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LITURG lE
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FO RM ULAI RE
DES
PRIERES PUBLIQUES
SELON L'USAGE Dp
L'EGLISE ANGLICANE.
NOUVELLE EDITION,
Revue, Corrigée, et Augment]£e
DES FORMULAIRES POUR L'ORDINATION
DES DIACRES ET DES PRETRES,
ET
POUR LA- CONSECRATION DES ARCHEVEQIJES
ET EVEQUES.
ALONDRES,
ChezP.DUNOYER, & N. PREVOST & Comp,
M.DCC.XXIX.
7r-
(iU)
PREFACE.
Epuis que TEglife Anglicane a compilé û
Liturgie elle a toujours eu la prudence de te-
nir un jufte milieu, entre unetrop grande ri-
gueur à refufer d'y admettre aucune forte
de changement, ôc une trop grande facilité
à confentir d'y en admettre fans raifon.
En effet, puifque l'expérience nous apprend, que lorfque
fans une néceffité évidente, on a fait des changemens
en des chofes qui avoient été établies après une mûre
délibération, il s'en efl: enfuivi des inconveniens, &
plus grands ôc en plus grand nombre, que ne l'étoient
ceux, auxquels on s'étoit propofé de remédier : & que
d'un autre côté, on convient que les Formulaires par-
ticuliers du Service Divin, aullî bien que les Rits &
les Cérémonies, qui y font prefcrites, font de leur na-
ture indifférentes & altérables, il efl: raifonnable, que
ceux qui en ont l'autorité, y faifent les changemens,.
qui leur paroiffent néceffaires & convenables, toutes les
fois que des confidérations importantes, & que les di-
verfes circonfl:ances des temps le demandent. C'cft
fuivant cette maxime, que fous les Règnes de divers
Rois, d'heureufe mémoire, que nous avons eu depuis
la Réformation, l'Eglife a bien voulu, par de juflies ôc
graves confidérations, aporter quelques changemens en
T PREFACE.
certaines chofcs particulières, qui dans leurs temps ref-
pedifs avoicnt paru convenables : Mais elle la fait de
telle manière, que le Corps & la Subftancc de fon Ser-
vice, tant à regard des chofes principales, que de fa
forme ôc de fon ordre, ont été jufquici toujours les
mêmes, & qu'elles demeurent fermes & inébranlables 5
malgré les ataques ôc les afTauts violens de certaines
gens inconftans & légers, qui ont toujours fait paroi-
tre, qu ils avoient plus d'atachement à leurs fentimens
particuliers & à leurs propres intérêts, qu ils n avoient
d'inclination à s'aquiter de ce qu'ils doivent au public.
Tout le monde fait allez, fans que nous en rapelions
ici la mémoire, par quelles mauvaifes pratiques, & par
quels motifs pernicieux, l'ufage de la Liturgie fut dif-
continué, pendant nos derniers troubles : quoi qu'il fut
prefcrit par les Loix de TEtat, qui étoient alors, comme
elles le font encore, dans toute leur force. Et lors
qu'à Toccafion du rétablilTement du Roi, il y avoit
grande aparence, qu'entre autres chofes, Tufage de la
Liturgie, qui n avoit jamais été légalement aboli, re-
prendroit de lui même fon ancien cours 5 à moins qu'on
n'y oposât promptemcnt quelque puiiTant obftacle : ces
mêmes gens, qui dans le temps de l'ufurpation, s'etoient
acharnez à décrier la Liturgie dans Tefprit du peuple,
& à la lui rendre odieufe, fe trouvèrent engagez par
leur intérêt, & en même temps pour conferver leur
réputation, à faire tous leurs efforts pour en prévenir
le rétabliflement ; parce qu'autrement il leur auroit fa-
lu reconnoître qu'ils avoient failli : or c'cft ce qu'il
n'eft prefque pas poflibie de faire avouer à des gens
de leur forte. Dans cette vue ils publièrent divers pe-
tits livres contre le Livre ^es 'Prières Tubliques : ils
y étalèrent non feulement les vieilles objedions 5 mais
ils y en ajoutèrent de nouvelles, pour en augmenter le
nombre. Ils s'adrelférent même, jufqu'au Roi, pour
lui d<bmandcr inftaaiiment que ja Liturgie fut revue, &
qu'on
P R E F A C E. V
qu'on y fit de tels changemens & de telles âditîons
que Ton trouveroit néceflaires pour le foulagement des
confciences tendres. A quoi fa Majefté, dont les pieu-
fes inclinations le portent à ne rien refufer de raifon-
nable à aucun de fes Sujets, quels que foient leurs
fentimens en matière de Religion, voulut bien charita-
blement aquiefcer.
^ Dans cette revifion nous avons tâché de garder la
même modération, qu il nous paroit qu'on a ci-devant
obfcrvée en pareil cas. C'eft pourquoi entre les divers
changemens qui nous ont été propofez, nous avons re*
jette; 1°. tous ceux qui étoient dune dangereufe con-
féquencc, comme par exemple ; ceux qui tendoient à
faper fourdement quelque point de doftrine, ou quel-
que louable pratique de l'Eglife Anglicane, ou même
de TEglife univerlelle : & z"". tous ceux qui bien loin
d'être de quelque conlequence, étoient tout-à-fait vains
6c frivoles. Mais quant à ceux qui nous ont paru en
quelque façon requis, ou convenables, nous y avons
aquiefcé avec plaifir, & de nôtre propre mouvement,
fous quelque prétexte, dans quelque vue, & par qui que
ce foit qu'ils nous ayent été propofez. Car ce n'eft
pas, au rcfte, que nous nous y foyons crû obligez par
la force d'aucun argument, qui nous ait convaincu que
ces chan2;emens étoient abfolument néceflaires. En ef-
fet nous fommes pleinement perfuadez en nos confci-
ences, & nous le proteftons ici à toute la terre, que la
Liturgie, telle qu'elle étoit auparavant établie par les
loix, ne contient rien qui foit contraire à la parole de
Dieu i ni à la faine dodrine 5 ni dont un vrai Chrétien
ne puifle fe fervir en bonne confcience, & à quoi il ne
puifle fe foûmettre i ni rien enfin qu'on ne puiiTe fort
bien défendre contre toute forte de contredifans 5 fi
on y alloue les juftes & favorables interprétations, que
l'Equité naturelle nous oblige d'allouer à tous les écrits
des hommes > & particulièrement à ceux qui font pu-
bliez
vî P R E F A C E.
bliez par autorité } & même aux meilleures traduûions
qu'on ait jamais fait de FEcriture Sainte.
Aufli n avons-nous pas eu deflein dans cet ouvrage,
de favorifer aucun des partis préférablement aux autres,
dans leurs demandes déraifonnables ; mais de faire, au-
tant que nous en avons été capables, ce qui nous a
paru le plus propre à conferver la paix &c Tunité de
TEglife 5 a infpirer le refped j à exciter la pieté & la
dévption dans le Service public , ôc à ôter toute occa-
iîon de chicaner de de pointiller contre la Liturgie de
TEglife, à ceux qui ne cherchent que des prétextes pour
le faire. Et pour ce qui regarde les changemens, les
aditions & les autres chofes, en quoi ce Livre-ci diffère
du précédent, il fuffira d'en rendre cette raifon géné-
rale. Ceft que la plupart des changemens ont été
faits; i^.pour Tinftrudion de ceux qui doivent officier
dans les divcrfcs parties du Service Divin : & c'eft par-
ticulièrement dans le Calendriei; & dans les Rubriques,
que fe trouvent ces changemens. 2 «.Pour corriger
quelques vieux mots & quelques phrâfes fur-années, en
leur fubftituant d'autres expreflîons plus énergiques ôc
plus propres, & qui font préfcntement en ufage : ou
pour expliquer plus clairement des mots &: des phrâ-
fcs, qui avoient une fignification douteufe, ou qui pou-
voient recevoir un mauvais fens. 3^. Pour rendre plus
corredement les parties de l'Ecriture, qui fe trouvent
inférées dans la Liturgie ; lefquelles fe doivent lire
maintenant félon la dernière verfion de la Sainte Bible.
Outre cela ; On a jugé à propos d'y ajouter en leurs
propres lieux, des Prières & des Adions de grâces con-
venables à certaines occafions, particulièrement pour
ceux qui font fur la mer; aufli bien qu:un Office
pour le Baptême des Adultes. En effet, quoique cet
Office ne fut pas néceflaire, lors qu'on compila la
précédente Liturgie ; il efl devenu d'une néceffité ab-
iolue depuis que par la licence des derniers temps, l'A-
nabaptifme
PREFACE: Vlî
SâbaptLTmê s'cft gliffé & s'eft fi fort répandu parmi nous.'
Outre qu'il ne peut être qu'extrêmement utile dans
nos Colonies, pour y bâtifer ceux qui y naiflent, &
les autres qui fe convertiffent à la foi. Au refte, Si
quelcun fouhaitoit qu'on lui rendît un compte exad de
chaque changement particulior, qu'on a fait dans la Li-
turgie, nous ne doutons point, que s'il fe donne la
peine de comparer ce Livre-ci avec le précédent, il ne
s'aperçoive aifément lui-même, des raifons qu'on a eues
de le faire.
Enfin, nous avons tâché de nous aquiter de nôtre
devoir comme en la préfencedeDieu, dans une affaire lî
importante 5 & de rendre en cela, autant qu'en nous a
été, nôtre fincérité aprouvée aux confciences de tous les
hommes ; bien que nous n'ignorions pas qu'il eft im-
pollible de les fatisfaire tous 5 vu la grande diverfité
de fentimens, d'humeurs, & d'intérêts qu'on voit au-
jourd'hui dans le monde. Mais lî nous ne devons pas
nous promettre que des gens faftieux, de mauvaife hu-
meur, ôc qui ont l'efprit de travers, veuillent, ou puif-
fent fe contenter d'aucune chofe en ce genre, qui ait
été faite par d'autres que par eux-mêmes 5 Nous fom-
mes, au moins, perfuadez que ce que nous préfentons
ici, & qui a été examiné avec un grand foin, & qui a
été aprouvé par les Synodes des deux Provinces, fera
auffi aprouvé & favorablement reçu de tous les Mem-
bres de l'Eglife Anglicane^ qui ont de la modération,
qui aiment la paix, & qui véritablement ont une bonne
confcicnce.
Dtt
Jl/
t vUi )
Du Service de l'Eglife.
P^ L n'y eut jamais rien de fi bien conçu, ni de
M fi fagcment établi par les hommes, que par la
fucceflîon des temps, il ne s'y foit gliffé de la
corruption & du défordre. Nous en avons,
entre autres, un exemple bien évident dans les Prières
de TEglife, qu on apelle communément le Service
^ivin. En effet, fi Ion en recherche lorigine & le
fondement dans les anciens Pères, on trouvera que ce
Service fut très-fagement inftitué poar Tavancement
de la pieté. Car ils le réglèrent de telle forte, que
dans le cours de Tannée, on lifoit toute la Bible, ou
que du rnoins on en lifoit la plus grande partie 5 afin
que la fréquente ledure & la méditation affiduë de la
Parole de Dieu incitât le Clergé, & particulièrement
les Miniftres qui olRcioient dans chaque affcmblée, à
vivre faintement eux-mêmes ; & qu elle les rendît plus
propres à inftruirc les autres par une faine doûrine, &
à confondre les ennemis de la vérité 5 & qu en même
temps, louïe des faintcs Ecritures fournît le moyen au
Peuple de faire inccflamment de nouveaux progrès en la
connoiffancc de Dieu, & de s'enflamer de plus en plus
de Tamour de la vraie Rclision.
Mais
DU Service de l'Eglise. ix
Mais ce Saint & bel ordre des anciens Pércs a été
tellement négligé, altéré, <5c perverti depuis bien du
temps, par Tinfertion de contes ôc de légendes fabu-
leufcs, èc de quantité de répons, de verfets, de vaines
répétitions, de commémorations, Ôc de fynodales, que
lors qu'on avoit commencé la lefture d'un livre de la
Bible, on fe contentoit, d ordinaire, d'en lire . trois ou
quatre chapitres, fans en lire jamais davantage. C'eft
ainfi quon lifoit le commencement d'Efaïe dans TA-
vent, ôc celui de la Genèfe dans la Septuagéfime, fans
jamais achever de les lire : Et on en ufoit de même a
regard des autres livres de TEcriture Sainte. Déplus,
bienque S. Paul ait ordonné de parler toujours au Peu-
ple dans TEglife en langue vuJgaire, afin qu'il puifle
être édifié s il cil arrivé que pendant bien des années,
le Service s'cft fait dans TEglife d'Angleterre en lan-
gue latine, qui n'eft point du tout entendue du peu-
ple 5 de forte que comme ils n'entcndoient que de leurs
oreilles, leurs coeurs, leurs efprits, ni leurs entende-
mens n'en poir/oient point recevoir d'édification. De-
plus, au lieu que les anciens Pères avoient divifé les
Pfeaumes en fept parties, dont chacune étoit appellée
une NoEîurne ; on fe contentoit, depuis quelque temps,
d'en dire feulement un petit nombre, & on omettoit
entièrement le refte. Outre que la multitude & la
difficulté des Règles, apellées la P/>, & les divers
changemens du Service, faifoient qu'il y avoit plus
de peine & d'embarras à tourner feulement les feuil-
lets du Livre, pour trouver ce qui devoit être lu, qu'il
n'y en avoit' à le lire, quand on Tavoit trouvé.
Après avoir confideré tputes ces défeduofitcz, on a
infl-it' cet Ordre-ci, qui remédie à toutes. Et pour
y aporter d'autant plus de facilité, on a fait un Ca-
lendrier, qui eft clair & fort aifé à comprendre : dans
lequel on a difpofé la ledure de l'Ecriture Sainte,
d'une telle manière, qu elle fe fera, autant qu'il eil pof-
b fible.
X duService DE l' Eglise.
fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron-
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,-
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem-
blables, qui interrompoient le cours de la leélure des
Livres Sacrez.
Cependant comme il n'eft pas poflible de fc pafTer
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes;
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre
pour les Prières, & pour la ledure de l'Ecriture Sainte,
qui répond parfaitement à l'intention des anciens Pè-
res j ôz qui cft certainement beaucoup plus utile, &
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui
qu'on obfervoit auparavant. IJ eft plus utile ; parce
qu'on en a retranché beaucoup , de chofes dont les
unes étoient fauflcs, les autres incertaines, & les au-
tres vaines & fupcrftiticules : Outre qu'il n y eft or-
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui ny
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au-
diteurs: Il eft en même temps plus commode,- tant
a cauie de fa brièveté, que parce que les Règles y font
faciles, & en petit nombre.
Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de
chanter dans les Eglifcs de ce Rovaume etoit fort di-
ferente; les unes ie conformant à Wii^rc de Salisbury,
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui dzBanjror,
dautrc-s a celui àTork, & d'autres enfin, a celui de
Lmcohi, il ne doit plus y avoir déformais qu un feul
uiage dans tout le Royaume.
Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement
exprimées, qu'il ne s'y rencontre des difficultcz par
TTu •" A^'t^^ ^ V^' P'^'^^^^' '^ ^^''^'"^ pour lever
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am-
biguitcz touchant la manière dont il faut entendre.
D U s i; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt
6c mettre en pratique ce qui eft contenu dans ce Li-
vre, que les perfonnes qui pourront avoir là deflus des
doutes, s'adrçilent toujours à FEvêque de leur Diocèfe,
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio-
cèfe avoit lui même quelque doute là deifus, il pour-
. roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a-
voir la foiution.
j4u refte bien qu'il foit ordonne-, que tout ce qui fe
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit
lu & chanté en langue njulgaire^ afinque toute laffem-
blèe en puijfe recevoir de l'édification : On 71e prétend
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs Prier es ^
le foir c^ le matin en leur particulier, de le faire en
telle langue quil leur flaira j pourvu qu'ils le fajfent
erh une langue qu'ils entendent.
Tous les Tr êtres-, & tous les 'Diacres doivent dire
tous les jours les Prières du Matin & du Soir, ou
en particulier, ou en public j a moins qu'ils nen foient
empêchez par quelque maladie, ou par quelque autre
caufe légitime.
Le Miniftre dune Eglife Paroiffiale, ou d'une Cha-
pelle, s'il efl fur les lieux, & qu'il nait point de rat-
fan qui len empêche, dira les Prières dans l Eglife
Paroifîale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a-
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve-
nir entendre la Parole de Dieu, &^ ajfîfter avec lui
aux Prières publiques,
^',2. ■
b 2 • . . De*
X duService DE l' Eglise.
fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron-
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,-
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem-
blables, qui interronipoient le cours de la leélure des
Livres Sacrez.
Cependant comme il n'eft pas pofîlblc de fc pafler
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes;
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre
pour les Prières, & pour la ledure de TEcriture Sainte,
qui répond parfaitement a l'intention des anciens Pè-
res 5 ^ qui cfl certainement beaucoup plus utile, &
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui
qu'on obfervoit auparavant. Il eft plus utile 5 parce
qu'on ^ en a retranché beaucoup , de chofcs dont les
unes étoient faufles, les autres incertaines, & les au-
tres vaines & fuperftiticules : Outre qu'il n y eft or-
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui n'y
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au-
diteurs: 11 eft en même temps plus commode j tant
a caule de fa brièveté, que parce que les Règles y font
faciles, & en petit nombre.
Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de
chanter dans les Eglifes de ce Royaume etoit fort di-
fvTcnte; les unes ie conformant à Tufaçrc de Salisbury,
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui à^cBanjror,
dautrc-sa celui àTork, & d'autres enfin, a celui de
Lincoln, il ne doit plus y avoir déformais qu'un fcui
uiage dans tout le Royaume.
Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement
exprimées, qu'il ne s^ rencontre des difficultcz par
raport a luiage & a la pratique, il faudra pour lever
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am-
bi^iutcz touchant la manière dont il faut entendre.
D U s E; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt
& mettre en pratique ce qui cft contenu dans ce Li-
vre, que les pcrfonnes qui pourront avoir là deflus des
doutes, s'adreffent toujours à TEvêque de leur Diocèfe,
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio-
cèfe avoit lui même quelque doute là deflus, il pour-
roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a-
voir la folution.
j4u refie bien qu'il foit or donnée que tout ce qui fe
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit
lu ér chanté en langue 'vulgaire^ afinque toute lajf em-
blée en fuijfe recevoir de l'édification : On ne prétend
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs TriéreSj
le foir & le matin en leur particulier, de le faire en
telle langue qu il leur flaira j pour^uû qu'ils le fajfent
en une langue qu'ils entendent.
Tous les '^Prêtres, & tous les "Diacres doivent dire
tous les jours les Trières du Matin & du Soir y ou
en particulier y ou en public i a moins quils nen foient
empêchez par quelque maladie :, ou par quelque autre
caufe légitime.
Le Miniftre dune Eglife Taroiffiale, ou dune Cha-
pelle, s'il eft fur les lieux, & qu'il nait point de rat-
fon qui l'en empêche-, dira les Prières dans lEglife
Paroifftale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a--
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve-
nir entendre la Parole de Dieu, &^ affifler avec lui
aux Prières publiques.
b 2 _ ^ Dcîl
XII DesCeremonies.
Des Cérémonies.
Pourquoi les unes ont été abolies, & les
autres retenues.
p
^^Armi les Cérémonies qui font en ufage dans TE-
JJ S^ifc, 6c qui doivent leuï origine à Tinflitution
des hommes, il y en a qui furent d'abord inftituées
dans une bonne ôc faine intention; mais qui néan-
moins ont dégénéré, par la Succelfion des temps, en
fuperftition & en vanité : 11 y en a d'autres qu une dé-
votion indifcrcte & une zèle fans connoiflancc ont
introduit dans l'Eglife ; & qui ayant été tolérées dans
Jeur commencement, ont dans la fuite produit tous
les^ jours de nouveaux abus ; & qui par confequent
méritent d'ctrc rejcttées & entièrement abolies ; non
feulement parce quelles font inutiles, mais auflî, par-
ce qu'elles ont aveuglé le Peuple, & extrêmement
obfcurci la gloire de Dieu : Enfin, il y en a d'autres,
qu'on a jugé à propos de retenir, quoi qu elles foient
d'inftitution humaine ; tant pour conferver toujours
l'ordre & la bienfcance dans l'Eglife, qui eft le but
qu'on fe propofa en les inllituant, que parce qu elles
font propres a édifier ; & que c^cft à l'édification, que
tout ce qui fe fait dans l'Eglife doit fc raporter, félon
l3i doctrine de l'Apôtre.
Et bien que ce ne foit pas de grande importance,
que dobferver, ou de ne pas obferver une Cérémonie,
a h confiderer en elle même; ce n'eft pas néanmoins
une légère oftente devant Dieu, que d'enfreindre &de
violer volontairement & avec mépris un Ordre, &une
Diiciplme rcguherement établie, ^ue toutes chofes.
^ir 5. Paul, fejaj[em entre ^-cous honnêtement &far
ordre.
D^ES C ERE MON I ES. Xlir
trdre. Cependant ce n eft point à de fimples particuliers*
& à des perfonnes privées, qu'il appartient d'établir cet
Ordre. Il n'y apcrfonne qui doive entreprendre d'établir,
ou de changer aucun Ordre commun & public dans
TEglife de jéfus-Chrift, à moins qu'il n'y Toit légitime-»
ment apellé, & qu'il n'ait l'autorité de le faire.
Et comme nous fommes dans un fiècle, où les fcn-
timens des hommes font très difFerens j enfortc que
les uns font tellement atachcz à leur ancienne cou-
tume, qu'ils font confcicnce de fe départir le moins
du monde de leurs cérémonies 5 & que les autres
au contraire, ont une telle paillon pour les nou-
veautez, & un tel mépris pour tout ce qui fent
l'antiquité, qu'ils voudroient innover généralement
toutes chofes j on a crû qu'il valoir mieux tâcher
déplaire à Dieu, & de faire en même temps ce qui
pouvoit leur être utile, aux uns & aux autres, que
de fonger à leur plaire & à les contenter. Cepen-
dant pour ne pas donner lieu à ceux qui écoutent la
raifon de fe plaindre, on a bien voulu raporter ici
quelques unes des raifons qu'on a eu de rcjetter quel-
ques unes des anciennes Cérémonies, <3c d'en retenir
encore d'autres.
On a jugé à propos d'en abolir plufieurs; parce
que dans ces derniers temps, le nombre s'en étoit tel-
lement accru ôc multiplié, que le fardeau en étoit in-
fuportable. C'eft de quoi St. AugMJlin fe plaignoit
auffi de fon temps, jufqu'à dire que les Cérémonies
étoient alors montées à un noml3re fi exceffif, que
l'Eglife Chrétienne étoit, à cet égard-là, dans un pire
état, que l'Eglife Judaïque 5 & qull en faloit nécef-
fairement fecouër le joug, dès que les circonftances
des temps fourniroient l'occafion de le faire paifible-
ment. Mais que n'eut pas dit S. Attgujliny s'il avoit
vu les Cérémonies, qui étoient en ufage parmi nous ;
puis que nous en avions, £ans comparaifon bien davan-
b 3 tage
Xiv D E s C E R E M O N I E s
tagc qu'il n'y en avoit de fon temps i ôc qu'outre que
Ic'nombrc en étoit prodigieux 5 ii y en avoit plu-
fieurs, qui étoient plus propres à écUpfer & à confon-
dre les bienfiitsde ]efus-Chrift envers nous, quà nous
les repréfcnter, & a nous en donner la connoiffancc?
Déplus, l'Evangile de jéfus-Chrifl: n'eft pas une Loi
ccrémonielle, comme letoit la Loi de Moïie : c'eilune
Religion qui confiik, non en fervitude d'ombres &
de figures, mais en une liberté d'efprit, & qui fe con-
tente d'admettre les cérémonies qui fervent à établir
un bon ordre èc une Sainte Difcipline, & qui font
propres à exciter & à réveiller la flupidité des hom-
mes, & à les faire fouvenir de leur devoir envers Dieu,
par quelque figniiication fuiguliérc & remarquable, qui
foit capable de les édifier. Mais la principale caufe,
pour laquelle on a aboli plufieurs anciennes Cérémo-
nies, c'eft que l'abus s'en multiplioit fi étrangement i
d'un coté, par l'aveuglement & par la fupcrftition des
perfonnes ignorantes ôc groflîéresi & de l'autre, par
l'avarice infatiabie de ceux qui recherchoient leur pro-
pre intérêt préférablement à la gloire de Dieu, qu'il
eût été trcs mal-aifé d'en corriger les abus, fi on en a-
voit confervé l'ufage.
Pour ce qui eft de ceux, qui pourroient trouver
mauvais, que l'on ait confervé quelque unes des an-
ciennes Cérémonies 5 on ne doute pas qu'ils ne chan-
gent de fentiment, s'ils confidèrent que fans lobfer-
vation de certaines Cérémonies, il neft pas pofiîble
de conferver aucun ordre, aucune difcipline ; ni au-
cune paix dans l'Eglife. Que s'ils fe formalifoient, de
ce qu'au heu de conferver les anciennes, on ne lem* en
a pas fubftitué de nouvelles, ce feroit tomber d'accord
qu il eft convenable d'avoir des Cérémonies ; or s'il eft
convenable d'en avoir, ne feroit-ce pas une efpèce de
fohe que d'en rejetter d'utiles, par cette feule raifon
quelles font anciennes? Ne devroient-ils pas plutôt
les
T) ES C ERE M ON I ES XV
les révérer, à caufe de leur ancienneté 5 s'il cft vrai
qu'ils ayent plus d'amour pour l'union & pour la con-
corde, que pour des inventions nouvelles, lefquelles il
faut toujours éviter, autant que l'intérêt de la Religi-
on Chrétienne le peut permettre > Déplus, ces mêmes
perfonnes n'auront pas railbn d'être choquées des Cé-
rémonies qu'on a retenues 5 s'ils confidèrent, que com-
me on a rejette celles dont on abufoit le plus, 6c qui
chargeoient les coniciences fans aucune raiibn 5 on n'a
retenu les autres, que pour conferver quelque ordre &
quelque ditcipline 5 & que d'ailleurs on convient qu'el-
les peuvent même être changées, lors qu'on aura de
bonnes raifons de le faire i bien loin qu'on prétende
les mettre au nivxau de la Loi de Dieu. Enfin, ce
ne font point des Cérémonies muettes & obfcures, que
celles qu'on a retenues : Elles font telles que chacun
peut aifément comprendre ce qu'elles fignifient, & à
quoi elles fervent ; deforte qu'il n'eft pas vrai-fembla-
ble qu'on puifle en abufer à l'avenir, comme on a
auparavant abufé des autres. Au rcfte, nous ne pré-
tendons point par là condamner les autres Nations, ni
prefcrire rien à qui que ce foit qu'à nôtre peuple.
Car nous croyons qu'il eft trcs-raifonnable que dans
chaque Pais on fe ferve des Cérémonies, que Ion y
.croit les plus propres à avancer l'honneur & la gloire
de Dieu j ôc à porter le peuple à vivre de la manière
la plus parfaite & la plus fainte, fans erreur ôc fans
fuperftition : & que l'on y rejette ce qui leur pa-
roit de temps en temps, avoir dégénéré en abus; com-
me il arrive fouvent qu'il fe glille des abus dans les
Conftitutions humaines, tantôt d une manière, 6c tantôt
d'une autre, félon la diverfité dçs pais.
b 4. L'OR-
( XVI )
L' O R D R E
^jtil faut fui'vre en la Leâure
DES PSEAVMES.
LE livre des Pfcaumcs fera lii tout entier une fois
tous les mois, félon Tordre qui efl: marqué, tant
pour les Prières du Matin, que pour les Prières du
Soir : Mais il ne fera lu en Février que jufques au
tingt-huitiéme, ou vingt-neuvième jour du mois.
Et parce que Janvier, Mars, May, Juillet, Août,
Octobre, & Dccen-ibre ont chacun trente & un jours 5
il eft ordonné que le dernier jour on lira les mêmes
Pfeaumes qui auront été lus le jour précédent : en
forte que l'on puiffe recommencer Je Pfautier le pre-
mier jour du mois fuivant.
Et parce que le Pfeaume cxix. eft divifé en 22
parties, & qu'il eft trop long pour être tout lu en une
tois; il eft ordonné qu'il n'en fera lu que quatre ou
cinq parties à la fois.
Ht à la fin de chaque Pfeaume, & de chaque partie
du Pfeaume cxix. fera répété cette Hymne,
Gloire foit au Ter e, &auFtls, & au Saint Eff rit.
Comme il et oit au commencement ; comme il efl
maintenant-, 6- comme tl fera éternellement. Amen,
^ Remarquez que le Plau- {a) Ceci s'entend du Pfau^
tier [a) fuit la Divifion des ^^'^^ dans la Liturgie en An-
Hébreux, & la Verfion de à^'-^ » ^^r dans celle-ci, l'on
la grande Bible Angloife, ^'P^'^^ ^^ ^^^'^^^ verfion des
qui fut publiée & mHe en ^I^^'^^^^> qui fe trouve dans
ufage ious les Réi;ues de ^"^ ?'^^^' ^^ ^^''- ^"^^^^^n, qui
Henri huitième, ôc d'E- ^ '^'^ff ^,^^t^^^ ^^^ «^P^^^
DOUARDfaiém, ^-W-»...J..P.>'.-
^ /^^j, t5f qui eft la plus en ufage
parmi ksFroteftans François.
UOR.
( XVII )
L' O R D R E
Glm hn doit tenir en la LeBure du re(îi
"DE LA SAINTE ECRITURE.
G'Eft du Vieux Teftamcnt que fe doivent prendre
les premières Leçons aux Prières du Matin ôc du
Soir 5 de forte qu il s'en lira la plus grande partie une
fois Tannée félon Tordre de ce Calendrier.
C'eft du Nouveau Teftament que fe prennent les fé-
condes Leçons aux Prières du Matin & du Soir ; &
on les lira par ordre, trois fois Tannée, outre les Epî-
trcs & les Evangiles ; excepté TApocalypfe, d'où il fe
tire feulement certaines Leçons propres pour diverfes
Fêtes.
Et pour favoir quelles Leçons fe doivent lire chaque
jour, cherchez le jour du mois dans le Calendrier fui-
vant j là vous trouverez les Chapitres, qui doivent ê-
tre lus pour les Leçons, tant des Prières du Matin que
du Soir 5 excepté feulement les Fêtes Mobiles, qui ne
font point dans le Calendrier, & les Immobiles où il
y a une efpace en blanc dans la Colonne des Leçons,
pour tous lefquels jours Ton trouvera les Leçons pro-
pres dans la Table des Leçons. propres.
Et remarquez que quand il y a des Pfeaumes ou des
Leçons propres prcfcrites, alors les Pfeaumes & les
Leçons marquées à Tordinaire dans le Pfautier, ou dans
le Calendrier, fi elles font différentes, feront ômifcs
pour cette fois-là.
Remarquez auflî que la CoUede, TEpître, & TEvan-
gile du Dimanche ferviront pour toute la femaine fui-
vante ; à moins qu il ïizïi foit autrement ordonné dans
ce Livre.
Leçons
XVI iT Leçons pour les Jours de Dimanches,
LeçonsPropres,
Qui doivent être lues toute l'Année aux Prières du Matin
& aux Prières du Soir, les Dimanches^ & hs autres jours
de Fêtes.
Leçons Propres pour, les Dimanches.
Dimanches de
lAvent .
Le Premier.
1
3
4-
Dimanches
aptes Noël.
Le Premier.
2
Dimanches
aprh l'Epi-
phanie.
Le Premier.
2
5
4
f
6
Septuagefime
Sexsgé/ime.
^inquagef.
Carême.
Dimanche i
4
6
I Leçon.
1 Le^on.
Paque.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanches
après Vaque
Dimanche i
2
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Au Matin.
Au Soir.
Efaïe I
Efaïe 2
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Exod. 3
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Matth. 26.
Hebr. 5-.J.
V.I I.
Exod. 12
Exod. 14
Rom. 6
M\ 2. V. .
22.
Nomb. 16
Nomb. 22
23&24
^)"
Deut. 4
Deut. y
6
7
8
9
Dimanche a
près l'AJcen,
Pentecôte.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanche de
la Trinité.
1 Leçon.
2 Leçon.
Dimanches a-
près laTrinité
Dimanche i
2
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4
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Au Matin.
Deut. 12.
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V. 18
A<5t. lo. V. 34
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2 Sam. 12
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16
19
Leçons
Leçons Prch'RI
:s POUR
FETES.
Au Matin.
^« 5oir.
S, André.
Prov.2o
?rov. 21
S. Thom. Afot.
^3
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Noël.
Eia. 7. v.ic
I Leçon.
Efaïep.j.v.S.
(j.v. 17
2 Leçon.
Luc. 2.j. V.
rite 3. V.4
S. Etienne .
{^5
j.v. 9
I Leçon.
Prov. 28.
Ecclef. 4.
2 Leçon.
Aa.6.v.8.&
A6i:.7.v.3o
S. Jean.
(c.7,j.v.3c
(j-v-n
I Leçon.
Ecclef. s
Ecclef 6
2 Leçon.
Apoc. I
Apoc. 22
Les Innocens.
Jer.3 i.j.v.iS
Sap. I.
LaCircomcifion
(■^
I Leçon.
r}en. 17
Deut. 10. v
2 Leçon.
Rom. 2
Colof 2
Epiphanie.
I Leçon.
Efàïe 60
£fa.49
2 Leçon.
Luc. 3. j.v
Jean 2, juf
ConvJeS.Paut
('3
(V.Il
I Leçon.
Sapîen. f
Sapien. 6
2 Leçon.
A6t. 22. jul
\li.x6
Purificat.de U
(v. 22
V. Marie.
Sapien. 9
Sapien. 12
S. Matthias.
19
Ecclef I
Anonciat.de la
V. Marie.
Ecclef. 2.
Ecclef 3.
Mecredi avant
Faque.
I Leçon.
Ofée 1 3
Ofée 14
2 Leçon.
Jean.ii.v.45
Jeudi avant
Vaque.
I Leçon.
Daniel 9
Jer. 31
2 Leçon.
Jean, i 3
Vendredi Saint
I Leçon.
Gen. 22. j.
(V. 2C
Efa. sî
2 Leçon.
Jean 18.
I Pier. 2
Veille de Pâque
I Leçon.
'Z<acha.9.
Exod. 13
2 Leçon.
LUC.23.V.J0
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Hebr. 4
PsEAUMES Propres p
Ah Matin \ Au Soir.
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NOEL.
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Mecredi des
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Vendredi
40
Si^
LES JOURS DE FeTES. XIX
Lundi de Taqu.
Ah Matin.
Au Soir.
1 Leçon.
Exod . I 6
Exod. 17
2 Leçon.
Mac. 28
Act. 3
M^r^/i dePâqu
I Leçon.
Exod. 20
âxod. 32
2 Leçon.
LU.24.J.V.13
[ Cor. ij-
6\ Marc.
Ecclef. 4
icclefj-
S.Philipfes ô
S. Jaques.
I Leçon.
7
9
2 Leçon.
Jean 1 . v. 43
Ascension.
I Leçon.
Dent. 10
2 Rois 2
2 L<eçon.
LUC24. V.44
Epacf 4.J V.
L«r/<:/i de lii
(17
Pentecôte.
(10
(16.J.V.3C
I Leçon.
Gen. 1 1. J.v.
Nom.i i.v.
2 Leçon.
I Cor. 12
iCor. 14. j.
Mardi de la
(v.26
Pentecôte.
(ib
1 Leçon.
I Sam. 19. V
Deur. 30
2 Leçon.
iThef 5-. V
I Jean 4. J.
S.B^rna^é.
(I2.j .V.24
(V.14
1 Leçon.
Ecclei". 10
Ecclef 1 2
2 Leçon.
Aa. 14
A6t.i;-.j.v.
S.J.Ba}tiJie.
(36
I Leçon.
Malac. 3
Malac. 4
2 Leçon.
iVlatth. 3
Matth.i4.j.
S.Pierre.
(v.13
1 Leçon.
Ecclef 15-
Ecclef 19
2 Leçon.
Aa, 3
Act. 4
S. Jaques.
Ecclef 21
iicclef 22
S.Barthelemi.
Ecclef 24
Ecclef 29
S. Matthieu.
IS
3«
S.Michel.
I Leçon.
Gen. 32 (2c
Dan. 10.V.5
2 Leçon.
Acl.i2. j.v.
Judcv.6.j.
S. Luc.
Ecclef c I
Jobi (V.16
S.Sim.i^S.Jud Job 24 & 2 j
Job 42
/L/j Toujfaint.
1 Leçon.
Sap. 3.J.V.IC
Sap. 5. j.v.
( \ 7
2 Leçon.
Heb.i 1.V.33
Apoc. 19.].
&:ch.i2.j.v.7
(v.1'7
OUR DE CERTAINS JoURS. |
Au Matin.
Au Soir.
Pi. 2
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Ascension.
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j Pentecôte.
68
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XX
Table des Jours
Tables et Règles
Pour les Fêtes Mobiles & Immobiles : Comme auffi pour les
jours de Jeûne & d'Abftinence pour toute l'Année.
Règles pour connoitre quand commencent
LES Fêtes Mobiles.
P A QUE, dont dépend tout le refte, eft toujours le premier Dimanche
après la pleine Lune, qui vient la première après le vingt & unième de
Mars Et fi la pleine Lune arrive un Dimanche, le Dimanche fuivant eft le
jour de Paque.
Le Dimanche de l'Avent eft toujours le plusproche de la Fête de S André
foit devant, foit après. ' *
ÇSeptuagéfîme
Le Dimanche jSexagéJme
^c j^dnqmgéfm{
K^adrftgéjime^
Le Dimanche des Rogations
Le jour de I'Ascension
La Pentecôte
Le Dimanche de la Trinité
eft tou-
jours
icmaines avant
Paque.
:] '» {
cinq ièmaines*J
quarante jours (_ après
fept femainesr Paque.
huit femainesj
T A B
L E
De toutes les Fêtes qui fe doivent obferver
Anglicane pendant l'Année*
•p O us les Dimanches de l'Année.
en
PEglife
fLa CiRcoMcisiON de nôtre Sei-
gneur jéfus Chrift.
L'Epiphanie.
La Conversion de S. Fetul Apôtre
La Purification delaBien-heu-
reufc Vierge.
S,. Matthias Apôtre.
< L'Annonciation de la Bien-heu-
re u le Vierge.
S. M^j-c Evangeliflre.
S. P^/7i/>;„ Se S.>^«., Apôtres.
L Ascension de notre Seigneur
Jeius Chrift. ^
S. Barnabe,
ILa NAissANCEde S.Jean Baptijle.
de la fcmaine
tie Paque.
S. Pierre Apôtre.
S. Jaques Apôtre.
S. Barthélémy Apôtre.
S. Matthieu, Apôtre.
S. Michel 8c tous les Anges.
S. L«cEvangelifte.
S.Simon 8c S.fude Apôtres.
La Toussaint.
S. André Apôtre.
S. Thomas Apôtre.
UNAissANCEde nôtre Seigneur.
S. Etienne Martir.
S. Jean Evangeliftc
Les Saints Innocens.
Lund
8c
iVIard
' ?de /a
^^dela
ièmaine
la Pentecôte.
Table
De Fêtes. xxi
Table
pes Vigiles -, des Jours de Jeune ; &d' Abstinence qui fe
doivent obferver pendant l'Année.
* Les Vigiles ou Veilles avant
La Naiflànce de nôtre Seigneur.
La Purification de la Bien-heureufè
V. Marie.
L'Annonciation de la Bien-heureufe
Vierge.
Pâques.
L'Ascension.
La Pentecôte.
S. Matthias.
S. Jean Baptifte.
S. Pierre.
S. Jaques.
S. Barthélémy.
S. Matthieu.
S. Simon & S. Jude.
S. André.
S. Thomas.
La Touflàint.
Remarquez^ que fi quelqu'une de ces Têtes fe rencontre le Lundis alors la Vîgih
OH le jour de Jeune fera le Samedi^ & non le Dimanche,
! Les Jours de Jeune, ou d'Abstinence.
L T E s Quarante Jours du Carême.
-*-' II. Les jours de Jeûne des Quatre- tempsj
l C^^ Premier Dimanche du Carême.
QuifbntleMecredi,leVen-3La Fête de la Pentecôte,
dredi, 6c le Samedi après ^Le 14 de Septembre,
CLe i^de Décembre.
in. Les trois jours des Rogations, qui font le Lundi, le Mardi, & le Me-
crcdi avant le Jeudi Saint, ou l'Afcenlion de nôtre Seigneur,
IV. Tous les Vendredis de l'Année, excepté le Jour de Noël.
• JoursSolemnels
j Pour lefquelâ iJ y a des Services particuliers.
I. r E Cinquième de Novembre, qui cîl le jour de la Conffiration des Pa-
. -*-' pi fies.
I II. Le Trentième de Janvier ^ qui efl le jour du Marîire du Roi Charles
Premier.
lïL Le Vingt-neuvième de May, qui cil le jour du Retour du Roi Charles
Second.
IV. Le Onzième de Juin, qui efl le jour auquel ià Majesté' a commencé
fcn heureux Rèjçne.
^ V. Le Deuziême de Septembre, qui s'obferve dans la ViHc de Londre:, pour
l'affreux embrafemenc qu'il y eut le 2 de Septcmlre en 1666.
Ta-
XXII Table d e s F e t e s Mobiles,
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SEPTEMBRES XXX JOURS.
LA LUNE EN A XXX.
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LA LUNE EN A XXX.
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XXXIV
Le Calendrier,
NOVEMBRE J XXX JOURS,
LA LUNE EN A XXIX.
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(a) Remarquez que le 2,-. Je VEcclefîallique ne fe doit lire que jufquez. au
V. 13. £/ {h) le chap. 30. quejiifques au v. iS. Et (c) le chap. 46. que
DE
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ques au V.
Avec la Table des Leçons. xxxv
DECEMBRE A XXXI JOURS.
LA LUNE EN A XXX.
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Table perpétuelle pour trouver le jour de Paque.
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XII
XIII
XIV
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XVI
XVII
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Aî*^«/ trouvé la lettre Dominicale en la première ligne, vous defcendrez.
jufques à ce que vous foyez. vîs-a-vîs du Nombre d'Or de l'Année que
%oui cherchez.. Et là vous trouverez, le mois, ^ le jour de Paque pour
cette Année là. Mais remarquez, que le nom du mois ejl marqué à. la main
gauche, ou auprès du nombre qui marque le jour du mois, ^ ne fuit point en
décendant, comme dans d'autres Tables j mais eji en li^ne collatérale.
Remarquez que l'Eglife Anglicane commence la fupputation de l'an de nôtre
Seigneur au vingt- cinquième jour de Mars.
TABLE
XXXVIÎ
TABLE
De ce qui eft contenu dans ce Livre-
ÏA Préface. — page 1 1 1
j Du Service de l'Eglife. — — viii
s Cérémonies. xii
L'Ordre qu'il faut fuivre en la Ledlure des Pfeaumes & du refte
de l'Ecriture Sainte. xvi
Table des Leçons & des Pfeaumes propres pour les Dimanches,
& Jours de Fêtes. — — xviii
Le Calendrier. — xxiv
L'Ordre pour les Prières du Matin. — pag.i
L'Ordre pour les Prières du Soir. — — 14
Le Simboled'Athanafe. . . — 24
La Litanie. — — 26
Prières, pour diverfes occafions. — ^ •— o^'i,
Actions de grâces générales. — '^']
LesColledes, les Epitres & lesEvangiles pour toute l'Année. 41
Pour le premier Dimanche de l'A vent. 41
Pour le jour de Noël. — 47
Pour le jour de l'Epiphanie. p^G
Pour le premier jour du Carême, ou Mécredi des cendres. 73
Pour le Vendredi Saint. — — 105
Pour le jour de Pâque. — ■ 1 1 2
Pour le jour de l' Afcenfion. — — 125
Pour le jour de la Pentecôte. 128
Pour le Dimanche de la Trinité. 133
Pour les jours de S. André, de S. Thomas, de S. Paul, &c. 1 73
L'Adminiftration de la Sainte Cène. 203-
L'Adminiftration du Bateme en public. — . 229
L'A dminiftration du Bateme en particulier, 237
L'Admis
5cxxviit Table.
L' Adminiftration du Batéme des Adultes. — — 244
Le Catéchifme. ■ 253
La Confirmation. 261
La Célébration du Mariage. — — 265
La Vifite des Malades. — 275
La Communion des Malades. — — — 286
L'Ordre pour la Sépulture des Morts. ■ 289
■Alitions de Grâces pour les femmes qui relèvent de couches.
297
La Commination. ■ — — « . 301
Le Pfautier. 309
Prières dont on doit fe lervir fur mer. ■ — 469
La Forme de rOrdination des Diacres. — 481
La Forme de l'Ordination des Prêtres. 49 1
La Forme de la Confécration des Archevêques & Evêques. 502
Prières, & Adlions de grâces pour le 5 de Novembre, jour de
la Confpiration des Papilles. - — 512
Prièrespour le 30 de Janvier, jour du martire du Roi Charles
premier. ~^ 51^
Prières, & Adions de grâces pour le 29 de Mai, jour de
]'hcurcux rctablilTement du Roi Charles fécond. 529
La Confefîion de Foi de l'Eglife Anglicane. ~ p,^j
Le Canon du Sinode de la Province de Cantorbery pour Pex-
plication du Ic^gitime ufage du figne de la Croix au Ba-
téme. ^^i
Pneres, & Adionsde grâces pour le 11 de Juin, jour auquel
_ ^ fil Ma j EST £ ' a commence fon heureux Règne. SS 5
Prières, & Aidions de grâces pour le 2 de Septembre, jour du
funeile embrafement de la Ville de Londres. 562
CoUede pour les tems de Perfecution. ^p^dG
L'OR-
L'ORDRE
Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières
DU Matin durant toute l'Année.
^ Au commencement des Prières
du Matin, le Miïiiflre récitera
à haute voix quelqurnie^ ou
plaffeurs de ces Sentences de
l'Ecriture : & enfiite il dira
ce qui fuit lej dites Sentences,
" J AND le me-
chant fe dé-
tournera de
a niéchan-
etcqu il au-
ra commife,
& qu il fera ce qui eft jufte &
droit, il fera vivre fon ame.
Ezech, c. i8. V. 27.
J e connois mes tranfgref-
fions, & mon péché eft con-
tinuellement devant moi.
y/si. V. 5.
Détourne ta face de mes
péchez, & efface toutes
mes iniquitez, !P/? 5 1 , v.
II.
Les Sacrifices de Dieu,
fontlefprit froiffé, ôDieu,
tu ne meprifes point lefprit
froiffé(5cbrifé,îy:5t.v. 19.
Rompez vos ca.-ur5> &
non pas vos vetemens, &
retournez à rEtcrncl vôtre
Dieu i car il eft mifcricor-
dieux & pitoiabic, tardif
à colcre, & abondant en
gratuité, & qui fe repent
d'avoir aflîigé. Joël c. z.
V. I^
Les tnifericordcs & les
pardons font du Seigneur
nôtre Dieu : car nous nous
fommes rebellez contre lui;
& nous n avons point écou-
té la voix de l'Eternel nôtre
Dieu, pour marcher dans iz^
Loix, qu il a mifes devant
nous. i>an, c.9. v. 9? 10.
O Eternel, châtie moi;
mais que ce foie par
niefure, & non en ta co-»
1ère; de peur que tu ne me
reduifes à néant. Jerem. i p»
V. 24,
Amendez- vous : car le
Roiaumc des Qivax eft pro-
che. Matt.cz.v.z, •
Je me lèverai, ôc m'en
irai vers mon Père, 6c lui
B dirai ;
i PRÎERES DU
dirai; A^onP'êre, j'ay péché
contre le Ciel, & devant
toi 5 & je ne (iiis plus digne
d être appelle ton fils. Luc,
c. 15. V. 18, 19.
N'entre point en juge-
ment avec ton ferviteur,
car nul homme vivant ne
fera juftifié devant toi. Tf,
143. V. 2.
Si nous difons que nous
n'avons point de péché,
nous nous fcduifons nous-
mêmes, & la vérité n efl:
point en nous. Si nous con-
feffons nos péchez, il efl
fidèle & jufte pour nous
pardonner nos péchez, &
nous nettoier de toute ini-
quité, I S.Jean, ci. v.8, 9.
TRcs-chers Frères, l'E-
criture fainte nous ex-
horte en plufieurs endroits,
à reconnoitre & à confcflcr
la multitude de nos péchez,
& de nos iniquitez 5 & elle
nous avertit que nous ne
devons point les dillimuler,
ni les cacher devant la face
de notre Dieu & Pêrc ce-
lefie : mais que nous devons
les confefler d un cœur hu-
milié, contrit, & obéïfiant,
pour en obtenir la remiinon
par fa mifericorde infinie :
M A T I N«
Et bien qu'en tout tems
nous devions reconnoitre &
confefler nos péchez devant
Dieu, nous y fommes plus
particulièrement obligez ,
lorfque nous nous aflcm-
blons pour lui rendre grâ-
ces des grands bien-faits
que nous avons reçus de fa
main, pour annoncer fes
Loiiangcs, pour écouter fa
fainte Parole, ôc pour lui
demander les chofes qui
nous font neceflaires tant
pour le corps que pour l'a-
me. C'eft pourquoi je vous
prie, vous tous qui êtes ici
préfents, de m'accompagner
d'un cœur pur, & d'une voix
humble, au Trône de la
grâce celcfte, diiants après
moi :
5 Co'rifefftnn ghéraïe^ que toute
rjjf emblée doit dire à genoux
après le Miniftre.
PEre Tout-puifTant, &
très miiericordieux ,
nous nous fommes éearez,
6 détournez de tes fentiers,
comme des brebis perdues :
Nous avons trop fuivi les
imaginations &c lesconvoi-
tifes de nos cœurs : Nous
avons tranfgrefle tes faints
commaadcmens : Nous
n'avons
Prières du Mâtiné
n'avons poiiit fait les chofcs
que nous devions avoir
faites 5 ôc nous avons fait
celles que nous ne devions
point faire : & il n y a rien
d entier en nous. Mais, Toi^
Seigneur, aie pitié de nous,
mi ferablcs pécheurs. O Dieu,
la remiilion de fes péchez %
pardonne à tous ceux qui fe
repentent en vérité, & qui
croient fans feinte à fon S*
Evangile, & il les abfout
tous5 C'efl pourquoi prions
le qu il lui plaife de nous
donner une vraie repen-
pardonne à ceux qui confef- i tance, & fon S. Efprit j aha
fent leurs fautes } fai grâce i que le culte que nous lui
à ceux qui fe repentent^ | rendons préfentement lui
fui vaut tes promefles faites { Ibit agréable, & que toute
au genre humain, en Jcfus | nôtre vie foit pure & faintc
Ghrift nôtre Seigneur : & | à l'avenir j tellement que
iious accorde, ô Père très- i nous parvenions enfin à fa
mifcricordicux , pour la- 'gloire étcrnelle,^ par Jcfus
inour de lui, qu'à l'avenir j Chrift nôtre Seigneur,
nous puiinons vivre fobre- ! j 1^- /^^^/^/^ répondra ici, &à
ment, juftement, & reli-
gieufement, à la gloire de
ton faint Nom. Amen.
% V Atfotutîon ou remiffion des
pechez..^qui fe doit prononcer par
le Prêtre feul étant debout , le
peuple demeurant à genoux.
LE DieuTout-puiffant, le
Père de nôtre Seigneur
Jcfus Chrîft, qui ne défire
point la mort du pécheur,
mais plutôt qu'il fe con-
vertiffe de fon iniquité &
qu'il vive h qui auflî a donné
pouvoir & commandement
à fes Miniflres de déclarer
6c de prononcef à fori peu*
pie pénitent ïé^iéiwàôû &
la pïi de toutes
Prières, Amen.
les autres
5 Alors le Miniflre fe mettra à
genoux, & dira r Or ai fon Do^
mi ni cale à haute voix, le peu*
pie s^ agenouillant auffi, & la
repétant ici de même cjiie pav
tout où eUe fe trowvè dam le
Service Divin.
Otre Père qui es ûuX
Cieux, Ton Nom
foit fandifié. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite:
en la terre comme au CieU
Donne nous aujourd'hui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos offenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
B z qui
N
éj^ Prières d
qui nous ont ofFcnfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5 Mais délivre nous du
malin : Car à toi cft le
Règne, la Puîfîance, & la
Gloire aux fiéclcs des fiécles.
Amen*
%îl dira aufjî,
O Seigneur, ouvre nos
lèvres.
Réponfe,
Et nôtre bouche annon-
cera ta louange.
Le Minifire. \
Eternel, hâte toi de ve-
nir à notre aide.
Réponfe.
Hâte toi de venir à nô-
tre aide. Seigneur.
J Icy chacun fe levant^ & Je te-
nant debout^ le Miniflre dira^
Gloire foit au Père, ôc au
Fils, & au Saint Efprit.
Réponfe,
Comme il étoit au com-
mencement, comme ii eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
Le Miniftre,
I-oiiez le Seigneur.
Réponfe.
Le Nom du Seigneur foit
loiié.
5 Apres Von dira, ou Von chan^
' leva le Pfeaume qui fuit: ex-
:■: cejpté le jour de Pâ^ue, pour la
u Matin*
folèmnité duquel il y a une
autre Antienne. Et il ne fe
doit point lire en ce lieu le 19,
jour de chaque mois y mais feu--
lement dans la fuite ordinaire
des Pfeaumes.
Venite Exuîtemus, PfpS-
VEnés, chantons à TE-
ternel, jcttons des cris
de réjouïilancc au rocher de
nôtre falut.
Avançons nous devant fa
face en lui prefentant nos
louanges; & jcttons devant
lui des cris de réjouïiîance
en chantant des Pfeaumes.
Car l'Eternel eft un 2)/>«
Fort & Grand, & il eft un
Grand Roi par dcfliis tous
les Dieux;
Les lieux les plus profonds
de la terre font en fa main,
& les forces des montagnes
font à lui.
C'eft à lui qu appartient la
mer 5 car lui même Ta faites
&fes mains ont formé le fcc.
Venés, profternons nous^
inclinons nous, & mettons
nous à genoux devant l'E-
ternel qui nous a faits :
Car il eft nôtre Dieu 5 &
nousfommes le peuple de fa
pâture & les brebis de fa
conduite.
Si vous entendez aujour-
Trières du Matin7
E^huyfa voix, nendurcifles
point vôtre cœur, comme
en Mériba, & comme à la
journée de Mafla au defcrt :
Là où vos Pères m ont
tenté & éprouvé j & aulîl
ont-ils vu mes œuvres.
J'ai été ennuie de cette
génération durant quarante
ans, & j ai dit i C'cft un peu-
pie dont le cœur s'égare j &
ils n'ont point connu mes
voies :
C'eft pourquoi j'ai juré
en ma colère, qu'ils n'cntre-
roknt point dans mon repos.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Elprit.
Réponfe,
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eit
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen,
'on
î Après fuivYOnt les Pfeatimes feh
l'Ordre prefcrit : & à la fin
de chaque Pfeaume^ com'me
au[rt à la fin- du Bencdicite,
du Benediélus, <//^ Magnifi-
cat, .& du Nunç dimitns
fera toujours répété^
Gloire foit au Père, é^c.
Comme il étoit au com-
mencement, ^c^
*Ç Après fera Ue diftinEiement à
haute voix la première Leçon
^uiferaprife du Vieu% Tefia-
ment^ félon TOrdre prefcrit aU
Calendrier : fi ce nefl aux
jours cjui ont leurs Leçons prO"
près. Celui qui fait la leBure
fe tiendra debout^ fe tournant
de telle for je ^ quilpuifje mieux
être entendu de tous les ajfi[îans.
Et après cela fera dit ou chanté
chaque jour en langue vulgaire
p^endant toute l*ann-'ej* Hymne
appellée Te Deum laudanjus.
Remarquez, que devant chaque
Leçon le Miniftre diray Ici
commence un tel Chapitre,
ou un tel Ver le t d^.m tel
Livre : & après chaque Leçoa^
ici f-init la première, ou îa
fecoiîde Leçon.
NOus célébrons tes
loiiangcs, ô Dieu : ôç.
nous reconnoiflbils que tu
es le Seigneur 5
Toute la terre t'adore, ô
d'étcrnitc ;
A toi les Anges élèvent
leurs voix : le Ciel & toutes
les Puifiknces qui y font ^
A toi les Chérubins & les
Séraphins crient fanscefle^
Saint, Saint, Saint, Sei-
gneur Dieu des armées y
Les CicLix & la Terre
font remplis de la Majcûé
de ta Gloires
La Compagnie glorieufè
des Apôtres, célèbre tes
louanges i-
L ' AlïeniJblèe excelleiate
Père
^ IPrieres
des Prophètes cclcbre tes
loiiangcs ;
La triomphante armée
des Martyrs célèbre tes lou-
anges ;
La Sainte Eglife Uni-
Verfelle te reconnoit & te
confeffe.
Le Père, d'une Majeftc
infinie 5
Ton Fils unique, vrai &
vénérable ,
Auffi le Saint Elprit, le
Confolateur.
. Tu es le Roi de Gloire, ô
Chrift;
Tu es le Fils éternel du
JPêre;
Quand il t'a plu d'entre-
prendre nôtre Rédemption,
tu n'as pas dédaigné le fein
de la Vierge ;
Aiant furmônté les dou-
leurs de la mort, tu as ou-
vert le PvOiaume des Cicux
à tous les croians 5
Tu es aflls à la droite de
Dieu, dans la gloire du Père.
Nous croions que tu vien-
dras pour être nôtre Juges
C'ell pourquoi nous te
prions de fecourir tes fervi-
teurs, que tu as rachetez
par ton fang précieux.
Fai qu'ils Ibient du nom-
bre de tes Saints dans la
gloire éternelle.
DU M A T I K^
Seigneur Dieu, fauve ton
peuple, & béni tonhéritagei
Gouvcrne-le ôc le foutica
à jamais 5
De jour en jour nous te
magnifions $
Et nous honorons ton
Nom éternellement.
Seigneur, veuille nous
prefcrvcr de tout péché pen-
dant ce jour.
O Seigneur, aie pitié de
nous, aie pitié de nous.
O Seigneur, que ta mife-
ricordc foit fiu' nous, comme
nous nous fommes attendus
ci toi.
Seigneur Dieu, je me fuis
attendu à toi : ne permet
pasqueje lois jamais confus.
Ou ce Cantique, Benedicite,
omnia optra.
VOus toutes les œuvres
du Seigneur, beniffez
le Seigneurs loiiez le, &
l'exaltez par defllis toutes
chofes à jamais.
Vous Cieux, beniffez le
Seigneur; loiiez-lc, & l'exal-
tez par deilus toutes chofes
à jamais.
Vous, Anges du Seigneur,
beniffez le Seigneur 5 louez-
le, & l'exaltez par deilus
toutes chofes à jamais.
Vous,toutes les Eaux qui
êtes fur les Cieux, beniffez le
Sei-
Prières
Seigneur, loiicz-lc & Icxal-
tez par dcffus toutes chofes
à jamais.
Vous, toutes les Vertus du
Seigneur bcnillezleSei^neur
l loùez-le, & i'exaltez par dei^
{ fiis toutes chofes à jamais.
Vous, Soleil & Lune,
beniffez le Seigneur ; loiiez-
Ic, & Texaltcz par deflus
toutes choies à jamais.
Vous, Etoiles du Ciel,
beniffez le Seigneur j loiiez-
le, & Texaltez par dcffus
toutes choies à jamais.
Vous, toute Pluye 6c Ro-
fée, beniffez le Seigneur;
loiiez-le, & lexaltez par
deffus toutes chofes à jamais.
Vous, tous les Vents, be-
niffez le Seigneur 5 loiiez-
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Feu & Chaleur,
beniffez le Seigneur ; loiiez-
le, & l'exaltez par deffus
toutes cho(es à jamais.
Vous, Hyver & Eté, be-
niffez le Seigneur ; loiiez-»
le, & Tcxaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Rofées &Bruines,
beniffez le Seigneur, loiiez-
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Nuits & Jours, be-
niffez k Sçignçuri louez,-
DU Matin.' 7
le, & Texaltez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Lumière & Ténè-
bres, beniffez le Seigneur;
loiiez-ie, & lexaltez par
ài:.Si\s toutes chofes à jamais.
Vous, Gelée & Froidure,
beniffez le Seigneur 5 loiiez-
le, ôc lexaltez par deffus
tontes chofes d jamais.
Voiis, Glaces & Neiges,
beniffez le Seigneur j loiiez-
le, & Texalrez par deffus
toutes chofes à jamais.
Vous, Eclairs & Nuées,
beniffez le Seigneur 5 loiiez-
le, & l'exaltez par deflus
toutes chofes à jamais.
Qiie la Terre beniffe le
Seigneur 5 qu elle le loiie, &
Texalte par deffus toutes
chofes d jamais.
Vous, Montagnes & Co-
lin es, beniffez le Seigneur j
loùez-le, 6c Texaltez par
deffustoutes chofes a jamais.
Vous, toutes les chofes
qui germez dans la Terre,
beniffez le Seigneur : loiiez-
le, 6c fexaltez par deflus
toutes chofes à jamais.
Vous, Fontaines, beniffez
le Seigneur; loùez-le, 6c
Texaltez par deflus toutes
chofes à jamais.
VquS;, Mer 6c Fleuves,,
E 4 bénit
s Prières n
bemilcz le Scigaciir 5 loiiez-'
le, & Texaltcz par dcilus
toutes choies à jamais.
Vous, Baleines, & toutes
les chqfcs qui fe remuent
dr.ns les Eaux, beniiiezi le
Seigneur 5 ioùez-lc; Se Texal-
tez par defius toutes chofes
a jamais.
VouS; tous les Oifeaujc du
Ciel, beniffez le Seigneur i
louez-le, (Se Texaltcz par
deflus toutes chofes à jamais.
Vous, touics les Bêtes &
les Troupeaux, beniuez le
Seigneuri loùez-le, &rex-
altez par defius toutes
chofes à jamais.
Vous, Fils des hommes,
beniflez le Seigneur 5 louez-
le, & Fcxaltez par deiliis
toutes chofes à jamais.
Qu'lfrael bcnide le Sei-
gneur j qu'il le loue, & quil
lexalte^ par deffus toutes
chofes à jamais.
Vous, Sacrificateurs duSei-
gneur, beniffez le Seigneur ;
loucz-le, ôc lexaltez par
deflus toutes chofes à jamais.
Vous, Serviteurs du Sei-
gneur, benifiez le Seigneur 5
loLiez-le, & lexaltez par
deiïus tomes chofes à jamais,
Vous,Efprits ôc Ames des
Juftes, beniflez le Seigneuri
ioiiez-le, & Texaltez par
u Matin.*
deflus toutes chofes à jamaisJ
Vous, Saints qui êtes hum-
bles de cœur, beniflez le Sei-
gneur ; Ioiiez-le, & Texaltcz
par deflus toutes chofes à
jamais.
Vous, Ananias, Azarias, &
Mifaëi, bcniiiez le Seigneur^
îoiicz-le, & Texaltez par
dcfllis toutes cliofcsà jamais.
Gloire foit au Pêrc, 5c au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il çfl:
maintenant, ôc comme il
fera éternellement. Amen.
% Alors fera lue en la. mhne
manière la féconde Leçon^ qui
fe pend du Nouveau 'Tejîa-^
ment: Et après, l'Hymne fui-
vante: excepté quand il arri^
ver a qu'elle jer a lue dans te
Chapitre marqué pour te "J'^ur^
eu pour r Evangile^ le jour de
Saint "Jean Baptjfie,
Benediélus. Ltic,c> i.v. (58.
BEnifoitle Seigneur^ le
Dieu d'Ifiac'l, de ce
quil a vifité <3c délivré fon
peuple 5
Et qu'il nous a élevé la
corne du falut daqs la mai-
fon de David, fon ferviteur:
Selon ce qu il avoit dit
par la bouche de fes Saints
Prophètes, qui ont été de
tout temps i Que
Prières du
Que nous ferions fauvez
tle la main de nos ennemis,
& de la main de tous ceux
qui nous haïfTent,
Pour exercer mifericorde
envers nos Pêrcs, & avoir
mémoire dç fa fainte Al-
liance 5
Qui eft le ferment qu il a
fait à Abraham nôtre Père :
Sàvoify qu il nous don-
neroit, quêtant délivrez de
la main de nosennemis,nous
ie fervirions fans crainte,
En fainteté & en juftice
4evant lui, tous les jours
de nôtre vie.
Et toi, petit enfant, tu
feras appelle le Prophète
du Souverain : car tu iras
devant la face du Seigneur,
pour préparer fcs voies :
Et pour donner la con-
noiilance du falut à fon peu-
ple, dans la remilhon de
leurs péchez.
Par les entrailles de la
mifericorde de nôtre Dieu>
dcfquelles l'Orient d'enhaut
nous a vifitez :
Afin de reluire à ceux qui
fontaiîis dans les ténèbres
& dans l'ombre de la morts
& pour adreffer nos pieds
au chemin de la paix.
Gloire foit au Père, & au
ïils, & au Saint Efprit.
Matin!; >3I
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
% Ou ce Pfeaume^ Jubilate Deo.
Pf, lOO.
VOus tous les habitans
de la terre, jettezdes
cris de réjouïifance à TE-
ternel: fervez TEternel avec
ailégrelle, venez devant lui
avec un chant de joie.
Connoiflez que rEternel
eft Dieu 5 c'eftlui qui nous
a faits, & ce n eft pas nous
qui nous fommes faits: nous
fommes fon peuple, de le
troupeau de fa pâture.
Entrez dans fes portes avec
adions des grâces, & dans
fes parvis avec des loiianges :
célébrez-le , beniifez fon
Nom :
Car rEternel eft bon, fa
gratuité demeure à toujours,
& fa fidélité d âge en âge..
Gloire foit au Père, é^c. "
Comme il étoit, i^c.
% Alors fera chanté ou recité le
Sjmbole des Apôtres par le
Miniftrs Ù par le Peuple étant
debout: excepté feulement les
jours au/quels le Symbole d'A-
tkariafi doit être ht
£ croi en Dieu le Pêrç
Tout-puiiiant;, Créateur
du
J
Yo Prières
du cîcl, & de la terre. Et en
Jefus Chrift fon Fils unique
notre Seigneur, qui a été
conçu du Saint Efprit, ell
né de la Vierge Marie, a
foufFert fous Ponce Pilate,
a été crucifié, cft mort, ôc
a été enfevelii II eft de-
iccnduaux enfers, Letroi-
lîémc jour il eft reffufcité
des morts i II eft monté
aux cieux s H eft aftîs à la
droite de Dieu le PêreTout-
puilfant j Et de là il vien-
dra juger les vivans, & les
morts. Jecroi au S.Eiprit.
Je croi la Sainte Eglife uni-
verfclki La communion des
Saints i La remiffion des
pechezj La réfurredion de
la chair, & la vie éternel-
le. Amen.
% Et après cela, les Prières fui-
•vantes; tous étant dévotement
à genoux, le Minifîre pronon-
çant premièrement à haute voix.
Le Seigneur foit avec vous.
Réponfe.
Et avec ton Efprit.
Le Miniftre.
irions Dieu,
Seigneur, aie pitié de nous.
Chrift aie pitié ete nmis.
Seigneur aie pitié de nous.
f Ahïs le Mmifire, les Clercs, &
tout le Peuple diront rOraifon j
DU Matik;'
Dominicale en langue vulgaire
à haute voix:
Notre Père qui es aux
cieux. Ton Nom foit
fandifié. Ton Règne vienne.
Ta Volonté foit faite en la
terre comme au ciel. Don-
ne nous aujourd'hui nôtre
pain quotidien. Et nous par-
donne nos oftenfes, comme
nous pardonnons à ceux qui
nous ont offenfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion y mais délivre nous du
malin. Amen,
% Apres le Miniflrefe tenant de^
bout, dira,
O Seigneur, fai luire fur
nous ta mifcricorde.
Réponfe,
Et nous accorde ton falut.
Le Miniftre,
O Seigneur fauve le Roi.
Répofzfe.
Et nous exauce par ta grâce
quand nous t'invoquons.
Le Miniftre,
Revêt dejuftice tes Mi-.
niftres.
Réponfe.
Et réjoui ton peuple élu.
Le Miniftre,
Seigneur Diçu, délivre
ton peuple.
Réponfe.
Et béni ton héritage.
u
Prières
Le Miniftre.
Donne-nous paix en nos
jours, ô Seigneur.
Réponfe.
Car il n y a que toi feul,
o Dieu, qui combatte pour
nous.
Le Minijire.
O Dieu, crée en nous des
coeurs nets.
Réponfe,
Et ne nous ôte point TEf-
prit de ta Sainteté.
fl* Alors fuîVYont trois ColkEles.
La première fera cette du jour,
qui fera la même qui efl or-
donnée pour la Communion* La
féconde pour la paix. La troi-
fiéme pour la grâce de bien
vivre. Les deux dernières ne
fe changeront jamais ; mais fe
diront chaque jour de Vannée
aux Prières du Matin , en la
manière qui fuit^ chacun étant
à genoux :
% La féconde Collège pour la
Paix.
ODieu, qui es lauteur
de la Paix, & qui ai-
mes la concorde , en la con-
noiilance duquel confiftc nô-
tre vie éternelle, & dont le
fcrvicc cft une liberté par-
faite 5 défen-nous, tes hum-
bles ferviteurs, contre tous
les affauts de nos ennemis,
afin que nous confiant en-
DU Mâtiné xi
tiérement en ta proteûion,
nous n'aïons à craindre la
puiffance d'aucun adver-
faire ; par Jefus Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
% La troifième ColleSle pour âf^
mander à Dieu fa Grâce,
SEigneur nôtre Père ce-
lefte. Dieu Eternel &
Tout-puiffant, qui nous as
fait arriver heureufemçftt
au commencement de ce
jour 5 conferve nous pendant
fa durée par ta puiffance ; &
nous fai la grâce qu*aujour-
d'huy nous ne tombions
dans aucun péché, & que
nous ne courions aucun
danger : mais dirige & con-
dui tellement toutes nos ac-
tions, que nous ne faffions
rien qui ne foit jufte, '&
droit en ta préfencej paç
Jefus Chrift nôtre Seigneur,
Amen.
ir Dans les Chœurs & aux lieux
où il y a des Chantres^ ici fuit
l'Antienne,
Après fe doivent lire les cinq
Prières fuivantes : excepté
quand on lit la Litanie ; &
alors on ne lira que les deux
dernières en V ordre où elles fe
trouvent placées,
^ Prière pour leK oi,
O Seigneur, & Père celc-
fte, Haut (3c Puiffant,
Roi
îi
Prières du Matin.'
Roi des Rois, Seigneur des
Seigneurs, feul Gouverneur
desPrinces,qui de ton Trône
celeftc contemples tous les
habitans de la terre; nous te
fuplions de tout nôtre cœur,
qu'il te plaife de regarder
d un œuil propice, nôtre lé-
gitime Souverain, le Roi
George, & de le remplir
tellement des grâces de ton
Saint Efprit, qu'il fe porte
toujours à faire ta volonté,&
à marcher dans tes voies :
Répan fur lui abondamment
tes dons celeftes : Fai-lui la
grâce de vivre long tems, en
fanté&çn profperité: For-
tifie-le, afin qu il puifTe vain-
cre, & furmonter tous fcs
ennemis : & qu enfin après
cette vie, il parvienne à la
gloire, & à la félicité éter-
nelle; par Jefus Chrift nôtre
Seigneur. Amen, ^
^Prière pour //ïFamilleRoiale.
Dieu Tout-puiflant, qui
es la fource de tout
bien, nous te prions très
humblement de bénir fa
Majefté la Reine Caro-
line, leurs Alteffes Roi-
ales FREDERIC Prince de
Galles, le Duc, les Princes-
ses, & toute la Famille
RoiALE : donne-leur ton
Saint Efprit j rempli-les de
ta Grâce celefte ; comble-les
de toute forte de bonheur ;
& les çondui à ton Roïaume
éternel; par Jéfus Chrift
notre Seigneur.
Amen.
% Prière four le Clergé & pour
le Peuple.
Dieu Eternel, & Tout-
puiffant, qui feul fais
de grandes merveilles; fai
defcendre fur nos Evêques,
& fur nos Miniftres, & fur
tous les Troupeaux qui leur
font commis, TEfprit falu-
taire de ta Grâce ; & afin
qu ils te puiflent être agré-
ables, 'répan continuelle-
ment fur eux la rofée de
ta bénédiftion. Seigneur,
exauce nous pour Tamour
de nôtre Avocat & Médi-
ateur ]efus Chrift. Amen.
% Prière de S. Chrysostome.
SEigneur, Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
fait la grâce de t'adrcifer
maintenant nos Prières d un
commun accordy & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront ailcm-
blcz en ton Nom, tu leur
accorderas leurs requêtes ;
ac-
Prières
accompli maintenant les
fouhaits, & les demandes
de tes ferviteurs, félon que
tu connois qu il eft le plus
expédient, & le plus falu-
taire; nous accordant dans
ce monde la connoiflance
de ta vérité, & au fiécle à
venir la vie éternelle. A-
DU Matin.' tj
f 2 CoYinth, xiiî. Verf. 15.
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus Chrift, &
la diledion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen.
hifiniffent les Prières du Ma-
tin durant toute l* Année,
L'OR
U O R D R E
Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières
DU Soir durant toute TAnnée.
% Au commencement des Prières
du Soir^ le Miniftre recitera
à haute voix quelqu'une, ou
plujîeurs de ces Sentences de
l'Ecriture j & il dira enfuite
ce qui fuit lef dites Sentences,
QUAND le méchant
,,fe détournera de fa
méchanceté qu il aura com-
mife, & qu'il fera ce qui eft
jufte & droitjil fera vivre fon
ame. Ezech.z, 1 8. v. 27.
Je connois mes tranfgref-
lîons, & mon péché eft con-
tinuellement devant moi.
y/si.v.i.
Détourne ta face de mes
péchez, & efface toutes
mes iniquitez, Tf, 5 1 . v.
II.
Les Sacrifices de Dieu,
font refprit froiffé ; ô Dieu,
tu ne méprifes point Tefprit
froifle & brifé. Tf^ i . v. 1 9.
Rompez vos cœurs, &
non pas vos vétemcns, &
retournez à l'Eternel vôtre
Dieu 5 car il eft mifericor-
dicux & pitoïable, tardif à
colère, & abondant en gra-
tuité, 6c qui fe repent
d'avoir affligé. Joël c. 2.
V. 13.
Les mifericordes, &_lcs
pardons font du Seigneur
nôtre Dieu : car nous nous
fommes rebellez contre lui 5
& nous n avons point écou-
té la voix de l'Eternel nôtre
Dieu : pour marcher dans
fes Loix, qu'il a mifes de-
vant nous. 2)^;/.c.9.v.9,io.
O Eternel châtie-moi ;
mais que ce foit par mefure,
& non en ta colère ; de
peur que tu ne me réduifes
à néant. Jerem, c. i o. v.24.
Amendez-vous : car le
Roïaume des Cieux eft pro-
che. Mat. c. 3. V. 2.
Je me lèverai, & m'en
irai vers mon Père, & lui
dirai 5 Mon Père, j'ai péché
contre le Ciel, & devant
toi 5 & je ne fuis plus digne
d'être apellé ton f;ls. Luc.
C.15. v.18,19.
N'entre point en juge-
ment avec ton ferviteur :
car nul homme vivant ne
ferajuftifié devant toi. Tf,
143.V.2.
Si
Prières t)
Si nous difons que nous
navons point de pechc,
nous nous féduifons nous-
mêmes, de la vérité nefl:
point en nous. Si nous con-
feflbns nos péchez, il eft
jfîdele & jufte pour nous
pardonner nos péchez, &
nous nettoier de toute ini-
quité, iS.jfeancA,Y.s,9'
TRès-chcrs Frères, TE-
criture fainte nous ex-
horte en plufieurs endroits,
à reconnoître & à confeffer
la multitude de nos péchez,
& de nos iniquitcz i &elle
nous avertit que nous ne
devons point les dillîmuler,
ni les cacher devant la face
de notre Dieu, 6c Père ce-
lefte : mais que nous devons
les confeffer d un cœur hu-
milié, contrit, & obéïffant,
pour en obtenir la remiffion
par fa mifericorde infinie :
Et bien quen tout tems,
nous devions reconnoitre, Ôc
confeffer nos péchez devant
Dieu, nous y fommes plus
particulièrement obligez ,
lorfque nous nous affem-
blons pour lui rendre grâ-
ces des grands bien-faits
que nous avons reçus de fa
main, pour annoncer ics
V Soir: ij
Louanges, pour écouter fa
fainte Parole, ôc pour lui
demander les chofes qui
nous font neceffaires, tant
pour le corps, que pour fa-
mé. Cefl: pourquoi je vous
prie, vous tous qui êtes ici
préfents, de m'accompagner
d'un cœur pur, & d une Voix
humble, au trône de la
grâce celefte, difants après
moi :
% Confefjîon générale^ que toute
VAjfemhlée doit dire à genoux
après le Minifire,
PEre Tout-puiffant , &
très mifericordieux ,
nous nous fommes égarez,
& détournez de tes fentiers,
comme des brebis perdues:
Nous avons trop fuivi les
imaginations, & les convoi-
tifes de nos cœurs : Nous
avons trangreffé tes faints
commandemens : Nous n a-
vons point fait les chofes
que nous devions avoir
faites j & nous avons fait
celles que nous ne devions
point faire : & il n y a rien
d entier en nous» Mais, Toi,
Seigneur,* aie pitié de nous,
miferables pecheurs.O Dieu,
pardonne à ceux qui confef-
fent leurs fautes 5 fai grâce
à ceux qui fe repentent,
, fuivant
l(§ PuîÊkES
fuivant tes promcffcs faites
ait genre humain, en Jeiùs
Chriil nôtre Seigneur : &
nous accorde, 6 Père très-
iiiifericordicux, pour Ta-
niour de lui, qu'à Tavenir
nous puifllons vivre fobre-
iiient, juftement, & rcli-
gicufement, à la gloire de
ton faint Nom. Amen,
% V Ahfolumn ou remiffion des
pechc-Zj qui fe doit prononcer
' par le Prêtre feul étant deù&ut •
■ le peuple dejneurant à genoux.
LE DieuTout-puillant, le
Père de nôtre Seigneur
Jelus Chrift, qui ne défire
point la mort du pécheur,
mais plutôt qu'il fe con-
vertiflc de fon iniquité &
qu'il vive; qui auiîî adonné
pouvoir & commandement
à fes Miniftrcs de déclarer
& de prononcer à fon peu-
ple pénitent Tabfolution
& la remiffion de fcs pé-
chez ; pardonne à tous ceux
qui fe repentent en véri-
té, ôc qui croient fins
feinte à fon Saint Evangile,
&: il les abfout tous 5 C'eft
pourquoi prions-le qu'il lui
plaife de nous donner une
vraie repentance, & fon
S. Efprit; afin que le culte
que nous lui rendons pré-
DU Soiit.^
fentement lui foît agréa-
ble, &que toute nôtre vie
foit pure, & fainte à l'ave-
nir, tellement que nous
parvenions enfin à fa gloire-
éternelle, par Jcfus Chrift
nôtre Seigneur.
% Le peuple répondra îci^ & â la
fin de toutes tes autres Prières ^
Amen.
% Alors le Miniftre fe mettra à
genoux^ & dira l'Oraifon Do-
minicale à haute voix : le peu-
ple s^ agenouillant aujjt, & la
repétant ici, de même que par
tout où elle fe trouve dans le
Service Divin,
Notre Père qui es aux
Cicux, Ton Nom
foit fandifîé. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos ofFenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
qui nous ont ofFenfcz. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5- Mais délivre nous du
malin : Car à toi cft le
Règne, la PuiiTance, & la
Gloire aux fiécles dcsfiécles»
Amen,
Ç II dira anfft.
O Seigneur; ouvre nos lè-
vres.
Ré^
Prières bTj Soir;
ti
Réponfe,
Et nôtre bouche annon-
cera ta louange.
Le Mmijire*
Eternel, hâte toi de ve-
kiir à nôtre aide.
Réponfe.
Hâte toi de venir à nô-
tre aide. Seigneur.
% îci chacun fe levant y & fe te-
nant debout y le Miniftre dira :
Gloire foit au Père, & au
Eils, & au Saint Efptit,
Réponfe.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
Le Miniftre.
Loiiez le Seigneur.
Réponfe.
Le N6m du Seigneur foit
loiié.
% Puis Von dira, ou Von chan-
tera les Pfeaumeu filon l'ordre
prefcrit : après fuivra la Le-
çott du Vieux Te (îament félon
f ordre : Puis le Magnificat
en langue vulgaire, en la
manière qui fuit.
Magnificat. Luc. i. 4^.
M On ame magnifie le
Seigneur : & mon
efprit s'eft égaie en Dieu,
qui eft mon Sauveiit.
Car il a regardé la pe-
titelTe de fa fervante : voici,
certes d orenavant tous les
âges me diront bien-heu*
reufe.
Car le Puiffant m'a fait
de grandes chofes, & fon
Nom eft laint.
Et fa mifericorde eft de
génération eii génération,
en faveur de ceux qui le
craignent.
il a puifTamment opé-
ré par fon bras : il a dif-
lîpé les orgueilleux dans la
penféc de leur cœur.
Il a mis bas de leurs
trônes les puiflans, & il
a élevé les petits.
Il a rempli de biens ceux
qui avoient faim : il a ren-
voie les riches vuides.
Il a pris en fa protcdion
Ifraël fon ferviteur, pour fe
fouvenir de fa mifericorde ;
(Selon qu'il en a parlé
à nos Pères, favoir à Abra-
ham, ôc à fa poftérité) à
jamais.
Gloire foit au Père, ^c.
Comme il étoit, &c.
% Ou lien ce Pfeaume : excepté 1$
iç. jour du mois y quand il fe
litfehn V ordre delaLeBure des
Pfeaumes,' .
"^^^
\ - C '•'- Cm-.
x$ Prières
Cantate Domîno. Pfeautm 98.
C Hantez à rEternel un
nouveau cantique , car
il a fait des chofes rncrveil-
leufes : Sa droite, & le bras
de fa Sainteté l'ont délivré.
UEternel a fait connoi-
tre fa délivrance : il a révélé
fa juftice devant les yeux
des nations. ""V
Il s'eft fouvenu- de fa gra-
tuité, & de fa fidélité envers
îamaifon dlfrael : tous les
bouts de la terre ont vu le
falut de nôtre Dieu.
Vous tous les habitans de
la terre, jettez des cris de ré-
jouïffance à rEternel : faites
retentir vos cris, ôc chantez
de joie, & pfalmodiez.
Pfclmodiez à TEternel a-
Vcc le violon, : avec le vio-
lon^ &L avec unvoix de mu-
fique,
Jettez des cris de réjouïf
fance avec les trompettes,
& le fon du cor devant le
Roi, l'Eternel.
Que la mer bruie avec tout
ce qu'elle contient: & que
la terre & ceux qui y habi-
tent faffcnt éclater leurs cris.
Que les fleuves frapent
des mains : ôc que les mon-
tagnes chantent de joie, au
dcvruit de TEtcmel:
Car il vient pour juger la
terre: Il jugera en juftice le
monde habitable, 6c les peu-
ples en équité.
Gloire foit au Père, &c.
Comme il étoit, &c, ,
Alors on lira tme Leçon du NoU"
veau Tefiamem félon l'Ordre
prefcrit : & hn dira enfuite le
Nunc Dimittis, ou le Canti^
^ que de Simeon, en langue vul-
gairûy en la manière qui fuit,
Nunc dimittis, Luc 2. 29.
O Eigneur, tu laiffes main^
^ tenant aller ton fervi^
teur en paix, félon ta pro*
mefle.
Car mes yeux ojnt vu tont
falut.
Lequel tu as préparc de-
vant la face de tous les peu-
ples.
La lumière pour éclairer
les nations, & pour être la
gloire de ton peuple dlfraëL
Gloire foit au Père, ^f.
Comme il étoit, ^c,
^ Ou bien ce Pfeaume: excepté h
douz>iéme jour du moism
Deus Mifereatur.
Pfeaume 6j,
Dieu aie pitié de nous^
& nous benifle, &
faffe luire fa face fur nous^
Afin
t^RiÉRÊS lôxi Soir*
t^
Afin que ta voie foit con- 1 enfeveli
iiué en la terre, & ta déli-
vrahce parmi toutes les na-
tions.
Les peuples te eélébre-
i-ont, 6 Dieu : tous les peu-
ples te célébreront.
Les peuples fe réjouiront
& chanteront de joie : par-
ce que tu jugeras les peuples
en équité , & que tu condui-
ras les nations fur la terre.
Les peuples te célébre-
ront, ô Dieu : tous les peu-
ples te célébreront.
La terre produira fon
fruit : Dieu, nôtre Dieu nous
bénira.
Dieu nous bénira : & tous
les bouts de la terre le crain-
dront.
Gloire foit au Père, ô'C.
Comme il étoit, ô'f,
% Aï or s fera dit ou chanté îe Sym-
bole des ApotreSy par îe Minif-
tre & par le peuple fe tenant
debout.
JE croi en Dieu le Père
Tout-puiffant, Créateur
du ciel & de la terre : Et en
Jefus Chrift fon Fils unique
laôtre Seigneur, qui a été
conçu du Saint Efprit, eft né
de la Vierge Marie, a fouf-
fcrt fous Ponce Pilate, a été
crucifié, eft mort, ôc ^ été
Il eft defcendu
aux enfers ; Le troifiéme
jour il eft relTufcité des
morts > Il eft monté aux
cieux i 11 eft aflîs à la droite
de Dieu le Père Tout-puif-
fant 5 Et de là il viendra
juger les vivans & les morts.
Je croi au Saint Efprit. Je
croi la Sainte Eglifc univer-
felle ; La communion des
Saints 5 La remiflîon des
péchez ; La réfurredion de
la chair, & la vie éternelle.
Amen.
^ Et après cela les Prières fui^
'Vantes ; tous étant dévotement
à genoux : le Minière pronon-
çant premièrement à haute
voix.
Le Seigneur foit avec vous^
Réponfe.
Et av ec ton Efprit.
Le Minijire.
VrionsDi eu.
Seigneur, aie pitié de nous.
Chrift aie pitié de nous.
Seigneur aie pitié de nous.
f Alors le Miniflre, les Clercs, &
tout le Peuple diront l'Oraifon
Dominicale, en langue uulgaire
à haute voix.
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fanaific- Ton Règne vienne.
C z : Ta
txà Prières
l'a Volonté foit faite en la
terre comme au Ciel. Don-
ne nous aujourd'hui notre
pain quotidien. Et nous par-
donne nos offenfes, comme
nous pardonnons à ceux qui
nous ont oifenfez. Et ne
nous indui point en tenta-
tion 5 mais délivre nous du
malin. Amen,
% Après le Miniftrefs tenant de-
bout^ dira,
O Seigneur, fai luire fur
nous ta mii'ericorde.
Réponfe,
Et nous accorde ton falut.
Le Minijire,
O Seigneur fauve le Roi.
Réfonfe,
Et nous exauce par ta grâce
quand nous t'invoquons.
Le Minijire.
Revêts, de juftice tes Mi-
niûres.
Réponfe,
Et réjoui" ton peuple élu.
Le Minijire,
Seigneur Dieu, délivre
ton peuple.
Réponfe.
Et benl ton héritage.
Le Minijire.
Donne nous paix en nos
jours, ô Seigneur.
Réponfe,
Car il n'y a que toi fcuJ,
DU SOIR^
Ô Dieu, qui combatte pQut
nous.
Le Minijire.
O Dieu, crée en nous des
cœurs nets.
Réponfe.
Et ne nous ôte point TEf-
prit de ta Sainteté.
•T Alors fuivront trois CoUeBes :
La première fera celle du jour y
qui fera la même qui efi ordon-
née four la Communion : La fe--
condepourla paix: Lairoîfiéme
pour être fecouru contre tous
Dangers. Les deux dernières ne
fe changeront jamais : mais fe-
diront chaque jour de tannée
aux Prières du Soir, en la
manière qui fuit -, chacun étant
à genou,:,
^ La féconde CvlleSîe pour h
Soir,
ODieu, duquel tous les
faints deftrs, tous les
bons confcils, & toutes les
œuvres juftes procèdent ,
donne à tes ferviteurs la paix
que le monde ne peut don-
ner r afin que nos cœurs
foient appliquez à obeïr à
tes commandemens 5 & qu é-
tant délivrez par toi de la
crainte de nos ennemis,nous
paflions nôtre vie en repos,
& en tranquilitéi par les
mérites de Jefus Chrift nôtre
Sauveur, Amen^
Prières
La mtjteme CoSeSîe pour être
fecouru contre tous dangers,
ILlumine nos ténèbres, ô
Seigneur: & par ta gran-
de mifericorde,garanti-nous
de tous lesdangers,&de tous
les accidens de cette nuit 5
pour Tamour de ton Fils
unique nôtre Sauveur Jefus
Chrift. Jmen.
fl" Dans les Chœurs & aux lieux
où il y a des Chantres^ ici fuit
TAntienne.
f Prière pour /^ R o i,
O Seigneur, & Père celef-
te, Haut & Puiffant,
Roi des Rois, Seigneur des
Seigneurs, feul Gouverneur
desPrinces,qui de tonTrône
cekfte contemples tous les
habitans de la terre 5 nous te
fuplions de tout nôtre cœur,
qu il te plaife de regarder
d'un œuil propice, nôtre lé-
gitime Souverain, le Roi
GEORGEjôcde le remplir
tellement des grâces de ton
Saint Efprit, qu'il fe porte
toujours à faire ta volonté,&
à marcher dans tes voies :
Répan fur lui abondamment
tes dons celeftes : Fai-lui la
grâce de vivre long tems, en
fanté & en profpérité : For-
tifie-le, afin qu il puille vain-
cre,ôc furmonter tous fesen-
DU Soir:
-xx
nemis : & qu'enfin aptes cet-
te vie,il parvienne à la gloire,
& à la félicité éternelle 5 par
Jefiis Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
^Prière pour laFAUiLLiRoiALE,
Dieu Tout-puiffant, qui
es la fource de toute
bonté ; nous te prions très-
humblement de bénir fa
Majefté la Reine Caro-
L I NE, leurs Alteffes Roïales
Frédéric Prince de Galles,
leDuc, les Princesses, ôc
toute la Famille Roiale :
donne-leur ton Saint Efprit :
rempli-les de ta Grâce ce-
lefte : comble-les de toute
forte de bonheur: & les
condui à ton Roïaume éter-
nel 5 par Jefus Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
% Prière pour /^ Clergé dT pour,
le Peuple.
Dieu Eternel, & Tout-
puiflant, qui feul fais
de grandes merveilles 5 fai
dcfccndre fur nos Evêques,
& fur nos Miniftres, ôc fur
tous les Troupeaux qui leur
font commis, fEfprit faiu-
taire de ta Grâce : & afin
qu'ils te puiffent êtix agré-
ables, r>:pan conrinuelle-
C 3 incnt
22 Prières
ment fur eux la rofée de
ta bénédiûion. Seigneur,
exauce nous pour Tamour
de nôtre Avocat 6c Médi-
ateur Jefus Chrift. Amen.
Ç CoUeBe ou 'Prière pur toutes
fortes de perfonnes de quelque
condition que ce fcit,
ODieu, Créateur &
Confervateur du gen-
re humain ; nous te prions
très humblement pour tou-
tes fortes de perfonnes de
quelque condition quelles
Ibient: quil te plaifc leur
faire connoitre tes voies, &
manifefter ton falut à toutes
les Nations. Nous te prions
particuliércnicnt pour la
profpérité de l'EglifeUniver-
felle : qu elle foit tellement
conduite «5c gouvernée par
ton Efprit, que tous ceux
qui font profeffion d'être
Chrétiens, & qui en pren-
nent le Nom, puiifent être
amenez au chemin de la vé-
rité 5 6c qu ils gardent la foi
dans l'unité de TEfprit par le
lien de la paix en fainteté de
vie. Enfin nous recomman-
dons à ta bonté paternelle
toutes les perfonnes affli-
gées dans leur efprit, dans
leur corps, ou dans leurs
DU Soir.
biens: {^Tartiai- *cenfedoh
liérement ceux qui ^^^\ ^^^^i
Je recommandent a recommandé
nos Trières) veuil- '««^r vnéres
lelesconfoler&les ^'^'^^^^f'-
fecourir félon leurs diverfes
néceffitez 5 leur donnant la
patience dans leurs foufFran-
ces, 6c une heureufe iffuë
de toutes leurs affliftions.
Nous te demandons ces grâ-
ces pour l'amour de Jefus
Chrift. Amen.
ABîons de grâces générales.
Dieu Tout-puiffant, Pè-
re de toute miferi-
corde 5 nous tes indignes
ferviteurs, te remercions
très-humblement 6c de tout
nôtre cœur, de toutes tes
bontez, 6c de toutes tes fa-
veurs envers nous, 6c en-
vers tous les hommes :
( * 'Particulière-'
ment envers ceux ^ffjifj
qui défirent de ceux c^ui ont
fofrir mainte- '^' \''''^'
•^-' , , .. mandez, aux
nant leurs loiian- prières de
ges & leurs avions v^UfiJ^fi'
j j rent de ren-
de grâces, pour les 4re grâces k
gratuites dont tu -d?>«.
as depuis peu ufé
envers eux.) Nous te benif
fons pour nôtre création
pour nôtre confervation
pour
Prteïies du Soir.
n
pour toutes les bénédidions
de la vie préfente : mais fur
tout,pour f ineftimabk Cha-
rité que tu nous as mon-
trée dans la Rédemption du
Monde par nôtre Seigneur
Jefus Chrift : pour les affi-
ftançes de ta grâce : & pour
Tefpérance de ta Gloire. Et
nous te fuplions de nous
donner le fentiment que
nous devons avoir de toutes
tes faveurs : afin que nos
coeurs en aient une vérita-
ble & fincère reconnoif-
fance; & que nous publions
tes louanges non feulement
de bouche, mais fur tout
par la conduite de nôtre vie :
en nous attachant à ton fer-
vice, & en cheminant de-
vant toi en juftice & en
fainteté, jufques à la fin de
nos jours 5 par Jefus Chrift
nôtre Seigneur5auquel com-
me à toi, &au Saint Efprit,
foit tout honneur & toute
gloire, aux fiécles des fié-
çles. Amen, i
f Priera de St, Chuysostome,
SEigneur, Dieu Tout*
puiflant, qui nous as
fait la grâce de t'addreffer
maintenant nos Prières d'un
commun accord, & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront alTem-
blez en ton Nom^ tu leur
accorderas leurs requêtes :
accompli maintenant les
fouhaits, & les demandes
de tes ferviteurs, feion que
tu connois qu il eft le plus
expédient, & le plus falu-
taire ; nous accordant dans
ce monde la connoiffance
de ta vérité 5 & au fiéclc
à venir la vie éternellen
Amen,
f 2 Corinth. xiii. Verf. i|.
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus ChriH:, &
la dileftion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellemeijt. Amen,
hi finit V Ordre des PRiERES DV
Soir durant toute rAnnéç.
C4
Ati^
u
ILe Symbole d'Athanase.
j4ux Fêtes de Noël, ^é- /Epiphanie, de St. Matthias, J<? Paquet;
de /'Afcenfîon, de la Pentecôte, de St. Jean Baptifte, de Sr. Jac-
ques, de St. Barthelemi, ^6? St. Matthieu, de St. Simon & de
St.Jude, de St. André, & le Dimanche ^^ la Trinité, cette Con-
fejjion de notre Foi Chrétienne^ appellée communément le Symbole
^'Athanafej/fr/z chantée ou récitée aux Prières du Matin^ au lieu
du Symbole des Apôtres, far le Minifire, & par le Peuple étant
debout.
QuiCUNQUE VuLT.
Quiconque veut être
fauve, avant toutes
chofes doit maintenir la
Foi Catholique.
Laquelle Foi quiconque
ne gardera pure & entière,
fans doute il périra éternel-
lement.
Or la Foi Catholique eft,
que nous adorions un Dieu
dans la Trinité, & la Trinité
dans rUnité,
Sans confondre les Per-
fonnesj ou divifer rEffence.
Car autre eft la Perfonne
du Père : autre celle du Fils :
autre celle du Saint Efprit.
Mais la Divinité du Père,
du Fils, & du Saint Efprit
n'efl: qu une : leur Gloire
eft égale 5 & leur Majefté
coëternelle.
Tel queft le Père, tel
eft le Fils 5 & tel le Saint
£fprit.
Le Père non créé : le Fils
non créé : & le Saint Efprit
non créé.
Le Père incompréhenfi-
ble : le Fils incompréhen-
fible : & le Saint Efprit in-
compréhenfible.
Le Père éternel : le Fils
éternel : & le Saint Efprit
éternel.
Toutefois ils ne font
point trois éternels: mais
un éternel.
Comme aufll il ny a
point trois incompréhenfi-
bles;ni trois non créez -.mais
un non créé 5 & un incom-
préhenfible.
Ainfi aufli le Père eft
Tout-puiifant : le Fils Tout-
puiffant : & le Saint Efprit
Tout-puiiîant.
Et cependant ils ne font
point trois Tout-puiffants :
mais un Tout-puiiîant.
De même le Père eft
Dieu: le Fils eft -Dieu: &
le Saint Efprit eft Dieu.
Et cependant ils ne font
point trois Dieux : mais un
Dieu.
Sem-
Le Symbox^e
^ SembUblcment le Père
efl: Seigneur: lePiis eft Sei-
gneur : & le Saint Efprit eft
Seigneur.
Et cependant ils ne font
point trois Seigneurs : mais
un Seigneur.
Car comme la Vérité
Chrétienne nous oblige de
reconnoitre, que chacune
des Perfonnçs, prifes à part,
eft Dieu & Seigneur 5
Auffi la Religion Catho-
lique nous défend de dire
qu'il y a trois Dieux, ou
trois Seigneurs.
Le Père n eft fait d'aucun :
il n'éft ni créé , ni engendré.
Le Fils eft du Père feul:
non fait 3 ni créé : mais en-
gendré.
Le Saint Efprit eft du
Père, & du Pils : étant non |
fait ; ni créé j ni engendré :
mais procédant.
Aufli il y a un Père : non
trois Pères, un Fils : non
trois Fils, un Saint Efprit :
& non trois Saints Efprits.
Et dans cctteTrinité,il n'y
a ni priorité, ni poftériorité :
l'un n'cft pas plus grand, ni
moindre que l'autre.
Mais toutes les trois Per-
fonnes font cnfcmble de
même éternité :& égales en
toutes chofcs.
nôtre Seigneur
d'At^ànase^ 25
Tellement qu'en toutes
chofes, comme il a été dit
ci-devant, il faut adorer
rUnité dans la Trinité i &
la Trinité dans l'Unité.
Donc, quiconque veut
être fauve, doit avoir ces
fentimens de la Trinité.
Déplus, il eft néceftaire
pour obtenir le falut éter-
nel, qu'il ait une vraie &
droite croiance de l'Incar-
nation de
Jefus Chrift
Caria vraie Foi confifte
en ce que nous croïons, &
que nous confeftîons, que
nôtre Seigneur Jefus Chrift,
le Fils de Dieu, eft Dieu ôc
Homme.
Dieu engendré de la fub-
ftance du Père avant tous
les fiécles : & Homme de la
fubftance de fa Mère, né au
monde.
Dieu parfait, & Homme
parfait : fubfiftant d'une amc
raifonnablc, 6c de chair hu-
maine.
Egal au Père félon fa Di-
vinité ; & inférieur au Père
félon fon Humanité.
Lequel, quoi qu'il foit
Dieu & Homme; toutefois
il n'cft pas deux : mais un
Chrift,
Un,
^6
Va Litanie.
Un, non. par converfion
de la Divinité en chair : mais
par raiTomption de THuma-
nité à la Divinité.
Un totalement, non par
confufion de fubftance: mais
par Unité de Perfonne.
Car comme Tame raifon-
nable, & la chair font un
homme ; ainfi Dieu &
l'Homme eft un Chrift.
Lequel a fouffert pour
nôtre falut ; eft defcendu
aux enfers 5 & le troifiéme
jour eft reffufcité des morts :
Il eft monté aux cieux 5 il
eft aflis à la droite de Dieu
le Père Tout-puiflant 5 d'où
il viendra pour juger les
vivans & les mort^.
A la venue duquel tou^
les hommes reflufciteront
avec leurs corps, ôc ren-
dront compte de leurs pro-
pres œuvres.
Et ceux qui auront bien
fait, iront à la vie éternelle:
& ceux qui auront mal fait^
iront au feu éternel.
Ceft ici la Foi Catho-
lique, laquelle quiconque
ne croira fidèlement, ne
pourra être fauve.
Gloire foit au Père, &c.
Comme il étoit,^^.
^ Ici finit r Ordre des Prières
DU Matin©* du Soir d^
chaque jour de rAmé^.
% Ici fuit la Litanie ou SupUcation Générale qui doit être chan^
tée ou récitée après les Prières du Matin^ les Dimanches, les
Mecredis, les Vendredis, & les autres jour Sy félon quil fera
enjoint par rOrdinaire,
O Dieu Père Celefte, aie
pitié de nous, mife-
râbles pécheurs.
OT>ieuTêreC€lefle,aie
pitié de nous, miferables pé-
cheurs.
O Dieu le Fils, Redemp-
tcur du monde, aie pitié de
nous, miferables pécheurs.
O "Dieu le Fils, Rédemp-
teur du monde, aie pitié de
nous, miferables pécheurs,
O Dieu le Saint Efprit,
qui procèdes dû Père & à\\
Fils, aie pitié de nous, mi-
ferables pécheurs.
O T>i€U le Saint Efprit,
qui procèdes du 7 ère S' du
Fik,
glo-
Là L I t a n
Fitsy aie pitié de nous, mife-
râbles pécheurs.
O Sainte, bénite, &
rieufe Trinité, Trois Per-
fonnes & un Dieu, aie pitié
denous,miferablespecheurs.
O Sainte^ bénite, & glo-
rieufe Trinitè^TroisTP er fau-
ne s (^ un T)ieu, aie pitié de
nous, miferables pécheurs.
O Seigneur,ne te fouvien
point de nos péchez, ni des
péchez de nos Pères : ne
pren point vengeance de
nos iniquitez : pardonne-
nous, ô bon Dieu : pardonne
à ton peuple que tu as ra-
cheté par ton fang précieux 5
& ne fois point irité contre
nous à jamais.
Tar donne -nous y bon
^ieu.
De tout mal ; & de toute
méchanceté: de péché 5 des
rufes, & des affauts du Dia-
ble : de ta colère j & de la
damnation éternelle.
Bon T)ieu^ délivre-nous.
D'aveuglement de cœur ;
d'orgueil 5 de vaine gloire ^
^d'hypocrifie: d'envie 5 de
haine 5 de malice; & de toute
afFeftion contraire à la cha-
rité.
BonT)ieu, délivre-nous.
De paiUardife 5 & de tout
autre péché mortel: & de
toutes les tromperies du
monde, de la chair, ôc du
Diable.
Bon T^ieu, délivre-nous.
Des foudres 5 & ^ts> ora-
ges : de pefte $ ôc de famine :
de guerre j de meurtre^ & de
mort foudàine.
Bon T>ieUy délivre-nous.
De toute fédition; de tou-
te confpiration fecrète, & de
rébellion : de toute faufTe
dodlrines d'héréfie; & de
Ifchifme : d'endurciffement
de cœur; du mépris de ta
Parole 5 & de tes Comnian-
demens.
BonT>ieUy délivre-nousl
Par le Myftère de ton
Incarnation fainte : par ta
fainte NaiiTance ; & ta Cir-
concifion : par ton Batême :
par ton Jeûne ; & par ta Ten-
tation.
Bon T>ieu, délivre-nous.
Par ton Agonie 5 & ta
Sueur fanglante : par ta
Croix5&taPaflion:par ta pré-
cieufe Mort, & ta Sépulture:
par ta Réfurreûion 5 & ton
Afcenfion glorieufc : & par
la venue du Saint Efprit,
Bon T>ieu, délivre-nous.
En tout tems d'adverfité :
en tout tems de profpérité :
à
2Î L A L ï T
à rhcurc de la mort : ôc au
jour du jugement.
Bon^ieu, délivre-nous,
O bon Dieu, nous qui
fommes de pauvrespecheurs,
te fuplions d'exaucer nos
prières : & qu il te plaife de
conduire & gouverner ta
Sainte Eglife Univcrfellc
dans la droite voie.
Nous te fuplions de nous
exattcefy o bon "Dieu,
Qu'il te plaife de confcr-
ver & d'affermir dans ton
vrai fcrvice, en toute juftice
& en toute Sainteté de vie>
ton Serviteur, George
nôtre Roi & nôtre Gou-
verneur très- débonnaire.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon "Dieu,
Qu'il te pi aile d'adreflcr
fon cœur dans ta foi, dans
ta crainte, & dans ton a-
mour : afin qu'il ait toujours
fa confiance en toi j & qu'il
cherche toujours ton hon-
neur & ta gloire.
Nous te fuplions de nous
exaucer^ o bon T)ieu.
Qu'il te plaife de le gar-
der, de le défendre, & de lui
donner la victoire fur tous
fes ennemis.
Nous te fuplions de nous
exaucer, o bon T>ieu.
Qu'il te pîaiic de bénir.
& de conferver fa Majefté la;
Reine Caroline, leurs
Alteffes Roïales, Frédéric
Prince de Galles, le Duc,
les Princesses, & toute la
Famille RoiALE.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon ^ieu.
Qu'il te plaife d'éclairer
tous les Evêques, les Prêtres
& les Diacres, par la vraie
connoiffance & intelligence
de ta Parole : afin qu'ils l'an-
noncent dignement, par
leur prédication, & par leur
bonne vie.
Nous te fuplions de nous
exaucer y o bon 'Dieu.
Qu'il te plaife de remplir
les Seigneurs du Confeil, &
toute la Noblefle, de grâce 5
de fageffe 5 & d'intelligence.
Nous te fuplions de nous
exaucer-, bon Dieu,
Qu'il te plaife de bénir &
de conferver les Magiftrats 5
leur faifant la grâce d'exer-
cer la juftice 5 & de mainte-
nir la vérité.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon Dieu.
Qu'il te plaife de bénir &
de protéger tout ton peuple.
Nous te fuplions de nous
exaucer t ô bon Dieu,
Quii te plaife d'infpirer
jîoiîtcs les nations lunion;
la paix, & la concorde.
Mcuste fuplions de nous
exaucer:, ô bon "Dieu,
Qli'U te plaife de nous
donner un cœur enclin à
t aimer: & à te craindre 5 &
à vivre foigneufement félon
tes commandemens.
Notis te fuplions de nous
exaucer^ ê bon "Dieu.
Qu'il te plaife de donner
à tout ton peuple de croître
en grâce : d ouïr humble-
ment ta Parole : de la rece-
voir d une affedion pure :
j& de produire les fruits de
rEfprit.
Nous te fuplions de nous
exaucer y è bon T>ieu.
Qu'il te plaife d'amener
au chemin de la vérité tous
ceux qui font dans Terreur
& qui ont été féduits.
Nous te fupUons denous
exaucer y ôbonDieu.
Qull te plaife d'affermir
ceux qui font debout : de re-
lever ceux qui font tombez :
de confoler & d'aflîfter ceux
qui ont le cœur froiffé : 6r^
enfin d'abatre Satan fous
nos pies.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon T>ieu.
Qu'il te plaifç de fçcou-
rir, & de confoler tous ceux
qui font en danger : en tribu-
lation : & en néceffité.
Nous te fuplions de nous
exaucer y bon 'Dieu,
QLillte plaife de confcr-
ver tous ceux qui voiagent
par mer ou par terre : toutes
les femmes qui font en tra-
vail d'enfant : toutes les per-
fonnes malades 5 & tous les
petits enfans : & d'avoir com-
palîîon de tous les prifoniers
& de tous les captifs.
Nous te fuplions de nous
exaucer y à bon T)ieu.
Qii'il te plaife de prendre
ladeffenfedes orphelins: des
veuves : & de tous ceux qui
font defolez & opprimez :
& de pourvoir à tous leurs
befoins.
Nous te fuplions de nous
exaucer y èbonDleu,
Q^fil te plaife d'étendre
ta mifericorde fur tous les
iiommes.
Nous te fuplions denous
exaucer, 6 bon Dieu,
Qi^i'il te plaife de pardon-
ner à nos ennemis : à ceux
qui nous calomnient ôcnous
pcrfecutent : & de convertir
leurs cœurs.
Nous te fuplions de nous
exaucer^ a bon Dieu.
Qu'il
"3^
Qii'il te plaife de nous
donner & de nous conferver
les fruits de la terre: afin que
nous en puilîîons jouir dans
leur faifon.
Nous îe fupUons de nous
exaucer y obonT>ieu,
Qu'il te plaife de nous
donner à tous une vraie re-
pentance:de nouspardonner
tous nos péchez, toutes nos
négligences & nos ignoran-
ces: nous accordant la grâce
de ton Saint Efprit; afin que
nous reformions nôtre vie
félon ta Sainte Parole.
N.0US te fupUons de nous
exaucer y o bon T>ieu.
O Fils de Dieu, nous te
fuplions de nous exaucer.
O Fils de T^ieUy nous te
fuplions de nous exaucer,
O Agneau de Dieu, qui
ôtes les péchez du monde.
Accorde nous ta paix,
O Agneau de Dieu, qui
ôtes les péchez de monde.
Aie pitié de nous.
O Chrift, exauce nous.
OChriJt, exauce nous.
Seigneur, aie pitié de
nous.
Seigneur, aie pitié de
nous,
Chrift, aie pitié de nous.
Chrijt^ aie pitié de nQHS,
La L I t a n f è.
Seigneur, aïe pîtîé dé
nous.
Seigneur i aie pitié de
nous,
J Alors le Prêtre & le Peuple^
en même tems^ diront l'Orai-
fin Dominicale,
Notre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom
foit fandifié. Ton Règne
vienne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au CieL
Donne nous aujourdliui nô-
tre pain quotidien. Et nous
pardonne nos ofFenfes, com-
me nous pardonnons à ceux
qui nous ont offenfez. Et ne
nous indui point en tenta-*
tion 5 Mais délivre nous du
malin. Amen.
LeVrêtre.
O Seigneur, ne nous fai
point félon nos péchez.
Réponfe.
Et ne nous rend pas fé-
lon nos iniquitez.
TrionsDiEU,
Dieu, & Père miferî-
cordieux, quinemé-
prifes point les foupirs duti
cœur contrit, ni les gémifle-
mens de ceux qui font en
angoiife : écoute en ta mifé-
ricorde les prières que nous
te préfentoas dans toutes
I nos
o
TW
Sos calâmîtez,& dans toutes
nos mifères i & nous exauce
par ta grâce : afin que les
maux que le Diabk, ou les
hommes machinent contre
nous par leur malice & par
leurs rufes, foient réduits à
néant : & tellement diffipez
par ta providence, que nous
tes fcrviteurs, étant affran-
chis de toutes perfécutions,
te puiffions glorifier conti-
nuellement au milieu de ton
Eglife^par JefusChrift nôtre
Seigneur.
- O Seigneur ylève-toiy aide^
nous y & nous délivre four
(amour de ton Nom.
O Dieu, nous avons ouï
de nos oreilles, ôc nos Pères
nous ont raconté les exploits
que tu as faits en leurs jours :
Ôcaux jours d'auparavant.
O Seigneur Jève-toi.aide-
nous, é^ nous délivre pour
t amour de ta gloire.
Gloire foit au Père, & au
Fils, & au Saint Efprit.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il fe-
ra éternellement. Amen.
r Garanti nous de nos en-
nemis, ô Chrift.
Et jette les yeux de ta
mifericord^ fur nos afflic-
iions^
La Lit an î t. '$%]
Confidérc en tes compaf-
fions les foupirs de nos
coeurs.
Et pardonne félon ta mi-
fer ic or de ^ lespechez de ton
Peuple.
Ecoute nos prières favo-
rablement & mifericordi-^
eufcment.
O Fils de "David^ aiepi-
tié de nous.
Daigne nous écouter
maintenant & à jamais, ô
Chrift.
Ecoute nous favorable-
ment-, o Chrift : écoute nous
favorablement j ô Seigneur
JefusChrift.
Le Trëtre.
Que ta mifericorde foît
fur nous, ô Eternel^
Réponfe.
Selon que nous nous (oiry
mes attendus à toi.
N
Trions Dieu.
Ous te prions très
humblement, ô Pè-
re, de jetter les yeux de ta
mifericorde fur nos infirmi-
tez : & pour la gloire de ton
Nom, détourne de nous
tous les maux que nous a-
vous méritez très-juftement:
& nous fai la grâce, qu'en
toutes nos afflictions, nous
met-
32
nicttions entièrement nôtre
confiance en ta miféricorde:
ôc que nous te fervions
toujours en fainteté, & en
pureté de vie, à ton hon-
neur &à ta gloircj par nô-
tre feul Médiateur & Avo-
cat, Jefus Chrift, nôtre
Seigneur. Amen,
5 Prière de Saint C h r y-
S O s T O M E.
SEigneur, Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
fait la grace> de t'addreffer
maintenant nos Prières d un
commun accord, & qui
nous as promis que quand
deux ou trois feront affem-
blez en ton Nom, tu leur
accorderas leurs requêtes:
accompli maintenant k^'
fouhaits, & les deman-
des de tes ferviteurs, félon
que tu connois qu il eft le
plus expédient & le plus
falutaire 5 nous accordant
dans ce monde la connoif-
fance de ta vérité, & au
fiécle à venir la vie étcrnelleii
Amen.
J 2 CoYinth, XIII. Verf. 13; 1
LA Grâce de nôtre Sei-
gneur Jefus Chrift, &
la diledion de Dieu, & la
communication du Saint
Efprit, foit avec nous tous
éternellement. Amen.
Ici finit la Litanie} *
PRIERES
P R I E R E sr
?1
PRIERESa'ACTIONS DE GRACES;
pour diverfes occajïons particulières ^ au il faut dire
avant les deux dernières Trières de la Litanie, <
des Trières du Matin ô* du Soir^
Ole
Prières.
Vour demander de la Pluie,
ODieu Père ccleftc,
qui par ton Fils Je-
fus Ghrift, as promis à tous
ceux qui cherchent ton
Roiaume & fa jtifticc, toutes
les chofes néceilaircs pour
leur nourriture corporelle :
Nous te prions que dans la
nécclîité où nous fommes,
il te plaife de nous envoler
des pluies ^\ douces & fi
modérées, que nous puif-
fions recueillir les fruits de
la terre à nôtre confola-
tion, pour ten glorifier j
par notre Seigneur Jefus
Chrift. Amen,
Pour demander le Beau-îems.
O Seigneur Dieu Tout-
puiilant, qui pour les
péchez du genre-humain, as
\xi\(:: fois fubmcrgé tout le
monde, excepté huit per-
fonnes j 6c qui promis en-
'fuite dans ta grande mife-
ïicoxdcquc tu;ic le déti;ui-
rois plus ainfi : nous fecon-
noiifons que nos péchez
n ont que trop mérité ces
débordemens d'eaux, dont
tu nous vifites : mais nous
te fuplions qu alant égard
à nôtre repentance , tu
veuilles nous envoier le
temps propre à nous faire
recueillir les fruits de la
terre dans leur faifon : &
nous fai la grâce que nous
aprenions à profiter de tes
châtimens pour nôtre a-
mendemcnti & à te bénir
pom* ce nouvel effed de ta
paternelle bonté i parjefus
Chrift nôtre Seigneur. A*
men.
En tenu de Cherté & dé Fa-^,
mine,
ODieu Père Celcfte,
puis que c'eft par toi
que la pluie defcend j qUe
la terre cft fertile j que les
animaux croifTcntî ôc que
les poiiTons multiplient :
Nous te fuplions d'avoir
D égard
u
PRIERES.
cgard à raffliaion de ton
peuple 5 & de nous accor-
der par ta bonté,^ que la
difette & la cherté des vi-
vres que nous foufFrons
très-jufteinent pour nos ini-
quitez, Ibient changées en
profpérité & en abondance,
pour Taniour de Jefus
Chrift nôtre Seigneur j au-
quel avec toi, ôc avec le
Saint Efprit, foit tout hon-
neur & toute gloire, dès
maintenant ôc à jamais.
Amen.
& pour nôtre propre con-
folation, par Jefus Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
Eh tems de Guerre^ & de Tji-^
muhes.
O
Ou ceïk'ct.
ODicu, Père de mife-
ricorde, qui au tems
du Prophète Elifée, chan-
geas en un moment, dans
la ville de Samarie, la di-
fette en abondance i aie
pitié de nous, qui pour
nos péchez fommes affli-
gez de la mcmc adverfitc :
& nous accorde le même
foulagcmcnt dans un pareil
befoin. Pvépan ta béné-
didion celeftc fur les fruits
de la terre, pour leur don-
ner raccroiilement : afin
que recevant ces biens de
ta pure bonté, nous en u-
fions pour ta gloire -, pour
Dieu, Tout-puiffant,
Roi des Rois, & Gou-
verneur de toutes chofes ; à
la puiffance duquel nulle
créature ne peut réfifter ; &
à qui il apartient de punir
les pécheurs en ta juftice^
ôc de faire grâce a ceux qui
font véritablement rep en-
tans : fauve nous, ôc nous
délivre de la main de nos
ennemis j quil te plaife de
rabatre leur orgueil 5 de
dompter leur malice; &de
confondre leurs deifeins :
afin qu'étant couverts de ta
protedion, nous foions dé-
fojrmais garantis de tout
danger, pour te glorifier, ô
Dieu, qui feul donnes les
vidoires ; par les mérites
de ton Fils unique, ]efus
Chrift nôtre
Amen.
Seigneur,
En temps de Pefle^ ou d^ autre
maladie contagieufe.
Dieu, Tout-puifTant;,
qui dans ta colère
O
le foulagemcnt des pauvres j | frapas ton peuple d'une
plaie
Prie
plaie terrible, à caufc de fa
Rébellion obflinée dans
le défert, contre Moïfe
ôc Aaron : & qui au tems
du Roi David fis mourir
foixante & dix mille hom-
mes par la pefle; & puis
dans tes eompallions déli-
vras ceux qui reftoient : aie
pitié de nous, 6 Dieu: aie
•pitié de nous miferables pé-
cheurs, qui fommes main-
tenant viilrez de maladies
& de mortalité. Et comme
alors il te plu de te 1 ailler
fléchir & de dire à l'Ange
deftrudeur, c'eil allez : O
Dieu de miiericorde , retire
de deP.iis nous cet épouvan-
table flcau i afin que nous
t'en glorifiions continuelle-
ment, en ton Fils Jefus
Chrill nôtre Sauveur.
^ Prière qui fi dira chaque jour
des Semaines des quatre tems,
pour ceux qui doivent être ad-
mis aux Saints Ordres,
DleuTout-piûlTantj nô-
tre Père celcfte, qui
par le fang précieux de ton
Fils bien aimé t'es acquis
trEglife unlverfelle ; regarde
sla iîavorablement : & dans
Hce tems condui rcfprit dejpréience; à la gloire de ton
:t€s ieryiteurs icr> Evêques grand Nom, 6c à rédifica«
I D â tion
R E s. 5^
& les Pafteuîs de ton trou-*'
peau ^ afin qu ils n impofent
pas les mains avec précipi-
tation pour l'œuvre du Sacré
Miniflère : mais qu'ils faC-
lent un jufte & légitime
choix. Favorife auffi, Seig-^
neur, de ta grâce ôc de ta;
bénédiftion celcfte, ceux
qui feront ordonnez à cette
lainte charge : & fai que
par leur vie & par leur do-
clrine, ils avancent ta gloire^
&le falutdes hommes i pat
jefus Chrift nôtre Seigneur*.;
Amen.
Ou celk'cL
Dieu Tout-puifîant, dii^
quel deicend toute
bonne donnation j & qui
par ta Divine Providence,
as établi divers Ordres
dans ton Èglife : nous te
fuplions très humblement
qu'il te plaife d'accorder
ta grâce à tous ceux qui
doivent y être apellez à
quelque office, ou admini-
ftration. Rempli- les de la
vérité de ta Dodrine, ôc les
revêts d'innocence : afia
qu'ils puiffent exercer fidèle-
ment leur Miniftère en ta
3(5 Prie
tion de ton Eglife ; par
Jefus Chrift notre Seigneur.
Amen*
f Vrme pour la grande Cour
DU Parlemeî^t, qui doit être
Ue pendant f es Séances.
ODieu très-bon, nous
te préfentons nos
très-humbles Prières, pour
ce Roiaume en général,
& particulièrement pour
la grande Cour du
Parlement, qui eft
maintenant aflemblée, fous
nôtre ROI très-pieux, &
très-débonnaire. Qu'il te
plaife de diriger & de faire
réiiflir toutes leurs délibé-
rations à ravancement de
ta gloire 5 au bien de ton
Eglife ; à la feureté, à Hion-
neur, & a lavantage du ROI
& de fes Roiaumes. Que
toutes chofcs foient telle-
ment réglées, & établies par
leurs foins & par leurs tra-
vaux, fur les meilleurs &
les plus fûrs fondemcns 3
que la Paix & le Bonheur,
la Vérité & la Juftice, la
Religion & la Piété, puif-
fçnt être affermies au mi-
lieu de nous, de généra-
tion en génération.^ Nous
te demandons ces gra-
R E 5.
ces, & les autres qui font
néceilaires, à eux & à nous,
& à toute ton Eglife, au
Nom & par la Médiation
de Jefus Chrift, nôtre très-
bénin Seigneur & Sauveur,
Amen.
^ ColleEîe, ou Pnére pour toutes
fortes de perfotines de quelque
condition que ce foi t ; qui fe
doit faire lors que la Litanie
ne fe dit pas félon l'Ordre
prefcrit.
O
Dieu, Créateur ôC
Confervateur du gen-
re-humain, nous te prions
très humblement , pout
toutes fortes de perfonnes,
de quelque qualité 6c con-
dition qu'elles foient : qu il
te plaife leur faire connoitre
tes voies, ôc manifefter ton
falut à toutes les Nations.
Nous te prions particu-
lièrement pour la profpéri-
té de TEglife Univerfelle ;
qu elle foit tellement con-
duite 6c gouvernée par
ton Efprit, que tous ceux
qui font profellîon d'être
Chrétiens, 6c qui en pren-
nent le Nom, puiflentctre
n.menczau chemin de lai
Vérité i 6c quils gardent
la foi d^ns lunité de VEC-
prit,,
Actions de Grâces. 3 jf^j.,
mour de Jefus Êfcift.
Amen.
prit, par le lien de la paix
en fainteté de vie. Enfin
nous recommandons à ta
bonté paternelle, toutes les
perfonnes affligées dans
leur eiprit, dans leur
corps, ou dans leurs biens*'.
(* Particulière-
ment ceux qui fe
recommandent à
nosTriéres)Vc\uX'
le les confoler &
les fecourir félon
leurs diverfes néceflitez ; leur
donnant la patience dans
leurs foufFrances, & une heu-
rcufe iffuë de toutes leurs af-
fliftions. Nous te deman-
dons ces grâces pour Ta-
* Cecîfe doit
dire quand
quelqu'un efi
recommandé
Mux Trières
del'Eglife.
% Prière qui fe peut dire aprh
quelle qufi ce foit des préce^
dentés^
ODieu, duquel la na-
ture ôc le propre eft
d'être toujours enclin à
avoir pitié, & p rdonner ;
reçoi nos très-huiLbles pri-
ères. Et comme nous
fommes liez des chaînes de
nos pecheZ;; fai que par ta
miferiçprde, & par ta grande?
bonté, nous en foions dé^
livrez ; pour Tamour dç
Jefus Clirift nôtre Médi^-^
teur & Avocat. Amen^
-ù
^^)^^^^,}%.)%.^.}%.'^'^}^)%^)%.^?^)%.
ACTIONS DE GRACES GENERALES,
lEU Tout-puiirant,j ( * Particulière-
ment envers ceux
nous tes indignes qui défirent de
f offrir mainte-
nant leurs loUan-
ges c^ leurs ac-
tions de- graceSy
pour lesgr-atuitez^-
dont tu as depuis
ï>5
X^ Père de toute mife-
corde ;
ferviteurs te remerc;ons
très-humblement & de tout
nôtre cœur, de toutes tes
bonteZj & de toutes tes
faveurs envers nous, &
envçrs tou$ lç$ hoi^imçs.
*Cecl fe doit
dire quand
ceux qui ont-
été recom-^
mandez aux
Friér-es d&
k'EgliJe, déJU
rent de ren^
dre grâce i à
Vieu^
peur up
lî^. Actions d
en'vers eux) Nous te bc-
jiiffons pour nôtre créa-
tion î pour notre confer-
vmons pour toutes les
bénédidions de la vie
préfente : mais fut tout
pour rineftimable charité
que tu nous as montrée
dans la Rédemption du
ïiionde, par nôtre Seigneur
JefuS Chrift 5 pour les af-
fiftances de ta grâce; &
pour refperance de ta Gloi-
re. Et nous te fuplions
de nous donner le fcn-
timent que nous devons
avoir de toutes tes fa-
veurs : afin que nos cœurs
en aient une véritable &
fuicère reconnoiilance 5 &
que nous publiions tes loii-
snges non feulement de
bouche, maïs fur tout par
la conduite de nôtre vie :
en nous attachant à ton
fervice y & en cheminant
devant toi en juftice &
en fainteté, jufqucs à la
fin de nos jours \ par Je-
fus Chrift nôtre Seigneur :
auquel comme à toi ôc
nu Saint Efprit, foit tout
honneur, & toute gloire,
aux fiécles des fiécles, A-
Tnen.
5 ^^^'^ ^^^ Vliile.
ODieu nôtre Père ce-^
lefte^ qui par ta
providence, fais defcendrc
fur la terre la pluie de la
première & de la dernière
i faifons afin qu elle produife
fes fruits, pour Tufage des
hommes : nous te remer-
cions très-humblement, de
ce que dans nôtre grande
néceffité, il t'a plù d'cavoier
enfin une pluie favorable fur
la terre altérée : à la grande
confolation de nous tes in-
dignes lervitcurs 5 & à la
gloire de ton Saint Nom j,
par Jefus Chrift nôtre Sau-
veur. Amen,
5 Voiir h Beaii-tems,
SEigneur Dieu , qui
nous avois Juftement
humiliez par les Pluies
continuelles 5c les inon-
dations dont tu nous as
vifitez ; & qui nous as
confolez en nous envoiant
ce changement de tems,
fi convenable a la Saifou
& à nos befoins : nous
louons & nous glorifions
ton Saint Nom, de ce
nouveau témoignage de,
ton amour paternel. Qiie
la
Actions de Grace5.
%9
la lôiiange, ô Dieu, ^t'cn
foit rendue d âge en âge 5
par Jefus Chrift nôtre Seig-
neur. Jlm^n.
^ Pour r Abondance,
PEre très - mifericor-
dieux, qui as exaucé
par ta grâce les Prières de
ton Egliie, en changeant
nôtre difette en abon-
dance : nous te rendons
2;races très-humblement de
ce nouveau témoignage
de ta bonté i te fupliant
vrez en proie a nos enne-
mis : & nous te fuplions
de nous continuer ta Pro-
tedionj afin que tout le
monde connoiffe que tu
es nôtre Sauveur & nôtre
puiilant Libérateur 5 par je-
fus Chrift nôtre Seigneur,
Amen,
3" Pour le Rétahlijjemeni de la
Paix publique au milieu de
nous,
ODieu Eternel, & nô-
tre Père celefle, qui
de vouloir nous continuer ^^^^ f^-^ j^^^^.^^^ ^^^ j^^^^.
ta faveur : afin que la terre k^^^ ^^^ p^i^ ^ ^^^ ^^^^^^^^
nous rende fes fruits abon
damment à ta gloire, & à
nôtre confolation 5 par
nôtre Seigneur Jefus Chrift.
Amen-
% Pour la Paix, & lors que
l'on a été délivré de la
main des Ennemis.
ODieu Tout-puilTant,
qui es une forte tour
pour la défcnfc de ton peu
pic contre fes ennemis
nous te beniflbns, & nous
te rendons grâces de ce
que tu nous as délivrez
àzs grands dangers qui
nous nicnaçoient. Nous
reconnoiilcns que c'eft, un
effet de ta bonté, que
itiQus naions pas été U-
de dans un même lieu;
& qui calmes les orages
d'un peuple violent & em-
porté : nous beniilbns ton
Saint Nom, de ce qu il ta
plu d'apaifer les féditions
6c les tumultes, qui s'étoi-
ent depuis quelque tems
élevez au milieu de nous :
te fupliant très-humble-
ment de nous faire la grâce
à tous d obéir déformais à
tes Saints Commandc-
mcns : de forte que me-
nant une vie paifîblc &
tranquille en toute piété, &
honnêteté, nous puiiîions
t offrir continuellement le
facrificç de nos louanges &
dç îios aftioa.3 d;ç grâces >
D 4* f^^
46
Actions de
la
maladie
par Jefus Chrift nôtre Sei
gneur. Amen.
;f Apres être délivrez, de
Pefle, ou d'au
Ontagieufe.
SEigneur Dieu Tout-
puiffant, qui nous as
frapez pour nos péchez,
& Gonfumez pour nos ini-
quitez, par Taccablante &
terrible maladie, dont tu
nous as vifitcz depuis peu ;
& qui te fouvenant de ta
mifericorde au milieu
tes jugemcns , viens
tacheter nôtre vie de
' puiffance de la mort : nous
offrons à ta bonté pater-
nelle nos perfonnes, qu il
t;a plu d'épargner j & nous
tepréfentons nos corps, &
nos âmes en facrifice vi-
vant : louant & magnifiant
à jarnais ta mifericorde au
milieu de ton Eglife; par
Jefus Chrift nôtre Seigneur.
Amen,
f 0^ celle-ci,
PERE mifericordieux,
nous reconnoiiTons en
de
de
la
G R A C E S.^
toute humilité devant t\
face, que toutes les malé-
dirions dénoncées dans ta
Loi, pouvoient juftement
tomber fur nous, à caufe
de nos tranfgrcfîions fans
nombre, ôcde rendurciffe-
ment de nos cœurs: mais
puis quil t'a plu dans tes
grandes compallîons, d'a-
vou*
égard
notre humi-
liation, quoi qu'imparfaite;
en appaifant la fureur de
cette Contagion mortelle,
qui ravageoit ton héritage :
& de faire ouïr de nouveau
parmi nous les cris de joie,.
& la voix de Texultation :
nous préfentons à ta Divine
Majefté, ce facrifice de
louanges & dadions de
grâces i exaltant, & mag-.*
nifiant ton Nom glo-
rieux, de ce que par ta
providence tu nous as fî
mifericordieufement garan-.
tis de ce fléau 5 par Jefus
Chrift nôtre Seigneur. A^^
men.
ILis^
Le t. Dimanche de l^Avent? 4^
LES COLLECTES, LES EPITRES ET LES
EVANGILES, pour toute rAnnée.
^ Remarquez^ que la CotîeEîe de chaque Dimanche^ ou de quelque
Fête que ce foit, qui a une Vigile ou Veille^ fe dira au Service
du Soir, qui précède immédiatement.
Le Tremier dimanche de
TAvent.
La Collecte.
ODieu Tout-puiffant,
fai nous la grâce que
rcjettant les oeuvres de té
nébres, nous foions revê-
tus des armes de lumière,
•durant cette vie mortelle 5
en laquelle tonPilsJefus
Chrift nous eft venu vifiter
en grande humilité ; afin
qu'au dernier jour quand
il reviendra dans fa Ma-
jefté glorieufe, pour juger
les vivants & lés mort,
nous refîufcitions à la vie
immortelle; par ce même
Jefus Chrift ; qui vit, &
qui règne avec toi, 6c
avec le Saint Efprit, main-
tenant & à jamais. A-
f Cette ColleBe fe doit dire
chaque jour^ avec les autres
Colletles durant l'A vent, juf-*
que s à la Veille de Noël.
L' E p I T R E:, Rom. 1 3.8.
NE devez rien à per-
fonne, fmon que
vous vous aimiez lun lau-
tre : car celui qui aime les
autres, a accompli la Loi»
Parce que ce qui eft dit.
Tu ne commettras point
adultère j Tu ne tueras,
point i Tu ne déroberas
point i Tu ne diras point
faux témoignage 5 Tu ne
convoiteras point i & tel
autre commandement, eft
lomm^irement compris dans
cette parole 5 Tu aimeras
ton Prochain comme toi-
même. La charité ne fait
point de mal ^u Prochain :
raçcompliflement donc de
la Loi caft la charité.
Mçmç
^:^ I.E li P IMANCHK DE l'AveNT*
Même vu la faifon, parce
qiulcft déjà temps de nous
xéveiller du fommeil : car
maintenant le falut cftplus
près de nous, que lors que
nous avons crû. La nuit
cft paffée 6c le jour eft
aproché : rejettons donc
les oeuvres de ténèbres,
ôc foions revêtus des armes
^de lumière. Conduifons-
nous honnêtement &
comme en plein jour : non
point en gourniandifes, ni
en yvrogneries j non point
en couches, ni en info-
lences 5 non point en que-
relles, ni en envie. Mais
foiez revêtus du Seigneur
'lefusChrift, & n aicz point
-loin de la chair pour aç-
. complir fes convoitiics,
: L'Evangile, S. Matt. 21.1.
OR quand ils furent
près de Jérulalem,
<Sc qu'ils furent venus à
Bcthphagé au mont des O-
liviers, jéfus envola alors
deux Difciples; en leur
difant : Allez à ce village
qui eft vis-à-vis de. vous, ôc
d'abord vous trouverez une
âneffe atachée, 6c fon
poulain avec elle : déta-
chez-les, ôc amenez-les
moi, Et fi quelqu'un VOUS
dit quelque chofcj vous
direz que le Seigneur en a t
affaire : & auffi-tôt il les
laiifera aller. Or tout cela
fe fit afin que fut accom-
pli ce dont il avoit été
parlé par le Prophète, en
difant s Dites à la jSUe de
Sion j voici, ton Roi vient
à toi, débonnaire, Remon-
té fur une âneffe, & fur
le poulain de celle qui eft
fous le joug. Les Difci-
ples donc s'en allèrent, ôc
firent comme Jéfus leur
avoit ordonné. Et ils a-
menerent Tâneffc ôc Ta-
non, & mirent leurs véte-
mens deffus, & l'y firent
afleoir. Alors de grandes
troupes étendirent leurs
vétemens par le chemin ^
&c les autres coupoient
des rameaux des arbres, &
les étendoient par le che-
min. Et les troupes qui
alloient devant, & celles
qui fuivoient , crioient,
en difant 3 Hofanna, au
Fils de David, béni foit
celui qui vient
du Seigneur :
dans les lieux
Et quand il fut entré dana
Jéi'ufalçm^ toute la ville
5 * ïilt:
au Nom
Hofanna
très- hauts»
T'Ë 2. DlMAÎÏCHE DE l'AvENT.
43^
Fiit cmiië, difant , Qui eft
celui-ci ? Et les troupes
diibient : C'cft Jcfus le
Prophète; qui eft de Na-
zareth en Galilée. Et Jé-
fus entra dans le Temple
de Dieu 5 & chalîa dehors
tous ceux qui vendoient &
qui achetoient dans le
Temple 5 & renverla les
tables des changeurs, &
les fiéges de ceux qui ven-
doient des pigeons j & il
leur dit : Il eft écrit, ma
Maifon fera appellée Mai-
fon de prière j mais vous
en avez fait une caverne de
voleurs.
[Ijû fécond "Dimanche de
/■Avent.
La Collecte.
O Seigneur très-bon &
très - mifericordieux ,
qui nous as donné toute
TEcriture S'"" pour nôtre in-
ftrudion , fai nous la grâce
defécouter, de la lire, de
la méditer, de l'apprendre,
& de la digérer intérieure-
ment i de telle forte que par
la patience, & par la con-
folation de ta Parole, nous
foions affermis pour tou-
jours dans fefperance de 1^
vie éternelle, que tu nous
accordes en jefus Chrift
nôtre Sauveur. Amen.rnJi
UEpitre, Rom. 15.4.^
TOutes les chofes qui
ont été écrites au«
paravant, ont été écrites
pour nôtre . inftrudion :
afin que par la patience &
la confolation des Ecri-
tures nous aions efperancCo
Or le Dieu de patience &
de confolation, vous faiïe
la grâce davoir tous u.a
même fentiment, félon Je-
fus Chrift: Afin que tous
d'un même cœur, & d'une
même bouche vous glori-
fiiez Dieu, qui eft lePcre de
nôtre Seigneur jefus Chrift.
C'eft pourquoi recevez- vous
l'un l'autre, comme aulîi
Chrift nous a reçus à lui,
pour la gloire de Dieu.
Or je dis que jefus Chrift a
été Miniftre de la Circon-
cifion, pour la vérité de
Dieui afin de ratifier les
promeffes faites aux Pères :
Et afin que les Gentils ho-
norent Dieu pour fa mife-
ricorde : félon ce qui eft
écrit 5 Je célébrerai à caufe
de cela ta louange parmi
les
j7f Le 3~' DiMAîTC
ks Gentils; & je pfalmo-
dierai à ton Nom. Et il
cft dit encore: Gentils,
jéjouïffez-vous avec fon
peuple. Et encore: Toutes
Nations, loiiez le Seig-
neur : & vous tous peuples
célébrez-le. Et aulîî Efaïe
a dit : Il y aura une ra-
cine de Jeffé, & un qui
s'élèvera pour gouverner
les Gentils, & les Gentils
auront efperance en lui.
Le Dieu d'efperance donc
vous veuille remplir de
toute joie & de toute paix,
en croiant : afin que vous
abondiez en efperance par
la puiflance du Saint E^f.
prit.
L'Evangile,, S.Luc. 21.250
ET il y aura des fignes
dans le folcil & dans la
lune, & dans les étoiles; &
une telle détrefle des na-
tions, qu on ne faura que
devenir fur la terre; la
mer bruiant ôc les ondes.
De forte que les hommes
feront comme rendant
rame de pcu^^, & à caufe
de Tatcnre des chofes qui
furviendront dans toute la
terre : car les vertus des
çiçux feront ébranlées. Et
HE DE L'AVEKT?
alors on verra le Fils àê
rhomme venant fur une
nuée, avec puilfance &
grande gloire. Or quand
ces chofes commenceront
d'arriver 5 regardez en haut,
& levez vos têtes ; parce
que vôtre délivrance ap-
proche. Et il leur propo-
fa cette comparaifon >
voiez le figuier, & tous
les autres arbres : Quand
ils commencent à poufîcr^
vous connoiflez de vous-
mêmes en regardant, que
TE té eu déjà près. Vous
aufli pareillement, quand
vous verrez arriver ces
chofes; fâchez quç le Règne-
de Dieu eft près. En vérité;
je vous dis, que cette gé-.
nération, ne paflera çoint,^
que toutes ces chofes ncv
foient arrivées. Le ciel &
la terre pafferont; mai^
mes paroles i\e palTeront
point
Le Troifiéme dimanche de
/'Avent,
La C0H.ECTE.
OSeignçuïJefus Chrift,,
qui à ton* premier
avenenient, envolas ton
Meflager pour préparer ton.
chemin dçvant toi 5. fti quQ
Iqs
Le 3. D I
îcs Miniftres ôc Difpenfa-
tcurs de tes miftères pré-
parent auffi, & aplanif-
fent fi bien tes voies, en
convertiflant le cœur des
rebelles à la prudence des
juftes, que lorfquà ton fé-
cond avènement tu vien-
dras pour juger le monde,
nous foions trouvez un peu-
ple agréable à tes yeux, ô
qui vis, & qui
avec le Père & le
Saint Efprit, un feul
béni éternellement. Amen
MANCHE DE l'A V E N T.' 45
mettra en lumière les chofes
cachées dans les ténèbres 5
& qui manifeftera les con-
feils des coeurs: & alorsDieu
rendra à chacun fa louange.
Seigneur
règnes
L'Epitre, I Cor. 4. i.
QUe chacun nous tienne
, pour Miniftres de
Chrift, & pour Dilpenfa-
teurs des miftères de Dieu.
Mais, au refte, il eft requis
entre les Difpenfateurs que
chacun foit trouvé fidèle.
Pour moi, je me foucie fort
peu d'être jugé de vous, ou
de jugement d'homme : &
aullî je ne me juge point
moi-même. Car je ne me
fens coupable de rien : mais
pour cela je ne fuis pas jufti-
tié : mais celui qui me juge,
c'eft le Seigneur. C'eft pour-
quoi ne jugez de rien avant
le temps, jufquà ce que le
Seigneur vienne 5 qui aufli
L'Evangile, S.Matth.i 1.2,
OR Jean aiant ouï par-
ler dans la prifon
des faits de Chrift, envoia
deux de fes Difciples pour
lui dire : Es-tu celui qut
I devoit venir,, ou fi nous de-
Dieu I vous en atendre un autre ?
Et Jéfus répondant, leur
dit 5 Allez, & raportez à
Jean les chofes que vous
entendez & que vous vol-
ez. Les aveugles recou-
vrent la vue; les boiteux
marchent; les lépreux font
nettoiez ; & les fourds oi-
ent ; les morts font reiTuf-
citez ; & l'Evangile eft an-
noncé aux pauvres. Mais
bien-heureux eft celui qui
n'aur apoint été fcandalifé
en moi. Et comme ils s'en
alloient ; Jefus fe mit à dire
de Jean aux troupes : Qu'ê-
tes- vous allé voir au défert?
Un rofcau agité du vent ?
Mais qu'êtes-vous allé voir- \
Un homme vêtu de précieux
vétemens? voici, ceux qui
portçfit des habits précieux,
font
"4t> Le 4. DiMANCH
font dans les maifons des
Rois. 2viaisquetcs-vous al-
lé voir ? Un Prophète ?
oui, vous dis-jc, & plus
qu un Prophète. Car il cft
celui duquel il a été ainfi
écrit : Voici, j'envoie mon
nieilager devant ta face, le-
quel préparera ton chemin
devant toi.
Le ^latriéme T)hnanche
de /'Avcnt.
La Collecte*
\TEuillc Seigneur, nous
' foutcnir par la vertu
de ton Efprit, & par la force
toute puilTante de ta grâce ;
afin que nonobftant les pé-
chez & les tentations qui
nous retardent, nous puif-
fions heureufemcnt achever
la courfe qui nous eft pro-
pofée, a la louange de ta
mifcricorde ; & par les mé-
rites de ton Fils notre Seig-
neur 5 auquel, avec toi, &
avec le Saint Elprit, foit
honneur & gloire ctcrneilc-
ment. Amen.
LTpitre, Phil. 4. 4."
RE j ouïiTez - vous tou-
jours eu nôtre Seig-
neur : je vous le dis encore.
È DÉ l'Avant^.
réjouïiTez-vous. Qtie vôtre
douceur foit connue de tous
les hommes. Le Seigneur
eft près. Ne vous inquié-
tez de rien ^ mais en toutes
chofcs préfentez vos de-
mandes à Dieu par des priè-
res & des fuplications, a-
vec des actions de grâces*
Et la paix de Dieu, laquelle
furpafle tout entendement^
gardera vos cœurs & vos
fentimens enJéfus-Chrift.
LTvANGïLE, S.Jean i. i^l
C'Eft ici le témoignage
de Jean, lors que les
|uifs envoicrcnt de Jérufa-
lem des Sacrificateurs & des
Lévites pour finterroger,
& lui dire ; Toi qui es-tu ?
Car il Tavoua, & ne le nia
point : il l'avoua, dis -je, en
difant. Ce n'eft pas moi qui
fuis le Chrift. Sur quoi ils
lui demandèrent i Qui es-
tu donc? Es-tu Elic? Et il
dit 5 ]e ne le fuis point.
Es-tale Prophète? Etilré-^
pondit 5 Non. Ils lui di-
rent donc i Qiii es-tu ? afin
que nous donnions réponfc
à ceux qui nous ont en-
voiez : que dis- tu de toi-
même? Il dit; Je fuis la
voix de celui qui cric dans
k
LEjaUR DE Noel\ I7
le défcrt : Aplanifîcz le jfaits tes enfans par adoption
chemin du Seigneur, com- &par grâce, nous foions de
nie aditEfaie le Prophète
Or ceux qui avoient été en
voiez vers lui étoient d'entre
les Pharifiens. Ils Tinterro-
gerent encore, & lui dirent 5
Pourquoi donc baptifes-tu,
Il tu n es point le Chrift, ni
Elle, ni le Prophète?- Jean
leur répondit, & leur dit 5
Pour moi, jebaptiic d'eau :
mais il y en a un au milieu
<lcvous, que vous ne con-
noiflez point : C'eft celui
qui vient après moi, qui eft
préféré à moi, ôc duquel
je ne fuis pas digne de dé-
lier la courroie du foulier.
Ces chofes arrivèrent à Be-
thabara, au delà du Jour-
dain, où Jean baptifoit.
Le Jour de la Y^ Kl'^-
NEUR appelle Jso'éL
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
as donné ton Pils
Unique, afin qu il prit notre
nature, & qu'il naquit d'une
chafte Vierge, dans un temps
pareil à celui-ci : accorde
iious quêtant régéncrez, &
jour en jour renouveliez par
ton faint Efprit i par Jefus
Chrift nôtre Seigneur, qui
vit & qui règne avec toi,.
& avec le Saint Efprit, vux
feul même Dieu béni éter-
nellement. Amen.
L'Epitre, Heb. i. i.
Dieu aiant ancienne-
ment parlé à nos pè-
res par les Prophètes, à plu-
fieurs fois, & en plufieurs
manières, a parlé à nous
en ces derniers jours par
fon Fils, qu'il a établi héri-
tier de toutes chofes : &
par lequel il a fait les fié-
clés : Et qui étant la fplen-
deur de fa gloire, & la mar-
que engravée de fa Perfon-
ne, & foutenant toutes cho-
fes par fa parole puiiTante,
aiant fait par foi-même la
purification de nos péchez,
s'eft aiïis à la droite de la
Majcfté dans les lieux très-
hauts: Etant fait d'autant
plus excellent que les An-
ges, qu'il a hérité un Nom
plus excellent, au defTus
d'eux. Car auquel des An-
ges a-t-il jamais dit > Tu es
mon Fils, je t'ai aujour-
d'hui engendré? Et ailleurs;
Y
48 Le Jour d
Je lui ferai Pêrc, ôc il me fc-
ja Fils? Et encore, quand
il introduit dans le monde
fon Fils premier-né, il eft
diti Et que tous les An-
ges de Dieu Tadorent.
Car quant aux Anges,
il eft dit ; Faifant les
vents fes Anges, & la
flamme de feu fes Minif-
tres. Mais il eft dit quant
au Fils 5 O Dieu, ton trône
demeure aux fiéclcs des fié-
cles, & le fceptre de ton
Roiaume eft un fceptre de
droiture : Tu as aimé la
jufticc, & tu as haï Tiniqui-
té : c'cft pourquoi, ô Dieu,
ton Dieu ta oint d'une
huile de joie par deflus tes
compagnons. Et dans un
autre endroit : Toi, Seig-
neur, as fondé la terre des
le commencement 5 & les
deux font les ouvrages de
tes mains : Ils périront, mais
tu es permanent : ôc ils
s envieilliront tous comme
un vêtement 5 Et tu les
plieras en rouleau comme
un habit, & ils feront chan-
gez : mais Toi, tu es le
même, & tes ans ne fini-
-ront point.
E Noël. *
LTvANGiLE, S.Jean r . i^
AU commencement
étoit la Parole, 6c la
Parole étoit avec Dieu, &
cette Parole étoit Dieu*
Elle étoit au Commence-
ment avec Dieu. Toutes
chofes ont été faites par
elle, & fans elle, rien de ce
qui a été fait n'a été fait.
En elle étoit la vie ; & la
vie étoit la Lumière des
hommes. Et la Lumière
luit dans les ténèbres, mais
les ténèbres ne Tont point
comprife. Il y eut un hom-
me appelle Jean, qui fut en-
voie de Dieu. Il vint pour
rendre témoignage 5 pour
rendre, dis-je, témoignage
à la Lumière, afin que tous
cruflent par lui. Il n'étoit
pas la Lmiiiére s mais il étoit
envoie pour rendre té-
moignage à la Lumière.
Cette Lumière étoit la vé-
ritable, qui illumine tout
homme venant au monde.
Elle étoit au monde, & le
monde a été fait par elle :
mais le monde ne l'a point
connue. 11 eft* venu chez,
foi, & les ficns ne l'ont
point reçu 5 Mais à tous
ceux qui Tont reçu, il leur
Le Jour de
a donné le droit d'être faits
enfans de Dieu, favoir à
ceux qui croient en fon
Nom: Lefquels ne font
point nez de fang, ni de
la volonté de la cihair, ni
de la volonté de Thomme :
mais ils font nez de Dieu,
Et la Parole a été faite chair,
& a habité parmi nous 5 ôc
nous avons contemplé fa
gfoire, qui a été une gloire
comme la gfoire du Fils
Unique du Père, pleine de
grâce ëc de vérité.
Le Jour de S. Etienne.
La Collecte.
FAI nous la grâce,
Seigneur, que dans
toutes les foufrances aux-
quelles nous pouvons être
expofez fur la terre, pour le
témoignage de ta Vérité 5
nous regardions toujours
fixement au Ciel, & que
nousvoifons par la foi la
gloire qui doit être révélée 5
& qu'étant remplis du Saint
Efprit, nous apprenions à
aimer & à bénir nos pcrfe-
cuteurs ^ à f exemple de
Saint Etienne ton premier
Martyr, qui te pria pour
ceux qui lefaifoicnt mou-
rir, O Seigneur jefus, qui
S. ETIENNÉr 4^
te tiens à la droite de Dieu*
pour fecourir ceux qui fou-
frent pour toi, nôtre feul
Médiateur 6c KvoQdt.Amen^
% Puis Suivra la ColleEle de là
Naijfance^ qui fe dira toû-*
jours jufquesà la veille du pre-*
mier jour de /'An.
Tour L'Epitre, Ad. 7. 55^
E Tienne étant rempli du
Saint Efprit, & aiant
les yeux atachez au Ciel, Vit
la gloire de Dieii, & Jéfus
étant à la droite de Dieu.'
Et il dit $ Voici, je vois
les Cieux ouverts, & le Fils
de f honime étant à la droite
de Dieu. Alors ils s'écrie-^
rent à haute voix, & bou-
chèrent leurs oreilles> &
tous d'un accord fe jette-
rent fur lui. Et Taiant ti-
ré hors delà ville, ils le la-»
piderent : & les témoin^
mirent leurs vétemens aux
pieds dun jeune homme
nommé SauL Et ils lapi^
doient Etienne, qui prîoit
& difoit : Seigneur jéfus,
reçoi mon efprit- Et se^
tant mis à genoux, il CnA
à haute voix 5 Seigneur, ne
leur impute point ce péché :
àc quand il eut dit cela> il
s'endormit.
5© Le Jour de S. Jean UEvangelistè;
L'Evangile, S. Matth.
23. 34-
Voici, je vous envoie
des Prophètes, & des
Sages, ëc des Scribes, &
vous en tuerez, ôt en cru-
cifierez, & en foueterez
dans vos Synagogues; &
les perlecuterez de Ville en
ville. Afin que vienne fur
vous tout le fang jufte qui
a été répandu fur la terre,
depuis le fang d'Abel le
jufte jufquesau fang de Za-
charie, fils de Barachie, que
vous avez tué entre le Tem-
ple & l'Autel. En vérité je
Vous dis, que toutes ces cho-
fes viendront fur cette gé-
nération. Jérufalem, Jé-
rufaiem, qui tues les Pro-
phètes, & qui lapides ceux
qui te font envolez, com-
bien de fois ai- je voulu raf-
fembler tes enfans, comme
la poule raflemble fespouf-
fms fous fes ailes ? & vous
ne Tavcz point voulu. Voi-
ci, vôtre maifon va être
laiffée défcrtc. Car je vous
dis, que déformais vous ne
me verrez plus jufqua-ce
que vous difiez : Bcni foit
celui qui vient au Nom du
Seigneur,
Le jour de S.Jean l'Evan-
gélifie.
La Collecte.
Mlfericordieux Seig-
neur, nous te fu-
plions de répandre les ce-
leftes raions de ta lumière
fur ton Eglife ; afin quê-
tant éclairée par la dodrine
de ton bien-heureux Apô-
tre, & Evangelifl:e St. Jean,
elle chemine dans la lu-
mière de ta Véritéj & par-
vienne enfin à la lumière
de la gloire éternelle, par
Jefus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, I S.Jean 1. 1,
CE qui étoit dès le com-
mencement, ce que
nous avons ouï, ce que
nous avons vu de nos pro-
pres yeux, ce que nous a-
vons contemplé, & que nos
propres mains ont touché
de la Parole de vie ; (Car
la vie a été manifeftée, &
nous lavons vue, 6c auilî
nous le témoignons, & nous
vous anonçons la vie éter-
nelle, qui étoit avec le Père,
& qui nous â été manife-
ftée) Ce, dis-jq, que nous
avons
Le Jour de SJean L'EVANGËLisTur s'î\
avons vu & ouï, nous vous
ranonçonsj afin que vous
aiez connnunion avec nous,
& que nôtre communion
foit avec le Père, & avec
fon Fils Jcfus Chrift. Et
nous vous écrivons ces cho-
fcs, afin que vôtre joie (bit
rendue parfaite. Or c'eft ici
la promede que nous avons
entendue de lui, & que
nous vous anonçons, fa-
Voir, que Dieu eft lumière,
& qu il nV a en lui nul-
les ténèbres. Si nous di-
fons que nous avons com-
munion avec liii, & que
nous marchions dans les
ténèbres, nous mentons, &
nous n agitions pas félon la
vérité. Mais fi nous mar-
chons dans la lumière,
comme Dieu eft en la lu-
mière, nous avons commu-
nion Tun avec Tautte, 6c
le fang de fon Fils Jèfus
Chrift nous purifie de tout
péché. Si nous difons que
nous n'avons point de pé-
ché, nous nous féduifons
nous-mêmes, & la 'vérité
neft point en nous. Si
nous confeirons nos pé-
chez, il eft fidèle & jufte
pour nous pardonner nos
péchez^ le nous netoier de
J
toute iniquité. Si nous dî-
fons que nous n'avons point
de péché, nous le faifbh^
menteur, & fa parole neft
point en nous.
UE VANGiLE;^ S. Jeatl i I . î pi
Efus dit à Pierre ; fui-'
moi* Et Pierre fe re-
tournant vit venir après
eux le Difciple que JéfiiS
aimoit; & qui dutant le foU-
per s'étoit panché fur le
fein de Jefus, & avoit dit 5
Seigneur, qui eft celui à
qui il arrivera de te trahir t
Quand donc Pierre le vit^^'
il dit à Jéfus 5 Seigneur, Se
celui-ci, quoi > Jéfus luï
dit 5 Si je veux qu'il de-
meure jufqua ce que jà
vienne, qu'en as-tu aff*aire ?
toi, fui-moi : Or cette pa-
role courut entre les Frères^;
que ce Difciple là ne mour-
roit point: cependant Jéi
fus ne lui avoit pas dit s It
ne mourra point : mais^ Si
je veux qu'il demeure juft,
qu'a ce que je vienne 5 qu'eit
as-tu affaire? Ceft ce DiC-
ciple-lâ qui rend témoig-
nage de ces chofes^ & qui
a écrit ces chofes^ ôc nous
favons que fon témoignage
eft digne de foi^ Il y à
auffi plufieurs autres ehd-
E â fês
<^ Le ] OUR
fes que Jéfus a faites, lef-
quellcs étant écrites de
point en point, je ne penfc
pas que le monde même put
contenir les livres qu on en
écriroit.
Le Jour des Innocens.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
de la bouche des pe-
tits Ênfans & de ceux qui
tètent as tiré ta force, & qui
as fait que ces petits enfans
t ont glorifiez par leur mort,
mortifie & detrui tous nos
vices 5 & fortifie nous telle-
ment par ta grâce, que par
Tinnocence de nôtre vie,
& par la confiance de nô-
tre Foi, nous puiffions te
glorifier jufqucs à la mort 5
par Jefus Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
5P(?//rU£piTRE,Apoc.i4.i.
JE regardai, ôc voici, TA-
gncau fe tenoit fur la
montagne deSionj & il y
avoit avec lui cent quaran-
te-quatre mille pcrfonnes,
qui avoient le Nom de fon
Père écrit fur leurs fronts.
DES iNNOCENSi!
Et j'entendis une voix dii
ciel comme le bruit des
G;randes eaux, & comme le
bruit d'un grand tonnerre :
& j'entendis une voix de
joiieurs de harpes, qui joii-
oient de leurs harpes. Et
qui chantoicnt comme ua
cantique nouveau devant le
trône; & devant les quatre
animaux ; & devant les An-
ciens : & perfonne ne pou-
voir aprendre le cantique,
que les cent quarante-qua-
tre mille qui ont été ache-
tez d'entre ceux de la terre.
Ce font ceux qui ne fe font
point fouillez avec les fem-
mes, car ils font vierges : ce
font ceux qui fuivent l'Ag-
neau quelque part qu'il ail-
le : & ce font ceux qui ont
été achetez d'entre les
hommes pour être des pré-
mices à Dieu, & à l'Agneau.
Et il n'a été trouvé aucune
fraude en leur bouche : car
ils font fans tache devant
le trône de Dieu.
L'Evangile, S, Matth.2. 1 3 ;
L'Ange du Stigneur a-
parut en fonge à Jo-
feph, difant ; Lève toi, 6c
pren le petit enfant, & fa
mère.
Le D I m a n"c h e
mère, & t'enfui en Egypte,
& demure là, jufqu à ce que
je te le dife : car Hé rode
cherchera le petit enfant
pour le faire mourir. Jo-
leph donc étant réveillé,
prit de nuit le petit enfant
Ôc fa mère, & fe retira en
Egypte. Et il demeura là
jufques à la mort d'Hé-
rode : afin que fut acom-
pli ce dont le Seigneur a-
voit parlé par le Prophète,
difant 5 J'ai apellé mon
Fils hors d'Egypte. Alors
Hérode voiant que les Sa-
ges s'étoient moquez de lui,
fut fort en colère 5 ôc il en-
vola tuer tous les enfans
qui étoient à Bethléhem, &
dans tout fon territoire, de-
puis l'âge de deux ans, &
au deffousj félon le temps
dont il s'étoit exadement
enquis des Sages. Alors
fut acompli ce dont a-
voit parlé Jérémie le Pro-
phète, en difant 5 On a
oui à Rama un cri, une la-
mentation, des plaintes, &
un grand gémiffement : Ra-
chel pleurant fes çnfans, &c
n'aiant point voulu être
confolée de ce c^uils lie
font plu^.
APRES NôElT 53;
Le T>manche aprh Noël,
La Coll ect e.
Dieu Tout-puiffant, qui
as donné ton Fils
Unique, afin qu'il prit nôtre
nature, & qu il naquit d'une
chafte Vierge 5 accorde nous
qu étant régénérez, 6c faits
tes enfans par adoption &
par grâce, nous foion^ de
jour en jour renouvelle2i-
par ton Saint Efprit 5 par
Jefus-Chrifl: nôtre Seigneur^
qui vit & qui règne avec
toi & avec le Saint Efprit;
un feul & même Dieu bé-
ni éternellement. Amen^
L'Epitre, Ga.L 4. i.
R je dis que durant
tout le temps que
rhéritier eft un enfant, il
neft en rien différent du
ferviteur, quoi qu'il foit Sei-
gneur de tout : Mais il eft
fous àiZ^ tuteurs & des cura--
teurs, jufqu au temps déter^
miné par le père. Nous
auffi pareillement, lors que
nous étions des enfans^
nous étions affqrvis fous les
rudimexis du monde. Mais
quand racomplillçment du
temps eft venu, Dieu a en-
voie fon Fils, fait de f^m-
me, ôc fait fujct à la Loi::
o
54
La Circoncision^
'Afin quH rachetât ceux qui
étoient fous la Loi, & que
îious rcçuflîons Tadoption
des enfans. Et parce que
vous êtes enfans, Dieu a en-
voie TEfprit de fou Pils
dans vos cœurs, criant A b-
ba;, PèrCv Maintenant donc
tu n es plus ferviteur, mais
fils : or fi tu es fijs, tu es
auffi héritier de Dieu par
Chrift.
L'Evangile, S.Matth. i . 1 8 .
LA naiffance de Jcfus-
Chrifl arriva en ccttç
manière : Comme Marie fa
mère çut été fiancée à Jo-^
feph, avant qu'ils fuffent
enfemblc, elle fc trouva
enceinte du Saint Efprit.
Et Jofeph fon mari, parce
quil étoit jufte, ôc quil
ne la vouloit point dif-
famer, la voulut laiifer
fecrètement. Mais comme
il penfoit à ces chofcs 5
voici, TAnge du Seigneur
lui aparut dans un fonge, &
lui dit 5 Jofeph fils dç'Da-
vid, ne crain point de re-
cevoir Marie ta femme :
car ce qui eft engendré en
elle eft du Saint Efprit. Et
elle enfantera un Pilsi &
tu apellcras fon nom Jefus:
car il fauvera fon peuple
de leurs péchez. Or tout
ceci eft arrivé, afin que fut
acompli ce dont le Seig-
neur avoir parlé par le Pro-
phète, en difanti Voici la
Vierge fera enceinte, &
elle enfantera un Fils; ôc
on apellera fon nom Em-
manuel, qui veut dire,
DIEU AVEC NOUS,
Jofeph étant donc réveillé
de fon dormir, fit comme
l'Ange du Seigneur lui a-
voit commandé, ôc reçut
fa femme, Mais il ne la
connut point jufquà ce
qu elle eut enfanté fon fils
premier-né 5 & il apella
fon nom JESUS,
Le Jour ^^ /^ Cirçonçifion.
La Collect e.
Dieu Tout-puiiTant, qui
pour famour des
hommes as voulu que ton
Fils béni à jamais, fut cir-
concis & rendu fujet à la
Loi s accorde-nous la vraie
circoncifion de TEfprit : afin
qu «tant mortifiez à toutes
les convoitifes mondaines
ôc charnelles, nous te ren-
dions
La C I r c o
^ dions obéïflance en toutes
çhofcs, félon ta fainte volon-
té y par Jefus-Chhft ton
Fils, nôtre Seigneur.
UEpitre, Rom. 4, 8.
Bien-heureux eft Thom-
me à qui le Seigneur
n aura point imputé fon pé-
ché. Cette déclaration donc
de la béatitude eft-elle feule-
ment pour la Circoncifion,
ou auflî pour le Prépuce?
car nous difons que la foi
a été imputée à Abraham à
juftice. Comment donc
lui a-t-elle été imputée? a-
ce été lors quil étoit déjà
circoncis, ou lors qu il étoit
encore dans le prépuce ? Ce
n'a point été dans la Cir-
concifion, mais dans le pré-
puce. Puis il reçut le fig-
XiQ. de la Circoncifion pour
un feau de la juftiçe de la
foi, laquelle il avoit reçue
étant dans le prépuce ; afin
quil fut le père de tous
ceux qui croient étant dans
le prépuce, & que la juf-
tiçe leur fut auflî imputée.
Et qu'il fut auflî le père de
la Circoncifion; c'eft-a-dire,
de ceux qui ne font pas
jfeulcment de la Circonci-
fion j mais qui auflî fuivçat
N CI s ION. 55
les traces de la foi de nô-
tre père Abraham, laquelle
il a eue dans le prépuce.
Car la promefle d'être hé-
ritier du monde, na pas
été faite à Abraham, ou à
fa femence, par la Loi : mais
par la jufl:ice de la foi.
Or fi ceux qui font de la
Loi font héritiers, la foi eft
anéantie, ôc la promçfle a-
bolie.
UEvANGiLE, s. Luc. 2.15,
ET il arriva qu'après
que les Anges s*en fu-
rent allez d'avec eux au
Ciel : les bergers dirent en^
tr'eux ; Allons donc jufqu à
Bethléhem, & voions cette
chofe qui y efl: arrivée, ôc
que le Seigneur nous a dé-
couverte. Ils allèrent donc
à grand' hâte 5 & ils trou-
vèrent Marie & ]ofeph, &.
le petit enfant couché dans
une crèche, Et quand ils
Teurent vu, ils divulguèrent
ce qui leur avoit été diç
touchant ce petit enfant.
Et tous ceux qui les ouï-
rent, s'étonnèrent des cho-
fes qui leur étoient dites
par les bergers.. Et Marie
gardoit foigneufement toii-
tes ççs chofes, les runiiaaut
£4 €1»
ij5
en foncœur.
L'E PIPHANIE.
Puis les ber-
gers s'en retournèrent, glo-
rifiant ôc louant Dieu de
toutes les chofes quils a-
voient ouïes & vues, félon
qu'il leur en avoit été par-
lé. Et quand les huit jours
furent acomplis pour cir-
concire Tenfant, alors fon
nom fut apellé J E ^ U S,^
lequel avoit été nommé
par TAngc avant qu'il fut
conçu dans le ventre de fa
Mère.
5 La même CoIleBe, h même
Epître^ & le même Evan^le
ferviront pour tous les jours
fuivans jufques à V Epiphanie.
UEPIPHANIE,
Ou la manifeftation de
Jésus Christ aux Gen-
tils,
La Collecte.
ODieu, qui par la di-
redion d une Etoile
manifcftas ton Pils Unique
aux Gentils 5 accorde nous
par ta milcricorde, que
nous qui maintenant te con-
noillons par la foi, nous
puiffions après cette vie
jouïr de ta Divinité 3 par
]éfus-Chrift ton Fils notre
Sei2;neur. Amen,
L'Epitre, Eph. 3. I.'
C'Eft pour cela que moî
Paul fuis prifonnicr
de. ]éfus-Chrift pour vous.
Gentils : Si toutefois vous
avez entendu la difpçnfa-
tion de la grâce de Dieu,
qui m'a été donnée envers
vous: Comment par ré-
vélation le miftère m'a été
donné à connoitre (ainfi
que je Tai écrit ci-defllisen
peu de mots : D'où vous
pouvez voir en le lifant,
quelle eft rintelligence que
j'ai dans le miftère de
Chrift.) Lequel n'a point
été donné à connoitre aux
enfans des hommes dans
les autres âges, comme il
à été maintenant révélé par
l'Efprit à fes faints Apo-
ftres, & à fes Prophètes 5
Savoir que les Gentils font
cohéritiers, & d'un même
corps, & qu'ils participent
enfemble à fa promefle en
Chrift, par l'Evangile : Du-
quel j'ai été fait. Miniftre,
félon le don de la grâce
de Dieu, qui m'a été don-
née fuivant l'efficace d-e fa
puiûance. Cette grace^ dis-
L'E iPIPHANIE
je, m'a été donnée à moi
qui fuis le moindre de tous
les Saints, pour anoncer
entre les Gentils les richef-
fes incompréhenfibles de
Chrift. Et pour mettre en
évidence devant tous, quelle
cft la communication du
miftère qui étoit caché de
tout temps en Dieu, lequel
a créé toutes cliofes par Jé-
fus- Chrift : Afin que la
fageffe de Dieu, qui eft di-
ycrfe en toutes fortes, foit
maintenant donnée a con-
S7
venus radoter. Ce que le
Roi Hérode, aiant enten-
du, il en fut troublé, & tout
Jérufalem avec lui. Et ai-
ant aflemblé tous les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Scribes du peuple, il s'in-
forma d'eux où le Chrift
devoir naitre. Et ils lui
dirent 5 A Bethléhem ville
de Judée : car il eft ainfi
écrit par le Prophète : Et
toi Bethléhem, terre de Ju-
da, tu n'es nullement la
plus petite entre les Gou-
noitre aux Principautez &'verneurs de Juda^ car de
aux Puiflances, dans les
lieux celeftes par l'Eglife :
Suivant le propos arrêté
dès les fiécles, lequel il a é-
tabli en Jéfus-Chrift notre
Seigneur : Par lequel nous
avons hardiefie & accès en
confiance, par la foi que
nous avons en lui.
L'Evangile, S.Matth.2.1.
OR Jefus étant né à
Bethléhem ville de
Judée, au temps du Pvoi
Hérode ; voici arriver des
Sages d'Orient à Jérufalem,
en difant 5 Où "^eft le Roi
des Juifs qui eft né? Car
nous avons vu fon étoile
toi iortira le Condudeur
qui paitra mon peuple d'If-
raël. Alors Hérode aiant
apellé en fecret les Sages,
s'enquit d'eux foigneufe-
ment du temps que l'étoile
leur étoit apparue. Et les
envolant à Bethléhem, il
leur dit ; Allez^ & vous en-
querez foigncufcmcnt tou-
chant le petit enfant i 6c
quand vous l'aurez trouvé,
faites-le moi favoir : afin
que j'y aille auffi, & que
je l'adore. Eux donc aiant
ouï le Roi, s'en allèrent : &
voici, rétoile qu'ils avoicnt
vue en Orient alloit devant
eux, jufqu'à ce qu'elle vint
CA Orient;, &nousfommes|& s'arrêta fur le lieu où
étoit
58 L'Epiphani e
ctoit le petit enfant. Et
quand ils virent 1 étoile, ils
fe réjouirent d'une fort
grande joie. Et étant en-
trez dans la mailbn, ils
trouvèrent le petit enfant
avec Marie fa mère, lequel
ils adorèrent, en fe pros-
ternant en terre : ôc après
avoir déploie leurs tréfors,
ils lui préfcnterent des dons 5
favoir, de l'or, de l'encens,
& de la mirrhe. Puis é-
tant divinement avertis dans
un fonge, de ne retourner
point vers Hérode, ils fe
retirèrent en leur pais par
un autre chemin.
Le premier "Dimanche
après l'Epiphanie.
La Collecte.
Eigneur, nous te fupli-
c
iJ ons de recevoir par ta
clémence les prières de ton
peuple i lui accordant, avec
la connoiffance & le fenti-
ment de fcs devoirs, la
grâce & le pouvoir de les
acomplir fidèlement; par
Jefus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, Rom. 12. i.
JE vous exhorte donc,
mes frères, par les çom-
paflîons de Dieu, que vous
D I M A N c H E I r
préfentiez vos corps en fa-
crifice vivant, faint, agré-
able à Dieu, qui eft vôtre
raifonnable fervice. Et ne
vous conformez point à ce
préfent fiécle : rnais foiez
transformez par le renou-
vellement de vôtre entende-
ment j afin que vous éprou-
viez quelle eft la volonté
de Dieu, bonne, & agré-
able, & parfaite. Or par
la grâce qui nVeft donnée, je
dis à chacun d'entre vous,
que nul ne préfume d'être
fage par delfus ce qu'il faut
être fage: mais qu'il foit
fage à fobrieté, félon que
Dieu a départi à chacun la
mefure de la foi. Car
comme nous avons plu-
fieurs membres en un feul
corps, & que tous les mem-
bres n'ont pas une même
fonftion : Ainfl nous qui
fommes plufieurs, fommea
un feul corps en Chrift:
& chacun réciproquement
membres Tun de l'autre.
L'Evangile, S.Luc. 2.41^
OR fon père & fa mèro
alloicnt tous les ans
à Jérufalem, à la fête de
Pâque. Et quand il eut
atteint l'âge de douze ans >
fon
L'Epiphanie
ïbn père & fa mère étant
montez à Jérufalem fclon
la coutume de la fêtcj &
s'en retournant après avoir
acompli les jours de la
fête ; Tenfant Jcfus demeu^
ra dans Jérufalem 5 & ]o-
feph & fa mère ne s'en
aperçurent point : Mais,
croiant qu'il étoit en la
compagnie, ils marchèrent
une journée ; puis ils le
çliercherent entre leurs pa-
rens & ceux de leur con-
noiffance ; & ne le trou-
vant point, ils s'en retour-
nèrent à Jérufalem, en le
cherchant. Or il arriva que
trois jours après ils le trou-
vèrent dans le temple, aflîs
au milieu des Dodeurs, les
écoutant, & les interro-
geant. Et tous ceux qui
l'entendoient, s'étonnoient
de fa fagefle & de fes ré-
ponfes. Et quand ils le
virent, ils en furent éton-
nez, & fa mère lui ditj
Mon enfant, pourquoi nous
as-tu fait ainfi > Voici, ton
père ôc moi te cherchions
étant en grand' peine. Et
il leur diti Pourquoi me
cherchiez-vous ? ne faviez-
vous pas qu'il me faut être
ocupé aux affaires de mon
Dimanche u: sp
Père? Mais ils n'entendi-
rent point ce qu'il leur di-
foit. Alors il defcendit a-
vec eux, & vint à Naza-
reth i & il leur étoit fujet :
& fa mère çonfervoit tou-
tes ces paroles-là dans fon
cœur. Et Jefus s'avançoit
en fageffc, & en ftature, &
en grâce, envers Dieu ôç
envers les hommes.
Le fécond "Dimanche afres
l'Epiphanie.
La Collecte.
Dieu Eternel & Tout^
puiffant, qui gouver-
nes toutes chofes au ciel &
fur la terre 5 exauce par ta
mifericorde les fuplications
de ton peuple , & nous ac-
corde ta paix durant tout le
cours de notre vie 5 par J é-
fus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'Epitre, Rom. 12. (5.
OR aiant des dons dife-
rens félon la grâce
qui nous cft donnée j foit
de prophétie, prophétifons
félon l'analogie de la foi :
Soit de miniftère, que ce
foit en adminiftration : foit
que quelqu'un cnfeigne,
qu'il 4onne enfeignemçnt :
Soit
éO L'EPIPHANIE
Soit que quelqu'un exhorte,
que ce loit en exhortation:
foit que quelqu'un diftri-
bue, qu'il le falfe en fimpli-
cité : foit que quelqu'un pré-
fide, qu'il le faffe foigneufe-
ment : foit que quelqu'un
exerce miforicorde, qu'il le
faile joieufoment. Que
la charité foit fans feinte.
Aiez en horreur le mal,
vous tenant colez au bien:
Etant enclins par la charité
fraternelle à montrer de
l'afFedion Tun envers l'au-
tre : vous prévenant Tun
l'autre par honneur. N'é-
tant point parefleux à vous
emploier pour autrui : é-
tant fervcns d'efprit : fcr-
vans le Seigneur: joicux
dans l'cfpérance : patiens
d;^ns la tribulation : perfé-
vérans dans l'oraifon : com-
muniquant aux néceffitcz
des Saints : exerçant l'hof-
pitalité. Bcniflez ceux qui
vous pcrlccutent : beniffcz-
les, ôc ne les maudiffez
point. Soiez en joie avec
ceux qui font en joie : &
pleurez avec ceux qui pleu-
rent. Aiant un même fen-
timent les uns envers les
autres: naffcclant point des
çliofes hautes 5 mai$ vous
Dimanche ii7
acommodant aux chofes
bafles.
L'Evangile, S. Jean. 2. i;
OR trois jours après ou
faifoit des noces à
Cana de Galilée $ & la
mère de Jefus étoit là. Et
Jéfus fut^aulïï convié aux
noces, avec fes difciples.
Et le vin étant venu à
manquer 5 la mère de Jefus
lui dit, ils n'ont point de vin.
Mais Jéfus lui répondit. Qu'y
a-t'-il entre moi & toi, fem-
me > mon heure n'efl: point
encore venue : Sa mère dit
aux ferviteurs 5 Faites tout
ce qu'il vous dira. Or il
Y avoir là fix vaifleaux de
pierre, mis félon l'ufage de
la purification des Juifs,
dont chacun tenoit deux
ou trois mefures. Et Jé-
fus leur dit ; Empliffez d'eau
ces vaiffeaux, & ils les em-
plirent jufques au haut.
Puis il leur dit 5 Verfez-en
maintenant, & portez-en
au maitre-d'hôtel : & ils
lui en portèrent. Quand
le maitre-d'hôtel jcut goûté
l'eau, qui avoit été chan^
gée en vin : (or il ne fa-
voit pas d'où cela venoit,
mais les JfQrviteurs qui a--
voiQnl
i: L'Epiphanie D
Voient puifé Teau, le favoi-
ent bien) il apella le ma-
rié, ôc lui dit y Tout hom-
me fert le bon vin le pre-
mier, & puis le moindre
après qu on a bii largement 5
mais toi, tu as gardé le bon
vin jufques à maintenant.
Jefus fit ce commencement
de fignes à Cana de Galilée,
& il manifefta fa gloire, &
fes difciples crurent en lui.
Le troijîéme "Dimanche
après TEpiphanie.
La Collecte.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, jette les
yeux de ta mifericorde fur
nos infirmitez : & éten ton
bras puiiTant pour nous ai-
der & pour nous défendre
dans toutes nos tribulations,
& dans toutes nos néceffi-
tezi par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen,
UEpitre, Rom. 12. 16.
NE foiez point fages en
vous mêmes. Ne
rendez à perfonne mal
pour mal. Recherchez les
chofes honnêtes devant
tous les hommes. SU fe
peut faire, autant qu il dé-
pend de vous, aiez la paix
avec tous les hommes. Ne
IMANCHEE m. 61
vous vengez point vous-
mêmes, mes bien-aimez i
mais donnez lieu à la co*
1ère: car il eft écrit; A'
moi apartient la vengeance :
je la rendrai, dit le Sei-
gneur. Si donc ton enne-
mi a faim, donne lui à
manger : s'il a foif, donne-
lui à boire ; car en faifant
cela tu lui affembleras des
charbons de feu fur fa tête :
Ne fois point furmonté dix
mal, mais furmonté le mal
par le bien.
UEvANGiLE, S. Matth. S.i.
ET quand il fut defcen-'
du de la montagne, de
grandes troupes le faivirent.
Et voici, un lépreux vint &
feprofterna devant lui, en
lui difanti Seigneur, fi tu
veux, tu peux me rendre
net. Et Jéfus étendant la
main, le toucha, endifant;
Je le veux, fois net : & in-
continent fa lèpre fut gué-
rie. Puis Jéfus lui dit i
Pren garde de ne le dire à
perfonne : mais va, & te
montre au Sacrificateur, &
offre le don que Moïfe a
ordonné, pour leur être ea
témoignage. Et quand Jé-
fus fut entré dans Caper-
' naùm.
6t
L'EPIPHANIE Dimanche iVe
naiim, unCentenier vint à
lui, le priant. Et difant :
Seigneur, mon ferviteur eft
paralitique dans ma mai-
Ibn, ôc il foufFre extrême-
ment. J élus lui dit; j'irai,
& le guérirai. Mais leCen-
tcnier lui repondit 5 Seig-
neur, je ne luis pas digne
que tu entres fous mon
toit: mais di feulement la
parole, & mon ferviteur
fera guéri. Car moi-même
qui fuis un homme confli-
tué fous la puiiTance d'au-
trui, j'ai fous moi des gens
de guerre, & je dis à Tun;
Va, & il va : & à un autre;
Vien, & il vient : & à mon
ferviteur i Fai cela, & il le
fait. Ge que Jéfus aiant
entendu, il s'en étonna, &
dit à ceux qui le fuivoient ;
En vérité, je vous dis que
je n'ai pas trouvé, même
en Ifraël, une fi grande foi.
Mais je vous dis que plu-
fieurs viendront d'Orient &
d'Occident, & feront à ta-
ble dans le Roiaume des
Cieux, avec Abraham, Ifaac,
& Jacob. Etlesenfans du
Roiaume feront jettezdans
les ténèbres de dehors, ou
il y aura des pleurs & des
grincemens de dents. Alors
Jéfus dit au Centenier ; V%
& qu'il te foit fait félon
que tu as crû. Et à l'heure
même fou ferviteur fut
guéri.
Le quatrième dimanche
après TEpiphanie.
La Collecte.
ODieu, qui fais que les
dangers qui nous en*
vironnent, font fi grands &
en fi grand nombre, qu'à
caufe de la ftagilité de nô-
tre nature, nous ne faurions
demeurer fermes j revêts-
nous de la force, & nous
couvre de la protedion
dont nous avons befoin>
pour nous foutenir dans
tous les périls, & pour fur-
monter toutes les tenta-
tions; par Jefus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
UEpitre> Rom. 13. 1,
QUE toute perfonne foit
m fujette aux Puiilances
fupérieures : car il n'y a
point de Puiffance qui ne
vienne de Dieuj & les
Puiilances qui font en é-
tat font ordonnées de Dieu.
C'eft pourquoi celui qui ré~
fîftc à la Puiflance^ réfiftd
L'Epiphanïe Dimanche iV.
6^
à i ordonnance de Dieu:
& ceux qui y réfiftent, fe-
ront venir la condamna-
tion fur eux-mêmes. Car
les Princes ne font point à
craindre pour de bonnes
aûions, mais pour de mau-
vaifes. Or veux-tu ne crain-
dre point la Puiflance ? fai
bien, & tu en recevras de la
louange. Car le Prince eft
ferviteur de Dieu pour ton
bien : mais fi tu fais mal,
Grain : parce qu il ne porte
point répée fans caufe : car
il eft ferviteur de Dieu, or-
donné pour faire juftice, en
punition de celui qui fait
mal. C'eft pourquoi il faut
être fujet, non feulement
à caufe de la punition j mais
auiïï à caufe delaconfcience.
Car ceft auflî pour cela
que vous leur paiez les tri-
buts 5 parce qu'ils font les
Miniftres de Dieu, s'em-
ploiant à cela. Rendez
donc à tous ce qui leur eft
dû : à qui le tribut, le tribut :
à qui le péage, le péage :
à qui crainte, la crainte :
à qui honneur, Thonneur.
L'EVANGILE,S.Matth.8.2 3 .
ET quand il fut entré
dans la nacelle, fes
diXciples le fuivircnti &
voici, il s'éleva fur la mer
une fi grande tempête, que
la nacelle étoit couverte de
flots : & lui il dormoit. Et
fes difciples vinrent ôc ré-
veillèrent, en lui difant ;
Seigneur, fauve-nous, nous
périffons. Et il leur dit^
Pourquoi avez-vous peur,
gens de petite foi? Alors
s'étant levé, il tança les
vents & la mer : & il fe fit
un grand calme. Et les
gens qui étoient là s'en é-
tonnerent, & dirent : Qui
eft celui-ci, que les vents
mêmes & la mer lui obéïf-
fent? Et quand il fut paf-
(e à Tautre côté, dans le
païs des Gergéfcniens 5 deux
démoniaques étant fortis
des fépulcres, le vinrent
rencontrer 5 & ils étoient
fi dangereux que perfonne
ne pouvoit pafîer par ce
chemin-là. Et voici, ils
s'écrièrent, en difant ; Qu'y
a-t'il entre nous 6c toi, Té-
fus Fils de Dieu? es-tu ve-
nu ici nous tourmenter a-
vant le temps ? Or il y a-
voit un peu loin d'eux un
grand troupeau de pourceaux
qui paiftbit. Et les démons
le prioient, en difant i Si
tu nous jettes dehors, per-
z met-
54 L'Epiphanie
mets-nous de nous en aller
dans ce troupeau de pour-
ceaux. Et il leur dit 5 Al-
lez. Et eux étant Ibrtis,
s'en allèrent dans le trou-
peau de pourceaux: & voi-
là, tout ce troupeau de
pourceaux fc précipita dans
la nier, Ôc ils moururent
dans les eaux. Et ceux
qui les eardoient s'énfui-
xent : & étant venus dans
la vil' c, ils racontèrent tou-
tes ces chofes, ôc ce qui
étoit arrivé aux démoni-
aques. Et voilà toute la
ville alla au devant de Jé-
fus : ôc Taiant vu, ils le
prièrent de fc retirer de leur
pais.
Le cinqtiiéme dimanche
ap-ès l'Epiphanie.
La Collecte.
SEigneur nous te fupli-
ons de maintenir con-
tinuellement dans la vraie
Religion, ton Eglife qui efi
ta famille : afin que ceux
qui s'apuicnt uniquement
fur refperance de ta grâce
celefle, foient toujours fou-
tenus par la puitiance de ta
force 5 par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
Dimanche v.
L'EpIT RE, Col. ^.lïZ
SOiez donc, comme é-
tant des élus de Dieu,
laints & bien-aimez, revê-
tus des entrailles de mife-
ricorde, de bénignité, d'hu-
milité, de douceur, d'ef
prit patient : Vous fupor-
tant les uns les autres, &
vous pardonnant les uns
aux autres : & fi l'un a que-
relle contre Fautre, comme
'^^.hrift vous a pardonné,
i.s auflî faites en de mê-
n. Et outre tout cela,
foi ':vttas de la charité,
qui . e lien de la per-
fedioi . Et que la paix de
Dieu, à laquelle vous êtes
apcllez pour être un feul
corps, tienne le principal
lieu dans vos cœurs i &c
foiez reconnoilfans. Qtie
la parole de Chrift habite
en vous abondamment en
toute fageffe 5 vous enfeig-
nant, & vous exhortant l'un
l'autre par des Pfeaumes,
des hymnes, & des canti-
ques fpirituels, avec grâce,
chantant de vôtre cœur au
Seigneur. Et quelque chofe
que vous faffiez, foit par
parole ou par œuvre, fai-
tes tout au Nom du Seig-
neur
L'Epiï^haniè
heur Jefus, rendant grâces
par lui à nôtre Dieu 6c
Père.
Matth.
o
L*£VANGILÉ, S
13.24.
IL leur propofa une au-
tre fimilitude, en di-
fant ; Le Roiaume des
deux reflemble â un hom-
me qui a femé de bonne
femence dans Ion champ.
Mais pendant que les hom-
mes dormoient, fon enne-
mi eft venu, qui a femé de
Tivraie parmi le blé, puis
s'en efl: aie. Et après que
la femence fut venue en
herbe, & qu elle eut porté
du fruit, alors auiîî parut
] 'ivraie. Et les ferviteurs du
père de famille vinrent à
lai, & lui dirent ; Seigneur,
n as-tu pas femé de bonne
femence dans ton champ?
d'où vient donc qu il y a de
rivraie? Mais il leur dit 5
C'eft l'ennemi qui a fait
cela. Et les ferviteurs lui
dirent j Veux-tu donc que
nous y aillons, & que nous \ ricux : où
cueillions Tivraie? Et il
leur dit 5 Non: de peur
qu'il narrivc qu'en cueil-
lant l'ivraie, vous n'arra-
chiez le blé en même temps.
Dimanche vf. 'èp
Laiffez-les croître tous deux
enfemble, Jufquà la moif-
fon : & au temps de U
moiffon, je dirai aux moit
fonneurs 5 Cueillez pre-
mièrement l'ivraie, & la
liez en fàiffeâux pour la
brûler : mais aflemblez le
blé dans mon grenier.
Le Sixième ^Dimanche
après l'Epiphanie.
La Collecte.'
Dieu, dont le Fils bé-
ni à jamais a été ma*
nifeflé pour détruire les
oeuvres du Diable, & nous
faire les enfans de Dieu 6c
les héritiers de la vie éter-
nelle : nous te fuplions de
nous faire la grâce qu'aiant
cette efperance, nous-nous
purifiions, comme auflî il
eft pur i afin que, quand il
aparoitra avec puiilance &
grande gloire, nous lui foi-
ons faits femblables dans
fon Roiaume éternel & glo-
il vit & règne
avec toi, & le Saint E-
fprit, un feul Dieui aux
fiéclcs des fiécles. Amen.
F L'Epi-
£f
L'Epiphanie
LÎPiTRE, I S.Jean 3.1.
VOicz, quelle charité
le Père a eue pour
nous que nous foions apel-
lez enfans de Dieu : mais
le monde ne nous con-
noit point, parce qu il ne
Ta point connu. Mes bien-
aimcz, nous fommcs main-
tenant enfans de Dieu j mais
ce que nous ferons n eft
pas encore manifefté: or
nous favons que lorfque le
Fils de Dieu fera aparu,
nous ferons femblables à
lui : car nous le verrons tel
qu il eft. Et quiconque a
cette efperance en lui, fe
purifie, comme lui auflî eft
pur. Quiconque fait pé-
ché, fait aufli contre la
Loi : car le péché eft ce
qui eft contre la Loi. Or
vous favez qu'il eft aparu,
afin qu il otât nos péchez :
& il n y a point de péché
en lui. Qiiiconque de-
meure en lui, ne pèche
point : quiconque pèche,
ne la point vu, ni ne l'a
point connu. Mes petits
enfans, que perfonne ne
vous féduife. Celui qui
fait Juftice, eft jufte comme
Jéfus Chrift eft jufte. Ce-
DlMANCHE VÏ.
lui qui fait péché, eft di|
Diable; car le Diable pè-
che dès le commencement.
Or le Fils de Dieu eft apa-
ru pour détruire les oeuvres
du Diable.
A'
L'Evangile, S. Matth^
24.23.
Lors fi quelqu'un vous
dit 5 Voici, le Chrift
eft ici 5 ou, il eft là s ne le
croiez point. Car il s'é-
lèvera de faux Chrifts & de
faux prophètes qui feront
de grands fignes & des mi-
racles, pour féduire même
les élus, s'il étoit poflîble.
Voici, je vous l'ai prédit.
Si donc on vous dit : Voi-
ci, il eft au défert, ne for-
tez point : voici, il eft dans
les cabinets, ne le croiez
point. Car comme l'éclair
fort de l'Orient, & fe fait
voir jufqu'à TOccident, il
en fera de même de l' avène-
ment du Fils de l'homme.
Car où fera le corps mort,
la s'aflembleront les aigles.
Et incontinent après l'afflic-
tion de ces jours-là, le fo-
leil deviendra obfcur; & la
lune ne donnera point fa
lumière; & les étoiles tom-
beront du ciel 5 ôc les ver-
tus
s E P T U
tus des cieux feront ébran-
lées. Et alors le figne du
Pils de rhomme paroitra
dans le ciel : alors aufîl
toutes les Tribus de la
terre fe lamenteront en fc
frapant la poitrine, & ver-
ront le Fils de Thomme ve-
nant dans les nuées du ciel,
avec une grande puiflance,
& une 2;rande 2;loire. Et il
envolera fcs Anges, qui a-
vcc un grand fon de trom-
pette aiïcmbleront fes élus
des quatre vents, depuis Tun
des bouts des cieux jufques
,à l'autre boutp
Le T>îmanche apellé Septu-
agéfime, qui efi le troi-
Jieme T^imanche avant le
Carême.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions d'écouter fa-
vorablement les prières de
ton peuple : afin que nous
qui fommes juftement châ-
tiez pour nos ofFcnces, puif-
fions en être délivrez par ta
mifcricorde, à la gloire de
ton Nom j par Jéfus-Chrift
nôtre Sauveur, qui vit & qui
règne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
eterineliemcnt. Amen.
A G E s I M E*
n
L'Epi TREj i Cor. 9, %â^
NE favez-vous pas que
quand on court dans
la lice, tous courent bien ;
mais un feul remporte le
prix ? Courez donc telle»
ment que vous le rempor«-
tiez, Or quiconque lutte,
vit entièrement de régime ;
& quant à ceux-là, ils le
font pour avoir une cou-
ronne corruptible : mais
nous, pour en avoir une
incorruptible. Je çcm^
donc 5 mais non pas fân^
favoir comment. Je com-
bats 5 mais non pas commç
battant Tair, Maisjemor^
tifie mon corps, 6c jelere«
duis en fervitude, de-peur
qu'après avoir prêché aux
autres. Je ne fois trouvé
moi-même en quelque forte
non recevabljS,
LEvANGiLE, S. Matt, 20. la
LE Roiaume des Cieux
eft femblable à un père
de famille, qui fortit dès le
point du jour afin de loiier
des ouvriers pour fa vigne^
Et quand il eut accordé avec
Içs ouvriers à un denier pac
jour, il les cnvoia à fa vigne,
Puis étant forti fur lestrpis
s E X A
6n
heures, il en vit d'autres
qui étoient au marché, fans
rien faire: Aufquels il dit 5
Alez-vous-en auflî à ma
VignC) & je vous donnerai
ce qui fera raifonnable.
Et ils y alerent. Puis il
fortit encore environ fur les
fîx heures, 6c fur les neuf
heures, & il en fit de même.
Et étant forti fur les onze
heures, il en trouva d'au-
tres qui étoient fans rien
faire, aufquels il dit : Pour-
quoi vous tenez-vous ici
tout le jour fans rien faire ?
Ils lui répondirent j Parce
que perfonne ne nous a
loiiez. Et il leur dit s A-
lez-vous-en auili à ma vig-
ne, & vous recevrez ce qui
fera raifonnable. Et le
foir étant venu, le maître
de la vigne dit à celui qui
avoit la charge de fes af-
faires : Apelle les ouvriers,
ôc leur paie leur falaire, en
commençant depuis les der-
niers jufqucs aux premiers.
Alors ceux qui avoient été
loiiez vers les onze heures
étant venus, ils reçurent
chacun un denier. Or quand
les premiers furent venus
ils croioient recevoir davan-
tage : mais ils reçurent auf-
G E s I M E.
fi chacun un denier. Et Taî-
ant reçu, ils murmuroient
contre le père de famille,
en difant 5 Ces derniers
n'ont travaillé qu'une heure,
& tu les as faits égaux à
nous, qui avons porté le
faix du jour, & la chaleur.
Et il répondit à l'un d'eux,
&lui dit 5 Compagnon, je
ne te fais point de tort,
n'as- tu pas accordé avec moi
à un denier ? Pren ce
qui eft à toi, ôc t'en va :
mais fi je veux donner à ce
dernier autant qu à toij Ne
m'eft-il pas permis de faire
ce que je veux de mes
biens ? Ton œil eft-il malin
de ce que je fuis bon ? Ain-
fi les derniers feront les
premiers: & les premiers fe-
ront les derniers : car il y a
beaucoup d'apellez, mais
peu d'élus.
Le "Dimanche apellé Sexa-
géfime, qui eft le fécond
Dimanche devant le Ca-
rême.
La Collecte.
eur Dieu, qui vois
que nous ne mettons
ponit notre confiance en
aucune chofc que nous faf-
fionsi
SI
Sexagesimé.
iSg.
fions ; accorde nous dans
ta mifcricordc, que nous
foions garantis de toute
adverfité par ta puiiîance,
pour Tamour de Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. ^-
men.
LTpitre, z Cor. 1 1. 19.
VOus foufFrez volon-
tiers les imprudens,
parce que vous êtes fages.
Même, fi quelqu'un vous
aflervit; Ç\. quelqu'un vous
mange i fi quelqu'un prend
de votre bien -, fi quelqu'un
s'élève fur vous h fi quelqu'un
vous frape au vifage ; vous
le foufFrez. Je le dis avec
honte, même comme fi
nous avions été fans aucune
force : mais en quelque
chofe que quelqu'un foit
hardi (je parle en impru-
dent) je fuis hardi aulfi.
Sont-ils Hébreux > je le fuis
aulîî. Sont-ils Ifraëlites?
je le fuis aulîL Sont-ils de
la femence d'Abraham? je
le fuis auffi. Sont-ils Mi-
niftres de Chrift? (je parle
comme imprudent) je le
fuis plus qu'eux : en tra-
vaux davantage 5 en blclTù-
res plus qu'eux, en prifon
davantage 5 eu morts plu-
fieurs fois. J ai reçu des
Juifs par cinq fois quaran-
te coups moins un. J'ai
été batu de verges trois
foisj j'ai été lapidé une
foisi j'ai fait naufrage trois
fois 5 j'ai paflé un jour &
une nuit en la profonde
mer. En volages fôuvent;
en périls des fleuves 3 eu
périls des brigands j en pé-
rils de ma nations en pé-
rils des Gentils 5 en périls
dans les villes; en périls
dans les déferts j en périls
en mer; en périls parmi de
taux frères : en peine & en
travail j en veilles fouvent;
en faim & en foif ; en jeu-
nes fouvent j en froidure &
en nudité. Outre les cho-
ies de dehors, ce qui me
tient ailiégç de jour en
jour, c'cft le foin que j'ai
de toutes les Eglifes. Qui
efl-cc qui eft afFoibli, que
je ne fois aifoibli? Qui
cft-ce qui efl: fcandalifé, que
je n'en fois aufiî brûlé?
S'il faut fe glorifier, je. me
glorifierai des chofes qui
font de mon infirmité.
Dieu, qui eft le Pèje de no-
tre Seigneur ]efus-Chrift, &
qui eft béni éternellement
fait que je ne mcnspoini.
F i L'Eyan
70
l^EVANGILE, S.Luc. 8.4.
ET comme une grande
troupe s'affembloit, &
que plufieurs aloient à lui
déroutes les villes, il leur
dit cette parabole. Un fe-
jïieur fortit pour femer fa
fèmence: & en feniant,
une partie de la femence
tomba auprès du chemin,
& fut foulée aux pieds, &
les oifeaux du ciel la man-
S È X A C E s I M Ê.
autres qu'en fimilitudes: û-^
fin qu en voiant ils ne voi-*
cnt point; & quen oiant
ils n entendent point. Voi-
ci donc ce que fignifie cet-'
te parabole : La femence,
c'eft la parole de Dieu. Et
ceux qui ont reçu la fe-
mence auprès du chemin,
ce font ceux qui oient la
parole; mais cnfuite vient
le démon, qui ôte de leur
cœur la parole; de peut
gèrent toute. Et une autrejquen croiant ils ne foient
partie tombïi dans un lieu'
pierreux : & quand elle fut
Icvéç, elle fe fécha 5 parce
qu elle n avoit point d'hu-
midité. Et un autre partie
tomba entre des épines 5 &
les épines fe levèrent en-
femble avec elle, & l'étouf
ferent. Et une autre par
tie tomba dans une bonne
terre: & quand elle fut le-
vée, elle rendit du fruit cent
fois autant. En difant ces
chofes, il crioit j Qiù a des
oreilles pour ouïr, quil
oie. Et fes Difciples Im-
tcrrogerent, pour favoir ce
que fignifioit cette parabole.
Et il repondit 5 II vous cft
donné de connoitre les fe-
crets du Roiaume de Dieu 5
inais il n'en eft parlé aux
fauvez. Et ceux qui ont
reçu la femence dans un
lieu pierreux, ce font ceux
qui aiant ouï la parole, la
reçoivent avec joie : mais
ils n ont point de racine :
ils croient pour un temps j
mais au temps de la ten-
tation ils fe retirent. Et
ce qui eft tombé entre
des épines, ce font ceux qui
aiant ouï la parole, & s'en
:tant alez, font étouifez par
les foucis, par les richeiles,
& par les voluptez de cette
vie i ôc ils ne raportent
point de fruit à maturité.
Mais ce qui eft tombé dans
une bonne terre, ce font
ceux qui aiant ouï la pa-
role, la retiennent dans
un cœur honnête & bon^
&
IQ^U I N Q^ U A G E S I M eT 7X
& raportent du fruit avcclmiftères, & que j^aurois
patience.
Le ^Dimanche apellé Quin-
qua; éfime , qtii eji le
dimanche avant le Ca-
rême.
La Collecte.
O Seigneur, qui nous as
enfeigné que tout ce
que nous faifons fans cha-
rité n eft d'aucune valeur j
envoie nous ton Saint Ef-
prit : & répan dans nos
cœurs ce don excellent de
la charité, qui eft le lien
de la paix & de toutes les
vertus i fans lequel, tout
homme qui vit eft réputé
mort en ta préfence. Fai
nous cette grâce, pour Ta-
mour de ton Fils Unique
Jéfus-Chrift. Amen.
UEpitre, I Cor. 13. i
QUand je parlerois les
I, langages des hommes,
& même des Anges, ft je
n ai pas la charité, je fuis
comme Tairain qui refonne,
ou comme la cimbale re-
tentiflante. Et quand j'au-
rois le don de prophétie.
toute forte de fciencci &
quand j'aurois toute la foi
qu on puifle avoir, en forte
que je tranfportafle les mon-
tagnes ; fi je n ai pas la
charité, je ne fuis rien. Et
quand je diftribuerois tout
mon bien pour la nourri-
ture des pauvres, & que je
livrerois mon corps pour
être brûlé, fi je n ai pas la
charité, cela ne me fert de
rien. La charité eft d'un
efprit patient : elle eft bé-
nigne : la charité n eft point
envieufe : la charité n ufe
point dlnfolence : elle ne
s'enfle point : elle ne fe
porte point des-honnête-
ment : elle ne cherche point
fon propre profit : elle ne
s'aigrit point: ellenepenfe
point à mal : Elle ne fe ré-
jouît point de llnjurticè:
mais elle fe réjouît de la
vérité. Elle endure tout :
elle croit tout : elle efpère
tout : elle fuporte tout.
La charité ne périt jamais;
au lieu que quant aux pro-
phéties, elles feront abolies:
& quant aux Langues, elles
cefîeront : & quant à la con-
noiflance, elle fera abolie,
que je connoitrois tous leslCar nous connoiflbns en
1 F 4 par-
Q^ U I N Q^ U A G E s I M eI
7^
partie, & nous prophéti-
fons en partie. Mais quand
laperfcftion fera venue, a-
lors ce qui eft en partie fera
aboli. Qiiand j'étois enfant 5
je parlois comme enfant 5 je
jugeois comme enfant 5 je
penfois comme enfant: mais
quand je fuis devenu hom-
me, j'ai aboli ce qui étoit
de l'enfance. Car nous vol-
ons maintenant par un
jniroir obfcurément 3 mais
alors nous verrons face à
face : maintenant je connois
en pattici mais alors je
connoitrai félon que j'ai
été auflî connu. Or main-
tenant ces trois chofes de-
meurent, la Foi, TEfpérance,
<5c la Charité : mais la plus
grande d'elles, c eft la Cha-
rité,
L'Evangile, S. Luc. 18.31.
PUis Jéfus prit à part
les douze, ôc il leur
dit 5 Voici, nous montons
i Jérufalem; & toutes les
çhofes qui font écrites par
les Prophètes touchant le
Fils de l'homme, feront ac-
complies. Car il fera li-
vré^ aux Gentils, & fera mo-
qué & injurié, & on lui cra-
chera au vifa^e. Et après
qu'ils l'auront fouëté, ils
le feront mourir : mais il
reffufcitera le troificmc jour.
Mais ils n entendirent rien
de ces chofes, & ce dif-
cours leur étoit caché, ôc
ils ncntendoient point ce
qu'il leur dîfoit. Or il ar-
riva comme il apro choit
de Jérico, qu'il y avoit un
aveugle affis près du che-
min, ôc qui mendioit. Et
entendant la multitude qui
paffoit, il demanda ce que
c'étoit. Et on lui dit, que
]éfus le Nazarien paffoit.
Alors il cria, difant; jé-
fus, Fils de David, aie pi-
tié de moi. Et ceux qui
aioient devant le tançoient,
afin qu'il fe tut : mais il
crioit beaucoup plus fort ;
Fils de David, aie pitié de
moi. Et ]éfus s'étant ar-
rêté commanda qu'on le lui
amena : & quand il fe fut
aproché, il l'interrogea,
difant 5 Qiie veux-tu que
je te fafle: Et il répondit;
Seigneur, que je recouvre
la vue. Et Jéfus lui dit ;
Recouvre la vue : ta foi ta
fauve. Et à l'inftant il re-
couvra la vue : ôc il fuivoit
Jéfus, glorifiant Dieu. Et
tout le peuple voiant cela
donna loiiange à Dieu.
Le
LeMecreoi des Cendres.
71
JLej?remier jour du CzrèmcAcolhcy & abondant en gra-
apel/é communément, Le
Mccredi des Cendres.
La Colle CT E.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, qui ne haïs
rien de ce que tu as créé,
& qui pardonnes les pé-
chez de tous ceux qui fe
repentent i crée en nous
des coeurs nouveaux & con-
trits : afin que reconnoiffant
nôtre misère, & déplorant
nos péchez comme nous de-
vons, nous en obtenions de
toi, qui es le Dieu de toute
mifericorde, le pardon & la
remiflîon très parfaite 5 par
ton Fils nôtre
Amen,
Seigneur.
Cette CoIleBe fe doit lire chaque
jour du Carême aprh la Col-
lège du 'Jour,
Tour UEpiTRE,Joël 2. 12.
REtournez vous jufques
à moi, dit rEtcrnel, de
tout vôtre cœur, & avec jeû-
ne, &avec larmes, 6c lamen-
tation. Et rompez vos cœurs,
& non pas vos vétemens : &
retournez à rEtcrnel vôtre
Dieu : car il eft mifericor-
dieux & pitoiable, tardif à
tuite, 6c qui fe repent d a
voir affligé. Qui fait li
rEtcrnel vôtre Dieu ne vi-,
endra point à fe repentir ;
6c s'il ne laiflera point après
foi bénédiûion, gâteau, 6c
afperfion ? Sonnez du cor
en Sion ; fanûifiez le jeûne 5
publiez rafiemblée folem-
nelle. Aflemblez le peuplej
fanûifiez la congrégation :;
amaflez les anciens i afienv-
blez les enfans, 6c ceux qui
fucent les mammelles. Que
le nouveau marié forte de
fon cabinet, 6c la nouvelle
mariée de fa chambre nup-
tiale. Que les Sacrificateurs
qui font le fervice de l'E-
ternel, pleurent entre le
porche 6c Tautel, 6c qu ils
difentj Eternel, pardonne
à ton peuple, 6c n expofc
point ton héritage à opro-
bre, tellement que les na-
tions en faflent leurs dic-
tons. Pourquoi diroit-on
entre les peuples i Où eft
leur Dieu )
L'EvANGILE,S.Matth.6. 1 6.
ET quand vous jeûne-
rez, ne prenez point
un air tnfte, comme les hi-
pocrites : car ils fc rendent
tous
7J|:: i^E T. Dimanche DU Carême^
tous défaits de vifagc 5 afin I grâce que nous vivions dans
quil paroiflc aux hommes lune telle abflinence, que
quils jeûnent: en vente )e
vous dis, qu'ils reçoivent
leur recompenfe. Mais toi,
quand tu jeûnes, oins ta
tête, & lave ton vifagei
afin qu il ne paroifTe point
aux hommes que tu jeûnes;
mais à ton Père qui eft pré-
fent dans ton lieu fecret :
Et ton Père qui te voit dans
ton lieu fecret, te le ren-
dra à découvert. Ne vous
amaflez point des tréfors fur
la terre, où la tigne & la
rouille gâtent tout 5 & où
les larrons percent & dé-
robent. Mais amaflez vous
des tréfors dans le ciel, où
ni la tigne ni la rouille ne
gâtent rien 5 & où les lar-
rons ne percent ni ne dé-
robent: Car où cft vôtre
tréfor, là fera auflî votre
cœur.
Le premier "Dimanche du
Carême.
La Collecte.
O Seigneur, qui pour
l'amour de nous, as
jeûné quarante jours & qua-
rante nuits; fai nous la
notre chair étant aflujetic
à Tefprit, nous fuivions
toujours les faints mouve-
mens de ta grâce, en juf-
tice & en vraie fainteté ;pour
te glorifier, toi Seigneur,
qui vis & qui règnes avec
le Père, ôc le Saint Efprit,
un feul Dieu béni éternelle-
ment. Amen.
L'Epitre, 2 Cor. 6. \.
AInfi donc étant ou-
vriers avec lui, nous
vous prions auflî, que vous
n aiez point reçu la grâce
de Dieu en vain. Car il
dit 5 Je t'ai exaucé au temps
agréable, & fai fecouru au
jour du falut : Voici main-
tenant le temps agréable i
voici maintenant le jour du
falut. Ne donnant aucun
fcandale en quoi que ce
foit, afin que nôtre mini-
ftère ne foit point blâmé.
Mais nous rendant recom-
mandables en toutes chofes,
comme Minifl:res de Dieu,
en grande patience i en af-
fligions 5 en néceflitczj en
angoifles5 en bleflùresj en
prifons j en troubles ; en
travaux; en veilles; en jeû-
nes.
tÊî. Dimanche
ïics ; en pureté : par la con-
tioiffance; par un efprit pa-
tient 5 par bénignité; par
le Saint Efprit 5 par une
charité fans feinte 5 par la
parole de vérité 5 par la
puiflance de Dieu j par les
armes de juftice à droit &
à gauche : parmi Thonneur,
ôc Tignominie: parmi la
calomnie, & la bonne ré-
putation : comme féduc-
teurs, & toutefois étant vé-
ritables; comme inconnus,
& toutefois étant recon-
nus : comme mourant, &
voici nous vivons; com-
me châtiez, & toutefois
non mis à mort ; comme
contriftez, & toutefois tou-
jours joieux j comme pau-
vres, & toutefois enrichif-
fant plufieurs; comme nai-
ant rien, & toutefois poiTc-
dant toutes chofes.
UEvANGiLÉ, S. Matth.
4.1.
A Lors Jefus fut emme-
né par TEfprit au dé-
fert, pour être tenté par le
diable. Et quand il eut
jeûné quarante jours, &
quarante nuits, finalement
il eut faim. Et le Tenta-
teur s'aprochant, lui dit ;
t) U C A ïl E M Êy YS
Si tu es le Fils de Dieu, di
que ces pierres deviennent
des pains. Mais Jéfus ré-
pondit, & dit : Il eft écrit 5
Uhomme ne vivra point de
pain feulement, mais de
toute parole qui fort de la
bouche de Dieu. Alors le
diable le tranfporta dans la
fainte ville^ ôc le mit fur
les créneaux du Temple:
Et lui dit ; Si tu es le Fils
de Dieu, jette-toi en bas:
car il eft écrit. Il donnera,
charge de toi à fes Anges,
& ils te porteront en leurs
mains ; de peur que tu ne
heurtes ton pied contre
quelque pierre. Jéfus lui
dit, il eft auffi écrit ; Tu ne
tenteras point le Seigneur
ton Dieu. Le diable le
tranfporta encore fur une
fort haute montagne, ôc
lui montra tous les Roi-
aumes du monde, ôl leur
gloire: Et lui dit; Je te
donnerai toutes ces chofes,
fi en te profternant en terre,
tu nVadores. Mais Jéfus
lui dit ; Va Satan : car il
eft écrit. Tu adoreras le
Seigneur ton Dieu, ôc tu le
ferviras lui feul. Alors le
diable le laifla : & voilà,
les Anges s'aprocherent,
&c le fervirent. Le
7(5
Le ir. Dimanche du Caremh;^
Le fécond T>manche du
Carême.
La Collecte.
Dîeu Tout-puiflant, qui
vois que de nous
mêmes nous n'avons aucun
pouvoir de nous aider ; gar-
de nous extérieurement dans
nos corps, & intérieure-
ment dans nos âmes: afin
que nous loionsgarentisde
toutes les adverfitez qui
pourroient arriver à nos
corps; & de toutes lesmau-
vaiies penfées, qui pour-
raint nuire à nos âmes. Ex-
auce nous pour l'amour de
Jéfus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
UEpitre, I Theff. 4. i.
FRères, nous vous prions
donc, & vous conju-
rons par le Seigneur jélus
que comme vous avez ap-
pris de nous, de quelle ma-
nière on doit fc conduire,
& plaire à Dieu, vous abon-
diez en cela de plus en
plus. Car vous favcz quels
préceptes nous vous avons
donnez de la part du Sei-
gneur Jéfus. Parce que ceft
ici !a volonté de Dieu, fa-
voit vôtre fandification, &
que vous vous abftenicz de
la paillardife : Afin que cha-
cun de vous fâche poflcder
fon vailTeau en fanclifica-
tion&en honneur: Et non
avec pafllonde convoitifci
comme les Gentils qui ne
connoiffent point Dieu.
Que perfonne ne foule fou
frère, ou ne faflc fon pro-
fit au dommage de fon
frère eu aucune affaire :
parce que le Seigneur eft
le vengeur de toutes ces cho-
iz% j comme nous vous l'a-
vons dit auparavant, & af-
furé. Car Dieu ne nous a
point apellez à la fouillure,
mais à la fanctificatiou.
Ceft pourquoi celui qui re-
jette ceci, ne rejette point
un hommcj mais il rejette
Dieu, qui a auflî mis fou
Saint Efprit en nous.
L'Evangile, S. Matth.
15. 21.
Jéfus partant delà, fe re-
tira vers les quartiers
de Tyr & de Sidon. Et
voici, un femme Cana-
néenne, qui étoit partie de
ces quartiers-là, s'écria, en
lui difant : Seigneur, Fils
de David, aie pitié de moi :
ma fille cfl mifcrablçmen;
tour-
Le III. Dimanche du Carême.
^:
tourmentée du diable. Mais
il ne lui répondit mot : &:
fcs Difciples s'aprochant le
prièrent, difant 5 Renvoie-
la : car elle crie après nous.
Et il répondit, & dit; Je
ne fuis envoie quaux bre-
bis perdues de la maifon
d'ifrael. Mais elle vint, &
l'adora, difant : Seigneur,
afllfte moi. Et il lui ré-
pondit, & dit 5 II n ed pas
bon de prendre le pain des
enfans, & de le jetter aux
petits chiens. Mais elle dit j
Il eft vrai, Seigneur : cepen-
dant les petits chiens man-
gent des miettes qui tom-
bent de la table de leurs maî-
tres. Alors ]éfus répondant
lui dit 5 O femme, ta foi eft
grande: qu'il te foit fait com-
me tu veux : & des ce mo-
ment la fa fille fut guérie.
Le troijîeme T)ima7iche du
Carême.
La Coll ect e.
E Coûte, ô Dieu Tout-
puiifant, l'ardente pri-
ère de tes humbles fervi-
teurs, nous t'en fuplions :
& déploie la force de ton
bras, pour nous défendre
contre tous nos ennemis par
Jéfus Chrift ton Fils nôtre^
Seigneur. Amen,
L'Epitre, Eph. 5.1. .
SOiez donc imitateurs
de Dieu, comme fes
chers enfans : Et cheminez
dans la charité, ainfi que
Chrift auflî nous a aimez,
& s'eft donné lui-même
pour nous en oblation ôc
facrifîce â Dieu, en odeur
de bonne fenteur. Qiie ni
la paillardife, ni aucune
fouillure, ni l'avarice, ne
foient pas même nommées
parmi vous; ainlî qu'il eft
convenable à des Saints j ni
aucune chofe des-honnête,
ni parole foie, ni plaifan-
terie : car ce font là des
chofesqui ne font pasbien-
féantcs: mais plutôt des
actions de grâces. Car vous
favez ceci, que ni aucun
paillard, ni aucun immon-
de, ni aucun avare, qui eft
un idolâtre, n'a point d'hé-
ritage au Roiaumc de Chrift,
5c de Dieu. Que perfonne
ne vous féduife par de vains
difcours; car à caufe de ces
chofes la colère de Dieu
vient fur les enfans de ré-
bellion. Ne foiez donc
point leurs compagnons.
% Car
L E III. Dimanche du Carême.
Car vous étiez autrefois té-
nèbres; mais maintenant
vous êtes lumière au Sei-
gneur : conduife^-vous donc
comme des enfans de lu-
mière: (Car le fruit de
TEfprit confifte en toute dé-
bonnaireté, juftice, & vé-
rité :) Eprouvant ce qui eft
agréable au Seigneur. Et
ne communiquez point aux
oeuvres infrudueufes des té-
nèbres; mais au contraire
ireprencz-les. Car il eft
même des-honnête de dire
les chofes qui font faites
par eux en cachette. Mais
toutes chofes étant mifes
en évidence par la lumière,
font rendues manifeftes : car
la lumière eft celle qui mani-
fefte tout. C'cft pourquoi il
eft dit 5 Réveille toi, toi qui
4ors, &te relève d'entre les
morts, & Chrift t'èclairera.
X'EvANGiLE, S.Luc. II. 14.
JEfus jetta dehors un dé-
mon, qui étoit muet :
& il arriva que quand le
démon fut forti, le muet
parla : & les troupes s'en é-
tonncrent. Et quelques-
uns d'entr'eux dirent : C'cft
par Bèelzebul, Prince des
diables, quil jette les dia-
bles dehors. Mais les au-
tres, pour réprouver, lui de-
mandoient un figne du
ciel. Mais lui connoiifant
leurs penfées,leur dit : Tout
Roiaume divifé contre foi-
même fera réduit en dé-
fert; & toute maifon di-
vifée contr'elle-même tom-
be en ruine. Qiie fi Satan
eft auflî divifé contre lui-
même, comment fubfiftcra
fon règne? car vous dites
que je jette hors les diables
par Bèelzebul. Que fi je
jette les diables dehors par
Bèelzebul, vos fils par qui
les jettent-ils dehors ? c'eft
pourquoi ils feront eux-
mêmes vos juges. Mais R
je jette les diables dehors,
par le doigt de Dieu, certes
le Règne de Dieu eft par-
venu à vous. Quand un
fort homme bien armé
garde fon hôtel, les chofes
qu il a font en fureté. Mais
s*il en furvient un autre
plus fort que lui, qui le
furmontc; il lui ôte toutes
fcs armes aufquelles il fe
confioit, & fiiit le partage
de fcs dépouilles. Celui
qui n'eft point avec moi,
eft contre moi; & celui
qui naflemblc point avec
Le IV. Dimanche du Carême,
7^
înoî, difperfe. Quand Tef-
prit immonde eft forti d'un
homme, il va par des lieux
fecs, cherchant du repos,
& n'en trouvant point il
dit 5 je retournerai dans
ma maifon, d'où je fuis for-
ti. Et y étant venu, il la
trouve belaiée & parée. A-
lors il s'en va, & prend a-
vcc foi fept autres efprits
plus méchans que lui, &
ils entrent & demeurent
là : de forte que la der-
nière condition de cet hom-
me-là eft pire que la pre-
mière. Or il arriva, com-
me il difoit ces chofes,
qu'une femme d'entre les
troupes éleva fa voix, &
lui dit i Bien-heureux eft
le ventre qui t'a porté, &
les mamelles que tu as tet-
tées. Et il dit 5 Mais plu-
tôt, bien-heureux font ceux
qui écoutent la parole de
Dieu, & qui la gardent !
Le quatrième dimanche
du Carême.
La Collecte.
N
te
Ous te fuplions, Dieu
Tout-puiffant, qu'il
plaifc de
nous garantir>
par l'alllftance de ta grace,^
de toutes les peines que
nous avons méritées par nos
péchez i pour l'amour de
nôtre Seigneur & Sauveur
J éfus-Chrift. Amen.
L'Epitre, Gai. 4. 21.
Dites-moi, vous qui
voulez être fous la
Loi, n'entendez vous point
la Loi \ Car il eft écrit qu'A-
braham a eu deux fils 5 l'un
de la fervante, & l'autre de
la libre. Mais celui qui
étoit de la fervante, naquit
félon la chaire & celui qui
étoit de la libre, naquit par
la promelfe. Or ces cho-
fes doivent être entendues
par allégorie : car ce font
les deux alliances 5 Tune au
mont de Sina, engendrant
à fervitude, qui eft Agar :
Car ce nom d'Agar veut
dire Sina : qui eft une mon-
tagne en Arabie, & corref-
pondante à lajérufalem de
maintenant, laquelle ferta-
vec fes enfans. Mais lajé-
rufalem d'enhaut eft libre,
& elle eft la mère de nous
tous. Car il eft écrit 5 Ré-
jouïs-toi, ftérile, qui n'en-
fantois point : efforce toi,
& t'écrie, toi qui n'étois
% point
$o Le iv^ D iM AN c
point en travail d'enfant :
car il y a beaucoup plus
ci enfans de celle qui avoit
été laiflee, que de celle qui
avoit un mari. Or pour
nous, mes frères, nous fonv
mes enfans de la promeflc,
ainfi quifaac. Mais com-
me alors celui qui étoit né
félon la chair, perfecutoit ce-
lui qui étoit né félon TEfprit,
il en eft de même auili main-
tenant. Mais que dit TEcri-
ture? Chafle lafervante &
fon fils : car le fils de la fer-
rante ne fera point héritier
avec le fils de la libre. Or
mes frères, nous ne fommes
point enfans de la fervan-
te, mais delà libre.
L'Evangile, S. Jean 6. i .
JEfus s'en alla au delà
de la mer de Gali-
lée, qui cft la mer de Ti-
bériadc. Et de grandes
troupes le fuivoient, àcaufe
qu'ils voioient les miracles
qu'il faifoit en ceux qui é-
toicnt malades. Mais ]é-
fus monta fur une montag-
ne, & il s'afllt là avec fcs
Difciples. Or le jour de
Faque, qui étoit la Fête
des juifs, étoit proche. Et
Jéfus aiant levé fcs yeux.
HE D U C A R E M E^
& voiant que de grande^
troupes venoient à lui, dit
à Philippe i D'où achette-
rons-nous des pains, afin
que ceux-ci aient à man-
ger ? Or il difoit cela pour
l'éprouver : car il favoit bien
ce qu'il devoit faire. Phi-
lippe lui répondit s Qiiand
nous aurions pour deux
cent deniers de pain, cela
ne leur fuffiroit pas, quoi
que chacun d'eux n'en prit
que tant foit peu. Et l'un
de fes Difciples, favoir An*
dré, frère de Simon Pierre,
lui dit 5 II y a ici un petit
garçon qui a cinq pains
d'orge, ôc deux poiflbns:
mais qu'eft-ce que cela pour
tant de gens? Alors jéfus
diti Faites afleoir les gens :
(or il y avoit beaucoup
d'herbe en ce lieu-là) les
gens doncs'aflirentau nom-
bre d'environ cinq mille. ,
Et ]éfus prit les pains 5 &
après avoir rendu grâces, il
les diftribua aux Difciples;
& les Diiciplcs à ceux qui
étoient afiîs : ôc pareillement
des poiflbns, autant qu'ils
en vouloicnt. Et après qu'ils
furent raflafiez, il dit à fcs
Difciples; Amaflez les piè-
ces qui font de rcfte, afin
que
Le V. Dimanche du Caremè; tï
îjuerîen ne foit perdu. Us 'de cette flruficure, eft en-
les amalferent donc j 6c ils tré une fois dans les lieux
^remplirent douze corbeilles; Saints par Ion propre fang^
de pièces de cinq pains & non par le lang des
d orge, qui étoient demeu- veaux ou des boucs : après
rées de refte à ceux qui en avoir obtenu une redcmp-
avoient mangé. Or ces tion éternelle. Car fi le
gens aiant vu le miracle fang des taureaux & des
que Jéfus avoir fait, di-
foienti Celui-ci eft vérita-
blement le Prophète qui
devoit venir au monde.
Le cinquième dimanche
du Carême.
La Collecte.
NOus te fuplions. Dieu
tout puiflant, de re-
garder ton peuple en ta mi-
fericorde ; afin que par ta
bonté il foit toujours gou-
verné, & confervé tant pour
le corps que pour Tame ;
par Jefus-Chrifl: ton Fils
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Heb. 9. n.
CHrift étant venu pour
être fouverain Sacri-
ficateur des biens à venir,
par un plus excellent 6c plus
parfait tabernacle, qui nefl:
boucs, 6c la cendre de îa
geniile, de laquelle oï\ lait
afperfion, iandifie quant à la
pureté de la chair, clu> qui
font fouillez : coîuiicn
plus le fang de Chrift, qui
par TEfprit éternel s eft of-
fert lui-même à Dieu fans
nulle tache , puriftera-t-il
votre confcience des œu-
vres mortes, pour fervir le
Dieu vivant > C'eft pour-
quoi il eft: Médiateur du
Nouveau ïeftament ; afin
que la mort intcivcnant
pour la ran(jOn des tranf-
greflions qui étoient fous le
premier Teftament, ceux
qui font apellez reçoivent
racompllflement de la pro-
mefte, qui leur a été faite
de rhériiao:e éternel.
L'Evangile, S. Jean 8.45.
Efus leur dit 5 Qui cil
celui d'entre vous qui
J
pas un tabernacle fait de j me reprendra de péché ? 6c
main, ceft-a-dixe, qui foit fi je dis la vérité 5 pourquoi
ne
iz Li Dimanche
ne me croiez-vous point?
Celui qui eft de Dieu, en-
tend les paroles de Dieu :
mais vous ne les entendez
point-, parce que Vous né-
tcs point de Dieu. Alors
les Juifs répondirent, & lui
dirent i Ne difons-nouspas
bien que tu es un Samari-
tain, & que tu as le dia-
ble? ]éius répondit j "fen'ai
point je dia&le: mais i1io-
nore mon Père, Ôc vous me
déshonorez. Or je ne cher-
che point ma gloire : il y
en a un qui la cherche, &
qui en juge. En vérité, en
vérité Je vous dis," que fi
quelqu'un garde ma parole,
il ne verra jamais la mort.
Les ]uifs donc lui dirent;
Maintenant nous connoif-
fons que tu as le diable :
Abraham eft mort> & les
Prophètes aufli-5 6c tu disj
Si quelqu'un garde ma pa-
role, il ne goûtera jamais
la mort. Es-tu plus grand
que nôtre père Abraham
qui eft mort ^ les Prophètes \
aufli font morts 5 qui te fais- 1
tu toi-même ? ] éfus répon- ;
dit 5 Si je me glorifie moi-
même,' ma gloire n eft rien : :
mon Père eft celui qui me!
glorifie; celui duquel vous'
AVANT PaCLUÉ?
dites qu il eft vôtre Diétfii
Toutefois vous ne Favez
point connu : mais moi je
le connoiSi & fi je dis que je^
ne le connois point, je feraii
menteur, fembiablcàvous^:
mais je le connois^ ôc je
garde fa parole. Abraham,
vôtre père a treiïailÙde joid
de voir cette mienne jour-
née 5 & il Ta vue, & s'en eft
réjoui. Sur cela les Juifs
lui dirent ; Tu n as pas en-
core cinquante ans, 6c tu
as vu Abraham! Et ]éfus
leur dit; En vérité, envéX
rite je vous dis , avant qu A-
braham fut, je fuis. Alors
ils levèrent des pierres pour
les jetter contre lui :' mais
Jéfus fe cachai & fortit du
Temple, aiant pafle au tra-
vers d'eux ; 6c ainfi il s'en
ala. •'- P^'w--" i>- -: -'•■^-v
Le TO>manche avant
Pâque. I; -
La Collecte.
Dieu Tout-puifîant &
Eternel, qui as fi tcii-
dremcnt aimé le genre hu-
main, que tu as envoie ton
Fils Jéfus-Chrift nôtre Sau-
veur, pour prendre à foi nô-
tre chair^ 6c pour foufrir
Le Dj^Â n che a van t P aq^u e T^ *|
là mort de la croix ; afin [que jéfus-Ghrift efl: le Sel-
P
ijue tous les hommes lui-
vent rexemple de la pro-
fonde humilité: fai nous
la grâce que nous imitions fa
patience; & que nous aions
part à fatéfurredipni.par Je
même Jéfus Cteift notre
Seigneur, ^memii /
UEpitre, Phil. 2. 5.
QUll y ait donc en vous
m un même fentiment
qui a été en Jéfus-Chrift :
Lequel étant en forme de
Dieu, n'a point réputé ra-
pine d être égal à Dieu. Ce-
pendant il s'efl: anéanti lui-
même; aiânt pris la forme
de ferviteur, fait à la ref-
femblance des hommes : Et
étant trouvé en figure com-
me un homme, il s'eft a-
baifle lui-même, & a été
obéïffant jufquesà la mort;
à la mort même de la croix.
C'eil pourquoi aulli. Dieu
Ta fouverainement élevé; &
lui a donné un Nom, qui
xil au deffus de tout Nom :
^fin quau Nom de Jéfus
4out genou fe ploie j tant de
ceux qui font aux cieux, que
de ceux qui font en la terre,
&: au defîbus de la terre j Et
^^ue toute langue confeiTei potier, pour la fcpultune
G z de5
gneiu% à la gloire de DicU
^ "^VANGTLE, S.Matth.27.î;
Uis quand le matin hit
venuj tous les princi-
paux Sacrilicateur5 & les An-
ciens du peuple tinrent coiî-
Ici] contre féius pour le taire
mourir. Et Taiant lié, ils
l'amenèrent <Sc le livrèrent
à Ponce PilatCj: ^^'ii étoit le
Gouverneur. Alors judas
qui Tavoit trahi, voiant qu il
étoit condamné, fe repen-
tit ; & reporta les trente
pièces d'argent aux princi-
paux Sacriticateurs, & aux
Anciens, en leur difant/ Jai
péché en trahiilant: le^ fang
innocent : wah ils mi di-
rent r Que nous importe ? ta
y aviieras. Et après avorr
jette les pièces d'ar^îciitd^ns
le Temple, il fe reiltu^ &
s'en étant aie, il s'étrangia.
Mais les principaux -Sacrifi-
cateurs aiant pris, les pièces
d'ar- ent, dirent; îjn'eilpas
permis de les mettre dans
le Tréfor: car cefi un prix
de fang. Et après qu'ils eu-
rent confulté entr'eux, ils en
achetèrent le champ d un
54 Le Dimanche avant Paque.'
des étrangers. C'eft pour-
quoi ce champ-là a été a-
pelié jufquM aujourd'hui, le
champ du fang. Alors fut
acompli ce dont il avoir
été parlé par jérémie le
Prophète, difant , Et ils
ont pris trente pièces d'ar-
gent ; le prix de celui qui a
été apréciéj lequel ceux
d'entre les enfans d'Ifraël
ont aprécié : Et ils les
ont données pour en ache-
ter le champ d'un potier }
félon ce que le Seigneur
m'avoit ordonné. Or ]é-
fus fut prélenté devant le
Gouverneur 5 ôc le Gouver-
neur l'interrogea , difant ;
Es-tu le Roi des Juifs ? Jé-
fus lui répondit 5 Tu le dis.
Et étant acule par les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Anciens, il ne répondoit
rien. Alors Pilate lui dit,-
N'cntends-tu pas combien
ils portent de témoignages
contre toi? Mais il ne lui
répondit pas un mot fur
quoi que ce fut : de forte
que le Gouverneur s'en é-
tonnoit extrêmement. Or
le Gouverneur avoir acou-
tumé de relâcher au peu-
ple le jour de la Fête un
prifonnier, quel que ce fut
qu'on demandât- Et îl f
avoit alors un prîfonnier
notable, nommé Barrabas.
Qiiand donc ils furent af-
fcmblez, Pilate leur dit;
Lequel voulez-vous que )e
vous relâche t Barrabas 5 ou
jéfus qu'on apelle ChriftJ
Car il favoit bien qu'ils l'a-
voient livré par envie. Et
comme il étoit affis au fiége
judicial, fa femme envoia
lui dire 5 N'entre point dans
l'affaire de ce jufte ; car j'ai
aujourd'hui beaucoup fou-
fert à fon fujet en fongeant.
Et les principaux Sacrifica-
teurs, 6c les Anciens per-
fuaderent à la multitude du
peuple de demander Barra-
bas, & de faire périr Jéfus.
Et le Gouverneur prenant
la parole, leur dit $ Lequel
des deux voulez-vous que
je vous relâche? Ils dirent,
Barrabas. Pilate leur dit 5
Que ferai- je donc de Jéfus
qu'on apelle Chrift > Us lui
dirent tous s Qu'il foît cru-
cifié. Et le Gouverneur leur
dit 5 Mais quel mal a-t-il
fait ? & ils crièrent encore
plus fort, en difant 5 Qu'il
foit crucifié. Alors Pilate
voiant qu'il ne gagnoitrienj
mais que le tumulte s'ang-
I iiientoir^
LeDimanche avant Paque;
mentoit: prit de Teau^ &'
lava fes mains devant le
peuple, en difantj Je fuis
innocent du fang de ce juf-
te : vous y penferez. Et
tout le peuple répondant,
dit 5 Que fon fang foit fur
nous, & fur nos enfans.
Alors il leur relâcha Barra-
bas: & après avoir faitfou-
ëtcr Jéfus, il le leur livra
peur être crucifié. Et les
foldats du Gouverneur a-
menerçnt Jéfus au Prétoire,
& afTemblerent devant lui
toute la bande. Et après
ravoir dépouillé, ils mirent
fur lui un manteau d'écarla-
te. Et aiant fait une cou-
ronne d'épines entrelaffées,
ils la mirent fur fa tête, avec
un rofeau dans fa main
droite : puis s'agenouillant
devant lui, ils fe moquoient
de lui, en difant 5 Bien te
foit, Roi des Juifs. Et après
avoir craché contre lui,- ils
prirent le rofeau, & ils en
frapoifnt fa tête. Et après
s'être moquez de lui 5 ils lui
ôterent le manteau, & le
vêtirent de fes vétemens, &
ramenèrent pour le cruci-
fier. Et comme ils fortoi-
çnt, ils rencontrèrent un
Cyréniçn^ npmmç Simou;
S 5
lequel ils contraignirent de
porter la croix de Jéfus. Et
étant arrivez au lieu apellé
Golgotha, c'eft-à-dire , le
lieu du Teft; Ils lui don-
nèrent à boire du vinaigre
mêlé avec du fiel : m_ais
quand il en eut goûté, il
nen voulut point boire.
Et après Tavoir crucifié, ils
partagèrent fes vétemens, en
les jettant au fort; afin que
ce qui avoit été dit par le
Prophète, fut acompli: Ils
ont partagé entr'eux mes
vétemens, & ont jette au
fort mon faie. Puis s'étant
afiis, ils le gardoient-là. Ils
mirent auflî au deflus de fa
tête unEcriteau, où la caufe
de fa condamnation étoit
marquée en ces mots. Ce-
lui-ci EST ]eSUS LE
ROI DES Juifs. Et deux
brigands furent crucifiez avec
lui: Tun à fa droites ôcTau-
tre à fa gauche. Et ceux
qui paffoicnt par là, lui di-
foient des outrages, en bran-
lant la tête, & difantj Toi
qui détruis le Temple, ôc
qui le rebâtis en trois jours>
fauve-toi toi-même : fi tu
es le Fils de Dieu, de-'cen
de la croix. Pareillement
auiïi les principaux Sacrifi-
Q 3 cateurs
$ê
Ee Lundi avant Paq^ue.
cateurs avec les Scribes &
les Anciens, le moquant,
difoient 5 U a fauve les au-
tres 5 il n,ç fe peut fauver
lui-n-îème : s'il eil le Roi
dlfraël, qu il delccnde main-
tenant de la croix, Ôc nous
croirons en lui. Il fe con-
fie en picu;5 mais fi Dieu
raime> qull le délivre
maintenant: car il a ditj
Je (vis le Fils de Dieu. Les
brigands auffi qui étoient
crucifiez avec lui, lui repro-
>:hoient la même c'.'ofe.
Or depuis fix heures il y
eut des ténèbres fir tout le
païs, jufqua neuf heures.
Et environ les neuf heures,
Jéfus s'écria à haute voix,
<:n difant; Eli;, Hh? lamma
iabaçlithani ? c'eft-d-dire j
Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi nras-tu abandon-
ne? Et quelques-uns de
ceux qui étoient là préfens,
îiiant entendu cela, difoient,
P apclie 51ie. Et auffi-tôt
uri^ d'cntr'eux courut, <Sc
prit une éponge 5 & f àiant
remplie de vinaigre, la mit
p. fcnrour d'un rofeau, 6c
lui en donna à boire. Mais
les autres difoienti Laiiîe,
voions fi Elle viendra le
Alc;;s Jçfus aiant
fauver.
crié encore à haute voÎ5^
rendit Tefprit. Et voici,
le voile du Temple fe dé-
chira en deux, depuis lô
haut jufquen bas: & la terre
trembla: &c les pierres fe
fendirent. Et les fépulcrcs
s'ouvrirentj&plufieurs corps
des Saints, qui étoient en-
dormisj fe levèrent. Eté^
tant fortis des fépulcres a-
près fa réfurredion, ils en-
trèrent dans la fainte Citéj
& fe montrèrent à pkifieurs.'
Or le Centenier, & ceux
cl avec lui gardoientjé-
tus, aiant vu le tremble-
ment de terrç, & tout ce
qui venoii" d arriver/ eurent
une fort grande peur, Redi-
rent 3, Véritablement celui-
ci étoit le Pils de Dieu.
Le Lundi avant V2LC[\it.
Tour\JEinxKY.y Efi. 65. i,
QUI eft celui ci qiïi
vient d'Edoni,de Botf-
rn, allant les habits teints
en rouge ; ceky-ci qui cft
magnifiquement paré en fon
vctemciit; marchant félon
la grandeur àx^ ik fcrcc?
C'cll: moi qui parle en juf-
tiçc^ ^ qui ai îovit pgu-'
Lé Lundi a
^dk fde fauvef. Pourquoi
y a-t-il du TOUgé eriton vé
tcmcnt ? & pourquoi tes
habits font-ils comme les
habits de ceux qui foulent
gu preflbir ? ]'ai été tout
feul à f-uler ai preiToir, &
perfoni: d'entre les peu-
pics n^ ci avec moi: ce-
pcnd^nr: ;'ai marché iur eux
en ma colère 5 & je les ai
foukz en ma fureur, &
leur ftng a rcjaiiù iur mes
■Véternens, ôc j'ai fouillé tous
jp' es habits. Car le jour
de la vengeance eft dan^
mon cœur: & Tannée en
Jaquelle je dois racheter
les miens, eft venue. J'ai
donc regardé, & il n'y a
eu perfonne qui mL*aidât :
6c j'ai été étonné, & il n'y
a eu perfonne qui me fou-
tint : mais mon bras nVa
fauve i & ma fureur m'a
foutenu. Ainfi j'ai foulé
les peuples en ma colère 5
^ je les ai enivrez en ma
fureur 5 & j'ai abatu leur
force par terre. Je ferai
mention des gratuitez de
7'Eternel, qui font les loii-
^anges de l'EterneU à caufe
^dc tous les bienfaits que
"TEtcrnel nous a faits: car
^ grand eft ic bien de la mai-
VAN T PAQ^UEr' ^7
Ton d'Ifraël, lequei îl leur
t tait félon fes compaflîoris,
6c félon la grandeur de fes
gratuitez. car il a diti
Qiioi qu'il en foitj ils font
mon peuple, des enfans qui
ne dégénéreront point ; &
il leur a été Sauveur. Et
dans toute leur angoiffe il
a été en angoifle s & l'Ange
de fa face les a délivrez :
lui-même les a rachetez
par fon amour & fa clér
mence^ & il les a portez,
& les a élevez en tout
temps: Mais ils ont été
rebelles, & ils ont contrif-
té TEfprit de fa fainteté :
c'eft pourquoi il leur a été
tourné en ennemi 5 & il a
lui-même combatu con-
tr'eux. Et on s'eft fouvenu
des jours anciens de Moïfe,
& de fon peuple. Où eft
celui, a-t-on dit, qui les
faifoit remonter hors de la
mer, avec les pafteurs de
fon troupeau? où eft celui
qui mettoit au milieu d'eux
TEfprit de fa fainteté ? Qui
les menoit étant à la niâui
droite de Moïfe, par le bras
de fa gloire? qui fendoit
les eaux devant eux 5 afin
qu'il s'aquit un renom é-
ternci.^ Qn\ les menoit
G 4 par
SÏ Le Lundi av
par les abimcs, & Us n y
ont point bronché 5 non
plus que le cheval dans un
lieu de pâturage ? L'Elprit
de TEternel les a menez
tout doucement, comme on
mené une bête quidefcend
dans une plame : tu as ainfi
conduit ton peuple i afin de
taquerir un renom glo-
rieux. Regarde des Cieux,
ôc voi de la demeure de ta
fainteté & de ta gloire. Où
cft ta jaloufie, & ta f nxc,
& réniotion bruiantc de tes
entrailles 5c de tescompaf-
fions, lefquelles fe font re-
tenues envers moi? Cer-
tes tu es nôtre Père; enco-
ire qu Abraham ne nous re-
connût point, & qulfraël
ne nous avouât point : E~
ternel, ç eft toi qui es nôtre
Père; & ton Nom eft nô-
tre Rédempteur de tout
temps. Pourquoi nous as-
tu fait fourvoier, ô Eter-
nel, hors des tes voies? &:
pourquoi as-tu aliéné nôtre
cœur de ta crainte? Rc
tourne-toi en faveur dç tc^
fcrviteursj en faveur des
Tribus de ton héritage.
Le peuple de ta fainteté a
été en pblleflion bien peu
iîe tçiiips; nos c;imcmis
ANT PaQ^UE."
ont foulé ton SanStuairé^
Nous avons été comme
ceux fur lefquels tu ne do-
mines point depuis long-
temps; & fur lefquels ton
Nom n eft point reclamé. ;
L'Evangile, S.Marc 14.1*^
OR la fête de Pâque
6c des pains fans le-
I vain étoit deux jours après ;
& ^cs principaux Sacrifica-
icuis & les Scribes cher-
choient comment ils pour-
roient fe faifir de Jéfus par
fincffe, ôc le faire mourir.
Mais ils difoient : Non
point durant la fête, de
peur qu'il ne fe faife du tu-
multe parmi le peuple. Et
comme il étoit à Béthanie
dans la maifon de Simon
le lépreux, ôc qu il étoit à
table; il vint là une femme
qui avoit une boite de par-
fum d'afpic, pur, ôc de
grand prix : ôc elle rompit
la boite ; ôc répandit ie par-
fum fur la tête de |élus.
Et quelques-uns en furent
indignez en eux-mêmes, ôc
ils difoient : A quoi fert Id,
perte de ce parfum ? Car il
pouvoir être vendu plus de
trois cent deniers, ôc être
donné aux pauvres. Ainfi
il$
Le Lundi avant Paq^ue.'
ils en frémiffoient contr'el-
le. Mais Jéfus dit 5 Laif-
fez-la: pourquoi lui don
nez-vous du déplaifir > die
a fait une bonne adion en-
vers moi. Parce que vous
aurez toujours des pauvres
avec vous, & vous leur
pourrez faire du bien tou-
tes les fois que vous vou-
drez: mais vous ne m'au-
rez pas toujours. Elle a
fait ce qui étoit en fon pou-
voir; elle a anticipé d'oin-
dre mon corps pour Tapa-
reil de ma fépulture. En
vérité je vous dis 5 qu en
quelque lieu que cet Evan-
gile fera prêché dans tout
le monde, ceci auffi qu el-
le a fait fera récité en mé-
moire d'elle. Alors Judas
Ifcariot, l'un des douze,
s'en alla vers les princi-
paux Sacrificateurs pour le
leur livrer. Quil'aiantoui
s'en réjouirent 5 & lui pro-
mirent de lui donner de
l'argent : & il cherchoit
comment il le livreroit
commodément. Or le pre-
mier jour des pains fans le-
vain, auquel on facrifioit
l'agneau de Pâque, fes Dif
ciples lui dirent: Oùvcux-
89
prêter à manger l'agneau de
. âque? Et il envoiadeux
de fes Difciples, & leur dit;
Alez en la ville j & un
homme vous viendra à la
rencontre, portant une cru-
:he d'eau, fuivez-le. Et en
quelque lieu qu'il entre, di-
res au maitre de la maifon^
Le Maitre dit; Où eft le
iogis, où je mangerai l'ag-
neau de Pâque avec mes
Difciples ? Et il vous mon-
trera une grande chambre
ornée & préparée : aprêtez-
nous là l'agneau de Pâque.
Ses Difciples donc s'en ale-
rent 5 & étant arrivez dans
la ville, ils trouvèrent tout
comme il leur avoit dit: &
ils aprêterent l'agneau de
Pâque. Et fur le loir jé-
fus vint lui-même avec les
douze. Et comme ils é-
toient à table, & qu'ils man-
geoient, Jéfus leur dit; En
vérité je vous dis, que l'un
de vous, qui mange avec
moi, me trahira. Et ils
commencèrent à s'atrifter:
& ils lui dirent l'un après
l'autre; Eft-cemoi? & l'au-
tre 5 Eft-ce moi? Mais il
répondit, & leur dit ; C'cft
i'un des douze, qui trempe
tu que nous t'aillon$ a-lavec moi au plat. Certes
' V le
90 Le LuN'Di avant Paq^uêT^'
le Fils de rhomme s'en va^
fclon qu'il efl: écrit de lui :
mais malheur à rhomme
par qui le Pils de Thomme
cft trahi: il eut été bon à
cet homme-là de n'être
point né. Et comme ils
mangeoient 5 Jéfus prit le
pain : &c après avoir rendu
grâces, il le rompit 5 àc le
leur donna:, 6c leur dit 5
feroient fcandalifez ; je ne
le ferai pourtant point. Et
Jéfus lui dit : En vérité je
te dis, qu'aujourd'hui en
cette propre nuit, avant
que le coq ait chanté deux
fois, tu me renieras trois
fois. Mais Pierre difoit en-
core plus fortement : Quand
même il me faudroi^ mou-
rir avec toi, je xw ; :. renie-
Prenez 5 mangez: ceci efl: | rai point: àc ils lui dirent
mun corps. Piiis aiant pris \ tous la même chofe. Puis
la coupci ii rendit grâces,! ils vinrent en un lieu nom-
^-.'Pi leur donna : & ils en
burci t Lous. £1 il leur dit 5
mé Gethlémané : & il dit
à tes Difciples 5 AKckz-
Ceci eft mon fangi lefang vous ici jufqua re quej^aie
du Kouvcau Teihment,
qui eu répandu pour plu-
ficurs. En vérité je vous
dis5 que je ne boirai plus
prie.
PiciT
vante
Et 1; pat avec lui
- .y; jaques, & fcan,
ujmmença à s'époa-
& à être fort an-
ciu fruit de la vigne julqu au Igoilïé. Et il leur viit 5 Uoxx
jour que je le boirai nou-
veau dans le Roiaume de
Dieu.^ Et quand ils curent
chanté le Cantique, ils s en
alcrent à la montagne des
Oiivkrs. Et jéfus leur dit,-
Vous ferez tous cette nuit
fcandalilcz en moi : car il
cfr écrite Je fraperai le
Berger, & les brebis feront
djlperfées. Mais après que
je ferai refTufcitc, j^irai de-
vant vous en Galilcc. Et
ame efl: faiiic de triiicile
jufques à la :iiort: demeu-
rez ici, & veilicz. Puis
s'en alant un peu plus ou-
tre, ilfe jetta en terre, &
il prioit; Qlic sii étoit pof-
ftble, rhcurc paflat arriére
de lui. Et il difoitj Ab-
ba. Père, toutes chofes te
font poflibies5 trahfporte
cette coupe arriére de moi :
toutefois non point ce que
"e veux j mai^îCô que tu
Licri-c iui,^itj Qiiaud tous jveus. Puis iiVreviiit-,
X'C^
L^ Lundi a
les trouva dormant : & il
dit à Pierre 5 Simon dors-
tu? n as-tu pu veiller une
heure? Veillez, ôc priez
que vous n entriez point
en tentation : car quant à
i'efprit, il eft prompt; mais
la chair eft foible. £t il
s'en ala encore, & il pria,
difant les mêmes paroles.
Puis étant retourné 5 il les
trouva encore dormant : car
leurs yeux étoient apefan-
tis : & ils ne iavoient que
lui répondre. Il vint en-
core pour la troifiéme fois,
& leur dit , Dormez d'or-
chavant^ & vous repofez:
il luiit, l'heure eft venue :
voici le Fils de l'homme
sen va être livré entre les
mains des méchans. Le-
vez-vous, alons : voici, ce-
lui qui me trahit s'aproche.
Et aulTi-tot, comme il par-
loit encore 5 judas, qui é-
toit Tun des^ douze, vint ;
6c avec lui une grande trou-
pt, aiant ;de$ épécs & des
bâtons, de la part des prin-
cipaux Sacriiicateurs, des
Scribes, & des Anciens. Or
celui qui le trahiflbit avoit^
donné un fienal enti*'eux,-
difant 5 Celui que je baife-j
rai^ ç'eft lui, Caififf^z-k,
VA NT PaQ^UE^ 91
& emmenez-le fûrement-
Qiiand donc il fut venu, il
s'aprocha auflî-tôt de lui,
& dit; Maître, Maître, &
il le baifa. Alors ils mi-
rent les mains fur lui, & le
faifirent. Et quelqu'un de
ceux qui étoient là préfens
tira fon épée 5 & en fra-
pa le ferviteur du fouverain
Sacrificateur, & lui empor-
ta loreille. Alors Jéfus
prit la parole, ôc leur dit 5
Etes-vous fortis comme a-
près un brigand, avec des
épées & des bâtons, pour
mo prendre? ]'étois tous
les jours parmi vous, enfeig-
nant dans le Temple 5 &
vous ne m'avez point faifi :
mais tout ceci eft arrivé, a-
fin que les Ecritures foient
acomplies. Alors tous fes
Difciples rabandonnerent,-;
& s'enfuirent. Et un cer-
tain jeune homme le liii-'
voit, envelopé d'un lin-
ceul fur le corps nud : &
quelques jc-unes gens le fai-
firent. Mais abandonnant
fon linceul, il s'enfuit d'eux'
tout nud-. Et ils emmenè-
rent jéfus au fouverain Sa-
crificateur 5 chez qui s'aC
femblercnt tous les princi*
paux Saaificateurs, les An-
çiensa
92 tE Lundi avant Paq^ue?
cicns, & les Scribes. Etldit; Es-tu le Chrift, le Fils
Pierre le fuivoit de loin du Dieu béni? Et Jéfus
Jufqucs dans la cour du fou
verain Sacrificateur: & il
étoit affis avec les ferviteurs,
& fc chaufFoit près du feu.
Or les principaux Sacrifica-
teurs, & tout le Confiftoire
cherchoient quelque témoi-
gnagjC contre Jéfus, pour le
faire moujtir : mais ils n en
trouvoient point. Car plu-
fîeurs difoicnt de faux té-
moignages contre lui: mais
les témoignages n'étoient
point conformes. Alors
quelques uns s'élevèrent, &
portèrent de faux témoigna-
ges contre lui, difant ; Nous
avons ouï quildifoitj Je
détruirai ce Temple qui efi
fait de main 5 & en trois
jours j'en rebâtirai un au-
tre, qui ne fera point fait
de main. Mais encore a-
vec tout cela leurs témoi-
gnages n étoient point con-
formes. Alors le fouve-
rain Sacrificateur fe levant
-au milieu, interrogea Jéfus,
difant ; Ne répons-tu rien ?
qu eft-ce que ceux-ci témoi-
gnent contre toi? Mais il
ie tût, & ne répondit rien.
Le fouvcrain Sacrificateur
Tinterrogca encore, 6c lui
lui dit 5 Je le fuis : & vous
verrez le Fils de Thomme
aflîs à la droite de la puif-
fance de Dieu, & venant
fur les nuées du cieL A-
iors le fouverain Sacrifica-
teur déchira fes vétemens>
ôc diti Qu avons-nous en^
core affaire de témoins?
Vous avez ouï le blaf-
phème 5 que vous en fem-
ble ? Alors tous ie condam-
nèrent comme étant digne
de mort. Et quelques-uns
fe mirent à cracher contre
lui; & à lui couvrir le vi-
fage 5 & à lui donner des
fouflets : & ils lui difoient 5
Prophétife : & les fergeans
lui donnoient des coups
avec leurs verges. Or com-
me Pierre étoit en bas dans
la cour; une des fervantes
du fouverain Sacrificateur
vint. Et quand elle eut
aperçu Pierre qui fe chau-
toit, elle le regarda en fa-
ce, & lui dit 5 Et toi, tu
étois avec Jéfus le Nazarien,
Mais il le nia, difant; Je
ne le connois point, & je
ne fai ce que tu dis : puis
il fortit dehors au portail;
& le coq chanta. Et la
fer-
LÉ Mardi avant Paque:
9i
fervante Taiant regardé en- In ai point cachié mon vi-
core, elle fe mit à dire à fage arriére des oprobre^
ceux qui étoient là pré-
fensj Celui-ci eft de ces
gens-là. Mais il le nia une
féconde fois. Et encore
un peu après, ceux qui é-
toient là préfens, dirent à
Pierre i Certainement tu
es de ceux-là: car tu es Ga-
liléen, & ton langage s'y
raporte. Alors il fe mit à
fe maudire, & à jurer, di-
fant î Je ne connois point
cet homme-là que vous di-
tes. Et le coq chanta pour
la féconde fois : & Pierre
fe reffouvint de cette parole
que Jéfus lui avoir dite;
Avant que le coq ait chan-
té deux fois ; tu me renie-
ras trois fois. Et
jette dehors il pleura
s'étant
Le Mardi avant Pâque.
7 ont UEpitre, Efa. 50. 5
Seigneur l'Eternel
l_i m'a ouvert loreille,
& je n ai point été rebelle,
& ne me fuis point tiré en
arriére. J'ai expofé mon
dos à ceux qui me frapoi-
çnt, & mes joues à ceux
qui me tiroient le poil : je
ni des crachats. Mais le
Seigneur TEternel nVa ai-
dé : c'eft pourquoi je n'ai
point été confus : & aihfi,
j'ai rendu mon vifage fem-
blable à un caillou : car je
fai que je ne ferai point
rendu honteux. Celui qui
me juftifie eft près : qui eft-
ce qui débatra contre moiif
comparoiflbns enfemble i
qui eft-ce qui eft mon a-
verfe partie? quil aproche
de moi. Voilà, le Seig-
neur , TEternel m'aiderai
qui fera-ce qui me condam-
nera? voilà, eux tous fe-
ront ufez comme un vê-
tement; la tigneles ronge-
ra. Qui eft celui d entre
vous qui craigne l'Eternel,
& qui écoute la voix de
fon fervitcur? Que celui
qui a marché dans les ténè-
bres, & qui n avoit point
de clarté, ait confiance au
Nom de l'Eternel, & qu'il
s'apuie fur fon Dieu. Voi-
là, vous tous qui aiumez
le feu, & qui vous ceignez
d'étincelles, marchez à la
lueur de vôtre feu ; & dans
les étincelles que vous avez
embraiées ; ceci vous a été
I fait
P4. I'* Mardi av
fait de ma main, vous ferez
gifant dans les. toumiens.
t'EvANGiLE^ S. Marc 15.1-
ET incontinent au ma-
tin les principaux vSa-
erilicateurs avec les Anciens
& les Scribes, & tout le
Confiftoire, aiant tenu con-
feil, firent lier Jéfus, &
remmenèrent, & le livrè-
rent à Pilate. Et Pilate
Tinterrogea, difant ; Es-tu
le Roi des Juifs > & Jéfus
répondant, lui dit ; Tu le
dis. Or les principaux Sa
crificateurs Tacufoient de
plufieurs chofes : mais il ne
répondoit rien. Et Pilate
l'interrogea encore, difant 5
Ne répons-tu rien ? voi
combien de chofes ils dé-
pofent contre toi. Mais
Jéfus ne répondit rien non
plus; de forte que Pilate
s'en étonnoit. Or il leur
relâchoit à la fête un pri-
fonnier, lequel que ce fut
qu'ils dcmandalTent. Et il
y en avoit un, nommé Bar-
rabas, qui étoit prifonnier
avec fcs complices pour une
fédition, dans laquelle ils
avoient commis un meur-
tre. Et le peuple criant
ANT PaQ^UE;
tout haut, fe mit à demari^
der à Pilate qu il fit com-
me il leur -avoit toujours
fait. Mais Pilate leur ré-
pondit, en difant 5 Voulez-
vous que je vous relâche le
Roi des Juifs > (Car il fa-
voit bien que les princi-
paux Sacrificateurs Favoient
livré par envie.) Mais les
principaux Sacrificateurs ex-
citèrent le peuple à deman-
der que plutôt il relâchât
Barrabas. Et Pilate leur
repondant, leur dit encore;
Que voulez-vous donc que
je faffe de celui que vous
apellez Roi des Juifs > Et
ils s'écrièrent encore 5 Cru-
cifie-le. Alors Pilate leur
dit > Mais quel mal a-t-il
fait? Et ils s'écrièrent en-
core plus fort 5 Crucifie-le.
Pilate donc voulant con-
tenter le peuple, leur relâ-
cha Barrabas 5 6c après avoir
fait fouëter Jéfus , il le
livra pour être crucifié.
Alors les foldats l'emmenè-
rent dans la cour, qui eft
le Prétoire: & toute la Ban-
de s'étant là affemblée, ils
le vêtirent d'une robe de
pourpres & aiant fait une
couronne d'épines entre-
laffées l'une dans l'autrC;, ils
la
t'É^^MTRMwrmir^ i> i Qu t:
îâlm mirent fur la tête:
Puis ils commencèrent à le
faluër, en lui difant ; Bien
te foit, Roi des Juifs : Et
ils lui frapoient la tête avec
un rofeau 5 & crachoient
contre lui : & fe mettant
à genoux, ils lui faifoient
la révérence. Et après sê-
tre ainfi moquez de lui, iJs
le dépouillèrent de la robe
de pourpre 5 & le revêtirent
de fcs habits r& remme-
nèrent dehors pour le cru-
cifier. Et ils ' contraigni-
rent un certain homme,-
nommé Simon, Cyrénieh,
père d'Alexandre & de Ru-
fus, qui paflbit par là, re-
venant- des champs, dépor-
ter fa croix. Et ils le me-
nèrent au lieu apellé Gol-
gotha, c'eft-a-dire, le lieu
du Teft. -Et iJs lui donnè-
rent à boire du vin mix^
tionné avec de la mirrhe :
mais il ne le prit point.
Et quand ils Feurent cruti-
fié y ils partagèrent fes vé-
temcns, en .les jettant au
fort DDur.faToir ce que cha-
cun en aurôit.j: Gril étoit
trois heures quand ils le
crucifièrent. Et fécriteau
contenant la caufeii.de fa
condamnation étoit ^ L e
1
9S
ROI D Ë S J Û I F S. Ils
crucifièrent aufli avec lui
deux brigands : Tun à fa
main droite 5 & Fautre à fa
gauche. Et ainfi fut a-
complie FEcriture, qui dit 5
Et il a été mis au rang des
malfaiteurs. Et ceux qui
paffoient près de là, lui dî-
foient des outrages, bran-
lant la tête, 6c difant 5 Hé î
Toi, qui détruis le Temple,
& qui le rebâtis en trois
jours y Sauve-toi toi-mêmci
6c defcen delà croix. Pa-
reillement les principaux
Sacrificateurs eux-mêmes fe
moquant- avec les Scribes,
difoient entr'eux ; Il a fau-
ve les autres, il ne fe peut
fauver lui-même. Que le
Chrift, le Roi dlfraei, def-
cende maintenant de .la
croix 5 afin que nousle\X)i-
ions & que nous croiïons!
Ceux aujQî qui étoient cru-
cifiez avec lui, lui difoient
des outrages. Mais quand
il fut fix heures,! iUyjeut
des ténèbres fur tout Je
pais jufqua neuf heures. Et
à neuf heures ) éfus aria à
haute voix, diiant; Eloï,
Eloï, lamnia fabachthani?
c eft-à-dire; MoaDicu, mon
Dieu, pourquoi nVas-tu ,a-
bandonné.^
pé Le Mecredi avantPa (jtr b/
bandoiiné > Ce que quel-
ques-uns de ceux quiétoient
là préfens, aiant entendu,
ils dirent; Voilà, il apelle
Elle. Et quelqu'un acou-
rut, qui emplit une éponge
de vinaigre, & qui Taiant
mile autour d'un rofeau,
lui en donna à boire, en
difant; Laiflez, voions Jî
Elle viendra pour loter.
Et Jéfus aiant jette un grand
cri, rendit refprit. Et le
voile du Temple fe déchi-
ra en deux, depuis le haut
jufquen bas. Et le Cen-
tenier qui étoit là vis-a-vis
de lui, voiant qu il avoit
rendu Tefprit en criant ain-
fi, dit 5 Véritablement cet
homme étoit le Pils de
Dieu.
Le Mecredi avant Pâque.
LTpitre, Heb. 9. 16.
CAR où il y a un tef-
tament, il eft nécef-
faire que la mort du tefta
teur intervienne. Parce
que c eft par la mort du tef-
tateur quun teftament eft
rendu ferme ; vu qu il n a
point encore de vertu du-
rant que le teftatcur eft en
vie. C'eft pourquoi le prc5
mier teftament lui-même
n'a point été établi fans du
fang. Car après que Moïfe
eut récité à tout le peuple
tous les commandemens
félon la Loi, aiant pris le
fang des veaux & des boucs,
avec de Teau & de la laine
teinte en pourpre, & de
rhyfope, il en fit afperfion
fur le Livre, & fur tout le
peuple: En difant 5 Ceft
ici le fang du Teftament,
lequel Dieu vous a établi.
Il fit aullî afperfion du fang
femblablement fur le Ta-
bernacle; & fur tous les
vaifîeaux du fervice. Ef
prefque toutes chofes félon
la Loi font purifiées par le
fangi & fans effufion de
fang il ne fe fait point de
remiffion. Il a donc falu
que les chofes qui repré-
fentoient celles qui font aux
Cieux, fuflent purifiées par
de telles chofes 5 mais que
les celeftes le foient par des
facrifices plus excellens que
ceux-là. Car Chrift n'eft
point entré dans les lieux
Saints faits de main, qui
étoient des figures corref-
pondantes aux vrais : mais
il eft entré au Ciel même;
afin
Le Mègredî avaïtt Paq^ùe/ §f€
sfin de comparoitre main-
tenant pour nous devant
la face de Dieu. Non qu il
s'ofre plufieurs fois lui-
même;, ainfi que le Souve-
rain Sacrificateur entre
dans les lieux faints cha
que année, avec un autre
fang : (Autrement il au
roit falu quil eut foufert
plufieurs fois depuis lafon
dation du monde) mais
maintenant en la confom-
mation des fiécles, il eft
comparu une feule fois
pour labolition du péché,
par le facrifice de foi-même
Et comme il eft ordonné
aux hommes de mourir une
feule fois, & qu'après cela
fuit le jugement : Pareille-
ment auflî Chrift aiant été
ofert une feule fois, pour
ôter les péchez de plufieurs,
aparoitra une féconde fois
fans péché à ceux qui Ta-
tendent à falut.
L'Evangile, S. Luc. 22. i.
OR la fête des pains
fans levain, qu'on a-
pelle Pâque, aprochoit. Et
les principaux Sacrificateurs
& les Scribes cherchoient
comment ils le pourroient
faire mourir : car ils craig-
noient le peuple. Maïs S-âr
tan entra dans Judas, fur-
nommé Kcariot', qui étoit
du nombre des douze. Le-
quel s'en ala, & parla avec
les principaux Sacrificateurs
& les Capitaines, de la ma-
nière dont il le leur livrc-
roit. Et ils en furent ; di-
eux, & convinrent quils
lui donneroient de l'argent.
Et il le leur promit : & il
cherchoit le temps propre
pour le leur livrer fans tu-
multe. Or le jour des
pains fans levain, auquel il
taloit facrifier l'Agneau de
Pâque, arriva. Et félus
envola Pierre ôc Jean, en
leur difantj Alez, & a-
prêtez-nous l'Agneau de
Pâque, afin que nous le
mangions. Et ils lui di-
rent 5 Où veux-tu que nous
Taprêtions? Et il leur dit ^
Voici, quand vous ferez en-
trez dans la ville vous ren-
contrerez un homme por-
tant une cruche d'eau, im-
vez-le en la maifon où il
entrera. Et dites au maî-
tre de la maifon 5 Le Maî-
tre t'envoie dire^ Ou di
logis où je mangerai
l'Agneau de Pâque avec
mes Difçiples > Et il vous
H mon-
9^ Le Mecredî avant Paq^uEo
montrera une grande cham-
bre haute, parce : aprctez-
là TAgneau de Pâque. S'en
étant donc alcz, ils trou-
vèrent félon qu'il leur avoit
dit; & ils aprêterent l'Ag-
neau de Pâque. Et quand
rheure fut venue, il le mit
à table, & les douze Apô-
tres avec lui. Et il leur
dît; j'ai fort défîré de
manger cet Agneau de Pâ-
que avec vous avant que je
foufrc. Car je vous dis,
que je n'en mangerai plus
jufqu'à-ce qu'il foit acom-
pli dans le Roiaume de
Dieu. Et aiant pris la cou-
pe, il rendit grâces, & il
dit 5 Prenez-la, & la diftri-
buez entre vous. Car je
vous dis; que je ne boirai
plus du fruit de la vigne,
jufqua-ce que le Règne de
Dieu foit venu. Puis pre-
nant le pain, & aiant ren-
du grâces ; il le rompit i &
le leur donna, en difant ;
Ceci cft mon corps, qui
eft donné pour vous : faites
ceci en mémoire de moi.
Pareillement auill il leur
donna la coupe après le
fouper, en difant ^ Cette
coupe eft le Nouveau Tef-
tamcnt en mon fang, qui
eft répandu pour vous. Ce-
pendant voici, la main de
celui qui me trahit cft avec
moi à table. Et certes le
Fils de l'homme s'en va,
félon ce qui eft déterminé :
toutes-fois malheur a cet
homme par qui il eft trahi.
Alors ils fe mirent à s'en-
tredemander l'un à Tautrci^
qui feroit celui d'entr'eux
à qui il arriveroit de com-
mettre cette adion. Il ar-
riva auffi une conteftation
entr'eux, pour favoir le-
quel d'entr'eux feroit eftimé
le plus grand. Mais il leur-
dit i Les Rois des nations
les maîtrifent : & ceux qui
ufent d'autorité fur elles
font nommez bienfaiteurs.
Mais il n en fera pas ainfi
de vous : au contraire, que
le plus grand entre vous
foit comme le moindre :
& celui qui gouverne, com-
me celui qui fert. Car le-
quel eft le plus grand s ce-
lui qui eft à table, ou celui
qui fert? ncft-cc pas celui
qui cft a table ? or je fuis
au milieu de vous comme
celui qui fert. Or vous é-
tes ceux qui avez pcrfévéré
avec moi dans mes tenta-
tions. C'eft pourquoi je
vous
Le Mecredi avant Paque. 9P
vous difpofe le Roiaume
comme mon Père me l'a
difpofe. Afin que vous
mangiez <5c que vous beu-
viez à ma table dans mon
Roiaume i & que vous foi-
ez allîs fur des trônes, ju-
geant les douze Tribus dlf-
raël. Le Seigneur dit auflîj
Simon, Simon, voici, Satan
a demandé inftamment à
vous cribler comme le bléj
Mais j'ai prié pour toi que
ta foi ne défaille point :
toi donc quand tu feras un
jour converti, fortifie tes
frères. Et Pierre lui dit;
Seigneur, je fuis tout prêt
dealer avec toi, foit en
prifon, foit à la mort. Mais
Jéfus lui dit 5 Pierre, je te
dis, que le coq ne chantera
point aujourd'hui, que pre-
mièrement tu ne renies par
trois fois de m'avoir con-
nu. Puis il leur dit : Quand
je vous ai envolez fans
bourfe, fans malette, &
fans fouliers, avez-vous
manqué de quelque chofe:
Et ils répondirent j De
rien. Et il leur ditj Mais
maintenant que celui qui
a une bourfe, la prenne : ôc
de même celui qui a une
jnalette : de que celui qui
n a point d'épée, vende fa
robe, & achète une épécw
Car je vous dis? quil faut
que ceci aullî qui eifl: écrit,
foit acompli en moi. Et
il a été mis au rang des
iniques. Car certainement
les chofes qui ont été pré-
dites de moi, s'en vont
être acomplies. Et ils di-
rent ; Seigneur, voici deux
épées. Er il leur dit ; C'eft
allez. Puis il partit, & s'en
ala, félon fa coutume, au
mont des Oliviers : ôc fes
Difciples le fuivirent. Et
quand il fut arrivé en ce
lieu là, il leur dit 5 Priez
que vous n'entriez point en
tentation. Puis s'étant é-
loigné d'eux environ un
jet de pierre 5 & s'étant
mis à genoux, il prioit,
Difant ; Père, fi tu voulois
tranfporter cette coupe loin
de moi; toutefois que ma
volonté ne foit point faite i
mais la tienne. Et un An-
ge lui aparut du eiel, le
fortifiant. Et lui étant en
agonie, prioit plus inftam-
ment : & fa fueur devint
comme des grumeaux de
fang découlant en terre.
Puis s'étant levé de fa pri-
ère, il revint à fes Difci-
H 2 pies.
Le Mecredi avant Paqu h:
pies, kfquels il trouva dor-
mant de triftcfle : Et il
leur dit s Pourquoi dor-
mez-vous? levez-vous, &
priez que vous n'entriez
point en tentation. Et
comme il parloit encore j
voici une troupe, êc celui
qui avoir nom judas, Tun
des douze, vint "devant eux,
ôc s'aprocha de jéfuspour
le baifer. Et jéfus lui ditj
Judas, trahis-tu le Fils de
l'homme par un baifer?
Alors ceux qui étoient au-
tour de lui, voiant ce qui
aloit arriver", lur dirent :
Seigneur, fraperons-nous de
répée ? Et Tmi d'eux fra-
pa le ferviteur du fouverain
Sacrificateur, & lui empor-
ta Toreille droite. Mais
Jéfus prenant la parole dit 5
Laifïez-les faire jufques ici.
Et lui aiant touché loreil-
le, il le guérit. Puis Jé-
liis dit aux principaux Sa-
crificateurs, ôi aux Capi-
taines du Temple, êc aux
Anciens qui étoient venus
contre lui s Etes-vous for-
tis comme après un bri-
gand avec des épées & des
bâtons ? Qtioi que j'aie été
tous les jours avec vous au
Tcmpkj vous navez pas
mis la main fur moi : mais
c.d\ ici vôtre heure, & la
puiilance des ténèbres. Se
faififfant donc de lui, ils
remmenèrent; & le firent
entrer dans la maifon du
fouverain Sacrificateur: ôc
Pierre fiiivoit de loin. Or
ces gens aiant alumé du
feu pxx milieu de la cour,
& étant alTis cnfcmble,Pier-
re s'afllt auflî parmi eux.
Et une fervante le voiant
affis auprès du feu, & aiant
rœil arrêté fur lui, dit 5
Celui-ci aufiî étoit avec lui :
Mais il le nia, difànt 5 Fem-
me, je ne le connois point.
Et un peu après, un autre
le voiant, dit 5 ^u es aufiî
de ceux-là : mais Pierre dit^
O homme! je n'en fuis
point. Et environ Telpace
d'une heure après ; quelque
autre afiîrmoit, & difoit ;
Certainement celui-ci aufli
étoit avec luij car il efliGa-
liléen. Et Pierre dit 5 O
homme ! ;e ne fai ce que
tu dis. Et dans ce moment,
comme il parloit encore,
le coq chanta. *Et le Sei-
gneur fe tournant, regarda
Pierre; & Pierre fe reffou-
vint de la parole du Sei-
gneur, qui lui avoir dit;
Avaat
Le Jeudi avant PAQ^UEr lot*
moignage ? car nous-mêmes
Tavons ouï de fa bouche.
IjC Jeudi avant Pâque.
'Avant que le coq chante,
tu nie renieras trois fois.
Alors Pierre étant forti de-
hors, pleura amèrement.
Or ceux qui tenoient jéfuS;,
fe moquoient de lui, & le
frapoient. Et Taiant ban-
dé lui donnoient des coups
fur le vifàge, & rinterro-
geoient, difant; Prophctifc
qui efl celui qui t'a frapé r
L'Epitre, I Cor. II. 17:
en ceci que je vais
/ous dire Je ne vous
loiic point j c'eft que vous
ne vous aficmblez pas en
lieux, mais en pis. Car
o\
Et ils difoient plulieurs au- j premièrement quand Vous
très chofes contre lui, en vous aiîcmblcz dans l'Eglifc,
loutrageant de paroles. Erh'aprens qu'il y a des par-
quand le jour fut venu, les tialitez parmi vous: &j''en
Anciens du peuple, & les
principaux Sacrificateurs, &
les Scribes saffemblcrent,
& remmenèrent dans le
Confeil 5 Et lui dirent : Si
tu es le Chrift, di-le nous.
Et il leur répondit j Si je
vous le dis, vous ne le croi-
rez pomt. Qiie fi auffi je
vous interroge, vous ne
crois une partie ; Car il
faut qu il y ait même des
hcréfies parmi vous 5 afin
c^\\z ceux qui font dignes
d'aprobation, foient mani-
feftez parmi vous. Qiiand
donc vous vous alîcmblcz
ainfi tous cnfcmble, ce n'eft
pas manger la Cène du Sei-
imeur. Car lors quil s'adt
me repondrez pomt 5 m ne de prendre le repas, chacun
me laifferez point alcr.
Déformais le Fils de f hom-
me fera affis à la droite de
la pui (Tance de Dieu. A-
lors ils dirent tous; Es-tu
donc le Pils de Dieu ? Il
leur dit s Vous le dites
prend par avance fon lou-
per particulier i en forte
que Tun a faim, & Pautre
fait bonne chère. N'avcz-
vous donc pas de maifons
pour manger & pour boire?
Ou mèprifez-vous i'Egli (e de
vous-mêmes que je le fuis. | Dieu >& faites-vous honte à
Et ils dirent 5 Qu'avons | ceux qui n ont rien ? Que.
lious befoin encore de té- ï vous dirai-je ? Vous louerai-
^ H 3 )ç|
102 Le Jeudi avant Paq^ue;
je? je ne vous loue point jnant point le corps duSeî-
en ceci. Car j'ai reçu dujgneur. Et ceft pour cela
Seigneur ce quauffi je vous queplufieurs font foibles&
ai donné : c eft que le Sei- malades parmi vous, & que
gneur jéfus la nuit qu il pluficurs dorment. Car fi
fut tralîi, prit du pain: Et nous nous jugions nous-
après avoir rendu grâces il
le rompit, & dit 5 Prenez,
mangez : ceci eft mon corps
qui eft rompu pour vous:
faites ceci en mémoire^ de
moi. De même auflî a-
près le fouper, il prit la
coupe, en difant 5 Cette
coupe eft la nouvelle alli-
ance en mon fang : faites
ceci toutes les fois que vous
en boirez, en mémoire de
moi. Car toutes les fois
que vous boirez de cette
coupe, vous annoncerez la
mort du Seigneur jufques
à ce qu'il vienne. Ceft
pourquoi quiconque man-
gera de ce pain, ou boira
de la coupe du Seigneur
indignement , fera coupa-
ble du corps & du fang du
Seigneur. Qiie chacun
donc s'éprouve foi-même :
& ainfi qu'il mange de ce
pain 5 & qu'il boive de cet-
te coupe : Car celui qui en
mange, & qui en boit in-
dignement, man2;e & boit
fon jugement ; ne difccr-
mêmes, nous ne ferions
point jugez. Mais quand
nous fommes jugez, nous
fommes enfeignez par le
Seigneur 5 afin que nous ne
foions point condamnez a-
vec le monde. Ceft pour-
quoi, mes frères, quand
vous vous aflemblez pour
manger, atendez-vous l'un
l'autre. Et fi quelqu'un a
faim, qu'il mange en fa
maifouj afin que vous ne
vous affembliez point en
jugement. Touchant les
autres points, j'en ordonne-
rai, quand je ferai arrivé.
L'Evangile, S.Luc. 23.1.
Uis ils le levèrent tous,
& le menèrent à Pi-
latc. Et ils fe mirent à
l'acufcr, difant 5 Nous a-
vous trouve cet homme
pervertifîant la nation i &
défendant de donner le tri-
but à Céfar ; & » fe difant
être le Chrift, le Roi, Et
Pilate l'interrogea, difant $
Es-tu le Pvoi des Juifs > Et
Jéfus répondant, lui ditj?
Tu
p
Le Jeudi avant Paq^ue.
10
Tu le dis. Alors Pilatc
dit aux principaux Sacriii-
catcurs, & à la troupe du
peuple 3 Je ne trouve au-
cun crime en cet honime.
Mais ils infilloient encore
davantage, allant s 11 émeut
le peuple;, enfeignant par
toute la Judée, & aiant
lui, après qu il Teut revêtu
d'un vêtement blanc, le
renvoia à Pilate, Et en ce
même jour Pilate & Hé-
rode devinrent amis entr'-
eux : car auparavant ils é-
toient en inimitié enfem-
ble. Alors Pilate aiant a-
pellé les principaux Sacri-
commencé depuis la Gali-jficareurs, & les Gouver-
léc jufques ici. Or quand jneurs, & le peuple, il leur
Pilatc entendit parler de _ dit 5 Vous niavez préfenté
la Galilée, il demanda, fi cet homm\r comme perver-
cet homme étoit Galiléen.'tiffant le peuple: & voici,
Et aiant apris qu il étoit de
la jurifdiûion d'Hérode, il
le renvoia à Hérode, qui
en ces jours-là étoit aufii à
Jérufalem. Et lors quTîé-
3:ode vit Jêius, il en fut
fort joieuxi car il y avoir
Ten aiant fait répondre de-
vant vous, je iVai trouvé
en cet homme aucun de
ces crimes dont vous lacu-
fez. Ni Hérode non plus :
car je vous ai renvoiez à
lui 5 & voici, rien ne lui a
long-temps qu'il défiroit de été fait qui marque qu'il foit
le voir ; à caufe qu'il en-
tendoit dire plufieurs cho-
fes de lui; & il efpéroit
qu'il lui verroit faire quel-
que miracle. Il Tin^terro-
gea donc par divers dif-
<:ours: mais Jéfus ne lui
répondit rien. Et les prin-
cipaux Sacrificateurs & les
Scribes comparurent, Tacu-
fant avec une grande vé-
hémence. Mais Hérode a-
vec ces gens Taiant mé-
prifé, (5c s'étant moqué de
digne de mort. QLiand
donc je Taurai iaii foucter
je le relâcherai. Or il fa-
loit qu'il leur relâchât quel-
qu'un à la Fcte. Et toutes
les troupes s'écrièrent en-
femble, difantj Ote celui-
ci, & relâche nous Barra-
bas 3 qui avoir été mis en
prifon pour quelque fédi-
tion faite dans la ville avec
meurtre. Pilate donc leur
parla encore, voulant relâ-
cher Jéfus. Mais ilss'écri-
H 4 oient.
io4^ Le Jeudi av
oient, difant ; Crucifie, cru-
cific-lc. Et il leur dit pour
la troifiéme fois 5 Mais quel
mal a fait cet homme ? Je
ne trouve rien eu lui qui
foit digne de mort : Taiant
donc fait fouëter, je le re-
lâcherai. Mais ils infiftoi-
ent à grands cris, deman-
dant qu'il fut crucifié : &
leurs cris & ceux des prin-
cipaux Sacrificateurs fe ren-
forçoient. Alors Pilatc pro-
nonça que ce quils de-
niandoient, fut fait. Et il
leur relâcha celui qui pour
fédition & pour meurtre a-
voit été mis en prifon, &
lequels ils demandoient :
6c il abandonna ]éfi.is a leur
volonté. Et comme ils
Tcmmenoient, ils prirent
un certain Simon, Cyré-
nien, qui venoit des champs,
<5c le chargèrent de la croix
pour la porter après Jéius.
Or il étoit fuivi d'une
grande multitude de peuple
Se de femmes, qui fe fra-
poient la poitrine, & le
pleuroient. Mais Jeliis fe
tournant vers elles, leur
dit 5 Filles de jérufalem,
ne pleurez poinf fjr moi j
mais pleurez fur vous-
^nemcs, ôi fiu: vos cnfans.
ANT VaQV'E^.
Car voici, les jours vien-
dront aufquels on dira^
Bienheureufes font les fté-
riles5 <5c bienheureux les ven-
tres qui n'ont point enfan-
té, & les mammelles qui
n'ont point alaité. Alors
ils fe mettront à dire aux
montagnes s Tombez fur
nous : & aux coteaux s
Couvrez-nous. Car s'ils
font ces chofes au bois
verd, que fera-t-il fait au
bois fec? Deux autres aulli
qui étoient des malfaiteurs,
furent menez pour les faire
mourir avec lui. Et quand ils
furent venus au lieu qui eft
apellé le Tefti ils le cruci-
fièrent là, & les malfai-
teurs auflî : l'un a la droite,
& l'autre à la gauche. Mais
jéfus difoit ; Père, pardon-
ne leur, car ils ne favent
ce qu'ils font. Ils firent
enfuitc le partage de fcs
vétemens, & ils les jette-
rent au fort. Et le peuple
fe tenoit là regardant : &
les Gouverneurs auflî fe
moquoient de lui avec eux,
difant5 11 a fauve, les au-
tres, qu'il fe fauve lui-
même, s'il eft le Chrift,
l'élu de Dieu. Les foldats
aufli fe moquoient de lui,
s'apro-
LÉ Vendredi Saint
s^aprochant, & lui préfen-
tant du vinaigre : Etdifant^
Si tu es le Roi des JuifS;,
fauve-toi toi-même. Or il
y avoit au deffus de lui un
écriteau en lettres Grec-
ques, ôc Romaines, & Hé-
braïques, en ces mots :
Celui-ci est le roi des
Juifs. Et Tun des mal-
faiteurs qui étoient pendus,
loutrageoit, difant s Si tu
çs le Chrift, fauve-toi toi-
inême, & nous aullî. Mais
l'autre prenant la parole le
tançoit, difant 5 Au moins
ne crains-tu point Dieu,
puis que tu es dans la
même condamnation? Et
pour nous, nous y fommes
juftement : car nous rece-
vons des chofes dignes de
nos forfaits : mais celui-ci
if a rien fait qui ne fe dut
faire. Puis il difoit à Jé-
fus; Seigneur, fouvien-toi
de moi quand tu viendras
en ton Règne. Et Jéfus
lui dit 5 En vérité je te dis,
quaujourd'iiuitu feras avec
moi en paradis. Or il é-
toit environ fix heures, &
il fe fit des ténèbres par
tout le païs jufqua neuf
heures. Et le foleil fut
obfcurciA le voile duTem-
105
pie fe déchira par le milieu.
Et Jéfus criant à haute voix
diti Père, je remets mon
efprit entre tes mains. Et
aiant dit cela, il rendit YcC-
prit. Or le Centenier vol-
ant ce qui étoit arrivé, glo-
rifia Dieu, difant i Certes
cet homme étoit jufte. Ef:
toutes les troupes qui s 'étoi-
ent affemblées â ce fpeda-
cle, voiant les chofes qui
étoient arrivées, sqïï re-
tournoient frapant leurs
poitrines. Et tous ceux de
fa connoiffance, & les fem-
mes qui lavoient fuivi de
Galilée, fe tenoient loin^
regardant ces chofes.
Le Vendredi Saint.
TTEui
Les Collectes.
Euille, Seigneur, rc-
der favorabiernent
cette tienne famille, pour
laquelle nôtre Seigneur |é-
fus Chrift a bien voulu
être trahi, & livré entre
les mains des méclaiis,
pour foufrir la mort de la
croix i lequel maintenant
vit & règne avec toi, ôc a-
vec le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement.
Amen.
Dieu
£0(5 Le
Tr\Ieu ToLit-puiflant &
J-^ Eternel, qui con-
duis & fandifies par ton
Saint Efprit tout le Corps de
TEglife^ reçoi les prières, &
les fuplications que nous
te prélentons pour toutes
les diférentes conditions de
ceux qui le compofenti
afin que chacun de fes
membres te puifle fervir en
toute fuicérité, & en toute
piété, félon fa charge &
fa^ vocation; par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur ôc Sauveur.
Amen..
Ç\ Dieu mifcricordieux ,
^^ qui as créé tous les
hommes, & qui ne haïs
rien dc^ ce que tu as fait 5
qui aulîi ne demandes point
la mort du pécheur, mais
A I N T.
Vendredi
troupeau fous un fcul Pa-
yeur Jefus Chrift nôtre
Sauveur 5 qui vit 6c qui règ-
ne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
béni étcrnelkment. Amen.
L
piULOt qu il fe convernflc & ! chez réitérée d'année
L'Epitre, Heb. 10. i.
A Loi aiant lombre
des biens à venir, ôc
non la vive image des cho-
ies, ne peut jamais par les
mêmes facrifices, que Ion
ofre continuellement cha-
qu année, fandifier ceux qui
s y adreffent. Autrement
n euffent ils pas ceiTé d^ctrc
oferts ? puis que les facri-
fians étant une fois purifiez,
ils neulfent plus eu aucune
confcience de péché? Or
il y a dans ces facrifices u-
ne commémoration des pe-
qu il vive: Aie pitié de tous
Icsjuift; de touslesTurcs5 de
tous Ics^ Infidcics 5 & de tous
les Hérétiques; ôte leur tou-
te ignorance, tout endur-
Cifiemenr de cœur, & tout
rnepris de ta Parole. Veuil-
ie, ô nôtre bon Dieu, les
ramener a ta bergerie 5 afin
qulls foicnt fauvez avec le
refc des véritables Ifraëlites,
ne i^ifaiit plus quYm fc^j
en
année. Car il cft impof-
fible que le fang des tau-
reaux & àz^ boucs ôte les
péchez.' C^eft pourquoi Jé-
lus-Chrift en entrant au
monde a dit s Tu n as point
voulu de facrifice, ni d'of-
frande; mais tu m'as aproprié
un corps : Tu n as point
pris plaifir aux holocauftes,
ni à loblation pour le pé-
ché. Alors j'ai diti Me
voici,
Le Vendre
^oîci, je viens : il eft écrit
de moi au commencement
du Livre i Que je fafîc, 6
Dieu, ta volonté. Aiant
dit auparavant 5 Tu n'as
point voulu de facrifice, ni
d offrande, ni dliolocauftes,
ni d'oblation pour le pé-
ché, & tu n'y as point pris
plaifir:lcfquelles chofes font
pourtant ofertes félon la
Loi, alorsiladit5 Me voi-
ci, je viens afin de faire, ô
Dieu, ta volonté. II otc
donc le premier, afin d'éta-
blir le fécond. Or c cft par
cette volonté que nous
fommes fanûifiez ; favoir
par loblation qui a été faite
une feule fois du corps de
Jéfus-Chrift. Tout Sacri-
ficateur donc afiifle chaque
jour, adminiftrant, & of-
frant fouvent les mêmes fa-
crifices, qui ne peuvent ja-
mais ôter les peciiez : Mais
celui-ci aiant ofert un feul
facrifice pour les péchez,
s'eft aflîs pour toujours à
la droite de Dieu : Atcn-
dant ce qui reftc, favoir
que fes ennemis foient mis
pour le marchepied de fes
pieds. Car par une feule
oblation il a confacré pour
toujours ceux qui ibnt fanc-
D I S A 1 N T* 107
tifiez. Et ceftauffi ce que
le Saint Efprit nous témoi-
gne i car après avoir dit
premièrement i C'eft ici le
Teftament que je difpofe-
rai envers eux après ces
jours-là, dit le Seigneur i
c'eft que je mettrai mes
loix dans leurs cœurs, &
les écrirai dans leurs enten-
demens : & je ne me fou-
viendrai plus de leurs pé-
chez, ni de leurs iniquitez.
Or où il y a remiflîon de ces
chofes, il n'y a plus d'obla-
tion pour le péché. Puis
donc, mes frères, que nous
avons la liberté d'entrer
dans les lieux Saints par le
fang de Jéfus 5 qui cft le
chemin nouveau & vivant
qu'il nous a confacré i que
nous avons, dis-je, la liber-
té d'y entrer par le voile,
c'eft-a-dire, par fa propre
chair j & que nous avons ,
un grand Sacrificateur éta-
bli fur la maifon de Dieu :
Alons avec un vrai cœur,
ôc avec une pleine certitude
de foi, aiant les cœurs pu-
rifiez de mauvaife con-
fcience, ôc le corps lavé
d'eau nette. Retenons la
profeflîon de nôtre cfpé-
rance fans varier ; car celui
qui
ïos Le Vend k e b ï S a ï n î;
qui nous a fait les promef-
fcs cfl fidèle. Et prenons
^arde lun à Tautre ; afin de
nous inciter i la charité &
aux bonnes -oeuvres : Ne
quitant point nôtre affem-
blée^, comme quelques-uns
ont acoûtumé de faire,
mais nous exhortant Tun
l'autre : & cela d autant
plus que vous voiez apro-
cher le jouro
L'Evangile, S. Jean, 19. i.
Pllate fit donc alors
prendre Jéfus, & le
lit fouetcr: Et les foldats
plièrent une couronne d'é-
pines, quils mirent fur fa
tête, & le vêtirent d'un vê-
tement de pourpre. Puis
ils lui difoients Roi des
Juifs, bien te foit : & ils
lui donnoient des coups a-
vec leurs verges. Et Pi-
late fortit encore dehors,
& leur dit 5 Voici, je vous
i amené dehors, afin que
vous fâchiez que je ne
trouve aucun crime en lui.
Jéfus donc fortit portant la
couronne d'épines, & k
vêtement de pourpre: &
Pilate leur dit 5 Voici l'hom-
me. Mais quand les prin-
cipaux Sacrificateurs & ks
fergens le virent, ilssecri:'
crent, en difant ; Crucifie,
crucifie. Pilate leur dit:
Prenez-le vous mêmes, 6c
le crucifiez: car je ne trou-
ve point de crime en lui.
Les Juifs lui répondirent 5 '
Nous avons une loi 5 &fe-
jon nôtre loi, il doit mou-
rir : car il s'eft fait Fils de
Dieu. Or quand Pilate eut
ouï cette parole, il craig-
nit encore davantage. Et
il r'entra dans le P'rétoire,
& dit à Jéfus i D où es-tu?
Mais Jéfiis ne lui donna
point de réponfe. Et Pi-
Jate lui dits Ne parles-tu
point à moi> ne fais-tu pas
que j'ai le pouvoir de te
crucifier, & le pouvoir de
te délivrer? Jéfus lui ré-
pondit j Tu n'aurois au-
cun pouvoir fur moi, s'il
ne t'étoit donné d'cnhaut :
c'efl: pourquoi celui qui
m'a livré à toi, a fait un
plus grand péché. De-
puis cela Pilate tâchoit à
le délivrer : mais les Juifs
crioient, en difant 5 Si tu
délivres celui-ci, » tu n'es
point ami de Céfar : car
quiconque fe fait Roi, eft
contraire à Céfar. Qiiand
Pilate eut ouï cette parole,
U
Le Vendredi Saiî^t.'
l®^
U amena Jéfus dehors^, ôc
s'aiiît au Siège judicial, dans
le lieu qui eft apellé Pave-
ment, & en Hébreu Gab-
batha. Or c'étoit la pré-
paration de la Pâque, &
il étoit environ fix heures :
Se Pilate dit aux Juifs;
Voilà vôtre Roi. Mais ils
crioient; Ote, ôte, cruci-
fie-le. Pilate leur dit i Cru-
cifierai-) e vôtre Roi? Les
Principaux Sacrificateurs ré-
pondirent 5 Nous n'avons
point d'autre Roi que Cé-
îàr. Alors donc il le leur
livra pour être crucifié. Ils
prirent donc Jéûis, de rem-
menèrent. Et Jéfiis por-
tant fa croix, vint au lieu
apellé le Teft, ôc en Hé-
breu Golgotha 5 Où ils le
crucifièrent, & deux autres
avec lui 5 Tun deçà, 6c l'au-
tre delà, & Jéfus au milieu.
Dr Pilate fit un écriteau,
qu il mit fur la croix, où
étoient écrits ces mots : Jé-
sus Nazarien le roi des
Juifs. Et plufieurs des
juifs lurent cet écriteau,
parce que le lieu, où jefus é-
toit crucifié, étoit près de la
ville, 6c que cet écriteau
étoit en Hébreu, en Grec,
quoi les principaux Saorifi-
cateurs des Juifs dirent à
Pilate i N'écri point, le
Roi des Juifs : mais, que
celui-ci a dit 5 Je fuis le Roi
des Juifs. Pilate répondit >
Ce que j'ai écrit, je Tai é-
crit. Or quand les foldats
eurent crucifié Jéfus, ils pri-
rent fes vctemens 6c en
firent quatre parts, une pars
pour chaque foldat : ils pri-
rent auflî le faie; mais le
faie étoit fans couture, tif-
fu depuis le haut jufqu en
bas. Et ils dirent entr'eux >
Ne le mettons point eix
pièces : mais jettons-le au
fort, pour favoir à qui iî
fera. Et cela arriva ainfi, a-
fin que TEcriture fut acom-
plie,. difant 5 Ils ont partagé
entr'eux mes vétemens,6c ils
ont jette au fort ma robe :
les foldats donc firent ces
chofes. Or près de la croix
de Jéfus étoit fa mère, 6c la
fœur de fa mère, qui étoit
Marie femme de CléopaS;,
6c Marie Magdelainc. Et
jéfus voiant fa mère, 6c au-
près d'elle le Difciple qu'il
aimoit, il dit a fa mères
Femme, voilà ton Pils.
Puis il dit au Difciple : Voi-
6c en Latin. Ceft pour- là ta JMère ; 6c dès cette
l '^ " heure-
L E V E I L L E D E P A Q^U E.'
lia
heure-là ce Difciple la re-
çut chez lui. Après cela
Jéfus fâchant que toutes
chofes étoient déjà acom-
plies, il dit 5 afin que TE cri-
ture fut acomplie 5 J'ai foif
Et il y avoit là un vafe
plein de vinaigre s ils em-
plirent donc de vinaigre
une éponge, & la mirent à
Tentour de Thyfope, & la
lui préfenterent à la bou-
che. Et quand Jefus eut
pris le vinaigre, il dit 5
Tout eft acompli : & aiant
baiifé la tête, il rendit Tef
prit. Alors les Juifs, afin
que les corps ne demeu-
raflent point en croix au
jour du Sabat, parce que
cétoit la préparation, (or
cetoit un grand jour de
Sabat) prièrent Pilate qu on
leur rompit les jambes, &
qu on les otât. Les foldats
donc vinrent, & rompi-
rent les jambes au premier,
ôc de même à l'autre qui
étoit crucifié avec lui. Puis
étant venus à Jefias, & vol-
ant qu'il étoit déjà mort,
ils ne lui rompirent point
les jambes : Mais un des
foldats lui perça le côté a-
vcc une lance, Ôc inconti-
nent il en fortit du fang
& de Teau. Et celui qui
fa vu, la témoigné ôc fon
témoignage eft digne de
foi : & celui-là fait qu'il dit
vrai, afin que vous le croi-
ïez. Car ces chofes-là font
arrivées afin que cette Ecri-
ture fut acomplie i Pas un
de fes os ne fera caffé : Et
encore une autre Ecriture,
qui dit > Us verront celui
qu ils ont percé.
La Veille de Paquet
La Collecte.
F
AI, Seigneur, que
comme nous fommes
batifez en la mort de ton.
Fils Jéfus- Chrift nôtre Sau*
veur, nous foions en-
fevelis avec lui par une
continuelle mortification de
nos afFedions corrompu-
es: & quau travers du
fépulcre & de la porte
de la mort, nous pallions à
la joie de nôtre réfurredion;
par les mérites de celui qui
eft mort, qui a été enfeve-
li, & qui eft reffufcité pour
nous, Jéfus Chrift ton Fils
Amen,
notre Seigneur.
UEpi^
Le Veillé dé P a q^ u e. î i î
L'EpiTRE, I S. PierrC;, 3. 17. 1 Anges, &lcs Dommations>
IL vaut mieux que vous
foufriezen faifant bien,
fi la volonté de Dieu eft
que vous foufricz, qu'en
faifant mal. Car auffi
Chrift a foufert une fois
pour les péchez, lui jufte
pour les injuftes, afin de
nous amener a Dieu; étant
mort en la chair, mais vi-
vifié par l'Efprit : Par le-
quel auflî étant aie, il a
prêché aux efprits qui font
dans la prifon : Et qui a-
voient été autrefois incré-
dules, quand la patience de
Dieu les atendoit une fois,
durant les jours de Noé ;
tandis que TArche fe pré-
paroit : dans laquelle un
petit nombre, favoir huit
perfonnes, furent fauvées
par Teau. A quoi auffi
6c les Puiffances.
L
L'Evangile, S. Mat. 27. 57,
E foir étant venu, un
homme riche d'Ari-
mathée, nommé jofeph,,
qui même avoit été difci--
pie de Jéfus, vint à Pilate,
& demanda le corps de jé-
fus. Et en même tcms
Pilate commanda que le
corps fut rendu. Ainfi ]o-
feph prit le corps 5 ôc Ycii"
velopa d'un linceul net 5 de
le mit dans fon fépulcre
neuf, qu'il avoit taillé dans
le roc : & après avoir roulé
une grande pierre à la por-
te du fépulcre, il s'en al^..
Et là etoient Marie Mag-
deleine, & Tautre Marie af-
fifes vis-à-vis du fépulcre.
Or le lendemain qui eft a-
maintenant répond à l'op-iprès la préparation du Sa-
pofite la figure qui nous ■ bat ; les principaux Sacri-
fauve , c'eft-a-dire , le Ba- ficateurs ôc les Pharifiens
tême: non point celui par , s'affemblerent vers Pilate, &
lequel les ordures de la
chair font nettoiées,- mais
l'ateftation d'une bonne
confcience devant Dieu, par
la réfurreClion de ]éfus-
Chrift : qui eft à la droite
de Dieu, étant aie au ciel :
& auquel font affujettis les
lui dirent 5 Seigneur, il nous
fouvient que ce féduûeur
difoit, quand il étoit en-
core en vie 5 Dans trois
jours je refTufciterai. Com-
mande donc que le fépul-
cre foit gardé fùrcment
jufques au troifiéme jour;
de»
112 L E J O U R D
depeur que fcs diiciplcs ne
viennent de nuit, ôc ne le
dérobent, & quiis ne di-
fent au peuple 5 II eft ref-
fufcité des morts : car ce
dernier abus feroit pire que
le ' premier. Mais Piiate
leur dit ; Vous avez la gar-
de, alez & affurez-le com-
me vous Tentcndrez. Ils
s en alerent donc, & affu-
rerent le fépulcre, féelant
la pierre, & y mettant des
gardes.
»A^ "^l*^ ""îV^ •■*§" '^î^* "^ '^■* J^'^ "^
LE JOUR. DE PAQUE.
'Aux Prières du Matin ^ au lieu
du Pfeaume ^ Venez, chantons
à rÉternel, &c, feront chan-
tées, ou récitées ces Antiennes.
CHrift nôtre Pâque a été
facrifié pour nous.
C'cft pourquoi faifons la
fête; non point avec k
vieux levain, ni avec un
levain de méchanceté & de
malice : mais avec les pains
fans levain de la fincérité,
& de la vérité, i Cor, <^,j,
Ç^ Hrifl: étant reffufcité
^*^ des morts, ne meurt
plus ; & la mort n'a plus
de domination fur lui ; car
E P A (^ TJ E."
ce qu il eft mort, il èft mort
pour une fois au pèche ;
mais ce quil eft vivant, il
eft vivant à Dieu. Vous
auftî tout de même faites
votre compte que vous êtes
morts au péché ; mais vi-
vant à Dieu en Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. Rom.
6. 9.
/^Hrift eft refTufcité des
^^-^ morts, & il a été fait
les prémices de ceux qui
dorment. Car puis que la
mort eft par un feul hom-
me, la réfurreûion des
morts eft aufli par un feul
homme. Car comme tous
meurent en Adam, pareil-
lement aulïi tous font vi-
vifiez en Chrift. i Cor.
15. 20.
Gloire foit au Père, ôc
au Fils, ôc au Saint Efprit.
Réponfe.
Comme il étoit au com-
mencement, comme il eft
maintenant, & comme il
fera éternellement. Amen.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
par yéfus-Chrift ton
Fils Unique, as vaincu la
i mort;
t E J ô ù r: D
mort, & nous as ouvert la
porte de la vie éternelle j
fai nous reffufciter en lui
en nouveauté de vie. Et
comme par ta grâce pré-
venante tu nous infpires de
bons défirs; fais aullî que
par un continuel fecours de
cette même grâce, nous
pui.ffions les mettre en effet,
par Jéfus-Chrift notre Sei-
gneur, qui vit & qui règne
avec toi, & avec le Saint
Efprit, un feul Dieu béni
éternellement. Amen.
L'Epitre, Col. 3.1*
SI donc vous êtes reflu-
fcitez avec Chrift 3
ciierchez les chofes qui
font en haut, où Clirift eft
aflîs à la droite de Dieu :
Penfcz aux chofes qui font
en haut, & non point à
celles qui font fur la terre.
Car vous êtes morts, &
vôtre vie eft cachée avec
Chrift en Dieu. Quand
Chrift, qui eft vôtre vie, a-
paroitra, vous paroitrez auf-
fi alors avec lui en gloire.
Mortifiez donc vos mem-
bres qui font fur la terre 5
la paillardife, la fouillure,
les aff'edions déréglées, la
inauvaife convoitife, & la-
E P À Q^U Ed 113'
varice, qui eft line idolâtrie^
Pour lefquelles chofes la
colère de Dieu vient fur
\z^ enfans de rébellion 5
& dans lefquelles vous a*
vez cheminé autrefois ,,
quand vous viviez en el-
les.
UEvaNgilè, S.Jean, 20. u
LE premier jour de la
femaine, Marie Mag-
daleine vint le matin au
fépulcre, comme il faifoit
encore obfcur : & elle vit
que la pierre étoit ôtée du
fépulcre. Et elle courut,
& vint à Simon Pierre, &
à l'autre difciple que Jéfus
aimoit, & elle leur dit 5 Ou
a enlevé le Seisincur hors
du fépulcre ; mais nous ne
favons point où on la mis.
Alors Pierre partit avec l'au-
tre difciple, & ils s'en aie-
rent au fépulcre ; & ils cou-
roicnt tous deux enfemble ;
mais l'autre difciple couroit
plus Vite que Pierre, & il
arriva le premier au fépul-
cre. Et s'étant baiilé, il
vit bien les linges mis à
côté ; mais il n'y entra point.
Alors Simon Pierre qui le
fuivoit, arriva, & entra dans
\ le
'iT4 ^^ Lundi de la S
le répulcre, & vit les linges
mis à côté, & le couvre-
chef qui avoit été fur la tcte
de ]éfus, lequel n étoit point
mis avec les linges, mais
étoit envelopé en un lieu
à part. Alors Tautre dif-
ciplc qui étoit arrivé le pre-
mier au fépulcre, y entra
auffi, & il vit, &crut: car
ils ne favoient pas encore
r£criture, qui porte qu'il
devoît refllifciter des morts.
Et les difciples s'en retour-
nèrent chez eux.
Le Lundi de la Semaine
de Pâque.
La CaLLECT e.
D
leu Tout-puiflant, qui
par Jéfus Chriftton
"Fils Unique, as vaincu la
:a; nous as ouvert la
, ^ de là vie éternelle 5
(ai nous reiTufciter en lui
en nouveauté de vie. Et
comme par ta grâce pré-
venante tu nous infpiresde
bons défirs $ fais âulli que
par un continuel fecours
de cette même grâce, nous
puiflions les mettre en ef-
fet ; par Jéfus Chrift nôtre
Seigneur, qui vit & qui
É M A Ilî E DE 1? Â Q^U Ê.
règne avec toi, & avec le
Saint Efprit, un feul Dieu
béni éternellement^ A'^
men,
î^^//rUEpiTRE,Aa:. 10.34J
Pierre prenant la parole>^
dit h En vérité je re-
connois que Dieu n a point
d'égard à Taparence des
perfonnes: mais qu'en toute
nation celui qui le craint,,
ôc qui s'adonne à la juftice,
lui eft ai2;réable. C'cft ce
qu'il a envoie fignifier aux
enfans d'ifraël, en anon-
çant la paix par Jéfus-Chrift,
qui eft le Seigneur de tous.
Vous favez ce qui eft arri-*
vé dans toute la ]udée ea
commençant par la Galilée,,
après le Batême que Jean
a prêché : Savoir, Com-
ment Dieu a oint du Saint
Efprit & de force Jéfus le
Nazarien ; qui a pafle de
lieu en lieu, en faifant du:
bien 5 & guériftant tous ceux
qui étoicnt opreflez du
Diable : car Dieu étoit avec
lui. Et nous fommes té-
moins de toutes Iès chofes
iqu'il a faites, tant au pais
des Juifs, qu'à Jérufalem:
cSc comment ils l'ont fait
mourir le pendant au bois.
Mais
I Le Lundi de là Se
Mais Dieu Ta reflufcité le
troifiéme jour, & Ta donné
pour être manifefté : non
à tout le peuple ; mais aux
témoins auparavant ordon-
nez de Dieuj à nous, dis-
je, qui avons mangé & bu
avec lui après quil a été
reflufcité des morts. Et il
nous a commandé de prê-
cher au peuple, & de té-
moigner que c'efl: lui qui
cil ordonné de Dieu pour
être le Juge des vivans &
des morts. Tous les Pro-
phètes lui rendent témoig-
nage, que quiconque croira
en lui, recevra la remilîi on
de les péchez par fon
Nom.
L'EvANGiLÊ, S. Luc, 24. 1 3 .
Voici, deux d'entr'eux
étoientce jour là en
chemin pour aler à une
bourgade nommée Em-
maùs, qui étoit loin de ]é-
rufalem environ foixante
ftades : & ils s'entretenoient
cnfemble de toutes ces cho-
fes qui étoicnt arrivées. Et
il arriva que comme ils par-
loient, & conferoient cn-
tr eux, Jéfus lui-même s'é-
tant aproché, fe mit à mar-
cher avec eux : mais leurs
MAINE DE PaQUE. Il/
yeux étoient retenus: afin
qu ils ne le puflent recon-
noitre : & il leur dit ; Qiiels
font ces difcours que vous
tenez entre vous en mar-
chant ? & pourquoi êtes-
vous tout triftcs ? Et l'un
d'eux, qui avoit nom Cléo-
pas, répondit, & lui dit^
Es-tu feul étranger dans] é-
rufalem, qui ne fâches point
les chofes qui y font arri-
vées ces jours-ci? Et il
leur dit ; QLielles ? Ils ré-
pondirent, C'efl: touchant
Jéfus le Nazarien, qui a
été homme Prophète, puif-
fant en oeuvres & en pa-
roles devant Dieu, & de-
vant tout le peuple : ôc
comment les principaux Sa-
crificateurs, & nos Gou-
verneurs font livré pour
être condamné à mort, &
font crucifié. Or nous ef-
périons que ce feroit lui
qui délivreroit Ifraël : mais
avec tout cela, ceftaujour-
dliui le troifiéme jour que
ces choies font arrivées.
Toutefois quelques femmes
des nôtres nous ont fort
étonnez s car elles ont été
de grand matin au fépul-
cre: & naiant point trou-
vé fon corps, eil'es font re-
I 2 venueS;,
ïi6 Le Mardi de la Semaine £>è Paqjl^e:;
venues, en difantj que
même elles avoient vu une
aparition d'Ailges, qui di-
foicnt, qu'il eft vivant. Et
quelques-uns des nôtres font
alez au fépulcre ; 6c ont
trouvé ainli que les fem-
mes avoient dit : mais pour
lui, ils ne lont point vu.
Alors il leur dit 5 O gens
dépourvus de fens, & tar-
difs de cœur à croire tou-
tes les chofes que les Pro-
phètes ont prononcées ! Ne
faloit-il pas que le Chrift
foufrit ces chofes, & qu'il
entrât en fa gloire ? Puis
commençant par Moïfe, &
continuant par tous les Pro-
phètes, il leur expliquoit
dans toutes les Ecritures les
chofes qui le regardoient.
Et comme ils furent près de
la bourgade où ils aloicnt^
il faifoit femblant dealer plus
loin. Mais ils le forcèrent,
en lui difant; Demeure a-
vcc nous : car le foir apro-
che, & le jour eft déjà dé-
cliné. 11 entra donc pour
demeurer avec eux. Et il
arriva, que comme il étoit
à table avec eux, il prit
le pain, & rendit grâces;
& Taiant rompu, il le leur
diftribua. Alors leurs yeux
furent ouverts, enforte qu ils
le reconnurent : mais il dit
parut de devant eux. Et
ils dirent entr'euxj Nôtre
cœur ne bruloit-il pas au
dedans de nous, lors qu il
parloit à nous par le che-
min, & qu'il nous expli-
quoit les Ecritures > Et fc
levant dans ce moment ils
s'en retournèrent â Jérufa-
km, où ils trouvèrent les
onze afîemblez, 6c ceux
qui étoient avec eux 5 qui
difoient } Le Seigneur eft
véritablement reffufcité, &
il eft aparu à Simon. Et
ceux-ci auflî racontèrent
les chofes qui leur étoient
arrivées en chemin 5 &
comment il avoit été re-
connu d'eux^ en rompant
le pain.
Le Mardi de la Semaine
de Paque.
La Collecte.^
Dieu Tout-puiffant, qui
par )éllis-Chrift ton
Fils Unique, as * vaincu la
mort, & nous as ouvert la
porte de la vie éternelle;
fai nous reiliifciter en lui
eu nouveauté de vie. Et
comme
Le Mardi de i;.a Sç
comme par ta grâce pré-
venante, tu nous infpires
de bons défirs, fais auffi
que par un continuel fe-
cours de cette même grâce,
nous puiiîîons les mettre
en effet i par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur, qui vit &
qui règne avec toi, &'^ avec
le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement.
Amen.
5P^//rL'EpiTRE,Ad. 13.26.
Hommes Frères, en-
fans de la race d'A-
braham, & ceux d'entre
vous qui craignez Dieu, c'eft
à vous que la parole de ce
falut a été envolée. Car
les habitans de Jérufalem
& leurs Gouverneurs ne
l'aiant point connu, ont
même en le condamnant
acompli les paroles des
Propliètcs, qui fe iifcnt cha-
que Sabat. Et quoi qu'ils
ne trouvaifent rien en lui
qui fut digne de mort, ils
prièrent Pilate de le faire
mourh'. Et après qu'ils cu-
rent acompli toutes les
chofcs qui avoient été écri-
tes de lui, on Iota du bois,
^L on le mit dans un fé-
nilcre.. Mais Dieu fa rcf-
MAINE DE PaQIXE. llj
fufcité des morts. Et il a
été vu durant plufieurs jours
par ceux qui étoient mon-
tez avec lui de GaUlée à jé-
rufalem, qui font fes 'té-
moins devant le peuple.
Et nous vous anonçons
quant à la promeife qui a
été faite à nos pères 5 que
Dieu l'a acomplie envers
nous qui fommes leurs en-
fans, aiant fufcité ]éfus, fé-
lon qu il eft écrit auPfeaume
fécond i Tues mon Fils, je
t'ai aujourd'hui engendré.
Et pour montrer qu'il l'a
reffufcité des morts, pour
ne devoir plus retourner au
fépulcre, il a dit ainfi j Je
vous donnerai les faintetez
de David aifûrées. C'efl
pourquoi il dit auflî dans
un autre endroits Tu ne
permettras point que ton
Saint fente la corruption.
Car certes David, après a-
voir fervi en fon temps au
confeil de Dieu, s'efl en-
dormi, & a été mis avec
fes pères, & a fenti la cor-
ruption. Mais celui que
Dieu a reilufcité n'a point
fenti de corruption, Sa-
chez donc, Hommes Frères,
que c'eft par lui que vous
eft anonçée la rcmiUioa
I3 des
jîS LÉ L
des péchez : Et que de tout
ce dont vous n avez pu ê-
tre juftifiez par la Loi de
Moïfc, quiconque croit cft
juftifié par lui. Prenez donc
garde qu il ne vous arrive
ce qui cft dit dans les Pro-
phètes ; Voiez, contemp-
teurs, ôc vous en étonnez,
ôc foicz diffipez : car je
iii'cn vais faire une œuvre
en vôtre temps, un oeuvre
que vous ne croirez point fi
quelqu'un vous la raconte.
L'Evangile, S. Luc, 24.3 6.
JEfus fe prétenta lui-
même au milieu d'eux,
&" Içur dit 5 que la paix Ibit
avec vous. Mais eux tout
troublez & épouvantez croi-
oicnt voir un efprit. Et il
leur dit y Pourquoi vous
troublez-vous > &c pourquoi
monte- t'ril des penfées dans
vos cœurs ? Voiez mes
mains & mes pieds : car
c'cft moi-même : touchez
moi, & me confiderez bien:
car un efprit n'a ni chair,
in os i comme vous voicz
que j'ai. Et en difant ce-
la, il leur montra fcs mains,
&: fes'pieds. Mais comme
cncorcde joie, ils ne croioi-
ent point, ôc qu'ils s'éton-
DlMANCHE APRES P A Q^U E.^
noient, il leur dit; Avez-
vous ici quelque chofe à
manger ? Et ils lui prcfente-
rent une pièce de poiflbn
rôti, & d'un raiondemiël.
Et Taiant pris, il mangea
devant eux. Puis il leur
dit j Ce font ici les dif-
cours que je vous tenois,
quand j'étois encore avec
vous ; qu'il faloit que tou-
tt^s les chofes qui font écri-
tes de moi dans la Loi de
Moife, & dans les Prophè-
tes, & dans les Pfcaumes,
fuffent acomplies. Alors
il leur ouvrit l'entendement
pour entendre les Ecritures :
Et il leur dit 5 II cft ainfi
écrit, & ainfi il faloit que
le Chrift foufrit, & qu'il ref-
fufcitât des morts le troi-
fiéme jour : Et qu'on prê-
chât en fon Nom la re-
pentance, & la remilïîon
des péchez parmi toutes les
nations, en commençant
par ]érufalem. Et vous ê-
tes témoins de ces chofes.
Le premier dimanche
après Pâque.
o
La Collecte.
Dieu & Pcre Cclefie
qui as voulu que ton
Fils
Le I. Dimanche après Paq^iie.
Tils bien aimé mourut pour
nos ofFenlcs, 6c qu i. rei-
fufcitât pour nôtre juf^iii-
cation 5 foi par ta grâce que
nous renoncions à tout le-
vain de malice & de mé-
chanceté, pour te fcrvii
conftammcnt en fincérité,
& en pureté de vie ; par les
mérites de Jéfus-Chrift ton
fils nôtre Seii^neur» Amen.
UEpitre, I S.Jean, 5-4.
TOut ce qui eft né de
Dieu furmonte le
monde : & ce qui nous fait
remporter la viftoire fur
le monde, c'cft nôtre foL
Qui eft celui qui furmonte
le monde, iinon celui qui
croit que ]éfus eft le Fils de
Dieu? Ceft ce Jéfus qui
eft venu par eau & par
fang : & non feulement par
eau; mais par Teau & le
fang: & ccft TEfprit qui
en témoigne; or TEfpritlmier delà femaine,
ÎI9
portent à un. Si nous re-
cevons le témoignage des
hommes, le témoignage de
Dieu eft plus grand: or
ceft là le témoignage de
Dieu, lequel il a rendu de
fon Fils. Celui qui croit
au Fils de Dieu, il a au de-
dans de lui même le té*
moic;nnse de Dieu: mais
celui qui ne croit point
Dieu, il Ta fait men-
teur : car il n'a point
cru au témoignage que
Dien a rendu de Ion Fils.
Et c'eft ici le témoignage^
favoir, que Dieu nous a
donné la vie éternelle : 6c
cette vie eft en fon Fils.
Celui qui a le Fils, a la
vie : celui qui if a point le
Fils de Dieu, n a point la vie.
UEvANGiLE,SJean, 20.19.
QUand le foir de ce jour^
. là, qui étoit le pre-
eft la vérité. Car il y en
a trois dans le Ciel qui ren-
dent témoignage; le Père,
la Parole, & leSaint Efprit :
6c ces trois-là ne font qu'un.
Il y en a aufli trois qui ren-
dent témoignage en la terre;
favoir l'Efprit, l'eau, & le
ianir: & ces trois-là fe ra-
fut
venu, 6c que les portes du
lieu, où les Difciples é-
toient aflcmblez, à caufe
de la crainte qu'ils avoicnt
des juifs, étoient fermées y
héfus vint, & fut là au mi-
' lieu d'eux, 6c il leur dit ^
Paix vous foit. Et quand
il Içut ^ut dit cela, il leur
J4 mon-
126 Le II. Dimanche après Paq^ue,
montra fes mains & fon
côté. Et les difcipks eu-
rent une grande joie, quand
ils virent le Seigneur. Et
Jéfus leur dit encore; Paix
vous fo^t: comme mon
Père m'a envoie; ainfi je
vous envoie. Et quand il
eut dit cela, il foufla fur
eux, & leur dits Recevez
le Saint Efprit. A qui-
conque vous pardonnerez
les péchez, ils feront par-
donnez : & à quiconque
vous les retiendrez, ils fe-
ront retenus.
Le fécond dimanche
après Pâquç.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
nous as donné ton
ïils Unique, en facrifîce
pour le péché, & en exem-
ple dune fainte vie; fai
nous la grâce que nous re-
cevions avec une parfaite
reconnoiiTance un fi inefti-
mablc bienfait, & que nous
puiffions conftammcnt mar-
cher fur fcs traces 5 par le
même Jcfus-Chrift nôtre
S ç igncur . Anum . '
UEpitre, I S.Pierre, 2,ip;
C'Eft une çhpfe agréable,
fi quelqu'un à caufe de
la confçience qu il a en-
vers Dieu, endure des af-
fligions, foufrant injufle-
ment. Autrement, quel
honneur vous fera-ce, fi re-
cevant des fouflets pour
avoir mal-fait, vous le fou-
frez patiemment ? mais fi en
faifant bien, vous êtes pour-
tant afligez, & que vous
le foufriez patiemment, voi-
là où Dieu prend plaifir.
Car auflî vous êtes apellez
à cela : vu même que Chrift
a foufert pour nous ; nous
laiffant un patron, afin que
vous fuiviez fes traces : Lui
qui na point commis de
péché, ôc dans la bouche
duquel il n'a point été
trouvé de fraude. Qiii lors
qu'on lui difoit des outra-
ges, n'en rendoit point; ôc
quand on lui faifoit du mal,
n ufoit point de menaces :
mais il fe remettoit à celui
qui juge juftemcnt. Le-
quel même a porté »nos pé-
chez en fon corps fur le
bois 5 afin qu étant morts au
pcchc, nous vivions à la
jufdçc : & par la nicuvtrif-
furc
Lé III. Dimanche après Paq^ue;
fûf p duquel même vous a
vez été guéris. Car vous
étiez comme des brebis er-
rantes: mais maintenant vous
êtes convertis au Pafteur de
Eyefque de vos âmes.
Ï2I
L'Evangile, S. Jean,io.ii.
JE fuis le bon berger : le
bon berger met fa vie
pour fes brebis: mais le
meircçnaire, & celui qui
n'efl: point berger, à qui n a-
partiennent point les brebis,
voiant venir le loup, aban-
donne Içs brebis, & s'enfuit :
§c le loup ravit & difperfe
^es brebis. Ainfi le merce-
naire s'enfuit, parce qu'il
eft mercenaire, & qu'il ne
fe foucie point des brebis.
Je fuis le bon berger, & je
connois mes brebis; &
mes brebis me connoiffent.
Comme le Père me con-
noit, je connois aulïï le
Père : & je mets ma vie
pour mes brebis. J'ai en-
core d'autres brebis qui ne
font pas de cette bergerie 5
ôc il mêles faut auffi ame-
ner j & elles entendront ma
voix : ôc il y aura un feijl
troupeau, &ç un feul ber-
Le troifiéme T)imanche
après Pâque.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
montres la lumière
de ta vérité à ceux qui font
dans les ténèbres de l'er-
reur, afin qu'ils rentrent dans
les voies de la juftice ; fai
la grâce à tous ceux qui
font dans la focieté de l'E-
glife de ton Fils, de vivre
conformément à la profef-
fion qu'ils font d'être Chré-
tiens 5 & d'éviter tout ce
qui eft contraire à leur
fainte vocation ; par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
B
L'Epitre,!. S. Pierre, 2.11.^
len-aimez, je vous ex-
horte, que comme é-
trangers & voiageurs, vous-
vous abfteniez des convoi-
tifes charnelles, qui font la
guerre à famé : Aiant unç
converfation honnête avec
les Gentils 5 afin qu'au lieu
qu'ils médifent de vous
comme de malfaiteurs, ils
glorifient Dieu au jour de
la vifitation, pour vos bon-
nes oeuvres qu'ils auron,t
vues.
îi2 Le in. Dimanche après Jaque:
vues
Rendez-vous donc
fujets à tout ordre humain,
pour l'amour de Dieu : foit
au Roi, comme à celui qui
€11 par delTus les autres :
foit aux Gouverneurs, com-
nie à ceux qui font envoi
icz par lui pour exercer ven-;
geance fur les malfaiteurs j
& à la louange de ceux qui-
font bien. Car c'eft là la
volonté de Dieu, quenfai-
fant bien, vous fermiez la
bouche à l'ignorance des
hommes fous. Comme li-
bres, ôc non pas comme ai-
iint la liberté pour couver-
ture de malice 5 mais com-
me ferviteurs de Dieu,. Por-
tez honneur à tous. Ai-
mez la fraternité
nez Dieu. Honorez
Roi
Craig-
k
L'Evangile, S Jcan^ 1 6. 1 6.
JEfus dit à {es difciples,
Un peu de temps, &
vous ne me verrez point :
& encore un peu de temps,
& vous me verrez : car je
m'en vais à mon Père. Et
quelques-uns de fcs Difci-
ples dirent entr^aix : Qif cft-
ce quil nous dit? Un peu
de temps, & vous ne me
.verrez point j ôc encore
un peu de temps, & vous
me verrez: car je m'en vais
à mon Père. Ils difoient
donc; Qu'eft-ce qu'il dit?
Un peu de temps : Nous
ne favons ce qu'il dit. Et
]éfus connoiffant qu^'ils le
vouloient interroger, leuji:
dit j Vous demandez entre
vous touchant ce que j'ai
dit i Un peu de temps, & .
vous ne me verrez plus : ôc
puis encore un peu de tempsj
ôc vous me verrez, JBn vé-
rité, en vérité je vous dis^
que vous pleurerez & la-
menterez, & le monde fe
réjouira : vous ferez, dis-jc^
contriftez : mais vôtre trif-
tfffe fera diangée en joie.
Qiiand la femme enfante,
elle fcnt des douleurs ; par-
ce que fon terme eft venu :
mais après qu'elle a fait un
petit enfant, il ne lui fou-
vient plus de l'angoiffe, à
caufe de la joie qu'elle a de
ce qu'une créature humaine
eft née au monde. Vous a-
vez donc aufli maintenant
de la triftefle : mais je vous
reverrai encore ; ôc vôtre
cœur fe réjouirai & per-
fonne ne vops ôtera vôtre
joico
x#
Le IV.
JuC quatrième T)manche
après Pâque.
La Collecte.
Dieu Tout-pLiiffant, qui
Jx^ul peux reprimer les
volontéz & les afFeaions
déréglées des pécheurs $ fai
la grâce à ton peuple d'ai-
mer ce que tu commandes,
& de défirer ce que tu
Dimanche après Paq^ue^ I2§
colère : car la colère de
riiomme n'acomplit point
la juftice deDieu. Ceft pour-
quoi rejettant toute ordure ôc
toute fuperfluité de malice,
recevez avec douceur la pa-
role plantée en vous, laquée
le peut fauvervos âmes.
L'Evangile, S. Jean, 1 6. 5.
Efus dit à fes difciples
je m'en vais ^ celui qui
J
promets 5 afin que parmi les m'a envoie, & aucun de
diverfes viciffitudes de ce vous ne me demande. Où
monde, nos cœurs s'ata-
client où fe trouve le vé-
ritable bonheur i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men,
L'Epitre, Jaq. I. 17.
TOute bonne donation,
& tout don parfait
cft d'enhaut, defcendant du
Père des lumières ; par de-
vers lequel il n y a point
de variation, ni d'ombre
de changement. 11 nous a
de fa propre volonté, en-
gendrez par la parole de la
vérité ; afin que nous fuf-
fions comme les prémices
de fes créatures. Ainfi, mes-
frèrcs bien-amez, que tout
homme foit prompt à écou-
ter;) lentà parlçr, ôc lent à la
vas-tu? Mais parce que je
vous ai dit ces chofes, la
trifteife a rempli vôtre cœur.
Toutefois je vous dis la vé-
rité 5 il vous eft expédient
que je m'en aille: car fi je
ne m'en vais, le Confola-
teur ne viendra point à
vous: mais fi je m'en vais,
je vous l'envoierai. Et quand
il fera venu, il convaincra
le monde de péché, de juf-
tice, & de jugement. De
péché, parce qu'ils ne croi-
ent point en moi. De juf-
tice 3 parce que je m'en vais
à mon Père, &que vous ne
me verrez plus. De juge-
ment 5 parce que le Prince
de ce monde efl: déjà jugé.
]'ai à vous dire encore plu-
ïieurs chofes? mais vous ne
124 Le V. Dimanche après Paq^ue.'
ks pouvez point porter
maintenant. Mais quand
celui-là, favoir l'Eiprit de
vérité, fera venu, il vous
conduira en toute vérité :
car il ne parlera point de
foi-niçme > mais il dira tout
cequil aura ouï: & ii vous
anoncera les chofes à ve-
nir. Celui-là me glorifie-
ra : car il prendra du mien,
6c ii vous Tanoncera. Tout
ce que mon Père a, eft mien j
c'eft pourquoi j'ai dit, qu'il
prendra du mien, 6c qu'il
vous Tanoncera.
Le cinquième dimanche
après Pâque.
La Collecte.
ODieu, de qui dcfcend
tout don parfait; fai
nous la grâce que par tes
faintes inipirations, nous
aions toujours de bonnes
peniéesj &: que Ibus ta di-
rcdion nous puiffions les
mettre en effet j par Jé-
fus-Clirift nôtre
Amen,
Seigneur.
UEpitre, s. Jaq. i. 22.
MEttez en exécution la
Parole, & ne fé-
I
coûtez pas feulement cri
vous décevant vous-mêmes
par de vains difcours. Car
fi quelqu'un écoute la Pa-
role, & ne la met point en
exécution, il efl: femblable
â un liomme qui confidere
dans un miroir fa face na-
turelle : Car après s'être
confidéré foi- même, ôc s'en
être aie, il a au fil- tôt ou-
blié quel il étoit. Mais ce-
lui qui aura regardé au de-
dans de la Loi parfaite, qui
efl: la Loi de la liberté; &
qui aura perfévéré, n'étant
point un auditeur oublieux,
mais mettant en effet l'œu-
vre, celui-là fera heureujç
dans ce qu'il aura fait. Si
quelqu'un entre vouspenfe
être religieux, Ôc il ne tient
point en bride fa langue,
mais feduit fon coeur, la Re-
ligion d'un tel homme eft;
vaine. La Religion pure
& lans tache envers nôtre
Dieu & nôtrePére,c'eft de vi-
fiter les orphelins ôc les veu-
ves dans leurs tribulations,
& de fe conferver fans être
entaché de ce monde.
L'Evangile, S.Jean, 1 15.2 3 .
EN vérité, en vérité je
vous dis, que tputeç
les
LeJour de
les chofes que vous deman-
derez au Père en mon Nom,
il vous les donnera. Juf-
qua préfent vous iVavez
rien demandé en mon Nom :
demandez, & vous rece-
vrez, afin que votre joie
foit acomplie. Je vous ai
dit ces chofes par des fimili-
tudes: mais Theure vient
que je ne parlerai plus
à vous par des parabo-
les i mais je vous parlerai
ouvertement de mon Père.
En ce jour-là vous deman-
derez en mon Nom, & je
ne vous dis pas que je prie-
rai le Père pour vous : car
le Père lui-même vous
aime 5 parce que vous m'a-
vez aimé, & que vous
avez crû que je fuis iffu
de Dieu* Je fuis iffu du
Tère, & fuis venu au monde:
ôc encore, je laiffe le monde,
6c je m'en vais au Père.
Ses difciples lui dirent ;
Voici, maintenant tu par-
les ouvertement, & tu n ufes
plus de paraboles. Main-
tenant nous connoiffonsque
tu fais toutes chofes, & que
tu n'as pas bcfoin que pcr-
fonne t'interroge : par cela
nous croions que tu es iffu
de Dieu. Jéfus leur ré-
l'A s € e n s î on, I2jr
pondit ; Croiez-vous main-
tenant? Voici l'heure vient,
& elle eft déjà venue, que
vous ferez difperfez l'un de-
çà & l'autre delà, & vous
me laifferez feul : mais je
ne fuis point feul, car le
Père eft avec moi. Je vous
ai dit ces chofes, afin que
vous aiez la paix en moi.
Vous aurez de Tangoiffe au
mais aicz bon
>'ai vaincu le
monde :
courage
monde.
Le Jour de l'Ascension,'
La Collecte.
F
Ai nous la grâce, ô
Dieu Tout-puiffant,
que comme nous croions
que ton Fils Unique Jéfus
Chrift nôtre Seigneur eft
monté aux Cieux, nous y
montions auffi du cœur 6c
de la penféc, pour habiter
continuellement avec lui,
qui vit & qui règne avec
toi, & avec le Saint Efprit,
un feul Dieu béni éter-
nellement. Amen^
Tout
Î26 Le Jour de l'Ascensîo>î;
^ûur LTpiTRE,Aa. I. I.
NOlis avons fait le pre-
mier traité, ô Thco-
pliiie, touchant toutes les
choies que j élus s'elt mis à
faire & à enicigner, julqu au
jour qu il fut reçu en haut j
après avoir donné par le
Saint Efprit, les ordres aux
Apôtres qu'il avoit élus.
A qui auffi, après avoir
Ibufert, il fe préfenta foi-
même vivant, avec plu-
fieurs preuves alTûrées, é-
tant vil par eux durant qua-
rante jours 5 & parlant des
chofes qui regardent le Roi-
aume de Dieu. Et les aiant
allcmblez, il leur comman-
da de ne partir point de
Jérufalem; mais dy atten-
dre leffet de la promefle du
Père, laquelle, dit-il, vous
avez ouïe de moi. Car
Jean a bâtizé d'eau 5 mais
vous ferez bâtizez du Saint
Efprit, dans peu de jours.
Eux donc étant allemblez
Tintcrrogerent, difant 5 Sei-
gneur, fcra-ce en ce temps-
ci que tu rétabliras le Roi-
aume à Ifracl? Mais il
leur dit s Ce n'clt point à
vous de connoitre les temps
ou les faifons, que le Père
a réfervées en fa propre
puilîance. Mais vous re-
cevrez la vertu du Saint Ef*
prit qui viendra fur vous :
& vous me ferez témoins
tant à Jérufalem, qu'en tou-
te la Judée, & dans la Sa-'
marie, ôc jufqu'au bout de
la terre. Et quand il eut
dit ces chofes, il fut élevé,
eux le regardant : & une
nuée le foutenant, l'empor-
ta de devant leurs yeux.
Et comme ils avoient les
yeux arrêtez vers le Ciel,
a mefure qu'il s'en aloit, voi-
ci, deux hommes en vête-
ment blancs fe préfenterent
devant eux, qui leur dirent;
Hommes Galiléens, pour-
quoi vous arrêtez-vous à
regarder au Ciel? Cejéfus
qui a été élevé d'avec vou^
au Ciel, viendra ainfi que
vous l'avez contemplé mon-
tant au Ciel.
L'Evangile, S. Marc>
16. 14.
JEfus le montra aux onzc>
qui étoient alîls enfcm-
ble, & il leur reprocha leur
incrédulité & leur dureté
de cœur, en ce qu'ils n'a-
I voient point crû ceux qui
l'avoicnt vu refllifcité. Et
C il
1.E DlMAI^CHE APR
il leur dit ; Alez par tout
le monde^ & prêchez TEvan-
giie à toute créature» Ce-
lui qui aura crû, &qui au-
ra été bâtizé, fera fauve:
mais celui qui n'aura point
crû, fera condamné. Et
ce font ici les iîgnes qui
acompagneront ceux: qui
auront crû 5 ils jetteront
hors les diables en mon
Nom : ils parleront de nou-
veaux langages: ils chaf-
feront les ferpens : & quand
ils auront bu quelque chofe
mortelle, elle ne leur nui-
ra point : ils poferont les
mains fur les malades, &
ils fe porteront bien. Or
le Seigneur, après leur a-
voir parlé, fut élevé en haut
au Ciel : & s'affit à la droite
de Dieu. Et eux étant par-
tis prêchèrent par toutj ôc
4e Seigneur coopéroit avec
eux, & confirmoit la parole
par les prodiges qui Tacom-
pagnoient.
Le dimanche après
TAfcenfion.
La Collecte.
o
Dieu, le Roi de gloi-
re, qui as élevé en
ES l'As CE î^ S ION". 127
grand triomphe Jéfus-Chrift
ton Fils Unique dans toa
Roiaume celeftes nous te
fuplions de ne nous laiflcr
pas fans confolation 5 mais
de nous envoler ton faint
Efprit, qui nous confole, &
nous élève au lieu où nô-
tre Sauveur Jéfus-Chrift efi:
aie avant nous j & où il
vit & règne avec toi, & a-
vec le Saint Efprit, un feul
Dieu béni éternellement*
Amen.
L'Epitre, I S.Pierre 4. 7J
LA fin de toutes chofes
eft proche : Soiez donc
fobres & vigilans à prier»
Mais fur tout aiez entre vous
une ardente charité : car la
charité couvrira une mul-
titude de péchez. Soiez;
hofpitaliers les uns envers
les autres fans murmures.
Que chacun, félon le don
qu il a reçu, l'emploie pour
le fervice des autres, comme
bonsdifpenfateurs delà dife-
rente grâce de Dieu. Si quel-
qu'un parle, qu'il parle
comme anonçant les pa-
roles de Dieu : fi quelqu'un
adminiftre, qu'il adminiftrc
comme par la puillance que
Dieu lui a fournie : afin
qu'en
128 Le Jour de la PentegoT ft
qu'en toutes chofes Dieu
Ibit glorifié par Jéfus-Chrift,
auquel apartient la gloire
& la force aux fiécles des
fiécles. Amen.
UEvANGiLEjS.Jean 15.26.
& S.Jean 16. i.
QUand le Confolateur
^fera venu, lequel je
vous envolerai de la part
de mon Père, favoir FEf-
prit de vérité, qui procède
de mon Père, celui-là ren-
dra témoignage de moi.
Et vous aullî en rendrez té-
moignage: car vous êtes
dès le commencement a-
vcc moi. Je vous ai dit
ces chofes; afin que vous
ne ne foiez point fcandali-
fez. Ils vous chafferont
des Synagogues : même le
temps vient, que quicon-
que vous fera mourir croi-
ra faire fervice à Dieu. Et
ils vous feront ces chofes 5
parce qu'ils n'ont point con-
nu le Père ni moi. Mais
je vous ai dit ces chofes 5
afin que quand l'heure fera
venue, il vous fouvienne
que je vous lésai dites.
Le Jour de la Pente-
côte*
La Collecte.'
/^ Dieu, qui dans "uri
\J jour pareil à celui-ci
éclairas ton peuple fidèle
par renvoi, & par la lu-
mière de ton Saint Eiprit i
fai nous la grâce que par ce
même efprit nous puifllons
juger fainement de toutes
chofes, & nous réjouir tou-
jours dans le fentiment de
tes confolations i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-^
men.
Tour L'Epitre, Ad. 2, i?
COmme le jour de la
Pentecôte s'acomplif.
foit, ils étoient tous d'un
accord dans un même lieu.
Et il fe fit tout à coup un
fon du ciel, comme eft le
fon d'un vent qui foufle a-
vec véhémence, & il rem-
plit toute la maifon où ils
étoient aflîs. Et il leur a-
parut des langues divifées
comme de feu, qui fe pofe-
rent fur chacun d'eux. Et
ils
Le Jour de la Peîttecoti^. ïzîS
ils furent tous remplis du
Saint Efprit ; & commencè-
rent à parler des Langues
étrangères, félon que TEf-
prit leur donnoit à parler.
Or il y avoir à Jérufalem
des Juifs qui y féjournoient,
hommes dévots, de toute
nation qui eft fous le ciel.
Et ce bruit aiant été fait,
une multitude vint enfem-
ble, qui fut toute émue de
ce que chacun les entendoit
parler en fa propre Langue.
Ils en étoient donc tout
furpris, & s'en étonnoient,
J
parler chacun en nôtre Lan-
gue, les chofes magnifi-
ques de Dieu.
L'EvANGTLE,S. Jean 14.15.
^Efus dit à fes difciplesî
Si vous m'aimez, gar-
dez mes commandemens.
Et je prierai le Père, & il
vous donnera un autre
Confolateur, pour denieu-
-rer avec vous éternellement.
Savoir TEfprit de vérité, le-
quel le monde ne peut
point recevoir j parce qu il
ne le voit point, & qu'il
ne le connoit point : mais
difant Tun à l'autre 5 Voici, vous le connoiifcz; car il
tous ceux-ci qui parlent
ne font-ils pas Galiléens ?
Comment donc chacun de
nous les entendons-nous
parler la propre Langue du
pais où nous fommes nez ?
Parthes, Medes, Elamites,
& nous qui habitons, les
uns dans la Méfopotamie,
les autres en Judée, & en
Cappadoce, au pais du Pont,
& en Afie, en Phrygie,
en Pamphylie, en Egypte,
& dans les quartiers de la
Libye qui eft près de Cy-
rené, & nous qui demeu-
rons à Rome : Tant Juifs
que Profélites: Cretois, &
demeure avec vous, ôc il
fera en vous. Je ne vous
lailîcrai point orphelins :
je viendrai vers Vous. En-
core un peu de temps, ôc
le monde ne me verra plus,
mais vous me verrez : &
parce que je vis, vous auflî
vivrez. En ce jour-là vous
connoitrez que je fuis en
mon Père, 6c vous en moi,
ôc moi en vous. Celui qui
a mes commandemens, ôc
qui les garde, c'eft celui
qui m'aime ; & celui qui
m'aime, fera aimé de mon
Père, & je l'aimerai, & me
déclarerai à lui. jude (non
Arabes, npus les entendons pas Ifcariot) li i dit; Sei-
K gneur.
130 Le Lundi de la semaine de la Pentecôte.'
grand que moi. Et main-
gncur, d où vient que tu^
te déclareras à nous, & non
pas au monde? Jéfus ré-
pondit, &lui dit 5 Si quel-
qu'un m'aime il gardera
ma parole, & mon Père
l'aimera, 6c nous vien-
drons à lui, & nous ferons
nôtre demeure chez lui.
Celui qui ne m'aime point,
ne garde point mes paroles.
Et la parole que vous oiez
n'eft point ma parole ; mais
c'eft la parole du Père qui
m'a envoie. Je vous ai dit ces
chofcs demeurant avec vous.
Mais le Confolateur, qui
eft le Saint Efprit, que le
Père envolera en mon Nom,
vous enfcignera toutes cho-
fes, & vous réduira en mé-
moire toutes les choies que
je vous ai dites. Je vous
laiffe la paix: je vous don-
ne ma paix : je ne vous la
donne point comme le
monde la donne : que vô-
tre cœur ne foit point trou-
blé, & ne foit point crain-
tif. Vous avez entendu
que je vous ai dit ; ]e m'en
vais, & je reviens à vous :
fi vous m'aimiez, vous fe-
riez certes joieux de ce que
i'ai dit 5 Je nVen vais au
,J?èrc5 car le Père eft plus
tenant je vous l'ai dit avant
que cela foit arrivé, afin
que quand il fera arrivé,
vous croiïez. Je ne parle-
rai plus guères avec vous :
car le Prince de ce monde
vient 5 mais il n'a rien en
moi. Mais afin que le
monde connoiflc que j'aime
le Père, ôc que je fais com-
me le Père m'a com-
mandé.
Le Lundi de la femaine
de la Pentecôte.
La Collecte.
o
jour pareil a
éclairas ton peuple
Dieu, qui dans un
celui-ci
fidèle
par l'envoi, & par la lu-
mière de ton Saint Efprit;
fai nous la grâce que par
ce même Efprit nous puif-
fions juger faincment de
toutes chofcs, & nous ré-
jouir toujours dans le fen-
timent de tes confolationsi
par ]éfus-Chrift nôtre oci-
gneur. Amen, "
Tour L'EpiTRE,Ad, 10.34.
A Lors Pierre prenant la
parolC;, dit 3 En vé-
rité
Le Lundi de la semaine de la Pentecôte, lii
rite je reconnois que Dieu
n'a point d'égard a lapa
rence des perfonnes : mais
qu'en toute nation, celui
qui le craint, & qui s'adon-
ne à la juftice, lui eft agré-
able. C'eft ce qu il a en-
voie fignifier aux enfans
d'Ifraël, en anonçant la
paix par Jéfus-Chrift, qui
eft le Seigneur de tous.
Vous favez ce qui eft ar-
rivé dans toute la Judée,
en commençant par la Ga-
lilée, après le Batême que
Jean a prêclié ; Savoir;
comment Dieu a oint du
Saint Efprit & de force
Jéfus le Nazarien, qui a
palfé de lieu en lieu, en
faifant du bien ; & en gué-
riilant tous ceux qui étoient
opreffez du Diable : car
Dieu étoit avec lui. Et
nous fommes témoins de
toutes les chofes qu il a
faites 5 tant au pais des
Juifs quà Jérufalem : &
comment ils Tont fait mou-
rir, le pendant au bois.
Mais Dieu Ta reffufcité le
troifiéme jour 5 & la don-
né pour être manifefté :
non à tout le peuple 5 mais
dis- je, qui avons mange ôc
bu avec lui, après qu il a
été refîufcité des morts.
Et il nous a commandé de
prêcher au peuple, 6c de
témoigner que c'cft lui qui
eft ordonné de Dieu pout
être le Juge des vivans &
des morts. Tous les Pro-
phètes lui rendent témoi-
gnage, que quiconque croi-
ra en lui, recevra la re-
miffion de fes péchez par
fon Nom. Comme Pierre
tenoit encore ce difcours,
le Saint Efprit defcendit
fur tous ceux qui écoutoient
la parole. Mais les fidèles
de la Circonciiîon, qui é-
toient venus avec Pierre,
s'étonnèrent de ce que le
don du Saint Efprit étoit
aulïï répandu fur les Gen-
tils : Car ils les entendoi-
ent parler diverfes langues,
& glorifier Dieu. Alors
Pierre prenant la parole,
dit 5 Qu'cft ce qui pourroit,
s opofer à ce que ceux-ci,
qui ont reçiî comme nous
le Saint Efprit, ne foient
bât ifez d'eau. 11 comman-f
da donc qu'ils fuficnt bâ-
; tifez au Nom du SeiLmeur.
aux témoins auparavant or- Alors ils le prièrent de de-
; donnez de Dieu : à nous, meurer là quelques jours.
l K2 LEVAN-
132 Le Mardi de la Semaine de la Pentecôte.
L'EvA.NGiLE, S.Jean, 3.16.
Dieu a tant aimé le
monde, qu'il a don-
né ion Fils Unique 5 afin
que quiconque croit en lui
ne périffe point 5 mais qu'il
ait la vie éternelle. Car
Dieu n'a point envoie fon
Fils au monde, pour con-
damner le monde ; mais afin
que le monde foit fauve par
lui. Celui qui croit en lui
ne fera point condamné :
mais celui qui ne croit point
eft déjà condamné i parce
qu'il na point crû au Nom
du Fils Unique de Dieu.
Or c'eft ici la condamnation,
que la lumière jeftv^nuë au
monde, ôc que les hommes
ont mieux aimé les t(^né-
bres que la lumière 3 parce
que leurs œuvres étoicnt
mauvaifes. Car quiconque
s adonne à des chofes mau-
vaifes, hait la lumière, <Sc
ne vient point à la lumière 5
de peur que fes oeuvres ne
foient redorguècs. Mais
celui qui s'adonne à la vérité
vient à la lumière j afin que
fes oeuvres foient mani-
feitées: parce quelles font
faites félon Dieu.
Le Mardi de la femaine
de la Pentecôte.
La Collecte.
ODieu, qui dans un jour
pareil a celui-ci, éclai-
ras ton peuple fidèle par
f envoi, 6c par la lumière de
ton Saint Efprit 5 fai nous
la grâce que par ce même
Efprit, nous puiiïïons juger
fainement de toutes chofes,
ôcnous réjouir toujours dans
le fcntiment de tes confo-
ations 5 par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur.
Amen.
Tour VE^iTREy Ad. 8.14.
QUand les Apôtres, qui
étoient à Jérufalem,
eurent entendu que la Sa-
marie avoit reçu la parole de
Dieu, ils leur envolèrent
Pierre ôcjean: qui y étant
defcendus prièrent pour
eux i afin qu'ils reçuifent le
Saint Efprit. Car ilnétoit
pas encore defcendu fur
aucun deux 5 mais feule-
ment ils étoient bâtifez au
Nom du Seigiteur jéfus.
Puis ils leur impoferent les
mains ; ôc ils reçurent le
Saint Efprit.
3 UEvan-
Le Dimanche
L'Evangile, S. Jean lo. i.
EN vérité, en vérité, je
vous dis, que celui qui
n entre point par la porte
dans la bergerie des brebis 5
mais y monte par ailleurs,
cft un larron & un voleur.
Mais celui qui entre par la
porte, eft le berger des bre-
bis. Le portier ouvre à
celui-là 5 &les brebis enten-
dent fa voix 5 ôc il apelle Tes
propres brebis par leur nom,
& les mène dehors. Et quand
il a mis Ces brebis dehors, il
va devant elles, & les brebis le
fuivcnt; parce quelles con-
noiffent fa voix. Mais elles
ne fuivront point un étran-
ger 5 au contraire elles le fui-
ront ; parce qu elles ne con-
noiflcnt point la voix des
étrangers. Jéfus leur dit
cette parabole > mais ils ne
comprirent point ce qu'il
leur difoit. Jcfus donc leur
dit encore } En vérité, en
vérité, je vous dis, que je
fuis la porte des brebis.
Tout autant qu'il en eft
venu avant moi , font
des larrons & des voleurs:
mais les brebis ne les ont
point écoutez. Je fuis la
porte : fi quelqu'un entre
DE LA Trinité. 1^5^
par moi, il fera fauve : &
il entrera, & fortira, & il
trouvera de la pâture. Le
larron ne vient que pour dé-
rober, & pour tuer, 6c dé-
truire. Je fuis venu afin
qu'elles aient la vie, & qu el-
les raient même en abon-
dance.
LeT>manche de la Trinité»
La Collecte.
Dieu Tout-puiiTant & E-
ternel, qui as fait la
grâce à tes ferviteurs, de
reconnoitrepar laconfeflîon
d'une foi véritable la gloire
de réternelle Trinité, & d'a-
dorer rUnitédans la puif-
fince & dans laMajefté de
rEllcnce Divine $ Nous te
fuplions de nous affermir
dans cette foi, & de nous
défendre pour jamais de
toute adverfité, ô Toi qui
vis & qui règnes à toujours
un fcul Dieu béni éternelle^»
ment. Amen,
Tour L'Epitre, Apoc. 4. i T
Près ces chofcs j e regar-
dai, & voici un porte
fut ouverte au Ciel: & la
K 3 pie-
A'
Le Dimanche de la Trinité;
lion : & le fécond animal,
femblable à un veau : & le
troifiéme animal avoit la
face comme un homme:
& le quatrième animal é-
première voix que j'avois
ouïe comme d'une trompet-
te^ & qui parloit avec moi,
me dit 5 Monte ici, &jete
montrerai leschofes qui doi-
vent arriver à Tavenir. Et
incontinent je fus ravi en
cfprit : & voici, un trône
étoit pofé au Ciel, & quel-
qu'un étoit alîÎ3 fur le trône.
Et celui qui y étoit affis,
paroiflbit femblable à une
pierre de jafpe, & de far-
doine : & autour du trône
paroiffoit un arc-en-ciel,
femblable à une émeraude.
Et il y avoit autour du
trône vingt-quatre fiéges :
& je vis fur les Jfîéges vingt-
quatre Anciens aflîs, vêtus
d'habillemens blancs, &
aiant fur leurs têtes des cou-
ronnes d'or. Et du trône
fortoient des éclairs, & des
tonnerres, & des voix : &
il y avoit devant le trône
fept lampes de feu ardentes,
qui font les fept Efprits de
Dieu. Et au devant du trône
il y avoit une mer de verre,
femblable à du cryftal : &
^u milieu du trône, & au-
tour du trône quatre ani-
maux, pleins d'yeux devant
ôc derrière. Et le premier
animal étoit fernblable à un
toit femblable a une aigle
volante. Et les quatre a-
nimaux avoicnt chacun à
part foi fix ailes à Tentour :
& par dedans ils étoient
pleins d'yeux: & ils n'ont
point de ceffe ni jour ni
nuit, difanti Saint, Saint,
jSaint, le Seigneur Dieu
Tout-puiffant, Q^u i e-
TOIT, & QUI EST, &
Q^U I EST A VENIR.
Or quand les animaux don-
noient gloire & honneur,
& adion de grâces, à celui
qui étoit afïis fur le trône, à
celui qui eft vivant aux fié-
cles des fiécles j les vingt-
quatre Anciens fe profter-
noient devant celui qui é^
toit aflîs fur le trônej & a-
doroient celui qui eft vivant
aux fiécles des fiécles 5 & ils
jettoient leurs couronnes
devant le trône, en difant 5
Seigneur, tu es digne de re-
cevoir gloire, ôc honneur,,
& puiffance : car tu as créé
toutes chofes, & à ta vo-
lonté elles font, ôc elles onç
été créées.
L'EVAN^,
Le Dimanche de la Trinité.' ris
tu ne fais d' où il vient, ni
où il va : il en eft ainfi de
tout homme qui eft né de
rEfprit. Nicodème répon-
dit, & lui dit 5 Comment
fe peuvent faire ces chofes >
Jéfus répondit, & lui dit;
Tu es Dofteur d'ifraël, &
tu ne connois point ces cho-
fes! En vérité, en vérité je
te disj Que ce que nous fa-
vous, nous le difons : & ce
que nous avons vu, nous
le témoignons : mais vous
ne recevez point nôtre té^
moignage. Si j e vous ai dit
des choies terreftres, & vous
ne les croiez point, com-
ment croirez-vous fi je vous
dis des chofes celeftes > Car
perfonne ncft monté au
Ciel, finon celui qui eft def-
cendu du Ciel, favoir le
L'Evangile, S. Jean, 3.1.
IL y avoit un homme
d'entre les Pharifiens ,
nommé Nicodème, qui é-
toit un des principaux d'en-
tre les Juifs: lequel vint
de nuit à Jéfus, & lui dit 5
Maître, nous favons que tu
es unDodeur venu de Dieu :
car perfonne ne peut faire
ces fignes que tu fais, fi Dieu
n eft avec lui. Jéfus répon-
dit, & lui dit 5 En vérité, en
vérité je te dis, fi quelqu'un
neft né^de nouveau, il ne
peut point voir le Roiaume
de Dieu. Nicodème lui
dit 5 Comment peut naitre
un homme quand il eft
vieux? peut-il encore en-
trer au ventre de fa mère.
ôc naitre? Jéfus répondit j Fils de l'homme qui eft au
En vérité, en vérité je te; Ciel. Or comme Moïfe
éleva le ferpent au défert,
ainfi il faut que le Fils de
rhomme foit élevé : Afin
que quiconque croit en lui
ne périfle point ; mais qu'il
ait la vie éternelle.
dis; fi quelqu'un neft né
d'eau & d'Efprit, il ne peut
point entrer dans le Roi-
aume de Dieu. Ce qui eft
né de la chair, eft chair:
& ce qui eft né de l'Efprit,
eft efprit. Ne t'étonne pas
de ce que je t'ai dit ; Il vous
faut être nez de nouveau.
Le vent foufle où il veut,
&; tu en entens le fon : mais
Ké
Le
Ï3<5 Le î. Dimaîîche
Le premier dimanche
après la Trinité.
La Collbcte.
ODicu, qui es la force
de tous ceux qui met-
tent leur confiance en toi 5
exauce nos prières par ta nii-
fericorde. Et puis qu a caufe
delà foibleiie de nôtre na-
ture, nous ne (aurions faire
aucun bien fans toi 5 acorde
nous le fcçours de ta grâce :
afin qu'obfervant tes faints
commandemens, nous te
foions agréables dans nos
pcnfées & dans nos adions 5
par Jéfus Chrift nôtre Scig-
ueiu*- Amen,
L'Epitre, I S. Jean, 4, 7.
Bien aimez, aimons-
nous Tun Fautre : car
la charité cft de Dieu : &
quiconque aime eft né de
Djeu, & çonnoit Dieu. Ce-
lui qui n'aime point, n'a
point connu Dieu : Car
Dieu cft charité, En ceci
cfl: manifeftée la charité de
Dieu envers nous, que Diçu
^ envoie fon Fils unique au
inonde, afin que nous vi-
vions par luip En ceci efl
APRES LA TrIKITE,^
fia charité i non que nous
I aions aimé Dieu : mais en
ce que lui nous a aimez, &
qu'il a. envoie fon Fils poujr
être la propitiation pour nos
péchez. Mes bien-aimez,
fi Dieu nous a ainfi aimez,
nous devons auffi nous ai-
mer l'un l'autre. Perfonne
n a jamais vu Dieu: fi nous
nous aimons l'un l'autre.
Dieu demeure en nous, ôc
fa charité cft acomplie en
nous. A ceci nous connoif-
fons que nous demeurons
en lui, &lui en nous, qu'il
nous a donné de fon Efprit.
Et nous l'avons vu, & nous
témoignons que le Pcre a
envoie le Fils pour être le
Sauveur du monde. Qui-
conque confefleraque]éfus
eft le Fils de Dieu, Dieu de-
meure en lui, & lui en Dieu.
Et nous avons connu & crû
la charité que Dieu a pour
nous. Dieu eft charité 5 &
celui qui demeure en la cha-
rité, demeure en Dieu, &
Dieu en lui. En ceci eft
acomplie la charité envers
nous, afin que nous aions
affiirance pour le jour du
jugement, que tel qu'il eft,
nous fommes tels en ce
monde, Il n'y a point de
peur
Le I- Dimanche après la Trinité.
peur dans la charité 5 mais la
parfaite charité chafle de-
hors la peur: car la peur
aporte de la peine ; or ce-
lui qui a peur, n eft pas a-
conipli dans la charité.
Nous Taimons, parce qu il
nous a aimez le premier. Si
quelqu'un dit 5 J'aime Dieu,
& cependant il hait fon
frère, il eft menteur : car
comment celui qui n aime
point Xon frère, lequel il
voit, peut-il aimer Dieu, le-
quel il ne voit point ? Et
nous avons ce commande-
ment de fa part, Qiie celui
qui aime Dieu, aime aulîi
fon frère.
L'Evangile, S.Luc,i6.i9.
IL y avoit un homme
riche, qui fe vétoit de
pourpre, & de fin lin, & qui
tous les jours fe traittoit
bien & magnifiquement. Il
y avoit auflî un pauvre,
nommé Lazare, couché à
la porte du riche, & tout
plein d\ilcères : Et qui dé-
firoit d'être raffafié des miet-
tes qui tomboicnt de la ta-
ble du riche: & même les
chiens vcnoicnt, & lui lé-
choicnt fcs ulcères. Et il
arriva que le priuvrç mou-
137
rut, & il fut porté par les
Anges au fein d'Abraham :
le riche mourut auflî, & fut
enfeveli. Et étant en en-
fer, & élevant fes yeux,
comme il étoit dans les tour-
mens, il vit de loin Abra-
ham & Lazare dans fon fein.
Et s'écriant, il dit 5 Père A-
braham, aie pitié de moi,
& envoie Lazare, qui mouil-
lant dans Tcau le bout de
fon doigt, vienne rafraîchir
ma langue : car je fuis griève-
ment tourmenté dans cette
flamme. Et Abraham ré-
pondit 5 Mon fils, fouviens-
toi que tu as reçu tes biens
en ta vie, & que Lazare y a
eu fes maux : mais il cfl:
maintenant confolé, & tu es
grièvement tourmenté. Et
outre tout cela, il y a un
grand abime entre nous &
vous: tellement que ceux
qui veulent pafîcr d'ici vers
vous, ne le peuvent ; ni de
là, paflcr ici. Et il dit ; Je
te prie donc, Père, de l'en-
voier en la mai fon de mon
père ; car j'ai cinq frères :
afin qu'il leur rende témoi-
gnage de rétat où je fuis ; de
peur qu eux aufli ne vien-
nent dans ce lieu de tour-
ment. Abraham lui répon-
dit ^
138 Le II. Dimanche
dit ; Us ont Moïfe & les
Prophètes i qu ils les écou-
tent. Mais il dit; Non, Pè-
re Abraham : mais fi quel-
qu'un des morts va vers eux,
ils fe repentiront. Et A-
braham lui dit , Slls n écou-
tent point Moïfe & les
Prophètes, ils ne feront pas
non plus perfuadez, quand
quelqu'un des morts refluf-
citeroit.
Le fécond T^ manche
afres la Trinité.
La Coll ect e.
O Seigneur, qui ne man-
ques point de condui-
re, & d'allîllcr ceux à qui
tu as fait la grâce de f aimer
& de te craindre 5 garde nous
fous la puidante Protection
de ta Providence : & nous
affermi pour jamais dans la
crainte, & dans l'amour de
ton faint Nom 5 par Jéfus-
Chrifl notre Seigneur. A-
men,
UEpitre, I Jean, 3. 13.
M Es frères, ne vous é-
tonnez point fi le
monde vous hait. En ce
que nous aimons nos frères,
APRES LA Trinité.'
nousfavons que nous fom*
mes transférez de la mort à
la vie : celui qui n aime point
fon frère demeure en la
mort. Quiconque hait fon
frère efl: meurtrier : & vous
favez qu'aucun meurtrier n a
la vie éternelle demeurante
en lui. A ceci nous avons
connu la charité, c'eft qu'il
a mis fa vie pour nous : nous
devons donc aullî mettre
nos vies pour nos frères. Or
celui qui aura àcs biens de
ce monde, & qui voiant fon
frère avoir néceflité, lui fer-
mera fes entrailles, com-
ment eft-ce que la charité
de Dieu demeure en lui ?
Mes petits enfans, n aimons
pas de parole, ni de la lan-
gue5 mais par des effets, &
en vérité. Car c efl par là
que nous connoilfons quç
nous fommes de la vérité :
& nous aflurons ainfi nos
cœurs devant lui. Que fi
nôtre cœur nous condamne,
certes Dieu cil plus grand
que nôtre cœur, & il con-
noit toutes cho fes. Mes
bien-aimez, fi nôtre cœur
ne nous condamne point,
nous avons aillirance envers
Dieu. Et quoi que nous
demandions, nous Iç rece-
vons
Lb III. Dimanche après la Trinité. 135>
vais les éprouver : je te prie,
tien-moi pour excufé. Et
un autre dit ; J'ai pris une
femme en mariage, c'eft
vons de lui : parce que nous
gardons fes commande-
mens, & que nous faifons
les chofes qui lui font agré-
ables. Et c'eft ici fon com-
mandement, Que nous croi-
ïons au Nom de fon Fils Jé-
fus-Chrift, & que nous nous
aimions Tun l'autre, comme
il nous en a donné le com-
mandement. Et celui qui
garde fes commandemens
demeure en ]éfus-Chrift, &
Jéfus-Chrift demeure en lui :
& par ceci nous connoifTons
qu'il demeure en nous, fa-
voir par TEfprit qu il nous a
donné.
L'Evangile, S.Luc, 14. 16.
JEfus dit 5 Un homme
fit un grand fouper, &
y convia beaucoup de gens.
Et à rheure du fouper il en-
voia fon fervitcur pour dire
aux conviez i Venez, car
tout eft déjà prêt. Mais
ils commencèrent tous una-
nimement à s'excufer. Le
premier lui dit; J'ai ache-
té un héritage j & il me
faut nécelTairement partir
pour l'akr voir : je te prie,
tien-moi pour excufé. Un
^utredit; ]'ai acheté cinq
couples dç bœufs, 6c jç m'en
pourquoi je n'y puis aler.
Ainfi le ferviteur s'en re-
tourna, ôcraporta ces cho-
fes à fon maître. Alors le
père de famille tout en co-
lère, dit à fon ferviteur 5
Va-t-en vitement dans les
places & dans les rues de la
ville, & amène ici les pau-
vres, & les impotens, & les
boiteux, Ôc les avçugles.
Puis le ferviteur dit 5 Maî-
tre, il a été fait ainfi que
tu as commandé $ & il y a
encore de la place. Et le
maître dit au ferviteur 5 Va
dans les chemins & le long
des haies, ôc ceux que tu
trouveras, contrain-les d'en-
trer, afin que ma maifon
foit remplie. Car je vous
dis qu'aucun de ces hommes
qui avoient été conviez ne
goûtera de mon fouper.
Le troifiéme T>imanche^
après la Trinité.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions de nous exau-
3 cçr
140 Le III. Dimanche
cer par ta mifericorde : Et
puis que tu nous as donné
une ardente affedion à te
prier; acorde nous auflî ton
fecours puiiïant, pour nous
confolcr,. 6c nous défendre
au milieu de toutes fortes de
dangers, & de Ûifgraces 5 par
Jéfus-Chrift notre Seigneur.
Amen,
UEpitre, I S. Pierre, 5.5.
Aiant tous de la fou-
miflion Tun pour l'au-
tre, foiez parez par dedans
d'humilité: parce que Dieu
réfiftc aux orgueilleux ; mais
il fait grâce aux humbles.
Humiliez vous donc fous
la puiflante main de Dieu 5
afin qu'il vous élève quand
il en fera temps : Déchar-
geant tout votre fouci fur
lui: car il a foin de vous.
Soicz fobres, & veillez : car
le Diable, vôtre advcrfaire
tourne autour de vous com-
me un lion russifiant, cher-
chant qui il pourra dévorer.
Réfiftez lui donc, en de-
meurant fermes dans la
foi, fâchant que les mêmes
foufranccs s'acomplillcnt
en la compagnie de vos
frères, qui efr dans le mon-
de. Or Iç Dieu de toute
APRES LA Trinité.'
grâce, qui nous a apellez à
fa gloire éternelle en Jéfus-
Chrift, après que vous au-
rez foufert un peu de temps,
vous rende acomplis, vous
affcrmiile, vous fortifie, &
vous établiflc. A lui foit
gloire, & force, aux fiécles
des fiécles. Amen.
L'Evangile, S. Luc 15. i.
OR tous les péagers, &
les gens de mauvaife
vie s'aprochoient de lui pour
l'entendre. Mais les Pha-
rifiens & les Scribes mur-
muroient, difant ; Celui-ci
reçoit les gens de mauvaife
vie, & mange avec eux.
Mais il leur propofa cette
parabole, difant , Qui eft
l'homme d'entre vous qui
aiant cent brebis, s'il en
perd une, ne laiffe les qua-
tre- vinL^t dix-neuf au déferr,
& ne s'en aille après celle
qui cft perdue, jufqu'à ce
qu'il l'ait trouvée; & qui
i'aiant trouvée, ne la mette
fur fes épaules bien joieux :
Et étant de retour en fa
maifon n'apelle fes amis &
fes voifins, & ne leur dife
RéjouïHcz-vous avec moi
car j'ai trouvé ma brebis qui
étoit perdue ? Je vous dis,
qu'aiafi
Le IV. Dimanche après
qu'ainfi il y aura joie au Ciel
pour un feul pécheur qui
vient à fe repentir, plus que
pour quatre-vingt dix-neuf
juftes, qui n ont pas befoin
de repentance. Ou qui eft
la femme qui aiant dix
drachmes, fi elle perd une
drachme, n alume la chan-
dèle, & ne balaie la maifon,
& ne la cherche diligem-
ment, jufqu à ce qu elle Tait
trouvée ? Et qui après l'a-
voir trouvée, napelle fesa-
mies & fes voifines, en leur
difant; Réjouïflez-vous a-
vec moi : car j'ai trouvé la
drachme que j'avois perdue >
Ainfi je vous dis 5 Qu'il y a
de la joie devant les Anges
de Dieu pour un feul pé-
cheur qui vient à fe re-
pentir.
Le quatrième dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
ODieu, qui es le Pro-
tedeur de tous ceux
qui mettent leur confiance
en toi, fans lequel il n'y a
rien de fort, & il n y a rien
de faint i augmente ôc mul-
tiplie tes mifericordcs fur
LA Trinité.' 141
nous : afin que gouvernez
par ta Providence, & con-
duis par ton Efprit, nous
ufions de telle forte des bi-
ens de la vie préfente, que
nous ne perdions point les
biens de leternité. Exauce
nous, ôPère Celeftc, pour
famour de Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
L'Epitre, Rom. 8. 18.
J'Eftime que les foufran-
ces du temps préfent
ne font point à contrepefer
à la gloire à venir qui doit
être révélée en nous. Car
le grand 6c ardent défit des
créatures, eft qu elles aten-
dent que les enfans de Dieu
foient révélez 5 (Parce que
les créatures font fujettcs à
la vanité, non de leur vo-
lonté : mais à caufe de ce-
lui qui les y a afliijcttics)
elles ratendent,dis-je, dans
Tcfpérance qu'elles feront
auflî délivrées de la fervi-
tude de la corruption, pour
être en la liberté de la gloi-
re des enfans de Dieu. Car
nous favons que toutes les
créatures foupircnt, 6c font
en travail enfemble jufqucs
à maintenant. Et non feu-
lement ellcs,mais nous auiîi,
qui
1425 Le V. Dimanche après la Trinité;
qui avons les prémices de
rEfprit; nous-mêmes, dis- je,
foupirons en nous mêmes,
en atendant Tadoption ,
ceft-a-dire, la rédemption
de nôtre corps.
L'Evangile, S. Luc, 6. 3 6.
Oiez donc mifericordi-
frère, & tu n'aperçois pas
un chevron dans ton pro-
pre œil > Ou comment peux-
tu dire à ton frères Mon
frère, permets que j ote le
fétu qui eft dans ton œil,
toi qui ne vois point un
chevron qui eft dans ton
S Oiez donc mifericordi- œil? Hypocrite, ôtepremié-
eux, comme vôtre Père 1 rement le chevron de ton
eft mifericordieux. Et ne œil, & après cela tu verras
jugez point, & vous ne fe-
rez point jugez : ne con-
damnez point, & vous ne
ferez point condamnez :
quitez, & il vous fera quité :
Donnez, & il vous fera
donné : on vous donne-
ra dans le fein bonne me-
fure, preflee & entafîee, &
qui s'en ira par delTus : car
de la mefure que vous me-
furerez, on vous mefurera
réciproquement. Il leur di-
foit aulli cette fimilitude;
Eft-il poffible qu'un aveugle
puifle mener un autre aveu-
gle? ne tomberont-ils pas
tous deux dans la foffe ? Le
difciple n eft point par def-
fus Ton maître: mais tout
difciple qui fera bien a-
compli, fera rendu confor-
me à fon maître. Et pour-
quoi regardes-tu le fétu
qui eft dans Tœil de ton
comment tu oteras le fétu
qui eft dans Tœil de ton
frère.
Le cinquième T)manche
après la Trinité.
s
La Collecte.
Eigneur, nous te fupli-
ons, que le cours des
affaires de ce monde foit
tellement réglé & mainte-
nu en paix par ta Provi-
dence, que ton Eglife puif-
fe toujours te fervir avec
joie dans une fainte tran-
quilité, par Jéfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
L'Epitre, I S. Pierre, 3. S-
S Oiez tous d'un confente-
ment, & pleins de corn-
paflîon l'un envers l'autre,
vous entr'aimant fraternelle-
ment^
. Le V. Dimanche
ment, mifericordicux ,
doux. Ne rendant point mal
pour mal $ ni outrage pour
outrage : mais au contraire,
beniflant : fâchant que vous
êtes apellez à cela, afin que
vous héritiez la bénédidion.
Car celui qui veut aimer fa
vie,&voir ks jours bien-heu-
reux, qu il garde fa langue
de mal, & fcs lèvres de
APRES
LA Trinité. 14I
I
UEVANGILE, S.Luc, 5. I.
L arriva, comme la foule
fe jettoit toute fur lui
pour entendre la parole de
Dieu, qu il fe tenoit fur le
bord du lac de Génézareth.
Et voiant deux nacelles qui
étoient au bord du lac, &
dont les pêcheurs étoient
defcendus, & lavoient leurs
prononcer aucune fraude, rets : il monta dans lune
Qu'il fe détourne du mal, de ces nacelles qui étoit à
& quil faife le bien : qu il j Simon. Et il le pria delà
recherche la paix,& qu il tâ-
che de fe la procurer. Car
les yeux du Seigneur font
fur les juftes, & Ces oreilles
font atentives à leurs priè-
res : mais la face du Sei-
gneur eft contre ceux qui
font les maux. Or qui eft-
ce qui vous fera du mal,
fî vous fuivezle bien? Que
fi toutefois vous foufrcz
quelque chofe pour la juf-
tice, vous êtes bien-heureux :
mais ne craignez point les
maux dont ils veulent vous
faire peur, & n'en foiez
point troublez. Mais fanc-
tifiez
cœurs.
le Seigneur dans vos
mener un peu loin de terre :
puis s'étant aflîs il enfeig-
noit de deifus la nacelle les
troupes du peuple. Et quand
il eut achevé de parler, ii
dit à Simon; Mène en
pleine eau, & lâchez vos
filets pour pêcher. Et Si-
mon répondant, lui dits
Maître, nous avons travail-
lé toute la nuit, & nous
n'avons rien pris : toutefois
à ta parole je lâcherai les
filets. Ce qu'aiant fait, ils
enfermèrent une fi grande
quantité de poifTons, que
leurs filets fe rompoicnt. Et
ils firent figne à leurs com-
pagnons qui étoient dans
l'autre nacelle, de venir les
aider: & étant venus ils
rem-
"144 l'E VI. Dimanche
remplirent les deux nacel-
les, tellement qu'elles s'en-
fonçoient. Et quand Simon
Pierre eut vu cela, il fe jct-
ta aux genoux de Jéfus, en
lui difant 5 Seigneur, retire-
toi de moi : car je fuis un
homme pécheur. Parce que
la fraieur Tavoit faifi, lui
& tous ceux qui étoient a-
vcc lui, à caufc de cette
grande prife de poiflbns
qu'ils venoient de faire : de
même que Jaques &Jean,
fils deZéb dée, qui étoient
compagnons de Simon. A-
lors Jéfus dit à Simon 5
N'aie point de peur : d or-
enavant tu feras preneur
d'hommes vivans. Et quand
ils eurent amené les nacel-
les à terre ,• ils quiterent
tout, & le fuivirent.
Le Jixième dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
ODicu qui as préparé à
ceux qui t'aiment,
des biens qui furpaffent Tcn-
tendcmcnt humain 5 fai
qu'en t'aimant de notre cô-
té par dcffus toutes chofes,
nous obtenions l'effet de tes
APRES LA Trinité^
promeifes, qui font audef-
fus de nos penfées, & de
nos défirsj par Jéfus- Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Rom. 6. 5.
NE favez-vous pas que
nous tous qui avons
été bâtifez en jéfus- Chrift,a-
vous été bâtifez en fa mort \
Nous fommes donc enfe-
velis avec lui en fa mort
par le Batême : afin que
comme Chrift eft reflufcité
des morts par la gloire du
Père, nous auflî pareille-
ment cheminions en nou-
veauté de vie. Car fi nous
avons été faits une même
plante avec lui par la con-
formité de fa mort, nous
le ferons aufli par la con-
formité de fa réfurrcdion.
Sachant ccci,que nôtre vieil-
homme a été crucifié avec
lui, afin que le corps du pé-
ché foit réduit à néant: a-
fin que nous ne fcrvions
plus le pcché. Car celui
qui eft mort, eft quite du
pcché. Or fi nous fommes
morts avec Chrill, nous
croions que nous vivrons
au fil avec lui : Sachant que
Chrift étant reflufcité des
mortj ne meurt plus, <5c que
la
Ie VII. Dimanche après la Trinité- i4j^
la mort n a plus de domi-
nation fur lui. Car ce qu'il
eft mort, il eft mort pour
une fois au péché : mais ce
qu il eft vivant, il eft vivant à
Dieu. Vous auiïî tout de
même faites vôtre compte
que vous êtes morts au
péché, mais vivans à Dieu
en Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur.
L'Evangile, S. Matt. 5 . 20.
JEfus dit à fes difciples; Si
vôtre juftice ne furpafte
celle des Scribes & des Pha-
rilîens, vous n entrerez point
dans le Roiaume des Cieux.
Vous avez entendu qu'il a
été dit aux anciens 5 Tu ne
tueras point : & qui tuera
fera puniffable par juge-
ment. Mais moi je vous
dis 5 Que quiconque fe met
en colère fans caufe contre
fon frère, fera puniiTable par
jugement : & celui qui di-
ra à fon frère, Racha, fera
puniflable par le Confeil:^
& celui qui lui dira. Fou,
fera puniflable par la gé-
henne du feu. Si donc tu
aportes ton ofrande à TAu-
tel, & que là il tç fouvi
cnne que ton frère a quel
que chofe contre toi : Laif-
fe-Ià ton ofrande devant
rAutel,& va te reconcilier
premièrement avec tor^
frère i puis vicn, & otre
ton ofrande. Sois bien-tôt
d acord avec ta partie aver-
fe, tandis que tu es en che-
min avec elle : depeur que
ta partie averfe ne te livre
au Juge, & que le Juge ne
te livre au fergent, ôc que
tu ne fois mis en prifon.
En vérité je te dis 5 que tu
ne fortiras point de là, jus-
qu'à ce que tu aies ^rendu
le dernier quadrain.
Le feptiéme dimanche
a}rès la Trmité.
La Collecte.
Dieu Tout-puilfant à
qui apartient la force,
& qui es l'Authcur de tout
bien, & de tout don par-
fait; imprime dans nos
cœurs Tamour de ton Nom :
augmente en nous la véri-
table piétés rempli nous
de toutes les vertus, & nous
y affermi i par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L L'Epi-
1L4.6 JLe VII. Dimanche après la Trinité:
L'Epitre, Rom. 6, 19.
JE parle à la façon des
hommes, à caufe de Tin-
firmité de vôtre chair. Com-
me donc vous avez apliqué
Vos membres pour fervir à
la fouillurc & à l'iniquité,
pour commettre Tiniquité :
ainfi apliquez maintenant
vos membres pour fervir à
lâjuftice, enfainteté. Car
lors que vous étiez efclaves
du péché, vous étiez libres,
quant à la juftice. Q^iel
fruit donc aviez-vous alors
des chofes dont maintenant
vous avez honte? certes
leur fin eft la mort. Mais
maintenant que vous êtes
afranchis du péché, & affer-
vis à Dieu, vous avez vô-
tre fruit dans la fandifica-
. tion 5 & pour fin la vie é-
ternelle. Car les gages du
péché, c eft la mort : mais
le don de Dieu, c'eft la vie
éternelle, par Jéius-Chrift
nôtre Seigneur.
L'Evangile, S.Marc, 8. i.
EN ces jours-là, comme
il y avoir U une fort
grande multitude, & qulls
navoient rien à manger 5
Jcfus apella les Difciples,
ôcleur dit; Je fuis ému de
compafiîon envers cette
multitude : car il y a déjà
trois jours qu ils ne bougent
d'avec moi, & ils n ont rien
à manger. Et fi je les ren-
voie à jeun en leurs mai-
fons, ils tomberont en dé-
faillance par le chemin; car
quelques-uns d'eux font ve-
nus de loin. Et fes Difci-
ples lui répondirent ; D où
les pourra-t-on raffafier de
pain, ici dans un défert?
Et il leur demanda 5 Com-
bien avez vous de pains? Ils
lui dirent i Sept. Albrs il
commanda aux troupes de
s'afleoif par terre 5 & il prit
les fept pains, & après avoir
rendu grâces, il les rompit;
& les donna à fes Diiciples
pour les mettre devant les
troupes : ôc ils les mirent
devant elles. Ils avoient
aufll quelque peu de petits
poiilbns : ôc après qu il eut
rendu grâces, il commanda
qu ils les leur miiîent auflî
devant. Et ils en mangè-
rent, & furent raflafiez : &
on remporta du* refte des
pièces de pain, fcpt corbeil-
les : (Or ceux qui en avoi-
ent mangé étoient environ
- >. ... qua-
>;
Le VIII. Dimanche a
quatre mille) & enfuite il
leur donna congé.
Le huitième T^imanche
après la Trinité.
La Collec te.
ODieu, dont la Provi-
dence infaillible règle
tout fur la terre & dans le
ciel i éloigne de nous, nous
t'en fuplions, les chofes qui
pourroient nous nuire; &
nous acorde celles qui nous
font véritablement utiles j
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
L'Epitre, Rom. S. 12.
M Es frères, nous fom-
mes débiteurs non
point à la chair, pour vivre
félon la chair. Car fi vous
vivez félon la chair, vous
mourrez : mais fi par Tefprit
vous mortifiez les faits du
corps, vous vivrez. Or tous
ceux qui font conduits par
TEfprit de Dieu, font en-
fans de Dieu. Car vous
n avez point reçu un Efprit
de fervitude, pour ctre en-
core dans la crainte : mais
vous avez reçu TEfprit d'a-
doption, par lequel nous
PRES LA Trinité. ïjÇ^
crions Abba, Père. C'eft ce
même Efprit qui rend té-
moignage avec nôtre efprit
que nous fommes enfans de
Dieu. Et fi nous fommes
enfans, nous fommes doiic
héritiers: héritiers, dis-jc.
de Dieu 5 & cohéritiers de
Chrifl: : fi nous foufrôns a-
vcc lui, afin que nous loir
ons auflî glorifiez avec lui,
UEvANGiLE, s. Matt. 7.1 5;
Donnez- vous garde des
faux prophètes qui
viennent à vous en habit
de brebis 5 mais qui au de-
dans font des loups ravil-
fans. Vous les connoitrez
à leurs fruits: cueille-t-on
les raifins des épines ; ou les
figues des chardons? Auifi
tout bon arbre fait de bon
fruit: mais le mauvais ar-
bre fait de mauvais fruit. Le
bon arbre ne peut point
faire de mauvais fruit j ni le
mauvais arbre faire de bon
fruit. Tout arbre qui ne
fait point de bon fruit, cfl:
coupé & jette au feu. Vous
les connoitrez donc à leurs
fruits. Tous ceux qui me
difcnt 5 Seigneur, Seigneur,
n entreront pas dansleRoi-
aume des Cicux : mai$ celui
L 2. qui
I4S Le IX. Dimanche après la Trinité.
qui fait la volonté de mon rituelle qui les fuivoit j &
père qui eft aux Cieux.
Le neuviémeT^imanche
afrès la Trinité.
La Collecte.
DOnnc nous Seigneur
nous t'en fuplions
TEiprit de difcernement
pour ne rien penfer, & ne
rien faire qui ne foit jufte
& droit i afin que, comme
fans toi, nous ne pouvons
faire aucun bien, nous re-
cevions de toi la grâce, &
la force de vivre félon ta
volonté fainte 5 par Jéius-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
UEpitre, I Cor. 10. i.
ME s frères, je ne veux
pas que vous igno-
riez, que nos Pères ont tous
été fous la nuée $ & qu'ils
ont tous palTé par la mer :
& qu'ils ont tous été bâtifcz
par Moifc, eu la nuée, &
en la mer: & qu'ils ont
tous mangé d'une même
viande fpiritucllei & qu'ils
ont tous bu d'un même
.^breuvage fpirituel: car ils
beiivoicnt de la pierre fpi-
la pierre étoit Chrift. Mais
Dieu n'a point pris plaifir
en plufieurs d'eux: car ils
ont été acablez au défert.
Or ces chofes ont été des
exemples pour nous^ afin
que nous ne convoitions
point des chofes mauvaifes,
comme eux-mêmes les ont
convoitées. Et que vous
ne deveniez point idolâtres,
comme quelques-uns d'eux :
ainfi qu'il eft écrit i Le peu-
ple s'eft affis pour manger
& pour boire; & puis ils
fe font levez pour joiier.
Et afin que nous ne pail-
lardions point, comme quel-
ques-uns d'eux ont paillar-
de 5 & il en eft tombé en
un jour vingt trois mille.
Et que nous ne tentions
point Chrift, comme quel-
ques-uns d'eux l'ont tentée
& ont été détruits par les
ferpens. Et que vous ne
murmuriez point, comme
quelques-uns d'eux ont
murmuré; & font péris par
le deftruclcur. Or toutes ces
chofes leur arrivoient en
exemple; & elles font écri-
tes pour notre inftruclion,
comme étant ceux aufquels
les derniers> temps font par-
venus.
Le IX. Dimanche après la Trinité
venus. Que celui donc
qui croit demeurer debout,
prenne garde qu il ne tom-
be. Aucune tentation ne
vous a faifis, qui nait été
une tentation humaine: &
Dieu eft fidèle qui ne per-
mettra point que vous foiez
tentez au delà de vos forces:
mais avec la tentation il
vous donnera riffuëj afin
que vous la puiffiez fou-
tenir.
L'Evangile, S. Luc, i5. i.
JEfus dit à fes difciples ;
Il y avoit un homme
riche, qui avoit un maître-
d'hôtel, lequel fut acufé de-
vant lui comme dilîîpateur
de fes biens. Sur quoi Tai-
ant apellé, il lui dit 5 Qu'eftr
ce que j'entensdire de toi?
Ren compte de ton admi-
niftration : car tu n auras
plus la puiffancc d'adminif-
trer mes biens. Alors le
maître-d'hôtel dit en lui-
même i Que fer ai- je, puis-
que mon maître nVôte Tad-
miniftration ? je ne puis pas
fouir la terre, & j'ai honte
de mendier, je fai ce que
je ferai i afin que quand
mçi^ adai^'ï^ifti-ation nie fe-
I4$)r
ra otée, quelques-uns me
reçoivent dans leurs mai-
fons. Alors il apella cha-
cun des débiteurs de fon
maître, & il dit au pre-
mier; Combien dois-tu à
mon maître? Il' dit; Cent
mcfures d'huile. Et il lui
dit j Pren ton obligation,
& t'aflîcds vite, & n'en écri
que cinquante. Puis il dit
à un autre ; Et toi, combien
dois-tu? Et il dit; Cent
mefures de froment. Et
il lui dit s Pren ton obli-
gation, & n'en écri que qua-
tre-vingt. Et le maître loîia
le maître-d'hôtel inique, de
ce qu'il avoit fait pruden-
ment. Ainfi les enfans de
ce fiéclc font plus prudens
en leur génération, que les
enfans de lumière, Et moi
aufiî je vous dis; Eaites-
vous des amis, des richefles
iniques : afin que quand
vous défraudez, ils vous
reçoivent dans les taberna-
cles éternels.
L 3
Le
^
;î50 Le X. Dimanche
Le dixième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
OMifcricordicux Sei-
gneur 5 prête 1 oreille
aux prières de tes humbles
ferviteurs : Et afin qu ils
puiffent obtenir ce quils
demandent ; fai leur la
grâce de ne demander que
àzs chofes qui te Ibicnt a-
gréables 5 par Jélus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L^Epitre, I Cor. 12. i.
POur ce qui regarde les
dons fpirituels, je ne
veux point, mes frères, que
vous en foiez ignorans.Vous
favez que vous étiez Gen-
tils, tranfportez après les I-
doles muettes, félon que
vous étiez menez. C'cft
pourquoi je vous fais fa-
voir; que nul parlant par
TEfprit de Dieu, ne dit
que Jéfus eft malédidion :
& que nul ne peut dire
que par le Saint Efprit, que
Jéfus eft le Seigneur. Or
il y a diverilté de dons :
jnais il n'y a qu un même
'Efprit, 11 y a auffi divçr-
APRES LA Trinité.
fité de miniftères : mais il
n y a qu un même Seigneur.
Il y a pareillement diverfi-
té d'opérations : mais il n'y
a qu'un même Dieu, qui
opère toutes chofes en tous.
Or à chacun eft donnée la
manifeftation de l'Efprit,
pour ce qui eft expédient.
Car à l'un eft donnée par
l'Efprit, la parole de fa-
pience 5 & à l'autre, par le |
même Efprit, la parole de
connoiffance 5 & à un au-
tre, la foi, par ce même
Efprit; à un autre, les dons
de guérifon, par ce même
Efprit 5 & à un autre, les
opérations des miracles j
à un autre, la prophétie;
à un autre, le don de dif-
cerner les Efprits ; à un
autre, la diverfité de lan-
gues i & à un autre, le don
d'interpréter les langues»
Mais un feul, & même Ef-
prit fait toutes ces chofes,
diftribuant particulièrement
a chacun félon qu'il veut,
L'Evangile, S.Luc,i9.4I.
ET quand il fut proche,
voiant la ville, il pleu-
ra lur elle, difant j O fi toi
auffi eufles connu, au moins
en cette tienne journée.
f
Le XI. Dimanche après la Trinité. 151
les chofes qui apartiennent
à ta paix ! mais mainte-
nant elles font cachées de-
vant tes yeux. Car les
jours viendront fur toi que
tes ennemis t'afliégçront de
tranchées, & t'environne-
ront;, Ôc t'enferreront de
tous cotez : & te raferont
toi, & tes enfans qui font
au dedans de toi ; & ils ne
laifferont en toi pierre fur
pierre 5 parce que tu nas
point connu le temps de ta
vifitation. Puis étant entré
au Temple, il commença
à jetter dehors ceux qui y
vendoient, 6c qui y achc-
toient. Leur difant ; Il eft
écrit; Ma Maifon eft la
Maifon de prière : mais
vous en avez fait une ca-
verne de voleurs. Et il
étoit tous les jours enfei-
gnant dans le Temple.
L'onzième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
fur nous abondamment ta
grâce : afin que marchant
dans les fentiers de tes
commandemens, nous puif^
fions obtenir l'effet de tes
promefles gratuites, & être
faits participants de tes
tréfors celeftes; par Jéfus^
Chrift nôtre Seigneur, -/f-
men.
LTpitre, i Cor. 15. iJ
M Es frères, je vous
fais favoir l'Evan-
gile que je vous ai annoncé,
& que vous avez reçu, &
auquel vous vous tenez
fermes : & par lequel vous
êtes fauvez, fi vous retenez
en quelle manière je vous
l'ai annoncé : à moins que
vous n'aiez cru en vain.
Car avant toutes chofes, je
vous ai donné ce que j'a-
vois auffi reçu, favoir $ que
Chrift eft mort pour nos
péchez, félon les Ecritures:
& qu'il a été enféveli, &
qu'il eft reftufcité le troi*
fiéme jour, félon les Ecri-
ODieu, qui manifcftcs la turcs : & qu'il à été vu de
Toute-puiflance de ta Céphas , & enfuite des
force, principalement lors Douze. Depuis il a été
•que tu fais mifericorde, &jvû de plus de cinq cent
que tu as compalîionj répn^ frères a une fois 5 dont plu-
L 4 ficur
n
Isi l'S xiï. Dimanche
fleurs font encore vi-
vans, & quelques uns dor-
ment. Enfuite il a été vu
de jaques, & puis de tous
les Apôtres. Et après tous,
il a été vu auffi de moi,
comme d'un avorton. Car
je fuis le moiiuire des A-
pôtres, qui ne fuis pas dig-
ne d'être apellé Apôtre j
parce que j'ai pcrfécuté
TEglife de Dieu. Mais par
la grâce de Dieu, je fuis
ce que je fuis; & fa grâce
envers moi n'a point été
vaine i mais j'ai travaillé
beaucoup plus qu'eux tous :
toutefois non point moi^
mais la grâce de Dieu qui
cft avec moi. Soit donc
moi, foit cm, nous prê-
chons ainfii & vous l'avez
cru ^infi.
L'EvAî?Gii.E, S, Luc, 18.9.
JEfu§ dit cette parabole,
à quelques uns qui fe
çonfipicnt en eux-mêmes
d'çtre juftes, & qui tenoi-
cnt Içs autres pour rien.
Deux hommes rnontcrent
au Temple pour prier :
Tun, Pharifien 5 & l'autre,
Péager. Le Pharifien jfe
te|iai,it à l'écart prioit çn
APRES LA Trinité?
lui-même, difant de telles:
chofesj ODieu! je terens
grâces, de ce que je ne
fuis point comme le refte
des hommes, qui font ra-
vilTeurs, injuftes, adultères,
ni même comme ce Péager.
Je jeune deux fois la fe-
maine : & je donne la dîme
de tout ce que je pollède.
Mais le Péager fe tenant
loin, n'ofoit pas même le-
ver les yeux vers le Ciel:
mais frapoit fa poitrine, en
difant; O Dieu! fois apai-
fé envers moi qui fuis pé-
cheur. Je vous dis que ce^
lui-ci defcendit en fa mai.
fon juftifié, plutôt que l'au-
tre. Car quiconque s'élè^
ve, fera abaifle ; & quicon-
que s'abaifle, fera élevé.
Le douzième T>manche
après la Trinité.
La Collect
E.
D
leu Eternel & Tout-
puiffant, qui es tou-
jours plus prompt à nous
exaucer que nous ne le
fommes à te prier j & qui
as acoutumé de nous don-
ner plus que nous ne mé-
ritons, & que nous ne de*-
maa^
r
w
I Le XII. Dimanche après la Trinité.
'mandons 5 Répan abon-
damment tes grâces fur
^ous s nous pardonnant
tout ce qui pourroit trou-
bler nôtre confcience 5
nous donnant les biens que
nous ne fommes pas dignes
de demander i finon par
les mérites, & par Tinter-
cefllon de Jéfus-Chrift ton
Fils, nôtre Seigneur. Jl-
men.
L'Epitre, 2 Cor. 3- 4-
NOus avons une telle
confiance en Dieu
par Chrift. Non que nous
foions capables de nous-
mêmes de penfer quelque
çhofe y comme de nous-
mêmes; mais nôtre capacité
eft de Dieu 5 qui nous a
aufli rendus capables d'ctre
Miniftres du Nouveau Tcf-
tament; non de la lettre,
mais de TEfprit: caria let-
tre tuë; mais TETprit vivi-
fie. Or fi le Miniftcrc de
mort écrit avec des lettres,
& gravé fur des pierres, a
été glorieux, tellement que
les enfans dlfraél ne pou-
voient regarder le vifage de
Moife j à caufe de la gloire
d>? fon vifagC; laquelle dc-
153
voit prendre fin: comment
le Miniftère de TEfprit ne
fera-t-il pas plus glorieux ?^
Car fi le Miniftère de la
condamnation a été glori-
eux, le Miniftère de la juf-
tice le furpafîe de beau-
coup en gloire.
UEvangile, s. Marc, 7. 31;
j
Efus étant encore parti
des frontières de Tyr&
de Sidon, il vint à la mer
de Galilée par le milieu du
païs de Décapolis. Et on
lui amena un fourd, qui a-
voit la parole empêchée^
& on le pria de pofer les
mains fur lui. Et Jéfus
l'aiant tiré à part, hors de
la foule, lui mit les doigts
dans les oreilles 3 & aiant
craché, lui toucha la langue.
Puis regardant vers le ciel,
il foupira, & lui dit j Heph-
phatah , c'eft-a-dire, Ou-
vre-toi. Et auflî-tôt fes
oreilles s ouvrirent j & le
lien de fa lani^ue fe délia :
& il parla aifément. Et
]éfas leur commanda de ne
le dire à pcrfonne : mais
plus il le défendoit, plus
lis le publioient. Et ils en
étoicnt extrêmement éton-
ne?,
^1
154 Le XIII. Dimanche après la Trinité;
nez, difant 5 H a tout bien
fait : il fait ouïr les fourds.
& parler les muets.
Le treiziéme^ïmanche
a^rès la Trinité.
La Collecte,
o
Dieu Tout-puiflant &
tout mifericordieux.
qui a ete auparavant con-
firmée par Dieu en Chrift,
la Loi qui eft venue quatre
cent trente ans après, ne
la peut point anuler pour
abolir la promeffe. Car fi
rhéritage eft par la Loi, il
n eft point par la promeffe :
or Dieu Ta donné à Abra-
ham par la promeffe. A
quoi donc fert la Loi ?
qui feul donnes a ton peu- Elle a été ajoutée à caufe
pie fidèle de te rendre un des tranfgreflîons,jufqu ace
jiifte & louable fervice^ fai
nous la grâce, nous t'en fu-
plions, de te fervir ft fidè-
lement fur la terre, que
nous ne manquions point
d'obtenir enfin dans le ciel
l'effet de tes promeffes 5
par les mérites de Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A-
men.
LTpitre, Gai. 3- i<^.
LEs promeffes ont été
faites a Abraham, &
à ta fcmcnce. 11 n eft pas
dit, & aux fcmences, com-
me s'il avoit parlé de plu-
fieursj mais comme parlant
d'une feule, & à fa fe-
mence 5 qui eft Chrift. Voi-
ci donc ce que je dis;
c'cft que quant à Faliance
que vint la femence à l'é-
gard de laquelle la pro-
meffe avoit été faite : &
elle a été ordonée par les
Anges, par le miniftère d'un
Médiateur. Or le Média-
teur n'eft pas d'un feul :
mais Dieu eft un feul. La-
Loi donc a-t-elle été ajou-
tée contre les promeffes de
Dieu? ainfi n'avienne! car
fi la Loi eut été donnée
pour pouvoir vivifier, véri-
tablement la juftice feroit
de la Loi. Mais l'Ecri-
ture a tout enclos fous le
péché 5 afin que la promeffe
par la foi en Jéfus-Chrift;^
fut donnée à ceux qui
croient.
L^EVAN-
Le XIII. Dimanche a
L'Evangile, S.Luc, io. 2 3 .
Bienheureux font les
yeux qui voient ce
que vous voiez. Car je
vous dis, que plufieurs Pro-
phètes & plufieurs Rois ont
défiré de voir les chofes
que vous voiez, & ils ne
les ont point veuës^ &
d'ouïr les chofes que vous
ciez, ôc ils ne les ont point
ouïes. Alors voici un Doc-
teur de la Loi s étant levé
pour réprouver lui dit 5
Maître, que dois- je faire
pour avoir la vie éternelle r
Et il lui dit j Qif c(t-il é-
crit dans la Loi ? Comment
lis-tu ? Et il répondit , &
dit; Tu aimeras le Sei-
gneur ton Dieu de tout ton
cœur, & de toute ton amc,
& de toute ta force, & de
toute ta penfée : & tu ai-
meras ton prochain comme
toi-même. Et Jéiiis lui
dit ; Tu as droitemcnt ré-
pondu: fai cela, & tu vi-
vras. Mais lui fc voulant
juftifier, dit à ]éfuSi Et
qui eft mon prochain ? Et
]éfus répondant, lui dit ;
Un homme defccndoit de
Jérufalçm à Jérico, & il
PRES LA TrINITEJ 1$^
tomba entre les mains des
voleurs, qui le dépouille-
rent, & qui après l'avoir
bleifé de plufieurs coups,
s'en alerent, le laiffant à
demi-mort. Or par rencon-
tre, un Sacrificateur defccn-
doit par le même cheminj
& quand il le vit, il palfa
de Tautre côté. Un Lé-
vite aufli étant arrivé en
cet endroit-là, & volant cet
homme, paffa tout de même
de l'autre côté. Mais un
Samaritain faifant fon che-
min, vint à lui ; & le vol-
ant, il fut touché de com-
paillon. Et s'aprochant
lui banda fes plaies, 6c y
verfa de l'huile & du vin :
puis le mit fur fa bête, &
le mena dans Thotellerie,
& eut foin de lui. Et le
lendemain en partant, il ti-
ra deux deniers, «5c les don-
na à rhôte, en lui difant 5
Aie foin de lui : & tout
ce que tu dépcnferas de
plus, je te le rendrai à mon
retour. Lequel donc de
ces trois, te fcmblc-t-il a-
voir été le prochain de ce-
lui, qui étoit tombé entre
les nriains des voleurs? 11
répondit j C'eil celui qui a
ufc de mifcricorde envers
lui
!^ V
ij6 Le XIV. Dimanche après la Trinité,
lui. Jéfus donc lui dit;
Va, & toi auffi fai de même.
Le quatorzième T) manche
' après la Trinité.
• La Collecte.
Dieu Tout-puiflant &:
Eternel, augmente
nous la foi, refpérance &
la charité : & afin que nous
obtenions ce que tu nous
promets, fai que nous ai-
mions ce que tu nous com-
mandes ; par Jéfus-Chrift
nôtre Seiineur. Amen,
L'Epitre, Gai. 5. i(5.
j
E vous dis donc ; Che-
minez félon TÊfprit^
paillardife, la fouillure. Fin-
folence, Tidolatrie, Tem-
poifonnement, les inimi-
tiez, les querelles, les dé-
pits, les colères, les diffen-
fions, les divifions, les hé-
réfies, les envies, lesmeur-
très, les ivrogneries, les
gourmandifes, & les chofes
femblables à celles-là : au
fujct defquelles je vous pré-
dis, comme je vous lai dé-
jà dit, que ceux qui com-
mettent de telles chofes
n hériteront point le Roi-
aume de Dieu, Mais le
fruit de TEfprit eft la cha-
rité, la joie, la paix, un
efprit patient, la bénigni-
té, la bonté, la fidélité, la
douceur, la tempérance. La
Loi ne s'adreffe point con-
Ôc vous nacomplirez point tre de telles chofes. Or
les convoitilcs de la chair: 'ceux qui font de Chrift,
Car la chair convoite con-'ont crucifié la chair avec
tre l'efprit, & i'cfprit con-
tre la chair : & ces chofes
font opolces l'iine à l'au-
tre : tellement que vous ne
faites point les chofes que
vous voudriez. Or fi vous
ères conduits par TEfprit,
vous n'êtes point fous la
Loi. Car les œuvres de la
chair font manifefles, \z{-
quellcs font l'adultère, la
fes afFeclions,
voitifcs.
6c fes con-
UEvANGiLE,S.Luc, 17.11,
ALant à Jérufalem, il
paflbit par le milieu
de la Samarie & de la Ga-
lilée. Et comme il entroit
dans une bourgade, dix
hommes lépreux le rencon-
trèrent^
Le XV. Dimanche après la Trinité? 157
trerent, & ils s'arrêtèrent
de loin: ôc élevant leurs
voix, ils lui dirent i Jéfus,
Maître, aie pitié de nous.
Et quand il les eut vus, il
leur dit , Alcz, niontrez-
vous aux Sacrificateurs. Et
il arriva quen s'en alant
ils furent rendus nets. Et
Tun deux voiant qu il étoit
guéri, s'en retourna, glori-
fiant Dieu à haute voix :
Et fe jetta en terre fur fa
face aux pieds de Jéfus, lui
rendant grâces: or c'étoit
un Samaritain. Alors Jé-
fus prenant la parole ditj
Les dix n'ont-ils pas été
rendus nets? & les neuf où
font-ils ? Il n y a eu que cet
étranger qui foit retourné
pour rendre gloire à Dieu.
Alors il lui dit 5 Levé- toi j
va-t-en; ta foi t'a fauve.
Le quinzième ^Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
VEuilles, ô Seigneur par
ta mifcricorde, pro-
téger continuellement ton
Eglife : Et puis que la fra-
gilité de l'homme eft telle
que nous ne pouvons de-
meurer fermes fans ton fe-
cours, garenti nous de tout
ce qui peut nous nuire i &
condui nous à celles qui
peuvent avancer nôtre Sa«
lut 5 par Jéfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen.
L'Epitre, Gai. 6. 11.
T TOus voiez quelle gran-
Y de lettre je vous ai
écrite de ma propre main.
Tous ceux qui cherchent
une belle aparence en la
chair, font ceux qui vous
contraignent d'être circon-
cis 5 afin feulement qu'ils
ne foufrent point perfécu-
tion pour la croix de Chrift-
Car ceux-là mêmes qui
font circoncis ne gardent
point la Loi : mais ils veu-
lent que vous foiez circon-
cis 5 afin de fe glorifier en
vôtre chair. Mais pour
moi, à Dieu ne plaife que
je me glorifie, fuion en la
croix de nôtre Seigneur
jéfus-Chrift, par lequel le
monde nVeft crucifié, &
moi au monde. Car en
yéfus-Chrift, ni la circonci-
fion, ni le prépuce n'ont au-
cune vertu; mais la nou-
velle créature. Et â l'égard
de
^
Ys^ l'E XV. Dimanche
de tous ceux qui marche-
ront félon cette règle; que
la paix ôc la mifericordc
foient fur eux, & fur Tlf
raël de Dieu. Au refte,
que perfonne ne me don-
ne de la fâcherie : car je
porte en mon corps les
flétriffures du Seigneur Jé-
fus. Mes frères, la grâce
de nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift foit avec vôtre efprit.
yimen.
L'Evangile, S. Matt.6.24.
NUI ne peut fervir deux
maîtres : car ou il
haïra Tun, & aimera l'au-
tre : ou il s'atachera à Tun,
& méprifera Fautre: vous
ne pouvez fervir Dieu, &
Mammon. C'eft pourquoi
;e vous dis 5 Ne foiez point
en fouci pour vôtre vie,
de ce que vous mangerez^
& de ce que vous boirez 5 ni
pour vôtre corps, dequoi
vous ferez vêtus. La vie
n'eft-elle pas plus que la
nourriture, & le corps plus
que le vêtement? Regardez
les oifeaux du Ciel: car
ils ne fement ni ne moif-
fonnent, ni naiTemblcnt
dans des greniers; & ce-
pendant vôtre Père celcfte
APRES LaTrINITEÏ 1
les nourrit: n'êtes- vous pas
beaucoup plus excellens
queux? Et qui eft celui
d'entre vous, qui puiffe par
fon fouci ajouter une cou-
dée à fa ftature? Et pour-
quoi étes-vous en fouci du
vêtement? Aprenez com-
ment croiffcnt les lis des
champs; ils ne travaillent,
ni ne filent. Cependant .
je vous dis, que Salomon I
même, dans toute fa gloire,
n'a pas été vêtu comme
l'un d'eux. Si donc Dieu
revêt ainfi l'herbe des
champs, qui eft aujour-
d'hui, & qui demain fera
mife au four, ne vous vé-
tira-t-il pas beaucoup plu-
tôt, ô gens de petite foi?
Ne foiez donc point en
fouci, difant; C^tie mange-
rons nous ? ou que boirons-
nous? ou dequoi ferons-
nous vêtus? Vu que les
Païens recherchent toutes
ces chofcs; car vôtre Père
celefte connoit que vous a-
vez befoin de toutes ces
chofes. Mais cherchez pre-
mièrement le Roiaume de
Dieu, & fa juftice; & toutes
ces chofes vous feront don-
nées par dedus. Ne foiez
donc point en fouci pour
le
Xe XVI, Dimanche après là Trinité^ 159
le lendemain: car le lende-
main fe fouciera de ce qui
le concerne. A chaque jour
fufit fa peine.
Lefeiziéme T>imanche
après la Trinité.
La Collecte.
O Seigneur, nous te fu-
plions de purifier &
détendre continuellement
tonEglife: & parce quelle
ne peut fubfifter fans ton
fecours 5 conferve la tou-
jours par ta bonté, & par
ton affiftance^pour l'amour
de Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 3.13.
JE vous prie de ne vous
point relâcher à caufe
de mes aflidions que je
foufre pour Tamour de
vous, ce qui eft vôtre gloire.
A caufe de cela je fléchis
mes genoux devant le Père
de nôtre Seigneur ]éfus-
Chrift : duquel toute la pa-
renté eft nommée dans les
Cieux & fur la terre. A-
fin que félon les richeifes
de fa gloire, il vous donne
d'être puiffamment fortifiez
par fon Efprit, en Thomme
intérieur: Tellement que
Chrift habite dan5 vos coeurs
par la foi : afin qu étant
enracinez, & fondez dans
la charité, vous puiflîcz
comprendre avec tous les
Saints, quelle eft la lar-
geur & la longueur, la pro-
fondeur, & la hauteur: &
connoitre la charité de
Chrift, laquelle furpafîe tou-
te connoilfancci afin que
vous foiez remplis de toute
plénitude de Dieu. Or à
celui qui, par la puiffance
qui agit en nous avec éfi-
cace, peut faire en toute
abondance au delà de tout
ce que nous demandons &
penfons : à lui foit gloire
dans TEglife, en Jéfus-
Chrift, dans tous les âges
du fiécles des fiécles. Amen.
L'Evangile, S. Luc, 7. 11.
ET le jour d'après il ar-
riva que ]éfus aloit
à une ville nommée Nain,
& plufieurs de iz^ difciplcs
& une groifc troupe aloi-
ent avec lui. Et comme il
aprochoit de la porte de la
ville, voici, on portoit de-
hor
il
i<5o Le xvir. Dimanche après la Trinité^
hors un mort, fils unique
de fa mère, qui étoit veu-
ve: & une grande troupe
de la ville étoit avec elle.
Et quand le Seigneur Teut
vue, il fut touché de com-
paflîon envers elle : & il
lui diti Ne pleure point.
Puis s'étant aproché, il tou-
cha la bière i & ceux qui
portoient le corps s'arrêtè-
rent, & il dit 5 Jeune hom-
me, je te dis, leve-toi. Et
le mort fe leva en fon fé-
ant, & commença à parler :
& Jéfus le rendit à fa mère.
Et ils furent tous faifis de
crainte, & ils glorifioient
Dieu, difantj Certainement
un grand Prophète s'eft le-,
vé parmi nous, & certaine-
ment Dieu a vifité fon peu-
ple. Et le bruit de ce mi-
racle fe répandit dans toute
la Judée, & dans tout le
pais circonvoifîn.
Le dix-feptiéme dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
SEigneur, nous te prions
que ta grâce nous pré-
vienne, & nous acom-
pagne fans ceflcj & quelle
nous porte continuellement
à toutes fortes de bonnes
oeuvres 5 par Jéfus-Chrift
Amen.
notre Seigneur.
j
L'Epitre, Eph. 4. r.'
E vous prie donc moî
qui fuis prifonnier pour
le Seigneur, de vous con-
duire d une manière digne
de la vocation, à laquelle |
vous êtes apellez5 avec |
toute humilité, & douceur 5 '
avec un efprit patient 5 vous
fuportant l'un lautre en
charité : étant foigneux de
garder l'unité de TEfprit
par le lien de la paix. II
y a un feul corps, & un ,
feul Efprit: comme aufli
vous êtes apellez à une feule
efpérance de vôtre voca-
tion. Il y a un feul Sei-
gneur, une feule foi, un
feul batême, un feul Dieu,
& Père de tous, qui eft fur
tous, & parmi tous, & en
vous tous.
L'Evangile, S.Luc, 14. i.
IL arriva auffi que Jéfus
étant entré un jour de
Sabat dans la maifon d'un
des principaux des Phari-
l fiens.
Le XVIII. Dimanche a
fiens, pour prendre fon re-
pas, ils robfervoient. Et
voici, un homme hydropi-
que étoit là devant lui. Et
Jéfus prenant la parole, par-
la aux Dofteurs de la Loi,
& aux Pharifiens, difant 5
Eft-il permis de guérir au
jour du Sabat ? Et ils ne
dirent mot: alors aiantpris
le malade, il le guérit, &
le renvoia. Puis s'adreffant
à eux, il leur dit 5 Qiii fera
celui d'entre vous, qui aiant
un âne ou un bœuf lequel
vienne à tomber dans un
puits, ne fen retire incon-
tinent le jour du Sabat?
Et ils ne pouvoient répli-
quer à ces chofes. Il pro-
pofoit auffi aux conviez une
îîmilitude, prenant garde
comment ils choififlbient
les premières places à table,
& il leur difoit 3 Quand tu
feras convié par quelqu'un
à des noces, ne te mets
point à table au plus haut
lieu, depcur qu'il n'arrive
qu'un plus honorable que
toi foit convié par lui :
Et que celui qui aura con-
vié & toi & lui, ne vienne,
& ne te dife ; Donne ta
place à celui-ci : & qu a-
\: lors tu ne commences avec
PRES LA Trinité. i6t
honte de te mettre au plus
bas lieu. Mais quand tu
feras convié, va, & te mets
au plus bas lieu s afin que
quand celui qui t'a convié
viendra, il te dife 5 Mon
ami, m.onte plus haut : ôc
alors cela te tournera à
honneur devant tous ceux
qui feront à table avec toi*
Car cjuiconque s'élève, fera
abaifle : & quiconque s a-
baifle, fera élevé-
Le dix-huitième T)intanche^
après la Trinité»
La Collecte*
O Seigneur, nous te
fupiions de faire la
grâce à ton peuple de réfif-
ter aux tentations du mon-
de, de la chair, & du dia-
ble 5 & de te fuivrc en
pureté de cœur & d' Ef-
prit, toi qui es le feul
vrai Dieu j par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen>
L'Epiti^E, T. Cor. î. 4«
JE rens toujours grâces à
mon Dieu à caufe de
vous, pour la grâce de Dieu
qui vous a été donnée en
Jéfus-Chrill:: de ce qu'en
toutes chof^^s, vous êtes en-
M tichis
tôz Le xviiT. Dimanche après la Trinité,
richis en lui de tout don
de parole, & de toute con*
noiffance : félon que le té-
moignage de Jéfus-Chrifta
été confirmé en vous. Telle-
ment qu il ne vous manque
aucun don 5 pendant que
vous atendez la manifcfta-
tion de nôtre Seigneur
Jéfus-Chrift, qui auflî vous
afermira jufqucs à la fin 5
pour être irrépréhenfibles
en la journée de nôtre Seig-
neur Jéius-Chrift.
L'Evangile, S. Matth.
22. 34-
QUand les Pharificns
eurent aprisqu il avoit
fermé la bouche aux Saddu-
céens, ils s'aflcmblerent d'un
acord. Et l'un d'eux qui
étoit Doftcur de la Loi,
Tinterrogea pour réprouver,
en ditant 5 JMaitrc, lequel
cft le grand Commande-
ment de la Loi? ]éius lui
dit 5 Tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton cœur,
& de toute ton ame, &
de toute ta pcnice. Celui-
ci ell: le premier & le grand
Commandement : & le fé-
cond, iemblablc à celui-là,
cftj Tu aimeras ton pro-
chain comme toi même.
De ces deux Commande-
mens dépendent toute la
Loi & les Prophètes. Et
les Pharifiens étant affem-
blez5 Jéfus les interrogea,
difant ; Que vous femble-
t-il du Chrift? De qui cft-
il Fils ? Ils lui répondirent 5
De David. Et il leur dit >
Comment donc David par-
lant par TEfprit, Tapelle-t-il
fon Seigneur ? difant ; Le
Seigneur a dit à mon Seig-
neur; Aflied-toi à ma droite,
jufquà ce que j 'aie mis tes
ennemis pour le marche-
pied de tes pieds. Si donc
David Tapelle fon Seigneur,
comment eft-il fon Fils ?
Et petfonne n£ lui pouvoit
répondre un feul mot : ni
perfonne n ofa plus l'inter-
roger depuis ce jour-là.
Le diX'7ieuviéme'^'Dimanche
après la Trinité.
La Collecte.
o
Dieu, puifque fans
toi nous ne faurions
t'ëtre agréables, fai nous la
grâce que ton Saint Efprit
nous diriiie & nous conduife
dans toutes nos voies j par
jéfus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
L'I-
£e XIX. Dimanche après la Trinité. 163
pourquoi aiant dépouillé
' TL'Epitré, Eph. 4*I7-
JE vous dis donc, & je
vous conjure de la part
du Seigneur, de ne vous
conduire plus comme k
rcfte des Gentils, qui fuivent
la vanité de leurs penfées :
Aiant leur entendement
obfcurci de ténèbres, ôc
étant éloignez de la vie de
Dieu, àcaufederignorance
qui eft en eux par Tendur-
ciflement de leur cœur.
Lefquels aiant perdu tout
fentîment, fe font aban-
donnez à la diffolution,
pour commettra toute ibuil-
iure, à qui en feroit pis.
Mais vous n'avez pas ainfi
apris Chrift : Si toutefois
vous favez écouté, & fi
vous avez été enfeigncz
par lui, félon que la vérité
eft en Jéfus : Savoir, que
vous dépouilliez le vieil-
homme, quant à la con-
vcrfation précédente, lequel
fe corrompt par les con-
voitifes qui féduifent : Et
que vous foiez renouveliez
dans refprit de vôtre enten-
dement : Et que vous foiez
revêtus du nouvel-homme,
créé félon Dieu en juftice
& en vraie fainteté. C/eft
le menfonge, parlez en
vérité chacun avec fon pro-
chain : car nous fommes
membres les uns des autres.
Courroucez-vous, & ne pé-
chez point. Que le foieil
ne fe couche point fur vôtre
courroux ; Et ne donnez
point lieu au diable.. Que
celui qui déroboit, ne déro-
be plus j mais que plutôt il
travaille en faifant de fes
mains ce qui eft bon : afia
qu il ait pour départir à ce-
lui qui en a befoin. QiT'au-
cundifcours mal-honnête ne
forte de vôtre bouche,- mais
feulement celui qui eft bon
à Tufage de ledification, afin
qu il donne grâce à ceux
qui 1 oient. Et ne con-
triftez point le Saint Efprit
de Dieu, par lequel vous
avez été féellez pour le jour
de la Rédemption. Que
toute amertume, & colère,
ôc corroux, 6c cricrie, &
médifance, foient ôtées du
milieu de vous, avec toute
malice. Mais foiez bénins
les uns envers les autres,
pleins de compailîon, &
vous pardonnant les uns
aux autres, ainfi que Dieu
vous a pardonné par Chrift,
M z L'EvAN'
5S4 Le XX. Dimanche après l a Trinité^.
L'Evangile, S.Matth.9.i.|^^ wntiéme Dimanche
après la Trinité.
La ColI/ECTe.
Efus étant entré dans la
J nacelle, il repafla la mer,
& vint en fa ville. Et voici,
on lui préfenta un paraly-
tique couché dans un lit.
Et Jéfus voiant leur foi,
dit au paralytique 5 Aie bon
courage, mon fils, tes péchez
te font pardonnez. Et voici,
quelques-uns des Scribes di-
foient en eux-mêmes 5 Ce-
lui-ci blafphème. Mais Jéfus
voiant. leurs penfées, leur
dit 5 Pourquoi penfez-vous
du mal dans vos cœurs?
Car lequel eft le plus aifé,
ou de dire ? Tes péchez te
font pardonnez : ou de dire ?
Leve-toi, & marche. Or
afin que vous fâchiez que
le Fils de l'homme a le
pouvoir fur la terre de par-
donner les péchez, il dit
alors au paralytique ; Leve-
toi, charge ton lit, 6c t'en
va en ta maifon. Et il fe
leva, & s'en ala en fa mai-
fon. Ce que les troupes
aiant vu, elles s'en étonnè-
rent; & elles glorifièrent
Dieu de ce qu'il avoit don-
né une telle puiifancc aux
hommes.
Dieu Tout-puifTant &
très- mifericordieux ,
préferve nous par ta grande
bonté de tout ce qui nous
pourroitnuircj afin quêtant
bien difpofez de corps &
d'efprit, nous te fervions
avec joie félon ta faintc
volonté; par Jéfus -Chrift
nôtre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 5. 15.
PRenez donc garde com-
ment vous vous con-
duirez foigneufcment ; non
point comme étant dépour-
vus de fagcife, mais comme
étant fages : Rachetant le
temps; car les jours font
mauvais. C'eft pourquoi ne
foiez point fans prudence ;
mais entendez bien quelle
eft la volonté du Seigneur.
Et ne vous enyvrez point
du vin, auquel il y a de la
diiTolution : mais foiez rem-
plis de TEfprit : vous entre-
tenant par à.zs> Pfeaumcs,
des Cantiques, & des Chan-
fons fpirituelles : cliantant
& pialmodiant de vôtre
cœur
Le XX. Dimanche après la Trinité
cœur au Seigneur. Ren-
dant toujours grâces pour
toutes chofes, au Nom de
nôtre Seigneur Jéfus-Chrift,
à nôtre Dieu, & Père. Vous
foumettant les uns aux au-
tres, en la crainte de Dieu.
L'Evangile, S.Matt. 22. i.
A Lors Jéfus prenant la
parole , leur parla
encore par fimilitudes, di-
fanti LeRoiaume des Cieux
cft femblable à un Roi qui
fit les noces de fon Fils. Et
il envoia fes ferviteurs, pour
apeller ceux qui avoient été
conviez aux noces: mais
ils n'y voulurent point venir.
Il envoia encore dautres
ferviteurs, difant 5 Dites à
ceux qui étoient conviez j
Voici, j'ai aprêté mon di-
ner: mes taureaux & mes
bêtes grafles font tuées, &
tout eft prêt 5 venez aux
noces. Mais eux n'en te-
nant point de compte s'en
alerent, l'un à fa métairie,
& l'autre à fon trafic. Et
les autres prirent fes fervi-
teurs, & les outragèrent, &
les tuèrent. Quand le Roi
l'entendit ; il fe mit en co-
lère : & y aiant envoie fes
troupes, il fit périr ces
1^5,
meurtriers-là ; & brûla leur
ville. Puis il dit à fes fer-
viteursi Eh bien! les noces
font aprêtées i mais ceux
qui y étoient conviez, n'en
étoient pas dignes. Alez
donc aux carrefours des
chemins ; & autant de gens
que vous trouverez, conviez-
les aux noces. Alors fes
ferviteurs fortirent vers les
chemins; & affemblerent
tous ceux qu'ils trouvèrent,
tant mauvais que bons : tel-
lement que le lieu des no-
ces fut rempli de gens qui
étoient à table. Et le Roî
étant entré pour voir ceux
qui étoient à table, y vit
un homme qui n'étoit pas
vêtu d'une robe de noces :
Et il lui dit i Compagnon,
comment es-tu entré ici,
fans avoir une robe de no-
ces? Et il eut la bouche
clofe. Alors le Roi dit aux
ferviteurs; Liez-le pieds &
mains, emportez-le, ôc le
jettez dans les ténèbres de
dehors : là il y aura des
pleurs, ôc des grincemens
de dents. Car il y a beau-
coup d'apellez; mais peu
d'élus.
M 3
L^
i66 Le XXI. Dimanche après la Trinité.
r ' ^ " cT\'^.^^^ho vais jour, & après avoir tout
U 'vmt-untemeT)manche f^J^^^'é, demeurer fermes.
ai>res la Trinitt, ^^.^^ ^^^^ ^^^^^^^ ^.^^^
T,/^^Trr-/-TT7 VOS reins ceints de la vérité,
& étant revêtus de la cui-
A Corde à ton peuple
fidèle, ô mifcricor-
dieux Seigneur, ton pardon
& ta paix 5 afin qu étant
piu'ifié de tous les peche^
il te ferve en tranquilité
d'efprit; par Jéfus-Chrift
nôtre Seigneur. Amen-
UE PITRE, Eph. (5. lo.
M Es frères, fortifiez-
vous en nôtre Sei-
gneur, & en la puifTancc
de fa force, Soiez revê-
tus de toutes les armes de
Dieu, afin que vous puif
fiez réfifter aux embûches
du Diable. Car nous n a-
vons point la lutte contre
le fang ôc la chairs mais
contre les principautez, con-
tre les puiffances, contre
les feigneurs du monde,
gouverneurs des ténèbres
de ce fiéele, contre les ma-
lices fpirituelles qui font
dans \^^ lieux ccleftes. C'cfl
pourquoi prenez toutes lej
armes de Dieu; afin que
youspuifîicz rcfi|teraa mau-
raffc de la juftice : Et aiant
les pieds chauliez de la pré-
paration de TEvangile de
paix : Prenant fur tout le
bouclier de la foi, par lequel
vous puifficz éteindre tous
les dards enflammez du ma- |
lin. Prenez ai fil le cafque
du falut, & répée de TEf-
prit, qui cft la Parole de
Dieu. Priant en vôtre ef-
prit par toutes fortes de
prières & de fuplications
en tout temps, veillant 4
cela avec une entière per-
févérance, & priant pour
tous les Saints; Et pour
moi aulTi : afin qu'il me foit
donné de parler à bouche
ouverte, & avec hardieflc,
pour donner à connoitre le
myftère de FEvangilc, pour
lequel je fuis Ambafladcur
en la chaîne; afin, dis- je,
que je parle librement, ainfî
quil faut que je parle.
UEvANGiLE, S.Jean, 4.46.
IL y avoir à Capernaùm,
un Seigneur de Cour,
duquel Iç fils étoit malade :
qui
Le XXII. Dimanche après la^ Trinité
qui aiant entendu que Jé-
fus étoit venu de Judée en
Galilée, s'en al a vers lui 5
& le pria de defcendre pour
guérir fon fils : car il s'en
aloit mourir. Mais Jélus
lui dit 5 fi vous ne voicz
des prodiges & des mira
I<S7
Le vint - deuxième 2)i-
manche après la Trinité.
La Collecte.
VEuille, Seigneur, en-
tretenir TEgliie, qui
cft ta famille,dans Texcrcice
clés, vous ne croiez point, j d'une piété continuelle ; a-
Et ce Seigneur de Cour lui fin qu'exempte d'adverfité
ditj Seigneur, defcens avant j fous ta puiffante proteûion,
que mon fils meure. Je- .elle s'adonne à ton fervice,
fus lui dit5 Va-t-en, ton fils & à la pratique des bon-
vit. Cet homme crut à la|
parole que Jéfus lui avoir
dite? & il s'en ala. Et
comme déjà il defcendoit ,
fcs fcrviteurs vinrent au de-
vant de lui, & lui aporterent
Acs nouvelles, difant 5 Ton
fils vit. Et il leur demanda à
nés œuvres, pour glorifier
ton Saint Nom ; par Jéfus-
Chrift notre Seigneur. A-
men.
J
L'Epitre, Phil. i. ^.
E rcns grâces à mon
Dieu, toutes les fois
quelle heure il s'étoit trouvé j que je fais mention de vous :
mieux : Et ils lui dirent j ! en priant toujours pour vous
hier fur les fept heures la tous avec joie, dans toutes
fièvre le quita. Le père mes prières : à caufe devô-
donc connut que c'étoit à ^ tre atachcmcnt à l'Evangile,
cette même heure-là que j depuis le premier jour jut
lèfus lui avoir dit 5 Ton fils qu'à maintenant: étant af-
Vit. Et il crut, avec toute
fa maifon. Jéfus fit encore
ce fécond miracle, quai^
il fut venu de Judée en Ga-
Ulèç.
fuue de cela même, que ce-
lui qui a commencé cette
bonne oeuvre en vous, l'a-
chevcra jufqu'à la journée
de ]éfus-Chrift : comme il
m'cil: raifonnable de penfer
cela de vous tous 5 parce
que je retiens dans mon
M ^, cœur
ï^S Le XXII. Dimanche après la Trinité.
cœur que vous avez tous
été participans de la grâce
avec moi dans mes liens 5
êç dans la défcnic, & la
confirmation de TEvangile.
Car Dieu m'eft témoin que
je vous aime tous d'une
cordiale afedion en Jéfus-
Chrift, Et je le prie de
ceci, que vôtre charité a-
bpnde encore de plus en
plus, avec connoiflance &
toute intelligence : afin que
vous difcernicz les chofes
contraires, pour être purs &
fans achopement jufqua la
journée de Chrift : étant
remplis de fruits de Juftice,
qui font par ]éfus Chrift 5 à
la gloire 6c à la louange de
Pieu.
UEvANGiLE , s, Matth.
18. 21.
Pierre dit à Jéfus 5 Sei-
gneur, jufques à com-
bien de fois mon frère pe-
chcra-t-il contre moi, & je
lui pardonnerai ? Sera - ce
jufqua fcpt fois? jéfus lui
répondit i je ne te dis pas
jufqua fept fois; mais juf-
qu'à fept fois feptante fois.
C'eft pourquoi le Roiaume
des Cieux cft femblable à
un K,oi, qui voulut comp-
ter avec fes ferviteurs. Et
quand il eut commencé à
compter, on lui en préfen-
ta un qui lui dcvoit dix
mille talens. Et parce qu il
navoit pas dequoi paier,
ion Seigneur commanda
qu il fut vendu, lui, & fa
femme, ôcfes enfans, & tout
ce qu il avoit, & que la det-
te fut paiée. Mais ce fer-
viteur fe jettant à fes pieds,
le fuplioit, en difantj Sei-
gneur, aie patience, & je te
rendrai tout. Alors le Sei-
gneur de ce ferviteur tou-
ché de compaffion, le re-
lâcha, & lui quita la dette.
Mais ce ferviteur étant for-
ti, rencontra un de fes com-
pagnons de fervice, qui lui
devoir cent deniers : & Tai-
ant pris, il Tétrangloit, en
lui difant ; Paie moi ce que
tu me dois. Mais fon com-
pagnon de fervice fe jet-
tant à fes pieds, le prioit,
en difant i Aie patience, &
je te rendrai tout. Mais il
n en voulut rien faire : &
il s'en ala, & le mit en
prifon, jufqua cequil eut
paie la dette. Or fes au-
tres compagnon? de fervice
volant ce qui étoit arrivé,
en furent extrêmement tou-
chezj,
Le XXIII. Dimanche a
chez; & ils s'en vinrent, &
déclarèrent à leur Seigneur
tout ce qui s'étoit pafle. A-
lors fon Seigneur le fit ve-
nir, & lui dit 5 Méchant fer-
Viteur, je t'ai quité toute
cette dette, parce que tu
m'en as prié : Ne te faloit-
11 pas aulïi avoir pitié de
ton compagnon de fervice,
comme j'avois eu pitié de
toi ? Et fon Seigneur étant
en colère le livra aux fer-
geans, jufqu'à ce qu'il lui
eut paie tout ce qui lui é-
toit dû. C'eft ainfi que
vous fera mon Père celefte,
Il vous ne pardonnez de
tout vôtre cœur chacun à
fon frère fes fautes.
IjC 'vint'troijiéme T>iman-
çhe après la Trinité.
La Collecte,
ODieu nôtre retraite &
nôtre force, qui es
TAutcur dç toute pieté 5
prête loreille aux prières
ardentes de ton Eglife : &
fai que les chofes que nous
demandons avec foi, nous
les obtenions en effet s par
Jéfus-Chrifl: nôtre Seigneur.
PRES LA Trinité, i^^
L'Epitre, Phil. 3.17.
SOiez tous enfemble mes
imitateurs, mes frères ^
ôc confiderez ceux qui mar-
chent comme vous nous a-
vez pour modèle. Car il
y en a plufîeurs qui marchent
de telle manière que je vous
ai fouvent dit, & mainte-
nànt je vous le dis encore
en pleurant, qu'ils font en-
nemis de la croix de Chrift :
defquels la fin eft la perdi-
tion : defquels le Dieu eft le
ventre : & defquels la gloire
eft dans la confufion ; n'ai-
ant d'afeftion que pour les
chofes de la terre. Mais
nôtre converfation eft celle
des bourgeois des çieux ;
d'où auflî nous atendons le
Sauveur, Seigneur Jéfus-
Chrift : Qui transformera
nôtre corps vil : afin qu'il
foit rendu conforme à fon
corps glorieux > félon cette
efficace, par laquelle il peut
même s'affujetu- toutes cho-
fes.
L'EVANGILE,S.Matt.22.I 5.
A Lors les Pharifiens s'é-
tant retirez, confiil-
tcrent enfemble comment
ils Iç furprendoieut çn pa-
roles.
f
170 Le XXIV
rôles. Et lui envolèrent
leurs dîfciples avec des Hé-
rodiens, en difant s Maître
nous favons que tu es véri-
table, & que tu enfeignes la
voie de Dieu en vérité, &
ne te foucies de perfonne :
car tu ne regardes point à
l'aparence des hommes. Di
nous donc ce qu'il te fcmble
de ceci? Eft il permis de
paier le tribut à Céfar, ou
non } "Et Jéfus connoifTant
leur malice, dit ; Hipocrites
pourquoi me tentez-vous :
Montrez moi la monnoie
du tribut. Et ils lui pré-
fenterent un denier. Et il
leur dit s De qui eft cette
image, & cette infcription ?
Ils lui répondirent 5 De Cé-
far. Alors il leur dit 5 Rendez
donc à Céfar les chofes qui
font à Céfar ; & à Dieu celles
qui font à Dieu. Et aiant en-
tendu cela, ils en furent é-
tonnez y & le laiffant, ils
s'en alerent.
Le "Vint - quatrième di-
manche apes la Trinité.
La Collecte.
Dimanche après la Trinité.'
ton peuple de fes ofenfcs ;
afin que par ta grande bon-
té nous foions afranchis des
liens de tous les péchez, que
notre infirmité nous a fait
commettre. Fai nous cette
grâce, ô Père celefte, pour
f amour de Jéfus Chrift ton
Fils nôtre Seigneur & Sau-
veur. Amen,
L'Epitre, Col. 1.3.
N
de
N
Ous rendons grâces à
Dieu, qui eft le Père
nôtre Seigneur Jéfus-
Chrift, & nous prions tou-
jours pour vous 5 aiant ouï
parler de vôtre foi en Jéfus-
Chrift,& de vôtre charité en-
vers tous les Saints : à caufc
de lefpérance des biens qui
vous ibnt refervez dans les
Cieux 5 & dont vous avez eu
ci-devant connoiflance par
la Parole de vérité ; c eft-a-
dire, TEvangile, qui eft par-
venu jufqu a vous, comme
il Teft aufli dans tout le mon-
de j & il y fructifie, de même
que parmi vous, depuis le
jour que vous avez entendu &
connu la grâce de Dieu dans
la vérité j comme vous avez
été inftruits aufll par Epa-
d' abfoudre phras nôtre cher compagnon
'3 dç
Ous te fuplions, ô Sei-
gneur,
Lexxiv. Dimanche après la Trinité. 17?
de fervice, qui eft fidèle Mi-
niftre de Chrift pour vous :
& qui nous a apris quelle
eft la charité, que vous avez
en TEfprit. C'eft pourquoi
depuis le jour que nous a-
vons apris ces çhofes, nous
ne ceffons point de prier
pour vous 5 & de demander
à Dieu que vous foiez rem-
plis de la connoiflance de
fa volonté, en toute fagefl'e
& intelligence fpirituelle:
Afin que vous vous con-
duifiez dignement, comme
il eft féant félon le Sei-
gneur ; en lui plaifant entiè-
rement i fruftifiant en tou-
te bonne œuvre j & croif-
fant en la connoiffance de
Dieu. Etant fortifiez en
toute force félon la puiflan-
çe de fa gloire, en toute pa-
tience, (Se tranquilité d'ef-
prit, avec joie. Rendant
grâces au Père, qui nous a
rendus capables de partici-
per à rhéritage des Saints
dans la lumière.
L'Evangile, S, Matt, 9.18.
COmmeJéûis difoit ces
chofes aux Difciples
de Jean ,• voici venir un Sei-
gneur, qui fc prpftcrna de-
vant lui, en lui difant 5 Ma
fille eft déjà morte j mais
vien, & pofe ta main fur
elle i & elle vivra. Et Jéfus
s'étant levé, le fuivit avec
i^cs difciples. Et voici, une
femme travaillée d une per-
te de fang depuis douze
ans, vint par derrière, 6c
toucha le bord de fon vête-
rnent : car elle difoit en
elle-même 5 Si feulement
je touche fon vêtement, je
ferai guérie. Et Jéfus s'é-
tant retourné, 6c la regar-
dant, lui dit 5 Aie bon cou-
rage, ma fille j Ta foi ta
fauvée : Et dans ce moment
la femme fut guérie. Or
quand Jéfus fut arrivé à la
maifon de ce Seigneur j 6c
qu'il eut vu les joiieurs
dlnftrumens, & une troupe
de gens qui faifoit un grand
bruit, il leur dit ; Retirez-
vous : car la jeune fille n eft
pas morte : mais elle dort.
Et ils fe moquoient de lui.
Après donc qu on eut fait;
fortir toute cette troupe, il
entra, 6c prit la m^iin de la
jeune fille, 6c elle fe leva.
Et le bruit s'en répandit
par tout ce païs-là.
Le
\72 Le XXV. Dimanche après la Trinité^'
efl vivant, qui a fait remon-
ter, 6c qui a ramené la
poftérité de la maifon
dlfraéî, du pais de devers
TAquilon, ôc de tous les
pais aufquels je les avois
chaflez, &ils habiteront en
leur terre.
Le vint -cinquième T>iman
che après la Trinité.
La Collecte.
VEuille, ô notre bon
Dieu, toucher telle-
ment le cœur de tes fidèles,
que portant abondamment
les fruits d une fincère re-
pentance, ils en obtiennent
une abondante rémunéra-
tion j par Jéfus-Chrifl ton
très cher Fils nôtre Seig-
neur. Amen.
'Tour L'Epitre, Jer. 23. 5.
Voici, \ç,% jours vien-
nent, dit l'Eternel,
que je ferai lever à David
un Germe juflc, qui régnera
comme Roi : il profpérera,
& exercera jugement &
juilice fur la terre. En fes
jours juda fera fauve, &
Ifrael habitera en affûrance 3
<Sc c'eft ici le nom, duquel
on Tapellera : UEternel
nôtre juftice. C'eft pour-
quoi voici, les jours vien-
nent, dit l'Eternel, qu on
ne dira plus j UEternel efl:
vivant, qui a fait remonter
Jcs cnfans dlfraèl du pais
a Egypte 5 Mais, TEtcrnel
L'Evangile, S.Jean, 6. 5,
JEfus donc aiant levé fes
yeux, & voiant que de
grandes troupes venoient à
lui, dit à Philippe i D'où
achèterons nous àc,% psins \
afin que ceux-ci aient à
manger: Or il difoii cela
pour réprouver: car il fa-
voit bien ce qu il devoit fai-
re. Philippe lui répondit -,
Qiiand nous aurions pour
deux cent deniers de pain,
cela ne leur fufiroit pas ;
quoique chacun d'eux n'en
prit que tant foit peu. Et
Tun de les difciples, favoir
André, frère de Simon
Pierre, lui dit j II y a ici
un petit garçon qui a cinq
pains d'orge & deux poif-
fons: mais qu'eft-ce que
cela pour tant de gens ? A-
lors Jéfus dit; Faites alfeoir
les gens. (Or il y avoir
beaucoup d'herbe en ce
Ucu-lâ.) Les gens donc
3^af^
Le Jour de S. André?
s'affircnt au nombre d'en-
viron cinq mille. Et Jéfus
rr^
prit les pains 5 & après avoir
rendu grâces, il les diftribua
aux difcipies ,• & les difciples
à ceux qui étoient allîs : ôc
pareillement des poiflbns 5
autant qu'ils en vouloient.
Et après qu'ils furent raffa-
iîez } il dit â fes difciples 5
Amaffez les pièces qui font
de refte, afin que rien ne
foit perdu. Ils les amaffe-
rent donC;, & ils remplirent
douze corbeilles de pièces
de cinq pains dorge, qui
étoient demeurées de rcftc à
ceux qui en avoient mangé.
Or ces gens aiant vu le mi-
racle que jéfus avoit fait,
difoient s Celui-ci cft véri-
tablement le Prophète qui
devoit venir au monde.
S^il y a encore des Dimanches a-
'vant le Dimanche de rAvem ■
l'on prendra le fer vice de quel-
qu'un desDimanches qui auront
été omis après ï* Epiphanie pour
ceux qui manqueront ici. Et
s'il y en a mcins qu'il n'y en
a ici de marquez., l'on omet r a
le refte : Pourvu qu'on dife
toujours cette dernier e CoîleBe,
cette Epitre & cet Evangile^
le Dimanche qui précède l'A-
vent.
Le Jour de S. André. '
La Collecte. ' ^
Dieu Tout-puifTant, qui
as fait la grâce à ton
Apôtre S. André d'obéir
promptement à la vocation
de ton fils Jéfus-Chrift, & de
le fuivrc fans aucun délai ^
Fai nous auflî à tous cette
grâce quêtant apellez par
ta Sainte Parole, nous nous
portions incontinent à fui-
vre en toute obéiffancc tes
Saints commandemens 5 par
le même J éfus-Chrift nôtre
Seigneur. Amen,
L'Epitre, Rom. 10. 9.
SI tu confelles le Sei-
gneur Jéfus de ta bou-
che, & que tu croies eri
ton cœur que Dieu Ta ref-
fufcité des morts, tu feras
fauve. Car de cœur on
croit à juftice j & de bou-
che on fait confeffion à fa-
lut. Car l'Ecriture dit;
Quiconque croit en lui, ne
fera point confus. Parce
qu'il n 7 à point de dife-
rence du Juif & du Grec:
jcar il y a un même Sci-
<j:ncur
Ï74 Le Jour t>Ë
gneur de tous, qui eft riche
envers tous ceux qui Tiii-
voquent. Car quiconque
invoquera le Nom du Sei-
gneur fera fauve. Mais com-
ment invoqueront-ils celui
en qui ils n'ont point cru ?
& comment croiront-ils en
celui dont ils n'ont point
entendu parler? & com-
ment entendront-ils, s'il n y
a quelqu'un qui leur prêche ?
Et comment prêchera-t-on
lînon qu'il y en ait qui
foient envolez ? ainfi qu'il
cft écrit j O que les pieds
de ceux qui annoncent la
paix font beaux; les pieds,
dis- je, de ceux qui annon-
cent de bonnes chofes. Mais
tous n'ont pas obéi à l'E-
vangile : car Efaïe dit 5
Seigneur, Qlû eft-ce qui a
crû à nôtre prédication > La
foi donc eft de l'ouïe : &
l'ouïe par la parole de Dieu.
Mais jv3 demande ; Ne l'ont
ils point ouï? Au contraire,
leur fon eft aie par toute
la terre, & leur parole jul-
ques aux bouts du monde.
Mais je demande s Ifraël ne
Ta-t-il point connu? Moïfc
le premier dit 5 ]c vous pro-
voquerai à la jaloufic par
celui qui n'eft point peu-
S. André?
pie : je vous cxcîtei'aî à li
colère par une nation deA
tituée d'intelligence. Et
Efaïe s'enhardit tout-à-fait,
& dit 5 J'ai été trouvé de
ceux qui ne me chcrchoient
point, & je me fuis claire-
ment manifefté à ceux qui
ne s'enqueroient point de
moi. Mais quant à Ifrael,
il dit j J'ai tout le jour é-
tendu mes mains vers un
peuple rebelle & contredi-
fant.
L'Evangile, S. Matt.4. i s.^
E^c
comme Jéfus mar-
choit le long de la
mer de Galilée; il vit deux
frères, favoir, Simon, qui
fut apelié Pierre, & André
fon frère, qui jettoient leurs
iilets dans la mer : car ils
croient pêcheurs. Et il leur
diti Venez après moij ôc
je vous ferai pêcheurs
d'hommes. Et alant auffi-
tot quité leurs filets, ils le
fuivircnt. Et delà étant aie
au-
plus avant, il vit deux
très frères, jaques fils de Zé-
bcdce,«5cjcan fon frère, dans
une nacelle avec Zébcdce
leur père, qui racommo-
doicnt leurs filets ; & ilies
apel-
Le Jour de S. Thomas. 'T75
Temple faint au Seigneur:
en qui vous êtes édifiez en-
femble, pour être un taber-
nacle de Dieu en efprit.
âpella. Et aiant aulîi-tôt
quité leur nacelle & leur
père, ils le fuivirent.
S. Thomas Apôtre.
La Collecte.
D
^eu Tout-puiffant &
Eternel, qui as per-
mis que Thomas un de tes
Apôtres doutât de la réfur-
reftion de ton Pils, pour
avoir lieu d'en mieux con-
firmer la vérité 5 Fai nous
la grâce de nous atacher à
notre Sauveur, par une foi
vive, ferme, inébranlable,
& qui te foit agréable 5 en
ton Fils Jéfiis-Chrift notre
Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 2. 19.
VOus n êtes donc plus
étrangers ni forains,
mais concitoiens des Saints,
& domeftiqucs de Dieu :
Etant édifiez fur le fonde-
ment des Apôtres & des
Prophètes; & Jéfus-Chrift
lui-même étant la maitreile
pierre du coin • en qui tout
l'édifice pofé, & ajufté en-
femblc, fe lève pour erre un
UEvANGiLE,S.Jean,2 0.244
OR Thomas, apellé Di-
dyme, qui étoit l'un
des douze, n*étoit point a-
vec eux quand ]éfus vint.
Et les autres Dîfciples lui
dirent ; Nous avons vu le
Seigneur. Mais il leurditi
Si je ne vois les marques
des doux en Çz% mains,
& fi je ne mets mon
doigt où étoicnt les doux,
ôc fi je ne mets ma main
dans fon côté, je ne le croi-
rai point. Et huit jours a-
près, fes Difciples étoient
encore dans la maifon, &
Thomas avec eux : & Jêfus
vint, les portes étant fer-
mées, & fut là au milieu
d'eux, & il leur dit 5 Paix
vous foit. Puis il dit à
Thomas; Mets ton doigt
ici, & regarde mes mains :
avance auili ta main, & la
mets dans mon côté : & ne
fois point incrédule, mais
fidèle. Et Thomas répon-
dit, & lui diti Mon Seigneur,
& mon Dieu! Jéfusluidit;
Parce
ï7$ 'La Conversio
Parce que tu m'as vu, Tho-
jnas, tu as cru 5 bien-heu-
reux font ceux qui n'ont
point vu, & qui ont cru.
Jéfus fit auflî en la préfcncc
de fes Difciples plufieurs
autres miracles, qui ne font
point écrits dans ce livre.
JMais ces chofes font écrites
afin que vous croiïez que
Jéfiis eft le Chrift, le Fils
de Dieu > & qu'en croiant
vous aiez la vie par fon
.Nom.
La Converjion de S.Paul.
LaCollecte.
ODieu, qui par la pré-
dication du bien-heu-
reux Apôtre, S. Paul, as
fait refplendir la lumière de
TEvangilepar tout le mon-
de y nous te prions que nous
fouvenant de fa mervcil-
leufe converfion, nous t'en
témoignions nôtre rccon-
noiflance^en fuivant lafainte
Doclrine qu il a cnfeignée y
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
Tour VEpitre, Ad. 9. i.
o
R Saul tout enflammé
encore de menaces &
M DE S. PauET
de tuerie, contre les Difci-
ples du Seigneur, s'étanta-
dreffé au fouverain Sacrifi-
cateur, lui demanda des let-
tres de fa part pour porter
â Damas aux Synagogues;
afin que s'il en trouvoit
quelques uns de cette fede,
foit hommes, foit femmes,
il les amenât liez à Jérufa-
lem. Or il arriva qu en mar-
chant il aprocha de Da*
mas, & tout à coup une lu- j
miére refplendit du ; ciel '
comme un éclair tout autour
de lui. Et étant tombé par
terre, il entendit une voix
qui lui difoit'j Saul, Saul,
pourquoi me perfécutes-tu ?
Et il répondit } Qui es-tu
Seigneur > Et le Seigneur
dit 5 Je fuis ]éfus, que tu
perfécutes : il t'eft: dur de
regimber contre les aiguil-
lons. Et lui tout tremblant
«5c tout eifraié, dit 5 Seig-
neur, que veux-tu que je
faffe ? Et le Seigneur lui
dit s Léve-toi, & entre dans
la ville, & là il te fera dit
ce que tu dois faire. Et les
hommes qui marchoient a-
vec lui s'arrêtèrent tout é-
pouvantcz, entendant bien
la voix, mais ne voiant
perfonnc. Et Saul fe leva
de
r^
La Conversion de S. Paul.^ 177
de terre, & ouvrant fes yeux
il ne- vôibit pcrlbnne j ceft
pourquoi ils le conduifirent
parlia nlaih,' & le menèrent
à Damas, où il fut trois jours
fans voir, & fans manger ni
bpirei Or il y avoir à Damas
un certain difciplé, nommé
Anahias, à qui le Seigneur
dit en vifionj Ananias : &
il répondit 5 Me voici, Sei-
gneur. Et le Seigneur lui
dit 5 Leve-roi, &t'en va en
la- rue nommée la droit, &
cherche dans la maifon de
Judas un homme apellé
Saùl, qui eft de Tarfe : car
voilà il prie. Or Saul a-
voit vu en vifion un homme
nonimé Ananias, entrant,
& lui impofant la main,
afin qu il recouvrât la vue.
Et Ananias répondit ; Sei-
gneur, j'ai ouï parler à plu-
iîeurs de cet homme- là 5 &
combien de maux il a fait
à tes Saints dans Jérufalem.
Il a même ici autorité de
la part des principaux Sacri-
ficateurs, de lier tous ceux
qui invoquent ton Nom.
Mais le Seigneur lui dit;
Va: car il m'eft un intlru-
ment d'élite, pour porter
mon Nom devant les Gen-
tils, & les Rois, & les en-
fans dlfraël. Car je lui
montrerai combien il aura
à foufrir pour mon Nom.
Ananias donc s'en ala, ôc
entra dans la maifon $ ôc
lui impofant les mainî>, il
lui dit ; Saul frère, le Sei-
gneur Jéfus, qui t'eft apa-
ru dans le chemin par où
tu venois, m'a envoie afin
que tu recouvres la vue,
& que tu fois rempli du
Saint Efprit. Et auffi-tot
il tomba de fes yeux com-
me des écailles; & à l'inf-
tant il recouvra la vûë^
puis il fe leva, & fut bâ-
tifé. Et aiant mangé il re-
prit fes forces. Et Saul
fut quelques jours avec les
difciples qui étoicnt à Da-
mas. Et il prêcha inconti-
nent dans les Synagogues,
que Chrift étoit le Eils de
Dieu. Et tous ceux qui
l'entendoient étoicnt com-
me ravis hors d'eux-mêmes,
& ils difoient 5 N'eft-ce pas
celui-là qui a détruit à jéru-
falem ceux qui invoquoient
ce Nom, ôcqui eft venu ici
exprès pour les amener liez
aux principauxSacrificateur^?
Mais Saul fefortifioit de plus
en pluSj&confondoit les] uifs
qui demeuroient à Damas,
prouvant que ]éfus étoit le
Chrift. N UE-
178
L'Evangile, S.Matt.i 9.27-
A Lors Pierre prenant la
parole, dit à J élus 5
Voici nous avons tout quité,
ôc t'avons fuivi : que nous
en arrivera-t-il donc ? Et Jé-
fus leur dit i En vérité, je
vous dis j que vous qui nVa-
vez fuivi, dans la régéné-
ration, quand le Fils de
rhommc fera aflîs fur le
trône de fa gloire, vous
auflî ferez aflîs fur douze
trônes, jugeant les douze
Tribus dlfraël. Et quicon-
que aura quité ou maifons,
ou frères, ou fœurs, ou pè-
re, ou mère, ou femme,
ou enfans, ou champs à
caufe de mon Nom, il en
recevra cent fois autant, &
héritera la vie éternelle.
Mais plufieurs qui font les
premiers, feront les derni-
ers, & les derniers feront
les premiers.
La prêfentation de Jesus-
. . Christ dans le Temple^
'"' apellee communément la
Purification de Marie la
S'^ Vierge.
La Collecte.
Dîcu Eternel & Tout-
puillant, nous fupli-
La Purification-'
ons humblement ta divine
Majefté, que comme Jéfus-
Chrifl ton Fils Unique t'a
été préfenté dans ce jour au
temple dans nôtre propre
chair i nous aufli comparoif-
fions devant toi en pureté
de cœur 5 par le même Je-
fus Chrift ton Fils nôtre Sei-
gneur. Amen.
Tour VE^iTREy Malach.
3. I.
Voici, je m'en vais en-
voler mon mcffagcr,
& il préparera la voie de-
vant moi, & incontinent le
Seigneur que vous cher-
chez, entrera dans fon
Temple, l'Ange, dis- je, de
l'aliance, lequel vous fou-
haitez: voici, il vient, a
dit l'Eternel des armées.
Mais qui pourra foûtenir
le jour de fa venue ? & qui
pourra fubfifter, quand il
paroîtra? car il fera com-
me le feu de celui qui ra-
fine, ôc comme le favon des
foulons. Et il fera aflîs
comme celui qui rafine, &
qui purifie l'argent : il net-
toiera les fils de Lévi, il les
épurera comme l'or & l'ar-
gent : & ils feront ofrans
à l'Eternel l'oblation dans
la
'El Purification;
179
la juftîce. L'oblation de)
Juda ôc de Jérufalem fera
agréable à TEternel, comme
dans les jours d'autrefois,
& comme dans les premi-
ères années. Je m'apro-
cherai de vous pour faire
jugement, de je ferai té-
moin fubit contre les en-
chanteurs, & contre les a-
dultères, & contre ceux qui
jurent fauffement, & con-
tre ceux qui fraudent le
loiër du mercenaire, qui o-
priment la veuve & l'or-
phelin, & qui font tort à
rétranger, 6c qui ne me
craignent point, a dit
l'Eternel des armées.
L'Evangile, S.Luc, 2. 22.
ET quand les jours de
la purification de Ma-
rie furent acomplis félon
la Loi de Moïfe j ils le
portèrent à Jérufalem, pour
le préfenter au Seigneur.
Selon ce qui eft écrit dans
la Loi du Seigneur i Que
tout mâle ouvrant la ma-
trice fera apellé faint au
Seigneur. Et pour ofrir
Toblation, prcfcrite dans la
Loi du Seigneur 5 favoir
une gaire de tourterelles.
ou deux pigeonneaux. Or
voici, il y avoit à jérufa-
lem un homme qui avoit
nom Siméon : 6c cet
homme étoit jufte 6c crai-
gnant Dieu 5 6c il atendoit
la confolation d'Ifraëlj 6c le
Saint Efprit étoit fur lui.
Et il avoit été averti divi-
nement par le Saint Efprit,
qu'il ne verroit point la
mort, que premièrement il
n'eut vu le Chrift du Sei-
gneur. Lui donc étant
pouffé par l'Efprit vint au
Temple: 6c comme le pè-
re 6c la mère portoient dans
le Temple le petit enfant
Jéfus, pour faire de lui fé-
lon Tufage de la Loi : Il
le prit entre fes bras, 6c bé-
nit Dieu, 6c dit 5 Seigneur,
tu laiiles maintenant aler
ton ferviteur en paix félon
ta parole. Car mes yeux
ont vu ton falut. Lequel
tu as préparé devant la face
de tous les peuples. La lu-
mière pour éclairer les na-
tions : 6c pour être la gloire
de ton peuple d'Ifraël. Et
jofeph 6c fa mérc s'étonnoi-
ent des chofes qui étoicnt
dites de lui. Et Siméon le
bénit, 6c dit à Marie fa mè-
re; Voici; celui-ci cil mis
N 2 pour
lâo Le Jour de S. Matthias.
le trébuchemcnt &
pour
pour le relèvement de plu-
fieurs en Ifrael, & pour ê-
tre un figne auquel on con-
tredira. (Et même aufll
une épée percera ta propre
ame ) afin que les peniees
de plufieurs cœurs foient
découvertes. Il y avoit auf-
fi Anne la Prophetefle, fille
de Phanuël de la Tribu
d'Afer, qui étoit déjà a-
vancée en âge, & qui a-
voit vécu avec fon mari
fept ans depuis fa virgini-
té : Et veuve d'environ qua-
tre-vingt quatre ans^ elle ne
bougeoir point du temple,
fervant Dieu en jeunes &
en prières, nuit & jour.
Elle étant donc furvenuë
en ce même moment, loii-
'oit auflî de fa part le Sei-
gneur, & parloir de lui à
tous ceux qui atendoient
la délivrance à Jérufalem.
Et quand ils eurent acom-
pli tout ce qui eft ordonné
par la Loi du Seigneur, ils
s'en retournèrent en Gali-
lée, à Nazareth leur ville.
Et le petit enfant croiffoit
& fe fortifioit en cfprit, é-
tant rempli de fageflc : «5c
Le Jour de S. Matthias.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant, qui
as élu Matthias, ton
fidèle ferviteur, pour être
du nombre des douze, en
la place du traître Judas,
Fai que ton Eglife étant
toujours gardée de faux A-
pôtres, foit conduite & gou-
vernée par de vrais & fidè-
les Pafteursj par Jéfus-Chrifl:
nôtre Seigneur. Amen.
Tour UEpitre, Ad, 1. 15.
EN ces jours-là Pierre
fe leva au milieu des
difciples (or là étoit aifem-
blée une compagnie d'en-
viron fix vingt perfonnes)
& il dit 5 Hommes frères,
il faloit que fut acompli ce
qui a été écrit, & que le Saint
Efprit a prédit par la bou-
che de David, touchant Ju-
das, qui a été le guide de
ceux qui ont pris Jéfus :
car il étoit du nombre avec
nous, & il avoit reçu fa part
de ce miniftère. 'Mais s'é-
tant aquis un champ du fa-
laire de la méchanceté, &
la grâce de Dieu étoit fur js'étant précipité, il s'eft
lui. I crevé par le milieu, 6c tou-
tes
Le Jour de S. Matthias. i8i
tes fes entrailles ont été (s'en aler en fon lieu. Puis
répandues. Ce qui a été ils les tirèrent au fort :
connu de tous les habitans
de Jérulâlem : tellement
que ce champ-là a été a-
pellé en leur propre langue,
Haceldama, ccft-â-dire, le
champ du fang. Car il eft
écrit au livre desPfeaumes;
Qiie fa demeure foit dé-
ferre, & qu'il n'y ait nul
qui y habite: & qu'un au-
tre prenne ion adminiftra-
tion. Il faut donc que
d'entre ces hommes, qui fe
font alTemblez avec nous,
tout le temps que le Sei-
gneur Jéfus eft aie & venu
entre nous s en commen-
çant depuis le batême de
Jean, jufquau jour qu'il a
été enlevé d' avec nous 5
quelqu'un d'entr'eux foit té-
moin avec nous de fa ré-
furredion. Et ils en pré-
fenterent deux, favoir Jo-
feph, apellé Barfabas, qui
étoit furnommé juftc; &
Matthias. Et en priant,
ils dirent f Toi, Seigneur,
qui connois les cœurs de
tous, montre lequel de ces
deux tu as élu i afin qu'il
prenne fa part de ce Mi-
niftère ôc Apoftoiat, dont
Judas s'cft détourné, pour
& le fort tomba fur Mat-
thias 5 qui d'un commun
acord fut mis au nombre
des onze Apôtres.
UEvANGiLE, s. Matth-
II. 25.
EN ce tems-là Jéfus pre-
nant la parole, dit ;
Je te rens grâces, ô Père,
Seigneur du Ciel & de la
terre, de ce que tu as ca-
ché ces chofes aux fages &
aux entendus, & que tu les
as révélées aux petits énfans.
Il eft ainfi, ô Père, parce
que tel a été ton bon plai-
fir. Toutes chofes m'ont
été données en main par
mon Père : mais perfonne
ne connoit le Fils, que le
Père : ôc perfonne ne con-
noit le Père, que le Fils,
ôc celui à qui le Fils Taura
voulu révéler. Venez à
moi, vous tous qui êtes
travaillez ôc chargez ; & je
vous Ibulagerai. Chargez
mon joug fur vous; 5c a-
prencz de moi, que je fuis
déboxmairc & humble de
cœur : ôc vous trouverez le
repos de vos amcs. Car
N 3 mon
iSz
L'Anonciation
mon joug eft aifé, & mon
fardeau cil léger.
L' Anonciatmi de laBien-
hetireufe Vierge Marie.
La Collecte,
N
Ous te prions, Sei-
gneur, de répandre
ta grâce dans nos cœurs 5
afin que comme par l'en-
voi d'un Ange, nous avons
apris l'incarnation de ton
fils, nous foions auflî con-
duits par fa croix & par fa
paillon à la gloire de fa
réfurredion ; par le même
Jéfus-Chrift nôtre Seigneur.
Amen,
Tour L'Epitre, Ef. 7. 10.
ET l'Eternel continua
de parler avec Achas,
en difant ; Demande un
figxie pour toi, de l'Eternel
ton Dieu, demande-le, foit
au plus bas lieu, foit au plus
haut. Et Achas dit i Je n'en
demanderai point, & ne ten-
terai point rEternel. Alors
Efaïe dit i Ecoutez mainte-
nant, ô Maifon de David :
Vous eft-ce peu de chofe
de travailler les hommes,
que vous travailliez auiîi
mon Dieu ? C'eft pourquoi
le Seigneur lui-même vous
donnera un ligne : Voici,
une Vierge fera enceinte,
& elle enfantera un fils, &
apellera fon Nom Emma-
nuel : Il mangera du heure
& du miel, jufqu'à-ce qu'il
fâche rejetter le mal, &
choifir le bien.
L'Evangile, S.Luc, t. z6,
OR au fixiéme mois,
l'Ange Gabriel fut
envoie de Dieu dans une
ville de Galilée, apelléc Na-
zareth ; vers une vierge fi-
ancée à un homme nommé
]ofeph, qui étoit de la mai-
fon de David : & le nom
de la vierge étoit Marie.
Et l'Ange étant entré dans
le lieu où elle étoit, lui
dit ; Bien te foit, ô toi qui
es reçue en 2;race : le Sei-
gneur eft avec toi : tu es
bénie entre les femmes. Et
quand elle l'eut vu, elle
fut fort troublée à caufe de
fcs paroles : & elle confi-
deroit en elle-même quelle
étoit cette falutation. Et
l'Ange lui dit; Marie, ne
crain point : car tu as
trouvé grâce devant Dieu.
Et voici, tu concevras en
ton
Le Jour d
ton ventre, & tu enfanteras
un fils, ôc tu apelleras fon
nom Jésus. Il fera grand,
& fera apellé le Fils du
Souverain, & le Seigneur
Dieu lui donnera le trône
de David fon père. Et il
régnera fur la maifon de
Jacob éternellement, & il
n'y aura point de fin à fon
règne. Alors Marie dit à
l'Ange; Comment arrivera
ceci, vu que je ne connois
point d'homme > Et l'Ange
répondant, lui dit j Le Saint
Efprit furviendra en toi, &
la vertu du Souverain t'é-
nombrera : c'eft pourquoi
ce qui naîtra de toi Saint, fe-
ra apellé le Fils de Dieu. Et
voici, Elizabcth, ta coufine,
a auffi conçu un fils en fa
vieillefle : 6c c'efl: ici le
fixiéme mois à celle qui é-
toit apellée ftérik. Car au-
cune chofe ne fera impof-
fible à Dieu. Et Marie dit;
Voici la fcrvante du Sei-
gneur : qu'il me foit fait fé-
lon ta parole ! Et l'Ange
fe retira d'avec elle.
Le Jour de S. Marc,
La Collecte,
Dieu Tout-puiflant, qui
as inllruit ton Eglife
x>\i la dodriae cclcftc de
E S. Marc. \%i
ton Evangelifte S. Marc ; ne
permets pas que comme
des enfans flotans nous foi-
ons emportez çà & là à
tous vents de doftrine : fai
plutôt par ta grâce que
nous demeurions bien afer-
mis & bien fondez en la
vérité de ton Saint Evan-
gile ; par ]éfus-Chrift nô-
tre Seigneur. Amen.
L'Epitre, Eph. 4. 7.
LA grâce cft donnée à
chacun de nous, fé-
lon la mcfure du don de
Chrift. C'cft pourquoi il
eft dit ; Etant monté en
haut, il a amené captive
une grande multitude de
captifs j & il a donné des
dons aux hommes. Or ce
qu'il cfl: monté, qu'eft-ce
autre chofe, finon que pre-
mièrement il étoit dcfccn-
du dans les parties les plus
balles de la terre \ Celui
qui eft dcfcendu, c'eft le
même qui cft monté au def-
fus de tous les Cieux 5 afin
qu'il remplit toutes chofes.
Lui-même donc a donné
les uns pour être Apôtres,
& les autres pour être
Prophètes, ôc les autres
pour être Evangeliftes, 6c
les autres pour être Paf-
N 4 . tcurs
184 Le Jour DE S. Marc?
tciirs & Doreurs : Pour farmcnt qui ne porte point
laffemblage des Saints 5 pour
l'œuvre du MiniftèrCi pour
rédification du corps de
Chrift : jufqu à ce que nous
nous rencontrions tous dans
l'unité de la foi, & de la
connoiflance du Fils de
Dieu, en homme parfait, à
la mefure de la parfaite fta-
txu'C de Chrift. Afin que
nous ne foions plus des en-
fans fiotans, & emportez ça
& là à tous vents de doc-
trine, par la tromperie des
hommes, ôc par leur ruf
à féduux artiîicieufement.
Mais afin que fuivant la vé-
rité avec la charité, nou.s
croiffions en toutes cliofes,
en celui qui eft le chef,
c cft à dire, Chrift : Duquel
tout le corps bien ajufté ôc
ferré cnfcmble par toutes
les jointures du fournifte-
ment, prend racroiftement
du corps, félon la vigueur
qui eft dans la mefure de
chaque partie, pour Fédiii-
Ccition de foi -même, en cha-
rité.
L'Evangile, S. Jean, 1 5 . i .
E fuis le vrai Sep,- &
mon Père eft le Vigne-
ron. 11 retranche tout le
j
de fruit en moi, ôc il é-
monde tout celui qui porte
du fruit; afin quil porte
plus de fruit. Vous êtes
déjà nets par la parole
que je vous ai dite. De-
meurez en moi, & moi en
vous : comme le farment
ne peut point de lui-même
porter de fruit, s'il ne de-
meure au fep5 vous ne le
pouvez point aufli, fi vous
ne demeurez en moi. Je
iuis le Sep, & vous en êtes
les farmens : celui qui de-
meure en moi, & moi en
iui, porte beaucoup de fruit:
car hors de moi, vous ne
pouvez rien faire. Si quel-
qu'un ne demeure en moi,
il eft jette hors comme le
farment, ôc il fe sèche :
puis on Tamafie, ôc on le
met au feu, ôc il brûle. Si
vous demeurez en moi, Ôc
que mes paroles demeurent
en vous, demandez tout ce
que vous voudrez, ôc il vous
fera fait. En ceci mon Pè-
re eft glorifié, que vous
portiez beaucoup de fruit :
ôc vous ferez alors mes dif-
ciples. Comme le Père
m'a aimé, ainfi je vous ai
aimez : demeurez en mon
amour.
Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques: iSs
si vous gardez [qui êtes difperfées, falut.
Mes frères, tenez pour une
parfaite joie ..quand vous
tomberez en diverfes ten-
tations. Sachant que Tépreu-
& je demeure en fon amour. = vc de vôtre foi produit la
Je vous ai dit ces chofes 5 j patience. Mais il faut que
afin que ma joie demeure '^ — — -- -- --- ^..x.,-^
en vous, & que vôtre joie
amour
mes commandemens, vous
demeurerez en mon amour :
comme j'ai gardé les com-
mandemens de mon Père,
foit acomplie.
Le Jour de S, Philippe &
de S. Jaques.
La Collecte.
D^cu Tout-puiiTant, en
la vraie connoiffancc
duquel confiftc la vie éter-
nelle ; fai nous la grâce de
connoitre parfaitement que
ton Fils jéfus-Chrift eft le
chemin, la vérité, & la vie 5
afin que fuivant les traces
de tes Apôtres S. Philippe
& S. jaques nous niar-
chions conftamment dans
le chemin qui mène à la
vie j par le même Jéfus-
Chrift ton Fils, nôtre Sei-
gneur. Amen.
l UEpitre, S.Jaq. i. i.
JAqucs, fcrviteur de Dieu
& du Seigneur jéllis-
Chriir, aux douze TribuS;
la patience ait une oeuvre
parfaite, afin que vous foiez
parfaits & acomplis, de,,
forte que rien ne vous
manque. Que fi quelqu'un
de vous manque de fa-
gefle, qu'il la demande à
Dieu, qui la donne à tous
bénignement, & qui ne la
reproche point, & elle lui
fera donnée. Mais qu'il
la demande avec foi, ne
doutant nullement : car ce-
lui qui doute eft femblablc
au flot de la mer, agité du
vent, iSc jette ça & là. Or
qu'un tel homme ne s'a-
tende point de recevoir au-
cune chofc du Seigneur.
L'homme double de cœur
eft inconftant en toutes fcs
voies. Or que le frère qui
eft de bafie condition le
glorifie en fon élévation.
Et que le riche, au contrai-
re, le glorifie en fa baffe
condition : car il paffera
comme la fleur de Therbe.
Car comme le folcil ardent
n'cft
iS6 Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques.
n'eft pas pluftôt levé, que
rherbe eft brûlée, & fa fleur
cft tombée, & fa belle ap-
parence efl périe 5 ainfi le
riche fe flétrira avec fcs en-
trcprifes : Bien-heureux efl:
rhomme qui endure la ten-
tation 5 car quand il aura
été éprouvé, il recevra la
couronne de vie, que Dieu
a promifc à ceux qui Tai-
ment.
UEvANGiLE, S.Jean 14. i,
JE fus dit à fes difciples,
que vôtre cœur ne
foit point troublé : vous
croiez en Dieu, croiez auflî
en moi. 11 y a plufîcurs
demeures dans la Maifon
de mon Père , s'il étoit au-
trement, je vous l'eufle ditj
je vais vous préparer le lieu.
Et quand je m'en ferai aie,
5c que je vous aurai prépa-
ré le lieu, je retournerai,
& vous recevrai à moi :
afin que là où je fuis, vous
j foicz auflî. Et vous fa-
vez où je vais, 6c vous en
favcz le chemin. Thomas
lui dit;; Seigneur, nous ne
favons point où tu vas,
comment donc pouvons-
nous lavoir le chemin :
jéfus lui dit s ]e fuis le che-
min, & la vérité, & la vie :
nul ne vient au Père que
par moi. Si vous me con-
noiflîez, vous connoîtriez
auflî mon Père : mais dès-
maintenant vous le con-
noiflez, & vous Tavez vu.
Philippe lui dit; Seigneur,
montre nous le Père, &
cela nous fufit. Jéfus lui
répondit 5 Je fuis depuis fi
long-temps avec vous, & tu
ne m'as point connu ? Phi-
lippe, celui qui m'a vu a
vu mon Père 5 & comment
dis-tu ; Montre nous le Pè-
re > Ne crois tu pas que je
fuis en mon Père, & que
le Père eft en moi > Les pa*
rôles que je vous dis, je ne
les dis pas de moi-même :
mais le Père qui demeure
en moi, eft celui qui fait
les œuvres. Croiez moi que
je fuis en mon Père, ôc que
le Père eft en moi : finon,
croiez moi à caufe de ces
œuvres. En vérité, en vérité
je vous dis i Celui qui croit
en moi, fera les œuvres que
je fais, & il en fera même
de plus grandes que celles-ci;
parce que je m en vais à
mon Père. Et quoi que vous
demandiez en mon Nom,
je le ferai.
S, Bar^
Le Jour de S. Barnabas. t%f
ala à Tarfe, pour chercher
Saul. Et raiant trouvé, il
le mena à Antioche i & il
arriva que durant un an
tout entier ils s'afTemblerent
avec TEglife, & enfeigne-
rent un grand peuple, de
forte que ce fut première-
ment à Antioche que les
difciples furent nommez
Chrétiens. Or en ces jours-
là quelques Prophètes dei^
cendircnt de Jérufalem à
Antioche. Et Tun d'eux,
nommé Agabus, fe leva. Se
déclara par TEfprit quunc
2;rande famine devoit arri-
ver dans tout le moinde : ôç
en effet, elle arri^/a fous
Claude Céfar. Et les dif-
ciples, chacun félon foii
pouvoir,détermincrei \t d en-
voler quelque chofc pour
fubvenir aux frères qui de-
meuroicnt en Judéco Ce
quils firent aufli, rcmzoi^nt
aux Anciens par les i mains
de Barnabas & de Saul,
S. Barnabas Apôtre.
La Collecte.
SEigneur Dieu Tout-puif-
fant, qui as enrichi ton
S. Apôtre Barnabas des
dons excellens du Saint Ef-
prit, ne permets pas que
nous foions deftituez de tes
dons qui font divers & en
grand nombre , ni de la grâce
d'en bien ufer toujours à ton
honneur & à ta gloire,
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen,
y^//rL'EpiTRE, Aâ:ii.2 2.
ET le bruit en vint aux
oreilles de f Eglife qui
étoit à jérufalem : c'eft
pourquoi ils envolèrent Bar-
nabas pour palier à Antio-
che. Lequel y étant arrivé,
& aiant vu la grâce de Dieu,
il s'en réjouît j & il les ex-
hortoit tous de perfévcrer
avec fermeté de cœur au
Seigneur. Car il étoit hom-
me de bien, & plein du
Saint Efprit, & de foi : &
un grand nombre de per-
fonnes fe joij2;nirent au Sei-
Puis Barnabas s'en
gueur.
LEvANGiLE, S. Jean,
15. 12.
G
'Eft ici mon commcin-»
dément, que v ous
vous aimiez l'un l'ai tre,
comme je vous ai ain icz,
Pc;:.
ISS Le Jour de S. Jean Batiste.'
Peffonne iVauii plus grand
âmoar que celui-ci, lavoir,
quaiidquclquun met la vie
pour fes amis. Vous ferez
mes amis, fi vous faites tout
ce que je vous commande.
|e ne vous apelle plus fcr-
viteurs 5 car le ferviteur ne
fait point ce que fon maître
fait : mais je vous ai apel-
lez mes amis; parce que je
vous ai fait connoitre tout
ce que )'ai ouï de mon Pè-
re. Ce n'cft pas vous qui
m'avez élu : mais c'ell moi,
qui vous ai élus, & qui vous
ai établis : afin que vous
aillez, ôc portiez du fruit,
& que vôtre fruit Ibit per-
manent ; afin que tout ce
que vous demanderez au
Père en mon Nom, il vous
le domie.
S. Jean Batifte,
La Collecte.
Dieu Tout-puillant qui
après avoir fait naî-
tre miraculeufement Jean
Batifte, Tcnvoias pour' pré-
parer le chemin à ton Fils
nôtre Sauveur en prêchant
la repentancc ; fai nous la
lïrace de nous conformer fi
bien à fa Dodrine & à fon
exemple, que nous aions
une véritable repentancc
telle qu il a prêchée 5 &
e|ua fon imitation nous
propofions fincèrement la
Dodrine du Salut 5 deforte
que nous reprenions hardi-
ment le vice ; & que nous
loufrions patiemment pour
la caufc de la vérité j par
Jéfus Chrift nôtre Sauveur.
TourVEiPiTRE, E{, 40. i.
COnfolez, confolez mon
peuple, dira vôtre
Dieu. Parlez àjérufalem fé-
lon fon cœur, & lui criez
que fon temps préfîx eft
acompii, que fon iniqui-
té efl: tenue pour acquitée.
qu'elle a reçu de la main
de l'Eternel le double pour
tous fes péchez. La voix
de celui qui crie au défert
cil : Préparez le chemin de
l'Eternel, drcffez parmi les
landes les fèntiers à nôtre
Dieu. Toute vallée fera
comblée 5 & toute^montag-
ne & tout coteau feront
abaiflcz j 6c les lieux tortus
feront redrefiez 5 & les lieux
raboteux feront aplanis,
Alors
Le Jour de S. Jean Batiste^ isp
Alors la gloire de rEterncllen fon fein.: il conduira
fe manifeftera, & toute celles qui alaitent. ?>
chair , eniemble la verra :
car la bouche de TEternel
a parlé. La voix dit j Crie:
Et on a répondu : Que cri-
erai-) e ? Toute chair eft
comme Therbe, & toute fa
grâce eft comme la fleur
d'un champ. L'herbe eft
sèchée, & la fleur eft tom-
bée, parce que le vent de
rEternel a fouflé deflus :
vraiment le peuple eft com-
me rherbe. Ûherbe eft;
sèchée, .& la fleur eft tom-
bée : mais la parole de nô-
tre Dieu demeure éternel-
lement. Sion, qui anon-
ces de bonnes nouvelles,
monte fur une haute mon-
tagne : Jérufalem, qui a-
nonces cle bonnes nouvel-
les, élève ta voix avec for-
ce : élève-la, ne crain point:
di aux villes de Juda 5 Voi-
ci vôtre Dieu. Voici, le
Seigneur l'Eternel viendra
contre le fort, & fon bras
dominera fur lui : voici,
fon falaire eft par devers
lui, & fon loïer marche de-
vant lui. Il paîtra fon trou-
peau, comme un berger 5
il affcmblera les agneaux
entre fcs bras, ôc les lèvera
L'Evangile, iS*. Luc. i. 57^
o
R le terme d'Eliza-
beth fut acompti
pour enfanter: & elle en-
fanta un fils. Et Tes voi-
fins, ôc fes parens aiant a-
pris que le Seigneur avoit
amplement déclaré fa mi-
fericorde envers elle^ s'en
réjouïffoient. avec elle. Et
il arriva qu'au huitième
jour ils viiirent pour cir^
concire le petit enfant;: ôc
ils ra;pelloicnt Zacharie^
du nom de fon pète. Mais
fa mère prit là parole, 6c
dit s Non : mais il fera
nommé }ean. Et ils lui
dirent ; ; Il n'y a perfonnè
en ta parenté, qui foit a^
pelle de ce nom. Alors
ils firent ligne à fon père,
qu'il déclarât comment il
vouloit qu'il fut nommée
Et Zacharie aiant demandé
des tablettes, écrivit ; Jean
eft fon nom : & tous en
furent étonnez. Et à l'inl^
tant fa bouche fut ouverte,
& fa langue déliée : telle-
ment qu'il parloit en lou-
ant Dieu. Et tous fes voi-
fuis
xpo Le Jour
fins en furent faifis
crainte ; & toutes ces
chofes furent divulguées
dans tout le pais des mon-
tagnes de Judée. Et tous
ceux qui les entendirent
les mirent en leur cœur,
difant ; Que fera-ce de ce
petit enfant > Et la main du
Seigneur étoit avec lui.
Alors Zacliarie fon père fut
rempli du Saint Efprit, &
il prophétifa, difant i Béni
foit le Seigneur, le Dieu
dlfraël, de ce qu il a vifité
& délivré fon peuple : &
qu il nous a élevé la corne
du falut dans la maifon de
David, fon fcrviteur. Selon
qu'il avoit dit par la bouche
de fcs Saints Prophètes,
qui ont été de tout temps 5
Que nous ferions fauvez de
la main de nos ennemis, &
de la main de tous ceux qui
nous haïffent : pour exercer
mifericorde envers nos pères,
& avoir mémoire de fa fainte
aliance ; qui cft le ferment
qu il a fait à Abraham nô-
tre père : favoir, qu il nous
donneroit, qu'étant déli-
vrez de la main de nos en-
nemis, nous le fervirions
fans crainte, en fainteté, &
xn jufticc
DE S. P I E R R eJ
de
es jours de notre vie. Et
toi petit enfant, tu feras
apellé le Prophète du Sou-
verain : car tu iras devant
la face du Seigneur pour
préparer fes voies j & pour
donner connoiffance du fa-
lut à fon peuple, dans la
remiflîon de leurs péchez :
par les entrailles de la mife-
ricorde de nôtre Dieu, def-
quelles fOrient d'enhaut,
nous a vifitez j afin de re-
luire à ceux qui font aflîs
dans les ténèbres, & dans
l'ombre de la mort j ôc pour
adrcfler nos pieds au che-
min de la paix. Et le pe-
tit enfant croiflbit, & fe
fortifioit en efprit : & il
fut dans les déferts jufqu au
jour qu'il devoir être ma-
nifefté à Ifraél.
Le Jour de S^ Pierre.
La Collecte.
Dieu Tout-puiffant qui
as rempli de dons
excellens ton Apôtre S.
Pierre, & lui as expreffe-
meut commandé c(e paitre
ton troupeau 5 nous te
fuplions de faire que tous
les Evcques & tous les Paf-
dcvant lui, tousjteurs prêchent diligemment
3 ta
Le Jour de
ta Sainte Parole, & que
le peuple s'y foumette en
toute obéïflance, afin que
les uns & les autres puiflent
obtenir la couronne incor-
ruptible de gloire j par Jé-
fus Chrift nôtre Seigneur.
Amen.
;y(7«r UEpitre, Ad. 12. i.
EN ce même temps le
Roi Hérode fe mit à
mal-traiter quelques-uns de
ceux de TEglife. Et fit
mourir par Tépée Jaques,
frère de Jean. Et voiant
que cela ètoit agréable aux
Juifs, il continua, en fai-
fant prendre auflî Pierre.
Or c'étoit les jours des
pains fans levain. Et quand
il Teut fait prendre, il le
mit en prifon, & le donna
à garder à quatre bandes,
de quatre foldats chacune,
le voulant produire au fu-
plice devant le peuple après
la fête de Pâque. Ainfi
. Pierre étoit gardé dans la
f rifon : mais TEglife faifoit
fans ceffe des prières à Dieu
pour lui. Or dans le temps
qu*Hérode étoit prêt de
lenvoier au fupplicc, cette
nuit-là même Pierre dor-
S. Pierre. 191
moit entre deux foldats, lié
de deux chaînes, & les gar-
des qui étoient devant la
porte, gardoient la prifon.
Et voici, un Ange du Sei-
gneur furvint, & une lumi-
ère refplendit dans la prifon,
& FAngc frapant le côté
de Pierre, le reveilla ; en lui
dîfant i Levé toi légère-
ment, & les chaines tom-
bèrent de fes mains. Et
TAnge lui dit ; Cein-toi,
& chauffe tes fouliers : ce
qu'il fit. Puis il lui dit ;
jette ta robe fur toi, &
me fui. Lui donc fortant,
le fuiviti mais il ne favoit
point que ce qui fe faifoit
par l'Ange fut vrai ; & il
croioit voir quelque vifion.
Et quand ils eurent paffc
la première & la féconde
garde, ils vinrent à la porte
de fer, par où 1 on va à la
ville i & cette porte s'ou-
vrit à eux d'elle-même :
ôc étant fortis ils paffcrent
une rue ; & incontinent
l'Ange fe retira d'auprès àz
lui. Alors Pierre étant re-
venu à foi, dit j ]c connois
a cet heure véritablement
que le Seigneur a envoie
fon Ange 3 & qu'il m'a dé-
livré de la main d'Hérode,
E
'Ïp2 Lé JoiTR D
& de toute Tatelite du peu-
'ple JuifV' r^^iii...:^ :..y.^ ^.,^
. :X,'EvANG4PE, : S. Majtth. ,
T Jélus vènàn!: m^
quartiers de Céfàréc
de Philippe, interrogea fcs
'Difciples, -eil diiant 5 Ç^i
difent les hommes que je
fuis, moi le Fils de Thom-
me ? Et ils lui repondirent î
Lés uns difent que tu es
Jean Batifte : ^ les autres,
^Elie : & les autres, Jérémie,
ou l'un des Prophètes. Il
-leur dit 5 Et vous, qui di-
tes-vous que j e fuis ? Simon
Pierre répondit, èc dit :
Tu es le Chrift, le Fils du
Dieu vivant. Et jéfus ré-
pondit, & dit 5 Tu es bien-
heureux, Simon fils de Jo-
na : car la chair & le fang
ne te Ta pas révélé 5 mais
mon Père qui eft aux Cieux.
Et je te dis aullî, que tu es
Pierre, & fur cette Pierre
j'édifierai mon Eglife : &
les portes de fenfer ne pré-
vaudront point contr'elle.
Et je te donnerai les clefs
du Roiaume des Cieux : &
tout ce que tu auras lié fiir
la terre, fera lié dans les
Cieux : & tout ce que tu
-auras délié fur la terre, fê-
ta déli^ dans les Cieux. .
S, Jaques Apôtre >
La C ol l e c t e.
ODieu très mifericor-
dicux, fai nous la
grâce, que comme ton bien-
heureux Apôtre S. Jaques
quita fans délai fon père,
& tout ce qu'il avoit, '8c 1
fut obéïflant à la vocation
de ton fils jéfus-Chrift, & ,
le fuivit, nous puiiîîons auffi '
en renonçant à toutes lès
afedions de la chair & du
monde, être toujours prêts
à obéir à tes Saints Coni-
mandements i par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur. A- \
7nen» ■
.-.vig -nui .. . \ h
Tour LTpitre, Aft. 1 1 .27.
6C12.1.
EN ces jours -là quel-
ques Prophètes defcen^ |
dirent de ]érufalem à An-
tioche. Et l'un d'eux, nom-
mé Agabus, fe leva; & dé-
clara par l'Efprit, qu'une
grande famine deVoit arri-
ver dans tout le monde:
& en effet elle arriva fous
Claude Céfar. Et les dif-
ciplcs, chacun félon Ion
pouvoir^
Le Jour pe S. Jaq^ues^
jpouvoîr, déterminèrent d'en-
voier quelque chofe pour
^ûvenir aux frères qui de-
meuroient en Judée. Ce
qu'ils firent auiîî, Tenvoi-
ant aux Anciens par les
mains de Barnabas & de
Saul. Et en ce même
temps, le R,oi Hérode fe
mit à mal-traiter quelques-
uns de ceux de TEgUfe. Et
il fît mourir par Tépée Ja-
ques frère de Jean. Et: vol-
ant que cela etoit agréable
aux Juifs, il continua^ en
faifant prendre aufli Pierre.
JL'EvANGiLE, S, Matth.
20. 20.
A Lors la mère des fils
de Zébédée vint à
Jéfus avec fes fils, fe prof-
t:ernant, & lui demandant
quelque chofe. Et il lui
^iit 5 Que vcux-tu ? Elle
lui dit; Ordonne que mes
deux fils qui font ici, foi-
çnt afîîs fun à ta main
droite ; & Tautre à ta gau-
che dans ton Roiaume. Et
195:
& être bâtifez du batême
dont je dois être bâtifé ?
Ils lui répondirent i Nous
le pouvons. Et il leur dit ;
Il eft vrai, que vous boirez
ma coupe 5 & que vous fe-
rez bâtifez du batcme dont
je ferai bâtifé: mais d'être
afîîs à ma droite, ou à ma
gauche, ce neft point a
moi de le donner : mais il
fera donné à ceux à qui il
efl préparé par mon Père.
Les dix autres aiant ouï ce-
la, furent indignez, contre
les deux frères. Mais Jé-
fus les aiant apellez, leur
dit; Vous favez que les
Princes des nations les mai-
trifent, 6c que les Grands
ufent d'autorité fur elles.
Mais il nen fera pas ainfî
entre vous : au contraire,
quiconque voudra être
grand entre vous, qu il loit
votre ferviteur. Et qui-
conque voudra être le pre-
mier entre vous, qu il foit
vôtre ferviteur. De même
que le Fils de Thomme
n eft pas venu pour être fer-
en
Jéfus répondit, & dit 5 Vous vij mais pour ferviri & a-
ne favez ce que vous de- 1 fin de donner fa vie er
mandez. Pouvez vous boire rançon ^our plufîeurs.
la coupe que je dois boire,
' O S,
t94 Le Jour de S.
S, Bi^dTHELEMi Afôtre.
La Collecte.
ODieu Tout-puiflant &
Eternel, qui as fait
la grâce à ton Apôtre Bar-
thelemi de croire fincere-
ment & de prêcher ta Pa-
role 5 donne à ton Eglife, &
d'aimer ta Parole qu'il a
creuë, & de recevoir & de
prêcher ce qu'il a enleigné ;
par Jéfus-Chrift nôtre Sei-
gneur, Amen.
Tour UEpitre, Afl:. 5. 12.
ET beaucoup de pro-
diges & de miracles
fe taifoient parmi le peuple
par les mains des Apô-
tres 5 & ils étoient tous
d'un açord au portique de
Salomon, Cependant nul
des autres n'ofoit fe join-
dre à euxj mais Iç peuple
les loiioit hautement. Et
le nombre de ceux qui
croioient au Seigneur, tant
d^hommes que de femmes,
fe multiplioit de plus en
plus. Et on aportoit les
malades, dans les rues, &
on les mettoit fur de petits
lits §ç fur des couchettes; a-
fin que, quand Pierre vicn-
droit, au moins fon ombre
B A R T H E L E M i;
paffat fur quelqu'un d'eux:»
Le peuple auffi des villes
voifines s'aflembloit à "jéru-
falem, aportant les malades, .
& ceux qui étoient tour-
mentez des Efprits immon-
des : 6c tous étoient guéris,
L'Evangile, S. Luc,
22. 24.
IL arriva auflî une con-
teftation entr'cux, pour
lavoir lequel d'entr'eux fe-
roir eftimé le plus grand.
Mais il leur dit j Les Rois
des nations les maîtrifent 8
ôc ceux qui ufent d'autori-
té fur elles, font nommez
bienfaifteurs. Mais il n'en
fera pas ainfl de vous : au
contraire, que le plus grand
entre vous, foit comme le
moindre ; & celui qui gou-
verne, comme celui qui fert.
Car lequel eft le plus grand,
celui qui eft à table, ou ce-
lui qui fert ? n'cft-ce pas
celui qui eft à table ? or
je fuis au milieu de vous
comme celui qui fert. Or
vous êtes ceux c[ui avez
perfévéré avec riioi dan^
mes tentations. C'eft pour-
quoi je vous difpole le
Roiaume, comme mon Pè-
re mç l'a difpofé. Afin
que
Le Jour de
jquc vous mangiez & bcu-
viez à ma table dans mon
Roiaume, & que vous ioiez
affis fur des trônes, juge-
ant les douze Tribus dlf-
racl.
S. Matthieu Apôtre.
La Collecte.
Dieu Tout-puifîant, qui
par ton Fils bien-
aimé as apellé Matthieu du
lieu du péage à la charge
d'Apôtre & d'Evangelifte 5
fai nous la grâce de renon-
cer à tous défirs d avarice,
& tout amour déréglé
des richôiTesi & de fuivre
ton Fils Jéfus-Chrift, qui
en Tunité du Saint Efprit
vit & règne avec toi, un
feul Dieu éternellement. A-
men.
L'Epitre, 2. Cor. 4. i.
C'Eft pourquoi aiant ce
Miniftère félon la mi-
fericorde que nous avons
reçue, nous ne nous relâ-
chons point. Mais nous a-
vons entièrement rejette les
cachettes de honte, ne mar-
chant point avec rufe, &
ne falfifiant point la parole
de Dieui l'^'^ais nous rcn-
S. Matthieu. 195
dant aprouvez à toute con-
fcience des hommes devant
Dieu, par la manifeftation
de la vérité. Que fi nôtre
Evangile eft encore cou-
vert, il eft couvert à ceux
qui périlTent : Defquels le
Dieu de ce fiécle a aveuglé
les entendemens, c*eft-a-
dire, des incrédules; afin
que la lumière de TEvan-
gile de la gloire de Chrift,
lequel eft Timage de Dieu,
ne leur refplendit point.
Car nous ne nous prêchons
pas nous-mêmes, mais nous
prêchons Jéfus- Chrift le
Seigneur : & nous décla-
rons que nous fommes vos
ferviteurs pour Tamour de
Jéfus. Car Dieu, qui a dit
que la lumière refplendit
des ténèbres, eft celui qui
a relui dans nos cœurs,
pour donner rillumination
de la connoifiance de la
gloire de Dieu, en la face
de jéfus- Chrift.
L'Evangile, S. Matth. 9. 9.
PUis Jéfus pafîant plus
avant vit un homme,
nommé Matthieu, aftîs au
lieu du Péage, & il lui diti
Sui-moi : & il fe leva, & le
fuivit. Et comme Jéfus é-
O z toit
^iç6 Le Jour de S. Michel et de tous les Anges.
toit à table dans la mai-
fon de Matthieu, voici, plu-
fieurs péagers, & des gens
de mauvaife vie qui étoient
venus là, fe mirent à table
avec Jéius ôc fes difciples.
Ce que les Pharifiens aiant
vu, ils dirent à fes difci
plesj Pourquoi vôtre Mai
tre mange-t-il avec des péa
gers & des gens de mau-
vaife vie ) Mais Jéfus Fai-
ant entendu, leur dits Ceux
qui font en fanté n'ont pas
befoin de médecin : mais
ceux qui fe portent mal.
Mais alez, & aprenez ce que
veulent dire ces paroles j
J e veux mifcricorde, & non
pas facrifice : car je ne fuis
pas venu pour apcller à la
repentance les juftes s inais
les pécheurs,
S. Michel & tous les
Anges.
fendent fans ceffe par ton
ordre fur la terre 3 par Jé-
fus- Chrift nôtre
Amen.
Seigneur,
ET.
O
La Collecte.
Dieu Eternel, qui as
établi & règle les di-
vers miniftères des Anges
& des hommes dans un or-
dre admirable j fai par ta
graçe, que comme tes Saints
Anges te fervent continu-
ellement dans le Ciel, ils
nous fccourcnt 6c nous dé-
TouT L'Epi tre, Apoc.
12. 7.
il y eut une batail-
le au Ciel, Michel ôc
fes Anges combattoient con-
tre le Dragon : & le Dragon
(5c fes Anges combattoient.
Mais ils ne furent pas les
plus forts, & leur place ne
fut plus trouvée dans le Ciel.
Et le grand Dragon, le Ser-
pent ancien, apellé le Di-
able & Satan, qui féduit le
monde, fut précipité en la
terre, & fes Anges furent
précipitez avec lui. Alors
j'ouïs une grande voix dans
le Ciel, qui difoiti Main-
tenant eft le falut, & la
force, & le règne de notre
Dieu, & la puiffance de fon
Chrift : car facufc teur de
nos frères, qui les acufpit
devant nôtre Dieu jour &
nuit, a été précipité. Et
ils Tout vaincu à caufe du
fang de Tagneau, & à caufe
de la parole de leur té-
moignage 5 & ils n'ont point
aimé leurs vies: mais les
ont expofécs à la mort.
C'cfl
Le Jour
C'eft pourquoi réjouiïTez-
vous, Cieux, & vous qui y
habitez : mais malheur à
vous habit ans de la terre &
de la mer: car le Diable
eft defcendu vers vous en
grande fureur, fâchant qu'il
a peu de temps.
L'Evangile, S. Matr. 1 8. i .
EN cette même heure-
là les difciples vinrent
à Jéfus, en luidifant; Qui
eft le plus grand au Roi
aume des Cieux? Et Jéfus
aiant apellé un petit enfant,
le mit au milieu d'eux : Et
leur diti En vérité je vous
dis, que fi vous n êtes chan-
gez, & ne devenez com-
me de petits enfans, vous
n'entrerez point dans le
Roiaume des Cieux. C'eft
pourquoi quiconque fe fera
humilié foi-même, comme
eft ce petit enfant, celui-là
eft le plus grand au Roiau-
me des Cieux. Et quicon-
que reçoit un tel petit en-
fant en mon Nom, il me
reçoit. Mais quiconque
fcandalife un de ces petits
qui croient en moi, il lui
vaudroit mieux qu'on lui
pendit une meule d'âne au
cou, & qu'on le icttat au
DE S. Luc,' lp7
fond de la men Malheur
au monde à caufe des fcan-
dales : car il eft néceflairc
qu'il arrive des fcandales:
toute fois malheur à l'hom-
me par qui le fcandale ar-
rive. Qiie fi ta main, ou
ton pied te fait broncher,
coupe-les, ôc les jette loin
de toi: car il vaut mieux
que tu entres boiteux, ou
manchot dans la vie, que
d'avoir deux pieds, ou deux
mains, & d'être jette au
feu éternel. Et fi ton œil
te fait broncher i arrache-
le, & le jette loin de toi :
car il vaut mieux que tu
entres dans la vie, n'aiant
qu'un œil, que d'avoir deux:
yeux, & d'être jette dans
la géhenne du feu. Prenez
garde de ne méprifcr aucun
de ces petits ; car je vous
dis, que dans les Cieux leurs
Anges regardent toujours
la face de mon Père qui eft
aux Cieux.
S. Luc l'EvangeliJie.
La Collecte.
Dieu Tout-puiflant, qui
as apellé Luc le Mé-
decin, dont la louange eft
en l'Evangile, pour être
ton Evangelifte & notre
O 3
Me-
198 Le Jour
Médecin fpirituel 5 donne
éficace par t^ grâce aux re-
mèdes falutaires de fa doc-
trine, pour guérir toutes
les maladies de nôtre ame j
par les mérites de ton Fils
Jéfus-Chrift nôtre SeigHcur.
Amen.
L'EpitrE;, 2 Tim. 4. 5,
MAis toi, veilles en
toutes chofcs, foufre
les afiidions, fai l'œuvre
d'un Evangelifte, ren ton
Miniflère pleinement ap-
prouvé. Car pour moi, je
m'en vais maintenant être
mis pour afperfion du fa-
crifice, & le temps de mon
délogemcnt eft proche. J'ai
combattu le bon combat,
j'ai achevé la courie, j'ai
gardé la foi : Qiiant au
rcfte, la couronne de juftice
m'eft refervée, & le Sei-
gneur, jufte Juge, me la
rendra en cette journée-là,
& non feulement à moi,
mais aufïï à tous ceux qui
auront aimé fon aparition.
Hâte-toi de venir bien-tôt
vers moi. Car Dénias m'a
abandonné, aiant aimé le
préfent fiécle, & il s'en cfl
^lé à Theffalonique \ Crct
DE S, Lu a
cens cft aie en Galatîe, éc.
Tite en Dalmatie. Luc cft
feul avec moi : Pren Marc,
& amene-le avec toi : car
il nVeft fort utile pour le
Miniftère. J'ai auflî envoie
Tichique à Ephefe. Qiiand
tu viendras aporte avec toi
le manteau que j'ai laiffé à
Troas chez Carpe, & les
livres auflî ^ mais princi-
palement les parchemins.
Alexandre le forgeron m'a
fait beaucoup de maux : le
Seigneur lui rende félon
fes oeuvres. Garde-toi donc
de lui 5 car il s^eft fort op-
pofé à nos paroles.
UEvANGiLE, S. Luc. 10. i;
OR après ces chofes, k
Seigneur en ordonna
aufli foixante-dix autres j.
& les envoia deux-à-deux
devant lui, dans toutes les
villes & dans tous les lieux,
où il devoit aler. Et il leur
difoit 5 La moiflbn eft gran-
de i mais il y a peu d'ou-
vriers : priez donc le Seig-
neur de la moiffon qu'il
pouffe des ouvriers dans fa
moiflbn. Alez, voici, je
vous envoie comme des
aaneaux au milieu des loups.,
Le Jour de S. Simon Et de S. Judé. I9SÇ
Ne portez ni bourfe, ni
malette, ni fouliers : & ne
falucz perfonne dans le
chemin. Et en quelque
maifon que vous entriez,
dites premièrement } Paix
foit à cette maifon. Qlic
sil y a là quelqu'un qui
foit digne de paix, vôtre
paix repofera fur lui : fi-
non, elle retournera à vous.
UEpitre, s. Jude, i^
JUde ferviteur de Jéfus-
Chrift, & frère de Ja-
ques aux apellez qui font
fandifiez en Dieu le Père,
& confervez par Jéfus-
Chrift : Mifericorde, & paix
& dileftion vous foient
multipliées. Mes bien-ai-
Imez, comme je m'étudie
Et demeurez dans cette | entièrement à vous écrire
du falut qui nous efl: com-
mun, il m'a été néceffairc
de vous écrire, pour vous
exhorter à foûtenir le com-
bat pour la foi, qui a été
une fois donnée aux Saints.
Car quelques-uns fe font
gliffez parmi vous, qui dès
long-temps auparavant ont
été écrits pour une telle
condamnation 5 gens fans
piété, qui changent la grâce
de nôtre Dieu en diffolu-
tion, & qui renoncent le
feul Dominateur Jéfus-
Chrift nôtre Dieu & Sei-
gneur. Or je veux vous
faire fouvenir d'une chofe
que vous favez déjà 5 c'eft
que le Seigneur aiant dé-
livré le peuple du pais
d'Egypte, il détruifit enfuite
ceux qui n'avoient point
cru. Et qu'il a refervé
O 4 fous
maifon, mangeant 6c beu-
vant de ce qui fera mis de-
vant vous : Car l'ouvrier
cft digne de fan falaire.
S. Simon & S. Jude,
A^otres,
La Collecte.
Dieu Tout-puifTant, qui
as édifié ton Eglife
fur le fondement des Apô
très ôcdes Prophètes, Jéfus-
Chrift lui-même étant la
Maîtrcfle pierre du coin 5
fai que nous foions telle-
ment joints enfemble en
l'unité de TEfprit par leur
doftrine, que nous foions
faits un faint Temple qui
te foit agréable j par Jéfus-
Chrift nôtre Seigneur, A-
men.
20O Le Jour 0e S. Si
fous robfcurité, dans des
liens éternels, jufqu au juge-
ment de la grande journée,
les Anges qui n ont pas
gardé leur origine, mais qui
ont abandonné leur propre
demeure. Et que Sodome
& Gomorrhe, & les villes
voifincs qui s'étoient aban-
données en la même ma-
nière que celles-ci à Tim-
pureté, & s'étoient débor-
dées après une autre chair,
ont été mifes pour fervir
d'exemple, aiant reçu la
punition du feu éternel :
Nonobftant cela ceux-ci
tout de même s'étant en-
dormis dans le vice, fouil-
lent leur chair, méprifent
la domination, & blâment
les dignitez.
I/EvANGiLE, S.Jean 15.17.
JE vous commande ces
chofes 5 afin que vous
vous aimiez Tun Tautre.
Si le monde vous a en
haine, fâchez qu il m'a eu
en haine avant vous. Si
vous euffiez été du monde,
le monde aimeroit ce qui
feroit fien : mais parce que
vous n'êtes pas du monde,
& que je vous ai ékis du
monde, à caufe de cela le
MON ET DE S. JUDE.
monde, vous a fen haine;
Souvenez-vous de la parole
que je vous ai dite ; que le
ierviteur n eft pas plus grand
qne fon maître. S'ils m ont
perfécuté, ils vous perfé-
cuteront auflî ; s'ils ont gar-
dé ma parole, ils garderont
aullî la vôtre. Mais ils
vous feront toutes ces cho-
fes à caufe de mon Nom 5
parce qu'ils ne connoifTent
point celui qui m'a envoie.
Si je ne fuffe point venu,
& que je n'euffe point par-
lé à eux, ils n'auroient point
de péché : mais mainte-
nant ils n'ont point d'cxcufe
de leur péché. Celui qui
m'a en haine, a aulli en
haine mon Père. Si je
n'eufle pas fait parmi eux
les oeuvres qu'aucun autre
n'a faites, ils n'auroient
point de péché : mais main-
tenant ils les ont vûësj &
toutefois ils ont eu en haine
& moi, & mon Père. Mais
c'eft afin que foit acomplie
la parole qui eft écrite en
leur Loi i Ils m ont eu en
haine fans caufe. * Mais
quand le Confolateur fera
venu, lequel je vous en-
volerai de la part de mon
Père, favoir, TElprit de vé-
rité.
La Tou
rite, qui procède de mon
Père, celui-là rendra té-
moisnasce de moi. Et vous
aufli en rendrez témoig-
nage : car vous êtes dès
le commencement avec
moi.
La Toussaint s.
La Collecte.
Dieu Tout-puiirant;^ qui
as joint enfembletes
Elus dans une même foci-
été, 6c dans une même
communion pour en faire
le corps my ftique de J éfus-
Chrift ton Fils Unique nô-
tre Seigneur ; fai nous la
grâce de fuivrc l'exemple
de ceux de nos frères que
tu as reçu dans la gloire
éternelle 5 afin que par Timi-
tation de leurs vertus, nous
parvenions à leur bonheur,
& que nous jouïffions éter-
nellement de CCS biens iné-
narrables que tu as prépa-
rez à ceux qui t aiment en
vérité. Exauce nous par
]éfus- Chrift ton Fils nôtre
ïeul Avocat, &: Médiateur.
Amen,
y<?^/rUEpiTRE, Apoc. 7. 2.
PUis je vis un autre Ange
qui montoit du côté
s s A I N T s.
201
de rOrient, tenant le feau
du Dieu vivant, & il cria
à haute voix aux quatre
Anges qui avoient eu or-
dre de nuire à la terre, &
à la mer. Et leur dit 5 Ne
nuifez point à la terre, ni
à la mer, ni aux arbres,
jufqu' à ce que nous aions
marqué les ferviteurs de
nôtre Dieu fur leurs fronts.
Et j'entendis que le nombre
des marquez étoit de cent
quarante quatre mille, qui
furent marquez de toutes
lesTribus des enfans d'ifraël.
Savoir de la Tribu de Juda,
douze mille marquez : de
la Tribu de Ruben, douze
mille marquez : de la Tribu
de Cad, douze mille mar-
quel : de la Tribu dAfer,
douze mille marquez : de
la Tribu de Ncphthali,
douze mille marquez : de
la Tribu de Manaffé, douze
mille marquez : de la Tri-
bu de Siméon, douze mille
marquez : de la Tribu de
Lévi, douze mille marquez :
de la Tribu dlffachar, douze
mille marquez : de la Tribu
de Zabulon, douze mille
marquez : de la Tribu de
Jofeph, douze mille mar-
quez : de la Tribu de Ecn-
I jamiu.
La Toussaint!?.
202
jamin, douze mille mar-
quez. Après cela, je re-
gardai, & voici une grande
multitude de gens, que per-
fonne ne pouvoit compter,
de toutes nations, & tribus,
& peuples, & langues, lef-
quels i'e tenoient devant le
trône, & en la préience de
l'agneau, vêtus de longues
robes blanches, & aiant des
palmes en leurs mains: Et
ils crioient à haute voix,
en dilant 5 Le falut eft de
nôtre Dieu, qui eft affis fur
le trône, & de Tagneau.
Et tous les Anges fe tenoi-
ent autour du trône, & des
Anciens, & des quatre ani-
maux, & ils fe profterne-
rent devant le trône fur
leurs faces, & adorèrent
Dieu, en difant 5 Amen s
loiiange, & gloire, ôc fageffe,
& aclions de grâces, & hon-
neur, & puiflance, & force
foient à nôtre Dieu, aux
fiécles des fiécles ^ Amen,
L'Evangile, S. Matth. 5.1.
JESUS voiant tout ce
peuple, monta fur une
montagne : puis s'étant af-
fis, fes difciples s'aproche-
rent de lui. Et aiant ou-
vert fa bouche, il les en-
feignoit, en difant i Bien-
heureux font les pauvres cii
efprit: car le Roiaume des
Cieux eft à eux. Bien-heu-
reux font ceux qui pleu-^
rent : car ils feront confo-
lez. Bien-heureux font les
débonnaires : car ils héri-
teront la terre. Bien-heu-
reux font ceux qui ont faim
& foif de la juftice : car ils
feront raftafiez. Bien-heu-
reux font les mifericor-
dieux: car miferidorde leur
fera faite. Bien-heureux
font ceux qui font nets de
cœur : car ils verront Dieu.
Bien-heureux font ceux qui
procurent la paix : car ils
feront apellez enfans de
Dieu. Bien-heureux font
ceux qui font perfécutez
pour la juftice : car le Roi-
aume des Cieux eft à eux.
Vous ferez bien-heureux
quand on vous aura injuri-
ez 6c perfécutez \ & quand,
à caufe de moi, on aura dit
contre vous, en mentant,
quelque mauvaife parole
que ce foit. Réjouiïïcz
vous & treffaillez de joie,
parce que vôtre recom-
penfe eft grande dans les
Cieux. Car on a ainfi per-
fécuté les Prophètes qui ont
été avant vous.
L'OR«
1a C o m m u n I o ît;
20!^
L'ORDRE
Pour L'Administration.
Delà SAINTE CENE, ou COMMUNION.
Tous ceux qui fe propofent de
participer à la Sainte Commu-
niên^ le feront /avoir au Mi-
nière quelque heure du jour
précèdent.
Que s'il s en trouve quelquun de
fi mauvaife vie, que VEglife
en foit fcandalifée ; ou qui ait
fait quelque tort à fou pro-
chain par fes paroles ou par
fes allions : le Minijîre en ni-
ant connoîjfance Vapellera^ &
V avertira de ne pas préfumer
d'aprocher de la table du Sei-
gneur y que premièrement il
n'ait donné des témoignages ê-
videns de fa repentance & de
fon amendement de vie ', afin
de fatisfaire à VEglife qui en
auroit été fcandalifée : & qu'il
^'ait donné contentement à ceux
auf quels il auroit fait tort ; ou
qu'il n'ait fait parottre^ four
le moins ^ qu'il a bonne inten-
tion de le faire le plutôt qu'il
i^i fera pojjtbie.
Le Miniflre en ufera de même en--
vers ceux entre lefquels il ver-
ra qu'il y a de la haine & de
la rancune: ne leur permet-
tant point de participer à la
table du Seigneur ^ jufques à ce
qu'il fâche qu'ils foient recm-
ci liez,. Que fi tune des par^
ties efl contente de pardonner
de bon cœur le tort qui auroit
été fait ; & de re parer les
fautes quelle auroit peu com^
mettre de fon coté -^ Ù qu^
Vîaîgré celay l'autre partie ne
vueille point s'acommoder, ni
fe laiffer pevfuader à faire une
bonne paix ; mais au contraire^
demeure dans fon opiniâtreté
& dans fa malice ; En ce cas^
le Miniflre doit admettre à la
Communion celui quife repenti
mais non pas l'autre qui ton-'
tinue dans fon opiniâtreté;
mais ^'^^ec cette limitation^ que
tout Miniflre qui aura rejette
quelqu'un en la manière qui a
l été
;04
La C o m m u n I o n^
été fpéci fiée en ce paragraphe^
ou dans celui qui précède im-
médiatement^ fera (obligé d^en
informer l'Ordinaire ^ & de lui
" en rendre raifon quinz,e jours
après pour le plus tard. Et
tOrdinatre procédera contre la
ferfonne of enfante fuivant le
Canon.
La l'aile^ lors quon fera la
Sainte Cène^ étant couverte
d\ne belle nape bien blanche^
fera dans le corps de l'Eglife
ou dans le Cœur, au lieu où il
efl ordonné défaire les Prières
du Matin & du Soir. Et le
Prêtre étant debout auprès de
la Table du coté du Nord, di^
va VOraifon Dominicale avec
la CoUeBe fuivante^ le peuple
étant à genoux.
Nôtre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
iandifié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui
notre pran quotidien. Et
nous pardonne nos ofen-
fes, comme nous pardon-
nons à ceux qui nous ont
ofenfez. Et ne nous in-
dui point en tentation :
mais délivre nous du ma-
lin. Amen.
r\Ieu Tout-puiflànt, à
J qui tous les cœurs
font découverts, à qui tous
les défirs font connus, & à
qui nul fecret n efl: caché j
fanftific nos penfées & nos
afedions par l'opération de
ton Saint Efprit : afin que
nous puiflions faimer par-
faitcmentp ôc célébrer dig-
nement ton Saint Nom i
par Jélus-Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
Alors le Prêtre fe tournant vers U
peuple, récitera diftinEîement les
Dix Commande mens:
Ù le peuple étant à genoux, 4-
près chaque Commandement^
demandera pardon à Dieu de
ravoir tranfgreffé par le paffé;
& implorera le fecours de fa,
grâce, afin de le pouvoir gar^
der à l'avenir : en la manière
qui fuit,
ExoD. ch. XX.'
Le Minijlre,
Dieu prononça toutes
ces paroles, difant ^
) e fuis TEternel ton Dieu.
Tu n'auras point d'autres
Dieux devant ma face.
Le Tetiple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & incline nos coeurs
\
La Communion.'
20S
ce Commande-
a garder
ment.
Le Miniftre.
Tu ne te feras point dl-
mage taillée, ni aucune ref-
femblance des chofes qui
font là haut aux Cieuxj ni
ici bas fuu la terre; ni dans
les eaux fous la terre. Tu
ne te profterneras point de-
vant elles, & ne les fervi-
ras point : car )c fuis TE-
ternel ton Dieu; le Dieu
fort, qui eft jaloux, puniffant
riniquité des pères fur les
enfans, jufquà la troifiéme
& à la quatrième génération
de ceux qui me haïffeiitj
ôcfaifant mifericorde en mil-
le générations, à ceux qui
m'aiment, & qui gardent
mes Commandcmens.
Le Tetiple^
aie pitié de
nous i & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne prendras point le
Nom de TEternel ton Dieu
en vain : car TEternel ne
tiendra point pour inno-
cent celui qui aura pris fon
Nom en vain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
Seigneur
nousi & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Souvien-toi du jour du
repos pour le fanclifîer. Tu
travailleras fix jours, <5c
tu feras toute ton œuvre:
mais le feptiéme jour eft le
repos de TEternel ton Dieu.
Tu ne feras aucune œuvre
en ce jour-là, toi, ni ton
fils, ni ta fille, ni ton fer-
viteur, ni ta fervante, ni
ton bétail, ni ton étranger
qui eft en tes portes : car
TEternel a fait en fix jours
les cieux & la terre, & la
mer, & tout ce qui eft ca
eux 5 & s'eft repofé le fep-
tiéme jour : C'eft pourquoi
l'Eternel a bcni le jour du
repos, & l'a fanclifié.
Le Teuple,
Seigneur aie pitié de
nous ; & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Honore ton père & ta
mère 5 afin que tes jours
foient px'olongez fur la ter-
re, que l'Eternel ton Dieu
te donne.
Le
206 Î.A COM
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre,
Tu ne tueras point.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous ; & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne pailiarderas point
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous; & incline nos cœurs
à garder ce Comrnande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne déroberas point
Le Tetiple.
Seigneur aie pitié de
nousj & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
Le Miniftre.
Tu ne diras point faux
témoignage contre ton pro-
chain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nousj & incline nos cœurs
à garder ce Commande-
ment.
M U N I G N.'
Le Miniftre.
Tu ne convoiteras point
la maifon de ton prochain :
Tu ne convoiteras point la
femme de ton prochain ;
ni fon ferviteur 5 ni fa fer-
vante; ni fon bœuf 5 ni
fon âne 5 ni aucune chofc
qui foit à ton prochain.
Le Teuple.
Seigneur aie pitié de
nous 5 & imprime tous ces
Commandemens dans nos
cœurs; nous t'en fuplions.
Alors fuivra une de ces deux CoU
leEles four le Roi, le Minif-
tre fe tenant debout comme au-
par avant, & difant ;
Prions DIEU.
DIEU Tout-puilTant,
dont le règne eft é-
ternel, & dont la puiiTance
eft infinie, fois propice à
toute ton Eglife : & difpofe
tellement le cœur de ton
Serviteur élu, George, nô-
tre Roi & nôtre Gouver-
neur, que fâchant de qui il
eft le Miniftre, il cherche
fur toutes chofcs la gloire
de ton Saint Nom. Fai
nous auflî la grâce à nous
tou;î, qui fommes ks fujets^^
que
La Communion.
207
que confiderant bien de qui
il tient fon Autorité, nous
lui rendions honneur, fer-
vice, & obéïffance en toute
humilité, & en toute fidé-
lité 5 en toi, & pour Ta-
mour de toi, félon ta Sainte
Parole, & félon le Com-
mandement que tu nous en
as fait j par Jéfus Chrift no-
tre Seigneur; qui en Tu-
nité du Saint Efprit vit, &
règne avec toi, un feul Dieu
béni éternellement. Amen.
Ou,
Dieu Eternel & Tout-
puiiTant 5 puis que
tu nous en feignes dans ta
Sainte Parole, que les cœurs
des Rois font en ta main,
& que tu \cs tournes félon
le bon plaifu* de ta fagelle;
nous te fuplions très hum-
blement de conduire, & de
diriger tellement le cœur
de ton ferviteur George,
notre Roi, & nôtre Gou-
verneur, qu en toutes fcs
p en fées, fes paroles, & fcs
Actions, il cherche toujours
la gloire de ton SaintNom;
& qu'il s'étudie à maintenir
en profpérité, enpaix, & en
piété, le Peuple dont tu lui
as confié la conduite. Ex-
auce-nous, ô Père de mi-
fericorde 5 pour Tamour de
Jéfus Chrift ton Fils nôtre
Amen,
beigneur.
Alors fera dite la ColIeBe du
jour : & immédiatement après
la ColleBey le Miniflre lira
VEpitre^difaiit ; L'Epicre(ou
la portion de TEcriture qui
fe doit lire pour TEpitre)
eft écrite au Chap.de— com-
mençant au veriet Et
quand il aura achevé de lire
l'Epine^ il dira-^ld finit l'E-
pi tre. Alors il lira VE'van-
gile^ (tout le peuple fe tenant
debout) difant i Le Saint E-
vangile eft écrie au Chap.
de— -commeDçanc au ver-
fet Et après la LeElure de
VEnjangile j fera chantée ou
récitée la Confeffionfuivante:
le peuple fe tenant encore de^
hout^ comme auparavant*
J
E croi en un feul Dieu le
Père Tout-puiftant,Cré-
aicur du Ciel & de la Ter-
re, & de toutes le chofes
vifiblcs & invifibles.
Et en un feul Seigneur
Jéfus Chrift, Fils Unique
de Dieu 5 engendré du Père
avant tous les fiécles. Dieu
de Dieu 5 Lumière de Lu-
mière 5 vrai Dieu de vrai
Dieu y engendré, <3c non
pas
hoS La C o m m
pas fait; étant de la même
fubflance avec le Père i &
par lequel toutes chofes ont
été faites : qui pour l'amour
de nous, & pour nôtre
falut, eft defccnduduCieli
& aïant pris ciiair de la
Vierge Marie, par l'opéra-
tion du Saint Elprit, a été
fait homme ; a été aufli
crucifié pour nous, fous
Ponce Pilate ; a foufcrt, &
a été enfeveli ; & eft reffu-
fcité le troifiémc jour félon
les Ecritures ; eft monté
aux Cicux, & eft aflîs à la
dextre du Pcrcj & il re-
viendra avec gloire, pour
juger les vivans & les morts;
& fon règne n aura point
de fin.
Je croi au Saint Efprit ;
qui eft le Seigneur & TAu-
teur de la vie ; qui procède
du Père & du Fils : & qui a-
vec le Père & le Fils, eft a-
doré 6c glorifié 5 qui auflî a
parlé par les Prophètes.
Et je croi une Sainte E-
glife Catholique & Apofto-
liquc. ]e confcffe un Ba-
téme en rcmiflion des pé-
chez. Et j'attcns la réfurrec-
tion des morts s & la vie du
fiécle à venir. Amen.
UNION.
Ahvs le Miniflre déclarera au
peuple les jours de Fete^ ou de
'^eûns qui doivent être objef
vez. la femaine fuivante. Et
alors auffi^ fi Vocafion le de-
mande^ on advertira de la
Sainte Cène ; alors fe publie-
ront les Anonces des promtjfes
de mariage ; & fe liront les
brevets^ citations^ & excom-^
munications. Et rien ne fera
déclaré ni publié en l'Eglife
pendant le fervice Divin, que
par le Miniflre ; (j rien ne
fera publié par le Miniflre^ que
ce qui efl porté par les Règles
de ce livre, ou qui fera enjoint
de la part du Roi, ou par
f Ordinaire du lieu.
Puis fuivra le Sermon, ou une des
Homélies qui font déjà pu-
bliées, ou qui le feront ci-après
avec autorité.
Alors le Prêtre retournera à la
lable du Seigneur^ & com-
mencera VOjeytûire ; difant
une ou plujieurs des Sentences
fuivantes^ félon quil lui fem^
blera le plus à propos.
Ainfi, que vôtre lumière
luife devant les hommes ^
afin qu'ils voient vos bon-
nes œuvres; ôc qu'ils glo-
rifient vôtre Père qui eft
aux Cieux. S.Matt. 5. i<5.
Ne vous amaffez point
des tréfors fur la terre 5 où
la
La Communion,
20^^
la tlgiie & la rouille gâtent
tout 5 & où les larrons per-
cent & dérobent : mais a-
maffez vous des tréfors dans
le ciel, où ni la tigne ni
la rouille ne gâtent rienj
& où les larrons ne per-
cent, ni ne dérobent. S.
Matth. 6. 19, 20.
Toutes les chofes que
vous voulez que les hom-
mes vous faffent, faites-les
leur auflî de même : car
c'eft la Loi & les Prophètes.
S. Matt. 7- 12.
Tous ceux qui me difent.
Seigneur, Seigneur, n'en-
treront pas dans le Roiau-
me des cieux : mais celui
qui fait la volonté de mon
Père, ' qui eil aux cieux,
Zachée fe préfentant là,
dit au Seigneur i Voici,
Seigneur, je donne la moi-
tié de mes biens aux pau-
vres : & fi j'ai fait tort à
quelqu'un en quelque chofe,
j'en rens le quadruple.
S.Luc, 19. 8.
Qui eft-ce qui va jamais
à la guerre à fes dépens ?
Qlù eft-ce qui plante la vig-
ne, & ne mange pas de fon
fruit > Qiii eft-ce qui paît le
troupeau, & ne mange pas
du lait du troupeau ? i Cor.
9. 7.
Si nous vous avons femé
des biens fpirituels, eft-ce
une grande chofe, que nou^
recueillions de vos biens
charnels ? i Cor, 9. 1 1.
Ne favez-vous pas que
ceux qui s'emploient aux
chôfes facrées, mangent de
ce qui eft facré ? & que ceux
qui fervent à l'autel, parti-
cipent à l'autel > Le Sei-
gneur a ordonné tout de
même que ceux qui a-
noncent TEvangile, vivent
de l'Evangile, i Cor, 9.
Celui qui feme chiche-
ment, recueillira auftî chi-
chement : & celui qui fèmc
libéralement, recueillira auf-
fi libéralement. Que cha-
cun fafle félon qu'il s'eft
propofé en fon cœurj non
point à regret, ou par con-
trainte : car Dieu aime ce-
lui qui donne gaiement.
2 Cor. 9. 6, 7.
Que celui qui eft en-
feigné en la parole, faile
participant de tous fes bi-
ens celui qui l'enfeigne.
Ne vous abufez point, Dieu
ne peut être moqué : car
ce que l'homme aura femé,
P U
Vt o La C o m m u k I o îTo
il le moiflbnnera auffi.
Cal. 6. 6, 7-
Pendant que nous en a-
vons le tems, failbns du
bien à tous : mais princi-
palement aux domeftiques
de la foi. GaL 6. lo.
La piété, avec le conten-
tement d'efprit, eft un
grand gain : car nous n'a-
vons rien aporté au mon-
de 5 & auilî il eft évident
que nous n en pouvons rien
emporter, i Tim. 6. 6,7.
Dénonce à ceux qui font
riches en ce monde, qu'ils
foient promts à donner 5
communicatifs ; fe faifant
un tréfor d'un bon fonde-
ment pour l'avenir 5 afin
qu'ils obtiennent la vie éter-
nelle. I Tim 6. 17,18,19.
Dieu n'eft pas injufte,
pour oublier vôtre œuvre,
& le travail de la^ charité
que vous avez témoigné
pour fon Nom> en ce que
vous avez fecouru les Saints,
6c que vous les fecourez
encore. Hei?. 6. 10.
Ne mettez point en oubli
la bénéficence, & la com-
munication ; car Dieu prend
plaifu* à de tels facrifices.
Si ijuelqu'uli a des biens
de ce monde, & qui voîant
fon frère avoir néceflîté,
lui fermera fes entrailles 5
comment eft-ce que la cha-
tité de Dieu demeure ea
lui? S.Jeany 3. 17.
Fai Taumône de tes bi-
ens 5 ne détourne point ta
face du pauvre : ôc la face
du Seigneur ne fera point
détournée de toi. Toè. 4. 7.
Sois charitable félon ton
pouvoir : fi tu as beaucoup,
donne beaucoup 5 fi tu as
peu, donne avec joie du peu
que tu as, & tu t'amafTeras
un tréfor pour la nécellité,
Toéf. 4- 8? 9.
Celui qui a pitié du pau-
vre, prête à l'Eternel ; &
il lui rendra fon bienfait.
Trov. 19. i7«
O que bien-heureux eft ce-
lui qui fe porte fagement
envers le chetifi l'Eternel
le délivrera au jour de la
calamité. Tf.^i, i^
Pendant qu*on lit ces Sentenseî^
les DiacreSy les Curateurs de
l'Eglife, ou d'autres perfonnes
propres à qui l*on en a donné
la charge^ recevront les au^
moues pour les pauvres^ &
les autres charitez, du peuple
da'ûs un bajjîn convenable^
dont la Paroijje dçit faire pro^
vijîun
' La
*vt^on pour cet effet ; & les
aporteront a'vec refpect au
Mimftre qui les pré/entera &
les pofera humblement fur la
Table,
Et quand fon fera la Sainte
Cène ; alors le Mtniflre met^
tra fur la Trahie autant de
Pain & de Vin qiid jugera
être tiéceffatre» Cela fait^ le
Miniftre dira^
CoMMtxNîoîr: iit
s'acordent à faîf e prôfeflîon
de ta vérité, & vivent en
concorde, & en charité fra*
ternelle. Nous te prions
auiîî de défendre, ôc defau-
ver tous les Rois, & tous
les Princes, & les Magil*
trats Ciirêtiens, particuli-
èrement GEORGE nôtre
ROI, afin que fous fou
Gouvernement nous puilïï-
Prions dieu pour toute"^ ows mener une vie paifible
lEglife Chrétienne mili-
tante ici-bas en la terre.
Dieu Eternel & Tout-
puiffant, qui par ton
S. Apôtre nous as enfcigné
de t'adreffer des prières, des
fuplications, & des adions
de grâces pour tous les
hommes 5 nous te luplions
très humblement
{"^d'accepter en ta
mi fe rie or de nos
aumônes & nos
ablations ér) d'é-
favorablement les
prières que nous préfentons
à ta Divine Majefté. Veuille
Seigneur, répandre conti-
nuellement fur TEglife U-
niverfelle TEfprit de vérité,
d'union, & de concorde ;
en forte que tous ceux qui
confcflcnt ton Saint Nom,
* Ceci féru
omis lors
quil n'y
aura point
4'stumône.
coûter
& tranquille en toute pieté
& honêteté. Eai la grâce
à tous ceux de fon Con-
fcil, <5c à tous les autres
qui font établis en autorité
fous lui, d'adminiftrer la
juftice fans partialité, &
avec tant d'équité & de
droiture, que la méchance-
té & le vice foient punis,
& que la piété & la véri-
table Religion foient avan-
cées. Répan tes grâces, 6
Père Celefte, fur tous les
Evêques, & fur tous les
Miniftres, afin que par leuc
vie, & par leur dodrine,
ils manifefient la vérité 6c
réficace de ta Sainte Parole,
& qu ils adminiftrent digne-
ment & convenablement
tes faints Sacremens. Ré-
pan tes grâces far ton
peuple, & partiçuUéremenr
P 2 fur
ï 1 2 L A C O M M U N I O K
fur raflembléc ici préfcntc 5
afin qu'ils écoutent ta l'aintc
Parole avec refpetl, & qu'ils
la reçoivent d'un cœur
de VH meUe, il lira rexhor-*
tation fuivante.
MES très chers frères
en notre Seie.neur
humble & fournis, pour te; jcius Chriâ, je me propofe,
ferviren jufdce, Ôc en vraie'; Dieu aidant, d'adminiilrer
faintcté, tous les jours de i Dimanche prochain, à tous
leur vie. Aufll, Seigneur, 'ceux qui auront les dif-
nous te prions très humble- |pofitionsnéccffaires de piété
ment, qu'il te plarfe par ta & de dévotion, le Sacre-
bonté, de conloler, & de
fecounr tous ceux qui, pen-
dant cette vie paffagère, font
dans le trouble, dans Taflic-
tion, dans la nécefhté, dans
la maladie, ou dans quelqu
autre adverfité que ce foit.
Et nous beniflbns aufll ton
faint Nom, pour tous tes
ferviteurs qui font décédez
en ta foi & en ta crainte 5
te fupiiaiit de nous faire
la grâce de fuivre fi bien
leur exemple, que nous
aions part avec eux a ton
Roiaume Celefte. Acorde
nous ces grâces, ô Père,
pour Tamour de jéfus-Chrifl
notre feul Médiateur, &A-
Vocat. Amen.
Qjianà le Minière avertit de
la Céléh''ati(m de la Sainte
Cène (ce qu'il fe>a toujours
le Dimanche ou quelcjue jcur
de Fête qui Pré. e Je immédiate
ment) à lu fin du Sermon ou
ment plein de conlolation,
du Corps Se du Sang de
jéfus Chrift; afin quils le
reçoivent en mémoire de
fa Paflion & de fon Sacri-
iicc, qui ell le feul moien
par lequel nous obtenons
la rcmiffion de nos péchez,
& la poflc filon du Roiau-
me CeleftCi C'eft pourquoi
nous devons rendre grâces
au Dieu Tout-puifiant ôc
nôtre Père Celefte, de ce
qu'il a donné fon Fils uni-
que nôtre Sauveur, non
feulement afin qu il mourût
pour nous 3 mais encore,
afin qu'il nous fut une vi-
ande & une nouriture fpi-
rituelle dans ce faint Sacre-
ment. C'cft une chofe i\
divine, & fi pleine de con-
folation pour ceux qui y
participent dignement, & iî
dangcrcufe pour ceux qui
y participent indignement,
qui!
La CoMMUNroN,
213
qu'il eft de mon devoir de
vous exhorter à bien confi-
derer la dignité de ce faint
Miftèrc ; & le grand danger
qu'il y a d'y participer in-
dignement. Et pour cet
effet de fonder & d'examiner
votre confcience, non pas
légèrement, comme font
ceux qui dilîîmulcnt avec
Dieui mais de telle forte!
que vous puiflîez venir à ce j
Feftin Celefle, en toute |
fainteté & pureté, & avec
la robe de noces que Dieu j
demande dans faparoki &|
que vous y foiez admis com- ;
me dignes de communier à
cette fainte Table.
Pour cela il faut premi-
èrement que vous exami-
niez vôtre vie fur la règle
des Commandcmens de
DieUi & qu'en tout ce en
quoi vous reconnoitrez que
vous avez péché de vo-
lonté, de parole, ou d'adion,
vous déploriez en cela vô-
tre iniquité, & que vous
en faffiez vôtre confeffion
à Dieu avec une entière ré-
Iblution de vous en corri-
ger à l'avenir. Qiie fi vous
trouvez que vous n'aiez
pas feulement ofenfcDieuj
jnais encore vôtre prochain :
vous- vous reconcilierez a-
vec lui, étant prêts de faire
reftitution, & de donner
toute la (atisfadlion pofliblc,
pour toutes les injures, &
pour tout le tort que vous
aurez fait à autrui ^ & aufll
entièrement difpofez à
pardonner à ceux qui vous
auront ofenfez, comme
vous défirez d'obtenir de
Dieu le pardon de vos o-
fenfes : Car autrement la
participation à la Sainte
Ccne, ne fcroit qu'agraver
vôtre condamnation. C'cft
pourquoi, fi quelqu'un de
vous eft blafphemateur du
Nom de Dieu s s'il s'op-
pofe à fa parole, ou s'il en
médit ; s'il eft adultère,
malin, ou envieux, ou que
vous vous trouviez coupa*
blés de quelque autre grand
crime 5 Repentez- vous de
vos péchez ; ou n'aprochez
point de la Table du Sei-
gneur 5 de peur qu'après
avoir participé à ce faint
Sacrement, le diable n'entre
en vous, comme ii entra
en Judas ; qu'il ne vous
rempliOe de toute iniquité 5
& entraine vos corps ôc
vos amcs dans une éternelle
miicre.
P ^^ Et
2.14
Et parce quil ne faut
pas que perfonne vienne à
la Sainte Cène, fans une
pleine confiance en la mi-
La Communion,
vous tous qui êtes ici préfens
de ne refufer pas d'y venir,
puifque vous y êtes fi ten-
drement conviez de la part
îericorde de Dieu, & une de Dieu même. Vous lavez
confcience tranquille : SU [combien il efl: ofFenfant
y a quelqu'un de vous qui
ne puiffe mettre fon efprit
en repos i & qui ait encore
befoin de confoiation, ou
de çonfcil 5 qu il s'adreflc a
moi, ou à quelque autre
Miniftre de la Parole de
Dieu, qui ait la prudence
& les lumières néceflaires ;
afin que lui découvrant
fon mal, il reçoive par le
Miuiftèrc de la Parole de
Dieu, les afTurances de Tab
folution de fes péchez, avec
les confcils fpiritueJs, qui
peuvent apaifer fa confçi
çnce, 6c le délivrer de toute
forte de doutes, & de fcru
pules.
Ou en cas qti^îî voie que le peu-
ple néglige de venir à la
Mainte Cçne ; au lieu de
t Exhortation présidente ^ il fera
celle-ci,
ES très chers frères.
Je me propofe avec
la grâce de Dieu, de célé-
brer la faintc Cène du Sei-
gneur, & je vous exhorte
M
pour un homme qui a pré-
paré un fcftin, & couvert
fa table des mets les plus
exquis, deforte qu il ny
manque plus que Ces con-
viez, de voir quils refu*
fent d'y venir fans aucune
jufl:e raifon. Qui cft-cc
d'entre vous qui n'en fut
indigné, 6c qui ne fe crût
méprifé dans une pareille
ocafion ) Prenez donc gar-
de, mes frères bien aimez
en Jéfus-Chrift i prenez
garde qu'en vous abftenant
de ce repas fpirituel, vous
ne provoquiez la colère de
'^dcu contre vous. Il eft
bien aifé de dire j je ne veux
pas communier, parce que
les affaires du monde m'en
empêchent 5 mais il n'efl
pas fi aifé de faire agréer à
Dieu ces fortes d'excufes. Si
quelqu'un dit j je fuis un
grand pécheur, j'ai peur
d'aprocher de la Sainte Ta-
ble i pourquoi donc ne
vous repentez-vous pas, 6c
ne changez-vous pas de vie )
La Communion*
2Tj
n'avez -vous pas honte, jtion de fon Sacrifice, en
quand c'eft Dieu qui vous
apeile, de dire que vous
ne voulez point aler à lui?
Eft ce une raifon, pour ex-
cufer le refus que vous faites
de vous convertir à Dieu,
que de dire, que vous n'êtes
pas encore prêts ? Confi-
derez férieufcment en vous
même, de quel poids ces
vaines excufes peuvent être
devant Dieu. Ceux qui re-
fuferent de fc trouver au
feftin, dont il eft parlé dans
TEvangile 5 parce que 1 un
avoit acheté un héritage 5
que l'autre vouloit éprouver
fcs bœufs; & que le troi-
fiéme avoit pris femme s
au lieu dêtre excufez furent
déclarez indignes du feftin
Celefte. Pour moi je fuis
prêt i & félon le devoir de
ma charge, je vous convie
au Nom de Dieu j je vous
apelle de la part de Jéfus-
Çhriftj je vous exhorte par
rintereft de vôtre falut, à
venir participer à cette
Sainte Communion. Car
comme le Fils de Dieu a
bien voulu ofrir fon fàng
& fa vie fur la croix pour
vôtjre falut 5 c'cft votre de-
voir de faire commémora-
participant a fon Sacre-
ment i lelon Tordre que lui
même nous en a donné.
Jugez quelle injure vous
feriez à Dieu, en refufant
de lui obéir ? quels juge-
mens atireroit fur vos têtes
un pareil mépris } & ce
que vous devez atendre du
Seigneur, ^cfque vous vous
abftenez volontairement de
fa fainte table , vous fépa-
rant de vos frères, qui vi-
ennent fe repaitre d'une
nouriture toute Celclte,
dans ce feftin Spirituel?
Si vous confiderez férieufc-
ment toutes ces chofes, vous
ne pouvez manquer avec
le fecours de la grâce de
revenir avons, & de pren-
dre un meilleur parti : Ce
que nous fouhaitons de
tout nôtre cœur, & que
nous demanderons pour
vous à Dieu, par nos prières
continuelles.
Lors de la Célébration de
la Sainte Cène le Trètre
fera cette Exhortation,
M
qui
ES très chers frères
en nôtre Seigneur,^
avez dclfcin de venir
P 4 *
il 5
à la Sainte Commiuiion du
Corps & du Sang de nôtre
Sauveur i il faut que vous
confideriez bien ce que
Saint Paul écrit aux Co-
rinthiens: comment il ex-
horte chacun de s'exami-
jier, 6c de s'éprouver foig-
neufement foi-même, avant
que de manger de ce pain,
& de boire de cette coupe.
Car comme le bien qui
nous en revient eft grand 5
îî avec un cœur vraiment
repentant, & avec une foi
vive, nous recevons ce
Saint Sacrement ; parce
qu'alors nous mangeons
fpirituellement la chair de
yéfus-Chriil, & que nous
beuvons fon fang, qu alors
nous habitons en Jéfus-
Chrifl:, & Jéfus-Chrift en
nous 5 nous fommes un a
vec Jéfus-Chrift, & Jéfus
Chrift eft un avec nous :
Auflî le danger eft grand, fi
nous le recevons indigne-
ment : car alors nous fom-
rncs coupables du Corps, &
du Sang de Jéilis Chrift
nôtre Sauveur ^ nous man-
geons, ôc nous beuvons nô-
tre propre jugcnientj ne
difçernanr point le Corps
du Sciraeur 5 nous alu-
L A C M M U H I O ÎC.
mons la colère de Diea
contre nous 5 nous le pro-
voquons à nous châtier de
diverfes maladies, & de
plufieurs diferentes efpèces
de mort,
C'cft pourquoi, mes Frè-
res, jugez vous vous-mê-
mes 5 afin que vous ne foiez
point jugez du Seigneur :
Repentez - vous férieufe-
ment de vos fautes paftees^
Aiez une ferme, & vive foi
en Jéfus-Chrift nôtre Sau-
veur : Amendez vous $ &
aiez une parfaite charité
pour tous les hommes. Par
ce moien vous ferez dig-
nes de participer à ces
Saints Miftères. Sur toutes
chofes, il faut que de tout
vôtre cœur vous rendiez
de très humbles adions de
grâces, à Dieu le Père, le
Fils, & le Saint Efprit,
pour la Rédemption du
monde, faite par la paflîon,
& la mort de Jéfus-Chrift
nôtre Sauveur, Dieu &
homme 5 qui Veft humilié
jufques à la mort de la
Croix, pour nous niifera-
bles pécheurs, qui étions
dans les ténèbres, & dans
Tombre de la mort ; afin
le nous élever à la dignité
La Communion.
217
d'enfans de Dieu, & à la
gloire éternelle. Et afin
que nous nous fouvenions
continuellement de l'im-
menfe charité de Jéfus-
Chrift, notre Sauveur mou-
rant ainfi pour nous, & des
biens infinis qu'il nous a
aquis par réfufion de fon
fang précieux, il a inftitué
ôc ordonné ces Saints Mif-
tères, qui font les gages
de fon amour, & les mo-
numcns perpétuels de fa
mort, à nôtre grande &c é-
ternelle confolation. A lui
donc avec le Père, ôc le
Saint Efprit, rendons de
continuelles adions de içra-
ces, comme nous y fpmmes
obligez 5 en nous founiet-
tant entièrement à fa fain-
te volonté, & en nous ef-
forçant de le fervir en juf-
tice, & ei> vraie fainteté,
tous les jours de nôtre vie.
Amen,
Alors le Prêtre dira à ceux qui
^viennent recevoir la Sainte
Cène.
'^ TOus tous, qui êtes tou-
Y che25 dune véritable
& férieufe Repentance de
vos péchez $ qui avez la
ÇUayit^ que vous devers f-
voir pour vôtre prochain $
& qui êtes réfolus de me-
ner une vie nouvelle, en
vous conformant aux com-
mandemens de Dieu, & en
cheminant à Tavenir dans
fes faintes voies : Aprochez
avec foi 5 venez recevoir
ce Saint Sacrement à vôtre
confolation : 6c faites vôtre
confeffion 4 Dieu s vous
tenant humblement à ge-
noux.
Alors fe fera cette Confejjton genS^
raky au Nom de tous ceux qui
ont deffein de participer à la
Sainte Cène, par un des Mi^
niflres : tant lui que le peuplç
fe mettant humblement à ge^
nouXy & difant -,
Dieu Tout-puiffant, Pè-
re de nôtre Seigneur
Jéfus-Chrift, qui es le Créa-
teur dç toutes chofes, & le
Juge de tous les hommes 5
nous reconnoiiïbns, & nous
déplorons la multitude de
nos péchez, ôc des iniqui-
tez que nous avons en tout
tems malheureufement corn-
mifes contre ta Sainte Ma-
jefté, par nos penféesj pat
nos paroles i & par nos
adions : provoquant très-
juftewen| ta colère, &toa
2 1 s La C o M
indignation contre nous :
nous fommcz touchez d une
férieufe repentance 5 6c nous
géniiffons dans nos cœurs^
pour ces péchez que nous
avons commis : le fouvcnir
BOUS en eft douloureux, ôc
afligeant i & la charge in -
fuportable: Aie pitié de
nous 5 aie pitié de nous, 6
père très-niifericordieux ;
pour Tamour de Jéfus Chrift
ton Fils nôtre Seigneur.
Pardonne nous tout le paffé:
& fai par ta grâce que nous
te foions agréables à Tave-
nir, en menant une vie
toute nouvelle, à Thonneur
& à la gloire de ton faint
Nom j par jéfus Chrift nô-
tre Seigneur. Amen,
Après ceïit le Prêtre (ou l'Evêque
sUl eft préfent) fe tenant de-
bout^ & fe toîirnam vers le
feupk, prononcera cette al^fo-
lution,
LE Dieu Tout-puiffant,
nôtre Père celefte, qui
par fa grande mifericorde,
a promis la remiffion des
péchez à tous ceux qui fe
convcrtiffent à lui avec une
véritable foi, & une fé-
rieufe repentance, veuille
avoir pitié de VOÎ4S5 vous
M U N I O N.
pardonner tous vos péchez,
& vous en délivrer; vous
foûtenir, & vous affermir
en tout bien 5 & vous con-
duire à la vie éternelle;
par jéfus Chrift nôtre Sei-
gneur. Amen.
Après le Prêtre dira;
Ecoutez les paroles de con-
folation, que Jéfus Chrift
propofe à tous ceux qui
fe convertiifçnt à lui, fans
feinte,
VEnez à moi vous tous
qui êtes travaillez, &
chargez ; & je vous foulage-
rai. Matth. II. 28.
Dieu a tant aimé le mona-
de, qu il a donné fon Fils
Unique ; afinque quiconque
croit en lui ne périfle point :
mais qu il ait la vie éter-
nelle. Jean 3.16.
Ecoutez auffi ce que dit
Saint Paul.
Cette parole eft certaine,
& digne d'être entièrement
reçue, que Jéfus Chrift eft
venu au monde pour fau-
ver les pécheurs, i . Tim.
I. 15.
Ecoutez encore ce que
'dit Saint Jean,
i Si
La Communion,
Si quelquun a pcché,
nous avons un Avocat en-
vers le Père, lavoir, jcfus
Clirifl: le jufte : car c'cfi lui,
qui eft la propitiation pour
nos péchez, i, Jean^ 2.
219
Icifuîvra la Préface propre félon
le teins y s^ il y en a ; Jtnon^ alors
fuivra immédiatement^
2.
te Prêtre commuera^ difant;
Elevez vos cœurs en
haut.
Rêponfe,
Nous les élevons au Sei-
gneur.
Le Trêîre.
Rendons grâces au Sei-
gneur, nôtre Dieu.
Réponfe.
Il eft raiibnnable, 6c il
eft jufte que nous lui ren-
dions sraccs.
c
Eft pourquoi avec les
Anges & les Archan-
ges, & avec toute rarméc
des Cieux, nous louons
& nous magnifions ton
Nom glorieux j t'exaltant
continuellement, ôcdifant;
Saint, Saint, Saint, Seig-
neur Dieu des armées : les
Cicux 6c la terre font rem-
plis de ta gloire. A toi
(bit gloire, ô Dieu très-haut.
Amen.
Préfaces Propres,
Alors le Prêtre fe tournant 'vers
la 'tahk du Seigneur y dira ;
I
L eft très-raifonnablc, il
_^ eft très-jufte, èc il eft
de nôtre devoir, qu en tout
tems, 6c en tous lieux,
jious te rendions grâces,
• Ces mots (y Seigneur, *
^loîvmt ^T2 Père Saint, Dieu
omisleBîmctn- ToUt-puiftaUt, 6C
check U Tri- £^^^-^^^1.
Au jour de Noéi, ér aux
fept jours fuivans.
PArce que tu as donné
jéftis Chrift ton Fils
Unique; lequel dans un
tems pareil à celui-ci, na-
quit pour nousi après a-
voir été conçu par Topera-
tion du Saint Efprit, 6c
fait vrai homme, de la
fubftance de la Vierge
Marie fa Mèrç, ôc étant
fans tache de péché ; afin
qu'il nous purifiât de tout
péché ^
La Communion.
2ZO
péchés Ccft pourquoi, a-
vec les Anges, &c.
Aujoîir de Pâque, & aux
ftpt jours fiiivans.
Ali jour de la Pentecôte,
& aux fcpt jours fîùvans.
P\r jifus Chrift nôtre
Sehmeur ,
_ lequel a-
Ais principalement 'cîmpUiTant fidèlement fa
promefle, dans un tems pa-
reil à celui-ci, envoia le
Saint Efprit avec un bruit,
comme d'un vent impér
tueux, en forme de langues
k feu, qui fe pofcrent fur
j\(£ nous fommes obli
gez de te louer pour la Rc-
furreâion glorieufc de jé-
fus Chrift "ton Fils, nôtre
Seigneur. Car c cft lui qui
eftle véritable Agneau de
Pâque, qui a été ofert pour | les Apôtres j pour les inC
nous 5 & qui a ôté le péché
du monde : qui par fa mort
a. détruit la m:>rt; & par
fa Kélurredion nous a
donné la vie éternelle :
C'eft pourquoi avec les
Anges, O'c.
Au jour de TAfcenfion, &
aux fept jours fuiv ans,
P:\r ton Fils bien-aimé
Jéfus Chrift nôtre Sei-
gneur, qui après fa glorieufe
Réfurrection eft apparu à
fes Apôtres ; & eft monté
aux Cicux en leur préfei^ce,
pour nous y préparer place 5
afin que là où il eft, nous
foions auflî, pour régner a-
vec lui en gloire: Ccft pour-
quoi avec les Anges, Cy r-
truire, & pour les conduire
en toute vérité ; leur don-
nant le don des langues,
avec la hardicft'c & le zèle
qui éjtoiçnt néceffaires pour
prêcher çonftamment à
toutes nations l'Evangile j
par lequel nous avons paflc
de l'ignorance ôç de Terreur,
au Roiaume de fa merveil-
leufe lumière: C'eft pour-
quoi avec les Anges, &c.
En ta Fête de la Trinité,
fçttlement.
L cft très-raifonnable, il
eft très-jufte, & il eft de
nôtre devoir, qu'en tout
tems, & en tous lieux, nous
te rendions grâces, ô Sei-
gneur Dieu Tout-puiffant
■ ^
r
La
& Eternel, qui es un feul
Dieu, un feul Seigneur 5 non
pas une feule perfonne : mais
trois pcrfonnes en une feule
Effence. Car ce que nous
créions de la gloire du Pè-
re, nous le croionsauflî du
Fils & du Saint Efprit fans
aucune diference, ou iné-
galité : C'eft pourquoi a-
vec les Anges, d^r.
u4près chacune def quelle s Préfa-
ces, fera chanté, ou dit im-
médiatemem.
C'Eft pourquoi avec les
Anges & les Archan-
ges, & toute Tarmée des
Communion.^ 221
c'e ta Sainte Table, ennous^
conliant en notre propre
juftice i mais en la multi-
tude de tes grandes corn-
pallions. Nous ne fommes
pas dignes de recueillir les
miettes qui tombent de ta
Table. Mais Seigneur, tu
es toujours le même, &tu
as ceci de propre, d'être tou-
jours enclin à mifericorde.
Fai nous donc la grâce, 6
Dieu très - mifericordieux,
que nous mangions telle-
ment la chair de ton Fils Jé-
fus Chrift, & que nous beu-
vions tellement fon
que nos corps &
5V0, v^ LWLiLv. x^xx..^^^.^^ ^ ^^^ remplis de
Cieux, nous louons &nous , / r • •/
fang,
nos
magnifions ton Nom glo- P^^^c, foient purifiez par
^ - ion corps & par Ion langi
& que nous demeurions
rieux j t'exaltant contuiuel-
lement, & difant; Saint,
Saint, Saint, Seigneur Dieu
des armées: les Cieux & la
Terre font remplis de ta
gloire. A toi ioit gloire,
6 Dieu très-haut. Amen,
Alors le Mtmfïve étant à gencux
auprès de la Trahie du Seigneur^
dira la Prière fuivame ; au
mm de tous ceux qui dvivei.t
recevoir la Sainte Cène.
N
)us ne préfumon:
point;
o mifcricor
dieux Seigneur;, d'aprocher
toujours en lui, ôc lui en
nous. Amen,
Alors le Miniflre fe tenant de^
bout à la Tahle^ en forte quil
puijfe d'autant plus aifément,
& avec d'autant plus de bien-
féance^ rompre le pain devant
le peuple^ & prendre la coupe
entre fes main s ^ il dira la
P, ihe de la Confécration, en la
maràhe qui fuit.
Icu Tout-puiffant &
Père celefte, qui dans
tes grandes compaffions, as
livré ton Fils Unique ]éfus
Chrift
D
2ZZ La Com
Clirift nôtre Seigneur, à la
mort de la Croix pour nô-
tre Rédemption j lequel
s étant une fois ofert foi
même, fa préfenté une o-
blation pure; un facrificc
parfait ; une fatisfadion
fufifante pour les péchez de
tout le monde 5 & a infti-
tué & commandé dans fon
Saint Evangile, la com-
mémoration perpétuelle de
fa mort précieufe, jufques
a ce quil vienne: Ecoute
nos Prières, ô Père de
mifericorde 5 & nous fai
la grâce, que recevant ces
tiennes créatures de pain &
de vin, félon la fainte inf-
titution de Jéfus Ciirift ton
lils nôtre Sauveur, en
commémoration de fa Mort
& de fa Paflîon, nous puif-
lîons être faits participans de
fon Corps & de fon Sang pré-
cieux : lequel en la même
. . ., ^ , nuitqu il fut livré
tre prendra U (l) pnt du pam,
Tatïne^ entre & aiaut rcudu
Ces mains. , . ,
{i)iciiirom^ grâces, (2) le
pa, le pain, rOmpit j & dit 5
Prenez 5 man-
ii) Ici il met- gez- (3) ceci eft
ira fa main fur ^ ' ^
tout le pain. ^OU Corps qui
eft rompu pour
vousi faites ceci en mé-
M u N I G ^r.
moire de moi. !PareîlIc-
ment auiîî, après le fouper^
* il prit la Coupe 5
Q • ^ j -^ Ici il pren^
& aiant rendu 4,^ u coupe
grâces, il la leur e^fa main.
donna j difant 5 . . .,
^ f Ici il met'
BcuVeZ-en tous : tra la main
t Car ceci eft mon >'' chaciue
fang;lefansduS\r
Nouveau Tefta- vUcon^okii y
ment, lequel eft l/"^»?"?''
, ' A être confacre.
répandu pour
vous, & pour plufieurs, en
remiffion des péchez 5 faites
ceci, toutes les fois que
vous en boirez, en mémoire
de moi.
Alors le Minîflre recevra le pre-
mier la Communion fous les
deux efpeces : puis la donnera
de même aux Evt-ques, Prê^
très & Diacres, (s'il y en a
de préfens :) Après, il la don^
nera atîjjt far ordre en la main
au peuple, chacun étant humble»
ment à genoux. Et en don-
nant le pain à chacun, il
dira ;
LE Corps de nôtre Seig-
neur jéius Chrift, qui
a été donne pour toi, garde
ton corps & ton ame pour
la vie éternelle : pren, &
mange ceci en mémoire que
Jéius Chrift eft mort pour
toiî
La Communion
toî ; & te rcpai de lui dans
223
ton cœur par la foi 5 avec
adions de grâces.
Et le Miniftre qui donnera la
Coupe à chacun, dira ;
E Sang de nôtre Sei-
T
I i gneur Jéfus Chrift,
qui a été répandu pour toi,
garde ton corps & ton anie
pour la vie éternelle : boi
ceci, en mémoire que le
Sang de Jéfus Chriil a été
répandu pour toi; & lui
en rend grâces.
Si ce quil y a eu de pain & de
vin confacré eft tout confommé
avant que toui aient C m-
munie; le Prêtre en doit con-
facrer davantage en lu manière
ci" devant prejcrîte : commen-
çant par ces mots, Chrift
nôtre Sauveur en la même
nuit qu'il fut, &c. pour bénir
le pain : & par ceux-ci, Pa- j
reillement auffi ap'ès le
foiiper, 6fc. pour bénir la
coupe.
Quand tous auront Communié^ le
Miniflre retournera à la 'Table
Alors le Prêtre dira POraifon
Dominicale, le Peuple repe^
tant chaque demande après
lui.
N
du Seigneur ; & y pofera avec q^^ nOUS te préfcntons
Otre Père qui es aux
Cieux, Ton Nom foit
fandiiié. Ton Règne vien-
ne. Ta Volonté foit faite
en la terre comme au Ciel.
Donne nous aujourd'hui
n tre pain quotidien. Et
nous pardonne no