiens, en difant s Maître
nous favons que tu es véri-
table, & que tu enfeignes la
voie de Dieu en vérité, &
ne te foucies de perfonne :
car tu ne regardes point à
l'aparence des hommes. Di
nous donc ce qu'il te fcmble
de ceci? Eft il permis de
paier le tribut à Céfar, ou
non } "Et Jéfus connoifTant
leur malice, dit ; Hipocrites
pourquoi me tentez-vous :
Montrez moi la monnoie
du tribut. Et ils lui pré-
fenterent un denier. Et il
leur dit s De qui eft cette
image, & cette infcription ?
Ils lui répondirent 5 De Cé-
far. Alors il leur dit 5 Rendez
donc à Céfar les chofes qui
font à Céfar ; & à Dieu celles
qui font à Dieu. Et aiant en-
tendu cela, ils en furent é-
tonnez y & le laiffant, ils
s'en alerent.
Le "Vint - quatrième di-
manche apes la Trinité.
La Collecte.
Dimanche après la Trinité.'
ton peuple de fes ofenfcs ;
afin que par ta grande bon-
té nous foions afranchis des
liens de tous les péchez, que
notre infirmité nous a fait
commettre. Fai nous cette
grâce, ô Père celefte, pour
f amour de Jéfus Chrift ton
Fils nôtre Seigneur & Sau-
veur. Amen,
L'Epitre, Col. 1.3.
N
de
N
Ous rendons grâces à
Dieu, qui eft le Père
nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift, & nous prions tou-
jours pour vous 5 aiant ouï
parler de vôtre foi en Jéfus-
Chrift,& de vôtre charité en-
vers tous les Saints : à caufc
de lefpérance des biens qui
vous ibnt refervez dans les
Cieux 5 & dont vous avez eu
ci-devant connoiflance par
la Parole de vérité ; c eft-a-
dire, TEvangile, qui eft par-
venu jufqu a vous, comme
il Teft aufli dans tout le mon-
de j & il y fructifie, de même
que parmi vous, depuis le
jour que vous avez entendu &
connu la grâce de Dieu dans
la vérité j comme vous avez
été inftruits aufll par Epa-
d' abfoudre phras nôtre cher compagnon
'3 dç
Ous te fuplions, ô Sei-
gneur,
Lexxiv. Dimanche après la Trinité. 17?
de fervice, qui eft fidèle Mi-
niftre de Chrift pour vous :
& qui nous a apris quelle
eft la charité, que vous avez
en TEfprit. C'eft pourquoi
depuis le jour que nous a-
vons apris ces çhofes, nous
ne ceffons point de prier
pour vous 5 & de demander
à Dieu que vous foiez rem-
plis de la connoiflance de
fa volonté, en toute fagefl'e
& intelligence fpirituelle:
Afin que vous vous con-
duifiez dignement, comme
il eft féant félon le Sei-
gneur ; en lui plaifant entiè-
rement i fruftifiant en tou-
te bonne œuvre j & croif-
fant en la connoiffance de
Dieu. Etant fortifiez en
toute force félon la puiflan-
çe de fa gloire, en toute pa-
tience, (Se tranquilité d'ef-
prit, avec joie. Rendant
grâces au Père, qui nous a
rendus capables de partici-
per à rhéritage des Saints
dans la lumière.
L'Evangile, S, Matt, 9.18.
COmmeJéûis difoit ces
chofes aux Difciples
de Jean ,• voici venir un Sei-
gneur, qui fc prpftcrna de-
vant lui, en lui difant 5 Ma
fille eft déjà morte j mais
vien, & pofe ta main fur
elle i & elle vivra. Et Jéfus
s'étant levé, le fuivit avec
i^cs difciples. Et voici, une
femme travaillée d une per-
te de fang depuis douze
ans, vint par derrière, 6c
toucha le bord de fon vête-
rnent : car elle difoit en
elle-même 5 Si feulement
je touche fon vêtement, je
ferai guérie. Et Jéfus s'é-
tant retourné, 6c la regar-
dant, lui dit 5 Aie bon cou-
rage, ma fille j Ta foi ta
fauvée : Et dans ce moment
la femme fut guérie. Or
quand Jéfus fut arrivé à la
maifon de ce Seigneur j 6c
qu'il eut vu les joiieurs
dlnftrumens, & une troupe
de gens qui faifoit un grand
bruit, il leur dit ; Retirez-
vous : car la jeune fille n eft
pas morte : mais elle dort.
Et ils fe moquoient de lui.
Après donc qu on eut fait;
fortir toute cette troupe, il
entra, 6c prit la m^iin de la
jeune fille, 6c elle fe leva.
Et le bruit s'en répandit
par tout ce païs-là.
Le
\72 Le XXV. Dimanche après la Trinité^'
efl vivant, qui a fait remon-
ter, 6c qui a ramené la
poftérité de la maifon
dlfraéî, du pais de devers
TAquilon, ôc de tous les
pais aufquels je les avois
chaflez, &ils habiteront en
leur terre.
Le vint -cinquième T>iman
che après la Trinité.
La Collecte.
VEuille, ô notre bon
Dieu, toucher telle-
ment le cœur de tes fidèles,
que portant abondamment
les fruits d une fincère re-
pentance, ils en obtiennent
une abondante rémunéra-
tion j par Jéfus-Chrifl ton
très cher Fils nôtre Seig-
neur. Amen.
'Tour L'Epitre, Jer. 23. 5.
Voici, \ç,% jours vien-
nent, dit l'Eternel,
que je ferai lever à David
un Germe juflc, qui régnera
comme Roi : il profpérera,
& exercera jugement &
juilice fur la terre. En fes
jours juda fera fauve, &
Ifrael habitera en affûrance 3
<Sc c'eft ici le nom, duquel
on Tapellera : UEternel
nôtre juftice. C'eft pour-
quoi voici, les jours vien-
nent, dit l'Eternel, qu on
ne dira plus j UEternel efl:
vivant, qui a fait remonter
Jcs cnfans dlfraèl du pais
a Egypte 5 Mais, TEtcrnel
L'Evangile, S.Jean, 6. 5,
JEfus donc aiant levé fes
yeux, & voiant que de
grandes troupes venoient à
lui, dit à Philippe i D'où
achèterons nous àc,% psins \
afin que ceux-ci aient à
manger: Or il difoii cela
pour réprouver: car il fa-
voit bien ce qu il devoit fai-
re. Philippe lui répondit -,
Qiiand nous aurions pour
deux cent deniers de pain,
cela ne leur fufiroit pas ;
quoique chacun d'eux n'en
prit que tant foit peu. Et
Tun de les difciples, favoir
André, frère de Simon
Pierre, lui dit j II y a ici
un petit garçon qui a cinq
pains d'orge & deux poif-
fons: mais qu'eft-ce que
cela pour tant de gens ? A-
lors Jéfus dit; Faites alfeoir
les gens. (Or il y avoir
beaucoup d'herbe en ce
Ucu-lâ.) Les gens donc
3^af^
Le Jour de S. André?
s'affircnt au nombre d'en-
viron cinq mille. Et Jéfus
rr^
prit les pains 5 & après avoir
rendu grâces, il les diftribua
aux difcipies ,• & les difciples
à ceux qui étoient allîs : ôc
pareillement des poiflbns 5
autant qu'ils en vouloient.
Et après qu'ils furent raffa-
iîez } il dit â fes difciples 5
Amaffez les pièces qui font
de refte, afin que rien ne
foit perdu. Ils les amaffe-
rent donC;, & ils remplirent
douze corbeilles de pièces
de cinq pains dorge, qui
étoient demeurées de rcftc à
ceux qui en avoient mangé.
Or ces gens aiant vu le mi-
racle que jéfus avoit fait,
difoient s Celui-ci cft véri-
tablement le Prophète qui
devoit venir au monde.
S^il y a encore des Dimanches a-
'vant le Dimanche de rAvem ■
l'on prendra le fer vice de quel-
qu'un desDimanches qui auront
été omis après ï* Epiphanie pour
ceux qui manqueront ici. Et
s'il y en a mcins qu'il n'y en
a ici de marquez., l'on omet r a
le refte : Pourvu qu'on dife
toujours cette dernier e CoîleBe,
cette Epitre & cet Evangile^
le Dimanche qui précède l'A-
vent.
Le Jour de S. André. '
La Collecte. ' ^
Dieu Tout-puifTant, qui
as fait la grâce à ton
Apôtre S. André d'obéir
promptement à la vocation
de ton fils Jéfus-Chrift, & de
le fuivrc fans aucun délai ^
Fai nous auflî à tous cette
grâce quêtant apellez par
ta Sainte Parole, nous nous
portions incontinent à fui-
vre en toute obéiffancc tes
Saints commandemens 5 par
le même J éfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen,
L'Epitre, Rom. 10. 9.
SI tu confelles le Sei-
gneur Jéfus de ta bou-
che, & que tu croies eri
ton cœur que Dieu Ta ref-
fufcité des morts, tu feras
fauve. Car de cœur on
croit à juftice j & de bou-
che on fait confeffion à fa-
lut. Car l'Ecriture dit;
Quiconque croit en lui, ne
fera point confus. Parce
qu'il n 7 à point de dife-
rence du Juif & du Grec:
jcar il y a un même Sci-
<j:ncur
Ï74 Le Jour t>Ë
gneur de tous, qui eft riche
envers tous ceux qui Tiii-
voquent. Car quiconque
invoquera le Nom du Sei-
gneur fera fauve. Mais com-
ment invoqueront-ils celui
en qui ils n'ont point cru ?
& comment croiront-ils en
celui dont ils n'ont point
entendu parler? & com-
ment entendront-ils, s'il n y
a quelqu'un qui leur prêche ?
Et comment prêchera-t-on
lînon qu'il y en ait qui
foient envolez ? ainfi qu'il
cft écrit j O que les pieds
de ceux qui annoncent la
paix font beaux; les pieds,
dis- je, de ceux qui annon-
cent de bonnes chofes. Mais
tous n'ont pas obéi à l'E-
vangile : car Efaïe dit 5
Seigneur, Qlû eft-ce qui a
crû à nôtre prédication > La
foi donc eft de l'ouïe : &
l'ouïe par la parole de Dieu.
Mais jv3 demande ; Ne l'ont
ils point ouï? Au contraire,
leur fon eft aie par toute
la terre, & leur parole jul-
ques aux bouts du monde.
Mais je demande s Ifraël ne
Ta-t-il point connu? Moïfc
le premier dit 5 ]c vous pro-
voquerai à la jaloufic par
celui qui n'eft point peu-
S. André?
pie : je vous cxcîtei'aî à li
colère par une nation deA
tituée d'intelligence. Et
Efaïe s'enhardit tout-à-fait,
& dit 5 J'ai été trouvé de
ceux qui ne me chcrchoient
point, & je me fuis claire-
ment manifefté à ceux qui
ne s'enqueroient point de
moi. Mais quant à Ifrael,
il dit j J'ai tout le jour é-
tendu mes mains vers un
peuple rebelle & contredi-
fant.
L'Evangile, S. Matt.4. i s.^
E^c
comme Jéfus mar-
choit le long de la
mer de Galilée; il vit deux
frères, favoir, Simon, qui
fut apelié Pierre, & André
fon frère, qui jettoient leurs
iilets dans la mer : car ils
croient pêcheurs. Et il leur
diti Venez après moij ôc
je vous ferai pêcheurs
d'hommes. Et alant auffi-
tot quité leurs filets, ils le
fuivircnt. Et delà étant aie
au-
plus avant, il vit deux
très frères, jaques fils de Zé-
bcdce,«5cjcan fon frère, dans
une nacelle avec Zébcdce
leur père, qui racommo-
doicnt leurs filets ; & ilies
apel-
Le Jour de S. Thomas. 'T75
Temple faint au Seigneur:
en qui vous êtes édifiez en-
femble, pour être un taber-
nacle de Dieu en efprit.
âpella. Et aiant aulîi-tôt
quité leur nacelle & leur
père, ils le fuivirent.
S. Thomas Apôtre.
La Collecte.
D
^eu Tout-puiffant &
Eternel, qui as per-
mis que Thomas un de tes
Apôtres doutât de la réfur-
reftion de ton Pils, pour
avoir lieu d'en mieux con-
firmer la vérité 5 Fai nous
la grâce de nous atacher à
notre Sauveur, par une foi
vive, ferme, inébranlable,
& qui te foit agréable 5 en
ton Fils Jéfiis-Chrift notre
Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 2. 19.
VOus n êtes donc plus
étrangers ni forains,
mais concitoiens des Saints,
& domeftiqucs de Dieu :
Etant édifiez fur le fonde-
ment des Apôtres & des
Prophètes; & Jéfus-Chrift
lui-même étant la maitreile
pierre du coin • en qui tout
l'édifice pofé, & ajufté en-
femblc, fe lève pour erre un
UEvANGiLE,S.Jean,2 0.244
OR Thomas, apellé Di-
dyme, qui étoit l'un
des douze, n*étoit point a-
vec eux quand ]éfus vint.
Et les autres Dîfciples lui
dirent ; Nous avons vu le
Seigneur. Mais il leurditi
Si je ne vois les marques
des doux en Çz% mains,
& fi je ne mets mon
doigt où étoicnt les doux,
ôc fi je ne mets ma main
dans fon côté, je ne le croi-
rai point. Et huit jours a-
près, fes Difciples étoient
encore dans la maifon, &
Thomas avec eux : & Jêfus
vint, les portes étant fer-
mées, & fut là au milieu
d'eux, & il leur dit 5 Paix
vous foit. Puis il dit à
Thomas; Mets ton doigt
ici, & regarde mes mains :
avance auili ta main, & la
mets dans mon côté : & ne
fois point incrédule, mais
fidèle. Et Thomas répon-
dit, & lui diti Mon Seigneur,
& mon Dieu! Jéfusluidit;
Parce
ï7$ 'La Conversio
Parce que tu m'as vu, Tho-
jnas, tu as cru 5 bien-heu-
reux font ceux qui n'ont
point vu, & qui ont cru.
Jéfus fit auflî en la préfcncc
de fes Difciples plufieurs
autres miracles, qui ne font
point écrits dans ce livre.
JMais ces chofes font écrites
afin que vous croiïez que
Jéfiis eft le Chrift, le Fils
de Dieu > & qu'en croiant
vous aiez la vie par fon
.Nom.
La Converjion de S.Paul.
LaCollecte.
ODieu, qui par la pré-
dication du bien-heu-
reux Apôtre, S. Paul, as
fait refplendir la lumière de
TEvangilepar tout le mon-
de y nous te prions que nous
fouvenant de fa mervcil-
leufe converfion, nous t'en
témoignions nôtre rccon-
noiflance^en fuivant lafainte
Doclrine qu il a cnfeignée y
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
Tour VEpitre, Ad. 9. i.
o
R Saul tout enflammé
encore de menaces &
M DE S. PauET
de tuerie, contre les Difci-
ples du Seigneur, s'étanta-
dreffé au fouverain Sacrifi-
cateur, lui demanda des let-
tres de fa part pour porter
â Damas aux Synagogues;
afin que s'il en trouvoit
quelques uns de cette fede,
foit hommes, foit femmes,
il les amenât liez à Jérufa-
lem. Or il arriva qu en mar-
chant il aprocha de Da*
mas, & tout à coup une lu- j
miére refplendit du ; ciel '
comme un éclair tout autour
de lui. Et étant tombé par
terre, il entendit une voix
qui lui difoit'j Saul, Saul,
pourquoi me perfécutes-tu ?
Et il répondit } Qui es-tu
Seigneur > Et le Seigneur
dit 5 Je fuis ]éfus, que tu
perfécutes : il t'eft: dur de
regimber contre les aiguil-
lons. Et lui tout tremblant
«5c tout eifraié, dit 5 Seig-
neur, que veux-tu que je
faffe ? Et le Seigneur lui
dit s Léve-toi, & entre dans
la ville, & là il te fera dit
ce que tu dois faire. Et les
hommes qui marchoient a-
vec lui s'arrêtèrent tout é-
pouvantcz, entendant bien
la voix, mais ne voiant
perfonnc. Et Saul fe leva
de
r^
La Conversion de S. Paul.^ 177
de terre, & ouvrant fes yeux
il ne- vôibit pcrlbnne j ceft
pourquoi ils le conduifirent
parlia nlaih,' & le menèrent
à Damas, où il fut trois jours
fans voir, & fans manger ni
bpirei Or il y avoir à Damas
un certain difciplé, nommé
Anahias, à qui le Seigneur
dit en vifionj Ananias : &
il répondit 5 Me voici, Sei-
gneur. Et le Seigneur lui
dit 5 Leve-roi, &t'en va en
la- rue nommée la droit, &
cherche dans la maifon de
Judas un homme apellé
Saùl, qui eft de Tarfe : car
voilà il prie. Or Saul a-
voit vu en vifion un homme
nonimé Ananias, entrant,
& lui impofant la main,
afin qu il recouvrât la vue.
Et Ananias répondit ; Sei-
gneur, j'ai ouï parler à plu-
iîeurs de cet homme- là 5 &
combien de maux il a fait
à tes Saints dans Jérufalem.
Il a même ici autorité de
la part des principaux Sacri-
ficateurs, de lier tous ceux
qui invoquent ton Nom.
Mais le Seigneur lui dit;
Va: car il m'eft un intlru-
ment d'élite, pour porter
mon Nom devant les Gen-
tils, & les Rois, & les en-
fans dlfraël. Car je lui
montrerai combien il aura
à foufrir pour mon Nom.
Ananias donc s'en ala, ôc
entra dans la maifon $ ôc
lui impofant les mainî>, il
lui dit ; Saul frère, le Sei-
gneur Jéfus, qui t'eft apa-
ru dans le chemin par où
tu venois, m'a envoie afin
que tu recouvres la vue,
& que tu fois rempli du
Saint Efprit. Et auffi-tot
il tomba de fes yeux com-
me des écailles; & à l'inf-
tant il recouvra la vûë^
puis il fe leva, & fut bâ-
tifé. Et aiant mangé il re-
prit fes forces. Et Saul
fut quelques jours avec les
difciples qui étoicnt à Da-
mas. Et il prêcha inconti-
nent dans les Synagogues,
que Chrift étoit le Eils de
Dieu. Et tous ceux qui
l'entendoient étoicnt com-
me ravis hors d'eux-mêmes,
& ils difoient 5 N'eft-ce pas
celui-là qui a détruit à jéru-
falem ceux qui invoquoient
ce Nom, ôcqui eft venu ici
exprès pour les amener liez
aux principauxSacrificateur^?
Mais Saul fefortifioit de plus
en pluSj&confondoit les] uifs
qui demeuroient à Damas,
prouvant que ]éfus étoit le
Chrift. N UE-
178
L'Evangile, S.Matt.i 9.27-
A Lors Pierre prenant la
parole, dit à J élus 5
Voici nous avons tout quité,
ôc t'avons fuivi : que nous
en arrivera-t-il donc ? Et Jé-
fus leur dit i En vérité, je
vous dis j que vous qui nVa-
vez fuivi, dans la régéné-
ration, quand le Fils de
rhommc fera aflîs fur le
trône de fa gloire, vous
auflî ferez aflîs fur douze
trônes, jugeant les douze
Tribus dlfraël. Et quicon-
que aura quité ou maifons,
ou frères, ou fœurs, ou pè-
re, ou mère, ou femme,
ou enfans, ou champs à
caufe de mon Nom, il en
recevra cent fois autant, &
héritera la vie éternelle.
Mais plufieurs qui font les
premiers, feront les derni-
ers, & les derniers feront
les premiers.
La prêfentation de Jesus-
. . Christ dans le Temple^
'"' apellee communément la
Purification de Marie la
S'^ Vierge.
La Collecte.
Dîcu Eternel & Tout-
puillant, nous fupli-
La Purification-'
ons humblement ta divine
Majefté, que comme Jéfus-
Chrifl ton Fils Unique t'a
été préfenté dans ce jour au
temple dans nôtre propre
chair i nous aufli comparoif-
fions devant toi en pureté
de cœur 5 par le même Je-
fus Chrift ton Fils nôtre Sei-
gneur. Amen.
Tour VE^iTREy Malach.
3. I.
Voici, je m'en vais en-
voler mon mcffagcr,
& il préparera la voie de-
vant moi, & incontinent le
Seigneur que vous cher-
chez, entrera dans fon
Temple, l'Ange, dis- je, de
l'aliance, lequel vous fou-
haitez: voici, il vient, a
dit l'Eternel des armées.
Mais qui pourra foûtenir
le jour de fa venue ? & qui
pourra fubfifter, quand il
paroîtra? car il fera com-
me le feu de celui qui ra-
fine, ôc comme le favon des
foulons. Et il fera aflîs
comme celui qui rafine, &
qui purifie l'argent : il net-
toiera les fils de Lévi, il les
épurera comme l'or & l'ar-
gent : & ils feront ofrans
à l'Eternel l'oblation dans
la
'El Purification;
179
la juftîce. L'oblation de)
Juda ôc de Jérufalem fera
agréable à TEternel, comme
dans les jours d'autrefois,
& comme dans les premi-
ères années. Je m'apro-
cherai de vous pour faire
jugement, de je ferai té-
moin fubit contre les en-
chanteurs, & contre les a-
dultères, & contre ceux qui
jurent fauffement, & con-
tre ceux qui fraudent le
loiër du mercenaire, qui o-
priment la veuve & l'or-
phelin, & qui font tort à
rétranger, 6c qui ne me
craignent point, a dit
l'Eternel des armées.
L'Evangile, S.Luc, 2. 22.
ET quand les jours de
la purification de Ma-
rie furent acomplis félon
la Loi de Moïfe j ils le
portèrent à Jérufalem, pour
le préfenter au Seigneur.
Selon ce qui eft écrit dans
la Loi du Seigneur i Que
tout mâle ouvrant la ma-
trice fera apellé faint au
Seigneur. Et pour ofrir
Toblation, prcfcrite dans la
Loi du Seigneur 5 favoir
une gaire de tourterelles.
ou deux pigeonneaux. Or
voici, il y avoit à jérufa-
lem un homme qui avoit
nom Siméon : 6c cet
homme étoit jufte 6c crai-
gnant Dieu 5 6c il atendoit
la confolation d'Ifraëlj 6c le
Saint Efprit étoit fur lui.
Et il avoit été averti divi-
nement par le Saint Efprit,
qu'il ne verroit point la
mort, que premièrement il
n'eut vu le Chrift du Sei-
gneur. Lui donc étant
pouffé par l'Efprit vint au
Temple: 6c comme le pè-
re 6c la mère portoient dans
le Temple le petit enfant
Jéfus, pour faire de lui fé-
lon Tufage de la Loi : Il
le prit entre fes bras, 6c bé-
nit Dieu, 6c dit 5 Seigneur,
tu laiiles maintenant aler
ton ferviteur en paix félon
ta parole. Car mes yeux
ont vu ton falut. Lequel
tu as préparé devant la face
de tous les peuples. La lu-
mière pour éclairer les na-
tions : 6c pour être la gloire
de ton peuple d'Ifraël. Et
jofeph 6c fa mérc s'étonnoi-
ent des chofes qui étoicnt
dites de lui. Et Siméon le
bénit, 6c dit à Marie fa mè-
re; Voici; celui-ci cil mis
N 2 pour
lâo Le Jour de S. Matthias.
le trébuchemcnt &
pour
pour le relèvement de plu-
fieurs en Ifrael, & pour ê-
tre un figne auquel on con-
tredira. (Et même aufll
une épée percera ta propre
ame ) afin que les peniees
de plufieurs cœurs foient
découvertes. Il y avoit auf-
fi Anne la Prophetefle, fille
de Phanuël de la Tribu
d'Afer, qui étoit déjà a-
vancée en âge, & qui a-
voit vécu avec fon mari
fept ans depuis fa virgini-
té : Et veuve d'environ qua-
tre-vingt quatre ans^ elle ne
bougeoir point du temple,
fervant Dieu en jeunes &
en prières, nuit & jour.
Elle étant donc furvenuë
en ce même moment, loii-
'oit auflî de fa part le Sei-
gneur, & parloir de lui à
tous ceux qui atendoient
la délivrance à Jérufalem.
Et quand ils eurent acom-
pli tout ce qui eft ordonné
par la Loi du Seigneur, ils
s'en retournèrent en Gali-
lée, à Nazareth leur ville.
Et le petit enfant croiffoit
& fe fortifioit en cfprit, é-
tant rempli de fageflc : «5c
Le Jour de S. Matthias.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
as élu Matthias, ton
fidèle ferviteur, pour être
du nombre des douze, en
la place du traître Judas,
Fai que ton Eglife étant
toujours gardée de faux A-
pôtres, foit conduite & gou-
vernée par de vrais & fidè-
les Pafteursj par Jéfus-Chrifl:
nôtre Seigneur. Amen.
Tour UEpitre, Ad, 1. 15.
EN ces jours-là Pierre
fe leva au milieu des
difciples (or là étoit aifem-
blée une compagnie d'en-
viron fix vingt perfonnes)
& il dit 5 Hommes frères,
il faloit que fut acompli ce
qui a été écrit, & que le Saint
Efprit a prédit par la bou-
che de David, touchant Ju-
das, qui a été le guide de
ceux qui ont pris Jéfus :
car il étoit du nombre avec
nous, & il avoit reçu fa part
de ce miniftère. 'Mais s'é-
tant aquis un champ du fa-
laire de la méchanceté, &
la grâce de Dieu étoit fur js'étant précipité, il s'eft
lui. I crevé par le milieu, 6c tou-
tes
Le Jour de S. Matthias. i8i
tes fes entrailles ont été (s'en aler en fon lieu. Puis
répandues. Ce qui a été ils les tirèrent au fort :
connu de tous les habitans
de Jérulâlem : tellement
que ce champ-là a été a-
pellé en leur propre langue,
Haceldama, ccft-â-dire, le
champ du fang. Car il eft
écrit au livre desPfeaumes;
Qiie fa demeure foit dé-
ferre, & qu'il n'y ait nul
qui y habite: & qu'un au-
tre prenne ion adminiftra-
tion. Il faut donc que
d'entre ces hommes, qui fe
font alTemblez avec nous,
tout le temps que le Sei-
gneur Jéfus eft aie & venu
entre nous s en commen-
çant depuis le batême de
Jean, jufquau jour qu'il a
été enlevé d' avec nous 5
quelqu'un d'entr'eux foit té-
moin avec nous de fa ré-
furredion. Et ils en pré-
fenterent deux, favoir Jo-
feph, apellé Barfabas, qui
étoit furnommé juftc; &
Matthias. Et en priant,
ils dirent f Toi, Seigneur,
qui connois les cœurs de
tous, montre lequel de ces
deux tu as élu i afin qu'il
prenne fa part de ce Mi-
niftère ôc Apoftoiat, dont
Judas s'cft détourné, pour
& le fort tomba fur Mat-
thias 5 qui d'un commun
acord fut mis au nombre
des onze Apôtres.
UEvANGiLE, s. Matth-
II. 25.
EN ce tems-là Jéfus pre-
nant la parole, dit ;
Je te rens grâces, ô Père,
Seigneur du Ciel & de la
terre, de ce que tu as ca-
ché ces chofes aux fages &
aux entendus, & que tu les
as révélées aux petits énfans.
Il eft ainfi, ô Père, parce
que tel a été ton bon plai-
fir. Toutes chofes m'ont
été données en main par
mon Père : mais perfonne
ne connoit le Fils, que le
Père : ôc perfonne ne con-
noit le Père, que le Fils,
ôc celui à qui le Fils Taura
voulu révéler. Venez à
moi, vous tous qui êtes
travaillez ôc chargez ; & je
vous Ibulagerai. Chargez
mon joug fur vous; 5c a-
prencz de moi, que je fuis
déboxmairc & humble de
cœur : ôc vous trouverez le
repos de vos amcs. Car
N 3 mon
iSz
L'Anonciation
mon joug eft aifé, & mon
fardeau cil léger.
L' Anonciatmi de laBien-
hetireufe Vierge Marie.
La Collecte,
N
Ous te prions, Sei-
gneur, de répandre
ta grâce dans nos cœurs 5
afin que comme par l'en-
voi d'un Ange, nous avons
apris l'incarnation de ton
fils, nous foions auflî con-
duits par fa croix & par fa
paillon à la gloire de fa
réfurredion ; par le même
Jéfus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen,
Tour L'Epitre, Ef. 7. 10.
ET l'Eternel continua
de parler avec Achas,
en difant ; Demande un
figxie pour toi, de l'Eternel
ton Dieu, demande-le, foit
au plus bas lieu, foit au plus
haut. Et Achas dit i Je n'en
demanderai point, & ne ten-
terai point rEternel. Alors
Efaïe dit i Ecoutez mainte-
nant, ô Maifon de David :
Vous eft-ce peu de chofe
de travailler les hommes,
que vous travailliez auiîi
mon Dieu ? C'eft pourquoi
le Seigneur lui-même vous
donnera un ligne : Voici,
une Vierge fera enceinte,
& elle enfantera un fils, &
apellera fon Nom Emma-
nuel : Il mangera du heure
& du miel, jufqu'à-ce qu'il
fâche rejetter le mal, &
choifir le bien.
L'Evangile, S.Luc, t. z6,
OR au fixiéme mois,
l'Ange Gabriel fut
envoie de Dieu dans une
ville de Galilée, apelléc Na-
zareth ; vers une vierge fi-
ancée à un homme nommé
]ofeph, qui étoit de la mai-
fon de David : & le nom
de la vierge étoit Marie.
Et l'Ange étant entré dans
le lieu où elle étoit, lui
dit ; Bien te foit, ô toi qui
es reçue en 2;race : le Sei-
gneur eft avec toi : tu es
bénie entre les femmes. Et
quand elle l'eut vu, elle
fut fort troublée à caufe de
fcs paroles : & elle confi-
deroit en elle-même quelle
étoit cette falutation. Et
l'Ange lui dit; Marie, ne
crain point : car tu as
trouvé grâce devant Dieu.
Et voici, tu concevras en
ton
Le Jour d
ton ventre, & tu enfanteras
un fils, ôc tu apelleras fon
nom Jésus. Il fera grand,
& fera apellé le Fils du
Souverain, & le Seigneur
Dieu lui donnera le trône
de David fon père. Et il
régnera fur la maifon de
Jacob éternellement, & il
n'y aura point de fin à fon
règne. Alors Marie dit à
l'Ange; Comment arrivera
ceci, vu que je ne connois
point d'homme > Et l'Ange
répondant, lui dit j Le Saint
Efprit furviendra en toi, &
la vertu du Souverain t'é-
nombrera : c'eft pourquoi
ce qui naîtra de toi Saint, fe-
ra apellé le Fils de Dieu. Et
voici, Elizabcth, ta coufine,
a auffi conçu un fils en fa
vieillefle : 6c c'efl: ici le
fixiéme mois à celle qui é-
toit apellée ftérik. Car au-
cune chofe ne fera impof-
fible à Dieu. Et Marie dit;
Voici la fcrvante du Sei-
gneur : qu'il me foit fait fé-
lon ta parole ! Et l'Ange
fe retira d'avec elle.
Le Jour de S. Marc,
La Collecte,
Dieu Tout-puiflant, qui
as inllruit ton Eglife
x>\i la dodriae cclcftc de
E S. Marc. \%i
ton Evangelifte S. Marc ; ne
permets pas que comme
des enfans flotans nous foi-
ons emportez çà & là à
tous vents de doftrine : fai
plutôt par ta grâce que
nous demeurions bien afer-
mis & bien fondez en la
vérité de ton Saint Evan-
gile ; par ]éfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 4. 7.
LA grâce cft donnée à
chacun de nous, fé-
lon la mcfure du don de
Chrift. C'cft pourquoi il
eft dit ; Etant monté en
haut, il a amené captive
une grande multitude de
captifs j & il a donné des
dons aux hommes. Or ce
qu'il cfl: monté, qu'eft-ce
autre chofe, finon que pre-
mièrement il étoit dcfccn-
du dans les parties les plus
balles de la terre \ Celui
qui eft dcfcendu, c'eft le
même qui cft monté au def-
fus de tous les Cieux 5 afin
qu'il remplit toutes chofes.
Lui-même donc a donné
les uns pour être Apôtres,
& les autres pour être
Prophètes, ôc les autres
pour être Evangeliftes, 6c
les autres pour être Paf-
N 4 . tcurs
184 Le Jour DE S. Marc?
tciirs & Doreurs : Pour farmcnt qui ne porte point
laffemblage des Saints 5 pour
l'œuvre du MiniftèrCi pour
rédification du corps de
Chrift : jufqu à ce que nous
nous rencontrions tous dans
l'unité de la foi, & de la
connoiflance du Fils de
Dieu, en homme parfait, à
la mefure de la parfaite fta-
txu'C de Chrift. Afin que
nous ne foions plus des en-
fans fiotans, & emportez ça
& là à tous vents de doc-
trine, par la tromperie des
hommes, ôc par leur ruf
à féduux artiîicieufement.
Mais afin que fuivant la vé-
rité avec la charité, nou.s
croiffions en toutes cliofes,
en celui qui eft le chef,
c cft à dire, Chrift : Duquel
tout le corps bien ajufté ôc
ferré cnfcmble par toutes
les jointures du fournifte-
ment, prend racroiftement
du corps, félon la vigueur
qui eft dans la mefure de
chaque partie, pour Fédiii-
Ccition de foi -même, en cha-
rité.
L'Evangile, S. Jean, 1 5 . i .
E fuis le vrai Sep,- &
mon Père eft le Vigne-
ron. 11 retranche tout le
j
de fruit en moi, ôc il é-
monde tout celui qui porte
du fruit; afin quil porte
plus de fruit. Vous êtes
déjà nets par la parole
que je vous ai dite. De-
meurez en moi, & moi en
vous : comme le farment
ne peut point de lui-même
porter de fruit, s'il ne de-
meure au fep5 vous ne le
pouvez point aufli, fi vous
ne demeurez en moi. Je
iuis le Sep, & vous en êtes
les farmens : celui qui de-
meure en moi, & moi en
iui, porte beaucoup de fruit:
car hors de moi, vous ne
pouvez rien faire. Si quel-
qu'un ne demeure en moi,
il eft jette hors comme le
farment, ôc il fe sèche :
puis on Tamafie, ôc on le
met au feu, ôc il brûle. Si
vous demeurez en moi, Ôc
que mes paroles demeurent
en vous, demandez tout ce
que vous voudrez, ôc il vous
fera fait. En ceci mon Pè-
re eft glorifié, que vous
portiez beaucoup de fruit :
ôc vous ferez alors mes dif-
ciples. Comme le Père
m'a aimé, ainfi je vous ai
aimez : demeurez en mon
amour.
Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques: iSs
si vous gardez [qui êtes difperfées, falut.
Mes frères, tenez pour une
parfaite joie ..quand vous
tomberez en diverfes ten-
tations. Sachant que Tépreu-
& je demeure en fon amour. = vc de vôtre foi produit la
Je vous ai dit ces chofes 5 j patience. Mais il faut que
afin que ma joie demeure '^ — — -- -- --- ^..x.,-^
en vous, & que vôtre joie
amour
mes commandemens, vous
demeurerez en mon amour :
comme j'ai gardé les com-
mandemens de mon Père,
foit acomplie.
Le Jour de S, Philippe &
de S. Jaques.
La Collecte.
D^cu Tout-puiiTant, en
la vraie connoiffancc
duquel confiftc la vie éter-
nelle ; fai nous la grâce de
connoitre parfaitement que
ton Fils jéfus-Chrift eft le
chemin, la vérité, & la vie 5
afin que fuivant les traces
de tes Apôtres S. Philippe
& S. jaques nous niar-
chions conftamment dans
le chemin qui mène à la
vie j par le même Jéfus-
Chrift ton Fils, nôtre Sei-
gneur. Amen.
l UEpitre, S.Jaq. i. i.
JAqucs, fcrviteur de Dieu
& du Seigneur jéllis-
Chriir, aux douze TribuS;
la patience ait une oeuvre
parfaite, afin que vous foiez
parfaits & acomplis, de,,
forte que rien ne vous
manque. Que fi quelqu'un
de vous manque de fa-
gefle, qu'il la demande à
Dieu, qui la donne à tous
bénignement, & qui ne la
reproche point, & elle lui
fera donnée. Mais qu'il
la demande avec foi, ne
doutant nullement : car ce-
lui qui doute eft femblablc
au flot de la mer, agité du
vent, iSc jette ça & là. Or
qu'un tel homme ne s'a-
tende point de recevoir au-
cune chofc du Seigneur.
L'homme double de cœur
eft inconftant en toutes fcs
voies. Or que le frère qui
eft de bafie condition le
glorifie en fon élévation.
Et que le riche, au contrai-
re, le glorifie en fa baffe
condition : car il paffera
comme la fleur de Therbe.
Car comme le folcil ardent
n'cft
iS6 Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques.
n'eft pas pluftôt levé, que
rherbe eft brûlée, & fa fleur
cft tombée, & fa belle ap-
parence efl périe 5 ainfi le
riche fe flétrira avec fcs en-
trcprifes : Bien-heureux efl:
rhomme qui endure la ten-
tation 5 car quand il aura
été éprouvé, il recevra la
couronne de vie, que Dieu
a promifc à ceux qui Tai-
ment.
UEvANGiLE, S.Jean 14. i,
JE fus dit à fes difciples,
que vôtre cœur ne
foit point troublé : vous
croiez en Dieu, croiez auflî
en moi. 11 y a plufîcurs
demeures dans la Maifon
de mon Père , s'il étoit au-
trement, je vous l'eufle ditj
je vais vous préparer le lieu.
Et quand je m'en ferai aie,
5c que je vous aurai prépa-
ré le lieu, je retournerai,
& vous recevrai à moi :
afin que là où je fuis, vous
j foicz auflî. Et vous fa-
vez où je vais, 6c vous en
favcz le chemin. Thomas
lui dit;; Seigneur, nous ne
favons point où tu vas,
comment donc pouvons-
nous lavoir le chemin :
jéfus lui dit s ]e fuis le che-
min, & la vérité, & la vie :
nul ne vient au Père que
par moi. Si vous me con-
noiflîez, vous connoîtriez
auflî mon Père : mais dès-
maintenant vous le con-
noiflez, & vous Tavez vu.
Philippe lui dit; Seigneur,
montre nous le Père, &
cela nous fufit. Jéfus lui
répondit 5 Je fuis depuis fi
long-temps avec vous, & tu
ne m'as point connu ? Phi-
lippe, celui qui m'a vu a
vu mon Père 5 & comment
dis-tu ; Montre nous le Pè-
re > Ne crois tu pas que je
fuis en mon Père, & que
le Père eft en moi > Les pa*
rôles que je vous dis, je ne
les dis pas de moi-même :
mais le Père qui demeure
en moi, eft celui qui fait
les œuvres. Croiez moi que
je fuis en mon Père, ôc que
le Père eft en moi : finon,
croiez moi à caufe de ces
œuvres. En vérité, en vérité
je vous dis i Celui qui croit
en moi, fera les œuvres que
je fais, & il en fera même
de plus grandes que celles-ci;
parce que je m en vais à
mon Père. Et quoi que vous
demandiez en mon Nom,
je le ferai.
S, Bar^
Le Jour de S. Barnabas. t%f
ala à Tarfe, pour chercher
Saul. Et raiant trouvé, il
le mena à Antioche i & il
arriva que durant un an
tout entier ils s'afTemblerent
avec TEglife, & enfeigne-
rent un grand peuple, de
forte que ce fut première-
ment à Antioche que les
difciples furent nommez
Chrétiens. Or en ces jours-
là quelques Prophètes dei^
cendircnt de Jérufalem à
Antioche. Et Tun d'eux,
nommé Agabus, fe leva. Se
déclara par TEfprit quunc
2;rande famine devoit arri-
ver dans tout le moinde : ôç
en effet, elle arri^/a fous
Claude Céfar. Et les dif-
ciples, chacun félon foii
pouvoir,détermincrei \t d en-
voler quelque chofc pour
fubvenir aux frères qui de-
meuroicnt en Judéco Ce
quils firent aufli, rcmzoi^nt
aux Anciens par les i mains
de Barnabas & de Saul,
S. Barnabas Apôtre.
La Collecte.
SEigneur Dieu Tout-puif-
fant, qui as enrichi ton
S. Apôtre Barnabas des
dons excellens du Saint Ef-
prit, ne permets pas que
nous foions deftituez de tes
dons qui font divers & en
grand nombre , ni de la grâce
d'en bien ufer toujours à ton
honneur & à ta gloire,
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
y^//rL'EpiTRE, Aâ:ii.2 2.
ET le bruit en vint aux
oreilles de f Eglife qui
étoit à jérufalem : c'eft
pourquoi ils envolèrent Bar-
nabas pour palier à Antio-
che. Lequel y étant arrivé,
& aiant vu la grâce de Dieu,
il s'en réjouît j & il les ex-
hortoit tous de perfévcrer
avec fermeté de cœur au
Seigneur. Car il étoit hom-
me de bien, & plein du
Saint Efprit, & de foi : &
un grand nombre de per-
fonnes fe joij2;nirent au Sei-
Puis Barnabas s'en
gueur.
LEvANGiLE, S. Jean,
15. 12.
G
'Eft ici mon commcin-»
dément, que v ous
vous aimiez l'un l'ai tre,
comme je vous ai ain icz,
Pc;:.
ISS Le Jour de S. Jean Batiste.'
Peffonne iVauii plus grand
âmoar que celui-ci, lavoir,
quaiidquclquun met la vie
pour fes amis. Vous ferez
mes amis, fi vous faites tout
ce que je vous commande.
|e ne vous apelle plus fcr-
viteurs 5 car le ferviteur ne
fait point ce que fon maître
fait : mais je vous ai apel-
lez mes amis; parce que je
vous ai fait connoitre tout
ce que )'ai ouï de mon Pè-
re. Ce n'cft pas vous qui
m'avez élu : mais c'ell moi,
qui vous ai élus, & qui vous
ai établis : afin que vous
aillez, ôc portiez du fruit,
& que vôtre fruit Ibit per-
manent ; afin que tout ce
que vous demanderez au
Père en mon Nom, il vous
le domie.
S. Jean Batifte,
La Collecte.
Dieu Tout-puillant qui
après avoir fait naî-
tre miraculeufement Jean
Batifte, Tcnvoias pour' pré-
parer le chemin à ton Fils
nôtre Sauveur en prêchant
la repentancc ; fai nous la
lïrace de nous conformer fi
bien à fa Dodrine & à fon
exemple, que nous aions
une véritable repentancc
telle qu il a prêchée 5 &
e|ua fon imitation nous
propofions fincèrement la
Dodrine du Salut 5 deforte
que nous reprenions hardi-
ment le vice ; & que nous
loufrions patiemment pour
la caufc de la vérité j par
Jéfus Chrift nôtre Sauveur.
TourVEiPiTRE, E{, 40. i.
COnfolez, confolez mon
peuple, dira vôtre
Dieu. Parlez àjérufalem fé-
lon fon cœur, & lui criez
que fon temps préfîx eft
acompii, que fon iniqui-
té efl: tenue pour acquitée.
qu'elle a reçu de la main
de l'Eternel le double pour
tous fes péchez. La voix
de celui qui crie au défert
cil : Préparez le chemin de
l'Eternel, drcffez parmi les
landes les fèntiers à nôtre
Dieu. Toute vallée fera
comblée 5 & toute^montag-
ne & tout coteau feront
abaiflcz j 6c les lieux tortus
feront redrefiez 5 & les lieux
raboteux feront aplanis,
Alors
Le Jour de S. Jean Batiste^ isp
Alors la gloire de rEterncllen fon fein.: il conduira
fe manifeftera, & toute celles qui alaitent. ?>
chair , eniemble la verra :
car la bouche de TEternel
a parlé. La voix dit j Crie:
Et on a répondu : Que cri-
erai-) e ? Toute chair eft
comme Therbe, & toute fa
grâce eft comme la fleur
d'un champ. L'herbe eft
sèchée, & la fleur eft tom-
bée, parce que le vent de
rEternel a fouflé deflus :
vraiment le peuple eft com-
me rherbe. Ûherbe eft;
sèchée, .& la fleur eft tom-
bée : mais la parole de nô-
tre Dieu demeure éternel-
lement. Sion, qui anon-
ces de bonnes nouvelles,
monte fur une haute mon-
tagne : Jérufalem, qui a-
nonces cle bonnes nouvel-
les, élève ta voix avec for-
ce : élève-la, ne crain point:
di aux villes de Juda 5 Voi-
ci vôtre Dieu. Voici, le
Seigneur l'Eternel viendra
contre le fort, & fon bras
dominera fur lui : voici,
fon falaire eft par devers
lui, & fon loïer marche de-
vant lui. Il paîtra fon trou-
peau, comme un berger 5
il affcmblera les agneaux
entre fcs bras, ôc les lèvera
L'Evangile, iS*. Luc. i. 57^
o
R le terme d'Eliza-
beth fut acompti
pour enfanter: & elle en-
fanta un fils. Et Tes voi-
fins, ôc fes parens aiant a-
pris que le Seigneur avoit
amplement déclaré fa mi-
fericorde envers elle^ s'en
réjouïffoient. avec elle. Et
il arriva qu'au huitième
jour ils viiirent pour cir^
concire le petit enfant;: ôc
ils ra;pelloicnt Zacharie^
du nom de fon pète. Mais
fa mère prit là parole, 6c
dit s Non : mais il fera
nommé }ean. Et ils lui
dirent ; ; Il n'y a perfonnè
en ta parenté, qui foit a^
pelle de ce nom. Alors
ils firent ligne à fon père,
qu'il déclarât comment il
vouloit qu'il fut nommée
Et Zacharie aiant demandé
des tablettes, écrivit ; Jean
eft fon nom : & tous en
furent étonnez. Et à l'inl^
tant fa bouche fut ouverte,
& fa langue déliée : telle-
ment qu'il parloit en lou-
ant Dieu. Et tous fes voi-
fuis
xpo Le Jour
fins en furent faifis
crainte ; & toutes ces
chofes furent divulguées
dans tout le pais des mon-
tagnes de Judée. Et tous
ceux qui les entendirent
les mirent en leur cœur,
difant ; Que fera-ce de ce
petit enfant > Et la main du
Seigneur étoit avec lui.
Alors Zacliarie fon père fut
rempli du Saint Efprit, &
il prophétifa, difant i Béni
foit le Seigneur, le Dieu
dlfraël, de ce qu il a vifité
& délivré fon peuple : &
qu il nous a élevé la corne
du falut dans la maifon de
David, fon fcrviteur. Selon
qu'il avoit dit par la bouche
de fcs Saints Prophètes,
qui ont été de tout temps 5
Que nous ferions fauvez de
la main de nos ennemis, &
de la main de tous ceux qui
nous haïffent : pour exercer
mifericorde envers nos pères,
& avoir mémoire de fa fainte
aliance ; qui cft le ferment
qu il a fait à Abraham nô-
tre père : favoir, qu il nous
donneroit, qu'étant déli-
vrez de la main de nos en-
nemis, nous le fervirions
fans crainte, en fainteté, &
xn jufticc
DE S. P I E R R eJ
de
es jours de notre vie. Et
toi petit enfant, tu feras
apellé le Prophète du Sou-
verain : car tu iras devant
la face du Seigneur pour
préparer fes voies j & pour
donner connoiffance du fa-
lut à fon peuple, dans la
remiflîon de leurs péchez :
par les entrailles de la mife-
ricorde de nôtre Dieu, def-
quelles fOrient d'enhaut,
nous a vifitez j afin de re-
luire à ceux qui font aflîs
dans les ténèbres, & dans
l'ombre de la mort j ôc pour
adrcfler nos pieds au che-
min de la paix. Et le pe-
tit enfant croiflbit, & fe
fortifioit en efprit : & il
fut dans les déferts jufqu au
jour qu'il devoir être ma-
nifefté à Ifraél.
Le Jour de S^ Pierre.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant qui
as rempli de dons
excellens ton Apôtre S.
Pierre, & lui as expreffe-
meut commandé c(e paitre
ton troupeau 5 nous te
fuplions de faire que tous
les Evcques & tous les Paf-
dcvant lui, tousjteurs prêchent diligemment
3 ta
Le Jour de
ta Sainte Parole, & que
le peuple s'y foumette en
toute obéïflance, afin que
les uns & les autres puiflent
obtenir la couronne incor-
ruptible de gloire j par Jé-
fus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
;y(7«r UEpitre, Ad. 12. i.
EN ce même temps le
Roi Hérode fe mit à
mal-traiter quelques-uns de
ceux de TEglife. Et fit
mourir par Tépée Jaques,
frère de Jean. Et voiant
que cela ètoit agréable aux
Juifs, il continua, en fai-
fant prendre auflî Pierre.
Or c'étoit les jours des
pains fans levain. Et quand
il Teut fait prendre, il le
mit en prifon, & le donna
à garder à quatre bandes,
de quatre foldats chacune,
le voulant produire au fu-
plice devant le peuple après
la fête de Pâque. Ainfi
. Pierre étoit gardé dans la
f rifon : mais TEglife faifoit
fans ceffe des prières à Dieu
pour lui. Or dans le temps
qu*Hérode étoit prêt de
lenvoier au fupplicc, cette
nuit-là même Pierre dor-
S. Pierre. 191
moit entre deux foldats, lié
de deux chaînes, & les gar-
des qui étoient devant la
porte, gardoient la prifon.
Et voici, un Ange du Sei-
gneur furvint, & une lumi-
ère refplendit dans la prifon,
& FAngc frapant le côté
de Pierre, le reveilla ; en lui
dîfant i Levé toi légère-
ment, & les chaines tom-
bèrent de fes mains. Et
TAnge lui dit ; Cein-toi,
& chauffe tes fouliers : ce
qu'il fit. Puis il lui dit ;
jette ta robe fur toi, &
me fui. Lui donc fortant,
le fuiviti mais il ne favoit
point que ce qui fe faifoit
par l'Ange fut vrai ; & il
croioit voir quelque vifion.
Et quand ils eurent paffc
la première & la féconde
garde, ils vinrent à la porte
de fer, par où 1 on va à la
ville i & cette porte s'ou-
vrit à eux d'elle-même :
ôc étant fortis ils paffcrent
une rue ; & incontinent
l'Ange fe retira d'auprès àz
lui. Alors Pierre étant re-
venu à foi, dit j ]c connois
a cet heure véritablement
que le Seigneur a envoie
fon Ange 3 & qu'il m'a dé-
livré de la main d'Hérode,
E
'Ïp2 Lé JoiTR D
& de toute Tatelite du peu-
'ple JuifV' r^^iii...:^ :..y.^ ^.,^
. :X,'EvANG4PE, : S. Majtth. ,
T Jélus vènàn!: m^
quartiers de Céfàréc
de Philippe, interrogea fcs
'Difciples, -eil diiant 5 Ç^i
difent les hommes que je
fuis, moi le Fils de Thom-
me ? Et ils lui repondirent î
Lés uns difent que tu es
Jean Batifte : ^ les autres,
^Elie : & les autres, Jérémie,
ou l'un des Prophètes. Il
-leur dit 5 Et vous, qui di-
tes-vous que j e fuis ? Simon
Pierre répondit, èc dit :
Tu es le Chrift, le Fils du
Dieu vivant. Et jéfus ré-
pondit, & dit 5 Tu es bien-
heureux, Simon fils de Jo-
na : car la chair & le fang
ne te Ta pas révélé 5 mais
mon Père qui eft aux Cieux.
Et je te dis aullî, que tu es
Pierre, & fur cette Pierre
j'édifierai mon Eglife : &
les portes de fenfer ne pré-
vaudront point contr'elle.
Et je te donnerai les clefs
du Roiaume des Cieux : &
tout ce que tu auras lié fiir
la terre, fera lié dans les
Cieux : & tout ce que tu
-auras délié fur la terre, fê-
ta déli^ dans les Cieux. .
S, Jaques Apôtre >
La C ol l e c t e.
ODieu très mifericor-
dicux, fai nous la
grâce, que comme ton bien-
heureux Apôtre S. Jaques
quita fans délai fon père,
& tout ce qu'il avoit, '8c 1
fut obéïflant à la vocation
de ton fils jéfus-Chrift, & ,
le fuivit, nous puiiîîons auffi '
en renonçant à toutes lès
afedions de la chair & du
monde, être toujours prêts
à obéir à tes Saints Coni-
mandements i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A- \
7nen» ■
.-.vig -nui .. . \ h
Tour LTpitre, Aft. 1 1 .27.
6C12.1.
EN ces jours -là quel-
ques Prophètes defcen^ |
dirent de ]érufalem à An-
tioche. Et l'un d'eux, nom-
mé Agabus, fe leva; & dé-
clara par l'Efprit, qu'une
grande famine deVoit arri-
ver dans tout le monde:
& en effet elle arriva fous
Claude Céfar. Et les dif-
ciplcs, chacun félon Ion
pouvoir^
Le Jour pe S. Jaq^ues^
jpouvoîr, déterminèrent d'en-
voier quelque chofe pour
^ûvenir aux frères qui de-
meuroient en Judée. Ce
qu'ils firent auiîî, Tenvoi-
ant aux Anciens par les
mains de Barnabas & de
Saul. Et en ce même
temps, le R,oi Hérode fe
mit à mal-traiter quelques-
uns de ceux de TEgUfe. Et
il fît mourir par Tépée Ja-
ques frère de Jean. Et: vol-
ant que cela etoit agréable
aux Juifs, il continua^ en
faifant prendre aufli Pierre.
JL'EvANGiLE, S, Matth.
20. 20.
A Lors la mère des fils
de Zébédée vint à
Jéfus avec fes fils, fe prof-
t:ernant, & lui demandant
quelque chofe. Et il lui
^iit 5 Que vcux-tu ? Elle
lui dit; Ordonne que mes
deux fils qui font ici, foi-
çnt afîîs fun à ta main
droite ; & Tautre à ta gau-
che dans ton Roiaume. Et
195:
& être bâtifez du batême
dont je dois être bâtifé ?
Ils lui répondirent i Nous
le pouvons. Et il leur dit ;
Il eft vrai, que vous boirez
ma coupe 5 & que vous fe-
rez bâtifez du batcme dont
je ferai bâtifé: mais d'être
afîîs à ma droite, ou à ma
gauche, ce neft point a
moi de le donner : mais il
fera donné à ceux à qui il
efl préparé par mon Père.
Les dix autres aiant ouï ce-
la, furent indignez, contre
les deux frères. Mais Jé-
fus les aiant apellez, leur
dit; Vous favez que les
Princes des nations les mai-
trifent, 6c que les Grands
ufent d'autorité fur elles.
Mais il nen fera pas ainfî
entre vous : au contraire,
quiconque voudra être
grand entre vous, qu il loit
votre ferviteur. Et qui-
conque voudra être le pre-
mier entre vous, qu il foit
vôtre ferviteur. De même
que le Fils de Thomme
n eft pas venu pour être fer-
en
Jéfus répondit, & dit 5 Vous vij mais pour ferviri & a-
ne favez ce que vous de- 1 fin de donner fa vie er
mandez. Pouvez vous boire rançon ^our plufîeurs.
la coupe que je dois boire,
' O S,
t94 Le Jour de S.
S, Bi^dTHELEMi Afôtre.
La Collecte.
ODieu Tout-puiflant &
Eternel, qui as fait
la grâce à ton Apôtre Bar-
thelemi de croire fincere-
ment & de prêcher ta Pa-
role 5 donne à ton Eglife, &
d'aimer ta Parole qu'il a
creuë, & de recevoir & de
prêcher ce qu'il a enleigné ;
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur, Amen.
Tour UEpitre, Afl:. 5. 12.
ET beaucoup de pro-
diges & de miracles
fe taifoient parmi le peuple
par les mains des Apô-
tres 5 & ils étoient tous
d'un açord au portique de
Salomon, Cependant nul
des autres n'ofoit fe join-
dre à euxj mais Iç peuple
les loiioit hautement. Et
le nombre de ceux qui
croioient au Seigneur, tant
d^hommes que de femmes,
fe multiplioit de plus en
plus. Et on aportoit les
malades, dans les rues, &
on les mettoit fur de petits
lits §ç fur des couchettes; a-
fin que, quand Pierre vicn-
droit, au moins fon ombre
B A R T H E L E M i;
paffat fur quelqu'un d'eux:»
Le peuple auffi des villes
voifines s'aflembloit à "jéru-
falem, aportant les malades, .
& ceux qui étoient tour-
mentez des Efprits immon-
des : 6c tous étoient guéris,
L'Evangile, S. Luc,
22. 24.
IL arriva auflî une con-
teftation entr'cux, pour
lavoir lequel d'entr'eux fe-
roir eftimé le plus grand.
Mais il leur dit j Les Rois
des nations les maîtrifent 8
ôc ceux qui ufent d'autori-
té fur elles, font nommez
bienfaifteurs. Mais il n'en
fera pas ainfl de vous : au
contraire, que le plus grand
entre vous, foit comme le
moindre ; & celui qui gou-
verne, comme celui qui fert.
Car lequel eft le plus grand,
celui qui eft à table, ou ce-
lui qui fert ? n'cft-ce pas
celui qui eft à table ? or
je fuis au milieu de vous
comme celui qui fert. Or
vous êtes ceux c[ui avez
perfévéré avec riioi dan^
mes tentations. C'eft pour-
quoi je vous difpole le
Roiaume, comme mon Pè-
re mç l'a difpofé. Afin
que
Le Jour de
jquc vous mangiez & bcu-
viez à ma table dans mon
Roiaume, & que vous ioiez
affis fur des trônes, juge-
ant les douze Tribus dlf-
racl.
S. Matthieu Apôtre.
La Collecte.
Dieu Tout-puifîant, qui
par ton Fils bien-
aimé as apellé Matthieu du
lieu du péage à la charge
d'Apôtre & d'Evangelifte 5
fai nous la grâce de renon-
cer à tous défirs d avarice,
& tout amour déréglé
des richôiTesi & de fuivre
ton Fils Jéfus-Chrift, qui
en Tunité du Saint Efprit
vit & règne avec toi, un
feul Dieu éternellement. A-
men.
L'Epitre, 2. Cor. 4. i.
C'Eft pourquoi aiant ce
Miniftère félon la mi-
fericorde que nous avons
reçue, nous ne nous relâ-
chons point. Mais nous a-
vons entièrement rejette les
cachettes de honte, ne mar-
chant point avec rufe, &
ne falfifiant point la parole
de Dieui l'^'^ais nous rcn-
S. Matthieu. 195
dant aprouvez à toute con-
fcience des hommes devant
Dieu, par la manifeftation
de la vérité. Que fi nôtre
Evangile eft encore cou-
vert, il eft couvert à ceux
qui périlTent : Defquels le
Dieu de ce fiécle a aveuglé
les entendemens, c*eft-a-
dire, des incrédules; afin
que la lumière de TEvan-
gile de la gloire de Chrift,
lequel eft Timage de Dieu,
ne leur refplendit point.
Car nous ne nous prêchons
pas nous-mêmes, mais nous
prêchons Jéfus- Chrift le
Seigneur : & nous décla-
rons que nous fommes vos
ferviteurs pour Tamour de
Jéfus. Car Dieu, qui a dit
que la lumière refplendit
des ténèbres, eft celui qui
a relui dans nos cœurs,
pour donner rillumination
de la connoifiance de la
gloire de Dieu, en la face
de jéfus- Chrift.
L'Evangile, S. Matth. 9. 9.
PUis Jéfus pafîant plus
avant vit un homme,
nommé Matthieu, aftîs au
lieu du Péage, & il lui diti
Sui-moi : & il fe leva, & le
fuivit. Et comme Jéfus é-
O z toit
^iç6 Le Jour de S. Michel et de tous les Anges.
toit à table dans la mai-
fon de Matthieu, voici, plu-
fieurs péagers, & des gens
de mauvaife vie qui étoient
venus là, fe mirent à table
avec Jéius ôc fes difciples.
Ce que les Pharifiens aiant
vu, ils dirent à fes difci
plesj Pourquoi vôtre Mai
tre mange-t-il avec des péa
gers & des gens de mau-
vaife vie ) Mais Jéfus Fai-
ant entendu, leur dits Ceux
qui font en fanté n'ont pas
befoin de médecin : mais
ceux qui fe portent mal.
Mais alez, & aprenez ce que
veulent dire ces paroles j
J e veux mifcricorde, & non
pas facrifice : car je ne fuis
pas venu pour apcller à la
repentance les juftes s inais
les pécheurs,
S. Michel & tous les
Anges.
fendent fans ceffe par ton
ordre fur la terre 3 par Jé-
fus- Chrift nôtre
Amen.
Seigneur,
ET.
O
La Collecte.
Dieu Eternel, qui as
établi & règle les di-
vers miniftères des Anges
& des hommes dans un or-
dre admirable j fai par ta
graçe, que comme tes Saints
Anges te fervent continu-
ellement dans le Ciel, ils
nous fccourcnt 6c nous dé-
TouT L'Epi tre, Apoc.
12. 7.
il y eut une batail-
le au Ciel, Michel ôc
fes Anges combattoient con-
tre le Dragon : & le Dragon
(5c fes Anges combattoient.
Mais ils ne furent pas les
plus forts, & leur place ne
fut plus trouvée dans le Ciel.
Et le grand Dragon, le Ser-
pent ancien, apellé le Di-
able & Satan, qui féduit le
monde, fut précipité en la
terre, & fes Anges furent
précipitez avec lui. Alors
j'ouïs une grande voix dans
le Ciel, qui difoiti Main-
tenant eft le falut, & la
force, & le règne de notre
Dieu, & la puiffance de fon
Chrift : car facufc teur de
nos frères, qui les acufpit
devant nôtre Dieu jour &
nuit, a été précipité. Et
ils Tout vaincu à caufe du
fang de Tagneau, & à caufe
de la parole de leur té-
moignage 5 & ils n'ont point
aimé leurs vies: mais les
ont expofécs à la mort.
C'cfl
Le Jour
C'eft pourquoi réjouiïTez-
vous, Cieux, & vous qui y
habitez : mais malheur à
vous habit ans de la terre &
de la mer: car le Diable
eft defcendu vers vous en
grande fureur, fâchant qu'il
a peu de temps.
L'Evangile, S. Matr. 1 8. i .
EN cette même heure-
là les difciples vinrent
à Jéfus, en luidifant; Qui
eft le plus grand au Roi
aume des Cieux? Et Jéfus
aiant apellé un petit enfant,
le mit au milieu d'eux : Et
leur diti En vérité je vous
dis, que fi vous n êtes chan-
gez, & ne devenez com-
me de petits enfans, vous
n'entrerez point dans le
Roiaume des Cieux. C'eft
pourquoi quiconque fe fera
humilié foi-même, comme
eft ce petit enfant, celui-là
eft le plus grand au Roiau-
me des Cieux. Et quicon-
que reçoit un tel petit en-
fant en mon Nom, il me
reçoit. Mais quiconque
fcandalife un de ces petits
qui croient en moi, il lui
vaudroit mieux qu'on lui
pendit une meule d'âne au
cou, & qu'on le icttat au
DE S. Luc,' lp7
fond de la men Malheur
au monde à caufe des fcan-
dales : car il eft néceflairc
qu'il arrive des fcandales:
toute fois malheur à l'hom-
me par qui le fcandale ar-
rive. Qiie fi ta main, ou
ton pied te fait broncher,
coupe-les, ôc les jette loin
de toi: car il vaut mieux
que tu entres boiteux, ou
manchot dans la vie, que
d'avoir deux pieds, ou deux
mains, & d'être jette au
feu éternel. Et fi ton œil
te fait broncher i arrache-
le, & le jette loin de toi :
car il vaut mieux que tu
entres dans la vie, n'aiant
qu'un œil, que d'avoir deux:
yeux, & d'être jette dans
la géhenne du feu. Prenez
garde de ne méprifcr aucun
de ces petits ; car je vous
dis, que dans les Cieux leurs
Anges regardent toujours
la face de mon Père qui eft
aux Cieux.
S. Luc l'EvangeliJie.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
as apellé Luc le Mé-
decin, dont la louange eft
en l'Evangile, pour être
ton Evangelifte & notre
O 3
Me-
198 Le Jour
Médecin fpirituel 5 donne
éficace par t^ grâce aux re-
mèdes falutaires de fa doc-
trine, pour guérir toutes
les maladies de nôtre ame j
par les mérites de ton Fils
Jéfus-Chrift nôtre SeigHcur.
Amen.
L'EpitrE;, 2 Tim. 4. 5,
MAis toi, veilles en
toutes chofcs, foufre
les afiidions, fai l'œuvre
d'un Evangelifte, ren ton
Miniflère pleinement ap-
prouvé. Car pour moi, je
m'en vais maintenant être
mis pour afperfion du fa-
crifice, & le temps de mon
délogemcnt eft proche. J'ai
combattu le bon combat,
j'ai achevé la courie, j'ai
gardé la foi : Qiiant au
rcfte, la couronne de juftice
m'eft refervée, & le Sei-
gneur, jufte Juge, me la
rendra en cette journée-là,
& non feulement à moi,
mais aufïï à tous ceux qui
auront aimé fon aparition.
Hâte-toi de venir bien-tôt
vers moi. Car Dénias m'a
abandonné, aiant aimé le
préfent fiécle, & il s'en cfl
^lé à Theffalonique \ Crct
DE S, Lu a
cens cft aie en Galatîe, éc.
Tite en Dalmatie. Luc cft
feul avec moi : Pren Marc,
& amene-le avec toi : car
il nVeft fort utile pour le
Miniftère. J'ai auflî envoie
Tichique à Ephefe. Qiiand
tu viendras aporte avec toi
le manteau que j'ai laiffé à
Troas chez Carpe, & les
livres auflî ^ mais princi-
palement les parchemins.
Alexandre le forgeron m'a
fait beaucoup de maux : le
Seigneur lui rende félon
fes oeuvres. Garde-toi donc
de lui 5 car il s^eft fort op-
pofé à nos paroles.
UEvANGiLE, S. Luc. 10. i;
OR après ces chofes, k
Seigneur en ordonna
aufli foixante-dix autres j.
& les envoia deux-à-deux
devant lui, dans toutes les
villes & dans tous les lieux,
où il devoit aler. Et il leur
difoit 5 La moiflbn eft gran-
de i mais il y a peu d'ou-
vriers : priez donc le Seig-
neur de la moiffon qu'il
pouffe des ouvriers dans fa
moiflbn. Alez, voici, je
vous envoie comme des
aaneaux au milieu des loups.,
Le Jour de S. Simon Et de S. Judé. I9SÇ
Ne portez ni bourfe, ni
malette, ni fouliers : & ne
falucz perfonne dans le
chemin. Et en quelque
maifon que vous entriez,
dites premièrement } Paix
foit à cette maifon. Qlic
sil y a là quelqu'un qui
foit digne de paix, vôtre
paix repofera fur lui : fi-
non, elle retournera à vous.
UEpitre, s. Jude, i^
JUde ferviteur de Jéfus-
Chrift, & frère de Ja-
ques aux apellez qui font
fandifiez en Dieu le Père,
& confervez par Jéfus-
Chrift : Mifericorde, & paix
& dileftion vous foient
multipliées. Mes bien-ai-
Imez, comme je m'étudie
Et demeurez dans cette | entièrement à vous écrire
du falut qui nous efl: com-
mun, il m'a été néceffairc
de vous écrire, pour vous
exhorter à foûtenir le com-
bat pour la foi, qui a été
une fois donnée aux Saints.
Car quelques-uns fe font
gliffez parmi vous, qui dès
long-temps auparavant ont
été écrits pour une telle
condamnation 5 gens fans
piété, qui changent la grâce
de nôtre Dieu en diffolu-
tion, & qui renoncent le
feul Dominateur Jéfus-
Chrift nôtre Dieu & Sei-
gneur. Or je veux vous
faire fouvenir d'une chofe
que vous favez déjà 5 c'eft
que le Seigneur aiant dé-
livré le peuple du pais
d'Egypte, il détruifit enfuite
ceux qui n'avoient point
cru. Et qu'il a refervé
O 4 fous
maifon, mangeant 6c beu-
vant de ce qui fera mis de-
vant vous : Car l'ouvrier
cft digne de fan falaire.
S. Simon & S. Jude,
A^otres,
La Collecte.
Dieu Tout-puifTant, qui
as édifié ton Eglife
fur le fondement des Apô
très ôcdes Prophètes, Jéfus-
Chrift lui-même étant la
Maîtrcfle pierre du coin 5
fai que nous foions telle-
ment joints enfemble en
l'unité de TEfprit par leur
doftrine, que nous foions
faits un faint Temple qui
te foit agréable j par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur, A-
men.
20O Le Jour 0e S. Si
fous robfcurité, dans des
liens éternels, jufqu au juge-
ment de la grande journée,
les Anges qui n ont pas
gardé leur origine, mais qui
ont abandonné leur propre
demeure. Et que Sodome
& Gomorrhe, & les villes
voifincs qui s'étoient aban-
données en la même ma-
nière que celles-ci à Tim-
pureté, & s'étoient débor-
dées après une autre chair,
ont été mifes pour fervir
d'exemple, aiant reçu la
punition du feu éternel :
Nonobftant cela ceux-ci
tout de même s'étant en-
dormis dans le vice, fouil-
lent leur chair, méprifent
la domination, & blâment
les dignitez.
I/EvANGiLE, S.Jean 15.17.
JE vous commande ces
chofes 5 afin que vous
vous aimiez Tun Tautre.
Si le monde vous a en
haine, fâchez qu il m'a eu
en haine avant vous. Si
vous euffiez été du monde,
le monde aimeroit ce qui
feroit fien : mais parce que
vous n'êtes pas du monde,
& que je vous ai ékis du
monde, à caufe de cela le
MON ET DE S. JUDE.
monde, vous a fen haine;
Souvenez-vous de la parole
que je vous ai dite ; que le
ierviteur n eft pas plus grand
qne fon maître. S'ils m ont
perfécuté, ils vous perfé-
cuteront auflî ; s'ils ont gar-
dé ma parole, ils garderont
aullî la vôtre. Mais ils
vous feront toutes ces cho-
fes à caufe de mon Nom 5
parce qu'ils ne connoifTent
point celui qui m'a envoie.
Si je ne fuffe point venu,
& que je n'euffe point par-
lé à eux, ils n'auroient point
de péché : mais mainte-
nant ils n'ont point d'cxcufe
de leur péché. Celui qui
m'a en haine, a aulli en
haine mon Père. Si je
n'eufle pas fait parmi eux
les oeuvres qu'aucun autre
n'a faites, ils n'auroient
point de péché : mais main-
tenant ils les ont vûësj &
toutefois ils ont eu en haine
& moi, & mon Père. Mais
c'eft afin que foit acomplie
la parole qui eft écrite en
leur Loi i Ils m ont eu en
haine fans caufe. * Mais
quand le Confolateur fera
venu, lequel je vous en-
volerai de la part de mon
Père, favoir, TElprit de vé-
rité.
La Tou
rite, qui procède de mon
Père, celui-là rendra té-
moisnasce de moi. Et vous
aufli en rendrez témoig-
nage : car vous êtes dès
le commencement avec
moi.
La Toussaint s.
La Collecte.
Dieu Tout-puiirant;^ qui
as joint enfembletes
Elus dans une même foci-
été, 6c dans une même
communion pour en faire
le corps my ftique de J éfus-
Chrift ton Fils Unique nô-
tre Seigneur ; fai nous la
grâce de fuivrc l'exemple
de ceux de nos frères que
tu as reçu dans la gloire
éternelle 5 afin que par Timi-
tation de leurs vertus, nous
parvenions à leur bonheur,
& que nous jouïffions éter-
nellement de CCS biens iné-
narrables que tu as prépa-
rez à ceux qui t aiment en
vérité. Exauce nous par
]éfus- Chrift ton Fils nôtre
ïeul Avocat, &: Médiateur.
Amen,
y<?^/rUEpiTRE, Apoc. 7. 2.
PUis je vis un autre Ange
qui montoit du côté
s s A I N T s.
201
de rOrient, tenant le feau
du Dieu vivant, & il cria
à haute voix aux quatre
Anges qui avoient eu or-
dre de nuire à la terre, &
à la mer. Et leur dit 5 Ne
nuifez point à la terre, ni
à la mer, ni aux arbres,
jufqu' à ce que nous aions
marqué les ferviteurs de
nôtre Dieu fur leurs fronts.
Et j'entendis que le nombre
des marquez étoit de cent
quarante quatre mille, qui
furent marquez de toutes
lesTribus des enfans d'ifraël.
Savoir de la Tribu de Juda,
douze mille marquez : de
la Tribu de Ruben, douze
mille marquez : de la Tribu
de Cad, douze mille mar-
quel : de la Tribu dAfer,
douze mille marquez : de
la Tribu de Ncphthali,
douze mille marquez : de
la Tribu de Manaffé, douze
mille marquez : de la Tri-
bu de Siméon, douze mille
marquez : de la Tribu de
Lévi, douze mille marquez :
de la Tribu dlffachar, douze
mille marquez : de la Tribu
de Zabulon, douze mille
marquez : de la Tribu de
Jofeph, douze mille mar-
quez : de la Tribu de Ecn-
I jamiu.
La Toussaint!?.
202
jamin, douze mille mar-
quez. Après cela, je re-
gardai, & voici une grande
multitude de gens, que per-
fonne ne pouvoit compter,
de toutes nations, & tribus,
& peuples, & langues, lef-
quels i'e tenoient devant le
trône, & en la préience de
l'agneau, vêtus de longues
robes blanches, & aiant des
palmes en leurs mains: Et
ils crioient à haute voix,
en dilant 5 Le falut eft de
nôtre Dieu, qui eft affis fur
le trône, & de Tagneau.
Et tous les Anges fe tenoi-
ent autour du trône, & des
Anciens, & des quatre ani-
maux, & ils fe profterne-
rent devant le trône fur
leurs faces, & adorèrent
Dieu, en difant 5 Amen s
loiiange, & gloire, ôc fageffe,
& aclions de grâces, & hon-
neur, & puiflance, & force
foient à nôtre Dieu, aux
fiécles des fiécles ^ Amen,
L'Evangile, S. Matth. 5.1.
JESUS voiant tout ce
peuple, monta fur une
montagne : puis s'étant af-
fis, fes difciples s'aproche-
rent de lui. Et aiant ou-
vert fa bouche, il les en-
feignoit, en difant i Bien-
heureux font les pauvres cii
efprit: car le Roiaume des
Cieux eft à eux. Bien-heu-
reux font ceux qui pleu-^
rent : car ils feront confo-
lez. Bien-heureux font les
débonnaires : car ils héri-
teront la terre. Bien-heu-
reux font ceux qui ont faim
& foif de la juftice : car ils
feront raftafiez. Bien-heu-
reux font les mifericor-
dieux: car miferidorde leur
fera faite. Bien-heureux
font ceux qui font nets de
cœur : car ils verront Dieu.
Bien-heureux font ceux qui
procurent la paix : car ils
feront apellez enfans de
Dieu. Bien-heureux font
ceux qui font perfécutez
pour la juftice : car le Roi-
aume des Cieux eft à eux.
Vous ferez bien-heureux
quand on vous aura injuri-
ez 6c perfécutez \ & quand,
à caufe de moi, on aura dit
contre vous, en mentant,
quelque mauvaife parole
que ce foit. Réjouiïïcz
vous & treffaillez de joie,
parce que vôtre recom-
penfe eft grande dans les
Cieux. Car on a ainfi per-
fécuté les Prophètes qui ont
été avant vous.
L'OR«
1a C o m m u n I o ît;
20!^
L'ORDRE
Pour L'Administration.
Delà SAINTE CENE, ou COMMUNION.
Tous ceux qui fe propofent de
participer à la Sainte Commu-
niên^ le feront /avoir au Mi-
nière quelque heure du jour
précèdent.
Que s'il s en trouve quelquun de
fi mauvaife vie, que VEglife
en foit fcandalifée ; ou qui ait
fait quelque tort à fou pro-
chain par fes paroles ou par
fes allions : le Minijîre en ni-
ant connoîjfance Vapellera^ &
V avertira de ne pas préfumer
d'aprocher de la table du Sei-
gneur y que premièrement il
n'ait donné des témoignages ê-
videns de fa repentance & de
fon amendement de vie ', afin
de fatisfaire à VEglife qui en
auroit été fcandalifée : & qu'il
^'ait donné contentement à ceux
auf quels il auroit fait tort ; ou
qu'il n'ait fait parottre^ four
le moins ^ qu'il a bonne inten-
tion de le faire le plutôt qu'il
i^i fera pojjtbie.
Le Miniflre en ufera de même en--
vers ceux entre lefquels il ver-
ra qu'il y a de la haine & de
la rancune: ne leur permet-
tant point de participer à la
table du Seigneur ^ jufques à ce
qu'il fâche qu'ils foient recm-
ci liez,. Que fi tune des par^
ties efl contente de pardonner
de bon cœur le tort qui auroit
été fait ; & de re parer les
fautes quelle auroit peu com^
mettre de fon coté -^ Ù qu^
Vîaîgré celay l'autre partie ne
vueille point s'acommoder, ni
fe laiffer pevfuader à faire une
bonne paix ; mais au contraire^
demeure dans fon opiniâtreté
& dans fa malice ; En ce cas^
le Miniflre doit admettre à la
Communion celui quife repenti
mais non pas l'autre qui ton-'
tinue dans fon opiniâtreté;
mais ^'^^ec cette limitation^ que
tout Miniflre qui aura rejette
quelqu'un en la manière qui a
l été
;04
La C o m m u n I o n^
été fpéci fiée en ce paragraphe^
ou dans celui qui précède im-
médiatement^ fera (obligé d^en
informer l'Ordinaire ^ & de lui
" en rendre raifon quinz,e jours
après pour le plus tard. Et
tOrdinatre procédera contre la
ferfonne of enfante fuivant le
Canon.
La l'aile^ lors quon fera la
Sainte Cène^ étant couverte
d\ne belle nape bien blanche^
fera dans le corps de l'Eglife
ou dans le Cœur, au lieu où il
efl ordonné défaire les Prières
du Matin & du Soir. Et le
Prêtre étant debout auprès de
la Table du coté du Nord, di^
va VOraifon Dominicale avec
la CoUeBe fuivante^ le peuple
étant à genoux.
Nôtre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
iandifié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui
notre pran quotidien. Et
nous pardonne nos ofen-
fes, comme nous pardon-
nons à ceux qui nous ont
ofenfez. Et ne nous in-
dui point en tentation :
mais délivre nous du ma-
lin. Amen.
r\Ieu Tout-puiflànt, à
J qui tous les cœurs
font découverts, à qui tous
les défirs font connus, & à
qui nul fecret n efl: caché j
fanftific nos penfées & nos
afedions par l'opération de
ton Saint Efprit : afin que
nous puiflions faimer par-
faitcmentp ôc célébrer dig-
nement ton Saint Nom i
par Jélus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
Alors le Prêtre fe tournant vers U
peuple, récitera diftinEîement les
Dix Commande mens:
Ù le peuple étant à genoux, 4-
près chaque Commandement^
demandera pardon à Dieu de
ravoir tranfgreffé par le paffé;
& implorera le fecours de fa,
grâce, afin de le pouvoir gar^
der à l'avenir : en la manière
qui fuit,
ExoD. ch. XX.'
Le Minijlre,
Dieu prononça toutes
ces paroles, difant ^
) e fuis TEternel ton Dieu.
Tu n'auras point d'autres
Dieux devant ma face.
Le Tetiple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & incline nos coeurs
\
La Communion.'
20S
ce Commande-
a garder
ment.
Le Miniftre.
Tu ne te feras point dl-
mage taillée, ni aucune ref-
femblance des chofes qui
font là haut aux Cieuxj ni
ici bas fuu la terre; ni dans
les eaux fous la terre. Tu
ne te profterneras point de-
vant elles, & ne les fervi-
ras point : car )c fuis TE-
ternel ton Dieu; le Dieu
fort, qui eft jaloux, puniffant
riniquité des pères fur les
enfans, jufquà la troifiéme
& à la quatrième génération
de ceux qui me haïffeiitj
ôcfaifant mifericorde en mil-
le générations, à ceux qui
m'aiment, & qui gardent
mes Commandcmens.
Le Tetiple^
aie pitié de
nous i & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne prendras point le
Nom de TEternel ton Dieu
en vain : car TEternel ne
tiendra point pour inno-
cent celui qui aura pris fon
Nom en vain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
Seigneur
nousi & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Souvien-toi du jour du
repos pour le fanclifîer. Tu
travailleras fix jours, <5c
tu feras toute ton œuvre:
mais le feptiéme jour eft le
repos de TEternel ton Dieu.
Tu ne feras aucune œuvre
en ce jour-là, toi, ni ton
fils, ni ta fille, ni ton fer-
viteur, ni ta fervante, ni
ton bétail, ni ton étranger
qui eft en tes portes : car
TEternel a fait en fix jours
les cieux & la terre, & la
mer, & tout ce qui eft ca
eux 5 & s'eft repofé le fep-
tiéme jour : C'eft pourquoi
l'Eternel a bcni le jour du
repos, & l'a fanclifié.
Le Teuple,
Seigneur aie pitié de
nous ; & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Honore ton père & ta
mère 5 afin que tes jours
foient px'olongez fur la ter-
re, que l'Eternel ton Dieu
te donne.
Le
206 Î.A COM
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Tu ne tueras point.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous ; & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne pailiarderas point
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous; & incline nos cœurs
à garder ce Comrnande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne déroberas point
Le Tetiple.
Seigneur aie pitié de
nousj & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne diras point faux
témoignage contre ton pro-
chain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nousj & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
M U N I G N.'
Le Miniftre.
Tu ne convoiteras point
la maifon de ton prochain :
Tu ne convoiteras point la
femme de ton prochain ;
ni fon ferviteur 5 ni fa fer-
vante; ni fon bœuf 5 ni
fon âne 5 ni aucune chofc
qui foit à ton prochain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & imprime tous ces
Commandemens dans nos
cœurs; nous t'en fuplions.
Alors fuivra une de ces deux CoU
leEles four le Roi, le Minif-
tre fe tenant debout comme au-
par avant, & difant ;
Prions DIEU.
DIEU Tout-puilTant,
dont le règne eft é-
ternel, & dont la puiiTance
eft infinie, fois propice à
toute ton Eglife : & difpofe
tellement le cœur de ton
Serviteur élu, George, nô-
tre Roi & nôtre Gouver-
neur, que fâchant de qui il
eft le Miniftre, il cherche
fur toutes chofcs la gloire
de ton Saint Nom. Fai
nous auflî la grâce à nous
tou;î, qui fommes ks fujets^^
que
La Communion.
207
que confiderant bien de qui
il tient fon Autorité, nous
lui rendions honneur, fer-
vice, & obéïffance en toute
humilité, & en toute fidé-
lité 5 en toi, & pour Ta-
mour de toi, félon ta Sainte
Parole, & félon le Com-
mandement que tu nous en
as fait j par Jéfus Chrift no-
tre Seigneur; qui en Tu-
nité du Saint Efprit vit, &
règne avec toi, un feul Dieu
béni éternellement. Amen.
Ou,
Dieu Eternel & Tout-
puiiTant 5 puis que
tu nous en feignes dans ta
Sainte Parole, que les cœurs
des Rois font en ta main,
& que tu \cs tournes félon
le bon plaifu* de ta fagelle;
nous te fuplions très hum-
blement de conduire, & de
diriger tellement le cœur
de ton ferviteur George,
notre Roi, & nôtre Gou-
verneur, qu en toutes fcs
p en fées, fes paroles, & fcs
Actions, il cherche toujours
la gloire de ton SaintNom;
& qu'il s'étudie à maintenir
en profpérité, enpaix, & en
piété, le Peuple dont tu lui
as confié la conduite. Ex-
auce-nous, ô Père de mi-
fericorde 5 pour Tamour de
Jéfus Chrift ton Fils nôtre
Amen,
beigneur.
Alors fera dite la ColIeBe du
jour : & immédiatement après
la ColleBey le Miniflre lira
VEpitre^difaiit ; L'Epicre(ou
la portion de TEcriture qui
fe doit lire pour TEpitre)
eft écrite au Chap.de— com-
mençant au veriet Et
quand il aura achevé de lire
l'Epine^ il dira-^ld finit l'E-
pi tre. Alors il lira VE'van-
gile^ (tout le peuple fe tenant
debout) difant i Le Saint E-
vangile eft écrie au Chap.
de— -commeDçanc au ver-
fet Et après la LeElure de
VEnjangile j fera chantée ou
récitée la Confeffionfuivante:
le peuple fe tenant encore de^
hout^ comme auparavant*
J
E croi en un feul Dieu le
Père Tout-puiftant,Cré-
aicur du Ciel & de la Ter-
re, & de toutes le chofes
vifiblcs & invifibles.
Et en un feul Seigneur
Jéfus Chrift, Fils Unique
de Dieu 5 engendré du Père
avant tous les fiécles. Dieu
de Dieu 5 Lumière de Lu-
mière 5 vrai Dieu de vrai
Dieu y engendré, <3c non
pas
hoS La C o m m
pas fait; étant de la même
fubflance avec le Père i &
par lequel toutes chofes ont
été faites : qui pour l'amour
de nous, & pour nôtre
falut, eft defccnduduCieli
& aïant pris ciiair de la
Vierge Marie, par l'opéra-
tion du Saint Elprit, a été
fait homme ; a été aufli
crucifié pour nous, fous
Ponce Pilate ; a foufcrt, &
a été enfeveli ; & eft reffu-
fcité le troifiémc jour félon
les Ecritures ; eft monté
aux Cicux, & eft aflîs à la
dextre du Pcrcj & il re-
viendra avec gloire, pour
juger les vivans & les morts;
& fon règne n aura point
de fin.
Je croi au Saint Efprit ;
qui eft le Seigneur & TAu-
teur de la vie ; qui procède
du Père & du Fils : & qui a-
vec le Père & le Fils, eft a-
doré 6c glorifié 5 qui auflî a
parlé par les Prophètes.
Et je croi une Sainte E-
glife Catholique & Apofto-
liquc. ]e confcffe un Ba-
téme en rcmiflion des pé-
chez. Et j'attcns la réfurrec-
tion des morts s & la vie du
fiécle à venir. Amen.
UNION.
Ahvs le Miniflre déclarera au
peuple les jours de Fete^ ou de
'^eûns qui doivent être objef
vez. la femaine fuivante. Et
alors auffi^ fi Vocafion le de-
mande^ on advertira de la
Sainte Cène ; alors fe publie-
ront les Anonces des promtjfes
de mariage ; & fe liront les
brevets^ citations^ & excom-^
munications. Et rien ne fera
déclaré ni publié en l'Eglife
pendant le fervice Divin, que
par le Miniflre ; (j rien ne
fera publié par le Miniflre^ que
ce qui efl porté par les Règles
de ce livre, ou qui fera enjoint
de la part du Roi, ou par
f Ordinaire du lieu.
Puis fuivra le Sermon, ou une des
Homélies qui font déjà pu-
bliées, ou qui le feront ci-après
avec autorité.
Alors le Prêtre retournera à la
lable du Seigneur^ & com-
mencera VOjeytûire ; difant
une ou plujieurs des Sentences
fuivantes^ félon quil lui fem^
blera le plus à propos.
Ainfi, que vôtre lumière
luife devant les hommes ^
afin qu'ils voient vos bon-
nes œuvres; ôc qu'ils glo-
rifient vôtre Père qui eft
aux Cieux. S.Matt. 5. i<5.
Ne vous amaffez point
des tréfors fur la terre 5 où
la
La Communion,
20^^
la tlgiie & la rouille gâtent
tout 5 & où les larrons per-
cent & dérobent : mais a-
maffez vous des tréfors dans
le ciel, où ni la tigne ni
la rouille ne gâtent rienj
& où les larrons ne per-
cent, ni ne dérobent. S.
Matth. 6. 19, 20.
Toutes les chofes que
vous voulez que les hom-
mes vous faffent, faites-les
leur auflî de même : car
c'eft la Loi & les Prophètes.
S. Matt. 7- 12.
Tous ceux qui me difent.
Seigneur, Seigneur, n'en-
treront pas dans le Roiau-
me des cieux : mais celui
qui fait la volonté de mon
Père, ' qui eil aux cieux,
Zachée fe préfentant là,
dit au Seigneur i Voici,
Seigneur, je donne la moi-
tié de mes biens aux pau-
vres : & fi j'ai fait tort à
quelqu'un en quelque chofe,
j'en rens le quadruple.
S.Luc, 19. 8.
Qui eft-ce qui va jamais
à la guerre à fes dépens ?
Qlù eft-ce qui plante la vig-
ne, & ne mange pas de fon
fruit > Qiii eft-ce qui paît le
troupeau, & ne mange pas
du lait du troupeau ? i Cor.
9. 7.
Si nous vous avons femé
des biens fpirituels, eft-ce
une grande chofe, que nou^
recueillions de vos biens
charnels ? i Cor, 9. 1 1.
Ne favez-vous pas que
ceux qui s'emploient aux
chôfes facrées, mangent de
ce qui eft facré ? & que ceux
qui fervent à l'autel, parti-
cipent à l'autel > Le Sei-
gneur a ordonné tout de
même que ceux qui a-
noncent TEvangile, vivent
de l'Evangile, i Cor, 9.
Celui qui feme chiche-
ment, recueillira auftî chi-
chement : & celui qui fèmc
libéralement, recueillira auf-
fi libéralement. Que cha-
cun fafle félon qu'il s'eft
propofé en fon cœurj non
point à regret, ou par con-
trainte : car Dieu aime ce-
lui qui donne gaiement.
2 Cor. 9. 6, 7.
Que celui qui eft en-
feigné en la parole, faile
participant de tous fes bi-
ens celui qui l'enfeigne.
Ne vous abufez point, Dieu
ne peut être moqué : car
ce que l'homme aura femé,
P U
Vt o La C o m m u k I o îTo
il le moiflbnnera auffi.
Cal. 6. 6, 7-
Pendant que nous en a-
vons le tems, failbns du
bien à tous : mais princi-
palement aux domeftiques
de la foi. GaL 6. lo.
La piété, avec le conten-
tement d'efprit, eft un
grand gain : car nous n'a-
vons rien aporté au mon-
de 5 & auilî il eft évident
que nous n en pouvons rien
emporter, i Tim. 6. 6,7.
Dénonce à ceux qui font
riches en ce monde, qu'ils
foient promts à donner 5
communicatifs ; fe faifant
un tréfor d'un bon fonde-
ment pour l'avenir 5 afin
qu'ils obtiennent la vie éter-
nelle. I Tim 6. 17,18,19.
Dieu n'eft pas injufte,
pour oublier vôtre œuvre,
& le travail de la^ charité
que vous avez témoigné
pour fon Nom> en ce que
vous avez fecouru les Saints,
6c que vous les fecourez
encore. Hei?. 6. 10.
Ne mettez point en oubli
la bénéficence, & la com-
munication ; car Dieu prend
plaifu* à de tels facrifices.
Si ijuelqu'uli a des biens
de ce monde, & qui voîant
fon frère avoir néceflîté,
lui fermera fes entrailles 5
comment eft-ce que la cha-
tité de Dieu demeure ea
lui? S.Jeany 3. 17.
Fai Taumône de tes bi-
ens 5 ne détourne point ta
face du pauvre : ôc la face
du Seigneur ne fera point
détournée de toi. Toè. 4. 7.
Sois charitable félon ton
pouvoir : fi tu as beaucoup,
donne beaucoup 5 fi tu as
peu, donne avec joie du peu
que tu as, & tu t'amafTeras
un tréfor pour la nécellité,
Toéf. 4- 8? 9.
Celui qui a pitié du pau-
vre, prête à l'Eternel ; &
il lui rendra fon bienfait.
Trov. 19. i7«
O que bien-heureux eft ce-
lui qui fe porte fagement
envers le chetifi l'Eternel
le délivrera au jour de la
calamité. Tf.^i, i^
Pendant qu*on lit ces Sentenseî^
les DiacreSy les Curateurs de
l'Eglife, ou d'autres perfonnes
propres à qui l*on en a donné
la charge^ recevront les au^
moues pour les pauvres^ &
les autres charitez, du peuple
da'ûs un bajjîn convenable^
dont la Paroijje dçit faire pro^
vijîun
' La
*vt^on pour cet effet ; & les
aporteront a'vec refpect au
Mimftre qui les pré/entera &
les pofera humblement fur la
Table,
Et quand fon fera la Sainte
Cène ; alors le Mtniflre met^
tra fur la Trahie autant de
Pain & de Vin qiid jugera
être tiéceffatre» Cela fait^ le
Miniftre dira^
CoMMtxNîoîr: iit
s'acordent à faîf e prôfeflîon
de ta vérité, & vivent en
concorde, & en charité fra*
ternelle. Nous te prions
auiîî de défendre, ôc defau-
ver tous les Rois, & tous
les Princes, & les Magil*
trats Ciirêtiens, particuli-
èrement GEORGE nôtre
ROI, afin que fous fou
Gouvernement nous puilïï-
Prions dieu pour toute"^ ows mener une vie paifible
lEglife Chrétienne mili-
tante ici-bas en la terre.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, qui par ton
S. Apôtre nous as enfcigné
de t'adreffer des prières, des
fuplications, & des adions
de grâces pour tous les
hommes 5 nous te luplions
très humblement
{"^d'accepter en ta
mi fe rie or de nos
aumônes & nos
ablations ér) d'é-
favorablement les
prières que nous préfentons
à ta Divine Majefté. Veuille
Seigneur, répandre conti-
nuellement fur TEglife U-
niverfelle TEfprit de vérité,
d'union, & de concorde ;
en forte que tous ceux qui
confcflcnt ton Saint Nom,
* Ceci féru
omis lors
quil n'y
aura point
4'stumône.
coûter
& tranquille en toute pieté
& honêteté. Eai la grâce
à tous ceux de fon Con-
fcil, <5c à tous les autres
qui font établis en autorité
fous lui, d'adminiftrer la
juftice fans partialité, &
avec tant d'équité & de
droiture, que la méchance-
té & le vice foient punis,
& que la piété & la véri-
table Religion foient avan-
cées. Répan tes grâces, 6
Père Celefte, fur tous les
Evêques, & fur tous les
Miniftres, afin que par leuc
vie, & par leur dodrine,
ils manifefient la vérité 6c
réficace de ta Sainte Parole,
& qu ils adminiftrent digne-
ment & convenablement
tes faints Sacremens. Ré-
pan tes grâces far ton
peuple, & partiçuUéremenr
P 2 fur
ï 1 2 L A C O M M U N I O K
fur raflembléc ici préfcntc 5
afin qu'ils écoutent ta l'aintc
Parole avec refpetl, & qu'ils
la reçoivent d'un cœur
de VH meUe, il lira rexhor-*
tation fuivante.
MES très chers frères
en notre Seie.neur
humble & fournis, pour te; jcius Chriâ, je me propofe,
ferviren jufdce, Ôc en vraie'; Dieu aidant, d'adminiilrer
faintcté, tous les jours de i Dimanche prochain, à tous
leur vie. Aufll, Seigneur, 'ceux qui auront les dif-
nous te prions très humble- |pofitionsnéccffaires de piété
ment, qu'il te plarfe par ta & de dévotion, le Sacre-
bonté, de conloler, & de
fecounr tous ceux qui, pen-
dant cette vie paffagère, font
dans le trouble, dans Taflic-
tion, dans la nécefhté, dans
la maladie, ou dans quelqu
autre adverfité que ce foit.
Et nous beniflbns aufll ton
faint Nom, pour tous tes
ferviteurs qui font décédez
en ta foi & en ta crainte 5
te fupiiaiit de nous faire
la grâce de fuivre fi bien
leur exemple, que nous
aions part avec eux a ton
Roiaume Celefte. Acorde
nous ces grâces, ô Père,
pour Tamour de jéfus-Chrifl
notre feul Médiateur, &A-
Vocat. Amen.
Qjianà le Minière avertit de
la Céléh''ati(m de la Sainte
Cène (ce qu'il fe>a toujours
le Dimanche ou quelcjue jcur
de Fête qui Pré. e Je immédiate
ment) à lu fin du Sermon ou
ment plein de conlolation,
du Corps Se du Sang de
jéfus Chrift; afin quils le
reçoivent en mémoire de
fa Paflion & de fon Sacri-
iicc, qui ell le feul moien
par lequel nous obtenons
la rcmiffion de nos péchez,
& la poflc filon du Roiau-
me CeleftCi C'eft pourquoi
nous devons rendre grâces
au Dieu Tout-puifiant ôc
nôtre Père Celefte, de ce
qu'il a donné fon Fils uni-
que nôtre Sauveur, non
feulement afin qu il mourût
pour nous 3 mais encore,
afin qu'il nous fut une vi-
ande & une nouriture fpi-
rituelle dans ce faint Sacre-
ment. C'cft une chofe i\
divine, & fi pleine de con-
folation pour ceux qui y
participent dignement, & iî
dangcrcufe pour ceux qui
y participent indignement,
qui!
La CoMMUNroN,
213
qu'il eft de mon devoir de
vous exhorter à bien confi-
derer la dignité de ce faint
Miftèrc ; & le grand danger
qu'il y a d'y participer in-
dignement. Et pour cet
effet de fonder & d'examiner
votre confcience, non pas
légèrement, comme font
ceux qui dilîîmulcnt avec
Dieui mais de telle forte!
que vous puiflîez venir à ce j
Feftin Celefle, en toute |
fainteté & pureté, & avec
la robe de noces que Dieu j
demande dans faparoki &|
que vous y foiez admis com- ;
me dignes de communier à
cette fainte Table.
Pour cela il faut premi-
èrement que vous exami-
niez vôtre vie fur la règle
des Commandcmens de
DieUi & qu'en tout ce en
quoi vous reconnoitrez que
vous avez péché de vo-
lonté, de parole, ou d'adion,
vous déploriez en cela vô-
tre iniquité, & que vous
en faffiez vôtre confeffion
à Dieu avec une entière ré-
Iblution de vous en corri-
ger à l'avenir. Qiie fi vous
trouvez que vous n'aiez
pas feulement ofenfcDieuj
jnais encore vôtre prochain :
vous- vous reconcilierez a-
vec lui, étant prêts de faire
reftitution, & de donner
toute la (atisfadlion pofliblc,
pour toutes les injures, &
pour tout le tort que vous
aurez fait à autrui ^ & aufll
entièrement difpofez à
pardonner à ceux qui vous
auront ofenfez, comme
vous défirez d'obtenir de
Dieu le pardon de vos o-
fenfes : Car autrement la
participation à la Sainte
Ccne, ne fcroit qu'agraver
vôtre condamnation. C'cft
pourquoi, fi quelqu'un de
vous eft blafphemateur du
Nom de Dieu s s'il s'op-
pofe à fa parole, ou s'il en
médit ; s'il eft adultère,
malin, ou envieux, ou que
vous vous trouviez coupa*
blés de quelque autre grand
crime 5 Repentez- vous de
vos péchez ; ou n'aprochez
point de la Table du Sei-
gneur 5 de peur qu'après
avoir participé à ce faint
Sacrement, le diable n'entre
en vous, comme ii entra
en Judas ; qu'il ne vous
rempliOe de toute iniquité 5
& entraine vos corps ôc
vos amcs dans une éternelle
miicre.
P ^^ Et
2.14
Et parce quil ne faut
pas que perfonne vienne à
la Sainte Cène, fans une
pleine confiance en la mi-
La Communion,
vous tous qui êtes ici préfens
de ne refufer pas d'y venir,
puifque vous y êtes fi ten-
drement conviez de la part
îericorde de Dieu, & une de Dieu même. Vous lavez
confcience tranquille : SU [combien il efl: ofFenfant
y a quelqu'un de vous qui
ne puiffe mettre fon efprit
en repos i & qui ait encore
befoin de confoiation, ou
de çonfcil 5 qu il s'adreflc a
moi, ou à quelque autre
Miniftre de la Parole de
Dieu, qui ait la prudence
& les lumières néceflaires ;
afin que lui découvrant
fon mal, il reçoive par le
Miuiftèrc de la Parole de
Dieu, les afTurances de Tab
folution de fes péchez, avec
les confcils fpiritueJs, qui
peuvent apaifer fa confçi
çnce, 6c le délivrer de toute
forte de doutes, & de fcru
pules.
Ou en cas qti^îî voie que le peu-
ple néglige de venir à la
Mainte Cçne ; au lieu de
t Exhortation présidente ^ il fera
celle-ci,
ES très chers frères.
Je me propofe avec
la grâce de Dieu, de célé-
brer la faintc Cène du Sei-
gneur, & je vous exhorte
M
pour un homme qui a pré-
paré un fcftin, & couvert
fa table des mets les plus
exquis, deforte qu il ny
manque plus que Ces con-
viez, de voir quils refu*
fent d'y venir fans aucune
jufl:e raifon. Qui cft-cc
d'entre vous qui n'en fut
indigné, 6c qui ne fe crût
méprifé dans une pareille
ocafion ) Prenez donc gar-
de, mes frères bien aimez
en Jéfus-Chrift i prenez
garde qu'en vous abftenant
de ce repas fpirituel, vous
ne provoquiez la colère de
'^dcu contre vous. Il eft
bien aifé de dire j je ne veux
pas communier, parce que
les affaires du monde m'en
empêchent 5 mais il n'efl
pas fi aifé de faire agréer à
Dieu ces fortes d'excufes. Si
quelqu'un dit j je fuis un
grand pécheur, j'ai peur
d'aprocher de la Sainte Ta-
ble i pourquoi donc ne
vous repentez-vous pas, 6c
ne changez-vous pas de vie )
La Communion*
2Tj
n'avez -vous pas honte, jtion de fon Sacrifice, en
quand c'eft Dieu qui vous
apeile, de dire que vous
ne voulez point aler à lui?
Eft ce une raifon, pour ex-
cufer le refus que vous faites
de vous convertir à Dieu,
que de dire, que vous n'êtes
pas encore prêts ? Confi-
derez férieufcment en vous
même, de quel poids ces
vaines excufes peuvent être
devant Dieu. Ceux qui re-
fuferent de fc trouver au
feftin, dont il eft parlé dans
TEvangile 5 parce que 1 un
avoit acheté un héritage 5
que l'autre vouloit éprouver
fcs bœufs; & que le troi-
fiéme avoit pris femme s
au lieu dêtre excufez furent
déclarez indignes du feftin
Celefte. Pour moi je fuis
prêt i & félon le devoir de
ma charge, je vous convie
au Nom de Dieu j je vous
apelle de la part de Jéfus-
Çhriftj je vous exhorte par
rintereft de vôtre falut, à
venir participer à cette
Sainte Communion. Car
comme le Fils de Dieu a
bien voulu ofrir fon fàng
& fa vie fur la croix pour
vôtjre falut 5 c'cft votre de-
voir de faire commémora-
participant a fon Sacre-
ment i lelon Tordre que lui
même nous en a donné.
Jugez quelle injure vous
feriez à Dieu, en refufant
de lui obéir ? quels juge-
mens atireroit fur vos têtes
un pareil mépris } & ce
que vous devez atendre du
Seigneur, ^cfque vous vous
abftenez volontairement de
fa fainte table , vous fépa-
rant de vos frères, qui vi-
ennent fe repaitre d'une
nouriture toute Celclte,
dans ce feftin Spirituel?
Si vous confiderez férieufc-
ment toutes ces chofes, vous
ne pouvez manquer avec
le fecours de la grâce de
revenir avons, & de pren-
dre un meilleur parti : Ce
que nous fouhaitons de
tout nôtre cœur, & que
nous demanderons pour
vous à Dieu, par nos prières
continuelles.
Lors de la Célébration de
la Sainte Cène le Trètre
fera cette Exhortation,
M
qui
ES très chers frères
en nôtre Seigneur,^
avez dclfcin de venir
P 4 *
il 5
à la Sainte Commiuiion du
Corps & du Sang de nôtre
Sauveur i il faut que vous
confideriez bien ce que
Saint Paul écrit aux Co-
rinthiens: comment il ex-
horte chacun de s'exami-
jier, 6c de s'éprouver foig-
neufement foi-même, avant
que de manger de ce pain,
& de boire de cette coupe.
Car comme le bien qui
nous en revient eft grand 5
îî avec un cœur vraiment
repentant, & avec une foi
vive, nous recevons ce
Saint Sacrement ; parce
qu'alors nous mangeons
fpirituellement la chair de
yéfus-Chriil, & que nous
beuvons fon fang, qu alors
nous habitons en Jéfus-
Chrifl:, & Jéfus-Chrift en
nous 5 nous fommes un a
vec Jéfus-Chrift, & Jéfus
Chrift eft un avec nous :
Auflî le danger eft grand, fi
nous le recevons indigne-
ment : car alors nous fom-
rncs coupables du Corps, &
du Sang de Jéilis Chrift
nôtre Sauveur ^ nous man-
geons, ôc nous beuvons nô-
tre propre jugcnientj ne
difçernanr point le Corps
du Sciraeur 5 nous alu-
L A C M M U H I O ÎC.
mons la colère de Diea
contre nous 5 nous le pro-
voquons à nous châtier de
diverfes maladies, & de
plufieurs diferentes efpèces
de mort,
C'cft pourquoi, mes Frè-
res, jugez vous vous-mê-
mes 5 afin que vous ne foiez
point jugez du Seigneur :
Repentez - vous férieufe-
ment de vos fautes paftees^
Aiez une ferme, & vive foi
en Jéfus-Chrift nôtre Sau-
veur : Amendez vous $ &
aiez une parfaite charité
pour tous les hommes. Par
ce moien vous ferez dig-
nes de participer à ces
Saints Miftères. Sur toutes
chofes, il faut que de tout
vôtre cœur vous rendiez
de très humbles adions de
grâces, à Dieu le Père, le
Fils, & le Saint Efprit,
pour la Rédemption du
monde, faite par la paflîon,
& la mort de Jéfus-Chrift
nôtre Sauveur, Dieu &
homme 5 qui Veft humilié
jufques à la mort de la
Croix, pour nous niifera-
bles pécheurs, qui étions
dans les ténèbres, & dans
Tombre de la mort ; afin
le nous élever à la dignité
La Communion.
217
d'enfans de Dieu, & à la
gloire éternelle. Et afin
que nous nous fouvenions
continuellement de l'im-
menfe charité de Jéfus-
Chrift, notre Sauveur mou-
rant ainfi pour nous, & des
biens infinis qu'il nous a
aquis par réfufion de fon
fang précieux, il a inftitué
ôc ordonné ces Saints Mif-
tères, qui font les gages
de fon amour, & les mo-
numcns perpétuels de fa
mort, à nôtre grande &c é-
ternelle confolation. A lui
donc avec le Père, ôc le
Saint Efprit, rendons de
continuelles adions de içra-
ces, comme nous y fpmmes
obligez 5 en nous founiet-
tant entièrement à fa fain-
te volonté, & en nous ef-
forçant de le fervir en juf-
tice, & ei> vraie fainteté,
tous les jours de nôtre vie.
Amen,
Alors le Prêtre dira à ceux qui
^viennent recevoir la Sainte
Cène.
'^ TOus tous, qui êtes tou-
Y che25 dune véritable
& férieufe Repentance de
vos péchez $ qui avez la
ÇUayit^ que vous devers f-
voir pour vôtre prochain $
& qui êtes réfolus de me-
ner une vie nouvelle, en
vous conformant aux com-
mandemens de Dieu, & en
cheminant à Tavenir dans
fes faintes voies : Aprochez
avec foi 5 venez recevoir
ce Saint Sacrement à vôtre
confolation : 6c faites vôtre
confeffion 4 Dieu s vous
tenant humblement à ge-
noux.
Alors fe fera cette Confejjton genS^
raky au Nom de tous ceux qui
ont deffein de participer à la
Sainte Cène, par un des Mi^
niflres : tant lui que le peuplç
fe mettant humblement à ge^
nouXy & difant -,
Dieu Tout-puiffant, Pè-
re de nôtre Seigneur
Jéfus-Chrift, qui es le Créa-
teur dç toutes chofes, & le
Juge de tous les hommes 5
nous reconnoiiïbns, & nous
déplorons la multitude de
nos péchez, ôc des iniqui-
tez que nous avons en tout
tems malheureufement corn-
mifes contre ta Sainte Ma-
jefté, par nos penféesj pat
nos paroles i & par nos
adions : provoquant très-
juftewen| ta colère, &toa
2 1 s La C o M
indignation contre nous :
nous fommcz touchez d une
férieufe repentance 5 6c nous
géniiffons dans nos cœurs^
pour ces péchez que nous
avons commis : le fouvcnir
BOUS en eft douloureux, ôc
afligeant i & la charge in -
fuportable: Aie pitié de
nous 5 aie pitié de nous, 6
père très-niifericordieux ;
pour Tamour de Jéfus Chrift
ton Fils nôtre Seigneur.
Pardonne nous tout le paffé:
& fai par ta grâce que nous
te foions agréables à Tave-
nir, en menant une vie
toute nouvelle, à Thonneur
& à la gloire de ton faint
Nom j par jéfus Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
Après ceïit le Prêtre (ou l'Evêque
sUl eft préfent) fe tenant de-
bout^ & fe toîirnam vers le
feupk, prononcera cette al^fo-
lution,
LE Dieu Tout-puiffant,
nôtre Père celefte, qui
par fa grande mifericorde,
a promis la remiffion des
péchez à tous ceux qui fe
convcrtiffent à lui avec une
véritable foi, & une fé-
rieufe repentance, veuille
avoir pitié de VOÎ4S5 vous
M U N I O N.
pardonner tous vos péchez,
& vous en délivrer; vous
foûtenir, & vous affermir
en tout bien 5 & vous con-
duire à la vie éternelle;
par jéfus Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
Après le Prêtre dira;
Ecoutez les paroles de con-
folation, que Jéfus Chrift
propofe à tous ceux qui
fe convertiifçnt à lui, fans
feinte,
VEnez à moi vous tous
qui êtes travaillez, &
chargez ; & je vous foulage-
rai. Matth. II. 28.
Dieu a tant aimé le mona-
de, qu il a donné fon Fils
Unique ; afinque quiconque
croit en lui ne périfle point :
mais qu il ait la vie éter-
nelle. Jean 3.16.
Ecoutez auffi ce que dit
Saint Paul.
Cette parole eft certaine,
& digne d'être entièrement
reçue, que Jéfus Chrift eft
venu au monde pour fau-
ver les pécheurs, i . Tim.
I. 15.
Ecoutez encore ce que
'dit Saint Jean,
i Si
La Communion,
Si quelquun a pcché,
nous avons un Avocat en-
vers le Père, lavoir, jcfus
Clirifl: le jufte : car c'cfi lui,
qui eft la propitiation pour
nos péchez, i, Jean^ 2.
219
Icifuîvra la Préface propre félon
le teins y s^ il y en a ; Jtnon^ alors
fuivra immédiatement^
2.
te Prêtre commuera^ difant;
Elevez vos cœurs en
haut.
Rêponfe,
Nous les élevons au Sei-
gneur.
Le Trêîre.
Rendons grâces au Sei-
gneur, nôtre Dieu.
Réponfe.
Il eft raiibnnable, 6c il
eft jufte que nous lui ren-
dions sraccs.
c
Eft pourquoi avec les
Anges & les Archan-
ges, & avec toute rarméc
des Cieux, nous louons
& nous magnifions ton
Nom glorieux j t'exaltant
continuellement, ôcdifant;
Saint, Saint, Saint, Seig-
neur Dieu des armées : les
Cicux 6c la terre font rem-
plis de ta gloire. A toi
(bit gloire, ô Dieu très-haut.
Amen.
Préfaces Propres,
Alors le Prêtre fe tournant 'vers
la 'tahk du Seigneur y dira ;
I
L eft très-raifonnablc, il
_^ eft très-jufte, èc il eft
de nôtre devoir, qu en tout
tems, 6c en tous lieux,
jious te rendions grâces,
• Ces mots (y Seigneur, *
^loîvmt ^T2 Père Saint, Dieu
omisleBîmctn- ToUt-puiftaUt, 6C
check U Tri- £^^^-^^^1.
Au jour de Noéi, ér aux
fept jours fuivans.
PArce que tu as donné
jéftis Chrift ton Fils
Unique; lequel dans un
tems pareil à celui-ci, na-
quit pour nousi après a-
voir été conçu par Topera-
tion du Saint Efprit, 6c
fait vrai homme, de la
fubftance de la Vierge
Marie fa Mèrç, ôc étant
fans tache de péché ; afin
qu'il nous purifiât de tout
péché ^
La Communion.
2ZO
péchés Ccft pourquoi, a-
vec les Anges, &c.
Aujoîir de Pâque, & aux
ftpt jours fiiivans.
Ali jour de la Pentecôte,
& aux fcpt jours fîùvans.
P\r jifus Chrift nôtre
Sehmeur ,
_ lequel a-
Ais principalement 'cîmpUiTant fidèlement fa
promefle, dans un tems pa-
reil à celui-ci, envoia le
Saint Efprit avec un bruit,
comme d'un vent impér
tueux, en forme de langues
k feu, qui fe pofcrent fur
j\(£ nous fommes obli
gez de te louer pour la Rc-
furreâion glorieufc de jé-
fus Chrift "ton Fils, nôtre
Seigneur. Car c cft lui qui
eftle véritable Agneau de
Pâque, qui a été ofert pour | les Apôtres j pour les inC
nous 5 & qui a ôté le péché
du monde : qui par fa mort
a. détruit la m:>rt; & par
fa Kélurredion nous a
donné la vie éternelle :
C'eft pourquoi avec les
Anges, O'c.
Au jour de TAfcenfion, &
aux fept jours fuiv ans,
P:\r ton Fils bien-aimé
Jéfus Chrift nôtre Sei-
gneur, qui après fa glorieufe
Réfurrection eft apparu à
fes Apôtres ; & eft monté
aux Cicux en leur préfei^ce,
pour nous y préparer place 5
afin que là où il eft, nous
foions auflî, pour régner a-
vec lui en gloire: Ccft pour-
quoi avec les Anges, Cy r-
truire, & pour les conduire
en toute vérité ; leur don-
nant le don des langues,
avec la hardicft'c & le zèle
qui éjtoiçnt néceffaires pour
prêcher çonftamment à
toutes nations l'Evangile j
par lequel nous avons paflc
de l'ignorance ôç de Terreur,
au Roiaume de fa merveil-
leufe lumière: C'eft pour-
quoi avec les Anges, &c.
En ta Fête de la Trinité,
fçttlement.
L cft très-raifonnable, il
eft très-jufte, & il eft de
nôtre devoir, qu'en tout
tems, & en tous lieux, nous
te rendions grâces, ô Sei-
gneur Dieu Tout-puiffant
■ ^
r
La
& Eternel, qui es un feul
Dieu, un feul Seigneur 5 non
pas une feule perfonne : mais
trois pcrfonnes en une feule
Effence. Car ce que nous
créions de la gloire du Pè-
re, nous le croionsauflî du
Fils & du Saint Efprit fans
aucune diference, ou iné-
galité : C'eft pourquoi a-
vec les Anges, d^r.
u4près chacune def quelle s Préfa-
ces, fera chanté, ou dit im-
médiatemem.
C'Eft pourquoi avec les
Anges & les Archan-
ges, & toute Tarmée des
Communion.^ 221
c'e ta Sainte Table, ennous^
conliant en notre propre
juftice i mais en la multi-
tude de tes grandes corn-
pallions. Nous ne fommes
pas dignes de recueillir les
miettes qui tombent de ta
Table. Mais Seigneur, tu
es toujours le même, &tu
as ceci de propre, d'être tou-
jours enclin à mifericorde.
Fai nous donc la grâce, 6
Dieu très - mifericordieux,
que nous mangions telle-
ment la chair de ton Fils Jé-
fus Chrift, & que nous beu-
vions tellement fon
que nos corps &
5V0, v^ LWLiLv. x^xx..^^^.^^ ^ ^^^ remplis de
Cieux, nous louons &nous , / r • •/
fang,
nos
magnifions ton Nom glo- P^^^c, foient purifiez par
^ - ion corps & par Ion langi
& que nous demeurions
rieux j t'exaltant contuiuel-
lement, & difant; Saint,
Saint, Saint, Seigneur Dieu
des armées: les Cieux & la
Terre font remplis de ta
gloire. A toi ioit gloire,
6 Dieu très-haut. Amen,
Alors le Mtmfïve étant à gencux
auprès de la Trahie du Seigneur^
dira la Prière fuivame ; au
mm de tous ceux qui dvivei.t
recevoir la Sainte Cène.
N
)us ne préfumon:
point;
o mifcricor
dieux Seigneur;, d'aprocher
toujours en lui, ôc lui en
nous. Amen,
Alors le Miniflre fe tenant de^
bout à la Tahle^ en forte quil
puijfe d'autant plus aifément,
& avec d'autant plus de bien-
féance^ rompre le pain devant
le peuple^ & prendre la coupe
entre fes main s ^ il dira la
P, ihe de la Confécration, en la
maràhe qui fuit.
Icu Tout-puiffant &
Père celefte, qui dans
tes grandes compaffions, as
livré ton Fils Unique ]éfus
Chrift
D
2ZZ La Com
Clirift nôtre Seigneur, à la
mort de la Croix pour nô-
tre Rédemption j lequel
s étant une fois ofert foi
même, fa préfenté une o-
blation pure; un facrificc
parfait ; une fatisfadion
fufifante pour les péchez de
tout le monde 5 & a infti-
tué & commandé dans fon
Saint Evangile, la com-
mémoration perpétuelle de
fa mort précieufe, jufques
a ce quil vienne: Ecoute
nos Prières, ô Père de
mifericorde 5 & nous fai
la grâce, que recevant ces
tiennes créatures de pain &
de vin, félon la fainte inf-
titution de Jéfus Ciirift ton
lils nôtre Sauveur, en
commémoration de fa Mort
& de fa Paflîon, nous puif-
lîons être faits participans de
fon Corps & de fon Sang pré-
cieux : lequel en la même
. . ., ^ , nuitqu il fut livré
tre prendra U (l) pnt du pam,
Tatïne^ entre & aiaut rcudu
Ces mains. , . ,
{i)iciiirom^ grâces, (2) le
pa, le pain, rOmpit j & dit 5
Prenez 5 man-
ii) Ici il met- gez- (3) ceci eft
ira fa main fur ^ ' ^
tout le pain. ^OU Corps qui
eft rompu pour
vousi faites ceci en mé-
M u N I G ^r.
moire de moi. !PareîlIc-
ment auiîî, après le fouper^
* il prit la Coupe 5
Q • ^ j -^ Ici il pren^
& aiant rendu 4,^ u coupe
grâces, il la leur e^fa main.
donna j difant 5 . . .,
^ f Ici il met'
BcuVeZ-en tous : tra la main
t Car ceci eft mon >'' chaciue
fang;lefansduS\r
Nouveau Tefta- vUcon^okii y
ment, lequel eft l/"^»?"?''
, ' A être confacre.
répandu pour
vous, & pour plufieurs, en
remiffion des péchez 5 faites
ceci, toutes les fois que
vous en boirez, en mémoire
de moi.
Alors le Minîflre recevra le pre-
mier la Communion fous les
deux efpeces : puis la donnera
de même aux Evt-ques, Prê^
très & Diacres, (s'il y en a
de préfens :) Après, il la don^
nera atîjjt far ordre en la main
au peuple, chacun étant humble»
ment à genoux. Et en don-
nant le pain à chacun, il
dira ;
LE Corps de nôtre Seig-
neur jéius Chrift, qui
a été donne pour toi, garde
ton corps & ton ame pour
la vie éternelle : pren, &
mange ceci en mémoire que
Jéius Chrift eft mort pour
toiî
La Communion
toî ; & te rcpai de lui dans
223
ton cœur par la foi 5 avec
adions de grâces.
Et le Miniftre qui donnera la
Coupe à chacun, dira ;
E Sang de nôtre Sei-
T
I i gneur Jéfus Chrift,
qui a été répandu pour toi,
garde ton corps & ton anie
pour la vie éternelle : boi
ceci, en mémoire que le
Sang de Jéfus Chriil a été
répandu pour toi; & lui
en rend grâces.
Si ce quil y a eu de pain & de
vin confacré eft tout confommé
avant que toui aient C m-
munie; le Prêtre en doit con-
facrer davantage en lu manière
ci" devant prejcrîte : commen-
çant par ces mots, Chrift
nôtre Sauveur en la même
nuit qu'il fut, &c. pour bénir
le pain : & par ceux-ci, Pa- j
reillement auffi ap'ès le
foiiper, 6fc. pour bénir la
coupe.
Quand tous auront Communié^ le
Miniflre retournera à la 'Table
Alors le Prêtre dira POraifon
Dominicale, le Peuple repe^
tant chaque demande après
lui.
N
du Seigneur ; & y pofera avec q^^ nOUS te préfcntons
Otre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fandiiié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofenfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez.
Et ne nous indui point en
tentation: mais délivre-nous
du malin. Car à toi eft
le règne, la puiifance, & la
gloire, aux fiécles des fié-
clés. Amen,
Apres fera dit ce qui fuît ^
O Seigneur & Père Ce*
lefte, nous tes hum-
bics fcrviteurs , fuplions
très - inftamment ta bonté
paternelle, quil te plaifc
d'accepter par ta miferi-
corde, ce facrifice de louan-
ges & d'adions de grâces,
te
refpeEî ce qui refle dus Elemens
confacrez, ^ les couvrant d'un
linge blanc
priant très-humblement de
nous acorder, que par le
m.érite de la mort de ton.
Fils Jéfus-Chrift, & par la
foi
224 Là Côm
foi en fon fang. nous &
toute ton Eglife obtenions
la rcmiflion de nos péchez,
avec tous les autres fruits
de fa PaiTion. Et mainte-
nant, ô Seigneur, nous te
préfcntons nos corps & nos
âmes, nos perfonnes, & tout
ce qui eft en nous, en fa-
crifice faint, vivant, & rai-
fonnable : te fupliant très-
humblement, que nous tous
qui avons été faits partici-
pans de cette Sainte Com-
munion, foions remplis de
ta grâce, & de ta bénédic-
tion celefte. Et quoi que
nous foions indignes à cau-
fe de la multitude de nos
péchez, de tofFrir aucun
facrifice 5 néanmoins nous
te prions d'accepter ce de-
voir, & ce fcrvice que nous
te rendons 5 n'aiant point
égard à ce que nous avons
mérité i mais nous pardon-
nant nos ofenfes par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur ^ par
lequel & avec lequel, en
J'unité du Saint Efprit, te
foit rendu, ô Père Tout-
puilTant, tout honneur, &
toute gloire, aux fiécles des
fiécles. Amen.
M U N I O iï'r
Ou ceci.
Dieu Eternel & Toute
puiffant, nous te ren-
dons grâces de tout nôtre
cœur, de ce qu'il t'a plu
de nous nourrir fpirituelle-
mcnt du Corps <5c du Sang
précieux de ton Fils Jéfus-
Chrift nôtre Sauveur, nous
qui avons duëment participé
à ces Saints M iftèresj nous
te remercions des affuran-
ces que tu nous y donnes
de ta faveur 5 & de ce que
nous fommes faits vrais
membres de ton Corps
miftique, qui eft la Société
bien-heureufe de tous les
fidèles, étant faits avec eux
\z^ héritiers de ton Roiaume
éternel, par le mérite de
la précicufe Mort de ton
Fils bien-aimé. Et nous te
fuplions, ô Père Celefte,
qu'il te plaife de nous afllftcr
tellement de ta grâce, que
nous pcrfévérions dans cette
fainte Communion i &que
nous faflîons les bonnes
œuvres que tu as préparées ;
afin que n,ous y die m ini-
ons, par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur j auquel avec toi,
& avec le Saint Efprit, loit
tout honneur & toute gioi-
I re,
La Commun io^r.
re, aux fiécles des fiécles. ^
^^
Jlmen.
Alors fera dit ou chanté,
G Loire foit à Dieu aux
lieux très-hauts, en
terre paix, envers les hom-
mes bonne volonté. Nous
te louons, nous te benif-
fons, nous t'adorons, nous
te glorifions, nous te ren-
dons grâces pour ta grande
gloire, ô Seigneur Dieu,
Roi des Cieux, Dieu le
Père Tout-puiffant.
O Seigneur, Fils Unique
Jéfus-Chrift, ô Seigneur
Dieu , Agneau de Dieu ,
Fils du Père, qui ôtes les
péchez du monde, aie pitié
de nous: Toi qui ôtes les
péchez du monde, aie pitié
de nous : Toi qui ôtes les
péchez du monde, reçoi
nos prières. Toi qui te fieds
à la droite du Père, aie pitié
de nous.
Car tu es feul Saint ; tu
es feul Seigneur 5 tu es feul,
ô Chrift, avec le Saint Ef-
prit, très-haut en la gloire
de Dieu le Père. Amen,
Ahirs h P4tre {ou l'Eveque s'il
e(i P éfeat ) aoiihe> a Lut,gé aii
Peuple avec cène bénédithon,
LA Paix de Dieu, la*
quelle lurpaûe tout
entendement, garde vos
cœurs & vos fens en la
connoiffance, & en famout
de Dieu, & de fon Fils Jé-
fus-Chrift, ^ nôtre Seigneur..
Et la bénédiaion de Dieu
Tout-puiffant, le Père, le
Fils, & le Saint Efprit, foit
avec vous tous 5 & y de-
meure éternellement. ^.
men.
Coîlepes quife doivent dire après
l'Ofertoire^ quand il ny a
point de Communion ,• une ots
fltifieurs, chaque jour • on les
peut auffî dire toutes les fois
qu il y en aura ocafiun^ après
les Col^eEles dei Prières dis
Matin ou du Svi^ ; de la Com-'
munion • ou de la Litanie • à
la difyetion du Miniflre.
EXauce en ta mifcricor-
de, ô Seigneur, les
prières & les fuplications,
que nous te préfcntons 5 &:
difpofe tellement nos voies
pour Taquifition du falut
éternel, que parmi toutes
les viciflitudes & tous les
accidens de cette vie mor-
QL telle.
226
relie, nous
La
trouvions tou-
jours en toi un prompt fe-
cours, & une favorable pro-
tedion $ par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
Dieu éternel & Tout
puiffant, nous te fu-
plions quil te plaife de
landifier, de conduire, &
de gouverner nos corps &
nos âmes, dans les fentiers
de ta Loi, & dans lobé-
ïffance à tes Commande-
mens 5 afinque par ta puif-
fante Protedion nous foi-
ons préfcrvez à jamais en
corps & en ame h par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur &
Sauveur. Amen.
Communion.
PRévien nous, Seigneur,
dans toutes nos adions
par ta faveur & par ta grâce,
& nous y acompagne de
ton fecours continuel 5 afin
qu'en toutes les œuvres que
nous aurons commencées,
continuées, & achevées en
toi, nous puiffions glori-
fier ton Saint Nom 3 &
parvenir enfin à la vie éter-
nelle par tamifcricordcjen
Jéfus-Chrift nôtre Seigneur.
FAI nous la grâce, ô
Dieu Tout - puiflant,
<^ue les paroles que nous
avons aujourd'hui ouïes de
nos oreilles extérieures, foi-
rent tellement gravées in-
térieurement dans nos
cœurs, quelles produifent
en nous les fruits d'une
bonne ôc fainte vie, à l'hon-
neur & à la gloire de ton
Saint Nom > par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men*
Amen,
Dieu Tout-puifTant, qui
es la fource de toute
fagelle, qui connois ce dont
nous avons befoin avant
que nous le demandions,
& quelle eft nôtre ignorance
à demander > nous te fu-
plions d'avoir compaflîon
de nos infirmitezs & qu'il
te plailé de nous acorder
les choies que nous n'ofons
demander à caufc de nôtre
indignité 5 ôc que nous ne
pouvons demander à caufe
de nôtre aveuglement.
Exauce nous pour l'amour
de ton Fils jéfus Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
Dieu
La Communion.
D
227
leu Tout-puiiTant, qui/»')' en a quatre, ou trois du>
as promis dexauccr
les Prières de ceux qui t'in-
voquent au Nom de ton
Fils i nous te fuplions de
recevoir favorablement les
Prières & les Suplications,
que nous venons de te pré-
fenter 5 & fai nous la grâce
que tout ce que nous avons
demandé avec foi, félon
ta fainte volonté, nous le
puiflions obtenir, pour le
foulagement de nosnéccflî-
tez, & pour Tavancement
de ta gloire 5 par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen,
Aux Dimanches & aux jours
de Fêtes (s'il ny a point de
Communion) fera dit tout ce qui
fe doit dire à la Cène, jufques à
la fin de la Prière générale, pour
le bien & la profpériré de
TEglife Univerfelle de Jéfus
Chrift, avec une ou plupeurs de
ces dernières ColleBes^ concluant
par la Bènédicîion.
Et Pon ne célébrera point la
Cène du Seigneur, s'il ny a un
nombre convenable de perfonnes
pour Communier avec le Prêtre ;
de quoi il jugera félon fa pru-
dente.
Et quand il ny auroit
toute la Paroijfe que vingt per^
fonnes en âge de difcretion pour
pouvoir Communier : il ny aura
toutefois point de Communion, s'il
moins qui Communient avec le
Prêtre.
Quant aux Eghfes CatédraJes
& Colégiales, où il y a plufieurs
Prêtres & Diacres, ils feront la
Cène tous enfemble avec le Prhre^
tous les Dimanches pour le moins ^
fi ce nefl qu'ils aient jufle rafoit
d'en ufcr autrement»
Et pour oter toute ocafton de
débat & de fuperftition, que i\a
pourïoit avoir touchant le Pain
& le Vin ; il fufira que le Puia
foit comme celui que l'on mayige
ordinairement, pourvu qu'il fit
du meilleur Pain de Froînent qui
fe puiffe commodément trouver.
Que s'il y a de refte du Pain
& du Vin qui n'ait point été
confacré, le Miniftre en dijpofera.
comme du jien : Qtie s il en refte
de ce qui a été confacré, on ne
l'emportera point hors de l'Eglife ;
mais le Prêtre & ceux des Corn-
munians qu'il apellera alors, le
mangeront & le boiront avec
refpecly & gravité immédiaîe?nent.
après la bénéJitlion,
Le Miniftre & les Curateurs
de rEgliJe^ feront provifion de
Pain (7 de Vin pour la Qne^aux
dépens de la Paroijfe.
Et remarquez^ que chaque Pa^
roifp.en Cimmumera peur le mains
trois fois f année, dont Vtuie fera
en\à Pâque. Fj tous les ans à
Pâque, chaque Paroi ffien contera
avec le Relieur, avec le Vicaire,
eu avec le Suhftitut^ ou avec
celui ou ceux qui feront far eux
O 2 commis.
22S La Com
commit s ^ & ils leur paieront à Iw
ou à eux^ t(î4s le) d^vns Ecc^éfl
afiiques qui fm dus dX païuuh
en ce tsms-là^ fdon la co' twne
Apr 's que le Sevoice Divin
fe'a fait, l'on .Jif'ife a de l\i gent
tienne à t'Ofenoi^e, pour tel
uface^ pieux & iha> itables que
ie Mi ni fie Û les Curateurs de
fEglfe trouver' ïi' à Oropvs E^
en y .. de d'jéi end^ Von en dif^o
Je' a félon quil plaira à P Ordi-
naire d\n ordonner.
Sur ce qu'en cet Ofice de
l'adminiftracion de la Cène du
Seiç^neur, il eft ordonné que
les Communians la recevront
à et'noux ; lequel ordre eft éta-
bli à bonne intention, fa voir,
tant pour fignifierpar là nôtre
gratitude & nôtre humble rc-
connoiflance des bénéfices de
Jéfus Chrift, qui y font donnez
à tous ceux qui communient
dignement, que pour éviter
la prophanation & le defor-
dre, qui autrement pourroient
s'en enfuivre en i'adminiftra
M IT N I O N.
tion de la Sainte Cène. Ce«
pend nt de peur que cette
génuflexion ne toit mal inter-
piérée & tournée en abus, foie
par ignt rance & infirmité,
r^it par malice & opiniacrcvé;
l'on dé lare ici, que par là on
n'a point intention de cé'érer
aucune adoration au Pain, ou
au Vtn du Ssciement, qui
font la reçus corporellement 5
ou a aucune piéfence corpo-
relle de la chair naturelle ou
du Sa g de Jéfus Chrifl- : Car
le Pain & le Vin du Sacrement
demciiient toujours dans leur
vraie & natuielle fubOance ;
C'eli pi urquoi ils ne doivent
point été adoiez. (Car ce
feioic une Idobtrie, pour la-
quelle tous les fidèles Chréti-
ens doivent avoir de i'norrear.)
Et le Corps naturel, & le Sang
de Jéfus Chrift nôtre Sauveur
font au Ciel, & non ici; puis
que c'eft une chofe contraire
à la vérité du Corps naturel
de Jéfus Chrift, que d'être en
plus d^un lieu à la fois.
UA
Le Bateme des Enfans enPublic. 229
^»M
L'A DMINISTRATION
DU BATEME
Des Enfans en Public dans l'Eglise.
Jl faut avertir le peuple, qutl
Je o.t t,èi convenable qut le
BaJme ne fut admtmflr ' que
les Dimanihes^ & Us jours de
Fete^ lors que le peuple fe trouve
en plus grand numh.e -^ tant a-
■ fin que TAfe^^blée qui efl là
piefer,te, pU'jfe rendre témoi-
gnage de la réception des mu
%'eaux Bâifez. dans l^Eglfe
de Dieu ; que parce quau Ba-
- terne des Enfant^ chaque per-
fcrnàe qui s*y trouve _ fe pe'.t
fouvenir par là, de la pr'fef
fi:n particulière^ quil a faite
lui même devant Dieu dans
fin Bateme: pour laquelle rai-
fin, il eft aujji nêceffaive que le
Bateme foit admin.flré en lan-
gue vulgaire : Néanmoins s'il
y a néceffité, en pourra bâtifer
les Enfans quelqu autre jour
que ce fit.
Et remarquez, qiiil y aura detix
Parrains, & une Marraine
four un Enfant mâle -, & pour
chaque fille un Parrain^<& deux
Marraines,
Q^iand il y aura des enfans à ha^
tfet, les Pères & ki MleS
en donneront avis au Nsinift. e
le fir auparavant ■■, ou au ma^
trn de b nne heure, avant les
prit' es du matin. Puis les
Parrains & les Marraines, &
le peuple fe rendront a:.pres des
Fonts avec les Erfans, immé"
diarement après la de'-nié e Le*
çon des prie es du ma'in O du
fuir, co?nme le Muiifhe faurci
ordnné félon fa prudence: iX
le Prêtre fe vendant auprès des
Font s ^ {qui feront alors remplis
£eau pure) & s^y tenant de-*
bout, dira ;
Cet Enfant a-t-il déjà été
bâtiié, ou non l
S* ils répondent que Non : Alors le
Prêtre continima en la mani^
è\e qui fuit.
ME S très-chers Frcres,
pais - que tous les
hommes font conçus 6c nez
l 0.3 eu
230 Le Bateme DES Encans ENPuBLiCi
en péché ;^ & que nôtre Ijordain, as fanaifîé Teau
Sauveur J éfus Chrift dit 5 ! pour Tablution miftique du
que nul ne peut entrer au péché : Nous te fuplionsde
Roiaume de Dieu, s'il n'eft regarder cet enfant dans tes
compaffions infinies 5 le la-
vant, & le fandlifiant par
ton Saint Efprit 5 afin qu é-
tant délivré de ton ire, il
foit reçu dans TArche de
rEglife Chrétienne: & qu'é.
tant affermi dans la foi,
joieux en efpérance, & en^
racine en charité, il paffe
tellement les ondes ora-
geufts de ce monde, qu il
arrive enfin au port de la
vie éternelle 5 pour y rég-
ner avec toi, aux flécles
desfiécles5 par Jéfus Chrift
nôtre Seigneur, ^men,
régénéré, & né de nouveau
d'eau & du Saint Efprit: ]e
vous exhorte de demander
à Dieu le l^ère par nôtre
Seigneur Jéfus Chrift, qu'il
lui plaife dans fa bonté &
fa mifericorde infinie, de
donner à cet enfant, ce
qu'il ne peut avoir de fa
nature; c'eil qu'étant bâ-
tifé d'eau & du Saint Ef-
prit, il foit reçu dans l'E-
gUfe Clirêtienne, & qu'il
en devienne pu véritable
membre
Alors le Trètre dira
Prions DIEU.
Jeu Tout-puiiTant
J|_^ Eternel, qui par
grande mifericorde as fui
vé Noé & fa famille, dans
TArche d'entre ceux qui
périrent par le Déhige, &
qui as sûrement conduit les
enfans dliraël ton Peuple
au travers de la mer rouge,
figurant par cela le Saint
Batêmci & qui par le Ba-
tcme de ton Fi's bicn-aimé
Jéfus Chrifl, au fleuve à\\
Dieu Tout-puiffant &
Immortel, qui es
l'aide de ceux qui font dans
la néceflîté, le refuge de
ceux qui ont recours à toi,
la vie des croians, & la ré-
furredion des morts 5 Nous
te prions pour cet enfant,
afin que venant à ton fàint
Batême, il obtienne la re-
miffion de {z% péchez, par
la régénération fpirituelle.
Reçoi-îe,ô Seigneur,comme
tu as promis, par ton Fils
bien-aimé, difantj Deman-
dez
Le Bateme des Enfans en Public.
231
dez, ôc il vous fera donné j
cherchez, & vous trouve-
rez 5 heurtez, & il vous fera
ouvert. Donne-nous donc
maintenant, puis que nous
demandons i fai que nous
trouvions, puis -que nous
cherchons i & nous ouvre
la porte, puis -que nous
heurtons : afin que cet en-
fant jouïffe de la bénédic-
tion éternelle de ton abki-
tion celefte; ôc quil par-
vienne à ton Roiaume éter-
nel que tu nous as promis;
par Jéfus Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
Puis le Peuple fe lèvera, & le
Prêtre dira ;
Ecoutez les paroles de l'E-
vangile félon Saint Marc,
au dixième chapitre, au
verfet 1 3 .
IL arriva un jour quon
préfenta de petits en-
fans à Jéfus Chrift, afin
qu'il les touchât : mais les
Diiciples reprenoient ceux
qui les préfcntoient. Et jé-
fus voiant cela, en fut in-
digné, & il leur dit; Lailfez
venir à moi les petits enfans,
& ne les empêchez point :
Car à tels eft le Roiaume
de Dieu. En vérité je vous
dis; que quiconque ne re-
cevra, comme un petit en-
fant, le Roiaume de Dieu,
il n'y entrera point. Après
les avoir donc pris entre
Ces bras, il les bénit, en po-
fant les mains fur eux.
Apres la LeElure de r Evangile Je
Miniftre fera cette courte e%^
hortativti, fur les paroles de
l'Evangile,
Blen-aimez, vous en-
tendez da«s cet E-
vangile, les paroles de nô-
tre Seigneur Jéfus Chrift,
qu'il commandoit qu on lui
amenât les petits enfans i
qu'il reprenoit ceux qui les
vouloicnt empêcher de ve-
nir a lui i & qu'il exhorte
toutes fortes de perfonnes
a imiter leur innocence.
Vous connoiffez aufli par
fon adion extérieure, com-
ment il déclara fa bonne
volonté envers eux : car il
les prit entre fes brasj il
Icm* impofa les mains i &: il
les bénit. Ne doutez donc
point ; mais croiez bien
certainement qu'auflî il re-
cevra favorablement ce pe-
tit enfant ici préfent ; qu il
l'embrailera des bras de fa
mifcricordc 3 qu'il lui don-
0^4 nera
232 Le Bat eme des
nera la bénédiftion de la
vie éternelle : ôc qu'il le
fera participant de (on Roi-
aume éternel. C'eft pour-
quoi, ctant ainfi perfuadez
de la bonne volonté de
nôtre Père Celcfte envers
cet enfant, laquelle il a dé-
clarée par ion Fiis Jéfus
Chrift, & ne doutant nulle-
ment qu'il n'aprouve Toeu-
vre de charité que nous fai-
fons eu aporiant cet enfant
à Ion facré Batcme, ren-
dons lui en grâces avec foi
& avec dévotion, diiant j
Dîeu Tout-puilTant &
Eternel, Père Celefte,
nous te remercions très-
humblement, de ce qu il t'a
plu de nous apeller à la
connoiiTance de ta grâce,
& de nous donner de croire
en toi. Augmente- nous
cette connoiffance 5 ôc con-
firme en nous d jamais cette
foii donne ton Saint E-
fjprit à cet Enfant, afin qull
foit régénéré, & quil foit
fait héritier du falut éternel;
par nôtre Seigneur Jédis
Chrift, qui vit, & règne a-
Vec toi, ôc avec le Saint Ef
prit, maintenant & à jamais.
Amen.
Enfans en Public:
Alors le 'Prêtre parlera aux Par^
rains & aux Marraines en
cette manière.
Bien -aimez vous avez
aporté ici cet enfant
pour être Bâtifé j vous avez
prié qu'il plaife à nôtre Sei-
gneur jéfus Chrift de le re-
cevoir, & de le délivrer de
les péchez 5 de le fanftifier
par fon Saint Efprit, & de
lui donner le Roiaume des
Cieux, & la vie éternelle.
Vous avez auffi entendu,
que nôtre Seigneur ]éfus-
Chriil a promis dans fou
Evangile d'acorder toutes
ces chofes que vous avez de-
mandées : laquelle promeifc
de fa part il gardera & a-
complira très certainement.
C'eft pourquoi après cette
promeife faite par ]éfus-
Chrift, cet enfant doit aullî
de fa part fidèlement pro-
mettre par vous, qui êtes
ks Répondans (j niques à
ce qu'il foit en âge de s'y
obliger lui même) quil
renoncera au Diable & à
toutes fcs œuvres, qu'il croi-
ra conftanment à la lainte
parole de Dieu, & qu il gar-
dera en toute obéidance fes
faints Commandemens.
Je
Le Bâte ME DES Enfans en]?ubî:.ic
Je demande donc 5
Renonces-tu (au Nom de
cet Enfant) au Diable & à
toutes fes oeuvres j à la
vaine pompe, 6c à la vaine
gloire de ce monde, & à
toi'tes fes convoitifes 5 &
aux afedions corrompues
de la chair : tellement que
tu ne les ferviras point, &
que tu ne te laifferas point
gouverner par elles?
Rèponfe.
J'y renonce entièrement.
Le Miniftre,
Crois-tu en Dieu le Père
Tout-puiifant, Créateur du
ciel & de la terre: Et en
Jéfus-Chrift fon Fils Uni-
que nôtre Seigneur ; & qu il
a été conçu du Saint Ef-
prit, qu il eft né de la Vierge
Marie 5 qu il a foufcrt fous
Ponce Pilate^ quil a été
cruciiié i qu il eft mort 5 &
qu il a été enfcveli : qu'il
eft defcendu aux enfers ; &
que le troifiéme jour il eft
reiTufcité des morts : qu il
eft monté aux Cieux 5 qu'il
eft aflis à la droite de Dieu
le Père Tout-puiflant i &
que de là il viendra, à la
fin du monde, pour juger
les vivans & les morts ? Et
crois-tu au Saint Efprit?
233
Crois-tu la Sainte Eglife U-
niverfelle 5 la communion
des Saints 5 la remiflîon des
péchez; la réfurredion de
la chair i & la vie éternel-
le après la mort )
Réponfe,
Je croi tout cela ferme-
ment.
Le Miniftre,
Veux-tu être bâtifé en
cette foi ?
Réponfe.
C'eft ce que je défire.
Le Miniftre.
Veux-tu donc faire la
fainte volonté de Dieu, &
garder en toute obéïflance
fes faints Commandemens^
Et veux-tu y cheminer tous.
les jours de ta vie ?
Réponfe,
Je le veux.
Alors le urètre dira 5
ODieu de mifericorde,
fai que le viel Adam
foit tellement enfeveli dans
cet enfant, que le nouvel
homme foit reflufcité en lui.
Arnen,
Fai que toutes les afec-
tions charnelles meurent
en lui, & que toutes les
chofes qui apartiennent à
l'Efprit, y puiflent vivre ôc
croître. Amen* Donne
2^4 I-E Bateme des Enfans en Public
Donne lui la force, & la
puiffance d obtenir la vi£loi-
re,& de triompher du diable,
du monde, ôc de la chair.
Amen.
Fai que quiconque t'eft
ici dédié par nôtre Minif-
tère, foit auffi rempli de
vertus celeftes, & éternel-
lement recompenfé par ta
tnifericorde, ô Seigneur
Dieu béni, qui vis & qui
gouvernes toutes chofes
aux fiécles des fiécles. Amen.
Dieu Tout-puiflant &
Eternel, dont iePils
bien- aimé Jéfus-Chrift a ré-
pandu du fang, & de Teau
defon côté très précieux,
pour la remiffion de nos
péchez, & a commandé à
les difciples d'aler enfeigner
toutes les nations, les bâ-
tifant au Nom du Père,
Ôc du Fils, & du Saint Ef-
prit 5 reçoi favorablement
les prières de cette affcm-
blée : fandifie cette eau pour
Tablution myftiquc du pé-
ché $ & nous acorde que
cet enfant qui y doit itrc
batifé, reçoive la plénitude
de ta grâce, & qu'il demeure
toujours au nombre de tes
fidèles & chers enfans j par
]érus-Chrift nôtre Seigneur.
^Amen. 3
Alors le Prêtre prendra l'Enfant
entre fes mains ^ & dira aux
Parrains Ù" aux Marraines,
Nommez cet Enfant.
Et alors le nommant après eux
(i'ils afstirent que V enfant le
peut bienfoufrir] il le plongera
dans teau avec prudence &
précaution^ difant;
N. Je te bâtife au Nom du
Père, & du Fils, & du Saint
Efprit. Amen.
Mais s* ils affurem que t Enfant
eflfoible^ tlfufira de lui ver fer
de r eau fur le vifage^ en ufant
des me mes paroles,
N. Je te bâtife au Noit^
du Père, & du Fils, & du
Saint Efprit. Amen.
N
de
Alors le Prêtre dira ;
Ous recevons cet en-
fant en la compagnie
Chrê-
rEghfe
tienne ; * Et nous *^^'' ^^p^^'-
, 1 tre fera le
le marquons du j^^J ,^, ^^
figne de la Croix, crdx furie
pour figniticr qu à f^"^^/j^
Tavenir il naura
point honte de confelTer la
Foi de jéfus-Chrift crucifié :
mais qu'il combatra vail-
lamment fous fon Enfeigne,
contre le péché, le monde.
Le Bateme des Enfans en Public
& le diable 5 & quil fera
conftaiiment fidèle foldat
de Jéfus-Chrift, & le fcrvira
fidèlement, jufques à la fin
de ft vie. Amen.
235
AfYes le Prêtre dirai
Puis le Prêtre dira;
OR maintenant, Frères
bien-aimez, puis-que
cet enfant eft régénéré, &
qu^il eft enté au corps de
TE^life de Jéfus-Chrift, ren-
dons grâces à Dieu pour
ces bienfaits 5 & d'un com-
mun acord prions le Dieu
Tout-puifTant, qu il lui falfe
la grâce que le refte de fa
vie foit conforme à ce
commencement.
Puis on dira y tous étant à
genoux.
NOus te rendons grâces [
de tout nôtre cœur,
Pèretrès-mifericordieux, de
ce qu il t'a plu de régénérer
cet enfant par ton Saint
jEfprit, de le recevoir pour
ton enfant par adoption, ôç
de l'incorporer dans tafainte
Eglife : Et nous te fuplions
humblement de lui faire la
grâce, qu'étant mort au pé-
ché, il vive à la jufticei &
qu'étant enfeveli avec Chrift
en fa mort, il crucifie le
vieil-homme, & anéantifle
tout le corps du péché 5 &
que comme il eft fait par-
ticipant de la mort de ton
Fils, il le foit auffi de fa
réfurredion 5 tellement qu'-
enfin il foit fait héritier de
ton Roiaume éternel avec
le refte de ta Sainte Edifcf
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fandifié. Ton Rème vien- -./^ r-u -n. ^.. c •
r^^ ^r . ^ r ' r ■ P^^* Icfus-Chrift notrc Sei
ne. Ta Volonté foit faite r -^ ^
I <^neur.
en la terre comme au Ciel.P
Amen.
Donne nous aujourd'hui
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofcnfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofcnfez.
Et ne nous indui point
tentation : mais dél
nç^s du malin. Amen
Alors tous s"^ étant levez^, le Prêtre
parlant aux Parrains & aux
MarraineSy leur fera cette £x-
hortation j
: en T)Uis
ivrejj^ pr(
que cet enfant a
promis par vous qui
êtes fes Répondans, de re-
noncer
toute vertu, &
faintctc dévie.
en toute
V
Puis il ajoutera, difant ;
Ous devez avoir foin
'2^6 Le Bateme des Enfans enPublic.
noncer au diable & à toutes ' fufcitions à la iuflice, mof-
fes œuvres, de croire en tifiant continuellement tou-
Dieu & de le fervirj Vous 'tes nos afedions mauvaifes
devez vous fouvenir que c'cft & corrompues, & nous a-
Yotre devoir que cet enfant vançant, de jour en jour en
foit inftruit, auffi tôt qu'il ^- '
€n fera capable, du vœu, de
la promeffc, & de la profef-
lîon folennelle, qu il a fait
ici par vous. Et afin qu'il
puiffe mieux comprendre
ces chofes, vous l'exhorterez
de fréquenter les Sermons :
& fur tout vous aurez foin
de lui faire apprendre le
Symbole des Apôtres; TO-
raifon Dominicale; 6c le^
Dix Commsndemens en
lan^aie vulgaire, avec toutes
les autres chofes qu'un Chré-
tien doit favoir, & qu il doii
croire pour le falut de fon
ame. Vous ferez auffi que
cet enfant foit élevé à la
vertu pour mener une vie
fainte & Chrétienne ; fe
fouvenant toujours que le
Batême nous repréfente nô
tre profeffion, qui eft de
fuivre l'exemple de nôtre
Sauveur Jéfus-Chrift, &de
nous y conformer; afin que
comme jéfus-Chrift eft mort
& reffufcitc pour nous, auffi
nous, qui ibmmes bâtifez,
mourions au péché, 6c ref-
que cet enfant foit
amené à V Evêque, pour
itre confirmé aaffi-totquil
laura dire le Symbole, fO-
raifon Dominicale, 6c les
'3ix Commandemens en
.angue^ vulgaire,- 6c qu'il
aura été pms amplement inf-
truit dans le C.atéchifmedc
TEglife, qui a été publié
pour cet effet.
// efl cevtam Par la payoîe de Dlett^
que les ehjan.\ qui ont éiébatiUi^y
O' qui mèu>ent avar/t que
d'avoir commis de pethé atluel,
font indubitablement fauvez,.
Pour oter tout faupule touchant
l'ifi^e du figue de la Cr ix
au Bateme, Von en pourra voir
la v^aie explication & les jufies
raif.ns^ que Von a eues de le
retenir^ dans le XXX. Camn
qui fut premièrement publié en
Van 1^04,
L'AD-
Le BaTEME DEsEnFANS ENpARTICULIERr 237
VA DMINISTRATION
DU BATEME
Ï)es Enfans, <iyi SE fait en particu-
lier DANS LA MAISON.
Les Mini/ires de chaque Paroijfe
exhorteront fouient le peuple
de ne point diferer le Bâteme
de leurs Enfans, plus long-
temps que le premier vu
deuxième Dimanche après leur
naîjfance^ ou quelque jour de
Fête s il en échet entre deux^
fi ce nefl pour quelque caufe
d'importance^ & raifonnabie
qui aura faprobation dti
Mini/ire,
Et ils les avertiront auffi cit
ne point jaire bânjey leuv
Erijans en particulier âd,ii L.
maifjn fans grande raifon^ Ù
fans néceffi'J. Mais quand i^
y aura né^ ejjité de les y bàtifev ,
en ce ca^ le Ba ê^ne fera ad
minift'é en ce.te mautè e.
Premièrement, q e le Miniftye
de la Paroijje ( ou en f.n
ahfeniC quelq i'autre léguvne
Minifl/e q i fe pourra ttu.-
ver) invoque le Nom de Dieu
avec ceux qui feront là pyè-
fensj qu'il dife l'Oraifon Do-
minicale^ & les CoUecîes qui
fe doivent dire félon la forme
prefcrite pour le Bâteme qui fi
fait en public, autant que le
temps Ù la nêceffité le per-^
mettront. Et alors l'Enfant
étant nommé par quelqu'un
des affflans^ le Miniflre lui
ver fer a de l'eau fur le vijage^
dijant ces paroles.
^,]c te bâtife au Nom du
Père, & du Fils, ôc du
Saint Efprit. Amen.
Puis chacun s' agenouillant^ le
Minîjlie rendra grâces à Dieu^
& dira -
N
JOus te rendons grâces
de tout nôtre cœur,
i trc très mifericordieux, de
cequil t'apiu de régénérer
cet enfcnr par ton Saint
Efprit, de ie recevoir pour
ton Enfant par adoption,
I ôc
238 LeBateme des Enfans en Particulier/
bâtifé cet enfant félon Tor-
dre légitime, ôcprefcritpar
& de Tincorporer dans ta
fainte Eglife: Et nous te
fuplions humblement de lui
faire la grâce qu étant mort
au péché, ilviveàla juftice^
& quêtant enfeveli avec
Chrift en fa mort, il cruci-
fie le vieil-homme, & qu'il
anéantiiTe tout le corps du
péché ; & que comme il eft
iait participant de la mort
de ton Fils, il le foit auffi
de fa réfurredion 5 telle-
ment quenfin il foit fait
héritier de tonRoiaume éter-
nel avec le refte de tes Saints ;
par Jéfus- Chrift ton Fils
nôtre Sauveur. Amen.
Et qt^ils ne doutent point que
r Enfant ainfi bâtifé ne foit lé-
gitimement & fufifamment bà-
tiféy & qui! ne doit point être
rebâtifé : Neantmoins fi V En-
fant ainfi bâtifé furvity il efi
expédient qu'il foit préfenté dans
l^ Eglife ; afin que fî le Mini-
flre même de la Paroiffe a
bâtifé r Enfant, il puiffe af-
fûrer VAffemblée de la 'vraie
Forme du Batême par lui ad-
minifiré en particulier • auquel
cas il diva ainfi •
Je vous déclare & vous
affûrc, qucn préfcnce de
pluficurs témoins, en un tel
temps, & en un tel lieu, j'ai
l'Eglife.
Que fi ? Enfant a été bâtifé pat
quelque autre Miniflre légitime^
le Miniftre de la Paroiffe où
VEnfant eft né, ou de celle où
il a été bâtifé, s'informera fi
l'Enfant a été bâtifé légitime"
ment, ou non : Et en tel cas, fi
ceux qui aportent quelque En-*
fant à l'Eglife, répondent qu'il
a été bâtifé, alors le Miniftre
les examinera encore^ difant;
Par qui a été bâtifé cet
Enfant >
Qui étoit préfent quand
cet enfant a été bâtifé ?
Et parce que l'on peut
avoir omis quelque chofc
effenticUe à ce Sacrement,
foit par crainte, ou par pré-
cipitation, comme il peut
arriver en une telle extré-
mité i Je vous demande de
plus.
Avec quoi a été bâtifé
cet Enfant?
De quelles paroles s'eft-
on fcrvi en le bâtifant?
Que fi le Miniftre trouve par les
réponfes de ceux qui aportent
l^ Enfant, que toutes chofes aient
été faites comme elles le doi-
vent être i alors il ne rehâtifera
point
LeBatemedes Enf an s en Particulier. 239
point f enfant-, mais le recevra
i:omme vrai membre de l'E-
glife Chrétienne, en difant ^
JE VOUS déclare & vous
alTûre, qu'en ce cas
tout a été bien fait, & félon
Tordre requis auBatêmede
cet Enfant : lequel étant né
en péché originel, & fujet
à la colère de Dieu, cft
maintenant, par Tablution
de la régénération au Batê-
me, reçu au nombre dçis
Enfans de Dieu, & des hé-
ritiers de la vie éternelle.
Car nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift ne refufe point fa
grâce & fa mifericorde à
tels petits enfans j au con-
traire il les apelle affedu-
eufement à foi, comme fon
Saint Evangile le témoigne,
à nôtre confolation, en ces
paroles :
UEvANGiLE. S. Marc.
10. 13.
ON préfcnta à Jéfus-
Chrift de petits çnfluis,
atin qu il les touchât : mais
les difciples reprcnoient ceux
qui les préfentoient. Et
Jéfus voiant cela, en fur in-
digné, &: il leur dit; Laif-
fez venir à moi les petits
enfans, & ne les empêchez
point : Car à tels eft le
Roiaume de Dieu. En vé-
rité je vous dis ; Qlic qui-
conque ne recevra, comme
un petit Enfant le Roiaume
de Dieu, il n'y entrera point.
Après les avoir donc pris
entre io^s bras, il les bénit,
en pofant les mains fur eux.
Après la Leïlure de f Evangile^
le Miniflre fera cette courte
Exhortation, fur le^ paroles de
f Evangile,
Bien- aimez, vous enten-
dez dans cet Evangile
les paroles de jéfus-Chrift
nôtre Sauveur, qu'il com-
mandoit quon lui ameuck
les petits enfans : qu'il re-
prenoit ceux qui les vou-
loicnt empêcher de venir à
lui ; & qu'il exhorte toutes
fortes de perfonncs d'imiter
leur innocence. Vous con-
noiffez auffi par fon adion
extérieure, comment il dé-
clara la bonne volonté en-
vers eux : Car ii les prit
entre fcs bras, il leur ini-
pofa les mains, & il les
bénit. Ne doutez donc
point 5 mais créiez bien
cet-
^40 LeBaï'èmë des Enf ans en Particulier.'
certainement, qu il a auflî
reçu favorablement ce petit
cnfont ici préfcnt, qu'il Ta
reçu entre les bras de fa
mifericordc : & que félon
quil Ta promis dans fa
fainte Parole, il lui donnera
la bénédidlion de la vie é-
ternelle, & le fera partici-
pant de fon Roiaume ce-
lefte. Puis donc que nous
fommes perfuadez de la
bonne volonté que nôtre
Père celefte a déclarée en-
vers cet Enfant par fon Fils
Jéfus-Chrift, rendons lui en
grâces avec foi & avec dé-
votionj & difons la prière
que le Seigneur lui-même
nous a enfeignée.
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanûifié. Ton Règne vi-
enne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au ciel.
Donne nous aujourd'hui
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofcnfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez.
Et ne nous indui point en
tentation : mais délivre
nous du malin. > Amen,
leu Tout-puifîant &
Père Celefte, nous
D
te remercions très-humble-
ment de ce qu'il t'a plu de
nous apeller à la connoif-
fance de ta grâce, & de
nous donner de croire en
toi. Augmente nous cette
connoilfance, & confirme
en nous à jamais cette foi.
Donne ton Saint Efprit à
cet Enfant ; afin qu'étant
régénéré, & fait héritier du
falut éternel, par nôtre Sei-
gneur Jéfus Chrift, il con-
tinue a te fervir; & qu'il
obtienne l'effet de ta pro-
meife, par ton Fils Jéfus
Chrift nôtre Seigneur, qui
vit & qui règne avec toi, &
avec le Saint Efprit, un feul
Dieu, béni éternellement.
Amen,
Alors le Prêtre demandera leNom
de rEnfant : & après que ce
Nom aura été prononcé par les
Parrains & par les Marraines^
le Miniftre dira;
R Enonces-tu au nom de
cet Enfant, au diable
& â toutes. fes œuvres, à la
vaine pompe, ôc a la vaine
gloire de ce monde, & à
toutes fcs convoiti fes, & aux
afedions corrompues de la
chair $ tellement que tu ne
les
Lé Bateme t>Es Enfans en Particulier. 241
les fcrviras point, Se que
tu ne te laifîeras point gou-
verner par elles.
Reponfe.
J'y renonce entièrement.
Le Miniftre,
CRrois-tu en Dieu le
Père Tout - puiflant ,
Créateur du ciel & de la
terre? Et en Jéfus-Chrift
fon Fils Unique notre Sei-
gneur j & qu'il a été conçu
du Saint Efprit j qu'il eft
né de la Vierge Marie 5
qu'il a foufert fous Ponce
PilatCi qu'il a été crucifié 5
qu'il eft mort, «5c qu'il a été
enfeveli j qu'il cfl: defcendu
aux enfers ; & que le troi-
fiéme jour il eft refluicité
des morts 5 qu'il eft monté
aux cieux, qu'il eft aflls à
la droite de Dieu le Père
Le Miniftre.
Veux-tu donc faire la
fainte volonté de Dieu, &
garder en to^ite obéïffance
fes faints Commandemens.^
Et veux-tu y cheminer tous
les jours de ta vie ?
Réponfe,
Je le veux.
N
Ahrs le Prêtre dira;
Ous recevons cet En-
fant en lacompaL^nie
ae l'Eglife Chrétienne, * &
nous le marquons
du figne de la * ^'i^^'^ri^
^ f> . ne fera. U
croix, pour llgni- f^rfe je u
fier qu'à l'avenir il croix jur le
n'aura point de ^:;^'^^'^"'
honte de confefTer
la foi de Jéfus-Chrift cru-
cifié j mais qu'il combattra
vaillamment fous fon en-
Tout-puiftant j & que de là feigne, contre le péché, le
il viendra, à la fin du monde, monde, & le diable i &
jugjrlesvivans& les morts?; qu'il fera conftamment fi-
dèle foldat de iéfiis-Chrifl:,
Et crois- tu au Saint Ef
prit ; crois-tu la Sainte
Eglife Univcrfelle ,• la com-
munion des Saints 5 la rc-
mifllon des péchez j la ré-
furredion de la chair, & la
vie éternelle après la mort ?
Réponfe,
Je croi tout cela ferme-
ment.
& qu'il le fervira fidèlement
jufqucs à la fin de fa vie.
o
Puis le Piètre dira;
R. maintenant. Frères
bien aimez, puis-que
ccL enfant eft régénéré, ôc
qu'il eft enté au corps de
l'Eglife deJéfjs-Chrift; ren-
R d ons
2142 LeBateme des Enfans en Particulier^
dons grâces à Dieu pour fes
bienfaits; & dïin commun
acord prions le Dieu Tout-
puilTant, quil lui faffe la
grâce que le rcfte de fa vie
foit conforme à ce com-
mencement.
Alors le Prêtre dira j
NOus te rendons grâces,
de tout nôtre cœur,
Père très-mifericordicux, de
ce qu il t'a plu de régéné-
rer cet Enfant par ton
Saint Efprit, de le recevoir
pour ton Enfant par adop-
tion, & de l'incorporer
.dans ta fainte Eglife : Et
nous te fuplions humble-
ment de lui faire la grâce,
quêtant mort au péché, il
vive à la juflicei & qu'é-
tant enfeveli avec Jéfus-
Chrift en fa mort, il cru-
cifie le vieil homme, &
anéantiffe tout le corps du
péché i & que comme il
cft fait participant de la
mort de ton Fils, il le foit
auffi de fa réfurrcdion :i
tellement qu'enfin il foit
fait héritier de ton Roiaumc
éternel avec le relie de ta
Sainte Eglife; par Jéfus-
Chrifl: nôtre Seigneur. A-
men.
Puis tous s^étant levez.^ le Mi"
nifire parlant aux Parrains &
aux Marraines y leur fera cette
Exhortation,
PUifque cet Enfant a
promis, par vous qui
êtes fes repondans, de re-
noncer au diable & à toutes
fes œuvres ; de croire en
Dieu, & de le fervir ; vous
devez vous fouvenir que
c'cft vôtre devoir, que cet
Enfant foit inftruit, aullî-
tôt c]uil en fera capable,
du vœu, de la promelîe &
de la profeflîon folemnelle
quil a faite ici par vous.
Et afin qu il puitle mieux
comprendre ces chofcs,
vous Texhorterez de fréquen-
ter les Sermons; ôc fur
tout vous aurez foin de
lui faire aprcndre le Sym-
bole des Apôtres, TOrai-
ton Dominicale, & les Dix
Commandemens en langue
vulgaire, & toutes les au-
tres choies qu un Chrétien
doit favoir, & qu'il doit
croire pour le faluf de fon
ame. Vous ferez auffi que
cet Enfant foit élevé en la
vertu, pour mener une vie
fainte & Chrétienne : fe
fou-
Le Bateme des Enfans en Particulier: 24 ^
fouvenant toujours que le
Bateme nous repréfcnte
nôtre profellîon, qui efl:
de fuivre Texemple de
nôtre Sauveur Jéfus-Chrift,
& de nous y couformer >
afin que comme Jéfus-
Chrift cft mort ôc reffuf-
cité pour nous, auffi nous
qui fommes bâtifez, mou
rions au péché, & reiFufci-
tions à U juftice: mor-
tifiant continuellement tou-
tes nos affeûions mauvaifcs
& corrumpuës, & nous a-
vançant, de jour-en-jour, en
toute vertu, & en toute
fainteté de vie.
Mats Jt ceux qui aportentfEn^
fant à PEglife, font des ré^
pnfes douteufes & incer^
caines aux queftions duPrê-^
tre ; de forte quil ne f /ï-
Yoijfe f as par là que VEn--
font ait été hâtifé d'eau^ au
Nom du Père, & du Fils,
& du Saint Efprit, qui font
lei parties ejfeniielles du Ba-
teme : Alors le Prêtre le
hâtifera fuivant la forme
du Bateme public ; excepté
qu'en plongeant V Enfant dans
les Fonts^ ilufera de ce for-*
mulaire de paroles:
Si tu n'es point déjà bâ-
tifé, N. Je te bâtife au
Nom du Père, & du Fils,
<5c du Saint Elprit. Amen,
R z
L'AD.
i44 Le Bateme de ceux qui sont en AoEa^^
V :".-,.u/%[ 5ni.
rif;;--'
jAi£n'37iJ
^2â2S^^SSÎ?225(
jo;t
L'Administration -'^ ^^^ ^^
DU B A TE ME
PoUR:CEUX QUI SONT
\i-.'V.h : a POUR EU
Lors que des perfonnes qui font
flus avancées en âge doivent
être bâtifées^ les Pères & les
Mères, , ou à* autres perfonnes
prudentes, en donneront avis
de bonne heure {du moins une
femaine auparavant) à fEvê-
que, ou à celui à qui il en
donnera la charge ; afin qu-
ainfi on ait foin de les exa-
miner, four favoir s ils font
fufifamment infiruits dans les
principes de la Religion Chré-
tienne ; & quon les exhorte de
fe préparer eux-mêmes par
prières & par jeunes pour la
réception de ce Saint Sacre-
ment.
Et s'ils font trouvez^ capables ;
les Parrains & les Marraines
(le peuple étant affemblé le
Dimanche ou le jour de Fête
marqué) feront là pour les
pïéfenter aux Fonts immédiate-
ment après la féconde Leçon,
EN Age de refondre
X- M EM E'S. ; i:;' i, ^.i.^ix
aux Prières du Matt'û ou aux
Prières du Svir^ comme te
Miniflre le trouvera à propos
félon fa prude nce,^ f ' m > i
Et étant lày lé Prêtre demandera
fi aucun de ceux qui font là
préfentez.y a été bâtifé ou non ;
S^îls répondent que non^ alors
le Prêtre dira ainfi i
CHcrs ôc bien-aimez ,
puis-que tous les hom-
mes font conçus & nez en
péché, & que ce qui eft
né de chair eft chair, & que
ceux qui font en la chair
ne peuvent plaire à Dieu,
mais vivent en pech<é, com-
mettant plufieurs pechea
aduels j & que Jéfus-Chrift
nôtre Sauveur dit, que nul
ne peut entrer au Roiaumc
de Dieu, s'il n eft régénéré,
&
De Repondre pour eux-mêmes.
& né de nouveau d'eau &
du Saint Efprit: Je
vous
exhorte de demander à Dieu
le Père par nôtre Seigneur
Jéfus-Chrift, qu il lui plaife
dans fa bonté & fa miferi-
corde, de donner à ces per-
fonnes ce qu'elles ne peu-
vent avoir de leur nature 5
c'eft qu elles foient bâtifées
d'eau & du Saint Efprit,
& reçues en la Sainte E-
glife de Jéfus-Chrift, &
qu'elles en deviennent de
véritables membres.
Alors le urètre dira -y
Prions D I E U.
{JEt ici toute tAffemhléefe
mettra a genoux >^
D
grande
leu Tout-puiflant &
Eternel, qui par ta
mifericorde as fau-
ve Noé, & fa famille dans
TArche d'entre ceux qui
périrent par le Déluge, &
qui as sûrement conduit les
enfans d'Ifraël ton Peuple
au travers de la mer rouge,
figurant par cela le Saint
Batêmci & <^ui par le Ba-
tême de ton Fils bien-aimé
Jéfus-Chrift, au ifleuve du
24J
Jordain, as fanftifié l'eau
pour Tablution miftique du
péché : Nous te luplions de^
regarder ces perfonnes dans
tes compaffions infinies 5 les
lavant, & les fandifiant par
ton Saint Efprit 5 afin qu é*
tant délivrées de ta colère,
elles foient reçues dans i*Ar-
che de l'Eglife Chrétiennes
& qu'étant affermies dans la
foi, joieufes en efpérance,
& enracinées en charité, el-
les paffent tellement les on-
des orageufes de ce monde,
qu'elles arrivent enfin au
port de la vie éternelle,
pour y régner avec toi,
aux fiécle des fiécles 5 par
Jéfus-Chrifl nôtre Seigneur.
Amen^
D
leu Tout-puiffant &
Immortel , qui es
l'aide de ceux qui font dans
la néceflité, le refuge de
ceux qui ont recours à toi,
la vie des croians, & la ré-
furreûion des morts ; Nous
te prions pour ces perfonnes,
afin que venant à ton faint
Batême, elles obtiennent la
rcmiflîon de leurs péchez,
par une régénération fpi-
rituelie. Rcçoi-les, ô Sei-
gneur, comme tu as pro-
R 3 mis.
i4<^ Le Bâte ME DE ceux qui sont en Age
nu de Dieu: Car per*
fonne ne peut faire ces fig-
ues que tu fais, fi Diegi
mis, par ton Fils bien-
ainié, difantj Demandez,
& il vous fera donné 5
cherchez, & vous trouve-
rez 5 heurtez, & il vous fera
ouvert. Donne-nous donc
maintenant, puisque nous
demandons; fai que nous
trouvions, puis -que nous
cherchons i & nous ouvre
la porte, puis -que nous
heurtons : afin que ces per-
fonnes jouïffent de la bé-
nédidion éternelle de ton
ablution celefte,- & quel-
les parviennent à ton Roi-
aume éternel que tu as
promis 5 par J éfus - Chrifl:
nôtre Seigneur. Amen.
Alors h Peuple fe levant^ le
Prêtre dira;
Ecoutez les paroles de TE-
vangile félon Saint Jean,
au chapitre m. au verfet
IL y avoit un homme
d'entre les Pharifiens,
nomnié Nicodènic qui é-
toit un d0s Principaux
d'entre les Juifs. Lequel
yint de nuit à Jéfus, & lui
dit 5 Maître, nous favons
que tu es un Dodeur ve-
n eft avec lui. Jéfus ré-
pondit, & lui diti En vé-
rire, en vérité je te dis; R
quelqu'un n eft né de nou-
veau, il ne peut point voir
le Roiaume de Dieu. Ni-
codème lui dit ; Comment
peut naitre un homme
quand il eft vieux 5 peut-il
encore entrer au ventre de
fa mère, & naitre? Jéfus
répondit 5 En vérité, ei>
vérité, jeté dis 5 fi quel-
qu'un neft né deau ôc
d'efprit, il ne peut point
entrer dans le Roiaume de
Dieu. Ce qui eft né de la
chair eft chair : & ce qui
eft né de l'Efprit eft Efprit.
Ne t 'étonne pas de ce que je
t'ai dit j il vous faut être nez
de nouveau. Le vent fou-
fle où il veut, & tu en en-
tens le fouj mais tu ne
fais d'où il vient, ni où il
va : il en eft ainfi de tout
homme qui eft né de TEf-
prit.
Jpr^s cela il fera t Exhorta"
îion fuivante.
Blen-aimez, vous enten-
dez dans cet Evangile
les paroles expreffes de Je-
De Repondre p
fus-Chrift nôtre Sauveur,
que fi quelqu'un neft né
d'eau & d'Efprit, il ne peut
entrer dans le Roiaume de
Dieu. Par où vous pouvez
reconnoitre la grande né-
ceffité de ce Sacrement,
lors qu on le peut recevoir.
Ainfi, immédiatement a-
vant fonAfcenfion au Ciel,
félon que nous le liions
dans le dernier chapitre de
TEvangile félon S. Marc,
il commanda à fes difciples,
difantj Alez vous-en par
tout le monde, ôc prêchez
l'Evangile à toutes créa-
turcs. Qlû aura crû & aura
été bâtifé, fera fauve : mais
qui n'aura point crû, fera
condamné. Ce qui nous
montre aulll le grand a-
vantage qui nous en re-
vient. C'eft pourquoi TA-
pôtre S. Pierre, la première
fois qu'il prêcha l'Evangile,
plafieurs aiant eu componc-
tion de cœur, & lui aiant
dit à lui, & au refte des A-
pôtres j Hommes Frères,
que ferons-nous ? il répon-
dit, & leur dit ; Amendez-
vous, & que chacun de
vous foit bâtifé, en remif-
fion des péchez, & vous
xecevrez le don du S^mr
OUR EUX-MEMES. 247
Efprit. Car la promelTe
vous eft faite, à vous, à
vos enfans, ôc à tous ceux
qui font loin, autant que
le Seigneur nôtre Dieu en
apellera. Et par plufieurs
autres paroles, il les exhor-
toit, difant 5 Sauvez-vous
de cette génération per-
verfc. Car comme le même
Apôtre le témoigne en un
autre lieu, le Batême auflî
nous fiuve encore mainte-
nant, non point celui par
lequel les ordures de la
chair font nettoiées ; mais
l'atcftation d'une bonne
confcience devant Dieu par
la réfurredion de Jéfus-
Chrift. C'eft pourquoi ne
doutez nullement j mais
croiez bien alfûrément qu'il
recevra fivorablement ces
perfonncs ici préfentes, qui
font vraiment repentantes,
& qui vienneut à lui par
la foi, qu'il leur acordera
la remilfion de leurs pé-
chez ; & qu'il leur donnera
fon Saint Efprit; qu'il leur
communiquera la bénédi-
dion de la vie éternelle i
ôc qu*ii les fera participans
de ion Roiaume celcfte.
Etant donc ainfi perfuadez
de la bonne volonté de
R 4. nôtre
24^ Le Bateme de ceux qui sont en Age
notre Père Celefie envers
ces perfonnes, laquelle il
a déclarée par fon Fils Jé-
fus-Chrifl, rendons lui en
grâces avec foi, ôc avec
dévotion, difant 5
Dieu Tout-puilTant &
Eternel, Père Celef-
te, nous te remercions très-
htirriblement de ce qu'il t'a
plu nous donner de croire
en toi. Augmente-nous cet-
te connoiffance, ôc confir-
me en nous à jamais cette
foi. Donne ton Saint Ef-
prit à ces perfonnes, afin
qu'elles foient faites héri-
tières du falut éternel s par
nôtre Seigneur }éfus-Chrift,
qui vit & qui règne avec
toi, & avec le Saint Efprit,
maintenant Ôc à jamais.
Amen,
Puis h Prêtre parlera de cette
manière aux perfonnes qui
doivent: être bâtijées,
Blen-aimez qui êtes ici
venus, défirant de re-
cevoir le Saint Bateme,
vous avez entendu com-
ment rAPicmblée a prié
qu il piaife à nôtre Seig- Pvcnonces-tu au diable &
ncur Jcius-Cliriil de vous à toutes fcs oeuvres, à la
1 vaine
recevoir, de vous bénir, &
vous délivrer de vos pé-
chez 5 de vous donner le
Roiaume des cicux, & la
vie éternelle. Vous avez
au m entendu, que nôtre
Seigneur Jéfus-Chrift a pro-
mis dans fa Sainte Parole,
d'acorder toutes les chofes
que nous lui avons deman-
dées, laquelle promefle il
acomplira de fa part très
certainement.
C'eft pourquoi après cet-
te promeffe faite par Jéfus-
Chrift, vous devez aufli lui
promettre fidèlement de vô-
tre part, en la préfence de
ces perfonnes qui font té-
moins pour vous, & de
toute cette Affemblée, que
vous renoncerez au diable
5c à toutes ks œuvres ; que
vous croirez conftamment
à la Sainte Parole de Dieu 5
& que vous garderez en
toute obéïflance fes Com-
mandemens.
Alors le Prêtre fera les quef-
tions ffivantes à chacune des
perfoUétes qui doivent être hà^
tijées, l'une après Vautre,
T>emande.
Db Repondre pour eux-mêmes^ 249
vaine pompe, & à la vaine
gloire .de ce monde, ôc à
toutes fes convoitifes, &
aux affeûions corrompues
de la chair 5 tellement que
tu ne les fuivras point, &
que tu ne te laifferas point
gouverner par elles ?
Reponfe.
Jy renonce entièrement.
Crois-tu en Dieu le Père
Tout-puiffant, Créateur du
ciel & de la terre; & en
Jéfus-Chrift fonFils Unique
nôtre Seigneur 5 & qu il a
été conçu du Saint Efprit 5
qu il eft* né de la Vierge
Marie 5 qu il a foufFert fous
Ponce PilatCi quil a été
crucifié 5 qu'il eft mort 5 &
quil a été enfeveli : quil
cil defcendu aux enfers j
& que le troifiéme jour
il eft reifufcité des morts:
qu'il eft monté aux cieux,
qu il eft aflis à la droite de
Dieu le Père Tout-puif
fant : & que de là il vien-
dra, à la fin du monde,
pour juger les vivans &
les morts ? Et crois-tu au
Saint Efprit? Crois-tu la
Sainte Eglife Univerfelle 5
la Communion des Saints 5
Ifi remiffion des péchez 5
la réfurreftion de la chair 5:
& la vie éternelle après la
mort ?
Reponfe.
Je croi tout cela fermc-^
ment.
T)emande.
Veux-tu être bâtifé en
cette foi?
Réponfe,
C'eft ce que je défireJ
demande.
Veux-tu donc faire la
faintc volonté de Dieu, &
garder en toute obéïiTancc
fes faints Commandemens ?
Et y veux-tu cheminer tous
les jours de ta vie>
Réponfe.
Je le veux.
Alors le Prêtre dira»
PEre de mifericorde, faî
que le vieil Adam foit
tellement enfeveli en ces
perfonnes, que le nouvel
Homme y foit reffufcité.
Amen.
Fai que toutes les affec-
tions charnelles meurent
en elles, & que toutes les
chofcs qui aparticnnent a
fEfprit y puiftent vivre &
croître. Amen.
Re-
5^50 La Bateme de ceux qui sont en Age
Revêts-les de ta force,
afin qu elles puiflent obte-
nir la vidoire, & triompher
du diable, du monde, ôc
de la chair. Amen.
Fai qu'étant ici dé-
diées par nôtre Miniftère,
elles foient aulli revêtues
des vertus celeftes, & éter-
nellement heureufes par ta
mifericorde , ô Seigneur
Dieu béni, qui vis & qui
gouvernes toutes chofes aux
îîécles des ftécles. Amen,
Dieu Tout-puiflant &
Eternel, dont le Fils
bien-aimé ]éfus-Chrifl:, a
répandu duYang & deTeau
de fon coté très-précieux,
pour la remiffion de nos
péchez, & a commandé à
les difciples d'aler enieigner
toutes les nations, les bâ-
tifant au Nom du Père, &
du Fils, & du Saint Efprit:
Reçoi favorablement les
prières de cette affemblée 5
fand:ifie cette eau pour l'a-
blution myftique du péché 5
& nous accorde que ces
perfonnes, qui doivent être
bâtifécs, reçoivent la plé-
nitude de ta arace : &
qu'elles demeurent tou-
jours au nombre de tes
fidèles & chers enfansj par
Jéfus-Chrift notre Seigneur.
Amen,
Alors le urètre prendra par la
main droite chacun de ceux
qui doivent être hâtifeZy &
les plaçant commodément au*
près des Fonts félon fa prU'
dence^ il demandera le Nom
aux Parrains & aux Mar-
vaineSy puis les plongera dans
Veau , ou verfera de Veau
fur chacun d'eux^ difant;
N. Je te bâtife au Nom
du Père, & du Fils, & du
Saint Efprit. Amen.
Le Prêtre dira immédiate-
ment après ;
TW TOus recevons cette
* Icilé Prêtre
fera le figne de
la Croix fur le
front delà? er-
fonne.
perfonne en la com-
pagnie de TE-
glife Chrétien-
ne i* Et nous la
marquons du li-
gne de la Croix,
pour fignitier qu'à l'avenir
elle n aura point honte de
confeilcr la Foi de Jéfus-
Chrift crucifié : mais qu'elle
combattra vaillamment fous
fon enfcigne 5 contre le
péché, contre le monde,
& contre le diable 5 &
qu'elle fera coullamment
3 un
De Repondre pour eux-mêmes,
an fidèle foldat de Jéfus-
Chrift: & quelle le fer-
vira fidèlement, jufques à
la fin de fa vie. Amen*
Puis le Prêtre dira ;
OR maintenant, frères
bien-aimez, puis que
ces perfonnes font régéné-
rées, ôc quelles font en-
tées au corps de TEglife de
Jéfus-Chrift, rendons grâ-
ces à Dieu pour ces bien-
faits, & d'un commun a-
cord prions le Dieu Tout-
puifTant, qu'il leur faffe la
grâce que le refte de leur
vie foit conforme à ce com-
mencement.
iPuis on dira VQraifon Domi-
nicale^ tous étant à genoux -,
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom
foit fandifié. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit
faite en la terre comme
au ciel. Donne-nous au-
jourd'hui notre pain quo-
tidien. Et nous pardonne
nos ofenfes, comme nous
pardonnons à ceux qui nous
ont ofenfez. Et ne nous
indui point en tentation :
Mai$ délivre nous du ma-
lin, ^merio
Après h Prêtre dira ;
^S\
PEre Cclefte, nous tç
remercions, de tout
nôtre cœur, de ce qu il t'a
plu de nous apeller à la con-
noiffance de ta grâce, &
de nous donnçr de croire
en toi. Augmente -nous
cette connoiiTance, & con-
firme en nous à jamais cette
foi. Donne ton Saint Et
prit à ces perfonnes i afin
qu'étant maintenant régé-
nérées, & faites héritières
du falut éternel, par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur, elles
continuent à te fervir; &
qu'elles obtiennent l'acom-
pliilement de tes promet
ks 5 par Jéfus-Chrift ton
Fils nôtre Seigneur, qui
vit, & qui règne avec toi,
en l'unité du Saint Efprit,
un feul Dieu béni éter-
nellement. Amen.
Alors tous étant debout , le
Prêtre fera V Exhortation fui-
vante, en parlant première-
ment aux Parrains & aux
Marraines,
P
Uis que ces perfonnes
ont promis en vôtre
préfence de renoncer au
diable
5.52 Le Bateme de ceux qui sont en Âge.'
diable & à toutes fes œu-
vres, de croire en Dieu &
de le fervir; vous devez
vous fouvenir que c eft vô-
tre devoir, de leur repré-
fenter quel vœu, quelle
promeffe, & quelle profef-
iion folemnelle, elles ont
fait en préfence de cette
Aflemblée; ôc particulière-
ment en la vôtre, de vous
qu elles ont pris pour leurs
Témoins. Et vous devez
aulïi les exhorter de tra-
vailler avec toute forte de
diligence, à fe bien inftruire
en la fainte Parole de Dieu s
afin que par ce moien elles
puiffent croître en grâce &
en la connoiffance de nô-
tre Seigneur Jéfus-Chrift 5
Ôc vivre en ce préfent fiécle
religicufement , ) uftement , '
Ôc fobrement.
Chrift, de vous conduire
d'une manière qui réponde*
à vôtre vocation Chrétien-''
ne, & félon quil eft féant»
aux enfans de lumière 5
vous fouvenant toujours,
que le Bateme nous ré-
préfente nôtre profellîon,
qui eft de fuivre l'exemple
de nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift, & d'être faits fem-
blables à lui ; afin que
comme il eft mort & refluf-
cité pour nous, ainfi nous
qui fommes bâtifez mou-
rions au péché, & reflufci-
tions à la juftice ; mortifi-
ant continuellement toutes
nos afFedions mauvaifes ôc
corrompues, & nous avan-
çant chaque jour en toute
vertu, ôc en toute fainteté
de vie.
Puis parlant aux perfumes mu-
'vellement bâtifées , il conti-
nu'êra^ & dirai
ET quant à vous qui a-
vez maintenant revê-
tu jéfus-Chrift au Bateme,
c'cft aufli vôtre devoir,
puifquc vous êtes faits les
enfans de Dieu, ôc de lu-
mière par la foi en Jéfus-
// eft bon que toute perfome
qui aura été ainfi bâtife'e^
fuit confirmée par VEveque
auffi-tot quil fe pourra faire
après fon Bateme^ afin qu
ainfi elle puijfe être admife
à la Sainte Cène.
Si les perfonnes qui n^auroient
peint été bâtifées en leur en^
fance ^ font prêfentées pour
être bâtifées^ avant que d^etre
en âge de difretion, & ca-
pables de répondre pour elles-
mêmes :
Catéchisme?
-^tnêmei : // fufira d'ufer de
-iPOfice du Batême public des
u Enfans {ou en cas â^extreme
- danger) de VOfice du Ba-
[^ terne qui s'adminiflre en
Mi
particulier ] en changeant
feulement le mot de petit
enfant, ou de perfonne,
félon qu^ Voccafon le re*
querra.
M'jl^
I -J
C À T E C H I S M E
\m il
O U
fj.'."
T-*iàKf
'IN s T R u c T I o n;:
.■'iïn\^\v'-
-Que toute perfonne doit aprendre avant que d'être
prefentée à TEvêque pour être confirmée.
demande. \
Comment vous apellez-
vôus ?
Rêjponfe,
.N. ou M.
demande.
Qiii vous a donné ce
Nom )
Rêponfe,
Mes Parrains & mes
Marraines en .mon Batê-
me, auquel j'ai été fait
membre de Jéfus-Chrift,
enfant de Dieu, & héritier
duBsOiaume des Cieux.
demande.
Qu'eft-ce que vos Par-
rains & vos Marraines ont
fait alors pour vous?
Réponfe^
Ils ont promis & voiié
trois chofes en mon Nom,
Premièrement, que je re-
noncerois au diable, & à
toutes fes œuvres, aux pom-
pes & aux vanitez de ce
monde corrompu, & à toutes
les convoitifes criminelles
de la chair : Secondement,
que je croirois tous les Ar-
I ticles
i5+
C A t E C H I S M E?
ticks de la Foi Chrétienne ;
Et en troisième lieu, que je
ferois la volonté de Dieu,
&quciegarderois fes faints
Commandemens, y chemi-
nant tous les jours de ma
vie.-
demande.
Ne penfes-tu pas que tu
çs tenu de croire & de faire
ce qu'ils ont promis pour
toi?
Réponfe,
Ouï certainement j &
Dieu aidant, je TacompU-
rai : Et je rens grâces, de
tout mon cœur, à nôtre
-Dieu & Père Célefte, de ce
quil m'a apellé à cet état
de falut par Jéfus - Chrift
nôtre Sauveur : & je le
prie qu'il me faffe la grâce
d'y perféverer jufques à la
fin de ma vie.
Le Catechîfte.
Récite les Articles de ta
Toi.
Réponfe.
Je croi en Dieu le Père
Tout-puiflant, Créateur du
ciel ôc de la terre. Et en
Jéfus-Chrift fon Fils Uni-
que nôtre Seigneur, qui a
été conçu du Saint Efprit,
né de la Vierge Marie, a
foufFert fous Ponce Pilate, a
été crucifié, mort, & enfe-
veli ; Il eft defcendu aux en-
fers 3 le troifiéme jour il
eft reflufcité des morts ; il
eft monté au Ciel i il eft
affis à la dextre de Dieu
le Père Tout-puiffant : Et
de là il viendra juger les
vivans & les morts. Je
croi au Saint Efprit. Je
croi la Sainte Eglife Uni-
verfelie 5 la communion
des Saints 5 la remiflîon
des péchez i la réfurredion
de la chair 5 & la vie éter-
nelle. Amen.
demande.
Qu'aprens-tu principale-
ment par ces Articles de
ta Foi >
Réponfe.
J'aprens à croire pre-
mièrement, en Dieu le Père
qui m'a créé, & qui a créé
tout le monde.
Secondement, en Dieu
le Fils, qui m'a racheté, &
qui a racheté tout le genre
humain.
En troifiéme lieu, en
Dieu le Saint Efprit, qui
me fanûifîe, & qui fane-
tific tous les Elus de Dieu.
demande
Tu as dit que tes Par-
rains & tes Marraines ont
promis
Catéchisme
promis en ton Nom, que
tu 'garderois les Comman-
demens de Dieuj Di-moi
combien il y en a.
Réfonfe,
Dix.
demande.
Quels font-ils ?
Réponj^.
Ceux là mêmes que Dieu
a prononcez, comme il eft
écrit au XX. chapitre de
TExode, difant i Je fuis
l'Eternel ton Dieu, qui t'ai
retiré hors du pais d'Egypte,
de la maifon de fervitude.
I.
Tu n'auras point d'au-
tres Dieux devant ma face.
II.
Tu ne te feras point d'i-
mage taillée, ni aucune rcf-
femblance des chofes qui
font là haut aux cieux, ni
ici-bas fur la terre, ni dans
les eaux fous la terre. Tu
ne te profterneras point de-
vant elles, & tu ne les
ferviras point : Car je fuis
l'Eternel ton Dieu, le Dieu
fort & jaloux, puniflant l'ini-
quité des percs fur les en-
fans en la troifiéme, & en
la quatrième génération de
ceux qui me haiflent 5 &
faifant mifericorde en mille
générations à ceux qui m'ai^
ment, & qui gardent mes
commandemens.
III.
Tu ne prendras point le
Nom de l'Eternel ton Dieu
en vain. Car l'Eternel ne
tiendra point pour inno-
cent celui qui aura pris foa
Nom en vain.
IV.
Souviens-toi du jour du
repos, pour le fandifier.:
Tu travailleras fix jours, &
feras toute ton œuvre : mais
le feptiéme jour eft le re-.
pos de l'Eternel ton Dieu.
Tu ne feras aucune oeuvre
en ce jour là, toi, ni ton fils,,
ni ta fille, ni ton ferviteur, ni
ta fervante, ni ton bétail,
ni ton étranger qui eft dans
tes portes. Car rEternel a
fait en fix jours les cieux &
la terre, & la mer, & tout
ce qui eft en eux, & s'effc
repofé le feptiéme jour :
C'eft-pourquoi TEternel a
bcni le jour du repos, &ra
fandifié.
V.
Honore ton Père & ta
Mère, afin que tes jours foi-
ent prolongez fur la terre,
que l'Eternel ton Dieu
te donne.
I VI.
2S(S C À T E
VI.
Tu ne tueras point.
VIL
Tu ne paillarderas point.
^ i y m.
Tu ne déroberas point.
IX.
Tu ne diras point faux
témoignage contrie tonpro-
cliain.
X.
Tu ne convoiteras point
la maifon de ton prochain 5
Tu ne convoiteras point la
femme de ton prochain, ni
fon ferviteur, ni fa fervan-
tè, ni fon bœuf, ni fon âne,
ni aucune chofe qui foit à
ton prochain.
T^emande,
Qu*aprens-tu principale-
ment par ces Commandc-
mens \
Réponfe.
J'y aprens deux chofes j
mon devoir envers Dieu, &
mon devoir envers mon
prochain.
demande.
Quel eft ton devoir en-
vers Dieu )
-'- Réponfe.
Mon devoir envers Dieu
eft de croire en lui, de le
craindre & de le révérer j
de Taimcr de tout mon
C H I 5 M E*
cœur, de toute mon âme
& de toute ma force; de
Tadorer, de lui rendre
grâces, de mettre toute mort
efpérance en lui, de l'in-
voquer, d'honorer fon faint
Nom & fa Parole, & de le
fervir fidèlement tous les
jours de ma vie.
demande.
Qiiel eft ton devoir en-
vers ton prochain >
'\ "^ Réponfe.
Mon devoir envei's mon
prochain eft de Taimer com-
me moi même, & de faire
à autrui comme je voudrois
t^ue Ion me fit; d'aimer,
d'honorer, & de fecourir
mon père & ma mère. D'ho-
norer le Roi, & d'obéir &
à lui, & à ceux qui font 'en
autorité fous lui 5 De me
foumettre à tous mes Gou-
verneurs , à mes Précep-
teurs, à mes Pafteurs, &c
à mes Diredeurs fpirituels;
De me conduire avec hu-
milité & avec rcfped à l'é-
gard de tous ceux qui font
plus que moi; D.e n'ofcn-
fer perfonne de parole ni
de fait 5 d'être jufte, & vé-
ritable en toutes mes afaircs 5
De n'avoir aucune malice,
ni aucune haine dans le
cœur 5
C A T E C
coeur 5 De garder mes mains
laettcs de toute pillcrie, &
de tout larcin ; & ma langue
de médifance, de menfonge,
& de calomnie 5 De pofle-
der mon corps en tempé-
rance, en chafteté, êc en fo-
brieté 5 De ne défirer & de
ne convoiter point les biens
d'autrui, mais de travailler
& de chercher les moiens
de gagner ma vie honnê-
tement 5 Et de faire mon de-
voir en rétat, & en la vo-
cation où il plaira à Dieu
de m'apeller.
Le Catèchijle,
Mon cher enfant, fâche
que tu n'es pas capable de
toi même de faire ces cho-
fes, ni de cheminer félon
les commandemensdeDieu,
ni de le fervir fans fa grâce
fpéciale, laquelle tu dois a-
prendre à demander foig-
neufcment en tout temps
par tes prières. Que je voie
donc fi tu fais dire TOrai-
_ fon Dominicale.
^ Réponfe. '
NOtrc Père qui es aux
Cicux, Ton Nom foit
fanûific. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui
H I S M E* 2si
nôtre pain quotidien,* Et
nous pardonne nos ofenfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez»
Et ne nous indui point cry
tentation : mais délivre nous
du malin. Amen.
"Demande.
Que demandes-tu à Diea
dans cette Prière >■
Réponfe^
Je prie le Seigneur moa
Dieu nôtre Père Célefte^
qui eft TAuteur de tout
bien, de nous faire la grâce
à moi, & à tous les honv
mes, de Tadorer, de le fervir,
& de lui obéir, félon que
nous y fommcs obligez. Je
le prie aullî qu il lui plaifc
de nous envoler toutes les
choies néceffaires à nos
corps ôc à nos âmes. Qu'il
nous falïb mifericorde, &:
qu'il nous pardonne nos pé-
chez; àc qu'il lui plaife de
nous garantir, & de nousi
défendre dans tous les dan-
gers qui pourroient mena-
cer nos corps & nos âmes :
Qu'il nous préferve de tout
péché & de toute iniquité,
&i de nos ennemis fpirituels,,
& de la mort éternelle. Ce
que j'efpere qu'il fera par fa
mifericordc & fa bonté;pour
S i'a^
25S Catéchisme
Tamour de Jéfus-Chrift nô- demande
Ccft pour
tre Seigneur 5
cjLioi je conclus par le mot,
Amen, c eft à dire , Ainfi
foit il.
demande.
Combien J élus - Chrift
â-t-il inftitue de Sacremens
dans fon Eglife>
Réponfe.
Deux feulement, qui font
généralement néceflaires a
falut, favoir, le Batême, &
la Sainte Cène.
^Demande.
Qii'cntens-tu par cç mot
de Sacrement \
Rêponfe.
J'entens un fignc exté-
rieur & vifible d'une grâce
intérieure & fpirituelle, qui
nous eft donnée; lequel
figne Jéfus-Chrift lui-même
a inftitue, comme un moien
-par lequel nous recevons
cette grâce, 3c comme un
arrhe 6c un gage pour nous
en alTûrer.
"Demande.
Combien de parties y
a-t-il dans un Sacrement \
Réponfe.
Deux, le figne extérieur
& vifible ; & la grâce in-
térieure & fpirituelle.
Quel eft le fignc exté-
rieur & Vifible, ou la forme
du Batême?
Réponfe,
C'eft Teau : en laquelle
la pcrfonne eft bâtifée, Au
Nom du Père, & du ïils>
& du Saint Efprit.
Demande.
Qiielle eft la grâce inté-
rieure ôc fpirituelle \
Réponfe.
Ccft de mourir au péché,
& de renaître à la juftice :
Car étant naturellement
nez en péché & enfans d'ire,
nous fommcs par ce moien»
faits enfans de grâce.
Demande.
Qif cft-ce qui eft requis do
ceux qui doivent être bâ-
tifez?
Réponfe.
La repentance, par la-
quelle ils renoncent au
péché j 6c la foi, par la-
quelle ils croient fermement
les promeflcs de Dieu, qui
leur font faites en ce Sa-
crement.
Demande^
Pourquoi eft-ce donc que
Ion bâtife les petits en-
fans, puis qu'ils ne peuvent
acom-
C A T E C
acomplir ces chofes à caufe
de leur âge tendre >
Réponfe.
Parce qu ils promettent
par leurs Répondans de les
acomplir Tune & Tautre :
laquelle promeffe ils font
tenus d'acomplir eux-mê-
mes, lors quils font en
âge de connoiffance.
T>emande.
Pour quelle fin eft-ce que
le Sacrement de la Sainte
Cène a été inftitué \
Rèponfe,
Pour être une commé-
moration perpétuelle du
Sacrifice de la mort de ]é-
fus-Chrift, 6c des avanta-
ges que nous en recevons.
"Demande,
Quelle efl la partie ex-
térieure, ou le figne de la
Sainte Cène?
Réponfe,
Le pain & le vin, que
le Seigneur nous a com-
mandé de recevoir.
Demande.
Quelle -eft la partie in-
térieure, ou la chofe fig-
nifiée ?
Réponfe,
Le Corps & le Sang de
Jéfus-Chrift, qui font vrai-
ment ô: efFcdlivemcnt pris
H I s M E. 25^
& reçus en la Sainte Cène
par les fidèles.
Demande.
Quels font les avantages
qui nous en reviennent^
Réponfe,
Nos âmes font rafraî-
chies & fortifiées par le
Corps & par le Sang de
jéfus-Chrift, comme nos
corps font nourris & for-
tifiez par le pain & le vin.
Demande,
Qif eft-ce qui eft requis
de ceux qui viennent à
la Sainte Cène du Sei-
gneur ?
Réponfe,
Qtfils sexaminent eux-
mêmes, s'ils ont une vraie
repentancc de leurs péchez;
paifez, & une ferme réfo-
lution de cheminer ca
nouveauté de vie 5 s'ils
ont une foi vive en la
mifericorde de Dieu par Jé-
fus-Chrift ; s'ils font commé-
moration de fa mort avec
adions de grâces y & s'ils
ont pour tous les hom-
mes la charité qu'ils leur
doivent.
Les Dimanches C7 jaurs de
Vête après la féconde Leçon
des prières du Soir^ le Minif'
tre de chaque Parorjfe sem-
S a ploiera
266 C A
ploiera foîgneufement à in(lruire
& examiner publiquement dans
VEglife, fur quelque point de ce
Catechifme ^ tel nombre quil
trouvera à propos^ des enfans
qui lui feront préf entez,.
Et tous les Pères & les Mcrei,
les Maîtres & les Maîtreffes en-
voleront à l'Eglife leurs Enfans^
leurs Serviteurs^ & leurs Apren-
tis (qui nont point encore apris
le Catechifme) à Vheure afftgnée^
& les obligeront d^ écouter le Mi-
nifire, de lui obéir ^ & de fe
laiffer conduire par lui jufques
à ce quils aient apris tout ce qui
leur efl ici ordonné d^aprendre.
Dès-que les enfans auront a-
teint un âge convenable pour pou-
voir dire le Symbole des Apôtres^
rOraifon Dominicale^ & les Di^
T E C H I S M E.
Commandemens en langue vul^
gaire ; & quils pourront aujfî
répondre aux autres que/lions de
ce petit Catechifme, on les ame^
nera à VEveque : & chacun aura
un Parrain & une Marraine en
qualité de Témoins de leur Con*
firmation.
Et toutes les fois que VEvêque
avertira quon lui amené les En-
fans pour être Confirmez,^ le Mi-
nijire de chaque Paroiffe^ ou me-
nera lui même les perfonnes quil
jugera devoir être préftntées à
l Eve que pour être confirmées, ou
envolera leurs Noms par écrit
avec un Certificat de fa main. Et
fi l Evêque leur donne fon afro^
bation, il les confirmera en la
manière qui fuit.
L'OR.
La Confirmatioît.
261
L O R D R E
DELA
CONFIRMATION,
O u
Impoficion des mains fur ceux qui ont été
batiJeZj^ ôc qui ont ateint lage de dijcretion.
'Au jour ajjfgné, tous ceux qui
doivent être confirmez,, étant
f lacez. & rangez, devant VE-
veque ; // lira, ou quelque au-
tre Miniflre à qui il en aura
donné la charge, la {réface
qui fuit,
A Fin que la Confirma-
tion puille être ad-
minillrée avec une plus
grande édification de ceux
qui la recevront, il a fem-
blé bon à TEglife dordon-
ner, qu'à Tavenir aucun ne
fera confirmé qu'il ne fâche
j^ire le Symbole des Apô-
tres, rOraifon Dominicale?
& les Dix Commandemens 5
& qu'il ne puiife aullî ré-
pondre aux autres queftions
qui font contenues dans le
petit Catechifme. Et il cft
fort à propos dobfcrvercet
ordre, afin que les enfans
qui auront ateint fâge de
difcretion, fâchant ce que
leurs Parrains & leurs Mar-
raines ont promis pour eux
au Batênie, ils le puiflcnt
de leur bon gré ratifier, &
confirmer eux mêmes pu-
bliquement en face de TE-
S 5 el^n:.
2.62 La C o n F I
glife, de leur propre bou-
nchc, & promettre auflî qu a-
vec laide de Dieu, ils tâ-
cheront, tous les jours de
leur vie, de garder fidèle-
ment les chofes aufquelles
ils auront aquiefcé par leur
propre confeilion.
Puis VEveque dira ;
Réïterez-vous ici en la
préfence de Dieu & de cette
Affemblée, la promeffe &
le vœu qui ont été faits
folemnellement , en vôtre
Nom, à vôtre Batêmci
les ratifiant & les confir-
mant vous-mêmes en pcr-
fonne, & vous reconnoif-
fant obligez de croire &
de faire toutes les chofes
dont vos Parrains & Mar-
raines ont répondu pour
vous ?
Et chacun répondra à haute
•voix;
Je les réitère, & je les
ratifie & les confirme.
L'Evêqtte.
Nôtre aide foit au Nom
ile Dieu.
R M A T I o ÎT>
Réponfe.
Qui a fait le Ciel & la
Terre.
L'Evêque.
Béni foit le Nom du Sei-
gneur.
Réponfe.
Dès maintenant, & à ja-
mais.
L'Evêque.
Seigneur exauce nos pri-
ères.
Réponfe.
Et que notre cri parvien-
ne jufqu'à toi.
L'Evêque.
Prions DIEU.
Dieu Tout-puiffant 6c
Eternel, qui as vou-
lu régénérer d'eau & du
Saint Efprit ces tiens fcrvî-
teurs, & qui leur as acordé
la remiflîon de tous leurs
péchez ; Nous te fuplions
qu'il te plaife de les forti-
fier en leur communiquant
le Saint Efprit, le Confo^
lateur j & de leur augmen-
ter, chaque jour, t'es dons
&i tes grâces, en leur acor-
dant TEfprit de fagefle &
d'intelligence 5 TEfprit de
conieil Ôc de force fpiri-
tuelie 5
L A C O N F
tucîle; rEfprit de fcience
& de vraie piété : Rempli-
les, Seigneur, de TEiprit
de ta fainte crainte, dès
maintenant, & à jamais. A-
men.
Alors ils s^ agenouilleront & Je
rangeront par ordre devant
rEveque: Ù il mettra la
main fur la tête de chacun,
Vun après Vautre^ difant;
Seigneur reçoi ce tien
enfant (ou ce tien fcrvitcur)
en la Proteaion de ta grâce
celefte 5 afin qu'il foit éter-
nellement du nombre des
tiens 5 & quil croiffe cha-
que jour de plus-en-plus en
tous les dons de ton Saint
Efprit; jufques à ce quil
parvienne à ton Roiaunie
éternel. Amen,
I R Û Â f t O 1^. 26 j
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos ofenfes, com-
me nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez.
Et ne nous indui point en
tentation : mais délivre-
nous du malin. Amen.
D
Puis ÎEvêque dira ;
Le Seigneur foit avec
vous.
Réponfe.
Et avec ton Efprit.
Et chacun fe mettant à genoux,
VEveque dira *
Prions DIEU.
Notre Père qui es aux
cicux, Ton Nom foit
landifié. Ton Règne vicn-
Et cette Collège.
leu Tout-puiffant &
Eternel, qui nous
donnes de vouloir & de faire
les chofes qui font agré-
ables à ta divine Majefté;
nous te préfentons nos
humbles fuplications pour
ces tiens ferviteurs, fur lef-
quels, fuivant Texemple de
tes Saints Apôtres, nous a-
vons impofé les mains j
pour les affûrer, par ce lig-
ne, de ta faveur, & de ta
bonté gratuite envers eux.
Nous te fuplions que ta
main patentelle foit toii'
jours étendue fur eux j que
ton Saint Efprit foit tou-
jours avec eux 5 & que tu
les conduifes tellement à la
connoillance, & à lobéif-
fance de ta Parole, qu'à la
fin ils puiflent obtenir la
S 4. vie
2^4
L A C
ONFIRMATïOîT.
vie éternelle i par nôtre
Seigneur Jefus-Chrift, qui
en l'unité du Saint Efprit,
vit ôc règne avec toi Dieu Alors fEveque les bénira^
cterncilement. Amen.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant nous te fu-
plions qu'il te plaife de fanc-
tifier, de conduire, & de
gouverner :jOs corps & nos
âmes dans les fentiers de ta
Loi, & dans lobéiffance à
tes commandemens i afin
que par ta puiffante Protec-
tion nous foions préfervez à
famais en corps & en ame $
par Jéfus-Clirifl: nôtre Set
gneur & Sauveur. Amen.
disant •
La bénédiftion de Dieu
Tout-puifTant, le Père, le
Fils & le Saint Efprit, foit
fur vous, & demeure avec
vous éternellement. Amen,
Et aucun ne fera admis à la
Sainte Cène jufques à ce qtCil
foit confirmé^ ou quil foit
fret à être confirmé, & ^uil
défne de Vhre,
Pi
I-A
Le Mariage»
26$
L A F O R M E
DE LA
Célébration duMariage.
Premièrement^ il faut que les
Anonces de tous ceux qui fi
'veulent marier foient publiées
dans VEglife trois Dimanches
ou jours de Fêtes^ à l^ heure du
Service Divin ^ immédiatement
avant les fentences qui fe li-
fent pour rofertoire, le Minif-
îre disant en la manière açou-
tumée.
Je publie les Anonces de Ma-
riage entre M de & N.
de — S'il y a aucun de vous
qui fâche quelqii^ cauie ou
quelque jufte empêchement
pourquoi ces deux perfon-
nes ne puiffenc pas être
jointes en faint Mariage;
vous le devez déclarer : c'eft
ici la première^ la féconde^
ou la troi/iéme A nonce.
Et fi ceux qui fe veulent marier
demeurent en diverfes paroiffes;
Les Anonces feront publiées
dans les deux paroijfes ; & le
Miniflre de l'une des paroijfes
gf les mariera point ^ fans ^-
voir une Ate(lation de l'aufrç
Minifire, que les Anonces ont
été publiées trois fois.
Au jour ordonné pour la célébra"
tion du Mariage^ ceux qui fe
veulent marier viendront dam
le Chœur de VEglife^ avet leurs
amis & leurs voifins. Et là
êtanP tun auprès de Vautre^
r homme à la main droite^ la
femme à la main gauche^ U
Prêtre dira,
M Es très chers frères en
Jéfus-Chrift, nous
fommes ici en la préfencc
de Dieu & de cette aiTem-
blée, pour unir cet homme
«5c cette femme enfcmble
dans le faint Mariage, qui
cft un état honorable, int
titué de Dieu, au temps de
l'innocence de Thomme, &
qui nous repréfentc rUniori^
266 Le Ma
inyftiquc de Téfus-Chrift a-
vec fon Egliie. Lequel faint
état Jéfus-Chrift a aprou-
ré, rhonorant de fa pré-
fence, & du premier mira-
cle, quil fit en Caiia de
Galilée. Et S. Paul le re-
commande comme hono-
rable entre tous. C'eft pour-
quoi Ton ne doit pas en-
treprendre d'y entrer témé-
rairement, légèrement ou
d'une manière défordonnéc
pour fatisfaire les défirs 6c
les convoitiies de la chair,
comme les bêtes brutes qui
n'ont point d'intelligence i
mais avec décence, avec
difcretion, avec prudence,
avec tempérance, & en la
crainte de Dieu; confidc
rant mûrement les caufcs
pour lesquelles le mariage
a été ordonné.
Premièrement il a été é-
tabli, pour avoir des enfans,
qu'on puiffe élever dans la
crainte, & dans la diicipline
du Seigneur, à la gloire de
fon Nom.
Secondement il a été éta-
bli, pour fervir de remède
contre le péché, & pour é-
viter la paillardife, afin que
tous ceux qui n'ont pas le
R I A G eZ
don de continence, puiffent
fe marier & fe conferver des
membres purs du Corps de
Jéfus-Chrift.
Il a été ordonné en-
fin pour la focieté, pour
l'aide, & pour la confo-
lation mutuelle que l'hom-
me & la femme doivent
trouver l'un avec l'autre,
tant en profpérité , qu'en
adverfité. C'eft pour être
unies maintenant dans ce
faint état que ces deux per-
fonnes font ici venues. C'eft
pourquoi s'il y a quelqu'un
qui fâche quelque jufte em-
pêchement pour lequel el-
les ne puiffent être légiti-
mement mariées enfemble,
qu'il le dife à préfent, ou
qu' à l'avenir il s'en taifc à
jamais.
Puis parlant aux perfmnes ^ui
doivent être mariées^ il leur
dira 'y
JE VOUS fomme 6c je vous
charge , comme vous
en devez répondre au jour
terrible du jugement, au-
quel les fecrets de tous les
cœurs feront manifeftez,que
fi l'un de vous deux fait
quelque empêchement, pour
le-
L E M A
lequel vous ne puiffiez être
légitimement mariez en-
femble vous le déclariez pré-
fentement. Car afieurcz-
vous, que tous ceux qui
font conjoints autrement
que la Parole de Dieu ne
le permet, ne font point
unis par le Seigneur, & que
leur Mariage n cft point lé-
gitime.
Si quelquîw^auJQUYdtt Mariage^
alègue & déclare quelque em-
pêchement, pour lequel ils ne
puijfent être mariez, félon la loi
de DijeUy Ù" félon les loix de
ce Roiaume : & s^il eft con-
tent de s^ obliger envers les par-
ties a'vec caution fufifante ; (ou
sUl veut depofer un gage juf-
ques à la pleine 'valeur des
jraix & des dépens que les per-
fonnes à marier pourront faire)
quil prouvera fon alegation :
en ce cas le mariage fera dife-
ré, jufques à ce que la vérité
foit éclair ci e & prouvée : s^H
ny a point d'empêchement^ le
Miniftre dira à l'Epoux;
N. Veux-tu avoir cette
femme pour ton Epoufe,
& vivre avec elle félon le
Commandement de Dieu,
dans le faint état de Mariage?
Veux-tu Taimer, la chérir,
rhonQrer, la gar4ej:, en
R I A G lE. 267
temps de maladie, & en
temps de fantéj &c renon-
çant à toute autre fem-
me? Veux-tu t'atacher à
elle feule tant que vous vi-
vrez tous deux ?
U Homme répondray
Je le veux.
Vuis le Prêtre dira à la Femme ;
N. Veux-tu avoir cet
homme pour ton Mari, &
vivre avec lui félon le Com-
mandement de Dieu, dans
le faint état de Mariage?
Veux-tu lui obéir, le fervir,
l'aimer, rhonorer, le garder
en temps de maladie, & en
temps de fanté , & renon-
çant à tout autre homme ?
Veux -tu t'atacher à lui feul,
tant que vous vivrez tous
deux }
Et la Femme répandrai
Je le veux.
Puis le Miniflre dira ;
Qui eft-ce qui donne cet-
femme
homme?
te femme en Mariage à cet
Puis ils fe donneront la foi
fun-à'l'autre en cette pn-
nikr^
2^8 L E M A
Ls Miniflre recevant la femme
de la main defon phe, ou
de fes amis^ la fera prendre
à f homme par la main droite^
& lui fera dire ce qui fuit -,
Je N. te prens N. pour
lïia Femme & Epoufe, foit
que tu fois meilleure ou pire,
plus riche ou plus pauvre,
pour t'a voir & te garder dès
ce jour, & à Tavenir, en
maladie & en famé , pour
t'aimcr & te chérir félon le
faim Commandement de
Dieu, jufques à ce que la
mort nous fépare: & fur
cela je te donne ma foi.
Fuis ils quiteront les mains, &
la femme prenant l^ homme par
la main droite^ dira aujft après
le Miniftre ^
Je N. te prens N. pour
mon Mari & Epoux, foit que
tu fois meilleur ou pire, plus
riche ou plus pauvre, pour
t'avoir & te garder Acs ce
jour, & à ravenir,en maladie
& en fanté ; pour t'aimer,
te chérir, & t'obéïr, félon
le faim' Commandement
de Dieu, jufques à ce que la
mort nous fépare: & fur
cel^ Je te donjue ma foi.
R I A G E.
Apres cela ils fepareront leurs
mains; & l'homme donnera
à la femme un Aneau^ le met^
tant fur le livre avec ce qui efi
deu au Prêtre, & au Clerc :
& le Prêtre prenant VAneaUy
le donnera à l'homme pour le
mettre au quatrième doigt de
la main gauche de la femme^
& l'homme dira après le Prê^
tre.
Je t'époufe avec cet A-
neau j je t'honore de mou
corps, & je te communique
tous mes biens temporels :
au Nom du Père, & du Fils
& du Saint Efprit. Amen.
Sors r homme laiffant à la femme
VAneau nu quatrième doigt de
la main gauche ; & tous deux
fe mettant à genoux^ h Minif-
tre dira;
Prions DIEU.
Dieu Eternel, Créatçur
& Confervateur du
genre-humain. Auteur de
toute grâce fpirituelle,& qui
donnes la vie éternelle ; ré-
pan ta bénéditSion fur cet
homme &fur cette* femme
ton ferviteur & ta fervante,
que nous béniffons en ton
Nom: aifîn que comme
Ifaaç & Rebecca vécurent
fidelÇ'
1 E M
jfidèlement enfemble, ces
perfonncs auffi puifîent avec
fidélité acomplir les vœux &
les promefles qu'ils fc font
faits l'un à l'autre (dont cet
Aneau,réciproqucment don-
né ôc reçu, eft Tarrhe ôc le
gage) & qu ainfi ils demeu-
rent toujours dans une paix
& dans une amitié parfaite
Tun avec l'autre, vivant fé-
lon tes Saints Commande-
mens j par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
Alors le Prêtre leur joignant les
mains droites^ dira-.
Ceux que Dieu a con-
joints, que l'homme ne les
fépare point.
Alors le Miniflre parlera ainfi
au Peuple-,
Uifque N. & N. font
d'acord de leur faint
A R I A G E.
P
269
Ef le Miniflre ajoutera cettî
bénédiElîon,
D
Mariage i qu'ils l'ont té-
moigné devant Dieu, & de-
vant cette Aiîemblée j que
pour cet effet ils ont don-
né & engagé leur foi l'un
à l'autre, & qu'ils l'ont dé-
claré en donnant & rece-
vant un ancau, & par la jonc-
tion de leurs mains : je
déclare qu'ils font mari &
femme, au Nom du Père,
ôc du Fils, & du Saint Ef-
prit. Amen.
leu le Père, Dieu le
Fils, Dieu le Saint
Eiprit, vous benifle, vous
garde, & vous conferve: Le
Seiîîncur vous re2;ardc fa-
vorablement en fa miferi-
corde, & vous remplifle tel-
lement de fes grâces, & de
fes bénédidions fpi rituelles
que vous puiffiez vivre en-
femble dans cette vie, de
telle manière, que dans le
fiècle à venir vous obte-
niez la vie éternelle. Amen.
Puis h Miniflre ou les Clercs
alant à la l'aile du Seigneur^
diront ou chanteront le Pfeaume
fuivant,
Beati omnes, y/ 128.
T3 len-heureux eft quicon-
que craint l'Eternel,
& qui marche dans fes
voies.
Car tu mangeras du tra-
vail de tes mains : tu feras
bicn-heurcux, & tu profpé-
reras.
Ta femme fera dans ta
maifon, comme une vigne
abondante en fruit. Et tes
enfans feront autour de ta
table comme des plantes
d'oliviers, Voi-
270 Le Ma
Voici, certainement ain-
fî fera béni le peribnnagc,
qui craint rEternel.
L'Eternel te bénira de
Sion : & tu verras le bien
de ]érufalem, tous les jours
de ta vie.
Et tu verras des enfans à
te« enfans. La paix fera fur
Ifraël.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement 5 comme il cil
maintenant 5 & comme il
fera éternellement. Amen.
Ou cePfaawne.
, Deus mifereatur. Tf.ôj.
Dieu aie pitié de nous,
6c nous bénifle, &
falfe luire fa face fur nous.
Afin que ta voie foit con-
nue en la terre j & ta dé-
livrance parmi toutes les
nations.
Les peuples te célébre-
ront, ô Dieu 5 tous les peu-
ples te célébreront.
Les peuples fc réjouiront,
^ chanteront de joie, parcc-
que tu jugeras les peuples
en équité, & que tu con-
duiras les nations fiu* la
terre.
R I A G Ë.
Les peuples te célébre-
ront, ô Dieu > tous les peu-
ples te célébreront.
La terre produira fort
fruit ; Dieu, nôtre Dieu
nous bénira.
Dieu nous bénirai ôctous
les bouts de la terre le crain-
dront.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement ; comme il eft
maintenant > & comme il
fera éternellement. Amen.
Ce Pfeaume fini^ Vbomme & la
femme étant à genoux devant
la Table du Seigneur^ le Prêtre
fe tenant deùout à la Table du
Seigneur^ & fe tournant vers
eux^ dira ;
Seigneur, aie pitié do
nous.
Rêponfe.
Chrift, aie pitié de nous.
Le miniftre.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Otrc Père qui es aux
Ci<:ux, Ton Nom foit
ianctifié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme îiu ciel.
Donne nous aujourd'hui
nôtre
L E
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofenfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez.
Et ne nous indui point en
tentation : mais délivre-
nous du malin. Amen.
LeMiniJlre.
O Seigneur, fauve ton
femteur, ôctafervante.
Réponfe.
Qui mettent leur efpcran-
ce en toi.
Le Minijire.
O Seigneur, envoie leur
ton fecours de ton faint
lieu.
Réponfe.
Et les maintiens à tou-
jours.
Le Mintjire.
Sois leur une tour & une
forterefle.
Réponfe,
Au devant de leurs en-
nemis.
LeMiniJlre.
Eternel, écoute nôtre
requête,
Réponfe,
Et que nôtre cri parvien-
ne jufqu*à toi.
Le Miniftre,
ODieu d'Abraham, Dieu
dlfaaCjDicu de Jacob,
Ijcai ton fcrvitçur & ta fcr-
M A R I A G E.
vante ici préfens, & mets le
principe de la vie éternelle
dans leurs coeurs 5 afin que
tout ce qu'ils aprendront
de ta fainte parole pour
leur utilité ils le mettent
en effet. Regarde-les du
Ciel, Seigneur, enta mife-
ricorde, & les béni. Et
comme tu donnas autrefois
ta bénédidion à Abraham,
6c à Sara, à leur grande
confolation ; Vueilles aufîî
étendre ta bénédiction fur
ton ferviteur & fur ta fer-
vantci afin qu'obéïffant à
ta volonté, ils foient tou-
jours aflurez de ta Protec-
tion; & qu'ils perféverent
toute leur vie dans ton a-
mourj par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
La Prière fuivante fera omife
quand la femme fera hors d* âge
d^avoir des enfans^
O Seigneur mifericor-
dieux ôcPère Celefte,
qui fais par ta grâce que le
genre humain croît, & mul-
tiplie; nous te fuplions de
vouloir bénir ces deux per*
fonnes d'une hcurcufe lig-
née, & de leur faire la grâce
de vivre fi long-temps dans
I une
272 L E M A
une faînrc amitié & pureté
Tun avec lautre, qu'elles
puiffent voir leurs enfans
élevez dans la piété Chré-
tienne & dans la vertu, à la
gloire de ton faint Nom 5
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
ODicu qui par ta Puif-
fance infinie as créé
toutes chofcs de rien 5 &
qui après avoir mis les au-
tres créatures dans leur or-
dre, as voulu que la femme
ait pris fon origine de Thom-
me formé à ton image & d
ta reiîcmblance 5 & qui en
les unifiant eniemble, nous
as fait entendre, qu'il n'cll
point permis de féparer
ceux que tu as joints par
le mariage 5 qui auili as con-
facré ce faint état, & en as
fait un Myftèrc fi excellent
qu'il nous repréfcnte l'union
myftique de jéfus-Chriil a-
vec fon Eglifè : Regarde, 6
Dieu, dans ta mifericorde
ton ferviteur & ta fervante
ici préfens; fai que cet
homme aime fa femme le-
lon ta Parole, comme \z-
fus Chriil a aimé TEglifc
fon Epoufe, fe donnant foi-
même pour elle & la ché-
R I A G fi.
riilant comme fa propre
chair : Et aufîî que cette
femme foit douce & Corn-
plaifante à fon mari, qu elle
lui foit fidèle & obéiÏÏante,
& quelle imite les faintes
& pieufes femmes dans leur
modération, leur fagelfe, &
leur patience. O Seigneur,
béni les tous deux, & les
fais héritiers de ton Roi-
aume éternel 5 par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
Puis le Prêtre dira;
LE Dieu Tout-puiffant,
qui au commence-
ment créa nos premiers Pa-
rcns Adam & Eve, & qui
les fanclifia & les joignit
en mariage, répande fur
vous les richedes de fa grâce,
vous benillc, & vous fandi-
fie ; afin que vous puillîez
lui être agréables tant en
vos corps qu en vos âmes,
& vivre enfemble dans une
fainte amitié tous les jours
de votre vie. Amen.
Après cela^ s'il ny a point deSer^
mon^ où le devoir du Mari &
de la Femme ait été repréfen-^
tè, le Miniftre dira ce qui
M;
i Vous
Le Ma
VOus tous qui êtes ma-
riez, ou qui avez def-
fein d entrer au iaint état
du. Mariage, écoutez ce
que TEcriture Sainte nous
dit, touchant le devoir des
maris envers leurs femnics,
ôc des femmes envers leurs
maris.
S. Paul, au cinquième
Chapitre de TEpître aux
Ephefiens, donne ce com-
mandement à tous les hom-
mes qui font mariez..
Vous Maris, aimez vos
Femmes, comme Chriil a
^imé TEglife, & s'eft donné
lui-même pour ellej afin
qu il la fanftifiât après l'a-
voir nettoiée dans le lave-
ment d'eau par la parole 5
afin qu'il fe la rendit une
Eglife glorieufc, n aiant ni
tachcj ni ride, ni autre
chofe femblable : mais afin
qu'elle fût fainte, & irré-
préhenfible. Les Maris donc
doivent aimer leurs Femmes
comme leurs propres corps.
Celui qui aime fa Femme
s'aime foi- même. Car per-
fonne n'a jamais eu en haine
fa propre chair s mais il la
nomit ôc l'entretient, com-
niie le Seigneur entretient
TEglife. Car nous fommes
R f A G eC 27^^
membres de fon Corps, é-
tant de fa chair & de fes
os: C'eft pourquoi Thom-
me laiffera fon père & fa
mère, & il fe joindra à fa
femme j 6c les deux feront
une même chair : Ce myf.
tère eft grand,- or je parle
de Chrifl & de l'Eglife.
Qlic chacun de vous aime
donc fa femme comme foi-
même. Ephef. 5, 25.
Le même Apôtre S. Paul
écrivant aux Coloffiens, par-
le ainfi aux hommes qui
font mariez. Maris, aimez
vos Femmes, & ne vous ai-
griffez point contre elles.
Colof, 3. 19.
Écoutez aufïï ce que
l'Apôtre S. Pierre qui étoit
lui-même marié, écrit à
tous les hommes qui font
mariez. Vous Maris, com-
portez - vous difcrètement
avec vos Femmes, comme
avec un yailleau plus fra-
gile, leur portant du ref-
ped, comme ceux qui êtes
aufli avec elles héritiers de
la grâce de vie $ afin que
vos prières ne foient point
interrompues, i .S, Tkr, 3 . 7.
Jufques ici vous avez en-
tendu le devoir du mari
envers la femme. Mainte-
T nant.
Î74
Le Mariage.'
nant, vous Femmes, écoutez
& aprenez vôtre devoir en-
vers vos Maris comme il
vous eft clairement pro-
pofé dans TEcriture Sainte.
Voici ce que S. Paul vous
enfeigne dans fon Epître
aux Ephefiens,
Femmes, foiez fu jettes à
vos Maris, comme au Sei-
gneur 5 car le Mari eft le
Chef de la Femme, comme
Chrift eft le Chef de TE-
glife, & eft auflî le Sauveur
de fon corps. Comme donc
l'Eglife eft fujette à Chrift,
que les Femmes le foient
de même à leurs Maris en
toutes chofes. Et il dit
encore, que la Femme ré-
vère fon Mari. Ephef, 5.33.
Le même Apôtre dans
fon Epître aux Coloffiens,
vous donne cette courte
Leçon 5 Femmes, foiez fujet-
tes à vos Maris, comme il
eft convenable félon le Sei-
gneur. CoL 3.18.
S. Pierre auflî vous inf-
truît faintement, parlant de
cette forte. Que les Fem-
mes foient fujettes à leurs
Maris, afin que même s'il
y en a qui n obéïilcnt point
à la Parole, ils foient gag-
nez fans la Parole,par la con-
verfation de leurs Femmes;
lorfqu ils auront vu la pu-
reté de vôtre converfation
acompagnée de crainte. Et
que leur ornement ne foit
point celui de dehors, par
Tentortillement de cheveux,
ou parure d or, ou magni-
ficence dliabits : mais Thom-
me caché, c'eft-a-dire, celui
du cœur, qui confifte dans
Tincorruptibilité d'un efprit
doux & paifible, qui eft de
grand prix devant Dieu.
Car c'eft ainfi que fe paroi*
ent autrefois les faintes fem-
mes qui efpéroient en Dieu,
& qui demeuroient fujettes
à leurs Maris : comme Sara
qui obéïflbit à Abraham,
Tapellant fon Seigneur 5 de
laquelle vous êtes les filles
en faifant bieui lors même
que vous ne craignez rien
de ce que vous pourriez a-
voir à craindre, i . S. Tier.
3.1.
// ejî hon que les muveaux
mariez, fajfent la ' Cène Ion
quils époufent^ ou à la pre-
tniére ocafïon qui s en pré'
fenîera après leur Mariage,
L'OR.
La Visite des Malade sJ
i7f
L^ O R D R E
POUR
La Visite des Malades.
Quand queïquun efi malade Pon
en avertira le Miuiftre de la
Paroîjfe, qui dira en en-
trant dans la mai/on du ma-
lade i
Paix foit fur cette maîfon,
& fur tous ceux qui y de-
meurent.
Quand il viendra en la préfence
du malade^ il dira^ enfe met-
tant à genoux ;
O Seigneur, n aie point
mémoire de nos ini-
quitez ; ni des iniquitez de
nos pères. Pardonne-nous,
6 bon Dieu 5 pardonne à
ton peuple que tu as ra-
cheté par ton îang précieux,
& ne fois point irrité con-
tre nous à jamais.
Réponfe,
Pardonne-nous ,
Dieu.
boti
Vuis le Mînifire dira;
Prions DIEU.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Chrift^ aïe pitié de nous.
Seigneur, aie pitié dô
nous.
N
Otre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanftifié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne - nous aujourd'hui
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofcnfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfcz.
T z Et
2i(i LÀ Visite des Malades.
Et ne nous iiidiii point en | Le Miniftre.
tentation : mais délivre
Aous du malin. Amen.
Le Minijire,
Seigneur Dieu, fauve ton
ferviteur.
Ré^onfe,
Qui met fon efpérance
en toi.
Le Minijire.
Envoie lui ton fccours
de ton faint lieu.
Réponfe.
Et le foùtien toujours
par ta puiffance.
Le Minijire.
Que Tennemi n'ait aucun
avantage fur lui.
Réponfe.
Et que le méchant n'a-
proche point, pour lui nuire.
Le Minijire.
Sois, lui. Seigneur, une
tour 6c une fortereiïc.
Réponfe.
Au devant de fon enne-
mi.
Le Minijire.
O Seigneur, exauce nos
prières.
Réponfe.
Et que notre cri parvien-
ne jufqu'à toi.
O Seigneur, regarde Aq^
Cieux , contemple ,
vifitc, ôc foulage ton fer-
viteur, regardevie des yeux
de ta mifcricorde, conible-
le, «5c lui donne une ferme
confiance en toi , garanti-
le du danger de Tennemi,
§c, le garde en paix, àc en
fureté perpétuelle 5 par Jé-
fus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen^
EXauce-nous, ô Dieu
nôtre Sauveur Tout-
puiiiant, ôc Père très-mife-
ricordieuxi éten ta bonté
acoûtumée fur ton ferviteur
qui eft afligé^ de maladie.
Nous te fuplions de fanfti-
fier cette corredion pater-
nelle dont tu le vifitesi
Que le fentiment de fa foi-
blefîe fortifie fa foi, ôc
rende fa repentance piusfé-
ricufe. Si c'eft ton bon
plaifir de lui rendre fa pre-
mière faute, quil pafie le
refle de fa vie çn ta crain-
te & à ta gloire ; ou s'il te
plait d'en difpofer autre-
ment, fai lui la grâce,
qu'après avoir fini cette
pénible vie, il obtienne la
vie éternelle, & demeure
I pour
La Visite des M
four jamais avec toi , par
Jéfus-Ghrift nôtre Seigneur.
Amen,
*if*-(v
'Ahrs h Minifire exhortera le
malade de cette manière, ou
autre femhlabk.
M On cher frère , fâ-
chez que le Dieu
Tout-puiffant eft le Maître
de la vie & de la mort, &
de toutes les chofes qui s'y
raportent, comme font la
jeuneffe, la force^, la fanté,
la vieilleffe, Tinfirmité, &
la maladie. Ainfi quelle
que foit votre maladie, fâ-
chez certainement que c'eft
Dieu qui vous vifite i &
quelle qu en foit la caufe,
foit qu'il le faîlc pour
éprouver vôtre patience, a-
fin que vous foiez en ex-
emple aux aiitrcs, & qu'au
jour du Seigneur votre foi
Vous tQurne à louange, à,
honneur, & à gloire pour
votre éternelle félicite j foit
quil vous renvoie, pour
corriger en vous ce qui
ofenfe les yeux de vôtre
Père Cclcfîc ; Sachez pour
certain, que fi vous avez
une véritable & léricufe re-
pentance de vos pçchez, fi
VOU3 fuporrcz patiemment
A L A D ï; s. If 7
vôtre maladie, fi vous met-
tez vôtre confiance en la
mifericorde de Dieu, par
fon Fils Jéfus-Chrift ; & li
vous le remerciez humble-
ment de ce qu il a daigné
vous vifiter dans fa bonté
paternelle, vous foûmet-
taat entièrement à fa vo-
lonté, cette maladie vous
tournera en bien, & vous
avancera dans le chemin de
la vie éternelle.
Si la ferfome 'vifitée efi fort.
malade y le Mi ni/h e pourra
finir ici fon exhortation, ou
bien continuer.
G'Eft pourquoi prenez
en bonne part le châ-'
timent du Seigneur: ,car,
comme dit S. Paul au cha-
pitre douzicn^e de TEpître
aux Hébreux; Le Seigneur
châtie celui qu il aime , &
il fouette tout enfant' qu^
avoué. Si vous endurez la
difcipline. Dieu fe préfen-
te à vous, comme à fes
cnfans. Car qui eft fen-
fant que le Père ne châtie
point? Mais fi vous êtes
fans difcipline, de laquelle
tous font participans, vous é-
tes donc des cnfans fapofçz,
T 3 &
La Visite des Malade^:
'27i
& non pas légitimes. Et puis
que nous avons bien eu
pour châtieurs les pères de
nôtre chair, & néanmoins
nous les avons eu en révé-
rence, ne ferons -nous pas
beaucoup plus fournis au
Père des efprits? & nous
vivrons : Car quant à ceux-
là, ils nous châtioient
pour un peu de temps,
comme bon leur fembloit 5
mais celui-ci nous châtie
pour nôtre profit, afin que
nous foions participans de
fa Sainteté. Ces paroles,
mon cher Frère, font écri-
tes pour nôtre inftruûion,
& pour nôtre confolation 5
afin que nous fuportions
patiemment, & avec aftions
de grâces la correftion de
nôtre Père Celeftc, toutes
les fois qu il lui plaira en
fa grâce de nous vifiter, de
quelque forte d'adverfité
que cç foit. D'ailleurs, il
n'y a rien de plus confolant,
pour des Chrétiens, que
d'être rendus conformes à
Jéfus-Chrift, en foufrant
patiemment les adverfitez,
les afflidions, ôc les mala-
dies. Car lui- même ncft
pas entré dans la joie fans
avoir beaucoup foufcrt 5 Ôc
il n a été élevé a la gloirC;,
qu'après avoir été crucifié :
ainfi certainement le che-
min qui conduit à la joie
éternelle, c'eft de foufrir
ici avec Jéfus-Chrift: & la
porte de la vie éternelle,
c'eft de mourir volontiers
avec Jéfus-Chrifti afin que
nous refllifcitions, & que
nous régnions avec lui dans
la gloire. Maintenant donc
je vous exhorte, au Nom
de Dieu, qu'en prenant en
patience cette maladie qui
vous eft fi falutaire, vous
vous fouveniez de la pro-
mefic que vous avez faite
à Dieu dans vôtre Batême.
Et parce qu'après cette vie,
nous devons rendre compte
au juftejugc, qui nous ju-
gera tous fans acception des
perfonnes ; Je vous prie de
vous examiner vous-mêmes,
& de confiderer vôtre état,
tant par raport à Dieu que
par raport aux hommes 5
afin que vous acufant de
vos fautes, & vous condam-
nant vous-même, vous ob-
teniez mifcricorde de nôtre
Père Celeftc, pour l'amour
de Jéfus-Chrift 5 & que vous
ne foiez point acufé ôc
condamné au jour terrible
do fou jugement. C'eft:
pour-
£a Visite de
pourquoi je vous reciterai
les Articles de notre Foi ;
afin que vous fâchiez fi
vous avez la croiance qu'un
iChrêtien doit avoir^, oi^ iji
V:ous ne l'avez pas.
fci le Mini/ire recitera les
Articles de la Foi, difant
ainfi i
CRois-tu en Dieu le
Père Tout-puiilant,
Créateur du ciel & de Ja
terre? Et en Jéfus-Chrift
fon Fils Unique nôtre Sei-
gneur j & qu'il a été con-
çu du Sgint Efprit $ qu'il
cft né de la Vierge Marier
qu'il a fqufert fous Ponce
Pilate 5 qu'il a été crucifié 5
qu'il eft mort, & qu'il a
été enfcveli 5 qu'il eft def
çendu aux enfers f & que
le troifiémc jour il eft ref-
fufcité des morts; quil eft
monté aux Cieux 5 qu il eft
aflis à la droite de Dieu le
Père Tout-puifîant 5 & que
de là il viendra, a la fin
du monde, pour juger les
vivans & les morts ?
Et crois-tu au Saint Ef-
prit? crois-tu la Sainte E-
glife UniverfcUc j la Com-
munion des Saints j la rc-
s Malades* 279
miflîon des péchez 5 lare*
furreftion de la chair i &
la vie éternelle après la
mort ?
te malade répondra^
Je çroi tout cela ferme-
ment.
Alors le Miniftre P examinera^
four f avoir s'il a une véritable
refentance de/es péchez, ; & s'il
a de la charité pour tous fes
prochains i P exhortant de par^
donner de tout fon cœur à tous
ceux qui Pauroient ofenfé : Et
s'il a ofenfé quelqu'un, de lui en
demander pardon : Et 5^ il a
fait tort, ou injure à quelque
perfonne, Àe lui faire fat isfaBi»
on autant quil lui fera pojji^
hle : Et s'il n'a pas aupara^
vant difpofé de fes biens , il
l'exhortera alors de faire fon
Te(lamenty & de déclarer ce
qu'il doit^ & ce qui lui eft dû^
pour la décharge de fa confcience;
& pour le repos & le foulage^
ment des Exécuteurs de fon
Teftament. Mais iljaudroit ^-
vertir fondent chacun de donner
ordre à fes af lires temporelles
pendant que l'on eft en fantê.
Les paroles couchées ci-deffus
peuvent être recitées avant que
le Miniftre commence la Prière,
félon qu'il le jugera à propos.
Le Miniftre ne doit point ou^
blier d'exhorter avec inftance les
\ malades qui ont du bien, à ufr
l T 4 ^^
Ssa La Visite
âe libéralité envers les pau-
vres.
Que fî le malade trouve que
fa cbrtfcience /vit chargée de
quelque chofe de gravide impor-
tance y' c^eft ici quil fera ex-
horté de faire une confeffton
particulière de fes pechezj^ après
laquelle confeffiou le Prêtre lui
donnera raîfolutim en cette
Tnaniere^ s'tl la demande avec
'humilité y & avec grande afec-
tkn. X
Notre Seigneur Jéfus-
Chrift, qui a laifie à
fon Eglife la puiflance d'ab-
ïoudre tous les pécheurs
qui fe repentent & croient
en lui véritablementjVçuiile
te pardonner tes ofenfes par
'fa grande miiericorde. Et
€11 fon autorité, qui m'eft
commife, je t abfous de
tous tes péchez; au Nom
du Père, & du Fils, & du
Saint Efprit. Amen.
Puis le Prêtre dira la Collège
fuivante.
Prions DIEU.
ODieu très- mifericor-
dieux, qui félon la
multitude de tes compaffi-
pns^ éfaces tellement les
DES MaXADÊJ?.
fbrjfaits de ceux qui fbnt't
touchez d'une véritable re-
pentance, que tu ne t'en
yeux pliis fou venir : regiar-'
de en ta mifericorde ton
ferviteur nôtre frère i qui
défire très-ardemment le
pardon & la remiffion de
les péchez. Repare en lui,
ô Père de grâce, tout ce
qui y a été corrompu, par
la rufe, & la pialicç du
Diable, ou par la petver-
ftté 6l llnfirmité de fa pro-
pre chair. Conferve &
retien ce malade dans la
communion de ton Eglife^
comme Tun de fes mem-
bres; aie égard à fa con-
trition ^ reçoi (q.s larmes 5
& foulage les douleurs, fé-
lon que tu çonnoîtras lui
être falutaire. Et puis quil
met toute fa confiance en
ta feule mifericorde, qu'il
te plaife de ne lui point
imputer fes faute3 pafîées 5
mais de le fortifier par ton
bon Efprit, Et quand il
te plaira de le retirer de
cette vie, reçoi - le dans
ton Ciel 5 par les 'mérites
de Jéfus-Chrift, ton Fils
bien-aimé, nôtre Seigneur,
Amen,
Aprh
<^''EiÉ ViSÏTE DES MALADEJSir 2t%Z
' remplie de ta loiiange, &
de ta magnificence cl^aqiiç
jour. ■ v; r.--i^n^ .
Ne me rejette point aii
temps de ma vieilleffe: ne
m'abandonne point main-
tenant que ma force eft dé-
faillie.
Car mes ennemis ont
parlé de moi; Se ceux qui
épient mon ame ont pris
confeil enfemble, difant s
Dieu Ta abandonné 5
pourfiiivez-k, & le faifîilez :
car il n-y a perfonne qui
le délivre.
O Dieu, ne t'éloignc
point de moi: mon Dieu,
hâte-toi de venir à mon
aide*
Que cçux qui foiit enne-
mis de mon ame foicnt
honteux, & défaillent : &
que ceux qui cherchent
mon mal, foient envelo-
pez d'oprobre,6c de honte.
Mais moi, j'attendrai
toujours, & j'ajouterai à
toute ta loiiange.
Ma bouche racontera
chaque jour ta juftice, &
ta délivrance, bien que je
acn fachc point le nombre.
Je marcherai par la force
du Seigneur Eternel; je
Que ma bouche foit raconterai ta feule jufticé.
^ O
"Après leMniflre àmç^^f femme
In të. Domine, Ipeiravi.
Etttmh je-me fuis re-
' tiré vers toi: fai que
je né fois jamais confus.
DéUvre-moiparta juftice
6c me garanti : incline ton
oreille vers moi, ôc me
mets en fureté.
Sois moi pour un rocher
4e retraite,, afin que je m'y
puiile; toujours ixtirer : tu
as dofâné mandement de
ine. mettre en sûreté, car
tu es mon rocher, ôc ma
fortereûe.
Mon Dieu, délivre-moi
de la main du méchant,
de la main du pervers, &
de Topreileur.
Car tu es mon attente,
Seiiineur Eternel, ôc ma
confiance dès ma jeunefte.
] 'ai été apuié fur toi dès
le ventre de ma mère i c'eft
toi qui m'as tiré hors des
entrailles de ma mère : tu
es le fujet continuel de
mes louanges.
J'ai été à plufieurs com-
me un monftre : mais tu
es ma forte retraite.
t/À ViSItE
O Dieu, tu m'as enfei-
gnédès ma jeunefle: Ôcj'ai
anoncé jufquà préfent tes
merveilles.
Je les ai anoncées jufquà
la vieiilefle, même jufqua
la vieillcffe toute blanche :
ô Dieu, ne m'abandonne
point, jufquà ce que j'aie a-
noncé ton bras à cette géne-
ptiori, & ta puilTance à tous
ceux qui viendront après.
Car ta juftice, ô Dieu,
cft liaut élevée 5 parce que
tu as fait de grandes chofes.
O Dieu, qui eft femblable
à toi ?
Qui m'aiant fait voir
plufieurs détreffes, & plu-
îîcurs maux, nVas de nou-
veau rendu la vie, & m'as
fait remonter hors des abî-
mes de la terre.
Tu acroîtras ma grandeur,
& tu me confoleras encore :
AufTi, mon Dieu, je te
célébrerai pour l'amour de
ta vérité avec Tinflrument
de la mufette: ô Saint
d'Ifraël, je te pfalmodierai
avec le violon.
Mes lèvres & mon ame
^ue tu auras rachetée chan-
teront de joie, quand je te
pfalmodierai.
Ma langue aufiî difcour-
ÔES Malades?
ra, chacun jours de ta jujP
tices parce que ceux qui
cherchent mon mal feront
honteux, & rougiront.
Gloire foit au Père, &
au Fils, & au Saint Efprit.
Comniie il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen»
Ajoutant aujjî ceci,
O Sauveur du monde,
qui par ta croix, & par ton
Sang précieux, nous as ra-
chetez, fauve- nous & nous
aide, nous t'en fuplions^
ô Seigneur.
Alors le Miniflre dira ;
Le Seigneur Tout-puif^
fant, qui eft une tour &
une forterelTe à tous ceux
qui mettent leur confiance
en lui, fous le pouvoir du-
quel tout ce qui eft au Ciel,
en la terre, & fous la terre,
fléchit & fe foumet, foit
dès maintenant & à jamais
ta défenfe j & te faffe con-
noîtrc & fentir qu'il n'y a
point d'autre Nom • fous le
Ciel donné aux hommes,
auquel & par lequel tu puif-
les recevoir fanté & falut,
finon le fcul Nom de nôtre
Sei-
La Visite
Seigneur Jéfus-Chrift,
men.
Et il dira après cela;
NOus te recommandons
à la grâce, à lamiferi-
corde, & à la protcftion de
Dieu. Le Seigneur te be-
niffe & te conferve. Le Sei-
gneur fafle luire fa face fur
toi, & te foit propice. Le
Seigneur retourne fon vi-
fage envers toi, & te donne
la paix 5 dès maintenant &
à jamais. Amen.
Prière four un Enfant malade.
Dieu Tout-puiflant, &
Père mifericordicux,
a qui feul apartiennent les
ifluës de la vie & de la
mort 5 regarde du Ciel des
yeux de ta mifericorde, cet
Enfant maintenant abatu
dans le lit d'infirmité. O
Seigneur, fai que ta vifite
lui foit falutaire. Délivre-
le de fes douleurs corporel-
les au temps convenable
que tu as ordonné, & fauve
fon anie pour Tamour de
ta mifericorde. Qiie fi c'cft
ton bon plaifir, de prolon-
ger fes jours fur la terre;
qu'il vive à toi, & quil
foit un inftrumcnt de ta
gloire en te fervant fidè-
DES Malades* 2S3
A-jlement ^ & en faifant du
bien tous les jours de fa vie :
mais il tu en difpofes au-
trement, quil te plaife de
le recevoir en ton Sanftu-
aire cclefte, où les âmes de
ceux qui dorment au Sei-
gneur Jefus, jouïflent d'un
repos & d'une félicité éter*
nelle. Seigneur, exauce-nous
par ta mifericorde, en ce
même Jéfus-Chrift ton Fils
nôtre Seigneur, qui vit &
qui règne avec toi, & avec
le Saint Efprit, un feul Dieu
éternellement. Amen.
Prière pour une perfonne malade^
lors qu*ilny a pas grande apa--
rence quelle relève de maladie.
Opère de mifericorde,
& Dieu de toute con-
folation, qui es nôtre feule
aide en temps de néceflîté ;
Nous recourons à toi, &
nous implorons ton fecours
en faveur de ton ferviteur,
qui eft ici abatu fous ta
main en grande foibieffe,
& en grande langueur de
corps. Regarde-le en ta
mifericorde, ô Seigneur, ôc
plus fon homme extérieur
déchoit, fortifie-le d'autant
plus en l'homme intérieur
par la grâce du Saint Efprit.
Don-
ZS4- l'A ViSifE DES
Donnc-luî une véritable &
fmcère repentance de tou-
tes les fautes de fa vie paf-
fée, ôc une ferme foi en
ton Fils JéfuS'Chrift s afin
que fes péchez ibient éfa-
cez par ta mileri corde, &
que fon abfolution foit fçcl-
ice dans le Ciel, avant qu il
aille le chemin de toute la
terre, & qu il ne foit plus
vu. Nousfavons, Seigneur,
qu aucune chofe net'cilini-
poffible, & que fi tu veux
le relever de, le faire de-
meurer plus long-temps a-
vec nous, tu le peux, en
rétat même où il fe trou-
ve. Cependant puis que
félon toute aparence le
temps de fon départ apro-
çhe, nous te fuplions très-
inftamment, quil te plaife
de le difpofer & de le pré
parer tellement pour Theure
de la mort, qu après fon dé
part de cette vie en paix
(& en ta grâce, fon ame
puiffe être reçue dans ton
Roiaume éternel j par les
mérites & par la médiation
de jéfus-Chrift ton Fils U-
nique , nôtre Seigneur, 6c
Sauveur. Amen.
Malade«;J,
Vrihe four recommanclev^^un ma^-
lade^ lors quil efl fur le point-
de mourir^
Dieu Tout-puiflant, a-^
vec lequel vivent les
eiprits des hommes juftes
qui font confommez, après
qu ils font délivrez de ieuir
prifon terreftre 5 nous te re-
commandons très-humble-
ment Tamedeton ferviteur
nôtre cher Frère, que nouç;
remettons entre tes mains^J
comme entre les mains du
fidèle Créateur, 6c de fou
Sauveur très-mifericoMieux,
te fupliant très-humblement,
qu elle foit précieuft en ta
pféfence. Nous te fuplions
dé la laver dans le fang
deTagneau fans tache, qui
a été mis à mort pour ôter
le péché du monde ; afin
qu étant purifiée des fouil-
lures qu cUç peut avoir con-
tractées au milieu de ce
monde méchant 6c mifera-
ble, par Içs çonvoitifes de
la chair, ou par les rufe^
de Satan, elle puifle . conv
paroitre pure, 6c fans tachç
devant toi. Aprçn - nous
aufli à nous qui demeurons
encore en vie à contempler
dans ce fpedacle de nôtre
mortciiité, 6c dans tous les
ob^
La Visite de
objets femblables que nous
avons tous les jours devant
les yeux, combien nôtre
condition eft fragile & in-
certaine. Enfeigne-nous à
tellement compter nos jours,
que nous-nous apliquions
férieufement, pendant que
nous fommes dans ce mon-
de, à rétude de cette Sainte
ôc Cclefte Sagefle, qui nous
peut conduire enfin à la
vie éternelle j par les mé-
rites deJéfus-ChrifttonFik
Unique nôtre Seigneur.
Amen,
Prihe pour lesperfimes troublées
d'efprity ou tourmentées en
leurs confciences,
O Seigneur qui es le Père
de miiericorde, &ie
Dieu de toute confolation,
nous te luplions de jettcr
les yeux de tes compaflîons
fur ton ferviteur afiigé. Tu
écris contre lui des chofes
amères y ôc tu fais venir fur
lui fcs iniquitcz paifées, ta
colère cfl apefantie fur lui^ôc
fou ame eft remplie de trou-
S MALADisi
285-
ble. Mais, ô Dieu très-mi-
fericordieux, qui as écrit ta
Sainte Parole pour nôtre
inftrudion, afin que par la.
patience, & par la confo-
lation des Ecritures, nous
aions efpérance 5 fai lui la
grâce de fe bien connoitre
foi-même, & de bien com-
prendre tes menaces, & tes
promefles i afin qu il ne per-
de point la confiance qu il
a en toi, & qu il ne la mette
jamais quentoi. Fortifie-le
contre toutes les tentations,
& guéri toutes fes infirmi-
tez. Ne brife point le ro-
feaucafle, & netein point
le lumignon fum.ant. N*ar-
refte point en ta colère le
cours de tes tendres com-
paflîons j mais fai lui en-
tendre joie, ôcliefle, & que
les os que tu as brifez fe
réjouïffcnt. Déiivre-le de
la crainte de l'ennemi, & fai
luire fur lui la clarté de ta
face, & lui donne ta paix ;
par le mérite, & par la mé-
diation de Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
LA
2$6 La Communion des Malades
L A
COMMUNION
DES
MALADES.
Parce que tous les hommes mortels
font fujets à plujteurs périls^
maladies^ & înfirmitez, fou-
daines ; Ù que l'heure de leur
départ de cette vie efl toujours
incertaine ; ajîn quils fient
difpofez, à mourir quand il
plaira à Dieu de les apeller^
les Miniflres exhorteront dili-
gemment leurs Paroijjlens de-
temps- en-temps, {& principale-
ment en temps de pefte, ou
£ autres maladies contagieufes,)
de recevoir fouvent la Sainte
Communion du Corps & du
Sang de Jéfus-Chri/l notre
Sauveur, lors quelle fera ad-
miniflrée dans l'Eglifc. Par
ce moi en ils n auront point fu-
jet d'être travaillez, d'inquie-
tilde dans leurs maladies fou-
daines, pour n avoir pas reçu
cette conflation : Mais fi le
malade ne peut venir à l'Eglife,
& s* il dé lire néanmoins de Corn*
munier dans fa maifon, il le
Jerafavoir au Miniftre^ lefoir
auparavant, ou le même jour
de bon matin ; & il lui fera
favoir aufjl combien de per^
fennesfe difpofent à Communier
avec lui : {dont le nombre doit
être de trois ou de deux pour
le moins) & alors s'il y a un
lieu convenable dans la maifon
du 7nalade, où le Miniftre puif*
fe adminiflrer le Sacrement
avec la révérence convenable ;
& s'ilfe trouve un nombre rai*
fonnable de perfonnes pour rf-
cevoir la Communion avec le
Malade, & toutes les chofes
nécejf aires à cette nB ion ; il y
célébrera la Sainte Cène, com-
mençant par la Collège, l'Epi^
tre, (7 l'Evangile qui fui-
veiTt.
L4
Là Communion des Malades. 287
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant &
Eternel, Créateur du
genre-humain, qui corriges
ceux que tu aimes, & qui
châties tout enfant que tu
avoues; Nous te fuplions
d'avoir pitié de ton fervi-
teur nôtre Itère, vifité de
ta main, & de lui faire la
grâce de fuporter patiem-
ment cette maladie. Rcn-
lui la fanté du corps, fi
c eft ton bon plaifir, & lors
quil te plaira de féparer
fon ame de fon corps, fai
quelle comparoiffe devant
toi fans tache 3 par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
L'Epitre, Heb. 12. 5.
M On enfant, ne mé-
prife point_ le châti-
ment du Seigneur, & ne
perds point courage quand
tu es repris de lui : car le
Seigneur châtie celui qu'il
aime, & il fouette tout en-
fant qu il avoue.
L'Evangile, S.Jean, 5. 24.
EN vérité, en vérité je
vous dis, que celui
qui oit ma parole, & qui
croit à celui qui m'a en-
voie, a la vie éternelle ;
& il ne viendra point
en condamnation : mais il
eft palTé de la mort à la
vie.
Apres quoi le Prêtre contînu*érct
félon le Formulaire prefcrit
four la Sainte Cène, commen-*
çam par les paroles. Vous qui
êtes touchez, &c.
Quand on viendra à la àifirihu*
lion au Saint Sacrement-, le
Prêtre le recevra le premier^
& après Vadminiflrera à ceux
qui fe feront préparez, pour com^
munier avec le Malade, &
en dernier lieu au Malade
même.
Quefiquelqu^un à caufe àeVe^tre^
mité de fa maladie y ou pour ne
V avoir pas fait f avoir auMinif
tre en temps convenable, faute
de compagnie à communier ^-
vec lui, ou pour quelque autre
jufle empêchement, ne reçoit
point le Sacrement du Corps
& du Sang [de Jéfus-Chrifi :
Alors le Miniflre inflruira le
malade^ & lui fera entendre^
que s'ilfe repent vraiment de
fes péchez., & s'il croit ferme^
ment que ^éfus-Chri/i a fou-
fert la mort en la Croix pottr
lui, & qu'il a répandu fon
Sang pour fa Rédemption, re"
duijant férieufemem en fa mé-
moire
2S4- La Communion des Malades.^
moire les bien-faits quil en
a reçûsy & lui en rendant
grâces de tout fin cœur, il
mange & il boit le Corps
& le Sang de Jéfus-Chrifl
pour le bien & le falut de
fin ame ; ({uoi quil ne re-
çoive point de fia bombe le
Sacrement,
Qjmnà le malade efl vifité, &
quil fait la Cène en même
tempSy le Prêtre, pour ahré^
ger, achèvera le formulaire
de la vifite, au Pfeaume
qui commence. Eternel, je
me fuis retiré vers toi; &
pafferà incontinent àJa.Corff-'
munion, t >
En temps de pefle, de fuëûr^ ou,
â^ autre maladie contagieufe^
quand aucun de la paroijfe^
ni des vnjins n'ofè apvicher
du malade pour Communier
avec lui, de-peur de la contai
gion, le Miniftre à l*in(lante,
prière du malade pourra Com^
munier feul avec -lui.
UOR
La Sépulture des MoRtsi;
it§i
-^■' •:& nt? i& «as- '1& ?& "îî:' ^ ^- ^ * ^
L' O R D R E
POUR
LA SEPULTURE DES MORTS.'
Il faut remarquer ici^ que Vojice
fuivant ne fe doit point dire
pour ceux qui mement fans a^
*voir été ùâtifezi ; ni pour les
Excommuniez, ; ni peur ceux
qui fe font défaits eux-mêmes,
Le Prêtre rencontrant îe corps
mort à rentrée du Cimetière di-
ra, ou chantera avec les Clercs
en alànt, ou à PEglife^ ou vers
lafojfe,
JE fuis ia réfurredion &
la vie, dit le Seigneur:
Celui qui croit en moi, en-
core qu'il foit mort, vivra :
& quiconque vit & croit
en moi, ne mourra point
éternellement. S. Jean 1 1 .
2 5, 26.
JE fai que mon Rédemp-
teur cil vivant, 6c qu'il
demeurera le dernier fur la
terre. Et lors qu'après ma
i^^
peau ceci aura été rongé,'
je verrai Dieu de ma chair 5
Je le verrai moi-mêmC;, &
mes yeux le verront, &
non un autre. Joif 19.
25,26,27.
NOus navons rien a-
porté au monde, &
âulFi il eft: évident que nous
n'en pouvons rien empor-
ter* L'Eternel donne, TE-
ternel ôte, le Nom de l'E-
ternel foit béni, i Tm, 6.j^
Jobj 1 . 2 1 .
Quand on efi entré dans fEgUfe^
on lira un des Pfeaumes fui^^
vans^ ou tous les deux,
T^ixiy Cujlodiam, Tf, 39.'
JAI ditj Je prendrai gar-
de à mes,voies> afin que
je ne pèche point par ma
; langue i
U Je
■i'po La Sepultur
Je garderai ma bouche
avec une mufeliére, tant
que le méchant fera devant
moi.
J'ai été muet fans dire
mot 5 je me fuis tu du bien :
mais ma douleur s'eft ren-
forcée.
Mon cœur s'efl: échaufé
au dedans de moi, & le feu
s'efl: embrafé en ma médi-
tation : j ai parlé de ma lan-
gue, difanti
Eternel, donne moi à
connoître ma fin, & quelle
efl: la mcfure de mes joursj
fai que je fâche de com-
bien petite durée je fuis.
Voilà, tu as réduit mes
jours à la mefure de quatre
doigts; & le temps de ma
vie efl: devant toi, comme
un rien. Certainement ce
îi'eft que pure vanité de tout
homme, quoi qu il foit de-
bout.
Certainement l'homme
fe promène parmi ce qui
n a que de Taparence : cer-
tainement il fe tempête
pour néant : On amaile des
biens, & on ne fait point
qui les recueillira.
Or maintenant quai- je
atendu. Seigneur? mon a-
tcute efl; à toi. j
E DES Morts.'
Délivre-moi de toutes
mes tranfgreflîonsi & ne
permets point que je fois
en oprobre à Tinfenfé.
Je me fuis tu, & n ai
point ouvert ma bouche i
parce que c efl toi qui las
fait.
Retire de moi la plaie
que tu nVas faite : je fuis
défailli par la guerre que
tu me fais.
Aufll-tôt que tu châties
quelqu'un, en le rcdargiiant
pour fon iniquité, tu con-
fumes fon excellence com-
me la tigne : certainement
tout homme efl: vanité.
Eternel, écoute ma re-
quête, & prête loreille à
mon cri, & ne fois point
fourd a mes larmes : car je
fuis voiageur & forain chez
toi; comme ont été tous mes
pères.
Retire-toi de moi, afin
que je reprenne mes forces,
avant que je m'en aille, ôc
que je ne fois plus.
Gloire foit au Père, ôc
au Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoît au com-
mencement, comme il efl:
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
"Dû-
domine refiighim, Tf. 90.
Eigneur, tu nous as été
une retraite, d âge en
La Sépulture des Morts. 291
clarté de ta face nos fautes
cachées.
Car tous nos jours s'en
vont par ta grande colère ^
& nous confumons nos an-
nées comme unepenfée.
Les jours de nos années
reviennent à foixante-dix
ansj & s'il y en a de vi-
goureux , à quatre-vingts
ans : même le plus beau de
ces jours n eft que fâcherie
& tourment 5 & il s'en va
s
âge.
Avant que les monta-
gnes fuffent nées, & que tu
euffes formé la terre, la ter-
re, dis-je, habitable : même
defiècle en iîèclc tu es le
Dieu Fort.
Tu réduis Thomme mor- 1
tel julques à le mcnuifcr ,
& tu dis; Fils des hommes,
retournez.
Car mille ans font de-
vant tes yeux comme le
jour d'hier qui eit pafîé j &
comme une veille en la
nuit.
Tu les emportes comme
une ravine d'eaux : ils font
comme un fonge au matin j
comme une herbe qui fe
change 5
Laquelle fleurit au matin,
& reverdit : le foir on la
coupe, ôç elle fe fane.
Car nous fommes con-
fumez par ta colère : &
nous fommes troublez par
ta fureur.
Tu as mis devant toi
nos inLpitez, 6c dc\aat la
bien- tôt, & nous nous en-
volons.
Qui efl:-ce qui connoît,^
ielon ta crainte, la force de
ton indignation, 6c de ta
grande colère ?
Enfeigne-nous a
telle-
ment compter nos jours,
que nous en puiflîons avoir
un cœur de fapience.
Eternel, retourne - toi ;
jufques à quand ? & change
de coura2:e envers tes fer-
vireurs.
Railafie-nous , chaque
matin, de ta gratuité; afià
que nous nous réjouïflîons,
& que nous foions joieux
tout le long de nos jours.
Pvéjouï-nous au prix des
jours que tu ne us as afligez,
ôc au prix des années auf-
U z quelle^
292 La Sepitltur
quelles nous avons fenti
des maux.
Qiie ton oeuvre paroiffe
fur tes ferviteurs, & ta gloire
fur leurs enfans.
. Et que le bon plalfir de
l'Eternel nôtre Dieu foit fur
nous '-, ôc dilpofe-nous Tocu-
vre de nos mains : difpofe,
dis-je, l'œuvre de ^los mains.
Gloire foit au Père, &c.
Comme il étoit au com-
mencement, &c.
Puis fuivra la Leçon tirée du
quiyiz,iéme chapitre de la pre^
miére Epître de S, Paul auy
Corinthiens.
I Cor- 15. 20.
MAintenant Chrift eft
reilufcité des morts,
& il a été fait les prémi-
ces de ceux qui dorment.
Car puis que la mort
cft par un feul homme, la
rélurreclion des morts cil
aulîi par un feul homme.
Car comme tous meu-
rent en Adam, pareille-
ment auflî tous font vivi-
fiez en Chrifl- Mais cha-
cun en fon rang; les pré-
mices, c'cft Chrift : puis
ceux qui font de Chrift
feront vivifiez en fon avè-
nement. Et après viendra
U fin, quand il aura remis
E DES Morts.
le Roiaume à Dieu le Père;
ôc quand il aura aboli tout
empire, & toute puiflance,
& toute force: car il faut
qu'il règne jufqua ce qu'il
ait mis tous tes ennemis
fous fes pieds. L'ennemi
qui fera détruit le dernier,
c eft la Mort. Car Dieu a
afllijetti toutes chofes fous
fes pieds : or quand il eft dit
que toutes chofes lui font
aftujettiesj il eft évident
que celui, qui lui a aflli-
jetti toutes chofes, eft ex-
cepté : & après que toutes
chofes lui auront été aflu-
jettiesj alors aufll le Eils
lui-même fi:ra aftujetti à ce-
lui qui lui a aftujetti toutes
choies 5 afin que Dieu foit
tout en tous. Autrement
que feront ceux qui font
bâtifez pour morts, fi abfo-
lument les morts ne ref-
fuicitent point? pourquoi
donc font-ils bâtifez pour
morts ? pourquoi auftî ibm-
mez-nous en danger à toute
heure > Par notre gloire que
j'ai en nôtre Seigneur Je-
fus-Chrift, je meurs de-jour-
en-jour. Si j'ai combattu
contre les bêtes à Ephèfe,
félon l'homme, quel profit
en ai-je, fi les morts ne ref
' fufci-
La Sépulture des Morts.
29S
fufcitent point? mangeons
& beuVons5 car demain
nous mourrons. Ne foiez
point réduits 5 Les mauvai-
fes compagnies corrompent
les bonnes mœurs. Réveil
lez- vous à vivre juftement^
6c ne péchez point : car
quelques-uns font fans con*
noiffance de Dieu: je vous
le dis à vôtre honte. Mais
quelqu'un dira 5 Comment
reffufcitent les morts, & en
quel corps viendront-ils ?
O fou, ce que tu sèmeS;,
n'cft point vivifié sll ne
meurt. Et quant à ce que
tu sèmes, tu ne sèmes point
le corps qui naitra, mais le
grain nud, félon qu il fc
rencontre, de blé, ou de
quelque autre grain. Mais
Dieu lui donne le corps
comme il veut, & à cha-
cune des femences fon
propre corps. Toute chair
n'eft pas une même forte
de chair : mais autre eft la
chair des hommes, & autre
la chair des bêtes, ôc autre
celle des poiiTons, & autre
celle des oifeaux. Il y a
auflî des corps celcftcs, &
des corps terrcftres : mais au-
tre eft la gloire des celcftcs,
& autre celle des terrcftres.
Autre eft la gloire dufoleilj
ôc autre la gloire de la lune 5
& autre la gloire des étoiles:
car une étoile eft diferente
d'une autre étoile en gloire.
Il en fera auflî de même
en la réfurredion des morts :
Le corps eft femé en cor-
ruption, il refiufcitera in-
corruptible. 11 eft femé eu
défhonneur, il reftiifcitera
en gloire: il eft femé en
foiblefle, il reftiifcitera en
force. Il eft femé corps
fenfuy, il refiufcitera corps
fpirituël : il y a corps fcn-
fuel, & il y a corps fpirituci*
Comme auftl il eft écrit;
Le premier homme Adam
a été fait en ame vivante:
& le dernier Adam en cl-
prit vivifiant. Or ce qui
eft fpirituël, n'eft pas le pre-
mier : mais ce qui eft îen-
fuël 5 ôc puis ce qui eft fpi-
rituël: Le premier homme
étant de la terre, eft de
poudre: mais le fécond
homme, favoirle Seigneur,
eft du Ciel. Tel qu'eft ce-
lui qui eft de poudre, tels
auflî font ceux qui font de
poudre ; & tel qu'eft le ce-
Icfte, tels auflî font les ce-
leftcs. Et comme nous a-
vons porté Timage de cclu^
U 3 q'-
La Sépulture des Morts.
Seigneur Jéfus-Chrift. C'cft
pourquoi, mes frères bicn-
aimez, foiez fermes, im-
muables, abondans toujours
en rœuvrc du Sei<2;ncur 5
294
qui eft de poudre, nous
porterons auffi limage du
celefte. Voici donc ce que
je dis, mes frères ic eft que
la chair & le fang ne peu-
vent point hériter le Roi- fâchant que votre travail
aume de Dieu 5 & que lalncft point vain en nôtre
corruption n hérite point
rincorruptibiUté. ^ Voici, je
vous dis un myftère ; nous
ne dormirons pas tous, mais
nous ferons tous tranfmuez:
en un moment, & en un
cUn d'œil, à la dernière
trompettes car la trompette
fonnera, & les morts ref-
fufciteront incorruptibles, ôc
nous ferons tranfmuez. Car
Seigneur.
Quand on efi auprès de la foffe^
■pendant que l'on prépare le
corps pour le mettre en terre, le
Prêtre lira, ou chantera avec
les Clercs ce qui fuit.
L'Homme né de femme,
eft de courte vie, &
plein d'ennui i il fort com-
me une fleur, puis il eft
coupé, & il s'enfuit corn-
il faut que ce corruptible me une ombre qui ne s'ar-
revête rincorruptibiUté: & rêtc point,
que ce mortel revête Tim-
mortalité. Or quand ce
corruptible aura revêtu l'in-
corruptibilité, & que ce
mortel aura revêtu Tim-
HiortaUté, alors cette pa-
role de TEcriture fera a-
complie; La mort eft en-
gloutie en viftoire. Où eft
ô mort, ton aiguillon? où
eft, ô fépulcre, ta vidoire?
Or Faiguilîon de la mort,
c'eft le pcché : & la puiifance
du péché, c eft la Loi. Mais
■grâces à Dieu, qui nous a
donné la victoire par nôtre] de ta mifcricordc à nos
pri-
Au miUeude la vie nous
fommes dans la mort. A
qui demanderons -nous du
fecours, qu'à toi, Seigneur;,
qui te courrouces juftement
|à caufe de nos péchez.
Néanmoins, ô Dieu très-^
faint, ô Seigneur très-puif-
iant, ô faint, & très-miferi-
cordieux Sauveur, ne nous
Uvrc point aux douleurs a-
mcrcs de la mort éternelle.
Tu connois. Seigneur,
les fccrets de nos cœurs 5
ne ferme point les oreilles
La Sepultur
prières : mais fois nous pro-
I pice. Seigneur très faint, ô
Dieu Tout-puiflant, ô faint
& mifericordieux Sauveur,
toi qui es le fouverain Juge
Eternel, ne permets point
qu'à nôtre dernière heure
nous foions fèparez de toi,
quelque douleur de mort
que nous endurions.
'Alors quelquun àe ceux qui font
là préfetis, jettant de la terre
fur le corps ; le Prêtre dira ;
PUis qu il a plu à Dieu
en fa grande miferi-
corde, de retirer à foi Famé
de nôtre cher Frère défunt^
nous dépofons fon corps
au fépulcre^ la terre à la
terre ; les cendres aux cen-
dres i la poudre à la pou-
dre, dans la ferme, & pleine
aiTûrance de la refurredion
à la vie éternelle, par Jéfus-
Chrift notre Seigneur, qui
transformera notre corps
vil ; afin quil foit rendu
conforme à fon corps glo-
rieux; félon cette éficace,
par laquelle il peut affu-
jettir même toutes chofes
à foi.
Puis fera ditj ou chanté ;
J'Ouïs une voix du Ciel
me difanti Ecrij Bien-
/
E DES -Morts. 295
heureux font les morts, qui
déformais meurent au Sei-
gneur: ouï pour certain,
dit TEfpritj car ils fe re-
pofent de leurs travaux,
^j?oc. 14. 13.
Alors le Prêtre dira ;
Seigneur, aie pitié de
nous.
Réponfe,
Chrift, aie pitié de nous.
Le Minijîre. •
Seigneur, aie pitié de
nous.
Notre Père qui es aux
Cieux , Ton Nom
foit fandlifîé. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit
faite en la terre, comme au
Ciel. Donne-ngus aujour-
d'hui nôtre pain quotidien.
Et nous pardonne nos ofen-
fcs, comme nous pardon-
nons à ceux qui nous ont
ofenfez. Et ne nous înduî
point en tentation: mais
délivre-nous du malin. A-
men.
Le "Prêtre.
Dîcu Tout-puiffant, a-
vec qui vivent les
efprits de ceux qui meurent
au Seigneur, & en qui les
amçs des fidèles, après être
U 4 dé^
2g6 La SEiPtrLTUR
délivrées du fardeau de ce
corps, font en joie & en
félicité ji nous te rendons
grâces de tout nôtre cœur,
de ce qu il ta plu de retirer
nôtre Frère des mifères de
ce préfent fièçle mauvais :
Te fupliant, qu il te plaife
par ta grâce & par ta bon-
té, d'acomplir bien-tôt le
nombre de tes élus, & de
hâter la venue de ton règ-
ne ^ afin que nous, avec
tous ceux qui font morts en
la vraie foi de ton Saint
Kom, puillîons obtenir la
félicité confommée, & la
parfaite béatitude de nos
corps & de nos âmes, dans
ta gloire éternelle 5 par J e-
fus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
La Collecte,
ODieu très mifericor-
dieux. Père de nôtre
Seigneur Jéfus-Chrift, qui
cft la refurreûion & la vie,
auquel quiconque croit vi-
vra, encore qu'il meure,*
& quiconque vit, & croit
en lui, ne mourra point é-
ternellement 5 qui auffi nous
a enfeigné par fon Apôtre
S. Paul, que nous ne de-
E DES Mort si
vons pas nous afiiger à l'é-
gard de ceux qui dorment,
comme s'afligent ceux qui
n ont point d'cfpérance :
Nous te fuplions très-hum-
blement, ô Père, quil te
plaife de nous relTufcitcr de
la mort du péché à la vie
de la juftice ; afin que quand
nous fortirons de ce monde,
nous entrions dans ton re-
pos, comme nous efperons
que nôtre Frère, y eft en-
tré j & qua la réfurredioa
générale, au dernier jour,
nous te Ibions agréables y &
que nous recevions la béné-
diction que ton Pils bicn-
aimé prononcera en ce jour-
là, à tous ceux qui t'aiment,
& qui te craignent, difant;
Venez les bénis de mon
Père 3 pofledez en héritage
le Roiaume, qui vous a été
préparé dès la fondation du
monde. Exauce- nous, ô Père
de mifericorde, par Jéfus-
Chrift nôtre Médiateur, ôc
Rédempteur. Amen.
LA grâce de nôtre Sei-
gneur Jéfus-Chrift, &
la dileclion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen.
Actions de Grâces pes Femmes» 297
ACTIONS DE GRACES,
Des Femmes après leurs Couches,
(iU'ON APELLE COMMUNEMENT
LES RELEVAILLES
La Femme au terni acoûtumé,
après fes couches^ fe rendra
en tEglife en habit décent^
& là s^ agenouillera en quel^
que place convenaùle, félon
qtiil a été pratiqué ; ou bien
félon que l'Ordinaire en or don-
nera : iT alors le Prêtre lui
dira 'y
PUis qu'il a plu au Dieu
Tout-puiffant;, par fa
bonté de vous donner une
heureufe délivrance, & de
vous conferver dans le
grand danger de Tenfante-
mcnt 5 vous en rendrez
grâces à DieU;, & vous
direz :
Puis le Prêtre dira ce
Pfeaume.
Dilexiy quoniam, Pf. ii6.
J'Aime TEternel;, car il
a exaucé ma voix &:
mes fuplications.
Car il a incliné fon o-
reille vers moi : c'cft pour-
quoi je l'invoquerai durant
mes jours.
Les cordeaux de la mort
m avoient environné 5 &
les dctreffcs du fépulcre
m'avoient rencontré: J'a-
vois rencontré la détrefle &
l'ennui ; mais j'invoquai le
Nom de l'Eternel, en difant 5
]c te prie, 6 Eternel, dé-
livre mon ame.
29S
Actions de Grâces des Femmes
L'Eternel eft pitoïable,
& jufte : & nôtre Dieu fait
mifericorde.
' L'Eternel garde les fim-
ples: j'étois devenu mife-
rable, & il ma fauve.
Mon ame, retourne en
ton repos : car TEternel t'a
fait du bien.
Parce que tu as retiré
mon ame de la mort, mes
yeux de pleur, & mes pieds
de trébuchementî
Je marcherai en la pré-
fence de TEternel, dans la
terre des vivans.
J'ai crûi ceft pourquoi
) ai parlé : j'ai été fort afligé.
Je difois en ma précipi-
tation 5 Tout homme eft
menteur.
Qiic rendrai-je à l'Eter-
nel : tous fes bienfaits font
fur moi.
Je prendrai la coupe des
délivrances : ôc j'invoquerai
le Nom de rEterncl.
Je rendrai maintenant
mes vœux à TEtcrnel de-
vant tout fon peuple : toute
forte dç mort des bien- ai-
mez de l'Eternel eft pré-
cieufe devant les yeux.
Oui, ô Eternel : car je
fuis ton fcrviteur , je fuis
ton fervitcur;, fils de ta fer-
vante j tu as délié mes
liens.
Je te facrifierai des facri-
fices d'adions de grâces, 6c
j'invoquerai le Nom del'E-
ternel.
Je rendrai maintenant
mes vœux à l'Eternel, de-
vant tout fon peuple , dans
les parvis de la maifon de
l'Eternel, au milieu de toi,
Jérufalem 5 Loiiez l'EterneL
Gloire foit au Père, &
au Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement i comme il
eft maintenant 5 & com-
me il fera éternellement.
Amen.
Oti ce Tfeattme.
NifîDominus, 7f. 127.
S'
l'Eternel
maifon
ne bâtit la
y ceux qui la
bâtiffent, y travaillent en
vain : fi l'Eternel ne garde
celui qui la garde,
en vain,
vain que vous
ma-
guet
la ville y
fait le
Ceft en
vous levez de 2;rand
tin, que vous vous cou-
chez tard, & que vous man-
gez le pain de 'douleurs :
certes c'eft Dieu qui donne
du repos à celui qu'il aime.
Voici^
APRES LEURS Couches,
• Voici, les enfans font
un héritage donné par TE-
tcrncl : ôc le fruit du ventre
cft une recompenfe de
Dieu.
Telles que font les flè-
ches en la main d'un hom-
me puiiTant ; tels font les
fils d'un père qui eft: dans
la fleur de fon âge.
O que bien-heureux eft
rhomme qui en a rempli
fa troulTe! Des hommes
comme ceux-là ne rougi-
ront point de honte, quand
ils parleront avec leurs en-
nemis à la porte.
Gloire foit au Père, &
au lils, & au Saint Ef-
prit.
Comme il étoit au
commencement 5 comme
\\ cft maintenant 3 & com-
me il fera éternellement.
Amen.
Alors le Prêtre dira ;
Prions DIEU.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Chrijiy aie ptié de nous.
Seigneur, aie pitié de
nous.
2^99
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fandifié. Ton Règne vi-
enne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne - nous aujourd'hui
nôtre pain quiOtidien. Et
nous pardonne nos ofen-
fes, comme nous pardon-
nons à ceux qui nous ont
ofenfez. Et ne nous in-
dui point en tentation-:
mais délivre-nous du n^alin.
Car à toi eft le règne, la
puiffance, ôc la gloire, aux
fiéclés des fiécles. Amen.
Le Miniflre.
O Seigneur, fauve cette
femme, qui eft ta fervante.
Rêponfe.
Laquelle met fon efpé-
rançe en toi.
Le Minijîre.
Sois lui une forte tour.
Rêponfe.
Contre tous i^cs ennemis.
Le Miniftre,
Eternel , écoute nôtre
requête.
Rêponfe.
Et que nôtre cri par-
vienne jufques à toi.
i
Le
300^ Actions de Grâces des Femmes.
elle vive fidèlement, & fc
Le Minijire,
Prions DIEU.
ODieu Tout - puiflant,
nous te rendons grâ-
ces de ce qu il t'a plu dé-
livrer cette femme ta fer-
vante, des grandes & pe-
ïilleufes douleurs de Ten-
fantementj Et nous te fu-
plions, ô Père très-miferi-
cordieux, de lui acorder,
gu étant afliftée de ta grâce,
conduife félon ta volonté,
dans la vie préfente ; afin
qu elle ait part à la gloire
éternelle dans la vie avenir;
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
giKur. Amen.
La femme ^ qui noient y en are fes
aElions de gracei^ doit ofrir
ce que l'on a acoûtumê £ ofrir ^
& fi tm célèbre alors la,
Sainte Cene^ il efi à-propos
quelle lafajfe.
COM-
La COMMINATION^
3or
COMMINATION,
o u
DENONCIATION
Dfî LA Colère et des Jugemens de Dieu
CONTRE LES PeCHEURS.
AVEC
De certaines Prières qui fe doivent faire
le premier jour du Carême, & en dau-
tres temps, félon qu'il fera enjoint par
l'Ordinaire.
Après les Prières du MatitJ, la
Litanie achevée félon la cou-
tume ordinaire, le Prêtre étant
au lieu, d'où l'on a acoutumé
de lire les Prières^ ou dans la
Chaire^ dira;
ME S Frères, il y avoir
dans l'Eglife primi-
tive une fainte difcipline:
c'cft qu au commencement
du Carême les pécheurs qui
étoient convaincus de quel-
ques péchez fcandaleux,
faifoient pénitence publi-
que, étant châtiez dans ce
monde même 5 afin que
leur amc fut fauvée au jour
du Seigneur 5 & que les
autres avertis par leur ex-
emple euffent d'autant plus
de crainte de pécher.
Il fcroit à fouhaitter que
cette difcipline fut rétablie;
mais en attendant qu'elle
-> k
JOZ L A C O M M
le foit, on a trouvé bon de
jnettrecnfa place, les Sen-
tences générales de la nia-
lédidion de Dieu contre
les pécheurs impénitens,
comme elles font recueil-
lies du XXVII chapitre du
Deuteronome^ & d'autres
endroits de TEcriture 5 afin
qu'on les life devant vous
tous/ ôc que vous répon-
diez, Ameriy à chaque Sen-
tence. Par là, on vous a-
vertit de l'indignation de
Dieu contre les pécheurs,
pour vous engager d'une
manière plus éficace à vous
repentir férieufement j &
à vous conduire avec plus
de précaution dans ces
temps périlleux, en vous é-
loignant des vices, fur lef-
quels vous prononcez de
vôtre propre bouche, que
la malédiâion de Dieu doit
tomber.
Maudit foit l'homme qui
I N A T I o N.
Le Minijlre.
Maudit foit celui qui
aura méprifé fon père, ou
fa mère, verf, 16.
Ré^onfe,
Amen.
Le Minifire,
Maudit foit celui qui
tranfporte les bornes de fon
prochain, njerf. 17.
Réponfe.
Amen.
Le Minifire.
Maudit foit celui qui
fait égarer Taveugle dans
le chemin, verf. 18.
Rèjponfe,
Amen.
Le Minijlre,
Maudit foit celui qui
pervertit le droit de l'étran-
ger, de lorphelin, & de la
veuve, verf. 19-
Réponfe.
Amen.
Le Minifir""-
Maudit foit celui qui
frape fon prochain en ca-
fera une imasre taillée ou chctte. verf, 24
de fonte, pour
^eut. 27. 15.
ladorer.
Et le Peuple répondra^ & dira .
Amen.
Réponfe,
Amen.
Le Minijlre.
Maudit foit celui qui
aura commis adultère avec^^
la femme de fon prochain.
Levit, 20. 10,
Ré-
La C o m m
Réponfe.
Amen.
LeMiniJîre^
Maudit foit celui qui
prend quelque prefent pour
niettre à mort Thomme in-
nocent, ^eut. 27.25.
Réponfe,
Amen.
Le Minijire.
Maudit foit rhomme qui
fe confie en Thomme, &
qui fait de la chair fon
bras, & dont le coeur fc
retire de TEternel. Jer,
17.5.
Réponfe.
Amen.
Le Minijire.
Maudits font ceux qui
font fans compaiîîoni les
paillards 5 les adultères 5 les
avares 5 les idolâtres ; les
médifansj les yvrogncs, &
les raviffeurs. S, Matt. 25.
41. I Cor. 6. 9, 10.
Réponfe,
Amen.
Le Minijire.
OR maintenant puis-
que tous ceux-là font
maudits, comme témoigne
le Prophète David, qui s'é-
garent & qui fe détournent
des Commandemcns de
Dieu; nous fouvcnant du
I N A T I o N. 305
jugement épouvantable qui
nous mcnace,& qui eft prêt 4
tomber fur nous 3 convertit-
fons-nous au Seigneur nôtre
Dieu avec une entière con-
trition, & humilité de cœur,
en déplorant nos péchez 5 en
reconnoiffant nôtre indig-
nités en menant deuil fur-
nôtre vie pailee; & noui
apliquant à produire des
fruits convenables à la re-
pentance. Car déjala coig-
née eft mife à la racine des
arbres j c'eft pourquoi tout
arbre qui ne fait point de
bon fruit, s'en va être cou-
pé, & jette au feu.
C'cft une chofe terrible
de tomber entre les mains
du Dieu vivant. Il fera
pleuvoir fur les n^chans
des lacs de feu & de fouf-
fre j & le vent de tempête
fera la portion de leur
breuvage. Car voici, TE-
tcrnel s'en va fortir hors de
fon lieu, pour vifiter l'ini-
quité des habitans de la
terre; & qui pourra fou-
tenir le jour de fa venue ?
& qui pourra fubfifter quand
il aparoîtra? Il a fon van
en la main, & il nettoiera
entièrement fon aire, &
affcmblcra fon froment
dans
30+
La C 6 m m I n à t t o ir;
dans fon greilief: mais il
brûlera la paille au feu qui
ne s'éteint point.
Le jour du Seigneur
viendra, comme le larron
en la nuit : Car quand ils
diront ; Paix & sûreté ; a-
lors il leur furviendra une
foudaine deftruftion, com-
^me le travail à celle qui eft
enceinte 5 ôc ils n échape-
ront point. La colère de
Dieu fera manifeftée au
jour de fa colère , la-
quelle les pécheurs obftincz
s'amaflent en méprifant la
bénignité, & la patience,
& la longue atcnte de Dieu,
qui les a conviez à la re-
pentance. Alors on criera
après moi, dit le Seigneur 5
mais je ne répondrai point:
On me cherchera de grand
matin; mais Ton ne me
trouvera point ; parce qu'ils
auront haï la fcience, 6c
qu ils n'auront point choifi
la crainte de rÊtcrnel. Us
nont point eu à gré ma
Loi; ils ont dédaigné tou-
tes mes répréhenfions : Il
fera trop tard de heurter,
quand la porte fera fermée ;
' Il fera trop tard de deman-
der grâce, quand le temps
de la juftice fera venu. O
la terrible voix que celle dit
Juge très-jufte, lors qu'il
leur dira ; Retirez-vous de
moi, maudits j alez au feu
éternel qui eft préparé att
Diable & à fes Anges.
Prenons donc garde, très
chers Frères ; prenons gardé
à nous de bonne-heure,
tandis que le jour du falut
dure encore. Car la nuit
vient , pendant laquelle nul
ne peut travailler : mais
nous pendant que nous
avons la lumière, croions
en la lumière, & chemi-
nons comme enfans de lu-
mière j afin que nous ne
foions pas jettez aux ténè-
bres de dehors, où il y au-
ra pleur & grincement de
dens. N'abufons point de
la bonté de Dieu, qui nous
invite à la rcpcntance, ôc
qui par fa mifericordc infi-
nie nous promet la rcmif-
fion du paiîc, fi d'un cœur
fincère nous-nous tournons
vers lui à l'avenir. Car
quand nos péchez fcroient
comme le cramoifi, ils fe-
ront blanchis comme la
neige ; ôc quand ils fcroient
rouges comme le vermillon,
ils deviendront blancs com-
me la laine.
Coa-
La C o m m
Convertiirez-vous,& vous
détournez les uns & les au-
tres de tous vos forfaits,
dit le Seigneur; ôcllniquité
ne vous fera point en ruine.
Jettez arriére de vous vos
iniquitez , par lefquelles
vous avez péché, & faites-
vous un nouveau cœur,ôc un
efprit nouveau : pourquoi
mourriez vous, ô maifon
d'Ifraël ? Car je ne prens
point plaifir à la mort de
celui qui meurt, dit le Sei-
gneur TEternel : Conver-
tiffez-vous donc, & vivez.
Si nous avons péché,
nous avons un Avocat en- ;
vers le Père, favoir Jéfus-
Chrifl le jufte ; & c'cft lui
qui eft la propitiation pour
nos péchez.
Car il a été navré pour
nos forfaits, & froifle pour
nos iniquitez. Convertif-
fons-nous à lui ; car il re-
çoit mifericordieufement
tous ceux qui font tou-
chez d\me véritable repen-
tance : ailurons-nous qu'il
eft tout prêt a nous rece-
voir, & à nous pardonner :
pourvu que nous aprochi-
ons de lui avec une vraie
repentance, & une vérita-
ble founiiiîîon i fa vo-
I N A T I o N. 305
lonté 5 que nous marchions
dans fes voies? que nous
chargions fur nous fon joug
qui eft aifé, ôc fon fardeau
qui eft léger ; que nous
imitions fa douceur, fon hu-
milité, fa patience, fa cha-
rité ; que nous-nous laif-
fions conduire par fon Saint
Efprit; & que nous cher-
chions toujours fa gloire,
en lui rendant nos devoirs
religieux avec joie & avec
reconnoiflance, chacun dans
fa vocation.
Si nous faifons ces cho-
fes, Jéfus-Chrift nous déli-
vrera de la malédidion de la
Loi, ôc des malheurs éfro-
yables préparez à ceux qui
feront à fa main gauche :
II nous mettra à fa maia
droite, & il nous donnera
la bénédidion de fon Père,
& avec elle la pofleflîon de
fon Roiaume glorieux &
éternel, où ce bon Rédemp-
teur veuille nous conduire
tous, par fon infinie miferi-
corde. Amen.
Cela fait, ils fe mettront tous à
genoux : & le Prêtre & les
Clercs étans à genoux au lieu
^ -1 111-
ou ils ont acoutume de dire
la Litanie^ ils réciteront ce
Pfeaume.
X Mife^
305 La C o m m
Mi fer ère mei, T>eus. Pf.5 1-
/"^L Dieu, aie pitié de
V^J moi félon ta gratui-
té : ielon la grandeur de tes
compaiîîons éface mes for-
faits.
Lave-moi tant' & plus de
mon iniquité, & me nettoie
de mon péché.
Car je connois mes tranf-
greflîons ôc mon péché
cft continuellement devant
moi.
J'ai péché contre toi,
contre toi proprement > &
j'ai fait ce qui eft déplai-
fant devant tes yeux : afin
que tu fois connu jufte,
quand tu parles, & trouvé
pur, quand tu juges.
Voila, j'ai été formé
dans l'iniquité, & ma mère
m'a échauffé dans le péché.
Voilà, tu aimes la vérité
au dedans 5 & tu m'as en-
feigné la fagcffe dans le fe-
cret de mon cœur.
Purge-moi du péché a-
vcc de fhyfopci & je ferai
net : lave-moij, 6c je ferai
plus blanc que la neige.
Fai-moi entendre la joie
& Talegrefle 5 & fai que les
os que tu as brifcz fç ré-
jouiifent.
I N A T I o K*
Détourne ta face de mes
péchez : & éface toutes
mes iniquitez.
O Dieu, crée-moî un
cœur net : & renouvelle au
dedans de moi un efprit
bien remis.
Ne me rejette point de
devant ta face i & ne m ote
point TEfprit de ta fainteté.
Ren-moi la joie de ton
falut : & que Tefprit franc
me foûtienne.
J'enfeignerai tes voies aux
tranfgreffeurs : & les pé-
cheurs fe convertiront à toi.
O Dieu, Dieu de mon fa-
lut, délivre-moi de tant de
fang : & ma langue chante-
ra hautement ta juftice.
Seigneur, ouvre mes lè-
vres : & ma bouche anon-
cera ta louange.
Car tu ne prens point
plaifir aux facrifices ; autre-
ment j'en donnerois : l'ho-
locaufte ne t'efl: point agré-
able.
Les facrifices de Dieu
font Tefprit froiffé : ô Dieu,
tu ne méprifes point le
cœur froilTé, & brifé.
Fai du bien félon ta bien-
veillance à Sion, & édifie
\les murs de Jérufalem.
Alors
L A G O M M
Alors tu prendras plaifîr
aux facrifîccs de juftice, à
rholocauftc;, & aux facrifi-
ces qui fe conliiment enti-
èrement par le feu : alors
on ofrira des veaux fur ton
Autel.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Rep. Comme il étoit au
commencement, comme il
eft maintenant, ôc comme il
fera éternellement. Amen.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Chrijtj aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de
nous.
'^^T Otre Père qui es aux
1 ^ CieuXjTon Nom foit
landifié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne - nous aujourd'hui
nôtre pain quotidien. Et
nous pardonne nos ofenfes,
comme nous pardonnons à
ceux qui nous ont ofenfez.
Et ne nous indui point en
tentation : mais délivre-
nous du malin. Amen,
Le Miniftre.
O Seigneur, garde tes
ferviteurs.
Rèponfe.
Qui ont leur efpérance
en toi.
IN A f I o N." 307
Le Miniftre,
Envoie-nous ton fecours
d'enhaut.
Rèponfe.
Et nous foûtien toujours
par ta piiiliance.
Le Miniftre,
O Dieu de nôtre falut,
aide-nous.
Rèponfe.
Et pour la gloire de tori
Nom délivre-nous, ôcnous
fois propice, à nous pauvres
pécheurs, pour Tamour de
ton Nom. î
Le Minijlre.
Eternel, écoute nos re-
quêtes.
Rèponfe,
Et que nôtre cri parvien-'
ne jufques à toi.
Le Minijlre.
Prions DIEU. "
O Seigneur, nous te pri-
ons d'exaucer par ta
grâce nos prières, <5c de par-
donner à tous ceux qui te
confelîent leurs pechezj afin
que ceux que leur confcien-
ce acufedé péché en foient
abfousi par ta mifçrieorde
en Jéfus-Chrift nôtre Sei*
gneur. Amen.
ODieu Tout-puiflant &
Père mifericordieux,
qui as compaflîoa de tous
X z les
3ÔS
La C o m m
les hommes, & qui ne hais
rien de ce que tu as faitj
qui aulTi ne dcfires point la
mort du peciieur, mais plu-
tôt qu il le détourne de fon
péché, & qu'il foit fauve j
Pardonne-nous mifericor-
dieufement nos ofenfes 5 re-
çoi-nous & nous confole,
nous qui fommes travaillez
fous le fardeau de nos ini-
quitez. C'eft toi qui fais
toujours mifericorde 5 & c'cft
à toi feul qu il apartient de
pardonner les péchez. Sois
donc propice, ô bon Dieu ;
fois propice à ton peuple
que tu as racheté : n entre
point en jugement avec
nous tes ferviteurs, qui ne
fommes que de la poudre, &
de la cendre, ôc que de mi-
ferables pécheurs 5 détourne
ta colère arriére de nous, qui
reconnoiiïbns en toute hu-
milité nôtre vile & malheu-
reufe condition, & qui nous
repentons véritablement de
nos péchez. Hâte-toi Seig-
neur de venir à nôtre aide, &
de nous fecourir fi puillam-
ment dans ce monde, qu'au
fiécle à venir nous puiillons
vivre éternellement avec
toi y par Jéfus-Chrifl: nôtre
Seigneur/ ^;?^^?^.
I l<r A T I o IT.
Alors le Peuple dira après le
Miniftre ce quifmt ;
COnverti-nous, ô Sei-^-
gneur bon t)ieu, &
nous ferons convertis , fois
favorable, ô Eternel 5 fois
favorable à ton peuple qui
retourne vers toi avec lar-
mes, avec jeûne, ôc avec
prières : car tu es un Dieu
mifericordieux , plein de
compaflion, de longue at-
tente ôc abondant en gra-
tuite. Tu nous épargnes,
quand nous méritons d'être
châtiez 5 & au milieu même
de ta colère tu te fouvicns
d'avoir compaflion. Sois
propice à ton peuple, ô bon
Dieu 5 fois lui propice, & ne
permets point que ton héri-
tage foit réduit â néant. Ex-
auce-nous, ô Seigneur, car
ta mifericorde eft grande :
& félon la multitude de tes
compaflîdns aie pitié de
nous i par les mérites, & par
la médiation de JéfusChrift
ton Fils bien aimé, nôtre
Seigneur. Amen.
Alors le Miniftre dira feul;
L'Eternel nous beniife
& nous conferve. Le
Seigneur faife luire fa face
fur nous, & nous maintien-
ne en paix, maintenant, &
■ jamais. Amen, L E
Lex.jour Les Pseaumes. Mat'm.109
f:M^'^
L E
PSAUTIER OU LES PSEAUMES
D E
D A V I D;
Diftinguez félon Tordre qu'ils doivent être
chantez, ou recitez dans les Eglises.
Prière du Matin.
Beatus Vir^ qui, Pf. i.
Bien-heureux eftrhom-
me qui ne chemine
point félon le confeil des
méchansj 6c qui ne s arrê-
te point dans la voie des
pécheurs 5 & qui ne s'affied
point au banc des mo-
queurs.
2 Mais dont le plaifir
cft en la Loi de rEtcrnel :
& qui médite jour & nuit
en fa loi.
3 Car il fera comme un
arbre planté près des ruif-
feaux d'eaux> qui rend fon
fruit en fa faifon.
4 Et duquel le feuillage
ne fe flétrit point : & ainfi
tout ce qu il fera viendra à
bien.
5 II n en fera pas ainfi
des méchans : mais ils fe-
ront comme la baie que le
vent chafîe bien loin.
6 C'eft pourquoi les mé-
chans ne flibfifteront point
en jugement: ni les pé-
X 3 cheurs
3IO Matin, Les Pse
cheurs dans raffemblée des
juftes.
7 Car TEternel connoit
le voie des )uftes : mais le
voie des médians périra.
§luare fremuerunt ? Pf. ii.
Pourquoi fe mutinent
les Nations ? & pour-
quoi les peuples projettent-
ils des chofes vaines.
2 Les Rois de la terre
fe trouvent en perfonne, 6c
les Princes confultent en-
femble contre TEternel, &
contre fon Oind.
3 Rompons, difent-ils,
leurs liens, & jettons loin
de nous leurs cordes.
4 Celui qui habite dans
les cieux fe rira d'eux : le
Seigneur s'en moquera.
5 Alors il leur parlera
en fa colère, & il les rendra
éperdus en fon ardeur.
6 Et moi, dira-t-il, j'ai
facré mon Roi fur Sion, la
montagne de ma Sainteté.
7 Je raconterai de point
en point l'ordonnance :
L'Eternel m'a dit , Tu es
mon Fils, je t'ai aujourd'hui
engendré.
8 Demiandc moi, & je
te donnerai pour ton héri-
tage les nations, & pour ta
AU ME s. Lei.jmÇ
pofTelîîon les bouts de la
terre.
9 Tu les bri feras avec
un fceptre de fer 5 & tu les
mettras en pièces comme
un vaiffeau de potier.
10 Maintenant donc, ô
Rois, aiez de l'intelligence :
Juges de la terre, recevez
inftruftion.
11 Servez l'Eternel avec
Craintej & égaiez-vous avec
tremblement.
12 Baifez le Fils, de peur
qu'il ne fe courrouce, &
que vous nepériffiez en ce
train, quand fa colère s'em-
brafera tant foit peu. O
que bien-heureux font tous
ceux qui fe retirent vers
lui!
T)omine, quid? Pf m.
O Eternel, combien font
multipliez ceux qui
me preffent! beaucoup de
gens s'élèvent contre moi.
2 Plufieurs difent de
mon ame: Il n'y a point
en Dieu de délivrance pour
lui.
3 Mais toi, ô Eternel,
tu es un bouclier autour
de moi 5 tu es ma gloire ; &
tu es celui qui me fais le-
ver la tkiQ*
4 rai
4 J'ai crié de ma voix à
l'Eternel, & il m'a répondu
de la montagne de fa fain-
teté.
5 Je me fuis couch-é, &
me fuis endormi, je me fuis
réveillé : car rEterncl me
foûtient,
6 Je ne craindrai point
plufieurs milliers de peu-
ples,quand ils fe rangeroient
contre moi tout à Tentour :
7 Lève-toi, Eternel mon
Dieu, délivre-moi. Cer-
tainement tu as frappé en
la joue tous mes ennemis :
tu as caffé les dents des
méchants.
8 La délivrance vient de
l'Eternel : ta bénédiftion
eft fur ton peuple.
Cum invocarem. Pf iv.
ODieu de ma jufticc,
puis que je crie, ré-
pon-moi : quand j etois à
1 étroit, tu nVas mis au
large : aie pitié de moi, &
exauce ma requête.
2 Gens d'autorité, juf
qu'à quand ma gloire fera-
t-elle en difame? jufqu'â
quand aimerez- vous la va-
nité, & cherchcrcz-vous le
mcnfonge ?
3 Or fâchez que l'Etcr-
Les Pseaumes
Matin* 31 i
nel s'eft choifi un bien-ai-
mé. L'Eternel m'exaucera
quand je crierai vers lui.
4 Soiez émus, & ne pé-
chez point j penfez en vous-
mêmes fur vôtre couche,
& tenez-vous coi.
5 Sacrifiez des facrifices
de jufticej & confiez-vous
en l'Eternel.
6 Plufieurs difent 5 Qui
nous fera jouir de biens?
7 Lève fur nous la clar-
té de ta face, ô Eternel.
8 Tu as mis plus de joie
dans mon cœur, qu'ils n'en
ont au temps que leur fro-
ment, & leur meilleur vin
ont été abondans.
9 Je me coucherai, & je
dormirai aufiî en paix : car
toi feul, ô Eternel, me fe-
ras habiter en aflurance.
Verba me a auribus. Pf v.
ETernel, prête l'oreille
à mes paroles, entens
ma méditation.
2 Mon Roi <5c mon
Dieu, fois atentif à la voix
de mon cri : car c'efl: à toi
que j'adrciTe ma requête.
3 Eternel, entens au ma-
tin ma voix : des le matin
je me tournerai vers toi,
& je ferai au guet.
X 4 4 Car
.312 Soir.
' 4 Car tu n es point un
Dieu qui prennes plaifîr à
la méchanceté: le méchant
ne féjournera point chez
toi.
5 Les orgueilleux ne fub-
fifteront point devant toi :
tu as toujours haï tous les
ouvriers d'iniquité.
6 Tu feras périr ceux
qui profèrent menfonge :
l'Eternel a en abomination
rhomme fanguinaire, & le
trompeur.
7 Mais moi, en Tabon-
dance de ta gratuité, j'en-
trerai dans ta maifon : je
me profternerai dans le pa-
lais de ta fainteté, avec la
révérence qui t'eft due.
8 Eternel, condui-moi
par ta juftice, à caufe de
mes ennemis : drcffe ta
voie devant moi.
9 Car il n y a rien de
droit en fa bouche; leur
intérieur n eft que malice :
10 Leur goficr eft un fé-
pulcre ouvert 5 ils flattent
de leur langue.
1 1 O Dieu fai leur le
procès, & qu ils déchéent de
leurs entreprifcs : chaffe-les
au loin, à caufe du grand
nombre de leurs tranlgrbf
lions : car ils jTc font rebel-
lez contre toi.
Les Pseaumes." Lei^jauf,,
12 Mais que tous ceux
qui fe retirent vers toi, fe
réjouïflent j qu'ils mènent
joie perpétuellement, & que
tu fois leur protedeurj &
que ceux qui aiment ton
Nom, s'égaient en toi !
13 Car, ô Eternel, tu
béniras le jufte, & tu Tenvi-
ronneras de bien-veillancc
comme d'un bouclier.
Prière du Soir.
"Domine y ne in fur or e^ Pf. vi.
ETernel, ne me reprens
point en ta colère; &
ne me châtie point en ta
fureur.
2 Eternel, aie pitié de
moi; car je fuis fans aucune
force : guéri moi, 6 Eter-
nel j car mes os font éton-
nez. • ' - ,
3 Même mon ame eft
fort troublée ;& toi, 6 Eter-
nel, jufques à quand ?
4 Eternel, retourne-toi ^
garanti mon ame; délivre
moi pour l'amour de ta
gratuité.
5 Car il n'eft point fait
mention de toi en la mort :
& qui eft-ce qui te célèbre^
ra dans le fépulcre?
6 Je me fuis travaillé en
mon
Les Pseaumes
Le i.joûK
mon gémiffementî je baig-
ne ma couche toutes les
nuits, je trempe mon Ut
de mes larmes.
7 Mon regard cft tout
défait de chagrins il eft en-
vieilli à caufe de tous ceux
qui me prefient.
8 Retirez-vous loin de
moi, vous tous ouvriers
dlniquitéî car TEternel a
entendu la voix de mes
pleurs.
9 L'Eternel a entendu
ma fuplication: TEternel a
reçu ma requête.
10 Tous mes ennemis
feront honteux & éperdus:
ils s'en retourneront, ils fe-
ront confus en un mo-
ment.
T^omineT>eus meus. Pf.vii.
ETernel mon Dieu, je
me fuis retiré vers toi :
délivre-moi de tous ceux
qui me pourfuiventj & ga-
ranti-moi.
2 De peur qu il ne me
déchire comme un lion,
me mettant en pièces, fans
qu'il y ait perfonne qui me
délivre.
3 Eternel mon DieU;, fi
j'ai commis une telle cho fci
Soir, ixy
sll y a de liniquité dans
mes mains :
4 Si j'ai recompcnfé de
mal celui qui avoit la paix
avec moij 6c fi je n'ai pas
garanti celui qui m'opri*^
moit à tort :
5 Que l'ennemi me pour-
fuive, & qu'il m'atteigne 5
qu'il foule ma vie en terre,
ôc qu'il loge ma gloire dans
la poudre !
6 Lève-toi, ô Eternel,
en ta colère 5 & t'élève à
caufe des fureurs de pies
ennemis 5 &te réveille pour
moi : tu as ordonné le
droit.
7 Que l'aflemblée des
peuples t'environne ; & toi,
tourne-toi vers elle en ua
lieu éminent.
8 Que l'Eternel juge les
peuples: fai-moi droit, ô
Eternel, félon ma juftice,
& félon mon intégrité, qui
eft en moi.
9 Que la malice des me-
chans prenne fin, ôc affer-
mi le j lifte.
10 ii)î dîs-jç, qui fon-
des les cœurs & les reins, ô
Dieu jufte.
1 1 Mon bouclier eft en
Dieu, qui délivre ceux
qui
f 14 Soif. tes P s É A U M E f.
qui font droits de c<^ur.
12 Dieu fait droit au
jufte, & le Dieu Fott fe
courrouce tous les jours.
î 3 Si le méchant ne fe
convertit, Dieu aiguifera fon
épée: il a bandé fon arc,
& Ta ajufté.
14 Et il a préparé con-
tre lui des armes mortelles :
il mettra en œuvre (ts flé-
-ches contre les ardens per-
fécuteurs.
15 Voici, le méchant
travaille pour enfanter Fou-
trage, & il a conçu le tra-
vail : mais il enfantera une
chofe qui le trompera.
1 6 II a creufé une fofTe,
& Ta cavée : mais il eit
tombé dans la foflc qu'il a
faite.
1 7 Son travail retourne-
ra fur fa tête, & fa violence
lui defcendra fur le fommet.
i8 Je célébrerai TEter-
nel félon fa juftice, & je
pfalmodierai le Nom de
l'Eternel fouverain.
^omineT>ominus. Pf viii.
ETernel nôtre Seigneur,
que ton Nom eft mag-
nitique par toute la terre,
vu que tu as mis ta Ma-
jefté au deflus des Cieux î
Xei.joufi
2 De la bouche des pe-
tits enfans, & de ceux qui
tettent, tu as fondé ta force,
à caufe de tes adverfaires :
afin de faire ceffer Tennc-
mi & le vindicatif.
3 Quand je regarde tes
Cieux, Touvrage de tes
doigts, la lune, àc les étoi-
les que tu as arangées,
4 Je dis y QLT'eft ce que
de l'homme, que tu te fou-
viennes de luij & du fils
de rhomme, que tu le vi*
fites.^
5 Car tu Tas fait un peu
moindre que les Anges; ^<.
tu Tas couronné de gloire
& dlionneur.
6 Tu Tas établi domina-
teur fur les œuvres de tes
mains : tu as mis toutes
chofes fous fes pieds;
7 Les brebis & les bœufs
entièrement, & même les
bêtes des champs j
8 Les oifeaux des Cieux,
& les poiflbns de la mer,
ce qui traverfe par les fen-
tiers de la mer.
9 Eternel nôtre Seigneur,
que ton Nom eft'magni-;
fique par toute la terre !
Pri-
Le 11. jourl
Prière du Matin
Confit eboT îibi, Pf. ix.
JE célébrerai de tout
mon cœur TEternel,
je raconterai toutes tes mer-
veilles.
2 Je me réjouirai &
m'égaierai en toi: je pfal-
modierai ,ton Nom, ô Sou-
verain.
3 Parce que mes enne-
mis font retournez en ar-
riére : ils font tombez, &
ils ont péri de devant ta
face.
4 Car tu m'as fait droit
& juftice : tu t'es aflîs fur
le trône, toi jufte Juge.
5 Tu as reprimé rude-
ment les nations 5 tu as fait
périr le méchant i tu as é-
face leur nom pour tou-
jours, & à perpétuité.
6 O ennemi, les défo-
lations ont-elles pris fin?
as-tu auffi rafé les villes
pour jamais? leur mémoire
eft-elle périe avec elles?
7 Mais TEternel fera afîis
éternellement : il a préparé
fon trône pour juger :
8 Et il jugera le monde
avec juftice 5 & fera droite
Les Psêaume^ Matin, ^ij
aux peuples avec équité.
9 Et TEternel fera une
haute retraite à celui qui
fera fouléj il lui fera une
haute retraite au temps
qu il fera dans TangoilTe.
I o Et ceux qui connoif-
fent ton Nom, s'afTûreront
fur toi : car, ô Eternel, tu
n'abandonnes point ceux
qui te cherchent.
11 Pfalmodiez a TEter-
nel qui habite en Sion :
An,oncez fes exploits par-
mi les peuples.
12 Car il fait enquête
des meurtres, & il s'en
fouvient : il n'oublie point
le cri des débonnaires.
1 3 Eternel, aie pitié de
moi: regarde mon afliç-
tion caufée par ceux qui
me haiffent, toi qui m'en*
levés des portes de la mort.
14 Afin que je raconte
toutes tes loiianges dans les
portes de la fille de Sion.
Je me réjouirai de la dé-
livrance que tu m'auras
donnée.
15 Les nations ont été
enfoncées dans la folTe
qu'elles avoient faite : leur
pied a été pris au filet qu'el-
les avoient caché.
1 6 L'Eternel a été con-
nu
Vi 6 Matin. Les P s e
nu5 U a fait jugement: le
méchant eft enlacé dans
l'ouvrage de Çq.^ mains.
1 7 Les méchans rebrouf-
feront vers le fépulcre,
toutes les nations, dis- je,
qui oublient Dieu.
1 8 Car le pauvre ne fera
point oublié à jamais, &
Tattente des affligez ne
périra point à perpétuité.
19 Lève-toi, ô Eternel j
& que rhomme mortel
ne fe renforce point! que
la vengeance foit faite des
nations devant ta face !
20 Éternel, donne leur
fraïeur : & que les nations
lâchent quelles ne font
que des hommes mor-
tels.
Ut quid, T>om'me ? Pf x.
Pourquoi, ô Eternel,
te tiens-tu loin, & te
caches tu au temps que
nous fommes dans la dé-
treffe ?
2 Le méchant par fon
orgueil pourfuit ardemment
l'afligé: mais ils feront pris
par les machinations qu ils
ont préméditées.
t Car le méchant fe glo-
tijfie du fouhait de fon ame,
A u M E s. Le II. jour.
& il eftime heureux 1 avare,
& irrite rEternel.
4 Le méchant hauflant
fon nez ne fait confcience
de rien : toutes fes penfées
font, qu'il n y a point de
Dieu.
5 Son train profpère en
tout temps : tes jugemens
font éloignez de devant
lui : il foufle contre tous
fes adverfaires.
6 II dit en fon cœur 5
Je ne ferai jamais ébranlé:
car je ne puis avoir de mal.
7 Sa bouche eft pleine
de malédiftions, & de
tromperies, & de fraude:
il n'y a fous fa langue qu -
opreflîon, & qu'outrage.
8 II fe tient aux embû-
ches des villages : il tue l'in-
nocent dans des lieux ca-
chez: fes yeux épient le
troupeau des défolez.
9 II fe tient aux embû-
ches en un lieu caché,
comme un lion dans fon
fort 5 il fe tient aux embû-
ches pour atraper l'afligé.
10 II atrape l'afligé, Ta-
tirant en fon filet.
11 II fe tapit, & fe baiflej
& puis le troupeau des dé-
folez tombe entre fes grif-
fes.
12
Le 11. jout.
12 II dit en fôn cœur;
Le Dieu Fort l'a oublié, il
a caché fa face, & il ne le
verra jamais.
1 3 Eternel, lève-toi , ô
Dieu Fort, hauffe ta main,
6c n oublie point les dé-
bonnaires.
14 Pourquoi le méchant
dépitcroit-il Dieu? Il a dit
en fon cœur, que tu n en
feras point d'enquête.
1 5 Tu Tas vu : car lors
qu'on molefte, ou quon
mal-traitte quelqu'un, tu
regardes pour le mettre
entre tes mains, le trou-
peau des défolez fe remet
à toi : tu as aidé Torphclin.
1 6 Caffc le bras du mé-
chant j & fais enquête de la
méchanceté du malin, juf-
qu à ce que tu n en trou-
ves plus rien.
17 UEterncl eft Roi à
toujours, & à perpétuité:
les nations ont été exter-
minées de delfus fa terre.
18 Eternel, tu exauces
le fouhait des débonnaires j
affermi leur cœur, & que
ton oreille les écoute at-
tentivement i
19 Pour faire droit à
lorphelin, ôc à celui qui eft
foulé i afin que Thomme
Les Pseaumes.
Matin, iif
morteU qui eft de tçrre,
ne continué plus à doijinei:
de rcffroi.
j
In tCy T>ominey confido.
Pf. XI.
E me fuis retiré versUR
ternel: comment donc
dites- vous à mon ame i>
Fui-t'en en vôtre monta-,
gne, oifeau? ; \a:'p^
2 De fait voilà, les me-
chans bandent i'arcj ils ont
ajufté leur flèche fur la:
corde, pour tirer en cari
chette contre ceux qui font
droits de cœur. :
3 Puis que les fonde--
mens font ruinez, que fera
le jufte?
4 UE ternel eft au palais
de fa Sainteté : TEternel à
fon Trône aux Cieux:
5 Ses yeux contemplent,
& fes paupières fondent les
fils des hommes. - h» v.-t
6 L'Eternel fonde le jufte
«5c le méchant : & fon ame
hait celui qui aime fextor-
fion. ■..;.. :,v . i
7 II fera pleuvoir fur les
méchans des las, du feu, &
du fouffre: & un vent de
tempête fera la portion de
leur breuvage.
8 Car rEtcrnel jufte aime
la
1rs Soirl
la juftice, fa face regarde
rhomme droit.
.,urî'< i;
Prière du Soir.
Sahiim me fac. Pf. xii.
DElivrc, ô Eternel,
parce que l'homme
de bien eft défailli, 6c que
les véritables ont pris fin
entre les fils des hommes.
2 Chacun dit faufleté à
fon compagnon avec des
lèvres flateufes, & ils par-
lent avec un cœur double.
3 L'Eternel veuille re-
trancher toutes les lèvres
flateufes, & la langue qui
parle fièrement.
4 Parce qu'ils difent 5
Nous aurons le deffus par
nos langues ; nos lèvres
font en nôtre puiflance :
qui fera Seigneur fur nous ?
5 A caufe du fourrage-
nient des afligez 5 à caufe du
gémiffement des pauvres j
6 Je me lèverai main-
tenant, dit l'Eternel i Je
mettrai en fureté celui à
qui Ton tend des las.
7 Les paroles de l'Eter-
nel font des paroles pures j
ceft un argent affiné au
fourneau de terre, un ar-
gent épuré par fept fois.
Le^ Pseau^îes.' Leii.jourl
8 Toi, Eternel, garde-
les> & préferve à jamais
chacun d'eux de cette race
de gens.
9 Car les méchans fc
promènent de toutes parts i
tandis-que des gens abjeds
font élevez entre les fiis
des hommes.
Ufque quo, domine? ■>
Pf. XIII.
ETernel, jufques à"quand
m'oublieras tu ) Sera-
ce pour toujours ? Jufques à
quand cacheras-tu ta face de
moi?
2 Jufques à quand con-
fulterai-je en moi-même,
& afligerai-je mon cœur
durant le jour? Jufques à
quand s'élèvera mon enne-
mi contre moi ?
3 Eternel mon Dieu, re-
garde, exauce - moii illu-
mine mes yeux, de peur
que je ne dorme du fonv
meil de la mort.
4 De peur que mon en-
nemi ne dife 5 J'ai eu le
deffus 5 & que mes adver-
faircs ne s'égaient ^ je ve-
nois à tomber.
5 Mais moi, je me confie
en ta gratuité; mon cœur
s'égaiera dans la délivrance
que tu, m'auras donnée ; 6
'Le in. jour. L e s P s
6 Je chanterai à TEter-
nel de ce qu il m'aura fait
ce bien.
T>ixit inftpiens. Pf. xiv.
Llnfenfé a dit en fon
cœur : Il n y a point
de Dieu.
2 lis fe font corrompus,
& fe font rendus abomina-
bles en leurs aftions 5 il
ny a perfonne qui faffe
bien.
3 UEternel a regardé
des Cieux fur les fils des
hommes, pour voir sll y
en a quelqu'un qui foit en-
tendu, & qui cherche Dieu.
4 Ils fe font tous égarez,
& fe font enfemble ren-
dus puansi il n'y a per-
fonne qui fafle bien, non
pas même un feul.
* 5 Ceji tm fepulcre ou-
vert que leur gojier : Ils
ont frauduleufement ufe de
leurs langues 5 il y a du
njenin d'a/jnc fous leurs
lèvres,
6 Leur bouche eft pleine
de malédiction, & d'amer-
tume y leurs pieds font légers
pour répandre le fang.
7 La deftru£iion (^ la
mifere eft en leurs voies ^
& ils n'ont point connu la
EAU MES.' Matin. i\%
voie de la paix : La crain^^
te de T^ieu ri eft point de^'^
vaut leurs yeux, ' '
8 Tous ces ouvriers d mî-
quité n ont-ils point de con-
noiifance ? Ils mangent
mon peuple comme s'ils
mangeoient du pain: ils
n'invoquent point rEternel.
9 Là ils feront faifis
d'une grande fraïeur : car
Dieu eft avec la race jufte.
10 Vous faites honte à
l'affligé de ce qu'il s'eft
propofé rEternel pour fa
retraite.
11 O qui donnera de
Sion la délivrance d'Ifraëlî
Qtiand TEternel aura ra-
mené fon peuple captif, Ja-
cob s'égaiera, Ifraei fe ré-
jouira.
* Ces trois verfets ne font point
dans r Hébreu. On les a inférez,
ici^ parce qu ils font dans le Pfau"
fier Anglois^ & quils font alê^
guez, au chapitre troifiéme des
Romains.
Prière du Matin.
T>ominey quis habit abit ?
Pf XV.
ETernel, qui eft-ce qui
féjournera dans ton
Tabernacle ? qui eft-ce qui
habi-
Les Pseaume5
320 Matin,
habitera en la montagne
de ta Sainteté?
z Ce fera celui qui mar-
che dans l'intégrité 5 & qui
Fait ce qui eft juftei & qui
profère la vérité telle qu el-
le éft dans fon cœur :
3 Qui ne médit point
par fa langue 5 qui ne fait
point de mal à fon compag-
non ; qui ne lève point de
diffame contre fon pro-
chain :
4 Aux yeux duquel eft
:inéprifable celui qui mérite
d'être rejette : mais il ho-
nore ceux qui craignent
rEterncl :
5 S'ila juré;, fût-ce à fon
dommage, il n'en changera
rien :
6 Qui ne donne point
fon argent à ufure, & qui
ne prend point de prefent
contre l'innocent :
7 Celui qui fait cescho-
fes, ne fera jamais ébranlé.
Conferva me. Pf xvi.
GArde-moi , ô Dieu
Fort : car je me fuis
retiré vers toi.
2 Mon ame, tu as dit à
l'Eternel 5 Tu es le Seigneur,
mon bien ne va pas jufqu'à
toi. .
Le m, jour,
3 Mais aux Saints qui
font en la terre, & à fes
gens notables, en qui je
prens tout mon plaifir.
4 Les angoiffes de ceux
qui courent après un autre
Dieu, feront multipliées.
5 Je ne ferai point leurs
afperîions de fang, & leur
nom ne paffera point par
ma bouche.
6 L'Eternel eft la part de
mon héritage, & de mon
breuvage : tu maintiens
mon lot.
7 Les cordeaux me font
échus en des lieux plaifans,
& un très bel héritage m'eft
avenu.
8 Je bénirai l'Eternel,
qui me donne confeii $ je
le bénirai même durant les
nuits dans lefquelles mes
reins m'en feignent.
9 Je me fuis toujours
propofé l'Eternel devant
moi : & puis qu'il eft a ma
droite, je ne ferai point é-
branlé.
10 C'eft pourquoi mon
cœur s'eft réjoui , & ma
gloire s'eft égaiée : aufli ma
chair habitera avec aflû-
rance.
1 1 Car tu n'abnndonne-
ras point mon ame au fé-
pulcre.
Le m, jour.
pulcre, & tu ne permettras
point que ton bien-aimé
fente la corruption.
1 2 Tu me feras connoî-
tre le chemin de la vie : ta
face eft un rafrafiement de
joie : il y a des plaifirs a
ta droite pour jamais.
Exaudiy domine Jujiitiam.
Pf. XVII.
ETcrnel, écoute ma jufte
caufe, fois atehtif à
mon cri ; prête Toreille à
ma requête, laquelle je te
fais fans qu'il y ait de frau-
de en mes lèvres.
2 Qiie mon jugement
forte de ta préfcnce 5 que
tes yeux regardent à la droi-
ture.
3 Tu as fondé mon
cœur, tu l'as vifité de nuit,
tu m'as examine, tu n'as
rien trouvé : ma penfée ne
Va point au delà de ma pa-
role.
4 Quant aux aftions des
hommes, félon la parole
de tes lèvres, je me fuis
donné garde du train à(zs
brigands.
. 5 Aiant afcrmi mes pas
en tes fenticrs, les plantes
de mes pieds nent point
chancelé.
Les Pseaumes.
Matin. 3 2 1
6 O Dieu Fort, je tin-
voque, parce que tu as a-
coutume de m'exaucer : in-
cline ton oreille vers moi>
écoute mes paroles.
7 Rens admirables tes
gratuïtez, toi qui délivres
ceux qui le retirent vers
toi, de devant ceux qui s'é-
lèvent contre ta droite.
8 Garde-moi comme la
prunelle de l'œil, & me ca-
che fous l'ombre de tes
ailes :
9 De devant ces mé-
chans qui m'ont pillé j &
de mes ennemis mortels,
qui m'environnent.
I o La graiffe leur cache
le vifage 5 ils parlent fière-
ment de leur bouche.
I I Maintenant, ils nous
environnent à chaque pas
que nous faifons 5 iis jet-
tent leur regard pour nous
étendre par terre.
1 2 II rciîcmble au lion
qui ne demande qua dé-
chirer, 6: au lionceau qui
fe tient dans les lieux ca-
chez.
13 Lève-toi, ô Eternel,
devance-le, mets-ie bas :
délivre mon ame du mé-
chant prir ton épée.
14 Eternel, délivre-moi
322 Soir.
par ta main de ces gens i
des gens du monde, def-
quels le partage eft en cette
vie; & defquels tu remplis
le ventre de tes provi-
fions :
1 5 Leurs enfans en font
raflafiez, & ils laiflent leur
rejfte à leurs petits enfans.
16 Mais moi,, je verrai
ta face en juftice, ôt ferai
Les P s e a u m e s. Le in.joMf}:
garncmens nVavoient épou-^ .
vanté.
4 Les cordeaux du fé-
pulcre m'avoient ceint, les
laqs de la mort m'avoient
furpris.
I 5 Quand j*aï été en ad-
verfité, fai crié à l'Eter-
nel ; j'ai, dis-je, crié à mon
Dieu :
6 II a ouï ma voix de
raffafié de ta reffeniblance, fon palais 5 le crique j'ai
I -, r. • £_..:n^ j^^^^ clcvant lul, eft parve-
nu à fes oreilles.
quand je ferai reveille.
Prière du Soir.
^iligam te, famine.
Pf. XVIII.
ETernel, qui es ma for-
ce, je t'aimerai d'une
afèdion cordiale. L'Eter-
nel eft ma roche, & ma
fortereffe, & mon libe
rateur : mon Dieu Fort
eft mon rocher, je me re-
tirerai vers lui : il eft mon
bouclier, & la corne de
mon falut, ma haute retraite.
2 Je crierai à TEtcrncl,
lequel on doit louer; &je
ferai délivré de mes enne-
mis.
3 Les cordeaux de la
mort m'a voient environné ^
de des torrens de méchans
7 Alors la terre fut é-
branléc, & trembla 5 & les
fondcmens des montagnes
croulèrent, & furent é-
branlez 5 parce qu'il étoit
courroucé.
8 Une fumée montoit
de fes narines 5 & de fa
bouche fortoit un feu dé-
vorant, en forte que des
charbons en étoient embra-
fez.
9 II abaifla donc les
Cieux, & dcfcendit, aiant
une obfcurité fous fes pieds.
10 Et il étoit monté fur
un Chérubin, & il voloit :
6r il étoit guindé fur les
aîlcs du vent.
1 1 II mit les ténèbres
pour fa cachette : & autour
de
I
Le ui.jouf. Les P s e a u m e s;
de lui, étoit fon Taberna-
cle, favoir, les ténèbres
d'eaux, qui font les nuéfes
de Tair.
12 De la lueur qui étoit
au devant de lui, fes nuées
furent écartées; & il y a-
Vôit de la grêle, & des
charbons de feu*
13 Et TEternel tonna dans
les Cieux 5 & le Souverain
jetta fa voix avec de la grê-
le, & des charbons de feu.
14 11 tira fes flèches, &
écarta mes ennemis : il lan-
ça des éclairs, & les mit
en déroute.
15 Alors le fond des
eaux parut, & les fonde-
mens de la terre habitable
furent découverts i à caufe
que tu les tançois, ô Eter-
nel, par le foufle du vent
de tes narines.
16 II écendit la main
d'enhaut, il m'enleva, &
me tira des grofîes eaux.
17 il me délivra de mon
puiffant ennemi, ôl de ceux
qui me haiflbient: car ils
ctoient plus forts que moi.
I 8 Ils m'avoient devancé
au jour de ma calamité :
mais TEternel me fut pour
apuî.
19 II m'a f^it fortir au
large : il ma délivré; parce
qu il a pris fon plaifir en
moi.
20 L'Eterlicl m'a r^*-ri-
bué félon ma juftice jii m'a
rendu félon la pureté de
mes mains.
21 Parce que j'ai tenu
le chemin de rEternel, &
que je ne me fuis point dé*
tourné de mon Dieu-
22 Car j'ai eu devant
moi tous fes droits, & n'ai
point rejette loin de moi
ks ordonnances.
2 3 Et j'ai été entier en-
vers lui, & me fuis donné
garde de mon iniquité.
24 L'Eternel donc m'a
rendu félon ma juftice, èc
félon la pureté de mes
mains> qu'il a connue,
25 Envers celui qui ufe
de gratuité, tu ufes de gra-
tuité; & envers rhoninie
entier^ tu te montres en-
tier.
26 Envers celui qui efl:
pur, tu te montres pur :
mais envers le pervers, tu
agis fclon fa pervciiîté.
27 Car tu fauves le peu-
ple afligé 5 ôc tu abailTes les
yeux hautains.
28 Même c'eft toi qui
fais luire ma lampe : TE-
Y 2 ternel
tcrncl mon Dieu fera re-
luire mes ténèbres.
29 Même par ton moi-
cn, je me jetterai fur toute
une bandej & par le moien
de mon Dieu je franchirai
la muraille.
30 La voie du Dieu Fort
cft entière : la parole de
TEternel eft afinée : c eft un
bouclier à tous ceux qui fe
retirent vers lui.
31 Car qui eft Dieu, fi-
non TEterncL^ & qui eft
Rocher, finon nôtre Dieu >
32 Ceft le Dieu Fort
qui m'équipe de force, &
qui maintient entier mon
chemin.
3 3 II a fendu mes pieds
égaux à ceux des biches,
& il m'a fait tenir debout
fur mes lieux haut élevez.
34 C'eft lui qui a drefîe
mes mains au combat, tel-
lement qu'un arc d'airain
a été rompu avec mes
bras.
^5 Tu m'as auffi donné
le bouclier de ta protec-
tions & ta droite m'a fou-
tenu; & ta débonnaireté
m'a fait devenir fort grand.
S 6 Tu m'as fait mar-
cher au large, & mes ta-
lons n'ont point gliffc.
Lès Psèaùmes,^
Le in, jour.
37 J'ai pourfuivi mes
ennemis, & les ai ateintsi
& je ne m'en fuis point
retourné, jufqu'à ce que je
les eufîe confumez.
3 8 Je les ai tranfpercez^
tellement qu'ils n'ont point
pu fe relever : mais ils font
tombez à mes pieds.
39 Car tu m'as équipé
de force pour le combat :
tu as courbé fous moi
ceux qui s'élevoient contre
moi.
40 Tu as fait aulli que
mes ennemis ont tourné le
dos devant moi; & j'ai
détruit ceux qui me haïf-
foient.
41 Ils crioient^ mais il
n'y avoir point de libéra-
teur : ils crioient vers l'E-
ternel 5 mais il ne leilr a
point répondu.
42 Et je les ai hxKct
menu, comme lapouffiére
qui eft difperfce par le vent 5
& les ai foulez comme la
boue des rues.
43 Tu m'as fait échaper
des débats du peuple i tu
m'as établi Chef des na-
tions :
44 Le peuple que je ne
connoiiTois point, m'a été
affcrvi.
45
X^ I y 'jour. Les P s e
45 Auffi-tôt quils ont
ouï parler de moi, ils fe
font rendus obéïffans : les
étrangers m ont menti.
46 Les étrangers fe font
écoulez; & ils ont tremblé
de peur, dans leurs retrai-
tes cachées.
47 L'Eternel eft vivant,
àc mon rocher eft béni :
que donc le Dieu de ma
délivrance foit exalté.
48 Le Dieu Fort eft ce-
lui qui me donne les moi-
ens de me venger, & qui
a rangé les peuples fous
moi.
49 C'eft lui qui m'a dé-
livré de mes ennemis :
même tu m'enlèves d'entre
ceux qui s'élèvent contre
moi 5 tu me délivres de
riiomme outrageux.
5 o C eft pourquoi, ô E-
ternel, je te célébrerai par-
mi les nations, & je ciian-
terai des Pfeaumes à ton
Nom.
5 î C'eft lui qui délivre
magnifiquement fon Roi,
& qui uie de gratuité en-
vers David fon Oint, &
envers fa poftérité à ja-
mais.
AUMES,
Matin. 32s
Prière du Matin.
Cœli emrrant. Pf xix.
LES Cieux racontent la
gloire du Dieu Fort,
& l'étendue donne a con-
noître Touvrage de fe$
mains.
2 Un jour fournit en a-
bQndance des propos à l'au-
tre jour 5 & une nuit montre
fience à Tautre nuit.
3 II n y a point en eux
de langage, il n'y a point
de paroles : toutefois leui:
voix eft ouïe.
4 Leur alignement eft
forti par toute la terrç, &
leur propos eft aie jufqu'au
bout du monde habitable :
5 II a pofé en eux uu
pavillon pour le foleil :
tellement qu il eft fembla-
ble à un époux fortant de
fon cabinet nuptial , il s'é-
gaie, comme un homme
vaillant pour faire fa cour-»
fe.
6 Son départ eft de l'un
des bouts des cieux, ôc fon
tour fe fait fur l'un & fur
l'autre bouts & il n'y a
rien qui fe puiffe cacher
loin de fa chaleur.
Y 3 7
'^lôMatm. Les Ps
7 La Loi de TEtcrnel
eft parùitc, rcftaurant Ta-
nie : le tcmoiena<:;e de
rEtcrnei eft affûré, don-
liant la lagcffe au fimple.
8 J-Cs mandemens de
rEtcrnei font droits, & ré-
JQUilient le cœur : le com-
mandement derEterneleft
pur, & fait que les yeux
vpient.
9 La crainte de TEter-
nel eft pure, permanente à
perpétuité : les jugeniens de
rEternel ne font que vé-
rité, ^ ils fe trouvent pa-
reillement juftes.
10 Ils font plus défira-
bles que lor, même que
beaucoup de fin or, & plus
doux que le miel, même
que ce qui diftille Acs râl-
ons de miel.
11 Aufîî ton ferviteur
eft rendu éclairé par eux;
& il y a un grand falaire
à les obfervcr.
X2 Qui eft-ce qui con-
noit fcs fautes commifes
par erreur ? Pu^^ge-moi des
fautes cachées.
X 3 Garde auftî ton fervi-
teur des ofcnfcs commifes
par fierté 5 en forte qu'elles
iiç dominent point e^ moi:
alors je fer-u entier, & fe-
E A u M E $.' Le IV. joûrl
rai net de grand forfait.
14 Que les propos de
ma bouche, & la médita-
tion de mon cœur te foi-
ent agréables, ô Eternel,
mon rocher, & mon Ré-
dempteur.
Exmidiat te ^ominus.
Pf. XX.
QLl" E TEternel te répon-
i»de au jour que tu fe-
ras en détrefîc : que le nom
du Dieu de Jacob te mette
en une haute retraite.
2 Qu'il envoie ton fe-
cours du faint lieu ; & qu il
te foûtienne de Sion.
3 Qifil fe fouvicnne de
toutes tes oblaîions 5 & qu'il
réduife en cendre ton ho-
locaufte:
4 Qu'il te donne félon
ton cœur, & aCompliile
tout ton confeil.
5 Nous triompherons de
ta délivrance, & marche-
rons à en feignes dcploiées
au Nom de notre Dieu :
l'Eternel acomplir^ toutes
tes demandes.
6 Déja^ je çonnois que
l'Eternel a délivré fon
Oint : il lui répondra des
Cieux de fa Sainteté: la
dé»»
X^ rv.jour. 1 E s
délivrance faîte par
droite cft avec force.
7 Les uns fe vantent de
leurs chariots, ^ les autres
PSEAUMES
fa
Matin. 327
la majefté
proprie fur lui
& l'honneur.
6 Car tu Tas mis pour
bénédidions à perpétuité :
de leurs chevaux: mais [tu Tas rempli de joie par
nous-nous glorifierons du j ta face.
7 Parce que le Roi s'af-
fûrc en TEternel, & en la
gratuité du Souverain, il ne
fera point ébranlé.
8 Ta main trouvera tous
tes ennemis : ta droite trou-
vera tous ceux qui te haïflent.
9 Tu les rendras com-
me un four de feu au
temps de ton courroux :
TEternel les engloutira en
fa colère, & le feu les con-
fumeira.
10 Tu feras périr leur
fruit de deflus la terre, &
leur race d'entre les lîls des
hommes.
1 1 Car ils ont intenté
du mal contre toi, & ont
machiné une entreprife
dont ils ne pourront pas
venir à bout.
1 2 Parce que tu les met-
tras en bute, & que tu cou-
cheras tes flèches fur tes
cordes contre leurs vifagcs.
Nom de TEternel notre
pieu.
8 Ceux-là ont ploie, 5c
font tombez : mais nous
nous fommes relevez, &
maintenus.
9 Eternel, délivre. Qiie
le Roi nous réponde au
jour que nous crierons.
^omine^in virtutcVLxxi.
ETernel, le Roi fe ré-
jouira de ta force, &
combien s'égaicra-t-il de ta
délivrance ?
2 Tu lui as donné le
fouhait de fon cœur, 6c ne
lui as point refufé ce qu'il
a proféré de fcs lèvres :
3 Car tu fas prévenu de
^)énédiâ:ions de biens i &
tu as mis fur fa tête une
couronne de fin or.
4 II t'avoit demandé la
vie, & tu la lui as donnée :
même un prolongement de
Jours à toujours, ôc à perpé-
tuité.
5 Sa gloire eft grande
par ta délivrance : tu as a-
13 Elève -toi. Eternel,
par ta force : ôc nous chan-
terons, & pfalmodierons ta
puiflance.
y 4, Pri,
328 Soîr. Les Pseaumes.
Prière du Soir.
^eus, 'JDeus mens.VCxxu.
'\ /jfOii DicLi, mon Dieu,
l\' JL pourquoi m'as ^u
abandonne, teloignant de
ma délivrance, & des pa-
roles de mon rugifîcment ?
2 Mon Dieu, je cric de
joiu'i mais tu ne répons
point : & de nuit, & je
n ai point de celle.
l Toutefois tu es le
Saint habirant ^u milieu
4es louantes dlfraël.
4 Nos pères ont eu a
(r{-
rancc en toi : ils y ont eu
affiirance, & tu les as dé-
livrez.
5 Ils ont crié vers toi,
& ils ont été délivrez, ils
le font affùrez en toi, &
ils n'ont point été coniiis.
6 Mais moi, je fuis un
ver, & non point un hom-
me, Toprobrc des hommes,
& le méprifé du peuple.
7 Tous ceux qui me voi-
ent, fe moquent de moi :
ils me font la moue, ils
branlent la tête.
8 II fe remet, difcnt-ils,
à fErernel: qu'il le délivre,
& qu'il le retire, puis-qu il
prend fon bon plaifir en
lui.
Le IV. Jour*
9 Cependant c'eft toi qui
in as tiré hors du ventrç de
ma mère i qui m'as mis en
fureté, lors que j'étois aux
mamelles de ma mère.
10 J'ai été mis en ta.
charge dès la matrice : tu
es mon Dieu Fort dès le
ventre de ma mère.
1 1 Ne féloigne point de
moi : car la dçtreffe efl:
près de moij & il ny a
perfonne qui me fecourc.
1 2 Plufieurs taureaux
m ont environne i de puli^
fins taureaux de Bafia
m'ont entouré,
13 Ils ont ouvert leur
gueule contre nioi, com-
me un lion déchirant &
rugiilant.
14 Je me fuis fondu
comme de feau, Ôc toas
mes os foiit déjcints : rnoa
cœur efl comme delà cire^»
s'étant fondu dans mes en-^
traiiles.
15 Ma vigueur eft dcf-
féchée comme un tçfti &
ma langue tient à mon pa-
lais : & tu m'as mis dans
la pouflîére de la mort.
16 Car des chiens m ont
environné, une affemblée
de gens malins m'a en-
touré : ils ont percé nies
mains & mes pieds. 17
Les Pseaumes.
Le IV. jour.
17 Je compterois tous
mes os un par un : ils me
contemplent, ils me regar-
4ent.
1 8 Ils partagent entr'eux
mes vêtemens, ôc jettent le
fort fur ma robe.
1 9 Toi donc, Eternel, ne
t'éloigne point : ma force,
hâte-toi de me fecourir.
20 Délivre ma vie de
répéej délivre mon unique
de la patte du chien.
21 Délivre -moi de la
gueule du Uon j & répon-
moi en me retirant d'çn-
tre les cornes des licornes.
2 2 Je déclarerai ton Nom
à mes frères 5 je te louerai
au milieu de i'aflemblée.
23 "VTous qui craignez
rEternel, loiiez-le : toute
la race de Jacob, glorifiez-
le ; & toute la race d'Ifraël
redoutez-le.
24 Car il n a point mé-
prifé, ni dédaigné Taflidi-
on de Tafligé, & n'a point
caché fa face arriére de lui:
mais quand Tafligé a crié
vers lui, il Ta exaucé.
25 Ma louange fera de
par toi dans la grande af-
femblée 5 je rendrai mes
vœux en la préfcnce de
cqux qui te craignent.
Soir. 329
26 Les débonnaires mam
geront, & feront ralGTafiez :
ceux qui cherchent fEter^
nel le loiieront : vôtre cœur
vivra à perpétuité.
27 Tous les bouts de la
terre s'en fouviendront, &
ils fe convertiront à l'Eter-
nel, & toutes les familles
des nations fe profterne-
ront devant toi.
2 8 Car le règne apartient
à l'Eternel, ôc il domine
fur les nations.
29 Tous les gras de la
terre mangeront^ & fe prof-
terneront devant lui :
30 Tous ceux qui def-
cendent en la poudre s'in-
clineront, même celui qui
ne peut garantir fa vie.
31 La poftérité le fer-
vira, & fera enroUée au
Seigneur, d'âge en âge.
32 Ils viendront, & ils
publieront fajuftice au peu-
ple qui naîtra j parce qu'il
aura fait ces chofes.
T>omimts régit me.
Pf XXIII.
L
Eternel eft mon ber-
ger, je n'aurai poiat
de difette.
2 II me fait repofcr dans
des
3 30 Matin. Les Pse
des parcs herbeux, & me
mène le long des eaux
coies.
3 II reftaure mon ame,
& me conduit pour Ta-
mour de fon Nom;, par des
rentiers unis.
4 Même quand je mar-
chérois par la vallée de
1 ombre de la mort, je ne
craîndrois aucun mal 5 car
tu e5 avec moi : ton bâton
& ta houlette font ceux qui
me confolento
5 Tu dreffes la table de-
vant moi, à la vue de ceux
qui me ferrent : tu as graîf-
fé ma tête d'huile odori-
férante, & ma coupe eft
comble.
6 Quoi quil en foit,
biens & gratuité m'acom-
pagneront tous les jours de
ma vie j & mon habitation
fera dans la maifon deTE-
terhel pour long-temps.
Prière du Matin.
Tfomirà eft terra, Pf xxiv.
LA terre apartient à l'E-
ternel, avec tout ce
qlii eft en elle, la terre ha-
bitable, & ceux qui y ha-
bitent.
3 Car il la fondée fur
A u M E 5^ Le V. joufl
les mers, & Ta pofée fur
les fleuves.
3 Qui eft-ce qui montera
en la montagne de l'Eter-
nel > & qui eft-ce qui de-
meurera dans le lieu de
fa fainteté ?
4 Ce fera l'homme qui
a les mains pures & le
cœur net, qui n'afpire point
de foa ame à la fauffeté, &
qui ne jure point en trom-
perie.
5 II recevra bénédidion
de l'Eternel, & juftice de
Dieu fon Sauveur.
6 Tels font ceux qui le
requièrent, ceux qui cher-
chent ta face en Jacob.
7 Portes, élevez vos lin-
teaux 5 & vous huis éternels,
hauffez-vous, & le Roi dé
gloire entrera. '
8 Qiu eft ce Roi de
gloire? C'eft l'Eternel fort
ôc puifrant,rEtcrnel puiflant
en bataille.
9 Portes, élevez vos lin-
teaux 3 élevez-les aufli, vous
hiiis éternels, 6c le Roi de
gloire entrera.
10 Qiii eft ce Roi de
gloire ? l'Eternel des ar-
mées: c'eft lui qui eft le
Roi de gloire.
Ad
%e^,jouf\
'Ad te, domine. Pf. xxv.
ETernel, j élève mon
ame à toi. Mon Dieu,
je m'aflïïre en toi, fai que
je ne fois point confus, 6c
que mes ennemis ne s'é-
gaient point de moi.
2 Certes, pas un de ceux
qui s'atendent à toi, ne
fera confus: ceux qui fe
portent déloialcment fans
ocafvon feront confus.
3 Eternel, fai-moi con-
noître tes voies, enfeigne-
inbi tes feriticrs.
4 Adreffe-moi en ta vé-
rité, & m'enfeigne : car tu
es le Dieu de ma déli-
vrance i je m'atens à toi
tout ie jour.
5 Eternel, fouvien-toi
de tes compaflions & de
tes gratuïtez : car elles font
de tout temps.
6 Ne te fouvien point
des péchez de ma jeunefle,
ni de mes tranfgreffions :
félon ta s^ratuité fouvien-
toi t-'e moi, pour Tamour
de ta bonté, ô Eternel.
7 L'Eternel cft bon &
droit; c'cft pourquoi il en-
feigncra aux pécheurs le
ichemin qu ils doivent tenir.
'•^ 8 II fera marcher dans
Les Pseaumes.' Matin. 331
la droiture les débonnaires,
& il enfeignera fa voie aux
débonnaires.
9 Tous les fentiers de
l'Eternel font gratuité &
vérité, à ceux qui gardent
fon aliance, & fes témoig-
nages.
I o Pour Tamour de tort
Nom, ô Eternel, tu me
pardonneras mon iniquité,
quoi qu elle foit grande.
I I Qui eft l'homme qui
craint TEternel: L'Eternel
lui enfeignera le chemin
qu il doit choifir.
12 Son ame logera au
milieu des biens, &fapof-
térité poifedera la terre en
héritage.
13 Le fecret de TEter-
nel eft pour ceux qui le
craignent, & fon aliance
pour la leur donner à con-
noître.
14 Mes yeux font con-
tinuellement vers TEternel:
car c'eft lui qui tirera mes
pieds du filet.
15 Tourne ta face vers
moi, 6c aie pitié de moi:
car je fuis feul, & afligé.
1 6 Les détrcffes de mon
cœur fe font augmentées :
tire-moi hors de mes an-
goiffcs.
' ' ^ ■ 17
33 2 Mat m. Les P s e a u m îï s. Lev. jouf
17 Regarde mon aflic
tion & mon travail^ & me
pardonne tous mes péchez.
18 Regarde mes enne-
mis; car ils font en grand
nombre, & ils me haïffent
d'une haine pleine de vio-
lence.
1 9 Garde mon ame, &
me délivre : fai que jq ne
fois point confus : car je
me fuis retiré vers toi.
20 Que rintégrité & la
droiture me préfervent : car
je me fuis atendu à toi.
21 O Dieu, rachette If
raël de toutes fes détrefles.
Judica me^ T>omme.
Pf. XXVI.
I^Ternel, fai-moi droit,
j car j'ai marché en
mon intégrité, & j'ai mis
mon aifùrance en TEternel j
je ne chancelerai point.
2. Eternel, fonde-moi 6r
m'éprouve; examine mes
reins & mon cœur.
3 Car ta gratuité eft de-
vant mes yeux 5 &j'ai mar-
ché en ta vérité.
4 Je ne me ibis point af
fis avec les hommes vains,
& n ai point fréquenté les
gens couverts.
5 j'ai haï la compagnie
des malins, & je ne hante
point Jes méchans.
6 Je lave mes mains dans
l'mnocçnce, & je fais le
tour de ton ^utel, ô Eter-
nel 5
^ 7 Pour éclater en voix
d'aftions de grâces, & ra-
conter toutes tes merveilles.
8 Eternel, j'aime la de-
meure de ta maifon, & le
lieu dans lequel eft le pa-
Villon de ta gloire.
9 N'affemble point mon
ame avec les pécheurs, ni
ma vie avec les hommes
fanguinaires :
10 Dans Us mains def
quels il y a de la méchan-
ceté préméditée; & dont
la main droite eft pleine
de prefens.
1 1 Mais moi, je marche,
en mon intégrité : rachette-
moi, & aie pitié de moi.
1 2 Mon pied s'cft arrêté
au chemin uni : Je bénirai
TEternel dans les aflem-
blées.
Prière du Soir,
T>ominus illuminatio.
Pf XXVII.
'Eternel eft ma lumi^
ère & ma délivrance j
de qui aurai-jê pcur> TE-'
tcrncl
L
Xev.jourl ILes Ps
tcrnel eft la force de ma
Vie 5 de qui aurai-) e fraieur?
2 Loirs que les méchanS:,
mes adverfaires & mes en-
nemis, m'ont aproché, fe
jettant fur moi pour man-
ger ma chair, ils ont bron-
ché, & font tombez.
3 Quand toute une ar-
mée fe camperoit contre
moi, mon cœur ne crain-
droit point : s'il s'élève
guerre contre moi, j'aurai
confiance en ceci.
4 l'ai demandé une chofe
à l'Éternel, & je la requer-
rai 5 c*efl: que j'habite en la
maifon de l'Eternel tous
les jours de ma vie, pour
contempler la plaifance de
l'Eternel, & vifiter foigneu-
fement fon palais.
5 Car il me cachera dans
fa loge au mauvais temps ,
il me tiendra caché dans la
cachette de fon Taberna-
cle; il m'é lèvera fur un ro-
cher.
6 Même maintenant, ma
tête s'élèvera par deffus
mes ennemis, qui font à
l'entour de moi,
7 Et je facrifierai dans
fon Tabernacle des facrifices
de cri de réjouïflance 5 je
EÂliMESi Soif, in
chanterai &: pfalmodierai à
rEternel.
8 Eternel, écoute ma
Voix, je t'invoque : & aie
J)itié de moi, ôc m'exauce..
9 Mon cœur me dit de
par toi h Cherchez ma face:
je chercherai ta face, ô E-
ternel.
10 Ne cache point ta
face de moi ; ne rejette
point en courroux ton fer-
viteur :
11 Tu as été mon aide :
ô Dieu de ma délivrance,
ne me délaifle point, 6c ne'
m'abandonne point.
1 2 Quand mon père &
ma mère m'auroient aban-
donné, toutefois TEternel
me recueillira.
1 3 Eternel, enfeigne-moî
ta voie 5 & me condui par
un fentier uni, à caufe de
mes ennemis.
14 Ne me livre point
au défirde mes adverfaires:
car de faux témoins, & ceux
qui ne fouflent que vio-
lence, fe font élevez con-
tre moi.
15 N'eût été que j'ai
cru que je vcrrois les biens
de l'Eternel en la terre des
vivans, c'étoit fait de moi.
16
3 54 Soir^ Les P s e
i6Aten-toi à TEtcrnel,
& tien bon 5 & il fortifiera
ton cœur : aten-toi, dis-jC:,
à TEterneL
Ad te,T>omine. Pf. xxviii.
JE crie à toi, 6 Eternel,
mon rocher, ne te ren
point fourd envers moi 5 de
peur que fi tu ne me ré-
ponsp je ne fois fait fem-
blable à ceux qui defcen-
dent en la fofle.
2 Exauce la voix de mes
fuplications, lors que je
crie à toi, quand j'élève
mes mains vers TOracIe de
ta Sainteté.
3 Ne me traîne point a-
vec les méchans, ni avec
les ouvriers d'iniquité, qui
parlent de paix avec leurs
prochains, & la malice eft
dans leur cœur.
4 Paie-les félon leur
œuvre, & félon la malice
de leurs adions :
5 Paie-les félon louvrage
de leurs mains j ren-leur
ce qu'ils ont mérité.
6 Parce qu'ils ne pren-
nent point garde aux œu-
vres de l'Eternel, à l'œuvre,
diS'je, de fes mains : il les
xuïnera, & ne les édifiera
point.
A u M E \ he r.jôur^
7 Béni foit l'Eternel:
car il a exaucé la voix de
mes fuplications.
8 L'Eternel eft ma force
& mon bouclier ; mon cœur
a eu fon afîurance en lui 5
& j'ai été fecouru, & mon
cœur s'eft ré j ouï : ceft
pourquoi je le célébrerai
par mon Cantique.
9 L'Eternel eft leur force,
& il eft la force des déli-
vrances de fon Oint.
10 Délivre ton peuple,
& béni ton héritage, & les
repai, & les élève éternel-
lement.
offerte T>omino, Pf xxixV
Fils des Princes atri-
buez à l'Eternel, a-
tribuez à l'Eternel la gloire
ôc la force:
2 Atribuez à l'Eternel
la gloire due à fon Nom:
profternez-vous devant TE-
ternel dans fon Sanctuaire
magnifique.
3 La voix de TEternel
eft fur les eaux 5 le Dieu
Fort de gloire fait tonner :
rErcrnel eft fur les grandes
eaux.
4. La voix de l'Eternel
eft forte ^ la voix de l'Eter-
nel eft magnifique.
%e VI. jour.
5 La voix de TEterncl
trife les cèdres : même
rEternel brife les cèdres du
Liban,
6 Et les fait fauter com.-
mc un veau : il fait fauter
le Liban & Sirion^ comme
un faon de licorne.
7 La voix de rEternel
jette des éclats de flamme
de feu. La voix de TEter-
nel fait trembler le défcrt 5
rEternel fait trembler le
défert de Kadès.
8 La voix de TEternel
fait faonner les biches, &
découvre les forêts : mais
quant à fon Palais, chacun
l'y glorifie.
9 L'Eternel a préfidé fur
le déluge : & TEterncl pré-
fidera comme Roi éternel-
lement.
10 VEternel donnera de
la force à fon peuple 5 TE-
ternel bénira fon peuple en
paix.
Prière du Matin.
Exahabô te^ domine,
Pf XXX.
ETernel, je t'exalterai $
parce que tu m'as ti-
ré en haut, & que tu n'as
pas réjoui de moi mes en-
nemis.
Les P s é a u m e s. Matin.' 3 3 5
2 Eternel mon DieuV
j'ai crié vers toi, & tu m'a&^
guéri.
3 Eternel, tu as fait re«
monter mon ame du fé-
pulcrej tu m'as rendu la
vie, afin que je ne defccn-»
dilTe point en la folTc.
4 Pfahuodiez à l'Etcr-
nel, vous fes bien-aimez^
& célébrez la mémoire de
fa Sainteté.
5 Car il n'y a qu'un mo-
ment en fa colère 5 mais ii
y a toute une vie en fa fa-
veur : la lamentation loge-
t-elle le foir chez-nous 5 le
chant de triomphe y eft le
matin.
6 Quand j'étois en ma
profpérité, je difois , Te ne
ferai jamais ébranlé.
7 Etemel, par ta faveur
tu avois fait que la force fc
tenoit en ma montagne ^
as-tu caché ta face ? je fuis
devenu tout troublé.
8 Eternel, j'ai crié à toi >
& j'ai préfenté ma fuplica-
tion à l'Eternel, en difant i
9 Quel profit y aura-t-il
en mon fang, fi je defcens
dans la foife ?
10 La poudre te célé-
brera-t-elle ? prêchcra-t-clle
ta vérité ^
\
33^ Matin. Les PsEÀUME^r
' II Eternel^ écoute, &
aie pitié de moi : Eternel,
fois-moi en aide.
12 Tu as changé mon
deuil en alégreffei tu as
détaché mon fac, & tu m'as
ceint de joie.
13 Afin que ma gloire
te pfalmodie, & ne fe tnife
point. Eternel, mon Dieu,
je te célébrerai à toujours.
In te:, T^omine^ Pf. xxxi.
ETernel, je me fuis re-
tiré vers toi 5 fai que
je ne fois jamais confus:
délivre-moi par ta juftice.
2 Incline ton oreille vers
moi 5 délivre-moi pronte-
ment :
3 Sois-moi pour une
forte roche, & pour une
maifon bien munie ; afin
que je m'y puiife fauver.
4 Car tu es mon rocher
& ma fortereffe : c cft pour-
quoi mène-moi & mecon-
dui, pour l'amour de ton
Nom.
5 Tire-moi hors du ïilet
qu'on m'a tendu en ca-
chette : car tu es ma force.
6 Je remets mon cfprit
en ta main : tu m'as ra-
cheté, ô Eternel, le Dieu
Fort de vérité.
I
%e vï.jôufl
7 Jai haï ceux qui s'a-
donnent aux vanitez trom-
peufes5 maïs moi, je me
fuis affûré en l'Eternel.
8 Je m'égaierai & me
réjouirai de ta gratuité : par-
ce que tu as regardé moii
aflidion, & as reconnu
mon ame en fes détreffes :
9 Et ne m'as point en-
clos en la main de l'enne^
mi 5 mais as fait tenir de-
bout mes pieds au large.
10 Eternel, aie pitié de
moi$ car je fuis en dé-
treffe : mon regard eft tout
défait de chagrin, mon ame
auflî, & mon ventre.
1 1 Car ma vie eft dé-
faillie d'amui, & mes ans
à force de foûpirer :
12 Ma vertu eft déchue,
à caufe de la peine de mon
iniquité , & mes os font
coniumez.
1 3 J'ai été en oprobre à
caufe de tous mes advcr-
fairesî je l'ai même été
grandement à mes voifins :
& en fraicur à ceux de
ma connoiilance:, ceux qui
me voient dehors s'enfui-
ent de moi.
14 j'ai été mis en ou-
bli dans le cœur des hom-
mes; comme un mort : ) ai
été
Le VI, jour. Les P s
été cftimc comme un vaif-
fcaii de nul ufage.
15 Car J'ai ouï le di-
fame de plufieurs : la frai-
cur ma (aifi de tous cotez,
quand ils confultoient en-
femble contre moi. Ils ont
machiné de nVôter la vie.
16 Toutefois, ô Eter-
nel, je me fuis allïïré en
toi : }*ai dit 5 Tu es mon
Dieu.
17 Mes temps font en
ta main : délivre moi de la
main de mes ennemis, &
de ceux qui me pourfui-
vcnt.
18 Fai luire ta face fur
ton lerviteur,- délivre-moi
par ta gratuité.
19 Eternel, que je ne
fois point confus, puis que
je t'ai invoqué : que les
médians foient confus ,
qu'ils foient couchez dans
le fépulcre.
20 Qiie les lèvres mcn-
tcufcs foient muettes, lef-
qucllcs profèrent des paro-
les dures contre le julle,a-
\ ce orgueil & avec mépris.
2 1 O que tes biens font
grands, Icfquels tu as rcfer-
vcz pour ceux qui te crai-
gnent, & que tu as faits en
la préfence des fils des
EAUMES- Soir\ lYT,
hommes, à ceux qui fc
retirent vers toi.
22 Tu les caches dans
la cachette de ta face, loia
de Forgueil des hommes %
tu les préferves en une lo«
gc arriére des débats des
langues.
23 Béni foit rEterncI,'
de ce qu'il a rendu admi-
rable fa gratuité envers
moi, comme fi j'euCTe été
en un ville munie.
24 je difois en ma pré-
cipitation 5 Je fuis retraa-^
ché de devant tes yeux :
25 Et néanmoins tu as
exaucé la voix de mes fu-
plications, quand j'ai crié
à toi.
26 Aimez l'Eternel vous
tous fes bien - aimez : TE-
ternel garde les fidèles; &
il le rend tout du long à
celui qui fe porte jfiére-
ment.
26 Vous tous qui avez
vôtre atente à rEternel, te-
nez bon 5 & il fortifiera vô-
tre cœur.
Prière du Soir.
Beati quorum. Pf. xxxii.^
OQue bien-heureux eft
celui de qui la tranf-
2; greflion
Les P s eau mes
"jîS Sûir.
grefïïon eft quitée, & dont
le péché eft couvert!
2 O que bien-heureux
eft rhomme à qui TEter-
nel n'impute point Tiniqui-
té, & dans refprit duquel
il n'y a point de fraude !
3 Quand je me fuis tu,
mes os fe font envieillis:
& auflî quand je n'ai fait
que rugir tout le jour.
4 Parce que jour & nuit
ta main s'apefantiflbit fur
moi, ma vigueur s'eft chan-
gée en une féchercffe d'é-
té.
5 Je t*ai fait connoître
mon péché 5 & je n'ai point
caché mon iniquité.
6 J ai dit9 Je ferai con-
feflion de mes tranfgref-
fions à l'Eternel : & tu as
oté la peine de mon péché.
7 C'eft pourquoi tout
bicn-aimé de toi te fupliera
au temps qu*on te trouve j
tellement qu en un déluge
de grandes eaux, elles ne
l'ateindront point.
8 Tu es ma cachette, tu
me gardes de détrefle :
tu m'environnes de chants
de triomphe à caufc de la
délivrance.
9 Je te rendrai avifé, &
tcnfdgucrai le chemin dans
Lexi.jour.
lequel tu dois marcher 5 &
te guiderai de mon œil.
10 Ne foiez point com-
me le cheval, ni comme
le mulet, qui font fans in-
telligence, defquels il faut
emmufeler la bouche avec
un mords & un frein, de
peur qu'ils n'aprochent de
toi.
1 1 Plufieurs douleurs a-
viendront au méchant :
mais la gratuité environ-
nera l'homme qui s'aflïïrc
en rEternel.
12 Vous juftes, réjouïf-
fez-vous en l'Eternel i 6c é-
gaiez-vous, & chantez de
joie vous tous qui êtes droits
de cœur.
Exultate juJiL Pf. xxxiii.
VOus juftes, chantez
de joie touchant TE-
terncl : fa louange eft bien
féante aux hommes droits.
2 Célébrez TEternel a-
vec le violon, chantez-lui
des Pfeaumes avec la mu-
fettc, & l'inftrumcnt à dix
cordes.
3 Chantez-lui un nou-
veau Cantique; fonnez a-
droitement avec un cri de
réjouïffance.
4 Car la parole de rE-
ternel
Le VI. jour. Les P s
terncl eft droite 5 & toutes
fes œuvres font avec fer-
meté.
5 II aime lajuftice-ôc le
droit : la terre eft remplie
de la gratuité de TEternel.
6 Les cieuxont été faits
par la parole de TEternel,
& toute leur armée par le
foufle de fa bouche.
7 II affemble les eaux de
la mer comme en un mon-
ceau, il met les abîmes
comme dans des céliers.
8 Qiie toute la terre ait
peur de TEternel 5 que tous
les habitans de la terre ha-
bitable le redoutent.
9 Car il a dit, ôc ce
qu'il a dit a eu fon être:
il a commandé, & la chofe
a comparu.
10 ÛEternel diiTipe le
confeil des nations, «5c met
à néant les deileins des peu-
ples :
1 1 Mais le confeil de
rEtcrnei fe maintient à
toujours : les dciTcins de
fon cœur fubfiftent da2;e
en âge.
12 O que bien-heureufe
eft la nation dont l'Eter-
nel eft le Dieu, & le peu-
ple qui! s'eft choifi pour
héritage !
E A U M E s; SoJr. 3 S§
13 L'Eternel regarde des
Cieux, il voit tous les en-
fans des hommes. Il prend
garde du lieu de fa rélî-
dence à tous les habitans
de la terre.
14 C'eft lui qui forme
également leur cœur s Se
qui prend garde à toutes
leurs aftions.
15 Le Roi neft pomt
fauve par une grofle armée :
& rhommc puiftant n'é-
chape point par fa grande
force.
1 6 Le cheval manque à
fauver, ôc ne délivre point
par la grandeur de fa force.'
17 Voici, Tœil de TE-
ternel eft fur ceux qui le
craignent, fur ceux qui s*a-
tendent à fa gratuité.
1 8 Afin qu il les délivre
de la mort, ôc les entre-
tienne en vie durant la fa-j
mine.
19 Nôtre ame s'eft a-
tendue à TEternel 5 il eft
nôtre aide, & nôtre bou-
clier.
20 Certainement nôtre
cœur fe réjouira en lui;
parce que nous avons mis
nôtre aflïïrance en fon faint
Nom.
2 1 Que ta gratuité foit
Z z fur
540 Soirl Les
fur nous, ô Eternel, fclon
que nous-nous fommes a-
tcndus à toi.
J
Benedicam domino.
Pf. XXXIV.
E bénirai FEternel en
tout temps: fa louange
fera continuellement en ma
bouche.
2 Mon ame fe glorifiera
en TEternel : les débonnai-
res lentendront, & s en ré-
jouiront.
3 Magnifiez TEternel
avec moi, & exaltons fon
Nom tous enfcmble.
4 J'ai cherché TEternel,
& il m'a répondu, & m'a
délivré de toutes mes frai-
eurs.
5 L'a-t-on regardé? on
en eft illuminé, & leurs
faces ne font point con-
fufcs.
6 Cet afligé a crié, &
TEternel l'a exaucé, & Ta
délivré de toutes fes dé-
treifes.
7 L'Ange de rEtcrncl
fc campe tout autour de
ceux qui le craignent, &
les garantit.
8 Savourez, &vciez que
l'Eternel eft bon : 6 que
bien-heureux eft l'homme
P s E A U M E S. Le VI. jOUÙ
qui fe retire vers lui!
9 Craignez l'Eternel vous
fes Saints: Car rien ne
défaut à ceux qui le craig-
nent.
10 Les lionceaux ont di-
fette, & ont faim : mais
ceux qui cherchent l'Eter-
nel n'auront faute d'aucun
bien.
1 1 Venez, cnfans, écou-
tez moi 5 ]c vous cnfeig-
nerai la crainte de l'Eter-
nel.
1 2 Qiii eft l'homme qui
prenne plaifir à vivre, &
qui aime la longue vie pour
voir du bien ?
13 Garde ta langue de
mal, & tes lèvres de parlcf
avec tromperie.
14 Détourne-toi du mai,
& fai le bien : cherche la
paix, & la pourfui.
1 5 Les yeux de l'Eter-
nel font fur les juftesj &
fes oreilles font atentives a
leur cri.
16 La face de rEtcrncl
eft contre ceux qui font le
mal, pour exterminer de la
terre leur mémoire.
17 Qiiand les juftcs cri-
ent, l'Eternel les exauce 5 &
il les délivre de toutes
leurs détreifes.
1%
'Levu.jour] Les Ps
1 8 UEtcrnel eft près de
ceux qui ont le cœur rom-
pu 5 & il délivre ceux qui
ont Tefprit brifé.
19 Le jufte a des maux
en grmd nombre 5 mais TE-
terncl le délivre de tous.
20 Ilgarde tous fes os,
& pas un n en eft cafTé.
2 1 La malice fera mou-
rir le méchant : & ceux
qui haïflent le jufte feront
détruits.
22 L'Eternel rachette fa-
mé de fes ferviteurs : &
aucun de ceux qui fe reti-
rent vers lui, ne fera dé-
truit.
Prière du Matin.
Judica mey "Domine^
Pf xxxv.
ETernel , déba contre
ceux qui dcbatent
contre moi : fai la guerre à
ceux qui me font la guerre.
2 Pren le bouclier & la
rondelle ; ôc lève-toi à mon
aide.
3 Mets en avant la ha-
lebarde; & ferre le paffage
au devant de ceux qui me
pourfuivent : dis à mon a-
mci Je fuis ta délivrance.
4 Qiie ceux qui chcr-
EAUMES.^ Matin, 341'
chent mon ame foient hon-
teux & confus : & que
ceux qui machinent mon
mal, foient repouifez en
arriére, & rougiffent.
5 Qu'ils foient comme
delà baie expofée au vent;
& que TAnge de TEternei
les chafle çà & H.
6 Qiie leur chemin foit
ténébreux & gliflant j que
TAnge de f Eternel les pour-
fuive.
7 Car fans caufe ils m ont
caché la fofle où étoient
tendus' leurs rets 5 & fans
caufe ils ont cave pour fur-
prendre mon ame.
8 Que la ruïne, dont il
ne s'avife point, lui avien-
ne ; & que fon filet qu'il a
caché, le furprenne j & qu'il
tombe en cette même
ruïne.
9 Mais que mon ame
s'égaie en TEternel, & fe
réjouïife en fa délivrance.
10 Tous mes os diront;
Eternel, qui eft fcmblabîe
à toi, qui délivres l'afligé
de la main de celui qui eft
plus fort que lui 5 Tafligé,
dis-je, & le pauvre, de la
main de celui qui le pille )
1 1 Des témoins violens
s élèvent contre moi : on
Z 3 me
^42^ Matin. Les Pseaumes
me redemande des chofes
dont je ne fai rien.
12 Ils m'ont rendu le
mal pour le bien, tâchant
de m oter la vie.
15 Mais moi, quand ils
ont été malades, je me vê-
tois d'un facj j'afligeois mon
ame par le jeûne: ma prière
retournoit dans mon fein.
14 Je me fuis porté
comme fi c'eut été mon
intime ami, comme H c'eut
été mon frère : j'alois cour-
bé en habit de deuil, com-
me celui qui mener oit
deuil pour fa mère.
15 Mais quand j*ai chan-
celé, ils fe réjouïflbient, &
s'affembloient : des gens de
néant fe font alïemblez
contre moi, fans que j'en
fûfle rien : ils ont ri à
bouche ouverte, 6c n'ont
point cefTé :
16 Avec les hypocrites
d'entre les plaifanteurs qui
fuivent les bonnes tables 5
& ils ont grincé les dents
contre moi.
17 Seigneur combien de
temps le verras-tu? retire
mon ame de leurs tempê-
tes, mon unique d'entre les
lionceaux.
la Je te célébrerai dans
LeYuJoUr.
une grande aiTemblée, je te
louerai parmi un grand
peuple.
19 Que ceux qui me
font ennemis à faulîcs cn-
feignes, ne fe réjouïHent
point de moi : & que ceux
qui me haïffent fans caufe
ne guignent point de l'œil.
20 Car ils ne parlent
point de paix : mais ils pré-
méditent des chofes pleines
de fraude contre les paifi-
bles de la terre.
21 Et ils ont ouvert leur
bouche autant qu'ils ont
pu contre moi, & ont dit 5
Alla, aha, nôtre œil l'a vûj
22 O Eternel, tu l'as vu:
ne te tai point : Seigneur,
ne t'éloigne point de moi.
2 3 Réveille-toi; réveille-
toi, dis- je, ô mon Dieu &
mon Seigneur, pour me
faire droit, & pour main-
tenir ma caufe.
24 juge moi félon ta
juftice, Eternel mon Dieu :
& qu'ils ne fe réjouïllent
point de moi.
2 5 Qu'ils ne difent point
en leur cœur. Aha, nôtre
ame ! àc qu'ils ne dilcnt
point 5 Nous l'avons en-
glouti.
26 Que ceux qui fe ré-
jouirent
Levii.jouf.
jouïffcnt de mon mal foient
honteux, & rougiflent tous
enfemble : & que ceux qui
s élèvent contre moi foient
couverts de honte & de con-
fufion.
27 Mais que ceux qui
font afedionnez à ma juf-
tice, fe réjouïfTent avec
chant de triomphe, & s'é-
gaient, & qu ils difcnt in-
ceflamment : Magnifié foit
rEternel qui s'afeûionne
à la paix de fon ferviteur.
28 Alors ma langue s'en-
tretiendra de ta juftice, &
de ta louange tout le jour.
^ixit injujlus. Pf xxxvi.
LA tranfgreffion du mé-
chant me dit au de-
dans du cœur, qu'il n'y a
point de crainte de Dieu
devant fes yeux.
2 Car il fe flate en foi-
même, quand fon iniquité
fe préfente pour être haïe.
3 Les paroles de fa bou-
che ne font qu'injuftice &
que fraude; il fe garde d'en-
tendre à bien faire.
4 II machine fur fa cou-
che les moiens de nuire 5
il s'arrête au chemin qui
n'cft pas bon : il n'a point
en horreur le mal.
Les Ps baume s' Matin, z^i
5 Eternel, ta gratuité a-
teint jufqu'aux cieux; &ta
fidélité jufqu'aux nues.
6 Ta juftice eft comme
de hautes montagnes, tes
jugemens font un grand a-
bîme. <
7 Eternel, tu conferves
les iiommes & les bêtes. O
Dieu, combien eft préci-
eufe ta gratuité! auiîî les
fils des hommes fe retirent
fous l'ombre de tes ailes.
8 Ils feront abondam-
ment raffafiez de la graifle
de ta maifon i & tu les a-
brûveras au fleuve de tes
délices.
9 Car la four ce de la vie
eft par devers toi 5 & par ta
clarté nous volons clair.
10 Continue à dépioier
ta gratuité fur ceux qui te
connoiflcnt j & ta juftice fur
ceux qui font droits de
cœur.
1 1 Que le pied de Ibr-
gueillcux ne s'avance point
fur moi 5 & que la main
des méchans ne m'ébranle
point.
12 Là font tombez les
ouvriers d'iniquité; ils ont
été pouffez à bas, & n'ont
pu fe relever.
Z 4
Prière
^544 S^i^' Les Psbaûmes/
Prière du Soir.
Noli amulari, Pf. xxxvii.
NE te dépite point à
caufc des gens ma-
lins : ne fois point jaloux de
ceux qui s'adonnent à la
perverfité.
2 Car ils feront foudai-
nement retranchez comme
le foin, & fc faneront com-
me rherbe verte.
3 Affùre-toi en FEter-
nel, & fai ce qui eft bon :
habite la terre, & te repai
de vérité.
4 Et pren ton plaifir en
rEternel, & il t'acordera
les demandes de ton cœur.
5 Remets ta voie fur TE-
ternel, & t'aflïïre en lui $ &
il radreffera;
6 Et il mettra en avant
ta juftice comme la clarté,
& ton droit comme le mi-
di.
7 Ticn-toi coî , t'arrê-
tant à TEternel, écTatten:
ne te dépite point à caufe
de celui qui fait bien (es
afaires ; à caufc, dis-je, de
rhommc qui vient à bout
de ics entrcprifcs.
S Garde-toi de te cour-
xoxxctïy ôc iailîe la colère :
Le vii.jourl
ne te dépite point, au moins
pour mal faire.
9 Car les méchans fe-
ront retranchez : mais ceux
qui s'atendent à TEterncl
hériteront la terre.
10 Encore donc un peu
de temps, 6c le méchant
ne fera plus : & tu pren-
dras garde à fon lieu, & il
n'y fera plus.
1 1 Mais les débonnaires
hériteront la terre, & joui-
ront à leur aife dune gran
de profpérité.
1 2 Le méchant machine
contre le jufte, & grince
fes dents contre lui.
13 Le Seigneur fe rira
de lui 5 car il a vu que fon
jour ap roche.
1 4- Les méchans ont tire
leur épée, & ont bandé
leur arc, pour abatre fa-
fligé ôc le pauvre, & pour
maffacrer ceux qui mar-
chent dans la droiture,
1 5 Mais leur épée en-
trera dans leur propre cœur,
& leurs arcs feront rom-
î6 Mieux vaut "au jufle
le peu qu'il a, que Tabon-
dance d beaucoup de mé-
chans. ■ • : . :
17 Car
Le vu, jour. Les 1?s
1 7 Car les bras des mé-
dians feront caffez : mais
TEternel foûtient les juftes.
1 8 UEternel connoît les
jours de ceux qui font en-
tiers 5 & leur héritage de-
meurera à toujours.
19 Ils ne feront point
confus au mauvais temps 5
mais ils feront raifafiez au
temps de la famine.
20 Mais les médians
périront, & les ennemis
de rEternel s'évanouiront
comme la graiffe des ag-
neaux j ils s'en iront en
fumée.
21 Le méchant em-
prunte, & ne rend point :
mais le jufte a compalîion,
& donne.
22 Car les bénis de FE-
tcrnel hériteront la terre :
mais ceux qu'il a maudits
feront retranchez.
23 Les pas de l'homme
qu'il a béni font adreflcz
par l'Eternel; & il prend
plaifu* à fes voies.
24 S'il tombe, il ne fera
pas entièrement abatu : car
l'Eternel lui foûtient la
main.
25 J'ai été jeune, & j'ai
ateint la vieillefle, mais je
n'ai point vu le juftc abon-
EAU M E s. Soir. 345
donné; ni fa poftérité men-
diant fon pain.
26 II ell ému de pitic
tout le jour, & il prête :
& fa poftérité eft en béné-
didion.
27 Retire-toi du mal,
& fai le bien ; & tu auras
une demeure éternelle.
28 Car rEternel aime
ce qui eft droit, & il n'a-
bandonne point fes bien-
ainiez : c'eft pourquoi ils
font gardez à toujours :
mais la poftérité des mé-
dians eft retranchée.
29 Les juftes hériteront
la terre, & y habiteront à
perpétuité.
30 La bouche du juftc
profci'cra la fageftc, & fa
langue prononcera ce qui
eft droit.
3 1 La Loi de fon Dieu
eft <lans fon cœur; aucun
de fes pas ne chancclera.
32 Le méchant épie le
jufte, & cherche à le faire
mourir.
33 L'Eternel ne Tabon-
donnera point â fes mains,
& ne le laillcra point con-
damner quand on le ju-
gera.
34 Aten rEternel, &
pren garde à fa voie, &
2 ii
34<5 Mat/n. Les Pseaumes. Le vwi.joiir.
il t'exaltera 5 afin que tu hé
rites la terre : & tu verras
comment les médians fe-
ront retranchez.
3 5 J'ai vu le méchant ter-
rible, & verdoiant comme
le laurier verd : ;^« i;
36 Mais il eft paffé, &
%^oilà, il n'efl: plus : & je
Tai cherché, & il ne s^eft
point trouvé. i ,
37l'i'en garde à l'homme
entier, & confidere Thomme
droit : car la fin d un tel
homme eft la profpérité.
3 8 Mais les tranfgrefleurs
feront tous enfemblc dé-
truits : & ce qui fera refté
des méchans fera retranciié.
3 9 Mais la délivrance
des juftcs viendra de TEter-
nef: il fera leur force au
temps de la détrefle.
40 Car TEternel leur
aide, & les délivre : il les
délivrera des méchans, &
les fauvera ; parce qu'ils fe
feront retirez vers lui.
Prière du Matin.
"Domine, ne in fur or e tuo.
Pf XXXVIII.
ETernel, ne me rcpren
point en ta colère j
2 Car tes flèches font
entrées en moi 5 & ta main
eft tombée fur moi.
3 II ny a rien d'entier
en ma chau-j à caufe de ton
indignation: ni de repos
dans mes os 5 à caufe de
mon péché.
4 Car mes iniquitez ont
furmonté ma tête, & font
apefanties comme un pe-
fant fardeau, au delà de
mes forces.
5 Mes meurtrifflires font
pourries ôc fluent 5 à caufe
de ma folie.
6 Je fuis courbé & pan-
ché outre mefure : je mar-
che tout noirci de deuil
tout le jour.
7 Car mes aines font
remplies d'inflammation j &
dans ma chair il n'y a rien
d'entier :
8 Je fuis afoibli, & tout
brifé j je rugis du grand fré-
miflcment de mon cœur.
9 Seigneur, tout mon
défir eft devant toi 5 & mon
gémiffement ne t'eft point
caché.
10 Mon cœut eft agité
çà & là: ma force nVa a-
. . bandonné, & la clarté auflî
ac ne me châtie point en de mes yeux : même ils ne
ta fureur. ifont plus avec moi.
i II
Le viii.jour. Les P s
11 Ceux qui m'aiment,
& même mes intimes a-
niis, fe tiennent loin de ma
plaie j & mes proches fe
tiennent loin de moi.
1 2 Et ceux qui cher-
chent ma vie, m'ont tendu
des laqs : 6c ceux qui pour-
chaffent mon mal, parlent
de calamitez, & fongent
des tromperies tout le jour.
13 Mais moi je n en-
tends non plus qu'un fourd :
& je fuis comine un muet
qui n'ouvre point fa bou-
che.
14 Je fuis, dis-je, comme
un homme qui n'entend
point, & qui n'a point de
réplique en fa bouche.
15 Puis que je me fuis
atendu à toi, 6 Eternel 5
tu me répondras, Seigneur
mon Dieu.
16 Car j'ai ditj il faut
prendre garde qu'ils ne fe
réjouiffent de moi : quand
mon pied glifTe, ils s'élè-
vent contre moi.
17 Quand je fuis prêt à
clocher, & que ma dou-
leur eft continuellement
devant moi :
1 8 Quand je déclare mon
iniquité, 6c que je fuis en
peine pour mon péché.
EAU ME s. Matifh 347
19 Cependant mes en-
nemis, qui font vivans, fe
renforcent : & ceux qui me
haïffent à fauffes enfeignes,
fe multiplient.
20 Et ceux qui me ren-
dent le mal pour le bien>
me font contraires; parce
que je recherche le bien.
21 Eternel, ne m'aban-
donne point : mon Dieu,
ne t'éloigne point de moi.
22 Hâte toi de venir à
mon aide, Seigneur, qui es
ma délivrance.
T>ixiy cuftodiam, Pf xxxix.
J'AI dit 5 Je prendrai
garde à mes voies, a-
fin que je ne pèche point
par ma langue.
2 Je garderai ma bouche
avec une mufeliére, tant,
que le méchant fera de-
vant moi.
3 J'ai été muet fans dire
motj je me fuis tu du bien:
mais ma douleur s'eft ren-
forcée.
4 Mon cœur s'eft é-
chauffé au dedans de moij
6c le feu s'eft cmbrafé en
ma méditation; j'ai parlé
de ma langue, difant 3
5 Eternel, donne-moi à
connoîtrc ma fin, 6c quelle
eft
^348 Matin. Les P s e
cfl la mcfure de mes jours;
fai que je fâche de com-
bien petite durée je fuis.
• 6 Voilà, tu as réduit
mes jours à la mefure de
quatre doigts, & le temps
de ma vie cft devant toi
comme un rien: certaine-
ment ce n eft que pure va-
nité de tout homme, quoi
qu il foit debout :
7 Certainement Thom-
me fe promène parmi ce
qui n a que de l'aparence :
certainement on fe tem-
pête pour néant : on amaf-
fe des biens, & on ne fait
point qui les recueillira.
8 Or maintenant qu'ai-
je atendu, Seigneur? mon
atcnte cft à toi.
9 Délivre-moi de toutes
mes tranfgreflîons, & ne
permets point que je fois
en oprobre à Tinfcnfé.
10 Je me fuis tu, &
.n*ai point ouvert ma bou-
che i parce que c'eft toi qui
l'as fait.
11 Retire de moi la
plaie que tu m'as faite : je
îiiis défailli par la guerre
que tu me fais.
1 2 Auill tôt que tu châ-
ties quelqu'un, en le re-
dargiiant pour Ion iniqui-
A u M E s, Leviujoar^
té, tu confumes fon excel-
lence comme la tigne : cer-
tainement ^ tout homme eft
vanité : ^ . '
13 Eternel, écoute ma
requête; ôc prête l'oreille à
mon cri -, & ne fois point
fourd à mes larmes :
14 Car je fuis voiageur
& forain chez toi, comme
ont été tous mes pères.
15 Retire-toi de moi,
afin que je reprenne mes
forces, avant que je m'en
aille, & que je ne fois
plus.
Expe£ians expeBavi.
Pf XL.
J'Ai atendu patiemment
l'Eternel, 6c il s'eft in-
cliné vers moi, & a ouï
mon cri.
2 Et m'a fait remonter
hors d'un puits menant
grand bruit, & d'un bour-
bier fangeux ; & a mis mes
pieds fur un roc, & a af^
furé mes pas.
3 Et il a mis en ma bou-
che un nouveau Cantique,
qui cft la louante de nô-
tre Dieu.
4 Plufieurs verront cela,
& ils craindront, 6c s'aflïi-
reront en l'EterncL
5
Leviu.jour^ Les P
5 O que bien-hcurcux
eft rhomme qui s'cft pro-
pofé TEtcrnel pour fon af-
lûrance, & qui ne regarde
point aux orgueilleux, ni
à ceux qui fe détournent
vers lenienlbnge!
6 Eternel mon Dieu, tu
as fait que tes merveilles
& tes penlees envers nous
font en grand nombre : il
n eft pas poffible de les a-
ranger devant toi.
7 Les veux- je reciter &
dire ? elles font en fi irrand
nombre, que je ne les fau-
rois raconter.
8 Tu ne prens point
plaifir au facrifice ni au gâ-
teau: mais tu m'as percé
les oreilles.
9 Tu n'as point deman-
dé dliolocaufte, ni d'obla-
tion pour le péché. Alors
j'ai dit 5 Voici, je viens.
10 II eft écrit de moi
au rôle du Livre : Mon
Dieu, j'ai pris plaifir à fai-
re ta volonté 5 & ta Loi eft
au dedans de mes entrailles.
1 1 J'ai prêché ta juftice
dans la grande aflemblée :
voilà, je n'ai point retenu
mes lèvres : tu le fais, ô
Eternel.
12 Je n'ai point caché
s E A u M E s. Matin. 3 49
ta juftice, qui eft au dedans
de mon cœur : j'ai déclaré
ta fidélité & ta délivrance.
. 1 3 Je n ai point celé ta
gratuité, ni ta vérité, dans la
grande aflemblée.
14 Et toi. Eternel, ne
m'épargne point tes corn-
paflîons : que ta gratuité
& ta vérité me gardent con-
tinuellement.
15 Car des maux fans
nombre m'ont environné :
mes iniquitcz m'ont ateint,
& je ne les ai pu voir :
elles furpaiîcnt en nombre
les cheveux de ma tête 5 &
mon cœur m'a abandonné.
16 Eternel, veuille me
délivrer: Eternel, hâte-toi
de venir à mon aide.
17 Que ceux-là foient
tous honteux, & rougiflent
enfemble qui cherchent
mon ame pour la perdre :
& que ceux qui prennent
plaifir à mon mal, retour-
nent en arriére, & foient
confus.
18 Qiie ceux qui difent
de moi; Aha, Aha, foient
defolez, en recompcnfe de
la honte qu'ils m'ont faite.
19 Que tous ceux qui te
cherchent, s'égaient & le
réjouilTent en toi : & que
ceux
3 50 Soir. Les Psea
ceux qui aiment ta déli-
vrance, difent continuelle-
ment i Magnifié foit TE-
tcrnel.
20 Or je fuis afligé ôc
miferable: mais le Seigneur
a foin de moi.
21 Tu es mon aide &
mon libérateur : mon DieU;,
ne tarde point.
Prière du Soir.
Beatus qui intelligit,
Pf XLI.
OQue bien-heureux eft
celui qui fe porte fa-
gement envers le chetif!
TEternel le délivrera au
jour de la calamité.
2 UEternel le 2;ardera
& le préfervera en vie : il
fera même rendu heureux
en la terre, ne le livre
donc point au plaifu* de fes
ennemis.
3 UEternel le foutien-
dra quand il fera dans un
lit de langueur : tu change-
ras toute fa couche, quand
il fera malade.
4 J'ai dit i Eternel, aie
pitié de moi, guéri mon
ame : car j'ai péché contre
toi.
5 Mes ennemis me fou-
u M E s. Le viu.jourl
haittant du mal, difent i
Qtiand mourra -t- il > &
quand périra fon nom?
6 Et fi quelqu'un d'eux
vient me vifiter, il parle
en menfonge : fon cœur
s'amafle dequoi me fâcher.
Eft-il forti? il en parle de-
hors.
7 Tous ceux qui m'ont
en haine murmurent four-
dement enfemble contre
moi, & machinent du mal
contre moi.
8 Quelque fait, difent-
ils, tel que les médians
garnemens comettent , le
tient enferré 5 & cet homme
qui eft couché, ne fe rele-
ver a plus.
9 Même celui qui avoit
paix avec moi, fur lequel
je m'aflûrois, & qui man-
geoit mon pain, a levé le
talon contre moi.
10 Mais toi, ô Eternel,
aie pitié de moi, & me re-
lève 3 6c je le leur rendrai.
11 En ceci je connois
que tu prens plaifir en moi,
que mon ennemi ne fait
point fes triomphes de moi.
12 Pour moi, tu m'as
maintenu dans mon entier^
& tu m'as établi devant
toi pour toujours.
13
Le vin, jour. Les Ps
13 Béni foit rEterncl,
le Dieu dlfraël de fiècleen
fiècle. Amen, Amen.
§liiemadmodtmi, Pf. xlii.
COmme le cerf brame
après le courant des
eaux, ainfi crie mon ame
après toi, 6 Dieu.
2 Mon ame a foif de
Dieu, du Dieu Fort, & vi-
vant : ô quand entrcrai-jc
& me préfenterai-je devant
la face de Dieu !
3 Mes larmes m'ont été
au lieu de pain, jour &
nuit, quand on me difoit
chaque jour : Où efl: ton
Dieu ?
4 Je rapellois ces cho-
fcs dans mon fouvenir, en
déchargeant mon cœur à
part moi^ lavoir, que je
marchois en la troupe, &
m'en alois tout doucement
en leur compagnie, avec
une voix de triomphe &
de loiiangc, juiqucs à la
maiibn àd Dieu j & qu'une
grande multitude de gens
fauteloîL
5 Mon ame, pourquoi
t'abas-tu, & frémis-tu au
dedans de moi ?
6 Atcu-toi à Dieu : car
je le célébrerai encore: ion
E A u M E s. Soïr, 351
regard cft la délivrance
même.
7 Mon Dieu, mon ame
eft abatuë en moi-mêmes
parce qu'il me fouvient de
toi depuis la région du
Jourdain, & de celle des
Hermoniens, &de la mon-
tagne de Mitfhar.
8 Un abîme apelle un
autre abîme au fon de tes
canaux : toutes tes vagues
ôc tes flots ont paiTé fur
moi.
9 L'Eternel mandera de
jour fa gratuité 3 & fon Can-
tique fera de nuit avec
moi, & je ferai requête au
Dieu Fort, qui eft ma vie.
10 |e dirai au Dieu Fort
qui cil mon rocher 5 Pour-
quoi m'as-tu oublié? pour-
quoi marcherai-) e tout noir-
ci en deuil à caufe de l'o-
prciîîon de renncmi ?
1 1 Mes advcrfaires m'ont
fait outrage ; c'a été une
epée dans mes os.
12 Qiiand ils m'ont dit
chaque jour 5 Oii cft ton
Dieu >
T 3 Mon ame, pourquoi
t'abas-tu, & pourquoi fré-
mis-tu au dedans de moi ?
14 Atcn-toi à Dieu :
car je le célébrerai encore 5
2 il
^$z Matin. Les Pseaumes.
il eft la délivrance de mon
regard, & mon Dieu.
Le IX. jour.
Judica me y T>eits. Pf.xLiii.
F Ai-moi juftice, ôDicu.
6c déba mon droit
contre la nation cruelle :
délivre-moi de l'homme
trompeur & pervers.
2 Puis que tu es le Dieu
de ma force, pourquoi
m'as ; tu rejette- pourquoi,
marcherai-je tout noirci
en deuil à caufe de lo-
preffion de l'ennemi ?
3 Envoie ta lumière &
ta vérité ^ afin qu'elles me
conduifent 6c m'introdui-
lent en la montagne de ta
Sainteté, 6c en tes Taber-
nacles.
4 Alors je viendrai à
l'Autel de Dieu, vers le
Dieu Fort de l'alégrelle de
ma joici 6c jeté célébrerai
fur le violon, 6 Dieu, mon
Dieu.
Prière du Matik.
T>em auribus. Pf.xLiv.
ODieu nous avons ouï
de nos oreilles ; 6c
nos pères nous ont racon-
té les exploits que tu as
faits en leurs joiirs, aux
jours d'autrefois.
2 Tu as de ta main
chaiïe les nations, 6c tu as
planté nos pères : tu as afli-
5e les peuples, 6c tu as fait
provigner nos pères.
3 Car ce n'eft point par
leur épée qu'ils ont con-
quis le pais j 6c ce n'a point
été leur bras, qui les a
délivrez ; mais ta droite, 6c
ton bras, 6c la lupiièrc de
ta face ; parce que tu leur
portois afcdion.
4 O Dieu, c'efl: toi qui
es mon Roi; ordonne les
délivrances de Jacob.
5 Par toi nous choque-
5 Mon ame, pourquoi rons nos adverfaircs : par
t'abas-tu, 6c pourquoi fré-
mis- tu au dedans de moi ?
6 Aten-toi à Dieu : car
je le célébrerai encore : il
cft la délivrance de mon re-
gard, 6c mou Dieu.
ton Nom nous foulerons
ceux qui s'élèvent contre
nous.
6 Car je ne» m'aflure
point en mon arc, 6c ce ne
fera pas mon épée qui me
délivrera >
7
Xeiyi.jom Lès Psf
7 Mais tu nous délivre-
ras de nos advcrfaires, &
rendras corifus ceux qui
nous haïflent.
8 Nous - nous glorifie-
rons en Dieu tout le joiif 5
& nous célébrerons à tou-
jours ton Nom :
$ Mais tu nous as rej ét-
iez, & rendus confus i &
tu rie fors plus avec nos
armées. / ^
ï6 Tu nous as fait re-
tourner en arriére de de-
vant Tàd verfaire j 6e nos
ennemis fe font enrichis
de ce qu ils ont pillé fur
nous.
il Tu nous as livrez,
coriime des brebis deftinées
à être mangées: ôc tu nous
as épars entre les nations.
. 1 2 Tu as vendu ton
peuple pour néant, & n as
point fait liauffer leur prix.
13 Tu nous as mis en
oprobre à nos voifins, en
dénfion, & en raillerie à
ceux qui habitent autour
de nous.
14 Tu nous as mis en
dîfton parmi les nations,
& en hochement de tête
parmi les peuples.
1 5 Ma confufion eft tout
le jour devant moi ,- & la
ÈAÙMEs: Matin, 35 3
honte de ma face ma tout
couvert.
16. A caufe des difcours
de celui qui nous fait des
reproches, & qui nous in-
jurie; & à caulc: de l'enne-
mi, & du vindicatif. '
17 Tout cela nous eft
arrivé; & cependant nous
ne t'avons point oublié, àc
n'avons point fauifé ton a-
liance.
18 Nôtre cœur n'a point
reculé en arriére; ni nos '^
pas ne fe font point dé-»"
tournez de tes fentiers,
19 Quoi que tu nous"^ **"
aies froiffcz parmi d^s dra-
gons, & couverts de Toni-
bre de la mort. V^..
20 Si nous eulîîon^ Ou-
blié le Nom de nôtire Dieu,
& que nous euffidns éten-
du nos mains vers un T)ieù
étranger^
2 r Dieu ne s'en enquer-
roit-il point? vu que c'eft
lui qui conùoît les fecrets
du cœur.
22 Mais nous fommes
tous les jours mis à mort
pour l'amour de toi: &
nous fommes regardez com-
me des brebis de la bou-
cherie.
23 Lève toi: pourquoi
A a dors-
3 54 Matin* Le s 1? s e'a u m e s. Le l'K/Jouri
dors-tu, Seigneur \ Réveille
toi 5 ne nous rejette point
à jamais.
24 Pourquoi caches-tu
ta face l & pourquoi, ou-
blies-tu nôtre aflidion, &
nôtre oprcflion?
25 Gar nôtre ame eft
pançhéc jufques en la pou-
dre; & nôtre ventre eft a-
taché contre terre.
26 Lève toi à nôtre ai-
de 5 & nous délivre pour
i-aniour de ta gratuités .
vit cor meum.
On cœur bouillone
__ d'un bon propos, &
fai dit $ Mes ouvrages fe-
ront pour le Roi :
;-;i; Ma langue fera la
jplume d'un écrivain dili-
gent.
3 Tu es plus beau qu au-
cun des fils des hommes :
la grâce eft répandue en
tes lèvres; parce que Dieu
t'a béni éternellement.
4 O Très-puiflant, cein
ton épée fur ta cuiffc, ta
majefté & ta magnificence.
5 Et profpère en ta mag-
nificence : fois monté fin-
la parole de vérité^ de dc-
bonnaireté, & de jufticc :
& ta droitéTenTéj^ncra des
chofes tejrriblès. r,..,' /.". /!^.
6 Tes''flèi:hes''font '^àï-
gués; les peuples tombe-
ront fous.^ toi : elles entre-
ront dans le cœur des, car
ncmis du Rcy. .
7 Ton tronc, ô Dieù^ eft
à toûjoxirs,& à perpétuité:
le fceptre 'de 'ton régnée' eft
un fceptre d'équîté. ^..
8 Tu aimes la,'juftice,
& tu hais la méchanceté :
c'èft pourquoi, ô Dieu, ton
Dieu tV oint d'une hui-
le de^Joie, pajî, défljj^s ^es
compagnons.
9 Ce n'eft que mynrhc,
aloé, & calTe de tous tes
vêtemens, quand tu fors
des palais d'y voire, dont ils
t'ont réjoui. ' . '
10 Des filles de Rois
font entre tes dames d'hon-
neur : ta femme eft à ta
droite, parée d'or d'Ôphir.
1 1 Ecoute fille, & con-
fidère : incline ton oreillcj
& oublie ton peuple, &
la maifon de ton père.
1 2 Et le Roi mettra fon
afcclion en ta beauté : puis
qu'il eft ton Seigneur, prof-
ternc-toi devant lui.
13 Et la fille de Tyr, &
les plus riches des peu^^les
I ^ te
Le ix.jouf.
te fuplieront avec des pre-
fens.
14 La fille du Roi eft
toute pleine de gloire en
dedans : fon vêtement eft
femé d'enchalTures d or.
1 5 Elle fera préfentée au
Roi en vêtemcns de bro-
derie : & les filles qui vien-
nent après elle, & qui font
fes compagnes, feront a-
meiiées vers toi*
16 Elles te feront pré-
fentées avec réjouïffance &
alégrefre5& elles entreront
au palais du Roi.
1 7 Tes enfans feront au
lieu de tes pères : tu les é-
tabliras pour Princes par
toute la terre.
1 8 Je rendrai ton Nom
mémorable dans tous les
âges : & à caufe de cela les
peuples te célébreront à
toujours, & à perpétuité.
^eus nofter refughim,
Pf. XLVI.
Dieu nous eft retraite
5c force, & fecours
dans les détrefles : fort aifé
à trouver.
2 Ceft pourquoi nous
ne craindrons point, quand
on remuëroit la terre; ôc
que les montagnçs fe rcn-
Les Psjeaumes. Matin, ^ss
verferoient dans la mer 5
3 Quand fes eaux vien-
droient à bruire, & à fe
troubler 5 & que les mon-
tagnes feroient ébranlées
par rélévation de fes va-
gues.
4 Les ruiffeaux de la
rivière réjouiront la ville
de Dieu, qui eft le faint
lieu des demeures du Sou-
verain.
5 Dieu eft au milieu
d'elle : elle ne fera point
ébranlée. Dieu lui donne-
ra fecours dès le point du
jour.
6 Les nations ont mené
bruit, les Roiaumes ont été
ébranlez : il a fait ouïr fa
voix, & la terre s'eft écou*
lée.
7 L'Eternel des armées
eft avec nous : le Dieu de
Jacob nous eft une haute
retraite.
8 Venez , contemplez
les foits de r£ternel:& vol-
ez quels dégâts il a fait
en la terre.
9 II a fait ceffcr les
guerres jufques au bout de
la terre : il rompt les arcs,
il brife les halcbardes, il
brûle les chariots par feu.
10 CelTcz, a-t-il dit, 6c
A a 2 cou-
35^ Soir: Ies ]Ps
connoiflez que je fuis Dieu :
je ferai exalté parmi les
nations; je ferai exalté par
toute la terre.
1 1 L'Eternel des armées
eft avec nous: le Dieu de
Jacob nous eft une haute
retraite.
Prière dû Soir.
Omnes genteSy flaudite,
Pf. XLVII*
PEuples bâtez tous des
mains^jettez des cris
de réjouïffance à Dieu a-
vcc une voix de triomphe.
2 Car FEternel qui eft
le Souverain eft terrible i &
il eft grand Roi fur toute
la terre.
3 II range les peuples
fous nous, & les nations
fous nos pieds.
4 II nous a choifi nôtre
héritage, qui eft la magni-
ficence de Jacob, lequelil
aime :
5 Dieu eft monté avec
un cri de réjouïfiance , TE-
ternel eft monté avec un
fon de trompette.
6 Pfalmodicz à Dieu,
pfalmodicz : pfalmodicz d
norrc Roi, pfalmodicz.
7 Car Dieu eft le Roi
È A u M È §; Le IX. jauf.
de toute la terre: tout
homme entendu, pfalmo-
diez.
8 Dieu règne fur les na-
tions : Dieu eft aflîs fur le
trône de fa Sainteté.
9 Les principaux des
peuples fe font aflemblez
vei^s le peuple du Dieu d'A-
braham : car les boucliers
de la terre font à Dieu : il
eft grandement exalté.
Magnus T^ominus,
Pf XLVIII.
L'Eternel eft grand, &
fort louable en la
ville de nôtre Dieu, en la
montagne de fa Sainteté.
2 Le plus beau de la
contrée, la joie de toute la
terre, c'eft la montagne de
Sion au fond de TAquilon :
c'eft la ville du grand Roi.
Dieu eft connu en fes pa-
lais pour une haute retraite.
3 Car voici, les Rois
s etoicnt donné aflîgnatibn,
ils avoicnt pafle outre tous
enfcmblc.
4 L'ont ils vue ? ils en
ont été auffi-tôt étonnez :
ils ont été tout troublez, ils
s'en font fuis a l'étourdie.
5 Là le tremblement
les a faifis, & une douleur
comme
L€ IX. jour. Les Ps
comme de celle qui en-
fante.
6 Ils ont été chafTez
comme par le vent d'Ori-
ent, qui brife les navires
de Tarfis.
7 Comme nous l'avions
entendu, ainfi l'avons-nous
vu dans Ja ville de TEter-
nel des armées, dans la
ville de nôtre Dieu, la-
quelle Dieu maintiendra
à toujours:
8 O Dieu, nous avons
entendu ta gratuité au mi-
lieu de ton Temple.
9 O Dieu, tel qu eft tpn
Nom, telle eft ta louange
jufquaux bouts de la terre:
ta droite eft pleine de juf-
tice.
10 La montagne de Si-
en fe réjouira ; & les filles
de Juda auront de la joie, à
caufe de tes jugemens.
1 1 Environnez Sien, &
r^ntourczi & comptez it^
tpiirs.
12 Prenez bien garde à
fon avant-mur, & confidc-
rez fes palais 5 afin que
vous le racontiez à la gé-
nération à venir,
1 3 Car c'eft le Dieu qui
eft nôtre Dieu à toû jours,
& à perpétuité: il nous
EAUMES- Soir. SS7
acompagnerq; jufques à la
mort.
Audite hacy omnes.
Pf. XLIX.
VOus tous peuplçs, en-
tendez ceci : vous
habitans du monde, prêtez
loreille.
2 Que ceux du bas état,'
«Se ceux qui font dune
condition élevée écoutent:
pareillement le riche & le
pauvre.
3 Ma bouche prononce-
ra des difcours pleins de
fageffe : & ce que mon
cœur a médité font des
chofes pleines de fens.
4 Je tendrai mon oreil-
le à un propos fententieux:
j'expoferai mes dits nota-
bles fur le violon.
5 Pourquoi craindrai- je
au mauvais temps, quand
l'iniquité de mes talons
m'environnera ?
6 II y en a qui fe fient
en leurs biens :; & qui fe
glorifient en Tabondance
de Iciirs richeiTes.
7 Pcrfonne n'en pourra
aucunement racheter fon
frère, ni donner à Dieu fa
rançon.
8 Car le rachat de leuç
A a 3 ^i^^Ç
^5 5 8 Matin- Les Pse
^me eft trop cher, & il
ne fe fera jamais.
9 Pour faire c]uil vive
encore à jamais > 6c qu'il
ne voie point la fofle.
10 Car on voit que les
fages meurent, & pareille-
ment que le fol & Tabru-
ti péridcntj & qu'ils laif-
fent leurs biens à d'autres.
11 Leur intention eft
que leurs maifons durent à
toujours, & que leurs ha-
bitations demeurent d'âge
en âge : même ils ont a-
pellé les terres de leur
îiom.
12 Et toutefois rhom-
me ne fc maintient point
dans (es, honneurs: mais il
çft rendu femblable aux bê-
tes brutes qui périffçnt en-
tièrement.
13 Ce chemin qu'ils
tiennent leur tourne à fo-
lie ; & néanmoins leurs fuc-
çcdeurs prennent plaifir à
leurs en feigne mens.
14 Ils ieront mis au fé-
pulcrc, comme des brebis :
la mort fe repaîtra d'eux:
& les hommes droits au-
rons domination fur eux,
au matin: & leur force fe-
ra le fcpulcre pour les y
faire ccnfumer $ chacun
d'eux étant tranfporté. hors
de fon domicile.
1 5 Mais Dieu rachettera
mon ame de la puiffance
du fépulcre, quand il me
prendra à foi.
1 6 Ne crain point, quand
tu verras quelqu'un enri-
chi i & quand la gloire
de fa maifon fera multi-
pliée.
17 Car lorsqu'il mour-
ra, il n'emportera rien : fa
gloire ne defcendra point
après lui.
18 Quoi qu'il ait béni
fon ame en fa vie, & quoi
qu'on te loue, parce que tu
te feras fait du bien 5
19 Venant jufques à la
race des pères de chacur|
d'eux, ce fera comme s'ils
n'avoient jamais vu la lur
mière.
20 L'homme qui eft en
honneur, & n'a point d'in-
telligence, eft femblable
aux bêtes brutes qui périfr
fent entièrement.
Prière du Matin.
^etis "Deorum. Pf l.
LE Dieu Fort, le Dieu,
l'Eternel a parlé, ôc
ii a apellé toute la terre,
de-
'Le^^ p0 L E s P s E A u M E s;^ Matm, 3 ip.
depuis. le foleU leyaut, juf-
ques au îbleîr couchant.
2. Dieu a. fait luire fa
fplcndeur de Sion, qui
eft Ï'^çpwpliffemç4t d^q la
beauté. ^ , ....H 4,
3 Nôtre Dieu viendra,
&c ne fe tiendra point coi :
il y aura, devant lui un feu
dévorant' 5 ôc tout autour
de Ivii une grofle tempête.
4 11 apellçra les cieux
d'enhaut, & la terre, pour
juger- fon peuple : en di-
fantj
5 AfTemblez - moi mes
bien-aimcz qui ont traité
aliance avec moi fur le
facrifîce.
6 Les cieux aulîî anon-
ceront fa juftice : parce que
Dieu eft le Juge. , j g
7 Ç coure, 6 mon peu-
ple, & je parlerai : enten,
Ifraël, & je te fommcrai ;
Je fuis Dieu, ton Dieu,
moi.
8 Je ne te reprendrai
point pour tes facrifices, ni
pour tes holocauftes, qui
ont été continuellement
devant moi.
9 Je ne prendrai point
de veau de ta mai fon, ni
de boucs de tes parcs.
10 Car toute bcte de
forêt eft à moi, & les,bê.-,
tes auiîi qui paiffent eji.^
mille montagnes. V"'"""
11 Je connois tous les
pifeaux des montagnes,; &.
toute forte de bêtes . des"
'champs eft à mon cpnv
mandement.
1 2 Si j'avois faim. Je nç
t'en dirois rien 5 ^çar^'la'^
terre habitable eft a^rnoi,^
ôc tout ce qui eft en elle.
13 Mangcrois-je la chair
des gros taureaux? $c boi*
rois-je le fang des boucs?
14 Sacrifie louange â
Dieu, ôc ren tçs yoeu^^ au^
Souverain. \\^C^^^^''^:[
15 Et invoquc-niol' au
jour de ta détrelle j je t'en
tirerai hors 5 ôc tu mç glg?
rifiçras. / ;1^ ,..:L^. ^;
16 Mais Dieu a dit aij
méchant s Qu'as- tu que
faire de reciter mes fta-
tuts 5 ôc de prendre mon
aliance en ta bouche. .
1 7 Vu que tu hais la
correction s ôc que tu as
jette mes paroles derriérç
toi ?
18 Si tu vois un larron,
tu cours avec lui i & ta
portion, eft avec les adul-r
tércs.
19 Tu lâches ta boijiçhç
Aa4 ■-■^'-'''*>l^
t-IÇ
{èo Matin. Les V$
au mal, & par ta langue tu
trames la fraude ;
30 Tu faiTieds, & parles
contre ton frère, & tu mets
du blâme fuj: le fils de ta
mère.
21 Tu as fait ces cho-
fes-là, & je m'en fuis tu :
& tu as eftimé que vérita-
blement je fufle cpmme
toi : mais je t'en repren-
drai, & je déduirai le tout
par ordre en ta préfencc.
2 2 Entendez cela main-
tenant, vous qui publiez
Dieu i de peur que je ne
vous ravifffe, & qu'il n y
ait perfonne qui vous dé-
livre. ' .^^ f ^
23 Celui qui facrifîc la
Joiiangè me glorifiera : &
à celui qui adreffe fon che-
min, je montrerai la déli-
vrance de Dieu.
Mîferere mei^T>eus~VL\.\.
ODieu, aie pitié de moi
félon ta gratuité 5 fé-
lon la grandeur de tes
conipalïïons éface mes for-
faits.
2 Lave-moi tant & plus
de mon iniquité ; & ' me
nettoie de mon péché.
3 Car je connois mes
tranfgrefiîonsj & mon pe-j
E A u M E «r laè lie. jour.,
ché eft continuellement de-
vant moi.
4 J'ai péché contre toî,
contre toi proprement j &
j'ai fait ce qui eft déplai-
fant devant tes yeux ; afin
que tu fois connu jufte
quand tu parles, & trouvé
pur, quand tu juges.
5 Voilà, j'ai été formé
dans Tiniquité i & ma mère
m'a échauffé dans le pé-
ché.
6 Voilà, tu aimes la vé-
rité au dedans: & tu m'as
enfeigné la fageffe dans le
fecret de mon cœur.
7 Purge-moi du péché
avec de Thyfope, & je fe-
rai net : lave-moi, & je fe-
rai plus blanc que la neige.
8 Fai-moi entendre la
joie & Talégreffe : & fai
que les os que tu as brifez
fe réjouiïïent.
9 Détourne ta fkce de
mes péchez ; ôc éface tou-
tes mes iniquitez.
I o O Dieu crée-moi un
cœur net; & renouvelle au
dedans de moi un efprit
bien remis.
II Ne me rejette point
de devant ta face ; & ne
m ote point J'Efprit de ta
Sainteté.
12
Le yi.jouf. I-ES 1?^
12 Ren-moi la joie de
ton falut; & que rEfprk
franc me foutienne.
• 1 3 J'enfeignerai tes voies
aux tranfgreffeurs ; & les
pécheurs fe convertiront à
toi.
14 O Dieu, Dieu de
mon falut, délivre-moi de
tant de fangj &ma langue
chantera hautement ta juf-
tice.
1 5 Seigneur, ouvre mes
lèvres, & ma bouche anon-
cera ta louange.
1 6 Car tu ne prens point
plaifir aux facrifices, autre-
ment j'en donnerois : Tho-
locaufte ne t'eft point a^
gréable.
1 7 Les facrifices de Dieu
font Tefprit froiffé : ô Dieu,
tu ne méprifes point le
cœur froiffé & brifé.
1 8 lai du bien félon ta
bien-veillance à Sion 5 & é-
difie les murs de Jérufa-
lem.
19 Alors tu prendras
plaifir aux facrifices de juf-
tice, à rholocaufte, & aux
facrifices qui fe confument
entièrement par le feu :
alors on ofrira des veaux
fur ton autel.
E^^Éi. Matin: stfi
^id glorîaris ? Pf. lu; '
Pourquoi te vantes-tu
du mal, vaillant hom-f
me ? La gratuité du Dieu
Fort dure tous les jours.
2 Ta langue trame des
méchancetez 5 elle eft com-
me un rafoir affilé, qui
trompe.
3 Tu aimes plus le mal
que le bien, & le men-
fonge plus que de dire des
chofes juftes.
4 Tu aimes tous les dif-
cours pernicieux, & de par-
ler en tromperie.
5 Auffi le Dieu Fort te
détruira pour jamais : il
t enlèvera, & t'arrachera de
ta tente; & il te déracinera
de la terre des vivans.
6 Et les juftes le verront,
& craindront 5 & ils fe riront
d un tel homme, difant;
7 Voilà cet homme qui
ne tenoit point Dieu pour
fa force : mais qui s'affûroit
fur fes grandes richcffes, ôc
mcttoit fa force en fa ma-
lice.
8 Mais moi, je ferai
dans la maifon de Dieu
comme un olivier verdoi-
ant. Je maffûre en la gra-
tuité
s 6^ .Sok*. Le s P se a tr m i^s.
tuïté de Dieu pour toujours,
& ^ perpétuïtQ^v ..A >> V' '
jp Je te célébrerai à j-a-
mais, de ce que tu aui'as
faitiCps çhofes : &: jq ma-
tcndj;.vd à ton HpJnt^-^ garce
qu'il eft bon envers tes
bi/în,^iïïie^. ■,,^-,y,-^r,:^:[^^
" ï^RiERE DU Soir.
*3j>ixit mJîpens:VC. LUI.
\.:6 Ils feront-^ c^jcçréme.
ment éfraiez la oùjiis/n-aj,
voient point eu^ de pei^r-^.
car Dieu a difperfé les oV
de celui ^qui ff; campe.coiVn
trc toi : tu ic;s.as rendu^^
confus, parce que ï)icu les'
a rendus contemptiblcs.
7 O qui donnera^ de. Sk
on les délivraiiresdlfraëll»
Quand Dieu, aura ramené,
ifon peuple captif^
L'Infenfe dit/ en fon|^, ^.J^^!^^ ^^ë^m^K ^P^^l
cœur^ Ilpy apQint
de Dieu. ' iuf, r »
2 Ils fe foiifi corrom-
pus, & ont rendu abomina-
ble leur perverfité : il n'y
a perfonne qui fafle bien.
3 Dieu a regardé des
Cieux fur les fils des hom-
mes, pour voir s'il y en a
quelqu'un qui foit entendu,
ôc qui cherche Dieu,
4 Ils fe font tous reti-
rez en arriére,. & fe font
enfcmble rendus puants : il
ny a perfonne qui faffe
bien, non pas même un
feul.
5 Les ouvriers d'iniquité
n'ont- ils point de connoif-
fance, mangeant mon peu-
ple, comme s'ils mange-
oient d'à pain ? Ils n'mvo-
quciit point Dicuo
le réjouira.
T)eusy in 7iomine. Pf. liv,
ODieu, délivre- riioi pae
ton Nom, ôc me fai^
droit par ta p^ui0ance.
2 O Dieu, écoute ma
requête, & prête loreille
aux paroles de ma bouche,
3 Car des étrangers fe
font élevez contre moi 5 àç
des gens terribles, qui n'ont
point Dieu devant leurs
yçux, cherchent ma vie.
4 Voilà, Dieu m'eft en
aide : le Seigneur eft de
ceux qui foûtiennent mon
ame.
5 II fera retourner le mal
fur ceux qui m'épient : dét
trui-les félon ta vérité. -
6 Je te ferai façrifîce de
bon cœiu' : Eternel, jccé-
lébjçe?
Le t.joUt. ''■ L E'$' 1? S'^ ^-
lébrerai i^h Nom 5 parce
quil cil bon. •
7 Gar-iPm'â délivré de
toute déttclfe: & mon oeil
a vu ce qu il vôuloit Vqir
en mes ennemis.
Exaudi, Tiéus. P(. ly.
ODieU;, prête roreille-
à ma requête, & ne
te cache point arriére de
ma fuplication.
2 Ecoute-moi, & m'ex-
auce: je me plains en me-
nant bruit, & je me tempê-
te.
3 A caufe du bruit que
fait Tennemi, & à caufe de
ropreflion du méchant j
car ils font tomber fur moi
tout outrage, & mç haïf-
fent furieufemcnt.
4 Mon cœur cil au de-
dans de moi, comme en tra-
vail d'cnfantj &dcs fraicurs
mortelles font tombées fur
moi.
5 La crainte & le trem-
blement ic ibnt jettcz fur
moi 5 & l'épouvaritemcnt
m'a couvert.
6 Et j'ai ditj O qui me
donneroit des ailes de pi-
geon ? je m'envolcrois, &
me pofcrois en c^uelque
endroit.
AU M E? s; T Soir: 3 <5 3
' 7 Voilà, je m'enfuirois 1
bien loin ; & je me tien-*
drois au défert.
8 Je me hâterois de mot
garantir de ce vent excité:>
par la teippcte.
9 Seigneur, englouti-les,.
divife leur langue : car j'ai,
vu la violence, & les que-
relles en la ville.
10 Elles l'environnent
jour & nuit iur fcs murail-
les : Toutrage & le tour-
ment font au milieu d'elle.
11 Les calamitez ibnj:
au milieu d'elle; & la trom-
perie & la fraude ne par^
tent point de fes places.
1 2 Car ce n eil pas mon
ennemi qui nf a difamé ^
autrement je reuile Ibufert :
1 3 Ce n'eil point celui
qui m'a en haine, qui s'eft
élevé contre moi j autre-?
ment je me fuilc caché de
lui.
14 Mais c'eil toi, ô
homme, qui étois eftimé
autant que moi, mon gou-
verneur, & mon familier :
1 5 Qui prenions plaifir
à communiquer nos fecrets
enfemble 3 & qui aillons de
compagnie en lamaifon de
Dieu.
16 Que la moit, com-
me
^64- Matin. Les P s e
me un exadcur, fe jette
fur eux : qu'ils defeendent
tous vifs en la foffe : car il
n y a que des maux parmi
eux dans leur affemblée.
17 Mais moi, je crierai
à Dieu 5 & TEternel me dé-
livrera.
ï 8 Le foir, & le matin,
& à midi, je parlerai & mè-
nerai bruit j & il entendra
ma voix.
19 II délivrera mon ame
en paix de la guerre qu on
me fait: car j'ai à faire con-
tre beaucoup de gens.
20 Le Dieu Fort l'en-
tendra, & les accablera:
car il préfide de toute
ancienneté : parce qu'il
n'y a point de change-
ment en eux, & qu'ils ne
craignent point Dieu.
21 Chacun d'eux a jette
fes mains fur ceux qui vi-
voient paifiblement avec
lui, ôc a violé fon acord.
22 Les paroles de fa
bouche font plus douces que
le beurre 5 mais la guerre
cft dans fon cœur : fes pa-
roles font plus douces que
J'huile 5 & néanmoins elles
font autant d'cntamûres.
23 Rejette ta charge fur
rEtcrneJ, ôc il te Soulagera:
5
A u M E St Le XI. Jpur.
il ne permettra jamais quç
le jufte tombe.
24 Mais toi, ô Dieu, tu
les précipiteras au puits dç
la perdition:
25 Les hommes fanguî^
naires & trompeurs ne par-
viendront point à la moitié
de leurs jours : mais moi
je m'aflurerai en toi.
Prière du Matin.
Miferere meiy T)eus,
Pf. LVI.
ODieu, aie pitié de
moi : car Thomme
mortel m'engloutit & m'o-
prime, me faifant tout le
jour la guerre.
2 Mes efpions m'ont en-
glouti tout le jour : car, ô
Très-haut, plufieurs me font
la guerre.
3 Le jour auquel je crain-
drai, je nVaffûrerai en toi.
4 Je louerai en Dieu ft
parole: je m'aflure en Dieu,
je ne craindrai rien> que
me fera la chair ?
5 Tout le jour ils tor-
dent mes propos, & toutes
leurs penfées font à mal
contre moi.
6 Ils s'aflcrublent : ils fç
tiennent cachez : ils Qbfer-
vçnt
Leyii.jouf. Les P
vent mes talons, atendant
comment ils furprendront
mon amc.
7 Leur moien d^échaper
c eft par outrage: ô Dieu,
précipite les peuples en ta
colère.
8 Tu as compté mes al-
lées & venues: mets mes
larmes dans tes vaiffeaux :
ne font elles pas écrites
dans ton régiftre?
9 Le jour auquel je crie-
rai à toi, mes ennemis re-
tourneront en arriére: je
fai que Dieu eft pour moi.
10 Je louerai en Dieu
fa parole: je louerai enTE-
ternel fa parole.
1 1 Je m'affùre en Dieu,
je ne craindrai rien: que
me fera Thomme ?
12 O Dieu, tes vœux
feront fur moi : je te ren-
drai des aûions de grâces.
13 Puis que tù as dé-
livré mon ame de la mort,
ne gardcrois-tu pas mes
pieds de broncher ; afin que
je marche devant Dieu en
la lumière des vivans >
Miferere meiy TDeus.
Pf LVII.
A
le pitié de moi, 6
Dieu 5 aie pitié de
SEAUMES. Matîff. 365
moi : car mon ame fe re-
tire vers toi ; & je me re-
tire fous l'ombre de tes aî-
les, jufqua ce que les cala-
mitez foient paffées.
2 Je crierai au Dieu fou-
verain, au Dieu Fort qui
acomplit fon oeuvre pour
moi.
3 II envoiera des cieu^t,
& me délivrera : il rendra
honteux celui qui me veut
dévorer.
4 Dieu envoiera fa gra-
tuité & fa vérité. Mon
ame eft parmi des lions.
5 Je demeure parmi des
boutefeux : parmi des hom-
mes dont les dents font
des halebardes & des flèches,
& dont la langue eft* une
épée aiguë.
6 O Dieu, élève -toi fur
les cieuxj & que ta gloire
foit fur toute la terre.
7 Ils avoient préparé le
rets à mes pas : mon amc
panchoit déjà. Ils avoient
creufé une foffc devant mois
mais ils font tombez au-
milieu d'elle.
8 Mon cœur eft difpofé,
ô Dieu: mon cœur eft dif-
pofé j je chanterai & pfal-
modierai.
9 Réveille- toi magloire,
ré-
3 66 Mâtin, Les P seau mes
réveille-toi mtifctte ôc vio-
lon ; je me réveillerai à
l'aube du jour.
lo Seigneur, je te célé-
brerai parmi les peupiesj
je te plalmodierai parmi les
^n^tibns.
- n Car ta gratuité eft
grande jufquaux cieux, 6c
ta vérité jufquaux nues.
12 O Dieu, élève-toi
fur l'es cieux 5 & que ta
gloire ibit fur toute la ter-
Si vere utique, Pf* l viii;
EN vérité, vous gens
de raffemblée, pro-
noncez-vous ce qui eft juf-
tc ? Vous fils des hommes,
jugez-vous avec droiture ?
2 Au contraire, vous
tramez des injufticcs dans
vôtre cœur : vous balan-
cez la violence de vos
mains en la terre.
3 Les médians fe font
écartez dès la matrice 5 ils
fc font égarez dés le ven-
tre de leur mère, proférant
le menfonge.
4 Ils ont un venin fem-
blable au venin du ferpent 5
& ils font comme Tafpic
fourd, qui bouche fon o-
reilie.
5 Qui n écoute point la
des enchanteurs, la
voix du charmeur fort ex-
pert en charmes.
6 O Dieu, brife-Ieuf
lés dents dans leiir bouche :
Eternel, romps les dents ma^
chéliéres des lionceaux.
7 Qif ils s'écoulent com-
me de Teau, &C qu ils fe
fondent : que chacun d'eux
bande fon arc 5 mais que
fes flèches foient comme fî
elles étoient rompues !
8 Qu'il s'en aille comme
un limaçon qui fe fond î
quils ne voient- point le
foleil non plus que l'avor-
ton d'une femme !
9 Avant que vos chau-
dières aient fenti le feu des
épines, Tardeur de la colère,
femblable à un tourbillon,
enlèvera chacun d'eux, com-
me de la chair crue.
10 Le jufte fe réjouira,
quand il aura vu la ven-
geance : il lavera fes pieds
au fans; du méchant.
1 1 Et chacun dira ; Quoi
qu'il en foit, il y a du fruit
pour le jufte : quoi qu'il en
foit, il y a un Dieu qui
juge en la terre.
r R I E R î
£e^^ jour: TLis î?SEAUMEk
.J?RX,ER.:ç.:PU Soir..
"^ri^e'^^Hiè '' Se ïnimicis.
Pf. LIX.
Mon Dieu, dclivre-
fhoi "de mes enne-
hiis : garànti-moi de ceux
qui s'élèvent contre moi.
2 Délivre-mpi des ouvri-
ers -d'iiiiquif é 5. & me garde
^ijes hommes Fanguinaires.
; 3 Car yôiçi, ils mont
(dreffé des embûches; & des
gens robuftes-fe font aflem-
Wez contre moi, bien qu'il
ii'y ait point en moi de
^tranfgrelîîon ni de péché, ô
TEternel.
^ 4 Ils courent çà & là, &
fc mettent en ordre, bien
*quil n y ait point dlniquité
en moi : réveille- toi pour
venir au devant de moi, (Se
' regarde.
5 Toi donc, 6 Eternel,
' Dieu des armées, Dieu dlf-
raël, réveille- toi pour vi-
fîter toutes les nations : ne
fai point de grâce à pas
un de ceux qui outragent
perfidement.
6 Ils vont & viennent
fur le foir, & mènent du
bruit comme des chiens,
& font le tour de la ville.
7 Voilà, ils clabaudcnt
Soir. i6j
de leur bouche; il y a des
épées en leurs lèvres : car
difent-ils, qtii eft-Ce qui
nous entend ?
8 Mais toi, Eternel, tli
te riras d'eux, tu te mbque^
ras de toutes les nations.
9 A caufe -de fa forcé,
je regarde à toi : car ^ Dieu
eft ma haute retraite.
10 Dieu qui mefavorife
me préviendra: Dieu ^ me
fera voir ce que je déiîre,
en ceux qui m'épient." '
1 1 Ne les tuè pas, de
peur que mon peuple ne
l'oublie : fai-les trotter par
ta puiiTance, & les aba.
Seigneur, qui es nôtre bou-
clier.
12 Le péché de leur bou-
che eft la parole de leuts
lèvres: qu'ils foient donc
pris par leur orgueil i car
ils ne tiennent que des dif-
cours d'exécration, & de
mcnfonge.
1 3 Confume - le» avec
fureur : confiime-les de for-
te qu'ils ne foiçnt plus : &
qu'on fâche que Dieu do-
mine en Jacob, & jufqu'aux
bouts de Ja terre.
14 Qu'ils aillent donc
& viennent fur le foir, &
qu'ils mènent du bruit com-
me
les Soirl Les Pse
me des chiens, & faffent le
tour de la ville.
15 Qu'ils trottent pour
trouver a mangerj & qu'ils
paflent la nuit fans être
raffafiez.
16 Mais moi, je chante-
rai ta force: & je louerai
dès le matin à haute voix
ta gratuité 5 parce que tu
m'as été une haute retraite,
&: mon refuge au jour que
j'étois en détrefTc.
17 Ma force, je te pfal-
modierai : car Dieu eft ma
haute retraite, & le Dieu
qui me favorifc,
^euSy repulifti nos. Pf. lx.
ODieu, tu nous as re-
jettez, tu nous as
diflîpez, tu t'es courroucé :
retourne-toi vers nous.
2 Tu as ébranlé la terre,
& l'as fendue : guéri fes
brèches j car elle cft afaif-
fée.
3 Tu as fait voir à ton
peuple des chofes dures : tu
nous as abrûvez de vin d e-
tourdiffement.
4 Mais depuis tu as don-
né une bannière à ceux
qui te craignent 5 afin de
rélever en haut, pour l'a-
mour de ta vérité :
AUMEsr Lèxi.joml
5 Afin que ceux que tu
aimes foient délivrez. Sau-
ve-moi par ta droite, & ex*
auce-moi.
6 Dieu a parlé dans fon
Sanduaire : je me réjoui-
rai i je partagerai Sichem;
& je mefurerai là vallée de
Succoth.
7 Galaad fera à inoi:
Manafté auflî fera à moîj &
Ephraïm fera la force de
mon chefi Juda fera mon
légiflateur.
8 Moab fera le baffîn
où je me laverai: je jette-
rai monfoulier fur Edom^
ô Paleftine, triomphe de
moi.
9 Qui fera-cè qui me
conduira en la ville munie \
Qui fcra-ce qui me condui-
ra jufques en Edom?
10 Ne fera-ce pas toi, ô
Dieu, qui nous avois re-
jettez, & qui ne fortois
plus, ô Dieu, avec nos ar^
mécs ?
1 1 Donne- nous du fe-
cours pour fortir de détref-
fe : car la délivrance qu'on
atcnd de Thomilie eft va-
nité.
1 2 Nous ferons des ac-
tions de valeur en Dieu,
6c il foulera nos ennemis.
Leyin-jour* Ies Pseaumes. Matin. ^69
Prière du Matin.
Exaudi T>eus. Pf. lxi.
ODieu écoute mon cri,
fois atentif à ma re-
quête.
2 Je crierai à toi du
bout de la terre, lors que
mon cœur fe pâme :
3 Condui-moi fur cette
roche, qui eft trop haute
pour moi. Car tu m'as
été pour retraite, & pour
une forte tour au devant
de Tennemi.
4 Je féjourncrai dans ton
Tabernacle durant un long
temps: je me retirerai fous
la cachette de tes ailes :
5 Car tu as, ô Dieu,
exaucé mes vœux, & tu
m*as donné l'héritage de
craignent
ton
ceux qui
Nom.
6 Tu ajouteras des jours
fur les jours du Roi : .& fes
années feront comme plu
fleurs âges.
7 11 demeurera à tou-
jours en la préfence de
Dieu : apprête la gratuité
& la vérité qui le gardent.
~8 Ainfi je pfalmodierai
ton Nom à perpétuité, en
rendant mes vœux chaque
jour.
Nonne '^Deo, Pf lxii.
QUoi qu'il en foit, mon
.1, ame fe repofe en
Dieu j c'cfl: de lui que vi-
ent ma délivrance.
2 Quoi qu'il en foit, il
eft mon rocher, & ma dé-
livrance, & ma haute re-
traite : je ne ferai pas en-
tièrement ébranlé.
3 Jufques à quand ma-
chinerez - vous des maux
contre un homme? Vous
ferez tous mis à mort, &
vous ferez comme le miu:
qui panche, & comme la
cloifon qui a pris coup.
4 Ils ne font que con-
fulter pour le faire déchoir
de fon élévation: ils pren-
nent piaifir au menfonge :
ils béniifent de leur bou-
che ; mais au dedans ils
maudiflcnt :
5 Mais toi mon amc,^
tien-toi coie, regardant à
Dieu: car mon atente eft
en lui.
6 Qiioi qnîl en foit, il
eft mon rocher, & ma dé-
livrance, & ma haute re-
traite : je ne ferai point é-
branlé.
7 En Dieu eft ma déli-
B b vrancc
l7a Maiîfil Les P s e a u m e?. Le xïi. jour.
2 Mon ame a foif de
toi, ma chair te fouhaitc
en cette terre déferte, alté-
rée, & lans eau.
3 Pour voir ta force &
ta gloire, ainfi que je t'ai
contemplé dans ton Sanc-*
tuairc.
4 Car ta gratuité "eft
meilleure que la vie : c'cft
pourquoi mes lèvres te lou-
eront.
5 Et ainfi je te bénirai
durant ma vie, ôc j'élèverai
Vrance & ma gloire : en
Dieu eft le rocher de ma
force, & ma retraite.
8 Peuples, contiez- vous
en lui en tout tcmpsy &
déchargez vôtre coeur de-
vant lui: Dieu eft notre
Ktraite.
9 Ceux du bas état ne
font que vanité : les no-
bles ne font que mentbnge:
fi on les mettoit tous en-
femble en une balance, ils
fe trouveroient plus légers
que la vanité même.
10 Ne mettez point vo-
tre confiance dans la trom-
,perie, ni dans la rapine :
ne devenez point vains; 6c
cj^uand les richeilcs abonde-
ront, n'y mettez-point vô-
tre cœur.
11 E>ieu a une fois par-
lé, & j'ai ouï cela deux
ïbis, favoir, que la force cft
à Dieu.
12 Et e'eft à toi. Sei-
gneur, quaparticnt la gra-
tuité : certainement tu ren-
dras à chacun félon fou
IDCuvrc.
^eusfDeus meus. Pf lxïii.
ODieu, tu es mon Dieu
Fort, je te cherche
au point du jour,
mes mains en ton Nom.
6 Mon ame eft raffafiée
comme de moelle & de
Q-railTe : & ma bouche te
loue avec un chant de ré-
jouïirance.
7 Qiiand je me fouviens
de toi dans mon lit; je
médite de toi durant les
veilles de la nuit.
8 Parce que tu m'as été
en aide 5 à caufe de cela j,e
me réjouirai en l'ombre de
tes ailes.
g Mon ame s'çft ata*
chéc à toi pour te fuivre :
& ta droite me maintient»
10 Mais ceux-ci qui de-
mandent Cj^ue mon anic
tombe en ruine, entreront
au plus bas de la terre.
1 1 On les fera écoule
ttByiW.jouf. Ces P se au me s.
un par un, à coups d'épéc :
ils feront la portion des
renards.
12 Mais le Roi fe ré-
jouira en Dieu, & quicon-
que jure par lui s'en glori-
fiera : car la bouche de
ceux qui profèrent le men-
fonge fera fermée.
Exaudi^ Deus. Pf lxiv.
ODieu, écoute ma voix
quand je m'écrie 5
garde ma vie de la fraicur
de rennemi.
2 Tien-moi caché au
fecret confeil des malins,
& à la mutinerie des ou-
vriers d'iniquité :
3 Qui ont aiguifé leur
langue comme une épée,
& ont tiré pour leur flèche
une parole amère.
4 Afin de tirer -contre
celui qui eft entier jufqucs
dans fes cachettes : ils tirent
promptement contre lui, &
Ils n ont point de crainte.
5 Ils s'affûrent fur de
mauvaifes afaircs, & tien-
nent des difcours pour ca-
cher des laqs : 6c ils difent 5
Qui les verra ?
6 Ils cherchent curièufe-
ment ds:s méchancctez : ils
ctQt rpjidç tout ce qui fc
Soir. 37 r
peut fonder ; même ce qui
peut être au dedans de
Phommc, & au cœur Iq
plus profond.
7 Mais Dieu a fubitc-
ment tiré fon trait con-
tr'eux;, 6c leurs blefllires s'ei^
font cnfuivics.
8 Et ils ont fait tom-
ber fur eux-mêmes leur
propre langue; ils trotte-
ront çà 6c là: chacun le$
verra,
9 Et tous les hommes
j craindront i 6c ils raconte-
ront Toeuvre de Dieu 5 6c
confidercront ce qu'il aura
fait.
10 Le jufte fe réjouira
en rEterncl, 6c fe retirera»
vers lui : 6c tous ceux qui
font droits de cœur s'ciy
glorifieront.
Prière du Soir.
Te d€C£t hymnus, Pf Lxr.
ODicu, la louange t'ar :
tend dans le iilenci^
eu Sion, 6c le vœu tç fc-t
ra rendu.
:^ Tu y cntens les re-
quêtes: toute créature viea-f
dra jufqu'a toi.
3 Les iniquitcz avoient
gagné fur moi 5 mai§ tu fc-
^h % tu
372- Soir^ Les Pseaume^;
tas rcj^piation de nos tranf-
grcflloiis.
4 O que bicn-heurenx
eft celui que tu auras choi-
it, & que tu auras fait ap-
procher 5 afin qu il habite
dans tes parvis l Nous fe-
rons radaficz des biens de
ta maifon, des biens du
faint lieu de ton palais.
5 O Dieu de nôtre dé-
livrance, tu nous répondras
par des chofcs terribles,
faites avec juilice, toi qui
es raiîurance de tous les
bouts de la terre, & des
plus éloignez de la mer.
6 II tient fermes les
montagnes par fa force,, &
il eft ceint de puiïïance.
7 II apaife le bruit de
lô mer, le bruit de fes on-
des, & rémotion des peu-
ples.
8 Et £eux qui habitent
aux bouts de la terre, ont
peur de tes prodiges : tu
rens gayes les iffuès du ma-
tin 6c du foir.
9 Tu vifites la terre, &
après que tu Tas rendue al-
térée, tu Tenrichis ample-
cnent :
10 Le ruiflcau de Dieu
eft plein d'eau : tu prépares
Le t'u.jûtifv
leurs blez, après que tti l'as
ainfi préparée.
1 1 Tu arofes fes filions,
& tu aplainis fes raïons :
tu l'amollis par la pluie
menue, & tu bénis fon ger-
me. , , ;
12 Tu couronnés Tan-^
née de tes biens, & tes or-
nières dégoûtent la graif-
(e. ' ' "■-*- A^^r^y-'^
1 3 Elles dégoûtent Tùif
les loges du déferti & les
coteaux font ceints ^ de
joie. .i ;
14 Les campagnes font
revêtues de troupeaux, êc
les vallées font couvertes
de froment: elles en tri-
omphent, & elles en chaa-
tent.
Juù/late T>eo\ Pf. Lxvi;:
1"^Oute la terre, jettez
à<z^ cris de réjouïf-
lance à Dieu. Pfalmodicz
la gloire de fon Nom : ren-
dez fa louange glorieufe.
2 Dites à Dieu i ô que
tu es terrible en tes faits !
tes ennemis te* mentiront
pour la grandeur de ta
force.
5 Toute la terre fe prof
ternera devant toi^ & te
plal.
jt<? xii. joîtri
pfalmodiera: elle pfalmo-
dicra ton Nom.
4. Venez, àc voicx les
faits de Dieu : il cfl tcr-
l-iblc en exploits ilir les fils
des hommes.
5 11 a tourné la mer en
ïinc terre fèche j on a paf-
fé le fleuve à pied fec 5 &
là nous-nous fommes ré-
jouis en lui.
6 II domine par fa puif-
fance éternellement : les
yeux prennent garde fur
Les nations: les revêciics
îde fe pourront point éle-
ver.
7 Peuples, bcniffez nô-
tre Dieu, & faites retentir
le fon de fa louange.
8 C'eft lui qui a remis
nôtre ame en vie, &- qui
n'a point permis que nos
pieds bronchaÛent.
9 Car, ô Dieu, tu nous
avois fondez ; tu nous a-
yois affinez, commp on af-
fine Targent.
10 Tu nous avois ame-
nez aux filets 5 tu avois mis
une étreinte en nos reins.
1 1 Tu avois fait mon-
ter les hommes fur nôtre
tçte, & nous étions entrez
dans le feu 6c dans l'eau :
Te s Ps eau me s. Soir. 3 7Ï
mais tu nous as fait fottir
en un lieu fertile.
12 j'entrerai dans ta
maifon avec des holocauf^
tes, & je te rendrai mes
vœux. Lefquels mes lè-
vres ont proférez, & que
ma bouche a prononcez,
lors que j'étois en dé-
treflc.
1 3 je to frirai des holo-
cauftes de bétes moelleufes,
avec la graille des moutons
laquelle on fait fumer : je
te facrifierai des taureaux
& des boucs.
14 Vous tous qui craigr
nez Dieu, venez, écoutez;
& je raconterai ce qu'il a
fait a mon ame.
15 Je l'ai invoqué de
ma bouche, & il a été exal-
té par ma langue.
16 Si j'euile penfé quel-
que outrage dans mon
cœur, le Seii^^neur ne nVeut
point écouté.
17 Mais certainement
Dieu m'a écouté 5 & il ?;
été atçntif à la voix de ma
fupli cation.
18 B ni foit Dieu qui
n'a point rejette ma fupli-
cation, ô£ qui n'a point é-
loi<j:né de moi fa gratuité;
Bb 3
T>0is
5 74 Matîn. Les P s b a ù M e' ^ Le Jiiii.jouf.
2 Tu les chafleras, com-
^eus mifereatnr,
Pf. LXVII.
Dieu aie pitié de nous,
& nous bcnillc, <5c
folie iuire fa face fur nous.
2 Afin que ta voie foit
connue en la terre, & ta
délivrance parmi toutes les
nations.
3 Les peuples te célé-
breront, 6 Dieui tous les
peuples te célébreront.
4 Les peuples ie réjoui-
ront, & chanteront de joie :
parce que tu jugeras les
peuples en équité; & que
tu conduiras les nations
fur la terre.
5 Les peuples te célé-
breront, ô Dieu 'y tous les
peuples te célébreront.
6 La terre produira fou
fruit y Dieu, nôtre Dieu,
pôus bénira.
7 Dieu nous bénira : &
tous les bouts de la terre
le craindront.
Prière du Matin.
Exurgat T>eus. Pf. ivxviii.
QUe Dieu fp lève, &
fes ennemis feront
diljpçffez 5 & ceux qui le
liaiffent s'çnfuiront dç de-
vant lui.
me la fumée cft chaflce par
le vent : comme la cire fe
fond devant Iç feu, ainiî
les méchans périront de-
vant Dieu.
3 Mais les juftcs fe ré-
jouiront 6c s'égaieront de-
vant Dieu, & treflailliront
de joie.
4 Chantez à Diçu, pfal-
niodiez fon Nom, exaltez
celui qui eft monté fur les
ciçux 5 fon Nom eu TEterr
nel 5 & égaiez-vous en fa
préfence.
5 II eft le Père des or-
phelins^ ôc le Juge des veu-
ves : Dieu eft dans la de-
meure de fa Sainteté.
6 Dieu fait habiter en
famille ceux qui étoient
fculs : il délivre ceux qui
étoient enchaînez i mais le3
revéches demeurent en une
terre défertc.
7 O Dieu, quand tu for-
tis devant ton peuple, quand
tu matchois par le défert:
8 La terre trembla 5 &
les cieux dégoûtèrent pour
la préfence de Dieu : ce
mont de Sinaï trembla pour
la préfence de Dieu, du
Dieu dlfrael.
9 O Dieu, tu as fait
tomber
%^ n^uhjour. Les
tomber une pluie abondan-
te fur ton héritage : ôc
quand il ctoit las, tu l'as
remis.
10 Ton troupeau s'y cfl
tenu. Tu aconimodcs de
tes biens, celui qui eil: a-
fli^é, 6 Dieu.
1 1 Le Seigneur a donne
dçquoi parler : les meila-
gers de bonnes nouvelles
ont été une grande armée.
1 2 Les Rois des armées
s en font fuis: ils s'en font
fuis; 6c celle qui fe tenoit
à la maifon, a partagé le
butin. -
13 Quand vous auriez
couché entre les chenets
arangez, vous ferez comme
les aîlcs d'un pigeon cou-
vert d'argent, «5c dont les
ailes font comme la cou-
leur jaune du fin or.
14 Qiiand le Tout-puif
fant difiipa les Rois en cet
héritage, il devint blanc,
comme la neige qui cil en
Tfalmon.
1 5 La montagne de Dieu
cft vin mont de Baian 5 une
montagne bofllie, un mont
de Baian.
16 Pourquoi fautelez-
vous contr'elle, montagnes
î^oiTuesî Dieu a défifé cet-
PsEAUMES. Afaéin» 3 7 S}
te montagne pour y habi-
ter^ 6c l'Eternel y demeure-
ra à jamais.
1 7 La chevalerie de Dieu
le compte par vingt millc^
par des milliers redoublez ;
le Seigneur cil au milieu,
d'eux : ç eft un Sinaï ciil
Sainteté.
1 8 Tu es monté en haut:
tu as mené captifs les pri-
fonniers: tu as pris des dons
pour les diftribuer entre les
hommes, 6c même entre
les rebelles; afin qu'ils ha-
bitent dans le lieu de TE-
terncl Dieu.
19 Béni foit le Seigneur,
qui tous les jours nous
comble de fes biens: le
Dieu Fort eft nôtre déli-
vrance.
20 Le Dieu Port nous
ell un Dieu Fort pour nous
délivrer: 6c les ifùiës de 1^
mort font a TEternel le Sei-
iineur, *
2 1 Certainement Dieu
tranfpercera le Chef de fes
ennemis, le Ibmmet de la
perruque de celui qui mar-
che dans fes vices.
22 Le Seigneur a dit:
]e ferai retourner les miens
de Bafauj je les ferai rç-
tourner du fond de lamçn
B b 4 23
%76 Soir^. Les Pseaumes.
2 3 Afin que ton pied, &
la langue de tes chiens s'en-
fonce dans le fang des en-
nemis, dans le fang de cha-
cun d'eux.
24 O Dieu, ils ont vu
tes démarches dans le lieu
faint, les démarches de mon
pieu Fort, mon Roi.
25 Les chantres aioient
devant, enfuite les joueurs
d mftrumens : & au milieu
les jeunes filles, jouant du
tabourin.
26 BénilTez Dieu dans
les ailemblécs : béniffez le
Seigneur, vous qui êtes de
la fource d'Ifraëi.
27 Là, Benjamin le petit
a dominé fur eux ^ les prin-
cipaux de Juda ont été leur
acablement de pierres : la,
ont dominé les principaux
de Zabulon, & les princi-
paux de Ncphthali.
28 Ton Dieu a ordonné
ta force. Donne force, 6
Dieui c'efl toi qui nous as
fait ceci.
29 Dans ton Temple, à
Jérufalem, les Rois t'amè-
neront des prefens.
30 Tance rudement \qs
bêtes fauvages des rofeaux,
lalfembléc d^s forts taure-
aiiX:, ^ les v^aux des peu-
Leynn, jùur
pies, & ceux qui fe mon-
trent parez de lames d'ar-
gent : il a dilîîpé les peu-
ples qui ne demandent quç
U guerre.
3 1 De grands Seigneurs
viendront d'Egypte : Cus fç
hâtera d'étendre fes mains
vers Dieu.
3 2 Roiaumes de la terre,
chantez à Dieuj pfalmo-
diez au Seigneur.
33 Pfalmodiez à celui
qui eft monté dans les cieux
des cieux qui font d'anci-
enneté i voilà, il fait re-
tentir de fa voix un fon
véhément.
34 Atribuez la force à
Dieu : fa magnificence eft
fur Ifrael, & fa force eft
dans \z% nuées.
3 5 O Dieu, tu es re-
douté, à caufe de tes Sanc-
tuaires. Le Dieu Fort d'if-
raiil eft celui qui donne for-
ce & puitlance à fon peu-
ple : Béni foit Dieu.
Prière du Soir,
Sal'Vnm mefac, Pf lxix,
DElivre-moi, ô Dieu,
car les eaux me font
entrées jufques dans l'ame.
2 je fuis enfoncé "dans
un
lue xiu.jôurl Les Pseaumes.
un bourbier profond, dans
lequel il n'y a point où
prendre pied : je fuis entré
au plus profond des eaux;
& le fil des eaux fe débor-
dant;, m'emporte.
3 Je fuis las de crier,
mon gofier en eft afleché :
mes yeux font défaillis pen-
dant que j'atens après mon
Dieu.
4 Ceux qui me haïffenr
fans caufe, paffcnt en nom-
bre les cheveux de ma tête :
ceux qui tâchent à me rui-
ner, & qui me font enne-
mis à tort, fc font renfor-
cez.
5 J'ai alors rendu ce que
je navois point ravi. O
Pieu, tu çonnois ma folie,
& mes fautes ne te font
point cachées.
6 O Seigneur Eternel
des armées, que ceux qui
s'atendent à toi, ne foicnt
point rendus honteux à
caufe de moi : & que ceux
qui te chei'chcnt ne foicnt
point confus, à caufe de
inoi, ô Dieu d'Ifraël.
7 Car pour Tamour de
tpi, j'ai foufcrt Toprobrcj &
la honte a couvert mon
yifage.
^ Je fiii^ devenu étran-
Soir. 177
ger à mes frères^ ôc un hom-
me de dehors aux enfans de
ma mère.
9 Car le zèle de ta mai-,
fon m'a rongé : & les blâ-^
mes de ceux qui te bla-
m oient, font tombez fut
moi.
10 Et j'ai pleuré en jeû-
nant à part moi : mais ce-
la m'a été tourné en blâme,
11 J'ai auflî pris un fac
pour vêtemens 5 mais je
leur ai été un fujet de rail-
lerie.
12 Ceux qui font ailis
à la porte difcourent de
moij & je fers de chan^?
fon à ceux qui yvrognent,
13 Mais pour moi, ma
requête s'adreile à toi, o
Eternel. Il y a un temps
de ton bon-plaifir, ô Dieu,
félon la grandeur de ta gra*
tuïté.
14 Répon-moi, fclon \\
vérité de ta délivrance.
1 5 Délivre-moi de la
bourbe 5 & fai que je n'y
enfonce point $ôc que je fois
délivré de ceux qui me hait-
fent, & des eaux profondes.
16 Que le fil ^cis eaux
fe débordant, ne m'emporte
point 5 & que le gouffre ne
nVçngloutiffe points «5c que
le
'57 8 Soir. L E 5 P s È A û M È i. Le xïir. jou^:
k puits ne ferme point fa
gueule fur moi.
1 7 Eternel, exauce-moi ;
car ta gratuité eft bonne :
tourne ta face vers moi,
Iclon ia grandeur de tes
conipa'ffions.
1 8 Et ne cache point ta
face arriére de ton fervi-
teur; car je fuis en détref-
fe: hâte-toi, exauce-moi.
19 Aproche-toi de mon
âme, rachettc-la ; délivre-
moi, à caufc de mes jcnnc-
mis.
2 G Tu connois toi-mê-
me mon oprobre, & ma
honte, ôc mon ignominie:
tous mes ennemis font de-
vant toi.
21 Loprobre m'a rom-
pu le cœur, & je fuis lan-
guiilant : j'ai atendu que
ciuelqifun eut compafïïon
de moi 3 mais il n'y en a
pomt eu : & j'ai atendu
cies confolateurs 5 mais je
(\c\\ ai point trouvé.
22 Ils îiTont au contraire
donne du fiel pour mon
repas ; & dans ma foif ils
m ont abreuvé de vinaigre.
23 Q^ie leur table leur
foit en iaqs devant eux :
êc que ce qui tend à prof-
pçrkc leur foit en piège.
24 Que leurs yeux foi-
ent tellement obfcurcis ,
qulls i^cn puiffcnt point
voir : & fai continuelle-
ment chanceler leurs reins.
25 Répan ton indigna-
tion fur eux j ôc que l'ar-
deur de ta colère les fai-
fiffe.
26 Que leur palais foit
défoléj & qu'il n'y ait per*
fonne qui habite dans leurs
tentes.
27 Car ils pt^rfécutent
celui que tu avois frapé ^
& font leurs contes de la
douleur de ceux que tu a-
vois bleilez.
2 8 Mets iniquité fur leur
iniquité : & qu'ils n'entrent
point en ta juftice.
29 Qu'ils foient éfacez
du Livre de vie 5 & quiU
ne foient point écrits avec
les juftes.
30 Mais pour moi, qui
fuis afligé, & dans la dou-
leur, ta délivrance, ô Dieu^
m'élevera en une haute rc:
traite.
3 1 Je louerai le Nom
de Dieu par des Cantiques,
& le magnifierai par une
louange folemnelle.
32 Et cela plaira plus à
rEtcmcl qu'un t?;ureau, plus
^Lç ^w.jouf. Les P s e a u m e j. Matin. 5 7 9
qu'un veau qui a dçs cornes.
& l'ongle divife.
33 Les débonnaires le
verront, §c ils s'en réjoui-
ront $ 6c vôtre cœur vivra :
lecœur, dis-je, de vous tous
qui cherchez Dieu.
34 Car TEternel exauce
les mifcrables, & ne mé-
pyife point fes prifonniers.
35 Qiie les cieux & la
terre le louent j que la
nier & tout ce qui le re-
mue en elle, le louent auflî.
36 Car Dieu délivrera
Sion, & bâtira les villes de
Juda : & on y habitera, &
on la poflèdcra.
37 Et la poilérité de fes
ferviteurs Théritera ; & ceux
qui aiment fon Nom de-
jp.icureront en elle.
T^eus^ in adjutorium.
Pf. LXX.
ODicu, hâte-toi de me
délivrer: ô Dieu,
hatc-toi de venir à mon
aide.
z Qi-ie ceux qui cher-
ciiçnt mon ame ibicnt hon-
teux & rougiffent : & que
ceux qui prennent plaifir a
mon mal foient repouffez
en arriére^ ôc foient confus.
3 Que^ ceux qui difcxu j
Aha, Aha, retournent en
arriére, pour la recompenfe
de la honte quils mont
faite.
4 QLie tous ceux qui te
cherchent s'égaient, èc fo
réjouïtlcnt en toi : 6c que
ceux qui aiment ta déli-
vrance, difent toujours 3
Magnifié foit Dieu.
5 Or je fuis afligé 6c
miferable ; 6 Dieu, hâte-
toi de venir vers moi.
6 Tu c$ mon aide ^
mon libérateur : ô Eternel,
ne tarde point.
PîiiERE DU Matin.
In te:, T)omine, fperavi.
Pf. LXXl.
E
Ternel, je me fuis re-
tiré vers toi, fai que
je ne fois jamais confus.
Délivre-moi par ta juftice,
6c me garanti : incline ton
oreille vers moi, 6c me mets
en fureté.
2 Sois-moi pour un ro^
cher de retraite ; afin que
je nfy puifle toujours re-
tirer: tu as donné mande-
ment de me mettre en fu-
reté : car tu es monroclier,
6c ma fortereffe.
1 3 Mon Dieu, délivre-
mai
3 8o Matin. liÊsr P s ê £xi'U\ s. Èetiv. jour, |
moi de la main du me- 1 ennemis de mon ame foient
chant, de la main du per-
vers, & de TopreÛeur.
4 Car tu es mon atente,
wScigneur Eternel, & ma
confiance des ma jeuneffe.
5 ]'ai été apuié fur toi
dès le ventre de ma mère :
c eft toi qui m'as tiré hors
des entrailles de ma mère :
tu es le lu jet continuel de
mes louanges.
6 j'ai été à plufieurs
comme un monftre : mais
tu es ma forte retraite.
7 Qiic ma bouche foit
remplie de ta louange, &
de ta magnificence chaque
jour.
8 Ne me rejette point
au temps de ma vlcilleile:
ne m'abandonne point
maintenant que ma force
eft défaillie.
9 Car mes ennemis ont
parlé de moi, & ceux qui
épient mon ame ont pris
confcil cnfemble , difant 5
Dieu l'a abandonné: pour-
Kiivez-lc, & le faififîez :
car il ny a perfonne qui
le délivre.
10 O Dieu, ne t'éloigne
point de moi : mon Dieu
hâte- toi de venir à mon aide.
11 Que ceux— •qui font
honteux 6c défaillent : &
que ceux qui cherchent
mon mal foient envèlopez
d'oprobre & de honte.
12 Mais moi, j'atendrai
toujours 5 & j'ajouterai à
toute ta louange r
13 Ma bouche racontera
chaque jour ta juftice ôc ta
délivrancci bien que je n'en
fâche point le nombre.
14 |e marcherai par la
force du Seigneur Eternel:
je raconterai ta feule juftice,,
1 5 O Dieu, tu m'as en-
feigné dès ma jeuneflc, &
j'ai anoncé jufqu'à préfeui
tes merveilles:
16 Je les ai anoncées
jufqu'à la vieillefic, même
jufqu'à la vieilleife toiic^*
blanche : p Dieu, ne m'a-
bandonne point, jufqu'à ce
que j'aie anoncé ton bras
à cette génération, & ta
puiilance à tous ceux qui
viendront après.
17 Car ta juftice, ô Dieu>
eft haut élevée, parce que
tu as fait de grandes choies :
O Dieu, qui eft Icmblabk
à toi !
1 8 Qiii m'aiant fait voir
plufieurs détrelTes & plu-
iiçurs înaux, m'as de nou-
Le xiv. jour. Le s P s
veau rendu là vie, & nVas
fait remonter hors des a-
bîmes de la terre!
19 Tu acroîtras ma
grandeur i' & tu niê coiifo-
leras encore. i^' - 1
- 2a Auiîî, mon Dieurfe
te célébrerai pour Tamour
de ta vérité avec rinftru-
ment de la niufette: ô
Saint dlfnel, je te pfalmo-
dierai avec le violon.
21 Mes lèvres, Ôc mon
ame que tu auras rache-
tée, chanteront de joic^
quand je te pfalmodierai.
2-2 Ma langue auflî dif-
courra chaque jour de ta
juftice i parce que ceux qui
cherchent mon mal feront
honteux, & rougiront.
^euSyjudicium, Pf lxxïi.
ODieu, donne tes ju-
gemcns au Roi, &
ta juftice au fils du Roi.
2 Qu'il juge juftement
ton peuple, & équitable-
ment ceux des tiens qui
feront afligez.
3 Qiie les monmgnes por-
tent la paix pour le peuple,
& que les coteaux la por-
tent en juftice.
4 Qn'û fafle droit aux
^igez d entre le peuple :
EAÛKES." Alatin. 381
qu'il délivre les enfans du
miferablc, ôc quil froiftc;
lopreftcur.
: 5 Ils te craindront tant
que le foleil & la lune du-
reront, dans tous les âges.
6 II defcendra comme la^
pluie fur le regain, & com-
me la menue pluie fur,
rherbe fauchée de la terre,
7 En fon temps le jufte.
fleurira, & il y aura abon-
dance de paix, jufquà ce
qu il n y ait plus de lune.
8 Même il dominera de-
puis une mer jufquà l'autre,
& depuis le fleuve jufqu aux
bouts de la terre.
9 Les habitans des dé-
ferts fe courberont devant
lui 5 & fes ennemis léche-
ront la poudre.
10 Les Rois deXarfîs &
des Ifles lui préfenteront
des dons : les Rois de Sceb^
& de Seba lui aportcront
des.prefens.
1 1 Tous les P^ois aufli
fe profterneront devant lui*
toutes les nations le fervi-
ront.
12 Car il délivrera ic
miferable criant à lui, &
l'afligé, & celui qui n a pcr-
fonne qui l'aide.
13 Ilauracoinpaflîondu
chccif
3S2 Soif]
chetif & du mifcrablc 5 &
ii fauvcra les âmes des mi-
fcrables.
14 11 garantira leur ame
de la fraude & de la vio-
lence: & leur fang fera pré-
cieux devant fes yeux.
15 II vivra donc, ôcon
lui donnera de for de Scba,
& on fera des prières pour
lui continuellement : ôc on
le bénira chaque jour.
1 6 Une poignée de fro-
ment étant feméc dans la
terre, au fommct des mon-
tagnes, fon fruit mènera
du bruit comme les ar-
bres du Liban 5 6c les
hommes fleuriront par les
Villes, comme llicrbc de la
terre.
1 7 Sa renommée durera
à toujours 5 fa renommée
ira de père en fils tant que
le foleil durera: 6c on fe
bénira en lui : toutes les
cations le publieiont bien-
heureux.
18 Béni ibit l'Eternel
Dieu, le Dieu dlfraëJ, qui
fcul fait des chofes mer-
veilleufes,
19 Béni foit aufïï éter-
nellement le Nom de fa
gloire: ôc que toute la terre
foit remplie de fa gloire
Amen,, ouï;, Amen.
Les PsEAûMES.^ Lexxv.jou/]
PitIÈRE DU SoiRv 1:1
^am bonus IfraeL
Pf. LXXIII. .^
QUoi qu'il en foit, Dieu
fc^cft bon à Ifraël, la-
voir, à ceux qui font netsr
de cœur. . r .. .; .. >
2 Or quant à moi, mes
pieds m ont prefque man-
qué, & il s'en eft peu fal-
lu que mes pas naient
guné.
3 Car j'ai porté envie
aux infenfez, en voiant la?
profpérité des méchans.
4 Parce qu il n'y a point
d'étreintes en leur mort :
mais leur force eft en fou
emier.
5 Us ne font point ax
travail avec les autres hom-
mes5 & ils ne font point
batus avec ks autres hpm-
mc5-
6 C'cft pourquoi lor-
gueil les environne, com-
me un carquant i & un vê-
tement de violence les cou-
vre,
7 Les yeux leur fortent
dehors à force de graille :
ils furpaflént les delTeins de
leur cœur.
8 Ils font pernicieux, &
I par-
ti^ ynv.jôuf.
parlent malicieufcment d'o-
primer : ils parlent comme
îiaut montez.
9 Ils mettent leur bou-
che aux cieux; & leur lan-
gue trotte par la terre.
10 C'efl: pourquoi fon
peuple en revient la, quand
on lui fait fuccer Teau à
plein verre.
11 Et ils difentj Com-
inent le Dieu Fort coxmoî-
troit-il, 6c y auroit-U de la
Qonnoiffance au Souverain }
12 Voila, ceux-ci font
tnéchans, & étant à leur
aife en ce monde, ils a-
«juicrcnt de plus-cn-plus des
richeflcs. Quoi quil en
foit, c'efl: en vain que j'ai
tiettoié mon cœur, & que
j'ai lavé mes mains dans
Tinnoccnce.
13 Car j'ai été batu tous
les jours; &mon châtiment
rcvenoit tous les matins.
14 Mais quand j'ai dit :
J'en parlerai ainfi, voilà,
j'ai été infidèle a la géne-
iration de tes cnfans.
15 Toutefois j'ai taché
à connoîtrc cela : mais il
m'a fcmblé fort fâcheux.
16 Jufques à ce que je
fois entré aux fanjftuaires^
4u Dieu Foit^ & que j'aie
Les Pseaumes^ Soir. 3^3,
confideré la fin de telles
gens.
17 Qiioi qu'il en foit,
tu les as mis en des lieux
gliflans i tu les fais tombée
dans des précipices.
I S Comment ont-ils ain-»
fi été déuruits en un mo-
ment ? font-ils défaillis ^
ont-ils été confumcz de-
pouvantemcns >
19 Us font comme un
fonge lors qu'on s'efl: ré-
veillé. Seigneur tu met-
tras en mépris leur refiem-
blance, quand tu te réveil-
leras.
20 Or quand mon cœuî;
s'aigriflbit, ôc que je me
tourmentois en mes reins ;
21 J'étois alors abruti,
& n^avois aucune connoit
fance: j'étois une groflq
bête à ton égard.
22 Je ferai donc toâr
jours avec toi: tu m'as pri^.
par la main droite,
2 3 Tu me conduiras pax^
ton coiiiciU & puis tu me
recevras dans la gloire.
24 Quel autre ai-je au
Ciel ? Or je n'ai pris plai-
fir fur la terre en rien qu
en toi fcuL
2i Ma chair & mon
CQPur dtoicnt défaillir : ni^is
Dieu
584 Soif. Les
Dieu eft le rocher de mon
cœur, ôc mon partage à
toujours.
26 Car voilà, ceux qui
s'éloignent de toi, périront:
tu retrancheras tous ceux
qui fe détournent de toi.
27 Mais pour moi, apro-
cher de Dieu eft mon bien :
j'ai aiîis ma retraite fur le
Seigneur Eternel i afin que
je raconte tous tes ouvra-
ges.
Ut quid, T>eus, Pf. lxxiv.
ODicu, pourquoi nous
as-tu rejettcz pour ja-
mais? & pourquoi fume
ta narine contre le trou-
peau de ta pâture ?
2 Souvien-toi de ton af-
femblée que tu as aquife
d'ancienneté.
3 Tu t es aproprié cette
montagne de Sion, fur la-
quelle tu as habité 5 afin
qu elle fut la portion de ton
héritaiz:e.
P S E A u M E s. Lé XIV. jour.
6 Là, chacun fe fàifoit
voir, ramenant en haut les
haches à travers le bois en-
trelaffé.
7 Et maintenant avec
des coignées & des mar-
teaux ils brifent enfenlble
fes entaillûres.
8 Ils ont mis en feu tes
fanéluairesi & ont profané
le Pavillon dédié à ton
Nom, Tabatant par terre.
9 Ils ont dit en leur
coeurs Sacageons-les tous
enfemble : ils ont brûlé
toutes les Synagogues du
Dieu Fort fur la terre.
10 Nous ne voions plus
nos enfeigneç ; il n'y a
plus de Prophètes 5 & il n'y
a aucun avec nous qui fâ-
che jufques à quand.
1 1 O Dieu, jufques a
quand Tadverfaire te cou-
vrira-t-il doprobrcs? L'en-
nemi méprifera-t-il ton
Nom à jamais?
12 Pourquoi retires -tu
4 Avance tes pas vers ta main, même ta droite?
les mafures de perpétuelle | confume-les en la tirant
durée: l'ennemi a tout gâté du milieu de ton fein.
au lieu Saint. 1 3 Or Dieu eft mon Roi
5 Tes adverfaires ont d'ancienneté, faifant des dé-
rugi au milieu de tes Syna- livrances au milieu de la
gogues : ils ont mis leurs terre.
enfeignes pour enfeignes. 14 Tu as fendu la mer
I i par
Le KV.jourl Les P s e a u m e s. Matin. 585
fen ta caufe 5 fouvien - toi
de loprobre qui t'efl fait
tous les jours par rinfenfé.
24 N'oublie point le eri
de tes adverfaires : le bruit
de ceux qui s'élèvent contre
toi monte continuellement.
par ta force 5 tu as caffé les
têtes des baleines fur les
eaux.
15 Tu as brifé les têtes
de Lévicithan? tu l'as donné
en viande au peuple des
hàbitans des dcferts.
1 6 Tu as ouvert la fon-
taine & le torrent 5 tu as
defféché les grofîes rivières.
17 A toi eft le jour, à
toi aulli eft la nuit : tu as
établi la lumière & le fo-
leil.
1 8 Tu as pofé toutes les
limites de la terre : tu as
formé l'Eté & l'Hiver.
1 9 Souvien - toi de ceci,
que l'ennemi a blafphemé
l'Eternel, & qu'un peuple
infenfé a outragé ton Nom.
20 N'abandonne point
à la troupe de telles gens l'a-
me de ta tourterelle : n'ou-
blie point à jamais la trou-
pe de tes afligez.
2 1 Regarde à ton alian-
ce : car les lieux téné-
breux de la terre font rem-
plis de cabanes de violence.
22 Ne permets pas que
celui qui eft foulé s'en re-
tourne tout confus: & fai
que l'afligé & le pauvre
louent ton Nom.
2 3 O Dieu, lève-toi? dé-
Priere du Matin.
Confit ebimur tibi. Pf. lxxvJ
o
Dieu, nous t'avons
célébré, nous t'avons
célébré :
2 Et ton Nom nous é-
toit prochain : on a racon*
té tes merveilles.
3 Qiiand j'aurai accepté
l'affignation, je jugerai droi-
tement.
4 Le pais s'écouloit avec
tous ceux qui y habitent :
mais j'ai afermi fes piUers.
5 J'ai dit aux fous 5 Ne
faites point des fous : &
aux méchans % N'élevca
point la Corne.
6 N'élevez point vôtre
Corne en haut 5 6c ne par-
lez point avec un cou en*
durci.
7 Car l'élévation ne vient
point d'Orient, ni d'Occi-
dent, ni du défert.
S C arc eft Dieu qui gou-
C c vernci
VS6 Matin, Ies Pseàùmes.
Verne i il abaiffc l'un, &
clèvG Tautrc.
9 Même il y a une coupe
en la main de rEtcrnel, &
le vin rougit dedans : il eft
picIn de mixtion, ôc Dieu
en ver le :
10 Certainement tous
les médians de la terre en
fuceront, & boiront les lies.
1 1 Mais moi, j'en ferai
le récit à toujours: jepial-
modierai au Dieu de Jacob.
12 Et je retrancherai
toutes les Cornes des mé-
dians : mais les Cornes du
jufte feront élevées.
/ Notus in yiidicâ.
Pf. LXXVI.
Dieu eft connu en Ju-
dée y fa renommée
eft grande en Ifraël.
z Et fon Tabernacle eft
dans Salem, & fon domi-
cile en Sion.
3 Là, il a rompu les arcs
étincelans, le bouclier, fé-
pée, 6c la bataille.
4 Tu es rcfplendiflant,
6c plus magnifique que les
montagnes de ravage.
5 Les plus courageux ont
été étourdis ^ ils ont été
dans un profond afToupif
fement 5 & aucun de ces
Le x^, jout
hommes vaillans n'a trou-
vé fcs mains.
6 O Dieu de Jacob, les
chariots & les chevaux ont
été aflbupis quand tu les
as tancez,
7 Tu es terrible, Toii
6c qui eft-ce qui pourra fub-
fifter devant toi, dès que ta
colère paroît>
8 Tu as fait entendre des
cieuxlc jugement: la terre
en a eu peur, 6c s'cft tenue
coi:
9 Qiiand tu te levas, a
Dieu, pour faire jugement,
pour délivrer tous les dé-
bonnaires de la terre.
10 Certainement la co-
lère de riiomme retournera
à ta loiiange : tu troufleras
le refte de ces colères.
1 1 Vouez, 6c rendez vos
vœux à TEternel votre Dieu,
vous tous qui êtes autour
de lui; 6c quon aporte des
dons au Redoutable.
12 II vendange Tefprit
des Condudeurs : il eft re-
doutable aux Rois de la
terre.
Voce me à ad T)ominum.
Pf LXXVII.
A voix s'adrelTe à
Dieu, 6c je crierai:
ma
M
he \v, jour.
ma voix s'adrefTe
& il m'écoutera.
2 J'ai cherché le Sei-
gneur au jour de ma dé-
treffe : nia plaie couloit du-
rant la nuit, & ne ceffoit
point : mon ame refufoit
d'être confolée.
3 Je me fouvenois de
Dicu;, 6c me tourmentois:
je menois bruit, & mon
efprit étoit tranfi :
4 Tu avois empêché mes
yeux de dormir 5 j'étois
tout troublé, & ne pouvois
parler.
5 Je penfois aux jours
d'autrefois, & aux années
des fiècles paffez.
6 II me fouvenoit de ma
mélodie de nuit : je mé-
ditois en mon cœur, &
mon efprit cherchoit dili-
gemment, en difantj
7 Le Seigneur m'a-t-il
rejette pour toujours ? &
ne continuëra-t-il plus à
m avoir pour agréable?
8 Sa gratuité eft- elle dé-
faillie pour jamais ) fa parole
a-t-elle pris fin pour tout
âge.
9 Le Dieu Fort a-t-il ou-
blié d avoir pitié ? a-t-il ref-
ferré par courroux fcs com-
paflions ?
Le s P s e a tr m e s
à Dieu,
Matin. 3S7
10 Puis j'ai dit; C'cftbien
ce qui nVaiFoiblit : mais la
droite du Souverain chane:c.
11 Je me fuis fouvenu
des exploits de TEternel :
je me fuis, dis- je, fouvenu
de tes merveilles d'autre-
fois.
12 Et j'ai médité toutes
tes œuvres^ & j'ai difcouru
de tes exploits, en difant;
13 O Dieu ta voie eft
dans ton Sanduaire. Ç^ui
eft Dieu Fort, & grand,
comme Dieu?
14 Tu es le Dieu Fort
qui fais des merveilles: tu
as fait connoître ta force
parmi les peuples.
1 5 Tu as délivré par ton
bras ton peuple, les enfans
de Jacob «5c de jofeph.
1 6 Les eaux t'ont vu, ô
Dieu 5 les eaux t'ont vu, &
ont tremblé ; même k$ a-
bîmes en ont été c'rïius. ' ^
17 Les nuées ont épan-
du des inondations d'eaux :
les nuées ont fait retentir
leur fon : tes traits aufti
ont volé çà & là.
18 Le fon de ton ton*
nerre étoit dans la rondeur
de Tair; les éclairs ont é-
clairé la terre habitable 5 la
Ce 2 terre
3SS Soir.' L ES Ps
terre en a été émue, & en
a tremblé.
19 Ta voie a été par la
nier, & tes fenticrs dans les
groiles eaux : & néanmoins
tes traces n'ont point été-
connues.
20 Tu as mené ton peu-
ple comme un troupeau,
fous la conduite de Moïfe
ÔL d'Aaron.
PR 1ERE DU S6IR.
Attenditéy popttle,
Pf. LXXVIII.
M On peuple écoute
ma Loi , inclinez
vos oreilles aux paroles de
ma bouche.
2 Jbuvrirai ma bouche
en fmiilitudes : je dégorge-
rai les chofes notables du
temps d'autrefois,
3 Lefquelles nous avons
ouïes & connues, & que
nos pères nous ont racon-
tées.
4 Nous ne les cèlerons
point à leurs enfans : & ils
raconteront à la génération
à venir les louanges de
rEternei, & & force, & izs
merveilles qu'il a faites.
5 Car il a établi le té-
moignage en Jacob, (5cii a
EAUME5. Le yiv.'jouf.
mis la Loi en Ifraël : &
il donna charge à nos pères
de les faire entendre à leurs
enfans.
6 Afin que la génération
à venir, les enfans, dis-je,
qui naîtroient, les connût:
7 Et qu'ils fe milTent en
devoir de les raconter à
leurs enfans :
8 Et afin qu ils miffent
leur confiance en Dieu : &
qu'ils noubliaffent point
les exploits du Dieu Fort:
& qu'ils gardalTent fes conv
mandcmens.
9 Et qu'ils ne fuffent
point, comme leurs pères,
une génération revêche 6c
rebelle, une génération qui
n'a point rangé Ton cœur,
& î'efprit de laquelle n'a
point été fidèle au Dieu
Fort.
10 Les enfans d'Ephraïm
armez entre les archers,
ont tourné le dos, le jour
de la bataille.
1 1 Ils n'ont point gardé
l'aliance de Dieu; & ont
refufé de marcher félon fa
Loi.
I 2 Et ils ont mis en ou-
bli Ces exploits & Çts mer-
vcilles> qu'il leur avoit fait
voir.
Le ^y.jourl L'es Pseaumes. Soir. 389
13 II a fait des miracles! il en eft forti des torrens
en la préfcnce de leurs pè-
res, au pais d'Egypte, au ter-
ritoire de Tfohan.
14 11 a fendu la mer,
& les a feit pafier au travers,
& il a fait arrêter les eaux,
comme un monceau.
15 Et il les a conduits
de jour par la nuée, & toute
la nuit par une lumière de
feu.
16 II a fendu les rochers
au défert, ôc leur a donné
abondamment à boire, com-
me sll eut puifé des abî-
mes.
17 lia fait, dis-je, fortir
des ruiffeaux de la roche, &
en a fait découler des eaux,
comme des rivières.
1 8 Toutefois ils conti-
nuèrent à pécher contre lui,
irritant le Souverain au dé-
fert.
19 Et ils tentèrent le
Dieu Fort dans leurs coeurs,
en demandant de la viande
qui fut à leur apétit.
20 Et parlèrent contre
Dieu, difant ,* Le Dieu Fort
nous pourroit-il drciïer une
table en ce défert ?
21 Voilà, dirent- ils, il
a frappé le rocher, & les
eaux en font décoiilécs, Ôc
abondamment 5 mais pour-
roit-il aullî donner du pain?
aprêteroit-il bien de la
chair à fon peuple?
22 C'eil: pourquoi TE-
tcrnel les aiant ouïs, fc
mit en grande colère 5 &
le ica s'embrala contre Ja-
cob 5 & fa colère monta
contre Ifracl.
2 s Parce qu'ils n'avoicnt
point cru en Dieu, & ne
s'étoient point afiurez de
fa délivrance.
24 Bien qu'il eut donné
commandement aux nuées
d'cnhaut, & qu'il eut ou-
vert les portes des cieux i
25 Et qu'il eut fait pleu^
voir la manne fur eux, afin
qu'ils en mangeaflentj ôc
qu'il leur eut donné le fro-
ment des cicux :
26 Tellement que cha-
cun mangcoit du pain des
puiiïans : il leur envoia donc
de la viande à fufifance.
27 II excita dans les cieux
le vent d'Orient; Ôc il amena
par fa force le vent de Midi.
28 Et il fit pleuvoir lur
eux de la chair, comme la
pouflîére, 6c des oifeaux
voians, eu une quantité
pareille au fable de la mer.
Ces dru
590 Soir 4. Les Ps
dru comme le fablon de
la mer.
2 9 Et il la fit tomber
au milieu de leur camp, &
autour de leurs pavillons.
30 Et ils en mangèrent,
& en furent pleinement ral-
fafiez : car il avoit acom-
pli leur fouhait. Mais ils
nen avoient pas encore
perdu Tenvie ;
3 I Et leur viande étoit
encore dans leur bouche,
quand la colère de Dieu
monta contr'eux , & quil
mit à mort les gras d'cn-
tr'eux, & abatit les gens
d'élite dliraëi.
3 2' Nonobitant cela, ils
péchèrent encore, & n'ajou-
tèrent point de foi à Çzs
merveilles.
3 3 C'eft pourquoi il çon-
fuma foudainement leurs
jours, & leurs années prom-
ptement.
34 Quand il les mcttoit
à mort, alors ils le recher-
choient, & fe retournoient:
^ iis cherclioient le Dieu
Fort des le matin :
3 5 Et ils fe fouvenoient
que Dieu étoit leur rocher 5
& que le Dieu Fort & Sou-
vci^ain étoit celui qui les
délivi'oit.
E A U M E s. Le XV. jôUf.
l6 Mais ils faifoicnt
beau femblant de leur bou-
chci & ils lui mentoient de
leur langue;
37 Car leur cœur ne-
toit point droit envers lui 5
& lis ne furent point fidèles
en fon aliance.
3 8 Toutefois, comme il
eft pitoiable, il pardonna
leur iniquité, tellement qu il
ne les détruifit point,
39 Mais il révoqua fou-
vent fa colère, & n émut
point toute fa fureur.
40 Et il fe fouvint qu'ils
n étoient que chair, 6c qu'un
vent qui pafle, & qui ne
revient pomt.
41 Combien de fois Font-
ils irrité au déferti & com-
bien de fois Font- ils en-
nuie dans ce lieu inhabita-
ble?
42 Car coup fur coup
ils tentoient le Dieu Fort,
6c bornoient le Saint dli-
raëi.
43 Ils ne fe font point
fouvenus de fa main, ni du
jour qu il les avoit délivrez
de la main de celui qui
les afligeoit.
44 Ils ne fe font point
fouvenus de celui qui avoit
fiiit fes fignes en Egypte,
''6c
JLfB XV. jour,
6c fes miracles au territoire
de Tfohan :
45 Et qui avoir tourné
en fang leurs rivières &
leurs ruifleauxi afin quils
n en puffent point boire.
46 Et qui avoit envoie
contre eux une mêlée de
bêtes, qui les mangèrent,
& des grenouilles, qui les
détruifirent.
47 Et qui avoit donné
leurs fruits aux vermif-
feaux, & leur travail aux
fauterelles.
48 Qui avoit détruit
leurs vignes par la grêle,
ôc leurs fycomores par les
orages.
Les Ps eau m es. Soir. ^9Î
les prémices de la vigueur
dans les tentes de Cam.
5 3 Qui avoit fait partir
fon peuple, comme des
brebis 5 & qui l'avoit me-
né par ledéfcrt comme un
troupeau.
54 Et qui les avoit con-
duits fûrement, & fans qu'-
ils enflent aucune fraieur
là, où la mer couvrit leurs
ennemis.
5 5 Et "qui les avoit in-
troduits en la contrée de fa
Sainteté, favoir, en cette
montagne que fa droite a
conquifc :
56 Et qui avoit chafle
de devant eux les nations
qu il leur a fait tomber en
lot d1iérita2;c; & avoit fait
49 Et qui avoit livré
leur bétail à la grêle, &:
leurs troupeaux aux fou- habiter les Tribus d'Ifraël
dans les tentes de ces na-
tions.
57 Mais ils ont tenté
& irrité le Dieu Souverain,
ôc n'ont point gardé £zs té-
dres etincelantes.
50 Qiii avoit envoie fur
eux Tardeur de fa colère,
grande colère, indignation
6c détreife, qui font un en-
voi de meilagers de maux.
5 1 Qui avoit drcffé le
chemin à fa colère, 6c n a-
voit point retiré leur ame
de la mort : 6c qui avoit
livré leur bétail à la mor-
talité.
moignages.
58 Et ils fe font retirez
en arriére, 6c le font por-
tez infidèlement, ainfi que
leurs pères: 6c ils fe font
renverfcz, comme un arc
qui trompe.
59 Et ils l'ont provoqué
52 Et qui avoit frapé
tout premier né en Egypte, là Ki colère par icm*s hauts
l C c 4 lieux.
3 92. Matin. Les
lieux j & Tont ému à laja-
loufie par leurs images tail-
lées.
60 Dieu Ta ouï, & seft
nn.s en grande colçre, 6c
a pris fort à dédain Ifraei.
61 Et il a abandonné le
pavillon de Silo, le Taber-
nacle où il habitoit entre
les hommes.
<5 2 Et il a livré en cap-
tivité la force & fon orne-
ment, entre les mains de
l'ennemi.
63 Et il a livré fon peu-
ple à répée, & s'eft mis
en grande colère contre
fon héritage.
64 Le feu a confumé
leurs gens d'élite : 6c leurs
vierges n'ont point été
louées.
6 5 Leurs Sacrificateurs
font tombez par 1 epée ? 6c
leurs veuves n'en ont point
fait le deuil.
66 Puis le Seigneur s'eft
réveillé comme un homme
qui fe fcroit endormi, 6c
comme un puiflant hom-
me qui s'écrie aiant encore
ic vin dans la tête.
67 Et il a frapé fes ad-
vcrfaires par derrière, & les
a mis en oprqbrc perpé-
tuel.
P s E A U M E s. Là XVI. J0Ut%
68 Mais il a dédaigné
le Tabernacle de Jofeph,
Se n'a point choifi la Tribu
d'Ephraïm.
69 Mais il a choifi la
Tribu dejuda, la montag-
ne de Sion, laquelle il ai-
me :
70 Et il a bâti fon Sanc-
tuaire comme des bâtimens
haut élevez, 6c la établi
comme la terre qu'il a fon-
dée pour toujours.
71 Et il a choifi David
fon ferviteur, 6c la 'pris
des parcs àzs brebis j
72 11 Ta pris, dis-)e, da-
près les brebis qui alaitent,
6c Ta amené pour paître
Jacob fon peuple, 6c Ifraël
Ion héritage.
7^ Aulll les a-t-il repus
félon l'intégrité de fon
cœur, 6c les a conduits
par la fage direction de fes
mains.
Prière du Matin,
'Deus.njencrunt. PfLXxix.
Dieu, les nations font
entrées dans* ton hé-
5 on a profané le
Temple de ta Sainteté j 6c
on a mis Jérufalem en
monceaux de pierres.
o
ntage
Le -^vi.joufr. Les P
2 On a donné les corps
morts de tes fervitcurs pour
viande aux clfeaux des
ckux, & la chair de tes
bi.en-aimez aux bêtes de la
terre ;
3 On a répandu leur
fang comme de Teau à Ten-
tqur de Jérufalem 5 & il n'y
avoit perfonne qui les en-
févelit.
4 Nous avons été en o-
probre à nos voifins, en
moquerie & en raillerie à
ceux qui habitent autour de
AOUS.
5 Jufques à quand, ô
Eternel ) Te courrouceras-
tu à jamais? Ta jaloiifie
s'embrafera-t-elle, comme
un feu?
6 Répan ta fureur fur
les nations qui ne te con-
noiffent point, & fur les
Roiaumes qui n invoquent
point ton Nom.
7 Car on a dévoré Ja-
cob, & on a dé foie fon
plrâfant logis.
8 Ne rapellp point de-
vant nous les iniquitez
commifes ci-devant : ôc que
tes compalîîons nous prévi-
ennent : car nous fomm:s
devenus fort chcrifs.
p O Dieu de nôtre dé*
s E A u :nî E s. mat m. 3 9 J
livrance, aide -nous pour
Tamour de la gloire de ton
Nom, 6c nous délivre : &
pardonne-nous nos péchez
pour famour de ton Nom.
1 o Pourquoi diroient les
nations? Où eft leur Dieu?
1 1 Qiie la vengeance du
fang de tes ferviteurs, qui
a été répandu, foit mani-
feftée parmi les nations en
nôtre préfence.
12 Que le gémiflement
des prifonniers vienne en
ta préfence: mais referve,
félon la grandeur de ta
puilTance, ceux qui font
déjà vouez à la mort.
13 Et ren$ à nos voi-
fins dans leur fcin, fept
fois au double ioprobrc
qu'ils t'ont fait, ô EtcrneU
14 Mais nous, ton peu-
ple, & le troupeau de ta
pâture, te célébrerons 4
toujours d'âgc-en-âge , ôc
raconterons ta louange.
§^i régis Ifrael Pf lxxîç,
TOj qui pais Ifraël,
prête l'oreille : toi
qui mènes Jofcph comme
un troupeau, toi, qui es af-
iis entre les Chérubins, fai
reluire ta fpkndeur.
2 Réveille ta puidancc
au
3 94 Matin] Les Pseaumes
au devant d'Ephraïm, de
Benjamin, & de Manaffc :
& viens à notre délivrance.
3 O Dieu, ramène-nous,
6c fai reluire ta face: &
nous ferons délivrez.
4 O Eternel, Dieu des
armées, jufques à quand fu-
meras-tu contre la requête
de ton peuple?
5 Tu les as nourris de
pain de larmes: & tu les as
abrûvez de pleurs à grande
mefure.
6 Tu nous as mis pour
débat entre nos voifins : &
nos ennemis fc moquant
de nous entre eux.
7 O Dieu des armées
ramène-nous, ôc fai reluire
ta facci & nous ferons dé-
livrez.
8 Tu avois tranfporté
une vigne hors d'Egypte :
tu avois chaffé les nations,
& ru Tavois plantée.
9 Tu avois préparé une
place devant elle 5 &tu lui
avois fait prendre racine j
& clic avoit rempli la
terre.
10 Les montagnes étoi-
cnt couvertes de fon ombrcj
6c fes rameaux étoient com-
me de hauts cèdres.
11 Elle avoir étendu, fes
Le xvi. jour^x
branches jufqu.^ la mer, 6c
fes jettons iufqu'au fleuve.
12 Pourquoi as-tu rom-
pu fes cloifonsi de forte
que tous les paflans en ont
cueilli les raifins ?
13 Les fangliers de la
forêt Ibnt détruite: 6c tou-
tes fortes de bêtes fauvages
lont broutée.
14 O Dieu des armées
retourne, je te prie : re-
garde des cieux, 6c voi, 6c
vifite cette vigne,
15 Et le plant que ta
droite avoit planté, 6c les
provins que tu avois fait
devenir forts pour toi.
16 Elle eft brûlée par
feu, elle eft retranchée :
ils périffent dès que tu te
montres pour les tancer.
1 7 Que ta main foit fur
rhomme de ta droite, fur
le fils de rhomme que tu
t'es fortifié.
18 Et nous ne nous re-
tirerons point arriére de
toi. Ren - nous la vie,
6c nous invoquerons ton
Nom.
1 9 O Eternel,' Dieu des
armées, ramène-nous, 6c
fai reluire ta face : 6c nouî
ferons délivrez.
Le yiyi' jouK Les Ps
Exîiltate T>eo. Pf. lxxxi.
C Hantez gaiement à
Dieu, qui eft nôtre
force 5 jettez des cris de
réjouïfTance en Thonneur
du Dieu de Jacob.
2 Entonnez le Canti-
quej prenez le tambour, &
le violon agréable, & la
mufette.
3 Sonnez la trompette
en la nouvelle lune, en la
folemnité, pour le jour de
nôtre fête.
4 Car c eft un ftatut à
Ifraël, une ordonnance du
Dieu de Jacob.
5 II établit cela pour
témoignage en Jofeph, lors
quil fortit contre le païs
d'Egypte, où j'ouïs un
langage que je n entendois
pas.
6 Jai retiré, dit-il, fes
épaules de deffous la char-
ge : & fes mains ont été
retirées arriére des pots.
7 Tu as crié étant en
détreffe, & je t'en ai reti-
ré 5 je t'ai répondu dans la
cachette du tonnerre :
8 Je t'ai éprouvé auprès
des eaux de Mériba :
9 Ecoute, mon peuple,
je te fommcrai : Ifraël, ô
fi tu m'écoutois !
EAUMES* Matin. 395
10 II n'y aura point au
milieu de toi de Dieu é-
trangerj & tu ne te prof-
terneras point devant les
dieux des étrangers.
11 Je fuis l'Eternel ton
Dieu, qui t'ai fait monter
hors du païs d'Egypte : ou-
vre grandement ta bouche,
& je l'emplirai.
1 2 Mais mon peuple n'a
point écouté ma voix : &
Ifraël ne m'a point eu à
erre*
1 3 C'efl: pourquoi je les
ai abandonnez à la dureté
de leur cœur ; & ils ont
marché félon leurs con^
feils.
14 O fi mon peuple
m'eut écouté î fi Ifraël eut
marché dans mes voies !
15 J'euffe en un inftant
abatu leurs ennemis, &
j'euile tourné ma main
contre leurs adverfairçs.
16 Ceux qui haïiTent
l'Eternel lui auroient mentir
& le temps démon peuple,
eut été à toujours.
17 Et Dieu Teut repu
de la moelle du froment \
& je t'euffe, dit-il, raffafié
du niicl de la roche.
Prierîj
S96 Soir, L E5 P s E A u M E 5. Le XVI. jour.
Prière du Soir.
^eus ftetit, Pf. lxxxii.
Dieu affifte dans Taf-
fcmbléc du Dieu Fortj
il juge au milieu des Ju-
ges.
2 Jufques à quand ju-
gerez-vous injuftement, &
aurcz-vous égard à Tapa-
rence de la perfonne des
naéchans \
3 Faites droit au chetif,
& à lorphclin ; faites juf-
ticÊ à Tafligé, & au pau-
vre :
4 Délivrez le chetif &
le IbufFreteux 5 retirez-le
de la main des méchans.
5 Ils ne connoifTent ni
n'entendent rien : ils mar-
chent dans les ténèbres:
tous les fondemens de la
terre font ébranlez.
6 J'ai dit. Vous êtes
des dieux, & vous êtes
tous enfans du Souverain :
7 Toutefois vous mour-
rez comme les hommes 5 &
vous qui êtes les princi-
paux tomberez, comme un
autre.
8 O Dieu, lève-toi, ju-
ge la terre: car tu auras en
îiéi'itasc toutes les nc^tions.
^euSy qtiis fimilis,
Pf. LXXXIII. I
ODieu ne te tien
point coi 5 ne te tai
point : & ne te tien point;
en repos, ô Dieu Fort.
2 Car voici, tes enpemxs
bruientj & ceux qui te
haïflent ont levé la tête.
3 Ils ont confulté fine-
ment en fecret contre ton
peuple; & ils ont tenucon-
feil contre ceux qui fe font
retirez vers toi, pour fe ca-
cher.
4 Ils ont dit 5 Venez, &
détmifons r les, en forte
qu'ils ne foient plus une
nation, & quon ne faife
plus riiention 4u nom d'if-
raçl,
5 Car ils ont confulté
enfemble d'un même cou-
rage, ils ont fait aliance
contre toi.
6 Les tentes des Idu»
méens, des Ifmaëlites, des
Moabites, & des Haga-
riens :
7 Les Guébalites, \z%
Hammonites, les 'Amaléci-
tes, & les Philiilins, avec
les habitans de Tyr.
8 i\flur aullî s'eft joint
avec eux : ils ont fcrvi de;
bras
X^^ 3tvii jûuf. Les 1?
bras aux cnfans de Lot :
9 Fai-leur comme tu fis
à Madian, comme à Siféra,
& comme à Jabin, auprès
du torrent de Kifon.
10 Qui furent: défaits à
Hen-dor> & fervirent de fu-
mier à la terre.
1 1 Fai que les princi-
paux d'entr'eux foient,com-
me Horeb, & comme
Zéebi ôc que tous leurs
Princes foient comme Zé-
bah & Tfalmunah :
1 2 Parce qu^ils ont dit 5
Conquerons-nous les lieux
plaifans de Dieu.
13 Mon Dieu, rcn-les
fcmblables à une boule, &
au chaume chafle par le
vent:
14 Comme le feu brû-
le une forêt, & comme la
flamme embrafe les mon-
tagnes.
1 5 Pourfui-les ainfi par
ta tempête; Ôc épouvante-
les par ton tourbillon.
ï6 Rempli leurs vifages
d'ignominie ; afin qu on
cherche ton Nom, ô Eter-
nel :
1 7 Qu'ils foient honteux
& épouvantez à jamais 5
qu'ils rougiflent, & qu'ils
périment:
s E A u M E 5. 4$V/V. 3 97
18 Afin qu'on connoifle
que toi feul, qui as nom
l'Eternel, es Souverain fur
toute la terre.
^am dile^a /Pf. lxxxiv.
ETernel des armées,
combien font aima-
bles tes Tabernacles !
2 Mon ame défire gran-
dement, & même elle dé-
faut après les parvis de l'E-
ternel: mon cœur & ma
chair treffaillent de joie
après le Dieu Fort & vi-
vant.
3 Le paflereau même a
bien trouvé j& mai Ton, ôc
l'hirondelle fon nid, où el-
le a mis fes petits : Tes au-
tels, ô Eternel des armées,
mon Roi, & mon Dieu !
4 O que bien-heureux
font ceux qui habitent en
ta maifon, & qui te louent
inceifamment !
5 O que bien-heureux
eft l'homme dont la force
eft en toi, & ceux au cœur
defquels font les chemins
batus!
6 PafTant par la vallée
de Baca, ils la réduifent en
fontaine : la pluie aulli
comble les marais.
7 Ils vont de bande en
bande
5 9^ Sotr. ttà P s E
bande pour fe préfenter de-
vant Dieu en Sion.
8 Eternel, Dieu des ar-
mées, écoute ma requête:
Dieu de Jacob, prête io-
reille :
9 O Dieu, nôtre bou-
clier, voi, & regarde la
face de ton Oint.
• 10 Car mieux vaut un
jour en tes parvis, que mil-
le ailleurs.
1 1 J'aimerois mieux me
tenir à la porte en la mai-
fon de mon Dieu, que de
demeurer dans les tentes
des méchans.
12 Car TEternel Dieu
nous eft un foleil & un
bouclier : l'Eternel donne
grâce & gloire, &c il n'épar-
gne aucun bien à ceux qui
marchent dans l'intégrité.
13 Eternel des armées,
ô que bien -heureux eft
l'homme qui lé confie en
toi!
Benedixijîiy domine,
Pf. LXXXV.
ETernel, tu t'es apaile
envers ta terre; tu as
ramené, & mis en repos
les prifonniers de Jacob.
2 Tu as pardonné l'ini-
quité de ton peuple, ôc tu
A ù M Ë s. Le XVI. jour,
as couvert tous leurs pe--^.
chez :
3 Tu as retiré toute ta-
colère : tu es revenu deTar-
deur de ton indignation, f
4 O Dieu de nôtre déli-
vrance, rétabli- nous : & fai'
ceilcr la colère que tu as
contre nous.
5 Seras-tu courroucé à
toujours contre nous? fe-
ras-tu durer ta colère d'âge-
en â2;e ?
6 Ne reviendras-tu pas
à nous rendre la vie ; afin
que ton peuple le réjouifle
en toi ?
8 Eternel, fai-nous voir
ta gratuité 5 & acorde-nous
ta délivrance.
8 J'écouterai ce que di-
ra le Dieu Fort, l'Eternel i
car il parlera de paix à fon
peuple & à fcs bkn-aimez :
mais que jamais ils ne re-
tournent à leur folie.
9 Certainement fa déli-
vrance eft proche de ceux
qui le craignent,- afin que
la gloire habite en nôtre
pais.
I o La gratuite & la vé-
rité fe font rencontrées 5 la
juftice & la paix fe font
entrcbaifées.
I I La vérité germera de
la
Le yivn.jourl Les P
la terre: & la juftice regar-
dera des deux.
12 UEternel aufli don-
nera le bien, tellement que
nôtre terre rendra fon fruit.
13 La juftice marchera
devant lui 5 & il la mettra
par tout où il paffera.
Prière du Matin.
Indinay domine.
Pf. LXXXVI.
ETernel, incline ton o-
reille , répon - moi :
car je fuis afligé & mifera-
ble.
2 Garde mon ame; car
je fuis un de tes bien-ai-
mez : ô toi mon Dieu, dé-
livre ton ferviteur, qui fe
confie en toi.
3 Seigneur, aie pitié de
moi i car je crie à toi tout
le jour.
4 Réjoui" famé de ton
ferviteur : car j'élève mon
ame vers toi. Seigneur.
5 Parce que toi, 6 E-
ternel, es bon 6c clément,
& de grande gratuité en-
vers tous ceux qui t'invo-
quent.
6 Eternel , prête l'oreil-
le à ma prière 5 & fois at-
tentif à la voix de mes fu-
plic^tions.
s E A û M E s. Matin. 3 99^
7 Je tlnvoque au jour
de ma détreffe j car tu m ex-
auces.
8 Seigneur, il n'y a au-
cun entre les dieux qui
foit femblable à toi, & il
n'y a point de telles œu-
vres que les tiennes. >
9 Seigneur, toutes les
nations que tu as faites vien-
dront, ôc fe proftcrneront
devant toi, & glorifieront
ton Nom:
10 Car tu es grand, &
tu fais des chofes mervcil-
leufes: tues Dieu, toi fcul.
1 1 Eternel , enfeignc-
moi tes voies, & je mar-
cherai en ta vérité: range
entièrement mon cœur à
craindre ton Nom.
1 2 Seigneur mon Dieu,,
je te célébrerai de tout mon
cœur, ôc je glorifierai ton
Nom à toujours.
13 Car ta gratuité eft
grande envers moi : & tu
as retiré mon amc d'un fé-
pulcre profond.
14 O Dieu, des gens or-
gueilleux fe font élevez
contre moi : & une bande
de gens terribles qui ne
t'ont point eu devant leurs
yeux, a cherché ma vie.
15 Mais toi. Seigneur^
I tu.
Mai.
Les Pseaumes;-
400 Mann,
tu es le Dieu Fort, pitoia-
blc, mifcricordieux, tardif
à colère, 6c abondant en
gratuité & en vérité.
16 Tourne-toi vers moi,
6c aie pitié de moi : donne
ta force à ton ferviteur, dé-
livre le fils de ta fervante.
1 7 Montre - moi quel-
que figne de ta faveur, &
que ceux qui me haïflent
le voient, & ibient honteux ;
parce que tu m'auras aidé,
ô Eternel, 6c m'auras con-
folé.
Rmdamenta ejus,
Pf. LXXXVII.
SA fondation eft dans les
fairites montagnes. UE-
ternel aime les portes de
Sion, plus que tous les Ta-
bernacles de Jacob.
2 Ce qui fe dit de toi,
Cité de Dieu, font (X<zs
chofes glorieufes:
3 Je ferai mention de
Rahab 6c de Babylone,entre
ceux qui me connoifient :
4 Voici la Palcftine, 6c
Tyr, 6c Cus: Celui-ci, di-
foit-on, eft né là :
5 Mais de Sion il fera
dit 5 Celui-ci 6c celui-là y
eft né : 6c le Souverain lui-
même rétablira.
1
Le tvit JûUfK
6 Quand rEternel en-
régiftrera les peuples, il dé-
nombrera auflî ceux-là, 6c
il dira 5 Celui-ci eft né là :
7 Et les 'chantres, de
même que les joueurs de
flûtes, 6c toutes mes four-
ces feront en toi. ',
E
Tûomine ^eus.
Pf. LXXXVIII.
Ternel, Dieu de ma
délivrance, je cric
jour 6c nuit devant toi.
Que ma prière vienne en
ta préfence : ten ton oreil-
le à mon cri.
2 Car mon amc a tout
fon faoul de maux, 6c ma
vie eft venue jufqu'au fé-
pulcre.
3 On m'a mis au rang
de ceux qui defcendent en
la fofle > Je fuis devenu
comme un homme qui n a
plus de vigueur.
4 Séqueftré parmi les
morts, comme les bleifez à
mort couchez au fépulcre,
defquels il ne te fouvient
plus, 6c qui font retranchez
par ta main.
5 Tu nVas mis en une
fofle des plus baffes, dans
des lieux ténébreux, dans
des lieux profonds.
6
%eK'^ihjouf. Les Pseaumes^
6 Ta fureur s'eft jettée
fur moi 5 & tu m'as aca-
blé de tous tes flots :
7 Tu as éloigné de moi
ceux de qui j etois connu s
tu m'as mis en une ex-
trême abomination devant
euXi
8 Je fuis reclus, telle-
ment que je ne puis for-
tir.
9 Mon œil languit d'a-
flidion: Eternel, je crie à
toi tout le jour 3 j'étens
mes mains vers toi.
10 Feras- tu un miracle
envers les morts? ou les
trépafTez fe relèveront- ils
pour te célébrer ?
11 Racontera -t- on ta
gratuité dans le fépulcre ?,
& ta fidélité dans le tom-
beau?
iz Connoîtra-t-on tes
merveilles dans les ténè-
bres j & ta juftice au pais
d oubli >
1 3 Mais moi, ô Eternel,
je crie à toi; 6c ma prière
te prévient dès le matin.
14 Eternel, pourquoi re-
jettes-tu mon ame? pour-
quoi caches-tu ta face de
moi?
1 5 Je fuis afligé 6c com-
me rendant lefprit dès ma
Soir* 401'
jeunefl^Ci j'ai foufert tes
éfrois, 6c je ne fais ou
j'en fuis.
16 Les ardeurs de ta co-
lère font pairécs fur mcfi,
6c tes étonnemens m'ont
retranché.
17 Ils mont tout le
jour environné comme des
eaux i ils m'ont entouré
tous enfemblc.
1 8 Tu as éloigné de moi
Tami, même fintimc ami:
6c ceux de qui je fuis
connu me font des ténè-
bres.
P R I E R E DU Soir.
Mifericordias ^omini.
Pf LXXXIX.
JE chanterai les gratuï-
tez de TEternel â tou-
jours : je manifefterai de
ma bouche ta fidélité d âge
en âge.
2 Car j'ai dit 3 Ta gra-
tuité continue à toujours,
comme les cieuxs tu as é-
tabli en eux ta fidélité,
quand tu as dit j
3 J'ai traité aliance a-
vec mon élu : J'ai fait fer-
ment à David mon fcrvi-
teur, en difant i
4 J'établirai ta race à
D d toa-
402 Sûîr. Les Ts'EKVUv.sl Lé yiVix.jou^i
toujours-, &)'afemiirai ton| 12 Tu as crééTAquilon
trône dage-en-âge.
5 Et les cieux célèbrent
tes merveilles, ô Eternel :
ta fidélité aufll eft célébrée
dans raffemblée des Saints.
6 Car qui eft-ce au dcf-
fus des nues qui foit égal
à l'Eternel? Qui eft fembla-
ble à rEtcrnel entre les fils
des forts?
7 Le Dieu Fort eft gran-
dement terrible dans le
Confeil fecret des Saints,
& plus redouté que tous
C3UX qui font àTentour de
lui.
8 O Eternel Dieu des
armées, qui eft femblable
à toi, puiflant Eternel ? auf-
fi ta fidélité eft à Tentour
de toi.
9 Tu as puiflancc fur
rélévation des flots de la
mer : quand fes vagues s'é-
lèvent, tu les fais rabaiiïer.
TO Tu as abatu Rahab,
comme un homme blefle
à morti tu as difîipé tes
ennemis par le bras de ta
force.
II A toi font les cieux,
à toi auffi eft la terre : Tu
as fondé la terre habita-
ble, & tout ce qui eft çn
elle.
& le Midi: Tabor & Hct-
mon fe réjouïftent en ton
Nom.
13 Tuas un bras puif-
fant, ta main eft forte, &
ta droite eft haut élevée.
14 La juftice & Téqui-
té font la bafe de ton
trône : la gratuité & la
vérité marchent devant tia
face. ' '• ' s^
15 O que bien-heuteuji
eft le peuple qui fait ce
que c*eft que du cri de ré-
jouïflance î Ils marcheront,
ô Eternel, à la clarté de
ta face.
16 Ils s'égayeront tout
le jour en ton Nom, & fe
glorifieront de ta juftice.
17 Parce que tu es la
gloire de leur forcer &
nôtre corne eft haut élevée
par ta faveur.
1 8 Car nôtre bouclier
eft TEternel, & nôtre Roi
eft le Saint d'ifraëï.
19 Tu as autrefois par-
lé en vifion touchant ton
bien-aimé, & tu as ditj
]'ai mis dans lé puiflant
de quoi aider ^ j'ai élevé
l'élu d entre le peuple.
20 J'ai trouvé David
mon ferviteur, je Tai
oint
'Lé kvn.jôut.
ôînt de ma fainte hui-
le :
; 21 Ma main fera ferme
avec lui ; & mon bras le
renforcera.
2 2 Ùennemi ne le ran-
çonnera points & Tinique
ne Tafligera point.
23 Mais je froifferaî de-
vant lui fes adverfaircs, &
déferai ceux qui le Iiaïf-
fent.
24 Ma fidélité & ma
gratuité feront avec lui : ôc
la corne fera élevée en
mon Nom.
25 Et je mettrai fa main
fur la mer, 6c fa droite fur
les fleuves.
26 II nf invoquera, di-
fant 5 Tu es mon Père,
mon Dieu Fort, & le Ro-
cher de ma délivrance.
27 AulTi je rétablirai
aîné, & fouverain fur les
Rois de la terre.
28 Je lui garderai ma
gratuité à toujours, & mon
aliance lui fera affurée.
29 Et je rendrai éter-
nelle fa poftérité, & ferai
que fon trône fera comme
les jours d^s cieux.
50 Mais fi fes enfans a-
bandonnent ma Loi, ôc ne
jLe5 I?seaumes
marchent point félon mes
ordonnances :
31 Slls violent mes fta-"
tuts, & quils ne gardent
point mes commandcmens:
Je vifiterai de verge leur
tranfgreffion, & de plaie
leur iniquité.
32 Mais je ne retirerai
point de lui ma gratuité,
& ne lui fauflerai point ma
foi.
33 Je ne violerai point
mon aliance i 6c je ne
changerai point ce qui eft
forti de mes lèvres. J'ai
une fois juré par ma Sain-
teté : fi je mens jamais à
David.
34 Que fa race fera à
toujours, & que fon trône
fera comme le foleil en ma
préfence :
35 Qu'il fera afermi à
toujours, comme la lune :
& il y en aura dans les
cieux un témoin certain.
36 Néanmoins tu Tas
rejette, & Tas dédaigné :
tu t'es mis en grande colè-
re contre ton oint.
37 Tu as rejette Tali-
ance faite avec ton fervi-
teur 5 tu as fouillé fa cou*
ronne, en la jcttant par
terre. D d z 38
\
^oj^ Matîn. Les Ps baumes. Le yiviii. jourl
3 8 Tu as rompu toutes
fes cloifons : tu as mis en
ruine fes fortcreiles.
3 9 Tous ceux qui paf-
foient par le chemin Tout
pillé : il a été mis en o-
probre à fes voifins.
40 Tu as haulTé la droi-
te de fes adverfaires, tu as
rcjouï tous fes ennemis.
41 Tu as auflî rebouché
la pointe de fon épée, &
ne Tas point redreffé en la
bataille.
42 Tu as fait ceffer fa
fplendeur : & tu as jette
par terre fon trône.
43 Tu as abrégé les
jours de fa jcunelle, & Tas
couvert de honte. ^ '
44 Jufques à quand, ô
Eternel? te cacheras-tu à
jamais? ta fureur s'embra-
fera-t-clle comme un feu?
45 Souvien-toi de com-
bien petite durée je fuis :
pourquoi aurois-tu créé en
vain tous les fils des hom-
mes ?
46 Qui eft riiomme qui
vivra, & ne verra point
la mort, & qui garantira
fon ame de la main du fé-
pulcre ?
47 Seigneur, où font
tes gratuïtcz de par ci-de-
vant, lefquelles [tu as ju-
rées à David fur ta fidé-
lité?
48 Seigneur, fouvicn-toî
de Toprobre de tes fervi-
teurs; & comment je por-
te dans mon fein Toprobre
qui nous a été fait par tous
les grands peuples,
49 Loprobre dont tes
ennemis ont difaméj ô
Eternel, dont ils ont di-
famé les traces de ton
oint. Béni foit à tou-
jours TEternel : Amen, ouï.
Amen. '^ ' '
Prière du Matin.
T>ommey refugium. Pf. xc.
Eigneur, tu nous as été
une retraite dage-en-
s
âge.
2 Avant que les mon-
tagnes fuffent nées, & que
tu eufles formé la terre, la
terre, dis-je, habitable,
même de fiècle-en-iîècle,
tu es le Dieu Fort.
3 Tu réduis rhomme
mortel jufques à le rrlenui-
fer, & tu dis 5 ' Fils des
hommes, retournez.
4 Car mille ans font de-
vant tes yeux comme le
jour d'hier qui eft pafle,
&
"Le XVIII. jour. Les P s
& eommç une veille en la
5 Tu les emportes, com-
me par une ravine d'eau :
ils font comme un fonge
au matin, comme une her-
be qui fe change,
6 Laquelle fleurit au
matin, & reverdit : le foir
on la coupe, & elle fe
fane.
7 Car nous fommes con-
fumez par ta colère i &
nous fommes troublez par
ta fureur.
8 Tu as mis devant toi
nos iniquitez, & devant la
clarté de ta face nos fau-
tes cachées.
9 Car tous nos jours
s'en vont par ta grande co-
lère ; & nous confumons
nos années, comme une
penfée.
iQ Les jours de nos an-
nées reviennent à foixan-
te-dix ans, & s'il y en a de
vigoureux, à quatre-vingt
ans : même le plus beau de
ces jours n'efl que fâcherie
& tourment : & il s'en va
bien-tôt, & nous-nous en-
volons.
1 1 Qui eft-ce qui con-
noît, félon ta crainte, la
force de ton indignation,
EAUMEs; Matin. ^0$
& de ta grande colère ?
12 Enfeigne-nous à tel-
lement compter nos jours,
que nous en puiflîons a-
voir un cœur de fapience.
1 3 Eternel , retourne-
toi : jufques à quand? &
change de courage envers
tes ferviteurs.
14 Railafie-nous chaque
matin de ta gratuité 5 afin
que nous-nous réjouïffions,
& que nous foions joieux:
tout le long de nos jours.
15 Réjouï-nous au prix
des jours que tu nous as
afligez, & au prix des an-
nées aufquelles nous avons
fenti des maux :
16 Qiie ton œuvre pa-
roilTc lur tes ferviteurs>
& ta gloire fur leurs en-
fans.
17 Et que la plaifancc
de l'Eternel notre Dieu
foit fur nous : ôc diipofe-
nous l'œuvre de nos mains :
difpofe, dis- je, l'œuvre de
nos mains.
^i habitat. Pf. xci.
CElui qui fe tient dans
la cachette du Sou»
verain, fe loge à l'ombre
du Tout-pui liant.
2 Je dirai à rEterncI,
D d 5 T^
406 Matin. Les P se au m es, - Le ^viii.'jourl
de toi à (es Anges, afin qu
ils te gardent en toutes tes_
voies,
12 Ils te porteront dans
leurs mains, de peur que
ton pied ne lieurte contre
la pierre.
13 Tu marchera3 fur le
lion & fur Tafpic, & tu fou-
leras le lionceau & le dra*
Tu es ma retraite, & ma
forterefle, tu es mon Dieu
^n qui je m aiîûre.
3 Certes il te délivrera
du laqs du chaffeur, & de
la mortalité malheureufe.
4 II te couvrira de ics
plumes, & tu auras retraite
fous fes ailes : fa vérité te
fervira de rondelle, & de
bouclier.
5 Tu nauras point peur
de ce qui épouvante de nuit,
ni de la flèche qui vole de
jour.
6 Ni de la mortalité qui
marche dans les ténèbres :
ni de la deftruftion qui fait
le dégât en plein midi.
7 II en tombera mille à
ton côté, S>ç dix mille à
ta droite : mais la dcflrudi-
on ifaproçhcra point de
toi.
8 Seulement tu contem-
pleras de tçs yeux 5 & tu
verras la recompenfe des
jnéchans.
9 Car tu es ma retraite,
o Eternel : tu as établi le
Souverain pour ton domi-
cile.
10 Aucun mal ne tç ren-
contrera ; & aucune plaie
û'aprochera de ta tente.
^ i Car il donnçra charge
gon.
14 Puis quil m'aime a-
vec afcction, dit le Sei-
gneur, je le délivrerai : je
le mettrai en une haute re-
traite, parce quil connoît
mon Nom.
15 II m'invoquera; &je
Texaucerai. Je ferai avec
lui dans la dètreffe, je l'en
retirerai, & le glorifierai.
16 Je le ralTafierai de
longue vie : & je lui ferai
voir ma délivrance.
Bonum ejl confiteri.
Pf XCII.
CTft upe belle chofe que
de célébrer rEternel,
& de pfalmodier à ton
Nom, ô Souverain:
% Afin d'anonc'er cha*-
que matin ta gratuité, 6c ta
fidélité toutes les nuits :
3 Sur Imftrument à dix
cordes, & fur la mufette^
<5ç
hèyivm. jour. Les Vi
Se par un Cantique prémé-
dité fur le violon.
4 Car, ô Eternel, tu
m*as réjoui par tes oeuvres j
je me réjouirai des œuvres
de tes mains.
5 O Eternel, que tes
oeuvres font magnifiques! tes
penfées font merveilieufe-
inent profondes.
6 Ùhomme abruti n'y
connoît rien : & le fou n'en-
tend point ceci,
7 Savoir, que les mé-
chans s'avancent comme
l'herbe, ôc que tous les ou-
vriers d'iniquité fleuriflent,
pour être exterminez éter-
nellement. Mais toi, ô
Eternel, tu es haut élevé à
toujours.
8 Car voici tes ennemis,
ô Eternel, car voici tes en-
nemis périront } & tous les
ouvriers d'iniquité feront
diflîpcz.
9 Mais tu élèveras ma
corne comme celle d'une
licorne : & mon onftion
fera d'une huile toute
fraîche.
10 Et mon œil verra en
ceux qui m'épient, & mes
oreilles entendront tou-
chant les malins, qui s'clè-
EAVMEs] --^ Soir. ^07
vent contre moi, ce que je
défîre.
1 1 Le jufte fleurira, com-
me la palme; il croîtra,
comme le cèdre au Liban.
1 2 Etant plantez dans la
maifon de l'Eternel, ils fleu-
riront dans les parvis de
nôtre Dieu.
1 ? Encore porteront-ils
des fruits dans la vieillelTe
toute blanche ; ils feront
en bon point, & demeure-
ront verds :
14 Afin d'anonccr que
l'Eternel cft droit : c'eft
mon rocher, 6c il n'y a
point d'injuftice en lui.
Prière du Soir,
'Domintis regnavit.
Pf. XCIIl.
L'Eternel règne j il eft
rcvctu de magnifi-
cence: rEtcrncl efl: revêtu
de force, il s'en efl: ceint:
2 Aufll la terre habitable*
efl: atcrmic, tellement qu-
elle nç fera point ébranlée.
5 Ton trône a été éta-
bli dès-fors, tu es de toute
éternité.
4 Les fleuves ont élevé,
ô Eternel, les fleuves ont
D d 4 çle-
40S S&lr. Les Pseaumes
élevé leur bruit; les fleuves
ont élevé leurs flots :
5 UEtcmel qui eft là
haut, eft plus puiffant que
le bruit des greffes eaux, &
que les fortes vagues de la
mer.
6 Tes témoignages font
fort certains : Eternel, la
fainteté a reparé ta maifon
pour une longue durée.
*Deîis ultionum. Pf. xciy.
O Eternel, qui es le
Dieu Fort des ven-
geances, le Dieu Fort des
vengeances, fai reluire ta
Ipiendcur.
2 Toi, Juge de la terre,
élève-toi : ren la rçcom-
penfe aux orgueilleux.
3 Jufques à quand les nié-
chans, ô Eternel, jufques
^ quand les méchans s'égai-
eront- ils ?
4 Jufques à quand tous
les ouvriers d'iniquité pro-
féreront-ils, & diront-ils des
paroles rudes, & fe vante-
ront-ils )
5 Eternel, ils froilfent
ton pcuplç, &: afligent ton
héritage.
6 Ils tuçnt la veuve &
rétrangcr, & ils mettent à
moït les orphelins.
Le xvin. joutl
7 Et ils ont dit 5 L'E-
ternel ne le verra pont : Iç
Dieu de Jacob n'en enten-
dra rien.
8 Vous les plus brutaux
d'entre le peuple, prenez
garde à cecii & vous fous,
quand ferez- vous entendus?
I 9 Celui qui a planté l'o-
reille, n entendra-t-il point?
celui qui a formé l'œil, ne
verra-t-il point ?
10 Celui qui réprime les
nations, celui qui enfeigne
la ficnce aux hommes, ne
rcdargucra-t-ii point ?
11 L'Eternel connoîtque
les penfées des hommes ne
font que vanité.
iz O que bien-heureux
eft rhomme que tu reprens,
ô Eternel, & que tu inftruis
par ta Loi :
1 3 Afin que tu le mettes
à couvert des jours d'adver-
fité, jufqu'à ce que la fofle
foit creufée au méchant !
14 Car l'Eternel ne dé-
laiffera point fon peuple, &
n'abandonnera point fon
hérita2;e.
15 C'eft pourquoi le ju-
gement retournera vers la
jufticc, & tous ceux gui
font droits de cœur le, (ui-
Ivront.
• 16
JLe xix^jourl . LiE s P s e a' ù m e àl Matin, 465?
^ î<S Qiii eft-ce qui fe lè-
vera pour moi, contre les
malins ? Qui eft-ce qui mas-
fiftera contre les ouvriers
d'iniquité?
17 SiTEternel ne m'eut
été en aide, mon ame eut
été bien-tôt logée dans le
lieu dufilence.
1 8 Si j'ai dit ; Mon pied
a gliffé 5 ta gratuité, ô E-
ternel, m'a foûtenu.
1 9 Quand )'avois beau-
coup de penf es au dedans
de moi, tes confolations
ont recréé mon ame.
20 Le fiége de méchan-
cetez, qui forge de la fâ-
cherie contre le droit, fcra-
t-il joint à toi ?
21 Ils fe bandent con-
tre l'ame du jufte, & con-
damnent le fang innocent.
22 Or l'Eternel m'a été
pour une haute retraite ;
ôc mon Dieu, pour le ro-
cher de mon refuge.
23 Et il fera retourner
fur eux leur outrage, & les
détruira par leur propre
malice : l'Éternel nôtrçDieu
les détruira.
Prière du Matiî^.
Venitey exuUemus. Pf.xcv.
VEnez, chantons à l'E-
ternel : jettons des
cris de réjôuiffance au ro-
cher de nôtre falut.i '^"
2 A vançdns-hbus devant'
fa face, en lui préfentant nos
louanges i & jettbns devant
lui des cris deréjouilTance
en chantant des Pfeaumcs.
3 Car l'Eternel eft un
Dieu Fort & grand, & il
eft un grand Roi par def-
fus tous les dieux.
4 Les lieux les plus pro-
fonds de la terre font en fa
main, & les forces des mon-
tagnes font à lui.
5 C'eft à lui qu apartient
la mer : car lui-même Ta
faite, & fes mains ont for-
mé le fec.
6 Venez , profternons-
nous , inclinons - nous , <5c
mettons-nous à genoux de-
qui nous a
vant l'Eternel
faits.
7 Car il eft nôtre Dieu:
& nous fommes le peuple
de fa pâture, 6c les brebis
de fa conduite.
8 ^i vous entendez au-
jourd'hui fa vcix, n'enduiî-
\ cillez
4tio^. Matm^ JLes P s e
ciflcz point vôtre cœur,
comme en Mçj^-iba, &com-
mp* à la journée de Mafia
au défert : .v^v:iù.vi^»i .
9 Là, où vos pères m'ont
tenté & éprouvé: & ai|ffi
ont-ils vu mes oeuvres.
10 J ai été ennuie de
cette génération durant qua-
rante ans, & j'ai dit i C'eft
un peuple dont le cœur
s'égare ; & ils nont point
connu mes voies :
. II C'eft pourquoi j'ai
Juré en ma. colère, s'ils en-
trent dans mon repos.
Cantate *Domino^ Pf. xcvi.
C Hantez à l'Eternel un
nouveau Cantique j
vous toute la terre ciiantez
à TEternel.
2 Chantez à l'Eternel,
béniffez fon Nom, prêchez
de jour -en -jour fa déli-
vrance.
3 Racontez fa gloire par-
m\ les nations, & les mer-
veilles parmi tous les peu-
ples.
4 Car TEternel cft grand,
& digne d'être loué :"il eft
redoutable par deflus tous
les dieux :
5 Car tous les dieux
des peuples ne font que
t
I
À u M E S. Le XIX. jom
des idoles : mais l'Eternel î
fait les cieux.
6 La majefté & la mag-
nifiçence marchent devanr
lui : la force & rexcellence
font dans fon ^Sanduaire.
7 Vous familks des peu-
ples atribuez à rEteinel,
atribucz à l'Eternel la gloi-
re & la force.
8 Atribuez à l'Eternel
la gloire de fon Nom : a-
portez Toblation, & entrez
dans fes parvis.
9 Profternez-vous devant
l'Eternel avec une faintc
magnificence : vous tous les
habitans de la terre trem-
blez tout étonnez, à caufe
de la préfence de fa face* ^
10 Dites parmi les na-
tions i l'Eternel règne :
même la terre habitable eft
afermie, & elle ne fera
point ébranlée: il jugera
les peuples en équité.
1 1 Que les cieux fe ré-
jouïflent, & que la terre
s'égaie. Qlic la mer & ce
qui eft contenu en elle
bruic. ']
1 2 Qiie \qs 'champs s'é-?
gaient, avec tout ce qui
cft en eux. Alors tous les
arbres de la foret chante-
ront de joie.
Le xîx,jour> L e $ P s
1 3 Au devant de TEter-
leb pair.ce quil vient jpar-
:e qu il vient pour juger la
:erre : il jugera en juftice
e monde habitable, & les
peuples félon fa fidélité.
^ /Dominus regnavit.
Pf. XCVII.
L'Eternel règne, que la
terre s'en égaie, &
:iue plufieurs Iles s en ré-
jouïiïent.
2 La nuée & Tobfcurité
font autour de lui : la juf-
:ice & le jugement font la
^afe de fon trône.
3 Le feu marche devant
ui, 6c embrafe tout autour
fes adverfaires.
4 Ses éclairs éclah'ent le
[nonde habitable, & la ter-
re le voiant en tremble
tout étonnée.
5 Les montagnes fe fon-
dent, comme de la cire: à
caule de la préfence de f E-
ternel 5 à caufe de la pré-
fence du Seigneur de toute
la terre.
6 Les cieux anoncent
fa juftice, & tous les peu-
ples voient fa gloire.
7 Que tous ceux qui fer-
vent les images, 6c qui le
glorifient aux idoles^^ loient
E A u M E s. Soir. 41 ?"
confus : vous dieux, prof,
tcrnez-vous tous, devant luL
8 Sion Ta entendu, &
s'en eft réjouie: 6c les iil.*
les de juda fe font égalées,
pour lamour de tes juge-
mens, 6 Eternel.
9 Car tu <es TEternel,
haut élevé fur toute la
terre : tu es grandement
haut monté par deifus tous^
les dieux.
10 Vous qui aimez TE-
ternel, haiflez le mal : car
il garde les âmes de fes
bien-aimez, 6c les délivre
de la main des méchans.
1 1 La lumière eft femée
pour le jufte, 6c la joie
pour ceux qui font droits
de cœur.
12 Juftes, réjouïfiez-vous
en l'Eternel, 6c célébrez la
mémoire de fa Sainteté.
Prière du Soir.
Cantate l^omino.
Pf XCVIII.
C Hantez à TEternel un
nouveau Cantique :
car il a fait des chofcs mcr-
veilleufes :
2 Sa droite 6c le bras de
f^ Sainteté font délivré.
3 L'Eternel a fait con-
noîtrc
412 Soir, 1e« Pseaumess.
npîtrc fa délivrance, il a^
révélé fa juftice devant les
yeux des nations.
4 II s'eft fouvenu de fa
gratuité, 6c de fa fidélité
envers la maifon dlfraël :
tous les bouts de la terre
ont vu la délivrance de
nôtre Dieu.
5 Vous tous habitans de
la terre, jettez des cris de
réjouiffance à l'Eternel :
faites retentir vos cris 5 &
chantez de joie, & pfal-
modicz.
6 Pfalmodiez à TEternel
avec le violon, avec le vio-
lon, & avec une voix de
mufiquç.
7 jettez des cris de réjou-
ïiTance avec les trompettes
Ôc le fou du cor devant le
Roi, rEtcrnel.
S Que la mer bruic, a-
vcc tout ce quelle contient;
3c que la terre, & ceux qui
y ha|>itent faffcnt éclater
leurs cris.
9 Que les fleuves fra-
pent dés mains ; & que les
montagnes chantent de joie,
au devant de rEternel : car
il vient pour juger la terre:
10 II jugera en jufdce
le monde habitable, & les
peuples en équité.
Le x\^, jouK
Tiens regnavit. Pf xcix.
L'Eternel règne, que les
peuples tremblent: il
cil allis entre les Chérubins,
que la terre foit ébranlée.
2 L'Eternel cft grand en
Sion, & il eft élevé par
deffus tous \z'^ peuples
3 Ils célébreront ton
Nom, grand ôc terrible : car
il eft faint : j
4 Et la force du Roi 5'
car il aime le jugement;
tu as établi l'équité, tu as
fait jugemait 6c juftice en
Jacob.
5 Exaltez TEternel nôtre
Dieu, & profternez-vous de-
vant fon marchepied : Il
eft faint.
6 Moife ôc Aaron ont
été entre fes Sacrificateurs -,
& Samuel entre ceux qui
invoquoient fon Nom: ils
invoquoicnt l'Eternel, <5c il
leur répondoit.
7 II parloit a eux de la
colomne de nuée : ils ont
gardé fes témoignages, 6c
l'ordonnance qu'il leur a-
voit donnée.
8 O Eternel nôtre Dieu,
tu les as exaucez ; tu leur
as été un Dieu Fort;, leur
par-
he 5tix. jour, Les Pséaûme.s. Soït. 41 5
pardonnant, & faifànt ven-
geance de leurs ades.
9 Exaltez TEternel nô-
tre Dieu, & profternez-vous
en la montagne de fa Sain-
teté : car TEternel nôtre
Dieueft Saint. ^'^ ^^^^
jubîlate T>eo. Pf. c.
VOus tous habitans de
la terrc> jettez des
cris de réjouilTance à l'E-
ternel . Servez TEternela-
vec alégrefîe, venez devant
lui avec un chant de joie.
2 Connoiffez que l'Eter-
nel eft Dieu. C'cft lui qui
nous a faits i & ce n'eft pas
nous qui nous fommes
faits : nous fommes Ton
peuple, & le troupeau de
fa pâture.
3 Entrez dans fes portes
avec des adions de grâces -,
ôc dans fes parvis, avec des
louanges : célébrez-le, bé-
niffez fon Nom.
4 Car TEternel eft bon 5
fa gratuité demeure à toû-
jours.
& fa fidélité d age-
en-age.
Mifericordiam^ & Judi-
ciîim, Pf CI.
JE chanterai la gratuité
& la droiture r Eternel,
je te pfalmodierai.
2 J'entendrai à la voie
entière : jufqu a ce que tu
viennes à moi : je ciiemi-
nerai dans Tintégrité de
mon cœur, au milieude
ma maifon.
3 Je ne mettrai point
devant mes yeux de chofc
méciiante: j*ai en haine les
aftions des débauchez 5 riea
ne s'en atachera à moi.
4 Le cœur pervers fe re-
tirera d'auprès de naoi : je
n avouerai point le malin.
5 Je retrancherai celui
qui médit éiifecrct de foii
prochain*. - '
6 Je ne pourrai pas fou^
frir celui qui a les yeux é-
levez, & le cœur enflé.
7 Je prendrai garde aux
gens de bien du païsi afiil
qu'ils demeurent avec moi.
8 Celui qui marche dans
la voie entière, me fcrvira.
9 Celui qui ufcra de
tromperie ne demeurera
point dans ma maifon : ce-
lui qui profère menfongc,
ne fera point afermi devant
mes yeux,
10 Je retrancherai cha-
que matin tous les mèchans
du païs 5 afin d'exterminer
de la Cité de TEternel tous
les ouvriers] d'iniquité.
P R I^
ii4 Mat ml
CiOV-.jLi ::, ici,
ht s PSE,AUMES
i;f.
"' Ï'rIERE Dtr'ivÏATIN.
"domine j exaudu Pf. cii.
ETcrnel, écoute ma pri-
ère, & que; mon cri
vienne jufqu i toi.
2 Necachepoiixt taface
arriére de moi : au jour
que je fuis en détrefle, in-
cline ton oreille vers moi:
au jour que je t'invoque,
hâte-toi, répon-moi.
3 Car mes jours fe font
évanouis, comme la fumée :
& mes os font deflechez,
comme un foier. .\ ,
4 Mon cœur a été fra-
pé, & eft devenu fec com-
me l'herbe i parce que j'ai
oublié de manger mon
pain.
5 Mes os font atachez
à ma chair i à caufe de la
voix de mon gémifTement.
6 Je fuis devenu fem-
blable au cormorant du dé-
fert : & je fuis comme la
chouette des lieux fauva-
ges.
7 Je veille, & je fuis
femblable au pafTereau, qui
eft feul fur le toit.
8 Mes ennemis me di-
fcnt tous les jours des ou-
trages : & ceux qui font fu-
Le xx.jûuti
jurent
rieux contre moi,
contre moi.
9 Parce que j*ai mangé
la cendre, xomme le painj
& que j'ai mêlé mes boif-
fons de pleurs.
I G A caufe de ta colère
& de ton indignation 5 par-
ce qu'après m'avoir élevé
bien haut, tu m'as jette par
terre,
11 Mes jours font com-
me 'l'ombre qui décline,
& je deviens fec comme
l'herbe.
12 Mais toi, ô Eternel,
tu demeures éternellement,
«Se ta mémoire, d'âge-en-
âg^- . ^ . >
.13 Tu te lèveras, & tu
auras compailîon de Sion :
car il eft temps d'en avoir
pitié s parce que le temps
aftigné eft échu.
14. Car tes ferviteurs
font afcdionez à fes pier-
res, & ont pitié de fa pou»
dre.
15 Alors les nations re-*
douteront le Nom de l'E-
ternel, ôc tous les Rois de
la terre, ta gloire:
1 6 Quand l'Eternel aura
édifié Sion; quand il aura
été vu en fa gloire,
17 Quand il aura regar-
dé
'Le^X'pun Les I^s
dé à la prière du dëfolé,
& qu il n aura point mépri-
fé leur fupiication.
18 Cela fera enrégiftré,
pour la géiieriation avenir,
& le peuple qui fera créé,
louera rEternei.
19 De ce qu'il aurâ^ Jet-
te la vue dix haut lieii de^
fa Sainteté, & que rEtét-
n^l aura regardé des Gieux
en la terre. - '''
- 20 Poiir * entendre le gé-
miffement des prifônniers,
& pour délier ceux qui é-
toient dévouez à la mort :
- 21 Afin quon anonce
le Nom de l'Eternel dans
Sion, & fa louange dans
Jérufalem :
' 22 Quand les peuples fe
feront joints enfemble &
les Roiaumes auffi, pour
fervir rEternei.
23 II a abatu ma force
en chemin, il a coupé court
mes jours.
24 J'ai dit; Mon Dieu
ne m'en lève point au mi-
lieu de mes jours. Tes ans
durent d'âge-en-âge.
-^ 25 Tu as jadis fondé la
terre, & les cieux font
l'ouvrage de tes mains.
26 Ils périront, mais tu
feras permaocnt : & eux
ElAUMËSî Matifi. AtX^,'^
tous s'envieilliront, comme>
un vêtement: "i-i :;;ii :;r>'i
27 Tu ks ' èhâh^eras
comme tin habit, & ils'
feront changez; Mais Toi^i
tu es toujours le même:
& tes ans ne feront jamais;^
achevez. ''- '■/- - .
2 8 Les enfans de tes fer-
yiteurs habiteront près de
toi, & lelir 'race fera' é^iÉ^l
blie devant toi; - -^ ' i '^^
Benedic^ AniméL mearS^
Pi^ CIIÏ. ? DH
MOnr atrie^ bénî IIE^^
ternel, & qu'e tout
ce qui eft au dedans de
moi béniffe le Nom de fa
Sainteté: '^-^i-:!-: ^^ ^^i^^^
2 Mon ame,. béni rE->
ternel, & n'oublie pas un/
de fes bienfaits. '
3 C'eft lui qui te par-
donne toutes tes iniquitc;z-;
qui guérit toutes tes in fir-
mitez ; •■--■■^ ' -- ■'■—. ••' '-'P
4 C^ui garantit ta vi^* de
la foffe i qui te- coure ^nne
de gratuité & de cornpal-
fions :
5 Qui rafîafie ta b;ouchc
de biens, tellement que ta
jcuneffe eft renc^uveUée
comme celle de l'aigle.
•6 L'Eternel fait jufticc
& droit à tous ceux à qui.
Ton fait tort.
7 II a fait, cônnoître fcs
voies à Môïfe, & fcs ex-
ploits aux enfans dlfrael.;
,8 L'Eternel eft pitoya-
ble, mifericQjrdiQux, tardif
à colère, & abondant çn
gratuité. V ,-:;;;. /
9 II ne débat, point à
perpétuité ; & il ne la gar-
de point à toujours.
10 II ne nous a point
fait- félon nos péchez, &
ne nous a. point rendu fé-
lon nos iniquitez. | /
1 1 Car autant que les
cieux font élevez par dcf-
fus la tcrrC; autant fa gra-
tuité eft grande fur ceux
qui le craignent.
12 II a éloigné de nous
nos forfaits, autant que
rOrient eft éloigné de l'Oc-
cident.
13 De telle compaffion
qu un père eft ému envers
Ilcs enfans, de telle com-
paftlon TEternel eft eniu en-
vers ceux qui le craignent.
14 Car il fait bien de-
quoi nous fommes faits,
le fouvenant que nous ne
fommes que poudre.
1 5 Les jours de l'hom-
me mortel font comme le
foin, il fleurit comme la -
fleur d'un champ. .;
: 16 Car le vent étant i
pafle par delTus, elle neft
plus, & fon lieu ne la rc-^i
connoit plus. ^, .:>
17 Mais la gratuité dol
rEternel eft de tout temps,
3c elle fera à toujours fur ^
ceux qui le craignent : &,^
fa juftice fur les enfans de ,
leurs enfans: ., : ^ r^-j
18 A ceux qui gardent
fon aliance, & quife fou-:
viennent de fes mande-=>
mens pour les faire. .1
1 9 L'Eternel a établi
fon Trône dans les cieux,
&. fon règne a domination
fur tout.
.20 Bénifîez rEternel,
vous (es Anges puiiTans en
vertu, qui faites fon com-
mandement, en obéïffant
à la voix de fa parole.
2 1 Béniftez l'EterneljVous
toutes fes armées, qui êtes
fes Miniftres faifant fon
bon-plaifir.
22 Béniflez rEternel,
vous toutes fes oeuvres
dans tous les lieux de fa
domination : Mon ame, bé-
ni rEternel.
Pri-
Le yik.jour.
Prière dû Soir.
Benedï
uc, anima
Pf. civ.
mea.
M On amc, béni TEtcr-
nel. O Eternel
mon Dieu, tu es mervcil-
leufement grand, tu es re-
vêtu de majefté & de ma-
gnificence.
2 II s'envelope de lu-
mière comme d'un vête-
menti il étend les cicux
Comme une courtine.
3 II plancheïe fes hau-
tes chambres entre les eaux :
il fait des groffes nuées
fon chariot: il fe promène
fur les ailes du vent.
4 II fait des vents fes
Anges, & du feu brûlant
fes ferviteurs.
5 II a fondé la terre fur
fes bafes, tellement qu'elle
ne fera point ébranlée à
perpétuité,
6 Tu favois couverte
de Tabîme comme d'un
vêtement; les eaux fe te-
.noient fur les montagnes.
7 Elles s'enfuirent à ta
menace, & fe mirent
promptcment en fuite au
fon de ton tonnerre.
8 tes moinagnes le dref- Ipain.
Les PsÉAui^ES. Saîr. \\%
ferent, & les valces s'abaif-
ferent, au même lieu que
tu leur avois établi.
9 Tu leur as mis une
borne qu'elles ne pafTeront
point I elles ne retourne-
ront plus à couvrir la
terre.
10 Ceft lui qui conduit
les fontaines par les valé-
es 5 tellement qu'elles fe
promènent entre les monts.
1 1 Elles abreuvent tou-
tes les bêtes des champs^
es ânes fauvages en étan-,
chent leur foif.
1 2 Les oifeaux des cieux
fe tiennent auprès d'elles,
& font refonner leur voix
d'entre la ramée.
13 II abreuve les mon-
tagnes de fes chambres
hautes: & la terre eft rai-
fafiée du fruit de tes (ou-
vres.
14 II fait germer le fcia
pour le bétail, & l'herbe
pour le fervice de l'hom-
me, faifant fortir le pain
de la terre.
1 5 Et le vin qui réjouît
le cœur de l'homme, fai-'
faut reluire fon viiage avec
l'huile, & fubftcntaat le
Icœur de l'homnie avec le
Ec
I<Sf
41 8 Soir. Les Pseaumes
i6 Les hauts arbres en
font raiTafiez, & les cè-
dres du Liban qu'il a plan-
tez ;
17 Afin que les oifeaux
y faffent leurs nids : quant
à la . cigogne, les lapins
font fa demeure.
18 Les hautes montas:-
nés font pour les chamois:
& les rochers font la re-
traite des lapins.
1 9 II a fait la lune pour
les faifons, & le foleil con-
noît fon coucher.
20 Tu amènes les té-
nèbres, & la nuit vient,
durant laquelle toutes les
bêtes de la forêt trottent.
2 r Les lionceaux brui-
ent après la proie, & pour
demander au Dieu Fort
leur pâture.
22 Le foleil felève-t-il?
ils fc retirent & demeu-
rent gifans en leurs tani-
ères :
23 Alors rhomme fort
à fon ouvraee & à fon
travail, jufqu'au foir.
24 O Eternel, que tes
œuvres font en grand nom-
bre! tu les as toutes fai-
tes avec fageflè : h terre
cft pleine de tes nchef
fes.
Le xx.jotin
25 Cette mer grande de,
fpacieufe, où il y a fans
nombre des animaux fe
mouvans, des petites bêtes
avec des grandes !
2 6 Là, fe promènent le^
navires, & ce Léviathan
que tu as formé pour s'y
ébatre.
27 Elles s'atendent tou-
tes à toi 5 afin que tu leur
donnes la pâture en leur
temps.
2 8 Quand tu la leur
donnes, elles la recueillent:
& quand tu ouvres ta main,
elles font raffaftées de
biens.
29 Caches-tu ta face ?
elles font troublées : reti-
res-tu leur foufle ? elles dé-
faillent, ôc retournent en
leur poudre.
30 Mais fi tu renvoies
ton Efprit, elles font créées,
& tu renouvelles la face
de la terre.
3 1 Qiic la gloire de TE-
tcrnel (bit a toujours: que
rEtcrncl fe réjouïflè en fes
œuvres.
32 II jette fa vue fur la
terre, ëc elle en tremble ;
il touche les montagnes, &
elles en fument.
53 le chanterai à TEter-
lu-l
nel durant ma vie: jepfal-
modierai à mon Dieu, tant
que je ferai en être.
34 Ma méditation lui
fera agréable : & moi je
me réjouirai en rEtcrnel.
3 5 Que les pécheurs foi-
ent confumez de deffus la
terre, & qu'il n'y ait plus
de méchans. Mon ame
béni l'Eternel : Louez TE-
terncL
Prière du Matin.
Confit emini T^o7nmo,
Pf cv.
CElébrez TEterncl; re-
clamez fon Nom: fai-
tes connoitre parmi les
peuples fcs exploits.
2 Qhantez-Iui 5 pfalmo-
diez-lui: parlez de toutes
fes merveilles.
3 Glorifiez-vous du Nom
de fa Sainteté j & que le
cœur de ceux qui cher-
chent l'Eternel, fe réjouiffe.
4 Recherchez TEternel,
& fa force: cherchez con-
tinuellement fa face.
5 Souvenez-vous de fcs
merveilles qu'il a faites, de
fes miracles, & des juge-
mens de fa bouche.
6 La poftcrité d'Abra-
Les PsEAtTMEs. Matin. ^^^9
ham font fes ferviteurs :
les enfans de Jacob font
^z^ élus :
7 II eft l'Eternel nôtre
Dieu : fcs jugemcns font
parmi toute la terre.
8 11 s'eft fouvenu à tou-
jours de fon aliance, de
la parole qu il a comman-
dée en mille générations :
9 Du traité qu'il a fait
avec Abraham, & du fer-
ment qu'il a fait à Ifaac.
10 Lequel il a ratifié
pour ctrc une ordonnance
à Jacob, ôc à Ifraël pour
être une aliance éter-
nelle :
1 1 En difmt ; Je te don-
nerai le païs de Canaan,
pour le lot de ton héri-
tasie :
12 Encore qu'ils fuffent
un petit nombre de gens,
& qu'ils y féjournaflent peu
de temps, comme étran-
gers.
1 3 Car ils trottoient de
nation en nation, & d'un
Roiaume vers un autre
peuple :
14 II ne fouffrit pas
qu'aucun les oprimât : & il
a même châtié dG3 Rois
pour l'amour d'eux.
î 5 Difant; Ne touchez
E e z point
420 Maim. Les P s e a u m e s. Le xxi. jour^i
point à mes OiiitSi ôc nclpuilTant que ceux qui To^
faites point de mal a mes
Prophètes.
i6 11 apella auffi la fa-
mine pour venir fur la
terre, & rompit tout le bâ-
ton du pain.
17 II envola un per-
fonnage déviant eux : Jo-
feph fut vendu pour ef-
clave.
ï8 On lui enferra les
pieds en des cepsj fa per-
fonnc fut mife aux fers.
19 Jufquau temps que
fa paroie fut venue, & que
ia parole de TEternel Teut
éprouvé.
2 G Le Roi envola, ôc
on le relâcha : le domina-
teur des peuples envola, ôc
on le déUa.
2 1 II rétablit pour maî-
tre fur fa maifon, & pour
dominateur fur tout fon
domaine :
2 2 Pour affujettir les
principaux à fon plaifir, &
pour inilruire fes Anciens.
23 Puis Ifraël entra en
Egypte: & ]acob féjourna
au pais de Cam.
24 Et TEternel fît ex-
trêmement multiplier fon
peuple; ôc le rendit plus
prmioient.
2 5 II changea leur cœur,
de forte quils eurent fon
peuple en haine, jufques
à confpirer contre fes fer-
viteurs.
26 II envoia Moïfe fon
ferviteur, & Aaron, qu'il a-
voit élu.
27 Lefqucls accompli-
rent fur eux les prodiges,
& les miracles qu ils avoi-
ent eu charge 'de faire,
dans le païs de Cam.
28 II envoia les ténè-
bres, & fit obfcurcir Tair :
6c il n'y eut point de ré-
bellion contre fa parole.
29 II convertit leurs
eaux en fang, & fit mou-
rir leurs poiflbns.
30 Leur terre produifit
en abondance des grenouil-
les, jufquau dedans des
cabinets de leurs Rois.
3 1 II parla, & une mê-
lée de bêtes vint^ & des
poux par tout leur païs.
3 2 II fit que leurs pluies
furent de la grêle; & qu il
y eut fur leur terrç un feu
flamboïant.
33 Et il frapa leurs
vignes, & leurs figuiers,
&
^Le x%i,jour. Les Ps
6c brifa ks arbres de leurs
païs ly--
54 II commanda, & les
fauterelles vinrent, & des
I hurbecs- fans nombre $ qui
broutèrent toute Therbe en
leur pais, & dévorèrent le
fruit de leur terroir.
3-5 Et il frapa tout pre-
mier-né dans leur païs^qui
étoient les prémices de tou-
te leur vigueur.
36 Puis il les tira de-
hors avec de Tor & de l'ar-
gent 5 àc il ny eut aucun
qui chancelât parmi les
Tribus.
37 L'Egypte ie réjouît
à leur départ j car la peur
quils avoient d'eux les a-
voit faifis.
38 II étendit la nuée
pour couverture. & le feu
pour éclairer la nuit.
39 Le peuple demanda,
& il fit venir des cailles; &
il les raffafia du pain des
cicux.
40 II ouvrit le rocher,
& les eaux en découlèrent:
elles coururent par les
lieux fecs, comme une ri-
vière.
41 Car il fe fouvint de
la parole de fa Sainteté, la-
EAUMES. Soir, 42r
quelle il avait donnée à
Abraham Ion ferviteur.
42 Et il tira dehors fbn
peuple avec alégreiiê, &
fes élus avec chant de
joie.
43 Et leur donna les
païs des nations 5 & ilspof-
sèderem le labeur des peu-
ples :
44 Afin qu'ils gardaffent
fes ftatuts, & quils obfer-
vaffent fes loix. Loiiez TE-
ternel.
Prière du Soir.
Confitemini ^Domino,
Pf CVi.
CElébrez FEterncl : car
il cft bon, parce que
(a gratuité demeure à tou-
jours.
2 QLii pourroi^ reciter
les exploits de TEternel \
Qui pourroit faire retentir
toute fa louange ?
3 O que bien-heureux
font ceux qui gardent ce
qui cft droit, & qui font
en tout temps ce qui eft
jufte !
4 Eternel , fouvicn - toi
de moi, félon la bienveil-
lance que tu portes à ton
E e 3 pçii-:
4ie Soir. Les Pseaumes,' X^exyajouf^
1:5 Mais ils mirent in^
peuple^ & aie foin de moi
félon ta délivrance :
5 Afin que je voie le
bien de tes élus 5 que je
me réjouïffe dans la joie
de ta nationj & que je me
glorifie avec ton héritage.
6 Nous avons péché a-
vec nos pères 5 nous' avons
fait iniquement; nous a-
vons méchamment fait.
7 Nos pères n ont point
été atentifs à tes merveil-
les en Egypte : ils ne fe
font point fouvcnus de la
multitude de tes gratuïtez:
mais ils ont été rebelles
auprès de la mer, vers la
mer rouge.
8 Toutefois il les déli-
vra pour Tamour de fon
Nomj afin de donner à
connoître fa puifl'ance,
9 Car il tarifa la mer
fouge, & elle fe fècha: &
il les conduifit par les gou-
fres, comme par le défcrt :
10 Et \ç.s délivra de la
main de ceux qui les haïf-
foient: 6c les garantit de
la main de Tenncmi.
1 1 Et les eaux couvri-
rent leurs oprefleurs : il
n^enrefta pas un feul.
12 Alors ils crurent à
fes paroles 5 & ils chante-
içnt fa loiiangç.
continent en oubli fes œu-
vres ; & ne s'atendirent
point à fon confeil.
14 Mais ils furent épris
de convoitife au défcrt: &
ils tentèrent le Dieu Fort
au lieu inhabitable.
1$ Alors il leur donna
ce qu ils avoicnt demandé:
toutefois il leur envoia
une phthifie en leur corps ;
1 6 Ils portèrent envie à
Moïfe dans le camp, & à
Aaron le faint de rÉternel,
17 La terre s'ouvrit, &
engloutit Dathan, & cou-
vrit la bande dAbiram.
18 Auili le feu s'aluma
en leur bande; & la flam^
me brûla les méchans.
1 9 Ils firent un veau en
Horeb, & fe profternerent
devant limage de fontç.
20 Et changèrent leur
gloire en la figure d'un
bœuf qui mange Therbe.
2 1 Ils oublièrent le Dieu
Fort, leur Libérateur, qui
avoir fait de grandes cho-
Ç(zs en Egypte :
22 Des chofes merveil-
leufes au pais de' Cam, &
des chofes terribles fur la
mer rouge.
23 C'efl: pourquoi il dit
qu'il
hê XXI. jour
quil les détmiroit: mais
Moïfe fan élu fe tint à la
brèche devant lui, pour
détourner fa fureur; afin
quil ne les défît point.
24 Ils eurent aufR à con-
tre-cœur le païs défirable;
Les Ps eau me si Soîr.\%%
Méribai & il en avint du
mal à Moïfe à caufe d'eux,
33 Car ils chagrinèrent
fon efprit 5 & il parla légè-
rement de fes lèvres.
34 lîs nont point dé-
truit les peuples, que TE-
& ne crurent point à fa terncl leur avoit dit :
parole.
25 Et ils fe mutinèrent
dans leurs tentes, & no-
béïrent point à la voix de
l'Eternel.
26 Ceft pourquoi il leur
jura la main levée, qu'il
les mettroit bas dans le
déferti
27 Et quil accabler oit
leur poftérité parmi les na-
tions,- & qu il les difperfe-
roit par le païs.
28 Ils s'acouplerent auf
fi à Bahal-pehor, & mangè-
rent des facrificcs des morts.
29 Et ils dépitèrent Dieu
par leschofcs à quoi ils s'a-
donnerent, tellement qu'u-
ne plaie fit brèche far eux,
3 o Mais Phinées fc pré-
fenta, 6c fit juftice: & la
plaie fut arrêtée.
3T Et cela lui a été a-
loué pour jufticc dajis tous
les âges à jamais.
3 2 Ils cxcitercAt auffi fa
colère près des ça.ux de
3 5 Mais ils fe font mê-
lez parmi ces nations, &
ils ontapris leurs manières
de faire:
3 6 Et ont fervi à leurs
faux dieux, lefquels leur
ont été en laqs; car ils
ont facrifié leurs fils, &
leurs filles aux diables.
37 Et ils ont répandu
le fang innocent, le fang
de leurs fils & de leurs fil-
les 5 lefquels ils ont facrifié
aux faux dieux de Canaau:
& le païs a été fouillé de
fang.
3 8 Et ils ont été fouil-
lez par leurs œuvres, & ont
paillarde par les chofcs à
quoi ils le font adonne^;.
39 Ceft pourquoi 1î^
colère de rEtcrncl s'eft em-
braféc contre fon peuple,
& il a eu en abomination
fon héritage.
40 Et li les a livrez éh
la main des nations: '&
ceux qui les haïffoient
E ç 4 ont
43.4 Matin. Les Pseaumîis.
ont eu domination fur
eux.
41 Et leurs ennemis les
ont oprimez; & ils ont été
humiliez fous leur main.
42 II les a fouvent dé-
livrez : mais ils l'ont irri-
té par leur coufeilj & ils
ont ete mis en langueur
par leur iniquité.
43 Toutefois il les a
regardez dans leur détref-
fe, quand il cntendoit leur
clameur.
44 Et il s'cft fouvenu
en leur faveur de fon aii-
ancei & s'efl: repenti fclon
la grandeur de fcs gratuï-
tez. Et il a fait que ceux
qui Içs avoient emmenez
captifs, ont çu pitié d'eux.
45 Eternel notre Dieu,
délivre-rious, & nous re-
cueille d'entre les nations;
afin que nous célébrions
le Nom de ta Sainteté, &
que nous-nous glorifiions
en ta louange.
46 Béni foit' l'Eternel,
le Dieu d'ifraël, depuis un
fiècle jufqu'à l'autre fiècle :
& que tout Iç peuplç dilci
Amen. Loue?: TEtetnel.
Prière du Mat^n;
Cçrifitemini ^ominp,
Pf. CVII.
GElébre? l'Eternel 5 car
il eft bon: parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
2 Que ceux-là le.difent,
qui font les rachetez de
l'Eternel, lefquels li a ra-
chetez de la main de l'o-
p relieur :
3 Et ceux aulli qu'il ^
ram.a(lez des pais d'Ôricnt
& d'Occident, d'Aquilon à;.
de Midi.
4 Ils étoient errans par
le défcrt, en un chemii'^
folitaire, & ils ne trouvci«
ent aucune ville habitée :
5 Ils é oient afamez 5c
altérezj l'âme leur défait
loir.
6 Alors ils ont crié ver$
l'Eternel dans leur détref-
fej & il les a délivrez de
leurs angoiflts:
7 Et les a adreffez au
droit chemin pour aler en
une ville habitée.
8 Qu'ils célèbrent donc
envers f Eternel fa gratuité^
& les merveilles envers les
fils Açs hommes :
9
%è "^yLii.jmiK Les P
9 Parce quil a aflbuvi
rame altérée, & raffafié de
biens lame afamée.
10 Ceux qui demeurent
dans les ténèbres, & dans
lombr-e de la mort, gar-
rotez d ailidion & de fer :
11 Parce qu'ils ont été
rebelles aux paroles du Dieu
Fort, & quils ont rejette
par mépris le confeil du
Souverain :
12 Et il a humilié leur
cœur par le travail; & ils
ont été abatus, fans qui!
y eut perfonne qui les ai-
dât.
13 Alors ils ont crié
vers rpternel en leur dé-
treffe: & il les a délivrez
de leurs angoilTes.
14 II les a tirez hors des
ténèbres, & de l'ombre de
la mort, & il a rompu leurs
liens.
I s Qu'ils célèbrent donc
envers TEternel fa gratuité,
ôc fes rnerveilles envers les
fils des hommes.
1 6 Parcp qu'il a brifé les
portes d'airain, & caffé les
barreaux de fer.
1 7 Les fous qui font a-
fligez à caufe du train de
leur tranfgreffion, & à caufe
de leurs iniquitez.
SEAUMEf. Matin. a^$
1 8 Leur ame a en hor-
reur toute viande^ & ils
touchent aux portes de la
mort. vi^i J i
19 Alors ils ont crié vers
FEternel dans leur détreffe;
& Il les a délivrez de leurs
angoifles.
20 II envoie fa parole,
& les guérit, ôc il les dé-
livre de leurs tombeaux.
21 Qu'ils célèbrent donc
envers rEternel fa gratuité,
& fes merveilles envers les
dis des hommes.
2 2 Et qu'ils facrifient des
facrifices d'adion de grâces,
& qu'ils racontent fes œu-
vres en chantant de joie.
23 Ceux qui defcen-
dent fur la mer dans àzs
navires, faifant commerce
parmi les grandes eaux:
24 Qiii voient les œu-
vres de l'Eternel, & fes
merveilles dans les lieux
profonds :
2 5 (Car il commande, &
fait comparoître le vent de
tempête, qui élève les va-
gues de la mer.)
2 6 Ils montent aux cieux,
ils defcendent aux abîmes:
leur ame fe fond d'angoille.
27 Us branlent, & chan-
cellent, comme un homme
1 i yv^^'
426 Soir. Les Pseaumes. Le xxu.jouri
yvrc: & toute leur fagefle
leur manque.
,28 Alors ils crient vers
TEternel dans leur détrefle,
& il les tire hors de leurs
angoiffcs.
V .29 II arrête la tourmen-
te, la changeant en calme 5
& les ondes fe tiennent
coi.
30 Puis ils fe réjouïflent
de ce qu elles font apaifées;
6c il les conduit au pOrt
qu ils défiroient.
3 1 Qii'ils célèbrent donc
envers TEtcrnel fa gratuité,
6c fcs merveilles envers les
îils des hommes:
32 Et qu'ils Texaltent
dans la congrégation du
peuple, & le louent dans
lallemblée des Anciens.
33 II REDUIT les fleuves
en défert, & les fources d'e-
aux en féchereffe :
3 7 Et sèment les champs,
& plantent des vignes, qui
rendent du fruit tous les
ans.
38 II les bénir, & ils
font fort multipliez: & il
ne laifle point diminuer
leur bétail.
3 9 Puis ils fe diminuent,
& font humiliez par opref-
fion, mal, 6c ennui.
40 II REPAND le mépris
fur les principaux, 6c les
fait errer par des lieux hi-
deux, où il n*y a point d^
chemin.
41 Mais il élève le pau-
vre hors de Tafliftion; &
donne les familles comme
par troupeaux.
42 Les hommes droits
voient cela, 6c s'en réjouïf-
fent : mais toute iniquité a
la bouche fermée.
43 Quiconque efl: fage.
34 Et la terre fertile en prendra garde à ces chofes,
afin qu'on confidère les gra-
tuïtcz de l'Eternel.
terre falée; à caufe de la
malice de ceux qui y ha-
bitent.
3 5 II réduit le défert en
des étangs d'eaux, ôc la
terre sèche en des fources
d'eaux :
36 Et il y fait habiter
ceux qui étoicnt afamez,
tellement qu'ils y batiflcnt
des villçs habitables.
Prière du Soir.
Taratum cor meum.
Pf. G VI ri.
M On cœur eft difpofé,
ô Dieu, ma gloire
Teft aullÎ5 je chanterai de
pfalmodierai, a
Le \Xii.jouT. Les
2 Réveille- toi mufctte ôc
violon i je me réveillerai à
J'aubc du jour.
fe 3 'Eternel, je te célébre-
rai parmi les peuples, &te
pfalmodierai parmi les na-
tions.
%,r]4t Car ta gratuité eft
grande par deffus les cieux,
& ta vérité ateint jufqu'-
aux nues.
5 O Dieu, élève-toi fur
les cieux5 & que ta gloire
ibit fur toute la terre.
6 Afin que ceux que
tu aimes foient délivrez:
fauve-moi par ta droite, &
cxaucc-moi.
7 Dieu a parlé en fon
Sanduaire, je me réjouirai:
je partagerai Sichem, &
mesurerai la valée de Suc-
coth.
8 Galaad fera à moi :
ManafTé fera à moi : & E-
phraim fera la force de mon
chef; Juda mon Lé^iflateur.
9 Moab fera le bailin
où je me laverai : je jetterai
mon foulier fur Edom : je
triompherai de la Palcftme.
10 Qui fera-ce qui me
conduira en la ville munie ?
qui fera-ce qui me conduira
iufques en Edom ?
ï I Ne fera-ce pas toi^
P s E A U M E s:
Soir.
427
ô Dieu, qui nous avois re-
jettcz; & qui ne fbrtois
plus, ô Dieu, avec nos ar-
mées ?
12 Donne-nous fecours
pour fortir de la détreffe:
car la délivrance qu'on a*
tend de Thomme eft va-
nité.
13 Nous ferons des ac-
tions de valeur en Dieu;
& il foulera nos ennemis.
o
T>eus laiidam. Pf cix. ,
Dieu de ma ioiiange,
_ ne te tai point. Car
la bouche du méchant, &
la bouche remplie de frau-
des fc font ouvertes fur moi.
2 Et ont parlé à moi,
en ufant d'une langue men-
tbngére. Et des paroles
pleines de haine m'ont en-
vironné ; & ils me font la
guerre fans caufe.
3 Au lieu que je les ai-
mois, ils ont été mes en-
nemis: mais moi je nai
fait que prier.
4 Et ils m'ont rendu le
mal pour le bien, 6c la
haine pour Tamour que jç
leur port ois.
5 Etabli le méchant fur
lui 5 & fai que fadverfaire
fe tienne à fa droitç.
4^8 Soirl Lfes P s E
^ t5 Quand il fera juge,
fai qu'il foit déclaré mé-
chant; & que fa prière
tourne en péché.
7 Qiie fa vie foit courte,
& quun autre prenne fa
charge. uii
- 8 Que fes enfans foient
orpheUns , & fa femme
veuve :
9 Et que fes erifans foient
entièrement vagabonds, &
qu'ils mendient & quêtent,
en fortant de leurs maifons
détruites. V^, -');''■
10 Que le créancier u-
fant d'cxadion atrape tout
ce qui cft à lui, & que les
étrangers butinent tout fon
labeur.
1 1 Qu'il n-}^ ait per-
fonne qui étende fa com-
paffion fur lui: & qu'il n'y
ait peribnne qui ait pitié
de fcs orphelins.
12 Que fi pofïérité foit
expofée à être retranchée i
que leur nom foit effacé
dans la race qui fuivra.
I 3 Qiie l'iniquité de fcs
pcrcs revienne en mémoire
à rEtcrneh& que le péché
de fa nicrc ne foit point
effacé.
14 Qifils foient con-
tinuellement devant TEter-
A u M i'é. Le xxiT. jouf.
nel : & qu il retranche Icuf
mémoire de la terre :
1 5 Parce qu il ne s'eft
point fouvcnu d'ufer de
gratuité: mais il a perfé-
cuté rhomme afligé & mi*
ferable, ôc matté en fon
cœur, pour le faire mourir.
i6 Puis quil a aimé la
malédiftion, que la malé-
didion Tenvahiffe : & par-
ce qu il n'a point pris plai-
fir à la bénédidion, que la
bénédiction aufli s'éloigne
de lui.
17 Et qu'il foit revêtu
de malédidion, comme de
fa robe 5 & qu elle entre
dans fon corps, comme de
l'eau; & qu'elle entre dans
fes os, comme de l'huile.
1 8 Qu'elle lui foit com-
me un vêtement dont il
fe couvre, & comme une
ceinture, dont il fe ceigne
continuellement.
19 Telle foit de par
l'Eternel la recompenfe de
mes adverfaires, & de ceux
qui parlent mal de moi.
20 Maistoi, Eternel Sei-
gneur, ufe envers moi de
ta gratuité pour Tamour de
ton Nom: àc parce que
ta gratuité eft bonnC;, dé?
livre- aïoh
i
c fuis afligé &
\lie yiyiiu.jour
1^- 21 Car
miferable: & mon cœur cft
blelTé au dedans de moi.
2 2 Je m'en vais comme
rombre quand elle décline:
& ie fuis agité comme une
ifauterelle.
2 3 Mes genoux font a-
foibiis par le jeûne 5 & ma
»chait s'efl amaigrie;, au lieu
^qu elle étoit en bon point.
24 Encore leur fuis- je
(Cn oprobre : quand ils me
voient, ils branlent la tête.
25 Eternel mon Dieu,
aide-moi 5 & délivre-moi
ielon ta gratuité.
26 Afin quon connoiffe
que c'eft ici ta main, & que
toi, ô Eternel, as fait ceci.
27 Ils maudiront; mais
tu béniras: ils s'élèveront 5
mais ils feront confus: 6c
ton ferviteur fe réjouira.
28 Que mes adverfaircs
foient revctus de confufion,
& couverts de leur honte,
comme d'un manteau.
29 Je célébrerai haute-
ment l'Eternel de ma bou-
I che, & le louerai au milieu
I de plufieurs nations.
I 30 De ce qu'il fc tient
' à la droite du miferable,
I pour le délivrer de ceux
qui condamnent fon ame.
Les P se au mes. Matin* ^^2^
Prière du Matin.
TDixit '\Do?mnus, Pf cx|
L'Eternel a dit à mon
Seigneur j Aflîeds-toi
a ma droite, jufqu'à ce que
j'aie mis tes ennemis pour
le marchepied de tes pieds*
2 UEternel tranfmcttra
de Sion le fceptre de ta
force, en difant 5 Domine
au milieu de tes ennemis.
3 Ton peuple fera un
peuple plein de franche vo*
lonté,au jour que tu affenv
bleras ton armée en fainte
pompe : la rofée de ta jeu-
neffe te fera produite de la
matrice de l'aube du jour.
4 L'Eternel l'a juré, 6c
il ne s'en repentira point,
que tu es Sacrificateur éter-
nellement, à la façon dç
Melchifédec.
5 Le Seigneur eft à ta^
droitCi il froiffera les Rois
au jour de fa colère.
6 II exercera jugement
fur les nations 5 il remplira
tout de corps morts 5 il
froilîera le Chef qui do-
mine fur un grand païs.
7 II boira du torrent par
le chemin, c'cft pourquoi
il lèvera haut la tête.
Cou-
4 3 o Matin. Les P s e a u m e s. Z^ xxiii. jour,
9 II a envoie la rcdemp
Confit ebor tibi. Pf. cxi.
JE célébrerai l'Eternel de
tout mon cœur, dans
la compagnie des hom-
mes droits, & dans laflcm-
blée.
z Les œuvres de TE-
ta'nel font grandes. Elles
font recherchées de tous
ceux qui y prennent plai-
fir.
3 Son œuvre n'eft que
niajefté & magnificence :
& fa juftice demeure à
perpétuité.
4 11 a rendu iç,^ mer-
veilles mémorables. L'E-
ternel efl: mifcricordieux &
pitoïablc.
5 II a donné à vivre à
ceux qui le craignent: il
s'eft fouvenu à toujours de
fon aliance.
6 II a manifefté à fon
peuple la force de fes œu-
vres, en leur donnant Thé-
ritage des nations.
7 Les œuvres de fes
mains ne font que véri-
té & équité : tous fes
commandemens font cer-
tains :
8 Apuiez à perpétuité
& à toujours, étant faits
avec fidélité (5c droiture.
tion à fon peuple: il ai
commandé fon aliance é-
tcrncllement : fon Nom
eft faint & terrible.
I o Le chef de la fapiencc
eft la crainte de rEterncl:
tous ceux qui s'adonnent à
les faire font bien fages :
fa loiiangc demeure à per-'
pétuïté.
Beatus vir, Pf. cxii. ^
Bien-heureux eft Thom-
mc qui craint l'Eter-
nel, & qui prend un fin-
gulicr plaifir en i:cs com-,
mandcmens ! I
2 Sa poftérité fera puif-j
faute en la terre: la 2;éne-
ration des hommes droits
Ter a bénie. j
3 II y aura des biens &
6(zs richcflcs en fa maifon:
ôc la juftice demeure à per-
pétuité.
4 La lumière s'eft levée
dans les ténèbres à ceux
qui ibnt droits : Il eft pi-
toïablc, mifcricordieux, 6c
juftc.
5 L'homme' de bien fait
aumône, & prête : Il dif-
j pcnfc fes afaires avec droi-
ture,
6 Même il ne fera jamais
cbrau-
Le^yiUi.jour^ Ljes Ps
ébranlé. Lejuftc fera en mé-
moire perpétuelle.
7 II n'aura peur d'aucun
mauvais raport: Son cœur
eft ferme s'afiïïrant en TE-
ternel.
8 Son cœur eft bien a-
puié 5 il ne craindra point,
jufqua-ce qu'il ait vii en
fes adverfaircs ce qu il dé-
fire.
9 II a répandu, il a
donné aux pauvres: fajuf-
tice demeure à perpétuité :
fa corne fera élevée en
gloire.
10 Le méchant le verra,
& en aura du dépit. Il
grincera les dents, & fe
fondra : le défir des mé-
dians périra.
Laudate pueri, Pf cxiii.
LOiiez ,; vous ferviteurs
de l'Eternel, louez le
Nom de l'Eternel.
2 Le Nom de l'Eternel
foit béni dès maintenant,^:
à toujours.
3 Le Nom de l'Eternel
eft digne de louange, depuis
le folcil levant jufquau fo-
kil couchant.
4 L'Eternel eft éicvépar
delTus toutes les nations, fa
gloire eft par deffus les cicux.
EAUMES, Soir. 431
5 Qui eft femblable à
l'Eternel notre Dieu? le--
quel habite aux lieux très-
hauts : Lequel s'abaifle
pour regarder aux cieux, &
en la terre:
6 Lequel relève le chc-
tif de la poudrci ôc élève
le pauvre du fumier :
7 Pour le faire afleoir
avec les principaux, avec
les principaux, dis- je, de
fon peuple.
8 Lequel donne une fa-
mille à la femme qui étoit
ftérile , la rendant mère
d'enfans, & joïeuie. Loiiez
rEternel.
Prière du Soir.
In exitu Ifrael. Pf. cxiv.
QUand Ifrael fortit d'E-
fc^gyptc, & la maiibn
de Jacob d'avec le peuple
barbare,
2 ]uda devint une chofc
facrée à Dieu, & Ifrael fes
feigneuries.
3 La mer le vit, & s en-
fuît i le Jourdain s'en re-
tourna en arriére.
4 Les montagnes fautè-
rent comme des moutons,
& les coteaux comme des
agneaux.
î
5
Les Pseaumes.
432 Sôïr.
. 5 O mer, qu'avois-tu
pour t'enfuïr? & toi Jour-
dain, pour retourner en ar-
riére \
6 Et vous montagnes,
que vous aiez fauté, comme
des moutons? & vous co-
teaux, commes des agne-
aux?
7 O Terre, tremble pour
la préfence du Seigneur,
pour la préfence du Dieu
çie Jacob :
8 Qui a changé le rocher
^n un étang d'eaux, ôc la
pierre très dure en une
icurce d'eaux.
Non nobisy domine.
Pf. cxv.
On point à nous, ô
Eternel, non point
à nous, mais à ton Nom
donne gloire 5 pour Tamour
de ta gratuité j pour l'amour
de ta vérité.
2 Pourquoi diroient les
nations? Où eft mainte-
nant leur Dieu ?
3 Certes nôtre Dieu eft
aux cieux : il fait tout ce
qu'il lui plait.
4 Leurs dieux font des
dieux dbr & d'argent, un
ouvrage de mains d'homme.
5 Ils ont une bi)uchc, 6c
N
Le k^in.Jmr^û
ne parlent point : ils ont
des yeux, êc ne voient
point:
6 Ils ont des oreilles, &
noient point: ils ont un
nez, & n'en flairent point :
7 Des mains, & n'en
touchent point : des pieds,
& n'en marchent point : &
ils ne rendent aucun fon
de leur gofîer.
8 Que ceux qui les font,
& tous ceux qui s'y affû^
rent, leur foient faits fem*
blables.
9 Ifracl, affûre-toi en l'E-
ternel: car il eft i'aide &
le bouclier de ceux qui s'af-
furent en lui.
10 Maifon d'Aaron, af-
fûrcz-vous en l'Eternel : car
il eft leur aids & leur bou-
clier.
1 1 Vous qui craignes^
l'Eternel, affûrez-vous en
l'Eternel : car il eft leur
aide & leur bouclier.
12 L'Eternel s'eft fou-
venu de nousj il bénira, il
bénira la maifon d'ifraëlj
il bénira la maifon d'Aaron.
I j II bénira ceux qui
craignent l'Eternel, tant les
petits que les grands.
14 L'Eternel ajoutera bé-
nédidion fur vous, fur vous
6c fur vos enfaiis. 1 5
%€ XXIV. jôuf. Les Pseaumes.' Matht, 4.3 f
15 Vous êtes bénis de|& jufte, & notre Dieu fait
rEterneli qui a fait
les
cieux & la terre
1 6 Qiiant aux Cieux, les
Cieux ^ font à rEtcrnel :
mais il a donné la terre
aux enfans des hommes.
17 Les morts, ôc tous
ceux qui defcendent où
Ion ne dit plus mot, ne
loueront point rEternel.
1 8 Mais nous, nous bé-
nirons FEternel dès main-
tenant, 6c à toujours. Lou-
ez l'Eternel.
Prière du Matin.
^ilexiy quoniam. Pf.cxvi.
J'Aime FEternel ; car il
a exaucé ma voix 6c
mes fuplications.
2 Car il a incliné fon
oreille vers moi:c'efl: pour-
quoi je Tinvoquerai durant
mes jours.
3 Les cordeaux de la
mort m'avoient environné,
6c les détreffes du fépulcre
m'avoient rencontré :
4 J'avois rencontré la dé-
trefTc 6c Tennui. Mais j'in-
voquai le Nom de TEtcrnel,
en difant i Je te prie, 6
Eternel, délivre mon ame.
5 UEternel cft pitoïable
uilericordc.
6 UEterncl garde les
fimples: j'étois devenu mi*
ferablc, 6c il m'a lauvé.
7 Mon ame, retourne
en ton repos : car l'Eter-
nel t'a fait du bien.
8 Parce que tu as re-
tiré mon ame de la mort,
mes yeux de pleur, 6c mes
pieds de trébuchemcnt^
9 Je marcherai en la
préfence de l'Eternel dans
la terre des vivans*
10 J'ai cru; c'efl: "pour-
quoi j'ai parié : j'ai été fort
afligé. je difois en ma pré-
cipitation i Tout homme
eft menteur.
1 1 Que rendrai-je à TE*
ternel ? tous fes bienfaits
font fur moi.
12 Je prendrai la"^coupc
des délivrances, 6c j'invo-
querai le Nom de TEter-
nel.. .-"di'H^'^v
13 Je rendrai mainte-
nant mes vœux à TEternel,
devant tout fon peuple.
Toute forte de mort àcs
bicn-aimez de l'Eternel eft
précieufc devant fes yeux.
14 Ouï i 6 Eternel ; c^r
je fuis ton fcrviteur: je fuis
ton fcrviteur, fils de ta fer-
F f vaate;
'4H Matin. Ieô rsÈAÙMÉ^.
vante : tu ais délié mes li-
ens.
15 Je te facrifierai des
facrifices d'adion de grâces j
& j'invoquerai le Nom de
l'Eternel .
16 je rendrai mainte-
nant rncs vœux à l'Eternel,
devant tout fon peuple:
dans les parvis de la mai-
fon de TEternel, au milieu
de toi, Jérufalem. Louez
TEterneL
Laudate T>ominunh
fjC cxvii. : o^
Toutes nations, louez
TEternel: tous peu-
ples, célébrcz-le.
2 Car fa gratuité eft
grande^ fur nous, ôc la véri-
té de TEternel demeure à
toujours. Loiiez fEtcrnel.
Conpemini T>omino.
Pf cxViii.
CElébrcz l'Eternel; car
il eft bon : parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours,
2 Qu'Ifrael dife main-
tenanti que fa gratuité de-
meure à toujours.
3 Que la maifon d'Aa-
ron dife maintenant; que
fa gratuité demeure à toû-j
jours. ]
Le XXIV. jV«^^
4 Qiic ceux qui craig-
nent l'Eternel dîfent main*
tenant 5 que fa gratuité de*
meure à toujours.
5 Me trouvant dans la
détreffe, j'aî invoqué TE-
terne), & l'Eternel m'a ré-
pondu, ôc m'a mis au large.
6 L'Eternel eft pour moij,
je ne craindrai point. Que
me feroit l'hontme ?
7 L'Eternel eft pour moî
entre ceux qui m'aident :
c'eft pourquoi je verrai en
ceux qui me haiffent ce
que je déiire.
8 Mieux vaut fe retiref
vers TEtcrnel, que de saf-
fûrer en l'homme.
9 Mieux vaut fe retirer
vers l'Eternel, que de s af-
fùrer fur les principaux
d*cntre les peuples.
10 Toutes nations ma*
voient environné : mais au
Nom de l'Eternel je les
mettrai en pièces.
11 Ils mavoient envi*
ronné ; ils m'avoient, dis- je,
environné ; mais au Nom
de l'Eternel, je les ai vmi
en pièces.
12 Ils m'avoient envi-
ronné, comme des abeilles :
ils ont été éteints comme
un feu d'épines ; car au
Nou>
Lexxvf.jôurl Les Ps
Nom de rEternd, je les
ai mis en pièces.
1 3 Tu m'avôis rudement
pouffé, pour me faire tré-
bucher: mais l'Eternel m'a
été en aide :
14 UEternel eft ma
force, & le lujet de mon
Cantique; & il a été mon
libérateur.
15 Une voix de chant
de triomphe, & de déli-
vrance retentit dans les ta-
bernacles des juftesi La
droite de TEternel, s'écri-
ent-ils, fait vertu.
16 La droite de TEter-
nel eft haut élevée: la droi^
te de TEternel fait vertu.
17 Je ne mourrai point:
mais je vivrai i & je racon-
terai les faits de rEternel.
18 UEternel m'a châtié
févérement ; mais il ne m'a
point livré à la mort.
19 Ouvrez-moi les por-
tes de juftice ; j'y entrerai,
& je célébrerai rEternel.
20 C'cft ici la porte de
rEternel 5 les juftes y en-
treront.
2 1 Je te célébrerai de ce
que tu m'as exaucé;, & que
tu as été mon libérateur.
zi La Pierre que les é-
difians Aypicnt rejettéc? eft
EAUME^. Matin. 435
devenue le principal du
coin.
23 Ceci a été fait par
rEternel, & a été une cho-
fe merveilieufe devant nos
yeux.
24 C*eft ici k journée
que l'Eternel a faite : é-
gayons-nous, & nous réjou*
ïffons en elle.
25 Eternel, je té prie,
délivre maintenant. Eter-
nel, je te prie, donne main-
tenant profpérité.
26 Béni foit celui qui
vient au Nom de l'Eternel :
Nous vous béniflbns de la
maifon de l'Eternel.
27 L'Eternel eft le Dieu
Fort, & il nous a éclairez.
Liez avec des cordes la bê-
te du facrifice, & amenez-
la jufqu'aux cornes de l'au-
tel.
28 Tu es mon Dieu
Fort 5 c'eft pourquoi je te
célébrerai. Tu es mon
Dieu, je t'exalterai.
29 Célébrez rEternel ;
car il eft bon : parce que
fa gratuité demeure à toÀ-
jours. ■
F f ;55 V'^h
\l6 Soir. Les Pseaùmes." Le %xiv.jouf'\
Prière du Soir.
Seati immaciilati. Pf.cxix.
Bien-heureux font ceux
q'ji font entiers en
leur voie, qui marchent
en la Loi de rEternel.
^ 2 Bicn-iieureux font ceux
qui gardent fes témoig-
nages, & qui le cherchent
de tout leur cœur.
' 3 Qui auiîî ne font point
d'iniquité, & qui marchent
dans fes voies.
4 Tu as ordonné tes
mandcmens, afin qnon les
garde foigneufement.
5 Qif il te plaife, ô Dieu,
que mes voies foient bien
dreffées, pour garder tes
ftatuts.
6 Et je ne rougirai point
de honte, quand je regar-
derai à tous tes co'mman-
demens. '
7 Je te célébrerai avec
droiture ' de cœur, quand
i'aurai apris les ordonnan-
ces de ta juftice.
8 Je veux garder tes fta-
tuts : ne me délaiflc point
du tout.
In qiio corriget ? , ;.
PAr quel moien le jeune
homme rendra - 1 -il
pure fa voie? Ce fera en
y prenant garde félon ta
parole.
2 Je t'ai recherché de
tout mon cœur, ne me fai
point fourvoier de tes corn-
mandcm.ens.
3 J'ai ferré ta parole dans
mon cœur$ afin que je ne
pèche point contre toi.
4 Eternel, tu es béni :
enfeigne|.moi tes ftatuts.
5 J'ai raconté de mes
lèvres toutes les ordonnan-
ces de ta bouche.
6 Je me fuis ré j ouï dans
le chemin de tes témoig^
nages, comme fi j'eufTe eu
toutes les richeffes du mon-
de.
7 Je m'entretiendrai de
tes mandcmens, & je re-
garderai à tes fentiers.
8 Je prens plaifir à tes
ftatuts i & je n'oublierai
point tes paroles.
Rétribue fervo ttio.
F Ai ce bien à ton fer-
viteur, que je vive $ &
je garderai ta parole.
2 Découvre mes yeuxi
t afia
Le XXV. jour. Les Pseaumes. Matin, 437
& je difcourrai de tes mer-
afin que je regarde aux
merveilles de ta Loi.
3 Je fuis voiagcur en la
terre: ne cache point de
moi tes commrdidemens.
I 4 Mon ame eft toute
brifée de rafedion. qu'elle
a de tout temps pour tes
ordonnances.
5 Tu as rudement tancé
les orgueilleux maudits, qui
fe dévoyent de tes com-
mandemens.
6 Ote de defTus moi lo-
probre & le mépris : car
j*ai gardé tes témoignages.
• 7 Même les principaux
fe font aiïis, & ont babil-
lé de moi, pendant que
ton ferviteur s'entretenoit
de tes ftatuts.
8 Auflî tes témoignages
font mes plaifirs, ôc les gens
dç mon confeil.
Adh^fit pavmento,
M On ame eft atachée
à la poudre : fai-
moi revivre félon ta parole.
2 Je t'ai déclaré au long
mes voies, & tu m'as ré-
pondu : enfeigne-moi tes
ftatuts.
3 Fai-moi entendre la
yole de tes commandemens,
veilles.
4 Mon ame s'eft fon-
due d'ennui: relève -moi
félon tes paroles.
5 Eloigne de moi la
voie du menfonge, & me
donne gratuitement ta Loi.
6 ]'ai choifi la voie de '
la vérité 5 & me fuis pro-
pofé tes ordonnances.
7 ]'ai été ataché à tes'
témoignages, ô Eternel ;
ne me fai point rougir de
honte.
8 Je courrai par la voie
de tes commandemcns ,
quand tu auras mis mo4
cœur au large.
Prière du Matin.
Legem pone.
ETernel, enfeigne-moi
la voie de tes ftatuts,
ôc je la garderai jufques au
bout.
2 Donne- moi de l'intel-
ligence 5 & je garderai ta
Loi, & l'obferverai de tout
mon cœur.
3 Fai-moi marcher dans
le fentier de tes comman-
demcns : car j'y prens plaifir,
4 Incline mon cœur à
F f 3 tes
43 s Matin. Les Pseaume5.^
tes témoignages, & non
point au gain deshonnête.
5 Détourne mes yeux
quils ne regardent à la
vanité : fai-moi revivre par
le moien de tes voies.
6 Ratifie ta parole à ton
ferviteur, qui eft adonné à
ta crainte,
7 Ote mon oprobre, le-
quel j'ai craint ; car tes or-
donnances font bonnes.
S Voici, je fuis afedion-
né à tes commandemçns :
fai-moi revivre par ta juf-
tice.
Et ventât fuper me.
ET que tes faveurs vien-
nent fur moi, ô E-
tcrnel, &ta délivrance auf
fi, feion ta parole :
2 Afin que j'aie dcquoi
répondre à celui qui me
fait oprobrç : car je me fuis
affûré en ta parole.
5 Et n'arrache point de
ma bouche la parole de
vérité ; car je me fuis at-
icudu à tes ordonnances,
4 Et je garderai conti-
nuellement ta Loi, à tou-
jours, & à perpétuité.
5 Et je marcherai au
large, parce que j ai recher-
ché tes çonvnaudcaiçns :
Le XXV. jmn
6 Et je parlerai de tes
témoignages devant les
Rois, & ne rougirai point
de honte.
7 Et je prendrai mon
plaifir en tes commande-
mens, que j'ai aimez:
8 Même j élèverai mes
mains vers tes commande-
mçns, que j'ai aimez 5 &
je m'entretiendrai de teî|
ftatuts.
Memor ejio verbi fui,
O Ouvien-toi de la paroN
^ le donnée à ton fer-
viteur, à laquelle tu as fait
que je me fuis atendu.
2 C'eft ici ma confolar
tion dans mon afliûion,
que ta parole m'a remis eu
vie.
3 Les orgueilleux fe font
fort moquez de moi: mais
je ne me fuis point dé*
tourné de ta Loi.
4 Eternel, j'ai eu mé-
moire des jugemens d'an-
cienneté, & me fuis con-
folé en eux.
5 L'horrçur m'a faifi, à
caufe des méchans qui ont
abandonné ta Loi :
6 Tes. ftatuts m'ont été
autant de cantiques de mu-
{îejue, dans la maifon où
j'ai
X^ XXV, jour, l. E s P s
j'ai demeuré comme voia- 1
geun j
7 Eternel, j'ai eu de
nuit mémoire de ton Nom,
& j'ai gardé ta Loi.
8 Cela m'eft arrivé, par-
ce que je gardois tes cgm-
jîiandemens.
^ortio mea.'Domine.
O Eternel, j'ai conclu
que ma portion étoit
de garder tes paroles.
2 Je t ai fuplié de tout
mon cœur: aie pitié de
moi félon ta parole. |
3 J'ai fait le compte
de mes voies, & j'ai rc
brouflé chemin vers tes té
jnoignages.
4 Je me fuis hâté, &
n ai point différé à garder
tQs commandemens.
5 Les bandes des mé^
chans m'ont pillé : mais je
n'ai point oublié ta Loi.
6 Je me lève à minuit
pour te célébrer 5 à caufc
des ordonnances de ta juf-
tiçc.
7 Je m'acompagne de
tous ceux qui te craignent,
& qui gardent tes comman-
^pmens.
* Eternel; la terre eft
EAUMES. Matin. 439
I pleine de ta gratuité; eu-
feigne- moi tes ftatuts.
Bonitatem fecïfii,
ETcrnel, tu as fait du
bien à ton fervitcur
félon ta parole.
2 Enlcignc-moi d'avoir
bon fens & connoiffancc;
car j'ai ajouté foi à tes
commandemens.
3 Avant que je fuffe a-
fîigé, j'allois à travers
champs : mais maintenant
j'obferve ta parole.
4 Tu es bon & bicn-
faifant$ enfeignc-moi tes
ftatuts.
5 Les orgueilleux ont
forgé des faulTetez contre
moi ; mais je garderai de
tout mon coeur tes com^-
mandemens.
6 Leur cœur efl comme
figé de grainfe : mais moi
je prens plaifir en ta Loi.
7 II m'cft bon que j aie
été afligéi afin que j'apren-
ne tes liatuts.
8 La Loi que tu as pro-
noncée de ta bouche, m efl
meilleure que mille pièces
d*or, ou d'argent.
ïf +
PrÏ'
440 Soir, Les
Prière du S o t r
Mamis tuj* feceru7it ru:.
T£s mains mont îm,
& façonné : rcn moi
entendu , afin que j'aprcn-
4;e tes commandemens.
2 Ceux qui te craig-
nent me verront, & fc rc-
jouïronti parce que je me
fuis atendu à ta parole.
3 Je connois, 6 Eternel,
que tes ordonnances ne
font que juftice : & que tu
m'as afligé fuivant ta fidé-
lité.
4 Je te prie, que ta gra-
tuité foit pour me confo-
1er, félon ta parole adrcf-
fée à ton ferviteur.
5 Qiie tes compafTîons
P s E A u M E 57^ Le xxv.y<?//K
entier dans tes ftatuts ; afin
que je ne ro? idife point dç
honte.
jjefecU anima mea.
M
on ame eft déraillie
en atcndant ta dé-
Iivra.oc : je me fuis aten-
du à ta parole,
2 Mes yeux font défail-
lis en atendant ta parolç,
lors que j'?i dit 5 Qiiaiid
me confoleras-m ?
3 Car je fuis devenu
comme un outre mis à la
fumée, 6c je n ai point ou-
blié tes ftatuts.
4 Combien ont à durer
les jours de ton ferviteur >
Quand feras-tu jugement
de ceux qui me pourfui-
vent i*
viennent fur moi, & je vi-r 5 Les orgueilleux mont
vrai ; car ta Loi cil tout
mon plaifïr.
6 Qiie les orgueilleux
rougiilent de honte, de ce
qu'ils m ont renverfé à fauf-
i<is enfcignes : mais moi,
je difcourrai de tes com-
mandemens :
7 Que ceux qui te craig-
nent, 6c ceux qui çonnoif-
hnt tes témoignages, fe
tournent vers moi.
?'Q;^ie qiou cœur foit
creufé des foifes ; ce qui
n'eft pas iclon ta Loi.
6 Tous tes commander
mens ne font que fidélité:
on me perfécute à faulTes
enfeigncs: aide-moi.
7 On m'a prefque ré-
duit à rien, & mis par ter-
re : mais je n'ai point a-
bandonné tes commande-
mens.
8 Fai-moi revivre félon
ta gratuité:, & je garderai
le
r
%e XXV.' joutl Les Pseaumes: Soîr'. 441
le témoignage de ta bou-
che.
In £ternum^ Tiomine.^
O Eternel, ta parole fub-
fifte à toujours dans
les Cieux.
2 Ta fidélité dure d âge
en âge : tu as établi la
terre, & elle demeure fer-
me.
3 Ces chofes fubfiftent
aujourd'hui félon tes or-
donnances : car toutes cho-
fes te fervent.
4 N'eut été que ta Loi
a été tout mon plaifir,
j euiTe déjà péri dans mon
aflidion.
5 Je n'oublierai jamais
tes commandeniens : car
tu m'as fait revivre par
eux.
6 Je fuis à toi, fauve-
moi : car j'ai rechcrchçtes
commandemens.
7 Les méchans m'ont
atendu, pour me faire pé-
rir : mais je me fuis rendu
attentif à tes témoigna-
ges.
8 J'ai vu un bout dans
toutes Jgs chofes les plus
parfaites : mais ton com-
mandement eft d'une très
gn^r^de étendue.
o
^omodo dilexi !
Combien j'aime ta
Loi ! c'eft ce dont je
m'entretiens tout le jour. '
2 Tu m'as rendu plus
fage par tes commande-
mens, que ne font mes
ennemis : parce que tes
commandemens font tou-
jours avec moi.
3 J'ai paffé en prudence
tous ceux qui m'avoient
enfeigné , parce que tes té-
moignages font mon en-
tretien.
4 Je fuis devenu plus
entendu que les anciens i
parce que j'ai obfervé tes
commandemens.
5 J'ai gardé mes pieds
de toute mauvaife voie ; a-
fin que j bbfervaifc ta pa-
role.
6 Je ne me fuis point
détourné de tes ordonnan-
ces i parce que tu me les
as enfeignées.
7 O que ta parole a été
douce à mon palais! plus
douce que le miel à ma
bouche :
8 Je fuis devenu enten-
du par tes commandemens:
ceil pourquoi j'ai haï tou-
te voie de menfonge.
i|42 Matin. LesPseaume^. Le xxvi. jou^
Prière du Matin.
Lucern^ pedibus meis.
TA parole cft une lam-
pe à mon pied, &
ime lumière à jnon içc\3r
tien
2 J'ai juré,& je le tien-
drai, d oblerver \zs ordon-
iiances de ta juftice.
3 Eternel, je fuis ex-
trêmement afligé; fai-moi
rcvivrç félon ta parole.
4 Eternel, je te prie,
aie pour agréables les o-
blations volontaires de ma
touche ; ôc enfeigne-moi
tes ordonnances.
5 Ma vie a été conti-
ïîuëllement en danger : tou-
tefois je n'ai point oublié
ta Loi :
6 Les méchans m'ont
tendu des laqs: toutefois
)e ne me fuis point égaré
de tes commandemens.
7 l'ai pris pour héritage
perpétuel tes témoignages :
car ils font la joie démon
cœur.
8 J'ai incliné mon cœur
à accomplir toujours tes
ftatuti^ j^^^q^çs au bout.
Iniquos odio habuï.
J'Ai eu en haine les pcn-
fées diverfes $ mais j'ai
aimé ta Loi.
2 Tu es ma cachette, &
mon bouclier, je me fuis
^tçndu à ta parole.
3 Méchans, retirez-vous
de moi, & je garderai les
commandemens de mon
Dieu.l
4 Soutien -moi fuivant
ta parole, & je vivrai : &
ne me fai point rougir de
honte en me refufant ce
que j'efpérois.
5 Soûtien-moi, & je fe-
rai en fureté, & j'aurai
continuellement les yeux
fur tes ftatuts.
6 Tu as foulé aux pieds
tous ceux qui fe dévoyent
de tes ftatuts: car leur
tromperie eft menfonge.
7 Tu as réduit à néant
tous les méchans de la ter-
re, comme n'étant qu'é-
cume: çcft pourquoi j'ai
aimé tes témoignages.
8 Ma chair a friflbné à,
caufc de ta fraïeur, & j'ai
craint tes jugcmens.
Feci
ZeyiXviJouK Les Pseaumes, Matin. 443
Feci judiciam.
J*Aî exercé jugement &
juftiçe; ne nVabandon»
ne point à ceux qui me
font tort.
2 Sois le pleîge de ton
fçrviteur pour fon bien, &
ne permets pas que je fois
oprimé par les orgueilleux.
3 Mes yeux lont dé-
faillis, en atendant ta dé-
livrance, & la parole de ta
juftice.
4 Agi envers ton fçrvi-
teur fuivant ta gratuité, &
m'enfeigne tes ftatuts.
5 Je fuis ton ferviteur,
ijren-moi entendu, & je
connoîtrai tes témoigna-
ges.
6 II eft temps que TEter-
nel opère 5 ils ont aboli ta
t-oi.
7 C'eft pourquoi j ai ai-
iné tes commandemens,
plus que l'or 5 même plus
que le fin or.
8 C'eft pourquoi j'ai ef-
timé droits tous les man-
demens que tu donnes de
toutes chofcs; & j'ai eu en
haine toute voie de nien-
JTpngç,
Mirabilia.
TEs témoignages font
des choies mcrveil-
leufes : c'eft pourquoi mon
ame les a gardez.
2 L'entrée de tes paro-
les illumine, & rend les
Jîmples entendus.
5 J'ai ouvert ma bou-
che, ôc j'ai bâaillé : caÉ
j'ai fouhaité t(^s comman-
demens.
4 Regarde-moi, & aie,
pitié de moi, félon que tu
as ordinairement compal-
fion de ceux qui aiment
ton Nom.
5 Afermi mes pas fur
ta parole i & ne fai point
qu'aucun outrage domine
fur moi.
6 Délivre-moi de l'o-
preffion des hommes; afin
que je garde tes comman-
demens.
7 Fai luire ta face fur
ton ferviteur, & m cnfeig-
ne tes ftatuts.
8 Mes yeux fe font
fondus en ruifleaux d'eau >
parce qu'on n obferve point
ta Loi,
Jttjîu^
444. SûJr. Les P s e a u m es. Lé y^^i, jourr
Eternel, & je garderai tes
Jtiftus eSy "Domine,
TU es jufte, ô Eter-
nel, & droit en tes
)ugemens.
2 Tu as ordonné tes
témoignages, comme une
chofe jufte, & Ibuveraine-
ment ferme.
.^5 Mon zèle m'a miné :
parce que mes adverfaires
ont oublié tes paroles.
4 Ta parole cft fouve-
raincment raffinée : c eu
pourquoi ton ferviteur Tai-
me.
5 Je fliis petit & mé-
prilé : toutefois je n oublie
point tes cooiinandemens.
6 Ta juftice eit une juf-
tlce à toujours, & ta Loi
eft la vérité.
7 Dctreiie & angoifle
m'avoicnt rencontré: mais
tes commandemens font
mes plaifirs.
8 Tes ténioienaeres ne
font que juilicc à toujours:
donne-nf en l'intelligence ,•
alin que je vive.
Prière du Soir.
Clamavi i?i toto corde meo.
J'Ai crié de tout mon
coeur, rcpon-moi, ô
ftatuts.
2 J'ai crié vers toi :
fauve-moi, afin que j'ob-«
ferve tes témoignages.
3 J'ai prévenu le point
du jour, & j'ai crié: je
me fois atendu à ta pa-
role.
4 Mes yeux ont préve-
nu les veilles de la nuit
pour méditer ta parole.
5 Ecoute ma voix félon
ta gratuité : 6 Eternel, i?ai-
moi revivre félon ton or-
I donnance.
6 Ceux qui font adon-
nez à des machinations fe
font aprochez j ôc ils fe font
éloignez de ta Loi.
7 Eternel, tu es proche^
6c tous tes commandemens
ne font que vérité.
8 ]'ai connu dès long-
temps touchant tes témoi-
gnages, que tu les as fon-
dez pour toujours.
Vide hmnilitatem. -
REgardc mon afliftion,
& m'en tire hors :
car je n'ai point oublié ta
Loi.
2 Déba ma caufe,^me
tachette: fai-moi revivre
fuivant ta parole.
p^-
%e''%^vn. jouK Les Ps
t " 3 ta délivrance efl loin
'des méchans j parce quils
n'ont point recherclié tes
ftatuts.
rf 4 Tes compaffions font
en grand nombre, ô Eter-
nel : fai-moi revivre félon
tes ordonnances.
5 Ceux qui me perfécu-
|:ent & qui me preffent,
font en grand nombre :
toutefois je ne me fuis
Jpoint détourné de tes té-
^moignages.
6 l'ai regardé ceux qui
fe portent déloialement, &
j'ai été ennuie de ce qu'ils
n'obfervoient point ta pa-
tole.
7 Regarde combien j'ai
•aimé tes commandemens :
Eternel, fai-moi revivre fe-
4on ta gratuité.
8 Le principal point de
ta parole cft la vciité, &
toute l'ordonnance de ta
juftice eft à toujours.
Principes perfecuti funt,
LE S principaux du peu-
ple m'ont perfécuté
fans fujet: mais mon cœur
a été éfraié à caule de ta
parole.
2 Je me réjouis de ta
parole, comme feroit ce-
E A û M £ sr SoîT. 44 j
lui qui auroit trouvé ua
grand butin.
3 J'ai eu en haine &
en abomination le men-
fonge; j'ai aimé ta Loi.
4 Sept fois le jour je te
loue, à caufe des ordon-
nances de ta juftice.
5 II y a grande profpé-
rite pour ceux qui aiment
ta Loi 5 & il n'y a point
d achopement pour eux.
6 Eternel, j'ai efpéré en
ta délivrancci & j'ai fait tes
commandemens.
7 Mon ame a obfervé
tes témoignages, & je les
ai fouverainement aimez.
8 ]'ai obfervé tes com*
man démens ôc tes témoi-
gnages : car toutes mes
voies font devant toi.
Appropinquet deprecatio. .
YT'Lcrnel, que mon cri
JJj ?prochc ùc ta pré-
fcnce; rcn-moi entendu
félon ta parole.
2 Q:e ma fuplication
vienne devant toi; délivre-
moi félon ta parole.
3 Mes lèvres dégorge-
ront ta loiiange, quand tu
m'auras enfeigné tes fta-
tuts.
4 Ma langue ne s'entre-
tiendra
ii.4.é Mdtk. Les Psëaxtmes.
tiendra que de ta parole :
parce que tous tes com-
maiidemens ne font que
juftice.
5 Que ta main me foit
jcn aide: parce que j'ai choi-
fi tes commandcmens.
6 Eternel, j'ai fouhaité
ta délivrance 5 & ta Loi eft
tout mon plaifir*
7 Que mon ame vive,
,afin qu'elle te loue 5 & fai
que tes ordonnances me
/oient en aide.
8 J'ai été égaré com-
pile la brebis perdue: cher-
che ton ferviteur : car je
n'ai point mis en oubli tes
commandemensw
Prière du Matin.
a^d T)ominum. Pf. cxx.
J'Ai invoqué rEtcrnel en
ma grande détreffe, &
il m'a exaucé.
2 Eternel, délivre mon
ame des fauffcs lèvres, &
de la langue qui n'eft que
tromperie.
3 Que te donnera, &
te profitera la langue trom-
pcufe? Ce font des flè-
ches aiguës tirées par un
homme puiilant, 6c des
charbons de genèvre.
4 Hclas! Que je fuià
miferable de féjourncr en
Méfec, & de demeurer aux
tentes de Kédar !
5 Qiie mon ame ait
tant demeuré avec celui qui
hait la paix.
6 Je fuis un homrrle de
paix : mais lors que j'en
parle, les voilà à la guerre.
Levavi oculos. Pf. cxxx.
J'Elève mes yeux vers
les montagnes d'où me
viendra le fccours.
2 Mon fecours vient de
rEternel, qui a fait les
cieux & la terre*
3 II ne permettra point
que ton pied foit ébranlé :
celui qui te garde ne fom*
meillera point.
4 Voilà, celui qui gar-
de Ifraël ne fommeillera
point, & ne s'endormira
point.
5 L'Eternel eft celui qui
te garde: TEternel eft ton
ombre, il eft à ta majin
droite,
6 Le foleil ne donnera
point fur toi, de jour 5 ni
la lune, de nuit.
7 L'Eternel te gardera
de tout mal, il gardera ton
ame.
%eT^yti\.jôuf\ Les P
8 UEternel gardera ton
îiïuê & ton entrée, dès
inaintenant & à toujours.
Latatus fum, Pf.cxxii.
JE me fuis réjoui àcaufc
de ceux qui me difoi-
cnt i Nous irons à la mai-
ion de rEternel.
z Nos pieds fe font a-
tètez en tes portes, ô Jé-
|:ufalem.
3 Jérufalem, qui es bâ-
tie, comme une ville qui
s'entretient bien enfemble:
4 En laquelle montent
les Tribus, les Tribus de
TEternel : ce qui eft un té-
moignage à Ifraël, pour cé-
lébrer le Nom de FEter-
fiel.
5 Car c*eft là qu'ont été
pofez les iîéges pour juger:
les fiéges, dis- je, de la mai-
fon de David.
6 Priez pour la paix de
Jérufalem : que ceux qui
i aiment, aient profpérité. ■
7 Qiie la paix foit à ton
avant-mur, & la profpé-
rité dans tes palais.
8 Pour Tamour de mes
frères & de mes amis, je
prierai maintenant pour ta
jpaix.
9 A caufe de la maifon
s E A u M E s. Matin. A-^-t
de TEternel nôtre Dieu jq
procurerai ton bien.
jid te levavi oculos^
Pf CXXIII.
J'Elève mes yeux àtoi, quî^
habites dans les cieux-
2 Voici, comme les yeux
des ferviteurs regardent à
la main de leurs maîtres %
ôc comme les yeux de la
fervante regardent à la
main de fa maitreffe: ain-
Ci nos yeux regardent à TE»
terncl nôtre Dieu, jufqu'à-
ce qu'il ait pitié de nous.
3 Aie pitié de nous, d,
Eternelj aie pitié de nous :
car nous avons eu tout
nôtre foui de mépris.
4 Nôtre ame eft entiè-
rement foulée de la mo-
querie de ceux qui font à.
leur aife, & du mépris des
orgueilleux.
iVV/f, quia Dominus^
Pf cxxiv.
N'Eut été l'Eternel, qui
a été pour nous, dife
maintenant Ifraël:
2 N'eut été rEternel,'
qui a été pour nous, quand
les hommes, fe font élevez
contre nous,
3 Ils nous eulTcnt dès
Ilors engloutie tous vifs : pen-
dant
44 s Soif. Lés
dant que leur colère étoit
enflammée contre nous.
4 Dès lors les eaux fe
fuffent débordées fur nou5,
un torrent eut pafle fur
nôtre amê.
5 Dès lors les eaux en-
flées fuflent paflees fur nô-
tre ame.
6 Béni foit TEternel, qui
ne nous a point livrez en
proie à leurs dents.
7 Nôtre ame eft échap-
pée, comme loifeau du
laqs des oifcleurs : le laqs
a été rompu, & nous fom-
m^es échappez.
8 Nôtre aide foît au
Nom de TEternel, qui a
fait les cieux 6c la terre.
'^i confidunt. Pf cxx v.
CEux qui fe confient
en TEtcrnel font com-
me la montagne de Sion,
qui ne peut être ébranlée,
& qui fe maintient à tou-
jours.
2 Quant à Jérufalem, il
y a des montagnes à l'en-
tour d'elle, & l'Eternel eil
à lentour de fon peuple,
dès maintenant & à tou-
jours.
3 Car la verge de la
méchanceté ne repofera
P S E A u M E f. Le XX VIL jouh
point fur Je lot des juftcs:
de peur que Its juftes m
mettent leurs mains à l'ini-
quité.
4 Eternel, fax du bien
aux bons, & a ceux qui
font droits en leurs cœurs,
5 Mais quant à ceux
qui tordent leurs fentiers
obliques, TEternel les fera
marcher avec Its ouvriers
d'iniquité. La paix fera,
fur IfraëL 1
Prière du Soir.'
In convertendo. Pf cxxvi^
QUand TEtcrnel ramena
^les captifs de Sion,
nous étions comme ceux
qui fongent.
2 Alors nôtre bouche
fut remplie de ris, & nôtre
langue de chant de triom-
phe.
3 Alors on difoit par-
mi les nations 5 L'Eternel
a fait de grandes chofcs à
ceux-ci.
4 L'Eternel nous a fait
de grandes chofcs : nous
en avons été véjouïs.
5 O Eternel ramène nos
priibnniers, en forte qu ils
ibient comme les courans
des eaux au païs du Midi.
Le xxvn.jour. Les P s e a u m e s.
6 Ceux qui sèment avec
larmes, moilïbnncront avec
chant de triomphe.
7 Celui qui porte la fe-
mence pour la mettre en
terre, ira fon chemin en
pleurant : mais il reviendra
avec chant de triomphe,
quand il portera ks
bes.
gcr-
NifiT^ominus. Pf. cxxvii.
SI rEternel ne bâtit la
maifon, ceux qui la
bâtiflcnt, y travaillent en
vain :
2 Si rEternel ne garde
la ville, celui qui la garde,
fait le guet en vain.
l C'eft en vainque vous
vous levez de grand matin,
que vous vous couchez tard,
& que vous mangez le
pain de douleurs: certes
c'eft Dieu qui donne du
repos à celui qu'il aime.
4 Voici, les enfans font
un héritage donné par l'E-
ternel : & le fruit du ven-
tre eft une recompeufe de
Dieu.
5 Telles que font les
flèches en la main d'un
homme puiflant, tels font
les fils d'un père qui eft
dans la Çcur de fon âge.
Soir. 449
6 O que bicn-hcureux eft
l'homme qui en a rempli
fa trouffe! des hommes
comme ceux-là ne rousi-
ront point de honte, quand
ils parleront avec leurs en-
nemis à la porte.
Beati omnes.
B
Pf Cxxviir.
Icn-heureux eft quicon-
que craint l'Eternel,
& marche dans fes voies.
2 Car tu mangeras du
travail de tes mains : tu fe-
ras bien-heureux, 6c tu prof-
péreras.
3 Ta femme fera dans
ta maifon, comme une vi-
gne abondante en fruit :
4 Et tes enfans feront
autour de ta table, comme
des plantes d'oliviers.
5 Voici , certainement
ainfi fera béni le perfon-
nage qui craint l'Eternel.
6 L'Eternel te bénira de
Sion; & tu verras le bien
de Jérufalem tous les jours
de ta vie.
7 Et tu verras des en-
fans à tes enfans. La paij
fera fur Ifrael.
g
S^pe
45 Soir. Les Pseaumes. Le xxvn.jomi
')i i O ? vous : nous vous bénifîbns
S4?J>e expignarunt.
Pf. cxxix.
Q
.Ulfracl dife mainte-
nant : Ils m'ont Ibu-
vcnt tourmenté dès ma
jeuneffe.
2 Us m ont fouvent tour-
menté dès ma jeuneflci
toutefois ils n'ont point
encore eu le dcffus contre
moi.
3 Des laboureurs ont la-
bouré fur mon dos, ils y
ont tiré tout au long leurs
'filions.
4L'Eternel cft jufte 5 il a
coupé les cordes des mé-
dians.
^ 5 Tous ceux qui ont
Sion en haine, rougiront
de honte, 6c feront rcpouf-
fez en arriére.
6 lis feront comme Thcr-
be des toits, qui eil sèche
avant qu'elle monte en
tuyau.
7 De laquelle le moif-
fonneur ne remplit point
fa main, ni celui qui cueil-
le les javelles ncn remplit
point fes bras :
8 Et dont les paiTans ne
diront point; La bénédic-
tion de l'Eternel foit lur
au Nom de l'Eternel, juiji
T>e profundis. Pf. cxxx;''
O Eternel, je t'invoque
des lieux profonds.
Seigneur, écoute ma voix :
2 Qiie tes oreilles foient
atentives a la voix de mes
fuplications.
3 O Eternel, fî tu prens
garde aux iniquitez, Sei-
gneur, qui eft-ce qui fut^
fiftera?
4 Mais il y a pardon par
devers toi$ afin que tu fois
craint, i hin. ■
5 J'ai atendu l'Eternel:
mon ame Ta atendu, &
) ai eu mon atente en fa
parole. ^ "i
6 Mon ame atend le
Seigneur plus que les Ccn-
tinclles n'atendent le ma-
tin ; plus que les fentinel-
Ics n'atendent le matin.
7 Ifiraël, aten-toi à l'E- \
ternel : car il y a gratuité
par devers rEternel, & il
y à rédemption en abon-
dance par devers lui.
8 Et lui même rachct-
tcra Ifraël de toutes ks
iniquitez.
"Dû
Lexxviu.jour. Les Pseaumes
domine non eft^ Pf.cxxxi.
O Eternel, mon cœur
ne s'eft point élevé:
6c mes yeux ne fe font
point hauffez.
2 Et je nai point mar-
ché en des chofes grandes
&'merveilleufes au deffus de
ma portée.
3 Si je n'ai rangé & tenu
coi mon cœur, comme ce-
lui qui eft fevré fait envers
fa mère $ & fi mon cœur
n eft en moi, comme celui
qui eft fevré, que je fois
rejette de toi.
4 Ifraël, aten-toi à l'E-
ternel dès maintenant & à
toujours.
Prière du Matin.
MementOy "Domine,
Pf. CXXXII.
O Eternel, aie mémoire
de David, & de toute
fon aflidion.
2 Lequel a juré à l'E-
ternel, & fait vœu au Puif-
fant de Jacob, en difant 5
3 Si j'entre au Taberna-
cle de ma maifon, & fi je
monte fur le lit de ma
couche :
4 Si je donne du fom-
Matin. 451
mcil a mes yeux ; fi je
laiiie fommeiller mes pau-
pières 5
5 Jufqua-ce que j'aurai
trouvé un lieu à l'Eternel,
& des pavillons pour le
Puiflant de Jacob.
6 Voici, nous avons ouï
parler d'elle vers Ephrat,
nous l'avons trouvée aux
champs de Jahan
7 Nous entrerons dans
fes pavillons, & nous nous
profternerons devant fon
marchepied.
8 Lève toi, ô Eternel,
pour venir en ton repos,
Toi, & l'Arche de ta force*
9 Que tes Sacrificateurs
foient revêtus de la juAice^
(5c que tes bien-aimez chan-
tent de joie.
10 Pour l'amour de Da-
vid ton ferviteur, ne fai
point que ton Oint tour-
ne vifage en arriére.
1 1 L'Eternel a juré la
vérité à David, & il ne
s'en détournera point, di-
fant i
12 Je mettrai du fruit
de ton ventre fur ton trône*
1 3 Si tes enfans gardent
mon alliance, & mon té-
moignage, que je leur eiî-
jfeignerai, leurs fils aufli
G g 2 fc-
'4-5 2» Matin, Les Pseaûmès. Le xxviii, Jour,
feront aflîs à perpétuité fur & qui découle fur le bord
ton trône. de fes vêtcmens ;
14 Car rEtcrncl a choi- 3 Et comme la rofée de
fi Sion; il Fa eue à gré Hcrmon, & comme celle
pour fon fiége. qui dcfcend fur les mon-
15 Elle eft, dit-il, mon
repos à perpétuité : j'y de-
meurerai, parce que je Tai
eue à gré.
16 ]e bénirai abondam-
ment les vivres > je raffafi-
erai de pain fes pauvres.
17 Et je revêtirai fes
Sacrificateurs de délivrance^
& fes bien-aimcz chante-
ront de joie tant & plus.
18 Je ferai qu'en elle
germera une corne à Da-
vid ; je préparerai une
lampe à mon Oint.
19 Je revêtirai de honte
fes ennemis: & fon diadè-
me fleurira fur lui.
Ecce, quam homtm.
Pf cxxxiii.
Voici, ô que c'efl une
choie bonuQ, & que
ccft une chofe agréable,
que les frères s'entretien-
nent 5 qu'ils s'entretiennent,
dis je, cnfemble!
2 Ccft comme cette
huile précieufc, répandue
fur la tête, laquelle décou-
le fur la barbe d'Aaron,
tagnes de Sion :
4 Car c eft là que TEter-
ncl a ordonné la bénédic-
tion & la vie, à toujours.
Ecce nunc. Pf cxxxiv.
Voici, béniffez l'Eter-
nel, vous tous les
ferviteurs de l'Eternel.
2 Qui afliftez toutes les
nuits dans la maifon de TE-
ternel.
3 Elevez vos mains
dans le Sanftuaire 5 & bé-
niffez l'Eternel.
4 L'Eternel qui a fait
les cicux: & la terre, te
béniffe de Sion.
Laudate7îomen, Pf cxxxv.
T Oiiez^ le Nom de l'E-
i j ternel: vous fervi-
teurs de l'Eternel, loiiez-lc.
2 Vous qui affiftez en
la maifon de l'Eternel, aux
parvis de la maifon de nô-
tre Dieu,
3 Loiicz l'Eternel: car
l'Eternel eft bon : pfalmo-
diez- à fon Nom : car il eft
agréable.
Ç^xxvïii.jWr. Les Ps
4 Car l'Eternel s'eft
choifi Jacob & Ifraël pour
fou plus précieux joyau.
5 Certaincmcnr, je iai
que rEtcrncl eft grand, &
que nôtre Seigneur eft au
deflus de tous les dieux.
6 UEternel fait tout ce
qu il lui plait dans les cieux
& fur la terre, dans la
mer, ôc dans tous les abî-
mes.
7 C'eft lui qui fait mon-
ter les vapeurs du bout de
la terre : il fait les éclairs
pour Ja pluie , il tire le
vent hors de fes tréfors.
8 Ceft lui qui a frapé
les premiers-nez d'Egypte,
tant des hommes que des
bêtes;
9 Qui a envoie des pro-
diges & des miracles au
milieu de toi, ô Egypte,
contre Pharaon 5 & contre
tous fes fervitcurs.
10 Qiii a frapé pkifieurs
nations, ôc tué les puif-
fans Rois,
1 1 Savoir, Sihon le Roi
4es Amorrhécns, & Hog
le Roi de Bafan, & ceux
4e tous les Roiaumes de
Canaan ;
\z Et qui a donné leur
païs en héritage j çi\ Uévi-
E A u M E s^- Mat m, 45 3
tage, dis- je, à Ifraël fon.
peuple.
1 3 Eternel, ton renom
eft à toujours : Eternel, la
mémoire qu'on a de toi
eft d'âii;e-en-â2;e.
14 Car l'Eternel jugera
fon peuple, & fc repenti-
ra, à l'égard de fes fervi-
tcurs.
1 5 Les faux dieux des
nations ne font que de l'or
& de l'argent, un ouvrage
de mains dliomme.
16 Ils ont une bouche,
& ne parlent point : ils
ont des yeux, §c ne voient
point.
17 Ils ont des oreilles,
ôc n'entendent point : il
n'y a poiiu aulli de fouflç.
dans leur bouche.
1 8 Qiie ceux qui les
font, (5c tous ceux qui s'y
aftûrcnt, leur foient faits
femblabics,
19 Maifon d'ifraél, bé-^
nifîcz l'Eternel :^ maifom
d'Aaron, bénillez rEteruel.
20 Maiion des Lévites,
bcniflcz i'Etcrncl : vous qui
craignez rEtcrncl, béniflcz.
l'Eternel.
2 1 i^cui foit de Sion
rEtcrncl qui habite dans
Jérufalem. Loiicz l'Eternel,
C ii
Ph>
'454 Soir. Les P«ea
Prière du Soir.
Confite mini. Pf. cxxxvi.
CElébrez TEtcrnel : car
il eft bon : parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
2 Célébrez le Dieu des
dieux: parce que fa gra-
tuité demeure à toujours :
3 Célébrez le Seigneur
des Seigneurs ; parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
4 Célébrez celui qui
feul fait de grandes mer-
veilles : parce que fa gra-
tuité demeure à toujours.
5 Celui qui a fait avec
intelligence les Cieux : par-
ce que fa gratuité demeure
à toujours.
6 Celui qui a étendu la
terre fur les eaux : parce
que fa gratuité demeure à
toiijours.
7 Celui qui a fait les
grands luminaires : parce
que fa gratuité demeure à
toujours ;
8 Le foleil pour avoir
féigneuric fur le jour : par-
ce que fa gratuité demeu-
re à toujours,
9 La lune & les étoiles
u M E s. Le xxvm. jour.
pour avoir domination fur
la nuit : parce que fa gra-
tuité demeure à toujours.
10 Celui qui a frapé TE-
gypte en leurs premiers-
nez : parce que fa gratui-
té demeure à toujours. -^
11 Et qui a fait fortir
Ifraël du milieu d'eux : par-
ce que fa gratuité demeure
à toujours.
12 Et cela avec main
forte & bras étendu: par-
ce que fa gratuité demeure
à toiijours.
13 Lequel a fendu la
mer rouge en deux : par-
ce que fa gratuité demeure
à toujours.
14 Et a fait paffer Ifraël
par le milieu d'elle : parce
que fa gratuité demeure à
toujours.
15 Et a renverfé Pha-
raon & fon armée dans la
mer rouge : parce que fa
gratuité demeure à tou-
jours.
1 6 Lequel a conduit fon
peuple par le défcrt : par-
ce que fa gratuité demeure
à toujours.
17 Lequel a frapé les
grands Rois: parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
18
£^ •Kxyui.jûur.
" i8 Et a tué
magnifiques: parce que fa
gratuité demeure à tou-
jours.
19 Savoir, Sihon Roi
des Amorriiécns : parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
20 Et Hog Roi de Ba-
fan: parce que fa gratuité
demeure à toujours.
21 Et a donné leur pais
en héritage : parce que fa
gratuité demeure à tou-
jours.
22 En héritage à Ifraël
fon ferviteur : parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
2 3 Et qui, lors que nous
étions bien bas, s'eft fou-
venu de nous: parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
24 Et nous a délivré de
la main de nos adverfaires:
parce que fa gratuité de-
meure à toujours.
25 Et il donne la nou-
riture a toute chair : parce
que fa gratuité demeure à
toujours.
26 Célébrez le Dieu
Fort des Cieux : parce que
fa gratuité demeure à tou-
jours.
Les Pseaumes
les Rois
Soir. 45 S
Sîiper jlumina, Pf. cxxxvii,
NOus nous fommes af-
lis auprès des fleuves
de Eabylone^ & nous y
avons pleuré, nous fouve-
nant de S ion.
2 Nous avons pendu nos
harpes aux faules, au mi-
lieu d'elle.
3 Quand ceux qui nous
avoient emmenez prifon-
nicrs, nous ont demandé
des paroles de Cantique,
& de les réjouir de nos
harpes que nous avions
pendues, en nous difant;
Chantez-nous quelque cho-
ie des Cantiques de Sion,
nous avons répondu;
4 Comment chanterions-
nous les Cantiques de TE-
ternel dans une terre d e-
traivjcrs )
5 Si je t'oublie, Jcrufa-
km, que ma droite s'ou-
blie elle-même.
6 Qiie ma langue foit
a tachée à mon palais^ fi je
ne me fouvicns de toi, ôc
fi je ne fais de Jérufalem
le principal chef de ma ré-
jouïfiancc.
7 O Eternel, fouvien-
toi des enfans d'Edom, qui
en la journée de Jérufa-
Gg 4 km
ï.5<5 Matin. Les Pseaumes
1cm, difoicntj Découvrez,
découvrez jufqua fes fon-
demens.
8 Fille de Babylone, qui
vas être détruite, heureux
celui qui te rendra la pa-
reille de ce que tu nous as
fait.
9 Heureux celui qui fai-
fîra tes petits enfans, & qui
les froiflcra contre les pi-
erres.
Confit ehor //^/.Pf.cxxxviii.
JE te célébrerai de tout
mon cœur ; je te pfal-
modicrai en la préfence
des Souverains.
2 Je me profternerai
dans le palais de ta Sain-
teté 5 & je célébrerai ton
Nom pour Tamour de ta
gratuité, & de ta vérité :
car tu as magnifié ta paro-
le au defllis de toute ta
renommée.
3 Au jour que j'ai crié
tu m as exaucé : & tu m'as
fortifié d'une nouvelle for-
ce en mon amc.
4 Eternel, tous les Rois
de la terre te célébreront,
quand ils auront ouï les pa-
roles de ta bouche. :
Le ^%i%,jour.
5 Et ils chanteront les
voies de l'Eternel: car la
2;loire de l'Eternel eft gran-
de.
6 Car l'Eternel eft haut
élevé i & il voit les chofes
balles i & il connoit de
loin les chofes élevées.
7 Si je marche au mi-
lieu de l'advcrlîté; tu me
vivifieras^ tu avanceras ta
main contre la colère de
mes ennemis : & ta droite
me délivrera.
8 L'Eternel achèvera ce
qui me concerne. Eterne/,
ta gratuité demeure a tou-
jours : tu n'abandonneras
point l'œuvre de tes mains.
Prière du Matin.
"Domine, probafti me.
Pf. cxxxix.
ETcrnel, tu m'as fondé,
& tu m'as connu. Tu
connois quand je m'alTîcds
& quand je me lève; tu
aperçois de loin ma pen-
féc.
2 Tu m'enccins, foit
que je marche, 'foit que je
m'arrête 5 ôc tu as acoû-
tumé toutes mes voies.
3 Même avant que la
Xf^ xxîx. Jour. Les P
parole foit fur ma langue,
voici, ô Eternel, tu con-
nois déjà le tout :
4 Tu me tiens ferré par
derrière, & par devant 5 ôc
tu as mis fur moi ta main,
5 Ta fience eft trop
merveillcufe pour moi^ &
elle eft fi haut élevée, que
je ny faurois atcindre.
6 Où irai- je loin de ton
Efprit > ôc où fuir ai- je loin
de ta face?
7 Si je monte aux cieux,
tu y es 5 fi je me couche
au fépulcre, t'y voilà.
8 Si je prcns les aîlcs
de Taube du jour, ôc que
je me loge au bout de la
mer :
9 Là même ta main me
conduira, & ta droite m'y
faifira.
10 Si je dis ; Au moins
les ténèbres me couvriront :
la nuit même fera une lu-
mière tout autour de moi.
11 Même les ténèbres
ne me cacheront point à
toij & la nuit rcfplendira
comme le jour, ôc les té-
nèbres comme la lumière.
12 Or tu as poffedé mes
reins dès lors, que tu m'as
cnvclopè au ventre de ma
mère.
s E A u M E s. Matin, ^$7
13 Je te célébrerai de
ce que j'ai été fait d'une fî
étrange & fi admirable ma-
nière : tes oeuvres font mer-
vcilleufesi &, mon ame le
connoît très bien.
14 L'agencement de mes
os, ne ta point été caché,
lors que j'ai été fait en un
lieu fecret, & façonné com-
me de broderie dans les bas
lieux de la terre.
1 5 Tes yeux m ont vii
quand j'étois comme un
peloton 5 ôc toutes ces cho-
ies s'écrivoicnt dans ton
livre aux jours quelles fc
formoicnt, même lors qu'il
n'y en avoit encore aucune.
16 C'eft pourquoi, o
Dieu Fort, combien me
font précieufes les confidc-
rations que j'ai de tes faits,
ôc combien font grandes
leurs fommesî
17 Les veux-je nombrer?
elles font en plus grand
nombre que le fablon. Suis-
je réveillé } je fuis encore
avec toi.
18 O Dieu, ne tueras-
tu pas le méchant > ç'cfl
pourquoi, hommes fangui-
nairçs, retirez-vous loin de
moi.
19 Car ils ont parlé de
3 Wh
Les P s e a u m e5.
45 8 Matin'.
toi, en penfant 'à quelque
ihéchanceté: ils ont élevé
tes ennemis en mentant.
20 Eternel, naurois-jc
point en haine ceux qui te
haïffent ; & ne ferois-je
point irrité contre ceux qui
s'élèvent contre toi ?
' 2 1 Je les ai haïs d'une
parfaite haine ; ils m'ont
été pour ennemis.
22 O Dieu Fort, fonde-
moi, & confidère mon
cœur ; éprouve-moi, & con
Tidère mes difcours.
' 23 Et regarde s'il y a en
moi aucun deflcin de mo-
Icfter autrui : & condui-
moi parla voie du monde.
Eripe me, domine. VCcxl.
ETerncl, délivre- umi de
riiomme méchant :
garde-moi de l'homme ou-
trage ux.
2 Ils ont penfé des maux
en leur cœur : ils ailem-
blent tous les Jours des
combats.
3 Ils afilcnt leur langue
■comme un ferpent : il y a
du venin de vipères fous
leurs lèvres :
4 Eternel, garde-moi de3
mains du méchant, pré-
fervc-moi de Thommc ou-
Le XXIX, Jour*
trageux, & de ceux qui ont
machiné de me heurter
pour me faire tomber.
5 Les orgueilleux m'ont
caché le laqs, & ils ont
tendu avec des cordes uii
rets à l'endroit de mon
paflage, ils m'ont mis des
trébucher s.
6 J'ai dit à l'Eternel 5
Tu es mon Dieu Fort : E-
ternel, prête l'oreille à la
voix de mes fuplications.
7 O Eternel, Seigneur,
la force de mon falut, tu
as couvert de toutes parts
ma tête au jour de la ba-
taille.
8 Eternel, n'acorde point
au méchant fes fouhaits ;
ne fai point que fa pen-
fée aie ion effet : ils s'élè-
vcroient.
9 Quant aux principaux
de ceux qui m aj[riégent,que
la peine de leurs lèvres les
couvre.
I o Que des charbons em-
brafcz tombent fur eux:
qu'il les faffe tomber au
feu, & dans des foliés pro-
fondes, fans qu'ils fe relè-
vent.
II Qiie rhomme mé-
difant ne foit point afermi
en la terre : & quant à
i'hom".
Le myiiyi.jour.
rhommc outrageaux &
mauvais, qu'on chaffc a-
près lui jufqu à ce qu il foit
exterminé.
12 Je fai que TEtcrnel
fera juftice à Tafligé, &
droit aux miferables.
13 Quoi qu'il en foit,
les juftes célébreront ton
Nom: & les hommes droits
habiteront devant ta face.
^ominey clamavi.
Pf. CXLI.
ETernel, je t'invoque;
hâte-toi de venir vers
moi: prête loreille à ma
voix lors que je crie à toi.
2 Que ma requête foit
adreffée devant toi, com-
me le parfum : 6c leléva-
tion de mes mains, comme
loblation du foir.
3 Eternel, mets une gar-
de en ma bouche : garde
le guichet de mes lèvres.
4 Nlncline point mon
cœur à des chofcs mau-
Les Ps eaumes
Matin. 459
telle 5 ce me fera une gra-
tuité : & qu'il me répri-
mande 5 ce me fera un.
baume excellent : il ne bief-
fera point ma tête : car
même encore ma requête
fera pour eux en leurs car^
lamitez.
6 Quand leurs gouver-
neurs auront été précipi-
tez parmi des rochers j a-
lors on entendra que mes
paroles font agréables,
7 Nos os font épars près
de la gueule du fépulcre,
comme quand quelqu'un
coupe & fend le bois qui
cft par terre.
8 C'cft pourquoi, ô E-
ternel;, Seigneur, mes yeux
font vers toi: je me fuis
retiré vers toij ne deftitué
point mon ame.
9 Garde -moi du laqs
qu'ils mont tendu, & des
trébuchets des ouvriers d'i-
niquité.
10 Que tous les médians
vaifesi tellement que jcjtombent chacun dans ion
commette quelques mé-
chantes adions par malice,
avec les hommes ouvriers
d'iniquité: & que je ne
mange point de leurs dé-
lices.
> Qiie le jufte me niar-
filet, jufqu'i ce que je fois
paffé.
Pal-
4.60. Soir. L E S P ^ E A u M E s. Le xxix. jour,
de prifon; afin que je célé-
Pr 1ERE DU Soir.
Voce tneay ad "Dominmn.
Pf. CXLII.
j
brc ton Nom : les juftes
viendront autour de moi,
parce que tu m'auras fait
ce bien.
E crie de nia voix à
l'Eternel: je fuplie de
ilia voix rEtcrnel.
2 J'épans devant lui ma
complainte : je déclare mon
angoiffe devam lui.
3 Qiiand mon efprit Vefi:
pâmé en moi, alors tu as
connu mon fcntier. Ils
m'ont caché un laqs au
chemin par lequel je mar-
chois.
4 |e contemplois à ma
droite, ôc je regardois; 6c
il n'y avoir pcrfonnc qui
me reconnût»
5 Tout refuge me man-
quoit, & il n'y avoit per-
foi;ine qui eut foin de mon
ame.
6 Eternel, >e me fuis é-
crié vers toi : j'ai dit j Tu
es ma retraite & ma por-
tion en la terre des vivans.
7 Sois atentif à mon cri,
car je fuis devenu fort chc-
tif:
8 Délivre-moi de ceux
qui me pourfuivent : car ils
font plus puiffans que moi
9 Tire mon ame hors
E
"Domine^ exaudi PfcxLiir,
Ternel, écoute ma re-
quête, prête foreillc
à mes fuplications , fui-
vant ta fidélité; répon-moi
à caufe de ta jufticc.
2 Et n'entre point en
jugement avec ton fervi-
teur : car nul homme vi-
vant ne fera juftifié devant
toi.
3 Car l'ennj^mi pourfuit
mon ame: il a foulé ma
vie par terre : il m'a mis
aux lieux ténébreux, com-
me ceux qui font morts
depuis long temps.
4 Et mon efprit fe pâme
en moi; mon cœur eft dé-
folé au dedans de moi.
5 II me fouvient des
jours anciens : je médite
tous tes faitsi ôc je difcours
àcs œuvres de tes mains.
6j'étcnsmcs mains vers
toi : mon ame eft envers
toi comme une terre alté-
rée:
7 O Eternel, hâte-toi^
régpn-mpi : l'clprit me dé-
fout .
Le XXX. jour. Lès Vs
faiit : ne cache point ta face
arriére de moi 5 tellement
que je devienne fcmblable
à ceux qui defccndent en
la foffe.
8 Pai-moi ouïr des k
matin ta gratuité 5 car je
ftiè fuis ailuré en toi : fai-
moi cônnoîtrc le chemin
par lequel j'ai à marcher :
car j'ai élevé mon cœur
vers toi.
9 Eternel, délivre-moi de
mes ennemis 5 car je me
fuis caché vers toi.
10 Enfeignc-moi à faire
ta volonté : car tu es mon
Dieu : que ton bon Efprit
me conduife comme par
un païs uni.
11 Eternel, ren-moi la
vie pour Tamour de ton
Nom; retire mon ame de
la détreffe, à caufe de ta
juftice.
12 Et félon ta gratuité
retranche mes ennemis: &
détrui tous ceux qui tien-
nent mon ame ferrée; par-
ce que je fuis ton fcrvi-
tcur.
E A u M E s. Matin. 4<st
Prière du Matin.
BenediEîus T)ominus. ^
Pf. CXLIV.
BEni foit rEtetnel, mon
rocher, qui drefle mes
mains au combat, & mes
doigts à la bataille.
2 Qui déployé fa gratuité
envers moi, qui eft ma for-
tereflc, ma haute retraite,
mon libérateur j c'eft mon
bouclier; & je me fuis re-
tiré vers lui : il range mon
peuple fous moi.
3 O Eternel, qu'cft-ce
que de rhommc, que tu
aies foin de lui ? du fils de
l'homme mortel, que tu
en tiennes compte ?
4 L'homme cft fcmbla-
ble à la vanité; fcs jours
font comme une ombre
qui paife.
5 Eternel, abaifle tes
cieux, & defccn : touche
les montagnes, & quelles
[fument.
6 Lance l'éclair, 6c les
diflîpe: décoche tes flèches,
& les mets en déroute.
7 Eten tes mains dcn-
haut: fauve-moi, & me dé-
livre des groÛes eaux, de la
main des enfans de l'étran-
ger: 8
4-6 z Matin. Les Pse
8 La bouche defquels
profère menfongc : & la
droite defquels cft une
droite pleine de fauffeté.
9 O Dieu, je te chante-
rai un nouveau Cantique :
')c te pfalmodierai fur la
mufette, ôc avec Tinflru-
ment a dix cordes.
10 C'eft lui qui envoie
la délivrance aux Rois; &
qui délivre de lepée dan-
gereufc David fon fervi-
teur.
1 1 Retire-moi, ôc me dé-
livre de la main des cn-
fans de Tétranger > def-
cjucls la bouche profère
menfonge, & la droite def-
quels eft une droite pleine
de fauflctc :
1 2 Afin que nos fils foi-
ent comme des jeunes
plantes, croiffant en leur
jeuneffc : & nos filles, com-
me les cncoisinures entai 1-
lées a la façon d'un pa-
lais :
13 Qiie nos dépenfcs
foient pleines, fourniflant
toute cfpccc de provifion :
que nos troupeaux multi-
plient par milliers, même
par dix milliers dans nos
rues,
.h In:'
A u M E S. Le XXX. jour*
14 Que nos bœufs foi-
ent d'une corpulence bien
ramaffée. Qu'il n'y ait au-
cun qui donne l'allaut, ni
qui faffe fortie, & qu'il n'y
ait point de cri dans nos
places.
15 O que bien-heureux
eft le peuple auquel il en
eft ainfi ! ô que bien-heu-
reux eft le peuple duquel
l'Eternel eft le Dieu.
Exaltabo te^ "Deu^.
Pf CXLV.
M On Dieu, mon Roi,
je t'exalterai i & je
bénirai ton Nom à. tou-
jours, & à perpétuité.
2 Je te bénirai chaque
jour,& louerai ton Nom à
toujours, & à perpétuité.
3 L'Eternel eft grand^ôc
grandement loiiablei & il
n'eft pas polTible de fonder
fa grandeur.
4 Une génération dira
la louange de tes oeuvres à
l'autre génération 5 & elles
raconteront tes exploits.
5 ]c difcourrai de la
magnificence ^glorieufe de
ta Majefté, Ôc de tes faits
merveilleux.
6 Et ils reciteront la
force
XLe myi^.jeiiTZ Les P s
force de tes faits redouta-
bles: & je raconterai ta
grandeur.
7 Ils répandront la mé-
moire de ta grande bonté j
& ils raconteront avec
chant de triomphe ta jullice.
•j 8 UEternel eft miferi-
cordieux ôc pitoïable, tar-
dif à colère, & grand en
gratuité.
. 9 L'Eternel eft bon en-
vers tous, & fcs compaf-
iîons font par dcffus toutes
fes oeuvres.
10 Eternel, toutes tes
oeuvres te célébreront, &
tes bien-aimez te béniront.
1 1 Ils reciteront la gloi-
re de ton règne 5 & ils ra-
conteront tes grands ex-
ploits :
12 Afin de donner à
connoître aux hommes tes
grands exploits, & la gloi-
re de la ma2;nificcncc de
ton règne.
1 3 Ton règne eft un
règne de tous fièclesj ôc ta
domination eft dans tous
les âges.
14 L'Eternel foûtient
tous ceux qui s'en vont
tomber, & redreile tous
ceux qui font courbez.
15 Les yeux de tous
BAUMES.- Matin. \6l
les animaux s'atendent à
toi: & tu leur donnes leur
pâture en leur temps.
16 Tu ouvres ta main,
& tu raflafies à fouhait
toute créature vivante.
17 L'Eternel eft jufte en
toutes fes voies, & plein de
gratuité en toutes fes œu-
vres.
1 8 L'Eternel eft près de
tous ceux qui l'invoquentj
de tous ceux, dis-je, qui
l'mvoquent en vérité.
î9 11 acomplit le fou-
hait de ceux qui le craig-
nent 5 & il exauce leur cri,
& les délivre.
20 L'Eternel garde tous
ceux qui l'aiment : mais il
exterminera tous les mé-
chans.
21 Ma bouche raconte-
ra la louange de TEterneU
& toute chair bénira le
Nom de fa Sainteté à tou-
jours, & à perpétuité.
Lauda, anima mea,
Pf. CXLVI.
M On ame, loue TEtcr-
nel. Je louerai TE-
ternel durant ma vie : je
pfalmodierai à mon Dieu
tant que je durerai.
2 Ne vous afllîrez point
fur
4<S^4 Sùir, Les Vst
fur les principaux d'entre
les peuples, ni fur aucun
fils d'homme, à qui il n'a-
partient point de délivrer.
3 Son efprit fort, &
riiommc retourne en fa
terre: 6c en ce jour-là ics
defleins périfTent.
4 O que bien-heureux
cft celui à qui le Dieu
Tort de Jacob cft en aide $
& dont l'atentc eft en
rEternel fon Dieu !
5 Qui a fait les Cicux
& la terre, la mer, & tout
ce qui y eft 5 & qui garde
la vérité à toujours.
6 Qui fait droit à ceux
à qui ox\ fait tort^ & qui
donne du pain à ceux qui
ont faim:'
7 L'Eternel délie ceux
qui font liez. L'Eternel
ouvre les yeux aux aveu-
gles: '^^ •
8 L'Eternel redreffe ceux
qui font courbez : l'Eter-
nel aime les juftcs.
9 L'Eternel garde les é-
trangers : il maintient l'or-
phelin & la veuve 5 &
rcnverfe le train des mé-
chans.
10 L'Eternel régnera à
toujours; ô Sion, ton
A u M E S; Le i^\\.jôur:
Dieu eft d'âge - en - âge.
Louez rEternel. -^é
PrieRe du Soir,
Laudate *\Dominum,
Pf GXLVII.
LOiiez l'Eternel 5 car
c'cft une chofc bon-
ne de pfalmodier à nôtre
Dieu 5 car c'eft une chofc
agréable : & la louange en
eft bien- féante.
2 L'Eternel eft celui qui
bâtit Jérufalem: il raifem-
blcra ceux d'ifraël qui font
difperfcz ça & là.
3 II médecine ceux qui
font brifez de cœur j & il
guérit leurs ennuis.
4 II compte le nombre
des étoiles: il les apelle
toutes par leur nom.
5 Nôtre Seigneur eft
grand, & d'une grande puif-
fance; fon intelligence cft
innombrable.
6 L'Eternel maintient
les débonnaires : mais il
abaillc les médians jufqu'en
terre.
7 Chantez, à l'Eternel
avec aftion de grâces, vous
entre - repondant les uns
aux autres, pfilmodiez avec
Ici
i
Le XXX. jour. L e s P
le violon à nôtre bien!
8 Qui couvre de nuées
les Cieux : qui aprête Ja
pluie pour la terre i qui
fait produire le foin aux
montagnes :
9 Qiû donne la pâture
au bétail, & aux petits du
corbeau, qui crient.
10 II ne prend point de
plaifir en la force du che-
val : il ne fait point cas
des jambières de l'homme.
11 UEtcrnel met fon
afcftion en ceux qui le
craignent, en ceux qui s'a-
tendent à fa gratuité.
1 2 Jérufalem, loue l'Eter-
nel : Sion, loue ton Dieu.
13 Car il a renforcé les
barres de tes portes ; il a
béni tes enfans au milieu
de toi.
14 Ceft lui qui rend
paifibles tes contrées, &
qui te ralTafie de la moelle
du froment :
15 Ceft lui qui envoie
fa parole fiir la terre ; & fa
parole court avec beau-
coup de vîtefle.
16 Ceft lui qui donne
la neige, comme des flo-
cons de laine j & qui ré
pand la bruïnC;, comme de
la cendre.
s E A u M E s.' ' Soir. 455
17 Ceft lui qui jette fa
glace, comme par m„or-
ccaux: & qi.i eft-ce qui
pourra durer devant fa froi-
dure \
1 8 II envoie fa parole,'
& les fait fondre : il fât
foufler fon vent, & les
eaux s'écoulent.
19 II déclare fes paro-
les à Jacob, ^ ïç.% ilaaits
& fes ordonnances à il-
raël.
20 II na pas fait ainfî
à toutes les nations : c eft
pourquoi elles ne connoif-
fent point Ç^s ordonnances.
Louez TEterneL
Laudate 'Dominum.
Pf CXLVIII.
LOuez des Cicux TE-
ternel : louez-le dans
les hauts lieux.
2 Tous fes An^TCS, lou-
ez-le: toutes fes Armées,
louez-le.
i? Louez-le, vous ioieil
& lune : toutes les étoiles
qui jettez de la lumière,
louez4e.
4 Louez-le, vous Cieux
des Cieux : 6c vous eaux
qui êtes fur les Cieux.
. 5 Qiie ce^ chofes lou-
ent le Nom de rEternel :
H h car
466 Soîrl Les Pseaumes.
car il a commandé, & el-
les ont été créées.
6 Et ii les a établies à
perpétuité & à toujours: il
y a mis une ordonnance
qui ne paffera point.
7 Louez de la terre l'E-
ternel : Louez-le, baleines,
& tous les abîmes.
8 Feu 6c grêle? neige &
vapeurs vent de tourbillon,
qui exécutez fa parole :
9 Montagnes, & tous
côtaux; arbres fruitiers, &
tous cèdres :
ïo Bêtes fauvages, &
tout bétails reptiles, & oi-
féaux qui avez des ailes :
11 Rois de la terre, &
tous peuples. Princes, &
tous Gouverneurs de la
terre :
12 Ceux qui font à la
fleur de leur âge, & les
vierges auffi 5 les vieillards,
& les jeunes gens : Qli'IIs
louent le Nom de TEter-
nel : car fon Nom feul efl
haut élevé j fa Majefté efl
fur la terre, & fur les
Cieux.
13 Et il a fait lever en
haut une corne à fon peuple,
ce qui efl: une louange à tous
fes bien-aimez, aux enfans
dlfraël, qui efl: le peuple
Le XXX. Jouf,
qui efl: près de lui* Louez
rEternel.
Cantate domino, Pf cxLi^t.
C Hantez à TEterncl un
nouveau Cantique, &
fa louange dans raflemblce
de fes bien-aimez.
2 Qiilfraël fe réjouïfle.
en celui qui Ta fait; & que
les enfans de Sion s'égay-
ent en leur Roi.
3 Qif ils louent fon Nom
fur la flûte, qu ils lui pfal-
modient fur le tambour, 6c
fur le violon.
4 Car TEtcrnel met fon
afedion en fon peuple : il
rendra honorables les dé-
bonnaires en les délivrant.
5 Les bien-aimez s'é-
gayeront avec gloire, &
mèneront joie fur leurs
couches.
6 Les exaltations du
Dieu Fort feront dans
leur bouche j & des épécs
affilées à deux tranchans
feront en leur main:
7 Pour faire vengeance
entre les nations, & châ-
timens entre les peuples.
S Pour lier leurs Rois
de chaînes, SlIcs plus ho-
norables d'cntreux de ceps'
de fer :
^ a
Le XXX. jour. Les P s
9 Pour faire d'eux le
jugement qui en eft écrit :
cet honneur fera à tous
fes bien-aimez. Louez ÏE-
ternel.
Laudate Tiomimm. Pf. cl
LOuez le Dieu Fort à
caufe de fa Sainteté:
louez-le à caufe de cette
étendue qu'il a faite par
fa force.
2 Louez-le de fes grands
exploits: louez-le félon la
grandeur de fa Majefté.
EAUMES. Soir. 467
3 Louez-le à fon de
trompette : louez-îe avec
la mufette, & le violon.
4 Louez-le avec le tam-
bour & la flûte : louez-le
fur répinette, & fur les or-
gues.
5 Louez -le avec les
cymbales retentifîaDtes :
louez -le avec ks cymba-
les de cri de réjouïflanc.e,
6 Que tout ce qui rei-
pire loue l'Eternel. Lou-
ez TEternel.
Hhl
L'OR.
( 4<î9 y
FORMULAIRES
DE PRIERES
DONT ON DOIT SE SERVIR,
SUR LA MER.
l.e Service du Matin ç^ du Soîr, dont
on ufera fur la, Mer y fera le même
que celui qui efi frefcrït dans la
Liturgie.
Jjon dira au£i, chaque jour y les deux
Trières fuivantesj dans la Ilote de
fa Majefté.
O Seigneur Dieu Eternel,
qui feul étens les Cieux,
& qui feul as pouvoir fur la
rage de la Mer; qui as mis
des bornes aux eaux pour
les retenir jufqu'à ce que la
nuit & le jour ne foient plus :
qu'il te plaife de recevoir en
ta toute-puiffante & miferi-
cordieuie Prote6lion nous tes
ferviteurs, & la flote dans la-
quelle nous fervons. Garenti-
nous des dangers de la Mer,
& de la violence de l'ennemi ;
afin que nous puifîions fervi^'
de fauve-garde à nôtre très
débonnaire Souverain, le Roi
George, & à fes Roiaumes ;
& que nous foïons la fureté
de tous ceux qui yoïagent fur
la Mer pour leurs afaires lé-
gitimes : & qu'ainfi les habi-
tans de nôtre Ile te puiiïènt
fervir en paix & en tranquilli-
té, ô nôtre Dieu ; & que n^us
puiflions retourner fûreii .at,
pour jouir des b in éditions Je
la terre, & des fruits de nos
travaux, en louant &: en glo-
rifiant ton S^int Non.^ par la
commémoration, & la recon-
noilTance de tes faveurs & de
tes mifericordes ;
Jifiis.
Chrift nôtre Seigneur. A^ueu*
La Col lec te.
PRévien nous.> Seigneur,
daas toutes ]ios scuion
par ta faveur, & par ta ^race>
H h 3
^
470
ÎORMULAIRES DE PRÏERES
& nous y acompagne de ton\
fecours continuçl-, afin qu'en'
toutes les œuvres que nous
aurons commencées, continu-
ées, & achevées en toi, nous
puilTions glorifier ton Saint
Nom, & parvenir enfin à la
vie éternelle; par ta mifericor-
de en Jéfus^ChriJl nôtre Sei-
gneur. Amen.
Prière pur dire pendant la tem-
pête fur la Mer,
O Seigneur Dieu très puif-
fant & très glorieux, au
COinmandement duquel les
vents fouflent, h lèvent les
vagues de la Mer, & qui a-
f)aifes auffi la rage de cet é-
ément -, Nous tes Créatures,
quoique miferables pécheurs^
nous crions à toi dans Pex-
trème angoifTe où nous-nous
trouvons, & nous implorons
ton fecours : fauve-nous, Sei-
gneur, nous périfTons. Nous
confeiTons que quand nous a-
vons été hors de danger, &
que nous avons vu toutes cho--
fes afiurées autour de nous,
nous t'avons oublié, ô nôtre
Dieu ; & nous avons refufé de
prêter l'oreille à la douce voix
de ta parole, êc d'obéir à tes
commandements : Mais main-
tenant nous voions combien
tu es terrible en toutes tes
œuvres étonnantes, ô grand
Dieu, qui es redoutable fur
tous : C'eft pourquoi nous a-
dorons ta Divine Majefté, re*
connoiiTant ta puilfance,& im-
plorant ta bonté. Aide-nous,
Seigneur, & nous fauve par ta
mifericorde en Jéfus-Chrift
ton Fils nôtre Seigneur. A-
men*
Ou celle-ci,
O Seigneur de gloire, Dieu
de mifericorde qui habi-
tes dans les Cieux, & qui con-
temples toutes chofes ici bas ;
nous te fuplions de vouloir
jetter les yeux fur nous, & de
prêter l'oreille aux cris que
nous t'adreffons du fond de
nôtre angoifiè, & de la gueule
de la mort qui eft toute prête
de nous engloutir : Sauve^
nous, Seigneur ; nous périf*
fons. Les vivans des vivans
te loueront. O, envçie ta pa-
role : Commande, & tanfe les
vents furieux & la mer brûl-
ante; afin qu'étant délivrez
de cette détreife, nous vivions
pour te fervir, &r pour glori-
fier ton Nom tous les jours
de nôtre vie. Exauce-nous
Seigneur, & nous figve, ei^
confideration du mérite infini
de Jéfus-Chrift ton Fils nôtre
bien-heureux Seigneur & Sau-
veur, Amen^
Priird
DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 47 1
Prière qui fe doit dire avant le
combat fur la. Mer^ contre
quelque ennemi que ce/oit.
O Seigneur, Dieu très-puif-
fant, & très glorieux,
pieu des armées, qui conduis
& qui gouvernes toutes chofes *,
Tu es aflis fur ton Trône, où
tu juges juftement : C'eft pour-
quoi nous-nous adreîTons à ta
Divine Majefté en nôtre né-
ceflité préfente ; afin qu'il te
plaife de prendre nôtre Caufe
en rnain,& de juger entre nous
& nos ennemis. Déploie ta
force, ô Seigneur, & viens à
nôtre fecours : car tu ne don-
nes pas toujours la vidioire
aux forts -, mais tu peux dé-
livrer par un petit nombre,
comme par un grand. G ne
permets point que nos péchez
crient maintenant vengeance
contre nous ; mais prête l'o-
reille aux prières de nous tes
pauvres ferviteurs, qui te de-
mandons grâce, & qui implo-
rons ton fecours : & fois nôtre
défenfe contre l'ennemi. Fai
connoître que tu es nôtre
Sauveur, & nôtre puiffant Li-
bérateur -, par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Jmen.
Prières courtes pour les particu-
liers^ qui ne fe peuvent join-
dre en Prière au refte de la
compagnie^ à caufe du Com-
hat^ ou de la Tempête,
Prières Générales.
SEigneur, aie pitié de nous
qui fommes pécheurs, &
fauve -nous par ta mifericor-
de.
Tu es le grand Dieu, qui
as fiit, & qui ,^ou^ çrnes tou-
tes cliofe.^ : O délivre - nous
pour l'amour de tor NFom.
Tu es le grand Dieu, qui
es redoutable fur tous : O fau-
ve-nous -, afin que nous t'en
rendions la louange.
Prières Particulières :
Q
tna
ont égard à V ennemie
SEigneur, tu es jufle & puif-
fant ; pren nôtre caufe
en main contre nos enne-
mis.
O Dieu, tu es une forte
tour pour la défenfe de tous
ceux qui ont recours à toi ;
garenti-nous de la violence de
l'ennemi.
O Seigneur des armées,
comba pour nous -, afin que
nous puifTions te donner gloi-
re.
O ne permets point que
nous fucombions fous le poids
de nos péchez, ni fous la vio-
lence de l'ennemi.
Hh4 O
Formulaires de Prières
472
O Seigneur, lève-toi, aide-
nous, & nous délivre pourTa-
mour de ton Nom.
Prières Courtes.
Durant la Tempête.
TOI qui apaifes la rage
de la mer, écoute-nous:
Seigneur, écoute-nous & nous
fauve : & que nous ne périf-
iions po^«;t.
O bien -heureux Sauveur,
qui fauyas tes difciples, lors
qu'ils éi-oient prêts de périr
feu milieu de k Tempête ;
exauce -nous & nous Jauve,
nous t'en fuplions.
Seigneur, aie pitié de nous.
Chrift, aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de nous.
O Seigneur, exauce-nous.
O Chrift, exauce-nous.
Dieu le Père, Dieu le Fils,
Dieu le Saint Efprit, aie pitié
de nous, & nous fauve main-
tenant & à jamais. Amen.
NOtre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanftifié. Ton Règne vienne.
Ta Volonté foit faite en la
terre comme au ciel. Donne-
nous aujourd'huy nôtre pain
quotidien. Et nous pardonne
nos ofcnfvS, comme nous par-
donnjns à ceux qui nous ont
ofen.'^:«z. Et ne nous indui
point en tentation ; mais dé-
livre-nous du mal : Car à toi
appartient le règne, la puif-
fance, & la gloii^e, aux fiécles
des fiéclcs. Amen.
Lors qu'il y mm quelque dangsr émU
nent, l'on fera. aj]'cmf4er toH< ceux
que le fer vice nécejfMn dti Na-vire
pourra permettre qu'ils vier/hmt: ^
ils feront à Dieu une humble con-
fejjïon de leurs péchez, j eh laquelle
chacun doit faire une feneufe rejîec-
tion fur les péchez, particuliers dont
Ja confcience facufera, difant ce qui
fuit i
La Conf e s s ion.
Dieu Tout-pui^mt, Père
de nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift, qui es le Créateur de
toutes chofes, & le Juge de
tous les hommes j nous re-
connoiiTons, & nous déplorons
la multitude de nos péchc2:,
& des iniquitez que nous a-
vons en tout temps malheu-
reufement commifes contre
ta fainte Majefté, par nos
penfées, par nos paroles,
& par nos ad:ions ; provo-
quant très juflement ta colè-
re Se ton indignation contre
nous: Nous fommes touchez
d'une férieufe repentance -, &:
nous gémiffons dans nos coçurs
pour ces péchez que nous a-
vons commis : le fouvenir nous
en eft douloureux & afli-
geant, & la charge infupor-
table. Aie pitié de nous ;
Aie pitié de nous, ô Père
très
DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 473
très mifericordieux, pour l'a-
mour de Jéfus-Chrift ton Fils
nôtre Seigneur: Pardonne-
nous tout le pafTé ; & fai
par ta grâce que nous te foions
agréables a l'avenir en menant
une vie toute nouvelle à l'hon-
neur & à la gloire de ton Saint
Nom ; par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. i\men.
jilors le Trêtre {s'il y en a un dans
Vaiffeau) prononcera cette abfolution.
LE Dieu Tout - puifTant,
nôtre Père Celefte, qui
par fa grande mifericorde a
promis la remifîîon des pé-
chez à tous ceux qui fe cou-
vert iiïent à lui avec une vé-
ritable foi, & une férieufe
repentance veuille avoir pi-
tié de vous ; vous pardonner
tous vos péchez, & vous en
délivrer ; vous fou tenir, &
vous afermir en tout bien, &
vous conduire à la vie éter-
nelle ; par Jéfus-Chrift nôtre
iSeigneur. Aînen.
Actions de Grâces.
Après le "Tempête.
JuVilate Deo. Psal. 66,
TOute la terre jettez des
cris de réjouïfîance à
Dieu: Pfalmodiez la gloire de
fon Nom ; rendez fa louange
glorieufe.
Dites à Dieui O que tu es
terrible en tes fliits! tes en-
nemis te mentiront pour la
grandeur de ta force.
Toute la terre fe profternera,
devant toi, & te pfalmodiera :
elle pfalmodiera ton Nom.
Venez, & voyez les faits
de Dieu: il eft terrible ea
exploits fur les fils des hom-
mes.
Il a tourné la mer en une
terre sèche -, on a palTé le fleuve
l'à pied fec : & là, nous-nous
fommes réjouis en lui.
Il domine par fa puilTancc
éternellement. Ses yeux pren-
nent garde fur les nations;
les revêches ne fe pourront
point élever.
Peuples, beniffez nôtre Dieu,
& faites retentir le fon de fa
louange.
C'eft lui qui a remis^ nô-
tre ame en vie *, & qui n'a
point permis que nos pieds
bronchaffent.
Car, ô Dieu, tu nous avois
fondez ; tu nous avois afinez
comme on afine l'argent.
Tu nous avois amenez aux
filets -, tu avois mis une é-
treinte en nos reins.
Tu avois fait monter les
hommes fur nos ^ têtes ; &
nous étions entrez dans le feu
& dans l'eau : mais tu nous
as fait fortir en un lieu fertile.
J'entrerai dans ta maifon a-
vec des holocauftes j & je te
rendrai mes voeux.
Lefquels mes lèvres ont
proférez, & que ma bouche
474 Formulaires
a prononcez, lorfque j'étois
en détrcfîe.
Je t'ofrirai des holocauftes
de bétes moelleufes, avec la
graifîe des mourons, laquelle
on fait fumer: Je te facrifie-
rai des taureaux, & des boucs :
Vous tous qui craignez
Dieu, venez, écoutez; & je
raconterai ce qu'il a fait à
mon ame. Je l'ai invoqué de
ma bouche, & il a été exalté
de ma l.ino;ue.
Si j'eufîe penfé quelque ou-
trage dans mon coeur, le Sei-
gneur ne m'eut point écouté.
Mais certainement Dieu
m'a écouté ; & il a été aten-
tif à la voix de ma fuplica-
tion.
Béni foit Dieu qui n'a point
rejette ma fuplication, &qui
n'a point éloigné de moi fa
gratuité.
_ Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il fera
éternellement. Amen.
ConfiteminiDGfnmo. Pf. 107.
CElebrez l'Eternel y car il
eft bon : parce que fi
gratuité demeure à toiijoars.
^ Qiie ceux-là le difent, qui
font les rachetez de l'Eternel,
lefquels il a rachetez de la
main de l'oprelTeur :
Et ceux auffi qu'il a ramaf-
DE Prière^ \
fez des pais d'Orient & d'Oc<
cident,^ d'Aquilon & de Midi.
^îls étoient errants par les
déferts en un chemin folitaire,
& ils ne trouvoient aucune
ville habitée :
Ils étoient afamez, & alté-
rez ; l'ame leur défailloit.
Alors ils ont crié vers l'E-
ternel dans leur détrelTe -, &
il les a délivrez de leurs an-
goifles.
Et les a adrefîez au droit
chemin, pour aller en une
ville habitée.
Qu'ils célèbrent donc en-
vers l'Eternel fa gratuité, &
fes merveilles envers les fils
des hommes :
Parce qu'il a afîbuvi i'am.e
altérée, & rafTafié de biens
l'ame afamée. |
Ceux qui demeu/uit dans
les ténèbres & dans l'ombre
de la mort, garrotez d'aflic-
tion & de fer:
Parce qu'ils ont été rebel-
les aux paroles du Dieu Fort,
& qu'ils ont rejette par mé-
pris le confeil du Souverain:
Et il a humilié leur coeur
par le travail, & ils ont été
abatus, fans qu'il y eut per- ,
fonne qui les aidât. .\
Alors ils ont crié vers l'E- ^
terncl en leur détrelTe, & \\
Ics^ a délivrez de leurs an-
goilfes.
Il les a tirez hors àtz té-
nèbres, & de l'ombre de la
mort.
DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. ^7 S
înort, & il a rompu leurs
liens.
Qu'ils célèbrent donc en-
vers l'Eternel fa gratuité,
& fes merveilles envers les
fils des hommes.
Parce qu'il a brifé les por-
tes d'airain y & cafîe les bar-
reaux de fer.
Les F ou s qui font afligez à
caufe du train de leur tranf-
greiïion, & à caufe de leurs
iniquitez.
Tellement que leur ame a
en horreur toute viande, &
qu'ils touchent aux portes de
la mort.
Alors ils ont crié vers l'E-
ternel dans leur dctreiïè, &
il les a délivrez de leurs an-
goiiTes.
Il envoie fa parole, &: les
guérit ; & il les délivre de
leurs tombeaux.
Qu'ils célèbrent donc envers
l'Eternel fa gratuité, & fes
merveilles envers les fils des
liommes.
Et qu'ils facrifient des fa-
crifices d'aélions de grâces, &
qu'ils racontent fes oeuvres en
chantant de joie.
Ceux qui defcendent fur la
mer dans des navires, faifant
commerce parmi les grandes
eaux.
Qui voient les oeuvres de
l'Eternel, &: fes merveilles dans
|es lieux profonds.
comparoître le vent de tem-
pête, qqi élève les vagues de
la mer.)
Ils montent aux cieux, il$
defcendent aux abîmes : leur
ame fe fond d'angoilîe.
Ils branlent, & chancellent,
comme un homme yvre, &
toute leur fagelfe leur man-
que.
Alors ils crient vers l'Eter^
nel dans leur détreife, & il
les tire hors de leurs angoif-
fes.
Il arrête la tourmente, la
changeant en calme, & les
ondes fe tiennent coi.
Puis ils fe réjouïlTent de ce
qu'elles font apaifées -, & il
les conduit au port qu'ils dé-
firoient.
Qu'ils célèbrent donc en-
vers l'Eternel fa gratuité, &
fes merveilles envers les fils
des hommes:
Et qu'ils l'exaltent dans la
congrégation du peuple, & le
louent dans l'afïèmblèe des
Anciens.
Il REDUIT les fleuves en
défert, & les fources d'eau en
fècherelfe :
Et la terre fertile en terre
falée -, à caufe de la malice
de ceux qui y habitent.
Il réduit le défert en des
étangs d'eaux, & la terre fé-
che en des fources d'eaux:
Et il y fait habiter ceux
(Car il commande, & fait! qui étoient afarnez, tellement
qu'ils
47^ Formulaires
qu'ils y bâtiflent des villes
habitables.
Et sèment ks champs, &
plantent des vignes qui rendent
du fruit tous les ans.
Il les bénit, & ils font
fort multipliez ; & il ne laiffe
point diminuer leur bétail.
Puis ils fe diminuent &
font humiliez par oprelTion,
mal, & ennui.
Il REPAND le mépris fur les
principaux, & les fait errer
par des lieux hideux, où il
n'y a point de chemin.
iVîaisil élève le pauvre hors
de l'aflidion, & donne les fa-
milles, comme par troupeaux.
Les hommes droits voient
cela &■ s'en rejouïfTent : mais
toute^ iniquité a la bouche
fermée.
Qiîiconque efl fage, pren-
dra garde à ces chofes : afin
qu'on confidere les gratuïtez
de rEtcrnel.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au commen
cernent, comme il efl mainte
nant, & comme il fera éternel
lement. j^men.
CoLLECT ES
D'Actions de Grâces.
O Seigneur Dieu, dont les
bontez & les miferîcor-
des font infinies 5 nous tes
pauvres créatures, que tu as
formées, & confervées 5 que tu
DE Prières
as maintenues en vie, & que tu
as arrachées de la gueule de la
mort ; nous-nous proflernons
encore humblement devant ta
Divine Majeflé, pour t'ofrir
le facrifice de nos loiianges, &
de nos aélions de grâces, en
reconnoiffance de ce que tu
nous as exaucez, qaand nous
t'avons invoqué au temps de
nôtre détreffe, & de ce que tu
n^as point rejette la prière que
nous t'avons préfentée dans
nôtre angoiflc. Même lors
que nous croyïons tout per-
du, nôtre vailfeau, nos biens,
nos vies: alors tu nous as re-
gardez en ta mifericorde &as
miraculeufement ordonnné nô-
tre délivrance, pour laquelle
maintenant que nous fommes
en fûrete, npus reridons toute
louange & toute gloire à ton
Saint Nom; par Jéfus Chrifl
nôtre Seigneur. Jme^.
Ou celle-ci :
ODieu très-puiiïant, très-
bon, & très-mifericor-
dieux, ta mifericorde efl fur
toutes^ tes œuvres ; mais elle
s'efl étendue fur nous d'une
façon toute particulière, fur
nous que tu as fi puiiïam-
ment, & fi miraculeufement
délivrez. Tu nous as fait voir
des chofes terribles, & tes
merveilles dans \ts abîmes de
la mer ; afin que nous con-
noifîlons combien tu es un
Dieu
DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 477
Dieu puîffant, & mifericor-
dieux, & combien tu es
prompt à fecourir ceux qui
mettent leur confiance en toi.
Tu nous as montré comment
les vents & la mer obéïfTent
à tes commandemens : D'où
nous pouvons aprendre à o-
béïr à ta voix, & à faire ta
volonté. Ceft pourquoi nous
béniflbns & nous glorifions
ton Nom, pour ta bonté qui
nous a fauvez lors que nous
étions tous prêts de périr: &
nous te fuplions de nous ren-
dre aufîi fenfibles à la grâce
que tu nous as faite, que
nous étions touchez du dan-
ger : donne-nous des cœurs
toujours difpofez à témoigner
nôtre reconnoifTance, non feu-
lement par nos paroles -, mais
auiTi par nos aélions, en o-
béïfTant plus foigneufement, à
tes faints commandemens. Con-
tinue-nous cette même bonté -,
afin que nous, que tu as dé-
livrez, te puilTions fervir en
fainteté, & en juflice tous les
Chrift nôtre Seigneur & Sau
veur. Amen»
Hymne de Louanges
^ d' Allions de grâces^ a^rès
une tempte dangereufe.
\
TEnez, rendons grâces au
Seigneur ; car il eil
ricorde dure d*âge-en-âge.
L'Eternel eft grand, &:
grandement louable : que les
rachetez de l'Eternel, ceux
qu'il a délivrez de la fureur
impitoïable de la mer, difent
ainfi ;
L'Eternel eft bon, & plein
de compaflion, tardif à colère,
& abondant en gratuité.
Il ne nous a point fait feloa
nos péchez, ni rendu félon
nos iniquitez.
Car autant que les Cieux
font élevez par deiïus la terre,
autant fa mifericorde a été
grande fur nous.
Nous étions dans l'abate-
ment, &: dans le trouble :
nous avons été jufques aux
portes de la mort.
Les vagues de la mer nous
avoient prefque entièrement
couverts ', les ondes orgueil-
leufes avoient prefque englouti
nos âmes.
La mer bruïoit, & le vent
de tempête élevoit fes vagues.
Nous étions comme élevez
jours de nôtre Vie -, par Jefus jufques au ciel, & nous def.
cendions comme dans les a-
bîmes : nôtre ame fe fondoit
d'angoiffe au dedans de nous.
Alors nous criâmes à toi, q
Eternel; & tu nous tiras hors
de nos angoiflès.
Béni foit ton Nom -, tu n'as
point rejette la requête de: tes
ferviteurs ; mais tu as exaucé
mifericordieux ; & fa mife-l nôtre cri, & nous as délivrez.
' Tu
47 s
Formulaires de Prières
Tu as commandé, & le
vent de tempête a ceiïe, & s'eft
tourné en calme.
Célébrons donc l'Eternel, à
caufe de fa gratuité ; & dé-
clarons les merveilles qu'il a
faites, & qu'il fait encore en-
vers les fils des hommes.
Que l'Eternel, foit loué tous
les jours ; l'Eternel, qui nous
eil en aide, & qui répand fur
nous fes bienfaits.
Il efl nôtre Dieu, le Dieu
duquel vient nôtre falut : Dieu
efl Seigneur, par lequel nous
avons été fauvez de la mort.
Seigneur, tu nous as réjouïs
par l'œuvre de tes mains : &
nous triompherons en te louant.
Béni foit le Seigneur, le Sei-
gneur Dieu qui fait feul des
chofes merveilleufes.
Et béni foit éternellement
le Nom de fa gloire, & que
chacun de nous dife ; Amen,
Amen.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il efl
maintenant, & comme il fera
éternellement. Amen.
2 Cor. XIII. 14.
La grâce de nôtre Seigneur
Jéfus-Chrifl, & la diledlion de
Dieu, & la communication du
Saint Efprit foit avec nous tous
dès maintenant, & à jamais.
Amen*
Afres avoir remporté la, Vt^oire ou 4-
pes avoir été délivré de L'ennemi.
PsEAUME OU Cantique
de Louanges & d* Avions de
grâces après la Vi^oire,
NEut^ été PEternel qui a
été pour nous, pouvons-^
nous dire maintenant ; N'eut
été l'Eternel qui a été pouf
nous, quand les hommes fe
font élevez contre nous ; 1
Ils nous euffent dès-lors en-
gloutis tous vifs, durant que
leur colère étoit enflammée
contre nous.
Dès-lors les eaux fe fuffent
débordées fur nous; un torrent
auroit paffé dès-lors fur nôtre
ame : dès-lors les eaux enfîée9
fuffent paffées fur nôtre ame.
Mais béni foit l'Eternel qui
ne nous a point livrez en proïe
à leurs dents. |
L'Eternel a opéré une gran-'
de délivrance en nôtre faveur.
Ce n'efl point par nôtre é-
pée que nous l'avons obtenue:
ce n'efl point nôtre bras qui
nous a fauvez: mais ta dex-
tre, & ton bras, & la clarté
de ta face; parce que tu as
voulu nous favorifer.
Le Seigneur s'efl montré
pour nous ; le Seigneur a cou-
vert nos têtes, & nous a foû^
tenus au jour de la bataille.
Le Seigneur s'efl montré pour
nous, le Seigneur a renverfénos
ennemis, & a mis en pièces ceux
qui s'étoient foûlevez contre
nous, Noa
bONT ON DOIT SE SEkVIR SUR
Non point à nous, donc,
6 Seigneur, non point à nous,
mais à ton Non! en foit ren-
due la gloire.
Le Seigneur a fait des chofes
grandes pour nous. Le Sei-
gneur a fait des chofes gran-
des pour nous, dont nous
nous réjouïlTons.
Nôtre aide eft au Nom de
Dieu, qui a fait le ciel & la
terre.
Béni foit le Nom du Sei-
gneur, dès maintenant & à
jamais.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com~
mencement, comme il eft
maintenant, èc comme il fera
éternellement. Amen.
^près ce Cantique, Von pourra chan-
ter le Te Deum.
Tuis Viendra cette Collecte.
ODieu Tout-puifïïint, qui
es l'arbitre Souverain de
l'Univers, & à la puiffimce du-
quel nulle Créature ne peut
réfifter; Nous bénilTons, &
nous magnifions ton grand &
glorieux Nom, pour cette heu-
reufe viéloire: & nous te fu-
plions de nous fiiire la grâce
d'ufer de cette fiveur à ta
gloire, à l'avancement de ton
Evangile, à l'iionneur de notre
Souverain, & entant qu'en
nous eft, au bien & à l'avan-
tage de tous lîs hommes.
Donne-nous un fi vif fen ciment
de cet effet de ta mifericorde.
LA Mer. 47^
que nous en aions une vérita-
ble reconnoilTance, quiparoif-
fe dans tout le cours de nôtre
vie par une conduite humble,
fainte, & foumife en ta pré-
fence jufques à la ^n de nos
jours j par Jefus-Chrift nôtre
Seigneur, auquel avec toi, &
avec le Saint Efprit, pour
cette Vidloire, & pour tous
les autres effets de ta miferi-
corde foit tout honneur, &
toute gloire aux fiècles des
fiècles. Amen.
2 Cor. XI ti. 14.
La grâce de nôtre Seigneur
Jefus-Chrift, & la dileclion de
Dieu, & la communication du
Saint Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen»
Aux Funérailles-
des Morts fur la Mer,
Von pourra fe fervîr de Vofice qui
eft dans lu Liturgie \ feulement au>
lieu de ces mots, (nous mettons
fon corps au fèpulchre, la terre à
la terre, Sec.) dites;
C'Eft pourquoynous dépo-
fons fon corps dans la mer,,
pour y être réduit en corrup-
tion j atendant (quand la mer
rendra tous fes morts) la ré-
furreélion du corps, & la vie
du fiècle à venir ; par Jefus
nôtre Seigneur, lequel à fon a-
vénement transformera nôtre
corps vil, pour être rendu con-
forme à fon corps glorieux, fé-
lon cette éiicace, par laquelle il
peut même s'affujettir toutes
chofes. LA
480 L'Ordinatioiç des Diacres;
LA FORME ET LA MANIERE
DE FAIRE, D'ORDONNER, ET DECONSACRER
LES EVEQUES, LÈS PRETRES, ET LES DIACRES:
SELON LE RIT DE L'EGLISE ANGLICANE.
PREFACE.
IL efi évident à tous ceux qui lifent avec foin l'Ecriture Sain-
te^ ^ les anciens Auteurs Eccléfiaftiques^ que depuis le temps
des Apôtres, il y a toujours eu dans' l' Egtife Chrétienne, divers
Ordres de Miniftrcs ; des Evêques, des Prêtres àf des Diacres.
Et ces Offices ont toujours été tenus en telle eftiine ^ vénéra-
tion ; qu'il^ n'a jamais été permis à qui que ce [oit de s'y ingérer
fans^ vocation, ^ fans en avoir été préalablement jugé capable
après un examen : en confequence duquel, le fujet étoit aprouvi,
iâ admis par l'Autorité légitime, avec la folemnité des prières
publiques, & de l'im.pofition des mains. Afin donc que ces Or-
dres facrez puiffent être continuez -, & pour conferver à l'ave-
nir, dans l'Eglif d'Angleterre, l'efîime, àf le refpeéï qu'ils mé-
ritent : Nul ne fera tenu pour légitime Evéque, Prêtre, ou Dia-
cre de l'Eglife Anglicane, & n'y pourra exercer aucune de fes
fondons, s'il n'a été apellé, examiné, & receu félon la Forme
fuivante -, à moins qu'il n'ait eu auparavant une Ordination ou
Confécration Epifcopale.
^ Perfonne ne fera admis à l'Ordre de Diacre qu'à l'âge de
vint i^ trois ans ; fi ce n'eft qu'il ait obtenu difpenfe. Celui qui
fera ordonné Prêtre, aura vint & quatre ans. Et quiconque
doit être ordonné, ou confacré Evéque, n'aura pas moins de
trente ans acompUs,
L'Evêque s'étant affuré par Im-mê^ne, ou par un témoignage
fufifant, que le Sujet efi de bonnes mœurs & qu'il a vécu fans
fcandale -, i^ après l'avoir examiné, le trouvant inftruit dans h
Langue Latine, ^ fufifamment verfé dans les Saintes Ecritures^,
il pourra aux temps marquez dans le Canon, ou ^il e(î néceTaire^
quelqu' autre jour de Di?nancbe, ou de fête, l'admettre au Dia-
conat en face d'EgUfe, en la manière qui fût. La
L'Ordination des Diacres^ 48f
La Forme et la MANîEîtja
DE FAIRE LES DIACRES.
Au jour marqué par l^Evêque, après les Prières du Matin il y
aura un Sermon^ ou une Exhortation fur le Devoir^ ^ V Office
de ceux qui doivent être admis au Diaconat: pour mofitref
combien cet Ordre ejl nkejfaire dans rEglife Chrétienne^ ^
en quelle efiime le Peuple doit avoir ceux qui en [ont revêtuSé
JDl'abord, V Archidiacre, ou celui quî
tiendra fa place, pré/entera à l'Eve-
que (féant dans fa Chaire près de la
Saint Table ceux qui défirent d'être
ordonnez. Diacres, {chacun d'eux é-
tant en habit décent) ^ dira ainfi.
Mon Révérend Père en
ï)ieu, je vous préfente ces
perfonnes-ci, pour être admi-
fes à l'Ordre de Diacres.
U Eve que.
Prenez -garde que les per-
fonnes que vous nous préfen-
tez, foient capables, & pro-
pres par leur favoir, & par
leurs bonnes mœurs, à exer-
cer leur Miniftère convenable-
ment, pour la gloire de Dieu,
& pour l'édification de fon
Eglife.
U Archidiacre repondra.
J'ai fait les enquêtes néçef-
faires : je les aufll examinez a
& je les eftime tels.
Alors r Eve que dira au Peuple^
Mes frères, s'il y a c}uei-
qu'un de vous, qui fâche quel-
que empêchement, ou quel-
que crime pour lequel, quel-
qu'un de ceux qui nous font-
ici préfentez, pour être reçus
Diacres, ne puilïe être àdmiâ
à cet Office, qu'il vienne le
déclarer au Nom de Dieil 5
& qu'il montre quel eft cd
crime, ou cet empêchenlent.
si Von oh\ecie quelque Crime, du qUeU
que jufie Caufe d'empêchement, l'E-
ve que furfeoir a, c^ remettra l'Ordi-
nation de cette perfonne- lit, jufqu'à
ce que Vaccufé fe foït juftifié tit*
Crime.
îi
fnk
UOrdination des Diacres.
48 z
fuis V Eve que y après avoir recommandé
aux prières de VAJfcmhlée ceux qui
0urmt été jugez, digna de rece-
voir l'Ordination, chantera, ou réci-
tera la Litanie, é* ^^^ Vrieres, con-
jointement avec le Cierge é" ^^ i'f«-
pUf en la manière fuivante.
La Litanie et les
Suffrages.
O Dieu Père Celefte, aie
pitié de nous, miferables pé-
cheurs.
O Dieu Père Celefte, aie ptic
de nous, miferables pécheurs.
O Dieu le Fils, Redçmp-
teur du monde, aie pitié de
nous, miferables pécheurs.
O Dieu le Fils, Rédempteur
au 7nonde^ aie pitié de nous, mi-
ferables pécheurs.
O Dieu le Saint Efprit, qui
procèdes du Père & du Fils,
ais pitié de nous, miferables
pécheurs.
O Dieu le Saint Efprit, qui
procèdes du Père iâ du Fils, aie
pitié de nous, miferables pécheurs.
O Sainte, bénite, & glori-
eufe Trinité, Trois Perfonnes
& un Dieu, aie pitié de nous,
miferables pécheurs.
O Sainte, bénite, à^ glorieufe
Trinité, trois Perfonnes àf un
Dieu, aie pitié de nous, fuifera-
hles pécheurs.
O Seigneur, ne te fouvien
point de nos péchez, ni des
péchez de nos Pères : ne preil
point vengeance de nos ini-
qulcez : pardonne-nous, 6 bon
Dieu : pardonne à ton peuple
que tu as racheté par ton
fang précieux : & ne fois
point irrité contre nous à ja-
mais.
Pardonne-nous, 6 bon Dieu.
De tout mal ♦, & de toute,
méchanceté: de péché -, des ru-
fes, 6r des aiTauts du Diable :
de ta colère ; & de la dam-
nation éternelle :
Bon Dieu, délivre-nous.
D'aveuglement de cœur ?
d'orgueil -, de vaine gloire -,
& d'hypocrifie : d'envie -, de
haine -, de malice -, & de tou-
te afeétion contraire à la cha-
rité :
Bou Dieu, délivre-7îous»
De paillardife -, & de tout
autre péché mortel : & d«
toutes les tromperies du mon-
de, de la chair, & du Diable :
Bon Dieu, délivre-nous.
Des foudres > & des orages:
de pelle -, & de famine ; de
guerre -, de meurtre ; & de
mort fonda ine:
Bon Dieu, délivre-nous.
De toute fédition -, de toute
confpiration fecrète ; & de ré-
bellion: de toute fauffe doc-
trine-, d'héréfie i & de fchif-
me : d'endurciil<:^ment de cœur;
du mépris de ta Parole -, Se de
tes Commandemens:
Bon Dieu, délivre-nous.
Par le Myilère de ton In-
carnation iamte: par ta fain-
te Naiiîance -, & ta Circoncir,.
fion :
L'Ordination des Diacres.
ûon : par ton Batéme : par
ton Jeûne; & par ta Tenta-
tion:
Bon DieUy Jélivre-nous,
Par ton Agonie -, & ta
Suè'ur fanglante : par ta Croix,
& ta Pafîion : par ta précieufe
Mort ; & ta Sépulture : par ta
Réfurredion i & ton Afcen-
fion glorieufe : & par la venue
du Saint Efprit :
Bon Dieu^ délivre-nous.
En tout temps d'adverfité :
en tout temps de prolpériré : à
l'heure de la mort ; & au jour
du jugement,
Bon Bieu^ délivre-nous.
O Bon Dieu, nous qui fom-
mes de pauvres pécheurs, te
fuplions d'exaucer nos priè-
res : & qu'il te plaiie de con-
duire & gouverner ta Sainte
Eglife Univerfclle dans la
droite voie -,
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ 6 bon Dieu.
Qu'il te plaife de conferver
& d'affermir dans ton vrai fer-
vice, en toute juftice & en
toute fainteté de vie, ton fer-
viteur, George nôtre Roi,
& nôtre Gouverneur très dé-
bonnaire j
Nous te fuplions de nom exati-
ç£r^ bon Dieu.
Qu'il te plaiie d'adreffer
fon coeur dans ta foi, dans ta
crainte, & dans ton amour ;
afin qu'il ait toujours fa con-
JB^nce ea toi > 6c qu'il cher-
485
che toujours ton honneur 6c
ta gloire -,
Nous te fuplions de nous exau-*
cer.f bon Dieu.
Qu'il te plaife de le garder,
de le défendre, & de lui don-
ner la vidoire fur tous fes en-
nemis ;
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu.
Qu'il te plaife de bénir &
de conferver fa Majefté la.
Reine Caroline, leurs Al-
telles RoïaleSj les Princes,
& les Princesses, & toute la.
Famille Roïale -,
Nous te fupUoîis de nous ex^
aucer^ bon Dieu,
Qu'il te plaife d'éclairer tous
les Evêques, les Prêtres & les
Diacres, par la vraie connoif-
fance & intelligence de ta Pa-
role : afin qu'ils l'anoncenc
dignement, par leur prédica-
tion, & par leur bonne vie -,
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ 6 bon Dieu.
Qu'il te plaife de bénir tes
ferviteurs, qui doivent préfen-
tement être admis à l'Ordre
de Diacres [ou de Frhres'] &
de répandre ta grâce fur eux :
afin qu'ils puifiènt s'aquiter
duëment de leur Cnarge, à
l'édification de ton Eglife, &:
à la gloire de ton faint Nom \
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu,
Qu'il te plaife de remplir
les Seigneurs du Confeil, &
I i 2 toute
4S4- L'Ordination
toute la Nobleffe, de grâce -,
de fageffe -, & d'intelligence -,
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu.
Qu'il te plaife de bénir &
de conferver les Magiftrats,
leur faifant la grâce d'exer-
cer la juftice -, & de mainte-
nir la vérité -,
Nous te fupUons de nous ex
aucer^ ô bon Dieu,
Qu'il te plaife de bénir &
de protéger tout ton peuple -,
Nous te fuplions de nous
aucer^ o bon Dieu,
Qu'il te plaife d'infpirer à
toutes les nations l'union, la
paix, & la concorde ;
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu.
Qu'il te plaife de nous don-
ner un cœur enclin à t'aimer-
& à te craindre -, & à vivre foi-
gneufement félon tes coni-
mandemens ;
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ ô bon Dieu.
Qu'il te plaife de donner ii
ex-
de
croître en
tout ton peupl
grâce ; d'ouïr humblement ta
Parole -, de la recevoir d'une
afeélion pure -, & de produire
les fruits de l'Efprit \
Nous te fuplions de nous ex-
aucer., ô bon Dieu.
Qu'il te plaife d'amener au
chemin de la vérité, tous ceux
qui font dans l'erreur, & qui
ont été féduits ;
DES Diacres;
Nous te fuplions de nous ex-
aucer., ô bon Dieu,
Qu'il te plaife d'afermir
ceux qui font debout: de re-
lever ceux qui font tombez :
de confoler, & d'affifter ceux
qui ont le cœur froiffé -, &
enfin d'abatre Satan fous nos
pieds.
Nous te fuplions de nous eX'
aucer., ô bon Dieu,
Qu'il te plaife de fecourir
& de confoler tous ceux qui
font en danger -, en tribulati-
on -, & en néceffité.
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu.
Qu'il te plaife de confervei
tous ceux qui voyagent pai
mer ou par terre -, toutes le!
feinmes qui font en travai
d'entant ; toutes les perfonne
malades -, & tous les petit
enfans: & d'avoir compafTioi
de tous les prifonniers & à
tous les captits.
Nous te fuplions de nous ex
aucer ^ ô bon Dieu,
Qu'il te plaife de prendr
la défenfe des Orphelins ; de
veuves : & de tous ceux qi
font défolez & oprimez : & d
pourvoir à tous leurs befoins
Nous te fuplions de nous e:^
aucer., o bon Dieu,
Qu'il te * plaife d'étendi
ta mifèricorde fur tous 1(
hommes.
Nous te fuplions de nous et
aucer, ô bon Dieu,
L'Ordination des Diacres. 485
^ Qu'il te plaife de pardonner! Chrift, aie pitié de nous,
à tous nos ennemis, à ceux qui) Chrift, aie pitié de nous.
Seigneur, aie pitié de nous.
nous calomnient, & nous per-
fécutentj & de convertir leurs
cœurs.
Nous te fuplions de nous ex
aucer, bon Dieu.
Qu'il te plaife de nous don-
ner, & de nous conferver les
fruits de la terre : afin que
nous en puifîions jouïr dans
! leur faifon.
Nous te fuplions de nous ex-
aucer^ bon Dieu,
Qu'il te plaife de nous don-
ner a tous une vraie repen-
tance : de nous pardonner tous
nos péchez, toutes nos négli-
gences & nos ignorances : nous
acordant la grâce de ton Saint
Efprit ; afin que nous refor
mions nôtre vie, félon ta fain
te Parole.
Nous te fuplions de nous ex-
aucer , ô bon Dieu,
O Fils de Dieu, nous te
fupliotîs de nous exaucer.
O Fils de Dieu^ nous te fu-
plions de nous exaucer,
O Agneau de Dieu, qui ô-
tes les péchez du monde,
jicorde-nous ta paix,
O Agneau de Dieu, qui ô-
tes les péchez du monde,
yiie pitié de nous,
O Chrift, exauce-nous.
O Chrift, exauce-nous.
Seigneur, aie pitié de nous.
^ei^neurf aie ptié de nous.
iieigneur, aie pitié de nous.
Alors le Prêtre é' le peuple en même
temps diront i'Oraifon Dominicale,
NOtre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanélilîé. Ton Règne vienne.
Ta Volonté foit faire en h
terre comme au ciel. Don-
ne-nous aujourdhui nôtre pain
quotidien. Et nous pardonne
nos ofenfes, comme nous par-
donnons à ceux qui nous ont
ofenfé. Et nç nous endui
point en tentation ; Mais dé-
livre-nous du malin. Amen.
Le Prêtre,
O Seigneur, ne nous fai
point félon nos péchez.
Réponfe, ,
Et ne nous ren pas félon
nos iniquitez.
Le Prêtre.
P R I o N s Dl E U.
y^ Dieu & Père mifericor-
dieux, qui ne méprifes
point les foupirs d'un cœur
contrit, ni l^s gémiflemens ^e
ceux qui font en angoilîè :
écoute en ta mifericorde les
prières qUe nous te préfentons
dans toutes nos calamitez, &
dans toutes nos misères -, &
I i 3 nous
48(5
L'ORDINATION DES DiACRES,
nous exauce par ta grâce : a-^
fin que les maux que le Dia-
ble, ou les hommes machi-
nent contre nous par leur ma-
lice, & par leurs rufes, foient
réduits à néant: & tellement
diiïîpez par ta Providence, que
nous tes lerviteurs, étant afran-
this de toutes perfécutions, te
puifiions glorifier continuelle-
ment au milieu de ton Eglife ;
J)ar Jélus-Chrifl nôtre Seigneur.
O Seigneur^Uve-toi \ aide-nous t
£5? nous délivre -pour rameur de
ton Ncîn.
O Dieu, nous avons ouï de
nos oreilles, & nos Pères nous
ont raconté les exploits que
tu as faits en leurs jours : &
aux jours d'auparavant.
Seigneuî-Jcvc-toi^ aide-nous^
iâ nous délivre ■pour l^ amour de
ta gloire.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
' Rep, Comme il etoit au
commencement, comme il eft
maintenant, & comme il fera
éternellement. Amen.
Garent i-nous de nos enne
0iis, ô Chrift ;
Et jette les yeux de ta miferi-
corde fur nos afli^ions.
Confidère en tes compafrions
les foupirs de nos coeurs.
Et pardonne félon ta miferi-
coy^e^ les péchez de ton Peuple,
Ecoute nos prières fivora-
blement, & mifericordieufe-
mcnt
aie pitîc
Fils de David^
de nous.
Daigne nous écouter main-
tenant, & à jamais, ô Chrift.
Ecoute-nous favorablement,
Chrift. Ecoute-nous favorable-
ment^ 6 Seigneur Jéfus-Chrift,
Le Prêtre.
Que ta mifericorde foit fur
nous, ô Eternel.
Réponfe,
Selon que nous-nous fom--
mes atendus à toi.
Prions Dieu.
NOus te prions très hum-
blement, ô Père, de
jetter \^^ yeux de ta miferi-
corde fur nos infîrmitez: ^
pour la gloire de ton Nom
détourne de nous tous les
maux que nous avons méri-
tez très juilement: & nous
fai la grâce, qu'en toutes nos
afli6tions, nous mettions en-
tièrement nôtre confiance en
ta mifericorde : & que nous
te fervions toujours en fain té-
té, & en pureté de vie, à ton
honneur & à ta gloire; par
nôtre feul Médiateur & Avo-
cat, Jéfus-Chrift, nôtre Sei-
gneur. Amen.
Puis, on chantera* ou on dira le Service
pour la Communion, avec la Col-
lecie, VEfitre, ^ l'Eva?igile, comme
s'enfuit.
Dieu
L'Ordination des Diacres^ 487
leu Tout-puifîant, qui par fleurs femmes foient honnêtes.
n
JLz ta Divine Providence as
établi divers Ordres de Minif-
tres dans ton Eglife, & qui as
înfpiré à tes Apôtres de choi-
fîr ton premier Martyr, S.
Etienne avec d'autres, pour
^tre admis à l'Ordre de Dia-
cres : Regarde en ta miferi-
corde tts Serviteurs ici-pré -
fents, qui font apellez au
-même Office, & à la même
Adminifl ration. Rempli-les
de la vérité de ta doàrine,
& les revêts tellement d'in-
nocence & de fiinteté de vie,
que par leur parole & leur
exemple ils te fervent fidèle-
ment dans ce Saint Office, à
la gloire de ton Nom, & à
l'édification de ton Eglife -,
par le mérite de nôtre Sau-
veur Jéfus-Chrifb, qui vit &
qui règne avec Toi, & avec
le Saint Efprit, maintenante
à jamais. Amen,
L'Epitre. I Tim. m. 8.
QUe les Diacres foient gra-
ves,non doubles en parole;
non fujets à beaucoup de vin j
non convoi Ceux de gain dtï-
honnête : retenant le myftère
de la foi dans une confcience
pure. Qiie ceux-ci auffi foi-
ent premièrement éprouvez, &
qu'en faite ils fervent, après
avoir été trouvez fans re-
proche. Pareillement , que
non m_édifantes, fobres, fidèles
en toutes chofes. Que les
Diacres foient maris d*une
feule femme, conduifant hon-
nêtement leurs enfms, & leurs
propres familles. Car ceux qui
auront bien fervi, aquierent
un bon degré pour eux, &
une grande liberté dans la foi
qui eil en Jéfus-Ch^-ift.
Ou ceci, tiré des A3cs des
Apîres,
A(5les VI. 2.
C'Eft pourquoi les Douze ai-
antapellé la multitude des
difciples, dirent-. Il n'eft pas
raifonnable que nous laiffions
la parole de Dieu, pour fer-
vir aux tables. Regardez donc,
mes Frères, de choifir fept
hommes d'entre vous, de qui
on ait bon témoignage, pleins
du Saint Efprit & de fageffe,
auxquels nous commettions
cette afiire. Et pour nous,
nous continuerons de vaquer à
la Prière, & à l'adminiftration
de la parole. Et ce difcours
plut à toute la compagnie,
qui étoit là préfente -, & ils
élurent Etienne, homme plein
de foi & du Saint Efprit, &
Philippe , & Procore , &
Nicanor, &: Timon, & Par-
ménas, & Nicolas, profélyte
Anthiochien:& ils les préfen-
1 i 4 terenC
'48 s L'ORDINATiON
terent aux Apôtres, qui après
avoir prié, leur impoferent
les mains. Et la parole de
Dieu croifïbit, & le nombre
des difciples fe multiplioit beau-^
coup dans Jérufalem : un grand
nombre aufli de Sacrifieateurs
obeiffoit à la foi,
Avetnt la leBure Je VEvangile l'Evê-
que fe(int en fa Chaire, fera frétera
chacun de ceux qui doivent recevoir
VOrdïaaiion, le Serment pur la SU-
I>REMACIE DU ROI, contre le
pouvoir ^ l'autorité de toutes les
FuiJJances étrangères.
Serment touchant la
SupREMAciE DU Roi.
Je A- B. protefte & dé-
clare en confcience, que le
Roi eft le feul fupréme Gou-
verneur de ce Royaume, &
-de tous les autres Païs &
Terres de fa Majeflé, tant
dans les caufes & affaires Spi-
rituelles ou Ecclériailiques,que
dans les Temporelles, & qu'-
aucun Prince étranger, nulle
perfonne, nul Prélat, Etat, ou
Potentat n'a, ni ne doit a-
voir aucune jurifdidion, puif-
fance, fupériorité, prééminence,
ou autorité Eccléfiallique, ou
fpirituelle dans ce Royaume.
C'eft pourquoi je rejette tou-
tes Juridictions, Pouvoirs,
Supérioritez, & Autoritez é-
trangères -, & y renonce en-
tièrement. Et je promets que
dorénavant je garderai foi, &
DES DiACRESV ]
vraie allégeance, & fidélité à
fa Majeflé, fes Héritiers, &
fucceffeurs légitimes: & que
de tout mon pouvoir, je fou-
tiendrai & défendrai toutes les
Jurifdidions, les Privilèges,
Prééminences & Autoritez,
qui ont été accordées, ou qui
apar tiennent de droit à fa
Majeflé, fes Héritiers, & fes
SuccefTeurs, ou qui ont été
unies & annexées à la Cour
ronne Impériale de ce Roy-
aume. Ainfi Dieu me foit en
aide, & le Contenu dans ce
Livre.
Alors l'Evêque examinera en la m^^-
niere fuivante, en préfence du Peuple^
chacun de ceux qui doivent être or-
donne X..
Etes-vous convaincu que
c'efl par un mouvement du
faint Efprit, que vous-vous
engagez dans ce Miniflère ôc
Office ; afin de fervir Dieu
pour l'avancement dé fa gloi-.
re, §c pour l'édification de
fon Peuple?
Réponfe. J'en fuis convaincu.
U Eve que.
Croyez-vous que vous étçs
vraiment apellé au Miniflère
de TEglife, félon la volonté
de nôtre Seigneur Jéfus-Chrifl,
& l'ordre juftement établi
dans ce Royaume?
Repnfc, Je l'efli^Tie ainfi,
L'Ordination des Diacres, 489
n Eve que.
Croyez - vous fmcèrement
toutes les Ecritures Canoni-
ques du Vieux & du Nouveau
Teftanient ?
Réponfe. Je les croi.
U Eve que.
Les lirez-vous diligemment
au Peuple afTemblé dans 1*E-
glife, dont le Service vous
fera commis?
Rêponfe. Je les lirai.
U Eve que.
Il apartient à l'Office d'un
Diacre, dans l'Eglife qu'il fera
apellé de fervir, d'affifter le
Prêtre dans le fervice Divin -,
particulièrement, quand il ad-
miniflre la Sainte Cène, & de
l'aider à la diftribution -, de
lire les Saintes Ecritures & les
Homélies dans l'Eglife, d'inf-
truire les jeunes gens dans le
Catéchifme, de baptifer les
Enfans en l'abfence du Prêtre,
& de Prêcher, s'il y eft admis
par l'Evêque. Déplus, il eft
de fon Office, là où l'ordre
en eft établi, de s'informer
des malades, des pauvres, &
des impotens de la Paroifte,
pour inftruire le Miniftre de
}eur état, de leurs noms, &
de leur demeure -, afin que
par fes exhortations ils puif-
fent être fecourus des au-
mônes des paroiffiens, ou d'au-
fres perfoaries, VQuJez-yous
vous aquiter de ces fonctions
volontairement & avec zèle ?
Réponfe. Je m'en aquite-
rai, avec l'aide de Dieu.
U Eve que.
Aporterez-vous tout le foin
poffible, pour régler vôtre
propre conduite, & la condui-
te de vos familles, en les for-
mant fur la dodrine de Jéfus-
Chrift -, & vous rendre vous-
mêmes, & eux, autant qu'en
vous eft, des exemples falu-
taires au troupeau de Chrift ?
Réponfe. J'y aporterai tous
mes foins moyenant l'affiftan-
ce de Dieu.
U Eve que.
Obéïrez-vous refpe6i:uëufe-
ment à vôtre Diocéfaîn, &
aux principaux Miniftres de
l'Eglife, fous la charge & le
gouvernement defquels vous
êtes placez -, & fuivrez-vous
avec joie, & de bon coeur
leurs pieufes admonitions ?
Réponfe. Je ferai pour ce-
la tous mes efforts, avec l'aide
de Dieu.
Alors tous s' agenouillant^ l'Evêquif
mettra fes mains fuccejjïvement fur U
tête de chacun d'eux y ^ dira j
Reçoi l'Autorité d'exercer
l'Office de Diacre, qui t'eft
commis dans l'Eglife de Dieu -,
Au Nom du Père, du Fils,
<;4:90 L'Ordination des DiacresJ
& du Saint Efprit. Afnen,
Fuis VEvcque donnera à. chacun à' eux
le Nouveati Tejiament, en dijmt ,
Reçoi rAutorité de lire
TEvangile dans l'Eglifc, de
Dieu, & de l'y prêcher ; fi ur
en as la permiflion de l'E-
vêque même.
Alors l'un d'eux, par V ordre de VE-
-*vêque, lira y
L'Evangile S. Luc. xii. ci^^,
kUE vos reins foient trouf-
fez, & vos chandelles
allumées : & foiez femblables
aux ferviteurs qui attendent
leur maître quand il arrivera
des noces: afin que quand il
• viendra, & qu'il heurtera, ils
'lui ouvrent aufii-tôt. Bien-
Colîecîey c3* ifumédÎAtemrjt avant
U BénédUlion^ en lira les CoîleSîei
fftlvantes.
Dieu Tout-puiiTânt, qui es
le Difpenlateur de tout
Bien, & qui en ta «grande
bonté as daigné accepter &
recevoir ces tiens ferviteurs à
l'Office de Diacres dans ton
Eglife i donne-lçur, nous t'en
luplions, d'être modefles, hum-
bles, & afîidus dans leur
Miniftère, fe montrant toujours
prêts à obferver toute difci-
QUE vos reins foient trouf- pline fpirituëlle -, 6c qu'aiant
Jez, & vos chandelles toujours le témoignage d'une
bonne confcience, & demeu-
rant fiables & fermes à ja-
mais en ton Fils Jéfus-Chrifl,
ils fe conduifent fi bien dans
cet Office inférieur, qu'ils foi-
jent trouvez dignes d'être ad-
heureux font ces ferviteurs que j mis à de plus hauts xMiniftê-
îe maitre trouvera veillans,
quand il arrivera. En vérité
]e vous dis ; qu'il fe troufiTera,
& les fera mettre à table, &
s'avançant les fervira. Que
s'il arrive fur la féconde veil-
le, ou fur la troifiéme, &
qu'il les trouve ainfi veillans,
bien- heureux font ces fervi-
teurs-là.
jres dans ton EgliRt > par le
même Jélus-Chriil ton Fils,
nôtre Sauveur, à qui foit
gloire & honneur aux ûècles
des fiècles. /hicn, \
Enfuite l'Evêque lira VOffïce de la Com-
?nunioni (^ tous ceux qui ont les
Ordres y ajjïjleront, ^ participeront
a la fainte Cèiie,le même jour avec
VE^jêque.
La Communion faite, après la dernière
PRévien - noui
dans toutes
, Seigneur,
nos a6~lions
par ta faveur & par ta grâce -,
& nous y acompagne de ton
fecours continuel ^ afin qu'en
toutes les oejavres que nous
aurons commencées , conti-
nuées, & achevées en toi, nous
puiffions glorifier ton S:iint
Nom, & parvenir enfin à la
\'ie
L'Ordination
vie éternelle; par ta miferi-
corde en Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
LA paix de Dieu, laquelle
furpalTe tout entende-
ment, garde vos cœurs, & vos
fens en la connoiiïance, & en
DES Prêtres. '4.91.
la diledion de Dieu, & de
fon Fils Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Et la bénédidion
de Dieu Tout-puiflfant, le Père,
le Fils, & le Saint E^rit, foie
avec vous tous, & y demeure
éternellement. Amen,
Jet H faut déclarer au Diacre, qu'il doit demeurer dans le Diaconat l'efpaet
d'une année entière [^ moins que four des Caufcs fuffifantes, il n'en ait /»«-
trement femblé bon à l'Eiéque^ Et cela afin quil fuijfe fe rendre parfait ^
bien-verfé dans les chofes qui apartiennent au Ser'vice de l'Eglife. Et s'il s'y
montre fidèle ^ diligent, il pourra être admis far fon Diûcéfain à l'Ordre dg
frétrife, aux temps Spécifiez, dans le Canon, ou [en cas d'occafion pref[anté\
à quelque autre Dimanche^ ou jour de Fête en préfence dû l'Eglife, en la ma-
nier e^ 0* farme faivante.
La Forme et la Manière
D'ORDONNER LES PRETRES.
Au jour marqv par l'Eve que, & après les Prières du Maîîn^
il y aura un Sermon, ou une Exhortation fur le Devoir iâ
Office de ceux qui doivent être admis à l'Ordre de Prêtrife-,
peur faire voir combien cet Ordre eft nêceffaire dans l'Eglife
de Jéfus-Chriji \ ^ en quelle ejlime le Peuple doit avoir
ceux qui en font honorez.
Premièrement l'Archidiacre, eu en fin
abfence, celui qui fera la fonciion en
fa place, préfentera a l'Evéque, [qui
fera ajjïs dans fa Chaire, auprès de
la Sainte Table,'] tous ceux qui doi-
'vent recevoir ce jour-la l'Ordre de
Trétrife [chacun d'eux étant en ha-
bit décent'] ^ dira -,
ON Révérend Père en
Dieu, je vous préfente
M
ces perfonnes-ci, pour être
admifes à l'Ordre de Pré-
trife.
U Eve que.
Prenez-garde que les per-
fbnnes que vous nous préfen-
tez foie ut capables, & pro-
pres par leur favoir & par
leur$
492. L'Ordination des Prêtres
leurs bonnes mœurs à exer-
cer leur Miniftère convena-
blement, pour la gloire de
Dieu, & pour l'édification de
ibn
Eglîfe,
U Archidiacre répondra.
J'ai fait les enquêtes né-
cefîàires : Je les ai aUfll exa-
minez à & je les eflime tels.
Alors f" Eve que dira au Peuple,
Chrétiens, voici ceux que
nous-nous propofons fous le
bon pjaifir de Dieu, de rece-
voir aujourdhui au Saint Office
de Prêtres : Car après les a -
voir duëment examinez, nous
ne trouvons rien qui doive les
en exclure: mais au contrai-
re, qu'ils font légitimement
apellcz ;à ce Miniftère, &
qu'ils libnt capables de le
remplir. Cependant s'il y a
quelqu'un de vous qui fçache
quelque empêchement , ou
quelque crime dans aucun
d'eux, pour lequel il ne doi-
ve pas être reçu dans ce Saint
Miniftère ; au Nom de Dieu
qu'il fe préfente; & qu'il
montre quel eft ce crime, ou
cçt empêchement.
6/ Vùn cbjcrte auel:^uc Crime, oh auel-
que injte Caufe d empêchement, il'E-
vtque furjeûira^y ^ remettra l'Or-
aiuaîhtî- de cette pe:-fonne-là,Jufqu'a
ce ane l'accufé fe Joit ^u
njié du
Puis l'Evéque^ après avoir recommandé
aux prières de l'Ajfemblée ceux qui
auront été jugez, dignes, de recevoir
l'Ordination, chanterai ou recitera l(t
.Litarne ç^ les Prières , conjointement
avec h Clergé é* l^ Peuple, en U
manière qui efi ci-devant prefcrite
dans la Forme d Ordonner les Dia-
cres i excepté feulement que dans le
Suffrage propre^ qui y efl ajouté, le
mot [Diacres] fera omis, c^ celtiî
de [Prêtres] y fera inféré en la
place.
Enfuite on chantera, ou Von recitera le
Service pour la Cominunion, avec la>
Collecie, VEpttre, ^ l'Evangile com-
me s'enfuit.
La Collecte.
Dieu Tout-puîflant de qui
defcend toute bonne do-
nation, & qui par ton Saint
Efprit as établi divers Ordres
de Miniftres dans ton Eglife:
Regarde en ta mifericorde ces
tiens Serviteurs, préfentement
apellez à l'Office de Prêtres.
Rempli-les tellement de la
vérité de ta Dodlrine -, & les
orne en telle forte d'innocence
& de pureté de vie ; que tant
par leur parole, que par leur
bon exemple, ils te fervent
iidèlement dans cet Office -, à
la gloire de ton Nom, & à
l'édification de ton Eglife; par
le mérite de nôtre Sauveur
Jéfus-Ciirift, qui vit, & qui
règne avec Toi, & avec le
Saint Efprit, aux fiècleS des fiè~
clés. A7?ien,
L^EPii.
L'Ordination des Prêtres. 493
L'Epi T RE, Ephef. iv. 7.
LA grâce eft donnée à cha-
cun de nous, félon la me-
fure du don de Chrifl. Ceft
pourquoi il ell dit -, Etant
monté en haut il a amené
captive une grande multitude
de captifs, & il a donné des
dons aux hommes. Or ce
qu'il eil monté, qu'efl-ce au-
tre chofe, fmon que première-
ment il êtoit defcendu dans
les parties les plus baffes de la
terre? Celui qui eft defcendu,
c'eft le même qui ell monté
au deffus de tous les Cieux y
afin qu'il remplît toutes cho-
fes. Lui-même donc a donné
les uns pour être Apôtres *,
& les autres, pour être Pro-
phètes ; & les autres, pour
être Evangeliiles ; & les au-
tres, pour être Paileurs &
Dodeurs : pour l'affemblage
des Saints ; pour l'œuvre du
Miniftère -, pour l'édification
du corps de Chrifl: Jufqu'à
ce que nous-nous rencontrions
tous dans l'unité de la foi, &
de la connoilfance du Fils de
Dieu, en homme parfait, à
la mefure de la parfaite fia-
ture de Chrift.
Après cela, on lira pour l^ Evan-
gile ce qui fini y tiré du neu-
viane Chapitre de S. Mattb,
L'Evangile. Mat. ix. '^6,
JEfus voiant les troupes, il
en fut ému de compafTion;
parce qu'ils étoient difperfez
& errans, comme des brebis
qui n'ont point de Paflieur,
Et il dit à fes Difciples ; Cer-
tes la moilTon efî grande j
mais il y a peu d'ouvriers.
Priez donc le Seigneur de U
moiifon, qu'il envoie des ou-
vriers en fa moiÛbn,
Ou ce qui fuit, tiré du dixiémâ
Chapitre de S.Jean,
S. Jean. x. i.
EN vérité, en vérité^ je
vous dis ; que celui qui
n'entre point par la porte dans
la bergerie des brebis, mais y
monte par ailleurs, efl un lar-
ron & un voleur. Mais ce-
lui qui entre par la porte, eit
le berger des brebis. Le por-
tier ouvre à celui-là, & les
brebis entendent fa voix, ^i
il apelle fes propres brebis par
leur nom, & les mène dehors.
Et quand il a mis fes brebis
dehors, il va devant elL^s, &
les brebis le fuivent ; parce
qu'elles connoiffent fa voix.
Mais elles ne fuivront point
un étranger-, au contraire, ti-
les le fuiront : parce qu'el-
les ne connoilTent point Li
^ilis Lur
dit
voix des etrangtî:s.
494- L'Ordination
dit cette parabole -, mais ils
ne comprirent point ce qu'il
leur difoit. Jéfus donc leur
dit encore -, En vérité, en vé-
rité je vous dis-. Que je fuis
la porte des brebis. Tout au-
tant qu'il en eft venu avant
moi, font des larrons & des
voleurs ; mais les brebis ne
les ont point écoutez. Je
fuis la Porte: fi quelqu'un
entre par moi, il fera fauve ;
& il entrera, & fortira, & il
trouvera de la pâture. Le
larron ne vient que pour dé-
rober, & pour tuer, & détrui-
re : Je fuis venii -, afin qu'el-
les aient la vie, &f qu'elles
l'aient même en abondance.
Je fuis le bon berger: le bon
berger met fa vie pour fes
brebis. Mais le mercenaire,
& celui qui n'eft point ber-
ger, à qui n'apartiennent point
les brebis, veiant venir le
loup, abandonne les brebis,
& s'enfuit : .& le loup ravit,
& difperfe les brebis. Ainfi
le mercenaire s'enfuit ; par-
ce qu'il efh mercenaire, &
qu'il ne fe foucie point des bre-
bis. Je fuis le bon berger, &
je connois mes brebis, & mes
brebis me connoiifent. Com-
me le Père me connoit, je
connois auffi le Père : & je
mets ma vie pour mes bre-
bis. J'ai encore d'autres bre-
bis qui ne font pas de cette
bergerie ^ il me les fiut aufii
DES Prêtres.
amener ; & elles entendront
ma voix i & il y aura un
feul troupeau, & un feul
berger.
Ap-rh ceUJ'E'vêque aj/is dans fa chaire
adminijîrera à chacun d'eux le fer-
ment de SUPREMAClEy comme
il eji exprimé ci-dejfus dam la For-
me de L'Ordination des Diacres.
Cela fait, il leur parlera en la mu*
niere fuivante.
VOus avez entendu, mes
Frères, dans vôtre exa-
men particulier, & dans l'ex-
hortation qui vient de voua
être adreifée -, comme aufîi
par les Saintes Leçons tirées
de l'Evangile, & des Ecrits
des Ap(kres, quelle eft la
dignité & l'importance de la
Charge à liquelle vous êtes
apellez. Et nous vous ex-
hortons encore au Nom de
nckre Seigneur Jéfus -Chrift
de vous fouvenir de l'impor-
tance de ce Saint Emploi, qui
vous établit pour être les Mef-
fagers, les Guettes, & les E-
conomes de la Maifon du
Seigneur -, afin d'enfeigner, de
conduire, & de nourir fa fa-
mille -, de chercher les brebis
de Jéfus-Chrift qui font dif-
perlées, & de retirer les En-
fans de Dieu du milieu de ce
préfent fiècle mauvais ; afin
qu'ils puiffent être fauvez é-
terneliement par Jéfus-Chrift.
Aiez
L'Ordination des Prbtres. 49$
Aiez donc toujours gravé
dans la mémoire, le prix du
Tréfor qui eft confié à vos
foins. Souvenez-vous que ce
font les brebis de Jéfus-Chrift,
qu'il a rachetées par fa mort,
& pour lefqueiles il a répan-
du fon Sang,. Souvenez-vous
que TEglife, que vous devez
fervir, efl fon Epoufe, èc fon
Corps: Et que fi par vôtre
négligence il arrivoit que cet-
te Eglilé, ou quelqu'un de
fes membres fouffrît quelque
préjudice par raport à fon
falut, vous ne pouvez igno-
rer quelle eft l'énormité d'une
telle faute, & la terrible pu-
nition qui la doit fuivre. Con-
fîderez donc férieufement en
vous-mêmes le but de vôtre
Miniftère, qui a pour objet
les Enfans de Dieu, FEpoufe
& le Corps de Jéfus-Chrift
même : Et prenez-garde qu'il
n'y ait aucun relâchement
dans vôtre travail, & dans
vos foins ; jufqu'à ce que vous
aiez fait tout ce qui dépend
de vous, félon que vous y
êtes obligez, pour amener
tous ceux qui vous font com-
mis, ou qui le feront ci-^après,
à un tel acord dans la foi, &
dans la connoilTance de Dieu,
& à une telle perfcélioa de
ftature en Chrift, qu'il ne ref-
te aucun lieu parmi vous,
ni à des erreurs dans la Re-
ligion, ni à des vices dans Ix
conduite de la vie.
Puis donc que l'OfEce au-
quel vous êtes apellez, efb
tout enfemble fi excellent, 3c
fi dificile -, vous voiez avec
quelle diligence, avec quel
zèle, vous devez vous y a-
pliquer : tant pour témoig-
ner vôtre foûmiiTion &c vôtre
reconnoiifance envers Dieu,
qui vous a élevez à une 11
haute Dignité -, qu'afin de
prendre garde, que vous-vcus
garantiffiez de péché vous
mêmes -, & que vous ne foy-
ïez point aux autres une o-
cafion de péché. Toutefois
vous ne pouvez point avoir
de vous-mêmes cette inten-
tion, ou cette volonté ; car
& la volonté & la capacité
viennent de Dieu. C'eft pour-
quoi vous avez befoin, & il
eft de vôtre devoir, de lui de-
mander inftammcnt fon Saint
Efprit. Mais parce qu'un
auffi grand ouvrage que ce-
lui qui regarde le filuc ces
âmes, ne peut être acompli
par d'autres moiens, que par
des inftrudions,' & des exhor-
tations tirées des Ecritures
Saintes, & acompagnées d'une
vie qui foit conlorm^ à ces
inftruélions ; jugez combien
il vous importe de vous npli-
quer à la Leéture, & a la ^
Méditation de la Paro'e de
Dieu,
L'Ordination des Prêtres^
%96
Dieu, & de vous étudier à
former fur cette fainte Règle
& vos mœurs, & les mœurs
de vos propres familles : 'Se
pour cela même, avec quel
foin vous devez éloigner de
vous, autant qu'il fera poffi-
ble, tous les foucis de ce
monde, & les ocupations du
fiècle.
Nous efperons que vous a-
vez bien pefé, il y a long-
temps, toutes ces chofes-, &
que par la grâce de Dieu,
vous êtes pleinement réfolus
de vous confacrer entièrement
à la Sainte Charge, à laquel-
le vous êtes apellez: qu'au-
tant qu'il dépendra de vous,
vous-vous apliquerez à cette
unique affaire, pour y rapor-
ter tous vos foins, & tous vos
travaux •, & que vous prierez
fans cefie Dieu le Père, par
la Médiation de nôtre Sei-
gneur Jélus-Chrift, pour ob-
tenir l'afTiftance de ion Saint
Efprit j afin que par la Lec-
ture confiante, 6c la Médita-
tion des Ecritures, vous puif-
fiez vous fortifier, & vous
perfe6lionner dans vôtre Minif-
tère ; vous étudiant tellement
à vous avancer, vous & les
vôtres, dans la fmdlification,
félon la Règle de la Do6lrine
de Chrifl, que vous foiez en
exemple au Peuple, & des
modelles de pieté qu'il puilTe
fuivre faiutairemenc.
Mais afin que tous ceux qui
font ici préfents, puiffent fça-^
Voir quelle eft vôtre intention
& vôtre réfolution fur ces
Devoirs -, & pour vous enga-
ger d'autant plus par vôtre
promeffe à vous en aquiter
religieufementi vous répon-
drez clairement, & fans am-
biguïté aux queftions que nous
alons vous faire au Nom de
Dieu, & de fon Eglife.
Croiez-vous en Confcience^
que vous foiez véritablement
apellez félon la volonté de nô*
tre Seigneur Jéfus-Chrift, &
félon l'ufage de l'Eglife An-
glicane, à l'Ordre & au Mi-
niftère de la Prêtrife ?
Rêponfe. Je le crois.
V Eve que, \
Etes-vous perfuadez que
les Saintes Ecritures contien-
nent fufHfamment toute la
Do6trine nécelïliire au falul
éternel par la foi en Jéfus-
Chrift? Et étes-vous réfolu!
d'en tirer les inftrucSlions qu(
vous donnerez au peuple com-
mis à vos foins -, & de n'en-
feigner rien, comme nécef^
fiire à falut, que ce que voui
croirez pouvoir être conclu, S
prouvé par l'Ecriture Sainte ï
Rép07tje. J'en fuis perluadé
&j'ai réfolu de me conduin
ainfi moienant la grâce d(
Dieu,
L'ORDiNAtlON DÈS PHETRÈS
V Eve que.
Vcxis atacherez-vous fidèle-
ment & diligemment au Minif-
tère de la Parole & des Sa-
cremens, & à l'exercice de la
t)ifcipline de Jéfus-Chrift;
comme le Seigneur l'a com-
mandé, & félon que cette E-
glife & ce Roiaume Tont re-
çu conformément à la Pa-
role de Dieu : en forte que
vous enfeigniez au Peuple com-
mis à vôtre charge, à s'y fou-
méttre, & à les obferver ré-
ligieufement ?
Réponfe. J'y aporterai tous
mes foin?, avec l'aide du Seî
gneur.
U Eve que»
Etes-vous refolus de rejet-
ter, & d'écarter avec fidélité
& diligence toutes les doc-
trines fauffes & étrangères, qui
font contraires à la Parole
de Dieu -, 6r d'adrefier vos re-
montrances & vos exhorta-
tions en particulier & en pu-
blic, tant à ceux qui font en
fanté, qu'aux malades, chacun
dans retendue de fa Cure; fé-
lon que la nécefiité le requer-
ra, & que l'ocafion vous en
fera présentée?
Rêponfe, Je fuis refolu de
le faire, moienant l'aÛiftance
de Dieu,
L'' Eve que.
Serez-vous afïïdus aux Pri-
ères & à la Ledlure de l'E-
criture Sainte, & à toutes les
autres études qui en peuvent
faciliter l'intelligence, en é-
1 oignant de vous les follici-
tudes du monde & de la
chair ?
Rêponfe, Je m'étudierai de
faire ainfi ; moienant le fe-
cours de Dieu.
UE^u'que.
Etes-vous refolus de don-
ner tous vos foins à régler
vos rnœurs, & celles de vos
familles fur la Do6lrine de
Chrift V afin de vous rendre,
vous & elles, autant qu'en
vous eft, des exemples falu-
taires & des modèles d'édifi-
cation pour le Troupeau de
Jéfus-Chrift?
Rêponfe, J'y donnerai tous
mes foins, avec l'aide de
Dieu,
U Eve que,
Entretiendrez-vous, & avan-
cerez-vous, autant qu'en vous
eft, la tranquilité, la paix, &
la charité entre tous les Chré-
tiens, & particulièrement par-
mi ceux qui font, ou qui fe-
ront commis à vos foins ?
Rêponfe. Je les y entretien-
drai ; & je les avancerai, a-
vec l'aide de Dieu,
K k VE-
49 s
L'Ordination des Prêtres.
VEveque.
Obéïrez-vous rerpeâiuëufe-
ment à vôtre Diocéfain, &
aux autres principaux Minif-
tres de l'Eglife, fous la char-
ge & le gouvernement def-
quels vous êtes placez ; fui-
Vant de bon cœur & avec
joie leurs pieufes admonitions,
& vous foumettant à leurs
Saintes Règles?
Réponfe, Je le ferai ainfi,
avec le fecours de Dieu.
Vuis VEvêque fe levant ^ fe tenant
debout y Jirni
Le Dieu Tout-puifTant, qui
vous a donné la volonté de
faire toutes ces chofes, veuil-
le vous accorder la force &
le pouvoir de les accomplir,
pour achever en vous fon oeu-
vre qu'il y a commencée ;
par jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Jmeft,
Cela fait, l'AJfembUe fera exhortée à demander ces grâces k Dieu dans leur.
Prières particulières, en s' humiliant four cet effet en fa préjence. Et pom
donner lieu a ces Trières, il fera fait filence pour un temps.
Enfuit e VEvêciue chantera, ou recitera VBymne, Veni, Creator Spiritusj Ton.
ceux qui doivent recevoir les Ordres étant à genoux : VEvêque commenfant
e^ les Prêtres (^ les autres là préfents répondant alternativement, commi
s'enfuit.
* Créateur des humains, de l'ame Ame fuprême.
Efprit Saint, vien dans nous, & régne en nôtre cœur:
Rempli de ta celefte ardeur
CeuXy qui par toi crêez^ renaijfent par toi-même.
Divin Confolateur, don du Père adorable ;
Feu, dont la douce flame embrafe faintement ;
On5îion^ qui nous transformant^
Rends Dieu préfent en V homme ^ ^ V homme à Dieu femblahk'.
O Fontaine en fept dons au Ciel réjaillilTante :
Doigt, qui la Loi Divine en nos âmes écris:
Promejfe du Père àf du Fils ;
^i des pécheurs muets rends la langue éloquente :
* Dans la Liturgie AngloJfe ilv a deux TraduBlons ou Paraphrafes en vers
d» Veni Creator ; an met ici celle qut MeJJïeurs de Pçrt-Rojal e» ont faites
9n franfoîs.
L'ORDINAtlÔN DES PRETJIES.
Soleil, dont les rayons illuminent TEglife,
Eclaire nos eiprits par ta vive clarté :
Echauffe notre volonté:
Ren-la foûmife à 'Toi : Ren-lui la chair fi fmife^
Etouffe du ferpent la voix enchanterelTe :
Dans fa fecrète guerre infpire-nous ta paix :
Rompfis pièges ^ fes filets :
Et guide à tous momens nôtre errante foiblejfe*
Fai-nous croire un Dieu feul, fage, bon, jufle, aimablet
Fai-nous croire le Père, abîme de grandeur,
Son Fils y fin Verbe ^ ^ fa Splendeur ;
Et Toi le nœud des deux, é? V amour ineffable^
Gloire à ce Roi Divin, qui règne en TEmpyree j
Gloire à Chrift par fa mort des morts le Rédempteur i
Gloire à PEfprit Confolateuf^
Dans l* aimable séjour d éternelle durée.
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séjour
Cela fait y PEvéque priera ainfi^
ïâ dira \
Prions Dieu.
Dieu Tout-puiffant Père
Celefle, qui par ta cha-
rité & ta bonté immenfe en-
vers nous , nous as donné
Jéfus-Chrift ton Fils unique
& bien-aiméi pour être nôtre
Rédempteur & 1* Auteur de
la vie éternelle -, lequel aiant
accompli nôtre Rédemption
par fa mort, étant monté
aux Cieux, envoïa dans tout
le monde fes Apôtres & des
Evangeliftes, des Pafteurs &
des Doéleurs, par les travaux
& le Miniftère defqucls il s'eft
K
aifemblé un gfand TroiipeaU
dans toutes les parties da
monde, pour célébrer à tou-
jours la louange de ton Saint
Nom : Nous te louons j Nous
t*adorons ; Nous te rendons
grâces du fond de nos coeurs,
de ces grands bienfaits que
nous avons reçus de ta bonté
infinie,. &=. de ce qu*il ta
plût d'apeller tes Serviteurs ici
préfents à ce même Office &
Miniftère établi pour le falut
du genre-'humain. Et nous
te fuplions très humblement
par le mcme Fils de ton a-
mour, qu'il te plaife d*acor •
der à tous ceux qui, ici ou
ailleurs, invoquent ton Saint
Nom, de te témoigner avec
Kk 2 nous
50O U06.DINATIÔK DÈS PreTRES.
Père, & du Fils, & du Saint
nous fans celTe une jufte re-
connoifTance pour ces bienfaits
& pour tous les autres -, &
que nous-nous avancions de
jour en jour dans ta connoif-
jance, & dans la foi que nous
avons en Toi & en ton Fils
par le