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Full text of "Liturgie; ou, Formulaire des prieres publiques selon l'usage de l'Eglise anglicane"

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LITURG lE 

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FO RM ULAI RE 

DES 

PRIERES PUBLIQUES 

SELON L'USAGE Dp 

L'EGLISE ANGLICANE. 

NOUVELLE EDITION, 
Revue, Corrigée, et Augment]£e 

DES FORMULAIRES POUR L'ORDINATION 
DES DIACRES ET DES PRETRES, 

ET 

POUR LA- CONSECRATION DES ARCHEVEQIJES 
ET EVEQUES. 




ALONDRES, 
ChezP.DUNOYER, & N. PREVOST & Comp, 

M.DCC.XXIX. 



7r- 



(iU) 




PREFACE. 




Epuis que TEglife Anglicane a compilé û 
Liturgie elle a toujours eu la prudence de te- 
nir un jufte milieu, entre unetrop grande ri- 
gueur à refufer d'y admettre aucune forte 
de changement, ôc une trop grande facilité 
à confentir d'y en admettre fans raifon. 
En effet, puifque l'expérience nous apprend, que lorfque 
fans une néceffité évidente, on a fait des changemens 
en des chofes qui avoient été établies après une mûre 
délibération, il s'en efl: enfuivi des inconveniens, & 
plus grands ôc en plus grand nombre, que ne l'étoient 
ceux, auxquels on s'étoit propofé de remédier : & que 
d'un autre côté, on convient que les Formulaires par- 
ticuliers du Service Divin, aullî bien que les Rits & 
les Cérémonies, qui y font prefcrites, font de leur na- 
ture indifférentes & altérables, il efl: raifonnable, que 
ceux qui en ont l'autorité, y faifent les changemens,. 
qui leur paroiffent néceffaires & convenables, toutes les 
fois que des confidérations importantes, & que les di- 
verfes circonfl:ances des temps le demandent. C'cft 
fuivant cette maxime, que fous les Règnes de divers 
Rois, d'heureufe mémoire, que nous avons eu depuis 
la Réformation, l'Eglife a bien voulu, par de juflies ôc 
graves confidérations, aporter quelques changemens en 



T PREFACE. 

certaines chofcs particulières, qui dans leurs temps ref- 
pedifs avoicnt paru convenables : Mais elle la fait de 
telle manière, que le Corps & la Subftancc de fon Ser- 
vice, tant à regard des chofes principales, que de fa 
forme ôc de fon ordre, ont été jufquici toujours les 
mêmes, & qu'elles demeurent fermes & inébranlables 5 
malgré les ataques ôc les afTauts violens de certaines 
gens inconftans & légers, qui ont toujours fait paroi- 
tre, qu ils avoient plus d'atachement à leurs fentimens 
particuliers & à leurs propres intérêts, qu ils n avoient 
d'inclination à s'aquiter de ce qu'ils doivent au public. 

Tout le monde fait allez, fans que nous en rapelions 
ici la mémoire, par quelles mauvaifes pratiques, & par 
quels motifs pernicieux, l'ufage de la Liturgie fut dif- 
continué, pendant nos derniers troubles : quoi qu'il fut 
prefcrit par les Loix de TEtat, qui étoient alors, comme 
elles le font encore, dans toute leur force. Et lors 
qu'à Toccafion du rétablilTement du Roi, il y avoit 
grande aparence, qu'entre autres chofes, Tufage de la 
Liturgie, qui n avoit jamais été légalement aboli, re- 
prendroit de lui même fon ancien cours 5 à moins qu'on 
n'y oposât promptemcnt quelque puiiTant obftacle : ces 
mêmes gens, qui dans le temps de l'ufurpation, s'etoient 
acharnez à décrier la Liturgie dans Tefprit du peuple, 
& à la lui rendre odieufe, fe trouvèrent engagez par 
leur intérêt, & en même temps pour conferver leur 
réputation, à faire tous leurs efforts pour en prévenir 
le rétabliflement ; parce qu'autrement il leur auroit fa- 
lu reconnoître qu'ils avoient failli : or c'cft ce qu'il 
n'eft prefque pas poflibie de faire avouer à des gens 
de leur forte. Dans cette vue ils publièrent divers pe- 
tits livres contre le Livre ^es 'Prières Tubliques : ils 
y étalèrent non feulement les vieilles objedions 5 mais 
ils y en ajoutèrent de nouvelles, pour en augmenter le 
nombre. Ils s'adrelférent même, jufqu'au Roi, pour 
lui d<bmandcr inftaaiiment que ja Liturgie fut revue, & 

qu'on 



P R E F A C E. V 

qu'on y fit de tels changemens & de telles âditîons 
que Ton trouveroit néceflaires pour le foulagement des 
confciences tendres. A quoi fa Majefté, dont les pieu- 
fes inclinations le portent à ne rien refufer de raifon- 
nable à aucun de fes Sujets, quels que foient leurs 
fentimens en matière de Religion, voulut bien charita- 
blement aquiefcer. 

^ Dans cette revifion nous avons tâché de garder la 
même modération, qu il nous paroit qu'on a ci-devant 
obfcrvée en pareil cas. C'eft pourquoi entre les divers 
changemens qui nous ont été propofez, nous avons re* 
jette; 1°. tous ceux qui étoient dune dangereufe con- 
féquencc, comme par exemple ; ceux qui tendoient à 
faper fourdement quelque point de doftrine, ou quel- 
que louable pratique de l'Eglife Anglicane, ou même 
de TEglife univerlelle : & z"". tous ceux qui bien loin 
d'être de quelque conlequence, étoient tout-à-fait vains 
6c frivoles. Mais quant à ceux qui nous ont paru en 
quelque façon requis, ou convenables, nous y avons 
aquiefcé avec plaifir, & de nôtre propre mouvement, 
fous quelque prétexte, dans quelque vue, & par qui que 
ce foit qu'ils nous ayent été propofez. Car ce n'eft 
pas, au rcfte, que nous nous y foyons crû obligez par 
la force d'aucun argument, qui nous ait convaincu que 
ces chan2;emens étoient abfolument néceflaires. En ef- 
fet nous fommes pleinement perfuadez en nos confci- 
ences, & nous le proteftons ici à toute la terre, que la 
Liturgie, telle qu'elle étoit auparavant établie par les 
loix, ne contient rien qui foit contraire à la parole de 
Dieu i ni à la faine dodrine 5 ni dont un vrai Chrétien 
ne puifle fe fervir en bonne confcience, & à quoi il ne 
puifle fe foûmettre i ni rien enfin qu'on ne puiiTe fort 
bien défendre contre toute forte de contredifans 5 fi 
on y alloue les juftes & favorables interprétations, que 
l'Equité naturelle nous oblige d'allouer à tous les écrits 
des hommes > & particulièrement à ceux qui font pu- 
bliez 



vî P R E F A C E. 

bliez par autorité } & même aux meilleures traduûions 
qu'on ait jamais fait de FEcriture Sainte. 

Aufli n avons-nous pas eu deflein dans cet ouvrage, 
de favorifer aucun des partis préférablement aux autres, 
dans leurs demandes déraifonnables ; mais de faire, au- 
tant que nous en avons été capables, ce qui nous a 
paru le plus propre à conferver la paix &c Tunité de 
TEglife 5 a infpirer le refped j à exciter la pieté & la 
dévption dans le Service public , ôc à ôter toute occa- 
iîon de chicaner de de pointiller contre la Liturgie de 
TEglife, à ceux qui ne cherchent que des prétextes pour 
le faire. Et pour ce qui regarde les changemens, les 
aditions & les autres chofes, en quoi ce Livre-ci diffère 
du précédent, il fuffira d'en rendre cette raifon géné- 
rale. Ceft que la plupart des changemens ont été 
faits; i^.pour Tinftrudion de ceux qui doivent officier 
dans les divcrfcs parties du Service Divin : & c'eft par- 
ticulièrement dans le Calendriei; & dans les Rubriques, 
que fe trouvent ces changemens. 2 «.Pour corriger 
quelques vieux mots & quelques phrâfes fur-années, en 
leur fubftituant d'autres expreflîons plus énergiques ôc 
plus propres, & qui font préfcntement en ufage : ou 
pour expliquer plus clairement des mots &: des phrâ- 
fcs, qui avoient une fignification douteufe, ou qui pou- 
voient recevoir un mauvais fens. 3^. Pour rendre plus 
corredement les parties de l'Ecriture, qui fe trouvent 
inférées dans la Liturgie ; lefquelles fe doivent lire 
maintenant félon la dernière verfion de la Sainte Bible. 
Outre cela ; On a jugé à propos d'y ajouter en leurs 
propres lieux, des Prières & des Adions de grâces con- 
venables à certaines occafions, particulièrement pour 
ceux qui font fur la mer; aufli bien qu:un Office 
pour le Baptême des Adultes. En effet, quoique cet 
Office ne fut pas néceflaire, lors qu'on compila la 
précédente Liturgie ; il efl devenu d'une néceffité ab- 
iolue depuis que par la licence des derniers temps, l'A- 

nabaptifme 



PREFACE: Vlî 

SâbaptLTmê s'cft gliffé & s'eft fi fort répandu parmi nous.' 
Outre qu'il ne peut être qu'extrêmement utile dans 
nos Colonies, pour y bâtifer ceux qui y naiflent, & 
les autres qui fe convertiffent à la foi. Au refte, Si 
quelcun fouhaitoit qu'on lui rendît un compte exad de 
chaque changement particulior, qu'on a fait dans la Li- 
turgie, nous ne doutons point, que s'il fe donne la 
peine de comparer ce Livre-ci avec le précédent, il ne 
s'aperçoive aifément lui-même, des raifons qu'on a eues 
de le faire. 

Enfin, nous avons tâché de nous aquiter de nôtre 
devoir comme en la préfencedeDieu, dans une affaire lî 
importante 5 & de rendre en cela, autant qu'en nous a 
été, nôtre fincérité aprouvée aux confciences de tous les 
hommes ; bien que nous n'ignorions pas qu'il eft im- 
pollible de les fatisfaire tous 5 vu la grande diverfité 
de fentimens, d'humeurs, & d'intérêts qu'on voit au- 
jourd'hui dans le monde. Mais lî nous ne devons pas 
nous promettre que des gens faftieux, de mauvaife hu- 
meur, ôc qui ont l'efprit de travers, veuillent, ou puif- 
fent fe contenter d'aucune chofe en ce genre, qui ait 
été faite par d'autres que par eux-mêmes 5 Nous fom- 
mes, au moins, perfuadez que ce que nous préfentons 
ici, & qui a été examiné avec un grand foin, & qui a 
été aprouvé par les Synodes des deux Provinces, fera 
auffi aprouvé & favorablement reçu de tous les Mem- 
bres de l'Eglife Anglicane^ qui ont de la modération, 
qui aiment la paix, & qui véritablement ont une bonne 
confcicnce. 






Dtt 



Jl/ 



t vUi ) 







Du Service de l'Eglife. 



P^ L n'y eut jamais rien de fi bien conçu, ni de 
M fi fagcment établi par les hommes, que par la 

fucceflîon des temps, il ne s'y foit gliffé de la 
corruption & du défordre. Nous en avons, 
entre autres, un exemple bien évident dans les Prières 
de TEglife, qu on apelle communément le Service 
^ivin. En effet, fi Ion en recherche lorigine & le 
fondement dans les anciens Pères, on trouvera que ce 
Service fut très-fagement inftitué poar Tavancement 
de la pieté. Car ils le réglèrent de telle forte, que 
dans le cours de Tannée, on lifoit toute la Bible, ou 
que du rnoins on en lifoit la plus grande partie 5 afin 
que la fréquente ledure & la méditation affiduë de la 
Parole de Dieu incitât le Clergé, & particulièrement 
les Miniftres qui olRcioient dans chaque affcmblée, à 
vivre faintement eux-mêmes ; & qu elle les rendît plus 
propres à inftruirc les autres par une faine doûrine, & 
à confondre les ennemis de la vérité 5 & qu en même 
temps, louïe des faintcs Ecritures fournît le moyen au 
Peuple de faire inccflamment de nouveaux progrès en la 
connoiffancc de Dieu, & de s'enflamer de plus en plus 
de Tamour de la vraie Rclision. 



Mais 



DU Service de l'Eglise. ix 

Mais ce Saint & bel ordre des anciens Pércs a été 
tellement négligé, altéré, <5c perverti depuis bien du 
temps, par Tinfertion de contes ôc de légendes fabu- 
leufcs, èc de quantité de répons, de verfets, de vaines 
répétitions, de commémorations, Ôc de fynodales, que 
lors qu'on avoit commencé la lefture d'un livre de la 
Bible, on fe contentoit, d ordinaire, d'en lire . trois ou 
quatre chapitres, fans en lire jamais davantage. C'eft 
ainfi quon lifoit le commencement d'Efaïe dans TA- 
vent, ôc celui de la Genèfe dans la Septuagéfime, fans 
jamais achever de les lire : Et on en ufoit de même a 
regard des autres livres de TEcriture Sainte. Déplus, 
bienque S. Paul ait ordonné de parler toujours au Peu- 
ple dans TEglife en langue vuJgaire, afin qu'il puifle 
être édifié s il cil arrivé que pendant bien des années, 
le Service s'cft fait dans TEglife d'Angleterre en lan- 
gue latine, qui n'eft point du tout entendue du peu- 
ple 5 de forte que comme ils n'entcndoient que de leurs 
oreilles, leurs coeurs, leurs efprits, ni leurs entende- 
mens n'en poir/oient point recevoir d'édification. De- 
plus, au lieu que les anciens Pères avoient divifé les 
Pfeaumes en fept parties, dont chacune étoit appellée 
une NoEîurne ; on fe contentoit, depuis quelque temps, 
d'en dire feulement un petit nombre, & on omettoit 
entièrement le refte. Outre que la multitude & la 
difficulté des Règles, apellées la P/>, & les divers 
changemens du Service, faifoient qu'il y avoit plus 
de peine & d'embarras à tourner feulement les feuil- 
lets du Livre, pour trouver ce qui devoit être lu, qu'il 
n'y en avoit' à le lire, quand on Tavoit trouvé. 

Après avoir confideré tputes ces défeduofitcz, on a 
infl-it' cet Ordre-ci, qui remédie à toutes. Et pour 
y aporter d'autant plus de facilité, on a fait un Ca- 
lendrier, qui eft clair & fort aifé à comprendre : dans 
lequel on a difpofé la ledure de l'Ecriture Sainte, 
d'une telle manière, qu elle fe fera, autant qu'il eil pof- 

b fible. 



X duService DE l' Eglise. 

fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron- 
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,- 
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem- 
blables, qui interrompoient le cours de la leélure des 
Livres Sacrez. 

Cependant comme il n'eft pas poflible de fc pafTer 
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes; 
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à 
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre 
pour les Prières, & pour la ledure de l'Ecriture Sainte, 
qui répond parfaitement à l'intention des anciens Pè- 
res j ôz qui cft certainement beaucoup plus utile, & 
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui 
qu'on obfervoit auparavant. IJ eft plus utile ; parce 
qu'on en a retranché beaucoup , de chofes dont les 
unes étoient fauflcs, les autres incertaines, & les au- 
tres vaines & fupcrftiticules : Outre qu'il n y eft or- 
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui ny 
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans 
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni 
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au- 
diteurs: Il eft en même temps plus commode,- tant 
a cauie de fa brièveté, que parce que les Règles y font 
faciles, & en petit nombre. 

Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de 
chanter dans les Eglifcs de ce Rovaume etoit fort di- 
ferente; les unes ie conformant à Wii^rc de Salisbury, 
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui dzBanjror, 
dautrc-s a celui àTork, & d'autres enfin, a celui de 
Lmcohi, il ne doit plus y avoir déformais qu un feul 
uiage dans tout le Royaume. 

Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement 
exprimées, qu'il ne s'y rencontre des difficultcz par 

TTu •" A^'t^^ ^ V^' P'^'^^^^' '^ ^^''^'"^ pour lever 
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am- 
biguitcz touchant la manière dont il faut entendre. 



D U s i; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt 

6c mettre en pratique ce qui eft contenu dans ce Li- 
vre, que les perfonnes qui pourront avoir là deflus des 
doutes, s'adrçilent toujours à FEvêque de leur Diocèfe, 
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de 
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce 
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio- 
cèfe avoit lui même quelque doute là deifus, il pour- 
. roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a- 
voir la foiution. 



j4u refte bien qu'il foit ordonne-, que tout ce qui fe 
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit 
lu & chanté en langue njulgaire^ afinque toute laffem- 
blèe en puijfe recevoir de l'édification : On 71e prétend 
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs Prier es ^ 
le foir c^ le matin en leur particulier, de le faire en 
telle langue quil leur flaira j pourvu qu'ils le fajfent 
erh une langue qu'ils entendent. 

Tous les Tr êtres-, & tous les 'Diacres doivent dire 
tous les jours les Prières du Matin & du Soir, ou 
en particulier, ou en public j a moins qu'ils nen foient 
empêchez par quelque maladie, ou par quelque autre 
caufe légitime. 

Le Miniftre dune Eglife Paroiffiale, ou d'une Cha- 
pelle, s'il efl fur les lieux, & qu'il nait point de rat- 
fan qui len empêche, dira les Prières dans l Eglife 
Paroifîale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il 
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a- 
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve- 
nir entendre la Parole de Dieu, &^ ajfîfter avec lui 
aux Prières publiques, 

^',2. ■ 



b 2 • . . De* 



X duService DE l' Eglise. 

fiblc, avec ordre, fans interruption, & fans rien tron- 
quer. C eft pourquoi on a retranché les Antiennes,- 
les Répons, les Invitatoires, & les autres chofcs fem- 
blables, qui interronipoient le cours de la leélure des 
Livres Sacrez. 

Cependant comme il n'eft pas pofîlblc de fc pafler 
entièrement de Règle, on en donne ici quelques unes; 
mais on en donne peu; & elles font toutes aifécs à 
comprendre. De forte que vous avez ici un Ordre 
pour les Prières, & pour la ledure de TEcriture Sainte, 
qui répond parfaitement a l'intention des anciens Pè- 
res 5 ^ qui cfl certainement beaucoup plus utile, & 
en même temps plus commode, que ne Tétoit celui 
qu'on obfervoit auparavant. Il eft plus utile 5 parce 
qu'on ^ en a retranché beaucoup , de chofcs dont les 
unes étoient faufles, les autres incertaines, & les au- 
tres vaines & fuperftiticules : Outre qu'il n y eft or- 
donné de rien lire que la Parole de Dieu, ou qui n'y 
foit conforme. Et le tout en une telle langue & dans 
un tel ordre, qu'il ne fe peut riçn de plus fimple, ni 
qui foit plus a la portée, tant des Lecleurs que des Au- 
diteurs: 11 eft en même temps plus commode j tant 
a caule de fa brièveté, que parce que les Règles y font 
faciles, & en petit nombre. 

Et au lieu que ci-devant la manière de réciter & de 
chanter dans les Eglifes de ce Royaume etoit fort di- 
fvTcnte; les unes ie conformant à Tufaçrc de Salisbury, 
d autres a celui d'Hereford, d'autres à celui à^cBanjror, 
dautrc-sa celui àTork, & d'autres enfin, a celui de 
Lincoln, il ne doit plus y avoir déformais qu'un fcui 
uiage dans tout le Royaume. 

Et parce qu'il n'y a point de Règles fi clairement 
exprimées, qu'il ne s^ rencontre des difficultcz par 
raport a luiage & a la pratique, il faudra pour lever 
de telles difficultcz, & pour réfoudre toutes fortes d'am- 
bi^iutcz touchant la manière dont il faut entendre. 



D U s E; R V I C E D E l' E G L I s E. Xt 

& mettre en pratique ce qui cft contenu dans ce Li- 
vre, que les pcrfonnes qui pourront avoir là deflus des 
doutes, s'adreffent toujours à TEvêque de leur Diocèfe, 
qui félon fa prudence aura foin de faire réfoudre de 
tels doutes, fans rien ordonner qui foit contraire à ce 
qui eft prefcrit dans ce Livre. Et fi TEvêque du Dio- 
cèfe avoit lui même quelque doute là deflus, il pour- 
roit en tel cas s'adrefler à l'Archevêque, pour en a- 
voir la folution. 



j4u refie bien qu'il foit or donnée que tout ce qui fe 
lit y & que tout ce qui fe chante dans VEgUfe^ foit 
lu ér chanté en langue 'vulgaire^ afinque toute lajf em- 
blée en fuijfe recevoir de l'édification : On ne prétend 
fas néanmoins empêcher ceux qui dtfent leurs TriéreSj 
le foir & le matin en leur particulier, de le faire en 
telle langue qu il leur flaira j pour^uû qu'ils le fajfent 
en une langue qu'ils entendent. 

Tous les '^Prêtres, & tous les "Diacres doivent dire 
tous les jours les Trières du Matin & du Soir y ou 
en particulier y ou en public i a moins quils nen foient 
empêchez par quelque maladie :, ou par quelque autre 
caufe légitime. 

Le Miniftre dune Eglife Taroiffiale, ou dune Cha- 
pelle, s'il eft fur les lieux, & qu'il nait point de rat- 
fon qui l'en empêche-, dira les Prières dans lEglife 
Paroifftale^ ou dans la Chapelle qu'il dejfert : & il 
aura foin de faire fonner la cloche, quelque temps a-- 
vant que de commencer i afin que le Peuple puijfe ve- 
nir entendre la Parole de Dieu, &^ affifler avec lui 
aux Prières publiques. 



b 2 _ ^ Dcîl 



XII DesCeremonies. 

Des Cérémonies. 

Pourquoi les unes ont été abolies, & les 
autres retenues. 



p 



^^Armi les Cérémonies qui font en ufage dans TE- 
JJ S^ifc, 6c qui doivent leuï origine à Tinflitution 
des hommes, il y en a qui furent d'abord inftituées 
dans une bonne ôc faine intention; mais qui néan- 
moins ont dégénéré, par la Succelfion des temps, en 
fuperftition & en vanité : 11 y en a d'autres qu une dé- 
votion indifcrcte & une zèle fans connoiflancc ont 
introduit dans l'Eglife ; & qui ayant été tolérées dans 
Jeur commencement, ont dans la fuite produit tous 
les^ jours de nouveaux abus ; & qui par confequent 
méritent d'ctrc rejcttées & entièrement abolies ; non 
feulement parce quelles font inutiles, mais auflî, par- 
ce qu'elles ont aveuglé le Peuple, & extrêmement 
obfcurci la gloire de Dieu : Enfin, il y en a d'autres, 
qu'on a jugé à propos de retenir, quoi qu elles foient 
d'inftitution humaine ; tant pour conferver toujours 
l'ordre & la bienfcance dans l'Eglife, qui eft le but 
qu'on fe propofa en les inllituant, que parce qu elles 
font propres a édifier ; & que c^cft à l'édification, que 
tout ce qui fe fait dans l'Eglife doit fc raporter, félon 
l3i doctrine de l'Apôtre. 

Et bien que ce ne foit pas de grande importance, 
que dobferver, ou de ne pas obferver une Cérémonie, 
a h confiderer en elle même; ce n'eft pas néanmoins 
une légère oftente devant Dieu, que d'enfreindre &de 
violer volontairement & avec mépris un Ordre, &une 
Diiciplme rcguherement établie, ^ue toutes chofes. 
^ir 5. Paul, fejaj[em entre ^-cous honnêtement &far 

ordre. 



D^ES C ERE MON I ES. Xlir 

trdre. Cependant ce n eft point à de fimples particuliers* 
& à des perfonnes privées, qu'il appartient d'établir cet 
Ordre. Il n'y apcrfonne qui doive entreprendre d'établir, 
ou de changer aucun Ordre commun & public dans 
TEglife de jéfus-Chrift, à moins qu'il n'y Toit légitime-» 
ment apellé, & qu'il n'ait l'autorité de le faire. 

Et comme nous fommes dans un fiècle, où les fcn- 
timens des hommes font très difFerens j enfortc que 
les uns font tellement atachcz à leur ancienne cou- 
tume, qu'ils font confcicnce de fe départir le moins 
du monde de leurs cérémonies 5 & que les autres 
au contraire, ont une telle paillon pour les nou- 
veautez, & un tel mépris pour tout ce qui fent 
l'antiquité, qu'ils voudroient innover généralement 
toutes chofes j on a crû qu'il valoir mieux tâcher 
déplaire à Dieu, & de faire en même temps ce qui 
pouvoit leur être utile, aux uns & aux autres, que 
de fonger à leur plaire & à les contenter. Cepen- 
dant pour ne pas donner lieu à ceux qui écoutent la 
raifon de fe plaindre, on a bien voulu raporter ici 
quelques unes des raifons qu'on a eu de rcjetter quel- 
ques unes des anciennes Cérémonies, <3c d'en retenir 
encore d'autres. 

On a jugé à propos d'en abolir plufieurs; parce 
que dans ces derniers temps, le nombre s'en étoit tel- 
lement accru ôc multiplié, que le fardeau en étoit in- 
fuportable. C'eft de quoi St. AugMJlin fe plaignoit 
auffi de fon temps, jufqu'à dire que les Cérémonies 
étoient alors montées à un noml3re fi exceffif, que 
l'Eglife Chrétienne étoit, à cet égard-là, dans un pire 
état, que l'Eglife Judaïque 5 & qull en faloit nécef- 
fairement fecouër le joug, dès que les circonftances 
des temps fourniroient l'occafion de le faire paifible- 
ment. Mais que n'eut pas dit S. Attgujliny s'il avoit 
vu les Cérémonies, qui étoient en ufage parmi nous ; 
puis que nous en avions, £ans comparaifon bien davan- 

b 3 tage 



Xiv D E s C E R E M O N I E s 

tagc qu'il n'y en avoit de fon temps i ôc qu'outre que 
Ic'nombrc en étoit prodigieux 5 ii y en avoit plu- 
fieurs, qui étoient plus propres à écUpfer & à confon- 
dre les bienfiitsde ]efus-Chrift envers nous, quà nous 
les repréfcnter, & a nous en donner la connoiffancc? 
Déplus, l'Evangile de jéfus-Chrifl: n'eft pas une Loi 
ccrémonielle, comme letoit la Loi de Moïie : c'eilune 
Religion qui confiik, non en fervitude d'ombres & 
de figures, mais en une liberté d'efprit, & qui fe con- 
tente d'admettre les cérémonies qui fervent à établir 
un bon ordre èc une Sainte Difcipline, & qui font 
propres à exciter & à réveiller la flupidité des hom- 
mes, & à les faire fouvenir de leur devoir envers Dieu, 
par quelque figniiication fuiguliérc & remarquable, qui 
foit capable de les édifier. Mais la principale caufe, 
pour laquelle on a aboli plufieurs anciennes Cérémo- 
nies, c'eft que l'abus s'en multiplioit fi étrangement i 
d'un coté, par l'aveuglement & par la fupcrftition des 
perfonnes ignorantes ôc groflîéresi & de l'autre, par 
l'avarice infatiabie de ceux qui recherchoient leur pro- 
pre intérêt préférablement à la gloire de Dieu, qu'il 
eût été trcs mal-aifé d'en corriger les abus, fi on en a- 
voit confervé l'ufage. 

Pour ce qui eft de ceux, qui pourroient trouver 
mauvais, que l'on ait confervé quelque unes des an- 
ciennes Cérémonies 5 on ne doute pas qu'ils ne chan- 
gent de fentiment, s'ils confidèrent que fans lobfer- 
vation de certaines Cérémonies, il neft pas pofiîble 
de conferver aucun ordre, aucune difcipline ; ni au- 
cune paix dans l'Eglife. Que s'ils fe formalifoient, de 
ce qu'au heu de conferver les anciennes, on ne lem* en 
a pas fubftitué de nouvelles, ce feroit tomber d'accord 
qu il eft convenable d'avoir des Cérémonies ; or s'il eft 
convenable d'en avoir, ne feroit-ce pas une efpèce de 
fohe que d'en rejetter d'utiles, par cette feule raifon 
quelles font anciennes? Ne devroient-ils pas plutôt 

les 



T) ES C ERE M ON I ES XV 

les révérer, à caufe de leur ancienneté 5 s'il cft vrai 
qu'ils ayent plus d'amour pour l'union & pour la con- 
corde, que pour des inventions nouvelles, lefquelles il 
faut toujours éviter, autant que l'intérêt de la Religi- 
on Chrétienne le peut permettre > Déplus, ces mêmes 
perfonnes n'auront pas railbn d'être choquées des Cé- 
rémonies qu'on a retenues 5 s'ils confidèrent, que com- 
me on a rejette celles dont on abufoit le plus, 6c qui 
chargeoient les coniciences fans aucune raiibn 5 on n'a 
retenu les autres, que pour conferver quelque ordre & 
quelque ditcipline 5 & que d'ailleurs on convient qu'el- 
les peuvent même être changées, lors qu'on aura de 
bonnes raifons de le faire i bien loin qu'on prétende 
les mettre au nivxau de la Loi de Dieu. Enfin, ce 
ne font point des Cérémonies muettes & obfcures, que 
celles qu'on a retenues : Elles font telles que chacun 
peut aifément comprendre ce qu'elles fignifient, & à 
quoi elles fervent ; deforte qu'il n'eft pas vrai-fembla- 
ble qu'on puifle en abufer à l'avenir, comme on a 
auparavant abufé des autres. Au rcfte, nous ne pré- 
tendons point par là condamner les autres Nations, ni 
prefcrire rien à qui que ce foit qu'à nôtre peuple. 
Car nous croyons qu'il eft trcs-raifonnable que dans 
chaque Pais on fe ferve des Cérémonies, que Ion y 
.croit les plus propres à avancer l'honneur & la gloire 
de Dieu j ôc à porter le peuple à vivre de la manière 
la plus parfaite & la plus fainte, fans erreur ôc fans 
fuperftition : & que l'on y rejette ce qui leur pa- 
roit de temps en temps, avoir dégénéré en abus; com- 
me il arrive fouvent qu'il fe glille des abus dans les 
Conftitutions humaines, tantôt d une manière, 6c tantôt 
d'une autre, félon la diverfité dçs pais. 



b 4. L'OR- 



( XVI ) 



L' O R D R E 

^jtil faut fui'vre en la Leâure 
DES PSEAVMES. 

LE livre des Pfcaumcs fera lii tout entier une fois 
tous les mois, félon Tordre qui efl: marqué, tant 
pour les Prières du Matin, que pour les Prières du 
Soir : Mais il ne fera lu en Février que jufques au 
tingt-huitiéme, ou vingt-neuvième jour du mois. 

Et parce que Janvier, Mars, May, Juillet, Août, 
Octobre, & Dccen-ibre ont chacun trente & un jours 5 
il eft ordonné que le dernier jour on lira les mêmes 
Pfeaumes qui auront été lus le jour précédent : en 
forte que l'on puiffe recommencer Je Pfautier le pre- 
mier jour du mois fuivant. 

Et parce que le Pfeaume cxix. eft divifé en 22 
parties, & qu'il eft trop long pour être tout lu en une 
tois; il eft ordonné qu'il n'en fera lu que quatre ou 
cinq parties à la fois. 

Ht à la fin de chaque Pfeaume, & de chaque partie 
du Pfeaume cxix. fera répété cette Hymne, 

Gloire foit au Ter e, &auFtls, & au Saint Eff rit. 

Comme il et oit au commencement ; comme il efl 

maintenant-, 6- comme tl fera éternellement. Amen, 

^ Remarquez que le Plau- {a) Ceci s'entend du Pfau^ 

tier [a) fuit la Divifion des ^^'^^ dans la Liturgie en An- 

Hébreux, & la Verfion de à^'-^ » ^^r dans celle-ci, l'on 

la grande Bible Angloife, ^'P^'^^ ^^ ^^^'^^^ verfion des 

qui fut publiée & mHe en ^I^^'^^^^> qui fe trouve dans 

ufage ious les Réi;ues de ^"^ ?'^^^' ^^ ^^''- ^"^^^^^n, qui 

Henri huitième, ôc d'E- ^ '^'^ff ^,^^t^^^ ^^^ «^P^^^ 

DOUARDfaiém, ^-W-»...J..P.>'.- 

^ /^^j, t5f qui eft la plus en ufage 

parmi ksFroteftans François. 

UOR. 



( XVII ) 



L' O R D R E 

Glm hn doit tenir en la LeBure du re(îi 
"DE LA SAINTE ECRITURE. 

G'Eft du Vieux Teftamcnt que fe doivent prendre 
les premières Leçons aux Prières du Matin ôc du 
Soir 5 de forte qu il s'en lira la plus grande partie une 
fois Tannée félon Tordre de ce Calendrier. 

C'eft du Nouveau Teftament que fe prennent les fé- 
condes Leçons aux Prières du Matin & du Soir ; & 
on les lira par ordre, trois fois Tannée, outre les Epî- 
trcs & les Evangiles ; excepté TApocalypfe, d'où il fe 
tire feulement certaines Leçons propres pour diverfes 
Fêtes. 

Et pour favoir quelles Leçons fe doivent lire chaque 
jour, cherchez le jour du mois dans le Calendrier fui- 
vant j là vous trouverez les Chapitres, qui doivent ê- 
tre lus pour les Leçons, tant des Prières du Matin que 
du Soir 5 excepté feulement les Fêtes Mobiles, qui ne 
font point dans le Calendrier, & les Immobiles où il 
y a une efpace en blanc dans la Colonne des Leçons, 
pour tous lefquels jours Ton trouvera les Leçons pro- 
pres dans la Table des Leçons. propres. 

Et remarquez que quand il y a des Pfeaumes ou des 
Leçons propres prcfcrites, alors les Pfeaumes & les 
Leçons marquées à Tordinaire dans le Pfautier, ou dans 
le Calendrier, fi elles font différentes, feront ômifcs 
pour cette fois-là. 

Remarquez auflî que la CoUede, TEpître, & TEvan- 
gile du Dimanche ferviront pour toute la femaine fui- 
vante ; à moins qu il ïizïi foit autrement ordonné dans 
ce Livre. 

Leçons 



XVI iT Leçons pour les Jours de Dimanches, 

LeçonsPropres, 

Qui doivent être lues toute l'Année aux Prières du Matin 
& aux Prières du Soir, les Dimanches^ & hs autres jours 
de Fêtes. 

Leçons Propres pour, les Dimanches. 



Dimanches de 

lAvent . 
Le Premier. 

1 

3 

4- 
Dimanches 

aptes Noël. 
Le Premier. 

2 

Dimanches 
aprh l'Epi- 
phanie. 

Le Premier. 

2 

5 
4 

f 

6 

Septuagefime 

Sexsgé/ime. 
^inquagef. 
Carême. 
Dimanche i 



4 

6 

I Leçon. 
1 Le^on. 
Paque. 

1 Leçon. 

2 Leçon. 
Dimanches 

après Vaque 
Dimanche i 

2 

^ 

4 
S 



Au Matin. 


Au Soir. 


Efaïe I 


Efaïe 2 


S 


24 


if 


26 


3° 


3^ 


37 


38 


41 


43 


44 


45 


5-1 


s^ 


^5- 


s<^ 


57 


i-8 


f9 


64 


6r 


66 


Genef. i 


Genef. 2 


3 


6 


9J.V.20 


12 


19J.V.30 


22 


^7 


34 


39 


42 


^ ^'^^ 


4f 


Exod. 3 


Exod. y 


9 


10 


Matth. 26. 


Hebr. 5-.J. 




V.I I. 


Exod. 12 


Exod. 14 


Rom. 6 


M\ 2. V. . 




22. 


Nomb. 16 


Nomb. 22 


23&24 


^)" 


Deut. 4 


Deut. y 


6 


7 


8 


9 



Dimanche a 
près l'AJcen, 
Pentecôte. 

1 Leçon. 

2 Leçon. 
Dimanche de 

la Trinité. 

1 Leçon. 

2 Leçon. 

Dimanches a- 
près laTrinité 
Dimanche i 

2 

3 
4 
5* 
6 

7 
8 

9 

10 
1 1 
12 

13 
14 
ïf 
16 

17 
18 

19 
20 
21 
22 

^3 
24 

if 
26 



Au Matin. 

Deut. 12. 

i6.juf 

V. 18 

A<5t. lo. V. 34 

Genef i 
Matth. 3 



Jolîié 10 
Juges 4 

1 Sam. 2 

12 

2 Sam. 12 

21 
î Rois 13 
18 
21 
i Rois y 
10 
19 
;• 
35- 
2 

14 

20 

3 

2 

2 
2 
II 
'3 
ly 
17 



Jerem 

Ez.ech, 



Dan. 
Joél 

Habac. 
Prov. 



Au Soîr.i 


Deut. 


»3 


Eiàïe 


II 


Aa. 


19.J. 


V 


. 21 


Genef 


18 


I Jean 


S 


Jofué 


*3 


Juges 


S 


I Sam 


• 3 




13 




17 


1 Sam 


.19 




24 


I Rois 


ï7 . 




19- 




22 


2 Roi 


; 9 




18 




^3 


Jer. 


22 




3<5 


Ezech 


.13 




18 




24 


Dan. 


6 


Mich.. 


6 


Prov. 


I 




3 




12 




14- 




16 




19 







Leçons 



Leçons Prch'RI 


:s POUR 


FETES. 


Au Matin. 


^« 5oir. 


S, André. 


Prov.2o 


?rov. 21 


S. Thom. Afot. 


^3 


.. ^^ 


Noël. 




Eia. 7. v.ic 


I Leçon. 


Efaïep.j.v.S. 


(j.v. 17 


2 Leçon. 


Luc. 2.j. V. 


rite 3. V.4 


S. Etienne . 


{^5 


j.v. 9 


I Leçon. 


Prov. 28. 


Ecclef. 4. 


2 Leçon. 


Aa.6.v.8.& 


A6i:.7.v.3o 


S. Jean. 


(c.7,j.v.3c 


(j-v-n 


I Leçon. 


Ecclef. s 


Ecclef 6 


2 Leçon. 


Apoc. I 


Apoc. 22 


Les Innocens. 


Jer.3 i.j.v.iS 


Sap. I. 


LaCircomcifion 




(■^ 


I Leçon. 


r}en. 17 


Deut. 10. v 


2 Leçon. 


Rom. 2 


Colof 2 


Epiphanie. 






I Leçon. 


Efàïe 60 


£fa.49 


2 Leçon. 


Luc. 3. j.v 


Jean 2, juf 


ConvJeS.Paut 


('3 


(V.Il 


I Leçon. 


Sapîen. f 


Sapien. 6 


2 Leçon. 


A6t. 22. jul 


\li.x6 


Purificat.de U 


(v. 22 




V. Marie. 


Sapien. 9 


Sapien. 12 


S. Matthias. 


19 


Ecclef I 


Anonciat.de la 






V. Marie. 


Ecclef. 2. 


Ecclef 3. 


Mecredi avant 






Faque. 






I Leçon. 


Ofée 1 3 


Ofée 14 


2 Leçon. 


Jean.ii.v.45 




Jeudi avant 






Vaque. 






I Leçon. 


Daniel 9 


Jer. 31 


2 Leçon. 


Jean, i 3 




Vendredi Saint 






I Leçon. 


Gen. 22. j. 

(V. 2C 


Efa. sî 


2 Leçon. 


Jean 18. 


I Pier. 2 


Veille de Pâque 
I Leçon. 


'Z<acha.9. 


Exod. 13 


2 Leçon. 


LUC.23.V.J0 

■ 


Hebr. 4 


PsEAUMES Propres p 


Ah Matin \ Au Soir. 




Pf 19 iPf 89 


NOEL. 


4r 


1 10 




85- . 


'3^ 




6 


102 


Mecredi des 


3^ 


130 


Cendres. 


38 


143 




22 


69 


Vendredi 


40 


Si^ 



LES JOURS DE FeTES. XIX 



Lundi de Taqu. 


Ah Matin. 


Au Soir. 


1 Leçon. 


Exod . I 6 


Exod. 17 


2 Leçon. 


Mac. 28 


Act. 3 


M^r^/i dePâqu 






I Leçon. 


Exod. 20 


âxod. 32 


2 Leçon. 


LU.24.J.V.13 


[ Cor. ij- 


6\ Marc. 


Ecclef. 4 


icclefj- 


S.Philipfes ô 






S. Jaques. 






I Leçon. 


7 


9 


2 Leçon. 


Jean 1 . v. 43 




Ascension. 






I Leçon. 


Dent. 10 


2 Rois 2 


2 L<eçon. 


LUC24. V.44 


Epacf 4.J V. 


L«r/<:/i de lii 




(17 


Pentecôte. 


(10 


(16.J.V.3C 


I Leçon. 


Gen. 1 1. J.v. 


Nom.i i.v. 


2 Leçon. 


I Cor. 12 


iCor. 14. j. 


Mardi de la 




(v.26 


Pentecôte. 


(ib 




1 Leçon. 


I Sam. 19. V 


Deur. 30 


2 Leçon. 


iThef 5-. V 


I Jean 4. J. 


S.B^rna^é. 


(I2.j .V.24 


(V.14 


1 Leçon. 


Ecclei". 10 


Ecclef 1 2 


2 Leçon. 


Aa. 14 


A6t.i;-.j.v. 


S.J.Ba}tiJie. 




(36 


I Leçon. 


Malac. 3 


Malac. 4 


2 Leçon. 


iVlatth. 3 


Matth.i4.j. 


S.Pierre. 




(v.13 


1 Leçon. 


Ecclef 15- 


Ecclef 19 


2 Leçon. 


Aa, 3 


Act. 4 


S. Jaques. 


Ecclef 21 


iicclef 22 


S.Barthelemi. 


Ecclef 24 


Ecclef 29 


S. Matthieu. 


IS 


3« 


S.Michel. 






I Leçon. 


Gen. 32 (2c 


Dan. 10.V.5 


2 Leçon. 


Acl.i2. j.v. 


Judcv.6.j. 


S. Luc. 


Ecclef c I 


Jobi (V.16 


S.Sim.i^S.Jud Job 24 & 2 j 


Job 42 


/L/j Toujfaint. 






1 Leçon. 


Sap. 3.J.V.IC 


Sap. 5. j.v. 

( \ 7 


2 Leçon. 


Heb.i 1.V.33 


Apoc. 19.]. 




&:ch.i2.j.v.7 


(v.1'7 


OUR DE CERTAINS JoURS. | 




Au Matin. 


Au Soir. 




Pi. 2 


Pf 1 1 3 


PaquE. 


SI 


114 




1 1 1 


118 


1 


h 


24 


Ascension. 


15- 


47 


j 


2 1 


108 


i 


4S 


104 


j Pentecôte. 


68 


i4y 



XX 



Table des Jours 
Tables et Règles 



Pour les Fêtes Mobiles & Immobiles : Comme auffi pour les 
jours de Jeûne & d'Abftinence pour toute l'Année. 

Règles pour connoitre quand commencent 
LES Fêtes Mobiles. 

P A QUE, dont dépend tout le refte, eft toujours le premier Dimanche 
après la pleine Lune, qui vient la première après le vingt & unième de 
Mars Et fi la pleine Lune arrive un Dimanche, le Dimanche fuivant eft le 
jour de Paque. 

Le Dimanche de l'Avent eft toujours le plusproche de la Fête de S André 
foit devant, foit après. ' * 



ÇSeptuagéfîme 
Le Dimanche jSexagéJme 

^c j^dnqmgéfm{ 

K^adrftgéjime^ 

Le Dimanche des Rogations 
Le jour de I'Ascension 
La Pentecôte 
Le Dimanche de la Trinité 



eft tou- 
jours 




icmaines avant 
Paque. 



:] '» { 



cinq ièmaines*J 
quarante jours (_ après 
fept femainesr Paque. 
huit femainesj 



T A B 



L E 



De toutes les Fêtes qui fe doivent obferver 
Anglicane pendant l'Année* 

•p O us les Dimanches de l'Année. 



en 



PEglife 



fLa CiRcoMcisiON de nôtre Sei- 
gneur jéfus Chrift. 

L'Epiphanie. 

La Conversion de S. Fetul Apôtre 

La Purification delaBien-heu- 
reufc Vierge. 

S,. Matthias Apôtre. 
< L'Annonciation de la Bien-heu- 
re u le Vierge. 

S. M^j-c Evangeliflre. 

S. P^/7i/>;„ Se S.>^«., Apôtres. 
L Ascension de notre Seigneur 

Jeius Chrift. ^ 

S. Barnabe, 
ILa NAissANCEde S.Jean Baptijle. 



de la fcmaine 
tie Paque. 



S. Pierre Apôtre. 

S. Jaques Apôtre. 

S. Barthélémy Apôtre. 

S. Matthieu, Apôtre. 

S. Michel 8c tous les Anges. 

S. L«cEvangelifte. 

S.Simon 8c S.fude Apôtres. 

La Toussaint. 

S. André Apôtre. 

S. Thomas Apôtre. 

UNAissANCEde nôtre Seigneur. 

S. Etienne Martir. 

S. Jean Evangeliftc 

Les Saints Innocens. 




Lund 
8c 
iVIard 



' ?de /a 
^^dela 



ièmaine 
la Pentecôte. 

Table 



De Fêtes. xxi 



Table 

pes Vigiles -, des Jours de Jeune ; &d' Abstinence qui fe 
doivent obferver pendant l'Année. 

* Les Vigiles ou Veilles avant 



La Naiflànce de nôtre Seigneur. 
La Purification de la Bien-heureufè 

V. Marie. 
L'Annonciation de la Bien-heureufe 

Vierge. 
Pâques. 
L'Ascension. 
La Pentecôte. 
S. Matthias. 



S. Jean Baptifte. 

S. Pierre. 

S. Jaques. 

S. Barthélémy. 

S. Matthieu. 

S. Simon & S. Jude. 

S. André. 

S. Thomas. 

La Touflàint. 



Remarquez^ que fi quelqu'une de ces Têtes fe rencontre le Lundis alors la Vîgih 
OH le jour de Jeune fera le Samedi^ & non le Dimanche, 

! Les Jours de Jeune, ou d'Abstinence. 

L T E s Quarante Jours du Carême. 
-*-' II. Les jours de Jeûne des Quatre- tempsj 

l C^^ Premier Dimanche du Carême. 

QuifbntleMecredi,leVen-3La Fête de la Pentecôte, 
dredi, 6c le Samedi après ^Le 14 de Septembre, 
CLe i^de Décembre. 

in. Les trois jours des Rogations, qui font le Lundi, le Mardi, & le Me- 
crcdi avant le Jeudi Saint, ou l'Afcenlion de nôtre Seigneur, 
IV. Tous les Vendredis de l'Année, excepté le Jour de Noël. 

• JoursSolemnels 

j Pour lefquelâ iJ y a des Services particuliers. 

I. r E Cinquième de Novembre, qui cîl le jour de la Conffiration des Pa- 
. -*-' pi fies. 
I II. Le Trentième de Janvier ^ qui efl le jour du Marîire du Roi Charles 

Premier. 

lïL Le Vingt-neuvième de May, qui cil le jour du Retour du Roi Charles 

Second. 

IV. Le Onzième de Juin, qui efl le jour auquel ià Majesté' a commencé 

fcn heureux Rèjçne. 
^ V. Le Deuziême de Septembre, qui s'obferve dans la ViHc de Londre:, pour 

l'affreux embrafemenc qu'il y eut le 2 de Septcmlre en 1666. 

Ta- 



XXII Table d e s F e t e s Mobiles, 



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1719 


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3 


Fevr. 


2 


Fevr. 


19 


1730 


2 


22 


D 


2 


Janv. 


if 




1 1 


^73' 


3 


3 


C 


f 


Fevr. 


14 


Mars 


3 


I73Z 


4 


14 


BA 


4 




6 


Fevr. 


^3 


»733 


5- 


15- 


G 


2 


Janv. 


21 




7 


175+ 


6 


6 


F 


4 


Fevr. 


10 




i7 


1735- 


7 


17 


E 


3 




2 




'9 


1736 


8 


28 


DG 


6 




22 


Mars 


10 


'7^^ 


9 


9 


B 


4 




6 


Fevr. 


i3 


1738 


10 


20 


A 


3 


Janv. 


29 




ïf 


Ï739 


1 1 


I 


G 


6 


Fevr. 


18 


Mars 


7 


17+0 


12 


12 


FE 


3 




3 


Fevr. 


20 


1741 


M 


^3 


D 


2 


Janv. 


if 




1 1 


17+1 


14 


4 


C 


i* 


Fevr. 


14 


Mars 


3 


^74-3 


If 


If 


B 


3 


Janv, 


30 


Fevr. 


16 


Ï7+4- 


16 


26 


AG 


2 




22 




8 


»74f 


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7 


F 


4 


Fevr. 


10 




^7 


1746 


18 


18 


E 


2 


Janv. 


i6 




X2 


'747 


»9 


^9 


D 


f 


Fevr. 


ïf 


Mars 


4 


1748 


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SUPUTEE POUR Q^UARANTE ANS. XXIII 



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XXIV 



Le Calendrier. 



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JANVIER J XXXI JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 



Galend. 

4. Non. 

3 Non. 
Pr.Non. 

8 Idus. 

7 Id. 
Id. 

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4 Id. 

3ld. 
Prid. Id. 

Idus. 
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18 Cal. 
«7 Cal. 
16 Cal. 
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14 Cal. 
13 Cal. 
12 Cal. 
II Cal. 
10 Cal. 

9 Cal. 

8 Cal. 
7 Cal. 
6 Cal. 
5" Cal. 



Pr 



Cal. 
3 Cal. 
Cal. 



CiRCOMCISION 

Epiphanie. 
Luci.Pr.6cM, 

Hilair. Ev. 

Prif.V. &M. 

Fab. E. & NI. 
Agn.V.Sc M. 
Vin. D.&M. 



Conversion 
DE S. Paul. 



Roi Charles 

M. 



PRIERES 
D U MATIN. 



I Leçon 

Gen. I 
3 
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1 Leçon. 

-Mat. I 

3 
4 

5" 

6 

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9 

10 
II 
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18 

19 

20 
21 
22 

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27 
28 



PRIERES 
DU SOIR. 

2 Leçon. 

Rom. I 

2 

3 
4 

5" 
6 

7 
8 

9 
10 
1 1 
12 

13 
14 

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16 

iCor. I 

2 

3 
4 
5" 
6 

7 
8 

9 
10 
1 1 
12 



I Leçon. 

Gen. 2 

4 
6 
8 

12 
14 
16 
18 
20 
22 
24 

25 

28 
30 
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34 
37 
39 
41 

43 
41- 
47 

49 

Ex. I 

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7 
9 



'^R^.rmrc^uez^ti, le Ch,^. 6. de l'ErMe ne doit être îâ qae jufqu'aH 
'ver/, 14. i J JJ. 

LE 



Avec la Table des Leçoks; xxv 

FEVRIER A XXVIII JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 



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4 Non. 

3 Non. 
Pr. Non. 

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8 Idus. 
7ld. 

6 Id. 

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4 Id. 
3ld. 

Prid.Id. 
Idus. 
16 CM 
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14 Cal. 
1 3 Cal. 
12 Cal. 
1 1 Cal. 
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9 Cal. 
8 Cal. 

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6 Cal 

5 Cal 
4 Cal. 
3 Cal 

Pr.Cal 



Jeûne. 
Purification 



Agat. V.ScM. 



PRIERES 
DU MATIN. 



Valent.Ev.ScM 



Jeûne. 

S. Matthias, 



I Leçon. 
Exod. 10 



12 
14 
16 
18 
20 
22 
24 

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18 
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1 1 

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2 Leçon. 

Marc. I 

2 

3 

4 

6 

7 
8 

9 
10 

II 
12 

15 
14 

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Mat. 



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DU 
i Leçon. 
Exod. 1 1 

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12 

14 



2Cor. 



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SOIR. 

2 Leçon. 
I Cor. 1 3 
14 

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Rom. iz 



♦ Remarquez mt leChap. i. Je S. tue. ne doit être h que jufau'au 

'verf. 39. ^ ''•'*■ 



MARS] 



xxvr I-B Calendrier, 

MARS A XXXI JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 











PRIERES 


P RIERES> 




DU MATIN. 


DU SOIR. 




1 Leçon. 


2 Leçon. 


i Leçon. 


2 Leçon. 


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Deut. I f 


Luc. 12 


Deut. 16 


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2 


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16 


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Philem. 


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iSam. 2 Hcbr. i 


3 


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Pr. Cal. 




3 


18 


4 


2 



AVRIL 



Avec la Table des Leçons, xxvh 

JVRIL A XXX JOURS. 
LA LUNE EN A XXIX. 













PRIERES 


PRIERES 






D U MA TIN. 


£> 17 5 / R. 






I Leçon. 


2 Leçon. 


I Leçon. 


2 Leçon 




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6 Id. 






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Idus. 






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18 CM. 




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11 


iSam. I 


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17 Cal. 




2 Sam. 2 


12 


3 


4 






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16 Cal. 






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15- Cal. 




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14 Cal. 




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1 3 Cal. 


Alph. Arch. 


10 


16 


II 


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1 1 Cal. 




12 


17 


13 


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10 Cal. 




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4 Cal. 




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5 Cal. 




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Pr.Cal. 




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XXVIII Le Calendrier, 

M A I A XXXI JOUR S. 
I. A LUNE EN A XXX. 





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Calend. 




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6 Non. 


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4 Non. 




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Idus. 




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16 Cal. 


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14 Cal. 


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15 Cal. 


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A 


12 Cal. 




22 


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II Cal. 


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10 Cal. 




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16 


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7 Cal. 




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6 Cal. 


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3 Cal. 


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Pr. Cil. 



S. Philipe & 

S. Jaques. 
Inv.de la croix 



S.J!ean Evang. 



Dunftan'jArchi 



Aug. Can. 
Vcner. B. 

Naif. 8c Retoui 
du Roi 
Charles II. 



PRIERES 
BU MATIN. 
Leçon. 2 Leçon. 



iRoi. 8 
10 

12 
14 
16 
18 

20 

22 

2Roi. 2 

4 
6 

8 

10 
12 
14 
16 

18 
20 
22 
24 



Sfd. 

4 
6 

9 

Neh. 2 

8 

10 

iifth. I 

3 



Aa.28 

Matt/. I 
2 
3 
4 

6 

7 
8 

9 
10 
1 1 
12 

13 
H 
ïf 
16 

17 
18 

ï9 

20 
21 

22 

^3 
24 

25- 

26 

^7 

28 

Marc. I 



P RI 
DU 

I Leçon. 

iRoi. 9 
1 1 
13 
15- 
î7 

19 

21 

2 Roi. I 

3 

i- 

7 

9 

1 1 

ï3 
If 

17 
19 

21 

^3 

2X 

Efd. 3 
S 

7 
•Neh. I 

4 
6 

9 

13 

Efth. 2 

4 



ERES 

5 O IR. 

2 Leçon. 

Jude. 

Rom. I 

2 

3 

4 

5^ 
6 

7 
8 



12 

14 
16 



iCor. 



2 

3 
4 
5" 
6 

1 
8 

9 

10 
1 1 

12 

14 



JUIN 



Avec la Table des Leçons. xxix 

JUIN A XXX JOURS, 
LA LUNE EN A XXIX. 



1 

2 

3 
4 

S 
6 

7 
8 

y 

10 

II 

12 

14 

16 

ï? 
iS 

'9 
20 
zi 
22 

24 

26 

zS 

3^ 



e 'Calekd, 
t 4 Non. 
gl 5 Non. 
A Pr. Non. 

NON-^E. 

8 Idus. 
7ld. 
6 Jd. 
^ Id. 

4 rd. 
jid. 

Prid.Id. 

Idus. ; 
i8C.7«/ 



c 17 Cal. 
16 Cal. 



ly Cal. 

14 Cal. 

13 Cal. 

12 Cal. 

II Cal. 

10 Cal. 
9 Cal. 
8 Cal 
7 Ca\ 
6 Cil. 
5- Cal. 

4 Cal. 

5 Cal. 
Pr. Cal. 



i 


PRIE 
D U M. 




I Leçon. 


Nicodemc 


Eii'er s 




7 


Boni face. 


9 
Job 2 

4 




6 




8 




10 




12 


S.Barnabe'. 


14 


Apot.ëcM. 


16 




19 




21 


Se. Aubin. 


23 

26,27 

^9 




3» 


Tranû. d'Ed. 


33 
35" 




37 


fcûne. 


39 
41 


lVaissance 




deJ.Bai'tiste. 


Prov. I 




3 


[eûne . 


5" 

7 


S.PlEKUE, Ap 




(M, 


9 



2 Leçon. 
Marc. 2 

3 
4 

7 
S 

9 

10 
1 1 



'3 
14 

16 



Luc. 



2 

3 

4 

6 

7 

8 

9 

10 

1 I 



Job 



P R I 

DU 

I Leçon. 

Efter 6 

8 

I 

3 

7 

9 

11 

^3 
«i* 

17.18 
20 
22 

24,25- 

28 
30 
3^ 
34 
3^ 
38 
40 
42 

Prov. 2 



4 
6 
8 

10 



ERES 
5- OZR. 

2 Leçon, 
1C0.15' 
16 
zCor. I 

2 

3 

4 

5* 

6 

7 
8 

9 
10 



Galat. I 

2 

3 
4 

T 
6 

Ephef I 

2 

3 
4 
S 



^ 3 



JUIL- 



XXX 



Le Calendrier, 






JUILLET ^ XXXI JOURS. 



LA LUNE EN A XXX. 











PRIERES 


PRIERES 






DU MATIN. 


DU SOIR. 






I Leçon. 


2 Leçon. 


I Leçon. 


2 Leçon. 


»9 


I ^Calekd. 1 




Provvi 1 


Luc. 1 3 


Prcv 12 


Philip. 1 


8 


zA 


6 Non. 


vMfit.delaV.M. 


M 


ï + 


14 


2 




îi^ 


5* Non. 


S.Martin Ev. 


*r 


^i- 


t6 


3 


6 


^c 


4 Non. 




»7 


16 


18 


4 


i- 


f d 


3 Non. 




19 


17 


20 


C^olof. 1 




6 e 


Pr. Non. 




21 


18 


22 


2 


'3 


7 f 


NONiE. 




^^ 


^9 


24 


3 


2 


8g 


8 Mus. 




25- 


20 


26 


4 




9A 


7ld. 




27 


21 


28 


iThef. I 


1 


10 b 


6 Id. 




29 


22 


31 


2 




MC 


yid. 




Eccl. I 


^3 


SccI, 2 


3 


i8 


iz!d 


4ld. 




3 


^4 


4 


4 


7 


15 e 


3 Id. 




J 


Jean i 


6 


f 




T4f 


Prid.ld. 




7 


2 


8 


2Thef. I 


') 


15- g 


Idus. 


Swithun. Ev. 


9 


3 


10 


2 


4 


16 A 


17 C jiu. 




II 


4 


12 


3 




•7 b 


16 Cal. 




Jcre. I 


5* 


jcre. 2 


iTim. I 


I z 


18 c 


15- Cal. 




3 


6 


4 


26C3 


I 


ipjd 


.4 Cal. 




j- 


7 


6 


4 




2o:e 


13 Cal. 


Marguerite. 


7 


8 


8 


f 


9 


z.jf 


12 Cal. 




9 


9 


10 


6 




iig 


II Cal. 


vlagdelaine. 


1 1 


10 


12 


2Tim. I 


n 


z3;a 


10 Cal. 




13 


1 1 


T4 


2 


6 


24|b 


9 Cal. 


îcûne. 


i>- 


12 


16 


3 




^5-jc 


8 Cal. 


S. Jaques Ap. 




«3 




4 


14 


z6;d 


7 Cal. 


5. Anne, Meie 


17 


14 


18 


rite 1 


; 


! 

27, e 


6 Cal. 


delaV.ÎVlarie. 


ï9 


If 


20 


2SC3 




28 f 


K^Cal. 




21 


16 


22 


Philem . 


11 


^9 g 


i 4 Cal. 




2^3 


17 


24 


Hebr. 1 




;oA 


i 3 Cal. 




2y . 


18 


7.6 


2 


ïp 


31 b 


Pr.Cal. 




2.7 


19 


28 


3 



Avec laTable des Leçons, xxxi 

AOUT A XXXI JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 



ï 



8 


I 


c 


Calend. 


i6 


2 


d 


4. Non. 


S 


3 


e 


5 Non. 




4 


f 


Pr. Non. 


'3 


y 


F 


NON^E. 


2 


6 


A 


8 Idus. 




7 


i: 


7ld. 


ro 


8 


c 


6 Id. 




9 


d 


5-Id. 


i8 


10 


e 


4ld. 


7 


1 1 


f 


j Id. 




12 


g 


Prid. Id. 


15" 


'3 


A 


Idus. 


4 


ï4 


l- 


19 Ci*^/) 




ly 


c 


18 Cal. 


12 


i6 


d 


17 Cal. 


I 


17 


e 


16 Cal. 




18 


f 


15- Cal. 


9 


'9 


g 


14 Cal. 




10 


A 


13 Cal. 


i? 


21 


l- 


12 Cal. 


6 


22 


c 


II Cal. 




i3 


d 


10 Cal. 


•4 


M 


e 


9 Cal. 




if 


f 


8 Cal. 




i6 


g 


7 Cal. 


II 


^7 


A 


6 Cal. 




18 


b 


y Cal. 


19 


29 


c 


4 Cal. 


8 


3° 


d 


? Cal. 




3' 


c 


Pr, Cal. 





PRIERES 


PRIERES 




BU MATIN. 


D U . 


?0 IR. 


. 


I Leçon. 


2 Leçon. 


I Leçon. 


z Leçon 


S.Pierre, aux 


Jerem.29 


Jean 20 


Jere. 30 


Hebr. 4 


(Liens. 


3» 


21 


3^ 


y 




33 


Ad. I 


34 


6 




35" 


2 


36 


7 




37 


3 


38 


8 


Transiîgur. 


39 


4 


40 


9 


Nomde Jcfus. 


41 


5- 


42 


10 




43 


6 


44 


II 




45-&:46 


7 


47 


12 


S. Laurens. 


48 


8 


49 


13 




50 


9 


5-1 


Jaq. I 




J^ 


10 


Lam, I 


2 




Lam. 2 


ïi 


3 


3 




4 


12 


f 


4 




Ezec. 2 


'3 


Ezec. 3 


5" 




6 


14 


7 


i Pier. I 




ï3 


^S 


14 


2 




18 


16 


33 


3 




34 


17 


Dan. I 


4 




Dan. 2 


18 


3 


S" 




4 


19 


5" 


zPier. I 




6 


20 


7 


2 


Jeûne. 


8 


21 


9 


3 


S.Barthelemi 




22 




iJean i 


Apot. 


10 


^3 


II 


2 




12 


24 


Ofée. I 


3 




Of.2.6c3 


25- 


4 


4 


S. Auguft. 


^'c 


26 


7 


T 


Dccolation de 


8 


i7 


9 


2jean.3 


S. J.Baptifte. 


10 


28 


1 1 


jude 




I 2 


Math. I 


13 


Rom. I 



C 4 



5£P- 



xxxii Le Calendrier, 

SEPTEMBRES XXX JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 











PR 


I E R E S 


PRIERES 






T>U 


MA TIN. 


D Î7 5 J R. 






iLeç 


on. 


2 Leçon. 


I Le(^on. 


2 Leçon 


\6 


1 \ 


Calend. 


Gilcs Ab. 


Ofce 


14 


-Vlat. 2 


Joël 1 


îlom. 2 


5 


i ï 


; 4 Non. 




Joël 




3 


3 


3 




3^ 


^ 3 Non. 




Amos 




4 


Amos 2 


4 


^3 


4 l 


3Pr.Non. 








S 


4 


2 


f c 


NONA. 








6 


6 


6 




6 c 


i 8 Idus. 






7 
8 


8 


7 

8 


lo 


7 e 


7ld. 


Enurque 




Abdias 




8 f 


6Id. 


NaifT. de la 


Jonas 




9 


Jon. 2,3 


9 
10 


i8 


^ \ 


' ^î^- 


V. Marie. 






10 


Mich. I 


7 


ro i'i 


4 Id. 




Mich. 




j I 




1 1 


4 


12 C 

13 d 


) i Id. 
Prid. Id. 
Idus. 




Nah. 




12 

ï3 

14 

16 


Nah. 2 


12 
14 

16 


12 


14 e 


iSC.OJ? 
17 Cal. 


JourdeS.Croix 


Hab. 




Hab. I 
Sop. 2 
Zach. I 


I 


i6^ 

'7^ 


;i6 Cal. 
15- Cal. 


Lambert Ev. 6c 


Sop. 




17 
18 


iCor. I 

2 


9 


i8 b 


14 Cal. 


(M 


^ZZ- 




^9 


3 
4 
5- 
6 

7 


17 


ip c 

20 d 


13 Cal. 
r2 Cal. 


Jeun?. 


Zach.: 


^'3 
6 


20 
2 1 


42C5 


6 


21 e 


1 1 Cal. 


S.Matthieu, 






22 




22 f 

1 


10 Cal. 


Apot. 




8 


^3 


1 1 


1 + 


^3'g 


9 Cal. 






10 


24 

26 

27 
28 


3 


24A 

25.. b 

26 c 


8 Cal. 
7 Cal. 
6 Cal. 


S. Cyprien. 


Mal. 


12 

H 

2 


13 

Mal. I 

Tob. I 




9 

10 
1 1 


'9 


27 d 


f Cal. 






4 


1 2 




28,C 


4 Cal, 




Tob. 


z 


Marc. I 




13 


3 


29 f 


3 Cal. 


S. Michel. 






^ 




30 g 


Pr.Cal. 


S. Hieroi: 




4 


3 


6 


14 



ocro- 



Avec la Table des Leçons, xxxiii 

oc tO B RE J XXXI JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 



iG 


I 


A 


S 


2 


b 


^3 


3 


c 


2 


4 


d 




5- 


e 


(0 


6 


t 




7 


g 


i8 


b 


A 


7 


9 


b 




IC 


c 


15 


I 1 


d 


4 


12 


e 




13 


f 


12 


14 


g 


I 


'f 


A 




16 


L) 


9 


'7 


C 




ib 


d 


'7 


19 


e 


6 


20 


f 




2 1 


^, 


H 


i2 


A 


3 


'-3 


b 




M 


c 


II 


if 


d 




26 


c 


19 


^7 


f 


8 


28 


K' 




^9 


A 


16 


30 


b 


f 


3' 


c 







PRIERES 


PRIERES 




DU MATI N. 


D U . 


SOIR. 




i Leçon. 


X Leçon. 


I Leçon. 


2 Leçon 


Calend |RemyEv. 


Tob. 7 


Marc 4 


Tob. 8 


iCor. 16 


6 Non. 




9 


S 


10 


zCor. I 


5" Non. 




II 


6 


IZ 


1 


4 Non. 




13 


7 


14 


5 


3 Non. 




Jud. I 


8 


Jud. 2 


4 


Pr. Non. 

NoKiE. 


S.Foy.V.&M 


3 


9 
10 


4 
6 


6 


8 Idus. 




7 


II 


8 


7 


7 Id. 


S. Denis. 


9 


12 


10 


/ 

8 


6 Id. 
>-ld. 




II 
^3 


14 


12 

14 


9 
10 


4 Id. 




'i* 


If 


16 


II 


3 Id. 


S. Edward, 


Sap. I 


16 


Sap. 2 


II 


?iid. Id. 

T 


Confeil. 


3 


Lu,i*j.5p 


4 


13 


Idus- 




i" 


IV. 39 


6 


Gidat. I 


1 7 C.A^o. 




7 


2 


8 


2 


j6 Cal. 
i>- Cal. 
14 Cal. 
r 3 Cal. 


Ethcldred 

S. Luc Evang. 


9 

1 1 
13 


l 

S 
6 


10 

II 

14 


3 
4 
f 
6 


12 Cal. 
II Cil. 




If 

17 


7 
8 


16 
18 


Ephef. I 

2 


10 Cal. 
9 Cal. 




19 

Eccl. 1 


9 

10 


Eccl. I 

f 

7 


3 

4 

f 

6 


8 Cal. 
7 Cal. 


Crefpin. 


4 
6 


II 
II 


6 Cal. 


Jcûiir. 


S 


13 


9 


Philip. I 


S Cal. 


S. Simon £c 




14 




1 


4 Cal. 


S.JUDF. 


10 


If 


II 


3 

4 

Colof. I 


3 Cal. 
Pr.Cal. 


Jeûae. 




16 

17 


13 
If 



* Remarquez, que le i chap. de S. tttc ne doit être lu que jufques au 

verf. ^9. 



XXXIV 



Le Calendrier, 



NOVEMBRE J XXX JOURS, 
LA LUNE EN A XXIX. 



(8 

7 

»5 
4 

12 

1 

9 

17 
6 

'4 

3 

II 



Calent». 
4 Non. 
. 5 Non. 
g Pr.Non. 

* NoNyE. 

8 Idus. 
7 Id. 

6 Id. 
5-Id. 
4 Id. 
3 Id. 

Prid. Id. 
Idus. 
SC.De 

7 Cal. 
6 Cal. 

- -5- Cal. 
g 14 Cal. 
^ - Cal. 

Cal. 

Cal. 

Cal. 



ï3 



II 
II 

10 

9 Cal 
8 Cal. 
7 Cal. 
6 Cal. 
5- Cal. 
4 Cal. 
3 Cal. 
Pr. Cal. 



LaToussaint 



CoNsp.desPap 
Léonard. 



S. Martin. 
Brife Ev. 
Mac h ou. 
Hugues. 



Edmond. 

R. Se M. 
Cécile. 
S. Clem. 

Cather. 



Jeûne. 

S, André', Ap 



PRIERES 
DU MATIN. 
I Le^on. z Leçon. 



Ec. 16 



20 

22 
24 

^7 
29 

31 

33 
35- 
37 
39 
41 

43 
45- 

47 
49 

2 



Luc. 



Bar. 



4 
6 

Bel.&D. 

Eia. 2 

4 
6 

8 
10 
12 



18 

ï9 

20 
21 

22 
^3 

Jean, i 

2 

3 
4 

;■ 
6 

7 
8 

9 

10 
1 1 
12 

15 
14 

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16 

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18 

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20 

21 

I 



Aa. 



PRIERES 
DU SOIR. 
I Leçon. 



Ec. 



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21 

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(^)2y 
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42 

44 

(0+6 
48 



Bar. 



Su fan 
Efa. 



3 
5- 
7 
9 
1 1 

ï3 



.Thef. 



Leçon. 

Colof. 2 

3 
4 

iThef. 1 

2 

3 
4 
5" 

I 
2 

3 
iTim. I 

28C3 
4 

6 

iTim. I 
2 

3 
4 

Tite I 
2&:3 

Philem. 

Hebr. 1 
2 

3 
4 
f 
6 



(a) Remarquez que le 2,-. Je VEcclefîallique ne fe doit lire que jufquez. au 
V. 13. £/ {h) le chap. 30. quejiifques au v. iS. Et (c) le chap. 46. que 

DE 



FÂ 



ques au V. 



Avec la Table des Leçons. xxxv 

DECEMBRE A XXXI JOURS. 
LA LUNE EN A XXX. 



, R E s 
O 1 R. 
% Leçon. 

Hebr. 7 
8 

9 

10 
1 1 
II 

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2 

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21 

12 

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28 



29 



Calend. 
4 Non. 

3 Non. 
Pr. Non. 

NONiE. 

8 Idus. 
7ld. 
6 Id. 
yid. 
4ld. 
gid. 
Prid. Id. 
Idus. 

18 Cal. 
17 Cal. 
16 Cal. 
15- Cal. 
14 Cal. 
C3 Cal. 
ï2 Cal. 

I Cal. 
îo Cal. 

9 Cal. 

8 Cal. 

7 Cal. 

-5 Cal. 

5- Cal. 

4 Cal. 
3 Cal. 

Pr. Cal. 



Nicol. Ev. 

Concept, de la 
V . Marie. 



Lucie V. Se M 



O Sapient. 



Jeûne. 
S, Thomas. 



Jeûne. 

Naiss.de N.S 
S.Etienne. 
S, Jea>3. Ap. 
Les înnocens. 



Sylveftre Rv, 



PRIERES 1 


PRIE 


D U M ATI N.\ 


DUS 


I Leçon. 


2 Leçon. 


I Leçon. 


Efa. 14 


Aa. 2 


Ef. 15- 


16 


3 


17 


18 


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33 


10 


34 


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37 


II 


38 


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41 


14 


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28 


66 



Jaq. 



I Pier. 



2 Fier. 



ijean 



Jean 
3jcan 
Jude. 



Ta 



XXXVI 



^ i&, ^ ^ ^ fSGi ^ 



«t 



jr^, js. 



à»â>ê>â.ë>'^ë>^M.^^^^^ 



Table perpétuelle pour trouver le jour de Paque. 



Le Nom- 
bre d'Or, 

I 

II 

III 

IV 

V 

VI 

vu 

VIII 

IX 

X 

XI 

XII 

XIII 

XIV 

XV 

XVI 

XVII 

XVIII 

XIX 



Avril 9 

Mars 26 

Avril 16 

Avril 9 

Mars 26 

Avril 16 

Avril 2 

Avril 23 

Avril 9 

Avril 2 

Avril 16 

Avril 9 

Mars 26 

Avril 16 

Avril 2 

j Mars 26 

Avril ï 6 

Avril 2 

•Avril 23 



B 



Mars 28 



1 1 

28 
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4 
28 
II 

4 
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1 1 
2 
ib 
II 
28 
18 

4 
28 



D 

12 

29 

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12 

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12 

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Mars 3 1 




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14 

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Mars 


13 

3° 


14 
3' 


20 


21 



Avril 



Avril 



Avril 



Avril 



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8 
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8 

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s 

i) 

I 

22 



Aî*^«/ trouvé la lettre Dominicale en la première ligne, vous defcendrez. 
jufques à ce que vous foyez. vîs-a-vîs du Nombre d'Or de l'Année que 
%oui cherchez.. Et là vous trouverez, le mois, ^ le jour de Paque pour 
cette Année là. Mais remarquez, que le nom du mois ejl marqué à. la main 
gauche, ou auprès du nombre qui marque le jour du mois, ^ ne fuit point en 
décendant, comme dans d'autres Tables j mais eji en li^ne collatérale. 



Remarquez que l'Eglife Anglicane commence la fupputation de l'an de nôtre 
Seigneur au vingt- cinquième jour de Mars. 



TABLE 



XXXVIÎ 



TABLE 

De ce qui eft contenu dans ce Livre- 



ÏA Préface. — page 1 1 1 

j Du Service de l'Eglife. — — viii 

s Cérémonies. xii 

L'Ordre qu'il faut fuivre en la Ledlure des Pfeaumes & du refte 
de l'Ecriture Sainte. xvi 

Table des Leçons & des Pfeaumes propres pour les Dimanches, 
& Jours de Fêtes. — — xviii 

Le Calendrier. — xxiv 

L'Ordre pour les Prières du Matin. — pag.i 

L'Ordre pour les Prières du Soir. — — 14 

Le Simboled'Athanafe. . . — 24 

La Litanie. — — 26 

Prières, pour diverfes occafions. — ^ •— o^'i, 

Actions de grâces générales. — '^'] 

LesColledes, les Epitres & lesEvangiles pour toute l'Année. 41 

Pour le premier Dimanche de l'A vent. 41 

Pour le jour de Noël. — 47 

Pour le jour de l'Epiphanie. p^G 

Pour le premier jour du Carême, ou Mécredi des cendres. 73 
Pour le Vendredi Saint. — — 105 

Pour le jour de Pâque. — ■ 1 1 2 

Pour le jour de l' Afcenfion. — — 125 

Pour le jour de la Pentecôte. 128 

Pour le Dimanche de la Trinité. 133 

Pour les jours de S. André, de S. Thomas, de S. Paul, &c. 1 73 

L'Adminiftration de la Sainte Cène. 203- 

L'Adminiftration du Bateme en public. — . 229 

L'A dminiftration du Bateme en particulier, 237 

L'Admis 



5cxxviit Table. 

L' Adminiftration du Batéme des Adultes. — — 244 

Le Catéchifme. ■ 253 

La Confirmation. 261 

La Célébration du Mariage. — — 265 

La Vifite des Malades. — 275 

La Communion des Malades. — — — 286 

L'Ordre pour la Sépulture des Morts. ■ 289 

■Alitions de Grâces pour les femmes qui relèvent de couches. 

297 
La Commination. ■ — — « . 301 

Le Pfautier. 309 

Prières dont on doit fe lervir fur mer. ■ — 469 

La Forme de rOrdination des Diacres. — 481 

La Forme de l'Ordination des Prêtres. 49 1 

La Forme de la Confécration des Archevêques & Evêques. 502 
Prières, & Adlions de grâces pour le 5 de Novembre, jour de 

la Confpiration des Papilles. - — 512 

Prièrespour le 30 de Janvier, jour du martire du Roi Charles 

premier. ~^ 51^ 

Prières, & Adions de grâces pour le 29 de Mai, jour de 
]'hcurcux rctablilTement du Roi Charles fécond. 529 
La Confefîion de Foi de l'Eglife Anglicane. ~ p,^j 
Le Canon du Sinode de la Province de Cantorbery pour Pex- 
plication du Ic^gitime ufage du figne de la Croix au Ba- 
téme. ^^i 

Pneres, & Adionsde grâces pour le 11 de Juin, jour auquel 

_ ^ fil Ma j EST £ ' a commence fon heureux Règne. SS 5 

Prières, & Aidions de grâces pour le 2 de Septembre, jour du 

funeile embrafement de la Ville de Londres. 562 

CoUede pour les tems de Perfecution. ^p^dG 






L'OR- 




L'ORDRE 

Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières 
DU Matin durant toute l'Année. 




^ Au commencement des Prières 
du Matin, le Miïiiflre récitera 
à haute voix quelqurnie^ ou 
plaffeurs de ces Sentences de 
l'Ecriture : & enfiite il dira 
ce qui fuit lej dites Sentences, 

" J AND le me- 
chant fe dé- 
tournera de 
a niéchan- 
etcqu il au- 
ra commife, 
& qu il fera ce qui eft jufte & 
droit, il fera vivre fon ame. 
Ezech, c. i8. V. 27. 

J e connois mes tranfgref- 
fions, & mon péché eft con- 
tinuellement devant moi. 
y/si. V. 5. 

Détourne ta face de mes 
péchez, & efface toutes 
mes iniquitez, !P/? 5 1 , v. 
II. 

Les Sacrifices de Dieu, 

fontlefprit froiffé, ôDieu, 

tu ne meprifes point lefprit 

froiffé(5cbrifé,îy:5t.v. 19. 

Rompez vos ca.-ur5> & 



non pas vos vetemens, & 
retournez à rEtcrncl vôtre 
Dieu i car il eft mifcricor- 
dieux & pitoiabic, tardif 
à colcre, & abondant en 
gratuité, & qui fe repent 
d'avoir aflîigé. Joël c. z. 

V. I^ 

Les tnifericordcs & les 
pardons font du Seigneur 
nôtre Dieu : car nous nous 
fommes rebellez contre lui; 
& nous n avons point écou- 
té la voix de l'Eternel nôtre 
Dieu, pour marcher dans iz^ 
Loix, qu il a mifes devant 
nous. i>an, c.9. v. 9? 10. 

O Eternel, châtie moi; 
mais que ce foie par 
niefure, & non en ta co-» 
1ère; de peur que tu ne me 
reduifes à néant. Jerem. i p» 
V. 24, 

Amendez- vous : car le 
Roiaumc des Qivax eft pro- 
che. Matt.cz.v.z, • 

Je me lèverai, ôc m'en 
irai vers mon Père, 6c lui 
B dirai ; 



i PRÎERES DU 

dirai; A^onP'êre, j'ay péché 
contre le Ciel, & devant 
toi 5 & je ne (iiis plus digne 
d être appelle ton fils. Luc, 
c. 15. V. 18, 19. 

N'entre point en juge- 
ment avec ton ferviteur, 
car nul homme vivant ne 
fera juftifié devant toi. Tf, 
143. V. 2. 

Si nous difons que nous 
n'avons point de péché, 
nous nous fcduifons nous- 
mêmes, & la vérité n efl: 
point en nous. Si nous con- 
feffons nos péchez, il efl 
fidèle & jufte pour nous 
pardonner nos péchez, & 
nous nettoier de toute ini- 
quité, I S.Jean, ci. v.8, 9. 



TRcs-chers Frères, l'E- 
criture fainte nous ex- 
horte en plufieurs endroits, 
à reconnoitre & à confcflcr 
la multitude de nos péchez, 
& de nos iniquitez 5 & elle 
nous avertit que nous ne 
devons point les dillimuler, 
ni les cacher devant la face 
de notre Dieu & Pêrc ce- 
lefie : mais que nous devons 
les confefler d un cœur hu- 
milié, contrit, & obéïfiant, 
pour en obtenir la remiinon 
par fa mifericorde infinie : 



M A T I N« 

Et bien qu'en tout tems 
nous devions reconnoitre & 
confefler nos péchez devant 
Dieu, nous y fommes plus 
particulièrement obligez , 
lorfque nous nous aflcm- 
blons pour lui rendre grâ- 
ces des grands bien-faits 
que nous avons reçus de fa 
main, pour annoncer fes 
Loiiangcs, pour écouter fa 
fainte Parole, ôc pour lui 
demander les chofes qui 
nous font neceflaires tant 
pour le corps que pour l'a- 
me. C'eft pourquoi je vous 
prie, vous tous qui êtes ici 
préfents, de m'accompagner 
d'un cœur pur, & d'une voix 
humble, au Trône de la 
grâce celcfte, diiants après 
moi : 



5 Co'rifefftnn ghéraïe^ que toute 
rjjf emblée doit dire à genoux 
après le Miniftre. 

PEre Tout-puifTant, & 
très miiericordieux , 
nous nous fommes éearez, 

6 détournez de tes fentiers, 
comme des brebis perdues : 
Nous avons trop fuivi les 
imaginations &c lesconvoi- 
tifes de nos cœurs : Nous 
avons tranfgrefle tes faints 
commaadcmens : Nous 

n'avons 



Prières du Mâtiné 



n'avons poiiit fait les chofcs 
que nous devions avoir 
faites 5 ôc nous avons fait 
celles que nous ne devions 
point faire : & il n y a rien 
d entier en nous. Mais, Toi^ 
Seigneur, aie pitié de nous, 
mi ferablcs pécheurs. O Dieu, 



la remiilion de fes péchez % 
pardonne à tous ceux qui fe 
repentent en vérité, & qui 
croient fans feinte à fon S* 
Evangile, & il les abfout 
tous5 C'efl pourquoi prions 
le qu il lui plaife de nous 
donner une vraie repen- 



pardonne à ceux qui confef- i tance, & fon S. Efprit j aha 
fent leurs fautes } fai grâce i que le culte que nous lui 
à ceux qui fe repentent^ | rendons préfentement lui 
fui vaut tes promefles faites { Ibit agréable, & que toute 
au genre humain, en Jcfus | nôtre vie foit pure & faintc 
Ghrift nôtre Seigneur : & | à l'avenir j tellement que 
iious accorde, ô Père très- i nous parvenions enfin à fa 
mifcricordicux , pour la- 'gloire étcrnelle,^ par Jcfus 
inour de lui, qu'à l'avenir j Chrift nôtre Seigneur, 
nous puiinons vivre fobre- ! j 1^- /^^^/^/^ répondra ici, &à 



ment, juftement, & reli- 
gieufement, à la gloire de 
ton faint Nom. Amen. 

% V Atfotutîon ou remiffion des 
pechez..^qui fe doit prononcer par 
le Prêtre feul étant debout , le 
peuple demeurant à genoux. 

LE DieuTout-puiffant, le 
Père de nôtre Seigneur 
Jcfus Chrîft, qui ne défire 
point la mort du pécheur, 
mais plutôt qu'il fe con- 
vertiffe de fon iniquité & 
qu'il vive h qui auflî a donné 
pouvoir & commandement 
à fes Miniflres de déclarer 
6c de prononcef à fori peu* 
pie pénitent ïé^iéiwàôû & 



la pïi de toutes 
Prières, Amen. 



les autres 



5 Alors le Miniflre fe mettra à 
genoux, & dira r Or ai fon Do^ 
mi ni cale à haute voix, le peu* 
pie s^ agenouillant auffi, & la 
repétant ici de même cjiie pav 
tout où eUe fe trowvè dam le 
Service Divin. 

Otre Père qui es ûuX 
Cieux, Ton Nom 
foit fandifié. Ton Règne 
vienne. Ta Volonté foit faite: 
en la terre comme au CieU 
Donne nous aujourd'hui nô- 
tre pain quotidien. Et nous 
pardonne nos offenfes, com- 
me nous pardonnons à ceux 

B z qui 



N 



éj^ Prières d 

qui nous ont ofFcnfez. Et ne 
nous indui point en tenta- 
tion 5 Mais délivre nous du 
malin : Car à toi cft le 
Règne, la Puîfîance, & la 
Gloire aux fiéclcs des fiécles. 
Amen* 

%îl dira aufjî, 
O Seigneur, ouvre nos 
lèvres. 

Réponfe, 
Et nôtre bouche annon- 
cera ta louange. 

Le Minifire. \ 

Eternel, hâte toi de ve- 
nir à notre aide. 
Réponfe. 
Hâte toi de venir à nô- 
tre aide. Seigneur. 

J Icy chacun fe levant^ & Je te- 
nant debout^ le Miniflre dira^ 

Gloire foit au Père, ôc au 
Fils, & au Saint Efprit. 
Réponfe, 
Comme il étoit au com- 
mencement, comme ii eft 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen. 
Le Miniftre, 
I-oiiez le Seigneur. 

Réponfe. 
Le Nom du Seigneur foit 
loiié. 

5 Apres Von dira, ou Von chan^ 
' leva le Pfeaume qui fuit: ex- 
:■: cejpté le jour de Pâ^ue, pour la 



u Matin* 

folèmnité duquel il y a une 
autre Antienne. Et il ne fe 
doit point lire en ce lieu le 19, 
jour de chaque mois y mais feu-- 
lement dans la fuite ordinaire 
des Pfeaumes. 

Venite Exuîtemus, PfpS- 

VEnés, chantons à TE- 
ternel, jcttons des cris 
de réjouïilancc au rocher de 
nôtre falut. 

Avançons nous devant fa 
face en lui prefentant nos 
louanges; & jcttons devant 
lui des cris de réjouïiîance 
en chantant des Pfeaumes. 

Car l'Eternel eft un 2)/>« 
Fort & Grand, & il eft un 
Grand Roi par dcfliis tous 
les Dieux; 

Les lieux les plus profonds 
de la terre font en fa main, 
& les forces des montagnes 
font à lui. 

C'eft à lui qu appartient la 
mer 5 car lui même Ta faites 
&fes mains ont formé le fcc. 

Venés, profternons nous^ 
inclinons nous, & mettons 
nous à genoux devant l'E- 
ternel qui nous a faits : 

Car il eft nôtre Dieu 5 & 
nousfommes le peuple de fa 
pâture & les brebis de fa 
conduite. 

Si vous entendez aujour- 



Trières du Matin7 



E^huyfa voix, nendurcifles 
point vôtre cœur, comme 
en Mériba, & comme à la 
journée de Mafla au defcrt : 

Là où vos Pères m ont 
tenté & éprouvé j & aulîl 
ont-ils vu mes œuvres. 

J'ai été ennuie de cette 
génération durant quarante 
ans, & j ai dit i C'cft un peu- 
pie dont le cœur s'égare j & 
ils n'ont point connu mes 
voies : 

C'eft pourquoi j'ai juré 
en ma colère, qu'ils n'cntre- 
roknt point dans mon repos. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Elprit. 
Réponfe, 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eit 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen, 



'on 



î Après fuivYOnt les Pfeatimes feh 
l'Ordre prefcrit : & à la fin 
de chaque Pfeaume^ com'me 
au[rt à la fin- du Bencdicite, 
du Benediélus, <//^ Magnifi- 
cat, .& du Nunç dimitns 
fera toujours répété^ 

Gloire foit au Père, é^c. 
Comme il étoit au com- 
mencement, ^c^ 

*Ç Après fera Ue diftinEiement à 
haute voix la première Leçon 
^uiferaprife du Vieu% Tefia- 



ment^ félon TOrdre prefcrit aU 
Calendrier : fi ce nefl aux 
jours cjui ont leurs Leçons prO" 
près. Celui qui fait la leBure 
fe tiendra debout^ fe tournant 
de telle for je ^ quilpuifje mieux 
être entendu de tous les ajfi[îans. 
Et après cela fera dit ou chanté 
chaque jour en langue vulgaire 
p^endant toute l*ann-'ej* Hymne 
appellée Te Deum laudanjus. 
Remarquez, que devant chaque 
Leçon le Miniftre diray Ici 
commence un tel Chapitre, 
ou un tel Ver le t d^.m tel 
Livre : & après chaque Leçoa^ 
ici f-init la première, ou îa 
fecoiîde Leçon. 

NOus célébrons tes 
loiiangcs, ô Dieu : ôç. 
nous reconnoiflbils que tu 
es le Seigneur 5 

Toute la terre t'adore, ô 
d'étcrnitc ; 

A toi les Anges élèvent 
leurs voix : le Ciel & toutes 
les Puifiknces qui y font ^ 

A toi les Chérubins & les 
Séraphins crient fanscefle^ 

Saint, Saint, Saint, Sei- 
gneur Dieu des armées y 

Les CicLix & la Terre 
font remplis de la Majcûé 
de ta Gloires 

La Compagnie glorieufè 
des Apôtres, célèbre tes 
louanges i- 

L ' AlïeniJblèe excelleiate 



Père 



^ IPrieres 

des Prophètes cclcbre tes 
loiiangcs ; 

La triomphante armée 
des Martyrs célèbre tes lou- 
anges ; 

La Sainte Eglife Uni- 
Verfelle te reconnoit & te 
confeffe. 

Le Père, d'une Majeftc 
infinie 5 

Ton Fils unique, vrai & 
vénérable , 

Auffi le Saint Elprit, le 
Confolateur. 

. Tu es le Roi de Gloire, ô 
Chrift; 

Tu es le Fils éternel du 
JPêre; 

Quand il t'a plu d'entre- 
prendre nôtre Rédemption, 
tu n'as pas dédaigné le fein 
de la Vierge ; 

Aiant furmônté les dou- 
leurs de la mort, tu as ou- 
vert le PvOiaume des Cicux 
à tous les croians 5 

Tu es aflls à la droite de 
Dieu, dans la gloire du Père. 
Nous croions que tu vien- 
dras pour être nôtre Juges 

C'ell pourquoi nous te 
prions de fecourir tes fervi- 
teurs, que tu as rachetez 
par ton fang précieux. 

Fai qu'ils Ibient du nom- 
bre de tes Saints dans la 
gloire éternelle. 



DU M A T I K^ 

Seigneur Dieu, fauve ton 
peuple, & béni tonhéritagei 

Gouvcrne-le ôc le foutica 
à jamais 5 

De jour en jour nous te 
magnifions $ 

Et nous honorons ton 
Nom éternellement. 

Seigneur, veuille nous 
prefcrvcr de tout péché pen- 
dant ce jour. 

O Seigneur, aie pitié de 
nous, aie pitié de nous. 

O Seigneur, que ta mife- 
ricordc foit fiu' nous, comme 
nous nous fommes attendus 
ci toi. 

Seigneur Dieu, je me fuis 
attendu à toi : ne permet 
pasqueje lois jamais confus. 

Ou ce Cantique, Benedicite, 
omnia optra. 

VOus toutes les œuvres 
du Seigneur, beniffez 
le Seigneurs loiiez le, & 
l'exaltez par defllis toutes 
chofes à jamais. 

Vous Cieux, beniffez le 
Seigneur; loiiez-lc, & l'exal- 
tez par deilus toutes chofes 
à jamais. 

Vous, Anges du Seigneur, 
beniffez le Seigneur 5 louez- 
le, & l'exaltez par deilus 
toutes chofes à jamais. 

Vous,toutes les Eaux qui 
êtes fur les Cieux, beniffez le 

Sei- 



Prières 

Seigneur, loiicz-lc & Icxal- 
tez par dcffus toutes chofes 
à jamais. 

Vous, toutes les Vertus du 
Seigneur bcnillezleSei^neur 
l loùez-le, & i'exaltez par dei^ 
{ fiis toutes chofes à jamais. 

Vous, Soleil & Lune, 
beniffez le Seigneur ; loiiez- 
Ic, & Texaltcz par deflus 
toutes choies à jamais. 

Vous, Etoiles du Ciel, 
beniffez le Seigneur j loiiez- 
le, & Texaltez par dcffus 
toutes choies à jamais. 

Vous, toute Pluye 6c Ro- 
fée, beniffez le Seigneur; 
loiiez-le, & lexaltez par 
deffus toutes chofes à jamais. 

Vous, tous les Vents, be- 
niffez le Seigneur 5 loiiez- 
le, & Texaltez par deffus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Feu & Chaleur, 
beniffez le Seigneur ; loiiez- 
le, & l'exaltez par deffus 
toutes cho(es à jamais. 

Vous, Hyver & Eté, be- 
niffez le Seigneur ; loiiez-» 
le, & Tcxaltez par deffus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Rofées &Bruines, 
beniffez le Seigneur, loiiez- 
le, & Texaltez par deffus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Nuits & Jours, be- 
niffez k Sçignçuri louez,- 



DU Matin.' 7 

le, & Texaltez par deffus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Lumière & Ténè- 
bres, beniffez le Seigneur; 
loiiez-ie, & lexaltez par 
ài:.Si\s toutes chofes à jamais. 

Vous, Gelée & Froidure, 
beniffez le Seigneur 5 loiiez- 
le, ôc lexaltez par deffus 
tontes chofes d jamais. 

Voiis, Glaces & Neiges, 
beniffez le Seigneur j loiiez- 
le, & Texalrez par deffus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Eclairs & Nuées, 
beniffez le Seigneur 5 loiiez- 
le, & l'exaltez par deflus 
toutes chofes à jamais. 

Qiie la Terre beniffe le 
Seigneur 5 qu elle le loiie, & 
Texalte par deffus toutes 
chofes d jamais. 

Vous, Montagnes & Co- 
lin es, beniffez le Seigneur j 
loùez-le, 6c Texaltez par 
deffustoutes chofes a jamais. 

Vous, toutes les chofes 
qui germez dans la Terre, 
beniffez le Seigneur : loiiez- 
le, 6c fexaltez par deflus 
toutes chofes à jamais. 

Vous, Fontaines, beniffez 
le Seigneur; loùez-le, 6c 
Texaltez par deflus toutes 
chofes à jamais. 

VquS;, Mer 6c Fleuves,, 
E 4 bénit 



s Prières n 

bemilcz le Scigaciir 5 loiiez-' 
le, & Texaltcz par dcilus 
toutes choies à jamais. 

Vous, Baleines, & toutes 
les chqfcs qui fe remuent 
dr.ns les Eaux, beniiiezi le 
Seigneur 5 ioùez-lc; Se Texal- 
tez par defius toutes chofes 
a jamais. 

VouS; tous les Oifeaujc du 
Ciel, beniffez le Seigneur i 
louez-le, (Se Texaltcz par 
deflus toutes chofes à jamais. 

Vous, touics les Bêtes & 
les Troupeaux, beniuez le 
Seigneuri loùez-le, &rex- 
altez par defius toutes 
chofes à jamais. 

Vous, Fils des hommes, 
beniflez le Seigneur 5 louez- 
le, & Fcxaltez par deiliis 
toutes chofes à jamais. 

Qu'lfrael bcnide le Sei- 
gneur j qu'il le loue, & quil 
lexalte^ par deffus toutes 
chofes à jamais. 

Vous, Sacrificateurs duSei- 
gneur, beniffez le Seigneur ; 
loucz-le, ôc lexaltez par 
deflus toutes chofes à jamais. 

Vous, Serviteurs du Sei- 
gneur, benifiez le Seigneur 5 
loLiez-le, & lexaltez par 
deiïus tomes chofes à jamais, 

Vous,Efprits ôc Ames des 
Juftes, beniflez le Seigneuri 
ioiiez-le, & Texaltez par 



u Matin.* 

deflus toutes chofes à jamaisJ 
Vous, Saints qui êtes hum- 
bles de cœur, beniflez le Sei- 
gneur ; Ioiiez-le, & Texaltcz 
par deflus toutes chofes à 
jamais. 

Vous, Ananias, Azarias, & 
Mifaëi, bcniiiez le Seigneur^ 
îoiicz-le, & Texaltez par 
dcfllis toutes cliofcsà jamais. 

Gloire foit au Pêrc, 5c au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il çfl: 
maintenant, ôc comme il 
fera éternellement. Amen. 

% Alors fera lue en la. mhne 
manière la féconde Leçon^ qui 
fe pend du Nouveau 'Tejîa-^ 
ment: Et après, l'Hymne fui- 
vante: excepté quand il arri^ 
ver a qu'elle jer a lue dans te 
Chapitre marqué pour te "J'^ur^ 
eu pour r Evangile^ le jour de 
Saint "Jean Baptjfie, 

Benediélus. Ltic,c> i.v. (58. 

BEnifoitle Seigneur^ le 
Dieu d'Ifiac'l, de ce 
quil a vifité <3c délivré fon 
peuple 5 

Et qu'il nous a élevé la 
corne du falut daqs la mai- 
fon de David, fon ferviteur: 

Selon ce qu il avoit dit 
par la bouche de fes Saints 
Prophètes, qui ont été de 
tout temps i Que 



Prières du 

Que nous ferions fauvez 
tle la main de nos ennemis, 
& de la main de tous ceux 
qui nous haïfTent, 

Pour exercer mifericorde 
envers nos Pêrcs, & avoir 
mémoire dç fa fainte Al- 
liance 5 

Qui eft le ferment qu il a 
fait à Abraham nôtre Père : 

Sàvoify qu il nous don- 
neroit, quêtant délivrez de 
la main de nosennemis,nous 
ie fervirions fans crainte, 

En fainteté & en juftice 
4evant lui, tous les jours 
de nôtre vie. 

Et toi, petit enfant, tu 
feras appelle le Prophète 
du Souverain : car tu iras 
devant la face du Seigneur, 
pour préparer fcs voies : 

Et pour donner la con- 
noiilance du falut à fon peu- 
ple, dans la remilhon de 
leurs péchez. 

Par les entrailles de la 
mifericorde de nôtre Dieu> 
dcfquelles l'Orient d'enhaut 
nous a vifitez : 

Afin de reluire à ceux qui 
fontaiîis dans les ténèbres 
& dans l'ombre de la morts 
& pour adreffer nos pieds 
au chemin de la paix. 

Gloire foit au Père, & au 
ïils, & au Saint Efprit. 



Matin!; >3I 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen. 
% Ou ce Pfeaume^ Jubilate Deo. 
Pf, lOO. 

VOus tous les habitans 
de la terre, jettezdes 
cris de réjouïifance à TE- 
ternel: fervez TEternel avec 
ailégrelle, venez devant lui 
avec un chant de joie. 

Connoiflez que rEternel 
eft Dieu 5 c'eftlui qui nous 
a faits, & ce n eft pas nous 
qui nous fommes faits: nous 
fommes fon peuple, de le 
troupeau de fa pâture. 

Entrez dans fes portes avec 
adions des grâces, & dans 
fes parvis avec des loiianges : 
célébrez-le , beniifez fon 
Nom : 

Car rEternel eft bon, fa 
gratuité demeure à toujours, 
& fa fidélité d âge en âge.. 

Gloire foit au Père, é^c. " 

Comme il étoit, i^c. 

% Alors fera chanté ou recité le 

Sjmbole des Apôtres par le 

Miniftrs Ù par le Peuple étant 

debout: excepté feulement les 

jours au/quels le Symbole d'A- 

tkariafi doit être ht 

£ croi en Dieu le Pêrç 

Tout-puiiiant;, Créateur 

du 



J 



Yo Prières 

du cîcl, & de la terre. Et en 
Jefus Chrift fon Fils unique 
notre Seigneur, qui a été 
conçu du Saint Efprit, ell 
né de la Vierge Marie, a 
foufFert fous Ponce Pilate, 
a été crucifié, cft mort, ôc 
a été enfevelii II eft de- 
iccnduaux enfers, Letroi- 
lîémc jour il eft reffufcité 
des morts i II eft monté 
aux cieux s H eft aftîs à la 
droite de Dieu le PêreTout- 
puilfant j Et de là il vien- 
dra juger les vivans, & les 
morts. Jecroi au S.Eiprit. 
Je croi la Sainte Eglife uni- 
verfclki La communion des 
Saints i La remiffion des 
pechezj La réfurredion de 
la chair, & la vie éternel- 
le. Amen. 

% Et après cela, les Prières fui- 
•vantes; tous étant dévotement 
à genoux, le Minifîre pronon- 
çant premièrement à haute voix. 

Le Seigneur foit avec vous. 

Réponfe. 
Et avec ton Efprit. 
Le Miniftre. 
irions Dieu, 
Seigneur, aie pitié de nous. 
Chrift aie pitié ete nmis. 
Seigneur aie pitié de nous. 

f Ahïs le Mmifire, les Clercs, & 
tout le Peuple diront rOraifon j 



DU Matik;' 

Dominicale en langue vulgaire 
à haute voix: 

Notre Père qui es aux 
cieux. Ton Nom foit 
fandifié. Ton Règne vienne. 
Ta Volonté foit faite en la 
terre comme au ciel. Don- 
ne nous aujourd'hui nôtre 
pain quotidien. Et nous par- 
donne nos oftenfes, comme 
nous pardonnons à ceux qui 
nous ont offenfez. Et ne 
nous indui point en tenta- 
tion y mais délivre nous du 
malin. Amen, 

% Apres le Miniflrefe tenant de^ 
bout, dira, 

O Seigneur, fai luire fur 
nous ta mifcricorde. 
Réponfe, 
Et nous accorde ton falut. 

Le Miniftre, 
O Seigneur fauve le Roi. 

Répofzfe. 
Et nous exauce par ta grâce 
quand nous t'invoquons. 
Le Miniftre, 
Revêt dejuftice tes Mi-. 
niftres. 

Réponfe. 
Et réjoui ton peuple élu. 

Le Miniftre, 
Seigneur Diçu, délivre 
ton peuple. 

Réponfe. 



Et béni ton héritage. 



u 



Prières 

Le Miniftre. 
Donne-nous paix en nos 
jours, ô Seigneur. 
Réponfe. 
Car il n y a que toi feul, 
o Dieu, qui combatte pour 
nous. 

Le Minijire. 
O Dieu, crée en nous des 
coeurs nets. 

Réponfe, 
Et ne nous ôte point TEf- 
prit de ta Sainteté. 

fl* Alors fuîVYont trois ColkEles. 
La première fera cette du jour, 
qui fera la même qui efl or- 
donnée pour la Communion* La 
féconde pour la paix. La troi- 
fiéme pour la grâce de bien 
vivre. Les deux dernières ne 
fe changeront jamais ; mais fe 
diront chaque jour de Vannée 
aux Prières du Matin , en la 
manière qui fuit^ chacun étant 
à genoux : 

% La féconde Collège pour la 
Paix. 

ODieu, qui es lauteur 
de la Paix, & qui ai- 
mes la concorde , en la con- 
noiilance duquel confiftc nô- 
tre vie éternelle, & dont le 
fcrvicc cft une liberté par- 
faite 5 défen-nous, tes hum- 
bles ferviteurs, contre tous 
les affauts de nos ennemis, 
afin que nous confiant en- 



DU Mâtiné xi 

tiérement en ta proteûion, 
nous n'aïons à craindre la 
puiffance d'aucun adver- 
faire ; par Jefus Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen. 
% La troifième ColleSle pour âf^ 
mander à Dieu fa Grâce, 

SEigneur nôtre Père ce- 
lefte. Dieu Eternel & 
Tout-puiffant, qui nous as 
fait arriver heureufemçftt 
au commencement de ce 
jour 5 conferve nous pendant 
fa durée par ta puiffance ; & 
nous fai la grâce qu*aujour- 
d'huy nous ne tombions 
dans aucun péché, & que 
nous ne courions aucun 
danger : mais dirige & con- 
dui tellement toutes nos ac- 
tions, que nous ne faffions 
rien qui ne foit jufte, '& 
droit en ta préfencej paç 
Jefus Chrift nôtre Seigneur, 
Amen. 

ir Dans les Chœurs & aux lieux 
où il y a des Chantres^ ici fuit 
l'Antienne, 

Après fe doivent lire les cinq 
Prières fuivantes : excepté 
quand on lit la Litanie ; & 
alors on ne lira que les deux 
dernières en V ordre où elles fe 
trouvent placées, 
^ Prière pour leK oi, 

O Seigneur, & Père celc- 
fte, Haut (3c Puiffant, 
Roi 



îi 



Prières du Matin.' 



Roi des Rois, Seigneur des 
Seigneurs, feul Gouverneur 
desPrinces,qui de ton Trône 
celeftc contemples tous les 
habitans de la terre; nous te 
fuplions de tout nôtre cœur, 
qu'il te plaife de regarder 
d un œuil propice, nôtre lé- 
gitime Souverain, le Roi 
George, & de le remplir 
tellement des grâces de ton 
Saint Efprit, qu'il fe porte 
toujours à faire ta volonté,& 
à marcher dans tes voies : 
Répan fur lui abondamment 
tes dons celeftes : Fai-lui la 
grâce de vivre long tems, en 
fanté&çn profperité: For- 
tifie-le, afin qu il puifTe vain- 
cre, & furmonter tous fcs 
ennemis : & qu enfin après 
cette vie, il parvienne à la 
gloire, & à la félicité éter- 
nelle; par Jefus Chrift nôtre 
Seigneur. Amen, ^ 

^Prière pour //ïFamilleRoiale. 

Dieu Tout-puiflant, qui 
es la fource de tout 
bien, nous te prions très 
humblement de bénir fa 
Majefté la Reine Caro- 
line, leurs Alteffes Roi- 
ales FREDERIC Prince de 
Galles, le Duc, les Princes- 
ses, & toute la Famille 



RoiALE : donne-leur ton 
Saint Efprit j rempli-les de 
ta Grâce celefte ; comble-les 
de toute forte de bonheur ; 
& les çondui à ton Roïaume 
éternel; par Jéfus Chrift 



notre Seigneur. 



Amen. 



% Prière four le Clergé & pour 
le Peuple. 

Dieu Eternel, & Tout- 
puiffant, qui feul fais 
de grandes merveilles; fai 
defcendre fur nos Evêques, 
& fur nos Miniftres, & fur 
tous les Troupeaux qui leur 
font commis, TEfprit falu- 
taire de ta Grâce ; & afin 
qu ils te puiflent être agré- 
ables, 'répan continuelle- 
ment fur eux la rofée de 
ta bénédiftion. Seigneur, 
exauce nous pour Tamour 
de nôtre Avocat & Médi- 
ateur ]efus Chrift. Amen. 

% Prière de S. Chrysostome. 

SEigneur, Dieu Tout- 
puiffant, qui nous as 
fait la grâce de t'adrcifer 
maintenant nos Prières d un 
commun accordy & qui 
nous as promis que quand 
deux ou trois feront ailcm- 
blcz en ton Nom, tu leur 
accorderas leurs requêtes ; 

ac- 



Prières 

accompli maintenant les 
fouhaits, & les demandes 
de tes ferviteurs, félon que 
tu connois qu il eft le plus 
expédient, & le plus falu- 
taire; nous accordant dans 
ce monde la connoiflance 
de ta vérité, & au fiécle à 
venir la vie éternelle. A- 



DU Matin.' tj 

f 2 CoYinth, xiiî. Verf. 15. 

LA Grâce de nôtre Sei- 
gneur Jefus Chrift, & 
la diledion de Dieu, & la 
communication du Saint 
Efprit, foit avec nous tous 
éternellement. Amen. 

hifiniffent les Prières du Ma- 
tin durant toute l* Année, 




L'OR 






U O R D R E 

Qui fe doit obferver chaque jour aux Prières 
DU Soir durant toute TAnnée. 



% Au commencement des Prières 
du Soir^ le Miniftre recitera 
à haute voix quelqu'une, ou 
plujîeurs de ces Sentences de 
l'Ecriture j & il dira enfuite 
ce qui fuit lef dites Sentences, 

QUAND le méchant 
,,fe détournera de fa 
méchanceté qu il aura com- 
mife, & qu'il fera ce qui eft 
jufte & droitjil fera vivre fon 
ame. Ezech.z, 1 8. v. 27. 

Je connois mes tranfgref- 
lîons, & mon péché eft con- 
tinuellement devant moi. 

y/si.v.i. 

Détourne ta face de mes 
péchez, & efface toutes 
mes iniquitez, Tf, 5 1 . v. 
II. 

Les Sacrifices de Dieu, 
font refprit froiffé ; ô Dieu, 
tu ne méprifes point Tefprit 
froifle & brifé. Tf^ i . v. 1 9. 

Rompez vos cœurs, & 
non pas vos vétemcns, & 
retournez à l'Eternel vôtre 
Dieu 5 car il eft mifericor- 
dicux & pitoïable, tardif à 
colère, & abondant en gra- 
tuité, 6c qui fe repent 



d'avoir affligé. Joël c. 2. 
V. 13. 

Les mifericordes, &_lcs 
pardons font du Seigneur 
nôtre Dieu : car nous nous 
fommes rebellez contre lui 5 
& nous n avons point écou- 
té la voix de l'Eternel nôtre 
Dieu : pour marcher dans 
fes Loix, qu'il a mifes de- 
vant nous. 2)^;/.c.9.v.9,io. 

O Eternel châtie-moi ; 
mais que ce foit par mefure, 
& non en ta colère ; de 
peur que tu ne me réduifes 
à néant. Jerem, c. i o. v.24. 

Amendez-vous : car le 
Roïaume des Cieux eft pro- 
che. Mat. c. 3. V. 2. 

Je me lèverai, & m'en 
irai vers mon Père, & lui 
dirai 5 Mon Père, j'ai péché 
contre le Ciel, & devant 
toi 5 & je ne fuis plus digne 
d'être apellé ton f;ls. Luc. 
C.15. v.18,19. 

N'entre point en juge- 
ment avec ton ferviteur : 
car nul homme vivant ne 
ferajuftifié devant toi. Tf, 



143.V.2. 



Si 



Prières t) 

Si nous difons que nous 
navons point de pechc, 
nous nous féduifons nous- 
mêmes, de la vérité nefl: 
point en nous. Si nous con- 
feflbns nos péchez, il eft 
jfîdele & jufte pour nous 
pardonner nos péchez, & 
nous nettoier de toute ini- 
quité, iS.jfeancA,Y.s,9' 

TRès-chcrs Frères, TE- 
criture fainte nous ex- 
horte en plufieurs endroits, 
à reconnoître & à confeffer 
la multitude de nos péchez, 
& de nos iniquitcz i &elle 
nous avertit que nous ne 
devons point les dillîmuler, 
ni les cacher devant la face 
de notre Dieu, 6c Père ce- 
lefte : mais que nous devons 
les confeffer d un cœur hu- 
milié, contrit, & obéïffant, 
pour en obtenir la remiffion 
par fa mifericorde infinie : 
Et bien quen tout tems, 
nous devions reconnoitre, Ôc 
confeffer nos péchez devant 
Dieu, nous y fommes plus 
particulièrement obligez , 
lorfque nous nous affem- 
blons pour lui rendre grâ- 
ces des grands bien-faits 
que nous avons reçus de fa 
main, pour annoncer ics 



V Soir: ij 

Louanges, pour écouter fa 
fainte Parole, ôc pour lui 
demander les chofes qui 
nous font neceffaires, tant 
pour le corps, que pour fa- 
mé. Cefl: pourquoi je vous 
prie, vous tous qui êtes ici 
préfents, de m'accompagner 
d'un cœur pur, & d une Voix 
humble, au trône de la 
grâce celefte, difants après 
moi : 

% Confefjîon générale^ que toute 
VAjfemhlée doit dire à genoux 
après le Minifire, 

PEre Tout-puiffant , & 
très mifericordieux , 
nous nous fommes égarez, 
& détournez de tes fentiers, 
comme des brebis perdues: 
Nous avons trop fuivi les 
imaginations, & les convoi- 
tifes de nos cœurs : Nous 
avons trangreffé tes faints 
commandemens : Nous n a- 
vons point fait les chofes 
que nous devions avoir 
faites j & nous avons fait 
celles que nous ne devions 
point faire : & il n y a rien 
d entier en nous» Mais, Toi, 
Seigneur,* aie pitié de nous, 
miferables pecheurs.O Dieu, 
pardonne à ceux qui confef- 
fent leurs fautes 5 fai grâce 
à ceux qui fe repentent, 
, fuivant 



l(§ PuîÊkES 

fuivant tes promcffcs faites 
ait genre humain, en Jeiùs 
Chriil nôtre Seigneur : & 
nous accorde, 6 Père très- 
iiiifericordicux, pour Ta- 
niour de lui, qu'à Tavenir 
nous puifllons vivre fobre- 
iiient, juftement, & rcli- 
gicufement, à la gloire de 
ton faint Nom. Amen, 

% V Ahfolumn ou remiffion des 
pechc-Zj qui fe doit prononcer 
' par le Prêtre feul étant deù&ut • 
■ le peuple dejneurant à genoux. 

LE DieuTout-puillant, le 
Père de nôtre Seigneur 
Jelus Chrift, qui ne défire 
point la mort du pécheur, 
mais plutôt qu'il fe con- 
vertiflc de fon iniquité & 
qu'il vive; qui auiîî adonné 
pouvoir & commandement 
à fes Miniftrcs de déclarer 
& de prononcer à fon peu- 
ple pénitent Tabfolution 
& la remiffion de fcs pé- 
chez ; pardonne à tous ceux 
qui fe repentent en véri- 
té, ôc qui croient fins 
feinte à fon Saint Evangile, 
&: il les abfout tous 5 C'eft 
pourquoi prions-le qu'il lui 
plaife de nous donner une 
vraie repentance, & fon 
S. Efprit; afin que le culte 
que nous lui rendons pré- 



DU Soiit.^ 

fentement lui foît agréa- 
ble, &que toute nôtre vie 
foit pure, & fainte à l'ave- 
nir, tellement que nous 
parvenions enfin à fa gloire- 
éternelle, par Jcfus Chrift 
nôtre Seigneur. 

% Le peuple répondra îci^ & â la 
fin de toutes tes autres Prières ^ 
Amen. 

% Alors le Miniftre fe mettra à 
genoux^ & dira l'Oraifon Do- 
minicale à haute voix : le peu- 
ple s^ agenouillant aujjt, & la 
repétant ici, de même que par 
tout où elle fe trouve dans le 
Service Divin, 

Notre Père qui es aux 
Cicux, Ton Nom 
foit fandifîé. Ton Règne 
vienne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne nous aujourd'hui nô- 
tre pain quotidien. Et nous 
pardonne nos ofFenfes, com- 
me nous pardonnons à ceux 
qui nous ont ofFenfcz. Et ne 
nous indui point en tenta- 
tion 5- Mais délivre nous du 
malin : Car à toi cft le 
Règne, la PuiiTance, & la 
Gloire aux fiécles dcsfiécles» 
Amen, 

Ç II dira anfft. 
O Seigneur; ouvre nos lè- 



vres. 



Ré^ 



Prières bTj Soir; 



ti 



Réponfe, 
Et nôtre bouche annon- 
cera ta louange. 

Le Mmijire* 
Eternel, hâte toi de ve- 
kiir à nôtre aide. 
Réponfe. 
Hâte toi de venir à nô- 
tre aide. Seigneur. 

% îci chacun fe levant y & fe te- 
nant debout y le Miniftre dira : 

Gloire foit au Père, & au 
Eils, & au Saint Efptit, 
Réponfe. 
Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen. 
Le Miniftre. 
Loiiez le Seigneur. 

Réponfe. 
Le N6m du Seigneur foit 
loiié. 

% Puis Von dira, ou Von chan- 
tera les Pfeaumeu filon l'ordre 
prefcrit : après fuivra la Le- 
çott du Vieux Te (îament félon 
f ordre : Puis le Magnificat 
en langue vulgaire, en la 
manière qui fuit. 

Magnificat. Luc. i. 4^. 

M On ame magnifie le 
Seigneur : & mon 
efprit s'eft égaie en Dieu, 
qui eft mon Sauveiit. 



Car il a regardé la pe- 
titelTe de fa fervante : voici, 
certes d orenavant tous les 
âges me diront bien-heu* 
reufe. 

Car le Puiffant m'a fait 
de grandes chofes, & fon 
Nom eft laint. 

Et fa mifericorde eft de 
génération eii génération, 
en faveur de ceux qui le 
craignent. 

il a puifTamment opé- 
ré par fon bras : il a dif- 
lîpé les orgueilleux dans la 
penféc de leur cœur. 

Il a mis bas de leurs 
trônes les puiflans, & il 
a élevé les petits. 

Il a rempli de biens ceux 
qui avoient faim : il a ren- 
voie les riches vuides. 

Il a pris en fa protcdion 
Ifraël fon ferviteur, pour fe 
fouvenir de fa mifericorde ; 

(Selon qu'il en a parlé 
à nos Pères, favoir à Abra- 
ham, ôc à fa poftérité) à 
jamais. 

Gloire foit au Père, ^c. 

Comme il étoit, &c. 

% Ou lien ce Pfeaume : excepté 1$ 
iç. jour du mois y quand il fe 
litfehn V ordre delaLeBure des 
Pfeaumes,' . 

"^^^ 

\ - C '•'- Cm-. 



x$ Prières 

Cantate Domîno. Pfeautm 98. 

C Hantez à rEternel un 
nouveau cantique , car 
il a fait des chofes rncrveil- 
leufes : Sa droite, & le bras 
de fa Sainteté l'ont délivré. 
UEternel a fait connoi- 
tre fa délivrance : il a révélé 
fa juftice devant les yeux 
des nations. ""V 

Il s'eft fouvenu- de fa gra- 
tuité, & de fa fidélité envers 
îamaifon dlfrael : tous les 
bouts de la terre ont vu le 
falut de nôtre Dieu. 

Vous tous les habitans de 
la terre, jettez des cris de ré- 
jouïffance à rEternel : faites 
retentir vos cris, ôc chantez 
de joie, & pfalmodiez. 

Pfclmodiez à TEternel a- 
Vcc le violon, : avec le vio- 
lon^ &L avec unvoix de mu- 
fique, 

Jettez des cris de réjouïf 
fance avec les trompettes, 
& le fon du cor devant le 
Roi, l'Eternel. 

Que la mer bruie avec tout 
ce qu'elle contient: & que 
la terre & ceux qui y habi- 
tent faffcnt éclater leurs cris. 
Que les fleuves frapent 
des mains : ôc que les mon- 
tagnes chantent de joie, au 
dcvruit de TEtcmel: 



Car il vient pour juger la 
terre: Il jugera en juftice le 
monde habitable, 6c les peu- 
ples en équité. 

Gloire foit au Père, &c. 

Comme il étoit, &c, , 

Alors on lira tme Leçon du NoU" 
veau Tefiamem félon l'Ordre 
prefcrit : & hn dira enfuite le 
Nunc Dimittis, ou le Canti^ 

^ que de Simeon, en langue vul- 
gairûy en la manière qui fuit, 

Nunc dimittis, Luc 2. 29. 

O Eigneur, tu laiffes main^ 
^ tenant aller ton fervi^ 
teur en paix, félon ta pro* 
mefle. 

Car mes yeux ojnt vu tont 
falut. 

Lequel tu as préparc de- 
vant la face de tous les peu- 
ples. 

La lumière pour éclairer 
les nations, & pour être la 
gloire de ton peuple dlfraëL 

Gloire foit au Père, ^f. 

Comme il étoit, ^c, 

^ Ou bien ce Pfeaume: excepté h 
douz>iéme jour du moism 

Deus Mifereatur. 

Pfeaume 6j, 

Dieu aie pitié de nous^ 
& nous benifle, & 
faffe luire fa face fur nous^ 

Afin 



t^RiÉRÊS lôxi Soir* 



t^ 



Afin que ta voie foit con- 1 enfeveli 
iiué en la terre, & ta déli- 
vrahce parmi toutes les na- 
tions. 

Les peuples te eélébre- 
i-ont, 6 Dieu : tous les peu- 
ples te célébreront. 

Les peuples fe réjouiront 
& chanteront de joie : par- 
ce que tu jugeras les peuples 
en équité , & que tu condui- 
ras les nations fur la terre. 

Les peuples te célébre- 
ront, ô Dieu : tous les peu- 
ples te célébreront. 

La terre produira fon 
fruit : Dieu, nôtre Dieu nous 
bénira. 

Dieu nous bénira : & tous 
les bouts de la terre le crain- 
dront. 

Gloire foit au Père, ô'C. 

Comme il étoit, ô'f, 

% Aï or s fera dit ou chanté îe Sym- 
bole des ApotreSy par îe Minif- 
tre & par le peuple fe tenant 
debout. 

JE croi en Dieu le Père 
Tout-puiffant, Créateur 
du ciel & de la terre : Et en 
Jefus Chrift fon Fils unique 
laôtre Seigneur, qui a été 
conçu du Saint Efprit, eft né 
de la Vierge Marie, a fouf- 
fcrt fous Ponce Pilate, a été 
crucifié, eft mort, ôc ^ été 



Il eft defcendu 
aux enfers ; Le troifiéme 
jour il eft relTufcité des 
morts > Il eft monté aux 
cieux i 11 eft aflîs à la droite 
de Dieu le Père Tout-puif- 
fant 5 Et de là il viendra 
juger les vivans & les morts. 
Je croi au Saint Efprit. Je 
croi la Sainte Eglifc univer- 
felle ; La communion des 
Saints 5 La remiflîon des 
péchez ; La réfurredion de 
la chair, & la vie éternelle. 
Amen. 



^ Et après cela les Prières fui^ 

'Vantes ; tous étant dévotement 
à genoux : le Minière pronon- 
çant premièrement à haute 

voix. 

Le Seigneur foit avec vous^ 

Réponfe. 

Et av ec ton Efprit. 

Le Minijire. 

VrionsDi eu. 

Seigneur, aie pitié de nous. 

Chrift aie pitié de nous. 
Seigneur aie pitié de nous. 

f Alors le Miniflre, les Clercs, & 
tout le Peuple diront l'Oraifon 
Dominicale, en langue uulgaire 
à haute voix. 

Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fanaific- Ton Règne vienne. 
C z : Ta 



txà Prières 

l'a Volonté foit faite en la 
terre comme au Ciel. Don- 
ne nous aujourd'hui notre 
pain quotidien. Et nous par- 
donne nos offenfes, comme 
nous pardonnons à ceux qui 
nous ont oifenfez. Et ne 
nous indui point en tenta- 
tion 5 mais délivre nous du 
malin. Amen, 

% Après le Miniftrefs tenant de- 
bout^ dira, 

O Seigneur, fai luire fur 
nous ta mii'ericorde. 
Réponfe, 
Et nous accorde ton falut. 

Le Minijire, 
O Seigneur fauve le Roi. 
Réfonfe, 
Et nous exauce par ta grâce 
quand nous t'invoquons. 
Le Minijire. 
Revêts, de juftice tes Mi- 
niûres. 

Réponfe, 
Et réjoui" ton peuple élu. 

Le Minijire, 
Seigneur Dieu, délivre 
ton peuple. 

Réponfe. 
Et benl ton héritage. 

Le Minijire. 
Donne nous paix en nos 
jours, ô Seigneur. 
Réponfe, 
Car il n'y a que toi fcuJ, 



DU SOIR^ 

Ô Dieu, qui combatte pQut 
nous. 

Le Minijire. 
O Dieu, crée en nous des 
cœurs nets. 

Réponfe. 
Et ne nous ôte point TEf- 
prit de ta Sainteté. 

•T Alors fuivront trois CoUeBes : 
La première fera celle du jour y 
qui fera la même qui efi ordon- 
née four la Communion : La fe-- 
condepourla paix: Lairoîfiéme 
pour être fecouru contre tous 
Dangers. Les deux dernières ne 
fe changeront jamais : mais fe- 
diront chaque jour de tannée 
aux Prières du Soir, en la 
manière qui fuit -, chacun étant 
à genou,:, 

^ La féconde CvlleSîe pour h 
Soir, 

ODieu, duquel tous les 
faints deftrs, tous les 
bons confcils, & toutes les 
œuvres juftes procèdent , 
donne à tes ferviteurs la paix 
que le monde ne peut don- 
ner r afin que nos cœurs 
foient appliquez à obeïr à 
tes commandemens 5 & qu é- 
tant délivrez par toi de la 
crainte de nos ennemis,nous 
paflions nôtre vie en repos, 
& en tranquilitéi par les 
mérites de Jefus Chrift nôtre 
Sauveur, Amen^ 



Prières 

La mtjteme CoSeSîe pour être 
fecouru contre tous dangers, 

ILlumine nos ténèbres, ô 
Seigneur: & par ta gran- 
de mifericorde,garanti-nous 
de tous lesdangers,&de tous 
les accidens de cette nuit 5 
pour Tamour de ton Fils 
unique nôtre Sauveur Jefus 
Chrift. Jmen. 

fl" Dans les Chœurs & aux lieux 
où il y a des Chantres^ ici fuit 
TAntienne. 
f Prière pour /^ R o i, 

O Seigneur, & Père celef- 
te, Haut & Puiffant, 
Roi des Rois, Seigneur des 
Seigneurs, feul Gouverneur 
desPrinces,qui de tonTrône 
cekfte contemples tous les 
habitans de la terre 5 nous te 
fuplions de tout nôtre cœur, 
qu il te plaife de regarder 
d'un œuil propice, nôtre lé- 
gitime Souverain, le Roi 
GEORGEjôcde le remplir 
tellement des grâces de ton 
Saint Efprit, qu'il fe porte 
toujours à faire ta volonté,& 
à marcher dans tes voies : 
Répan fur lui abondamment 
tes dons celeftes : Fai-lui la 
grâce de vivre long tems, en 
fanté & en profpérité : For- 
tifie-le, afin qu il puille vain- 
cre,ôc furmonter tous fesen- 



DU Soir: 



-xx 



nemis : & qu'enfin aptes cet- 
te vie,il parvienne à la gloire, 
& à la félicité éternelle 5 par 
Jefiis Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

^Prière pour laFAUiLLiRoiALE, 

Dieu Tout-puiffant, qui 
es la fource de toute 
bonté ; nous te prions très- 
humblement de bénir fa 
Majefté la Reine Caro- 
L I NE, leurs Alteffes Roïales 
Frédéric Prince de Galles, 
leDuc, les Princesses, ôc 
toute la Famille Roiale : 
donne-leur ton Saint Efprit : 
rempli-les de ta Grâce ce- 
lefte : comble-les de toute 
forte de bonheur: & les 
condui à ton Roïaume éter- 
nel 5 par Jefus Chrift nôtre 
Seigneur. Amen. 

% Prière pour /^ Clergé dT pour, 
le Peuple. 

Dieu Eternel, & Tout- 
puiflant, qui feul fais 
de grandes merveilles 5 fai 
dcfccndre fur nos Evêques, 
& fur nos Miniftres, ôc fur 
tous les Troupeaux qui leur 
font commis, fEfprit faiu- 
taire de ta Grâce : & afin 
qu'ils te puiffent êtix agré- 
ables, r>:pan conrinuelle- 
C 3 incnt 



22 Prières 

ment fur eux la rofée de 
ta bénédiûion. Seigneur, 
exauce nous pour Tamour 
de nôtre Avocat 6c Médi- 
ateur Jefus Chrift. Amen. 

Ç CoUeBe ou 'Prière pur toutes 
fortes de perfonnes de quelque 
condition que ce fcit, 

ODieu, Créateur & 
Confervateur du gen- 
re humain ; nous te prions 
très humblement pour tou- 
tes fortes de perfonnes de 
quelque condition quelles 
Ibient: quil te plaifc leur 
faire connoitre tes voies, & 
manifefter ton falut à toutes 
les Nations. Nous te prions 
particuliércnicnt pour la 
profpérité de l'EglifeUniver- 
felle : qu elle foit tellement 
conduite «5c gouvernée par 
ton Efprit, que tous ceux 
qui font profeffion d'être 
Chrétiens, & qui en pren- 
nent le Nom, puiifent être 
amenez au chemin de la vé- 
rité 5 6c qu ils gardent la foi 
dans l'unité de TEfprit par le 
lien de la paix en fainteté de 
vie. Enfin nous recomman- 
dons à ta bonté paternelle 
toutes les perfonnes affli- 
gées dans leur efprit, dans 
leur corps, ou dans leurs 



DU Soir. 

biens: {^Tartiai- *cenfedoh 
liérement ceux qui ^^^\ ^^^^i 
Je recommandent a recommandé 
nos Trières) veuil- '««^r vnéres 
lelesconfoler&les ^'^'^^^^f'- 
fecourir félon leurs diverfes 
néceffitez 5 leur donnant la 
patience dans leurs foufFran- 
ces, 6c une heureufe iffuë 
de toutes leurs affliftions. 
Nous te demandons ces grâ- 
ces pour l'amour de Jefus 
Chrift. Amen. 



ABîons de grâces générales. 

Dieu Tout-puiffant, Pè- 
re de toute miferi- 
corde 5 nous tes indignes 
ferviteurs, te remercions 
très-humblement 6c de tout 
nôtre cœur, de toutes tes 
bontez, 6c de toutes tes fa- 
veurs envers nous, 6c en- 
vers tous les hommes : 
( * 'Particulière-' 
ment envers ceux ^ffjifj 
qui défirent de ceux c^ui ont 
fofrir mainte- '^' \''''^' 

•^-' , , .. mandez, aux 

nant leurs loiian- prières de 
ges & leurs avions v^UfiJ^fi' 

j j rent de ren- 

de grâces, pour les 4re grâces k 

gratuites dont tu -d?>«. 
as depuis peu ufé 
envers eux.) Nous te benif 
fons pour nôtre création 
pour nôtre confervation 

pour 



Prteïies du Soir. 



n 



pour toutes les bénédidions 
de la vie préfente : mais fur 
tout,pour f ineftimabk Cha- 
rité que tu nous as mon- 
trée dans la Rédemption du 
Monde par nôtre Seigneur 
Jefus Chrift : pour les affi- 
ftançes de ta grâce : & pour 
Tefpérance de ta Gloire. Et 
nous te fuplions de nous 
donner le fentiment que 
nous devons avoir de toutes 
tes faveurs : afin que nos 
coeurs en aient une vérita- 
ble & fincère reconnoif- 
fance; & que nous publions 
tes louanges non feulement 
de bouche, mais fur tout 
par la conduite de nôtre vie : 
en nous attachant à ton fer- 
vice, & en cheminant de- 
vant toi en juftice & en 
fainteté, jufques à la fin de 
nos jours 5 par Jefus Chrift 
nôtre Seigneur5auquel com- 
me à toi, &au Saint Efprit, 
foit tout honneur & toute 
gloire, aux fiécles des fié- 
çles. Amen, i 



f Priera de St, Chuysostome, 

SEigneur, Dieu Tout* 
puiflant, qui nous as 
fait la grâce de t'addreffer 
maintenant nos Prières d'un 
commun accord, & qui 
nous as promis que quand 
deux ou trois feront alTem- 
blez en ton Nom^ tu leur 
accorderas leurs requêtes : 
accompli maintenant les 
fouhaits, & les demandes 
de tes ferviteurs, feion que 
tu connois qu il eft le plus 
expédient, & le plus falu- 
taire ; nous accordant dans 
ce monde la connoiffance 
de ta vérité 5 & au fiéclc 
à venir la vie éternellen 
Amen, 

f 2 Corinth. xiii. Verf. i|. 

LA Grâce de nôtre Sei- 
gneur Jefus ChriH:, & 
la dileftion de Dieu, & la 
communication du Saint 
Efprit, foit avec nous tous 
éternellemeijt. Amen, 
hi finit V Ordre des PRiERES DV 
Soir durant toute rAnnéç. 



C4 



Ati^ 



u 



ILe Symbole d'Athanase. 



j4ux Fêtes de Noël, ^é- /Epiphanie, de St. Matthias, J<? Paquet; 
de /'Afcenfîon, de la Pentecôte, de St. Jean Baptifte, de Sr. Jac- 
ques, de St. Barthelemi, ^6? St. Matthieu, de St. Simon & de 
St.Jude, de St. André, & le Dimanche ^^ la Trinité, cette Con- 
fejjion de notre Foi Chrétienne^ appellée communément le Symbole 
^'Athanafej/fr/z chantée ou récitée aux Prières du Matin^ au lieu 
du Symbole des Apôtres, far le Minifire, & par le Peuple étant 
debout. 



QuiCUNQUE VuLT. 

Quiconque veut être 
fauve, avant toutes 
chofes doit maintenir la 
Foi Catholique. 

Laquelle Foi quiconque 
ne gardera pure & entière, 
fans doute il périra éternel- 
lement. 

Or la Foi Catholique eft, 
que nous adorions un Dieu 
dans la Trinité, & la Trinité 
dans rUnité, 

Sans confondre les Per- 
fonnesj ou divifer rEffence. 

Car autre eft la Perfonne 
du Père : autre celle du Fils : 
autre celle du Saint Efprit. 

Mais la Divinité du Père, 
du Fils, & du Saint Efprit 
n'efl: qu une : leur Gloire 
eft égale 5 & leur Majefté 
coëternelle. 

Tel queft le Père, tel 
eft le Fils 5 & tel le Saint 
£fprit. 

Le Père non créé : le Fils 
non créé : & le Saint Efprit 
non créé. 



Le Père incompréhenfi- 
ble : le Fils incompréhen- 
fible : & le Saint Efprit in- 
compréhenfible. 

Le Père éternel : le Fils 
éternel : & le Saint Efprit 
éternel. 

Toutefois ils ne font 
point trois éternels: mais 
un éternel. 

Comme aufll il ny a 
point trois incompréhenfi- 
bles;ni trois non créez -.mais 
un non créé 5 & un incom- 
préhenfible. 

Ainfi aufli le Père eft 
Tout-puiifant : le Fils Tout- 
puiffant : & le Saint Efprit 
Tout-puiiîant. 

Et cependant ils ne font 
point trois Tout-puiffants : 
mais un Tout-puiiîant. 

De même le Père eft 
Dieu: le Fils eft -Dieu: & 
le Saint Efprit eft Dieu. 

Et cependant ils ne font 
point trois Dieux : mais un 
Dieu. 

Sem- 



Le Symbox^e 

^ SembUblcment le Père 
efl: Seigneur: lePiis eft Sei- 
gneur : & le Saint Efprit eft 
Seigneur. 

Et cependant ils ne font 
point trois Seigneurs : mais 
un Seigneur. 

Car comme la Vérité 
Chrétienne nous oblige de 
reconnoitre, que chacune 
des Perfonnçs, prifes à part, 
eft Dieu & Seigneur 5 

Auffi la Religion Catho- 
lique nous défend de dire 
qu'il y a trois Dieux, ou 
trois Seigneurs. 

Le Père n eft fait d'aucun : 
il n'éft ni créé , ni engendré. 

Le Fils eft du Père feul: 
non fait 3 ni créé : mais en- 
gendré. 

Le Saint Efprit eft du 
Père, & du Pils : étant non | 
fait ; ni créé j ni engendré : 
mais procédant. 

Aufli il y a un Père : non 
trois Pères, un Fils : non 
trois Fils, un Saint Efprit : 
& non trois Saints Efprits. 

Et dans cctteTrinité,il n'y 
a ni priorité, ni poftériorité : 
l'un n'cft pas plus grand, ni 
moindre que l'autre. 

Mais toutes les trois Per- 
fonnes font cnfcmble de 
même éternité :& égales en 
toutes chofcs. 



nôtre Seigneur 



d'At^ànase^ 25 

Tellement qu'en toutes 
chofes, comme il a été dit 
ci-devant, il faut adorer 
rUnité dans la Trinité i & 
la Trinité dans l'Unité. 

Donc, quiconque veut 
être fauve, doit avoir ces 
fentimens de la Trinité. 

Déplus, il eft néceftaire 
pour obtenir le falut éter- 
nel, qu'il ait une vraie & 
droite croiance de l'Incar- 
nation de 
Jefus Chrift 

Caria vraie Foi confifte 
en ce que nous croïons, & 
que nous confeftîons, que 
nôtre Seigneur Jefus Chrift, 
le Fils de Dieu, eft Dieu ôc 
Homme. 

Dieu engendré de la fub- 
ftance du Père avant tous 
les fiécles : & Homme de la 
fubftance de fa Mère, né au 
monde. 

Dieu parfait, & Homme 
parfait : fubfiftant d'une amc 
raifonnablc, 6c de chair hu- 
maine. 

Egal au Père félon fa Di- 
vinité ; & inférieur au Père 
félon fon Humanité. 

Lequel, quoi qu'il foit 
Dieu & Homme; toutefois 
il n'cft pas deux : mais un 
Chrift, 

Un, 



^6 



Va Litanie. 



Un, non. par converfion 
de la Divinité en chair : mais 
par raiTomption de THuma- 
nité à la Divinité. 

Un totalement, non par 
confufion de fubftance: mais 
par Unité de Perfonne. 

Car comme Tame raifon- 
nable, & la chair font un 
homme ; ainfi Dieu & 
l'Homme eft un Chrift. 

Lequel a fouffert pour 
nôtre falut ; eft defcendu 
aux enfers 5 & le troifiéme 
jour eft reffufcité des morts : 

Il eft monté aux cieux 5 il 
eft aflis à la droite de Dieu 
le Père Tout-puiflant 5 d'où 
il viendra pour juger les 
vivans & les mort^. 



A la venue duquel tou^ 
les hommes reflufciteront 
avec leurs corps, ôc ren- 
dront compte de leurs pro- 
pres œuvres. 

Et ceux qui auront bien 
fait, iront à la vie éternelle: 
& ceux qui auront mal fait^ 
iront au feu éternel. 

Ceft ici la Foi Catho- 
lique, laquelle quiconque 
ne croira fidèlement, ne 
pourra être fauve. 

Gloire foit au Père, &c. 

Comme il étoit,^^. 



^ Ici finit r Ordre des Prières 
DU Matin©* du Soir d^ 
chaque jour de rAmé^. 



% Ici fuit la Litanie ou SupUcation Générale qui doit être chan^ 
tée ou récitée après les Prières du Matin^ les Dimanches, les 
Mecredis, les Vendredis, & les autres jour Sy félon quil fera 
enjoint par rOrdinaire, 

O Dieu Père Celefte, aie 
pitié de nous, mife- 
râbles pécheurs. 

OT>ieuTêreC€lefle,aie 
pitié de nous, miferables pé- 
cheurs. 

O Dieu le Fils, Redemp- 
tcur du monde, aie pitié de 
nous, miferables pécheurs. 



O "Dieu le Fils, Rédemp- 
teur du monde, aie pitié de 
nous, miferables pécheurs, 

O Dieu le Saint Efprit, 
qui procèdes dû Père & à\\ 
Fils, aie pitié de nous, mi- 
ferables pécheurs. 

O T>i€U le Saint Efprit, 
qui procèdes du 7 ère S' du 

Fik, 



glo- 



Là L I t a n 

Fitsy aie pitié de nous, mife- 
râbles pécheurs. 

O Sainte, bénite, & 
rieufe Trinité, Trois Per- 
fonnes & un Dieu, aie pitié 
denous,miferablespecheurs. 
O Sainte^ bénite, & glo- 
rieufe Trinitè^TroisTP er fau- 
ne s (^ un T)ieu, aie pitié de 
nous, miferables pécheurs. 

O Seigneur,ne te fouvien 
point de nos péchez, ni des 
péchez de nos Pères : ne 
pren point vengeance de 
nos iniquitez : pardonne- 
nous, ô bon Dieu : pardonne 
à ton peuple que tu as ra- 
cheté par ton fang précieux 5 
& ne fois point irité contre 
nous à jamais. 

Tar donne -nous y bon 
^ieu. 

De tout mal ; & de toute 
méchanceté: de péché 5 des 
rufes, & des affauts du Dia- 
ble : de ta colère j & de la 
damnation éternelle. 
Bon T)ieu^ délivre-nous. 
D'aveuglement de cœur ; 
d'orgueil 5 de vaine gloire ^ 
^d'hypocrifie: d'envie 5 de 
haine 5 de malice; & de toute 
afFeftion contraire à la cha- 
rité. 

BonT)ieu, délivre-nous. 
De paiUardife 5 & de tout 



autre péché mortel: & de 
toutes les tromperies du 
monde, de la chair, ôc du 
Diable. 

Bon T^ieu, délivre-nous. 
Des foudres 5 & ^ts> ora- 
ges : de pefte $ ôc de famine : 
de guerre j de meurtre^ & de 
mort foudàine. 
Bon T>ieUy délivre-nous. 
De toute fédition; de tou- 
te confpiration fecrète, & de 
rébellion : de toute faufTe 
dodlrines d'héréfie; & de 
Ifchifme : d'endurciffement 
de cœur; du mépris de ta 
Parole 5 & de tes Comnian- 
demens. 

BonT>ieUy délivre-nousl 
Par le Myftère de ton 
Incarnation fainte : par ta 
fainte NaiiTance ; & ta Cir- 
concifion : par ton Batême : 
par ton Jeûne ; & par ta Ten- 
tation. 

Bon T>ieu, délivre-nous. 

Par ton Agonie 5 & ta 

Sueur fanglante : par ta 

Croix5&taPaflion:par ta pré- 

cieufe Mort, & ta Sépulture: 

par ta Réfurreûion 5 & ton 

Afcenfion glorieufc : & par 

la venue du Saint Efprit, 

Bon T>ieu, délivre-nous. 

En tout tems d'adverfité : 

en tout tems de profpérité : 

à 



2Î L A L ï T 

à rhcurc de la mort : ôc au 
jour du jugement. 

Bon^ieu, délivre-nous, 

O bon Dieu, nous qui 
fommes de pauvrespecheurs, 
te fuplions d'exaucer nos 
prières : & qu il te plaife de 
conduire & gouverner ta 
Sainte Eglife Univcrfellc 
dans la droite voie. 

Nous te fuplions de nous 
exattcefy o bon "Dieu, 

Qu'il te plaife de confcr- 
ver & d'affermir dans ton 
vrai fcrvice, en toute juftice 
& en toute Sainteté de vie> 
ton Serviteur, George 
nôtre Roi & nôtre Gou- 
verneur très- débonnaire. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y o bon "Dieu, 

Qu'il te pi aile d'adreflcr 
fon cœur dans ta foi, dans 
ta crainte, & dans ton a- 
mour : afin qu'il ait toujours 
fa confiance en toi j & qu'il 
cherche toujours ton hon- 
neur & ta gloire. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer^ o bon T)ieu. 

Qu'il te plaife de le gar- 
der, de le défendre, & de lui 
donner la victoire fur tous 
fes ennemis. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer, o bon T>ieu. 

Qu'il te pîaiic de bénir. 



& de conferver fa Majefté la; 
Reine Caroline, leurs 
Alteffes Roïales, Frédéric 
Prince de Galles, le Duc, 
les Princesses, & toute la 
Famille RoiALE. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y o bon ^ieu. 

Qu'il te plaife d'éclairer 
tous les Evêques, les Prêtres 
& les Diacres, par la vraie 
connoiffance & intelligence 
de ta Parole : afin qu'ils l'an- 
noncent dignement, par 
leur prédication, & par leur 
bonne vie. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y o bon 'Dieu. 

Qu'il te plaife de remplir 
les Seigneurs du Confeil, & 
toute la Noblefle, de grâce 5 
de fageffe 5 & d'intelligence. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer-, bon Dieu, 

Qu'il te plaife de bénir & 
de conferver les Magiftrats 5 
leur faifant la grâce d'exer- 
cer la juftice 5 & de mainte- 
nir la vérité. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y bon Dieu. 

Qu'il te plaife de bénir & 
de protéger tout ton peuple. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer t ô bon Dieu, 

Quii te plaife d'infpirer 



jîoiîtcs les nations lunion; 
la paix, & la concorde. 

Mcuste fuplions de nous 
exaucer:, ô bon "Dieu, 

Qli'U te plaife de nous 
donner un cœur enclin à 
t aimer: & à te craindre 5 & 
à vivre foigneufement félon 
tes commandemens. 

Notis te fuplions de nous 
exaucer^ ê bon "Dieu. 

Qu'il te plaife de donner 
à tout ton peuple de croître 
en grâce : d ouïr humble- 
ment ta Parole : de la rece- 
voir d une affedion pure : 
j& de produire les fruits de 
rEfprit. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y è bon T>ieu. 

Qu'il te plaife d'amener 
au chemin de la vérité tous 
ceux qui font dans Terreur 
& qui ont été féduits. 

Nous te fupUons denous 
exaucer y ôbonDieu. 

Qull te plaife d'affermir 
ceux qui font debout : de re- 
lever ceux qui font tombez : 
de confoler & d'aflîfter ceux 
qui ont le cœur froiffé : 6r^ 
enfin d'abatre Satan fous 
nos pies. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y bon T>ieu. 

Qu'il te plaifç de fçcou- 



rir, & de confoler tous ceux 
qui font en danger : en tribu- 
lation : & en néceffité. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y bon 'Dieu, 

QLillte plaife de confcr- 
ver tous ceux qui voiagent 
par mer ou par terre : toutes 
les femmes qui font en tra- 
vail d'enfant : toutes les per- 
fonnes malades 5 & tous les 
petits enfans : & d'avoir com- 
palîîon de tous les prifoniers 
& de tous les captifs. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y à bon T)ieu. 

Qii'il te plaife de prendre 
ladeffenfedes orphelins: des 
veuves : & de tous ceux qui 
font defolez & opprimez : 
& de pourvoir à tous leurs 
befoins. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer y èbonDleu, 

Q^fil te plaife d'étendre 
ta mifericorde fur tous les 
iiommes. 

Nous te fuplions denous 
exaucer, 6 bon Dieu, 

Qi^i'il te plaife de pardon- 
ner à nos ennemis : à ceux 
qui nous calomnient ôcnous 
pcrfecutent : & de convertir 
leurs cœurs. 

Nous te fuplions de nous 
exaucer^ a bon Dieu. 

Qu'il 



"3^ 



Qii'il te plaife de nous 
donner & de nous conferver 
les fruits de la terre: afin que 
nous en puilîîons jouir dans 
leur faifon. 

Nous îe fupUons de nous 
exaucer y obonT>ieu, 

Qu'il te plaife de nous 
donner à tous une vraie re- 
pentance:de nouspardonner 
tous nos péchez, toutes nos 
négligences & nos ignoran- 
ces: nous accordant la grâce 
de ton Saint Efprit; afin que 
nous reformions nôtre vie 
félon ta Sainte Parole. 

N.0US te fupUons de nous 
exaucer y o bon T>ieu. 

O Fils de Dieu, nous te 
fuplions de nous exaucer. 

O Fils de T^ieUy nous te 
fuplions de nous exaucer, 

O Agneau de Dieu, qui 
ôtes les péchez du monde. 

Accorde nous ta paix, 

O Agneau de Dieu, qui 
ôtes les péchez de monde. 

Aie pitié de nous. 

O Chrift, exauce nous. 

OChriJt, exauce nous. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Seigneur, aie pitié de 
nous, 

Chrift, aie pitié de nous. 
Chrijt^ aie pitié de nQHS, 



La L I t a n f è. 

Seigneur, aïe pîtîé dé 
nous. 

Seigneur i aie pitié de 



nous, 

J Alors le Prêtre & le Peuple^ 
en même tems^ diront l'Orai- 
fin Dominicale, 

Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom 
foit fandifié. Ton Règne 
vienne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au CieL 
Donne nous aujourdliui nô- 
tre pain quotidien. Et nous 
pardonne nos ofFenfes, com- 
me nous pardonnons à ceux 
qui nous ont offenfez. Et ne 
nous indui point en tenta-* 
tion 5 Mais délivre nous du 
malin. Amen. 

LeVrêtre. 
O Seigneur, ne nous fai 
point félon nos péchez. 
Réponfe. 
Et ne nous rend pas fé- 
lon nos iniquitez. 

TrionsDiEU, 
Dieu, & Père miferî- 
cordieux, quinemé- 
prifes point les foupirs duti 
cœur contrit, ni les gémifle- 
mens de ceux qui font en 
angoiife : écoute en ta mifé- 
ricorde les prières que nous 
te préfentoas dans toutes 
I nos 



o 



TW 



Sos calâmîtez,& dans toutes 
nos mifères i & nous exauce 
par ta grâce : afin que les 
maux que le Diabk, ou les 
hommes machinent contre 
nous par leur malice & par 
leurs rufes, foient réduits à 
néant : & tellement diffipez 
par ta providence, que nous 
tes fcrviteurs, étant affran- 
chis de toutes perfécutions, 
te puiffions glorifier conti- 
nuellement au milieu de ton 
Eglife^par JefusChrift nôtre 
Seigneur. 

- O Seigneur ylève-toiy aide^ 
nous y & nous délivre four 
(amour de ton Nom. 

O Dieu, nous avons ouï 
de nos oreilles, ôc nos Pères 
nous ont raconté les exploits 
que tu as faits en leurs jours : 
Ôcaux jours d'auparavant. 

O Seigneur Jève-toi.aide- 
nous, é^ nous délivre pour 
t amour de ta gloire. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il fe- 
ra éternellement. Amen. 
r Garanti nous de nos en- 
nemis, ô Chrift. 

Et jette les yeux de ta 
mifericord^ fur nos afflic- 
iions^ 



La Lit an î t. '$%] 

Confidérc en tes compaf- 
fions les foupirs de nos 
coeurs. 

Et pardonne félon ta mi- 
fer ic or de ^ lespechez de ton 
Peuple. 

Ecoute nos prières favo- 
rablement & mifericordi-^ 
eufcment. 

O Fils de "David^ aiepi- 
tié de nous. 

Daigne nous écouter 
maintenant & à jamais, ô 
Chrift. 

Ecoute nous favorable- 
ment-, o Chrift : écoute nous 
favorablement j ô Seigneur 
JefusChrift. 

Le Trëtre. 

Que ta mifericorde foît 
fur nous, ô Eternel^ 
Réponfe. 

Selon que nous nous (oiry 
mes attendus à toi. 



N 



Trions Dieu. 
Ous te prions très 
humblement, ô Pè- 
re, de jetter les yeux de ta 
mifericorde fur nos infirmi- 
tez : & pour la gloire de ton 
Nom, détourne de nous 
tous les maux que nous a- 
vous méritez très-juftement: 
& nous fai la grâce, qu'en 
toutes nos afflictions, nous 

met- 



32 



nicttions entièrement nôtre 
confiance en ta miféricorde: 
ôc que nous te fervions 
toujours en fainteté, & en 
pureté de vie, à ton hon- 
neur &à ta gloircj par nô- 
tre feul Médiateur & Avo- 
cat, Jefus Chrift, nôtre 
Seigneur. Amen, 

5 Prière de Saint C h r y- 

S O s T O M E. 

SEigneur, Dieu Tout- 
puiffant, qui nous as 
fait la grace> de t'addreffer 
maintenant nos Prières d un 
commun accord, & qui 
nous as promis que quand 
deux ou trois feront affem- 
blez en ton Nom, tu leur 
accorderas leurs requêtes: 



accompli maintenant k^' 
fouhaits, & les deman- 
des de tes ferviteurs, félon 
que tu connois qu il eft le 
plus expédient & le plus 
falutaire 5 nous accordant 
dans ce monde la connoif- 
fance de ta vérité, & au 
fiécle à venir la vie étcrnelleii 
Amen. 

J 2 CoYinth, XIII. Verf. 13; 1 

LA Grâce de nôtre Sei- 
gneur Jefus Chrift, & 
la diledion de Dieu, & la 
communication du Saint 
Efprit, foit avec nous tous 
éternellement. Amen. 

Ici finit la Litanie} * 



PRIERES 



P R I E R E sr 



?1 



PRIERESa'ACTIONS DE GRACES; 

pour diverfes occajïons particulières ^ au il faut dire 
avant les deux dernières Trières de la Litanie, < 
des Trières du Matin ô* du Soir^ 



Ole 



Prières. 
Vour demander de la Pluie, 

ODieu Père ccleftc, 
qui par ton Fils Je- 
fus Ghrift, as promis à tous 
ceux qui cherchent ton 
Roiaume & fa jtifticc, toutes 
les chofes néceilaircs pour 
leur nourriture corporelle : 
Nous te prions que dans la 
nécclîité où nous fommes, 
il te plaife de nous envoler 
des pluies ^\ douces & fi 
modérées, que nous puif- 
fions recueillir les fruits de 
la terre à nôtre confola- 
tion, pour ten glorifier j 
par notre Seigneur Jefus 
Chrift. Amen, 

Pour demander le Beau-îems. 

O Seigneur Dieu Tout- 
puiilant, qui pour les 
péchez du genre-humain, as 
\xi\(:: fois fubmcrgé tout le 
monde, excepté huit per- 
fonnes j 6c qui promis en- 
'fuite dans ta grande mife- 
ïicoxdcquc tu;ic le déti;ui- 



rois plus ainfi : nous fecon- 
noiifons que nos péchez 
n ont que trop mérité ces 
débordemens d'eaux, dont 
tu nous vifites : mais nous 
te fuplions qu alant égard 
à nôtre repentance , tu 
veuilles nous envoier le 
temps propre à nous faire 
recueillir les fruits de la 
terre dans leur faifon : & 
nous fai la grâce que nous 
aprenions à profiter de tes 
châtimens pour nôtre a- 
mendemcnti & à te bénir 
pom* ce nouvel effed de ta 
paternelle bonté i parjefus 
Chrift nôtre Seigneur. A* 
men. 

En tenu de Cherté & dé Fa-^, 
mine, 

ODieu Père Celcfte, 
puis que c'eft par toi 
que la pluie defcend j qUe 
la terre cft fertile j que les 
animaux croifTcntî ôc que 
les poiiTons multiplient : 
Nous te fuplions d'avoir 
D égard 



u 



PRIERES. 

cgard à raffliaion de ton 
peuple 5 & de nous accor- 
der par ta bonté,^ que la 
difette & la cherté des vi- 
vres que nous foufFrons 
très-jufteinent pour nos ini- 
quitez, Ibient changées en 
profpérité & en abondance, 
pour Taniour de Jefus 
Chrift nôtre Seigneur j au- 
quel avec toi, ôc avec le 
Saint Efprit, foit tout hon- 
neur & toute gloire, dès 
maintenant ôc à jamais. 
Amen. 



& pour nôtre propre con- 
folation, par Jefus Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 

Eh tems de Guerre^ & de Tji-^ 
muhes. 



O 



Ou ceïk'ct. 

ODicu, Père de mife- 
ricorde, qui au tems 
du Prophète Elifée, chan- 
geas en un moment, dans 
la ville de Samarie, la di- 
fette en abondance i aie 
pitié de nous, qui pour 
nos péchez fommes affli- 
gez de la mcmc adverfitc : 
& nous accorde le même 
foulagcmcnt dans un pareil 
befoin. Pvépan ta béné- 
didion celeftc fur les fruits 
de la terre, pour leur don- 
ner raccroiilement : afin 
que recevant ces biens de 
ta pure bonté, nous en u- 
fions pour ta gloire -, pour 



Dieu, Tout-puiffant, 
Roi des Rois, & Gou- 
verneur de toutes chofes ; à 
la puiffance duquel nulle 
créature ne peut réfifter ; & 
à qui il apartient de punir 
les pécheurs en ta juftice^ 
ôc de faire grâce a ceux qui 
font véritablement rep en- 
tans : fauve nous, ôc nous 
délivre de la main de nos 
ennemis j quil te plaife de 



rabatre leur orgueil 5 de 
dompter leur malice; &de 
confondre leurs deifeins : 
afin qu'étant couverts de ta 
protedion, nous foions dé- 
fojrmais garantis de tout 
danger, pour te glorifier, ô 
Dieu, qui feul donnes les 
vidoires ; par les mérites 
de ton Fils unique, ]efus 
Chrift nôtre 
Amen. 



Seigneur, 



En temps de Pefle^ ou d^ autre 
maladie contagieufe. 

Dieu, Tout-puifTant;, 
qui dans ta colère 



O 



le foulagemcnt des pauvres j | frapas ton peuple d'une 

plaie 



Prie 

plaie terrible, à caufc de fa 
Rébellion obflinée dans 
le défert, contre Moïfe 
ôc Aaron : & qui au tems 
du Roi David fis mourir 
foixante & dix mille hom- 
mes par la pefle; & puis 
dans tes eompallions déli- 
vras ceux qui reftoient : aie 
pitié de nous, 6 Dieu: aie 
•pitié de nous miferables pé- 
cheurs, qui fommes main- 
tenant viilrez de maladies 
& de mortalité. Et comme 
alors il te plu de te 1 ailler 
fléchir & de dire à l'Ange 
deftrudeur, c'eil allez : O 
Dieu de miiericorde , retire 
de deP.iis nous cet épouvan- 
table flcau i afin que nous 
t'en glorifiions continuelle- 
ment, en ton Fils Jefus 
Chrill nôtre Sauveur. 

^ Prière qui fi dira chaque jour 
des Semaines des quatre tems, 
pour ceux qui doivent être ad- 
mis aux Saints Ordres, 

DleuTout-piûlTantj nô- 
tre Père celcfte, qui 
par le fang précieux de ton 
Fils bien aimé t'es acquis 
trEglife unlverfelle ; regarde 
sla iîavorablement : & dans 
Hce tems condui rcfprit dejpréience; à la gloire de ton 
:t€s ieryiteurs icr> Evêques grand Nom, 6c à rédifica« 

I D â tion 



R E s. 5^ 

& les Pafteuîs de ton trou-*' 
peau ^ afin qu ils n impofent 
pas les mains avec précipi- 
tation pour l'œuvre du Sacré 
Miniflère : mais qu'ils faC- 
lent un jufte & légitime 
choix. Favorife auffi, Seig-^ 
neur, de ta grâce ôc de ta; 
bénédiftion celcfte, ceux 
qui feront ordonnez à cette 
lainte charge : & fai que 
par leur vie & par leur do- 
clrine, ils avancent ta gloire^ 
&le falutdes hommes i pat 
jefus Chrift nôtre Seigneur*.; 
Amen. 

Ou celk'cL 

Dieu Tout-puifîant, dii^ 
quel deicend toute 
bonne donnation j & qui 
par ta Divine Providence, 
as établi divers Ordres 
dans ton Èglife : nous te 
fuplions très humblement 
qu'il te plaife d'accorder 
ta grâce à tous ceux qui 
doivent y être apellez à 
quelque office, ou admini- 
ftration. Rempli- les de la 
vérité de ta Dodrine, ôc les 
revêts d'innocence : afia 
qu'ils puiffent exercer fidèle- 
ment leur Miniftère en ta 



3(5 Prie 

tion de ton Eglife ; par 
Jefus Chrift notre Seigneur. 
Amen* 

f Vrme pour la grande Cour 
DU Parlemeî^t, qui doit être 
Ue pendant f es Séances. 

ODieu très-bon, nous 
te préfentons nos 
très-humbles Prières, pour 
ce Roiaume en général, 
& particulièrement pour 
la grande Cour du 
Parlement, qui eft 
maintenant aflemblée, fous 
nôtre ROI très-pieux, & 
très-débonnaire. Qu'il te 
plaife de diriger & de faire 
réiiflir toutes leurs délibé- 
rations à ravancement de 
ta gloire 5 au bien de ton 
Eglife ; à la feureté, à Hion- 
neur, & a lavantage du ROI 
& de fes Roiaumes. Que 
toutes chofcs foient telle- 
ment réglées, & établies par 
leurs foins & par leurs tra- 
vaux, fur les meilleurs & 
les plus fûrs fondemcns 3 
que la Paix & le Bonheur, 
la Vérité & la Juftice, la 
Religion & la Piété, puif- 
fçnt être affermies au mi- 
lieu de nous, de généra- 
tion en génération.^ Nous 
te demandons ces gra- 



R E 5. 

ces, & les autres qui font 
néceilaires, à eux & à nous, 
& à toute ton Eglife, au 
Nom & par la Médiation 
de Jefus Chrift, nôtre très- 



bénin Seigneur & Sauveur, 
Amen. 



^ ColleEîe, ou Pnére pour toutes 
fortes de perfotines de quelque 
condition que ce foi t ; qui fe 
doit faire lors que la Litanie 
ne fe dit pas félon l'Ordre 
prefcrit. 



O 



Dieu, Créateur ôC 
Confervateur du gen- 
re-humain, nous te prions 
très humblement , pout 
toutes fortes de perfonnes, 
de quelque qualité 6c con- 
dition qu'elles foient : qu il 
te plaife leur faire connoitre 
tes voies, ôc manifefter ton 
falut à toutes les Nations. 
Nous te prions particu- 
lièrement pour la profpéri- 
té de TEglife Univerfelle ; 
qu elle foit tellement con- 
duite 6c gouvernée par 
ton Efprit, que tous ceux 
qui font profellîon d'être 
Chrétiens, 6c qui en pren- 
nent le Nom, puiflentctre 
n.menczau chemin de lai 
Vérité i 6c quils gardent 
la foi d^ns lunité de VEC- 

prit,, 



Actions de Grâces. 3 jf^j., 

mour de Jefus Êfcift. 
Amen. 



prit, par le lien de la paix 
en fainteté de vie. Enfin 
nous recommandons à ta 
bonté paternelle, toutes les 
perfonnes affligées dans 
leur eiprit, dans leur 
corps, ou dans leurs biens*'. 
(* Particulière- 
ment ceux qui fe 
recommandent à 
nosTriéres)Vc\uX' 
le les confoler & 
les fecourir félon 
leurs diverfes néceflitez ; leur 
donnant la patience dans 
leurs foufFrances, & une heu- 
rcufe iffuë de toutes leurs af- 
fliftions. Nous te deman- 
dons ces grâces pour Ta- 



* Cecîfe doit 
dire quand 
quelqu'un efi 
recommandé 
Mux Trières 
del'Eglife. 



% Prière qui fe peut dire aprh 
quelle qufi ce foit des préce^ 
dentés^ 

ODieu, duquel la na- 
ture ôc le propre eft 
d'être toujours enclin à 
avoir pitié, & à p rdonner ; 
reçoi nos très-huiLbles pri- 
ères. Et comme nous 
fommes liez des chaînes de 
nos pecheZ;; fai que par ta 
miferiçprde, & par ta grande? 
bonté, nous en foions dé^ 
livrez ; pour Tamour dç 
Jefus Clirift nôtre Médi^-^ 
teur & Avocat. Amen^ 



-ù 



^^)^^^^,}%.)%.^.}%.'^'^}^)%^)%.^?^)%. 



ACTIONS DE GRACES GENERALES, 



lEU Tout-puiirant,j ( * Particulière- 
ment envers ceux 
nous tes indignes qui défirent de 
f offrir mainte- 
nant leurs loUan- 
ges c^ leurs ac- 
tions de- graceSy 
pour lesgr-atuitez^- 
dont tu as depuis 
ï>5 



X^ Père de toute mife- 
corde ; 

ferviteurs te remerc;ons 
très-humblement & de tout 
nôtre cœur, de toutes tes 
bonteZj & de toutes tes 
faveurs envers nous, & 
envçrs tou$ lç$ hoi^imçs. 



*Cecl fe doit 
dire quand 
ceux qui ont- 
été recom-^ 
mandez aux 
Friér-es d& 
k'EgliJe, déJU 
rent de ren^ 
dre grâce i à 
Vieu^ 

peur up 



lî^. Actions d 

en'vers eux) Nous te bc- 
jiiffons pour nôtre créa- 
tion î pour notre confer- 
vmons pour toutes les 
bénédidions de la vie 
préfente : mais fut tout 
pour rineftimable charité 
que tu nous as montrée 
dans la Rédemption du 
ïiionde, par nôtre Seigneur 
JefuS Chrift 5 pour les af- 
fiftances de ta grâce; & 
pour refperance de ta Gloi- 
re. Et nous te fuplions 
de nous donner le fcn- 
timent que nous devons 
avoir de toutes tes fa- 
veurs : afin que nos cœurs 
en aient une véritable & 
fuicère reconnoiilance 5 & 
que nous publiions tes loii- 
snges non feulement de 
bouche, maïs fur tout par 
la conduite de nôtre vie : 
en nous attachant à ton 
fervice y & en cheminant 
devant toi en juftice & 
en fainteté, jufqucs à la 
fin de nos jours \ par Je- 
fus Chrift nôtre Seigneur : 
auquel comme à toi ôc 
nu Saint Efprit, foit tout 
honneur, & toute gloire, 
aux fiécles des fiécles, A- 
Tnen. 



5 ^^^'^ ^^^ Vliile. 

ODieu nôtre Père ce-^ 
lefte^ qui par ta 
providence, fais defcendrc 
fur la terre la pluie de la 
première & de la dernière 
i faifons afin qu elle produife 
fes fruits, pour Tufage des 
hommes : nous te remer- 
cions très-humblement, de 
ce que dans nôtre grande 
néceffité, il t'a plù d'cavoier 
enfin une pluie favorable fur 
la terre altérée : à la grande 
confolation de nous tes in- 
dignes lervitcurs 5 & à la 
gloire de ton Saint Nom j, 
par Jefus Chrift nôtre Sau- 
veur. Amen, 



5 Voiir h Beaii-tems, 

SEigneur Dieu , qui 
nous avois Juftement 
humiliez par les Pluies 
continuelles 5c les inon- 
dations dont tu nous as 
vifitez ; & qui nous as 
confolez en nous envoiant 
ce changement de tems, 
fi convenable a la Saifou 
& à nos befoins : nous 
louons & nous glorifions 
ton Saint Nom, de ce 
nouveau témoignage de, 
ton amour paternel. Qiie 

la 



Actions de Grace5. 



%9 



la lôiiange, ô Dieu, ^t'cn 
foit rendue d âge en âge 5 
par Jefus Chrift nôtre Seig- 
neur. Jlm^n. 

^ Pour r Abondance, 

PEre très - mifericor- 
dieux, qui as exaucé 
par ta grâce les Prières de 
ton Egliie, en changeant 
nôtre difette en abon- 
dance : nous te rendons 
2;races très-humblement de 
ce nouveau témoignage 
de ta bonté i te fupliant 



vrez en proie a nos enne- 
mis : & nous te fuplions 
de nous continuer ta Pro- 
tedionj afin que tout le 
monde connoiffe que tu 
es nôtre Sauveur & nôtre 
puiilant Libérateur 5 par je- 
fus Chrift nôtre Seigneur, 
Amen, 

3" Pour le Rétahlijjemeni de la 
Paix publique au milieu de 
nous, 

ODieu Eternel, & nô- 
tre Père celefle, qui 



de vouloir nous continuer ^^^^ f^-^ j^^^^.^^^ ^^^ j^^^^. 
ta faveur : afin que la terre k^^^ ^^^ p^i^ ^ ^^^ ^^^^^^^^ 



nous rende fes fruits abon 
damment à ta gloire, & à 
nôtre confolation 5 par 
nôtre Seigneur Jefus Chrift. 
Amen- 

% Pour la Paix, & lors que 
l'on a été délivré de la 
main des Ennemis. 

ODieu Tout-puilTant, 
qui es une forte tour 
pour la défcnfc de ton peu 
pic contre fes ennemis 
nous te beniflbns, & nous 
te rendons grâces de ce 
que tu nous as délivrez 
àzs grands dangers qui 
nous nicnaçoient. Nous 
reconnoiilcns que c'eft, un 
effet de ta bonté, que 
itiQus naions pas été U- 



de dans un même lieu; 
& qui calmes les orages 
d'un peuple violent & em- 
porté : nous beniilbns ton 
Saint Nom, de ce qu il ta 
plu d'apaifer les féditions 
6c les tumultes, qui s'étoi- 
ent depuis quelque tems 
élevez au milieu de nous : 
te fupliant très-humble- 
ment de nous faire la grâce 
à tous d obéir déformais à 
tes Saints Commandc- 
mcns : de forte que me- 
nant une vie paifîblc & 
tranquille en toute piété, & 
honnêteté, nous puiiîions 
t offrir continuellement le 
facrificç de nos louanges & 
dç îios aftioa.3 d;ç grâces > 
D 4* f^^ 



46 



Actions de 



la 

maladie 



par Jefus Chrift nôtre Sei 
gneur. Amen. 

;f Apres être délivrez, de 
Pefle, ou d'au 
Ontagieufe. 

SEigneur Dieu Tout- 
puiffant, qui nous as 
frapez pour nos péchez, 
& Gonfumez pour nos ini- 
quitez, par Taccablante & 
terrible maladie, dont tu 
nous as vifitcz depuis peu ; 
& qui te fouvenant de ta 
mifericorde au milieu 
tes jugemcns , viens 
tacheter nôtre vie de 
' puiffance de la mort : nous 
offrons à ta bonté pater- 
nelle nos perfonnes, qu il 
t;a plu d'épargner j & nous 
tepréfentons nos corps, & 
nos âmes en facrifice vi- 
vant : louant & magnifiant 
à jarnais ta mifericorde au 
milieu de ton Eglife; par 
Jefus Chrift nôtre Seigneur. 
Amen, 

f 0^ celle-ci, 

PERE mifericordieux, 
nous reconnoiiTons en 



de 
de 
la 



G R A C E S.^ 

toute humilité devant t\ 
face, que toutes les malé- 
dirions dénoncées dans ta 
Loi, pouvoient juftement 
tomber fur nous, à caufe 
de nos tranfgrcfîions fans 
nombre, ôcde rendurciffe- 
ment de nos cœurs: mais 
puis quil t'a plu dans tes 
grandes compallîons, d'a- 



vou* 



égard 



notre humi- 
liation, quoi qu'imparfaite; 
en appaifant la fureur de 
cette Contagion mortelle, 
qui ravageoit ton héritage : 
& de faire ouïr de nouveau 
parmi nous les cris de joie,. 
& la voix de Texultation : 
nous préfentons à ta Divine 
Majefté, ce facrifice de 
louanges & dadions de 
grâces i exaltant, & mag-.* 
nifiant ton Nom glo- 
rieux, de ce que par ta 
providence tu nous as fî 
mifericordieufement garan-. 
tis de ce fléau 5 par Jefus 
Chrift nôtre Seigneur. A^^ 
men. 



ILis^ 



Le t. Dimanche de l^Avent? 4^ 



LES COLLECTES, LES EPITRES ET LES 
EVANGILES, pour toute rAnnée. 

^ Remarquez^ que la CotîeEîe de chaque Dimanche^ ou de quelque 
Fête que ce foit, qui a une Vigile ou Veille^ fe dira au Service 
du Soir, qui précède immédiatement. 



Le Tremier dimanche de 
TAvent. 

La Collecte. 

ODieu Tout-puiffant, 
fai nous la grâce que 
rcjettant les oeuvres de té 
nébres, nous foions revê- 
tus des armes de lumière, 
•durant cette vie mortelle 5 
en laquelle tonPilsJefus 
Chrift nous eft venu vifiter 
en grande humilité ; afin 
qu'au dernier jour quand 
il reviendra dans fa Ma- 
jefté glorieufe, pour juger 
les vivants & lés mort, 
nous refîufcitions à la vie 
immortelle; par ce même 
Jefus Chrift ; qui vit, & 
qui règne avec toi, 6c 
avec le Saint Efprit, main- 
tenant & à jamais. A- 



f Cette ColleBe fe doit dire 
chaque jour^ avec les autres 
Colletles durant l'A vent, juf-* 
que s à la Veille de Noël. 

L' E p I T R E:, Rom. 1 3.8. 

NE devez rien à per- 
fonne, fmon que 
vous vous aimiez lun lau- 
tre : car celui qui aime les 
autres, a accompli la Loi» 
Parce que ce qui eft dit. 
Tu ne commettras point 
adultère j Tu ne tueras, 
point i Tu ne déroberas 
point i Tu ne diras point 
faux témoignage 5 Tu ne 
convoiteras point i & tel 
autre commandement, eft 
lomm^irement compris dans 
cette parole 5 Tu aimeras 
ton Prochain comme toi- 
même. La charité ne fait 
point de mal ^u Prochain : 
raçcompliflement donc de 
la Loi caft la charité. 
Mçmç 



^:^ I.E li P IMANCHK DE l'AveNT* 



Même vu la faifon, parce 
qiulcft déjà temps de nous 
xéveiller du fommeil : car 
maintenant le falut cftplus 
près de nous, que lors que 
nous avons crû. La nuit 
cft paffée 6c le jour eft 
aproché : rejettons donc 
les oeuvres de ténèbres, 
ôc foions revêtus des armes 
^de lumière. Conduifons- 
nous honnêtement & 
comme en plein jour : non 
point en gourniandifes, ni 
en yvrogneries j non point 
en couches, ni en info- 
lences 5 non point en que- 
relles, ni en envie. Mais 
foiez revêtus du Seigneur 
'lefusChrift, & n aicz point 
-loin de la chair pour aç- 
. complir fes convoitiics, 

: L'Evangile, S. Matt. 21.1. 

OR quand ils furent 
près de Jérulalem, 
<Sc qu'ils furent venus à 
Bcthphagé au mont des O- 
liviers, jéfus envola alors 
deux Difciples; en leur 
difant : Allez à ce village 
qui eft vis-à-vis de. vous, ôc 
d'abord vous trouverez une 
âneffe atachée, 6c fon 
poulain avec elle : déta- 
chez-les, ôc amenez-les 



moi, Et fi quelqu'un VOUS 
dit quelque chofcj vous 
direz que le Seigneur en a t 
affaire : & auffi-tôt il les 
laiifera aller. Or tout cela 
fe fit afin que fut accom- 
pli ce dont il avoit été 
parlé par le Prophète, en 
difant s Dites à la jSUe de 
Sion j voici, ton Roi vient 
à toi, débonnaire, Remon- 
té fur une âneffe, & fur 
le poulain de celle qui eft 
fous le joug. Les Difci- 
ples donc s'en allèrent, ôc 
firent comme Jéfus leur 
avoit ordonné. Et ils a- 
menerent Tâneffc ôc Ta- 
non, & mirent leurs véte- 
mens deffus, & l'y firent 
afleoir. Alors de grandes 
troupes étendirent leurs 
vétemens par le chemin ^ 
&c les autres coupoient 
des rameaux des arbres, & 
les étendoient par le che- 
min. Et les troupes qui 
alloient devant, & celles 
qui fuivoient , crioient, 
en difant 3 Hofanna, au 
Fils de David, béni foit 
celui qui vient 
du Seigneur : 
dans les lieux 
Et quand il fut entré dana 
Jéi'ufalçm^ toute la ville 

5 * ïilt: 



au Nom 

Hofanna 

très- hauts» 



T'Ë 2. DlMAÎÏCHE DE l'AvENT. 



43^ 



Fiit cmiië, difant , Qui eft 
celui-ci ? Et les troupes 
diibient : C'cft Jcfus le 
Prophète; qui eft de Na- 
zareth en Galilée. Et Jé- 
fus entra dans le Temple 
de Dieu 5 & chalîa dehors 
tous ceux qui vendoient & 
qui achetoient dans le 
Temple 5 & renverla les 
tables des changeurs, & 
les fiéges de ceux qui ven- 
doient des pigeons j & il 
leur dit : Il eft écrit, ma 
Maifon fera appellée Mai- 
fon de prière j mais vous 
en avez fait une caverne de 
voleurs. 

[Ijû fécond "Dimanche de 
/■Avent. 

La Collecte. 

O Seigneur très-bon & 
très - mifericordieux , 
qui nous as donné toute 
TEcriture S'"" pour nôtre in- 
ftrudion , fai nous la grâce 
defécouter, de la lire, de 
la méditer, de l'apprendre, 
& de la digérer intérieure- 
ment i de telle forte que par 
la patience, & par la con- 
folation de ta Parole, nous 
foions affermis pour tou- 



jours dans fefperance de 1^ 
vie éternelle, que tu nous 
accordes en jefus Chrift 
nôtre Sauveur. Amen.rnJi 

UEpitre, Rom. 15.4.^ 

TOutes les chofes qui 
ont été écrites au« 
paravant, ont été écrites 
pour nôtre . inftrudion : 
afin que par la patience & 
la confolation des Ecri- 
tures nous aions efperancCo 
Or le Dieu de patience & 
de confolation, vous faiïe 
la grâce davoir tous u.a 
même fentiment, félon Je- 
fus Chrift: Afin que tous 
d'un même cœur, & d'une 
même bouche vous glori- 
fiiez Dieu, qui eft lePcre de 
nôtre Seigneur jefus Chrift. 
C'eft pourquoi recevez- vous 
l'un l'autre, comme aulîi 
Chrift nous a reçus à lui, 
pour la gloire de Dieu. 
Or je dis que jefus Chrift a 
été Miniftre de la Circon- 
cifion, pour la vérité de 
Dieui afin de ratifier les 
promeffes faites aux Pères : 
Et afin que les Gentils ho- 
norent Dieu pour fa mife- 
ricorde : félon ce qui eft 
écrit 5 Je célébrerai à caufe 
de cela ta louange parmi 

les 



j7f Le 3~' DiMAîTC 

ks Gentils; & je pfalmo- 
dierai à ton Nom. Et il 
cft dit encore: Gentils, 
jéjouïffez-vous avec fon 
peuple. Et encore: Toutes 
Nations, loiiez le Seig- 
neur : & vous tous peuples 
célébrez-le. Et aulîî Efaïe 
a dit : Il y aura une ra- 
cine de Jeffé, & un qui 
s'élèvera pour gouverner 
les Gentils, & les Gentils 
auront efperance en lui. 
Le Dieu d'efperance donc 
vous veuille remplir de 
toute joie & de toute paix, 
en croiant : afin que vous 
abondiez en efperance par 
la puiflance du Saint E^f. 
prit. 

L'Evangile,, S.Luc. 21.250 

ET il y aura des fignes 
dans le folcil & dans la 
lune, & dans les étoiles; & 
une telle détrefle des na- 
tions, qu on ne faura que 
devenir fur la terre; la 
mer bruiant ôc les ondes. 
De forte que les hommes 
feront comme rendant 
rame de pcu^^, & à caufe 
de Tatcnre des chofes qui 
furviendront dans toute la 
terre : car les vertus des 
çiçux feront ébranlées. Et 



HE DE L'AVEKT? 

alors on verra le Fils àê 
rhomme venant fur une 
nuée, avec puilfance & 
grande gloire. Or quand 
ces chofes commenceront 
d'arriver 5 regardez en haut, 
& levez vos têtes ; parce 
que vôtre délivrance ap- 
proche. Et il leur propo- 
fa cette comparaifon > 
voiez le figuier, & tous 
les autres arbres : Quand 
ils commencent à poufîcr^ 
vous connoiflez de vous- 
mêmes en regardant, que 
TE té eu déjà près. Vous 
aufli pareillement, quand 
vous verrez arriver ces 
chofes; fâchez quç le Règne- 
de Dieu eft près. En vérité; 
je vous dis, que cette gé-. 
nération, ne paflera çoint,^ 
que toutes ces chofes ncv 
foient arrivées. Le ciel & 
la terre pafferont; mai^ 
mes paroles i\e palTeront 
point 

Le Troifiéme dimanche de 
/'Avent, 

La C0H.ECTE. 

OSeignçuïJefus Chrift,, 
qui à ton* premier 
avenenient, envolas ton 
Meflager pour préparer ton. 
chemin dçvant toi 5. fti quQ 

Iqs 



Le 3. D I 

îcs Miniftres ôc Difpenfa- 
tcurs de tes miftères pré- 
parent auffi, & aplanif- 
fent fi bien tes voies, en 
convertiflant le cœur des 
rebelles à la prudence des 
juftes, que lorfquà ton fé- 
cond avènement tu vien- 
dras pour juger le monde, 
nous foions trouvez un peu- 
ple agréable à tes yeux, ô 
qui vis, & qui 
avec le Père & le 
Saint Efprit, un feul 
béni éternellement. Amen 



MANCHE DE l'A V E N T.' 45 

mettra en lumière les chofes 
cachées dans les ténèbres 5 
& qui manifeftera les con- 
feils des coeurs: & alorsDieu 
rendra à chacun fa louange. 



Seigneur 
règnes 



L'Epitre, I Cor. 4. i. 

QUe chacun nous tienne 
, pour Miniftres de 
Chrift, & pour Dilpenfa- 
teurs des miftères de Dieu. 
Mais, au refte, il eft requis 
entre les Difpenfateurs que 
chacun foit trouvé fidèle. 
Pour moi, je me foucie fort 
peu d'être jugé de vous, ou 
de jugement d'homme : & 
aullî je ne me juge point 
moi-même. Car je ne me 
fens coupable de rien : mais 
pour cela je ne fuis pas jufti- 
tié : mais celui qui me juge, 
c'eft le Seigneur. C'eft pour- 
quoi ne jugez de rien avant 
le temps, jufquà ce que le 
Seigneur vienne 5 qui aufli 



L'Evangile, S.Matth.i 1.2, 

OR Jean aiant ouï par- 
ler dans la prifon 
des faits de Chrift, envoia 
deux de fes Difciples pour 
lui dire : Es-tu celui qut 
I devoit venir,, ou fi nous de- 
Dieu I vous en atendre un autre ? 
Et Jéfus répondant, leur 
dit 5 Allez, & raportez à 
Jean les chofes que vous 
entendez & que vous vol- 
ez. Les aveugles recou- 
vrent la vue; les boiteux 
marchent; les lépreux font 
nettoiez ; & les fourds oi- 
ent ; les morts font reiTuf- 
citez ; & l'Evangile eft an- 
noncé aux pauvres. Mais 
bien-heureux eft celui qui 
n'aur apoint été fcandalifé 
en moi. Et comme ils s'en 
alloient ; Jefus fe mit à dire 
de Jean aux troupes : Qu'ê- 
tes- vous allé voir au défert? 
Un rofcau agité du vent ? 
Mais qu'êtes-vous allé voir- \ 
Un homme vêtu de précieux 
vétemens? voici, ceux qui 
portçfit des habits précieux, 

font 



"4t> Le 4. DiMANCH 

font dans les maifons des 
Rois. 2viaisquetcs-vous al- 
lé voir ? Un Prophète ? 
oui, vous dis-jc, & plus 
qu un Prophète. Car il cft 
celui duquel il a été ainfi 
écrit : Voici, j'envoie mon 
nieilager devant ta face, le- 
quel préparera ton chemin 
devant toi. 



Le ^latriéme T)hnanche 
de /'Avcnt. 



La Collecte* 

\TEuillc Seigneur, nous 
' foutcnir par la vertu 
de ton Efprit, & par la force 
toute puilTante de ta grâce ; 
afin que nonobftant les pé- 
chez & les tentations qui 
nous retardent, nous puif- 
fions heureufemcnt achever 
la courfe qui nous eft pro- 
pofée, a la louange de ta 
mifcricorde ; & par les mé- 
rites de ton Fils notre Seig- 
neur 5 auquel, avec toi, & 
avec le Saint Elprit, foit 
honneur & gloire ctcrneilc- 
ment. Amen. 

LTpitre, Phil. 4. 4." 

RE j ouïiTez - vous tou- 
jours eu nôtre Seig- 
neur : je vous le dis encore. 



È DÉ l'Avant^. 

réjouïiTez-vous. Qtie vôtre 
douceur foit connue de tous 
les hommes. Le Seigneur 
eft près. Ne vous inquié- 
tez de rien ^ mais en toutes 
chofcs préfentez vos de- 
mandes à Dieu par des priè- 
res & des fuplications, a- 
vec des actions de grâces* 
Et la paix de Dieu, laquelle 
furpafle tout entendement^ 
gardera vos cœurs & vos 
fentimens enJéfus-Chrift. 

LTvANGïLE, S.Jean i. i^l 

C'Eft ici le témoignage 
de Jean, lors que les 
|uifs envoicrcnt de Jérufa- 
lem des Sacrificateurs & des 
Lévites pour finterroger, 
& lui dire ; Toi qui es-tu ? 
Car il Tavoua, & ne le nia 
point : il l'avoua, dis -je, en 
difant. Ce n'eft pas moi qui 
fuis le Chrift. Sur quoi ils 
lui demandèrent i Qui es- 
tu donc? Es-tu Elic? Et il 
dit 5 ]e ne le fuis point. 
Es-tale Prophète? Etilré-^ 
pondit 5 Non. Ils lui di- 
rent donc i Qiii es-tu ? afin 
que nous donnions réponfc 
à ceux qui nous ont en- 
voiez : que dis- tu de toi- 
même? Il dit; Je fuis la 
voix de celui qui cric dans 

k 



LEjaUR DE Noel\ I7 

le défcrt : Aplanifîcz le jfaits tes enfans par adoption 
chemin du Seigneur, com- &par grâce, nous foions de 



nie aditEfaie le Prophète 
Or ceux qui avoient été en 
voiez vers lui étoient d'entre 
les Pharifiens. Ils Tinterro- 
gerent encore, & lui dirent 5 
Pourquoi donc baptifes-tu, 
Il tu n es point le Chrift, ni 
Elle, ni le Prophète?- Jean 
leur répondit, & leur dit 5 
Pour moi, jebaptiic d'eau : 
mais il y en a un au milieu 
<lcvous, que vous ne con- 
noiflez point : C'eft celui 
qui vient après moi, qui eft 
préféré à moi, ôc duquel 
je ne fuis pas digne de dé- 
lier la courroie du foulier. 
Ces chofes arrivèrent à Be- 
thabara, au delà du Jour- 
dain, où Jean baptifoit. 

Le Jour de la Y^ Kl'^- 

NEUR appelle Jso'éL 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant, qui 
as donné ton Pils 
Unique, afin qu il prit notre 
nature, & qu'il naquit d'une 
chafte Vierge, dans un temps 
pareil à celui-ci : accorde 
iious quêtant régéncrez, & 



jour en jour renouveliez par 
ton faint Efprit i par Jefus 
Chrift nôtre Seigneur, qui 
vit & qui règne avec toi,. 
& avec le Saint Efprit, vux 
feul même Dieu béni éter- 
nellement. Amen. 
L'Epitre, Heb. i. i. 

Dieu aiant ancienne- 
ment parlé à nos pè- 
res par les Prophètes, à plu- 
fieurs fois, & en plufieurs 
manières, a parlé à nous 
en ces derniers jours par 
fon Fils, qu'il a établi héri- 
tier de toutes chofes : & 
par lequel il a fait les fié- 
clés : Et qui étant la fplen- 
deur de fa gloire, & la mar- 
que engravée de fa Perfon- 
ne, & foutenant toutes cho- 
fes par fa parole puiiTante, 
aiant fait par foi-même la 
purification de nos péchez, 
s'eft aiïis à la droite de la 
Majcfté dans les lieux très- 
hauts: Etant fait d'autant 
plus excellent que les An- 
ges, qu'il a hérité un Nom 
plus excellent, au defTus 
d'eux. Car auquel des An- 
ges a-t-il jamais dit > Tu es 
mon Fils, je t'ai aujour- 
d'hui engendré? Et ailleurs; 

Y 



48 Le Jour d 

Je lui ferai Pêrc, ôc il me fc- 
ja Fils? Et encore, quand 
il introduit dans le monde 
fon Fils premier-né, il eft 
diti Et que tous les An- 
ges de Dieu Tadorent. 
Car quant aux Anges, 
il eft dit ; Faifant les 
vents fes Anges, & la 
flamme de feu fes Minif- 
tres. Mais il eft dit quant 
au Fils 5 O Dieu, ton trône 
demeure aux fiéclcs des fié- 
cles, & le fceptre de ton 
Roiaume eft un fceptre de 
droiture : Tu as aimé la 
jufticc, & tu as haï Tiniqui- 
té : c'cft pourquoi, ô Dieu, 
ton Dieu ta oint d'une 
huile de joie par deflus tes 
compagnons. Et dans un 
autre endroit : Toi, Seig- 
neur, as fondé la terre des 
le commencement 5 & les 
deux font les ouvrages de 
tes mains : Ils périront, mais 
tu es permanent : ôc ils 
s envieilliront tous comme 
un vêtement 5 Et tu les 
plieras en rouleau comme 
un habit, & ils feront chan- 
gez : mais Toi, tu es le 
même, & tes ans ne fini- 
-ront point. 



E Noël. * 

LTvANGiLE, S.Jean r . i^ 

AU commencement 
étoit la Parole, 6c la 
Parole étoit avec Dieu, & 
cette Parole étoit Dieu* 
Elle étoit au Commence- 
ment avec Dieu. Toutes 
chofes ont été faites par 
elle, & fans elle, rien de ce 
qui a été fait n'a été fait. 
En elle étoit la vie ; & la 
vie étoit la Lumière des 
hommes. Et la Lumière 
luit dans les ténèbres, mais 
les ténèbres ne Tont point 
comprife. Il y eut un hom- 
me appelle Jean, qui fut en- 
voie de Dieu. Il vint pour 
rendre témoignage 5 pour 
rendre, dis-je, témoignage 
à la Lumière, afin que tous 
cruflent par lui. Il n'étoit 
pas la Lmiiiére s mais il étoit 
envoie pour rendre té- 
moignage à la Lumière. 
Cette Lumière étoit la vé- 
ritable, qui illumine tout 
homme venant au monde. 
Elle étoit au monde, & le 
monde a été fait par elle : 
mais le monde ne l'a point 
connue. 11 eft* venu chez, 
foi, & les ficns ne l'ont 
point reçu 5 Mais à tous 
ceux qui Tont reçu, il leur 



Le Jour de 

a donné le droit d'être faits 
enfans de Dieu, favoir à 
ceux qui croient en fon 
Nom: Lefquels ne font 
point nez de fang, ni de 
la volonté de la cihair, ni 
de la volonté de Thomme : 
mais ils font nez de Dieu, 
Et la Parole a été faite chair, 
& a habité parmi nous 5 ôc 
nous avons contemplé fa 
gfoire, qui a été une gloire 
comme la gfoire du Fils 
Unique du Père, pleine de 
grâce ëc de vérité. 

Le Jour de S. Etienne. 
La Collecte. 

FAI nous la grâce, 
Seigneur, que dans 
toutes les foufrances aux- 
quelles nous pouvons être 
expofez fur la terre, pour le 
témoignage de ta Vérité 5 
nous regardions toujours 
fixement au Ciel, & que 
nousvoifons par la foi la 
gloire qui doit être révélée 5 
& qu'étant remplis du Saint 
Efprit, nous apprenions à 
aimer & à bénir nos pcrfe- 
cuteurs ^ à f exemple de 
Saint Etienne ton premier 
Martyr, qui te pria pour 
ceux qui lefaifoicnt mou- 
rir, O Seigneur jefus, qui 



S. ETIENNÉr 4^ 

te tiens à la droite de Dieu* 
pour fecourir ceux qui fou- 
frent pour toi, nôtre feul 
Médiateur 6c KvoQdt.Amen^ 

% Puis Suivra la ColleEle de là 
Naijfance^ qui fe dira toû-* 
jours jufquesà la veille du pre-* 
mier jour de /'An. 

Tour L'Epitre, Ad. 7. 55^ 

E Tienne étant rempli du 
Saint Efprit, & aiant 
les yeux atachez au Ciel, Vit 
la gloire de Dieii, & Jéfus 
étant à la droite de Dieu.' 
Et il dit $ Voici, je vois 
les Cieux ouverts, & le Fils 
de f honime étant à la droite 
de Dieu. Alors ils s'écrie-^ 
rent à haute voix, & bou- 
chèrent leurs oreilles> & 
tous d'un accord fe jette- 
rent fur lui. Et Taiant ti- 
ré hors delà ville, ils le la-» 
piderent : & les témoin^ 
mirent leurs vétemens aux 
pieds dun jeune homme 
nommé SauL Et ils lapi^ 
doient Etienne, qui prîoit 
& difoit : Seigneur jéfus, 
reçoi mon efprit- Et se^ 
tant mis à genoux, il CnA 
à haute voix 5 Seigneur, ne 
leur impute point ce péché : 
àc quand il eut dit cela> il 
s'endormit. 



5© Le Jour de S. Jean UEvangelistè; 



L'Evangile, S. Matth. 
23. 34- 

Voici, je vous envoie 
des Prophètes, & des 
Sages, ëc des Scribes, & 
vous en tuerez, ôt en cru- 
cifierez, & en foueterez 
dans vos Synagogues; & 
les perlecuterez de Ville en 
ville. Afin que vienne fur 
vous tout le fang jufte qui 
a été répandu fur la terre, 
depuis le fang d'Abel le 
jufte jufquesau fang de Za- 
charie, fils de Barachie, que 
vous avez tué entre le Tem- 
ple & l'Autel. En vérité je 
Vous dis, que toutes ces cho- 
fes viendront fur cette gé- 
nération. Jérufalem, Jé- 
rufaiem, qui tues les Pro- 
phètes, & qui lapides ceux 
qui te font envolez, com- 
bien de fois ai- je voulu raf- 
fembler tes enfans, comme 
la poule raflemble fespouf- 
fms fous fes ailes ? & vous 
ne Tavcz point voulu. Voi- 
ci, vôtre maifon va être 
laiffée défcrtc. Car je vous 
dis, que déformais vous ne 
me verrez plus jufqua-ce 
que vous difiez : Bcni foit 
celui qui vient au Nom du 
Seigneur, 



Le jour de S.Jean l'Evan- 
gélifie. 

La Collecte. 



Mlfericordieux Seig- 
neur, nous te fu- 
plions de répandre les ce- 
leftes raions de ta lumière 
fur ton Eglife ; afin quê- 
tant éclairée par la dodrine 
de ton bien-heureux Apô- 
tre, & Evangelifl:e St. Jean, 
elle chemine dans la lu- 
mière de ta Véritéj & par- 
vienne enfin à la lumière 
de la gloire éternelle, par 
Jefus Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

L'Epitre, I S.Jean 1. 1, 

CE qui étoit dès le com- 
mencement, ce que 
nous avons ouï, ce que 
nous avons vu de nos pro- 
pres yeux, ce que nous a- 
vons contemplé, & que nos 
propres mains ont touché 
de la Parole de vie ; (Car 
la vie a été manifeftée, & 
nous lavons vue, 6c auilî 
nous le témoignons, & nous 
vous anonçons la vie éter- 
nelle, qui étoit avec le Père, 
& qui nous â été manife- 
ftée) Ce, dis-jq, que nous 

avons 



Le Jour de SJean L'EVANGËLisTur s'î\ 



avons vu & ouï, nous vous 
ranonçonsj afin que vous 
aiez connnunion avec nous, 
& que nôtre communion 
foit avec le Père, & avec 
fon Fils Jcfus Chrift. Et 
nous vous écrivons ces cho- 
fcs, afin que vôtre joie (bit 
rendue parfaite. Or c'eft ici 
la promede que nous avons 
entendue de lui, & que 
nous vous anonçons, fa- 
Voir, que Dieu eft lumière, 
& qu il nV a en lui nul- 
les ténèbres. Si nous di- 
fons que nous avons com- 
munion avec liii, & que 
nous marchions dans les 
ténèbres, nous mentons, & 
nous n agitions pas félon la 
vérité. Mais fi nous mar- 
chons dans la lumière, 
comme Dieu eft en la lu- 
mière, nous avons commu- 
nion Tun avec Tautte, 6c 
le fang de fon Fils Jèfus 
Chrift nous purifie de tout 
péché. Si nous difons que 
nous n'avons point de pé- 
ché, nous nous féduifons 
nous-mêmes, & la 'vérité 
neft point en nous. Si 
nous confeirons nos pé- 
chez, il eft fidèle & jufte 
pour nous pardonner nos 
péchez^ le nous netoier de 



J 



toute iniquité. Si nous dî- 
fons que nous n'avons point 
de péché, nous le faifbh^ 
menteur, & fa parole neft 
point en nous. 
UE VANGiLE;^ S. Jeatl i I . î pi 
Efus dit à Pierre ; fui-' 
moi* Et Pierre fe re- 
tournant vit venir après 
eux le Difciple que JéfiiS 
aimoit; & qui dutant le foU- 
per s'étoit panché fur le 
fein de Jefus, & avoit dit 5 
Seigneur, qui eft celui à 
qui il arrivera de te trahir t 
Quand donc Pierre le vit^^' 
il dit à Jéfus 5 Seigneur, Se 
celui-ci, quoi > Jéfus luï 
dit 5 Si je veux qu'il de- 
meure jufqua ce que jà 
vienne, qu'en as-tu aff*aire ? 
toi, fui-moi : Or cette pa- 
role courut entre les Frères^; 
que ce Difciple là ne mour- 
roit point: cependant Jéi 
fus ne lui avoit pas dit s It 
ne mourra point : mais^ Si 
je veux qu'il demeure juft, 
qu'a ce que je vienne 5 qu'eit 
as-tu affaire? Ceft ce DiC- 
ciple-lâ qui rend témoig- 
nage de ces chofes^ & qui 
a écrit ces chofes^ ôc nous 
favons que fon témoignage 
eft digne de foi^ Il y à 
auffi plufieurs autres ehd- 
E â fês 



<^ Le ] OUR 

fes que Jéfus a faites, lef- 
quellcs étant écrites de 
point en point, je ne penfc 
pas que le monde même put 
contenir les livres qu on en 
écriroit. 

Le Jour des Innocens. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant, qui 
de la bouche des pe- 
tits Ênfans & de ceux qui 
tètent as tiré ta force, & qui 
as fait que ces petits enfans 
t ont glorifiez par leur mort, 
mortifie & detrui tous nos 
vices 5 & fortifie nous telle- 
ment par ta grâce, que par 
Tinnocence de nôtre vie, 
& par la confiance de nô- 
tre Foi, nous puiffions te 
glorifier jufqucs à la mort 5 
par Jefus Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

5P(?//rU£piTRE,Apoc.i4.i. 



JE regardai, ôc voici, TA- 
gncau fe tenoit fur la 
montagne deSionj & il y 
avoit avec lui cent quaran- 
te-quatre mille pcrfonnes, 
qui avoient le Nom de fon 
Père écrit fur leurs fronts. 



DES iNNOCENSi! 

Et j'entendis une voix dii 
ciel comme le bruit des 
G;randes eaux, & comme le 
bruit d'un grand tonnerre : 
& j'entendis une voix de 
joiieurs de harpes, qui joii- 
oient de leurs harpes. Et 
qui chantoicnt comme ua 
cantique nouveau devant le 
trône; & devant les quatre 
animaux ; & devant les An- 
ciens : & perfonne ne pou- 
voir aprendre le cantique, 
que les cent quarante-qua- 
tre mille qui ont été ache- 
tez d'entre ceux de la terre. 
Ce font ceux qui ne fe font 
point fouillez avec les fem- 
mes, car ils font vierges : ce 
font ceux qui fuivent l'Ag- 
neau quelque part qu'il ail- 
le : & ce font ceux qui ont 
été achetez d'entre les 
hommes pour être des pré- 
mices à Dieu, & à l'Agneau. 
Et il n'a été trouvé aucune 
fraude en leur bouche : car 
ils font fans tache devant 
le trône de Dieu. 



L'Evangile, S, Matth.2. 1 3 ; 

L'Ange du Stigneur a- 
parut en fonge à Jo- 
feph, difant ; Lève toi, 6c 
pren le petit enfant, & fa 

mère. 



Le D I m a n"c h e 

mère, & t'enfui en Egypte, 
& demure là, jufqu à ce que 
je te le dife : car Hé rode 
cherchera le petit enfant 
pour le faire mourir. Jo- 
leph donc étant réveillé, 
prit de nuit le petit enfant 
Ôc fa mère, & fe retira en 
Egypte. Et il demeura là 
jufques à la mort d'Hé- 
rode : afin que fut acom- 
pli ce dont le Seigneur a- 
voit parlé par le Prophète, 
difant 5 J'ai apellé mon 
Fils hors d'Egypte. Alors 
Hérode voiant que les Sa- 
ges s'étoient moquez de lui, 
fut fort en colère 5 ôc il en- 
vola tuer tous les enfans 
qui étoient à Bethléhem, & 
dans tout fon territoire, de- 
puis l'âge de deux ans, & 
au deffousj félon le temps 
dont il s'étoit exadement 
enquis des Sages. Alors 
fut acompli ce dont a- 
voit parlé Jérémie le Pro- 
phète, en difant 5 On a 
oui à Rama un cri, une la- 
mentation, des plaintes, & 
un grand gémiffement : Ra- 
chel pleurant fes çnfans, &c 
n'aiant point voulu être 
confolée de ce c^uils lie 
font plu^. 



APRES NôElT 53; 

Le T>manche aprh Noël, 
La Coll ect e. 

Dieu Tout-puiffant, qui 
as donné ton Fils 
Unique, afin qu'il prit nôtre 
nature, & qu il naquit d'une 
chafte Vierge 5 accorde nous 
qu étant régénérez, 6c faits 
tes enfans par adoption & 
par grâce, nous foion^ de 
jour en jour renouvelle2i- 
par ton Saint Efprit 5 par 
Jefus-Chrifl: nôtre Seigneur^ 
qui vit & qui règne avec 
toi & avec le Saint Efprit; 
un feul & même Dieu bé- 
ni éternellement. Amen^ 

L'Epitre, Ga.L 4. i. 

R je dis que durant 
tout le temps que 
rhéritier eft un enfant, il 
neft en rien différent du 
ferviteur, quoi qu'il foit Sei- 
gneur de tout : Mais il eft 
fous àiZ^ tuteurs & des cura-- 
teurs, jufqu au temps déter^ 
miné par le père. Nous 
auffi pareillement, lors que 
nous étions des enfans^ 
nous étions affqrvis fous les 
rudimexis du monde. Mais 
quand racomplillçment du 
temps eft venu, Dieu a en- 
voie fon Fils, fait de f^m- 
me, ôc fait fujct à la Loi:: 



o 



54 



La Circoncision^ 



'Afin quH rachetât ceux qui 
étoient fous la Loi, & que 
îious rcçuflîons Tadoption 
des enfans. Et parce que 
vous êtes enfans, Dieu a en- 
voie TEfprit de fou Pils 
dans vos cœurs, criant A b- 
ba;, PèrCv Maintenant donc 
tu n es plus ferviteur, mais 
fils : or fi tu es fijs, tu es 
auffi héritier de Dieu par 
Chrift. 

L'Evangile, S.Matth. i . 1 8 . 

LA naiffance de Jcfus- 
Chrifl arriva en ccttç 
manière : Comme Marie fa 
mère çut été fiancée à Jo-^ 
feph, avant qu'ils fuffent 
enfemblc, elle fc trouva 
enceinte du Saint Efprit. 
Et Jofeph fon mari, parce 
quil étoit jufte, ôc quil 
ne la vouloit point dif- 
famer, la voulut laiifer 
fecrètement. Mais comme 
il penfoit à ces chofcs 5 
voici, TAnge du Seigneur 
lui aparut dans un fonge, & 
lui dit 5 Jofeph fils dç'Da- 
vid, ne crain point de re- 
cevoir Marie ta femme : 
car ce qui eft engendré en 
elle eft du Saint Efprit. Et 
elle enfantera un Pilsi & 



tu apellcras fon nom Jefus: 
car il fauvera fon peuple 
de leurs péchez. Or tout 
ceci eft arrivé, afin que fut 
acompli ce dont le Seig- 
neur avoir parlé par le Pro- 
phète, en difanti Voici la 
Vierge fera enceinte, & 
elle enfantera un Fils; ôc 
on apellera fon nom Em- 
manuel, qui veut dire, 
DIEU AVEC NOUS, 
Jofeph étant donc réveillé 
de fon dormir, fit comme 
l'Ange du Seigneur lui a- 
voit commandé, ôc reçut 
fa femme, Mais il ne la 
connut point jufquà ce 
qu elle eut enfanté fon fils 
premier-né 5 & il apella 
fon nom JESUS, 

Le Jour ^^ /^ Cirçonçifion. 

La Collect e. 

Dieu Tout-puiiTant, qui 
pour famour des 
hommes as voulu que ton 
Fils béni à jamais, fut cir- 
concis & rendu fujet à la 
Loi s accorde-nous la vraie 
circoncifion de TEfprit : afin 
qu «tant mortifiez à toutes 
les convoitifes mondaines 
ôc charnelles, nous te ren- 
dions 



La C I r c o 

^ dions obéïflance en toutes 
çhofcs, félon ta fainte volon- 
té y par Jefus-Chhft ton 
Fils, nôtre Seigneur. 

UEpitre, Rom. 4, 8. 

Bien-heureux eft Thom- 
me à qui le Seigneur 
n aura point imputé fon pé- 
ché. Cette déclaration donc 
de la béatitude eft-elle feule- 
ment pour la Circoncifion, 
ou auflî pour le Prépuce? 
car nous difons que la foi 
a été imputée à Abraham à 
juftice. Comment donc 
lui a-t-elle été imputée? a- 
ce été lors quil étoit déjà 
circoncis, ou lors qu il étoit 
encore dans le prépuce ? Ce 
n'a point été dans la Cir- 
concifion, mais dans le pré- 
puce. Puis il reçut le fig- 
XiQ. de la Circoncifion pour 
un feau de la juftiçe de la 
foi, laquelle il avoit reçue 
étant dans le prépuce ; afin 
quil fut le père de tous 
ceux qui croient étant dans 
le prépuce, & que la juf- 
tiçe leur fut auflî imputée. 
Et qu'il fut auflî le père de 
la Circoncifion; c'eft-a-dire, 
de ceux qui ne font pas 
jfeulcment de la Circonci- 
fion j mais qui auflî fuivçat 



N CI s ION. 55 

les traces de la foi de nô- 
tre père Abraham, laquelle 
il a eue dans le prépuce. 
Car la promefle d'être hé- 
ritier du monde, na pas 
été faite à Abraham, ou à 
fa femence, par la Loi : mais 
par la jufl:ice de la foi. 
Or fi ceux qui font de la 
Loi font héritiers, la foi eft 
anéantie, ôc la promçfle a- 
bolie. 

UEvANGiLE, s. Luc. 2.15, 

ET il arriva qu'après 
que les Anges s*en fu- 
rent allez d'avec eux au 
Ciel : les bergers dirent en^ 
tr'eux ; Allons donc jufqu à 
Bethléhem, & voions cette 
chofe qui y efl: arrivée, ôc 
que le Seigneur nous a dé- 
couverte. Ils allèrent donc 
à grand' hâte 5 & ils trou- 
vèrent Marie & ]ofeph, &. 
le petit enfant couché dans 
une crèche, Et quand ils 
Teurent vu, ils divulguèrent 
ce qui leur avoit été diç 
touchant ce petit enfant. 
Et tous ceux qui les ouï- 
rent, s'étonnèrent des cho- 
fes qui leur étoient dites 
par les bergers.. Et Marie 
gardoit foigneufement toii- 
tes ççs chofes, les runiiaaut 

£4 €1» 



ij5 

en foncœur. 



L'E PIPHANIE. 



Puis les ber- 
gers s'en retournèrent, glo- 
rifiant ôc louant Dieu de 
toutes les chofes quils a- 
voient ouïes & vues, félon 
qu'il leur en avoit été par- 
lé. Et quand les huit jours 
furent acomplis pour cir- 
concire Tenfant, alors fon 
nom fut apellé J E ^ U S,^ 
lequel avoit été nommé 
par TAngc avant qu'il fut 
conçu dans le ventre de fa 
Mère. 

5 La même CoIleBe, h même 
Epître^ & le même Evan^le 
ferviront pour tous les jours 
fuivans jufques à V Epiphanie. 

UEPIPHANIE, 



Ou la manifeftation de 
Jésus Christ aux Gen- 
tils, 

La Collecte. 

ODieu, qui par la di- 
redion d une Etoile 
manifcftas ton Pils Unique 
aux Gentils 5 accorde nous 
par ta milcricorde, que 
nous qui maintenant te con- 
noillons par la foi, nous 
puiffions après cette vie 
jouïr de ta Divinité 3 par 



]éfus-Chrift ton Fils notre 
Sei2;neur. Amen, 



L'Epitre, Eph. 3. I.' 

C'Eft pour cela que moî 
Paul fuis prifonnicr 
de. ]éfus-Chrift pour vous. 
Gentils : Si toutefois vous 
avez entendu la difpçnfa- 
tion de la grâce de Dieu, 
qui m'a été donnée envers 
vous: Comment par ré- 
vélation le miftère m'a été 
donné à connoitre (ainfi 
que je Tai écrit ci-defllisen 
peu de mots : D'où vous 
pouvez voir en le lifant, 
quelle eft rintelligence que 
j'ai dans le miftère de 
Chrift.) Lequel n'a point 
été donné à connoitre aux 
enfans des hommes dans 
les autres âges, comme il 
à été maintenant révélé par 
l'Efprit à fes faints Apo- 
ftres, & à fes Prophètes 5 
Savoir que les Gentils font 
cohéritiers, & d'un même 
corps, & qu'ils participent 
enfemble à fa promefle en 
Chrift, par l'Evangile : Du- 
quel j'ai été fait. Miniftre, 
félon le don de la grâce 
de Dieu, qui m'a été don- 
née fuivant l'efficace d-e fa 
puiûance. Cette grace^ dis- 



L'E iPIPHANIE 

je, m'a été donnée à moi 
qui fuis le moindre de tous 
les Saints, pour anoncer 
entre les Gentils les richef- 
fes incompréhenfibles de 
Chrift. Et pour mettre en 
évidence devant tous, quelle 
cft la communication du 
miftère qui étoit caché de 
tout temps en Dieu, lequel 
a créé toutes cliofes par Jé- 
fus- Chrift : Afin que la 
fageffe de Dieu, qui eft di- 
ycrfe en toutes fortes, foit 
maintenant donnée a con- 



S7 
venus radoter. Ce que le 
Roi Hérode, aiant enten- 
du, il en fut troublé, & tout 
Jérufalem avec lui. Et ai- 
ant aflemblé tous les prin- 
cipaux Sacrificateurs & les 
Scribes du peuple, il s'in- 
forma d'eux où le Chrift 
devoir naitre. Et ils lui 
dirent 5 A Bethléhem ville 
de Judée : car il eft ainfi 
écrit par le Prophète : Et 
toi Bethléhem, terre de Ju- 
da, tu n'es nullement la 
plus petite entre les Gou- 



noitre aux Principautez &'verneurs de Juda^ car de 



aux Puiflances, dans les 
lieux celeftes par l'Eglife : 
Suivant le propos arrêté 
dès les fiécles, lequel il a é- 
tabli en Jéfus-Chrift notre 
Seigneur : Par lequel nous 
avons hardiefie & accès en 
confiance, par la foi que 
nous avons en lui. 

L'Evangile, S.Matth.2.1. 

OR Jefus étant né à 
Bethléhem ville de 
Judée, au temps du Pvoi 
Hérode ; voici arriver des 
Sages d'Orient à Jérufalem, 
en difant 5 Où "^eft le Roi 
des Juifs qui eft né? Car 
nous avons vu fon étoile 



toi iortira le Condudeur 
qui paitra mon peuple d'If- 
raël. Alors Hérode aiant 
apellé en fecret les Sages, 
s'enquit d'eux foigneufe- 
ment du temps que l'étoile 
leur étoit apparue. Et les 
envolant à Bethléhem, il 
leur dit ; Allez^ & vous en- 
querez foigncufcmcnt tou- 
chant le petit enfant i 6c 
quand vous l'aurez trouvé, 
faites-le moi favoir : afin 
que j'y aille auffi, & que 
je l'adore. Eux donc aiant 
ouï le Roi, s'en allèrent : & 
voici, rétoile qu'ils avoicnt 
vue en Orient alloit devant 
eux, jufqu'à ce qu'elle vint 

CA Orient;, &nousfommes|& s'arrêta fur le lieu où 

étoit 



58 L'Epiphani e 

ctoit le petit enfant. Et 
quand ils virent 1 étoile, ils 
fe réjouirent d'une fort 
grande joie. Et étant en- 
trez dans la mailbn, ils 
trouvèrent le petit enfant 
avec Marie fa mère, lequel 
ils adorèrent, en fe pros- 
ternant en terre : ôc après 
avoir déploie leurs tréfors, 
ils lui préfcnterent des dons 5 
favoir, de l'or, de l'encens, 
& de la mirrhe. Puis é- 
tant divinement avertis dans 
un fonge, de ne retourner 
point vers Hérode, ils fe 
retirèrent en leur pais par 
un autre chemin. 

Le premier "Dimanche 
après l'Epiphanie. 
La Collecte. 

Eigneur, nous te fupli- 



c 

iJ ons de recevoir par ta 
clémence les prières de ton 
peuple i lui accordant, avec 
la connoiffance & le fenti- 
ment de fcs devoirs, la 
grâce & le pouvoir de les 
acomplir fidèlement; par 
Jefus-Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

L'Epitre, Rom. 12. i. 

JE vous exhorte donc, 
mes frères, par les çom- 
paflîons de Dieu, que vous 



D I M A N c H E I r 

préfentiez vos corps en fa- 
crifice vivant, faint, agré- 
able à Dieu, qui eft vôtre 
raifonnable fervice. Et ne 
vous conformez point à ce 
préfent fiécle : rnais foiez 
transformez par le renou- 
vellement de vôtre entende- 
ment j afin que vous éprou- 
viez quelle eft la volonté 
de Dieu, bonne, & agré- 
able, & parfaite. Or par 
la grâce qui nVeft donnée, je 
dis à chacun d'entre vous, 
que nul ne préfume d'être 
fage par delfus ce qu'il faut 
être fage: mais qu'il foit 
fage à fobrieté, félon que 
Dieu a départi à chacun la 
mefure de la foi. Car 
comme nous avons plu- 
fieurs membres en un feul 
corps, & que tous les mem- 
bres n'ont pas une même 
fonftion : Ainfl nous qui 
fommes plufieurs, fommea 
un feul corps en Chrift: 
& chacun réciproquement 
membres Tun de l'autre. 



L'Evangile, S.Luc. 2.41^ 

OR fon père & fa mèro 
alloicnt tous les ans 
à Jérufalem, à la fête de 
Pâque. Et quand il eut 
atteint l'âge de douze ans > 

fon 



L'Epiphanie 

ïbn père & fa mère étant 
montez à Jérufalem fclon 
la coutume de la fêtcj & 
s'en retournant après avoir 
acompli les jours de la 
fête ; Tenfant Jcfus demeu^ 
ra dans Jérufalem 5 & ]o- 
feph & fa mère ne s'en 
aperçurent point : Mais, 
croiant qu'il étoit en la 
compagnie, ils marchèrent 
une journée ; puis ils le 
çliercherent entre leurs pa- 
rens & ceux de leur con- 
noiffance ; & ne le trou- 
vant point, ils s'en retour- 
nèrent à Jérufalem, en le 
cherchant. Or il arriva que 
trois jours après ils le trou- 
vèrent dans le temple, aflîs 
au milieu des Dodeurs, les 
écoutant, & les interro- 
geant. Et tous ceux qui 
l'entendoient, s'étonnoient 
de fa fagefle & de fes ré- 
ponfes. Et quand ils le 
virent, ils en furent éton- 
nez, & fa mère lui ditj 
Mon enfant, pourquoi nous 
as-tu fait ainfi > Voici, ton 
père ôc moi te cherchions 
étant en grand' peine. Et 
il leur diti Pourquoi me 
cherchiez-vous ? ne faviez- 
vous pas qu'il me faut être 
ocupé aux affaires de mon 



Dimanche u: sp 

Père? Mais ils n'entendi- 
rent point ce qu'il leur di- 
foit. Alors il defcendit a- 
vec eux, & vint à Naza- 
reth i & il leur étoit fujet : 
& fa mère çonfervoit tou- 
tes ces paroles-là dans fon 
cœur. Et Jefus s'avançoit 
en fageffc, & en ftature, & 
en grâce, envers Dieu ôç 
envers les hommes. 

Le fécond "Dimanche afres 
l'Epiphanie. 

La Collecte. 

Dieu Eternel & Tout^ 
puiffant, qui gouver- 
nes toutes chofes au ciel & 
fur la terre 5 exauce par ta 
mifericorde les fuplications 
de ton peuple , & nous ac- 
corde ta paix durant tout le 
cours de notre vie 5 par J é- 
fus-Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

L'Epitre, Rom. 12. (5. 

OR aiant des dons dife- 
rens félon la grâce 
qui nous cft donnée j foit 
de prophétie, prophétifons 
félon l'analogie de la foi : 
Soit de miniftère, que ce 
foit en adminiftration : foit 
que quelqu'un cnfeigne, 
qu'il 4onne enfeignemçnt : 

Soit 



éO L'EPIPHANIE 

Soit que quelqu'un exhorte, 
que ce loit en exhortation: 
foit que quelqu'un diftri- 
bue, qu'il le falfe en fimpli- 
cité : foit que quelqu'un pré- 
fide, qu'il le faffe foigneufe- 
ment : foit que quelqu'un 
exerce miforicorde, qu'il le 
faile joieufoment. Que 
la charité foit fans feinte. 
Aiez en horreur le mal, 
vous tenant colez au bien: 
Etant enclins par la charité 
fraternelle à montrer de 
l'afFedion Tun envers l'au- 
tre : vous prévenant Tun 
l'autre par honneur. N'é- 
tant point parefleux à vous 
emploier pour autrui : é- 
tant fervcns d'efprit : fcr- 
vans le Seigneur: joicux 
dans l'cfpérance : patiens 
d;^ns la tribulation : perfé- 
vérans dans l'oraifon : com- 
muniquant aux néceffitcz 
des Saints : exerçant l'hof- 
pitalité. Bcniflez ceux qui 
vous pcrlccutent : beniffcz- 
les, ôc ne les maudiffez 
point. Soiez en joie avec 
ceux qui font en joie : & 
pleurez avec ceux qui pleu- 
rent. Aiant un même fen- 
timent les uns envers les 
autres: naffcclant point des 
çliofes hautes 5 mai$ vous 



Dimanche ii7 

acommodant aux chofes 
bafles. 

L'Evangile, S. Jean. 2. i; 

OR trois jours après ou 
faifoit des noces à 
Cana de Galilée $ & la 
mère de Jefus étoit là. Et 
Jéfus fut^aulïï convié aux 
noces, avec fes difciples. 
Et le vin étant venu à 
manquer 5 la mère de Jefus 
lui dit, ils n'ont point de vin. 
Mais Jéfus lui répondit. Qu'y 
a-t'-il entre moi & toi, fem- 
me > mon heure n'efl: point 
encore venue : Sa mère dit 
aux ferviteurs 5 Faites tout 
ce qu'il vous dira. Or il 
Y avoir là fix vaifleaux de 
pierre, mis félon l'ufage de 
la purification des Juifs, 
dont chacun tenoit deux 
ou trois mefures. Et Jé- 
fus leur dit ; Empliffez d'eau 
ces vaiffeaux, & ils les em- 
plirent jufques au haut. 
Puis il leur dit 5 Verfez-en 
maintenant, & portez-en 
au maitre-d'hôtel : & ils 
lui en portèrent. Quand 
le maitre-d'hôtel jcut goûté 
l'eau, qui avoit été chan^ 
gée en vin : (or il ne fa- 
voit pas d'où cela venoit, 
mais les JfQrviteurs qui a-- 

voiQnl 



i: L'Epiphanie D 

Voient puifé Teau, le favoi- 
ent bien) il apella le ma- 
rié, ôc lui dit y Tout hom- 
me fert le bon vin le pre- 
mier, & puis le moindre 
après qu on a bii largement 5 
mais toi, tu as gardé le bon 
vin jufques à maintenant. 
Jefus fit ce commencement 
de fignes à Cana de Galilée, 
& il manifefta fa gloire, & 
fes difciples crurent en lui. 

Le troijîéme "Dimanche 

après TEpiphanie. 

La Collecte. 

Dieu Eternel & Tout- 
puiffant, jette les 
yeux de ta mifericorde fur 
nos infirmitez : & éten ton 
bras puiiTant pour nous ai- 
der & pour nous défendre 
dans toutes nos tribulations, 
& dans toutes nos néceffi- 
tezi par Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Amen, 
UEpitre, Rom. 12. 16. 

NE foiez point fages en 
vous mêmes. Ne 
rendez à perfonne mal 
pour mal. Recherchez les 
chofes honnêtes devant 
tous les hommes. SU fe 
peut faire, autant qu il dé- 
pend de vous, aiez la paix 
avec tous les hommes. Ne 



IMANCHEE m. 61 

vous vengez point vous- 
mêmes, mes bien-aimez i 
mais donnez lieu à la co* 
1ère: car il eft écrit; A' 
moi apartient la vengeance : 
je la rendrai, dit le Sei- 
gneur. Si donc ton enne- 
mi a faim, donne lui à 
manger : s'il a foif, donne- 
lui à boire ; car en faifant 
cela tu lui affembleras des 
charbons de feu fur fa tête : 
Ne fois point furmonté dix 
mal, mais furmonté le mal 
par le bien. 

UEvANGiLE, S. Matth. S.i. 

ET quand il fut defcen-' 
du de la montagne, de 
grandes troupes le faivirent. 
Et voici, un lépreux vint & 
feprofterna devant lui, en 
lui difanti Seigneur, fi tu 
veux, tu peux me rendre 
net. Et Jéfus étendant la 
main, le toucha, endifant; 
Je le veux, fois net : & in- 
continent fa lèpre fut gué- 
rie. Puis Jéfus lui dit i 
Pren garde de ne le dire à 
perfonne : mais va, & te 
montre au Sacrificateur, & 
offre le don que Moïfe a 
ordonné, pour leur être ea 
témoignage. Et quand Jé- 
fus fut entré dans Caper- 
' naùm. 



6t 



L'EPIPHANIE Dimanche iVe 



naiim, unCentenier vint à 
lui, le priant. Et difant : 
Seigneur, mon ferviteur eft 
paralitique dans ma mai- 
Ibn, ôc il foufFre extrême- 
ment. J élus lui dit; j'irai, 
& le guérirai. Mais leCen- 
tcnier lui repondit 5 Seig- 
neur, je ne luis pas digne 
que tu entres fous mon 
toit: mais di feulement la 
parole, & mon ferviteur 
fera guéri. Car moi-même 
qui fuis un homme confli- 
tué fous la puiiTance d'au- 
trui, j'ai fous moi des gens 
de guerre, & je dis à Tun; 
Va, & il va : & à un autre; 
Vien, & il vient : & à mon 
ferviteur i Fai cela, & il le 
fait. Ge que Jéfus aiant 
entendu, il s'en étonna, & 
dit à ceux qui le fuivoient ; 
En vérité, je vous dis que 
je n'ai pas trouvé, même 
en Ifraël, une fi grande foi. 
Mais je vous dis que plu- 
fieurs viendront d'Orient & 
d'Occident, & feront à ta- 
ble dans le Roiaume des 
Cieux, avec Abraham, Ifaac, 
& Jacob. Etlesenfans du 
Roiaume feront jettezdans 
les ténèbres de dehors, ou 
il y aura des pleurs & des 
grincemens de dents. Alors 



Jéfus dit au Centenier ; V% 
& qu'il te foit fait félon 
que tu as crû. Et à l'heure 
même fou ferviteur fut 
guéri. 



Le quatrième dimanche 
après TEpiphanie. 

La Collecte. 

ODieu, qui fais que les 
dangers qui nous en* 
vironnent, font fi grands & 
en fi grand nombre, qu'à 
caufe de la ftagilité de nô- 
tre nature, nous ne faurions 
demeurer fermes j revêts- 
nous de la force, & nous 
couvre de la protedion 
dont nous avons befoin> 
pour nous foutenir dans 
tous les périls, & pour fur- 
monter toutes les tenta- 
tions; par Jefus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen. 

UEpitre> Rom. 13. 1, 

QUE toute perfonne foit 
m fujette aux Puiilances 
fupérieures : car il n'y a 
point de Puiffance qui ne 
vienne de Dieuj & les 
Puiilances qui font en é- 
tat font ordonnées de Dieu. 
C'eft pourquoi celui qui ré~ 
fîftc à la Puiflance^ réfiftd 



L'Epiphanïe Dimanche iV. 



6^ 



à i ordonnance de Dieu: 
& ceux qui y réfiftent, fe- 
ront venir la condamna- 
tion fur eux-mêmes. Car 
les Princes ne font point à 
craindre pour de bonnes 
aûions, mais pour de mau- 
vaifes. Or veux-tu ne crain- 
dre point la Puiflance ? fai 
bien, & tu en recevras de la 
louange. Car le Prince eft 
ferviteur de Dieu pour ton 
bien : mais fi tu fais mal, 
Grain : parce qu il ne porte 
point répée fans caufe : car 
il eft ferviteur de Dieu, or- 
donné pour faire juftice, en 
punition de celui qui fait 
mal. C'eft pourquoi il faut 
être fujet, non feulement 
à caufe de la punition j mais 
auiïï à caufe delaconfcience. 
Car ceft auflî pour cela 
que vous leur paiez les tri- 
buts 5 parce qu'ils font les 
Miniftres de Dieu, s'em- 
ploiant à cela. Rendez 
donc à tous ce qui leur eft 
dû : à qui le tribut, le tribut : 
à qui le péage, le péage : 
à qui crainte, la crainte : 
à qui honneur, Thonneur. 

L'EVANGILE,S.Matth.8.2 3 . 

ET quand il fut entré 
dans la nacelle, fes 
diXciples le fuivircnti & 



voici, il s'éleva fur la mer 
une fi grande tempête, que 
la nacelle étoit couverte de 
flots : & lui il dormoit. Et 
fes difciples vinrent ôc ré- 
veillèrent, en lui difant ; 
Seigneur, fauve-nous, nous 
périffons. Et il leur dit^ 
Pourquoi avez-vous peur, 
gens de petite foi? Alors 
s'étant levé, il tança les 
vents & la mer : & il fe fit 
un grand calme. Et les 
gens qui étoient là s'en é- 
tonnerent, & dirent : Qui 
eft celui-ci, que les vents 
mêmes & la mer lui obéïf- 
fent? Et quand il fut paf- 
(e à Tautre côté, dans le 
païs des Gergéfcniens 5 deux 
démoniaques étant fortis 
des fépulcres, le vinrent 
rencontrer 5 & ils étoient 
fi dangereux que perfonne 
ne pouvoit pafîer par ce 
chemin-là. Et voici, ils 
s'écrièrent, en difant ; Qu'y 
a-t'il entre nous 6c toi, Té- 
fus Fils de Dieu? es-tu ve- 
nu ici nous tourmenter a- 
vant le temps ? Or il y a- 
voit un peu loin d'eux un 
grand troupeau de pourceaux 
qui paiftbit. Et les démons 
le prioient, en difant i Si 
tu nous jettes dehors, per- 
z met- 



54 L'Epiphanie 

mets-nous de nous en aller 
dans ce troupeau de pour- 
ceaux. Et il leur dit 5 Al- 
lez. Et eux étant Ibrtis, 
s'en allèrent dans le trou- 
peau de pourceaux: & voi- 
là, tout ce troupeau de 
pourceaux fc précipita dans 
la nier, Ôc ils moururent 
dans les eaux. Et ceux 
qui les eardoient s'énfui- 
xent : & étant venus dans 
la vil' c, ils racontèrent tou- 
tes ces chofes, ôc ce qui 
étoit arrivé aux démoni- 
aques. Et voilà toute la 
ville alla au devant de Jé- 
fus : ôc Taiant vu, ils le 
prièrent de fc retirer de leur 
pais. 

Le cinqtiiéme dimanche 
ap-ès l'Epiphanie. 

La Collecte. 

SEigneur nous te fupli- 
ons de maintenir con- 
tinuellement dans la vraie 
Religion, ton Eglife qui efi 
ta famille : afin que ceux 
qui s'apuicnt uniquement 
fur refperance de ta grâce 
celefle, foient toujours fou- 
tenus par la puitiance de ta 
force 5 par Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen, 



Dimanche v. 

L'EpIT RE, Col. ^.lïZ 

SOiez donc, comme é- 
tant des élus de Dieu, 
laints & bien-aimez, revê- 
tus des entrailles de mife- 
ricorde, de bénignité, d'hu- 
milité, de douceur, d'ef 
prit patient : Vous fupor- 
tant les uns les autres, & 
vous pardonnant les uns 
aux autres : & fi l'un a que- 
relle contre Fautre, comme 
'^^.hrift vous a pardonné, 
i.s auflî faites en de mê- 
n. Et outre tout cela, 
foi ':vttas de la charité, 
qui . e lien de la per- 
fedioi . Et que la paix de 
Dieu, à laquelle vous êtes 
apcllez pour être un feul 
corps, tienne le principal 
lieu dans vos cœurs i &c 
foiez reconnoilfans. Qtie 
la parole de Chrift habite 
en vous abondamment en 
toute fageffe 5 vous enfeig- 
nant, & vous exhortant l'un 
l'autre par des Pfeaumes, 
des hymnes, & des canti- 
ques fpirituels, avec grâce, 
chantant de vôtre cœur au 
Seigneur. Et quelque chofe 
que vous faffiez, foit par 
parole ou par œuvre, fai- 
tes tout au Nom du Seig- 
neur 



L'Epiï^haniè 

heur Jefus, rendant grâces 
par lui à nôtre Dieu 6c 
Père. 



Matth. 



o 



L*£VANGILÉ, S 

13.24. 

IL leur propofa une au- 
tre fimilitude, en di- 
fant ; Le Roiaume des 
deux reflemble â un hom- 
me qui a femé de bonne 
femence dans Ion champ. 
Mais pendant que les hom- 
mes dormoient, fon enne- 
mi eft venu, qui a femé de 
Tivraie parmi le blé, puis 
s'en efl: aie. Et après que 
la femence fut venue en 
herbe, & qu elle eut porté 
du fruit, alors auiîî parut 
] 'ivraie. Et les ferviteurs du 
père de famille vinrent à 
lai, & lui dirent ; Seigneur, 
n as-tu pas femé de bonne 
femence dans ton champ? 
d'où vient donc qu il y a de 
rivraie? Mais il leur dit 5 
C'eft l'ennemi qui a fait 
cela. Et les ferviteurs lui 
dirent j Veux-tu donc que 
nous y aillons, & que nous \ ricux : où 
cueillions Tivraie? Et il 
leur dit 5 Non: de peur 
qu'il narrivc qu'en cueil- 
lant l'ivraie, vous n'arra- 
chiez le blé en même temps. 



Dimanche vf. 'èp 

Laiffez-les croître tous deux 
enfemble, Jufquà la moif- 
fon : & au temps de U 
moiffon, je dirai aux moit 
fonneurs 5 Cueillez pre- 
mièrement l'ivraie, & la 
liez en fàiffeâux pour la 
brûler : mais aflemblez le 



blé dans mon grenier. 



Le Sixième ^Dimanche 
après l'Epiphanie. 



La Collecte.' 



Dieu, dont le Fils bé- 
ni à jamais a été ma* 
nifeflé pour détruire les 
oeuvres du Diable, & nous 
faire les enfans de Dieu 6c 
les héritiers de la vie éter- 
nelle : nous te fuplions de 
nous faire la grâce qu'aiant 
cette efperance, nous-nous 
purifiions, comme auflî il 
eft pur i afin que, quand il 
aparoitra avec puiilance & 
grande gloire, nous lui foi- 
ons faits femblables dans 
fon Roiaume éternel & glo- 
il vit & règne 
avec toi, & le Saint E- 
fprit, un feul Dieui aux 
fiéclcs des fiécles. Amen. 

F L'Epi- 



£f 



L'Epiphanie 



LÎPiTRE, I S.Jean 3.1. 

VOicz, quelle charité 
le Père a eue pour 



nous que nous foions apel- 
lez enfans de Dieu : mais 
le monde ne nous con- 
noit point, parce qu il ne 
Ta point connu. Mes bien- 
aimcz, nous fommcs main- 
tenant enfans de Dieu j mais 
ce que nous ferons n eft 
pas encore manifefté: or 
nous favons que lorfque le 
Fils de Dieu fera aparu, 
nous ferons femblables à 
lui : car nous le verrons tel 
qu il eft. Et quiconque a 
cette efperance en lui, fe 
purifie, comme lui auflî eft 
pur. Quiconque fait pé- 
ché, fait aufli contre la 
Loi : car le péché eft ce 
qui eft contre la Loi. Or 
vous favez qu'il eft aparu, 
afin qu il otât nos péchez : 
& il n y a point de péché 
en lui. Qiiiconque de- 
meure en lui, ne pèche 
point : quiconque pèche, 
ne la point vu, ni ne l'a 
point connu. Mes petits 
enfans, que perfonne ne 
vous féduife. Celui qui 
fait Juftice, eft jufte comme 
Jéfus Chrift eft jufte. Ce- 



DlMANCHE VÏ. 

lui qui fait péché, eft di| 
Diable; car le Diable pè- 
che dès le commencement. 
Or le Fils de Dieu eft apa- 
ru pour détruire les oeuvres 
du Diable. 



A' 



L'Evangile, S. Matth^ 
24.23. 
Lors fi quelqu'un vous 
dit 5 Voici, le Chrift 
eft ici 5 ou, il eft là s ne le 
croiez point. Car il s'é- 
lèvera de faux Chrifts & de 
faux prophètes qui feront 
de grands fignes & des mi- 
racles, pour féduire même 
les élus, s'il étoit poflîble. 
Voici, je vous l'ai prédit. 
Si donc on vous dit : Voi- 
ci, il eft au défert, ne for- 
tez point : voici, il eft dans 
les cabinets, ne le croiez 
point. Car comme l'éclair 
fort de l'Orient, & fe fait 
voir jufqu'à TOccident, il 
en fera de même de l' avène- 
ment du Fils de l'homme. 
Car où fera le corps mort, 
la s'aflembleront les aigles. 
Et incontinent après l'afflic- 
tion de ces jours-là, le fo- 
leil deviendra obfcur; & la 
lune ne donnera point fa 
lumière; & les étoiles tom- 
beront du ciel 5 ôc les ver- 
tus 



s E P T U 

tus des cieux feront ébran- 
lées. Et alors le figne du 
Pils de rhomme paroitra 
dans le ciel : alors aufîl 
toutes les Tribus de la 
terre fe lamenteront en fc 
frapant la poitrine, & ver- 
ront le Fils de Thomme ve- 
nant dans les nuées du ciel, 
avec une grande puiflance, 
& une 2;rande 2;loire. Et il 
envolera fcs Anges, qui a- 
vcc un grand fon de trom- 
pette aiïcmbleront fes élus 
des quatre vents, depuis Tun 
des bouts des cieux jufques 
,à l'autre boutp 

Le T>îmanche apellé Septu- 
agéfime, qui efi le troi- 
Jieme T^imanche avant le 
Carême. 
La Collecte. 

O Seigneur, nous te fu- 
plions d'écouter fa- 
vorablement les prières de 
ton peuple : afin que nous 
qui fommes juftement châ- 
tiez pour nos ofFcnces, puif- 
fions en être délivrez par ta 
mifcricorde, à la gloire de 
ton Nom j par Jéfus-Chrift 
nôtre Sauveur, qui vit & qui 
règne avec toi, & avec le 
Saint Efprit, un feul Dieu 
eterineliemcnt. Amen. 



A G E s I M E* 



n 



L'Epi TREj i Cor. 9, %â^ 

NE favez-vous pas que 
quand on court dans 
la lice, tous courent bien ; 
mais un feul remporte le 
prix ? Courez donc telle» 
ment que vous le rempor«- 
tiez, Or quiconque lutte, 
vit entièrement de régime ; 
& quant à ceux-là, ils le 
font pour avoir une cou- 
ronne corruptible : mais 
nous, pour en avoir une 
incorruptible. Je çcm^ 
donc 5 mais non pas fân^ 
favoir comment. Je com- 
bats 5 mais non pas commç 
battant Tair, Maisjemor^ 
tifie mon corps, 6c jelere« 
duis en fervitude, de-peur 
qu'après avoir prêché aux 
autres. Je ne fois trouvé 
moi-même en quelque forte 
non recevabljS, 

LEvANGiLE, S. Matt, 20. la 

LE Roiaume des Cieux 
eft femblable à un père 
de famille, qui fortit dès le 
point du jour afin de loiier 
des ouvriers pour fa vigne^ 
Et quand il eut accordé avec 
Içs ouvriers à un denier pac 
jour, il les cnvoia à fa vigne, 
Puis étant forti fur lestrpis 



s E X A 



6n 

heures, il en vit d'autres 
qui étoient au marché, fans 
rien faire: Aufquels il dit 5 
Alez-vous-en auflî à ma 
VignC) & je vous donnerai 
ce qui fera raifonnable. 
Et ils y alerent. Puis il 
fortit encore environ fur les 
fîx heures, 6c fur les neuf 
heures, & il en fit de même. 
Et étant forti fur les onze 
heures, il en trouva d'au- 
tres qui étoient fans rien 
faire, aufquels il dit : Pour- 
quoi vous tenez-vous ici 
tout le jour fans rien faire ? 
Ils lui répondirent j Parce 
que perfonne ne nous a 
loiiez. Et il leur dit s A- 
lez-vous-en auili à ma vig- 
ne, & vous recevrez ce qui 
fera raifonnable. Et le 
foir étant venu, le maître 
de la vigne dit à celui qui 
avoit la charge de fes af- 
faires : Apelle les ouvriers, 
ôc leur paie leur falaire, en 
commençant depuis les der- 
niers jufqucs aux premiers. 
Alors ceux qui avoient été 
loiiez vers les onze heures 
étant venus, ils reçurent 
chacun un denier. Or quand 
les premiers furent venus 
ils croioient recevoir davan- 
tage : mais ils reçurent auf- 



G E s I M E. 

fi chacun un denier. Et Taî- 
ant reçu, ils murmuroient 
contre le père de famille, 
en difant 5 Ces derniers 
n'ont travaillé qu'une heure, 
& tu les as faits égaux à 
nous, qui avons porté le 
faix du jour, & la chaleur. 
Et il répondit à l'un d'eux, 
&lui dit 5 Compagnon, je 
ne te fais point de tort, 
n'as- tu pas accordé avec moi 
à un denier ? Pren ce 
qui eft à toi, ôc t'en va : 
mais fi je veux donner à ce 
dernier autant qu à toij Ne 
m'eft-il pas permis de faire 
ce que je veux de mes 
biens ? Ton œil eft-il malin 
de ce que je fuis bon ? Ain- 
fi les derniers feront les 
premiers: & les premiers fe- 
ront les derniers : car il y a 
beaucoup d'apellez, mais 
peu d'élus. 



Le "Dimanche apellé Sexa- 
géfime, qui eft le fécond 
Dimanche devant le Ca- 
rême. 



La Collecte. 
eur Dieu, qui vois 
que nous ne mettons 
ponit notre confiance en 
aucune chofc que nous faf- 

fionsi 



SI 



Sexagesimé. 



iSg. 



fions ; accorde nous dans 
ta mifcricordc, que nous 
foions garantis de toute 
adverfité par ta puiiîance, 
pour Tamour de Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. ^- 
men. 



LTpitre, z Cor. 1 1. 19. 

VOus foufFrez volon- 
tiers les imprudens, 
parce que vous êtes fages. 
Même, fi quelqu'un vous 
aflervit; Ç\. quelqu'un vous 
mange i fi quelqu'un prend 
de votre bien -, fi quelqu'un 
s'élève fur vous h fi quelqu'un 
vous frape au vifage ; vous 
le foufFrez. Je le dis avec 
honte, même comme fi 
nous avions été fans aucune 
force : mais en quelque 
chofe que quelqu'un foit 
hardi (je parle en impru- 
dent) je fuis hardi aulfi. 
Sont-ils Hébreux > je le fuis 
aulîî. Sont-ils Ifraëlites? 
je le fuis aulîL Sont-ils de 
la femence d'Abraham? je 
le fuis auffi. Sont-ils Mi- 
niftres de Chrift? (je parle 
comme imprudent) je le 
fuis plus qu'eux : en tra- 
vaux davantage 5 en blclTù- 
res plus qu'eux, en prifon 
davantage 5 eu morts plu- 



fieurs fois. J ai reçu des 
Juifs par cinq fois quaran- 
te coups moins un. J'ai 
été batu de verges trois 
foisj j'ai été lapidé une 
foisi j'ai fait naufrage trois 
fois 5 j'ai paflé un jour & 
une nuit en la profonde 
mer. En volages fôuvent; 
en périls des fleuves 3 eu 
périls des brigands j en pé- 
rils de ma nations en pé- 
rils des Gentils 5 en périls 
dans les villes; en périls 
dans les déferts j en périls 
en mer; en périls parmi de 
taux frères : en peine & en 
travail j en veilles fouvent; 
en faim & en foif ; en jeu- 
nes fouvent j en froidure & 
en nudité. Outre les cho- 
ies de dehors, ce qui me 
tient ailiégç de jour en 
jour, c'cft le foin que j'ai 
de toutes les Eglifes. Qui 
efl-cc qui eft afFoibli, que 
je ne fois aifoibli? Qui 
cft-ce qui efl: fcandalifé, que 
je n'en fois aufiî brûlé? 
S'il faut fe glorifier, je. me 
glorifierai des chofes qui 
font de mon infirmité. 
Dieu, qui eft le Pèje de no- 
tre Seigneur ]efus-Chrift, & 
qui eft béni éternellement 
fait que je ne mcnspoini. 
F i L'Eyan 



70 

l^EVANGILE, S.Luc. 8.4. 

ET comme une grande 
troupe s'affembloit, & 
que plufieurs aloient à lui 
déroutes les villes, il leur 
dit cette parabole. Un fe- 
jïieur fortit pour femer fa 
fèmence: & en feniant, 
une partie de la femence 
tomba auprès du chemin, 
& fut foulée aux pieds, & 
les oifeaux du ciel la man- 



S È X A C E s I M Ê. 

autres qu'en fimilitudes: û-^ 
fin qu en voiant ils ne voi-* 
cnt point; & quen oiant 
ils n entendent point. Voi- 
ci donc ce que fignifie cet-' 
te parabole : La femence, 
c'eft la parole de Dieu. Et 
ceux qui ont reçu la fe- 
mence auprès du chemin, 
ce font ceux qui oient la 
parole; mais cnfuite vient 
le démon, qui ôte de leur 
cœur la parole; de peut 



gèrent toute. Et une autrejquen croiant ils ne foient 
partie tombïi dans un lieu' 
pierreux : & quand elle fut 
Icvéç, elle fe fécha 5 parce 
qu elle n avoit point d'hu- 
midité. Et un autre partie 
tomba entre des épines 5 & 
les épines fe levèrent en- 
femble avec elle, & l'étouf 
ferent. Et une autre par 
tie tomba dans une bonne 
terre: & quand elle fut le- 
vée, elle rendit du fruit cent 

fois autant. En difant ces 

chofes, il crioit j Qiù a des 

oreilles pour ouïr, quil 

oie. Et fes Difciples Im- 

tcrrogerent, pour favoir ce 

que fignifioit cette parabole. 

Et il repondit 5 II vous cft 

donné de connoitre les fe- 

crets du Roiaume de Dieu 5 

inais il n'en eft parlé aux 



fauvez. Et ceux qui ont 
reçu la femence dans un 
lieu pierreux, ce font ceux 
qui aiant ouï la parole, la 
reçoivent avec joie : mais 
ils n ont point de racine : 
ils croient pour un temps j 
mais au temps de la ten- 
tation ils fe retirent. Et 
ce qui eft tombé entre 
des épines, ce font ceux qui 
aiant ouï la parole, & s'en 
:tant alez, font étouifez par 
les foucis, par les richeiles, 
& par les voluptez de cette 
vie i ôc ils ne raportent 
point de fruit à maturité. 
Mais ce qui eft tombé dans 
une bonne terre, ce font 
ceux qui aiant ouï la pa- 
role, la retiennent dans 
un cœur honnête & bon^ 

& 



IQ^U I N Q^ U A G E S I M eT 7X 

& raportent du fruit avcclmiftères, & que j^aurois 



patience. 

Le ^Dimanche apellé Quin- 
qua; éfime , qtii eji le 
dimanche avant le Ca- 
rême. 

La Collecte. 

O Seigneur, qui nous as 
enfeigné que tout ce 
que nous faifons fans cha- 
rité n eft d'aucune valeur j 
envoie nous ton Saint Ef- 
prit : & répan dans nos 
cœurs ce don excellent de 
la charité, qui eft le lien 
de la paix & de toutes les 
vertus i fans lequel, tout 
homme qui vit eft réputé 
mort en ta préfence. Fai 
nous cette grâce, pour Ta- 
mour de ton Fils Unique 
Jéfus-Chrift. Amen. 



UEpitre, I Cor. 13. i 

QUand je parlerois les 
I, langages des hommes, 
& même des Anges, ft je 
n ai pas la charité, je fuis 
comme Tairain qui refonne, 
ou comme la cimbale re- 
tentiflante. Et quand j'au- 
rois le don de prophétie. 



toute forte de fciencci & 
quand j'aurois toute la foi 
qu on puifle avoir, en forte 
que je tranfportafle les mon- 
tagnes ; fi je n ai pas la 
charité, je ne fuis rien. Et 
quand je diftribuerois tout 
mon bien pour la nourri- 
ture des pauvres, & que je 
livrerois mon corps pour 
être brûlé, fi je n ai pas la 
charité, cela ne me fert de 
rien. La charité eft d'un 
efprit patient : elle eft bé- 
nigne : la charité n eft point 
envieufe : la charité n ufe 
point dlnfolence : elle ne 
s'enfle point : elle ne fe 
porte point des-honnête- 
ment : elle ne cherche point 
fon propre profit : elle ne 
s'aigrit point: ellenepenfe 
point à mal : Elle ne fe ré- 
jouît point de llnjurticè: 
mais elle fe réjouît de la 
vérité. Elle endure tout : 
elle croit tout : elle efpère 
tout : elle fuporte tout. 
La charité ne périt jamais; 
au lieu que quant aux pro- 
phéties, elles feront abolies: 
& quant aux Langues, elles 
cefîeront : & quant à la con- 
noiflance, elle fera abolie, 



que je connoitrois tous leslCar nous connoiflbns en 

1 F 4 par- 



Q^ U I N Q^ U A G E s I M eI 



7^ 

partie, & nous prophéti- 
fons en partie. Mais quand 
laperfcftion fera venue, a- 
lors ce qui eft en partie fera 
aboli. Qiiand j'étois enfant 5 
je parlois comme enfant 5 je 
jugeois comme enfant 5 je 
penfois comme enfant: mais 
quand je fuis devenu hom- 
me, j'ai aboli ce qui étoit 
de l'enfance. Car nous vol- 
ons maintenant par un 
jniroir obfcurément 3 mais 
alors nous verrons face à 
face : maintenant je connois 
en pattici mais alors je 
connoitrai félon que j'ai 
été auflî connu. Or main- 
tenant ces trois chofes de- 
meurent, la Foi, TEfpérance, 
<5c la Charité : mais la plus 
grande d'elles, c eft la Cha- 
rité, 
L'Evangile, S. Luc. 18.31. 

PUis Jéfus prit à part 
les douze, ôc il leur 
dit 5 Voici, nous montons 
i Jérufalem; & toutes les 
çhofes qui font écrites par 
les Prophètes touchant le 
Fils de l'homme, feront ac- 
complies. Car il fera li- 
vré^ aux Gentils, & fera mo- 
qué & injurié, & on lui cra- 
chera au vifa^e. Et après 
qu'ils l'auront fouëté, ils 



le feront mourir : mais il 
reffufcitera le troificmc jour. 
Mais ils n entendirent rien 
de ces chofes, & ce dif- 
cours leur étoit caché, ôc 
ils ncntendoient point ce 
qu'il leur dîfoit. Or il ar- 
riva comme il apro choit 
de Jérico, qu'il y avoit un 
aveugle affis près du che- 
min, ôc qui mendioit. Et 
entendant la multitude qui 
paffoit, il demanda ce que 
c'étoit. Et on lui dit, que 
]éfus le Nazarien paffoit. 
Alors il cria, difant; jé- 
fus, Fils de David, aie pi- 
tié de moi. Et ceux qui 
aioient devant le tançoient, 
afin qu'il fe tut : mais il 
crioit beaucoup plus fort ; 
Fils de David, aie pitié de 
moi. Et ]éfus s'étant ar- 
rêté commanda qu'on le lui 
amena : & quand il fe fut 
aproché, il l'interrogea, 
difant 5 Qiie veux-tu que 
je te fafle: Et il répondit; 
Seigneur, que je recouvre 
la vue. Et Jéfus lui dit ; 
Recouvre la vue : ta foi ta 
fauve. Et à l'inftant il re- 
couvra la vue : ôc il fuivoit 
Jéfus, glorifiant Dieu. Et 
tout le peuple voiant cela 
donna loiiange à Dieu. 

Le 



LeMecreoi des Cendres. 



71 



JLej?remier jour du CzrèmcAcolhcy & abondant en gra- 



apel/é communément, Le 
Mccredi des Cendres. 

La Colle CT E. 

Dieu Eternel & Tout- 
puiffant, qui ne haïs 
rien de ce que tu as créé, 
& qui pardonnes les pé- 
chez de tous ceux qui fe 
repentent i crée en nous 
des coeurs nouveaux & con- 
trits : afin que reconnoiffant 
nôtre misère, & déplorant 
nos péchez comme nous de- 
vons, nous en obtenions de 
toi, qui es le Dieu de toute 
mifericorde, le pardon & la 
remiflîon très parfaite 5 par 
ton Fils nôtre 
Amen, 



Seigneur. 



Cette CoIleBe fe doit lire chaque 
jour du Carême aprh la Col- 
lège du 'Jour, 



Tour UEpiTRE,Joël 2. 12. 

REtournez vous jufques 
à moi, dit rEtcrnel, de 
tout vôtre cœur, & avec jeû- 
ne, &avec larmes, 6c lamen- 
tation. Et rompez vos cœurs, 
& non pas vos vétemens : & 
retournez à rEtcrnel vôtre 
Dieu : car il eft mifericor- 
dieux & pitoiable, tardif à 



tuite, 6c qui fe repent d a 
voir affligé. Qui fait li 
rEtcrnel vôtre Dieu ne vi-, 
endra point à fe repentir ; 
6c s'il ne laiflera point après 
foi bénédiûion, gâteau, 6c 
afperfion ? Sonnez du cor 
en Sion ; fanûifiez le jeûne 5 
publiez rafiemblée folem- 
nelle. Aflemblez le peuplej 
fanûifiez la congrégation :; 
amaflez les anciens i afienv- 
blez les enfans, 6c ceux qui 
fucent les mammelles. Que 
le nouveau marié forte de 
fon cabinet, 6c la nouvelle 
mariée de fa chambre nup- 
tiale. Que les Sacrificateurs 
qui font le fervice de l'E- 
ternel, pleurent entre le 
porche 6c Tautel, 6c qu ils 
difentj Eternel, pardonne 
à ton peuple, 6c n expofc 
point ton héritage à opro- 
bre, tellement que les na- 
tions en faflent leurs dic- 
tons. Pourquoi diroit-on 
entre les peuples i Où eft 
leur Dieu ) 



L'EvANGILE,S.Matth.6. 1 6. 

ET quand vous jeûne- 
rez, ne prenez point 
un air tnfte, comme les hi- 
pocrites : car ils fc rendent 

tous 



7J|:: i^E T. Dimanche DU Carême^ 

tous défaits de vifagc 5 afin I grâce que nous vivions dans 
quil paroiflc aux hommes lune telle abflinence, que 



quils jeûnent: en vente )e 
vous dis, qu'ils reçoivent 
leur recompenfe. Mais toi, 
quand tu jeûnes, oins ta 
tête, & lave ton vifagei 
afin qu il ne paroifTe point 
aux hommes que tu jeûnes; 
mais à ton Père qui eft pré- 
fent dans ton lieu fecret : 
Et ton Père qui te voit dans 
ton lieu fecret, te le ren- 
dra à découvert. Ne vous 
amaflez point des tréfors fur 
la terre, où la tigne & la 
rouille gâtent tout 5 & où 
les larrons percent & dé- 
robent. Mais amaflez vous 
des tréfors dans le ciel, où 
ni la tigne ni la rouille ne 
gâtent rien 5 & où les lar- 
rons ne percent ni ne dé- 
robent: Car où cft vôtre 
tréfor, là fera auflî votre 
cœur. 



Le premier "Dimanche du 
Carême. 

La Collecte. 

O Seigneur, qui pour 
l'amour de nous, as 
jeûné quarante jours & qua- 
rante nuits; fai nous la 



notre chair étant aflujetic 
à Tefprit, nous fuivions 
toujours les faints mouve- 
mens de ta grâce, en juf- 
tice & en vraie fainteté ;pour 
te glorifier, toi Seigneur, 
qui vis & qui règnes avec 
le Père, ôc le Saint Efprit, 
un feul Dieu béni éternelle- 
ment. Amen. 



L'Epitre, 2 Cor. 6. \. 

AInfi donc étant ou- 
vriers avec lui, nous 
vous prions auflî, que vous 
n aiez point reçu la grâce 
de Dieu en vain. Car il 
dit 5 Je t'ai exaucé au temps 
agréable, & fai fecouru au 
jour du falut : Voici main- 
tenant le temps agréable i 
voici maintenant le jour du 
falut. Ne donnant aucun 
fcandale en quoi que ce 
foit, afin que nôtre mini- 
ftère ne foit point blâmé. 
Mais nous rendant recom- 
mandables en toutes chofes, 
comme Minifl:res de Dieu, 
en grande patience i en af- 
fligions 5 en néceflitczj en 
angoifles5 en bleflùresj en 
prifons j en troubles ; en 
travaux; en veilles; en jeû- 
nes. 



tÊî. Dimanche 

ïics ; en pureté : par la con- 
tioiffance; par un efprit pa- 
tient 5 par bénignité; par 
le Saint Efprit 5 par une 
charité fans feinte 5 par la 
parole de vérité 5 par la 
puiflance de Dieu j par les 
armes de juftice à droit & 
à gauche : parmi Thonneur, 
ôc Tignominie: parmi la 
calomnie, & la bonne ré- 
putation : comme féduc- 
teurs, & toutefois étant vé- 
ritables; comme inconnus, 
& toutefois étant recon- 
nus : comme mourant, & 
voici nous vivons; com- 
me châtiez, & toutefois 
non mis à mort ; comme 
contriftez, & toutefois tou- 
jours joieux j comme pau- 
vres, & toutefois enrichif- 
fant plufieurs; comme nai- 
ant rien, & toutefois poiTc- 
dant toutes chofes. 

UEvANGiLÉ, S. Matth. 
4.1. 

A Lors Jefus fut emme- 
né par TEfprit au dé- 
fert, pour être tenté par le 
diable. Et quand il eut 
jeûné quarante jours, & 
quarante nuits, finalement 
il eut faim. Et le Tenta- 
teur s'aprochant, lui dit ; 



t) U C A ïl E M Êy YS 

Si tu es le Fils de Dieu, di 
que ces pierres deviennent 
des pains. Mais Jéfus ré- 
pondit, & dit : Il eft écrit 5 
Uhomme ne vivra point de 
pain feulement, mais de 
toute parole qui fort de la 
bouche de Dieu. Alors le 
diable le tranfporta dans la 
fainte ville^ ôc le mit fur 
les créneaux du Temple: 
Et lui dit ; Si tu es le Fils 
de Dieu, jette-toi en bas: 
car il eft écrit. Il donnera, 
charge de toi à fes Anges, 
& ils te porteront en leurs 
mains ; de peur que tu ne 
heurtes ton pied contre 
quelque pierre. Jéfus lui 
dit, il eft auffi écrit ; Tu ne 
tenteras point le Seigneur 
ton Dieu. Le diable le 
tranfporta encore fur une 
fort haute montagne, ôc 
lui montra tous les Roi- 
aumes du monde, ôl leur 
gloire: Et lui dit; Je te 
donnerai toutes ces chofes, 
fi en te profternant en terre, 
tu nVadores. Mais Jéfus 
lui dit ; Va Satan : car il 
eft écrit. Tu adoreras le 
Seigneur ton Dieu, ôc tu le 
ferviras lui feul. Alors le 
diable le laifla : & voilà, 
les Anges s'aprocherent, 
&c le fervirent. Le 



7(5 



Le ir. Dimanche du Caremh;^ 



Le fécond T>manche du 
Carême. 

La Collecte. 

Dîeu Tout-puiflant, qui 
vois que de nous 
mêmes nous n'avons aucun 
pouvoir de nous aider ; gar- 
de nous extérieurement dans 
nos corps, & intérieure- 
ment dans nos âmes: afin 
que nous loionsgarentisde 
toutes les adverfitez qui 
pourroient arriver à nos 
corps; & de toutes lesmau- 
vaiies penfées, qui pour- 
raint nuire à nos âmes. Ex- 
auce nous pour l'amour de 
Jéfus Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

UEpitre, I Theff. 4. i. 

FRères, nous vous prions 
donc, & vous conju- 
rons par le Seigneur jélus 
que comme vous avez ap- 
pris de nous, de quelle ma- 
nière on doit fc conduire, 
& plaire à Dieu, vous abon- 
diez en cela de plus en 
plus. Car vous favcz quels 
préceptes nous vous avons 
donnez de la part du Sei- 
gneur Jéfus. Parce que ceft 
ici !a volonté de Dieu, fa- 
voit vôtre fandification, & 



que vous vous abftenicz de 
la paillardife : Afin que cha- 
cun de vous fâche poflcder 
fon vailTeau en fanclifica- 
tion&en honneur: Et non 
avec pafllonde convoitifci 
comme les Gentils qui ne 
connoiffent point Dieu. 
Que perfonne ne foule fou 
frère, ou ne faflc fon pro- 
fit au dommage de fon 
frère eu aucune affaire : 
parce que le Seigneur eft 
le vengeur de toutes ces cho- 
iz% j comme nous vous l'a- 
vons dit auparavant, & af- 
furé. Car Dieu ne nous a 
point apellez à la fouillure, 
mais à la fanctificatiou. 
Ceft pourquoi celui qui re- 
jette ceci, ne rejette point 
un hommcj mais il rejette 
Dieu, qui a auflî mis fou 
Saint Efprit en nous. 

L'Evangile, S. Matth. 
15. 21. 

Jéfus partant delà, fe re- 
tira vers les quartiers 
de Tyr & de Sidon. Et 
voici, un femme Cana- 
néenne, qui étoit partie de 
ces quartiers-là, s'écria, en 
lui difant : Seigneur, Fils 
de David, aie pitié de moi : 
ma fille cfl mifcrablçmen; 

tour- 



Le III. Dimanche du Carême. 



^: 



tourmentée du diable. Mais 
il ne lui répondit mot : &: 
fcs Difciples s'aprochant le 
prièrent, difant 5 Renvoie- 
la : car elle crie après nous. 
Et il répondit, & dit; Je 
ne fuis envoie quaux bre- 
bis perdues de la maifon 
d'ifrael. Mais elle vint, & 
l'adora, difant : Seigneur, 
afllfte moi. Et il lui ré- 
pondit, & dit 5 II n ed pas 
bon de prendre le pain des 
enfans, & de le jetter aux 
petits chiens. Mais elle dit j 
Il eft vrai, Seigneur : cepen- 
dant les petits chiens man- 
gent des miettes qui tom- 
bent de la table de leurs maî- 
tres. Alors ]éfus répondant 
lui dit 5 O femme, ta foi eft 
grande: qu'il te foit fait com- 
me tu veux : & des ce mo- 
ment la fa fille fut guérie. 

Le troijîeme T)ima7iche du 
Carême. 

La Coll ect e. 

E Coûte, ô Dieu Tout- 
puiifant, l'ardente pri- 
ère de tes humbles fervi- 
teurs, nous t'en fuplions : 
& déploie la force de ton 
bras, pour nous défendre 
contre tous nos ennemis par 



Jéfus Chrift ton Fils nôtre^ 
Seigneur. Amen, 

L'Epitre, Eph. 5.1. . 

SOiez donc imitateurs 
de Dieu, comme fes 
chers enfans : Et cheminez 
dans la charité, ainfi que 
Chrift auflî nous a aimez, 
& s'eft donné lui-même 
pour nous en oblation ôc 
facrifîce â Dieu, en odeur 
de bonne fenteur. Qiie ni 
la paillardife, ni aucune 
fouillure, ni l'avarice, ne 
foient pas même nommées 
parmi vous; ainlî qu'il eft 
convenable à des Saints j ni 
aucune chofe des-honnête, 
ni parole foie, ni plaifan- 
terie : car ce font là des 
chofesqui ne font pasbien- 
féantcs: mais plutôt des 
actions de grâces. Car vous 
favez ceci, que ni aucun 
paillard, ni aucun immon- 
de, ni aucun avare, qui eft 
un idolâtre, n'a point d'hé- 
ritage au Roiaumc de Chrift, 
5c de Dieu. Que perfonne 
ne vous féduife par de vains 
difcours; car à caufe de ces 
chofes la colère de Dieu 
vient fur les enfans de ré- 
bellion. Ne foiez donc 
point leurs compagnons. 
% Car 



L E III. Dimanche du Carême. 



Car vous étiez autrefois té- 
nèbres; mais maintenant 
vous êtes lumière au Sei- 
gneur : conduife^-vous donc 
comme des enfans de lu- 
mière: (Car le fruit de 
TEfprit confifte en toute dé- 
bonnaireté, juftice, & vé- 
rité :) Eprouvant ce qui eft 
agréable au Seigneur. Et 
ne communiquez point aux 
oeuvres infrudueufes des té- 
nèbres; mais au contraire 
ireprencz-les. Car il eft 
même des-honnête de dire 
les chofes qui font faites 
par eux en cachette. Mais 
toutes chofes étant mifes 
en évidence par la lumière, 
font rendues manifeftes : car 
la lumière eft celle qui mani- 
fefte tout. C'cft pourquoi il 
eft dit 5 Réveille toi, toi qui 
4ors, &te relève d'entre les 
morts, & Chrift t'èclairera. 

X'EvANGiLE, S.Luc. II. 14. 

JEfus jetta dehors un dé- 
mon, qui étoit muet : 
& il arriva que quand le 
démon fut forti, le muet 
parla : & les troupes s'en é- 
tonncrent. Et quelques- 
uns d'entr'eux dirent : C'cft 
par Bèelzebul, Prince des 
diables, quil jette les dia- 



bles dehors. Mais les au- 
tres, pour réprouver, lui de- 
mandoient un figne du 
ciel. Mais lui connoiifant 
leurs penfées,leur dit : Tout 
Roiaume divifé contre foi- 
même fera réduit en dé- 
fert; & toute maifon di- 
vifée contr'elle-même tom- 
be en ruine. Qiie fi Satan 
eft auflî divifé contre lui- 
même, comment fubfiftcra 



fon règne? car vous dites 
que je jette hors les diables 
par Bèelzebul. Que fi je 
jette les diables dehors par 
Bèelzebul, vos fils par qui 
les jettent-ils dehors ? c'eft 
pourquoi ils feront eux- 
mêmes vos juges. Mais R 
je jette les diables dehors, 
par le doigt de Dieu, certes 
le Règne de Dieu eft par- 
venu à vous. Quand un 
fort homme bien armé 
garde fon hôtel, les chofes 
qu il a font en fureté. Mais 
s*il en furvient un autre 
plus fort que lui, qui le 
furmontc; il lui ôte toutes 
fcs armes aufquelles il fe 
confioit, & fiiit le partage 
de fcs dépouilles. Celui 
qui n'eft point avec moi, 
eft contre moi; & celui 
qui naflemblc point avec 



Le IV. Dimanche du Carême, 



7^ 



înoî, difperfe. Quand Tef- 
prit immonde eft forti d'un 
homme, il va par des lieux 
fecs, cherchant du repos, 
& n'en trouvant point il 
dit 5 je retournerai dans 
ma maifon, d'où je fuis for- 
ti. Et y étant venu, il la 
trouve belaiée & parée. A- 
lors il s'en va, & prend a- 
vcc foi fept autres efprits 
plus méchans que lui, & 
ils entrent & demeurent 
là : de forte que la der- 
nière condition de cet hom- 
me-là eft pire que la pre- 
mière. Or il arriva, com- 
me il difoit ces chofes, 
qu'une femme d'entre les 
troupes éleva fa voix, & 
lui dit i Bien-heureux eft 
le ventre qui t'a porté, & 
les mamelles que tu as tet- 
tées. Et il dit 5 Mais plu- 
tôt, bien-heureux font ceux 
qui écoutent la parole de 
Dieu, & qui la gardent ! 

Le quatrième dimanche 
du Carême. 

La Collecte. 



N 



te 



Ous te fuplions, Dieu 

Tout-puiffant, qu'il 

plaifc de 



nous garantir> 



par l'alllftance de ta grace,^ 
de toutes les peines que 
nous avons méritées par nos 
péchez i pour l'amour de 
nôtre Seigneur & Sauveur 
J éfus-Chrift. Amen. 

L'Epitre, Gai. 4. 21. 

Dites-moi, vous qui 
voulez être fous la 
Loi, n'entendez vous point 
la Loi \ Car il eft écrit qu'A- 
braham a eu deux fils 5 l'un 
de la fervante, & l'autre de 
la libre. Mais celui qui 
étoit de la fervante, naquit 
félon la chaire & celui qui 
étoit de la libre, naquit par 
la promelfe. Or ces cho- 
fes doivent être entendues 
par allégorie : car ce font 
les deux alliances 5 Tune au 
mont de Sina, engendrant 
à fervitude, qui eft Agar : 
Car ce nom d'Agar veut 
dire Sina : qui eft une mon- 
tagne en Arabie, & corref- 
pondante à lajérufalem de 
maintenant, laquelle ferta- 
vec fes enfans. Mais lajé- 
rufalem d'enhaut eft libre, 
& elle eft la mère de nous 
tous. Car il eft écrit 5 Ré- 
jouïs-toi, ftérile, qui n'en- 
fantois point : efforce toi, 
& t'écrie, toi qui n'étois 
% point 



$o Le iv^ D iM AN c 
point en travail d'enfant : 
car il y a beaucoup plus 
ci enfans de celle qui avoit 
été laiflee, que de celle qui 
avoit un mari. Or pour 
nous, mes frères, nous fonv 
mes enfans de la promeflc, 
ainfi quifaac. Mais com- 
me alors celui qui étoit né 
félon la chair, perfecutoit ce- 
lui qui étoit né félon TEfprit, 
il en eft de même auili main- 
tenant. Mais que dit TEcri- 
ture? Chafle lafervante & 
fon fils : car le fils de la fer- 
rante ne fera point héritier 
avec le fils de la libre. Or 
mes frères, nous ne fommes 
point enfans de la fervan- 
te, mais delà libre. 

L'Evangile, S. Jean 6. i . 

JEfus s'en alla au delà 
de la mer de Gali- 
lée, qui cft la mer de Ti- 
bériadc. Et de grandes 
troupes le fuivoient, àcaufe 
qu'ils voioient les miracles 
qu'il faifoit en ceux qui é- 
toicnt malades. Mais ]é- 
fus monta fur une montag- 
ne, & il s'afllt là avec fcs 
Difciples. Or le jour de 
Faque, qui étoit la Fête 
des juifs, étoit proche. Et 
Jéfus aiant levé fcs yeux. 



HE D U C A R E M E^ 

& voiant que de grande^ 
troupes venoient à lui, dit 
à Philippe i D'où achette- 
rons-nous des pains, afin 
que ceux-ci aient à man- 
ger ? Or il difoit cela pour 
l'éprouver : car il favoit bien 
ce qu'il devoit faire. Phi- 
lippe lui répondit s Qiiand 
nous aurions pour deux 
cent deniers de pain, cela 
ne leur fuffiroit pas, quoi 
que chacun d'eux n'en prit 
que tant foit peu. Et l'un 
de fes Difciples, favoir An* 
dré, frère de Simon Pierre, 
lui dit 5 II y a ici un petit 
garçon qui a cinq pains 
d'orge, ôc deux poiflbns: 
mais qu'eft-ce que cela pour 
tant de gens? Alors jéfus 
diti Faites afleoir les gens : 
(or il y avoit beaucoup 
d'herbe en ce lieu-là) les 
gens doncs'aflirentau nom- 
bre d'environ cinq mille. , 
Et ]éfus prit les pains 5 & 
après avoir rendu grâces, il 
les diftribua aux Difciples; 
& les Diiciplcs à ceux qui 
étoient afiîs : ôc pareillement 
des poiflbns, autant qu'ils 
en vouloicnt. Et après qu'ils 
furent raflafiez, il dit à fcs 
Difciples; Amaflez les piè- 
ces qui font de rcfte, afin 

que 



Le V. Dimanche du Caremè; tï 

îjuerîen ne foit perdu. Us 'de cette flruficure, eft en- 
les amalferent donc j 6c ils tré une fois dans les lieux 
^remplirent douze corbeilles; Saints par Ion propre fang^ 
de pièces de cinq pains & non par le lang des 
d orge, qui étoient demeu- veaux ou des boucs : après 
rées de refte à ceux qui en avoir obtenu une redcmp- 
avoient mangé. Or ces tion éternelle. Car fi le 
gens aiant vu le miracle fang des taureaux & des 



que Jéfus avoir fait, di- 
foienti Celui-ci eft vérita- 
blement le Prophète qui 
devoit venir au monde. 

Le cinquième dimanche 
du Carême. 

La Collecte. 

NOus te fuplions. Dieu 
tout puiflant, de re- 
garder ton peuple en ta mi- 
fericorde ; afin que par ta 
bonté il foit toujours gou- 
verné, & confervé tant pour 
le corps que pour Tame ; 
par Jefus-Chrifl: ton Fils 
nôtre Seigneur. Amen. 

L'Epitre, Heb. 9. n. 

CHrift étant venu pour 
être fouverain Sacri- 
ficateur des biens à venir, 
par un plus excellent 6c plus 
parfait tabernacle, qui nefl: 



boucs, 6c la cendre de îa 
geniile, de laquelle oï\ lait 
afperfion, iandifie quant à la 
pureté de la chair, clu> qui 
font fouillez : coîuiicn 
plus le fang de Chrift, qui 
par TEfprit éternel s eft of- 
fert lui-même à Dieu fans 
nulle tache , puriftera-t-il 
votre confcience des œu- 
vres mortes, pour fervir le 
Dieu vivant > C'eft pour- 
quoi il eft: Médiateur du 
Nouveau ïeftament ; afin 
que la mort intcivcnant 
pour la ran(jOn des tranf- 
greflions qui étoient fous le 
premier Teftament, ceux 
qui font apellez reçoivent 
racompllflement de la pro- 
mefte, qui leur a été faite 
de rhériiao:e éternel. 



L'Evangile, S. Jean 8.45. 
Efus leur dit 5 Qui cil 
celui d'entre vous qui 



J 



pas un tabernacle fait de j me reprendra de péché ? 6c 
main, ceft-a-dixe, qui foit fi je dis la vérité 5 pourquoi 






ne 



iz Li Dimanche 
ne me croiez-vous point? 
Celui qui eft de Dieu, en- 
tend les paroles de Dieu : 
mais vous ne les entendez 
point-, parce que Vous né- 
tcs point de Dieu. Alors 
les Juifs répondirent, & lui 
dirent i Ne difons-nouspas 
bien que tu es un Samari- 
tain, & que tu as le dia- 
ble? ]éius répondit j "fen'ai 
point je dia&le: mais i1io- 
nore mon Père, Ôc vous me 
déshonorez. Or je ne cher- 
che point ma gloire : il y 
en a un qui la cherche, & 
qui en juge. En vérité, en 
vérité Je vous dis," que fi 
quelqu'un garde ma parole, 
il ne verra jamais la mort. 
Les ]uifs donc lui dirent; 
Maintenant nous connoif- 
fons que tu as le diable : 
Abraham eft mort> & les 
Prophètes aufli-5 6c tu disj 
Si quelqu'un garde ma pa- 
role, il ne goûtera jamais 
la mort. Es-tu plus grand 
que nôtre père Abraham 
qui eft mort ^ les Prophètes \ 
aufli font morts 5 qui te fais- 1 
tu toi-même ? ] éfus répon- ; 
dit 5 Si je me glorifie moi- 
même,' ma gloire n eft rien : : 
mon Père eft celui qui me! 
glorifie; celui duquel vous' 



AVANT PaCLUÉ? 

dites qu il eft vôtre Diétfii 
Toutefois vous ne Favez 
point connu : mais moi je 
le connoiSi & fi je dis que je^ 
ne le connois point, je feraii 
menteur, fembiablcàvous^: 
mais je le connois^ ôc je 
garde fa parole. Abraham, 
vôtre père a treiïailÙde joid 
de voir cette mienne jour- 
née 5 & il Ta vue, & s'en eft 
réjoui. Sur cela les Juifs 
lui dirent ; Tu n as pas en- 
core cinquante ans, 6c tu 
as vu Abraham! Et ]éfus 
leur dit; En vérité, envéX 
rite je vous dis , avant qu A- 
braham fut, je fuis. Alors 
ils levèrent des pierres pour 
les jetter contre lui :' mais 
Jéfus fe cachai & fortit du 
Temple, aiant pafle au tra- 
vers d'eux ; 6c ainfi il s'en 
ala. •'- P^'w--" i>- -: -'•■^-v 

Le TO>manche avant 

Pâque. I; - 

La Collecte. 

Dieu Tout-puifîant & 
Eternel, qui as fi tcii- 
dremcnt aimé le genre hu- 
main, que tu as envoie ton 
Fils Jéfus-Chrift nôtre Sau- 
veur, pour prendre à foi nô- 
tre chair^ 6c pour foufrir 



Le Dj^Â n che a van t P aq^u e T^ *| 

là mort de la croix ; afin [que jéfus-Ghrift efl: le Sel- 



P 



ijue tous les hommes lui- 
vent rexemple de la pro- 
fonde humilité: fai nous 
la grâce que nous imitions fa 
patience; & que nous aions 
part à fatéfurredipni.par Je 
même Jéfus Cteift notre 
Seigneur, ^memii / 

UEpitre, Phil. 2. 5. 

QUll y ait donc en vous 
m un même fentiment 
qui a été en Jéfus-Chrift : 
Lequel étant en forme de 
Dieu, n'a point réputé ra- 
pine d être égal à Dieu. Ce- 
pendant il s'efl: anéanti lui- 
même; aiânt pris la forme 
de ferviteur, fait à la ref- 
femblance des hommes : Et 
étant trouvé en figure com- 
me un homme, il s'eft a- 
baifle lui-même, & a été 
obéïffant jufquesà la mort; 
à la mort même de la croix. 
C'eil pourquoi aulli. Dieu 
Ta fouverainement élevé; & 
lui a donné un Nom, qui 
xil au deffus de tout Nom : 
^fin quau Nom de Jéfus 
4out genou fe ploie j tant de 
ceux qui font aux cieux, que 
de ceux qui font en la terre, 
&: au defîbus de la terre j Et 

^^ue toute langue confeiTei potier, pour la fcpultune 

G z de5 



gneiu% à la gloire de DicU 

^ "^VANGTLE, S.Matth.27.î; 
Uis quand le matin hit 
venuj tous les princi- 
paux Sacrilicateur5 & les An- 
ciens du peuple tinrent coiî- 
Ici] contre féius pour le taire 
mourir. Et Taiant lié, ils 
l'amenèrent <Sc le livrèrent 
à Ponce PilatCj: ^^'ii étoit le 
Gouverneur. Alors judas 
qui Tavoit trahi, voiant qu il 
étoit condamné, fe repen- 
tit ; & reporta les trente 
pièces d'argent aux princi- 
paux Sacriticateurs, & aux 
Anciens, en leur difant/ Jai 
péché en trahiilant: le^ fang 
innocent : wah ils mi di- 
rent r Que nous importe ? ta 
y aviieras. Et après avorr 
jette les pièces d'ar^îciitd^ns 
le Temple, il fe reiltu^ & 
s'en étant aie, il s'étrangia. 
Mais les principaux -Sacrifi- 
cateurs aiant pris, les pièces 
d'ar- ent, dirent; îjn'eilpas 
permis de les mettre dans 
le Tréfor: car cefi un prix 
de fang. Et après qu'ils eu- 
rent confulté entr'eux, ils en 
achetèrent le champ d un 



54 Le Dimanche avant Paque.' 



des étrangers. C'eft pour- 
quoi ce champ-là a été a- 
pelié jufquM aujourd'hui, le 
champ du fang. Alors fut 
acompli ce dont il avoir 
été parlé par jérémie le 
Prophète, difant , Et ils 
ont pris trente pièces d'ar- 
gent ; le prix de celui qui a 
été apréciéj lequel ceux 
d'entre les enfans d'Ifraël 
ont aprécié : Et ils les 
ont données pour en ache- 
ter le champ d'un potier } 
félon ce que le Seigneur 
m'avoit ordonné. Or ]é- 
fus fut prélenté devant le 
Gouverneur 5 ôc le Gouver- 
neur l'interrogea , difant ; 
Es-tu le Roi des Juifs ? Jé- 
fus lui répondit 5 Tu le dis. 
Et étant acule par les prin- 
cipaux Sacrificateurs & les 
Anciens, il ne répondoit 
rien. Alors Pilate lui dit,- 
N'cntends-tu pas combien 
ils portent de témoignages 
contre toi? Mais il ne lui 
répondit pas un mot fur 
quoi que ce fut : de forte 
que le Gouverneur s'en é- 
tonnoit extrêmement. Or 
le Gouverneur avoir acou- 
tumé de relâcher au peu- 
ple le jour de la Fête un 
prifonnier, quel que ce fut 



qu'on demandât- Et îl f 
avoit alors un prîfonnier 
notable, nommé Barrabas. 
Qiiand donc ils furent af- 
fcmblez, Pilate leur dit; 
Lequel voulez-vous que )e 
vous relâche t Barrabas 5 ou 
jéfus qu'on apelle ChriftJ 
Car il favoit bien qu'ils l'a- 
voient livré par envie. Et 
comme il étoit affis au fiége 
judicial, fa femme envoia 
lui dire 5 N'entre point dans 
l'affaire de ce jufte ; car j'ai 
aujourd'hui beaucoup fou- 
fert à fon fujet en fongeant. 
Et les principaux Sacrifica- 
teurs, 6c les Anciens per- 
fuaderent à la multitude du 
peuple de demander Barra- 
bas, & de faire périr Jéfus. 
Et le Gouverneur prenant 
la parole, leur dit $ Lequel 
des deux voulez-vous que 
je vous relâche? Ils dirent, 
Barrabas. Pilate leur dit 5 
Que ferai- je donc de Jéfus 
qu'on apelle Chrift > Us lui 
dirent tous s Qu'il foît cru- 
cifié. Et le Gouverneur leur 
dit 5 Mais quel mal a-t-il 
fait ? & ils crièrent encore 
plus fort, en difant 5 Qu'il 
foit crucifié. Alors Pilate 
voiant qu'il ne gagnoitrienj 
mais que le tumulte s'ang- 
I iiientoir^ 



LeDimanche avant Paque; 



mentoit: prit de Teau^ &' 
lava fes mains devant le 
peuple, en difantj Je fuis 
innocent du fang de ce juf- 
te : vous y penferez. Et 
tout le peuple répondant, 
dit 5 Que fon fang foit fur 
nous, & fur nos enfans. 
Alors il leur relâcha Barra- 
bas: & après avoir faitfou- 
ëtcr Jéfus, il le leur livra 
peur être crucifié. Et les 
foldats du Gouverneur a- 
menerçnt Jéfus au Prétoire, 
& afTemblerent devant lui 
toute la bande. Et après 
ravoir dépouillé, ils mirent 
fur lui un manteau d'écarla- 
te. Et aiant fait une cou- 
ronne d'épines entrelaffées, 
ils la mirent fur fa tête, avec 
un rofeau dans fa main 
droite : puis s'agenouillant 
devant lui, ils fe moquoient 
de lui, en difant 5 Bien te 
foit, Roi des Juifs. Et après 
avoir craché contre lui,- ils 
prirent le rofeau, & ils en 
frapoifnt fa tête. Et après 
s'être moquez de lui 5 ils lui 
ôterent le manteau, & le 
vêtirent de fes vétemens, & 
ramenèrent pour le cruci- 
fier. Et comme ils fortoi- 
çnt, ils rencontrèrent un 
Cyréniçn^ npmmç Simou; 



S 5 

lequel ils contraignirent de 
porter la croix de Jéfus. Et 
étant arrivez au lieu apellé 
Golgotha, c'eft-à-dire , le 
lieu du Teft; Ils lui don- 
nèrent à boire du vinaigre 
mêlé avec du fiel : m_ais 
quand il en eut goûté, il 
nen voulut point boire. 
Et après Tavoir crucifié, ils 
partagèrent fes vétemens, en 
les jettant au fort; afin que 
ce qui avoit été dit par le 
Prophète, fut acompli: Ils 
ont partagé entr'eux mes 
vétemens, & ont jette au 
fort mon faie. Puis s'étant 
afiis, ils le gardoient-là. Ils 
mirent auflî au deflus de fa 
tête unEcriteau, où la caufe 
de fa condamnation étoit 
marquée en ces mots. Ce- 
lui-ci EST ]eSUS LE 
ROI DES Juifs. Et deux 
brigands furent crucifiez avec 
lui: Tun à fa droites ôcTau- 
tre à fa gauche. Et ceux 
qui paffoicnt par là, lui di- 
foient des outrages, en bran- 
lant la tête, & difantj Toi 
qui détruis le Temple, ôc 
qui le rebâtis en trois jours> 
fauve-toi toi-même : fi tu 
es le Fils de Dieu, de-'cen 
de la croix. Pareillement 
auiïi les principaux Sacrifi- 
Q 3 cateurs 



$ê 



Ee Lundi avant Paq^ue. 



cateurs avec les Scribes & 
les Anciens, le moquant, 
difoient 5 U a fauve les au- 
tres 5 il n,ç fe peut fauver 
lui-n-îème : s'il eil le Roi 
dlfraël, qu il delccnde main- 
tenant de la croix, Ôc nous 
croirons en lui. Il fe con- 
fie en picu;5 mais fi Dieu 
raime> qull le délivre 
maintenant: car il a ditj 
Je (vis le Fils de Dieu. Les 
brigands auffi qui étoient 
crucifiez avec lui, lui repro- 
>:hoient la même c'.'ofe. 
Or depuis fix heures il y 
eut des ténèbres fir tout le 
païs, jufqua neuf heures. 
Et environ les neuf heures, 
Jéfus s'écria à haute voix, 
<:n difant; Eli;, Hh? lamma 
iabaçlithani ? c'eft-d-dire j 
Mon Dieu, mon Dieu, 
pourquoi nras-tu abandon- 
ne? Et quelques-uns de 
ceux qui étoient là préfens, 
îiiant entendu cela, difoient, 
P apclie 51ie. Et auffi-tôt 
uri^ d'cntr'eux courut, <Sc 
prit une éponge 5 & f àiant 
remplie de vinaigre, la mit 
p. fcnrour d'un rofeau, 6c 
lui en donna à boire. Mais 
les autres difoienti Laiiîe, 
voions fi Elle viendra le 
Alc;;s Jçfus aiant 



fauver. 



crié encore à haute voÎ5^ 
rendit Tefprit. Et voici, 
le voile du Temple fe dé- 
chira en deux, depuis lô 
haut jufquen bas: & la terre 
trembla: &c les pierres fe 
fendirent. Et les fépulcrcs 
s'ouvrirentj&plufieurs corps 
des Saints, qui étoient en- 
dormisj fe levèrent. Eté^ 
tant fortis des fépulcres a- 
près fa réfurredion, ils en- 
trèrent dans la fainte Citéj 
& fe montrèrent à pkifieurs.' 
Or le Centenier, & ceux 
cl avec lui gardoientjé- 
tus, aiant vu le tremble- 
ment de terrç, & tout ce 
qui venoii" d arriver/ eurent 
une fort grande peur, Redi- 
rent 3, Véritablement celui- 
ci étoit le Pils de Dieu. 

Le Lundi avant V2LC[\it. 
Tour\JEinxKY.y Efi. 65. i, 

QUI eft celui ci qiïi 
vient d'Edoni,de Botf- 

rn, allant les habits teints 
en rouge ; ceky-ci qui cft 
magnifiquement paré en fon 
vctemciit; marchant félon 
la grandeur àx^ ik fcrcc? 
C'cll: moi qui parle en juf- 
tiçc^ ^ qui ai îovit pgu-' 



Lé Lundi a 

^dk fde fauvef. Pourquoi 
y a-t-il du TOUgé eriton vé 
tcmcnt ? & pourquoi tes 
habits font-ils comme les 
habits de ceux qui foulent 
gu preflbir ? ]'ai été tout 
feul à f-uler ai preiToir, & 
perfoni: d'entre les peu- 
pics n^ ci avec moi: ce- 
pcnd^nr: ;'ai marché iur eux 
en ma colère 5 & je les ai 
foukz en ma fureur, & 
leur ftng a rcjaiiù iur mes 
■Véternens, ôc j'ai fouillé tous 
jp' es habits. Car le jour 
de la vengeance eft dan^ 
mon cœur: & Tannée en 
Jaquelle je dois racheter 
les miens, eft venue. J'ai 
donc regardé, & il n'y a 
eu perfonne qui mL*aidât : 
6c j'ai été étonné, & il n'y 
a eu perfonne qui me fou- 
tint : mais mon bras nVa 
fauve i & ma fureur m'a 
foutenu. Ainfi j'ai foulé 
les peuples en ma colère 5 
^ je les ai enivrez en ma 
fureur 5 & j'ai abatu leur 
force par terre. Je ferai 
mention des gratuitez de 
7'Eternel, qui font les loii- 
^anges de l'EterneU à caufe 
^dc tous les bienfaits que 
"TEtcrnel nous a faits: car 
^ grand eft ic bien de la mai- 



VAN T PAQ^UEr' ^7 

Ton d'Ifraël, lequei îl leur 
t tait félon fes compaflîoris, 
6c félon la grandeur de fes 
gratuitez. car il a diti 
Qiioi qu'il en foitj ils font 
mon peuple, des enfans qui 
ne dégénéreront point ; & 
il leur a été Sauveur. Et 
dans toute leur angoiffe il 
a été en angoifle s & l'Ange 
de fa face les a délivrez : 
lui-même les a rachetez 
par fon amour & fa clér 



mence^ & il les a portez, 
& les a élevez en tout 
temps: Mais ils ont été 
rebelles, & ils ont contrif- 
té TEfprit de fa fainteté : 
c'eft pourquoi il leur a été 
tourné en ennemi 5 & il a 
lui-même combatu con- 
tr'eux. Et on s'eft fouvenu 
des jours anciens de Moïfe, 
& de fon peuple. Où eft 
celui, a-t-on dit, qui les 
faifoit remonter hors de la 
mer, avec les pafteurs de 
fon troupeau? où eft celui 
qui mettoit au milieu d'eux 
TEfprit de fa fainteté ? Qui 
les menoit étant à la niâui 
droite de Moïfe, par le bras 
de fa gloire? qui fendoit 
les eaux devant eux 5 afin 
qu'il s'aquit un renom é- 
ternci.^ Qn\ les menoit 
G 4 par 



SÏ Le Lundi av 

par les abimcs, & Us n y 
ont point bronché 5 non 
plus que le cheval dans un 
lieu de pâturage ? L'Elprit 
de TEternel les a menez 
tout doucement, comme on 
mené une bête quidefcend 
dans une plame : tu as ainfi 
conduit ton peuple i afin de 
taquerir un renom glo- 
rieux. Regarde des Cieux, 
ôc voi de la demeure de ta 
fainteté & de ta gloire. Où 
cft ta jaloufie, & ta f nxc, 
& réniotion bruiantc de tes 
entrailles 5c de tescompaf- 
fions, lefquelles fe font re- 
tenues envers moi? Cer- 
tes tu es nôtre Père; enco- 
ire qu Abraham ne nous re- 
connût point, & qulfraël 
ne nous avouât point : E~ 
ternel, ç eft toi qui es nôtre 
Père; & ton Nom eft nô- 
tre Rédempteur de tout 
temps. Pourquoi nous as- 
tu fait fourvoier, ô Eter- 
nel, hors des tes voies? &: 
pourquoi as-tu aliéné nôtre 
cœur de ta crainte? Rc 
tourne-toi en faveur dç tc^ 
fcrviteursj en faveur des 
Tribus de ton héritage. 
Le peuple de ta fainteté a 
été en pblleflion bien peu 
iîe tçiiips; nos c;imcmis 



ANT PaQ^UE." 

ont foulé ton SanStuairé^ 
Nous avons été comme 
ceux fur lefquels tu ne do- 
mines point depuis long- 
temps; & fur lefquels ton 
Nom n eft point reclamé. ; 

L'Evangile, S.Marc 14.1*^ 

OR la fête de Pâque 
6c des pains fans le- 
I vain étoit deux jours après ; 
& ^cs principaux Sacrifica- 
icuis & les Scribes cher- 
choient comment ils pour- 
roient fe faifir de Jéfus par 
fincffe, ôc le faire mourir. 
Mais ils difoient : Non 
point durant la fête, de 
peur qu'il ne fe faife du tu- 
multe parmi le peuple. Et 
comme il étoit à Béthanie 
dans la maifon de Simon 
le lépreux, ôc qu il étoit à 
table; il vint là une femme 
qui avoit une boite de par- 
fum d'afpic, pur, ôc de 
grand prix : ôc elle rompit 
la boite ; ôc répandit ie par- 
fum fur la tête de |élus. 
Et quelques-uns en furent 
indignez en eux-mêmes, ôc 
ils difoient : A quoi fert Id, 
perte de ce parfum ? Car il 
pouvoir être vendu plus de 
trois cent deniers, ôc être 
donné aux pauvres. Ainfi 

il$ 



Le Lundi avant Paq^ue.' 



ils en frémiffoient contr'el- 
le. Mais Jéfus dit 5 Laif- 
fez-la: pourquoi lui don 
nez-vous du déplaifir > die 
a fait une bonne adion en- 
vers moi. Parce que vous 
aurez toujours des pauvres 
avec vous, & vous leur 
pourrez faire du bien tou- 
tes les fois que vous vou- 
drez: mais vous ne m'au- 
rez pas toujours. Elle a 
fait ce qui étoit en fon pou- 
voir; elle a anticipé d'oin- 
dre mon corps pour Tapa- 
reil de ma fépulture. En 
vérité je vous dis 5 qu en 
quelque lieu que cet Evan- 
gile fera prêché dans tout 
le monde, ceci auffi qu el- 
le a fait fera récité en mé- 
moire d'elle. Alors Judas 
Ifcariot, l'un des douze, 
s'en alla vers les princi- 
paux Sacrificateurs pour le 
leur livrer. Quil'aiantoui 
s'en réjouirent 5 & lui pro- 
mirent de lui donner de 
l'argent : & il cherchoit 
comment il le livreroit 
commodément. Or le pre- 
mier jour des pains fans le- 
vain, auquel on facrifioit 
l'agneau de Pâque, fes Dif 
ciples lui dirent: Oùvcux- 



89 

prêter à manger l'agneau de 
. âque? Et il envoiadeux 
de fes Difciples, & leur dit; 
Alez en la ville j & un 
homme vous viendra à la 
rencontre, portant une cru- 
:he d'eau, fuivez-le. Et en 
quelque lieu qu'il entre, di- 
res au maitre de la maifon^ 
Le Maitre dit; Où eft le 
iogis, où je mangerai l'ag- 
neau de Pâque avec mes 
Difciples ? Et il vous mon- 
trera une grande chambre 
ornée & préparée : aprêtez- 
nous là l'agneau de Pâque. 
Ses Difciples donc s'en ale- 
rent 5 & étant arrivez dans 
la ville, ils trouvèrent tout 
comme il leur avoit dit: & 
ils aprêterent l'agneau de 
Pâque. Et fur le loir jé- 
fus vint lui-même avec les 
douze. Et comme ils é- 
toient à table, & qu'ils man- 
geoient, Jéfus leur dit; En 
vérité je vous dis, que l'un 
de vous, qui mange avec 
moi, me trahira. Et ils 
commencèrent à s'atrifter: 
& ils lui dirent l'un après 
l'autre; Eft-cemoi? & l'au- 
tre 5 Eft-ce moi? Mais il 
répondit, & leur dit ; C'cft 
i'un des douze, qui trempe 



tu que nous t'aillon$ a-lavec moi au plat. Certes 
' V le 



90 Le LuN'Di avant Paq^uêT^' 

le Fils de rhomme s'en va^ 
fclon qu'il efl: écrit de lui : 
mais malheur à rhomme 
par qui le Pils de Thomme 
cft trahi: il eut été bon à 
cet homme-là de n'être 
point né. Et comme ils 
mangeoient 5 Jéfus prit le 
pain : &c après avoir rendu 
grâces, il le rompit 5 àc le 
leur donna:, 6c leur dit 5 



feroient fcandalifez ; je ne 
le ferai pourtant point. Et 
Jéfus lui dit : En vérité je 
te dis, qu'aujourd'hui en 
cette propre nuit, avant 
que le coq ait chanté deux 
fois, tu me renieras trois 
fois. Mais Pierre difoit en- 
core plus fortement : Quand 
même il me faudroi^ mou- 
rir avec toi, je xw ; :. renie- 



Prenez 5 mangez: ceci efl: | rai point: àc ils lui dirent 
mun corps. Piiis aiant pris \ tous la même chofe. Puis 
la coupci ii rendit grâces,! ils vinrent en un lieu nom- 



^-.'Pi leur donna : & ils en 
burci t Lous. £1 il leur dit 5 



mé Gethlémané : & il dit 
à tes Difciples 5 AKckz- 



Ceci eft mon fangi lefang vous ici jufqua re quej^aie 



du Kouvcau Teihment, 
qui eu répandu pour plu- 
ficurs. En vérité je vous 
dis5 que je ne boirai plus 



prie. 
PiciT 

vante 



Et 1; pat avec lui 
- .y; jaques, & fcan, 
ujmmença à s'époa- 
& à être fort an- 



ciu fruit de la vigne julqu au Igoilïé. Et il leur viit 5 Uoxx 



jour que je le boirai nou- 
veau dans le Roiaume de 
Dieu.^ Et quand ils curent 
chanté le Cantique, ils s en 
alcrent à la montagne des 
Oiivkrs. Et jéfus leur dit,- 
Vous ferez tous cette nuit 
fcandalilcz en moi : car il 
cfr écrite Je fraperai le 
Berger, & les brebis feront 
djlperfées. Mais après que 
je ferai refTufcitc, j^irai de- 
vant vous en Galilcc. Et 



ame efl: faiiic de triiicile 
jufques à la :iiort: demeu- 
rez ici, & veilicz. Puis 
s'en alant un peu plus ou- 
tre, ilfe jetta en terre, & 
il prioit; Qlic sii étoit pof- 
ftble, rhcurc paflat arriére 
de lui. Et il difoitj Ab- 
ba. Père, toutes chofes te 
font poflibies5 trahfporte 
cette coupe arriére de moi : 
toutefois non point ce que 
"e veux j mai^îCô que tu 



Licri-c iui,^itj Qiiaud tous jveus. Puis iiVreviiit-, 



X'C^ 



L^ Lundi a 

les trouva dormant : & il 
dit à Pierre 5 Simon dors- 
tu? n as-tu pu veiller une 
heure? Veillez, ôc priez 
que vous n entriez point 
en tentation : car quant à 
i'efprit, il eft prompt; mais 
la chair eft foible. £t il 
s'en ala encore, & il pria, 
difant les mêmes paroles. 
Puis étant retourné 5 il les 
trouva encore dormant : car 
leurs yeux étoient apefan- 
tis : & ils ne iavoient que 
lui répondre. Il vint en- 
core pour la troifiéme fois, 
& leur dit , Dormez d'or- 
chavant^ & vous repofez: 
il luiit, l'heure eft venue : 
voici le Fils de l'homme 
sen va être livré entre les 
mains des méchans. Le- 
vez-vous, alons : voici, ce- 
lui qui me trahit s'aproche. 
Et aulTi-tot, comme il par- 
loit encore 5 judas, qui é- 
toit Tun des^ douze, vint ; 
6c avec lui une grande trou- 
pt, aiant ;de$ épécs & des 
bâtons, de la part des prin- 
cipaux Sacriiicateurs, des 
Scribes, & des Anciens. Or 
celui qui le trahiflbit avoit^ 
donné un fienal enti*'eux,- 
difant 5 Celui que je baife-j 
rai^ ç'eft lui, Caififf^z-k, 



VA NT PaQ^UE^ 91 

& emmenez-le fûrement- 
Qiiand donc il fut venu, il 
s'aprocha auflî-tôt de lui, 
& dit; Maître, Maître, & 
il le baifa. Alors ils mi- 
rent les mains fur lui, & le 
faifirent. Et quelqu'un de 
ceux qui étoient là préfens 
tira fon épée 5 & en fra- 
pa le ferviteur du fouverain 
Sacrificateur, & lui empor- 
ta loreille. Alors Jéfus 
prit la parole, ôc leur dit 5 
Etes-vous fortis comme a- 
près un brigand, avec des 
épées & des bâtons, pour 
mo prendre? ]'étois tous 
les jours parmi vous, enfeig- 
nant dans le Temple 5 & 
vous ne m'avez point faifi : 
mais tout ceci eft arrivé, a- 
fin que les Ecritures foient 
acomplies. Alors tous fes 
Difciples rabandonnerent,-; 
& s'enfuirent. Et un cer- 
tain jeune homme le liii-' 
voit, envelopé d'un lin- 
ceul fur le corps nud : & 
quelques jc-unes gens le fai- 
firent. Mais abandonnant 
fon linceul, il s'enfuit d'eux' 
tout nud-. Et ils emmenè- 
rent jéfus au fouverain Sa- 
crificateur 5 chez qui s'aC 
femblercnt tous les princi* 
paux Saaificateurs, les An- 

çiensa 



92 tE Lundi avant Paq^ue? 

cicns, & les Scribes. Etldit; Es-tu le Chrift, le Fils 
Pierre le fuivoit de loin du Dieu béni? Et Jéfus 



Jufqucs dans la cour du fou 
verain Sacrificateur: & il 
étoit affis avec les ferviteurs, 
& fc chaufFoit près du feu. 
Or les principaux Sacrifica- 
teurs, & tout le Confiftoire 
cherchoient quelque témoi- 
gnagjC contre Jéfus, pour le 
faire moujtir : mais ils n en 
trouvoient point. Car plu- 
fîeurs difoicnt de faux té- 
moignages contre lui: mais 
les témoignages n'étoient 
point conformes. Alors 
quelques uns s'élevèrent, & 
portèrent de faux témoigna- 
ges contre lui, difant ; Nous 
avons ouï quildifoitj Je 
détruirai ce Temple qui efi 
fait de main 5 & en trois 
jours j'en rebâtirai un au- 
tre, qui ne fera point fait 
de main. Mais encore a- 
vec tout cela leurs témoi- 
gnages n étoient point con- 
formes. Alors le fouve- 
rain Sacrificateur fe levant 
-au milieu, interrogea Jéfus, 
difant ; Ne répons-tu rien ? 
qu eft-ce que ceux-ci témoi- 
gnent contre toi? Mais il 
ie tût, & ne répondit rien. 
Le fouvcrain Sacrificateur 
Tinterrogca encore, 6c lui 



lui dit 5 Je le fuis : & vous 
verrez le Fils de Thomme 
aflîs à la droite de la puif- 
fance de Dieu, & venant 
fur les nuées du cieL A- 
iors le fouverain Sacrifica- 
teur déchira fes vétemens> 
ôc diti Qu avons-nous en^ 
core affaire de témoins? 
Vous avez ouï le blaf- 
phème 5 que vous en fem- 
ble ? Alors tous ie condam- 
nèrent comme étant digne 
de mort. Et quelques-uns 
fe mirent à cracher contre 
lui; & à lui couvrir le vi- 
fage 5 & à lui donner des 
fouflets : & ils lui difoient 5 
Prophétife : & les fergeans 
lui donnoient des coups 
avec leurs verges. Or com- 
me Pierre étoit en bas dans 
la cour; une des fervantes 
du fouverain Sacrificateur 
vint. Et quand elle eut 
aperçu Pierre qui fe chau- 
toit, elle le regarda en fa- 
ce, & lui dit 5 Et toi, tu 
étois avec Jéfus le Nazarien, 
Mais il le nia, difant; Je 
ne le connois point, & je 
ne fai ce que tu dis : puis 
il fortit dehors au portail; 
& le coq chanta. Et la 

fer- 



LÉ Mardi avant Paque: 



9i 



fervante Taiant regardé en- In ai point cachié mon vi- 
core, elle fe mit à dire à fage arriére des oprobre^ 



ceux qui étoient là pré- 
fensj Celui-ci eft de ces 
gens-là. Mais il le nia une 
féconde fois. Et encore 
un peu après, ceux qui é- 
toient là préfens, dirent à 
Pierre i Certainement tu 
es de ceux-là: car tu es Ga- 
liléen, & ton langage s'y 
raporte. Alors il fe mit à 
fe maudire, & à jurer, di- 
fant î Je ne connois point 
cet homme-là que vous di- 
tes. Et le coq chanta pour 
la féconde fois : & Pierre 
fe reffouvint de cette parole 
que Jéfus lui avoir dite; 
Avant que le coq ait chan- 
té deux fois ; tu me renie- 
ras trois fois. Et 
jette dehors il pleura 



s'étant 



Le Mardi avant Pâque. 
7 ont UEpitre, Efa. 50. 5 



Seigneur l'Eternel 



l_i m'a ouvert loreille, 
& je n ai point été rebelle, 
& ne me fuis point tiré en 
arriére. J'ai expofé mon 
dos à ceux qui me frapoi- 
çnt, & mes joues à ceux 
qui me tiroient le poil : je 



ni des crachats. Mais le 
Seigneur TEternel nVa ai- 
dé : c'eft pourquoi je n'ai 
point été confus : & aihfi, 
j'ai rendu mon vifage fem- 
blable à un caillou : car je 
fai que je ne ferai point 
rendu honteux. Celui qui 
me juftifie eft près : qui eft- 
ce qui débatra contre moiif 
comparoiflbns enfemble i 
qui eft-ce qui eft mon a- 
verfe partie? quil aproche 
de moi. Voilà, le Seig- 
neur , TEternel m'aiderai 
qui fera-ce qui me condam- 
nera? voilà, eux tous fe- 
ront ufez comme un vê- 
tement; la tigneles ronge- 
ra. Qui eft celui d entre 
vous qui craigne l'Eternel, 
& qui écoute la voix de 
fon fervitcur? Que celui 
qui a marché dans les ténè- 
bres, & qui n avoit point 
de clarté, ait confiance au 
Nom de l'Eternel, & qu'il 
s'apuie fur fon Dieu. Voi- 
là, vous tous qui aiumez 
le feu, & qui vous ceignez 
d'étincelles, marchez à la 
lueur de vôtre feu ; & dans 
les étincelles que vous avez 
embraiées ; ceci vous a été 
I fait 



P4. I'* Mardi av 

fait de ma main, vous ferez 
gifant dans les. toumiens. 

t'EvANGiLE^ S. Marc 15.1- 

ET incontinent au ma- 
tin les principaux vSa- 
erilicateurs avec les Anciens 
& les Scribes, & tout le 
Confiftoire, aiant tenu con- 
feil, firent lier Jéfus, & 
remmenèrent, & le livrè- 
rent à Pilate. Et Pilate 
Tinterrogea, difant ; Es-tu 
le Roi des Juifs > & Jéfus 
répondant, lui dit ; Tu le 
dis. Or les principaux Sa 
crificateurs Tacufoient de 
plufieurs chofes : mais il ne 
répondoit rien. Et Pilate 
l'interrogea encore, difant 5 
Ne répons-tu rien ? voi 
combien de chofes ils dé- 
pofent contre toi. Mais 
Jéfus ne répondit rien non 
plus; de forte que Pilate 
s'en étonnoit. Or il leur 
relâchoit à la fête un pri- 
fonnier, lequel que ce fut 
qu'ils dcmandalTent. Et il 
y en avoit un, nommé Bar- 
rabas, qui étoit prifonnier 
avec fcs complices pour une 
fédition, dans laquelle ils 
avoient commis un meur- 
tre. Et le peuple criant 



ANT PaQ^UE; 

tout haut, fe mit à demari^ 
der à Pilate qu il fit com- 
me il leur -avoit toujours 
fait. Mais Pilate leur ré- 
pondit, en difant 5 Voulez- 
vous que je vous relâche le 
Roi des Juifs > (Car il fa- 
voit bien que les princi- 
paux Sacrificateurs Favoient 
livré par envie.) Mais les 
principaux Sacrificateurs ex- 
citèrent le peuple à deman- 
der que plutôt il relâchât 
Barrabas. Et Pilate leur 
repondant, leur dit encore; 
Que voulez-vous donc que 
je faffe de celui que vous 
apellez Roi des Juifs > Et 
ils s'écrièrent encore 5 Cru- 
cifie-le. Alors Pilate leur 
dit > Mais quel mal a-t-il 
fait? Et ils s'écrièrent en- 
core plus fort 5 Crucifie-le. 
Pilate donc voulant con- 
tenter le peuple, leur relâ- 
cha Barrabas 5 6c après avoir 
fait fouëter Jéfus , il le 
livra pour être crucifié. 
Alors les foldats l'emmenè- 
rent dans la cour, qui eft 
le Prétoire: & toute la Ban- 
de s'étant là affemblée, ils 
le vêtirent d'une robe de 
pourpres & aiant fait une 
couronne d'épines entre- 
laffées l'une dans l'autrC;, ils 

la 



t'É^^MTRMwrmir^ i> i Qu t: 



îâlm mirent fur la tête: 
Puis ils commencèrent à le 
faluër, en lui difant ; Bien 
te foit, Roi des Juifs : Et 
ils lui frapoient la tête avec 
un rofeau 5 & crachoient 
contre lui : & fe mettant 
à genoux, ils lui faifoient 
la révérence. Et après sê- 
tre ainfi moquez de lui, iJs 
le dépouillèrent de la robe 
de pourpre 5 & le revêtirent 
de fcs habits r& remme- 
nèrent dehors pour le cru- 
cifier. Et ils ' contraigni- 
rent un certain homme,- 
nommé Simon, Cyrénieh, 
père d'Alexandre & de Ru- 
fus, qui paflbit par là, re- 
venant- des champs, dépor- 
ter fa croix. Et ils le me- 
nèrent au lieu apellé Gol- 
gotha, c'eft-a-dire, le lieu 
du Teft. -Et iJs lui donnè- 
rent à boire du vin mix^ 
tionné avec de la mirrhe : 
mais il ne le prit point. 
Et quand ils Feurent cruti- 
fié y ils partagèrent fes vé- 
temcns, en .les jettant au 
fort DDur.faToir ce que cha- 
cun en aurôit.j: Gril étoit 
trois heures quand ils le 
crucifièrent. Et fécriteau 
contenant la caufeii.de fa 
condamnation étoit ^ L e 
1 



9S 

ROI D Ë S J Û I F S. Ils 

crucifièrent aufli avec lui 
deux brigands : Tun à fa 
main droite 5 & Fautre à fa 
gauche. Et ainfi fut a- 
complie FEcriture, qui dit 5 
Et il a été mis au rang des 
malfaiteurs. Et ceux qui 
paffoient près de là, lui dî- 
foient des outrages, bran- 
lant la tête, 6c difant 5 Hé î 
Toi, qui détruis le Temple, 
& qui le rebâtis en trois 
jours y Sauve-toi toi-mêmci 
6c defcen delà croix. Pa- 
reillement les principaux 
Sacrificateurs eux-mêmes fe 
moquant- avec les Scribes, 
difoient entr'eux ; Il a fau- 
ve les autres, il ne fe peut 
fauver lui-même. Que le 
Chrift, le Roi dlfraei, def- 
cende maintenant de .la 
croix 5 afin que nousle\X)i- 
ions & que nous croiïons! 
Ceux aujQî qui étoient cru- 
cifiez avec lui, lui difoient 
des outrages. Mais quand 
il fut fix heures,! iUyjeut 
des ténèbres fur tout Je 
pais jufqua neuf heures. Et 
à neuf heures ) éfus aria à 
haute voix, diiant; Eloï, 
Eloï, lamnia fabachthani? 
c eft-à-dire; MoaDicu, mon 
Dieu, pourquoi nVas-tu ,a- 
bandonné.^ 



pé Le Mecredi avantPa (jtr b/ 



bandoiiné > Ce que quel- 
ques-uns de ceux quiétoient 
là préfens, aiant entendu, 
ils dirent; Voilà, il apelle 
Elle. Et quelqu'un acou- 
rut, qui emplit une éponge 
de vinaigre, & qui Taiant 
mile autour d'un rofeau, 
lui en donna à boire, en 
difant; Laiflez, voions Jî 
Elle viendra pour loter. 
Et Jéfus aiant jette un grand 
cri, rendit refprit. Et le 
voile du Temple fe déchi- 
ra en deux, depuis le haut 
jufquen bas. Et le Cen- 
tenier qui étoit là vis-a-vis 
de lui, voiant qu il avoit 
rendu Tefprit en criant ain- 
fi, dit 5 Véritablement cet 
homme étoit le Pils de 
Dieu. 

Le Mecredi avant Pâque. 
LTpitre, Heb. 9. 16. 

CAR où il y a un tef- 
tament, il eft nécef- 
faire que la mort du tefta 
teur intervienne. Parce 
que c eft par la mort du tef- 
tateur quun teftament eft 
rendu ferme ; vu qu il n a 
point encore de vertu du- 
rant que le teftatcur eft en 



vie. C'eft pourquoi le prc5 
mier teftament lui-même 
n'a point été établi fans du 
fang. Car après que Moïfe 
eut récité à tout le peuple 
tous les commandemens 
félon la Loi, aiant pris le 
fang des veaux & des boucs, 
avec de Teau & de la laine 
teinte en pourpre, & de 
rhyfope, il en fit afperfion 
fur le Livre, & fur tout le 
peuple: En difant 5 Ceft 
ici le fang du Teftament, 
lequel Dieu vous a établi. 
Il fit aullî afperfion du fang 
femblablement fur le Ta- 
bernacle; & fur tous les 
vaifîeaux du fervice. Ef 
prefque toutes chofes félon 
la Loi font purifiées par le 
fangi & fans effufion de 
fang il ne fe fait point de 
remiffion. Il a donc falu 
que les chofes qui repré- 
fentoient celles qui font aux 
Cieux, fuflent purifiées par 
de telles chofes 5 mais que 
les celeftes le foient par des 
facrifices plus excellens que 
ceux-là. Car Chrift n'eft 
point entré dans les lieux 
Saints faits de main, qui 
étoient des figures corref- 
pondantes aux vrais : mais 
il eft entré au Ciel même; 

afin 



Le Mègredî avaïtt Paq^ùe/ §f€ 



sfin de comparoitre main- 
tenant pour nous devant 
la face de Dieu. Non qu il 
s'ofre plufieurs fois lui- 
même;, ainfi que le Souve- 
rain Sacrificateur entre 
dans les lieux faints cha 
que année, avec un autre 
fang : (Autrement il au 
roit falu quil eut foufert 
plufieurs fois depuis lafon 
dation du monde) mais 
maintenant en la confom- 
mation des fiécles, il eft 
comparu une feule fois 
pour labolition du péché, 
par le facrifice de foi-même 
Et comme il eft ordonné 
aux hommes de mourir une 
feule fois, & qu'après cela 
fuit le jugement : Pareille- 
ment auflî Chrift aiant été 
ofert une feule fois, pour 
ôter les péchez de plufieurs, 
aparoitra une féconde fois 
fans péché à ceux qui Ta- 
tendent à falut. 

L'Evangile, S. Luc. 22. i. 

OR la fête des pains 
fans levain, qu'on a- 
pelle Pâque, aprochoit. Et 
les principaux Sacrificateurs 
& les Scribes cherchoient 
comment ils le pourroient 
faire mourir : car ils craig- 



noient le peuple. Maïs S-âr 
tan entra dans Judas, fur- 
nommé Kcariot', qui étoit 
du nombre des douze. Le- 
quel s'en ala, & parla avec 
les principaux Sacrificateurs 
& les Capitaines, de la ma- 
nière dont il le leur livrc- 
roit. Et ils en furent ; di- 
eux, & convinrent quils 
lui donneroient de l'argent. 
Et il le leur promit : & il 
cherchoit le temps propre 
pour le leur livrer fans tu- 
multe. Or le jour des 
pains fans levain, auquel il 
taloit facrifier l'Agneau de 
Pâque, arriva. Et félus 
envola Pierre ôc Jean, en 
leur difantj Alez, & a- 
prêtez-nous l'Agneau de 
Pâque, afin que nous le 
mangions. Et ils lui di- 
rent 5 Où veux-tu que nous 
Taprêtions? Et il leur dit ^ 
Voici, quand vous ferez en- 
trez dans la ville vous ren- 
contrerez un homme por- 
tant une cruche d'eau, im- 
vez-le en la maifon où il 
entrera. Et dites au maî- 
tre de la maifon 5 Le Maî- 
tre t'envoie dire^ Ou di 
logis où je mangerai 
l'Agneau de Pâque avec 
mes Difçiples > Et il vous 
H mon- 



9^ Le Mecredî avant Paq^uEo 



montrera une grande cham- 
bre haute, parce : aprctez- 
là TAgneau de Pâque. S'en 
étant donc alcz, ils trou- 
vèrent félon qu'il leur avoit 
dit; & ils aprêterent l'Ag- 
neau de Pâque. Et quand 
rheure fut venue, il le mit 
à table, & les douze Apô- 
tres avec lui. Et il leur 
dît; j'ai fort défîré de 
manger cet Agneau de Pâ- 
que avec vous avant que je 
foufrc. Car je vous dis, 
que je n'en mangerai plus 
jufqu'à-ce qu'il foit acom- 
pli dans le Roiaume de 
Dieu. Et aiant pris la cou- 
pe, il rendit grâces, & il 
dit 5 Prenez-la, & la diftri- 
buez entre vous. Car je 
vous dis; que je ne boirai 
plus du fruit de la vigne, 
jufqua-ce que le Règne de 
Dieu foit venu. Puis pre- 
nant le pain, & aiant ren- 
du grâces ; il le rompit i & 
le leur donna, en difant ; 
Ceci cft mon corps, qui 
eft donné pour vous : faites 
ceci en mémoire de moi. 
Pareillement auill il leur 
donna la coupe après le 
fouper, en difant ^ Cette 
coupe eft le Nouveau Tef- 
tamcnt en mon fang, qui 



eft répandu pour vous. Ce- 
pendant voici, la main de 
celui qui me trahit cft avec 
moi à table. Et certes le 
Fils de l'homme s'en va, 
félon ce qui eft déterminé : 
toutes-fois malheur a cet 
homme par qui il eft trahi. 
Alors ils fe mirent à s'en- 
tredemander l'un à Tautrci^ 
qui feroit celui d'entr'eux 
à qui il arriveroit de com- 
mettre cette adion. Il ar- 
riva auffi une conteftation 
entr'eux, pour favoir le- 
quel d'entr'eux feroit eftimé 
le plus grand. Mais il leur- 
dit i Les Rois des nations 
les maîtrifent : & ceux qui 
ufent d'autorité fur elles 
font nommez bienfaiteurs. 
Mais il n en fera pas ainfi 
de vous : au contraire, que 
le plus grand entre vous 
foit comme le moindre : 
& celui qui gouverne, com- 
me celui qui fert. Car le- 
quel eft le plus grand s ce- 
lui qui eft à table, ou celui 
qui fert? ncft-cc pas celui 
qui cft a table ? or je fuis 
au milieu de vous comme 
celui qui fert. Or vous é- 
tes ceux qui avez pcrfévéré 
avec moi dans mes tenta- 
tions. C'eft pourquoi je 

vous 



Le Mecredi avant Paque. 9P 



vous difpofe le Roiaume 
comme mon Père me l'a 
difpofe. Afin que vous 
mangiez <5c que vous beu- 
viez à ma table dans mon 
Roiaume i & que vous foi- 
ez allîs fur des trônes, ju- 
geant les douze Tribus dlf- 
raël. Le Seigneur dit auflîj 
Simon, Simon, voici, Satan 
a demandé inftamment à 
vous cribler comme le bléj 
Mais j'ai prié pour toi que 
ta foi ne défaille point : 
toi donc quand tu feras un 
jour converti, fortifie tes 
frères. Et Pierre lui dit; 
Seigneur, je fuis tout prêt 
dealer avec toi, foit en 
prifon, foit à la mort. Mais 
Jéfus lui dit 5 Pierre, je te 
dis, que le coq ne chantera 
point aujourd'hui, que pre- 
mièrement tu ne renies par 
trois fois de m'avoir con- 
nu. Puis il leur dit : Quand 
je vous ai envolez fans 
bourfe, fans malette, & 
fans fouliers, avez-vous 
manqué de quelque chofe: 
Et ils répondirent j De 
rien. Et il leur ditj Mais 
maintenant que celui qui 
a une bourfe, la prenne : ôc 
de même celui qui a une 
jnalette : de que celui qui 



n a point d'épée, vende fa 
robe, & achète une épécw 
Car je vous dis? quil faut 
que ceci aullî qui eifl: écrit, 
foit acompli en moi. Et 
il a été mis au rang des 
iniques. Car certainement 
les chofes qui ont été pré- 
dites de moi, s'en vont 
être acomplies. Et ils di- 
rent ; Seigneur, voici deux 
épées. Er il leur dit ; C'eft 
allez. Puis il partit, & s'en 
ala, félon fa coutume, au 
mont des Oliviers : ôc fes 
Difciples le fuivirent. Et 
quand il fut arrivé en ce 
lieu là, il leur dit 5 Priez 
que vous n'entriez point en 
tentation. Puis s'étant é- 
loigné d'eux environ un 
jet de pierre 5 & s'étant 
mis à genoux, il prioit, 
Difant ; Père, fi tu voulois 
tranfporter cette coupe loin 
de moi; toutefois que ma 
volonté ne foit point faite i 
mais la tienne. Et un An- 
ge lui aparut du eiel, le 
fortifiant. Et lui étant en 
agonie, prioit plus inftam- 
ment : & fa fueur devint 
comme des grumeaux de 
fang découlant en terre. 
Puis s'étant levé de fa pri- 
ère, il revint à fes Difci- 
H 2 pies. 



Le Mecredi avant Paqu h: 



pies, kfquels il trouva dor- 
mant de triftcfle : Et il 
leur dit s Pourquoi dor- 
mez-vous? levez-vous, & 
priez que vous n'entriez 
point en tentation. Et 
comme il parloit encore j 
voici une troupe, êc celui 
qui avoir nom judas, Tun 
des douze, vint "devant eux, 
ôc s'aprocha de jéfuspour 
le baifer. Et jéfus lui ditj 
Judas, trahis-tu le Fils de 
l'homme par un baifer? 
Alors ceux qui étoient au- 
tour de lui, voiant ce qui 
aloit arriver", lur dirent : 
Seigneur, fraperons-nous de 
répée ? Et Tmi d'eux fra- 
pa le ferviteur du fouverain 
Sacrificateur, & lui empor- 
ta Toreille droite. Mais 
Jéfus prenant la parole dit 5 
Laifïez-les faire jufques ici. 
Et lui aiant touché loreil- 
le, il le guérit. Puis Jé- 
liis dit aux principaux Sa- 
crificateurs, ôi aux Capi- 
taines du Temple, êc aux 
Anciens qui étoient venus 
contre lui s Etes-vous for- 
tis comme après un bri- 
gand avec des épées & des 
bâtons ? Qtioi que j'aie été 
tous les jours avec vous au 
Tcmpkj vous navez pas 



mis la main fur moi : mais 
c.d\ ici vôtre heure, & la 
puiilance des ténèbres. Se 
faififfant donc de lui, ils 
remmenèrent; & le firent 
entrer dans la maifon du 
fouverain Sacrificateur: ôc 
Pierre fiiivoit de loin. Or 
ces gens aiant alumé du 
feu pxx milieu de la cour, 
& étant alTis cnfcmble,Pier- 
re s'afllt auflî parmi eux. 
Et une fervante le voiant 
affis auprès du feu, & aiant 
rœil arrêté fur lui, dit 5 
Celui-ci aufiî étoit avec lui : 
Mais il le nia, difànt 5 Fem- 
me, je ne le connois point. 
Et un peu après, un autre 
le voiant, dit 5 ^u es aufiî 
de ceux-là : mais Pierre dit^ 
O homme! je n'en fuis 
point. Et environ Telpace 
d'une heure après ; quelque 
autre afiîrmoit, & difoit ; 
Certainement celui-ci aufli 
étoit avec luij car il efliGa- 
liléen. Et Pierre dit 5 O 
homme ! ;e ne fai ce que 
tu dis. Et dans ce moment, 
comme il parloit encore, 
le coq chanta. *Et le Sei- 
gneur fe tournant, regarda 
Pierre; & Pierre fe reffou- 
vint de la parole du Sei- 
gneur, qui lui avoir dit; 

Avaat 



Le Jeudi avant PAQ^UEr lot* 

moignage ? car nous-mêmes 
Tavons ouï de fa bouche. 

IjC Jeudi avant Pâque. 



'Avant que le coq chante, 
tu nie renieras trois fois. 
Alors Pierre étant forti de- 
hors, pleura amèrement. 
Or ceux qui tenoient jéfuS;, 
fe moquoient de lui, & le 
frapoient. Et Taiant ban- 
dé lui donnoient des coups 
fur le vifàge, & rinterro- 
geoient, difant; Prophctifc 
qui efl celui qui t'a frapé r 



L'Epitre, I Cor. II. 17: 
en ceci que je vais 
/ous dire Je ne vous 
loiic point j c'eft que vous 
ne vous aficmblez pas en 
lieux, mais en pis. Car 



o\ 



Et ils difoient plulieurs au- j premièrement quand Vous 
très chofes contre lui, en vous aiîcmblcz dans l'Eglifc, 
loutrageant de paroles. Erh'aprens qu'il y a des par- 
quand le jour fut venu, les tialitez parmi vous: &j''en 



Anciens du peuple, & les 
principaux Sacrificateurs, & 
les Scribes saffemblcrent, 
& remmenèrent dans le 
Confeil 5 Et lui dirent : Si 
tu es le Chrift, di-le nous. 
Et il leur répondit j Si je 
vous le dis, vous ne le croi- 
rez pomt. Qiie fi auffi je 
vous interroge, vous ne 



crois une partie ; Car il 
faut qu il y ait même des 
hcréfies parmi vous 5 afin 
c^\\z ceux qui font dignes 
d'aprobation, foient mani- 
feftez parmi vous. Qiiand 
donc vous vous alîcmblcz 
ainfi tous cnfcmble, ce n'eft 
pas manger la Cène du Sei- 
imeur. Car lors quil s'adt 



me repondrez pomt 5 m ne de prendre le repas, chacun 



me laifferez point alcr. 
Déformais le Fils de f hom- 
me fera affis à la droite de 
la pui (Tance de Dieu. A- 
lors ils dirent tous; Es-tu 
donc le Pils de Dieu ? Il 
leur dit s Vous le dites 



prend par avance fon lou- 
per particulier i en forte 
que Tun a faim, & Pautre 
fait bonne chère. N'avcz- 
vous donc pas de maifons 
pour manger & pour boire? 
Ou mèprifez-vous i'Egli (e de 



vous-mêmes que je le fuis. | Dieu >& faites-vous honte à 
Et ils dirent 5 Qu'avons | ceux qui n ont rien ? Que. 
lious befoin encore de té- ï vous dirai-je ? Vous louerai- 

^ H 3 )ç| 



102 Le Jeudi avant Paq^ue; 

je? je ne vous loue point jnant point le corps duSeî- 
en ceci. Car j'ai reçu dujgneur. Et ceft pour cela 
Seigneur ce quauffi je vous queplufieurs font foibles& 
ai donné : c eft que le Sei- malades parmi vous, & que 
gneur jéfus la nuit qu il pluficurs dorment. Car fi 
fut tralîi, prit du pain: Et nous nous jugions nous- 
après avoir rendu grâces il 
le rompit, & dit 5 Prenez, 
mangez : ceci eft mon corps 
qui eft rompu pour vous: 
faites ceci en mémoire^ de 
moi. De même auflî a- 
près le fouper, il prit la 
coupe, en difant 5 Cette 
coupe eft la nouvelle alli- 
ance en mon fang : faites 
ceci toutes les fois que vous 
en boirez, en mémoire de 
moi. Car toutes les fois 
que vous boirez de cette 
coupe, vous annoncerez la 
mort du Seigneur jufques 
à ce qu'il vienne. Ceft 
pourquoi quiconque man- 
gera de ce pain, ou boira 
de la coupe du Seigneur 
indignement , fera coupa- 
ble du corps & du fang du 
Seigneur. Qiie chacun 
donc s'éprouve foi-même : 
& ainfi qu'il mange de ce 
pain 5 & qu'il boive de cet- 
te coupe : Car celui qui en 
mange, & qui en boit in- 
dignement, man2;e & boit 



fon jugement ; ne difccr- 



mêmes, nous ne ferions 
point jugez. Mais quand 
nous fommes jugez, nous 
fommes enfeignez par le 
Seigneur 5 afin que nous ne 
foions point condamnez a- 
vec le monde. Ceft pour- 
quoi, mes frères, quand 
vous vous aflemblez pour 
manger, atendez-vous l'un 
l'autre. Et fi quelqu'un a 
faim, qu'il mange en fa 
maifouj afin que vous ne 
vous affembliez point en 
jugement. Touchant les 
autres points, j'en ordonne- 
rai, quand je ferai arrivé. 
L'Evangile, S.Luc. 23.1. 
Uis ils le levèrent tous, 
& le menèrent à Pi- 
latc. Et ils fe mirent à 
l'acufcr, difant 5 Nous a- 
vous trouve cet homme 
pervertifîant la nation i & 
défendant de donner le tri- 
but à Céfar ; & » fe difant 
être le Chrift, le Roi, Et 
Pilate l'interrogea, difant $ 
Es-tu le Pvoi des Juifs > Et 
Jéfus répondant, lui ditj? 

Tu 



p 



Le Jeudi avant Paq^ue. 



10 



Tu le dis. Alors Pilatc 
dit aux principaux Sacriii- 
catcurs, & à la troupe du 
peuple 3 Je ne trouve au- 
cun crime en cet honime. 
Mais ils infilloient encore 
davantage, allant s 11 émeut 
le peuple;, enfeignant par 
toute la Judée, & aiant 



lui, après qu il Teut revêtu 
d'un vêtement blanc, le 
renvoia à Pilate, Et en ce 
même jour Pilate & Hé- 
rode devinrent amis entr'- 
eux : car auparavant ils é- 
toient en inimitié enfem- 
ble. Alors Pilate aiant a- 
pellé les principaux Sacri- 



commencé depuis la Gali-jficareurs, & les Gouver- 
léc jufques ici. Or quand jneurs, & le peuple, il leur 
Pilatc entendit parler de _ dit 5 Vous niavez préfenté 
la Galilée, il demanda, fi cet homm\r comme perver- 
cet homme étoit Galiléen.'tiffant le peuple: & voici, 



Et aiant apris qu il étoit de 
la jurifdiûion d'Hérode, il 
le renvoia à Hérode, qui 
en ces jours-là étoit aufii à 
Jérufalem. Et lors quTîé- 
3:ode vit Jêius, il en fut 
fort joieuxi car il y avoir 



Ten aiant fait répondre de- 
vant vous, je iVai trouvé 
en cet homme aucun de 
ces crimes dont vous lacu- 
fez. Ni Hérode non plus : 
car je vous ai renvoiez à 
lui 5 & voici, rien ne lui a 



long-temps qu'il défiroit de été fait qui marque qu'il foit 
le voir ; à caufe qu'il en- 
tendoit dire plufieurs cho- 
fes de lui; & il efpéroit 
qu'il lui verroit faire quel- 
que miracle. Il Tin^terro- 
gea donc par divers dif- 
<:ours: mais Jéfus ne lui 
répondit rien. Et les prin- 
cipaux Sacrificateurs & les 
Scribes comparurent, Tacu- 
fant avec une grande vé- 
hémence. Mais Hérode a- 
vec ces gens Taiant mé- 
prifé, (5c s'étant moqué de 



digne de mort. QLiand 
donc je Taurai iaii foucter 
je le relâcherai. Or il fa- 
loit qu'il leur relâchât quel- 
qu'un à la Fcte. Et toutes 
les troupes s'écrièrent en- 
femble, difantj Ote celui- 
ci, & relâche nous Barra- 
bas 3 qui avoir été mis en 
prifon pour quelque fédi- 
tion faite dans la ville avec 
meurtre. Pilate donc leur 
parla encore, voulant relâ- 
cher Jéfus. Mais ilss'écri- 
H 4 oient. 



io4^ Le Jeudi av 

oient, difant ; Crucifie, cru- 
cific-lc. Et il leur dit pour 
la troifiéme fois 5 Mais quel 
mal a fait cet homme ? Je 
ne trouve rien eu lui qui 
foit digne de mort : Taiant 
donc fait fouëter, je le re- 
lâcherai. Mais ils infiftoi- 
ent à grands cris, deman- 
dant qu'il fut crucifié : & 
leurs cris & ceux des prin- 
cipaux Sacrificateurs fe ren- 
forçoient. Alors Pilatc pro- 
nonça que ce quils de- 
niandoient, fut fait. Et il 
leur relâcha celui qui pour 
fédition & pour meurtre a- 
voit été mis en prifon, & 
lequels ils demandoient : 
6c il abandonna ]éfi.is a leur 
volonté. Et comme ils 
Tcmmenoient, ils prirent 
un certain Simon, Cyré- 
nien, qui venoit des champs, 
<5c le chargèrent de la croix 
pour la porter après Jéius. 
Or il étoit fuivi d'une 
grande multitude de peuple 
Se de femmes, qui fe fra- 
poient la poitrine, & le 
pleuroient. Mais Jeliis fe 
tournant vers elles, leur 
dit 5 Filles de jérufalem, 
ne pleurez poinf fjr moi j 
mais pleurez fur vous- 
^nemcs, ôi fiu: vos cnfans. 



ANT VaQV'E^. 

Car voici, les jours vien- 
dront aufquels on dira^ 
Bienheureufes font les fté- 
riles5 <5c bienheureux les ven- 
tres qui n'ont point enfan- 
té, & les mammelles qui 
n'ont point alaité. Alors 
ils fe mettront à dire aux 
montagnes s Tombez fur 
nous : & aux coteaux s 
Couvrez-nous. Car s'ils 
font ces chofes au bois 
verd, que fera-t-il fait au 
bois fec? Deux autres aulli 
qui étoient des malfaiteurs, 
furent menez pour les faire 
mourir avec lui. Et quand ils 
furent venus au lieu qui eft 
apellé le Tefti ils le cruci- 
fièrent là, & les malfai- 
teurs auflî : l'un a la droite, 
& l'autre à la gauche. Mais 
jéfus difoit ; Père, pardon- 
ne leur, car ils ne favent 
ce qu'ils font. Ils firent 
enfuitc le partage de fcs 
vétemens, & ils les jette- 
rent au fort. Et le peuple 
fe tenoit là regardant : & 
les Gouverneurs auflî fe 
moquoient de lui avec eux, 
difant5 11 a fauve, les au- 
tres, qu'il fe fauve lui- 
même, s'il eft le Chrift, 
l'élu de Dieu. Les foldats 
aufli fe moquoient de lui, 
s'apro- 



LÉ Vendredi Saint 



s^aprochant, & lui préfen- 
tant du vinaigre : Etdifant^ 
Si tu es le Roi des JuifS;, 
fauve-toi toi-même. Or il 
y avoit au deffus de lui un 
écriteau en lettres Grec- 
ques, ôc Romaines, & Hé- 
braïques, en ces mots : 
Celui-ci est le roi des 
Juifs. Et Tun des mal- 
faiteurs qui étoient pendus, 
loutrageoit, difant s Si tu 
çs le Chrift, fauve-toi toi- 
inême, & nous aullî. Mais 
l'autre prenant la parole le 
tançoit, difant 5 Au moins 
ne crains-tu point Dieu, 
puis que tu es dans la 
même condamnation? Et 
pour nous, nous y fommes 
juftement : car nous rece- 
vons des chofes dignes de 
nos forfaits : mais celui-ci 
if a rien fait qui ne fe dut 
faire. Puis il difoit à Jé- 
fus; Seigneur, fouvien-toi 
de moi quand tu viendras 
en ton Règne. Et Jéfus 
lui dit 5 En vérité je te dis, 
quaujourd'iiuitu feras avec 
moi en paradis. Or il é- 
toit environ fix heures, & 
il fe fit des ténèbres par 
tout le païs jufqua neuf 
heures. Et le foleil fut 
obfcurciA le voile duTem- 



105 

pie fe déchira par le milieu. 
Et Jéfus criant à haute voix 
diti Père, je remets mon 
efprit entre tes mains. Et 
aiant dit cela, il rendit YcC- 
prit. Or le Centenier vol- 
ant ce qui étoit arrivé, glo- 
rifia Dieu, difant i Certes 
cet homme étoit jufte. Ef: 
toutes les troupes qui s 'étoi- 
ent affemblées â ce fpeda- 
cle, voiant les chofes qui 
étoient arrivées, sqïï re- 
tournoient frapant leurs 
poitrines. Et tous ceux de 
fa connoiffance, & les fem- 
mes qui lavoient fuivi de 
Galilée, fe tenoient loin^ 
regardant ces chofes. 

Le Vendredi Saint. 



TTEui 



Les Collectes. 
Euille, Seigneur, rc- 
der favorabiernent 
cette tienne famille, pour 
laquelle nôtre Seigneur |é- 
fus Chrift a bien voulu 
être trahi, & livré entre 
les mains des méclaiis, 
pour foufrir la mort de la 
croix i lequel maintenant 
vit & règne avec toi, ôc a- 
vec le Saint Efprit, un feul 
Dieu béni éternellement. 
Amen. 

Dieu 



£0(5 Le 

Tr\Ieu ToLit-puiflant & 

J-^ Eternel, qui con- 
duis & fandifies par ton 
Saint Efprit tout le Corps de 
TEglife^ reçoi les prières, & 
les fuplications que nous 
te prélentons pour toutes 
les diférentes conditions de 
ceux qui le compofenti 
afin que chacun de fes 
membres te puifle fervir en 
toute fuicérité, & en toute 
piété, félon fa charge & 
fa^ vocation; par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur ôc Sauveur. 
Amen.. 

Ç\ Dieu mifcricordieux , 
^^ qui as créé tous les 
hommes, & qui ne haïs 
rien dc^ ce que tu as fait 5 
qui aulîi ne demandes point 
la mort du pécheur, mais 



A I N T. 



Vendredi 

troupeau fous un fcul Pa- 
yeur Jefus Chrift nôtre 
Sauveur 5 qui vit 6c qui règ- 
ne avec toi, & avec le 
Saint Efprit, un feul Dieu 
béni étcrnelkment. Amen. 



L 



piULOt qu il fe convernflc & ! chez réitérée d'année 



L'Epitre, Heb. 10. i. 
A Loi aiant lombre 

des biens à venir, ôc 

non la vive image des cho- 
ies, ne peut jamais par les 
mêmes facrifices, que Ion 
ofre continuellement cha- 
qu année, fandifier ceux qui 
s y adreffent. Autrement 
n euffent ils pas ceiTé d^ctrc 
oferts ? puis que les facri- 
fians étant une fois purifiez, 
ils neulfent plus eu aucune 
confcience de péché? Or 
il y a dans ces facrifices u- 
ne commémoration des pe- 



qu il vive: Aie pitié de tous 
Icsjuift; de touslesTurcs5 de 
tous Ics^ Infidcics 5 & de tous 
les Hérétiques; ôte leur tou- 
te ignorance, tout endur- 
Cifiemenr de cœur, & tout 
rnepris de ta Parole. Veuil- 
ie, ô nôtre bon Dieu, les 
ramener a ta bergerie 5 afin 
qulls foicnt fauvez avec le 
refc des véritables Ifraëlites, 
ne i^ifaiit plus quYm fc^j 



en 
année. Car il cft impof- 
fible que le fang des tau- 
reaux & àz^ boucs ôte les 
péchez.' C^eft pourquoi Jé- 
lus-Chrift en entrant au 
monde a dit s Tu n as point 
voulu de facrifice, ni d'of- 
frande; mais tu m'as aproprié 
un corps : Tu n as point 
pris plaifir aux holocauftes, 
ni à loblation pour le pé- 
ché. Alors j'ai diti Me 

voici, 



Le Vendre 

^oîci, je viens : il eft écrit 
de moi au commencement 
du Livre i Que je fafîc, 6 
Dieu, ta volonté. Aiant 
dit auparavant 5 Tu n'as 
point voulu de facrifice, ni 
d offrande, ni dliolocauftes, 
ni d'oblation pour le pé- 
ché, & tu n'y as point pris 
plaifir:lcfquelles chofes font 
pourtant ofertes félon la 
Loi, alorsiladit5 Me voi- 
ci, je viens afin de faire, ô 
Dieu, ta volonté. II otc 
donc le premier, afin d'éta- 
blir le fécond. Or c cft par 
cette volonté que nous 
fommes fanûifiez ; favoir 
par loblation qui a été faite 
une feule fois du corps de 
Jéfus-Chrift. Tout Sacri- 
ficateur donc afiifle chaque 
jour, adminiftrant, & of- 
frant fouvent les mêmes fa- 
crifices, qui ne peuvent ja- 
mais ôter les peciiez : Mais 
celui-ci aiant ofert un feul 
facrifice pour les péchez, 
s'eft aflîs pour toujours à 
la droite de Dieu : Atcn- 
dant ce qui reftc, favoir 
que fes ennemis foient mis 
pour le marchepied de fes 
pieds. Car par une feule 
oblation il a confacré pour 
toujours ceux qui ibnt fanc- 



D I S A 1 N T* 107 

tifiez. Et ceftauffi ce que 
le Saint Efprit nous témoi- 
gne i car après avoir dit 
premièrement i C'eft ici le 
Teftament que je difpofe- 
rai envers eux après ces 
jours-là, dit le Seigneur i 
c'eft que je mettrai mes 
loix dans leurs cœurs, & 
les écrirai dans leurs enten- 
demens : & je ne me fou- 
viendrai plus de leurs pé- 
chez, ni de leurs iniquitez. 
Or où il y a remiflîon de ces 
chofes, il n'y a plus d'obla- 
tion pour le péché. Puis 
donc, mes frères, que nous 
avons la liberté d'entrer 
dans les lieux Saints par le 
fang de Jéfus 5 qui cft le 
chemin nouveau & vivant 
qu'il nous a confacré i que 
nous avons, dis-je, la liber- 
té d'y entrer par le voile, 
c'eft-a-dire, par fa propre 
chair j & que nous avons , 
un grand Sacrificateur éta- 
bli fur la maifon de Dieu : 
Alons avec un vrai cœur, 
ôc avec une pleine certitude 
de foi, aiant les cœurs pu- 
rifiez de mauvaife con- 
fcience, ôc le corps lavé 
d'eau nette. Retenons la 
profeflîon de nôtre cfpé- 
rance fans varier ; car celui 

qui 



ïos Le Vend k e b ï S a ï n î; 



qui nous a fait les promef- 
fcs cfl fidèle. Et prenons 
^arde lun à Tautre ; afin de 
nous inciter i la charité & 
aux bonnes -oeuvres : Ne 
quitant point nôtre affem- 
blée^, comme quelques-uns 
ont acoûtumé de faire, 
mais nous exhortant Tun 
l'autre : & cela d autant 
plus que vous voiez apro- 
cher le jouro 



L'Evangile, S. Jean, 19. i. 

Pllate fit donc alors 
prendre Jéfus, & le 
lit fouetcr: Et les foldats 
plièrent une couronne d'é- 
pines, quils mirent fur fa 
tête, & le vêtirent d'un vê- 
tement de pourpre. Puis 
ils lui difoients Roi des 
Juifs, bien te foit : & ils 
lui donnoient des coups a- 
vec leurs verges. Et Pi- 
late fortit encore dehors, 
& leur dit 5 Voici, je vous 
i amené dehors, afin que 
vous fâchiez que je ne 
trouve aucun crime en lui. 
Jéfus donc fortit portant la 
couronne d'épines, & k 
vêtement de pourpre: & 
Pilate leur dit 5 Voici l'hom- 
me. Mais quand les prin- 
cipaux Sacrificateurs & ks 



fergens le virent, ilssecri:' 
crent, en difant ; Crucifie, 
crucifie. Pilate leur dit: 
Prenez-le vous mêmes, 6c 
le crucifiez: car je ne trou- 
ve point de crime en lui. 
Les Juifs lui répondirent 5 ' 
Nous avons une loi 5 &fe- 
jon nôtre loi, il doit mou- 
rir : car il s'eft fait Fils de 
Dieu. Or quand Pilate eut 
ouï cette parole, il craig- 
nit encore davantage. Et 
il r'entra dans le P'rétoire, 
& dit à Jéfus i D où es-tu? 
Mais Jéfiis ne lui donna 
point de réponfe. Et Pi- 
Jate lui dits Ne parles-tu 
point à moi> ne fais-tu pas 
que j'ai le pouvoir de te 
crucifier, & le pouvoir de 
te délivrer? Jéfus lui ré- 
pondit j Tu n'aurois au- 
cun pouvoir fur moi, s'il 
ne t'étoit donné d'cnhaut : 
c'efl: pourquoi celui qui 
m'a livré à toi, a fait un 
plus grand péché. De- 
puis cela Pilate tâchoit à 
le délivrer : mais les Juifs 
crioient, en difant 5 Si tu 
délivres celui-ci, » tu n'es 
point ami de Céfar : car 
quiconque fe fait Roi, eft 
contraire à Céfar. Qiiand 
Pilate eut ouï cette parole, 

U 



Le Vendredi Saiî^t.' 



l®^ 



U amena Jéfus dehors^, ôc 
s'aiiît au Siège judicial, dans 
le lieu qui eft apellé Pave- 
ment, & en Hébreu Gab- 
batha. Or c'étoit la pré- 
paration de la Pâque, & 
il étoit environ fix heures : 
Se Pilate dit aux Juifs; 
Voilà vôtre Roi. Mais ils 
crioient; Ote, ôte, cruci- 
fie-le. Pilate leur dit i Cru- 
cifierai-) e vôtre Roi? Les 
Principaux Sacrificateurs ré- 
pondirent 5 Nous n'avons 
point d'autre Roi que Cé- 
îàr. Alors donc il le leur 
livra pour être crucifié. Ils 
prirent donc Jéûis, de rem- 
menèrent. Et Jéfiis por- 
tant fa croix, vint au lieu 
apellé le Teft, ôc en Hé- 
breu Golgotha 5 Où ils le 
crucifièrent, & deux autres 
avec lui 5 Tun deçà, 6c l'au- 
tre delà, & Jéfus au milieu. 
Dr Pilate fit un écriteau, 
qu il mit fur la croix, où 
étoient écrits ces mots : Jé- 
sus Nazarien le roi des 
Juifs. Et plufieurs des 
juifs lurent cet écriteau, 
parce que le lieu, où jefus é- 
toit crucifié, étoit près de la 
ville, 6c que cet écriteau 
étoit en Hébreu, en Grec, 



quoi les principaux Saorifi- 
cateurs des Juifs dirent à 
Pilate i N'écri point, le 
Roi des Juifs : mais, que 
celui-ci a dit 5 Je fuis le Roi 
des Juifs. Pilate répondit > 
Ce que j'ai écrit, je Tai é- 
crit. Or quand les foldats 
eurent crucifié Jéfus, ils pri- 
rent fes vctemens 6c en 
firent quatre parts, une pars 
pour chaque foldat : ils pri- 
rent auflî le faie; mais le 
faie étoit fans couture, tif- 
fu depuis le haut jufqu en 
bas. Et ils dirent entr'eux > 
Ne le mettons point eix 
pièces : mais jettons-le au 
fort, pour favoir à qui iî 
fera. Et cela arriva ainfi, a- 
fin que TEcriture fut acom- 
plie,. difant 5 Ils ont partagé 
entr'eux mes vétemens,6c ils 
ont jette au fort ma robe : 
les foldats donc firent ces 
chofes. Or près de la croix 
de Jéfus étoit fa mère, 6c la 
fœur de fa mère, qui étoit 
Marie femme de CléopaS;, 
6c Marie Magdelainc. Et 
jéfus voiant fa mère, 6c au- 
près d'elle le Difciple qu'il 
aimoit, il dit a fa mères 
Femme, voilà ton Pils. 
Puis il dit au Difciple : Voi- 



6c en Latin. Ceft pour- là ta JMère ; 6c dès cette 

l '^ " heure- 



L E V E I L L E D E P A Q^U E.' 



lia 

heure-là ce Difciple la re- 
çut chez lui. Après cela 
Jéfus fâchant que toutes 
chofes étoient déjà acom- 
plies, il dit 5 afin que TE cri- 
ture fut acomplie 5 J'ai foif 
Et il y avoit là un vafe 
plein de vinaigre s ils em- 
plirent donc de vinaigre 
une éponge, & la mirent à 
Tentour de Thyfope, & la 
lui préfenterent à la bou- 
che. Et quand Jefus eut 
pris le vinaigre, il dit 5 
Tout eft acompli : & aiant 
baiifé la tête, il rendit Tef 
prit. Alors les Juifs, afin 
que les corps ne demeu- 
raflent point en croix au 
jour du Sabat, parce que 
cétoit la préparation, (or 
cetoit un grand jour de 
Sabat) prièrent Pilate qu on 
leur rompit les jambes, & 
qu on les otât. Les foldats 
donc vinrent, & rompi- 
rent les jambes au premier, 
ôc de même à l'autre qui 
étoit crucifié avec lui. Puis 
étant venus à Jefias, & vol- 
ant qu'il étoit déjà mort, 
ils ne lui rompirent point 
les jambes : Mais un des 
foldats lui perça le côté a- 
vcc une lance, Ôc inconti- 
nent il en fortit du fang 



& de Teau. Et celui qui 
fa vu, la témoigné ôc fon 
témoignage eft digne de 
foi : & celui-là fait qu'il dit 
vrai, afin que vous le croi- 
ïez. Car ces chofes-là font 
arrivées afin que cette Ecri- 
ture fut acomplie i Pas un 
de fes os ne fera caffé : Et 
encore une autre Ecriture, 
qui dit > Us verront celui 
qu ils ont percé. 

La Veille de Paquet 
La Collecte. 



F 



AI, Seigneur, que 
comme nous fommes 
batifez en la mort de ton. 
Fils Jéfus- Chrift nôtre Sau* 
veur, nous foions en- 
fevelis avec lui par une 
continuelle mortification de 
nos afFedions corrompu- 
es: & quau travers du 
fépulcre & de la porte 
de la mort, nous pallions à 
la joie de nôtre réfurredion; 
par les mérites de celui qui 
eft mort, qui a été enfeve- 
li, & qui eft reffufcité pour 
nous, Jéfus Chrift ton Fils 
Amen, 



notre Seigneur. 



UEpi^ 



Le Veillé dé P a q^ u e. î i î 

L'EpiTRE, I S. PierrC;, 3. 17. 1 Anges, &lcs Dommations> 



IL vaut mieux que vous 
foufriezen faifant bien, 
fi la volonté de Dieu eft 
que vous foufricz, qu'en 
faifant mal. Car auffi 
Chrift a foufert une fois 
pour les péchez, lui jufte 
pour les injuftes, afin de 
nous amener a Dieu; étant 
mort en la chair, mais vi- 
vifié par l'Efprit : Par le- 
quel auflî étant aie, il a 
prêché aux efprits qui font 
dans la prifon : Et qui a- 
voient été autrefois incré- 
dules, quand la patience de 
Dieu les atendoit une fois, 
durant les jours de Noé ; 
tandis que TArche fe pré- 
paroit : dans laquelle un 
petit nombre, favoir huit 
perfonnes, furent fauvées 
par Teau. A quoi auffi 



6c les Puiffances. 



L 



L'Evangile, S. Mat. 27. 57, 
E foir étant venu, un 
homme riche d'Ari- 
mathée, nommé jofeph,, 
qui même avoit été difci-- 
pie de Jéfus, vint à Pilate, 
& demanda le corps de jé- 
fus. Et en même tcms 
Pilate commanda que le 
corps fut rendu. Ainfi ]o- 
feph prit le corps 5 ôc Ycii" 
velopa d'un linceul net 5 de 
le mit dans fon fépulcre 
neuf, qu'il avoit taillé dans 
le roc : & après avoir roulé 
une grande pierre à la por- 
te du fépulcre, il s'en al^.. 
Et là etoient Marie Mag- 
deleine, & Tautre Marie af- 
fifes vis-à-vis du fépulcre. 
Or le lendemain qui eft a- 



maintenant répond à l'op-iprès la préparation du Sa- 
pofite la figure qui nous ■ bat ; les principaux Sacri- 
fauve , c'eft-a-dire , le Ba- ficateurs ôc les Pharifiens 
tême: non point celui par , s'affemblerent vers Pilate, & 
lequel les ordures de la 
chair font nettoiées,- mais 
l'ateftation d'une bonne 
confcience devant Dieu, par 
la réfurreClion de ]éfus- 
Chrift : qui eft à la droite 
de Dieu, étant aie au ciel : 
& auquel font affujettis les 



lui dirent 5 Seigneur, il nous 
fouvient que ce féduûeur 
difoit, quand il étoit en- 
core en vie 5 Dans trois 
jours je refTufciterai. Com- 
mande donc que le fépul- 
cre foit gardé fùrcment 
jufques au troifiéme jour; 

de» 



112 L E J O U R D 

depeur que fcs diiciplcs ne 
viennent de nuit, ôc ne le 
dérobent, & quiis ne di- 
fent au peuple 5 II eft ref- 
fufcité des morts : car ce 
dernier abus feroit pire que 
le ' premier. Mais Piiate 
leur dit ; Vous avez la gar- 
de, alez & affurez-le com- 
me vous Tentcndrez. Ils 
s en alerent donc, & affu- 
rerent le fépulcre, féelant 
la pierre, & y mettant des 
gardes. 

»A^ "^l*^ ""îV^ •■*§" '^î^* "^ '^■* J^'^ "^ 

LE JOUR. DE PAQUE. 

'Aux Prières du Matin ^ au lieu 
du Pfeaume ^ Venez, chantons 
à rÉternel, &c, feront chan- 
tées, ou récitées ces Antiennes. 

CHrift nôtre Pâque a été 
facrifié pour nous. 
C'cft pourquoi faifons la 
fête; non point avec k 
vieux levain, ni avec un 
levain de méchanceté & de 
malice : mais avec les pains 
fans levain de la fincérité, 
& de la vérité, i Cor, <^,j, 

Ç^ Hrifl: étant reffufcité 
^*^ des morts, ne meurt 
plus ; & la mort n'a plus 
de domination fur lui ; car 



E P A (^ TJ E." 

ce qu il eft mort, il èft mort 
pour une fois au pèche ; 
mais ce quil eft vivant, il 
eft vivant à Dieu. Vous 
auftî tout de même faites 
votre compte que vous êtes 
morts au péché ; mais vi- 
vant à Dieu en Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. Rom. 
6. 9. 

/^Hrift eft refTufcité des 
^^-^ morts, & il a été fait 
les prémices de ceux qui 
dorment. Car puis que la 
mort eft par un feul hom- 
me, la réfurreûion des 
morts eft aufli par un feul 
homme. Car comme tous 
meurent en Adam, pareil- 
lement aulïi tous font vi- 
vifiez en Chrift. i Cor. 
15. 20. 

Gloire foit au Père, ôc 
au Fils, ôc au Saint Efprit. 
Réponfe. 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiflant, qui 
par yéfus-Chrift ton 
Fils Unique, as vaincu la 
i mort; 



t E J ô ù r: D 

mort, & nous as ouvert la 
porte de la vie éternelle j 
fai nous reffufciter en lui 
en nouveauté de vie. Et 
comme par ta grâce pré- 
venante tu nous infpires de 
bons défirs; fais aullî que 
par un continuel fecours de 
cette même grâce, nous 
pui.ffions les mettre en effet, 
par Jéfus-Chrift notre Sei- 
gneur, qui vit & qui règne 
avec toi, & avec le Saint 
Efprit, un feul Dieu béni 
éternellement. Amen. 

L'Epitre, Col. 3.1* 

SI donc vous êtes reflu- 
fcitez avec Chrift 3 
ciierchez les chofes qui 
font en haut, où Clirift eft 
aflîs à la droite de Dieu : 
Penfcz aux chofes qui font 
en haut, & non point à 
celles qui font fur la terre. 
Car vous êtes morts, & 
vôtre vie eft cachée avec 
Chrift en Dieu. Quand 
Chrift, qui eft vôtre vie, a- 
paroitra, vous paroitrez auf- 
fi alors avec lui en gloire. 
Mortifiez donc vos mem- 
bres qui font fur la terre 5 
la paillardife, la fouillure, 
les aff'edions déréglées, la 
inauvaife convoitife, & la- 



E P À Q^U Ed 113' 

varice, qui eft line idolâtrie^ 
Pour lefquelles chofes la 
colère de Dieu vient fur 
\z^ enfans de rébellion 5 
& dans lefquelles vous a* 
vez cheminé autrefois ,, 
quand vous viviez en el- 
les. 

UEvaNgilè, S.Jean, 20. u 

LE premier jour de la 
femaine, Marie Mag- 
daleine vint le matin au 
fépulcre, comme il faifoit 
encore obfcur : & elle vit 
que la pierre étoit ôtée du 
fépulcre. Et elle courut, 
& vint à Simon Pierre, & 
à l'autre difciple que Jéfus 
aimoit, & elle leur dit 5 Ou 
a enlevé le Seisincur hors 
du fépulcre ; mais nous ne 
favons point où on la mis. 
Alors Pierre partit avec l'au- 
tre difciple, & ils s'en aie- 
rent au fépulcre ; & ils cou- 
roicnt tous deux enfemble ; 
mais l'autre difciple couroit 
plus Vite que Pierre, & il 
arriva le premier au fépul- 
cre. Et s'étant baiilé, il 
vit bien les linges mis à 
côté ; mais il n'y entra point. 
Alors Simon Pierre qui le 
fuivoit, arriva, & entra dans 
\ le 



'iT4 ^^ Lundi de la S 

le répulcre, & vit les linges 
mis à côté, & le couvre- 
chef qui avoit été fur la tcte 
de ]éfus, lequel n étoit point 
mis avec les linges, mais 
étoit envelopé en un lieu 
à part. Alors Tautre dif- 
ciplc qui étoit arrivé le pre- 
mier au fépulcre, y entra 
auffi, & il vit, &crut: car 
ils ne favoient pas encore 
r£criture, qui porte qu'il 
devoît refllifciter des morts. 
Et les difciples s'en retour- 
nèrent chez eux. 

Le Lundi de la Semaine 
de Pâque. 



La CaLLECT e. 



D 



leu Tout-puiflant, qui 
par Jéfus Chriftton 
"Fils Unique, as vaincu la 
:a; nous as ouvert la 
, ^ de là vie éternelle 5 
(ai nous reiTufciter en lui 
en nouveauté de vie. Et 
comme par ta grâce pré- 
venante tu nous infpiresde 
bons défirs $ fais âulli que 
par un continuel fecours 
de cette même grâce, nous 
puiflions les mettre en ef- 
fet ; par Jéfus Chrift nôtre 
Seigneur, qui vit & qui 



É M A Ilî E DE 1? Â Q^U Ê. 

règne avec toi, & avec le 
Saint Efprit, un feul Dieu 
béni éternellement^ A'^ 
men, 

î^^//rUEpiTRE,Aa:. 10.34J 

Pierre prenant la parole>^ 
dit h En vérité je re- 
connois que Dieu n a point 
d'égard à Taparence des 
perfonnes: mais qu'en toute 
nation celui qui le craint,, 
ôc qui s'adonne à la juftice, 
lui eft ai2;réable. C'cft ce 
qu'il a envoie fignifier aux 
enfans d'ifraël, en anon- 
çant la paix par Jéfus-Chrift, 
qui eft le Seigneur de tous. 
Vous favez ce qui eft arri-* 
vé dans toute la ]udée ea 
commençant par la Galilée,, 
après le Batême que Jean 
a prêché : Savoir, Com- 
ment Dieu a oint du Saint 
Efprit & de force Jéfus le 
Nazarien ; qui a pafle de 
lieu en lieu, en faifant du: 
bien 5 & guériftant tous ceux 
qui étoicnt opreflez du 
Diable : car Dieu étoit avec 
lui. Et nous fommes té- 
moins de toutes Iès chofes 
iqu'il a faites, tant au pais 
des Juifs, qu'à Jérufalem: 
cSc comment ils l'ont fait 
mourir le pendant au bois. 

Mais 



I Le Lundi de là Se 

Mais Dieu Ta reflufcité le 
troifiéme jour, & Ta donné 
pour être manifefté : non 
à tout le peuple ; mais aux 
témoins auparavant ordon- 
nez de Dieuj à nous, dis- 
je, qui avons mangé & bu 
avec lui après quil a été 
reflufcité des morts. Et il 
nous a commandé de prê- 
cher au peuple, & de té- 
moigner que c'efl: lui qui 
cil ordonné de Dieu pour 
être le Juge des vivans & 
des morts. Tous les Pro- 
phètes lui rendent témoig- 
nage, que quiconque croira 
en lui, recevra la remilîi on 
de les péchez par fon 
Nom. 

L'EvANGiLÊ, S. Luc, 24. 1 3 . 

Voici, deux d'entr'eux 
étoientce jour là en 
chemin pour aler à une 
bourgade nommée Em- 
maùs, qui étoit loin de ]é- 
rufalem environ foixante 
ftades : & ils s'entretenoient 
cnfemble de toutes ces cho- 
fes qui étoicnt arrivées. Et 
il arriva que comme ils par- 
loient, & conferoient cn- 
tr eux, Jéfus lui-même s'é- 
tant aproché, fe mit à mar- 
cher avec eux : mais leurs 



MAINE DE PaQUE. Il/ 

yeux étoient retenus: afin 
qu ils ne le puflent recon- 
noitre : & il leur dit ; Qiiels 
font ces difcours que vous 
tenez entre vous en mar- 
chant ? & pourquoi êtes- 
vous tout triftcs ? Et l'un 
d'eux, qui avoit nom Cléo- 
pas, répondit, & lui dit^ 
Es-tu feul étranger dans] é- 
rufalem, qui ne fâches point 
les chofes qui y font arri- 
vées ces jours-ci? Et il 
leur dit ; QLielles ? Ils ré- 
pondirent, C'efl: touchant 
Jéfus le Nazarien, qui a 
été homme Prophète, puif- 
fant en oeuvres & en pa- 
roles devant Dieu, & de- 
vant tout le peuple : ôc 
comment les principaux Sa- 
crificateurs, & nos Gou- 
verneurs font livré pour 
être condamné à mort, & 
font crucifié. Or nous ef- 
périons que ce feroit lui 
qui délivreroit Ifraël : mais 
avec tout cela, ceftaujour- 
dliui le troifiéme jour que 
ces choies font arrivées. 
Toutefois quelques femmes 
des nôtres nous ont fort 
étonnez s car elles ont été 
de grand matin au fépul- 
cre: & naiant point trou- 
vé fon corps, eil'es font re- 
I 2 venueS;, 



ïi6 Le Mardi de la Semaine £>è Paqjl^e:; 



venues, en difantj que 
même elles avoient vu une 
aparition d'Ailges, qui di- 
foicnt, qu'il eft vivant. Et 
quelques-uns des nôtres font 
alez au fépulcre ; 6c ont 
trouvé ainli que les fem- 
mes avoient dit : mais pour 
lui, ils ne lont point vu. 
Alors il leur dit 5 O gens 
dépourvus de fens, & tar- 
difs de cœur à croire tou- 
tes les chofes que les Pro- 
phètes ont prononcées ! Ne 
faloit-il pas que le Chrift 
foufrit ces chofes, & qu'il 
entrât en fa gloire ? Puis 
commençant par Moïfe, & 
continuant par tous les Pro- 
phètes, il leur expliquoit 
dans toutes les Ecritures les 
chofes qui le regardoient. 
Et comme ils furent près de 
la bourgade où ils aloicnt^ 
il faifoit femblant dealer plus 
loin. Mais ils le forcèrent, 
en lui difant; Demeure a- 
vcc nous : car le foir apro- 
che, & le jour eft déjà dé- 
cliné. 11 entra donc pour 
demeurer avec eux. Et il 
arriva, que comme il étoit 
à table avec eux, il prit 
le pain, & rendit grâces; 
& Taiant rompu, il le leur 
diftribua. Alors leurs yeux 



furent ouverts, enforte qu ils 
le reconnurent : mais il dit 
parut de devant eux. Et 
ils dirent entr'euxj Nôtre 
cœur ne bruloit-il pas au 
dedans de nous, lors qu il 
parloit à nous par le che- 
min, & qu'il nous expli- 
quoit les Ecritures > Et fc 
levant dans ce moment ils 
s'en retournèrent â Jérufa- 
km, où ils trouvèrent les 
onze afîemblez, 6c ceux 
qui étoient avec eux 5 qui 
difoient } Le Seigneur eft 
véritablement reffufcité, & 
il eft aparu à Simon. Et 
ceux-ci auflî racontèrent 
les chofes qui leur étoient 
arrivées en chemin 5 & 
comment il avoit été re- 
connu d'eux^ en rompant 
le pain. 

Le Mardi de la Semaine 
de Paque. 

La Collecte.^ 

Dieu Tout-puiffant, qui 
par )éllis-Chrift ton 
Fils Unique, as * vaincu la 
mort, & nous as ouvert la 
porte de la vie éternelle; 
fai nous reiliifciter en lui 
eu nouveauté de vie. Et 
comme 



Le Mardi de i;.a Sç 

comme par ta grâce pré- 
venante, tu nous infpires 
de bons défirs, fais auffi 
que par un continuel fe- 
cours de cette même grâce, 
nous puiiîîons les mettre 
en effet i par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur, qui vit & 
qui règne avec toi, &'^ avec 
le Saint Efprit, un feul 
Dieu béni éternellement. 
Amen. 

5P^//rL'EpiTRE,Ad. 13.26. 

Hommes Frères, en- 
fans de la race d'A- 
braham, & ceux d'entre 
vous qui craignez Dieu, c'eft 
à vous que la parole de ce 
falut a été envolée. Car 
les habitans de Jérufalem 
& leurs Gouverneurs ne 
l'aiant point connu, ont 
même en le condamnant 
acompli les paroles des 
Propliètcs, qui fe iifcnt cha- 
que Sabat. Et quoi qu'ils 
ne trouvaifent rien en lui 
qui fut digne de mort, ils 
prièrent Pilate de le faire 
mourh'. Et après qu'ils cu- 
rent acompli toutes les 
chofcs qui avoient été écri- 
tes de lui, on Iota du bois, 
^L on le mit dans un fé- 
nilcre.. Mais Dieu fa rcf- 



MAINE DE PaQIXE. llj 

fufcité des morts. Et il a 
été vu durant plufieurs jours 
par ceux qui étoient mon- 
tez avec lui de GaUlée à jé- 
rufalem, qui font fes 'té- 
moins devant le peuple. 
Et nous vous anonçons 
quant à la promeife qui a 
été faite à nos pères 5 que 
Dieu l'a acomplie envers 
nous qui fommes leurs en- 
fans, aiant fufcité ]éfus, fé- 
lon qu il eft écrit auPfeaume 
fécond i Tues mon Fils, je 
t'ai aujourd'hui engendré. 
Et pour montrer qu'il l'a 
reffufcité des morts, pour 
ne devoir plus retourner au 
fépulcre, il a dit ainfi j Je 
vous donnerai les faintetez 
de David aifûrées. C'efl 
pourquoi il dit auflî dans 
un autre endroits Tu ne 
permettras point que ton 
Saint fente la corruption. 
Car certes David, après a- 
voir fervi en fon temps au 
confeil de Dieu, s'efl en- 
dormi, & a été mis avec 
fes pères, & a fenti la cor- 
ruption. Mais celui que 
Dieu a reilufcité n'a point 
fenti de corruption, Sa- 
chez donc, Hommes Frères, 
que c'eft par lui que vous 
eft anonçée la rcmiUioa 
I3 des 



jîS LÉ L 

des péchez : Et que de tout 
ce dont vous n avez pu ê- 
tre juftifiez par la Loi de 
Moïfc, quiconque croit cft 
juftifié par lui. Prenez donc 
garde qu il ne vous arrive 
ce qui cft dit dans les Pro- 
phètes ; Voiez, contemp- 
teurs, ôc vous en étonnez, 
ôc foicz diffipez : car je 
iii'cn vais faire une œuvre 
en vôtre temps, un oeuvre 
que vous ne croirez point fi 
quelqu'un vous la raconte. 



L'Evangile, S. Luc, 24.3 6. 

JEfus fe prétenta lui- 
même au milieu d'eux, 
&" Içur dit 5 que la paix Ibit 
avec vous. Mais eux tout 
troublez & épouvantez croi- 
oicnt voir un efprit. Et il 
leur dit y Pourquoi vous 
troublez-vous > &c pourquoi 
monte- t'ril des penfées dans 
vos cœurs ? Voiez mes 
mains & mes pieds : car 
c'cft moi-même : touchez 
moi, & me confiderez bien: 
car un efprit n'a ni chair, 
in os i comme vous voicz 
que j'ai. Et en difant ce- 
la, il leur montra fcs mains, 
&: fes'pieds. Mais comme 
cncorcde joie, ils ne croioi- 
ent point, ôc qu'ils s'éton- 



DlMANCHE APRES P A Q^U E.^ 

noient, il leur dit; Avez- 
vous ici quelque chofe à 
manger ? Et ils lui prcfente- 
rent une pièce de poiflbn 
rôti, & d'un raiondemiël. 
Et Taiant pris, il mangea 
devant eux. Puis il leur 
dit j Ce font ici les dif- 
cours que je vous tenois, 
quand j'étois encore avec 
vous ; qu'il faloit que tou- 
tt^s les chofes qui font écri- 
tes de moi dans la Loi de 
Moife, & dans les Prophè- 
tes, & dans les Pfcaumes, 
fuffent acomplies. Alors 
il leur ouvrit l'entendement 
pour entendre les Ecritures : 
Et il leur dit 5 II cft ainfi 
écrit, & ainfi il faloit que 
le Chrift foufrit, & qu'il ref- 
fufcitât des morts le troi- 
fiéme jour : Et qu'on prê- 
chât en fon Nom la re- 
pentance, & la remilïîon 
des péchez parmi toutes les 
nations, en commençant 
par ]érufalem. Et vous ê- 
tes témoins de ces chofes. 



Le premier dimanche 
après Pâque. 



o 



La Collecte. 

Dieu & Pcre Cclefie 

qui as voulu que ton 

Fils 



Le I. Dimanche après Paq^iie. 



Tils bien aimé mourut pour 
nos ofFenlcs, 6c qu i. rei- 
fufcitât pour nôtre juf^iii- 
cation 5 foi par ta grâce que 
nous renoncions à tout le- 
vain de malice & de mé- 
chanceté, pour te fcrvii 
conftammcnt en fincérité, 
& en pureté de vie ; par les 
mérites de Jéfus-Chrift ton 
fils nôtre Seii^neur» Amen. 



UEpitre, I S.Jean, 5-4. 

TOut ce qui eft né de 
Dieu furmonte le 
monde : & ce qui nous fait 
remporter la viftoire fur 
le monde, c'cft nôtre foL 
Qui eft celui qui furmonte 
le monde, iinon celui qui 
croit que ]éfus eft le Fils de 
Dieu? Ceft ce Jéfus qui 
eft venu par eau & par 
fang : & non feulement par 
eau; mais par Teau & le 
fang: & ccft TEfprit qui 
en témoigne; or TEfpritlmier delà femaine, 



ÎI9 

portent à un. Si nous re- 
cevons le témoignage des 
hommes, le témoignage de 
Dieu eft plus grand: or 
ceft là le témoignage de 
Dieu, lequel il a rendu de 
fon Fils. Celui qui croit 
au Fils de Dieu, il a au de- 
dans de lui même le té* 
moic;nnse de Dieu: mais 
celui qui ne croit point 
Dieu, il Ta fait men- 
teur : car il n'a point 
cru au témoignage que 
Dien a rendu de Ion Fils. 
Et c'eft ici le témoignage^ 
favoir, que Dieu nous a 
donné la vie éternelle : 6c 
cette vie eft en fon Fils. 
Celui qui a le Fils, a la 
vie : celui qui if a point le 
Fils de Dieu, n a point la vie. 



UEvANGiLE,SJean, 20.19. 

QUand le foir de ce jour^ 
. là, qui étoit le pre- 



eft la vérité. Car il y en 
a trois dans le Ciel qui ren- 
dent témoignage; le Père, 
la Parole, & leSaint Efprit : 
6c ces trois-là ne font qu'un. 
Il y en a aufli trois qui ren- 
dent témoignage en la terre; 
favoir l'Efprit, l'eau, & le 
ianir: & ces trois-là fe ra- 



fut 
venu, 6c que les portes du 
lieu, où les Difciples é- 
toient aflcmblez, à caufe 
de la crainte qu'ils avoicnt 
des juifs, étoient fermées y 
héfus vint, & fut là au mi- 
' lieu d'eux, 6c il leur dit ^ 
Paix vous foit. Et quand 
il Içut ^ut dit cela, il leur 
J4 mon- 



126 Le II. Dimanche après Paq^ue, 



montra fes mains & fon 
côté. Et les difcipks eu- 
rent une grande joie, quand 
ils virent le Seigneur. Et 
Jéfus leur dit encore; Paix 
vous fo^t: comme mon 
Père m'a envoie; ainfi je 
vous envoie. Et quand il 
eut dit cela, il foufla fur 
eux, & leur dits Recevez 
le Saint Efprit. A qui- 
conque vous pardonnerez 
les péchez, ils feront par- 
donnez : & à quiconque 
vous les retiendrez, ils fe- 
ront retenus. 

Le fécond dimanche 
après Pâquç. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant, qui 
nous as donné ton 
ïils Unique, en facrifîce 
pour le péché, & en exem- 
ple dune fainte vie; fai 
nous la grâce que nous re- 
cevions avec une parfaite 
reconnoiiTance un fi inefti- 
mablc bienfait, & que nous 
puiffions conftammcnt mar- 
cher fur fcs traces 5 par le 
même Jcfus-Chrift nôtre 
S ç igncur . Anum . ' 



UEpitre, I S.Pierre, 2,ip; 

C'Eft une çhpfe agréable, 
fi quelqu'un à caufe de 
la confçience qu il a en- 
vers Dieu, endure des af- 
fligions, foufrant injufle- 
ment. Autrement, quel 
honneur vous fera-ce, fi re- 
cevant des fouflets pour 
avoir mal-fait, vous le fou- 
frez patiemment ? mais fi en 
faifant bien, vous êtes pour- 
tant afligez, & que vous 
le foufriez patiemment, voi- 
là où Dieu prend plaifir. 
Car auflî vous êtes apellez 
à cela : vu même que Chrift 
a foufert pour nous ; nous 
laiffant un patron, afin que 
vous fuiviez fes traces : Lui 
qui na point commis de 
péché, ôc dans la bouche 
duquel il n'a point été 
trouvé de fraude. Qiii lors 
qu'on lui difoit des outra- 
ges, n'en rendoit point; ôc 
quand on lui faifoit du mal, 
n ufoit point de menaces : 
mais il fe remettoit à celui 
qui juge juftemcnt. Le- 
quel même a porté »nos pé- 
chez en fon corps fur le 
bois 5 afin qu étant morts au 
pcchc, nous vivions à la 
jufdçc : & par la nicuvtrif- 

furc 



Lé III. Dimanche après Paq^ue; 

fûf p duquel même vous a 
vez été guéris. Car vous 
étiez comme des brebis er- 
rantes: mais maintenant vous 
êtes convertis au Pafteur de 
Eyefque de vos âmes. 



Ï2I 



L'Evangile, S. Jean,io.ii. 

JE fuis le bon berger : le 
bon berger met fa vie 
pour fes brebis: mais le 
meircçnaire, & celui qui 
n'efl: point berger, à qui n a- 
partiennent point les brebis, 
voiant venir le loup, aban- 
donne Içs brebis, & s'enfuit : 
§c le loup ravit & difperfe 
^es brebis. Ainfi le merce- 
naire s'enfuit, parce qu'il 
eft mercenaire, & qu'il ne 
fe foucie point des brebis. 
Je fuis le bon berger, & je 
connois mes brebis; & 
mes brebis me connoiffent. 
Comme le Père me con- 
noit, je connois aulïï le 
Père : & je mets ma vie 
pour mes brebis. J'ai en- 
core d'autres brebis qui ne 
font pas de cette bergerie 5 
ôc il mêles faut auffi ame- 
ner j & elles entendront ma 
voix : ôc il y aura un feijl 
troupeau, &ç un feul ber- 



Le troifiéme T)imanche 
après Pâque. 

La Collecte. 



Dieu Tout-puiflant, qui 
montres la lumière 
de ta vérité à ceux qui font 
dans les ténèbres de l'er- 
reur, afin qu'ils rentrent dans 
les voies de la juftice ; fai 
la grâce à tous ceux qui 
font dans la focieté de l'E- 
glife de ton Fils, de vivre 
conformément à la profef- 
fion qu'ils font d'être Chré- 
tiens 5 & d'éviter tout ce 
qui eft contraire à leur 
fainte vocation ; par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men. 



B 



L'Epitre,!. S. Pierre, 2.11.^ 
len-aimez, je vous ex- 
horte, que comme é- 
trangers & voiageurs, vous- 
vous abfteniez des convoi- 
tifes charnelles, qui font la 
guerre à famé : Aiant unç 
converfation honnête avec 
les Gentils 5 afin qu'au lieu 
qu'ils médifent de vous 
comme de malfaiteurs, ils 
glorifient Dieu au jour de 
la vifitation, pour vos bon- 
nes oeuvres qu'ils auron,t 

vues. 



îi2 Le in. Dimanche après Jaque: 



vues 



Rendez-vous donc 
fujets à tout ordre humain, 
pour l'amour de Dieu : foit 
au Roi, comme à celui qui 
€11 par delTus les autres : 
foit aux Gouverneurs, com- 
nie à ceux qui font envoi 
icz par lui pour exercer ven-; 
geance fur les malfaiteurs j 
& à la louange de ceux qui- 
font bien. Car c'eft là la 
volonté de Dieu, quenfai- 
fant bien, vous fermiez la 
bouche à l'ignorance des 
hommes fous. Comme li- 
bres, ôc non pas comme ai- 
iint la liberté pour couver- 
ture de malice 5 mais com- 
me ferviteurs de Dieu,. Por- 
tez honneur à tous. Ai- 
mez la fraternité 
nez Dieu. Honorez 
Roi 



Craig- 
k 



L'Evangile, S Jcan^ 1 6. 1 6. 

JEfus dit à {es difciples, 
Un peu de temps, & 
vous ne me verrez point : 
& encore un peu de temps, 
& vous me verrez : car je 
m'en vais à mon Père. Et 
quelques-uns de fcs Difci- 
ples dirent entr^aix : Qif cft- 
ce quil nous dit? Un peu 
de temps, & vous ne me 
.verrez point j ôc encore 



un peu de temps, & vous 
me verrez: car je m'en vais 
à mon Père. Ils difoient 
donc; Qu'eft-ce qu'il dit? 
Un peu de temps : Nous 
ne favons ce qu'il dit. Et 
]éfus connoiffant qu^'ils le 
vouloient interroger, leuji: 
dit j Vous demandez entre 
vous touchant ce que j'ai 
dit i Un peu de temps, & . 
vous ne me verrez plus : ôc 
puis encore un peu de tempsj 
ôc vous me verrez, JBn vé- 
rité, en vérité je vous dis^ 
que vous pleurerez & la- 
menterez, & le monde fe 
réjouira : vous ferez, dis-jc^ 
contriftez : mais vôtre trif- 
tfffe fera diangée en joie. 
Qiiand la femme enfante, 
elle fcnt des douleurs ; par- 
ce que fon terme eft venu : 
mais après qu'elle a fait un 
petit enfant, il ne lui fou- 
vient plus de l'angoiffe, à 
caufe de la joie qu'elle a de 
ce qu'une créature humaine 
eft née au monde. Vous a- 
vez donc aufli maintenant 
de la triftefle : mais je vous 
reverrai encore ; ôc vôtre 
cœur fe réjouirai & per- 
fonne ne vops ôtera vôtre 
joico 



x# 



Le IV. 

JuC quatrième T)manche 
après Pâque. 

La Collecte. 



Dieu Tout-pLiiffant, qui 
Jx^ul peux reprimer les 
volontéz & les afFeaions 
déréglées des pécheurs $ fai 
la grâce à ton peuple d'ai- 
mer ce que tu commandes, 
& de défirer ce que tu 



Dimanche après Paq^ue^ I2§ 

colère : car la colère de 
riiomme n'acomplit point 
la juftice deDieu. Ceft pour- 
quoi rejettant toute ordure ôc 
toute fuperfluité de malice, 
recevez avec douceur la pa- 
role plantée en vous, laquée 
le peut fauvervos âmes. 



L'Evangile, S. Jean, 1 6. 5. 

Efus dit à fes difciples 

je m'en vais ^ celui qui 



J 



promets 5 afin que parmi les m'a envoie, & aucun de 
diverfes viciffitudes de ce vous ne me demande. Où 



monde, nos cœurs s'ata- 
client où fe trouve le vé- 
ritable bonheur i par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men, 

L'Epitre, Jaq. I. 17. 

TOute bonne donation, 
& tout don parfait 
cft d'enhaut, defcendant du 
Père des lumières ; par de- 
vers lequel il n y a point 
de variation, ni d'ombre 
de changement. 11 nous a 
de fa propre volonté, en- 
gendrez par la parole de la 
vérité ; afin que nous fuf- 
fions comme les prémices 
de fes créatures. Ainfi, mes- 
frèrcs bien-amez, que tout 
homme foit prompt à écou- 
ter;) lentà parlçr, ôc lent à la 



vas-tu? Mais parce que je 
vous ai dit ces chofes, la 
trifteife a rempli vôtre cœur. 
Toutefois je vous dis la vé- 
rité 5 il vous eft expédient 
que je m'en aille: car fi je 
ne m'en vais, le Confola- 
teur ne viendra point à 
vous: mais fi je m'en vais, 
je vous l'envoierai. Et quand 
il fera venu, il convaincra 
le monde de péché, de juf- 
tice, & de jugement. De 
péché, parce qu'ils ne croi- 
ent point en moi. De juf- 
tice 3 parce que je m'en vais 
à mon Père, &que vous ne 
me verrez plus. De juge- 
ment 5 parce que le Prince 
de ce monde efl: déjà jugé. 
]'ai à vous dire encore plu- 
ïieurs chofes? mais vous ne 



124 Le V. Dimanche après Paq^ue.' 



ks pouvez point porter 
maintenant. Mais quand 
celui-là, favoir l'Eiprit de 
vérité, fera venu, il vous 
conduira en toute vérité : 
car il ne parlera point de 
foi-niçme > mais il dira tout 
cequil aura ouï: & ii vous 
anoncera les chofes à ve- 
nir. Celui-là me glorifie- 
ra : car il prendra du mien, 
6c ii vous Tanoncera. Tout 
ce que mon Père a, eft mien j 
c'eft pourquoi j'ai dit, qu'il 
prendra du mien, 6c qu'il 
vous Tanoncera. 

Le cinquième dimanche 
après Pâque. 

La Collecte. 

ODieu, de qui dcfcend 
tout don parfait; fai 
nous la grâce que par tes 
faintes inipirations, nous 
aions toujours de bonnes 
peniéesj &: que Ibus ta di- 
rcdion nous puiffions les 
mettre en effet j par Jé- 
fus-Clirift nôtre 
Amen, 



Seigneur. 



UEpitre, s. Jaq. i. 22. 

MEttez en exécution la 
Parole, & ne fé- 
I 



coûtez pas feulement cri 
vous décevant vous-mêmes 
par de vains difcours. Car 
fi quelqu'un écoute la Pa- 
role, & ne la met point en 
exécution, il efl: femblable 
â un liomme qui confidere 
dans un miroir fa face na- 
turelle : Car après s'être 
confidéré foi- même, ôc s'en 
être aie, il a au fil- tôt ou- 
blié quel il étoit. Mais ce- 
lui qui aura regardé au de- 
dans de la Loi parfaite, qui 
efl: la Loi de la liberté; & 
qui aura perfévéré, n'étant 
point un auditeur oublieux, 
mais mettant en effet l'œu- 
vre, celui-là fera heureujç 
dans ce qu'il aura fait. Si 
quelqu'un entre vouspenfe 
être religieux, Ôc il ne tient 
point en bride fa langue, 
mais feduit fon coeur, la Re- 
ligion d'un tel homme eft; 
vaine. La Religion pure 
& lans tache envers nôtre 
Dieu & nôtrePére,c'eft de vi- 
fiter les orphelins ôc les veu- 
ves dans leurs tribulations, 
& de fe conferver fans être 
entaché de ce monde. 

L'Evangile, S.Jean, 1 15.2 3 . 

EN vérité, en vérité je 
vous dis, que tputeç 
les 



LeJour de 

les chofes que vous deman- 
derez au Père en mon Nom, 
il vous les donnera. Juf- 
qua préfent vous iVavez 
rien demandé en mon Nom : 
demandez, & vous rece- 
vrez, afin que votre joie 
foit acomplie. Je vous ai 
dit ces chofes par des fimili- 
tudes: mais Theure vient 
que je ne parlerai plus 
à vous par des parabo- 
les i mais je vous parlerai 
ouvertement de mon Père. 
En ce jour-là vous deman- 
derez en mon Nom, & je 
ne vous dis pas que je prie- 
rai le Père pour vous : car 
le Père lui-même vous 
aime 5 parce que vous m'a- 
vez aimé, & que vous 
avez crû que je fuis iffu 
de Dieu* Je fuis iffu du 
Tère, & fuis venu au monde: 
ôc encore, je laiffe le monde, 
6c je m'en vais au Père. 
Ses difciples lui dirent ; 
Voici, maintenant tu par- 
les ouvertement, & tu n ufes 
plus de paraboles. Main- 
tenant nous connoiffonsque 
tu fais toutes chofes, & que 
tu n'as pas bcfoin que pcr- 
fonne t'interroge : par cela 
nous croions que tu es iffu 
de Dieu. Jéfus leur ré- 



l'A s € e n s î on, I2jr 

pondit ; Croiez-vous main- 
tenant? Voici l'heure vient, 
& elle eft déjà venue, que 
vous ferez difperfez l'un de- 
çà & l'autre delà, & vous 
me laifferez feul : mais je 
ne fuis point feul, car le 
Père eft avec moi. Je vous 
ai dit ces chofes, afin que 
vous aiez la paix en moi. 
Vous aurez de Tangoiffe au 
mais aicz bon 
>'ai vaincu le 



monde : 
courage 
monde. 



Le Jour de l'Ascension,' 
La Collecte. 



F 



Ai nous la grâce, ô 
Dieu Tout-puiffant, 
que comme nous croions 
que ton Fils Unique Jéfus 
Chrift nôtre Seigneur eft 
monté aux Cieux, nous y 
montions auffi du cœur 6c 
de la penféc, pour habiter 
continuellement avec lui, 
qui vit & qui règne avec 
toi, & avec le Saint Efprit, 
un feul Dieu béni éter- 
nellement. Amen^ 



Tout 



Î26 Le Jour de l'Ascensîo>î; 



^ûur LTpiTRE,Aa. I. I. 

NOlis avons fait le pre- 
mier traité, ô Thco- 
pliiie, touchant toutes les 
choies que j élus s'elt mis à 
faire & à enicigner, julqu au 
jour qu il fut reçu en haut j 
après avoir donné par le 
Saint Efprit, les ordres aux 
Apôtres qu'il avoit élus. 
A qui auffi, après avoir 
Ibufert, il fe préfenta foi- 
même vivant, avec plu- 
fieurs preuves alTûrées, é- 
tant vil par eux durant qua- 
rante jours 5 & parlant des 
chofes qui regardent le Roi- 
aume de Dieu. Et les aiant 
allcmblez, il leur comman- 
da de ne partir point de 
Jérufalem; mais dy atten- 
dre leffet de la promefle du 
Père, laquelle, dit-il, vous 
avez ouïe de moi. Car 
Jean a bâtizé d'eau 5 mais 
vous ferez bâtizez du Saint 
Efprit, dans peu de jours. 
Eux donc étant allemblez 
Tintcrrogerent, difant 5 Sei- 
gneur, fcra-ce en ce temps- 
ci que tu rétabliras le Roi- 
aume à Ifracl? Mais il 
leur dit s Ce n'clt point à 
vous de connoitre les temps 
ou les faifons, que le Père 



a réfervées en fa propre 
puilîance. Mais vous re- 
cevrez la vertu du Saint Ef* 
prit qui viendra fur vous : 
& vous me ferez témoins 
tant à Jérufalem, qu'en tou- 
te la Judée, & dans la Sa-' 
marie, ôc jufqu'au bout de 
la terre. Et quand il eut 
dit ces chofes, il fut élevé, 
eux le regardant : & une 
nuée le foutenant, l'empor- 
ta de devant leurs yeux. 
Et comme ils avoient les 
yeux arrêtez vers le Ciel, 
a mefure qu'il s'en aloit, voi- 
ci, deux hommes en vête- 
ment blancs fe préfenterent 
devant eux, qui leur dirent; 
Hommes Galiléens, pour- 
quoi vous arrêtez-vous à 
regarder au Ciel? Cejéfus 
qui a été élevé d'avec vou^ 
au Ciel, viendra ainfi que 
vous l'avez contemplé mon- 
tant au Ciel. 

L'Evangile, S. Marc> 
16. 14. 

JEfus le montra aux onzc> 
qui étoient alîls enfcm- 
ble, & il leur reprocha leur 
incrédulité & leur dureté 
de cœur, en ce qu'ils n'a- 
I voient point crû ceux qui 
l'avoicnt vu refllifcité. Et 

C il 



1.E DlMAI^CHE APR 

il leur dit ; Alez par tout 
le monde^ & prêchez TEvan- 
giie à toute créature» Ce- 
lui qui aura crû, &qui au- 
ra été bâtizé, fera fauve: 
mais celui qui n'aura point 
crû, fera condamné. Et 
ce font ici les iîgnes qui 
acompagneront ceux: qui 
auront crû 5 ils jetteront 
hors les diables en mon 
Nom : ils parleront de nou- 
veaux langages: ils chaf- 
feront les ferpens : & quand 
ils auront bu quelque chofe 
mortelle, elle ne leur nui- 
ra point : ils poferont les 
mains fur les malades, & 
ils fe porteront bien. Or 
le Seigneur, après leur a- 
voir parlé, fut élevé en haut 
au Ciel : & s'affit à la droite 
de Dieu. Et eux étant par- 
tis prêchèrent par toutj ôc 
4e Seigneur coopéroit avec 
eux, & confirmoit la parole 
par les prodiges qui Tacom- 
pagnoient. 

Le dimanche après 
TAfcenfion. 



La Collecte. 



o 



Dieu, le Roi de gloi- 
re, qui as élevé en 



ES l'As CE î^ S ION". 127 

grand triomphe Jéfus-Chrift 
ton Fils Unique dans toa 
Roiaume celeftes nous te 
fuplions de ne nous laiflcr 
pas fans confolation 5 mais 
de nous envoler ton faint 
Efprit, qui nous confole, & 
nous élève au lieu où nô- 
tre Sauveur Jéfus-Chrift efi: 
aie avant nous j & où il 
vit & règne avec toi, & a- 
vec le Saint Efprit, un feul 
Dieu béni éternellement* 
Amen. 

L'Epitre, I S.Pierre 4. 7J 

LA fin de toutes chofes 
eft proche : Soiez donc 
fobres & vigilans à prier» 
Mais fur tout aiez entre vous 
une ardente charité : car la 
charité couvrira une mul- 
titude de péchez. Soiez; 
hofpitaliers les uns envers 
les autres fans murmures. 
Que chacun, félon le don 
qu il a reçu, l'emploie pour 
le fervice des autres, comme 
bonsdifpenfateurs delà dife- 
rente grâce de Dieu. Si quel- 
qu'un parle, qu'il parle 
comme anonçant les pa- 
roles de Dieu : fi quelqu'un 
adminiftre, qu'il adminiftrc 
comme par la puillance que 
Dieu lui a fournie : afin 

qu'en 



128 Le Jour de la PentegoT ft 

qu'en toutes chofes Dieu 
Ibit glorifié par Jéfus-Chrift, 
auquel apartient la gloire 
& la force aux fiécles des 
fiécles. Amen. 

UEvANGiLEjS.Jean 15.26. 
& S.Jean 16. i. 

QUand le Confolateur 
^fera venu, lequel je 
vous envolerai de la part 
de mon Père, favoir FEf- 
prit de vérité, qui procède 
de mon Père, celui-là ren- 
dra témoignage de moi. 
Et vous aullî en rendrez té- 
moignage: car vous êtes 
dès le commencement a- 
vcc moi. Je vous ai dit 
ces chofes; afin que vous 
ne ne foiez point fcandali- 
fez. Ils vous chafferont 
des Synagogues : même le 
temps vient, que quicon- 
que vous fera mourir croi- 
ra faire fervice à Dieu. Et 
ils vous feront ces chofes 5 
parce qu'ils n'ont point con- 
nu le Père ni moi. Mais 
je vous ai dit ces chofes 5 
afin que quand l'heure fera 
venue, il vous fouvienne 
que je vous lésai dites. 



Le Jour de la Pente- 
côte* 

La Collecte.' 

/^ Dieu, qui dans "uri 
\J jour pareil à celui-ci 
éclairas ton peuple fidèle 
par renvoi, & par la lu- 
mière de ton Saint Eiprit i 
fai nous la grâce que par ce 
même efprit nous puifllons 
juger fainement de toutes 
chofes, & nous réjouir tou- 
jours dans le fentiment de 
tes confolations i par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A-^ 
men. 

Tour L'Epitre, Ad. 2, i? 

COmme le jour de la 
Pentecôte s'acomplif. 
foit, ils étoient tous d'un 
accord dans un même lieu. 
Et il fe fit tout à coup un 
fon du ciel, comme eft le 
fon d'un vent qui foufle a- 
vec véhémence, & il rem- 
plit toute la maifon où ils 
étoient aflîs. Et il leur a- 
parut des langues divifées 
comme de feu, qui fe pofe- 
rent fur chacun d'eux. Et 

ils 



Le Jour de la Peîttecoti^. ïzîS 



ils furent tous remplis du 
Saint Efprit ; & commencè- 
rent à parler des Langues 
étrangères, félon que TEf- 
prit leur donnoit à parler. 
Or il y avoir à Jérufalem 
des Juifs qui y féjournoient, 
hommes dévots, de toute 
nation qui eft fous le ciel. 
Et ce bruit aiant été fait, 
une multitude vint enfem- 
ble, qui fut toute émue de 
ce que chacun les entendoit 
parler en fa propre Langue. 
Ils en étoient donc tout 
furpris, & s'en étonnoient, 



J 



parler chacun en nôtre Lan- 
gue, les chofes magnifi- 
ques de Dieu. 
L'EvANGTLE,S. Jean 14.15. 
^Efus dit à fes difciplesî 
Si vous m'aimez, gar- 
dez mes commandemens. 
Et je prierai le Père, & il 
vous donnera un autre 
Confolateur, pour denieu- 
-rer avec vous éternellement. 
Savoir TEfprit de vérité, le- 
quel le monde ne peut 
point recevoir j parce qu il 
ne le voit point, & qu'il 
ne le connoit point : mais 



difant Tun à l'autre 5 Voici, vous le connoiifcz; car il 



tous ceux-ci qui parlent 
ne font-ils pas Galiléens ? 
Comment donc chacun de 
nous les entendons-nous 
parler la propre Langue du 
pais où nous fommes nez ? 
Parthes, Medes, Elamites, 
& nous qui habitons, les 
uns dans la Méfopotamie, 
les autres en Judée, & en 
Cappadoce, au pais du Pont, 
& en Afie, en Phrygie, 
en Pamphylie, en Egypte, 
& dans les quartiers de la 
Libye qui eft près de Cy- 
rené, & nous qui demeu- 
rons à Rome : Tant Juifs 
que Profélites: Cretois, & 



demeure avec vous, ôc il 
fera en vous. Je ne vous 
lailîcrai point orphelins : 
je viendrai vers Vous. En- 
core un peu de temps, ôc 
le monde ne me verra plus, 
mais vous me verrez : & 
parce que je vis, vous auflî 
vivrez. En ce jour-là vous 
connoitrez que je fuis en 
mon Père, 6c vous en moi, 
ôc moi en vous. Celui qui 
a mes commandemens, ôc 
qui les garde, c'eft celui 
qui m'aime ; & celui qui 
m'aime, fera aimé de mon 
Père, & je l'aimerai, & me 
déclarerai à lui. jude (non 



Arabes, npus les entendons pas Ifcariot) li i dit; Sei- 

K gneur. 



130 Le Lundi de la semaine de la Pentecôte.' 

grand que moi. Et main- 



gncur, d où vient que tu^ 
te déclareras à nous, & non 
pas au monde? Jéfus ré- 
pondit, &lui dit 5 Si quel- 
qu'un m'aime il gardera 
ma parole, & mon Père 
l'aimera, 6c nous vien- 
drons à lui, & nous ferons 
nôtre demeure chez lui. 
Celui qui ne m'aime point, 
ne garde point mes paroles. 
Et la parole que vous oiez 
n'eft point ma parole ; mais 
c'eft la parole du Père qui 
m'a envoie. Je vous ai dit ces 
chofcs demeurant avec vous. 
Mais le Confolateur, qui 
eft le Saint Efprit, que le 
Père envolera en mon Nom, 
vous enfcignera toutes cho- 
fes, & vous réduira en mé- 
moire toutes les choies que 
je vous ai dites. Je vous 
laiffe la paix: je vous don- 
ne ma paix : je ne vous la 
donne point comme le 
monde la donne : que vô- 
tre cœur ne foit point trou- 
blé, & ne foit point crain- 
tif. Vous avez entendu 
que je vous ai dit ; ]e m'en 
vais, & je reviens à vous : 
fi vous m'aimiez, vous fe- 
riez certes joieux de ce que 
i'ai dit 5 Je nVen vais au 
,J?èrc5 car le Père eft plus 



tenant je vous l'ai dit avant 
que cela foit arrivé, afin 
que quand il fera arrivé, 
vous croiïez. Je ne parle- 
rai plus guères avec vous : 
car le Prince de ce monde 
vient 5 mais il n'a rien en 
moi. Mais afin que le 
monde connoiflc que j'aime 
le Père, ôc que je fais com- 
me le Père m'a com- 
mandé. 

Le Lundi de la femaine 
de la Pentecôte. 

La Collecte. 



o 



jour pareil a 
éclairas ton peuple 



Dieu, qui dans un 

celui-ci 

fidèle 

par l'envoi, & par la lu- 
mière de ton Saint Efprit; 
fai nous la grâce que par 
ce même Efprit nous puif- 
fions juger faincment de 
toutes chofcs, & nous ré- 
jouir toujours dans le fen- 
timent de tes confolationsi 
par ]éfus-Chrift nôtre oci- 
gneur. Amen, " 

Tour L'EpiTRE,Ad, 10.34. 

A Lors Pierre prenant la 
parolC;, dit 3 En vé- 
rité 



Le Lundi de la semaine de la Pentecôte, lii 
rite je reconnois que Dieu 



n'a point d'égard a lapa 
rence des perfonnes : mais 
qu'en toute nation, celui 
qui le craint, & qui s'adon- 
ne à la juftice, lui eft agré- 
able. C'eft ce qu il a en- 
voie fignifier aux enfans 
d'Ifraël, en anonçant la 
paix par Jéfus-Chrift, qui 
eft le Seigneur de tous. 
Vous favez ce qui eft ar- 
rivé dans toute la Judée, 
en commençant par la Ga- 
lilée, après le Batême que 
Jean a prêclié ; Savoir; 
comment Dieu a oint du 
Saint Efprit & de force 
Jéfus le Nazarien, qui a 
palfé de lieu en lieu, en 
faifant du bien ; & en gué- 
riilant tous ceux qui étoient 
opreffez du Diable : car 
Dieu étoit avec lui. Et 
nous fommes témoins de 
toutes les chofes qu il a 
faites 5 tant au pais des 
Juifs quà Jérufalem : & 
comment ils Tont fait mou- 
rir, le pendant au bois. 
Mais Dieu Ta reffufcité le 
troifiéme jour 5 & la don- 
né pour être manifefté : 
non à tout le peuple 5 mais 



dis- je, qui avons mange ôc 
bu avec lui, après qu il a 
été refîufcité des morts. 
Et il nous a commandé de 
prêcher au peuple, 6c de 
témoigner que c'cft lui qui 
eft ordonné de Dieu pout 
être le Juge des vivans & 
des morts. Tous les Pro- 
phètes lui rendent témoi- 
gnage, que quiconque croi- 
ra en lui, recevra la re- 
miffion de fes péchez par 
fon Nom. Comme Pierre 
tenoit encore ce difcours, 
le Saint Efprit defcendit 
fur tous ceux qui écoutoient 
la parole. Mais les fidèles 
de la Circonciiîon, qui é- 
toient venus avec Pierre, 
s'étonnèrent de ce que le 
don du Saint Efprit étoit 
aulïï répandu fur les Gen- 
tils : Car ils les entendoi- 
ent parler diverfes langues, 
& glorifier Dieu. Alors 
Pierre prenant la parole, 
dit 5 Qu'cft ce qui pourroit, 
s opofer à ce que ceux-ci, 
qui ont reçiî comme nous 
le Saint Efprit, ne foient 
bât ifez d'eau. 11 comman-f 
da donc qu'ils fuficnt bâ- 
; tifez au Nom du SeiLmeur. 



aux témoins auparavant or- Alors ils le prièrent de de- 
; donnez de Dieu : à nous, meurer là quelques jours. 

l K2 LEVAN- 



132 Le Mardi de la Semaine de la Pentecôte. 



L'EvA.NGiLE, S.Jean, 3.16. 

Dieu a tant aimé le 
monde, qu'il a don- 
né ion Fils Unique 5 afin 
que quiconque croit en lui 
ne périffe point 5 mais qu'il 
ait la vie éternelle. Car 
Dieu n'a point envoie fon 
Fils au monde, pour con- 
damner le monde ; mais afin 
que le monde foit fauve par 
lui. Celui qui croit en lui 
ne fera point condamné : 
mais celui qui ne croit point 
eft déjà condamné i parce 
qu'il na point crû au Nom 
du Fils Unique de Dieu. 
Or c'eft ici la condamnation, 
que la lumière jeftv^nuë au 
monde, ôc que les hommes 
ont mieux aimé les t(^né- 
bres que la lumière 3 parce 
que leurs œuvres étoicnt 
mauvaifes. Car quiconque 
s adonne à des chofes mau- 
vaifes, hait la lumière, <Sc 
ne vient point à la lumière 5 
de peur que fes oeuvres ne 
foient redorguècs. Mais 
celui qui s'adonne à la vérité 
vient à la lumière j afin que 
fes oeuvres foient mani- 
feitées: parce quelles font 
faites félon Dieu. 



Le Mardi de la femaine 
de la Pentecôte. 

La Collecte. 

ODieu, qui dans un jour 
pareil a celui-ci, éclai- 
ras ton peuple fidèle par 
f envoi, 6c par la lumière de 
ton Saint Efprit 5 fai nous 
la grâce que par ce même 
Efprit, nous puiiïïons juger 
fainement de toutes chofes, 
ôcnous réjouir toujours dans 
le fcntiment de tes confo- 
ations 5 par Jéfus-Chrift 



nôtre Seigneur. 



Amen. 



Tour VE^iTREy Ad. 8.14. 

QUand les Apôtres, qui 
étoient à Jérufalem, 
eurent entendu que la Sa- 
marie avoit reçu la parole de 
Dieu, ils leur envolèrent 
Pierre ôcjean: qui y étant 
defcendus prièrent pour 
eux i afin qu'ils reçuifent le 
Saint Efprit. Car ilnétoit 
pas encore defcendu fur 
aucun deux 5 mais feule- 
ment ils étoient bâtifez au 
Nom du Seigiteur jéfus. 
Puis ils leur impoferent les 
mains ; ôc ils reçurent le 
Saint Efprit. 

3 UEvan- 



Le Dimanche 



L'Evangile, S. Jean lo. i. 

EN vérité, en vérité, je 
vous dis, que celui qui 
n entre point par la porte 
dans la bergerie des brebis 5 
mais y monte par ailleurs, 
cft un larron & un voleur. 
Mais celui qui entre par la 
porte, eft le berger des bre- 
bis. Le portier ouvre à 
celui-là 5 &les brebis enten- 
dent fa voix 5 ôc il apelle Tes 
propres brebis par leur nom, 
& les mène dehors. Et quand 
il a mis Ces brebis dehors, il 
va devant elles, & les brebis le 
fuivcnt; parce quelles con- 
noiffent fa voix. Mais elles 
ne fuivront point un étran- 
ger 5 au contraire elles le fui- 
ront ; parce qu elles ne con- 
noiflcnt point la voix des 
étrangers. Jéfus leur dit 
cette parabole > mais ils ne 
comprirent point ce qu'il 
leur difoit. Jcfus donc leur 
dit encore } En vérité, en 
vérité, je vous dis, que je 
fuis la porte des brebis. 
Tout autant qu'il en eft 
venu avant moi , font 
des larrons & des voleurs: 
mais les brebis ne les ont 
point écoutez. Je fuis la 
porte : fi quelqu'un entre 



DE LA Trinité. 1^5^ 

par moi, il fera fauve : & 



il entrera, & fortira, & il 
trouvera de la pâture. Le 
larron ne vient que pour dé- 
rober, & pour tuer, 6c dé- 
truire. Je fuis venu afin 
qu'elles aient la vie, & qu el- 
les raient même en abon- 
dance. 

LeT>manche de la Trinité» 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiiTant & E- 
ternel, qui as fait la 
grâce à tes ferviteurs, de 
reconnoitrepar laconfeflîon 
d'une foi véritable la gloire 
de réternelle Trinité, & d'a- 
dorer rUnitédans la puif- 
fince & dans laMajefté de 
rEllcnce Divine $ Nous te 
fuplions de nous affermir 
dans cette foi, & de nous 
défendre pour jamais de 
toute adverfité, ô Toi qui 
vis & qui règnes à toujours 
un fcul Dieu béni éternelle^» 
ment. Amen, 



Tour L'Epitre, Apoc. 4. i T 

Près ces chofcs j e regar- 
dai, & voici un porte 
fut ouverte au Ciel: & la 
K 3 pie- 



A' 



Le Dimanche de la Trinité; 

lion : & le fécond animal, 
femblable à un veau : & le 
troifiéme animal avoit la 
face comme un homme: 
& le quatrième animal é- 



première voix que j'avois 
ouïe comme d'une trompet- 
te^ & qui parloit avec moi, 
me dit 5 Monte ici, &jete 
montrerai leschofes qui doi- 
vent arriver à Tavenir. Et 
incontinent je fus ravi en 
cfprit : & voici, un trône 
étoit pofé au Ciel, & quel- 
qu'un étoit alîÎ3 fur le trône. 
Et celui qui y étoit affis, 
paroiflbit femblable à une 
pierre de jafpe, & de far- 
doine : & autour du trône 
paroiffoit un arc-en-ciel, 
femblable à une émeraude. 
Et il y avoit autour du 
trône vingt-quatre fiéges : 
& je vis fur les Jfîéges vingt- 
quatre Anciens aflîs, vêtus 
d'habillemens blancs, & 
aiant fur leurs têtes des cou- 
ronnes d'or. Et du trône 
fortoient des éclairs, & des 
tonnerres, & des voix : & 
il y avoit devant le trône 
fept lampes de feu ardentes, 
qui font les fept Efprits de 
Dieu. Et au devant du trône 
il y avoit une mer de verre, 
femblable à du cryftal : & 
^u milieu du trône, & au- 
tour du trône quatre ani- 
maux, pleins d'yeux devant 
ôc derrière. Et le premier 
animal étoit fernblable à un 



toit femblable a une aigle 
volante. Et les quatre a- 
nimaux avoicnt chacun à 
part foi fix ailes à Tentour : 
& par dedans ils étoient 
pleins d'yeux: & ils n'ont 
point de ceffe ni jour ni 
nuit, difanti Saint, Saint, 
jSaint, le Seigneur Dieu 
Tout-puiffant, Q^u i e- 

TOIT, & QUI EST, & 
Q^U I EST A VENIR. 

Or quand les animaux don- 
noient gloire & honneur, 
& adion de grâces, à celui 
qui étoit afïis fur le trône, à 
celui qui eft vivant aux fié- 
cles des fiécles j les vingt- 
quatre Anciens fe profter- 
noient devant celui qui é^ 
toit aflîs fur le trônej & a- 
doroient celui qui eft vivant 
aux fiécles des fiécles 5 & ils 
jettoient leurs couronnes 
devant le trône, en difant 5 
Seigneur, tu es digne de re- 
cevoir gloire, ôc honneur,, 
& puiffance : car tu as créé 
toutes chofes, & à ta vo- 
lonté elles font, ôc elles onç 
été créées. 

L'EVAN^, 



Le Dimanche de la Trinité.' ris 

tu ne fais d' où il vient, ni 
où il va : il en eft ainfi de 
tout homme qui eft né de 
rEfprit. Nicodème répon- 
dit, & lui dit 5 Comment 
fe peuvent faire ces chofes > 
Jéfus répondit, & lui dit; 
Tu es Dofteur d'ifraël, & 
tu ne connois point ces cho- 
fes! En vérité, en vérité je 
te disj Que ce que nous fa- 
vous, nous le difons : & ce 
que nous avons vu, nous 
le témoignons : mais vous 
ne recevez point nôtre té^ 
moignage. Si j e vous ai dit 
des choies terreftres, & vous 
ne les croiez point, com- 
ment croirez-vous fi je vous 
dis des chofes celeftes > Car 
perfonne ncft monté au 
Ciel, finon celui qui eft def- 
cendu du Ciel, favoir le 



L'Evangile, S. Jean, 3.1. 

IL y avoit un homme 
d'entre les Pharifiens , 
nommé Nicodème, qui é- 
toit un des principaux d'en- 
tre les Juifs: lequel vint 
de nuit à Jéfus, & lui dit 5 
Maître, nous favons que tu 
es unDodeur venu de Dieu : 
car perfonne ne peut faire 
ces fignes que tu fais, fi Dieu 
n eft avec lui. Jéfus répon- 
dit, & lui dit 5 En vérité, en 
vérité je te dis, fi quelqu'un 
neft né^de nouveau, il ne 
peut point voir le Roiaume 
de Dieu. Nicodème lui 
dit 5 Comment peut naitre 
un homme quand il eft 
vieux? peut-il encore en- 
trer au ventre de fa mère. 



ôc naitre? Jéfus répondit j Fils de l'homme qui eft au 
En vérité, en vérité je te; Ciel. Or comme Moïfe 

éleva le ferpent au défert, 
ainfi il faut que le Fils de 
rhomme foit élevé : Afin 
que quiconque croit en lui 
ne périfle point ; mais qu'il 
ait la vie éternelle. 



dis; fi quelqu'un neft né 
d'eau & d'Efprit, il ne peut 
point entrer dans le Roi- 
aume de Dieu. Ce qui eft 
né de la chair, eft chair: 
& ce qui eft né de l'Efprit, 
eft efprit. Ne t'étonne pas 
de ce que je t'ai dit ; Il vous 
faut être nez de nouveau. 
Le vent foufle où il veut, 
&; tu en entens le fon : mais 



Ké 



Le 



Ï3<5 Le î. Dimaîîche 

Le premier dimanche 
après la Trinité. 

La Collbcte. 

ODicu, qui es la force 
de tous ceux qui met- 
tent leur confiance en toi 5 
exauce nos prières par ta nii- 
fericorde. Et puis qu a caufe 
delà foibleiie de nôtre na- 
ture, nous ne (aurions faire 
aucun bien fans toi 5 acorde 
nous le fcçours de ta grâce : 
afin qu'obfervant tes faints 
commandemens, nous te 
foions agréables dans nos 
pcnfées & dans nos adions 5 
par Jéfus Chrift nôtre Scig- 
ueiu*- Amen, 

L'Epitre, I S. Jean, 4, 7. 

Bien aimez, aimons- 
nous Tun Fautre : car 
la charité cft de Dieu : & 
quiconque aime eft né de 
Djeu, & çonnoit Dieu. Ce- 
lui qui n'aime point, n'a 
point connu Dieu : Car 
Dieu cft charité, En ceci 
cfl: manifeftée la charité de 
Dieu envers nous, que Diçu 
^ envoie fon Fils unique au 
inonde, afin que nous vi- 
vions par luip En ceci efl 



APRES LA TrIKITE,^ 

fia charité i non que nous 
I aions aimé Dieu : mais en 
ce que lui nous a aimez, & 
qu'il a. envoie fon Fils poujr 
être la propitiation pour nos 
péchez. Mes bien-aimez, 
fi Dieu nous a ainfi aimez, 
nous devons auffi nous ai- 
mer l'un l'autre. Perfonne 
n a jamais vu Dieu: fi nous 
nous aimons l'un l'autre. 
Dieu demeure en nous, ôc 
fa charité cft acomplie en 
nous. A ceci nous connoif- 
fons que nous demeurons 
en lui, &lui en nous, qu'il 
nous a donné de fon Efprit. 
Et nous l'avons vu, & nous 
témoignons que le Pcre a 
envoie le Fils pour être le 
Sauveur du monde. Qui- 
conque confefleraque]éfus 
eft le Fils de Dieu, Dieu de- 
meure en lui, & lui en Dieu. 
Et nous avons connu & crû 
la charité que Dieu a pour 
nous. Dieu eft charité 5 & 
celui qui demeure en la cha- 
rité, demeure en Dieu, & 
Dieu en lui. En ceci eft 
acomplie la charité envers 
nous, afin que nous aions 
affiirance pour le jour du 
jugement, que tel qu'il eft, 
nous fommes tels en ce 
monde, Il n'y a point de 

peur 



Le I- Dimanche après la Trinité. 



peur dans la charité 5 mais la 
parfaite charité chafle de- 
hors la peur: car la peur 
aporte de la peine ; or ce- 
lui qui a peur, n eft pas a- 
conipli dans la charité. 
Nous Taimons, parce qu il 
nous a aimez le premier. Si 
quelqu'un dit 5 J'aime Dieu, 
& cependant il hait fon 
frère, il eft menteur : car 
comment celui qui n aime 
point Xon frère, lequel il 
voit, peut-il aimer Dieu, le- 
quel il ne voit point ? Et 
nous avons ce commande- 
ment de fa part, Qiie celui 
qui aime Dieu, aime aulîi 
fon frère. 

L'Evangile, S.Luc,i6.i9. 

IL y avoit un homme 
riche, qui fe vétoit de 
pourpre, & de fin lin, & qui 
tous les jours fe traittoit 
bien & magnifiquement. Il 
y avoit auflî un pauvre, 
nommé Lazare, couché à 
la porte du riche, & tout 
plein d\ilcères : Et qui dé- 
firoit d'être raffafié des miet- 
tes qui tomboicnt de la ta- 
ble du riche: & même les 
chiens vcnoicnt, & lui lé- 
choicnt fcs ulcères. Et il 
arriva que le priuvrç mou- 



137 

rut, & il fut porté par les 
Anges au fein d'Abraham : 
le riche mourut auflî, & fut 
enfeveli. Et étant en en- 
fer, & élevant fes yeux, 
comme il étoit dans les tour- 
mens, il vit de loin Abra- 
ham & Lazare dans fon fein. 
Et s'écriant, il dit 5 Père A- 
braham, aie pitié de moi, 
& envoie Lazare, qui mouil- 
lant dans Tcau le bout de 
fon doigt, vienne rafraîchir 
ma langue : car je fuis griève- 
ment tourmenté dans cette 
flamme. Et Abraham ré- 
pondit 5 Mon fils, fouviens- 
toi que tu as reçu tes biens 
en ta vie, & que Lazare y a 
eu fes maux : mais il cfl: 
maintenant confolé, & tu es 
grièvement tourmenté. Et 
outre tout cela, il y a un 
grand abime entre nous & 
vous: tellement que ceux 
qui veulent pafîcr d'ici vers 
vous, ne le peuvent ; ni de 
là, paflcr ici. Et il dit ; Je 
te prie donc, Père, de l'en- 
voier en la mai fon de mon 
père ; car j'ai cinq frères : 
afin qu'il leur rende témoi- 
gnage de rétat où je fuis ; de 
peur qu eux aufli ne vien- 
nent dans ce lieu de tour- 
ment. Abraham lui répon- 
dit ^ 



138 Le II. Dimanche 

dit ; Us ont Moïfe & les 
Prophètes i qu ils les écou- 
tent. Mais il dit; Non, Pè- 
re Abraham : mais fi quel- 
qu'un des morts va vers eux, 
ils fe repentiront. Et A- 
braham lui dit , Slls n écou- 
tent point Moïfe & les 
Prophètes, ils ne feront pas 
non plus perfuadez, quand 
quelqu'un des morts refluf- 
citeroit. 

Le fécond T^ manche 
afres la Trinité. 

La Coll ect e. 

O Seigneur, qui ne man- 
ques point de condui- 
re, & d'allîllcr ceux à qui 
tu as fait la grâce de f aimer 
& de te craindre 5 garde nous 
fous la puidante Protection 
de ta Providence : & nous 
affermi pour jamais dans la 
crainte, & dans l'amour de 
ton faint Nom 5 par Jéfus- 
Chrifl notre Seigneur. A- 
men, 

UEpitre, I Jean, 3. 13. 

M Es frères, ne vous é- 
tonnez point fi le 
monde vous hait. En ce 
que nous aimons nos frères, 



APRES LA Trinité.' 

nousfavons que nous fom* 
mes transférez de la mort à 
la vie : celui qui n aime point 
fon frère demeure en la 
mort. Quiconque hait fon 
frère efl: meurtrier : & vous 
favez qu'aucun meurtrier n a 
la vie éternelle demeurante 
en lui. A ceci nous avons 
connu la charité, c'eft qu'il 
a mis fa vie pour nous : nous 
devons donc aullî mettre 
nos vies pour nos frères. Or 
celui qui aura àcs biens de 
ce monde, & qui voiant fon 
frère avoir néceflité, lui fer- 
mera fes entrailles, com- 
ment eft-ce que la charité 
de Dieu demeure en lui ? 
Mes petits enfans, n aimons 
pas de parole, ni de la lan- 
gue5 mais par des effets, & 
en vérité. Car c efl par là 
que nous connoilfons quç 
nous fommes de la vérité : 
& nous aflurons ainfi nos 
cœurs devant lui. Que fi 
nôtre cœur nous condamne, 
certes Dieu cil plus grand 
que nôtre cœur, & il con- 
noit toutes cho fes. Mes 
bien-aimez, fi nôtre cœur 
ne nous condamne point, 
nous avons aillirance envers 
Dieu. Et quoi que nous 
demandions, nous Iç rece- 
vons 



Lb III. Dimanche après la Trinité. 135> 

vais les éprouver : je te prie, 
tien-moi pour excufé. Et 
un autre dit ; J'ai pris une 
femme en mariage, c'eft 



vons de lui : parce que nous 
gardons fes commande- 
mens, & que nous faifons 
les chofes qui lui font agré- 
ables. Et c'eft ici fon com- 
mandement, Que nous croi- 
ïons au Nom de fon Fils Jé- 
fus-Chrift, & que nous nous 
aimions Tun l'autre, comme 
il nous en a donné le com- 
mandement. Et celui qui 
garde fes commandemens 
demeure en ]éfus-Chrift, & 
Jéfus-Chrift demeure en lui : 
& par ceci nous connoifTons 
qu'il demeure en nous, fa- 
voir par TEfprit qu il nous a 
donné. 

L'Evangile, S.Luc, 14. 16. 

JEfus dit 5 Un homme 
fit un grand fouper, & 
y convia beaucoup de gens. 
Et à rheure du fouper il en- 
voia fon fervitcur pour dire 
aux conviez i Venez, car 
tout eft déjà prêt. Mais 
ils commencèrent tous una- 
nimement à s'excufer. Le 
premier lui dit; J'ai ache- 
té un héritage j & il me 
faut nécelTairement partir 
pour l'akr voir : je te prie, 
tien-moi pour excufé. Un 
^utredit; ]'ai acheté cinq 
couples dç bœufs, 6c jç m'en 



pourquoi je n'y puis aler. 
Ainfi le ferviteur s'en re- 
tourna, ôcraporta ces cho- 
fes à fon maître. Alors le 
père de famille tout en co- 
lère, dit à fon ferviteur 5 
Va-t-en vitement dans les 
places & dans les rues de la 
ville, & amène ici les pau- 
vres, & les impotens, & les 
boiteux, Ôc les avçugles. 
Puis le ferviteur dit 5 Maî- 
tre, il a été fait ainfi que 
tu as commandé $ & il y a 
encore de la place. Et le 
maître dit au ferviteur 5 Va 
dans les chemins & le long 
des haies, ôc ceux que tu 
trouveras, contrain-les d'en- 
trer, afin que ma maifon 
foit remplie. Car je vous 
dis qu'aucun de ces hommes 
qui avoient été conviez ne 
goûtera de mon fouper. 

Le troifiéme T>imanche^ 
après la Trinité. 

La Collecte. 

O Seigneur, nous te fu- 
plions de nous exau- 
3 cçr 



140 Le III. Dimanche 

cer par ta mifericorde : Et 
puis que tu nous as donné 
une ardente affedion à te 
prier; acorde nous auflî ton 
fecours puiiïant, pour nous 
confolcr,. 6c nous défendre 
au milieu de toutes fortes de 
dangers, & de Ûifgraces 5 par 
Jéfus-Chrift notre Seigneur. 
Amen, 

UEpitre, I S. Pierre, 5.5. 

Aiant tous de la fou- 
miflion Tun pour l'au- 
tre, foiez parez par dedans 
d'humilité: parce que Dieu 
réfiftc aux orgueilleux ; mais 
il fait grâce aux humbles. 
Humiliez vous donc fous 
la puiflante main de Dieu 5 
afin qu'il vous élève quand 
il en fera temps : Déchar- 
geant tout votre fouci fur 
lui: car il a foin de vous. 
Soicz fobres, & veillez : car 
le Diable, vôtre advcrfaire 
tourne autour de vous com- 
me un lion russifiant, cher- 
chant qui il pourra dévorer. 
Réfiftez lui donc, en de- 
meurant fermes dans la 
foi, fâchant que les mêmes 
foufranccs s'acomplillcnt 
en la compagnie de vos 
frères, qui efr dans le mon- 
de. Or Iç Dieu de toute 



APRES LA Trinité.' 

grâce, qui nous a apellez à 
fa gloire éternelle en Jéfus- 
Chrift, après que vous au- 
rez foufert un peu de temps, 
vous rende acomplis, vous 
affcrmiile, vous fortifie, & 
vous établiflc. A lui foit 
gloire, & force, aux fiécles 
des fiécles. Amen. 

L'Evangile, S. Luc 15. i. 

OR tous les péagers, & 
les gens de mauvaife 
vie s'aprochoient de lui pour 
l'entendre. Mais les Pha- 
rifiens & les Scribes mur- 
muroient, difant ; Celui-ci 
reçoit les gens de mauvaife 
vie, & mange avec eux. 
Mais il leur propofa cette 
parabole, difant , Qui eft 
l'homme d'entre vous qui 
aiant cent brebis, s'il en 
perd une, ne laiffe les qua- 
tre- vinL^t dix-neuf au déferr, 
& ne s'en aille après celle 
qui cft perdue, jufqu'à ce 
qu'il l'ait trouvée; & qui 
i'aiant trouvée, ne la mette 
fur fes épaules bien joieux : 
Et étant de retour en fa 
maifon n'apelle fes amis & 
fes voifins, & ne leur dife 
RéjouïHcz-vous avec moi 
car j'ai trouvé ma brebis qui 
étoit perdue ? Je vous dis, 
qu'aiafi 



Le IV. Dimanche après 

qu'ainfi il y aura joie au Ciel 
pour un feul pécheur qui 
vient à fe repentir, plus que 
pour quatre-vingt dix-neuf 
juftes, qui n ont pas befoin 
de repentance. Ou qui eft 
la femme qui aiant dix 
drachmes, fi elle perd une 
drachme, n alume la chan- 
dèle, & ne balaie la maifon, 
& ne la cherche diligem- 
ment, jufqu à ce qu elle Tait 
trouvée ? Et qui après l'a- 
voir trouvée, napelle fesa- 
mies & fes voifines, en leur 
difant; Réjouïflez-vous a- 
vec moi : car j'ai trouvé la 
drachme que j'avois perdue > 
Ainfi je vous dis 5 Qu'il y a 
de la joie devant les Anges 
de Dieu pour un feul pé- 
cheur qui vient à fe re- 
pentir. 



Le quatrième dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

ODieu, qui es le Pro- 
tedeur de tous ceux 
qui mettent leur confiance 
en toi, fans lequel il n'y a 
rien de fort, & il n y a rien 
de faint i augmente ôc mul- 
tiplie tes mifericordcs fur 



LA Trinité.' 141 

nous : afin que gouvernez 
par ta Providence, & con- 
duis par ton Efprit, nous 
ufions de telle forte des bi- 
ens de la vie préfente, que 
nous ne perdions point les 
biens de leternité. Exauce 
nous, ôPère Celeftc, pour 
famour de Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen, 

L'Epitre, Rom. 8. 18. 

J'Eftime que les foufran- 
ces du temps préfent 
ne font point à contrepefer 
à la gloire à venir qui doit 
être révélée en nous. Car 
le grand 6c ardent défit des 
créatures, eft qu elles aten- 
dent que les enfans de Dieu 
foient révélez 5 (Parce que 
les créatures font fujettcs à 
la vanité, non de leur vo- 
lonté : mais à caufe de ce- 
lui qui les y a afliijcttics) 
elles ratendent,dis-je, dans 
Tcfpérance qu'elles feront 
auflî délivrées de la fervi- 
tude de la corruption, pour 
être en la liberté de la gloi- 
re des enfans de Dieu. Car 
nous favons que toutes les 
créatures foupircnt, 6c font 
en travail enfemble jufqucs 
à maintenant. Et non feu- 
lement ellcs,mais nous auiîi, 

qui 



1425 Le V. Dimanche après la Trinité; 



qui avons les prémices de 
rEfprit; nous-mêmes, dis- je, 
foupirons en nous mêmes, 
en atendant Tadoption , 
ceft-a-dire, la rédemption 
de nôtre corps. 

L'Evangile, S. Luc, 6. 3 6. 
Oiez donc mifericordi- 



frère, & tu n'aperçois pas 
un chevron dans ton pro- 
pre œil > Ou comment peux- 
tu dire à ton frères Mon 
frère, permets que j ote le 
fétu qui eft dans ton œil, 
toi qui ne vois point un 
chevron qui eft dans ton 

S Oiez donc mifericordi- œil? Hypocrite, ôtepremié- 
eux, comme vôtre Père 1 rement le chevron de ton 
eft mifericordieux. Et ne œil, & après cela tu verras 



jugez point, & vous ne fe- 
rez point jugez : ne con- 
damnez point, & vous ne 
ferez point condamnez : 
quitez, & il vous fera quité : 
Donnez, & il vous fera 
donné : on vous donne- 
ra dans le fein bonne me- 
fure, preflee & entafîee, & 
qui s'en ira par delTus : car 
de la mefure que vous me- 
furerez, on vous mefurera 
réciproquement. Il leur di- 
foit aulli cette fimilitude; 
Eft-il poffible qu'un aveugle 
puifle mener un autre aveu- 
gle? ne tomberont-ils pas 
tous deux dans la foffe ? Le 
difciple n eft point par def- 
fus Ton maître: mais tout 
difciple qui fera bien a- 
compli, fera rendu confor- 
me à fon maître. Et pour- 
quoi regardes-tu le fétu 
qui eft dans Tœil de ton 



comment tu oteras le fétu 
qui eft dans Tœil de ton 
frère. 

Le cinquième T)manche 
après la Trinité. 



s 



La Collecte. 

Eigneur, nous te fupli- 
ons, que le cours des 
affaires de ce monde foit 
tellement réglé & mainte- 
nu en paix par ta Provi- 
dence, que ton Eglife puif- 
fe toujours te fervir avec 
joie dans une fainte tran- 
quilité, par Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen, 

L'Epitre, I S. Pierre, 3. S- 

S Oiez tous d'un confente- 
ment, & pleins de corn- 
paflîon l'un envers l'autre, 
vous entr'aimant fraternelle- 
ment^ 



. Le V. Dimanche 

ment, mifericordicux , 
doux. Ne rendant point mal 
pour mal $ ni outrage pour 
outrage : mais au contraire, 
beniflant : fâchant que vous 
êtes apellez à cela, afin que 
vous héritiez la bénédidion. 
Car celui qui veut aimer fa 
vie,&voir ks jours bien-heu- 
reux, qu il garde fa langue 
de mal, & fcs lèvres de 



APRES 



LA Trinité. 14I 



I 



UEVANGILE, S.Luc, 5. I. 

L arriva, comme la foule 
fe jettoit toute fur lui 
pour entendre la parole de 
Dieu, qu il fe tenoit fur le 
bord du lac de Génézareth. 
Et voiant deux nacelles qui 
étoient au bord du lac, & 
dont les pêcheurs étoient 
defcendus, & lavoient leurs 



prononcer aucune fraude, rets : il monta dans lune 
Qu'il fe détourne du mal, de ces nacelles qui étoit à 
& quil faife le bien : qu il j Simon. Et il le pria delà 
recherche la paix,& qu il tâ- 
che de fe la procurer. Car 
les yeux du Seigneur font 
fur les juftes, & Ces oreilles 
font atentives à leurs priè- 
res : mais la face du Sei- 
gneur eft contre ceux qui 
font les maux. Or qui eft- 
ce qui vous fera du mal, 
fî vous fuivezle bien? Que 
fi toutefois vous foufrcz 
quelque chofe pour la juf- 
tice, vous êtes bien-heureux : 
mais ne craignez point les 
maux dont ils veulent vous 
faire peur, & n'en foiez 
point troublez. Mais fanc- 
tifiez 
cœurs. 



le Seigneur dans vos 



mener un peu loin de terre : 
puis s'étant aflîs il enfeig- 
noit de deifus la nacelle les 
troupes du peuple. Et quand 
il eut achevé de parler, ii 
dit à Simon; Mène en 
pleine eau, & lâchez vos 
filets pour pêcher. Et Si- 
mon répondant, lui dits 
Maître, nous avons travail- 
lé toute la nuit, & nous 
n'avons rien pris : toutefois 
à ta parole je lâcherai les 
filets. Ce qu'aiant fait, ils 
enfermèrent une fi grande 
quantité de poifTons, que 
leurs filets fe rompoicnt. Et 
ils firent figne à leurs com- 
pagnons qui étoient dans 
l'autre nacelle, de venir les 
aider: & étant venus ils 

rem- 



"144 l'E VI. Dimanche 

remplirent les deux nacel- 
les, tellement qu'elles s'en- 
fonçoient. Et quand Simon 
Pierre eut vu cela, il fe jct- 
ta aux genoux de Jéfus, en 
lui difant 5 Seigneur, retire- 
toi de moi : car je fuis un 
homme pécheur. Parce que 
la fraieur Tavoit faifi, lui 
& tous ceux qui étoient a- 
vcc lui, à caufc de cette 
grande prife de poiflbns 
qu'ils venoient de faire : de 
même que Jaques &Jean, 
fils deZébédée, qui étoient 
compagnons de Simon. A- 
lors Jéfus dit à Simon 5 
N'aie point de peur : d or- 
enavant tu feras preneur 
d'hommes vivans. Et quand 
ils eurent amené les nacel- 
les à terre ,• ils quiterent 
tout, & le fuivirent. 

Le Jixième dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

ODicu qui as préparé à 
ceux qui t'aiment, 
des biens qui furpaffent Tcn- 
tendcmcnt humain 5 fai 
qu'en t'aimant de notre cô- 
té par dcffus toutes chofes, 
nous obtenions l'effet de tes 



APRES LA Trinité^ 

promeifes, qui font audef- 
fus de nos penfées, & de 
nos défirsj par Jéfus- Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 



L'Epitre, Rom. 6. 5. 

NE favez-vous pas que 
nous tous qui avons 
été bâtifez en jéfus- Chrift,a- 
vous été bâtifez en fa mort \ 
Nous fommes donc enfe- 
velis avec lui en fa mort 
par le Batême : afin que 
comme Chrift eft reflufcité 
des morts par la gloire du 
Père, nous auflî pareille- 
ment cheminions en nou- 
veauté de vie. Car fi nous 
avons été faits une même 
plante avec lui par la con- 
formité de fa mort, nous 
le ferons aufli par la con- 
formité de fa réfurrcdion. 
Sachant ccci,que nôtre vieil- 
homme a été crucifié avec 
lui, afin que le corps du pé- 
ché foit réduit à néant: a- 
fin que nous ne fcrvions 
plus le pcché. Car celui 
qui eft mort, eft quite du 
pcché. Or fi nous fommes 
morts avec Chrill, nous 
croions que nous vivrons 
au fil avec lui : Sachant que 
Chrift étant reflufcité des 
mortj ne meurt plus, <5c que 

la 



Ie VII. Dimanche après la Trinité- i4j^ 



la mort n a plus de domi- 
nation fur lui. Car ce qu'il 
eft mort, il eft mort pour 
une fois au péché : mais ce 
qu il eft vivant, il eft vivant à 
Dieu. Vous auiïî tout de 
même faites vôtre compte 
que vous êtes morts au 
péché, mais vivans à Dieu 
en Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. 

L'Evangile, S. Matt. 5 . 20. 

JEfus dit à fes difciples; Si 
vôtre juftice ne furpafte 
celle des Scribes & des Pha- 
rilîens, vous n entrerez point 
dans le Roiaume des Cieux. 
Vous avez entendu qu'il a 
été dit aux anciens 5 Tu ne 
tueras point : & qui tuera 
fera puniffable par juge- 
ment. Mais moi je vous 
dis 5 Que quiconque fe met 
en colère fans caufe contre 
fon frère, fera puniiTable par 
jugement : & celui qui di- 
ra à fon frère, Racha, fera 
puniflable par le Confeil:^ 
& celui qui lui dira. Fou, 
fera puniflable par la gé- 
henne du feu. Si donc tu 
aportes ton ofrande à TAu- 
tel, & que là il tç fouvi 
cnne que ton frère a quel 



que chofe contre toi : Laif- 
fe-Ià ton ofrande devant 
rAutel,& va te reconcilier 
premièrement avec tor^ 
frère i puis vicn, & otre 
ton ofrande. Sois bien-tôt 
d acord avec ta partie aver- 
fe, tandis que tu es en che- 
min avec elle : depeur que 
ta partie averfe ne te livre 
au Juge, & que le Juge ne 
te livre au fergent, ôc que 
tu ne fois mis en prifon. 
En vérité je te dis 5 que tu 
ne fortiras point de là, jus- 
qu'à ce que tu aies ^rendu 
le dernier quadrain. 

Le feptiéme dimanche 
a}rès la Trmité. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puilfant à 
qui apartient la force, 
& qui es l'Authcur de tout 
bien, & de tout don par- 
fait; imprime dans nos 
cœurs Tamour de ton Nom : 
augmente en nous la véri- 
table piétés rempli nous 
de toutes les vertus, & nous 
y affermi i par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 

L L'Epi- 



1L4.6 JLe VII. Dimanche après la Trinité: 



L'Epitre, Rom. 6, 19. 

JE parle à la façon des 
hommes, à caufe de Tin- 
firmité de vôtre chair. Com- 
me donc vous avez apliqué 
Vos membres pour fervir à 
la fouillurc & à l'iniquité, 
pour commettre Tiniquité : 
ainfi apliquez maintenant 
vos membres pour fervir à 
lâjuftice, enfainteté. Car 
lors que vous étiez efclaves 
du péché, vous étiez libres, 
quant à la juftice. Q^iel 
fruit donc aviez-vous alors 
des chofes dont maintenant 
vous avez honte? certes 
leur fin eft la mort. Mais 
maintenant que vous êtes 
afranchis du péché, & affer- 
vis à Dieu, vous avez vô- 
tre fruit dans la fandifica- 
. tion 5 & pour fin la vie é- 
ternelle. Car les gages du 
péché, c eft la mort : mais 
le don de Dieu, c'eft la vie 
éternelle, par Jéius-Chrift 
nôtre Seigneur. 

L'Evangile, S.Marc, 8. i. 

EN ces jours-là, comme 
il y avoir U une fort 
grande multitude, & qulls 
navoient rien à manger 5 
Jcfus apella les Difciples, 



ôcleur dit; Je fuis ému de 
compafiîon envers cette 
multitude : car il y a déjà 
trois jours qu ils ne bougent 
d'avec moi, & ils n ont rien 
à manger. Et fi je les ren- 
voie à jeun en leurs mai- 
fons, ils tomberont en dé- 
faillance par le chemin; car 
quelques-uns d'eux font ve- 
nus de loin. Et fes Difci- 
ples lui répondirent ; D où 
les pourra-t-on raffafier de 
pain, ici dans un défert? 
Et il leur demanda 5 Com- 
bien avez vous de pains? Ils 
lui dirent i Sept. Albrs il 
commanda aux troupes de 
s'afleoif par terre 5 & il prit 
les fept pains, & après avoir 
rendu grâces, il les rompit; 
& les donna à fes Diiciples 
pour les mettre devant les 
troupes : ôc ils les mirent 
devant elles. Ils avoient 
aufll quelque peu de petits 
poiilbns : ôc après qu il eut 
rendu grâces, il commanda 
qu ils les leur miiîent auflî 
devant. Et ils en mangè- 
rent, & furent raflafiez : & 
on remporta du* refte des 
pièces de pain, fcpt corbeil- 
les : (Or ceux qui en avoi- 
ent mangé étoient environ 
- >. ... qua- 



>; 



Le VIII. Dimanche a 

quatre mille) & enfuite il 
leur donna congé. 

Le huitième T^imanche 
après la Trinité. 

La Collec te. 

ODieu, dont la Provi- 
dence infaillible règle 
tout fur la terre & dans le 
ciel i éloigne de nous, nous 
t'en fuplions, les chofes qui 
pourroient nous nuire; & 
nous acorde celles qui nous 
font véritablement utiles j 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen, 

L'Epitre, Rom. S. 12. 

M Es frères, nous fom- 
mes débiteurs non 
point à la chair, pour vivre 
félon la chair. Car fi vous 
vivez félon la chair, vous 
mourrez : mais fi par Tefprit 
vous mortifiez les faits du 
corps, vous vivrez. Or tous 
ceux qui font conduits par 
TEfprit de Dieu, font en- 
fans de Dieu. Car vous 
n avez point reçu un Efprit 
de fervitude, pour ctre en- 
core dans la crainte : mais 
vous avez reçu TEfprit d'a- 
doption, par lequel nous 



PRES LA Trinité. ïjÇ^ 

crions Abba, Père. C'eft ce 
même Efprit qui rend té- 
moignage avec nôtre efprit 
que nous fommes enfans de 
Dieu. Et fi nous fommes 
enfans, nous fommes doiic 
héritiers: héritiers, dis-jc. 
de Dieu 5 & cohéritiers de 
Chrifl: : fi nous foufrôns a- 
vcc lui, afin que nous loir 
ons auflî glorifiez avec lui, 

UEvANGiLE, s. Matt. 7.1 5; 

Donnez- vous garde des 
faux prophètes qui 
viennent à vous en habit 
de brebis 5 mais qui au de- 
dans font des loups ravil- 
fans. Vous les connoitrez 
à leurs fruits: cueille-t-on 
les raifins des épines ; ou les 
figues des chardons? Auifi 
tout bon arbre fait de bon 
fruit: mais le mauvais ar- 
bre fait de mauvais fruit. Le 
bon arbre ne peut point 
faire de mauvais fruit j ni le 
mauvais arbre faire de bon 
fruit. Tout arbre qui ne 
fait point de bon fruit, cfl: 
coupé & jette au feu. Vous 
les connoitrez donc à leurs 
fruits. Tous ceux qui me 
difcnt 5 Seigneur, Seigneur, 
n entreront pas dansleRoi- 
aume des Cicux : mai$ celui 
L 2. qui 



I4S Le IX. Dimanche après la Trinité. 
qui fait la volonté de mon rituelle qui les fuivoit j & 



père qui eft aux Cieux. 

Le neuviémeT^imanche 
afrès la Trinité. 

La Collecte. 

DOnnc nous Seigneur 
nous t'en fuplions 
TEiprit de difcernement 
pour ne rien penfer, & ne 
rien faire qui ne foit jufte 
& droit i afin que, comme 
fans toi, nous ne pouvons 
faire aucun bien, nous re- 
cevions de toi la grâce, & 
la force de vivre félon ta 
volonté fainte 5 par Jéius- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men. 

UEpitre, I Cor. 10. i. 

ME s frères, je ne veux 
pas que vous igno- 
riez, que nos Pères ont tous 
été fous la nuée $ & qu'ils 
ont tous palTé par la mer : 
& qu'ils ont tous été bâtifcz 
par Moifc, eu la nuée, & 
en la mer: & qu'ils ont 
tous mangé d'une même 
viande fpiritucllei & qu'ils 
ont tous bu d'un même 
.^breuvage fpirituel: car ils 
beiivoicnt de la pierre fpi- 



la pierre étoit Chrift. Mais 
Dieu n'a point pris plaifir 
en plufieurs d'eux: car ils 
ont été acablez au défert. 
Or ces chofes ont été des 
exemples pour nous^ afin 
que nous ne convoitions 
point des chofes mauvaifes, 
comme eux-mêmes les ont 
convoitées. Et que vous 
ne deveniez point idolâtres, 
comme quelques-uns d'eux : 
ainfi qu'il eft écrit i Le peu- 
ple s'eft affis pour manger 
& pour boire; & puis ils 
fe font levez pour joiier. 
Et afin que nous ne pail- 
lardions point, comme quel- 
ques-uns d'eux ont paillar- 
de 5 & il en eft tombé en 
un jour vingt trois mille. 
Et que nous ne tentions 
point Chrift, comme quel- 
ques-uns d'eux l'ont tentée 
& ont été détruits par les 
ferpens. Et que vous ne 
murmuriez point, comme 
quelques-uns d'eux ont 
murmuré; & font péris par 
le deftruclcur. Or toutes ces 
chofes leur arrivoient en 
exemple; & elles font écri- 
tes pour notre inftruclion, 
comme étant ceux aufquels 
les derniers> temps font par- 
venus. 



Le IX. Dimanche après la Trinité 



venus. Que celui donc 
qui croit demeurer debout, 
prenne garde qu il ne tom- 
be. Aucune tentation ne 
vous a faifis, qui nait été 
une tentation humaine: & 
Dieu eft fidèle qui ne per- 
mettra point que vous foiez 
tentez au delà de vos forces: 
mais avec la tentation il 
vous donnera riffuëj afin 
que vous la puiffiez fou- 
tenir. 

L'Evangile, S. Luc, i5. i. 

JEfus dit à fes difciples ; 
Il y avoit un homme 
riche, qui avoit un maître- 
d'hôtel, lequel fut acufé de- 
vant lui comme dilîîpateur 
de fes biens. Sur quoi Tai- 
ant apellé, il lui dit 5 Qu'eftr 
ce que j'entensdire de toi? 
Ren compte de ton admi- 
niftration : car tu n auras 
plus la puiffancc d'adminif- 
trer mes biens. Alors le 
maître-d'hôtel dit en lui- 
même i Que fer ai- je, puis- 
que mon maître nVôte Tad- 
miniftration ? je ne puis pas 
fouir la terre, & j'ai honte 
de mendier, je fai ce que 
je ferai i afin que quand 
mçi^ adai^'ï^ifti-ation nie fe- 



I4$)r 

ra otée, quelques-uns me 
reçoivent dans leurs mai- 
fons. Alors il apella cha- 
cun des débiteurs de fon 
maître, & il dit au pre- 
mier; Combien dois-tu à 
mon maître? Il' dit; Cent 
mcfures d'huile. Et il lui 
dit j Pren ton obligation, 
& t'aflîcds vite, & n'en écri 
que cinquante. Puis il dit 
à un autre ; Et toi, combien 
dois-tu? Et il dit; Cent 
mefures de froment. Et 
il lui dit s Pren ton obli- 
gation, & n'en écri que qua- 
tre-vingt. Et le maître loîia 
le maître-d'hôtel inique, de 
ce qu'il avoit fait pruden- 
ment. Ainfi les enfans de 
ce fiéclc font plus prudens 
en leur génération, que les 
enfans de lumière, Et moi 
aufiî je vous dis; Eaites- 
vous des amis, des richefles 
iniques : afin que quand 
vous défraudez, ils vous 
reçoivent dans les taberna- 
cles éternels. 



L 3 



Le 



^ 



;î50 Le X. Dimanche 

Le dixième ^Dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

OMifcricordicux Sei- 
gneur 5 prête 1 oreille 
aux prières de tes humbles 
ferviteurs : Et afin qu ils 
puiffent obtenir ce quils 
demandent ; fai leur la 
grâce de ne demander que 
àzs chofes qui te Ibicnt a- 
gréables 5 par Jélus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 

L^Epitre, I Cor. 12. i. 

POur ce qui regarde les 
dons fpirituels, je ne 
veux point, mes frères, que 
vous en foiez ignorans.Vous 
favez que vous étiez Gen- 
tils, tranfportez après les I- 
doles muettes, félon que 
vous étiez menez. C'cft 
pourquoi je vous fais fa- 
voir; que nul parlant par 
TEfprit de Dieu, ne dit 
que Jéfus eft malédidion : 
& que nul ne peut dire 
que par le Saint Efprit, que 
Jéfus eft le Seigneur. Or 
il y a diverilté de dons : 
jnais il n'y a qu un même 
'Efprit, 11 y a auffi divçr- 



APRES LA Trinité. 

fité de miniftères : mais il 
n y a qu un même Seigneur. 
Il y a pareillement diverfi- 
té d'opérations : mais il n'y 
a qu'un même Dieu, qui 
opère toutes chofes en tous. 
Or à chacun eft donnée la 
manifeftation de l'Efprit, 
pour ce qui eft expédient. 
Car à l'un eft donnée par 
l'Efprit, la parole de fa- 
pience 5 & à l'autre, par le | 
même Efprit, la parole de 
connoiffance 5 & à un au- 
tre, la foi, par ce même 
Efprit; à un autre, les dons 
de guérifon, par ce même 
Efprit 5 & à un autre, les 
opérations des miracles j 
à un autre, la prophétie; 
à un autre, le don de dif- 
cerner les Efprits ; à un 
autre, la diverfité de lan- 
gues i & à un autre, le don 
d'interpréter les langues» 
Mais un feul, & même Ef- 
prit fait toutes ces chofes, 
diftribuant particulièrement 
a chacun félon qu'il veut, 

L'Evangile, S.Luc,i9.4I. 

ET quand il fut proche, 
voiant la ville, il pleu- 
ra lur elle, difant j O fi toi 
auffi eufles connu, au moins 
en cette tienne journée. 



f 



Le XI. Dimanche après la Trinité. 151 



les chofes qui apartiennent 
à ta paix ! mais mainte- 
nant elles font cachées de- 
vant tes yeux. Car les 
jours viendront fur toi que 
tes ennemis t'afliégçront de 
tranchées, & t'environne- 
ront;, Ôc t'enferreront de 
tous cotez : & te raferont 
toi, & tes enfans qui font 
au dedans de toi ; & ils ne 
laifferont en toi pierre fur 
pierre 5 parce que tu nas 
point connu le temps de ta 
vifitation. Puis étant entré 
au Temple, il commença 
à jetter dehors ceux qui y 
vendoient, 6c qui y achc- 
toient. Leur difant ; Il eft 
écrit; Ma Maifon eft la 
Maifon de prière : mais 
vous en avez fait une ca- 
verne de voleurs. Et il 
étoit tous les jours enfei- 
gnant dans le Temple. 

L'onzième ^Dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 



fur nous abondamment ta 
grâce : afin que marchant 
dans les fentiers de tes 
commandemens, nous puif^ 
fions obtenir l'effet de tes 
promefles gratuites, & être 
faits participants de tes 
tréfors celeftes; par Jéfus^ 
Chrift nôtre Seigneur, -/f- 
men. 



LTpitre, i Cor. 15. iJ 

M Es frères, je vous 
fais favoir l'Evan- 
gile que je vous ai annoncé, 
& que vous avez reçu, & 
auquel vous vous tenez 
fermes : & par lequel vous 
êtes fauvez, fi vous retenez 
en quelle manière je vous 
l'ai annoncé : à moins que 
vous n'aiez cru en vain. 
Car avant toutes chofes, je 
vous ai donné ce que j'a- 
vois auffi reçu, favoir $ que 
Chrift eft mort pour nos 
péchez, félon les Ecritures: 
& qu'il a été enféveli, & 
qu'il eft reftufcité le troi* 
fiéme jour, félon les Ecri- 

ODieu, qui manifcftcs la turcs : & qu'il à été vu de 
Toute-puiflance de ta Céphas , & enfuite des 
force, principalement lors Douze. Depuis il a été 
•que tu fais mifericorde, &jvû de plus de cinq cent 
que tu as compalîionj répn^ frères a une fois 5 dont plu- 

L 4 ficur 



n 



Isi l'S xiï. Dimanche 

fleurs font encore vi- 
vans, & quelques uns dor- 
ment. Enfuite il a été vu 
de jaques, & puis de tous 
les Apôtres. Et après tous, 
il a été vu auffi de moi, 
comme d'un avorton. Car 
je fuis le moiiuire des A- 
pôtres, qui ne fuis pas dig- 
ne d'être apellé Apôtre j 
parce que j'ai pcrfécuté 
TEglife de Dieu. Mais par 
la grâce de Dieu, je fuis 
ce que je fuis; & fa grâce 
envers moi n'a point été 
vaine i mais j'ai travaillé 
beaucoup plus qu'eux tous : 
toutefois non point moi^ 
mais la grâce de Dieu qui 
cft avec moi. Soit donc 
moi, foit cm, nous prê- 
chons ainfii & vous l'avez 
cru ^infi. 

L'EvAî?Gii.E, S, Luc, 18.9. 

JEfu§ dit cette parabole, 
à quelques uns qui fe 
çonfipicnt en eux-mêmes 
d'çtre juftes, & qui tenoi- 
cnt Içs autres pour rien. 
Deux hommes rnontcrent 
au Temple pour prier : 
Tun, Pharifien 5 & l'autre, 
Péager. Le Pharifien jfe 
te|iai,it à l'écart prioit çn 



APRES LA Trinité? 

lui-même, difant de telles: 
chofesj ODieu! je terens 
grâces, de ce que je ne 
fuis point comme le refte 
des hommes, qui font ra- 
vilTeurs, injuftes, adultères, 
ni même comme ce Péager. 
Je jeune deux fois la fe- 
maine : & je donne la dîme 
de tout ce que je pollède. 
Mais le Péager fe tenant 
loin, n'ofoit pas même le- 
ver les yeux vers le Ciel: 
mais frapoit fa poitrine, en 
difant; O Dieu! fois apai- 
fé envers moi qui fuis pé- 
cheur. Je vous dis que ce^ 
lui-ci defcendit en fa mai. 
fon juftifié, plutôt que l'au- 
tre. Car quiconque s'élè^ 
ve, fera abaifle ; & quicon- 
que s'abaifle, fera élevé. 

Le douzième T>manche 
après la Trinité. 



La Collect 



E. 



D 



leu Eternel & Tout- 
puiffant, qui es tou- 
jours plus prompt à nous 
exaucer que nous ne le 
fommes à te prier j & qui 
as acoutumé de nous don- 
ner plus que nous ne mé- 
ritons, & que nous ne de*- 

maa^ 



r 



w 



I Le XII. Dimanche après la Trinité. 



'mandons 5 Répan abon- 
damment tes grâces fur 
^ous s nous pardonnant 
tout ce qui pourroit trou- 
bler nôtre confcience 5 
nous donnant les biens que 
nous ne fommes pas dignes 
de demander i finon par 
les mérites, & par Tinter- 
cefllon de Jéfus-Chrift ton 
Fils, nôtre Seigneur. Jl- 
men. 



L'Epitre, 2 Cor. 3- 4- 

NOus avons une telle 
confiance en Dieu 
par Chrift. Non que nous 
foions capables de nous- 
mêmes de penfer quelque 
çhofe y comme de nous- 
mêmes; mais nôtre capacité 
eft de Dieu 5 qui nous a 
aufli rendus capables d'ctre 
Miniftres du Nouveau Tcf- 
tament; non de la lettre, 
mais de TEfprit: caria let- 
tre tuë; mais TETprit vivi- 
fie. Or fi le Miniftcrc de 
mort écrit avec des lettres, 
& gravé fur des pierres, a 
été glorieux, tellement que 
les enfans dlfraél ne pou- 
voient regarder le vifage de 
Moife j à caufe de la gloire 
d>? fon vifagC; laquelle dc- 



153 

voit prendre fin: comment 
le Miniftère de TEfprit ne 
fera-t-il pas plus glorieux ?^ 
Car fi le Miniftère de la 
condamnation a été glori- 
eux, le Miniftère de la juf- 
tice le furpafîe de beau- 
coup en gloire. 

UEvangile, s. Marc, 7. 31; 



j 



Efus étant encore parti 
des frontières de Tyr& 
de Sidon, il vint à la mer 
de Galilée par le milieu du 
païs de Décapolis. Et on 
lui amena un fourd, qui a- 
voit la parole empêchée^ 
& on le pria de pofer les 
mains fur lui. Et Jéfus 
l'aiant tiré à part, hors de 
la foule, lui mit les doigts 
dans les oreilles 3 & aiant 
craché, lui toucha la langue. 
Puis regardant vers le ciel, 
il foupira, & lui dit j Heph- 
phatah , c'eft-a-dire, Ou- 
vre-toi. Et auflî-tôt fes 
oreilles s ouvrirent j & le 
lien de fa lani^ue fe délia : 
& il parla aifément. Et 
]éfas leur commanda de ne 
le dire à pcrfonne : mais 
plus il le défendoit, plus 
lis le publioient. Et ils en 
étoicnt extrêmement éton- 
ne?, 

^1 



154 Le XIII. Dimanche après la Trinité; 

nez, difant 5 H a tout bien 
fait : il fait ouïr les fourds. 



& parler les muets. 

Le treiziéme^ïmanche 
a^rès la Trinité. 



La Collecte, 



o 



Dieu Tout-puiflant & 
tout mifericordieux. 



qui a ete auparavant con- 
firmée par Dieu en Chrift, 
la Loi qui eft venue quatre 
cent trente ans après, ne 
la peut point anuler pour 
abolir la promeffe. Car fi 
rhéritage eft par la Loi, il 
n eft point par la promeffe : 
or Dieu Ta donné à Abra- 
ham par la promeffe. A 
quoi donc fert la Loi ? 



qui feul donnes a ton peu- Elle a été ajoutée à caufe 
pie fidèle de te rendre un des tranfgreflîons,jufqu ace 



jiifte & louable fervice^ fai 
nous la grâce, nous t'en fu- 
plions, de te fervir ft fidè- 
lement fur la terre, que 
nous ne manquions point 
d'obtenir enfin dans le ciel 
l'effet de tes promeffes 5 
par les mérites de Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men. 

LTpitre, Gai. 3- i<^. 



LEs promeffes ont été 
faites a Abraham, & 
à ta fcmcnce. 11 n eft pas 
dit, & aux fcmences, com- 
me s'il avoit parlé de plu- 
fieursj mais comme parlant 
d'une feule, & à fa fe- 
mence 5 qui eft Chrift. Voi- 
ci donc ce que je dis; 
c'cft que quant à Faliance 



que vint la femence à l'é- 
gard de laquelle la pro- 
meffe avoit été faite : & 
elle a été ordonée par les 
Anges, par le miniftère d'un 
Médiateur. Or le Média- 
teur n'eft pas d'un feul : 
mais Dieu eft un feul. La- 
Loi donc a-t-elle été ajou- 
tée contre les promeffes de 
Dieu? ainfi n'avienne! car 
fi la Loi eut été donnée 
pour pouvoir vivifier, véri- 
tablement la juftice feroit 
de la Loi. Mais l'Ecri- 
ture a tout enclos fous le 
péché 5 afin que la promeffe 
par la foi en Jéfus-Chrift;^ 
fut donnée à ceux qui 
croient. 



L^EVAN- 



Le XIII. Dimanche a 

L'Evangile, S.Luc, io. 2 3 . 

Bienheureux font les 
yeux qui voient ce 
que vous voiez. Car je 
vous dis, que plufieurs Pro- 
phètes & plufieurs Rois ont 
défiré de voir les chofes 
que vous voiez, & ils ne 
les ont point veuës^ & 
d'ouïr les chofes que vous 
ciez, ôc ils ne les ont point 
ouïes. Alors voici un Doc- 
teur de la Loi s étant levé 
pour réprouver lui dit 5 
Maître, que dois- je faire 
pour avoir la vie éternelle r 
Et il lui dit j Qif c(t-il é- 
crit dans la Loi ? Comment 
lis-tu ? Et il répondit , & 
dit; Tu aimeras le Sei- 
gneur ton Dieu de tout ton 
cœur, & de toute ton amc, 
& de toute ta force, & de 
toute ta penfée : & tu ai- 
meras ton prochain comme 
toi-même. Et Jéiiis lui 
dit ; Tu as droitemcnt ré- 
pondu: fai cela, & tu vi- 
vras. Mais lui fc voulant 
juftifier, dit à ]éfuSi Et 
qui eft mon prochain ? Et 
]éfus répondant, lui dit ; 
Un homme defccndoit de 
Jérufalçm à Jérico, & il 



PRES LA TrINITEJ 1$^ 

tomba entre les mains des 
voleurs, qui le dépouille- 
rent, & qui après l'avoir 
bleifé de plufieurs coups, 
s'en alerent, le laiffant à 
demi-mort. Or par rencon- 
tre, un Sacrificateur defccn- 
doit par le même cheminj 
& quand il le vit, il palfa 
de Tautre côté. Un Lé- 
vite aufli étant arrivé en 
cet endroit-là, & volant cet 
homme, paffa tout de même 
de l'autre côté. Mais un 
Samaritain faifant fon che- 
min, vint à lui ; & le vol- 
ant, il fut touché de com- 
paillon. Et s'aprochant 
lui banda fes plaies, 6c y 
verfa de l'huile & du vin : 
puis le mit fur fa bête, & 
le mena dans Thotellerie, 
& eut foin de lui. Et le 
lendemain en partant, il ti- 
ra deux deniers, «5c les don- 
na à rhôte, en lui difant 5 
Aie foin de lui : & tout 
ce que tu dépcnferas de 
plus, je te le rendrai à mon 
retour. Lequel donc de 
ces trois, te fcmblc-t-il a- 
voir été le prochain de ce- 
lui, qui étoit tombé entre 
les nriains des voleurs? 11 
répondit j C'eil celui qui a 
ufc de mifcricorde envers 

lui 



!^ V 



ij6 Le XIV. Dimanche après la Trinité, 



lui. Jéfus donc lui dit; 
Va, & toi auffi fai de même. 

Le quatorzième T) manche 
' après la Trinité. 

• La Collecte. 



Dieu Tout-puiflant &: 
Eternel, augmente 
nous la foi, refpérance & 
la charité : & afin que nous 
obtenions ce que tu nous 
promets, fai que nous ai- 
mions ce que tu nous com- 
mandes ; par Jéfus-Chrift 
nôtre Seiineur. Amen, 



L'Epitre, Gai. 5. i(5. 



j 



E vous dis donc ; Che- 
minez félon TÊfprit^ 



paillardife, la fouillure. Fin- 
folence, Tidolatrie, Tem- 
poifonnement, les inimi- 
tiez, les querelles, les dé- 
pits, les colères, les diffen- 
fions, les divifions, les hé- 
réfies, les envies, lesmeur- 
très, les ivrogneries, les 
gourmandifes, & les chofes 
femblables à celles-là : au 
fujct defquelles je vous pré- 
dis, comme je vous lai dé- 
jà dit, que ceux qui com- 
mettent de telles chofes 
n hériteront point le Roi- 
aume de Dieu, Mais le 
fruit de TEfprit eft la cha- 
rité, la joie, la paix, un 
efprit patient, la bénigni- 
té, la bonté, la fidélité, la 
douceur, la tempérance. La 
Loi ne s'adreffe point con- 



Ôc vous nacomplirez point tre de telles chofes. Or 
les convoitilcs de la chair: 'ceux qui font de Chrift, 
Car la chair convoite con-'ont crucifié la chair avec 



tre l'efprit, & i'cfprit con- 
tre la chair : & ces chofes 
font opolces l'iine à l'au- 
tre : tellement que vous ne 
faites point les chofes que 
vous voudriez. Or fi vous 
ères conduits par TEfprit, 
vous n'êtes point fous la 
Loi. Car les œuvres de la 
chair font manifefles, \z{- 
quellcs font l'adultère, la 



fes afFeclions, 
voitifcs. 



6c fes con- 



UEvANGiLE,S.Luc, 17.11, 

ALant à Jérufalem, il 
paflbit par le milieu 
de la Samarie & de la Ga- 
lilée. Et comme il entroit 
dans une bourgade, dix 
hommes lépreux le rencon- 
trèrent^ 



Le XV. Dimanche après la Trinité? 157 



trerent, & ils s'arrêtèrent 
de loin: ôc élevant leurs 
voix, ils lui dirent i Jéfus, 
Maître, aie pitié de nous. 
Et quand il les eut vus, il 
leur dit , Alcz, niontrez- 
vous aux Sacrificateurs. Et 
il arriva quen s'en alant 
ils furent rendus nets. Et 
Tun deux voiant qu il étoit 
guéri, s'en retourna, glori- 
fiant Dieu à haute voix : 
Et fe jetta en terre fur fa 
face aux pieds de Jéfus, lui 
rendant grâces: or c'étoit 
un Samaritain. Alors Jé- 
fus prenant la parole ditj 
Les dix n'ont-ils pas été 
rendus nets? & les neuf où 
font-ils ? Il n y a eu que cet 
étranger qui foit retourné 
pour rendre gloire à Dieu. 
Alors il lui dit 5 Levé- toi j 
va-t-en; ta foi t'a fauve. 

Le quinzième ^Dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

VEuilles, ô Seigneur par 
ta mifcricorde, pro- 
téger continuellement ton 
Eglife : Et puis que la fra- 
gilité de l'homme eft telle 
que nous ne pouvons de- 



meurer fermes fans ton fe- 
cours, garenti nous de tout 
ce qui peut nous nuire i & 
condui nous à celles qui 
peuvent avancer nôtre Sa« 
lut 5 par Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Amen. 

L'Epitre, Gai. 6. 11. 

T TOus voiez quelle gran- 
Y de lettre je vous ai 
écrite de ma propre main. 
Tous ceux qui cherchent 
une belle aparence en la 
chair, font ceux qui vous 
contraignent d'être circon- 
cis 5 afin feulement qu'ils 
ne foufrent point perfécu- 
tion pour la croix de Chrift- 
Car ceux-là mêmes qui 
font circoncis ne gardent 
point la Loi : mais ils veu- 
lent que vous foiez circon- 
cis 5 afin de fe glorifier en 
vôtre chair. Mais pour 
moi, à Dieu ne plaife que 
je me glorifie, fuion en la 
croix de nôtre Seigneur 
jéfus-Chrift, par lequel le 
monde nVeft crucifié, & 
moi au monde. Car en 
yéfus-Chrift, ni la circonci- 
fion, ni le prépuce n'ont au- 
cune vertu; mais la nou- 
velle créature. Et â l'égard 

de 



^ 



Ys^ l'E XV. Dimanche 

de tous ceux qui marche- 
ront félon cette règle; que 
la paix ôc la mifericordc 
foient fur eux, & fur Tlf 
raël de Dieu. Au refte, 
que perfonne ne me don- 
ne de la fâcherie : car je 
porte en mon corps les 
flétriffures du Seigneur Jé- 
fus. Mes frères, la grâce 
de nôtre Seigneur Jéfus- 
Chrift foit avec vôtre efprit. 
yimen. 

L'Evangile, S. Matt.6.24. 

NUI ne peut fervir deux 
maîtres : car ou il 
haïra Tun, & aimera l'au- 
tre : ou il s'atachera à Tun, 
& méprifera Fautre: vous 
ne pouvez fervir Dieu, & 
Mammon. C'eft pourquoi 
;e vous dis 5 Ne foiez point 
en fouci pour vôtre vie, 
de ce que vous mangerez^ 
& de ce que vous boirez 5 ni 
pour vôtre corps, dequoi 
vous ferez vêtus. La vie 
n'eft-elle pas plus que la 
nourriture, & le corps plus 
que le vêtement? Regardez 
les oifeaux du Ciel: car 
ils ne fement ni ne moif- 
fonnent, ni naiTemblcnt 
dans des greniers; & ce- 
pendant vôtre Père celcfte 



APRES LaTrINITEÏ 1 

les nourrit: n'êtes- vous pas 
beaucoup plus excellens 
queux? Et qui eft celui 
d'entre vous, qui puiffe par 
fon fouci ajouter une cou- 
dée à fa ftature? Et pour- 
quoi étes-vous en fouci du 
vêtement? Aprenez com- 
ment croiffcnt les lis des 
champs; ils ne travaillent, 
ni ne filent. Cependant . 
je vous dis, que Salomon I 
même, dans toute fa gloire, 
n'a pas été vêtu comme 
l'un d'eux. Si donc Dieu 
revêt ainfi l'herbe des 
champs, qui eft aujour- 
d'hui, & qui demain fera 
mife au four, ne vous vé- 
tira-t-il pas beaucoup plu- 
tôt, ô gens de petite foi? 
Ne foiez donc point en 
fouci, difant; C^tie mange- 
rons nous ? ou que boirons- 
nous? ou dequoi ferons- 
nous vêtus? Vu que les 
Païens recherchent toutes 
ces chofcs; car vôtre Père 
celefte connoit que vous a- 
vez befoin de toutes ces 
chofes. Mais cherchez pre- 
mièrement le Roiaume de 
Dieu, & fa juftice; & toutes 
ces chofes vous feront don- 
nées par dedus. Ne foiez 
donc point en fouci pour 

le 



Xe XVI, Dimanche après là Trinité^ 159 

le lendemain: car le lende- 
main fe fouciera de ce qui 
le concerne. A chaque jour 
fufit fa peine. 



Lefeiziéme T>imanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

O Seigneur, nous te fu- 
plions de purifier & 
détendre continuellement 
tonEglife: & parce quelle 
ne peut fubfifter fans ton 
fecours 5 conferve la tou- 
jours par ta bonté, & par 
ton affiftance^pour l'amour 
de Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

L'Epitre, Eph. 3.13. 

JE vous prie de ne vous 
point relâcher à caufe 
de mes aflidions que je 
foufre pour Tamour de 
vous, ce qui eft vôtre gloire. 
A caufe de cela je fléchis 
mes genoux devant le Père 
de nôtre Seigneur ]éfus- 
Chrift : duquel toute la pa- 
renté eft nommée dans les 
Cieux & fur la terre. A- 
fin que félon les richeifes 
de fa gloire, il vous donne 



d'être puiffamment fortifiez 
par fon Efprit, en Thomme 
intérieur: Tellement que 
Chrift habite dan5 vos coeurs 
par la foi : afin qu étant 
enracinez, & fondez dans 
la charité, vous puiflîcz 
comprendre avec tous les 
Saints, quelle eft la lar- 
geur & la longueur, la pro- 
fondeur, & la hauteur: & 
connoitre la charité de 
Chrift, laquelle furpafîe tou- 
te connoilfancci afin que 
vous foiez remplis de toute 
plénitude de Dieu. Or à 
celui qui, par la puiffance 
qui agit en nous avec éfi- 
cace, peut faire en toute 
abondance au delà de tout 
ce que nous demandons & 
penfons : à lui foit gloire 
dans TEglife, en Jéfus- 
Chrift, dans tous les âges 
du fiécles des fiécles. Amen. 

L'Evangile, S. Luc, 7. 11. 

ET le jour d'après il ar- 
riva que ]éfus aloit 
à une ville nommée Nain, 
& plufieurs de iz^ difciplcs 
& une groifc troupe aloi- 
ent avec lui. Et comme il 
aprochoit de la porte de la 
ville, voici, on portoit de- 

hor 



il 



i<5o Le xvir. Dimanche après la Trinité^ 



hors un mort, fils unique 
de fa mère, qui étoit veu- 
ve: & une grande troupe 
de la ville étoit avec elle. 
Et quand le Seigneur Teut 
vue, il fut touché de com- 
paflîon envers elle : & il 
lui diti Ne pleure point. 
Puis s'étant aproché, il tou- 
cha la bière i & ceux qui 
portoient le corps s'arrêtè- 
rent, & il dit 5 Jeune hom- 
me, je te dis, leve-toi. Et 
le mort fe leva en fon fé- 
ant, & commença à parler : 
& Jéfus le rendit à fa mère. 
Et ils furent tous faifis de 
crainte, & ils glorifioient 
Dieu, difantj Certainement 
un grand Prophète s'eft le-, 
vé parmi nous, & certaine- 
ment Dieu a vifité fon peu- 
ple. Et le bruit de ce mi- 
racle fe répandit dans toute 
la Judée, & dans tout le 
pais circonvoifîn. 

Le dix-feptiéme dimanche 
après la Trinité. 

La Collecte. 

SEigneur, nous te prions 
que ta grâce nous pré- 
vienne, & nous acom- 
pagne fans ceflcj & quelle 



nous porte continuellement 
à toutes fortes de bonnes 
oeuvres 5 par Jéfus-Chrift 
Amen. 



notre Seigneur. 



j 



L'Epitre, Eph. 4. r.' 

E vous prie donc moî 
qui fuis prifonnier pour 
le Seigneur, de vous con- 
duire d une manière digne 
de la vocation, à laquelle | 
vous êtes apellez5 avec | 
toute humilité, & douceur 5 ' 
avec un efprit patient 5 vous 
fuportant l'un lautre en 
charité : étant foigneux de 
garder l'unité de TEfprit 
par le lien de la paix. II 
y a un feul corps, & un , 
feul Efprit: comme aufli 
vous êtes apellez à une feule 
efpérance de vôtre voca- 
tion. Il y a un feul Sei- 
gneur, une feule foi, un 
feul batême, un feul Dieu, 
& Père de tous, qui eft fur 
tous, & parmi tous, & en 
vous tous. 

L'Evangile, S.Luc, 14. i. 

IL arriva auffi que Jéfus 
étant entré un jour de 
Sabat dans la maifon d'un 
des principaux des Phari- 
l fiens. 



Le XVIII. Dimanche a 

fiens, pour prendre fon re- 
pas, ils robfervoient. Et 
voici, un homme hydropi- 
que étoit là devant lui. Et 
Jéfus prenant la parole, par- 
la aux Dofteurs de la Loi, 
& aux Pharifiens, difant 5 
Eft-il permis de guérir au 
jour du Sabat ? Et ils ne 
dirent mot: alors aiantpris 
le malade, il le guérit, & 
le renvoia. Puis s'adreffant 
à eux, il leur dit 5 Qiii fera 
celui d'entre vous, qui aiant 
un âne ou un bœuf lequel 
vienne à tomber dans un 
puits, ne fen retire incon- 
tinent le jour du Sabat? 
Et ils ne pouvoient répli- 
quer à ces chofes. Il pro- 
pofoit auffi aux conviez une 
îîmilitude, prenant garde 
comment ils choififlbient 
les premières places à table, 
& il leur difoit 3 Quand tu 
feras convié par quelqu'un 
à des noces, ne te mets 
point à table au plus haut 
lieu, depcur qu'il n'arrive 
qu'un plus honorable que 
toi foit convié par lui : 
Et que celui qui aura con- 
vié & toi & lui, ne vienne, 
& ne te dife ; Donne ta 
place à celui-ci : & qu a- 
\: lors tu ne commences avec 



PRES LA Trinité. i6t 

honte de te mettre au plus 
bas lieu. Mais quand tu 
feras convié, va, & te mets 
au plus bas lieu s afin que 
quand celui qui t'a convié 
viendra, il te dife 5 Mon 
ami, m.onte plus haut : ôc 
alors cela te tournera à 
honneur devant tous ceux 
qui feront à table avec toi* 
Car cjuiconque s'élève, fera 
abaifle : & quiconque s a- 
baifle, fera élevé- 

Le dix-huitième T)intanche^ 
après la Trinité» 

La Collecte* 

O Seigneur, nous te 
fupiions de faire la 
grâce à ton peuple de réfif- 
ter aux tentations du mon- 
de, de la chair, & du dia- 
ble 5 & de te fuivrc en 
pureté de cœur & d' Ef- 
prit, toi qui es le feul 
vrai Dieu j par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen> 

L'Epiti^E, T. Cor. î. 4« 

JE rens toujours grâces à 
mon Dieu à caufe de 
vous, pour la grâce de Dieu 
qui vous a été donnée en 
Jéfus-Chrill:: de ce qu'en 
toutes chof^^s, vous êtes en- 
M tichis 



tôz Le xviiT. Dimanche après la Trinité, 



richis en lui de tout don 
de parole, & de toute con* 
noiffance : félon que le té- 
moignage de Jéfus-Chrifta 
été confirmé en vous. Telle- 
ment qu il ne vous manque 
aucun don 5 pendant que 
vous atendez la manifcfta- 
tion de nôtre Seigneur 
Jéfus-Chrift, qui auflî vous 
afermira jufqucs à la fin 5 
pour être irrépréhenfibles 
en la journée de nôtre Seig- 
neur Jéius-Chrift. 

L'Evangile, S. Matth. 

22. 34- 

QUand les Pharificns 
eurent aprisqu il avoit 
fermé la bouche aux Saddu- 
céens, ils s'aflcmblerent d'un 
acord. Et l'un d'eux qui 
étoit Doftcur de la Loi, 
Tinterrogea pour réprouver, 
en ditant 5 JMaitrc, lequel 
cft le grand Commande- 
ment de la Loi? ]éius lui 
dit 5 Tu aimeras le Seigneur 
ton Dieu de tout ton cœur, 
& de toute ton ame, & 
de toute ta pcnice. Celui- 
ci ell: le premier & le grand 
Commandement : & le fé- 
cond, iemblablc à celui-là, 
cftj Tu aimeras ton pro- 
chain comme toi même. 



De ces deux Commande- 
mens dépendent toute la 
Loi & les Prophètes. Et 
les Pharifiens étant affem- 
blez5 Jéfus les interrogea, 
difant ; Que vous femble- 
t-il du Chrift? De qui cft- 
il Fils ? Ils lui répondirent 5 
De David. Et il leur dit > 
Comment donc David par- 
lant par TEfprit, Tapelle-t-il 
fon Seigneur ? difant ; Le 
Seigneur a dit à mon Seig- 
neur; Aflied-toi à ma droite, 
jufquà ce que j 'aie mis tes 
ennemis pour le marche- 
pied de tes pieds. Si donc 
David Tapelle fon Seigneur, 
comment eft-il fon Fils ? 
Et petfonne n£ lui pouvoit 
répondre un feul mot : ni 
perfonne n ofa plus l'inter- 
roger depuis ce jour-là. 

Le diX'7ieuviéme'^'Dimanche 
après la Trinité. 



La Collecte. 



o 



Dieu, puifque fans 
toi nous ne faurions 
t'ëtre agréables, fai nous la 
grâce que ton Saint Efprit 
nous diriiie & nous conduife 
dans toutes nos voies j par 
jéfus Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

L'I- 



£e XIX. Dimanche après la Trinité. 163 

pourquoi aiant dépouillé 



' TL'Epitré, Eph. 4*I7- 

JE vous dis donc, & je 
vous conjure de la part 
du Seigneur, de ne vous 
conduire plus comme k 
rcfte des Gentils, qui fuivent 
la vanité de leurs penfées : 
Aiant leur entendement 
obfcurci de ténèbres, ôc 
étant éloignez de la vie de 
Dieu, àcaufederignorance 
qui eft en eux par Tendur- 
ciflement de leur cœur. 
Lefquels aiant perdu tout 
fentîment, fe font aban- 
donnez à la diffolution, 
pour commettra toute ibuil- 
iure, à qui en feroit pis. 
Mais vous n'avez pas ainfi 
apris Chrift : Si toutefois 
vous favez écouté, & fi 
vous avez été enfeigncz 
par lui, félon que la vérité 
eft en Jéfus : Savoir, que 
vous dépouilliez le vieil- 
homme, quant à la con- 
vcrfation précédente, lequel 
fe corrompt par les con- 
voitifes qui féduifent : Et 
que vous foiez renouveliez 
dans refprit de vôtre enten- 
dement : Et que vous foiez 
revêtus du nouvel-homme, 
créé félon Dieu en juftice 
& en vraie fainteté. C/eft 



le menfonge, parlez en 
vérité chacun avec fon pro- 
chain : car nous fommes 
membres les uns des autres. 
Courroucez-vous, & ne pé- 
chez point. Que le foieil 
ne fe couche point fur vôtre 
courroux ; Et ne donnez 
point lieu au diable.. Que 
celui qui déroboit, ne déro- 
be plus j mais que plutôt il 
travaille en faifant de fes 
mains ce qui eft bon : afia 
qu il ait pour départir à ce- 
lui qui en a befoin. QiT'au- 
cundifcours mal-honnête ne 
forte de vôtre bouche,- mais 
feulement celui qui eft bon 
à Tufage de ledification, afin 
qu il donne grâce à ceux 
qui 1 oient. Et ne con- 
triftez point le Saint Efprit 
de Dieu, par lequel vous 
avez été féellez pour le jour 
de la Rédemption. Que 
toute amertume, & colère, 
ôc corroux, 6c cricrie, & 
médifance, foient ôtées du 
milieu de vous, avec toute 
malice. Mais foiez bénins 
les uns envers les autres, 
pleins de compailîon, & 
vous pardonnant les uns 
aux autres, ainfi que Dieu 
vous a pardonné par Chrift, 
M z L'EvAN' 



5S4 Le XX. Dimanche après l a Trinité^. 



L'Evangile, S.Matth.9.i.|^^ wntiéme Dimanche 

après la Trinité. 

La ColI/ECTe. 



Efus étant entré dans la 



J nacelle, il repafla la mer, 
& vint en fa ville. Et voici, 
on lui préfenta un paraly- 
tique couché dans un lit. 
Et Jéfus voiant leur foi, 
dit au paralytique 5 Aie bon 
courage, mon fils, tes péchez 
te font pardonnez. Et voici, 
quelques-uns des Scribes di- 
foient en eux-mêmes 5 Ce- 
lui-ci blafphème. Mais Jéfus 
voiant. leurs penfées, leur 
dit 5 Pourquoi penfez-vous 
du mal dans vos cœurs? 
Car lequel eft le plus aifé, 
ou de dire ? Tes péchez te 
font pardonnez : ou de dire ? 
Leve-toi, & marche. Or 
afin que vous fâchiez que 
le Fils de l'homme a le 
pouvoir fur la terre de par- 
donner les péchez, il dit 
alors au paralytique ; Leve- 
toi, charge ton lit, 6c t'en 
va en ta maifon. Et il fe 
leva, & s'en ala en fa mai- 
fon. Ce que les troupes 
aiant vu, elles s'en étonnè- 
rent; & elles glorifièrent 
Dieu de ce qu'il avoit don- 
né une telle puiifancc aux 
hommes. 



Dieu Tout-puifTant & 
très- mifericordieux , 
préferve nous par ta grande 
bonté de tout ce qui nous 
pourroitnuircj afin quêtant 
bien difpofez de corps & 
d'efprit, nous te fervions 
avec joie félon ta faintc 
volonté; par Jéfus -Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 

L'Epitre, Eph. 5. 15. 

PRenez donc garde com- 
ment vous vous con- 
duirez foigneufcment ; non 
point comme étant dépour- 
vus de fagcife, mais comme 
étant fages : Rachetant le 
temps; car les jours font 
mauvais. C'eft pourquoi ne 
foiez point fans prudence ; 
mais entendez bien quelle 
eft la volonté du Seigneur. 
Et ne vous enyvrez point 
du vin, auquel il y a de la 
diiTolution : mais foiez rem- 
plis de TEfprit : vous entre- 
tenant par à.zs> Pfeaumcs, 
des Cantiques, & des Chan- 
fons fpirituelles : cliantant 
& pialmodiant de vôtre 

cœur 



Le XX. Dimanche après la Trinité 



cœur au Seigneur. Ren- 
dant toujours grâces pour 
toutes chofes, au Nom de 
nôtre Seigneur Jéfus-Chrift, 
à nôtre Dieu, & Père. Vous 
foumettant les uns aux au- 
tres, en la crainte de Dieu. 

L'Evangile, S.Matt. 22. i. 

A Lors Jéfus prenant la 
parole , leur parla 
encore par fimilitudes, di- 
fanti LeRoiaume des Cieux 
cft femblable à un Roi qui 
fit les noces de fon Fils. Et 
il envoia fes ferviteurs, pour 
apeller ceux qui avoient été 
conviez aux noces: mais 
ils n'y voulurent point venir. 
Il envoia encore dautres 
ferviteurs, difant 5 Dites à 
ceux qui étoient conviez j 
Voici, j'ai aprêté mon di- 
ner: mes taureaux & mes 
bêtes grafles font tuées, & 
tout eft prêt 5 venez aux 
noces. Mais eux n'en te- 
nant point de compte s'en 
alerent, l'un à fa métairie, 
& l'autre à fon trafic. Et 
les autres prirent fes fervi- 
teurs, & les outragèrent, & 
les tuèrent. Quand le Roi 
l'entendit ; il fe mit en co- 
lère : & y aiant envoie fes 
troupes, il fit périr ces 



1^5, 

meurtriers-là ; & brûla leur 
ville. Puis il dit à fes fer- 
viteursi Eh bien! les noces 
font aprêtées i mais ceux 
qui y étoient conviez, n'en 
étoient pas dignes. Alez 
donc aux carrefours des 
chemins ; & autant de gens 
que vous trouverez, conviez- 
les aux noces. Alors fes 
ferviteurs fortirent vers les 
chemins; & affemblerent 
tous ceux qu'ils trouvèrent, 
tant mauvais que bons : tel- 
lement que le lieu des no- 
ces fut rempli de gens qui 
étoient à table. Et le Roî 
étant entré pour voir ceux 
qui étoient à table, y vit 
un homme qui n'étoit pas 
vêtu d'une robe de noces : 
Et il lui dit i Compagnon, 
comment es-tu entré ici, 
fans avoir une robe de no- 
ces? Et il eut la bouche 
clofe. Alors le Roi dit aux 
ferviteurs; Liez-le pieds & 
mains, emportez-le, ôc le 
jettez dans les ténèbres de 
dehors : là il y aura des 
pleurs, ôc des grincemens 
de dents. Car il y a beau- 
coup d'apellez; mais peu 
d'élus. 



M 3 



L^ 



i66 Le XXI. Dimanche après la Trinité. 

r ' ^ " cT\'^.^^^ho vais jour, & après avoir tout 
U 'vmt-untemeT)manche f^J^^^'é, demeurer fermes. 
ai>res la Trinitt, ^^.^^ ^^^^ ^^^^^^^ ^.^^^ 

T,/^^Trr-/-TT7 VOS reins ceints de la vérité, 

& étant revêtus de la cui- 



A Corde à ton peuple 
fidèle, ô mifcricor- 
dieux Seigneur, ton pardon 
& ta paix 5 afin qu étant 
piu'ifié de tous les peche^ 
il te ferve en tranquilité 
d'efprit; par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen- 

UE PITRE, Eph. (5. lo. 



M Es frères, fortifiez- 
vous en nôtre Sei- 
gneur, & en la puifTancc 
de fa force, Soiez revê- 
tus de toutes les armes de 
Dieu, afin que vous puif 
fiez réfifter aux embûches 
du Diable. Car nous n a- 
vons point la lutte contre 
le fang ôc la chairs mais 
contre les principautez, con- 
tre les puiffances, contre 
les feigneurs du monde, 
gouverneurs des ténèbres 
de ce fiéele, contre les ma- 
lices fpirituelles qui font 
dans \^^ lieux ccleftes. C'cfl 
pourquoi prenez toutes lej 
armes de Dieu; afin que 
youspuifîicz rcfi|teraa mau- 



raffc de la juftice : Et aiant 
les pieds chauliez de la pré- 
paration de TEvangile de 
paix : Prenant fur tout le 
bouclier de la foi, par lequel 
vous puifficz éteindre tous 
les dards enflammez du ma- | 
lin. Prenez ai fil le cafque 
du falut, & répée de TEf- 
prit, qui cft la Parole de 
Dieu. Priant en vôtre ef- 
prit par toutes fortes de 
prières & de fuplications 
en tout temps, veillant 4 
cela avec une entière per- 
févérance, & priant pour 
tous les Saints; Et pour 
moi aulTi : afin qu'il me foit 
donné de parler à bouche 
ouverte, & avec hardieflc, 
pour donner à connoitre le 
myftère de FEvangilc, pour 
lequel je fuis Ambafladcur 
en la chaîne; afin, dis- je, 
que je parle librement, ainfî 
quil faut que je parle. 

UEvANGiLE, S.Jean, 4.46. 

IL y avoir à Capernaùm, 
un Seigneur de Cour, 
duquel Iç fils étoit malade : 

qui 



Le XXII. Dimanche après la^ Trinité 

qui aiant entendu que Jé- 
fus étoit venu de Judée en 
Galilée, s'en al a vers lui 5 
& le pria de defcendre pour 
guérir fon fils : car il s'en 
aloit mourir. Mais Jélus 
lui dit 5 fi vous ne voicz 
des prodiges & des mira 



I<S7 

Le vint - deuxième 2)i- 
manche après la Trinité. 

La Collecte. 

VEuille, Seigneur, en- 
tretenir TEgliie, qui 
cft ta famille,dans Texcrcice 



clés, vous ne croiez point, j d'une piété continuelle ; a- 
Et ce Seigneur de Cour lui fin qu'exempte d'adverfité 
ditj Seigneur, defcens avant j fous ta puiffante proteûion, 
que mon fils meure. Je- .elle s'adonne à ton fervice, 
fus lui dit5 Va-t-en, ton fils & à la pratique des bon- 



vit. Cet homme crut à la| 
parole que Jéfus lui avoir 
dite? & il s'en ala. Et 
comme déjà il defcendoit , 
fcs fcrviteurs vinrent au de- 
vant de lui, & lui aporterent 
Acs nouvelles, difant 5 Ton 
fils vit. Et il leur demanda à 



nés œuvres, pour glorifier 
ton Saint Nom ; par Jéfus- 
Chrift notre Seigneur. A- 
men. 



J 



L'Epitre, Phil. i. ^. 

E rcns grâces à mon 
Dieu, toutes les fois 



quelle heure il s'étoit trouvé j que je fais mention de vous : 
mieux : Et ils lui dirent j ! en priant toujours pour vous 
hier fur les fept heures la tous avec joie, dans toutes 
fièvre le quita. Le père mes prières : à caufe devô- 
donc connut que c'étoit à ^ tre atachcmcnt à l'Evangile, 
cette même heure-là que j depuis le premier jour jut 
lèfus lui avoir dit 5 Ton fils qu'à maintenant: étant af- 



Vit. Et il crut, avec toute 
fa maifon. Jéfus fit encore 
ce fécond miracle, quai^ 
il fut venu de Judée en Ga- 
Ulèç. 



fuue de cela même, que ce- 
lui qui a commencé cette 
bonne oeuvre en vous, l'a- 
chevcra jufqu'à la journée 
de ]éfus-Chrift : comme il 
m'cil: raifonnable de penfer 
cela de vous tous 5 parce 
que je retiens dans mon 
M ^, cœur 



ï^S Le XXII. Dimanche après la Trinité. 



cœur que vous avez tous 
été participans de la grâce 
avec moi dans mes liens 5 
êç dans la défcnic, & la 
confirmation de TEvangile. 
Car Dieu m'eft témoin que 
je vous aime tous d'une 
cordiale afedion en Jéfus- 
Chrift, Et je le prie de 
ceci, que vôtre charité a- 
bpnde encore de plus en 
plus, avec connoiflance & 
toute intelligence : afin que 
vous difcernicz les chofes 
contraires, pour être purs & 
fans achopement jufqua la 
journée de Chrift : étant 
remplis de fruits de Juftice, 
qui font par ]éfus Chrift 5 à 
la gloire 6c à la louange de 
Pieu. 



UEvANGiLE , s, Matth. 
18. 21. 

Pierre dit à Jéfus 5 Sei- 
gneur, jufques à com- 
bien de fois mon frère pe- 
chcra-t-il contre moi, & je 
lui pardonnerai ? Sera - ce 
jufqua fcpt fois? jéfus lui 
répondit i je ne te dis pas 
jufqua fept fois; mais juf- 
qu'à fept fois feptante fois. 
C'eft pourquoi le Roiaume 
des Cieux cft femblable à 
un K,oi, qui voulut comp- 



ter avec fes ferviteurs. Et 
quand il eut commencé à 
compter, on lui en préfen- 
ta un qui lui dcvoit dix 
mille talens. Et parce qu il 
navoit pas dequoi paier, 
ion Seigneur commanda 
qu il fut vendu, lui, & fa 
femme, ôcfes enfans, & tout 
ce qu il avoit, & que la det- 
te fut paiée. Mais ce fer- 
viteur fe jettant à fes pieds, 
le fuplioit, en difantj Sei- 
gneur, aie patience, & je te 
rendrai tout. Alors le Sei- 
gneur de ce ferviteur tou- 
ché de compaffion, le re- 
lâcha, & lui quita la dette. 
Mais ce ferviteur étant for- 
ti, rencontra un de fes com- 
pagnons de fervice, qui lui 
devoir cent deniers : & Tai- 
ant pris, il Tétrangloit, en 
lui difant ; Paie moi ce que 
tu me dois. Mais fon com- 
pagnon de fervice fe jet- 
tant à fes pieds, le prioit, 
en difant i Aie patience, & 
je te rendrai tout. Mais il 
n en voulut rien faire : & 
il s'en ala, & le mit en 
prifon, jufqua cequil eut 
paie la dette. Or fes au- 
tres compagnon? de fervice 
volant ce qui étoit arrivé, 
en furent extrêmement tou- 

chezj, 



Le XXIII. Dimanche a 

chez; & ils s'en vinrent, & 
déclarèrent à leur Seigneur 
tout ce qui s'étoit pafle. A- 
lors fon Seigneur le fit ve- 
nir, & lui dit 5 Méchant fer- 
Viteur, je t'ai quité toute 
cette dette, parce que tu 
m'en as prié : Ne te faloit- 
11 pas aulïi avoir pitié de 
ton compagnon de fervice, 
comme j'avois eu pitié de 
toi ? Et fon Seigneur étant 
en colère le livra aux fer- 
geans, jufqu'à ce qu'il lui 
eut paie tout ce qui lui é- 
toit dû. C'eft ainfi que 
vous fera mon Père celefte, 
Il vous ne pardonnez de 
tout vôtre cœur chacun à 
fon frère fes fautes. 

IjC 'vint'troijiéme T>iman- 
çhe après la Trinité. 

La Collecte, 

ODieu nôtre retraite & 
nôtre force, qui es 
TAutcur dç toute pieté 5 
prête loreille aux prières 
ardentes de ton Eglife : & 
fai que les chofes que nous 
demandons avec foi, nous 
les obtenions en effet s par 
Jéfus-Chrifl: nôtre Seigneur. 



PRES LA Trinité, i^^ 

L'Epitre, Phil. 3.17. 

SOiez tous enfemble mes 
imitateurs, mes frères ^ 
ôc confiderez ceux qui mar- 
chent comme vous nous a- 
vez pour modèle. Car il 
y en a plufîeurs qui marchent 
de telle manière que je vous 
ai fouvent dit, & mainte- 
nànt je vous le dis encore 
en pleurant, qu'ils font en- 
nemis de la croix de Chrift : 
defquels la fin eft la perdi- 
tion : defquels le Dieu eft le 
ventre : & defquels la gloire 
eft dans la confufion ; n'ai- 
ant d'afeftion que pour les 
chofes de la terre. Mais 
nôtre converfation eft celle 
des bourgeois des çieux ; 
d'où auflî nous atendons le 
Sauveur, Seigneur Jéfus- 
Chrift : Qui transformera 
nôtre corps vil : afin qu'il 
foit rendu conforme à fon 
corps glorieux > félon cette 
efficace, par laquelle il peut 
même s'affujetu- toutes cho- 
fes. 

L'EVANGILE,S.Matt.22.I 5. 

A Lors les Pharifiens s'é- 
tant retirez, confiil- 
tcrent enfemble comment 
ils Iç furprendoieut çn pa- 
roles. 



f 

170 Le XXIV 

rôles. Et lui envolèrent 
leurs dîfciples avec des Hé- 
rodiens, en difant s Maître 
nous favons que tu es véri- 
table, & que tu enfeignes la 
voie de Dieu en vérité, & 
ne te foucies de perfonne : 
car tu ne regardes point à 
l'aparence des hommes. Di 
nous donc ce qu'il te fcmble 
de ceci? Eft il permis de 
paier le tribut à Céfar, ou 
non } "Et Jéfus connoifTant 
leur malice, dit ; Hipocrites 
pourquoi me tentez-vous : 
Montrez moi la monnoie 
du tribut. Et ils lui pré- 
fenterent un denier. Et il 
leur dit s De qui eft cette 
image, & cette infcription ? 
Ils lui répondirent 5 De Cé- 
far. Alors il leur dit 5 Rendez 
donc à Céfar les chofes qui 
font à Céfar ; & à Dieu celles 
qui font à Dieu. Et aiant en- 
tendu cela, ils en furent é- 
tonnez y & le laiffant, ils 
s'en alerent. 

Le "Vint - quatrième di- 
manche apes la Trinité. 

La Collecte. 



Dimanche après la Trinité.' 

ton peuple de fes ofenfcs ; 
afin que par ta grande bon- 
té nous foions afranchis des 
liens de tous les péchez, que 
notre infirmité nous a fait 
commettre. Fai nous cette 
grâce, ô Père celefte, pour 
f amour de Jéfus Chrift ton 
Fils nôtre Seigneur & Sau- 
veur. Amen, 

L'Epitre, Col. 1.3. 



N 



de 



N 



Ous rendons grâces à 
Dieu, qui eft le Père 
nôtre Seigneur Jéfus- 
Chrift, & nous prions tou- 
jours pour vous 5 aiant ouï 
parler de vôtre foi en Jéfus- 
Chrift,& de vôtre charité en- 
vers tous les Saints : à caufc 
de lefpérance des biens qui 
vous ibnt refervez dans les 
Cieux 5 & dont vous avez eu 
ci-devant connoiflance par 
la Parole de vérité ; c eft-a- 
dire, TEvangile, qui eft par- 
venu jufqu a vous, comme 
il Teft aufli dans tout le mon- 
de j & il y fructifie, de même 
que parmi vous, depuis le 
jour que vous avez entendu & 
connu la grâce de Dieu dans 
la vérité j comme vous avez 
été inftruits aufll par Epa- 
d' abfoudre phras nôtre cher compagnon 
'3 dç 



Ous te fuplions, ô Sei- 
gneur, 



Lexxiv. Dimanche après la Trinité. 17? 



de fervice, qui eft fidèle Mi- 
niftre de Chrift pour vous : 
& qui nous a apris quelle 
eft la charité, que vous avez 
en TEfprit. C'eft pourquoi 
depuis le jour que nous a- 
vons apris ces çhofes, nous 
ne ceffons point de prier 
pour vous 5 & de demander 
à Dieu que vous foiez rem- 
plis de la connoiflance de 
fa volonté, en toute fagefl'e 
& intelligence fpirituelle: 
Afin que vous vous con- 
duifiez dignement, comme 
il eft féant félon le Sei- 
gneur ; en lui plaifant entiè- 
rement i fruftifiant en tou- 
te bonne œuvre j & croif- 
fant en la connoiffance de 
Dieu. Etant fortifiez en 
toute force félon la puiflan- 
çe de fa gloire, en toute pa- 
tience, (Se tranquilité d'ef- 
prit, avec joie. Rendant 
grâces au Père, qui nous a 
rendus capables de partici- 
per à rhéritage des Saints 
dans la lumière. 

L'Evangile, S, Matt, 9.18. 

COmmeJéûis difoit ces 
chofes aux Difciples 
de Jean ,• voici venir un Sei- 
gneur, qui fc prpftcrna de- 



vant lui, en lui difant 5 Ma 
fille eft déjà morte j mais 
vien, & pofe ta main fur 
elle i & elle vivra. Et Jéfus 
s'étant levé, le fuivit avec 
i^cs difciples. Et voici, une 
femme travaillée d une per- 
te de fang depuis douze 
ans, vint par derrière, 6c 
toucha le bord de fon vête- 
rnent : car elle difoit en 
elle-même 5 Si feulement 
je touche fon vêtement, je 
ferai guérie. Et Jéfus s'é- 
tant retourné, 6c la regar- 
dant, lui dit 5 Aie bon cou- 
rage, ma fille j Ta foi ta 
fauvée : Et dans ce moment 
la femme fut guérie. Or 
quand Jéfus fut arrivé à la 
maifon de ce Seigneur j 6c 
qu'il eut vu les joiieurs 
dlnftrumens, & une troupe 
de gens qui faifoit un grand 
bruit, il leur dit ; Retirez- 
vous : car la jeune fille n eft 
pas morte : mais elle dort. 
Et ils fe moquoient de lui. 
Après donc qu on eut fait; 
fortir toute cette troupe, il 
entra, 6c prit la m^iin de la 
jeune fille, 6c elle fe leva. 
Et le bruit s'en répandit 
par tout ce païs-là. 

Le 



\72 Le XXV. Dimanche après la Trinité^' 

efl vivant, qui a fait remon- 
ter, 6c qui a ramené la 
poftérité de la maifon 
dlfraéî, du pais de devers 
TAquilon, ôc de tous les 
pais aufquels je les avois 
chaflez, &ils habiteront en 
leur terre. 



Le vint -cinquième T>iman 
che après la Trinité. 

La Collecte. 



VEuille, ô notre bon 
Dieu, toucher telle- 
ment le cœur de tes fidèles, 
que portant abondamment 
les fruits d une fincère re- 
pentance, ils en obtiennent 
une abondante rémunéra- 
tion j par Jéfus-Chrifl ton 
très cher Fils nôtre Seig- 
neur. Amen. 

'Tour L'Epitre, Jer. 23. 5. 

Voici, \ç,% jours vien- 
nent, dit l'Eternel, 
que je ferai lever à David 
un Germe juflc, qui régnera 
comme Roi : il profpérera, 
& exercera jugement & 
juilice fur la terre. En fes 
jours juda fera fauve, & 
Ifrael habitera en affûrance 3 
<Sc c'eft ici le nom, duquel 
on Tapellera : UEternel 
nôtre juftice. C'eft pour- 
quoi voici, les jours vien- 
nent, dit l'Eternel, qu on 
ne dira plus j UEternel efl: 
vivant, qui a fait remonter 
Jcs cnfans dlfraèl du pais 
a Egypte 5 Mais, TEtcrnel 



L'Evangile, S.Jean, 6. 5, 

JEfus donc aiant levé fes 
yeux, & voiant que de 
grandes troupes venoient à 
lui, dit à Philippe i D'où 
achèterons nous àc,% psins \ 
afin que ceux-ci aient à 
manger: Or il difoii cela 
pour réprouver: car il fa- 
voit bien ce qu il devoit fai- 
re. Philippe lui répondit -, 
Qiiand nous aurions pour 
deux cent deniers de pain, 
cela ne leur fufiroit pas ; 
quoique chacun d'eux n'en 
prit que tant foit peu. Et 
Tun de les difciples, favoir 
André, frère de Simon 
Pierre, lui dit j II y a ici 
un petit garçon qui a cinq 
pains d'orge & deux poif- 
fons: mais qu'eft-ce que 
cela pour tant de gens ? A- 
lors Jéfus dit; Faites alfeoir 
les gens. (Or il y avoir 
beaucoup d'herbe en ce 
Ucu-lâ.) Les gens donc 

3^af^ 



Le Jour de S. André? 

s'affircnt au nombre d'en- 
viron cinq mille. Et Jéfus 



rr^ 



prit les pains 5 & après avoir 
rendu grâces, il les diftribua 
aux difcipies ,• & les difciples 
à ceux qui étoient allîs : ôc 
pareillement des poiflbns 5 
autant qu'ils en vouloient. 
Et après qu'ils furent raffa- 
iîez } il dit â fes difciples 5 
Amaffez les pièces qui font 
de refte, afin que rien ne 
foit perdu. Ils les amaffe- 
rent donC;, & ils remplirent 
douze corbeilles de pièces 
de cinq pains dorge, qui 
étoient demeurées de rcftc à 
ceux qui en avoient mangé. 
Or ces gens aiant vu le mi- 
racle que jéfus avoit fait, 
difoient s Celui-ci cft véri- 
tablement le Prophète qui 
devoit venir au monde. 

S^il y a encore des Dimanches a- 
'vant le Dimanche de rAvem ■ 
l'on prendra le fer vice de quel- 
qu'un desDimanches qui auront 
été omis après ï* Epiphanie pour 
ceux qui manqueront ici. Et 
s'il y en a mcins qu'il n'y en 
a ici de marquez., l'on omet r a 
le refte : Pourvu qu'on dife 
toujours cette dernier e CoîleBe, 
cette Epitre & cet Evangile^ 
le Dimanche qui précède l'A- 
vent. 



Le Jour de S. André. ' 
La Collecte. ' ^ 

Dieu Tout-puifTant, qui 
as fait la grâce à ton 
Apôtre S. André d'obéir 
promptement à la vocation 
de ton fils Jéfus-Chrift, & de 
le fuivrc fans aucun délai ^ 
Fai nous auflî à tous cette 
grâce quêtant apellez par 
ta Sainte Parole, nous nous 
portions incontinent à fui- 
vre en toute obéiffancc tes 
Saints commandemens 5 par 
le même J éfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Amen, 



L'Epitre, Rom. 10. 9. 

SI tu confelles le Sei- 
gneur Jéfus de ta bou- 
che, & que tu croies eri 
ton cœur que Dieu Ta ref- 
fufcité des morts, tu feras 
fauve. Car de cœur on 
croit à juftice j & de bou- 
che on fait confeffion à fa- 
lut. Car l'Ecriture dit; 
Quiconque croit en lui, ne 
fera point confus. Parce 
qu'il n 7 à point de dife- 
rence du Juif & du Grec: 
jcar il y a un même Sci- 

<j:ncur 



Ï74 Le Jour t>Ë 

gneur de tous, qui eft riche 
envers tous ceux qui Tiii- 
voquent. Car quiconque 
invoquera le Nom du Sei- 
gneur fera fauve. Mais com- 
ment invoqueront-ils celui 
en qui ils n'ont point cru ? 
& comment croiront-ils en 
celui dont ils n'ont point 
entendu parler? & com- 
ment entendront-ils, s'il n y 
a quelqu'un qui leur prêche ? 
Et comment prêchera-t-on 
lînon qu'il y en ait qui 
foient envolez ? ainfi qu'il 
cft écrit j O que les pieds 
de ceux qui annoncent la 
paix font beaux; les pieds, 
dis- je, de ceux qui annon- 
cent de bonnes chofes. Mais 
tous n'ont pas obéi à l'E- 
vangile : car Efaïe dit 5 
Seigneur, Qlû eft-ce qui a 
crû à nôtre prédication > La 
foi donc eft de l'ouïe : & 
l'ouïe par la parole de Dieu. 
Mais jv3 demande ; Ne l'ont 
ils point ouï? Au contraire, 
leur fon eft aie par toute 
la terre, & leur parole jul- 
ques aux bouts du monde. 
Mais je demande s Ifraël ne 
Ta-t-il point connu? Moïfc 
le premier dit 5 ]c vous pro- 
voquerai à la jaloufic par 
celui qui n'eft point peu- 



S. André? 

pie : je vous cxcîtei'aî à li 
colère par une nation deA 
tituée d'intelligence. Et 
Efaïe s'enhardit tout-à-fait, 
& dit 5 J'ai été trouvé de 
ceux qui ne me chcrchoient 
point, & je me fuis claire- 
ment manifefté à ceux qui 
ne s'enqueroient point de 
moi. Mais quant à Ifrael, 
il dit j J'ai tout le jour é- 
tendu mes mains vers un 
peuple rebelle & contredi- 
fant. 

L'Evangile, S. Matt.4. i s.^ 



E^c 



comme Jéfus mar- 
choit le long de la 
mer de Galilée; il vit deux 
frères, favoir, Simon, qui 
fut apelié Pierre, & André 
fon frère, qui jettoient leurs 
iilets dans la mer : car ils 
croient pêcheurs. Et il leur 
diti Venez après moij ôc 
je vous ferai pêcheurs 
d'hommes. Et alant auffi- 
tot quité leurs filets, ils le 
fuivircnt. Et delà étant aie 



au- 



plus avant, il vit deux 
très frères, jaques fils de Zé- 
bcdce,«5cjcan fon frère, dans 
une nacelle avec Zébcdce 
leur père, qui racommo- 
doicnt leurs filets ; & ilies 

apel- 



Le Jour de S. Thomas. 'T75 

Temple faint au Seigneur: 
en qui vous êtes édifiez en- 
femble, pour être un taber- 
nacle de Dieu en efprit. 



âpella. Et aiant aulîi-tôt 
quité leur nacelle & leur 
père, ils le fuivirent. 

S. Thomas Apôtre. 



La Collecte. 



D 



^eu Tout-puiffant & 
Eternel, qui as per- 
mis que Thomas un de tes 
Apôtres doutât de la réfur- 
reftion de ton Pils, pour 
avoir lieu d'en mieux con- 
firmer la vérité 5 Fai nous 
la grâce de nous atacher à 
notre Sauveur, par une foi 
vive, ferme, inébranlable, 
& qui te foit agréable 5 en 
ton Fils Jéfiis-Chrift notre 
Seigneur. Amen. 

L'Epitre, Eph. 2. 19. 

VOus n êtes donc plus 
étrangers ni forains, 
mais concitoiens des Saints, 
& domeftiqucs de Dieu : 
Etant édifiez fur le fonde- 
ment des Apôtres & des 
Prophètes; & Jéfus-Chrift 
lui-même étant la maitreile 
pierre du coin • en qui tout 
l'édifice pofé, & ajufté en- 
femblc, fe lève pour erre un 



UEvANGiLE,S.Jean,2 0.244 

OR Thomas, apellé Di- 
dyme, qui étoit l'un 
des douze, n*étoit point a- 
vec eux quand ]éfus vint. 
Et les autres Dîfciples lui 
dirent ; Nous avons vu le 
Seigneur. Mais il leurditi 
Si je ne vois les marques 
des doux en Çz% mains, 
& fi je ne mets mon 
doigt où étoicnt les doux, 
ôc fi je ne mets ma main 
dans fon côté, je ne le croi- 
rai point. Et huit jours a- 
près, fes Difciples étoient 
encore dans la maifon, & 
Thomas avec eux : & Jêfus 
vint, les portes étant fer- 
mées, & fut là au milieu 
d'eux, & il leur dit 5 Paix 
vous foit. Puis il dit à 
Thomas; Mets ton doigt 
ici, & regarde mes mains : 
avance auili ta main, & la 
mets dans mon côté : & ne 
fois point incrédule, mais 
fidèle. Et Thomas répon- 
dit, & lui diti Mon Seigneur, 
& mon Dieu! Jéfusluidit; 

Parce 



ï7$ 'La Conversio 
Parce que tu m'as vu, Tho- 
jnas, tu as cru 5 bien-heu- 
reux font ceux qui n'ont 
point vu, & qui ont cru. 
Jéfus fit auflî en la préfcncc 
de fes Difciples plufieurs 
autres miracles, qui ne font 
point écrits dans ce livre. 
JMais ces chofes font écrites 
afin que vous croiïez que 
Jéfiis eft le Chrift, le Fils 
de Dieu > & qu'en croiant 
vous aiez la vie par fon 
.Nom. 

La Converjion de S.Paul. 

LaCollecte. 

ODieu, qui par la pré- 
dication du bien-heu- 
reux Apôtre, S. Paul, as 
fait refplendir la lumière de 
TEvangilepar tout le mon- 
de y nous te prions que nous 
fouvenant de fa mervcil- 
leufe converfion, nous t'en 
témoignions nôtre rccon- 
noiflance^en fuivant lafainte 
Doclrine qu il a cnfeignée y 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen, 

Tour VEpitre, Ad. 9. i. 



o 



R Saul tout enflammé 
encore de menaces & 



M DE S. PauET 

de tuerie, contre les Difci- 
ples du Seigneur, s'étanta- 
dreffé au fouverain Sacrifi- 
cateur, lui demanda des let- 
tres de fa part pour porter 
â Damas aux Synagogues; 
afin que s'il en trouvoit 
quelques uns de cette fede, 
foit hommes, foit femmes, 
il les amenât liez à Jérufa- 
lem. Or il arriva qu en mar- 
chant il aprocha de Da* 
mas, & tout à coup une lu- j 
miére refplendit du ; ciel ' 
comme un éclair tout autour 
de lui. Et étant tombé par 
terre, il entendit une voix 
qui lui difoit'j Saul, Saul, 
pourquoi me perfécutes-tu ? 
Et il répondit } Qui es-tu 
Seigneur > Et le Seigneur 
dit 5 Je fuis ]éfus, que tu 
perfécutes : il t'eft: dur de 
regimber contre les aiguil- 
lons. Et lui tout tremblant 
«5c tout eifraié, dit 5 Seig- 
neur, que veux-tu que je 
faffe ? Et le Seigneur lui 
dit s Léve-toi, & entre dans 
la ville, & là il te fera dit 
ce que tu dois faire. Et les 
hommes qui marchoient a- 
vec lui s'arrêtèrent tout é- 
pouvantcz, entendant bien 
la voix, mais ne voiant 
perfonnc. Et Saul fe leva 

de 



r^ 



La Conversion de S. Paul.^ 177 



de terre, & ouvrant fes yeux 
il ne- vôibit pcrlbnne j ceft 
pourquoi ils le conduifirent 
parlia nlaih,' & le menèrent 
à Damas, où il fut trois jours 
fans voir, & fans manger ni 
bpirei Or il y avoir à Damas 
un certain difciplé, nommé 
Anahias, à qui le Seigneur 
dit en vifionj Ananias : & 
il répondit 5 Me voici, Sei- 
gneur. Et le Seigneur lui 
dit 5 Leve-roi, &t'en va en 
la- rue nommée la droit, & 
cherche dans la maifon de 
Judas un homme apellé 
Saùl, qui eft de Tarfe : car 
voilà il prie. Or Saul a- 
voit vu en vifion un homme 
nonimé Ananias, entrant, 
& lui impofant la main, 
afin qu il recouvrât la vue. 
Et Ananias répondit ; Sei- 
gneur, j'ai ouï parler à plu- 
iîeurs de cet homme- là 5 & 
combien de maux il a fait 
à tes Saints dans Jérufalem. 
Il a même ici autorité de 
la part des principaux Sacri- 
ficateurs, de lier tous ceux 
qui invoquent ton Nom. 
Mais le Seigneur lui dit; 
Va: car il m'eft un intlru- 
ment d'élite, pour porter 
mon Nom devant les Gen- 
tils, & les Rois, & les en- 
fans dlfraël. Car je lui 



montrerai combien il aura 
à foufrir pour mon Nom. 
Ananias donc s'en ala, ôc 
entra dans la maifon $ ôc 
lui impofant les mainî>, il 
lui dit ; Saul frère, le Sei- 
gneur Jéfus, qui t'eft apa- 
ru dans le chemin par où 
tu venois, m'a envoie afin 
que tu recouvres la vue, 
& que tu fois rempli du 
Saint Efprit. Et auffi-tot 
il tomba de fes yeux com- 
me des écailles; & à l'inf- 
tant il recouvra la vûë^ 
puis il fe leva, & fut bâ- 
tifé. Et aiant mangé il re- 
prit fes forces. Et Saul 
fut quelques jours avec les 
difciples qui étoicnt à Da- 
mas. Et il prêcha inconti- 
nent dans les Synagogues, 
que Chrift étoit le Eils de 
Dieu. Et tous ceux qui 
l'entendoient étoicnt com- 
me ravis hors d'eux-mêmes, 
& ils difoient 5 N'eft-ce pas 
celui-là qui a détruit à jéru- 
falem ceux qui invoquoient 
ce Nom, ôcqui eft venu ici 
exprès pour les amener liez 
aux principauxSacrificateur^? 
Mais Saul fefortifioit de plus 
en pluSj&confondoit les] uifs 
qui demeuroient à Damas, 
prouvant que ]éfus étoit le 
Chrift. N UE- 



178 



L'Evangile, S.Matt.i 9.27- 

A Lors Pierre prenant la 
parole, dit à J élus 5 
Voici nous avons tout quité, 
ôc t'avons fuivi : que nous 
en arrivera-t-il donc ? Et Jé- 
fus leur dit i En vérité, je 
vous dis j que vous qui nVa- 
vez fuivi, dans la régéné- 
ration, quand le Fils de 
rhommc fera aflîs fur le 
trône de fa gloire, vous 
auflî ferez aflîs fur douze 
trônes, jugeant les douze 
Tribus dlfraël. Et quicon- 
que aura quité ou maifons, 
ou frères, ou fœurs, ou pè- 
re, ou mère, ou femme, 
ou enfans, ou champs à 
caufe de mon Nom, il en 
recevra cent fois autant, & 
héritera la vie éternelle. 
Mais plufieurs qui font les 
premiers, feront les derni- 
ers, & les derniers feront 
les premiers. 

La prêfentation de Jesus- 
. . Christ dans le Temple^ 
'"' apellee communément la 

Purification de Marie la 

S'^ Vierge. 

La Collecte. 

Dîcu Eternel & Tout- 
puillant, nous fupli- 



La Purification-' 

ons humblement ta divine 
Majefté, que comme Jéfus- 
Chrifl ton Fils Unique t'a 
été préfenté dans ce jour au 
temple dans nôtre propre 
chair i nous aufli comparoif- 
fions devant toi en pureté 
de cœur 5 par le même Je- 
fus Chrift ton Fils nôtre Sei- 
gneur. Amen. 



Tour VE^iTREy Malach. 
3. I. 

Voici, je m'en vais en- 
voler mon mcffagcr, 
& il préparera la voie de- 
vant moi, & incontinent le 
Seigneur que vous cher- 
chez, entrera dans fon 
Temple, l'Ange, dis- je, de 
l'aliance, lequel vous fou- 
haitez: voici, il vient, a 
dit l'Eternel des armées. 
Mais qui pourra foûtenir 
le jour de fa venue ? & qui 
pourra fubfifter, quand il 
paroîtra? car il fera com- 
me le feu de celui qui ra- 
fine, ôc comme le favon des 
foulons. Et il fera aflîs 
comme celui qui rafine, & 
qui purifie l'argent : il net- 
toiera les fils de Lévi, il les 
épurera comme l'or & l'ar- 
gent : & ils feront ofrans 
à l'Eternel l'oblation dans 

la 



'El Purification; 



179 



la juftîce. L'oblation de) 
Juda ôc de Jérufalem fera 
agréable à TEternel, comme 
dans les jours d'autrefois, 
& comme dans les premi- 
ères années. Je m'apro- 
cherai de vous pour faire 
jugement, de je ferai té- 
moin fubit contre les en- 
chanteurs, & contre les a- 
dultères, & contre ceux qui 
jurent fauffement, & con- 
tre ceux qui fraudent le 
loiër du mercenaire, qui o- 
priment la veuve & l'or- 
phelin, & qui font tort à 
rétranger, 6c qui ne me 
craignent point, a dit 
l'Eternel des armées. 

L'Evangile, S.Luc, 2. 22. 

ET quand les jours de 
la purification de Ma- 
rie furent acomplis félon 
la Loi de Moïfe j ils le 
portèrent à Jérufalem, pour 
le préfenter au Seigneur. 
Selon ce qui eft écrit dans 
la Loi du Seigneur i Que 
tout mâle ouvrant la ma- 
trice fera apellé faint au 
Seigneur. Et pour ofrir 
Toblation, prcfcrite dans la 
Loi du Seigneur 5 favoir 
une gaire de tourterelles. 



ou deux pigeonneaux. Or 
voici, il y avoit à jérufa- 
lem un homme qui avoit 
nom Siméon : 6c cet 
homme étoit jufte 6c crai- 
gnant Dieu 5 6c il atendoit 
la confolation d'Ifraëlj 6c le 
Saint Efprit étoit fur lui. 
Et il avoit été averti divi- 
nement par le Saint Efprit, 
qu'il ne verroit point la 
mort, que premièrement il 
n'eut vu le Chrift du Sei- 
gneur. Lui donc étant 
pouffé par l'Efprit vint au 
Temple: 6c comme le pè- 
re 6c la mère portoient dans 
le Temple le petit enfant 
Jéfus, pour faire de lui fé- 
lon Tufage de la Loi : Il 
le prit entre fes bras, 6c bé- 
nit Dieu, 6c dit 5 Seigneur, 
tu laiiles maintenant aler 
ton ferviteur en paix félon 
ta parole. Car mes yeux 
ont vu ton falut. Lequel 
tu as préparé devant la face 
de tous les peuples. La lu- 
mière pour éclairer les na- 
tions : 6c pour être la gloire 
de ton peuple d'Ifraël. Et 
jofeph 6c fa mérc s'étonnoi- 
ent des chofes qui étoicnt 
dites de lui. Et Siméon le 
bénit, 6c dit à Marie fa mè- 
re; Voici; celui-ci cil mis 
N 2 pour 



lâo Le Jour de S. Matthias. 

le trébuchemcnt & 



pour 

pour le relèvement de plu- 
fieurs en Ifrael, & pour ê- 
tre un figne auquel on con- 
tredira. (Et même aufll 
une épée percera ta propre 
ame ) afin que les peniees 
de plufieurs cœurs foient 
découvertes. Il y avoit auf- 
fi Anne la Prophetefle, fille 
de Phanuël de la Tribu 
d'Afer, qui étoit déjà a- 
vancée en âge, & qui a- 
voit vécu avec fon mari 
fept ans depuis fa virgini- 
té : Et veuve d'environ qua- 
tre-vingt quatre ans^ elle ne 
bougeoir point du temple, 
fervant Dieu en jeunes & 
en prières, nuit & jour. 
Elle étant donc furvenuë 
en ce même moment, loii- 
'oit auflî de fa part le Sei- 
gneur, & parloir de lui à 
tous ceux qui atendoient 
la délivrance à Jérufalem. 
Et quand ils eurent acom- 
pli tout ce qui eft ordonné 
par la Loi du Seigneur, ils 
s'en retournèrent en Gali- 
lée, à Nazareth leur ville. 
Et le petit enfant croiffoit 
& fe fortifioit en cfprit, é- 
tant rempli de fageflc : «5c 



Le Jour de S. Matthias. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant, qui 
as élu Matthias, ton 
fidèle ferviteur, pour être 
du nombre des douze, en 
la place du traître Judas, 
Fai que ton Eglife étant 
toujours gardée de faux A- 
pôtres, foit conduite & gou- 
vernée par de vrais & fidè- 
les Pafteursj par Jéfus-Chrifl: 
nôtre Seigneur. Amen. 

Tour UEpitre, Ad, 1. 15. 

EN ces jours-là Pierre 
fe leva au milieu des 
difciples (or là étoit aifem- 
blée une compagnie d'en- 
viron fix vingt perfonnes) 
& il dit 5 Hommes frères, 
il faloit que fut acompli ce 
qui a été écrit, & que le Saint 
Efprit a prédit par la bou- 
che de David, touchant Ju- 
das, qui a été le guide de 
ceux qui ont pris Jéfus : 
car il étoit du nombre avec 
nous, & il avoit reçu fa part 
de ce miniftère. 'Mais s'é- 
tant aquis un champ du fa- 
laire de la méchanceté, & 



la grâce de Dieu étoit fur js'étant précipité, il s'eft 
lui. I crevé par le milieu, 6c tou- 

tes 



Le Jour de S. Matthias. i8i 

tes fes entrailles ont été (s'en aler en fon lieu. Puis 
répandues. Ce qui a été ils les tirèrent au fort : 



connu de tous les habitans 
de Jérulâlem : tellement 
que ce champ-là a été a- 
pellé en leur propre langue, 
Haceldama, ccft-â-dire, le 
champ du fang. Car il eft 
écrit au livre desPfeaumes; 
Qiie fa demeure foit dé- 
ferre, & qu'il n'y ait nul 
qui y habite: & qu'un au- 
tre prenne ion adminiftra- 
tion. Il faut donc que 
d'entre ces hommes, qui fe 
font alTemblez avec nous, 
tout le temps que le Sei- 
gneur Jéfus eft aie & venu 
entre nous s en commen- 
çant depuis le batême de 
Jean, jufquau jour qu'il a 
été enlevé d' avec nous 5 
quelqu'un d'entr'eux foit té- 
moin avec nous de fa ré- 
furredion. Et ils en pré- 
fenterent deux, favoir Jo- 
feph, apellé Barfabas, qui 
étoit furnommé juftc; & 
Matthias. Et en priant, 
ils dirent f Toi, Seigneur, 
qui connois les cœurs de 
tous, montre lequel de ces 
deux tu as élu i afin qu'il 
prenne fa part de ce Mi- 
niftère ôc Apoftoiat, dont 
Judas s'cft détourné, pour 



& le fort tomba fur Mat- 
thias 5 qui d'un commun 
acord fut mis au nombre 
des onze Apôtres. 

UEvANGiLE, s. Matth- 
II. 25. 

EN ce tems-là Jéfus pre- 
nant la parole, dit ; 
Je te rens grâces, ô Père, 
Seigneur du Ciel & de la 
terre, de ce que tu as ca- 
ché ces chofes aux fages & 
aux entendus, & que tu les 
as révélées aux petits énfans. 
Il eft ainfi, ô Père, parce 
que tel a été ton bon plai- 
fir. Toutes chofes m'ont 
été données en main par 
mon Père : mais perfonne 
ne connoit le Fils, que le 
Père : ôc perfonne ne con- 
noit le Père, que le Fils, 
ôc celui à qui le Fils Taura 
voulu révéler. Venez à 
moi, vous tous qui êtes 
travaillez ôc chargez ; & je 
vous Ibulagerai. Chargez 
mon joug fur vous; 5c a- 
prencz de moi, que je fuis 
déboxmairc & humble de 
cœur : ôc vous trouverez le 
repos de vos amcs. Car 
N 3 mon 



iSz 



L'Anonciation 



mon joug eft aifé, & mon 
fardeau cil léger. 

L' Anonciatmi de laBien- 
hetireufe Vierge Marie. 



La Collecte, 



N 



Ous te prions, Sei- 
gneur, de répandre 
ta grâce dans nos cœurs 5 
afin que comme par l'en- 
voi d'un Ange, nous avons 
apris l'incarnation de ton 
fils, nous foions auflî con- 
duits par fa croix & par fa 
paillon à la gloire de fa 
réfurredion ; par le même 
Jéfus-Chrift nôtre Seigneur. 
Amen, 

Tour L'Epitre, Ef. 7. 10. 

ET l'Eternel continua 
de parler avec Achas, 
en difant ; Demande un 
figxie pour toi, de l'Eternel 
ton Dieu, demande-le, foit 
au plus bas lieu, foit au plus 
haut. Et Achas dit i Je n'en 
demanderai point, & ne ten- 
terai point rEternel. Alors 
Efaïe dit i Ecoutez mainte- 
nant, ô Maifon de David : 
Vous eft-ce peu de chofe 
de travailler les hommes, 
que vous travailliez auiîi 



mon Dieu ? C'eft pourquoi 
le Seigneur lui-même vous 
donnera un ligne : Voici, 
une Vierge fera enceinte, 
& elle enfantera un fils, & 
apellera fon Nom Emma- 
nuel : Il mangera du heure 
& du miel, jufqu'à-ce qu'il 
fâche rejetter le mal, & 
choifir le bien. 

L'Evangile, S.Luc, t. z6, 

OR au fixiéme mois, 
l'Ange Gabriel fut 
envoie de Dieu dans une 
ville de Galilée, apelléc Na- 
zareth ; vers une vierge fi- 
ancée à un homme nommé 
]ofeph, qui étoit de la mai- 
fon de David : & le nom 
de la vierge étoit Marie. 
Et l'Ange étant entré dans 
le lieu où elle étoit, lui 
dit ; Bien te foit, ô toi qui 
es reçue en 2;race : le Sei- 
gneur eft avec toi : tu es 
bénie entre les femmes. Et 
quand elle l'eut vu, elle 
fut fort troublée à caufe de 
fcs paroles : & elle confi- 
deroit en elle-même quelle 
étoit cette falutation. Et 
l'Ange lui dit; Marie, ne 
crain point : car tu as 
trouvé grâce devant Dieu. 
Et voici, tu concevras en 

ton 



Le Jour d 

ton ventre, & tu enfanteras 
un fils, ôc tu apelleras fon 
nom Jésus. Il fera grand, 
& fera apellé le Fils du 
Souverain, & le Seigneur 
Dieu lui donnera le trône 
de David fon père. Et il 
régnera fur la maifon de 
Jacob éternellement, & il 
n'y aura point de fin à fon 
règne. Alors Marie dit à 
l'Ange; Comment arrivera 
ceci, vu que je ne connois 
point d'homme > Et l'Ange 
répondant, lui dit j Le Saint 
Efprit furviendra en toi, & 
la vertu du Souverain t'é- 
nombrera : c'eft pourquoi 
ce qui naîtra de toi Saint, fe- 
ra apellé le Fils de Dieu. Et 
voici, Elizabcth, ta coufine, 
a auffi conçu un fils en fa 
vieillefle : 6c c'efl: ici le 
fixiéme mois à celle qui é- 
toit apellée ftérik. Car au- 
cune chofe ne fera impof- 
fible à Dieu. Et Marie dit; 
Voici la fcrvante du Sei- 
gneur : qu'il me foit fait fé- 
lon ta parole ! Et l'Ange 
fe retira d'avec elle. 

Le Jour de S. Marc, 
La Collecte, 

Dieu Tout-puiflant, qui 
as inllruit ton Eglife 
x>\i la dodriae cclcftc de 



E S. Marc. \%i 

ton Evangelifte S. Marc ; ne 
permets pas que comme 
des enfans flotans nous foi- 
ons emportez çà & là à 
tous vents de doftrine : fai 
plutôt par ta grâce que 
nous demeurions bien afer- 
mis & bien fondez en la 
vérité de ton Saint Evan- 
gile ; par ]éfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen. 

L'Epitre, Eph. 4. 7. 

LA grâce cft donnée à 
chacun de nous, fé- 
lon la mcfure du don de 
Chrift. C'cft pourquoi il 
eft dit ; Etant monté en 
haut, il a amené captive 
une grande multitude de 
captifs j & il a donné des 
dons aux hommes. Or ce 
qu'il cfl: monté, qu'eft-ce 
autre chofe, finon que pre- 
mièrement il étoit dcfccn- 
du dans les parties les plus 
balles de la terre \ Celui 
qui eft dcfcendu, c'eft le 
même qui cft monté au def- 
fus de tous les Cieux 5 afin 
qu'il remplit toutes chofes. 
Lui-même donc a donné 
les uns pour être Apôtres, 
& les autres pour être 
Prophètes, ôc les autres 
pour être Evangeliftes, 6c 
les autres pour être Paf- 
N 4 . tcurs 



184 Le Jour DE S. Marc? 

tciirs & Doreurs : Pour farmcnt qui ne porte point 



laffemblage des Saints 5 pour 
l'œuvre du MiniftèrCi pour 
rédification du corps de 
Chrift : jufqu à ce que nous 
nous rencontrions tous dans 
l'unité de la foi, & de la 
connoiflance du Fils de 
Dieu, en homme parfait, à 
la mefure de la parfaite fta- 
txu'C de Chrift. Afin que 
nous ne foions plus des en- 
fans fiotans, & emportez ça 
& là à tous vents de doc- 
trine, par la tromperie des 
hommes, ôc par leur ruf 
à féduux artiîicieufement. 
Mais afin que fuivant la vé- 
rité avec la charité, nou.s 
croiffions en toutes cliofes, 
en celui qui eft le chef, 
c cft à dire, Chrift : Duquel 
tout le corps bien ajufté ôc 
ferré cnfcmble par toutes 
les jointures du fournifte- 
ment, prend racroiftement 
du corps, félon la vigueur 
qui eft dans la mefure de 
chaque partie, pour Fédiii- 
Ccition de foi -même, en cha- 
rité. 

L'Evangile, S. Jean, 1 5 . i . 

E fuis le vrai Sep,- & 
mon Père eft le Vigne- 
ron. 11 retranche tout le 



j 



de fruit en moi, ôc il é- 
monde tout celui qui porte 
du fruit; afin quil porte 
plus de fruit. Vous êtes 
déjà nets par la parole 
que je vous ai dite. De- 
meurez en moi, & moi en 
vous : comme le farment 
ne peut point de lui-même 
porter de fruit, s'il ne de- 
meure au fep5 vous ne le 
pouvez point aufli, fi vous 
ne demeurez en moi. Je 
iuis le Sep, & vous en êtes 
les farmens : celui qui de- 
meure en moi, & moi en 
iui, porte beaucoup de fruit: 
car hors de moi, vous ne 
pouvez rien faire. Si quel- 
qu'un ne demeure en moi, 
il eft jette hors comme le 
farment, ôc il fe sèche : 
puis on Tamafie, ôc on le 
met au feu, ôc il brûle. Si 
vous demeurez en moi, Ôc 
que mes paroles demeurent 
en vous, demandez tout ce 
que vous voudrez, ôc il vous 
fera fait. En ceci mon Pè- 
re eft glorifié, que vous 
portiez beaucoup de fruit : 
ôc vous ferez alors mes dif- 
ciples. Comme le Père 
m'a aimé, ainfi je vous ai 
aimez : demeurez en mon 
amour. 



Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques: iSs 

si vous gardez [qui êtes difperfées, falut. 
Mes frères, tenez pour une 
parfaite joie ..quand vous 
tomberez en diverfes ten- 
tations. Sachant que Tépreu- 
& je demeure en fon amour. = vc de vôtre foi produit la 
Je vous ai dit ces chofes 5 j patience. Mais il faut que 
afin que ma joie demeure '^ — — -- -- --- ^..x.,-^ 

en vous, & que vôtre joie 



amour 

mes commandemens, vous 
demeurerez en mon amour : 
comme j'ai gardé les com- 
mandemens de mon Père, 



foit acomplie. 

Le Jour de S, Philippe & 
de S. Jaques. 

La Collecte. 

D^cu Tout-puiiTant, en 
la vraie connoiffancc 
duquel confiftc la vie éter- 
nelle ; fai nous la grâce de 
connoitre parfaitement que 
ton Fils jéfus-Chrift eft le 
chemin, la vérité, & la vie 5 
afin que fuivant les traces 
de tes Apôtres S. Philippe 
& S. jaques nous niar- 
chions conftamment dans 
le chemin qui mène à la 
vie j par le même Jéfus- 
Chrift ton Fils, nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

l UEpitre, S.Jaq. i. i. 

JAqucs, fcrviteur de Dieu 
& du Seigneur jéllis- 
Chriir, aux douze TribuS; 



la patience ait une oeuvre 
parfaite, afin que vous foiez 
parfaits & acomplis, de,, 
forte que rien ne vous 
manque. Que fi quelqu'un 
de vous manque de fa- 
gefle, qu'il la demande à 
Dieu, qui la donne à tous 
bénignement, & qui ne la 
reproche point, & elle lui 
fera donnée. Mais qu'il 
la demande avec foi, ne 
doutant nullement : car ce- 
lui qui doute eft femblablc 
au flot de la mer, agité du 
vent, iSc jette ça & là. Or 
qu'un tel homme ne s'a- 
tende point de recevoir au- 
cune chofc du Seigneur. 
L'homme double de cœur 
eft inconftant en toutes fcs 
voies. Or que le frère qui 
eft de bafie condition le 
glorifie en fon élévation. 
Et que le riche, au contrai- 
re, le glorifie en fa baffe 
condition : car il paffera 
comme la fleur de Therbe. 
Car comme le folcil ardent 

n'cft 



iS6 Le Jour de S. Philippe et de S. Jaques. 

n'eft pas pluftôt levé, que 
rherbe eft brûlée, & fa fleur 
cft tombée, & fa belle ap- 
parence efl périe 5 ainfi le 
riche fe flétrira avec fcs en- 
trcprifes : Bien-heureux efl: 
rhomme qui endure la ten- 
tation 5 car quand il aura 
été éprouvé, il recevra la 
couronne de vie, que Dieu 
a promifc à ceux qui Tai- 
ment. 



UEvANGiLE, S.Jean 14. i, 

JE fus dit à fes difciples, 
que vôtre cœur ne 
foit point troublé : vous 
croiez en Dieu, croiez auflî 
en moi. 11 y a plufîcurs 
demeures dans la Maifon 
de mon Père , s'il étoit au- 
trement, je vous l'eufle ditj 
je vais vous préparer le lieu. 
Et quand je m'en ferai aie, 
5c que je vous aurai prépa- 
ré le lieu, je retournerai, 
& vous recevrai à moi : 
afin que là où je fuis, vous 
j foicz auflî. Et vous fa- 
vez où je vais, 6c vous en 
favcz le chemin. Thomas 
lui dit;; Seigneur, nous ne 
favons point où tu vas, 
comment donc pouvons- 
nous lavoir le chemin : 
jéfus lui dit s ]e fuis le che- 



min, & la vérité, & la vie : 
nul ne vient au Père que 
par moi. Si vous me con- 
noiflîez, vous connoîtriez 
auflî mon Père : mais dès- 
maintenant vous le con- 
noiflez, & vous Tavez vu. 
Philippe lui dit; Seigneur, 
montre nous le Père, & 
cela nous fufit. Jéfus lui 
répondit 5 Je fuis depuis fi 
long-temps avec vous, & tu 
ne m'as point connu ? Phi- 
lippe, celui qui m'a vu a 
vu mon Père 5 & comment 
dis-tu ; Montre nous le Pè- 
re > Ne crois tu pas que je 
fuis en mon Père, & que 
le Père eft en moi > Les pa* 
rôles que je vous dis, je ne 
les dis pas de moi-même : 
mais le Père qui demeure 
en moi, eft celui qui fait 
les œuvres. Croiez moi que 
je fuis en mon Père, ôc que 
le Père eft en moi : finon, 
croiez moi à caufe de ces 
œuvres. En vérité, en vérité 
je vous dis i Celui qui croit 
en moi, fera les œuvres que 
je fais, & il en fera même 
de plus grandes que celles-ci; 
parce que je m en vais à 
mon Père. Et quoi que vous 
demandiez en mon Nom, 
je le ferai. 

S, Bar^ 



Le Jour de S. Barnabas. t%f 

ala à Tarfe, pour chercher 
Saul. Et raiant trouvé, il 
le mena à Antioche i & il 
arriva que durant un an 
tout entier ils s'afTemblerent 
avec TEglife, & enfeigne- 
rent un grand peuple, de 
forte que ce fut première- 
ment à Antioche que les 
difciples furent nommez 
Chrétiens. Or en ces jours- 
là quelques Prophètes dei^ 
cendircnt de Jérufalem à 
Antioche. Et Tun d'eux, 
nommé Agabus, fe leva. Se 
déclara par TEfprit quunc 
2;rande famine devoit arri- 
ver dans tout le moinde : ôç 
en effet, elle arri^/a fous 
Claude Céfar. Et les dif- 
ciples, chacun félon foii 
pouvoir,détermincrei \t d en- 
voler quelque chofc pour 
fubvenir aux frères qui de- 
meuroicnt en Judéco Ce 
quils firent aufli, rcmzoi^nt 
aux Anciens par les i mains 
de Barnabas & de Saul, 



S. Barnabas Apôtre. 
La Collecte. 

SEigneur Dieu Tout-puif- 
fant, qui as enrichi ton 
S. Apôtre Barnabas des 
dons excellens du Saint Ef- 
prit, ne permets pas que 
nous foions deftituez de tes 
dons qui font divers & en 
grand nombre , ni de la grâce 
d'en bien ufer toujours à ton 
honneur & à ta gloire, 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen, 

y^//rL'EpiTRE, Aâ:ii.2 2. 

ET le bruit en vint aux 
oreilles de f Eglife qui 
étoit à jérufalem : c'eft 
pourquoi ils envolèrent Bar- 
nabas pour palier à Antio- 
che. Lequel y étant arrivé, 
& aiant vu la grâce de Dieu, 
il s'en réjouît j & il les ex- 
hortoit tous de perfévcrer 
avec fermeté de cœur au 
Seigneur. Car il étoit hom- 
me de bien, & plein du 
Saint Efprit, & de foi : & 
un grand nombre de per- 
fonnes fe joij2;nirent au Sei- 
Puis Barnabas s'en 



gueur. 



LEvANGiLE, S. Jean, 
15. 12. 



G 



'Eft ici mon commcin-» 
dément, que v ous 
vous aimiez l'un l'ai tre, 
comme je vous ai ain icz, 

Pc;:. 



ISS Le Jour de S. Jean Batiste.' 
Peffonne iVauii plus grand 
âmoar que celui-ci, lavoir, 
quaiidquclquun met la vie 
pour fes amis. Vous ferez 
mes amis, fi vous faites tout 
ce que je vous commande. 
|e ne vous apelle plus fcr- 
viteurs 5 car le ferviteur ne 
fait point ce que fon maître 
fait : mais je vous ai apel- 
lez mes amis; parce que je 
vous ai fait connoitre tout 
ce que )'ai ouï de mon Pè- 
re. Ce n'cft pas vous qui 
m'avez élu : mais c'ell moi, 
qui vous ai élus, & qui vous 
ai établis : afin que vous 
aillez, ôc portiez du fruit, 
& que vôtre fruit Ibit per- 
manent ; afin que tout ce 
que vous demanderez au 
Père en mon Nom, il vous 
le domie. 



S. Jean Batifte, 
La Collecte. 

Dieu Tout-puillant qui 
après avoir fait naî- 
tre miraculeufement Jean 
Batifte, Tcnvoias pour' pré- 
parer le chemin à ton Fils 
nôtre Sauveur en prêchant 
la repentancc ; fai nous la 
lïrace de nous conformer fi 



bien à fa Dodrine & à fon 
exemple, que nous aions 
une véritable repentancc 
telle qu il a prêchée 5 & 
e|ua fon imitation nous 
propofions fincèrement la 
Dodrine du Salut 5 deforte 
que nous reprenions hardi- 
ment le vice ; & que nous 
loufrions patiemment pour 
la caufc de la vérité j par 
Jéfus Chrift nôtre Sauveur. 



TourVEiPiTRE, E{, 40. i. 

COnfolez, confolez mon 
peuple, dira vôtre 
Dieu. Parlez àjérufalem fé- 
lon fon cœur, & lui criez 
que fon temps préfîx eft 
acompii, que fon iniqui- 
té efl: tenue pour acquitée. 



qu'elle a reçu de la main 
de l'Eternel le double pour 
tous fes péchez. La voix 
de celui qui crie au défert 
cil : Préparez le chemin de 
l'Eternel, drcffez parmi les 
landes les fèntiers à nôtre 
Dieu. Toute vallée fera 
comblée 5 & toute^montag- 
ne & tout coteau feront 
abaiflcz j 6c les lieux tortus 
feront redrefiez 5 & les lieux 
raboteux feront aplanis, 

Alors 



Le Jour de S. Jean Batiste^ isp 

Alors la gloire de rEterncllen fon fein.: il conduira 
fe manifeftera, & toute celles qui alaitent. ?> 



chair , eniemble la verra : 
car la bouche de TEternel 
a parlé. La voix dit j Crie: 
Et on a répondu : Que cri- 
erai-) e ? Toute chair eft 
comme Therbe, & toute fa 
grâce eft comme la fleur 
d'un champ. L'herbe eft 
sèchée, & la fleur eft tom- 
bée, parce que le vent de 
rEternel a fouflé deflus : 
vraiment le peuple eft com- 
me rherbe. Ûherbe eft; 
sèchée, .& la fleur eft tom- 
bée : mais la parole de nô- 
tre Dieu demeure éternel- 
lement. Sion, qui anon- 
ces de bonnes nouvelles, 
monte fur une haute mon- 
tagne : Jérufalem, qui a- 
nonces cle bonnes nouvel- 
les, élève ta voix avec for- 
ce : élève-la, ne crain point: 
di aux villes de Juda 5 Voi- 
ci vôtre Dieu. Voici, le 
Seigneur l'Eternel viendra 
contre le fort, & fon bras 
dominera fur lui : voici, 
fon falaire eft par devers 
lui, & fon loïer marche de- 
vant lui. Il paîtra fon trou- 
peau, comme un berger 5 
il affcmblera les agneaux 
entre fcs bras, ôc les lèvera 



L'Evangile, iS*. Luc. i. 57^ 



o 



R le terme d'Eliza- 
beth fut acompti 
pour enfanter: & elle en- 
fanta un fils. Et Tes voi- 
fins, ôc fes parens aiant a- 
pris que le Seigneur avoit 
amplement déclaré fa mi- 
fericorde envers elle^ s'en 
réjouïffoient. avec elle. Et 
il arriva qu'au huitième 
jour ils viiirent pour cir^ 
concire le petit enfant;: ôc 
ils ra;pelloicnt Zacharie^ 
du nom de fon pète. Mais 
fa mère prit là parole, 6c 
dit s Non : mais il fera 
nommé }ean. Et ils lui 
dirent ; ; Il n'y a perfonnè 
en ta parenté, qui foit a^ 
pelle de ce nom. Alors 
ils firent ligne à fon père, 
qu'il déclarât comment il 
vouloit qu'il fut nommée 
Et Zacharie aiant demandé 
des tablettes, écrivit ; Jean 
eft fon nom : & tous en 
furent étonnez. Et à l'inl^ 
tant fa bouche fut ouverte, 
& fa langue déliée : telle- 
ment qu'il parloit en lou- 
ant Dieu. Et tous fes voi- 



fuis 



xpo Le Jour 

fins en furent faifis 
crainte ; & toutes ces 
chofes furent divulguées 
dans tout le pais des mon- 
tagnes de Judée. Et tous 
ceux qui les entendirent 
les mirent en leur cœur, 
difant ; Que fera-ce de ce 
petit enfant > Et la main du 
Seigneur étoit avec lui. 
Alors Zacliarie fon père fut 
rempli du Saint Efprit, & 
il prophétifa, difant i Béni 
foit le Seigneur, le Dieu 
dlfraël, de ce qu il a vifité 
& délivré fon peuple : & 
qu il nous a élevé la corne 
du falut dans la maifon de 
David, fon fcrviteur. Selon 
qu'il avoit dit par la bouche 
de fcs Saints Prophètes, 
qui ont été de tout temps 5 
Que nous ferions fauvez de 
la main de nos ennemis, & 
de la main de tous ceux qui 
nous haïffent : pour exercer 
mifericorde envers nos pères, 
& avoir mémoire de fa fainte 
aliance ; qui cft le ferment 
qu il a fait à Abraham nô- 
tre père : favoir, qu il nous 
donneroit, qu'étant déli- 
vrez de la main de nos en- 
nemis, nous le fervirions 
fans crainte, en fainteté, & 
xn jufticc 



DE S. P I E R R eJ 

de 



es jours de notre vie. Et 
toi petit enfant, tu feras 
apellé le Prophète du Sou- 
verain : car tu iras devant 
la face du Seigneur pour 
préparer fes voies j & pour 
donner connoiffance du fa- 
lut à fon peuple, dans la 
remiflîon de leurs péchez : 
par les entrailles de la mife- 
ricorde de nôtre Dieu, def- 
quelles fOrient d'enhaut, 
nous a vifitez j afin de re- 
luire à ceux qui font aflîs 
dans les ténèbres, & dans 
l'ombre de la mort j ôc pour 
adrcfler nos pieds au che- 
min de la paix. Et le pe- 
tit enfant croiflbit, & fe 
fortifioit en efprit : & il 
fut dans les déferts jufqu au 
jour qu'il devoir être ma- 
nifefté à Ifraél. 

Le Jour de S^ Pierre. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant qui 
as rempli de dons 
excellens ton Apôtre S. 
Pierre, & lui as expreffe- 
meut commandé c(e paitre 
ton troupeau 5 nous te 
fuplions de faire que tous 
les Evcques & tous les Paf- 
dcvant lui, tousjteurs prêchent diligemment 

3 ta 



Le Jour de 

ta Sainte Parole, & que 
le peuple s'y foumette en 
toute obéïflance, afin que 
les uns & les autres puiflent 
obtenir la couronne incor- 
ruptible de gloire j par Jé- 
fus Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

;y(7«r UEpitre, Ad. 12. i. 

EN ce même temps le 
Roi Hérode fe mit à 
mal-traiter quelques-uns de 
ceux de TEglife. Et fit 
mourir par Tépée Jaques, 
frère de Jean. Et voiant 
que cela ètoit agréable aux 
Juifs, il continua, en fai- 
fant prendre auflî Pierre. 
Or c'étoit les jours des 
pains fans levain. Et quand 
il Teut fait prendre, il le 
mit en prifon, & le donna 
à garder à quatre bandes, 
de quatre foldats chacune, 
le voulant produire au fu- 
plice devant le peuple après 
la fête de Pâque. Ainfi 
. Pierre étoit gardé dans la 
f rifon : mais TEglife faifoit 
fans ceffe des prières à Dieu 
pour lui. Or dans le temps 
qu*Hérode étoit prêt de 
lenvoier au fupplicc, cette 
nuit-là même Pierre dor- 



S. Pierre. 191 

moit entre deux foldats, lié 
de deux chaînes, & les gar- 
des qui étoient devant la 
porte, gardoient la prifon. 
Et voici, un Ange du Sei- 
gneur furvint, & une lumi- 
ère refplendit dans la prifon, 
& FAngc frapant le côté 
de Pierre, le reveilla ; en lui 
dîfant i Levé toi légère- 
ment, & les chaines tom- 
bèrent de fes mains. Et 
TAnge lui dit ; Cein-toi, 
& chauffe tes fouliers : ce 
qu'il fit. Puis il lui dit ; 
jette ta robe fur toi, & 
me fui. Lui donc fortant, 
le fuiviti mais il ne favoit 
point que ce qui fe faifoit 
par l'Ange fut vrai ; & il 
croioit voir quelque vifion. 
Et quand ils eurent paffc 
la première & la féconde 
garde, ils vinrent à la porte 
de fer, par où 1 on va à la 
ville i & cette porte s'ou- 
vrit à eux d'elle-même : 
ôc étant fortis ils paffcrent 
une rue ; & incontinent 
l'Ange fe retira d'auprès àz 
lui. Alors Pierre étant re- 
venu à foi, dit j ]c connois 
a cet heure véritablement 
que le Seigneur a envoie 
fon Ange 3 & qu'il m'a dé- 
livré de la main d'Hérode, 



E 



'Ïp2 Lé JoiTR D 

& de toute Tatelite du peu- 
'ple JuifV' r^^iii...:^ :..y.^ ^.,^ 

. :X,'EvANG4PE, : S. Majtth. , 

T Jélus vènàn!: m^ 
quartiers de Céfàréc 
de Philippe, interrogea fcs 
'Difciples, -eil diiant 5 Ç^i 
difent les hommes que je 
fuis, moi le Fils de Thom- 
me ? Et ils lui repondirent î 
Lés uns difent que tu es 
Jean Batifte : ^ les autres, 
^Elie : & les autres, Jérémie, 
ou l'un des Prophètes. Il 
-leur dit 5 Et vous, qui di- 
tes-vous que j e fuis ? Simon 
Pierre répondit, èc dit : 
Tu es le Chrift, le Fils du 
Dieu vivant. Et jéfus ré- 
pondit, & dit 5 Tu es bien- 
heureux, Simon fils de Jo- 
na : car la chair & le fang 
ne te Ta pas révélé 5 mais 
mon Père qui eft aux Cieux. 
Et je te dis aullî, que tu es 
Pierre, & fur cette Pierre 
j'édifierai mon Eglife : & 
les portes de fenfer ne pré- 
vaudront point contr'elle. 
Et je te donnerai les clefs 
du Roiaume des Cieux : & 
tout ce que tu auras lié fiir 
la terre, fera lié dans les 
Cieux : & tout ce que tu 



-auras délié fur la terre, fê- 
ta déli^ dans les Cieux. . 

S, Jaques Apôtre > 

La C ol l e c t e. 

ODieu très mifericor- 
dicux, fai nous la 
grâce, que comme ton bien- 
heureux Apôtre S. Jaques 
quita fans délai fon père, 
& tout ce qu'il avoit, '8c 1 
fut obéïflant à la vocation 
de ton fils jéfus-Chrift, & , 
le fuivit, nous puiiîîons auffi ' 
en renonçant à toutes lès 
afedions de la chair & du 
monde, être toujours prêts 
à obéir à tes Saints Coni- 
mandements i par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- \ 

7nen» ■ 

.-.vig -nui .. . \ h 
Tour LTpitre, Aft. 1 1 .27. 
6C12.1. 

EN ces jours -là quel- 
ques Prophètes defcen^ | 
dirent de ]érufalem à An- 
tioche. Et l'un d'eux, nom- 
mé Agabus, fe leva; & dé- 
clara par l'Efprit, qu'une 
grande famine deVoit arri- 
ver dans tout le monde: 
& en effet elle arriva fous 
Claude Céfar. Et les dif- 
ciplcs, chacun félon Ion 
pouvoir^ 



Le Jour pe S. Jaq^ues^ 



jpouvoîr, déterminèrent d'en- 
voier quelque chofe pour 
^ûvenir aux frères qui de- 
meuroient en Judée. Ce 
qu'ils firent auiîî, Tenvoi- 
ant aux Anciens par les 
mains de Barnabas & de 
Saul. Et en ce même 
temps, le R,oi Hérode fe 
mit à mal-traiter quelques- 
uns de ceux de TEgUfe. Et 
il fît mourir par Tépée Ja- 
ques frère de Jean. Et: vol- 
ant que cela etoit agréable 
aux Juifs, il continua^ en 
faifant prendre aufli Pierre. 

JL'EvANGiLE, S, Matth. 

20. 20. 

A Lors la mère des fils 
de Zébédée vint à 
Jéfus avec fes fils, fe prof- 
t:ernant, & lui demandant 
quelque chofe. Et il lui 
^iit 5 Que vcux-tu ? Elle 
lui dit; Ordonne que mes 
deux fils qui font ici, foi- 
çnt afîîs fun à ta main 
droite ; & Tautre à ta gau- 
che dans ton Roiaume. Et 



195: 

& être bâtifez du batême 
dont je dois être bâtifé ? 
Ils lui répondirent i Nous 
le pouvons. Et il leur dit ; 
Il eft vrai, que vous boirez 
ma coupe 5 & que vous fe- 
rez bâtifez du batcme dont 
je ferai bâtifé: mais d'être 
afîîs à ma droite, ou à ma 
gauche, ce neft point a 
moi de le donner : mais il 
fera donné à ceux à qui il 
efl préparé par mon Père. 
Les dix autres aiant ouï ce- 
la, furent indignez, contre 
les deux frères. Mais Jé- 
fus les aiant apellez, leur 
dit; Vous favez que les 
Princes des nations les mai- 
trifent, 6c que les Grands 
ufent d'autorité fur elles. 
Mais il nen fera pas ainfî 
entre vous : au contraire, 
quiconque voudra être 
grand entre vous, qu il loit 
votre ferviteur. Et qui- 
conque voudra être le pre- 
mier entre vous, qu il foit 
vôtre ferviteur. De même 
que le Fils de Thomme 
n eft pas venu pour être fer- 



en 



Jéfus répondit, & dit 5 Vous vij mais pour ferviri & a- 
ne favez ce que vous de- 1 fin de donner fa vie er 
mandez. Pouvez vous boire rançon ^our plufîeurs. 
la coupe que je dois boire, 

' O S, 



t94 Le Jour de S. 
S, Bi^dTHELEMi Afôtre. 

La Collecte. 

ODieu Tout-puiflant & 
Eternel, qui as fait 
la grâce à ton Apôtre Bar- 
thelemi de croire fincere- 
ment & de prêcher ta Pa- 
role 5 donne à ton Eglife, & 
d'aimer ta Parole qu'il a 
creuë, & de recevoir & de 
prêcher ce qu'il a enleigné ; 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur, Amen. 

Tour UEpitre, Afl:. 5. 12. 

ET beaucoup de pro- 
diges & de miracles 
fe taifoient parmi le peuple 
par les mains des Apô- 
tres 5 & ils étoient tous 
d'un açord au portique de 
Salomon, Cependant nul 
des autres n'ofoit fe join- 
dre à euxj mais Iç peuple 
les loiioit hautement. Et 
le nombre de ceux qui 
croioient au Seigneur, tant 
d^hommes que de femmes, 
fe multiplioit de plus en 
plus. Et on aportoit les 
malades, dans les rues, & 
on les mettoit fur de petits 
lits §ç fur des couchettes; a- 
fin que, quand Pierre vicn- 
droit, au moins fon ombre 



B A R T H E L E M i; 

paffat fur quelqu'un d'eux:» 
Le peuple auffi des villes 
voifines s'aflembloit à "jéru- 
falem, aportant les malades, . 
& ceux qui étoient tour- 
mentez des Efprits immon- 
des : 6c tous étoient guéris, 

L'Evangile, S. Luc, 

22. 24. 

IL arriva auflî une con- 
teftation entr'cux, pour 
lavoir lequel d'entr'eux fe- 
roir eftimé le plus grand. 
Mais il leur dit j Les Rois 
des nations les maîtrifent 8 
ôc ceux qui ufent d'autori- 
té fur elles, font nommez 
bienfaifteurs. Mais il n'en 
fera pas ainfl de vous : au 
contraire, que le plus grand 
entre vous, foit comme le 
moindre ; & celui qui gou- 
verne, comme celui qui fert. 
Car lequel eft le plus grand, 
celui qui eft à table, ou ce- 
lui qui fert ? n'cft-ce pas 
celui qui eft à table ? or 
je fuis au milieu de vous 
comme celui qui fert. Or 
vous êtes ceux c[ui avez 
perfévéré avec riioi dan^ 
mes tentations. C'eft pour- 
quoi je vous difpole le 
Roiaume, comme mon Pè- 
re mç l'a difpofé. Afin 

que 



Le Jour de 

jquc vous mangiez & bcu- 
viez à ma table dans mon 
Roiaume, & que vous ioiez 
affis fur des trônes, juge- 
ant les douze Tribus dlf- 
racl. 

S. Matthieu Apôtre. 
La Collecte. 

Dieu Tout-puifîant, qui 
par ton Fils bien- 
aimé as apellé Matthieu du 
lieu du péage à la charge 
d'Apôtre & d'Evangelifte 5 
fai nous la grâce de renon- 
cer à tous défirs d avarice, 
& tout amour déréglé 
des richôiTesi & de fuivre 
ton Fils Jéfus-Chrift, qui 
en Tunité du Saint Efprit 
vit & règne avec toi, un 
feul Dieu éternellement. A- 
men. 

L'Epitre, 2. Cor. 4. i. 

C'Eft pourquoi aiant ce 
Miniftère félon la mi- 
fericorde que nous avons 
reçue, nous ne nous relâ- 
chons point. Mais nous a- 
vons entièrement rejette les 
cachettes de honte, ne mar- 
chant point avec rufe, & 
ne falfifiant point la parole 
de Dieui l'^'^ais nous rcn- 



S. Matthieu. 195 

dant aprouvez à toute con- 
fcience des hommes devant 
Dieu, par la manifeftation 
de la vérité. Que fi nôtre 
Evangile eft encore cou- 
vert, il eft couvert à ceux 
qui périlTent : Defquels le 
Dieu de ce fiécle a aveuglé 
les entendemens, c*eft-a- 
dire, des incrédules; afin 
que la lumière de TEvan- 
gile de la gloire de Chrift, 
lequel eft Timage de Dieu, 
ne leur refplendit point. 
Car nous ne nous prêchons 
pas nous-mêmes, mais nous 
prêchons Jéfus- Chrift le 



Seigneur : & nous décla- 
rons que nous fommes vos 
ferviteurs pour Tamour de 
Jéfus. Car Dieu, qui a dit 
que la lumière refplendit 
des ténèbres, eft celui qui 
a relui dans nos cœurs, 
pour donner rillumination 
de la connoifiance de la 
gloire de Dieu, en la face 
de jéfus- Chrift. 

L'Evangile, S. Matth. 9. 9. 

PUis Jéfus pafîant plus 
avant vit un homme, 
nommé Matthieu, aftîs au 
lieu du Péage, & il lui diti 
Sui-moi : & il fe leva, & le 
fuivit. Et comme Jéfus é- 
O z toit 



^iç6 Le Jour de S. Michel et de tous les Anges. 

toit à table dans la mai- 
fon de Matthieu, voici, plu- 
fieurs péagers, & des gens 



de mauvaife vie qui étoient 
venus là, fe mirent à table 
avec Jéius ôc fes difciples. 
Ce que les Pharifiens aiant 
vu, ils dirent à fes difci 
plesj Pourquoi vôtre Mai 
tre mange-t-il avec des péa 
gers & des gens de mau- 
vaife vie ) Mais Jéfus Fai- 
ant entendu, leur dits Ceux 
qui font en fanté n'ont pas 
befoin de médecin : mais 
ceux qui fe portent mal. 
Mais alez, & aprenez ce que 
veulent dire ces paroles j 
J e veux mifcricorde, & non 
pas facrifice : car je ne fuis 
pas venu pour apcller à la 
repentance les juftes s inais 
les pécheurs, 

S. Michel & tous les 
Anges. 



fendent fans ceffe par ton 
ordre fur la terre 3 par Jé- 
fus- Chrift nôtre 
Amen. 



Seigneur, 



ET. 



O 



La Collecte. 

Dieu Eternel, qui as 



établi & règle les di- 
vers miniftères des Anges 
& des hommes dans un or- 
dre admirable j fai par ta 
graçe, que comme tes Saints 
Anges te fervent continu- 
ellement dans le Ciel, ils 
nous fccourcnt 6c nous dé- 



TouT L'Epi tre, Apoc. 
12. 7. 

il y eut une batail- 
le au Ciel, Michel ôc 
fes Anges combattoient con- 
tre le Dragon : & le Dragon 
(5c fes Anges combattoient. 
Mais ils ne furent pas les 
plus forts, & leur place ne 
fut plus trouvée dans le Ciel. 
Et le grand Dragon, le Ser- 
pent ancien, apellé le Di- 
able & Satan, qui féduit le 
monde, fut précipité en la 
terre, & fes Anges furent 
précipitez avec lui. Alors 
j'ouïs une grande voix dans 
le Ciel, qui difoiti Main- 
tenant eft le falut, & la 
force, & le règne de notre 
Dieu, & la puiffance de fon 
Chrift : car facufc teur de 
nos frères, qui les acufpit 
devant nôtre Dieu jour & 
nuit, a été précipité. Et 
ils Tout vaincu à caufe du 
fang de Tagneau, & à caufe 
de la parole de leur té- 
moignage 5 & ils n'ont point 
aimé leurs vies: mais les 
ont expofécs à la mort. 

C'cfl 



Le Jour 

C'eft pourquoi réjouiïTez- 
vous, Cieux, & vous qui y 
habitez : mais malheur à 
vous habit ans de la terre & 
de la mer: car le Diable 
eft defcendu vers vous en 
grande fureur, fâchant qu'il 
a peu de temps. 

L'Evangile, S. Matr. 1 8. i . 

EN cette même heure- 
là les difciples vinrent 
à Jéfus, en luidifant; Qui 
eft le plus grand au Roi 
aume des Cieux? Et Jéfus 
aiant apellé un petit enfant, 
le mit au milieu d'eux : Et 
leur diti En vérité je vous 
dis, que fi vous n êtes chan- 
gez, & ne devenez com- 
me de petits enfans, vous 
n'entrerez point dans le 
Roiaume des Cieux. C'eft 
pourquoi quiconque fe fera 
humilié foi-même, comme 
eft ce petit enfant, celui-là 
eft le plus grand au Roiau- 
me des Cieux. Et quicon- 
que reçoit un tel petit en- 
fant en mon Nom, il me 
reçoit. Mais quiconque 
fcandalife un de ces petits 
qui croient en moi, il lui 
vaudroit mieux qu'on lui 
pendit une meule d'âne au 
cou, & qu'on le icttat au 



DE S. Luc,' lp7 

fond de la men Malheur 
au monde à caufe des fcan- 
dales : car il eft néceflairc 
qu'il arrive des fcandales: 
toute fois malheur à l'hom- 
me par qui le fcandale ar- 
rive. Qiie fi ta main, ou 
ton pied te fait broncher, 
coupe-les, ôc les jette loin 
de toi: car il vaut mieux 
que tu entres boiteux, ou 
manchot dans la vie, que 
d'avoir deux pieds, ou deux 
mains, & d'être jette au 
feu éternel. Et fi ton œil 
te fait broncher i arrache- 
le, & le jette loin de toi : 
car il vaut mieux que tu 
entres dans la vie, n'aiant 
qu'un œil, que d'avoir deux: 
yeux, & d'être jette dans 
la géhenne du feu. Prenez 
garde de ne méprifcr aucun 
de ces petits ; car je vous 
dis, que dans les Cieux leurs 
Anges regardent toujours 
la face de mon Père qui eft 
aux Cieux. 

S. Luc l'EvangeliJie. 
La Collecte. 

Dieu Tout-puiflant, qui 
as apellé Luc le Mé- 
decin, dont la louange eft 
en l'Evangile, pour être 
ton Evangelifte & notre 



O 3 



Me- 



198 Le Jour 

Médecin fpirituel 5 donne 
éficace par t^ grâce aux re- 
mèdes falutaires de fa doc- 
trine, pour guérir toutes 
les maladies de nôtre ame j 
par les mérites de ton Fils 
Jéfus-Chrift nôtre SeigHcur. 
Amen. 

L'EpitrE;, 2 Tim. 4. 5, 

MAis toi, veilles en 
toutes chofcs, foufre 
les afiidions, fai l'œuvre 
d'un Evangelifte, ren ton 
Miniflère pleinement ap- 
prouvé. Car pour moi, je 
m'en vais maintenant être 
mis pour afperfion du fa- 
crifice, & le temps de mon 
délogemcnt eft proche. J'ai 
combattu le bon combat, 
j'ai achevé la courie, j'ai 
gardé la foi : Qiiant au 
rcfte, la couronne de juftice 
m'eft refervée, & le Sei- 
gneur, jufte Juge, me la 
rendra en cette journée-là, 
& non feulement à moi, 
mais aufïï à tous ceux qui 
auront aimé fon aparition. 
Hâte-toi de venir bien-tôt 
vers moi. Car Dénias m'a 
abandonné, aiant aimé le 
préfent fiécle, & il s'en cfl 
^lé à Theffalonique \ Crct 



DE S, Lu a 

cens cft aie en Galatîe, éc. 
Tite en Dalmatie. Luc cft 
feul avec moi : Pren Marc, 
& amene-le avec toi : car 
il nVeft fort utile pour le 
Miniftère. J'ai auflî envoie 
Tichique à Ephefe. Qiiand 
tu viendras aporte avec toi 
le manteau que j'ai laiffé à 
Troas chez Carpe, & les 
livres auflî ^ mais princi- 
palement les parchemins. 
Alexandre le forgeron m'a 
fait beaucoup de maux : le 
Seigneur lui rende félon 
fes oeuvres. Garde-toi donc 
de lui 5 car il s^eft fort op- 
pofé à nos paroles. 

UEvANGiLE, S. Luc. 10. i; 

OR après ces chofes, k 
Seigneur en ordonna 
aufli foixante-dix autres j. 
& les envoia deux-à-deux 
devant lui, dans toutes les 
villes & dans tous les lieux, 
où il devoit aler. Et il leur 
difoit 5 La moiflbn eft gran- 
de i mais il y a peu d'ou- 
vriers : priez donc le Seig- 
neur de la moiffon qu'il 
pouffe des ouvriers dans fa 
moiflbn. Alez, voici, je 
vous envoie comme des 
aaneaux au milieu des loups., 



Le Jour de S. Simon Et de S. Judé. I9SÇ 

Ne portez ni bourfe, ni 



malette, ni fouliers : & ne 
falucz perfonne dans le 
chemin. Et en quelque 
maifon que vous entriez, 
dites premièrement } Paix 
foit à cette maifon. Qlic 
sil y a là quelqu'un qui 
foit digne de paix, vôtre 
paix repofera fur lui : fi- 
non, elle retournera à vous. 



UEpitre, s. Jude, i^ 

JUde ferviteur de Jéfus- 
Chrift, & frère de Ja- 
ques aux apellez qui font 
fandifiez en Dieu le Père, 
& confervez par Jéfus- 
Chrift : Mifericorde, & paix 
& dileftion vous foient 
multipliées. Mes bien-ai- 
Imez, comme je m'étudie 
Et demeurez dans cette | entièrement à vous écrire 

du falut qui nous efl: com- 
mun, il m'a été néceffairc 
de vous écrire, pour vous 
exhorter à foûtenir le com- 
bat pour la foi, qui a été 
une fois donnée aux Saints. 
Car quelques-uns fe font 
gliffez parmi vous, qui dès 
long-temps auparavant ont 
été écrits pour une telle 
condamnation 5 gens fans 
piété, qui changent la grâce 
de nôtre Dieu en diffolu- 
tion, & qui renoncent le 
feul Dominateur Jéfus- 
Chrift nôtre Dieu & Sei- 
gneur. Or je veux vous 
faire fouvenir d'une chofe 
que vous favez déjà 5 c'eft 
que le Seigneur aiant dé- 
livré le peuple du pais 
d'Egypte, il détruifit enfuite 
ceux qui n'avoient point 
cru. Et qu'il a refervé 
O 4 fous 



maifon, mangeant 6c beu- 
vant de ce qui fera mis de- 
vant vous : Car l'ouvrier 
cft digne de fan falaire. 

S. Simon & S. Jude, 
A^otres, 

La Collecte. 

Dieu Tout-puifTant, qui 
as édifié ton Eglife 
fur le fondement des Apô 
très ôcdes Prophètes, Jéfus- 
Chrift lui-même étant la 
Maîtrcfle pierre du coin 5 
fai que nous foions telle- 
ment joints enfemble en 
l'unité de TEfprit par leur 
doftrine, que nous foions 
faits un faint Temple qui 
te foit agréable j par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur, A- 
men. 



20O Le Jour 0e S. Si 

fous robfcurité, dans des 
liens éternels, jufqu au juge- 
ment de la grande journée, 
les Anges qui n ont pas 
gardé leur origine, mais qui 
ont abandonné leur propre 
demeure. Et que Sodome 
& Gomorrhe, & les villes 
voifincs qui s'étoient aban- 
données en la même ma- 
nière que celles-ci à Tim- 
pureté, & s'étoient débor- 
dées après une autre chair, 
ont été mifes pour fervir 
d'exemple, aiant reçu la 
punition du feu éternel : 
Nonobftant cela ceux-ci 
tout de même s'étant en- 
dormis dans le vice, fouil- 
lent leur chair, méprifent 
la domination, & blâment 
les dignitez. 

I/EvANGiLE, S.Jean 15.17. 

JE vous commande ces 
chofes 5 afin que vous 
vous aimiez Tun Tautre. 
Si le monde vous a en 
haine, fâchez qu il m'a eu 
en haine avant vous. Si 
vous euffiez été du monde, 
le monde aimeroit ce qui 
feroit fien : mais parce que 
vous n'êtes pas du monde, 
& que je vous ai ékis du 
monde, à caufe de cela le 



MON ET DE S. JUDE. 

monde, vous a fen haine; 
Souvenez-vous de la parole 
que je vous ai dite ; que le 
ierviteur n eft pas plus grand 
qne fon maître. S'ils m ont 
perfécuté, ils vous perfé- 
cuteront auflî ; s'ils ont gar- 
dé ma parole, ils garderont 
aullî la vôtre. Mais ils 
vous feront toutes ces cho- 
fes à caufe de mon Nom 5 
parce qu'ils ne connoifTent 
point celui qui m'a envoie. 
Si je ne fuffe point venu, 
& que je n'euffe point par- 
lé à eux, ils n'auroient point 
de péché : mais mainte- 
nant ils n'ont point d'cxcufe 
de leur péché. Celui qui 
m'a en haine, a aulli en 
haine mon Père. Si je 
n'eufle pas fait parmi eux 
les oeuvres qu'aucun autre 
n'a faites, ils n'auroient 
point de péché : mais main- 
tenant ils les ont vûësj & 
toutefois ils ont eu en haine 
& moi, & mon Père. Mais 
c'eft afin que foit acomplie 
la parole qui eft écrite en 
leur Loi i Ils m ont eu en 
haine fans caufe. * Mais 
quand le Confolateur fera 
venu, lequel je vous en- 
volerai de la part de mon 
Père, favoir, TElprit de vé- 
rité. 



La Tou 

rite, qui procède de mon 
Père, celui-là rendra té- 
moisnasce de moi. Et vous 
aufli en rendrez témoig- 
nage : car vous êtes dès 
le commencement avec 
moi. 

La Toussaint s. 
La Collecte. 

Dieu Tout-puiirant;^ qui 
as joint enfembletes 
Elus dans une même foci- 
été, 6c dans une même 
communion pour en faire 
le corps my ftique de J éfus- 
Chrift ton Fils Unique nô- 
tre Seigneur ; fai nous la 
grâce de fuivrc l'exemple 
de ceux de nos frères que 
tu as reçu dans la gloire 
éternelle 5 afin que par Timi- 
tation de leurs vertus, nous 
parvenions à leur bonheur, 
& que nous jouïffions éter- 
nellement de CCS biens iné- 
narrables que tu as prépa- 
rez à ceux qui t aiment en 
vérité. Exauce nous par 
]éfus- Chrift ton Fils nôtre 
ïeul Avocat, &: Médiateur. 
Amen, 

y<?^/rUEpiTRE, Apoc. 7. 2. 

PUis je vis un autre Ange 
qui montoit du côté 



s s A I N T s. 



201 



de rOrient, tenant le feau 
du Dieu vivant, & il cria 
à haute voix aux quatre 
Anges qui avoient eu or- 
dre de nuire à la terre, & 
à la mer. Et leur dit 5 Ne 
nuifez point à la terre, ni 
à la mer, ni aux arbres, 
jufqu' à ce que nous aions 
marqué les ferviteurs de 
nôtre Dieu fur leurs fronts. 
Et j'entendis que le nombre 
des marquez étoit de cent 
quarante quatre mille, qui 
furent marquez de toutes 
lesTribus des enfans d'ifraël. 
Savoir de la Tribu de Juda, 
douze mille marquez : de 
la Tribu de Ruben, douze 
mille marquez : de la Tribu 
de Cad, douze mille mar- 
quel : de la Tribu dAfer, 
douze mille marquez : de 
la Tribu de Ncphthali, 
douze mille marquez : de 
la Tribu de Manaffé, douze 
mille marquez : de la Tri- 
bu de Siméon, douze mille 
marquez : de la Tribu de 
Lévi, douze mille marquez : 
de la Tribu dlffachar, douze 
mille marquez : de la Tribu 
de Zabulon, douze mille 
marquez : de la Tribu de 
Jofeph, douze mille mar- 
quez : de la Tribu de Ecn- 
I jamiu. 



La Toussaint!?. 



202 

jamin, douze mille mar- 
quez. Après cela, je re- 
gardai, & voici une grande 
multitude de gens, que per- 
fonne ne pouvoit compter, 
de toutes nations, & tribus, 
& peuples, & langues, lef- 
quels i'e tenoient devant le 
trône, & en la préience de 
l'agneau, vêtus de longues 
robes blanches, & aiant des 
palmes en leurs mains: Et 
ils crioient à haute voix, 
en dilant 5 Le falut eft de 
nôtre Dieu, qui eft affis fur 
le trône, & de Tagneau. 
Et tous les Anges fe tenoi- 
ent autour du trône, & des 
Anciens, & des quatre ani- 
maux, & ils fe profterne- 
rent devant le trône fur 
leurs faces, & adorèrent 
Dieu, en difant 5 Amen s 
loiiange, & gloire, ôc fageffe, 
& aclions de grâces, & hon- 
neur, & puiflance, & force 
foient à nôtre Dieu, aux 
fiécles des fiécles ^ Amen, 



L'Evangile, S. Matth. 5.1. 

JESUS voiant tout ce 
peuple, monta fur une 
montagne : puis s'étant af- 
fis, fes difciples s'aproche- 
rent de lui. Et aiant ou- 
vert fa bouche, il les en- 
feignoit, en difant i Bien- 



heureux font les pauvres cii 
efprit: car le Roiaume des 
Cieux eft à eux. Bien-heu- 
reux font ceux qui pleu-^ 
rent : car ils feront confo- 
lez. Bien-heureux font les 
débonnaires : car ils héri- 
teront la terre. Bien-heu- 
reux font ceux qui ont faim 
& foif de la juftice : car ils 
feront raftafiez. Bien-heu- 
reux font les mifericor- 
dieux: car miferidorde leur 
fera faite. Bien-heureux 
font ceux qui font nets de 
cœur : car ils verront Dieu. 
Bien-heureux font ceux qui 
procurent la paix : car ils 
feront apellez enfans de 
Dieu. Bien-heureux font 
ceux qui font perfécutez 
pour la juftice : car le Roi- 
aume des Cieux eft à eux. 
Vous ferez bien-heureux 
quand on vous aura injuri- 
ez 6c perfécutez \ & quand, 
à caufe de moi, on aura dit 
contre vous, en mentant, 
quelque mauvaife parole 
que ce foit. Réjouiïïcz 
vous & treffaillez de joie, 
parce que vôtre recom- 
penfe eft grande dans les 
Cieux. Car on a ainfi per- 
fécuté les Prophètes qui ont 
été avant vous. 

L'OR« 



1a C o m m u n I o ît; 



20!^ 




L'ORDRE 

Pour L'Administration. 
Delà SAINTE CENE, ou COMMUNION. 



Tous ceux qui fe propofent de 
participer à la Sainte Commu- 
niên^ le feront /avoir au Mi- 
nière quelque heure du jour 
précèdent. 

Que s'il s en trouve quelquun de 
fi mauvaife vie, que VEglife 
en foit fcandalifée ; ou qui ait 
fait quelque tort à fou pro- 
chain par fes paroles ou par 
fes allions : le Minijîre en ni- 
ant connoîjfance Vapellera^ & 
V avertira de ne pas préfumer 
d'aprocher de la table du Sei- 
gneur y que premièrement il 
n'ait donné des témoignages ê- 
videns de fa repentance & de 
fon amendement de vie ', afin 
de fatisfaire à VEglife qui en 
auroit été fcandalifée : & qu'il 
^'ait donné contentement à ceux 
auf quels il auroit fait tort ; ou 
qu'il n'ait fait parottre^ four 
le moins ^ qu'il a bonne inten- 
tion de le faire le plutôt qu'il 
i^i fera pojjtbie. 



Le Miniflre en ufera de même en-- 
vers ceux entre lefquels il ver- 
ra qu'il y a de la haine & de 
la rancune: ne leur permet- 
tant point de participer à la 
table du Seigneur ^ jufques à ce 
qu'il fâche qu'ils foient recm- 
ci liez,. Que fi tune des par^ 
ties efl contente de pardonner 
de bon cœur le tort qui auroit 
été fait ; & de re parer les 
fautes quelle auroit peu com^ 
mettre de fon coté -^ Ù qu^ 
Vîaîgré celay l'autre partie ne 
vueille point s'acommoder, ni 
fe laiffer pevfuader à faire une 
bonne paix ; mais au contraire^ 
demeure dans fon opiniâtreté 
& dans fa malice ; En ce cas^ 
le Miniflre doit admettre à la 
Communion celui quife repenti 
mais non pas l'autre qui ton-' 
tinue dans fon opiniâtreté; 
mais ^'^^ec cette limitation^ que 
tout Miniflre qui aura rejette 
quelqu'un en la manière qui a 
l été 



;04 



La C o m m u n I o n^ 



été fpéci fiée en ce paragraphe^ 
ou dans celui qui précède im- 
médiatement^ fera (obligé d^en 
informer l'Ordinaire ^ & de lui 

" en rendre raifon quinz,e jours 
après pour le plus tard. Et 
tOrdinatre procédera contre la 
ferfonne of enfante fuivant le 
Canon. 

La l'aile^ lors quon fera la 
Sainte Cène^ étant couverte 



d\ne belle nape bien blanche^ 
fera dans le corps de l'Eglife 
ou dans le Cœur, au lieu où il 
efl ordonné défaire les Prières 
du Matin & du Soir. Et le 
Prêtre étant debout auprès de 
la Table du coté du Nord, di^ 
va VOraifon Dominicale avec 
la CoUeBe fuivante^ le peuple 
étant à genoux. 



Nôtre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
iandifié. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne nous aujourd'hui 
notre pran quotidien. Et 
nous pardonne nos ofen- 
fes, comme nous pardon- 
nons à ceux qui nous ont 
ofenfez. Et ne nous in- 
dui point en tentation : 
mais délivre nous du ma- 
lin. Amen. 

r\Ieu Tout-puiflànt, à 
J qui tous les cœurs 
font découverts, à qui tous 
les défirs font connus, & à 
qui nul fecret n efl: caché j 
fanftific nos penfées & nos 
afedions par l'opération de 
ton Saint Efprit : afin que 
nous puiflions faimer par- 
faitcmentp ôc célébrer dig- 



nement ton Saint Nom i 
par Jélus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

Alors le Prêtre fe tournant vers U 
peuple, récitera diftinEîement les 
Dix Commande mens: 
Ù le peuple étant à genoux, 4- 
près chaque Commandement^ 
demandera pardon à Dieu de 
ravoir tranfgreffé par le paffé; 
& implorera le fecours de fa, 
grâce, afin de le pouvoir gar^ 
der à l'avenir : en la manière 
qui fuit, 

ExoD. ch. XX.' 

Le Minijlre, 

Dieu prononça toutes 
ces paroles, difant ^ 
) e fuis TEternel ton Dieu. 
Tu n'auras point d'autres 
Dieux devant ma face. 
Le Tetiple. 
Seigneur aie pitié de 

nous 5 & incline nos coeurs 

\ 



La Communion.' 



20S 



ce Commande- 



a garder 
ment. 

Le Miniftre. 

Tu ne te feras point dl- 
mage taillée, ni aucune ref- 
femblance des chofes qui 
font là haut aux Cieuxj ni 
ici bas fuu la terre; ni dans 
les eaux fous la terre. Tu 
ne te profterneras point de- 
vant elles, & ne les fervi- 
ras point : car )c fuis TE- 
ternel ton Dieu; le Dieu 
fort, qui eft jaloux, puniffant 
riniquité des pères fur les 
enfans, jufquà la troifiéme 
& à la quatrième génération 
de ceux qui me haïffeiitj 
ôcfaifant mifericorde en mil- 
le générations, à ceux qui 
m'aiment, & qui gardent 
mes Commandcmens. 
Le Tetiple^ 

aie pitié de 
nous i & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre. 

Tu ne prendras point le 
Nom de TEternel ton Dieu 
en vain : car TEternel ne 
tiendra point pour inno- 
cent celui qui aura pris fon 
Nom en vain. 

Le Teuple. 

Seigneur aie pitié de 



Seigneur 



nousi & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre, 

Souvien-toi du jour du 
repos pour le fanclifîer. Tu 
travailleras fix jours, <5c 
tu feras toute ton œuvre: 
mais le feptiéme jour eft le 
repos de TEternel ton Dieu. 
Tu ne feras aucune œuvre 
en ce jour-là, toi, ni ton 
fils, ni ta fille, ni ton fer- 
viteur, ni ta fervante, ni 
ton bétail, ni ton étranger 
qui eft en tes portes : car 
TEternel a fait en fix jours 
les cieux & la terre, & la 
mer, & tout ce qui eft ca 
eux 5 & s'eft repofé le fep- 
tiéme jour : C'eft pourquoi 
l'Eternel a bcni le jour du 
repos, & l'a fanclifié. 
Le Teuple, 

Seigneur aie pitié de 
nous ; & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre, 

Honore ton père & ta 
mère 5 afin que tes jours 
foient px'olongez fur la ter- 
re, que l'Eternel ton Dieu 
te donne. 

Le 



206 Î.A COM 

Le Teuple. 
Seigneur aie pitié de 
nous 5 & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre, 
Tu ne tueras point. 

Le Teuple. 
Seigneur aie pitié de 
nous ; & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre. 
Tu ne pailiarderas point 

Le Teuple. 
Seigneur aie pitié de 
nous; & incline nos cœurs 
à garder ce Comrnande- 
ment. 

Le Miniftre. 
Tu ne déroberas point 

Le Tetiple. 
Seigneur aie pitié de 
nousj & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 

Le Miniftre. 
Tu ne diras point faux 
témoignage contre ton pro- 
chain. 

Le Teuple. 
Seigneur aie pitié de 
nousj & incline nos cœurs 
à garder ce Commande- 
ment. 



M U N I G N.' 

Le Miniftre. 

Tu ne convoiteras point 
la maifon de ton prochain : 
Tu ne convoiteras point la 
femme de ton prochain ; 
ni fon ferviteur 5 ni fa fer- 
vante; ni fon bœuf 5 ni 
fon âne 5 ni aucune chofc 
qui foit à ton prochain. 
Le Teuple. 

Seigneur aie pitié de 
nous 5 & imprime tous ces 
Commandemens dans nos 
cœurs; nous t'en fuplions. 

Alors fuivra une de ces deux CoU 
leEles four le Roi, le Minif- 
tre fe tenant debout comme au- 
par avant, & difant ; 

Prions DIEU. 

DIEU Tout-puilTant, 
dont le règne eft é- 
ternel, & dont la puiiTance 
eft infinie, fois propice à 
toute ton Eglife : & difpofe 
tellement le cœur de ton 
Serviteur élu, George, nô- 
tre Roi & nôtre Gouver- 
neur, que fâchant de qui il 
eft le Miniftre, il cherche 
fur toutes chofcs la gloire 
de ton Saint Nom. Fai 
nous auflî la grâce à nous 
tou;î, qui fommes ks fujets^^ 

que 



La Communion. 



207 



que confiderant bien de qui 
il tient fon Autorité, nous 
lui rendions honneur, fer- 
vice, & obéïffance en toute 
humilité, & en toute fidé- 
lité 5 en toi, & pour Ta- 
mour de toi, félon ta Sainte 
Parole, & félon le Com- 
mandement que tu nous en 
as fait j par Jéfus Chrift no- 
tre Seigneur; qui en Tu- 
nité du Saint Efprit vit, & 
règne avec toi, un feul Dieu 
béni éternellement. Amen. 
Ou, 

Dieu Eternel & Tout- 
puiiTant 5 puis que 
tu nous en feignes dans ta 
Sainte Parole, que les cœurs 
des Rois font en ta main, 
& que tu \cs tournes félon 
le bon plaifu* de ta fagelle; 
nous te fuplions très hum- 
blement de conduire, & de 
diriger tellement le cœur 
de ton ferviteur George, 
notre Roi, & nôtre Gou- 
verneur, qu en toutes fcs 
p en fées, fes paroles, & fcs 
Actions, il cherche toujours 
la gloire de ton SaintNom; 
& qu'il s'étudie à maintenir 
en profpérité, enpaix, & en 
piété, le Peuple dont tu lui 
as confié la conduite. Ex- 



auce-nous, ô Père de mi- 
fericorde 5 pour Tamour de 
Jéfus Chrift ton Fils nôtre 
Amen, 



beigneur. 



Alors fera dite la ColIeBe du 
jour : & immédiatement après 
la ColleBey le Miniflre lira 
VEpitre^difaiit ; L'Epicre(ou 
la portion de TEcriture qui 
fe doit lire pour TEpitre) 
eft écrite au Chap.de— com- 
mençant au veriet Et 
quand il aura achevé de lire 
l'Epine^ il dira-^ld finit l'E- 
pi tre. Alors il lira VE'van- 
gile^ (tout le peuple fe tenant 
debout) difant i Le Saint E- 
vangile eft écrie au Chap. 
de— -commeDçanc au ver- 

fet Et après la LeElure de 

VEnjangile j fera chantée ou 
récitée la Confeffionfuivante: 
le peuple fe tenant encore de^ 
hout^ comme auparavant* 



J 



E croi en un feul Dieu le 
Père Tout-puiftant,Cré- 
aicur du Ciel & de la Ter- 
re, & de toutes le chofes 
vifiblcs & invifibles. 

Et en un feul Seigneur 
Jéfus Chrift, Fils Unique 
de Dieu 5 engendré du Père 
avant tous les fiécles. Dieu 
de Dieu 5 Lumière de Lu- 
mière 5 vrai Dieu de vrai 
Dieu y engendré, <3c non 

pas 



hoS La C o m m 

pas fait; étant de la même 
fubflance avec le Père i & 
par lequel toutes chofes ont 
été faites : qui pour l'amour 
de nous, & pour nôtre 
falut, eft defccnduduCieli 
& aïant pris ciiair de la 
Vierge Marie, par l'opéra- 
tion du Saint Elprit, a été 
fait homme ; a été aufli 
crucifié pour nous, fous 
Ponce Pilate ; a foufcrt, & 
a été enfeveli ; & eft reffu- 
fcité le troifiémc jour félon 
les Ecritures ; eft monté 
aux Cicux, & eft aflîs à la 
dextre du Pcrcj & il re- 
viendra avec gloire, pour 
juger les vivans & les morts; 
& fon règne n aura point 
de fin. 

Je croi au Saint Efprit ; 
qui eft le Seigneur & TAu- 
teur de la vie ; qui procède 
du Père & du Fils : & qui a- 
vec le Père & le Fils, eft a- 
doré 6c glorifié 5 qui auflî a 
parlé par les Prophètes. 

Et je croi une Sainte E- 
glife Catholique & Apofto- 
liquc. ]e confcffe un Ba- 
téme en rcmiflion des pé- 
chez. Et j'attcns la réfurrec- 
tion des morts s & la vie du 
fiécle à venir. Amen. 



UNION. 

Ahvs le Miniflre déclarera au 
peuple les jours de Fete^ ou de 
'^eûns qui doivent être objef 
vez. la femaine fuivante. Et 
alors auffi^ fi Vocafion le de- 
mande^ on advertira de la 
Sainte Cène ; alors fe publie- 
ront les Anonces des promtjfes 
de mariage ; & fe liront les 
brevets^ citations^ & excom-^ 
munications. Et rien ne fera 
déclaré ni publié en l'Eglife 
pendant le fervice Divin, que 
par le Miniflre ; (j rien ne 
fera publié par le Miniflre^ que 
ce qui efl porté par les Règles 
de ce livre, ou qui fera enjoint 
de la part du Roi, ou par 
f Ordinaire du lieu. 

Puis fuivra le Sermon, ou une des 
Homélies qui font déjà pu- 
bliées, ou qui le feront ci-après 
avec autorité. 

Alors le Prêtre retournera à la 
lable du Seigneur^ & com- 
mencera VOjeytûire ; difant 
une ou plujieurs des Sentences 
fuivantes^ félon quil lui fem^ 
blera le plus à propos. 

Ainfi, que vôtre lumière 
luife devant les hommes ^ 
afin qu'ils voient vos bon- 
nes œuvres; ôc qu'ils glo- 
rifient vôtre Père qui eft 
aux Cieux. S.Matt. 5. i<5. 

Ne vous amaffez point 
des tréfors fur la terre 5 où 

la 



La Communion, 



20^^ 



la tlgiie & la rouille gâtent 
tout 5 & où les larrons per- 
cent & dérobent : mais a- 
maffez vous des tréfors dans 
le ciel, où ni la tigne ni 
la rouille ne gâtent rienj 
& où les larrons ne per- 
cent, ni ne dérobent. S. 
Matth. 6. 19, 20. 

Toutes les chofes que 
vous voulez que les hom- 
mes vous faffent, faites-les 
leur auflî de même : car 
c'eft la Loi & les Prophètes. 
S. Matt. 7- 12. 

Tous ceux qui me difent. 
Seigneur, Seigneur, n'en- 
treront pas dans le Roiau- 
me des cieux : mais celui 
qui fait la volonté de mon 
Père, ' qui eil aux cieux, 

Zachée fe préfentant là, 
dit au Seigneur i Voici, 
Seigneur, je donne la moi- 
tié de mes biens aux pau- 
vres : & fi j'ai fait tort à 
quelqu'un en quelque chofe, 
j'en rens le quadruple. 
S.Luc, 19. 8. 

Qui eft-ce qui va jamais 
à la guerre à fes dépens ? 
Qlù eft-ce qui plante la vig- 
ne, & ne mange pas de fon 
fruit > Qiii eft-ce qui paît le 
troupeau, & ne mange pas 



du lait du troupeau ? i Cor. 
9. 7. 

Si nous vous avons femé 
des biens fpirituels, eft-ce 
une grande chofe, que nou^ 
recueillions de vos biens 
charnels ? i Cor, 9. 1 1. 

Ne favez-vous pas que 
ceux qui s'emploient aux 
chôfes facrées, mangent de 
ce qui eft facré ? & que ceux 
qui fervent à l'autel, parti- 
cipent à l'autel > Le Sei- 
gneur a ordonné tout de 
même que ceux qui a- 
noncent TEvangile, vivent 
de l'Evangile, i Cor, 9. 

Celui qui feme chiche- 
ment, recueillira auftî chi- 
chement : & celui qui fèmc 
libéralement, recueillira auf- 
fi libéralement. Que cha- 
cun fafle félon qu'il s'eft 
propofé en fon cœurj non 
point à regret, ou par con- 
trainte : car Dieu aime ce- 
lui qui donne gaiement. 
2 Cor. 9. 6, 7. 

Que celui qui eft en- 
feigné en la parole, faile 
participant de tous fes bi- 
ens celui qui l'enfeigne. 
Ne vous abufez point, Dieu 
ne peut être moqué : car 
ce que l'homme aura femé, 
P U 



Vt o La C o m m u k I o îTo 

il le moiflbnnera auffi. 
Cal. 6. 6, 7- 

Pendant que nous en a- 
vons le tems, failbns du 
bien à tous : mais princi- 
palement aux domeftiques 
de la foi. GaL 6. lo. 

La piété, avec le conten- 
tement d'efprit, eft un 
grand gain : car nous n'a- 
vons rien aporté au mon- 
de 5 & auilî il eft évident 
que nous n en pouvons rien 
emporter, i Tim. 6. 6,7. 

Dénonce à ceux qui font 
riches en ce monde, qu'ils 
foient promts à donner 5 
communicatifs ; fe faifant 
un tréfor d'un bon fonde- 
ment pour l'avenir 5 afin 
qu'ils obtiennent la vie éter- 
nelle. I Tim 6. 17,18,19. 

Dieu n'eft pas injufte, 
pour oublier vôtre œuvre, 
& le travail de la^ charité 
que vous avez témoigné 
pour fon Nom> en ce que 
vous avez fecouru les Saints, 
6c que vous les fecourez 
encore. Hei?. 6. 10. 

Ne mettez point en oubli 
la bénéficence, & la com- 
munication ; car Dieu prend 
plaifu* à de tels facrifices. 

Si ijuelqu'uli a des biens 



de ce monde, & qui voîant 
fon frère avoir néceflîté, 
lui fermera fes entrailles 5 
comment eft-ce que la cha- 
tité de Dieu demeure ea 
lui? S.Jeany 3. 17. 

Fai Taumône de tes bi- 
ens 5 ne détourne point ta 
face du pauvre : ôc la face 
du Seigneur ne fera point 
détournée de toi. Toè. 4. 7. 

Sois charitable félon ton 
pouvoir : fi tu as beaucoup, 
donne beaucoup 5 fi tu as 
peu, donne avec joie du peu 
que tu as, & tu t'amafTeras 
un tréfor pour la nécellité, 
Toéf. 4- 8? 9. 

Celui qui a pitié du pau- 
vre, prête à l'Eternel ; & 
il lui rendra fon bienfait. 
Trov. 19. i7« 

O que bien-heureux eft ce- 
lui qui fe porte fagement 
envers le chetifi l'Eternel 
le délivrera au jour de la 
calamité. Tf.^i, i^ 

Pendant qu*on lit ces Sentenseî^ 
les DiacreSy les Curateurs de 
l'Eglife, ou d'autres perfonnes 
propres à qui l*on en a donné 
la charge^ recevront les au^ 
moues pour les pauvres^ & 
les autres charitez, du peuple 
da'ûs un bajjîn convenable^ 
dont la Paroijje dçit faire pro^ 
vijîun 



' La 

*vt^on pour cet effet ; & les 
aporteront a'vec refpect au 
Mimftre qui les pré/entera & 
les pofera humblement fur la 
Table, 
Et quand fon fera la Sainte 
Cène ; alors le Mtniflre met^ 
tra fur la Trahie autant de 
Pain & de Vin qiid jugera 
être tiéceffatre» Cela fait^ le 
Miniftre dira^ 



CoMMtxNîoîr: iit 

s'acordent à faîf e prôfeflîon 
de ta vérité, & vivent en 
concorde, & en charité fra* 
ternelle. Nous te prions 
auiîî de défendre, ôc defau- 
ver tous les Rois, & tous 
les Princes, & les Magil* 
trats Ciirêtiens, particuli- 
èrement GEORGE nôtre 
ROI, afin que fous fou 



Gouvernement nous puilïï- 
Prions dieu pour toute"^ ows mener une vie paifible 



lEglife Chrétienne mili- 
tante ici-bas en la terre. 

Dieu Eternel & Tout- 
puiffant, qui par ton 
S. Apôtre nous as enfcigné 
de t'adreffer des prières, des 
fuplications, & des adions 
de grâces pour tous les 
hommes 5 nous te luplions 
très humblement 
{"^d'accepter en ta 
mi fe rie or de nos 
aumônes & nos 
ablations ér) d'é- 
favorablement les 
prières que nous préfentons 
à ta Divine Majefté. Veuille 
Seigneur, répandre conti- 
nuellement fur TEglife U- 
niverfelle TEfprit de vérité, 
d'union, & de concorde ; 
en forte que tous ceux qui 
confcflcnt ton Saint Nom, 



* Ceci féru 
omis lors 

quil n'y 
aura point 
4'stumône. 

coûter 



& tranquille en toute pieté 
& honêteté. Eai la grâce 
à tous ceux de fon Con- 
fcil, <5c à tous les autres 
qui font établis en autorité 
fous lui, d'adminiftrer la 
juftice fans partialité, & 
avec tant d'équité & de 
droiture, que la méchance- 
té & le vice foient punis, 
& que la piété & la véri- 
table Religion foient avan- 
cées. Répan tes grâces, 6 
Père Celefte, fur tous les 
Evêques, & fur tous les 
Miniftres, afin que par leuc 
vie, & par leur dodrine, 
ils manifefient la vérité 6c 
réficace de ta Sainte Parole, 
& qu ils adminiftrent digne- 
ment & convenablement 
tes faints Sacremens. Ré- 
pan tes grâces far ton 
peuple, & partiçuUéremenr 
P 2 fur 



ï 1 2 L A C O M M U N I O K 

fur raflembléc ici préfcntc 5 
afin qu'ils écoutent ta l'aintc 
Parole avec refpetl, & qu'ils 
la reçoivent d'un cœur 



de VH meUe, il lira rexhor-* 
tation fuivante. 

MES très chers frères 
en notre Seie.neur 



humble & fournis, pour te; jcius Chriâ, je me propofe, 
ferviren jufdce, Ôc en vraie'; Dieu aidant, d'adminiilrer 
faintcté, tous les jours de i Dimanche prochain, à tous 
leur vie. Aufll, Seigneur, 'ceux qui auront les dif- 
nous te prions très humble- |pofitionsnéccffaires de piété 
ment, qu'il te plarfe par ta & de dévotion, le Sacre- 



bonté, de conloler, & de 
fecounr tous ceux qui, pen- 
dant cette vie paffagère, font 
dans le trouble, dans Taflic- 
tion, dans la nécefhté, dans 
la maladie, ou dans quelqu 
autre adverfité que ce foit. 
Et nous beniflbns aufll ton 
faint Nom, pour tous tes 
ferviteurs qui font décédez 
en ta foi & en ta crainte 5 
te fupiiaiit de nous faire 
la grâce de fuivre fi bien 
leur exemple, que nous 
aions part avec eux a ton 
Roiaume Celefte. Acorde 
nous ces grâces, ô Père, 
pour Tamour de jéfus-Chrifl 
notre feul Médiateur, &A- 
Vocat. Amen. 

Qjianà le Minière avertit de 
la Céléh''ati(m de la Sainte 
Cène (ce qu'il fe>a toujours 
le Dimanche ou quelcjue jcur 
de Fête qui Pré. e Je immédiate 
ment) à lu fin du Sermon ou 



ment plein de conlolation, 
du Corps Se du Sang de 
jéfus Chrift; afin quils le 
reçoivent en mémoire de 
fa Paflion & de fon Sacri- 
iicc, qui ell le feul moien 
par lequel nous obtenons 
la rcmiffion de nos péchez, 
& la poflc filon du Roiau- 
me CeleftCi C'eft pourquoi 
nous devons rendre grâces 
au Dieu Tout-puifiant ôc 
nôtre Père Celefte, de ce 
qu'il a donné fon Fils uni- 
que nôtre Sauveur, non 
feulement afin qu il mourût 
pour nous 3 mais encore, 
afin qu'il nous fut une vi- 
ande & une nouriture fpi- 
rituelle dans ce faint Sacre- 
ment. C'cft une chofe i\ 
divine, & fi pleine de con- 
folation pour ceux qui y 
participent dignement, & iî 
dangcrcufe pour ceux qui 
y participent indignement, 

qui! 



La CoMMUNroN, 



213 



qu'il eft de mon devoir de 
vous exhorter à bien confi- 
derer la dignité de ce faint 
Miftèrc ; & le grand danger 
qu'il y a d'y participer in- 
dignement. Et pour cet 
effet de fonder & d'examiner 
votre confcience, non pas 
légèrement, comme font 
ceux qui dilîîmulcnt avec 
Dieui mais de telle forte! 
que vous puiflîez venir à ce j 
Feftin Celefle, en toute | 
fainteté & pureté, & avec 
la robe de noces que Dieu j 
demande dans faparoki &| 
que vous y foiez admis com- ; 
me dignes de communier à 
cette fainte Table. 

Pour cela il faut premi- 
èrement que vous exami- 
niez vôtre vie fur la règle 
des Commandcmens de 
DieUi & qu'en tout ce en 
quoi vous reconnoitrez que 
vous avez péché de vo- 
lonté, de parole, ou d'adion, 
vous déploriez en cela vô- 
tre iniquité, & que vous 
en faffiez vôtre confeffion 
à Dieu avec une entière ré- 
Iblution de vous en corri- 
ger à l'avenir. Qiie fi vous 
trouvez que vous n'aiez 
pas feulement ofenfcDieuj 
jnais encore vôtre prochain : 



vous- vous reconcilierez a- 
vec lui, étant prêts de faire 
reftitution, & de donner 
toute la (atisfadlion pofliblc, 
pour toutes les injures, & 
pour tout le tort que vous 
aurez fait à autrui ^ & aufll 
entièrement difpofez à 
pardonner à ceux qui vous 
auront ofenfez, comme 
vous défirez d'obtenir de 
Dieu le pardon de vos o- 
fenfes : Car autrement la 
participation à la Sainte 
Ccne, ne fcroit qu'agraver 
vôtre condamnation. C'cft 
pourquoi, fi quelqu'un de 
vous eft blafphemateur du 
Nom de Dieu s s'il s'op- 
pofe à fa parole, ou s'il en 
médit ; s'il eft adultère, 
malin, ou envieux, ou que 
vous vous trouviez coupa* 
blés de quelque autre grand 
crime 5 Repentez- vous de 
vos péchez ; ou n'aprochez 
point de la Table du Sei- 
gneur 5 de peur qu'après 
avoir participé à ce faint 
Sacrement, le diable n'entre 
en vous, comme ii entra 
en Judas ; qu'il ne vous 
rempliOe de toute iniquité 5 
& entraine vos corps ôc 
vos amcs dans une éternelle 
miicre. 

P ^^ Et 



2.14 

Et parce quil ne faut 
pas que perfonne vienne à 
la Sainte Cène, fans une 
pleine confiance en la mi- 



La Communion, 



vous tous qui êtes ici préfens 
de ne refufer pas d'y venir, 
puifque vous y êtes fi ten- 
drement conviez de la part 



îericorde de Dieu, & une de Dieu même. Vous lavez 
confcience tranquille : SU [combien il efl: ofFenfant 



y a quelqu'un de vous qui 
ne puiffe mettre fon efprit 
en repos i & qui ait encore 
befoin de confoiation, ou 
de çonfcil 5 qu il s'adreflc a 
moi, ou à quelque autre 
Miniftre de la Parole de 
Dieu, qui ait la prudence 
& les lumières néceflaires ; 
afin que lui découvrant 
fon mal, il reçoive par le 
Miuiftèrc de la Parole de 
Dieu, les afTurances de Tab 
folution de fes péchez, avec 
les confcils fpiritueJs, qui 
peuvent apaifer fa confçi 
çnce, 6c le délivrer de toute 
forte de doutes, & de fcru 
pules. 

Ou en cas qti^îî voie que le peu- 
ple néglige de venir à la 
Mainte Cçne ; au lieu de 
t Exhortation présidente ^ il fera 
celle-ci, 

ES très chers frères. 
Je me propofe avec 
la grâce de Dieu, de célé- 
brer la faintc Cène du Sei- 
gneur, & je vous exhorte 



M 



pour un homme qui a pré- 
paré un fcftin, & couvert 
fa table des mets les plus 
exquis, deforte qu il ny 
manque plus que Ces con- 
viez, de voir quils refu* 
fent d'y venir fans aucune 
jufl:e raifon. Qui cft-cc 
d'entre vous qui n'en fut 
indigné, 6c qui ne fe crût 
méprifé dans une pareille 
ocafion ) Prenez donc gar- 
de, mes frères bien aimez 
en Jéfus-Chrift i prenez 
garde qu'en vous abftenant 
de ce repas fpirituel, vous 
ne provoquiez la colère de 
'^dcu contre vous. Il eft 
bien aifé de dire j je ne veux 
pas communier, parce que 
les affaires du monde m'en 
empêchent 5 mais il n'efl 
pas fi aifé de faire agréer à 
Dieu ces fortes d'excufes. Si 
quelqu'un dit j je fuis un 
grand pécheur, j'ai peur 
d'aprocher de la Sainte Ta- 
ble i pourquoi donc ne 
vous repentez-vous pas, 6c 
ne changez-vous pas de vie ) 



La Communion* 



2Tj 



n'avez -vous pas honte, jtion de fon Sacrifice, en 



quand c'eft Dieu qui vous 
apeile, de dire que vous 
ne voulez point aler à lui? 
Eft ce une raifon, pour ex- 
cufer le refus que vous faites 
de vous convertir à Dieu, 
que de dire, que vous n'êtes 
pas encore prêts ? Confi- 
derez férieufcment en vous 
même, de quel poids ces 
vaines excufes peuvent être 
devant Dieu. Ceux qui re- 
fuferent de fc trouver au 
feftin, dont il eft parlé dans 
TEvangile 5 parce que 1 un 
avoit acheté un héritage 5 
que l'autre vouloit éprouver 
fcs bœufs; & que le troi- 
fiéme avoit pris femme s 
au lieu dêtre excufez furent 
déclarez indignes du feftin 
Celefte. Pour moi je fuis 
prêt i & félon le devoir de 
ma charge, je vous convie 
au Nom de Dieu j je vous 
apelle de la part de Jéfus- 
Çhriftj je vous exhorte par 
rintereft de vôtre falut, à 
venir participer à cette 
Sainte Communion. Car 
comme le Fils de Dieu a 
bien voulu ofrir fon fàng 
& fa vie fur la croix pour 
vôtjre falut 5 c'cft votre de- 
voir de faire commémora- 



participant a fon Sacre- 
ment i lelon Tordre que lui 
même nous en a donné. 
Jugez quelle injure vous 
feriez à Dieu, en refufant 
de lui obéir ? quels juge- 
mens atireroit fur vos têtes 
un pareil mépris } & ce 
que vous devez atendre du 
Seigneur, ^cfque vous vous 
abftenez volontairement de 
fa fainte table , vous fépa- 
rant de vos frères, qui vi- 
ennent fe repaitre d'une 
nouriture toute Celclte, 
dans ce feftin Spirituel? 
Si vous confiderez férieufc- 
ment toutes ces chofes, vous 
ne pouvez manquer avec 
le fecours de la grâce de 
revenir avons, & de pren- 
dre un meilleur parti : Ce 
que nous fouhaitons de 
tout nôtre cœur, & que 
nous demanderons pour 
vous à Dieu, par nos prières 
continuelles. 

Lors de la Célébration de 
la Sainte Cène le Trètre 
fera cette Exhortation, 



M 



qui 



ES très chers frères 
en nôtre Seigneur,^ 
avez dclfcin de venir 
P 4 * 



il 5 

à la Sainte Commiuiion du 
Corps & du Sang de nôtre 
Sauveur i il faut que vous 
confideriez bien ce que 
Saint Paul écrit aux Co- 
rinthiens: comment il ex- 
horte chacun de s'exami- 
jier, 6c de s'éprouver foig- 
neufement foi-même, avant 
que de manger de ce pain, 
& de boire de cette coupe. 
Car comme le bien qui 
nous en revient eft grand 5 
îî avec un cœur vraiment 
repentant, & avec une foi 
vive, nous recevons ce 
Saint Sacrement ; parce 
qu'alors nous mangeons 
fpirituellement la chair de 
yéfus-Chriil, & que nous 
beuvons fon fang, qu alors 
nous habitons en Jéfus- 
Chrifl:, & Jéfus-Chrift en 
nous 5 nous fommes un a 
vec Jéfus-Chrift, & Jéfus 
Chrift eft un avec nous : 
Auflî le danger eft grand, fi 
nous le recevons indigne- 
ment : car alors nous fom- 
rncs coupables du Corps, & 
du Sang de Jéilis Chrift 
nôtre Sauveur ^ nous man- 
geons, ôc nous beuvons nô- 
tre propre jugcnientj ne 
difçernanr point le Corps 
du Sciraeur 5 nous alu- 



L A C M M U H I O ÎC. 

mons la colère de Diea 
contre nous 5 nous le pro- 
voquons à nous châtier de 
diverfes maladies, & de 
plufieurs diferentes efpèces 
de mort, 

C'cft pourquoi, mes Frè- 
res, jugez vous vous-mê- 
mes 5 afin que vous ne foiez 
point jugez du Seigneur : 
Repentez - vous férieufe- 
ment de vos fautes paftees^ 
Aiez une ferme, & vive foi 
en Jéfus-Chrift nôtre Sau- 
veur : Amendez vous $ & 
aiez une parfaite charité 
pour tous les hommes. Par 
ce moien vous ferez dig- 
nes de participer à ces 
Saints Miftères. Sur toutes 
chofes, il faut que de tout 
vôtre cœur vous rendiez 
de très humbles adions de 
grâces, à Dieu le Père, le 
Fils, & le Saint Efprit, 
pour la Rédemption du 
monde, faite par la paflîon, 
& la mort de Jéfus-Chrift 
nôtre Sauveur, Dieu & 
homme 5 qui Veft humilié 
jufques à la mort de la 
Croix, pour nous niifera- 
bles pécheurs, qui étions 
dans les ténèbres, & dans 
Tombre de la mort ; afin 
le nous élever à la dignité 



La Communion. 



217 



d'enfans de Dieu, & à la 
gloire éternelle. Et afin 
que nous nous fouvenions 
continuellement de l'im- 
menfe charité de Jéfus- 
Chrift, notre Sauveur mou- 
rant ainfi pour nous, & des 
biens infinis qu'il nous a 
aquis par réfufion de fon 
fang précieux, il a inftitué 
ôc ordonné ces Saints Mif- 
tères, qui font les gages 
de fon amour, & les mo- 
numcns perpétuels de fa 
mort, à nôtre grande &c é- 
ternelle confolation. A lui 
donc avec le Père, ôc le 
Saint Efprit, rendons de 
continuelles adions de içra- 
ces, comme nous y fpmmes 
obligez 5 en nous founiet- 
tant entièrement à fa fain- 
te volonté, & en nous ef- 
forçant de le fervir en juf- 
tice, & ei> vraie fainteté, 
tous les jours de nôtre vie. 
Amen, 

Alors le Prêtre dira à ceux qui 
^viennent recevoir la Sainte 
Cène. 

'^ TOus tous, qui êtes tou- 
Y che25 dune véritable 
& férieufe Repentance de 
vos péchez $ qui avez la 
ÇUayit^ que vous devers f- 



voir pour vôtre prochain $ 
& qui êtes réfolus de me- 
ner une vie nouvelle, en 
vous conformant aux com- 
mandemens de Dieu, & en 
cheminant à Tavenir dans 
fes faintes voies : Aprochez 
avec foi 5 venez recevoir 
ce Saint Sacrement à vôtre 
confolation : 6c faites vôtre 
confeffion 4 Dieu s vous 
tenant humblement à ge- 
noux. 

Alors fe fera cette Confejjton genS^ 
raky au Nom de tous ceux qui 
ont deffein de participer à la 
Sainte Cène, par un des Mi^ 
niflres : tant lui que le peuplç 
fe mettant humblement à ge^ 
nouXy & difant -, 

Dieu Tout-puiffant, Pè- 
re de nôtre Seigneur 
Jéfus-Chrift, qui es le Créa- 
teur dç toutes chofes, & le 
Juge de tous les hommes 5 
nous reconnoiiïbns, & nous 
déplorons la multitude de 
nos péchez, ôc des iniqui- 
tez que nous avons en tout 
tems malheureufement corn- 
mifes contre ta Sainte Ma- 
jefté, par nos penféesj pat 
nos paroles i & par nos 
adions : provoquant très- 
juftewen| ta colère, &toa 



2 1 s La C o M 

indignation contre nous : 
nous fommcz touchez d une 
férieufe repentance 5 6c nous 
géniiffons dans nos cœurs^ 
pour ces péchez que nous 
avons commis : le fouvcnir 
BOUS en eft douloureux, ôc 
afligeant i & la charge in - 
fuportable: Aie pitié de 
nous 5 aie pitié de nous, 6 
père très-niifericordieux ; 
pour Tamour de Jéfus Chrift 
ton Fils nôtre Seigneur. 
Pardonne nous tout le paffé: 
& fai par ta grâce que nous 
te foions agréables à Tave- 
nir, en menant une vie 
toute nouvelle, à Thonneur 
& à la gloire de ton faint 
Nom j par jéfus Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen, 

Après ceïit le Prêtre (ou l'Evêque 
sUl eft préfent) fe tenant de- 
bout^ & fe toîirnam vers le 
feupk, prononcera cette al^fo- 
lution, 

LE Dieu Tout-puiffant, 
nôtre Père celefte, qui 
par fa grande mifericorde, 
a promis la remiffion des 
péchez à tous ceux qui fe 
convcrtiffent à lui avec une 
véritable foi, & une fé- 
rieufe repentance, veuille 
avoir pitié de VOÎ4S5 vous 



M U N I O N. 

pardonner tous vos péchez, 
& vous en délivrer; vous 
foûtenir, & vous affermir 
en tout bien 5 & vous con- 
duire à la vie éternelle; 
par jéfus Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

Après le Prêtre dira; 

Ecoutez les paroles de con- 
folation, que Jéfus Chrift 
propofe à tous ceux qui 
fe convertiifçnt à lui, fans 
feinte, 

VEnez à moi vous tous 
qui êtes travaillez, & 
chargez ; & je vous foulage- 
rai. Matth. II. 28. 

Dieu a tant aimé le mona- 
de, qu il a donné fon Fils 
Unique ; afinque quiconque 
croit en lui ne périfle point : 
mais qu il ait la vie éter- 
nelle. Jean 3.16. 

Ecoutez auffi ce que dit 
Saint Paul. 

Cette parole eft certaine, 
& digne d'être entièrement 
reçue, que Jéfus Chrift eft 
venu au monde pour fau- 
ver les pécheurs, i . Tim. 
I. 15. 

Ecoutez encore ce que 
'dit Saint Jean, 
i Si 



La Communion, 
Si quelquun a pcché, 
nous avons un Avocat en- 
vers le Père, lavoir, jcfus 
Clirifl: le jufte : car c'cfi lui, 
qui eft la propitiation pour 
nos péchez, i, Jean^ 2. 



219 



Icifuîvra la Préface propre félon 
le teins y s^ il y en a ; Jtnon^ alors 
fuivra immédiatement^ 



2. 



te Prêtre commuera^ difant; 

Elevez vos cœurs en 
haut. 

Rêponfe, 
Nous les élevons au Sei- 
gneur. 

Le Trêîre. 
Rendons grâces au Sei- 
gneur, nôtre Dieu. 
Réponfe. 
Il eft raiibnnable, 6c il 
eft jufte que nous lui ren- 
dions sraccs. 



c 



Eft pourquoi avec les 
Anges & les Archan- 
ges, & avec toute rarméc 
des Cieux, nous louons 
& nous magnifions ton 
Nom glorieux j t'exaltant 
continuellement, ôcdifant; 
Saint, Saint, Saint, Seig- 
neur Dieu des armées : les 
Cicux 6c la terre font rem- 
plis de ta gloire. A toi 
(bit gloire, ô Dieu très-haut. 
Amen. 

Préfaces Propres, 



Alors le Prêtre fe tournant 'vers 
la 'tahk du Seigneur y dira ; 



I 



L eft très-raifonnablc, il 
_^ eft très-jufte, èc il eft 
de nôtre devoir, qu en tout 
tems, 6c en tous lieux, 
jious te rendions grâces, 
• Ces mots (y Seigneur, * 

^loîvmt ^T2 Père Saint, Dieu 

omisleBîmctn- ToUt-puiftaUt, 6C 
check U Tri- £^^^-^^^1. 



Au jour de Noéi, ér aux 
fept jours fuivans. 

PArce que tu as donné 
jéftis Chrift ton Fils 
Unique; lequel dans un 
tems pareil à celui-ci, na- 
quit pour nousi après a- 
voir été conçu par Topera- 
tion du Saint Efprit, 6c 
fait vrai homme, de la 
fubftance de la Vierge 
Marie fa Mèrç, ôc étant 
fans tache de péché ; afin 
qu'il nous purifiât de tout 
péché ^ 



La Communion. 



2ZO 

péchés Ccft pourquoi, a- 
vec les Anges, &c. 

Aujoîir de Pâque, & aux 
ftpt jours fiiivans. 



Ali jour de la Pentecôte, 
& aux fcpt jours fîùvans. 

P\r jifus Chrift nôtre 
Sehmeur , 



_ lequel a- 

Ais principalement 'cîmpUiTant fidèlement fa 

promefle, dans un tems pa- 
reil à celui-ci, envoia le 
Saint Efprit avec un bruit, 
comme d'un vent impér 
tueux, en forme de langues 

k feu, qui fe pofcrent fur 



j\(£ nous fommes obli 

gez de te louer pour la Rc- 

furreâion glorieufc de jé- 

fus Chrift "ton Fils, nôtre 

Seigneur. Car c cft lui qui 

eftle véritable Agneau de 

Pâque, qui a été ofert pour | les Apôtres j pour les inC 

nous 5 & qui a ôté le péché 

du monde : qui par fa mort 

a. détruit la m:>rt; & par 

fa Kélurredion nous a 

donné la vie éternelle : 

C'eft pourquoi avec les 

Anges, O'c. 

Au jour de TAfcenfion, & 
aux fept jours fuiv ans, 

P:\r ton Fils bien-aimé 
Jéfus Chrift nôtre Sei- 
gneur, qui après fa glorieufe 
Réfurrection eft apparu à 
fes Apôtres ; & eft monté 
aux Cicux en leur préfei^ce, 
pour nous y préparer place 5 
afin que là où il eft, nous 
foions auflî, pour régner a- 
vec lui en gloire: Ccft pour- 
quoi avec les Anges, Cy r- 



truire, & pour les conduire 
en toute vérité ; leur don- 
nant le don des langues, 
avec la hardicft'c & le zèle 
qui éjtoiçnt néceffaires pour 
prêcher çonftamment à 
toutes nations l'Evangile j 
par lequel nous avons paflc 
de l'ignorance ôç de Terreur, 
au Roiaume de fa merveil- 
leufe lumière: C'eft pour- 
quoi avec les Anges, &c. 

En ta Fête de la Trinité, 
fçttlement. 

L cft très-raifonnable, il 
eft très-jufte, & il eft de 
nôtre devoir, qu'en tout 
tems, & en tous lieux, nous 
te rendions grâces, ô Sei- 
gneur Dieu Tout-puiffant 

■ ^ 



r 



La 

& Eternel, qui es un feul 
Dieu, un feul Seigneur 5 non 
pas une feule perfonne : mais 
trois pcrfonnes en une feule 
Effence. Car ce que nous 
créions de la gloire du Pè- 
re, nous le croionsauflî du 
Fils & du Saint Efprit fans 
aucune diference, ou iné- 
galité : C'eft pourquoi a- 
vec les Anges, d^r. 

u4près chacune def quelle s Préfa- 
ces, fera chanté, ou dit im- 
médiatemem. 



C'Eft pourquoi avec les 
Anges & les Archan- 
ges, & toute Tarmée des 



Communion.^ 221 

c'e ta Sainte Table, ennous^ 
conliant en notre propre 
juftice i mais en la multi- 
tude de tes grandes corn- 
pallions. Nous ne fommes 
pas dignes de recueillir les 
miettes qui tombent de ta 
Table. Mais Seigneur, tu 
es toujours le même, &tu 
as ceci de propre, d'être tou- 
jours enclin à mifericorde. 
Fai nous donc la grâce, 6 
Dieu très - mifericordieux, 
que nous mangions telle- 
ment la chair de ton Fils Jé- 
fus Chrift, & que nous beu- 



vions tellement fon 

que nos corps & 
5V0, v^ LWLiLv. x^xx..^^^.^^ ^ ^^^ remplis de 

Cieux, nous louons &nous , / r • •/ 



fang, 
nos 



magnifions ton Nom glo- P^^^c, foient purifiez par 
^ - ion corps & par Ion langi 

& que nous demeurions 



rieux j t'exaltant contuiuel- 
lement, & difant; Saint, 
Saint, Saint, Seigneur Dieu 
des armées: les Cieux & la 
Terre font remplis de ta 
gloire. A toi ioit gloire, 
6 Dieu très-haut. Amen, 

Alors le Mtmfïve étant à gencux 
auprès de la Trahie du Seigneur^ 
dira la Prière fuivame ; au 
mm de tous ceux qui dvivei.t 
recevoir la Sainte Cène. 



N 



)us ne préfumon: 



point; 



o mifcricor 



dieux Seigneur;, d'aprocher 



toujours en lui, ôc lui en 
nous. Amen, 

Alors le Miniflre fe tenant de^ 
bout à la Tahle^ en forte quil 
puijfe d'autant plus aifément, 
& avec d'autant plus de bien- 
féance^ rompre le pain devant 
le peuple^ & prendre la coupe 
entre fes main s ^ il dira la 
P, ihe de la Confécration, en la 
maràhe qui fuit. 

Icu Tout-puiffant & 
Père celefte, qui dans 
tes grandes compaffions, as 
livré ton Fils Unique ]éfus 

Chrift 



D 



2ZZ La Com 

Clirift nôtre Seigneur, à la 
mort de la Croix pour nô- 
tre Rédemption j lequel 
s étant une fois ofert foi 
même, fa préfenté une o- 
blation pure; un facrificc 
parfait ; une fatisfadion 
fufifante pour les péchez de 
tout le monde 5 & a infti- 
tué & commandé dans fon 
Saint Evangile, la com- 
mémoration perpétuelle de 
fa mort précieufe, jufques 
a ce quil vienne: Ecoute 
nos Prières, ô Père de 
mifericorde 5 & nous fai 
la grâce, que recevant ces 
tiennes créatures de pain & 
de vin, félon la fainte inf- 
titution de Jéfus Ciirift ton 
lils nôtre Sauveur, en 
commémoration de fa Mort 
& de fa Paflîon, nous puif- 
lîons être faits participans de 
fon Corps & de fon Sang pré- 
cieux : lequel en la même 
. . ., ^ , nuitqu il fut livré 

tre prendra U (l) pnt du pam, 
Tatïne^ entre & aiaut rcudu 
Ces mains. , . , 

{i)iciiirom^ grâces, (2) le 

pa, le pain, rOmpit j & dit 5 

Prenez 5 man- 

ii) Ici il met- gez- (3) ceci eft 

ira fa main fur ^ ' ^ 

tout le pain. ^OU Corps qui 

eft rompu pour 
vousi faites ceci en mé- 



M u N I G ^r. 

moire de moi. !PareîlIc- 
ment auiîî, après le fouper^ 
* il prit la Coupe 5 

Q • ^ j -^ Ici il pren^ 

& aiant rendu 4,^ u coupe 
grâces, il la leur e^fa main. 
donna j difant 5 . . ., 

^ f Ici il met' 

BcuVeZ-en tous : tra la main 

t Car ceci eft mon >'' chaciue 

fang;lefansduS\r 
Nouveau Tefta- vUcon^okii y 

ment, lequel eft l/"^»?"?'' 

, ' A être confacre. 

répandu pour 
vous, & pour plufieurs, en 
remiffion des péchez 5 faites 
ceci, toutes les fois que 
vous en boirez, en mémoire 
de moi. 



Alors le Minîflre recevra le pre- 
mier la Communion fous les 
deux efpeces : puis la donnera 
de même aux Evt-ques, Prê^ 
très & Diacres, (s'il y en a 
de préfens :) Après, il la don^ 
nera atîjjt far ordre en la main 
au peuple, chacun étant humble» 
ment à genoux. Et en don- 
nant le pain à chacun, il 
dira ; 

LE Corps de nôtre Seig- 
neur jéius Chrift, qui 
a été donne pour toi, garde 
ton corps & ton ame pour 
la vie éternelle : pren, & 
mange ceci en mémoire que 
Jéius Chrift eft mort pour 

toiî 



La Communion 

toî ; & te rcpai de lui dans 



223 



ton cœur par la foi 5 avec 
adions de grâces. 

Et le Miniftre qui donnera la 
Coupe à chacun, dira ; 



E Sang de nôtre Sei- 



T 

I i gneur Jéfus Chrift, 
qui a été répandu pour toi, 
garde ton corps & ton anie 
pour la vie éternelle : boi 
ceci, en mémoire que le 
Sang de Jéfus Chriil a été 
répandu pour toi; & lui 
en rend grâces. 

Si ce quil y a eu de pain & de 
vin confacré eft tout confommé 
avant que toui aient C m- 
munie; le Prêtre en doit con- 
facrer davantage en lu manière 
ci" devant prejcrîte : commen- 
çant par ces mots, Chrift 
nôtre Sauveur en la même 
nuit qu'il fut, &c. pour bénir 
le pain : & par ceux-ci, Pa- j 
reillement auffi ap'ès le 
foiiper, 6fc. pour bénir la 
coupe. 

Quand tous auront Communié^ le 
Miniflre retournera à la 'Table 



Alors le Prêtre dira POraifon 
Dominicale, le Peuple repe^ 
tant chaque demande après 
lui. 



N 



du Seigneur ; & y pofera avec q^^ nOUS te préfcntons 



Otre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fandiiié. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne nous aujourd'hui 
nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofenfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez. 
Et ne nous indui point en 
tentation: mais délivre-nous 
du malin. Car à toi eft 
le règne, la puiifance, & la 
gloire, aux fiécles des fié- 
clés. Amen, 

Apres fera dit ce qui fuît ^ 

O Seigneur & Père Ce* 
lefte, nous tes hum- 
bics fcrviteurs , fuplions 
très - inftamment ta bonté 
paternelle, quil te plaifc 
d'accepter par ta miferi- 
corde, ce facrifice de louan- 
ges & d'adions de grâces, 

te 



refpeEî ce qui refle dus Elemens 
confacrez, ^ les couvrant d'un 
linge blanc 



priant très-humblement de 
nous acorder, que par le 
m.érite de la mort de ton. 
Fils Jéfus-Chrift, & par la 

foi 



224 Là Côm 

foi en fon fang. nous & 
toute ton Eglife obtenions 
la rcmiflion de nos péchez, 
avec tous les autres fruits 
de fa PaiTion. Et mainte- 
nant, ô Seigneur, nous te 
préfcntons nos corps & nos 
âmes, nos perfonnes, & tout 
ce qui eft en nous, en fa- 
crifice faint, vivant, & rai- 
fonnable : te fupliant très- 
humblement, que nous tous 
qui avons été faits partici- 
pans de cette Sainte Com- 
munion, foions remplis de 
ta grâce, & de ta bénédic- 
tion celefte. Et quoi que 
nous foions indignes à cau- 
fe de la multitude de nos 
péchez, de tofFrir aucun 
facrifice 5 néanmoins nous 
te prions d'accepter ce de- 
voir, & ce fcrvice que nous 
te rendons 5 n'aiant point 
égard à ce que nous avons 
mérité i mais nous pardon- 
nant nos ofenfes par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur ^ par 
lequel & avec lequel, en 
J'unité du Saint Efprit, te 
foit rendu, ô Père Tout- 
puilTant, tout honneur, & 
toute gloire, aux fiécles des 
fiécles. Amen. 



M U N I O iï'r 

Ou ceci. 

Dieu Eternel & Toute 
puiffant, nous te ren- 
dons grâces de tout nôtre 
cœur, de ce qu'il t'a plu 
de nous nourrir fpirituelle- 
mcnt du Corps <5c du Sang 
précieux de ton Fils Jéfus- 
Chrift nôtre Sauveur, nous 
qui avons duëment participé 
à ces Saints M iftèresj nous 
te remercions des affuran- 
ces que tu nous y donnes 
de ta faveur 5 & de ce que 
nous fommes faits vrais 
membres de ton Corps 
miftique, qui eft la Société 
bien-heureufe de tous les 
fidèles, étant faits avec eux 
\z^ héritiers de ton Roiaume 
éternel, par le mérite de 
la précicufe Mort de ton 
Fils bien-aimé. Et nous te 
fuplions, ô Père Celefte, 
qu'il te plaife de nous afllftcr 
tellement de ta grâce, que 
nous pcrfévérions dans cette 
fainte Communion i &que 
nous faflîons les bonnes 
œuvres que tu as préparées ; 
afin que n,ous y die m ini- 
ons, par Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur j auquel avec toi, 
& avec le Saint Efprit, loit 
tout honneur & toute gioi- 
I re, 



La Commun io^r. 
re, aux fiécles des fiécles. ^ 



^^ 



Jlmen. 

Alors fera dit ou chanté, 

G Loire foit à Dieu aux 
lieux très-hauts, en 
terre paix, envers les hom- 
mes bonne volonté. Nous 
te louons, nous te benif- 
fons, nous t'adorons, nous 
te glorifions, nous te ren- 
dons grâces pour ta grande 
gloire, ô Seigneur Dieu, 
Roi des Cieux, Dieu le 
Père Tout-puiffant. 

O Seigneur, Fils Unique 
Jéfus-Chrift, ô Seigneur 
Dieu , Agneau de Dieu , 
Fils du Père, qui ôtes les 
péchez du monde, aie pitié 
de nous: Toi qui ôtes les 
péchez du monde, aie pitié 
de nous : Toi qui ôtes les 
péchez du monde, reçoi 
nos prières. Toi qui te fieds 
à la droite du Père, aie pitié 
de nous. 

Car tu es feul Saint ; tu 
es feul Seigneur 5 tu es feul, 
ô Chrift, avec le Saint Ef- 
prit, très-haut en la gloire 
de Dieu le Père. Amen, 



Ahirs h P4tre {ou l'Eveque s'il 
e(i P éfeat ) aoiihe> a Lut,gé aii 
Peuple avec cène bénédithon, 

LA Paix de Dieu, la* 
quelle lurpaûe tout 
entendement, garde vos 
cœurs & vos fens en la 
connoiffance, & en famout 
de Dieu, & de fon Fils Jé- 
fus-Chrift, ^ nôtre Seigneur.. 
Et la bénédiaion de Dieu 
Tout-puiffant, le Père, le 
Fils, & le Saint Efprit, foit 
avec vous tous 5 & y de- 
meure éternellement. ^. 
men. 

Coîlepes quife doivent dire après 
l'Ofertoire^ quand il ny a 
point de Communion ,• une ots 
fltifieurs, chaque jour • on les 
peut auffî dire toutes les fois 
qu il y en aura ocafiun^ après 
les Col^eEles dei Prières dis 
Matin ou du Svi^ ; de la Com-' 
munion • ou de la Litanie • à 
la difyetion du Miniflre. 

EXauce en ta mifcricor- 
de, ô Seigneur, les 
prières & les fuplications, 
que nous te préfcntons 5 &: 
difpofe tellement nos voies 
pour Taquifition du falut 
éternel, que parmi toutes 
les viciflitudes & tous les 
accidens de cette vie mor- 
QL telle. 



226 

relie, nous 



La 



trouvions tou- 
jours en toi un prompt fe- 
cours, & une favorable pro- 
tedion $ par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 



Dieu éternel & Tout 
puiffant, nous te fu- 
plions quil te plaife de 
landifier, de conduire, & 
de gouverner nos corps & 
nos âmes, dans les fentiers 
de ta Loi, & dans lobé- 
ïffance à tes Commande- 
mens 5 afinque par ta puif- 
fante Protedion nous foi- 
ons préfcrvez à jamais en 
corps & en ame h par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur & 
Sauveur. Amen. 



Communion. 

PRévien nous, Seigneur, 
dans toutes nos adions 
par ta faveur & par ta grâce, 
& nous y acompagne de 
ton fecours continuel 5 afin 
qu'en toutes les œuvres que 
nous aurons commencées, 
continuées, & achevées en 
toi, nous puiffions glori- 
fier ton Saint Nom 3 & 
parvenir enfin à la vie éter- 
nelle par tamifcricordcjen 
Jéfus-Chrift nôtre Seigneur. 



FAI nous la grâce, ô 
Dieu Tout - puiflant, 
<^ue les paroles que nous 
avons aujourd'hui ouïes de 
nos oreilles extérieures, foi- 
rent tellement gravées in- 
térieurement dans nos 
cœurs, quelles produifent 
en nous les fruits d'une 
bonne ôc fainte vie, à l'hon- 
neur & à la gloire de ton 
Saint Nom > par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men* 



Amen, 

Dieu Tout-puifTant, qui 
es la fource de toute 
fagelle, qui connois ce dont 
nous avons befoin avant 
que nous le demandions, 
& quelle eft nôtre ignorance 
à demander > nous te fu- 
plions d'avoir compaflîon 
de nos infirmitezs & qu'il 
te plailé de nous acorder 
les choies que nous n'ofons 
demander à caufc de nôtre 
indignité 5 ôc que nous ne 
pouvons demander à caufe 
de nôtre aveuglement. 
Exauce nous pour l'amour 
de ton Fils jéfus Chrift 
nôtre Seigneur. Amen. 

Dieu 



La Communion. 



D 



227 



leu Tout-puiiTant, qui/»')' en a quatre, ou trois du> 



as promis dexauccr 
les Prières de ceux qui t'in- 
voquent au Nom de ton 
Fils i nous te fuplions de 
recevoir favorablement les 
Prières & les Suplications, 
que nous venons de te pré- 
fenter 5 & fai nous la grâce 
que tout ce que nous avons 
demandé avec foi, félon 
ta fainte volonté, nous le 
puiflions obtenir, pour le 
foulagement de nosnéccflî- 
tez, & pour Tavancement 
de ta gloire 5 par Jéfus-Chrift 
nôtre Seigneur. Amen, 

Aux Dimanches & aux jours 
de Fêtes (s'il ny a point de 
Communion) fera dit tout ce qui 
fe doit dire à la Cène, jufques à 
la fin de la Prière générale, pour 
le bien & la profpériré de 
TEglife Univerfelle de Jéfus 
Chrift, avec une ou plupeurs de 
ces dernières ColleBes^ concluant 
par la Bènédicîion. 

Et Pon ne célébrera point la 
Cène du Seigneur, s'il ny a un 
nombre convenable de perfonnes 
pour Communier avec le Prêtre ; 
de quoi il jugera félon fa pru- 
dente. 

Et quand il ny auroit 
toute la Paroijfe que vingt per^ 
fonnes en âge de difcretion pour 
pouvoir Communier : il ny aura 
toutefois point de Communion, s'il 



moins qui Communient avec le 
Prêtre. 

Quant aux Eghfes CatédraJes 
& Colégiales, où il y a plufieurs 
Prêtres & Diacres, ils feront la 
Cène tous enfemble avec le Prhre^ 
tous les Dimanches pour le moins ^ 
fi ce nefl qu'ils aient jufle rafoit 
d'en ufcr autrement» 

Et pour oter toute ocafton de 
débat & de fuperftition, que i\a 
pourïoit avoir touchant le Pain 
& le Vin ; il fufira que le Puia 
foit comme celui que l'on mayige 
ordinairement, pourvu qu'il fit 
du meilleur Pain de Froînent qui 
fe puiffe commodément trouver. 

Que s'il y a de refte du Pain 
& du Vin qui n'ait point été 
confacré, le Miniftre en dijpofera. 
comme du jien : Qtie s il en refte 
de ce qui a été confacré, on ne 
l'emportera point hors de l'Eglife ; 
mais le Prêtre & ceux des Corn- 
munians qu'il apellera alors, le 
mangeront & le boiront avec 
refpecly & gravité immédiaîe?nent. 
après la bénéJitlion, 

Le Miniftre & les Curateurs 
de rEgliJe^ feront provifion de 
Pain (7 de Vin pour la Qne^aux 
dépens de la Paroijfe. 

Et remarquez^ que chaque Pa^ 
roifp.en Cimmumera peur le mains 
trois fois f année, dont Vtuie fera 
en\à Pâque. Fj tous les ans à 
Pâque, chaque Paroi ffien contera 
avec le Relieur, avec le Vicaire, 
eu avec le Suhftitut^ ou avec 
celui ou ceux qui feront far eux 
O 2 commis. 



22S La Com 

commit s ^ & ils leur paieront à Iw 
ou à eux^ t(î4s le) d^vns Ecc^éfl 
afiiques qui fm dus dX païuuh 
en ce tsms-là^ fdon la co' twne 

Apr 's que le Sevoice Divin 
fe'a fait, l'on .Jif'ife a de l\i gent 
tienne à t'Ofenoi^e, pour tel 
uface^ pieux & iha> itables que 
ie Mi ni fie Û les Curateurs de 
fEglfe trouver' ïi' à Oropvs E^ 
en y .. de d'jéi end^ Von en dif^o 
Je' a félon quil plaira à P Ordi- 
naire d\n ordonner. 

Sur ce qu'en cet Ofice de 
l'adminiftracion de la Cène du 
Seiç^neur, il eft ordonné que 
les Communians la recevront 
à et'noux ; lequel ordre eft éta- 
bli à bonne intention, fa voir, 
tant pour fignifierpar là nôtre 
gratitude & nôtre humble rc- 
connoiflance des bénéfices de 
Jéfus Chrift, qui y font donnez 
à tous ceux qui communient 
dignement, que pour éviter 
la prophanation & le defor- 
dre, qui autrement pourroient 
s'en enfuivre en i'adminiftra 



M IT N I O N. 

tion de la Sainte Cène. Ce« 
pend nt de peur que cette 
génuflexion ne toit mal inter- 
piérée & tournée en abus, foie 
par ignt rance & infirmité, 
r^it par malice & opiniacrcvé; 
l'on dé lare ici, que par là on 
n'a point intention de cé'érer 
aucune adoration au Pain, ou 
au Vtn du Ssciement, qui 
font la reçus corporellement 5 
ou a aucune piéfence corpo- 
relle de la chair naturelle ou 
du Sa g de Jéfus Chrifl- : Car 
le Pain & le Vin du Sacrement 
demciiient toujours dans leur 
vraie & natuielle fubOance ; 
C'eli pi urquoi ils ne doivent 
point été adoiez. (Car ce 
feioic une Idobtrie, pour la- 
quelle tous les fidèles Chréti- 
ens doivent avoir de i'norrear.) 
Et le Corps naturel, & le Sang 
de Jéfus Chrift nôtre Sauveur 
font au Ciel, & non ici; puis 
que c'eft une chofe contraire 
à la vérité du Corps naturel 
de Jéfus Chrift, que d'être en 
plus d^un lieu à la fois. 



UA 



Le Bateme des Enfans enPublic. 229 



^»M 






L'A DMINISTRATION 

DU BATEME 

Des Enfans en Public dans l'Eglise. 



Jl faut avertir le peuple, qutl 
Je o.t t,èi convenable qut le 
BaJme ne fut admtmflr ' que 
les Dimanihes^ & Us jours de 
Fete^ lors que le peuple fe trouve 
en plus grand numh.e -^ tant a- 
■ fin que TAfe^^blée qui efl là 
piefer,te, pU'jfe rendre témoi- 
gnage de la réception des mu 
%'eaux Bâifez. dans l^Eglfe 
de Dieu ; que parce quau Ba- 
- terne des Enfant^ chaque per- 
fcrnàe qui s*y trouve _ fe pe'.t 
fouvenir par là, de la pr'fef 
fi:n particulière^ quil a faite 
lui même devant Dieu dans 
fin Bateme: pour laquelle rai- 
fin, il eft aujji nêceffaive que le 
Bateme foit admin.flré en lan- 
gue vulgaire : Néanmoins s'il 
y a néceffité, en pourra bâtifer 
les Enfans quelqu autre jour 
que ce fit. 

Et remarquez, qiiil y aura detix 
Parrains, & une Marraine 
four un Enfant mâle -, & pour 
chaque fille un Parrain^<& deux 
Marraines, 



Q^iand il y aura des enfans à ha^ 
tfet, les Pères & ki MleS 
en donneront avis au Nsinift. e 
le fir auparavant ■■, ou au ma^ 
trn de b nne heure, avant les 
prit' es du matin. Puis les 
Parrains & les Marraines, & 
le peuple fe rendront a:.pres des 
Fonts avec les Erfans, immé" 
diarement après la de'-nié e Le* 
çon des prie es du ma'in O du 
fuir, co?nme le Muiifhe faurci 
ordnné félon fa prudence: iX 
le Prêtre fe vendant auprès des 
Font s ^ {qui feront alors remplis 
£eau pure) & s^y tenant de-* 
bout, dira ; 

Cet Enfant a-t-il déjà été 
bâtiié, ou non l 

S* ils répondent que Non : Alors le 
Prêtre continima en la mani^ 
è\e qui fuit. 

ME S très-chers Frcres, 
pais - que tous les 
hommes font conçus 6c nez 
l 0.3 eu 



230 Le Bateme DES Encans ENPuBLiCi 

en péché ;^ & que nôtre Ijordain, as fanaifîé Teau 
Sauveur J éfus Chrift dit 5 ! pour Tablution miftique du 
que nul ne peut entrer au péché : Nous te fuplionsde 
Roiaume de Dieu, s'il n'eft regarder cet enfant dans tes 

compaffions infinies 5 le la- 
vant, & le fandlifiant par 
ton Saint Efprit 5 afin qu é- 
tant délivré de ton ire, il 
foit reçu dans TArche de 
rEglife Chrétienne: & qu'é. 
tant affermi dans la foi, 
joieux en efpérance, & en^ 
racine en charité, il paffe 
tellement les ondes ora- 
geufts de ce monde, qu il 
arrive enfin au port de la 
vie éternelle 5 pour y rég- 
ner avec toi, aux flécles 
desfiécles5 par Jéfus Chrift 
nôtre Seigneur, ^men, 



régénéré, & né de nouveau 
d'eau & du Saint Efprit: ]e 
vous exhorte de demander 
à Dieu le l^ère par nôtre 
Seigneur Jéfus Chrift, qu'il 
lui plaife dans fa bonté & 
fa mifericorde infinie, de 
donner à cet enfant, ce 
qu'il ne peut avoir de fa 
nature; c'eil qu'étant bâ- 
tifé d'eau & du Saint Ef- 
prit, il foit reçu dans l'E- 
gUfe Clirêtienne, & qu'il 
en devienne pu véritable 
membre 



Alors le Trètre dira 

Prions DIEU. 

Jeu Tout-puiiTant 



J|_^ Eternel, qui par 
grande mifericorde as fui 
vé Noé & fa famille, dans 
TArche d'entre ceux qui 
périrent par le Déhige, & 
qui as sûrement conduit les 
enfans dliraël ton Peuple 
au travers de la mer rouge, 
figurant par cela le Saint 
Batêmci & qui par le Ba- 
tcme de ton Fi's bicn-aimé 
Jéfus Chrifl, au fleuve à\\ 



Dieu Tout-puiffant & 
Immortel, qui es 
l'aide de ceux qui font dans 
la néceflîté, le refuge de 
ceux qui ont recours à toi, 
la vie des croians, & la ré- 
furredion des morts 5 Nous 
te prions pour cet enfant, 
afin que venant à ton fàint 
Batême, il obtienne la re- 
miffion de {z% péchez, par 
la régénération fpirituelle. 
Reçoi-îe,ô Seigneur,comme 
tu as promis, par ton Fils 
bien-aimé, difantj Deman- 
dez 



Le Bateme des Enfans en Public. 



231 



dez, ôc il vous fera donné j 
cherchez, & vous trouve- 
rez 5 heurtez, & il vous fera 
ouvert. Donne-nous donc 
maintenant, puis que nous 
demandons i fai que nous 
trouvions, puis -que nous 
cherchons i & nous ouvre 
la porte, puis -que nous 
heurtons : afin que cet en- 
fant jouïffe de la bénédic- 
tion éternelle de ton abki- 
tion celefte; ôc quil par- 
vienne à ton Roiaume éter- 
nel que tu nous as promis; 
par Jéfus Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

Puis le Peuple fe lèvera, & le 
Prêtre dira ; 

Ecoutez les paroles de l'E- 
vangile félon Saint Marc, 
au dixième chapitre, au 
verfet 1 3 . 

IL arriva un jour quon 
préfenta de petits en- 
fans à Jéfus Chrift, afin 
qu'il les touchât : mais les 
Diiciples reprenoient ceux 
qui les préfcntoient. Et jé- 
fus voiant cela, en fut in- 
digné, & il leur dit; Lailfez 
venir à moi les petits enfans, 
& ne les empêchez point : 
Car à tels eft le Roiaume 
de Dieu. En vérité je vous 



dis; que quiconque ne re- 
cevra, comme un petit en- 
fant, le Roiaume de Dieu, 
il n'y entrera point. Après 
les avoir donc pris entre 
Ces bras, il les bénit, en po- 
fant les mains fur eux. 

Apres la LeElure de r Evangile Je 
Miniftre fera cette courte e%^ 
hortativti, fur les paroles de 
l'Evangile, 

Blen-aimez, vous en- 
tendez da«s cet E- 
vangile, les paroles de nô- 
tre Seigneur Jéfus Chrift, 
qu'il commandoit qu on lui 
amenât les petits enfans i 
qu'il reprenoit ceux qui les 
vouloicnt empêcher de ve- 
nir a lui i & qu'il exhorte 
toutes fortes de perfonnes 
a imiter leur innocence. 
Vous connoiffez aufli par 
fon adion extérieure, com- 
ment il déclara fa bonne 
volonté envers eux : car il 
les prit entre fes brasj il 
Icm* impofa les mains i &: il 
les bénit. Ne doutez donc 
point ; mais croiez bien 
certainement qu'auflî il re- 
cevra favorablement ce pe- 
tit enfant ici préfent ; qu il 
l'embrailera des bras de fa 
mifcricordc 3 qu'il lui don- 
0^4 nera 



232 Le Bat eme des 

nera la bénédiftion de la 
vie éternelle : ôc qu'il le 
fera participant de (on Roi- 
aume éternel. C'eft pour- 
quoi, ctant ainfi perfuadez 
de la bonne volonté de 
nôtre Père Celcfte envers 
cet enfant, laquelle il a dé- 
clarée par ion Fiis Jéfus 
Chrift, & ne doutant nulle- 
ment qu'il n'aprouve Toeu- 
vre de charité que nous fai- 
fons eu aporiant cet enfant 
à Ion facré Batcme, ren- 
dons lui en grâces avec foi 
& avec dévotion, diiant j 

Dîeu Tout-puilTant & 
Eternel, Père Celefte, 
nous te remercions très- 
humblement, de ce qu il t'a 
plu de nous apeller à la 
connoiiTance de ta grâce, 
& de nous donner de croire 
en toi. Augmente- nous 
cette connoiffance 5 ôc con- 
firme en nous d jamais cette 
foii donne ton Saint E- 
fjprit à cet Enfant, afin qull 
foit régénéré, & quil foit 
fait héritier du falut éternel; 
par nôtre Seigneur Jédis 
Chrift, qui vit, & règne a- 
Vec toi, ôc avec le Saint Ef 
prit, maintenant & à jamais. 
Amen. 



Enfans en Public: 

Alors le 'Prêtre parlera aux Par^ 
rains & aux Marraines en 
cette manière. 

Bien -aimez vous avez 
aporté ici cet enfant 
pour être Bâtifé j vous avez 
prié qu'il plaife à nôtre Sei- 
gneur jéfus Chrift de le re- 
cevoir, & de le délivrer de 
les péchez 5 de le fanftifier 
par fon Saint Efprit, & de 
lui donner le Roiaume des 
Cieux, & la vie éternelle. 
Vous avez auffi entendu, 
que nôtre Seigneur ]éfus- 
Chriil a promis dans fou 
Evangile d'acorder toutes 
ces chofes que vous avez de- 
mandées : laquelle promeifc 
de fa part il gardera & a- 
complira très certainement. 
C'eft pourquoi après cette 
promeife faite par ]éfus- 
Chrift, cet enfant doit aullî 
de fa part fidèlement pro- 
mettre par vous, qui êtes 
ks Répondans (j niques à 
ce qu'il foit en âge de s'y 
obliger lui même) quil 
renoncera au Diable & à 
toutes fcs œuvres, qu'il croi- 
ra conftanment à la lainte 
parole de Dieu, & qu il gar- 
dera en toute obéidance fes 
faints Commandemens. 

Je 



Le Bâte ME DES Enfans en]?ubî:.ic 



Je demande donc 5 
Renonces-tu (au Nom de 
cet Enfant) au Diable & à 
toutes fes oeuvres j à la 
vaine pompe, 6c à la vaine 
gloire de ce monde, & à 
toi'tes fes convoitifes 5 & 
aux afedions corrompues 
de la chair : tellement que 
tu ne les ferviras point, & 
que tu ne te laifferas point 
gouverner par elles? 

Rèponfe. 
J'y renonce entièrement. 
Le Miniftre, 
Crois-tu en Dieu le Père 
Tout-puiifant, Créateur du 
ciel & de la terre: Et en 
Jéfus-Chrift fon Fils Uni- 
que nôtre Seigneur ; & qu il 
a été conçu du Saint Ef- 
prit, qu il eft né de la Vierge 
Marie 5 qu il a foufcrt fous 
Ponce Pilate^ quil a été 
cruciiié i qu il eft mort 5 & 
qu il a été enfcveli : qu'il 
eft defcendu aux enfers ; & 
que le troifiéme jour il eft 
reiTufcité des morts : qu il 
eft monté aux Cieux 5 qu'il 
eft aflis à la droite de Dieu 
le Père Tout-puiflant i & 
que de là il viendra, à la 
fin du monde, pour juger 
les vivans & les morts ? Et 
crois-tu au Saint Efprit? 



233 

Crois-tu la Sainte Eglife U- 
niverfelle 5 la communion 
des Saints 5 la remiflîon des 
péchez; la réfurredion de 
la chair i & la vie éternel- 
le après la mort ) 
Réponfe, 
Je croi tout cela ferme- 
ment. 

Le Miniftre, 
Veux-tu être bâtifé en 
cette foi ? 

Réponfe. 
C'eft ce que je défire. 

Le Miniftre. 

Veux-tu donc faire la 

fainte volonté de Dieu, & 

garder en toute obéïflance 

fes faints Commandemens^ 

Et veux-tu y cheminer tous. 

les jours de ta vie ? 

Réponfe, 

Je le veux. 

Alors le urètre dira 5 

ODieu de mifericorde, 
fai que le viel Adam 
foit tellement enfeveli dans 
cet enfant, que le nouvel 
homme foit reflufcité en lui. 
Arnen, 

Fai que toutes les afec- 
tions charnelles meurent 
en lui, & que toutes les 
chofes qui apartiennent à 
l'Efprit, y puiflent vivre ôc 
croître. Amen* Donne 



2^4 I-E Bateme des Enfans en Public 

Donne lui la force, & la 
puiffance d obtenir la vi£loi- 
re,& de triompher du diable, 
du monde, ôc de la chair. 
Amen. 

Fai que quiconque t'eft 
ici dédié par nôtre Minif- 
tère, foit auffi rempli de 
vertus celeftes, & éternel- 
lement recompenfé par ta 
tnifericorde, ô Seigneur 
Dieu béni, qui vis & qui 
gouvernes toutes chofes 
aux fiécles des fiécles. Amen. 

Dieu Tout-puiflant & 
Eternel, dont iePils 
bien- aimé Jéfus-Chrift a ré- 
pandu du fang, & de Teau 
defon côté très précieux, 
pour la remiffion de nos 
péchez, & a commandé à 
les difciples d'aler enfeigner 
toutes les nations, les bâ- 
tifant au Nom du Père, 
Ôc du Fils, & du Saint Ef- 
prit 5 reçoi favorablement 
les prières de cette affcm- 
blée : fandifie cette eau pour 
Tablution myftiquc du pé- 
ché $ & nous acorde que 
cet enfant qui y doit itrc 
batifé, reçoive la plénitude 
de ta grâce, & qu'il demeure 
toujours au nombre de tes 
fidèles & chers enfans j par 
]érus-Chrift nôtre Seigneur. 
^Amen. 3 



Alors le Prêtre prendra l'Enfant 
entre fes mains ^ & dira aux 
Parrains Ù" aux Marraines, 

Nommez cet Enfant. 

Et alors le nommant après eux 
(i'ils afstirent que V enfant le 
peut bienfoufrir] il le plongera 
dans teau avec prudence & 
précaution^ difant; 

N. Je te bâtife au Nom du 
Père, & du Fils, & du Saint 
Efprit. Amen. 

Mais s* ils affurem que t Enfant 
eflfoible^ tlfufira de lui ver fer 
de r eau fur le vifage^ en ufant 
des me mes paroles, 

N. Je te bâtife au Noit^ 
du Père, & du Fils, & du 
Saint Efprit. Amen. 



N 



de 



Alors le Prêtre dira ; 

Ous recevons cet en- 
fant en la compagnie 
Chrê- 



rEghfe 



tienne ; * Et nous *^^'' ^^p^^'- 



, 1 tre fera le 

le marquons du j^^J ,^, ^^ 
figne de la Croix, crdx furie 
pour figniticr qu à f^"^^/j^ 
Tavenir il naura 
point honte de confelTer la 
Foi de jéfus-Chrift crucifié : 
mais qu'il combatra vail- 
lamment fous fon Enfeigne, 
contre le péché, le monde. 



Le Bateme des Enfans en Public 

& le diable 5 & quil fera 
conftaiiment fidèle foldat 
de Jéfus-Chrift, & le fcrvira 
fidèlement, jufques à la fin 
de ft vie. Amen. 



235 



AfYes le Prêtre dirai 



Puis le Prêtre dira; 

OR maintenant, Frères 
bien-aimez, puis-que 
cet enfant eft régénéré, & 
qu^il eft enté au corps de 
TE^life de Jéfus-Chrift, ren- 
dons grâces à Dieu pour 
ces bienfaits 5 & d'un com- 
mun acord prions le Dieu 
Tout-puifTant, qu il lui falfe 
la grâce que le refte de fa 
vie foit conforme à ce 
commencement. 

Puis on dira y tous étant à 
genoux. 



NOus te rendons grâces [ 
de tout nôtre cœur, 
Pèretrès-mifericordieux, de 
ce qu il t'a plu de régénérer 
cet enfant par ton Saint 
jEfprit, de le recevoir pour 
ton enfant par adoption, ôç 
de l'incorporer dans tafainte 
Eglife : Et nous te fuplions 
humblement de lui faire la 
grâce, qu'étant mort au pé- 
ché, il vive à la jufticei & 
qu'étant enfeveli avec Chrift 
en fa mort, il crucifie le 
vieil-homme, & anéantifle 
tout le corps du péché 5 & 
que comme il eft fait par- 
ticipant de la mort de ton 
Fils, il le foit auffi de fa 
réfurredion 5 tellement qu'- 
enfin il foit fait héritier de 
ton Roiaume éternel avec 
le refte de ta Sainte Edifcf 



Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 

fandifié. Ton Rème vien- -./^ r-u -n. ^.. c • 

r^^ ^r . ^ r ' r ■ P^^* Icfus-Chrift notrc Sei 
ne. Ta Volonté foit faite r -^ ^ 



I <^neur. 
en la terre comme au Ciel.P 



Amen. 



Donne nous aujourd'hui 
nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofcnfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofcnfez. 
Et ne nous indui point 
tentation : mais dél 
nç^s du malin. Amen 



Alors tous s"^ étant levez^, le Prêtre 
parlant aux Parrains & aux 
MarraineSy leur fera cette £x- 
hortation j 



: en T)Uis 

ivrejj^ pr( 



que cet enfant a 

promis par vous qui 

êtes fes Répondans, de re- 
noncer 



toute vertu, & 
faintctc dévie. 



en toute 



V 



Puis il ajoutera, difant ; 
Ous devez avoir foin 



'2^6 Le Bateme des Enfans enPublic. 
noncer au diable & à toutes ' fufcitions à la iuflice, mof- 
fes œuvres, de croire en tifiant continuellement tou- 
Dieu & de le fervirj Vous 'tes nos afedions mauvaifes 
devez vous fouvenir que c'cft & corrompues, & nous a- 
Yotre devoir que cet enfant vançant, de jour en jour en 
foit inftruit, auffi tôt qu'il ^- ' 
€n fera capable, du vœu, de 
la promeffc, & de la profef- 
lîon folennelle, qu il a fait 
ici par vous. Et afin qu'il 
puiffe mieux comprendre 
ces chofes, vous l'exhorterez 
de fréquenter les Sermons : 
& fur tout vous aurez foin 
de lui faire apprendre le 
Symbole des Apôtres; TO- 
raifon Dominicale; 6c le^ 
Dix Commsndemens en 
lan^aie vulgaire, avec toutes 
les autres chofes qu'un Chré- 
tien doit favoir, & qu il doii 
croire pour le falut de fon 
ame. Vous ferez auffi que 
cet enfant foit élevé à la 
vertu pour mener une vie 
fainte & Chrétienne ; fe 
fouvenant toujours que le 
Batême nous repréfente nô 
tre profeffion, qui eft de 
fuivre l'exemple de nôtre 
Sauveur Jéfus-Chrift, &de 
nous y conformer; afin que 
comme jéfus-Chrift eft mort 
& reffufcitc pour nous, auffi 
nous, qui ibmmes bâtifez, 
mourions au péché, 6c ref- 



que cet enfant foit 
amené à V Evêque, pour 
itre confirmé aaffi-totquil 
laura dire le Symbole, fO- 
raifon Dominicale, 6c les 
'3ix Commandemens en 
.angue^ vulgaire,- 6c qu'il 
aura été pms amplement inf- 
truit dans le C.atéchifmedc 
TEglife, qui a été publié 
pour cet effet. 

// efl cevtam Par la payoîe de Dlett^ 
que les ehjan.\ qui ont éiébatiUi^y 
O' qui mèu>ent avar/t que 
d'avoir commis de pethé atluel, 
font indubitablement fauvez,. 

Pour oter tout faupule touchant 
l'ifi^e du figue de la Cr ix 
au Bateme, Von en pourra voir 
la v^aie explication & les jufies 
raif.ns^ que Von a eues de le 
retenir^ dans le XXX. Camn 
qui fut premièrement publié en 
Van 1^04, 



L'AD- 



Le BaTEME DEsEnFANS ENpARTICULIERr 237 




VA DMINISTRATION 

DU BATEME 

Ï)es Enfans, <iyi SE fait en particu- 
lier DANS LA MAISON. 



Les Mini/ires de chaque Paroijfe 
exhorteront fouient le peuple 
de ne point diferer le Bâteme 
de leurs Enfans, plus long- 
temps que le premier vu 
deuxième Dimanche après leur 
naîjfance^ ou quelque jour de 
Fête s il en échet entre deux^ 
fi ce nefl pour quelque caufe 
d'importance^ & raifonnabie 
qui aura faprobation dti 
Mini/ire, 

Et ils les avertiront auffi cit 
ne point jaire bânjey leuv 
Erijans en particulier âd,ii L. 
maifjn fans grande raifon^ Ù 
fans néceffi'J. Mais quand i^ 
y aura né^ ejjité de les y bàtifev , 
en ce ca^ le Ba ê^ne fera ad 
minift'é en ce.te mautè e. 

Premièrement, q e le Miniftye 
de la Paroijje ( ou en f.n 
ahfeniC quelq i'autre léguvne 
Minifl/e q i fe pourra ttu.- 
ver) invoque le Nom de Dieu 
avec ceux qui feront là pyè- 
fensj qu'il dife l'Oraifon Do- 



minicale^ & les CoUecîes qui 
fe doivent dire félon la forme 
prefcrite pour le Bâteme qui fi 
fait en public, autant que le 
temps Ù la nêceffité le per-^ 
mettront. Et alors l'Enfant 
étant nommé par quelqu'un 
des affflans^ le Miniflre lui 
ver fer a de l'eau fur le vijage^ 
dijant ces paroles. 

^,]c te bâtife au Nom du 
Père, & du Fils, ôc du 
Saint Efprit. Amen. 

Puis chacun s' agenouillant^ le 
Minîjlie rendra grâces à Dieu^ 
& dira - 



N 



JOus te rendons grâces 
de tout nôtre cœur, 
i trc très mifericordieux, de 
cequil t'apiu de régénérer 
cet enfcnr par ton Saint 
Efprit, de ie recevoir pour 
ton Enfant par adoption, 
I ôc 



238 LeBateme des Enfans en Particulier/ 

bâtifé cet enfant félon Tor- 
dre légitime, ôcprefcritpar 



& de Tincorporer dans ta 
fainte Eglife: Et nous te 
fuplions humblement de lui 
faire la grâce qu étant mort 
au péché, ilviveàla juftice^ 
& quêtant enfeveli avec 
Chrift en fa mort, il cruci- 
fie le vieil-homme, & qu'il 
anéantiiTe tout le corps du 
péché ; & que comme il eft 
iait participant de la mort 
de ton Fils, il le foit auffi 
de fa réfurredion 5 telle- 
ment quenfin il foit fait 
héritier de tonRoiaume éter- 
nel avec le refte de tes Saints ; 
par Jéfus- Chrift ton Fils 
nôtre Sauveur. Amen. 

Et qt^ils ne doutent point que 
r Enfant ainfi bâtifé ne foit lé- 
gitimement & fufifamment bà- 
tiféy & qui! ne doit point être 
rebâtifé : Neantmoins fi V En- 
fant ainfi bâtifé furvity il efi 
expédient qu'il foit préfenté dans 
l^ Eglife ; afin que fî le Mini- 
flre même de la Paroiffe a 
bâtifé r Enfant, il puiffe af- 
fûrer VAffemblée de la 'vraie 
Forme du Batême par lui ad- 
minifiré en particulier • auquel 
cas il diva ainfi • 

Je vous déclare & vous 
affûrc, qucn préfcnce de 
pluficurs témoins, en un tel 
temps, & en un tel lieu, j'ai 



l'Eglife. 



Que fi ? Enfant a été bâtifé pat 
quelque autre Miniflre légitime^ 
le Miniftre de la Paroiffe où 
VEnfant eft né, ou de celle où 
il a été bâtifé, s'informera fi 
l'Enfant a été bâtifé légitime" 
ment, ou non : Et en tel cas, fi 
ceux qui aportent quelque En-* 
fant à l'Eglife, répondent qu'il 
a été bâtifé, alors le Miniftre 
les examinera encore^ difant; 

Par qui a été bâtifé cet 
Enfant > 

Qui étoit préfent quand 
cet enfant a été bâtifé ? 

Et parce que l'on peut 
avoir omis quelque chofc 
effenticUe à ce Sacrement, 
foit par crainte, ou par pré- 
cipitation, comme il peut 
arriver en une telle extré- 
mité i Je vous demande de 
plus. 

Avec quoi a été bâtifé 
cet Enfant? 

De quelles paroles s'eft- 
on fcrvi en le bâtifant? 

Que fi le Miniftre trouve par les 
réponfes de ceux qui aportent 
l^ Enfant, que toutes chofes aient 
été faites comme elles le doi- 
vent être i alors il ne rehâtifera 
point 



LeBatemedes Enf an s en Particulier. 239 



point f enfant-, mais le recevra 
i:omme vrai membre de l'E- 
glife Chrétienne, en difant ^ 

JE VOUS déclare & vous 
alTûre, qu'en ce cas 
tout a été bien fait, & félon 
Tordre requis auBatêmede 
cet Enfant : lequel étant né 
en péché originel, & fujet 
à la colère de Dieu, cft 
maintenant, par Tablution 
de la régénération au Batê- 
me, reçu au nombre dçis 
Enfans de Dieu, & des hé- 
ritiers de la vie éternelle. 
Car nôtre Seigneur Jéfus- 
Chrift ne refufe point fa 
grâce & fa mifericorde à 
tels petits enfans j au con- 
traire il les apelle affedu- 
eufement à foi, comme fon 
Saint Evangile le témoigne, 
à nôtre confolation, en ces 
paroles : 

UEvANGiLE. S. Marc. 
10. 13. 

ON préfcnta à Jéfus- 
Chrift de petits çnfluis, 
atin qu il les touchât : mais 
les difciples reprcnoient ceux 
qui les préfentoient. Et 
Jéfus voiant cela, en fur in- 
digné, &: il leur dit; Laif- 



fez venir à moi les petits 
enfans, & ne les empêchez 
point : Car à tels eft le 
Roiaume de Dieu. En vé- 
rité je vous dis ; Qlic qui- 
conque ne recevra, comme 
un petit Enfant le Roiaume 
de Dieu, il n'y entrera point. 
Après les avoir donc pris 
entre io^s bras, il les bénit, 
en pofant les mains fur eux. 

Après la Leïlure de f Evangile^ 
le Miniflre fera cette courte 
Exhortation, fur le^ paroles de 
f Evangile, 

Bien- aimez, vous enten- 
dez dans cet Evangile 
les paroles de jéfus-Chrift 
nôtre Sauveur, qu'il com- 
mandoit quon lui ameuck 
les petits enfans : qu'il re- 
prenoit ceux qui les vou- 
loicnt empêcher de venir à 
lui ; & qu'il exhorte toutes 
fortes de perfonncs d'imiter 
leur innocence. Vous con- 
noiffez auffi par fon adion 
extérieure, comment il dé- 
clara la bonne volonté en- 
vers eux : Car ii les prit 
entre fcs bras, il leur ini- 
pofa les mains, & il les 
bénit. Ne doutez donc 
point 5 mais créiez bien 

cet- 



^40 LeBaï'èmë des Enf ans en Particulier.' 



certainement, qu il a auflî 
reçu favorablement ce petit 
cnfont ici préfcnt, qu'il Ta 
reçu entre les bras de fa 
mifericordc : & que félon 
quil Ta promis dans fa 
fainte Parole, il lui donnera 
la bénédidlion de la vie é- 
ternelle, & le fera partici- 
pant de fon Roiaume ce- 
lefte. Puis donc que nous 
fommes perfuadez de la 
bonne volonté que nôtre 
Père celefte a déclarée en- 
vers cet Enfant par fon Fils 
Jéfus-Chrift, rendons lui en 
grâces avec foi & avec dé- 
votionj & difons la prière 
que le Seigneur lui-même 
nous a enfeignée. 

Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fanûifié. Ton Règne vi- 
enne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au ciel. 
Donne nous aujourd'hui 
nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofcnfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez. 
Et ne nous indui point en 
tentation : mais délivre 
nous du malin. > Amen, 

leu Tout-puifîant & 
Père Celefte, nous 



D 



te remercions très-humble- 
ment de ce qu'il t'a plu de 
nous apeller à la connoif- 
fance de ta grâce, & de 
nous donner de croire en 
toi. Augmente nous cette 
connoilfance, & confirme 
en nous à jamais cette foi. 
Donne ton Saint Efprit à 
cet Enfant ; afin qu'étant 
régénéré, & fait héritier du 
falut éternel, par nôtre Sei- 
gneur Jéfus Chrift, il con- 
tinue a te fervir; & qu'il 
obtienne l'effet de ta pro- 
meife, par ton Fils Jéfus 
Chrift nôtre Seigneur, qui 
vit & qui règne avec toi, & 
avec le Saint Efprit, un feul 
Dieu, béni éternellement. 
Amen, 

Alors le Prêtre demandera leNom 
de rEnfant : & après que ce 
Nom aura été prononcé par les 
Parrains & par les Marraines^ 
le Miniftre dira; 

R Enonces-tu au nom de 
cet Enfant, au diable 
& â toutes. fes œuvres, à la 
vaine pompe, ôc a la vaine 
gloire de ce monde, & à 
toutes fcs convoiti fes, & aux 
afedions corrompues de la 
chair $ tellement que tu ne 

les 



Lé Bateme t>Es Enfans en Particulier. 241 



les fcrviras point, Se que 
tu ne te laifîeras point gou- 
verner par elles. 

Reponfe. 

J'y renonce entièrement. 

Le Miniftre, 

CRrois-tu en Dieu le 
Père Tout - puiflant , 
Créateur du ciel & de la 
terre? Et en Jéfus-Chrift 
fon Fils Unique notre Sei- 
gneur j & qu'il a été conçu 
du Saint Efprit j qu'il eft 
né de la Vierge Marie 5 
qu'il a foufert fous Ponce 
PilatCi qu'il a été crucifié 5 
qu'il eft mort, «5c qu'il a été 
enfeveli j qu'il cfl: defcendu 
aux enfers ; & que le troi- 
fiéme jour il eft refluicité 
des morts 5 qu'il eft monté 
aux cieux, qu'il eft aflls à 
la droite de Dieu le Père 



Le Miniftre. 
Veux-tu donc faire la 
fainte volonté de Dieu, & 
garder en to^ite obéïffance 
fes faints Commandemens.^ 
Et veux-tu y cheminer tous 
les jours de ta vie ? 
Réponfe, 
Je le veux. 



N 



Ahrs le Prêtre dira; 

Ous recevons cet En- 
fant en lacompaL^nie 
ae l'Eglife Chrétienne, * & 
nous le marquons 
du figne de la * ^'i^^'^ri^ 

^ f> . ne fera. U 

croix, pour llgni- f^rfe je u 

fier qu'à l'avenir il croix jur le 
n'aura point de ^:;^'^^'^"' 
honte de confefTer 
la foi de Jéfus-Chrift cru- 
cifié j mais qu'il combattra 
vaillamment fous fon en- 



Tout-puiftant j & que de là feigne, contre le péché, le 
il viendra, à la fin du monde, monde, & le diable i & 
jugjrlesvivans& les morts?; qu'il fera conftamment fi- 

dèle foldat de iéfiis-Chrifl:, 



Et crois- tu au Saint Ef 
prit ; crois-tu la Sainte 
Eglife Univcrfelle ,• la com- 
munion des Saints 5 la rc- 
mifllon des péchez j la ré- 
furredion de la chair, & la 
vie éternelle après la mort ? 
Réponfe, 

Je croi tout cela ferme- 
ment. 



& qu'il le fervira fidèlement 
jufqucs à la fin de fa vie. 



o 



Puis le Piètre dira; 

R. maintenant. Frères 

bien aimez, puis-que 

ccL enfant eft régénéré, ôc 

qu'il eft enté au corps de 

l'Eglife deJéfjs-Chrift; ren- 

R d ons 



2142 LeBateme des Enfans en Particulier^ 

dons grâces à Dieu pour fes 
bienfaits; & dïin commun 
acord prions le Dieu Tout- 
puilTant, quil lui faffe la 
grâce que le rcfte de fa vie 
foit conforme à ce com- 
mencement. 



Alors le Prêtre dira j 

NOus te rendons grâces, 
de tout nôtre cœur, 
Père très-mifericordicux, de 
ce qu il t'a plu de régéné- 
rer cet Enfant par ton 
Saint Efprit, de le recevoir 
pour ton Enfant par adop- 
tion, & de l'incorporer 
.dans ta fainte Eglife : Et 
nous te fuplions humble- 
ment de lui faire la grâce, 
quêtant mort au péché, il 
vive à la juflicei & qu'é- 
tant enfeveli avec Jéfus- 
Chrift en fa mort, il cru- 
cifie le vieil homme, & 
anéantiffe tout le corps du 
péché i & que comme il 
cft fait participant de la 
mort de ton Fils, il le foit 
auffi de fa réfurrcdion :i 
tellement qu'enfin il foit 
fait héritier de ton Roiaumc 
éternel avec le relie de ta 
Sainte Eglife; par Jéfus- 
Chrifl: nôtre Seigneur. A- 
men. 



Puis tous s^étant levez.^ le Mi" 
nifire parlant aux Parrains & 
aux Marraines y leur fera cette 

Exhortation, 



PUifque cet Enfant a 
promis, par vous qui 
êtes fes repondans, de re- 
noncer au diable & à toutes 
fes œuvres ; de croire en 
Dieu, & de le fervir ; vous 
devez vous fouvenir que 
c'cft vôtre devoir, que cet 
Enfant foit inftruit, aullî- 
tôt c]uil en fera capable, 
du vœu, de la promelîe & 
de la profeflîon folemnelle 
quil a faite ici par vous. 
Et afin qu il puitle mieux 
comprendre ces chofcs, 
vous Texhorterez de fréquen- 
ter les Sermons; ôc fur 
tout vous aurez foin de 
lui faire aprcndre le Sym- 
bole des Apôtres, TOrai- 
ton Dominicale, & les Dix 
Commandemens en langue 
vulgaire, & toutes les au- 
tres choies qu un Chrétien 
doit favoir, & qu'il doit 
croire pour le faluf de fon 
ame. Vous ferez auffi que 
cet Enfant foit élevé en la 
vertu, pour mener une vie 
fainte & Chrétienne : fe 

fou- 



Le Bateme des Enfans en Particulier: 24 ^ 

fouvenant toujours que le 
Bateme nous repréfcnte 



nôtre profellîon, qui efl: 
de fuivre Texemple de 
nôtre Sauveur Jéfus-Chrift, 
& de nous y couformer > 
afin que comme Jéfus- 
Chrift cft mort ôc reffuf- 
cité pour nous, auffi nous 
qui fommes bâtifez, mou 
rions au péché, & reiFufci- 
tions à U juftice: mor- 
tifiant continuellement tou- 
tes nos affeûions mauvaifcs 
& corrumpuës, & nous a- 
vançant, de jour-en-jour, en 
toute vertu, & en toute 
fainteté de vie. 



Mats Jt ceux qui aportentfEn^ 
fant à PEglife, font des ré^ 
pnfes douteufes & incer^ 
caines aux queftions duPrê-^ 
tre ; de forte quil ne f /ï- 
Yoijfe f as par là que VEn-- 
font ait été hâtifé d'eau^ au 
Nom du Père, & du Fils, 
& du Saint Efprit, qui font 
lei parties ejfeniielles du Ba- 
teme : Alors le Prêtre le 
hâtifera fuivant la forme 
du Bateme public ; excepté 
qu'en plongeant V Enfant dans 
les Fonts^ ilufera de ce for-* 
mulaire de paroles: 



Si tu n'es point déjà bâ- 
tifé, N. Je te bâtife au 
Nom du Père, & du Fils, 
<5c du Saint Elprit. Amen, 




R z 



L'AD. 



i44 Le Bateme de ceux qui sont en AoEa^^ 



V :".-,.u/%[ 5ni. 



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L'Administration -'^ ^^^ ^^ 



DU B A TE ME 






PoUR:CEUX QUI SONT 
\i-.'V.h : a POUR EU 



Lors que des perfonnes qui font 
flus avancées en âge doivent 
être bâtifées^ les Pères & les 
Mères, , ou à* autres perfonnes 
prudentes, en donneront avis 
de bonne heure {du moins une 
femaine auparavant) à fEvê- 
que, ou à celui à qui il en 
donnera la charge ; afin qu- 
ainfi on ait foin de les exa- 
miner, four favoir s ils font 
fufifamment infiruits dans les 
principes de la Religion Chré- 
tienne ; & quon les exhorte de 
fe préparer eux-mêmes par 
prières & par jeunes pour la 
réception de ce Saint Sacre- 
ment. 

Et s'ils font trouvez^ capables ; 
les Parrains & les Marraines 
(le peuple étant affemblé le 
Dimanche ou le jour de Fête 
marqué) feront là pour les 
pïéfenter aux Fonts immédiate- 
ment après la féconde Leçon, 



EN Age de refondre 

X- M EM E'S. ; i:;' i, ^.i.^ix 

aux Prières du Matt'û ou aux 
Prières du Svir^ comme te 
Miniflre le trouvera à propos 
félon fa prude nce,^ f ' m > i 

Et étant lày lé Prêtre demandera 
fi aucun de ceux qui font là 
préfentez.y a été bâtifé ou non ; 
S^îls répondent que non^ alors 
le Prêtre dira ainfi i 

CHcrs ôc bien-aimez , 
puis-que tous les hom- 
mes font conçus & nez en 
péché, & que ce qui eft 
né de chair eft chair, & que 
ceux qui font en la chair 
ne peuvent plaire à Dieu, 
mais vivent en pech<é, com- 
mettant plufieurs pechea 
aduels j & que Jéfus-Chrift 
nôtre Sauveur dit, que nul 
ne peut entrer au Roiaumc 
de Dieu, s'il n eft régénéré, 

& 



De Repondre pour eux-mêmes. 

& né de nouveau d'eau & 
du Saint Efprit: Je 



vous 
exhorte de demander à Dieu 
le Père par nôtre Seigneur 
Jéfus-Chrift, qu il lui plaife 
dans fa bonté & fa miferi- 
corde, de donner à ces per- 
fonnes ce qu'elles ne peu- 
vent avoir de leur nature 5 
c'eft qu elles foient bâtifées 
d'eau & du Saint Efprit, 
& reçues en la Sainte E- 
glife de Jéfus-Chrift, & 
qu'elles en deviennent de 
véritables membres. 

Alors le urètre dira -y 
Prions D I E U. 

{JEt ici toute tAffemhléefe 
mettra a genoux >^ 



D 

grande 



leu Tout-puiflant & 
Eternel, qui par ta 
mifericorde as fau- 
ve Noé, & fa famille dans 
TArche d'entre ceux qui 
périrent par le Déluge, & 
qui as sûrement conduit les 
enfans d'Ifraël ton Peuple 
au travers de la mer rouge, 
figurant par cela le Saint 
Batêmci & <^ui par le Ba- 
tême de ton Fils bien-aimé 
Jéfus-Chrift, au ifleuve du 



24J 

Jordain, as fanftifié l'eau 
pour Tablution miftique du 
péché : Nous te luplions de^ 
regarder ces perfonnes dans 
tes compaffions infinies 5 les 
lavant, & les fandifiant par 
ton Saint Efprit 5 afin qu é* 
tant délivrées de ta colère, 
elles foient reçues dans i*Ar- 
che de l'Eglife Chrétiennes 
& qu'étant affermies dans la 
foi, joieufes en efpérance, 
& enracinées en charité, el- 
les paffent tellement les on- 
des orageufes de ce monde, 
qu'elles arrivent enfin au 
port de la vie éternelle, 
pour y régner avec toi, 
aux fiécle des fiécles 5 par 
Jéfus-Chrifl nôtre Seigneur. 
Amen^ 



D 



leu Tout-puiffant & 
Immortel , qui es 
l'aide de ceux qui font dans 
la néceflité, le refuge de 
ceux qui ont recours à toi, 
la vie des croians, & la ré- 
furreûion des morts ; Nous 
te prions pour ces perfonnes, 
afin que venant à ton faint 
Batême, elles obtiennent la 
rcmiflîon de leurs péchez, 
par une régénération fpi- 
rituelie. Rcçoi-les, ô Sei- 
gneur, comme tu as pro- 
R 3 mis. 



i4<^ Le Bâte ME DE ceux qui sont en Age 

nu de Dieu: Car per* 
fonne ne peut faire ces fig- 
ues que tu fais, fi Diegi 



mis, par ton Fils bien- 
ainié, difantj Demandez, 
& il vous fera donné 5 
cherchez, & vous trouve- 
rez 5 heurtez, & il vous fera 
ouvert. Donne-nous donc 
maintenant, puisque nous 
demandons; fai que nous 
trouvions, puis -que nous 
cherchons i & nous ouvre 
la porte, puis -que nous 
heurtons : afin que ces per- 
fonnes jouïffent de la bé- 
nédidion éternelle de ton 
ablution celefte,- & quel- 
les parviennent à ton Roi- 
aume éternel que tu as 
promis 5 par J éfus - Chrifl: 
nôtre Seigneur. Amen. 

Alors h Peuple fe levant^ le 
Prêtre dira; 

Ecoutez les paroles de TE- 
vangile félon Saint Jean, 
au chapitre m. au verfet 

IL y avoit un homme 
d'entre les Pharifiens, 
nomnié Nicodènic qui é- 
toit un d0s Principaux 
d'entre les Juifs. Lequel 
yint de nuit à Jéfus, & lui 
dit 5 Maître, nous favons 
que tu es un Dodeur ve- 



n eft avec lui. Jéfus ré- 
pondit, & lui diti En vé- 
rire, en vérité je te dis; R 
quelqu'un n eft né de nou- 
veau, il ne peut point voir 
le Roiaume de Dieu. Ni- 
codème lui dit ; Comment 
peut naitre un homme 
quand il eft vieux 5 peut-il 
encore entrer au ventre de 
fa mère, & naitre? Jéfus 
répondit 5 En vérité, ei> 
vérité, jeté dis 5 fi quel- 
qu'un neft né deau ôc 
d'efprit, il ne peut point 
entrer dans le Roiaume de 
Dieu. Ce qui eft né de la 
chair eft chair : & ce qui 
eft né de l'Efprit eft Efprit. 
Ne t 'étonne pas de ce que je 
t'ai dit j il vous faut être nez 
de nouveau. Le vent fou- 
fle où il veut, & tu en en- 
tens le fouj mais tu ne 
fais d'où il vient, ni où il 
va : il en eft ainfi de tout 
homme qui eft né de TEf- 
prit. 

Jpr^s cela il fera t Exhorta" 
îion fuivante. 

Blen-aimez, vous enten- 
dez dans cet Evangile 
les paroles expreffes de Je- 



De Repondre p 

fus-Chrift nôtre Sauveur, 
que fi quelqu'un neft né 
d'eau & d'Efprit, il ne peut 
entrer dans le Roiaume de 
Dieu. Par où vous pouvez 
reconnoitre la grande né- 
ceffité de ce Sacrement, 
lors qu on le peut recevoir. 
Ainfi, immédiatement a- 
vant fonAfcenfion au Ciel, 
félon que nous le liions 
dans le dernier chapitre de 
TEvangile félon S. Marc, 
il commanda à fes difciples, 
difantj Alez vous-en par 
tout le monde, ôc prêchez 
l'Evangile à toutes créa- 
turcs. Qlû aura crû & aura 
été bâtifé, fera fauve : mais 
qui n'aura point crû, fera 
condamné. Ce qui nous 
montre aulll le grand a- 
vantage qui nous en re- 
vient. C'eft pourquoi TA- 
pôtre S. Pierre, la première 
fois qu'il prêcha l'Evangile, 
plafieurs aiant eu componc- 
tion de cœur, & lui aiant 
dit à lui, & au refte des A- 
pôtres j Hommes Frères, 
que ferons-nous ? il répon- 
dit, & leur dit ; Amendez- 
vous, & que chacun de 
vous foit bâtifé, en remif- 
fion des péchez, & vous 
xecevrez le don du S^mr 



OUR EUX-MEMES. 247 

Efprit. Car la promelTe 
vous eft faite, à vous, à 
vos enfans, ôc à tous ceux 
qui font loin, autant que 
le Seigneur nôtre Dieu en 
apellera. Et par plufieurs 
autres paroles, il les exhor- 
toit, difant 5 Sauvez-vous 
de cette génération per- 
verfc. Car comme le même 
Apôtre le témoigne en un 
autre lieu, le Batême auflî 
nous fiuve encore mainte- 
nant, non point celui par 
lequel les ordures de la 
chair font nettoiées ; mais 
l'atcftation d'une bonne 
confcience devant Dieu par 
la réfurredion de Jéfus- 
Chrift. C'eft pourquoi ne 
doutez nullement j mais 
croiez bien alfûrément qu'il 
recevra fivorablement ces 
perfonncs ici préfentes, qui 
font vraiment repentantes, 
& qui vienneut à lui par 
la foi, qu'il leur acordera 
la remilfion de leurs pé- 
chez ; & qu'il leur donnera 
fon Saint Efprit; qu'il leur 
communiquera la bénédi- 
dion de la vie éternelle i 
ôc qu*ii les fera participans 
de ion Roiaume celcfte. 
Etant donc ainfi perfuadez 
de la bonne volonté de 
R 4. nôtre 



24^ Le Bateme de ceux qui sont en Age 



notre Père Celefie envers 
ces perfonnes, laquelle il 
a déclarée par fon Fils Jé- 
fus-Chrifl, rendons lui en 
grâces avec foi, ôc avec 
dévotion, difant 5 

Dieu Tout-puilTant & 
Eternel, Père Celef- 
te, nous te remercions très- 
htirriblement de ce qu'il t'a 
plu nous donner de croire 
en toi. Augmente-nous cet- 
te connoiffance, ôc confir- 
me en nous à jamais cette 
foi. Donne ton Saint Ef- 
prit à ces perfonnes, afin 
qu'elles foient faites héri- 
tières du falut éternel s par 
nôtre Seigneur }éfus-Chrift, 
qui vit & qui règne avec 
toi, & avec le Saint Efprit, 
maintenant Ôc à jamais. 
Amen, 

Puis h Prêtre parlera de cette 
manière aux perfonnes qui 
doivent: être bâtijées, 

Blen-aimez qui êtes ici 
venus, défirant de re- 
cevoir le Saint Bateme, 
vous avez entendu com- 
ment rAPicmblée a prié 

qu il piaife à nôtre Seig- Pvcnonces-tu au diable & 
ncur Jcius-Cliriil de vous à toutes fcs oeuvres, à la 

1 vaine 



recevoir, de vous bénir, & 
vous délivrer de vos pé- 
chez 5 de vous donner le 
Roiaume des cicux, & la 
vie éternelle. Vous avez 
au m entendu, que nôtre 
Seigneur Jéfus-Chrift a pro- 
mis dans fa Sainte Parole, 
d'acorder toutes les chofes 
que nous lui avons deman- 
dées, laquelle promefle il 
acomplira de fa part très 
certainement. 

C'eft pourquoi après cet- 
te promeffe faite par Jéfus- 
Chrift, vous devez aufli lui 
promettre fidèlement de vô- 
tre part, en la préfence de 
ces perfonnes qui font té- 
moins pour vous, & de 
toute cette Affemblée, que 
vous renoncerez au diable 
5c à toutes ks œuvres ; que 
vous croirez conftamment 
à la Sainte Parole de Dieu 5 
& que vous garderez en 
toute obéïflance fes Com- 
mandemens. 

Alors le Prêtre fera les quef- 
tions ffivantes à chacune des 
perfoUétes qui doivent être hà^ 
tijées, l'une après Vautre, 

T>emande. 



Db Repondre pour eux-mêmes^ 249 



vaine pompe, & à la vaine 
gloire .de ce monde, ôc à 
toutes fes convoitifes, & 
aux affeûions corrompues 
de la chair 5 tellement que 
tu ne les fuivras point, & 
que tu ne te laifferas point 
gouverner par elles ? 
Reponfe. 
Jy renonce entièrement. 

Crois-tu en Dieu le Père 
Tout-puiffant, Créateur du 
ciel & de la terre; & en 
Jéfus-Chrift fonFils Unique 
nôtre Seigneur 5 & qu il a 
été conçu du Saint Efprit 5 
qu il eft* né de la Vierge 
Marie 5 qu il a foufFert fous 
Ponce PilatCi quil a été 
crucifié 5 qu'il eft mort 5 & 
quil a été enfeveli : quil 
cil defcendu aux enfers j 
& que le troifiéme jour 
il eft reifufcité des morts: 
qu'il eft monté aux cieux, 
qu il eft aflis à la droite de 
Dieu le Père Tout-puif 
fant : & que de là il vien- 
dra, à la fin du monde, 
pour juger les vivans & 
les morts ? Et crois-tu au 
Saint Efprit? Crois-tu la 
Sainte Eglife Univerfelle 5 
la Communion des Saints 5 
Ifi remiffion des péchez 5 



la réfurreftion de la chair 5: 
& la vie éternelle après la 
mort ? 

Reponfe. 
Je croi tout cela fermc-^ 
ment. 

T)emande. 
Veux-tu être bâtifé en 
cette foi? 

Réponfe, 
C'eft ce que je défireJ 

demande. 
Veux-tu donc faire la 
faintc volonté de Dieu, & 
garder en toute obéïiTancc 
fes faints Commandemens ? 
Et y veux-tu cheminer tous 
les jours de ta vie> 
Réponfe. 
Je le veux. 

Alors le Prêtre dira» 

PEre de mifericorde, faî 
que le vieil Adam foit 
tellement enfeveli en ces 
perfonnes, que le nouvel 
Homme y foit reffufcité. 
Amen. 

Fai que toutes les affec- 
tions charnelles meurent 
en elles, & que toutes les 
chofcs qui aparticnnent a 
fEfprit y puiftent vivre & 
croître. Amen. 

Re- 



5^50 La Bateme de ceux qui sont en Age 



Revêts-les de ta force, 
afin qu elles puiflent obte- 
nir la vidoire, & triompher 
du diable, du monde, ôc 
de la chair. Amen. 

Fai qu'étant ici dé- 
diées par nôtre Miniftère, 
elles foient aulli revêtues 
des vertus celeftes, & éter- 
nellement heureufes par ta 
mifericorde , ô Seigneur 
Dieu béni, qui vis & qui 
gouvernes toutes chofes aux 
îîécles des ftécles. Amen, 

Dieu Tout-puiflant & 
Eternel, dont le Fils 
bien-aimé ]éfus-Chrifl:, a 
répandu duYang & deTeau 
de fon coté très-précieux, 
pour la remiffion de nos 
péchez, & a commandé à 
les difciples d'aler enieigner 
toutes les nations, les bâ- 
tifant au Nom du Père, & 
du Fils, & du Saint Efprit: 
Reçoi favorablement les 
prières de cette affemblée 5 
fand:ifie cette eau pour l'a- 
blution myftique du péché 5 
& nous accorde que ces 
perfonnes, qui doivent être 
bâtifécs, reçoivent la plé- 
nitude de ta arace : & 
qu'elles demeurent tou- 
jours au nombre de tes 



fidèles & chers enfansj par 
Jéfus-Chrift notre Seigneur. 
Amen, 

Alors le urètre prendra par la 
main droite chacun de ceux 
qui doivent être hâtifeZy & 
les plaçant commodément au* 
près des Fonts félon fa prU' 
dence^ il demandera le Nom 
aux Parrains & aux Mar- 
vaineSy puis les plongera dans 
Veau , ou verfera de Veau 
fur chacun d'eux^ difant; 

N. Je te bâtife au Nom 
du Père, & du Fils, & du 
Saint Efprit. Amen. 

Le Prêtre dira immédiate- 
ment après ; 

TW TOus recevons cette 



* Icilé Prêtre 
fera le figne de 
la Croix fur le 
front delà? er- 
fonne. 



perfonne en la com- 
pagnie de TE- 
glife Chrétien- 
ne i* Et nous la 
marquons du li- 
gne de la Croix, 
pour fignitier qu'à l'avenir 
elle n aura point honte de 
confeilcr la Foi de Jéfus- 
Chrift crucifié : mais qu'elle 
combattra vaillamment fous 
fon enfcigne 5 contre le 
péché, contre le monde, 
& contre le diable 5 & 
qu'elle fera coullamment 
3 un 



De Repondre pour eux-mêmes, 

an fidèle foldat de Jéfus- 
Chrift: & quelle le fer- 
vira fidèlement, jufques à 
la fin de fa vie. Amen* 



Puis le Prêtre dira ; 

OR maintenant, frères 
bien-aimez, puis que 
ces perfonnes font régéné- 
rées, ôc quelles font en- 
tées au corps de TEglife de 
Jéfus-Chrift, rendons grâ- 
ces à Dieu pour ces bien- 
faits, & d'un commun a- 
cord prions le Dieu Tout- 
puifTant, qu'il leur faffe la 
grâce que le refte de leur 
vie foit conforme à ce com- 
mencement. 

iPuis on dira VQraifon Domi- 
nicale^ tous étant à genoux -, 

Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom 
foit fandifié. Ton Règne 
vienne. Ta Volonté foit 
faite en la terre comme 
au ciel. Donne-nous au- 
jourd'hui notre pain quo- 
tidien. Et nous pardonne 
nos ofenfes, comme nous 
pardonnons à ceux qui nous 
ont ofenfez. Et ne nous 
indui point en tentation : 
Mai$ délivre nous du ma- 
lin, ^merio 



Après h Prêtre dira ; 



^S\ 






PEre Cclefte, nous tç 
remercions, de tout 
nôtre cœur, de ce qu il t'a 
plu de nous apeller à la con- 
noiffance de ta grâce, & 
de nous donnçr de croire 
en toi. Augmente -nous 
cette connoiiTance, & con- 
firme en nous à jamais cette 
foi. Donne ton Saint Et 
prit à ces perfonnes i afin 
qu'étant maintenant régé- 
nérées, & faites héritières 
du falut éternel, par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur, elles 
continuent à te fervir; & 
qu'elles obtiennent l'acom- 
pliilement de tes promet 
ks 5 par Jéfus-Chrift ton 
Fils nôtre Seigneur, qui 
vit, & qui règne avec toi, 
en l'unité du Saint Efprit, 
un feul Dieu béni éter- 
nellement. Amen. 

Alors tous étant debout , le 
Prêtre fera V Exhortation fui- 
vante, en parlant première- 
ment aux Parrains & aux 
Marraines, 



P 



Uis que ces perfonnes 

ont promis en vôtre 

préfence de renoncer au 

diable 



5.52 Le Bateme de ceux qui sont en Âge.' 



diable & à toutes fes œu- 
vres, de croire en Dieu & 
de le fervir; vous devez 
vous fouvenir que c eft vô- 
tre devoir, de leur repré- 
fenter quel vœu, quelle 
promeffe, & quelle profef- 
iion folemnelle, elles ont 
fait en préfence de cette 
Aflemblée; ôc particulière- 
ment en la vôtre, de vous 
qu elles ont pris pour leurs 
Témoins. Et vous devez 
aulïi les exhorter de tra- 
vailler avec toute forte de 
diligence, à fe bien inftruire 
en la fainte Parole de Dieu s 
afin que par ce moien elles 
puiffent croître en grâce & 
en la connoiffance de nô- 
tre Seigneur Jéfus-Chrift 5 
Ôc vivre en ce préfent fiécle 
religicufement , ) uftement , ' 
Ôc fobrement. 



Chrift, de vous conduire 
d'une manière qui réponde* 
à vôtre vocation Chrétien-'' 
ne, & félon quil eft féant» 
aux enfans de lumière 5 
vous fouvenant toujours, 
que le Bateme nous ré- 
préfente nôtre profellîon, 
qui eft de fuivre l'exemple 
de nôtre Seigneur Jéfus- 
Chrift, & d'être faits fem- 
blables à lui ; afin que 
comme il eft mort & refluf- 
cité pour nous, ainfi nous 
qui fommes bâtifez mou- 
rions au péché, & reflufci- 
tions à la juftice ; mortifi- 
ant continuellement toutes 
nos afFedions mauvaifes ôc 
corrompues, & nous avan- 
çant chaque jour en toute 
vertu, ôc en toute fainteté 
de vie. 



Puis parlant aux perfumes mu- 
'vellement bâtifées , il conti- 
nu'êra^ & dirai 

ET quant à vous qui a- 
vez maintenant revê- 
tu jéfus-Chrift au Bateme, 
c'cft aufli vôtre devoir, 
puifquc vous êtes faits les 
enfans de Dieu, ôc de lu- 
mière par la foi en Jéfus- 



// eft bon que toute perfome 
qui aura été ainfi bâtife'e^ 
fuit confirmée par VEveque 
auffi-tot quil fe pourra faire 
après fon Bateme^ afin qu 
ainfi elle puijfe être admife 
à la Sainte Cène. 

Si les perfonnes qui n^auroient 
peint été bâtifées en leur en^ 
fance ^ font prêfentées pour 
être bâtifées^ avant que d^etre 
en âge de difretion, & ca- 
pables de répondre pour elles- 
mêmes : 



Catéchisme? 



-^tnêmei : // fufira d'ufer de 
-iPOfice du Batême public des 
u Enfans {ou en cas â^extreme 
- danger) de VOfice du Ba- 
[^ terne qui s'adminiflre en 



Mi 

particulier ] en changeant 
feulement le mot de petit 
enfant, ou de perfonne, 
félon qu^ Voccafon le re* 
querra. 



M'jl^ 



I -J 



C À T E C H I S M E 



\m il 



O U 



fj.'." 



T-*iàKf 



'IN s T R u c T I o n;: 



.■'iïn\^\v'- 



-Que toute perfonne doit aprendre avant que d'être 
prefentée à TEvêque pour être confirmée. 



demande. \ 

Comment vous apellez- 
vôus ? 

Rêjponfe, 
.N. ou M. 

demande. 
Qiii vous a donné ce 
Nom ) 

Rêponfe, 
Mes Parrains & mes 
Marraines en .mon Batê- 
me, auquel j'ai été fait 
membre de Jéfus-Chrift, 
enfant de Dieu, & héritier 
duBsOiaume des Cieux. 



demande. 

Qu'eft-ce que vos Par- 
rains & vos Marraines ont 
fait alors pour vous? 
Réponfe^ 

Ils ont promis & voiié 
trois chofes en mon Nom, 
Premièrement, que je re- 
noncerois au diable, & à 
toutes fes œuvres, aux pom- 
pes & aux vanitez de ce 
monde corrompu, & à toutes 
les convoitifes criminelles 
de la chair : Secondement, 
que je croirois tous les Ar- 
I ticles 



i5+ 



C A t E C H I S M E? 



ticks de la Foi Chrétienne ; 
Et en troisième lieu, que je 
ferois la volonté de Dieu, 
&quciegarderois fes faints 
Commandemens, y chemi- 
nant tous les jours de ma 
vie.- 

demande. 

Ne penfes-tu pas que tu 
çs tenu de croire & de faire 
ce qu'ils ont promis pour 
toi? 

Réponfe, 

Ouï certainement j & 
Dieu aidant, je TacompU- 
rai : Et je rens grâces, de 
tout mon cœur, à nôtre 
-Dieu & Père Célefte, de ce 
quil m'a apellé à cet état 
de falut par Jéfus - Chrift 
nôtre Sauveur : & je le 
prie qu'il me faffe la grâce 
d'y perféverer jufques à la 
fin de ma vie. 

Le Catechîfte. 

Récite les Articles de ta 
Toi. 

Réponfe. 

Je croi en Dieu le Père 
Tout-puiflant, Créateur du 
ciel ôc de la terre. Et en 
Jéfus-Chrift fon Fils Uni- 
que nôtre Seigneur, qui a 
été conçu du Saint Efprit, 
né de la Vierge Marie, a 
foufFert fous Ponce Pilate, a 



été crucifié, mort, & enfe- 
veli ; Il eft defcendu aux en- 
fers 3 le troifiéme jour il 
eft reflufcité des morts ; il 
eft monté au Ciel i il eft 
affis à la dextre de Dieu 
le Père Tout-puiffant : Et 
de là il viendra juger les 
vivans & les morts. Je 
croi au Saint Efprit. Je 
croi la Sainte Eglife Uni- 
verfelie 5 la communion 
des Saints 5 la remiflîon 
des péchez i la réfurredion 
de la chair 5 & la vie éter- 
nelle. Amen. 

demande. 

Qu'aprens-tu principale- 
ment par ces Articles de 
ta Foi > 

Réponfe. 

J'aprens à croire pre- 
mièrement, en Dieu le Père 
qui m'a créé, & qui a créé 
tout le monde. 

Secondement, en Dieu 
le Fils, qui m'a racheté, & 
qui a racheté tout le genre 
humain. 

En troifiéme lieu, en 
Dieu le Saint Efprit, qui 
me fanûifîe, & qui fane- 
tific tous les Elus de Dieu. 
demande 

Tu as dit que tes Par- 
rains & tes Marraines ont 
promis 



Catéchisme 



promis en ton Nom, que 
tu 'garderois les Comman- 
demens de Dieuj Di-moi 
combien il y en a. 
Réfonfe, 

Dix. 

demande. 

Quels font-ils ? 
Réponj^. 

Ceux là mêmes que Dieu 
a prononcez, comme il eft 
écrit au XX. chapitre de 
TExode, difant i Je fuis 
l'Eternel ton Dieu, qui t'ai 
retiré hors du pais d'Egypte, 
de la maifon de fervitude. 
I. 

Tu n'auras point d'au- 
tres Dieux devant ma face. 
II. 

Tu ne te feras point d'i- 
mage taillée, ni aucune rcf- 
femblance des chofes qui 
font là haut aux cieux, ni 
ici-bas fur la terre, ni dans 
les eaux fous la terre. Tu 
ne te profterneras point de- 
vant elles, & tu ne les 
ferviras point : Car je fuis 
l'Eternel ton Dieu, le Dieu 
fort & jaloux, puniflant l'ini- 
quité des percs fur les en- 
fans en la troifiéme, & en 
la quatrième génération de 
ceux qui me haiflent 5 & 
faifant mifericorde en mille 



générations à ceux qui m'ai^ 
ment, & qui gardent mes 
commandemens. 
III. 

Tu ne prendras point le 
Nom de l'Eternel ton Dieu 
en vain. Car l'Eternel ne 
tiendra point pour inno- 
cent celui qui aura pris foa 
Nom en vain. 
IV. 

Souviens-toi du jour du 
repos, pour le fandifier.: 
Tu travailleras fix jours, & 
feras toute ton œuvre : mais 
le feptiéme jour eft le re-. 
pos de l'Eternel ton Dieu. 
Tu ne feras aucune oeuvre 
en ce jour là, toi, ni ton fils,, 
ni ta fille, ni ton ferviteur, ni 
ta fervante, ni ton bétail, 
ni ton étranger qui eft dans 
tes portes. Car rEternel a 
fait en fix jours les cieux & 
la terre, & la mer, & tout 
ce qui eft en eux, & s'effc 
repofé le feptiéme jour : 
C'eft-pourquoi TEternel a 
bcni le jour du repos, &ra 
fandifié. 

V. 

Honore ton Père & ta 
Mère, afin que tes jours foi- 
ent prolongez fur la terre, 
que l'Eternel ton Dieu 
te donne. 
I VI. 



2S(S C À T E 

VI. 

Tu ne tueras point. 

VIL 
Tu ne paillarderas point. 

^ i y m. 

Tu ne déroberas point. 
IX. 

Tu ne diras point faux 
témoignage contrie tonpro- 
cliain. 

X. 

Tu ne convoiteras point 
la maifon de ton prochain 5 
Tu ne convoiteras point la 
femme de ton prochain, ni 
fon ferviteur, ni fa fervan- 
tè, ni fon bœuf, ni fon âne, 
ni aucune chofe qui foit à 
ton prochain. 

T^emande, 

Qu*aprens-tu principale- 
ment par ces Commandc- 
mens \ 

Réponfe. 

J'y aprens deux chofes j 
mon devoir envers Dieu, & 
mon devoir envers mon 
prochain. 

demande. 

Quel eft ton devoir en- 
vers Dieu ) 
-'- Réponfe. 

Mon devoir envers Dieu 
eft de croire en lui, de le 
craindre & de le révérer j 
de Taimcr de tout mon 



C H I 5 M E* 

cœur, de toute mon âme 
& de toute ma force; de 
Tadorer, de lui rendre 
grâces, de mettre toute mort 
efpérance en lui, de l'in- 
voquer, d'honorer fon faint 
Nom & fa Parole, & de le 
fervir fidèlement tous les 
jours de ma vie. 
demande. 

Qiiel eft ton devoir en- 
vers ton prochain > 

'\ "^ Réponfe. 

Mon devoir envei's mon 
prochain eft de Taimer com- 
me moi même, & de faire 
à autrui comme je voudrois 
t^ue Ion me fit; d'aimer, 
d'honorer, & de fecourir 
mon père & ma mère. D'ho- 
norer le Roi, & d'obéir & 
à lui, & à ceux qui font 'en 
autorité fous lui 5 De me 
foumettre à tous mes Gou- 
verneurs , à mes Précep- 
teurs, à mes Pafteurs, &c 
à mes Diredeurs fpirituels; 
De me conduire avec hu- 
milité & avec rcfped à l'é- 
gard de tous ceux qui font 
plus que moi; D.e n'ofcn- 
fer perfonne de parole ni 
de fait 5 d'être jufte, & vé- 
ritable en toutes mes afaircs 5 
De n'avoir aucune malice, 
ni aucune haine dans le 

cœur 5 



C A T E C 

coeur 5 De garder mes mains 
laettcs de toute pillcrie, & 
de tout larcin ; & ma langue 
de médifance, de menfonge, 
& de calomnie 5 De pofle- 
der mon corps en tempé- 
rance, en chafteté, êc en fo- 
brieté 5 De ne défirer & de 
ne convoiter point les biens 
d'autrui, mais de travailler 
& de chercher les moiens 
de gagner ma vie honnê- 
tement 5 Et de faire mon de- 
voir en rétat, & en la vo- 
cation où il plaira à Dieu 
de m'apeller. 

Le Catèchijle, 
Mon cher enfant, fâche 
que tu n'es pas capable de 
toi même de faire ces cho- 
fes, ni de cheminer félon 
les commandemensdeDieu, 
ni de le fervir fans fa grâce 
fpéciale, laquelle tu dois a- 
prendre à demander foig- 
neufcment en tout temps 
par tes prières. Que je voie 
donc fi tu fais dire TOrai- 

_ fon Dominicale. 

^ Réponfe. ' 

NOtrc Père qui es aux 
Cicux, Ton Nom foit 
fanûific. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne nous aujourd'hui 



H I S M E* 2si 

nôtre pain quotidien,* Et 
nous pardonne nos ofenfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez» 
Et ne nous indui point cry 
tentation : mais délivre nous 
du malin. Amen. 
"Demande. 

Que demandes-tu à Diea 
dans cette Prière >■ 
Réponfe^ 

Je prie le Seigneur moa 
Dieu nôtre Père Célefte^ 
qui eft TAuteur de tout 
bien, de nous faire la grâce 
à moi, & à tous les honv 
mes, de Tadorer, de le fervir, 
& de lui obéir, félon que 
nous y fommcs obligez. Je 
le prie aullî qu il lui plaifc 
de nous envoler toutes les 
choies néceffaires à nos 
corps ôc à nos âmes. Qu'il 
nous falïb mifericorde, &: 
qu'il nous pardonne nos pé- 
chez; àc qu'il lui plaife de 
nous garantir, & de nousi 
défendre dans tous les dan- 
gers qui pourroient mena- 
cer nos corps & nos âmes : 
Qu'il nous préferve de tout 
péché & de toute iniquité, 
&i de nos ennemis fpirituels,, 
& de la mort éternelle. Ce 
que j'efpere qu'il fera par fa 
mifericordc & fa bonté;pour 
S i'a^ 



25S Catéchisme 

Tamour de Jéfus-Chrift nô- demande 

Ccft pour 



tre Seigneur 5 
cjLioi je conclus par le mot, 
Amen, c eft à dire , Ainfi 
foit il. 

demande. 
Combien J élus - Chrift 
â-t-il inftitue de Sacremens 
dans fon Eglife> 
Réponfe. 
Deux feulement, qui font 
généralement néceflaires a 
falut, favoir, le Batême, & 
la Sainte Cène. 

^Demande. 
Qii'cntens-tu par cç mot 
de Sacrement \ 

Rêponfe. 
J'entens un fignc exté- 
rieur & vifible d'une grâce 
intérieure & fpirituelle, qui 
nous eft donnée; lequel 
figne Jéfus-Chrift lui-même 
a inftitue, comme un moien 
-par lequel nous recevons 
cette grâce, 3c comme un 
arrhe 6c un gage pour nous 
en alTûrer. 

"Demande. 
Combien de parties y 
a-t-il dans un Sacrement \ 
Réponfe. 
Deux, le figne extérieur 
& vifible ; & la grâce in- 
térieure & fpirituelle. 



Quel eft le fignc exté- 
rieur & Vifible, ou la forme 
du Batême? 

Réponfe, 
C'eft Teau : en laquelle 
la pcrfonne eft bâtifée, Au 
Nom du Père, & du ïils> 
& du Saint Efprit. 
Demande. 
Qiielle eft la grâce inté- 
rieure ôc fpirituelle \ 
Réponfe. 
Ccft de mourir au péché, 
& de renaître à la juftice : 
Car étant naturellement 
nez en péché & enfans d'ire, 
nous fommcs par ce moien» 
faits enfans de grâce. 
Demande. 
Qif cft-ce qui eft requis do 
ceux qui doivent être bâ- 
tifez? 

Réponfe. 
La repentance, par la- 
quelle ils renoncent au 
péché j 6c la foi, par la- 
quelle ils croient fermement 
les promeflcs de Dieu, qui 
leur font faites en ce Sa- 
crement. 

Demande^ 
Pourquoi eft-ce donc que 
Ion bâtife les petits en- 
fans, puis qu'ils ne peuvent 

acom- 



C A T E C 

acomplir ces chofes à caufe 
de leur âge tendre > 
Réponfe. 

Parce qu ils promettent 
par leurs Répondans de les 
acomplir Tune & Tautre : 
laquelle promeffe ils font 
tenus d'acomplir eux-mê- 
mes, lors quils font en 
âge de connoiffance. 
T>emande. 

Pour quelle fin eft-ce que 
le Sacrement de la Sainte 
Cène a été inftitué \ 
Rèponfe, 

Pour être une commé- 
moration perpétuelle du 
Sacrifice de la mort de ]é- 
fus-Chrift, 6c des avanta- 
ges que nous en recevons. 
"Demande, 

Quelle efl la partie ex- 
térieure, ou le figne de la 
Sainte Cène? 

Réponfe, 

Le pain & le vin, que 
le Seigneur nous a com- 
mandé de recevoir. 
Demande. 

Quelle -eft la partie in- 
térieure, ou la chofe fig- 
nifiée ? 

Réponfe, 

Le Corps & le Sang de 
Jéfus-Chrift, qui font vrai- 
ment ô: efFcdlivemcnt pris 



H I s M E. 25^ 

& reçus en la Sainte Cène 
par les fidèles. 

Demande. 

Quels font les avantages 
qui nous en reviennent^ 
Réponfe, 

Nos âmes font rafraî- 
chies & fortifiées par le 
Corps & par le Sang de 
jéfus-Chrift, comme nos 
corps font nourris & for- 
tifiez par le pain & le vin. 
Demande, 

Qif eft-ce qui eft requis 
de ceux qui viennent à 
la Sainte Cène du Sei- 



gneur ? 



Réponfe, 
Qtfils sexaminent eux- 
mêmes, s'ils ont une vraie 
repentancc de leurs péchez; 
paifez, & une ferme réfo- 
lution de cheminer ca 
nouveauté de vie 5 s'ils 
ont une foi vive en la 
mifericorde de Dieu par Jé- 
fus-Chrift ; s'ils font commé- 
moration de fa mort avec 
adions de grâces y & s'ils 
ont pour tous les hom- 
mes la charité qu'ils leur 
doivent. 

Les Dimanches C7 jaurs de 
Vête après la féconde Leçon 
des prières du Soir^ le Minif' 
tre de chaque Parorjfe sem- 
S a ploiera 



266 C A 

ploiera foîgneufement à in(lruire 
& examiner publiquement dans 
VEglife, fur quelque point de ce 
Catechifme ^ tel nombre quil 



trouvera à propos^ des enfans 
qui lui feront préf entez,. 

Et tous les Pères & les Mcrei, 
les Maîtres & les Maîtreffes en- 
voleront à l'Eglife leurs Enfans^ 
leurs Serviteurs^ & leurs Apren- 
tis (qui nont point encore apris 
le Catechifme) à Vheure afftgnée^ 
& les obligeront d^ écouter le Mi- 
nifire, de lui obéir ^ & de fe 
laiffer conduire par lui jufques 
à ce quils aient apris tout ce qui 
leur efl ici ordonné d^aprendre. 

Dès-que les enfans auront a- 
teint un âge convenable pour pou- 
voir dire le Symbole des Apôtres^ 
rOraifon Dominicale^ & les Di^ 



T E C H I S M E. 

Commandemens en langue vul^ 
gaire ; & quils pourront aujfî 
répondre aux autres que/lions de 
ce petit Catechifme, on les ame^ 
nera à VEveque : & chacun aura 
un Parrain & une Marraine en 
qualité de Témoins de leur Con* 
firmation. 

Et toutes les fois que VEvêque 
avertira quon lui amené les En- 
fans pour être Confirmez,^ le Mi- 
nijire de chaque Paroiffe^ ou me- 
nera lui même les perfonnes quil 
jugera devoir être préftntées à 
l Eve que pour être confirmées, ou 
envolera leurs Noms par écrit 
avec un Certificat de fa main. Et 
fi l Evêque leur donne fon afro^ 
bation, il les confirmera en la 
manière qui fuit. 



L'OR. 



La Confirmatioît. 



261 




L O R D R E 

DELA 

CONFIRMATION, 

O u 

Impoficion des mains fur ceux qui ont été 
batiJeZj^ ôc qui ont ateint lage de dijcretion. 



'Au jour ajjfgné, tous ceux qui 
doivent être confirmez,, étant 
f lacez. & rangez, devant VE- 
veque ; // lira, ou quelque au- 
tre Miniflre à qui il en aura 
donné la charge, la {réface 
qui fuit, 

A Fin que la Confirma- 
tion puille être ad- 
minillrée avec une plus 
grande édification de ceux 
qui la recevront, il a fem- 
blé bon à TEglife dordon- 
ner, qu'à Tavenir aucun ne 
fera confirmé qu'il ne fâche 
j^ire le Symbole des Apô- 



tres, rOraifon Dominicale? 
& les Dix Commandemens 5 
& qu'il ne puiife aullî ré- 
pondre aux autres queftions 
qui font contenues dans le 
petit Catechifme. Et il cft 
fort à propos dobfcrvercet 
ordre, afin que les enfans 
qui auront ateint fâge de 
difcretion, fâchant ce que 
leurs Parrains & leurs Mar- 
raines ont promis pour eux 
au Batênie, ils le puiflcnt 
de leur bon gré ratifier, & 
confirmer eux mêmes pu- 
bliquement en face de TE- 
S 5 el^n:. 



2.62 La C o n F I 

glife, de leur propre bou- 
nchc, & promettre auflî qu a- 
vec laide de Dieu, ils tâ- 
cheront, tous les jours de 
leur vie, de garder fidèle- 
ment les chofes aufquelles 
ils auront aquiefcé par leur 
propre confeilion. 

Puis VEveque dira ; 

Réïterez-vous ici en la 
préfence de Dieu & de cette 
Affemblée, la promeffe & 
le vœu qui ont été faits 
folemnellement , en vôtre 
Nom, à vôtre Batêmci 
les ratifiant & les confir- 
mant vous-mêmes en pcr- 
fonne, & vous reconnoif- 
fant obligez de croire & 
de faire toutes les chofes 
dont vos Parrains & Mar- 
raines ont répondu pour 
vous ? 

Et chacun répondra à haute 
•voix; 

Je les réitère, & je les 
ratifie & les confirme. 

L'Evêqtte. 
Nôtre aide foit au Nom 
ile Dieu. 



R M A T I o ÎT> 

Réponfe. 
Qui a fait le Ciel & la 
Terre. 

L'Evêque. 
Béni foit le Nom du Sei- 
gneur. 

Réponfe. 
Dès maintenant, & à ja- 
mais. 

L'Evêque. 
Seigneur exauce nos pri- 
ères. 

Réponfe. 
Et que notre cri parvien- 
ne jufqu'à toi. 

L'Evêque. 
Prions DIEU. 

Dieu Tout-puiffant 6c 
Eternel, qui as vou- 
lu régénérer d'eau & du 
Saint Efprit ces tiens fcrvî- 
teurs, & qui leur as acordé 
la remiflîon de tous leurs 
péchez ; Nous te fuplions 
qu'il te plaife de les forti- 
fier en leur communiquant 
le Saint Efprit, le Confo^ 
lateur j & de leur augmen- 
ter, chaque jour, t'es dons 
&i tes grâces, en leur acor- 
dant TEfprit de fagefle & 
d'intelligence 5 TEfprit de 
conieil Ôc de force fpiri- 
tuelie 5 



L A C O N F 

tucîle; rEfprit de fcience 
& de vraie piété : Rempli- 
les, Seigneur, de TEiprit 
de ta fainte crainte, dès 
maintenant, & à jamais. A- 
men. 



Alors ils s^ agenouilleront & Je 
rangeront par ordre devant 
rEveque: Ù il mettra la 
main fur la tête de chacun, 
Vun après Vautre^ difant; 

Seigneur reçoi ce tien 
enfant (ou ce tien fcrvitcur) 
en la Proteaion de ta grâce 
celefte 5 afin qu'il foit éter- 
nellement du nombre des 
tiens 5 & quil croiffe cha- 
que jour de plus-en-plus en 
tous les dons de ton Saint 
Efprit; jufques à ce quil 
parvienne à ton Roiaunie 
éternel. Amen, 



I R Û Â f t O 1^. 26 j 

ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au ciel. 
Donne-nous aujourd'hui nô- 
tre pain quotidien. Et nous 
pardonne nos ofenfes, com- 
me nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez. 
Et ne nous indui point en 
tentation : mais délivre- 
nous du malin. Amen. 



D 



Puis ÎEvêque dira ; 
Le Seigneur foit avec 
vous. 

Réponfe. 
Et avec ton Efprit. 

Et chacun fe mettant à genoux, 
VEveque dira * 

Prions DIEU. 

Notre Père qui es aux 
cicux, Ton Nom foit 
landifié. Ton Règne vicn- 



Et cette Collège. 

leu Tout-puiffant & 
Eternel, qui nous 
donnes de vouloir & de faire 
les chofes qui font agré- 
ables à ta divine Majefté; 
nous te préfentons nos 
humbles fuplications pour 
ces tiens ferviteurs, fur lef- 
quels, fuivant Texemple de 
tes Saints Apôtres, nous a- 
vons impofé les mains j 
pour les affûrer, par ce lig- 
ne, de ta faveur, & de ta 
bonté gratuite envers eux. 
Nous te fuplions que ta 
main patentelle foit toii' 
jours étendue fur eux j que 
ton Saint Efprit foit tou- 
jours avec eux 5 & que tu 
les conduifes tellement à la 
connoillance, & à lobéif- 
fance de ta Parole, qu'à la 
fin ils puiflent obtenir la 
S 4. vie 



2^4 



L A C 



ONFIRMATïOîT. 



vie éternelle i par nôtre 
Seigneur Jefus-Chrift, qui 
en l'unité du Saint Efprit, 
vit ôc règne avec toi Dieu Alors fEveque les bénira^ 



cterncilement. Amen. 

Dieu Eternel & Tout- 
puiffant nous te fu- 
plions qu'il te plaife de fanc- 
tifier, de conduire, & de 
gouverner :jOs corps & nos 
âmes dans les fentiers de ta 
Loi, & dans lobéiffance à 
tes commandemens i afin 
que par ta puiffante Protec- 
tion nous foions préfervez à 
famais en corps & en ame $ 



par Jéfus-Clirifl: nôtre Set 
gneur & Sauveur. Amen. 



disant • 

La bénédiftion de Dieu 
Tout-puifTant, le Père, le 
Fils & le Saint Efprit, foit 
fur vous, & demeure avec 
vous éternellement. Amen, 

Et aucun ne fera admis à la 
Sainte Cène jufques à ce qtCil 
foit confirmé^ ou quil foit 
fret à être confirmé, & ^uil 
défne de Vhre, 



Pi 



I-A 



Le Mariage» 



26$ 



L A F O R M E 

DE LA 

Célébration duMariage. 



Premièrement^ il faut que les 
Anonces de tous ceux qui fi 
'veulent marier foient publiées 
dans VEglife trois Dimanches 
ou jours de Fêtes^ à l^ heure du 
Service Divin ^ immédiatement 
avant les fentences qui fe li- 
fent pour rofertoire, le Minif- 
îre disant en la manière açou- 
tumée. 

Je publie les Anonces de Ma- 
riage entre M de & N. 

de — S'il y a aucun de vous 
qui fâche quelqii^ cauie ou 
quelque jufte empêchement 
pourquoi ces deux perfon- 
nes ne puiffenc pas être 
jointes en faint Mariage; 
vous le devez déclarer : c'eft 
ici la première^ la féconde^ 
ou la troi/iéme A nonce. 

Et fi ceux qui fe veulent marier 
demeurent en diverfes paroiffes; 
Les Anonces feront publiées 
dans les deux paroijfes ; & le 
Miniflre de l'une des paroijfes 
gf les mariera point ^ fans ^- 



voir une Ate(lation de l'aufrç 
Minifire, que les Anonces ont 
été publiées trois fois. 
Au jour ordonné pour la célébra" 
tion du Mariage^ ceux qui fe 
veulent marier viendront dam 
le Chœur de VEglife^ avet leurs 
amis & leurs voifins. Et là 
êtanP tun auprès de Vautre^ 
r homme à la main droite^ la 
femme à la main gauche^ U 
Prêtre dira, 

M Es très chers frères en 
Jéfus-Chrift, nous 
fommes ici en la préfencc 
de Dieu & de cette aiTem- 
blée, pour unir cet homme 
«5c cette femme enfcmble 
dans le faint Mariage, qui 
cft un état honorable, int 
titué de Dieu, au temps de 
l'innocence de Thomme, & 
qui nous repréfentc rUniori^ 



266 Le Ma 

inyftiquc de Téfus-Chrift a- 
vec fon Egliie. Lequel faint 
état Jéfus-Chrift a aprou- 
ré, rhonorant de fa pré- 
fence, & du premier mira- 
cle, quil fit en Caiia de 
Galilée. Et S. Paul le re- 
commande comme hono- 
rable entre tous. C'eft pour- 
quoi Ton ne doit pas en- 
treprendre d'y entrer témé- 
rairement, légèrement ou 
d'une manière défordonnéc 
pour fatisfaire les défirs 6c 
les convoitiies de la chair, 
comme les bêtes brutes qui 
n'ont point d'intelligence i 
mais avec décence, avec 
difcretion, avec prudence, 
avec tempérance, & en la 
crainte de Dieu; confidc 
rant mûrement les caufcs 
pour lesquelles le mariage 
a été ordonné. 

Premièrement il a été é- 
tabli, pour avoir des enfans, 
qu'on puiffe élever dans la 
crainte, & dans la diicipline 
du Seigneur, à la gloire de 
fon Nom. 

Secondement il a été éta- 
bli, pour fervir de remède 
contre le péché, & pour é- 
viter la paillardife, afin que 
tous ceux qui n'ont pas le 



R I A G eZ 

don de continence, puiffent 
fe marier & fe conferver des 
membres purs du Corps de 
Jéfus-Chrift. 

Il a été ordonné en- 
fin pour la focieté, pour 
l'aide, & pour la confo- 
lation mutuelle que l'hom- 
me & la femme doivent 
trouver l'un avec l'autre, 
tant en profpérité , qu'en 
adverfité. C'eft pour être 
unies maintenant dans ce 
faint état que ces deux per- 
fonnes font ici venues. C'eft 
pourquoi s'il y a quelqu'un 
qui fâche quelque jufte em- 
pêchement pour lequel el- 
les ne puiffent être légiti- 
mement mariées enfemble, 
qu'il le dife à préfent, ou 
qu' à l'avenir il s'en taifc à 
jamais. 

Puis parlant aux perfmnes ^ui 
doivent être mariées^ il leur 
dira 'y 

JE VOUS fomme 6c je vous 
charge , comme vous 
en devez répondre au jour 
terrible du jugement, au- 
quel les fecrets de tous les 
cœurs feront manifeftez,que 
fi l'un de vous deux fait 
quelque empêchement, pour 

le- 



L E M A 

lequel vous ne puiffiez être 
légitimement mariez en- 
femble vous le déclariez pré- 
fentement. Car afieurcz- 
vous, que tous ceux qui 
font conjoints autrement 
que la Parole de Dieu ne 
le permet, ne font point 
unis par le Seigneur, & que 
leur Mariage n cft point lé- 
gitime. 

Si quelquîw^auJQUYdtt Mariage^ 
alègue & déclare quelque em- 
pêchement, pour lequel ils ne 
puijfent être mariez, félon la loi 
de DijeUy Ù" félon les loix de 
ce Roiaume : & s^il eft con- 
tent de s^ obliger envers les par- 
ties a'vec caution fufifante ; (ou 
sUl veut depofer un gage juf- 
ques à la pleine 'valeur des 
jraix & des dépens que les per- 
fonnes à marier pourront faire) 
quil prouvera fon alegation : 
en ce cas le mariage fera dife- 
ré, jufques à ce que la vérité 
foit éclair ci e & prouvée : s^H 
ny a point d'empêchement^ le 
Miniftre dira à l'Epoux; 

N. Veux-tu avoir cette 
femme pour ton Epoufe, 
& vivre avec elle félon le 
Commandement de Dieu, 
dans le faint état de Mariage? 
Veux-tu Taimer, la chérir, 
rhonQrer, la gar4ej:, en 



R I A G lE. 267 

temps de maladie, & en 
temps de fantéj &c renon- 
çant à toute autre fem- 
me? Veux-tu t'atacher à 
elle feule tant que vous vi- 
vrez tous deux ? 

U Homme répondray 
Je le veux. 

Vuis le Prêtre dira à la Femme ; 

N. Veux-tu avoir cet 
homme pour ton Mari, & 
vivre avec lui félon le Com- 
mandement de Dieu, dans 
le faint état de Mariage? 
Veux-tu lui obéir, le fervir, 
l'aimer, rhonorer, le garder 
en temps de maladie, & en 
temps de fanté , & renon- 
çant à tout autre homme ? 
Veux -tu t'atacher à lui feul, 
tant que vous vivrez tous 
deux } 

Et la Femme répandrai 

Je le veux. 

Puis le Miniflre dira ; 

Qui eft-ce qui donne cet- 
femme 
homme? 



te femme en Mariage à cet 



Puis ils fe donneront la foi 
fun-à'l'autre en cette pn- 
nikr^ 



2^8 L E M A 

Ls Miniflre recevant la femme 
de la main defon phe, ou 
de fes amis^ la fera prendre 
à f homme par la main droite^ 
& lui fera dire ce qui fuit -, 

Je N. te prens N. pour 
lïia Femme & Epoufe, foit 
que tu fois meilleure ou pire, 
plus riche ou plus pauvre, 
pour t'a voir & te garder dès 
ce jour, & à Tavenir, en 
maladie & en famé , pour 
t'aimcr & te chérir félon le 
faim Commandement de 
Dieu, jufques à ce que la 
mort nous fépare: & fur 
cela je te donne ma foi. 



Fuis ils quiteront les mains, & 
la femme prenant l^ homme par 
la main droite^ dira aujft après 
le Miniftre ^ 

Je N. te prens N. pour 
mon Mari & Epoux, foit que 
tu fois meilleur ou pire, plus 
riche ou plus pauvre, pour 
t'avoir & te garder Acs ce 
jour, & à ravenir,en maladie 
& en fanté ; pour t'aimer, 
te chérir, & t'obéïr, félon 
le faim' Commandement 
de Dieu, jufques à ce que la 
mort nous fépare: & fur 
cel^ Je te donjue ma foi. 



R I A G E. 

Apres cela ils fepareront leurs 
mains; & l'homme donnera 
à la femme un Aneau^ le met^ 
tant fur le livre avec ce qui efi 
deu au Prêtre, & au Clerc : 
& le Prêtre prenant VAneaUy 
le donnera à l'homme pour le 
mettre au quatrième doigt de 
la main gauche de la femme^ 
& l'homme dira après le Prê^ 
tre. 



Je t'époufe avec cet A- 
neau j je t'honore de mou 
corps, & je te communique 
tous mes biens temporels : 
au Nom du Père, & du Fils 
& du Saint Efprit. Amen. 

Sors r homme laiffant à la femme 
VAneau nu quatrième doigt de 
la main gauche ; & tous deux 
fe mettant à genoux^ h Minif- 
tre dira; 

Prions DIEU. 

Dieu Eternel, Créatçur 
& Confervateur du 
genre-humain. Auteur de 
toute grâce fpirituelle,& qui 
donnes la vie éternelle ; ré- 
pan ta bénéditSion fur cet 
homme &fur cette* femme 
ton ferviteur & ta fervante, 
que nous béniffons en ton 
Nom: aifîn que comme 
Ifaaç & Rebecca vécurent 

fidelÇ' 



1 E M 

jfidèlement enfemble, ces 
perfonncs auffi puifîent avec 
fidélité acomplir les vœux & 
les promefles qu'ils fc font 
faits l'un à l'autre (dont cet 
Aneau,réciproqucment don- 
né ôc reçu, eft Tarrhe ôc le 
gage) & qu ainfi ils demeu- 
rent toujours dans une paix 
& dans une amitié parfaite 
Tun avec l'autre, vivant fé- 
lon tes Saints Commande- 
mens j par Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen. 

Alors le Prêtre leur joignant les 
mains droites^ dira-. 

Ceux que Dieu a con- 
joints, que l'homme ne les 
fépare point. 

Alors le Miniflre parlera ainfi 
au Peuple-, 

Uifque N. & N. font 
d'acord de leur faint 



A R I A G E. 



P 



269 

Ef le Miniflre ajoutera cettî 
bénédiElîon, 



D 



Mariage i qu'ils l'ont té- 
moigné devant Dieu, & de- 
vant cette Aiîemblée j que 
pour cet effet ils ont don- 
né & engagé leur foi l'un 
à l'autre, & qu'ils l'ont dé- 
claré en donnant & rece- 
vant un ancau, & par la jonc- 
tion de leurs mains : je 
déclare qu'ils font mari & 
femme, au Nom du Père, 
ôc du Fils, & du Saint Ef- 
prit. Amen. 



leu le Père, Dieu le 
Fils, Dieu le Saint 
Eiprit, vous benifle, vous 
garde, & vous conferve: Le 
Seiîîncur vous re2;ardc fa- 
vorablement en fa miferi- 
corde, & vous remplifle tel- 
lement de fes grâces, & de 
fes bénédidions fpi rituelles 
que vous puiffiez vivre en- 
femble dans cette vie, de 
telle manière, que dans le 
fiècle à venir vous obte- 
niez la vie éternelle. Amen. 

Puis h Miniflre ou les Clercs 
alant à la l'aile du Seigneur^ 
diront ou chanteront le Pfeaume 
fuivant, 

Beati omnes, y/ 128. 
T3 len-heureux eft quicon- 



que craint l'Eternel, 
& qui marche dans fes 
voies. 

Car tu mangeras du tra- 
vail de tes mains : tu feras 
bicn-heurcux, & tu profpé- 
reras. 

Ta femme fera dans ta 
maifon, comme une vigne 
abondante en fruit. Et tes 
enfans feront autour de ta 
table comme des plantes 
d'oliviers, Voi- 



270 Le Ma 

Voici, certainement ain- 
fî fera béni le peribnnagc, 
qui craint rEternel. 

L'Eternel te bénira de 
Sion : & tu verras le bien 
de ]érufalem, tous les jours 
de ta vie. 

Et tu verras des enfans à 
te« enfans. La paix fera fur 
Ifraël. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement 5 comme il cil 
maintenant 5 & comme il 
fera éternellement. Amen. 

Ou cePfaawne. 
, Deus mifereatur. Tf.ôj. 

Dieu aie pitié de nous, 
6c nous bénifle, & 
falfe luire fa face fur nous. 

Afin que ta voie foit con- 
nue en la terre j & ta dé- 
livrance parmi toutes les 
nations. 

Les peuples te célébre- 
ront, ô Dieu 5 tous les peu- 
ples te célébreront. 

Les peuples fc réjouiront, 
^ chanteront de joie, parcc- 
que tu jugeras les peuples 
en équité, & que tu con- 
duiras les nations fiu* la 
terre. 



R I A G Ë. 

Les peuples te célébre- 
ront, ô Dieu > tous les peu- 
ples te célébreront. 

La terre produira fort 
fruit ; Dieu, nôtre Dieu 
nous bénira. 

Dieu nous bénirai ôctous 
les bouts de la terre le crain- 
dront. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement ; comme il eft 
maintenant > & comme il 
fera éternellement. Amen. 

Ce Pfeaume fini^ Vbomme & la 
femme étant à genoux devant 
la Table du Seigneur^ le Prêtre 
fe tenant deùout à la Table du 
Seigneur^ & fe tournant vers 
eux^ dira ; 

Seigneur, aie pitié do 
nous. 

Rêponfe. 
Chrift, aie pitié de nous. 

Le miniftre. 
Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Otrc Père qui es aux 
Ci<:ux, Ton Nom foit 
ianctifié. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme îiu ciel. 
Donne nous aujourd'hui 

nôtre 




L E 

nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofenfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez. 
Et ne nous indui point en 
tentation : mais délivre- 
nous du malin. Amen. 
LeMiniJlre. 
O Seigneur, fauve ton 
femteur, ôctafervante. 
Réponfe. 
Qui mettent leur efpcran- 
ce en toi. 

Le Minijire. 
O Seigneur, envoie leur 
ton fecours de ton faint 
lieu. 

Réponfe. 
Et les maintiens à tou- 
jours. 

Le Mintjire. 
Sois leur une tour & une 
forterefle. 

Réponfe, 
Au devant de leurs en- 
nemis. 

LeMiniJlre. 
Eternel, écoute nôtre 
requête, 

Réponfe, 
Et que nôtre cri parvien- 
ne jufqu*à toi. 

Le Miniftre, 

ODieu d'Abraham, Dieu 
dlfaaCjDicu de Jacob, 
Ijcai ton fcrvitçur & ta fcr- 



M A R I A G E. 



vante ici préfens, & mets le 
principe de la vie éternelle 
dans leurs coeurs 5 afin que 
tout ce qu'ils aprendront 
de ta fainte parole pour 
leur utilité ils le mettent 
en effet. Regarde-les du 
Ciel, Seigneur, enta mife- 
ricorde, & les béni. Et 
comme tu donnas autrefois 
ta bénédidion à Abraham, 
6c à Sara, à leur grande 
confolation ; Vueilles aufîî 
étendre ta bénédiction fur 
ton ferviteur & fur ta fer- 
vantci afin qu'obéïffant à 
ta volonté, ils foient tou- 
jours aflurez de ta Protec- 
tion; & qu'ils perféverent 
toute leur vie dans ton a- 
mourj par Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Amen. 

La Prière fuivante fera omife 
quand la femme fera hors d* âge 
d^avoir des enfans^ 

O Seigneur mifericor- 
dieux ôcPère Celefte, 
qui fais par ta grâce que le 
genre humain croît, & mul- 
tiplie; nous te fuplions de 
vouloir bénir ces deux per* 
fonnes d'une hcurcufe lig- 
née, & de leur faire la grâce 
de vivre fi long-temps dans 
I une 



272 L E M A 

une faînrc amitié & pureté 
Tun avec lautre, qu'elles 
puiffent voir leurs enfans 
élevez dans la piété Chré- 
tienne & dans la vertu, à la 
gloire de ton faint Nom 5 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

ODicu qui par ta Puif- 
fance infinie as créé 
toutes chofcs de rien 5 & 
qui après avoir mis les au- 
tres créatures dans leur or- 
dre, as voulu que la femme 
ait pris fon origine de Thom- 
me formé à ton image & d 
ta reiîcmblance 5 & qui en 
les unifiant eniemble, nous 
as fait entendre, qu'il n'cll 
point permis de féparer 
ceux que tu as joints par 
le mariage 5 qui auili as con- 
facré ce faint état, & en as 
fait un Myftèrc fi excellent 
qu'il nous repréfcnte l'union 
myftique de jéfus-Chriil a- 
vec fon Eglifè : Regarde, 6 
Dieu, dans ta mifericorde 
ton ferviteur & ta fervante 
ici préfens; fai que cet 
homme aime fa femme le- 
lon ta Parole, comme \z- 
fus Chriil a aimé TEglifc 
fon Epoufe, fe donnant foi- 
même pour elle & la ché- 



R I A G fi. 

riilant comme fa propre 
chair : Et aufîî que cette 
femme foit douce & Corn- 
plaifante à fon mari, qu elle 
lui foit fidèle & obéiÏÏante, 
& quelle imite les faintes 
& pieufes femmes dans leur 
modération, leur fagelfe, & 
leur patience. O Seigneur, 
béni les tous deux, & les 
fais héritiers de ton Roi- 
aume éternel 5 par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men. 

Puis le Prêtre dira; 

LE Dieu Tout-puiffant, 
qui au commence- 
ment créa nos premiers Pa- 
rcns Adam & Eve, & qui 
les fanclifia & les joignit 
en mariage, répande fur 
vous les richedes de fa grâce, 
vous benillc, & vous fandi- 
fie ; afin que vous puillîez 
lui être agréables tant en 
vos corps qu en vos âmes, 
& vivre enfemble dans une 
fainte amitié tous les jours 
de votre vie. Amen. 

Après cela^ s'il ny a point deSer^ 
mon^ où le devoir du Mari & 
de la Femme ait été repréfen-^ 
tè, le Miniftre dira ce qui 

M; 

i Vous 



Le Ma 

VOus tous qui êtes ma- 
riez, ou qui avez def- 
fein d entrer au iaint état 
du. Mariage, écoutez ce 
que TEcriture Sainte nous 
dit, touchant le devoir des 
maris envers leurs femnics, 
ôc des femmes envers leurs 
maris. 

S. Paul, au cinquième 
Chapitre de TEpître aux 
Ephefiens, donne ce com- 
mandement à tous les hom- 
mes qui font mariez.. 

Vous Maris, aimez vos 
Femmes, comme Chriil a 
^imé TEglife, & s'eft donné 
lui-même pour ellej afin 
qu il la fanftifiât après l'a- 
voir nettoiée dans le lave- 
ment d'eau par la parole 5 
afin qu'il fe la rendit une 
Eglife glorieufc, n aiant ni 
tachcj ni ride, ni autre 
chofe femblable : mais afin 
qu'elle fût fainte, & irré- 
préhenfible. Les Maris donc 
doivent aimer leurs Femmes 
comme leurs propres corps. 
Celui qui aime fa Femme 
s'aime foi- même. Car per- 
fonne n'a jamais eu en haine 
fa propre chair s mais il la 
nomit ôc l'entretient, com- 
niie le Seigneur entretient 
TEglife. Car nous fommes 



R f A G eC 27^^ 

membres de fon Corps, é- 
tant de fa chair & de fes 
os: C'eft pourquoi Thom- 
me laiffera fon père & fa 
mère, & il fe joindra à fa 
femme j 6c les deux feront 
une même chair : Ce myf. 
tère eft grand,- or je parle 
de Chrifl & de l'Eglife. 
Qlic chacun de vous aime 
donc fa femme comme foi- 
même. Ephef. 5, 25. 

Le même Apôtre S. Paul 
écrivant aux Coloffiens, par- 
le ainfi aux hommes qui 
font mariez. Maris, aimez 
vos Femmes, & ne vous ai- 
griffez point contre elles. 
Colof, 3. 19. 

Écoutez aufïï ce que 
l'Apôtre S. Pierre qui étoit 
lui-même marié, écrit à 
tous les hommes qui font 
mariez. Vous Maris, com- 
portez - vous difcrètement 
avec vos Femmes, comme 
avec un yailleau plus fra- 
gile, leur portant du ref- 
ped, comme ceux qui êtes 
aufli avec elles héritiers de 
la grâce de vie $ afin que 
vos prières ne foient point 
interrompues, i .S, Tkr, 3 . 7. 

Jufques ici vous avez en- 
tendu le devoir du mari 
envers la femme. Mainte- 
T nant. 



Î74 



Le Mariage.' 



nant, vous Femmes, écoutez 
& aprenez vôtre devoir en- 
vers vos Maris comme il 
vous eft clairement pro- 
pofé dans TEcriture Sainte. 
Voici ce que S. Paul vous 
enfeigne dans fon Epître 
aux Ephefiens, 

Femmes, foiez fu jettes à 
vos Maris, comme au Sei- 
gneur 5 car le Mari eft le 
Chef de la Femme, comme 
Chrift eft le Chef de TE- 
glife, & eft auflî le Sauveur 
de fon corps. Comme donc 
l'Eglife eft fujette à Chrift, 
que les Femmes le foient 
de même à leurs Maris en 
toutes chofes. Et il dit 
encore, que la Femme ré- 
vère fon Mari. Ephef, 5.33. 

Le même Apôtre dans 
fon Epître aux Coloffiens, 
vous donne cette courte 
Leçon 5 Femmes, foiez fujet- 
tes à vos Maris, comme il 
eft convenable félon le Sei- 
gneur. CoL 3.18. 

S. Pierre auflî vous inf- 
truît faintement, parlant de 
cette forte. Que les Fem- 
mes foient fujettes à leurs 
Maris, afin que même s'il 
y en a qui n obéïilcnt point 



à la Parole, ils foient gag- 
nez fans la Parole,par la con- 
verfation de leurs Femmes; 
lorfqu ils auront vu la pu- 
reté de vôtre converfation 
acompagnée de crainte. Et 
que leur ornement ne foit 
point celui de dehors, par 
Tentortillement de cheveux, 
ou parure d or, ou magni- 
ficence dliabits : mais Thom- 
me caché, c'eft-a-dire, celui 
du cœur, qui confifte dans 
Tincorruptibilité d'un efprit 
doux & paifible, qui eft de 
grand prix devant Dieu. 
Car c'eft ainfi que fe paroi* 
ent autrefois les faintes fem- 
mes qui efpéroient en Dieu, 
& qui demeuroient fujettes 
à leurs Maris : comme Sara 
qui obéïflbit à Abraham, 
Tapellant fon Seigneur 5 de 
laquelle vous êtes les filles 
en faifant bieui lors même 
que vous ne craignez rien 
de ce que vous pourriez a- 
voir à craindre, i . S. Tier. 
3.1. 

// ejî hon que les muveaux 

mariez, fajfent la ' Cène Ion 

quils époufent^ ou à la pre- 

tniére ocafïon qui s en pré' 

fenîera après leur Mariage, 

L'OR. 



La Visite des Malade sJ 



i7f 



L^ O R D R E 

POUR 

La Visite des Malades. 



Quand queïquun efi malade Pon 
en avertira le Miuiftre de la 
Paroîjfe, qui dira en en- 
trant dans la mai/on du ma- 
lade i 

Paix foit fur cette maîfon, 
& fur tous ceux qui y de- 
meurent. 

Quand il viendra en la préfence 
du malade^ il dira^ enfe met- 
tant à genoux ; 

O Seigneur, n aie point 
mémoire de nos ini- 
quitez ; ni des iniquitez de 
nos pères. Pardonne-nous, 
6 bon Dieu 5 pardonne à 
ton peuple que tu as ra- 
cheté par ton îang précieux, 
& ne fois point irrité con- 
tre nous à jamais. 



Réponfe, 
Pardonne-nous , 
Dieu. 



boti 



Vuis le Mînifire dira; 
Prions DIEU. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Chrift^ aïe pitié de nous. 

Seigneur, aie pitié dô 
nous. 



N 



Otre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fanftifié. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne - nous aujourd'hui 
nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofcnfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfcz. 
T z Et 



2i(i LÀ Visite des Malades. 

Et ne nous iiidiii point en | Le Miniftre. 

tentation : mais délivre 
Aous du malin. Amen. 



Le Minijire, 
Seigneur Dieu, fauve ton 
ferviteur. 

Ré^onfe, 
Qui met fon efpérance 
en toi. 

Le Minijire. 
Envoie lui ton fccours 
de ton faint lieu. 
Réponfe. 
Et le foùtien toujours 
par ta puiffance. 

Le Minijire. 
Que Tennemi n'ait aucun 
avantage fur lui. 
Réponfe. 
Et que le méchant n'a- 
proche point, pour lui nuire. 
Le Minijire. 
Sois, lui. Seigneur, une 
tour 6c une fortereiïc. 
Réponfe. 
Au devant de fon enne- 
mi. 

Le Minijire. 
O Seigneur, exauce nos 
prières. 

Réponfe. 
Et que notre cri parvien- 
ne jufqu'à toi. 



O Seigneur, regarde Aq^ 
Cieux , contemple , 
vifitc, ôc foulage ton fer- 
viteur, regardevie des yeux 
de ta mifcricorde, conible- 
le, «5c lui donne une ferme 
confiance en toi , garanti- 
le du danger de Tennemi, 
§c, le garde en paix, àc en 
fureté perpétuelle 5 par Jé- 
fus-Chrift nôtre Seigneur. 
Amen^ 

EXauce-nous, ô Dieu 
nôtre Sauveur Tout- 
puiiiant, ôc Père très-mife- 
ricordieuxi éten ta bonté 
acoûtumée fur ton ferviteur 
qui eft afligé^ de maladie. 
Nous te fuplions de fanfti- 
fier cette corredion pater- 
nelle dont tu le vifitesi 
Que le fentiment de fa foi- 
blefîe fortifie fa foi, ôc 
rende fa repentance piusfé- 
ricufe. Si c'eft ton bon 
plaifir de lui rendre fa pre- 
mière faute, quil pafie le 
refle de fa vie çn ta crain- 
te & à ta gloire ; ou s'il te 
plait d'en difpofer autre- 
ment, fai lui la grâce, 
qu'après avoir fini cette 
pénible vie, il obtienne la 
vie éternelle, & demeure 
I pour 



La Visite des M 



four jamais avec toi , par 
Jéfus-Ghrift nôtre Seigneur. 
Amen, 



*if*-(v 



'Ahrs h Minifire exhortera le 
malade de cette manière, ou 
autre femhlabk. 

M On cher frère , fâ- 
chez que le Dieu 
Tout-puiffant eft le Maître 
de la vie & de la mort, & 
de toutes les chofes qui s'y 
raportent, comme font la 
jeuneffe, la force^, la fanté, 
la vieilleffe, Tinfirmité, & 
la maladie. Ainfi quelle 
que foit votre maladie, fâ- 
chez certainement que c'eft 
Dieu qui vous vifite i & 
quelle qu en foit la caufe, 
foit qu'il le faîlc pour 
éprouver vôtre patience, a- 
fin que vous foiez en ex- 
emple aux aiitrcs, & qu'au 
jour du Seigneur votre foi 
Vous tQurne à louange, à, 
honneur, & à gloire pour 
votre éternelle félicite j foit 
quil vous renvoie, pour 
corriger en vous ce qui 
ofenfe les yeux de vôtre 
Père Cclcfîc ; Sachez pour 
certain, que fi vous avez 
une véritable & léricufe re- 
pentance de vos pçchez, fi 
VOU3 fuporrcz patiemment 



A L A D ï; s. If 7 

vôtre maladie, fi vous met- 
tez vôtre confiance en la 
mifericorde de Dieu, par 
fon Fils Jéfus-Chrift ; & li 
vous le remerciez humble- 
ment de ce qu il a daigné 
vous vifiter dans fa bonté 
paternelle, vous foûmet- 
taat entièrement à fa vo- 
lonté, cette maladie vous 
tournera en bien, & vous 
avancera dans le chemin de 
la vie éternelle. 



Si la ferfome 'vifitée efi fort. 
malade y le Mi ni/h e pourra 
finir ici fon exhortation, ou 
bien continuer. 

G'Eft pourquoi prenez 
en bonne part le châ-' 
timent du Seigneur: ,car, 
comme dit S. Paul au cha- 
pitre douzicn^e de TEpître 
aux Hébreux; Le Seigneur 
châtie celui qu il aime , & 
il fouette tout enfant' qu^ 
avoué. Si vous endurez la 
difcipline. Dieu fe préfen- 
te à vous, comme à fes 
cnfans. Car qui eft fen- 
fant que le Père ne châtie 
point? Mais fi vous êtes 
fans difcipline, de laquelle 
tous font participans, vous é- 
tes donc des cnfans fapofçz, 
T 3 & 



La Visite des Malade^: 



'27i 

& non pas légitimes. Et puis 
que nous avons bien eu 
pour châtieurs les pères de 
nôtre chair, & néanmoins 
nous les avons eu en révé- 
rence, ne ferons -nous pas 
beaucoup plus fournis au 
Père des efprits? & nous 
vivrons : Car quant à ceux- 
là, ils nous châtioient 
pour un peu de temps, 
comme bon leur fembloit 5 
mais celui-ci nous châtie 
pour nôtre profit, afin que 
nous foions participans de 
fa Sainteté. Ces paroles, 
mon cher Frère, font écri- 
tes pour nôtre inftruûion, 
& pour nôtre confolation 5 
afin que nous fuportions 
patiemment, & avec aftions 
de grâces la correftion de 
nôtre Père Celeftc, toutes 
les fois qu il lui plaira en 
fa grâce de nous vifiter, de 
quelque forte d'adverfité 
que cç foit. D'ailleurs, il 
n'y a rien de plus confolant, 
pour des Chrétiens, que 
d'être rendus conformes à 
Jéfus-Chrift, en foufrant 
patiemment les adverfitez, 
les afflidions, ôc les mala- 
dies. Car lui- même ncft 
pas entré dans la joie fans 
avoir beaucoup foufcrt 5 Ôc 
il n a été élevé a la gloirC;, 



qu'après avoir été crucifié : 
ainfi certainement le che- 
min qui conduit à la joie 
éternelle, c'eft de foufrir 
ici avec Jéfus-Chrift: & la 
porte de la vie éternelle, 
c'eft de mourir volontiers 
avec Jéfus-Chrifti afin que 
nous refllifcitions, & que 
nous régnions avec lui dans 
la gloire. Maintenant donc 
je vous exhorte, au Nom 
de Dieu, qu'en prenant en 
patience cette maladie qui 
vous eft fi falutaire, vous 
vous fouveniez de la pro- 
mefic que vous avez faite 
à Dieu dans vôtre Batême. 
Et parce qu'après cette vie, 
nous devons rendre compte 
au juftejugc, qui nous ju- 
gera tous fans acception des 
perfonnes ; Je vous prie de 
vous examiner vous-mêmes, 
& de confiderer vôtre état, 
tant par raport à Dieu que 
par raport aux hommes 5 
afin que vous acufant de 
vos fautes, & vous condam- 
nant vous-même, vous ob- 
teniez mifcricorde de nôtre 
Père Celeftc, pour l'amour 
de Jéfus-Chrift 5 & que vous 
ne foiez point acufé ôc 
condamné au jour terrible 
do fou jugement. C'eft: 

pour- 



£a Visite de 

pourquoi je vous reciterai 
les Articles de notre Foi ; 
afin que vous fâchiez fi 
vous avez la croiance qu'un 
iChrêtien doit avoir^, oi^ iji 
V:ous ne l'avez pas. 

fci le Mini/ire recitera les 
Articles de la Foi, difant 
ainfi i 

CRois-tu en Dieu le 
Père Tout-puiilant, 
Créateur du ciel & de Ja 
terre? Et en Jéfus-Chrift 
fon Fils Unique nôtre Sei- 
gneur j & qu'il a été con- 
çu du Sgint Efprit $ qu'il 
cft né de la Vierge Marier 
qu'il a fqufert fous Ponce 
Pilate 5 qu'il a été crucifié 5 
qu'il eft mort, & qu'il a 
été enfcveli 5 qu'il eft def 
çendu aux enfers f & que 
le troifiémc jour il eft ref- 
fufcité des morts; quil eft 
monté aux Cieux 5 qu il eft 
aflis à la droite de Dieu le 
Père Tout-puifîant 5 & que 
de là il viendra, a la fin 
du monde, pour juger les 
vivans & les morts ? 

Et crois-tu au Saint Ef- 
prit? crois-tu la Sainte E- 
glife UniverfcUc j la Com- 
munion des Saints j la rc- 



s Malades* 279 

miflîon des péchez 5 lare* 
furreftion de la chair i & 
la vie éternelle après la 
mort ? 

te malade répondra^ 

Je çroi tout cela ferme- 
ment. 

Alors le Miniftre P examinera^ 
four f avoir s'il a une véritable 
refentance de/es péchez, ; & s'il 
a de la charité pour tous fes 
prochains i P exhortant de par^ 
donner de tout fon cœur à tous 
ceux qui Pauroient ofenfé : Et 
s'il a ofenfé quelqu'un, de lui en 
demander pardon : Et 5^ il a 
fait tort, ou injure à quelque 
perfonne, Àe lui faire fat isfaBi» 
on autant quil lui fera pojji^ 
hle : Et s'il n'a pas aupara^ 
vant difpofé de fes biens , il 
l'exhortera alors de faire fon 
Te(lamenty & de déclarer ce 
qu'il doit^ & ce qui lui eft dû^ 
pour la décharge de fa confcience; 
& pour le repos & le foulage^ 
ment des Exécuteurs de fon 
Teftament. Mais iljaudroit ^- 
vertir fondent chacun de donner 
ordre à fes af lires temporelles 
pendant que l'on eft en fantê. 

Les paroles couchées ci-deffus 
peuvent être recitées avant que 
le Miniftre commence la Prière, 
félon qu'il le jugera à propos. 

Le Miniftre ne doit point ou^ 

blier d'exhorter avec inftance les 

\ malades qui ont du bien, à ufr 

l T 4 ^^ 



Ssa La Visite 

âe libéralité envers les pau- 
vres. 

Que fî le malade trouve que 
fa cbrtfcience /vit chargée de 
quelque chofe de gravide impor- 
tance y' c^eft ici quil fera ex- 
horté de faire une confeffton 
particulière de fes pechezj^ après 
laquelle confeffiou le Prêtre lui 
donnera raîfolutim en cette 
Tnaniere^ s'tl la demande avec 
'humilité y & avec grande afec- 
tkn. X 

Notre Seigneur Jéfus- 
Chrift, qui a laifie à 
fon Eglife la puiflance d'ab- 
ïoudre tous les pécheurs 
qui fe repentent & croient 
en lui véritablementjVçuiile 
te pardonner tes ofenfes par 
'fa grande miiericorde. Et 
€11 fon autorité, qui m'eft 
commife, je t abfous de 
tous tes péchez; au Nom 
du Père, & du Fils, & du 
Saint Efprit. Amen. 

Puis le Prêtre dira la Collège 
fuivante. 

Prions DIEU. 

ODieu très- mifericor- 
dieux, qui félon la 
multitude de tes compaffi- 
pns^ éfaces tellement les 



DES MaXADÊJ?. 

fbrjfaits de ceux qui fbnt't 
touchez d'une véritable re- 
pentance, que tu ne t'en 
yeux pliis fou venir : regiar-' 
de en ta mifericorde ton 
ferviteur nôtre frère i qui 
défire très-ardemment le 
pardon & la remiffion de 
les péchez. Repare en lui, 
ô Père de grâce, tout ce 
qui y a été corrompu, par 
la rufe, & la pialicç du 
Diable, ou par la petver- 
ftté 6l llnfirmité de fa pro- 
pre chair. Conferve & 
retien ce malade dans la 
communion de ton Eglife^ 
comme Tun de fes mem- 
bres; aie égard à fa con- 
trition ^ reçoi (q.s larmes 5 
& foulage les douleurs, fé- 
lon que tu çonnoîtras lui 
être falutaire. Et puis quil 
met toute fa confiance en 
ta feule mifericorde, qu'il 
te plaife de ne lui point 
imputer fes faute3 pafîées 5 
mais de le fortifier par ton 
bon Efprit, Et quand il 
te plaira de le retirer de 
cette vie, reçoi - le dans 
ton Ciel 5 par les 'mérites 
de Jéfus-Chrift, ton Fils 
bien-aimé, nôtre Seigneur, 
Amen, 

Aprh 



<^''EiÉ ViSÏTE DES MALADEJSir 2t%Z 

' remplie de ta loiiange, & 
de ta magnificence cl^aqiiç 
jour. ■ v; r.--i^n^ . 

Ne me rejette point aii 
temps de ma vieilleffe: ne 
m'abandonne point main- 
tenant que ma force eft dé- 
faillie. 

Car mes ennemis ont 
parlé de moi; Se ceux qui 
épient mon ame ont pris 
confeil enfemble, difant s 

Dieu Ta abandonné 5 
pourfiiivez-k, & le faifîilez : 
car il n-y a perfonne qui 
le délivre. 

O Dieu, ne t'éloignc 
point de moi: mon Dieu, 
hâte-toi de venir à mon 
aide* 

Que cçux qui foiit enne- 
mis de mon ame foicnt 
honteux, & défaillent : & 
que ceux qui cherchent 
mon mal, foient envelo- 
pez d'oprobre,6c de honte. 

Mais moi, j'attendrai 
toujours, & j'ajouterai à 
toute ta loiiange. 

Ma bouche racontera 
chaque jour ta juftice, & 
ta délivrance, bien que je 
acn fachc point le nombre. 

Je marcherai par la force 
du Seigneur Eternel; je 
Que ma bouche foit raconterai ta feule jufticé. 
^ O 



"Après leMniflre àmç^^f femme 

In të. Domine, Ipeiravi. 

Etttmh je-me fuis re- 
' tiré vers toi: fai que 
je né fois jamais confus. 

DéUvre-moiparta juftice 
6c me garanti : incline ton 
oreille vers moi, ôc me 
mets en fureté. 

Sois moi pour un rocher 
4e retraite,, afin que je m'y 
puiile; toujours ixtirer : tu 
as dofâné mandement de 
ine. mettre en sûreté, car 
tu es mon rocher, ôc ma 
fortereûe. 

Mon Dieu, délivre-moi 
de la main du méchant, 
de la main du pervers, & 
de Topreileur. 

Car tu es mon attente, 
Seiiineur Eternel, ôc ma 
confiance dès ma jeunefte. 
] 'ai été apuié fur toi dès 
le ventre de ma mère i c'eft 
toi qui m'as tiré hors des 
entrailles de ma mère : tu 
es le fujet continuel de 
mes louanges. 

J'ai été à plufieurs com- 
me un monftre : mais tu 
es ma forte retraite. 



t/À ViSItE 



O Dieu, tu m'as enfei- 
gnédès ma jeunefle: Ôcj'ai 
anoncé jufquà préfent tes 
merveilles. 

Je les ai anoncées jufquà 
la vieiilefle, même jufqua 
la vieillcffe toute blanche : 
ô Dieu, ne m'abandonne 
point, jufquà ce que j'aie a- 
noncé ton bras à cette géne- 
ptiori, & ta puilTance à tous 
ceux qui viendront après. 

Car ta juftice, ô Dieu, 
cft liaut élevée 5 parce que 
tu as fait de grandes chofes. 
O Dieu, qui eft femblable 
à toi ? 

Qui m'aiant fait voir 
plufieurs détreffes, & plu- 
îîcurs maux, nVas de nou- 
veau rendu la vie, & m'as 
fait remonter hors des abî- 
mes de la terre. 

Tu acroîtras ma grandeur, 
& tu me confoleras encore : 

AufTi, mon Dieu, je te 
célébrerai pour l'amour de 
ta vérité avec Tinflrument 
de la mufette: ô Saint 
d'Ifraël, je te pfalmodierai 
avec le violon. 

Mes lèvres & mon ame 
^ue tu auras rachetée chan- 
teront de joie, quand je te 
pfalmodierai. 

Ma langue aufiî difcour- 



ÔES Malades? 

ra, chacun jours de ta jujP 
tices parce que ceux qui 
cherchent mon mal feront 
honteux, & rougiront. 

Gloire foit au Père, & 
au Fils, & au Saint Efprit. 

Comniie il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen» 



Ajoutant aujjî ceci, 

O Sauveur du monde, 
qui par ta croix, & par ton 
Sang précieux, nous as ra- 
chetez, fauve- nous & nous 
aide, nous t'en fuplions^ 
ô Seigneur. 

Alors le Miniflre dira ; 

Le Seigneur Tout-puif^ 
fant, qui eft une tour & 
une forterelTe à tous ceux 
qui mettent leur confiance 
en lui, fous le pouvoir du- 
quel tout ce qui eft au Ciel, 
en la terre, & fous la terre, 
fléchit & fe foumet, foit 
dès maintenant & à jamais 
ta défenfe j & te faffe con- 
noîtrc & fentir qu'il n'y a 
point d'autre Nom • fous le 
Ciel donné aux hommes, 
auquel & par lequel tu puif- 
les recevoir fanté & falut, 
finon le fcul Nom de nôtre 

Sei- 



La Visite 

Seigneur Jéfus-Chrift, 
men. 

Et il dira après cela; 

NOus te recommandons 
à la grâce, à lamiferi- 
corde, & à la protcftion de 
Dieu. Le Seigneur te be- 
niffe & te conferve. Le Sei- 
gneur fafle luire fa face fur 
toi, & te foit propice. Le 
Seigneur retourne fon vi- 
fage envers toi, & te donne 
la paix 5 dès maintenant & 
à jamais. Amen. 

Prière four un Enfant malade. 

Dieu Tout-puiflant, & 
Père mifericordicux, 
a qui feul apartiennent les 
ifluës de la vie & de la 
mort 5 regarde du Ciel des 
yeux de ta mifericorde, cet 
Enfant maintenant abatu 
dans le lit d'infirmité. O 
Seigneur, fai que ta vifite 
lui foit falutaire. Délivre- 
le de fes douleurs corporel- 
les au temps convenable 
que tu as ordonné, & fauve 
fon anie pour Tamour de 
ta mifericorde. Qiie fi c'cft 
ton bon plaifir, de prolon- 
ger fes jours fur la terre; 
qu'il vive à toi, & quil 
foit un inftrumcnt de ta 
gloire en te fervant fidè- 



DES Malades* 2S3 

A-jlement ^ & en faifant du 

bien tous les jours de fa vie : 

mais il tu en difpofes au- 



trement, quil te plaife de 
le recevoir en ton Sanftu- 
aire cclefte, où les âmes de 
ceux qui dorment au Sei- 
gneur Jefus, jouïflent d'un 
repos & d'une félicité éter* 
nelle. Seigneur, exauce-nous 
par ta mifericorde, en ce 
même Jéfus-Chrift ton Fils 
nôtre Seigneur, qui vit & 
qui règne avec toi, & avec 
le Saint Efprit, un feul Dieu 
éternellement. Amen. 

Prière pour une perfonne malade^ 
lors qu*ilny a pas grande apa-- 
rence quelle relève de maladie. 

Opère de mifericorde, 
& Dieu de toute con- 
folation, qui es nôtre feule 
aide en temps de néceflîté ; 
Nous recourons à toi, & 
nous implorons ton fecours 
en faveur de ton ferviteur, 
qui eft ici abatu fous ta 
main en grande foibieffe, 
& en grande langueur de 
corps. Regarde-le en ta 
mifericorde, ô Seigneur, ôc 
plus fon homme extérieur 
déchoit, fortifie-le d'autant 
plus en l'homme intérieur 
par la grâce du Saint Efprit. 

Don- 



ZS4- l'A ViSifE DES 

Donnc-luî une véritable & 
fmcère repentance de tou- 
tes les fautes de fa vie paf- 
fée, ôc une ferme foi en 
ton Fils JéfuS'Chrift s afin 
que fes péchez ibient éfa- 
cez par ta mileri corde, & 
que fon abfolution foit fçcl- 
ice dans le Ciel, avant qu il 
aille le chemin de toute la 
terre, & qu il ne foit plus 
vu. Nousfavons, Seigneur, 
qu aucune chofe net'cilini- 
poffible, & que fi tu veux 
le relever de, le faire de- 
meurer plus long-temps a- 
vec nous, tu le peux, en 
rétat même où il fe trou- 
ve. Cependant puis que 
félon toute aparence le 
temps de fon départ apro- 
çhe, nous te fuplions très- 
inftamment, quil te plaife 
de le difpofer & de le pré 
parer tellement pour Theure 
de la mort, qu après fon dé 
part de cette vie en paix 
(& en ta grâce, fon ame 
puiffe être reçue dans ton 
Roiaume éternel j par les 
mérites & par la médiation 
de jéfus-Chrift ton Fils U- 
nique , nôtre Seigneur, 6c 
Sauveur. Amen. 



Malade«;J, 

Vrihe four recommanclev^^un ma^- 
lade^ lors quil efl fur le point- 
de mourir^ 

Dieu Tout-puiflant, a-^ 
vec lequel vivent les 
eiprits des hommes juftes 
qui font confommez, après 
qu ils font délivrez de ieuir 
prifon terreftre 5 nous te re- 
commandons très-humble- 
ment Tamedeton ferviteur 
nôtre cher Frère, que nouç; 
remettons entre tes mains^J 
comme entre les mains du 
fidèle Créateur, 6c de fou 
Sauveur très-mifericoMieux, 
te fupliant très-humblement, 
qu elle foit précieuft en ta 
pféfence. Nous te fuplions 
dé la laver dans le fang 
deTagneau fans tache, qui 
a été mis à mort pour ôter 
le péché du monde ; afin 
qu étant purifiée des fouil- 
lures qu cUç peut avoir con- 
tractées au milieu de ce 
monde méchant 6c mifera- 
ble, par Içs çonvoitifes de 
la chair, ou par les rufe^ 
de Satan, elle puifle . conv 
paroitre pure, 6c fans tachç 
devant toi. Aprçn - nous 
aufli à nous qui demeurons 
encore en vie à contempler 
dans ce fpedacle de nôtre 
mortciiité, 6c dans tous les 

ob^ 



La Visite de 

objets femblables que nous 
avons tous les jours devant 
les yeux, combien nôtre 
condition eft fragile & in- 
certaine. Enfeigne-nous à 
tellement compter nos jours, 
que nous-nous apliquions 
férieufement, pendant que 
nous fommes dans ce mon- 
de, à rétude de cette Sainte 
ôc Cclefte Sagefle, qui nous 
peut conduire enfin à la 
vie éternelle j par les mé- 
rites deJéfus-ChrifttonFik 
Unique nôtre Seigneur. 
Amen, 

Prihe pour lesperfimes troublées 
d'efprity ou tourmentées en 
leurs confciences, 

O Seigneur qui es le Père 
de miiericorde, &ie 
Dieu de toute confolation, 
nous te luplions de jettcr 
les yeux de tes compaflîons 
fur ton ferviteur afiigé. Tu 
écris contre lui des chofes 
amères y ôc tu fais venir fur 
lui fcs iniquitcz paifées, ta 
colère cfl apefantie fur lui^ôc 
fou ame eft remplie de trou- 



S MALADisi 



285- 



ble. Mais, ô Dieu très-mi- 
fericordieux, qui as écrit ta 
Sainte Parole pour nôtre 
inftrudion, afin que par la. 
patience, & par la confo- 
lation des Ecritures, nous 
aions efpérance 5 fai lui la 
grâce de fe bien connoitre 
foi-même, & de bien com- 
prendre tes menaces, & tes 
promefles i afin qu il ne per- 
de point la confiance qu il 
a en toi, & qu il ne la mette 
jamais quentoi. Fortifie-le 
contre toutes les tentations, 
& guéri toutes fes infirmi- 
tez. Ne brife point le ro- 
feaucafle, & netein point 
le lumignon fum.ant. N*ar- 
refte point en ta colère le 
cours de tes tendres com- 
paflîons j mais fai lui en- 
tendre joie, ôcliefle, & que 
les os que tu as brifez fe 
réjouïffcnt. Déiivre-le de 
la crainte de l'ennemi, & fai 
luire fur lui la clarté de ta 
face, & lui donne ta paix ; 
par le mérite, & par la mé- 
diation de Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Amen, 



LA 



2$6 La Communion des Malades 



L A 



COMMUNION 

DES 

MALADES. 



Parce que tous les hommes mortels 
font fujets à plujteurs périls^ 
maladies^ & înfirmitez, fou- 
daines ; Ù que l'heure de leur 
départ de cette vie efl toujours 
incertaine ; ajîn quils fient 
difpofez, à mourir quand il 
plaira à Dieu de les apeller^ 
les Miniflres exhorteront dili- 
gemment leurs Paroijjlens de- 
temps- en-temps, {& principale- 
ment en temps de pefte, ou 
£ autres maladies contagieufes,) 
de recevoir fouvent la Sainte 
Communion du Corps & du 
Sang de Jéfus-Chri/l notre 
Sauveur, lors quelle fera ad- 
miniflrée dans l'Eglifc. Par 
ce moi en ils n auront point fu- 
jet d'être travaillez, d'inquie- 
tilde dans leurs maladies fou- 
daines, pour n avoir pas reçu 
cette conflation : Mais fi le 
malade ne peut venir à l'Eglife, 



& s* il dé lire néanmoins de Corn* 
munier dans fa maifon, il le 
Jerafavoir au Miniftre^ lefoir 
auparavant, ou le même jour 
de bon matin ; & il lui fera 
favoir aufjl combien de per^ 
fennesfe difpofent à Communier 
avec lui : {dont le nombre doit 
être de trois ou de deux pour 
le moins) & alors s'il y a un 
lieu convenable dans la maifon 
du 7nalade, où le Miniftre puif* 
fe adminiflrer le Sacrement 
avec la révérence convenable ; 
& s'ilfe trouve un nombre rai* 
fonnable de perfonnes pour rf- 
cevoir la Communion avec le 
Malade, & toutes les chofes 
nécejf aires à cette nB ion ; il y 
célébrera la Sainte Cène, com- 
mençant par la Collège, l'Epi^ 
tre, (7 l'Evangile qui fui- 
veiTt. 

L4 



Là Communion des Malades. 287 



La Collecte. 

Dieu Tout-puiffant & 
Eternel, Créateur du 
genre-humain, qui corriges 
ceux que tu aimes, & qui 
châties tout enfant que tu 
avoues; Nous te fuplions 
d'avoir pitié de ton fervi- 
teur nôtre Itère, vifité de 
ta main, & de lui faire la 
grâce de fuporter patiem- 
ment cette maladie. Rcn- 
lui la fanté du corps, fi 
c eft ton bon plaifir, & lors 
quil te plaira de féparer 
fon ame de fon corps, fai 
quelle comparoiffe devant 
toi fans tache 3 par Jéfus- 
Chrift nôtre Seigneur. A- 
men. 

L'Epitre, Heb. 12. 5. 

M On enfant, ne mé- 
prife point_ le châti- 
ment du Seigneur, & ne 
perds point courage quand 
tu es repris de lui : car le 
Seigneur châtie celui qu'il 
aime, & il fouette tout en- 
fant qu il avoue. 

L'Evangile, S.Jean, 5. 24. 

EN vérité, en vérité je 
vous dis, que celui 



qui oit ma parole, & qui 
croit à celui qui m'a en- 
voie, a la vie éternelle ; 
& il ne viendra point 
en condamnation : mais il 
eft palTé de la mort à la 
vie. 

Apres quoi le Prêtre contînu*érct 
félon le Formulaire prefcrit 
four la Sainte Cène, commen-* 
çam par les paroles. Vous qui 
êtes touchez, &c. 

Quand on viendra à la àifirihu* 
lion au Saint Sacrement-, le 
Prêtre le recevra le premier^ 
& après Vadminiflrera à ceux 
qui fe feront préparez, pour com^ 
munier avec le Malade, & 
en dernier lieu au Malade 
même. 

Quefiquelqu^un à caufe àeVe^tre^ 
mité de fa maladie y ou pour ne 
V avoir pas fait f avoir auMinif 
tre en temps convenable, faute 
de compagnie à communier ^- 
vec lui, ou pour quelque autre 
jufle empêchement, ne reçoit 
point le Sacrement du Corps 
& du Sang [de Jéfus-Chrifi : 
Alors le Miniflre inflruira le 
malade^ & lui fera entendre^ 
que s'ilfe repent vraiment de 
fes péchez., & s'il croit ferme^ 
ment que ^éfus-Chri/i a fou- 
fert la mort en la Croix pottr 
lui, & qu'il a répandu fon 
Sang pour fa Rédemption, re" 
duijant férieufemem en fa mé- 
moire 



2S4- La Communion des Malades.^ 



moire les bien-faits quil en 
a reçûsy & lui en rendant 
grâces de tout fin cœur, il 
mange & il boit le Corps 
& le Sang de Jéfus-Chrifl 
pour le bien & le falut de 
fin ame ; ({uoi quil ne re- 
çoive point de fia bombe le 
Sacrement, 
Qjmnà le malade efl vifité, & 
quil fait la Cène en même 
tempSy le Prêtre, pour ahré^ 
ger, achèvera le formulaire 
de la vifite, au Pfeaume 



qui commence. Eternel, je 
me fuis retiré vers toi; & 
pafferà incontinent àJa.Corff-' 
munion, t > 

En temps de pefle, de fuëûr^ ou, 
â^ autre maladie contagieufe^ 
quand aucun de la paroijfe^ 
ni des vnjins n'ofè apvicher 
du malade pour Communier 
avec lui, de-peur de la contai 
gion, le Miniftre à l*in(lante, 
prière du malade pourra Com^ 
munier feul avec -lui. 




UOR 



La Sépulture des MoRtsi; 



it§i 



-^■' •:& nt? i& «as- '1& ?& "îî:' ^ ^- ^ * ^ 



L' O R D R E 

POUR 

LA SEPULTURE DES MORTS.' 



Il faut remarquer ici^ que Vojice 
fuivant ne fe doit point dire 
pour ceux qui mement fans a^ 
*voir été ùâtifezi ; ni pour les 
Excommuniez, ; ni peur ceux 
qui fe font défaits eux-mêmes, 

Le Prêtre rencontrant îe corps 
mort à rentrée du Cimetière di- 
ra, ou chantera avec les Clercs 
en alànt, ou à PEglife^ ou vers 
lafojfe, 

JE fuis ia réfurredion & 
la vie, dit le Seigneur: 
Celui qui croit en moi, en- 
core qu'il foit mort, vivra : 
& quiconque vit & croit 
en moi, ne mourra point 
éternellement. S. Jean 1 1 . 
2 5, 26. 

JE fai que mon Rédemp- 
teur cil vivant, 6c qu'il 
demeurera le dernier fur la 
terre. Et lors qu'après ma 



i^^ 



peau ceci aura été rongé,' 
je verrai Dieu de ma chair 5 
Je le verrai moi-mêmC;, & 
mes yeux le verront, & 
non un autre. Joif 19. 
25,26,27. 

NOus navons rien a- 
porté au monde, & 
âulFi il eft: évident que nous 
n'en pouvons rien empor- 
ter* L'Eternel donne, TE- 
ternel ôte, le Nom de l'E- 
ternel foit béni, i Tm, 6.j^ 
Jobj 1 . 2 1 . 

Quand on efi entré dans fEgUfe^ 
on lira un des Pfeaumes fui^^ 
vans^ ou tous les deux, 

T^ixiy Cujlodiam, Tf, 39.' 

JAI ditj Je prendrai gar- 
de à mes,voies> afin que 
je ne pèche point par ma 
; langue i 

U Je 



■i'po La Sepultur 

Je garderai ma bouche 
avec une mufeliére, tant 
que le méchant fera devant 
moi. 

J'ai été muet fans dire 
mot 5 je me fuis tu du bien : 
mais ma douleur s'eft ren- 
forcée. 

Mon cœur s'efl: échaufé 
au dedans de moi, & le feu 
s'efl: embrafé en ma médi- 
tation : j ai parlé de ma lan- 
gue, difanti 

Eternel, donne moi à 
connoître ma fin, & quelle 
efl: la mcfure de mes joursj 
fai que je fâche de com- 
bien petite durée je fuis. 

Voilà, tu as réduit mes 
jours à la mefure de quatre 
doigts; & le temps de ma 
vie efl: devant toi, comme 
un rien. Certainement ce 
îi'eft que pure vanité de tout 
homme, quoi qu il foit de- 
bout. 

Certainement l'homme 
fe promène parmi ce qui 
n a que de Taparence : cer- 
tainement il fe tempête 
pour néant : On amaile des 
biens, & on ne fait point 
qui les recueillira. 

Or maintenant quai- je 
atendu. Seigneur? mon a- 
tcute efl; à toi. j 



E DES Morts.' 

Délivre-moi de toutes 
mes tranfgreflîonsi & ne 
permets point que je fois 
en oprobre à Tinfenfé. 

Je me fuis tu, & n ai 
point ouvert ma bouche i 
parce que c efl toi qui las 
fait. 

Retire de moi la plaie 
que tu nVas faite : je fuis 
défailli par la guerre que 
tu me fais. 

Aufll-tôt que tu châties 
quelqu'un, en le rcdargiiant 
pour fon iniquité, tu con- 
fumes fon excellence com- 
me la tigne : certainement 
tout homme efl: vanité. 

Eternel, écoute ma re- 
quête, & prête loreille à 
mon cri, & ne fois point 
fourd a mes larmes : car je 
fuis voiageur & forain chez 
toi; comme ont été tous mes 
pères. 

Retire-toi de moi, afin 
que je reprenne mes forces, 
avant que je m'en aille, ôc 
que je ne fois plus. 

Gloire foit au Père, ôc 
au Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoît au com- 
mencement, comme il efl: 
maintenant, & comme il 
fera éternellement. Amen. 

"Dû- 



domine refiighim, Tf. 90. 



Eigneur, tu nous as été 
une retraite, d âge en 



La Sépulture des Morts. 291 

clarté de ta face nos fautes 
cachées. 

Car tous nos jours s'en 
vont par ta grande colère ^ 
& nous confumons nos an- 
nées comme unepenfée. 

Les jours de nos années 
reviennent à foixante-dix 
ansj & s'il y en a de vi- 
goureux , à quatre-vingts 
ans : même le plus beau de 
ces jours n eft que fâcherie 
& tourment 5 & il s'en va 



s 

âge. 

Avant que les monta- 
gnes fuffent nées, & que tu 
euffes formé la terre, la ter- 
re, dis-je, habitable : même 
defiècle en iîèclc tu es le 
Dieu Fort. 

Tu réduis Thomme mor- 1 
tel julques à le mcnuifcr , 
& tu dis; Fils des hommes, 
retournez. 

Car mille ans font de- 
vant tes yeux comme le 
jour d'hier qui eit pafîé j & 
comme une veille en la 
nuit. 

Tu les emportes comme 
une ravine d'eaux : ils font 
comme un fonge au matin j 
comme une herbe qui fe 
change 5 

Laquelle fleurit au matin, 
& reverdit : le foir on la 
coupe, ôç elle fe fane. 

Car nous fommes con- 
fumez par ta colère : & 
nous fommes troublez par 
ta fureur. 

Tu as mis devant toi 
nos inLpitez, 6c dc\aat la 



bien- tôt, & nous nous en- 
volons. 

Qui efl:-ce qui connoît,^ 
ielon ta crainte, la force de 
ton indignation, 6c de ta 
grande colère ? 



Enfeigne-nous a 



telle- 
ment compter nos jours, 
que nous en puiflîons avoir 
un cœur de fapience. 

Eternel, retourne - toi ; 
jufques à quand ? & change 
de coura2:e envers tes fer- 
vireurs. 

Railafie-nous , chaque 
matin, de ta gratuité; afià 
que nous nous réjouïflîons, 
& que nous foions joieux 
tout le long de nos jours. 

Pvéjouï-nous au prix des 
jours que tu ne us as afligez, 
ôc au prix des années auf- 
U z quelle^ 



292 La Sepitltur 

quelles nous avons fenti 
des maux. 

Qiie ton oeuvre paroiffe 
fur tes ferviteurs, & ta gloire 
fur leurs enfans. 
. Et que le bon plalfir de 
l'Eternel nôtre Dieu foit fur 
nous '-, ôc dilpofe-nous Tocu- 
vre de nos mains : difpofe, 
dis-je, l'œuvre de ^los mains. 
Gloire foit au Père, &c. 
Comme il étoit au com- 
mencement, &c. 

Puis fuivra la Leçon tirée du 
quiyiz,iéme chapitre de la pre^ 
miére Epître de S, Paul auy 
Corinthiens. 



I Cor- 15. 20. 

MAintenant Chrift eft 
reilufcité des morts, 
& il a été fait les prémi- 
ces de ceux qui dorment. 
Car puis que la mort 
cft par un feul homme, la 
rélurreclion des morts cil 
aulîi par un feul homme. 
Car comme tous meu- 
rent en Adam, pareille- 
ment auflî tous font vivi- 
fiez en Chrifl- Mais cha- 
cun en fon rang; les pré- 
mices, c'cft Chrift : puis 
ceux qui font de Chrift 
feront vivifiez en fon avè- 
nement. Et après viendra 
U fin, quand il aura remis 



E DES Morts. 

le Roiaume à Dieu le Père; 
ôc quand il aura aboli tout 
empire, & toute puiflance, 
& toute force: car il faut 
qu'il règne jufqua ce qu'il 
ait mis tous tes ennemis 
fous fes pieds. L'ennemi 
qui fera détruit le dernier, 
c eft la Mort. Car Dieu a 
afllijetti toutes chofes fous 
fes pieds : or quand il eft dit 
que toutes chofes lui font 
aftujettiesj il eft évident 
que celui, qui lui a aflli- 
jetti toutes chofes, eft ex- 
cepté : & après que toutes 
chofes lui auront été aflu- 
jettiesj alors aufll le Eils 
lui-même fi:ra aftujetti à ce- 
lui qui lui a aftujetti toutes 
choies 5 afin que Dieu foit 
tout en tous. Autrement 
que feront ceux qui font 
bâtifez pour morts, fi abfo- 
lument les morts ne ref- 
fuicitent point? pourquoi 
donc font-ils bâtifez pour 
morts ? pourquoi auftî ibm- 
mez-nous en danger à toute 
heure > Par notre gloire que 
j'ai en nôtre Seigneur Je- 
fus-Chrift, je meurs de-jour- 
en-jour. Si j'ai combattu 
contre les bêtes à Ephèfe, 
félon l'homme, quel profit 
en ai-je, fi les morts ne ref 
' fufci- 



La Sépulture des Morts. 



29S 



fufcitent point? mangeons 
& beuVons5 car demain 
nous mourrons. Ne foiez 
point réduits 5 Les mauvai- 
fes compagnies corrompent 
les bonnes mœurs. Réveil 
lez- vous à vivre juftement^ 
6c ne péchez point : car 
quelques-uns font fans con* 
noiffance de Dieu: je vous 
le dis à vôtre honte. Mais 
quelqu'un dira 5 Comment 
reffufcitent les morts, & en 
quel corps viendront-ils ? 
O fou, ce que tu sèmeS;, 
n'cft point vivifié sll ne 
meurt. Et quant à ce que 
tu sèmes, tu ne sèmes point 
le corps qui naitra, mais le 
grain nud, félon qu il fc 
rencontre, de blé, ou de 
quelque autre grain. Mais 
Dieu lui donne le corps 
comme il veut, & à cha- 
cune des femences fon 
propre corps. Toute chair 
n'eft pas une même forte 
de chair : mais autre eft la 
chair des hommes, & autre 
la chair des bêtes, ôc autre 
celle des poiiTons, & autre 
celle des oifeaux. Il y a 
auflî des corps celcftcs, & 
des corps terrcftres : mais au- 
tre eft la gloire des celcftcs, 
& autre celle des terrcftres. 



Autre eft la gloire dufoleilj 
ôc autre la gloire de la lune 5 
& autre la gloire des étoiles: 
car une étoile eft diferente 
d'une autre étoile en gloire. 
Il en fera auflî de même 
en la réfurredion des morts : 
Le corps eft femé en cor- 
ruption, il refiufcitera in- 
corruptible. 11 eft femé eu 
défhonneur, il reftiifcitera 
en gloire: il eft femé en 
foiblefle, il reftiifcitera en 
force. Il eft femé corps 
fenfuy, il refiufcitera corps 
fpirituël : il y a corps fcn- 
fuel, & il y a corps fpirituci* 
Comme auftl il eft écrit; 
Le premier homme Adam 
a été fait en ame vivante: 
& le dernier Adam en cl- 
prit vivifiant. Or ce qui 
eft fpirituël, n'eft pas le pre- 
mier : mais ce qui eft îen- 
fuël 5 ôc puis ce qui eft fpi- 
rituël: Le premier homme 
étant de la terre, eft de 
poudre: mais le fécond 
homme, favoirle Seigneur, 
eft du Ciel. Tel qu'eft ce- 
lui qui eft de poudre, tels 
auflî font ceux qui font de 
poudre ; & tel qu'eft le ce- 
Icfte, tels auflî font les ce- 
leftcs. Et comme nous a- 
vons porté Timage de cclu^ 
U 3 q'- 



La Sépulture des Morts. 

Seigneur Jéfus-Chrift. C'cft 
pourquoi, mes frères bicn- 
aimez, foiez fermes, im- 
muables, abondans toujours 
en rœuvrc du Sei<2;ncur 5 



294 

qui eft de poudre, nous 

porterons auffi limage du 

celefte. Voici donc ce que 

je dis, mes frères ic eft que 

la chair & le fang ne peu- 

vent point hériter le Roi- fâchant que votre travail 

aume de Dieu 5 & que lalncft point vain en nôtre 



corruption n hérite point 
rincorruptibiUté. ^ Voici, je 
vous dis un myftère ; nous 
ne dormirons pas tous, mais 
nous ferons tous tranfmuez: 
en un moment, & en un 
cUn d'œil, à la dernière 
trompettes car la trompette 
fonnera, & les morts ref- 
fufciteront incorruptibles, ôc 
nous ferons tranfmuez. Car 



Seigneur. 

Quand on efi auprès de la foffe^ 
■pendant que l'on prépare le 
corps pour le mettre en terre, le 
Prêtre lira, ou chantera avec 
les Clercs ce qui fuit. 

L'Homme né de femme, 
eft de courte vie, & 
plein d'ennui i il fort com- 
me une fleur, puis il eft 
coupé, & il s'enfuit corn- 



il faut que ce corruptible me une ombre qui ne s'ar- 
revête rincorruptibiUté: & rêtc point, 
que ce mortel revête Tim- 
mortalité. Or quand ce 
corruptible aura revêtu l'in- 
corruptibilité, & que ce 
mortel aura revêtu Tim- 
HiortaUté, alors cette pa- 
role de TEcriture fera a- 



complie; La mort eft en- 
gloutie en viftoire. Où eft 
ô mort, ton aiguillon? où 
eft, ô fépulcre, ta vidoire? 
Or Faiguilîon de la mort, 
c'eft le pcché : & la puiifance 
du péché, c eft la Loi. Mais 
■grâces à Dieu, qui nous a 

donné la victoire par nôtre] de ta mifcricordc à nos 

pri- 



Au miUeude la vie nous 
fommes dans la mort. A 
qui demanderons -nous du 
fecours, qu'à toi, Seigneur;, 
qui te courrouces juftement 
|à caufe de nos péchez. 

Néanmoins, ô Dieu très-^ 
faint, ô Seigneur très-puif- 
iant, ô faint, & très-miferi- 
cordieux Sauveur, ne nous 
Uvrc point aux douleurs a- 
mcrcs de la mort éternelle. 

Tu connois. Seigneur, 
les fccrets de nos cœurs 5 
ne ferme point les oreilles 



La Sepultur 

prières : mais fois nous pro- 
I pice. Seigneur très faint, ô 
Dieu Tout-puiflant, ô faint 
& mifericordieux Sauveur, 
toi qui es le fouverain Juge 
Eternel, ne permets point 
qu'à nôtre dernière heure 
nous foions fèparez de toi, 
quelque douleur de mort 
que nous endurions. 

'Alors quelquun àe ceux qui font 
là préfetis, jettant de la terre 
fur le corps ; le Prêtre dira ; 

PUis qu il a plu à Dieu 
en fa grande miferi- 
corde, de retirer à foi Famé 
de nôtre cher Frère défunt^ 
nous dépofons fon corps 
au fépulcre^ la terre à la 
terre ; les cendres aux cen- 
dres i la poudre à la pou- 
dre, dans la ferme, & pleine 
aiTûrance de la refurredion 
à la vie éternelle, par Jéfus- 
Chrift notre Seigneur, qui 
transformera notre corps 
vil ; afin quil foit rendu 
conforme à fon corps glo- 
rieux; félon cette éficace, 
par laquelle il peut affu- 
jettir même toutes chofes 
à foi. 

Puis fera ditj ou chanté ; 

J'Ouïs une voix du Ciel 
me difanti Ecrij Bien- 



/ 



E DES -Morts. 295 

heureux font les morts, qui 
déformais meurent au Sei- 
gneur: ouï pour certain, 
dit TEfpritj car ils fe re- 
pofent de leurs travaux, 
^j?oc. 14. 13. 

Alors le Prêtre dira ; 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Réponfe, 
Chrift, aie pitié de nous. 
Le Minijîre. • 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Notre Père qui es aux 
Cieux , Ton Nom 
foit fandlifîé. Ton Règne 
vienne. Ta Volonté foit 
faite en la terre, comme au 
Ciel. Donne-ngus aujour- 
d'hui nôtre pain quotidien. 
Et nous pardonne nos ofen- 
fcs, comme nous pardon- 
nons à ceux qui nous ont 
ofenfez. Et ne nous înduî 
point en tentation: mais 
délivre-nous du malin. A- 



men. 



Le "Prêtre. 



Dîcu Tout-puiffant, a- 
vec qui vivent les 
efprits de ceux qui meurent 
au Seigneur, & en qui les 
amçs des fidèles, après être 
U 4 dé^ 



2g6 La SEiPtrLTUR 

délivrées du fardeau de ce 
corps, font en joie & en 
félicité ji nous te rendons 
grâces de tout nôtre cœur, 
de ce qu il ta plu de retirer 
nôtre Frère des mifères de 
ce préfent fièçle mauvais : 
Te fupliant, qu il te plaife 
par ta grâce & par ta bon- 
té, d'acomplir bien-tôt le 
nombre de tes élus, & de 
hâter la venue de ton règ- 
ne ^ afin que nous, avec 
tous ceux qui font morts en 
la vraie foi de ton Saint 
Kom, puillîons obtenir la 
félicité confommée, & la 
parfaite béatitude de nos 
corps & de nos âmes, dans 
ta gloire éternelle 5 par J e- 
fus-Chrift nôtre Seigneur. 
Amen. 

La Collecte, 

ODieu très mifericor- 
dieux. Père de nôtre 
Seigneur Jéfus-Chrift, qui 
cft la refurreûion & la vie, 
auquel quiconque croit vi- 
vra, encore qu'il meure,* 
& quiconque vit, & croit 
en lui, ne mourra point é- 
ternellement 5 qui auffi nous 
a enfeigné par fon Apôtre 
S. Paul, que nous ne de- 



E DES Mort si 

vons pas nous afiiger à l'é- 
gard de ceux qui dorment, 
comme s'afligent ceux qui 
n ont point d'cfpérance : 
Nous te fuplions très-hum- 
blement, ô Père, quil te 
plaife de nous relTufcitcr de 
la mort du péché à la vie 
de la juftice ; afin que quand 
nous fortirons de ce monde, 
nous entrions dans ton re- 
pos, comme nous efperons 
que nôtre Frère, y eft en- 
tré j & qua la réfurredioa 
générale, au dernier jour, 
nous te Ibions agréables y & 
que nous recevions la béné- 
diction que ton Pils bicn- 
aimé prononcera en ce jour- 
là, à tous ceux qui t'aiment, 
& qui te craignent, difant; 
Venez les bénis de mon 
Père 3 pofledez en héritage 
le Roiaume, qui vous a été 
préparé dès la fondation du 
monde. Exauce- nous, ô Père 
de mifericorde, par Jéfus- 
Chrift nôtre Médiateur, ôc 
Rédempteur. Amen. 

LA grâce de nôtre Sei- 
gneur Jéfus-Chrift, & 
la dileclion de Dieu, & la 
communication du Saint 
Efprit, foit avec nous tous 
éternellement. Amen. 



Actions de Grâces pes Femmes» 297 



ACTIONS DE GRACES, 

Des Femmes après leurs Couches, 

(iU'ON APELLE COMMUNEMENT 

LES RELEVAILLES 



La Femme au terni acoûtumé, 
après fes couches^ fe rendra 
en tEglife en habit décent^ 
& là s^ agenouillera en quel^ 
que place convenaùle, félon 
qtiil a été pratiqué ; ou bien 
félon que l'Ordinaire en or don- 
nera : iT alors le Prêtre lui 
dira 'y 

PUis qu'il a plu au Dieu 
Tout-puiffant;, par fa 
bonté de vous donner une 
heureufe délivrance, & de 
vous conferver dans le 
grand danger de Tenfante- 
mcnt 5 vous en rendrez 
grâces à DieU;, & vous 
direz : 



Puis le Prêtre dira ce 
Pfeaume. 

Dilexiy quoniam, Pf. ii6. 

J'Aime TEternel;, car il 
a exaucé ma voix &: 
mes fuplications. 

Car il a incliné fon o- 
reille vers moi : c'cft pour- 
quoi je l'invoquerai durant 
mes jours. 

Les cordeaux de la mort 
m avoient environné 5 & 
les dctreffcs du fépulcre 
m'avoient rencontré: J'a- 
vois rencontré la détrefle & 
l'ennui ; mais j'invoquai le 
Nom de l'Eternel, en difant 5 
]c te prie, 6 Eternel, dé- 
livre mon ame. 



29S 



Actions de Grâces des Femmes 



L'Eternel eft pitoïable, 
& jufte : & nôtre Dieu fait 
mifericorde. 

' L'Eternel garde les fim- 
ples: j'étois devenu mife- 
rable, & il ma fauve. 

Mon ame, retourne en 
ton repos : car TEternel t'a 
fait du bien. 

Parce que tu as retiré 
mon ame de la mort, mes 
yeux de pleur, & mes pieds 
de trébuchementî 

Je marcherai en la pré- 
fence de TEternel, dans la 
terre des vivans. 

J'ai crûi ceft pourquoi 
) ai parlé : j'ai été fort afligé. 

Je difois en ma précipi- 
tation 5 Tout homme eft 
menteur. 

Qiic rendrai-je à l'Eter- 
nel : tous fes bienfaits font 
fur moi. 

Je prendrai la coupe des 
délivrances : ôc j'invoquerai 
le Nom de rEterncl. 

Je rendrai maintenant 
mes vœux à TEtcrnel de- 
vant tout fon peuple : toute 
forte dç mort des bien- ai- 
mez de l'Eternel eft pré- 
cieufe devant les yeux. 

Oui, ô Eternel : car je 
fuis ton fcrviteur , je fuis 
ton fervitcur;, fils de ta fer- 



vante j tu as délié mes 
liens. 

Je te facrifierai des facri- 
fices d'adions de grâces, 6c 
j'invoquerai le Nom del'E- 
ternel. 

Je rendrai maintenant 
mes vœux à l'Eternel, de- 
vant tout fon peuple , dans 
les parvis de la maifon de 
l'Eternel, au milieu de toi, 
Jérufalem 5 Loiiez l'EterneL 

Gloire foit au Père, & 
au Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement i comme il 
eft maintenant 5 & com- 
me il fera éternellement. 
Amen. 

Oti ce Tfeattme. 
NifîDominus, 7f. 127. 

S' 



l'Eternel 
maifon 



ne bâtit la 
y ceux qui la 
bâtiffent, y travaillent en 
vain : fi l'Eternel ne garde 
celui qui la garde, 
en vain, 
vain que vous 
ma- 



guet 



la ville y 
fait le 

Ceft en 
vous levez de 2;rand 
tin, que vous vous cou- 
chez tard, & que vous man- 
gez le pain de 'douleurs : 
certes c'eft Dieu qui donne 
du repos à celui qu'il aime. 

Voici^ 



APRES LEURS Couches, 



• Voici, les enfans font 
un héritage donné par TE- 
tcrncl : ôc le fruit du ventre 
cft une recompenfe de 
Dieu. 

Telles que font les flè- 
ches en la main d'un hom- 
me puiiTant ; tels font les 
fils d'un père qui eft: dans 
la fleur de fon âge. 

O que bien-heureux eft 
rhomme qui en a rempli 
fa troulTe! Des hommes 
comme ceux-là ne rougi- 
ront point de honte, quand 
ils parleront avec leurs en- 
nemis à la porte. 

Gloire foit au Père, & 
au lils, & au Saint Ef- 
prit. 

Comme il étoit au 
commencement 5 comme 
\\ cft maintenant 3 & com- 
me il fera éternellement. 
Amen. 

Alors le Prêtre dira ; 

Prions DIEU. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Chrijiy aie ptié de nous. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 



2^99 



Notre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fandifié. Ton Règne vi- 
enne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne - nous aujourd'hui 
nôtre pain quiOtidien. Et 
nous pardonne nos ofen- 
fes, comme nous pardon- 
nons à ceux qui nous ont 
ofenfez. Et ne nous in- 
dui point en tentation-: 
mais délivre-nous du n^alin. 
Car à toi eft le règne, la 
puiffance, ôc la gloire, aux 
fiéclés des fiécles. Amen. 

Le Miniflre. 
O Seigneur, fauve cette 
femme, qui eft ta fervante. 
Rêponfe. 
Laquelle met fon efpé- 
rançe en toi. 

Le Minijîre. 
Sois lui une forte tour. 

Rêponfe. 
Contre tous i^cs ennemis. 

Le Miniftre, 
Eternel , écoute nôtre 
requête. 

Rêponfe. 
Et que nôtre cri par- 
vienne jufques à toi. 



i 



Le 



300^ Actions de Grâces des Femmes. 

elle vive fidèlement, & fc 



Le Minijire, 
Prions DIEU. 

ODieu Tout - puiflant, 
nous te rendons grâ- 
ces de ce qu il t'a plu dé- 
livrer cette femme ta fer- 
vante, des grandes & pe- 
ïilleufes douleurs de Ten- 
fantementj Et nous te fu- 
plions, ô Père très-miferi- 
cordieux, de lui acorder, 
gu étant afliftée de ta grâce, 



conduife félon ta volonté, 
dans la vie préfente ; afin 
qu elle ait part à la gloire 
éternelle dans la vie avenir; 
par Jéfus-Chrift nôtre Sei- 
giKur. Amen. 

La femme ^ qui noient y en are fes 
aElions de gracei^ doit ofrir 
ce que l'on a acoûtumê £ ofrir ^ 
& fi tm célèbre alors la, 
Sainte Cene^ il efi à-propos 
quelle lafajfe. 




COM- 



La COMMINATION^ 



3or 




COMMINATION, 

o u 
DENONCIATION 

Dfî LA Colère et des Jugemens de Dieu 

CONTRE LES PeCHEURS. 
AVEC 

De certaines Prières qui fe doivent faire 
le premier jour du Carême, & en dau- 
tres temps, félon qu'il fera enjoint par 
l'Ordinaire. 



Après les Prières du MatitJ, la 
Litanie achevée félon la cou- 
tume ordinaire, le Prêtre étant 
au lieu, d'où l'on a acoutumé 
de lire les Prières^ ou dans la 
Chaire^ dira; 

ME S Frères, il y avoir 
dans l'Eglife primi- 
tive une fainte difcipline: 
c'cft qu au commencement 
du Carême les pécheurs qui 
étoient convaincus de quel- 



ques péchez fcandaleux, 
faifoient pénitence publi- 
que, étant châtiez dans ce 
monde même 5 afin que 
leur amc fut fauvée au jour 
du Seigneur 5 & que les 
autres avertis par leur ex- 
emple euffent d'autant plus 
de crainte de pécher. 

Il fcroit à fouhaitter que 

cette difcipline fut rétablie; 

mais en attendant qu'elle 

-> k 



JOZ L A C O M M 

le foit, on a trouvé bon de 
jnettrecnfa place, les Sen- 
tences générales de la nia- 
lédidion de Dieu contre 
les pécheurs impénitens, 
comme elles font recueil- 
lies du XXVII chapitre du 
Deuteronome^ & d'autres 
endroits de TEcriture 5 afin 
qu'on les life devant vous 
tous/ ôc que vous répon- 
diez, Ameriy à chaque Sen- 
tence. Par là, on vous a- 
vertit de l'indignation de 
Dieu contre les pécheurs, 
pour vous engager d'une 
manière plus éficace à vous 
repentir férieufement j & 
à vous conduire avec plus 
de précaution dans ces 
temps périlleux, en vous é- 
loignant des vices, fur lef- 
quels vous prononcez de 
vôtre propre bouche, que 
la malédiâion de Dieu doit 
tomber. 

Maudit foit l'homme qui 



I N A T I o N. 

Le Minijlre. 
Maudit foit celui qui 
aura méprifé fon père, ou 
fa mère, verf, 16. 
Ré^onfe, 
Amen. 

Le Minifire, 
Maudit foit celui qui 
tranfporte les bornes de fon 
prochain, njerf. 17. 
Réponfe. 
Amen. 

Le Minifire. 
Maudit foit celui qui 
fait égarer Taveugle dans 
le chemin, verf. 18. 
Rèjponfe, 
Amen. 

Le Minijlre, 
Maudit foit celui qui 
pervertit le droit de l'étran- 
ger, de lorphelin, & de la 
veuve, verf. 19- 
Réponfe. 
Amen. 

Le Minifir""- 
Maudit foit celui qui 
frape fon prochain en ca- 



fera une imasre taillée ou chctte. verf, 24 



de fonte, pour 
^eut. 27. 15. 



ladorer. 



Et le Peuple répondra^ & dira . 
Amen. 



Réponfe, 
Amen. 

Le Minijlre. 
Maudit foit celui qui 
aura commis adultère avec^^ 
la femme de fon prochain. 
Levit, 20. 10, 

Ré- 



La C o m m 

Réponfe. 
Amen. 

LeMiniJîre^ 
Maudit foit celui qui 
prend quelque prefent pour 
niettre à mort Thomme in- 
nocent, ^eut. 27.25. 
Réponfe, 
Amen. 

Le Minijire. 
Maudit foit rhomme qui 
fe confie en Thomme, & 
qui fait de la chair fon 
bras, & dont le coeur fc 
retire de TEternel. Jer, 

17.5. 

Réponfe. 
Amen. 

Le Minijire. 
Maudits font ceux qui 
font fans compaiîîoni les 
paillards 5 les adultères 5 les 
avares 5 les idolâtres ; les 
médifansj les yvrogncs, & 
les raviffeurs. S, Matt. 25. 
41. I Cor. 6. 9, 10. 
Réponfe, 
Amen. 

Le Minijire. 

OR maintenant puis- 
que tous ceux-là font 
maudits, comme témoigne 
le Prophète David, qui s'é- 
garent & qui fe détournent 
des Commandemcns de 
Dieu; nous fouvcnant du 



I N A T I o N. 305 

jugement épouvantable qui 
nous mcnace,& qui eft prêt 4 
tomber fur nous 3 convertit- 
fons-nous au Seigneur nôtre 
Dieu avec une entière con- 
trition, & humilité de cœur, 
en déplorant nos péchez 5 en 
reconnoiffant nôtre indig- 
nités en menant deuil fur- 
nôtre vie pailee; & noui 
apliquant à produire des 
fruits convenables à la re- 
pentance. Car déjala coig- 
née eft mife à la racine des 
arbres j c'eft pourquoi tout 
arbre qui ne fait point de 
bon fruit, s'en va être cou- 
pé, & jette au feu. 

C'cft une chofe terrible 
de tomber entre les mains 
du Dieu vivant. Il fera 
pleuvoir fur les n^chans 
des lacs de feu & de fouf- 
fre j & le vent de tempête 
fera la portion de leur 
breuvage. Car voici, TE- 
tcrnel s'en va fortir hors de 
fon lieu, pour vifiter l'ini- 
quité des habitans de la 
terre; & qui pourra fou- 
tenir le jour de fa venue ? 
& qui pourra fubfifter quand 
il aparoîtra? Il a fon van 
en la main, & il nettoiera 
entièrement fon aire, & 
affcmblcra fon froment 

dans 



30+ 



La C 6 m m I n à t t o ir; 



dans fon greilief: mais il 
brûlera la paille au feu qui 
ne s'éteint point. 

Le jour du Seigneur 
viendra, comme le larron 
en la nuit : Car quand ils 
diront ; Paix & sûreté ; a- 
lors il leur furviendra une 
foudaine deftruftion, com- 
^me le travail à celle qui eft 
enceinte 5 ôc ils n échape- 
ront point. La colère de 
Dieu fera manifeftée au 
jour de fa colère , la- 
quelle les pécheurs obftincz 
s'amaflent en méprifant la 
bénignité, & la patience, 
& la longue atcnte de Dieu, 
qui les a conviez à la re- 
pentance. Alors on criera 
après moi, dit le Seigneur 5 
mais je ne répondrai point: 
On me cherchera de grand 
matin; mais Ton ne me 
trouvera point ; parce qu'ils 
auront haï la fcience, 6c 
qu ils n'auront point choifi 
la crainte de rÊtcrnel. Us 
nont point eu à gré ma 
Loi; ils ont dédaigné tou- 
tes mes répréhenfions : Il 
fera trop tard de heurter, 
quand la porte fera fermée ; 
' Il fera trop tard de deman- 
der grâce, quand le temps 
de la juftice fera venu. O 



la terrible voix que celle dit 
Juge très-jufte, lors qu'il 
leur dira ; Retirez-vous de 
moi, maudits j alez au feu 
éternel qui eft préparé att 
Diable & à fes Anges. 

Prenons donc garde, très 
chers Frères ; prenons gardé 
à nous de bonne-heure, 
tandis que le jour du falut 
dure encore. Car la nuit 
vient , pendant laquelle nul 
ne peut travailler : mais 
nous pendant que nous 
avons la lumière, croions 
en la lumière, & chemi- 
nons comme enfans de lu- 
mière j afin que nous ne 
foions pas jettez aux ténè- 
bres de dehors, où il y au- 
ra pleur & grincement de 
dens. N'abufons point de 
la bonté de Dieu, qui nous 
invite à la rcpcntance, ôc 
qui par fa mifericordc infi- 
nie nous promet la rcmif- 
fion du paiîc, fi d'un cœur 
fincère nous-nous tournons 
vers lui à l'avenir. Car 
quand nos péchez fcroient 
comme le cramoifi, ils fe- 
ront blanchis comme la 
neige ; ôc quand ils fcroient 
rouges comme le vermillon, 
ils deviendront blancs com- 
me la laine. 

Coa- 



La C o m m 
Convertiirez-vous,& vous 
détournez les uns & les au- 
tres de tous vos forfaits, 
dit le Seigneur; ôcllniquité 
ne vous fera point en ruine. 
Jettez arriére de vous vos 
iniquitez , par lefquelles 
vous avez péché, & faites- 
vous un nouveau cœur,ôc un 
efprit nouveau : pourquoi 
mourriez vous, ô maifon 
d'Ifraël ? Car je ne prens 
point plaifir à la mort de 
celui qui meurt, dit le Sei- 
gneur TEternel : Conver- 
tiffez-vous donc, & vivez. 

Si nous avons péché, 
nous avons un Avocat en- ; 
vers le Père, favoir Jéfus- 
Chrifl le jufte ; & c'cft lui 
qui eft la propitiation pour 
nos péchez. 

Car il a été navré pour 
nos forfaits, & froifle pour 
nos iniquitez. Convertif- 
fons-nous à lui ; car il re- 
çoit mifericordieufement 
tous ceux qui font tou- 
chez d\me véritable repen- 
tance : ailurons-nous qu'il 
eft tout prêt a nous rece- 
voir, & à nous pardonner : 
pourvu que nous aprochi- 
ons de lui avec une vraie 
repentance, & une vérita- 
ble founiiiîîon i fa vo- 



I N A T I o N. 305 

lonté 5 que nous marchions 
dans fes voies? que nous 
chargions fur nous fon joug 
qui eft aifé, ôc fon fardeau 
qui eft léger ; que nous 
imitions fa douceur, fon hu- 
milité, fa patience, fa cha- 
rité ; que nous-nous laif- 
fions conduire par fon Saint 
Efprit; & que nous cher- 
chions toujours fa gloire, 
en lui rendant nos devoirs 
religieux avec joie & avec 
reconnoiflance, chacun dans 
fa vocation. 

Si nous faifons ces cho- 
fes, Jéfus-Chrift nous déli- 
vrera de la malédidion de la 
Loi, ôc des malheurs éfro- 
yables préparez à ceux qui 
feront à fa main gauche : 

II nous mettra à fa maia 
droite, & il nous donnera 
la bénédidion de fon Père, 
& avec elle la pofleflîon de 
fon Roiaume glorieux & 
éternel, où ce bon Rédemp- 
teur veuille nous conduire 
tous, par fon infinie miferi- 
corde. Amen. 

Cela fait, ils fe mettront tous à 

genoux : & le Prêtre & les 

Clercs étans à genoux au lieu 

^ -1 111- 

ou ils ont acoutume de dire 

la Litanie^ ils réciteront ce 

Pfeaume. 

X Mife^ 



305 La C o m m 

Mi fer ère mei, T>eus. Pf.5 1- 
/"^L Dieu, aie pitié de 
V^J moi félon ta gratui- 
té : ielon la grandeur de tes 
compaiîîons éface mes for- 
faits. 

Lave-moi tant' & plus de 
mon iniquité, & me nettoie 
de mon péché. 

Car je connois mes tranf- 
greflîons ôc mon péché 
cft continuellement devant 
moi. 

J'ai péché contre toi, 
contre toi proprement > & 
j'ai fait ce qui eft déplai- 
fant devant tes yeux : afin 
que tu fois connu jufte, 
quand tu parles, & trouvé 
pur, quand tu juges. 

Voila, j'ai été formé 
dans l'iniquité, & ma mère 
m'a échauffé dans le péché. 

Voilà, tu aimes la vérité 
au dedans 5 & tu m'as en- 
feigné la fagcffe dans le fe- 
cret de mon cœur. 

Purge-moi du péché a- 
vcc de fhyfopci & je ferai 
net : lave-moij, 6c je ferai 
plus blanc que la neige. 

Fai-moi entendre la joie 
& Talegrefle 5 & fai que les 
os que tu as brifcz fç ré- 
jouiifent. 



I N A T I o K* 

Détourne ta face de mes 
péchez : & éface toutes 
mes iniquitez. 

O Dieu, crée-moî un 
cœur net : & renouvelle au 
dedans de moi un efprit 
bien remis. 

Ne me rejette point de 
devant ta face i & ne m ote 
point TEfprit de ta fainteté. 

Ren-moi la joie de ton 
falut : & que Tefprit franc 
me foûtienne. 

J'enfeignerai tes voies aux 
tranfgreffeurs : & les pé- 
cheurs fe convertiront à toi. 

O Dieu, Dieu de mon fa- 
lut, délivre-moi de tant de 
fang : & ma langue chante- 
ra hautement ta juftice. 

Seigneur, ouvre mes lè- 
vres : & ma bouche anon- 
cera ta louange. 

Car tu ne prens point 
plaifir aux facrifices ; autre- 
ment j'en donnerois : l'ho- 
locaufte ne t'efl: point agré- 
able. 

Les facrifices de Dieu 
font Tefprit froiffé : ô Dieu, 
tu ne méprifes point le 
cœur froilTé, & brifé. 

Fai du bien félon ta bien- 
veillance à Sion, & édifie 
\les murs de Jérufalem. 

Alors 



L A G O M M 

Alors tu prendras plaifîr 
aux facrifîccs de juftice, à 
rholocauftc;, & aux facrifi- 
ces qui fe conliiment enti- 
èrement par le feu : alors 
on ofrira des veaux fur ton 
Autel. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Rep. Comme il étoit au 
commencement, comme il 
eft maintenant, ôc comme il 
fera éternellement. Amen. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

Chrijtj aie pitié de nous. 

Seigneur, aie pitié de 
nous. 

'^^T Otre Père qui es aux 
1 ^ CieuXjTon Nom foit 
landifié. Ton Règne vien- 
ne. Ta Volonté foit faite 
en la terre comme au Ciel. 
Donne - nous aujourd'hui 
nôtre pain quotidien. Et 
nous pardonne nos ofenfes, 
comme nous pardonnons à 
ceux qui nous ont ofenfez. 
Et ne nous indui point en 
tentation : mais délivre- 
nous du malin. Amen, 
Le Miniftre. 

O Seigneur, garde tes 
ferviteurs. 

Rèponfe. 

Qui ont leur efpérance 
en toi. 



IN A f I o N." 307 

Le Miniftre, 
Envoie-nous ton fecours 
d'enhaut. 

Rèponfe. 
Et nous foûtien toujours 
par ta piiiliance. 

Le Miniftre, 
O Dieu de nôtre falut, 
aide-nous. 

Rèponfe. 
Et pour la gloire de tori 
Nom délivre-nous, ôcnous 
fois propice, à nous pauvres 
pécheurs, pour Tamour de 
ton Nom. î 

Le Minijlre. 
Eternel, écoute nos re- 
quêtes. 

Rèponfe, 
Et que nôtre cri parvien-' 
ne jufques à toi. 

Le Minijlre. 
Prions DIEU. " 

O Seigneur, nous te pri- 
ons d'exaucer par ta 
grâce nos prières, <5c de par- 
donner à tous ceux qui te 
confelîent leurs pechezj afin 
que ceux que leur confcien- 
ce acufedé péché en foient 
abfousi par ta mifçrieorde 
en Jéfus-Chrift nôtre Sei* 
gneur. Amen. 

ODieu Tout-puiflant & 
Père mifericordieux, 
qui as compaflîoa de tous 
X z les 



3ÔS 



La C o m m 



les hommes, & qui ne hais 
rien de ce que tu as faitj 
qui aulTi ne dcfires point la 
mort du peciieur, mais plu- 
tôt qu il le détourne de fon 
péché, & qu'il foit fauve j 
Pardonne-nous mifericor- 
dieufement nos ofenfes 5 re- 
çoi-nous & nous confole, 
nous qui fommes travaillez 
fous le fardeau de nos ini- 
quitez. C'eft toi qui fais 
toujours mifericorde 5 & c'cft 
à toi feul qu il apartient de 
pardonner les péchez. Sois 
donc propice, ô bon Dieu ; 
fois propice à ton peuple 
que tu as racheté : n entre 
point en jugement avec 
nous tes ferviteurs, qui ne 
fommes que de la poudre, & 
de la cendre, ôc que de mi- 
ferables pécheurs 5 détourne 
ta colère arriére de nous, qui 
reconnoiiïbns en toute hu- 
milité nôtre vile & malheu- 
reufe condition, & qui nous 
repentons véritablement de 
nos péchez. Hâte-toi Seig- 
neur de venir à nôtre aide, & 
de nous fecourir fi puillam- 
ment dans ce monde, qu'au 
fiécle à venir nous puiillons 
vivre éternellement avec 
toi y par Jéfus-Chrifl: nôtre 
Seigneur/ ^;?^^?^. 



I l<r A T I o IT. 

Alors le Peuple dira après le 
Miniftre ce quifmt ; 

COnverti-nous, ô Sei-^- 
gneur bon t)ieu, & 
nous ferons convertis , fois 
favorable, ô Eternel 5 fois 
favorable à ton peuple qui 
retourne vers toi avec lar- 
mes, avec jeûne, ôc avec 
prières : car tu es un Dieu 
mifericordieux , plein de 
compaflion, de longue at- 
tente ôc abondant en gra- 
tuite. Tu nous épargnes, 
quand nous méritons d'être 
châtiez 5 & au milieu même 
de ta colère tu te fouvicns 
d'avoir compaflion. Sois 
propice à ton peuple, ô bon 
Dieu 5 fois lui propice, & ne 
permets point que ton héri- 
tage foit réduit â néant. Ex- 
auce-nous, ô Seigneur, car 
ta mifericorde eft grande : 
& félon la multitude de tes 
compaflîdns aie pitié de 
nous i par les mérites, & par 
la médiation de JéfusChrift 
ton Fils bien aimé, nôtre 
Seigneur. Amen. 

Alors le Miniftre dira feul; 

L'Eternel nous beniife 
& nous conferve. Le 
Seigneur faife luire fa face 
fur nous, & nous maintien- 
ne en paix, maintenant, & 
■ jamais. Amen, L E 



Lex.jour Les Pseaumes. Mat'm.109 



f:M^'^ 






L E 



PSAUTIER OU LES PSEAUMES 



D E 



D A V I D; 

Diftinguez félon Tordre qu'ils doivent être 
chantez, ou recitez dans les Eglises. 



Prière du Matin. 
Beatus Vir^ qui, Pf. i. 

Bien-heureux eftrhom- 
me qui ne chemine 
point félon le confeil des 
méchansj 6c qui ne s arrê- 
te point dans la voie des 
pécheurs 5 & qui ne s'affied 
point au banc des mo- 
queurs. 

2 Mais dont le plaifir 
cft en la Loi de rEtcrnel : 
& qui médite jour & nuit 
en fa loi. 



3 Car il fera comme un 
arbre planté près des ruif- 
feaux d'eaux> qui rend fon 
fruit en fa faifon. 

4 Et duquel le feuillage 
ne fe flétrit point : & ainfi 
tout ce qu il fera viendra à 
bien. 

5 II n en fera pas ainfi 
des méchans : mais ils fe- 
ront comme la baie que le 
vent chafîe bien loin. 

6 C'eft pourquoi les mé- 
chans ne flibfifteront point 
en jugement: ni les pé- 

X 3 cheurs 



3IO Matin, Les Pse 

cheurs dans raffemblée des 
juftes. 

7 Car TEternel connoit 
le voie des )uftes : mais le 
voie des médians périra. 

§luare fremuerunt ? Pf. ii. 

Pourquoi fe mutinent 
les Nations ? & pour- 
quoi les peuples projettent- 
ils des chofes vaines. 

2 Les Rois de la terre 
fe trouvent en perfonne, 6c 
les Princes confultent en- 
femble contre TEternel, & 
contre fon Oind. 

3 Rompons, difent-ils, 
leurs liens, & jettons loin 
de nous leurs cordes. 

4 Celui qui habite dans 
les cieux fe rira d'eux : le 
Seigneur s'en moquera. 

5 Alors il leur parlera 
en fa colère, & il les rendra 
éperdus en fon ardeur. 

6 Et moi, dira-t-il, j'ai 
facré mon Roi fur Sion, la 
montagne de ma Sainteté. 

7 Je raconterai de point 
en point l'ordonnance : 
L'Eternel m'a dit , Tu es 
mon Fils, je t'ai aujourd'hui 
engendré. 

8 Demiandc moi, & je 
te donnerai pour ton héri- 
tage les nations, & pour ta 



AU ME s. Lei.jmÇ 

pofTelîîon les bouts de la 
terre. 

9 Tu les bri feras avec 
un fceptre de fer 5 & tu les 
mettras en pièces comme 
un vaiffeau de potier. 

10 Maintenant donc, ô 
Rois, aiez de l'intelligence : 
Juges de la terre, recevez 
inftruftion. 

11 Servez l'Eternel avec 
Craintej & égaiez-vous avec 
tremblement. 

12 Baifez le Fils, de peur 
qu'il ne fe courrouce, & 
que vous nepériffiez en ce 
train, quand fa colère s'em- 
brafera tant foit peu. O 
que bien-heureux font tous 
ceux qui fe retirent vers 
lui! 

T)omine, quid? Pf m. 

O Eternel, combien font 
multipliez ceux qui 
me preffent! beaucoup de 
gens s'élèvent contre moi. 

2 Plufieurs difent de 
mon ame: Il n'y a point 
en Dieu de délivrance pour 
lui. 

3 Mais toi, ô Eternel, 
tu es un bouclier autour 
de moi 5 tu es ma gloire ; & 
tu es celui qui me fais le- 
ver la tkiQ* 

4 rai 



4 J'ai crié de ma voix à 
l'Eternel, & il m'a répondu 
de la montagne de fa fain- 
teté. 

5 Je me fuis couch-é, & 
me fuis endormi, je me fuis 
réveillé : car rEterncl me 
foûtient, 

6 Je ne craindrai point 
plufieurs milliers de peu- 
ples,quand ils fe rangeroient 
contre moi tout à Tentour : 

7 Lève-toi, Eternel mon 
Dieu, délivre-moi. Cer- 
tainement tu as frappé en 
la joue tous mes ennemis : 
tu as caffé les dents des 
méchants. 

8 La délivrance vient de 
l'Eternel : ta bénédiftion 
eft fur ton peuple. 

Cum invocarem. Pf iv. 

ODieu de ma jufticc, 
puis que je crie, ré- 
pon-moi : quand j etois à 
1 étroit, tu nVas mis au 
large : aie pitié de moi, & 
exauce ma requête. 

2 Gens d'autorité, juf 
qu'à quand ma gloire fera- 
t-elle en difame? jufqu'â 
quand aimerez- vous la va- 
nité, & cherchcrcz-vous le 
mcnfonge ? 

3 Or fâchez que l'Etcr- 



Les Pseaumes 



Matin* 31 i 

nel s'eft choifi un bien-ai- 
mé. L'Eternel m'exaucera 
quand je crierai vers lui. 

4 Soiez émus, & ne pé- 
chez point j penfez en vous- 
mêmes fur vôtre couche, 
& tenez-vous coi. 

5 Sacrifiez des facrifices 
de jufticej & confiez-vous 
en l'Eternel. 

6 Plufieurs difent 5 Qui 
nous fera jouir de biens? 

7 Lève fur nous la clar- 
té de ta face, ô Eternel. 

8 Tu as mis plus de joie 
dans mon cœur, qu'ils n'en 
ont au temps que leur fro- 
ment, & leur meilleur vin 
ont été abondans. 

9 Je me coucherai, & je 
dormirai aufiî en paix : car 
toi feul, ô Eternel, me fe- 
ras habiter en aflurance. 

Verba me a auribus. Pf v. 

ETernel, prête l'oreille 
à mes paroles, entens 
ma méditation. 

2 Mon Roi <5c mon 
Dieu, fois atentif à la voix 
de mon cri : car c'efl: à toi 
que j'adrciTe ma requête. 

3 Eternel, entens au ma- 
tin ma voix : des le matin 
je me tournerai vers toi, 
& je ferai au guet. 

X 4 4 Car 



.312 Soir. 

' 4 Car tu n es point un 
Dieu qui prennes plaifîr à 
la méchanceté: le méchant 
ne féjournera point chez 
toi. 

5 Les orgueilleux ne fub- 
fifteront point devant toi : 
tu as toujours haï tous les 
ouvriers d'iniquité. 

6 Tu feras périr ceux 
qui profèrent menfonge : 
l'Eternel a en abomination 
rhomme fanguinaire, & le 
trompeur. 

7 Mais moi, en Tabon- 
dance de ta gratuité, j'en- 
trerai dans ta maifon : je 
me profternerai dans le pa- 
lais de ta fainteté, avec la 
révérence qui t'eft due. 

8 Eternel, condui-moi 
par ta juftice, à caufe de 
mes ennemis : drcffe ta 
voie devant moi. 

9 Car il n y a rien de 
droit en fa bouche; leur 
intérieur n eft que malice : 

10 Leur goficr eft un fé- 
pulcre ouvert 5 ils flattent 
de leur langue. 

1 1 O Dieu fai leur le 
procès, & qu ils déchéent de 
leurs entreprifcs : chaffe-les 
au loin, à caufe du grand 
nombre de leurs tranlgrbf 
lions : car ils jTc font rebel- 
lez contre toi. 



Les Pseaumes." Lei^jauf,, 

12 Mais que tous ceux 
qui fe retirent vers toi, fe 
réjouïflent j qu'ils mènent 
joie perpétuellement, & que 
tu fois leur protedeurj & 
que ceux qui aiment ton 
Nom, s'égaient en toi ! 

13 Car, ô Eternel, tu 
béniras le jufte, & tu Tenvi- 
ronneras de bien-veillancc 
comme d'un bouclier. 

Prière du Soir. 

"Domine y ne in fur or e^ Pf. vi. 

ETernel, ne me reprens 
point en ta colère; & 
ne me châtie point en ta 
fureur. 

2 Eternel, aie pitié de 
moi; car je fuis fans aucune 
force : guéri moi, 6 Eter- 
nel j car mes os font éton- 
nez. • ' - , 

3 Même mon ame eft 
fort troublée ;& toi, 6 Eter- 
nel, jufques à quand ? 

4 Eternel, retourne-toi ^ 
garanti mon ame; délivre 
moi pour l'amour de ta 
gratuité. 

5 Car il n'eft point fait 
mention de toi en la mort : 
& qui eft-ce qui te célèbre^ 
ra dans le fépulcre? 

6 Je me fuis travaillé en 
mon 



Les Pseaumes 



Le i.joûK 
mon gémiffementî je baig- 
ne ma couche toutes les 
nuits, je trempe mon Ut 
de mes larmes. 

7 Mon regard cft tout 
défait de chagrins il eft en- 
vieilli à caufe de tous ceux 
qui me prefient. 

8 Retirez-vous loin de 
moi, vous tous ouvriers 
dlniquitéî car TEternel a 
entendu la voix de mes 
pleurs. 

9 L'Eternel a entendu 
ma fuplication: TEternel a 
reçu ma requête. 

10 Tous mes ennemis 
feront honteux & éperdus: 
ils s'en retourneront, ils fe- 
ront confus en un mo- 
ment. 

T^omineT>eus meus. Pf.vii. 

ETernel mon Dieu, je 
me fuis retiré vers toi : 
délivre-moi de tous ceux 
qui me pourfuiventj & ga- 
ranti-moi. 

2 De peur qu il ne me 
déchire comme un lion, 
me mettant en pièces, fans 
qu'il y ait perfonne qui me 
délivre. 

3 Eternel mon DieU;, fi 
j'ai commis une telle cho fci 



Soir, ixy 

sll y a de liniquité dans 
mes mains : 

4 Si j'ai recompcnfé de 
mal celui qui avoit la paix 
avec moij 6c fi je n'ai pas 
garanti celui qui m'opri*^ 
moit à tort : 

5 Que l'ennemi me pour- 
fuive, & qu'il m'atteigne 5 
qu'il foule ma vie en terre, 
ôc qu'il loge ma gloire dans 
la poudre ! 

6 Lève-toi, ô Eternel, 
en ta colère 5 & t'élève à 
caufe des fureurs de pies 
ennemis 5 &te réveille pour 
moi : tu as ordonné le 
droit. 

7 Que l'aflemblée des 
peuples t'environne ; & toi, 
tourne-toi vers elle en ua 
lieu éminent. 

8 Que l'Eternel juge les 
peuples: fai-moi droit, ô 
Eternel, félon ma juftice, 
& félon mon intégrité, qui 
eft en moi. 

9 Que la malice des me- 
chans prenne fin, ôc affer- 
mi le j lifte. 

10 ii)î dîs-jç, qui fon- 
des les cœurs & les reins, ô 
Dieu jufte. 

1 1 Mon bouclier eft en 
Dieu, qui délivre ceux 

qui 



f 14 Soif. tes P s É A U M E f. 

qui font droits de c<^ur. 

12 Dieu fait droit au 
jufte, & le Dieu Fott fe 
courrouce tous les jours. 

î 3 Si le méchant ne fe 
convertit, Dieu aiguifera fon 
épée: il a bandé fon arc, 
& Ta ajufté. 

14 Et il a préparé con- 
tre lui des armes mortelles : 
il mettra en œuvre (ts flé- 

-ches contre les ardens per- 
fécuteurs. 

15 Voici, le méchant 
travaille pour enfanter Fou- 
trage, & il a conçu le tra- 
vail : mais il enfantera une 
chofe qui le trompera. 

1 6 II a creufé une fofTe, 
& Ta cavée : mais il eit 
tombé dans la foflc qu'il a 
faite. 

1 7 Son travail retourne- 
ra fur fa tête, & fa violence 
lui defcendra fur le fommet. 

i8 Je célébrerai TEter- 
nel félon fa juftice, & je 
pfalmodierai le Nom de 
l'Eternel fouverain. 



^omineT>ominus. Pf viii. 

ETernel nôtre Seigneur, 
que ton Nom eft mag- 
nitique par toute la terre, 
vu que tu as mis ta Ma- 
jefté au deflus des Cieux î 



Xei.joufi 

2 De la bouche des pe- 
tits enfans, & de ceux qui 
tettent, tu as fondé ta force, 
à caufe de tes adverfaires : 
afin de faire ceffer Tennc- 
mi & le vindicatif. 

3 Quand je regarde tes 
Cieux, Touvrage de tes 
doigts, la lune, àc les étoi- 
les que tu as arangées, 

4 Je dis y QLT'eft ce que 
de l'homme, que tu te fou- 
viennes de luij & du fils 
de rhomme, que tu le vi* 
fites.^ 

5 Car tu Tas fait un peu 
moindre que les Anges; ^<. 
tu Tas couronné de gloire 
& dlionneur. 

6 Tu Tas établi domina- 
teur fur les œuvres de tes 
mains : tu as mis toutes 
chofes fous fes pieds; 

7 Les brebis & les bœufs 
entièrement, & même les 
bêtes des champs j 

8 Les oifeaux des Cieux, 
& les poiflbns de la mer, 
ce qui traverfe par les fen- 
tiers de la mer. 

9 Eternel nôtre Seigneur, 
que ton Nom eft'magni-; 
fique par toute la terre ! 



Pri- 



Le 11. jourl 

Prière du Matin 
Confit eboT îibi, Pf. ix. 



JE célébrerai de tout 
mon cœur TEternel, 
je raconterai toutes tes mer- 
veilles. 

2 Je me réjouirai & 
m'égaierai en toi: je pfal- 
modierai ,ton Nom, ô Sou- 
verain. 

3 Parce que mes enne- 
mis font retournez en ar- 
riére : ils font tombez, & 
ils ont péri de devant ta 
face. 

4 Car tu m'as fait droit 
& juftice : tu t'es aflîs fur 
le trône, toi jufte Juge. 

5 Tu as reprimé rude- 
ment les nations 5 tu as fait 
périr le méchant i tu as é- 
face leur nom pour tou- 
jours, & à perpétuité. 

6 O ennemi, les défo- 
lations ont-elles pris fin? 
as-tu auffi rafé les villes 
pour jamais? leur mémoire 
eft-elle périe avec elles? 

7 Mais TEternel fera afîis 
éternellement : il a préparé 
fon trône pour juger : 

8 Et il jugera le monde 
avec juftice 5 & fera droite 



Les Psêaume^ Matin, ^ij 

aux peuples avec équité. 

9 Et TEternel fera une 
haute retraite à celui qui 
fera fouléj il lui fera une 
haute retraite au temps 
qu il fera dans TangoilTe. 

I o Et ceux qui connoif- 
fent ton Nom, s'afTûreront 
fur toi : car, ô Eternel, tu 
n'abandonnes point ceux 
qui te cherchent. 



11 Pfalmodiez a TEter- 
nel qui habite en Sion : 
An,oncez fes exploits par- 
mi les peuples. 

12 Car il fait enquête 
des meurtres, & il s'en 
fouvient : il n'oublie point 
le cri des débonnaires. 

1 3 Eternel, aie pitié de 
moi: regarde mon afliç- 
tion caufée par ceux qui 
me haiffent, toi qui m'en* 
levés des portes de la mort. 

14 Afin que je raconte 
toutes tes loiianges dans les 
portes de la fille de Sion. 
Je me réjouirai de la dé- 
livrance que tu m'auras 
donnée. 

15 Les nations ont été 
enfoncées dans la folTe 
qu'elles avoient faite : leur 
pied a été pris au filet qu'el- 
les avoient caché. 

1 6 L'Eternel a été con- 

nu 



Vi 6 Matin. Les P s e 

nu5 U a fait jugement: le 
méchant eft enlacé dans 
l'ouvrage de Çq.^ mains. 

1 7 Les méchans rebrouf- 
feront vers le fépulcre, 
toutes les nations, dis- je, 
qui oublient Dieu. 

1 8 Car le pauvre ne fera 
point oublié à jamais, & 
Tattente des affligez ne 
périra point à perpétuité. 

19 Lève-toi, ô Eternel j 
& que rhomme mortel 
ne fe renforce point! que 
la vengeance foit faite des 
nations devant ta face ! 

20 Éternel, donne leur 
fraïeur : & que les nations 
lâchent quelles ne font 
que des hommes mor- 
tels. 

Ut quid, T>om'me ? Pf x. 

Pourquoi, ô Eternel, 
te tiens-tu loin, & te 
caches tu au temps que 
nous fommes dans la dé- 
treffe ? 

2 Le méchant par fon 
orgueil pourfuit ardemment 
l'afligé: mais ils feront pris 
par les machinations qu ils 
ont préméditées. 

t Car le méchant fe glo- 
tijfie du fouhait de fon ame, 



A u M E s. Le II. jour. 

& il eftime heureux 1 avare, 
& irrite rEternel. 

4 Le méchant hauflant 
fon nez ne fait confcience 
de rien : toutes fes penfées 
font, qu'il n y a point de 
Dieu. 

5 Son train profpère en 
tout temps : tes jugemens 
font éloignez de devant 
lui : il foufle contre tous 
fes adverfaires. 

6 II dit en fon cœur 5 
Je ne ferai jamais ébranlé: 
car je ne puis avoir de mal. 

7 Sa bouche eft pleine 
de malédiftions, & de 
tromperies, & de fraude: 
il n'y a fous fa langue qu - 
opreflîon, & qu'outrage. 

8 II fe tient aux embû- 
ches des villages : il tue l'in- 
nocent dans des lieux ca- 
chez: fes yeux épient le 
troupeau des défolez. 

9 II fe tient aux embû- 
ches en un lieu caché, 
comme un lion dans fon 
fort 5 il fe tient aux embû- 
ches pour atraper l'afligé. 

10 II atrape l'afligé, Ta- 
tirant en fon filet. 

11 II fe tapit, & fe baiflej 
& puis le troupeau des dé- 
folez tombe entre fes grif- 
fes. 

12 



Le 11. jout. 

12 II dit en fôn cœur; 
Le Dieu Fort l'a oublié, il 
a caché fa face, & il ne le 
verra jamais. 

1 3 Eternel, lève-toi , ô 
Dieu Fort, hauffe ta main, 
6c n oublie point les dé- 
bonnaires. 

14 Pourquoi le méchant 
dépitcroit-il Dieu? Il a dit 
en fon cœur, que tu n en 
feras point d'enquête. 

1 5 Tu Tas vu : car lors 
qu'on molefte, ou quon 
mal-traitte quelqu'un, tu 
regardes pour le mettre 
entre tes mains, le trou- 
peau des défolez fe remet 
à toi : tu as aidé Torphclin. 

1 6 Caffc le bras du mé- 
chant j & fais enquête de la 
méchanceté du malin, juf- 
qu à ce que tu n en trou- 
ves plus rien. 

17 UEterncl eft Roi à 
toujours, & à perpétuité: 
les nations ont été exter- 
minées de delfus fa terre. 

18 Eternel, tu exauces 
le fouhait des débonnaires j 
affermi leur cœur, & que 
ton oreille les écoute at- 
tentivement i 

19 Pour faire droit à 
lorphelin, ôc à celui qui eft 
foulé i afin que Thomme 



Les Pseaumes. 



Matin, iif 

morteU qui eft de tçrre, 
ne continué plus à doijinei: 
de rcffroi. 



j 



In tCy T>ominey confido. 

Pf. XI. 

E me fuis retiré versUR 
ternel: comment donc 
dites- vous à mon ame i> 
Fui-t'en en vôtre monta-, 
gne, oifeau? ; \a:'p^ 

2 De fait voilà, les me- 
chans bandent i'arcj ils ont 
ajufté leur flèche fur la: 
corde, pour tirer en cari 
chette contre ceux qui font 
droits de cœur. : 

3 Puis que les fonde-- 
mens font ruinez, que fera 
le jufte? 

4 UE ternel eft au palais 
de fa Sainteté : TEternel à 
fon Trône aux Cieux: 

5 Ses yeux contemplent, 
& fes paupières fondent les 
fils des hommes. - h» v.-t 

6 L'Eternel fonde le jufte 
«5c le méchant : & fon ame 
hait celui qui aime fextor- 
fion. ■..;.. :,v . i 

7 II fera pleuvoir fur les 
méchans des las, du feu, & 
du fouffre: & un vent de 
tempête fera la portion de 
leur breuvage. 

8 Car rEtcrnel jufte aime 

la 



1rs Soirl 

la juftice, fa face regarde 
rhomme droit. 

.,urî'< i; 
Prière du Soir. 



Sahiim me fac. Pf. xii. 

DElivrc, ô Eternel, 
parce que l'homme 
de bien eft défailli, 6c que 
les véritables ont pris fin 
entre les fils des hommes. 

2 Chacun dit faufleté à 
fon compagnon avec des 
lèvres flateufes, & ils par- 
lent avec un cœur double. 

3 L'Eternel veuille re- 
trancher toutes les lèvres 
flateufes, & la langue qui 
parle fièrement. 

4 Parce qu'ils difent 5 
Nous aurons le deffus par 
nos langues ; nos lèvres 
font en nôtre puiflance : 
qui fera Seigneur fur nous ? 

5 A caufe du fourrage- 
nient des afligez 5 à caufe du 
gémiffement des pauvres j 

6 Je me lèverai main- 
tenant, dit l'Eternel i Je 
mettrai en fureté celui à 
qui Ton tend des las. 

7 Les paroles de l'Eter- 
nel font des paroles pures j 
ceft un argent affiné au 
fourneau de terre, un ar- 
gent épuré par fept fois. 



Le^ Pseau^îes.' Leii.jourl 

8 Toi, Eternel, garde- 
les> & préferve à jamais 
chacun d'eux de cette race 
de gens. 

9 Car les méchans fc 
promènent de toutes parts i 
tandis-que des gens abjeds 
font élevez entre les fiis 
des hommes. 



Ufque quo, domine? ■> 

Pf. XIII. 

ETernel, jufques à"quand 
m'oublieras tu ) Sera- 
ce pour toujours ? Jufques à 
quand cacheras-tu ta face de 
moi? 

2 Jufques à quand con- 
fulterai-je en moi-même, 
& afligerai-je mon cœur 
durant le jour? Jufques à 
quand s'élèvera mon enne- 
mi contre moi ? 

3 Eternel mon Dieu, re- 
garde, exauce - moii illu- 
mine mes yeux, de peur 
que je ne dorme du fonv 
meil de la mort. 

4 De peur que mon en- 
nemi ne dife 5 J'ai eu le 
deffus 5 & que mes adver- 
faircs ne s'égaient ^ je ve- 
nois à tomber. 

5 Mais moi, je me confie 
en ta gratuité; mon cœur 
s'égaiera dans la délivrance 
que tu, m'auras donnée ; 6 



'Le in. jour. L e s P s 

6 Je chanterai à TEter- 
nel de ce qu il m'aura fait 
ce bien. 

T>ixit inftpiens. Pf. xiv. 

Llnfenfé a dit en fon 
cœur : Il n y a point 
de Dieu. 

2 lis fe font corrompus, 
& fe font rendus abomina- 
bles en leurs aftions 5 il 
ny a perfonne qui faffe 
bien. 

3 UEternel a regardé 
des Cieux fur les fils des 
hommes, pour voir sll y 
en a quelqu'un qui foit en- 
tendu, & qui cherche Dieu. 

4 Ils fe font tous égarez, 
& fe font enfemble ren- 
dus puansi il n'y a per- 
fonne qui fafle bien, non 
pas même un feul. 

* 5 Ceji tm fepulcre ou- 
vert que leur gojier : Ils 
ont frauduleufement ufe de 
leurs langues 5 il y a du 
njenin d'a/jnc fous leurs 
lèvres, 

6 Leur bouche eft pleine 
de malédiction, & d'amer- 
tume y leurs pieds font légers 
pour répandre le fang. 

7 La deftru£iion (^ la 
mifere eft en leurs voies ^ 
& ils n'ont point connu la 



EAU MES.' Matin. i\% 

voie de la paix : La crain^^ 
te de T^ieu ri eft point de^'^ 
vaut leurs yeux, ' ' 

8 Tous ces ouvriers d mî- 
quité n ont-ils point de con- 
noiifance ? Ils mangent 
mon peuple comme s'ils 
mangeoient du pain: ils 
n'invoquent point rEternel. 

9 Là ils feront faifis 
d'une grande fraïeur : car 
Dieu eft avec la race jufte. 

10 Vous faites honte à 
l'affligé de ce qu'il s'eft 
propofé rEternel pour fa 
retraite. 

11 O qui donnera de 
Sion la délivrance d'Ifraëlî 
Qtiand TEternel aura ra- 
mené fon peuple captif, Ja- 
cob s'égaiera, Ifraei fe ré- 
jouira. 

* Ces trois verfets ne font point 
dans r Hébreu. On les a inférez, 
ici^ parce qu ils font dans le Pfau" 
fier Anglois^ & quils font alê^ 
guez, au chapitre troifiéme des 
Romains. 

Prière du Matin. 
T>ominey quis habit abit ? 

Pf XV. 

ETernel, qui eft-ce qui 
féjournera dans ton 
Tabernacle ? qui eft-ce qui 

habi- 



Les Pseaume5 



320 Matin, 

habitera en la montagne 
de ta Sainteté? 

z Ce fera celui qui mar- 
che dans l'intégrité 5 & qui 
Fait ce qui eft juftei & qui 
profère la vérité telle qu el- 
le éft dans fon cœur : 

3 Qui ne médit point 
par fa langue 5 qui ne fait 
point de mal à fon compag- 
non ; qui ne lève point de 
diffame contre fon pro- 
chain : 

4 Aux yeux duquel eft 
:inéprifable celui qui mérite 
d'être rejette : mais il ho- 
nore ceux qui craignent 
rEterncl : 

5 S'ila juré;, fût-ce à fon 
dommage, il n'en changera 
rien : 

6 Qui ne donne point 
fon argent à ufure, & qui 
ne prend point de prefent 
contre l'innocent : 

7 Celui qui fait cescho- 
fes, ne fera jamais ébranlé. 

Conferva me. Pf xvi. 

GArde-moi , ô Dieu 
Fort : car je me fuis 
retiré vers toi. 

2 Mon ame, tu as dit à 
l'Eternel 5 Tu es le Seigneur, 
mon bien ne va pas jufqu'à 
toi. . 



Le m, jour, 

3 Mais aux Saints qui 
font en la terre, & à fes 
gens notables, en qui je 
prens tout mon plaifir. 

4 Les angoiffes de ceux 
qui courent après un autre 
Dieu, feront multipliées. 

5 Je ne ferai point leurs 
afperîions de fang, & leur 
nom ne paffera point par 
ma bouche. 

6 L'Eternel eft la part de 
mon héritage, & de mon 
breuvage : tu maintiens 
mon lot. 

7 Les cordeaux me font 
échus en des lieux plaifans, 
& un très bel héritage m'eft 
avenu. 

8 Je bénirai l'Eternel, 
qui me donne confeii $ je 
le bénirai même durant les 
nuits dans lefquelles mes 
reins m'en feignent. 

9 Je me fuis toujours 
propofé l'Eternel devant 
moi : & puis qu'il eft a ma 
droite, je ne ferai point é- 
branlé. 

10 C'eft pourquoi mon 
cœur s'eft réjoui , & ma 
gloire s'eft égaiée : aufli ma 
chair habitera avec aflû- 
rance. 

1 1 Car tu n'abnndonne- 
ras point mon ame au fé- 

pulcre. 



Le m, jour. 

pulcre, & tu ne permettras 
point que ton bien-aimé 
fente la corruption. 

1 2 Tu me feras connoî- 
tre le chemin de la vie : ta 
face eft un rafrafiement de 
joie : il y a des plaifirs a 
ta droite pour jamais. 

Exaudiy domine Jujiitiam. 

Pf. XVII. 

ETcrnel, écoute ma jufte 
caufe, fois atehtif à 
mon cri ; prête Toreille à 
ma requête, laquelle je te 
fais fans qu'il y ait de frau- 
de en mes lèvres. 

2 Qiie mon jugement 
forte de ta préfcnce 5 que 
tes yeux regardent à la droi- 
ture. 

3 Tu as fondé mon 
cœur, tu l'as vifité de nuit, 
tu m'as examine, tu n'as 
rien trouvé : ma penfée ne 
Va point au delà de ma pa- 
role. 

4 Quant aux aftions des 
hommes, félon la parole 
de tes lèvres, je me fuis 
donné garde du train à(zs 
brigands. 

. 5 Aiant afcrmi mes pas 
en tes fenticrs, les plantes 
de mes pieds nent point 
chancelé. 



Les Pseaumes. 



Matin. 3 2 1 

6 O Dieu Fort, je tin- 
voque, parce que tu as a- 
coutume de m'exaucer : in- 
cline ton oreille vers moi> 
écoute mes paroles. 

7 Rens admirables tes 
gratuïtez, toi qui délivres 
ceux qui le retirent vers 
toi, de devant ceux qui s'é- 
lèvent contre ta droite. 

8 Garde-moi comme la 
prunelle de l'œil, & me ca- 
che fous l'ombre de tes 
ailes : 

9 De devant ces mé- 
chans qui m'ont pillé j & 
de mes ennemis mortels, 
qui m'environnent. 

I o La graiffe leur cache 
le vifage 5 ils parlent fière- 
ment de leur bouche. 

I I Maintenant, ils nous 
environnent à chaque pas 
que nous faifons 5 iis jet- 
tent leur regard pour nous 
étendre par terre. 

1 2 II rciîcmble au lion 
qui ne demande qua dé- 
chirer, 6: au lionceau qui 
fe tient dans les lieux ca- 
chez. 

13 Lève-toi, ô Eternel, 
devance-le, mets-ie bas : 
délivre mon ame du mé- 
chant prir ton épée. 

14 Eternel, délivre-moi 



322 Soir. 

par ta main de ces gens i 
des gens du monde, def- 
quels le partage eft en cette 
vie; & defquels tu remplis 
le ventre de tes provi- 
fions : 

1 5 Leurs enfans en font 
raflafiez, & ils laiflent leur 
rejfte à leurs petits enfans. 

16 Mais moi,, je verrai 
ta face en juftice, ôt ferai 



Les P s e a u m e s. Le in.joMf}: 

garncmens nVavoient épou-^ . 
vanté. 

4 Les cordeaux du fé- 
pulcre m'avoient ceint, les 
laqs de la mort m'avoient 
furpris. 

I 5 Quand j*aï été en ad- 
verfité, fai crié à l'Eter- 
nel ; j'ai, dis-je, crié à mon 
Dieu : 

6 II a ouï ma voix de 



raffafié de ta reffeniblance, fon palais 5 le crique j'ai 
I -, r. • £_..:n^ j^^^^ clcvant lul, eft parve- 

nu à fes oreilles. 



quand je ferai reveille. 
Prière du Soir. 



^iligam te, famine. 

Pf. XVIII. 

ETernel, qui es ma for- 
ce, je t'aimerai d'une 
afèdion cordiale. L'Eter- 
nel eft ma roche, & ma 
fortereffe, & mon libe 
rateur : mon Dieu Fort 
eft mon rocher, je me re- 
tirerai vers lui : il eft mon 
bouclier, & la corne de 
mon falut, ma haute retraite. 

2 Je crierai à TEtcrncl, 
lequel on doit louer; &je 
ferai délivré de mes enne- 
mis. 

3 Les cordeaux de la 
mort m'a voient environné ^ 
de des torrens de méchans 



7 Alors la terre fut é- 
branléc, & trembla 5 & les 
fondcmens des montagnes 
croulèrent, & furent é- 
branlez 5 parce qu'il étoit 
courroucé. 

8 Une fumée montoit 
de fes narines 5 & de fa 
bouche fortoit un feu dé- 
vorant, en forte que des 
charbons en étoient embra- 
fez. 

9 II abaifla donc les 
Cieux, & dcfcendit, aiant 
une obfcurité fous fes pieds. 

10 Et il étoit monté fur 
un Chérubin, & il voloit : 
6r il étoit guindé fur les 
aîlcs du vent. 

1 1 II mit les ténèbres 
pour fa cachette : & autour 

de 
I 



Le ui.jouf. Les P s e a u m e s; 

de lui, étoit fon Taberna- 
cle, favoir, les ténèbres 
d'eaux, qui font les nuéfes 
de Tair. 

12 De la lueur qui étoit 
au devant de lui, fes nuées 
furent écartées; & il y a- 
Vôit de la grêle, & des 
charbons de feu* 

13 Et TEternel tonna dans 
les Cieux 5 & le Souverain 
jetta fa voix avec de la grê- 
le, & des charbons de feu. 

14 11 tira fes flèches, & 
écarta mes ennemis : il lan- 
ça des éclairs, & les mit 
en déroute. 

15 Alors le fond des 
eaux parut, & les fonde- 
mens de la terre habitable 
furent découverts i à caufe 
que tu les tançois, ô Eter- 
nel, par le foufle du vent 
de tes narines. 

16 II écendit la main 
d'enhaut, il m'enleva, & 
me tira des grofîes eaux. 

17 il me délivra de mon 
puiffant ennemi, ôl de ceux 
qui me haiflbient: car ils 
ctoient plus forts que moi. 

I 8 Ils m'avoient devancé 
au jour de ma calamité : 
mais TEternel me fut pour 
apuî. 

19 II m'a f^it fortir au 



large : il ma délivré; parce 
qu il a pris fon plaifir en 
moi. 

20 L'Eterlicl m'a r^*-ri- 
bué félon ma juftice jii m'a 
rendu félon la pureté de 
mes mains. 

21 Parce que j'ai tenu 
le chemin de rEternel, & 
que je ne me fuis point dé* 
tourné de mon Dieu- 

22 Car j'ai eu devant 
moi tous fes droits, & n'ai 
point rejette loin de moi 
ks ordonnances. 

2 3 Et j'ai été entier en- 
vers lui, & me fuis donné 
garde de mon iniquité. 

24 L'Eternel donc m'a 
rendu félon ma juftice, èc 
félon la pureté de mes 
mains> qu'il a connue, 

25 Envers celui qui ufe 
de gratuité, tu ufes de gra- 
tuité; & envers rhoninie 
entier^ tu te montres en- 
tier. 

26 Envers celui qui efl: 
pur, tu te montres pur : 
mais envers le pervers, tu 
agis fclon fa pervciiîté. 

27 Car tu fauves le peu- 
ple afligé 5 ôc tu abailTes les 
yeux hautains. 

28 Même c'eft toi qui 
fais luire ma lampe : TE- 

Y 2 ternel 



tcrncl mon Dieu fera re- 
luire mes ténèbres. 

29 Même par ton moi- 
cn, je me jetterai fur toute 
une bandej & par le moien 
de mon Dieu je franchirai 
la muraille. 

30 La voie du Dieu Fort 
cft entière : la parole de 
TEternel eft afinée : c eft un 
bouclier à tous ceux qui fe 
retirent vers lui. 

31 Car qui eft Dieu, fi- 
non TEterncL^ & qui eft 
Rocher, finon nôtre Dieu > 

32 Ceft le Dieu Fort 
qui m'équipe de force, & 
qui maintient entier mon 
chemin. 

3 3 II a fendu mes pieds 
égaux à ceux des biches, 
& il m'a fait tenir debout 
fur mes lieux haut élevez. 

34 C'eft lui qui a drefîe 
mes mains au combat, tel- 
lement qu'un arc d'airain 
a été rompu avec mes 
bras. 

^5 Tu m'as auffi donné 
le bouclier de ta protec- 
tions & ta droite m'a fou- 
tenu; & ta débonnaireté 
m'a fait devenir fort grand. 

S 6 Tu m'as fait mar- 
cher au large, & mes ta- 
lons n'ont point gliffc. 



Lès Psèaùmes,^ 



Le in, jour. 

37 J'ai pourfuivi mes 
ennemis, & les ai ateintsi 
& je ne m'en fuis point 
retourné, jufqu'à ce que je 
les eufîe confumez. 

3 8 Je les ai tranfpercez^ 
tellement qu'ils n'ont point 
pu fe relever : mais ils font 
tombez à mes pieds. 

39 Car tu m'as équipé 
de force pour le combat : 
tu as courbé fous moi 
ceux qui s'élevoient contre 
moi. 

40 Tu as fait aulli que 
mes ennemis ont tourné le 
dos devant moi; & j'ai 
détruit ceux qui me haïf- 
foient. 

41 Ils crioient^ mais il 
n'y avoir point de libéra- 
teur : ils crioient vers l'E- 
ternel 5 mais il ne leilr a 
point répondu. 

42 Et je les ai hxKct 
menu, comme lapouffiére 
qui eft difperfce par le vent 5 
& les ai foulez comme la 
boue des rues. 

43 Tu m'as fait échaper 
des débats du peuple i tu 
m'as établi Chef des na- 
tions : 

44 Le peuple que je ne 
connoiiTois point, m'a été 
affcrvi. 

45 



X^ I y 'jour. Les P s e 

45 Auffi-tôt quils ont 
ouï parler de moi, ils fe 
font rendus obéïffans : les 
étrangers m ont menti. 

46 Les étrangers fe font 
écoulez; & ils ont tremblé 
de peur, dans leurs retrai- 
tes cachées. 

47 L'Eternel eft vivant, 
àc mon rocher eft béni : 
que donc le Dieu de ma 
délivrance foit exalté. 

48 Le Dieu Fort eft ce- 
lui qui me donne les moi- 
ens de me venger, & qui 
a rangé les peuples fous 
moi. 

49 C'eft lui qui m'a dé- 
livré de mes ennemis : 
même tu m'enlèves d'entre 
ceux qui s'élèvent contre 
moi 5 tu me délivres de 
riiomme outrageux. 

5 o C eft pourquoi, ô E- 
ternel, je te célébrerai par- 
mi les nations, & je ciian- 
terai des Pfeaumes à ton 
Nom. 

5 î C'eft lui qui délivre 
magnifiquement fon Roi, 
& qui uie de gratuité en- 
vers David fon Oint, & 
envers fa poftérité à ja- 
mais. 



AUMES, 



Matin. 32s 



Prière du Matin. 

Cœli emrrant. Pf xix. 

LES Cieux racontent la 
gloire du Dieu Fort, 
& l'étendue donne a con- 
noître Touvrage de fe$ 
mains. 

2 Un jour fournit en a- 
bQndance des propos à l'au- 
tre jour 5 & une nuit montre 
fience à Tautre nuit. 

3 II n y a point en eux 
de langage, il n'y a point 
de paroles : toutefois leui: 
voix eft ouïe. 

4 Leur alignement eft 
forti par toute la terrç, & 
leur propos eft aie jufqu'au 
bout du monde habitable : 

5 II a pofé en eux uu 
pavillon pour le foleil : 
tellement qu il eft fembla- 
ble à un époux fortant de 
fon cabinet nuptial , il s'é- 
gaie, comme un homme 
vaillant pour faire fa cour-» 
fe. 

6 Son départ eft de l'un 
des bouts des cieux, ôc fon 
tour fe fait fur l'un & fur 
l'autre bouts & il n'y a 
rien qui fe puiffe cacher 
loin de fa chaleur. 

Y 3 7 



'^lôMatm. Les Ps 

7 La Loi de TEtcrnel 
eft parùitc, rcftaurant Ta- 
nie : le tcmoiena<:;e de 
rEtcrnei eft affûré, don- 
liant la lagcffe au fimple. 

8 J-Cs mandemens de 
rEtcrnei font droits, & ré- 
JQUilient le cœur : le com- 
mandement derEterneleft 
pur, & fait que les yeux 
vpient. 

9 La crainte de TEter- 
nel eft pure, permanente à 
perpétuité : les jugeniens de 
rEternel ne font que vé- 
rité, ^ ils fe trouvent pa- 
reillement juftes. 

10 Ils font plus défira- 
bles que lor, même que 
beaucoup de fin or, & plus 
doux que le miel, même 
que ce qui diftille Acs râl- 
ons de miel. 

11 Aufîî ton ferviteur 
eft rendu éclairé par eux; 
& il y a un grand falaire 
à les obfervcr. 

X2 Qui eft-ce qui con- 
noit fcs fautes commifes 
par erreur ? Pu^^ge-moi des 
fautes cachées. 

X 3 Garde auftî ton fervi- 
teur des ofcnfcs commifes 
par fierté 5 en forte qu'elles 
iiç dominent point e^ moi: 
alors je fer-u entier, & fe- 



E A u M E $.' Le IV. joûrl 

rai net de grand forfait. 

14 Que les propos de 
ma bouche, & la médita- 
tion de mon cœur te foi- 
ent agréables, ô Eternel, 
mon rocher, & mon Ré- 
dempteur. 

Exmidiat te ^ominus. 

Pf. XX. 

QLl" E TEternel te répon- 
i»de au jour que tu fe- 
ras en détrefîc : que le nom 
du Dieu de Jacob te mette 
en une haute retraite. 

2 Qu'il envoie ton fe- 
cours du faint lieu ; & qu il 
te foûtienne de Sion. 

3 Qifil fe fouvicnne de 
toutes tes oblaîions 5 & qu'il 
réduife en cendre ton ho- 
locaufte: 

4 Qu'il te donne félon 
ton cœur, & aCompliile 
tout ton confeil. 

5 Nous triompherons de 
ta délivrance, & marche- 
rons à en feignes dcploiées 
au Nom de notre Dieu : 
l'Eternel acomplir^ toutes 
tes demandes. 

6 Déja^ je çonnois que 
l'Eternel a délivré fon 
Oint : il lui répondra des 
Cieux de fa Sainteté: la 

dé»» 



X^ rv.jour. 1 E s 

délivrance faîte par 
droite cft avec force. 

7 Les uns fe vantent de 
leurs chariots, ^ les autres 



PSEAUMES 

fa 



Matin. 327 
la majefté 



proprie fur lui 
& l'honneur. 

6 Car tu Tas mis pour 
bénédidions à perpétuité : 



de leurs chevaux: mais [tu Tas rempli de joie par 
nous-nous glorifierons du j ta face. 

7 Parce que le Roi s'af- 
fûrc en TEternel, & en la 
gratuité du Souverain, il ne 
fera point ébranlé. 

8 Ta main trouvera tous 
tes ennemis : ta droite trou- 
vera tous ceux qui te haïflent. 

9 Tu les rendras com- 
me un four de feu au 
temps de ton courroux : 
TEternel les engloutira en 
fa colère, & le feu les con- 
fumeira. 

10 Tu feras périr leur 
fruit de deflus la terre, & 
leur race d'entre les lîls des 
hommes. 

1 1 Car ils ont intenté 
du mal contre toi, & ont 
machiné une entreprife 
dont ils ne pourront pas 
venir à bout. 

1 2 Parce que tu les met- 
tras en bute, & que tu cou- 
cheras tes flèches fur tes 
cordes contre leurs vifagcs. 



Nom de TEternel notre 
pieu. 

8 Ceux-là ont ploie, 5c 
font tombez : mais nous 
nous fommes relevez, & 
maintenus. 

9 Eternel, délivre. Qiie 
le Roi nous réponde au 
jour que nous crierons. 

^omine^in virtutcVLxxi. 

ETernel, le Roi fe ré- 
jouira de ta force, & 
combien s'égaicra-t-il de ta 
délivrance ? 

2 Tu lui as donné le 
fouhait de fon cœur, 6c ne 
lui as point refufé ce qu'il 
a proféré de fcs lèvres : 

3 Car tu fas prévenu de 
^)énédiâ:ions de biens i & 
tu as mis fur fa tête une 
couronne de fin or. 

4 II t'avoit demandé la 
vie, & tu la lui as donnée : 
même un prolongement de 
Jours à toujours, ôc à perpé- 
tuité. 

5 Sa gloire eft grande 
par ta délivrance : tu as a- 



13 Elève -toi. Eternel, 
par ta force : ôc nous chan- 
terons, & pfalmodierons ta 
puiflance. 

y 4, Pri, 



328 Soîr. Les Pseaumes. 

Prière du Soir. 
^eus, 'JDeus mens.VCxxu. 

'\ /jfOii DicLi, mon Dieu, 
l\' JL pourquoi m'as ^u 
abandonne, teloignant de 
ma délivrance, & des pa- 
roles de mon rugifîcment ? 

2 Mon Dieu, je cric de 
joiu'i mais tu ne répons 
point : & de nuit, & je 
n ai point de celle. 

l Toutefois tu es le 
Saint habirant ^u milieu 
4es louantes dlfraël. 



4 Nos pères ont eu a 



(r{- 



rancc en toi : ils y ont eu 
affiirance, & tu les as dé- 
livrez. 

5 Ils ont crié vers toi, 
& ils ont été délivrez, ils 
le font affùrez en toi, & 
ils n'ont point été coniiis. 

6 Mais moi, je fuis un 
ver, & non point un hom- 
me, Toprobrc des hommes, 
& le méprifé du peuple. 

7 Tous ceux qui me voi- 
ent, fe moquent de moi : 
ils me font la moue, ils 
branlent la tête. 

8 II fe remet, difcnt-ils, 
à fErernel: qu'il le délivre, 
& qu'il le retire, puis-qu il 
prend fon bon plaifir en 
lui. 



Le IV. Jour* 

9 Cependant c'eft toi qui 
in as tiré hors du ventrç de 
ma mère i qui m'as mis en 
fureté, lors que j'étois aux 
mamelles de ma mère. 

10 J'ai été mis en ta. 
charge dès la matrice : tu 
es mon Dieu Fort dès le 
ventre de ma mère. 

1 1 Ne féloigne point de 
moi : car la dçtreffe efl: 
près de moij & il ny a 
perfonne qui me fecourc. 

1 2 Plufieurs taureaux 
m ont environne i de puli^ 
fins taureaux de Bafia 
m'ont entouré, 

13 Ils ont ouvert leur 
gueule contre nioi, com- 
me un lion déchirant & 
rugiilant. 

14 Je me fuis fondu 
comme de feau, Ôc toas 
mes os foiit déjcints : rnoa 
cœur efl comme delà cire^» 
s'étant fondu dans mes en-^ 
traiiles. 

15 Ma vigueur eft dcf- 
féchée comme un tçfti & 
ma langue tient à mon pa- 
lais : & tu m'as mis dans 
la pouflîére de la mort. 

16 Car des chiens m ont 
environné, une affemblée 
de gens malins m'a en- 
touré : ils ont percé nies 
mains & mes pieds. 17 



Les Pseaumes. 



Le IV. jour. 

17 Je compterois tous 
mes os un par un : ils me 
contemplent, ils me regar- 
4ent. 

1 8 Ils partagent entr'eux 
mes vêtemens, ôc jettent le 
fort fur ma robe. 

1 9 Toi donc, Eternel, ne 
t'éloigne point : ma force, 
hâte-toi de me fecourir. 

20 Délivre ma vie de 
répéej délivre mon unique 
de la patte du chien. 

21 Délivre -moi de la 
gueule du Uon j & répon- 
moi en me retirant d'çn- 
tre les cornes des licornes. 

2 2 Je déclarerai ton Nom 
à mes frères 5 je te louerai 
au milieu de i'aflemblée. 

23 "VTous qui craignez 
rEternel, loiiez-le : toute 
la race de Jacob, glorifiez- 
le ; & toute la race d'Ifraël 
redoutez-le. 

24 Car il n a point mé- 
prifé, ni dédaigné Taflidi- 
on de Tafligé, & n'a point 
caché fa face arriére de lui: 
mais quand Tafligé a crié 
vers lui, il Ta exaucé. 

25 Ma louange fera de 
par toi dans la grande af- 
femblée 5 je rendrai mes 
vœux en la préfcnce de 
cqux qui te craignent. 



Soir. 329 

26 Les débonnaires mam 
geront, & feront ralGTafiez : 
ceux qui cherchent fEter^ 
nel le loiieront : vôtre cœur 
vivra à perpétuité. 

27 Tous les bouts de la 
terre s'en fouviendront, & 
ils fe convertiront à l'Eter- 
nel, & toutes les familles 
des nations fe profterne- 
ront devant toi. 

2 8 Car le règne apartient 
à l'Eternel, ôc il domine 
fur les nations. 

29 Tous les gras de la 
terre mangeront^ & fe prof- 
terneront devant lui : 

30 Tous ceux qui def- 
cendent en la poudre s'in- 
clineront, même celui qui 
ne peut garantir fa vie. 

31 La poftérité le fer- 
vira, & fera enroUée au 
Seigneur, d'âge en âge. 

32 Ils viendront, & ils 
publieront fajuftice au peu- 
ple qui naîtra j parce qu'il 
aura fait ces chofes. 



T>omimts régit me. 

Pf XXIII. 



L 



Eternel eft mon ber- 
ger, je n'aurai poiat 
de difette. 

2 II me fait repofcr dans 

des 



3 30 Matin. Les Pse 

des parcs herbeux, & me 
mène le long des eaux 
coies. 

3 II reftaure mon ame, 
& me conduit pour Ta- 
mour de fon Nom;, par des 
rentiers unis. 

4 Même quand je mar- 
chérois par la vallée de 
1 ombre de la mort, je ne 
craîndrois aucun mal 5 car 
tu e5 avec moi : ton bâton 
& ta houlette font ceux qui 
me confolento 

5 Tu dreffes la table de- 
vant moi, à la vue de ceux 
qui me ferrent : tu as graîf- 
fé ma tête d'huile odori- 
férante, & ma coupe eft 
comble. 

6 Quoi quil en foit, 
biens & gratuité m'acom- 
pagneront tous les jours de 
ma vie j & mon habitation 
fera dans la maifon deTE- 
terhel pour long-temps. 

Prière du Matin. 

Tfomirà eft terra, Pf xxiv. 

LA terre apartient à l'E- 
ternel, avec tout ce 
qlii eft en elle, la terre ha- 
bitable, & ceux qui y ha- 
bitent. 

3 Car il la fondée fur 



A u M E 5^ Le V. joufl 

les mers, & Ta pofée fur 
les fleuves. 

3 Qui eft-ce qui montera 
en la montagne de l'Eter- 
nel > & qui eft-ce qui de- 
meurera dans le lieu de 
fa fainteté ? 

4 Ce fera l'homme qui 
a les mains pures & le 
cœur net, qui n'afpire point 
de foa ame à la fauffeté, & 
qui ne jure point en trom- 
perie. 

5 II recevra bénédidion 
de l'Eternel, & juftice de 
Dieu fon Sauveur. 

6 Tels font ceux qui le 
requièrent, ceux qui cher- 
chent ta face en Jacob. 

7 Portes, élevez vos lin- 
teaux 5 & vous huis éternels, 
hauffez-vous, & le Roi dé 
gloire entrera. ' 

8 Qiu eft ce Roi de 
gloire? C'eft l'Eternel fort 
ôc puifrant,rEtcrnel puiflant 
en bataille. 

9 Portes, élevez vos lin- 
teaux 3 élevez-les aufli, vous 
hiiis éternels, 6c le Roi de 
gloire entrera. 

10 Qiii eft ce Roi de 
gloire ? l'Eternel des ar- 
mées: c'eft lui qui eft le 
Roi de gloire. 

Ad 



%e^,jouf\ 



'Ad te, domine. Pf. xxv. 

ETernel, j élève mon 
ame à toi. Mon Dieu, 
je m'aflïïre en toi, fai que 
je ne fois point confus, 6c 
que mes ennemis ne s'é- 
gaient point de moi. 

2 Certes, pas un de ceux 
qui s'atendent à toi, ne 
fera confus: ceux qui fe 
portent déloialcment fans 
ocafvon feront confus. 

3 Eternel, fai-moi con- 
noître tes voies, enfeigne- 
inbi tes feriticrs. 

4 Adreffe-moi en ta vé- 
rité, & m'enfeigne : car tu 
es le Dieu de ma déli- 
vrance i je m'atens à toi 
tout ie jour. 

5 Eternel, fouvien-toi 
de tes compaflions & de 
tes gratuïtez : car elles font 
de tout temps. 

6 Ne te fouvien point 
des péchez de ma jeunefle, 
ni de mes tranfgreffions : 
félon ta s^ratuité fouvien- 
toi t-'e moi, pour Tamour 
de ta bonté, ô Eternel. 

7 L'Eternel cft bon & 
droit; c'cft pourquoi il en- 
feigncra aux pécheurs le 
ichemin qu ils doivent tenir. 
'•^ 8 II fera marcher dans 



Les Pseaumes.' Matin. 331 

la droiture les débonnaires, 
& il enfeignera fa voie aux 
débonnaires. 

9 Tous les fentiers de 
l'Eternel font gratuité & 
vérité, à ceux qui gardent 
fon aliance, & fes témoig- 



nages. 

I o Pour Tamour de tort 
Nom, ô Eternel, tu me 
pardonneras mon iniquité, 
quoi qu elle foit grande. 

I I Qui eft l'homme qui 
craint TEternel: L'Eternel 
lui enfeignera le chemin 
qu il doit choifir. 

12 Son ame logera au 
milieu des biens, &fapof- 
térité poifedera la terre en 
héritage. 

13 Le fecret de TEter- 
nel eft pour ceux qui le 
craignent, & fon aliance 
pour la leur donner à con- 
noître. 

14 Mes yeux font con- 
tinuellement vers TEternel: 
car c'eft lui qui tirera mes 
pieds du filet. 

15 Tourne ta face vers 
moi, 6c aie pitié de moi: 
car je fuis feul, & afligé. 

1 6 Les détrcffes de mon 
cœur fe font augmentées : 
tire-moi hors de mes an- 
goiffcs. 

' ' ^ ■ 17 



33 2 Mat m. Les P s e a u m îï s. Lev. jouf 



17 Regarde mon aflic 
tion & mon travail^ & me 
pardonne tous mes péchez. 

18 Regarde mes enne- 
mis; car ils font en grand 
nombre, & ils me haïffent 
d'une haine pleine de vio- 
lence. 

1 9 Garde mon ame, & 
me délivre : fai que jq ne 
fois point confus : car je 
me fuis retiré vers toi. 

20 Que rintégrité & la 
droiture me préfervent : car 
je me fuis atendu à toi. 

21 O Dieu, rachette If 
raël de toutes fes détrefles. 

Judica me^ T>omme. 

Pf. XXVI. 

I^Ternel, fai-moi droit, 
j car j'ai marché en 
mon intégrité, & j'ai mis 
mon aifùrance en TEternel j 
je ne chancelerai point. 

2. Eternel, fonde-moi 6r 
m'éprouve; examine mes 
reins & mon cœur. 

3 Car ta gratuité eft de- 
vant mes yeux 5 &j'ai mar- 
ché en ta vérité. 

4 Je ne me ibis point af 
fis avec les hommes vains, 
& n ai point fréquenté les 
gens couverts. 

5 j'ai haï la compagnie 



des malins, & je ne hante 
point Jes méchans. 

6 Je lave mes mains dans 
l'mnocçnce, & je fais le 
tour de ton ^utel, ô Eter- 
nel 5 

^ 7 Pour éclater en voix 
d'aftions de grâces, & ra- 
conter toutes tes merveilles. 

8 Eternel, j'aime la de- 
meure de ta maifon, & le 
lieu dans lequel eft le pa- 
Villon de ta gloire. 

9 N'affemble point mon 
ame avec les pécheurs, ni 
ma vie avec les hommes 
fanguinaires : 

10 Dans Us mains def 
quels il y a de la méchan- 
ceté préméditée; & dont 
la main droite eft pleine 
de prefens. 

1 1 Mais moi, je marche, 
en mon intégrité : rachette- 
moi, & aie pitié de moi. 

1 2 Mon pied s'cft arrêté 
au chemin uni : Je bénirai 
TEternel dans les aflem- 
blées. 



Prière du Soir, 
T>ominus illuminatio. 

Pf XXVII. 

'Eternel eft ma lumi^ 

ère & ma délivrance j 

de qui aurai-jê pcur> TE-' 

tcrncl 



L 



Xev.jourl ILes Ps 

tcrnel eft la force de ma 
Vie 5 de qui aurai-) e fraieur? 

2 Loirs que les méchanS:, 
mes adverfaires & mes en- 
nemis, m'ont aproché, fe 
jettant fur moi pour man- 
ger ma chair, ils ont bron- 
ché, & font tombez. 

3 Quand toute une ar- 
mée fe camperoit contre 
moi, mon cœur ne crain- 
droit point : s'il s'élève 
guerre contre moi, j'aurai 
confiance en ceci. 

4 l'ai demandé une chofe 
à l'Éternel, & je la requer- 
rai 5 c*efl: que j'habite en la 
maifon de l'Eternel tous 
les jours de ma vie, pour 
contempler la plaifance de 
l'Eternel, & vifiter foigneu- 
fement fon palais. 

5 Car il me cachera dans 
fa loge au mauvais temps , 
il me tiendra caché dans la 
cachette de fon Taberna- 
cle; il m'é lèvera fur un ro- 
cher. 

6 Même maintenant, ma 
tête s'élèvera par deffus 
mes ennemis, qui font à 
l'entour de moi, 

7 Et je facrifierai dans 
fon Tabernacle des facrifices 
de cri de réjouïflance 5 je 



EÂliMESi Soif, in 

chanterai &: pfalmodierai à 
rEternel. 

8 Eternel, écoute ma 
Voix, je t'invoque : & aie 
J)itié de moi, ôc m'exauce.. 

9 Mon cœur me dit de 
par toi h Cherchez ma face: 
je chercherai ta face, ô E- 
ternel. 

10 Ne cache point ta 
face de moi ; ne rejette 
point en courroux ton fer- 
viteur : 

11 Tu as été mon aide : 
ô Dieu de ma délivrance, 
ne me délaifle point, 6c ne' 
m'abandonne point. 

1 2 Quand mon père & 
ma mère m'auroient aban- 
donné, toutefois TEternel 
me recueillira. 

1 3 Eternel, enfeigne-moî 
ta voie 5 & me condui par 
un fentier uni, à caufe de 
mes ennemis. 

14 Ne me livre point 
au défirde mes adverfaires: 
car de faux témoins, & ceux 
qui ne fouflent que vio- 
lence, fe font élevez con- 
tre moi. 

15 N'eût été que j'ai 
cru que je vcrrois les biens 
de l'Eternel en la terre des 
vivans, c'étoit fait de moi. 

16 



3 54 Soir^ Les P s e 

i6Aten-toi à TEtcrnel, 
& tien bon 5 & il fortifiera 
ton cœur : aten-toi, dis-jC:, 
à TEterneL 

Ad te,T>omine. Pf. xxviii. 

JE crie à toi, 6 Eternel, 
mon rocher, ne te ren 
point fourd envers moi 5 de 
peur que fi tu ne me ré- 
ponsp je ne fois fait fem- 
blable à ceux qui defcen- 
dent en la fofle. 

2 Exauce la voix de mes 
fuplications, lors que je 
crie à toi, quand j'élève 
mes mains vers TOracIe de 
ta Sainteté. 

3 Ne me traîne point a- 
vec les méchans, ni avec 
les ouvriers d'iniquité, qui 
parlent de paix avec leurs 
prochains, & la malice eft 
dans leur cœur. 

4 Paie-les félon leur 
œuvre, & félon la malice 
de leurs adions : 

5 Paie-les félon louvrage 
de leurs mains j ren-leur 
ce qu'ils ont mérité. 

6 Parce qu'ils ne pren- 
nent point garde aux œu- 
vres de l'Eternel, à l'œuvre, 
diS'je, de fes mains : il les 
xuïnera, & ne les édifiera 
point. 



A u M E \ he r.jôur^ 

7 Béni foit l'Eternel: 
car il a exaucé la voix de 
mes fuplications. 

8 L'Eternel eft ma force 
& mon bouclier ; mon cœur 
a eu fon afîurance en lui 5 
& j'ai été fecouru, & mon 
cœur s'eft ré j ouï : ceft 
pourquoi je le célébrerai 
par mon Cantique. 

9 L'Eternel eft leur force, 
& il eft la force des déli- 
vrances de fon Oint. 

10 Délivre ton peuple, 
& béni ton héritage, & les 
repai, & les élève éternel- 
lement. 

offerte T>omino, Pf xxixV 

Fils des Princes atri- 
buez à l'Eternel, a- 
tribuez à l'Eternel la gloire 
ôc la force: 

2 Atribuez à l'Eternel 
la gloire due à fon Nom: 
profternez-vous devant TE- 
ternel dans fon Sanctuaire 
magnifique. 

3 La voix de TEternel 
eft fur les eaux 5 le Dieu 
Fort de gloire fait tonner : 
rErcrnel eft fur les grandes 
eaux. 

4. La voix de l'Eternel 
eft forte ^ la voix de l'Eter- 
nel eft magnifique. 



%e VI. jour. 

5 La voix de TEterncl 
trife les cèdres : même 
rEternel brife les cèdres du 
Liban, 

6 Et les fait fauter com.- 
mc un veau : il fait fauter 
le Liban & Sirion^ comme 
un faon de licorne. 

7 La voix de rEternel 
jette des éclats de flamme 
de feu. La voix de TEter- 
nel fait trembler le défcrt 5 
rEternel fait trembler le 
défert de Kadès. 

8 La voix de TEternel 
fait faonner les biches, & 
découvre les forêts : mais 
quant à fon Palais, chacun 
l'y glorifie. 

9 L'Eternel a préfidé fur 
le déluge : & TEterncl pré- 
fidera comme Roi éternel- 
lement. 

10 VEternel donnera de 
la force à fon peuple 5 TE- 
ternel bénira fon peuple en 
paix. 

Prière du Matin. 
Exahabô te^ domine, 

Pf XXX. 

ETernel, je t'exalterai $ 
parce que tu m'as ti- 
ré en haut, & que tu n'as 
pas réjoui de moi mes en- 
nemis. 



Les P s é a u m e s. Matin.' 3 3 5 

2 Eternel mon DieuV 
j'ai crié vers toi, & tu m'a&^ 
guéri. 

3 Eternel, tu as fait re« 
monter mon ame du fé- 
pulcrej tu m'as rendu la 
vie, afin que je ne defccn-» 
dilTe point en la folTc. 

4 Pfahuodiez à l'Etcr- 
nel, vous fes bien-aimez^ 
& célébrez la mémoire de 
fa Sainteté. 

5 Car il n'y a qu'un mo- 
ment en fa colère 5 mais ii 
y a toute une vie en fa fa- 
veur : la lamentation loge- 
t-elle le foir chez-nous 5 le 
chant de triomphe y eft le 
matin. 

6 Quand j'étois en ma 
profpérité, je difois , Te ne 



ferai jamais ébranlé. 

7 Etemel, par ta faveur 
tu avois fait que la force fc 
tenoit en ma montagne ^ 
as-tu caché ta face ? je fuis 
devenu tout troublé. 

8 Eternel, j'ai crié à toi > 
& j'ai préfenté ma fuplica- 
tion à l'Eternel, en difant i 

9 Quel profit y aura-t-il 
en mon fang, fi je defcens 
dans la foife ? 

10 La poudre te célé- 
brera-t-elle ? prêchcra-t-clle 
ta vérité ^ 

\ 



33^ Matin. Les PsEÀUME^r 

' II Eternel^ écoute, & 
aie pitié de moi : Eternel, 
fois-moi en aide. 

12 Tu as changé mon 
deuil en alégreffei tu as 
détaché mon fac, & tu m'as 
ceint de joie. 

13 Afin que ma gloire 
te pfalmodie, & ne fe tnife 
point. Eternel, mon Dieu, 
je te célébrerai à toujours. 



In te:, T^omine^ Pf. xxxi. 

ETernel, je me fuis re- 
tiré vers toi 5 fai que 
je ne fois jamais confus: 
délivre-moi par ta juftice. 

2 Incline ton oreille vers 
moi 5 délivre-moi pronte- 
ment : 

3 Sois-moi pour une 
forte roche, & pour une 
maifon bien munie ; afin 
que je m'y puiife fauver. 

4 Car tu es mon rocher 
& ma fortereffe : c cft pour- 
quoi mène-moi & mecon- 
dui, pour l'amour de ton 
Nom. 

5 Tire-moi hors du ïilet 
qu'on m'a tendu en ca- 
chette : car tu es ma force. 

6 Je remets mon cfprit 
en ta main : tu m'as ra- 
cheté, ô Eternel, le Dieu 
Fort de vérité. 

I 



%e vï.jôufl 

7 Jai haï ceux qui s'a- 
donnent aux vanitez trom- 
peufes5 maïs moi, je me 
fuis affûré en l'Eternel. 

8 Je m'égaierai & me 
réjouirai de ta gratuité : par- 
ce que tu as regardé moii 
aflidion, & as reconnu 
mon ame en fes détreffes : 

9 Et ne m'as point en- 
clos en la main de l'enne^ 
mi 5 mais as fait tenir de- 
bout mes pieds au large. 

10 Eternel, aie pitié de 
moi$ car je fuis en dé- 
treffe : mon regard eft tout 
défait de chagrin, mon ame 
auflî, & mon ventre. 

1 1 Car ma vie eft dé- 
faillie d'amui, & mes ans 
à force de foûpirer : 

12 Ma vertu eft déchue, 
à caufe de la peine de mon 
iniquité , & mes os font 
coniumez. 

1 3 J'ai été en oprobre à 
caufe de tous mes advcr- 
fairesî je l'ai même été 
grandement à mes voifins : 
& en fraicur à ceux de 
ma connoiilance:, ceux qui 
me voient dehors s'enfui- 
ent de moi. 

14 j'ai été mis en ou- 
bli dans le cœur des hom- 



mes; comme un mort : ) ai 

été 



Le VI, jour. Les P s 

été cftimc comme un vaif- 
fcaii de nul ufage. 

15 Car J'ai ouï le di- 
fame de plufieurs : la frai- 
cur ma (aifi de tous cotez, 
quand ils confultoient en- 
femble contre moi. Ils ont 
machiné de nVôter la vie. 

16 Toutefois, ô Eter- 
nel, je me fuis allïïré en 
toi : }*ai dit 5 Tu es mon 
Dieu. 

17 Mes temps font en 
ta main : délivre moi de la 
main de mes ennemis, & 
de ceux qui me pourfui- 
vcnt. 

18 Fai luire ta face fur 
ton lerviteur,- délivre-moi 
par ta gratuité. 

19 Eternel, que je ne 
fois point confus, puis que 
je t'ai invoqué : que les 
médians foient confus , 
qu'ils foient couchez dans 
le fépulcre. 

20 Qiie les lèvres mcn- 
tcufcs foient muettes, lef- 
qucllcs profèrent des paro- 
les dures contre le julle,a- 
\ ce orgueil & avec mépris. 

2 1 O que tes biens font 
grands, Icfquels tu as rcfer- 
vcz pour ceux qui te crai- 
gnent, & que tu as faits en 
la préfence des fils des 



EAUMES- Soir\ lYT, 

hommes, à ceux qui fc 
retirent vers toi. 

22 Tu les caches dans 
la cachette de ta face, loia 
de Forgueil des hommes % 
tu les préferves en une lo« 
gc arriére des débats des 
langues. 

23 Béni foit rEterncI,' 
de ce qu'il a rendu admi- 
rable fa gratuité envers 
moi, comme fi j'euCTe été 
en un ville munie. 

24 je difois en ma pré- 
cipitation 5 Je fuis retraa-^ 
ché de devant tes yeux : 

25 Et néanmoins tu as 
exaucé la voix de mes fu- 
plications, quand j'ai crié 
à toi. 

26 Aimez l'Eternel vous 
tous fes bien - aimez : TE- 
ternel garde les fidèles; & 
il le rend tout du long à 
celui qui fe porte jfiére- 
ment. 

26 Vous tous qui avez 
vôtre atente à rEternel, te- 
nez bon 5 & il fortifiera vô- 
tre cœur. 

Prière du Soir. 

Beati quorum. Pf. xxxii.^ 

OQue bien-heureux eft 
celui de qui la tranf- 
2; greflion 



Les P s eau mes 



"jîS Sûir. 

grefïïon eft quitée, & dont 
le péché eft couvert! 

2 O que bien-heureux 
eft rhomme à qui TEter- 
nel n'impute point Tiniqui- 
té, & dans refprit duquel 
il n'y a point de fraude ! 

3 Quand je me fuis tu, 
mes os fe font envieillis: 
& auflî quand je n'ai fait 
que rugir tout le jour. 

4 Parce que jour & nuit 
ta main s'apefantiflbit fur 
moi, ma vigueur s'eft chan- 
gée en une féchercffe d'é- 
té. 

5 Je t*ai fait connoître 
mon péché 5 & je n'ai point 
caché mon iniquité. 

6 J ai dit9 Je ferai con- 
feflion de mes tranfgref- 
fions à l'Eternel : & tu as 
oté la peine de mon péché. 

7 C'eft pourquoi tout 
bicn-aimé de toi te fupliera 
au temps qu*on te trouve j 
tellement qu en un déluge 
de grandes eaux, elles ne 
l'ateindront point. 

8 Tu es ma cachette, tu 
me gardes de détrefle : 
tu m'environnes de chants 
de triomphe à caufc de la 
délivrance. 

9 Je te rendrai avifé, & 
tcnfdgucrai le chemin dans 



Lexi.jour. 

lequel tu dois marcher 5 & 
te guiderai de mon œil. 

10 Ne foiez point com- 
me le cheval, ni comme 
le mulet, qui font fans in- 
telligence, defquels il faut 
emmufeler la bouche avec 
un mords & un frein, de 
peur qu'ils n'aprochent de 
toi. 

1 1 Plufieurs douleurs a- 
viendront au méchant : 
mais la gratuité environ- 
nera l'homme qui s'aflïïrc 
en rEternel. 

12 Vous juftes, réjouïf- 
fez-vous en l'Eternel i 6c é- 
gaiez-vous, & chantez de 
joie vous tous qui êtes droits 
de cœur. 

Exultate juJiL Pf. xxxiii. 

VOus juftes, chantez 
de joie touchant TE- 
terncl : fa louange eft bien 
féante aux hommes droits. 

2 Célébrez TEternel a- 
vec le violon, chantez-lui 
des Pfeaumes avec la mu- 
fettc, & l'inftrumcnt à dix 
cordes. 

3 Chantez-lui un nou- 
veau Cantique; fonnez a- 
droitement avec un cri de 
réjouïffance. 

4 Car la parole de rE- 

ternel 



Le VI. jour. Les P s 

terncl eft droite 5 & toutes 
fes œuvres font avec fer- 
meté. 

5 II aime lajuftice-ôc le 
droit : la terre eft remplie 
de la gratuité de TEternel. 

6 Les cieuxont été faits 
par la parole de TEternel, 
& toute leur armée par le 
foufle de fa bouche. 

7 II affemble les eaux de 
la mer comme en un mon- 
ceau, il met les abîmes 
comme dans des céliers. 

8 Qiie toute la terre ait 
peur de TEternel 5 que tous 
les habitans de la terre ha- 
bitable le redoutent. 

9 Car il a dit, ôc ce 
qu'il a dit a eu fon être: 
il a commandé, & la chofe 
a comparu. 

10 ÛEternel diiTipe le 
confeil des nations, «5c met 
à néant les deileins des peu- 
ples : 

1 1 Mais le confeil de 
rEtcrnei fe maintient à 
toujours : les dciTcins de 
fon cœur fubfiftent da2;e 



en âge. 



12 O que bien-heureufe 
eft la nation dont l'Eter- 
nel eft le Dieu, & le peu- 
ple qui! s'eft choifi pour 



héritage ! 



E A U M E s; SoJr. 3 S§ 

13 L'Eternel regarde des 
Cieux, il voit tous les en- 
fans des hommes. Il prend 
garde du lieu de fa rélî- 
dence à tous les habitans 
de la terre. 

14 C'eft lui qui forme 
également leur cœur s Se 
qui prend garde à toutes 
leurs aftions. 

15 Le Roi neft pomt 
fauve par une grofle armée : 
& rhommc puiftant n'é- 
chape point par fa grande 
force. 

1 6 Le cheval manque à 
fauver, ôc ne délivre point 
par la grandeur de fa force.' 

17 Voici, Tœil de TE- 
ternel eft fur ceux qui le 
craignent, fur ceux qui s*a- 
tendent à fa gratuité. 

1 8 Afin qu il les délivre 
de la mort, ôc les entre- 
tienne en vie durant la fa-j 
mine. 

19 Nôtre ame s'eft a- 
tendue à TEternel 5 il eft 
nôtre aide, & nôtre bou- 
clier. 

20 Certainement nôtre 
cœur fe réjouira en lui; 
parce que nous avons mis 
nôtre aflïïrance en fon faint 
Nom. 

2 1 Que ta gratuité foit 

Z z fur 



540 Soirl Les 

fur nous, ô Eternel, fclon 
que nous-nous fommes a- 
tcndus à toi. 



J 



Benedicam domino. 

Pf. XXXIV. 

E bénirai FEternel en 
tout temps: fa louange 

fera continuellement en ma 

bouche. 

2 Mon ame fe glorifiera 
en TEternel : les débonnai- 
res lentendront, & s en ré- 
jouiront. 

3 Magnifiez TEternel 
avec moi, & exaltons fon 
Nom tous enfcmble. 

4 J'ai cherché TEternel, 
& il m'a répondu, & m'a 
délivré de toutes mes frai- 
eurs. 

5 L'a-t-on regardé? on 
en eft illuminé, & leurs 
faces ne font point con- 
fufcs. 

6 Cet afligé a crié, & 
TEternel l'a exaucé, & Ta 
délivré de toutes fes dé- 
treifes. 

7 L'Ange de rEtcrncl 
fc campe tout autour de 
ceux qui le craignent, & 
les garantit. 

8 Savourez, &vciez que 
l'Eternel eft bon : 6 que 
bien-heureux eft l'homme 



P s E A U M E S. Le VI. jOUÙ 

qui fe retire vers lui! 

9 Craignez l'Eternel vous 
fes Saints: Car rien ne 
défaut à ceux qui le craig- 
nent. 

10 Les lionceaux ont di- 
fette, & ont faim : mais 
ceux qui cherchent l'Eter- 
nel n'auront faute d'aucun 
bien. 

1 1 Venez, cnfans, écou- 
tez moi 5 ]c vous cnfeig- 
nerai la crainte de l'Eter- 
nel. 

1 2 Qiii eft l'homme qui 
prenne plaifir à vivre, & 
qui aime la longue vie pour 
voir du bien ? 

13 Garde ta langue de 
mal, & tes lèvres de parlcf 
avec tromperie. 

14 Détourne-toi du mai, 
& fai le bien : cherche la 
paix, & la pourfui. 

1 5 Les yeux de l'Eter- 
nel font fur les juftesj & 
fes oreilles font atentives a 
leur cri. 

16 La face de rEtcrncl 
eft contre ceux qui font le 
mal, pour exterminer de la 
terre leur mémoire. 

17 Qiiand les juftcs cri- 
ent, l'Eternel les exauce 5 & 
il les délivre de toutes 
leurs détreifes. 

1% 



'Levu.jour] Les Ps 

1 8 UEtcrnel eft près de 
ceux qui ont le cœur rom- 
pu 5 & il délivre ceux qui 
ont Tefprit brifé. 

19 Le jufte a des maux 
en grmd nombre 5 mais TE- 
terncl le délivre de tous. 

20 Ilgarde tous fes os, 
& pas un n en eft cafTé. 

2 1 La malice fera mou- 
rir le méchant : & ceux 
qui haïflent le jufte feront 
détruits. 

22 L'Eternel rachette fa- 
mé de fes ferviteurs : & 
aucun de ceux qui fe reti- 
rent vers lui, ne fera dé- 
truit. 

Prière du Matin. 

Judica mey "Domine^ 
Pf xxxv. 

ETernel , déba contre 
ceux qui dcbatent 
contre moi : fai la guerre à 
ceux qui me font la guerre. 

2 Pren le bouclier & la 
rondelle ; ôc lève-toi à mon 
aide. 

3 Mets en avant la ha- 
lebarde; & ferre le paffage 
au devant de ceux qui me 
pourfuivent : dis à mon a- 
mci Je fuis ta délivrance. 

4 Qiie ceux qui chcr- 



EAUMES.^ Matin, 341' 

chent mon ame foient hon- 
teux & confus : & que 
ceux qui machinent mon 
mal, foient repouifez en 
arriére, & rougiffent. 

5 Qu'ils foient comme 
delà baie expofée au vent; 
& que TAnge de TEternei 
les chafle çà & H. 

6 Qiie leur chemin foit 
ténébreux & gliflant j que 
TAnge de f Eternel les pour- 
fuive. 

7 Car fans caufe ils m ont 
caché la fofle où étoient 
tendus' leurs rets 5 & fans 
caufe ils ont cave pour fur- 
prendre mon ame. 

8 Que la ruïne, dont il 
ne s'avife point, lui avien- 
ne ; & que fon filet qu'il a 
caché, le furprenne j & qu'il 
tombe en cette même 
ruïne. 

9 Mais que mon ame 
s'égaie en TEternel, & fe 
réjouïife en fa délivrance. 

10 Tous mes os diront; 
Eternel, qui eft fcmblabîe 
à toi, qui délivres l'afligé 
de la main de celui qui eft 
plus fort que lui 5 Tafligé, 
dis-je, & le pauvre, de la 
main de celui qui le pille ) 

1 1 Des témoins violens 
s élèvent contre moi : on 

Z 3 me 



^42^ Matin. Les Pseaumes 
me redemande des chofes 
dont je ne fai rien. 

12 Ils m'ont rendu le 
mal pour le bien, tâchant 
de m oter la vie. 

15 Mais moi, quand ils 
ont été malades, je me vê- 
tois d'un facj j'afligeois mon 
ame par le jeûne: ma prière 
retournoit dans mon fein. 

14 Je me fuis porté 
comme fi c'eut été mon 
intime ami, comme H c'eut 
été mon frère : j'alois cour- 
bé en habit de deuil, com- 
me celui qui mener oit 
deuil pour fa mère. 

15 Mais quand j*ai chan- 
celé, ils fe réjouïflbient, & 
s'affembloient : des gens de 
néant fe font alïemblez 
contre moi, fans que j'en 
fûfle rien : ils ont ri à 
bouche ouverte, 6c n'ont 
point cefTé : 

16 Avec les hypocrites 
d'entre les plaifanteurs qui 
fuivent les bonnes tables 5 
& ils ont grincé les dents 
contre moi. 

17 Seigneur combien de 
temps le verras-tu? retire 
mon ame de leurs tempê- 
tes, mon unique d'entre les 
lionceaux. 

la Je te célébrerai dans 



LeYuJoUr. 

une grande aiTemblée, je te 
louerai parmi un grand 
peuple. 

19 Que ceux qui me 
font ennemis à faulîcs cn- 
feignes, ne fe réjouïHent 
point de moi : & que ceux 
qui me haïffent fans caufe 
ne guignent point de l'œil. 

20 Car ils ne parlent 
point de paix : mais ils pré- 
méditent des chofes pleines 
de fraude contre les paifi- 
bles de la terre. 

21 Et ils ont ouvert leur 
bouche autant qu'ils ont 
pu contre moi, & ont dit 5 
Alla, aha, nôtre œil l'a vûj 

22 O Eternel, tu l'as vu: 
ne te tai point : Seigneur, 
ne t'éloigne point de moi. 

2 3 Réveille-toi; réveille- 
toi, dis- je, ô mon Dieu & 
mon Seigneur, pour me 
faire droit, & pour main- 
tenir ma caufe. 

24 juge moi félon ta 
juftice, Eternel mon Dieu : 
& qu'ils ne fe réjouïllent 
point de moi. 

2 5 Qu'ils ne difent point 
en leur cœur. Aha, nôtre 
ame ! àc qu'ils ne dilcnt 
point 5 Nous l'avons en- 
glouti. 

26 Que ceux qui fe ré- 
jouirent 



Levii.jouf. 

jouïffcnt de mon mal foient 
honteux, & rougiflent tous 
enfemble : & que ceux qui 
s élèvent contre moi foient 
couverts de honte & de con- 
fufion. 

27 Mais que ceux qui 
font afedionnez à ma juf- 
tice, fe réjouïfTent avec 
chant de triomphe, & s'é- 
gaient, & qu ils difcnt in- 
ceflamment : Magnifié foit 
rEternel qui s'afeûionne 
à la paix de fon ferviteur. 

28 Alors ma langue s'en- 
tretiendra de ta juftice, & 
de ta louange tout le jour. 



^ixit injujlus. Pf xxxvi. 

LA tranfgreffion du mé- 
chant me dit au de- 
dans du cœur, qu'il n'y a 
point de crainte de Dieu 
devant fes yeux. 

2 Car il fe flate en foi- 
même, quand fon iniquité 
fe préfente pour être haïe. 

3 Les paroles de fa bou- 
che ne font qu'injuftice & 
que fraude; il fe garde d'en- 
tendre à bien faire. 

4 II machine fur fa cou- 
che les moiens de nuire 5 
il s'arrête au chemin qui 
n'cft pas bon : il n'a point 
en horreur le mal. 



Les Ps baume s' Matin, z^i 

5 Eternel, ta gratuité a- 
teint jufqu'aux cieux; &ta 
fidélité jufqu'aux nues. 

6 Ta juftice eft comme 
de hautes montagnes, tes 
jugemens font un grand a- 
bîme. < 

7 Eternel, tu conferves 
les iiommes & les bêtes. O 
Dieu, combien eft préci- 
eufe ta gratuité! auiîî les 
fils des hommes fe retirent 
fous l'ombre de tes ailes. 

8 Ils feront abondam- 
ment raffafiez de la graifle 
de ta maifon i & tu les a- 
brûveras au fleuve de tes 
délices. 

9 Car la four ce de la vie 
eft par devers toi 5 & par ta 
clarté nous volons clair. 

10 Continue à dépioier 
ta gratuité fur ceux qui te 
connoiflcnt j & ta juftice fur 
ceux qui font droits de 
cœur. 

1 1 Que le pied de Ibr- 
gueillcux ne s'avance point 
fur moi 5 & que la main 
des méchans ne m'ébranle 
point. 

12 Là font tombez les 
ouvriers d'iniquité; ils ont 
été pouffez à bas, & n'ont 
pu fe relever. 



Z 4 



Prière 



^544 S^i^' Les Psbaûmes/ 



Prière du Soir. 

Noli amulari, Pf. xxxvii. 

NE te dépite point à 
caufc des gens ma- 
lins : ne fois point jaloux de 
ceux qui s'adonnent à la 
perverfité. 

2 Car ils feront foudai- 
nement retranchez comme 
le foin, & fc faneront com- 
me rherbe verte. 

3 Affùre-toi en FEter- 
nel, & fai ce qui eft bon : 
habite la terre, & te repai 
de vérité. 

4 Et pren ton plaifir en 
rEternel, & il t'acordera 
les demandes de ton cœur. 

5 Remets ta voie fur TE- 
ternel, & t'aflïïre en lui $ & 
il radreffera; 

6 Et il mettra en avant 
ta juftice comme la clarté, 
& ton droit comme le mi- 
di. 

7 Ticn-toi coî , t'arrê- 
tant à TEternel, écTatten: 
ne te dépite point à caufe 
de celui qui fait bien (es 
afaires ; à caufc, dis-je, de 
rhommc qui vient à bout 
de ics entrcprifcs. 

S Garde-toi de te cour- 
xoxxctïy ôc iailîe la colère : 



Le vii.jourl 

ne te dépite point, au moins 
pour mal faire. 

9 Car les méchans fe- 
ront retranchez : mais ceux 
qui s'atendent à TEterncl 
hériteront la terre. 

10 Encore donc un peu 
de temps, 6c le méchant 
ne fera plus : & tu pren- 
dras garde à fon lieu, & il 
n'y fera plus. 

1 1 Mais les débonnaires 
hériteront la terre, & joui- 
ront à leur aife dune gran 
de profpérité. 

1 2 Le méchant machine 
contre le jufte, & grince 
fes dents contre lui. 

13 Le Seigneur fe rira 
de lui 5 car il a vu que fon 
jour ap roche. 

1 4- Les méchans ont tire 
leur épée, & ont bandé 
leur arc, pour abatre fa- 
fligé ôc le pauvre, & pour 
maffacrer ceux qui mar- 
chent dans la droiture, 

1 5 Mais leur épée en- 
trera dans leur propre cœur, 
& leurs arcs feront rom- 

î6 Mieux vaut "au jufle 
le peu qu'il a, que Tabon- 
dance d beaucoup de mé- 
chans. ■ • : . : 

17 Car 



Le vu, jour. Les 1?s 

1 7 Car les bras des mé- 
dians feront caffez : mais 
TEternel foûtient les juftes. 

1 8 UEternel connoît les 
jours de ceux qui font en- 
tiers 5 & leur héritage de- 
meurera à toujours. 

19 Ils ne feront point 
confus au mauvais temps 5 
mais ils feront raifafiez au 
temps de la famine. 

20 Mais les médians 
périront, & les ennemis 
de rEternel s'évanouiront 
comme la graiffe des ag- 
neaux j ils s'en iront en 
fumée. 

21 Le méchant em- 
prunte, & ne rend point : 
mais le jufte a compalîion, 
& donne. 

22 Car les bénis de FE- 
tcrnel hériteront la terre : 
mais ceux qu'il a maudits 
feront retranchez. 

23 Les pas de l'homme 
qu'il a béni font adreflcz 
par l'Eternel; & il prend 
plaifu* à fes voies. 

24 S'il tombe, il ne fera 
pas entièrement abatu : car 
l'Eternel lui foûtient la 
main. 

25 J'ai été jeune, & j'ai 
ateint la vieillefle, mais je 
n'ai point vu le juftc abon- 



EAU M E s. Soir. 345 

donné; ni fa poftérité men- 
diant fon pain. 

26 II ell ému de pitic 
tout le jour, & il prête : 
& fa poftérité eft en béné- 
didion. 

27 Retire-toi du mal, 
& fai le bien ; & tu auras 
une demeure éternelle. 

28 Car rEternel aime 
ce qui eft droit, & il n'a- 
bandonne point fes bien- 
ainiez : c'eft pourquoi ils 
font gardez à toujours : 
mais la poftérité des mé- 
dians eft retranchée. 

29 Les juftes hériteront 
la terre, & y habiteront à 
perpétuité. 

30 La bouche du juftc 
profci'cra la fageftc, & fa 
langue prononcera ce qui 
eft droit. 

3 1 La Loi de fon Dieu 
eft <lans fon cœur; aucun 
de fes pas ne chancclera. 

32 Le méchant épie le 
jufte, & cherche à le faire 
mourir. 

33 L'Eternel ne Tabon- 
donnera point â fes mains, 
& ne le laillcra point con- 
damner quand on le ju- 



gera. 



34 Aten rEternel, & 

pren garde à fa voie, & 

2 ii 



34<5 Mat/n. Les Pseaumes. Le vwi.joiir. 



il t'exaltera 5 afin que tu hé 
rites la terre : & tu verras 
comment les médians fe- 
ront retranchez. 

3 5 J'ai vu le méchant ter- 
rible, & verdoiant comme 
le laurier verd : ;^« i; 

36 Mais il eft paffé, & 
%^oilà, il n'efl: plus : & je 
Tai cherché, & il ne s^eft 
point trouvé. i , 

37l'i'en garde à l'homme 
entier, & confidere Thomme 
droit : car la fin d un tel 
homme eft la profpérité. 

3 8 Mais les tranfgrefleurs 
feront tous enfemblc dé- 
truits : & ce qui fera refté 
des méchans fera retranciié. 
3 9 Mais la délivrance 
des juftcs viendra de TEter- 
nef: il fera leur force au 
temps de la détrefle. 

40 Car TEternel leur 
aide, & les délivre : il les 
délivrera des méchans, & 
les fauvera ; parce qu'ils fe 
feront retirez vers lui. 

Prière du Matin. 
"Domine, ne in fur or e tuo. 

Pf XXXVIII. 

ETernel, ne me rcpren 
point en ta colère j 



2 Car tes flèches font 
entrées en moi 5 & ta main 
eft tombée fur moi. 

3 II ny a rien d'entier 
en ma chau-j à caufe de ton 
indignation: ni de repos 
dans mes os 5 à caufe de 
mon péché. 

4 Car mes iniquitez ont 
furmonté ma tête, & font 
apefanties comme un pe- 
fant fardeau, au delà de 
mes forces. 

5 Mes meurtrifflires font 
pourries ôc fluent 5 à caufe 
de ma folie. 

6 Je fuis courbé & pan- 
ché outre mefure : je mar- 
che tout noirci de deuil 
tout le jour. 

7 Car mes aines font 
remplies d'inflammation j & 
dans ma chair il n'y a rien 
d'entier : 

8 Je fuis afoibli, & tout 
brifé j je rugis du grand fré- 
miflcment de mon cœur. 

9 Seigneur, tout mon 
défir eft devant toi 5 & mon 
gémiffement ne t'eft point 
caché. 

10 Mon cœut eft agité 
çà & là: ma force nVa a- 

. . bandonné, & la clarté auflî 

ac ne me châtie point en de mes yeux : même ils ne 
ta fureur. ifont plus avec moi. 

i II 



Le viii.jour. Les P s 

11 Ceux qui m'aiment, 
& même mes intimes a- 
niis, fe tiennent loin de ma 
plaie j & mes proches fe 
tiennent loin de moi. 

1 2 Et ceux qui cher- 
chent ma vie, m'ont tendu 
des laqs : 6c ceux qui pour- 
chaffent mon mal, parlent 
de calamitez, & fongent 
des tromperies tout le jour. 

13 Mais moi je n en- 
tends non plus qu'un fourd : 
& je fuis comine un muet 
qui n'ouvre point fa bou- 
che. 

14 Je fuis, dis-je, comme 
un homme qui n'entend 
point, & qui n'a point de 
réplique en fa bouche. 

15 Puis que je me fuis 
atendu à toi, 6 Eternel 5 
tu me répondras, Seigneur 
mon Dieu. 

16 Car j'ai ditj il faut 
prendre garde qu'ils ne fe 
réjouiffent de moi : quand 
mon pied glifTe, ils s'élè- 
vent contre moi. 

17 Quand je fuis prêt à 
clocher, & que ma dou- 
leur eft continuellement 
devant moi : 

1 8 Quand je déclare mon 
iniquité, 6c que je fuis en 
peine pour mon péché. 



EAU ME s. Matifh 347 

19 Cependant mes en- 
nemis, qui font vivans, fe 
renforcent : & ceux qui me 
haïffent à fauffes enfeignes, 
fe multiplient. 

20 Et ceux qui me ren- 
dent le mal pour le bien> 
me font contraires; parce 
que je recherche le bien. 

21 Eternel, ne m'aban- 
donne point : mon Dieu, 
ne t'éloigne point de moi. 

22 Hâte toi de venir à 
mon aide, Seigneur, qui es 
ma délivrance. 

T>ixiy cuftodiam, Pf xxxix. 

J'AI dit 5 Je prendrai 
garde à mes voies, a- 
fin que je ne pèche point 
par ma langue. 

2 Je garderai ma bouche 
avec une mufeliére, tant, 
que le méchant fera de- 
vant moi. 

3 J'ai été muet fans dire 
motj je me fuis tu du bien: 
mais ma douleur s'eft ren- 
forcée. 

4 Mon cœur s'eft é- 
chauffé au dedans de moij 
6c le feu s'eft cmbrafé en 
ma méditation; j'ai parlé 
de ma langue, difant 3 

5 Eternel, donne-moi à 
connoîtrc ma fin, 6c quelle 

eft 



^348 Matin. Les P s e 

cfl la mcfure de mes jours; 
fai que je fâche de com- 
bien petite durée je fuis. 
• 6 Voilà, tu as réduit 
mes jours à la mefure de 
quatre doigts, & le temps 
de ma vie cft devant toi 
comme un rien: certaine- 
ment ce n eft que pure va- 
nité de tout homme, quoi 
qu il foit debout : 

7 Certainement Thom- 
me fe promène parmi ce 
qui n a que de l'aparence : 
certainement on fe tem- 
pête pour néant : on amaf- 
fe des biens, & on ne fait 
point qui les recueillira. 

8 Or maintenant qu'ai- 
je atendu, Seigneur? mon 
atcnte cft à toi. 

9 Délivre-moi de toutes 
mes tranfgreflîons, & ne 
permets point que je fois 
en oprobre à Tinfcnfé. 

10 Je me fuis tu, & 
.n*ai point ouvert ma bou- 
che i parce que c'eft toi qui 
l'as fait. 

11 Retire de moi la 
plaie que tu m'as faite : je 
îiiis défailli par la guerre 
que tu me fais. 

1 2 Auill tôt que tu châ- 
ties quelqu'un, en le re- 
dargiiant pour Ion iniqui- 



A u M E s, Leviujoar^ 

té, tu confumes fon excel- 
lence comme la tigne : cer- 
tainement ^ tout homme eft 
vanité : ^ . ' 

13 Eternel, écoute ma 
requête; ôc prête l'oreille à 
mon cri -, & ne fois point 
fourd à mes larmes : 

14 Car je fuis voiageur 
& forain chez toi, comme 
ont été tous mes pères. 

15 Retire-toi de moi, 
afin que je reprenne mes 
forces, avant que je m'en 
aille, & que je ne fois 
plus. 

Expe£ians expeBavi. 

Pf XL. 

J'Ai atendu patiemment 
l'Eternel, 6c il s'eft in- 
cliné vers moi, & a ouï 
mon cri. 

2 Et m'a fait remonter 
hors d'un puits menant 
grand bruit, & d'un bour- 
bier fangeux ; & a mis mes 
pieds fur un roc, & a af^ 
furé mes pas. 

3 Et il a mis en ma bou- 
che un nouveau Cantique, 
qui cft la louante de nô- 
tre Dieu. 

4 Plufieurs verront cela, 
& ils craindront, 6c s'aflïi- 
reront en l'EterncL 

5 



Leviu.jour^ Les P 

5 O que bien-hcurcux 
eft rhomme qui s'cft pro- 
pofé TEtcrnel pour fon af- 
lûrance, & qui ne regarde 
point aux orgueilleux, ni 
à ceux qui fe détournent 
vers lenienlbnge! 

6 Eternel mon Dieu, tu 
as fait que tes merveilles 
& tes penlees envers nous 
font en grand nombre : il 
n eft pas poffible de les a- 
ranger devant toi. 

7 Les veux- je reciter & 
dire ? elles font en fi irrand 
nombre, que je ne les fau- 
rois raconter. 

8 Tu ne prens point 
plaifir au facrifice ni au gâ- 
teau: mais tu m'as percé 
les oreilles. 

9 Tu n'as point deman- 
dé dliolocaufte, ni d'obla- 
tion pour le péché. Alors 
j'ai dit 5 Voici, je viens. 

10 II eft écrit de moi 
au rôle du Livre : Mon 
Dieu, j'ai pris plaifir à fai- 
re ta volonté 5 & ta Loi eft 
au dedans de mes entrailles. 

1 1 J'ai prêché ta juftice 
dans la grande aflemblée : 
voilà, je n'ai point retenu 
mes lèvres : tu le fais, ô 
Eternel. 

12 Je n'ai point caché 



s E A u M E s. Matin. 3 49 

ta juftice, qui eft au dedans 
de mon cœur : j'ai déclaré 
ta fidélité & ta délivrance. 
. 1 3 Je n ai point celé ta 
gratuité, ni ta vérité, dans la 
grande aflemblée. 

14 Et toi. Eternel, ne 
m'épargne point tes corn- 
paflîons : que ta gratuité 
& ta vérité me gardent con- 
tinuellement. 

15 Car des maux fans 
nombre m'ont environné : 
mes iniquitcz m'ont ateint, 
& je ne les ai pu voir : 
elles furpaiîcnt en nombre 
les cheveux de ma tête 5 & 
mon cœur m'a abandonné. 

16 Eternel, veuille me 
délivrer: Eternel, hâte-toi 
de venir à mon aide. 

17 Que ceux-là foient 
tous honteux, & rougiflent 
enfemble qui cherchent 
mon ame pour la perdre : 
& que ceux qui prennent 
plaifir à mon mal, retour- 
nent en arriére, & foient 
confus. 

18 Qiie ceux qui difent 
de moi; Aha, Aha, foient 
defolez, en recompcnfe de 
la honte qu'ils m'ont faite. 

19 Que tous ceux qui te 
cherchent, s'égaient & le 
réjouilTent en toi : & que 

ceux 



3 50 Soir. Les Psea 

ceux qui aiment ta déli- 
vrance, difent continuelle- 
ment i Magnifié foit TE- 
tcrnel. 

20 Or je fuis afligé ôc 
miferable: mais le Seigneur 
a foin de moi. 

21 Tu es mon aide & 
mon libérateur : mon DieU;, 
ne tarde point. 

Prière du Soir. 
Beatus qui intelligit, 

Pf XLI. 

OQue bien-heureux eft 
celui qui fe porte fa- 
gement envers le chetif! 
TEternel le délivrera au 
jour de la calamité. 

2 UEternel le 2;ardera 
& le préfervera en vie : il 
fera même rendu heureux 
en la terre, ne le livre 
donc point au plaifu* de fes 
ennemis. 

3 UEternel le foutien- 
dra quand il fera dans un 
lit de langueur : tu change- 
ras toute fa couche, quand 
il fera malade. 

4 J'ai dit i Eternel, aie 
pitié de moi, guéri mon 
ame : car j'ai péché contre 
toi. 

5 Mes ennemis me fou- 



u M E s. Le viu.jourl 

haittant du mal, difent i 
Qtiand mourra -t- il > & 
quand périra fon nom? 

6 Et fi quelqu'un d'eux 
vient me vifiter, il parle 
en menfonge : fon cœur 
s'amafle dequoi me fâcher. 
Eft-il forti? il en parle de- 
hors. 

7 Tous ceux qui m'ont 
en haine murmurent four- 
dement enfemble contre 
moi, & machinent du mal 
contre moi. 

8 Quelque fait, difent- 
ils, tel que les médians 
garnemens comettent , le 
tient enferré 5 & cet homme 
qui eft couché, ne fe rele- 
ver a plus. 

9 Même celui qui avoit 
paix avec moi, fur lequel 
je m'aflûrois, & qui man- 
geoit mon pain, a levé le 
talon contre moi. 

10 Mais toi, ô Eternel, 
aie pitié de moi, & me re- 
lève 3 6c je le leur rendrai. 

11 En ceci je connois 
que tu prens plaifir en moi, 
que mon ennemi ne fait 
point fes triomphes de moi. 

12 Pour moi, tu m'as 
maintenu dans mon entier^ 
& tu m'as établi devant 
toi pour toujours. 

13 



Le vin, jour. Les Ps 

13 Béni foit rEterncl, 
le Dieu dlfraël de fiècleen 
fiècle. Amen, Amen. 

§liiemadmodtmi, Pf. xlii. 

COmme le cerf brame 
après le courant des 
eaux, ainfi crie mon ame 
après toi, 6 Dieu. 

2 Mon ame a foif de 
Dieu, du Dieu Fort, & vi- 
vant : ô quand entrcrai-jc 
& me préfenterai-je devant 
la face de Dieu ! 

3 Mes larmes m'ont été 
au lieu de pain, jour & 
nuit, quand on me difoit 
chaque jour : Où efl: ton 
Dieu ? 

4 Je rapellois ces cho- 
fcs dans mon fouvenir, en 
déchargeant mon cœur à 
part moi^ lavoir, que je 
marchois en la troupe, & 
m'en alois tout doucement 
en leur compagnie, avec 
une voix de triomphe & 
de loiiangc, juiqucs à la 
maiibn àd Dieu j & qu'une 
grande multitude de gens 
fauteloîL 

5 Mon ame, pourquoi 
t'abas-tu, & frémis-tu au 
dedans de moi ? 

6 Atcu-toi à Dieu : car 
je le célébrerai encore: ion 



E A u M E s. Soïr, 351 

regard cft la délivrance 
même. 

7 Mon Dieu, mon ame 
eft abatuë en moi-mêmes 
parce qu'il me fouvient de 
toi depuis la région du 
Jourdain, & de celle des 
Hermoniens, &de la mon- 
tagne de Mitfhar. 

8 Un abîme apelle un 
autre abîme au fon de tes 
canaux : toutes tes vagues 
ôc tes flots ont paiTé fur 
moi. 

9 L'Eternel mandera de 
jour fa gratuité 3 & fon Can- 
tique fera de nuit avec 
moi, & je ferai requête au 
Dieu Fort, qui eft ma vie. 

10 |e dirai au Dieu Fort 
qui cil mon rocher 5 Pour- 
quoi m'as-tu oublié? pour- 
quoi marcherai-) e tout noir- 
ci en deuil à caufe de l'o- 
prciîîon de renncmi ? 

1 1 Mes advcrfaires m'ont 
fait outrage ; c'a été une 
epée dans mes os. 

12 Qiiand ils m'ont dit 
chaque jour 5 Oii cft ton 
Dieu > 

T 3 Mon ame, pourquoi 
t'abas-tu, & pourquoi fré- 
mis-tu au dedans de moi ? 

14 Atcn-toi à Dieu : 

car je le célébrerai encore 5 

2 il 



^$z Matin. Les Pseaumes. 

il eft la délivrance de mon 
regard, & mon Dieu. 



Le IX. jour. 



Judica me y T>eits. Pf.xLiii. 

F Ai-moi juftice, ôDicu. 
6c déba mon droit 
contre la nation cruelle : 
délivre-moi de l'homme 
trompeur & pervers. 

2 Puis que tu es le Dieu 
de ma force, pourquoi 
m'as ; tu rejette- pourquoi, 
marcherai-je tout noirci 
en deuil à caufe de lo- 
preffion de l'ennemi ? 

3 Envoie ta lumière & 
ta vérité ^ afin qu'elles me 
conduifent 6c m'introdui- 
lent en la montagne de ta 
Sainteté, 6c en tes Taber- 
nacles. 

4 Alors je viendrai à 
l'Autel de Dieu, vers le 
Dieu Fort de l'alégrelle de 
ma joici 6c jeté célébrerai 
fur le violon, 6 Dieu, mon 
Dieu. 



Prière du Matik. 

T>em auribus. Pf.xLiv. 

ODieu nous avons ouï 
de nos oreilles ; 6c 
nos pères nous ont racon- 
té les exploits que tu as 
faits en leurs joiirs, aux 
jours d'autrefois. 

2 Tu as de ta main 
chaiïe les nations, 6c tu as 
planté nos pères : tu as afli- 
5e les peuples, 6c tu as fait 
provigner nos pères. 

3 Car ce n'eft point par 
leur épée qu'ils ont con- 
quis le pais j 6c ce n'a point 
été leur bras, qui les a 
délivrez ; mais ta droite, 6c 
ton bras, 6c la lupiièrc de 
ta face ; parce que tu leur 
portois afcdion. 

4 O Dieu, c'efl: toi qui 
es mon Roi; ordonne les 
délivrances de Jacob. 

5 Par toi nous choque- 



5 Mon ame, pourquoi rons nos adverfaircs : par 



t'abas-tu, 6c pourquoi fré- 
mis- tu au dedans de moi ? 

6 Aten-toi à Dieu : car 
je le célébrerai encore : il 
cft la délivrance de mon re- 
gard, 6c mou Dieu. 



ton Nom nous foulerons 
ceux qui s'élèvent contre 
nous. 

6 Car je ne» m'aflure 
point en mon arc, 6c ce ne 
fera pas mon épée qui me 
délivrera > 

7 



Xeiyi.jom Lès Psf 

7 Mais tu nous délivre- 
ras de nos advcrfaires, & 
rendras corifus ceux qui 
nous haïflent. 

8 Nous - nous glorifie- 
rons en Dieu tout le joiif 5 
& nous célébrerons à tou- 
jours ton Nom : 

$ Mais tu nous as rej ét- 
iez, & rendus confus i & 
tu rie fors plus avec nos 
armées. / ^ 

ï6 Tu nous as fait re- 
tourner en arriére de de- 
vant Tàd verfaire j 6e nos 
ennemis fe font enrichis 
de ce qu ils ont pillé fur 
nous. 

il Tu nous as livrez, 
coriime des brebis deftinées 
à être mangées: ôc tu nous 
as épars entre les nations. 
. 1 2 Tu as vendu ton 
peuple pour néant, & n as 
point fait liauffer leur prix. 

13 Tu nous as mis en 
oprobre à nos voifins, en 
dénfion, & en raillerie à 
ceux qui habitent autour 
de nous. 

14 Tu nous as mis en 
dîfton parmi les nations, 
& en hochement de tête 
parmi les peuples. 

1 5 Ma confufion eft tout 
le jour devant moi ,- & la 



ÈAÙMEs: Matin, 35 3 

honte de ma face ma tout 
couvert. 

16. A caufe des difcours 
de celui qui nous fait des 
reproches, & qui nous in- 
jurie; & à caulc: de l'enne- 
mi, & du vindicatif. ' 

17 Tout cela nous eft 
arrivé; & cependant nous 
ne t'avons point oublié, àc 
n'avons point fauifé ton a- 
liance. 

18 Nôtre cœur n'a point 
reculé en arriére; ni nos '^ 
pas ne fe font point dé-»" 
tournez de tes fentiers, 

19 Quoi que tu nous"^ **" 
aies froiffcz parmi d^s dra- 
gons, & couverts de Toni- 
bre de la mort. V^.. 

20 Si nous eulîîon^ Ou- 
blié le Nom de nôtire Dieu, 
& que nous euffidns éten- 
du nos mains vers un T)ieù 
étranger^ 

2 r Dieu ne s'en enquer- 
roit-il point? vu que c'eft 
lui qui conùoît les fecrets 
du cœur. 

22 Mais nous fommes 
tous les jours mis à mort 
pour l'amour de toi: & 
nous fommes regardez com- 
me des brebis de la bou- 
cherie. 

23 Lève toi: pourquoi 

A a dors- 



3 54 Matin* Le s 1? s e'a u m e s. Le l'K/Jouri 



dors-tu, Seigneur \ Réveille 
toi 5 ne nous rejette point 
à jamais. 

24 Pourquoi caches-tu 
ta face l & pourquoi, ou- 
blies-tu nôtre aflidion, & 
nôtre oprcflion? 

25 Gar nôtre ame eft 
pançhéc jufques en la pou- 
dre; & nôtre ventre eft a- 
taché contre terre. 

26 Lève toi à nôtre ai- 
de 5 & nous délivre pour 
i-aniour de ta gratuités . 

vit cor meum. 

On cœur bouillone 
__ d'un bon propos, & 
fai dit $ Mes ouvrages fe- 
ront pour le Roi : 
;-;i; Ma langue fera la 
jplume d'un écrivain dili- 
gent. 

3 Tu es plus beau qu au- 
cun des fils des hommes : 
la grâce eft répandue en 
tes lèvres; parce que Dieu 
t'a béni éternellement. 

4 O Très-puiflant, cein 
ton épée fur ta cuiffc, ta 
majefté & ta magnificence. 

5 Et profpère en ta mag- 
nificence : fois monté fin- 
la parole de vérité^ de dc- 
bonnaireté, & de jufticc : 




& ta droitéTenTéj^ncra des 
chofes tejrriblès. r,..,' /.". /!^. 

6 Tes''flèi:hes''font '^àï- 
gués; les peuples tombe- 
ront fous.^ toi : elles entre- 
ront dans le cœur des, car 
ncmis du Rcy. . 

7 Ton tronc, ô Dieù^ eft 
à toûjoxirs,& à perpétuité: 
le fceptre 'de 'ton régnée' eft 
un fceptre d'équîté. ^.. 

8 Tu aimes la,'juftice, 
& tu hais la méchanceté : 
c'èft pourquoi, ô Dieu, ton 
Dieu tV oint d'une hui- 
le de^Joie, pajî, défljj^s ^es 
compagnons. 

9 Ce n'eft que mynrhc, 
aloé, & calTe de tous tes 
vêtemens, quand tu fors 
des palais d'y voire, dont ils 
t'ont réjoui. ' . ' 

10 Des filles de Rois 
font entre tes dames d'hon- 
neur : ta femme eft à ta 
droite, parée d'or d'Ôphir. 

1 1 Ecoute fille, & con- 
fidère : incline ton oreillcj 
& oublie ton peuple, & 
la maifon de ton père. 

1 2 Et le Roi mettra fon 
afcclion en ta beauté : puis 
qu'il eft ton Seigneur, prof- 
ternc-toi devant lui. 

13 Et la fille de Tyr, & 
les plus riches des peu^^les 

I ^ te 



Le ix.jouf. 

te fuplieront avec des pre- 

fens. 

14 La fille du Roi eft 
toute pleine de gloire en 
dedans : fon vêtement eft 
femé d'enchalTures d or. 

1 5 Elle fera préfentée au 
Roi en vêtemcns de bro- 
derie : & les filles qui vien- 
nent après elle, & qui font 
fes compagnes, feront a- 
meiiées vers toi* 

16 Elles te feront pré- 
fentées avec réjouïffance & 
alégrefre5& elles entreront 
au palais du Roi. 

1 7 Tes enfans feront au 
lieu de tes pères : tu les é- 
tabliras pour Princes par 
toute la terre. 

1 8 Je rendrai ton Nom 
mémorable dans tous les 
âges : & à caufe de cela les 
peuples te célébreront à 
toujours, & à perpétuité. 

^eus nofter refughim, 

Pf. XLVI. 

Dieu nous eft retraite 
5c force, & fecours 
dans les détrefles : fort aifé 
à trouver. 

2 Ceft pourquoi nous 
ne craindrons point, quand 
on remuëroit la terre; ôc 
que les montagnçs fe rcn- 



Les Psjeaumes. Matin, ^ss 
verferoient dans la mer 5 



3 Quand fes eaux vien- 
droient à bruire, & à fe 
troubler 5 & que les mon- 
tagnes feroient ébranlées 
par rélévation de fes va- 



gues. 



4 Les ruiffeaux de la 
rivière réjouiront la ville 
de Dieu, qui eft le faint 
lieu des demeures du Sou- 
verain. 

5 Dieu eft au milieu 
d'elle : elle ne fera point 
ébranlée. Dieu lui donne- 
ra fecours dès le point du 
jour. 

6 Les nations ont mené 
bruit, les Roiaumes ont été 
ébranlez : il a fait ouïr fa 
voix, & la terre s'eft écou* 
lée. 

7 L'Eternel des armées 
eft avec nous : le Dieu de 
Jacob nous eft une haute 
retraite. 

8 Venez , contemplez 
les foits de r£ternel:& vol- 
ez quels dégâts il a fait 
en la terre. 

9 II a fait ceffcr les 
guerres jufques au bout de 
la terre : il rompt les arcs, 
il brife les halcbardes, il 
brûle les chariots par feu. 

10 CelTcz, a-t-il dit, 6c 

A a 2 cou- 



35^ Soir: Ies ]Ps 

connoiflez que je fuis Dieu : 
je ferai exalté parmi les 
nations; je ferai exalté par 
toute la terre. 

1 1 L'Eternel des armées 
eft avec nous: le Dieu de 
Jacob nous eft une haute 
retraite. 

Prière dû Soir. 
Omnes genteSy flaudite, 

Pf. XLVII* 

PEuples bâtez tous des 
mains^jettez des cris 
de réjouïffance à Dieu a- 
vcc une voix de triomphe. 

2 Car FEternel qui eft 
le Souverain eft terrible i & 
il eft grand Roi fur toute 
la terre. 

3 II range les peuples 
fous nous, & les nations 
fous nos pieds. 

4 II nous a choifi nôtre 
héritage, qui eft la magni- 
ficence de Jacob, lequelil 
aime : 

5 Dieu eft monté avec 
un cri de réjouïfiance , TE- 
ternel eft monté avec un 
fon de trompette. 

6 Pfalmodicz à Dieu, 
pfalmodicz : pfalmodicz d 
norrc Roi, pfalmodicz. 

7 Car Dieu eft le Roi 



È A u M È §; Le IX. jauf. 

de toute la terre: tout 
homme entendu, pfalmo- 
diez. 

8 Dieu règne fur les na- 
tions : Dieu eft aflîs fur le 
trône de fa Sainteté. 

9 Les principaux des 
peuples fe font aflemblez 
vei^s le peuple du Dieu d'A- 
braham : car les boucliers 
de la terre font à Dieu : il 
eft grandement exalté. 

Magnus T^ominus, 

Pf XLVIII. 

L'Eternel eft grand, & 
fort louable en la 
ville de nôtre Dieu, en la 
montagne de fa Sainteté. 

2 Le plus beau de la 
contrée, la joie de toute la 
terre, c'eft la montagne de 
Sion au fond de TAquilon : 
c'eft la ville du grand Roi. 
Dieu eft connu en fes pa- 
lais pour une haute retraite. 

3 Car voici, les Rois 
s etoicnt donné aflîgnatibn, 
ils avoicnt pafle outre tous 
enfcmblc. 

4 L'ont ils vue ? ils en 
ont été auffi-tôt étonnez : 
ils ont été tout troublez, ils 
s'en font fuis a l'étourdie. 

5 Là le tremblement 
les a faifis, & une douleur 

comme 



L€ IX. jour. Les Ps 

comme de celle qui en- 
fante. 

6 Ils ont été chafTez 
comme par le vent d'Ori- 
ent, qui brife les navires 
de Tarfis. 

7 Comme nous l'avions 
entendu, ainfi l'avons-nous 
vu dans Ja ville de TEter- 
nel des armées, dans la 
ville de nôtre Dieu, la- 
quelle Dieu maintiendra 
à toujours: 

8 O Dieu, nous avons 
entendu ta gratuité au mi- 
lieu de ton Temple. 

9 O Dieu, tel qu eft tpn 
Nom, telle eft ta louange 
jufquaux bouts de la terre: 
ta droite eft pleine de juf- 
tice. 

10 La montagne de Si- 
en fe réjouira ; & les filles 
de Juda auront de la joie, à 
caufe de tes jugemens. 

1 1 Environnez Sien, & 
r^ntourczi & comptez it^ 
tpiirs. 

12 Prenez bien garde à 
fon avant-mur, & confidc- 
rez fes palais 5 afin que 
vous le racontiez à la gé- 
nération à venir, 

1 3 Car c'eft le Dieu qui 
eft nôtre Dieu à toû jours, 
& à perpétuité: il nous 



EAUMES- Soir. SS7 

acompagnerq; jufques à la 
mort. 

Audite hacy omnes. 

Pf. XLIX. 

VOus tous peuplçs, en- 
tendez ceci : vous 
habitans du monde, prêtez 
loreille. 

2 Que ceux du bas état,' 
«Se ceux qui font dune 
condition élevée écoutent: 
pareillement le riche & le 
pauvre. 

3 Ma bouche prononce- 
ra des difcours pleins de 
fageffe : & ce que mon 
cœur a médité font des 
chofes pleines de fens. 

4 Je tendrai mon oreil- 
le à un propos fententieux: 
j'expoferai mes dits nota- 
bles fur le violon. 

5 Pourquoi craindrai- je 
au mauvais temps, quand 
l'iniquité de mes talons 
m'environnera ? 

6 II y en a qui fe fient 
en leurs biens :; & qui fe 
glorifient en Tabondance 
de Iciirs richeiTes. 

7 Pcrfonne n'en pourra 
aucunement racheter fon 
frère, ni donner à Dieu fa 
rançon. 

8 Car le rachat de leuç 

A a 3 ^i^^Ç 



^5 5 8 Matin- Les Pse 

^me eft trop cher, & il 
ne fe fera jamais. 

9 Pour faire c]uil vive 
encore à jamais > 6c qu'il 
ne voie point la fofle. 

10 Car on voit que les 
fages meurent, & pareille- 
ment que le fol & Tabru- 
ti péridcntj & qu'ils laif- 
fent leurs biens à d'autres. 

11 Leur intention eft 
que leurs maifons durent à 
toujours, & que leurs ha- 
bitations demeurent d'âge 
en âge : même ils ont a- 
pellé les terres de leur 
îiom. 

12 Et toutefois rhom- 
me ne fc maintient point 
dans (es, honneurs: mais il 
çft rendu femblable aux bê- 
tes brutes qui périffçnt en- 
tièrement. 

13 Ce chemin qu'ils 
tiennent leur tourne à fo- 
lie ; & néanmoins leurs fuc- 
çcdeurs prennent plaifir à 
leurs en feigne mens. 

14 Ils ieront mis au fé- 
pulcrc, comme des brebis : 
la mort fe repaîtra d'eux: 
& les hommes droits au- 
rons domination fur eux, 
au matin: & leur force fe- 
ra le fcpulcre pour les y 
faire ccnfumer $ chacun 



d'eux étant tranfporté. hors 
de fon domicile. 

1 5 Mais Dieu rachettera 
mon ame de la puiffance 
du fépulcre, quand il me 
prendra à foi. 

1 6 Ne crain point, quand 
tu verras quelqu'un enri- 
chi i & quand la gloire 
de fa maifon fera multi- 
pliée. 

17 Car lorsqu'il mour- 
ra, il n'emportera rien : fa 
gloire ne defcendra point 
après lui. 

18 Quoi qu'il ait béni 
fon ame en fa vie, & quoi 
qu'on te loue, parce que tu 
te feras fait du bien 5 

19 Venant jufques à la 
race des pères de chacur| 
d'eux, ce fera comme s'ils 
n'avoient jamais vu la lur 
mière. 

20 L'homme qui eft en 
honneur, & n'a point d'in- 
telligence, eft femblable 
aux bêtes brutes qui périfr 
fent entièrement. 

Prière du Matin. 

^etis "Deorum. Pf l. 

LE Dieu Fort, le Dieu, 
l'Eternel a parlé, ôc 
ii a apellé toute la terre, 

de- 



'Le^^ p0 L E s P s E A u M E s;^ Matm, 3 ip. 



depuis. le foleU leyaut, juf- 
ques au îbleîr couchant. 

2. Dieu a. fait luire fa 
fplcndeur de Sion, qui 
eft Ï'^çpwpliffemç4t d^q la 
beauté. ^ , ....H 4, 

3 Nôtre Dieu viendra, 
&c ne fe tiendra point coi : 
il y aura, devant lui un feu 
dévorant' 5 ôc tout autour 
de Ivii une grofle tempête. 

4 11 apellçra les cieux 
d'enhaut, & la terre, pour 
juger- fon peuple : en di- 
fantj 

5 AfTemblez - moi mes 
bien-aimcz qui ont traité 
aliance avec moi fur le 
facrifîce. 

6 Les cieux aulîî anon- 
ceront fa juftice : parce que 
Dieu eft le Juge. , j g 

7 Ç coure, 6 mon peu- 
ple, & je parlerai : enten, 
Ifraël, & je te fommcrai ; 
Je fuis Dieu, ton Dieu, 
moi. 

8 Je ne te reprendrai 
point pour tes facrifices, ni 
pour tes holocauftes, qui 
ont été continuellement 
devant moi. 

9 Je ne prendrai point 
de veau de ta mai fon, ni 
de boucs de tes parcs. 

10 Car toute bcte de 



forêt eft à moi, & les,bê.-, 
tes auiîi qui paiffent eji.^ 
mille montagnes. V"'""" 

11 Je connois tous les 
pifeaux des montagnes,; &. 
toute forte de bêtes . des" 
'champs eft à mon cpnv 
mandement. 

1 2 Si j'avois faim. Je nç 
t'en dirois rien 5 ^çar^'la'^ 
terre habitable eft a^rnoi,^ 
ôc tout ce qui eft en elle. 

13 Mangcrois-je la chair 
des gros taureaux? $c boi* 
rois-je le fang des boucs? 

14 Sacrifie louange â 
Dieu, ôc ren tçs yoeu^^ au^ 
Souverain. \\^C^^^^''^:[ 

15 Et invoquc-niol' au 
jour de ta détrelle j je t'en 
tirerai hors 5 ôc tu mç glg? 
rifiçras. / ;1^ ,..:L^. ^; 

16 Mais Dieu a dit aij 
méchant s Qu'as- tu que 
faire de reciter mes fta- 
tuts 5 ôc de prendre mon 
aliance en ta bouche. . 

1 7 Vu que tu hais la 
correction s ôc que tu as 
jette mes paroles derriérç 
toi ? 

18 Si tu vois un larron, 
tu cours avec lui i & ta 
portion, eft avec les adul-r 
tércs. 

19 Tu lâches ta boijiçhç 

Aa4 ■-■^'-'''*>l^ 



t-IÇ 



{èo Matin. Les V$ 

au mal, & par ta langue tu 
trames la fraude ; 

30 Tu faiTieds, & parles 
contre ton frère, & tu mets 
du blâme fuj: le fils de ta 
mère. 

21 Tu as fait ces cho- 
fes-là, & je m'en fuis tu : 
& tu as eftimé que vérita- 
blement je fufle cpmme 
toi : mais je t'en repren- 
drai, & je déduirai le tout 
par ordre en ta préfencc. 

2 2 Entendez cela main- 
tenant, vous qui publiez 
Dieu i de peur que je ne 
vous ravifffe, & qu'il n y 
ait perfonne qui vous dé- 
livre. ' .^^ f ^ 

23 Celui qui facrifîc la 
Joiiangè me glorifiera : & 
à celui qui adreffe fon che- 
min, je montrerai la déli- 
vrance de Dieu. 

Mîferere mei^T>eus~VL\.\. 

ODieu, aie pitié de moi 
félon ta gratuité 5 fé- 
lon la grandeur de tes 
conipalïïons éface mes for- 
faits. 

2 Lave-moi tant & plus 
de mon iniquité ; & ' me 
nettoie de mon péché. 

3 Car je connois mes 
tranfgrefiîonsj & mon pe-j 



E A u M E «r laè lie. jour., 

ché eft continuellement de- 
vant moi. 

4 J'ai péché contre toî, 
contre toi proprement j & 
j'ai fait ce qui eft déplai- 
fant devant tes yeux ; afin 
que tu fois connu jufte 
quand tu parles, & trouvé 
pur, quand tu juges. 

5 Voilà, j'ai été formé 
dans Tiniquité i & ma mère 
m'a échauffé dans le pé- 
ché. 

6 Voilà, tu aimes la vé- 
rité au dedans: & tu m'as 
enfeigné la fageffe dans le 
fecret de mon cœur. 

7 Purge-moi du péché 
avec de Thyfope, & je fe- 
rai net : lave-moi, & je fe- 
rai plus blanc que la neige. 

8 Fai-moi entendre la 
joie & Talégreffe : & fai 
que les os que tu as brifez 
fe réjouiïïent. 

9 Détourne ta fkce de 
mes péchez ; ôc éface tou- 
tes mes iniquitez. 

I o O Dieu crée-moi un 
cœur net; & renouvelle au 
dedans de moi un efprit 
bien remis. 

II Ne me rejette point 
de devant ta face ; & ne 
m ote point J'Efprit de ta 
Sainteté. 

12 



Le yi.jouf. I-ES 1?^ 

12 Ren-moi la joie de 
ton falut; & que rEfprk 
franc me foutienne. 
• 1 3 J'enfeignerai tes voies 
aux tranfgreffeurs ; & les 
pécheurs fe convertiront à 
toi. 

14 O Dieu, Dieu de 
mon falut, délivre-moi de 
tant de fangj &ma langue 
chantera hautement ta juf- 
tice. 

1 5 Seigneur, ouvre mes 
lèvres, & ma bouche anon- 
cera ta louange. 

1 6 Car tu ne prens point 
plaifir aux facrifices, autre- 
ment j'en donnerois : Tho- 
locaufte ne t'eft point a^ 
gréable. 

1 7 Les facrifices de Dieu 
font Tefprit froiffé : ô Dieu, 
tu ne méprifes point le 
cœur froiffé & brifé. 

1 8 lai du bien félon ta 
bien-veillance à Sion 5 & é- 
difie les murs de Jérufa- 
lem. 

19 Alors tu prendras 
plaifir aux facrifices de juf- 
tice, à rholocaufte, & aux 
facrifices qui fe confument 
entièrement par le feu : 
alors on ofrira des veaux 
fur ton autel. 



E^^Éi. Matin: stfi 

^id glorîaris ? Pf. lu; ' 

Pourquoi te vantes-tu 
du mal, vaillant hom-f 
me ? La gratuité du Dieu 
Fort dure tous les jours. 

2 Ta langue trame des 
méchancetez 5 elle eft com- 
me un rafoir affilé, qui 
trompe. 

3 Tu aimes plus le mal 
que le bien, & le men- 
fonge plus que de dire des 
chofes juftes. 

4 Tu aimes tous les dif- 
cours pernicieux, & de par- 
ler en tromperie. 

5 Auffi le Dieu Fort te 
détruira pour jamais : il 
t enlèvera, & t'arrachera de 
ta tente; & il te déracinera 
de la terre des vivans. 

6 Et les juftes le verront, 
& craindront 5 & ils fe riront 
d un tel homme, difant; 

7 Voilà cet homme qui 
ne tenoit point Dieu pour 
fa force : mais qui s'affûroit 
fur fes grandes richcffes, ôc 
mcttoit fa force en fa ma- 
lice. 

8 Mais moi, je ferai 
dans la maifon de Dieu 
comme un olivier verdoi- 
ant. Je maffûre en la gra- 
tuité 



s 6^ .Sok*. Le s P se a tr m i^s. 
tuïté de Dieu pour toujours, 
& ^ perpétuïtQ^v ..A >> V' ' 

jp Je te célébrerai à j-a- 
mais, de ce que tu aui'as 
faitiCps çhofes : &: jq ma- 
tcndj;.vd à ton HpJnt^-^ garce 
qu'il eft bon envers tes 
bi/în,^iïïie^. ■,,^-,y,-^r,:^:[^^ 

" ï^RiERE DU Soir. 
*3j>ixit mJîpens:VC. LUI. 



\.:6 Ils feront-^ c^jcçréme. 
ment éfraiez la oùjiis/n-aj, 
voient point eu^ de pei^r-^. 
car Dieu a difperfé les oV 
de celui ^qui ff; campe.coiVn 
trc toi : tu ic;s.as rendu^^ 
confus, parce que ï)icu les' 
a rendus contemptiblcs. 

7 O qui donnera^ de. Sk 
on les délivraiiresdlfraëll» 
Quand Dieu, aura ramené, 
ifon peuple captif^ 

L'Infenfe dit/ en fon|^, ^.J^^!^^ ^^ë^m^K ^P^^l 
cœur^ Ilpy apQint 
de Dieu. ' iuf, r » 

2 Ils fe foiifi corrom- 
pus, & ont rendu abomina- 
ble leur perverfité : il n'y 
a perfonne qui fafle bien. 

3 Dieu a regardé des 
Cieux fur les fils des hom- 
mes, pour voir s'il y en a 
quelqu'un qui foit entendu, 
ôc qui cherche Dieu, 

4 Ils fe font tous reti- 
rez en arriére,. & fe font 
enfcmble rendus puants : il 
ny a perfonne qui faffe 
bien, non pas même un 
feul. 

5 Les ouvriers d'iniquité 
n'ont- ils point de connoif- 
fance, mangeant mon peu- 
ple, comme s'ils mange- 
oient d'à pain ? Ils n'mvo- 
quciit point Dicuo 



le réjouira. 

T)eusy in 7iomine. Pf. liv, 

ODieu, délivre- riioi pae 
ton Nom, ôc me fai^ 
droit par ta p^ui0ance. 

2 O Dieu, écoute ma 
requête, & prête loreille 
aux paroles de ma bouche, 

3 Car des étrangers fe 
font élevez contre moi 5 àç 
des gens terribles, qui n'ont 
point Dieu devant leurs 
yçux, cherchent ma vie. 

4 Voilà, Dieu m'eft en 
aide : le Seigneur eft de 
ceux qui foûtiennent mon 
ame. 

5 II fera retourner le mal 
fur ceux qui m'épient : dét 
trui-les félon ta vérité. - 

6 Je te ferai façrifîce de 
bon cœiu' : Eternel, jccé- 

lébjçe? 



Le t.joUt. ''■ L E'$' 1? S'^ ^- 

lébrerai i^h Nom 5 parce 
quil cil bon. • 

7 Gar-iPm'â délivré de 
toute déttclfe: & mon oeil 
a vu ce qu il vôuloit Vqir 
en mes ennemis. 

Exaudi, Tiéus. P(. ly. 

ODieU;, prête roreille- 
à ma requête, & ne 
te cache point arriére de 
ma fuplication. 

2 Ecoute-moi, & m'ex- 
auce: je me plains en me- 
nant bruit, & je me tempê- 
te. 

3 A caufe du bruit que 
fait Tennemi, & à caufe de 
ropreflion du méchant j 
car ils font tomber fur moi 
tout outrage, & mç haïf- 
fent furieufemcnt. 

4 Mon cœur cil au de- 
dans de moi, comme en tra- 
vail d'cnfantj &dcs fraicurs 
mortelles font tombées fur 
moi. 

5 La crainte & le trem- 
blement ic ibnt jettcz fur 
moi 5 & l'épouvaritemcnt 
m'a couvert. 

6 Et j'ai ditj O qui me 
donneroit des ailes de pi- 
geon ? je m'envolcrois, & 
me pofcrois en c^uelque 
endroit. 



AU M E? s; T Soir: 3 <5 3 

' 7 Voilà, je m'enfuirois 1 
bien loin ; & je me tien-* 
drois au défert. 

8 Je me hâterois de mot 
garantir de ce vent excité:> 
par la teippcte. 

9 Seigneur, englouti-les,. 
divife leur langue : car j'ai, 
vu la violence, & les que- 
relles en la ville. 

10 Elles l'environnent 
jour & nuit iur fcs murail- 
les : Toutrage & le tour- 
ment font au milieu d'elle. 

11 Les calamitez ibnj: 
au milieu d'elle; & la trom- 
perie & la fraude ne par^ 
tent point de fes places. 

1 2 Car ce n eil pas mon 
ennemi qui nf a difamé ^ 
autrement je reuile Ibufert : 

1 3 Ce n'eil point celui 
qui m'a en haine, qui s'eft 
élevé contre moi j autre-? 
ment je me fuilc caché de 
lui. 

14 Mais c'eil toi, ô 
homme, qui étois eftimé 
autant que moi, mon gou- 
verneur, & mon familier : 

1 5 Qui prenions plaifir 
à communiquer nos fecrets 
enfemble 3 & qui aillons de 
compagnie en lamaifon de 

Dieu. 

16 Que la moit, com- 

me 



^64- Matin. Les P s e 

me un exadcur, fe jette 
fur eux : qu'ils defeendent 
tous vifs en la foffe : car il 
n y a que des maux parmi 
eux dans leur affemblée. 

17 Mais moi, je crierai 
à Dieu 5 & TEternel me dé- 
livrera. 

ï 8 Le foir, & le matin, 
& à midi, je parlerai & mè- 
nerai bruit j & il entendra 
ma voix. 

19 II délivrera mon ame 
en paix de la guerre qu on 
me fait: car j'ai à faire con- 
tre beaucoup de gens. 

20 Le Dieu Fort l'en- 
tendra, & les accablera: 
car il préfide de toute 
ancienneté : parce qu'il 
n'y a point de change- 
ment en eux, & qu'ils ne 
craignent point Dieu. 

21 Chacun d'eux a jette 
fes mains fur ceux qui vi- 
voient paifiblement avec 
lui, ôc a violé fon acord. 

22 Les paroles de fa 
bouche font plus douces que 
le beurre 5 mais la guerre 
cft dans fon cœur : fes pa- 
roles font plus douces que 
J'huile 5 & néanmoins elles 
font autant d'cntamûres. 

23 Rejette ta charge fur 
rEtcrneJ, ôc il te Soulagera: 

5 



A u M E St Le XI. Jpur. 

il ne permettra jamais quç 
le jufte tombe. 

24 Mais toi, ô Dieu, tu 
les précipiteras au puits dç 
la perdition: 

25 Les hommes fanguî^ 
naires & trompeurs ne par- 
viendront point à la moitié 
de leurs jours : mais moi 
je m'aflurerai en toi. 

Prière du Matin. 
Miferere meiy T)eus, 

Pf. LVI. 

ODieu, aie pitié de 
moi : car Thomme 
mortel m'engloutit & m'o- 
prime, me faifant tout le 
jour la guerre. 

2 Mes efpions m'ont en- 
glouti tout le jour : car, ô 
Très-haut, plufieurs me font 
la guerre. 

3 Le jour auquel je crain- 
drai, je nVaffûrerai en toi. 

4 Je louerai en Dieu ft 
parole: je m'aflure en Dieu, 
je ne craindrai rien> que 
me fera la chair ? 

5 Tout le jour ils tor- 
dent mes propos, & toutes 
leurs penfées font à mal 
contre moi. 

6 Ils s'aflcrublent : ils fç 
tiennent cachez : ils Qbfer- 

vçnt 



Leyii.jouf. Les P 

vent mes talons, atendant 
comment ils furprendront 
mon amc. 

7 Leur moien d^échaper 
c eft par outrage: ô Dieu, 
précipite les peuples en ta 
colère. 

8 Tu as compté mes al- 
lées & venues: mets mes 
larmes dans tes vaiffeaux : 
ne font elles pas écrites 
dans ton régiftre? 

9 Le jour auquel je crie- 
rai à toi, mes ennemis re- 
tourneront en arriére: je 
fai que Dieu eft pour moi. 

10 Je louerai en Dieu 
fa parole: je louerai enTE- 
ternel fa parole. 

1 1 Je m'affùre en Dieu, 
je ne craindrai rien: que 
me fera Thomme ? 

12 O Dieu, tes vœux 
feront fur moi : je te ren- 
drai des aûions de grâces. 

13 Puis que tù as dé- 
livré mon ame de la mort, 
ne gardcrois-tu pas mes 
pieds de broncher ; afin que 
je marche devant Dieu en 
la lumière des vivans > 



Miferere meiy TDeus. 

Pf LVII. 



A 



le pitié de moi, 6 
Dieu 5 aie pitié de 



SEAUMES. Matîff. 365 

moi : car mon ame fe re- 
tire vers toi ; & je me re- 
tire fous l'ombre de tes aî- 
les, jufqua ce que les cala- 
mitez foient paffées. 

2 Je crierai au Dieu fou- 
verain, au Dieu Fort qui 
acomplit fon oeuvre pour 
moi. 

3 II envoiera des cieu^t, 
& me délivrera : il rendra 
honteux celui qui me veut 
dévorer. 

4 Dieu envoiera fa gra- 
tuité & fa vérité. Mon 
ame eft parmi des lions. 

5 Je demeure parmi des 
boutefeux : parmi des hom- 
mes dont les dents font 
des halebardes & des flèches, 
& dont la langue eft* une 
épée aiguë. 

6 O Dieu, élève -toi fur 
les cieuxj & que ta gloire 
foit fur toute la terre. 

7 Ils avoient préparé le 
rets à mes pas : mon amc 
panchoit déjà. Ils avoient 
creufé une foffc devant mois 
mais ils font tombez au- 
milieu d'elle. 

8 Mon cœur eft difpofé, 
ô Dieu: mon cœur eft dif- 
pofé j je chanterai & pfal- 
modierai. 

9 Réveille- toi magloire, 

ré- 



3 66 Mâtin, Les P seau mes 

réveille-toi mtifctte ôc vio- 
lon ; je me réveillerai à 
l'aube du jour. 

lo Seigneur, je te célé- 
brerai parmi les peupiesj 
je te plalmodierai parmi les 
^n^tibns. 

- n Car ta gratuité eft 
grande jufquaux cieux, 6c 
ta vérité jufquaux nues. 

12 O Dieu, élève-toi 
fur l'es cieux 5 & que ta 



gloire ibit fur toute la ter- 



Si vere utique, Pf* l viii; 

EN vérité, vous gens 
de raffemblée, pro- 
noncez-vous ce qui eft juf- 
tc ? Vous fils des hommes, 
jugez-vous avec droiture ? 

2 Au contraire, vous 
tramez des injufticcs dans 
vôtre cœur : vous balan- 
cez la violence de vos 
mains en la terre. 

3 Les médians fe font 
écartez dès la matrice 5 ils 
fc font égarez dés le ven- 
tre de leur mère, proférant 



le menfonge. 

4 Ils ont un venin fem- 
blable au venin du ferpent 5 
& ils font comme Tafpic 
fourd, qui bouche fon o- 
reilie. 



5 Qui n écoute point la 
des enchanteurs, la 

voix du charmeur fort ex- 
pert en charmes. 

6 O Dieu, brife-Ieuf 
lés dents dans leiir bouche : 
Eternel, romps les dents ma^ 
chéliéres des lionceaux. 

7 Qif ils s'écoulent com- 
me de Teau, &C qu ils fe 
fondent : que chacun d'eux 
bande fon arc 5 mais que 
fes flèches foient comme fî 
elles étoient rompues ! 

8 Qu'il s'en aille comme 
un limaçon qui fe fond î 
quils ne voient- point le 
foleil non plus que l'avor- 
ton d'une femme ! 

9 Avant que vos chau- 
dières aient fenti le feu des 
épines, Tardeur de la colère, 
femblable à un tourbillon, 
enlèvera chacun d'eux, com- 
me de la chair crue. 

10 Le jufte fe réjouira, 
quand il aura vu la ven- 
geance : il lavera fes pieds 
au fans; du méchant. 

1 1 Et chacun dira ; Quoi 
qu'il en foit, il y a du fruit 
pour le jufte : quoi qu'il en 
foit, il y a un Dieu qui 
juge en la terre. 



r R I E R î 



£e^^ jour: TLis î?SEAUMEk 
.J?RX,ER.:ç.:PU Soir.. 

"^ri^e'^^Hiè '' Se ïnimicis. 

Pf. LIX. 

Mon Dieu, dclivre- 
fhoi "de mes enne- 
hiis : garànti-moi de ceux 
qui s'élèvent contre moi. 

2 Délivre-mpi des ouvri- 
ers -d'iiiiquif é 5. & me garde 
^ijes hommes Fanguinaires. 
; 3 Car yôiçi, ils mont 
(dreffé des embûches; & des 
gens robuftes-fe font aflem- 
Wez contre moi, bien qu'il 
ii'y ait point en moi de 
^tranfgrelîîon ni de péché, ô 
TEternel. 

^ 4 Ils courent çà & là, & 

fc mettent en ordre, bien 

*quil n y ait point dlniquité 

en moi : réveille- toi pour 

venir au devant de moi, (Se 

' regarde. 

5 Toi donc, 6 Eternel, 
' Dieu des armées, Dieu dlf- 

raël, réveille- toi pour vi- 
fîter toutes les nations : ne 
fai point de grâce à pas 
un de ceux qui outragent 
perfidement. 

6 Ils vont & viennent 
fur le foir, & mènent du 
bruit comme des chiens, 
& font le tour de la ville. 

7 Voilà, ils clabaudcnt 



Soir. i6j 
de leur bouche; il y a des 
épées en leurs lèvres : car 
difent-ils, qtii eft-Ce qui 
nous entend ? 

8 Mais toi, Eternel, tli 
te riras d'eux, tu te mbque^ 
ras de toutes les nations. 

9 A caufe -de fa forcé, 
je regarde à toi : car ^ Dieu 
eft ma haute retraite. 

10 Dieu qui mefavorife 
me préviendra: Dieu ^ me 
fera voir ce que je déiîre, 
en ceux qui m'épient." ' 

1 1 Ne les tuè pas, de 
peur que mon peuple ne 
l'oublie : fai-les trotter par 
ta puiiTance, & les aba. 
Seigneur, qui es nôtre bou- 
clier. 

12 Le péché de leur bou- 
che eft la parole de leuts 
lèvres: qu'ils foient donc 
pris par leur orgueil i car 
ils ne tiennent que des dif- 
cours d'exécration, & de 
mcnfonge. 

1 3 Confume - le» avec 
fureur : confiime-les de for- 
te qu'ils ne foiçnt plus : & 
qu'on fâche que Dieu do- 
mine en Jacob, & jufqu'aux 
bouts de Ja terre. 

14 Qu'ils aillent donc 
& viennent fur le foir, & 
qu'ils mènent du bruit com- 
me 



les Soirl Les Pse 

me des chiens, & faffent le 
tour de la ville. 

15 Qu'ils trottent pour 
trouver a mangerj & qu'ils 
paflent la nuit fans être 
raffafiez. 

16 Mais moi, je chante- 
rai ta force: & je louerai 
dès le matin à haute voix 
ta gratuité 5 parce que tu 
m'as été une haute retraite, 
&: mon refuge au jour que 
j'étois en détrefTc. 

17 Ma force, je te pfal- 
modierai : car Dieu eft ma 
haute retraite, & le Dieu 
qui me favorifc, 

^euSy repulifti nos. Pf. lx. 

ODieu, tu nous as re- 
jettez, tu nous as 
diflîpez, tu t'es courroucé : 
retourne-toi vers nous. 

2 Tu as ébranlé la terre, 
& l'as fendue : guéri fes 
brèches j car elle cft afaif- 
fée. 

3 Tu as fait voir à ton 
peuple des chofes dures : tu 
nous as abrûvez de vin d e- 
tourdiffement. 

4 Mais depuis tu as don- 
né une bannière à ceux 
qui te craignent 5 afin de 
rélever en haut, pour l'a- 
mour de ta vérité : 



AUMEsr Lèxi.joml 

5 Afin que ceux que tu 
aimes foient délivrez. Sau- 
ve-moi par ta droite, & ex* 
auce-moi. 

6 Dieu a parlé dans fon 
Sanduaire : je me réjoui- 
rai i je partagerai Sichem; 
& je mefurerai là vallée de 
Succoth. 

7 Galaad fera à inoi: 
Manafté auflî fera à moîj & 
Ephraïm fera la force de 
mon chefi Juda fera mon 
légiflateur. 

8 Moab fera le baffîn 
où je me laverai: je jette- 
rai monfoulier fur Edom^ 
ô Paleftine, triomphe de 
moi. 

9 Qui fera-cè qui me 
conduira en la ville munie \ 
Qui fcra-ce qui me condui- 
ra jufques en Edom? 

10 Ne fera-ce pas toi, ô 
Dieu, qui nous avois re- 
jettez, & qui ne fortois 
plus, ô Dieu, avec nos ar^ 
mécs ? 

1 1 Donne- nous du fe- 
cours pour fortir de détref- 
fe : car la délivrance qu'on 
atcnd de Thomilie eft va- 
nité. 

1 2 Nous ferons des ac- 
tions de valeur en Dieu, 
6c il foulera nos ennemis. 



Leyin-jour* Ies Pseaumes. Matin. ^69 

Prière du Matin. 
Exaudi T>eus. Pf. lxi. 

ODieu écoute mon cri, 
fois atentif à ma re- 
quête. 

2 Je crierai à toi du 
bout de la terre, lors que 
mon cœur fe pâme : 

3 Condui-moi fur cette 
roche, qui eft trop haute 
pour moi. Car tu m'as 
été pour retraite, & pour 
une forte tour au devant 
de Tennemi. 

4 Je féjourncrai dans ton 
Tabernacle durant un long 
temps: je me retirerai fous 
la cachette de tes ailes : 



5 Car tu as, ô Dieu, 
exaucé mes vœux, & tu 
m*as donné l'héritage de 



craignent 



ton 



ceux qui 
Nom. 

6 Tu ajouteras des jours 
fur les jours du Roi : .& fes 
années feront comme plu 
fleurs âges. 

7 11 demeurera à tou- 
jours en la préfence de 
Dieu : apprête la gratuité 
& la vérité qui le gardent. 

~8 Ainfi je pfalmodierai 
ton Nom à perpétuité, en 
rendant mes vœux chaque 
jour. 



Nonne '^Deo, Pf lxii. 

QUoi qu'il en foit, mon 
.1, ame fe repofe en 
Dieu j c'cfl: de lui que vi- 
ent ma délivrance. 

2 Quoi qu'il en foit, il 
eft mon rocher, & ma dé- 
livrance, & ma haute re- 
traite : je ne ferai pas en- 
tièrement ébranlé. 

3 Jufques à quand ma- 
chinerez - vous des maux 
contre un homme? Vous 
ferez tous mis à mort, & 
vous ferez comme le miu: 
qui panche, & comme la 
cloifon qui a pris coup. 

4 Ils ne font que con- 
fulter pour le faire déchoir 
de fon élévation: ils pren- 
nent piaifir au menfonge : 
ils béniifent de leur bou- 
che ; mais au dedans ils 
maudiflcnt : 

5 Mais toi mon amc,^ 
tien-toi coie, regardant à 
Dieu: car mon atente eft 
en lui. 

6 Qiioi qnîl en foit, il 
eft mon rocher, & ma dé- 
livrance, & ma haute re- 
traite : je ne ferai point é- 
branlé. 

7 En Dieu eft ma déli- 

B b vrancc 



l7a Maiîfil Les P s e a u m e?. Le xïi. jour. 

2 Mon ame a foif de 
toi, ma chair te fouhaitc 
en cette terre déferte, alté- 
rée, & lans eau. 

3 Pour voir ta force & 
ta gloire, ainfi que je t'ai 
contemplé dans ton Sanc-* 
tuairc. 

4 Car ta gratuité "eft 
meilleure que la vie : c'cft 
pourquoi mes lèvres te lou- 
eront. 

5 Et ainfi je te bénirai 
durant ma vie, ôc j'élèverai 



Vrance & ma gloire : en 
Dieu eft le rocher de ma 
force, & ma retraite. 

8 Peuples, contiez- vous 
en lui en tout tcmpsy & 
déchargez vôtre coeur de- 
vant lui: Dieu eft notre 
Ktraite. 

9 Ceux du bas état ne 
font que vanité : les no- 
bles ne font que mentbnge: 
fi on les mettoit tous en- 
femble en une balance, ils 
fe trouveroient plus légers 
que la vanité même. 

10 Ne mettez point vo- 
tre confiance dans la trom- 
,perie, ni dans la rapine : 
ne devenez point vains; 6c 
cj^uand les richeilcs abonde- 
ront, n'y mettez-point vô- 
tre cœur. 

11 E>ieu a une fois par- 
lé, & j'ai ouï cela deux 
ïbis, favoir, que la force cft 
à Dieu. 

12 Et e'eft à toi. Sei- 
gneur, quaparticnt la gra- 
tuité : certainement tu ren- 
dras à chacun félon fou 
IDCuvrc. 

^eusfDeus meus. Pf lxïii. 

ODieu, tu es mon Dieu 
Fort, je te cherche 
au point du jour, 



mes mains en ton Nom. 

6 Mon ame eft raffafiée 
comme de moelle & de 
Q-railTe : & ma bouche te 
loue avec un chant de ré- 
jouïirance. 

7 Qiiand je me fouviens 
de toi dans mon lit; je 
médite de toi durant les 
veilles de la nuit. 

8 Parce que tu m'as été 
en aide 5 à caufe de cela j,e 
me réjouirai en l'ombre de 
tes ailes. 

g Mon ame s'çft ata* 
chéc à toi pour te fuivre : 
& ta droite me maintient» 

10 Mais ceux-ci qui de- 
mandent Cj^ue mon anic 
tombe en ruine, entreront 
au plus bas de la terre. 

1 1 On les fera écoule 



ttByiW.jouf. Ces P se au me s. 

un par un, à coups d'épéc : 
ils feront la portion des 
renards. 

12 Mais le Roi fe ré- 
jouira en Dieu, & quicon- 
que jure par lui s'en glori- 
fiera : car la bouche de 
ceux qui profèrent le men- 
fonge fera fermée. 

Exaudi^ Deus. Pf lxiv. 

ODieu, écoute ma voix 
quand je m'écrie 5 
garde ma vie de la fraicur 
de rennemi. 

2 Tien-moi caché au 
fecret confeil des malins, 
& à la mutinerie des ou- 
vriers d'iniquité : 

3 Qui ont aiguifé leur 
langue comme une épée, 
& ont tiré pour leur flèche 
une parole amère. 

4 Afin de tirer -contre 
celui qui eft entier jufqucs 
dans fes cachettes : ils tirent 
promptement contre lui, & 
Ils n ont point de crainte. 

5 Ils s'affûrent fur de 
mauvaifes afaircs, & tien- 
nent des difcours pour ca- 
cher des laqs : 6c ils difent 5 
Qui les verra ? 

6 Ils cherchent curièufe- 
ment ds:s méchancctez : ils 
ctQt rpjidç tout ce qui fc 



Soir. 37 r 

peut fonder ; même ce qui 
peut être au dedans de 
Phommc, & au cœur Iq 
plus profond. 

7 Mais Dieu a fubitc- 
ment tiré fon trait con- 
tr'eux;, 6c leurs blefllires s'ei^ 
font cnfuivics. 

8 Et ils ont fait tom- 
ber fur eux-mêmes leur 
propre langue; ils trotte- 
ront çà 6c là: chacun le$ 
verra, 

9 Et tous les hommes 
j craindront i 6c ils raconte- 
ront Toeuvre de Dieu 5 6c 
confidercront ce qu'il aura 
fait. 

10 Le jufte fe réjouira 
en rEterncl, 6c fe retirera» 
vers lui : 6c tous ceux qui 
font droits de cœur s'ciy 
glorifieront. 

Prière du Soir. 

Te d€C£t hymnus, Pf Lxr. 

ODicu, la louange t'ar : 
tend dans le iilenci^ 
eu Sion, 6c le vœu tç fc-t 
ra rendu. 

:^ Tu y cntens les re- 
quêtes: toute créature viea-f 
dra jufqu'a toi. 

3 Les iniquitcz avoient 

gagné fur moi 5 mai§ tu fc- 

^h % tu 



372- Soir^ Les Pseaume^; 

tas rcj^piation de nos tranf- 
grcflloiis. 

4 O que bicn-heurenx 
eft celui que tu auras choi- 
it, & que tu auras fait ap- 
procher 5 afin qu il habite 
dans tes parvis l Nous fe- 
rons radaficz des biens de 
ta maifon, des biens du 
faint lieu de ton palais. 

5 O Dieu de nôtre dé- 
livrance, tu nous répondras 
par des chofcs terribles, 
faites avec juilice, toi qui 
es raiîurance de tous les 
bouts de la terre, & des 
plus éloignez de la mer. 

6 II tient fermes les 
montagnes par fa force,, & 
il eft ceint de puiïïance. 

7 II apaife le bruit de 
lô mer, le bruit de fes on- 
des, & rémotion des peu- 
ples. 

8 Et £eux qui habitent 
aux bouts de la terre, ont 
peur de tes prodiges : tu 
rens gayes les iffuès du ma- 
tin 6c du foir. 

9 Tu vifites la terre, & 
après que tu Tas rendue al- 
térée, tu Tenrichis ample- 
cnent : 

10 Le ruiflcau de Dieu 
eft plein d'eau : tu prépares 



Le t'u.jûtifv 

leurs blez, après que tti l'as 
ainfi préparée. 

1 1 Tu arofes fes filions, 
& tu aplainis fes raïons : 
tu l'amollis par la pluie 
menue, & tu bénis fon ger- 
me. , , ; 

12 Tu couronnés Tan-^ 
née de tes biens, & tes or- 
nières dégoûtent la graif- 
(e. ' ' "■-*- A^^r^y-'^ 

1 3 Elles dégoûtent Tùif 
les loges du déferti & les 
coteaux font ceints ^ de 
joie. .i ; 

14 Les campagnes font 
revêtues de troupeaux, êc 
les vallées font couvertes 
de froment: elles en tri- 
omphent, & elles en chaa- 
tent. 

Juù/late T>eo\ Pf. Lxvi;: 

1"^Oute la terre, jettez 
à<z^ cris de réjouïf- 
lance à Dieu. Pfalmodicz 
la gloire de fon Nom : ren- 
dez fa louange glorieufe. 

2 Dites à Dieu i ô que 
tu es terrible en tes faits ! 
tes ennemis te* mentiront 
pour la grandeur de ta 
force. 

5 Toute la terre fe prof 
ternera devant toi^ & te 

plal. 



jt<? xii. joîtri 

pfalmodiera: elle pfalmo- 
dicra ton Nom. 

4. Venez, àc voicx les 
faits de Dieu : il cfl tcr- 
l-iblc en exploits ilir les fils 
des hommes. 

5 11 a tourné la mer en 
ïinc terre fèche j on a paf- 
fé le fleuve à pied fec 5 & 
là nous-nous fommes ré- 
jouis en lui. 

6 II domine par fa puif- 
fance éternellement : les 
yeux prennent garde fur 
Les nations: les revêciics 
îde fe pourront point éle- 
ver. 

7 Peuples, bcniffez nô- 
tre Dieu, & faites retentir 
le fon de fa louange. 

8 C'eft lui qui a remis 
nôtre ame en vie, &- qui 
n'a point permis que nos 
pieds bronchaÛent. 

9 Car, ô Dieu, tu nous 
avois fondez ; tu nous a- 
yois affinez, commp on af- 
fine Targent. 

10 Tu nous avois ame- 
nez aux filets 5 tu avois mis 
une étreinte en nos reins. 

1 1 Tu avois fait mon- 
ter les hommes fur nôtre 
tçte, & nous étions entrez 
dans le feu 6c dans l'eau : 



Te s Ps eau me s. Soir. 3 7Ï 

mais tu nous as fait fottir 
en un lieu fertile. 

12 j'entrerai dans ta 
maifon avec des holocauf^ 
tes, & je te rendrai mes 
vœux. Lefquels mes lè- 
vres ont proférez, & que 
ma bouche a prononcez, 
lors que j'étois en dé- 
treflc. 

1 3 je to frirai des holo- 
cauftes de bétes moelleufes, 
avec la graille des moutons 
laquelle on fait fumer : je 
te facrifierai des taureaux 
& des boucs. 

14 Vous tous qui craigr 
nez Dieu, venez, écoutez; 
& je raconterai ce qu'il a 
fait a mon ame. 

15 Je l'ai invoqué de 
ma bouche, & il a été exal- 
té par ma langue. 

16 Si j'euile penfé quel- 
que outrage dans mon 
cœur, le Seii^^neur ne nVeut 
point écouté. 

17 Mais certainement 
Dieu m'a écouté 5 & il ?; 
été atçntif à la voix de ma 
fupli cation. 

18 Bni foit Dieu qui 
n'a point rejette ma fupli- 
cation, ô£ qui n'a point é- 
loi<j:né de moi fa gratuité; 



Bb 3 



T>0is 



5 74 Matîn. Les P s b a ù M e' ^ Le Jiiii.jouf. 

2 Tu les chafleras, com- 



^eus mifereatnr, 

Pf. LXVII. 

Dieu aie pitié de nous, 
& nous bcnillc, <5c 
folie iuire fa face fur nous. 

2 Afin que ta voie foit 
connue en la terre, & ta 
délivrance parmi toutes les 
nations. 

3 Les peuples te célé- 
breront, 6 Dieui tous les 
peuples te célébreront. 

4 Les peuples ie réjoui- 
ront, & chanteront de joie : 
parce que tu jugeras les 
peuples en équité; & que 
tu conduiras les nations 
fur la terre. 

5 Les peuples te célé- 
breront, ô Dieu 'y tous les 
peuples te célébreront. 

6 La terre produira fou 
fruit y Dieu, nôtre Dieu, 
pôus bénira. 

7 Dieu nous bénira : & 
tous les bouts de la terre 
le craindront. 

Prière du Matin. 
Exurgat T>eus. Pf. ivxviii. 

QUe Dieu fp lève, & 
fes ennemis feront 
diljpçffez 5 & ceux qui le 
liaiffent s'çnfuiront dç de- 
vant lui. 



me la fumée cft chaflce par 
le vent : comme la cire fe 
fond devant Iç feu, ainiî 
les méchans périront de- 
vant Dieu. 

3 Mais les juftcs fe ré- 
jouiront 6c s'égaieront de- 
vant Dieu, & treflailliront 
de joie. 

4 Chantez à Diçu, pfal- 
niodiez fon Nom, exaltez 
celui qui eft monté fur les 
ciçux 5 fon Nom eu TEterr 
nel 5 & égaiez-vous en fa 
préfence. 

5 II eft le Père des or- 
phelins^ ôc le Juge des veu- 
ves : Dieu eft dans la de- 
meure de fa Sainteté. 

6 Dieu fait habiter en 
famille ceux qui étoient 
fculs : il délivre ceux qui 
étoient enchaînez i mais le3 
revéches demeurent en une 
terre défertc. 

7 O Dieu, quand tu for- 
tis devant ton peuple, quand 
tu matchois par le défert: 

8 La terre trembla 5 & 
les cieux dégoûtèrent pour 
la préfence de Dieu : ce 
mont de Sinaï trembla pour 
la préfence de Dieu, du 
Dieu dlfrael. 

9 O Dieu, tu as fait 

tomber 



%^ n^uhjour. Les 
tomber une pluie abondan- 
te fur ton héritage : ôc 
quand il ctoit las, tu l'as 
remis. 

10 Ton troupeau s'y cfl 
tenu. Tu aconimodcs de 
tes biens, celui qui eil: a- 
fli^é, 6 Dieu. 

1 1 Le Seigneur a donne 
dçquoi parler : les meila- 
gers de bonnes nouvelles 
ont été une grande armée. 

1 2 Les Rois des armées 
s en font fuis: ils s'en font 
fuis; 6c celle qui fe tenoit 
à la maifon, a partagé le 
butin. - 

13 Quand vous auriez 
couché entre les chenets 
arangez, vous ferez comme 
les aîlcs d'un pigeon cou- 
vert d'argent, «5c dont les 
ailes font comme la cou- 
leur jaune du fin or. 

14 Qiiand le Tout-puif 
fant difiipa les Rois en cet 
héritage, il devint blanc, 
comme la neige qui cil en 
Tfalmon. 

1 5 La montagne de Dieu 
cft vin mont de Baian 5 une 
montagne bofllie, un mont 
de Baian. 

16 Pourquoi fautelez- 
vous contr'elle, montagnes 
î^oiTuesî Dieu a défifé cet- 



PsEAUMES. Afaéin» 3 7 S} 

te montagne pour y habi- 
ter^ 6c l'Eternel y demeure- 
ra à jamais. 

1 7 La chevalerie de Dieu 
le compte par vingt millc^ 
par des milliers redoublez ; 
le Seigneur cil au milieu, 
d'eux : ç eft un Sinaï ciil 
Sainteté. 

1 8 Tu es monté en haut: 
tu as mené captifs les pri- 
fonniers: tu as pris des dons 
pour les diftribuer entre les 
hommes, 6c même entre 
les rebelles; afin qu'ils ha- 
bitent dans le lieu de TE- 
terncl Dieu. 

19 Béni foit le Seigneur, 
qui tous les jours nous 
comble de fes biens: le 
Dieu Fort eft nôtre déli- 
vrance. 

20 Le Dieu Port nous 
ell un Dieu Fort pour nous 
délivrer: 6c les ifùiës de 1^ 
mort font a TEternel le Sei- 
iineur, * 

2 1 Certainement Dieu 
tranfpercera le Chef de fes 
ennemis, le Ibmmet de la 
perruque de celui qui mar- 
che dans fes vices. 

22 Le Seigneur a dit: 
]e ferai retourner les miens 
de Bafauj je les ferai rç- 
tourner du fond de lamçn 

B b 4 23 



%76 Soir^. Les Pseaumes. 

2 3 Afin que ton pied, & 
la langue de tes chiens s'en- 
fonce dans le fang des en- 
nemis, dans le fang de cha- 
cun d'eux. 

24 O Dieu, ils ont vu 
tes démarches dans le lieu 
faint, les démarches de mon 
pieu Fort, mon Roi. 

25 Les chantres aioient 
devant, enfuite les joueurs 
d mftrumens : & au milieu 
les jeunes filles, jouant du 
tabourin. 

26 BénilTez Dieu dans 
les ailemblécs : béniffez le 
Seigneur, vous qui êtes de 
la fource d'Ifraëi. 

27 Là, Benjamin le petit 
a dominé fur eux ^ les prin- 
cipaux de Juda ont été leur 
acablement de pierres : la, 
ont dominé les principaux 
de Zabulon, & les princi- 
paux de Ncphthali. 

28 Ton Dieu a ordonné 
ta force. Donne force, 6 
Dieui c'efl toi qui nous as 
fait ceci. 

29 Dans ton Temple, à 
Jérufalem, les Rois t'amè- 
neront des prefens. 

30 Tance rudement \qs 
bêtes fauvages des rofeaux, 
lalfembléc d^s forts taure- 
aiiX:, ^ les v^aux des peu- 



Leynn, jùur 

pies, & ceux qui fe mon- 
trent parez de lames d'ar- 
gent : il a dilîîpé les peu- 
ples qui ne demandent quç 
U guerre. 

3 1 De grands Seigneurs 
viendront d'Egypte : Cus fç 
hâtera d'étendre fes mains 
vers Dieu. 

3 2 Roiaumes de la terre, 
chantez à Dieuj pfalmo- 
diez au Seigneur. 

33 Pfalmodiez à celui 
qui eft monté dans les cieux 
des cieux qui font d'anci- 
enneté i voilà, il fait re- 
tentir de fa voix un fon 
véhément. 

34 Atribuez la force à 
Dieu : fa magnificence eft 
fur Ifrael, & fa force eft 
dans \z% nuées. 

3 5 O Dieu, tu es re- 
douté, à caufe de tes Sanc- 
tuaires. Le Dieu Fort d'if- 
raiil eft celui qui donne for- 
ce & puitlance à fon peu- 
ple : Béni foit Dieu. 

Prière du Soir, 

Sal'Vnm mefac, Pf lxix, 

DElivre-moi, ô Dieu, 
car les eaux me font 
entrées jufques dans l'ame. 
2 je fuis enfoncé "dans 

un 



lue xiu.jôurl Les Pseaumes. 

un bourbier profond, dans 
lequel il n'y a point où 
prendre pied : je fuis entré 
au plus profond des eaux; 
& le fil des eaux fe débor- 
dant;, m'emporte. 

3 Je fuis las de crier, 
mon gofier en eft afleché : 
mes yeux font défaillis pen- 
dant que j'atens après mon 
Dieu. 

4 Ceux qui me haïffenr 
fans caufe, paffcnt en nom- 
bre les cheveux de ma tête : 
ceux qui tâchent à me rui- 
ner, & qui me font enne- 
mis à tort, fc font renfor- 
cez. 

5 J'ai alors rendu ce que 
je navois point ravi. O 
Pieu, tu çonnois ma folie, 
& mes fautes ne te font 
point cachées. 

6 O Seigneur Eternel 
des armées, que ceux qui 
s'atendent à toi, ne foicnt 
point rendus honteux à 
caufe de moi : & que ceux 
qui te chei'chcnt ne foicnt 
point confus, à caufe de 
inoi, ô Dieu d'Ifraël. 

7 Car pour Tamour de 
tpi, j'ai foufcrt Toprobrcj & 
la honte a couvert mon 
yifage. 

^ Je fiii^ devenu étran- 



Soir. 177 

ger à mes frères^ ôc un hom- 
me de dehors aux enfans de 
ma mère. 

9 Car le zèle de ta mai-, 
fon m'a rongé : & les blâ-^ 
mes de ceux qui te bla- 
m oient, font tombez fut 
moi. 

10 Et j'ai pleuré en jeû- 
nant à part moi : mais ce- 
la m'a été tourné en blâme, 

11 J'ai auflî pris un fac 
pour vêtemens 5 mais je 
leur ai été un fujet de rail- 
lerie. 

12 Ceux qui font ailis 
à la porte difcourent de 
moij & je fers de chan^? 
fon à ceux qui yvrognent, 

13 Mais pour moi, ma 
requête s'adreile à toi, o 
Eternel. Il y a un temps 
de ton bon-plaifir, ô Dieu, 
félon la grandeur de ta gra* 
tuïté. 

14 Répon-moi, fclon \\ 
vérité de ta délivrance. 

1 5 Délivre-moi de la 
bourbe 5 & fai que je n'y 
enfonce point $ôc que je fois 
délivré de ceux qui me hait- 
fent, & des eaux profondes. 

16 Que le fil ^cis eaux 
fe débordant, ne m'emporte 
point 5 & que le gouffre ne 
nVçngloutiffe points «5c que 

le 



'57 8 Soir. L E 5 P s È A û M È i. Le xïir. jou^: 



k puits ne ferme point fa 
gueule fur moi. 

1 7 Eternel, exauce-moi ; 
car ta gratuité eft bonne : 
tourne ta face vers moi, 
Iclon ia grandeur de tes 
conipa'ffions. 

1 8 Et ne cache point ta 
face arriére de ton fervi- 
teur; car je fuis en détref- 
fe: hâte-toi, exauce-moi. 

19 Aproche-toi de mon 
âme, rachettc-la ; délivre- 
moi, à caufc de mes jcnnc- 
mis. 

2 G Tu connois toi-mê- 
me mon oprobre, & ma 
honte, ôc mon ignominie: 
tous mes ennemis font de- 
vant toi. 

21 Loprobre m'a rom- 
pu le cœur, & je fuis lan- 
guiilant : j'ai atendu que 
ciuelqifun eut compafïïon 
de moi 3 mais il n'y en a 
pomt eu : & j'ai atendu 
cies confolateurs 5 mais je 
(\c\\ ai point trouvé. 

22 Ils îiTont au contraire 
donne du fiel pour mon 
repas ; & dans ma foif ils 
m ont abreuvé de vinaigre. 

23 Q^ie leur table leur 
foit en iaqs devant eux : 
êc que ce qui tend à prof- 
pçrkc leur foit en piège. 



24 Que leurs yeux foi- 
ent tellement obfcurcis , 
qulls i^cn puiffcnt point 
voir : & fai continuelle- 
ment chanceler leurs reins. 

25 Répan ton indigna- 
tion fur eux j ôc que l'ar- 
deur de ta colère les fai- 
fiffe. 

26 Que leur palais foit 
défoléj & qu'il n'y ait per* 
fonne qui habite dans leurs 
tentes. 

27 Car ils pt^rfécutent 
celui que tu avois frapé ^ 
& font leurs contes de la 
douleur de ceux que tu a- 
vois bleilez. 

2 8 Mets iniquité fur leur 
iniquité : & qu'ils n'entrent 
point en ta juftice. 

29 Qu'ils foient éfacez 
du Livre de vie 5 & quiU 
ne foient point écrits avec 
les juftes. 

30 Mais pour moi, qui 
fuis afligé, & dans la dou- 
leur, ta délivrance, ô Dieu^ 
m'élevera en une haute rc: 
traite. 

3 1 Je louerai le Nom 
de Dieu par des Cantiques, 
& le magnifierai par une 
louange folemnelle. 

32 Et cela plaira plus à 
rEtcmcl qu'un t?;ureau, plus 



^Lç ^w.jouf. Les P s e a u m e j. Matin. 5 7 9 
qu'un veau qui a dçs cornes. 



& l'ongle divife. 

33 Les débonnaires le 
verront, §c ils s'en réjoui- 
ront $ 6c vôtre cœur vivra : 
lecœur, dis-je, de vous tous 
qui cherchez Dieu. 

34 Car TEternel exauce 
les mifcrables, & ne mé- 
pyife point fes prifonniers. 

35 Qiie les cieux & la 
terre le louent j que la 
nier & tout ce qui le re- 
mue en elle, le louent auflî. 

36 Car Dieu délivrera 
Sion, & bâtira les villes de 
Juda : & on y habitera, & 
on la poflèdcra. 

37 Et la poilérité de fes 
ferviteurs Théritera ; & ceux 
qui aiment fon Nom de- 
jp.icureront en elle. 

T^eus^ in adjutorium. 

Pf. LXX. 

ODicu, hâte-toi de me 
délivrer: ô Dieu, 
hatc-toi de venir à mon 
aide. 

z Qi-ie ceux qui cher- 
ciiçnt mon ame ibicnt hon- 
teux & rougiffent : & que 
ceux qui prennent plaifir a 
mon mal foient repouffez 
en arriére^ ôc foient confus. 

3 Que^ ceux qui difcxu j 



Aha, Aha, retournent en 
arriére, pour la recompenfe 
de la honte quils mont 
faite. 

4 QLie tous ceux qui te 
cherchent s'égaient, èc fo 
réjouïtlcnt en toi : 6c que 
ceux qui aiment ta déli- 
vrance, difent toujours 3 
Magnifié foit Dieu. 

5 Or je fuis afligé 6c 
miferable ; 6 Dieu, hâte- 
toi de venir vers moi. 

6 Tu c$ mon aide ^ 
mon libérateur : ô Eternel, 
ne tarde point. 

PîiiERE DU Matin. 
In te:, T)omine, fperavi. 

Pf. LXXl. 



E 



Ternel, je me fuis re- 
tiré vers toi, fai que 
je ne fois jamais confus. 
Délivre-moi par ta juftice, 
6c me garanti : incline ton 
oreille vers moi, 6c me mets 
en fureté. 

2 Sois-moi pour un ro^ 
cher de retraite ; afin que 
je nfy puifle toujours re- 
tirer: tu as donné mande- 
ment de me mettre en fu- 
reté : car tu es monroclier, 
6c ma fortereffe. 
1 3 Mon Dieu, délivre- 
mai 



3 8o Matin. liÊsr P s ê £xi'U\ s. Èetiv. jour, | 
moi de la main du me- 1 ennemis de mon ame foient 



chant, de la main du per- 
vers, & de TopreÛeur. 

4 Car tu es mon atente, 
wScigneur Eternel, & ma 
confiance des ma jeuneffe. 

5 ]'ai été apuié fur toi 
dès le ventre de ma mère : 
c eft toi qui m'as tiré hors 
des entrailles de ma mère : 
tu es le lu jet continuel de 
mes louanges. 

6 j'ai été à plufieurs 
comme un monftre : mais 
tu es ma forte retraite. 

7 Qiic ma bouche foit 
remplie de ta louange, & 
de ta magnificence chaque 
jour. 

8 Ne me rejette point 
au temps de ma vlcilleile: 
ne m'abandonne point 
maintenant que ma force 
eft défaillie. 

9 Car mes ennemis ont 
parlé de moi, & ceux qui 
épient mon ame ont pris 
confcil cnfemble , difant 5 
Dieu l'a abandonné: pour- 
Kiivez-lc, & le faififîez : 
car il ny a perfonne qui 
le délivre. 

10 O Dieu, ne t'éloigne 
point de moi : mon Dieu 
hâte- toi de venir à mon aide. 

11 Que ceux— •qui font 



honteux 6c défaillent : & 
que ceux qui cherchent 
mon mal foient envèlopez 
d'oprobre & de honte. 

12 Mais moi, j'atendrai 
toujours 5 & j'ajouterai à 



toute ta louange r 

13 Ma bouche racontera 
chaque jour ta juftice ôc ta 
délivrancci bien que je n'en 
fâche point le nombre. 

14 |e marcherai par la 
force du Seigneur Eternel: 
je raconterai ta feule juftice,, 

1 5 O Dieu, tu m'as en- 
feigné dès ma jeuneflc, & 
j'ai anoncé jufqu'à préfeui 
tes merveilles: 

16 Je les ai anoncées 
jufqu'à la vieillefic, même 
jufqu'à la vieilleife toiic^* 
blanche : p Dieu, ne m'a- 
bandonne point, jufqu'à ce 
que j'aie anoncé ton bras 
à cette génération, & ta 
puiilance à tous ceux qui 
viendront après. 

17 Car ta juftice, ô Dieu> 
eft haut élevée, parce que 
tu as fait de grandes choies : 
O Dieu, qui eft Icmblabk 
à toi ! 

1 8 Qiii m'aiant fait voir 
plufieurs détrelTes & plu- 
iiçurs înaux, m'as de nou- 



Le xiv. jour. Le s P s 

veau rendu là vie, & nVas 
fait remonter hors des a- 
bîmes de la terre! 

19 Tu acroîtras ma 
grandeur i' & tu niê coiifo- 
leras encore. i^' - 1 

- 2a Auiîî, mon Dieurfe 
te célébrerai pour Tamour 
de ta vérité avec rinftru- 
ment de la niufette: ô 
Saint dlfnel, je te pfalmo- 
dierai avec le violon. 

21 Mes lèvres, Ôc mon 
ame que tu auras rache- 
tée, chanteront de joic^ 
quand je te pfalmodierai. 

2-2 Ma langue auflî dif- 
courra chaque jour de ta 
juftice i parce que ceux qui 
cherchent mon mal feront 
honteux, & rougiront. 

^euSyjudicium, Pf lxxïi. 

ODieu, donne tes ju- 
gemcns au Roi, & 
ta juftice au fils du Roi. 

2 Qu'il juge juftement 
ton peuple, & équitable- 
ment ceux des tiens qui 
feront afligez. 

3 Qiie les monmgnes por- 
tent la paix pour le peuple, 
& que les coteaux la por- 
tent en juftice. 

4 Qn'û fafle droit aux 
^igez d entre le peuple : 



EAÛKES." Alatin. 381 

qu'il délivre les enfans du 
miferablc, ôc quil froiftc; 
lopreftcur. 

: 5 Ils te craindront tant 
que le foleil & la lune du- 
reront, dans tous les âges. 

6 II defcendra comme la^ 
pluie fur le regain, & com- 
me la menue pluie fur, 
rherbe fauchée de la terre, 

7 En fon temps le jufte. 
fleurira, & il y aura abon- 
dance de paix, jufquà ce 
qu il n y ait plus de lune. 

8 Même il dominera de- 
puis une mer jufquà l'autre, 
& depuis le fleuve jufqu aux 
bouts de la terre. 

9 Les habitans des dé- 
ferts fe courberont devant 
lui 5 & fes ennemis léche- 
ront la poudre. 

10 Les Rois deXarfîs & 
des Ifles lui préfenteront 
des dons : les Rois de Sceb^ 
& de Seba lui aportcront 
des.prefens. 

1 1 Tous les P^ois aufli 
fe profterneront devant lui* 
toutes les nations le fervi- 
ront. 

12 Car il délivrera ic 
miferable criant à lui, & 
l'afligé, & celui qui n a pcr- 
fonne qui l'aide. 

13 Ilauracoinpaflîondu 

chccif 



3S2 Soif] 

chetif & du mifcrablc 5 & 
ii fauvcra les âmes des mi- 
fcrables. 

14 11 garantira leur ame 
de la fraude & de la vio- 
lence: & leur fang fera pré- 
cieux devant fes yeux. 

15 II vivra donc, ôcon 
lui donnera de for de Scba, 
& on fera des prières pour 
lui continuellement : ôc on 
le bénira chaque jour. 

1 6 Une poignée de fro- 
ment étant feméc dans la 
terre, au fommct des mon- 
tagnes, fon fruit mènera 
du bruit comme les ar- 
bres du Liban 5 6c les 
hommes fleuriront par les 
Villes, comme llicrbc de la 
terre. 

1 7 Sa renommée durera 
à toujours 5 fa renommée 
ira de père en fils tant que 
le foleil durera: 6c on fe 
bénira en lui : toutes les 
cations le publieiont bien- 
heureux. 

18 Béni ibit l'Eternel 
Dieu, le Dieu dlfraëJ, qui 
fcul fait des chofes mer- 
veilleufes, 

19 Béni foit aufïï éter- 
nellement le Nom de fa 
gloire: ôc que toute la terre 
foit remplie de fa gloire 
Amen,, ouï;, Amen. 



Les PsEAûMES.^ Lexxv.jou/] 



PitIÈRE DU SoiRv 1:1 

^am bonus IfraeL 

Pf. LXXIII. .^ 

QUoi qu'il en foit, Dieu 
fc^cft bon à Ifraël, la- 



voir, à ceux qui font netsr 
de cœur. . r .. .; .. > 

2 Or quant à moi, mes 
pieds m ont prefque man- 
qué, & il s'en eft peu fal- 
lu que mes pas naient 

guné. 

3 Car j'ai porté envie 
aux infenfez, en voiant la? 
profpérité des méchans. 

4 Parce qu il n'y a point 
d'étreintes en leur mort : 
mais leur force eft en fou 
emier. 

5 Us ne font point ax 
travail avec les autres hom- 
mes5 & ils ne font point 
batus avec ks autres hpm- 
mc5- 

6 C'cft pourquoi lor- 
gueil les environne, com- 
me un carquant i & un vê- 
tement de violence les cou- 
vre, 

7 Les yeux leur fortent 
dehors à force de graille : 
ils furpaflént les delTeins de 
leur cœur. 

8 Ils font pernicieux, & 

I par- 



ti^ ynv.jôuf. 

parlent malicieufcment d'o- 
primer : ils parlent comme 
îiaut montez. 

9 Ils mettent leur bou- 
che aux cieux; & leur lan- 
gue trotte par la terre. 

10 C'efl: pourquoi fon 
peuple en revient la, quand 
on lui fait fuccer Teau à 
plein verre. 

11 Et ils difentj Com- 
inent le Dieu Fort coxmoî- 
troit-il, 6c y auroit-U de la 
Qonnoiffance au Souverain } 

12 Voila, ceux-ci font 
tnéchans, & étant à leur 
aife en ce monde, ils a- 
«juicrcnt de plus-cn-plus des 
richeflcs. Quoi quil en 
foit, c'efl: en vain que j'ai 
tiettoié mon cœur, & que 
j'ai lavé mes mains dans 
Tinnoccnce. 

13 Car j'ai été batu tous 
les jours; &mon châtiment 
rcvenoit tous les matins. 

14 Mais quand j'ai dit : 
J'en parlerai ainfi, voilà, 
j'ai été infidèle a la géne- 
iration de tes cnfans. 

15 Toutefois j'ai taché 
à connoîtrc cela : mais il 
m'a fcmblé fort fâcheux. 

16 Jufques à ce que je 
fois entré aux fanjftuaires^ 
4u Dieu Foit^ & que j'aie 



Les Pseaumes^ Soir. 3^3, 

confideré la fin de telles 
gens. 

17 Qiioi qu'il en foit, 
tu les as mis en des lieux 
gliflans i tu les fais tombée 
dans des précipices. 

I S Comment ont-ils ain-» 
fi été déuruits en un mo- 
ment ? font-ils défaillis ^ 
ont-ils été confumcz de- 
pouvantemcns > 

19 Us font comme un 
fonge lors qu'on s'efl: ré- 
veillé. Seigneur tu met- 
tras en mépris leur refiem- 
blance, quand tu te réveil- 
leras. 

20 Or quand mon cœuî; 
s'aigriflbit, ôc que je me 
tourmentois en mes reins ; 

21 J'étois alors abruti, 
& n^avois aucune connoit 
fance: j'étois une groflq 
bête à ton égard. 

22 Je ferai donc toâr 
jours avec toi: tu m'as pri^. 
par la main droite, 

2 3 Tu me conduiras pax^ 
ton coiiiciU & puis tu me 
recevras dans la gloire. 

24 Quel autre ai-je au 
Ciel ? Or je n'ai pris plai- 
fir fur la terre en rien qu 
en toi fcuL 

2i Ma chair & mon 
CQPur dtoicnt défaillir : ni^is 

Dieu 



584 Soif. Les 

Dieu eft le rocher de mon 
cœur, ôc mon partage à 
toujours. 

26 Car voilà, ceux qui 
s'éloignent de toi, périront: 
tu retrancheras tous ceux 
qui fe détournent de toi. 

27 Mais pour moi, apro- 
cher de Dieu eft mon bien : 
j'ai aiîis ma retraite fur le 
Seigneur Eternel i afin que 
je raconte tous tes ouvra- 
ges. 



Ut quid, T>eus, Pf. lxxiv. 

ODicu, pourquoi nous 
as-tu rejettcz pour ja- 
mais? & pourquoi fume 
ta narine contre le trou- 
peau de ta pâture ? 

2 Souvien-toi de ton af- 
femblée que tu as aquife 
d'ancienneté. 

3 Tu t es aproprié cette 
montagne de Sion, fur la- 
quelle tu as habité 5 afin 
qu elle fut la portion de ton 
héritaiz:e. 



P S E A u M E s. Lé XIV. jour. 

6 Là, chacun fe fàifoit 
voir, ramenant en haut les 
haches à travers le bois en- 
trelaffé. 

7 Et maintenant avec 
des coignées & des mar- 
teaux ils brifent enfenlble 
fes entaillûres. 

8 Ils ont mis en feu tes 
fanéluairesi & ont profané 
le Pavillon dédié à ton 
Nom, Tabatant par terre. 

9 Ils ont dit en leur 
coeurs Sacageons-les tous 
enfemble : ils ont brûlé 
toutes les Synagogues du 
Dieu Fort fur la terre. 

10 Nous ne voions plus 



nos enfeigneç ; il n'y a 
plus de Prophètes 5 & il n'y 
a aucun avec nous qui fâ- 
che jufques à quand. 

1 1 O Dieu, jufques a 
quand Tadverfaire te cou- 
vrira-t-il doprobrcs? L'en- 
nemi méprifera-t-il ton 
Nom à jamais? 

12 Pourquoi retires -tu 



4 Avance tes pas vers ta main, même ta droite? 
les mafures de perpétuelle | confume-les en la tirant 
durée: l'ennemi a tout gâté du milieu de ton fein. 

au lieu Saint. 1 3 Or Dieu eft mon Roi 

5 Tes adverfaires ont d'ancienneté, faifant des dé- 
rugi au milieu de tes Syna- livrances au milieu de la 
gogues : ils ont mis leurs terre. 

enfeignes pour enfeignes. 14 Tu as fendu la mer 

I i par 



Le KV.jourl Les P s e a u m e s. Matin. 585 

fen ta caufe 5 fouvien - toi 
de loprobre qui t'efl fait 
tous les jours par rinfenfé. 
24 N'oublie point le eri 
de tes adverfaires : le bruit 
de ceux qui s'élèvent contre 
toi monte continuellement. 



par ta force 5 tu as caffé les 
têtes des baleines fur les 
eaux. 

15 Tu as brifé les têtes 
de Lévicithan? tu l'as donné 
en viande au peuple des 
hàbitans des dcferts. 

1 6 Tu as ouvert la fon- 
taine & le torrent 5 tu as 
defféché les grofîes rivières. 

17 A toi eft le jour, à 
toi aulli eft la nuit : tu as 
établi la lumière & le fo- 
leil. 

1 8 Tu as pofé toutes les 
limites de la terre : tu as 
formé l'Eté & l'Hiver. 

1 9 Souvien - toi de ceci, 
que l'ennemi a blafphemé 
l'Eternel, & qu'un peuple 
infenfé a outragé ton Nom. 

20 N'abandonne point 
à la troupe de telles gens l'a- 
me de ta tourterelle : n'ou- 
blie point à jamais la trou- 
pe de tes afligez. 

2 1 Regarde à ton alian- 
ce : car les lieux téné- 
breux de la terre font rem- 
plis de cabanes de violence. 

22 Ne permets pas que 
celui qui eft foulé s'en re- 
tourne tout confus: & fai 
que l'afligé & le pauvre 
louent ton Nom. 

2 3 O Dieu, lève-toi? dé- 



Priere du Matin. 
Confit ebimur tibi. Pf. lxxvJ 



o 



Dieu, nous t'avons 
célébré, nous t'avons 
célébré : 

2 Et ton Nom nous é- 
toit prochain : on a racon* 
té tes merveilles. 

3 Qiiand j'aurai accepté 
l'affignation, je jugerai droi- 
tement. 

4 Le pais s'écouloit avec 
tous ceux qui y habitent : 
mais j'ai afermi fes piUers. 

5 J'ai dit aux fous 5 Ne 
faites point des fous : & 
aux méchans % N'élevca 
point la Corne. 

6 N'élevez point vôtre 
Corne en haut 5 6c ne par- 
lez point avec un cou en* 
durci. 

7 Car l'élévation ne vient 
point d'Orient, ni d'Occi- 
dent, ni du défert. 

S C arc eft Dieu qui gou- 
C c vernci 



VS6 Matin, Ies Pseàùmes. 

Verne i il abaiffc l'un, & 
clèvG Tautrc. 

9 Même il y a une coupe 
en la main de rEtcrnel, & 
le vin rougit dedans : il eft 
picIn de mixtion, ôc Dieu 
en ver le : 

10 Certainement tous 
les médians de la terre en 
fuceront, & boiront les lies. 

1 1 Mais moi, j'en ferai 
le récit à toujours: jepial- 
modierai au Dieu de Jacob. 

12 Et je retrancherai 
toutes les Cornes des mé- 
dians : mais les Cornes du 
jufte feront élevées. 

/ Notus in yiidicâ. 

Pf. LXXVI. 

Dieu eft connu en Ju- 
dée y fa renommée 
eft grande en Ifraël. 

z Et fon Tabernacle eft 
dans Salem, & fon domi- 
cile en Sion. 

3 Là, il a rompu les arcs 
étincelans, le bouclier, fé- 
pée, 6c la bataille. 

4 Tu es rcfplendiflant, 
6c plus magnifique que les 
montagnes de ravage. 

5 Les plus courageux ont 
été étourdis ^ ils ont été 
dans un profond afToupif 
fement 5 & aucun de ces 



Le x^, jout 

hommes vaillans n'a trou- 
vé fcs mains. 

6 O Dieu de Jacob, les 
chariots & les chevaux ont 
été aflbupis quand tu les 
as tancez, 

7 Tu es terrible, Toii 
6c qui eft-ce qui pourra fub- 
fifter devant toi, dès que ta 
colère paroît> 

8 Tu as fait entendre des 
cieuxlc jugement: la terre 
en a eu peur, 6c s'cft tenue 
coi: 

9 Qiiand tu te levas, a 
Dieu, pour faire jugement, 
pour délivrer tous les dé- 
bonnaires de la terre. 

10 Certainement la co- 
lère de riiomme retournera 
à ta loiiange : tu troufleras 
le refte de ces colères. 

1 1 Vouez, 6c rendez vos 
vœux à TEternel votre Dieu, 
vous tous qui êtes autour 
de lui; 6c quon aporte des 
dons au Redoutable. 

12 II vendange Tefprit 
des Condudeurs : il eft re- 
doutable aux Rois de la 
terre. 



Voce me à ad T)ominum. 

Pf LXXVII. 

A voix s'adrelTe à 

Dieu, 6c je crierai: 

ma 



M 



he \v, jour. 

ma voix s'adrefTe 
& il m'écoutera. 

2 J'ai cherché le Sei- 
gneur au jour de ma dé- 
treffe : nia plaie couloit du- 
rant la nuit, & ne ceffoit 
point : mon ame refufoit 
d'être confolée. 

3 Je me fouvenois de 
Dicu;, 6c me tourmentois: 
je menois bruit, & mon 
efprit étoit tranfi : 

4 Tu avois empêché mes 
yeux de dormir 5 j'étois 
tout troublé, & ne pouvois 
parler. 

5 Je penfois aux jours 
d'autrefois, & aux années 
des fiècles paffez. 

6 II me fouvenoit de ma 
mélodie de nuit : je mé- 
ditois en mon cœur, & 
mon efprit cherchoit dili- 
gemment, en difantj 

7 Le Seigneur m'a-t-il 
rejette pour toujours ? & 
ne continuëra-t-il plus à 
m avoir pour agréable? 

8 Sa gratuité eft- elle dé- 
faillie pour jamais ) fa parole 
a-t-elle pris fin pour tout 
âge. 

9 Le Dieu Fort a-t-il ou- 
blié d avoir pitié ? a-t-il ref- 
ferré par courroux fcs com- 
paflions ? 



Le s P s e a tr m e s 

à Dieu, 



Matin. 3S7 

10 Puis j'ai dit; C'cftbien 
ce qui nVaiFoiblit : mais la 
droite du Souverain chane:c. 

11 Je me fuis fouvenu 
des exploits de TEternel : 
je me fuis, dis- je, fouvenu 
de tes merveilles d'autre- 
fois. 

12 Et j'ai médité toutes 
tes œuvres^ & j'ai difcouru 
de tes exploits, en difant; 

13 O Dieu ta voie eft 
dans ton Sanduaire. Ç^ui 
eft Dieu Fort, & grand, 
comme Dieu? 

14 Tu es le Dieu Fort 
qui fais des merveilles: tu 
as fait connoître ta force 
parmi les peuples. 

1 5 Tu as délivré par ton 
bras ton peuple, les enfans 
de Jacob «5c de jofeph. 

1 6 Les eaux t'ont vu, ô 
Dieu 5 les eaux t'ont vu, & 
ont tremblé ; même k$ a- 
bîmes en ont été c'rïius. ' ^ 

17 Les nuées ont épan- 
du des inondations d'eaux : 
les nuées ont fait retentir 
leur fon : tes traits aufti 
ont volé çà & là. 

18 Le fon de ton ton* 
nerre étoit dans la rondeur 
de Tair; les éclairs ont é- 
clairé la terre habitable 5 la 

Ce 2 terre 



3SS Soir.' L ES Ps 

terre en a été émue, & en 
a tremblé. 

19 Ta voie a été par la 
nier, & tes fenticrs dans les 
groiles eaux : & néanmoins 
tes traces n'ont point été- 
connues. 

20 Tu as mené ton peu- 
ple comme un troupeau, 
fous la conduite de Moïfe 
ÔL d'Aaron. 

PR 1ERE DU S6IR. 

Attenditéy popttle, 

Pf. LXXVIII. 

M On peuple écoute 
ma Loi , inclinez 
vos oreilles aux paroles de 
ma bouche. 

2 Jbuvrirai ma bouche 
en fmiilitudes : je dégorge- 
rai les chofes notables du 
temps d'autrefois, 

3 Lefquelles nous avons 
ouïes & connues, & que 
nos pères nous ont racon- 
tées. 

4 Nous ne les cèlerons 
point à leurs enfans : & ils 
raconteront à la génération 
à venir les louanges de 
rEternei, & & force, & izs 
merveilles qu'il a faites. 

5 Car il a établi le té- 
moignage en Jacob, (5cii a 



EAUME5. Le yiv.'jouf. 

mis la Loi en Ifraël : & 
il donna charge à nos pères 
de les faire entendre à leurs 
enfans. 

6 Afin que la génération 
à venir, les enfans, dis-je, 
qui naîtroient, les connût: 

7 Et qu'ils fe milTent en 
devoir de les raconter à 
leurs enfans : 

8 Et afin qu ils miffent 
leur confiance en Dieu : & 
qu'ils noubliaffent point 
les exploits du Dieu Fort: 
& qu'ils gardalTent fes conv 
mandcmens. 

9 Et qu'ils ne fuffent 
point, comme leurs pères, 
une génération revêche 6c 
rebelle, une génération qui 
n'a point rangé Ton cœur, 
& î'efprit de laquelle n'a 
point été fidèle au Dieu 
Fort. 

10 Les enfans d'Ephraïm 
armez entre les archers, 
ont tourné le dos, le jour 
de la bataille. 

1 1 Ils n'ont point gardé 
l'aliance de Dieu; & ont 
refufé de marcher félon fa 
Loi. 

I 2 Et ils ont mis en ou- 
bli Ces exploits & Çts mer- 
vcilles> qu'il leur avoit fait 
voir. 



Le ^y.jourl L'es Pseaumes. Soir. 389 

13 II a fait des miracles! il en eft forti des torrens 



en la préfcnce de leurs pè- 
res, au pais d'Egypte, au ter- 
ritoire de Tfohan. 

14 11 a fendu la mer, 
& les a feit pafier au travers, 
& il a fait arrêter les eaux, 
comme un monceau. 

15 Et il les a conduits 
de jour par la nuée, & toute 
la nuit par une lumière de 
feu. 

16 II a fendu les rochers 
au défert, ôc leur a donné 
abondamment à boire, com- 
me sll eut puifé des abî- 
mes. 

17 lia fait, dis-je, fortir 
des ruiffeaux de la roche, & 
en a fait découler des eaux, 
comme des rivières. 

1 8 Toutefois ils conti- 
nuèrent à pécher contre lui, 
irritant le Souverain au dé- 
fert. 

19 Et ils tentèrent le 
Dieu Fort dans leurs coeurs, 
en demandant de la viande 
qui fut à leur apétit. 

20 Et parlèrent contre 
Dieu, difant ,* Le Dieu Fort 
nous pourroit-il drciïer une 
table en ce défert ? 

21 Voilà, dirent- ils, il 
a frappé le rocher, & les 
eaux en font décoiilécs, Ôc 



abondamment 5 mais pour- 
roit-il aullî donner du pain? 
aprêteroit-il bien de la 
chair à fon peuple? 

22 C'eil: pourquoi TE- 
tcrnel les aiant ouïs, fc 
mit en grande colère 5 & 
le ica s'embrala contre Ja- 
cob 5 & fa colère monta 
contre Ifracl. 

2 s Parce qu'ils n'avoicnt 
point cru en Dieu, & ne 
s'étoient point afiurez de 
fa délivrance. 

24 Bien qu'il eut donné 
commandement aux nuées 
d'cnhaut, & qu'il eut ou- 
vert les portes des cieux i 

25 Et qu'il eut fait pleu^ 
voir la manne fur eux, afin 
qu'ils en mangeaflentj ôc 
qu'il leur eut donné le fro- 
ment des cicux : 

26 Tellement que cha- 
cun mangcoit du pain des 
puiiïans : il leur envoia donc 
de la viande à fufifance. 

27 II excita dans les cieux 
le vent d'Orient; Ôc il amena 
par fa force le vent de Midi. 

28 Et il fit pleuvoir lur 
eux de la chair, comme la 
pouflîére, 6c des oifeaux 
voians, eu une quantité 
pareille au fable de la mer. 

Ces dru 



590 Soir 4. Les Ps 

dru comme le fablon de 
la mer. 

2 9 Et il la fit tomber 
au milieu de leur camp, & 
autour de leurs pavillons. 

30 Et ils en mangèrent, 
& en furent pleinement ral- 
fafiez : car il avoit acom- 
pli leur fouhait. Mais ils 
nen avoient pas encore 
perdu Tenvie ; 

3 I Et leur viande étoit 
encore dans leur bouche, 
quand la colère de Dieu 
monta contr'eux , & quil 
mit à mort les gras d'cn- 
tr'eux, & abatit les gens 
d'élite dliraëi. 

3 2' Nonobitant cela, ils 
péchèrent encore, & n'ajou- 
tèrent point de foi à Çzs 
merveilles. 

3 3 C'eft pourquoi il çon- 
fuma foudainement leurs 
jours, & leurs années prom- 
ptement. 

34 Quand il les mcttoit 
à mort, alors ils le recher- 
choient, & fe retournoient: 
^ iis cherclioient le Dieu 
Fort des le matin : 

3 5 Et ils fe fouvenoient 
que Dieu étoit leur rocher 5 
& que le Dieu Fort & Sou- 
vci^ain étoit celui qui les 
délivi'oit. 



E A U M E s. Le XV. jôUf. 

l6 Mais ils faifoicnt 
beau femblant de leur bou- 
chci & ils lui mentoient de 
leur langue; 

37 Car leur cœur ne- 
toit point droit envers lui 5 
& lis ne furent point fidèles 
en fon aliance. 

3 8 Toutefois, comme il 
eft pitoiable, il pardonna 
leur iniquité, tellement qu il 
ne les détruifit point, 

39 Mais il révoqua fou- 
vent fa colère, & n émut 
point toute fa fureur. 

40 Et il fe fouvint qu'ils 
n étoient que chair, 6c qu'un 
vent qui pafle, & qui ne 
revient pomt. 

41 Combien de fois Font- 
ils irrité au déferti & com- 
bien de fois Font- ils en- 
nuie dans ce lieu inhabita- 
ble? 

42 Car coup fur coup 
ils tentoient le Dieu Fort, 
6c bornoient le Saint dli- 
raëi. 

43 Ils ne fe font point 
fouvenus de fa main, ni du 
jour qu il les avoit délivrez 
de la main de celui qui 
les afligeoit. 

44 Ils ne fe font point 
fouvenus de celui qui avoit 
fiiit fes fignes en Egypte, 

''6c 



JLfB XV. jour, 

6c fes miracles au territoire 
de Tfohan : 

45 Et qui avoir tourné 
en fang leurs rivières & 
leurs ruifleauxi afin quils 
n en puffent point boire. 

46 Et qui avoit envoie 
contre eux une mêlée de 
bêtes, qui les mangèrent, 
& des grenouilles, qui les 
détruifirent. 

47 Et qui avoit donné 
leurs fruits aux vermif- 
feaux, & leur travail aux 
fauterelles. 

48 Qui avoit détruit 
leurs vignes par la grêle, 
ôc leurs fycomores par les 



orages. 



Les Ps eau m es. Soir. ^9Î 

les prémices de la vigueur 
dans les tentes de Cam. 

5 3 Qui avoit fait partir 
fon peuple, comme des 
brebis 5 & qui l'avoit me- 
né par ledéfcrt comme un 
troupeau. 

54 Et qui les avoit con- 
duits fûrement, & fans qu'- 
ils enflent aucune fraieur 
là, où la mer couvrit leurs 
ennemis. 

5 5 Et "qui les avoit in- 
troduits en la contrée de fa 
Sainteté, favoir, en cette 
montagne que fa droite a 
conquifc : 

56 Et qui avoit chafle 
de devant eux les nations 
qu il leur a fait tomber en 
lot d1iérita2;c; & avoit fait 



49 Et qui avoit livré 
leur bétail à la grêle, &: 
leurs troupeaux aux fou- habiter les Tribus d'Ifraël 

dans les tentes de ces na- 
tions. 

57 Mais ils ont tenté 
& irrité le Dieu Souverain, 
ôc n'ont point gardé £zs té- 



dres etincelantes. 

50 Qiii avoit envoie fur 
eux Tardeur de fa colère, 
grande colère, indignation 
6c détreife, qui font un en- 
voi de meilagers de maux. 

5 1 Qui avoit drcffé le 
chemin à fa colère, 6c n a- 
voit point retiré leur ame 
de la mort : 6c qui avoit 
livré leur bétail à la mor- 
talité. 



moignages. 



58 Et ils fe font retirez 
en arriére, 6c le font por- 
tez infidèlement, ainfi que 
leurs pères: 6c ils fe font 
renverfcz, comme un arc 
qui trompe. 

59 Et ils l'ont provoqué 



52 Et qui avoit frapé 
tout premier né en Egypte, là Ki colère par icm*s hauts 

l C c 4 lieux. 



3 92. Matin. Les 

lieux j & Tont ému à laja- 
loufie par leurs images tail- 
lées. 

60 Dieu Ta ouï, & seft 
nn.s en grande colçre, 6c 
a pris fort à dédain Ifraei. 

61 Et il a abandonné le 
pavillon de Silo, le Taber- 
nacle où il habitoit entre 
les hommes. 

<5 2 Et il a livré en cap- 
tivité la force & fon orne- 
ment, entre les mains de 
l'ennemi. 

63 Et il a livré fon peu- 
ple à répée, & s'eft mis 
en grande colère contre 
fon héritage. 

64 Le feu a confumé 
leurs gens d'élite : 6c leurs 
vierges n'ont point été 
louées. 

6 5 Leurs Sacrificateurs 
font tombez par 1 epée ? 6c 
leurs veuves n'en ont point 
fait le deuil. 

66 Puis le Seigneur s'eft 
réveillé comme un homme 
qui fe fcroit endormi, 6c 
comme un puiflant hom- 
me qui s'écrie aiant encore 
ic vin dans la tête. 

67 Et il a frapé fes ad- 
vcrfaires par derrière, & les 
a mis en oprqbrc perpé- 
tuel. 



P s E A U M E s. Là XVI. J0Ut% 

68 Mais il a dédaigné 
le Tabernacle de Jofeph, 



Se n'a point choifi la Tribu 
d'Ephraïm. 

69 Mais il a choifi la 
Tribu dejuda, la montag- 
ne de Sion, laquelle il ai- 
me : 

70 Et il a bâti fon Sanc- 
tuaire comme des bâtimens 
haut élevez, 6c la établi 
comme la terre qu'il a fon- 
dée pour toujours. 

71 Et il a choifi David 
fon ferviteur, 6c la 'pris 
des parcs àzs brebis j 

72 11 Ta pris, dis-)e, da- 
près les brebis qui alaitent, 
6c Ta amené pour paître 
Jacob fon peuple, 6c Ifraël 
Ion héritage. 

7^ Aulll les a-t-il repus 
félon l'intégrité de fon 
cœur, 6c les a conduits 
par la fage direction de fes 
mains. 

Prière du Matin, 



'Deus.njencrunt. PfLXxix. 

Dieu, les nations font 
entrées dans* ton hé- 
5 on a profané le 
Temple de ta Sainteté j 6c 
on a mis Jérufalem en 
monceaux de pierres. 



o 



ntage 



Le -^vi.joufr. Les P 

2 On a donné les corps 
morts de tes fervitcurs pour 
viande aux clfeaux des 
ckux, & la chair de tes 
bi.en-aimez aux bêtes de la 
terre ; 

3 On a répandu leur 
fang comme de Teau à Ten- 
tqur de Jérufalem 5 & il n'y 
avoit perfonne qui les en- 
févelit. 

4 Nous avons été en o- 
probre à nos voifins, en 
moquerie & en raillerie à 
ceux qui habitent autour de 

AOUS. 

5 Jufques à quand, ô 
Eternel ) Te courrouceras- 
tu à jamais? Ta jaloiifie 
s'embrafera-t-elle, comme 
un feu? 

6 Répan ta fureur fur 
les nations qui ne te con- 
noiffent point, & fur les 
Roiaumes qui n invoquent 
point ton Nom. 

7 Car on a dévoré Ja- 
cob, & on a dé foie fon 
plrâfant logis. 

8 Ne rapellp point de- 
vant nous les iniquitez 
commifes ci-devant : ôc que 
tes compalîîons nous prévi- 
ennent : car nous fomm:s 
devenus fort chcrifs. 

p O Dieu de nôtre dé* 



s E A u :nî E s. mat m. 3 9 J 

livrance, aide -nous pour 
Tamour de la gloire de ton 
Nom, 6c nous délivre : & 
pardonne-nous nos péchez 
pour famour de ton Nom. 

1 o Pourquoi diroient les 
nations? Où eft leur Dieu? 

1 1 Qiie la vengeance du 
fang de tes ferviteurs, qui 
a été répandu, foit mani- 
feftée parmi les nations en 
nôtre préfence. 

12 Que le gémiflement 
des prifonniers vienne en 
ta préfence: mais referve, 
félon la grandeur de ta 
puilTance, ceux qui font 
déjà vouez à la mort. 

13 Et ren$ à nos voi- 
fins dans leur fcin, fept 
fois au double ioprobrc 
qu'ils t'ont fait, ô EtcrneU 

14 Mais nous, ton peu- 
ple, & le troupeau de ta 
pâture, te célébrerons 4 
toujours d'âgc-en-âge , ôc 
raconterons ta louange. 

§^i régis Ifrael Pf lxxîç, 

TOj qui pais Ifraël, 
prête l'oreille : toi 
qui mènes Jofcph comme 
un troupeau, toi, qui es af- 
iis entre les Chérubins, fai 
reluire ta fpkndeur. 

2 Réveille ta puidancc 

au 



3 94 Matin] Les Pseaumes 

au devant d'Ephraïm, de 
Benjamin, & de Manaffc : 
& viens à notre délivrance. 

3 O Dieu, ramène-nous, 
6c fai reluire ta face: & 
nous ferons délivrez. 

4 O Eternel, Dieu des 
armées, jufques à quand fu- 
meras-tu contre la requête 
de ton peuple? 

5 Tu les as nourris de 
pain de larmes: & tu les as 
abrûvez de pleurs à grande 
mefure. 

6 Tu nous as mis pour 
débat entre nos voifins : & 
nos ennemis fc moquant 
de nous entre eux. 

7 O Dieu des armées 
ramène-nous, ôc fai reluire 
ta facci & nous ferons dé- 
livrez. 

8 Tu avois tranfporté 
une vigne hors d'Egypte : 
tu avois chaffé les nations, 
& ru Tavois plantée. 

9 Tu avois préparé une 
place devant elle 5 &tu lui 
avois fait prendre racine j 
& clic avoit rempli la 
terre. 

10 Les montagnes étoi- 
cnt couvertes de fon ombrcj 
6c fes rameaux étoient com- 
me de hauts cèdres. 

11 Elle avoir étendu, fes 



Le xvi. jour^x 

branches jufqu.^ la mer, 6c 
fes jettons iufqu'au fleuve. 

12 Pourquoi as-tu rom- 
pu fes cloifonsi de forte 
que tous les paflans en ont 
cueilli les raifins ? 

13 Les fangliers de la 
forêt Ibnt détruite: 6c tou- 
tes fortes de bêtes fauvages 
lont broutée. 

14 O Dieu des armées 
retourne, je te prie : re- 
garde des cieux, 6c voi, 6c 
vifite cette vigne, 

15 Et le plant que ta 
droite avoit planté, 6c les 
provins que tu avois fait 
devenir forts pour toi. 

16 Elle eft brûlée par 
feu, elle eft retranchée : 
ils périffent dès que tu te 
montres pour les tancer. 

1 7 Que ta main foit fur 
rhomme de ta droite, fur 
le fils de rhomme que tu 
t'es fortifié. 

18 Et nous ne nous re- 
tirerons point arriére de 
toi. Ren - nous la vie, 
6c nous invoquerons ton 
Nom. 

1 9 O Eternel,' Dieu des 
armées, ramène-nous, 6c 
fai reluire ta face : 6c nouî 
ferons délivrez. 



Le yiyi' jouK Les Ps 
Exîiltate T>eo. Pf. lxxxi. 

C Hantez gaiement à 
Dieu, qui eft nôtre 
force 5 jettez des cris de 
réjouïfTance en Thonneur 
du Dieu de Jacob. 

2 Entonnez le Canti- 
quej prenez le tambour, & 
le violon agréable, & la 
mufette. 

3 Sonnez la trompette 
en la nouvelle lune, en la 
folemnité, pour le jour de 
nôtre fête. 

4 Car c eft un ftatut à 
Ifraël, une ordonnance du 
Dieu de Jacob. 

5 II établit cela pour 
témoignage en Jofeph, lors 
quil fortit contre le païs 
d'Egypte, où j'ouïs un 
langage que je n entendois 
pas. 

6 Jai retiré, dit-il, fes 
épaules de deffous la char- 
ge : & fes mains ont été 
retirées arriére des pots. 

7 Tu as crié étant en 
détreffe, & je t'en ai reti- 
ré 5 je t'ai répondu dans la 
cachette du tonnerre : 

8 Je t'ai éprouvé auprès 
des eaux de Mériba : 

9 Ecoute, mon peuple, 
je te fommcrai : Ifraël, ô 
fi tu m'écoutois ! 



EAUMES* Matin. 395 

10 II n'y aura point au 
milieu de toi de Dieu é- 
trangerj & tu ne te prof- 
terneras point devant les 
dieux des étrangers. 

11 Je fuis l'Eternel ton 
Dieu, qui t'ai fait monter 
hors du païs d'Egypte : ou- 
vre grandement ta bouche, 
& je l'emplirai. 

1 2 Mais mon peuple n'a 
point écouté ma voix : & 
Ifraël ne m'a point eu à 



erre* 



1 3 C'efl: pourquoi je les 
ai abandonnez à la dureté 
de leur cœur ; & ils ont 
marché félon leurs con^ 
feils. 

14 O fi mon peuple 
m'eut écouté î fi Ifraël eut 
marché dans mes voies ! 

15 J'euffe en un inftant 
abatu leurs ennemis, & 
j'euile tourné ma main 
contre leurs adverfairçs. 

16 Ceux qui haïiTent 
l'Eternel lui auroient mentir 
& le temps démon peuple, 
eut été à toujours. 

17 Et Dieu Teut repu 
de la moelle du froment \ 
& je t'euffe, dit-il, raffafié 
du niicl de la roche. 

Prierîj 



S96 Soir, L E5 P s E A u M E 5. Le XVI. jour. 



Prière du Soir. 

^eus ftetit, Pf. lxxxii. 

Dieu affifte dans Taf- 
fcmbléc du Dieu Fortj 
il juge au milieu des Ju- 
ges. 

2 Jufques à quand ju- 
gerez-vous injuftement, & 
aurcz-vous égard à Tapa- 
rence de la perfonne des 
naéchans \ 

3 Faites droit au chetif, 
& à lorphclin ; faites juf- 
ticÊ à Tafligé, & au pau- 
vre : 

4 Délivrez le chetif & 
le IbufFreteux 5 retirez-le 
de la main des méchans. 

5 Ils ne connoifTent ni 
n'entendent rien : ils mar- 
chent dans les ténèbres: 
tous les fondemens de la 
terre font ébranlez. 

6 J'ai dit. Vous êtes 
des dieux, & vous êtes 
tous enfans du Souverain : 

7 Toutefois vous mour- 
rez comme les hommes 5 & 
vous qui êtes les princi- 
paux tomberez, comme un 
autre. 

8 O Dieu, lève-toi, ju- 
ge la terre: car tu auras en 
îiéi'itasc toutes les nc^tions. 



^euSy qtiis fimilis, 

Pf. LXXXIII. I 

ODieu ne te tien 
point coi 5 ne te tai 
point : & ne te tien point; 
en repos, ô Dieu Fort. 

2 Car voici, tes enpemxs 
bruientj & ceux qui te 
haïflent ont levé la tête. 

3 Ils ont confulté fine- 
ment en fecret contre ton 
peuple; & ils ont tenucon- 
feil contre ceux qui fe font 
retirez vers toi, pour fe ca- 
cher. 

4 Ils ont dit 5 Venez, & 
détmifons r les, en forte 
qu'ils ne foient plus une 
nation, & quon ne faife 
plus riiention 4u nom d'if- 
raçl, 

5 Car ils ont confulté 
enfemble d'un même cou- 
rage, ils ont fait aliance 
contre toi. 

6 Les tentes des Idu» 
méens, des Ifmaëlites, des 
Moabites, & des Haga- 
riens : 

7 Les Guébalites, \z% 
Hammonites, les 'Amaléci- 
tes, & les Philiilins, avec 
les habitans de Tyr. 

8 i\flur aullî s'eft joint 
avec eux : ils ont fcrvi de; 

bras 



X^^ 3tvii jûuf. Les 1? 

bras aux cnfans de Lot : 

9 Fai-leur comme tu fis 
à Madian, comme à Siféra, 
& comme à Jabin, auprès 
du torrent de Kifon. 

10 Qui furent: défaits à 
Hen-dor> & fervirent de fu- 
mier à la terre. 

1 1 Fai que les princi- 
paux d'entr'eux foient,com- 
me Horeb, & comme 
Zéebi ôc que tous leurs 
Princes foient comme Zé- 
bah & Tfalmunah : 

1 2 Parce qu^ils ont dit 5 
Conquerons-nous les lieux 
plaifans de Dieu. 

13 Mon Dieu, rcn-les 
fcmblables à une boule, & 
au chaume chafle par le 
vent: 

14 Comme le feu brû- 
le une forêt, & comme la 
flamme embrafe les mon- 
tagnes. 

1 5 Pourfui-les ainfi par 
ta tempête; Ôc épouvante- 
les par ton tourbillon. 

ï6 Rempli leurs vifages 
d'ignominie ; afin qu on 
cherche ton Nom, ô Eter- 
nel : 

1 7 Qu'ils foient honteux 
& épouvantez à jamais 5 
qu'ils rougiflent, & qu'ils 
périment: 



s E A u M E 5. 4$V/V. 3 97 

18 Afin qu'on connoifle 
que toi feul, qui as nom 
l'Eternel, es Souverain fur 
toute la terre. 

^am dile^a /Pf. lxxxiv. 

ETernel des armées, 
combien font aima- 
bles tes Tabernacles ! 

2 Mon ame défire gran- 
dement, & même elle dé- 
faut après les parvis de l'E- 
ternel: mon cœur & ma 
chair treffaillent de joie 
après le Dieu Fort & vi- 
vant. 

3 Le paflereau même a 
bien trouvé j& mai Ton, ôc 
l'hirondelle fon nid, où el- 
le a mis fes petits : Tes au- 
tels, ô Eternel des armées, 
mon Roi, & mon Dieu ! 

4 O que bien-heureux 
font ceux qui habitent en 
ta maifon, & qui te louent 
inceifamment ! 

5 O que bien-heureux 
eft l'homme dont la force 
eft en toi, & ceux au cœur 
defquels font les chemins 
batus! 

6 PafTant par la vallée 
de Baca, ils la réduifent en 
fontaine : la pluie aulli 
comble les marais. 

7 Ils vont de bande en 
bande 



5 9^ Sotr. ttà P s E 
bande pour fe préfenter de- 
vant Dieu en Sion. 

8 Eternel, Dieu des ar- 
mées, écoute ma requête: 
Dieu de Jacob, prête io- 
reille : 

9 O Dieu, nôtre bou- 
clier, voi, & regarde la 
face de ton Oint. 

• 10 Car mieux vaut un 
jour en tes parvis, que mil- 
le ailleurs. 

1 1 J'aimerois mieux me 
tenir à la porte en la mai- 
fon de mon Dieu, que de 
demeurer dans les tentes 
des méchans. 

12 Car TEternel Dieu 
nous eft un foleil & un 
bouclier : l'Eternel donne 
grâce & gloire, &c il n'épar- 
gne aucun bien à ceux qui 
marchent dans l'intégrité. 

13 Eternel des armées, 
ô que bien -heureux eft 
l'homme qui lé confie en 
toi! 

Benedixijîiy domine, 

Pf. LXXXV. 

ETernel, tu t'es apaile 
envers ta terre; tu as 
ramené, & mis en repos 
les prifonniers de Jacob. 

2 Tu as pardonné l'ini- 
quité de ton peuple, ôc tu 



A ù M Ë s. Le XVI. jour, 

as couvert tous leurs pe--^. 
chez : 

3 Tu as retiré toute ta- 
colère : tu es revenu deTar- 
deur de ton indignation, f 

4 O Dieu de nôtre déli- 
vrance, rétabli- nous : & fai' 
ceilcr la colère que tu as 
contre nous. 

5 Seras-tu courroucé à 
toujours contre nous? fe- 
ras-tu durer ta colère d'âge- 
en â2;e ? 

6 Ne reviendras-tu pas 
à nous rendre la vie ; afin 
que ton peuple le réjouifle 
en toi ? 

8 Eternel, fai-nous voir 
ta gratuité 5 & acorde-nous 
ta délivrance. 

8 J'écouterai ce que di- 
ra le Dieu Fort, l'Eternel i 
car il parlera de paix à fon 
peuple & à fcs bkn-aimez : 
mais que jamais ils ne re- 
tournent à leur folie. 

9 Certainement fa déli- 
vrance eft proche de ceux 
qui le craignent,- afin que 
la gloire habite en nôtre 
pais. 

I o La gratuite & la vé- 
rité fe font rencontrées 5 la 
juftice & la paix fe font 
entrcbaifées. 

I I La vérité germera de 

la 



Le yivn.jourl Les P 

la terre: & la juftice regar- 
dera des deux. 

12 UEternel aufli don- 
nera le bien, tellement que 
nôtre terre rendra fon fruit. 

13 La juftice marchera 
devant lui 5 & il la mettra 
par tout où il paffera. 

Prière du Matin. 

Indinay domine. 

Pf. LXXXVI. 

ETernel, incline ton o- 
reille , répon - moi : 
car je fuis afligé & mifera- 
ble. 

2 Garde mon ame; car 
je fuis un de tes bien-ai- 
mez : ô toi mon Dieu, dé- 
livre ton ferviteur, qui fe 
confie en toi. 

3 Seigneur, aie pitié de 
moi i car je crie à toi tout 
le jour. 

4 Réjoui" famé de ton 
ferviteur : car j'élève mon 
ame vers toi. Seigneur. 

5 Parce que toi, 6 E- 
ternel, es bon 6c clément, 
& de grande gratuité en- 
vers tous ceux qui t'invo- 
quent. 

6 Eternel , prête l'oreil- 
le à ma prière 5 & fois at- 
tentif à la voix de mes fu- 
plic^tions. 



s E A û M E s. Matin. 3 99^ 

7 Je tlnvoque au jour 
de ma détreffe j car tu m ex- 
auces. 

8 Seigneur, il n'y a au- 
cun entre les dieux qui 
foit femblable à toi, & il 
n'y a point de telles œu- 
vres que les tiennes. > 

9 Seigneur, toutes les 
nations que tu as faites vien- 
dront, ôc fe proftcrneront 
devant toi, & glorifieront 
ton Nom: 

10 Car tu es grand, & 
tu fais des chofes mervcil- 
leufes: tues Dieu, toi fcul. 

1 1 Eternel , enfeignc- 
moi tes voies, & je mar- 
cherai en ta vérité: range 
entièrement mon cœur à 
craindre ton Nom. 

1 2 Seigneur mon Dieu,, 
je te célébrerai de tout mon 
cœur, ôc je glorifierai ton 
Nom à toujours. 

13 Car ta gratuité eft 
grande envers moi : & tu 
as retiré mon amc d'un fé- 
pulcre profond. 

14 O Dieu, des gens or- 
gueilleux fe font élevez 
contre moi : & une bande 
de gens terribles qui ne 
t'ont point eu devant leurs 
yeux, a cherché ma vie. 

15 Mais toi. Seigneur^ 
I tu. 



Mai. 



Les Pseaumes;- 



400 Mann, 

tu es le Dieu Fort, pitoia- 
blc, mifcricordieux, tardif 
à colère, 6c abondant en 
gratuité & en vérité. 

16 Tourne-toi vers moi, 
6c aie pitié de moi : donne 
ta force à ton ferviteur, dé- 
livre le fils de ta fervante. 

1 7 Montre - moi quel- 
que figne de ta faveur, & 
que ceux qui me haïflent 
le voient, & ibient honteux ; 
parce que tu m'auras aidé, 
ô Eternel, 6c m'auras con- 
folé. 

Rmdamenta ejus, 

Pf. LXXXVII. 

SA fondation eft dans les 
fairites montagnes. UE- 
ternel aime les portes de 
Sion, plus que tous les Ta- 
bernacles de Jacob. 

2 Ce qui fe dit de toi, 
Cité de Dieu, font (X<zs 
chofes glorieufes: 

3 Je ferai mention de 
Rahab 6c de Babylone,entre 
ceux qui me connoifient : 

4 Voici la Palcftine, 6c 
Tyr, 6c Cus: Celui-ci, di- 
foit-on, eft né là : 

5 Mais de Sion il fera 
dit 5 Celui-ci 6c celui-là y 
eft né : 6c le Souverain lui- 
même rétablira. 



1 

Le tvit JûUfK 

6 Quand rEternel en- 
régiftrera les peuples, il dé- 
nombrera auflî ceux-là, 6c 
il dira 5 Celui-ci eft né là : 

7 Et les 'chantres, de 
même que les joueurs de 
flûtes, 6c toutes mes four- 
ces feront en toi. ', 



E 



Tûomine ^eus. 

Pf. LXXXVIII. 

Ternel, Dieu de ma 
délivrance, je cric 
jour 6c nuit devant toi. 
Que ma prière vienne en 
ta préfence : ten ton oreil- 
le à mon cri. 

2 Car mon amc a tout 
fon faoul de maux, 6c ma 
vie eft venue jufqu'au fé- 
pulcre. 

3 On m'a mis au rang 
de ceux qui defcendent en 
la fofle > Je fuis devenu 
comme un homme qui n a 
plus de vigueur. 

4 Séqueftré parmi les 
morts, comme les bleifez à 
mort couchez au fépulcre, 
defquels il ne te fouvient 
plus, 6c qui font retranchez 
par ta main. 

5 Tu nVas mis en une 
fofle des plus baffes, dans 
des lieux ténébreux, dans 
des lieux profonds. 

6 



%eK'^ihjouf. Les Pseaumes^ 

6 Ta fureur s'eft jettée 
fur moi 5 & tu m'as aca- 
blé de tous tes flots : 

7 Tu as éloigné de moi 
ceux de qui j etois connu s 
tu m'as mis en une ex- 
trême abomination devant 
euXi 

8 Je fuis reclus, telle- 
ment que je ne puis for- 
tir. 

9 Mon œil languit d'a- 
flidion: Eternel, je crie à 
toi tout le jour 3 j'étens 
mes mains vers toi. 

10 Feras- tu un miracle 
envers les morts? ou les 
trépafTez fe relèveront- ils 
pour te célébrer ? 

11 Racontera -t- on ta 
gratuité dans le fépulcre ?, 
& ta fidélité dans le tom- 
beau? 

iz Connoîtra-t-on tes 
merveilles dans les ténè- 
bres j & ta juftice au pais 
d oubli > 

1 3 Mais moi, ô Eternel, 
je crie à toi; 6c ma prière 
te prévient dès le matin. 

14 Eternel, pourquoi re- 
jettes-tu mon ame? pour- 
quoi caches-tu ta face de 
moi? 

1 5 Je fuis afligé 6c com- 
me rendant lefprit dès ma 



Soir* 401' 

jeunefl^Ci j'ai foufert tes 
éfrois, 6c je ne fais ou 
j'en fuis. 

16 Les ardeurs de ta co- 
lère font pairécs fur mcfi, 
6c tes étonnemens m'ont 
retranché. 

17 Ils mont tout le 
jour environné comme des 
eaux i ils m'ont entouré 
tous enfemblc. 

1 8 Tu as éloigné de moi 
Tami, même fintimc ami: 
6c ceux de qui je fuis 
connu me font des ténè- 
bres. 

P R I E R E DU Soir. 
Mifericordias ^omini. 

Pf LXXXIX. 

JE chanterai les gratuï- 
tez de TEternel â tou- 
jours : je manifefterai de 
ma bouche ta fidélité d âge 
en âge. 

2 Car j'ai dit 3 Ta gra- 
tuité continue à toujours, 
comme les cieuxs tu as é- 
tabli en eux ta fidélité, 
quand tu as dit j 

3 J'ai traité aliance a- 
vec mon élu : J'ai fait fer- 
ment à David mon fcrvi- 
teur, en difant i 

4 J'établirai ta race à 

D d toa- 



402 Sûîr. Les Ts'EKVUv.sl Lé yiVix.jou^i 
toujours-, &)'afemiirai ton| 12 Tu as crééTAquilon 



trône dage-en-âge. 

5 Et les cieux célèbrent 
tes merveilles, ô Eternel : 
ta fidélité aufll eft célébrée 
dans raffemblée des Saints. 

6 Car qui eft-ce au dcf- 
fus des nues qui foit égal 
à l'Eternel? Qui eft fembla- 
ble à rEtcrnel entre les fils 
des forts? 

7 Le Dieu Fort eft gran- 
dement terrible dans le 
Confeil fecret des Saints, 
& plus redouté que tous 
C3UX qui font àTentour de 
lui. 

8 O Eternel Dieu des 
armées, qui eft femblable 
à toi, puiflant Eternel ? auf- 
fi ta fidélité eft à Tentour 
de toi. 

9 Tu as puiflancc fur 
rélévation des flots de la 
mer : quand fes vagues s'é- 
lèvent, tu les fais rabaiiïer. 

TO Tu as abatu Rahab, 
comme un homme blefle 
à morti tu as difîipé tes 
ennemis par le bras de ta 
force. 

II A toi font les cieux, 
à toi auffi eft la terre : Tu 
as fondé la terre habita- 
ble, & tout ce qui eft çn 
elle. 



& le Midi: Tabor & Hct- 
mon fe réjouïftent en ton 
Nom. 

13 Tuas un bras puif- 
fant, ta main eft forte, & 
ta droite eft haut élevée. 

14 La juftice & Téqui- 
té font la bafe de ton 
trône : la gratuité & la 
vérité marchent devant tia 
face. ' '• ' s^ 

15 O que bien-heuteuji 
eft le peuple qui fait ce 
que c*eft que du cri de ré- 
jouïflance î Ils marcheront, 
ô Eternel, à la clarté de 
ta face. 

16 Ils s'égayeront tout 
le jour en ton Nom, & fe 
glorifieront de ta juftice. 

17 Parce que tu es la 
gloire de leur forcer & 
nôtre corne eft haut élevée 
par ta faveur. 

1 8 Car nôtre bouclier 
eft TEternel, & nôtre Roi 
eft le Saint d'ifraëï. 

19 Tu as autrefois par- 
lé en vifion touchant ton 
bien-aimé, & tu as ditj 
]'ai mis dans lé puiflant 
de quoi aider ^ j'ai élevé 
l'élu d entre le peuple. 

20 J'ai trouvé David 
mon ferviteur, je Tai 

oint 



'Lé kvn.jôut. 

ôînt de ma fainte hui- 
le : 

; 21 Ma main fera ferme 
avec lui ; & mon bras le 
renforcera. 

2 2 Ùennemi ne le ran- 
çonnera points & Tinique 
ne Tafligera point. 

23 Mais je froifferaî de- 
vant lui fes adverfaircs, & 
déferai ceux qui le Iiaïf- 
fent. 

24 Ma fidélité & ma 
gratuité feront avec lui : ôc 
la corne fera élevée en 
mon Nom. 

25 Et je mettrai fa main 
fur la mer, 6c fa droite fur 
les fleuves. 

26 II nf invoquera, di- 
fant 5 Tu es mon Père, 
mon Dieu Fort, & le Ro- 
cher de ma délivrance. 

27 AulTi je rétablirai 
aîné, & fouverain fur les 
Rois de la terre. 

28 Je lui garderai ma 
gratuité à toujours, & mon 
aliance lui fera affurée. 

29 Et je rendrai éter- 
nelle fa poftérité, & ferai 
que fon trône fera comme 
les jours d^s cieux. 

50 Mais fi fes enfans a- 
bandonnent ma Loi, ôc ne 



jLe5 I?seaumes 



marchent point félon mes 
ordonnances : 

31 Slls violent mes fta-" 
tuts, & quils ne gardent 
point mes commandcmens: 
Je vifiterai de verge leur 
tranfgreffion, & de plaie 
leur iniquité. 

32 Mais je ne retirerai 
point de lui ma gratuité, 
& ne lui fauflerai point ma 
foi. 

33 Je ne violerai point 
mon aliance i 6c je ne 
changerai point ce qui eft 
forti de mes lèvres. J'ai 
une fois juré par ma Sain- 
teté : fi je mens jamais à 
David. 

34 Que fa race fera à 
toujours, & que fon trône 
fera comme le foleil en ma 
préfence : 

35 Qu'il fera afermi à 
toujours, comme la lune : 
& il y en aura dans les 
cieux un témoin certain. 

36 Néanmoins tu Tas 
rejette, & Tas dédaigné : 
tu t'es mis en grande colè- 
re contre ton oint. 

37 Tu as rejette Tali- 
ance faite avec ton fervi- 
teur 5 tu as fouillé fa cou* 
ronne, en la jcttant par 
terre. D d z 38 



\ 



^oj^ Matîn. Les Ps baumes. Le yiviii. jourl 



3 8 Tu as rompu toutes 
fes cloifons : tu as mis en 
ruine fes fortcreiles. 

3 9 Tous ceux qui paf- 
foient par le chemin Tout 
pillé : il a été mis en o- 
probre à fes voifins. 

40 Tu as haulTé la droi- 
te de fes adverfaires, tu as 
rcjouï tous fes ennemis. 

41 Tu as auflî rebouché 
la pointe de fon épée, & 
ne Tas point redreffé en la 
bataille. 

42 Tu as fait ceffer fa 
fplendeur : & tu as jette 
par terre fon trône. 

43 Tu as abrégé les 
jours de fa jcunelle, & Tas 
couvert de honte. ^ ' 

44 Jufques à quand, ô 
Eternel? te cacheras-tu à 
jamais? ta fureur s'embra- 
fera-t-clle comme un feu? 

45 Souvien-toi de com- 
bien petite durée je fuis : 
pourquoi aurois-tu créé en 
vain tous les fils des hom- 
mes ? 

46 Qui eft riiomme qui 
vivra, & ne verra point 
la mort, & qui garantira 
fon ame de la main du fé- 
pulcre ? 

47 Seigneur, où font 
tes gratuïtcz de par ci-de- 



vant, lefquelles [tu as ju- 
rées à David fur ta fidé- 
lité? 

48 Seigneur, fouvicn-toî 
de Toprobre de tes fervi- 
teurs; & comment je por- 
te dans mon fein Toprobre 
qui nous a été fait par tous 
les grands peuples, 

49 Loprobre dont tes 
ennemis ont difaméj ô 
Eternel, dont ils ont di- 
famé les traces de ton 
oint. Béni foit à tou- 
jours TEternel : Amen, ouï. 
Amen. '^ ' ' 

Prière du Matin. 



T>ommey refugium. Pf. xc. 

Eigneur, tu nous as été 

une retraite dage-en- 



s 

âge. 

2 Avant que les mon- 
tagnes fuffent nées, & que 
tu eufles formé la terre, la 
terre, dis-je, habitable, 
même de fiècle-en-iîècle, 
tu es le Dieu Fort. 

3 Tu réduis rhomme 
mortel jufques à le rrlenui- 
fer, & tu dis 5 ' Fils des 
hommes, retournez. 

4 Car mille ans font de- 
vant tes yeux comme le 
jour d'hier qui eft pafle, 

& 



"Le XVIII. jour. Les P s 
& eommç une veille en la 

5 Tu les emportes, com- 
me par une ravine d'eau : 
ils font comme un fonge 
au matin, comme une her- 
be qui fe change, 

6 Laquelle fleurit au 
matin, & reverdit : le foir 
on la coupe, & elle fe 
fane. 

7 Car nous fommes con- 
fumez par ta colère i & 
nous fommes troublez par 
ta fureur. 

8 Tu as mis devant toi 
nos iniquitez, & devant la 
clarté de ta face nos fau- 
tes cachées. 

9 Car tous nos jours 
s'en vont par ta grande co- 
lère ; & nous confumons 
nos années, comme une 
penfée. 

iQ Les jours de nos an- 
nées reviennent à foixan- 
te-dix ans, & s'il y en a de 
vigoureux, à quatre-vingt 
ans : même le plus beau de 
ces jours n'efl que fâcherie 
& tourment : & il s'en va 
bien-tôt, & nous-nous en- 
volons. 

1 1 Qui eft-ce qui con- 
noît, félon ta crainte, la 
force de ton indignation, 



EAUMEs; Matin. ^0$ 

& de ta grande colère ? 

12 Enfeigne-nous à tel- 
lement compter nos jours, 
que nous en puiflîons a- 
voir un cœur de fapience. 

1 3 Eternel , retourne- 
toi : jufques à quand? & 
change de courage envers 
tes ferviteurs. 

14 Railafie-nous chaque 
matin de ta gratuité 5 afin 
que nous-nous réjouïffions, 
& que nous foions joieux: 
tout le long de nos jours. 

15 Réjouï-nous au prix 
des jours que tu nous as 
afligez, & au prix des an- 
nées aufquelles nous avons 
fenti des maux : 

16 Qiie ton œuvre pa- 
roilTc lur tes ferviteurs> 
& ta gloire fur leurs en- 
fans. 

17 Et que la plaifancc 
de l'Eternel notre Dieu 
foit fur nous : ôc diipofe- 
nous l'œuvre de nos mains : 
difpofe, dis- je, l'œuvre de 
nos mains. 

^i habitat. Pf. xci. 

CElui qui fe tient dans 
la cachette du Sou» 
verain, fe loge à l'ombre 
du Tout-pui liant. 

2 Je dirai à rEterncI, 

D d 5 T^ 



406 Matin. Les P se au m es, - Le ^viii.'jourl 

de toi à (es Anges, afin qu 
ils te gardent en toutes tes_ 
voies, 

12 Ils te porteront dans 
leurs mains, de peur que 
ton pied ne lieurte contre 
la pierre. 

13 Tu marchera3 fur le 
lion & fur Tafpic, & tu fou- 
leras le lionceau & le dra* 



Tu es ma retraite, & ma 
forterefle, tu es mon Dieu 
^n qui je m aiîûre. 

3 Certes il te délivrera 
du laqs du chaffeur, & de 
la mortalité malheureufe. 

4 II te couvrira de ics 
plumes, & tu auras retraite 
fous fes ailes : fa vérité te 
fervira de rondelle, & de 
bouclier. 

5 Tu nauras point peur 
de ce qui épouvante de nuit, 
ni de la flèche qui vole de 
jour. 

6 Ni de la mortalité qui 
marche dans les ténèbres : 
ni de la deftruftion qui fait 
le dégât en plein midi. 

7 II en tombera mille à 
ton côté, S>ç dix mille à 
ta droite : mais la dcflrudi- 
on ifaproçhcra point de 
toi. 

8 Seulement tu contem- 
pleras de tçs yeux 5 & tu 
verras la recompenfe des 
jnéchans. 

9 Car tu es ma retraite, 
o Eternel : tu as établi le 
Souverain pour ton domi- 
cile. 

10 Aucun mal ne tç ren- 
contrera ; & aucune plaie 
û'aprochera de ta tente. 

^ i Car il donnçra charge 



gon. 



14 Puis quil m'aime a- 
vec afcction, dit le Sei- 
gneur, je le délivrerai : je 
le mettrai en une haute re- 
traite, parce quil connoît 
mon Nom. 

15 II m'invoquera; &je 
Texaucerai. Je ferai avec 
lui dans la dètreffe, je l'en 
retirerai, & le glorifierai. 

16 Je le ralTafierai de 
longue vie : & je lui ferai 
voir ma délivrance. 

Bonum ejl confiteri. 

Pf XCII. 

CTft upe belle chofe que 
de célébrer rEternel, 
& de pfalmodier à ton 
Nom, ô Souverain: 

% Afin d'anonc'er cha*- 
que matin ta gratuité, 6c ta 
fidélité toutes les nuits : 

3 Sur Imftrument à dix 
cordes, & fur la mufette^ 

<5ç 



hèyivm. jour. Les Vi 

Se par un Cantique prémé- 
dité fur le violon. 

4 Car, ô Eternel, tu 
m*as réjoui par tes oeuvres j 
je me réjouirai des œuvres 
de tes mains. 

5 O Eternel, que tes 
oeuvres font magnifiques! tes 
penfées font merveilieufe- 
inent profondes. 

6 Ùhomme abruti n'y 
connoît rien : & le fou n'en- 
tend point ceci, 

7 Savoir, que les mé- 
chans s'avancent comme 
l'herbe, ôc que tous les ou- 
vriers d'iniquité fleuriflent, 
pour être exterminez éter- 
nellement. Mais toi, ô 
Eternel, tu es haut élevé à 
toujours. 

8 Car voici tes ennemis, 
ô Eternel, car voici tes en- 
nemis périront } & tous les 
ouvriers d'iniquité feront 
diflîpcz. 

9 Mais tu élèveras ma 
corne comme celle d'une 
licorne : & mon onftion 
fera d'une huile toute 
fraîche. 

10 Et mon œil verra en 
ceux qui m'épient, & mes 
oreilles entendront tou- 
chant les malins, qui s'clè- 



EAVMEs] --^ Soir. ^07 

vent contre moi, ce que je 
défîre. 

1 1 Le jufte fleurira, com- 
me la palme; il croîtra, 
comme le cèdre au Liban. 

1 2 Etant plantez dans la 
maifon de l'Eternel, ils fleu- 
riront dans les parvis de 
nôtre Dieu. 

1 ? Encore porteront-ils 
des fruits dans la vieillelTe 
toute blanche ; ils feront 
en bon point, & demeure- 
ront verds : 

14 Afin d'anonccr que 
l'Eternel cft droit : c'eft 
mon rocher, 6c il n'y a 
point d'injuftice en lui. 

Prière du Soir, 

'Domintis regnavit. 

Pf. XCIIl. 

L'Eternel règne j il eft 
rcvctu de magnifi- 
cence: rEtcrncl efl: revêtu 
de force, il s'en efl: ceint: 

2 Aufll la terre habitable* 
efl: atcrmic, tellement qu- 
elle nç fera point ébranlée. 

5 Ton trône a été éta- 
bli dès-fors, tu es de toute 
éternité. 

4 Les fleuves ont élevé, 

ô Eternel, les fleuves ont 

D d 4 çle- 



40S S&lr. Les Pseaumes 

élevé leur bruit; les fleuves 
ont élevé leurs flots : 

5 UEtcmel qui eft là 
haut, eft plus puiffant que 
le bruit des greffes eaux, & 
que les fortes vagues de la 
mer. 

6 Tes témoignages font 
fort certains : Eternel, la 
fainteté a reparé ta maifon 
pour une longue durée. 



*Deîis ultionum. Pf. xciy. 

O Eternel, qui es le 
Dieu Fort des ven- 
geances, le Dieu Fort des 
vengeances, fai reluire ta 
Ipiendcur. 

2 Toi, Juge de la terre, 
élève-toi : ren la rçcom- 
penfe aux orgueilleux. 

3 Jufques à quand les nié- 
chans, ô Eternel, jufques 
^ quand les méchans s'égai- 
eront- ils ? 

4 Jufques à quand tous 
les ouvriers d'iniquité pro- 
féreront-ils, & diront-ils des 
paroles rudes, & fe vante- 
ront-ils ) 

5 Eternel, ils froilfent 
ton pcuplç, &: afligent ton 
héritage. 

6 Ils tuçnt la veuve & 
rétrangcr, & ils mettent à 
moït les orphelins. 



Le xvin. joutl 

7 Et ils ont dit 5 L'E- 
ternel ne le verra pont : Iç 
Dieu de Jacob n'en enten- 
dra rien. 

8 Vous les plus brutaux 
d'entre le peuple, prenez 
garde à cecii & vous fous, 
quand ferez- vous entendus? 
I 9 Celui qui a planté l'o- 
reille, n entendra-t-il point? 
celui qui a formé l'œil, ne 
verra-t-il point ? 

10 Celui qui réprime les 
nations, celui qui enfeigne 
la ficnce aux hommes, ne 
rcdargucra-t-ii point ? 

11 L'Eternel connoîtque 
les penfées des hommes ne 
font que vanité. 

iz O que bien-heureux 
eft rhomme que tu reprens, 
ô Eternel, & que tu inftruis 
par ta Loi : 

1 3 Afin que tu le mettes 
à couvert des jours d'adver- 
fité, jufqu'à ce que la fofle 
foit creufée au méchant ! 

14 Car l'Eternel ne dé- 
laiffera point fon peuple, & 
n'abandonnera point fon 
hérita2;e. 

15 C'eft pourquoi le ju- 
gement retournera vers la 
jufticc, & tous ceux gui 
font droits de cœur le, (ui- 

Ivront. 

• 16 



JLe xix^jourl . LiE s P s e a' ù m e àl Matin, 465? 
^ î<S Qiii eft-ce qui fe lè- 
vera pour moi, contre les 
malins ? Qui eft-ce qui mas- 
fiftera contre les ouvriers 
d'iniquité? 

17 SiTEternel ne m'eut 
été en aide, mon ame eut 
été bien-tôt logée dans le 
lieu dufilence. 

1 8 Si j'ai dit ; Mon pied 
a gliffé 5 ta gratuité, ô E- 
ternel, m'a foûtenu. 

1 9 Quand )'avois beau- 
coup de penfes au dedans 
de moi, tes confolations 
ont recréé mon ame. 

20 Le fiége de méchan- 
cetez, qui forge de la fâ- 
cherie contre le droit, fcra- 
t-il joint à toi ? 

21 Ils fe bandent con- 
tre l'ame du jufte, & con- 
damnent le fang innocent. 

22 Or l'Eternel m'a été 
pour une haute retraite ; 
ôc mon Dieu, pour le ro- 
cher de mon refuge. 

23 Et il fera retourner 
fur eux leur outrage, & les 
détruira par leur propre 
malice : l'Éternel nôtrçDieu 
les détruira. 



Prière du Matiî^. 

Venitey exuUemus. Pf.xcv. 

VEnez, chantons à l'E- 
ternel : jettons des 
cris de réjôuiffance au ro- 
cher de nôtre falut.i '^" 

2 A vançdns-hbus devant' 
fa face, en lui préfentant nos 
louanges i & jettbns devant 
lui des cris deréjouilTance 
en chantant des Pfeaumcs. 

3 Car l'Eternel eft un 
Dieu Fort & grand, & il 
eft un grand Roi par def- 
fus tous les dieux. 

4 Les lieux les plus pro- 
fonds de la terre font en fa 
main, & les forces des mon- 
tagnes font à lui. 

5 C'eft à lui qu apartient 
la mer : car lui-même Ta 
faite, & fes mains ont for- 
mé le fec. 

6 Venez , profternons- 
nous , inclinons - nous , <5c 
mettons-nous à genoux de- 



qui nous a 



vant l'Eternel 
faits. 

7 Car il eft nôtre Dieu: 
& nous fommes le peuple 
de fa pâture, 6c les brebis 
de fa conduite. 

8 ^i vous entendez au- 
jourd'hui fa vcix, n'enduiî- 

\ cillez 



4tio^. Matm^ JLes P s e 
ciflcz point vôtre cœur, 
comme en Mçj^-iba, &com- 
mp* à la journée de Mafia 
au défert : .v^v:iù.vi^»i . 

9 Là, où vos pères m'ont 
tenté & éprouvé: & ai|ffi 
ont-ils vu mes oeuvres. 

10 J ai été ennuie de 
cette génération durant qua- 
rante ans, & j'ai dit i C'eft 
un peuple dont le cœur 
s'égare ; & ils nont point 
connu mes voies : 
. II C'eft pourquoi j'ai 
Juré en ma. colère, s'ils en- 
trent dans mon repos. 

Cantate *Domino^ Pf. xcvi. 

C Hantez à l'Eternel un 
nouveau Cantique j 
vous toute la terre ciiantez 
à TEternel. 

2 Chantez à l'Eternel, 
béniffez fon Nom, prêchez 
de jour -en -jour fa déli- 
vrance. 

3 Racontez fa gloire par- 
m\ les nations, & les mer- 
veilles parmi tous les peu- 
ples. 

4 Car TEternel cft grand, 
& digne d'être loué :"il eft 
redoutable par deflus tous 
les dieux : 

5 Car tous les dieux 
des peuples ne font que 

t 



I 



À u M E S. Le XIX. jom 

des idoles : mais l'Eternel î 
fait les cieux. 

6 La majefté & la mag- 
nifiçence marchent devanr 
lui : la force & rexcellence 
font dans fon ^Sanduaire. 

7 Vous familks des peu- 
ples atribuez à rEteinel, 
atribucz à l'Eternel la gloi- 
re & la force. 

8 Atribuez à l'Eternel 
la gloire de fon Nom : a- 
portez Toblation, & entrez 
dans fes parvis. 

9 Profternez-vous devant 
l'Eternel avec une faintc 
magnificence : vous tous les 
habitans de la terre trem- 
blez tout étonnez, à caufe 
de la préfence de fa face* ^ 

10 Dites parmi les na- 
tions i l'Eternel règne : 
même la terre habitable eft 
afermie, & elle ne fera 
point ébranlée: il jugera 
les peuples en équité. 

1 1 Que les cieux fe ré- 
jouïflent, & que la terre 
s'égaie. Qlic la mer & ce 
qui eft contenu en elle 
bruic. '] 

1 2 Qiie \qs 'champs s'é-? 
gaient, avec tout ce qui 
cft en eux. Alors tous les 
arbres de la foret chante- 
ront de joie. 



Le xîx,jour> L e $ P s 

1 3 Au devant de TEter- 
leb pair.ce quil vient jpar- 
:e qu il vient pour juger la 
:erre : il jugera en juftice 
e monde habitable, & les 
peuples félon fa fidélité. 

^ /Dominus regnavit. 

Pf. XCVII. 

L'Eternel règne, que la 
terre s'en égaie, & 
:iue plufieurs Iles s en ré- 
jouïiïent. 

2 La nuée & Tobfcurité 
font autour de lui : la juf- 
:ice & le jugement font la 
^afe de fon trône. 

3 Le feu marche devant 
ui, 6c embrafe tout autour 
fes adverfaires. 

4 Ses éclairs éclah'ent le 
[nonde habitable, & la ter- 
re le voiant en tremble 
tout étonnée. 

5 Les montagnes fe fon- 
dent, comme de la cire: à 
caule de la préfence de f E- 
ternel 5 à caufe de la pré- 
fence du Seigneur de toute 
la terre. 

6 Les cieux anoncent 
fa juftice, & tous les peu- 
ples voient fa gloire. 

7 Que tous ceux qui fer- 
vent les images, 6c qui le 
glorifient aux idoles^^ loient 



E A u M E s. Soir. 41 ?" 

confus : vous dieux, prof, 
tcrnez-vous tous, devant luL 

8 Sion Ta entendu, & 
s'en eft réjouie: 6c les iil.* 
les de juda fe font égalées, 
pour lamour de tes juge- 
mens, 6 Eternel. 

9 Car tu <es TEternel, 
haut élevé fur toute la 
terre : tu es grandement 
haut monté par deifus tous^ 
les dieux. 

10 Vous qui aimez TE- 
ternel, haiflez le mal : car 
il garde les âmes de fes 
bien-aimez, 6c les délivre 
de la main des méchans. 

1 1 La lumière eft femée 
pour le jufte, 6c la joie 
pour ceux qui font droits 
de cœur. 

12 Juftes, réjouïfiez-vous 
en l'Eternel, 6c célébrez la 
mémoire de fa Sainteté. 

Prière du Soir. 

Cantate l^omino. 

Pf XCVIII. 

C Hantez à TEternel un 
nouveau Cantique : 
car il a fait des chofcs mcr- 
veilleufes : 

2 Sa droite 6c le bras de 
f^ Sainteté font délivré. 

3 L'Eternel a fait con- 

noîtrc 



412 Soir, 1e« Pseaumess. 

npîtrc fa délivrance, il a^ 
révélé fa juftice devant les 
yeux des nations. 

4 II s'eft fouvenu de fa 
gratuité, 6c de fa fidélité 
envers la maifon dlfraël : 
tous les bouts de la terre 
ont vu la délivrance de 
nôtre Dieu. 

5 Vous tous habitans de 
la terre, jettez des cris de 
réjouiffance à l'Eternel : 
faites retentir vos cris 5 & 
chantez de joie, & pfal- 
modicz. 

6 Pfalmodiez à TEternel 
avec le violon, avec le vio- 
lon, & avec une voix de 
mufiquç. 

7 jettez des cris de réjou- 
ïiTance avec les trompettes 
Ôc le fou du cor devant le 
Roi, rEtcrnel. 

S Que la mer bruic, a- 
vcc tout ce quelle contient; 
3c que la terre, & ceux qui 
y ha|>itent faffcnt éclater 
leurs cris. 

9 Que les fleuves fra- 
pent dés mains ; & que les 
montagnes chantent de joie, 
au devant de rEternel : car 
il vient pour juger la terre: 

10 II jugera en jufdce 
le monde habitable, & les 
peuples en équité. 



Le x\^, jouK 

Tiens regnavit. Pf xcix. 

L'Eternel règne, que les 
peuples tremblent: il 
cil allis entre les Chérubins, 
que la terre foit ébranlée. 

2 L'Eternel cft grand en 
Sion, & il eft élevé par 
deffus tous \z'^ peuples 

3 Ils célébreront ton 
Nom, grand ôc terrible : car 
il eft faint : j 

4 Et la force du Roi 5' 
car il aime le jugement; 
tu as établi l'équité, tu as 
fait jugemait 6c juftice en 
Jacob. 

5 Exaltez TEternel nôtre 
Dieu, & profternez-vous de- 
vant fon marchepied : Il 
eft faint. 

6 Moife ôc Aaron ont 
été entre fes Sacrificateurs -, 
& Samuel entre ceux qui 
invoquoient fon Nom: ils 
invoquoicnt l'Eternel, <5c il 
leur répondoit. 

7 II parloit a eux de la 
colomne de nuée : ils ont 
gardé fes témoignages, 6c 
l'ordonnance qu'il leur a- 
voit donnée. 

8 O Eternel nôtre Dieu, 
tu les as exaucez ; tu leur 
as été un Dieu Fort;, leur 

par- 



he 5tix. jour, Les Pséaûme.s. Soït. 41 5 

pardonnant, & faifànt ven- 
geance de leurs ades. 

9 Exaltez TEternel nô- 
tre Dieu, & profternez-vous 



en la montagne de fa Sain- 
teté : car TEternel nôtre 
Dieueft Saint. ^'^ ^^^^ 

jubîlate T>eo. Pf. c. 

VOus tous habitans de 
la terrc> jettez des 
cris de réjouilTance à l'E- 
ternel . Servez TEternela- 
vec alégrefîe, venez devant 
lui avec un chant de joie. 

2 Connoiffez que l'Eter- 
nel eft Dieu. C'cft lui qui 
nous a faits i & ce n'eft pas 
nous qui nous fommes 
faits : nous fommes Ton 
peuple, & le troupeau de 
fa pâture. 

3 Entrez dans fes portes 
avec des adions de grâces -, 
ôc dans fes parvis, avec des 
louanges : célébrez-le, bé- 
niffez fon Nom. 

4 Car TEternel eft bon 5 
fa gratuité demeure à toû- 
jours. 



& fa fidélité d age- 



en-age. 



Mifericordiam^ & Judi- 
ciîim, Pf CI. 

JE chanterai la gratuité 
& la droiture r Eternel, 
je te pfalmodierai. 



2 J'entendrai à la voie 
entière : jufqu a ce que tu 
viennes à moi : je ciiemi- 
nerai dans Tintégrité de 
mon cœur, au milieude 
ma maifon. 

3 Je ne mettrai point 
devant mes yeux de chofc 
méciiante: j*ai en haine les 
aftions des débauchez 5 riea 
ne s'en atachera à moi. 

4 Le cœur pervers fe re- 
tirera d'auprès de naoi : je 
n avouerai point le malin. 

5 Je retrancherai celui 
qui médit éiifecrct de foii 
prochain*. - ' 

6 Je ne pourrai pas fou^ 
frir celui qui a les yeux é- 
levez, & le cœur enflé. 

7 Je prendrai garde aux 
gens de bien du païsi afiil 
qu'ils demeurent avec moi. 

8 Celui qui marche dans 
la voie entière, me fcrvira. 

9 Celui qui ufcra de 
tromperie ne demeurera 
point dans ma maifon : ce- 
lui qui profère menfongc, 
ne fera point afermi devant 
mes yeux, 

10 Je retrancherai cha- 
que matin tous les mèchans 
du païs 5 afin d'exterminer 
de la Cité de TEternel tous 
les ouvriers] d'iniquité. 

P R I^ 



ii4 Mat ml 

CiOV-.jLi ::, ici, 



ht s PSE,AUMES 



i;f. 



"' Ï'rIERE Dtr'ivÏATIN. 

"domine j exaudu Pf. cii. 

ETcrnel, écoute ma pri- 
ère, & que; mon cri 
vienne jufqu i toi. 

2 Necachepoiixt taface 
arriére de moi : au jour 
que je fuis en détrefle, in- 
cline ton oreille vers moi: 
au jour que je t'invoque, 
hâte-toi, répon-moi. 

3 Car mes jours fe font 
évanouis, comme la fumée : 
& mes os font deflechez, 
comme un foier. .\ , 

4 Mon cœur a été fra- 
pé, & eft devenu fec com- 
me l'herbe i parce que j'ai 
oublié de manger mon 
pain. 

5 Mes os font atachez 
à ma chair i à caufe de la 
voix de mon gémifTement. 

6 Je fuis devenu fem- 
blable au cormorant du dé- 
fert : & je fuis comme la 
chouette des lieux fauva- 
ges. 

7 Je veille, & je fuis 
femblable au pafTereau, qui 
eft feul fur le toit. 

8 Mes ennemis me di- 
fcnt tous les jours des ou- 
trages : & ceux qui font fu- 



Le xx.jûuti 
jurent 



rieux contre moi, 
contre moi. 

9 Parce que j*ai mangé 
la cendre, xomme le painj 
& que j'ai mêlé mes boif- 
fons de pleurs. 

I G A caufe de ta colère 
& de ton indignation 5 par- 
ce qu'après m'avoir élevé 
bien haut, tu m'as jette par 
terre, 

11 Mes jours font com- 
me 'l'ombre qui décline, 
& je deviens fec comme 
l'herbe. 

12 Mais toi, ô Eternel, 
tu demeures éternellement, 
«Se ta mémoire, d'âge-en- 

âg^- . ^ . > 

.13 Tu te lèveras, & tu 

auras compailîon de Sion : 
car il eft temps d'en avoir 
pitié s parce que le temps 
aftigné eft échu. 

14. Car tes ferviteurs 
font afcdionez à fes pier- 
res, & ont pitié de fa pou» 
dre. 

15 Alors les nations re-* 
douteront le Nom de l'E- 
ternel, ôc tous les Rois de 
la terre, ta gloire: 

1 6 Quand l'Eternel aura 
édifié Sion; quand il aura 
été vu en fa gloire, 

17 Quand il aura regar- 

dé 



'Le^X'pun Les I^s 

dé à la prière du dëfolé, 
& qu il n aura point mépri- 
fé leur fupiication. 

18 Cela fera enrégiftré, 
pour la géiieriation avenir, 
& le peuple qui fera créé, 
louera rEternei. 

19 De ce qu'il aurâ^ Jet- 
te la vue dix haut lieii de^ 
fa Sainteté, & que rEtét- 
n^l aura regardé des Gieux 
en la terre. - ''' 

- 20 Poiir * entendre le gé- 
miffement des prifônniers, 
& pour délier ceux qui é- 
toient dévouez à la mort : 

- 21 Afin quon anonce 
le Nom de l'Eternel dans 
Sion, & fa louange dans 
Jérufalem : 

' 22 Quand les peuples fe 
feront joints enfemble & 
les Roiaumes auffi, pour 
fervir rEternei. 

23 II a abatu ma force 
en chemin, il a coupé court 
mes jours. 

24 J'ai dit; Mon Dieu 
ne m'en lève point au mi- 
lieu de mes jours. Tes ans 
durent d'âge-en-âge. 

-^ 25 Tu as jadis fondé la 
terre, & les cieux font 
l'ouvrage de tes mains. 

26 Ils périront, mais tu 
feras permaocnt : & eux 



ElAUMËSî Matifi. AtX^,'^ 

tous s'envieilliront, comme> 
un vêtement: "i-i :;;ii :;r>'i 

27 Tu ks ' èhâh^eras 
comme tin habit, & ils' 
feront changez; Mais Toi^i 
tu es toujours le même: 
& tes ans ne feront jamais;^ 
achevez. ''- '■/- - . 

2 8 Les enfans de tes fer- 
yiteurs habiteront près de 
toi, & lelir 'race fera' é^iÉ^l 
blie devant toi; - -^ ' i '^^ 

Benedic^ AniméL mearS^ 

Pi^ CIIÏ. ? DH 

MOnr atrie^ bénî IIE^^ 
ternel, & qu'e tout 
ce qui eft au dedans de 
moi béniffe le Nom de fa 
Sainteté: '^-^i-:!-: ^^ ^^i^^^ 

2 Mon ame,. béni rE-> 
ternel, & n'oublie pas un/ 
de fes bienfaits. ' 

3 C'eft lui qui te par- 
donne toutes tes iniquitc;z-; 
qui guérit toutes tes in fir- 
mitez ; •■--■■^ ' -- ■'■—. ••' '-'P 

4 C^ui garantit ta vi^* de 
la foffe i qui te- coure ^nne 
de gratuité & de cornpal- 
fions : 

5 Qui rafîafie ta b;ouchc 
de biens, tellement que ta 
jcuneffe eft renc^uveUée 
comme celle de l'aigle. 

•6 L'Eternel fait jufticc 



& droit à tous ceux à qui. 
Ton fait tort. 

7 II a fait, cônnoître fcs 
voies à Môïfe, & fcs ex- 
ploits aux enfans dlfrael.; 

,8 L'Eternel eft pitoya- 
ble, mifericQjrdiQux, tardif 
à colère, & abondant çn 
gratuité. V ,-:;;;. / 

9 II ne débat, point à 
perpétuité ; & il ne la gar- 
de point à toujours. 

10 II ne nous a point 
fait- félon nos péchez, & 
ne nous a. point rendu fé- 
lon nos iniquitez. | / 

1 1 Car autant que les 
cieux font élevez par dcf- 
fus la tcrrC; autant fa gra- 
tuité eft grande fur ceux 
qui le craignent. 

12 II a éloigné de nous 
nos forfaits, autant que 
rOrient eft éloigné de l'Oc- 
cident. 

13 De telle compaffion 
qu un père eft ému envers 
Ilcs enfans, de telle com- 
paftlon TEternel eft eniu en- 
vers ceux qui le craignent. 

14 Car il fait bien de- 
quoi nous fommes faits, 
le fouvenant que nous ne 
fommes que poudre. 

1 5 Les jours de l'hom- 
me mortel font comme le 



foin, il fleurit comme la - 
fleur d'un champ. .; 

: 16 Car le vent étant i 
pafle par delTus, elle neft 
plus, & fon lieu ne la rc-^i 
connoit plus. ^, .:> 

17 Mais la gratuité dol 
rEternel eft de tout temps, 
3c elle fera à toujours fur ^ 
ceux qui le craignent : &,^ 
fa juftice fur les enfans de , 
leurs enfans: ., : ^ r^-j 

18 A ceux qui gardent 
fon aliance, & quife fou-: 
viennent de fes mande-=> 
mens pour les faire. .1 

1 9 L'Eternel a établi 
fon Trône dans les cieux, 
&. fon règne a domination 
fur tout. 

.20 Bénifîez rEternel, 
vous (es Anges puiiTans en 
vertu, qui faites fon com- 
mandement, en obéïffant 
à la voix de fa parole. 

2 1 Béniftez l'EterneljVous 
toutes fes armées, qui êtes 
fes Miniftres faifant fon 
bon-plaifir. 

22 Béniflez rEternel, 
vous toutes fes oeuvres 
dans tous les lieux de fa 
domination : Mon ame, bé- 
ni rEternel. 

Pri- 



Le yik.jour. 

Prière dû Soir. 
Benedï 



uc, anima 
Pf. civ. 



mea. 



M On amc, béni TEtcr- 
nel. O Eternel 
mon Dieu, tu es mervcil- 
leufement grand, tu es re- 
vêtu de majefté & de ma- 
gnificence. 



2 II s'envelope de lu- 
mière comme d'un vête- 
menti il étend les cicux 
Comme une courtine. 

3 II plancheïe fes hau- 
tes chambres entre les eaux : 
il fait des groffes nuées 
fon chariot: il fe promène 
fur les ailes du vent. 

4 II fait des vents fes 
Anges, & du feu brûlant 
fes ferviteurs. 

5 II a fondé la terre fur 
fes bafes, tellement qu'elle 
ne fera point ébranlée à 
perpétuité, 

6 Tu favois couverte 
de Tabîme comme d'un 
vêtement; les eaux fe te- 
.noient fur les montagnes. 

7 Elles s'enfuirent à ta 
menace, & fe mirent 
promptcment en fuite au 
fon de ton tonnerre. 

8 tes moinagnes le dref- Ipain. 



Les PsÉAui^ES. Saîr. \\% 

ferent, & les valces s'abaif- 
ferent, au même lieu que 
tu leur avois établi. 

9 Tu leur as mis une 
borne qu'elles ne pafTeront 
point I elles ne retourne- 
ront plus à couvrir la 
terre. 

10 Ceft lui qui conduit 
les fontaines par les valé- 
es 5 tellement qu'elles fe 
promènent entre les monts. 

1 1 Elles abreuvent tou- 
tes les bêtes des champs^ 



es ânes fauvages en étan-, 
chent leur foif. 

1 2 Les oifeaux des cieux 
fe tiennent auprès d'elles, 
& font refonner leur voix 
d'entre la ramée. 

13 II abreuve les mon- 
tagnes de fes chambres 
hautes: & la terre eft rai- 
fafiée du fruit de tes (ou- 
vres. 

14 II fait germer le fcia 
pour le bétail, & l'herbe 
pour le fervice de l'hom- 
me, faifant fortir le pain 
de la terre. 

1 5 Et le vin qui réjouît 
le cœur de l'homme, fai-' 
faut reluire fon viiage avec 
l'huile, & fubftcntaat le 

Icœur de l'homnie avec le 



Ec 



I<Sf 



41 8 Soir. Les Pseaumes 

i6 Les hauts arbres en 
font raiTafiez, & les cè- 
dres du Liban qu'il a plan- 
tez ; 

17 Afin que les oifeaux 
y faffent leurs nids : quant 
à la . cigogne, les lapins 
font fa demeure. 

18 Les hautes montas:- 
nés font pour les chamois: 
& les rochers font la re- 
traite des lapins. 

1 9 II a fait la lune pour 
les faifons, & le foleil con- 
noît fon coucher. 

20 Tu amènes les té- 
nèbres, & la nuit vient, 
durant laquelle toutes les 
bêtes de la forêt trottent. 

2 r Les lionceaux brui- 
ent après la proie, & pour 
demander au Dieu Fort 
leur pâture. 

22 Le foleil felève-t-il? 
ils fc retirent & demeu- 



rent gifans en leurs tani- 
ères : 

23 Alors rhomme fort 
à fon ouvraee & à fon 
travail, jufqu'au foir. 

24 O Eternel, que tes 
œuvres font en grand nom- 
bre! tu les as toutes fai- 
tes avec fageflè : h terre 
cft pleine de tes nchef 
fes. 



Le xx.jotin 

25 Cette mer grande de, 
fpacieufe, où il y a fans 
nombre des animaux fe 
mouvans, des petites bêtes 
avec des grandes ! 

2 6 Là, fe promènent le^ 
navires, & ce Léviathan 
que tu as formé pour s'y 
ébatre. 

27 Elles s'atendent tou- 
tes à toi 5 afin que tu leur 
donnes la pâture en leur 
temps. 

2 8 Quand tu la leur 
donnes, elles la recueillent: 
& quand tu ouvres ta main, 
elles font raffaftées de 
biens. 

29 Caches-tu ta face ? 
elles font troublées : reti- 
res-tu leur foufle ? elles dé- 
faillent, ôc retournent en 
leur poudre. 

30 Mais fi tu renvoies 
ton Efprit, elles font créées, 
& tu renouvelles la face 
de la terre. 

3 1 Qiic la gloire de TE- 
tcrnel (bit a toujours: que 
rEtcrncl fe réjouïflè en fes 
œuvres. 

32 II jette fa vue fur la 
terre, ëc elle en tremble ; 
il touche les montagnes, & 
elles en fument. 

53 le chanterai à TEter- 

lu-l 



nel durant ma vie: jepfal- 
modierai à mon Dieu, tant 
que je ferai en être. 

34 Ma méditation lui 
fera agréable : & moi je 
me réjouirai en rEtcrnel. 

3 5 Que les pécheurs foi- 
ent confumez de deffus la 
terre, & qu'il n'y ait plus 
de méchans. Mon ame 
béni l'Eternel : Louez TE- 
terncL 

Prière du Matin. 

Confit emini T^o7nmo, 
Pf cv. 

CElébrez TEterncl; re- 
clamez fon Nom: fai- 
tes connoitre parmi les 
peuples fcs exploits. 

2 Qhantez-Iui 5 pfalmo- 
diez-lui: parlez de toutes 
fes merveilles. 

3 Glorifiez-vous du Nom 
de fa Sainteté j & que le 
cœur de ceux qui cher- 
chent l'Eternel, fe réjouiffe. 

4 Recherchez TEternel, 
& fa force: cherchez con- 
tinuellement fa face. 

5 Souvenez-vous de fcs 
merveilles qu'il a faites, de 
fes miracles, & des juge- 
mens de fa bouche. 

6 La poftcrité d'Abra- 



Les PsEAtTMEs. Matin. ^^^9 

ham font fes ferviteurs : 
les enfans de Jacob font 
^z^ élus : 

7 II eft l'Eternel nôtre 
Dieu : fcs jugemcns font 
parmi toute la terre. 

8 11 s'eft fouvenu à tou- 
jours de fon aliance, de 
la parole qu il a comman- 
dée en mille générations : 

9 Du traité qu'il a fait 
avec Abraham, & du fer- 
ment qu'il a fait à Ifaac. 

10 Lequel il a ratifié 
pour ctrc une ordonnance 
à Jacob, ôc à Ifraël pour 
être une aliance éter- 
nelle : 

1 1 En difmt ; Je te don- 
nerai le païs de Canaan, 
pour le lot de ton héri- 



tasie : 



12 Encore qu'ils fuffent 
un petit nombre de gens, 
& qu'ils y féjournaflent peu 
de temps, comme étran- 



gers. 



1 3 Car ils trottoient de 
nation en nation, & d'un 
Roiaume vers un autre 
peuple : 

14 II ne fouffrit pas 
qu'aucun les oprimât : & il 
a même châtié dG3 Rois 
pour l'amour d'eux. 

î 5 Difant; Ne touchez 
E e z point 



420 Maim. Les P s e a u m e s. Le xxi. jour^i 
point à mes OiiitSi ôc nclpuilTant que ceux qui To^ 



faites point de mal a mes 
Prophètes. 

i6 11 apella auffi la fa- 
mine pour venir fur la 
terre, & rompit tout le bâ- 
ton du pain. 

17 II envola un per- 
fonnage déviant eux : Jo- 
feph fut vendu pour ef- 
clave. 

ï8 On lui enferra les 
pieds en des cepsj fa per- 
fonnc fut mife aux fers. 

19 Jufquau temps que 
fa paroie fut venue, & que 
ia parole de TEternel Teut 
éprouvé. 

2 G Le Roi envola, ôc 
on le relâcha : le domina- 
teur des peuples envola, ôc 
on le déUa. 

2 1 II rétablit pour maî- 
tre fur fa maifon, & pour 
dominateur fur tout fon 
domaine : 

2 2 Pour affujettir les 
principaux à fon plaifir, & 
pour inilruire fes Anciens. 

23 Puis Ifraël entra en 
Egypte: & ]acob féjourna 
au pais de Cam. 

24 Et TEternel fît ex- 
trêmement multiplier fon 
peuple; ôc le rendit plus 



prmioient. 

2 5 II changea leur cœur, 
de forte quils eurent fon 
peuple en haine, jufques 
à confpirer contre fes fer- 
viteurs. 

26 II envoia Moïfe fon 
ferviteur, & Aaron, qu'il a- 
voit élu. 

27 Lefqucls accompli- 
rent fur eux les prodiges, 
& les miracles qu ils avoi- 
ent eu charge 'de faire, 
dans le païs de Cam. 

28 II envoia les ténè- 
bres, & fit obfcurcir Tair : 
6c il n'y eut point de ré- 
bellion contre fa parole. 

29 II convertit leurs 
eaux en fang, & fit mou- 
rir leurs poiflbns. 

30 Leur terre produifit 
en abondance des grenouil- 
les, jufquau dedans des 
cabinets de leurs Rois. 

3 1 II parla, & une mê- 
lée de bêtes vint^ & des 
poux par tout leur païs. 

3 2 II fit que leurs pluies 
furent de la grêle; & qu il 
y eut fur leur terrç un feu 
flamboïant. 

33 Et il frapa leurs 
vignes, & leurs figuiers, 

& 



^Le x%i,jour. Les Ps 

6c brifa ks arbres de leurs 
païs ly-- 

54 II commanda, & les 
fauterelles vinrent, & des 
I hurbecs- fans nombre $ qui 
broutèrent toute Therbe en 
leur pais, & dévorèrent le 
fruit de leur terroir. 

3-5 Et il frapa tout pre- 
mier-né dans leur païs^qui 
étoient les prémices de tou- 
te leur vigueur. 

36 Puis il les tira de- 
hors avec de Tor & de l'ar- 
gent 5 àc il ny eut aucun 
qui chancelât parmi les 
Tribus. 

37 L'Egypte ie réjouît 
à leur départ j car la peur 
quils avoient d'eux les a- 
voit faifis. 

38 II étendit la nuée 
pour couverture. & le feu 
pour éclairer la nuit. 

39 Le peuple demanda, 
& il fit venir des cailles; & 
il les raffafia du pain des 
cicux. 

40 II ouvrit le rocher, 
& les eaux en découlèrent: 
elles coururent par les 
lieux fecs, comme une ri- 
vière. 

41 Car il fe fouvint de 
la parole de fa Sainteté, la- 



EAUMES. Soir, 42r 

quelle il avait donnée à 
Abraham Ion ferviteur. 

42 Et il tira dehors fbn 
peuple avec alégreiiê, & 
fes élus avec chant de 
joie. 

43 Et leur donna les 
païs des nations 5 & ilspof- 
sèderem le labeur des peu- 
ples : 

44 Afin qu'ils gardaffent 
fes ftatuts, & quils obfer- 
vaffent fes loix. Loiiez TE- 
ternel. 

Prière du Soir. 

Confitemini ^Domino, 

Pf CVi. 

CElébrez FEterncl : car 
il cft bon, parce que 
(a gratuité demeure à tou- 
jours. 

2 QLii pourroi^ reciter 
les exploits de TEternel \ 
Qui pourroit faire retentir 
toute fa louange ? 

3 O que bien-heureux 
font ceux qui gardent ce 
qui cft droit, & qui font 
en tout temps ce qui eft 
jufte ! 

4 Eternel , fouvicn - toi 
de moi, félon la bienveil- 
lance que tu portes à ton 

E e 3 pçii-: 



4ie Soir. Les Pseaumes,' X^exyajouf^ 

1:5 Mais ils mirent in^ 



peuple^ & aie foin de moi 
félon ta délivrance : 

5 Afin que je voie le 
bien de tes élus 5 que je 
me réjouïffe dans la joie 
de ta nationj & que je me 
glorifie avec ton héritage. 

6 Nous avons péché a- 
vec nos pères 5 nous' avons 
fait iniquement; nous a- 
vons méchamment fait. 

7 Nos pères n ont point 
été atentifs à tes merveil- 
les en Egypte : ils ne fe 
font point fouvcnus de la 
multitude de tes gratuïtez: 
mais ils ont été rebelles 
auprès de la mer, vers la 
mer rouge. 

8 Toutefois il les déli- 
vra pour Tamour de fon 
Nomj afin de donner à 
connoître fa puifl'ance, 

9 Car il tarifa la mer 
fouge, & elle fe fècha: & 
il les conduifit par les gou- 
fres, comme par le défcrt : 

10 Et \ç.s délivra de la 
main de ceux qui les haïf- 
foient: 6c les garantit de 
la main de Tenncmi. 

1 1 Et les eaux couvri- 
rent leurs oprefleurs : il 
n^enrefta pas un feul. 

12 Alors ils crurent à 
fes paroles 5 & ils chante- 
içnt fa loiiangç. 



continent en oubli fes œu- 
vres ; & ne s'atendirent 
point à fon confeil. 

14 Mais ils furent épris 
de convoitife au défcrt: & 
ils tentèrent le Dieu Fort 
au lieu inhabitable. 

1$ Alors il leur donna 
ce qu ils avoicnt demandé: 
toutefois il leur envoia 
une phthifie en leur corps ; 

1 6 Ils portèrent envie à 
Moïfe dans le camp, & à 
Aaron le faint de rÉternel, 

17 La terre s'ouvrit, & 
engloutit Dathan, & cou- 
vrit la bande dAbiram. 

18 Auili le feu s'aluma 
en leur bande; & la flam^ 
me brûla les méchans. 

1 9 Ils firent un veau en 
Horeb, & fe profternerent 
devant limage de fontç. 

20 Et changèrent leur 
gloire en la figure d'un 
bœuf qui mange Therbe. 

2 1 Ils oublièrent le Dieu 
Fort, leur Libérateur, qui 
avoir fait de grandes cho- 
Ç(zs en Egypte : 

22 Des chofes merveil- 
leufes au pais de' Cam, & 
des chofes terribles fur la 
mer rouge. 

23 C'efl: pourquoi il dit 

qu'il 



hê XXI. jour 

quil les détmiroit: mais 
Moïfe fan élu fe tint à la 
brèche devant lui, pour 
détourner fa fureur; afin 
quil ne les défît point. 

24 Ils eurent aufR à con- 
tre-cœur le païs défirable; 



Les Ps eau me si Soîr.\%% 

Méribai & il en avint du 
mal à Moïfe à caufe d'eux, 

33 Car ils chagrinèrent 
fon efprit 5 & il parla légè- 
rement de fes lèvres. 

34 lîs nont point dé- 
truit les peuples, que TE- 



& ne crurent point à fa terncl leur avoit dit : 



parole. 

25 Et ils fe mutinèrent 
dans leurs tentes, & no- 
béïrent point à la voix de 
l'Eternel. 

26 Ceft pourquoi il leur 
jura la main levée, qu'il 
les mettroit bas dans le 
déferti 

27 Et quil accabler oit 
leur poftérité parmi les na- 
tions,- & qu il les difperfe- 
roit par le païs. 

28 Ils s'acouplerent auf 
fi à Bahal-pehor, & mangè- 
rent des facrificcs des morts. 

29 Et ils dépitèrent Dieu 
par leschofcs à quoi ils s'a- 
donnerent, tellement qu'u- 
ne plaie fit brèche far eux, 

3 o Mais Phinées fc pré- 
fenta, 6c fit juftice: & la 
plaie fut arrêtée. 

3T Et cela lui a été a- 
loué pour jufticc dajis tous 
les âges à jamais. 

3 2 Ils cxcitercAt auffi fa 
colère près des ça.ux de 



3 5 Mais ils fe font mê- 
lez parmi ces nations, & 
ils ontapris leurs manières 
de faire: 

3 6 Et ont fervi à leurs 
faux dieux, lefquels leur 
ont été en laqs; car ils 
ont facrifié leurs fils, & 
leurs filles aux diables. 

37 Et ils ont répandu 
le fang innocent, le fang 
de leurs fils & de leurs fil- 
les 5 lefquels ils ont facrifié 
aux faux dieux de Canaau: 
& le païs a été fouillé de 
fang. 

3 8 Et ils ont été fouil- 
lez par leurs œuvres, & ont 
paillarde par les chofcs à 
quoi ils le font adonne^;. 

39 Ceft pourquoi 1î^ 
colère de rEtcrncl s'eft em- 
braféc contre fon peuple, 
& il a eu en abomination 
fon héritage. 

40 Et li les a livrez éh 
la main des nations: '& 
ceux qui les haïffoient 

E ç 4 ont 



43.4 Matin. Les Pseaumîis. 

ont eu domination fur 
eux. 

41 Et leurs ennemis les 
ont oprimez; & ils ont été 
humiliez fous leur main. 

42 II les a fouvent dé- 
livrez : mais ils l'ont irri- 
té par leur coufeilj & ils 



ont ete mis en langueur 
par leur iniquité. 

43 Toutefois il les a 
regardez dans leur détref- 
fe, quand il cntendoit leur 
clameur. 

44 Et il s'cft fouvenu 
en leur faveur de fon aii- 
ancei & s'efl: repenti fclon 
la grandeur de fcs gratuï- 
tez. Et il a fait que ceux 
qui Içs avoient emmenez 
captifs, ont çu pitié d'eux. 

45 Eternel notre Dieu, 
délivre-rious, & nous re- 
cueille d'entre les nations; 
afin que nous célébrions 
le Nom de ta Sainteté, & 
que nous-nous glorifiions 
en ta louange. 

46 Béni foit' l'Eternel, 
le Dieu d'ifraël, depuis un 
fiècle jufqu'à l'autre fiècle : 
& que tout Iç peuplç dilci 
Amen. Loue?: TEtetnel. 



Prière du Mat^n; 



Cçrifitemini ^ominp, 
Pf. CVII. 

GElébre? l'Eternel 5 car 
il eft bon: parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

2 Que ceux-là le.difent, 
qui font les rachetez de 
l'Eternel, lefquels li a ra- 
chetez de la main de l'o- 
p relieur : 

3 Et ceux aulli qu'il ^ 
ram.a(lez des pais d'Ôricnt 
& d'Occident, d'Aquilon à;. 
de Midi. 

4 Ils étoient errans par 
le défcrt, en un chemii'^ 
folitaire, & ils ne trouvci« 
ent aucune ville habitée : 

5 Ils é oient afamez 5c 
altérezj l'âme leur défait 
loir. 

6 Alors ils ont crié ver$ 
l'Eternel dans leur détref- 
fej & il les a délivrez de 
leurs angoiflts: 

7 Et les a adreffez au 
droit chemin pour aler en 
une ville habitée. 

8 Qu'ils célèbrent donc 
envers f Eternel fa gratuité^ 
& les merveilles envers les 
fils Açs hommes : 

9 



%è "^yLii.jmiK Les P 

9 Parce quil a aflbuvi 
rame altérée, & raffafié de 
biens lame afamée. 

10 Ceux qui demeurent 
dans les ténèbres, & dans 
lombr-e de la mort, gar- 
rotez d ailidion & de fer : 

11 Parce qu'ils ont été 
rebelles aux paroles du Dieu 
Fort, & quils ont rejette 
par mépris le confeil du 
Souverain : 

12 Et il a humilié leur 
cœur par le travail; & ils 
ont été abatus, fans qui! 
y eut perfonne qui les ai- 
dât. 

13 Alors ils ont crié 
vers rpternel en leur dé- 
treffe: & il les a délivrez 
de leurs angoilTes. 

14 II les a tirez hors des 
ténèbres, & de l'ombre de 
la mort, & il a rompu leurs 
liens. 

I s Qu'ils célèbrent donc 
envers TEternel fa gratuité, 
ôc fes rnerveilles envers les 
fils des hommes. 

1 6 Parcp qu'il a brifé les 
portes d'airain, & caffé les 
barreaux de fer. 

1 7 Les fous qui font a- 
fligez à caufe du train de 
leur tranfgreffion, & à caufe 
de leurs iniquitez. 



SEAUMEf. Matin. a^$ 

1 8 Leur ame a en hor- 
reur toute viande^ & ils 
touchent aux portes de la 
mort. vi^i J i 

19 Alors ils ont crié vers 
FEternel dans leur détreffe; 
& Il les a délivrez de leurs 
angoifles. 

20 II envoie fa parole, 
& les guérit, ôc il les dé- 
livre de leurs tombeaux. 

21 Qu'ils célèbrent donc 
envers rEternel fa gratuité, 
& fes merveilles envers les 
dis des hommes. 

2 2 Et qu'ils facrifient des 
facrifices d'adion de grâces, 
& qu'ils racontent fes œu- 
vres en chantant de joie. 

23 Ceux qui defcen- 
dent fur la mer dans àzs 
navires, faifant commerce 
parmi les grandes eaux: 

24 Qiii voient les œu- 
vres de l'Eternel, & fes 
merveilles dans les lieux 
profonds : 

2 5 (Car il commande, & 
fait comparoître le vent de 
tempête, qui élève les va- 
gues de la mer.) 

2 6 Ils montent aux cieux, 
ils defcendent aux abîmes: 
leur ame fe fond d'angoille. 

27 Us branlent, & chan- 
cellent, comme un homme 

1 i yv^^' 



426 Soir. Les Pseaumes. Le xxu.jouri 



yvrc: & toute leur fagefle 
leur manque. 
,28 Alors ils crient vers 
TEternel dans leur détrefle, 
& il les tire hors de leurs 
angoiffcs. 

V .29 II arrête la tourmen- 
te, la changeant en calme 5 
& les ondes fe tiennent 
coi. 

30 Puis ils fe réjouïflent 
de ce qu elles font apaifées; 
6c il les conduit au pOrt 
qu ils défiroient. 

3 1 Qii'ils célèbrent donc 
envers TEtcrnel fa gratuité, 
6c fcs merveilles envers les 
îils des hommes: 

32 Et qu'ils Texaltent 
dans la congrégation du 
peuple, & le louent dans 
lallemblée des Anciens. 

33 II REDUIT les fleuves 
en défert, & les fources d'e- 
aux en féchereffe : 



3 7 Et sèment les champs, 
& plantent des vignes, qui 
rendent du fruit tous les 
ans. 

38 II les bénir, & ils 
font fort multipliez: & il 
ne laifle point diminuer 
leur bétail. 

3 9 Puis ils fe diminuent, 
& font humiliez par opref- 
fion, mal, 6c ennui. 

40 II REPAND le mépris 
fur les principaux, 6c les 
fait errer par des lieux hi- 
deux, où il n*y a point d^ 
chemin. 

41 Mais il élève le pau- 
vre hors de Tafliftion; & 
donne les familles comme 
par troupeaux. 

42 Les hommes droits 
voient cela, 6c s'en réjouïf- 
fent : mais toute iniquité a 
la bouche fermée. 

43 Quiconque efl: fage. 



34 Et la terre fertile en prendra garde à ces chofes, 

afin qu'on confidère les gra- 
tuïtcz de l'Eternel. 



terre falée; à caufe de la 
malice de ceux qui y ha- 
bitent. 

3 5 II réduit le défert en 
des étangs d'eaux, ôc la 
terre sèche en des fources 
d'eaux : 

36 Et il y fait habiter 
ceux qui étoicnt afamez, 
tellement qu'ils y batiflcnt 
des villçs habitables. 



Prière du Soir. 

Taratum cor meum. 
Pf. G VI ri. 

M On cœur eft difpofé, 
ô Dieu, ma gloire 
Teft aullÎ5 je chanterai de 
pfalmodierai, a 



Le \Xii.jouT. Les 

2 Réveille- toi mufctte ôc 
violon i je me réveillerai à 
J'aubc du jour. 
fe 3 'Eternel, je te célébre- 
rai parmi les peuples, &te 
pfalmodierai parmi les na- 
tions. 

%,r]4t Car ta gratuité eft 
grande par deffus les cieux, 
& ta vérité ateint jufqu'- 
aux nues. 

5 O Dieu, élève-toi fur 
les cieux5 & que ta gloire 
ibit fur toute la terre. 

6 Afin que ceux que 
tu aimes foient délivrez: 
fauve-moi par ta droite, & 
cxaucc-moi. 

7 Dieu a parlé en fon 
Sanduaire, je me réjouirai: 
je partagerai Sichem, & 
mesurerai la valée de Suc- 
coth. 

8 Galaad fera à moi : 
ManafTé fera à moi : & E- 
phraim fera la force de mon 
chef; Juda mon Lé^iflateur. 

9 Moab fera le bailin 
où je me laverai : je jetterai 
mon foulier fur Edom : je 
triompherai de la Palcftme. 

10 Qui fera-ce qui me 
conduira en la ville munie ? 
qui fera-ce qui me conduira 
iufques en Edom ? 

ï I Ne fera-ce pas toi^ 



P s E A U M E s: 



Soir. 



427 

ô Dieu, qui nous avois re- 
jettcz; & qui ne fbrtois 
plus, ô Dieu, avec nos ar- 
mées ? 

12 Donne-nous fecours 
pour fortir de la détreffe: 
car la délivrance qu'on a* 
tend de Thomme eft va- 
nité. 

13 Nous ferons des ac- 
tions de valeur en Dieu; 
& il foulera nos ennemis. 



o 



T>eus laiidam. Pf cix. , 

Dieu de ma ioiiange, 
_ ne te tai point. Car 
la bouche du méchant, & 
la bouche remplie de frau- 
des fc font ouvertes fur moi. 

2 Et ont parlé à moi, 
en ufant d'une langue men- 
tbngére. Et des paroles 
pleines de haine m'ont en- 
vironné ; & ils me font la 
guerre fans caufe. 

3 Au lieu que je les ai- 
mois, ils ont été mes en- 
nemis: mais moi je nai 
fait que prier. 

4 Et ils m'ont rendu le 
mal pour le bien, 6c la 
haine pour Tamour que jç 
leur port ois. 

5 Etabli le méchant fur 
lui 5 & fai que fadverfaire 
fe tienne à fa droitç. 



4^8 Soirl Lfes P s E 

^ t5 Quand il fera juge, 
fai qu'il foit déclaré mé- 
chant; & que fa prière 
tourne en péché. 

7 Qiie fa vie foit courte, 
& quun autre prenne fa 






charge. uii 
- 8 Que fes enfans foient 
orpheUns , & fa femme 
veuve : 

9 Et que fes erifans foient 
entièrement vagabonds, & 
qu'ils mendient & quêtent, 
en fortant de leurs maifons 
détruites. V^, -');''■ 

10 Que le créancier u- 
fant d'cxadion atrape tout 
ce qui cft à lui, & que les 
étrangers butinent tout fon 
labeur. 

1 1 Qu'il n-}^ ait per- 
fonne qui étende fa com- 
paffion fur lui: & qu'il n'y 
ait peribnne qui ait pitié 
de fcs orphelins. 

12 Que fi pofïérité foit 
expofée à être retranchée i 
que leur nom foit effacé 
dans la race qui fuivra. 

I 3 Qiie l'iniquité de fcs 
pcrcs revienne en mémoire 
à rEtcrneh& que le péché 
de fa nicrc ne foit point 
effacé. 

14 Qifils foient con- 
tinuellement devant TEter- 



A u M i'é. Le xxiT. jouf. 

nel : & qu il retranche Icuf 
mémoire de la terre : 

1 5 Parce qu il ne s'eft 
point fouvcnu d'ufer de 
gratuité: mais il a perfé- 
cuté rhomme afligé & mi* 
ferable, ôc matté en fon 
cœur, pour le faire mourir. 

i6 Puis quil a aimé la 
malédiftion, que la malé- 
didion Tenvahiffe : & par- 
ce qu il n'a point pris plai- 
fir à la bénédidion, que la 
bénédiction aufli s'éloigne 
de lui. 

17 Et qu'il foit revêtu 
de malédidion, comme de 
fa robe 5 & qu elle entre 
dans fon corps, comme de 
l'eau; & qu'elle entre dans 
fes os, comme de l'huile. 

1 8 Qu'elle lui foit com- 
me un vêtement dont il 
fe couvre, & comme une 
ceinture, dont il fe ceigne 
continuellement. 

19 Telle foit de par 
l'Eternel la recompenfe de 
mes adverfaires, & de ceux 
qui parlent mal de moi. 

20 Maistoi, Eternel Sei- 
gneur, ufe envers moi de 
ta gratuité pour Tamour de 
ton Nom: àc parce que 
ta gratuité eft bonnC;, dé? 
livre- aïoh 

i 



c fuis afligé & 



\lie yiyiiu.jour 

1^- 21 Car 

miferable: & mon cœur cft 

blelTé au dedans de moi. 

2 2 Je m'en vais comme 
rombre quand elle décline: 
& ie fuis agité comme une 
ifauterelle. 

2 3 Mes genoux font a- 
foibiis par le jeûne 5 & ma 
»chait s'efl amaigrie;, au lieu 
^qu elle étoit en bon point. 

24 Encore leur fuis- je 
(Cn oprobre : quand ils me 
voient, ils branlent la tête. 

25 Eternel mon Dieu, 
aide-moi 5 & délivre-moi 
ielon ta gratuité. 

26 Afin quon connoiffe 
que c'eft ici ta main, & que 
toi, ô Eternel, as fait ceci. 

27 Ils maudiront; mais 
tu béniras: ils s'élèveront 5 
mais ils feront confus: 6c 
ton ferviteur fe réjouira. 

28 Que mes adverfaircs 
foient revctus de confufion, 
& couverts de leur honte, 
comme d'un manteau. 

29 Je célébrerai haute- 
ment l'Eternel de ma bou- 

I che, & le louerai au milieu 
I de plufieurs nations. 
I 30 De ce qu'il fc tient 
' à la droite du miferable, 
I pour le délivrer de ceux 
qui condamnent fon ame. 



Les P se au mes. Matin* ^^2^ 



Prière du Matin. 

TDixit '\Do?mnus, Pf cx| 

L'Eternel a dit à mon 
Seigneur j Aflîeds-toi 
a ma droite, jufqu'à ce que 
j'aie mis tes ennemis pour 
le marchepied de tes pieds* 

2 UEternel tranfmcttra 
de Sion le fceptre de ta 
force, en difant 5 Domine 
au milieu de tes ennemis. 

3 Ton peuple fera un 
peuple plein de franche vo* 
lonté,au jour que tu affenv 
bleras ton armée en fainte 
pompe : la rofée de ta jeu- 
neffe te fera produite de la 
matrice de l'aube du jour. 

4 L'Eternel l'a juré, 6c 
il ne s'en repentira point, 
que tu es Sacrificateur éter- 
nellement, à la façon dç 
Melchifédec. 

5 Le Seigneur eft à ta^ 
droitCi il froiffera les Rois 
au jour de fa colère. 

6 II exercera jugement 
fur les nations 5 il remplira 
tout de corps morts 5 il 
froilîera le Chef qui do- 
mine fur un grand païs. 

7 II boira du torrent par 
le chemin, c'cft pourquoi 
il lèvera haut la tête. 

Cou- 



4 3 o Matin. Les P s e a u m e s. Z^ xxiii. jour, 

9 II a envoie la rcdemp 



Confit ebor tibi. Pf. cxi. 

JE célébrerai l'Eternel de 
tout mon cœur, dans 
la compagnie des hom- 
mes droits, & dans laflcm- 
blée. 

z Les œuvres de TE- 
ta'nel font grandes. Elles 
font recherchées de tous 
ceux qui y prennent plai- 
fir. 

3 Son œuvre n'eft que 
niajefté & magnificence : 
& fa juftice demeure à 
perpétuité. 

4 11 a rendu iç,^ mer- 
veilles mémorables. L'E- 
ternel efl: mifcricordieux & 
pitoïablc. 

5 II a donné à vivre à 
ceux qui le craignent: il 
s'eft fouvenu à toujours de 
fon aliance. 

6 II a manifefté à fon 
peuple la force de fes œu- 
vres, en leur donnant Thé- 
ritage des nations. 

7 Les œuvres de fes 
mains ne font que véri- 
té & équité : tous fes 
commandemens font cer- 
tains : 

8 Apuiez à perpétuité 
& à toujours, étant faits 
avec fidélité (5c droiture. 



tion à fon peuple: il ai 
commandé fon aliance é- 
tcrncllement : fon Nom 
eft faint & terrible. 

I o Le chef de la fapiencc 
eft la crainte de rEterncl: 
tous ceux qui s'adonnent à 
les faire font bien fages : 
fa loiiangc demeure à per-' 
pétuïté. 



Beatus vir, Pf. cxii. ^ 

Bien-heureux eft Thom- 
mc qui craint l'Eter- 
nel, & qui prend un fin- 
gulicr plaifir en i:cs com-, 
mandcmens ! I 

2 Sa poftérité fera puif-j 
faute en la terre: la 2;éne- 
ration des hommes droits 
Ter a bénie. j 

3 II y aura des biens & 
6(zs richcflcs en fa maifon: 
ôc la juftice demeure à per- 
pétuité. 

4 La lumière s'eft levée 
dans les ténèbres à ceux 
qui ibnt droits : Il eft pi- 
toïablc, mifcricordieux, 6c 
juftc. 

5 L'homme' de bien fait 
aumône, & prête : Il dif- 

j pcnfc fes afaires avec droi- 
ture, 

6 Même il ne fera jamais 

cbrau- 



Le^yiUi.jour^ Ljes Ps 

ébranlé. Lejuftc fera en mé- 
moire perpétuelle. 

7 II n'aura peur d'aucun 
mauvais raport: Son cœur 
eft ferme s'afiïïrant en TE- 
ternel. 

8 Son cœur eft bien a- 
puié 5 il ne craindra point, 
jufqua-ce qu'il ait vii en 
fes adverfaircs ce qu il dé- 
fire. 

9 II a répandu, il a 
donné aux pauvres: fajuf- 
tice demeure à perpétuité : 
fa corne fera élevée en 
gloire. 

10 Le méchant le verra, 
& en aura du dépit. Il 
grincera les dents, & fe 
fondra : le défir des mé- 
dians périra. 

Laudate pueri, Pf cxiii. 

LOiiez ,; vous ferviteurs 
de l'Eternel, louez le 
Nom de l'Eternel. 

2 Le Nom de l'Eternel 
foit béni dès maintenant,^: 
à toujours. 

3 Le Nom de l'Eternel 
eft digne de louange, depuis 
le folcil levant jufquau fo- 
kil couchant. 

4 L'Eternel eft éicvépar 
delTus toutes les nations, fa 
gloire eft par deffus les cicux. 



EAUMES, Soir. 431 

5 Qui eft femblable à 
l'Eternel notre Dieu? le-- 
quel habite aux lieux très- 
hauts : Lequel s'abaifle 
pour regarder aux cieux, & 
en la terre: 

6 Lequel relève le chc- 
tif de la poudrci ôc élève 
le pauvre du fumier : 

7 Pour le faire afleoir 
avec les principaux, avec 
les principaux, dis- je, de 
fon peuple. 

8 Lequel donne une fa- 
mille à la femme qui étoit 
ftérile , la rendant mère 
d'enfans, & joïeuie. Loiiez 
rEternel. 

Prière du Soir. 

In exitu Ifrael. Pf. cxiv. 

QUand Ifrael fortit d'E- 
fc^gyptc, & la maiibn 
de Jacob d'avec le peuple 
barbare, 

2 ]uda devint une chofc 
facrée à Dieu, & Ifrael fes 
feigneuries. 

3 La mer le vit, & s en- 
fuît i le Jourdain s'en re- 
tourna en arriére. 

4 Les montagnes fautè- 
rent comme des moutons, 
& les coteaux comme des 



agneaux. 



î 



5 



Les Pseaumes. 



432 Sôïr. 

. 5 O mer, qu'avois-tu 
pour t'enfuïr? & toi Jour- 
dain, pour retourner en ar- 
riére \ 

6 Et vous montagnes, 
que vous aiez fauté, comme 
des moutons? & vous co- 
teaux, commes des agne- 
aux? 

7 O Terre, tremble pour 
la préfence du Seigneur, 
pour la préfence du Dieu 
çie Jacob : 

8 Qui a changé le rocher 
^n un étang d'eaux, ôc la 
pierre très dure en une 
icurce d'eaux. 

Non nobisy domine. 
Pf. cxv. 

On point à nous, ô 
Eternel, non point 
à nous, mais à ton Nom 
donne gloire 5 pour Tamour 
de ta gratuité j pour l'amour 
de ta vérité. 

2 Pourquoi diroient les 
nations? Où eft mainte- 
nant leur Dieu ? 

3 Certes nôtre Dieu eft 
aux cieux : il fait tout ce 
qu'il lui plait. 

4 Leurs dieux font des 
dieux dbr & d'argent, un 
ouvrage de mains d'homme. 

5 Ils ont une bi)uchc, 6c 



N 



Le k^in.Jmr^û 

ne parlent point : ils ont 
des yeux, êc ne voient 
point: 

6 Ils ont des oreilles, & 
noient point: ils ont un 
nez, & n'en flairent point : 

7 Des mains, & n'en 
touchent point : des pieds, 
& n'en marchent point : & 
ils ne rendent aucun fon 
de leur gofîer. 

8 Que ceux qui les font, 
& tous ceux qui s'y affû^ 
rent, leur foient faits fem* 
blables. 

9 Ifracl, affûre-toi en l'E- 
ternel: car il eft i'aide & 
le bouclier de ceux qui s'af- 
furent en lui. 

10 Maifon d'Aaron, af- 
fûrcz-vous en l'Eternel : car 
il eft leur aids & leur bou- 
clier. 

1 1 Vous qui craignes^ 
l'Eternel, affûrez-vous en 
l'Eternel : car il eft leur 
aide & leur bouclier. 

12 L'Eternel s'eft fou- 
venu de nousj il bénira, il 
bénira la maifon d'ifraëlj 
il bénira la maifon d'Aaron. 

I j II bénira ceux qui 
craignent l'Eternel, tant les 
petits que les grands. 

14 L'Eternel ajoutera bé- 
nédidion fur vous, fur vous 
6c fur vos enfaiis. 1 5 



%€ XXIV. jôuf. Les Pseaumes.' Matht, 4.3 f 

15 Vous êtes bénis de|& jufte, & notre Dieu fait 
rEterneli qui a fait 



les 
cieux & la terre 

1 6 Qiiant aux Cieux, les 
Cieux ^ font à rEtcrnel : 
mais il a donné la terre 
aux enfans des hommes. 

17 Les morts, ôc tous 
ceux qui defcendent où 
Ion ne dit plus mot, ne 
loueront point rEternel. 

1 8 Mais nous, nous bé- 
nirons FEternel dès main- 
tenant, 6c à toujours. Lou- 
ez l'Eternel. 

Prière du Matin. 

^ilexiy quoniam. Pf.cxvi. 

J'Aime FEternel ; car il 
a exaucé ma voix 6c 
mes fuplications. 

2 Car il a incliné fon 
oreille vers moi:c'efl: pour- 
quoi je Tinvoquerai durant 
mes jours. 

3 Les cordeaux de la 
mort m'avoient environné, 
6c les détreffes du fépulcre 
m'avoient rencontré : 

4 J'avois rencontré la dé- 
trefTc 6c Tennui. Mais j'in- 
voquai le Nom de TEtcrnel, 
en difant i Je te prie, 6 
Eternel, délivre mon ame. 

5 UEternel cft pitoïable 



uilericordc. 

6 UEterncl garde les 
fimples: j'étois devenu mi* 
ferablc, 6c il m'a lauvé. 

7 Mon ame, retourne 
en ton repos : car l'Eter- 
nel t'a fait du bien. 

8 Parce que tu as re- 
tiré mon ame de la mort, 
mes yeux de pleur, 6c mes 
pieds de trébuchemcnt^ 

9 Je marcherai en la 
préfence de l'Eternel dans 
la terre des vivans* 

10 J'ai cru; c'efl: "pour- 
quoi j'ai parié : j'ai été fort 
afligé. je difois en ma pré- 
cipitation i Tout homme 
eft menteur. 

1 1 Que rendrai-je à TE* 
ternel ? tous fes bienfaits 
font fur moi. 

12 Je prendrai la"^coupc 
des délivrances, 6c j'invo- 
querai le Nom de TEter- 
nel.. .-"di'H^'^v 

13 Je rendrai mainte- 
nant mes vœux à TEternel, 
devant tout fon peuple. 
Toute forte de mort àcs 
bicn-aimez de l'Eternel eft 
précieufc devant fes yeux. 

14 Ouï i 6 Eternel ; c^r 
je fuis ton fcrviteur: je fuis 
ton fcrviteur, fils de ta fer- 

F f vaate; 



'4H Matin. Ieô rsÈAÙMÉ^. 

vante : tu ais délié mes li- 
ens. 

15 Je te facrifierai des 
facrifices d'adion de grâces j 
& j'invoquerai le Nom de 
l'Eternel . 

16 je rendrai mainte- 
nant rncs vœux à l'Eternel, 
devant tout fon peuple: 
dans les parvis de la mai- 
fon de TEternel, au milieu 
de toi, Jérufalem. Louez 
TEterneL 

Laudate T>ominunh 
fjC cxvii. : o^ 

Toutes nations, louez 
TEternel: tous peu- 
ples, célébrcz-le. 

2 Car fa gratuité eft 
grande^ fur nous, ôc la véri- 
té de TEternel demeure à 
toujours. Loiiez fEtcrnel. 

Conpemini T>omino. 
Pf cxViii. 

CElébrcz l'Eternel; car 
il eft bon : parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours, 

2 Qu'Ifrael dife main- 
tenanti que fa gratuité de- 
meure à toujours. 

3 Que la maifon d'Aa- 
ron dife maintenant; que 
fa gratuité demeure à toû-j 
jours. ] 



Le XXIV. jV«^^ 

4 Qiic ceux qui craig- 
nent l'Eternel dîfent main* 
tenant 5 que fa gratuité de* 
meure à toujours. 

5 Me trouvant dans la 
détreffe, j'aî invoqué TE- 
terne), & l'Eternel m'a ré- 
pondu, ôc m'a mis au large. 

6 L'Eternel eft pour moij, 
je ne craindrai point. Que 
me feroit l'hontme ? 

7 L'Eternel eft pour moî 
entre ceux qui m'aident : 
c'eft pourquoi je verrai en 
ceux qui me haiffent ce 
que je déiire. 

8 Mieux vaut fe retiref 
vers TEtcrnel, que de saf- 
fûrer en l'homme. 

9 Mieux vaut fe retirer 
vers l'Eternel, que de s af- 
fùrer fur les principaux 
d*cntre les peuples. 

10 Toutes nations ma* 
voient environné : mais au 
Nom de l'Eternel je les 
mettrai en pièces. 

11 Ils mavoient envi* 
ronné ; ils m'avoient, dis- je, 
environné ; mais au Nom 
de l'Eternel, je les ai vmi 
en pièces. 

12 Ils m'avoient envi- 
ronné, comme des abeilles : 
ils ont été éteints comme 
un feu d'épines ; car au 

Nou> 



Lexxvf.jôurl Les Ps 

Nom de rEternd, je les 
ai mis en pièces. 

1 3 Tu m'avôis rudement 
pouffé, pour me faire tré- 
bucher: mais l'Eternel m'a 
été en aide : 

14 UEternel eft ma 
force, & le lujet de mon 
Cantique; & il a été mon 
libérateur. 

15 Une voix de chant 
de triomphe, & de déli- 
vrance retentit dans les ta- 
bernacles des juftesi La 
droite de TEternel, s'écri- 
ent-ils, fait vertu. 

16 La droite de TEter- 
nel eft haut élevée: la droi^ 
te de TEternel fait vertu. 

17 Je ne mourrai point: 
mais je vivrai i & je racon- 
terai les faits de rEternel. 

18 UEternel m'a châtié 
févérement ; mais il ne m'a 
point livré à la mort. 

19 Ouvrez-moi les por- 
tes de juftice ; j'y entrerai, 
& je célébrerai rEternel. 

20 C'cft ici la porte de 
rEternel 5 les juftes y en- 
treront. 

2 1 Je te célébrerai de ce 
que tu m'as exaucé;, & que 
tu as été mon libérateur. 

zi La Pierre que les é- 
difians Aypicnt rejettéc? eft 



EAUME^. Matin. 435 

devenue le principal du 
coin. 

23 Ceci a été fait par 
rEternel, & a été une cho- 
fe merveilieufe devant nos 
yeux. 

24 C*eft ici k journée 
que l'Eternel a faite : é- 
gayons-nous, & nous réjou* 
ïffons en elle. 

25 Eternel, je té prie, 
délivre maintenant. Eter- 
nel, je te prie, donne main- 
tenant profpérité. 

26 Béni foit celui qui 
vient au Nom de l'Eternel : 
Nous vous béniflbns de la 
maifon de l'Eternel. 

27 L'Eternel eft le Dieu 
Fort, & il nous a éclairez. 
Liez avec des cordes la bê- 
te du facrifice, & amenez- 
la jufqu'aux cornes de l'au- 
tel. 

28 Tu es mon Dieu 
Fort 5 c'eft pourquoi je te 
célébrerai. Tu es mon 
Dieu, je t'exalterai. 

29 Célébrez rEternel ; 
car il eft bon : parce que 
fa gratuité demeure à toÀ- 
jours. ■ 



F f ;55 V'^h 



\l6 Soir. Les Pseaùmes." Le %xiv.jouf'\ 



Prière du Soir. 

Seati immaciilati. Pf.cxix. 

Bien-heureux font ceux 
q'ji font entiers en 
leur voie, qui marchent 
en la Loi de rEternel. 
^ 2 Bicn-iieureux font ceux 
qui gardent fes témoig- 
nages, & qui le cherchent 
de tout leur cœur. 
' 3 Qui auiîî ne font point 
d'iniquité, & qui marchent 
dans fes voies. 

4 Tu as ordonné tes 
mandcmens, afin qnon les 
garde foigneufement. 

5 Qif il te plaife, ô Dieu, 
que mes voies foient bien 
dreffées, pour garder tes 
ftatuts. 

6 Et je ne rougirai point 
de honte, quand je regar- 
derai à tous tes co'mman- 
demens. ' 

7 Je te célébrerai avec 
droiture ' de cœur, quand 
i'aurai apris les ordonnan- 
ces de ta juftice. 

8 Je veux garder tes fta- 
tuts : ne me délaiflc point 
du tout. 



In qiio corriget ? , ;. 

PAr quel moien le jeune 
homme rendra - 1 -il 
pure fa voie? Ce fera en 
y prenant garde félon ta 
parole. 

2 Je t'ai recherché de 
tout mon cœur, ne me fai 
point fourvoier de tes corn- 
mandcm.ens. 

3 J'ai ferré ta parole dans 
mon cœur$ afin que je ne 
pèche point contre toi. 

4 Eternel, tu es béni : 
enfeigne|.moi tes ftatuts. 

5 J'ai raconté de mes 
lèvres toutes les ordonnan- 
ces de ta bouche. 

6 Je me fuis ré j ouï dans 
le chemin de tes témoig^ 
nages, comme fi j'eufTe eu 
toutes les richeffes du mon- 
de. 

7 Je m'entretiendrai de 
tes mandcmens, & je re- 
garderai à tes fentiers. 

8 Je prens plaifir à tes 
ftatuts i & je n'oublierai 
point tes paroles. 

Rétribue fervo ttio. 

F Ai ce bien à ton fer- 
viteur, que je vive $ & 
je garderai ta parole. 
2 Découvre mes yeuxi 
t afia 



Le XXV. jour. Les Pseaumes. Matin, 437 

& je difcourrai de tes mer- 



afin que je regarde aux 
merveilles de ta Loi. 

3 Je fuis voiagcur en la 
terre: ne cache point de 
moi tes commrdidemens. 
I 4 Mon ame eft toute 
brifée de rafedion. qu'elle 
a de tout temps pour tes 
ordonnances. 

5 Tu as rudement tancé 
les orgueilleux maudits, qui 
fe dévoyent de tes com- 
mandemens. 

6 Ote de defTus moi lo- 
probre & le mépris : car 
j*ai gardé tes témoignages. 

• 7 Même les principaux 
fe font aiïis, & ont babil- 
lé de moi, pendant que 
ton ferviteur s'entretenoit 
de tes ftatuts. 

8 Auflî tes témoignages 
font mes plaifirs, ôc les gens 
dç mon confeil. 

Adh^fit pavmento, 

M On ame eft atachée 
à la poudre : fai- 
moi revivre félon ta parole. 

2 Je t'ai déclaré au long 
mes voies, & tu m'as ré- 
pondu : enfeigne-moi tes 
ftatuts. 

3 Fai-moi entendre la 
yole de tes commandemens, 



veilles. 

4 Mon ame s'eft fon- 
due d'ennui: relève -moi 
félon tes paroles. 

5 Eloigne de moi la 
voie du menfonge, & me 
donne gratuitement ta Loi. 

6 ]'ai choifi la voie de ' 
la vérité 5 & me fuis pro- 
pofé tes ordonnances. 

7 ]'ai été ataché à tes' 
témoignages, ô Eternel ; 
ne me fai point rougir de 
honte. 

8 Je courrai par la voie 
de tes commandemcns , 
quand tu auras mis mo4 
cœur au large. 

Prière du Matin. 

Legem pone. 

ETernel, enfeigne-moi 
la voie de tes ftatuts, 
ôc je la garderai jufques au 
bout. 

2 Donne- moi de l'intel- 
ligence 5 & je garderai ta 
Loi, & l'obferverai de tout 
mon cœur. 

3 Fai-moi marcher dans 
le fentier de tes comman- 
demcns : car j'y prens plaifir, 

4 Incline mon cœur à 

F f 3 tes 



43 s Matin. Les Pseaume5.^ 



tes témoignages, & non 
point au gain deshonnête. 

5 Détourne mes yeux 
quils ne regardent à la 
vanité : fai-moi revivre par 
le moien de tes voies. 

6 Ratifie ta parole à ton 
ferviteur, qui eft adonné à 
ta crainte, 

7 Ote mon oprobre, le- 
quel j'ai craint ; car tes or- 
donnances font bonnes. 

S Voici, je fuis afedion- 
né à tes commandemçns : 
fai-moi revivre par ta juf- 
tice. 

Et ventât fuper me. 

ET que tes faveurs vien- 
nent fur moi, ô E- 
tcrnel, &ta délivrance auf 
fi, feion ta parole : 

2 Afin que j'aie dcquoi 
répondre à celui qui me 
fait oprobrç : car je me fuis 
affûré en ta parole. 

5 Et n'arrache point de 
ma bouche la parole de 
vérité ; car je me fuis at- 
icudu à tes ordonnances, 

4 Et je garderai conti- 
nuellement ta Loi, à tou- 
jours, & à perpétuité. 

5 Et je marcherai au 
large, parce que j ai recher- 
ché tes çonvnaudcaiçns : 



Le XXV. jmn 

6 Et je parlerai de tes 
témoignages devant les 
Rois, & ne rougirai point 
de honte. 

7 Et je prendrai mon 
plaifir en tes commande- 
mens, que j'ai aimez: 

8 Même j élèverai mes 
mains vers tes commande- 
mçns, que j'ai aimez 5 & 
je m'entretiendrai de teî| 
ftatuts. 

Memor ejio verbi fui, 

O Ouvien-toi de la paroN 
^ le donnée à ton fer- 
viteur, à laquelle tu as fait 
que je me fuis atendu. 

2 C'eft ici ma confolar 
tion dans mon afliûion, 
que ta parole m'a remis eu 
vie. 

3 Les orgueilleux fe font 
fort moquez de moi: mais 
je ne me fuis point dé* 
tourné de ta Loi. 

4 Eternel, j'ai eu mé- 
moire des jugemens d'an- 
cienneté, & me fuis con- 
folé en eux. 

5 L'horrçur m'a faifi, à 
caufe des méchans qui ont 
abandonné ta Loi : 

6 Tes. ftatuts m'ont été 
autant de cantiques de mu- 
{îejue, dans la maifon où 

j'ai 



X^ XXV, jour, l. E s P s 

j'ai demeuré comme voia- 1 
geun j 

7 Eternel, j'ai eu de 
nuit mémoire de ton Nom, 
& j'ai gardé ta Loi. 

8 Cela m'eft arrivé, par- 
ce que je gardois tes cgm- 
jîiandemens. 

^ortio mea.'Domine. 

O Eternel, j'ai conclu 
que ma portion étoit 
de garder tes paroles. 

2 Je t ai fuplié de tout 
mon cœur: aie pitié de 
moi félon ta parole. | 

3 J'ai fait le compte 
de mes voies, & j'ai rc 
brouflé chemin vers tes té 



jnoignages. 



4 Je me fuis hâté, & 
n ai point différé à garder 
tQs commandemens. 

5 Les bandes des mé^ 
chans m'ont pillé : mais je 
n'ai point oublié ta Loi. 

6 Je me lève à minuit 
pour te célébrer 5 à caufc 
des ordonnances de ta juf- 
tiçc. 

7 Je m'acompagne de 
tous ceux qui te craignent, 
& qui gardent tes comman- 
^pmens. 

* Eternel; la terre eft 



EAUMES. Matin. 439 

I pleine de ta gratuité; eu- 
feigne- moi tes ftatuts. 

Bonitatem fecïfii, 

ETcrnel, tu as fait du 
bien à ton fervitcur 
félon ta parole. 

2 Enlcignc-moi d'avoir 
bon fens & connoiffancc; 
car j'ai ajouté foi à tes 
commandemens. 

3 Avant que je fuffe a- 
fîigé, j'allois à travers 
champs : mais maintenant 
j'obferve ta parole. 

4 Tu es bon & bicn- 
faifant$ enfeignc-moi tes 
ftatuts. 

5 Les orgueilleux ont 
forgé des faulTetez contre 
moi ; mais je garderai de 
tout mon coeur tes com^- 
mandemens. 

6 Leur cœur efl comme 
figé de grainfe : mais moi 
je prens plaifir en ta Loi. 

7 II m'cft bon que j aie 
été afligéi afin que j'apren- 
ne tes liatuts. 

8 La Loi que tu as pro- 
noncée de ta bouche, m efl 
meilleure que mille pièces 
d*or, ou d'argent. 



ïf + 



PrÏ' 



440 Soir, Les 



Prière du S o t r 



Mamis tuj* feceru7it ru:. 

T£s mains mont îm, 
& façonné : rcn moi 
entendu , afin que j'aprcn- 
4;e tes commandemens. 

2 Ceux qui te craig- 
nent me verront, & fc rc- 
jouïronti parce que je me 
fuis atendu à ta parole. 

3 Je connois, 6 Eternel, 
que tes ordonnances ne 
font que juftice : & que tu 
m'as afligé fuivant ta fidé- 
lité. 

4 Je te prie, que ta gra- 
tuité foit pour me confo- 
1er, félon ta parole adrcf- 
fée à ton ferviteur. 

5 Qiie tes compafTîons 



P s E A u M E 57^ Le xxv.y<?//K 

entier dans tes ftatuts ; afin 
que je ne ro? idife point dç 
honte. 



jjefecU anima mea. 



M 



on ame eft déraillie 
en atcndant ta dé- 
Iivra.oc : je me fuis aten- 
du à ta parole, 

2 Mes yeux font défail- 
lis en atendant ta parolç, 
lors que j'?i dit 5 Qiiaiid 
me confoleras-m ? 

3 Car je fuis devenu 
comme un outre mis à la 
fumée, 6c je n ai point ou- 
blié tes ftatuts. 

4 Combien ont à durer 
les jours de ton ferviteur > 
Quand feras-tu jugement 
de ceux qui me pourfui- 
vent i* 



viennent fur moi, & je vi-r 5 Les orgueilleux mont 



vrai ; car ta Loi cil tout 
mon plaifïr. 

6 Qiie les orgueilleux 
rougiilent de honte, de ce 
qu'ils m ont renverfé à fauf- 
i<is enfcignes : mais moi, 
je difcourrai de tes com- 
mandemens : 

7 Que ceux qui te craig- 
nent, 6c ceux qui çonnoif- 
hnt tes témoignages, fe 
tournent vers moi. 

?'Q;^ie qiou cœur foit 



creufé des foifes ; ce qui 
n'eft pas iclon ta Loi. 

6 Tous tes commander 
mens ne font que fidélité: 
on me perfécute à faulTes 
enfeigncs: aide-moi. 

7 On m'a prefque ré- 
duit à rien, & mis par ter- 
re : mais je n'ai point a- 
bandonné tes commande- 
mens. 

8 Fai-moi revivre félon 
ta gratuité:, & je garderai 

le 



r 



%e XXV.' joutl Les Pseaumes: Soîr'. 441 



le témoignage de ta bou- 
che. 

In £ternum^ Tiomine.^ 

O Eternel, ta parole fub- 
fifte à toujours dans 
les Cieux. 

2 Ta fidélité dure d âge 
en âge : tu as établi la 
terre, & elle demeure fer- 
me. 

3 Ces chofes fubfiftent 
aujourd'hui félon tes or- 
donnances : car toutes cho- 
fes te fervent. 

4 N'eut été que ta Loi 
a été tout mon plaifir, 
j euiTe déjà péri dans mon 
aflidion. 

5 Je n'oublierai jamais 
tes commandeniens : car 
tu m'as fait revivre par 
eux. 

6 Je fuis à toi, fauve- 
moi : car j'ai rechcrchçtes 
commandemens. 

7 Les méchans m'ont 
atendu, pour me faire pé- 
rir : mais je me fuis rendu 
attentif à tes témoigna- 
ges. 

8 J'ai vu un bout dans 
toutes Jgs chofes les plus 
parfaites : mais ton com- 
mandement eft d'une très 
gn^r^de étendue. 



o 



^omodo dilexi ! 

Combien j'aime ta 
Loi ! c'eft ce dont je 
m'entretiens tout le jour. ' 

2 Tu m'as rendu plus 
fage par tes commande- 
mens, que ne font mes 
ennemis : parce que tes 
commandemens font tou- 
jours avec moi. 

3 J'ai paffé en prudence 
tous ceux qui m'avoient 
enfeigné , parce que tes té- 
moignages font mon en- 
tretien. 

4 Je fuis devenu plus 
entendu que les anciens i 
parce que j'ai obfervé tes 
commandemens. 

5 J'ai gardé mes pieds 
de toute mauvaife voie ; a- 
fin que j bbfervaifc ta pa- 
role. 

6 Je ne me fuis point 
détourné de tes ordonnan- 
ces i parce que tu me les 
as enfeignées. 

7 O que ta parole a été 
douce à mon palais! plus 
douce que le miel à ma 
bouche : 

8 Je fuis devenu enten- 
du par tes commandemens: 
ceil pourquoi j'ai haï tou- 
te voie de menfonge. 



i|42 Matin. LesPseaume^. Le xxvi. jou^ 
Prière du Matin. 



Lucern^ pedibus meis. 

TA parole cft une lam- 
pe à mon pied, & 
ime lumière à jnon içc\3r 
tien 

2 J'ai juré,& je le tien- 
drai, d oblerver \zs ordon- 
iiances de ta juftice. 

3 Eternel, je fuis ex- 
trêmement afligé; fai-moi 
rcvivrç félon ta parole. 

4 Eternel, je te prie, 
aie pour agréables les o- 
blations volontaires de ma 
touche ; ôc enfeigne-moi 
tes ordonnances. 

5 Ma vie a été conti- 
ïîuëllement en danger : tou- 
tefois je n'ai point oublié 
ta Loi : 

6 Les méchans m'ont 
tendu des laqs: toutefois 
)e ne me fuis point égaré 
de tes commandemens. 

7 l'ai pris pour héritage 
perpétuel tes témoignages : 
car ils font la joie démon 
cœur. 

8 J'ai incliné mon cœur 
à accomplir toujours tes 
ftatuti^ j^^^q^çs au bout. 



Iniquos odio habuï. 

J'Ai eu en haine les pcn- 
fées diverfes $ mais j'ai 
aimé ta Loi. 

2 Tu es ma cachette, & 
mon bouclier, je me fuis 
^tçndu à ta parole. 

3 Méchans, retirez-vous 
de moi, & je garderai les 
commandemens de mon 
Dieu.l 

4 Soutien -moi fuivant 
ta parole, & je vivrai : & 
ne me fai point rougir de 
honte en me refufant ce 
que j'efpérois. 

5 Soûtien-moi, & je fe- 
rai en fureté, & j'aurai 
continuellement les yeux 
fur tes ftatuts. 

6 Tu as foulé aux pieds 
tous ceux qui fe dévoyent 
de tes ftatuts: car leur 
tromperie eft menfonge. 

7 Tu as réduit à néant 
tous les méchans de la ter- 
re, comme n'étant qu'é- 
cume: çcft pourquoi j'ai 
aimé tes témoignages. 

8 Ma chair a friflbné à, 
caufc de ta fraïeur, & j'ai 
craint tes jugcmens. 



Feci 



ZeyiXviJouK Les Pseaumes, Matin. 443 



Feci judiciam. 

J*Aî exercé jugement & 
juftiçe; ne nVabandon» 
ne point à ceux qui me 
font tort. 

2 Sois le pleîge de ton 
fçrviteur pour fon bien, & 
ne permets pas que je fois 
oprimé par les orgueilleux. 

3 Mes yeux lont dé- 
faillis, en atendant ta dé- 
livrance, & la parole de ta 
juftice. 

4 Agi envers ton fçrvi- 
teur fuivant ta gratuité, & 
m'enfeigne tes ftatuts. 

5 Je fuis ton ferviteur, 
ijren-moi entendu, & je 
connoîtrai tes témoigna- 
ges. 

6 II eft temps que TEter- 
nel opère 5 ils ont aboli ta 
t-oi. 

7 C'eft pourquoi j ai ai- 
iné tes commandemens, 
plus que l'or 5 même plus 
que le fin or. 

8 C'eft pourquoi j'ai ef- 
timé droits tous les man- 
demens que tu donnes de 
toutes chofcs; & j'ai eu en 
haine toute voie de nien- 
JTpngç, 



Mirabilia. 

TEs témoignages font 
des choies mcrveil- 
leufes : c'eft pourquoi mon 
ame les a gardez. 

2 L'entrée de tes paro- 
les illumine, & rend les 
Jîmples entendus. 

5 J'ai ouvert ma bou- 
che, ôc j'ai bâaillé : caÉ 
j'ai fouhaité t(^s comman- 
demens. 

4 Regarde-moi, & aie, 
pitié de moi, félon que tu 
as ordinairement compal- 
fion de ceux qui aiment 
ton Nom. 

5 Afermi mes pas fur 
ta parole i & ne fai point 
qu'aucun outrage domine 
fur moi. 

6 Délivre-moi de l'o- 
preffion des hommes; afin 
que je garde tes comman- 
demens. 

7 Fai luire ta face fur 
ton ferviteur, & m cnfeig- 
ne tes ftatuts. 

8 Mes yeux fe font 
fondus en ruifleaux d'eau > 
parce qu'on n obferve point 
ta Loi, 



Jttjîu^ 



444. SûJr. Les P s e a u m es. Lé y^^i, jourr 

Eternel, & je garderai tes 



Jtiftus eSy "Domine, 

TU es jufte, ô Eter- 
nel, & droit en tes 
)ugemens. 

2 Tu as ordonné tes 
témoignages, comme une 
chofe jufte, & Ibuveraine- 
ment ferme. 

.^5 Mon zèle m'a miné : 
parce que mes adverfaires 
ont oublié tes paroles. 

4 Ta parole cft fouve- 
raincment raffinée : c eu 
pourquoi ton ferviteur Tai- 
me. 

5 Je fliis petit & mé- 
prilé : toutefois je n oublie 
point tes cooiinandemens. 

6 Ta juftice eit une juf- 
tlce à toujours, & ta Loi 
eft la vérité. 

7 Dctreiie & angoifle 
m'avoicnt rencontré: mais 
tes commandemens font 
mes plaifirs. 

8 Tes ténioienaeres ne 
font que juilicc à toujours: 
donne-nf en l'intelligence ,• 
alin que je vive. 

Prière du Soir. 

Clamavi i?i toto corde meo. 

J'Ai crié de tout mon 
coeur, rcpon-moi, ô 



ftatuts. 

2 J'ai crié vers toi : 
fauve-moi, afin que j'ob-« 
ferve tes témoignages. 

3 J'ai prévenu le point 
du jour, & j'ai crié: je 
me fois atendu à ta pa- 
role. 

4 Mes yeux ont préve- 
nu les veilles de la nuit 
pour méditer ta parole. 

5 Ecoute ma voix félon 
ta gratuité : 6 Eternel, i?ai- 
moi revivre félon ton or- 
I donnance. 

6 Ceux qui font adon- 
nez à des machinations fe 
font aprochez j ôc ils fe font 
éloignez de ta Loi. 

7 Eternel, tu es proche^ 
6c tous tes commandemens 
ne font que vérité. 

8 ]'ai connu dès long- 
temps touchant tes témoi- 
gnages, que tu les as fon- 
dez pour toujours. 

Vide hmnilitatem. - 

REgardc mon afliftion, 
& m'en tire hors : 
car je n'ai point oublié ta 
Loi. 

2 Déba ma caufe,^me 
tachette: fai-moi revivre 
fuivant ta parole. 



p^- 



%e''%^vn. jouK Les Ps 

t " 3 ta délivrance efl loin 
'des méchans j parce quils 
n'ont point recherclié tes 
ftatuts. 

rf 4 Tes compaffions font 
en grand nombre, ô Eter- 
nel : fai-moi revivre félon 
tes ordonnances. 

5 Ceux qui me perfécu- 
|:ent & qui me preffent, 
font en grand nombre : 
toutefois je ne me fuis 
Jpoint détourné de tes té- 
^moignages. 

6 l'ai regardé ceux qui 
fe portent déloialement, & 
j'ai été ennuie de ce qu'ils 
n'obfervoient point ta pa- 
tole. 

7 Regarde combien j'ai 
•aimé tes commandemens : 
Eternel, fai-moi revivre fe- 
4on ta gratuité. 

8 Le principal point de 
ta parole cft la vciité, & 
toute l'ordonnance de ta 
juftice eft à toujours. 

Principes perfecuti funt, 

LE S principaux du peu- 
ple m'ont perfécuté 
fans fujet: mais mon cœur 
a été éfraié à caule de ta 
parole. 

2 Je me réjouis de ta 
parole, comme feroit ce- 



E A û M £ sr SoîT. 44 j 

lui qui auroit trouvé ua 
grand butin. 

3 J'ai eu en haine & 
en abomination le men- 
fonge; j'ai aimé ta Loi. 

4 Sept fois le jour je te 
loue, à caufe des ordon- 
nances de ta juftice. 

5 II y a grande profpé- 
rite pour ceux qui aiment 
ta Loi 5 & il n'y a point 
d achopement pour eux. 

6 Eternel, j'ai efpéré en 
ta délivrancci & j'ai fait tes 
commandemens. 

7 Mon ame a obfervé 
tes témoignages, & je les 
ai fouverainement aimez. 

8 ]'ai obfervé tes com* 
man démens ôc tes témoi- 
gnages : car toutes mes 
voies font devant toi. 

Appropinquet deprecatio. . 

YT'Lcrnel, que mon cri 
JJj ?prochc ùc ta pré- 
fcnce; rcn-moi entendu 
félon ta parole. 

2 Q:e ma fuplication 
vienne devant toi; délivre- 
moi félon ta parole. 

3 Mes lèvres dégorge- 
ront ta loiiange, quand tu 
m'auras enfeigné tes fta- 
tuts. 

4 Ma langue ne s'entre- 

tiendra 



ii.4.é Mdtk. Les Psëaxtmes. 



tiendra que de ta parole : 
parce que tous tes com- 
maiidemens ne font que 
juftice. 

5 Que ta main me foit 
jcn aide: parce que j'ai choi- 
fi tes commandcmens. 

6 Eternel, j'ai fouhaité 
ta délivrance 5 & ta Loi eft 
tout mon plaifir* 

7 Que mon ame vive, 
,afin qu'elle te loue 5 & fai 
que tes ordonnances me 
/oient en aide. 

8 J'ai été égaré com- 
pile la brebis perdue: cher- 
che ton ferviteur : car je 
n'ai point mis en oubli tes 
commandemensw 

Prière du Matin. 

a^d T)ominum. Pf. cxx. 

J'Ai invoqué rEtcrnel en 
ma grande détreffe, & 
il m'a exaucé. 

2 Eternel, délivre mon 
ame des fauffcs lèvres, & 
de la langue qui n'eft que 
tromperie. 

3 Que te donnera, & 
te profitera la langue trom- 
pcufe? Ce font des flè- 
ches aiguës tirées par un 
homme puiilant, 6c des 
charbons de genèvre. 



4 Hclas! Que je fuià 
miferable de féjourncr en 
Méfec, & de demeurer aux 
tentes de Kédar ! 

5 Qiie mon ame ait 
tant demeuré avec celui qui 
hait la paix. 

6 Je fuis un homrrle de 
paix : mais lors que j'en 
parle, les voilà à la guerre. 

Levavi oculos. Pf. cxxx. 

J'Elève mes yeux vers 
les montagnes d'où me 
viendra le fccours. 

2 Mon fecours vient de 
rEternel, qui a fait les 
cieux & la terre* 

3 II ne permettra point 
que ton pied foit ébranlé : 
celui qui te garde ne fom* 
meillera point. 

4 Voilà, celui qui gar- 
de Ifraël ne fommeillera 
point, & ne s'endormira 
point. 

5 L'Eternel eft celui qui 
te garde: TEternel eft ton 
ombre, il eft à ta majin 
droite, 

6 Le foleil ne donnera 
point fur toi, de jour 5 ni 
la lune, de nuit. 

7 L'Eternel te gardera 
de tout mal, il gardera ton 
ame. 



%eT^yti\.jôuf\ Les P 

8 UEternel gardera ton 
îiïuê & ton entrée, dès 
inaintenant & à toujours. 

Latatus fum, Pf.cxxii. 

JE me fuis réjoui àcaufc 
de ceux qui me difoi- 
cnt i Nous irons à la mai- 
ion de rEternel. 

z Nos pieds fe font a- 
tètez en tes portes, ô Jé- 
|:ufalem. 

3 Jérufalem, qui es bâ- 
tie, comme une ville qui 
s'entretient bien enfemble: 

4 En laquelle montent 
les Tribus, les Tribus de 
TEternel : ce qui eft un té- 
moignage à Ifraël, pour cé- 
lébrer le Nom de FEter- 
fiel. 

5 Car c*eft là qu'ont été 
pofez les iîéges pour juger: 
les fiéges, dis- je, de la mai- 
fon de David. 

6 Priez pour la paix de 
Jérufalem : que ceux qui 
i aiment, aient profpérité. ■ 

7 Qiie la paix foit à ton 
avant-mur, & la profpé- 
rité dans tes palais. 

8 Pour Tamour de mes 
frères & de mes amis, je 
prierai maintenant pour ta 
jpaix. 

9 A caufe de la maifon 



s E A u M E s. Matin. A-^-t 

de TEternel nôtre Dieu jq 
procurerai ton bien. 

jid te levavi oculos^ 

Pf CXXIII. 

J'Elève mes yeux àtoi, quî^ 
habites dans les cieux- 

2 Voici, comme les yeux 
des ferviteurs regardent à 
la main de leurs maîtres % 
ôc comme les yeux de la 
fervante regardent à la 
main de fa maitreffe: ain- 
Ci nos yeux regardent à TE» 
terncl nôtre Dieu, jufqu'à- 
ce qu'il ait pitié de nous. 

3 Aie pitié de nous, d, 
Eternelj aie pitié de nous : 
car nous avons eu tout 
nôtre foui de mépris. 

4 Nôtre ame eft entiè- 
rement foulée de la mo- 
querie de ceux qui font à. 
leur aife, & du mépris des 
orgueilleux. 

iVV/f, quia Dominus^ 
Pf cxxiv. 

N'Eut été l'Eternel, qui 
a été pour nous, dife 
maintenant Ifraël: 

2 N'eut été rEternel,' 
qui a été pour nous, quand 
les hommes, fe font élevez 
contre nous, 

3 Ils nous eulTcnt dès 

Ilors engloutie tous vifs : pen- 
dant 



44 s Soif. Lés 

dant que leur colère étoit 
enflammée contre nous. 

4 Dès lors les eaux fe 
fuffent débordées fur nou5, 
un torrent eut pafle fur 
nôtre amê. 

5 Dès lors les eaux en- 
flées fuflent paflees fur nô- 
tre ame. 

6 Béni foit TEternel, qui 
ne nous a point livrez en 
proie à leurs dents. 

7 Nôtre ame eft échap- 
pée, comme loifeau du 
laqs des oifcleurs : le laqs 
a été rompu, & nous fom- 
m^es échappez. 

8 Nôtre aide foît au 
Nom de TEternel, qui a 
fait les cieux 6c la terre. 

'^i confidunt. Pf cxx v. 

CEux qui fe confient 
en TEtcrnel font com- 
me la montagne de Sion, 
qui ne peut être ébranlée, 
& qui fe maintient à tou- 
jours. 

2 Quant à Jérufalem, il 
y a des montagnes à l'en- 
tour d'elle, & l'Eternel eil 
à lentour de fon peuple, 
dès maintenant & à tou- 
jours. 

3 Car la verge de la 
méchanceté ne repofera 



P S E A u M E f. Le XX VIL jouh 

point fur Je lot des juftcs: 
de peur que Its juftes m 
mettent leurs mains à l'ini- 
quité. 

4 Eternel, fax du bien 
aux bons, & a ceux qui 
font droits en leurs cœurs, 

5 Mais quant à ceux 
qui tordent leurs fentiers 
obliques, TEternel les fera 
marcher avec Its ouvriers 
d'iniquité. La paix fera, 
fur IfraëL 1 



Prière du Soir.' 

In convertendo. Pf cxxvi^ 

QUand TEtcrnel ramena 
^les captifs de Sion, 
nous étions comme ceux 
qui fongent. 

2 Alors nôtre bouche 
fut remplie de ris, & nôtre 
langue de chant de triom- 
phe. 

3 Alors on difoit par- 
mi les nations 5 L'Eternel 
a fait de grandes chofcs à 
ceux-ci. 

4 L'Eternel nous a fait 
de grandes chofcs : nous 
en avons été véjouïs. 

5 O Eternel ramène nos 
priibnniers, en forte qu ils 
ibient comme les courans 
des eaux au païs du Midi. 



Le xxvn.jour. Les P s e a u m e s. 

6 Ceux qui sèment avec 
larmes, moilïbnncront avec 
chant de triomphe. 

7 Celui qui porte la fe- 
mence pour la mettre en 
terre, ira fon chemin en 
pleurant : mais il reviendra 
avec chant de triomphe, 
quand il portera ks 
bes. 



gcr- 



NifiT^ominus. Pf. cxxvii. 

SI rEternel ne bâtit la 
maifon, ceux qui la 
bâtiflcnt, y travaillent en 
vain : 

2 Si rEternel ne garde 
la ville, celui qui la garde, 
fait le guet en vain. 

l C'eft en vainque vous 
vous levez de grand matin, 
que vous vous couchez tard, 
& que vous mangez le 
pain de douleurs: certes 
c'eft Dieu qui donne du 
repos à celui qu'il aime. 

4 Voici, les enfans font 
un héritage donné par l'E- 
ternel : & le fruit du ven- 
tre eft une recompeufe de 
Dieu. 

5 Telles que font les 
flèches en la main d'un 
homme puiflant, tels font 
les fils d'un père qui eft 
dans la Çcur de fon âge. 



Soir. 449 

6 O que bicn-hcureux eft 
l'homme qui en a rempli 
fa trouffe! des hommes 
comme ceux-là ne rousi- 
ront point de honte, quand 
ils parleront avec leurs en- 
nemis à la porte. 



Beati omnes. 



B 



Pf Cxxviir. 

Icn-heureux eft quicon- 
que craint l'Eternel, 
& marche dans fes voies. 

2 Car tu mangeras du 
travail de tes mains : tu fe- 
ras bien-heureux, 6c tu prof- 
péreras. 

3 Ta femme fera dans 
ta maifon, comme une vi- 
gne abondante en fruit : 

4 Et tes enfans feront 
autour de ta table, comme 
des plantes d'oliviers. 

5 Voici , certainement 
ainfi fera béni le perfon- 
nage qui craint l'Eternel. 

6 L'Eternel te bénira de 
Sion; & tu verras le bien 
de Jérufalem tous les jours 
de ta vie. 

7 Et tu verras des en- 
fans à tes enfans. La paij 
fera fur Ifrael. 



g 



S^pe 



45 Soir. Les Pseaumes. Le xxvn.jomi 

')i i O ? vous : nous vous bénifîbns 



S4?J>e expignarunt. 
Pf. cxxix. 



Q 



.Ulfracl dife mainte- 
nant : Ils m'ont Ibu- 
vcnt tourmenté dès ma 
jeuneffe. 

2 Us m ont fouvent tour- 
menté dès ma jeuneflci 
toutefois ils n'ont point 
encore eu le dcffus contre 
moi. 

3 Des laboureurs ont la- 
bouré fur mon dos, ils y 
ont tiré tout au long leurs 
'filions. 

4L'Eternel cft jufte 5 il a 
coupé les cordes des mé- 
dians. 

^ 5 Tous ceux qui ont 
Sion en haine, rougiront 
de honte, 6c feront rcpouf- 
fez en arriére. 

6 lis feront comme Thcr- 
be des toits, qui eil sèche 
avant qu'elle monte en 
tuyau. 

7 De laquelle le moif- 
fonneur ne remplit point 
fa main, ni celui qui cueil- 
le les javelles ncn remplit 
point fes bras : 

8 Et dont les paiTans ne 
diront point; La bénédic- 
tion de l'Eternel foit lur 



au Nom de l'Eternel, juiji 

T>e profundis. Pf. cxxx;'' 

O Eternel, je t'invoque 
des lieux profonds. 
Seigneur, écoute ma voix : 

2 Qiie tes oreilles foient 
atentives a la voix de mes 
fuplications. 

3 O Eternel, fî tu prens 
garde aux iniquitez, Sei- 
gneur, qui eft-ce qui fut^ 
fiftera? 

4 Mais il y a pardon par 
devers toi$ afin que tu fois 
craint, i hin. ■ 

5 J'ai atendu l'Eternel: 
mon ame Ta atendu, & 
) ai eu mon atente en fa 
parole. ^ "i 

6 Mon ame atend le 
Seigneur plus que les Ccn- 
tinclles n'atendent le ma- 
tin ; plus que les fentinel- 
Ics n'atendent le matin. 

7 Ifiraël, aten-toi à l'E- \ 
ternel : car il y a gratuité 
par devers rEternel, & il 
y à rédemption en abon- 
dance par devers lui. 

8 Et lui même rachct- 
tcra Ifraël de toutes ks 
iniquitez. 

"Dû 



Lexxviu.jour. Les Pseaumes 



domine non eft^ Pf.cxxxi. 

O Eternel, mon cœur 
ne s'eft point élevé: 
6c mes yeux ne fe font 
point hauffez. 

2 Et je nai point mar- 
ché en des chofes grandes 
&'merveilleufes au deffus de 
ma portée. 

3 Si je n'ai rangé & tenu 
coi mon cœur, comme ce- 
lui qui eft fevré fait envers 
fa mère $ & fi mon cœur 
n eft en moi, comme celui 
qui eft fevré, que je fois 
rejette de toi. 

4 Ifraël, aten-toi à l'E- 
ternel dès maintenant & à 
toujours. 

Prière du Matin. 
MementOy "Domine, 

Pf. CXXXII. 

O Eternel, aie mémoire 
de David, & de toute 
fon aflidion. 

2 Lequel a juré à l'E- 
ternel, & fait vœu au Puif- 
fant de Jacob, en difant 5 

3 Si j'entre au Taberna- 
cle de ma maifon, & fi je 
monte fur le lit de ma 
couche : 

4 Si je donne du fom- 



Matin. 451 

mcil a mes yeux ; fi je 
laiiie fommeiller mes pau- 
pières 5 

5 Jufqua-ce que j'aurai 
trouvé un lieu à l'Eternel, 
& des pavillons pour le 
Puiflant de Jacob. 

6 Voici, nous avons ouï 
parler d'elle vers Ephrat, 
nous l'avons trouvée aux 
champs de Jahan 

7 Nous entrerons dans 
fes pavillons, & nous nous 
profternerons devant fon 
marchepied. 

8 Lève toi, ô Eternel, 
pour venir en ton repos, 
Toi, & l'Arche de ta force* 

9 Que tes Sacrificateurs 
foient revêtus de la juAice^ 
(5c que tes bien-aimez chan- 
tent de joie. 

10 Pour l'amour de Da- 
vid ton ferviteur, ne fai 
point que ton Oint tour- 
ne vifage en arriére. 

1 1 L'Eternel a juré la 
vérité à David, & il ne 
s'en détournera point, di- 
fant i 

12 Je mettrai du fruit 
de ton ventre fur ton trône* 

1 3 Si tes enfans gardent 
mon alliance, & mon té- 
moignage, que je leur eiî- 

jfeignerai, leurs fils aufli 
G g 2 fc- 



'4-5 2» Matin, Les Pseaûmès. Le xxviii, Jour, 

feront aflîs à perpétuité fur & qui découle fur le bord 
ton trône. de fes vêtcmens ; 

14 Car rEtcrncl a choi- 3 Et comme la rofée de 
fi Sion; il Fa eue à gré Hcrmon, & comme celle 
pour fon fiége. qui dcfcend fur les mon- 



15 Elle eft, dit-il, mon 
repos à perpétuité : j'y de- 
meurerai, parce que je Tai 
eue à gré. 

16 ]e bénirai abondam- 
ment les vivres > je raffafi- 
erai de pain fes pauvres. 

17 Et je revêtirai fes 
Sacrificateurs de délivrance^ 
& fes bien-aimcz chante- 
ront de joie tant & plus. 

18 Je ferai qu'en elle 
germera une corne à Da- 
vid ; je préparerai une 
lampe à mon Oint. 

19 Je revêtirai de honte 
fes ennemis: & fon diadè- 
me fleurira fur lui. 

Ecce, quam homtm. 
Pf cxxxiii. 

Voici, ô que c'efl une 
choie bonuQ, & que 
ccft une chofe agréable, 
que les frères s'entretien- 
nent 5 qu'ils s'entretiennent, 
dis je, cnfemble! 

2 Ccft comme cette 
huile précieufc, répandue 
fur la tête, laquelle décou- 
le fur la barbe d'Aaron, 



tagnes de Sion : 

4 Car c eft là que TEter- 
ncl a ordonné la bénédic- 
tion & la vie, à toujours. 

Ecce nunc. Pf cxxxiv. 

Voici, béniffez l'Eter- 
nel, vous tous les 
ferviteurs de l'Eternel. 

2 Qui afliftez toutes les 
nuits dans la maifon de TE- 
ternel. 

3 Elevez vos mains 
dans le Sanftuaire 5 & bé- 
niffez l'Eternel. 

4 L'Eternel qui a fait 
les cicux: & la terre, te 
béniffe de Sion. 

Laudate7îomen, Pf cxxxv. 

T Oiiez^ le Nom de l'E- 
i j ternel: vous fervi- 
teurs de l'Eternel, loiiez-lc. 

2 Vous qui affiftez en 
la maifon de l'Eternel, aux 
parvis de la maifon de nô- 
tre Dieu, 

3 Loiicz l'Eternel: car 
l'Eternel eft bon : pfalmo- 
diez- à fon Nom : car il eft 
agréable. 



Ç^xxvïii.jWr. Les Ps 

4 Car l'Eternel s'eft 
choifi Jacob & Ifraël pour 
fou plus précieux joyau. 

5 Certaincmcnr, je iai 
que rEtcrncl eft grand, & 
que nôtre Seigneur eft au 
deflus de tous les dieux. 

6 UEternel fait tout ce 
qu il lui plait dans les cieux 
& fur la terre, dans la 
mer, ôc dans tous les abî- 
mes. 

7 C'eft lui qui fait mon- 
ter les vapeurs du bout de 
la terre : il fait les éclairs 
pour Ja pluie , il tire le 
vent hors de fes tréfors. 

8 Ceft lui qui a frapé 
les premiers-nez d'Egypte, 
tant des hommes que des 
bêtes; 

9 Qui a envoie des pro- 
diges & des miracles au 
milieu de toi, ô Egypte, 
contre Pharaon 5 & contre 
tous fes fervitcurs. 

10 Qiii a frapé pkifieurs 
nations, ôc tué les puif- 
fans Rois, 

1 1 Savoir, Sihon le Roi 
4es Amorrhécns, & Hog 
le Roi de Bafan, & ceux 
4e tous les Roiaumes de 
Canaan ; 

\z Et qui a donné leur 
païs en héritage j çi\ Uévi- 



E A u M E s^- Mat m, 45 3 

tage, dis- je, à Ifraël fon. 
peuple. 

1 3 Eternel, ton renom 
eft à toujours : Eternel, la 
mémoire qu'on a de toi 
eft d'âii;e-en-â2;e. 

14 Car l'Eternel jugera 
fon peuple, & fc repenti- 
ra, à l'égard de fes fervi- 
tcurs. 

1 5 Les faux dieux des 
nations ne font que de l'or 
& de l'argent, un ouvrage 
de mains dliomme. 

16 Ils ont une bouche, 
& ne parlent point : ils 
ont des yeux, §c ne voient 
point. 

17 Ils ont des oreilles, 
ôc n'entendent point : il 
n'y a poiiu aulli de fouflç. 
dans leur bouche. 

1 8 Qiie ceux qui les 
font, (5c tous ceux qui s'y 
aftûrcnt, leur foient faits 
femblabics, 

19 Maifon d'ifraél, bé-^ 
nifîcz l'Eternel :^ maifom 
d'Aaron, bénillez rEteruel. 

20 Maiion des Lévites, 
bcniflcz i'Etcrncl : vous qui 
craignez rEtcrncl, béniflcz. 
l'Eternel. 

2 1 i^cui foit de Sion 
rEtcrncl qui habite dans 
Jérufalem. Loiicz l'Eternel, 



C ii 



Ph> 



'454 Soir. Les P«ea 

Prière du Soir. 

Confite mini. Pf. cxxxvi. 

CElébrez TEtcrnel : car 
il eft bon : parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

2 Célébrez le Dieu des 
dieux: parce que fa gra- 
tuité demeure à toujours : 

3 Célébrez le Seigneur 
des Seigneurs ; parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

4 Célébrez celui qui 
feul fait de grandes mer- 
veilles : parce que fa gra- 
tuité demeure à toujours. 

5 Celui qui a fait avec 
intelligence les Cieux : par- 
ce que fa gratuité demeure 
à toujours. 

6 Celui qui a étendu la 
terre fur les eaux : parce 
que fa gratuité demeure à 
toiijours. 

7 Celui qui a fait les 
grands luminaires : parce 
que fa gratuité demeure à 
toujours ; 

8 Le foleil pour avoir 
féigneuric fur le jour : par- 
ce que fa gratuité demeu- 
re à toujours, 

9 La lune & les étoiles 



u M E s. Le xxvm. jour. 

pour avoir domination fur 
la nuit : parce que fa gra- 
tuité demeure à toujours. 

10 Celui qui a frapé TE- 
gypte en leurs premiers- 
nez : parce que fa gratui- 
té demeure à toujours. -^ 

11 Et qui a fait fortir 
Ifraël du milieu d'eux : par- 
ce que fa gratuité demeure 
à toujours. 

12 Et cela avec main 
forte & bras étendu: par- 
ce que fa gratuité demeure 
à toiijours. 

13 Lequel a fendu la 
mer rouge en deux : par- 
ce que fa gratuité demeure 
à toujours. 

14 Et a fait paffer Ifraël 
par le milieu d'elle : parce 
que fa gratuité demeure à 
toujours. 

15 Et a renverfé Pha- 
raon & fon armée dans la 
mer rouge : parce que fa 
gratuité demeure à tou- 
jours. 

1 6 Lequel a conduit fon 
peuple par le défcrt : par- 
ce que fa gratuité demeure 
à toujours. 

17 Lequel a frapé les 
grands Rois: parce que 
fa gratuité demeure à tou- 



jours. 



18 



£^ •Kxyui.jûur. 

" i8 Et a tué 
magnifiques: parce que fa 
gratuité demeure à tou- 
jours. 

19 Savoir, Sihon Roi 
des Amorriiécns : parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

20 Et Hog Roi de Ba- 
fan: parce que fa gratuité 
demeure à toujours. 

21 Et a donné leur pais 
en héritage : parce que fa 
gratuité demeure à tou- 
jours. 

22 En héritage à Ifraël 
fon ferviteur : parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

2 3 Et qui, lors que nous 
étions bien bas, s'eft fou- 
venu de nous: parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 

24 Et nous a délivré de 
la main de nos adverfaires: 
parce que fa gratuité de- 
meure à toujours. 

25 Et il donne la nou- 
riture a toute chair : parce 
que fa gratuité demeure à 
toujours. 

26 Célébrez le Dieu 
Fort des Cieux : parce que 
fa gratuité demeure à tou- 
jours. 



Les Pseaumes 
les Rois 



Soir. 45 S 

Sîiper jlumina, Pf. cxxxvii, 

NOus nous fommes af- 
lis auprès des fleuves 
de Eabylone^ & nous y 
avons pleuré, nous fouve- 
nant de S ion. 

2 Nous avons pendu nos 
harpes aux faules, au mi- 
lieu d'elle. 

3 Quand ceux qui nous 
avoient emmenez prifon- 
nicrs, nous ont demandé 
des paroles de Cantique, 
& de les réjouir de nos 
harpes que nous avions 
pendues, en nous difant; 
Chantez-nous quelque cho- 
ie des Cantiques de Sion, 
nous avons répondu; 

4 Comment chanterions- 
nous les Cantiques de TE- 
ternel dans une terre d e- 
traivjcrs ) 

5 Si je t'oublie, Jcrufa- 
km, que ma droite s'ou- 
blie elle-même. 

6 Qiie ma langue foit 
a tachée à mon palais^ fi je 
ne me fouvicns de toi, ôc 
fi je ne fais de Jérufalem 
le principal chef de ma ré- 
jouïfiancc. 

7 O Eternel, fouvien- 
toi des enfans d'Edom, qui 
en la journée de Jérufa- 

Gg 4 km 



ï.5<5 Matin. Les Pseaumes 

1cm, difoicntj Découvrez, 
découvrez jufqua fes fon- 
demens. 

8 Fille de Babylone, qui 
vas être détruite, heureux 
celui qui te rendra la pa- 
reille de ce que tu nous as 
fait. 

9 Heureux celui qui fai- 
fîra tes petits enfans, & qui 
les froiflcra contre les pi- 
erres. 

Confit ehor //^/.Pf.cxxxviii. 



JE te célébrerai de tout 
mon cœur ; je te pfal- 
modicrai en la préfence 
des Souverains. 

2 Je me profternerai 
dans le palais de ta Sain- 
teté 5 & je célébrerai ton 
Nom pour Tamour de ta 
gratuité, & de ta vérité : 
car tu as magnifié ta paro- 
le au defllis de toute ta 
renommée. 

3 Au jour que j'ai crié 
tu m as exaucé : & tu m'as 
fortifié d'une nouvelle for- 
ce en mon amc. 

4 Eternel, tous les Rois 
de la terre te célébreront, 
quand ils auront ouï les pa- 
roles de ta bouche. : 



Le ^%i%,jour. 

5 Et ils chanteront les 
voies de l'Eternel: car la 
2;loire de l'Eternel eft gran- 
de. 

6 Car l'Eternel eft haut 
élevé i & il voit les chofes 
balles i & il connoit de 
loin les chofes élevées. 

7 Si je marche au mi- 
lieu de l'advcrlîté; tu me 
vivifieras^ tu avanceras ta 
main contre la colère de 
mes ennemis : & ta droite 
me délivrera. 

8 L'Eternel achèvera ce 
qui me concerne. Eterne/, 
ta gratuité demeure a tou- 
jours : tu n'abandonneras 
point l'œuvre de tes mains. 



Prière du Matin. 

"Domine, probafti me. 
Pf. cxxxix. 

ETcrnel, tu m'as fondé, 
& tu m'as connu. Tu 
connois quand je m'alTîcds 
& quand je me lève; tu 
aperçois de loin ma pen- 
féc. 

2 Tu m'enccins, foit 
que je marche, 'foit que je 
m'arrête 5 ôc tu as acoû- 
tumé toutes mes voies. 

3 Même avant que la 



Xf^ xxîx. Jour. Les P 

parole foit fur ma langue, 
voici, ô Eternel, tu con- 
nois déjà le tout : 

4 Tu me tiens ferré par 
derrière, & par devant 5 ôc 
tu as mis fur moi ta main, 

5 Ta fience eft trop 
merveillcufe pour moi^ & 
elle eft fi haut élevée, que 
je ny faurois atcindre. 

6 Où irai- je loin de ton 
Efprit > ôc où fuir ai- je loin 
de ta face? 

7 Si je monte aux cieux, 
tu y es 5 fi je me couche 
au fépulcre, t'y voilà. 

8 Si je prcns les aîlcs 
de Taube du jour, ôc que 
je me loge au bout de la 
mer : 

9 Là même ta main me 
conduira, & ta droite m'y 
faifira. 

10 Si je dis ; Au moins 
les ténèbres me couvriront : 
la nuit même fera une lu- 
mière tout autour de moi. 

11 Même les ténèbres 
ne me cacheront point à 
toij & la nuit rcfplendira 
comme le jour, ôc les té- 
nèbres comme la lumière. 

12 Or tu as poffedé mes 
reins dès lors, que tu m'as 
cnvclopè au ventre de ma 
mère. 



s E A u M E s. Matin, ^$7 

13 Je te célébrerai de 
ce que j'ai été fait d'une fî 
étrange & fi admirable ma- 
nière : tes oeuvres font mer- 
vcilleufesi &, mon ame le 
connoît très bien. 

14 L'agencement de mes 
os, ne ta point été caché, 
lors que j'ai été fait en un 
lieu fecret, & façonné com- 
me de broderie dans les bas 
lieux de la terre. 

1 5 Tes yeux m ont vii 
quand j'étois comme un 
peloton 5 ôc toutes ces cho- 
ies s'écrivoicnt dans ton 
livre aux jours quelles fc 
formoicnt, même lors qu'il 
n'y en avoit encore aucune. 

16 C'eft pourquoi, o 
Dieu Fort, combien me 
font précieufes les confidc- 
rations que j'ai de tes faits, 
ôc combien font grandes 
leurs fommesî 

17 Les veux-je nombrer? 
elles font en plus grand 
nombre que le fablon. Suis- 
je réveillé } je fuis encore 
avec toi. 

18 O Dieu, ne tueras- 
tu pas le méchant > ç'cfl 
pourquoi, hommes fangui- 
nairçs, retirez-vous loin de 
moi. 

19 Car ils ont parlé de 

3 Wh 



Les P s e a u m e5. 



45 8 Matin'. 

toi, en penfant 'à quelque 
ihéchanceté: ils ont élevé 
tes ennemis en mentant. 

20 Eternel, naurois-jc 
point en haine ceux qui te 
haïffent ; & ne ferois-je 
point irrité contre ceux qui 
s'élèvent contre toi ? 
' 2 1 Je les ai haïs d'une 
parfaite haine ; ils m'ont 
été pour ennemis. 

22 O Dieu Fort, fonde- 
moi, & confidère mon 
cœur ; éprouve-moi, & con 
Tidère mes difcours. 
' 23 Et regarde s'il y a en 
moi aucun deflcin de mo- 
Icfter autrui : & condui- 
moi parla voie du monde. 

Eripe me, domine. VCcxl. 

ETerncl, délivre- umi de 
riiomme méchant : 
garde-moi de l'homme ou- 
trage ux. 

2 Ils ont penfé des maux 
en leur cœur : ils ailem- 
blent tous les Jours des 
combats. 

3 Ils afilcnt leur langue 
■comme un ferpent : il y a 
du venin de vipères fous 
leurs lèvres : 

4 Eternel, garde-moi de3 
mains du méchant, pré- 
fervc-moi de Thommc ou- 



Le XXIX, Jour* 
trageux, & de ceux qui ont 
machiné de me heurter 
pour me faire tomber. 

5 Les orgueilleux m'ont 
caché le laqs, & ils ont 
tendu avec des cordes uii 
rets à l'endroit de mon 
paflage, ils m'ont mis des 
trébucher s. 

6 J'ai dit à l'Eternel 5 
Tu es mon Dieu Fort : E- 
ternel, prête l'oreille à la 
voix de mes fuplications. 

7 O Eternel, Seigneur, 
la force de mon falut, tu 
as couvert de toutes parts 
ma tête au jour de la ba- 
taille. 

8 Eternel, n'acorde point 
au méchant fes fouhaits ; 
ne fai point que fa pen- 
fée aie ion effet : ils s'élè- 
vcroient. 

9 Quant aux principaux 
de ceux qui m aj[riégent,que 
la peine de leurs lèvres les 
couvre. 

I o Que des charbons em- 
brafcz tombent fur eux: 
qu'il les faffe tomber au 
feu, & dans des foliés pro- 
fondes, fans qu'ils fe relè- 
vent. 

II Qiie rhomme mé- 
difant ne foit point afermi 
en la terre : & quant à 

i'hom". 



Le myiiyi.jour. 
rhommc outrageaux & 
mauvais, qu'on chaffc a- 
près lui jufqu à ce qu il foit 
exterminé. 

12 Je fai que TEtcrnel 
fera juftice à Tafligé, & 
droit aux miferables. 

13 Quoi qu'il en foit, 
les juftes célébreront ton 
Nom: & les hommes droits 
habiteront devant ta face. 

^ominey clamavi. 

Pf. CXLI. 

ETernel, je t'invoque; 
hâte-toi de venir vers 
moi: prête loreille à ma 
voix lors que je crie à toi. 

2 Que ma requête foit 
adreffée devant toi, com- 
me le parfum : 6c leléva- 
tion de mes mains, comme 
loblation du foir. 

3 Eternel, mets une gar- 
de en ma bouche : garde 
le guichet de mes lèvres. 

4 Nlncline point mon 
cœur à des chofcs mau- 



Les Ps eaumes 



Matin. 459 

telle 5 ce me fera une gra- 
tuité : & qu'il me répri- 
mande 5 ce me fera un. 
baume excellent : il ne bief- 
fera point ma tête : car 
même encore ma requête 
fera pour eux en leurs car^ 
lamitez. 

6 Quand leurs gouver- 
neurs auront été précipi- 
tez parmi des rochers j a- 
lors on entendra que mes 
paroles font agréables, 

7 Nos os font épars près 
de la gueule du fépulcre, 
comme quand quelqu'un 
coupe & fend le bois qui 
cft par terre. 

8 C'cft pourquoi, ô E- 
ternel;, Seigneur, mes yeux 
font vers toi: je me fuis 
retiré vers toij ne deftitué 
point mon ame. 

9 Garde -moi du laqs 
qu'ils mont tendu, & des 
trébuchets des ouvriers d'i- 
niquité. 

10 Que tous les médians 
vaifesi tellement que jcjtombent chacun dans ion 
commette quelques mé- 
chantes adions par malice, 
avec les hommes ouvriers 
d'iniquité: & que je ne 
mange point de leurs dé- 
lices. 

> Qiie le jufte me niar- 



filet, jufqu'i ce que je fois 
paffé. 



Pal- 



4.60. Soir. L E S P ^ E A u M E s. Le xxix. jour, 

de prifon; afin que je célé- 



Pr 1ERE DU Soir. 
Voce tneay ad "Dominmn. 

Pf. CXLII. 



j 



brc ton Nom : les juftes 
viendront autour de moi, 
parce que tu m'auras fait 
ce bien. 



E crie de nia voix à 
l'Eternel: je fuplie de 
ilia voix rEtcrnel. 

2 J'épans devant lui ma 
complainte : je déclare mon 
angoiffe devam lui. 

3 Qiiand mon efprit Vefi: 
pâmé en moi, alors tu as 
connu mon fcntier. Ils 
m'ont caché un laqs au 
chemin par lequel je mar- 
chois. 

4 |e contemplois à ma 
droite, ôc je regardois; 6c 
il n'y avoir pcrfonnc qui 
me reconnût» 

5 Tout refuge me man- 
quoit, & il n'y avoit per- 
foi;ine qui eut foin de mon 
ame. 

6 Eternel, >e me fuis é- 
crié vers toi : j'ai dit j Tu 
es ma retraite & ma por- 
tion en la terre des vivans. 

7 Sois atentif à mon cri, 
car je fuis devenu fort chc- 
tif: 

8 Délivre-moi de ceux 
qui me pourfuivent : car ils 
font plus puiffans que moi 

9 Tire mon ame hors 



E 



"Domine^ exaudi PfcxLiir, 
Ternel, écoute ma re- 
quête, prête foreillc 
à mes fuplications , fui- 
vant ta fidélité; répon-moi 
à caufe de ta jufticc. 

2 Et n'entre point en 
jugement avec ton fervi- 
teur : car nul homme vi- 
vant ne fera juftifié devant 
toi. 

3 Car l'ennj^mi pourfuit 
mon ame: il a foulé ma 
vie par terre : il m'a mis 
aux lieux ténébreux, com- 
me ceux qui font morts 
depuis long temps. 

4 Et mon efprit fe pâme 
en moi; mon cœur eft dé- 
folé au dedans de moi. 

5 II me fouvient des 
jours anciens : je médite 
tous tes faitsi ôc je difcours 
àcs œuvres de tes mains. 

6j'étcnsmcs mains vers 
toi : mon ame eft envers 
toi comme une terre alté- 
rée: 

7 O Eternel, hâte-toi^ 
régpn-mpi : l'clprit me dé- 
fout . 



Le XXX. jour. Lès Vs 

faiit : ne cache point ta face 
arriére de moi 5 tellement 
que je devienne fcmblable 
à ceux qui defccndent en 
la foffe. 

8 Pai-moi ouïr des k 
matin ta gratuité 5 car je 
ftiè fuis ailuré en toi : fai- 
moi cônnoîtrc le chemin 
par lequel j'ai à marcher : 
car j'ai élevé mon cœur 
vers toi. 

9 Eternel, délivre-moi de 
mes ennemis 5 car je me 
fuis caché vers toi. 

10 Enfeignc-moi à faire 
ta volonté : car tu es mon 
Dieu : que ton bon Efprit 
me conduife comme par 
un païs uni. 

11 Eternel, ren-moi la 
vie pour Tamour de ton 
Nom; retire mon ame de 
la détreffe, à caufe de ta 
juftice. 

12 Et félon ta gratuité 
retranche mes ennemis: & 
détrui tous ceux qui tien- 
nent mon ame ferrée; par- 
ce que je fuis ton fcrvi- 
tcur. 



E A u M E s. Matin. 4<st 

Prière du Matin. 
BenediEîus T)ominus. ^ 

Pf. CXLIV. 

BEni foit rEtetnel, mon 
rocher, qui drefle mes 
mains au combat, & mes 
doigts à la bataille. 

2 Qui déployé fa gratuité 
envers moi, qui eft ma for- 
tereflc, ma haute retraite, 
mon libérateur j c'eft mon 
bouclier; & je me fuis re- 
tiré vers lui : il range mon 
peuple fous moi. 

3 O Eternel, qu'cft-ce 
que de rhommc, que tu 
aies foin de lui ? du fils de 
l'homme mortel, que tu 
en tiennes compte ? 

4 L'homme cft fcmbla- 
ble à la vanité; fcs jours 
font comme une ombre 
qui paife. 

5 Eternel, abaifle tes 
cieux, & defccn : touche 
les montagnes, & quelles 

[fument. 

6 Lance l'éclair, 6c les 
diflîpe: décoche tes flèches, 
& les mets en déroute. 

7 Eten tes mains dcn- 
haut: fauve-moi, & me dé- 
livre des groÛes eaux, de la 
main des enfans de l'étran- 
ger: 8 



4-6 z Matin. Les Pse 

8 La bouche defquels 
profère menfongc : & la 
droite defquels cft une 
droite pleine de fauffeté. 

9 O Dieu, je te chante- 
rai un nouveau Cantique : 
')c te pfalmodierai fur la 
mufette, ôc avec Tinflru- 
ment a dix cordes. 

10 C'eft lui qui envoie 
la délivrance aux Rois; & 
qui délivre de lepée dan- 
gereufc David fon fervi- 
teur. 

1 1 Retire-moi, ôc me dé- 
livre de la main des cn- 
fans de Tétranger > def- 
cjucls la bouche profère 
menfonge, & la droite def- 
quels eft une droite pleine 
de fauflctc : 

1 2 Afin que nos fils foi- 
ent comme des jeunes 
plantes, croiffant en leur 
jeuneffc : & nos filles, com- 
me les cncoisinures entai 1- 
lées a la façon d'un pa- 
lais : 

13 Qiie nos dépenfcs 
foient pleines, fourniflant 
toute cfpccc de provifion : 
que nos troupeaux multi- 
plient par milliers, même 
par dix milliers dans nos 
rues, 

.h In:' 



A u M E S. Le XXX. jour* 

14 Que nos bœufs foi- 
ent d'une corpulence bien 
ramaffée. Qu'il n'y ait au- 
cun qui donne l'allaut, ni 
qui faffe fortie, & qu'il n'y 
ait point de cri dans nos 
places. 

15 O que bien-heureux 
eft le peuple auquel il en 
eft ainfi ! ô que bien-heu- 
reux eft le peuple duquel 
l'Eternel eft le Dieu. 

Exaltabo te^ "Deu^. 

Pf CXLV. 

M On Dieu, mon Roi, 
je t'exalterai i & je 
bénirai ton Nom à. tou- 
jours, & à perpétuité. 

2 Je te bénirai chaque 
jour,& louerai ton Nom à 
toujours, & à perpétuité. 

3 L'Eternel eft grand^ôc 
grandement loiiablei & il 
n'eft pas polTible de fonder 
fa grandeur. 

4 Une génération dira 
la louange de tes oeuvres à 
l'autre génération 5 & elles 
raconteront tes exploits. 

5 ]c difcourrai de la 
magnificence ^glorieufe de 
ta Majefté, Ôc de tes faits 
merveilleux. 

6 Et ils reciteront la 

force 



XLe myi^.jeiiTZ Les P s 

force de tes faits redouta- 
bles: & je raconterai ta 
grandeur. 

7 Ils répandront la mé- 
moire de ta grande bonté j 
& ils raconteront avec 
chant de triomphe ta jullice. 
•j 8 UEternel eft miferi- 
cordieux ôc pitoïable, tar- 
dif à colère, & grand en 
gratuité. 

. 9 L'Eternel eft bon en- 
vers tous, & fcs compaf- 
iîons font par dcffus toutes 
fes oeuvres. 

10 Eternel, toutes tes 
oeuvres te célébreront, & 
tes bien-aimez te béniront. 

1 1 Ils reciteront la gloi- 
re de ton règne 5 & ils ra- 
conteront tes grands ex- 
ploits : 

12 Afin de donner à 
connoître aux hommes tes 
grands exploits, & la gloi- 
re de la ma2;nificcncc de 
ton règne. 

1 3 Ton règne eft un 
règne de tous fièclesj ôc ta 
domination eft dans tous 
les âges. 

14 L'Eternel foûtient 
tous ceux qui s'en vont 
tomber, & redreile tous 
ceux qui font courbez. 

15 Les yeux de tous 



BAUMES.- Matin. \6l 

les animaux s'atendent à 
toi: & tu leur donnes leur 
pâture en leur temps. 

16 Tu ouvres ta main, 
& tu raflafies à fouhait 
toute créature vivante. 

17 L'Eternel eft jufte en 
toutes fes voies, & plein de 
gratuité en toutes fes œu- 
vres. 

1 8 L'Eternel eft près de 
tous ceux qui l'invoquentj 
de tous ceux, dis-je, qui 
l'mvoquent en vérité. 

î9 11 acomplit le fou- 
hait de ceux qui le craig- 
nent 5 & il exauce leur cri, 
& les délivre. 

20 L'Eternel garde tous 
ceux qui l'aiment : mais il 
exterminera tous les mé- 
chans. 

21 Ma bouche raconte- 
ra la louange de TEterneU 
& toute chair bénira le 
Nom de fa Sainteté à tou- 
jours, & à perpétuité. 

Lauda, anima mea, 

Pf. CXLVI. 

M On ame, loue TEtcr- 
nel. Je louerai TE- 
ternel durant ma vie : je 
pfalmodierai à mon Dieu 
tant que je durerai. 

2 Ne vous afllîrez point 

fur 



4<S^4 Sùir, Les Vst 

fur les principaux d'entre 
les peuples, ni fur aucun 
fils d'homme, à qui il n'a- 
partient point de délivrer. 

3 Son efprit fort, & 
riiommc retourne en fa 
terre: 6c en ce jour-là ics 
defleins périfTent. 

4 O que bien-heureux 
cft celui à qui le Dieu 
Tort de Jacob cft en aide $ 
& dont l'atentc eft en 
rEternel fon Dieu ! 

5 Qui a fait les Cicux 
& la terre, la mer, & tout 
ce qui y eft 5 & qui garde 
la vérité à toujours. 

6 Qui fait droit à ceux 
à qui ox\ fait tort^ & qui 
donne du pain à ceux qui 
ont faim:' 

7 L'Eternel délie ceux 
qui font liez. L'Eternel 
ouvre les yeux aux aveu- 
gles: '^^ • 

8 L'Eternel redreffe ceux 
qui font courbez : l'Eter- 
nel aime les juftcs. 

9 L'Eternel garde les é- 
trangers : il maintient l'or- 
phelin & la veuve 5 & 
rcnverfe le train des mé- 
chans. 

10 L'Eternel régnera à 
toujours; ô Sion, ton 



A u M E S; Le i^\\.jôur: 

Dieu eft d'âge - en - âge. 
Louez rEternel. -^é 



PrieRe du Soir, 
Laudate *\Dominum, 

Pf GXLVII. 

LOiiez l'Eternel 5 car 
c'cft une chofc bon- 
ne de pfalmodier à nôtre 
Dieu 5 car c'eft une chofc 
agréable : & la louange en 
eft bien- féante. 

2 L'Eternel eft celui qui 
bâtit Jérufalem: il raifem- 
blcra ceux d'ifraël qui font 
difperfcz ça & là. 

3 II médecine ceux qui 
font brifez de cœur j & il 
guérit leurs ennuis. 

4 II compte le nombre 
des étoiles: il les apelle 
toutes par leur nom. 

5 Nôtre Seigneur eft 
grand, & d'une grande puif- 
fance; fon intelligence cft 
innombrable. 

6 L'Eternel maintient 
les débonnaires : mais il 
abaillc les médians jufqu'en 
terre. 

7 Chantez, à l'Eternel 
avec aftion de grâces, vous 
entre - repondant les uns 
aux autres, pfilmodiez avec 

Ici 



i 



Le XXX. jour. L e s P 

le violon à nôtre bien! 

8 Qui couvre de nuées 
les Cieux : qui aprête Ja 
pluie pour la terre i qui 
fait produire le foin aux 
montagnes : 

9 Qiû donne la pâture 
au bétail, & aux petits du 
corbeau, qui crient. 

10 II ne prend point de 
plaifir en la force du che- 
val : il ne fait point cas 
des jambières de l'homme. 

11 UEtcrnel met fon 
afcftion en ceux qui le 
craignent, en ceux qui s'a- 
tendent à fa gratuité. 

1 2 Jérufalem, loue l'Eter- 
nel : Sion, loue ton Dieu. 

13 Car il a renforcé les 
barres de tes portes ; il a 
béni tes enfans au milieu 
de toi. 

14 Ceft lui qui rend 
paifibles tes contrées, & 
qui te ralTafie de la moelle 
du froment : 

15 Ceft lui qui envoie 
fa parole fiir la terre ; & fa 
parole court avec beau- 
coup de vîtefle. 

16 Ceft lui qui donne 
la neige, comme des flo- 
cons de laine j & qui ré 
pand la bruïnC;, comme de 
la cendre. 



s E A u M E s.' ' Soir. 455 

17 Ceft lui qui jette fa 
glace, comme par m„or- 
ccaux: & qi.i eft-ce qui 
pourra durer devant fa froi- 
dure \ 

1 8 II envoie fa parole,' 
& les fait fondre : il fât 
foufler fon vent, & les 
eaux s'écoulent. 

19 II déclare fes paro- 
les à Jacob, ^ ïç.% ilaaits 
& fes ordonnances à il- 
raël. 

20 II na pas fait ainfî 
à toutes les nations : c eft 
pourquoi elles ne connoif- 
fent point Ç^s ordonnances. 
Louez TEterneL 

Laudate 'Dominum. 

Pf CXLVIII. 

LOuez des Cicux TE- 
ternel : louez-le dans 
les hauts lieux. 

2 Tous fes An^TCS, lou- 
ez-le: toutes fes Armées, 
louez-le. 

i? Louez-le, vous ioieil 
& lune : toutes les étoiles 
qui jettez de la lumière, 
louez4e. 

4 Louez-le, vous Cieux 
des Cieux : 6c vous eaux 
qui êtes fur les Cieux. 

. 5 Qiie ce^ chofes lou- 
ent le Nom de rEternel : 
H h car 



466 Soîrl Les Pseaumes. 

car il a commandé, & el- 
les ont été créées. 

6 Et ii les a établies à 
perpétuité & à toujours: il 
y a mis une ordonnance 
qui ne paffera point. 

7 Louez de la terre l'E- 
ternel : Louez-le, baleines, 
& tous les abîmes. 

8 Feu 6c grêle? neige & 
vapeurs vent de tourbillon, 
qui exécutez fa parole : 

9 Montagnes, & tous 
côtaux; arbres fruitiers, & 
tous cèdres : 

ïo Bêtes fauvages, & 
tout bétails reptiles, & oi- 
féaux qui avez des ailes : 

11 Rois de la terre, & 
tous peuples. Princes, & 
tous Gouverneurs de la 
terre : 

12 Ceux qui font à la 
fleur de leur âge, & les 
vierges auffi 5 les vieillards, 
& les jeunes gens : Qli'IIs 
louent le Nom de TEter- 
nel : car fon Nom feul efl 
haut élevé j fa Majefté efl 
fur la terre, & fur les 
Cieux. 

13 Et il a fait lever en 
haut une corne à fon peuple, 
ce qui efl: une louange à tous 
fes bien-aimez, aux enfans 
dlfraël, qui efl: le peuple 



Le XXX. Jouf, 

qui efl: près de lui* Louez 
rEternel. 

Cantate domino, Pf cxLi^t. 

C Hantez à TEterncl un 
nouveau Cantique, & 
fa louange dans raflemblce 
de fes bien-aimez. 

2 Qiilfraël fe réjouïfle. 
en celui qui Ta fait; & que 
les enfans de Sion s'égay- 
ent en leur Roi. 

3 Qif ils louent fon Nom 
fur la flûte, qu ils lui pfal- 
modient fur le tambour, 6c 
fur le violon. 

4 Car TEtcrnel met fon 
afedion en fon peuple : il 
rendra honorables les dé- 
bonnaires en les délivrant. 

5 Les bien-aimez s'é- 
gayeront avec gloire, & 
mèneront joie fur leurs 
couches. 

6 Les exaltations du 
Dieu Fort feront dans 
leur bouche j & des épécs 
affilées à deux tranchans 
feront en leur main: 

7 Pour faire vengeance 
entre les nations, & châ- 
timens entre les peuples. 

S Pour lier leurs Rois 
de chaînes, SlIcs plus ho- 
norables d'cntreux de ceps' 
de fer : 

^ a 



Le XXX. jour. Les P s 

9 Pour faire d'eux le 
jugement qui en eft écrit : 
cet honneur fera à tous 
fes bien-aimez. Louez ÏE- 
ternel. 

Laudate Tiomimm. Pf. cl 

LOuez le Dieu Fort à 
caufe de fa Sainteté: 
louez-le à caufe de cette 
étendue qu'il a faite par 
fa force. 

2 Louez-le de fes grands 
exploits: louez-le félon la 
grandeur de fa Majefté. 



EAUMES. Soir. 467 

3 Louez-le à fon de 
trompette : louez-îe avec 
la mufette, & le violon. 

4 Louez-le avec le tam- 
bour & la flûte : louez-le 
fur répinette, & fur les or- 



gues. 



5 Louez -le avec les 
cymbales retentifîaDtes : 
louez -le avec ks cymba- 
les de cri de réjouïflanc.e, 

6 Que tout ce qui rei- 
pire loue l'Eternel. Lou- 
ez TEternel. 




Hhl 



L'OR. 



( 4<î9 y 




FORMULAIRES 

DE PRIERES 

DONT ON DOIT SE SERVIR, 

SUR LA MER. 



l.e Service du Matin ç^ du Soîr, dont 
on ufera fur la, Mer y fera le même 
que celui qui efi frefcrït dans la 
Liturgie. 

Jjon dira au£i, chaque jour y les deux 
Trières fuivantesj dans la Ilote de 
fa Majefté. 

O Seigneur Dieu Eternel, 
qui feul étens les Cieux, 
& qui feul as pouvoir fur la 
rage de la Mer; qui as mis 
des bornes aux eaux pour 
les retenir jufqu'à ce que la 
nuit & le jour ne foient plus : 
qu'il te plaife de recevoir en 
ta toute-puiffante & miferi- 
cordieuie Prote6lion nous tes 
ferviteurs, & la flote dans la- 
quelle nous fervons. Garenti- 
nous des dangers de la Mer, 
& de la violence de l'ennemi ; 
afin que nous puifîions fervi^' 
de fauve-garde à nôtre très 
débonnaire Souverain, le Roi 



George, & à fes Roiaumes ; 
& que nous foïons la fureté 
de tous ceux qui yoïagent fur 
la Mer pour leurs afaires lé- 
gitimes : & qu'ainfi les habi- 
tans de nôtre Ile te puiiïènt 
fervir en paix & en tranquilli- 
té, ô nôtre Dieu ; & que n^us 
puiflions retourner fûreii .at, 
pour jouir des b in éditions Je 
la terre, & des fruits de nos 
travaux, en louant &: en glo- 
rifiant ton S^int Non.^ par la 
commémoration, & la recon- 
noilTance de tes faveurs & de 



tes mifericordes ; 



Jifiis. 



Chrift nôtre Seigneur. A^ueu* 



La Col lec te. 



PRévien nous.> Seigneur, 
daas toutes ]ios scuion 
par ta faveur, & par ta ^race> 
H h 3 



^ 



470 



ÎORMULAIRES DE PRÏERES 



& nous y acompagne de ton\ 
fecours continuçl-, afin qu'en' 
toutes les œuvres que nous 
aurons commencées, continu- 
ées, & achevées en toi, nous 
puilTions glorifier ton Saint 
Nom, & parvenir enfin à la 
vie éternelle; par ta mifericor- 
de en Jéfus^ChriJl nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

Prière pur dire pendant la tem- 
pête fur la Mer, 

O Seigneur Dieu très puif- 
fant & très glorieux, au 
COinmandement duquel les 
vents fouflent, h lèvent les 
vagues de la Mer, & qui a- 

f)aifes auffi la rage de cet é- 
ément -, Nous tes Créatures, 
quoique miferables pécheurs^ 
nous crions à toi dans Pex- 
trème angoifTe où nous-nous 
trouvons, & nous implorons 
ton fecours : fauve-nous, Sei- 
gneur, nous périfTons. Nous 
confeiTons que quand nous a- 
vons été hors de danger, & 
que nous avons vu toutes cho-- 
fes afiurées autour de nous, 
nous t'avons oublié, ô nôtre 
Dieu ; & nous avons refufé de 
prêter l'oreille à la douce voix 
de ta parole, êc d'obéir à tes 
commandements : Mais main- 
tenant nous voions combien 
tu es terrible en toutes tes 
œuvres étonnantes, ô grand 
Dieu, qui es redoutable fur 



tous : C'eft pourquoi nous a- 
dorons ta Divine Majefté, re* 
connoiiTant ta puilfance,& im- 
plorant ta bonté. Aide-nous, 
Seigneur, & nous fauve par ta 
mifericorde en Jéfus-Chrift 
ton Fils nôtre Seigneur. A- 
men* 

Ou celle-ci, 

O Seigneur de gloire, Dieu 
de mifericorde qui habi- 
tes dans les Cieux, & qui con- 
temples toutes chofes ici bas ; 
nous te fuplions de vouloir 
jetter les yeux fur nous, & de 
prêter l'oreille aux cris que 
nous t'adreffons du fond de 
nôtre angoifiè, & de la gueule 
de la mort qui eft toute prête 
de nous engloutir : Sauve^ 
nous, Seigneur ; nous périf* 
fons. Les vivans des vivans 
te loueront. O, envçie ta pa- 
role : Commande, & tanfe les 
vents furieux & la mer brûl- 
ante; afin qu'étant délivrez 
de cette détreife, nous vivions 
pour te fervir, &r pour glori- 
fier ton Nom tous les jours 
de nôtre vie. Exauce-nous 
Seigneur, & nous figve, ei^ 
confideration du mérite infini 
de Jéfus-Chrift ton Fils nôtre 
bien-heureux Seigneur & Sau- 
veur, Amen^ 



Priird 



DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 47 1 



Prière qui fe doit dire avant le 
combat fur la. Mer^ contre 
quelque ennemi que ce/oit. 

O Seigneur, Dieu très-puif- 
fant, & très glorieux, 
pieu des armées, qui conduis 
& qui gouvernes toutes chofes *, 
Tu es aflis fur ton Trône, où 
tu juges juftement : C'eft pour- 
quoi nous-nous adreîTons à ta 
Divine Majefté en nôtre né- 
ceflité préfente ; afin qu'il te 
plaife de prendre nôtre Caufe 
en rnain,& de juger entre nous 
& nos ennemis. Déploie ta 
force, ô Seigneur, & viens à 
nôtre fecours : car tu ne don- 
nes pas toujours la vidioire 
aux forts -, mais tu peux dé- 
livrer par un petit nombre, 
comme par un grand. G ne 
permets point que nos péchez 
crient maintenant vengeance 
contre nous ; mais prête l'o- 
reille aux prières de nous tes 
pauvres ferviteurs, qui te de- 
mandons grâce, & qui implo- 
rons ton fecours : & fois nôtre 
défenfe contre l'ennemi. Fai 
connoître que tu es nôtre 
Sauveur, & nôtre puiffant Li- 
bérateur -, par Jéfus-Chrift nô- 
tre Seigneur. Jmen. 

Prières courtes pour les particu- 
liers^ qui ne fe peuvent join- 
dre en Prière au refte de la 



compagnie^ à caufe du Com- 
hat^ ou de la Tempête, 

Prières Générales. 

SEigneur, aie pitié de nous 
qui fommes pécheurs, & 
fauve -nous par ta mifericor- 
de. 

Tu es le grand Dieu, qui 
as fiit, & qui ,^ou^ çrnes tou- 
tes cliofe.^ : O délivre - nous 
pour l'amour de tor NFom. 

Tu es le grand Dieu, qui 
es redoutable fur tous : O fau- 
ve-nous -, afin que nous t'en 
rendions la louange. 

Prières Particulières : 



Q 



tna 



ont égard à V ennemie 



SEigneur, tu es jufle & puif- 
fant ; pren nôtre caufe 
en main contre nos enne- 
mis. 

O Dieu, tu es une forte 
tour pour la défenfe de tous 
ceux qui ont recours à toi ; 
garenti-nous de la violence de 
l'ennemi. 

O Seigneur des armées, 
comba pour nous -, afin que 
nous puifTions te donner gloi- 
re. 

O ne permets point que 
nous fucombions fous le poids 
de nos péchez, ni fous la vio- 
lence de l'ennemi. 

Hh4 O 



Formulaires de Prières 



472 

O Seigneur, lève-toi, aide- 
nous, & nous délivre pourTa- 
mour de ton Nom. 

Prières Courtes. 
Durant la Tempête. 

TOI qui apaifes la rage 
de la mer, écoute-nous: 
Seigneur, écoute-nous & nous 
fauve : & que nous ne périf- 
iions po^«;t. 

O bien -heureux Sauveur, 
qui fauyas tes difciples, lors 
qu'ils éi-oient prêts de périr 
feu milieu de k Tempête ; 
exauce -nous & nous Jauve, 
nous t'en fuplions. 

Seigneur, aie pitié de nous. 
Chrift, aie pitié de nous. 
Seigneur, aie pitié de nous. 
O Seigneur, exauce-nous. 
O Chrift, exauce-nous. 

Dieu le Père, Dieu le Fils, 
Dieu le Saint Efprit, aie pitié 
de nous, & nous fauve main- 
tenant & à jamais. Amen. 

NOtre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fanftifié. Ton Règne vienne. 
Ta Volonté foit faite en la 
terre comme au ciel. Donne- 
nous aujourd'huy nôtre pain 
quotidien. Et nous pardonne 
nos ofcnfvS, comme nous par- 
donnjns à ceux qui nous ont 
ofen.'^:«z. Et ne nous indui 



point en tentation ; mais dé- 
livre-nous du mal : Car à toi 
appartient le règne, la puif- 
fance, & la gloii^e, aux fiécles 
des fiéclcs. Amen. 

Lors qu'il y mm quelque dangsr émU 
nent, l'on fera. aj]'cmf4er toH< ceux 
que le fer vice nécejfMn dti Na-vire 
pourra permettre qu'ils vier/hmt: ^ 
ils feront à Dieu une humble con- 

fejjïon de leurs péchez, j eh laquelle 
chacun doit faire une feneufe rejîec- 
tion fur les péchez, particuliers dont 

Ja confcience facufera, difant ce qui 

fuit i 

La Conf e s s ion. 

Dieu Tout-pui^mt, Père 
de nôtre Seigneur Jéfus- 
Chrift, qui es le Créateur de 
toutes chofes, & le Juge de 
tous les hommes j nous re- 
connoiiTons, & nous déplorons 
la multitude de nos péchc2:, 
& des iniquitez que nous a- 
vons en tout temps malheu- 
reufement commifes contre 
ta fainte Majefté, par nos 
penfées, par nos paroles, 
& par nos ad:ions ; provo- 
quant très juflement ta colè- 
re Se ton indignation contre 
nous: Nous fommes touchez 
d'une férieufe repentance -, &: 
nous gémiffons dans nos coçurs 
pour ces péchez que nous a- 
vons commis : le fouvenir nous 
en eft douloureux & afli- 
geant, & la charge infupor- 
table. Aie pitié de nous ; 
Aie pitié de nous, ô Père 

très 



DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 473 



très mifericordieux, pour l'a- 
mour de Jéfus-Chrift ton Fils 
nôtre Seigneur: Pardonne- 
nous tout le pafTé ; & fai 
par ta grâce que nous te foions 
agréables a l'avenir en menant 
une vie toute nouvelle à l'hon- 
neur & à la gloire de ton Saint 
Nom ; par Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. i\men. 

jilors le Trêtre {s'il y en a un dans 
Vaiffeau) prononcera cette abfolution. 

LE Dieu Tout - puifTant, 
nôtre Père Celefte, qui 
par fa grande mifericorde a 
promis la remifîîon des pé- 
chez à tous ceux qui fe cou- 
vert iiïent à lui avec une vé- 
ritable foi, & une férieufe 
repentance veuille avoir pi- 
tié de vous ; vous pardonner 
tous vos péchez, & vous en 
délivrer ; vous fou tenir, & 
vous afermir en tout bien, & 
vous conduire à la vie éter- 
nelle ; par Jéfus-Chrift nôtre 
iSeigneur. Aînen. 

Actions de Grâces. 

Après le "Tempête. 

JuVilate Deo. Psal. 66, 

TOute la terre jettez des 
cris de réjouïfîance à 
Dieu: Pfalmodiez la gloire de 
fon Nom ; rendez fa louange 
glorieufe. 

Dites à Dieui O que tu es 
terrible en tes fliits! tes en- 
nemis te mentiront pour la 



grandeur de ta force. 

Toute la terre fe profternera, 
devant toi, & te pfalmodiera : 
elle pfalmodiera ton Nom. 

Venez, & voyez les faits 
de Dieu: il eft terrible ea 
exploits fur les fils des hom- 
mes. 

Il a tourné la mer en une 
terre sèche -, on a palTé le fleuve 



l'à pied fec : & là, nous-nous 
fommes réjouis en lui. 

Il domine par fa puilTancc 
éternellement. Ses yeux pren- 
nent garde fur les nations; 
les revêches ne fe pourront 
point élever. 

Peuples, beniffez nôtre Dieu, 
& faites retentir le fon de fa 
louange. 

C'eft lui qui a remis^ nô- 
tre ame en vie *, & qui n'a 
point permis que nos pieds 
bronchaffent. 

Car, ô Dieu, tu nous avois 
fondez ; tu nous avois afinez 
comme on afine l'argent. 

Tu nous avois amenez aux 
filets -, tu avois mis une é- 
treinte en nos reins. 

Tu avois fait monter les 
hommes fur nos ^ têtes ; & 
nous étions entrez dans le feu 
& dans l'eau : mais tu nous 
as fait fortir en un lieu fertile. 

J'entrerai dans ta maifon a- 
vec des holocauftes j & je te 
rendrai mes voeux. 

Lefquels mes lèvres ont 
proférez, & que ma bouche 



474 Formulaires 

a prononcez, lorfque j'étois 
en détrcfîe. 

Je t'ofrirai des holocauftes 
de bétes moelleufes, avec la 
graifîe des mourons, laquelle 
on fait fumer: Je te facrifie- 
rai des taureaux, & des boucs : 

Vous tous qui craignez 
Dieu, venez, écoutez; & je 
raconterai ce qu'il a fait à 
mon ame. Je l'ai invoqué de 
ma bouche, & il a été exalté 
de ma l.ino;ue. 

Si j'eufîe penfé quelque ou- 
trage dans mon coeur, le Sei- 
gneur ne m'eut point écouté. 
Mais certainement Dieu 
m'a écouté ; & il a été aten- 
tif à la voix de ma fuplica- 
tion. 

Béni foit Dieu qui n'a point 
rejette ma fuplication, &qui 
n'a point éloigné de moi fa 
gratuité. 

_ Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il eft 
maintenant, & comme il fera 
éternellement. Amen. 



ConfiteminiDGfnmo. Pf. 107. 

CElebrez l'Eternel y car il 
eft bon : parce que fi 
gratuité demeure à toiijoars. 
^ Qiie ceux-là le difent, qui 
font les rachetez de l'Eternel, 
lefquels il a rachetez de la 
main de l'oprelTeur : 

Et ceux auffi qu'il a ramaf- 



DE Prière^ \ 

fez des pais d'Orient & d'Oc< 
cident,^ d'Aquilon & de Midi. 
^îls étoient errants par les 
déferts en un chemin folitaire, 
& ils ne trouvoient aucune 
ville habitée : 

Ils étoient afamez, & alté- 
rez ; l'ame leur défailloit. 

Alors ils ont crié vers l'E- 
ternel dans leur détrelTe -, & 
il les a délivrez de leurs an- 
goifles. 

Et les a adrefîez au droit 
chemin, pour aller en une 
ville habitée. 

Qu'ils célèbrent donc en- 
vers l'Eternel fa gratuité, & 
fes merveilles envers les fils 
des hommes : 

Parce qu'il a afîbuvi i'am.e 
altérée, & rafTafié de biens 
l'ame afamée. | 

Ceux qui demeu/uit dans 
les ténèbres & dans l'ombre 
de la mort, garrotez d'aflic- 
tion & de fer: 

Parce qu'ils ont été rebel- 
les aux paroles du Dieu Fort, 
& qu'ils ont rejette par mé- 
pris le confeil du Souverain: 

Et il a humilié leur coeur 
par le travail, & ils ont été 
abatus, fans qu'il y eut per- , 
fonne qui les aidât. .\ 

Alors ils ont crié vers l'E- ^ 
terncl en leur détrelTe, & \\ 
Ics^ a délivrez de leurs an- 
goilfes. 

Il les a tirez hors àtz té- 
nèbres, & de l'ombre de la 

mort. 



DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. ^7 S 



înort, & il a rompu leurs 
liens. 

Qu'ils célèbrent donc en- 
vers l'Eternel fa gratuité, 
& fes merveilles envers les 
fils des hommes. 

Parce qu'il a brifé les por- 
tes d'airain y & cafîe les bar- 
reaux de fer. 

Les F ou s qui font afligez à 
caufe du train de leur tranf- 
greiïion, & à caufe de leurs 
iniquitez. 

Tellement que leur ame a 
en horreur toute viande, & 
qu'ils touchent aux portes de 
la mort. 

Alors ils ont crié vers l'E- 
ternel dans leur dctreiïè, & 
il les a délivrez de leurs an- 
goiiTes. 

Il envoie fa parole, &: les 
guérit ; & il les délivre de 
leurs tombeaux. 

Qu'ils célèbrent donc envers 
l'Eternel fa gratuité, & fes 
merveilles envers les fils des 
liommes. 

Et qu'ils facrifient des fa- 
crifices d'aélions de grâces, & 
qu'ils racontent fes oeuvres en 
chantant de joie. 

Ceux qui defcendent fur la 
mer dans des navires, faifant 
commerce parmi les grandes 
eaux. 

Qui voient les oeuvres de 
l'Eternel, &: fes merveilles dans 
|es lieux profonds. 



comparoître le vent de tem- 
pête, qqi élève les vagues de 
la mer.) 

Ils montent aux cieux, il$ 
defcendent aux abîmes : leur 
ame fe fond d'angoilîe. 

Ils branlent, & chancellent, 
comme un homme yvre, & 
toute leur fagelfe leur man- 
que. 

Alors ils crient vers l'Eter^ 
nel dans leur détreife, & il 
les tire hors de leurs angoif- 
fes. 

Il arrête la tourmente, la 
changeant en calme, & les 
ondes fe tiennent coi. 

Puis ils fe réjouïlTent de ce 
qu'elles font apaifées -, & il 
les conduit au port qu'ils dé- 
firoient. 

Qu'ils célèbrent donc en- 
vers l'Eternel fa gratuité, & 
fes merveilles envers les fils 
des hommes: 

Et qu'ils l'exaltent dans la 
congrégation du peuple, & le 
louent dans l'afïèmblèe des 
Anciens. 

Il REDUIT les fleuves en 
défert, & les fources d'eau en 
fècherelfe : 

Et la terre fertile en terre 
falée -, à caufe de la malice 
de ceux qui y habitent. 

Il réduit le défert en des 
étangs d'eaux, & la terre fé- 
che en des fources d'eaux: 
Et il y fait habiter ceux 



(Car il commande, & fait! qui étoient afarnez, tellement 

qu'ils 



47^ Formulaires 

qu'ils y bâtiflent des villes 
habitables. 

Et sèment ks champs, & 
plantent des vignes qui rendent 
du fruit tous les ans. 

Il les bénit, & ils font 
fort multipliez ; & il ne laiffe 
point diminuer leur bétail. 

Puis ils fe diminuent & 
font humiliez par oprelTion, 
mal, & ennui. 

Il REPAND le mépris fur les 
principaux, & les fait errer 
par des lieux hideux, où il 
n'y a point de chemin. 

iVîaisil élève le pauvre hors 
de l'aflidion, & donne les fa- 
milles, comme par troupeaux. 

Les hommes droits voient 
cela &■ s'en rejouïfTent : mais 
toute^ iniquité a la bouche 
fermée. 

Qiîiconque efl fage, pren- 
dra garde à ces chofes : afin 
qu'on confidere les gratuïtez 
de rEtcrnel. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au commen 
cernent, comme il efl mainte 
nant, & comme il fera éternel 
lement. j^men. 



CoLLECT ES 

D'Actions de Grâces. 

O Seigneur Dieu, dont les 
bontez & les miferîcor- 
des font infinies 5 nous tes 
pauvres créatures, que tu as 
formées, & confervées 5 que tu 



DE Prières 

as maintenues en vie, & que tu 
as arrachées de la gueule de la 
mort ; nous-nous proflernons 
encore humblement devant ta 
Divine Majeflé, pour t'ofrir 
le facrifice de nos loiianges, & 
de nos aélions de grâces, en 
reconnoiffance de ce que tu 
nous as exaucez, qaand nous 
t'avons invoqué au temps de 
nôtre détreffe, & de ce que tu 
n^as point rejette la prière que 
nous t'avons préfentée dans 
nôtre angoiflc. Même lors 
que nous croyïons tout per- 
du, nôtre vailfeau, nos biens, 
nos vies: alors tu nous as re- 
gardez en ta mifericorde &as 
miraculeufement ordonnné nô- 
tre délivrance, pour laquelle 
maintenant que nous fommes 
en fûrete, npus reridons toute 
louange & toute gloire à ton 
Saint Nom; par Jéfus Chrifl 
nôtre Seigneur. Jme^. 

Ou celle-ci : 

ODieu très-puiiïant, très- 
bon, & très-mifericor- 
dieux, ta mifericorde efl fur 
toutes^ tes œuvres ; mais elle 
s'efl étendue fur nous d'une 
façon toute particulière, fur 
nous que tu as fi puiiïam- 
ment, & fi miraculeufement 
délivrez. Tu nous as fait voir 
des chofes terribles, & tes 
merveilles dans \ts abîmes de 
la mer ; afin que nous con- 
noifîlons combien tu es un 

Dieu 



DONT ON DOIT SE SERVIR SUR LA MeR. 477 



Dieu puîffant, & mifericor- 
dieux, & combien tu es 
prompt à fecourir ceux qui 
mettent leur confiance en toi. 
Tu nous as montré comment 
les vents & la mer obéïfTent 
à tes commandemens : D'où 
nous pouvons aprendre à o- 
béïr à ta voix, & à faire ta 
volonté. Ceft pourquoi nous 
béniflbns & nous glorifions 
ton Nom, pour ta bonté qui 
nous a fauvez lors que nous 
étions tous prêts de périr: & 
nous te fuplions de nous ren- 
dre aufîi fenfibles à la grâce 
que tu nous as faite, que 
nous étions touchez du dan- 
ger : donne-nous des cœurs 
toujours difpofez à témoigner 
nôtre reconnoifTance, non feu- 
lement par nos paroles -, mais 
auiTi par nos aélions, en o- 
béïfTant plus foigneufement, à 
tes faints commandemens. Con- 
tinue-nous cette même bonté -, 
afin que nous, que tu as dé- 
livrez, te puilTions fervir en 
fainteté, & en juflice tous les 



Chrift nôtre Seigneur & Sau 
veur. Amen» 

Hymne de Louanges 

^ d' Allions de grâces^ a^rès 
une tempte dangereufe. 



\ 



TEnez, rendons grâces au 
Seigneur ; car il eil 



ricorde dure d*âge-en-âge. 

L'Eternel eft grand, &: 
grandement louable : que les 
rachetez de l'Eternel, ceux 
qu'il a délivrez de la fureur 
impitoïable de la mer, difent 
ainfi ; 

L'Eternel eft bon, & plein 
de compaflion, tardif à colère, 
& abondant en gratuité. 

Il ne nous a point fait feloa 
nos péchez, ni rendu félon 
nos iniquitez. 

Car autant que les Cieux 
font élevez par deiïus la terre, 
autant fa mifericorde a été 
grande fur nous. 

Nous étions dans l'abate- 
ment, &: dans le trouble : 
nous avons été jufques aux 
portes de la mort. 

Les vagues de la mer nous 
avoient prefque entièrement 
couverts ', les ondes orgueil- 
leufes avoient prefque englouti 
nos âmes. 

La mer bruïoit, & le vent 
de tempête élevoit fes vagues. 

Nous étions comme élevez 



jours de nôtre Vie -, par Jefus jufques au ciel, & nous def. 

cendions comme dans les a- 
bîmes : nôtre ame fe fondoit 
d'angoiffe au dedans de nous. 

Alors nous criâmes à toi, q 
Eternel; & tu nous tiras hors 
de nos angoiflès. 

Béni foit ton Nom -, tu n'as 
point rejette la requête de: tes 
ferviteurs ; mais tu as exaucé 



mifericordieux ; & fa mife-l nôtre cri, & nous as délivrez. 

' Tu 






47 s 



Formulaires de Prières 



Tu as commandé, & le 
vent de tempête a ceiïe, & s'eft 
tourné en calme. 

Célébrons donc l'Eternel, à 
caufe de fa gratuité ; & dé- 
clarons les merveilles qu'il a 
faites, & qu'il fait encore en- 
vers les fils des hommes. 

Que l'Eternel, foit loué tous 
les jours ; l'Eternel, qui nous 
eil en aide, & qui répand fur 
nous fes bienfaits. 

Il efl nôtre Dieu, le Dieu 
duquel vient nôtre falut : Dieu 
efl Seigneur, par lequel nous 
avons été fauvez de la mort. 

Seigneur, tu nous as réjouïs 
par l'œuvre de tes mains : & 
nous triompherons en te louant. 

Béni foit le Seigneur, le Sei- 
gneur Dieu qui fait feul des 
chofes merveilleufes. 

Et béni foit éternellement 
le Nom de fa gloire, & que 
chacun de nous dife ; Amen, 
Amen. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com- 
mencement, comme il efl 
maintenant, & comme il fera 
éternellement. Amen. 

2 Cor. XIII. 14. 
La grâce de nôtre Seigneur 
Jéfus-Chrifl, & la diledlion de 
Dieu, & la communication du 
Saint Efprit foit avec nous tous 
dès maintenant, & à jamais. 
Amen* 



Afres avoir remporté la, Vt^oire ou 4- 
pes avoir été délivré de L'ennemi. 

PsEAUME OU Cantique 
de Louanges & d* Avions de 
grâces après la Vi^oire, 

NEut^ été PEternel qui a 
été pour nous, pouvons-^ 
nous dire maintenant ; N'eut 
été l'Eternel qui a été pouf 
nous, quand les hommes fe 
font élevez contre nous ; 1 

Ils nous euffent dès-lors en- 
gloutis tous vifs, durant que 
leur colère étoit enflammée 
contre nous. 

Dès-lors les eaux fe fuffent 
débordées fur nous; un torrent 
auroit paffé dès-lors fur nôtre 
ame : dès-lors les eaux enfîée9 
fuffent paffées fur nôtre ame. 

Mais béni foit l'Eternel qui 
ne nous a point livrez en proïe 
à leurs dents. | 

L'Eternel a opéré une gran-' 
de délivrance en nôtre faveur. 

Ce n'efl point par nôtre é- 
pée que nous l'avons obtenue: 
ce n'efl point nôtre bras qui 
nous a fauvez: mais ta dex- 
tre, & ton bras, & la clarté 
de ta face; parce que tu as 
voulu nous favorifer. 

Le Seigneur s'efl montré 
pour nous ; le Seigneur a cou- 
vert nos têtes, & nous a foû^ 
tenus au jour de la bataille. 

Le Seigneur s'efl montré pour 
nous, le Seigneur a renverfénos 
ennemis, & a mis en pièces ceux 
qui s'étoient foûlevez contre 
nous, Noa 



bONT ON DOIT SE SEkVIR SUR 

Non point à nous, donc, 
6 Seigneur, non point à nous, 
mais à ton Non! en foit ren- 
due la gloire. 

Le Seigneur a fait des chofes 
grandes pour nous. Le Sei- 
gneur a fait des chofes gran- 
des pour nous, dont nous 
nous réjouïlTons. 

Nôtre aide eft au Nom de 
Dieu, qui a fait le ciel & la 
terre. 

Béni foit le Nom du Sei- 
gneur, dès maintenant & à 
jamais. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

Comme il étoit au com~ 
mencement, comme il eft 
maintenant, èc comme il fera 
éternellement. Amen. 



^près ce Cantique, Von pourra chan- 
ter le Te Deum. 

Tuis Viendra cette Collecte. 

ODieu Tout-puifïïint, qui 
es l'arbitre Souverain de 
l'Univers, & à la puiffimce du- 
quel nulle Créature ne peut 
réfifter; Nous bénilTons, & 
nous magnifions ton grand & 
glorieux Nom, pour cette heu- 
reufe viéloire: & nous te fu- 
plions de nous fiiire la grâce 
d'ufer de cette fiveur à ta 
gloire, à l'avancement de ton 
Evangile, à l'iionneur de notre 
Souverain, & entant qu'en 
nous eft, au bien & à l'avan- 
tage de tous lîs hommes. 
Donne-nous un fi vif fen ciment 
de cet effet de ta mifericorde. 



LA Mer. 47^ 

que nous en aions une vérita- 
ble reconnoilTance, quiparoif- 
fe dans tout le cours de nôtre 
vie par une conduite humble, 
fainte, & foumife en ta pré- 
fence jufques à la ^n de nos 
jours j par Jefus-Chrift nôtre 
Seigneur, auquel avec toi, & 
avec le Saint Efprit, pour 
cette Vidloire, & pour tous 
les autres effets de ta miferi- 
corde foit tout honneur, & 
toute gloire aux fiècles des 
fiècles. Amen. 

2 Cor. XI ti. 14. 
La grâce de nôtre Seigneur 
Jefus-Chrift, & la dileclion de 
Dieu, & la communication du 
Saint Efprit, foit avec nous tous 
éternellement. Amen» 



Aux Funérailles- 

des Morts fur la Mer, 

Von pourra fe fervîr de Vofice qui 
eft dans lu Liturgie \ feulement au> 
lieu de ces mots, (nous mettons 
fon corps au fèpulchre, la terre à 
la terre, Sec.) dites; 

C'Eft pourquoynous dépo- 
fons fon corps dans la mer,, 
pour y être réduit en corrup- 
tion j atendant (quand la mer 
rendra tous fes morts) la ré- 
furreélion du corps, & la vie 
du fiècle à venir ; par Jefus 
nôtre Seigneur, lequel à fon a- 
vénement transformera nôtre 
corps vil, pour être rendu con- 
forme à fon corps glorieux, fé- 
lon cette éiicace, par laquelle il 
peut même s'affujettir toutes 
chofes. LA 



480 L'Ordinatioiç des Diacres; 

LA FORME ET LA MANIERE 

DE FAIRE, D'ORDONNER, ET DECONSACRER 
LES EVEQUES, LÈS PRETRES, ET LES DIACRES: 

SELON LE RIT DE L'EGLISE ANGLICANE. 

PREFACE. 

IL efi évident à tous ceux qui lifent avec foin l'Ecriture Sain- 
te^ ^ les anciens Auteurs Eccléfiaftiques^ que depuis le temps 
des Apôtres, il y a toujours eu dans' l' Egtife Chrétienne, divers 
Ordres de Miniftrcs ; des Evêques, des Prêtres àf des Diacres. 
Et ces Offices ont toujours été tenus en telle eftiine ^ vénéra- 
tion ; qu'il^ n'a jamais été permis à qui que ce [oit de s'y ingérer 
fans^ vocation, ^ fans en avoir été préalablement jugé capable 
après un examen : en confequence duquel, le fujet étoit aprouvi, 
iâ admis par l'Autorité légitime, avec la folemnité des prières 
publiques, & de l'im.pofition des mains. Afin donc que ces Or- 
dres facrez puiffent être continuez -, & pour conferver à l'ave- 
nir, dans l'Eglif d'Angleterre, l'efîime, àf le refpeéï qu'ils mé- 
ritent : Nul ne fera tenu pour légitime Evéque, Prêtre, ou Dia- 
cre de l'Eglife Anglicane, & n'y pourra exercer aucune de fes 
fondons, s'il n'a été apellé, examiné, & receu félon la Forme 
fuivante -, à moins qu'il n'ait eu auparavant une Ordination ou 
Confécration Epifcopale. 

^ Perfonne ne fera admis à l'Ordre de Diacre qu'à l'âge de 
vint i^ trois ans ; fi ce n'eft qu'il ait obtenu difpenfe. Celui qui 
fera ordonné Prêtre, aura vint & quatre ans. Et quiconque 
doit être ordonné, ou confacré Evéque, n'aura pas moins de 
trente ans acompUs, 

L'Evêque s'étant affuré par Im-mê^ne, ou par un témoignage 
fufifant, que le Sujet efi de bonnes mœurs & qu'il a vécu fans 
fcandale -, i^ après l'avoir examiné, le trouvant inftruit dans h 
Langue Latine, ^ fufifamment verfé dans les Saintes Ecritures^, 
il pourra aux temps marquez dans le Canon, ou ^il e(î néceTaire^ 
quelqu' autre jour de Di?nancbe, ou de fête, l'admettre au Dia- 
conat en face d'EgUfe, en la manière qui fût. La 



L'Ordination des Diacres^ 48f 



La Forme et la MANîEîtja 
DE FAIRE LES DIACRES. 



Au jour marqué par l^Evêque, après les Prières du Matin il y 
aura un Sermon^ ou une Exhortation fur le Devoir^ ^ V Office 
de ceux qui doivent être admis au Diaconat: pour mofitref 
combien cet Ordre ejl nkejfaire dans rEglife Chrétienne^ ^ 
en quelle efiime le Peuple doit avoir ceux qui en [ont revêtuSé 



JDl'abord, V Archidiacre, ou celui quî 
tiendra fa place, pré/entera à l'Eve- 
que (féant dans fa Chaire près de la 
Saint Table ceux qui défirent d'être 
ordonnez. Diacres, {chacun d'eux é- 
tant en habit décent) ^ dira ainfi. 

Mon Révérend Père en 
ï)ieu, je vous préfente ces 
perfonnes-ci, pour être admi- 
fes à l'Ordre de Diacres. 

U Eve que. 

Prenez -garde que les per- 
fonnes que vous nous préfen- 
tez, foient capables, & pro- 
pres par leur favoir, & par 
leurs bonnes mœurs, à exer- 
cer leur Miniftère convenable- 
ment, pour la gloire de Dieu, 
& pour l'édification de fon 
Eglife. 

U Archidiacre repondra. 

J'ai fait les enquêtes néçef- 



faires : je les aufll examinez a 
& je les eftime tels. 

Alors r Eve que dira au Peuple^ 

Mes frères, s'il y a c}uei- 
qu'un de vous, qui fâche quel- 
que empêchement, ou quel- 
que crime pour lequel, quel- 
qu'un de ceux qui nous font- 
ici préfentez, pour être reçus 
Diacres, ne puilïe être àdmiâ 
à cet Office, qu'il vienne le 
déclarer au Nom de Dieil 5 
& qu'il montre quel eft cd 
crime, ou cet empêchenlent. 

si Von oh\ecie quelque Crime, du qUeU 
que jufie Caufe d'empêchement, l'E- 
ve que furfeoir a, c^ remettra l'Ordi- 
nation de cette perfonne- lit, jufqu'à 
ce que Vaccufé fe foït juftifié tit* 
Crime. 



îi 



fnk 



UOrdination des Diacres. 



48 z 

fuis V Eve que y après avoir recommandé 
aux prières de VAJfcmhlée ceux qui 
0urmt été jugez, digna de rece- 
voir l'Ordination, chantera, ou réci- 
tera la Litanie, é* ^^^ Vrieres, con- 
jointement avec le Cierge é" ^^ i'f«- 
pUf en la manière fuivante. 

La Litanie et les 
Suffrages. 

O Dieu Père Celefte, aie 
pitié de nous, miferables pé- 
cheurs. 

O Dieu Père Celefte, aie ptic 
de nous, miferables pécheurs. 

O Dieu le Fils, Redçmp- 
teur du monde, aie pitié de 
nous, miferables pécheurs. 

O Dieu le Fils, Rédempteur 
au 7nonde^ aie pitié de nous, mi- 
ferables pécheurs. 

O Dieu le Saint Efprit, qui 
procèdes du Père & du Fils, 
ais pitié de nous, miferables 
pécheurs. 

O Dieu le Saint Efprit, qui 
procèdes du Père iâ du Fils, aie 
pitié de nous, miferables pécheurs. 

O Sainte, bénite, & glori- 
eufe Trinité, Trois Perfonnes 
& un Dieu, aie pitié de nous, 
miferables pécheurs. 

O Sainte, bénite, à^ glorieufe 
Trinité, trois Perfonnes àf un 
Dieu, aie pitié de nous, fuifera- 
hles pécheurs. 

O Seigneur, ne te fouvien 
point de nos péchez, ni des 
péchez de nos Pères : ne preil 
point vengeance de nos ini- 
qulcez : pardonne-nous, 6 bon 



Dieu : pardonne à ton peuple 
que tu as racheté par ton 
fang précieux : & ne fois 
point irrité contre nous à ja- 
mais. 

Pardonne-nous, 6 bon Dieu. 

De tout mal ♦, & de toute, 
méchanceté: de péché -, des ru- 
fes, 6r des aiTauts du Diable : 
de ta colère ; & de la dam- 
nation éternelle : 

Bon Dieu, délivre-nous. 

D'aveuglement de cœur ? 
d'orgueil -, de vaine gloire -, 
& d'hypocrifie : d'envie -, de 
haine -, de malice -, & de tou- 
te afeétion contraire à la cha- 
rité : 

Bou Dieu, délivre-7îous» 

De paillardife -, & de tout 
autre péché mortel : & d« 
toutes les tromperies du mon- 
de, de la chair, & du Diable : 

Bon Dieu, délivre-nous. 

Des foudres > & des orages: 
de pelle -, & de famine ; de 
guerre -, de meurtre ; & de 
mort fonda ine: 

Bon Dieu, délivre-nous. 

De toute fédition -, de toute 
confpiration fecrète ; & de ré- 
bellion: de toute fauffe doc- 
trine-, d'héréfie i & de fchif- 
me : d'endurciil<:^ment de cœur; 
du mépris de ta Parole -, Se de 
tes Commandemens: 

Bon Dieu, délivre-nous. 

Par le Myilère de ton In- 
carnation iamte: par ta fain- 
te Naiiîance -, & ta Circoncir,. 

fion : 



L'Ordination des Diacres. 



ûon : par ton Batéme : par 
ton Jeûne; & par ta Tenta- 
tion: 

Bon DieUy Jélivre-nous, 

Par ton Agonie -, & ta 
Suè'ur fanglante : par ta Croix, 
& ta Pafîion : par ta précieufe 
Mort ; & ta Sépulture : par ta 
Réfurredion i & ton Afcen- 
fion glorieufe : & par la venue 
du Saint Efprit : 

Bon Dieu^ délivre-nous. 

En tout temps d'adverfité : 
en tout temps de prolpériré : à 
l'heure de la mort ; & au jour 
du jugement, 

Bon Bieu^ délivre-nous. 

O Bon Dieu, nous qui fom- 
mes de pauvres pécheurs, te 
fuplions d'exaucer nos priè- 
res : & qu'il te plaiie de con- 
duire & gouverner ta Sainte 
Eglife Univerfclle dans la 
droite voie -, 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ 6 bon Dieu. 

Qu'il te plaife de conferver 
& d'affermir dans ton vrai fer- 
vice, en toute juftice & en 
toute fainteté de vie, ton fer- 
viteur, George nôtre Roi, 
& nôtre Gouverneur très dé- 
bonnaire j 

Nous te fuplions de nom exati- 
ç£r^ bon Dieu. 

Qu'il te plaiie d'adreffer 
fon coeur dans ta foi, dans ta 
crainte, & dans ton amour ; 
afin qu'il ait toujours fa con- 
JB^nce ea toi > 6c qu'il cher- 



485 

che toujours ton honneur 6c 
ta gloire -, 

Nous te fuplions de nous exau-* 
cer.f bon Dieu. 

Qu'il te plaife de le garder, 
de le défendre, & de lui don- 
ner la vidoire fur tous fes en- 
nemis ; 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu. 

Qu'il te plaife de bénir & 
de conferver fa Majefté la. 
Reine Caroline, leurs Al- 
telles RoïaleSj les Princes, 
& les Princesses, & toute la. 
Famille Roïale -, 

Nous te fupUoîis de nous ex^ 
aucer^ bon Dieu, 

Qu'il te plaife d'éclairer tous 
les Evêques, les Prêtres & les 
Diacres, par la vraie connoif- 
fance & intelligence de ta Pa- 
role : afin qu'ils l'anoncenc 
dignement, par leur prédica- 
tion, & par leur bonne vie -, 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ 6 bon Dieu. 

Qu'il te plaife de bénir tes 
ferviteurs, qui doivent préfen- 
tement être admis à l'Ordre 
de Diacres [ou de Frhres'] & 
de répandre ta grâce fur eux : 
afin qu'ils puifiènt s'aquiter 
duëment de leur Cnarge, à 
l'édification de ton Eglife, &: 
à la gloire de ton faint Nom \ 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu, 

Qu'il te plaife de remplir 

les Seigneurs du Confeil, & 

I i 2 toute 



4S4- L'Ordination 

toute la Nobleffe, de grâce -, 
de fageffe -, & d'intelligence -, 
Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu. 

Qu'il te plaife de bénir & 
de conferver les Magiftrats, 
leur faifant la grâce d'exer- 
cer la juftice -, & de mainte- 
nir la vérité -, 

Nous te fupUons de nous ex 
aucer^ ô bon Dieu, 

Qu'il te plaife de bénir & 
de protéger tout ton peuple -, 

Nous te fuplions de nous 
aucer^ o bon Dieu, 

Qu'il te plaife d'infpirer à 
toutes les nations l'union, la 
paix, & la concorde ; 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu. 

Qu'il te plaife de nous don- 
ner un cœur enclin à t'aimer- 
& à te craindre -, & à vivre foi- 
gneufement félon tes coni- 
mandemens ; 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ ô bon Dieu. 

Qu'il te plaife de donner ii 



ex- 



de 



croître en 



tout ton peupl 

grâce ; d'ouïr humblement ta 
Parole -, de la recevoir d'une 
afeélion pure -, & de produire 
les fruits de l'Efprit \ 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer., ô bon Dieu. 

Qu'il te plaife d'amener au 
chemin de la vérité, tous ceux 
qui font dans l'erreur, & qui 
ont été féduits ; 



DES Diacres; 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer., ô bon Dieu, 

Qu'il te plaife d'afermir 
ceux qui font debout: de re- 
lever ceux qui font tombez : 
de confoler, & d'affifter ceux 
qui ont le cœur froiffé -, & 
enfin d'abatre Satan fous nos 
pieds. 

Nous te fuplions de nous eX' 
aucer., ô bon Dieu, 

Qu'il te plaife de fecourir 
& de confoler tous ceux qui 
font en danger -, en tribulati- 
on -, & en néceffité. 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu. 

Qu'il te plaife de confervei 
tous ceux qui voyagent pai 
mer ou par terre -, toutes le! 
feinmes qui font en travai 
d'entant ; toutes les perfonne 
malades -, & tous les petit 
enfans: & d'avoir compafTioi 
de tous les prifonniers & à 
tous les captits. 

Nous te fuplions de nous ex 
aucer ^ ô bon Dieu, 

Qu'il te plaife de prendr 
la défenfe des Orphelins ; de 
veuves : & de tous ceux qi 
font défolez & oprimez : & d 
pourvoir à tous leurs befoins 
Nous te fuplions de nous e:^ 
aucer., o bon Dieu, 

Qu'il te * plaife d'étendi 
ta mifèricorde fur tous 1( 
hommes. 

Nous te fuplions de nous et 
aucer, ô bon Dieu, 



L'Ordination des Diacres. 485 

^ Qu'il te plaife de pardonner! Chrift, aie pitié de nous, 
à tous nos ennemis, à ceux qui) Chrift, aie pitié de nous. 

Seigneur, aie pitié de nous. 



nous calomnient, & nous per- 
fécutentj & de convertir leurs 
cœurs. 

Nous te fuplions de nous ex 
aucer, bon Dieu. 

Qu'il te plaife de nous don- 
ner, & de nous conferver les 
fruits de la terre : afin que 
nous en puifîions jouïr dans 
! leur faifon. 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer^ bon Dieu, 

Qu'il te plaife de nous don- 
ner a tous une vraie repen- 
tance : de nous pardonner tous 
nos péchez, toutes nos négli- 
gences & nos ignorances : nous 
acordant la grâce de ton Saint 
Efprit ; afin que nous refor 
mions nôtre vie, félon ta fain 
te Parole. 

Nous te fuplions de nous ex- 
aucer , ô bon Dieu, 

O Fils de Dieu, nous te 
fupliotîs de nous exaucer. 

O Fils de Dieu^ nous te fu- 
plions de nous exaucer, 

O Agneau de Dieu, qui ô- 
tes les péchez du monde, 

jicorde-nous ta paix, 

O Agneau de Dieu, qui ô- 
tes les péchez du monde, 

yiie pitié de nous, 

O Chrift, exauce-nous. 

O Chrift, exauce-nous. 

Seigneur, aie pitié de nous. 

^ei^neurf aie ptié de nous. 



iieigneur, aie pitié de nous. 

Alors le Prêtre é' le peuple en même 
temps diront i'Oraifon Dominicale, 

NOtre Père qui es aux 
Cieux, Ton Nom foit 
fanélilîé. Ton Règne vienne. 
Ta Volonté foit faire en h 
terre comme au ciel. Don- 
ne-nous aujourdhui nôtre pain 
quotidien. Et nous pardonne 
nos ofenfes, comme nous par- 
donnons à ceux qui nous ont 
ofenfé. Et nç nous endui 
point en tentation ; Mais dé- 
livre-nous du malin. Amen. 

Le Prêtre, 
O Seigneur, ne nous fai 
point félon nos péchez. 

Réponfe, , 

Et ne nous ren pas félon 
nos iniquitez. 

Le Prêtre. 

P R I o N s Dl E U. 

y^ Dieu & Père mifericor- 



dieux, qui ne méprifes 
point les foupirs d'un cœur 
contrit, ni l^s gémiflemens ^e 
ceux qui font en angoilîè : 
écoute en ta mifericorde les 
prières qUe nous te préfentons 
dans toutes nos calamitez, & 
dans toutes nos misères -, & 
I i 3 nous 



48(5 



L'ORDINATION DES DiACRES, 



nous exauce par ta grâce : a-^ 
fin que les maux que le Dia- 
ble, ou les hommes machi- 
nent contre nous par leur ma- 
lice, & par leurs rufes, foient 
réduits à néant: & tellement 
diiïîpez par ta Providence, que 
nous tes lerviteurs, étant afran- 
this de toutes perfécutions, te 
puifiions glorifier continuelle- 
ment au milieu de ton Eglife ; 
J)ar Jélus-Chrifl nôtre Seigneur. 

O Seigneur^Uve-toi \ aide-nous t 
£5? nous délivre -pour rameur de 
ton Ncîn. 

O Dieu, nous avons ouï de 
nos oreilles, & nos Pères nous 
ont raconté les exploits que 
tu as faits en leurs jours : & 
aux jours d'auparavant. 

Seigneuî-Jcvc-toi^ aide-nous^ 
iâ nous délivre ■pour l^ amour de 
ta gloire. 

Gloire foit au Père, & au 
Fils, & au Saint Efprit. 

' Rep, Comme il etoit au 
commencement, comme il eft 
maintenant, & comme il fera 
éternellement. Amen. 

Garent i-nous de nos enne 
0iis, ô Chrift ; 

Et jette les yeux de ta miferi- 
corde fur nos afli^ions. 

Confidère en tes compafrions 
les foupirs de nos coeurs. 

Et pardonne félon ta miferi- 
coy^e^ les péchez de ton Peuple, 

Ecoute nos prières fivora- 
blement, & mifericordieufe- 
mcnt 



aie pitîc 



Fils de David^ 
de nous. 

Daigne nous écouter main- 
tenant, & à jamais, ô Chrift. 

Ecoute-nous favorablement, 
Chrift. Ecoute-nous favorable- 
ment^ 6 Seigneur Jéfus-Chrift, 
Le Prêtre. 

Que ta mifericorde foit fur 
nous, ô Eternel. 
Réponfe, 

Selon que nous-nous fom-- 
mes atendus à toi. 

Prions Dieu. 

NOus te prions très hum- 
blement, ô Père, de 
jetter \^^ yeux de ta miferi- 
corde fur nos infîrmitez: ^ 
pour la gloire de ton Nom 
détourne de nous tous les 
maux que nous avons méri- 
tez très juilement: & nous 
fai la grâce, qu'en toutes nos 
afli6tions, nous mettions en- 
tièrement nôtre confiance en 
ta mifericorde : & que nous 
te fervions toujours en fain té- 
té, & en pureté de vie, à ton 
honneur & à ta gloire; par 
nôtre feul Médiateur & Avo- 
cat, Jéfus-Chrift, nôtre Sei- 
gneur. Amen. 

Puis, on chantera* ou on dira le Service 
pour la Communion, avec la Col- 
lecie, VEfitre, ^ l'Eva?igile, comme 
s'enfuit. 

Dieu 



L'Ordination des Diacres^ 487 

leu Tout-puifîant, qui par fleurs femmes foient honnêtes. 



n 

JLz ta Divine Providence as 
établi divers Ordres de Minif- 
tres dans ton Eglife, & qui as 
înfpiré à tes Apôtres de choi- 
fîr ton premier Martyr, S. 
Etienne avec d'autres, pour 
^tre admis à l'Ordre de Dia- 
cres : Regarde en ta miferi- 
corde tts Serviteurs ici-pré - 
fents, qui font apellez au 
-même Office, & à la même 
Adminifl ration. Rempli-les 
de la vérité de ta doàrine, 
& les revêts tellement d'in- 
nocence & de fiinteté de vie, 
que par leur parole & leur 
exemple ils te fervent fidèle- 
ment dans ce Saint Office, à 
la gloire de ton Nom, & à 
l'édification de ton Eglife -, 
par le mérite de nôtre Sau- 
veur Jéfus-Chrifb, qui vit & 
qui règne avec Toi, & avec 
le Saint Efprit, maintenante 
à jamais. Amen, 

L'Epitre. I Tim. m. 8. 

QUe les Diacres foient gra- 
ves,non doubles en parole; 
non fujets à beaucoup de vin j 
non convoi Ceux de gain dtï- 
honnête : retenant le myftère 
de la foi dans une confcience 
pure. Qiie ceux-ci auffi foi- 
ent premièrement éprouvez, & 
qu'en faite ils fervent, après 
avoir été trouvez fans re- 
proche. Pareillement , que 



non m_édifantes, fobres, fidèles 
en toutes chofes. Que les 
Diacres foient maris d*une 
feule femme, conduifant hon- 
nêtement leurs enfms, & leurs 
propres familles. Car ceux qui 
auront bien fervi, aquierent 
un bon degré pour eux, & 
une grande liberté dans la foi 
qui eil en Jéfus-Ch^-ift. 

Ou ceci, tiré des A3cs des 

Apîres, 

A(5les VI. 2. 

C'Eft pourquoi les Douze ai- 
antapellé la multitude des 
difciples, dirent-. Il n'eft pas 
raifonnable que nous laiffions 
la parole de Dieu, pour fer- 
vir aux tables. Regardez donc, 
mes Frères, de choifir fept 
hommes d'entre vous, de qui 
on ait bon témoignage, pleins 
du Saint Efprit & de fageffe, 
auxquels nous commettions 
cette afiire. Et pour nous, 
nous continuerons de vaquer à 
la Prière, & à l'adminiftration 
de la parole. Et ce difcours 
plut à toute la compagnie, 
qui étoit là préfente -, & ils 
élurent Etienne, homme plein 
de foi & du Saint Efprit, & 
Philippe , & Procore , & 
Nicanor, &: Timon, & Par- 
ménas, & Nicolas, profélyte 
Anthiochien:& ils les préfen- 
1 i 4 terenC 



'48 s L'ORDINATiON 

terent aux Apôtres, qui après 
avoir prié, leur impoferent 
les mains. Et la parole de 
Dieu croifïbit, & le nombre 
des difciples fe multiplioit beau-^ 
coup dans Jérufalem : un grand 
nombre aufli de Sacrifieateurs 
obeiffoit à la foi, 

Avetnt la leBure Je VEvangile l'Evê- 
que fe(int en fa Chaire, fera frétera 
chacun de ceux qui doivent recevoir 
VOrdïaaiion, le Serment pur la SU- 
I>REMACIE DU ROI, contre le 
pouvoir ^ l'autorité de toutes les 
FuiJJances étrangères. 

Serment touchant la 
SupREMAciE DU Roi. 

Je A- B. protefte & dé- 
clare en confcience, que le 
Roi eft le feul fupréme Gou- 
verneur de ce Royaume, & 
-de tous les autres Païs & 
Terres de fa Majeflé, tant 
dans les caufes & affaires Spi- 
rituelles ou Ecclériailiques,que 
dans les Temporelles, & qu'- 
aucun Prince étranger, nulle 
perfonne, nul Prélat, Etat, ou 
Potentat n'a, ni ne doit a- 
voir aucune jurifdidion, puif- 
fance, fupériorité, prééminence, 
ou autorité Eccléfiallique, ou 
fpirituelle dans ce Royaume. 
C'eft pourquoi je rejette tou- 
tes Juridictions, Pouvoirs, 
Supérioritez, & Autoritez é- 
trangères -, & y renonce en- 
tièrement. Et je promets que 
dorénavant je garderai foi, & 



DES DiACRESV ] 

vraie allégeance, & fidélité à 
fa Majeflé, fes Héritiers, & 
fucceffeurs légitimes: & que 
de tout mon pouvoir, je fou- 
tiendrai & défendrai toutes les 
Jurifdidions, les Privilèges, 
Prééminences & Autoritez, 
qui ont été accordées, ou qui 
apar tiennent de droit à fa 
Majeflé, fes Héritiers, & fes 
SuccefTeurs, ou qui ont été 
unies & annexées à la Cour 
ronne Impériale de ce Roy- 
aume. Ainfi Dieu me foit en 
aide, & le Contenu dans ce 
Livre. 

Alors l'Evêque examinera en la m^^- 
niere fuivante, en préfence du Peuple^ 
chacun de ceux qui doivent être or- 
donne X.. 

Etes-vous convaincu que 
c'efl par un mouvement du 
faint Efprit, que vous-vous 
engagez dans ce Miniflère ôc 
Office ; afin de fervir Dieu 
pour l'avancement dé fa gloi-. 
re, §c pour l'édification de 
fon Peuple? 

Réponfe. J'en fuis convaincu. 

U Eve que. 

Croyez-vous que vous étçs 
vraiment apellé au Miniflère 
de TEglife, félon la volonté 
de nôtre Seigneur Jéfus-Chrifl, 
& l'ordre juftement établi 
dans ce Royaume? 

Repnfc, Je l'efli^Tie ainfi, 



L'Ordination des Diacres, 489 



n Eve que. 

Croyez - vous fmcèrement 
toutes les Ecritures Canoni- 
ques du Vieux & du Nouveau 
Teftanient ? 

Réponfe. Je les croi. 

U Eve que. 

Les lirez-vous diligemment 
au Peuple afTemblé dans 1*E- 
glife, dont le Service vous 
fera commis? 

Rêponfe. Je les lirai. 

U Eve que. 

Il apartient à l'Office d'un 
Diacre, dans l'Eglife qu'il fera 
apellé de fervir, d'affifter le 
Prêtre dans le fervice Divin -, 
particulièrement, quand il ad- 
miniflre la Sainte Cène, & de 
l'aider à la diftribution -, de 
lire les Saintes Ecritures & les 
Homélies dans l'Eglife, d'inf- 
truire les jeunes gens dans le 
Catéchifme, de baptifer les 
Enfans en l'abfence du Prêtre, 
& de Prêcher, s'il y eft admis 
par l'Evêque. Déplus, il eft 
de fon Office, là où l'ordre 
en eft établi, de s'informer 
des malades, des pauvres, & 
des impotens de la Paroifte, 
pour inftruire le Miniftre de 
}eur état, de leurs noms, & 
de leur demeure -, afin que 
par fes exhortations ils puif- 
fent être fecourus des au- 
mônes des paroiffiens, ou d'au- 
fres perfoaries, VQuJez-yous 



vous aquiter de ces fonctions 
volontairement & avec zèle ? 

Réponfe. Je m'en aquite- 
rai, avec l'aide de Dieu. 

U Eve que. 

Aporterez-vous tout le foin 
poffible, pour régler vôtre 
propre conduite, & la condui- 
te de vos familles, en les for- 
mant fur la dodrine de Jéfus- 
Chrift -, & vous rendre vous- 
mêmes, & eux, autant qu'en 
vous eft, des exemples falu- 
taires au troupeau de Chrift ? 

Réponfe. J'y aporterai tous 
mes foins moyenant l'affiftan- 
ce de Dieu. 

U Eve que. 

Obéïrez-vous refpe6i:uëufe- 
ment à vôtre Diocéfaîn, & 
aux principaux Miniftres de 
l'Eglife, fous la charge & le 
gouvernement defquels vous 
êtes placez -, & fuivrez-vous 
avec joie, & de bon coeur 
leurs pieufes admonitions ? 

Réponfe. Je ferai pour ce- 
la tous mes efforts, avec l'aide 
de Dieu. 

Alors tous s' agenouillant^ l'Evêquif 
mettra fes mains fuccejjïvement fur U 
tête de chacun d'eux y ^ dira j 

Reçoi l'Autorité d'exercer 
l'Office de Diacre, qui t'eft 
commis dans l'Eglife de Dieu -, 
Au Nom du Père, du Fils, 



<;4:90 L'Ordination des DiacresJ 

& du Saint Efprit. Afnen, 



Fuis VEvcque donnera à. chacun à' eux 
le Nouveati Tejiament, en dijmt , 

Reçoi rAutorité de lire 
TEvangile dans l'Eglifc, de 
Dieu, & de l'y prêcher ; fi ur 
en as la permiflion de l'E- 
vêque même. 

Alors l'un d'eux, par V ordre de VE- 
-*vêque, lira y 



L'Evangile S. Luc. xii. ci^^, 

kUE vos reins foient trouf- 
fez, & vos chandelles 
allumées : & foiez femblables 
aux ferviteurs qui attendent 
leur maître quand il arrivera 
des noces: afin que quand il 
• viendra, & qu'il heurtera, ils 
'lui ouvrent aufii-tôt. Bien- 



Colîecîey c3* ifumédÎAtemrjt avant 
U BénédUlion^ en lira les CoîleSîei 
fftlvantes. 

Dieu Tout-puiiTânt, qui es 
le Difpenlateur de tout 
Bien, & qui en ta «grande 
bonté as daigné accepter & 
recevoir ces tiens ferviteurs à 
l'Office de Diacres dans ton 
Eglife i donne-lçur, nous t'en 
luplions, d'être modefles, hum- 
bles, & afîidus dans leur 



Miniftère, fe montrant toujours 
prêts à obferver toute difci- 

QUE vos reins foient trouf- pline fpirituëlle -, 6c qu'aiant 
Jez, & vos chandelles toujours le témoignage d'une 

bonne confcience, & demeu- 
rant fiables & fermes à ja- 
mais en ton Fils Jéfus-Chrifl, 
ils fe conduifent fi bien dans 
cet Office inférieur, qu'ils foi- 
jent trouvez dignes d'être ad- 

heureux font ces ferviteurs que j mis à de plus hauts xMiniftê- 

îe maitre trouvera veillans, 

quand il arrivera. En vérité 

]e vous dis ; qu'il fe troufiTera, 

& les fera mettre à table, & 

s'avançant les fervira. Que 

s'il arrive fur la féconde veil- 
le, ou fur la troifiéme, & 

qu'il les trouve ainfi veillans, 

bien- heureux font ces fervi- 

teurs-là. 



jres dans ton EgliRt > par le 
même Jélus-Chriil ton Fils, 
nôtre Sauveur, à qui foit 
gloire & honneur aux ûècles 
des fiècles. /hicn, \ 



Enfuite l'Evêque lira VOffïce de la Com- 
?nunioni (^ tous ceux qui ont les 
Ordres y ajjïjleront, ^ participeront 
a la fainte Cèiie,le même jour avec 
VE^jêque. 

La Communion faite, après la dernière 



PRévien - noui 
dans toutes 



, Seigneur, 
nos a6~lions 
par ta faveur & par ta grâce -, 
& nous y acompagne de ton 
fecours continuel ^ afin qu'en 
toutes les oejavres que nous 
aurons commencées , conti- 
nuées, & achevées en toi, nous 
puiffions glorifier ton S:iint 
Nom, & parvenir enfin à la 

\'ie 



L'Ordination 

vie éternelle; par ta miferi- 
corde en Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Amen. 

LA paix de Dieu, laquelle 
furpalTe tout entende- 
ment, garde vos cœurs, & vos 
fens en la connoiiïance, & en 



DES Prêtres. '4.91. 

la diledion de Dieu, & de 
fon Fils Jéfus-Chrift nôtre 
Seigneur. Et la bénédidion 
de Dieu Tout-puiflfant, le Père, 
le Fils, & le Saint E^rit, foie 
avec vous tous, & y demeure 
éternellement. Amen, 



Jet H faut déclarer au Diacre, qu'il doit demeurer dans le Diaconat l'efpaet 
d'une année entière [^ moins que four des Caufcs fuffifantes, il n'en ait /»«- 
trement femblé bon à l'Eiéque^ Et cela afin quil fuijfe fe rendre parfait ^ 
bien-verfé dans les chofes qui apartiennent au Ser'vice de l'Eglife. Et s'il s'y 
montre fidèle ^ diligent, il pourra être admis far fon Diûcéfain à l'Ordre dg 
frétrife, aux temps Spécifiez, dans le Canon, ou [en cas d'occafion pref[anté\ 
à quelque autre Dimanche^ ou jour de Fête en préfence dû l'Eglife, en la ma- 
nier e^ 0* farme faivante. 



La Forme et la Manière 
D'ORDONNER LES PRETRES. 

Au jour marqv par l'Eve que, & après les Prières du Maîîn^ 
il y aura un Sermon, ou une Exhortation fur le Devoir iâ 
Office de ceux qui doivent être admis à l'Ordre de Prêtrife-, 
peur faire voir combien cet Ordre eft nêceffaire dans l'Eglife 
de Jéfus-Chriji \ ^ en quelle ejlime le Peuple doit avoir 
ceux qui en font honorez. 



Premièrement l'Archidiacre, eu en fin 
abfence, celui qui fera la fonciion en 
fa place, préfentera a l'Evéque, [qui 
fera ajjïs dans fa Chaire, auprès de 
la Sainte Table,'] tous ceux qui doi- 
'vent recevoir ce jour-la l'Ordre de 
Trétrife [chacun d'eux étant en ha- 
bit décent'] ^ dira -, 



ON Révérend Père en 
Dieu, je vous préfente 



M 



ces perfonnes-ci, pour être 
admifes à l'Ordre de Pré- 
trife. 

U Eve que. 

Prenez-garde que les per- 
fbnnes que vous nous préfen- 
tez foie ut capables, & pro- 
pres par leur favoir & par 

leur$ 



492. L'Ordination des Prêtres 

leurs bonnes mœurs à exer- 
cer leur Miniftère convena- 
blement, pour la gloire de 
Dieu, & pour l'édification de 
ibn 



Eglîfe, 



U Archidiacre répondra. 

J'ai fait les enquêtes né- 
cefîàires : Je les ai aUfll exa- 
minez à & je les eflime tels. 

Alors f" Eve que dira au Peuple, 

Chrétiens, voici ceux que 
nous-nous propofons fous le 
bon pjaifir de Dieu, de rece- 
voir aujourdhui au Saint Office 
de Prêtres : Car après les a - 
voir duëment examinez, nous 
ne trouvons rien qui doive les 
en exclure: mais au contrai- 
re, qu'ils font légitimement 
apellcz ;à ce Miniftère, & 
qu'ils libnt capables de le 
remplir. Cependant s'il y a 
quelqu'un de vous qui fçache 
quelque empêchement , ou 
quelque crime dans aucun 
d'eux, pour lequel il ne doi- 
ve pas être reçu dans ce Saint 
Miniftère ; au Nom de Dieu 
qu'il fe préfente; & qu'il 
montre quel eft ce crime, ou 
cçt empêchement. 

6/ Vùn cbjcrte auel:^uc Crime, oh auel- 
que injte Caufe d empêchement, il'E- 
vtque furjeûira^y ^ remettra l'Or- 
aiuaîhtî- de cette pe:-fonne-là,Jufqu'a 



ce ane l'accufé fe Joit ^u 



njié du 



Puis l'Evéque^ après avoir recommandé 
aux prières de l'Ajfemblée ceux qui 
auront été jugez, dignes, de recevoir 
l'Ordination, chanterai ou recitera l(t 
.Litarne ç^ les Prières , conjointement 
avec h Clergé é* l^ Peuple, en U 
manière qui efi ci-devant prefcrite 
dans la Forme d Ordonner les Dia- 
cres i excepté feulement que dans le 
Suffrage propre^ qui y efl ajouté, le 
mot [Diacres] fera omis, c^ celtiî 
de [Prêtres] y fera inféré en la 
place. 

Enfuite on chantera, ou Von recitera le 
Service pour la Cominunion, avec la> 
Collecie, VEpttre, ^ l'Evangile com- 
me s'enfuit. 

La Collecte. 

Dieu Tout-puîflant de qui 
defcend toute bonne do- 
nation, & qui par ton Saint 
Efprit as établi divers Ordres 
de Miniftres dans ton Eglife: 
Regarde en ta mifericorde ces 
tiens Serviteurs, préfentement 
apellez à l'Office de Prêtres. 
Rempli-les tellement de la 
vérité de ta Dodlrine -, & les 
orne en telle forte d'innocence 
& de pureté de vie ; que tant 
par leur parole, que par leur 
bon exemple, ils te fervent 
iidèlement dans cet Office -, à 
la gloire de ton Nom, & à 
l'édification de ton Eglife; par 
le mérite de nôtre Sauveur 
Jéfus-Ciirift, qui vit, & qui 
règne avec Toi, & avec le 
Saint Efprit, aux fiècleS des fiè~ 
clés. A7?ien, 

L^EPii. 



L'Ordination des Prêtres. 493 



L'Epi T RE, Ephef. iv. 7. 

LA grâce eft donnée à cha- 
cun de nous, félon la me- 
fure du don de Chrifl. Ceft 
pourquoi il ell dit -, Etant 
monté en haut il a amené 
captive une grande multitude 
de captifs, & il a donné des 
dons aux hommes. Or ce 
qu'il eil monté, qu'efl-ce au- 
tre chofe, fmon que première- 
ment il êtoit defcendu dans 
les parties les plus baffes de la 
terre? Celui qui eft defcendu, 
c'eft le même qui ell monté 
au deffus de tous les Cieux y 
afin qu'il remplît toutes cho- 
fes. Lui-même donc a donné 
les uns pour être Apôtres *, 
& les autres, pour être Pro- 
phètes ; & les autres, pour 
être Evangeliiles ; & les au- 
tres, pour être Paileurs & 
Dodeurs : pour l'affemblage 
des Saints ; pour l'œuvre du 
Miniftère -, pour l'édification 
du corps de Chrifl: Jufqu'à 
ce que nous-nous rencontrions 
tous dans l'unité de la foi, & 
de la connoilfance du Fils de 
Dieu, en homme parfait, à 
la mefure de la parfaite fia- 
ture de Chrift. 

Après cela, on lira pour l^ Evan- 
gile ce qui fini y tiré du neu- 
viane Chapitre de S. Mattb, 



L'Evangile. Mat. ix. '^6, 

JEfus voiant les troupes, il 
en fut ému de compafTion; 
parce qu'ils étoient difperfez 
& errans, comme des brebis 
qui n'ont point de Paflieur, 
Et il dit à fes Difciples ; Cer- 
tes la moilTon efî grande j 
mais il y a peu d'ouvriers. 
Priez donc le Seigneur de U 
moiifon, qu'il envoie des ou- 
vriers en fa moiÛbn, 

Ou ce qui fuit, tiré du dixiémâ 
Chapitre de S.Jean, 

S. Jean. x. i. 

EN vérité, en vérité^ je 
vous dis ; que celui qui 
n'entre point par la porte dans 
la bergerie des brebis, mais y 
monte par ailleurs, efl un lar- 
ron & un voleur. Mais ce- 
lui qui entre par la porte, eit 
le berger des brebis. Le por- 
tier ouvre à celui-là, & les 
brebis entendent fa voix, ^i 
il apelle fes propres brebis par 
leur nom, & les mène dehors. 
Et quand il a mis fes brebis 
dehors, il va devant elL^s, & 
les brebis le fuivent ; parce 
qu'elles connoiffent fa voix. 
Mais elles ne fuivront point 
un étranger-, au contraire, ti- 
les le fuiront : parce qu'el- 
les ne connoilTent point Li 
^ilis Lur 
dit 



voix des etrangtî:s. 



494- L'Ordination 

dit cette parabole -, mais ils 
ne comprirent point ce qu'il 
leur difoit. Jéfus donc leur 
dit encore -, En vérité, en vé- 
rité je vous dis-. Que je fuis 
la porte des brebis. Tout au- 
tant qu'il en eft venu avant 
moi, font des larrons & des 
voleurs ; mais les brebis ne 
les ont point écoutez. Je 
fuis la Porte: fi quelqu'un 
entre par moi, il fera fauve ; 
& il entrera, & fortira, & il 
trouvera de la pâture. Le 
larron ne vient que pour dé- 
rober, & pour tuer, & détrui- 
re : Je fuis venii -, afin qu'el- 
les aient la vie, &f qu'elles 
l'aient même en abondance. 
Je fuis le bon berger: le bon 
berger met fa vie pour fes 
brebis. Mais le mercenaire, 
& celui qui n'eft point ber- 
ger, à qui n'apartiennent point 
les brebis, veiant venir le 
loup, abandonne les brebis, 
& s'enfuit : .& le loup ravit, 
& difperfe les brebis. Ainfi 
le mercenaire s'enfuit ; par- 
ce qu'il efh mercenaire, & 
qu'il ne fe foucie point des bre- 
bis. Je fuis le bon berger, & 
je connois mes brebis, & mes 
brebis me connoiifent. Com- 
me le Père me connoit, je 
connois auffi le Père : & je 
mets ma vie pour mes bre- 
bis. J'ai encore d'autres bre- 
bis qui ne font pas de cette 
bergerie ^ il me les fiut aufii 



DES Prêtres. 

amener ; & elles entendront 
ma voix i & il y aura un 
feul troupeau, & un feul 
berger. 

Ap-rh ceUJ'E'vêque aj/is dans fa chaire 
adminijîrera à chacun d'eux le fer- 
ment de SUPREMAClEy comme 
il eji exprimé ci-dejfus dam la For- 
me de L'Ordination des Diacres. 

Cela fait, il leur parlera en la mu* 
niere fuivante. 

VOus avez entendu, mes 
Frères, dans vôtre exa- 
men particulier, & dans l'ex- 
hortation qui vient de voua 
être adreifée -, comme aufîi 
par les Saintes Leçons tirées 
de l'Evangile, & des Ecrits 
des Ap(kres, quelle eft la 
dignité & l'importance de la 
Charge à liquelle vous êtes 
apellez. Et nous vous ex- 
hortons encore au Nom de 
nckre Seigneur Jéfus -Chrift 
de vous fouvenir de l'impor- 
tance de ce Saint Emploi, qui 
vous établit pour être les Mef- 
fagers, les Guettes, & les E- 
conomes de la Maifon du 
Seigneur -, afin d'enfeigner, de 
conduire, & de nourir fa fa- 
mille -, de chercher les brebis 
de Jéfus-Chrift qui font dif- 
perlées, & de retirer les En- 
fans de Dieu du milieu de ce 
préfent fiècle mauvais ; afin 
qu'ils puiffent être fauvez é- 
terneliement par Jéfus-Chrift. 

Aiez 



L'Ordination des Prbtres. 49$ 



Aiez donc toujours gravé 
dans la mémoire, le prix du 
Tréfor qui eft confié à vos 
foins. Souvenez-vous que ce 
font les brebis de Jéfus-Chrift, 
qu'il a rachetées par fa mort, 
& pour lefqueiles il a répan- 
du fon Sang,. Souvenez-vous 
que TEglife, que vous devez 
fervir, efl fon Epoufe, èc fon 
Corps: Et que fi par vôtre 
négligence il arrivoit que cet- 
te Eglilé, ou quelqu'un de 
fes membres fouffrît quelque 
préjudice par raport à fon 
falut, vous ne pouvez igno- 
rer quelle eft l'énormité d'une 
telle faute, & la terrible pu- 
nition qui la doit fuivre. Con- 
fîderez donc férieufement en 
vous-mêmes le but de vôtre 
Miniftère, qui a pour objet 
les Enfans de Dieu, FEpoufe 
& le Corps de Jéfus-Chrift 
même : Et prenez-garde qu'il 
n'y ait aucun relâchement 
dans vôtre travail, & dans 
vos foins ; jufqu'à ce que vous 
aiez fait tout ce qui dépend 
de vous, félon que vous y 
êtes obligez, pour amener 
tous ceux qui vous font com- 
mis, ou qui le feront ci-^après, 
à un tel acord dans la foi, & 
dans la connoilTance de Dieu, 
& à une telle perfcélioa de 
ftature en Chrift, qu'il ne ref- 
te aucun lieu parmi vous, 
ni à des erreurs dans la Re- 



ligion, ni à des vices dans Ix 
conduite de la vie. 

Puis donc que l'OfEce au- 
quel vous êtes apellez, efb 
tout enfemble fi excellent, 3c 
fi dificile -, vous voiez avec 
quelle diligence, avec quel 
zèle, vous devez vous y a- 
pliquer : tant pour témoig- 
ner vôtre foûmiiTion &c vôtre 
reconnoiifance envers Dieu, 
qui vous a élevez à une 11 
haute Dignité -, qu'afin de 
prendre garde, que vous-vcus 
garantiffiez de péché vous 
mêmes -, & que vous ne foy- 
ïez point aux autres une o- 
cafion de péché. Toutefois 
vous ne pouvez point avoir 
de vous-mêmes cette inten- 
tion, ou cette volonté ; car 
& la volonté & la capacité 
viennent de Dieu. C'eft pour- 
quoi vous avez befoin, & il 
eft de vôtre devoir, de lui de- 
mander inftammcnt fon Saint 
Efprit. Mais parce qu'un 
auffi grand ouvrage que ce- 
lui qui regarde le filuc ces 
âmes, ne peut être acompli 
par d'autres moiens, que par 
des inftrudions,' & des exhor- 
tations tirées des Ecritures 
Saintes, & acompagnées d'une 
vie qui foit conlorm^ à ces 
inftruélions ; jugez combien 
il vous importe de vous npli- 
quer à la Leéture, & a la ^ 
Méditation de la Paro'e de 

Dieu, 



L'Ordination des Prêtres^ 



%96 

Dieu, & de vous étudier à 
former fur cette fainte Règle 
& vos mœurs, & les mœurs 
de vos propres familles : 'Se 
pour cela même, avec quel 
foin vous devez éloigner de 
vous, autant qu'il fera poffi- 
ble, tous les foucis de ce 
monde, & les ocupations du 
fiècle. 

Nous efperons que vous a- 
vez bien pefé, il y a long- 
temps, toutes ces chofes-, & 
que par la grâce de Dieu, 
vous êtes pleinement réfolus 
de vous confacrer entièrement 
à la Sainte Charge, à laquel- 
le vous êtes apellez: qu'au- 
tant qu'il dépendra de vous, 
vous-vous apliquerez à cette 
unique affaire, pour y rapor- 
ter tous vos foins, & tous vos 
travaux •, & que vous prierez 
fans cefie Dieu le Père, par 
la Médiation de nôtre Sei- 
gneur Jélus-Chrift, pour ob- 
tenir l'afTiftance de ion Saint 
Efprit j afin que par la Lec- 
ture confiante, 6c la Médita- 
tion des Ecritures, vous puif- 
fiez vous fortifier, & vous 
perfe6lionner dans vôtre Minif- 
tère ; vous étudiant tellement 
à vous avancer, vous & les 
vôtres, dans la fmdlification, 
félon la Règle de la Do6lrine 
de Chrifl, que vous foiez en 
exemple au Peuple, & des 
modelles de pieté qu'il puilTe 
fuivre faiutairemenc. 



Mais afin que tous ceux qui 
font ici préfents, puiffent fça-^ 
Voir quelle eft vôtre intention 
& vôtre réfolution fur ces 
Devoirs -, & pour vous enga- 
ger d'autant plus par vôtre 
promeffe à vous en aquiter 
religieufementi vous répon- 
drez clairement, & fans am- 
biguïté aux queftions que nous 
alons vous faire au Nom de 
Dieu, & de fon Eglife. 

Croiez-vous en Confcience^ 
que vous foiez véritablement 
apellez félon la volonté de nô* 
tre Seigneur Jéfus-Chrift, & 
félon l'ufage de l'Eglife An- 
glicane, à l'Ordre & au Mi- 
niftère de la Prêtrife ? 

Rêponfe. Je le crois. 

V Eve que, \ 

Etes-vous perfuadez que 
les Saintes Ecritures contien- 
nent fufHfamment toute la 
Do6trine nécelïliire au falul 
éternel par la foi en Jéfus- 
Chrift? Et étes-vous réfolu! 
d'en tirer les inftrucSlions qu( 
vous donnerez au peuple com- 
mis à vos foins -, & de n'en- 
feigner rien, comme nécef^ 
fiire à falut, que ce que voui 
croirez pouvoir être conclu, S 
prouvé par l'Ecriture Sainte ï 

Rép07tje. J'en fuis perluadé 
&j'ai réfolu de me conduin 
ainfi moienant la grâce d( 
Dieu, 



L'ORDiNAtlON DÈS PHETRÈS 



V Eve que. 

Vcxis atacherez-vous fidèle- 
ment & diligemment au Minif- 
tère de la Parole & des Sa- 
cremens, & à l'exercice de la 
t)ifcipline de Jéfus-Chrift; 
comme le Seigneur l'a com- 
mandé, & félon que cette E- 
glife & ce Roiaume Tont re- 
çu conformément à la Pa- 
role de Dieu : en forte que 
vous enfeigniez au Peuple com- 
mis à vôtre charge, à s'y fou- 
méttre, & à les obferver ré- 
ligieufement ? 

Réponfe. J'y aporterai tous 
mes foin?, avec l'aide du Seî 
gneur. 

U Eve que» 

Etes-vous refolus de rejet- 
ter, & d'écarter avec fidélité 
& diligence toutes les doc- 
trines fauffes & étrangères, qui 
font contraires à la Parole 
de Dieu -, 6r d'adrefier vos re- 
montrances & vos exhorta- 
tions en particulier & en pu- 
blic, tant à ceux qui font en 
fanté, qu'aux malades, chacun 
dans retendue de fa Cure; fé- 
lon que la nécefiité le requer- 
ra, & que l'ocafion vous en 
fera présentée? 

Rêponfe, Je fuis refolu de 
le faire, moienant l'aÛiftance 
de Dieu, 



L'' Eve que. 

Serez-vous afïïdus aux Pri- 
ères & à la Ledlure de l'E- 
criture Sainte, & à toutes les 
autres études qui en peuvent 
faciliter l'intelligence, en é- 
1 oignant de vous les follici- 
tudes du monde & de la 
chair ? 

Rêponfe, Je m'étudierai de 
faire ainfi ; moienant le fe- 
cours de Dieu. 

UE^u'que. 

Etes-vous refolus de don- 
ner tous vos foins à régler 
vos rnœurs, & celles de vos 
familles fur la Do6lrine de 
Chrift V afin de vous rendre, 
vous & elles, autant qu'en 
vous eft, des exemples falu- 
taires & des modèles d'édifi- 
cation pour le Troupeau de 
Jéfus-Chrift? 

Rêponfe, J'y donnerai tous 
mes foins, avec l'aide de 
Dieu, 

U Eve que, 

Entretiendrez-vous, & avan- 
cerez-vous, autant qu'en vous 
eft, la tranquilité, la paix, & 
la charité entre tous les Chré- 
tiens, & particulièrement par- 
mi ceux qui font, ou qui fe- 
ront commis à vos foins ? 

Rêponfe. Je les y entretien- 
drai ; & je les avancerai, a- 
vec l'aide de Dieu, 

K k VE- 



49 s 



L'Ordination des Prêtres. 



VEveque. 

Obéïrez-vous rerpeâiuëufe- 
ment à vôtre Diocéfain, & 
aux autres principaux Minif- 
tres de l'Eglife, fous la char- 
ge & le gouvernement def- 
quels vous êtes placez ; fui- 
Vant de bon cœur & avec 
joie leurs pieufes admonitions, 
& vous foumettant à leurs 
Saintes Règles? 

Réponfe, Je le ferai ainfi, 
avec le fecours de Dieu. 



Vuis VEvêque fe levant ^ fe tenant 
debout y Jirni 

Le Dieu Tout-puifTant, qui 
vous a donné la volonté de 
faire toutes ces chofes, veuil- 
le vous accorder la force & 
le pouvoir de les accomplir, 
pour achever en vous fon oeu- 
vre qu'il y a commencée ; 
par jéfus-Chrift nôtre Sei- 
gneur. Jmeft, 



Cela fait, l'AJfembUe fera exhortée à demander ces grâces k Dieu dans leur. 
Prières particulières, en s' humiliant four cet effet en fa préjence. Et pom 
donner lieu a ces Trières, il fera fait filence pour un temps. 

Enfuit e VEvêciue chantera, ou recitera VBymne, Veni, Creator Spiritusj Ton. 
ceux qui doivent recevoir les Ordres étant à genoux : VEvêque commenfant 
e^ les Prêtres (^ les autres là préfents répondant alternativement, commi 
s'enfuit. 

* Créateur des humains, de l'ame Ame fuprême. 
Efprit Saint, vien dans nous, & régne en nôtre cœur: 

Rempli de ta celefte ardeur 
CeuXy qui par toi crêez^ renaijfent par toi-même. 

Divin Confolateur, don du Père adorable ; 
Feu, dont la douce flame embrafe faintement ; 

On5îion^ qui nous transformant^ 
Rends Dieu préfent en V homme ^ ^ V homme à Dieu femblahk'. 

O Fontaine en fept dons au Ciel réjaillilTante : 
Doigt, qui la Loi Divine en nos âmes écris: 

Promejfe du Père àf du Fils ; 
^i des pécheurs muets rends la langue éloquente : 

* Dans la Liturgie AngloJfe ilv a deux TraduBlons ou Paraphrafes en vers 
d» Veni Creator ; an met ici celle qut MeJJïeurs de Pçrt-Rojal e» ont faites 
9n franfoîs. 



L'ORDINAtlÔN DES PRETJIES. 

Soleil, dont les rayons illuminent TEglife, 
Eclaire nos eiprits par ta vive clarté : 

Echauffe notre volonté: 
Ren-la foûmife à 'Toi : Ren-lui la chair fi fmife^ 

Etouffe du ferpent la voix enchanterelTe : 
Dans fa fecrète guerre infpire-nous ta paix : 

Rompfis pièges ^ fes filets : 
Et guide à tous momens nôtre errante foiblejfe* 

Fai-nous croire un Dieu feul, fage, bon, jufle, aimablet 
Fai-nous croire le Père, abîme de grandeur, 

Son Fils y fin Verbe ^ ^ fa Splendeur ; 
Et Toi le nœud des deux, é? V amour ineffable^ 

Gloire à ce Roi Divin, qui règne en TEmpyree j 
Gloire à Chrift par fa mort des morts le Rédempteur i 

Gloire à PEfprit Confolateuf^ 
Dans l* aimable séjour d éternelle durée. 



499 



séjour 

Cela fait y PEvéque priera ainfi^ 
ïâ dira \ 

Prions Dieu. 

Dieu Tout-puiffant Père 
Celefle, qui par ta cha- 
rité & ta bonté immenfe en- 
vers nous , nous as donné 
Jéfus-Chrift ton Fils unique 
& bien-aiméi pour être nôtre 
Rédempteur & 1* Auteur de 
la vie éternelle -, lequel aiant 
accompli nôtre Rédemption 
par fa mort, étant monté 
aux Cieux, envoïa dans tout 
le monde fes Apôtres & des 
Evangeliftes, des Pafteurs & 
des Doéleurs, par les travaux 
& le Miniftère defqucls il s'eft 



K 



aifemblé un gfand TroiipeaU 
dans toutes les parties da 
monde, pour célébrer à tou- 
jours la louange de ton Saint 
Nom : Nous te louons j Nous 
t*adorons ; Nous te rendons 
grâces du fond de nos coeurs, 
de ces grands bienfaits que 
nous avons reçus de ta bonté 
infinie,. &=. de ce qu*il ta 
plût d'apeller tes Serviteurs ici 
préfents à ce même Office & 
Miniftère établi pour le falut 
du genre-'humain. Et nous 
te fuplions très humblement 
par le mcme Fils de ton a- 
mour, qu'il te plaife d*acor • 
der à tous ceux qui, ici ou 
ailleurs, invoquent ton Saint 
Nom, de te témoigner avec 
Kk 2 nous 



50O U06.DINATIÔK DÈS PreTRES. 

Père, & du Fils, & du Saint 



nous fans celTe une jufte re- 
connoifTance pour ces bienfaits 
& pour tous les autres -, & 
que nous-nous avancions de 
jour en jour dans ta connoif- 
jance, & dans la foi que nous 
avons en Toi & en ton Fils 
par le